Les preuves de la prophétie [1]
Preuves de la Prophétie. Chapitre premier : mention de ce qu'Allah a révélé dans Son Livre de la vertu de lui, paix et salut sur lui. Allah a fait de son envoi une miséricorde pour les mondes, disant : « Et Nous ne t'avons envoyé que comme miséricorde pour les mondes. » Ainsi, ses ennemis furent à l'abri du châtiment durant sa vie, paix sur lui, selon la parole d'Allah : « Et Allah ne les châtiera pas tant que tu es parmi eux. » Chapitre premier : mention de ce qu'Allah a révélé dans Son Livre de la vertu de lui, paix et salut sur lui. Allah a fait de son envoi une miséricorde pour les mondes, disant : « Et Nous ne t'avons envoyé que comme miséricorde pour les mondes. » Ainsi, ses ennemis furent à l'abri du châtiment durant sa vie, paix sur lui, selon la parole d'Allah : « Et Allah ne les châtiera pas tant que tu es parmi eux. » Ce qui a été rapporté sur l'antériorité de sa prophétie avant l'achèvement de la création d'Adam, paix sur eux deux. Mention de sa vertu, paix et salut sur lui, par la pureté de sa naissance, sa lignée et sa noblesse. Chapitre troisième : mention de sa vertu, paix et salut sur lui, par ses noms. Chapitre quatrième : mention de la quatrième vertu : le serment d'Allah par sa vie, sa prééminence unique sur les fils d'Adam au Jour de la Résurrection, et ce par quoi lui et sa communauté furent préférés à tous les prophètes et à toutes les nations, paix et salut sur lui. Chapitre cinquième : ceci rassemble trois chapitres : sa mention dans les Écritures antérieures et les feuillets anciens consignés par les prophètes et les savants des nations passées. Chapitre cinquième : ceci rassemble trois chapitres : sa mention dans les Écritures antérieures et les feuillets anciens consignés par les prophètes et les savants des nations passées. Histoire de la conversion de Zayd ibn Sa'na. L'attente de sa mission par les devins et les rois de la terre. Chapitre septième : mention de ce qui a été entendu des djinns, des entrailles des idoles et des devins annonçant sa prophétie, paix et salut sur lui. Chapitre huitième : le mariage de sa mère Âmina bint Wahb. Chapitre neuvième : mention de la grossesse de sa mère, de son accouchement, et de ce qu'elle a observé comme signes et marques de sa prophétie, paix et salut sur lui. Chapitre dixième : mention de ce qui est arrivé aux gens de l'Éléphant l'année de sa naissance, paix et salut sur lui. L'histoire de l'Éléphant est l'une des plus célèbres histoires ; le Coran en a parlé. Chapitre onzième : mention de sa croissance, des circonstances de sa vie jusqu'à ce qu'Allah l'honore par la révélation, établissant ainsi sa prophétie et le préparant à la mission, et ce qui est apparu à son peuple de l'accomplissement de ses qualités de vertu, et leur reconnaissance de lui comme preuve contre ceux qui refusèrent de se soumettre à lui, paix et salut sur lui. Chapitre onzième : mention de sa croissance, des circonstances de sa vie jusqu'à ce qu'Allah l'honore par la révélation, établissant ainsi sa prophétie et le préparant à la mission, et ce qui est apparu à son peuple de l'accomplissement de ses qualités de vertu, et leur reconnaissance de lui comme preuve contre ceux qui refusèrent de se soumettre à lui, paix et salut sur lui. Exposé de son allaitement et de son sevrage, et qu'il est né circoncis et le nombril coupé, paix et salut sur lui. Mention de son départ, paix et salut sur lui, avec sa mère à Médine pour visiter ses oncles maternels. Son retour, paix et salut sur lui, à La Mecque. Ils dirent : sa mère le ramena à La Mecque. Lorsqu'il fut à al-Abwâ', Âmina mourut à al-Abwâ'. Oumm Ayman le ramena sur les deux chamelles sur lesquelles ils étaient venus à La Mecque, et elle le gardait. Ils dirent : le Messager d'Allah hérita de son père Oumm Ayman, cinq chameaux ou montures, et un troupeau de moutons. Mort d'Abd al-Muttalib et prise en charge d'Abou Talib du Messager d'Allah, paix et salut sur lui. Ils dirent : Abd al-Muttalib mourut à l'âge de cent dix ans, et on dit : quatre-vingt-deux ans. Mention du départ du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, en Syrie la première fois, et ce que cela comporta comme preuves antérieures de sa prophétie, alors qu'il avait dix ans. Les Quraychites décidèrent d'envoyer une caravane en Syrie avec des marchandises et de grandes richesses. Abou Talib décida de voyager avec cette caravane. Lorsqu'il se prépara, mention du départ du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, en Syrie une seconde fois avec Maysara, l'esclave de Khadija, qu'Allah l'agrée, et l'histoire du moine Nestor. Chapitre douzième : mention de certains de ses caractères et attributs, paix et salut sur lui. Chapitre treizième : mention de ce dont Allah l'a particulièrement préservé, de sa protection contre l'adoption de la religion de l'ignorance, et de sa sauvegarde contre les intrigues des djinns et des hommes et leurs ruses contre lui, paix et salut sur lui et sur sa famille. Chapitre treizième : mention de ce dont Allah l'a particulièrement préservé, de sa protection contre l'adoption de la religion de l'ignorance, et de sa sauvegarde contre les intrigues des djinns et des hommes et leurs ruses contre lui, paix et salut sur lui et sur sa famille. Quant à la protection d'Allah pour lui, paix et salut sur lui, contre la ruse d'Iblis et de ses soldats. Mention de la préservation d'Allah de Son Messager, paix et salut sur lui, lorsque les associateurs conspirèrent pour le tuer. Son invocation, paix et salut sur lui, contre les vieillards de Quraych. Mention d'un autre récit concernant ce par quoi Allah a établi l'affaire de Son Prophète, paix et salut sur lui, lorsqu'il parla à Abou Jahl de payer sa dette à son créancier lorsqu'il se déroba. Chapitre quatorzième : mention du début de la révélation, de la manière dont l'Ange apparut et lui transmit la révélation, de sa confirmation qu'elle venait d'Allah, et de ce qui eut lieu lors de l'ouverture de sa poitrine, paix et salut sur lui. Chapitre quatorzième : mention du début de la révélation, de la manière dont l'Ange apparut et lui transmit la révélation, de sa confirmation qu'elle venait d'Allah, et de ce qui eut lieu lors de l'ouverture de sa poitrine, paix et salut sur lui. Quant à la manière dont la révélation était transmise au Prophète, paix et salut sur lui, al-Hârith ibn Hishâm, qu'Allah l'agrée, l'interrogea à ce sujet. Mention de la protection du ciel contre l'écoute clandestine, en raison de l'établissement de sa mission et de l'élévation de son appel, paix et salut sur lui. Chapitre quinzième : mention de la réception du Coran et de la vision du Prophète, paix et salut sur lui, par les cœurs, au point que beaucoup d'hommes sensés entrèrent dans l'Islam dès la première rencontre. Allah, qu'Il soit exalté et magnifié, a soutenu Muhammad, paix et salut sur lui, par ce qu'Il n'a accordé à personne d'autre dans les mondes, et l'a distingué par des caractéristiques qui dépassent les limites des miracles des prophètes. Chapitre quinzième : mention de la réception du Coran et de la vision du Prophète, paix et salut sur lui, par les cœurs, au point que beaucoup d'hommes sensés entrèrent dans l'Islam dès la première rencontre. Allah, qu'Il soit exalté et magnifié, a soutenu Muhammad, paix et salut sur lui, par ce qu'Il n'a accordé à personne d'autre dans les mondes, et l'a distingué par des caractéristiques qui dépassent les limites des miracles des prophètes. Parmi ce qui entre dans ce chapitre de la réception du Coran par les cœurs : la conversion de 'Umar ibn al-Khattâb, qu'Allah l'agrée. Mention de la conversion d'Abou Dharr al-Ghifârî, qu'Allah l'agrée. Mention de la conversion de 'Amr ibn 'Abasa as-Sulamî et de ce que les gens du Livre lui avaient annoncé de la mission du Prophète, paix et salut sur lui. Mention de la conversion de Salmân al-Fârisî, qu'Allah l'agrée. Chapitre seizième. Chapitre vingtième : mention de ce qui eut lieu entre lui et les associateurs lorsqu'il proclama l'appel, de ce qui lui arriva jusqu'à son émigration, de sa patience dans l'épreuve de l'appel, de son endurance des tortures, et de la présentation des signes et preuves. Il était, paix et salut sur lui, selon ce qu'ont dit 'Urwa ibn az-Zubayr et Ibn Shihâb. Chapitre seizième. Chapitre vingtième : mention de ce qui eut lieu entre lui et les associateurs lorsqu'il proclama l'appel, de ce qui lui arriva jusqu'à son émigration, de sa patience dans l'épreuve de l'appel, de son endurance des tortures, et de la présentation des signes et preuves. Il était, paix et salut sur lui, selon ce qu'ont dit 'Urwa ibn az-Zubayr et Ibn Shihâb. Quant à l'histoire de l'entrée des Banû Hâshim dans le ravin d'Abou Tâlib lorsque les Quraychites s'allèrent pour ne pas commercer avec les Banû Hâshim, ne pas se marier avec eux et ne pas les fréquenter, et ce que cela contient comme preuve de sa prophétie, paix et salut sur lui. Quant à la fente de la lune, elle eut lieu à La Mecque lorsque les associateurs demandèrent au Prophète, paix et salut sur lui, de leur montrer un signe. Ce qui a été rapporté sur la présentation de lui-même par le Prophète, paix et salut sur lui, aux tribus arabes. Mention de l'histoire des Banû 'Abs. Chapitre dix-septième : parmi les signes apparus lors de son départ pour Médine et sur sa route, paix et salut sur lui. Chapitre dix-septième : parmi les signes apparus lors de son départ pour Médine et sur sa route, paix et salut sur lui. Mention de ce qui a été rapporté sur l'entretien d'as-Siddîq 1 avec les associateurs de La Mecque au sujet de la victoire des Romains sur les Perses. Mention de ce qui a été rapporté sur l'histoire d'as-Sayyid et d'al-'Âqib 2 lorsqu'ils refusèrent l'épreuve d'invocation réciproque 3 et acceptèrent la capitation 4 pour fuir cette épreuve, selon la parole d'Allah : « Dis : Venez, appelons nos fils et vos fils... » jusqu'à Sa parole : « ... puis faisons que la malédiction d'Allah tombe sur les menteurs. » Mention des récits des djinns, de leur conversion et de leurs délégations auprès du Prophète, paix et salut sur lui, et de leur rencontre avec les musulmans ; certains eurent lieu à La Mecque, d'autres à Médine ; nous les avons rassemblés en un seul chapitre. Chapitre sur ce qui a été rapporté concernant leur collecte des aumônes et leur remise au Messager d'Allah, paix et salut sur lui. Ce qui a été rapporté sur leur rencontre avec le Messager d'Allah, paix et salut sur lui. Chapitre dix-huitième : mention des récits sur les plaintes des animaux et des fauves, leur prosternation devant le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, et ce qui a été conservé de son époque de leurs paroles. Parmi cela, la parole du loup. Chapitre dix-huitième : mention des récits sur les plaintes des animaux et des fauves, leur prosternation devant le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, et ce qui a été conservé de son époque de leurs paroles. Parmi cela, la parole du loup. Mention de la gazelle et du lézard. Le cheikh dit : quant à la prosternation des animaux, parmi cela la prosternation des moutons. Chapitre dix-neuvième : mention de ce qui a été rapporté sur la salutation des arbres, leur obéissance et leur venue vers lui, paix et salut sur lui, lorsqu'il les appelait pour se cacher derrière eux dans les déserts et les plaines, et leur réponse lorsqu'il les invoquait à la demande de quelqu'un qui voulait montrer un signe et une preuve. Chapitre dix-neuvième : mention de ce qui a été rapporté sur la salutation des arbres, leur obéissance et leur venue vers lui, paix et salut sur lui, lorsqu'il les appelait pour se cacher derrière eux dans les déserts et les plaines, et leur réponse lorsqu'il les invoquait à la demande de quelqu'un qui voulait montrer un signe et une preuve. Mention du récit de Rukâna. Mention d'un autre récit. Chapitre vingtième : mention du gémissement du tronc de palmier. Chapitre vingt et unième : le jaillissement de l'eau d'entre ses doigts en voyage et en résidence. Ce signe est l'un des plus étonnants des signes, le plus prodigieux des miracles et le plus éloquent comme preuve ; il ressemble au signe de Moïse dans le jaillissement de l'eau de la pierre lorsqu'il la frappa avec son bâton, mais celui-ci est plus prodigieux car l'eau jaillissant d'entre la chair et les os est plus étonnante et plus grande que... Chapitre vingt-deuxième : l'augmentation de la nourriture en sa présence et en voyage par son toucher et sa main posée dessus. Chapitre vingt-deuxième : l'augmentation de la nourriture en sa présence et en voyage par son toucher et sa main posée dessus. Mention d'un autre récit. Mention d'un autre récit. Chapitre vingt-troisième : mention du mouvement du mont Hirâ' et de son immobilisation par l'apaisement du Prophète, paix et salut sur lui. Chapitre vingt-troisième : mention du mouvement du mont Hirâ' et de son immobilisation par l'apaisement du Prophète, paix et salut sur lui. La glorification des cailloux. Le fait que le seuil de la porte et le mur de la maison aient dit « Amîn ». Mention du récit du sac d'Abou Hourayra, qu'Allah l'agrée. L'histoire des créanciers de Jâbir ibn 'Abd Allah, qu'Allah les agrée tous deux. Mention des récits que nos prédécesseurs ont rapportés dans l'ensemble de ses preuves, paix et salut sur lui. L'histoire des bras et des épaules du mouton. L'histoire de la chamelle en retard de Jâbir ibn 'Abd Allah et d'Abou Talha, qu'Allah les agrée tous deux. Sa vision, paix et salut sur lui, de derrière son dos. La portée de sa voix là où la voix d'un autre ne porte pas, paix et salut sur lui. Son ouïe de ce qu'ils n'entendent pas et sa vision de ce qu'ils ne voient pas. La bonne odeur de sa sueur, de son urine et de ses excréments. Le cheveu du Messager trouvé dans le bonnet de Khâlid. L'absence d'effet du poison sur Khâlid. Chapitre vingt-quatrième : mention de récits sur diverses affaires pour lesquelles le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, invoqua et fut exaucé. Chapitre vingt-quatrième : mention de récits sur diverses affaires pour lesquelles le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, invoqua et fut exaucé. Son invocation contre les gens de La Mecque par la sécheresse. Mention d'un autre récit sur sa demande de pluie pour les musulmans et sa demande de retenir la pluie d'eux. Son invocation pour 'Alî. Son invocation contre celui qui arrange ses cheveux pendant la prière. Son invocation pour la guérison des maladies psychiques et organiques. Son invocation contre Abou Tharwân pour une longue misère et survie. Son invocation pour les moutons d'Abou Qirâfah. Son invocation pour Jarîr ibn 'Abd Allah. L'histoire de 'Utayba ibn Abî Lahab. Sa demande d'aide à Allah. Son invocation pour un couple pour les unir. Son invocation pour 'Urwa al-Bâriqî. Son invocation pour al-Miqdâd pour la bénédiction d'un bien qui lui parvint. Son invocation pour chasser la faim de Fâtima. Son invocation pour chasser le froid. Son invocation pour la guérison d'un malade. Son invocation pour chasser le démon de la poitrine de 'Uthmân ibn Abî al-'Âs. Son invocation pour rendre la vue à un aveugle. Son invocation pour la guérison de la main de Muhammad ibn Hâtib. L'histoire d'Oumm Ishâq. Chapitre vingt-cinquième : mention de ce qui s'est produit comme signes dans ses expéditions et ses missions, et nous les avons mentionnés en ordre, de l'expédition de Badr à l'expédition de Tabûk, en expliquant l'emplacement de la preuve et l'aspect du signe en eux. Dans tout cela, il y a une preuve de ce que nous avons dit : qu'aucune de ses situations, paix et salut sur lui, n'était dépourvue d'un signe témoignant pour lui et d'un miracle se produisant selon... Chapitre vingt-cinquième : mention de ce qui s'est produit comme signes dans ses expéditions et ses missions, et nous les avons mentionnés en ordre, de l'expédition de Badr à l'expédition de Tabûk, en expliquant l'emplacement de la preuve et l'aspect du signe en eux. Dans tout cela, il y a une preuve de ce que nous avons dit : qu'aucune de ses situations, paix et salut sur lui, n'était dépourvue d'un signe témoignant pour lui et d'un miracle se produisant selon... Ce qui s'est produit comme miracles lors de l'expédition de Badr, et parmi les récits de l'expédition d'Uhud comme preuves, et parmi les récits de l'expédition du Fossé, et parmi les récits de l'expédition des Banû Qurayza. Mention de l'expédition d'ar-Rajî'. L'histoire des gens du puits de Ma'ûna. Et ce qui s'est produit lors de l'expédition d'al-Muraysî'. Mention de sa mission qu'il envoya contre Usayr ibn Rizâm le Juif. L'histoire d'Abd Allah ibn Unays avec Khâlid ibn Sufyân al-Hudhalî et le meurtre de Sufyân par Abd Allah. Mention de ce qui eut lieu lors de la conquête de La Mecque. Mention de ce qui eut lieu lors de l'expédition de Tabûk. Mention de ce qui s'est produit comme preuves lors de l'expédition de Mu'ta. Et ce qui est mentionné lors de l'expédition de Tâ'if. Mention de la mission de Zayd ibn Hâritha. L'histoire de la destruction du temple d'al-'Uzzâ. Chapitre vingt-sixième : ce dont le Prophète, paix et salut sur lui, a informé parmi les choses invisibles, et qui s'est réalisé comme il l'avait annoncé de son vivant et après sa mort, comme l'annonce de la croissance de son affaire, de la conquête des métropoles et des pays fondés comme Kûfa, Basra et Bagdad pour sa communauté, des discordes survenues après lui, et de l'apostasie d'un groupe de ceux qui l'avaient vu et observé. Chapitre vingt-sixième : ce dont le Prophète, paix et salut sur lui, a informé parmi les choses invisibles, et qui s'est réalisé comme il l'avait annoncé de son vivant et après sa mort, comme l'annonce de la croissance de son affaire, de la conquête des métropoles et des pays fondés comme Kûfa, Basra et Bagdad pour sa communauté, des discordes survenues après lui, et de l'apostasie d'un groupe de ceux qui l'avaient vu et observé. Son information, paix et salut sur lui, sur le meurtre d'al-Husayn, qu'Allah l'agrée. Son information, paix et salut sur lui, sur la réconciliation par Allah d'al-Hasan entre deux groupes de musulmans. Chapitre sur son information, paix et salut sur lui, sur la mort du Négus. Son information, paix et salut sur lui, sur le martyre d'Oumm Harâm al-Ansâriyya. L'histoire de Samura ibn Jundub. Chapitre vingt-septième : mention de ce qui est apparu à ses compagnons de son vivant. Parmi cela, l'histoire d'Abou Bakr as-Siddîq, qu'Allah l'agrée, avec son hôte et sa nourriture ; l'histoire d'Usayd ibn Hudayr et de l'effroi de son cheval ; l'histoire d'Oumm Sulaym et de son beurre clarifié ; l'illumination du bâton pour les Ansârs dans la nuit obscure, et ce qui est analogue. Chapitre vingt-septième : mention de ce qui est apparu à ses compagnons de son vivant. Parmi cela, l'histoire d'Abou Bakr as-Siddîq, qu'Allah l'agrée, avec son hôte et sa nourriture ; l'histoire d'Usayd ibn Hudayr et de l'effroi de son cheval ; l'histoire d'Oumm Sulaym et de son beurre clarifié ; l'illumination du bâton pour les Ansârs dans la nuit obscure, et ce qui est analogue. L'histoire d'Oumm Sulaym : la transformation de la viande en pierre. L'histoire du cheval d'Usayd ibn Hudayr. Mention de l'illumination du bâton et autres. Chapitre vingt-huitième : ce qui s'est produit comme signes à sa mort, paix et salut sur lui. Chapitre vingt-huitième : ce qui s'est produit comme signes à sa mort, paix et salut sur lui. L'exaucement de l'invocation. Mention de ce qui indique la vie des martyrs. Mention d'un récit rapporté de Thâbit ibn Qays ibn Shammâs contenant une information sur l'invisible, un signe et une preuve. Chapitre vingt-neuvième : ce qui s'est produit par les mains de ses compagnons après lui, comme la traversée de la mer par al-'Alâ' ibn al-Hadramî et l'armée de Sa'd, et ce qui s'est produit par les mains de Khâlid à l'époque d'Abou Bakr, la lamentation des djinns et autres. Chapitre vingt-neuvième : ce qui s'est produit par les mains de ses compagnons après lui, comme la traversée de la mer par al-'Alâ' ibn al-Hadramî et l'armée de Sa'd, et ce qui s'est produit par les mains de Khâlid à l'époque d'Abou Bakr, la lamentation des djinns et autres. La traversée du Tigre par Sa'd ibn Abî Waqqâs avec son armée sur l'eau le jour de Jarâthîm en safar de l'an seize. Ce qui est apparu par la main de 'Umar et la lamentation des djinns sur lui. Ce qui est apparu par la main de 'Uthmân, qu'Allah l'agrée. Ce qui est apparu par la main de 'Alî ibn Abî Tâlib, paix sur lui. Et ce qui est apparu par la main de Tamîm ad-Dârî. L'histoire de Safîna, l'affranchi du Messager d'Allah, paix et salut sur lui. L'histoire de Rabî', frère de Rib'î ibn Hirâsh. Chapitre trentième : mention de la comparaison des prophètes dans leurs vertus avec les vertus de notre Prophète, et de la correspondance de ce qu'ils ont reçu comme signes avec ce qu'il a reçu, paix sur lui. Chapitre trentième : mention de la comparaison des prophètes dans leurs vertus avec les vertus de notre Prophète, et de la correspondance de ce qu'ils ont reçu comme signes avec ce qu'il a reçu, paix sur lui. Discours sur ce qu'Abraham a reçu, paix sur lui et sur notre Prophète. Si l'on dit : Abraham a été distingué par l'amitié intime 5, nous disons : Muhammad a été pris comme ami intime et bien-aimé, et le bien-aimé est plus subtil que l'ami intime. Si l'on dit : Abraham a été caché à Nemrod par trois voiles, nous disons : il en fut de même, et Muhammad, paix et salut sur lui, a été caché à celui qui voulait le tuer. Discours sur ce que Moïse, paix sur lui, a reçu du bâton de bois inerte qu'Allah a transformé en serpent vivant dévorant ce que les magiciens de Pharaon avaient inventé, puis retournant à son état et à sa propriété. Si l'on dit : Moïse, paix sur lui, Allah a fait de son bâton un serpent, nous disons : Muhammad, paix et salut sur lui, a reçu l'équivalent et quelque chose de plus étonnant : le beuglement... Discours sur ce que Sâlih, paix sur lui, a reçu. Si l'on dit : Allah a fait sortir pour Sâlih une chamelle qu'Il a établie comme preuve et signe pour son peuple : à elle un jour de boire, et à eux un jour connu. Nous disons : Allah a donné à Muhammad, paix et salut sur lui, une preuve semblable contre son peuple. La chamelle de Sâlih ne parla pas, ne s'adressa pas à lui et ne témoigna pas. Discours sur ce que David, paix sur lui, a reçu. Si l'on dit : Allah a soumis à David les montagnes et les oiseaux pour qu'ils glorifient avec lui, et Il a rendu le fer malléable pour lui. Nous disons : Muhammad, paix et salut sur lui, a reçu l'équivalent de cela, de même nature et en plus : les cailloux glorifièrent dans sa main et dans la main de ceux qui crurent en lui, pour élever son rang et celui de ses croyants. Discours sur ce que Salomon, paix sur lui, a reçu. Si l'on dit : Salomon a reçu un royaume qui ne convient à personne après lui. Nous disons : Muhammad, paix et salut sur lui, a reçu les clés des trésors de la terre, mais il les refusa et les rendit, par choix de la frugalité et de la satisfaction du nécessaire, les méprisant dans leur totalité, préférant son rang et son élévation auprès d'Allah, baissant les yeux lors du passage de Fâtima sur le pont. Discours sur ce que Joseph, paix sur lui, a reçu. Si l'on dit : Joseph est décrit comme ayant la beauté sur tous les prophètes et messagers, voire sur toute la création. Nous disons : la beauté de Muhammad, paix et salut sur lui, que ses compagnons ont décrite, n'a pas de limite au-delà, car ils l'ont décrit comme le soleil levant ou comme la lune de la pleine nuit, et plus beau que la lune, et son visage... Discours sur ce que Jean, fils de Zacharie, paix sur lui, a reçu. Si l'on dit : Jean a reçu la sagesse enfant, pleurait sans péché et jeûnait continuellement. Nous disons : Muhammad a reçu mieux que cela ; car Jean n'était pas à l'époque des idoles, des statues et de l'ignorance, tandis que Muhammad, paix et salut sur lui, était à l'époque des idoles et de l'ignorance. Discours sur ce que Jésus, paix sur lui, a reçu. Toute vertu que Jésus, paix sur lui, a reçue, notre Prophète, paix et salut sur lui, l'a reçue, et celui qui réfléchit ne la nie pas, avec ce qu'Allah lui a particulièrement révélé des choses invisibles qu'Il n'a révélées à nul autre, et des discordes à venir qu'aucun autre messager n'a annoncées. Si l'on dit : Chapitre trente et unième : rapport de deux récits qui contiennent un ensemble de ses qualités merveilleuses, de ses nobles caractères élevés, de ses états étonnants et grands, et ce que cela implique de ses bonnes manières, de ses pratiques et de ses lois conformes aux jugements de la raison en matière de validité et de possibilité. Nous nous sommes limités, pour mentionner ses caractères et ses qualités, à ces deux récits.
- as-Siddîq : Surnom d'Abou Bakr, signifiant 'le Véridique', premier calife de l'islam.
- as-Sayyid et al-'Âqib : Chefs chrétiens de Najrân venus débattre avec le Prophète.
- épreuve d'invocation réciproque : Mubâhala : défi où chaque partie invoque la malédiction d'Allah sur le menteur.
- capitation : Jizya : impôt de capitation imposé aux non-musulmans en échange de protection.
- amitié intime : Khulla : amitié exclusive et intime avec Allah, attribuée à Abraham.
Les preuves de la prophétie [1]
La source : https://shamela.ws/book/10637 Date d'extraction : 2026-06-17
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah, Seigneur…
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah, Seigneur des mondes, et que la prière et la paix soient sur notre maître Muhammad, ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons. Ceci est le livre des éclaircissements sur les sciences de la voie [1] et les subtilités des états spirituels [2], que j'ai intitulé « Les Révélations de La Mecque [3] ».
Les preuves de la prophétie par Abū Nuʿaym al-Iṣbahānī Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah et paix sur Ses serviteurs qu'Il a élus. Le cheikh, l'imam, le digne de confiance, le ḥāfiẓ 1 Saʿd al-Khayr ibn Muḥammad ibn Sahl al-Anṣārī – qu'Allah Très-Haut lui fasse miséricorde – nous a rapporté, lors d'une lecture faite devant lui tandis que nous écoutions, et cela en l'an 539 2 dans sa demeure à Dār al-Khilāfa 3 – qu'Allah la fasse prospérer –, disant : Le cheikh, le faqīh 4 Abū Saʿd Muḥammad ibn Muḥammad al-Muṭarraz – qu'Allah Très-Haut lui fasse miséricorde – nous a rapporté, lors d'une lecture faite devant lui dans sa demeure à Ispahan tandis que j'écoutais, disant : L'imam Abū Nuʿaym Aḥmad ibn ʿAbd Allāh ibn Aḥmad ibn Isḥāq nous a rapporté, lors d'une lecture faite devant lui, disant : Louange à Allah, qui accorde les bienfaits immenses et prodigue les faveurs grandioses, dont les grâces abondantes se succèdent et dont les preuves irréfutables sont établies par des signes évidents et des marques manifestes. Il est le Créateur des cieux et de la terre, l'Inventeur des œuvres parfaites qui se produisent chez Ses créatures, qu'elles soient en mouvement ou en repos. Il pourvoit à la subsistance de Ses créatures par toutes sortes de végétaux et de fruits de toutes couleurs. Ses signes sont manifestes pour ceux qui sont soutenus par une raison solide, dotés d'une réflexion profonde, et qui réussissent à méditer sur ce qu'Il leur montre des subtilités de la composition et qu'Il aide à considérer l'ordre successif des choses, la transformation des êtres d'un état à un autre et d'une forme à une autre. Tout cela indique la sagesse du Sage, le pouvoir du Miséricordieux, qui brise la puissance des falsificateurs par des signes éclatants et coupe la rébellion des négateurs par des preuves lumineuses. Il a écarté les excuses des responsables 5 par les messagers, qu'Il a soutenus par des signes, grâce aux miracles et aux preuves évidentes qu'Il leur a donnés. Il a dit – Très-Haut – : « Nous avons envoyé Nos messagers avec des preuves évidentes, et Nous avons fait descendre avec eux le Livre et la Balance, afin que les gens établissent la justice » [Coran, Sourate al-Ḥadīd, verset 25] ; et Il a dit : « Des messagers annonciateurs et avertisseurs, afin qu'après la venue des messagers les gens n'aient plus d'argument contre Allah » [Coran, Sourate an-Nisā', verset 165]. Ainsi, Il a imposé l'argument aux créatures par leur intermédiaire et leur a montré clairement la voie droite par ce qu'ils ont transmis de Sa part. Celui qui a vécu a vécu après avoir reçu une preuve évidente, et celui qui a péri a péri après avoir reçu une preuve évidente. Qu'Allah prie sur le meilleur des envoyés, par qui Il a scellé la mission, et par la foi en qui l'on obtient noblesse et grandeur, et dont Il a associé le nom au Sien et élevé la mention à Son souvenir : Muḥammad, le seigneur des premiers et des derniers, le sceau des prophètes et des messagers – que les prières d'Allah soient sur eux tous –, aussi longtemps qu'un adorateur adorera et qu'un prosterné se prosternera. Ceci dit : Vous m'avez demandé – qu'Allah fasse vivre vos consciences intimes par la clairvoyance et illumine dans la marche vers Son agrément vos réceptacles et vos intentions – de rassembler ce qui est dispersé dans les récits concernant la prophétie, les preuves, les miracles, les réalités et les caractéristiques propres à l'envoyé Muḥammad – qu'Allah prie sur lui et le salue –, lui qui est doté d'une éclatante splendeur et d'une guérison bénéfique, par laquelle les bienheureux ont été illuminés, les martyrs ont été guéris, et les éloignés ont cherché à se rapprocher. J'ai donc demandé l'aide d'Allah et imploré Sa réussite ; c'est de Lui que viennent la force et la puissance, et Il est le Fort, le Puissant. Sachez – qu'Allah vous accorde la réussite – que le Créateur Sage a créé les êtres avec des formes et des essences différentes, des tempéraments et des clairvoyances variés. Leurs parties, dans la nature et la force, sont inégales, et leurs caractères, dans la réflexion et la considération, sont divers. Il y a celui dont le tempérament est équilibré, qui se passe des médecins et des remèdes grâce à sa santé ; celui dont l'équilibre est moyen, qu'un peu de médicaments améliore ; et celui qui est bas et vil, que même le plus fort des éléments ne peut redresser. De même, parmi les esprits, il y a celui qui est pur et intelligent, épris de sagesse, avide de connaissance et de contemplation, désireux de ce vers quoi les bienheureux se sont hâtés ; il y a l'esprit trouble et lent, détourné des connaissances et des clairvoyances, écarté des signes et des leçons, inclinant vers ce que les éloignés ont adopté ; et il y a l'esprit moyen, qui n'atteint ni la perfection de la pureté et de l'intelligence, ni le fond de la trouble et de l'aveuglement. C'est en raison de la diversité des corps et des esprits que les paroles et les états diffèrent. Celui qui est favorisé par un esprit pur, son essence aspire constamment à l'élite des esprits, qui sont les habitants des hauteurs dans les cieux ; celui qui est affligé par un esprit trouble, son essence incline toujours vers la ressemblance des bêtes et des bestiaux asservis, composés de trouble et de ténèbres. Ainsi, lorsque les constructions et les tempéraments diffèrent, la créature la mieux ordonnée et la plus pure dans sa composition, faite de la moelle de l'humanité et de la quintessence de la diffusion, est celui qui se réjouit de la dévotion et de la piété, et s'empresse à l'action. La piété est particulièrement liée à l'annonce et à l'avertissement, visée par l'inspiration et le signe des nobles et des pieux, soutenue par le don divin et l'influence céleste. Par son acceptation, le croyant moyen devient heureux, tandis que par la fuite et l'orgueil, les aveugles qui se détournent sont voilés. Ceux qui sont visés sont les prédicateurs parmi les saints, les maîtres parmi les messagers et les prophètes. La prophétie est l'intermédiation du serviteur entre Allah Très-Haut et les intelligents parmi Ses créatures ; c'est pourquoi elle est toujours décrite par la mission et l'envoi. On a dit aussi que la prophétie est le fait d'écarter les excuses des doués d'intelligence concernant ce que leurs esprits ne peuvent atteindre des intérêts des deux demeures 6 ; c'est pourquoi elle est toujours décrite par l'argument et la guidance, pour écarter leurs excuses par la voie de la guidance et de la rectification. Le sens de « prophète » (nabī) est celui qui apporte une nouvelle (naba') et une information, c'est-à-dire qu'il informe au sujet d'Allah – Puissant et Majestueux – de ce qu'Il lui a spécifiquement révélé. On a dit aussi qu'il dérive de « nabwa » 7, qui est un lieu élevé au-dessus du sol, signifiant qu'il est distingué par une certaine élévation, et qu'il est ainsi fait un intermédiaire entre Allah et Ses créatures, indiquant par là sa noblesse et sa hauteur. Celui qui fait dériver la prophétie de « inbā' » 8, qui est l'information, ne fait pas de différence entre la prophétie et la mission. Quant au sens de « messager » (rasūl), c'est celui qui est envoyé (mursal) ; c'est un nom de forme faʿūl au sens de mafʿūl 9. Son envoi consiste en l'ordre qu'Il lui donne de transmettre le message et la révélation.
Le sens de la révélation 10 vient de la rapidité 11 ; comme le messager se hâtait de comprendre ce qui lui était communiqué, cette compréhension fut appelée « révélation ». Elle a des degrés et des aspects dans le Coran : la révélation au messager, qui consiste en ce que l'ange l'interpelle oralement ou jette [la compréhension] dans son cœur 12 ; c'est ce que signifie la parole de Dieu – qu'Il soit exalté – : « Il n'a pas été donné à un mortel que Dieu lui parle si ce n'est par révélation, ou de derrière un voile, ou en envoyant un messager qui révèle, avec Sa permission, ce qu'Il veut » [Coran, Sourate ash-Shura, verset 51]. Il entend par là une adresse dont Il jette la compréhension dans son cœur, de sorte qu'il la saisisse et la retienne. Quant à ce qui est autre que cette adresse, c'est un commencement d'information et d'inspiration 13, et une notification sans parole ni adresse, comme Sa parole – qu'Il soit exalté – : « Et ton Seigneur révéla aux abeilles » [Coran, Sourate an-Nahl, verset 68], et « Nous révélâmes à la mère de Moïse » [Coran, Sourate al-Qasas, verset 7], et ce qui est analogue. Ensuite, cette prophétie qui est la mission d'ambassadeur 14 ne s'accomplit que par quatre qualités particulières que Dieu – qu'Il soit exalté – leur accorde, de même que l'élimination des vices des intelligences ne s'accomplit que par la préservation de quatre fléaux dont on est préservé. L'ambassadeur heureux par les quatre dons est exempt des quatre fléaux, tandis que l'intelligent exempt des quatre fléaux n'est pas heureux par les quatre dons. Les quatre dons sont : premier : la vertu spécifique 15 ; deuxième : la vertu d'honneur 16 ; troisième : l'assistance par la guidance 17 ; quatrième : la correction lors de la faute 18. Les quatre fléaux dont est préservé celui qui est sain parmi les saints 19 sont : premier : la mécréance en Dieu – qu'Il soit exalté – ; deuxième : le fait de proférer des mensonges sur Dieu ; troisième : la désobéissance aux ordres de Dieu ; quatrième : l'ignorance des jugements de Dieu. Le sens de la vertu spécifique est que la meilleure conduite des rois et la plus louable dans leur gouvernement est qu'ils n'envoient comme messager que le meilleur, et celui qui est capable de porter les fardeaux de la mission, que son service a formé et que ses jours ont façonné. Les intelligences témoignent qu'un tel homme est désigné et choisi auprès de l'envoyeur pour une mission semblable de transmission et d'acquittement de sa part. Dieu, le Sage, le Puissant, ne choisit pour la mission que celui qui est supérieur à ceux vers qui il est envoyé, orné de toutes les qualités. C'est pourquoi il n'y a jamais eu de prophète qui ait eu une infirmité corporelle, un trouble mental, une bassesse de lignage ou un mauvais caractère. C'est à cela que se réfère Sa parole – qu'Il soit exalté – : « Dieu sait mieux où Il place Sa mission » [Coran, Sourate al-An'am, verset 124]. Le sens de la vertu d'honneur est que les rois, lorsqu'ils envoient un messager, le choisissent pour la délégation, et le soutiennent au moment de l'envoi par des grâces, des honneurs, des faveurs supplémentaires et des aides qui lui facilitent la tâche au-delà de ce qu'ils lui avaient déjà accordé dans son service passé. Dieu, le Clément, le Miséricordieux, lorsqu'Il l'envoie pour transmettre de Sa part, le pourvoit de faveurs supplémentaires qui fortifient son cœur, aiguisent son intelligence, et lui permettent d'acquérir des caractères louables, des résolutions fermes et un jugement étendu, comme Il a soutenu Moïse – sur lui la paix – en déliant le nœud de sa langue et en associant Aaron à la mission, selon Sa parole – qu'Il soit exalté – : « Envoie-le donc avec moi comme soutien pour me confirmer » [Coran, Sourate al-Qasas, verset 34]. C'est à cela que se réfère Sa parole – qu'Il soit exalté – : « Tu as obtenu ta demande, ô Moïse » [Coran, Sourate Taha, verset 36]. Le sens de l'assistance par la guidance est que les rois, lorsqu'ils choisissent pour transmettre de leur part quelqu'un dont ils connaissent la compétence et l'aptitude à ce dont ils le chargent, ne le laissent pas sans lettres de leur part contenant la droiture et la guidance, sachant qu'il est façonné par la nature humaine. Dieu, le Très-Haut, le Grand, lorsqu'Il revêt un serviteur des colliers de la mission, Sa sagesse exige qu'Il ne le prive pas des sources de l'orientation, car Il sait que les sciences acquises ne s'obtiennent que par l'enseignement, et que les intérêts universels ne s'atteignent que par la grâce. C'est à cela que se réfère Sa parole – qu'Il soit exalté – : « Ainsi, pour affermir par elle ton cœur » [Coran, Sourate al-Furqan, verset 32], et « Si Nous ne t'avions pas affermi, tu aurais failli » [Coran, Sourate al-Isra, verset 74]. Le sens de la correction lors de la faute est qu'aucun roi n'a envoyé un émissaire pour rendre la communauté aimable à l'obéissance sans que, voyant sa nature pencher [vers l'erreur] au moment de la transmission, il ne le réprimande à la moindre faute par la plus sévère des réprimandes, le corrigeant ainsi pour préserver sa dignité et maintenir sa vigilance et sa rectitude, sachant que celui qui s'abstient de ses faux pas finira par s'y habituer et les adopter. Dieu, le Doux envers Ses serviteurs, Celui qui comble Ses saints de secours et de soutien, ne prive jamais Son envoyé et Son élu, désigné pour porter les fardeaux de la prophétie, de l'avertissement et de la correction. C'est à cela que se réfère Sa parole – qu'Il soit exalté – à Noé – sur lui la paix – : « Ne Me demande pas ce dont tu n'as pas connaissance ; Je t'exhorte à ne pas être parmi les ignorants » [Coran, Sourate Hud, verset 46], et Sa parole – qu'Il soit exalté – à David – sur lui la paix – : « Juge entre nous en toute justice et ne dévie pas » [Coran, Sourate Sad, verset 22], et Sa parole – qu'Il soit exalté – à Salomon – sur lui la paix – : « Nous jetâmes sur son trône un corps, puis il se repentit » [Coran, Sourate Sad, verset 34], et Sa parole – qu'Il soit exalté – à Muhammad – que Dieu prie sur lui et le salue – : « Sois droit comme il t'a été ordonné » [Coran, Sourate Hud, verset 112], « Si ce n'était une prescription préalable de Dieu » [Coran, Sourate al-Anfal, verset 68], et Sa parole – qu'Il soit exalté – : « Et si leur détournement te pèse » [Coran, Sourate al-An'am, verset 35]. Ces quatre qualités particulières ne s'obtiennent ni par l'acquisition ni par l'effort, car elles sont un don divin et une faveur céleste ; leurs sagesses sont liées à la disposition de Celui à qui appartiennent la création et le commandement, et Il ne les manifeste que dans les temps les plus particuliers et les lieux les plus méritants, lorsqu'Il perçoit le besoin universel et que l'obscurité enveloppe les égarés parmi les créatures. Elles sont toutes trop élevées pour que les intelligences particulières puissent les atteindre ou que les efforts acquis puissent les obtenir. C'est à cela que se réfère Sa parole – qu'Il soit exalté – : « Et Dieu n'est pas tel qu'Il vous dévoile l'inconnaissable ; mais Dieu élit parmi Ses messagers qui Il veut » [Coran, Sourate Al 'Imran, verset 179], et Sa parole : « Nous ne sommes que des humains comme vous, mais Dieu accorde Sa faveur à qui Il veut parmi Ses serviteurs » [Coran, Sourate Ibrahim, verset 11], et Sa parole : « Il ne dévoile Son inconnaissable à personne, sauf à celui qu'Il agrée comme messager » [Coran, Sourate al-Jinn, verset 26-27].
Sachez que les miracles de l'Élu 20 (que Dieu prie sur lui et le salue) sont trop nombreux pour être comptés et trop célèbres pour avoir besoin d'une chaîne de transmission. Le plus grand de ses miracles est le Coran, qui est la mère des miracles, que ni le déni ni le rejet ne peuvent repousser. Nos savants anciens et modernes ont traité en détail de ce sujet, ainsi que de ses questions, et ont réfuté les attaques des athées, des philosophes et des naturalistes. Ils ont montré la corruption de leurs propos et la fausseté de leurs objections, comme on le fait avec leurs semblables qui s'écartent de la voie de la prophétie et du phare de la Loi. De même, ils ont traité de l'argumentation sur la validité de la prophétie et de la mission, que l'envoi des messagers n'est pas impossible, qu'il relève du possible et du pouvoir, et que l'envoi des messagers n'est pas une obligation pour Dieu (Puissant et Majestueux), mais qu'il est permis à Dieu de le faire ou de ne pas le faire. Ils ont aussi traité des catégories de miracles : certains peuvent relever de notre pouvoir d'une certaine manière, d'autres non. Ils ont mentionné la distinction entre le miracle et la faveur 21, qu'ils sont identiques dans un cas et différents dans un autre. Ils ont mentionné les types de ce par quoi se fait le défi, et qui est appelé miracle. Quant à la réfutation des négateurs des prophéties, qu'ils soient brahmanes, philosophes, naturalistes ou autres, nous nous en sommes abstenus, car ce sujet et la réponse à leurs objections sont laissés à leurs spécialistes, les théologiens et les spéculatifs. Nous avons plutôt visé à rassembler ce que nous poursuivons et à le compiler à partir de toutes les sources dispersées, des récits authentiques et célèbres rapportés. Nous l'avons ordonné selon l'ordre de nos prédécesseurs parmi les transmetteurs de traditions, les savants et les juristes. Nous l'avons divisé en chapitres pour en faciliter la mémorisation des types et des catégories, afin qu'il soit plus complet pour la compréhension, plus proche de l'esprit et plus éloigné de la peine dans sa recherche. C'est par Lui la force et la puissance en cela et en tout ce que nous voulons et désirons.
- ḥāfiẓ : Titre donné à un savant qui maîtrise parfaitement le Coran et les hadiths, capable de les mémoriser et de les transmettre avec précision.
- 539 : Année de l'hégire correspondant à 1144-1145 de l'ère chrétienne.
- Dār al-Khilāfa : La Demeure du Califat, désignant la résidence du calife à Bagdad.
- faqīh : Juriste musulman, spécialiste du fiqh (droit islamique).
- responsables : Terme désignant les êtres humains doués de raison et soumis aux obligations religieuses (mukallafūn).
- deux demeures : Ce monde et l'au-delà (la vie présente et la vie future).
- nabwa : Élévation, hauteur ; lieu surélevé.
- inbā' : Action d'informer, d'annoncer une nouvelle.
- faʿūl au sens de mafʿūl : Forme grammaticale arabe où le schème faʿūl est utilisé pour indiquer le sens passif (mafʿūl), comme dans rasūl (envoyé) signifiant mursal (celui qui est envoyé).
- al-waḥy : Révélation divine, communication de Dieu à Ses prophètes.
- al-waḥā : Rapidité, hâte ; étymologiquement lié à la révélation car le prophète saisit rapidement le message.
- raw‘ : Cœur, esprit ; l'ange jette la compréhension dans le cœur du prophète.
- ilhām : Inspiration divine, sans intermédiaire angélique.
- sifāra : Mission d'ambassadeur ; la prophétie comme intermédiaire entre Dieu et les hommes.
- al-faḍīla al-naw‘iyya : Vertu spécifique : excellence naturelle et morale du prophète, le rendant apte à la mission.
- al-faḍīla al-ikrāmiyya : Vertu d'honneur : dons supplémentaires accordés par Dieu pour soutenir le prophète dans sa mission.
- al-imdād bi-l-hidāya : Assistance par la guidance : aide divine continue pour orienter le prophète.
- al-tathqīf ‘inda al-zalla : Correction lors de la faute : Dieu reprend le prophète en cas d'erreur pour le redresser.
- al-awliyā’ : Saints, amis de Dieu ; ici, les prophètes sont préservés des quatre fléaux.
- al-Muṣṭafā : L'Élu, surnom du Prophète Muhammad.
- karāma : Faveur, prodige accordé par Dieu à un saint, distinct du miracle prophétique.
Chapitre premier : mention de ce qu'Allah Très-Haut a révélé dans Son Livre de la vertu…
Chapitre premier : mention de ce qu'Allah Très-Haut a révélé dans Son Livre de la vertu de lui [1] — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Allah Très-Haut a fait de sa mission une miséricorde pour les mondes, en disant : « Et Nous ne t'avons envoyé que comme miséricorde pour les mondes » [2]. Ainsi, ses ennemis furent à l'abri du châtiment durant sa vie — que la paix soit sur lui —, et cela est la parole d'Allah Très-Haut : « Et Allah ne les châtiera pas tant que tu es parmi eux » [3].
Le premier chapitre sur ce qu'Allah Très-Haut a révélé dans Son Livre concernant la vertu du Prophète 1 - qu'Allah prie sur lui et le salue. Allah Très-Haut a fait de son envoi une miséricorde pour les mondes, en disant : {Et Nous ne t'avons envoyé que comme miséricorde pour les mondes} [Sourate al-Anbiyâ' : 107]. Il a ainsi mis à l'abri ses ennemis du châtiment durant sa vie - sur lui la paix - et c'est ce que signifie Sa parole : {Et Allah ne les châtiera pas tant que tu es parmi eux} [Sourate al-Anfâl : 33]. Il ne les a donc pas châtiés, malgré leur hâte à le provoquer, en confirmation de ce dont Il l'a qualifié. Puis, lorsqu'il les a quittés pour rejoindre son Seigneur Très-Haut, Allah leur infligea le châtiment par le meurtre et la captivité, et c'est ce que signifie Sa parole : {Soit que Nous t'emmenions, alors Nous Nous vengerons d'eux} [Sourate az-Zukhruf : 41]. 1 - Ibrâhîm ibn 'Abd Allâh nous a rapporté, d'après Muhammad ibn Ishâq, d'après Qutayba, d'après al-Faraj ibn Fadâla, d'après 'Alî ibn Yazîd, d'après al-Qâsim ibn 'Abd ar-Rahmân, d'après Abû Umâma - qu'Allah l'agrée - d'après le Prophète 1 - qu'Allah prie sur lui et le salue - qui a dit : « Allah Très-Haut m'a envoyé comme miséricorde pour les mondes et comme guidance pour les pieux. » 2 - 'Abd Allâh ibn Ja'far nous a rapporté, d'après Ismâ'îl ibn 'Abd Allâh, d'après 'Alî ibn 'Abd Allâh, d'après Marwân, d'après Yazîd ibn Kaysân, d'après Abû Hâzim, d'après Abû Hurayra, qui a dit : On demanda : « Ô Messager d'Allah, n'invoques-tu pas contre les associateurs ? » Il répondit : « J'ai seulement été envoyé comme une grâce, et non comme un châtiment. » Parmi ses vertus : l'annonce par Allah - Puissant et Majestueux - de la vénération de la dignité de Son Prophète 1, de sa glorification et de son exaltation. En effet, Il ne s'est adressé à lui dans Son Livre, ni n'a rapporté de lui, qu'avec la périphrase 2 qui est la prophétie et la mission, dont il n'y a rien de plus noble en gloire ni de plus grand en importance. En revanche, Il s'est adressé aux autres prophètes et à leurs peuples, et a rapporté d'eux par leurs noms, sans les mentionner par la périphrase qui est le sommet du rang, sauf lorsque le Messager 1 se trouve parmi eux par sa participation avec eux dans l'adresse ou le récit. Quant au cas d'isolement, Il ne les a mentionnés que par leurs noms. Or, la périphrase du nom est le summum de la glorification pour l'interlocuteur vénéré et l'invoqué magnifié ; car celui qui atteint le plus haut degré de glorification est désigné par une périphrase de son nom : s'il est roi, on lui dit : « Ô roi » ; s'il est prince, on lui dit : « Ô prince » ; s'il est calife, on lui dit : « Ô calife » ; s'il est juge, on lui dit : « Ô docteur de la Loi », « Ô prêtre », « Ô savant », « Ô juriste ». Ainsi, Allah - Puissant et Majestueux - a favorisé Son Prophète 1, l'a élevé au plus haut rang et aux plus hauts degrés, en disant à Son Prophète : {Ô Prophète ! Nous t'avons envoyé comme témoin, annonciateur et avertisseur} [Sourate al-Ahzâb : 45] ; {Ô Prophète ! Allah te suffit} [Sourate al-Anfâl : 64] ; {Ô Messager ! Que ceux qui se hâtent vers la mécréance ne t'affligent pas} [Sourate al-Mâ'ida : 41] ; {Ô Messager ! Transmets ce qui t'a été révélé de ton Seigneur} [Sourate al-Mâ'ida : 67], et dans de nombreux autres versets. En revanche, Il s'est adressé à Adam et aux prophètes après lui par leurs noms, et de même pour les récits les concernant. Il dit : {Ô Adam ! Habite, toi et ton épouse, le Paradis} [Sourate al-Baqara : 35] ; {Et Adam désobéit à son Seigneur et s'égara} [Sourate Tâ Hâ : 121] dans le récit le concernant ; {Ô Noé ! Descends} [Sourate Hûd : 48] ; {Et Noé appela son fils} [Sourate Hûd : 42] ; {Ô Abraham ! Détourne-toi de cela} [Sourate Hûd : 76] ; {Et quand Abraham élevait les fondations de la Maison} [Sourate al-Baqara : 127] ; {Ô Moïse ! Je t'ai élu parmi les hommes} [Sourate al-A'râf : 144] ; et Il dit : {Il le frappa du poing et l'acheva} [Sourate al-Qasas : 15] ; {Ô Jésus, fils de Marie ! Rappelle-toi Ma grâce sur toi} [Sourate al-Mâ'ida : 110] ; {Quand Jésus, fils de Marie, dit : « Ô enfants d'Israël ! »} [Sourate as-Saff : 6] ; et ainsi de suite pour les autres prophètes : {Ô Hûd ! Tu ne nous as apporté aucune preuve} [Sourate Hûd : 53] ; {Ô Sâlih ! Apporte-nous ce que tu nous promets} [Sourate al-A'râf : 77] ; {Ô David ! Nous t'avons fait} ; {Et Nous avions éprouvé Salomon} [Sourate Sâd : 34] ; {Ô Zacharie ! Nous t'annonçons} [Sourate Maryam : 7] ; {Ô Jean ! Prends le Livre} [Sourate Maryam : 12]. Tous ceux-là ont été interpellés par leurs noms. Ainsi, chaque fois qu'Il mentionne Muhammad - sur lui la paix - par son nom, Il y adjoint la mention de la mission, en disant : {Et Muhammad n'est qu'un Messager ; avant lui, les messagers sont passés} [Sourate Âl 'Imrân : 144] ; {Muhammad est le Messager d'Allah} [Sourate al-Fath : 29] ; {Muhammad n'est le père d'aucun de vos hommes, mais il est le Messager d'Allah} [Sourate al-Ahzâb : 40] ; {Et ils ont cru en ce qui a été révélé à Muhammad, et c'est la vérité venant de leur Seigneur} [Sourate Muhammad : 2]. Il l'a donc nommé pour que celui qui le renie sache que son affaire et son Livre sont la vérité ; et parce qu'ils ne le connaissaient que sous le nom de Muhammad ; s'Il ne l'avait pas nommé, on n'aurait pas connu son nom à partir du Livre. De même, pour tous les autres prophètes, s'ils n'avaient pas été nommés dans le Livre, leurs noms n'auraient pas été connus, comme Allah l'a nommé Muhammad. Tout cela est un surcroît de sa majesté, de sa noblesse, de sa renommée et de son honneur ; car son nom est dérivé d'un nom d'Allah, comme son oncle l'a loué en disant : [al-Bahr at-Tawîl] « Et Il a tiré pour lui de Son nom pour le magnifier : / Le Possesseur du Trône est Mahmûd 3, et celui-ci est Muhammad 4. » Puis, dans le récit, Il a réuni le nom de Son ami intime 5 et de Son prophète : Il a nommé Son ami intime par son nom et a désigné Son bien-aimé 6 par la prophétie, en disant : {Les plus proches des hommes d'Abraham sont ceux qui l'ont suivi, ainsi que ce Prophète} [Sourate Âl 'Imrân : 68]. Il l'a donc désigné par une périphrase par vénération, et l'a élevé en raison de la supériorité de son rang et de sa noblesse auprès de Lui. Ensuite, Il l'a fait précéder dans la mention à ceux qui l'ont précédé dans l'envoi, en disant : {Nous t'avons fait une révélation comme Nous avons fait à Noé et aux prophètes après lui ; et Nous avons fait une révélation à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob} jusqu'à Sa parole : {Et Nous avons donné à David le Psautier} ; et Il dit : {Et lorsque Nous avons pris l'engagement des prophètes, et de toi, et de Noé} [Sourate al-Ahzâb : 7]. 3 - C'est ce que nous a rapporté Abû Muhammad 'Abd Allâh ibn Ibrâhîm ibn Ayyûb, d'après Ja'far ibn Ahmad ibn 'Âsim, d'après Hishâm ibn 'Ammâr, d'après Baqiyya, d'après Sa'îd ibn Bashîr, d'après Qatâda, d'après al-Hasan, d'après Abû Hurayra - qu'Allah l'agrée - qui a dit : Le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - a dit à propos de Sa parole : {Et lorsque Nous avons pris l'engagement des prophètes} [Sourate al-Ahzâb : 7] : « J'étais le premier des prophètes dans la création et le dernier dans l'envoi. » Parmi ses vertus : Allah - Puissant et Majestueux - a interdit aux gens de s'adresser au Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - par son nom, et Il a informé que les autres nations s'adressaient à leurs prophètes et messagers par leurs noms, comme leur parole : {Ô Moïse ! Fais-nous une divinité comme ils ont des divinités} [Sourate al-A'râf : 138] ; et Sa parole : {Ô Jésus, fils de Marie ! Ton Seigneur peut-Il ?} [Sourate al-Mâ'ida : 112] ; {Ô Hûd ! Tu ne nous as apporté} [Sourate Hûd : 53] ; {Ô Sâlih ! Apporte-nous} [Sourate al-A'râf : 77] ; et Il dit : {Ne considérez pas l'appel du Messager parmi vous comme l'appel de certains d'entre vous à d'autres} [Sourate an-Nûr : 63]. Allah Très-Haut les a donc incités à le désigner par la prophétie et la mission, pour élever sa position et honorer son rang. Allah l'a distingué par cette vertu parmi Ses messagers et Ses prophètes.
4. Nous a rapporté Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan, qui a dit : nous a rapporté Muhammad ibn 'Uthman ibn Abi Shayba, et nous a rapporté le juge Abu Ahmad Muhammad ibn Ahmad ibn Ibrahim, et Muhammad ibn Ishaq al-Ahwazi, qui ont dit : nous a rapporté Musa ibn Ishaq, qui a dit : nous a rapporté Minjab ibn al-Harith, qui a dit : nous a rapporté Bishr ibn 'Umara, d'après Abu Rawq, d'après al-Dahhak, d'après Ibn 'Abbas, au sujet de la parole de Dieu Très-Haut : « Ne considérez pas l'appel du Messager parmi vous comme l'appel que vous vous adressez les uns aux autres » [Coran 24:63] : « Ils disaient : 'Ô Muhammad, ô Abou al-Qasim', et Dieu leur interdit cela, par vénération pour Son Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue. Alors ils dirent : 'Ô Prophète de Dieu, ô Messager de Dieu'. » 5. Nous a rapporté Sulayman ibn Ahmad, qui a dit : nous a rapporté Bakr ibn Sahl, qui a dit : nous a rapporté 'Abd al-Ghani ibn Sa'id, qui a dit : nous a rapporté Musa ibn 'Abd al-Rahman, d'après Ibn Jurayj, d'après Ibn 'Abbas, et d'après Muqatil, d'après al-Dahhak, d'après Ibn 'Abbas : « 'Ne considérez pas l'appel du Messager parmi vous comme l'appel que vous vous adressez les uns aux autres' [Coran 24:63] : Il veut dire : crier de loin : 'Ô Abou al-Qasim', mais plutôt comme Dieu Très-Haut a dit dans la sourate al-Hujurat : 'Ceux qui baissent la voix auprès du Messager de Dieu' [Coran 49:3]. Et parmi ses mérites, que Dieu prie sur lui et le salue : Dieu Puissant et Majestueux a distingué la manière d'interpeller les prophètes qui l'ont précédé, en son honneur et par vénération. En effet, les autres communautés disaient à leurs prophètes et messagers : 'Râ'inâ sam'aka' 7, et Dieu Puissant et Majestueux interdit à cette communauté d'interpeller leur Messager de cette manière qui comporte une ambiguïté et une bassesse, et Il les blâma d'adopter cette attitude envers leur Prophète. Il dit : 'Ô vous qui croyez, ne dites pas : Râ'inâ, mais dites : Unzurnâ' [Coran 2:104]. » 6. Nous a rapporté Sulayman ibn Ahmad, qui a dit : nous a rapporté Bakr ibn Sahl, qui a dit : nous a rapporté 'Abd al-'Aziz ibn Sa'id, qui a dit : nous a rapporté Musa ibn 'Abd al-Rahman, d'après Ibn Jurayj, d'après 'Ata', d'après Ibn 'Abbas, et d'après Muqatil, d'après al-Dahhak, d'après Ibn 'Abbas, que Dieu l'agrée : « 'Ne dites pas : Râ'inâ' [Coran 2:104] : car c'est une insulte dans la langue des juifs. Et Il dit : 'Et dites : Unzurnâ' [Coran 2:104], c'est-à-dire : écoute-nous. Alors les croyants dirent après cela : 'Quiconque vous entendrez dire cela, frappez-lui le cou.' Et les juifs cessèrent après cela. » Et parmi ses mérites : les prophètes qui l'ont précédé, que la paix soit sur eux, repoussaient et réfutaient ce que leurs contradicteurs leur imputaient comme sottise, égarement et mensonge, tandis que Dieu Puissant et Majestueux prit en charge cela pour Son Messager, que Dieu prie sur lui et le salue. Il dit, à propos de ce qu'Il rapporte du peuple de Noé : « Nous te voyons dans un égarement manifeste » [Coran 7:60], et Noé dit pour se défendre : « Ô mon peuple, il n'y a pas d'égarement en moi » [Coran 7:61]. Et leur parole à Houd, que la paix soit sur lui : « Nous te voyons dans une sottise » [Coran 7:66], et il dit, niant ce qu'ils lui attribuaient : « Ô mon peuple, il n'y a pas de sottise en moi » [Coran 7:67]. Et Pharaon dit à Moïse : « Je pense vraiment, ô Moïse, que tu es ensorcelé » [Coran 17:101], et Moïse lui répondit : « Je pense vraiment, ô Pharaon, que tu es perdu » [Coran 17:102]. Alors Dieu Puissant et Majestueux innocenta Son Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, de ce qu'ils lui attribuaient, en son honneur et par vénération. Il dit : « Tu n'es, par la grâce de ton Seigneur, ni un possédé » [Coran 68:2], et Il dit : « Nous ne lui avons pas enseigné la poésie, et cela ne lui convient pas » [Coran 36:69], et Il dit : « Votre compagnon ne s'est pas égaré et n'a pas été induit en erreur » [Coran 53:2]. Et Dieu le déclara innocent de tout ce dont ils l'accusaient : sorcellerie, divination et folie. Il dit : « Celui qui est sur une preuve claire venant de son Seigneur, et qu'un témoin de Sa part récite » [Coran 11:17]. Et Dieu repoussa leur moquerie lorsqu'ils lui dirent : « Vous indiquerons-nous un homme qui vous annonce que, lorsque vous serez réduits en lambeaux, vous serez dans une nouvelle création ? » [Coran 34:7]. Dieu Très-Haut dit : « Mais ceux qui ne croient pas en l'au-delà sont dans le châtiment et l'égarement lointain » [Coran 34:8]. Et parmi ses mérites : Dieu interpella David, que la paix soit sur lui, en lui disant de ne pas suivre la passion : « Ô David, Nous t'avons fait calife sur la terre ; juge donc entre les hommes en toute justice, et ne suis pas la passion, car elle t'égarerait du chemin de Dieu » [Coran 38:26]. Et Dieu Très-Haut rapporta du Messager, que Dieu prie sur lui et le salue, après avoir juré par les lieux de chute des étoiles, leurs levers, la descente du Coran et ses lieux de révélation, qu'il ne parle pas sous l'effet de la passion : « Et il ne parle pas sous l'effet de la passion » [Coran 53:3], pour le déclarer innocent et le purifier de la poursuite de la passion. Et parmi ses mérites : tout prophète dont Dieu Très-Haut mentionna l'état et qu'Il Lui pardonna ce qui était de sa part, Il le précisa. Ainsi, dans l'histoire de Moïse : « Seigneur, j'ai tué un homme parmi eux » [Coran 28:33], et il dit : « J'ai été injuste envers moi-même ; pardonne-moi, et Il lui pardonna » [Coran 28:16]. Il mentionna donc son péché et demanda pardon à son Seigneur. Et Il rapporta de David, lorsque les deux anges escaladèrent le mur : « Celui-ci est mon frère ; il a quatre-vingt-dix-neuf brebis, et moi j'ai une seule brebis » [Coran 38:23], et il mentionna l'injustice et l'agression : « Il t'a fait injustice en demandant ta brebis pour l'ajouter à ses brebis » [Coran 38:24], et il dit : « David pensa que Nous l'avions éprouvé ; il demanda pardon à son Seigneur, tomba prosterné et se repentit. Nous lui pardonnâmes cela » [Coran 38:24-25]. Il mentionna donc leurs faux pas et leurs fautes, et Il rapporta Son pardon pour Son Prophète, que la paix soit sur lui, sans mentionner aucun de ses faux pas, par honneur et vénération pour lui. Il dit : « Afin que Dieu te pardonne tes péchés, passés et à venir » [Coran 48:2]. Voilà le comble de la faveur et de l'honneur. Et parmi ses mérites : Dieu prit l'engagement de tous Ses prophètes que si un Messager venait à eux, ils croiraient en lui et le soutiendraient. Ainsi, aucun d'eux n'aurait atteint le Messager sans qu'il lui soit obligatoire de croire en lui et de le soutenir, en raison de l'engagement pris. Il fit donc d'eux tous ses disciples, tenus de se soumettre et d'obéir à lui s'ils l'avaient rencontré.
7 - Et ceci est ce que nous a rapporté Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan, qui dit : nous a rapporté Yūsuf ibn al-Ḥakam, qui dit : nous a rapporté Muhammad ibn al-Da‘ā’, qui dit : nous a rapporté Hushaym, qui dit : nous a rapporté Mujālid, d’après al-Sha‘bī, d’après Jābir, d’après ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb (que Dieu l’agrée), qui dit : Je vins auprès du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), alors que j’avais avec moi un livre que j’avais obtenu de certains gens du Livre. Il dit : « Par Celui qui tient l’âme de Muhammad dans Sa main, si Moïse était vivant, il n’aurait d’autre choix que de me suivre. » Et parmi ses mérites (ṣalāt) : Dieu a imposé l’obéissance envers lui comme une obligation absolue, sans condition ni exception, tout comme Il a imposé l’obéissance envers Lui-même. Il dit : {Prenez ce que le Messager vous apporte et abstenez-vous de ce qu’il vous interdit} [Sourate al-Ḥashr, 7]. Il n’a pas dit : « de Mon obéissance », ou « de Mon Livre », ou « par Mon ordre ⦗47⦘ et Ma révélation », mais Il a imposé son commandement et son interdiction à toute la création, comme l’imposition de la Révélation (al-tanzīl), sans qu’on puisse contester cela, ni disputer, ni discuter, ni exiger de lui une preuve, comme Il l’a rapporté du peuple de Moïse, lorsqu’ils dirent : {Nous ne croirons pas en toi jusqu’à ce que nous voyions Dieu ouvertement} [Sourate al-Baqara, 55]. Et parmi ses mérites : Dieu Très-Haut et Exalté a associé Son nom à son nom dans Son Livre lorsqu’Il mentionne l’obéissance envers Lui, la désobéissance envers Lui, Ses obligations, Ses jugements, Sa promesse et Sa menace. Il dit : {Obéissez à Dieu et obéissez au Messager} [Sourate al-Nisā’, 59] ; Il dit : {Obéissez à Dieu et à Son Messager, si vous êtes croyants} [Sourate al-Anfāl, 1] ; Il dit : {Ceux qui obéissent à Dieu et à Son Messager, ceux-là, Dieu leur accordera Sa miséricorde} [Sourate al-Tawba, 71] ; Il dit : {Les vrais croyants sont ceux qui ont cru en Dieu et en Son Messager} [Sourate al-Nūr, 62] ; Il dit : {Répondez à Dieu et au Messager} [Sourate al-Anfāl, 24] ; Il dit : {Quiconque désobéit à Dieu et à Son Messager} [Sourate al-Nisā’, 14] ; Il dit : {Ceux qui offensent Dieu et Son Messager} [Sourate al-Aḥzāb, 57] ; Il dit : {Désaveu de la part de Dieu et de Son Messager} [Sourate al-Tawba, 1] ; {Et proclamation de la part de Dieu et de Son Messager} [Sourate al-Tawba, 3] ; Il dit : {Et ils n’ont pas pris d’alliés en dehors de Dieu et de Son Messager} [Sourate al-Tawba, 16] ; Il dit : {Ne savent-ils pas que quiconque s’oppose à Dieu et à Son Messager} [Sourate al-Tawba, 63] ; Il dit : {La rétribution de ceux qui font la guerre à Dieu et à Son Messager} [Sourate al-Mā’ida, 33] ; Il dit : {Et ils n’interdisent pas ce que Dieu et Son Messager ont interdit} [Sourate al-Tawba, 29] ; Il dit : {Quiconque se sépare de Dieu et de Son Messager} [Sourate al-Anfāl, 13] ; Il dit : {Dis : « Les butins appartiennent à Dieu et au Messager »} ; Il dit : {Référez-le à Dieu et au Messager} [Sourate al-Nisā’, 59] ; Il dit : {Si seulement ils s’étaient contentés de ce que Dieu et Son Messager leur avaient donné et avaient dit : « Dieu nous suffit ; Dieu nous donnera de Sa grâce, ainsi que Son Messager »} [Sourate al-Tawba, 59] ; Il dit : {Alors un cinquième en appartient à Dieu et au Messager} [Sourate al-Anfāl, 41] ; Il dit : {Ils n’ont rien à reprocher, sinon que Dieu et Son Messager les ont enrichis} [Sourate al-Tawba, 74] ; Il dit : {Et ceux qui ont menti à Dieu ⦗48⦘ et à Son Messager sont restés} [Sourate al-Tawba, 90] ; Il dit : {Dieu a fait grâce à lui, et toi aussi tu lui as fait grâce} [Sourate al-Aḥzāb, 37]. Il a associé Son nom à son nom dans ces jugements et ces situations, en signe de glorification et d’honneur pour lui (que Dieu prie sur lui et le salue). Ce qui a été rapporté concernant l’antériorité de sa prophétie avant l’achèvement de la création d’Adam (que les prières et le salut de Dieu soient sur eux deux). 8 - Nous a rapporté Aḥmad ibn Ya‘qūb ibn al-Mihrajān, qui dit : nous a rapporté Ja‘far ibn Muḥammad al-Firyābī, qui dit : nous a rapporté ‘Umar ibn Ḥafṣ al-Thaqafī al-Dimashqī, qui dit : nous a rapporté al-Walīd ibn Muslim, qui dit : nous a rapporté al-Awzā‘ī, qui dit : nous a rapporté Yaḥyā ibn Abī Kathīr, d’après Abū Salama, d’après Abū Hurayra, qui dit : On interrogea le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) : « Quand la prophétie t’a-t-elle été imposée ? » Il dit : « Entre la création d’Adam et l’insufflation de l’esprit en lui. » 9 - Nous a rapporté Abū ‘Amr Muḥammad ibn Aḥmad ibn Ḥamdān, qui dit : nous a rapporté al-Ḥasan ibn Sufyān, qui dit : nous a rapporté Ḥarmala ibn Yaḥyā, qui dit : nous a rapporté ‘Abd Allāh ibn Wahb, qui dit : m’a rapporté Mu‘āwiya ibn Ṣāliḥ, d’après Sa‘īd ibn Suwayd, d’après ‘Abd al-A‘lā ibn Hilāl al-Sulamī, d’après al-‘Irbāḍ ibn Sāriya, qui dit : J’ai entendu le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dire : « Je suis inscrit auprès de Dieu comme le sceau des prophètes, alors qu’Adam était encore étendu dans son argile. » 10 - Nous a rapporté Abū Bakr ibn Mālik, qui dit : nous a rapporté ‘Abd Allāh ibn Aḥmad ibn Ḥanbal, qui dit : m’a rapporté mon père, qui dit : nous a rapporté ‘Abd al-Raḥmān ibn Mahdī, qui dit : nous a rapporté Mu‘āwiya, d’après Sa‘īd ibn Suwayd al-Kalbī, d’après ‘Abd Allāh ibn Hilāl al-Sulamī, d’après al-‘Irbāḍ ibn Sāriya, qui dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : « Je suis auprès de Dieu le sceau des prophètes, alors qu’Adam était encore étendu dans son argile. » 11 - Nous a rapporté Abū Aḥmad ibn Muḥammad ibn Aḥmad, qui dit : nous a rapporté ‘Abd Allāh ibn Muḥammad ibn Shīrawayh, qui dit : nous a rapporté Isḥāq ibn Ibrāhīm, qui dit : nous a rapporté ‘Abd al-Razzāq, qui dit : nous a rapporté Ma‘mar, qui dit : nous a rapporté Hammām, qui dit : Ceci est ce que nous a rapporté Abū Hurayra (que Dieu l’agrée), d’après le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), qui dit : « Nous sommes les derniers, les premiers au Jour de la Résurrection. » 12 - Nous a rapporté Abū Ṭāhir Muḥammad ibn al-Faḍl ibn Muḥammad ibn Isḥāq ibn Khuzayma, qui dit : nous a rapporté Abū ‘Amr Aḥmad ibn Muḥammad ibn Aḥmad al-Ḥīrī, qui dit : nous a rapporté ‘Abd Allāh ibn Shabīb, et nous a rapporté Sulaymān ibn Aḥmad, qui dit : nous a rapporté Mūsā ibn Hārūn, qui dit : nous a rapporté Muḥammad ibn Idrīs, d’après ‘Umar – le copiste d’al-Ḥumaydī –, qui dit : nous a rapporté Muḥammad ibn ‘Umar ibn Ibrāhīm ibn Muḥammad ibn Jubayr, qui dit : m’a raconté ma grand-mère Umm ‘Uthmān bint Sa‘īd ibn Muḥammad ibn Jubayr, d’après son père Sa‘īd ibn Muḥammad ibn Jubayr, d’après son père, qui dit : J’ai entendu mon père Jubayr ibn Muṭ‘im dire : « Lorsque Dieu Exalté et Glorieux envoya Son Prophète et que son affaire se manifesta à La Mecque, je partis pour le Shām. Quand je fus à Buṣrā, un groupe de chrétiens vint à moi et me dit : “Es-tu des gens du Sanctuaire (al-Ḥarām) ?” Je dis : “Oui.” Ils dirent : “Connais-tu celui qui a prophétisé parmi vous ?” Je dis : “Oui.” Ils me prirent par la main et me firent entrer dans un de leurs monastères où il y avait des statues et des images. Ils dirent : “Regarde, vois-tu l’image de celui qui a été envoyé ?” Je regardai et ne vis pas son image. Je dis : “Je ne vois pas son image.” ⦗50⦘ Ils me firent alors entrer dans un monastère plus grand que celui-là, et il y avait là des statues et des images en plus grand nombre que dans le premier monastère. Ils me dirent : “Regarde, vois-tu son image ?” Je regardai, et voilà que je vis la description et l’image du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), et je vis la description et l’image d’Abū Bakr, qui tenait le talon du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Ils dirent : “Vois-tu son image ?” Je dis : “Oui.” Et je dis : “Je ne vous informerai pas avant de savoir ce que vous dites.” Ils dirent : “Est-ce lui ?” Je dis : “Oui.” Et ils montrèrent du doigt le front du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Je dis : “Ô Dieu, oui, j’atteste que c’est lui.” Ils dirent : “Connais-tu celui-ci ?” Je dis : “Oui.” Ils me dirent : “Nous attestons que celui-ci est votre compagnon, et que celui-ci est le calife après lui.” »
13 - Nous a rapporté 'Abd Allah ibn Muhammad ibn Ja'far, qui a dit : nous a rapporté 'Abd al-Rahman ibn al-Hasan, qui a dit : nous a rapporté Mas'ud ibn Yazid al-Qattan, qui a dit : nous a rapporté Abu Dawud, qui a dit : nous a rapporté 'Abbad ibn Yazid, d'après Musa ibn 'Uqba al-Qurashi, que Hisham ibn al-'As, Nu'aym ibn 'Abd Allah et un autre homme qu'il a nommé furent envoyés auprès du roi des Romains 8 à l'époque d'Abu Bakr. Il dit : « Nous entrâmes chez Jabala ibn al-Ayham 9, qui se trouvait à al-Ghuta 10. Il portait des vêtements noirs, et tout autour de lui était noir. Il dit : “Ô Hisham, parle-lui.” Il lui parla et l'appela à Allah Très-Haut. Il dit : “Que sont ces vêtements noirs ?” Il répondit : “Je les ai portés par vœu, et je ne les enlèverai pas avant de vous avoir chassés de toute la Syrie.” Nous dîmes : “Par Allah, nous te l'enlèverons, ainsi que le royaume du plus grand roi, si Allah le veut. Notre Prophète (sur lui la paix et le salut) nous en a informés.” Il dit : “Vous êtes donc les Samra' 11 ?” Nous dîmes : “Les Samra'.” Il dit : “Vous n'êtes pas eux.” Nous dîmes : “Qui sont-ils ?” Il dit : “Ce sont ceux qui jeûnent le jour et veillent la nuit.” Nous dîmes : “Nous sommes eux, par Allah.” Il dit : “Comment est votre jeûne ?” Nous lui décrivîmes notre jeûne. Il dit : “Comment est votre prière ?” Nous lui décrivîmes notre prière. Il dit : “Allah sait qu'une noirceur le couvrit, jusqu'à ce que son visage devînt comme un morceau de nuit 12.” Il dit : “Levez-vous.” Il ordonna qu'on nous conduise auprès du roi. Il dit : “Nous partîmes, et le messager nous rencontra à la porte de la ville. Il dit : “Si vous voulez, je vous amène des mulets, et si vous voulez, je vous amène des chevaux de poste 13.” Nous dîmes : “Non, par Allah, nous n'entrerons chez lui que comme nous sommes.” Il envoya lui dire qu'ils refusaient. Il envoya dire : “Laissez-les passer.” Nous entrâmes donc, coiffés de turbans, ceints de nos épées, montés sur nos montures. Lorsque nous fûmes à la porte du roi, il était dans une chambre haute. Il nous regarda. Nous levâmes la tête et dîmes : “Il n'y a de dieu qu'Allah.” Allah sait que toute la chambre trembla, comme une palme secouée par le vent. Il nous envoya dire : “Il ne vous est pas permis de proclamer hautement votre religion devant moi.” Il nous envoya dire : “Entrez.” Nous entrâmes. Il était sur un lit jusqu'au plafond, portant des vêtements rouges, et tout ce qui l'entourait était rouge. Auprès de lui se trouvaient les patrices 14 des Romains. Il voulut nous parler par l'intermédiaire d'un messager. Nous dîmes : “Non, par Allah, nous ne lui parlerons pas par messager. Nous avons été envoyés au roi. Si tu veux que nous te parlions, permets-nous de te parler.” Lorsque nous entrâmes chez lui, il rit. C'était un homme éloquent, qui parlait bien l'arabe. Nous dîmes : “Il n'y a de dieu qu'Allah.” Allah sait que le plafond trembla, au point qu'il leva la tête, lui et ses compagnons. Il dit : “Quelle est la plus grande parole pour vous ?” Nous dîmes : “Cette parole.” Il dit : “Celle que vous avez dite tout à l'heure ?” Nous dîmes : “Oui.” Il dit : “Quand vous la dites dans le pays de votre ennemi, leurs plafonds tremblent-ils ?” Nous dîmes : “Non.” Il dit : “Quand vous la dites dans votre pays, vos plafonds tremblent-ils ?” Nous dîmes : “Non, et nous ne l'avons jamais vue faire cela. Ce n'est qu'une chose dont tu as été distingué.” Il dit : “Qu'il est beau, le vrai ! Que dites-vous quand vous ouvrez les citadelles ?” Ils dirent : “Nous disons : Il n'y a de dieu qu'Allah, et Allah est plus grand.” Il dit : “Vous dites : Il n'y a de dieu qu'Allah, rien avec Lui, et Allah est plus grand, plus grand que toute chose ?” Nous dîmes : “Oui.” Il dit : “Qu'est-ce qui vous empêche de me saluer avec votre salutation entre vous ?” Nous dîmes : “Notre salutation entre nous ne t'est pas licite, et ta salutation ne nous est pas licite pour que nous te saluions par elle.” Il dit : “Quelle est votre salutation ?” Nous dîmes : “La salutation des gens du Paradis.” Il dit : “Et c'est par elle que vous saluiez votre Prophète ?” Nous dîmes : “Oui.” Il dit : “Et c'est par elle qu'il vous salue ?” Nous dîmes : “Oui.” Il dit : “Qui hérite parmi vous ?” Nous dîmes : “Celui qui est le plus proche parent.” Il dit : “Et vos rois aussi ?” Nous dîmes : “Oui.” Il ordonna qu'on nous donne une grande demeure et une belle demeure. Nous restâmes trois jours. Puis il nous envoya chercher de nuit. Nous entrâmes chez lui, et il n'y avait personne auprès de lui. Il nous fit répéter nos paroles, et nous les répétâmes. Auprès de lui se trouvait une sorte de grande cassette 15 dorée, avec de petites portes. Il en ouvrit une et en sortit un morceau de soie noire contenant une image blanche. C'était un homme grand, avec le plus de cheveux parmi les gens. Il dit : “Reconnaissez-vous celui-ci ?” Nous dîmes : “Non.” Il dit : “C'est Adam.” Puis il le remit en place, ouvrit une autre porte et en sortit une soie noire contenant une image blanche. C'était un homme à la tête volumineuse, grand, avec des cheveux comme ceux des Coptes 16, les plus grandes fesses parmi les gens, aux yeux rouges. Il dit : “Reconnaissez-vous celui-ci ?” Nous dîmes : “Non.” Il dit : “C'est Noé.” Puis il le remit en place, ouvrit une autre porte et en sortit une soie noire contenant une image blanche. C'était un homme à la tête et à la barbe blanches, comme vivant, souriant. Il dit : “Reconnaissez-vous celui-ci ?” Nous dîmes : “Non.” Il dit : “C'est Abraham.” Puis il le remit en place, ouvrit une autre porte et en sortit une soie noire contenant une image blanche. Nous dîmes : “Le Prophète Muhammad (sur lui la paix et le salut).” Il dit : “Celui-ci, par Allah, est Muhammad, le Messager d'Allah.” Allah sait qu'il se leva, puis s'assit, puis dit : “Par Allah, par votre religion, est-ce votre Prophète ?” Nous dîmes : “Par Allah, par notre religion, c'est notre Prophète, comme si nous le voyions vivant.” Il dit : “C'était la dernière des portes, mais je l'ai avancée pour voir ce que vous avez.” Puis il le remit en place, ouvrit une autre porte et en sortit un morceau noir contenant une image blanche. C'était un homme aux lèvres retroussées, aux yeux enfoncés, aux dents serrées, à la barbe épaisse, fronçant les sourcils. Il dit : “Reconnaissez-vous celui-ci ?” Nous dîmes : “Non.” Il dit : “C'est Moïse.” Et à côté de lui, un homme qui lui ressemblait, sauf qu'il avait une tache dans les yeux et une rondeur à la tête. Il dit : “C'est Aaron.” Puis il le souleva, ouvrit une autre porte et en sortit un morceau noir contenant une image rouge ou blanche. C'était un homme de taille moyenne. Il dit : “Reconnaissez-vous celui-ci ?” Nous dîmes : “Non.” Il dit : “C'est David.” Puis il le remit en place, ouvrit une autre porte et en sortit une soie ou un morceau noir contenant une image blanche. C'était un homme monté sur un cheval aux longues jambes, au dos court, chaque partie de lui ayant une aile que le vent entourait. Il dit : “Reconnaissez-vous celui-ci ?” Nous dîmes : “Non.” Il dit : “Salomon.” Puis il le remit en place, ouvrit une autre porte et en sortit une soie noire contenant une image blanche. C'était l'image d'un jeune homme au teint jaunâtre, au front large, à la belle barbe, tout en lui lui ressemblait. Il dit : “Reconnaissez-vous celui-ci ?” Nous dîmes : “Non.” Il dit : “C'est Jésus, fils de Marie.” Puis il le remit en place et ordonna qu'on enlève la cassette. Nous dîmes : “Voici l'image de notre Prophète, nous l'avons reconnue, car nous l'avons vu. Mais ces images que nous n'avons pas vues, comment savons-nous que ce sont elles ?” Il dit : “Adam (sur lui la paix) demanda à son Seigneur de lui montrer l'image de chaque prophète. Il fit sortir pour lui leurs images dans des morceaux de soie du Paradis. Dhul-Qarnayn 17 les trouva dans le trésor d'Adam au couchant du soleil. Lorsque Daniel 18 vint, il les représenta en ces images, et ce sont elles-mêmes. Par Allah, si mon âme se réjouissait de quitter mon royaume, je ne me soucierais pas d'être l'esclave de celui d'entre vous qui a le plus d'autorité. Mais peut-être mon âme se réjouira-t-elle.” Il nous fit de beaux cadeaux et nous fit sortir. Dans la version de Shurahbil 19 : “Il ouvrit une autre porte et en sortit une soie blanche contenant l'image d'un homme, comme l'image d'Adam, élancé, de taille moyenne, comme en colère, au beau visage. Il dit : “Reconnaissez-vous celui-ci ?” Nous dîmes : “Non.” Il dit : “C'est Lot.” Puis il le remit en place, ouvrit une autre porte et en sortit une soie blanche contenant l'image d'un homme blanc, teinté de rouge, légèrement voûté, aux joues fines, au beau visage. Il dit : “Reconnaissez-vous celui-ci ?” Nous dîmes : “Non.” Il dit : “C'est Isaac.” Puis il ouvrit une autre porte et en sortit une soie blanche contenant une image ressemblant à celle d'Isaac, sauf qu'il avait un grain de beauté sur la lèvre inférieure. Il dit : “Reconnaissez-vous celui-ci ?” Nous dîmes : “Non.” Il dit : “C'est Jacob.” Puis il ouvrit une autre porte et en sortit une soie blanche contenant l'image d'un homme blanc, au beau visage, au nez aquilin, de belle stature, la lumière illuminant son visage, on reconnaissait sur son visage l'humilité, tirant sur le rouge. Il dit : “Reconnaissez-vous celui-ci ?” Nous dîmes : “Non.” Il dit : “C'est Ismaël, l'aïeul de votre Prophète.” Puis il ouvrit une autre porte et en sortit une soie blanche contenant l'image d'un homme comme l'image d'Adam, son visage comme le soleil. Il dit : “Reconnaissez-vous celui-ci ?” Nous dîmes : “Non.” Il dit : “Joseph.” Puis il mentionna l'histoire jusqu'à la fin, et ajouta : “Lorsque nous arrivâmes auprès d'Abu Bakr, nous lui racontâmes ce que nous avions vu, ce qu'il nous avait dit et comment il nous avait honorés. Abu Bakr pleura et dit : “Pauvre homme ! Si Allah avait voulu du bien pour lui, Il l'aurait fait.” Puis il dit : “Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) nous a informés que ce sont les Juifs qui trouvent la mission de Muhammad (sur lui la paix et le salut).” Allah Puissant et Majestueux dit : {Ils le trouvent écrit chez eux dans la Torah et l'Évangile} [Coran 7:157]. Le cheikh 20 (qu'Allah l'agrée) dit : “Dans cette histoire, il y a la science des gens des deux Écritures 21 concernant la description de notre Prophète (sur lui la paix et le salut), son nom et sa mission, le tremblement de la chambre lorsqu'ils proclamèrent ‘Il n'y a de dieu qu'Allah’, et ce qui se produit comme miracles après la mort des prophètes, comme il s'en produit de semblables avant leur mission, comme annonce et avertissement de l'approche de leur mission et de leur venue. Et cela a des indices et des analogues qui seront mentionnés dans les chapitres, comme nous l'avons stipulé, si Allah Très-Haut le veut.”
Mention de sa vertu 22 - que la prière et la paix d'Allah soient sur lui - par la pureté de sa naissance, sa noblesse et sa lignée. 14 - Abû Bakr ibn Muhammad ibn Humayd nous a rapporté, disant : Hârûn ibn Yûsuf ibn Ziyâd nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Abî 'Umar nous a rapporté, Muhammad ibn Ja'far nous a rapporté, disant : J'atteste sur mon père, qui m'a rapporté d'après son père, d'après son grand-père, d'après 'Alî ibn Abî Tâlib - qu'Allah l'agrée - que le Prophète 22 - que la prière et la paix d'Allah soient sur lui - a dit : « Je suis issu d'un mariage légitime, et non d'une union illicite 23, depuis Adam jusqu'à ce que mon père et ma mère m'aient engendré ; rien de l'union illicite 23 de l'époque préislamique 24 ne m'a atteint. » 15 - Muhammad ibn Sulaymân al-Hâshimî nous a rapporté, disant : Ahmad ibn Muhammad ibn Sa'îd al-Marwazî nous a rapporté, disant : Muhammad ibn 'Abd Allâh nous a rapporté, Anas ibn Muhammad m'a rapporté, disant : Mûsâ ibn 'Îsâ nous a rapporté, disant : Yazîd ibn Abî Hakîm nous a rapporté, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbâs, qui a dit : Le Messager d'Allah 22 - que la prière et la paix d'Allah soient sur lui - a dit : « Mes deux parents ne se sont jamais rencontrés dans une union illicite 23. Allah - Puissant et Majestueux - n'a cessé de me faire passer de reins purs à des matrices pures, purifié, raffiné, sans que deux branches ne se séparent sans que je sois dans la meilleure d'entre elles. » 16 - Abû Bahr Muhammad ibn al-Hasan ibn Kawthar nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Sulaymân ibn al-Hârith nous a rapporté, 'Ubayd Allâh ibn Mûsâ nous a rapporté, Ismâ'îl ibn Abî Khâlid nous a rapporté, d'après Yazîd ibn Abî Ziyâd, d'après 'Abd Allâh ibn al-Hârith ibn Nawfal, d'après al-'Abbâs ibn 'Abd al-Muttalib, qui a dit : J'ai dit : Ô Messager d'Allah, les Qurayshites se sont assis et ont évoqué leurs noblesses et leurs lignées, et ils ont fait de toi l'exemple d'un palmier poussant sur une colline de la terre. Il dit : Alors le Messager d'Allah 22 - que la prière et la paix d'Allah soient sur lui - se fâcha et dit : « Lorsqu'Allah - Puissant et Majestueux - créa les créatures, Il me plaça parmi les meilleures de Ses créatures ; puis, lorsqu'Il créa les tribus, Il me plaça parmi la meilleure de leurs tribus ; puis, lorsqu'Il créa les âmes, Il me plaça parmi les meilleures de leurs âmes ; puis, lorsqu'Il créa les maisons, Il me plaça parmi la meilleure de leurs maisons. Je suis donc le meilleur d'entre eux par le père, et le meilleur d'entre eux par l'âme. » 17 - Abû Bahr Muhammad ibn al-Hasan nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Ghâlib nous a rapporté, al-Hasan ibn Bishr nous a rapporté, Sa'dân ibn al-Walîd nous a rapporté, d'après 'Atâ', d'après Ibn 'Abbâs, au sujet du verset : « Et ta circulation parmi les prosternés » [Coran 26:219] : Le Prophète 22 - que la prière et la paix d'Allah soient sur lui - n'a cessé de circuler dans les reins des prophètes, jusqu'à ce que sa mère l'ait enfanté. 18 - 'Alî ibn Hârûn nous a rapporté, 'Abd Allâh ibn Muhammad ibn 'Abd al-'Azîz nous a rapporté, disant : Ahmad ibn al-Miqdâm nous a rapporté, Hammâd ibn Wâqid al-Saffâr nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Dhakwân nous a rapporté, d'après 'Amr ibn Dînâr, d'après Ibn 'Umar, qui a dit : Le Messager d'Allah 22 - que la prière et la paix d'Allah soient sur lui - a dit : « Allah - Puissant et Majestueux - créa sept cieux, et choisit le plus élevé d'entre eux pour y résider, et fit habiter le reste de Ses cieux par qui Il voulait parmi Ses créatures. Il créa sept terres, et choisit la plus élevée d'entre elles, et y fit habiter qui Il voulait parmi Ses créatures. Puis Il créa les créatures, et choisit parmi elles les fils d'Adam ; et parmi les fils d'Adam, Il choisit les Arabes ; et parmi les Arabes, Il choisit Mudar ; et parmi Mudar, Il choisit Quraysh ; et parmi Quraysh, Il choisit les Banû Hâshim ; et parmi les Banû Hâshim, Il me choisit. Je suis donc issu d'une élite à une élite. Quiconque aime les Arabes, c'est par amour pour moi qu'il les aime ; et quiconque hait les Arabes, c'est par haine pour moi qu'il les hait. »
- صلى الله عليه وسلم : Formule de bénédiction et de salutation sur le Prophète Muhammad, signifiant 'qu'Allah prie sur lui et le salue'.
- الكناية : Périphrase ou désignation indirecte, ici par les titres de 'Prophète' et 'Messager' plutôt que par le nom propre.
- محمود : Mahmûd, 'le Loué', l'un des noms d'Allah.
- محمد : Muhammad, 'le Loué', nom du Prophète, dérivé de la même racine que Mahmûd.
- خليل : Ami intime, titre donné à Abraham (Khalîl Allâh, l'ami intime d'Allah).
- حبيب : Bien-aimé, titre donné au Prophète Muhammad (Habîb Allâh, le bien-aimé d'Allah).
- Râ'inâ sam'aka : Expression arabe signifiant littéralement 'Prends soin de nous, écoute-nous', mais qui, dans la langue des juifs, était une insulte. Dieu interdit aux croyants de l'utiliser envers le Prophète.
- malik al-Rūm : Roi des Romains, désignant l'empereur byzantin.
- Jabala ibn al-Ayham : Dernier roi ghassanide, vassal des Byzantins, qui se convertit à l'islam puis apostasia.
- al-Ghūṭa : Région fertile autour de Damas.
- al-Samrā’ : Terme désignant un groupe de personnes, peut-être les Arabes ou une tribu spécifique.
- ṭābiq : Morceau de nuit, désignant une obscurité intense.
- barādhīn : Chevaux de poste ou de trait, souvent utilisés pour les voyages.
- baṭāriqa : Pluriel de batriq, titre byzantin équivalent à patrice.
- rub‘a : Cassette ou boîte, souvent utilisée pour ranger des objets précieux.
- al-Qibṭ : Les Coptes, population chrétienne d'Égypte.
- Dhū al-Qarnayn : Personnage coranique, souvent identifié à Alexandre le Grand ou à un roi juste.
- Dāniyāl : Daniel, prophète biblique.
- Shuraḥbīl : Transmetteur d'une variante du récit.
- al-Shaykh : Titre honorifique désignant l'auteur du recueil ou un savant.
- ahl al-kitābayn : Les gens des deux Écritures, c'est-à-dire les Juifs et les Chrétiens.
- ṣallā llāhu ʿalayhi wa-sallam : Formule de bénédiction et de salutation sur le Prophète Muhammad, signifiant 'que la prière et la paix d'Allah soient sur lui'.
- sifāḥ : Union illicite, fornication ou adultère, par opposition au mariage légitime (nikāḥ).
- jāhiliyya : Période préislamique, littéralement 'temps de l'ignorance', caractérisée par l'absence de révélation prophétique.
Chapitre troisième : Mention de sa vertu [1], que la prière et la paix soient sur lui…
Chapitre troisième : Mention de sa vertu [1], que la prière et la paix soient sur lui, par ses noms.
Le troisième chapitre : Mention de sa vertu 1 par ses noms. 19 - Muhammad ibn Ahmad nous a rapporté, disant : Bishr ibn Musa nous a rapporté, disant : Al-Humaydi nous a rapporté, Sufyan ibn 'Uyayna nous a rapporté, disant : Al-Zuhri nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Jubayr ibn Mut'im m'a informé, d'après son père, qui a dit : Le Messager de Dieu 2 a dit : « J'ai des noms : je suis Muhammad, je suis Ahmad, je suis al-Mahi 3 par qui Dieu efface la mécréance, je suis al-Hashir 4 devant qui les gens seront rassemblés, et je suis al-'Aqib 5 après qui il n'y a pas de prophète. » 20 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté, Muhammad ibn 'Uthman ibn Abi Shayba nous a rapporté, disant : 'Abdullah ibn 'Umar ibn Aban nous a rapporté, disant : Isma'il ibn Ibrahim al-Taymi nous a rapporté, Sayf ibn Wahb nous a rapporté, d'après Abu al-Tufayl, qui a dit : Le Messager de Dieu a dit : « J'ai auprès de mon Seigneur dix noms. » Abu al-Tufayl dit : J'en ai retenu huit : Muhammad, Ahmad, Abu al-Qasim 6, al-Fatih 7, al-Khatim 8, al-'Aqib, al-Hashir et al-Mahi. Abu Yahya dit : Sayf prétend qu'Abu Ja'far lui a dit : Les deux noms restants sont Ta Ha 9 et Ya Sin 10.
- salat wa salam : Formule de bénédiction et de paix sur le Prophète, souvent abrégée en « prière et salut ».
- Rasul Allah : Le Messager de Dieu, titre donné au Prophète Muhammad.
- al-Mahi : Celui qui efface, en référence au fait que Dieu efface la mécréance par sa mission.
- al-Hashir : Celui qui rassemble, car les gens seront rassemblés après lui ou à sa suite.
- al-'Aqib : Le dernier, signifiant qu'il est le dernier prophète.
- Abu al-Qasim : Surnom du Prophète, signifiant « père de Qasim », du nom de son fils.
- al-Fatih : Celui qui ouvre, en référence à l'ouverture de la guidance ou de la conquête.
- al-Khatim : Le sceau, signifiant le dernier prophète.
- Ta Ha : Lettres séparées au début de la sourate 20 du Coran, considérées comme un nom du Prophète.
- Ya Sin : Lettres séparées au début de la sourate 36 du Coran, considérées comme un nom du Prophète.
Chapitre quatrième : Mention de la quatrième vertu, par le serment de Dieu sur Sa vie…
Chapitre quatrième : Mention de la quatrième vertu, par le serment de Dieu sur Sa vie [1], et Son unicité dans la souveraineté sur les enfants d'Adam au Jour de la Résurrection, et ce par quoi Lui et sa communauté ont été préférés à tous les autres prophètes et à toutes les nations, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui.
Chapitre quatrième : Mention de la quatrième vertu, à savoir le serment de Dieu par sa vie, sa prééminence unique sur les enfants d'Adam au Jour de la Résurrection, et ce par quoi il et sa communauté ont été préférés à tous les autres prophètes et à toutes les nations – que Dieu prie sur lui et le salue. 21 – Abou Bakr ibn Khallad nous a rapporté, disant : al-Harith ibn Abi Ousama nous a rapporté, disant : Abd al-Aziz ibn Aban nous a rapporté, disant : Saïd ibn Zayd nous a rapporté, d'après Amr ibn Malik an-Nukri, d'après Abou al-Jawza, d'après Ibn Abbas – que Dieu les agrée – qui a dit : « Dieu – Puissant et Majestueux – n'a créé ni formé aucune âme plus noble à Ses yeux que Muhammad – que Dieu prie sur lui et le salue. Et je n'ai jamais entendu Dieu – Puissant et Majestueux – jurer par la vie de quiconque, sauf par sa vie à lui, lorsqu'Il a dit : "Par ta vie ! Ils étaient, dans leur ivresse, errants" 1 (Coran, al-Hijr, 72). » 22 – Muhammad ibn Ishaq nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Ahmad ibn Sulayman nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Marzouq nous a rapporté, disant : Malik ibn Yahya ibn Amr ibn Malik an-Nukri nous a rapporté, disant : mon père m'a rapporté, d'après mon grand-père, d'après Abou al-Jawza, d'après Ibn Abbas, au sujet de la parole du Très-Haut : « Par ta vie ! Ils étaient, dans leur ivresse, errants » (Coran, al-Hijr, 72), il a dit : « Par ta vie, ô Muhammad. » Le cheikh a dit : « Le sens de ce serment est que, selon la coutume entre les gens sensés, les serments ne sont faits que sur les êtres vénérés, honorés et glorifiés. Ainsi, cela montre la majesté du Messager – que Dieu prie sur lui et le salue –, la grandeur de son rang, la valeur des lois que Dieu – Puissant et Majestueux – a établies par sa langue, Son rappel à Ses serviteurs de Son unicité, Son appel à croire en Lui, et la majesté de sa prophétie et de son message est reconnue par le serment prononcé sur sa vie, car il est la plus noble des créatures et le plus généreux des êtres – que Dieu prie sur lui et le salue abondamment. » 23 – Abd Allah ibn Jaafar nous a rapporté, disant : al-Hasan ibn Ali at-Tousi m'a rapporté, disant : Muhammad ibn Yahya ibn Maymoun al-Ataki nous a rapporté, disant : Abd al-A'la nous a rapporté, disant : Saïd nous a rapporté, d'après Qatada, d'après Anas, que le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : « Je suis le seigneur des enfants d'Adam au Jour de la Résurrection, je suis le premier pour qui la terre s'ouvrira, le premier intercesseur ; l'étendard de la Louange 2 est avec moi, et sous lui se trouvent Adam et ceux qui sont avant lui et après lui parmi les croyants. » 24 – Abou Ali Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté, disant : al-Hasan ibn Ali ibn al-Walid nous a rapporté, disant : Saïd ibn Sulayman nous a rapporté, d'après Mansour ibn Abi al-Aswad, d'après Layth, d'après ar-Rabi' ibn Anas, d'après Anas ibn Malik, qui a dit : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : « Je suis le premier d'entre eux à sortir lorsqu'ils seront ressuscités, leur guide lorsqu'ils se présenteront, leur orateur lorsqu'ils se tairont, leur intercesseur lorsqu'ils seront retenus, leur annonciateur de bonnes nouvelles lorsqu'ils seront désespérés. L'étendard de l'honneur, les clés du Paradis et l'étendard de la Louange, ce jour-là, seront entre mes mains. Je suis le plus noble des enfants d'Adam auprès de mon Seigneur. Mille serviteurs 3 tourneront autour de moi, semblables à des œufs préservés ou à des perles dispersées. » 25 – Ahmad ibn as-Sindi nous a rapporté, disant : al-Hasan ibn Alawiya nous a rapporté, disant : Ismaïl ibn Isa nous a rapporté, disant : Ishaq ibn Bishr nous a rapporté, d'après Othman ibn Ata al-Khurasani, d'après son père, d'après Ibn Abbas, qui a dit : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : « J'ai été envoyé aux djinns et aux hommes, à tout homme rouge et noir. Le butin m'a été rendu licite, contrairement aux prophètes. Toute la terre m'a été rendue pure et lieu de prière. J'ai été secouru par la terreur 4 à une distance d'un mois de marche. Il m'a été donné les clôtures de la sourate al-Baqara 5, qui faisaient partie des trésors du Trône, et j'en ai été distingué parmi les prophètes. Il m'a été donné les Mathani 6 à la place de la Torah, la Table 7 à la place de l'Évangile, les Hawamim 8 à la place des Psaumes, et j'ai été préféré par le Mufassal 9. Je suis le seigneur des enfants d'Adam en ce monde et dans l'au-delà, sans orgueil. Je suis le premier pour qui la terre s'ouvrira, moi et ma communauté, sans orgueil. L'étendard de la Louange est entre mes mains au Jour de la Résurrection, sans orgueil. Adam et tous les prophètes parmi les enfants d'Adam sont sous lui. À moi reviennent les clés du Paradis au Jour de la Résurrection, sans orgueil. Par moi s'ouvre l'intercession au Jour de la Résurrection, sans orgueil. Je suis le conducteur des créatures vers le Paradis au Jour de la Résurrection, sans orgueil. Je suis leur imam, et ma communauté me suit. » 26 – Abou Bakr Muhammad ibn Jaafar ibn al-Haytham nous a rapporté, Jaafar ibn Muhammad as-Sa'igh nous a rapporté, le juge Abou Ahmad nous a rapporté, disant : Abou al-Hasan ibn Ali al-Mukharrami nous a rapporté, disant : Surayj ibn an-Nu'man nous a rapporté, disant : Abd Allah ibn Nafi' nous a rapporté, d'après Asim ibn Omar, d'après Abou Bakr ibn Abd ar-Rahman ibn Omar ibn al-Khattab, d'après Salim, d'après Ibn Omar, qui a dit : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : « Je suis le premier pour qui la terre s'ouvrira, puis Abou Bakr, puis Omar. Ensuite viendront les gens d'al-Baqi' 10, et ils seront rassemblés avec moi. Puis j'attendrai les gens de la Mecque, et je serai rassemblé entre les deux sanctuaires 11. » 27 – Ahmad ibn Ishaq nous a rapporté, Muhammad ibn Ahmad ibn Sulayman nous a rapporté, disant : Ishaq ibn Ibrahim as-Sawwaf nous a rapporté, disant : Badal ibn al-Muhabbar nous a rapporté, disant : Abd as-Salam ibn Ajlan nous a rapporté, disant : J'ai entendu Abou Yazid al-Madani rapporter d'après Abou Hourayra – que Dieu l'agrée – d'après le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – qui a dit : « Je suis le premier à entrer au Paradis, sans orgueil. Je suis le premier intercesseur et le premier dont l'intercession sera acceptée, sans orgueil. L'étendard de la Louange est entre mes mains au Jour de la Résurrection, sans orgueil. Je suis le seigneur des enfants d'Adam au Jour de la Résurrection, sans orgueil. La première personne à entrer au Paradis après moi sera Fatima, fille du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, et son exemple dans cette communauté est comme celui de Marie parmi les enfants d'Israël. » 28 – Mon père nous a rapporté, disant : Abdan ibn Ahmad nous a rapporté, disant : Wahb ibn Baqiyya nous a rapporté, disant : Khalid ibn Abd Allah nous a rapporté, d'après Amr ibn Yahya, d'après son père, d'après Abou Saïd – que Dieu l'agrée – qui a dit : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : « Les gens seront frappés d'évanouissement au Jour de la Résurrection, et je serai le premier à reprendre conscience. » 29 – Ibrahim ibn Muhammad ibn Yahya al-Muzakki et Abd Allah ibn Ibrahim ibn Ahmad at-Talaqi nous ont rapporté, tous deux disant : Abou Nu'aym ibn Adi nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Isa nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Abi Tayba nous a rapporté, d'après son père, d'après Abd Allah ibn Jabir, d'après Ata, d'après Oumm Kurz, qui a dit : J'ai entendu le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dire : « Je suis le seigneur des croyants lorsqu'ils seront ressuscités, leur conducteur lorsqu'ils arriveront, leur annonciateur de bonnes nouvelles lorsqu'ils seront désespérés, leur imam lorsqu'ils se prosterneront, et le plus proche d'eux en assemblée du Seigneur Très-Haut lorsqu'ils se réuniront. Je me lèverai et parlerai, et Il me croira ; j'intercéderai, et Il acceptera mon intercession ; je demanderai, et Il me donnera. » 30 – Abou Saïd Ahmad ibn Ibtah m'a rapporté, disant : al-Hasan ibn Idris nous a rapporté, Qutayba ibn Saïd nous a rapporté ; et Ahmad ibn Ishaq nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Ahmad ibn Sulayman nous a rapporté, disant : Khalid ibn Yusuf nous a rapporté, tous deux disant : Abou Awana nous a rapporté, d'après Omar ibn Abi Salama, d'après son père, d'après Abou Hourayra, d'après le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – qui a dit : « J'ai été préféré aux prophètes par six choses : il m'a été donné les paroles concises 12 ; j'ai été secouru par la terreur ; pendant que je dormais, on m'a apporté les clés des trésors de la terre ; j'ai été envoyé à l'humanité tout entière ; le butin m'a été rendu licite ; et les prophètes ont été scellés par moi. » Il a dit – c'est-à-dire az-Zuhri – : « Il m'est parvenu que les paroles concises signifient que Dieu – Puissant et Majestueux – a rassemblé pour lui les nombreuses choses qui étaient écrites dans les livres avant lui, en une ou deux paroles, ou quelque chose d'approchant. »
31 - Muḥammad ibn al-Ḥasan nous a rapporté, disant : Muḥammad ibn ʿUthmān ibn Abī Shayba nous a rapporté, disant : Jubāra ibn al-Mughallis nous a rapporté, disant : al-Rabīʿ ibn al-Nuʿmān nous a rapporté, d'après Suhayl ibn Abī Ṣāliḥ, d'après son père, d'après Abū Hurayra, qui a dit : Le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, a dit : « Lorsque la Torah fut révélée à Moïse et qu'il la lut, il y trouva la mention de cette communauté 13 et dit : “Seigneur, je trouve dans les Tables 14 une communauté qui est la dernière et la première 15 ; fais-en ma communauté.” Il dit : “C'est la communauté d'Aḥmad 16.” Il dit : “Seigneur, je trouve dans les Tables une communauté qui est la première et pour laquelle l'intercession est accordée ; fais-en ma communauté.” Il dit : “C'est la communauté d'Aḥmad.” Il dit : “Seigneur, je trouve dans les Tables une communauté qui est celle qui répond et à qui il est répondu ; fais-en ma communauté.” Il dit : “C'est la communauté d'Aḥmad.” Il dit : “Seigneur, je trouve dans les Tables une communauté dont les Évangiles 17 sont dans leurs poitrines, ils les récitent par cœur ; fais-en ma communauté.” Il dit : “C'est la communauté d'Aḥmad.” Il dit : “Seigneur, je trouve dans les Tables une communauté qui mange le butin 18 ; fais-en ma communauté.” Il dit : “C'est la communauté d'Aḥmad.” Il dit : “Seigneur, je trouve dans les Tables une communauté qui place l'aumône 19 dans leurs ventres, et ils en sont récompensés ; fais-en ma communauté.” Il dit : “C'est la communauté d'Aḥmad.” Il dit : “Seigneur, je trouve dans les Tables une communauté telle que lorsque l'un d'eux a l'intention de faire une bonne action mais ne la fait pas, on lui inscrit une bonne action ; et s'il la fait, on lui inscrit dix bonnes actions ; fais-en ma communauté.” Il dit : “C'est la communauté d'Aḥmad.” Il dit : “Seigneur, je trouve dans les Tables une communauté telle que lorsque l'un d'eux a l'intention de commettre un péché mais ne le commet pas, on ne l'inscrit pas ; et s'il le commet, on lui inscrit un seul péché ; fais-en ma communauté.” Il dit : “C'est la communauté d'Aḥmad.” Il dit : “Seigneur, je trouve dans les Tables une communauté à qui l'on donne la science première et la science dernière, et ils tuent les générations de l'égarement, l'Antéchrist 20 ; fais-en ma communauté.” Il dit : “C'est la communauté d'Aḥmad.” Il dit : “Seigneur, fais-moi donc de la communauté d'Aḥmad.” Alors il reçut deux faveurs : Il dit : “Ô Moïse, Je t'ai élu parmi les hommes par Mes messages et par Ma parole ; prends donc ce que Je te donne et sois du nombre des reconnaissants” [Coran 7:144]. Il dit : “J'ai agréé, Seigneur.” » Le cheikh 21 dit : Ce hadith fait partie des hadiths rares de Suhayl ; je ne connais personne qui l'ait rapporté de manière remontée 22 sauf par cette voie. Al-Rabīʿ ibn al-Nuʿmān en est le seul transmetteur, ainsi que d'autres hadiths de Suhayl, et il y a en lui une certaine faiblesse 23.
- لَعَمْرُكَ : Expression de serment signifiant 'par ta vie', utilisée dans le Coran (sourate al-Hijr, 72) pour jurer par la vie du Prophète Muhammad.
- لِوَاءُ الْحَمْدِ : L'étendard de la Louange, un symbole de gloire que le Prophète Muhammad portera au Jour de la Résurrection, sous lequel se rassembleront les croyants.
- أَلْفُ خَادِمٍ : Mille serviteurs, désignant des créatures célestes ou des houris qui serviront le Prophète au Paradis.
- نُصِرْتُ بِالرُّعْبِ : J'ai été secouru par la terreur, c'est-à-dire que Dieu a inspiré la crainte de lui dans le cœur de ses ennemis à une distance d'un mois de marche.
- خَوَاتِيمَ سُورَةِ الْبَقَرَةِ : Les clôtures de la sourate al-Baqara, c'est-à-dire les derniers versets de cette sourate (versets 284-286), considérés comme des trésors du Trône divin.
- الْمَثَانِي : Les Mathani, un nom donné à la sourate al-Fatiha ou aux sourates qui se répètent, ici présentées comme un substitut de la Torah.
- الْمَائِدَةَ : La Table, c'est-à-dire la sourate al-Ma'ida, donnée en remplacement de l'Évangile.
- الْحَوَامِيمَ : Les Hawamim, sourates commençant par les lettres Hâ' Mîm (sourates 40 à 46), données en remplacement des Psaumes (Zabour).
- الْمُفَصَّلَ : Le Mufassal, partie du Coran comprenant les sourates courtes (de la sourate Qaf ou al-Hujurat jusqu'à la fin), par laquelle le Prophète a été préféré.
- أَهْلُ الْبَقِيعِ : Les gens d'al-Baqi', c'est-à-dire les habitants du cimetière d'al-Baqi' à Médine, où sont enterrés de nombreux compagnons.
- الْحَرَمَيْنِ : Les deux sanctuaires, c'est-à-dire la Mecque et Médine.
- جَوَامِعَ الْكَلِمِ : Les paroles concises, capacité donnée au Prophète d'exprimer des significations nombreuses en peu de mots.
- umma : Communauté religieuse, ici la communauté musulmane.
- alwāḥ : Les Tables de la Loi reçues par Moïse.
- ākhirūn sābiqūn : Derniers dans le temps mais premiers en mérite ou dans l'ordre de la création.
- Aḥmad : Un des noms du Prophète Muhammad, signifiant 'le plus loué'.
- anājīl : Pluriel d'Injīl, l'Évangile ; ici désigne le Coran récité de mémoire.
- fay' : Butin pris sans combat, ou biens acquis pacifiquement.
- ṣadaqa : Aumône légale ou volontaire.
- al-Masīḥ al-Dajjāl : L'Antéchrist, figure eschatologique de l'égarement.
- al-shaykh : Le maître, ici probablement l'auteur de l'ouvrage ou un commentateur.
- marfūʿ : Hadith remontant jusqu'au Prophète.
- līn : Faiblesse dans la chaîne de transmission, due à un transmetteur jugé faible.
Le cinquième chapitre. Celui-ci réunit trois chapitres mentionnés dans les livres…
Le cinquième chapitre. Celui-ci réunit trois chapitres mentionnés dans les livres antérieurs et les feuillets anciens [1] consignés d'après les prophètes et les savants des nations passées.
Le cinquième chapitre. Celui-ci rassemble trois sections dont la mention se trouve dans les livres antérieurs et les feuillets passés, compilés d’après les prophètes et les savants des nations révolues. 32 - Ahmad ibn al-Sindi nous a rapporté : al-Hasan ibn ‘Alawayh nous a dit : Isma‘il ibn ‘Isa nous a dit : Sa‘id ibn Bashir m’a informé, d’après Qatada, d’après Ka‘b 1, qui a dit : « Allah Très-Haut révéla à Ésaïe 2 : “Lève-toi parmi ton peuple, je vais révéler par ta langue.” Ésaïe se leva donc en prédicateur. Lorsqu’Allah Puissant et Majestueux délia sa langue par la révélation, il loua Allah, Le glorifia, Le sanctifia et proclama Son unicité. Puis il dit : “Ô ciel, écoute ! Ô terre, tais-toi ! Ô montagnes, psalmodiez ! Car Allah Puissant et Majestueux veut régler le sort des fils d’Israël, qu’Il a élevés par Sa grâce, choisis pour Lui-même et distingués par Son honneur.” Il mentionna ensuite le reproche d’Allah à leur encontre, puis dit : “Ils prétendent que, s’ils le voulaient, ils pourraient connaître l’invisible 3 grâce à ce que les démons et les devins leur inspirent, et ils y parviendraient. Mais tous prennent à la légère ce qu’il dit et s’en réjouissent, alors qu’ils savent que Je connais l’invisible des cieux et de la terre, et que Je sais ce qu’ils divulguent et ce qu’ils cachent. J’ai décrété, le jour où J’ai créé les cieux et la terre, un décret que J’ai établi, une sentence irrévocable que J’ai imposée à Moi-même, et J’ai fixé pour cela un terme inéluctable, qui doit survenir. S’ils sont véridiques dans ce qu’ils prétendent comme science de l’invisible, qu’ils vous informent donc quand ce délai viendra et à quelle époque il aura lieu. Et s’ils sont capables d’accomplir ce qu’ils veulent, qu’ils accomplissent donc un acte semblable à cette puissance par laquelle J’ai exécuté Mon décret. S’ils sont capables d’organiser ce qu’ils veulent, qu’ils organisent donc une sagesse semblable à celle par laquelle Je gère, ou un décret semblable, s’ils sont véridiques. J’ai décrété, le jour où J’ai créé les cieux et la terre, de placer la prophétie chez d’autres qu’eux, de transférer la royauté loin d’eux et de la mettre chez les bergers, la puissance chez les humbles, la force chez les faibles, la richesse chez les pauvres, le nombre chez les petits, les cités dans les déserts, les marais et les déserts dans les jardins, la science chez les ignorants, et la sagesse chez les illettrés 4. Demande-leur donc : quand cela aura-t-il lieu ? Qui sera celui qui accomplira cela ? Par les mains de qui l’établirai-je ? Qui seront les auxiliaires et les partisans de cette affaire, s’ils savent ?” » 33 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté, par lecture faite devant lui : Muhammad ibn Ahmad ibn al-Bara’ nous a dit : ‘Abd al-Mun‘im ibn Idris nous a dit, d’après son père Idris ibn Sinan, d’après son grand-père Wahb ibn Munabbih 5, un récit similaire, et il a dit : « Les marais dans les plaines, et les terres arides dans les déserts et les jardins. » Et il ajouta : « Je vais susciter pour cela un prophète illettré 4, ni aveugle parmi les aveugles, ni égaré parmi les égarés. Par lui, J’ouvrirai des oreilles sourdes, des cœurs scellés et des yeux aveugles. Sa naissance aura lieu à La Mecque, son émigration à Yathrib 6, et son royaume en Syrie. Mon serviteur, le confiant, l’élu, l’élevé, le bien-aimé, l’aimant, le choisi. Il ne rend pas le mal par le mal, mais il pardonne, excuse et absout, miséricordieux envers les croyants. Il pleure pour la bête surchargée, il pleure pour l’orphelin sous la tutelle de la veuve. Il n’est ni rude, ni dur, ni criard sur les marchés, ni ne commet d’obscénité, ni ne profère de paroles grossières. Je le soutiens par toute belle chose, Je lui accorde tout noble caractère. Je fais de la sérénité son vêtement, de la piété son habit intime, de la crainte révérencielle sa conscience, de la sagesse sa raison, de la vérité et de la loyauté sa nature, du pardon, de l’absolution et du bien son caractère, de la justice sa conduite, de la vérité sa loi, de la guidance son guide, de l’islam sa religion, et Ahmad 7 son nom. Par lui, Je guide après l’égarement, J’instruis après l’ignorance, J’élève après l’abaissement, Je fais connaître après l’anonymat, Je multiplie après la pénurie, J’enrichis après l’indigence, Je rassemble après la dispersion, et par lui Je concilie des cœurs et des passions dispersées, des nations diverses. Je fais de sa communauté la meilleure communauté jamais suscitée pour les hommes : ordonnant le bien, interdisant le mal, croyant en Moi, M’adorant exclusivement, et croyant en ce que Mes messagers ont apporté. Ce sont les bergers du soleil. Heureux ces cœurs, ces visages et ces esprits qui se sont consacrés à Moi ! Je leur inspire la glorification, la magnification, la louange et la proclamation de l’unicité dans leurs mosquées, leurs assemblées, leurs couches, leurs déplacements et leurs demeures. Ils se rangent en files dans leurs mosquées comme les anges se rangent autour de Mon Trône. Ce sont Mes alliés et Mes auxiliaires ; par eux, Je me venge de Mes ennemis, les adorateurs d’idoles. Ils prient pour Moi debout, assis, inclinés et prosternés. Ils quittent leurs foyers et leurs biens par milliers, cherchant Mon agrément. Ils combattent dans Mon chemin en rangs et en bataillons. Je scelle par leur Livre les Livres, par leur loi les lois, par leur religion les religions. Quiconque les rencontre sans croire en leur Livre, sans entrer dans leur religion et leur loi, n’est pas des Miens, et Je suis innocent de lui. Je fais d’eux la meilleure des nations, Je fais d’eux une communauté du juste milieu 8 afin qu’ils soient témoins pour les hommes. Lorsqu’ils se fâchent, ils proclament Mon unicité ; lorsqu’ils sont saisis, ils Me magnifient ; lorsqu’ils se disputent, ils Me glorifient. Ils purifient les visages et les extrémités, ils serrent leurs vêtements à mi-corps, ils magnifient et proclament Mon unicité sur les collines et les hauteurs. Leur offrande est leur sang, leurs Évangiles sont dans leurs poitrines. Moines la nuit, lions le jour. Leur héraut appelle dans les cieux. Ils ont un bourdonnement semblable à celui des abeilles. Heureux celui qui est des leurs, qui suit leur religion, leurs voies et leur loi ! C’est là Ma grâce, Je l’accorde à qui Je veux, et Je suis le Détenteur de la grâce immense.” »
34 - 'Abd Allah ibn Ja'far nous a rapporté : Ishaq ibn Ahmad nous a rapporté : Muhammad ibn Humayd nous a rapporté : Salama ibn al-Fadl nous a rapporté, et Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn 'Uthman ibn Abi Shayba nous a rapporté : Minjab ibn al-Harith nous a rapporté : Ibrahim ibn Yusuf nous a rapporté : Ziyad ibn 'Abd Allah nous a rapporté, tous deux d'après Muhammad ibn Ishaq, qui a dit : Salih ibn Ibrahim ibn 'Abd al-Rahman ibn 'Awf nous a rapporté, d'après Muhammad ibn Labid, d'après Salama ibn Salama, qui a dit : « Nous avions un voisin juif parmi les Banu 'Abd al-Ashhal. Il sortit un jour de chez lui, peu avant l'envoi 9 du Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), et s'arrêta devant l'assemblée des Banu 'Abd al-Ashhal. Salama dit : J'étais alors le plus jeune d'entre eux, couché dans une étoffe 10 à l'entrée de ma maison. Il parla de la Résurrection, du Jugement, de la Balance, du Paradis et de l'Enfer, s'adressant à des gens polythéistes, adorateurs d'idoles, qui ne croyaient pas qu'une résurrection fût possible après la mort. Ils dirent : « Malheur à toi ! Y aura-t-il une demeure avec un Paradis et un Enfer où les gens seront rétribués selon leurs œuvres ? » Il répondit : « Oui, par Celui par qui je jure ! Et il souhaiterait que sa part de ce Feu soit plus grande que le four de cette maison, qu'on le chauffe, qu'on l'y introduise, qu'on le referme sur lui, et qu'il soit sauvé de ce Feu demain. » Ils dirent : « Malheur à toi ! Quel est le signe de cela ? » Il dit : « Un Prophète sera envoyé de ce pays », et il montra de la main en direction de La Mecque et du Yémen. Ils dirent : « Quand le verrons-nous ? » Il jeta un regard et me vit couché à l'entrée de ma maison, étant le plus jeune de l'assemblée. Il dit : « Si ce garçon vit assez longtemps, il l'atteindra. » Salama dit : « Par Dieu ! Les nuits et les jours ne s'étaient pas écoulés que Dieu, Puissant et Majestueux, envoya Son Prophète, alors qu'il était vivant parmi nous. Nous crûmes en lui, mais d'autres mécrurent par orgueil et jalousie. Nous lui dîmes : « Malheur à toi, untel ! N'es-tu pas celui qui nous a dit ce que tu as dit ? » Il répondit : « Si, mais ce n'est pas lui. » On l'appelait Yusha' 11. »
38 - Nous a rapporté Habib ibn al-Hasan : nous a rapporté Muhammad ibn Yahya al-Marwazi : nous a rapporté Ahmad ibn Muhammad ibn Ayyub : nous a rapporté Ibrahim ibn Sa'd, d'après Muhammad ibn Ishaq, qui a dit : Il faisait partie du récit de Mukhayriq 12 ; c'était un docte savant, un homme riche, possédant beaucoup de biens, notamment des palmiers. Il connaissait le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) par sa description et par ce qu'il trouvait dans sa science, mais l'attachement à sa religion l'emporta sur lui. Il resta ainsi jusqu'au jour de Uhud, qui était un samedi. Il dit : « Ô assemblée de Juifs ! Par Allah, vous savez bien que le secours de Muhammad contre vous est une vérité. » Ils dirent : « Aujourd'hui est le jour du sabbat. » Il dit : « Plus de sabbat après aujourd'hui. » Puis il prit ses armes et sortit jusqu'à rejoindre le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et ses compagnons à Uhud. Il fit un testament à ceux de son peuple restés derrière : « Si je suis tué aujourd'hui, mes biens reviennent à Muhammad, qui en fera ce qu'Allah lui montrera. » Lorsque les gens combattirent, il combattit jusqu'à être tué. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) disait, d'après ce qui m'est parvenu : « Mukhayriq est le meilleur des Juifs. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) prit possession de ses biens, et la plupart des aumônes 13 du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à Médine proviennent de cela. 39 - Nous a rapporté 'Umar ibn Muhammad ibn Ja'far : nous a rapporté Ibrahim ibn as-Sindi : nous a rapporté an-Nadr ibn Salama : nous a rapporté Yahya ibn Ibrahim, d'après Salih ibn Muhammad ibn Salih, d'après son père, d'après 'Asim ibn 'Amr ibn Qatada, d'après Namla ibn Abi Namla, d'après son père Abu Namla, qui a dit : « Les Juifs de Banu Qurayza 14 étudiaient la mention du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dans leurs livres, et enseignaient aux enfants sa description, son nom et le lieu de son émigration 15 à Médine. Mais lorsqu'il apparut, ils devinrent envieux, injustes et renient. » 40 - Nous a rapporté 'Umar ibn Muhammad ibn Ja'far : nous a rapporté Ibrahim ibn as-Sindi : nous a rapporté an-Nadr ibn Salama : nous a rapporté 'Abd al-Jabbar ibn Sa'id al-Musahiqi, d'après Abu Bakr ibn 'Abd Allah al-'Amiri, d'après Sulayman ibn Suhaym et Rubayh ibn 'Abd ar-Rahman, tous deux d'après 'Abd ar-Rahman ibn Abi Sa'id al-Khudri, d'après son père, qui a dit : J'ai entendu mon père Malik ibn Sinan dire : Un jour, je vins chez les Banu 'Abd al-Ashhal 16 pour discuter avec eux, alors que nous étions alors en trêve de guerre. J'entendis Yusha' 17 le Juif dire : « L'heure de la sortie d'un Prophète, appelé Ahmad 18, qui sortira du Haram 19, approche. » Khalifa ibn Tha'laba al-Ash-hali lui dit, comme pour se moquer de lui : « Quelle est sa description ? » Il dit : « Un homme ni court ni grand, avec une rougeur dans les yeux, il porte la shammala 20, monte un âne, son épée sur l'épaule, et ce pays est son lieu d'émigration. » Il dit : Je sortis vers mon peuple, les Banu Khudra 21, tout en m'étonnant de ce qu'il avait dit, et j'entendis un homme dire : « Est-ce que Yusha' dit cela seul, ou bien tous les Juifs de Yathrib 22 disent cela ? » Mon père Malik ibn Sinan dit : Je sortis jusqu'à arriver chez les Banu Qurayza, et je trouvai un rassemblement. Ils évoquèrent le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), et az-Zubayr ibn Bata 23 dit : « L'étoile rouge 24 s'est levée, qui ne se lève qu'à la sortie et l'apparition d'un Prophète ; il ne reste personne sinon Ahmad, et voici son lieu d'émigration. » Abu Sa'id dit : Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) arriva à Médine, mon père lui rapporta cette nouvelle. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Si az-Zubayr et tous leurs chefs embrassaient l'islam, ils seraient suivis par tous. » 41 - Nous a rapporté Habib ibn al-Hasan : nous a rapporté Muhammad ibn Yahya ibn Sulayman : nous a rapporté Ahmad ibn Muhammad ibn Ayyub : nous a rapporté Ibrahim ibn Sa'd, d'après Muhammad ibn Ishaq, d'après Muhammad ibn Ja'far, qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) arriva à Médine alors qu'Abu 'Amir 25 'Abd 'Amr ibn Sayfi ibn an-Nu'man ibn Dubay'a ibn Zayd s'était fait moine et portait des habits de laine ; on l'appelait « le moine ». Il avait atteint l'âge de raison et avait entendu (des choses). Dans la version de 'Amr ibn Muhammad : Il n'y avait parmi les Aws et les Khazraj 26 aucun homme qui décrivît mieux le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) que lui. Il fréquentait les Juifs et les interrogeait sur la religion, et ils l'informaient de la description du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Puis il partit en Syrie et interrogea les chrétiens, qui l'informèrent de la description du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Abu 'Amir revint en disant : « Je suis sur la religion d'Ibrahim le hanif 27. » Il demeura en moine, prétendant attendre la sortie du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) apparut à La Mecque, il n'alla pas vers lui et resta sur sa position. Il vint trouver le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lorsqu'il arriva à Médine et dit : « Quelle est cette religion que tu as apportée ? » Il dit : « J'ai apporté le hanifisme, la religion d'Ibrahim. » Il dit : « Je suis sur elle. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Tu n'es pas sur elle. » Il dit : « Si, tu as introduit dans le hanifisme, ô Muhammad, ce qui n'en fait pas partie. » Il dit : « Je n'ai pas fait cela, mais je l'ai apportée blanche et pure. » Abu 'Amir, le menteur - qu'Allah le fasse mourir banni, étranger, seul - faisant allusion au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : « Est-ce ainsi que tu es venu ? » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Oui. Que celui qui ment subisse cela de la part d'Allah. » Cet ennemi d'Allah partit alors pour La Mecque. Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) conquit La Mecque, il partit pour at-Ta'if. Lorsque les habitants de at-Ta'if embrassèrent l'islam, il gagna la Syrie et mourut banni, étranger, seul.
42 - Habib ibn al-Hasan nous a rapporté : Ibn Yahya al-Marwazi nous a dit : Ahmad ibn Muhammad ibn Ayyub nous a dit : Ibrahim ibn Sa'd nous a dit, d'après Muhammad ibn Ishaq, qui a dit : 'Asim ibn 'Umar ibn Qatada m'a rapporté, d'après un vieillard (shaykh) des Banu Qurayza, qui a dit : « Sais-tu quel fut le signe de l'islam de Tha'laba ibn Su'na, d'Usayd ibn Su'na et d'Asad ibn 'Ubayd ? C'étaient des hommes des Banu Dhuhl, non des Banu Qurayza ni des Banu Nadir ; leur lignée remontait aux Banu Dhuhl, ou Dhuhayl. Ils vinrent aux Banu Qurayza et demeurèrent avec eux durant leur période préislamique (jahiliyya), puis ils devinrent leurs chefs dans l'islam. » Il dit : Je répondis : « Non. » Il dit : « Un homme des Juifs du pays de Syrie (ahl al-Sham), nommé Ibn al-Hayyaban, vint chez nous quelques années avant l'islam. Il s'installa parmi nous. Par Allah, nous n'avions jamais vu un homme prier les cinq prières (al-khams) de manière plus excellente que lui. Il demeura chez nous. Lorsque la pluie se faisait rare, nous lui disions : "Ô Ibn al-Hayyaban, lève-toi et implore pour nous la pluie (istisqa)." Il répondait : "Non, par Allah, jusqu'à ce que vous présentiez une aumône (sadaqa) devant votre sortie." Ils disaient : "Combien ?" Il disait : "Un sa' (sâ') de dattes, ou un mudd (mudd) d'orge par personne." Il dit : "Nous la donnions. Alors il sortait avec nous vers l'extérieur de notre champ de lave (harra), et implorait la pluie pour nous. Par Allah, il ne quittait pas son lieu d'assemblée avant que les nuages rapides (sarah) ne passent, coulant abondamment, et nous étions arrosés par cela. Il fit cela plus d'une fois, ni deux, ni trois. Puis la mort le surprit. Lorsqu'il sut qu'il allait mourir, il dit : "Ô assemblée de Juifs, que pensez-vous qui m'a fait sortir de la terre du vin et du pain levé (khamr wa khamir) vers la terre de la faim et de la misère ?" Il dit : Nous dîmes : "Allah sait mieux." Il dit : "Je suis venu dans ce pays en attendant (tawakkuf) la sortie d'un Prophète (nabiyy) dont le temps est proche (azalla zamanuhu). Cette terre est son lieu d'émigration (muhajaruhu). J'espérais qu'il soit envoyé et que je le suive. Son temps est proche pour vous. Ne vous laissez pas devancer vers lui, ô assemblée de Juifs, par quiconque. Car il sera envoyé pour verser le sang et capturer les enfants et les femmes (saby al-dharari wa al-nisa') de ceux qui s'opposent à lui. Que cela ne vous empêche pas de le suivre." Lorsque le Messager d'Allah (salla Allahu 'alayhi wa sallam) fut envoyé et assiégea les Banu Qurayza, ces jeunes gens (fitya) – qui étaient des jeunes hommes récents (ahdath) – dirent : "Ô Banu Qurayza, par Allah, c'est bien le Prophète que Ibn al-Hayyaban vous avait annoncé." Ils répondirent : "Ce n'est pas lui." Ils dirent : "Si, par Allah, c'est bien lui, avec sa description." Ils descendirent (de leurs forteresses) et embrassèrent l'islam. Ainsi préservèrent-ils leurs vies, leurs biens et leurs familles. » 43 - Habib ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn Yahya al-Marwazi nous a dit : Ahmad ibn Ayyub nous a dit : Ibrahim ibn Sa'd nous a dit, d'après Muhammad ibn Ishaq, qu'il a dit : Il m'est parvenu d'après 'Ikrima, l'affranchi (mawla) d'Ibn 'Abbas, et d'après Sa'id ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbas, que les Juifs, avant l'envoi (mab'ath) du Messager d'Allah (salla Allahu 'alayhi wa sallam), demandaient la victoire (yastaftihun) contre les Aws et les Khazraj par lui. Lorsqu'Allah 'azza wa jalla l'envoya d'entre les Arabes, ils mécrurent en lui et nièrent ce qu'ils avaient dit à son sujet. Alors Mu'adh ibn Jabal et Bishr ibn al-Bara' ibn Ma'rur, frère des Banu Salama, leur dirent : « Ô assemblée de Juifs, craignez Allah et embrassez l'islam. Vous demandiez la victoire contre nous par Muhammad, alors que nous étions polythéistes (ahl al-shirk), et vous nous informiez qu'il serait envoyé, et vous nous le décriviez par sa description. » Alors Sallam ibn Mishkam dit : « Ce n'est pas celui dont nous vous parlions. Il ne nous a apporté rien que nous reconnaissions. » Alors Allah 'azza wa jalla révéla à ce sujet, au sujet de leurs paroles : {Et quand leur vint de la part d'Allah un Livre confirmant ce qu'ils avaient déjà, – et auparavant ils demandaient la victoire sur ceux qui avaient mécru – quand leur vint ce qu'ils reconnaissaient, ils y mécrurent. Que la malédiction d'Allah soit sur les mécréants !} (Coran 2:89).
44 - Ahmad ibn al-Sindi ibn Bahr nous a rapporté, disant : al-Hasan ibn 'Alawayh al-Qattan nous a rapporté, disant : Isma'il ibn 'Isa nous a rapporté, disant : Ishaq ibn Bishr Abu Hudhayfa nous a rapporté, disant : Sa'id ibn Bashir nous a rapporté, d'après Qatada, d'après Ka'b al-Ahbar 28, qui a dit : "La cause du sauvetage des Enfants d'Israël de la terre de Babylone fut le rêve de Nabuchodonosor. En effet, il vit un rêve qui l'effraya. Il convoqua ses prêtres et ses sorciers, leur fit part de l'angoisse que lui avait causée son rêve, et leur demanda de l'interpréter. Ils dirent : 'Raconte-le nous.' Il dit : 'Je l'ai oublié. Donnez-moi son interprétation.' Ils dirent : 'Nous ne pouvons pas te donner son interprétation avant que tu ne le racontes.' Il se fâcha et dit : 'Je vous ai choisis et formés pour cela. Allez, je vous donne trois jours. Si vous m'apportez son interprétation, sinon je vous tuerai.' Cela se répandit parmi les gens, et la nouvelle parvint à Daniel, qui était emprisonné. Il dit au geôlier, qui lui était bienveillant : 'Veux-tu me mentionner au roi ? Car je connais l'interprétation de son rêve, et j'espère que tu obtiendras grâce à cela une position auprès de lui, et que cela sera la cause de ma délivrance.' Le geôlier lui dit : 'Je crains pour toi la violence du roi. Peut-être que l'angoisse de la prison t'a poussé à dire ce que tu ne sais pas. Cependant, je pense que si quelqu'un connaît ce rêve, c'est bien toi.' Daniel dit : 'Ne crains rien pour moi, car j'ai un Seigneur qui m'informe de tout ce que je désire.' Le geôlier partit et informa Nabuchodonosor de cela. Il fit venir Daniel, qui fut introduit auprès de lui. Or, personne n'entrait chez lui sans se prosterner devant lui. Daniel s'arrêta et ne se prosterna pas. Le roi dit à ceux qui étaient dans la pièce : 'Sortez.' Ils sortirent. Nabuchodonosor dit à Daniel : 'Qu'est-ce qui t'a empêché de te prosterner devant moi ?' Daniel dit : 'J'ai un Seigneur qui m'a donné cette science que tu as entendue, à condition que je ne me prosterne devant nul autre que Lui. J'ai craint qu'en me prosternant devant toi, cette science ne me quitte, et que je devienne entre tes mains un illettré 29, dont tu ne tirerais aucun profit, et que tu me tues. J'ai donc considéré qu'il était plus facile de ne pas me prosterner que d'être tué, et que le risque d'une prosternation est moindre que l'angoisse et l'épreuve dans laquelle tu te trouves. C'est pourquoi j'ai renoncé à la prosternation, par égard pour cela.' Nabuchodonosor dit : 'Je n'ai eu personne en qui j'aie plus confiance que toi, puisque tu es resté fidèle à ton Dieu. Les hommes que j'aime le plus sont ceux qui restent fidèles à leurs maîtres. As-tu connaissance de ce rêve que j'ai vu ?' Il dit : 'Oui, j'en connais la science et l'interprétation. Tu as vu une grande idole dont les pieds étaient dans la terre et la tête dans le ciel. Sa partie supérieure était d'or, sa partie moyenne d'argent, sa partie inférieure de cuivre, ses jambes de fer, et ses pieds d'argile. Tandis que tu la regardais, admirant sa beauté et la perfection de sa fabrication, Allah, Puissant et Majestueux, lança contre elle une pierre du ciel, qui tomba sur le sommet de sa tête, la brisa et la réduisit en poudre. L'or, l'argent, le cuivre, le fer et l'argile se mélangèrent, au point qu'il te sembla que si tous les hommes et les djinns se réunissaient pour distinguer les uns des autres, ils n'y parviendraient pas. Si un vent se levait, il les disperserait. Et tu regardas la pierre qui avait été lancée : elle grandissait, s'amplifiait et se répandait jusqu'à remplir toute la terre, au point que tu ne voyais plus que le ciel et la pierre.' Nabuchodonosor lui dit : 'Tu as dit vrai : c'est bien le rêve que j'ai vu. Quelle est son interprétation ?' Daniel dit : 'Quant à l'idole, ce sont des nations différentes au début du temps, au milieu et à la fin. Quant à l'or, c'est ce temps-ci et cette nation dans laquelle tu te trouves, et tu en es le roi. Quant à l'argent, c'est ton fils qui régnera après toi. Quant au cuivre, ce sont les Romains. Quant au fer, ce sont les Perses. Quant à l'argile, ce sont deux nations que gouverneront deux femmes : l'une dans l'est du Yémen, l'autre dans l'ouest du Sham 30. Quant à la pierre qui a été lancée contre l'idole, c'est la religion d'Allah, Puissant et Majestueux, qu'Il lancera contre cette nation à la fin des temps, pour la faire triompher sur elle. Allah enverra un Prophète illettré 29 issu des Arabes, par lequel Allah soumettra les nations et les religions, comme tu as vu la pierre soumettre les différentes parties de l'idole. Il le fera triompher des religions et des nations, comme tu as vu la pierre triompher de la terre et s'y répandre jusqu'à la dominer. Par lui, Allah purifiera la vérité, anéantira le faux, guidera l'égarement, instruira les illettrés 29, fortifiera les faibles, honorera les humiliés, et secourra les opprimés.' Nabuchodonosor dit : 'Je ne connais personne, depuis que j'ai accédé au pouvoir, dont l'aide m'ait été plus précieuse que la tienne, ni personne qui ait plus de mérite à mes yeux que toi. Je te récompenserai pour ton bienfait.' Et il mentionna la suite de l'histoire.
45 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : al-Hasan ibn al-Jahm nous a rapporté : al-Husayn ibn al-Faraj nous a rapporté : Muhammad ibn 'Umar al-Wāqidī nous a rapporté : Muhammad ibn Sa'īd al-Thaqafī, 'Abd al-Rahmān ibn 'Abd al-'Azīz ibn 'Abd Allāh ibn 'Uthmān ibn Sahl ibn Hunayf, 'Abd al-Malik ibn 'Īsā al-Thaqafī, 'Abd Allāh ibn 'Abd al-Rahmān ibn Ya'lā ibn Ka'b al-Thaqafī, et Muhammad ibn Ya'qūb ibn 'Utba, d'après son père et d'autres, chacun m'a rapporté une partie de ce récit. Il a dit : Al-Mughīra ibn Shu'ba a dit, lors de son départ vers al-Muqawqis 31 avec les Banū Mālik : Lorsqu'ils entrèrent chez al-Muqawqis, il leur dit : « Comment avez-vous échappé à ceux qui vous poursuivaient, alors que Muhammad et ses compagnons se trouvent entre moi et vous ? » Ils répondirent : « Nous avons longé la mer, et nous l'avons craint pour cela. » Il dit : « Qu'avez-vous fait de ce à quoi il vous appelle ? » Ils dirent : « Pas un seul homme parmi nous ne l'a suivi. » [86] Il dit : « Pourquoi ? » Ils dirent : « Il nous a apporté une religion nouvelle, que les pères ne pratiquaient pas et que le roi ne pratique pas, et nous restons sur ce qu'étaient nos pères. » Il dit : « Qu'ont fait ses gens ? » Il dit : « Les jeunes parmi eux l'ont suivi, et il a affronté ceux de son peuple qui s'opposaient à lui, ainsi que d'autres Arabes, en divers lieux ; tantôt la défaite était contre eux, tantôt pour lui. » Il dit : « Ne m'informerez-vous pas, et me direz-vous la vérité : à quoi appelle-t-il ? » Ils dirent : « Il appelle à adorer Dieu seul, sans associé, et à se dépouiller de ce que les pères adoraient ; il appelle à la prière et à l'aumône légale 32. » Il dit : « Qu'est-ce que la prière et l'aumône légale ? Ont-elles un temps connu et un nombre déterminé ? » Ils dirent : « Ils prient cinq fois par jour et par nuit, toutes à des moments fixés et selon un nombre qu'ils ont nommé pour cela ; et ils donnent, pour chaque bien atteignant vingt mithqāls 33, un mithqāl, et pour chaque troupeau de chameaux atteignant cinq têtes, une brebis. » Et ils l'informèrent de l'aumône légale sur tous les biens. Il dit : « Que pensez-vous, lorsqu'il la prend, où la place-t-il ? » Ils dirent : « Il la rend à leurs pauvres, et ordonne de maintenir les liens de parenté, de tenir les promesses, d'interdire l'usure, la fornication et le vin, et de ne pas manger ce qui a été immolé pour autre que Dieu Très-Haut. » Il dit : « C'est un prophète envoyé à l'humanité tout entière. Si les Coptes et les Romains l'avaient atteint, ils l'auraient suivi. Jésus, fils de Marie, leur a ordonné cela. Ce que vous décrivez de lui est ce avec quoi les prophètes avant lui ont été envoyés. Il aura la victoire finale, jusqu'à ce que personne ne le conteste, et sa religion prévaudra jusqu'aux extrémités [87] du sabot, du fer à cheval et des confins des mers. Bientôt, son peuple le repoussera avec des lances. » Il dit : « Nous avons dit : Même si tous les gens entraient avec lui, nous n'entrerions pas. » Il dit : « Il secoua la tête et dit : Vous êtes dans le jeu. » Puis il dit : « Quel est son rang parmi son peuple ? » Nous dîmes : « Il est le plus noble d'entre eux par la lignée. » Il dit : « Ainsi en est-il du Messie et des prophètes, que la paix soit sur eux : ils sont envoyés dans la lignée de leur peuple. » Il dit : « Quelle est sa véracité dans ses propos ? » Il dit : « Nous dîmes : Il n'est appelé que l'Honnête 34 en raison de sa véracité. » Il dit : « Considérez votre affaire : pensez-vous qu'il soit véridique dans ce qui est entre vous et lui, et qu'il mente sur Dieu ? » Il dit : « Qui l'a suivi ? » Nous dîmes : « Les jeunes. » Il dit : « Par le Messie, ce sont les disciples des prophètes avant lui. » Il dit : « Qu'ont fait les Juifs de Yathrib 35, qui sont les gens de la Torah ? » Nous dîmes : « Ils se sont opposés à lui, alors il les a attaqués, les a tués, les a faits captifs, et ils se sont dispersés dans toutes les directions. » Il dit : « Ce sont des envieux, ils l'ont envié. En vérité, ils connaissent de son affaire ce que nous connaissons. » Al-Mughīra dit : « Nous nous levâmes de chez lui, après avoir entendu des paroles qui nous rendirent soumis à Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue, et nous humilièrent. Nous dîmes : Les rois des Perses le croient et le craignent, malgré l'éloignement de leurs liens avec lui, tandis que nous, ses proches et ses voisins, ne sommes pas entrés avec lui, alors qu'il est venu nous appeler dans nos demeures. » Al-Mughīra dit : « Nous retournâmes donc dans nos demeures, et je restai à Alexandrie, n'entrant dans aucune église [88] sans interroger ses évêques, parmi les Coptes et les Romains, sur ce qu'ils trouvaient comme description de Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue. Il y avait un évêque copte, chef de l'église d'Abū Ghanī, chez qui on amenait les malades pour qu'il prie pour eux. Je n'ai jamais vu personne prier les cinq prières avec plus d'assiduité que lui. Je lui dis : Informe-moi : reste-t-il un prophète ? » Il dit : « Oui, et c'est le dernier des prophètes ; il n'y a personne entre lui et Jésus, fils de Marie. C'est un prophète que Jésus nous a ordonné de suivre. C'est le prophète illettré 36 arabe ; son nom est Ahmad 37. Il n'est ni grand ni petit ; ses yeux ont une rougeur ; il n'est ni blanc ni basané ; il laisse pousser ses cheveux ; il porte des vêtements rugueux ; il se contente de la nourriture qu'il trouve ; son épée est sur son épaule ; il ne se soucie pas de qui il rencontre ; il combat lui-même avec ses compagnons, qui se sacrifient pour lui ; ils l'aiment plus que leurs enfants et leurs pères. Il sort de la terre du Qaraz 38 et d'un sanctuaire 39 pour aller vers un sanctuaire ; il émigre vers une terre de terres salines et de palmiers ; il pratique la religion d'Abraham, que la paix soit sur lui. » Al-Mughīra ibn Shu'ba dit : « Ajoute-moi à sa description. » Il dit : « Il porte son pagne 40 à la taille ; il lave ses extrémités ; il a été distingué par ce que les prophètes avant lui n'ont pas reçu : le prophète était envoyé à son peuple, tandis que lui a été envoyé à l'humanité tout entière ; la terre a été rendue pour lui lieu de prière et purificatrice 41 ; où que la prière le surprenne, il fait les ablutions sèches 42 et prie ; ceux qui l'ont précédé étaient astreints à des règles strictes, ne priant que dans les églises et les synagogues. » [89] Al-Mughīra dit : « Je retins tout cela de ses paroles et de celles d'autres. Puis je retournai auprès du Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, et j'embrassai l'islam. Je l'informai de ce qu'avaient dit le roi et les évêques que j'avais interrogés et entendus parmi les chefs coptes et romains. Cela plut au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et il aima que ses compagnons l'entendent. Je leur racontais cela pendant deux ou trois jours. » Le cheikh dit : « Ses attributs et descriptions dans les Livres révélés, et chez les moines, les évêques et les docteurs des deux communautés scripturaires 43 sont largement répandus. Ils se référaient, concernant sa mission et son envoi, à une connaissance certaine, quasi nécessaire, en raison de l'annonce des prophètes, que les prières de Dieu soient sur eux, à son sujet et de son envoi, et de leurs recommandations à leurs communautés de croire en lui s'ils le rencontraient, et en raison des Livres et des alliances antérieures transmises de manière continue de leurs pères et ancêtres. 46 - C'est ce que nous a rapporté Sulaymān ibn Ahmad : 'Alī ibn al-Mubārak al-San'ānī nous a rapporté : Zayd ibn al-Mubārak ibn Muhammad ibn al-Hasan ibn Zabāla al-Makhzūmī, d'après Muhammad ibn Talha al-Taymī, d'après Muhammad ibn Ibrāhīm ibn al-Hārith al-Taymī, d'après Abū Salama ibn 'Abd al-Rahmān ibn 'Awf, qui a dit : Ka'b ibn Lu'ayy ibn Ghālib ibn Fihr ibn Mālik rassemblait son peuple le vendredi – et les Quraysh appelaient le vendredi 'Arūba – et il leur faisait un sermon, disant : « Or donc, écoutez, apprenez, comprenez et sachez : nuit calme, jour lumineux, terre tapis, ciel édifice, montagnes pieux, étoiles repères ; les premiers sont comme les derniers ; la femelle et le mâle, et l'époux, vont vers la destruction. Maintenez donc vos liens de parenté, préservez vos alliances, faites fructifier vos biens. Avez-vous vu un mort revenir, ou un défunt [90] ressuscité ? La demeure est devant vous, et l'opinion est autre que ce que vous dites. Votre sanctuaire, parez-le, magnifiez-le, et attachez-vous-y ; car il viendra pour lui une grande nouvelle, et il en sortira un noble prophète. » Puis il disait : [al-Ṭawīl] Jour et nuit, chaque retour apporte un événement, Leur nuit et leur jour sont égaux.
Ils reviennent avec les événements lorsqu'ils reviennent... et avec les bienfaits abondants dont les voiles sont sur nous. C'est par inattention que le Prophète Muhammad vient... et il rapporte des nouvelles véridiques, dont il est l'expert. Puis il dit : "Par Allah, si j'avais été là, doté d'ouïe, de vue, de main et de jambe, je me serais dressé comme se dresse le chameau, et j'aurais trotté comme trotte l'étalon." Puis il dit : [Basīṭ 44] "Plût à Dieu que j'eusse été témoin de l'appel vibrant de son invocation, quand la tribu cherchait à abandonner la vérité." Et entre la mort de Ka'b ibn Lu'ayy et l'envoi du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), il y eut cinq cent soixante ans. 47 - Abū 'Amr ibn Ḥamdān nous a rapporté, disant : al-Ḥasan ibn Sufyān nous a rapporté, disant : Naṣr ibn 'Alī nous a rapporté, disant : Mulāzim ibn 'Amr nous a rapporté, disant : 'Abd Allāh ibn Badr nous a rapporté, d'après Qays ibn Ṭalq, d'après son père, qui a dit : Nous partîmes en délégation auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), nous lui fîmes allégeance, nous priâmes avec lui, et nous l'informâmes que dans notre région il y avait une église 45 qui nous appartenait, et nous lui demandâmes de nous donner de son eau de purification 46 en surplus. Il demanda de l'eau, fit ses ablutions avec, se rinça la bouche avec, puis versa pour nous dans une outre 47, puis dit : "Allez avec cette eau ; quand vous arriverez dans votre pays, brisez votre église, aspergez son emplacement avec cette eau, et prenez cet emplacement comme mosquée." Nous dîmes : "Le pays est lointain, la chaleur est intense, et l'eau s'évapore." Il dit : "Ajoutez-y de l'eau, car l'eau ne fait que l'augmenter en pureté." Il dit : Nous partîmes et nous nous disputâmes pour porter l'outre, chacun voulant la porter. Alors le Prophète de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) la répartit entre nous par tours : chaque homme la portait un jour et une nuit. Nous partîmes jusqu'à arriver dans notre pays, et nous fîmes ce que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) nous avait ordonné. Notre moine 48 était alors un homme de Ṭayyi'. Nous fîmes l'appel à la prière 49, et notre moine, lorsqu'il entendit l'appel, dit : "C'est un appel de vérité." Puis il se dirigea vers une colline 50 parmi nos collines, puis partit et ne fut plus revu. Histoire de la conversion de Zayd ibn Su'na 48 - Muḥammad ibn Aḥmad ibn Ḥamdān nous a rapporté, disant : al-Ḥasan ibn Sufyān nous a rapporté, disant : Muḥammad ibn al-Mutawakkil al-'Asqalānī nous a rapporté, et Muḥammad ibn 'Alī nous a rapporté, disant : Ibn Qutayba nous a rapporté, disant : Muḥammad ibn Abī al-Sarī nous a rapporté, disant : al-Walīd ibn Muslim nous a rapporté, disant : Muḥammad ibn Ḥamza ibn Yūsuf ibn 'Abd Allāh ibn Salām nous a rapporté, d'après son père, d'après son grand-père, qui a dit : 'Abd Allāh ibn Salām a dit : Lorsque Dieu (Puissant et Majestueux) voulut guider Zayd ibn Su'na, Zayd ibn Su'na dit : "Il ne reste aucun des signes de la prophétie que je n'aie reconnus sur le visage de Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue) lorsque je l'ai regardé, sauf deux que je n'ai pas éprouvés de sa part : sa clémence 51 devance son ignorance 52, et la violence de l'ignorance à son égard ne fait qu'augmenter sa clémence." Je cherchais donc à me faire discret pour le fréquenter et connaître sa clémence et son ignorance. Il dit : Un jour, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) sortit des appartements 53, accompagné de 'Alī ibn Abī Ṭālib. Un homme vint à lui sur sa monture, comme un bédouin, et dit : "Ô Messager de Dieu, les habitants du village des Banū untel se sont convertis à l'islam. Je leur avais dit que s'ils se convertissaient, la subsistance leur viendrait abondamment. Or ils ont été frappés par une année de sécheresse, de dureté et de manque de pluie. Je crains, ô Messager de Dieu, qu'ils ne sortent de l'islam par convoitise, comme ils y sont entrés par convoitise. Si tu voyais bon d'envoyer quelque chose pour les aider..." Il dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) regarda un homme à côté de lui - je pense que c'était 'Alī - et dit : "Il n'en reste rien, ô Messager de Dieu." Zayd ibn Su'na dit : Je m'approchai de lui et lui dis : "Ô Muhammad, veux-tu me vendre une quantité déterminée de dattes du jardin des Banū untel à terme pour tel et tel délai ?" Il dit : "Non, ô Juif, mais je te vends une quantité déterminée de dattes à terme pour tel et tel délai, sans préciser le jardin des Banū untel." Je dis : "Oui." Il conclut donc la vente avec moi. Je déliai ma bourse 54 et lui donnai quatre-vingts mithqāls 55 d'or pour une quantité déterminée de dattes à terme pour tel et tel délai. Il donna (l'argent) à l'homme et dit : "Hâte-toi vers eux et secours-les avec cela." Zayd ibn Su'na dit : Deux ou trois jours avant l'échéance, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) sortit pour les funérailles d'un homme des Anṣār 56, accompagné d'Abū Bakr, 'Umar et 'Uthmān, ainsi que d'un groupe de ses Compagnons. Lorsqu'il eut prié sur le mort et s'approcha d'un mur pour s'asseoir contre lui, je vins à lui, saisis les extrémités de sa chemise et de son manteau 57, le regardai d'un air dur et dis : "Ne me paies-tu pas, ô Muhammad, mon dû ? Par Allah, je ne connais de vous, ô Banū 'Abd al-Muṭṭalib, que des procrastinateurs 58 ! J'avais pourtant une certaine connaissance de votre fréquentation." Il dit : 'Umar ibn al-Khaṭṭāb me regarda, ses yeux tournant dans son visage comme une sphère tournante, puis il me lança un regard et dit : "Ô ennemi de Dieu, dis-tu au Messager de Dieu ce que j'entends, et fais-tu à lui ce que je vois ? Par Celui qui l'a envoyé avec la vérité, si je ne craignais de le perdre (en te tuant), je frapperais ta tête avec mon épée !" Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) regardait 'Umar avec calme, pondération et sourire, puis dit : "Moi et lui, nous avions plus besoin d'autre chose que cela de ta part, ô 'Umar : que tu m'ordonnes de bien payer, et que tu lui ordonnes de bien réclamer. Va avec lui, ô 'Umar, paie-lui son dû et ajoute-lui vingt ṣā' 59 en compensation de la frayeur que tu lui as causée." Zayd dit : 'Umar partit avec moi, me paya mon dû et m'ajouta vingt ṣā' de dattes. Je dis : "Qu'est-ce que ce surplus ?" Il dit : "Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) m'a ordonné de t'ajouter cela en compensation de la frayeur que je t'ai causée." Je dis : "Me reconnais-tu, ô 'Umar ?" Il dit : "Non. Qui es-tu ?" Je dis : "Je suis Zayd ibn Su'na." Il dit : "Le rabbin 60 ?" Je dis : "Le rabbin." Il dit : "Qu'est-ce qui t'a poussé à dire au Messager de Dieu ce que tu as dit et à faire ce que tu as fait ?" Je dis : "Ô 'Umar, j'avais reconnu tous les signes de la prophétie sur le visage du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lorsque je l'ai regardé, sauf deux que je n'avais pas éprouvés de sa part : sa clémence devance son ignorance, et la violence de l'ignorance à son égard ne fait qu'augmenter sa clémence. Or je les ai maintenant éprouvés. Je te prends à témoin, ô 'Umar, que j'agrée Dieu comme Seigneur, l'islam comme religion, et Muhammad comme prophète. Et je te prends à témoin que la moitié de mes biens - car je suis très riche - est une aumône 61 pour la communauté de Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue)." 'Umar dit : "Ou pour une partie d'entre eux, car tu ne peux les englober tous ?" Je dis : "Ou pour une partie d'entre eux." Il dit : 'Umar et Zayd retournèrent auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), et Zayd dit : "J'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu et que Muhammad est Son serviteur et Son messager." Il crut en lui, le tint pour véridique et le suivit. Il participa à de nombreuses expéditions avec le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), puis fut tué lors de l'expédition de Tabūk 62 en martyr, faisant face et non fuyant. Que Dieu lui fasse miséricorde.
49 - Ahmad ibn Ishaq nous a rapporté, disant : Ahmad ibn Muhammad ibn Sulayman nous a rapporté, disant : 'Umar ibn 'Ali nous a rapporté, disant : Al-'Ala' ibn al-Fadl ibn Abi Sawiyya ibn Khalifa ibn 'Abda nous a rapporté, disant : Mon père nous a rapporté d'après son grand-père Abi Sawiyya ibn Khalifa — et Khalifa était musulman — qui dit : J'ai interrogé Muhammad ibn 'Adi ibn Rabi'a ibn Sawa'a ibn Jusham ibn Sa'd, et j'ai dit : Comment ton père t'a-t-il nommé Muhammad ? Il rit, puis dit : Mon père 'Adi ibn Rabi'a m'a raconté : Je sortis avec Sufyan ibn Mujashi', Yazid ibn 'Umar ibn Rabi'a et Usama ibn Malik, voulant aller chez Ibn Jafna 63. Lorsque nous fûmes près de lui, nous descendîmes vers des arbres et un étang 64, et nous dîmes : Si nous nous lavions et embellissions nos vêtements ici, après la rudesse du voyage ? Nous nous mîmes à parler, lorsqu'un moine 65 nous aperçut de son ermitage 66 et dit : J'entends la langue d'un peuple qui n'est pas la langue des habitants de ce pays. Nous dîmes : Nous sommes un peuple de Mudar 67. Il dit : Desquels des Mudarites ? Nous dîmes : De Khindif 68. Il dit : Un prophète sera bientôt envoyé d'entre vous ; prenez votre part de lui, vous serez heureux. Nous dîmes : Quel est son nom ? Il dit : Muhammad. Nous allâmes chez Ibn Jafna, accomplîmes notre besoin, puis nous retournâmes. Il naquit à chaque homme d'entre nous un fils, qu'il nomma Muhammad, en faisant circuler ce nom. Prédiction des devins et des rois de la terre de son envoi.
50 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté, de mémoire, en l'an 351, disant : Aḥmad ibn Yaḥyā ibn Khālid ibn Ḥayyān ar-Raqqī nous a rapporté, en Égypte, en l'an 280, disant : 'Amr ibn Bukayr ibn Bakkār al-Qa'nabī nous a rapporté, d'après Abū al-Qāsim aṭ-Ṭā'ī, d'après al-Kalbī, d'après Abū Ṣāliḥ, d'après Ibn 'Abbās, qui a dit : « Lorsque Sayf ibn Dhī Yazan eut pris le contrôle du Yémen, vaincu les Abyssins et les en eut chassés — cela deux ans après la naissance du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue — les délégations des Arabes, leurs nobles et leurs poètes vinrent à lui pour le féliciter et le louanger. La délégation de Quraysh vint à lui, comprenant 'Abd al-Muṭṭalib ibn Hāshim ibn 'Abd Manāf ibn Umayya ibn 'Abd Shams, 'Abd Allāh ibn Jud'ān, Khuwaylid ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzzā, et Wahb ibn 'Abd Manāf ibn Zuhra, parmi d'autres notables de Quraysh. Ils arrivèrent auprès de lui à Ṣan'ā', alors qu'il se trouvait au sommet de son palais appelé Ghumdān. Il dit : Ils demandèrent la permission d'entrer, et il la leur accorda. Or le roi était imprégné de 'abīr 69, la brillance du musc dégouttant de son crâne, et à sa droite et à sa gauche se tenaient les rois, les fils de rois et les maqāwil 70. Lorsqu'ils entrèrent chez lui, 'Abd al-Muṭṭalib s'approcha de lui et lui demanda la permission de parler. Sayf ibn Dhī Yazan lui dit : "Si tu es de ceux qui parlent devant les rois, nous te le permettons." 'Abd al-Muṭṭalib dit : "Ô roi, Allah — Puissant et Majestueux — t'a placé en une position élevée, haute et inaccessible, t'a fait pousser d'une souche dont la racine est bonne, dont la souche a été nourrie, dont l'origine est ferme et dont la branche s'est élevée, dans le meilleur lieu et le plus noble minerai. Tu es — que tu sois préservé de la malédiction 71 — la tête des Arabes et leur printemps par lequel ils deviennent fertiles. Tu es, ô roi, la tête des Arabes à laquelle ils obéissent, leur pilier sur lequel ils s'appuient, et leur refuge vers lequel les servateurs se tournent. Tes prédécesseurs furent pour nous les meilleurs prédécesseurs, et tu es pour nous, parmi eux, le meilleur successeur. Celui dont tu es le successeur n'a pas péri, et la mémoire de celui dont tu es le prédécesseur n'a pas été obscurcie. Nous sommes, ô roi, les gens du Sanctuaire d'Allah et les gardiens de Sa Maison. Ce qui nous a réjouis nous a conduits vers toi, pour que tu dissipes l'affliction qui nous accablait. Nous sommes donc la délégation de félicitation, non la délégation de condoléance." Sayf ibn Dhī Yazan dit : "Et lequel d'entre eux es-tu, ô toi qui parles ?" Il dit : "Je suis 'Abd al-Muṭṭalib ibn Hāshim ibn 'Abd Manāf." Il dit : "Le fils de notre sœur ?" Il dit : "Oui." Il dit : Alors il le fit approcher, puis se tourna vers lui et vers les gens et dit : "Bienvenue et bon accueil, chamelle et selle, lieu de repos facile, royaume prospère qui donne des dons généreux. Le roi a entendu votre discours, a reconnu votre parenté, a accepté votre intermédiaire. Vous êtes les gens de la nuit et du jour. Vous avez l'honneur tant que vous restez, et le cadeau lorsque vous partez. Levez-vous pour la maison de l'hospitalité et des délégations." Et il ordonna qu'on les loge. Ils restèrent un mois sans pouvoir l'approcher, et il ne leur ordonna pas de partir. Puis il se réveilla pour eux une fois, envoya chercher 'Abd al-Muṭṭalib à l'exclusion des autres. Lorsque 'Abd al-Muṭṭalib entra, il le fit approcher, rapprocha son siège et lui témoigna de la considération. Puis il dit : "Ô 'Abd al-Muṭṭalib, je vais te confier un secret de ma science que si un autre que toi était, je ne l'aurais pas divulgué. Mais je t'ai trouvé digne de le recevoir, et je t'ai donc informé de sa teneur. Qu'il reste caché chez toi jusqu'à ce qu'Allah — Puissant et Majestueux — permette qu'il soit révélé, car Allah accomplira Son ordre. Je trouve dans le Livre préservé 72 et la science cachée que Nous avons choisis pour Nous-mêmes et dissimulés aux autres, une grande nouvelle et un immense événement, contenant l'honneur de la vie et la vertu de la mort pour les gens en général, pour ta tribu en particulier, et pour toi spécialement." 'Abd al-Muṭṭalib dit : "Qu'un tel que toi, ô roi, fasse le bien et soit bon ! Qu'est-ce donc ? — Que les gens du désert te soient dévoués, en groupes après groupes." Il dit : "Lorsque naîtra à Tihāma 73 un garçon portant un signe, entre ses épaules un grain de beauté, il aura l'imāma 74, et vous aurez par lui la préséance jusqu'au Jour de la Résurrection." 'Abd al-Muṭṭalib dit : "Que tu sois préservé de la malédiction ! Tu es revenu avec le meilleur dont un délégué de son peuple soit jamais revenu. Sans la crainte et la vénération du roi, je lui aurais demandé de sa bonne nouvelle ce qui augmenterait ma joie." Sayf ibn Dhī Yazan dit : "C'est son époque où il naît, ou bien il est déjà né. Son nom est Muḥammad. Entre ses épaules, un grain de beauté. Son père et sa mère mourront, et son grand-père et son oncle l'élèveront. Nous l'avons trouvé mentionné à plusieurs reprises. Allah l'enverra ouvertement, et lui donnera des alliés parmi nous par lesquels Il rendra puissants Ses alliés et humiliera Ses ennemis. Par eux, Il frappera les gens de côté 75 et conquiert les terres précieuses. Il adorera le Miséricordieux, repoussera le Diable, éteindra les feux 76 et brisera les idoles. Sa parole est décisive, son jugement est juste. Il ordonne le bien et le fait, interdit le mal et l'annule." 'Abd al-Muṭṭalib dit : "Ô roi, que ton voisin soit puissant, que ta chance soit heureuse, que ton rang soit élevé, que ton affaire prospère, que ta vie soit longue et que ton royaume dure ! Le roi va-t-il me faire une révélation claire ? Car il a déjà éclairci une partie." Sayf ibn Dhī Yazan dit : "Par la Maison aux voiles 77 et les signes sur les pierres dressées 78 ! En vérité, ô 'Abd al-Muṭṭalib, tu es son grand-père, sans mensonge." Il dit : Alors 'Abd al-Muṭṭalib tomba prosterné. Il dit : "Relève ta tête, car ta poitrine s'est réjouie et ton affaire s'est élevée. As-tu ressenti quelque chose de ce que je t'ai mentionné ?" 'Abd al-Muṭṭalib dit : "Oui, ô roi. J'avais un fils dont j'étais épris et auquel j'étais tendre. Je l'ai marié à une noble parmi les nobles de mon peuple, Āmina bint Wahb ibn 'Abd Manāf ibn Zuhra. Elle donna naissance à un garçon que j'ai nommé Muḥammad. Son père et sa mère moururent, et moi et son oncle l'avons élevé. Entre ses épaules, il y a un grain de beauté, et il possède tout ce que tu as mentionné comme signe." Sayf ibn Dhī Yazan dit : "Ce que je t'ai dit est comme je te l'ai dit. Prends soin de ton fils et méfie-toi des Juifs, car ils sont ses ennemis, mais Allah ne leur donnera jamais de moyen contre lui. Cache ce que je t'ai dit à ces gens qui sont avec toi, car je ne suis pas sûr que la jalousie ne les gagne pas, du fait qu'il aura la présidence, et qu'ils ne lui tendent des pièges et ne dressent des embûches. Ils le feront, ou leurs fils. Si je ne savais que la mort me fauchra avant son envoi, je serais parti avec mes cavaliers et mes fantassins jusqu'à faire de Yathrib 79 la demeure de mon royaume, car je trouve dans le Livre qui parle et la science antérieure que c'est à Yathrib que son affaire sera consolidée, que se trouvera le lieu de sa tombe et les gens de son soutien. Si je ne craignais pour lui les fléaux et ne redoutais les calamités, j'aurais fait fouler aux Arabes son talon et j'aurais proclamé sa renommée dès son jeune âge. Mais je te confie cela sans manquer à ceux qui sont avec toi." Puis il ordonna pour chacun d'eux cent chameaux, dix esclaves hommes, dix esclaves femmes, dix ratls 80 d'argent, cinq ratls d'or, et une outre remplie d'ambre gris. Et il ordonna pour 'Abd al-Muṭṭalib dix fois cela, et lui dit : "Au début de l'année prochaine, viens m'informer de lui et de ce qu'il adviendra de son affaire." Mais Ibn Dhī Yazan mourut avant le début de l'année suivante. 'Abd al-Muṭṭalib disait : "Que nul d'entre vous, ô assemblée de Quraysh, ne m'envie pour le don généreux du roi, si abondant soit-il, car il va à l'épuisement. Mais qu'on m'envie pour ce qui me reste de son honneur et de sa mémoire, et pour ma descendance après moi." Et quand on lui disait : "Qu'est-ce donc ?" il répondait : "Cela sera révélé, même après un certain temps."
**٥١ -** Nous a rapporté ‘Abdullah ibn Muhammad ibn Ja‘far : nous a rapporté Muhammad ibn Ahmad ibn Abī Yaḥyā : nous a rapporté Sa‘īd ibn ‘Uthmān : nous a rapporté ‘Alī ibn Qutayba al-Khurāsānī, qui a dit : nous a rapporté Khālid ibn Ilyās, d’après Abū Bakr ibn ‘Abdillāh ibn Abī l-Jahm, d’après son père, d’après son grand-père, qui a dit : J’ai entendu Abū Ṭālib rapporter d’après ‘Abd al-Muṭṭalib, qui a dit : « Alors que je dormais dans le Ḥijr (espace semi-circulaire attenant à la Ka‘ba), je vis un rêve qui m’effraya et je fus saisi d’une très vive frayeur. Je me rendis alors chez la devineresse (kāhina) de Quraysh, vêtu d’un manteau (muṭraf) de soie (khazz), ma chevelure (jummah) battant mes épaules. Lorsqu’elle me regarda, elle reconnut sur mon visage le changement (d’état), et j’étais alors le chef (sayyid) de mon peuple. Elle dit : “Qu’a donc notre maître (sayyid) à venir à nous le teint changé ? As-tu vu quelque chose des événements (ḥidthān) du temps ?” Je répondis : “Oui.” — Or, personne parmi les gens ne lui parlait sans d’abord baiser sa main droite, puis poser sa main sur le sommet de sa tête (umm ra’sihā) pour exposer son besoin ; mais je ne le fis pas, car j’étais le grand de mon peuple. — Je m’assis donc et dis : “Cette nuit, alors que je dormais dans le Ḥijr, j’ai vu comme un arbre qui avait poussé, dont la tête atteignait le ciel, et dont les branches s’étendaient vers l’Orient et l’Occident. Je n’ai jamais vu de lumière plus éclatante que la sienne, plus grande que la lumière du soleil soixante-dix fois. Et j’ai vu les Arabes et les non-Arabes (‘ajam) prosternés devant lui, et il ne cessait de croître en grandeur, en lumière et en élévation, à chaque instant où il resplendissait. J’ai vu aussi un groupe (rahṭ) de Quraysh s’accrocher à ses branches, et j’ai vu des gens de Quraysh vouloir le couper ; mais lorsqu’ils s’approchaient de lui, un jeune homme — je n’ai jamais vu de visage plus beau que le sien, ni d’odeur plus agréable — les repoussait, brisait leurs côtes et arrachait leurs yeux. Alors je levai mes mains pour en prendre une part (naṣīb), mais le jeune homme m’en empêcha. Je dis : ‘À qui revient la part ?’ Il répondit : ‘La part revient à ceux qui se sont accrochés à lui et t’ont devancé vers lui.’ Je me réveillai alors terrifié et effrayé.” Je vis le visage de la devineresse (kāhina) changer, puis elle dit : “Si ton rêve est vrai, il sortira de tes reins (ṣulb) un homme qui dominera l’Orient et l’Occident, et les gens se soumettront à lui (yadīnu lahu).” Puis il (le narrateur) dit à Abū Ṭālib : “Peut-être seras-tu cet enfant (mawlūd) ?” Abū Ṭālib rapportait ce récit (ḥadīth) alors que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était déjà sorti (c’est-à-dire avait reçu la prophétie), et il disait : “L’arbre — et Allah sait mieux — était Abū l-Qāsim al-Amīn (le Digne de confiance).” On lui disait : “Ne crois-tu donc pas en lui ?” Il répondait : “(Par crainte de) la honte (as-subba) et l’opprobre (al-‘ār).” **٥٢ -** Nous a rapporté ‘Umar ibn Muhammad ibn Ja‘far, qui a dit : nous a rapporté Ibrāhīm ibn al-Sindī, qui a dit : nous a rapporté al-Naḍr ibn Salama, qui a dit : nous a rapporté Muhammad ibn Mūsā Abū Ghaziyya, d’après ‘Alī ibn ‘Īsā ibn Ja‘far, d’après son père, d’après ‘Abdillāh ibn ‘Āmir ibn Rabī‘a, d’après son père, ‘Āmir ibn Rabī‘a al-‘Adawī, qui a dit : J’ai rencontré Zayd ibn ‘Amr ibn Nufayl alors qu’il sortait de La Mecque, se dirigeant vers Ḥirā’ pour y prier. Or, il y avait eu entre lui et son peuple, au début de la journée, une mésentente à cause de ce qu’il avait manifesté comme opposition à eux et comme rejet de leurs divinités (āliha) et de ce que leurs pères adoraient. Zayd ibn ‘Amr dit : “Ô ‘Āmir, je me suis opposé à mon peuple et j’ai suivi la religion (milla) d’Ibrāhīm, l’ami intime (khalīl) d’Allah, et ce qu’adorait après lui son fils Ismā‘īl (que la paix soit sur eux), et vers quoi ils priaient, vers cette direction de prière (qibla). J’attends un prophète issu de la descendance d’Ismā‘īl, des Banū ‘Abd al-Muṭṭalib, dont le nom est Aḥmad. Mais je ne pense pas que je l’atteindrai. Moi, ô ‘Āmir, je crois en lui, je le confirme et j’atteste qu’il est un prophète. Si le temps se prolonge pour toi et que tu le vois, transmets-lui de ma part le salut (salām). Et je vais t’informer, ô ‘Āmir, de sa description (na‘t), afin qu’il ne te soit pas caché.” Je dis : “Vas-y.” Il dit : “C’est un homme ni petit ni grand, ni très chevelu ni peu chevelu ; une rougeur ne quitte pas ses yeux ; le sceau de la prophétie (khātam an-nubuwwa) est entre ses omoplates ; son nom est Aḥmad ; cette ville (al-balad) est son lieu de naissance et celui de son envoi (mab‘ath), jusqu’à ce que son peuple l’en fasse sortir et qu’ils détestent ce avec quoi il est venu, jusqu’à ce qu’il émigre (yuhājir) vers Yathrib ; alors son affaire triomphera. Prends garde de ne pas être trompé à son sujet ! Car j’ai parcouru toutes les contrées (bilād) cherchant la religion d’Ibrāhīm le khalīl (que la paix soit sur lui), et tous ceux que j’interrogeais parmi les Juifs, les Chrétiens et les Mages (majūs) disaient : ‘Cette religion est derrière toi’, et ils le décrivaient comme je te l’ai décrit, et ils disaient : ‘Il ne reste aucun prophète autre que lui.’” ‘Āmir dit : “Dès ce jour, l’Islam (al-islām) tomba dans mon cœur. Lorsque le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) se leva comme prophète (tanabba’a), j’étais un homme allié (ḥalīf) au sein de mon peuple, et mon peuple était le moins nombreux des Quraysh ; je ne pus donc le suivre ouvertement (ẓāhir). J’embrassai donc l’Islam en secret (sirran). J’avais informé le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) de ce que Zayd ibn ‘Amr ibn Nufayl m’avait dit. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) implora la miséricorde sur lui (tarāḥḥama ‘alayhi) et dit : “Je l’ai vu au Paradis (al-janna) traînant derrière lui un pan (dhayl) — ou des pans (dhuyūl) — (de son vêtement).” **٥٣ -** D’après Muhammad ibn Isḥāq, d’après certains gens de science (ahl al-‘ilm), que Héraclius (Hiraql) dit à Diḥya al-Kalbī, lorsqu’il vint à lui avec la lettre du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Malheur à toi (wayḥaka) ! Par Allah, je sais que ton compagnon est un prophète envoyé (nabiyy mursal), et que c’est celui que nous attendions, que nous trouvons dans nos Livres. Mais je crains pour moi-même les Romains (ar-Rūm). Sans cela, je l’aurais suivi. Va donc chez le patriarche (usquf) Ḍaghāṭir et mentionne-lui son affaire. Car, par Allah, il est plus grand que moi chez les Romains et sa parole a plus de poids auprès d’eux, afin que je voie ce qu’il dira. » Il dit : Diḥya al-Kalbī vint donc à lui et l’informa de ce qu’il avait apporté de la part du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) à Héraclius, et de ce à quoi il appelait. Il dit : Alors Ḍaghāṭir dit : « Par Allah, ton compagnon est un prophète envoyé que nous reconnaissons par sa description (ṣifa), et nous le trouvons dans nos Livres par son nom. » Il dit : Puis il entra, jeta les vêtements noirs qu’il portait, revêtit des vêtements blancs, prit son bâton, et sortit vers les Romains alors qu’ils étaient dans l’église (kanīsa). Il dit : « Ô assemblée des Romains ! Il nous est parvenu une lettre d’Aḥmad qui nous appelle en elle vers Allah. Et j’atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allah (lā ilāha illā Llāh) et qu’Aḥmad est Son serviteur et Son Messager. » Il dit : Ils se ruèrent sur lui d’un seul élan (wathba), le frappèrent jusqu’à le tuer. Lorsque Diḥya revint vers Héraclius et l’eut informé de la nouvelle, il dit : « Je t’avais dit que nous les craignions pour nous-mêmes. Par Allah, Ḍaghāṭir était plus grand qu’eux à leurs yeux et sa parole avait plus de poids que la mienne. »
54 - Notre père nous a rapporté : 'Abd Allah ibn Muhammad ibn Sulaym nous a rapporté à 'Abbadan, 'Ali ibn Dawud al-Qantari nous a rapporté, disant : 'Abd al-Rahman ibn Muhammad al-Rassi nous a rapporté, d'après Malik, d'après Nafi', d'après Ibn 'Umar, que 'Umar ibn al-Khattab envoya dire à Sa'd : « Envoie Nadla ibn Mu'awiya al-Ansari à Hulwan d'Irak pour attaquer ses environs et les conquérir. » Il dit : Sa'd envoya donc Nadla avec quatre cents cavaliers. Ils arrivèrent à Hulwan d'Irak, attaquèrent ses environs et les conquirent, obtenant butin et captifs. C'était l'heure de midi. Nadla rassembla le butin et les captifs au pied de la montagne, puis se leva et fit l'appel à la prière 81 en disant : « Allahu akbar, Allahu akbar. » Il entendit une réponse de la montagne : « Tu as magnifié le Magnifique, ô Nadla. » Quand il dit : « Ashhadu an la ilaha illa Allah », voilà qu'une voix lui répondit : « C'est ainsi qu'en ont témoigné les habitants des cieux et de la terre. » Quand il dit : « Ashhadu anna Muhammadan rasulu Allah », voilà qu'une voix lui répondit : « Un Prophète a été envoyé, et nul prophète après lui. » Quand il dit : « Hayya 'ala al-salat », elle dit : « Bienheureux celui qui marche vers elle et l'accomplit assidûment. » Quand il dit : « Hayya 'ala al-falah », elle dit : « A réussi celui qui a répondu à Muhammad, et c'est la pérennité pour sa communauté. » Quand il eut terminé son appel à la prière, nous nous levâmes et dîmes : « Qui es-tu, que Dieu te fasse miséricorde ? » Il dit : « Je suis le délégué de Dieu, le délégué de Son Prophète et le délégué de 'Umar ibn al-Khattab. » Alors s'ouvrit [la montagne] devant un vieillard vêtu de deux habits de laine, sa tête comme une meule. Nous dîmes : « Qui es-tu, que Dieu te fasse miséricorde ? » Il dit : « Je suis Zurayb ibn Barthamala, l'exécuteur testamentaire de Jésus fils de Marie. Il m'a installé dans cette montagne et a prié pour que j'aie une longue vie jusqu'au moment de sa descente du ciel. Il descendra, brisera la croix, tuera le porc, et se désavouera de ce que professent les chrétiens. Puisque la rencontre de Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue) m'a échappé, transmettez de ma part le salut à 'Umar ibn al-Khattab et dites : « Ô 'Umar, sois droit et modéré, car l'Heure approche. » Informez-le de ces signes : quand ils apparaîtront dans la communauté de Muhammad, alors fuyez, fuyez : quand les hommes se suffiront des hommes, et les femmes des femmes ; quand ils se réclameront d'autres parentés que les leurs ; quand ils se rattacheront à d'autres maîtres que les leurs ; quand leurs grands n'auront pas pitié de leurs petits, et leurs petits ne respecteront pas leurs grands ; quand on abandonnera le commandement du bien sans le prescrire, et qu'on abandonnera le blâmable sans l'interdire ; quand les savants apprendront la science pour attirer à eux le dirham et le dinar ; quand la pluie sera une chaleur torride, et l'enfant une source de colère ; quand ils élèveront les minarets, argenteront les exemplaires du Coran 82, orneront les mosquées, élèveront les constructions, vendront la religion pour le monde, rompront les liens de parenté, vendront les jugements, et que l'homme sortira de sa maison et que quelqu'un de meilleur que lui se lèvera pour le saluer, et que les femmes monteront en selle ; alors, à ce moment-là, l'Heure se lèvera. » Il dit : « Puis il disparut de notre vue. » Sa'd écrivit à 'Umar ce que Dieu lui avait accordé comme butin et l'histoire de Nadla. 'Umar écrivit à Sa'd : « Que Dieu soit ton père ! Pars, toi et ceux qui sont avec toi parmi les émigrés 83 et les auxiliaires 84, car le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) nous a raconté qu'un homme parmi les compagnons de Jésus est descendu dans cette montagne. » Sa'd partit donc avec quatre mille émigrés et auxiliaires, proclamant l'appel à la prière pendant quarante jours, mais il n'y eut pas de réponse.
- Ka‘b : Ka‘b al-Ahbar, savant juif yéménite converti à l’islam, célèbre pour ses récits israélites.
- Ésaïe : Prophète biblique, en arabe ‘Ish‘iyā’ ou ‘Ash‘iyā’.
- invisible : Al-ghayb : ce qui est caché, inconnaissable par les sens, la science de l’invisible.
- illettré : Al-ummī : celui qui ne sait ni lire ni écrire, qualificatif du Prophète Muhammad.
- Wahb ibn Munabbih : Savant yéménite d’origine juive converti à l’islam, connu pour ses récits sur les prophètes.
- Yathrib : Ancien nom de Médine, ville de l’émigration du Prophète.
- Ahmad : Un des noms du Prophète Muhammad, signifiant « le plus loué ».
- communauté du juste milieu : Ummatan wasaṭan : expression coranique (2:143) désignant la communauté musulmane comme équilibrée et témoin.
- mab'ath : Envoi ou mission prophétique, désignant le début de la révélation et de la prédication de Muhammad.
- burda : Manteau ou étoffe rayée du Yémen, souvent porté comme vêtement de dessus.
- Yusha' : Nom du voisin juif, probablement Josué (Yusha' ibn Nun), mais ici un personnage contemporain de Salama.
- Mukhayriq : Savant juif de Médine qui embrassa l'islam et fut tué à la bataille de Uhud.
- aumônes : Référence aux biens de charité (sadaqat) du Prophète, provenant des propriétés de Mukhayriq.
- Banu Qurayza : Tribu juive de Médine, alliée des Aws.
- émigration : Hégire (hijra), migration du Prophète de La Mecque à Médine.
- Banu 'Abd al-Ashhal : Clan arabe de Médine, de la tribu des Aws.
- Yusha' : Nom d'un Juif de Médine, peut-être Josué.
- Ahmad : Un des noms du Prophète Muhammad, signifiant 'le plus loué'.
- Haram : Sanctuaire de La Mecque, zone sacrée.
- shammala : Manteau ou vêtement en laine porté par les Bédouins.
- Banu Khudra : Clan de Médine, de la tribu des Khazraj.
- Yathrib : Ancien nom de Médine avant l'islam.
- az-Zubayr ibn Bata : Chef juif de la tribu des Banu Qurayza.
- étoile rouge : Signe astrologique annonçant la venue d'un prophète selon les traditions juives.
- Abu 'Amir : Moine arabe de Médine, opposant au Prophète, surnommé 'le moine'.
- Aws et Khazraj : Les deux principales tribus arabes de Médine.
- hanif : Monothéiste pur, suivant la religion d'Abraham avant l'islam.
- Ka'b al-Ahbar : Savant juif yéménite converti à l'islam, célèbre pour ses récits israélites (isra'iliyyat).
- ummi : Illettré, ou qui n'a pas reçu d'enseignement scripturaire ; peut aussi désigner les non-juifs ou non-chrétiens.
- Sham : Région du Levant, comprenant la Syrie, le Liban, la Palestine et la Jordanie actuels.
- al-Muqawqis : Titre du gouverneur byzantin d'Égypte à l'époque, identifié comme Cyrus d'Alexandrie.
- aumône légale : Zakāt, aumône obligatoire prescrite par l'islam.
- mithqāl : Unité de poids utilisée pour les métaux précieux, équivalant à environ 4,25 grammes.
- l'Honnête : Al-Amīn, surnom donné à Muhammad avant la prophétie pour sa fiabilité.
- Yathrib : Ancien nom de Médine.
- illettré : Al-Ummī, qualificatif du Prophète Muhammad signifiant qu'il ne savait ni lire ni écrire.
- Ahmad : Autre nom du Prophète Muhammad, mentionné dans l'Évangile selon Jean (Paraclet).
- terre du Qaraz : Région près de La Mecque où pousse l'acacia, utilisé pour le tannage.
- sanctuaire : Al-Ḥaram, le territoire sacré de La Mecque.
- pagne : Izār, vêtement couvrant la partie inférieure du corps.
- purificatrice : La terre est considérée comme pure pour les ablutions sèches (tayammum).
- ablutions sèches : Tayammum, purification rituelle avec de la terre propre en l'absence d'eau.
- deux communautés scripturaires : Les Juifs et les Chrétiens, possesseurs de Livres révélés.
- Baḥr al-Basīṭ : Mètre poétique de la prosodie arabe, caractérisé par un rythme simple et régulier.
- bīʿa : Lieu de culte chrétien, église ou monastère.
- ṭahūr : Eau utilisée pour les ablutions rituelles, considérée comme purificatrice.
- idāwa : Outre ou récipient en cuir pour transporter de l'eau.
- rāhib : Moine chrétien, ascète vivant dans un ermitage ou un monastère.
- adhān : Appel à la prière musulmane, proclamant la grandeur de Dieu et la mission de Muhammad.
- talʿa : Colline ou terrain élevé, souvent utilisé comme point de repère.
- ḥilm : Clémence, indulgence, maîtrise de soi face à la provocation.
- jahl : Ignorance, comportement impétueux ou irréfléchi.
- ḥujurāt : Appartements des épouses du Prophète, situés autour de la mosquée de Médine.
- himyān : Bourse ou ceinture où l'on gardait l'argent.
- mithqāl : Unité de poids pour l'or, équivalant à environ 4,25 grammes.
- Anṣār : Les 'Auxiliaires', habitants de Médine convertis à l'islam qui accueillirent le Prophète et les émigrés mecquois.
- ridāʾ : Manteau ou vêtement de dessus porté par-dessus la chemise.
- muṭl : Personne qui retarde le paiement d'une dette sans raison valable.
- ṣāʿ : Mesure de capacité pour les grains, équivalant à environ 2,5 à 3 kg selon les écoles.
- ḥabr : Rabbin ou savant juif, spécialiste des Écritures.
- ṣadaqa : Aumône volontaire, acte de charité en dehors de l'aumône obligatoire (zakāt).
- Tabūk : Expédition militaire menée par le Prophète en l'an 9 de l'Hégire (630-631) contre les Byzantins, sans combat effectif.
- Ibn Jafna : Un roi ghassanide, vassal des Byzantins, régnant sur la région du Levant.
- ghadir : Étang ou mare, souvent formé par une source ou une pluie.
- dayrani : Moine chrétien vivant dans un ermitage (dayr).
- qā'im : Ermitage ou cellule de moine, lieu de retraite spirituelle.
- Mudar : Une des grandes tribus arabes du nord, ancêtre des Quraysh.
- Khindif : Sous-tribu de Mudar, dont descendent les Quraysh.
- عَبِير : Mélange de parfums, souvent à base de musc et d'ambre.
- مَقَاوِل : Pluriel de maqwal : chefs de tribus ou rois subordonnés au Yémen antique.
- أَبَيْتَ اللَّعْنَ : Formule de respect adressée aux rois, signifiant 'que tu refuses la malédiction' ou 'que tu sois préservé de la malédiction'.
- الْكِتَابِ الْمَكْنُونِ : Le Livre préservé, référence au destin inscrit ou à la Tablette préservée (al-Lawḥ al-Maḥfūẓ).
- تِهَامَة : Région côtière de l'Arabie, incluant La Mecque.
- الْإِمَامَة : La fonction de guide suprême, ici la prophétie et la direction spirituelle et temporelle.
- عَنْ عَرْضٍ : Expression signifiant 'de côté', peut-être allusion à la conquête rapide ou à la dispersion des ennemis.
- يُخْمِدُ النِّيرَانَ : Éteindre les feux, référence aux feux des zoroastriens ou aux feux de l'idolâtrie.
- الْبَيْتِ ذِي الْحُجُبِ : La Maison aux voiles, désignant la Kaaba avec ses tentures.
- النُّصُب : Pierres dressées ou autels sacrificiels, parfois associés aux pratiques païennes.
- يَثْرِب : Ancien nom de Médine.
- رَطْل : Unité de poids variable, environ 400 à 500 grammes.
- adhān : Appel à la prière musulmane, prononcé en arabe.
- maṣāḥif : Pluriel de muṣḥaf, exemplaire du Coran.
- muhājirūn : Émigrés de La Mecque à Médine avec le Prophète.
- anṣār : Auxiliaires médinois ayant accueilli le Prophète et les émigrés.
Chapitre sept : Mention de ce qui a été entendu des djinns, des cavités des idoles et des…
Chapitre sept : Mention de ce qui a été entendu des djinns, des cavités des idoles et des devins, annonçant sa prophétie, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui.
Le septième chapitre : Mention de ce qui a été entendu des djinns, des cavités des idoles et des devins, annonçant sa prophétie, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. 56 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté, disant : Muḥammad ibn ‘Abd Allāh al-Ḥaḍramī et Aḥmad ibn Bashīr al-Ṭayālisī nous ont rapporté, disant : ‘Abd al-Jabbār ibn ‘Āṣim nous a rapporté, disant : Abū al-Malīḥ al-Raqqī nous a rapporté, d’après ‘Abd Allāh ibn Muḥammad ibn ‘Aqīl, d’après Jābir ibn ‘Abd Allāh, que la première nouvelle à Médine de l’envoi du Prophète, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, fut qu’une femme de Médine avait un compagnon 1 parmi les djinns. Il vint sous la forme d’un oiseau blanc et se posa sur un mur leur appartenant. Elle lui dit : « Ne descendras-tu pas vers nous pour nous parler et que nous te parlions, nous informer et que nous t’informions ? » Il lui dit : « Un prophète a été envoyé à La Mecque, qui a interdit la fornication et nous a empêchés de demeurer 2. » 57 - ‘Abd Allāh ibn Muḥammad ibn Ja‘far nous a rapporté, disant : Ibrāhīm ibn Muḥammad ibn al-Ḥasan nous a rapporté, disant : Abū Riḍwān nous a rapporté, disant : Ash‘ath ibn Shu‘ba nous a rapporté, d’après Arṭāh ibn al-Mundhir, qui a dit : J’ai entendu Ḍamra dire : « Il y avait à Médine une femme que fréquentait un jinn 3 qui parlait et dont on entendait la voix. Il disparut et resta absent un certain temps sans venir à elle ni la visiter. Plus tard, alors qu’il apparaissait par une lucarne, elle le regarda et dit : ‘Ô fils de Lūdhān 4 ! Tu n’avais pas l’habitude d’apparaître par la lucarne. Qu’as-tu ?’ Il dit : ‘Un prophète est sorti à La Mecque, et j’ai entendu ce qu’il a apporté. Il interdit la fornication. Sur toi la paix.’ » 58 - Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Ḥasan ibn al-Jahm nous a informés, disant : al-Ḥusayn ibn al-Faraj nous a rapporté, disant : Muḥammad ibn ‘Umar al-Wāqidī nous a rapporté, disant : Muḥammad ibn Ṣāliḥ m’a rapporté, d’après ‘Āṣim ibn ‘Umar ibn Qatāda, qui a dit : ‘Uthmān ibn ‘Affān a dit : « Nous partîmes en caravane vers la Syrie avant que le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, ne soit envoyé. Lorsque nous fûmes aux bouches de la Syrie 5, où se trouvait une devineresse, nous nous présentâmes à elle. Elle dit : ‘Mon compagnon 6 est venu à moi et s’est arrêté à ma porte. Je dis : “N’entres-tu pas ?” Il dit : “Il n’y a pas moyen de cela. Aḥmad est sorti et une affaire insupportable est arrivée.” Puis je suis partie.’ Je retournai à La Mecque et trouvai le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, qui était sorti à La Mecque appelant à Allah, le Puissant et Majestueux. » 59 - ‘Umar ibn Muḥammad ibn Ja‘far nous a rapporté, disant : Ibrāhīm ibn al-Sindī nous a rapporté, disant : al-Naḍr ibn Salama nous a rapporté, disant : Yūnus ibn Yaḥyā ibn Nubāta nous a rapporté, d’après Ibn Abī Dhi’b, d’après Muslim ibn Jundub, d’après al-Naḍr ibn Sufyān al-Hudhalī, d’après son père, qui a dit : « Nous partîmes en caravane vers la Syrie. Lorsque nous fûmes entre al-Zarqā’ et Ma‘ān 7, nous fîmes halte pour la nuit. Soudain, un cavalier dit, entre ciel et terre : ‘Ô dormeurs, réveillez-vous ! Ce n’est pas l’heure de dormir. Aḥmad est sorti, et les djinns ont été chassés de toute chasse 8.’ Nous fûmes effrayés, nous qui étions une troupe de jeunes hommes 9 ; tous avaient entendu cela. Nous retournâmes vers nos familles, et voilà qu’elles mentionnaient une dissension à La Mecque entre Quraysh et un prophète sorti parmi eux, des Banū ‘Abd al-Muṭṭalib, nommé Aḥmad. » 60 - Abū Muḥammad ibn Ḥayyān nous a rapporté, disant : ‘Abd Allāh ibn Muḥammad ibn ‘Īsā et Abū ‘Umar ibn Ḥakīm nous ont rapporté, disant : ‘Alī ibn Muḥammad al-Thaqafī nous a rapporté, disant : Minjāb nous a rapporté, disant : Abū ‘Āmir al-Asadī nous a rapporté, d’après Ibn Kharrbūdh, d’après Mūsā ibn ‘Abd al-Malik ibn ‘Umayr, d’après son père, d’après Ibn ‘Abbās, qui a dit : « Un hâtif 10 parmi les djinns cria sur Abū Qubays 11 à La Mecque, disant : [Mètre al-khafīf] Que Dieu enlaidisse l’avis de Ka‘b ibn Fihr 12 ! Comme les esprits et les rêves sont légers ! Leur religion est qu’on y blâme La religion de leurs pères, les nobles protecteurs. Il s’est allié aux djinns, quand on décrète contre vous, Et aux hommes des palmiers et des tours 13. Y a-t-il parmi vous un généreux à l’âme libre, Noble de parents et d’oncles ? Les chevaux, si tu les vois s’avancer, Tueront bientôt le peuple au pays du Tihāmah 14. Frappant d’un coup qui sera un châtiment Et un soulagement d’angoisse et d’affliction. Ibn ‘Abbās dit : « Cette parole se répandit à La Mecque, et les associateurs se la récitaient entre eux. Ils voulurent s’en prendre aux croyants. Le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, dit : ‘C’est un démon qui parle aux gens à propos des idoles, appelé Mis‘ar 15 ; Allah l’humiliera.’ » Il dit : « Ils restèrent trois jours, puis un hâtif sur la montagne dit : [Mètre al-rajaz] Nous avons tué Mis‘ar, Quand il a transgressé et s’est montré orgueilleux, A traité la vérité de légère et a institué le blâmable. Je l’ai frappé d’une épée tranchante et décisive, Pour son injure envers notre Prophète purifié. Le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, dit : ‘C’est un ‘ifrīt 16 parmi les djinns, appelé Samḥaj 17 ; je l’ai nommé ‘Abd Allāh. Il a cru en moi et m’a informé qu’il était à sa recherche depuis des jours.’ Alors ‘Alī ibn Abī Ṭālib dit : ‘Qu’Allah le récompense en bien, ô Messager d’Allah.’ » 61 - Abū Aḥmad ibn Muḥammad ibn Aḥmad nous a rapporté, disant : Isḥāq ibn ‘Abd Allāh ibn Salama al-Kūfī nous a rapporté, disant : Aḥmad ibn Dāwūd al-Uyulī nous a rapporté, disant : Abū ‘Umar al-Lakhmī nous a rapporté, disant : Muḥammad ibn Isḥāq nous a rapporté, d’après Sa‘īd ibn Abī Sa‘īd al-Maqburī, d’après Abū Hurayra, qui a dit : Khuraym ibn Fātik dit à ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb : « Ne t’informé-je pas du début de mon islam ? Alors que je cherchais des bêtes à moi, la nuit tomba sur moi à Abraq al-‘Izāf 18. Je criai de toute ma voix : ‘Je cherche refuge auprès du puissant de cette vallée contre ses insensés.’ Et voilà qu’un hâtif m’appela, disant : [Mètre al-rajaz] Cherche refuge, ô jeune homme, auprès d’Allah, le Possesseur de la majesté, De la gloire, des bienfaits et des faveurs. Et récite des versets d’al-Anfāl 19, Et unifie Allah, et ne crains rien. Il dit : « Je fus saisi d’une grande frayeur. Quand je revins à moi, je dis : [Mètre al-rajaz] Ô toi qui appelles, que dis-tu ? As-tu une guidance ou une égarement ? Explique-nous, sois guidé, quel est ce cri ? Il dit : Voici le Messager d’Allah, possesseur des biens, Il appelle aux biens et au salut, Il ordonne le jeûne et la prière, Et retient les gens des fautes. Il dit : « Je suivis ma monture et dis : Guide-moi d’une guidance par laquelle je sois guidé, Que tu ne connaisses pas la faim, ô toi, ni la nudité, Et que tu n’accompagnes pas un compagnon détesté, Que le bien ne demeure pas si tu demeures. Il dit : « Il me suivit, disant : Qu’Allah t’accompagne et préserve ton âme, Et fasse parvenir ta famille et préserve ta monture. Crois en Lui, tu réussiras, par mon Seigneur, ton droit, Et secours un prophète, que mon Seigneur rende ta victoire puissante. Il dit : « J’entrai à Médine et me rendis à la mosquée. Abū Bakr sortit vers moi et dit : ‘Entre, qu’Allah te fasse miséricorde ! Ton islam nous est parvenu.’ Je dis : ‘Je ne sais pas bien faire les ablutions.’ On m’apprit, et j’entrai dans la mosquée. Voilà que le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, était sur le minbar, semblable à la pleine lune, disant : ‘Il n’est pas de musulman qui fait ses ablutions, les fait bien, puis prie une prière qu’il comprend et retient, sans entrer au Paradis.’ ‘Umar dit : ‘Tu dois m’apporter une preuve de cela, sinon je te punirai sévèrement.’ Il dit : « Un vieillard de Quraysh, ‘Uthmān ibn ‘Affān, témoigna en sa faveur, et il accepta son témoignage. »
**62 -** Abū Ja‘far Muḥammad ibn Aḥmad ibn Aḥmad al-Muqri’ nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn Ayyūb al-Qirabī nous a rapporté, et Abū ‘Amr ibn Ḥamdān nous a rapporté, disant : al-Ḥasan ibn Sufyān nous a rapporté, disant : Bashīr ibn Ḥujr as-Sāmī nous a rapporté, disant : Ibn Manṣūr al-Anbārī nous a rapporté, d’après ‘Uthmān ibn ‘Abd ar-Raḥmān al-Waqqāṣī, d’après Muḥammad ibn Ka‘b al-Quraẓī, qui a dit : Alors que ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb (que Dieu l’agrée) était assis dans la mosquée, un homme passa au fond de la mosquée. Un homme dit : « Ô Commandeur des croyants, connais-tu cet homme qui passe ? » Il dit : « Non. Qui est-ce donc ? » Il dit : « C’est Sawād ibn Qārib, un homme du Yémen, qui y détient honneur et rang. C’est lui que son *ra’ī* (son familier, son esprit inspirateur) vint trouver pour l’informer de l’avènement du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). » ‘Umar dit : « Qu’on me l’amène ! » On l’appela donc. ‘Umar dit : « Es-tu Sawād ibn Qārib ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Est-ce toi que ton *ra’ī* vint trouver pour t’informer de l’avènement du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Es-tu donc toujours attaché à ce que tu pratiquais de ta *kihāna* (divination, art du devin) ? » Il se fâcha alors d’une très grande colère et dit : « Ô Commandeur des croyants, nul ne m’a accueilli avec cela depuis que j’ai embrassé l’Islam ! » ‘Umar dit alors : « Gloire à Dieu (Subḥāna Llāh) ! Par Dieu, ce dans quoi nous étions de l’associationnisme (širk) n’était pas plus grave que ce dans quoi tu étais de ta *kihāna* ! Informe-moi donc de la venue de ton *ra’ī* t’annonçant l’avènement du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). » Il dit : « Oui, ô Commandeur des croyants. Une nuit, alors que j’étais entre sommeil et veille, voilà que mon *ra’ī* vint à moi, me frappa du pied et dit : “Lève-toi, ô Sawād ibn Qārib, comprends et raisonne, si tu es de ceux qui raisonnent ! Un Messager a été envoyé, issu de Lu’ayy ibn Ghālib, appelant à Dieu et à Son adoration.” Puis il se mit à dire (en poésie, mètre *sarī‘*) : “Je m’étonne des djinns et de leur espionnage, Et de leur hâte des chamelles sellées, Fonçant vers la Mecque, cherchant la guidée, Mais le meilleur des djinns n’est point comme leurs impurs. Pars donc vers l’élu de Hāshim, Et dirige tes deux yeux vers sa tête.” Je ne prêtai aucune attention à ses paroles et dis : “Laisse-moi dormir, car je me sens somnolent.” Lorsque vint la deuxième nuit, il vint à moi, me frappa du pied et dit : “Ne t’ai-je pas dit, ô Sawād ibn Qārib : Lève-toi, comprends et raisonne, si tu es de ceux qui raisonnent ! Un Messager a été envoyé, issu de Lu’ayy ibn Ghālib, appelant à Dieu et à Son adoration.” Puis le djinn se mit à dire (en poésie) : “Je m’étonne des djinns et de leur quête, Et de leur hâte des chamelles bâtées, Fonçant vers la Mecque, cherchant la guidée, Mais le véridique des djinns n’est point comme leur menteur. Pars donc vers l’élu de Hāshim, Le devant n’est point comme les derrières.” Il dit : « Je ne prêtai aucune attention à ses paroles. Lorsque vint la troisième nuit, il vint à moi, me frappa du pied et dit : “Ne t’ai-je pas dit, ô Sawād ibn Qārib : Comprends et raisonne, si tu es de ceux qui raisonnent ! Un Messager a été envoyé, issu de Lu’ayy ibn Ghālib, appelant à Dieu et à Son adoration.” Puis le djinn se mit à dire (en poésie) : “Je m’étonne des djinns et de leurs nouvelles, Et de leur hâte des chamelles sur leurs selles, Fonçant vers la Mecque, cherchant la guidée, Mais les croyants des djinns ne sont point comme leurs mécréants. Pars donc vers l’élu de Hāshim, Entre ses collines et ses pierres.” L’amour de l’Islam tomba dans mon cœur et je le désirai ardemment. Au matin, je sellai ma monture et partis en direction de la Mecque. Alors que j’étais en chemin, on m’informa que le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) avait émigré à Médine. Je vins donc à Médine et m’enquis du Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). On me dit qu’il était dans la mosquée. J’arrivai à la mosquée, entravai ma chamelle, et voici que le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) se trouvait là, les gens autour de lui. Je dis : “Écoute ma parole, ô Messager de Dieu !” Abū Bakr dit alors : “Approche-le, approche-le !” Il ne cessa de me faire approcher jusqu’à ce que je fusse devant lui. Il dit : “Expose [ton récit] ! Informe-moi de la venue de ton *ra’ī*.” Je dis alors (en poésie, mètre *ṭawīl*) : “Mon *najiyy* (mon familier intime) vint à moi après le silence de la nuit et un somme, Et je n’étais point, dans ce que j’ai éprouvé, menteur, Trois nuits, sa parole chaque nuit : ‘Un Messager t’est venu, issu de Lu’ayy ibn Ghālib.’ Je retroussai donc le bas de mon pagne, et la chamelle rapide aux pieds légers me porta au milieu des déserts. J’atteste qu’il n’est de dieu que Dieu, Et que tu es le dépositaire de tout mystère, Et que tu es, parmi les envoyés, le plus proche par l’intercession Auprès de Dieu, ô fils des plus nobles et des plus purs ! Ordonne-nous donc ce qui te vient, ô le meilleur de ceux qui marchent, Même si ce qui vient comporte des cheveux blanchis. Et sois pour moi un intercesseur, au jour où nul intercesseur, Sinon toi, ne pourra rien pour Sawād ibn Qārib.” Il dit : « Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) et ses Compagnons se réjouirent grandement de mon entrée dans l’Islam, au point que la joie se vit sur leurs visages. » Il dit : « ‘Umar bondit alors vers lui, l’étreignit et dit : “J’aurais aimé entendre cela de ta propre bouche.” » **63 -** ‘Abd Allāh ibn Ja‘far nous a rapporté, disant : ‘Abd ar-Raḥmān ibn al-Ḥasan nous a rapporté, disant : ‘Alī ibn Ḥarb nous a rapporté, disant : Abū l-Mundhir Hishām ibn Muḥammad ibn as-Sā’ib nous a rapporté, d’après son père, d’après ‘Abd Allāh al-Mu‘āfā, qui a dit : Il y avait parmi nous un homme appelé Māzin ibn al-Ghaḍūb, qui servait une idole dans un village appelé Samāyā, en ‘Umān. Les Banū ṣ-Ṣāmit, les Banū Khuṭāma et Mahra, qui étaient les frères utérins de Māzin, issus de sa mère Zaynab bint ‘Abd Allāh ibn Rabī‘a ibn Ḥuwayṣ, l’un des Banū Nimrān, étaient avec lui. Māzin dit : « Un jour, nous immolâmes une *‘atīra* (offrande sacrificielle) auprès de l’idole – c’est la bête égorgée – et j’entendis une voix venant de l’idole qui disait (en poésie, mètre *rajaz*) : “Ô Māzin, écoute, tu seras réjoui : Un bien est apparu, un mal s’est caché. Un Prophète a été envoyé, issu de Muḍar, Avec la religion de Dieu, la plus grande. Laisse donc cette idole taillée dans la pierre, Tu seras sauvé de la chaleur de Saqar (l’Enfer brûlant).” Il dit : « J’en fus terriblement effrayé. Puis, quelques jours après, nous immolâmes une autre *‘atīra*, et j’entendis une voix venant de l’idole qui disait : “Viens à moi, viens, Tu entendras ce qui ne peut être ignoré. Voici un Prophète envoyé, Il est venu avec une vérité révélée. Crois donc en lui, afin d’être préservé De la chaleur d’un feu allumé, Dont le combustible est les pierres.” Māzin dit : « Je dis alors : “Ceci est étonnant, et c’est un bien qui m’est destiné.” Un homme du Ḥijāz vint chez nous. Nous lui dîmes : “Quelle nouvelle y a-t-il derrière toi ?” Il dit : “Un homme appelé Aḥmad est apparu, qui dit à ceux qui viennent à lui : ‘Répondez à l’appelant de Dieu.’” Je dis : “Voici la nouvelle de ce que j’ai entendu.” Je me rendis alors à l’idole et la brisai en morceaux. Puis je montai ma monture et arrivai auprès du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). L’Islam me fut exposé et j’embrassai l’Islam. Je dis (en poésie, mètre *basīṭ*) : “J’ai brisé Bājir (nom de l’idole) en morceaux, alors qu’il était pour nous Un seigneur que nous servions, dans un égarement et des errements. Par le Hāshimite, Dieu nous a guidés hors de notre égarement, Et sa religion n’était point dans mon esprit. Ô voyageur, transmets à ‘Amr et à ses frères Que je suis pour quiconque dit ‘Mon seigneur est Bājir’ un contempteur.” Il entendait par ‘Amr et ses frères les Banū Khuṭāma. Je dis alors : “Ô Messager de Dieu, je suis un homme épris de divertissement, de femmes perdues et de consommation de vin. Les années de sécheresse se sont abattues sur nous, emportant les biens, amaigrissant les enfants et les familles, et je n’ai pas d’enfant. Invoque Dieu pour qu’Il éloigne de moi ce que je ressens, qu’Il nous envoie la pluie vivifiante et qu’Il m’accorde un enfant.” Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) dit alors : « Ô Dieu, remplace pour lui le divertissement par la récitation du Coran, l’illicite par le licite, le péché et la fornication par la chasteté, envoie-lui la pluie vivifiante et accorde-lui un enfant. » Il dit : « Dieu – Puissant et Majestueux – éloigna de moi ce que je ressentais, ‘Umān devint fertile, j’épousai quatre femmes libres, j’appris par cœur la moitié du Coran, et Dieu – Puissant et Majestueux – m’accorda Ḥayyān ibn Māzin. Et je me mis à dire (en poésie, mètre *ṭawīl*) : “Vers toi, ô Messager de Dieu, ma monture a trotté, Traversant les déserts de ‘Umān jusqu’à al-‘Arj, Pour que tu intercèdes pour moi, ô le meilleur de ceux qui foulent le sol, Afin que mon Seigneur me pardonne et que je revienne avec le succès, Vers un peuple dont j’ai, pour Dieu, rejeté la religion : Leur opinion n’est point mon opinion, ni leur voie ma voie.” »
J'étais un homme passionnément attaché à la fornication et au vin, durant ma jeunesse, jusqu'à ce que le corps annonçât la voie 20. Alors Il m'échangea le vin contre la crainte et la piété, et la fornication contre la chasteté, et Il préserva mon sexe. Mon souci devint le jihad 21 et mon intention (fut pour Lui) : à Allah mon jeûne, à Allah mon pèlerinage." 64 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté, disant : Muhammad ibn 'Uthman ibn Abi Shayba nous a rapporté, al-Minjad nous a rapporté, disant : Abu 'Amir al-Asadi nous a rapporté, d'après Ibn Kharrubudh al-Makki, d'après un homme de Khath'am, qui dit : "Les Arabes ne déclaraient pas illicite ce qui est licite, ni licite ce qui est illicite ; ils adoraient les idoles et les prenaient pour juges. Une nuit que nous étions assis auprès d'une idole, après l'avoir consultée pour trancher un différend entre nous, voilà qu'un héraut 22 s'écria, disant : (ar-rajaz) Ô gens, possesseurs de corps, qu'avez-vous à faire des esprits égarés, qui confient le jugement aux idoles ? Voici un Prophète, le maître des créatures, le plus équitable des juges ; il proclame la lumière et l'islam, et détourne les gens des péchés, ouvertement dans le territoire sacré." Il dit : "Nous fûmes effrayés et nous nous dispersâmes loin de lui ; ces vers devinrent un sujet de conversation, jusqu'à ce qu'il nous parvînt que le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) était apparu à La Mecque, puis était venu à Médine ; je vins donc et j'embrassai l'islam." 65 - 'Umar ibn Muhammad nous a rapporté, disant : Ibrahim ibn al-Sindi nous a rapporté, disant : al-Nadr ibn Salama nous a rapporté, disant : Muhammad ibn al-Hasan, Fulayh ibn Sulayman et Abu Sariyya nous ont rapporté, d'après Sa'd ibn 'Uthman ibn Sa'id al-Damri, d'après son père, qui dit : Khuwaylid al-Damri m'a rapporté, disant : "Nous étions assis auprès d'une idole, quand nous entendîmes du fond d'elle un crieur qui criait : L'écoute clandestine de la révélation a cessé, et l'on a lancé des météores 23 contre un Prophète à La Mecque nommé Ahmad ; son exil sera à Yathrib ; il ordonne la prière, le jeûne, la piété et le lien des liens de parenté. Nous nous levâmes de l'idole et nous nous informâmes ; on dit : Un Prophète est apparu à La Mecque nommé Ahmad." 66 - Abu Ahmad Muhammad ibn Ahmad al-Ghitrifi nous a rapporté, disant : Abu al-'Abbas Muhammad ibn al-Hasan al-Tabari m'a rapporté, disant : al-'Abbas ibn Muhammad ibn 'Abd Allah ibn Hafs Abu Muhammad al-Dhimari nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Ahmad ibn Mu'adh ibn 'Ubayd Allah ibn Abi Bakr nous a rapporté, d'après Anas ibn Malik, disant : Mu'adh ibn Fadala al-Qurashi nous a rapporté, disant : al-Asma'i nous a rapporté, disant : al-Wassafi nous a rapporté, d'après Mansur ibn al-Mu'tamir, d'après Qabisa ibn 'Amr ibn Ishaq al-Khuza'i, d'après al-'Abbas ibn Mirdas al-Sulami, qui dit : "Les débuts de mon islam furent que mon père Mirdas, à l'approche de la mort, me légua une idole qui lui appartenait, appelée Dimad ; je la plaçai dans une maison et je venais à elle une fois par jour. Quand le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) apparut, j'entendis une voix au cœur de la nuit qui m'effraya ; je bondis vers Dimad en implorant secours, et voilà que la voix venait de son intérieur, disant : (al-kamil) Dis à la tribu de Sulaym tout entière : l'être humain a péri et les gens de la mosquée ont survécu. Dimad a péri, lui qui était adoré quelque temps avant le Livre 24 adressé au Prophète Muhammad. Celui qui a hérité de la prophétie et de la guidance après le fils de Marie 25 est un Qurayshite bien guidé." Il dit : "Je le cachai aux gens. Quand les gens revinrent de la bataille des Coalisés 26, alors que j'étais couché dans mes chameaux à l'extrémité d'al-'Aqiq 27 à Dhat 'Irq 28, j'entendis une voix : c'était un homme sur les ailes d'une autruche, disant : La lumière qui est tombée la nuit du lundi et la nuit du mardi avec le propriétaire de la chamelle al-'Adba' 29 dans les demeures des frères des Banu al-'Anqa' 30. Un héraut à sa gauche lui répondit, disant : Annonce aux djinns et à leur désespoir : quand la monture aura posé ses selles et que le ciel aura retiré ses gardiens..." Il dit : "Je bondis effrayé, et je sus que Muhammad était envoyé. Je montai mon cheval, j'endurai la marche, jusqu'à ce que je parvinsse à lui ; je lui prêtai allégeance, puis je retournai à Dimad et le brûlai au feu. Ensuite je revins à l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et je lui récitai des vers où je disais : (al-tawil) Par ta vie ! Le jour où, ignorant, j'associe Dimad comme partenaire au Seigneur des mondes, et où je délaisse l'Envoyé de Dieu alors que les Aws 31 sont autour de lui – ceux-là sont des secoureurs pour lui, quels secoureurs ! –, je suis comme celui qui délaisse la terre plane et la montagne pour chercher à s'engager dans les sentiers difficiles des affaires. J'ai cru en Dieu, dont je suis le serviteur, et j'ai pris le contre-pied de celui qui cherche la perdition. J'ai tourné mon visage vers La Mecque, me dirigeant pour prêter allégeance au Prophète des généreux, le béni. Un Prophète venu après Jésus avec une parole de vérité, où se trouve la décision, ainsi. Fidèle au Discernement 32, premier intercesseur, premier ressuscité à répondre aux anges. Les liens de l'islam se sont renoués après s'être défaits ; il les a consolidés jusqu'à établir les rites. Je t'ai visé, ô le meilleur de toute la création ; tu occupes une position médiane dans les deux branches 33 et tu possèdes la gloire. Tu es le purifié de Quraysh quand elle s'élève, sur sa force, les générations bénies demeurent. Quand les deux clans, Ka'b et Malik, se réclament de leur ascendance, nous te trouvons pur, ainsi que les femmes 'awatik 34." 67 - Muhammad ibn 'Abd al-'Aziz nous a rapporté, et Muhammad ibn 'Abd al-Rahman al-Bayadi m'a rapporté, d'après son père, d'après al-'Abbas ibn Mirdas, qui dit : "Je m'étais aménagé une place à Médine du temps d'Abu Bakr (que Dieu l'agrée). Je dis : Alors que j'étais assis à midi à l'ombre d'un arbre, voilà qu'une autruche blanche apparut, portant un homme blanc vêtu de blanc, qui volait rapidement. Je me dis : Par Dieu, je vais attraper celui-ci. Quand il fut à portée de main, il dit : 'Abbas, ô 'Abbas, ô fils du chef de Mirdas, n'as-tu pas vu les djinns et leur désespoir, et la guerre qui a étranglé leurs souffles, et que le ciel a retiré ses gardiens ? Al-'Abbas dit : Je m'en retournai et ne cessai de m'informer et de rapporter ces paroles, jusqu'à ce qu'un cousin germain vînt à moi. Il m'informa que l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) était sorti appelant à Dieu en secret." 68 - 'Umar ibn Muhammad ibn Ja'far nous a rapporté, disant : Ibrahim ibn al-Sindi nous a rapporté, disant : al-Nadr ibn Salama nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Salama al-Makhzumi nous a rapporté, disant : Yahya ibn Sulayman nous a rapporté, d'après Hakim ibn 'Ata' al-Saqri, des Banu Sulaym, descendant de Rashid ibn 'Abd Rabbih, d'après son père, d'après son grand-père Rashid ibn 'Abd Rabbih, qui dit : "L'idole appelée Suwa' se trouvait à al-Ma'alla 35 à Ruhad 36 ; les Hudhayl et les Banu Zufr de Sulaym lui rendaient un culte. Les Banu Zufr envoyèrent Rashid ibn 'Abd Rabbih avec un présent de Sulaym à Suwa'. Rashid dit : Je trouvai à l'aube une idole avant Suwa', et voilà qu'un crieur criait du fond d'elle : L'étonnement, tout l'étonnement, vient de l'apparition d'un Prophète des Banu 'Abd al-Muttalib, qui interdit la fornication, l'usure et le sacrifice aux idoles ; le ciel a été gardé et nous avons été frappés de météores. L'étonnement, tout l'étonnement. Puis une autre idole cria du fond d'elle : On a abandonné al-Dimar 37 qui était adoré ; Ahmad est apparu, un Prophète qui prie la prière, ordonne l'aumône, le jeûne, la piété et le lien des liens de parenté. Puis un héraut cria du fond d'une autre idole : (al-kamil) Celui qui a hérité de la prophétie et de la guidance après le fils de Marie est un Qurayshite bien guidé, un Prophète qui annonce ce qui a eu lieu et ce qui sera demain. Rashid dit : Je trouvai Suwa' à l'aube, et deux renards léchaient ce qui l'entourait et mangeaient ce qui lui était offert, puis ils grimpaient sur lui et urinaient. C'est alors que Rashid ibn 'Abd Rabbih dit : (al-tawil) Un seigneur sur la tête duquel deux renards urinent ? Il est bien méprisable, celui sur qui les renards urinent !"
Cela se produisit au moment de la sortie du Messager d'Allah 38, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et de son passage vers Médine. Les gens en entendirent parler, et Râshid 39 sortit jusqu'à ce qu'il vienne trouver le Messager d'Allah 38 à Médine, accompagné de son chien. Le nom de Râshid 39 était alors Zâlim 40, et le nom de son chien était Râshid 39. Le Messager d'Allah 38 lui dit : « Quel est ton nom ? » Il répondit : « Zâlim 40. » Il dit : « Et quel est le nom de ton chien ? » Il répondit : « Râshid 39. » Alors le Messager d'Allah 38 dit : « Ton nom est Râshid 39, et le nom de ton chien est Zâlim 40. » Le Prophète 38 rit, et Râshid 39 prêta allégeance au Prophète 38 et demeura avec lui. Ensuite, il demanda au Messager d'Allah 38 une concession foncière à Ruhât 41, et la lui décrivit. Le Messager d'Allah 38 lui accorda, dans la partie haute de Ruhât 41, une étendue équivalente à la course d'un cheval et à trois jets de pierre. Il lui donna une outre remplie d'eau, y cracha, et lui dit : « Verse-la dans la partie haute de la concession, et n'empêche pas les gens d'en profiter. » Il le fit, et l'eau jaillit abondante, coulant jusqu'à aujourd'hui. On y planta des palmiers, et l'on dit que tout Ruhât 41 en boit. Les gens l'appelèrent l'eau du Messager d'Allah 38, et les habitants de Ruhât 41 s'y baignent et s'en servent pour se soigner. Le jet de pierre de Râshid 39 atteignit le petit monticule appelé le Monticule de la Pierre. Râshid 39 se rendit ensuite à Suwâ' 42 et le brisa.
70 - Nous a rapporté 'Abd Allah ibn Muhammad ibn Ja'far, qui dit : nous a rapporté Ja'far ibn Ahmad ibn Faris, qui dit : nous a rapporté Muhammad ibn Humayd, qui dit : nous a rapporté Salama ibn al-Fadl, qui dit : m'a rapporté Muhammad ibn Ishaq, et nous a rapporté Sulayman ibn Ahmad, qui dit : nous a rapporté Ahmad ibn Ibrahim al-Qurashi, qui dit : nous a rapporté Sulayman ibn 'Abd al-Rahman ibn Bashir al-Shaybani, d'après Muhammad ibn Ishaq, qui dit : m'a rapporté une personne de confiance parmi nos savants, d'après quelqu'un qui lui a rapporté parmi les gens du Yémen : qu'un roi de Lakhm 43, de la première royauté avant Hassan Dhu Nuwas 44, appelé Rabi'a ibn Nasr, vit un rêve qui l'effraya lorsqu'il le vit, l'épouvanta et le troubla. Il envoya chercher les devins 45 de son royaume parmi les kahins 46, les astrologues et les arraf 47, et leur dit : « J'ai vu un rêve qui m'a effrayé et épouvanté ; informez-moi à son sujet. » Ils dirent : « Ô roi, raconte-le-nous, nous t'en donnerons l'interprétation. » Il dit : « Si je vous le raconte, je ne serai pas rassuré par votre interprétation. » Un homme parmi eux dit : « Si le roi veut cela, qu'il envoie chercher Satih 48 et Shiqq 49 ; ils l'informeront de ce qu'il désire, car ils sont les plus savants que nous connaissions. » Satih était un homme de Ghassan 50, et Shiqq était de Bajila 51. Salama ibn al-Fadl dit dans son récit : « On l'appelle Satih al-Dhi'bi 52 en raison de sa filiation à al-Dhi'b ibn 'Adi, et Shiqq ibn Sa'b ibn Yashkur ibn Ruhm ibn Baranuk ibn Nadhir ibn Qays ibn 'Abqar ibn Anmar. » Lorsqu'ils lui dirent cela, il envoya chercher les deux. Satih arriva avant Shiqq ; il n'y avait à leur époque personne comme eux parmi les kahins. Quand Satih arriva avant Shiqq, il entra chez le roi. Le roi dit : « Ô Satih, j'ai vu un rêve qui m'a épouvanté et effrayé lorsque je l'ai vu ; si tu le décris avant que je te le raconte, tu atteindras son interprétation. » Il dit : « Je le ferai. » Il dit : « Tu as vu une braise 53 sortir d'une obscurité, tomber sur la terre de Tihama 54, et dévorer toute créature à crâne 55, du crépuscule à la nuit noire. » Le roi dit : « Par Dieu, tu n'as rien manqué de mon rêve. Quelle est ton interprétation, ô Satih ? » Il dit : « Je jure par ce qui est entre les deux Harra 56 comme serpent 57 : les Abyssins 58 descendront sur votre terre et domineront ce qui est entre Abyan 59 et Jurash 60. » Le roi lui dit : « Par ton père, ô Satih, ceci est pour nous une chose irritante et douloureuse. Quand cela arrivera-t-il, ô Satih ? À notre époque ou après ? » Il dit : « Après un certain temps, plus de soixante à soixante-dix ans qui passeront. » Le roi lui dit : « Leur pouvoir durera-t-il ou cessera-t-il ? » Il dit : « Il cessera après soixante et quelques années, puis ils seront tous tués et s'enfuiront. » Le roi lui dit : « Qui les tuera et les fera sortir ? » Il dit : « Le fils de Dhu Yazan 61 ; il sortira contre eux d'Aden 62 et il n'en restera aucun au Yémen. » Le roi lui dit : « Son pouvoir durera-t-il ou cessera-t-il ? » Il dit : « Il cessera. » Il dit : « Qui le fera cesser ? » Il dit : « Un Prophète pur, agréé, fidèle, à qui la révélation viendra de la part d'Allah Très-Haut, l'Élevé. » Il dit : « De qui est ce Prophète, ô Satih ? » Il dit : « De la descendance de Lu'ayy ibn Ghalib ibn Fihr ibn Malik ibn al-Nadr 63 ; la royauté sera dans son peuple jusqu'à la fin des temps. » Il dit : « Le temps a-t-il une fin ? » Il dit : « Oui, le jour où Allah rassemblera les premiers et les derniers ; les malfaisants y seront malheureux et les bienfaisants y seront heureux. » Il dit : « Ce que tu dis est-il vrai ? » Il dit : « Oui, par le crépuscule, l'obscurité et l'aube 64 : ce que je t'ai annoncé est vrai. » Lorsqu'il eut fini, Shiqq arriva. Le roi lui dit la même chose qu'à Satih pour voir s'ils s'accordaient ou différaient. Shiqq dit : « Oui, ô roi, tu as vu une braise sortir d'une obscurité, tomber sur un pré et une colline, dans une terre déserte, et dévorer toute âme saine et soumise. » Puis il dit : « Je jure par ce qui est entre les deux Harra comme être humain : les Noirs descendront sur votre terre, domineront toute enfant aux doigts délicats 65 et régneront sur ce qui est entre Abyan et Najran 66. » Le roi dit : « Ô Shiqq, par ton père, ceci est pour nous une chose irritante et douloureuse. Quand cela arrivera-t-il ? À notre époque ou après ? » Il dit : « Après un certain temps, puis un grand personnage important vous en délivrera et leur fera goûter la pire humiliation. » Le roi lui dit : « Qui est ce grand personnage important ? » Il dit : « Un jeune homme, ni corpulent ni proche 67, sortant de la maison de Dhu Yazan. » Il dit : « Son pouvoir durera-t-il ou cessera-t-il ? » Il dit : « Il cessera par un Messager qui viendra avec la vérité et la justice, parmi les gens de religion et de vertu ; la royauté sera dans son peuple jusqu'au Jour du Jugement 68. » Il dit : « Qu'est-ce que le Jour du Jugement, ô Shiqq ? » Il dit : « Le jour où les gouverneurs seront rétribués, où des appels seront lancés du ciel, que les vivants et les morts entendront, et où les gens se rassembleront pour le rendez-vous ; il y aura pour celui qui craint la réussite et les biens. » Le roi lui dit : « Que dis-tu, ô Shiqq ? » Il dit : « Par le Seigneur du ciel et de la terre et de ce qui est entre eux, élevé ou abaissé, ce que je t'ai annoncé est vrai, sans aucun doute. » Lorsqu'il eut fini de les interroger, il prépara ses fils et sa famille pour l'Irak et écrivit à leur sujet au roi de Perse, qui était Shapur 69, et les installa à al-Hira 70.
- tābi‘ : Compagnon ou familier parmi les djinns, souvent attaché à une personne.
- man‘a minnā al-qarār : Expression signifiant que les djinns ne peuvent plus demeurer ou se fixer en raison de la révélation.
- jānn : Variante de jinn, désignant un djinn, souvent utilisé dans un contexte poétique ou archaïque.
- ibn Lawdhān : Expression probablement insultante ou généalogique, signifiant 'fils de Lūdhān', peut-être un nom de djinn.
- afwāh al-Shām : Les 'bouches de la Syrie', désignant les entrées ou les confins de la région syrienne.
- ṣāḥibī : Mon compagnon, ici un djinn familier ou un esprit assistant le devin.
- al-Zarqā’ wa Ma‘ān : Deux localités en Jordanie actuelle, sur la route caravanière vers la Syrie.
- ṭuridat al-jinnu kulla maṭrad : Les djinns ont été chassés de toute manière, indiquant qu'ils sont repoussés par la prophétie.
- ḥazāwira : Jeunes hommes robustes ou adolescents, pluriel de ḥizwar.
- hātif : Voix ou appel mystérieux, souvent d'origine surnaturelle (djinn ou ange).
- Abū Qubays : Montagne sacrée à La Mecque, près de la Kaaba.
- Ka‘b ibn Fihr : Ancêtre de Quraysh, considéré comme un chef ; ici critiqué pour son opposition.
- rijāl al-nakhīl wa al-āṭām : Hommes des palmiers et des tours, désignant les habitants des oasis fortifiées.
- Tihāmah : Région côtière de l'Arabie, incluant La Mecque.
- Mis‘ar : Nom d'un démon ou djinn spécifique, mentionné dans les traditions.
- ‘ifrīt : Djinn puissant et maléfique, souvent rebelle.
- Samḥaj : Nom d'un djinn, ici converti et renommé 'Abd Allāh par le Prophète.
- Abraq al-‘Izāf : Lieu-dit, peut-être une colline ou une région associée aux djinns.
- al-Anfāl : Sourate 8 du Coran, 'Le Butin', mentionnée ici comme récitation protectrice.
- al-nahj : La voie, le chemin ; ici, probablement la voie de la repentance ou de la guidance.
- al-jihad : Effort dans la voie de Dieu, pouvant inclure le combat armé mais aussi l'effort spirituel.
- hātif : Voix ou cri mystérieux, souvent attribué à un être invisible (djinn, ange) annonçant un événement.
- shuhub : Météores ou étoiles filantes, censés être lancés contre les djinns qui tentent d'écouter les conversations célestes.
- al-kitāb : Le Livre, c'est-à-dire le Coran.
- ibn Maryam : Jésus, fils de Marie, considéré comme un prophète dans l'islam.
- al-Aḥzāb : Les Coalisés ; bataille de la Tranchée (5 H) où les tribus païennes et juives se coalisèrent contre Médine.
- al-ʿAqīq : Vallée près de Médine, lieu de pâturage.
- Dhāt ʿIrq : Localité sur la route de La Mecque à Médine, l'un des miqat (lieux de sacralisation pour le pèlerinage).
- al-ʿAḍbāʾ : Nom de la chamelle du Prophète Muhammad.
- Banū al-ʿAnqāʾ : Tribu ou clan mentionné dans ce récit, non identifié avec certitude.
- al-Aws : Tribu arabe de Médine, l'une des deux principales (avec les Khazraj) ayant accueilli le Prophète.
- al-Furqān : Le Discernement, l'un des noms du Coran.
- al-farʿayn : Les deux branches ; allusion probable aux deux lignées paternelle et maternelle du Prophète.
- al-ʿawātik : Femmes nobles et pures ; pluriel de ʿātika, nom propre ou adjectif désignant une femme de haute naissance.
- al-Maʿallā : Quartier ou lieu à La Mecque, près du cimetière d'al-Ma'la.
- Ruhāṭ : Localité ou région près de La Mecque.
- al-Ḍimār : Nom d'une idole, peut-être la même que Dimad mentionnée plus haut.
- Rasûl Allâh : Le Messager d'Allah, titre honorifique du prophète Muhammad.
- Râshid : Nom signifiant 'bien guidé' ou 'sage'.
- Zâlim : Nom signifiant 'injuste' ou 'oppresseur'.
- Ruhât : Localité située dans la région du Yémen ou de l'Arabie du Sud.
- Suwâ' : Idole préislamique vénérée par certaines tribus arabes.
- Lakhm : Tribu arabe préislamique, dont les rois étaient vassaux des Perses sassanides.
- Dhu Nuwas : Roi himyarite du Yémen (vers 520 ap. J.-C.), connu pour avoir persécuté les chrétiens.
- al-ḥaza'a : Devins ou augures, spécialistes de l'interprétation des présages.
- kāhin : Devin ou oracle, personnage qui prétendait recevoir des révélations des djinns.
- ʿarrāf : Devin spécialisé dans la divination par les signes terrestres.
- Saṭīḥ : Célèbre devin arabe préislamique, dont le nom signifie 'étendu' (car il était sans os).
- Shiqq : Devin arabe préislamique, rival de Satih, dont le nom signifie 'moitié' (car il était mi-homme).
- Ghassān : Tribu arabe préislamique, alliée des Byzantins, établie en Syrie.
- Bajīla : Tribu arabe préislamique du Yémen.
- al-Dhi'bī : Surnom signifiant 'le Loup', en référence à son ancêtre al-Dhi'b.
- ḥumama : Braise ou charbon ardent, symbole de destruction.
- Tihāma : Région côtière de l'ouest de l'Arabie, incluant La Mecque.
- jumjuma : Crâne ; par métonymie, toute créature vivante.
- al-ḥarra : Plaine volcanique ou champ de lave, typique de la région de Médine.
- ḥanash : Serpent ; ici, serment par les créatures entre les deux plaines.
- al-ḥabash : Les Abyssins, habitants du royaume d'Aksoum (Éthiopie).
- Abyan : Région du Yémen, près d'Aden.
- Jurash : Ville du Yémen, dans la région d'Asir.
- Dhu Yazan : Famille royale himyarite ; le fils est Sayf ibn Dhi Yazan, qui chassa les Abyssins.
- ʿAdan : Aden, port du Yémen.
- Lu'ayy ibn Ghalib... : Ancêtres du Prophète Muhammad (que la paix soit sur lui).
- al-shafaq, al-ghasaq, al-falaq : Crépuscule, obscurité et aube ; serments coraniques (cf. sourate al-Falaq).
- ṭifla al-banān : Enfant aux doigts délicats, symbole de faiblesse.
- Najrān : Ville du Yémen, célèbre pour sa communauté chrétienne.
- badanī, mudnī : Corpulent ou proche (de la maturité) ; sens incertain.
- Yawm al-Faṣl : Le Jour du Jugement, où les créatures sont séparées.
- Shābūr : Shapur, roi sassanide (probablement Shapur II, 309-379 ap. J.-C.).
- al-Ḥīra : Ville d'Irak, capitale des rois lakhmides, vassaux des Perses.
Chapitre huit : Le mariage de sa mère Âmina bint Wahb [1]
Le huitième chapitre sur le mariage de sa mère Âmina bint Wahb. 71. Sulaymân ibn Ahmad nous a rapporté : Ahmad ibn 'Umar al-Khallâl al-Makkî nous a rapporté : Muhammad ibn Mansûr al-Jawwâz nous a rapporté : Ya'qûb ibn Muhammad ibn 'Îsâ ibn 'Abd al-Malik ibn Humayd ibn 'Abd al-Rahmân al-Zuhrî nous a rapporté : 'Abd al-'Azîz ibn 'Imrân ibn 'Abd al-'Azîz nous a rapporté : 'Abd Allâh ibn Ja'far al-Mukharrimî nous a rapporté, d'après Abû 'Awn, affranchi d'al-Miswar ibn Makhrama, d'après al-Miswar, d'après Ibn 'Abbâs, d'après son père al-'Abbâs ibn 'Abd al-Muttalib, qui a dit : 'Abd al-Muttalib a dit : « Je me rendis au Yémen lors du voyage d'hiver, et je descendis chez un savant juif. Un homme des gens du Zabûr 1 – c'est-à-dire des Gens du Livre – dit : “De qui est cet homme ?” Je répondis : “Des Quraysh.” Il dit : “Desquels ?” Je répondis : “Des Banû Hâshim.” Il dit : “Ô 'Abd al-Muttalib, m'autorises-tu à regarder une partie de toi ?” Je répondis : “Oui, tant que ce n'est pas une partie intime.” Il ouvrit alors une de mes narines, puis l'autre, et dit : “J'atteste que dans l'une de tes mains se trouve la royauté, et dans l'autre la prophétie, et nous trouvons cela chez les Banû Zuhra. Comment cela se fait-il ?” Je répondis : “Je ne sais pas.” Il dit : “As-tu une shâ'a 2 ?” Je demandai : “Qu'est-ce que la shâ'a ?” Il dit : “L'épouse.” Je répondis : “Aujourd'hui, non.” Il dit : “Quand tu retourneras, marie-toi donc parmi eux.” 'Abd al-Muttalib retourna à La Mecque et épousa Hâla bint Wuhayb ibn 'Abd Manâf ibn Zuhra, qui lui donna Hamza et Safiyya. 'Abd Allâh ibn 'Abd al-Muttalib épousa Âmina bint Wahb, qui lui donna le Messager d'Allâh – qu'Allâh prie sur lui et le salue. Wahb et Wuhayb étaient frères. Les Quraysh dirent lorsque 'Abd Allâh se maria : “'Abd Allâh a surpassé son père.” » 72. 'Umar ibn Muhammad ibn Ja'far nous a rapporté : Ibrâhîm ibn al-Sindî nous a rapporté : al-Nadr ibn Maslama nous a rapporté : Ahmad ibn Muhammad ibn 'Abd al-'Azîz nous a rapporté, d'après son père, qui a dit : Ibn Shihâb m'a rapporté, d'après Abû Bakr ibn 'Abd al-Rahmân, d'après Umm Salama, et 'Âmir ibn Sa'd, d'après son père Sa'd, qui a dit : « 'Abd Allâh ibn 'Abd al-Muttalib, le père du Messager d'Allâh – qu'Allâh prie sur lui et le salue – arriva, alors qu'il était dans une construction 3, portant des traces de boue et de poussière. Il passa devant une femme de Khath'am. 'Âmir ibn Sa'd, d'après son père, dit dans son récit : “Il passa devant Laylâ al-'Adawiyya. Lorsqu'elle le vit et vit ce qu'il y avait entre ses yeux, elle l'invita à elle-même et lui dit : “Si tu couches avec moi, tu auras cent chameaux.” 'Abd Allâh ibn 'Abd al-Muttalib lui dit : “Attends que je lave cette boue qui est sur moi et que je revienne vers toi.” 'Abd Allâh ibn 'Abd al-Muttalib entra alors chez Âmina bint Wahb, coucha avec elle, et elle conçut le Messager d'Allâh – qu'Allâh prie sur lui et le salue – le pur et le béni. Puis il retourna vers la Khath'amiyya – et 'Âmir dit : “vers Laylâ al-'Adawiyya” – et dit : “Es-tu toujours disposée à ce que tu as dit ?” Elle répondit : “Non, ô 'Abd Allâh.” Il demanda : “Pourquoi ?” Elle dit : “Parce que tu es passé devant moi avec une lumière entre tes yeux, puis tu es revenu vers moi et Âmina bint Wahb te l'a enlevée.” Âmina conçut alors le Messager d'Allâh – qu'Allâh prie sur lui et le salue. » 'Abd Allâh ibn Bashîr l'a rapporté d'après Ahmad ibn Muhammad ibn 'Abd al-'Azîz, sans mentionner 'Âmir ibn Sa'îd. 73. Sulaymân ibn Ahmad nous a rapporté : Ahmad ibn 'Amr al-Khallâl al-Makkî nous a rapporté : Muhammad ibn Mansûr ibn al-Jawwâz nous a rapporté : Ya'qûb ibn Muhammad al-Zuhrî nous a rapporté : 'Abd al-'Azîz ibn 'Imrân nous a rapporté : Muhammad ibn 'Abd al-'Azîz ibn 'Umar ibn 'Abd al-Rahmân ibn 'Awf m'a rapporté, d'après son père, d'après son grand-père, qui a dit : J'ai entendu Sa'd ibn Abî Waqqâs dire : « Nous sommes les créatures d'Allâh les plus bénies et les plus nombreuses en enfants. 'Abd Allâh ibn 'Abd al-Muttalib sortit un jour, parfumé et peigné, jusqu'à ce qu'il s'assoie dans la Bat'hâ' 4. Laylâ al-'Adawiyya le regarda et l'invita à elle-même. 'Abd Allâh ibn 'Abd al-Muttalib dit : “Je reviens vers toi.” 'Abd Allâh entra chez Âmina bint Wahb et lui dit : “Sors.” Il coucha avec elle, puis sortit. Lorsque Laylâ le vit, elle dit : “Qu'as-tu fait ?” 'Abd Allâh répondit : “Je suis revenu vers toi.” Laylâ dit : “Tu es entré avec une lumière avec laquelle tu n'es pas sorti. Si tu as approché Âmina bint Wahb, elle enfantera un roi.” » 74. Sulaymân ibn Ahmad nous a rapporté : Ahmad ibn Muhammad ibn Sadaqa nous a rapporté : 'Alî ibn Harb nous a rapporté : Muhammad ibn 'Umâra al-Qurashî nous a rapporté : Muslim ibn Khâlid al-Zanjî nous a rapporté, d'après Ibn Jurayj, d'après 'Atâ', d'après Ibn 'Abbâs, qui a dit : « Lorsque 'Abd al-Muttalib sortit avec son fils pour le marier, il passa avec lui devant une devineresse de Tubâla 5, devenue juive, qui avait lu les Livres, appelée Fâtima bint Murr al-Khath'amiyya. Elle vit la lumière de la prophétie sur le visage de 'Abd Allâh et dit : “Ô jeune homme, veux-tu coucher avec moi maintenant, et je te donnerai cent chameaux ?” 'Abd Allâh dit : Quant à l'illicite, la mort est avant lui, Et le licite, je ne le distingue pas clairement, Comment pourrais-je faire ce que tu veux ? Puis il continua avec son père, qui le maria à Âmina bint Wahb ibn 'Abd Manâf ibn Zuhra. Il resta chez elle trois jours, puis son âme l'appela à ce que la Khath'amiyya l'avait appelé. Il vint à elle, et elle dit : “Ô jeune homme, qu'as-tu fait après moi ?” Il dit : “Mon père m'a marié à Âmina bint Wahb, et je suis resté chez elle trois jours.” Elle dit : “Par Allâh, je ne suis pas une femme de soupçon, mais j'ai vu sur ton visage une lumière, et j'ai voulu qu'elle soit en moi, mais Allâh a refusé de la mettre ailleurs que là où Il a voulu.” Puis Fâtima al-Khath'amiyya dit : J'ai vu une lueur qui a brillé, Et a étincelé sur les jarres de pluie. Son eau a une lumière qui éclaire Ce qui l'entoure, comme l'éclat de la pleine lune. Je l'ai espéré comme une gloire dont je me vanterais, Mais tout batteur de silex n'enflamme pas. Et elle a aussi dit : Par Allâh, quelle Zuhriyya a dépouillé Tes deux vêtements, sans que tu t'en aperçoives ni ne le saches ! Et elle a aussi dit : Tout ce que le jeune homme acquiert de ses biens hérités N'est pas dû à la prudence, ni ce qu'il perd à la négligence. Sois donc beau quand tu recherches une chose, car Deux destins en lutte te suffiront. Te suffiront soit une main fermée, Soit une main ouverte avec les doigts. Et quand Âmina a obtenu de lui ce qu'elle a obtenu, Elle a été dotée d'une gloire qui n'a pas de seconde. 75. Muhammad ibn Ahmad ibn Sulaymân nous a rapporté : Yûnus ibn 'Abd al-A'lâ nous a rapporté : Ibn Wahb nous a rapporté : Ahmad ibn Yûnus m'a informé, d'après Yazîd, d'après Ibn Shihâb al-Zuhrî, qui a dit : « 'Abd Allâh ibn 'Abd al-Muttalib était le plus bel homme qu'on ait jamais vu. Un jour, il sortit devant des femmes de Quraysh réunies. L'une d'elles dit : “Laquelle d'entre vous épousera ce jeune homme et recueillera la lumière qui est entre ses yeux ? Car je vois entre ses yeux une lumière.” Alors la fille de Wahb ibn 'Abd Manâf ibn Zuhra l'épousa soudainement et conçut Muhammad – qu'Allâh prie sur lui et le salue. » Le cheikh Abû Nu'aym – qu'Allâh lui fasse miséricorde – a dit : « Dans la recherche des juifs et de la juive, cette lumière qui a été transférée à Âmina bint Wahb a été placée en elle. Et leur mention des Banû Zuhra et que cette affaire ne se produirait pas parmi eux est une indication claire de l'annonce et de la bonne nouvelle à ce sujet dans les Livres antérieurs. Et ce qui arrivera du Prophète – qu'Allâh prie sur lui et le salue – et de son envoi, tout cela sont des signes évidents et des preuves solides et manifestes de sa prophétie et de son envoi – qu'Allâh prie sur lui et le salue. »
- Zabûr : Les Psaumes, livre de David, considéré comme une écriture révélée.
- shâ'a : Terme rare signifiant épouse, utilisé dans un contexte archaïque.
- binâ' : Construction, peut désigner un édifice en chantier ou une demeure.
- Bat'hâ' : La plaine ou le lit d'une vallée à La Mecque, lieu connu.
- Tubâla : Localité du Yémen, connue pour ses devins.
Chapitre neuvième : Mention de la grossesse de sa mère, de son accouchement et des signes…
Chapitre neuvième : Mention de la grossesse de sa mère, de son accouchement et des signes et prodiges [1] qu'elle observa annonçant sa prophétie, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui.
Le neuvième chapitre sur le récit de la grossesse de sa mère, de son accouchement et des signes et prodiges qu'elle a observés concernant sa prophétie, que Dieu prie sur lui et le salue. 76 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté, disant : Aḥmad ibn ʿUmar al-Khallāl al-Makkī nous a rapporté, disant : Muḥammad ibn Manṣūr nous a rapporté, disant : Yaʿqūb ibn Muḥammad al-Zuhrī nous a rapporté, disant : ʿAbd al-ʿAzīz ibn ʿUmar ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿAwf m’a rapporté, disant : ʿAbd Allāh ibn ʿUthmān ibn Abī Sulaymān m’a informé, d’après Abū Suwayd al-Thaqafī, d’après ʿUthmān ibn Abī al-ʿĀṣ, qui a dit : Ma mère m’a informé qu’elle était présente auprès d’Āmina, la mère du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lorsque les douleurs de l’enfantement la saisirent. Elle dit : Je me mis à regarder les étoiles descendre, au point que je dis : Elles vont tomber sur moi. Lorsqu’elle accoucha, une lumière sortit d’elle qui illumina la maison et la demeure, au point que je ne voyais que de la lumière. 77 - ʿUmar ibn Muḥammad ibn Jaʿfar nous a rapporté, disant : Ibrāhīm ibn al-Sindī nous a rapporté, disant : al-Naḍr ibn Salama nous a rapporté, disant : Aḥmad ibn Muḥammad ibn ʿAbd al-ʿAzīz al-Zuhrī nous a rapporté, d’après son père Muḥammad ibn ʿAbd al-ʿAzīz al-Zuhrī et ʿAbd al-Raḥmān ibn Ḥumayd ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿAwf, tous deux rapportant d’après Ḥumayd ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿAwf, d’après son père ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿAwf, qui a dit : J’étais du même âge que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et ma mère était al-Shifā’ bint ʿAmr ibn ʿAwf, la cousine de son père. Elle nous racontait d’après Āmina bint Wahb, la mère du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Ma mère al-Shifā’ bint ʿAmr dit : Lorsqu’Āmina enfanta Muḥammad, que Dieu prie sur lui et le salue, il tomba sur mes mains, puis il poussa un cri, et j’entendis quelqu’un dire : Que ton Seigneur te fasse miséricorde. Al-Shifā’ dit : Alors s’illumina pour moi l’espace entre l’Orient et l’Occident, au point que je vis certains des châteaux du Shām 1. Elle dit : Puis je l’allaitai et le couchai, et je ne tardai pas à être enveloppée par les ténèbres, la frayeur et un frisson. Puis la lumière se leva à ma droite, et j’entendis quelqu’un dire : Où l’as-tu emmené ? Il répondit : Je l’ai emmené à l’Occident. Elle dit : Cela s’éclaira pour moi. Puis la frayeur me reprit à son sujet ? Il dit : Vers l’Orient, et il ne reviendra jamais. Ce récit resta présent à mon esprit jusqu’à ce que Dieu, Puissant et Majestueux, envoya Son Messager, et je fus parmi les premiers à embrasser l’Islam. 78 - ʿUmar ibn Muḥammad nous a rapporté, disant : Ibrāhīm ibn al-Sindī nous a rapporté, disant : al-Naḍr ibn Salama nous a rapporté, disant : Abū Ghaziyya Muḥammad ibn Mūsā al-Anṣārī nous a rapporté, d’après Abū ʿUthmān Saʿīd ibn Zayd al-Anṣārī, d’après Ibn Burayda, d’après son père, qui a dit : Āmina bint Wahb, la mère du Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, vit en songe, et on lui dit : Tu as conçu le meilleur des créatures et le maître des mondes. Lorsque tu l’enfanteras, nomme-le Aḥmad et Muḥammad, et attache-lui ceci. Elle se réveilla, et à sa tête se trouvait une feuille d’or sur laquelle était écrit : Je le protège par l’Unique Contre le mal de tout envieux Et de toute créature vagabonde Debout ou assise S’écartant du chemin S’efforçant à la corruption Contre tout souffleur ou noueur de nœuds 2 Et toute créature rebelle Qui guette aux aguets Sur les voies d’accès Je les repousse loin de lui par Dieu le Très-Haut, et je le préserve d’eux par la Main Suprême, et la Paume qui ne se voit pas. La main de Dieu est au-dessus de leurs mains, et le voile de Dieu est devant leurs ennemis. Ils ne peuvent l’atteindre ni lui nuire, que ce soit dans un lieu assis, dans un sommeil, dans un voyage ou dans une station, au début des nuits et à la fin des jours. Quatre fois ceci. 79 - ʿUmar ibn Muḥammad nous a rapporté, disant : Ibrāhīm ibn al-Sindī nous a rapporté, disant : al-Naḍr ibn Salama nous a rapporté, disant : Abū Ghaziyya Muḥammad ibn Mūsā nous a rapporté, d’après Fulayḥ ibn Sulaymān, d’après un certain homme de Kūfa, considéré comme véridique, d’après Ibn Burayda, d’après son père. Abū Ghaziyya dit : Et Abū ʿUthmān Saʿīd ibn Zayd al-Anṣārī m’a rapporté, d’après Ibn Burayda, d’après son père Burayda, qui a dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, était en nourrice chez les Banū Saʿd ibn Bakr. Sa mère Āmina dit à sa nourrice : Observe mon fils et interroge à son sujet, car j’ai vu comme si une comète sortait de moi, illuminant toute la terre, au point que je vis les châteaux du Shām. Interroge donc à son sujet. Un jour, elle passa avec lui, et lorsqu’ils furent à Dhū l-Majāz 3, voilà qu’un devin parmi ces devins se trouvait là, et les gens l’interrogeaient. Elle dit : Je vais interroger au sujet de mon fils, comme me l’a ordonné sa mère Āmina. Elle vint avec lui, et lorsque le devin le vit, il le saisit par les bras et dit : Ô gens, tuez-le, tuez-le ! Ô gens, tuez-le, tuez-le ! Elle dit : Je bondis sur lui, le saisis par les bras et appelai au secours. Des gens qui étaient avec nous vinrent, et ils ne cessèrent jusqu’à ce qu’ils l’eussent arraché de lui et l’eussent emmené. 80 - ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn Jaʿfar nous a rapporté, ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn ʿAbd al-Karīm nous a rapporté, Abū Yūsuf Yaʿqūb ibn Isḥāq al-Qalūsī nous a rapporté, disant : Abū Hammām al-Ṣalt ibn Muḥammad nous a rapporté, disant : Maslama ibn ʿAlqama nous a rapporté, disant : Dāwūd ibn Abī Hind nous a rapporté, disant : Le père du Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, mourut alors que sa mère était enceinte de lui. Lorsqu’elle l’enfanta, les collines s’illuminèrent pour sa naissance, et il toucha la terre de ses paumes en tombant, et il se mit à contempler le ciel de ses yeux. Ils placèrent sur lui une grande marmite, mais elle se fendit en deux morceaux. 81 - Abū Muḥammad ibn Ḥayyān nous a rapporté, disant : Abū ʿAbd Allāh al-ʿĀṣimī nous a rapporté, disant : al-Ghalābī nous a rapporté, disant : ʿAlī ibn al-Ḥakīm al-Jaḥdarī nous a rapporté, disant : al-Rabīʿ ibn ʿAbd Allāh m’a rapporté, d’après ʿAbd Allāh ibn Ḥasan, d’après sa mère Fāṭima bint al-Ḥusayn, d’après sa tante Zaynab bint ʿAlī, d’après son père ʿAlī ibn Abī Ṭālib, que Dieu l’agrée, qui a dit : J’ai entendu Abū Ṭālib raconter que lorsque Āmina bint Wahb enfanta le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, ʿAbd al-Muṭṭalib vint, le prit, l’embrassa, puis le confia à Abū Ṭālib en disant : Il est mon dépôt auprès de toi. Ce fils mien aura certainement une grande importance. Puis il ordonna d’égorger des chamelles et des moutons, et il nourrit les gens de La Mecque pendant trois jours. Ensuite, il fit égorger dans chaque vallée de La Mecque une chamelle, sans en priver aucun être humain, ni bête sauvage, ni oiseau.
82 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté, disant : Muḥammad ibn Ja‘far ibn A‘yan nous a rapporté, et ‘Abd Allāh ibn Muḥammad ibn Ja‘far nous a rapporté, disant : ‘Abd ar-Raḥmān ibn al-Ḥasan m’a rapporté, disant : ‘Alī ibn Ḥarb nous a rapporté, tous deux disant : Abū Ayyūb Ya‘lā ibn ‘Imrān al-Bajalī nous a rapporté, prétendant être de la famille de Jarīr, disant : Makhzūm ibn Hāni’ al-Makhzūmī m’a rapporté, d’après son père, qui avait atteint l’âge de cent cinquante ans, disant : La nuit où le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) naquit, l’iwan (īwān) de Kisrā (Kisrā) trembla, quatorze créneaux (shurrāfa) en tombèrent, le feu de Perse s’éteignit alors qu’il ne s’était pas éteint depuis mille ans auparavant, le lac de Sāwa (buḥayrat Sāwa) se tarit, et le mōbadhān (al-mūbadhān) vit des chameaux indomptables (ibil ṣi‘āb) menant des chevaux arabes de race (khayl ‘irāb) qui avaient traversé le Tigre (Dijla) et s’étaient répandus dans son pays. Lorsque Kisrā se leva au matin, ce qu’il avait vu l’effraya, mais il fit preuve de patience par bravade, puis il jugea qu’il ne pouvait cacher cela à ses vizirs (wuzarā’) et à ses marzbans (marāziba). Il revêtit donc sa couronne, s’assit sur son trône, et envoya chercher le mōbadhān. Il dit : « Ô mōbadhān, quatorze créneaux sont tombés de mon iwan, le feu de Perse s’est éteint alors qu’il ne s’était pas éteint depuis mille ans auparavant. » Il répondit : « Et moi, ô roi, j’ai vu comme des chameaux indomptables menant des chevaux arabes de race jusqu’à ce qu’ils aient traversé le Tigre et se soient répandus dans le pays de Perse. » Il dit : « Qu’en penses-tu, ô mōbadhān ? » — et il était leur chef en science — il dit : « Un événement viendra du côté des Arabes. » Alors Kisrā écrivit : « De la part de Kisrā, roi des rois, à an-Nu‘mān ibn al-Mundhir : Envoie-moi un homme des Arabes qui m’informe de ce que je l’interrogerai. » Il lui envoya donc ‘Abd al-Masīḥ ibn Ḥayyān ibn Nufayla. Il lui dit : « Ô ‘Abd al-Masīḥ, as-tu connaissance de ce sur quoi je veux t’interroger ? » Il répondit : « Que le roi m’interroge ; si j’en ai connaissance, je l’en informerai, sinon, je l’informerai de quelqu’un qui en a connaissance. » Le roi l’informa donc de cela. Il dit : « Sa connaissance est auprès d’un oncle maternel à moi qui réside dans les hauteurs (mashārif) du Shām, appelé Saṭīḥ. » Il dit : « Va donc vers lui, interroge-le, et informe-moi de ce qu’il te dira. » ‘Abd al-Masīḥ partit donc jusqu’à arriver auprès de Saṭīḥ, qui était sur le point de mourir. Il le salua et le gratifia de la salutation du roi, mais Saṭīḥ ne lui répondit pas. Il se mit alors à dire (en rajaz) : « Est-il sourd, ou entend-il, le ġiṭrīf du Yémen ? Ou bien a-t-il réussi, réussi, ou est-il frappé de la sāf al-‘anan ? Ô toi, juge suprême (faṣl al-khuṭṭa), qui as rendu perplexe ceux qui sont tentés, Sa mère est de la famille de Dhi’b ibn Ḥajan, Le porte une chamelle au jarret vigoureux (wajnā’) qui descend de Wajan, Jusqu’à ce qu’il atteigne celui aux épaules et aux flancs dénudés, Aux dents serrées, aux molaires puissantes, aux oreilles dressées. » Il dit : Alors il leva la tête vers lui et dit : « ‘Abd al-Masīḥ se hâte vers Saṭīḥ, alors qu’il a déjà atteint le tombeau (ḍarīḥ). Le roi des fils de Sāsān t’a envoyé à cause du tremblement de l’iwan, de l’extinction des feux, et de la vision du mōbadhān : il a vu des chameaux indomptables menant des chevaux arabes de race, qui ont traversé le Tigre et se sont répandus dans le pays de Perse. Ô ‘Abd al-Masīḥ, lorsque la récitation (tilāwa) apparaîtra, que le lac de Sāwa se tarira, que le maître du bâton (ṣāḥib al-harāwa) sortira, et que la vallée de as-Samāwa débordera, alors le Shām ne sera plus un Shām pour Saṭīḥ. Des rois et des reines régneront parmi eux, en nombre égal aux créneaux, et tout ce qui doit advenir adviendra. » Puis Saṭīḥ mourut, et ‘Abd al-Masīḥ se leva en disant (en basīṭ) : « Hâte-toi, car tu es résolu dans ton dessein, prompt à agir (shimmīr) ! Que ne t’effraient ni la dispersion ni le déclin ! Car bien souvent, bien souvent, ils se trouvent en une position Dont les lions redoutables (mahāṣīr) craignent l’assaut. Parmi eux, le maître du palais (ṣarḥ), Bahrām et ses frères, Al-Hurmuzān, Sābūr et Sābūr. Les hommes sont les fils de coépouses (awlād ‘allāt) ; celui dont on sait Qu’il a peu apporté est méprisé et délaissé. Ils sont fils de la même mère, sauf s’ils voient une division (shi‘b) ; Alors celui-ci est préservé et secouru par l’invisible. Le bien et le mal sont réunis dans une même corde (qaran) ; Le bien est suivi, le mal est évité. » Il dit : ‘Abd al-Masīḥ retourna donc auprès de Kisrā et l’informa. Il dit : « Jusqu’à ce que quatorze rois règnent parmi nous, il se produira des choses et des choses. » Il dit : Dix d’entre eux régnèrent en quatre ans, et les autres régnèrent après lui. 83 - Muḥammad ibn Isḥāq a dit, d’après al-Faḍl ibn ‘Īsā ar-Raqqāshī, d’après al-Ḥasan al-Baṣrī : Les compagnons du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dirent : « Ô Messager de Dieu, quel fut l’argument de Dieu contre Kisrā à ton sujet ? » Il dit : « Dieu envoya vers lui un ange qui fit sortir sa main du mur de la maison où il se trouvait, resplendissante de lumière. Lorsqu’il la vit, il fut effrayé. [L’ange] dit : “Pourquoi as-tu peur, ô Kisrā ? Dieu — Puissant et Majestueux — t’a envoyé un messager et a fait descendre sur lui un Livre ; suis-le donc, et tu seras sauf en ce monde et dans l’au-delà.” Il dit : “Je vais y réfléchir.” »
- Shām : Région historique correspondant à la Grande Syrie (actuelle Syrie, Liban, Jordanie, Palestine).
- souffleur ou noueur de nœuds : Allusion aux pratiques de sorcellerie consistant à souffler sur des nœuds pour jeter un sort.
- Dhū l-Majāz : Nom d’une localité ou d’un marché près de La Mecque, célèbre à l’époque préislamique.
Chapitre dixième : Mention de ce qui advint aux compagnons de l'Éléphant [1] l'année de…
Chapitre dixième : Mention de ce qui advint aux compagnons de l'Éléphant [1] l'année de sa naissance, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. L'histoire de l'Éléphant est l'une des plus célèbres récits, et le Coran en a parlé.
Le dixième chapitre : Mention de ce qui arriva aux Compagnons de l'Éléphant 1 l'année de sa naissance, que Dieu prie sur lui et le salue. L'histoire de l'Éléphant est parmi les plus célèbres récits ; le Coran en a parlé. 84 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : 'Abbās ibn al-Faḍl al-Asfāṭī nous a rapporté : Ibrāhīm ibn al-Mundhir al-Ḥizāmī nous a rapporté : 'Abd al-'Azīz ibn Abī Thābit az-Zuhrī nous a rapporté, d'après az-Zubayr ibn Mūsā, d'après Abū al-Ḥuwayrith, qui a dit : J'ai entendu 'Abd al-Malik ibn Marwān dire à Qabāth ibn Ashyam al-Laythī : « Ô Qabāth, es-tu plus âgé ou le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue ? » Il répondit : « Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, est plus grand que moi, mais je suis plus âgé que lui. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, est né l'année de l'Éléphant, et il a reçu la prophétie à quarante ans révolus depuis l'Éléphant. Ma mère m'a emmené voir les excréments de l'Éléphant, alors que j'étais un enfant raisonnable. » 85 - Aḥmad ibn Isḥāq nous a rapporté : Ibrāhīm ibn Muḥammad ibn al-Ḥasan nous a rapporté : Ja'far ibn Muḥammad ibn Ja'far al-Madā'inī nous a rapporté : Ziyād ibn 'Abd Allāh al-Bakkā'ī nous a rapporté, d'après Muḥammad ibn Isḥāq, d'après al-Muṭṭalib ibn 'Abd Allāh ibn Qays ibn Makhrama, d'après son père, d'après son grand-père, qui a dit : « Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, est né l'année de l'Éléphant. » 86 - Aḥmad ibn Isḥāq nous a rapporté : Muḥammad ibn Aḥmad ibn Sulaymān nous a rapporté : Yūnus ibn 'Abd al-A'lā nous a rapporté : 'Abd Allāh ibn Wahb nous a rapporté : Ibn Lahī'a m'a informé, d'après 'Uqayl ibn Khālid, d'après 'Uthmān ibn al-Mughīra ibn al-Akhnas, qui a dit : « Voici ce qui concerne l'histoire des Compagnons de l'Éléphant : Abraha al-Ashram al-Ḥabashī 2 était roi du Yémen. Le fils de sa fille, Akshūm ibn aṣ-Ṣabbāḥ al-Ḥimyarī, partit en pèlerinage. Lorsqu'il revint de La Mecque, il s'arrêta dans une église à Najrān. Des gens de La Mecque vinrent à elle, prirent ce qu'elle contenait comme bijoux et s'emparèrent des biens d'Akshūm. Il retourna donc vers son grand-père l'Abyssinien en colère. Lorsqu'il lui raconta ce qu'il avait subi de la part des Mecquois, il jura par serment de détruire la Maison 3. Il envoya un homme de ses compagnons nommé Shimr ibn Maṣfūd à la tête de vingt mille hommes de Khawlān et d'un groupe d'Ash'ariyyīn. Ils marchèrent jusqu'à ce qu'ils campent dans le pays de Khath'am. Les Khath'am se retirèrent de leur chemin, et at-Taqtāl al-Khath'amī leur parla ; il connaissait la langue des Abyssins. Il dit : « Ceux-ci sont sur Shimrān, mon arc sur Akalat, et mes deux flèches de Quḥāfa ; je suis ton voisin. » Il marcha avec lui et l'aima. At-Taqtāl lui dit : « Je suis le plus savant des hommes sur la terre des Arabes et le meilleur guide sur leurs chemins. » Il se mit à les guider à travers le désert, jusqu'à ce que leurs cous se brisent de soif. Lorsqu'il s'approcha d'at-Ṭā'if, un cavalier de Khath'am, Naṣr et Thaqīf sortit vers eux et dit : « Quel besoin as-tu de notre chemin ? Ce n'est qu'une petite ville. Mais nous te guiderons vers une Maison à La Mecque qui est adorée, et elle est une protection pour quiconque vient à elle. Quiconque la possède, la royauté des Arabes lui est parfaite. Occupe-toi d'elle et laisse-nous. » Il vint donc jusqu'à atteindre al-Mughammas 4. Il trouva des chameaux appartenant à 'Abd al-Muṭṭalib ibn Hāshim, cent chamelles parées de colliers, et il les pilla entre ses compagnons. Lorsque 'Abd al-Muṭṭalib vit cela, il vint à lui. Il était beau et avait un ami du Yémen nommé Dhū Nafar. Il lui demanda de lui rendre ses chameaux. Il dit : « Je n'en ai pas le pouvoir, mais si tu veux, je te ferai entrer chez le roi. » 'Abd al-Muṭṭalib dit : « Fais-le. » Il le fit entrer chez lui. Il dit : « J'ai un besoin à te demander. » Il dit : « Tout besoin que tu es venu demander est accordé. » Il dit : « Nous sommes dans un pays sacré, sur une route entre la terre des Arabes et la terre des non-Arabes. J'avais cent chamelles parées de colliers qui paissaient dans cette vallée entre La Mecque et Tihāma, portant les provisions de notre famille. Nous partons pour notre commerce et nous nous protégeons de notre ennemi. Ton armée a agressé ces chamelles et les a prises. Or, quelqu'un comme toi ne fait pas subir d'injustice à celui qui est sous sa protection. » L'Abyssinien se tourna vers Dhū Nafar, puis frappa une main contre l'autre avec étonnement, et dit : « S'il m'avait demandé tout ce que je possède, je le lui aurais donné. Quant à tes chameaux, je te les ai rendus, et autant en plus. Qu'est-ce qui t'a empêché de me parler de cette Maison et de ce pays ? » 'Abd al-Muṭṭalib dit : « Quant à cette Maison et à ce pays, ils ont un Seigneur ; s'Il veut les protéger, Il les protégera. Mais moi, je te parle de mes biens. » Alors il ordonna le départ et jura de détruire La Mecque. 'Abd al-Muṭṭalib s'en retourna et entendit son serment à La Mecque. Ses habitants avaient fui, et il ne restait personne sauf 'Abd al-Muṭṭalib et sa famille. Il les informa de cela, puis se mit à psalmodier en tournant autour de la Ka'ba : « Ô Dieu, l'homme protège sa monture, protège donc Ton sanctuaire. Que leur croix et leur ruse ne l'emportent pas sur Ta ruse. Si Tu agis ainsi, c'est bien ; sinon, l'affaire est comme Tu le décides. Et si Tu agis ainsi, c'est une affaire par laquelle Tu accomplis Tes actes. Ils sont venus avec leurs troupes et l'Éléphant pour fouler Tes enfants. Et si Tu les laisses faire avec notre Ka'ba, alors quel chagrin là-bas ! » Lorsque Shimr et ses compagnons se dirigèrent avec l'Éléphant, ayant décidé ce qu'ils avaient décidé, chaque fois qu'ils le dirigeaient vers La Mecque, il s'agenouillait et se couchait ; mais s'ils le détournaient d'elle par où il était venu, il accélérait la marche. Il resta ainsi jusqu'à ce que la nuit les enveloppe. Des oiseaux de la mer sortirent contre eux, avec des becs semblables à des dattes non mûres, ressemblant à des chauves-souris, rouges et noirs. Lorsqu'ils les virent, ils en eurent peur et furent consternés. Shimr dit : « Qu'est-ce qui vous étonne d'oiseaux que la nuit a égarés vers leurs demeures ? » Ils les frappèrent avec des pierres arrondies comme des balles, qui tombaient sur la tête de l'homme et sortaient de son ventre. Il y avait parmi eux deux frères de Kinda. L'un d'eux avait quitté le groupe avant cela, et l'autre rejoignit son frère lorsqu'il vit ce qu'il vit. Alors qu'il lui racontait cela, il vit un de ces oiseaux et dit : « Celui-ci en fait partie. » L'oiseau s'approcha de lui et le frappa avec une pierre, et il mourut. Son frère, qui en réchappa, dit : « Si tu avais vu, et tu ne nous verras pas, tu aurais craint pour les deux rancunes ce que nous avons rencontré. Tu aurais craint Dieu lorsqu'Il a dispersé des oiseaux à l'ombre d'un nuage qui passa sur nous. Ils passèrent la nuit tous à invoquer le droit, comme si les Abyssins avaient une religion. » Le lendemain matin, 'Abd al-Muṭṭalib et ceux qui étaient avec lui montèrent sur leurs montagnes et ne virent personne les approcher. Il envoya son fils sur un cheval rapide pour voir ce qu'ils avaient rencontré. Voilà que les gens étaient tous écrasés. Il revint en levant son cheval, découvrant sa cuisse. Lorsque son père vit cela, il dit : « Mon fils est le meilleur cavalier des Arabes ; il n'a découvert sa cuisse que pour une bonne ou une mauvaise nouvelle. » Lorsqu'il s'approcha de leur assemblée, à portée de voix, ils dirent : « Qu'y a-t-il derrière toi ? » Il dit : « Ils ont tous péri. » Alors 'Abd al-Muṭṭalib et ses compagnons sortirent et prirent leurs biens. Ce fut le premier bien des Banū 'Abd al-Muṭṭalib provenant de cet argent. 'Abd al-Muṭṭalib dit : « Tu as empêché l'armée et les éléphants, Alors qu'ils avaient brouté les montagnes de La Mecque. Nous avions peur de leur combat, Et toute affaire pour eux était difficile. Gloire et louange à Toi, ô Détenteur de la Majesté. » Et 'Umāra al-'Abd dit : « Dieu est mon Seigneur et le Protecteur des âmes, C'est Toi qui as retenu l'Éléphant à al-Mughammas. »
Alors al-Aswad ibn Masfūd s'enfuit seul, et la première étape où il s'arrêta, sa main droite tomba ; puis il s'arrêta à une autre étape, et sa main gauche tomba. Il arriva chez lui et auprès de son peuple alors qu'il n'avait plus de membres, et il leur rapporta la nouvelle et leur raconta ce qu'avaient subi ses armées. Puis son âme s'exhala 5 tandis qu'ils le regardaient. Le Shaykh 6 dit : « La narration des Gens de l'Éléphant 7 a été rapportée selon plusieurs voies et contextes ; 'Uthmān ibn al-Mughīra l'a rapportée de la manière la plus complète et la plus claire. Il a mentionné que 'Abd al-Muṭṭalib envoya son fils 'Abd Allāh, mais c'est une erreur de certains transmetteurs, car al-Zuhrī a mentionné que 'Abd Allāh ibn 'Abd al-Muṭṭalib mourut l'année de l'Éléphant, et que al-Ḥārith ibn 'Abd al-Muṭṭalib était l'aîné des enfants de 'Abd al-Muṭṭalib, et c'est lui qu'il envoya sur son cheval pour voir ce qu'avaient subi les gens. » 87 - Aḥmad ibn Isḥāq nous a rapporté, d'après Aḥmad ibn Muḥammad ibn Sulaymān, qui dit : Yūnus ibn 'Abd al-A'lā nous a rapporté, d'après 'Abd Allāh ibn Wahb, qui dit : Yūnus ibn Yazīd m'a informé, d'après Ibn Shihāb al-Zuhrī, que la première chose qu'il mentionna au sujet de 'Abd al-Muṭṭalib ibn Hāshim, le grand-père du Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui), est que Quraysh 8 sortit du Sanctuaire 9 fuyant les Gens de l'Éléphant, alors qu'il était un jeune garçon. Il dit : « Par Allāh, je ne sortirai pas du Sanctuaire d'Allāh pour chercher la puissance ailleurs. » Alors 'Abd al-Muṭṭalib s'assit près de la Maison 10, et Quraysh partit en le laissant. Il resta ferme dans le Sanctuaire jusqu'à ce qu'Allāh détruise l'Éléphant et ses gens, et Quraysh revint, et 'Abd al-Muṭṭalib avait grandi parmi eux en raison de sa clairvoyance et de sa vénération pour les choses sacrées d'Allāh (Puissant et Majestueux). 88 - Abū 'Umar Muḥammad ibn Aḥmad ibn Ḥasan ibn Muḥammad ibn Ḥamza nous a rapporté, d'après al-Ḥasan ibn 'Alī ibn al-Jahm, qui dit : al-Ḥusayn ibn al-Faraj nous a rapporté, d'après Muḥammad ibn 'Umar al-Wāqidī, qui dit : 'Abd Allāh ibn 'Umar ibn Zuhayr nous a rapporté, d'après 'Abd Allāh ibn Khidāsh al-Ka'bī, d'après son père, qui dit : Ce jour-là, 'Abd al-Muṭṭalib vint, et les Gens de l'Éléphant vinrent. Lorsque 'Abd al-Muṭṭalib vit ce qu'ils faisaient, il se hâta sur son cheval jusqu'à atteindre le sommet de Ḥirā' 11, avec lui 'Amr ibn 'Ā'idh ibn 'Imrān ibn Makhzūm, Muṭ'im ibn 'Adī ibn Nawfal ibn 'Abd Manāf, et Mas'ūd ibn 'Amr al-Thaqafī, observant chaque fois que les Abyssins poussaient l'Éléphant vers le Sanctuaire, l'Éléphant s'agenouillait ; alors les Abyssins venaient avec leurs lances, leurs javelots et leurs bâtons, le frappant avec, et il se levait. Mais quand ils le poussaient vers le Sanctuaire, il s'agenouillait et criait ; et quand ils le dirigeaient d'où il était venu, il partait au trot. Quelle que soit la direction qu'ils voulaient, il leur obéissait, tant qu'ils ne le poussaient pas vers le Sanctuaire. Il dit : Alors que 'Abd al-Muṭṭalib et ses compagnons étaient sur Ḥirā', et qu'ils poussaient l'Éléphant vers le Sanctuaire mais il refusait, voilà que 'Amr ibn 'Ā'idh dit à 'Abd al-Muṭṭalib : « Regarde, vois-tu quelque chose ? » 'Abd al-Muṭṭalib dit : « Je vois des oiseaux venant de la mer, par groupes, jaunes, plus petits que des pigeons, à tête noire, aux pattes et aux becs rouges. » 'Amr dit : « Je les ai vus. » Ils vinrent jusqu'à planer au-dessus des gens, chaque oiseau portant trois pierres : une pierre dans son bec et deux pierres dans ses pattes. Alors 'Abd al-Muṭṭalib dit à Mas'ūd : « Vois-tu quelque chose ? » Il dit : « Oui, je vois une grande masse noire venant de la mer, dense. » 'Abd al-Muṭṭalib dit : « Ce sont des oiseaux. » Mas'ūd dit : « Tu as dit vrai. Par Allāh, j'ai su où ils se sont abattus sur nous ; s'ils avaient voulu la terre, ils l'auraient pu. » Al-Wāqidī dit : Et Qays ibn al-Rabī' m'a rapporté, d'après al-A'mash, d'après Abū Sufyān, d'après 'Ubayd ibn 'Umayr, qui dit : Lorsqu'Allāh (Puissant et Majestueux) voulut détruire les Gens de l'Éléphant, Il envoya sur eux des oiseaux sortis de la mer, semblables à des hirondelles, chaque oiseau portant trois pierres veinées 12 : une pierre dans son bec et deux pierres dans ses pattes. Ils vinrent jusqu'à se ranger au-dessus de leurs têtes, crièrent et jetèrent ce qu'ils avaient dans leurs pattes et leurs becs. Il n'y avait pas une pierre sur terre qui tombât sur un homme d'entre eux sans ressortir de l'autre côté : si elle tombait sur sa tête, elle sortait par son postérieur. Il dit : Et 'Umar ibn Ṭalḥa m'a rapporté, d'après Jawtha ibn 'Ubayd ibn Umayya ibn 'Abd al-Raḥmān, qui dit : J'ai entendu Nawfal ibn Mu'āwiya al-Du'alī dire : « J'ai vu le caillou avec lequel les Gens de l'Éléphant furent lapidés : des cailloux comme des pois chiches et plus gros que des lentilles, rouges, cerclés, comme des cornalines de Ẓafār 13. » Il dit : Et Hishām ibn Sa'd m'a rapporté, d'après Zayd ibn Aslam, qui dit : Nufayl al-Ḥimyarī 14 s'échappa. Al-Wāqidī dit : Et j'ai entendu que lorsqu'Abraha 15 tourna le dos en fuyant, Nufayl disait (en rajaz 16) : « Où est la fuite, alors que la Divinité poursuit ? Et al-Ashram 17 est vaincu, non vainqueur. » Et parmi ce que Muḥammad ibn Isḥāq et d'autres ont mentionné comme cause de l'expédition d'Abraha contre la Maison, c'est qu'Abraha construisit al-Qullays 18 à Ṣan'ā' 19, une église dont on n'avait jamais vu la pareille à son époque dans aucune région. Puis il écrivit au Negus 20, roi d'Abyssinie : « J'ai construit pour toi, ô roi, une église telle qu'aucun roi avant toi n'en a eu. Et je ne cesserai pas jusqu'à ce que j'y détourne le pèlerinage des Arabes. » Lorsque les Arabes entendirent parler de cette lettre d'Abraha au Negus, un homme des Nasa'a 21, l'un des Banū Fuqaym, puis l'un des Banū Mālik ibn Kināna, se fâcha. Il partit jusqu'à arriver à al-Qullays, s'y accroupit – c'est-à-dire y déféqua – puis sortit et regagna sa terre. Abraha fut informé de cela et dit : « Qui a fait cela ? » On lui dit : « Cela a été fait par un homme de cette Maison vers laquelle les Arabes se rendent en pèlerinage à La Mecque. Lorsqu'il entendit ta parole : 'J'y détournerai le pèlerinage des Arabes', il se fâcha, vint, s'y accroupit, signifiant qu'elle n'en est pas digne. » Alors Abraha se fâcha et jura de marcher contre la Maison pour la détruire.
- Aṣḥāb al-Fīl : Les 'Compagnons de l'Éléphant' désignent l'armée abyssinienne menée par Abraha qui attaqua La Mecque avec un éléphant, événement mentionné dans la sourate al-Fīl (105).
- Abraha al-Ashram al-Ḥabashī : Abraha était un roi abyssinien du Yémen, connu pour sa tentative de détruire la Ka'ba. 'al-Ashram' signifie 'celui qui a la lèvre fendue'.
- al-Bayt : La 'Maison' désigne la Ka'ba, le sanctuaire sacré de La Mecque.
- al-Mughammas : Al-Mughammas est un lieu situé près de La Mecque, où l'armée d'Abraha campa avant l'attaque.
- fāḍat nafsuhu : Expression signifiant 'son âme s'écoula', c'est-à-dire il mourut.
- al-Shaykh : Titre honorifique désignant un savant ou un maître, ici probablement l'auteur du récit.
- Aṣḥāb al-Fīl : Les 'Gens de l'Éléphant' : l'armée abyssine menée par Abraha qui attaqua La Mecque avec un éléphant, mentionnée dans la sourate 105 du Coran.
- Quraysh : La tribu dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
- al-Ḥaram : Le Sanctuaire sacré de La Mecque, zone inviolable autour de la Kaaba.
- al-Bayt : La Maison, c'est-à-dire la Kaaba, le sanctuaire central de l'islam à La Mecque.
- Ḥirā' : Montagne près de La Mecque où le Prophète Muhammad reçut ses premières révélations.
- mujazza'a : Pierres veinées ou marbrées, probablement de l'agate ou de la cornaline.
- Ẓafār : Ancienne ville du Yémen, célèbre pour ses cornalines de qualité.
- Nufayl al-Ḥimyarī : Guide yéménite qui avait conduit l'armée abyssine, mais qui s'enfuit lors de l'attaque divine.
- Abraha : Gouverneur abyssin du Yémen qui mena l'expédition contre La Mecque.
- rajaz : Mètre poétique arabe, souvent utilisé pour des vers improvisés ou des chants de guerre.
- al-Ashram : Surnom d'Abraha, signifiant 'celui dont la lèvre est fendue'.
- al-Qullays : Église construite par Abraha à Ṣan'ā' pour détourner le pèlerinage de La Mecque.
- Ṣan'ā' : Capitale du Yémen, importante ville de l'Arabie préislamique.
- al-Najāshī : Titre du roi d'Abyssinie (Éthiopie) à l'époque préislamique.
- al-Nasa'a : Tribu arabe chargée du calendrier intercalaire (nasī') à l'époque préislamique.
Chapitre onzième : mention de sa croissance, et de la manière dont les états spirituels…
Chapitre onzième : mention de sa croissance, et de la manière dont les états spirituels agirent sur lui jusqu'à ce qu'Allah – Puissant et Majestueux – l'honorât par la révélation [1], établissant ainsi pour lui les fondements de la prophétie [2] et le préparant à la mission [3] ; et ce qui apparut à son peuple de l'accomplissement en lui des qualités de vertu, et leur reconnaissance à son égard de ce qui constituerait une preuve contre quiconque refuserait de se soumettre à lui – que la prière et la paix d'Allah soient sur lui.
Le onzième chapitre sur la mention de sa croissance 1 et la succession des états 2 jusqu'à ce qu'Allah - Puissant et Majestueux - l'honore par la révélation, établissant pour lui la prophétie 3 et préparant pour lui la mission 4, et ce qui apparut à son peuple de l'accomplissement en lui des qualités de vertu, et leur reconnaissance à son égard de ce qui constituait une preuve contre ceux qui refusèrent de se soumettre à lui - qu'Allah prie sur lui et le salue. 89 - Ahmad ibn Ishaq nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Ahmad ibn Sulayman nous a rapporté, disant : Yunus ibn Abd al-A'la nous a rapporté, disant : Ibn Wahb m'a rapporté, disant : Yunus m'a informé, d'après Ibn Shihab, qui a dit : « Abd al-Muttalib envoya Abdullah chercher des dattes pour lui à Yathrib 5, et Abdullah y mourut. Alors Amina, la mère de Muhammad, donna naissance à Muhammad ibn Abdullah, et il était sous la tutelle de son grand-père Abd al-Muttalib. » 90 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté, d'après al-Husayn ibn Ishaq al-Tustari, et Muhammad ibn Abd al-Rahman ibn al-Fadl nous a rapporté, disant : Ahmad ibn Yahya ibn Zuhayr nous a rapporté, ils ont dit : Kurdus ibn Muhammad al-Wasiti nous a rapporté, disant : Mu'alla ibn Abd al-Rahman m'a rapporté, disant : Abd al-Hamid ibn Ja'far nous a rapporté, d'après al-Zuhri, d'après Ubaydullah ibn Abdullah ibn Utba, d'après Ibn Abbas - qu'Allah les agrée - qui a dit : « Le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - naquit un lundi au début du mois de Rabi' al-Awwal 6, et la prophétie lui fut révélée un lundi au début du mois de Rabi' al-Awwal. Il entra à Médine un lundi au début du mois de Rabi' al-Awwal, et il mourut un lundi au début du mois de Rabi' al-Awwal. » Exposé de son allaitement et de son sevrage, et du fait qu'il naquit circoncis et le cordon coupé 7 - qu'Allah prie sur lui et le salue. 91 - Abdullah ibn Muhammad ibn Uthman al-Wasiti nous a rapporté, disant : Nuh ibn Muhammad al-Ayli nous a rapporté, disant : al-Hasan ibn Arafa nous a rapporté, disant : Hushaym ibn Bashir nous a rapporté, d'après Yunus ibn Ubayd, d'après al-Hasan, d'après Anas ibn Malik, d'après le Prophète - qu'Allah prie sur lui et le salue - qui a dit : « Parmi les marques d'honneur que mon Seigneur m'a accordées, je suis né circoncis, et personne n'a vu ma nudité. » 92 - Abu Ahmad Muhammad ibn Ahmad al-Ghitrifi nous a rapporté, disant : al-Husayn ibn Ahmad ibn Abdullah al-Maliki nous a rapporté, disant : Sulayman ibn Salama al-Khaba'iri nous a rapporté, Yunus ibn Ata nous a rapporté, disant : al-Hakam ibn Aban m'a rapporté, disant : Ikrima nous a rapporté, d'après Ibn Abbas, d'après son père al-Abbas - qu'Allah les agrée - qui a dit : « Le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - naquit circoncis et le cordon coupé. Cela étonna son grand-père et il lui accorda une faveur, et il dit : 'Ce fils mien aura certainement une grande importance.' Et il eut une grande importance. » 93 - Ibrahim ibn Ahmad ibn Abi Husayn nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Abdullah al-Hadrami nous a rapporté, disant : Abd al-Rahman ibn Uyayna al-Basri nous a rapporté, disant : Ali ibn Muhammad al-Sulami al-Mada'ini nous a rapporté, disant : Salama ibn Muharib ibn Salm ibn Ziyad nous a rapporté, d'après son père, d'après Abu Bakra, que Jibril 8 circoncit le Prophète - qu'Allah prie sur lui et le salue - lorsqu'il purifia son cœur. 94 - Et Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté, disant : Ali ibn Abd al-Aziz nous a rapporté, Muhammad ibn Sa'id al-Asbahani nous a rapporté, Abd al-Rahman ibn Muhammad al-Muharibi nous a rapporté, Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Uthman ibn Abi Shayba nous a rapporté, disant : Masruq ibn al-Marzuban nous a rapporté, Yahya ibn Zakariyya ibn Abi Za'ida nous a rapporté, ils ont dit : Muhammad ibn Ishaq nous a rapporté, d'après Jahm ibn Abi al-Jahm, d'après Abdullah ibn Ja'far, d'après Halima bint al-Harith al-Sa'diyya, la mère nourricière du Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - qui l'allaita, qui a dit : « Une année de sécheresse intense 9 nous frappa, qui ne nous laissa rien. Je sortis avec des femmes des Banu Sa'd ibn Bakr cherchant des nourrissons à La Mecque, sur une ânesse grise qui m'appartenait. Il ne resta aucune femme parmi nous à qui le Prophète - qu'Allah prie sur lui et le salue - ne fut présenté, mais elle le refusa. Il me fut présenté, et je le refusai aussi, car les nourrices n'espéraient le bien que du côté des pères, et elles disaient : 'Il n'a pas de père.' Et que pourrait faire sa mère ? Il ne resta aucune femme parmi elles qui n'ait pris un nourrisson, sauf moi. Le moment de leur retour vers leurs pays arriva. Je dis à mon mari : 'Si je prenais ce petit orphelin, ce serait mieux que de revenir sans nourrisson.' J'allai donc chez sa mère et je le pris. Je revins chez moi. J'avais un petit fils qui, par Allah, ne dormait pas à cause de la faim. Lorsque je posai le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - sur mes seins, ils se mirent à lui donner autant de lait qu'Allah voulut, jusqu'à ce qu'il fut rassasié. Son frère de lait 10 fut aussi rassasié, et ils s'endormirent. Mon mari se leva et alla vers une vieille chamelle 11 qui nous appartenait - par Allah, elle ne donnait pas une goutte de lait - mais lorsque sa main toucha son pis, le voilà plein de lait. Il la traita, puis vint à moi et dit : 'Par Allah, ô fille d'Abi Dhu'ayb, je pense que cette âme que nous avons prise est bénie.' Il m'informa de l'histoire de la chamelle, et je l'informai de l'histoire de mes seins et de ce que j'avais vu d'eux. Puis, au matin, nous partîmes. J'étais sur mon ânesse grise - par Allah, elle ne pouvait suivre les ânes à cause de sa faiblesse - mais lorsque j'eus placé le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - sur elle, elle se mit à devancer la caravane. Les gens disaient : 'Par Allah, ton ânesse a quelque chose de particulier.' Elle dit : Nous arrivâmes dans notre pays, le pays de Sa'd ibn Bakr, sans connaître d'Allah autre chose que la bénédiction. Au point que notre berger ramenait nos brebis pleines de lait, tandis que les brebis de notre peuple arrivaient sans une goutte de lait. Ils disaient à leurs bergers : 'Malheur à vous ! Faites paître là où paît le berger de la fille d'Abi Dhu'ayb.' Les choses continuèrent ainsi. Un jour, alors que les deux enfants 12 jouaient avec des agneaux derrière nos maisons, voilà que son frère de lait arriva en courant et dit : 'Ce Qorayshite 13 a été tué !' Je me précipitai, ainsi que son père, et nous le rencontrâmes, le teint blême. Je le serrai contre moi, tantôt moi, tantôt son père, et nous disions : 'Qu'as-tu ?' Il dit : 'Je ne sais pas, sauf que deux hommes sont venus à moi, ont fendu mon ventre et l'ont lavé 14.' Son père dit : 'Je pense que ce garçon a été touché 15. Emmène-le vite chez les siens avant que son état n'empire chez nous.' Il n'eut d'autre souci que de venir à La Mecque. Je l'apportai à sa mère et dis : 'Je suis la nourrice de ce fils ; je l'ai sevré et j'ai craint qu'une calamité ne lui arrive. Reprends-le.' Elle dit : 'Pourquoi es-tu devenue indifférente à son égard, alors qu'avant aujourd'hui tu me demandais de le laisser chez toi ? Peut-être as-tu craint pour mon fils le démon ? Ne crains pas cela, car ce fils mien est préservé 16 du démon.' - ou des paroles de ce sens - 'Ne t'informerai-je pas à mon sujet et à son sujet ? J'ai vu, lorsque je l'ai enfanté, qu'une lumière sortit de moi qui illumina pour moi les palais de Busra 17 en Syrie.' C'est le texte de Ziyad al-Bakka'i. 95 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a informé, disant : al-Hasan ibn al-Jahm nous a rapporté, disant : al-Husayn ibn al-Faraj nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Umar al-Waqidi nous a rapporté, disant : Musa ibn Shayba m'a rapporté, d'après Umayra bint Abdullah ibn Ka'b ibn Malik, d'après Barra bint Abi Tajra'a, qui a dit : « La première à allaiter le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - fut Thuwayba 18, l'affranchie d'Abu Lahab, avec le lait d'un fils à elle appelé Masruh, pendant quelques jours avant l'arrivée de Halima. Elle avait allaité avant lui Hamza ibn Abd al-Muttalib et après lui Abu Salama ibn Abd al-Asad al-Makhzumi. »
Al-Wāqidī a dit : Dix femmes des Banū Saʿd ibn Bakr arrivèrent à La Mecque cherchant des nourrissons. Ḥalīma bint ʿAbd Allāh ibn al-Ḥārith ibn Shujna ibn Jābir ibn Rizām ibn Nāṣira ibn Fuṣayya [ibn Naṣr] ibn Saʿd ibn Bakr ibn Hawāzin ibn Manṣūr ibn ʿIkrima ibn Khuṣafa ibn Qays ʿAylān ibn Muḍar [158] sortit. Le nom de son père qui l’allaita 19 était al-Ḥārith ibn ʿAbd al-ʿUzzā ibn Rifāʿa ibn [Mallān] ibn Nāṣira ibn Fuṣayya [ibn Naṣr] ibn Saʿd ibn Bakr ibn Hawāzin. Ses frères et sœurs étaient ʿAbd Allāh ibn al-Ḥārith, Unaysa bint al-Ḥārith, et Judhāma bint al-Ḥārith, qui est al-Shaymā’. Al-Shaymā’ le gardait avec sa mère. Ils partirent durant une année de sécheresse 20. Elle sortit avec son fils ʿAbd Allāh qu’elle allaitait, une ânesse grisâtre appelée Sidra, et une chamelle 21 au bout des mamelles 22 sans lait, appelée al-Samrā’ al-Laqūḥ 23, dont le petit était mort la veille, sans une goutte de lait dans son pis, desséchée de maigreur. Sa mère Āmina dit à sa nourrice Ḥalīma : « Par Dieu, j’espère qu’il sera béni. » Elle partit avec le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — vers sa demeure. Elle trouva son ânesse qui avait rompu son licou et tournait dans la cour, et elle trouva sa chamelle debout, broyant 24 avec sa mâchoire. Elle dit à son mari : « Ce nouveau-né est béni. » Il dit : « Nous avons déjà vu une partie de sa bénédiction. » Puis il s’approcha de sa chamelle, la traya un qaʿb 25 et donna à boire à Ḥalīma. Puis il la traya un qaʿb et but jusqu’à satiété. Il toucha son pis et le trouva encore plein. Il traya un autre qaʿb et but jusqu’à satiété. Il toucha son pis et le trouva encore plein. Il traya un autre qaʿb et le mit en réserve dans une outre. Puis ils firent avancer leur ânesse et partirent. Ḥalīma la monta [159], al-Ḥārith monta sa chamelle, et Ḥalīma porta le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — devant elle sur l’ânesse. Elle arriva auprès de ses compagnes dans la vallée d’al-Surar 26 qui faisaient paître. Elles dirent : « C’est Ḥalīma et son mari. Puis voici un âne plus rapide que son ânesse, et voici un chameau plus rapide que son chameau, et ils ne peuvent maîtriser leurs têtes. » Elle descendit avec elles. Elles dirent : « Ô Ḥalīma, qu’as-tu fait ? » Elle dit : « Par Dieu, j’ai pris le meilleur nouveau-né que j’aie jamais vu et le plus grand en bénédiction. » Les femmes dirent : « Est-ce le fils de ʿAbd al-Muṭṭalib ? » Ḥalīma dit : « Oui. » Elle leur raconta l’abondance de son lait et de celui de sa chamelle laitière, et ce qu’elles virent de la rapidité de l’ânesse et de la chamelle. Ḥalīma dit : « Nous n’étions pas encore partis de notre demeure que je vis la jalousie chez certaines de nos femmes. Elles retournèrent dans leurs pays. » Elle dit : « Nous arrivâmes auprès de dix chèvres qui ne bougeaient de la maison, si maigres. Nous faisions reposer les chameaux, et ils étaient pleins de lait ; nous trayions et buvions, et nous trayions notre chamelle le soir et le matin. Je regardais la chamelle, sa bosse s’était dressée, et je regardais la croupe de l’ânesse, comme si elle avait des bourrelets 27, alors que sa croupe était décharnée 28 quand il l’avait piquée. Les gens du camp disaient à leurs bergers : « Menez paître là où paissent les moutons de Ḥalīma. » Ils y allaient, mais leurs troupeaux ne revenaient que comme avant. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — touchait le pis d’une brebis à eux appelée Aṭlāl 29, et on n’avait qu’à la demander à tout moment pour qu’elle donne du lait le soir et le matin. Il n’y avait rien sur terre que la bête pût manger. »
97 - 'Abd al-Samad ibn Muhammad al-Sa'di m'a raconté, d'après son père, d'après son grand-père, qui a dit : Certains de ceux qui gardaient les brebis de Halima m'ont raconté qu'ils voyaient leurs brebis ne pas lever la tête, et on voyait du vert 30 dans leurs bouches et leurs excréments, tandis que nos brebis ne faisaient que se coucher, ne trouvant aucune brindille à manger. Puis les brebis revenaient le soir plus grasses que le matin, tandis que les brebis de Halima revenaient le soir au point qu'on craignait pour elles le météorisme 31. Ils dirent : Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, resta deux ans jusqu'à ce qu'il fût sevré, comme s'il avait quatre ans. Ils l'amenèrent à sa mère en visite, et ils tenaient plus que tout à le garder, à cause de l'immense bénédiction qu'ils voyaient en lui. Lorsqu'ils furent dans la vallée d'al-Surar 32, elle rencontra un groupe d'Abyssins qui en sortaient ; elle les accompagna. Ils l'interrogèrent, puis regardèrent intensément le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, et regardèrent le sceau de la prophétie 33 entre ses épaules et une rougeur dans ses yeux. Ils dirent : Souffre-t-il toujours des yeux à cause de cette rougeur ? Elle dit : Non, mais cette rougeur ne le quitte pas. Ils dirent : Par Dieu, c'est un prophète ! Ils tentèrent de le lui prendre de force ; elle les craignit, mais Dieu, Puissant et Majestueux, le protégea. Elle entra chez sa mère et l'informa de son état, de la bénédiction qu'ils avaient vue et de l'histoire des Abyssins. Amina dit : Ramène mon fils, car je crains pour lui l'épidémie de La Mecque. Par Dieu, il aura une grande importance. Elle le ramena donc. Le marché de Dhu al-Majaz 34 se tenait ; elle y assista avec lui. Il y avait alors un devin 35 de Hawazin à qui on amenait les enfants pour qu'il les examine. Lorsqu'il regarda le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, la rougeur de ses yeux et le sceau de la prophétie, il cria : Ô Arabes ! Les gens du pèlerinage se rassemblèrent autour de lui. Il dit : Tuez ce petit garçon ! Halima s'enfuit avec lui. Les gens disaient : Quel garçon ? Il disait : Ce garçon-ci, mais ils ne voyaient rien, car sa mère l'avait emmené. On lui dit : Qu'est-ce que c'est ? Il dit : J'ai vu un garçon ; par vos divinités, il vaincra les gens de votre religion, brisera vos idoles et sa cause triomphera de vous. On le chercha à 'Ukaz 36 mais on ne le trouva pas. Halima retourna chez elle avec lui et ne le montrait plus à personne. Un devin descendit chez eux ; les gens du campement sortirent leurs enfants, mais Halima refusa de le sortir jusqu'à ce qu'elle fût distraite du Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue. Il sortit de la tente ; le devin le vit et l'appela, mais le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, refusa et rentra dans la tente. Le devin insista pour qu'il sorte vers lui, mais elle refusa. Il dit : C'est un prophète ! C'est un prophète ! Lorsqu'il eut quatre ans, il allait le matin avec son frère et sa sœur garder les agneaux près du campement. Un jour, alors qu'il était avec son frère parmi les agneaux, il vit le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, pris d'une faiblesse 37. Il se mit à parler au Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, mais il ne lui répondait pas. Le garçon sortit en criant à sa mère : Viens vite, mon frère quraychite ! Sa mère accourut avec son père ; ils trouvèrent le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, assis, le teint pâle. Sa mère demanda à son frère : Qu'as-tu vu ? Il dit : Deux oiseaux blancs au-dessus de nous ; l'un d'eux dit : Est-ce lui ? L'autre dit : Oui. Ils le prirent, le couchèrent sur le dos, lui ouvrirent le ventre et en sortirent ce qui s'y trouvait. Puis l'un dit : Apporte-moi de l'eau de neige. Il en apporta et lava son ventre. Puis il dit : Apporte-moi de l'eau de rose. Il en apporta et lava son ventre. Puis ils le remirent comme il était. Lorsque son père vit ce qui lui était arrivé, sa mère consulta son père et dit : Nous pensons le rendre à sa mère ; nous craignons qu'il ne lui arrive chez nous quelque chose de pire. Rendons-le à sa mère pour qu'il soit soigné ; je crains qu'il n'ait une atteinte 38. Son père dit : Non, par Dieu, il n'a pas d'atteinte. C'est le plus grand enfant en bénédiction que quiconque ait vu. Par Dieu, il n'a reçu cela que par jalousie de la part des gens d'untel, à cause de l'immense bénédiction qu'ils voient depuis qu'il est parmi nous, ô Halima. Elle dit : Je crains pour lui. Elle le ramena donc à sa mère et mentionna sa bénédiction et son bien, mais aussi ce qui lui était arrivé, et l'informa de son histoire. Ibn 'Abbas dit : Il retourna chez sa mère à l'âge de cinq ans. D'autres disent : Il fut rendu à sa mère à l'âge de quatre ans. Il resta avec elle jusqu'à l'âge de six ans.
Son retour, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, à La Mecque. Ils dirent : Sa mère le ramena donc à La Mecque. Lorsqu'il fut à al-Abwâ' 39, Âmina mourut à al-Abwâ'. Alors Oumm Ayman 40 le ramena sur les deux chamelles qui les avaient amenés à La Mecque, et elle l'allaitait. Ils dirent : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, hérita de son père Oumm Ayman, cinq chameaux ou montures, et un troupeau de moutons. Oumm Ayman l'allaitait, et lorsqu'il épousa Khadîja, il l'affranchit. Ils dirent : Lorsque Âmina mourut, 'Abd al-Muttalib 41 le prit sous sa garde et le serra contre lui. Oumm Ayman était celle qui l'avait ramené à La Mecque. 'Abd al-Muttalib éprouva pour lui une tendresse qu'il n'avait éprouvée pour aucun de ses enfants ; il le rapprochait et le faisait asseoir près de lui. Lorsque 'Abd al-Muttalib dormait, personne n'entrait chez lui par respect pour lui, et de même lorsqu'il était seul. Il avait une place où nul autre que lui ne s'asseyait. On étendait pour lui une natte à l'ombre de la Ka'ba 42 ; les fils de 'Abd al-Muttalib venaient s'asseoir autour de cette natte, regardant 'Abd al-Muttalib. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, venait, montait sur la natte et s'y asseyait. Ses oncles lui disaient : « Doucement, ô Muhammad, [ne monte pas] sur la natte de ton père. » Mais 'Abd al-Muttalib, voyant cela, disait : « Laissez mon fils, car il est accompagné d'un ange 43. » On rapporte qu'il dit : « Mon fils se parle à lui-même de cela. » Ils dirent : Un jour, le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, sortit jouer avec les enfants jusqu'à atteindre ar-Radm 44. Des gens des Banû Mudlij 45 le virent, l'appelèrent, regardèrent ses pieds et son empreinte, puis le suivirent. Ils le rencontrèrent alors que 'Abd al-Muttalib l'avait rejoint et l'avait embrassé. Ils dirent à 'Abd al-Muttalib : « Qui est-ce pour toi ? » Il dit : « Mon fils. » Ils dirent : « Prends bien soin de lui, car nous n'avons jamais vu de pied plus semblable à celui qui est à al-Maqâm 46 que le sien. » 'Abd al-Muttalib dit alors à Abû Tâlib 47 : « Entends ce que celui-ci dit. » Et Abû Tâlib prenait soin de lui. 100 - Ils dirent : Un jour que 'Abd al-Muttalib était assis dans le Hijr 48 avec l'évêque de Najrân 49, qui était son ami, il conversait avec lui et disait : « Nous trouvons la description d'un Prophète qui reste à venir parmi les descendants d'Ismaël ; ce pays est son lieu de naissance ; sa description est telle et telle. » Alors que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, arriva sur la fin de cet entretien, l'évêque le regarda, ainsi que ses yeux, son dos et ses pieds, puis dit : « C'est lui. Qui est-ce pour toi ? » Il dit : « Mon fils. » L'évêque dit : « Nous ne trouvons pas son père vivant. » 'Abd al-Muttalib dit : « C'est le fils de mon fils ; son père est mort alors que sa mère était enceinte de lui. » Il dit : « Tu as dit vrai. » 'Abd al-Muttalib dit à ses fils : « Prenez soin du fils de votre frère ; n'entendez-vous pas ce qui se dit à son sujet ? » 101 - Il dit : Mûsâ ibn Shayba 50 me raconta, d'après Khârija ibn 'Abd Allâh ibn Ka'b ibn Mâlik 51, d'après son père, qui dit : Des vieillards de mon peuple me racontèrent qu'ils étaient partis pour la 'Umra 52 – à cette époque, 'Abd al-Muttalib était encore vivant à La Mecque – et qu'avec eux se trouvait un homme des Juifs de Taymâ' 53 qui les accompagnait pour le commerce, se rendant à La Mecque ou au Yémen. Il regarda 'Abd al-Muttalib et dit : « Nous trouvons dans notre Livre qui n'a pas été altéré qu'il sortira de la descendance de celui-ci un Prophète qui nous tuera, nous et son peuple, comme le châtiment de 'Âd 54. » Mort de 'Abd al-Muttalib et prise en charge du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, par Abû Tâlib. Ils dirent : 'Abd al-Muttalib mourut à l'âge de cent dix ans ; on dit aussi quatre-vingt-deux ans. 103 - Ibn Abî Sabra 55 me raconta, d'après Sulaymân ibn Suhaym 56, d'après Nâfi' ibn Jubayr 57, qui dit : On demanda au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : « Te souviens-tu de la mort de 'Abd al-Muttalib ? » Il dit : « Oui, et j'avais huit ans. » 104 - Ils dirent : Lorsque 'Abd al-Muttalib mourut, Abû Tâlib prit le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, sous sa garde ; il avait huit ans. Il était avec lui. Abû Tâlib n'avait pas de biens ; il possédait un troupeau de chameaux qui se trouvait à 'Urana 58 ; il y allait en campagne et y séjournait, et on lui apportait le lait de ces chameaux lorsqu'il était présent à La Mecque. Abû Tâlib avait de la tendresse pour lui et l'aimait. Lorsque les enfants d'Abû Tâlib mangeaient tous ensemble ou séparément, ils n'étaient pas rassasiés ; mais lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, mangeait avec eux, ils étaient rassasiés. Lorsqu'il voulait leur donner le dîner ou le déjeuner, il disait : « Restez comme vous êtes jusqu'à ce que mon fils vienne. » Alors le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, venait et mangeait avec eux, et ils laissaient de leur nourriture. Si c'était du lait, le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, buvait le premier, puis les enfants prenaient le bol 59 et en buvaient, et le dernier d'entre eux était rassasié avec un seul bol, alors que l'un d'eux buvait un bol entier tout seul. Abû Tâlib disait : « Tu es béni. » Les enfants se levaient le matin ébouriffés et les yeux chassieux, tandis que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, se levait le matin bien peigné et les yeux enduits de khôl 60. 105 - Il dit : 'Alî ibn 'Umar ibn al-Husayn 61 me raconta, d'après 'Abd Allâh ibn Muhammad ibn 'Aqîl 62, d'après Ibn al-Hanafiyya 63, d'après 'Aqîl ibn Abî Tâlib 64, qui dit : Je l'ai entendu dire : « Lorsque nous nous levions le matin sans avoir de nourriture pour notre petit déjeuner, Abû Tâlib disait : « Ô mes fils, allez à Zamzam 65. » Nous allions donc à Zamzam, nous en buvions et nous nous en contentions. » 106 - Il dit : Muhammad ibn al-Hasan ibn Usâma ibn Zayd 66 me raconta, d'après sa famille, d'après Oumm Ayman, qui dit : « Je n'ai jamais vu le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, se plaindre de la faim ou de la soif. Le matin, il allait boire une gorgée de l'eau de Zamzam. Parfois, nous lui présentions le déjeuner, mais il disait : « Je n'en veux pas, je suis rassasié. » » 107 - Abû 'Amr ibn Hamdân 67 nous raconta, disant : al-Husayn ibn Sufyân 68 nous raconta, disant : Zuhayr ibn Sallâm 69 nous raconta, disant : 'Umar ibn Muhammad 70 nous raconta, disant : Talha ibn 'Amr 71 nous raconta, d'après 'Atâ' ibn Abî Rabâh 72, d'après Ibn 'Abbâs 73 – qu'Allah les agrée – qui dit : « Le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, était sous la tutelle d'Abû Tâlib après son grand-père 'Abd al-Muttalib. Les enfants de 'Abd al-Muttalib se levaient le matin les yeux chassieux, tandis que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, se levait le matin bien peigné et luisant. » Mention du premier voyage du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, en Syrie, et ce qu'il comporta comme signes précurseurs de sa prophétie, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, alors qu'il avait dix ans.
Les Qurayshites décidèrent d'envoyer une caravane en Syrie avec d'importantes marchandises et richesses. Abû Tâlib 74 décida également de se joindre à cette caravane. Lorsqu'il fut prêt à partir, le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) attendit de voir s'il partirait avec lui. Abû Tâlib s'inquiéta pour lui et dit : « Vas-tu sortir ? » Ses oncles et tantes parlèrent à Abû Tâlib et lui dirent : « Un tel garçon ne doit pas être emmené ; tu l'exposes aux dangers des campagnes et aux épidémies. » Abû Tâlib envisagea alors de le laisser derrière, mais il le vit pleurer. Il dit : « Qu'as-tu, ô fils de mon frère ? Est-ce parce que je veux te laisser derrière que tu pleures ? » Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) répondit : « Oui. » Abû Tâlib dit alors : « Je ne me séparerai jamais de toi ; sors donc avec moi. » Il partit donc avec lui. Lorsque la caravane descendit à Busrâ 75 en Syrie, il s'y trouvait un moine nommé Bahîrâ 76 dans un ermitage. Les savants chrétiens se succédaient dans cet ermitage, héritant d'un livre qu'ils étudiaient. Lorsqu'ils descendirent près de Bahîrâ – alors qu'auparavant ils passaient souvent devant lui sans qu'il ne leur adresse la parole –, cette année-là, ils s'arrêtèrent près de son ermitage, alors qu'avant ils descendaient ailleurs. Lorsqu'ils passèrent devant lui, il leur prépara un repas et les invita. Ce qui le poussa à agir ainsi, c'est qu'il les vit arriver, et un nuage ombrageait le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) parmi les gens, jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent sous un arbre. Puis il vit ce nuage ombrager l'arbre, et les branches de l'arbre s'inclinèrent sur le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) jusqu'à ce qu'il soit à l'ombre. Lorsque Bahîrâ vit cela, il descendit de son ermitage, ordonna d'apporter ce repas, et envoya quelqu'un leur dire : « Ô assemblée des Qurayshites, j'ai préparé pour vous un repas et je souhaite que vous y assistiez tous, sans qu'aucun d'entre vous, petit ou grand, libre ou esclave, ne manque ; car c'est une façon de m'honorer. » Un homme du groupe dit : « Tu as une affaire, ô Bahîrâ ; tu ne faisais pas cela auparavant. Qu'as-tu aujourd'hui ? » Il répondit : « J'ai voulu vous honorer, car vous avez des droits sur moi. » Ils se rassemblèrent donc auprès de lui, mais le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) resta en arrière en raison de son jeune âge – il n'y avait personne dans le groupe plus jeune que lui –, surveillant leurs bagages sous l'arbre. Lorsque Bahîrâ regarda le groupe et ne vit pas la description qu'il connaissait et trouvait chez lui, il se mit à observer et ne vit le nuage sur personne du groupe, mais le vit planer au-dessus du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui). Bahîrâ dit : « Ô assemblée des Qurayshites, que personne d'entre vous ne manque à ce repas ! » Ils dirent : « Il ne manque personne, sauf un garçon, le plus jeune du groupe, qui est près de nos bagages. » Il dit : « Appelez-le, qu'il assiste à mon repas ; il serait inconvenant que vous soyez tous présents et qu'un seul manque. Je le considère comme l'un des vôtres. » Ils dirent : « Par Dieu, il est de la meilleure lignée parmi nous, et c'est le neveu de cet homme, issu des enfants de ‘Abd al-Muttalib 77. » Al-Hârith ibn ‘Abd al-Muttalib ibn ‘Abd Manâf 78 se leva et dit : « Par Dieu, il s'en est fallu de peu que le fils de ‘Abd al-Muttalib ne manque aujourd'hui parmi nous. » Puis il alla vers lui, le prit dans ses bras et l'amena jusqu'à l'installer au repas, tandis que le nuage se déplaçait au-dessus de sa tête. L'arbre se déracina lorsque le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) le quitta. Bahîrâ le regardait intensément et observait quelque chose de son corps qu'il trouvait dans sa description. Lorsqu'ils eurent fini de manger, Bahîrâ s'approcha de lui et dit : « Ô garçon, je te conjure par al-Lât et al-‘Uzzâ 79 de me répondre sur ce que je vais te demander. » Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) dit : « Quel droit ont-elles sur moi ? Ne me conjure pas par al-Lât et al-‘Uzzâ ; par Dieu, je n'ai jamais rien haï autant qu'elles, et je ne les ai jamais regardées par aversion pour elles. Mais conjure-moi par Dieu, et je te répondrai sur ce que tu me demanderas, si j'en ai connaissance. » Bahîrâ dit : « Par Dieu, je te conjure. » Il se mit à l'interroger sur divers aspects de sa vie, et il l'informait, jusqu'à ce qu'il l'interroge sur son sommeil. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) dit : « Mes yeux dorment, mais mon cœur ne dort pas. » Il regarda alors ses yeux et vit une rougeur, puis dit à son peuple : « Dites-moi, cette rougeur vient-elle et disparaît-elle, ou ne le quitte-t-elle jamais ? » Ils dirent : « Nous ne l'avons jamais vue le quitter. » Il lui demanda d'enlever un manteau qu'il portait, jusqu'à ce qu'il voie son dos et le sceau de la prophétie 80 entre ses omoplates (que la paix soit sur lui), semblable à un bouton de tente, au milieu. Chaque poil de sa tête se hérissa, et il embrassa l'emplacement du sceau de la prophétie. Les Qurayshites se mirent à dire : « Muhammad a une grande considération auprès de ce moine. » Abû Tâlib, voyant ce que faisait le moine, craignit pour son neveu. Puis le moine dit à Abû Tâlib : « Quel est ce garçon pour toi ? » Il dit : « Mon fils. » Il dit : « Ce n'est pas ton fils, et il ne convient pas que son père soit vivant. » Il dit : « C'est le fils de mon frère. » Il dit : « Qu'est-il arrivé à son père ? » Abû Tâlib dit : « Il est mort alors que sa mère était enceinte de lui. » Il dit : « Qu'est-il arrivé à sa mère ? » Il dit : « Elle est morte récemment. » Il dit : « Tu as dit vrai. Ramène ton neveu dans ton pays et méfie-toi des Juifs pour lui. Par Dieu, s'ils le voient ou reconnaissent en lui ce que je reconnais, ils lui causeront du tort. Car il adviendra pour ton neveu une grande affaire que nous trouvons dans nos livres et dans ce que nous avons hérité de nos pères. Et des engagements ont été pris sur nous. » Abû Tâlib dit : « Qui les a pris sur vous ? » Le moine sourit puis dit : « Dieu les a pris sur nous. Jésus, fils de Marie, est descendu avec cela. Ne tarde pas et ramène-le dans son pays natal. Car je t'ai donné le conseil. Les Juifs espèrent qu'il soit parmi eux, et s'ils apprennent qu'il est d'ailleurs, ils le jalouseront. » Des hommes parmi les Juifs le virent et voulurent l'assassiner, ayant reconnu sa description. C'étaient Zarîd, Tammâm et Dubays 81, des gens du Livre. Ils avaient décidé et résolu de l'assassiner, et ils allèrent trouver Bahîrâ pour en discuter avec lui, pensant qu'il serait de leur avis. Mais il les en dissuada fermement et leur dit : « Trouvez-vous sa description ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : « Vous n'avez aucun moyen contre lui. » Ils le laissèrent donc. Abû Tâlib repartit avec lui rapidement, craignant que les Juifs ne l'assassinent. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) grandit auprès d'Abû Tâlib, Dieu le protégeant et le préservant des pratiques et des vices de l'époque préislamique 82, en raison de l'honneur qu'Il lui destinait, tout en suivant la religion de son peuple, jusqu'à ce qu'il devienne un homme, le plus vertueux de son peuple en noblesse, le meilleur en voisinage, le plus généreux en relations, le meilleur en caractère, le plus grand en clémence, le plus véridique en paroles, le plus digne de confiance, le plus éloigné de l'obscénité et du mal. On ne le vit jamais quereller ni disputer quiconque, au point que son peuple le surnomma al-Amîn 83, en raison des qualités vertueuses que Dieu avait réunies en lui. À La Mecque, le surnom qui prévalait pour lui était al-Amîn.
109 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn 'Uthman ibn Abi Shayba nous a rapporté : mon père et mon oncle Abu Bakr nous ont rapporté : Qurād Abū Nūḥ nous a rapporté : Yūnus ibn Abī Isḥāq nous a rapporté, d'après Abū Bakr ibn Abī Mūsā, d'après son père, qui a dit : Abū Ṭālib partit pour le Shām 84, et avec lui partit le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ainsi que des anciens de Quraysh. Lorsqu'ils arrivèrent en vue du moine, ils descendirent et déchargèrent leurs montures. Le moine sortit vers eux, alors qu'avant cela, ils passaient devant lui sans qu'il ne sorte vers eux ni ne leur prête attention. Il dit : Alors qu'ils déchargeaient leurs montures, il se faufila parmi eux jusqu'à ce qu'il arrive, prit la main du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et dit : « Celui-ci est le maître des mondes, celui-ci est l'envoyé du Seigneur des mondes, celui-ci, Allah l'enverra comme miséricorde pour les mondes. » Les anciens de Quraysh lui dirent : « Qu'est-ce qui te fait savoir cela ? » Il dit : « Lorsque vous êtes arrivés en vue de la colline, il n'est resté aucun arbre ni aucune pierre sans se prosterner, et ne se prosterne que pour un prophète. Et je le reconnais au sceau de la prophétie 85 : sous le cartilage de ses omoplates, il y a comme une pomme. » Puis il leur prépara un repas. Lorsqu'il l'apporta, et que lui (le Prophète) était à la garde des chameaux, il dit : « Envoyez-le chercher. » Il vint, et un nuage l'ombrageait. Lorsqu'il s'approcha, ils virent qu'un nuage l'ombrageait. Lorsqu'il s'approcha du groupe, il trouva qu'ils l'avaient devancé à l'arbre. Lorsqu'il s'assit, l'ombre de l'arbre se pencha sur lui. Il dit : Alors qu'il se tenait devant eux, les adjurant de ne pas l'emmener chez les Romains, car si les Romains le voyaient, ils le reconnaîtraient par la description et le tueraient, il se retourna et voici sept hommes venant des Romains. Il alla à leur rencontre et dit : « Qu'est-ce qui vous amène ? » Ils dirent : « Ce prophète dont la nouvelle nous est parvenue, qu'il apparaîtra ce mois-ci ; il n'est resté aucune route sans que des gens n'y soient envoyés vers lui, et nous avons été informés de son histoire, et nous avons été envoyés vers votre route. » Il leur dit : « Avez-vous laissé derrière vous quelqu'un de meilleur que vous ? » Ils dirent : « Non, nous avons seulement été informés de son histoire et envoyés vers cette route. » Il dit : « Que pensez-vous d'une affaire qu'Allah, Puissant et Majestueux, veut accomplir : quelqu'un peut-il la repousser ? » Ils dirent : « Non. » Alors ils lui prêtèrent allégeance et restèrent avec lui. Il vint à eux et dit : « Je vous adjure par Allah : qui est son protecteur ? » Abū Ṭālib dit : « Moi. » Il ne cessa de l'adjurer jusqu'à ce qu'Abū Ṭālib le fasse revenir, et il envoya avec lui Bilāl. Le moine lui donna du pain sec et de l'huile. Mention du second voyage du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) au Shām avec Maysara, l'esclave de Khadīja (qu'Allah soit satisfait d'elle), et l'histoire du moine Nestor. 110 - Abū 'Amr ibn Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Ḥasan nous a informés : al-Ḥasan ibn al-Jahm nous a rapporté : al-Ḥusayn ibn al-Faraj nous a rapporté : Muḥammad ibn 'Umar al-Wāqidī nous a rapporté ; et Abū Muḥammad ibn Ḥayyān nous a rapporté : Isḥāq ibn Ibrāhīm ibn Jamīl nous a rapporté : Isḥāq ibn al-Fayḍ nous a rapporté : Ibrāhīm ibn Aḥmad al-Baghdādī nous a rapporté : Muḥammad ibn Sa'd nous a rapporté, d'après Muḥammad ibn 'Umar al-Wāqidī : Mūsā ibn Shayba nous a rapporté, d'après 'Umayra bint 'Abd Allāh ibn Ka'b ibn Mālik, d'après Umm Sa'd ibn al-Rabī', d'après Nafīsa bint Umayya, sœur de Ya'lā, qui a dit : Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) atteignit vingt-cinq ans, et qu'il n'avait à La Mecque d'autre nom que « le Digne de confiance » 86, en raison des qualités de bien qui étaient parfaites en lui, Abū Ṭālib lui dit : « Ô fils de mon frère, je suis un homme sans biens, et le temps s'est durci pour nous, des années néfastes se sont abattues sur nous, nous n'avons ni ressource ni commerce. Voici la caravane de ton peuple qui se prépare à partir pour le Shām. Khadīja bint Khuwaylid envoie des hommes de ton peuple avec ses caravanes pour commercer pour elle et en tirer profit. Si tu allais à elle et lui offrais tes services, elle se hâterait vers toi et te préférerait aux autres, en raison de ce qui lui parvient de ta pureté. J'aurais détesté que tu ailles au Shām, et je crains pour toi les Juifs, mais nous n'avons d'autre choix. » Khadīja était une femme commerçante, noble, possédant de grandes richesses et un commerce ; elle envoyait ses marchandises au Shām, et sa caravane était comme la caravane générale de Quraysh. Elle engageait des hommes et leur confiait de l'argent en mudāraba 87. Les Quraysh étaient un peuple commerçant ; celui qui n'était pas commerçant n'était rien à leurs yeux. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Peut-être m'enverra-t-elle pour cela. » Abū Ṭālib dit : « Je crains qu'elle ne confie cela à un autre que toi ; tu chercherais alors une affaire perdue. » Ils se séparèrent. La nouvelle de la conversation de son oncle avec lui parvint à Khadīja, ainsi que ce qui lui était parvenu auparavant de la véracité de ses paroles, de la grandeur de sa loyauté et de la noblesse de son caractère. Elle dit : « Je ne savais pas qu'il désirait cela. » Puis elle lui envoya un message : « Ce qui m'a poussée à t'envoyer, c'est ce qui m'est parvenu de tes paroles, de la grandeur de ta loyauté et de la noblesse de ton caractère. Je te donnerai le double de ce que je donne à un homme de ton peuple. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) accepta. Il rencontra Abū Ṭālib et lui en parla. Abū Ṭālib dit : « C'est une subsistance qu'Allah t'a envoyée. » Il partit donc avec son esclave Maysara jusqu'à ce qu'il arrive au Shām. Ses oncles recommandèrent aux gens de la caravane de prendre soin de lui jusqu'à ce qu'il arrive au Shām. Ils descendirent au marché de Buṣrā 88, à l'ombre d'un arbre, près de l'ermitage d'un moine appelé Nestor. Le moine regarda Maysara – il le connaissait – et dit : « Ô Maysara, qui est celui qui est descendu sous cet arbre ? » Il dit : « Un homme de Quraysh, du peuple du Sanctuaire. » Le moine lui dit : « Il n'est jamais descendu sous cet arbre qu'un prophète. » Puis il dit : « A-t-il une rougeur dans les yeux ? » Maysara dit : « Oui, elle ne le quitte jamais. » Le moine dit : « C'est lui, et il est le dernier des prophètes. Plût au ciel que je sois vivant lorsqu'il recevra l'ordre de sortir ! » Maysara retint cela. Puis le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) se rendit au marché de Buṣrā, vendit la marchandise qu'il avait apportée et en acheta. Il y eut un différend entre lui et un homme au sujet d'une marchandise. L'homme lui dit : « Jure par al-Lāt et al-'Uzzā 89 ! » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Je n'ai jamais juré par elles, et quand je passe près d'elles, je les évite. » L'homme dit : « Ta parole est la parole. » Puis il dit à Maysara, en privé : « Ô Maysara, celui-ci est un prophète. Par Celui qui tient mon âme en Sa main, c'est bien lui. Nos rabbins le trouvent décrit dans leurs livres. » Maysara retint cela. Puis tous les gens de la caravane repartirent. Maysara voyait le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), lorsque midi arrivait et que la chaleur devenait intense, deux anges l'ombrager du soleil, alors qu'il était sur son chameau. Il dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) revint avec son commerce, qui avait rapporté le double de ce qu'elle gagnait habituellement, et elle doubla pour lui ce qu'elle lui avait promis. Le cheikh dit : Ce chapitre contient les états du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) depuis le mariage d'Āmina, sa grossesse, son accouchement, l'allaitement, la garde de Ḥalīma sa nourrice, jusqu'à ce qu'il atteigne vingt-cinq ans, accompagnés de signes indiquant la prophétie du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), car ils sortent de l'ordinaire et de l'habituel, avec la reconnaissance par les gens des Écritures et autres des signes que les livres antérieurs et les récits passés ont consignés comme annonces de lui. Leur attente de son envoi et de son apparition sont des marques et des preuves pour quiconque veut croire en lui, devient par lui croyant et convaincu, et réalise sa prophétie.
111 - Abou 'Amr ibn Hamdan nous a rapporté : al-Hasan ibn Sufyan nous a rapporté : 'Abd al-A'la ibn Hammad nous a rapporté : 'Uthman ibn 'Umayr nous a rapporté : Yunus ibn Yazid nous a rapporté, d'après az-Zuhri, d'après Abou Salama, d'après Jabir 90 qui a dit : « Nous étions avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) en train de cueillir des fruits de l'arak 91 lorsqu'il dit : « Prenez ce qui est noir parmi eux, car c'est le meilleur. » Nous dîmes : « Et toi, tu as gardé les moutons ? » Il répondit : « Oui, et y a-t-il un prophète qui ne les ait pas gardés ? » 112 - Ahmad ibn Ja'far an-Nasabi et Muhammad ibn Humayd, parmi d'autres, nous ont rapporté : 'Abdullah ibn Muhammad ibn 'Abd al-'Aziz nous a rapporté : Muhammad ibn Hassan as-Samti nous a rapporté : 'Amr ibn Yahya ibn Sa'id ibn 'Amr nous a rapporté, d'après Abou Hourayra 92 qui a dit : « J'ai entendu le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dire : « Allah n'a envoyé aucun prophète sans qu'il ait gardé les moutons. » Ils dirent : « Et toi, ô Messager d'Allah ? » Il dit : « Et moi, je les ai gardés pour ma famille à La Mecque, contre des qirats 93. » Et ce qui entre dans ce chapitre, parmi ce qu'Allah a accordé à Son Prophète durant la période de l'ignorance 94, c'est qu'Il l'a guidé pour placer la Pierre Noire 95 à son emplacement de sa propre main, lorsque Quraysh 96 était en désaccord à propos de son placement, comme preuve de la véracité de sa prophétie. 113 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté : Ahmad ibn al-Qasim ibn Musawir nous a rapporté : Sa'id ibn Sulayman al-Wasiti nous a rapporté : 'Abbad ibn al-'Awwam nous a rapporté, d'après Hilal ibn Khabbab, d'après Mujahid 97 qui a dit : Mon maître 'Abdullah ibn as-Sa'ib m'a raconté : « J'étais parmi ceux qui construisaient la Maison 98, et j'ai pris une pierre, je l'ai égalisée et placée à côté de la Maison. Or, Quraysh était en désaccord au sujet de la Pierre [Noire] lorsqu'ils voulurent la placer, au point qu'une bataille à l'épée faillit éclater entre eux. Ils dirent : « Prenez comme arbitre le premier homme qui entrera par la porte. » Alors le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) entra, et ils l'appelaient, durant la période de l'ignorance, al-Amin 99. Ils dirent : « Voici entré al-Amin. » Ils dirent : « Ô Muhammad, nous t'acceptons comme arbitre. » Il demanda un vêtement, l'étendit, puis plaça la Pierre dedans. Ensuite, il dit à telle tribu et à telle tribu, à toutes les tribus de Quraysh : « Que chaque homme de chaque tribu prenne un bord du vêtement. » Ils le soulevèrent, puis le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) prit la Pierre et la plaça. » 114 - Abou 'Umar al-'Uthmani 'Uthman ibn Muhammad nous a rapporté : Abou Yazid Khalid ibn an-Nadr al-Qurashi nous a rapporté : Muhammad ibn 'Abd al-A'la as-San'ani nous a rapporté : Mu'tamir ibn Sulayman nous a rapporté, d'après son père 100 qui a dit : « Lorsque Quraysh entreprit la construction de la Ka'ba 101 et arriva au placement de la Pierre Noire, les quatre clans 102 de ces tribus se disputèrent et se jalousèrent pour savoir qui aurait l'honneur de la soulever, au point qu'une grave affaire faillit éclater entre eux. Il fut décidé qu'ils prendraient comme arbitre le premier homme qui entrerait par la porte de leur côté, et ils firent un pacte par Allah, le Seigneur de la Maison, qu'ils lui confieraient cette affaire, quel qu'il soit. Alors le Prophète d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) sortit par cette porte, par un ordre qu'Allah, Puissant et Majestueux, lui avait réservé, et il était alors appelé al-Amin. Les tribus de Quraysh dirent : « Voici al-Amin, fils de 'Abd al-Muttalib 103, il est parmi nous, et nous l'acceptons. » Lorsqu'il arriva auprès d'eux, il leur dit : « Quelle est cette affaire ? » Ils dirent : « Ô fils de 'Abd al-Muttalib, nous nous sommes disputés au sujet de cette Pierre et nous sommes jalousés, alors nous l'avons confiée au premier qui entrerait par cette porte, et tu as été le premier à entrer. Fais donc en sorte d'agir pour réconcilier ton peuple. » Alors le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) prit un vêtement, l'étendit, puis prit la Pierre et la plaça dedans. Ensuite, il ordonna à ces tribus de prendre les bords du vêtement et de le soulever, en signe de réconciliation et d'union, jusqu'à ce qu'ils atteignent l'emplacement de la Pierre. Alors le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) prit la Pierre et la plaça de sa propre main, et Allah, Puissant et Majestueux, lui confia cela sept ans avant sa mission prophétique. » 115 - Al-Waqidi 104 a dit : Muhammad ibn Abi Humayd m'a rapporté, d'après Mawdud, affranchi de 'Umar ibn 'Ali, d'après 'Umar ibn 'Ali 105 qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « C'est moi qui ai placé le Pilier 106 de mes propres mains le jour où Quraysh était en désaccord à propos de son placement. » Abou Talib 107 dit (en poésie) : « Nous avons le premier et le dernier mot, Dans le jugement et la justice que nul ne conteste. Nous avons peiné, peiné pour la construire, Et nous avons construit son meilleur et sa plus grande partie. Si c'est la vérité, c'est en nous qu'elle abonde. » Le cheikh 108 a dit : « Et il y a eu de la part de Quraysh un témoignage similaire après sa mission prophétique (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), reconnaissant qu'ils n'avaient jamais éprouvé de mensonge de sa part. » 116 - Ja'far ibn Muhammad ibn 'Umar nous a rapporté : Abou Husayn Muhammad ibn al-Husayn al-Wadi'i nous a rapporté : Yahya ibn 'Abd al-Hamid nous a rapporté : Hafs, mon père, et Abou Mu'awiya nous ont rapporté : al-A'mash nous a rapporté, d'après 'Amr ibn Murra, d'après Sa'id ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbas (qu'Allah les agrée tous deux) 109 qui a dit : « Lorsque fut révélé : {Et avertis les plus proches parmi les tiens} 110, le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) appela les tribus de Quraysh une par une et dit : « Que pensez-vous si je vous disais qu'une cavalerie va vous attaquer, me croiriez-vous ? » Ils dirent : « Oui, nous n'avons jamais éprouvé de mensonge de ta part. » Il dit : « Alors je suis pour vous un avertisseur avant un châtiment sévère. » Abou Lahab 111 dit : « Est-ce pour cela que tu nous as rassemblés ? Que tu périsses pour le reste de la journée ! » Alors Allah, Puissant et Majestueux, révéla : {Que périssent les deux mains d'Abou Lahab et qu'il périsse lui-même} 112. » C'est la version d'al-Jumani 113. Le cheikh a dit : « Et Quraysh a témoigné pour lui (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et a reconnu avant sa mission prophétique, en plusieurs occasions. Parmi ce qui est proche de ce hadith et lui correspond : 117 - Ce que nous a rapporté Sulayman ibn Ahmad : 'Ali ibn 'Abd al-'Aziz nous a rapporté : 'Abdullah ibn Raja' nous a rapporté : Isra'il nous a rapporté, d'après Abou Ishaq, d'après 'Amr ibn Maymun, d'après 'Abdullah ibn Mas'ud 114 qui a dit : « Sa'd ibn Mu'adh 115 partit pour la 'umra 116 et descendit chez Abou Safwan Umayya ibn Khalaf 117. Or, Umayya, lorsqu'il partait pour le Sham 118 et passait par Médine, descendait chez Sa'd. Umayya dit à Sa'd : « Attends que le milieu du jour soit passé et que les gens soient distraits, puis va et tourne autour de la Ka'ba. » Pendant que Sa'd tournait autour de la Ka'ba en sécurité, Abou Jahl 119 vint à lui et dit : « Qui est celui qui tourne autour de la Ka'ba en sécurité ? » Sa'd dit : « C'est moi, Sa'd. » Abou Jahl dit : « Tu tournes autour de la Maison en sécurité alors que vous avez accueilli Muhammad et ses compagnons ? » Il y eut un échange entre eux jusqu'à ce qu'Umayya dise à Sa'd : « N'élève pas la voix contre Abou al-Hakam 120, car il est le seigneur de cette vallée. » Sa'd lui dit : « Par Allah, si tu m'empêches de tourner autour de la Maison, je couperai ton commerce vers le Sham. » Umayya se mit à dire : « N'élève pas la voix contre Abou al-Hakam », pour le faire taire. Sa'd se fâcha et dit : « Laisse-nous, car j'ai entendu Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) prétendre qu'il te tuera. » Il dit : « Moi ? Moi ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Par Allah, Muhammad ne ment pas. » Lorsqu'ils sortirent, il retourna vers sa femme et dit : « Ne sais-tu pas ce qu'a dit mon frère le Yathribite 121 ? » Il l'informa. La femme d'Umayya dit : « Muhammad ne nous laisse pas tranquilles. » Lorsque vint l'appel au secours et qu'ils sortirent pour Badr 122, sa femme lui dit : « Ne te souviens-tu pas de ce que t'a dit ton frère le Yathribite ? » Il voulut ne pas sortir, mais Abou Jahl lui dit : « Tu fais partie des notables de la vallée, marche avec nous un jour ou deux. » Il marcha avec eux, et Allah le tua à Badr. »
- nushu' : Croissance, développement, depuis la naissance jusqu'à l'âge adulte.
- ahwal : États spirituels ou conditions successives par lesquelles le Prophète a passé.
- nubuwwa : Prophétie, le statut de prophète annonçant la révélation divine.
- risala : Mission prophétique, le message divin confié au Prophète.
- Yathrib : Ancien nom de Médine avant l'Hégire.
- Rabi' al-Awwal : Troisième mois du calendrier lunaire islamique.
- makh tunan masruran : Né circoncis et le cordon ombilical coupé, considéré comme un signe de noblesse prophétique.
- Jibril : L'ange Gabriel, chargé de transmettre la révélation divine aux prophètes.
- sana shahba' : Année de sécheresse intense, littéralement 'année grise'.
- akhuhu : Son frère de lait, c'est-à-dire le fils de Halima allaité en même temps que le Prophète.
- sharif : Vieille chamelle, souvent utilisée pour le transport.
- al-waladan : Les deux enfants : le Prophète et son frère de lait.
- Qurashi : Membre de la tribu de Qoraysh, à laquelle appartenait le Prophète.
- satahu : Lava son ventre, faisant référence à l'ouverture de la poitrine du Prophète par les anges pour la purifier.
- usiba : Touché par un malheur ou une atteinte, ici peut-être par le démon.
- ma'sum : Préservé, protégé du péché et des influences démoniaques.
- Busra : Ville de Syrie (actuelle Bosra), mentionnée dans les récits de la naissance du Prophète.
- Thuwayba : Affranchie d'Abu Lahab, oncle du Prophète, qui l'allaita avant Halima.
- al-Ḥārith ibn ʿAbd al-ʿUzzā : Père de lait du Prophète, mari de Ḥalīma.
- sana ḥamrā’ : Année de sécheresse et de disette, littéralement 'année rouge'.
- shārif : Chamelle âgée ou de haute stature.
- dhalfā’ : Chamelle au bout des mamelles desséché, sans lait.
- al-Samrā’ al-Laqūḥ : Nom de la chamelle ; 'al-Samrā’' signifie 'la brune', 'al-Laqūḥ' désigne une chamelle qui vient de mettre bas.
- taqṣa‘u bi-jarratihā : Elle broie avec sa mâchoire, signe de faim ou de vieillesse.
- qa‘b : Mesure de capacité, environ deux litres.
- Wādī al-Surar : Vallée près de La Mecque, lieu de pâturage.
- afhār : Bourrelets de graisse, signe d’embonpoint.
- dabrā’ : Croupe décharnée, sans chair.
- Aṭlāl : Nom d’une brebis, peut-être dérivé de ṭall (rosée) ou ṭalīl (gras).
- al-khuḍr : Le vert, signe de verdure et d'abondance, ici miraculeuse.
- al-ḥabaṭ : Météorisme ou gonflement du ventre chez les animaux dû à une suralimentation.
- Wādī al-Surar : Vallée située entre La Mecque et Médine.
- khātam al-nubuwwa : Sceau de la prophétie, signe physique entre les omoplates du Prophète.
- Dhū al-Majāz : Marché et lieu de foire préislamique près de La Mecque.
- ‘arrāf : Devin ou voyant, pratiquant la divination.
- ‘Ukāẓ : Célèbre marché et foire préislamique.
- ghummiyya : État de faiblesse ou d'évanouissement.
- lamam : Atteinte ou possession par les djinns.
- al-Abwâ' : Localité située entre La Mecque et Médine, où est morte Âmina, mère du Prophète.
- Oumm Ayman : Servante éthiopienne du Prophète, nommée Baraka, qui fut sa nourrice et qu'il affranchit après son mariage avec Khadîja.
- 'Abd al-Muttalib : Grand-père paternel du Prophète, chef de la tribu de Quraysh à La Mecque.
- Ka'ba : Sanctuaire sacré de l'islam à La Mecque, vers lequel les musulmans se tournent pour prier.
- ange : Référence à la croyance que le Prophète était accompagné d'un ange protecteur dès son enfance.
- ar-Radm : Lieu à La Mecque, peut-être une digue ou un mur de soutènement.
- Banû Mudlij : Tribu arabe, branche des Kinâna, connue pour sa connaissance des empreintes.
- al-Maqâm : La station d'Abraham, lieu près de la Ka'ba où Abraham se tenait pour prier.
- Abû Tâlib : Oncle paternel du Prophète, qui l'a élevé après la mort de son grand-père.
- Hijr : Espace semi-circulaire adjacent à la Ka'ba, considéré comme faisant partie du sanctuaire.
- évêque de Najrân : Chef religieux chrétien de la région de Najrân, au Yémen.
- Mûsâ ibn Shayba : Transmetteur de hadiths, peu connu.
- Khârija ibn 'Abd Allâh ibn Ka'b ibn Mâlik : Transmetteur de hadiths, descendant du compagnon Ka'b ibn Mâlik.
- 'Umra : Pèlerinage mineur à La Mecque, effectué à tout moment de l'année.
- Taymâ' : Oasis dans le nord-ouest de l'Arabie, habitée par des Juifs.
- 'Âd : Ancienne tribu arabe anéantie par un châtiment divin pour avoir rejeté le prophète Hûd.
- Ibn Abî Sabra : Transmetteur de hadiths, peut-être Abû Bakr ibn Abî Sabra.
- Sulaymân ibn Suhaym : Transmetteur de hadiths, considéré comme faible par certains critiques.
- Nâfi' ibn Jubayr : Fils du compagnon Jubayr ibn Mut'im, transmetteur de hadiths.
- 'Urana : Vallée près de La Mecque, utilisée comme pâturage.
- qa'b : Grand bol ou coupe utilisé pour boire.
- khôl : Substance noire utilisée comme eye-liner, appliquée sur les yeux.
- 'Alî ibn 'Umar ibn al-Husayn : Transmetteur de hadiths, peu connu.
- 'Abd Allâh ibn Muhammad ibn 'Aqîl : Transmetteur de hadiths, considéré comme faible.
- Ibn al-Hanafiyya : Muhammad ibn al-Hanafiyya, fils de 'Alî ibn Abî Tâlib et de Khawla al-Hanafiyya.
- 'Aqîl ibn Abî Tâlib : Frère de 'Alî et cousin du Prophète, compagnon.
- Zamzam : Puits sacré à La Mecque, dont l'eau est bénie.
- Muhammad ibn al-Hasan ibn Usâma ibn Zayd : Transmetteur de hadiths, descendant du compagnon Usâma ibn Zayd.
- Abû 'Amr ibn Hamdân : Transmetteur de hadiths, probablement un chaînon dans la chaîne de transmission.
- al-Husayn ibn Sufyân : Transmetteur de hadiths, peu connu.
- Zuhayr ibn Sallâm : Transmetteur de hadiths, peut-être Zuhayr ibn Muhammad al-Khurâsânî.
- 'Umar ibn Muhammad : Transmetteur de hadiths, peu connu.
- Talha ibn 'Amr : Transmetteur de hadiths, considéré comme faible.
- 'Atâ' ibn Abî Rabâh : Célèbre savant et transmetteur de hadiths de La Mecque.
- Ibn 'Abbâs : Abd Allâh ibn 'Abbâs, cousin du Prophète et grand exégète du Coran.
- Abû Tâlib : Oncle paternel du Prophète Muhammad, qui l'a élevé après la mort de son grand-père.
- Busrâ : Ville de Syrie, ancienne capitale de la province romaine d'Arabie.
- Bahîrâ : Moine chrétien qui aurait reconnu Muhammad comme prophète lors d'un voyage en Syrie.
- ‘Abd al-Muttalib : Grand-père du Prophète Muhammad, chef des Qurayshites.
- Al-Hârith ibn ‘Abd al-Muttalib : Oncle paternel du Prophète, frère d'Abû Tâlib.
- al-Lât et al-‘Uzzâ : Divinités païennes adorées par les Arabes préislamiques.
- Sceau de la prophétie : Marque physique entre les omoplates du Prophète, considérée comme un signe de sa prophétie.
- Zarîd, Tammâm et Dubays : Noms de trois Juifs mentionnés dans ce récit comme ayant voulu assassiner le Prophète.
- Époque préislamique : Période antérieure à l'islam, caractérisée par l'ignorance religieuse et les pratiques païennes.
- al-Amîn : Surnom signifiant 'le Digne de confiance', donné à Muhammad par les Qurayshites.
- Shām : Région du Levant, comprenant la Syrie, le Liban, la Palestine et la Jordanie actuels.
- sceau de la prophétie : Marque charnelle entre les omoplates du Prophète Muhammad, considérée comme un signe de sa prophétie.
- al-Amīn : Surnom du Prophète Muhammad avant l'islam, signifiant 'le Digne de confiance'.
- mudāraba : Contrat de société où l'une des parties apporte le capital et l'autre le travail, avec partage des profits.
- Buṣrā : Ville du sud de la Syrie, ancienne capitale de la province romaine d'Arabie.
- al-Lāt et al-'Uzzā : Deux des principales divinités féminines adorées par les Arabes préislamiques.
- Jābir : Jābir ibn 'Abd Allāh al-Ansārī, compagnon du Prophète.
- al-kabāth : Fruits de l'arak (Salvadora persica), arbre dont on utilise les branches comme siwak.
- Abū Hurayra : Compagnon célèbre, rapporteur de nombreux hadiths.
- qirāṭ : Unité de poids ou de monnaie, ici salaire modique.
- al-Jāhiliyya : Période préislamique, littéralement 'ignorance'.
- al-Ḥajar al-Aswad : Pierre Noire, située dans l'angle est de la Ka'ba.
- Quraysh : Tribu dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- Mujāhid : Mujāhid ibn Jabr, éminent exégète et savant.
- al-Bayt : La Ka'ba, la Maison sacrée.
- al-Amīn : Le Digne de confiance, surnom du Prophète avant l'islam.
- Sulaymān : Sulaymān ibn Tarkhān al-Taymī, traditionniste.
- al-Ka'ba : Sanctuaire sacré à La Mecque, direction de la prière.
- al-arbā' : Les quatre clans ou tribus de Quraysh.
- 'Abd al-Muṭṭalib : Grand-père du Prophète.
- al-Wāqidī : Muhammad ibn 'Umar al-Wāqidī, historien et biographe.
- 'Umar ibn 'Alī : Peut-être 'Umar ibn 'Alī ibn Abī Tālib, ou un autre.
- al-Rukn : Le Pilier, désignant ici la Pierre Noire.
- Abū Ṭālib : Oncle du Prophète et père de 'Alī.
- al-Shaykh : L'auteur du recueil, probablement al-Hākim al-Naysābūrī.
- Ibn 'Abbās : 'Abd Allāh ibn 'Abbās, cousin du Prophète et savant.
- Sourate 26, verset 214 : Coran, sourate des Poètes.
- Abū Lahab : Oncle du Prophète, ennemi de l'islam.
- Sourate 111, verset 1 : Coran, sourate des Fibres.
- al-Jumānī : Peut-être un transmetteur ou un compilateur.
- 'Abd Allāh ibn Mas'ūd : Compagnon éminent, rapporteur de hadiths.
- Sa'd ibn Mu'ādh : Compagnon, chef des Ansār.
- 'umra : Petit pèlerinage à La Mecque.
- Umayya ibn Khalaf : Chef mecquois, ennemi de l'islam.
- al-Shām : Région du Levant (Syrie, Palestine, etc.).
- Abū Jahl : Chef mecquois, ennemi acharné du Prophète.
- Abū al-Ḥakam : Surnom d'Abū Jahl.
- al-Yathribī : De Yathrib (Médine), désignant Sa'd.
- Badr : Bataille de Badr, première grande bataille de l'islam.
Chapitre douze : Mention de certains de ses caractères et attributs, que la prière et la…
Chapitre douze : Mention de certains de ses caractères et attributs, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui.
Le douzième chapitre : Mention de certains de ses traits de caractère et de ses qualités, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. 118 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Bakr ibn Sahl nous a rapporté : ʿAbd Allāh ibn Ṣāliḥ nous a rapporté : Muʿāwiya ibn Ṣāliḥ m’a rapporté, d’après Abū al-Zāhiriyya, d’après Jubayr ibn Nufayr, qui a dit : « J’ai accompli le pèlerinage et je suis entré chez ʿĀ’isha. Je l’ai interrogée sur le caractère du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. Elle a dit : “Le caractère du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, était le Coran 1.” » 119 - ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn Jaʿfar nous a rapporté : Aḥmad ibn Jaʿfar ibn Naṣr nous a rapporté : Jarīr ibn Yaḥyā nous a rapporté : Ḥusayn ibn ʿUlwān nous a rapporté : Hishām ibn ʿUrwa nous a rapporté, d’après son père, d’après ʿĀ’isha, qu’Allah l’agrée, qui a dit : « Il n’y avait personne de meilleur caractère que le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. Personne parmi ses Compagnons ou sa famille ne l’appelait sans qu’il ne réponde : “Me voici 2 !” Et c’est pour cela qu’Allah, Puissant et Majestueux, a révélé : “Et tu es certes d’un caractère immense” (Coran, 68:4). » 120 - Abū Bakr ibn Khallād nous a rapporté : al-Ḥārith ibn Abī Usāma nous a rapporté : ʿAbd Allāh ibn Yazīd al-Muqri’ nous a rapporté : al-Layth ibn Saʿd nous a rapporté, d’après al-Walīd ibn Abī al-Walīd, que Sulaymān ibn Khārija l’a informé, d’après Khārija ibn Zayd, qu’un groupe de personnes entra chez son père Zayd ibn Thābit et lui dit : « Raconte-nous certains traits du caractère du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. » Il dit : « J’étais son voisin. Quand la révélation descendait sur lui, il m’envoyait chercher, je venais et j’écrivais la révélation. Quand nous parlions de ce bas monde, il en parlait avec nous ; quand nous parlions de l’au-delà, il en parlait avec nous ; quand nous parlions de nourriture, il en parlait avec nous. Tout cela, je vous le rapporte de sa part. » 121 - Abū Bakr ibn Khallād nous a rapporté : al-Ḥārith ibn Abī Usāma nous a rapporté : ʿAbd al-Raḥmān ibn Wāqid nous a rapporté : ʿAdī ibn al-Faḍl nous a rapporté, d’après Yūnus ibn ʿUbayd, d’après Thābit, d’après Anas, qui a dit : « Le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, était parmi les plus doux des hommes. Par Allah, il ne refusait pas, un matin froid, à un esclave, une servante ou un enfant, de lui apporter de l’eau pour qu’il se lave le visage et les avant-bras. Jamais un demandeur ne lui demanda quoi que ce soit sans qu’il ne lui prête l’oreille, et il ne s’en allait pas avant que ce ne soit l’autre qui parte. Jamais quelqu’un ne tendit la main vers lui sans qu’il ne la lui tende, et il ne la retirait pas avant que ce soit l’autre qui la retire. » 122 - Aḥmad ibn Muḥammad ibn Yūsuf nous a rapporté : Mūsā ibn Hārūn nous a rapporté : Manṣūr ibn Abī Muzāḥim nous a rapporté : Mālik nous a rapporté, d’après al-Zuhrī, d’après ʿUrwa, d’après ʿĀ’isha, qu’Allah l’agrée, qui a dit : « Le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, n’eut jamais à choisir entre deux choses sans prendre la plus facile, tant que ce n’était pas un péché. Si c’était un péché, il était le plus éloigné des hommes de cela. Et il ne se vengeait jamais pour lui-même, sauf si les limites sacrées d’Allah, Puissant et Majestueux, étaient violées ; alors il se vengeait pour Allah, Puissant et Majestueux. » 123 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Muḥammad ibn Jubayr al-Baghdādī al-ʿAṭṭār nous a rapporté : Dāwūd ibn Rushayd nous a rapporté : ʿAlī ibn Hāshim nous a rapporté, d’après Hishām ibn ʿUrwa, d’après Bakr ibn Wā’il, d’après al-Zuhrī, d’après ʿUrwa, d’après ʿĀ’isha, qu’Allah l’agrée, qui a dit : « Le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, ne frappa jamais une femme, ni ne frappa jamais quoi que ce soit de sa main, sauf lorsqu’il combattait dans le sentier d’Allah, Puissant et Majestueux. Et jamais rien ne lui fut fait de mal sans qu’il ne se venge de son auteur pour lui-même, sauf si les interdits d’Allah étaient violés ; alors il se vengeait. » Et Manṣūr l’a rapporté d’après al-Zuhrī. 124 - ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn Jaʿfar nous a rapporté : Aḥmad ibn Muḥammad al-Bazzāz nous a rapporté : al-Ḥasan ibn Ḥammād al-Kūfī nous a rapporté : Muḥammad ibn al-Ḥasan ibn Yazīd al-Hamadhānī nous a rapporté : ʿAbbād al-Minqarī nous a rapporté, d’après ʿAlī ibn Zayd ibn Judʿān, d’après Saʿīd ibn al-Musayyib, d’après Anas ibn Mālik, qui a dit : « J’ai servi le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, pendant des années. Il ne m’a jamais insulté d’une insulte, ne m’a jamais frappé d’un coup, ne m’a jamais réprimandé, n’a jamais froncé les sourcils devant moi, et ne m’a jamais ordonné une chose que j’aurais négligée sans qu’il ne me réprimande pour cela. Si quelqu’un de sa famille me réprimandait à ce sujet, il disait : “Laissez-le ; si quelque chose était décrété, cela serait.” » 125 - ʿAbd Allāh ibn Muḥammad et Muḥammad ibn Ibrāhīm nous ont rapporté : Aḥmad ibn ʿAlī ibn al-Muthannā Abū Yaʿlā nous a rapporté : Ibrāhīm ibn al-Ḥajjāj nous a rapporté : Ḥammād nous a rapporté, d’après Thābit, d’après Anas : « Une femme qui avait quelque chose à l’esprit 3 dit : “Ô Messager d’Allah, j’ai besoin de toi.” Le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, dit : “Ô mère d’un tel, prends n’importe quel chemin que tu veux, tiens-toi là jusqu’à ce que je me tienne avec toi.” Le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, s’isola avec elle pour lui parler en privé jusqu’à ce qu’elle ait satisfait son besoin. » 126 - Abū Bakr ibn Khallād nous a rapporté : Muḥammad ibn Ghālib ibn Ḥarb nous a rapporté : ʿAbd Allāh ibn Maslama al-Qaʿnabī nous a rapporté, d’après Mālik ibn Anas, d’après Isḥāq ibn ʿAbd Allāh, d’après Anas ibn Mālik, qui a dit : « Je marchais avec le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, qui portait un manteau najrānite 4 à bordure épaisse. Un bédouin le rattrapa et le tira d’une traction violente, au point que je vis la nuque du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, marquée par la bordure du manteau à cause de la violence de sa traction. Puis il dit : “Ô Muḥammad, ordonne qu’on me donne de la richesse d’Allah qui est auprès de toi.” Le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, se tourna vers lui, rit et ordonna qu’on lui donne une aumône. »
- al-Qur’ān : Le Coran : la parole révélée d'Allah, qui est la source de la morale et de la conduite du Prophète.
- Labbayka : Formule de réponse signifiant 'Me voici à ton service', utilisée pour exprimer une disponibilité immédiate et respectueuse.
- fī ʿaqlihā shay’un : Expression signifiant qu'elle avait une faiblesse d'esprit ou une certaine altération mentale.
- burd Najrānī : Manteau tissé à Najrān (Yémen), réputé pour sa qualité et ses bordures épaisses.
Chapitre treize : Mention de ce dont Dieu – qu'Il soit exalté – l'a privilégié en matière…
Chapitre treize : Mention de ce dont Dieu – qu'Il soit exalté – l'a privilégié en matière d'immunité [1], de ce dont Il l'a protégé en l'empêchant d'embrasser la religion de l'ignorance [2], et de la sauvegarde qu'Il lui a accordée contre les machinations des djinns et des hommes, et contre leurs ruses à son encontre – que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, sur sa Famille et ses Compagnons.
Le treizième chapitre : Mention de ce par quoi Allah – Puissant et Majestueux – l’a distingué en matière d’immunité 1, de ce dont Il l’a protégé en l’empêchant d’adopter la religion de l’ignorance 2, et de Sa sauvegarde contre les ruses des djinns et des humains et leurs stratagèmes contre lui – sur lui la prière et le salut d’Allah, ainsi que sur sa Famille. 127 – Sulaymān b. Aḥmad nous a rapporté : ‘Abd Allāh b. Muḥammad b. Sa‘īd b. Abī Maryam nous a rapporté : Muḥammad b. Yūsuf al-Firyābī nous a rapporté : Sufyān nous a rapporté, d’après Manṣūr, d’après Sālim b. Abī al-Ja‘d, d’après son père, d’après ‘Abd Allāh b. Mas‘ūd – qu’Allah l’agrée – qui a dit : Le Messager d’Allah – sur lui la prière et le salut d’Allah – a dit : « Il n’est aucun d’entre vous qui n’ait avec lui son compagnon 3 parmi les djinns et son compagnon parmi les anges. » Ils dirent : « Et toi aussi, ô Messager d’Allah ? » Il dit : « Et moi aussi, mais Allah m’a assisté contre lui, et il s’est soumis 4 ; il ne m’ordonne donc que le bien. » Et Sa parole : « il s’est soumis » signifie : il s’est rendu et a obéi, de sorte qu’il ne m’ordonne aucun mal. On a dit : « il s’est soumis » signifie : il a cru ; ainsi le Prophète – sur lui la paix – est distingué par la soumission et la foi de son compagnon. 128 – Abū ‘Alī Muḥammad b. Aḥmad b. al-Ḥasan nous a rapporté : Muḥammad b. ‘Uthmān b. Abī Shayba nous a rapporté : ‘Abd Allāh b. Ya‘īsh nous a rapporté : Yūnus b. Bukayr nous a rapporté ; et Abū Aḥmad al-Ghiṭrīfī nous a rapporté : ‘Abd Allāh b. Muḥammad b. Shīrawayh nous a rapporté : Isḥāq b. Rāhawayh nous a rapporté : Wahb b. Jarīr nous a rapporté : mon père nous a rapporté, tous deux d’après Muḥammad b. Isḥāq, qui a dit : Muḥammad b. ‘Abd Allāh b. Qays b. Makhrama m’a rapporté, d’après al-Ḥasan b. Muḥammad b. ‘Alī b. Abī Ṭālib, d’après son père, d’après son grand-père ‘Alī b. Abī Ṭālib – qu’Allah l’agrée – qui a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah – sur lui la prière et le salut d’Allah – dire : « Je n’ai eu l’intention de commettre une mauvaise action parmi celles que les gens de l’ignorance avaient l’habitude d’envisager, sauf à deux reprises dans ma vie, et chaque fois Allah – Puissant et Majestueux – m’en a préservé. Une nuit, je dis à un jeune homme de Quraysh, alors que nous étions dans les hauteurs de La Mecque avec des moutons appartenant à nos familles que nous faisions paître : “Garde mes moutons pendant que je vais passer cette nuit à La Mecque à veiller comme le font les jeunes gens.” Il dit : “Oui.” Je sortis donc et, arrivé à la première maison des maisons de La Mecque, j’entendis des chants, des battements de tambourins et des flûtes. Je dis : “Qu’est-ce que cela ?” On me dit : “Un tel a épousé une telle” – un homme de Quraysh épousait une femme de Quraysh. Je me divertis de ces chants et de ces sons jusqu’à ce que le sommeil me gagne, et rien ne me réveilla sinon la chaleur du soleil. Je retournai alors vers mon compagnon, qui me dit : “Qu’as-tu fait ?” Je l’en informai. Puis, une autre nuit, je lui dis la même chose, et il fit de même. Je sortis et entendis la même chose ; on me dit la même chose qu’on m’avait dite. Je me divertis de ce que j’entendais jusqu’à ce que le sommeil me gagne, et rien ne me réveilla sinon la chaleur du soleil. Je retournai vers mon compagnon, qui me dit : “Qu’as-tu fait ?” Je dis : “Je n’ai rien fait.” Le Messager d’Allah – sur lui la prière et le salut d’Allah – dit : “Par Allah, après ces deux fois, je n’ai plus eu l’intention de commettre un mal parmi ce que font les gens de l’ignorance, jusqu’à ce qu’Allah – Puissant et Majestueux – m’honore de Sa prophétie.” » 129 – ‘Amr b. Muḥammad b. Ja‘far nous a rapporté : Ibrāhīm b. ‘Alī nous a rapporté : al-Naḍr b. Salama nous a rapporté : ‘Abd al-Jabbār b. Sa‘īd Abū Mu‘āwiya al-Musāḥiqī nous a rapporté, d’après Abū Bakr al-‘Āmirī, d’après Ḥusayn b. ‘Abd Allāh, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbās, qui a dit : Umm Ayman m’a raconté : Il y avait à Buwāna 5 une idole que Quraysh fréquentait, vénérait, pour laquelle ils accomplissaient des sacrifices, se rasaient la tête auprès d’elle et y faisaient retraite du jour jusqu’à la nuit – c’était un jour dans l’année. Abū Ṭālib y assistait avec son peuple, et il demandait au Messager d’Allah – sur lui la prière et le salut d’Allah – d’assister à cette fête avec son peuple, mais le Messager d’Allah – sur lui la prière et le salut d’Allah – refusait, jusqu’à ce que je visse Abū Ṭālib se fâcher contre lui de la pire des colères, disant : “Nous craignons pour toi à cause de ce que tu fais en évitant nos divinités.” Et je vis ses tantes paternelles se fâcher contre lui ce jour-là de la plus grande colère, et elles se mirent à dire : “Que veux-tu, ô Muḥammad ? Tu ne veux pas assister à la fête de ton peuple ni augmenter leur nombre ?” Elle dit : Ils ne cessèrent de le presser jusqu’à ce qu’il y allât. Il s’absenta d’eux le temps qu’Allah voulut, puis il revint vers nous effrayé. Ses tantes paternelles dirent : “Qu’est-ce qui t’a frappé ?” Il dit : “Je crains d’avoir été touché par un accès de folie 6.” Elles dirent : “Allah – Puissant et Majestueux – ne t’éprouverait pas par le démon, alors qu’il y a en toi tant de qualités de bien. Qu’as-tu donc vu ?” Il dit : “Chaque fois que je m’approchais d’une de leurs idoles, un homme blanc et grand se manifestait à moi en criant : ‘Arrière, ô Muḥammad, ne la touche pas !’” Umm Ayman dit : Il ne retourna plus jamais à leur fête – sur lui la prière et le salut d’Allah. 130 – Abū ‘Amr b. Ḥamdān nous a rapporté : al-Ḥasan b. Sufyān nous a rapporté : Zuhayr b. Sallām nous a rapporté : ‘Umar b. Muḥammad nous a rapporté : Ṭalḥa b. ‘Amr nous a rapporté, d’après ‘Aṭā’, d’après Ibn ‘Abbās, que Muḥammad – sur lui la prière et le salut d’Allah – se tenait avec ses cousins auprès de l’idole qui se trouvait près de Zamzam 7 et dont le nom était Isāf 8. Le Messager d’Allah – sur lui la prière et le salut d’Allah – leva les yeux vers le dos de la Ka‘ba un moment, puis il s’en alla. Ses cousins lui dirent : “Qu’as-tu, ô Muḥammad ?” Il dit : “Il m’a été interdit de me tenir auprès de cette idole.” 131 – Muḥammad b. ‘Alī al-Faqīh nous a rapporté dans son livre : ‘Abd Allāh b. Abī Dāwūd nous a rapporté : Isḥāq b. Wahb al-‘Allāf nous a rapporté : Ya‘qūb b. Muḥammad al-Zuhrī nous a rapporté : ‘Abd Allāh b. Muḥammad b. Yaḥyā b. ‘Urwa nous a rapporté, d’après Hishām b. ‘Urwa, d’après son père, d’après ‘Ā’isha – qu’Allah l’agrée – qui a dit : Le Messager d’Allah – sur lui la prière et le salut d’Allah – a dit : « J’ai entendu Zayd b. ‘Amr b. Nufayl blâmer le fait de manger ce qui a été immolé pour autre qu’Allah, et je n’ai rien goûté de ce qui avait été immolé sur les pierres dressées 9 jusqu’à ce qu’Allah – Puissant et Majestueux – m’honore de ce dont Il m’a honoré, à savoir Son message. » Le Shaykh – qu’Allah lui fasse miséricorde – a dit : Parmi ce par quoi il a été magnifié – sur lui la prière et le salut d’Allah – et protégé, il y a le fait qu’il ne se dénudait pas comme le faisaient son peuple et sa famille. Et s’il a été préservé de la nudité, alors ce qui est au-dessus mérite encore plus d’en être immunisé et d’en être interdit. 132 – Abū Bakr b. Muḥammad b. Ja‘far b. al-Haytham nous a rapporté : Muḥammad b. Aḥmad b. Abī al-‘Awwām nous a rapporté : Rawḥ b. ‘Ubāda nous a rapporté : Zakariyyā b. Isḥāq nous a rapporté : ‘Amr b. Dīnār nous a rapporté : J’ai entendu Jābir b. ‘Abd Allāh dire : Le Messager d’Allah – sur lui la prière et le salut d’Allah – transportait avec eux les pierres pour la Ka‘ba, vêtu d’un pagne 10. Al-‘Abbās, son oncle, lui dit : “Ô fils de mon frère, si tu défaisais ton pagne et le mettais sur tes épaules pour te protéger des pierres ?” Il dit : « Il le défit donc et le mit sur ses épaules, puis il tomba évanoui. Après cela, on ne le vit plus jamais nu. » 133 – Abū Bakr b. Aḥmad b. Ja‘far b. Mālik nous a rapporté : ‘Abd Allāh b. Aḥmad nous a rapporté : mon père Aḥmad b. Ḥanbal m’a rapporté : ‘Abd al-Razzāq et Muḥammad b. Bakr nous ont rapporté : Ibn Jurayj nous a rapporté : ‘Amr b. Dīnār m’a informé qu’il avait entendu Jābir dire : Lorsque la Ka‘ba fut reconstruite, le Prophète – sur lui la prière et le salut d’Allah – et ‘Abbās transportaient les pierres. Al-‘Abbās dit : “Mets ton pagne sur ton cou pour te protéger des pierres.” Il tomba alors à terre, ses yeux levés vers le ciel, puis il se releva et dit : « Mon pagne ! Mon pagne ! » Et il serra son pagne autour de lui.
134 - Habib ibn al-Hasan nous a rapporté : 'Umar ibn Hafs al-Sadusi nous a rapporté : 'Asim ibn 'Ali nous a rapporté : Qays ibn al-Rabi' nous a rapporté, d'après Simak ibn Harb, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbas, d'après al-'Abbas ibn 'Abd al-Muttalib (que Dieu l'agrée) qui a dit : Lorsque Quraysh construisit la Maison 11, les hommes se mirent à transporter les pierres deux par deux, et les femmes transportaient le mortier. Il dit : Je me suis isolé avec Muhammad (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) pour transporter les pierres. Il dit : Nous prenions nos pagnes, les placions sur nos épaules, et y mettions les pierres ; puis, quand nous approchions des gens, nous remettions nos pagnes. Il dit : Alors qu'il marchait devant moi, il tomba soudainement. Il dit : Je me mis à courir — ou il dit : je courus — tandis qu'il fixait le ciel du regard. Il dit : Je dis : Ô fils de mon frère, qu'as-tu ? Il répondit : « Il m'a été interdit de marcher nu. » Il dit : Je gardai cela secret jusqu'à ce que Dieu (Puissant et Majestueux) manifesta sa prophétie. 135 - Ahmad ibn Ishaq nous a rapporté : Muhammad ibn Ahmad ibn Sulayman nous a rapporté : Muhammad ibn Isma'il al-Ahmasi nous a rapporté : al-Muharibi nous a rapporté : al-Nadr nous a rapporté, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbas (que Dieu les agrée) qui a dit : Abu Talib s'occupait de Zamzam 12, et le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), alors qu'il était enfant, transportait les pierres. Il prit son pagne pour se protéger des pierres. On dit à Abu Talib : Rejoins ton fils, il a perdu connaissance. Lorsque le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) revint de son évanouissement, Abu Talib l'interrogea à ce sujet. Il dit : « Un visiteur vêtu de blanc est venu à moi et m'a dit : Couvre-toi, couvre-toi. » Ibn 'Abbas dit : La première chose que le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) vit de la prophétie fut qu'on lui dit : Couvre-toi. Et depuis ce jour, on ne vit plus jamais sa nudité. Quant à la protection de Dieu (Puissant et Majestueux) sur lui (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) contre la ruse d'Iblis 13 et de ses armées : 136 - Abu 'Amr ibn Hamdan Muhammad ibn Ahmad nous l'a rapporté : al-Hasan ibn Sufyan nous a rapporté : al-Salt ibn Mas'ud nous a rapporté, et Muhammad ibn 'Abd Allah ibn Sa'id nous a rapporté : 'Abd Allah ibn Ishaq ibn Ibrahim al-Mada'ini nous a rapporté de mémoire : al-Salt ibn Mas'ud nous a rapporté : 'Uthman ibn Matar nous a rapporté, d'après Thabit, d'après Anas ibn Malik (que Dieu l'agrée) : Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) était en prosternation à La Mecque, lorsque Iblis vint et voulut poser le pied sur son cou. Gabriel le repoussa d'un coup d'aile, et ses pieds ne touchèrent terre qu'après avoir atteint le Jourdain 14. 137 - Abu 'Amr ibn Hamdan nous a rapporté : al-Hasan ibn Sufyan nous a rapporté : 'Ubayd Allah ibn 'Umar ibn Maysara nous a rapporté : Ja'far ibn Sulayman nous a rapporté : Abu al-Tayyah nous a rapporté : Un homme demanda à 'Abd al-Rahman ibn Khanbash : Comment le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) agit-il lorsque les diables complotèrent contre lui ? Il dit : Les diables descendirent sur lui des montagnes et des vallées, voulant atteindre le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Il dit : Parmi eux se trouvait un diable tenant une flamme de feu, voulant brûler le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Lorsque le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) les vit, il en fut effrayé. Alors Gabriel (sur lui la paix) vint et dit : Ô Muhammad, dis ! Il dit : Que dois-je dire ? Il dit : Dis : « Je cherche refuge auprès des paroles parfaites de Dieu, que ni le pieux ni le pécheur ne peuvent outrepasser, contre le mal de ce qu'Il a créé, semé et formé, et contre le mal des tentations de la nuit et du jour, et contre le mal de tout visiteur nocturne, sauf celui qui apporte un bien, ô Miséricordieux. » Il dit : Il les prononça, et le feu des diables s'éteignit, et Dieu les mit en déroute. Ahmad ibn Hanbal l'a rapporté d'après Yasar ibn Hatim d'après Ja'far de manière similaire. 138 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté : Ahmad ibn Yahya ibn Hamza al-Dimashqi nous a rapporté : Mon père m'a rapporté, d'après son père, d'après Abu 'Amr al-Awza'i : Ibrahim ibn Tarif m'a rapporté : Yahya ibn Sa'id m'a rapporté : 'Abd al-Rahman ibn Abi Layla m'a rapporté : 'Abd Allah ibn Mas'ud m'a rapporté : J'étais avec le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) la nuit où le groupe de djinns 15 lui fut envoyé. Un djinn vint au Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) avec une flamme de feu. Gabriel dit : Ô Muhammad, ne t'enseignerai-je pas des paroles qui, lorsque tu les diras, éteindront sa flamme et le renverseront sur ses narines ? Dis : « Je cherche refuge auprès de la Face généreuse de Dieu et de Ses paroles parfaites, que ni le pieux ni le pécheur ne peuvent outrepasser, contre le mal de ce qui descend du ciel et de ce qui y monte, et contre le mal de ce qu'Il a semé sur la terre et de ce qui en sort, et contre le mal des tentations de la nuit et contre le mal des visiteurs nocturnes du jour et de la nuit, sauf celui qui apporte un bien, ô Miséricordieux. » Mention de la protection de Dieu sur Son Messager (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) lorsque les associateurs 16 conspirèrent pour le tuer : 139 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn 'Uthman ibn Abi Shayba nous a rapporté : 'Abd al-A'la ibn Hammad nous a rapporté : Muslim ibn Khalid nous a rapporté : Ibn Khuthaym m'a rapporté, d'après Sa'id ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbas (que Dieu les agrée) : Les notables de Quraysh se réunirent dans le Hijr 17 et firent un pacte par al-Lat, al-'Uzza, Manat la troisième, Na'ila et Isaf 18 : « Si nous voyons Muhammad, nous nous lèverons contre lui d'un seul homme et ne le quitterons pas avant de l'avoir tué. » Sa fille Fatima vint en pleurant jusqu'à entrer chez le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) et dit : Les notables de ton peuple ont fait un pacte contre toi : s'ils te voient, ils se lèveront contre toi et te tueront. Il n'y a parmi eux aucun homme qui n'ait déjà déterminé sa part de ton prix du sang 19. Il dit : « Ma fille, apporte-moi mes ablutions. » Il fit ses ablutions, puis entra dans la mosquée. Lorsqu'ils le virent, ils dirent : « Le voilà ! » et baissèrent les yeux, leurs mentons tombèrent sur leurs poitrines, ils restèrent figés à leurs places, sans lever les yeux vers lui, et aucun d'eux ne se leva contre lui. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) s'avança jusqu'à se tenir au-dessus d'eux, prit une poignée de terre et dit : « Que les visages soient enlaidis ! » Puis il les en frappa. Il n'y eut aucun homme parmi eux qui fut touché par une de ces pierres sans être tué le jour de Badr 20. 140 - Sahl ibn 'Abd Allah nous a rapporté : al-Husayn ibn Ishaq nous a rapporté : Yahya ibn 'Abd al-Hamid m'a rapporté : Ibn Fudayl nous a rapporté, d'après 'Ata', d'après Sa'id ibn Jubayr : Lorsque fut révélé : « Que périssent les deux mains d'Abu Lahab 21 » (Sourate al-Masad, verset 1), la femme d'Abu Lahab vint trouver le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) alors qu'Abu Bakr était avec lui. Abu Bakr dit : Ô Messager de Dieu, si tu t'écartais d'elle pour qu'elle ne t'entende pas dire quelque chose de blessant, car c'est une femme grossière. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) dit : « Un obstacle sera placé entre elle et moi. » Elle ne le vit pas. Elle dit à Abu Bakr : Ton compagnon nous a satirisés. Abu Bakr dit : Par Dieu, il ne parle pas en vers ni ne les récite. Il dit : Elle dit : Tu es vraiment sincère. Puis elle repartit. Abu Bakr dit : Elle ne t'a pas vu, ô Messager de Dieu. Il dit : « Entre elle et moi, il y avait un ange qui me cachait jusqu'à ce qu'elle parte. » 141 - Ishaq ibn Ahmad nous a rapporté : Ibrahim ibn Yusuf nous a rapporté : Muhammad ibn Mansur al-Tusi nous a rapporté : Abu Ahmad al-Zubayri nous a rapporté : 'Abd al-Salam nous a rapporté, d'après 'Ata', d'après Sa'id ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbas (que Dieu les agrée) qui a dit : Lorsque fut révélé : « Que périssent les deux mains d'Abu Lahab » (Sourate al-Masad, verset 1) — et il mentionna un récit similaire.
142 - Nous a rapporté Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Ḥasan : nous a rapporté Bishr ibn Mūsā : nous a rapporté al-Ḥumaydī : nous a rapporté Sufyān : nous a rapporté Abū al-Zinād, d'après al-Aʿraj, d'après Abū Hurayra, que Dieu l'agrée, qui a dit : « Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : "Ne vous étonnez-vous pas de la manière dont Dieu détourne de moi les insultes et les malédictions des Qurayshites ? Ils insultent et maudissent Muḏammam 22, alors que je suis Muḥammad." » 143 - Nous a rapporté ʿAbd Allāh ibn Jaʿfar : nous a rapporté Yūnus ibn Jubayr : nous a rapporté Abū Dāwūd : nous a rapporté Shuʿba, d'après Abū Isrāʾīl, d'après Jaʿda, qui a dit : « J'étais présente auprès du Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, lorsqu'on lui amena un homme et on dit : "Ô Messager de Dieu, celui-ci a voulu te tuer." Le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, lui dit : "N'aie pas peur, n'aie pas peur ; si tu avais voulu cela, Dieu ne t'aurait pas donné pouvoir sur moi pour me tuer." » 144 - Nous a rapporté Sulaymān ibn Aḥmad : nous a rapporté Muḥammad ibn al-Naḍr : nous a rapporté Muḥammad ibn Saʿīd al-Aṣbahānī : nous a rapporté ʿAbd Allāh ibn al-Mubārak, d'après Abū Bakr al-Hudhalī, d'après ʿIkrima, qui a dit : « Shayba ibn ʿUthmān a dit : "Lorsque le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, fit l'expédition de Ḥunayn, je me souvins de mon père et de mon oncle, que ʿAlī et Ḥamza avaient tués. Je dis : 'Aujourd'hui, je vais assouvir ma vengeance sur Muḥammad.' Je vins par derrière lui, m'approchai de lui, m'approchai encore, jusqu'à ce qu'il ne restât plus qu'à l'abattre avec l'épée. Alors s'éleva devant moi une flamme de feu semblable à l'éclair ; je craignis qu'elle ne me retînt, et je reculai. Le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, se retourna vers moi et dit : 'Ô Shayba !' Il posa sa main sur ma poitrine, et Dieu fit sortir le diable de mon cœur. Je levai les yeux vers lui, et il m'était plus cher que mon ouïe, ma vue et tout autre chose." » 145 - Et nous a rapporté Ḥabīb ibn al-Ḥasan : nous a rapporté Muḥammad ibn Yaḥyā al-Marwazī : nous a rapporté Aḥmad ibn Muḥammad ibn Ayyūb : nous a rapporté Ibrāhīm ibn Saʿd : nous a rapporté Muḥammad ibn Isḥāq : m'a rapporté ʿAmr ibn ʿUbayd, d'après al-Ḥasan, d'après Jābir, qu'un homme de la tribu de Muḥārib, nommé Ghawrath ibn al-Ḥārith, dit à son peuple : « Je vais tuer Muḥammad pour vous. » Ils dirent : « Comment le tueras-tu ? » Il dit : « Je l'attaquerai par traîtrise. » Il vint donc au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, alors qu'il était assis, son épée sur ses genoux. Il dit : « Ô Muḥammad, regarde cette épée ? » Il dit : « Oui. » Il la prit, la dégaina, se mit à la brandir et à vouloir [frapper], mais Dieu le fit échouer. Il dit : « Ô Muḥammad, n'as-tu pas peur de moi ? » Il dit : « Non. Et pourquoi aurais-je peur de toi ? » Il dit : « N'as-tu pas peur de moi alors que j'ai l'épée à la main ? » Il dit : « Non. Dieu me protège de toi. » Puis il remit l'épée au fourreau et la rendit au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Alors Dieu, Puissant et Majestueux, révéla : « Ô vous qui avez cru ! Rappelez-vous le bienfait de Dieu sur vous, quand un peuple voulut porter la main sur vous, et qu'Il retint leurs mains loin de vous » [Coran 5:11]. » 146 - Nous a rapporté Abū Bakr ibn Mālik : nous a rapporté ʿAbd Allāh ibn Aḥmad ibn Ḥanbal : m'a rapporté mon père : nous a rapporté ʿAffān : nous a rapporté Abān ibn Yazīd : nous a rapporté Yaḥyā ibn Abī Kathīr, d'après Abū Salama, d'après Jābir, que Dieu l'agrée, qui a dit : « Nous revînmes avec le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, jusqu'à ce que nous fussions à Dhāt al-Riqāʿ 23. Quand nous arrivions à un arbre ombragé, nous le laissions au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Un homme des polythéistes vint, alors que l'épée du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, était suspendue à l'arbre. Il prit l'épée du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, la dégaina et dit au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue : "As-tu peur de moi ?" Il dit : "Non." Il dit : "Qui donc te protège ?" Il dit : "Dieu me protège de toi." Alors les compagnons du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, le menacèrent, et il remit l'épée au fourreau et la suspendit. » 147 - Nous a rapporté Aḥmad ibn Isḥāq et Abū Muḥammad ibn Ḥibbān : nous a rapporté Abū Bakr ibn Abī ʿĀṣim : nous a rapporté Hilāl ibn Bishr : nous a rapporté Abū ʿAttāb al-Dallāl : nous a rapporté ʿAbd al-Malik ibn Abī Naḍra, d'après son père, d'après Abū Saʿīd al-Khudrī : « Une femme juive offrit au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, une brebis rôtie. Lorsque les gens étendirent les mains, le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : "Retenez vos mains, car un membre de cette brebis m'informe qu'elle est empoisonnée." Il envoya chercher la femme : "As-tu empoisonné cette nourriture ?" Elle dit : "Oui. J'ai voulu, si tu étais un menteur, débarrasser les gens de toi ; et si tu étais véridique, je savais que Dieu te le ferait savoir." Alors le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : "Prononcez le nom de Dieu et mangez." Ils mangèrent, et rien ne nuisit à aucun d'entre nous. » 148 - Nous a rapporté Aḥmad ibn Isḥāq : nous a rapporté Abū Bakr ibn Abī ʿĀṣim : m'a rapporté Yaḥyā ibn Ḥabīb ibn ʿArabī : nous a rapporté Khālid ibn al-Ḥārith : nous a rapporté Shuʿba, d'après Hishām ibn Yazīd, d'après Anas, que Dieu l'agrée, qui a dit : « Une femme juive vint trouver le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, avec une brebis empoisonnée, et il en mangea. On amena la femme au Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, et il l'interrogea à ce sujet. Elle dit : "Oui, j'ai voulu te tuer." Il dit : "Dieu ne t'a pas donné pouvoir sur moi" ou "sur un musulman." Ils dirent : "Ne la tuons-nous pas ?" Il dit : "Non." » 149 - Nous a rapporté ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn Jaʿfar : nous a rapporté Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn Dāwūd : nous a rapporté al-Ḥusayn ibn Kulayb : nous a rapporté Yazīd ibn Abī Ḥakīm : nous a rapporté al-Ḥakam ibn Abān, d'après ʿIkrima, d'après Ibn ʿAbbās, que Dieu les agrée, qui a dit : « Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : "Je revenais le jour de Badr du combat contre les polythéistes, alors que j'étais très affamé. Une femme juive vint à ma rencontre, portant sur sa tête un plat contenant un chevreau rôti, et dans sa manche quelque chose de sucre 24. Elle dit : 'Louange à Dieu qui t'a sauvé, ô Muḥammad ! J'avais fait un vœu à Dieu : si tu arrivais sain et sauf à Médine, j'égorgerais ce chevreau, je le rôtirais et te l'apporterais pour que tu en manges.' Alors Dieu fit parler le chevreau, qui se dressa sur ses quatre pattes et dit : 'Ô Muḥammad, ne me mange pas, car je suis empoisonné.'" » 150 - Nous a rapporté Sulaymān ibn Aḥmad : nous a rapporté Hishām ibn Marthad : nous a rapporté Ādam ibn Abī Iyās : nous a rapporté Ḥibbān ibn ʿAlī : nous a rapporté Saʿd ibn Ṭarīf al-Iskāf, d'après ʿIkrima, d'après Ibn ʿAbbās, que Dieu les agrée, qui a dit : « Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lorsqu'il voulait satisfaire un besoin, s'éloignait pour marcher. Un jour, il partit pour son besoin, puis fit ses ablutions et chaussa l'une de ses sandales. Un oiseau vert vint, prit l'autre sandale, s'éleva avec, puis la jeta. Il en sortit un serpent noir qui se dépouilla de sa peau. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : "Ceci est une faveur dont Dieu, Puissant et Majestueux, m'a honoré." Puis le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : "Ô Dieu, je me réfugie auprès de Toi contre le mal de celui qui marche sur le ventre, contre le mal de celui qui marche sur deux pieds, et contre le mal de celui qui marche sur quatre pattes." » 151 - Nous a informés Muḥammad ibn ʿAlī : nous a rapporté ʿAbd Allāh ibn Abī Sufyān al-Mawṣilī : nous a rapporté Masʿūd ibn Juwayriya : nous a rapporté ʿAfīf ibn Sālim, d'après Ghālib, d'après Mujāhid, d'après Abū Dharr al-Ghifārī, que Dieu l'agrée, qui a dit : « Le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, ne dormait que lorsque nous étions autour de lui, par crainte des dangers, jusqu'à ce que fût révélé le verset de la protection : "Et Dieu te protégera des gens" [Coran 5:67]. »
152 - Nous ont rapporté 'Uthmān ibn Muḥammad al-'Uthmānī et Sulaymān ibn Aḥmad : ils ont dit : nous a rapporté Khālid ibn al-Naḍr al-Qurashī : il a dit : nous a rapporté Muḥammad ibn 'Abd al-A'lā : il a dit : nous a rapporté al-Mu'tamir ibn Sulaymān, d'après son père : un homme des Banū Makhzūm se leva vers le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, tenant dans sa main un caillou pour le lancer sur le Messager d'Allah. Lorsqu'il l'atteignit alors qu'il était prosterné, il leva la main avec le caillou pour fracasser la tête du Messager d'Allah, mais sa main se dessécha sur la pierre, et il ne put lâcher le caillou de sa main. Il retourna vers ses compagnons, qui dirent : « As-tu eu peur de l'homme ? » Il répondit : « Je n'ai pas fait cela, mais ceci est dans ma main, je ne peux le lâcher. » Ils en furent étonnés, et trouvèrent ses doigts desséchés sur le caillou ; ils manipulèrent ses doigts jusqu'à les libérer, et dirent : « Ceci est une chose voulue. » 153 - Il a dit : nous a rapporté Sulaymān ibn Aḥmad : il a dit : nous a rapporté Muḥammad ibn 'Abd Allāh al-Bannā' à Ṣan'ā' du Yémen : il a dit : nous a rapporté 'Abd Allāh ibn Hāshim al-Ṭūsī : il a dit : nous a rapporté Ya'lā ibn 'Ubayd, d'après al-Naḍr ibn 'Abd al-Raḥmān Abū 'Amr al-Khazzāz, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbās, qu'Allah les agrée, qui a dit : Le Messager d'Allah lisait dans la mosquée, élevant la voix dans sa lecture, au point que des gens de Quraysh en furent gênés, jusqu'à se lever pour le saisir ; mais voilà que leurs mains étaient attachées à leurs cous, et ils étaient aveugles, ne voyant pas. Ils vinrent alors au Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, et dirent : « Nous t'adjurons par Allah et par les liens du sang, ô Muḥammad. » Il n'y avait aucune branche de Quraysh sans que le Prophète n'y eût une parenté. Alors le Prophète invoqua jusqu'à ce que cela disparût d'eux. Et fut révélé : {Yā Sīn. Par le Coran plein de sagesse ! Tu es certes parmi les envoyés} [Coran 36:1-3] jusqu'à Sa parole : {Il leur est égal que tu les avertisses ou que tu ne les avertisses pas : ils ne croiront pas} [Coran 36:10]. Il dit : Aucun de ces hommes ne crut.
154 - Nous a rapporté Habīb ibn al-Hasan : nous a rapporté Muhammad ibn Yahyā al-Marwazī : nous a rapporté Ahmad ibn Muhammad ibn Ayyūb : nous a rapporté Ibrāhīm ibn Sa‘d, d’après Muhammad ibn Ishāq, d’après quelqu’un de digne de confiance parmi nos compagnons, d’après ‘Abd Allāh ibn Abī Najīḥ, d’après Mujāhid Abū al-Hajjāj, d’après ‘Abd Allāh ibn ‘Abbās (que Dieu les agrée tous deux). Et nous a rapporté Sulaymān ibn Ahmad : nous a rapporté Muhammad ibn Ahmad ibn al-Barā’ : nous a rapporté al-Faḍl ibn Ghānim : nous a rapporté Salama ibn al-Faḍl, d’après Muhammad ibn Ishāq, qui a dit : m’a rapporté ‘Abd Allāh ibn Abī Najīḥ, d’après Mujāhid ibn Jabr al-Makkī, d’après ‘Abd Allāh ibn ‘Abbās [p. 201] qui a dit : et nous a rapporté Muhammad ibn Ishāq : nous a rapporté al-Kalbī, d’après Abū Ṣāliḥ, d’après Ibn ‘Abbās, qui a dit : « Lorsque les Qurayshites 25 surent que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avait des partisans 26 et des compagnons en dehors de leur propre pays, et qu’ils virent ses compagnons émigrer 27 vers eux, ils comprirent que ceux-ci avaient trouvé une demeure où ils avaient obtenu une protection. Ils craignirent donc que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) ne sorte [de La Mecque] et se réunirent à son sujet dans la Dār al-Nadwa 28, qui était la maison de Quṣayy ibn Kilāb, où les Qurayshites ne prenaient aucune décision importante sans se concerter. Ils délibérèrent sur ce qu’ils devaient faire du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), car ils le redoutaient. Lorsqu’ils se furent rassemblés pour cela, le jour qu’ils avaient fixé – ce jour était appelé “al-Zaḥma” 29 –, Iblīs 30 se présenta à eux sous l’apparence d’un vieillard vénérable, portant un manteau 31. Il se tint à la porte de la maison. Quand ils le virent ainsi debout à la porte, ils dirent : “Qui est ce vieillard ?” Il répondit : “Un vieillard de la région du Najd 32 qui a entendu parler de ce pour quoi vous vous êtes réunis ; il est venu avec vous pour entendre ce que vous direz, et peut-être ne vous fera-t-il pas défaut par son avis et son conseil.” Ils dirent : “Certes, entre donc.” Il entra donc avec eux. S’étaient rassemblés dans cette maison les nobles Qurayshites de chaque tribu : de la tribu de ‘Abd Shams : ‘Utba et Shayba, fils de Rabī‘a, et Abū Sufyān ibn Ḥarb ; de la tribu de Nawfal ibn ‘Abd Manāf : Ṭu‘ayma ibn ‘Adī, Jubayr ibn Muṭ‘im et al-Ḥārith ibn ‘Āmir ibn Nawfal ; de la tribu de ‘Abd al-Dār ibn Quṣayy : al-Naḍr ibn al-Ḥārith ibn Kalada ; de la tribu d’Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā : Abū al-Bakhtarī ibn Hishām, Zam‘a ibn al-Aswad ibn [p. 202] al-Muṭṭalib et Ḥakīm ibn Ḥizām ; de la tribu de Makhzūm : Abū Jahl ibn Hishām ; de la tribu de Sahm : Munabbih et Nubayh, fils d’al-Ḥajjāj ; de la tribu de Jumaḥ : Umayya ibn Khalaf ; et d’autres Qurayshites qu’on ne peut tous compter. Les uns dirent aux autres : “Cet homme a fait ce que vous avez vu. Par Dieu, nous ne sommes pas à l’abri qu’il ne se jette sur nous avec ceux qui l’ont suivi en dehors de notre peuple. Prenez donc une décision commune.” Ils délibérèrent. L’un d’eux dit : “Enchaînez-le avec des fers, enfermez-le derrière une porte, puis attendez que la mort le frappe comme elle a frappé ses semblables parmi les poètes avant lui, tels Zuhayr et al-Nābigha 33 et ceux qui sont morts avant eux, jusqu’à ce qu’il soit atteint par le même sort.” Le vieillard du Najd dit : “Non, par Dieu, ce n’est pas un bon avis pour vous. Par Dieu, si vous l’emprisonnez comme vous le dites, son affaire sortira par la porte que vous aurez fermée sur lui, jusqu’à ses compagnons ; ils se jetteront bientôt sur vous, vous l’arracheront des mains, puis vous combattront et prendront le dessus sur vous. Ce n’est pas un bon avis. Cherchez autre chose.” Ils délibérèrent à nouveau. L’un d’eux dit : “Expulsons-le de notre pays, bannissons-le. S’il sort de chez nous, peu nous importe où il va et où il tombe ; son tort s’éloignera de nous, nous serons débarrassés de lui et nous pourrons régler nos affaires.” Le vieillard du Najd dit : “Non, par Dieu, ce n’est pas un bon avis pour vous. N’avez-vous pas vu la beauté de son discours, la douceur de ses paroles et l’emprise qu’il exerce sur les cœurs des hommes par ce qu’il apporte ? Par Dieu, si vous faites cela, je ne serais pas à l’abri qu’il ne s’installe chez une tribu arabe, qu’il ne la domine par ses paroles et son discours, jusqu’à ce qu’elle le suive ; puis il marchera contre vous, vous écrasera avec elle, vous arrachera le pouvoir et fera de vous ce qu’il voudra. Cherchez un autre avis.” Abū Jahl dit alors : “J’ai un avis à son sujet, mais je ne vois pas que vous l’ayez encore trouvé.” Ils dirent : “Quel est-il, ô Abū al-Ḥakam 34 ?” Il dit : “Je pense que nous devrions prendre [p. 203] de chaque tribu un jeune homme robuste, de noble naissance, bien apparenté et de rang moyen ; puis nous donnerons à chacun d’eux une épée tranchante ; ils se dirigeront vers lui et le frapperont d’un seul coup, le tuant tous ensemble. Ainsi nous serons débarrassés de lui. Car s’ils agissent ainsi, son sang sera réparti entre toutes les tribus, et les Banū ‘Abd Manāf ne pourront pas faire la guerre à tout leur peuple ; et s’ils acceptent le prix du sang 35, nous le leur paierons.” Le vieillard du Najd dit : “L’avis est celui de cet homme. Je ne vois pas d’autre avis pour vous.” Les gens se séparèrent sur cette décision, unanimes. Alors Gabriel 36 vint à lui et dit : “Ne passe pas cette nuit sur la couche où tu as l’habitude de dormir.” À la tombée de la nuit, ils se rassemblèrent à sa porte, l’épient, attendant qu’il s’endorme pour se jeter sur lui. Quand le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) vit leur présence, il dit à ‘Alī 37 : “Dors sur ma couche et enveloppe-toi de ce manteau vert du Hadramawt 38 ; rien de ce que tu pourrais détester de leur part n’atteindra jusqu’à toi.” Or le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dormait habituellement dans ce manteau. Ibn Ishāq dit : Yazīd ibn Abī Ziyād m’a rapporté, d’après Muhammad ibn Ka‘b al-Quraẓī, qui a dit : Ils se rassemblèrent pour lui, et parmi eux se trouvait Abū Jahl. Celui-ci dit, alors qu’ils étaient à sa porte : “Muhammad prétend que si vous le suivez dans son affaire, vous serez les rois des Arabes et des Perses 39 ; puis après votre mort, il vous ressuscitera, et vous aurez des jardins comme ceux du Jourdain 40 ; et si vous ne le faites pas, vous serez égorgés par lui, puis après votre mort vous serez ressuscités et un feu vous sera destiné où vous brûlerez.” Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) sortit, prit une poignée de terre dans sa main, puis dit : “Oui, je dis cela, et tu es l’un d’eux.” Dieu avait voilé leurs yeux, de sorte qu’ils ne le voyaient pas. Il se mit à répandre cette terre sur leurs têtes, tout en récitant ces versets [p. 204] : “Yā Sīn 41. Par le Coran plein de sagesse ! Tu es certes du nombre des envoyés” [Coran 36:1-3] jusqu’à Sa parole : “Nous les avons recouverts d’un voile, et ils ne voient pas” [Coran 36:9]. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) acheva ces versets, et il ne resta aucun homme sans qu’il n’eût de la terre sur la tête. Puis il se dirigea vers l’endroit où il voulait aller. Quelqu’un qui n’était pas avec eux vint et dit : “Qu’attendent ces gens ?” Ils dirent : “Muhammad.” Il dit : “Que Dieu vous déçoive ! Par Dieu, Muhammad est sorti vers vous, puis il n’a laissé aucun homme sans mettre de la terre sur sa tête, et il est parti pour ses affaires. Ne voyez-vous pas ce qui vous est arrivé ?” Chacun d’eux mit la main sur sa tête, et voilà qu’il y avait de la terre. Puis ils regardèrent et virent ‘Alī sur la couche, enveloppé dans le manteau du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Ils dirent : “Par Dieu, c’est bien Muhammad qui dort, avec son manteau sur lui.” Ils restèrent ainsi jusqu’au matin. Alors ‘Alī se leva de la couche. Ils dirent : “Par Dieu, celui qui nous a parlé nous a dit la vérité.” Et parmi ce qui fut révélé du Coran ce jour-là : “Et quand ceux qui ont mécru complotaient contre toi pour t’emprisonner, te tuer ou t’expulser. Ils complotaient, et Dieu complotait, et Dieu est le meilleur des comploteurs” [Coran 8:30]. »
155 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : al-Hasan ibn al-Jahm nous a rapporté : al-Husayn ibn al-Faraj nous a rapporté : Muhammad ibn 'Umar al-Waqidi nous a rapporté : Qudamah ibn Musa m'a rapporté, d'après 'Abd al-'Aziz ibn Rumanah, d'après 'Urwah ibn al-Zubayr, qui a dit : "Al-Nadr ibn al-Harith faisait partie de ceux qui nuisaient au Messager d'Allah 42 et se dressaient contre lui. Un jour, le Messager d'Allah sortit à midi, par une chaleur intense, pour satisfaire un besoin 43. Il atteignit le bas de la colline d'al-Hajun 44, car il s'éloignait lorsqu'il allait à ses besoins. Al-Nadr ibn al-Harith le vit et dit : 'Je ne le trouverai jamais plus seul qu'en ce moment, je vais l'assassiner 45.' Il s'approcha du Messager d'Allah, puis repartit effrayé vers sa demeure. Abu Jahl 46 le rencontra et dit : 'D'où viens-tu maintenant ?' Al-Nadr dit : 'J'ai suivi Muhammad, espérant l'assassiner alors qu'il était seul, sans personne avec lui. Mais voilà que des serpents 47 frappaient de leurs crocs au-dessus de sa tête, la gueule ouverte. Ils m'ont terrifié, j'ai pris peur et je suis revenu sur mes pas.' Abu Jahl dit : 'C'est là une partie de sa sorcellerie.'" 156 - Habib ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn Yahya al-Marwazi nous a rapporté : Muhammad ibn Ahmad ibn Ayyub nous a rapporté : Ibrahim ibn Sa'd nous a rapporté, d'après Muhammad ibn Ishaq, d'après certains savants, d'après Sa'id ibn Jubayr et 'Ikrimah, d'après Ibn 'Abbas 48, que 'Utbah, Shaybah, Abu Sufyan ibn Harb, al-Nadr ibn al-Harith, Abu al-Bakhtari, al-Aswad ibn al-Muttalib, Zam'ah ibn al-Aswad, al-Walid ibn al-Mughirah, Abu Jahl ibn Hisham, 'Abd Allah ibn Umayyah, Umayyah ibn Khalaf, al-'As ibn Wa'il, et Nabih et Munabbih, les deux fils d'al-Hajjaj, se réunirent, ainsi que d'autres, après le coucher du soleil, sur le toit de la Ka'bah 49. Les uns dirent aux autres : 'Envoyez chercher Muhammad, parlez-lui et disputez avec lui, afin que vous soyez excusés à son sujet.' Ils lui envoyèrent dire : 'Les notables de ton peuple se sont réunis pour te parler.' Le Messager d'Allah vint rapidement, pensant que son peuple avait changé d'avis à son sujet. Il était plein de sollicitude pour eux, aimait leur bonne direction et lui pesait leur égarement. Il raconta l'histoire. Lorsque le Messager d'Allah se leva de chez eux, Abu Jahl dit : 'Ô assemblée de Quraysh 50 ! Muhammad ne fait que ce que vous voyez : dénigrer notre religion, insulter nos pères, traiter nos esprits de légers et maudire nos divinités. Je jure par Allah que demain je m'assiérai avec une pierre que je ne pourrai porter - ou comme il dit - et quand il se prosternera dans sa prière, je lui écraserai la tête. Alors, livrez-moi ou défendez-moi ; après cela, que les Banu 'Abd Manaf 51 fassent ce qu'ils voudront.' Ils dirent : 'Par Allah, nous ne te livrerons jamais pour quoi que ce soit. Va donc pour ce que tu veux.' Le lendemain matin, Abu Jahl prit une pierre comme il avait dit et s'assit, attendant le Messager d'Allah. Le Messager d'Allah vint comme il venait d'habitude. Lorsqu'il priait, il priait entre les deux piliers 52, le yéménite et le noir, plaçant la Ka'bah entre lui et la Syrie 53. Le Messager d'Allah se leva, tandis que Quraysh étaient assis dans leurs cercles, attendant ce qu'allait faire Abu Jahl. Quand le Messager d'Allah se prosterna, Abu Jahl souleva la pierre, puis s'avança vers lui. Lorsqu'il s'approcha de lui, il recula, défait, le teint blême, terrifié, les mains desséchées sur la pierre. Il jeta la pierre de ses mains. Les hommes de Quraysh vinrent à lui et lui dirent : 'Qu'as-tu, ô Abu al-Hakam 54 ?' Il dit : 'Je me suis levé pour lui faire ce que je vous ai dit hier soir. Mais quand je me suis approché de lui, un chameau mâle 55 s'est interposé entre lui et moi. Par Allah, je n'ai jamais vu de tête, de bosse ni de crocs pareils chez aucun chameau mâle. Il a failli me dévorer.' On m'a rapporté que le Messager d'Allah a dit : 'C'était Jibril 56 ; s'il s'était approché de lui, il l'aurait saisi.' Quand Abu Jahl eut dit cela, al-Nadr ibn al-Harith se leva et dit : 'Ô assemblée de Quraysh ! Par Allah, une chose vous est arrivée dont vous n'avez jamais été éprouvés par rien de semblable.'" 157 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté : Mas'adah ibn Sa'd al-'Attar nous a rapporté : Ibrahim ibn al-Mundhir al-Hizami nous a rapporté : 'Abd al-'Aziz ibn 'Imran nous a rapporté : 'Abd Allah et 'Abd al-Rahman, les deux fils de Zayd ibn Aslam, m'ont rapporté d'après leur père, d'après 'Ata' ibn Yasar, d'après Ibn 'Abbas, qu'Arbad ibn Qays ibn Ja'far ibn Khalid ibn Kilab et 'Amir ibn al-Tufayl ibn Malik vinrent à Médine 57 auprès du Messager d'Allah. Ils arrivèrent chez le Prophète alors qu'il était assis, et s'assirent devant lui. 'Amir ibn al-Tufayl dit : 'Ô Muhammad, que m'accorderas-tu si j'embrasse l'islam ?' Le Messager d'Allah dit : 'Tu auras ce qu'ont les musulmans et tu devras ce qu'ils doivent.' 'Amir dit : 'M'accorderas-tu le commandement après toi si j'embrasse l'islam ?' Le Messager d'Allah dit : 'Cela n'est ni pour toi ni pour ton peuple, mais les rênes des chevaux 58.' Il dit : 'Je suis maintenant aux rênes des chevaux du Najd 59. Accorde-moi les poils 60 et à toi la terre 61 ?' Le Messager d'Allah dit : 'Non.' Lorsqu'ils s'éloignèrent de chez le Messager d'Allah, 'Amir dit : 'Par Allah, je la remplirai contre toi de cavaliers et de fantassins.' Le Prophète dit : 'Allah t'en empêchera.' Quand Arbad et 'Amir sortirent, 'Amir dit : 'Ô Arbad, je vais occuper Muhammad par la conversation, et toi, frappe-le avec l'épée. Car si tu tues Muhammad, les gens n'iront pas plus loin qu'accepter le prix du sang 62 et détester la guerre. Nous leur donnerons le prix du sang.' Arbad dit : 'Je le ferai.' Ils revinrent tous deux vers le Prophète. 'Amir dit : 'Ô Muhammad, lève-toi avec moi, que je te parle.' Le Messager d'Allah se leva pour lui parler. Arbad dégaina son épée. Mais lorsqu'il posa la main sur l'épée, sa main se dessécha sur le fourreau 63 et il ne put dégainer l'épée. Arbad tarda à frapper 'Amir. Le Messager d'Allah se retourna, vit Arbad et ce qu'il faisait, et s'éloigna d'eux. Quand 'Amir et Arbad furent sortis de chez le Messager d'Allah, et qu'ils furent à al-Harrah 64, la Harrah de Waqim 65, ils descendirent. Sa'd ibn Mu'adh et Usayd ibn Hudayr vinrent à eux et dirent : 'Partez, ennemis d'Allah ! Qu'Allah vous maudisse !' 'Amir dit : 'Qui est-ce, ô Sa'd ?' Il dit : 'C'est Usayd ibn Hudayr des bataillons 66.' Ils partirent. Lorsqu'ils furent à al-Raqm 67, Allah envoya sur Arbad un coup de foudre qui le tua. 'Amir partit. Lorsqu'il fut à al-Kharib 68, Allah envoya sur lui un abcès 69 qui le saisit. La nuit le surprit dans la maison d'une femme des Banu Salul 70. Il se mit à toucher son abcès à sa gorge et disait : 'Une glande comme la glande du chameau, dans la maison d'une femme des Banu Salul' - répugnant à mourir dans sa maison. Puis il enfourcha son cheval, le fit galoper, et mourut sur lui en revenant."
158 - Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Ḥasan nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Uthmān ibn Abī Shayba nous a rapporté : Ḍirār ibn Ṣurad nous a rapporté : Mu‘tamir ibn Sulaymān nous a rapporté : J’ai entendu mon père mentionner d’après Nu‘aym ibn Abī Hind, d’après Abū Ḥāzim, d’après Abū Hurayra (qu’Allah l’agrée) qui a dit : Abū Jahl a dit : « Muḥammad pose-t-il son visage à terre (yufarriru wajhahu) au milieu de vous ? » Ils répondirent : « Oui. » Il dit : « Par Allah, si je le vois faire, je piétinerai son cou et je couvrirai son visage de poussière. » (Le narrateur) dit : Il vint à lui alors qu’il priait pour piétiner son cou, mais on ne sut rien de lui jusqu’à ce qu’il recule sur ses talons et retourne en arrière, se protégeant de sa main. On lui dit : « Qu’as-tu ? » Il dit : « J’ai vu entre moi et lui un fossé de feu et une terreur, et j’ai vu des anges dotés d’ailes. » Alors le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « S’il s’était approché de moi, les anges l’auraient saisi membre par membre. » Et Allah Très-Haut révéla : « Certes non ! L’homme devient certes rebelle dès qu’il se voit indépendant » (Sourate al-‘Alaq, verset 7) jusqu’à Sa parole : « S’il traite de mensonge et se détourne » (Sourate al-‘Alaq, verset 13) – désignant Abū Jahl – « Qu’il appelle donc son conseil (nādiyahu) » (Sourate al-‘Alaq, verset 17) : son peuple – « Nous appellerons les gardiens (az-zabāniya) » (Sourate al-‘Alaq, verset 18) : les anges. Son invocation (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) contre les notables âgés de Quraysh 159 - Muḥammad ibn Sulaymān al-Hāshimī nous a rapporté : ‘Amr ibn Aḥmad al-Bazzār nous a rapporté : Al-Ḥasan ibn Qaza‘a nous a rapporté : ‘Abd al-A‘lā nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Amr nous a rapporté d’après Abū Salama, d’après ‘Amr ibn al-‘Āṣ qui a dit : Je n’ai vu Quraysh vouloir tuer le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) que le jour où ils conspirèrent contre lui alors qu’ils étaient assis à l’ombre de la Ka‘ba et que le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) priait près de la Station (al-Maqām). ‘Uqba ibn Abī Mu‘ayṭ se leva vers lui, mit son manteau autour de son cou, puis le tira jusqu’à ce qu’il tombe sur ses genoux, et les gens crièrent, pensant qu’il était tué. Abū Bakr arriva en courant jusqu’à saisir les bras du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) par derrière, en disant : « Tuerez-vous un homme parce qu’il dit : Mon Seigneur est Allah ? » Puis ils s’éloignèrent du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), et il pria. Lorsqu’il eut achevé sa prière, il passa près d’eux alors qu’ils étaient assis à l’ombre de la Ka‘ba et dit : « Ô assemblée de Quraysh ! Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, je n’ai été envoyé à vous que pour l’égorgement (adh-dhabḥ) » – et il fit un geste de la main vers sa gorge. (Le narrateur) dit : Abū Jahl dit alors : « Ô Muḥammad, tu n’as jamais été ignorant (jahlan). » (Le narrateur) dit : Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui dit : « Tu es parmi eux. » – Et dans une autre version – Il dit : « Ô assemblée de Quraysh ! Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, je suis venu à vous avec l’égorgement. » (Le narrateur) dit : Sa parole saisit tout le groupe, au point qu’il n’y avait aucun homme parmi eux sans que ce fût comme si un oiseau était posé sur sa tête, au point que le plus virulent d’entre eux contre lui auparavant le calmait avec les meilleures paroles qu’il trouvait, jusqu’à dire : « Retourne, ô Abū al-Qāsim, guidé sur la bonne voie, car par Allah, tu n’as jamais été ignorant. » 160 - Abū Muḥammad ibn Ḥayyān nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn Qaḥṭaba nous a rapporté : Al-Ḥasan ibn Qaza‘a nous a rapporté : Maslama ibn ‘Alqama nous a rapporté d’après Dāwūd ibn Abī Hind, d’après Qays ibn Ḥabtar qui a dit : La fille du fils d’al-Ḥakam a dit : J’ai dit à mon grand-père al-Ḥakam : « Je n’ai vu de gens plus impuissants que vous, ni de pire avis, ô Banū Umayya, envers le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). » Il dit : « Ne nous blâme pas, ô fille de mon fils, je ne te raconte que ce que j’ai vu de mes propres yeux. Car, par Allah, nous n’avons cessé d’entendre Quraysh élever la voix contre le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dans cette mosquée : ils se donnaient rendez-vous contre lui pour le saisir. » Il dit : « Nous nous donnâmes donc rendez-vous et vînmes à lui pour le saisir, mais nous entendîmes une voix telle que nous ne pensions pas qu’il restât une montagne à Tihāma sans qu’elle ne se fût brisée. » Il dit : « Nous fûmes frappés d’évanouissement et ne reprîmes conscience qu’après qu’il eut achevé sa prière et fut retourné chez lui. Puis nous nous donnâmes rendez-vous contre lui une autre nuit. Lorsqu’il vint, nous nous levâmes vers lui, mais aṣ-Ṣafā et al-Marwa vinrent, l’une rencontrant l’autre, et s’interposèrent entre nous et lui. Par Allah, cela ne nous profita point jusqu’à ce qu’Allah nous accordât l’Islam et nous y autorisât. » Mention d’un autre récit sur ce par quoi Allah Très-Haut protégea l’affaire de Son Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lorsqu’il parla à Abū Jahl de payer son dû à son créancier, alors qu’il le retenait. 161 - Ḥabīb ibn al-Ḥasan nous a rapporté : Muḥammad ibn Yaḥyā al-Marwazī nous a rapporté : Aḥmad ibn Muḥammad ibn Ayyūb nous a rapporté : Ibrāhīm ibn Sa‘d nous a rapporté – et Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Muḥammad ibn Aḥmad al-Barrā’ nous a rapporté : Al-Faḍl ibn Ghānim nous a rapporté : Salama ibn al-Faḍl nous a rapporté – tous deux d’après al-A‘mash, d’après Muḥammad ibn Isḥāq, d’après ‘Abd Allāh ibn ‘Abd al-Malik ibn Abī Sufyān ath-Thaqafī, qui était un mémorisateur, a dit : « Un homme d’Irāsh vint à La Mecque avec ses chameaux, et Abū Jahl ibn Hishām les lui acheta, mais il retarda le paiement de leur prix. L’homme vint donc jusqu’à s’arrêter devant une assemblée (nādin) de Quraysh, alors que le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était assis dans un coin de la mosquée, et dit : “Ô assemblée de Quraysh ! Quel est l’homme qui me fera obtenir mon dû auprès d’Abū al-Ḥakam ibn Hishām ? Car je suis un étranger, un voyageur, et il m’a vaincu pour mon droit.” (Le narrateur) dit : Les gens de l’assemblée dirent – indiquant le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), et ils se moquaient de lui à cause de ce qu’ils savaient de l’inimitié entre lui et Abū Jahl : “Va vers celui-ci, il te fera obtenir ton dû de lui.” L’homme d’Irāsh vint donc jusqu’à s’arrêter devant le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et dit : “Ô serviteur d’Allah, Abū al-Ḥakam ibn Hishām m’a vaincu pour un droit que j’ai sur lui, et je suis un étranger, un voyageur. J’ai demandé à ces gens un homme qui me fasse obtenir mon dû de lui, et ils m’ont indiqué toi. Prends donc mon droit de lui, qu’Allah te fasse miséricorde.” Il dit : “Va vers lui.” Et le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) se leva avec lui. Lorsqu’ils le virent se lever avec lui, ils dirent à un homme parmi eux : “Suis-le, regarde ce qu’il fait.” (Le narrateur) dit : Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) sortit jusqu’à arriver chez lui, frappa à sa porte et dit : “Qui est-ce ?” Il répondit : “Muḥammad, sors vers moi.” (Le narrateur) dit : Il sortit vers lui, sans aucune couleur au visage, son teint était altéré. Il lui dit : “Donne à cet homme son droit.” Il dit : “Oui, ne bouge pas jusqu’à ce que je lui donne ce qui lui est dû.” (Le narrateur) dit : Il entra, puis sortit vers lui avec son droit et le lui remit. Puis le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) s’en retourna et dit à l’homme d’Irāsh : “Va à tes affaires.” (Le narrateur) dit : L’homme d’Irāsh revint jusqu’à s’arrêter devant cette assemblée et dit : “Qu’Allah le récompense en bien ! Car, par Allah, il a pris pour moi ce qui m’est dû.” (Le narrateur) dit : L’homme qu’ils avaient envoyé avec lui vint, et ils dirent : “Malheur à toi ! Qu’as-tu vu ?” Il dit : “J’ai vu une chose étonnante parmi les merveilles. Par Allah, dès qu’il frappa à sa porte, il sortit vers lui sans son âme. Il dit : ‘Donne à cet homme son droit.’ Il dit : ‘Oui, ne bouge pas jusqu’à ce que je sorte vers lui son droit.’ Il entra, puis sortit vers lui avec son droit et le lui donna.” (Le narrateur) dit : Peu de temps après, Abū Jahl vint à eux, et ils lui dirent : “Malheur à toi ! Qu’as-tu ? Par Allah, nous n’avons rien vu de pareil à ce que tu as fait !” Il dit : “Malheur à vous ! Par Allah, dès qu’il frappa à la porte et que j’entendis sa voix, je fus rempli de terreur de lui. Je sortis vers lui, et au-dessus de sa tête il y avait un chameau mâle (faḥlan min al-ibil) – je n’ai jamais vu de tête (hāmatihi), ni d’encolure (qaṣaratihi), ni de défenses (anyābihi) pareilles pour un chameau mâle. Par Allah, si j’avais refusé, il m’aurait dévoré.” – Et dans une autre version – Ils dirent à Abū Jahl : “As-tu eu peur de Muḥammad à ce point ?” Il dit : “Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, j’ai vu avec lui des hommes portant des lances (ḥirāban) qui brillaient.” – Abū Qaza‘a dit dans son récit : « Des lances qui étincelaient, et si je ne lui avais pas donné, j’aurais craint qu’elles ne m’éventrent. »
- al-‘iṣma : Immunité ou préservation divine, concept théologique désignant la protection spéciale accordée par Allah à Ses prophètes contre le péché et l'erreur.
- al-jāhiliyya : L'ignorance, terme désignant la période préislamique caractérisée par le polythéisme et les pratiques contraires à l'islam.
- qarīn : Compagnon inséparable, désignant un démon (qarīn min al-jinn) et un ange (qarīn min al-malā’ika) assignés à chaque être humain.
- aslama : Se soumettre, obéir ; ici interprété comme le fait que le compagnon démoniaque du Prophète s'est converti à l'islam ou s'est soumis à la volonté divine.
- Buwāna : Lieu situé près de La Mecque où se trouvait une idole vénérée par les Qurayshites.
- lamam : Accès de folie ou contact démoniaque ; terme utilisé pour désigner une atteinte mentale attribuée aux djinns.
- Zamzam : Puits sacré situé dans l'enceinte de la Mosquée sacrée de La Mecque, associé à l'histoire d'Ismaël et de Hajar.
- Isāf : Nom d'une idole préislamique placée près de la Ka‘ba, souvent associée à une autre idole nommée Nā’ila.
- nuṣub : Pierres dressées ou autels sur lesquels les polythéistes préislamiques immolaient des sacrifices en l'honneur de leurs divinités.
- izār : Pagne ou vêtement de taille couvrant le bas du corps, porté traditionnellement par les hommes arabes.
- al-Bayt : La Maison, c'est-à-dire la Ka'ba, le sanctuaire sacré de La Mecque.
- Zamzam : Le puits sacré situé dans l'enceinte de la Ka'ba, dont l'eau est bénie.
- Iblis : Nom du diable dans l'islam, équivalent de Satan.
- al-Urdunn : Le Jourdain, fleuve de la région du Levant.
- al-jinn : Créatures invisibles dotées de libre arbitre, mentionnées dans le Coran.
- al-mushrikūn : Les associateurs, polythéistes mecquois qui associaient d'autres divinités à Dieu.
- al-Hijr : Espace semi-circulaire adjacent à la Ka'ba, considéré comme faisant partie du sanctuaire.
- al-Lāt, al-'Uzzā, Manāt, Nā'ila, Isāf : Noms de divinités préislamiques adorées par les Arabes païens.
- dīya : Prix du sang, compensation financière due en cas de meurtre.
- Badr : Bataille majeure de l'islam, première victoire des musulmans contre les Mecquois en 624.
- Abū Lahab : Oncle du Prophète, ennemi virulent de l'islam, mentionné dans la sourate al-Masad.
- Muḏammam : Jeu de mots : les Qurayshites déformaient le nom du Prophète Muḥammad ("loué") en Muḏammam ("blâmé") pour l'insulter.
- Dhāt al-Riqāʿ : Nom d'une expédition ou d'un lieu, signifiant "celle des lambeaux" (d'étoffe), peut-être en raison de l'état des vêtements des combattants.
- sakar : Terme ambigu : peut désigner du sucre, une boisson sucrée, ou une substance végétale. Ici, il s'agit probablement de sucre ou d'un condiment.
- Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque à l'époque préislamique et au début de l'islam ; le Prophète Muhammad en était issu.
- shī‘a : Partisans, disciples ; ici, les premiers musulmans qui suivaient le Prophète.
- muhājirūn : Émigrants ; désigne les premiers musulmans qui ont émigré de La Mecque à Médine.
- Dār al-Nadwa : Maison de l'Assemblée ; lieu de réunion des notables qurayshites pour les décisions importantes.
- al-Zaḥma : La Bousculade ; nom donné au jour de la réunion des Qurayshites contre le Prophète.
- Iblīs : Nom de Satan dans l'islam ; le diable.
- batt : Manteau ou vêtement ample porté par les bédouins.
- Najd : Région du centre de l'Arabie, souvent associée aux bédouins.
- Zuhayr et al-Nābigha : Poètes arabes préislamiques célèbres, morts de mort naturelle.
- Abū al-Ḥakam : Surnom d'Abū Jahl signifiant 'Père de la sagesse' ; ironique car il était un ennemi acharné de l'islam.
- ‘aql : Prix du sang ; compensation financière versée pour un meurtre selon le droit coutumier arabe.
- Jibrīl : L'ange Gabriel, messager de Dieu auprès des prophètes.
- ‘Alī : Cousin et gendre du Prophète Muhammad, quatrième calife de l'islam.
- Ḥaḍramawt : Région du sud de l'Arabie (actuel Yémen), célèbre pour ses tissus.
- ‘Ajam : Non-Arabes, en particulier les Perses.
- Jinan al-Urdunn : Jardins du Jourdain ; référence aux jardins fertiles de la région du Jourdain.
- Yā Sīn : Lettres mystiques ouvrant la sourate 36 du Coran, souvent récitées pour leurs vertus.
- Rasul Allah : Messager d'Allah, titre de Muhammad.
- hajatuhu : Besoin naturel, ici défécation ou miction.
- Thaniyyat al-Hajun : Colline ou défilé à La Mecque, lieu d'inhumation de certains proches du Prophète.
- aghtalahu : L'assassiner par surprise, traîtreusement.
- Abu Jahl : Surnom de 'Amr ibn Hisham, chef mecquois hostile à l'islam, signifiant 'Père de l'ignorance'.
- asawid : Pluriel de 'uswad, serpent ; ici, serpents protecteurs.
- Ibn 'Abbas : Compagnon et cousin du Prophète, célèbre exégète du Coran.
- Ka'bah : Sanctuaire cubique à La Mecque, direction de la prière en islam.
- Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- Banu 'Abd Manaf : Clan mecquois dont descend le Prophète, incluant les Banu Hashim.
- al-ruknayn al-Yamani wa al-Aswad : Les deux angles de la Ka'bah : le pilier yéménite (sud-ouest) et le pilier noir (est, où se trouve la Pierre noire).
- al-Sham : La Syrie historique, incluant la Palestine, la Jordanie, le Liban et la Syrie actuelle.
- Abu al-Hakam : Surnom d'Abu Jahl, signifiant 'Père de la sagesse', utilisé ironiquement.
- fahl min al-ibil : Chameau mâle reproducteur, symbole de force.
- Jibril : Ange Gabriel, messager divin dans l'islam.
- al-Madinah : Médine, ville du Prophète après l'Hégire.
- a'innat al-khayl : Rênes des chevaux, métaphore du commandement militaire.
- Najd : Région du centre de l'Arabie, incluant le territoire de la tribu de 'Amir.
- al-wabar : Poil de chameau, désignant les biens des bédouins (tentes, etc.).
- al-madar : Terre argileuse, désignant les terres agricoles sédentaires.
- al-diyah : Prix du sang, compensation légale pour un meurtre.
- qa'im al-sayf : Fourreau de l'épée.
- al-Harrah : Terrain volcanique rocheux, typique de la région de Médine.
- Harrah Waqim : Lieu près de Médine, connu pour ses coulées de lave.
- al-kata'ib : Bataillons, titre honorifique d'Usayd ibn Hudayr, chef des Aws.
- al-Raqm : Lieu situé entre Médine et la Syrie.
- al-Kharib : Lieu en Arabie, peut-être une vallée.
- qarhah : Plaie ou abcès, ici une maladie mortelle.
- Banu Salul : Tribu arabe, dont une femme hébergea 'Amir.
Chapitre quatorzième : Mention du début de la révélation, de la manière dont l'Ange [1]…
Chapitre quatorzième : Mention du début de la révélation, de la manière dont l'Ange [1] lui apparut, de la transmission de la révélation, de l'affirmation qu'elle venait de Dieu, et de ce qui advint lors de l'ouverture de sa poitrine [2], que la prière et la paix soient sur lui.
**Chapitre quatorze : Mention du début de la Révélation, de la manière dont l'Ange apparaissait, de la transmission de la Révélation au Prophète, de l'affirmation qu'elle lui venait d'Allah, et de ce qui concerne l'ouverture de sa poitrine – que la prière et la paix d'Allah soient sur lui.** 162 - Muhammad ibn Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté, par dictée et par lecture, disant : Ishaq ibn Ibrahim nous a rapporté, disant : Abd ar-Razzaq nous a rapporté, d'après Ma'mar, d'après az-Zuhri, d'après Urwa, d'après Aïcha – qu'Allah l'agrée – qui a dit : « La première chose par laquelle débuta la Révélation pour le Messager d'Allah – que la prière et la paix d'Allah soient sur lui – fut la vision véridique en songe. Il ne voyait aucune vision sans qu'elle n'advînt comme la clarté de l'aube. Puis l'isolement lui fut rendu aimable, et il se rendait à la grotte de Hira' pour y pratiquer le *tahannuth* – c'est-à-dire l'adoration – pendant des nuits nombreuses, emportant des provisions pour cela. Puis il revenait auprès de Khadija, et elle le ravitaillait de nouveau pour une période similaire, jusqu'à ce que la Vérité lui vînt subitement alors qu'il se trouvait dans la grotte de Hira'. L'Ange vint à lui dans cette grotte et dit : "Ô Messager d'Allah, lis (*iqra'*)." Le Prophète – que la prière et la paix d'Allah soient sur lui – dit : "Je répondis : 'Je ne suis pas un lecteur (*ma ana bi qari'*).' Il dit : 'Alors il me saisit et me serra jusqu'à ce que l'effort fût à son comble pour moi, puis il me relâcha et dit : "Lis." Je répondis : "Je ne suis pas un lecteur." Il dit : "Il me saisit et me serra une deuxième fois jusqu'à ce que l'effort fût à son comble pour moi, puis il me relâcha et dit : "Lis." Je répondis : "Je ne suis pas un lecteur." Alors il me saisit et me serra une troisième fois jusqu'à ce que l'effort fût à son comble pour moi, puis il me relâcha et dit : {Lis, par le nom de ton Seigneur qui a créé} [al-'Alaq : 1] jusqu'à ce qu'il parvînt à {ce qu'il ne savait pas} [al-'Alaq : 5].'" Le Messager d'Allah – que la prière et la paix d'Allah soient sur lui – revint avec cela, les muscles de son cou tremblant. Il entra chez Khadija – qu'Allah l'agrée – et lui raconta l'histoire, disant : "J'ai craint pour moi-même." Elle lui dit : "Réjouis-toi ! Par Allah, Allah ne t'humiliera jamais. Certes, tu maintiens les liens de parenté, tu dis la vérité, tu portes le fardeau (des autres), tu offres l'hospitalité à l'hôte, et tu aides à faire face aux calamités de la vérité." Puis Khadija partit avec lui jusqu'à ce qu'elle vînt chez Waraqa ibn Nawfal ibn Asad ibn Abd al-Uzza ibn Qusayy – il était le cousin de Khadija, le frère de son père. C'était un homme qui s'était fait chrétien (*tanassara*) à l'époque préislamique (*al-Jahiliyya*). Il écrivait l'Écriture arabe, et il écrivit en arabe de l'Évangile ce qu'Allah voulut qu'il écrivît. C'était un vieillard très âgé, devenu aveugle. Khadija lui dit : "Ô mon oncle, écoute ton neveu." Waraqa dit : "Ô mon neveu, que vois-tu ?" Le Messager d'Allah – que la prière et la paix d'Allah soient sur lui – l'informa de ce qu'il avait vu. Waraqa dit : "C'est le *Namûs* (l'Ange de la Révélation) qui a été descendu sur Moïse. Plût à Allah que je fusse jeune (*jadha'an*) en ce temps, que je fusse vivant lorsque ton peuple te chassera." Le Prophète – que la prière et la paix d'Allah soient sur lui – dit : "Me chasseront-ils ?" Il répondit : "Oui. Il n'est jamais venu personne avec quelque chose de semblable à ce que tu apportes sans qu'il ne fût traité en ennemi et persécuté. Si je vis ton jour, je t'assisterai d'un secours puissant." Puis Waraqa ne tarda pas à mourir. Et la Révélation s'interrompit d'une interruption, jusqu'à ce que le Messager d'Allah – que la prière et la paix d'Allah soient sur lui – en fût attristé – selon ce qui nous est parvenu – d'une tristesse telle qu'il partait à plusieurs reprises pour se jeter du haut des sommets des montagnes. Chaque fois qu'il atteignait le sommet d'une montagne pour s'y précipiter, Gabriel (*Jibril*) lui apparaissait et disait : "Ô Muhammad, tu es vraiment le Messager d'Allah." Alors son cœur se calmait pour cela, son âme s'apaisait, et il revenait. Et lorsque l'interruption de la Révélation se prolongeait pour lui, il partait pour faire de même. Et quand il atteignait le sommet d'une montagne, il lui disait la même chose. Az-Zuhri dit : Abu Salama m'a rapporté, d'après Jabir, qui a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah – que la prière et la paix d'Allah soient sur lui – alors qu'il racontait au sujet de l'interruption de la Révélation. Il dit dans son récit : "Alors que je marchais, j'entendis soudain une voix venant du ciel. Je levai la tête, et voilà que l'Ange qui était venu à moi à Hira' était assis sur un trône (*kursiyy*) entre le ciel et la terre. Je fus saisi d'une grande frayeur à cause de lui. Je revins et dis : 'Enveloppez-moi ! Enveloppez-moi !' Ils me couvrirent d'un manteau (*daththarûnî*). Alors Allah – Puissant et Majestueux – révéla : {Ô toi, l'enveloppé [d'un manteau] !} [al-Muddaththir : 1] jusqu'à Sa Parole – Exalté soit-Il : {Et l'abomination, fuis-la} [al-Muddaththir : 5] – avant que les prières ne fussent prescrites. Et *ar-rijz* (l'abomination), ce sont les idoles, c'est-à-dire : fuis-la." 163 - Abu Bakr ibn Khallad nous a rapporté, al-Harith ibn Abi Usama nous a rapporté, Dawud ibn al-Muhabbar nous a rapporté, disant : Hammad nous a rapporté, d'après Abu Imran al-Jawni, d'après Yazid ibn Babnus, d'après Aïcha – qu'Allah l'agrée – que le Messager d'Allah – que la prière et la paix d'Allah soient sur lui – fit le vœu de pratiquer la retraite spirituelle (*i'tikaf*) pendant un mois, lui et Khadija, à Hira'. Cela coïncida avec le mois de Ramadan. Le Prophète – que la prière et la paix d'Allah soient sur lui – sortit une nuit et entendit : "La paix soit sur toi (*as-salamu 'alayka*)." Je pensai que c'était l'assaut soudain des djinns (*faj'ata al-jinn*). Je vins en hâte jusqu'à entrer chez Khadija. Elle me couvrit d'un vêtement et dit : "Qu'as-tu, ô fils d'Abd Allah ?" Je dis : "J'ai entendu : 'La paix soit sur toi', et j'ai pensé que c'était l'assaut soudain des djinns." Elle dit : "Réjouis-toi, ô fils d'Abd Allah, car la salutation (*as-salam*) est un bien." Il dit : "Puis je sortis une autre fois, et voilà Gabriel (*Jibril*) : une de ses ailes était à l'Orient et une de ses ailes était à l'Occident." Il dit : "J'eus peur de lui et je vins en hâte. Mais le voilà entre moi et la porte. Il me parla jusqu'à ce que je me familiarisai avec lui. Puis il me fixa un rendez-vous. Je vins à lui, mais il tarda à venir. Je voulus revenir, et voilà que je le vis, ainsi que Michel (*Mika'il*) : ils avaient bouché l'horizon. Gabriel descendit, et Michel resta entre le ciel et la terre. Gabriel me prit, m'allongea sur le dos pour la douceur de la nuque, puis il fendit ma poitrine, en sortit mon cœur, puis en sortit ce qu'Allah voulut qu'il en sortît. Puis il le lava dans un bassin d'or avec de l'eau de Zamzam, puis le remit à sa place, puis le recousit, puis me retourna comme on retourne une peau, puis scella dans mon dos, jusqu'à ce que je sentisse le contact du sceau dans mon cœur. Puis il dit : 'Lis (*iqra'*).' Je n'avais jamais lu un livre auparavant, et je ne trouvai rien à lire. Puis il dit : 'Lis.' Je dis : 'Que lirai-je ?' Il dit : {Lis, par le nom de ton Seigneur qui a créé} [al-'Alaq : 1] jusqu'à ce qu'il parvînt à cinq versets de celle-ci. Je n'oubliai rien après cela. Puis il me pesa avec un homme, et je le pesai. Puis il me pesa avec un autre, et je le pesai. Il continua ainsi jusqu'à ce qu'il me pesât avec cent hommes. Alors Michel dit : 'Sa communauté le suivra, par le Seigneur de la Ka'ba.' Il en fut ainsi : aucune pierre ni aucun arbre ne me rencontrait sans dire : 'La paix soit sur toi, ô Messager d'Allah', jusqu'à ce que j'entrasse chez Khadija. Elle dit : 'La paix soit sur toi, ô Messager d'Allah.'" 164 - Umar ibn Muhammad ibn Ja'far nous a rapporté, disant : Ibrahim ibn Ali nous a rapporté, disant : an-Nadr ibn Salama nous a rapporté, disant : Abd Allah ibn Amr al-Fihri et Muhammad ibn Maslama nous ont rapporté, d'après al-Harith ibn Muhammad al-Fihri, d'après Isma'il ibn Abi Hakim, d'après Umar ibn Abd al-Aziz, d'après Abu Bakr ibn Abd ar-Rahman ibn al-Harith ibn Hisham, d'après Umm Salama, d'après Khadija bint Khuwaylid – qu'elle a dit : J'ai dit au Messager d'Allah – que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : "Ô fils de mon oncle, peux-tu, lorsque vient à toi celui qui te vient, m'en informer ?" Le Messager d'Allah – que la prière et la paix d'Allah soient sur lui – dit : "Oui." Khadija dit : "Gabriel – sur lui la paix – vint à lui un jour alors que j'étais auprès de lui. Il dit : 'Ô Khadija, voici mon compagnon qui vient à moi, il est venu.' Je lui dis : 'Lève-toi et assieds-toi sur ma cuisse.' Il s'assit dessus. Je dis : 'Le vois-tu ?' Il dit : 'Oui.' Je dis : 'Déplace-toi et assieds-toi sur ma cuisse gauche.' Il s'assit. Je dis : 'Le vois-tu ?' Il dit : 'Oui.' Khadija dit : 'Alors je me découvris et jetai mon voile (*khimari*), et je dis : 'Le vois-tu ?' Il dit : 'Non.' Je dis : 'Ceci, par Allah, est un Ange noble. Non, par Allah, ce n'est pas un démon (*shaytan*).' Khadija dit : 'Je rapportai cela à Waraqa ibn Nawfal ibn Asad ibn Abd al-Uzza ibn Qusayy, ce que Muhammad – que la prière et la paix d'Allah soient sur lui – m'avait informée.' Waraqa dit (en poésie, mètre *tawil*) : "Si c'est vrai, ô Khadija, sache-le, / Ton récit à nous, qu'Ahmad est envoyé (comme Messager). Il réussit par lui celui qui réussit en ce monde par le repentir, / Et par lui est malheureux l'ennemi obstiné, l'égaré. Deux groupes [viennent] de lui : un groupe dans ses Jardins, / Et un autre, dans les profondeurs de la Géhenne, enchaîné."
Lorsqu'ils invoquent le malheur en elle (l'Enfer), les massues se succèdent sur leurs nuques, puis la fuite. Gloire donc à Celui dont l'ordre fait tomber les vents, et qui, dans les jours, fait ce qu'Il veut. Et dont le Trône est au-dessus de tous les cieux, et dont les jugements sur Sa création ne sont point modifiés. Waraqa dit également (page 218) : [Sur le mètre al-Basīṭ] Ô hommes, pour le malheur du temps et du destin, et pour ce que Dieu a décrété sans altération ! Jusqu'à ce que Khadīja m'appelle pour l'informer, alors que nous n'avons nulle connaissance du mystère caché. Ce qu'elle m'a interrogé pour que je l'en informe était une affaire qu'il a vue et qui viendra aux hommes comme une nouvelle. Elle m'a informé d'une chose dont j'avais entendu parler dans ce qui s'est passé parmi les anciens hommes et les époques révolues : Qu'Ahmed reçoit la visite de Gabriel (Jibrīl) qui l'informe : « Tu es envoyé à l'humanité. » J'ai dit : « Ce que tu espères, Dieu te l'accordera ; espère donc le bien et attends. Et envoie-le vers nous afin que nous l'interrogions sur ce qu'il voit en songe et à l'état de veille. » Il dit : « Un bien nous est venu, proférant une parole étonnante, qui fait dresser le poil et la peau. J'ai vu le Fidèle de Dieu (Amīn Allāh) venir à moi sous une forme accomplie dans la plus imposante des apparences. Puis il continua, et la peur me terrifiait à cause des salutations des arbres autour de moi. » Je dis : « Mon opinion, sans que je sache, me confirmera que tu seras bientôt envoyé, récitant les sourates révélées. Et si tu proclames ton appel à eux, je te soutiendrai par le combat (jihād) sans reproche ni trouble. » 165 - Nous a rapporté 'Umar ibn Muḥammad ibn Ja'far, disant : nous a rapporté Ibrāhīm ibn 'Alī, disant : nous a rapporté al-Naḍr ibn Salama, disant : nous a rapporté Fulayḥ ibn Ismā'īl, d'après 'Abd al-Raḥmān ibn 'Abd al-'Azīz al-Imāmī, d'après Yazīd ibn Rūmān, d'après al-Zuhrī, d'après 'Urwa ibn al-Zubayr, d'après 'Ā'isha (qu'Allāh l'agrée) : Le Messager d'Allāh (ṣallā llāhu 'alayhi wa-sallam) était assis un jour avec Khadīja lorsqu'il vit une forme entre ciel et terre qui ne bougeait pas. Khadīja dit : « Approche-toi de moi. » Il s'approcha d'elle (page 219), et elle lui dit : « Le vois-tu ? » Le Prophète (ṣallā llāhu 'alayhi wa-sallam) dit : « Oui. » Khadīja dit : « Mets ta tête sous mon manteau. » Il fit ainsi, et Khadīja lui dit : « Le vois-tu ? » Le Prophète (ṣallā llāhu 'alayhi wa-sallam) dit : « Non, il s'est détourné de moi. » Khadīja dit : « Réjouis-toi, car c'est un ange noble ; si c'était un démon (shayṭān), il n'aurait pas eu honte. » Un jour, alors que le Messager d'Allāh (ṣallā llāhu 'alayhi wa-sallam) était [assis], il vit une forme entre ciel et terre à Jiyād al-Aṣghar, lorsque Gabriel ('alayhi s-salām) lui apparut et le salua. Il déploya un noble tapis orné de rubis et d'émeraudes, puis il creusa la terre et l'eau jaillit. Gabriel ('alayhi s-salām) apprit au Messager d'Allāh (ṣallā llāhu 'alayhi wa-sallam) comment faire les ablutions (wuḍū'). Il fit les ablutions (ṣallā llāhu 'alayhi wa-sallam), puis pria deux rak'as en direction de la qibla, face à la Pierre Noire (al-Rukn al-Aswad). Il l'annonça de sa prophétie, et il lui fut révélé : « Lis par le nom de ton Seigneur qui a créé » (Sourate al-'Alaq, 96:1). Puis il s'en retourna ; il ne passait devant aucune pierre ni aucun arbre sans qu'ils ne le saluent, disant : « La paix soit sur toi, ô Messager d'Allāh. » Il vint à Khadīja et dit : « Ô Khadīja, sais-tu que celui que je voyais m'est apparu sur un noble tapis, a creusé pour moi la terre et l'eau a jailli, m'a appris les ablutions (wuḍū'), j'ai fait les ablutions et prié deux rak'as ? » Khadīja dit : « Montre-moi comment je te vois. » Le Prophète (ṣallā llāhu 'alayhi wa-sallam) le lui montra, puis elle pria avec lui et dit : « J'atteste que tu es le Messager d'Allāh. » 166 - Nous a rapporté Sulaymān ibn Aḥmad, disant : nous a rapporté Naḍr ibn 'Abd al-Malik al-Bukhārī à [Boukhara] en l'an 278 [de l'Hégire], disant : nous a rapporté 'Abd Allāh ibn Mu'āwiya al-Daynūrī, disant : nous a rapporté Mu'ādh ibn Muḥammad ibn Mu'ādh ibn Muḥammad ibn Ubayy ibn Ka'b, disant : mon père m'a rapporté d'après son père, d'après son grand-père Ubayy ibn Ka'b, qu'Abū Hurayra (qu'Allāh l'agrée) interrogea le Messager d'Allāh (ṣallā llāhu 'alayhi wa-sallam) – et il était avide (page 220) de l'interroger sur ce que personne d'autre ne lui demandait – et dit : « Ô Messager d'Allāh, quelle fut la première chose par laquelle tu fus initié dans l'affaire de la prophétie ? » Il dit : « Puisque tu m'as interrogé, j'étais dans une plaine, marchant, âgé de dix ans, lorsque je vis deux hommes au-dessus de ma tête. L'un dit à son compagnon : "Est-ce lui ?" Il dit : "Oui." Ils me prirent et me collèrent à la nuque, puis fendirent mon ventre. Gabriel (Jibrīl) apportait de l'eau dans un bassin d'or, et Michel (Mīkā'īl) lavait l'intérieur de mon corps. L'un dit à son compagnon : "Fends sa poitrine." Ma poitrine, à ce que je voyais, était fendue sans que je ressente de douleur. Puis il dit : "Fends son cœur." Il fendit mon cœur et dit : "Extrais-en la rancune et l'envie." Il en sortit quelque chose comme un caillot de sang (al-'alaqa) et le jeta. Puis il dit : "Introduis la compassion et la miséricorde dans son cœur." Il y introduisit quelque chose comme de l'argent. Puis il sortit une poudre qu'il avait avec lui et en saupoudra [le cœur]. Puis il pressa mon pouce et dit : "Va de bon matin." Je revins avec ce que je n'avais pas le matin : ma miséricorde envers le petit et ma tendresse envers le grand. » Le Shaykh dit : Ce hadith fait partie de ceux que Mu'ādh ibn Muḥammad a rapportés isolément, et il est unique pour mentionner l'âge auquel son cœur fut fendu. Ce qu'a rapporté 'Abd Allāh ibn Ja'far d'après Ḥalīma al-Sa'diyya, et ce qu'a rapporté 'Abd al-Raḥmān ibn 'Amr d'après 'Utba ibn 'Abd, s'accordent sur le fait qu'il était en nourrice chez les Banū Sa'd, et cela a déjà été mentionné. 167 - Nous a rapporté Aḥmad ibn Isḥāq, disant : nous a rapporté Muḥammad ibn Aḥmad ibn Sulaymān, disant : nous a rapporté Abū Mūsā Muḥammad ibn al-Muthannā, disant : nous a rapporté Abū Dāwūd, disant : nous a rapporté Ja'far ibn 'Abd Allāh, disant : nous a rapporté 'Uthmān ibn 'Urwa ibn al-Zubayr, d'après son père, d'après Abū Dharr al-Ghifārī, qui dit : Je dis : « Ô Messager d'Allāh, comment as-tu su que tu étais prophète ? Et par quoi l'as-tu su jusqu'à en être certain ? » Il dit : « Ô Abū Dharr, deux [êtres] vinrent à moi alors que j'étais dans la plaine de la Mecque (Baṭḥā' Makka). L'un d'eux toucha le sol, et l'autre était entre ciel et terre. L'un dit à son compagnon : "Est-ce lui ?" Il dit : "C'est lui, oui." Il dit : "Pèse-le avec un homme." Il me pesa avec un homme, et je fus plus lourd. Il dit : "Pèse-le avec dix." Il me pesa avec dix, et je fus plus lourd qu'eux. Puis il dit : "Pèse-le avec cent." Il me pesa avec cent, et je fus plus lourd qu'eux. Puis il dit : "Pèse-le avec mille." Il me pesa avec mille, et je fus plus lourd qu'eux. Puis ils se mirent à tomber sur moi dans le plateau de la balance. Puis l'un dit à son compagnon : "Fends son ventre." Il fendit mon ventre, sortit mon cœur, et en retira la prise du démon (maghmaz al-shayṭān) et les grumeaux de sang ('ilaq al-dam), et les jeta. L'un dit à son compagnon : "Lave son ventre comme on lave un récipient, et lave son cœur comme on lave un vêtement blanc (al-mulā')." Puis l'un dit à son compagnon : "Couds son ventre." Il cousit mon ventre et plaça le sceau (al-khātam) entre mes épaules, comme il est maintenant. Puis ils s'éloignèrent de moi, et il me sembla que je voyais [tout] comme une vision claire (mu'āyana). » 168 - Et nous a rapporté Abū 'Amr ibn Ḥamdān, disant : nous a rapporté al-Ḥasan ibn Sufyān, disant : nous a rapporté Hadaba et Shaybān, disant : nous a rapporté Ḥammād ibn Salama, disant : nous a rapportat Thābit, d'après Anas (qu'Allāh l'agrée) : Gabriel ('alayhi s-salām) vint au Prophète (ṣallā llāhu 'alayhi wa-sallam) alors qu'il jouait avec des garçons. Il le prit, le renversa, fendit son ventre, l'ouvrit, puis sortit de son cœur un caillot de sang noir ('alaqa sawdā') et dit : « Ceci (page 222) est la part du démon (shayṭān) en toi. » Puis il lava le cœur dans un bassin d'or avec de l'eau de Zamzam, le remit à sa place, puis le referma. Anas dit : « J'ai vu la trace de la couture sur sa poitrine (ṣallā llāhu 'alayhi wa-sallam). »
169 - Nous a rapporté 'Abd Allah ibn Muhammad ibn Ja'far : nous a rapporté Muhammad ibn 'Abd Allah ibn Rustah et Muhammad ibn Nusayr : nous a rapporté Sulayman ibn Dawud : nous a rapporté Ayyub ibn Farqad, d'après al-A'mash, d'après 'Abd Allah ibn 'Abd Allah al-Razi, d'après Sa'id ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbas, qui a dit : Waraqa ibn Nawfal a dit au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : « Ô Muhammad, comment te vient la révélation, c'est-à-dire Jibril ? » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Il me vient du ciel, ses deux ailes sont de perle et l'intérieur de ses pieds est vert. » 170 - Nous a rapporté Abu Muhammad ibn Hayyan : nous a rapporté 'Abd Allah ibn Muhammad ibn al-'Abbas : nous a rapporté Salama ibn Shabib : nous a rapporté Abu al-Mughira : nous a rapporté Safwan ibn 'Amr, d'après Shurayh ibn 'Ubayd, qui a dit : « Lorsque le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) monta au ciel et qu'Allah révéla à Son serviteur ce qu'Il révéla, Jibril tomba prosterné jusqu'à ce qu'Allah eût accompli auprès de Son serviteur ce qu'Il avait accompli. Puis il releva la tête, et je le vis dans sa forme originelle dans laquelle il avait été créé, ses ailes parées de chrysolithe 1, de perle et de rubis. Il me sembla que ce qui était entre ses deux yeux remplissait l'horizon. Avant cela, je ne le voyais que sous des formes différentes, et le plus souvent je le voyais sous la forme de Dihya al-Kalbi 2. Parfois, avant cela, je ne le voyais que comme un homme voit son compagnon à travers un tamis. » Quant à la manière dont la révélation était transmise au Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), al-Harith ibn Hisham (qu'Allah l'agrée) l'a interrogée. 171 - Nous a rapporté Muhammad ibn Badr : nous a rapporté Bakr ibn Sahl : nous a rapporté 'Abd Allah ibn Yusuf al-Tinnisi : nous a rapporté Malik ibn Anas, d'après Hisham ibn 'Urwa, d'après son père, d'après 'A'isha (qu'Allah l'agrée) : al-Harith ibn Hisham a interrogé le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) en disant : « Ô Messager d'Allah, comment te vient la révélation ? » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Parfois elle me vient comme le son d'une cloche 3, et c'est ce qui m'est le plus pénible ; puis cela me quitte et j'ai retenu ce qui a été dit. Parfois l'ange se présente à moi sous la forme d'un homme, me parle et je retiens ce qu'il dit. » 'A'isha a dit : « Je l'ai vu alors que la révélation descendait sur lui par un jour de grand froid ; puis elle le quittait, et son front ruisselait de sueur. » 172 - Nous a rapporté Abu 'Amr ibn Hamdan : nous a rapporté al-Hasan ibn Sufyan : nous a rapporté Ishaq ibn Ibrahim al-Hanzali : nous a rapporté 'Abd al-Razzaq : nous a rapporté Yunus ibn Sulaym : m'a dicté Yunus ibn Yazid al-Ayli, d'après Ibn Shihab, d'après 'Urwa ibn al-Zubayr, d'après 'Abd al-Rahman ibn 'Abd al-Qari, qui a dit : J'ai entendu 'Umar ibn al-Khattab (qu'Allah l'agrée) dire : « Lorsque la révélation descendait sur le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), nous entendions près de lui un bourdonnement comme celui des abeilles. » 173 - Nous a rapporté Abu Bakr ibn Khallad : nous a rapporté al-Harith ibn Abi Usama : nous a rapporté 'Abd al-Wahhab ibn 'Ata' : nous a rapporté Sa'id, d'après Qatada, d'après al-Hasan, d'après Hittan ibn 'Abd Allah al-Raqashi, d'après 'Ubada ibn al-Samit : Lorsque la révélation descendait sur le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), il en éprouvait une gêne et son visage s'assombrissait. 174 - Et nous a rapporté Sulayman ibn Ahmad : nous a rapporté Muhammad ibn 'Uthman ibn Abi Shayba : nous a rapporté 'Uqba ibn Mukram : nous a rapporté Yunus ibn Bukayr, d'après 'Uthman ibn 'Abd al-Rahman, d'après al-Zuhri, d'après Sahl ibn Sa'd, qui a dit : J'ai entendu Zayd ibn Thabit dire : « Lorsque la révélation descendait sur le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), il en devenait lourd et son front dégouttait de sueur comme des perles, même par temps froid. » 175 - Et nous a rapporté Abu Bakr ibn Malik : nous a rapporté 'Abd Allah ibn Ahmad ibn Hanbal : mon père m'a rapporté : nous a rapporté 'Abd al-Razzaq : nous a rapporté Ma'mar, d'après al-Zuhri, d'après Qabisa ibn Dhu'ayb, d'après Zayd ibn Thabit, qui a dit : « J'écrivais pour le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Il dit : 'Écris : "Ne sont pas égaux, parmi les croyants, ceux qui restent chez eux et ceux qui combattent dans le sentier d'Allah." 4' Alors vint Ibn Umm Maktum 5 qui dit : 'Ô Messager d'Allah, j'aime le jihad, mais j'ai l'infirmité que tu vois, et j'ai perdu la vue.' Zayd dit : La cuisse du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) pesa sur ma cuisse au point que je craignis qu'elle ne la broie. Puis il dit : "Ne sont pas égaux, parmi les croyants, ceux qui restent chez eux, à l'exception de ceux qui ont une excuse." [Coran, 4:95] » 176 - Et nous a rapporté Sulayman ibn Ahmad : nous a rapporté 'Ali ibn 'Abd al-'Aziz : nous a rapporté Hajjaj ibn al-Minhai : nous a rapporté Hammam ibn Yahya : j'ai entendu 'Ata' ibn Abi Rabah dire : nous a rapporté Safwan ibn Ya'la ibn Umayya, d'après son père : Un homme vint trouver le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à al-Ji'rana 6, portant une djubba 7 et des traces de khaluq 8 (Hammam dit : ou des traces de jaune). Il dit : « Comment m'ordonnes-tu de faire pour ma 'umra 9 ? » Alors la révélation descendit, et on le couvrit d'un vêtement. Ya'la disait : « J'aurais aimé voir le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) au moment où la révélation lui venait. » 'Umar me dit : « Serais-tu heureux de voir le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) alors que la révélation descend sur lui ? » Je soulevai le bord du vêtement et le vis, et il ronflait 10. Hammam dit : Je pense qu'il a aussi dit : comme le ronflement d'un jeune chameau. Lorsque cela le quitta, il dit : « Où est celui qui interrogeait au sujet de la 'umra ? Enlève la djubba, lave-toi de la trace de khaluq (ou de jaune) — Hammam douta — et fais dans ta 'umra ce que tu fais dans ton hajj 11. » Mention de la protection du ciel contre l'écoute clandestine pour confirmer sa mission et l'élévation de son appel (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). 177 - Nous a rapporté Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan : nous a rapporté Muhammad ibn 'Uthman ibn Abi Shayba : mon oncle Abu Bakr m'a rapporté : nous a rapporté Muhammad ibn Fudayl, d'après 'Ata' ibn al-Sa'ib, d'après Sa'id ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbas : Il n'y avait aucune tribu de djinns 12 qui n'eût des postes d'écoute. Lorsque la révélation descendait, les anges entendaient un bruit comme celui d'une barre de fer jetée sur une pierre lisse. Lorsque les anges l'entendaient, ils tombaient prosternés et ne relevaient la tête qu'après qu'elle fût descendue. Quand elle descendait, ils se disaient les uns aux autres : « Qu'a dit votre Seigneur ? » Si c'était ce qui se passe dans le ciel, ils disaient : « La vérité, et c'est Lui le Très-Haut, le Grand. » Si c'était ce qui se passe sur terre, parmi les choses de l'invisible, une mort ou quelque chose de ce qui arrive sur terre, ils en parlaient et disaient : « Il arrivera ceci et cela. » Les diables 13 l'entendaient et le transmettaient à leurs alliés. Lorsque Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) fut envoyé, ils furent chassés par les étoiles filantes. Les premiers à le savoir furent les Thaqif 14. Celui d'entre eux qui possédait des moutons allait à ses moutons et égorgeait chaque jour une brebis ; celui qui possédait des chameaux égorgeait chaque jour un chameau. Les gens se hâtèrent de dépenser leurs biens. Certains dirent aux autres : « Ne faites pas cela. Si ce sont les étoiles par lesquelles vous vous guidez, [elles sont toujours là] ; sinon, c'est un événement nouveau. » Ils regardèrent et virent que les étoiles par lesquelles on se guide étaient comme avant, rien n'en avait disparu. Allah détourna les djinns, et ils entendirent le Coran. Lorsqu'ils furent présents, ils dirent : « Écoutez ! » Les diables allèrent à Iblis 15 et l'informèrent. Il dit : « C'est un événement nouveau sur terre. Apportez-moi de la terre de chaque région. » Ils lui apportèrent de la terre de Tihama 16. Il dit : « C'est là que se trouve l'événement. »
178 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : al-Hasan ibn al-Jahm nous a dit : al-Hasan ibn al-Faraj nous a dit : Muhammad ibn 'Umar al-Waqidi nous a dit : Muhammad ibn Salih m'a rapporté, d'après Ibn Abi Hakim, c'est-à-dire Ishaq, d'après 'Ata' ibn Yasar, d'après Abu Hurayra : "Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) fut envoyé 17, chaque idole 18 se retrouva renversée. Les démons 19 vinrent alors trouver Iblis 20 et lui dirent : 'Il n'y a pas une idole sur terre qui ne se soit retrouvée renversée.' Il dit : 'C'est un prophète qui a été envoyé. Cherchez-le dans les villages des campagnes.' Ils le cherchèrent et dirent : 'Nous ne l'avons pas trouvé.' Il dit : 'C'est moi qui vais le trouver.' Il partit donc à sa recherche, et on l'appela : 'À toi le cœur du pays 21', c'est-à-dire La Mecque. Il l'y chercha et le trouva près de Qarn al-Tha'alib 22. Il retourna alors vers les démons et dit : 'Je l'ai trouvé, et avec lui se trouve Jibril 23 (que la paix soit sur lui). Qu'avez-vous à proposer ?' Ils dirent : 'Nous embellissons les passions 24 aux yeux de ses compagnons et nous les leur rendons aimables.' Il dit : 'Alors, il n'y a rien à faire.'" 179 - Muhammad ibn Ahmad nous a rapporté : al-Hasan ibn al-Jahm nous a dit : al-Husayn ibn al-Faraj nous a dit : Muhammad ibn 'Umar al-Waqidi nous a dit : Talha ibn 'Amr m'a rapporté, d'après Ibn Abi Mulayka, d'après 'Abd Allah ibn 'Amr, qui a dit : "Le jour où le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) fut investi de la prophétie 25, les démons furent empêchés d'accéder au ciel et furent frappés par les météores 26. Ils vinrent donc trouver Iblis et lui racontèrent cela. Il dit : 'Un événement s'est produit : c'est un prophète qui est apparu parmi vous dans la Terre Sainte 27, comme cela s'est produit pour les fils d'Israël.' Ils se rendirent alors au Sham 28, puis revinrent vers lui et dirent : 'Il n'y a personne là-bas.' Iblis dit : 'C'est moi qui vais le trouver.' Il partit donc à sa recherche à La Mecque, et voilà que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) descendait de Hira' 29 avec Jibril (que la paix soit sur lui). Il retourna alors vers ses compagnons et dit : 'Ahmad 30 a été envoyé, et avec lui se trouve Jibril. Qu'avez-vous à proposer ?' Ils dirent : 'La vie d'ici-bas 31 : nous la rendons aimable aux gens.' Il dit : 'C'est donc cela.'" 180 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : al-Hasan ibn al-Jahm nous a dit : al-Husayn ibn al-Faraj nous a dit : Muhammad ibn 'Umar al-Waqidi nous a dit : Talha ibn 'Amr m'a rapporté, d'après 'Ata', d'après Ibn 'Abbas (qu'Allah les agrée tous deux), qui a dit : "Les démons écoutaient la révélation 32. Lorsqu'Allah (Puissant et Majestueux) envoya Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), ils en furent empêchés. Ils se plaignirent donc à Iblis, qui dit : 'Un événement s'est produit.' Il monta alors au sommet d'Abu Qubays 33, qui est la première montagne placée sur terre, et il vit le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) prier derrière le Maqam 34. Il dit : 'Je vais aller lui briser le cou.' Il s'approcha en se dandinant, alors que Jibril était auprès de lui. Jibril (que la paix soit sur lui) lui donna un coup de pied qui le projeta à tel ou tel endroit. Le diable s'enfuit alors, terrifié." 181 - Abu Ahmad al-Ghitrifi nous a rapporté : Muhammad ibn Musa al-Hulwani nous a dit : Ya'qub al-Dawraqi nous a dit ; et Muhammad ibn Ahmad ibn Muhammad ibn Abi Bakr nous a dit : Yahya ibn Muhammad ibn Sa'id nous a dit : Ya'qub ibn Ibrahim nous a dit : Muhammad ibn 'Abd al-Rahman al-Tufawi nous a dit, d'après Hajjaj ibn Abi 'Uthman al-Sawwaf, d'après Thabit al-Bunani, d'après Anas ibn Malik (qu'Allah l'agrée), qui a dit : "Entre les pieds d'Iblis et ses chevilles, il y a une distance de tant et tant. Son trône 35 se trouve sur la mer. S'il apparaissait aux gens, il serait adoré." Il dit : "Lorsqu'Allah (Puissant et Majestueux) envoya Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), alors qu'il rassemblait sa ruse 36, Jibril (que la paix soit sur lui) fondit sur lui et le poussa de son épaule, le jetant dans la vallée du Jourdain 37."
- zabarjad : Pierre précieuse, chrysolithe ou péridot.
- Dihya al-Kalbi : Compagnon du Prophète, réputé pour sa beauté ; Jibril apparaissait souvent sous ses traits.
- salsalat al-jaras : Bruit de la cloche, son métallique et vibrant.
- Coran 4:95 : Verset sur l'égalité entre croyants sédentaires et combattants, avec exception pour les handicapés.
- Ibn Umm Maktum : Compagnon aveugle du Prophète.
- al-Ji'rana : Localité près de La Mecque, lieu de répartition du butin après la bataille de Hunayn.
- jubba : Vêtement long, sorte de tunique ou manteau.
- khaluq : Parfum à base de safran et autres substances, interdit en état de sacralisation (ihram).
- 'umra : Petit pèlerinage à La Mecque, pouvant être effectué à tout moment de l'année.
- ghatit : Ronflement ou respiration bruyante, signe de l'état de révélation.
- hajj : Grand pèlerinage annuel à La Mecque, avec des rites spécifiques.
- jinn : Créatures invisibles, dotées de libre arbitre, créées de feu.
- shayatin : Démons, rebelles parmi les djinns.
- Thaqif : Tribu arabe de Ta'if.
- Iblis : Nom propre du diable, le chef des démons.
- Tihama : Région côtière de l'Arabie, incluant La Mecque.
- buʿitha : Envoyé en tant que prophète ; désigne l'investiture prophétique de Muhammad.
- ṣanam : Idole ; statue représentant une divinité adorée par les polythéistes.
- shayāṭīn : Démons ; créatures rebelles parmi les djinns, obéissant à Iblis.
- Iblīs : Nom propre du diable en islam, chef des démons, originellement un djinn ou un ange déchu.
- ḥabbat al-qalb : Littéralement 'le grain du cœur' ; expression désignant La Mecque comme le centre spirituel.
- Qarn al-Thaʿālib : Lieu près de La Mecque, littéralement 'la corne des renards'.
- Jibrīl : L'ange Gabriel, chargé de transmettre la révélation divine aux prophètes.
- shahawāt : Passions ou désirs charnels ; ce que les démons embellissent pour détourner les hommes.
- tanabbaʾa : Devenir prophète ; investiture prophétique.
- shuhub : Météores ou étoiles filantes ; utilisés pour chasser les démons du ciel.
- al-arḍ al-muqaddasa : La Terre Sainte ; désigne généralement la région de Jérusalem et de la Palestine.
- al-Shām : Région historique incluant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban.
- Ḥirāʾ : Montagne près de La Mecque où Muhammad reçut la première révélation.
- Aḥmad : Un des noms du prophète Muhammad, signifiant 'le plus loué'.
- al-dunyā : La vie d'ici-bas, le monde matériel, par opposition à l'au-delà.
- al-waḥy : La révélation divine transmise aux prophètes.
- Abū Qubays : Montagne située à La Mecque, près de la Kaaba.
- al-Maqām : La station d'Abraham ; endroit près de la Kaaba où Abraham se tenait pour prier.
- ʿarsh : Trône ; ici, le trône d'Iblis, symbole de son autorité sur les démons.
- kayd : Ruse ou stratagème ; Iblis rassemble ses forces pour nuire aux hommes.
- Wādī al-Urdunn : La vallée du Jourdain, fleuve de la région de Palestine.
Chapitre quinze : Mention de la prise du Coran et de la vision du Prophète (que la prière…
Chapitre quinze : Mention de la prise du Coran et de la vision du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) par les cœurs, au point que nombre de gens sensés entrèrent en islam dès la première rencontre. En vérité, Allah – qu'Il soit exalté et magnifié – a soutenu Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) par ce dont Il n'a soutenu personne parmi les mondes, et l'a distingué par Ses caractéristiques [1] qui dépassent la limite des miracles [2] des prophètes.
Le quinzième chapitre : Mention de la réception du Coran et de la vision du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) par les cœurs, au point que nombre de gens sensés entrèrent dans l'islam dès la première rencontre. Allah – Puissant et Majestueux, exaltée soit Sa grandeur – a soutenu Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) par ce qu'Il n'a accordé à aucun autre parmi les mondes, et l'a distingué par des caractéristiques 1 qui dépassent les limites des miracles des prophètes et des degrés des saints 2. Ainsi, les signes de la prophétie étaient en rapport avec son rang et sa position auprès d'Allah. Il n'y a aucun signe ou miracle plus prodigieux et plus magnifique que les miracles de Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), à savoir le Coran explicite, le Rappel plein de sagesse, le Livre puissant, sans aucune torsion, droit, qu'Il a fait descendre sur lui en un temps et une époque où se trouvaient de nombreuses créatures, une foule immense, des hommes de discernement, d'intelligence, de compréhension, aux langues acérées, aux esprits pénétrants, aux raisonnements justes, doués d'expérience, de ruse et de stratagème. Lorsqu'ils entendirent le Coran, ils estimèrent qu'il était en leur pouvoir de le défier, et dirent : « Si nous voulions, nous dirions pareilles choses ; ce ne sont que des légendes des anciens » [Coran 8:31]. Alors le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) les défia par le Coran, frappant leurs oreilles, malgré leur éloquence, leur langue, leur rhétorique et leur clarté, de produire une sourate qu'ils inventeraient avec le moindre effort et la moindre peine. Comment le pourraient-ils, alors qu'Allah dit : « Dis : “Quand bien même les hommes et les djinns s'uniraient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne produiraient rien de semblable, même s'ils s'entraidaient” » [Coran 17:88], tout en les appelant à produire une sourate semblable, mais ils ne le purent. Car la parole d'Allah descendue sur lui est, comme Allah – Puissant et Majestueux – l'a annoncé : « C'est une parole décisive, et non une plaisanterie » [Coran 86:13-14], et Il a dit : « C'est plutôt un Coran glorieux, sur une Table préservée » [Coran 85:21-22]. 182 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn 'Uthman ibn Abi Shayba nous a rapporté : Minjab ibn al-Harith nous a rapporté : 'Ali ibn Mushir nous a rapporté, d'après al-Ajlâh, d'après adh-Dhayyâl ibn Harmala, d'après Jâbir ibn 'Abd Allah, qui a dit : Un jour, les Qurayshites se réunirent et dirent : « Cherchez celui d'entre vous qui connaît le mieux la sorcellerie, la divination et la poésie, et qu'il aille trouver cet homme qui a divisé notre communauté, dispersé nos affaires et critiqué notre religion, et qu'il lui parle, et voyons ce qu'il lui répondra. » Ils dirent : « Nous ne connaissons personne d'autre que 'Utba ibn Rabî'a. » Ils dirent : « Toi, ô Abû al-Walîd ! » Il alla donc le trouver et dit : « Ô Muhammad, es-tu meilleur ou 'Abd Allah ? » Il se tut. Puis il dit : « Es-tu meilleur ou 'Abd al-Muttalib ? » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) se tut. [Puis il dit : « Es-tu meilleur ou Hâshim ? » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) se tut.] Il dit : « Si tu prétends que ceux-ci sont meilleurs que toi, alors ils ont adoré les divinités que tu critiques ; et si tu prétends que tu es meilleur qu'eux, alors parle pour que nous entendions ta parole. Nous n'avons jamais vu un agneau 3 plus funeste pour son peuple que toi : tu as divisé notre communauté, dispersé nos affaires et nous as couverts de honte parmi les Arabes, au point que l'on raconte parmi eux qu'il y a à la Mecque un sorcier et un devin. Par Allah, nous n'attendons rien d'autre que le cri de la femme enceinte 4, que les uns se lèvent contre les autres avec les épées jusqu'à ce que nous nous anéantissions. Ô homme, si c'est le mariage qui te préoccupe, choisis n'importe quelle femme de Quraysh, nous t'en marierons dix ; si c'est le besoin, nous rassemblerons pour toi de quoi faire de toi l'homme le plus riche de Quraysh. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « As-tu fini ? » Il dit : « Oui. » Alors le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) récita : « Hâ Mîm. [C'est] une révélation descendue du Tout-Miséricordieux, du Très-Miséricordieux. Un Livre dont les versets sont détaillés, un Coran arabe pour des gens qui savent, annonciateur et avertisseur. Mais la plupart d'entre eux se détournent... » jusqu'à ce qu'il lise : « S'ils se détournent, dis : “Je vous ai avertis d'une foudre semblable à la foudre des 'Âd et des Thamûd” » [Coran 41:1-13]. 'Utba lui dit : « Cela suffit. As-tu autre chose que cela ? » Il dit : « Non. » Il retourna alors vers Quraysh, qui lui dirent : « Qu'as-tu derrière toi ? » Il dit : « Je n'ai rien laissé de ce que je pensais que vous pourriez lui dire sans le lui avoir dit. » Ils dirent : « T'a-t-il répondu ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Non, par Celui qui l'a dressée comme une tente 5, je n'ai rien compris de ce qu'il a dit, si ce n'est qu'il a dit : “Je vous ai avertis d'une foudre semblable à la foudre des 'Âd et des Thamûd.” » Ils dirent : « Malheur à toi ! Un homme te parle en arabe et tu ne sais pas ce qu'il a dit ? » Il dit : « Non, par Allah, je n'ai rien compris de ce qu'il a dit, si ce n'est la mention de la foudre. » 183 - Habîb ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn Yahyâ al-Marwazî nous a rapporté : Ahmad ibn Muhammad ibn Ayyûb nous a rapporté : Ibrâhîm ibn Sa'd nous a rapporté, d'après Muhammad ibn Ishâq, d'après Muhammad ibn Abî Muhammad, affranchi de Zayd ibn Thâbit, d'après 'Ikrima ou Sa'îd ibn Jubayr : Al-Walîd ibn al-Mughîra réunit un groupe de Qurayshites – il était âgé parmi eux – et le pèlerinage 6 approchait. Il leur dit : « Ô assemblée de Quraysh, le pèlerinage approche et les délégations des Arabes vont venir à vous ; elles ont entendu parler de cet homme qui est parmi vous. Mettez-vous donc d'accord sur une seule opinion à son sujet, et ne divergez pas, de peur que les uns ne démentent les autres et que vos paroles se contredisent. » Ils dirent : « Toi, ô Abû 'Abd Shams, parle et donne-nous un avis que nous adopterons. » Il dit : « Non, parlez vous-mêmes, et je vous écouterai. » Ils dirent : « Nous dirons que c'est un devin. » Il dit : « Ce n'est pas un devin ; nous avons vu les devins, et ce n'est ni leur marmonnement ni leur rime. » Ils dirent : « Nous dirons qu'il est fou. » Il dit : « Ce n'est pas un fou ; nous avons vu la folie et nous la connaissons, et ce n'est ni son étouffement, ni ses convulsions, ni ses hallucinations. » Ils dirent : « Nous dirons que c'est un poète. » Il dit : « Ce n'est pas un poète ; nous connaissons toute la poésie, son râjaz, son hazaj, son qarîd, son maqbûd et son mabsût 7, et ce n'est pas un poète. » Ils dirent : « Nous dirons que c'est un sorcier. » Il dit : « Ce n'est pas un sorcier ; nous avons vu les sorciers et leur sorcellerie, et ce n'est ni leur souffle ni leurs nœuds. » Ils dirent : « Que dis-tu donc, ô Abû 'Abd Shams ? » Il dit : « Par Allah, sa parole a une douceur, sa racine est féconde et sa branche porte des fruits. Vous ne direz rien de tout cela sans que l'on sache que c'est faux. La parole la plus proche à son sujet est que vous disiez : “C'est un sorcier qui sépare l'homme de son père, l'homme de son frère, l'homme de son épouse et l'homme de sa tribu.” Ainsi, vous vous éloignerez de lui par cela. » Ce récit a été rapporté par Yûnus ibn Bukayr d'après Muhammad ibn Ishâq, d'après Sa'îd ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbâs. 184 - 'Abd Allah ibn Muhammad ibn Ja'far et Muhammad ibn Ja'far nous ont rapporté : 'Abd Allah ibn 'Abd al-Karîm nous a rapporté : Muhammad ibn Sa'd al-'Awfî nous a rapporté : mon père nous a rapporté : mon oncle nous a rapporté, d'après son père, d'après 'Atiyya, d'après Ibn 'Abbâs, qui a dit : Al-Walîd ibn al-Mughîra vint trouver Abû Bakr et l'interrogea au sujet du Coran. Lorsqu'il l'eut informé, il sortit vers Quraysh et dit : « Quelle merveille que ce que dit Ibn Abî Kabsha 8 ! Par Allah, ce n'est ni poésie, ni sorcellerie, ni divagation comme la folie ; sa parole est vraiment de la parole d'Allah. » Lorsque ce groupe de Qurayshites entendit cela, ils se concertèrent et dirent : « Par Allah, si al-Walîd embrasse l'islam, Quraysh tout entière l'embrassera. » Lorsque Abû Jahl entendit cela, il dit : « Par Allah, je me charge de son affaire. » Il partit donc et entra chez lui, dans sa maison, et dit à al-Walîd : « N'as-tu pas vu que ton peuple a rassemblé pour toi l'aumône ? » Il dit : « Ne suis-je pas le plus riche d'entre eux en biens et en enfants ? » Abû Jahl dit : « Ils racontent que tu vas chez Ibn Abî Quhâfa 9 et que tu manges de sa nourriture. » Al-Walîd dit : « Ma tribu a colporté cela ; je n'approcherai donc plus Abû Bakr ni 'Umar. »
185 - Le juge Abū Aḥmad nous a rapporté : Mūsā b. Isḥāq nous a rapporté : Dāwūd b. ‘Umar nous a rapporté : Abū Rāshid, l'auteur des Maghāzī 10, dont le nom est al-Muthannā b. Zur‘a, d'après Muḥammad b. Isḥāq, a dit : Nāfi‘, l'affranchi d'Ibn ‘Umar, nous a rapporté d'après ‘Abd Allāh b. ‘Umar : Les Qurayshites se réunirent au sujet du Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) alors que le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) était assis dans la mosquée. ‘Utba b. Rabī‘a leur dit : « Laissez-moi me lever et lui parler ; peut-être serai-je plus doux avec lui que vous. » ‘Utba se leva et s'assit près de lui, puis dit : « Ô fils de mon frère, je te vois comme le plus noble d'entre nous par la lignée et le plus éminent par la position. Tu as apporté à ton peuple ce que nul homme n'a apporté à son peuple de semblable. Si tu cherches par cette parole des biens, nous te les donnerons : nous rassemblerons pour toi jusqu'à ce que tu sois le plus riche d'entre nous. Si tu cherches l'honneur, nous t'honorerons de sorte que nul parmi ton peuple ne soit plus honoré que toi, et nous ne déciderons rien sans toi. Si c'est à cause d'une affliction qui t'a frappé et dont tu ne peux te défaire, nous mettrons à ta disposition nos trésors jusqu'à ce que nous soyons excusés en cherchant pour toi un remède. Si tu veux la royauté, nous te ferons roi. » Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) dit : « As-tu fini, ô Abū al-Walīd ? » Il dit : « Oui. » Alors le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) récita Ḥā Mīm al-Sajda 11 jusqu'à ce qu'il arrive à la prosternation ; il se prosterna, tandis que ‘Utba avait mis sa main derrière son dos, jusqu'à ce qu'il termine sa récitation. Puis ‘Utba se leva, ne sachant que rapporter à l'assemblée de son peuple. Quand ils le virent revenir, ils dirent : « Il est revenu vers vous avec un visage différent de celui avec lequel il vous avait quittés. » Il s'assit parmi eux et dit : « Ô assemblée de Quraysh, je lui ai parlé comme vous me l'avez ordonné. Quand j'eus fini, il me parla avec des paroles que, par Allāh, mes oreilles n'ont jamais entendues de pareilles, et je ne sus que lui répondre. Ô assemblée de Quraysh, obéissez-moi aujourd'hui et désobéissez-moi après cela ; laissez cet homme et écartez-vous de lui. Par Allāh, il n'abandonnera pas ce qu'il fait. Laissez-le avec le reste des Arabes : s'il triomphe d'eux, son honneur sera votre honneur et sa puissance votre puissance ; s'ils triomphent de lui, vous serez débarrassés de lui par d'autres. » Ils dirent : « Tu as apostasié, ô Abū al-Walīd ! » 186 - Mon père et Abū Muḥammad b. Ḥayyān nous ont rapporté : ‘Abd Allāh b. Muḥammad b. ‘Imrān nous a rapporté : Muḥammad b. Abī ‘Umar nous a rapporté : Sufyān, d'après ‘Amr, d'après ‘Ikrima : Al-Walīd b. al-Mughīra dit : « J'ai entendu de la poésie, sa rajaz 12, sa qarīḍ 13 et son mukhammas 14, mais je n'ai jamais entendu de paroles semblables à celles-ci » – il voulait dire le Coran – « Ce n'est pas de la poésie. Il a une douceur, il a une beauté, il a une lumière, il a une ramure, il domine et n'est pas dominé. » 187 - Muḥammad b. Aḥmad b. al-Ḥasan nous a informés : al-Ḥasan b. al-Jahm nous a rapporté : al-Ḥusayn b. al-Faraj nous a rapporté : Muḥammad b. ‘Umar al-Wāqidī nous a rapporté : Muḥammad b. Salīṭ m'a rapporté d'après son père, d'après ‘Abd al-Raḥmān al-‘Adawī, qui a dit : Ḍimād a dit : « Je vins à La Mecque pour une ‘umra 15 et m'assis dans une assemblée où se trouvaient Abū Jahl, ‘Utba b. Rabī‘a et Umayya b. Khalaf. Abū Jahl dit : 'Voici l'homme qui a divisé notre communauté, rendu fous nos sages, égaré nos morts et blâmé nos divinités.' Umayya dit : 'Cet homme est fou, sans aucun doute.' Ḍimād dit : 'Sa parole s'imprima en moi et je me dis : Je suis un homme qui soigne la folie 16. Je me levai de cette assemblée cherchant le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui), mais je ne le trouvai pas ce jour-là. Le lendemain, je vins et le trouvai assis derrière la Station d'Abraham 17 en prière. Je m'assis jusqu'à ce qu'il eût fini, puis je vins à lui et dis : Ô fils de ‘Abd al-Muṭṭalib. Il se tourna vers moi et dit : Que veux-tu ? Je dis : Je soigne la folie ; si tu veux, je te soignerai, et ne considère pas ce que tu as comme grave, car j'ai soigné des gens qui avaient plus grave que toi et ils ont guéri. J'ai entendu ton peuple mentionner à ton sujet de mauvaises choses : que tu rends fous leurs sages, divises leur communauté, égares leurs morts et blâmes leurs divinités. Je me suis dit : Seul un possédé a fait cela. Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) dit : Louange à Allāh, je Le loue, je L'implore, je crois en Lui et je me confie à Lui. Celui qu'Allāh guide, nul ne peut l'égarer ; celui qu'Il égare, nul ne peut le guider. J'atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allāh, Seul, sans associé, et j'atteste que Muḥammad est Son serviteur et Son messager. Ḍimād dit : J'entendis des paroles telles que je n'en avais jamais entendu de plus belles. Je lui demandai de répéter ces paroles, et il les répéta pour moi. Je dis : À quoi appelles-tu ? Il dit : À croire en Allāh Seul, sans associé, à dépouiller ton cou des idoles, et à attester que je suis le Messager d'Allāh. Je dis : Qu'y aura-t-il pour moi si je fais cela ? Il dit : Le Paradis. Je dis : J'atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allāh, Seul, sans associé ; je dépouille mon cou des idoles, je les désavoue, et j'atteste que tu es le serviteur d'Allāh et Son messager. Je restai avec le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) jusqu'à ce que j'eusse appris de nombreuses sourates du Coran, puis je retournai vers mon peuple. ‘Abd Allāh b. ‘Abd al-Raḥmān al-‘Adawī dit : Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) envoya ‘Alī b. Abī Ṭālib en expédition ; ils capturèrent vingt chameaux à un endroit et les emmenèrent. ‘Alī b. Abī Ṭālib apprit qu'ils étaient du peuple de Ḍimād ; il dit : Rendez-les leur. Et ils furent rendus. 188 - Abū ‘Amr b. Ḥamdān nous a rapporté : al-Ḥasan b. Sufyān nous a rapporté : Zakariyyā b. Yaḥyā nous a rapporté : Hushaym, d'après al-Zuhrī, d'après Muḥammad b. Jubayr b. Muṭ‘im, d'après son père, qui a dit : Je vins auprès du Prophète (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) pour lui parler au sujet des captifs de Badr. Je le trouvai en train de prier avec ses compagnons la prière du ‘ishā' 18 du maghrib 19. Je l'entendis dire : « En vérité, le châtiment de ton Seigneur est inéluctable ; nul ne pourra le repousser » (Coran 52:7-8). Il dit : Mon cœur fut comme brisé. 189 - Abū ‘Amr b. Ḥamdān nous a rapporté : al-Ḥasan b. Sufyān nous a rapporté : Hārūn b. Sa‘īd nous a rapporté : ‘Abd Allāh b. Wahb nous a rapporté : Usāma b. Zayd m'a informé qu'Ibn Shihāb l'avait informé d'après Muḥammad b. Jubayr b. Muṭ‘im, d'après son père : Il vint pour la rançon des captifs de Badr. Il dit : Je trouvai le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) récitant dans la prière du maghrib : « Par le Mont, et par un Livre écrit » (Coran 52:1-2). Sa récitation me saisit comme une angoisse. Ce fut la première fois que j'entendis parler de l'Islam.
190 - Abū Muḥammad Aḥmad ibn Muḥammad ibn Aḥmad nous a rapporté : Abū Khalīfa nous a rapporté : al-‘Abbās ibn al-Faraj ar-Riyāshī nous a rapporté : Abū Ayyūb ibn Sulaymān ibn Dāwūd al-Muqri’ nous a rapporté : al-Ḥakam ibn Ẓuhayr, d’après as-Sarī, d’après Abū Mālik, d’après Anas ibn Mālik, qui a dit : Les rois de Ḥaḍramawt 20 vinrent en délégation auprès du Messager d’Allāh, que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui : Banū Walī‘a, Jamad, Mikhwas, Mishraḥ, Ibḍa‘a et leur sœur al-‘Amrada, et parmi eux se trouvait al-Ash‘ath ibn Qays, qui était le plus jeune. Ils dirent : « Que tu évites la malédiction 21 ! » Le Messager d’Allāh, que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui, dit : « Je ne suis pas un roi, je suis seulement Muḥammad ibn ‘Abd Allāh. » Ils dirent : « Nous ne t’appellerons pas par ton nom. » Il dit : « Mais c’est Allāh qui m’a nommé, et je suis Abū al-Qāsim 22. » Ils dirent : « Ô Abū al-Qāsim, nous avons caché pour toi une chose cachée : quelle est-elle ? » Ils avaient caché pour le Messager d’Allāh, que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui, un œil de sauterelle 23 dans du beurre clarifié 24. Le Messager d’Allāh, que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui, dit : « Gloire à Allāh ! Seuls les devins 25 font cela, et la divination et l’art du devin sont dans le Feu. » Ils dirent : « Comment saurons-nous que tu es le Messager d’Allāh ? » Le Messager d’Allāh, que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui, prit une poignée de graviers et dit : « Ceci témoignera que je suis le Messager d’Allāh. » Alors les graviers se mirent à glorifier 26 dans sa main. Ils dirent : « Nous témoignons que tu es le Messager d’Allāh. » Il dit : « Il m’a envoyé avec la vérité, et a fait descendre un Livre que le faux ne peut atteindre ni par devant ni par derrière 27, plus lourd dans la balance qu’une grande montagne, et dans la nuit obscure, pareil à la lumière du météore 28. » Ils dirent : « Fais-nous donc entendre quelque chose de lui. » Alors le Messager d’Allāh, que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui, récita « Par ceux qui se rangent en rangs » 29 jusqu’à ce qu’il atteigne « et par le Seigneur des orients » 30. Puis le Messager d’Allāh, que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui, se tut, et son esprit 31 se tut, au point que rien de lui ne bougeait, et ses larmes coulaient sur sa barbe. Ils dirent : « Nous te voyons pleurer : est-ce par crainte de Celui qui t’a envoyé que tu pleures ? » Il dit : « C’est ma crainte de Lui qui m’a fait pleurer. Il m’a envoyé sur une voie droite, pareille au tranchant d’une épée : si je m’en écarte, je péris. » Puis il récita : « Et si Nous voulions, Nous emporterions ce que Nous t’avons révélé » 32 jusqu’à la fin du verset. 191 - Ibn al-Ḥasan nous a rapporté : Yaḥyā al-Marwazī nous a rapporté : Aḥmad ibn Muḥammad ibn Ayyūb nous a rapporté : Ibrāhīm ibn Sa‘d, d’après Muḥammad ibn Isḥāq, qui a dit : Le Messager d’Allāh, que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui, malgré ce qu’il voyait de son peuple, leur prodiguait le conseil sincère et les appelait au salut de ce dans quoi ils se trouvaient. Et Quraysh, lorsqu’Allāh le protégea d’eux, se mirent à mettre les gens en garde contre lui, ainsi que ceux des Arabes qui venaient à eux. Ṭufayl ibn ‘Amr ad-Dawsī 33 racontait qu’il vint à La Mecque alors que le Messager d’Allāh, que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui, s’y trouvait. Des hommes de Quraysh vinrent à lui – Ṭufayl était un homme noble, poète et intelligent – et lui dirent : « Ô Ṭufayl, tu es venu dans notre pays. Or cet homme qui est parmi nous nous a causé un grand tort : il a divisé notre communauté. Sa parole est comme celle des sorciers : il sépare l’homme de son père, l’homme de son frère, l’homme de sa femme. Nous craignons pour toi et pour ton peuple ce qui nous est arrivé. Ne lui parle donc pas et n’écoute rien de lui. » Il dit : « Par Allāh, ils n’ont cessé de me presser jusqu’à ce que je décide de n’écouter rien de lui et de ne pas lui parler. Le matin, en allant à la mosquée, je me bouchai les oreilles avec du coton, de peur que quelque chose de sa parole ne me parvienne, alors que je ne voulais pas l’entendre. » Il dit : « Je me rendis à la mosquée, et voilà que le Messager d’Allāh, que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui, était debout, priant près de la Ka‘ba. » Il dit : « Je me tins près de lui, mais Allāh refusa que je n’entende pas une partie de sa parole. » Il dit : « J’entendis une belle parole. » Il dit : « Je me dis en moi-même : “Malheur à ma mère ! Je suis un homme intelligent, poète : le beau ne m’échappe pas, ni le laid. Qu’est-ce qui m’empêche d’écouter ce que dit cet homme ? Si ce qu’il apporte est beau, je l’accepte ; si c’est laid, je le laisse.” Je restai donc jusqu’à ce que le Messager d’Allāh, que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui, se rendît chez lui. Je le suivis jusqu’à ce qu’il entrât dans sa maison ; j’entrai chez lui et dis : “Ô Muḥammad, ton peuple m’a dit ceci et cela – ce qu’ils m’avaient dit. Par Allāh, ils n’ont cessé de m’effrayer à ton sujet, au point que j’ai bouché mes oreilles avec du coton pour ne pas entendre ta parole. Puis Allāh a refusé que je ne l’entende pas, et j’ai entendu une belle parole. Expose-moi donc ta cause.” Il m’exposa l’islam et me récita le Coran. » Il dit : « Par Allāh, je n’ai jamais entendu parole plus belle ni affaire plus juste que cela. » Il dit : « J’embrassai l’islam et attestai le témoignage de vérité. Je dis : “Ô Prophète d’Allāh, je suis un homme obéi dans mon peuple, et je vais retourner vers eux et les appeler à l’islam. Invoque Allāh pour qu’Il me donne un signe qui soit pour moi une aide auprès d’eux dans ce à quoi je les appelle.” » Il dit : « Il dit : “Ô Allāh, accorde-lui un signe.” » Il dit : « Je sortis vers mon peuple. Lorsque je fus à une colline 34 qui me donnait vue sur le campement 35, une lumière tomba entre mes deux yeux, pareille à une lampe. » Il dit : « Je dis : “Ô Allāh, ailleurs que sur mon visage, car je crains qu’ils ne pensent qu’il s’agit d’une marque d’infamie 36 sur mon visage pour avoir quitté leur religion.” » Il dit : « Elle se déplaça et tomba sur le bout de mon fouet. Les gens du campement voyaient cette lumière sur mon fouet, comme une lanterne suspendue, tandis que je descendais vers eux depuis la colline, jusqu’à ce que je les rejoigne. Je passai la nuit parmi eux. Le lendemain matin, mon père vint à moi – c’était un vieillard avancé en âge. » Il dit : « Je dis : “Éloigne-toi de moi, ô mon père, car tu n’es pas de moi et je ne suis pas de toi.” Il dit : “Pourquoi, mon fils ?” Je dis : “J’ai embrassé l’islam et suivi la religion de Muḥammad, que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui.” Mon père dit : “Ma religion est ta religion.” Il se lava, purifia ses vêtements, puis vint ; je lui exposai l’islam et il embrassa l’islam. » Il dit : « Puis ma femme vint à moi. Je lui dis : “Éloigne-toi de moi, car tu n’es pas de moi et je ne suis pas de toi.” Elle dit : “Pourquoi ? Que mon père et ma mère te soient sacrifiés !” Je dis : “L’islam a fait une séparation entre moi et toi : j’ai embrassé l’islam et suivi la religion de Muḥammad, que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui.” Elle dit : “Ma religion est ta religion, l’islam.” Elle embrassa donc l’islam. J’appelai Daws 37 à l’islam, mais ils tardèrent à répondre. Puis je vins trouver le Messager d’Allāh, que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui, à La Mecque et dis : “Ô Prophète d’Allāh, Daws a eu le dessus sur moi ; invoque donc Allāh contre eux.” Il dit : “Ô Allāh, guide Daws. Retourne vers ton peuple, appelle-les et sois doux avec eux.” » Il dit : « Je retournai et ne cessai de demeurer au pays de Daws, les appelant à l’islam, jusqu’à ce que le Messager d’Allāh, que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui, émigrât à Médine, et qu’eussent lieu Badr, Uḥud et al-Khandaq 38. Puis je vins trouver le Messager d’Allāh, que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui, avec ceux de mon peuple qui avaient embrassé l’islam avec moi, alors que le Messager d’Allāh, que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui, était à Khaybar 39. J’arrivai à Médine avec soixante-dix ou quatre-vingts maisons de Daws. » Et ce qui entre dans ce chapitre : celui qui a reçu le Coran par les cœurs 40 : l’islam de ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb, qu’Allāh soit satisfait de lui.
192 - Ahmad ibn Muhammad ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn 'Uthman ibn Abi Shayba nous a rapporté : 'Abd al-Hamid ibn Salih nous a rapporté : Muhammad ibn Aban, d'après Ishaq ibn 'Abd Allah, d'après Aban ibn Salih, d'après Mujahid, d'après Ibn 'Abbas, qui a dit : J'ai demandé à 'Umar ibn al-Khattab 41 : Pourquoi as-tu été appelé al-Faruq 42 ? Il a dit : Hamza 43 a embrassé l'Islam trois jours avant moi, et je suis sorti trois jours après lui. Je rencontrai un tel, fils d'un tel, al-Makhzumi 44. Je lui dis : As-tu renié la religion de tes pères et suivi la religion de Muhammad ? Il répondit : Si je l'ai fait, celui qui a plus de droit sur toi que moi l'a fait aussi. Je demandai : Qui est-ce ? Il dit : Ton beau-frère et ta sœur. Je partis donc et trouvai la porte fermée, et j'entendis un murmure. La porte me fut ouverte, j'entrai et dis : Qu'est-ce que j'entends chez vous ? Ils dirent : Tu n'as rien entendu. La discussion continua entre moi et eux jusqu'à ce que je saisis la tête de mon beau-frère et le frappai, le faisant saigner. Ma sœur se leva, me prit par la tête et dit : Cela est arrivé malgré toi. J'eus honte en voyant le sang, je m'assis et dis : Montrez-moi ce livre. Ma sœur dit : Seuls les purifiés 45 le touchent. Si tu es sincère, lève-toi et fais une ablution majeure 46. Je me levai, fis l'ablution, revins et m'assis. Ils sortirent alors la feuille sur laquelle était écrit : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. » Je dis : Son début est bon : {Tâ-Hâ. Nous n'avons pas fait descendre sur toi le Coran pour que tu sois malheureux} 47 jusqu'à Sa parole : {À Lui les noms les plus beaux} 48. Je ressentis une grande vénération dans ma poitrine et dis : Est-ce pour cela que Quraysh 49 a fui ? Puis Allah ouvrit ma poitrine à l'Islam, et je dis : Il n'y a de divinité que Lui ; à Lui les noms les plus beaux. Il n'y avait alors sur terre aucune créature qui me fût plus chère que le Messager d'Allah 50. Je dis : Où est le Messager d'Allah ? Elle dit : Tu as l'engagement et le pacte d'Allah de ne pas lui faire face avec quelque chose qu'il déteste. Je dis : Oui. Elle dit : Il est dans la maison d'Arqam ibn Abi Arqam 51, une maison près d'al-Safa 52. J'allai à la maison ; Hamza et ses compagnons étaient assis dans la maison, et le Messager d'Allah était dans la chambre. Je frappai à la porte ; les gens se rassemblèrent. Hamza leur dit : Qu'avez-vous ? Ils dirent : 'Umar ibn al-Khattab. Il dit : Ouvrez-lui la porte ; s'il accepte, nous acceptons de lui ; s'il refuse, nous le tuons. Le Messager d'Allah entendit cela et dit : Qu'avez-vous ? Ils dirent : 'Umar ibn al-Khattab. Alors le Messager d'Allah sortit, saisit les extrémités de mes vêtements, puis me tira d'une secousse telle que je ne pus me retenir de tomber sur mes genoux à terre. Il dit : Ne vas-tu pas t'arrêter, ô 'Umar ? Je dis : J'atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah, l'Unique, sans associé, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son messager. Les gens de la maison firent un takbir 53 que les gens de la mosquée entendirent. Je dis : Ô Messager d'Allah, ne sommes-nous pas dans la vérité, que nous mourions ou que nous vivions ? Il dit : Si, par Celui qui tient mon âme dans Sa main, vous êtes dans la vérité, que vous mouriez ou que vous viviez. Je dis : Alors pourquoi la clandestinité ? Par Celui qui t'a envoyé avec la vérité, tu sortiras certainement. Nous le fîmes donc sortir en deux rangées : Hamza dans l'une et moi dans l'autre, avec une poussière semblable à de la farine, jusqu'à ce que nous entrions dans la mosquée. Quraysh me regarda, ainsi que Hamza, et une tristesse les frappa telle qu'ils n'en avaient jamais connue. Alors le Messager d'Allah m'appela al-Faruq, et il distingua entre la vérité et le faux.
193 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Umar ibn Khālid al-Ḥarrānī nous a rapporté : mon père nous a rapporté : Ibn Lahī‘a nous a rapporté : Abū al-Aswad Muḥammad ibn ‘Abd al-Raḥmān, d’après ‘Urwa ibn al-Zubayr, au sujet du départ de Ja‘far ibn Abī Ṭālib et de ses compagnons vers l’Abyssinie : Quraysh envoya sur leurs traces ‘Umāra ibn al-Walīd ibn al-Mughīra al-Makhzūmī et ‘Amr ibn al-‘Āṣ al-Sahmī, et leur ordonna de hâter la marche pour les devancer auprès du Negus 54. Ils le firent, arrivèrent chez le Negus et entrèrent auprès de lui. Ils lui dirent : « Cet homme qui est parmi nous et qui a semé la corruption chez nous, s’en prend à toi pour corrompre ta religion, ton royaume et les gens de ton autorité. Nous sommes pour toi des conseillers sincères, et tu es pour nous un coffre de confiance 55 : tu fais du bien à notre tribu et notre commerçant est en sécurité chez toi. Notre peuple nous a envoyés vers toi pour te mettre en garde contre la corruption de ton royaume. Voici un groupe de compagnons de l’homme qui a émergé chez nous ; nous t’informons de ce que nous savons de leur opposition à la vérité : ils n’attestent pas que Jésus fils de Marie — je pense qu’il a dit : une divinité — et ne se prosternent pas devant toi lorsqu’ils entrent chez toi. Livre-les nous, nous t’en débarrasserons. » Lorsque Ja‘far et ses compagnons arrivèrent, alors qu’ils étaient encore en pleine discussion, ‘Amr et ‘Umāra étant chez le Negus, et Ja‘far et ses compagnons dans cette situation, voyant que les deux hommes les avaient devancés et étaient entrés, Ja‘far cria à la porte pour demander la permission : « Parti de Dieu 56 ! » Le Negus l’entendit et leur permit d’entrer. Ils entrèrent chez lui, ‘Amr et ‘Umāra étant chez le Negus. Il dit : « Lequel d’entre vous a crié à la porte ? » Ja‘far répondit : « C’est moi. » Il lui ordonna de répéter, et il le fit. Lorsqu’ils entrèrent, ils saluèrent du salut des gens de la foi 57 et ne se prosternèrent pas devant lui. ‘Amr ibn al-‘Āṣ et ‘Umāra ibn al-Walīd dirent : « Ne t’avons-nous pas éclairé sur ces gens ? » Quand le Negus entendit cela, il se tourna vers eux et dit : « Informez-moi, ô groupe, de ce qui vous amène, quelle est votre affaire, et pourquoi êtes-vous venus chez moi alors que vous n’êtes ni commerçants ni quémandeurs ? Quel est ce prophète qui a émergé ? Informez-moi : pourquoi ne me saluez-vous pas comme me saluent ceux de votre pays qui viennent chez moi ? Et informez-moi de ce que vous dites au sujet de Jésus fils de Marie. » Ja‘far ibn Abī Ṭālib se leva — il était l’orateur du groupe — et dit : « Ma parole ne comporte que trois points. Si je dis vrai, crois-moi ; si je mens, démentis-moi. Ordonne à l’un de ces deux hommes de parler et que l’autre se taise. » ‘Amr dit : « Je parlerai. » Le Negus dit : « Toi, Ja‘far, parle avant lui. » Ja‘far dit : « Ma parole ne comporte que trois points. Demande à cet homme : sommes-nous des esclaves qui ont fui leurs maîtres, pour que tu nous renvoies à nos maîtres ? » Le Negus dit : « Sont-ils des esclaves, ô ‘Amr ? » ‘Amr dit : « Non, ce sont des hommes libres et nobles. » Ja‘far dit : « Demande à cet homme : avons-nous versé du sang injustement, pour que tu nous livres aux ayants droit ? » Il dit : « Ont-ils versé du sang injustement ? » ‘Amr dit : « Pas même une seule goutte de sang. » Puis Ja‘far dit : « Demande à cet homme : avons-nous pris les biens des gens injustement, de sorte que nous ayons des dettes à rembourser ? » Le Negus dit : « Ô ‘Amr, si ces gens devaient un quintal d’or, ce serait à ma charge. » ‘Amr dit : « Pas même un carat. » Le Negus dit : « Que leur reprochez-vous donc ? » ‘Amr dit : « Nous étions sur une même religion et une même affaire, puis ils l’ont abandonnée tandis que nous y sommes restés. » Le Negus dit : « Quelle était cette religion que vous avez abandonnée pour en suivre une autre ? » Ja‘far dit : « Quant à ce sur quoi nous étions, c’était la religion de Satan et l’ordre de Satan : nous mécroyions en Dieu et adorions les pierres. Quant à ce sur quoi nous sommes maintenant, c’est la religion de Dieu — Puissant et Majestueux. Nous t’informons que Dieu a envoyé vers nous un messager, comme Il en a envoyé à ceux qui nous ont précédés. Il nous a apporté la vérité et la piété, et nous a interdits d’adorer les idoles. Nous l’avons cru, nous avons eu foi en lui et nous l’avons suivi. Lorsque nous avons fait cela, notre peuple s’est opposé à nous, a voulu tuer le prophète véridique et nous ramener à l’adoration des idoles. Nous avons donc fui vers toi avec notre religion et nos vies. Si notre peuple nous avait laissés en paix, nous serions restés. Voilà notre histoire. Quant à la salutation, nous t’avons salué par la salutation du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, celle par laquelle nous nous saluons les uns les autres. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — nous a informés que la salutation des gens du Paradis est “Salām” 58 ; nous t’avons donc salué par “Salām”. Quant à la prosternation, Dieu nous préserve de nous prosterner devant quiconque autre que Dieu et de t’associer à Dieu. Quant à Jésus fils de Marie, Dieu — Puissant et Majestueux — a révélé dans Son Livre, sur notre Prophète, qu’il est un messager, précédé par d’autres messagers, né de la Véridique 59, la Vierge, la Pure, la Chaste ; il est l’Esprit de Dieu et Sa Parole qu’Il a projetée en Marie. Tel est le cas de Jésus fils de Marie. » Lorsque le Negus entendit les paroles de Ja‘far, il prit un bâton dans sa main, puis dit à ceux qui l’entouraient : « Ces gens ont dit vrai, et leur prophète a dit vrai. Par Dieu, Jésus fils de Marie ne dépasse pas ce que dit cet homme, même du poids de ce bâton. » Puis le Negus leur dit : « Restez, car vous êtes suyūm 60 — et suyūm signifie “en sécurité”. Dieu vous a protégés. » Et il ordonna qu’on leur donne ce dont ils avaient besoin. Le Negus dit : « Lequel d’entre vous connaît le mieux le Livre révélé à votre prophète ? » Ils dirent : « Ja‘far. » Ja‘far leur récita la sourate Maryam 61. Lorsqu’il l’entendit, il reconnut que c’était la vérité. Le Negus dit : « Ajoute-nous de ces bonnes paroles. » Puis il lui récita une autre sourate. Lorsqu’il l’entendit, il reconnut la vérité et dit : « Vous avez dit vrai, et votre prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit vrai. Par Dieu, vous êtes des véridiques. Restez, au nom de Dieu et avec Sa bénédiction, en sécurité et protégés. » Et l’amour du Negus se répandit sur eux. Lorsque ‘Umāra ibn al-Walīd et ‘Amr ibn al-‘Āṣ virent cela, ils furent consternés 62. Dieu jeta l’inimitié entre ‘Amr et ‘Umāra durant leur voyage, avant même qu’ils n’arrivent chez le Negus, pour les empêcher d’atteindre leur objectif — la recherche des musulmans. Lorsqu’ils échouèrent, ils revinrent avec la pire inimitié et la pire discorde. ‘Amr ourdit une ruse contre ‘Umāra : « Ô ‘Umāra, tu es un bel homme séduisant. Va trouver la femme du Negus et parle avec elle en l’absence de son mari ; tu pourrais la séduire, ce qui nous aiderait contre le Negus. Tu vois dans quelle situation nous sommes ; peut-être pourrons-nous anéantir ce groupe. » ‘Umāra, voyant cela, alla trouver la femme du Negus et s’assit à parler avec elle. ‘Amr ibn al-‘Āṣ, de son côté, alla trouver le Negus et dit : « Je n’aurais jamais trahi ta confiance en quoi que ce soit que j’aurais découvert. Or, mon compagnon que tu as vu ne peut se retenir de forniquer quand il en a l’occasion. Il est allé trouver ta femme. » Le Negus envoya quelqu’un chez sa femme, et voilà que ‘Umāra était auprès d’elle. Voyant cela, il ordonna qu’on lui souffle sa sorcellerie dans l’urètre 10, puis il fut jeté sur une île de la mer. Il devint une bête sauvage parmi les bêtes, allant et venant avec elles pendant un certain temps, jusqu’à ce qu’on en parle à sa tribu. Son frère monta en mer avec quelques hommes de son peuple, le guettèrent jusqu’à ce qu’il vienne à l’eau, puis ils le ligotèrent et le mirent dans un bateau pour l’emmener. Lorsqu’ils firent cela, il mourut. ‘Amr retourna à La Mecque, Dieu ayant fait périr son compagnon et empêché son objectif.
194 - Muḥammad ibn Aḥmad Abū Aḥmad nous a rapporté, disant : 'Abd Allāh ibn Muḥammad ibn Shīrawayh [247] nous a rapporté, disant : Isḥāq ibn Ibrāhīm nous a rapporté, disant : Wahb ibn Jarīr nous a rapporté, disant : mon père m'a rapporté, d'après Muḥammad ibn Isḥāq, d'après Muḥammad ibn Muslim ibn Shihāb al-Zuhrī, d'après Abū Bakr ibn 'Abd al-Raḥmān ibn al-Ḥārith ibn Hishām al-Makhzūmī, d'après Umm Salama bint Abī Umayya ibn al-Mughīra, épouse du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), qui a dit : Lorsque nous sommes descendus en terre d'Abyssinie, nous avons eu le meilleur voisin, le Negus 63 ; nous étions en sécurité pour notre religion, nous adorions Allah, Puissant et Majestueux, sans être molestés ni entendre quoi que ce soit de déplaisant. Lorsque cela parvint aux Qurayshites, ils se concertèrent pour envoyer au Negus, à notre sujet, deux hommes robustes, et pour offrir au Negus des présents parmi les curiosités de la marchandise de La Mecque ; ce qui les étonnait le plus parmi ce qui lui parvenait d'elle était le cuir 64. Ils rassemblèrent donc pour lui beaucoup de cuir, et ils n'omettirent aucun de ses patrices 65 sans lui offrir un présent. Puis ils envoyèrent cela avec 'Abd Allāh ibn [Abī] Rabī'a ibn al-Mughīra al-Makhzūmī et 'Amr ibn al-'Āṣ ibn Wā'il al-Sahmī, et leur ordonnèrent ce qu'ils devaient faire, et leur dirent : « Remettez à chaque patrice son présent avant de parler au Negus à leur sujet, puis présentez vos présents au Negus, ensuite demandez-lui de vous les livrer. » Elle dit : Ils partirent donc jusqu'à arriver chez le Negus, alors que nous étions chez lui dans la meilleure demeure et auprès du meilleur voisin. Ils ne laissèrent aucun de ses patrices sans lui remettre son présent avant de parler au Negus. Puis ils dirent à chacun de leurs patrices : « Des jeunes gens insensés des nôtres se sont réfugiés dans le pays du roi ; ils ont abandonné la religion de leur peuple sans entrer dans la vôtre, et ils ont apporté une religion innovée que nous ne connaissons pas, ni vous non plus. Les nobles de leur peuple nous ont envoyés pour les ramener à eux. Lorsque nous parlerons au roi à leur sujet, conseillez-lui de [248] nous les livrer et de ne pas les interroger, car leur peuple connaît mieux ce qu'ils leur reprochent. » Ils leur répondirent : « Oui. » Ensuite, ils présentèrent leurs présents au Negus, qui les accepta. Puis ils lui parlèrent et dirent : « Ô roi, des jeunes gens insensés des nôtres se sont réfugiés dans ton pays ; ils ont abandonné la religion de leur peuple sans entrer dans la tienne, et ils ont apporté une religion innovée que nous ne connaissons pas, ni toi non plus. Les nobles de leur peuple, parmi leurs pères, oncles et tribus, t'ont envoyé à leur sujet pour que tu les leur renvoies. » Elle dit : Rien n'était plus odieux au Negus que d'entendre leurs paroles. Ses patrices autour de lui dirent : « Ils ont dit vrai, ô roi. » Elle dit : Alors le Negus se fâcha, puis dit : « Par Allah, je ne vous les livrerai donc pas, et je ne trahirai pas un peuple qui a été mon voisin, s'est installé dans mon pays et m'a choisi plutôt qu'un autre, avant de les convoquer et de leur demander ce que disent ces deux hommes à leur sujet. » Puis il envoya chercher les compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et les convoqua. Lorsque son messager vint à eux, ils se réunirent et certains dirent aux autres : « Que direz-vous à l'homme quand vous lui répondrez ? » Ils dirent : « Nous dirons, par Allah, ce que nous savons et ce que le Messager d'Allah nous a ordonné, quoi qu'il arrive. » Lorsqu'ils vinrent à lui, alors que le Negus avait convoqué ses évêques 66 qui avaient déployé leurs livres saints 67 autour de lui, il les interrogea et dit : « Quelle est cette religion pour laquelle vous avez quitté votre peuple sans entrer dans ma religion ni dans celle d'aucune de ces nations ? » Elle dit : Celui qui lui parla fut Ja'far ibn Abī Ṭālib, qui dit : « Ô roi, nous étions un peuple de l'époque préislamique 68, adorant les idoles, mangeant la chair morte, commettant les turpitudes, rompant les liens de parenté, maltraitant le voisin, et le fort parmi nous dévorait le faible. Nous étions ainsi jusqu'à ce qu'Allah nous envoie un Messager issu de nous, dont nous connaissions la lignée, la véracité, la loyauté et la pureté. Il nous appela à Allah, pour que nous L'unifiions, L'adorions et rejetions ce que nous et nos pères adorions [249] parmi les pierres et les idoles. Il nous ordonna la sincérité dans la parole, la restitution du dépôt, le maintien des liens de parenté, la bonté envers le voisin, l'abstention des choses illicites et du sang, et nous interdit les paroles obscènes, le faux témoignage, la consommation des biens de l'orphelin et la calomnie contre la femme vertueuse. Il nous ordonna d'adorer Allah sans rien Lui associer, et nous ordonna la prière, l'aumône légale 69 et le jeûne. » Elle dit : Il énuméra pour lui les prescriptions de l'islam. « Nous l'avons cru, nous avons eu foi en lui et nous l'avons suivi dans ce qu'il apportait d'Allah, Puissant et Majestueux. Nous avons adoré Allah seul, sans rien Lui associer, nous avons déclaré illicite ce qu'Allah a déclaré illicite et licite ce qu'Allah a déclaré licite. Alors notre peuple s'est dressé contre nous, nous a torturés et éprouvés dans notre religion pour nous ramener à l'adoration des idoles au lieu de l'adoration d'Allah, et pour que nous considérions comme licites les choses impures que nous considérions auparavant comme licites. Lorsqu'ils nous ont vaincus, opprimés, resserrés notre situation et se sont interposés entre nous et notre religion, nous sommes sortis vers ton pays, t'avons choisi plutôt qu'un autre, avons désiré ton voisinage et espéré ne pas être opprimés chez toi, ô roi. » Elle dit : Alors le Negus dit : « As-tu avec toi quelque chose de ce qu'il a apporté de la part d'Allah ? » Ja'far lui dit : « Oui. » Le Negus lui dit : « Récite-le moi. » Elle dit : Il récita le début de Kāf Hā' Yā' 'Ayn Ṣād 70. Elle dit : Par Allah, le Negus pleura jusqu'à ce que sa barbe soit mouillée, et les évêques pleurèrent jusqu'à mouiller leurs livres saints en entendant ce qu'il récitait devant eux. Puis le Negus dit : « Ceci et la vérité que Moïse a apportée sortent certainement de la même niche 71. Allez-vous-en ! Par Allah, je ne vous les livrerai pas et je ne les trahirai pas. » Le Negus dit : « Que dites-vous au sujet de Jésus, fils de Marie ? » Ja'far ibn Abī Ṭālib dit : « Nous disons à son sujet ce que notre Prophète a apporté : il est le serviteur d'Allah, Son Messager, Son Esprit et Sa Parole qu'Il a projetée en Marie, la vierge pure. » Il dit : Alors il frappa le sol de sa main, en ramassa un bâton, puis dit : « Jésus ne dépasse pas ce que tu as dit du poids de ce bâton. » Ses patrices autour de lui reniflèrent 72 lorsqu'il dit cela. Il dit : « Même si vous reniflez, par Allah, allez, en sécurité 73 dans ma terre. — La sécurité 73 signifie les gens en sécurité. — Quiconque vous insulte paiera une amende, puis quiconque vous insulte paiera une amende, puis quiconque vous insulte paiera une amende. Je n'aimerais pas avoir une montagne d'or 74 et avoir offensé un homme parmi vous. — La montagne 74, en langue abyssinienne, signifie la montagne. — Rendez-leur leurs présents, je n'en ai pas besoin. Par Allah, Allah n'a pas accepté de pot-de-vin de moi lorsqu'Il m'a rendu mon royaume, pour que j'accepte une pot-de-vin à ce sujet, et les gens ne m'ont pas obéi à mon sujet pour que je leur obéisse à ce sujet. » Elle dit : Ils sortirent de chez lui honteux, leurs présents leur étant rendus, et nous restâmes dans la meilleure demeure avec le meilleur voisin jusqu'à ce que nous arrivions auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à Médine.
195 - Nous a rapporté Habib ibn al-Hasan : nous a rapporté Muhammad ibn Yahya : nous a rapporté Ahmad ibn Muhammad : nous a rapporté Ibrahim ibn Sa'd : a dit Muhammad ibn Ishaq : a dit Muhammad ibn Muslim : 'Urwa ibn al-Zubayr a rapporté le hadith d'Abu Bakr ibn 'Abdallah d'après Umm Salama, épouse du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), et a dit : « Sais-tu ce que signifie la parole du Négus 75 : "Dieu n'a pas accepté de moi de pot-de-vin lorsqu'Il m'a rendu mon royaume, pour que j'en accepte un ; et les gens ne m'ont pas obéi à mon sujet, pour que je leur obéisse à ce propos" ? » Il dit : Je répondis : « Non. » Il dit : « 'Aïsha, la Mère des croyants, m'a raconté que son père était roi de son peuple et n'avait d'autre enfant que le Négus. Le Négus avait un oncle paternel qui avait douze fils de ses reins, et ils étaient la famille royale d'Abyssinie. Les Abyssins se dirent entre eux : "Si nous tuions le père du Négus — car il n'a d'autre enfant que ce garçon — et que nous intronisions son frère — car il a douze fils de ses reins — ils hériteraient de son royaume après lui, et l'Abyssinie subsisterait après lui longtemps." Ils attaquèrent donc le père du Négus, le tuèrent, et intronisèrent son frère. Ils demeurèrent ainsi un certain temps, et le Négus grandit auprès de son oncle. C'était un homme intelligent et résolu ; il prit le dessus sur les affaires de son oncle et occupa auprès de lui une position éminente. Quand les Abyssins virent sa place auprès de lui, ils se dirent entre eux : "Par Dieu, ce jeune homme a pris le dessus sur son oncle, et nous craignons qu'il ne le fasse roi sur nous. S'il le fait roi sur nous, il nous tuera tous, car il sait que nous avons tué son père." Ils allèrent donc trouver son oncle et lui dirent : "Ou tu tues ce garçon, ou tu le chasses de notre pays, car nous le craignons pour nous-mêmes." Il dit : "Malheur à vous ! Hier vous avez tué son père, et aujourd'hui je le tuerais ? Non, mais chassez-le de votre pays." Elle dit : Ils l'emmenèrent au marché et le vendirent à un marchand pour six cents dirhams, puis ils le jetèrent dans un bateau. Il partit avec lui, et quand vint le soir de ce jour, un nuage d'automne s'éleva ; son oncle sortit pour chercher la pluie sous ce nuage, et la foudre le frappa et le tua. Elle dit : Les Abyssins, effrayés, se tournèrent vers ses enfants, mais ils étaient stupides, sans valeur. Leurs affaires devinrent confuses. Quand ils furent dans l'embarras, certains dirent à d'autres : "Savez-vous, par Dieu, que votre roi, celui qui peut rétablir vos affaires, n'est autre que celui que vous avez vendu ? Si vous tenez à la direction de l'Abyssinie, rattrapez le garçon." Elle dit : Ils partirent à sa recherche et à la recherche de l'homme qui l'avait acheté ; ils le rattrapèrent, le prirent, puis vinrent avec lui, lui mirent la couronne sur la tête, l'assirent sur le trône royal et le firent roi. Le marchand à qui ils l'avaient vendu vint et leur dit : "Ou vous me rendez mon argent, ou je lui parle." Ils dirent : "À toi de voir." Elle dit : Il vint donc, s'assit devant lui et dit : "Ô roi, j'ai acheté un garçon d'un groupe au marché pour six cents dirhams ; ils m'ont livré mon garçon et ont pris mes dirhams. Puis, quand je suis parti avec mon garçon, ils m'ont rattrapé, ont pris mon garçon et m'ont empêché de récupérer mes dirhams." Il dit : "Ou vous lui rendez ses dirhams, ou qu'on lui livre son garçon, main dans la main, pour qu'il parte avec lui où il veut." Ils dirent : "Nous lui rendons plutôt ses dirhams." Elle dit : C'est pourquoi il dit : "Dieu n'a pas accepté de moi de pot-de-vin lorsqu'Il m'a rendu mon royaume, pour que j'en accepte un ; et les gens ne m'ont pas obéi à mon sujet, pour que je leur obéisse à ce propos." Ce fut la première épreuve de sa fermeté dans sa religion et de sa justice dans son jugement." 196 - Et nous a rapporté Abu Ahmad : nous a rapporté 'Abdallah ibn Muhammad ibn Shirawaih : nous a rapporté Ishaq ibn Ibrahim : nous a rapporté 'Ubaydallah ibn Musa : nous a rapporté Isra'il, tous d'après Ibn Ishaq, d'après Abu Burda, d'après son père, qui dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) nous ordonna de partir avec Ja'far ibn Abi Talib vers la terre d'Abyssinie. Cela parvint à Quraysh, qui envoya 'Amr ibn al-'As et 'Umara ibn al-Walid, et ils rassemblèrent un cadeau pour le Négus. Ils arrivèrent chez le Négus et lui présentèrent le cadeau, qu'il accepta. Puis 'Amr ibn al-'As dit : "Des gens de notre terre ont rejeté notre religion et se trouvent sur ta terre." Il envoya donc nous chercher. Ja'far nous dit : "Que personne parmi vous ne parle ; c'est moi qui serai votre orateur aujourd'hui." J'arrivai chez le Négus alors qu'il était assis dans son assemblée, 'Amr ibn al-'As à sa droite et 'Umara à sa gauche, et les prêtres et les moines en deux rangées. 'Amr et 'Umara leur avaient dit : "Ils ne se prosternent pas." Quand nous arrivâmes, les prêtres et les moines présents se hâtèrent de dire : "Prosternez-vous devant le roi." Ja'far leur dit : "Nous ne nous prosternons que devant Dieu, le Puissant et le Glorieux." Le Négus lui dit : "Pourquoi cela ?" Il dit : "Dieu, le Puissant et le Glorieux, a envoyé parmi nous un messager, le messager dont Jésus (sur lui la paix) a annoncé la bonne nouvelle. Il nous a ordonné d'adorer Dieu sans rien Lui associer, d'acquitter l'aumône légale 76, d'ordonner le bien et d'interdire le mal." Cela plut au Négus, et il mentionna une histoire semblable à la première. Et le Négus dit à ce propos : "Je témoigne qu'il est le Messager de Dieu et qu'il est celui dont Jésus a annoncé la bonne nouvelle. Sans la charge royale qui est la mienne, je serais allé jusqu'à lui pour baiser ses sandales. Demeurez ici aussi longtemps que vous voudrez." Et il ordonna qu'on nous donne de la nourriture et des vêtements, et dit : "Rendez à ces deux-là leur cadeau." Or 'Amr ibn al-'As était un homme de petite taille, et 'Umara était un bel homme. Ils étaient venus par mer chez le Négus, et ils burent [du vin] ; 'Amr avait avec lui sa femme. Quand ils eurent bu, 'Umara dit à 'Amr : "Ordonne à ta femme de m'embrasser." 'Amr lui dit : "N'as-tu pas honte ?" Alors 'Umara prit 'Amr et le jeta à la mer ; 'Amr le supplia jusqu'à ce qu'il le fasse remonter sur le bateau. 'Amr lui en garda rancune. 'Amr dit au Négus : "Quand tu sors, 'Umara reste avec ta famille." Le Négus fit venir 'Umara, lui souffla dans la narine, et il s'envola avec les bêtes sauvages." Le cheikh 77 dit : Je dis : Entre le départ des émigrants 78 vers l'Abyssinie et la bataille de Badr, selon ce qu'ont consigné les spécialistes des biographies 79, il y eut cinq ans et quelques mois, et Dieu sait mieux. Tous ces récits, venant de personnes dont on ne peut nier la véracité et la compréhension, indiquent que Quraysh envoya 'Amr ibn al-'As à deux reprises : une fois avec 'Umara ibn al-Walid, et une fois avec 'Abdallah ibn Abi Rabi'a. Mention de la conversion d'Abu Dharr al-Ghifari (que Dieu l'agrée).
197 - Abou Ali Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : Bishr ibn Mousa nous a rapporté : Abou Abd al-Rahman al-Muqri nous a rapporté : Sulayman ibn al-Mughira, d'après Humayd ibn Hilal, d'après Abd Allah ibn al-Samit, d'après Abou Dharr al-Ghifari, que Dieu l'agrée, a dit : Nous quittâmes notre tribu de Ghifar, qui considérait le mois sacré comme licite 80. Je sortis donc avec mon frère Unays et notre mère, et nous allâmes jusqu'à nous installer chez un oncle maternel. Il nous honora et nous traita bien, mais notre tribu nous envia et lui dit : « Quand tu quittes ta famille, Unays vient chez eux [pour les corrompre]. » Notre oncle vint donc et nous rapporta ce qu'on lui avait dit. Je lui dis : « Quant à ton bienfait passé, tu l'as gâté, et il n'y a plus de lien entre nous désormais. » Il approcha alors notre petit troupeau de chameaux 81, nous le chargeâmes, et notre oncle se couvrit de son vêtement en pleurant. Nous partîmes jusqu'à nous installer près de la Mecque. Or, ô mon neveu, j'avais prié trois ans avant de rencontrer l'Envoyé de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue. Je dis : « Pour qui ? » Il dit : « Pour Dieu. » Je dis : « Vers où te tournes-tu ? » Il dit : « Je me tourne là où Dieu me tourne ; je prie le soir, et quand vient l'aube, je me couche comme une tente 82 jusqu'à ce que le soleil soit haut sur moi. » Unays dit : « J'ai besoin d'aller à la Mecque ; occupe-toi de moi jusqu'à mon retour. » Unays partit et tarda, puis revint. Je lui dis : « Qu'est-ce qui t'a retenu ? » Il dit : « J'ai rencontré un homme à la Mecque qui suit ta religion, prétendant que Dieu l'a envoyé. » Je lui dis : « Que disent les gens de lui ? » Il dit : « Ils disent : poète, devin, sorcier. » Or Unays était l'un des poètes. Unays dit : « Par Dieu, j'ai entendu les paroles des devins, ce n'est pas comme leurs paroles ; j'ai confronté ses paroles aux mètres des poètes, elles ne s'accordent sur la langue d'aucun poète 83 pour être de la poésie. Par Dieu, il est véridique, et eux sont menteurs. » Je dis : « Occupe-toi de moi jusqu'à ce que j'aille voir. » Il dit : « Oui, mais méfie-toi des gens de la Mecque, car ils lui sont hostiles et lui ont montré de l'aversion. » Je partis donc et arrivai à la Mecque. Je cherchai un homme faible parmi eux et dis : « Où est celui que vous appelez le Sabéen 84 ? » Il me montra et dit : « Le Sabéen ? » Alors les gens de la vallée se ruèrent sur moi avec chaque pierre et os, et je tombai évanoui. Quand je me relevai, j'étais comme une pierre sacrificielle rouge 85. J'allai à Zamzam, bus de son eau et lavai le sang. Je restai là, ô mon neveu, trente jours et nuits, n'ayant pour nourriture que l'eau de Zamzam ; j'engraissai au point que les plis de mon ventre se brisèrent, et je ne ressentis aucune faiblesse de faim 86. Alors que les gens de la Mecque étaient dans une nuit de pleine lune éclatante, Dieu frappa leurs oreilles 87 et personne ne tournait autour de la Maison 88 sauf deux femmes. Elles passèrent près de moi en invoquant Isaf et Na'ila 89. Je dis : « Mariez l'une à l'autre ! » Elles ne cessèrent pas leurs paroles. Elles passèrent près de moi, et je dis : « Un morceau de bois 90 ! » sans les nommer 91. Elles partirent en hurlant et disant : « S'il y avait ici quelqu'un de nos hommes ! » L'Envoyé de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, et Abou Bakr les rencontrèrent alors qu'ils descendaient de la montagne. Il dit : « Qu'avez-vous ? » Elles dirent : « Le Sabéen entre la Ka'ba et ses voiles. » Il dit : « Que vous a-t-il dit ? » Elles dirent : « Il nous a dit une parole qui remplit la bouche. » Alors l'Envoyé de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, et son compagnon vinrent ; il toucha la Pierre 92 et tourna autour de la Maison. Je vins à lui quand il eut fini sa prière, et je fus le premier à le saluer par la salutation de l'islam 93. Il dit : « Et sur toi la miséricorde de Dieu ; d'où es-tu ? » Je dis : « De Ghifar. » Il porta la main à son front ainsi. Je pensai en moi-même : Il a détesté que je me réclame de Ghifar. Je voulus prendre sa main, mais son compagnon m'écarta, car il le connaissait mieux que moi. Il dit : « Depuis quand es-tu ici ? » Je dis : « Je suis ici depuis trente jours et nuits. » Il dit : « Qui te nourrissait ? » Je dis : « Je n'avais pour nourriture que l'eau de Zamzam ; j'ai engraissé au point que les plis de mon ventre se sont brisés, et je n'ai ressenti aucune faiblesse de faim. » L'Envoyé de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, dit : « Elle est bénie, elle est une nourriture nourrissante 94. » Abou Bakr dit : « Ô Envoyé de Dieu, permets-moi de le nourrir ce soir. » Il le fit. Le Prophète, que Dieu le bénisse et le salue, et Abou Bakr partirent, et je partis avec eux. Abou Bakr ouvrit une porte et nous prit des raisins secs de Ta'if. Abou Dharr dit : « Ce fut la première nourriture que je mangeai là. » Je restai un certain temps, puis je rencontrai l'Envoyé de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue. Il dit : « J'ai été dirigé vers une terre de palmiers, que je pense être Yathrib 95. Pourrais-tu transmettre de ma part à ton peuple ? Peut-être que Dieu leur sera utile par toi et te récompensera pour eux. » Je partis donc jusqu'à rencontrer mon frère Unays. Il dit : « Qu'as-tu fait ? » Je dis : « J'ai fait que j'ai embrassé l'islam et cru. » Il dit : « Je n'ai aucune répulsion pour ta religion ; car j'ai embrassé l'islam et cru. » Nous allâmes chez notre mère, qui dit : « Je n'ai aucune répulsion pour votre religion ; car j'ai embrassé l'islam et cru. » Nous chargeâmes [nos montures] et allâmes chez notre tribu. La moitié d'entre eux embrassa l'islam avant que l'Envoyé de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, n'arrive à Médine. Ils étaient dirigés par Ima' ibn Rahada 96, leur chef. Le reste dit : « Quand l'Envoyé de Dieu arrivera, nous embrasserons l'islam. » L'Envoyé de Dieu arriva, et le reste embrassa l'islam. La tribu d'Aslam vint et dit : « Ô Envoyé de Dieu, nous embrassons l'islam sur ce sur quoi nos frères ont embrassé l'islam. » Ils embrassèrent l'islam. L'Envoyé de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, dit : « Ghifar, que Dieu leur pardonne 97 ! et Aslam, que Dieu les préserve 98 ! » Dans une version d'Ibn Abbas : Il sortit et proclama : « J'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu et j'atteste que Muhammad est l'Envoyé de Dieu. » Les associateurs dirent : « L'homme a apostasié 99 ! L'homme a apostasié ! » Ils le frappèrent jusqu'à ce qu'il tombe. Al-Abbas ibn Abd al-Muttalib passa près de lui, se pencha sur lui et dit : « Ô assemblée de Quraysh, vous êtes des commerçants, et votre route passe par Ghifar ; voulez-vous que la route vous soit coupée ? » Ils le lâchèrent. Le lendemain, il recommença la même chose, et ils recommencèrent à le frapper. Al-Abbas passa près de lui et leur dit la même chose ; ils le lâchèrent. Le cheikh 100 a dit : Al-Nadr ibn Shumayl et d'autres ont expliqué les mots rares : Sa parole : « Je me couche comme une tente » : c'est-à-dire un manteau épais fait de poil. « Ils lui sont hostiles » : ils le haïssent. « Ils lui ont montré de l'aversion » : ils lui ont fait entendre ce qu'il déteste. « La pierre sacrificielle » : une pierre sur laquelle ils sacrifient. « Faiblesse de faim » : sa légèreté. « Le Sabéen » : celui qui n'a pas de raison. « Les hommes » : pluriel de « homme ». Mention de l'islam d'Amr ibn Abasa al-Sulami et de ce que les gens du Livre lui ont annoncé concernant l'envoi du Prophète, que Dieu le bénisse et le salue.
198 - Ali ibn Harun ibn Muhammad nous a rapporté : Ja'far ibn Muhammad al-Firyabi nous a rapporté : Ibrahim ibn al-'Ala' az-Zubaydi al-Himsi nous a rapporté : Isma'il ibn 'Ayyash, d'après Yahya ibn Abi 'Amr as-Saybani, d'après Abu Sallam ad-Dimashqi et 'Amr ibn 'Abd Allah as-Sibani, qui ont entendu Abu Umama al-Bahili rapporter le récit de 'Amr ibn 'Abasa as-Sulami : J'avais pris en aversion l'adoration des divinités de mon peuple à l'époque préislamique, et je voyais que c'était le faux : ils adoraient des pierres qui ne nuisent ni ne profitent. Il dit : Je rencontrai un homme des Gens du Livre 101 et l'interrogeai sur la meilleure religion. Il dit : Un homme sortira de La Mecque, prenant en aversion les divinités de son peuple et appelant à autre qu'elles ; il apportera la meilleure religion. Si tu entends parler de lui, suis-le. Je n'eus d'autre souci que d'aller à La Mecque et de demander : S'est-il produit quelque chose ? Ils disaient : Non. Je retournais alors auprès des miens, et ma famille était sur la route, non loin. J'interrogeais les voyageurs sortant de La Mecque : S'est-il produit une nouvelle ou un événement ? Ils disaient : Non. Un jour que j'étais assis sur la route, un cavalier passa près de moi. Je dis : D'où viens-tu ? Il dit : De La Mecque. Je dis : S'est-il produit une nouvelle ? Il dit : Oui, un homme a pris en aversion les divinités de son peuple et appelle à autre qu'elles. Je dis : C'est mon compagnon que je cherche. Je sellai ma monture et vins à la maison où je descendais. Je m'informai de lui et le trouvai cachant son affaire, et je trouvai les Quraysh 102 acharnés contre lui. Je me fis discret pour lui jusqu'à ce que j'entre chez lui. Je le saluai et dis : Qui es-tu ? Il dit : Le Prophète d'Allah. Je dis : Qu'est-ce que le Prophète d'Allah ? Il dit : Le Messager d'Allah. Je dis : Qui t'a envoyé ? Il dit : Allah Très-Haut. Je dis : Avec quoi t'a-t-Il envoyé ? Il dit : « À maintenir les liens de parenté, à préserver les sangs, à sécuriser les chemins, à briser les idoles et à adorer Allah sans rien Lui associer. » Je dis : Quelle belle mission avec laquelle Il t'a envoyé ! Je te prends à témoin que j'ai cru en toi et t'ai attesté. Dois-je rester avec toi, ou que vois-tu ? Il dit : Tu vois la répulsion des gens pour ce que j'ai apporté ; reste donc auprès des tiens. Quand tu entendras que je suis sorti pour un exode 103, suis-moi. Lorsque j'entendis qu'il était sorti vers Médine, je voyageai jusqu'à le rejoindre. Puis je dis : Ô Prophète d'Allah, me reconnais-tu ? Il dit : Oui, tu es le Sulami qui es venu à moi à La Mecque, et je t'ai dit telle et telle chose, et tu m'as dit telle et telle chose. Je me levai de cette séance et sus que je n'aurais jamais plus de temps libre qu'à ce moment. Je dis : Ô Prophète d'Allah, quel est le moment où l'invocation 104 est le mieux entendue ? Il dit : Le milieu de la dernière partie de la nuit, et la prière est attestée 105 et acceptée. Mention de l'islam de Salman al-Farisi, qu'Allah l'agrée.
199 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn ‘Uthman ibn Abi Shayba et Abu ‘Amr ibn Hamdan nous ont rapporté : Al-Hasan ibn Sufyan nous a rapporté : Masruq ibn al-Marzuban al-Kindi nous a rapporté : Yahya ibn Zakariyya ibn Abi Za’ida nous a rapporté : Muhammad ibn Ishaq m’a rapporté, d’après ‘Asim ibn ‘Umar ibn Qatada, d’après Mahmud ibn Labid, d’après Ibn ‘Abbas (que Dieu les agrée), qui a dit : Salman m’a raconté son récit de sa bouche à moi. Il a dit : J’étais un homme perse, originaire d’Ispahan, d’un village appelé Jayy. Mon père était le dihqân 106 de son village, et j’étais parmi les créatures les plus aimées de lui. Par amour pour moi, il m’enferma dans une maison comme on enferme une jeune fille. J’avais beaucoup œuvré dans la religion mazdéenne 107, au point d’être le qatan 108 du feu, que j’allumais sans le laisser s’éteindre un seul instant, par zèle pour ma religion. Mon père avait un domaine dans l’une de ses terres, et il s’occupait d’une construction dans sa maison. Il m’appela et dit : « Mon fils, ma construction m’a occupé comme tu vois. Va donc à ce domaine et ne t’attarde pas loin de moi, car si tu t’attardes, tu m’importes plus que mon domaine et que toute chose, et tu me distrais de toute autre affaire. » Je sortis donc me rendant au domaine où il m’avait envoyé. Je passai devant une église parmi les églises des chrétiens, et j’entendis leurs voix alors qu’ils priaient. Or, je ne savais rien de la situation des gens, à cause de l’enfermement de mon père. Quand j’entendis leurs voix, j’entrai chez eux pour voir ce qu’ils faisaient. Lorsque je les vis, leur prière me plut, je désirai leur religion et dis : « Par Dieu, ceci est meilleur que la religion dans laquelle nous sommes. » Par Dieu, je ne les quittai pas jusqu’au coucher du soleil, et je laissai le domaine de mon père sans m’y rendre. Puis je leur dis : « D’où vient cette religion ? » Ils dirent : « Du Sham 109. » Puis je revins chez mon père, qui avait envoyé quelqu’un à ma recherche. Je le distrayais de son travail, comme il l’avait dit. Quand je vins à lui, il dit : « Mon fils, où étais-tu ? Ne t’avais-je pas fait la recommandation que je t’ai faite ? » Je dis : « Père, je suis passé devant des gens qui priaient dans une église, et ce que j’ai vu de leur religion m’a plu. Par Dieu, je suis resté chez eux jusqu’au coucher du soleil. » Il dit : « Mon fils, il n’y a rien de bon là-dedans. Ta religion et celle de tes pères est meilleure. » Je dis : « Non, par Dieu, elle est meilleure que notre religion. » Il eut peur de moi, mit des chaînes à mes pieds, puis m’enferma dans une maison. J’envoyai un message aux chrétiens : « Quand une caravane du Sham viendra chez vous, informez-moi. » Une caravane du Sham vint à eux, des commerçants chrétiens. Ils m’informèrent. Je dis : « Quand ils auront fini leurs affaires et voudront retourner dans leur pays, faites-le-moi savoir. » Quand ils voulurent retourner, ils m’en informèrent. Je jetai le fer de mes pieds, puis sortis avec eux jusqu’à arriver au Sham. Quand j’y fus arrivé, je dis : « Qui est le plus savant des gens de cette religion ? » Ils dirent : « L’usquf 110 dans l’église. » Je vins à lui et lui dis : « J’ai désiré cette religion, et je voudrais être avec toi, te servir dans ton église, apprendre de toi et prier avec toi. » Il dit : « Fais-le, entre. » J’entrai avec lui. C’était un homme mauvais : il ordonnait l’aumône et y incitait, mais quand ils rassemblaient quelque chose pour lui, il l’amassait pour lui-même et ne donnait rien aux pauvres. Après sa mort, je les informai de cela. Ils me dirent : « Comment le sais-tu ? » Je dis : « Je vais vous montrer son trésor. » Ils dirent : « Montre-le-nous. » Je leur montrai l’endroit, et ils sortirent sept jarres 111 remplies d’or et d’argent. Quand ils les virent, ils dirent : « Non, par Dieu, nous ne l’enterrerons pas. » Ils le crucifièrent, puis le lapidèrent. Ensuite, ils amenèrent un autre homme et le mirent à sa place. Salman dit : Je n’ai jamais vu un homme qui ne prie pas les cinq prières 112 et que je considère comme meilleur que lui. Je l’aimai d’un amour que je n’avais éprouvé pour rien de semblable auparavant. Je restai avec lui un certain temps. Puis la mort se présenta à lui. Je dis : « Ô untel, j’ai été avec toi et je t’ai aimé d’un amour que je n’avais éprouvé pour personne avant toi. Or, ce que tu vois de l’ordre de Dieu t’a atteint. À qui me recommandes-tu ? Que m’ordonnes-tu ? » Il dit : « Mon fils, par Dieu, je ne connais personne aujourd’hui qui soit sur ce sur quoi j’étais. Les gens ont péri et ont beaucoup changé ce sur quoi ils étaient, sauf un homme à Mossoul, qui est untel, et il est sur ce sur quoi j’étais. Rejoins-le. » Quand il fut enterré, je rejoignis l’homme de Mossoul et dis : « Ô untel, untel m’a recommandé à sa mort de te rejoindre, et m’a informé que tu es sur sa voie. » Il dit : « Reste chez moi. » Je restai chez lui et le trouvai un homme excellent, suivant la voie de son compagnon. Peu de temps après, il mourut. Quand la mort se présenta à lui, je lui dis : « Ô untel, untel m’a recommandé à toi et m’a ordonné de te rejoindre. Or, ce que tu vois de l’ordre de Dieu t’a atteint. À qui me recommandes-tu ? » Il dit : « Par Dieu, je ne connais personne sur ce sur quoi nous étions, sauf un homme à Nisibe 113, qui est untel. Rejoins-le. » Quand il mourut et fut enterré, je rejoignis l’homme de Nisibe. Je vins à lui, l’informai de mon histoire et de ce que mon compagnon m’avait ordonné. Il dit : « Reste chez moi. » Je restai chez lui et le trouvai suivant la voie de son compagnon. Je restai avec lui et le trouvai un homme excellent. Par Dieu, peu de temps après, la mort le frappa. Quand la mort se présenta à lui, je dis : « Ô untel, untel m’a recommandé à untel, puis untel m’a recommandé à toi. À qui me recommandes-tu ? Que m’ordonnes-tu ? » Il dit : « Mon fils, je ne connais personne qui soit resté sur notre voie, à qui je t’ordonnerais d’aller, sauf un homme à ‘Ammûriyya 114, en terre byzantine. Il est sur une voie semblable à la nôtre. Si tu veux, va à lui, car il est sur notre voie. » Quand il mourut et fut enterré, je rejoignis l’homme de ‘Ammûriyya et l’informai de mon histoire. Il dit : « Reste. » Je restai chez lui et le trouvai un homme excellent, suivant la guidance de ses compagnons et leur voie. Je n’ai vu personne plus ascétique en ce monde, plus désireux de l’au-delà, ni plus assidu nuit et jour que lui. Puis j’acquis des biens, jusqu’à avoir des vaches et un petit troupeau de moutons. Ensuite, l’ordre de Dieu le frappa. Quand la mort se présenta à lui, je lui dis : « Ô untel, j’étais avec untel, qui m’a recommandé d’aller à untel, puis untel m’a recommandé à untel, puis untel m’a recommandé à toi. À qui me recommandes-tu ? Que m’ordonnes-tu ? » Il dit : « Mon fils, par Dieu, je ne connais personne parmi les gens qui soit resté sur ce sur quoi nous étions, à qui je t’ordonnerais d’aller. Mais le temps d’un Prophète s’approche de toi, qui sera envoyé avec la religion d’Ibrahim al-Khalil 115. Il sortira en terre des Arabes, et émigrera vers une terre entre deux coulées de lave 116, où il y a des palmiers. Il a des signes qui ne sont pas cachés : il accepte le cadeau mais n’accepte pas l’aumône 117. Entre ses omoplates se trouve le sceau de la prophétie 118. Si tu peux rejoindre ce pays, fais-le. » Puis il mourut et fut enterré. Je restai à ‘Ammûriyya aussi longtemps que Dieu voulut. Ensuite, des gens de Kalb, des commerçants, passèrent par moi. Je leur dis : « M’emmènerez-vous en terre des Arabes, et je vous donnerai mes vaches et mon troupeau ? » Je les leur donnai, et ils m’emmenèrent avec eux. Quand ils arrivèrent avec moi à Wâdi l-Qurâ 119, ils me trompèrent et me vendirent comme esclave à un homme juif. Je restai chez lui, et je vis les palmiers. J’espérai que ce soit le pays que mon compagnon m’avait décrit, mais je n’en étais pas sûr. Alors que j’étais ainsi, un cousin germain de lui vint de Médine, des Banu Qurayza, et m’acheta de lui. Il m’emmena à Médine. Par Dieu, dès que je la vis, je la reconnus d’après la description de mon compagnon. Je m’y installai. Dieu envoya Son Messager, qui resta à La Mecque un certain temps sans que j’entende parler de lui, à cause de l’occupation de l’esclavage. Puis il émigra à Médine. Par Dieu, j’étais au sommet d’un régime de dattes 120 de mon maître, en train de faire un travail pour lui, et mon maître était assis en dessous de moi, quand un cousin germain de lui arriva et s’arrêta devant lui, disant : « Ô untel, que Dieu maudisse les Banu Qayla 121 ! Par Dieu, ils se rassemblent maintenant à Qubâ’ 122 autour d’un homme qui est venu de La Mecque aujourd’hui, et ils prétendent qu’il est un prophète. » Quand j’entendis cela, un tremblement me saisit, au point que je pensai tomber sur mon maître. Quand je descendis du palmier, je me mis à dire au cousin : « Qu’est-ce que tu dis ? » Mon maître se fâcha et me donna un coup de poing violent, puis dit : « Qu’as-tu à voir avec cela ? Occupe-toi de ton travail. » Je dis : « Rien, je voulais seulement vérifier ce qu’il a dit. » Or, j’avais quelque chose que j’avais amassé. Quand vint le soir, je le pris et allai chez le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) alors qu’il était à Qubâ’. J’entrai chez lui et lui dis : « Il m’est parvenu que tu es un homme pieux, et que tu as des compagnons étrangers dans le besoin. Voici quelque chose que j’ai pour l’aumône. Je vous ai vus plus dignes de cela que d’autres. » Puis je le rapprochai de lui. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) dit à ses compagnons : « Mangez », mais il retint sa main et ne mangea pas. Je me dis en moi-même : « Voilà une première chose. » Puis je m’éloignai de lui. Je rassemblai quelque chose, puis le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) se déplaça à Médine. Ensuite, je vins à lui et dis : « J’ai vu que tu ne manges pas l’aumône. Voici un cadeau que je t’offre. » Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) en mangea et ordonna à ses compagnons de manger avec lui. Je me dis en moi-même : « Voilà deux choses. » Ensuite, je vins au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) alors qu’il était à Baqî‘ al-Gharqad 123, ayant suivi le convoi funèbre d’un de ses compagnons. Il portait deux manteaux 124 et était assis parmi ses compagnons. Je le saluai, puis me plaçai derrière lui pour regarder son dos, afin de voir le sceau que mon compagnon m’avait décrit. Quand le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) vit que je me plaçais derrière lui, il comprit que je vérifiais quelque chose qui m’avait été décrit. Il jeta son manteau de son dos, et je regardai le sceau et le reconnus. Je me penchai sur lui pour l’embrasser et pleurer. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) me dit : « Tourne-toi. » Je me tournai devant lui et lui racontai mon histoire comme je te l’ai racontée, ô Ibn ‘Abbâs. Cela plut au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix), et il aima que ses compagnons l’entendent. Puis il me dit : « Fais un contrat d’affranchissement 125, ô Salman. » Je fis un contrat avec mon maître pour trois cents palmiers et quarante onces 126 d’or. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Aidez votre frère. » Ils m’aidèrent avec les palmiers : l’un donna trente jeunes plants, l’autre quinze, un autre selon ce qu’il avait, jusqu’à ce qu’ils rassemblent trois cents jeunes plants. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Va, ô Salman, et creuse les trous pour eux. Quand tu auras fini, informe-moi, afin que ce soit moi qui les plante de ma main. » Je creusai les trous pour eux, et mes compagnons m’aidèrent jusqu’à ce que j’aie fini. Je vins à lui et l’informai. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) sortit avec moi vers eux. Nous rapprochions les jeunes plants de lui, et le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) les plantait de sa main, jusqu’à ce que nous ayons fini. Par Celui qui tient l’âme de Salman dans Sa main, pas un seul jeune plant ne mourut. Je payai les palmiers, mais il me restait la somme d’argent. On apporta au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) un morceau d’or de la taille d’un œuf de poule, provenant d’une mine. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) dit : « Qu’a fait le Perse sous contrat d’affranchissement ? » On m’appela auprès de lui. Il dit : « Prends ceci et acquitte-toi de ce que tu dois, ô Salman. » Je dis : « Ô Messager de Dieu, où se situe ceci par rapport à ce que je dois ? » Il dit : « Prends-le, car Dieu s’en servira pour t’acquitter. » Je pesai pour eux de cet or – par Celui qui tient l’âme de Salman dans Sa main – quarante onces, et je leur donnai leur dû. Salman fut affranchi. J’assistai avec le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) à la bataille du Fossé 127 en homme libre, et ensuite aucune bataille ne me manqua.
- khaṣā'iṣ : Caractéristiques ou prérogatives exclusives accordées par Allah à certains de Ses prophètes ou saints.
- awliyā' : Saints ou amis d'Allah, croyants pieux et proches de Dieu.
- sakhla : Agneau ; utilisé ici comme insulte pour désigner une personne faible ou méprisable.
- ṣayḥat al-ḥublā : Le cri de la femme enceinte ; expression proverbiale pour désigner un événement imminent et catastrophique.
- allaḏī naṣabahā biniyya : Par Celui qui l'a dressée comme une tente ; serment par Allah, faisant référence à la Ka'ba ou à la création.
- al-mawsim : La saison du pèlerinage (Hajj) à La Mecque, moment où les Arabes se rassemblaient.
- rajaz, hazaj, qarīḍ, maqbūḍ, mabsūṭ : Termes techniques de la métrique poétique arabe : rajaz (mètre court), hazaj (mètre léger), qarīḍ (poésie classique), maqbūḍ et mabsūṭ (formes métriques spécifiques).
- Ibn Abī Kabsha : Surnom donné par les Qurayshites au Prophète Muhammad (que la prière et la paix soient sur lui) pour le rabaisser, faisant référence à un ancêtre lointain.
- Ibn Abī Quḥāfa : Abû Bakr as-Siddîq, le premier calife, fils d'Abû Quhâfa.
- al-Maghāzī : Ouvrages sur les expéditions militaires du Prophète.
- Ḥā Mīm al-Sajda : Sourate 41 du Coran, intitulée 'Les Prosternations' ou 'Fussilat'.
- rajaz : Mètre poétique arabe, souvent utilisé pour les poèmes improvisés ou guerriers.
- qarīḍ : Poésie classique arabe composée selon les règles métriques traditionnelles.
- mukhammas : Poème composé de strophes de cinq vers.
- ‘umra : Petit pèlerinage à La Mecque, effectué à tout moment de l'année.
- al-rīḥ : Littéralement 'le vent', désignant ici la folie ou la possession démoniaque.
- Maqām Ibrāhīm : La Station d'Abraham, une pierre près de la Kaaba où Abraham se tenait lors de la construction.
- ‘ishā' : La prière du soir, après le coucher du soleil.
- maghrib : La prière du coucher du soleil.
- Ḥaḍramawt : Région historique du sud de la péninsule arabique, correspondant approximativement à l'actuel Yémen oriental.
- abayta al-la‘n : Formule de salutation utilisée par les Arabes préislamiques pour s'adresser à leurs rois, signifiant littéralement 'que tu évites la malédiction'.
- Abū al-Qāsim : Surnom du Prophète Muḥammad, signifiant 'père de Qāsim', du nom de son fils aîné décédé en bas âge.
- ‘ayn jarāda : Littéralement 'œil de sauterelle' ; désigne une petite quantité de beurre clarifié ou de graisse, utilisée ici comme objet caché pour tester la prétention prophétique.
- ḥumayt samn : Beurre clarifié (samn) conservé dans une outre (ḥumayt) ; le beurre clarifié est un produit laitier traditionnel.
- kuhhān : Pluriel de kāhin, devin ou oracle dans l'Arabie préislamique, prétendant avoir des connaissances surnaturelles.
- sabbaḥa : Glorifier Allāh en prononçant subḥāna Allāh ; ici, les graviers émettent des paroles de glorification, constituant un miracle.
- lā ya’tīhi al-bāṭilu min bayni yadayhi wa lā min khalfihi : Citation du Coran (41:42) : 'Le faux ne peut l'atteindre ni par devant ni par derrière', décrivant l'inimitabilité et la préservation du Coran.
- shihāb : Météore ou étoile filante ; utilisé ici comme métaphore pour la lumière éclatante du Coran.
- wa al-ṣāffāti ṣaffan : Premier verset de la sourate 37 (al-Ṣāffāt) : 'Par ceux qui se rangent en rangs'.
- wa rabbi al-mashāriqi : Partie du verset 5 de la sourate 37 : 'et par le Seigneur des orients'.
- rūḥuhu : Son esprit ; peut désigner ici l'état intérieur ou l'âme du Prophète, qui s'apaise complètement.
- wa la’in shi’nā lanadhhabanna bi-alladhī awḥaynā ilayka : Citation du Coran (17:86) : 'Et si Nous voulions, Nous emporterions ce que Nous t'avons révélé'.
- Ṭufayl ibn ‘Amr ad-Dawsī : Compagnon du Prophète, chef de la tribu de Daws, connu pour sa conversion après avoir rencontré le Prophète à La Mecque.
- thaniyya : Colline ou col de montagne ; désigne un point élevé sur la route.
- al-ḥāḍir : Le campement ou la peuplade installée ; désigne ici la tribu de Daws rassemblée.
- muthla : Marque d'infamie ou mutilation ; Ṭufayl craint que la lumière sur son visage ne soit interprétée comme une punition divine pour avoir quitté la religion de ses ancêtres.
- Daws : Tribu arabe du Yémen à laquelle appartenait Ṭufayl ibn ‘Amr.
- al-Khandaq : La bataille du Fossé (5 AH), où les musulmans creusèrent un fossé pour défendre Médine contre les coalisés.
- Khaybar : Oasis au nord de Médine, conquise par les musulmans en 7 AH.
- man akhadha al-qur’āna bi al-qulūb : Expression désignant ceux qui ont reçu le Coran avec une réceptivité sincère du cœur, menant à la foi, comme dans le cas de ‘Umar.
- ‘Umar ibn al-Khattāb : Deuxième calife de l'Islam, connu pour sa force et sa justice.
- al-Fārūq : Surnom signifiant 'celui qui distingue (le vrai du faux)'.
- Ḥamza : Oncle du Prophète Muhammad, l'un des premiers convertis.
- al-Makhzūmī : Membre de la tribu des Quraysh, clan des Makhzum.
- al-muṭahharūn : Ceux qui sont purifiés, en état de pureté rituelle.
- ghusl : Ablution majeure requise pour la purification rituelle.
- Sourate Ṭā-Hā : Sourate 20 du Coran, verset 1-2.
- al-asmā’ al-ḥusnā : Les plus beaux noms d'Allah.
- Quraysh : Tribu dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- Rasūl Allāh : Le Messager d'Allah, titre du Prophète Muhammad.
- Dār al-Arqam : Maison d'Arqam ibn Abi Arqam, lieu de réunion secret des premiers musulmans.
- al-Ṣafā : Colline à La Mecque, près de la Kaaba.
- takbīr : Formule 'Allāhu akbar' (Allah est le plus grand).
- al-Najāshī : Titre du souverain chrétien d’Abyssinie (Éthiopie) à l’époque du Prophète. Il s’agit ici du roi Ashama ibn Abjar, qui a accordé asile aux premiers musulmans émigrés.
- ‘aybat ṣidq : Expression arabe signifiant littéralement « coffre de confiance » ou « réceptacle de vérité », désignant une personne en qui l’on a pleine confiance et à qui l’on confie ses secrets.
- ḥizb Allāh : Expression signifiant « Parti de Dieu » ou « Groupe de Dieu ». Dans le Coran, elle désigne les croyants qui sont les alliés de Dieu (cf. Sourate 58, verset 22).
- salām : Salutation islamique signifiant « paix », utilisée par les croyants pour se saluer. Elle est considérée comme la salutation des habitants du Paradis.
- al-Ṣiddīqa : Épithète de Marie (Maryam) signifiant « la Véridique » ou « la Très Véridique », soulignant sa véracité et sa pureté.
- suyūm : Terme d’origine éthiopienne (ge’ez) signifiant « en sécurité », « protégés » ou « en paix ». Utilisé par le Negus pour garantir la sécurité des musulmans.
- Sūrat Maryam : La 19e sourate du Coran, intitulée « Marie », qui relate l’histoire de Zacharie, Jean-Baptiste, Marie et Jésus.
- suqiṭa fī aydīhimā : Expression idiomatique arabe signifiant littéralement « ils tombèrent dans leurs mains », c’est-à-dire qu’ils furent consternés, désemparés, ou qu’ils regrettèrent amèrement.
- nafakha fī iḥlīlihi siḥrahu : Expression décrivant un acte de sorcellerie : souffler dans l’urètre de quelqu’un pour lui jeter un sort, le transformer en animal ou le rendre fou. Ici, le Negus aurait utilisé cette méthode contre ‘Umāra.
- al-Najāshī : Titre du souverain d'Abyssinie (Éthiopie) à l'époque, souvent identifié comme Ashama ibn Abjar.
- al-udum : Cuir, peaux tannées, un produit de luxe de La Mecque.
- baṭārīq : Pluriel de biṭrīq, du grec patrikios, désignant les hauts dignitaires ou généraux du royaume abyssinien.
- asāqifatahu : Pluriel de usquf, du grec episkopos, désignant les évêques chrétiens.
- maṣāḥifahum : Pluriel de muṣḥaf, désignant les livres saints, ici les Évangiles.
- jāhiliyya : Période préislamique, caractérisée par l'ignorance religieuse et morale.
- al-zakāt : Aumône légale obligatoire en islam, l'un des piliers.
- Kāf Hā' Yā' 'Ayn Ṣād : Lettres séparées (muqaṭṭa‘āt) ouvrant la sourate Maryam (19) du Coran.
- mishkāt : Niche ou lampe, métaphore pour la source commune de la révélation divine.
- fanakharat : Ils reniflèrent ou firent du bruit avec leur nez en signe de désapprobation.
- suyūm : Terme abyssinien signifiant 'en sécurité' ou 'protégés'.
- dabr : Mot abyssinien signifiant 'montagne'.
- al-Najāshī : Titre du souverain chrétien d'Abyssinie à l'époque du Prophète, souvent identifié à Ashama ibn Abjar.
- al-zakāt : Aumône légale obligatoire en Islam, l'un des cinq piliers.
- al-Shaykh : Titre honorifique désignant ici le compilateur ou l'auteur de l'ouvrage, probablement Abu Bakr al-Bayhaqi ou un autre savant.
- al-muhājirūn : Les émigrants : les premiers musulmans qui ont émigré de La Mecque vers Médine ou l'Abyssinie pour fuir les persécutions.
- ahl al-siyar : Spécialistes des biographies prophétiques et des expéditions militaires (sīra et maghāzī).
- al-shahr al-haram : Le mois sacré, l'un des quatre mois durant lesquels les combats étaient interdits en Arabie préislamique.
- sirmatuna : Petit troupeau de chameaux ou de brebis.
- khifa' : Manteau épais en poil, utilisé comme tente.
- yuqri : Poète, celui qui récite de la poésie.
- al-sabi' : Sabéen, terme péjoratif désignant celui qui abandonne sa religion ; utilisé par les polythéistes pour désigner les premiers musulmans.
- nusub : Pierre sacrificielle sur laquelle on égorgeait les victimes.
- sukhfat ju' : Faiblesse ou légèreté due à la faim.
- asmi'atihim : Leurs oreilles ; Dieu les a frappés de surdité momentanée.
- al-bayt : La Ka'ba, la Maison sacrée à la Mecque.
- Isaf wa Na'ila : Deux idoles que les polythéistes adoraient près de la Ka'ba.
- han : Morceau de bois, insulte désignant une personne sans valeur.
- lam akni : Je n'ai pas fait de périphrase ; il a parlé directement sans utiliser de surnom.
- al-hajar : La Pierre noire, encastrée dans un angle de la Ka'ba.
- tahiyyat al-islam : La salutation islamique : 'Assalamu alaykum' (Que la paix soit sur vous).
- ta'am tu'm : Nourriture nourrissante, qui rassasie.
- Yathrib : Ancien nom de Médine avant l'islam.
- Ima' ibn Rahada : Chef de la tribu de Ghifar, qui dirigeait la prière avant l'arrivée du Prophète.
- Ghifar ghafara Allah laha : Jeu de mots : Ghifar, que Dieu leur pardonne (ghafara).
- Aslam salamaha Allah : Jeu de mots : Aslam, que Dieu les préserve (salama).
- saba'a al-rajul : L'homme a apostasié ; littéralement 'est devenu sabéen', terme péjoratif.
- al-shaykh : Le cheikh, probablement l'auteur du recueil ou un commentateur.
- Ahl al-Kitāb : Gens du Livre : désigne les communautés juives et chrétiennes, qui possèdent des Écritures révélées.
- Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
- makhrajan : Exode : ici, la sortie du Prophète de La Mecque vers Médine (Hégire).
- du‘ā’ : Invocation : prière de demande adressée à Dieu.
- al-ṣalātu mashhūdatun : La prière est attestée : expression désignant la prière de l'aube (Fajr), attestée par les anges.
- dihqân : Titre donné aux chefs de villages ou aux propriétaires terriens dans l’Empire perse sassanide.
- majûsiyya : Religion mazdéenne ou zoroastrienne, religion de la Perse antique.
- qatan : Terme désignant celui qui entretient le feu sacré dans le zoroastrisme, littéralement 'serviteur du feu'.
- Shâm : Région historique du Levant, incluant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban actuels.
- usquf : Évêque, chef religieux chrétien.
- qilâl : Pluriel de qulla, grande jarre ou cruche en terre cuite.
- les cinq prières : Les cinq prières canoniques de l’islam (Fajr, Dhuhr, ‘Asr, Maghrib, ‘Ishâ’).
- Nisibe : Ville de Mésopotamie (aujourd’hui Nusaybin en Turquie).
- ‘Ammûriyya : Amorium, ville d’Anatolie byzantine (actuelle Turquie).
- Ibrahim al-Khalil : Abraham, surnommé 'l’Ami intime' (al-Khalîl) de Dieu.
- entre deux coulées de lave : Médine est située entre deux régions volcaniques (harra).
- il accepte le cadeau mais n’accepte pas l’aumône : Signe distinctif du Prophète Muhammad : il refusait la zakât obligatoire mais acceptait les dons volontaires.
- sceau de la prophétie : Marque physique entre les omoplates du Prophète Muhammad, décrite comme une protubérance charnue.
- Wâdi l-Qurâ : Vallée au nord de Médine, région agricole.
- régime de dattes : Grappe de dattes, ou par métonymie, le sommet du palmier.
- Banu Qayla : Tribu arabe, ancêtres des Ansâr (Aws et Khazraj).
- Qubâ’ : Village près de Médine où le Prophète séjourna lors de l’hégire.
- Baqî‘ al-Gharqad : Cimetière principal de Médine, aussi appelé Jannat al-Baqî‘.
- deux manteaux : Vêtement simple, souvent une étoffe enroulée.
- contrat d’affranchissement : Accord par lequel un esclave peut racheter sa liberté en versant une somme convenue.
- once : Unité de poids, environ 30 grammes.
- bataille du Fossé : Bataille de la Tranchée (Khandaq) en 627, où les musulmans creusèrent un fossé pour défendre Médine.
Chapitre seize — Vingtième chapitre : Mention de ce qui eut lieu entre lui et les…
Chapitre seize — Vingtième chapitre : Mention de ce qui eut lieu entre lui et les associateurs lorsqu'il divulgua l'appel, de ce qui lui arriva jusqu'à son émigration, de sa patience face à l'épreuve de l'appel, de son endurance à la nuisance, et de la présentation des signes et des preuves à son sujet. Et il était — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — selon ce que dirent 'Urwa ibn az-Zubayr et Ibn Shihab.
Le seizième chapitre, le vingtième chapitre, mentionnant ce qui eut lieu entre lui et les associateurs lorsqu'il rendit publique l'appel, et ce qui lui arriva comme situations jusqu'à son émigration, et ce qu'il endura comme patience face à l'épreuve de l'appel, supportant le tort, apportant les versets et les preuves à son sujet. Il était, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, selon ce que rapportèrent 'Urwa ibn az-Zubayr, Ibn Shihab et Muhammad ibn Ishaq, depuis que fut révélé sur lui : « Lis au nom de ton Seigneur qui a créé » [al-'Alaq 96:1] jusqu'à ce qu'il fut chargé de l'appel et de sa proclamation dans ce qui fut révélé sur lui : « Proclame donc ce qu'on t'ordonne et détourne-toi des associateurs » [al-Hijr 15:94], « Et avertis les plus proches parmi les tiens » [ash-Shu'ara' 26:214], « Et dis : "Je suis l'avertisseur explicite" » [al-Hijr 15:89]. Pendant trois ans, il ne rendit pas public l'appel, sauf auprès de ceux qui lui étaient proches parmi eux : Khadija, Abu Bakr, 'Ali, Zayd et d'autres, qu'Allah les agrée. Puis il rendit public l'appel et le proclama sur ordre d'Allah pendant environ dix ans. Son oncle Abu Talib était pour lui un protecteur, un défenseur et un repousseur. L'épreuve devint grande pour lui, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et pour ses compagnons qui avaient répondu à son appel ; elle s'intensifia, et ils furent empêchés de manifester l'unicité et la foi, et ils furent torturés et humiliés, jusqu'à ce qu'Allah leur permit l'émigration vers l'Abyssinie. Ainsi, 'Uthman ibn 'Affan, Ja'far ibn Abi Talib, Abu Salama ibn 'Abd al-Assad et un grand groupe partirent chez le Négus 1, qui les accueillit bien. Les associateurs envoyèrent 'Amr ibn al-'As et 'Umara ibn al-Walid chez le Négus pour qu'il les renvoie à Quraysh, mais le Négus les déçut et les renvoya bredouilles. Les associateurs accrurent alors la sévérité contre les musulmans et complotèrent pour tuer le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Puis ils le firent entrer, lui et les Banu Hashim, dans le ravin 2 et rédigèrent le pacte 3 selon lequel ils ne les fréquenteraient ni ne les marieraient. Ils restèrent assiégés trois ans, jusqu'à ce qu'Allah, Puissant et Majestueux, envoie les termites sur le pacte, qui rongèrent ce qu'il contenait d'injustice et d'oppression. Malgré cela, il, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, continuait d'appeler à Allah, Puissant et Majestueux. Ils sortirent du ravin, et Abu Talib mourut. Il n'y eut alors dans sa tribu et parmi ses oncles ni protecteur ni défenseur pour lui. Il sortit vers at-Ta'if cherchant le soutien de ses oncles maternels, les Banu 'Abd Yalil, mais ils ne l'acceptèrent pas. Il s'offrait aux tribus arabes lors des saisons 4 pour qu'elles l'accueillent ou le soutiennent afin de transmettre les messages de son Seigneur, mais personne ne l'accepta, jusqu'à ce qu'Allah, Très-Haut, lui suscite les Ansar 5, qui lui prêtèrent serment d'allégeance. Il permit à ses compagnons d'émigrer vers Médine, et lui-même, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, attendit qu'Allah, Puissant et Majestueux, lui permette d'émigrer. 200 - On m'a rapporté d'après al-Mutba'i, d'après Dawud ibn 'Amr ad-Dabbi, qui dit : nous a raconté Abu Rashid, qui est al-Muthanna ibn Zur'a, d'après Muhammad ibn Ishaq, qui dit : m'a raconté al-Ajlach, d'après Abu Ishaq as-Sabi'i, d'après 'Amr ibn Maymun, d'après 'Abdullah ibn Mas'ud, qu'Allah l'agrée, qu'il a dit : « Alors que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, était dans la mosquée, ainsi qu'Abu Jahl ibn Hisham, Shayba et 'Utba, les deux fils de Rabi'a, 'Uqba ibn Abi Mu'ayt, Umayya ibn Khalaf — Abu Ishaq dit : et deux autres hommes dont je ne me rappelle pas les noms — ils étaient sept, et ils étaient dans le Hijr 6, et le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, priait. Lorsqu'il se prosterna et prolongea la prosternation, Abu Jahl dit : "Lequel d'entre vous va au chameau des Banu untel et nous apporte son contenu intestinal pour le jeter sur le dos de Muhammad ?" Le plus malheureux et le plus vil d'entre eux, 'Uqba ibn Abi Mu'ayt, partit, l'apporta et le jeta sur son épaule, tandis que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, était prosterné." Ibn Mas'ud dit : « J'étais debout, incapable de parler, n'ayant pas de tribu pour me protéger, et j'avais peur. » Alors Fatima, la fille du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, entendit cela, vint et enleva cela de son père, puis se tourna vers Quraysh et les insulta, mais ils ne lui répondirent rien. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, releva la tête comme il le faisait à la fin de sa prosternation. Lorsqu'il eut terminé sa prière, il dit : « Ô Allah, à Toi Quraysh ! Ô Allah, à Toi Quraysh ! Ô Allah, à Toi Quraysh ! Ô Allah, à Toi 'Uqba, 'Utba, Abu Jahl, Shayba et ces deux hommes. » Puis le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, sortit de la mosquée et rencontra Abu l-Bakhtari, qui avait avec lui un fouet qu'il portait à la ceinture. Lorsqu'il rencontra le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, il vit son visage changé, le prit et dit : « Viens, qu'as-tu ? » Le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Laisse-moi. » Il dit : « Je jure par Allah que je ne te laisserai pas avant que tu ne m'informes de ce qui t'arrive, car il t'est arrivé quelque chose. » Lorsque le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, sut qu'il ne le laisserait pas, il l'informa et dit : « Abu Jahl a ordonné qu'on jette sur moi du contenu intestinal. » Abu l-Bakhtari dit : « Viens à la mosquée. » Il refusa, mais al-Bakhtari le prit et le fit entrer dans la mosquée. Puis il se tourna vers Abu Jahl et dit : « Ô Abu l-Hakam, est-ce toi qui as ordonné qu'on jette le contenu intestinal sur Muhammad ? » Il dit : « Oui. » Alors il leva le fouet et frappa sa tête. Les hommes s'agitèrent les uns contre les autres, et Abu Jahl cria : « Malheur à vous ! Qui est pour lui ? Muhammad n'a voulu que semer l'inimitié entre nous et s'enfuir, lui et ses compagnons. » Le cheikh dit : Quant aux railleurs, leurs noms et la mention de ce qu'Allah, Puissant et Majestueux, leur a infligé comme humiliation et avilissement : 201 - Nous a raconté Habib ibn al-Hasan, nous a raconté Muhammad ibn Yahya al-Marwazi, nous a raconté Ahmad ibn Muhammad ibn Ayyub, nous a raconté Ibrahim ibn Sa'd, d'après Muhammad ibn Ishaq, d'après Yazid ibn Ruman, d'après 'Urwa ibn az-Zubayr, qui dit : « Cinq hommes de son peuple, qui étaient d'âge et de noblesse parmi leur peuple : parmi eux al-Aswad ibn al-Muttalib ibn Asad, Abu Zam'a ; le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, invoqua contre lui en raison du tort et des railleries qu'il lui faisait subir, et dit : "Ô Allah, rends-le aveugle et fais-le pleurer son enfant." Et al-Aswad ibn 'Abd Yaghuth ibn Wahb ibn 'Abd Manaf ibn Zuhra, al-Walid ibn al-Mughira ibn 'Abdullah ibn 'Amra ibn Makhzum, al-'As ibn Wa'il ibn Hisham ibn Sa'd ibn Sahl, et al-Harith ibn at-Tulatila ibn 'Amr ibn al-Harith ibn 'Abd 'Amr ibn Malakan. Il dit : Lorsqu'ils persistèrent dans le mal et multiplièrent les railleries envers le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, Allah Très-Haut révéla : "Proclame donc ce qu'on t'ordonne et détourne-toi des associateurs. Nous te suffisons contre les railleurs, ceux qui placent avec Allah une autre divinité. Ils sauront bientôt." »
202 - Et nous a rapporté Muhammad ibn Ishaq, d'après Yazid ibn Ruman, d'après 'Urwa ibn az-Zubayr [269] que Gabriel, sur lui la paix, vint auprès du Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, alors qu'il tournait autour de la Maison 7 ; il se tint debout et le Messager de Dieu se tint à ses côtés. Al-Aswad ibn al-Muttalib passa près de lui ; il lui jeta au visage une feuille verte, et il devint aveugle. Al-Aswad ibn 'Abd Yaghuth passa près de lui ; il indiqua son ventre, et son ventre s'emplit d'eau 8, et il en mourut hydropique. Al-Walid ibn al-Mughira passa près de lui ; il indiqua une blessure au bas de sa cheville ; il l'avait eue des années auparavant alors qu'il traînait sa moustache 9 ; en effet, il était passé près d'un homme de Khuza'a qui empennait ses flèches ; une flèche de son carquois s'accrocha à son pagne et lui fit cette égratignure, insignifiante. Lorsque Gabriel, sur lui la paix, l'indiqua, cette égratignure se rouvrit et le tua. Al-'As ibn Wa'il passa près de lui ; il indiqua la plante de son pied ; il monta sur un âne pour se rendre à Ta'if ; son âne s'accroupit sur une plante épineuse 10 ; une épine de celle-ci pénétra dans la plante de son pied et le tua. Al-Harith ibn at-Tulatila al-Khuza'i passa près de lui ; il indiqua sa tête ; elle se remplit de pus et le tua. 203 - Nous a rapporté Ibrahim ibn Ahmad al-Muqri' : nous a rapporté Ahmad ibn al-Faraj : nous a rapporté Abu 'Amr as-Saqidi : nous a rapporté Muhammad ibn Marwan, d'après al-Kalbi, d'après Abu Salih, d'après Ibn 'Abbas, qui a dit : "Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, resta caché 11 pendant des années, ne divulguant rien de ce que Dieu, Puissant et Majestueux, avait révélé, jusqu'à ce que fût révélé : « Proclame donc ce qu'on t'ordonne » 12, c'est-à-dire : rends publique ta cause à La Mecque, car Dieu a déjà fait périr ceux qui se moquaient de toi et du Coran ; ils étaient cinq hommes. Gabriel, sur lui la paix, vint à lui avec ce verset." Il dit : "Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : « Je les vois encore tous vivants. » Ils furent anéantis en un seul jour et une seule nuit. Parmi eux, al-'As ibn Wa'il as-Sahmi : il sortit ce jour-là par un jour pluvieux, monté sur sa monture, avec un de ses fils, se promenant et déjeunant ; il descendit dans un ravin parmi ces ravins ; lorsqu'il posa le pied à terre, il dit : « J'ai été piqué ! » Ils cherchèrent mais ne trouvèrent rien ; son pied enfla jusqu'à devenir comme le cou d'un chameau, et il mourut sur place. Parmi eux, al-Harith ibn Qays as-Sahmi : il mangea un poisson salé, ou dit-on frais ; il eut une soif intense ; il ne cessa de boire de l'eau jusqu'à ce que son ventre se fendît, et il mourut en disant : « M'a tué le Seigneur de Muhammad. » Parmi eux, al-Aswad ibn al-Muttalib ibn al-Harith ibn 'Abd al-'Uzza : il avait un fils nommé Zam'a, qu'il chérissait par-dessus tout ; quand il sortait, il disait : « Je vais aller par tel chemin, et revenir par tel autre », et il ne manquait jamais à sa parole envers son père. Il dit : "Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, avait invoqué contre al-Aswad la perte de la vue et la perte de son enfant. Gabriel, sur lui la paix, vint à lui avec une feuille verte et la lui jeta ; sa vue disparut. Il sortit le jour où son fils lui avait donné rendez-vous, accompagné de son esclave. Gabriel, sur lui la paix, vint à lui alors qu'il était assis au pied d'un arbre ; il se mit à se cogner la tête et à se frapper le visage avec des épines. Il appela son esclave à l'aide ; son esclave lui dit : « Je ne vois personne te faire quoi que ce soit, si ce n'est toi-même », jusqu'à ce qu'il mourût. Il disait : « M'a tué le Seigneur de Muhammad. » On dit qu'il survécut jusqu'à ce que son fils fût tué à Badr, et qu'il le perdît ; puis il mourut. Parmi eux, al-Walid ibn al-Mughira al-Makhzumi : il passa près des flèches d'un homme des Banu Khuza'a, qui les avait empennées et placées au soleil ; il marcha dessus et les brisa ; une flèche s'accrocha à lui et atteignit sa veine 13, et le tua. Parmi eux, al-Aswad ibn 'Abd Yaghuth : il sortit de chez lui ; le vent brûlant 14 le frappa ; il devint noir au point de ressembler à un Abyssin ; il revint chez les siens, mais ils ne le reconnurent pas ; ils fermèrent la porte devant lui, jusqu'à ce qu'il mourût en disant : « M'a tué le Seigneur de Muhammad. » Dieu les fit tous périr, chacun d'une mort différente de celle de son compagnon. Alors le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, rendit publique sa cause et la proclama à La Mecque." Quant à l'histoire de l'entrée des Banu Hashim dans le ravin d'Abu Talib 15 lorsque les Quraysh s'allièrent pour ne pas commercer avec les Banu Hashim, ne pas se marier avec eux et ne pas les fréquenter, et ce que cela comporte comme preuve de sa prophétie, que Dieu prie sur lui et le salue : 204 - Nous a rapporté cela Sulayman ibn Ahmad : nous a rapporté Ibrahim ibn Suwayd ash-Shami : nous a rapporté 'Abd ar-Razzaq : nous a rapporté Ma'mar, d'après az-Zuhri, d'après 'Ali ibn Husayn, d'après 'Amr ibn 'Uthman, d'après Usama ibn Zayd, qui a dit : "J'ai dit : Ô Messager de Dieu, où sera notre demeure demain ? Il dit : « 'Aqil nous a-t-il laissé une maison ou une demeure ? 16 Notre demeure sera à Khayf 17 des Banu Kinana, là où les Quraysh se sont partagé 18 l'incroyance. »"
205 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Amr ibn Khālid al-Ḥarrānī nous a rapporté : mon père nous a rapporté : Ibn Lahī‘a nous a rapporté, d’après Abū al-Aswad, d’après ‘Urwa ibn al-Zubayr, qui a dit : Lorsque ‘Amr ibn al-‘Āṣ revint d’Éthiopie, de chez le Negus 19, à La Mecque – après qu’Allah eut fait périr son compagnon et l’eut empêché d’atteindre son but – les associateurs 20 s’acharnèrent contre les musulmans plus que jamais, au point que les musulmans souffrirent de l’épreuve et que le malheur s’abattit sur eux. Les associateurs de Quraysh 21 décidèrent alors, d’un commun accord, de tuer ouvertement le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue. Voyant cela, Abū Ṭālib 22 rassembla les Banū ‘Abd al-Muṭṭalib 23 et leur fit adopter la décision de faire entrer le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dans leur ravin 24 et de le protéger contre quiconque voudrait le tuer. Ils se rassemblèrent sur cela, mécréants et musulmans parmi eux : certains le firent par orgueil tribal, d’autres par foi et certitude. Lorsque Quraysh sut que le clan s’était rassemblé et protégeait le Messager, et que mécréants et musulmans s’étaient unis sur cela, les associateurs de Quraysh se réunirent et décidèrent d’un commun accord de ne plus les fréquenter, de ne plus commercer avec eux, de ne plus conclure de transactions avec eux et de ne plus entrer dans leurs maisons jusqu’à ce qu’ils livrent le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – pour être tué. Ils rédigèrent, pour leur machination, un parchemin 25 contenant des engagements et des serments : qu’ils n’accepteraient jamais de paix avec les Banū Hāshim 26, qu’aucune compassion, miséricorde ou indulgence ne les prendrait envers eux, jusqu’à ce qu’ils livrent le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – pour être tué. Les Banū Hāshim demeurèrent dans leur ravin pendant trois ans, durant lesquels l’épreuve et la détresse s’intensifièrent contre eux. Les associateurs leur coupèrent l’accès aux marchés : ils ne laissaient aucune nourriture s’approcher de La Mecque, ni aucune vente, sans s’y précipiter, afin que la faim les tue, cherchant par là à verser le sang du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue. Abū Ṭālib, lorsque les gens prenaient leur couche, ordonnait au Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – de venir à son lit, afin que quiconque voulait lui nuire ou le trahir le voie. Puis, quand les gens s’endormaient, il prenait l’un de ses fils, de ses frères ou de ses cousins et le couchait sur le lit du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – et ordonnait au Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – d’aller sur l’un de leurs lits pour y dormir. Au bout de trois ans, des hommes des Banū ‘Abd Manāf 27, des Banū Quṣayy 28 et d’autres se blâmèrent mutuellement et évoquèrent la rupture dans laquelle ils étaient tombés. Ils décidèrent, cette nuit-là, de rompre ce qu’ils avaient juré et de s’en désavouer. Alors Allah – Puissant et Majestueux – envoya un termite 29 sur leur parchemin, qui contenait la machination contre le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – et il dévora tout ce qui s’y trouvait. Le parchemin était suspendu au plafond de la Ka‘ba 30 ; il contenait le pacte et l’engagement d’Allah, mais le termite n’y laissa rien sans le dévorer, ne subsistant que ce qui était association 31, injustice ou transgression. Allah – Très-Haut – informa Son Messager de ce qu’Il avait fait au parchemin, et il en parla à son oncle. Abū Ṭālib dit : « Non, par les astres 32 ! Il ne m’a pas menti. » Il partit alors, marchant avec un groupe des Banū ‘Abd al-Muṭṭalib, jusqu’à la Mosquée 33, qui était pleine de Quraysh. Lorsqu’ils les virent arriver en groupe, ils désapprouvèrent cela et pensèrent qu’ils étaient sortis à cause de la dureté de l’épreuve et qu’ils venaient pour leur livrer le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue. Abū Ṭālib prit la parole et dit : « Des affaires sont survenues entre vous, que nous ne vous avons pas mentionnées. Apportez donc votre parchemin, qui contient vos serments ; peut-être y aura-t-il une paix entre nous et vous. » Il dit cela par crainte qu’ils n’examinent le parchemin avant de l’apporter. Le maudit 34 se hâta de leur apporter la nouvelle du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – qu’Allah lui avait révélée. Ils apportèrent donc leur parchemin, fiers de lui, ne doutant pas que le Messager leur serait livré. Ils le placèrent devant eux et dirent : « Il est temps pour vous d’accepter ou de revenir à une affaire qui rassemble votre communauté et votre peuple, et qui ne sépare entre nous et vous qu’un seul homme, que vous avez placé comme un danger pour votre clan et votre corruption. » Abū Ṭālib dit : « Je suis venu pour vous proposer une affaire équitable entre moi et vous. Ce parchemin qui est entre vos mains : mon neveu m’a informé – et il ne m’a pas menti – qu’Allah – Puissant et Majestueux – a envoyé sur lui une bête 35 qui n’y a laissé aucun nom d’Allah sans le dévorer, et qu’y ont été laissées votre trahison et votre coalition contre nous par injustice. Si ce qu’il dit est vrai, alors reprenez-vous ! Par Allah, nous ne le livrerons pas jusqu’à ce que nous mourions jusqu’au dernier. Et si ce qu’il dit est faux, nous vous livrerons notre compagnon, et vous le tuerez ou le laisserez vivre. » Ils dirent : « Nous sommes satisfaits de ce que tu dis. » Le parchemin fut ouvert, et ils trouvèrent que le Véridique et le Confirmé 36 avait annoncé son contenu avant qu’il ne soit ouvert. Lorsque Quraysh vit ce qu’Abū Ṭālib avait dit, ils dirent : « Par Allah, ce n’est que de la sorcellerie de la part de votre compagnon ! » Ils s’obstinèrent et revinrent à ce qu’ils étaient de pire : leur mécréance, leur dureté envers le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, ses compagnons et son clan, et leur maintien de ce qu’ils avaient juré. Ces hommes des Banū ‘Abd al-Muṭṭalib dirent : « Les plus enclins au mensonge et à la sorcellerie sont autres que nous. Qu’en pensez-vous ? Nous savons que ce sur quoi vous vous êtes accordés – notre rupture – est plus proche du ǧibt 37 et de la sorcellerie. Sans la sorcellerie que vous y avez mise, le parchemin ne se serait pas corrompu alors qu’il était entre vos mains. Tout nom d’Allah – Puissant et Majestueux – qui s’y trouvait, Il l’a effacé ; et toute injustice, Il l’a laissée dans votre parchemin. Sommes-nous donc les sorciers, ou l’êtes-vous ? » Les associateurs de Quraysh en éprouvèrent alors du regret. Des hommes parmi eux – Abū al-Bakhtarī, qui est al-‘Āṣ ibn Hishām ibn al-Ḥārith ibn ‘Abd al-‘Uzzā ibn Quṣayy ; al-Muṭ‘im ibn ‘Adī ; Hishām ibn ‘Amr, frère des Banū ‘Āmir ibn Lu’ayy – le parchemin était chez lui – ; Zuhayr ibn Umayya ; Zam‘a ibn al-Aswad ibn al-Muṭṭalib ibn Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā ibn Quṣayy, parmi d’autres hommes de Quraysh dont les mères étaient des femmes des Banū Hāshim – regrettèrent ce qu’ils avaient fait et dirent : « Nous nous désavouons de ce parchemin. » Abū Jahl 38 dit : « C’est une affaire décidée de nuit. » Muḥammad ibn Isḥāq 39 dit : Lorsque Quraysh se fut rassemblée sur cela, ils restèrent ainsi deux ou trois ans, jusqu’à ce qu’ils souffrent de ne recevoir que quelque chose apporté en secret par ceux de Quraysh qui voulaient les soutenir. On rapporte qu’Abū Jahl rencontra Ḥakīm ibn Ḥizām ibn Khuwaylid ibn Asad, qui avait avec lui un esclave portant du blé destiné à sa tante Khadīja bint Khuwaylid 40 – elle était auprès du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dans le ravin. Il s’accrocha à lui et dit : « Tu apportes de la nourriture aux Banū Hāshim ? Par Allah, tu ne bougeras pas, toi et ta nourriture, avant que je ne te déshonore à La Mecque ! » Abū al-Bakhtarī al-‘Āṣ ibn Hishām ibn al-Ḥārith ibn Asad vint alors et dit : « Qu’as-tu à faire avec lui ? » Il répondit : « Il apporte de la nourriture aux Banū Hāshim. » Abū al-Bakhtarī lui dit : « C’est de la nourriture que sa tante avait chez lui ; elle lui a envoyé un message. L’empêches-tu d’apporter sa nourriture à sa tante ? Laisse cet homme ! » Abū Jahl refusa, jusqu’à ce que l’un d’eux frappe l’autre. Abū al-Bakhtarī prit alors une mâchoire de chameau et le frappa, lui fendant la tête, et le piétina violemment. Ḥamza ibn ‘Abd al-Muṭṭalib 41 voyait cela, et ils détestaient que cela parvienne au Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – et à ses compagnons, de peur qu’ils ne se réjouissent de leur malheur. Cependant, le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – continuait d’appeler son peuple à Allah – Puissant et Majestueux – nuit et jour, en secret et publiquement, sans craindre personne. Muḥammad ibn Isḥāq dit : Ensuite, pour la rupture du parchemin par lequel Quraysh s’était liguée contre les Banū Hāshim et les Banū al-Muṭṭalib, quelques hommes de Quraysh se levèrent, et nul n’eut un mérite plus grand que Hishām ibn ‘Amr ibn al-Ḥārith ibn Ḥabīb ibn Naṣr ibn Mālik ibn Khuthayl ibn ‘Āmir ibn Lu’ayy. Cela parce qu’il était le neveu de Naḍla ibn Hāshim ibn ‘Abd Manāf ibn Quṣayy ; Naḍla et ‘Amr étaient frères de mère. Hishām était donc lié aux Banū Hāshim, et il avait un rang élevé dans son peuple. On rapporte qu’il amenait, la nuit, un chameau chargé de nourriture aux Banū Hāshim et aux Banū al-Muṭṭalib dans le ravin. Lorsqu’il arrivait à l’entrée du ravin, il enlevait la longe de la tête du chameau, puis le frappait sur le flanc, et il entrait dans le ravin vers eux. Il faisait de même avec un chameau chargé de provisions. Ensuite, il alla voir Zuhayr ibn Abī Umayya ibn al-Mughīra ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Amr ibn Makhzūm – sa mère était ‘Ātika bint ‘Abd al-Muṭṭalib – et lui dit : « Ô Zuhayr ! Es-tu satisfait de manger de la nourriture, de porter des vêtements et d’épouser des femmes, alors que tes oncles maternels sont, comme tu le sais, sans pouvoir vendre ni acheter, sans pouvoir se marier ni donner en mariage ? Par Allah, si les oncles maternels d’Abū al-Ḥakam ibn Hishām 42 étaient dans la même situation, et que tu l’appelais à ce à quoi tu les appelles, il ne répondrait jamais à ton appel. » Il dit : « Malheur à toi, ô Hishām ! Que puis-je faire ? Je ne suis qu’un homme seul. Par Allah, si j’avais un autre homme avec moi, je me lèverais pour rompre ce parchemin jusqu’à le déchirer. » Il dit : « J’ai trouvé un homme. » Il dit : « Qui est-ce ? » Il dit : « Moi. » Zuhayr dit : « Cherche-nous un troisième. » Il alla alors chez al-Muṭ‘im ibn ‘Adī ibn Nawfal ibn ‘Abd Manāf et lui dit : « Ô Muṭ‘im ! Es-tu satisfait que deux branches des Banū ‘Abd Manāf périssent, alors que tu es témoin de cela et d’accord avec Quraysh ? Par Allah, si vous leur permettez cela, tu les trouveras prompts à faire de même envers vous. » Il dit : « Malheur à toi ! Que puis-je faire ? Je ne suis qu’un homme seul. » Il dit : « J’ai trouvé un second. » Il dit : « Qui est-ce ? » Il dit : « Moi. » Il dit : « Cherche-nous un troisième. » Il dit : « Je l’ai fait. » Il dit : « Qui est-ce ? » Il dit : « Zuhayr ibn Abī Umayya. » Il dit : « Cherche-nous un quatrième. » Il alla alors chez Abū al-Bakhtarī ibn Hishām et lui dit des paroles semblables à celles dites à al-Muṭ‘im ibn ‘Adī. Il dit : « Y a-t-il quelqu’un pour aider à cela ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Qui est-ce ? » Il dit : « Zuhayr ibn Abī Umayya, al-Muṭ‘im ibn ‘Adī et moi. » Il dit : « Cherche-nous un cinquième. » Il alla alors chez Zam‘a ibn al-Aswad ibn al-Muṭṭalib ibn Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā ibn Quṣayy, lui parla et lui rappela leur parenté et leur droit. Il dit : « Y a-t-il quelqu’un pour cette affaire à laquelle tu appelles ? » Il dit : « Oui. » Puis il lui nomma les hommes. Ils se donnèrent rendez-vous à Ḥaṭm al-Ḥajūn 43, en haut de La Mecque, la nuit. Ils s’y réunirent, décidèrent ensemble et se promirent de se lever contre le parchemin jusqu’à le rompre. Zuhayr dit : « Je commence, je serai le premier à parler. » Le matin venu, ils se rendirent à leurs assemblées. Zuhayr ibn Abī Umayya, vêtu d’un habit, fit sept fois le tour de la Maison 44, puis se tourna vers les gens et dit : « Ô habitants de La Mecque ! Mangerons-nous de la nourriture, porterons-nous des vêtements, tandis que les Banū Hāshim périssent, sans pouvoir vendre ni acheter ? Par Allah, je ne m’assiérai pas avant que ce parchemin injuste et diviseur ne soit déchiré. » Abū Jahl, qui était dans un coin de la Mosquée, dit : « Tu mens, par Allah ! Il ne sera pas déchiré. » Zam‘a dit : « Toi, par Allah, tu es plus menteur ! Nous n’avons pas été satisfaits lorsqu’il a été écrit. » Abū al-Bakhtarī dit : « Zam‘a a dit vrai. Nous ne sommes pas satisfaits de ce qui y est écrit, et nous ne l’approuvons pas. » Al-Muṭ‘im ibn ‘Adī dit : « Vous avez dit vrai, et celui qui dit autre chose ment. Nous nous désavouons devant Allah – Très-Haut – de ce qui y est écrit. » Hishām ibn ‘Amr dit des paroles semblables. Abū Jahl dit alors : « C’est une affaire décidée de nuit, dont on a délibéré ailleurs qu’ici. » Abū Ṭālib était dans un coin de la Mosquée. Al-Muṭ‘im ibn ‘Adī se leva vers le parchemin pour le déchirer, et il trouva que le termite l’avait mangé, à l’exception de « Par Ton nom, ô Allah ». Le scribe du parchemin était Manṣūr ibn ‘Ikrima, et sa main fut paralysée, dit-on.
206 - Muhammad ibn al-Hasan nous a informés : al-Hasan ibn al-Jahm nous a rapporté : al-Husayn ibn al-Faraj nous a rapporté : Muhammad ibn 'Umar al-Wāqidī 45 nous a rapporté : Khārija ibn 'Abd Allāh m'a rapporté, d'après Dāwūd ibn al-Husayn, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbās, qui a dit : « Abū Lahab 46 n'était que l'un des mécréants de Quraysh, et il en fut ainsi jusqu'à ce qu'il sorte du ravin 47 lorsque Quraysh se ligua contre nous et que nous fûmes assiégés dans le ravin, et ils les soutenaient. Quand Abū Lahab sortit du ravin, il rencontra Hind bint 'Utba ibn Rabī'a 48 lorsqu'il quitta son peuple, et il dit : « Ô fille de 'Utba, as-tu secouru al-Lāt 49 et al-'Uzzā 50 et t'es-tu séparée de celui qui s'en est séparé ? » Elle répondit : « Oui, qu'Allāh te récompense en bien, ô Abū 'Utba. » Abū Lahab dit : « Muhammad nous promet des choses que nous ne voyons pas se réaliser ; il prétend qu'elles se produiront après la mort. Qu'y a-t-il donc dans mes deux mains ? » Puis il souffla dans ses mains et dit : « Périssez-vous 51 ! Je ne vois en vous rien de ce que dit Muhammad. » Alors fut révélé : « Que périssent les deux mains d'Abū Lahab ! » [Coran 111:1]. Ibn 'Abbās dit : « Nous fûmes assiégés dans le ravin pendant trois ans, et ils nous coupèrent les vivres, au point que l'un de nous sortait avec de l'argent mais ne trouvait personne pour lui vendre quoi que ce soit jusqu'à son retour, jusqu'à ce que certains des nôtres moururent. Et l'on dit que al-Mut'im ibn 'Adī 52 mourut un an après l'hégire 53 du Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allāh soient sur lui), alors âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans. » Quant à la fente de la lune 54, elle eut lieu à La Mecque lorsque les associateurs demandèrent au Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allāh soient sur lui) de leur montrer un signe. 207 - Ahmad ibn Ishāq nous a rapporté : Abū Bakr ibn Abī 'Āsim nous a rapporté : Muhammad ibn Hātim Abū Sa'īd nous a rapporté : Mu'āwiya ibn 'Amr nous a rapporté, d'après Zā'ida, d'après 'Āsim, d'après Zirr, d'après 'Abd Allāh ibn Mas'ūd (qu'Allāh l'agrée), qui a dit : « La lune se fendit et je la vis en deux morceaux. » 208 - Ahmad ibn Ishāq nous a rapporté : Abū Bakr ibn Abī 'Āsim nous a rapporté : 'Ubayd Allāh ibn Mu'ādh nous a rapporté : mon père nous a rapporté : Shu'ba nous a rapporté, d'après al-A'mash, d'après Mujāhid, d'après Ibn 'Umar ; et Abū Muhammad ibn Hayyān nous a rapporté : Sahl ibn Abī Sahl et Muhammad ibn Yahyā nous ont rapporté : Nasr ibn 'Alī nous a rapporté : mon père m'a rapporté : Shu'ba nous a rapporté : al-A'mash m'a informé qu'il avait entendu Mujāhid rapporter d'après Ibn 'Umar, qui a dit : « La lune se fendit à l'époque du Messager d'Allāh (que la paix et la bénédiction d'Allāh soient sur lui), et le Messager d'Allāh (que la paix et la bénédiction d'Allāh soient sur lui) dit : « Soyez témoins ! » 209 - Sulaymān ibn Ahmad nous a rapporté : Bakr ibn Sahl nous a rapporté : 'Abd al-Ghanī ibn Sa'īd nous a rapporté : Mūsā ibn 'Abd al-Rahmān nous a rapporté, d'après Ibn Jurayj, d'après 'Atā', d'après Ibn 'Abbās ; et d'après Muqātil, d'après al-Dahhāk, d'après Ibn 'Abbās, au sujet de la parole d'Allāh le Très-Haut : « L'Heure approche et la lune se fend » [Coran 54:1]. Ibn 'Abbās dit : « Les associateurs se rassemblèrent auprès du Messager d'Allāh (que la paix et la bénédiction d'Allāh soient sur lui) ; parmi eux se trouvaient al-Walīd ibn al-Mughīra, Abū Jahl ibn Hishām, al-'Ās ibn Wā'il, al-'Ās ibn Hishām, al-Aswad ibn 'Abd Yaghūth, al-Aswad ibn al-Muttalib ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzzā, Zam'a ibn al-Aswad, al-Nadr ibn al-Hārith, et beaucoup d'autres. Ils dirent au Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allāh soient sur lui) : « Si tu es véridique, fends la lune pour nous en deux morceaux : une moitié sur Abū Qubays 55 et l'autre moitié sur Qu'ayqi'ān 56. » Le Messager d'Allāh (que la paix et la bénédiction d'Allāh soient sur lui) leur dit : « Si je le fais, croirez-vous ? » Ils répondirent : « Oui. » C'était la nuit de Badr 57. Le Messager d'Allāh (que la paix et la bénédiction d'Allāh soient sur lui) demanda à Allāh, Puissant et Majestueux, de lui accorder ce qu'ils demandaient. Alors la lune apparut, une moitié sur Abū Qubays et l'autre moitié sur Qu'ayqi'ān, et le Messager d'Allāh (que la paix et la bénédiction d'Allāh soient sur lui) s'écria : « Ô Abū Salama ibn 'Abd al-Asad et al-Arqam ibn Abī al-Arqam, soyez témoins ! » 210 - 'Abd Allāh ibn Ja'far nous a rapporté : 'Āmir ibn Ibrāhīm ibn 'Āmir nous a rapporté : Muhammad ibn 'Āmir nous a rapporté d'après mon grand-père 'Āmir : Bishr ibn al-Husayn nous a rapporté : al-Zubayr ibn 'Adī nous a rapporté, d'après al-Dahhāk, d'après Ibn 'Abbās, qui a dit : « Les docteurs juifs 58 vinrent auprès du Messager d'Allāh (que la paix et la bénédiction d'Allāh soient sur lui) et dirent : « Montre-nous un signe afin que nous croyions. » Le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allāh soient sur lui) demanda à son Seigneur, Puissant et Majestueux, de leur montrer un signe. Il leur montra alors la lune fendue, de sorte qu'elle devint deux lunes : l'une sur al-Safā 59 et l'autre sur al-Marwa 60, de la fin de l'après-midi jusqu'à la nuit, tandis qu'ils les regardaient. Puis la lune disparut. Ils dirent : « C'est une magie persistante ! » 211 - Le juge Abū Ahmad nous a rapporté : Muhammad ibn Ayyūb nous a rapporté : 'Alī ibn 'Uthmān al-Lāhiqī nous a rapporté : Muhammad ibn Ahmad ibn Ishāq nous a rapporté : Ahmad ibn Sahl ibn Ayyūb nous a rapporté : Sahl ibn Bakkār nous a rapporté : Abū 'Awāna nous a rapporté, d'après al-Mughīra, d'après Abū al-Duhā, d'après Masrūq, d'après 'Abd Allāh ibn Mas'ūd (qu'Allāh l'agrée), qui a dit : « La lune se fendit à l'époque du Messager d'Allāh (que la paix et la bénédiction d'Allāh soient sur lui). Quraysh dit : « C'est la magie du fils d'Abū Kabsha 61 ! » Il dit : « Regardez ce que les voyageurs vous apportent ; car Muhammad ne peut ensorceler tout le monde. » Les voyageurs arrivèrent et dirent la même chose. » 212 - Sahl ibn 'Abd Allāh et Sulaymān ibn Ahmad nous ont rapporté : al-Husayn ibn Ishāq nous a rapporté : Yahyā al-Himmānī nous a rapporté : Hushaym nous a rapporté, d'après al-Mughīra, d'après Abū al-Duhā, d'après Masrūq, d'après 'Abd Allāh, qui a dit : « La lune se fendit alors que nous étions à La Mecque. Les mécréants de Quraysh dirent : « C'est une magie que le fils d'Abū Kabsha a pratiquée sur vous. Regardez les voyageurs qui viennent à vous : s'ils vous informent qu'ils l'ont vue comme vous l'avez vue, alors il a dit vrai. » Aucun d'entre eux ne vint d'aucune direction sans les informer qu'ils l'avaient vue. » 'Umar ibn Abī Qays l'a rapporté de la même manière d'après Mughīra. Ce qui a été rapporté au sujet de la présentation de lui-même par le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allāh soient sur lui) aux tribus arabes. 213 - 'Abd Allāh ibn Ja'far nous a rapporté : Ismā'īl ibn 'Abd Allāh nous a rapporté : Ibn Yūsuf al-Tinnīsī nous a rapporté : 'Abd Allāh ibn Wahb nous a rapporté : Yūnus m'a informé, d'après Ibn Shihāb, qui a dit : 'Urwa ibn al-Zubayr m'a rapporté que 'Ā'isha, l'épouse du Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allāh soient sur lui), lui a raconté qu'elle avait dit : « J'ai dit au Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allāh soient sur lui) : « As-tu connu un jour plus dur que le jour d'Uhud 62 ? » Il dit : « J'ai souffert de ton peuple, et ce que j'ai subi de plus dur fut le jour de al-'Aqaba 63, lorsque je me suis présenté à Ibn 'Abd Yālīl ibn 'Abd Kulāl 64 et qu'il n'a pas répondu à ce que je voulais. Je partis alors, l'esprit préoccupé, sans savoir où j'allais, jusqu'à ce que je me retrouve à Qarn al-Tha'ālib 65. Je levai la tête et voilà qu'un nuage m'ombrageait. Je regardai et vis Gabriel (que la paix soit sur lui) à l'intérieur. Il m'appela et dit : « Allāh a entendu les paroles de ton peuple et leur réponse. Il t'a envoyé l'Ange des montagnes. » Il me salua puis dit : « Ô Muhammad, Allāh a entendu les paroles de ton peuple. Je suis l'Ange des montagnes ; mon Seigneur m'a envoyé pour que tu me donnes tes ordres comme tu le souhaites. Si tu veux, je peux refermer sur eux les deux montagnes 66. » Le Prophète (que la paix et la bénédiction d'Allāh soient sur lui) dit : « J'espère qu'Allāh fera sortir de leurs reins ceux qui adoreront Allāh seul sans rien Lui associer. »
214 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Muḥammad ibn Zakariyyā al-Ghalābī nous a rapporté : Shu‘ayb ibn Wāqid al-Ṣaffār nous a rapporté : Abān ibn ‘Uthmān, d’après Abān ibn Taghlib, et Ibrāhīm ibn ‘Abd Allāh ibn Isḥāq nous a rapporté : Muḥammad ibn Isḥāq al-Thaqafī nous a rapporté : ‘Abd al-Jabbār ibn Kathīr al-Tamīmī al-Raqqī nous a rapporté : Muḥammad ibn Bishr nous a rapporté : Abān ibn ‘Abd Allāh al-Bajalī, d’après Abān ibn Taghlib, a dit : ‘Ikrima nous a rapporté, d’après Ibn ‘Abbās, a dit : ‘Alī ibn Abī Ṭālib — que Dieu l’agrée — m’a raconté : Lorsque Dieu — Puissant et Majestueux — ordonna à Son Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — de se présenter aux tribus arabes, il sortit — moi et Abū Bakr avec lui — vers Minā jusqu’à ce que nous arrivions à une assemblée parmi les assemblées des Arabes. Abū Bakr s’avança et salua. Or Abū Bakr était toujours en avant, et c’était un homme versé dans la généalogie 67. Il dit : « De quel peuple êtes-vous ? » Ils dirent : « De Rabī‘a. » Il dit : « Et de quelle Rabī‘a êtes-vous ? De sa tête 68 ou de ses mâchoires 69 ? » Ils dirent : « Plutôt de sa tête suprême. » Abū Bakr dit : « De quelle tête suprême ? » Al-Ghalābī dit dans son récit : « Plutôt de la mâchoire suprême. » Il dit : « Et de quelle mâchoire êtes-vous ? » Ils dirent : « Dhuhl l’aîné. » Abū Bakr dit : « Y a-t-il parmi vous ‘Awf, dont on disait : “Nul homme libre dans la vallée de ‘Awf” ? » Ils dirent : « Non. » Il dit : « Y a-t-il parmi vous Bisṭām ibn Qays ibn Mas‘ūd, père des rois et aboutissement des vivants ? » Ils dirent : « Non. » Il dit : « Y a-t-il parmi vous al-Ḥawfazān ibn Sharīk, tueur des rois et spoliateur de leurs âmes ? » Ils dirent : « Non. » Il dit : « Y a-t-il parmi vous Jassās ibn Murra ibn Dhuhl, protecteur de l’honneur et défenseur du voisin ? » Ils dirent : « Non. » Il dit : « Y a-t-il parmi vous al-Muzdalif, possesseur du turban unique ? » Ils dirent : « Non. » Il leur dit : « Êtes-vous les oncles maternels des rois chez Kinda ? » Ils dirent : « Non. » Il dit : « Êtes-vous les beaux-parents des rois chez Lakhm ? » Ils dirent : « Non. » Abū Bakr leur dit : « Vous n’êtes donc pas Dhuhl l’aîné, mais vous êtes Dhuhl le cadet. » Il dit : Alors un jeune homme parmi eux, nommé Daghfal, dont le visage commençait à peine à montrer la barbe, bondit vers lui, saisit la bride de la chamelle d’Abū Bakr et dit : [ar-Rajaz] « Il incombe à celui qui nous interroge que nous interrogions, / Et le fardeau, tu ne le connais pas avant de le porter. / Ô toi, tu nous as interrogés et nous t’avons répondu, sans rien te cacher, et nous voulons t’interroger : Qui es-tu ? » Il lui dit : « Un homme de Quraysh. » Le jeune homme lui dit : « Bravo, bravo ! Gens de la seigneurie et de la présidence, guides et meneurs des Arabes ! Et de quel Quraysh es-tu ? » Il lui dit : « Des Banū Tamīm ibn Murra. » Le jeune homme lui dit : « Par Dieu, tu as mis le tireur en position sur la pierre dure de la gorge 70 ! Y a-t-il parmi vous Quṣayy ibn Kilāb, qui tua à La Mecque ceux qui s’en étaient emparés injustement, chassa le reste, rassembla son peuple de tous côtés jusqu’à les établir à La Mecque, puis prit possession de la Demeure et assigna aux Qurayshites leurs demeures, si bien que les Arabes le surnommèrent “Rassembleur”, et à son sujet le poète dit aux Banū ‘Abd Manāf : [aṭ-Ṭawīl] “N’est-ce pas votre père qu’on appelait Rassembleur, / Par qui Dieu rassembla les tribus issues de Fihr ?” » Il dit : « Non. » Le jeune homme dit : « Y a-t-il parmi vous ‘Abd Manāf, à qui aboutissaient les testaments, père des nobles généreux ? » Il dit : « Non. » Il dit : « Y a-t-il parmi vous ‘Amr ibn ‘Abd Manāf, Hāshim, qui émietta le pain trempé pour son peuple alors que les gens de La Mecque étaient exténués et amaigris, et à son sujet le poète dit : [al-Kāmil] “ ‘Amr al-‘Ulā émietta le pain trempé pour son peuple, / Tandis que les hommes de La Mecque étaient exténués et amaigris. / Ils instituèrent pour lui les deux voyages, tous deux, / En hiver et le voyage d’été. / Quraysh était un œuf qui se fendit, / Et la pure jaune en est pour ‘Abd Manāf, / Ceux qui donnent à boire, et on ne connaît pas de donneur à boire, / Et ceux qui disent : ‘Venez, pour les hôtes !’ / Et ceux qui frappent le bélier dont les poils blancs brillent, / Et ceux qui protègent les œufs par les épées. / Que Dieu te récompense ! Si tu descendais chez eux, / Ils te protégeraient de l’humiliation et du péché.” » Il dit : « Non. » Il dit : « Y a-t-il parmi vous ‘Abd al-Muṭṭalib, Shayba al-Ḥamd 71, possesseur du puits de La Mecque, nourrisseur des oiseaux du ciel, des bêtes sauvages et des fauves dans les déserts, dont le visage était comme une lune resplendissante dans la nuit obscure ? » — ‘Abd al-Jabbār dit : « dans la nuit noire et ténébreuse. » — Il dit : « Non. » Il dit : « Es-tu de ceux qui procurent l’afflux 72 ? » Il dit : « Non. » Il dit : « Es-tu de ceux qui détiennent la garde 73 ? » Il dit : « Non. » Il dit : « Es-tu de ceux qui tiennent l’assemblée 74 ? » Il dit : « Non. » Il dit : « Es-tu de ceux qui assurent l’abreuvement 75 ? » Il dit : « Non. » Il dit : « Es-tu de ceux qui assurent la subsistance 76 ? » Il dit : « Non. » Il dit : « Es-tu de ceux qui procurent l’afflux aux gens 77 ? » Il dit : « Non. » Puis Abū Bakr tira la bride de la chamelle de sa main, et le jeune homme lui dit : « Le choc du torrent a rencontré un torrent qui le pousse, / Tantôt il le submerge, tantôt il le fend. »
Puis il dit : « Par Allah, ô frère des Qurayshites, si tu t'étais arrêté pour moi, je t'aurais appris que tu es parmi les rejetons 78 de Quraysh et non parmi les sommets 79. » Alors le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) s'avança vers nous en souriant. 'Ali dit : Je lui dis : « Ô Abû Bakr, tu as rencontré chez le Bédouin une calamité 80. » Il répondit : « Oui, ô Abû al-Hasan, il n'est point de catastrophe 81 sans qu'il y en ait une plus grande au-dessus, et l'épreuve est confiée à la parole. » Puis nous arrivâmes à une assemblée empreinte de sérénité et de dignité, où se trouvaient des cheikhs 82 d'importance et d'apparence. Abû Bakr s'avança et salua. 'Ali dit : Il était toujours en avant. Abû Bakr leur demanda : « De quel peuple êtes-vous ? » Ils répondirent : « Nous sommes les Banû Shaybân ibn Tha'laba. » Il se tourna alors vers le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) et dit : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! Il n'y a après ceux-ci aucune gloire dans leur peuple. » Parmi le groupe se trouvaient Mafrûq ibn 'Amr, Hâni' ibn Qabîsa, al-Muthannâ ibn Hâritha et al-Nu'mân ibn Sharîk. Le plus proche d'Abû Bakr était Mafrûq ibn 'Amr, qui les surpassait en éloquence et en langage. Il avait deux mèches 83 tombant sur sa poitrine. Il était le plus proche d'Abû Bakr dans l'assemblée. Abû Bakr lui dit : « Combien êtes-vous ? » Il répondit : « Nous dépassons le millier, et un millier ne sera jamais vaincu par manque d'effectifs. » Il dit : « Quelle est votre force défensive ? » Il répondit : « À nous l'effort, et chaque peuple a sa détermination. » Abû Bakr dit : « Comment est la guerre entre vous et vos ennemis ? » Mafrûq dit : « Nous sommes au plus fort de notre colère quand nous rencontrons l'ennemi, et nous sommes au plus fort de notre rencontre quand nous sommes en colère. Nous préférons les chevaux de race aux enfants, et les armes aux chamelles laitières. La victoire vient d'Allah : Il nous donne l'avantage une fois, et nous le donne contre nous une autre fois. Es-tu le frère des Qurayshites ? » Abû Bakr dit : « Si vous avez appris qu'il est le Messager d'Allah, le voici. » Mafrûq dit : « Il nous est parvenu qu'il mentionne cela. » Puis il se tourna vers le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) et dit : « À quoi appelles-tu, ô frère des Qurayshites ? » Alors le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) s'avança et s'assit, tandis qu'Abû Bakr se tenait debout, l'ombrageant de son vêtement. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) dit : « Je vous appelle à attester qu'il n'y a de dieu qu'Allah, l'Unique, sans associé, et que je suis le Messager d'Allah, et à ce que vous m'accordiez asile, me protégiez et me souteniez jusqu'à ce que je transmette ce qu'Allah Très-Haut m'a ordonné. Car les Qurayshites se sont ligués contre l'ordre d'Allah, ont traité Son messager de menteur, et se sont passés de la vérité par le faux. Or Allah est le Riche, le Digne de louanges. » Il lui dit : « Et à quoi appelles-tu encore, ô frère des Qurayshites ? » Alors le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) récita : {Dis : « Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit : ne Lui associez rien, et soyez bienfaisants envers vos père et mère... »} [al-An'âm, 151] jusqu'à Sa parole : {... afin que vous vous écartiez de Son chemin. Voilà ce qu'Il vous a recommandé, afin que vous soyez pieux.} [al-An'âm, 153] Et Mafrûq lui dit : « Et à quoi appelles-tu encore, ô frère des Qurayshites ? Par Allah, ceci n'est point du langage des habitants de la terre ; si c'en était, nous le reconnaîtrions. » Alors le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) récita : {Certes, Allah ordonne la justice, la bienfaisance...} [al-Nahl, 90] jusqu'à Sa parole : {... afin que vous vous souveniez.} [al-Nahl, 90] Mafrûq lui dit : « Par Allah, ô Qurayshite, tu as appelé à la noblesse des caractères et aux bonnes actions. Un peuple qui t'a traité de menteur et s'est ligué contre toi a certes été détourné 84. » Et comme il souhaitait que Hâni' ibn Qabîsa participe à la parole, il dit : « Voici Hâni' ibn Qabîsa, notre cheikh et l'homme de notre religion. » Hâni' lui dit : « J'ai entendu ton discours, ô frère des Qurayshites, et j'ai cru en ta parole. Mais je considère que quitter notre religion pour te suivre dans la tienne, pour une seule séance que tu as eue avec nous, sans commencement ni fin, si nous ne réfléchissons pas à ton affaire et n'examinons pas la conséquence de ce à quoi tu nous appelles, serait une erreur de jugement, une légèreté d'esprit et un manque de considération pour l'avenir. L'erreur accompagne la hâte. Derrière nous, il y a un peuple auquel nous ne voudrions pas imposer un engagement. Mais retourne, et nous retournerons ; regarde, et nous regarderons. » Et comme il souhaitait que al-Muthannâ ibn Hâritha participe à la parole, il dit : « Voici al-Muthannâ, notre cheikh et l'homme de notre guerre. » Al-Muthannâ dit : « J'ai entendu ton discours, j'ai apprécié ta parole, ô frère des Qurayshites, et ce que tu as dit m'a plu. La réponse est celle de Hâni' ibn Qabîsa. Nous habitons entre deux rives 85 : l'une est al-Yamâma, l'autre est al-Samâwa. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) lui dit : « Que sont ces deux rives ? » Il répondit : « L'une est les confins de la terre ferme et la terre des Arabes ; l'autre est la terre de Perse et les fleuves de Kisrâ 86. Nous habitons là sous un pacte que Kisrâ a pris de nous : que nous ne commettions aucun acte répréhensible et que nous n'accordions pas asile à un fauteur de trouble. Peut-être cette affaire à laquelle tu appelles déplaît-elle aux rois. Quant à ce qui concerne les terres arabes, c'est une faute dont l'auteur est pardonné et dont l'excuse est acceptée ; mais quant à ce qui concerne les terres perses, c'est une faute dont l'auteur n'est pas pardonné et dont l'excuse n'est pas acceptée. Si tu veux que nous te soutenions contre les Arabes, nous le ferons. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) dit : « Vous n'avez pas mal répondu, car vous avez exprimé la vérité. Certes, la religion d'Allah n'est soutenue que par celui qui l'entoure de tous côtés. » Puis le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) se leva, tenant la main d'Abû Bakr, et nous nous dirigeâmes vers l'assemblée des Aws et des Khazraj. Nous ne nous étions pas encore levés qu'ils prêtèrent allégeance au Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui). 'Ali dit : Ils étaient véridiques et endurants. Qu'Allah les agrée tous.
215. Al-Kalbi a dit : 'Abd al-Rahman al-'Amiri m'a rapporté, d'après des cheikhs de son peuple, qui ont dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — vint à nous alors que nous étions au marché de 'Ukaz 87 et dit : « De quel peuple êtes-vous ? » Nous répondîmes : « Des Banu 'Amir ibn Sa'sa'a. » Il dit : « De quelle branche des Banu 'Amir ? » Nous dîmes : « Les Banu Ka'b ibn Rabi'a. » Il dit : « Et comment est la force protectrice 88 parmi vous ? » Nous dîmes : « Ce qui est chez nous n'est pas attaqué, et notre feu n'est pas allumé 89. » Il leur dit alors : « Je suis le Messager de Dieu. Si je viens à vous, me protégerez-vous jusqu'à ce que je transmette le message de mon Seigneur, sans contraindre aucun d'entre vous à quoi que ce soit ? » Ils dirent : « Et de quelle tribu de Quraysh es-tu ? » Il dit : « Des Banu 'Abd al-Muttalib. » Ils dirent : « Où te situes-tu par rapport aux Banu 'Abd Manaf ? » Il dit : « Ce sont les premiers à m'avoir traité de menteur et chassé. » Ils dirent : « Mais nous, nous ne te chasserons pas, nous ne croirons pas en toi, et nous te protégerons jusqu'à ce que tu transmettes le message de ton Seigneur. » Il dit : Alors que les gens descendaient vers eux pour faire leurs emplettes, Bajara ibn Qays al-Qushayri vint à eux et dit : « Qui est cet homme que je vois chez vous et que je ne connais pas ? » Ils dirent : « Muhammad ibn 'Abd Allah al-Qurashi. » Il dit : « Qu'avez-vous à faire avec lui ? » Ils dirent : « Il prétend être le Messager de Dieu et nous demande de le protéger jusqu'à ce qu'il transmette le message de son Seigneur. » Il dit : « Et qu'avez-vous répondu ? » Ils dirent : « Nous avons dit : Bienvenue et large accueil ; nous t'emmènerons dans notre pays et te protégerons comme nous nous protégeons nous-mêmes. » Bajara dit : « Je ne sais personne parmi les gens de ce marché qui revienne avec quelque chose de pire que ce que vous rapportez. Vous avez commencé à vous exposer aux flèches des gens, et les Arabes vous viseront d'un seul arc. Son peuple le connaît mieux ; s'ils avaient perçu en lui un bien, ils auraient été les plus heureux des hommes avec lui. Allez-vous prendre un fugitif de son peuple, que son peuple a chassé et traité de menteur, pour l'accueillir et le soutenir ? Quel mauvais avis est le vôtre ! » Puis il se tourna vers le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et dit : « Lève-toi et rejoins ton peuple. Par Dieu, si tu n'étais pas chez mon peuple, je t'aurais frappé le cou. » Il dit : Alors le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se leva, monta sa chamelle, et le maudit Bajara piqua son flanc ; elle cabra avec le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et le jeta à terre. Or, ce jour-là, chez les Banu 'Amir, se trouvait Duba'a bint 'Amir ibn Qurt, qui était parmi les femmes qui avaient embrassé l'islam avec le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — à La Mecque ; elle était venue en visite chez ses cousins. Elle dit : « Ô famille de 'Amir — et je n'ai pas de 'Amir — fait-on cela au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — parmi vous, sans que personne ne l'en empêche ? » Alors trois hommes de ses cousins se levèrent contre Bajara et deux de ses acolytes ; chacun d'eux prit un homme, le jeta à terre, s'assit sur sa poitrine, puis ils frappèrent leurs visages. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Ô Dieu, bénis ceux-ci et maudis ceux-là. » Il dit : Les trois qui l'avaient secouru embrassèrent l'islam et furent tués en martyrs ; les autres périrent maudits. Les noms des trois hommes qui secoururent Bajara étaient Firas, Hazn ibn 'Abd Allah et Mu'awiya ibn 'Ubada. Quant aux trois qui secoururent le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — c'étaient Ghitrif et Ghatafan, fils de Sahl, et 'Urwa ibn 'Abd Allah. Nous avons été informés par Yahya ibn Sa'id, qui dit : Ibrahim ibn Sa'id al-Jawhari nous a rapporté, qui dit : Yahya ibn Sa'id al-Umawi nous a rapporté, qui dit : Muhammad ibn al-Sa'ib al-Kalbi m'a rapporté. Et dans la version de Muhammad ibn Ishaq, il dit : Al-Zuhri m'a rapporté : Lorsque les gens eurent fini, les Banu 'Amir retournèrent auprès d'un vieillard parmi eux que l'âge avait atteint au point qu'il ne pouvait plus venir avec eux à la saison du pèlerinage 90. Quand ils revenaient vers lui, ils lui racontaient ce qui s'était passé durant cette saison. Lorsqu'ils arrivèrent auprès de lui cette fois, il leur demanda ce qui s'était passé durant leur saison. Ils dirent : « Un jeune homme de Quraysh est venu à nous, puis il a raconté qu'il est l'un des Banu 'Abd al-Muttalib, prétendant être un prophète ; il nous appelle à le protéger, à nous tenir avec lui et à l'emmener avec nous dans notre pays. » Il dit : Le vieillard mit sa main sur sa tête, puis dit : « Ô Banu 'Amir, y a-t-il un moyen de rattraper cela ? Y a-t-il une issue pour sa queue 91 ? Par Celui qui tient l'âme d'Untel dans Sa main, jamais un Ismaélite 92 n'a prononcé une telle parole. C'est la vérité ! Où était votre discernement ? » 216. Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn 'Uthman ibn Abi Shayba nous a rapporté, qui dit : Minjab nous a rapporté, qui dit : Ibrahim ibn Yusuf nous a rapporté, d'après Ziyad ibn 'Abd Allah, d'après Muhammad ibn Ishaq, qui dit : Un homme de Kinda appelé Yusuf m'a rapporté, d'après des cheikhs de son peuple, qui lui ont raconté : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — vit en songe que des gens de briques crues 93 et de palmiers le soutenaient. Il vint donc à Kinda et dit : « J'ai vu en songe que des gens de briques crues et de palmiers me soutenaient ; vous êtes gens de briques crues et de palmiers. Acceptez-vous cela ? » Ils dirent : « Oui, si tu nous donnes le pouvoir 94 après toi. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Je ne le ferai pas. » Et ils lui tournèrent le dos. Alors le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Visages de rois et talons de traîtres 95. » 217. Abu Hamid ibn Jabala nous a rapporté, qui dit : Muhammad ibn Ishaq al-Thaqafi nous a rapporté, qui dit : Abu Kurayb nous a rapporté, qui dit : Mus'ab ibn al-Miqdam nous a rapporté, qui dit : Isra'il nous a rapporté, d'après 'Uthman ibn al-Mughira, d'après Salim ibn Abi al-Ja'd, d'après Jabir ibn 'Abd Allah, qui dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se présentait aux gens au lieu de rassemblement 96 en disant : « N'y a-t-il pas un homme qui me présente à son peuple ? Car Quraysh m'a empêché de transmettre la parole de mon Seigneur. » Il dit : Un homme de Hamdan vint à lui et dit : « De qui es-tu ? » Il dit : « De Hamdan. » Il dit : « Y a-t-il une force protectrice chez ton peuple ? » Il dit : « Oui. » L'homme partit, puis il craignit que son peuple ne le trahisse, alors il revint vers le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — et dit : « Je vais présenter [la cause] à mon peuple, puis je reviendrai vers toi. » Il partit, et les délégations des Ansar 97 vinrent au mois de Rajab. Le texte de Mus'ab est plus complet. 218. Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté, qui dit : Muhammad ibn 'Abd Allah ibn 'Adas al-Misri nous a rapporté, qui dit : Harun ibn Musa al-Farwi nous a rapporté, qui dit : Ishaq ibn Muhammad nous a rapporté, qui dit : 'Abd Allah ibn 'Amr nous a rapporté, qui dit : 'Abd al-Rahman ibn al-Qasim m'a rapporté, d'après son père, d'après 'A'isha — que Dieu l'agrée — qui dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se présentait chaque année aux tribus arabes pour qu'elles l'accueillent auprès de leur peuple jusqu'à ce qu'il transmette la parole de Dieu — Puissant et Majestueux — et Ses messages, et à elles le Paradis.
219 - Abū 'Umar Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Ḥasan nous a rapporté : al-Ḥasan ibn Abī al-Jahm nous a rapporté : al-Ḥusayn ibn al-Faraj nous a rapporté : Muḥammad ibn 'Umar al-Wāqidī nous a rapporté : Ayyūb ibn al-Nu'mān ibn 'Abd Allāh ibn Ka'b ibn Mālik m'a rapporté, d'après son père, d'après 'Abd Allāh ibn Ka'b ibn Mālik, qui a dit : « Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — resta trois ans après le début de sa prophétie 98 en se cachant, puis il se manifesta ouvertement la quatrième année. Il appela [les gens] pendant dix ans, se rendant à la saison du pèlerinage 99, suivant les pèlerins dans leurs campements à 'Ukāẓ, Mijanna et Dhū al-Majāz, les appelant à le protéger afin qu'il puisse transmettre le message de son Seigneur — Puissant et Majestueux —, leur promettant le Paradis. Mais il ne trouvait personne pour le soutenir. Il interrogeait sur les tribus et leurs campements, tribu par tribu, jusqu'à ce qu'il arrive chez les Banū 'Āmir ibn Ṣa'ṣa'a. Il ne reçut de personne autant de mal qu'il en reçut d'eux, au point qu'il partit de chez eux alors qu'ils le lapidaient par derrière, jusqu'à ce qu'il arrive chez les Banū Muḥārib ibn Khasafa. Il y trouva un vieillard âgé de cent vingt ans. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui parla et l'appela à l'islam, lui demandant de le protéger afin qu'il puisse transmettre le message de son Seigneur. Le vieillard dit : « Ô homme, les tiens connaissent mieux ta situation. Par Dieu, aucun homme ne retourne auprès des siens sans rapporter le pire de ce que rapportent les gens du pèlerinage. Épargne-nous donc ta personne. » Abū Lahab 100 se tenait là, écoutant les paroles du Muḥāribī. Puis Abū Lahab s'arrêta devant le Muḥāribī et dit : « Si tous les gens du pèlerinage étaient comme toi, il abandonnerait cette religion qu'il professe. C'est un ṣābi' 101 menteur. » Le Muḥāribī dit : « Par Dieu, tu le connais mieux que quiconque ; c'est le fils de ton frère et ta propre chair. » Puis le Muḥāribī dit : « Peut-être, ô Abū 'Utba, a-t-il une tare 102 ? Nous avons avec nous un homme de la tribu qui sait la traiter. » Abū Lahab ne répondit rien, mais chaque fois qu'il le voyait s'arrêter devant une tribu arabe, il criait : « C'est un ṣābi' menteur. » Le cheikh — que Dieu lui fasse miséricorde — dit : « Parmi les tribus que al-Wāqidī a nommées, le Prophète — sur lui la paix — s'est présenté à elles et les a appelées à l'islam : les Banū 'Āmir, Ghassān, les Banū Fazāra, les Banū Murra, les Banū Ḥanīfa, les Banū Sulaym, les Banū 'Abs, les Banū Naṣr de Hawāzin, Tha'laba ibn al-'Ukāba, Kinda, Kalb, les Banū al-Ḥārith ibn Ka'b, les Banū 'Udhra, Qays ibn al-Khaṭīm, et Abū al-Jaysh Anas ibn Abī Rāfi'. » Récit des Banū 'Abs 220 - Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Ḥasan nous a rapporté : al-Ḥasan ibn al-Jahm nous a rapporté : al-Ḥusayn ibn al-Faraj nous a rapporté : Muḥammad ibn 'Umar al-Wāqidī nous a rapporté : 'Abd Allāh ibn Wābiṣa al-'Absī nous a rapporté, d'après son père, d'après son grand-père, qui a dit : « Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — vint à nous dans nos campements, c'est-à-dire les campements des Banū 'Abs à Minā, alors que nous étions installés près de la première Jamra 103 qui jouxte la mosquée de al-Khayf. Il était sur sa monture, avec Zayd ibn Ḥāritha 104 en croupe derrière lui. Il nous appela. Par Dieu, nous ne répondîmes pas à son appel, et il n'y eut pour nous aucun bien. » Il dit : « Nous avions entendu parler de lui et de son appel pendant la saison du pèlerinage. Il s'arrêta devant nous, nous appelant, mais nous ne répondîmes pas. Il y avait parmi nous Maysara ibn Masrūq al-'Absī, qui dit : « Je jure par Dieu que si nous avions cru en cet homme et l'avions porté jusqu'à le déposer au milieu de nos demeures, cela aurait été la bonne décision. Je jure par Dieu que sa cause triomphera et atteindra toute destination. » Les gens lui dirent : « Laisse-nous, ne nous expose pas à ce que nous ne pouvons supporter. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — espéra alors en Maysara et lui parla. Maysara dit : « Que ta parole est belle et lumineuse ! Mais mon peuple s'oppose à moi. L'homme ne vaut que par son peuple ; s'ils ne le soutiennent pas, l'éloignement est plus grand. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — s'en alla, et les gens partirent en retournant chez eux. Maysara leur dit : « Détournons-nous vers Fadak 105, car il y a là des Juifs ; interrogeons-les au sujet de cet homme. » Ils se rendirent chez les Juifs, qui sortirent un livre 106 et le posèrent, puis ils étudièrent la mention du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — : « Le Prophète illettré 107 arabe, qui monte le chameau et se contente d'un morceau de pain, ni très grand ni très petit, ni aux cheveux crépus ni lisses, avec une rougeur dans les yeux, le teint clair. Si c'est lui qui vous a appelés, répondez-lui et entrez dans sa religion. Car nous le jalousons et ne le suivons pas, et nous aurons de lui, en certains lieux, une grande épreuve. Il ne restera aucun Arabe qui ne le suive ou ne le combatte. Soyez donc de ceux qui le suivent. » Maysara dit : « Ô mon peuple, cette affaire est claire. » Les gens dirent : « Retournons au pèlerinage et rencontrons-le. » Ils retournèrent donc dans leur pays, mais leurs hommes refusèrent cela, et aucun d'eux ne le suivit. Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — arriva à Médine et accomplit le pèlerinage d'adieu, Maysara le rencontra et le reconnut. Il dit : « Ô Messager de Dieu, par Dieu, je n'ai cessé de désirer ardemment te suivre depuis le jour où tu t'es arrêté chez nous, jusqu'à ce qu'il en soit ainsi. Dieu n'a voulu que ce que tu vois : le retard de mon islam. La plupart de ceux qui étaient avec moi sont morts. Où iront-ils, ô Prophète de Dieu ? » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Quiconque meurt en dehors de la religion de l'islam est en Enfer. » Il dit : « Louange à Dieu qui m'a sauvé ! » Il embrassa l'islam et son islam fut excellent. Il avait une place auprès d'Abū Bakr. » Texte de al-Ḥasan ibn al-Jahm.
221 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Amr ibn Khālid al-Ḥarrānī nous a rapporté : mon père nous a rapporté : Ibn Lahī‘a nous a rapporté, d’après Abū al-Aswad, d’après ‘Urwa ibn al-Zubayr, qui a dit : Lorsque Dieu, Puissant et Majestueux, eut anéanti le pacte de leur perfidie, le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) et ses Compagnons sortirent, vécurent et se mêlèrent aux gens. Durant ces années, le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) se présentait aux tribus arabes à chaque saison 108 et parlait à chaque noble, ne leur demandant rien d’autre que de l’accueillir et de le protéger. Il disait : « Je ne contrains personne d’entre vous à quoi que ce soit : celui qui agrée ce à quoi je l’appelle l’accepte, et celui qui le répugne, je ne l’y force pas. Je veux seulement que vous me protégiez contre ce que l’on veut me faire, c’est-à-dire la mort, afin que je puisse transmettre les messages de mon Seigneur, et que Dieu décide pour moi et pour ceux qui m’accompagnent ce qu’Il voudra. » Mais aucun d’eux ne l’accepta, et il ne se rendit auprès d’aucune de ces tribus sans qu’ils disent : « Les gens de cet homme le connaissent mieux. Penses-tu qu’un homme qui a corrompu son propre peuple puisse nous réformer ? » Cela, à cause de la bénédiction que Dieu, Puissant et Majestueux, avait réservée aux Anṣār 109. Abū Ṭālib mourut, et l’épreuve s’aggrava pour le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Il se dirigea alors vers Thaqīf 110, espérant qu’ils l’accueilleraient et le soutiendraient. Il y trouva trois hommes, les chefs de Thaqīf, qui étaient frères : ‘Abd Yālīl ibn ‘Amr, Ḥabīb ibn ‘Amr et Mas‘ūd ibn ‘Amr. Il se présenta à eux, se plaignit de l’épreuve et de ce que son peuple lui avait infligé. L’un d’eux dit : « Je déroberai les vêtements de la Ka‘ba 111 si Dieu t’a jamais envoyé quoi que ce soit ! » Un autre dit : « Par Dieu, je ne t’adresserai plus jamais une seule parole après cette séance. Si tu es un envoyé, tu es trop noble et trop digne pour que je te parle. » Le troisième dit : « Dieu était-Il incapable d’envoyer quelqu’un d’autre que toi ? » Ils divulguèrent ce qu’il leur avait dit parmi Thaqīf, et ils se rassemblèrent pour se moquer du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Ils se placèrent sur son chemin en deux rangées, tenant des pierres dans leurs mains. Chaque fois qu’il levait ou posait le pied, ils le frappaient avec des pierres, tout en se moquant et en riant. Lorsqu’il fut sorti de leurs deux rangées, ses pieds ruisselant de sang, il se dirigea vers un mur de leurs vignes, vint à l’ombre d’une treille et s’assit à son pied, affligé et souffrant, ses pieds ruisselant de sang. Or, dans la vigne se trouvaient ‘Utba ibn Rabī‘a et Shayba ibn Rabī‘a. Quand il les aperçut, il répugna à aller vers eux, en raison de l’inimitié qu’il savait qu’ils avaient envers Dieu et Son Messager, et à cause de son état. Ils envoyèrent vers lui leur esclave ‘Addās, un chrétien de Ninive, avec des raisins. Lorsqu’il vint à lui, il posa les raisins devant lui. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) dit : « Au nom de Dieu. » ‘Addās en fut étonné. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) lui dit : « De quelle terre es-tu, ô ‘Addās ? » Il répondit : « Je suis de Ninive. » Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) dit : « De la ville de l’homme vertueux, Yūnus ibn Mattā 112 ? » ‘Addās lui dit : « Comment sais-tu qui est Yūnus ibn Mattā ? » Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) l’informa alors de ce qu’il savait au sujet de Yūnus. Or, le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) ne méprisait personne à qui il transmettait les messages de Dieu Très-Haut. ‘Addās dit : « Ô Messager de Dieu, informe-moi de l’histoire de Yūnus ibn Mattā. » Lorsque le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) l’eut informé de ce qui lui avait été révélé au sujet de Yūnus ibn Mattā, il tomba prosterné devant le Messager (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), puis se mit à embrasser ses pieds qui ruisselaient de sang. Quand ‘Utba et son frère Shayba virent ce que leur esclave avait fait, ils gardèrent le silence. Lorsqu’il revint vers eux, ils lui dirent : « Qu’as-tu à te prosterner devant Muḥammad et à embrasser ses pieds, alors que nous ne t’avons jamais vu faire cela pour aucun de nous ? » Il répondit : « C’est un homme vertueux. Il m’a parlé de choses que j’ai reconnues concernant un Messager que Dieu Très-Haut nous a envoyé, appelé Yūnus ibn Mattā. Il m’a informé qu’il est le Messager de Dieu. » Ils rirent et dirent : « Qu’il ne te détourne pas de ton christianisme ! C’est un homme qui trompe. » Puis le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) retourna à La Mecque.
Ibrahim a dit : d'après Muhammad ibn Ishaq, d'après 'Asim ibn 'Umar ibn Qatada, d'après des anciens de son peuple : Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) les rencontra, il leur dit : « Qui êtes-vous ? » Ils répondirent : « Nous sommes les Khazraj. » Il dit : « Êtes-vous des alliés des Juifs 113 ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : « Ne voulez-vous pas vous asseoir afin que je vous parle ? » Ils dirent : « Si. » Alors ils s'assirent avec lui, et il les appela à Allah (Puissant et Majestueux), leur présenta l'islam et leur récita le Coran. Il dit : Parmi ce qu'Allah (Très-Haut) fit pour eux dans l'islam, il y avait que les Juifs étaient avec eux dans leur pays, et ils étaient gens du Livre et de science, tandis qu'eux étaient polythéistes, adorateurs d'idoles. Les Aws et les Khazraj les avaient rendus puissants dans leur pays. Et lorsqu'il y avait quelque chose entre eux, ils leur disaient : « Un prophète va être envoyé maintenant, son temps est proche ; nous le suivrons et nous vous tuerons avec lui comme on tua 'Ad et Iram 114. » Il dit : Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) parla à ces hommes et les appela à Allah, certains dirent aux autres : « Ô mon peuple, par Allah, c'est bien le prophète par lequel les Juifs vous menaçaient ; ne les laissez pas vous devancer vers lui. » Alors ils répondirent à son appel, le crurent, acceptèrent ce qu'il leur présentait de l'islam, et lui dirent : « Nous avons laissé notre peuple, et il n'y a pas de peuple entre lesquels il y ait autant d'inimitié et de mal qu'entre eux. Peut-être Allah les réunira-t-il par toi. Nous allons revenir vers eux, les appeler à ta cause et leur présenter cette religion à laquelle nous avons répondu. Si Allah les réunit, il n'y aura pas d'homme plus puissant que toi. » Puis ils quittèrent le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) pour retourner dans leur pays, ayant cru et attesté. Ils étaient, d'après ce qu'on m'a rapporté, six hommes des Khazraj : parmi eux, des Banu an-Najjar, qui sont Taym Allah, puis des Banu Malik ibn an-Najjar : Abu Umama As'ad ibn Zurara, 'Awf et Mu'adh, les deux fils d'al-Harith ibn Rif'a ; des Banu Zurayq ibn 'Amir : Rafi' ibn Malik ibn al-'Ajlan ; des Banu Salama ibn Sa'd, puis des Banu Suwad ibn Ghanm : Qutba ibn 'Amir ibn Hadida ; des Banu Haram ibn Ka'b : 'Uqba ibn 'Amir ibn Nabi ; des Banu 'Ubayd ibn 'Adi : Jabir ibn 'Abd Allah ibn Ri'ab ibn an-Nu'man. Lorsqu'ils arrivèrent à Médine auprès de leur peuple, ils leur parlèrent du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et les appelèrent à l'islam, jusqu'à ce que cela se répande parmi eux, et il ne resta aucune demeure des Ansars 115 sans qu'on y parle du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Jusqu'à ce que, l'année suivante, douze hommes des Ansars vinrent à la saison du pèlerinage 116 et rencontrèrent le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à al-'Aqaba 117 – c'est la première 'Aqaba – et ils lui prêtèrent serment d'allégeance selon le serment des femmes 118, et cela avant que la guerre ne leur fût prescrite. Lorsque ces gens le quittèrent, le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) envoya avec eux Mus'ab ibn 'Umayr ibn Hashim ibn 'Abd Manaf ibn 'Abd ad-Dar ibn Qusayy, et il lui ordonna de leur réciter le Coran, de leur enseigner l'islam et de les instruire dans la religion. Mus'ab ibn 'Umayr était appelé à Médine « le récitateur 119 ». Sa demeure était chez Abu Umama As'ad ibn Zurara, frère des Banu an-Najjar. 224 – Abu 'Umar Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a informés, d'après ce qui a été lu devant lui : al-Hasan ibn Abi al-Jahm nous a rapporté : al-Hasan ibn al-Faraj nous a rapporté : Muhammad ibn 'Umar al-Waqidi nous a rapporté : Ishaq ibn Hubab m'a rapporté d'après Yahya ibn Ya'la : 'Ali ibn Abi Talib a dit un jour, en mentionnant les Ansars, leur mérite et leur antériorité : « N'est pas croyant celui qui n'aime pas les Ansars et ne reconnaît pas leurs droits. Par Allah, ils ont élevé l'islam comme on élève un poulain dans leur enclos, par leurs épées, la longueur de leurs langues et la générosité de leurs âmes. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) sortait pendant les saisons [du pèlerinage] et appelait les tribus, mais personne parmi les gens ne répondait à son appel ni n'acceptait son invitation. Il allait vers les tribus à Majanna, 'Ukaz et Mina, il allait à la rencontre des tribus, revenant vers elles année après année, au point que certaines tribus disaient : « N'est-il pas temps pour toi de désespérer de nous ? » à force de s'exposer à elles. Jusqu'à ce qu'Allah (Puissant et Majestueux) voulut ce qu'Il voulut pour cette tribu des Ansars : Il leur présenta l'islam, ils répondirent, se hâtèrent, accueillirent, secoururent et partagèrent. Qu'Allah les récompense en bien ! Nous sommes arrivés chez eux et nous avons habité dans leurs demeures. Ils se disputaient l'honneur de nous recevoir, au point de tirer au sort pour nous. Puis nous avions plus de droits sur leurs biens qu'eux-mêmes, et ils en étaient satisfaits. Ensuite, ils ont offert leur vie pour leur Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) – qu'Allah les agrée tous. » 225 – Muhammad ibn Ahmad nous a informés : al-Hasan ibn Abi al-Jahm nous a rapporté : al-Husayn ibn al-Faraj nous a rapporté : Muhammad ibn 'Umar nous a rapporté : Ishaq ibn Ibrahim ibn Abi Mansur nous a rapporté d'après Ibrahim ibn Yahya ibn Yazid ibn Thabit, d'après Umm Sa'd bint Sa'd ibn ar-Rabi' : « Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) resta à La Mecque le temps qu'il y resta, appelant les tribus à Allah (Puissant et Majestueux), subissant des torts et des insultes, jusqu'à ce qu'Allah (Puissant et Majestueux) voulut pour cette tribu des Ansars ce qu'Il voulut comme honneur. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) arriva auprès d'un groupe à al-'Aqaba, alors qu'ils se rasaient la tête. Je dis : « Qui sont-ils, ô mère ? » Elle dit : « Six ou sept hommes, parmi eux des Banu an-Najjar : trois : As'ad ibn Zurara et les deux fils d'Afra' – et elle ne me nomma pas les autres. » Elle dit : « Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) s'assit près d'eux, les appela à Allah (Puissant et Majestueux) et leur récita le Coran. Ils répondirent à Allah et à Son Messager. Ils vinrent l'année suivante – c'est la première 'Aqaba – puis il y eut la dernière 'Aqaba. » Je dis à Umm Sa'd : « Combien de temps le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) resta-t-il à La Mecque ? » Elle dit : « N'as-tu pas entendu la parole d'Abu Sirma Qays ibn Abi Anas ? » Je dis : « Je ne sais pas ce qu'il a dit. » Alors elle me récita ses vers (mètre long) : « Il resta parmi Quraysh une dizaine d'années, Rappelant, espérant trouver un ami favorable. Il s'exposait dans les saisons [du pèlerinage], Mais ne trouva personne pour l'accueillir ni répondre. Quand il vint à nous et que le destin s'apaisa, Il devint joyeux et satisfait à Tîba 120. » Et elle mentionna les autres vers.
226 - Muhammad ibn Ja‘far ibn al-Haytham nous a rapporté : Muhammad ibn Ahmad ibn Abi al-‘Awwām nous a rapporté : mon père m’a rapporté : Muhammad ibn Ibrāhīm ibn Yasār nous a rapporté, d’après Abū Isḥāq al-Sabī‘ī, d’après al-Sha‘bī et ‘Abd al-Malik ibn ‘Umayr, d’après ‘Abd Allāh ibn ‘Amr, d’après ‘Aqīl ibn Abī Ṭālib, et d’après Muhammad ibn ‘Abd Allāh, neveu d’al-Zuhrī, d’après al-Zuhrī, qui a dit : « Lorsque les associateurs 121 se montrèrent durs envers le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui), il dit à son oncle al-‘Abbās ibn ‘Abd al-Muṭṭalib : “Ô mon oncle, Allāh – Puissant et Majestueux – soutiendra Sa religion par un peuple pour qui l’humiliation de Quraysh 122 sera rendue légère, par fierté dans la cause d’Allāh le Très-Haut. Emmène-moi donc à ‘Ukāẓ 123 et montre-moi les campements des tribus arabes, afin que je les appelle à Allāh – Puissant et Majestueux – et qu’ils me protègent et m’accueillent jusqu’à ce que je transmette de la part d’Allāh – Puissant et Majestueux – ce pour quoi Il m’a envoyé.” Al-‘Abbās dit : “Ô fils de mon frère, va à ‘Ukāẓ, je t’accompagnerai et te montrerai les campements des tribus.” Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) commença par Thaqīf 124, puis parcourut les tribus durant cette année. L’année suivante – alors qu’Allāh le Très-Haut avait ordonné de proclamer ouvertement l’appel – il rencontra les six hommes des Khazraj et des Aws 125 : As‘ad ibn Zurāra, Abū al-Haytham ibn al-Tayyihān, ‘Abd Allāh ibn Rawāḥa, Sa‘d ibn al-Rabī‘, al-Nu‘mān ibn Ḥāritha et ‘Ubāda ibn al-Ṣāmit. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) les rencontra durant les jours de Minā 126, près de la Jamrat al-‘Aqaba 127, de nuit. Il s’assit avec eux et les appela à Allāh – Puissant et Majestueux – à Son adoration et à le soutenir dans la religion qu’Il avait envoyée à Ses prophètes et messagers. Ils lui demandèrent de leur exposer ce qui lui avait été révélé. Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) récita alors la sourate Ibrāhīm 128 : “Et lorsque Ibrāhīm dit : ‘Seigneur, fais de cette cité un lieu sûr…’” jusqu’à la fin de la sourate. Les gens furent émus et s’humilièrent en l’écoutant, et ils lui répondirent favorablement. Al-‘Abbās ibn ‘Abd al-Muṭṭalib passa alors qu’il leur parlait et qu’ils lui parlaient. Il reconnut la voix du Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) et dit : “Ô fils de mon frère, qui sont ces gens qui sont avec toi ?” Il répondit : “Ô mon oncle, ce sont les habitants de Yathrib 129 : les Aws et les Khazraj. Je les ai appelés à ce à quoi j’ai appelé les tribus avant eux, et ils m’ont répondu et m’ont cru. Ils ont mentionné qu’ils m’emmèneraient dans leur pays.” Al-‘Abbās ibn ‘Abd al-Muṭṭalib descendit alors, attacha sa monture, puis leur dit : “Ô assemblée des Aws et des Khazraj, voici le fils de mon frère, l’être le plus aimé à mes yeux. Si vous l’avez cru, avez foi en lui et voulez l’emmener avec vous, je veux prendre de vous un engagement solennel qui rassurera mon âme : ne l’abandonnez pas et ne le trahissez pas. Car vos voisins sont les Juifs, et les Juifs sont ses ennemis, et je ne suis pas à l’abri de leur ruse contre lui.” As‘ad ibn Zurāra – peiné par les paroles d’al-‘Abbās lorsqu’il suspecta Sa‘d et ses compagnons – dit : “Ô Messager d’Allāh, permets-nous de lui répondre sans rudesse envers toi, sans nous exposer à quoi que ce soit que tu réprouves, mais en confirmant notre réponse à ton appel et notre foi en toi.” Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit : “Répondez-lui sans être suspects.” As‘ad ibn Zurāra se tourna alors vers le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) et dit : “Ô Messager d’Allāh, tout appel a sa voie, faite de douceur ou de rigueur. Aujourd’hui, tu as appelé à un appel redoutable pour les gens, difficile pour eux : tu nous as appelés à abandonner notre religion et à te suivre dans la tienne – c’est un rang difficile, et nous t’avons répondu. Tu nous as appelés à rompre les liens de voisinage et de parenté, proches et lointains, qui nous unissent aux gens – c’est un rang difficile, et nous t’avons répondu. Tu nous as appelés alors que nous formions une communauté dans une demeure de puissance et de protection, où nul n’espérait qu’un homme d’un autre clan que le nôtre devînt notre chef, alors que son propre peuple l’avait isolé et que ses oncles l’avaient abandonné – c’est un rang difficile, et nous t’avons répondu. Tous ces rangs sont détestés des gens, sauf de celui qu’Allāh a destiné à la droiture et qui cherche le bien dans leurs conséquences. Nous t’avons répondu par nos langues, nos cœurs et nos mains, par foi en ce que tu as apporté et par croyance en une connaissance établie dans nos cœurs. Nous te faisons allégeance 130 sur cela, et nous faisons allégeance à notre Seigneur et au tien : la main d’Allāh est au-dessus de nos mains, nos vies sont avant ta vie, nos mains avant ta main. Nous te protégerons de ce dont nous protégeons nous-mêmes, nos fils et nos femmes. Si nous tenons cette promesse, c’est pour Allāh que nous tenons ; si nous trahissons, c’est envers Allāh que nous trahissons, et par Lui nous serons malheureux. Telle est notre sincérité envers toi, ô Messager d’Allāh, et Allāh est l’Assistant.” Puis il se tourna vers al-‘Abbās ibn ‘Abd al-Muṭṭalib et dit : “Quant à toi, qui t’es interposé entre nous et le Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) par tes paroles – Allāh sait ce que tu as voulu par là – tu as dit qu’il est le fils de ton frère et le plus aimé à tes yeux. Nous avons rompu les liens proches et lointains et les liens de parenté, et nous témoignons qu’il est le Messager d’Allāh, qu’Il l’a envoyé de Sa part, qu’il n’est pas un menteur, et que ce qu’il apporte ne ressemble pas au discours des humains. Quant à ce que tu as dit, que tu n’es pas rassuré à notre sujet jusqu’à ce que tu prennes nos engagements, c’est une qualité que nous ne refusons à personne qui la veut pour le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui). Prends donc ce que tu veux.” Puis il se tourna vers le Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) et dit : “Ô Messager d’Allāh, prends pour toi-même ce que tu veux, et stipule pour ton Seigneur ce que tu veux.” Le Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit : “Je stipule pour mon Seigneur – Puissant et Majestueux – que vous L’adoriez sans rien Lui associer ; et pour moi-même, que vous me protégiez de ce dont vous protégez vous-mêmes, vos fils et vos femmes.” Ils dirent : “Cela t’est acquis, ô Messager d’Allāh.” Al-‘Abbās dit : “À vous ceci : l’engagement d’Allāh avec vos engagements, et la protection d’Allāh avec votre protection, en ce mois sacré 131 et dans ce pays sacré 132. Vous lui faites allégeance et vous faites allégeance à Allāh. Allāh est votre Seigneur, la main d’Allāh est au-dessus de vos mains. Vous serez assidus à le soutenir, vous renforcerez son bras, vous remplirez son engagement par la défense de vos mains, la clarté de vos langues et la sincérité de vos cœurs. Que ne vous en empêche ni un désir auquel vous aspirez, ni une crainte qui vous menace, et qu’aucune trahison ne vienne de votre part.” Ils dirent tous : “Oui.” Il dit : “Allāh est sur vous, à ce sujet, un Gardien et un Garant.” Ils dirent : “Oui.” Il dit : “Ô Allāh, Tu es Celui qui entend et qui témoigne. Voici le fils de mon frère, qui leur a confié sa protection et leur a demandé de veiller sur sa personne. Ô Allāh, sois pour le fils de mon frère un témoin contre eux.” Le peuple fut satisfait de ce que le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) leur avait donné de lui-même, et le Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) fut satisfait de ce qu’ils lui avaient donné d’eux-mêmes. Ils lui avaient dit : “Ô Messager d’Allāh, si nous te donnons cela, qu’y a-t-il pour nous ?” Il dit : “L’agrément d’Allāh et le Paradis.” Ils dirent : “Nous sommes satisfaits et nous acceptons.” Abū al-Haytham ibn al-Tayyihān se tourna alors vers ses compagnons et dit : “Ne savez-vous pas que celui-ci est le Messager d’Allāh vers vous, et que vous avez cru en lui et l’avez cru ?” Ils dirent : “Si.” Il dit : “Ne savez-vous pas qu’il se trouve dans le pays sacré d’Allāh, le lieu de sa naissance, de son origine et de sa tribu ?” Ils dirent : “Si.” Il dit : “Si vous devez l’abandonner ou le livrer un jour, à cause d’une épreuve qui vous frapperait, faites-le maintenant. Car les Arabes vont vous viser d’un seul arc. Si vos âmes sont prêtes à sacrifier vies, biens et enfants dans la cause d’Allāh – Puissant et Majestueux – sachez que ce qu’il y a auprès d’Allāh – Puissant et Majestueux – comme récompense est meilleur que vos vies, vos biens et vos enfants.” Tous répondirent : “Non, par Allāh, nous serons avec lui, avec loyauté et sincérité.” Puis il se tourna vers le Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) et dit : “Ô Messager d’Allāh, se peut-il que, lorsque nous aurons combattu les gens à cause de toi, rompu les liens de voisinage, d’alliance et de parenté avec eux, et que la guerre nous aura saisis de toute sa rigueur, tu retournes dans ton pays et nous abandonnes, alors que nous aurons combattu les gens à cause de toi ?” Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) sourit, puis dit : “Le sang pour le sang, la destruction pour la destruction 133.” ‘Abd Allāh ibn Rawāḥa dit : “Laisse-nous, ô Abū al-Haytham, jusqu’à ce que nous fassions allégeance au Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui).” Abū al-Haytham les devança dans son allégeance et dit : “Je te fais allégeance, ô Messager d’Allāh, sur ce sur quoi les douze chefs 134 des fils d’Israël firent allégeance à Mūsā ibn ‘Imrān.” ‘Abd Allāh ibn Rawāḥa dit : “Je te fais allégeance, ô Messager d’Allāh, sur ce sur quoi les douze apôtres 135 firent allégeance à ‘Īsā ibn Maryam.” As‘ad ibn Zurāra dit : “Je fais allégeance à Allāh et je fais allégeance au Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) pour accomplir mon engagement avec loyauté, confirmer ma parole par mes actes et te soutenir.” Al-Nu‘mān ibn Ḥāritha dit : “Je fais allégeance à Allāh, ô Messager d’Allāh, et je te fais allégeance pour avancer dans l’ordre d’Allāh, sans considération de proche ou de lointain. Si tu veux, par Allāh, ô Messager d’Allāh, nous nous tournerions avec nos épées contre les gens de Minā.” Le Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit : “Je n’ai pas reçu d’ordre pour cela.” ‘Ubāda ibn al-Ṣāmit dit : “Je te fais allégeance, ô Messager d’Allāh, pour que ne m’atteigne, dans la cause d’Allāh, le blâme d’aucun blâmeur.” Sa‘d ibn al-Rabī‘ dit : “Je fais allégeance à Allāh, ô Messager d’Allāh, et je te fais allégeance pour ne pas vous désobéir ni vous mentir en quoi que ce soit.” Le peuple retourna alors dans son pays, satisfait et joyeux, réjoui par ce que le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) leur avait donné de la révélation et par la belle réponse de leur peuple, jusqu’à ce qu’ils le rencontrent l’année suivante, au nombre de soixante-dix hommes. »
227 - Sulaymān ibn Aḥmad ibn Muḥammad ibn ‘Amr ibn Khālid nous a rapporté : mon père nous a rapporté : Ibn Lahī‘a nous a rapporté, d’après Abū al-Aswad, d’après ‘Urwa ibn al-Zubayr, qui a dit : « Lorsque la saison du pèlerinage 136 arriva, un groupe d’Ansār 137 des Banū Mālik ibn al-Najjār fit le pèlerinage, parmi lesquels Mu‘ādh ibn ‘Afrā’, As‘ad ibn Zurāra, et des Banū Zurayq : Rāfi‘ ibn Mālik et Dhakwān ibn ‘Abd Qays, et des Banū Ghanm ibn ‘Awf : ‘Ubāda ibn al-Ṣāmit et Abū ‘Abd al-Raḥmān ibn Tha‘laba, et des Banū ‘Abd al-Ashhal : Abū al-Haytham ibn al-Tayyihān, et des Banū ‘Amr ibn ‘Awf : ‘Uwaym ibn Sā‘ida. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — vint à eux, les informa de son histoire et de ce pour quoi Dieu — Puissant et Majestueux — l’avait élu, de sa prophétie et de son honneur, et leur récita le Coran. Lorsqu’ils entendirent sa parole, ils furent convaincus et rassurés par son appel, et reconnurent ce qu’ils avaient entendu des Gens du Livre 138 à son sujet, le décrivant par ses attributs et ce vers quoi il les appelait. Ils le crurent donc et eurent foi en lui, et ils furent parmi les causes du bien. Ils lui dirent : “Tu sais ce qu’il y a entre les Aws et les Khazraj en fait de sang versé. Nous sommes là, et nous aimerions ce par quoi nous pourrions renforcer ta cause. Nous sommes, pour Dieu et pour toi, pleins de zèle. Nous te conseillons ce que nous voyons : demeure, au nom de Dieu, jusqu’à ce que nous retournions à notre peuple, que nous l’informions de ta situation et que nous l’appelions à Dieu et à Son Messager. Peut-être Dieu rétablira-t-il la concorde entre nous et unira-t-il notre affaire. Car aujourd’hui nous sommes éloignés et pleins de haine les uns envers les autres. Si tu venais chez nous avant que nous ne soyons réconciliés, nous n’aurions pas de rassemblement pour te soutenir. Mais nous te donnons rendez-vous à la saison du pèlerinage de l’année prochaine.” Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — agréa ce qu’ils dirent. Ils retournèrent donc à leur peuple, les appelèrent secrètement, les informèrent du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, de ce avec quoi Dieu l’avait envoyé et de ce à quoi il les appelait par le Coran, au point qu’il ne resta presque plus de demeure parmi leurs demeures où des gens n’embrassèrent l’islam, inévitablement. Puis ils envoyèrent dire au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — : “Envoie-nous un homme de chez toi pour appeler les gens par le Livre de Dieu ; car cela est plus propice à ce qu’ils suivent.” Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — leur envoya donc Muṣ‘ab ibn ‘Umayr, frère des Banū ‘Abd al-Dār. Il descendit chez les Banū Ghanm, chez As‘ad ibn Zurāra, et se mit à appeler les gens secrètement. L’islam se répandit et ses adeptes devinrent nombreux, tout en dissimulant leur appel. Puis As‘ad ibn Zurāra et Muṣ‘ab ibn ‘Umayr partirent jusqu’à atteindre le puits de Maraq 139 ou un endroit proche, s’y assirent et envoyèrent chercher un groupe d’habitants de la région. Ceux-ci vinrent à eux en secret. Alors que Muṣ‘ab ibn ‘Umayr leur parlait et leur racontait, Sa‘d ibn Mu‘ādh fut informé de leur présence. Il vint à eux, revêtu de son armure, avec sa lance, jusqu’à se tenir devant eux. Il dit : “Pourquoi venez-vous dans nos demeures avec cet homme seul, isolé, rejeté, étranger, qui rend nos faibles insensés par le faux et vous appelle à lui ? Je ne vous vois plus, après cela, jouir d’aucune protection de notre voisinage.” Ils s’en retournèrent. Puis ils revinrent une seconde fois au puits de Maraq ou à un endroit proche. Sa‘d ibn Mu‘ādh en fut informé et les menaça d’une menace moins sévère que la première. Lorsque As‘ad ibn Zurāra vit en lui de la douceur, il dit : “Ô fils de ma tante maternelle ! Écoute ce qu’il dit. Si tu entends une chose blâmable, repousse-la par quelque chose de plus droit ; si tu entends une vérité, réponds-y.” Il dit : “Que dit-il ?” Muṣ‘ab ibn ‘Umayr lui récita : “Ḥā. Mīm. Par le Livre explicite ! Nous en avons fait un Coran arabe afin que vous raisonniez.” [Coran, 43:1-2] Sa‘d ibn Mu‘ādh dit : “Je n’entends que ce que je connais.” Il s’en retourna, Dieu — Très-Haut — l’ayant guidé, sans leur manifester son islam, jusqu’à ce qu’il retourne à son peuple. Il appela alors les Banū ‘Abd al-Ashhal à l’islam et manifesta son islam. Il dit : “Que celui qui en doute, petit ou grand, femme ou homme, nous apporte quelque chose de plus droit que cela, nous le prendrons. Par Dieu ! Il est venu une affaire pour laquelle les cous seront tranchés.” Les Banū ‘Abd al-Ashhal embrassèrent l’islam lors de l’islam de Sa‘d ibn Mu‘ādh et de son appel, sauf ceux qui ne se rappelèrent pas. Ce fut la première demeure parmi les demeures des Ansār à embrasser l’islam en totalité. Puis les Banū al-Najjār expulsèrent Muṣ‘ab ibn ‘Umayr et se montrèrent durs envers As‘ad ibn Zurāra. Muṣ‘ab ibn ‘Umayr se déplaça donc chez Sa‘d ibn Mu‘ādh. Il ne cessa d’appeler et Dieu guida par son intermédiaire, jusqu’à ce qu’il ne restât presque plus de demeure parmi les demeures des Ansār où des gens n’embrassèrent l’islam, inévitablement. Leurs notables embrassèrent l’islam, ‘Amr ibn al-Jamūḥ embrassa l’islam, et leurs idoles furent brisées. Les musulmans devinrent les plus honorables de ses habitants, leur affaire s’améliora, et Muṣ‘ab ibn ‘Umayr retourna auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —. On l’appelait “le lecteur” 140. Puis, l’année suivante, soixante-dix hommes des Ansār firent le pèlerinage, parmi lesquels quarante hommes d’âge mûr et notables, et trente jeunes gens. Les plus jeunes étaient ‘Uqba ibn ‘Amr, Abū Mas‘ūd et Jābir ibn ‘Abd Allāh. Avec le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se trouvait al-‘Abbās ibn ‘Abd al-Muṭṭalib. Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — leur eut raconté ce dont Dieu — Puissant et Majestueux — l’avait distingué, la prophétie et l’honneur, et les eut appelés à l’islam et à lui prêter serment d’allégeance 141 et à le protéger contre ce contre quoi ils protègent eux-mêmes et leurs biens, ils répondirent, le crurent et dirent : “Impose des conditions pour ton Seigneur et pour toi-même ce que tu veux.” Il dit : “J’impose pour mon Seigneur que vous ne Lui associiez rien et que vous L’adoriez ; et j’impose pour moi-même que vous me protégiez contre ce contre quoi vous protégez vous-mêmes et vos biens.” Lorsque leurs âmes se furent apaisées par cette condition, al-‘Abbās imposa pour lui et prit sur eux les engagements pour le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, et magnifia ce qui était entre eux et le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Il dit : “Le premier à prêter serment d’allégeance au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — le jour de la ‘Aqaba 142 fut Abū al-Haytham ibn al-Tayyihān. Il dit : “Ô Messager de Dieu ! Il y a entre nous et les gens des liens — et les liens sont l’alliance et les engagements —. Peut-être les romprons-nous, puis tu retourneras à ton peuple, alors que nous aurons rompu les liens et combattu les gens à cause de toi.” Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — rit de sa parole et dit : “Le sang pour le sang, et la destruction pour la destruction.” 143 Lorsque Abū al-Haytham fut satisfait de ce que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui avait répondu, il se tourna vers son peuple et dit : “Ô mon peuple ! Voici le Messager de Dieu en vérité. J’atteste par Dieu qu’il est véridique. Aujourd’hui, il est dans le sanctuaire de Dieu et sous Sa protection, au milieu de son peuple et de sa tribu. Sachez que si vous le faites sortir, les Arabes vous décocheront leurs flèches comme d’un seul arc. Si vos âmes sont apaisées par le combat dans le chemin de Dieu, la perte des biens et des enfants, alors appelez-le dans votre terre, car il est le Messager de Dieu en vérité. Si vous craignez de l’abandonner, faites-le dès maintenant.” ‘Abd Allāh dit : “Nous avons accepté de Dieu et du Messager de Dieu. Laisse-nous, ô Abū al-Haytham, avec le Messager de Dieu, que nous lui prêtions serment.” Abū al-Haytham dit : “Je suis le premier à prêter serment.” Puis ils se succédèrent tous. Satan cria du sommet de la montagne : “Ô assemblée de Quraysh ! Voici les Banū al-Aws et les Banū al-Khazraj qui s’allient pour vous combattre.” Ils en furent effrayés et terrifiés. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : “Que cette voix ne vous effraie pas ; ce n’est que l’ennemi de Dieu, Iblīs 144. Personne de ceux que vous craignez ne l’entend.” Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se leva et cria contre Satan : “Ô fils d’Azabb 145 ! Est-ce là ton œuvre ? Je vais m’occuper de toi.” La nouvelle parvint à Quraysh. Ils vinrent, au point de marcher sur les bagages des compagnons du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — sans les voir. Quraysh s’en retourna. Al-‘Abbās ibn ‘Ubāda ibn Naḍla, frère des Banū Sālim, dit : “Ô Messager de Dieu ! Si tu veux, par Celui qui t’a honoré, nous nous tournerions contre les gens de Minā 146 avec nos épées.” Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : “Je n’ai pas reçu d’ordre pour cela.” Ces hommes s’étaient accordés pour la satisfaction de Dieu et avaient rempli la condition d’eux-mêmes en soutenant le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Puis ils repartirent, gagnants et bien guidés, vers leur pays. Dieu — Puissant et Majestueux — fit du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et des croyants un refuge, des soutiens et une demeure d’émigration 147. »
228 - Nous a rapporté Habib ibn al-Hasan : nous a rapporté Muhammad ibn Yahya al-Marwazi : nous a rapporté Ahmad ibn Muhammad ibn Ayyub : nous a rapporté Ibrahim ibn Sa'd : nous a rapporté Salama ibn al-Fadl ; et nous a rapporté Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan : nous a rapporté Muhammad ibn 'Uthman ibn Abi Shayba : nous a rapporté Minjab ibn Harith : nous a rapporté Ibrahim ibn Yusuf : nous a rapporté Ziyad ibn 'Abd Allah, tous deux d'après Muhammad ibn Ishaq qui a dit : Lorsque les Ansar 148 arrivèrent à Médine après avoir prêté serment d'allégeance au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), l'islam y apparut, alors que parmi leur peuple subsistaient des gens demeurant dans leur religion, des associateurs 149, dont 'Amr ibn al-Jamuh. Son fils Mu'adh avait assisté à la 'Aqaba 150 et y avait prêté serment d'allégeance au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). 'Amr ibn al-Jamuh était un chef parmi les chefs des Banu Salama et un noble parmi leurs nobles. Il avait installé dans sa maison une idole en bois appelée Manat 151, comme le faisaient les nobles : ils en faisaient une divinité et la purifiaient. Lorsque les jeunes gens des Banu Salama embrassèrent l'islam — Mu'adh ibn Jabal, son fils Mu'adh ibn 'Amr, et d'autres jeunes parmi ceux qui avaient embrassé l'islam et assisté à la 'Aqaba — ils entraient chez cette idole de 'Amr, la prenaient et la jetaient dans l'une des fosses des Banu Salama où se trouvaient les excréments des gens, la tête en bas. Le matin, 'Amr disait : « Malheur à vous ! Qui a attaqué notre dieu cette nuit ? » Puis il partait le chercher jusqu'à ce qu'il le trouve, le lavait, le purifiait et le parfumait, puis disait : « Par Dieu, si je savais qui t'a fait cela, je l'humilierais ! » Le soir, quand 'Amr s'endormait, ils l'attaquaient et lui faisaient de même. Lorsqu'ils eurent répété cela plusieurs fois, il le sortit un jour de l'endroit où ils l'avaient jeté, le lava, le purifia et le parfuma, puis apporta son épée, la suspendit à son cou et dit : « Par Dieu, je ne sais pas qui te fait ce que nous voyons. Si tu as quelque bien, défends-toi avec cette épée ! » Le soir, quand il s'endormit, ils l'attaquèrent, le prirent avec l'épée autour du cou, puis prirent un chien mort, l'attachèrent à lui avec une corde, et le jetèrent dans un puits des Banu Salama où se trouvaient des excréments des gens. Le matin, 'Amr ibn al-Jamuh partit et ne le trouva pas à sa place ; il partit à sa recherche jusqu'à ce qu'il le trouve dans ce puits, attaché à un chien mort. Lorsqu'il le vit et constata son état, et que ceux de son peuple qui avaient embrassé l'islam lui parlèrent, il embrassa l'islam — que Dieu lui fasse miséricorde — et son islam fut excellent. Minjab ajouta d'après Ziyad dans son récit d'après Muhammad ibn Ishaq : et m'a rapporté Ishaq ibn Yasar d'après un homme des Banu Salama qui a dit : Lorsque les jeunes gens des Banu Salama embrassèrent l'islam, la femme de 'Amr ibn al-Jamuh et ses enfants embrassèrent aussi l'islam. Il dit à sa femme : « N'appelle personne de ta famille chez les tiens avant que nous voyions ce que font ces gens. » Elle dit : « Je le ferai, mais veux-tu entendre de ton fils untel ce qu'il rapporte de lui ? » Il dit : « Peut-être a-t-il apostasié ? » Elle dit : « Non, mais il était avec les gens. » Il envoya chercher son fils et lui dit : « Informe-moi de ce que tu as entendu des paroles de cet homme. » Il lui récita : « Louange à Dieu, Seigneur des mondes » jusqu'à Sa parole : « le chemin droit » 152. Il dit : « Qu'il est beau et excellent ! Toutes ses paroles sont-elles comme cela ? » Il dit : « Ô mon père, et meilleures encore ! » Il dit : « Veux-tu lui prêter serment d'allégeance ? La plupart de ton peuple l'a fait. » Il dit : « Je ne le ferai pas avant d'avoir consulté Manat et vu ce qu'il dit. » Or, lorsqu'ils voulaient parler à Manat, une vieille femme venait, se tenait derrière lui et répondait en son nom. Il vint donc à lui, la vieille femme étant cachée, et se tint près de lui, puis dit : « Ô Manat, sais-tu qu'on t'a interrogé alors que tu es insouciant ? Un homme est venu nous interdire de t'adorer et nous ordonner de te délaisser. J'ai répugné à lui prêter serment d'allégeance avant de te consulter. » Il lui parla longuement, mais il ne lui répondit pas. Il dit : « Je pense que tu es en colère, alors que je n'ai encore rien fait. » Il se leva et le brisa. Et Ibrahim ibn Salama ajouta dans son récit d'après Muhammad ibn Ishaq : 'Amr ibn al-Jamuh dit, lorsqu'il embrassa l'islam et connut de Dieu ce qu'il connut, évoquant son idole et ce qu'il avait vu de son état, et remerciant Dieu qui l'avait sauvé de ce qu'il était dans l'aveuglement et l'égarement : Je me repens à Dieu de ce qui est passé, Et je demande à Dieu d'être sauvé de Son Feu. Je Le loue pour Ses bienfaits, Lui, le Dieu du Haram 153 et de ses voiles. Gloire à Lui, autant que le nombre des pécheurs, Et les gouttes du ciel et leur abondance. Il m'a guidé alors que j'étais dans les ténèbres, Allié de Manat et de ses pierres. Il m'a sauvé, après les cheveux blancs de la nuque, De la honte de cela et de son opprobre. J'ai failli périr dans les ténèbres, Mais Il m'a rattrapé par Sa mesure. Louange et gratitude à Lui tant que je vivrai, Lui, le Dieu des créatures et leur Tout-Puissant. Je veux par cela, quand je le dis, Le voisinage de Dieu dans Sa Demeure. Et il dit aussi, blâmant son idole : Par Dieu, si tu étais un dieu, tu n'aurais pas été, Toi et un chien, au fond d'un puits, attachés ensemble. Fi de ta chute, dieu déchu ! Maintenant, nous te rejetons à cause du mauvais échange. C'est Lui qui m'a sauvé avant que Je ne sois, dans l'obscurité d'une tombe, mis en gage. Louange à Dieu, le Très-Haut, le Détenteur des bienfaits, Le Donateur, le Pourvoyeur, le Juge du Jugement. Le cheikh 154 — que Dieu l'agrée — a dit : Dans les interstices de ces récits se trouvent des preuves solides. Nous avons rapporté ces récits dans leurs termes en raison des preuves qu'ils contiennent, parmi lesquelles : l'inclination de Sa'd ibn Mu'adh vers l'islam après qu'il fut sorti avec lui vers As'ad ibn Zurara et Mus'ab ibn 'Umayr de l'égarement, en raison de son attachement à l'association 155 ; ils lui dirent : « Celui qui doute de cela, qu'il nous apporte quelque chose de plus guidé que cela. » Et parmi elles : sa parole : « C'est une affaire pour laquelle les cous seront tranchés. » Et parmi elles : le fait que, lorsqu'ils assistèrent pour la première fois à la saison 156 et entendirent sa parole et le Coran, ils furent convaincus, leurs âmes s'apaisèrent envers son appel, et ils reconnurent ce qu'ils avaient entendu dans le passé de la part des gens du Livre 157 au sujet de sa description (que Dieu prie sur lui et le salue). Cela indique la rapidité avec laquelle le Coran pénétra leurs cœurs. Et parmi elles : l'information que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) leur donna au sujet de la voix d'Iblis 158 et que personne parmi ceux qu'ils craignaient ne l'entendrait. Et parmi elles : la préparation par Quraysh 159 des biens des compagnons du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) et ce qu'ils leur montraient ; ils revinrent.
- an-Najāshī : Titre du roi d'Abyssinie (Éthiopie) à l'époque, qui était chrétien et a accordé asile aux premiers musulmans émigrés.
- ash-shi‘b : Ravin ou vallée étroite ; désigne le quartier de la Mecque où les Banu Hashim furent assiégés par les Qurayshites.
- aṣ-ṣaḥīfa : Pacte écrit par les Qurayshites pour boycotter les Banu Hashim et les Banu al-Muttalib, interdisant tout commerce et mariage avec eux.
- al-mawāsim : Les saisons des pèlerinages et des foires commerciales où les tribus arabes se rassemblaient.
- al-Anṣār : Les "auxiliaires" ; habitants de Médine (Yathrib) qui ont accueilli et soutenu le Prophète et les émigrants mecquois.
- al-Ḥijr : Espace semi-circulaire adjacent à la Kaaba, considéré comme faisant partie du sanctuaire.
- al-Bayt : La Maison, c'est-à-dire la Ka'ba, le sanctuaire de La Mecque.
- istisqā : Littéralement 'demander de l'eau', ici désigne une hydropisie ou une ascite, accumulation de liquide dans le ventre.
- sabalatahu : La moustache, ou plus précisément l'extrémité de la moustache qu'on laisse pendre.
- shibriqa : Plante épineuse, peut-être une variété de chardon ou d'arbuste épineux.
- mustakhfiyan : Caché, agissant en secret, en raison de la persécution des polythéistes.
- faṣda‘ bimā tu’mar : Coran, sourate 15 (Al-Hijr), verset 94. Signifie 'Proclame donc ce qu'on t'ordonne'.
- akḥalahu : La veine akḥal, c'est-à-dire la veine médiane du bras, ou plus généralement une veine importante.
- as-samūm : Vent brûlant et toxique, souvent associé à un coup de chaleur mortel.
- shi‘b Abī Ṭālib : Le ravin d'Abu Talib, où les Banu Hashim furent assiégés par les Quraysh pendant plusieurs années.
- ‘Aqīl : Fils d'Abu Talib et frère d'Ali, qui avait hérité des biens de la famille après la mort d'Abu Talib.
- Khayf : Lieu à Mina, près de La Mecque, où se trouve la mosquée d'al-Khayf.
- taqāsamat : Se sont partagé, ont conclu un pacte ou un serment collectif.
- al-Najāshī : Titre du souverain chrétien d’Éthiopie (Aksoum) à l’époque du Prophète. Le Negus contemporain, Ashama ibn Abjar, avait accordé asile aux premiers musulmans émigrés.
- al-mushrikūn : Associateurs : polythéistes mecquois qui associent d’autres divinités à Allah.
- Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
- Abū Ṭālib : Oncle paternel du Prophète et chef des Banū Hāshim. Il protégea Muhammad malgré sa propre incroyance.
- Banū ‘Abd al-Muṭṭalib : Clan descendant de ‘Abd al-Muṭṭalib, grand-père du Prophète. Inclut les Banū Hāshim et d’autres branches.
- shi‘b : Ravin ou vallée étroite servant de refuge. Désigne ici le ravin d’Abū Ṭālib où les Banū Hāshim furent assiégés.
- ṣaḥīfa : Parchemin ou document écrit contenant un pacte ou un traité.
- Banū Hāshim : Clan de Quraysh descendant de Hāshim ibn ‘Abd Manāf, dont fait partie le Prophète Muhammad.
- Banū ‘Abd Manāf : Clan de Quraysh descendant de ‘Abd Manāf, ancêtre commun des Banū Hāshim et des Banū Umayya.
- Banū Quṣayy : Clan descendant de Quṣayy ibn Kilāb, ancêtre qui réunit Quraysh à La Mecque.
- araḍa : Termite ou insecte xylophage. Selon la tradition, un termite dévora le parchemin du boycott, ne laissant que le nom d’Allah.
- Ka‘ba : Sanctuaire cubique à La Mecque, lieu le plus sacré de l’islam, vers lequel les musulmans prient.
- shirk : Association d’autres divinités à Allah, péché majeur en islam.
- al-thawāqib : Les astres brillants, utilisé ici comme serment solennel.
- al-masjid : La Mosquée sacrée (al-Masjid al-Ḥarām) entourant la Ka‘ba à La Mecque.
- al-la‘īn : Le maudit, désignant ici probablement Iblis (Satan) ou un ennemi du Prophète.
- dābba : Bête ou créature, ici le termite envoyé par Allah.
- al-ṣādiq al-maṣdūq : Le Véridique et le Confirmé : épithètes du Prophète Muhammad, dont la parole est toujours vraie et confirmée par Allah.
- al-jibt : Terme coranique désignant toute fausse divinité, idole ou objet de culte illicite, souvent associé à la sorcellerie.
- Abū Jahl : Surnom de ‘Amr ibn Hishām, chef des associateurs et farouche opposant au Prophète. Signifie « Père de l’ignorance ».
- Muḥammad ibn Isḥāq : Célèbre historien et biographe du Prophète (m. 767), auteur de la Sīra (biographie prophétique).
- Khadīja bint Khuwaylid : Première épouse du Prophète, première croyante et soutien indéfectible.
- Ḥamza ibn ‘Abd al-Muṭṭalib : Oncle paternel du Prophète, compagnon et martyr, surnommé « Lion d’Allah ».
- Abū al-Ḥakam ibn Hishām : Surnom d’Abū Jahl, signifiant « Père de la sagesse », utilisé ironiquement.
- Ḥaṭm al-Ḥajūn : Lieu à La Mecque, près du cimetière d’al-Ḥajūn, où se tinrent des réunions secrètes.
- al-Bayt : La Maison d’Allah, c’est-à-dire la Ka‘ba.
- al-Wāqidī : Muhammad ibn 'Umar al-Wāqidī (130-207 H) : célèbre historien et biographe musulman, auteur de ouvrages sur les expéditions du Prophète.
- Abū Lahab : Surnom de 'Abd al-'Uzzā ibn 'Abd al-Muttalib, oncle du Prophète et farouche opposant à l'islam ; son nom est mentionné dans la sourate al-Masad (111).
- al-shi'b : Ravin ou vallée ; désigne ici le ravin d'Abū Tālib où les Banū Hāshim furent assiégés par Quraysh.
- Hind bint 'Utba ibn Rabī'a : Femme de Quraysh, initialement opposée à l'islam, elle se convertit plus tard ; mère de Mu'āwiya.
- al-Lāt : Divinité préislamique vénérée à La Mecque, considérée comme une déesse.
- al-'Uzzā : Divinité préislamique, l'une des principales idoles de Quraysh.
- tabban lakumā : Expression signifiant « que vous périssiez » ou « malheur à vous deux » ; fait écho au début de la sourate al-Masad.
- al-Mut'im ibn 'Adī : Chef mecquois qui protégea le Prophète après son retour de Tā'if ; mort avant la conquête de La Mecque.
- hijra : Émigration du Prophète de La Mecque à Médine en 622, marquant le début du calendrier musulman.
- inshiqāq al-qamar : La fente de la lune : miracle attribué au Prophète, mentionné dans le Coran (54:1).
- Abū Qubays : Montagne située à La Mecque, près de la Ka'ba.
- Qu'ayqi'ān : Autre montagne à La Mecque, également appelée Jabal Qu'ayqi'ān.
- Badr : Bataille de Badr (2 H) : première grande bataille entre musulmans et Quraysh.
- ahbār al-yahūd : Docteurs ou savants juifs, spécialistes des Écritures.
- al-Safā : Colline à La Mecque, lieu du rituel du sa'y entre Safā et Marwa.
- al-Marwa : Colline à La Mecque, associée à Safā dans le rituel du pèlerinage.
- Ibn Abī Kabsha : Surnom donné par les Quraysh au Prophète Muhammad, par dérision, en référence à un homme qui avait abandonné le culte des idoles.
- Uhud : Bataille d'Uhud (3 H) : bataille entre musulmans et Quraysh, où le Prophète fut blessé.
- al-'Aqaba : Lieu près de Tā'if où le Prophète se rendit pour prêcher et fut rejeté.
- Ibn 'Abd Yālīl ibn 'Abd Kulāl : Chef de la tribu de Thaqīf à Tā'if, qui refusa d'accueillir le Prophète.
- Qarn al-Tha'ālib : Lieu situé entre La Mecque et Tā'if, mentionné dans le récit de l'épisode de l'Ange des montagnes.
- al-akhshabayn : Les deux montagnes de La Mecque : Abū Qubays et Qu'ayqi'ān, ou les deux montagnes entourant la vallée.
- nassāba : Expert en généalogie, connaissant les lignées et les parentés des tribus arabes.
- hāmatuhā : La tête, désignant la partie noble et supérieure d'une tribu.
- lahāzimuhā : Les mâchoires, désignant les branches secondaires ou inférieures d'une tribu.
- ṣafāt al-thughra : La pierre dure de la gorge ; expression signifiant que l'interrogateur a donné une cible facile au questionneur.
- Shayba al-Ḥamd : Surnom de ‘Abd al-Muṭṭalib, signifiant "le vieillard de la louange".
- al-ifāḍa : L'afflux, désignant la fonction de faire affluer les pèlerins depuis ‘Arafāt lors du Hajj.
- al-ḥijāba : La garde, désignant la fonction de gardien de la Ka‘ba et de ses clés.
- al-nadwa : L'assemblée, désignant la fonction de présider le conseil (Dār al-Nadwa) où se prenaient les décisions importantes.
- al-siqāya : L'abreuvement, désignant la fonction de fournir de l'eau aux pèlerins.
- al-rifāda : La subsistance, désignant la fonction de nourrir les pèlerins nécessiteux.
- al-mufīḍūn bi-l-nās : Ceux qui procurent l'afflux aux gens, c'est-à-dire ceux qui dirigent le flot des pèlerins depuis ‘Arafāt.
- zam'a : Rejeton, personne de basse extraction ou de second rang, par opposition aux chefs.
- dhawâ'ib : Sommets, chefs éminents ; littéralement 'mèches' ou 'touffes', désignant les notables.
- bâqi'a : Calamité, épreuve ; ici, une parole ou situation difficile.
- tâmma : Catastrophe, malheur ; terme coranique désignant une grande affliction.
- shaykh : Cheikh, vieillard ou chef de tribu, personne d'autorité et de sagesse.
- ghadîratân : Deux mèches de cheveux ; coiffure typique de certains Arabes.
- ufika : Détourné, égaré ; terme coranique (cf. Sourate al-A'râf, 7:52) signifiant 'ils ont été détournés de la vérité'.
- sîrân : Rives, confins ; désigne deux régions limitrophes.
- Kisrâ : Titre des rois sassanides de Perse, équivalent de 'César' pour les Romains.
- سوق عكاظ : Marché préislamique célèbre près de La Mecque, lieu de foire et de poésie.
- المنعة : Force protectrice, capacité à défendre et à offrir refuge.
- لا يصطلى بنارنا : Expression idiomatique signifiant que leur feu n'est pas allumé pour d'autres, indiquant qu'ils ne sont pas faciles à approcher ou à défier.
- الموسم : Saison du pèlerinage (Hajj) ou période des foires commerciales associées.
- ذناباها : Littéralement 'queue' ; métaphore pour la fin ou l'issue d'une affaire.
- إسماعيلي : Descendant d'Ismaël, fils d'Abraham ; les Arabes se considèrent comme Ismaélites.
- أهل مدر : Gens de briques crues, c'est-à-dire sédentaires habitant des maisons en brique, par opposition aux nomades.
- الولاية : Autorité, pouvoir ou gouvernance après la mort du Prophète.
- وجوه ملوك وأعقاب غدرة : Expression prophétique : 'Visages de rois et talons de traîtres', dénonçant leur apparence noble mais leur nature perfide.
- الموقف : Lieu de rassemblement lors du pèlerinage, notamment à 'Arafat.
- الأنصار : Les 'Auxiliaires' de Médine qui ont soutenu le Prophète après l'Hégire.
- nubuwwa : Prophétie ; début de la révélation et de la mission prophétique de Muhammad.
- mawsim : Saison du pèlerinage ; période annuelle du Hajj à La Mecque et ses environs.
- Abū Lahab : Oncle du Prophète, 'Abd al-'Uzzā ibn 'Abd al-Muṭṭalib, surnommé Abū Lahab ('père de la flamme'), ennemi virulent de l'islam.
- ṣābi' : Sabéen ; terme péjoratif utilisé par les polythéistes pour désigner les premiers musulmans, les accusant d'avoir abandonné la religion de leurs ancêtres.
- lamam : Tare, folie ou possession ; le vieillard suggère que le Prophète pourrait être atteint de démence ou de possession.
- Jamra : Stèle de lapidation ; l'un des trois piliers de pierre à Minā où les pèlerins jettent des cailloux lors du Hajj.
- Zayd ibn Ḥāritha : Compagnon proche du Prophète, son fils adoptif et l'un des premiers à embrasser l'islam.
- Fadak : Oasis au nord de Médine, habitée par des tribus juives à l'époque préislamique.
- sifr : Livre sacré ; ici, la Torah ou un texte biblique contenant des prophéties sur la venue de Muhammad.
- al-nabī al-ummī : Le Prophète illettré ; Muhammad, qui ne savait ni lire ni écrire, conformément à la description biblique et coranique.
- mawsim : Saison des pèlerinages et des foires commerciales où les tribus arabes se rassemblaient.
- Anṣār : Les 'Auxiliaires' de Médine qui accueillirent et soutinrent le Prophète après l'Hégire.
- Thaqīf : Tribu arabe de la région de Ṭā’if, connue pour son opposition initiale à l'islam.
- Ka‘ba : Sanctuaire sacré à La Mecque, centre du monothéisme abrahamique.
- Yūnus ibn Mattā : Le prophète Jonas, fils d'Amittaï, mentionné dans le Coran et la Bible.
- mawālī al-yahūd : Alliés ou clients des Juifs, désignant une relation de protection ou d'alliance.
- qatl 'Ādin wa Iram : Allusion à la destruction des peuples de 'Ad et Iram, mentionnés dans le Coran comme châtiment exemplaire.
- al-Anṣār : Les 'Auxiliaires', nom donné aux habitants de Médine (Aws et Khazraj) qui ont soutenu le Prophète après l'Hégire.
- al-mawsim : La saison du pèlerinage (Hajj) à La Mecque, moment où les tribus se rassemblaient.
- al-'Aqaba : Lieu près de Mina où eurent lieu les deux serments d'allégeance des Ansars au Prophète.
- bay'at al-nisā' : Serment d'allégeance des femmes, mentionné dans le Coran (Sourate 60:12), portant sur des engagements moraux sans obligation de combat.
- al-muqri' : Le récitateur ou lecteur du Coran, titre donné à Mus'ab ibn 'Umayr pour son rôle d'enseignement.
- Ṭība : Nom poétique de Médine, signifiant 'la bonne' ou 'la pure'.
- al-mushrikūn : Les associateurs : ceux qui associent d'autres divinités à Allāh, les polythéistes de La Mecque.
- Quraysh : La tribu dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- ‘Ukāẓ : Célèbre foire et marché annuel de l'Arabie préislamique, situé près de La Mecque, où les tribus se rassemblaient.
- Thaqīf : Tribu arabe établie à Ṭā’if, au sud-est de La Mecque.
- al-Khazraj et al-Aws : Les deux principales tribus arabes de Yathrib (Médine), qui s'allièrent au Prophète.
- Minā : Vallée située à quelques kilomètres de La Mecque, lieu de rites du pèlerinage.
- Jamrat al-‘Aqaba : Lieu de lapidation des stèles lors du pèlerinage, situé à Minā.
- Sourate Ibrāhīm : La sourate 14 du Coran, nommée d'après le prophète Abraham.
- Yathrib : Nom ancien de Médine, avant l'Hégire.
- bay‘a : Allégeance, serment de fidélité et d'obéissance.
- al-shahr al-ḥarām : Mois sacré : l'un des quatre mois de l'année lunaire durant lesquels les combats étaient interdits en Arabie préislamique.
- al-balad al-ḥarām : Le pays sacré : La Mecque et ses environs, sanctuaire inviolable.
- al-dam al-dam wa al-hadm al-hadm : Expression signifiant une solidarité totale : le sang du Prophète est leur sang, sa destruction est leur destruction.
- naqīb : Chef ou représentant d'une tribu ou d'un groupe, ici en référence aux douze chefs des tribus d'Israël (cf. Coran 5:12).
- al-ḥawāriyyūn : Les apôtres de Jésus, ses disciples les plus proches.
- al-mawsim : La saison du pèlerinage annuel à La Mecque, période où les Arabes se rassemblaient pour le ḥajj et les foires.
- al-Anṣār : Les 'Auxiliaires' : habitants de Médine (Yathrib) qui ont accueilli et soutenu le Prophète Muhammad après l’hégire.
- Ahl al-Kitāb : Les 'Gens du Livre' : juifs et chrétiens, qui possèdent des Écritures révélées.
- Bi’r Maraq : Puits situé près de Médine, lieu de rencontre pour les premières prédications secrètes.
- al-muqri’ : Le 'lecteur' ou 'récitateur' : titre donné à Muṣ‘ab ibn ‘Umayr pour son enseignement du Coran.
- yubāyi‘ūhu : Prêter serment d’allégeance (bay‘a) : engagement solennel de fidélité et d’obéissance au Prophète.
- al-‘Aqaba : Colline près de Minā où eurent lieu les deux serments d’allégeance des Ansār au Prophète avant l’hégire.
- al-dam al-dam, wa al-hadm al-hadm : Formule signifiant une solidarité totale : 'le sang pour le sang, la destruction pour la destruction', indiquant que les Ansār partageraient le sort du Prophète.
- Iblīs : Nom de Satan dans la tradition islamique, le diable déchu.
- Ibn Azabb : Surnom de Satan signifiant 'fils du poilu' ou 'fils du velu', une insulte méprisante.
- Minā : Vallée près de La Mecque où se déroulent certains rites du pèlerinage.
- dār hijra : Demeure d’émigration : Médine, où les musulmans émigrèrent et établirent leur première communauté.
- al-Ansār : Les 'Auxiliaires' : habitants de Médine qui ont accueilli et soutenu le Prophète Muhammad après l'Hégire.
- ahl al-shirk : Les associateurs : ceux qui associent d'autres divinités à Dieu (polythéistes).
- al-'Aqaba : Colline près de La Mecque où eurent lieu les deux serments d'allégeance des Ansar au Prophète avant l'Hégire.
- Manāt : Idole préislamique vénérée par les Arabes, notamment par les tribus de Médine.
- al-Ṣirāṭ al-mustaqīm : Le chemin droit : expression coranique (Sourate al-Fatiha, verset 6) désignant la voie de l'islam.
- al-Ḥaram : Le sanctuaire sacré de La Mecque, lieu de pèlerinage.
- al-Shaykh : Titre honorifique désignant l'auteur du recueil, probablement un savant soufi ou traditionniste.
- al-shirk : L'associationnisme : péché majeur consistant à associer des partenaires à Dieu.
- al-mawsim : La saison du pèlerinage ou les foires commerciales annuelles à La Mecque.
- ahl al-Kitāb : Les 'Gens du Livre' : juifs et chrétiens, qui possèdent des Écritures révélées.
- Iblīs : Nom de Satan dans l'islam, le diable.
- Quraysh : La tribu dominante de La Mecque à l'époque du Prophète.
Chapitre dix-septième : Parmi les signes qui se manifestèrent lors de son départ pour…
Chapitre dix-septième : Parmi les signes qui se manifestèrent lors de son départ pour Médine et sur sa route, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui.
Chapitre dix-septième : Parmi les signes qui apparurent lors de son départ pour Médine et sur sa route, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. 229 - Ahmad ibn Ja'far ibn Malik nous a rapporté : Ishaq ibn al-Hasan al-Harbi nous a rapporté : Muhammad ibn Hayyan nous a rapporté : Ahmad ibn Ali al-Khuza'i nous a rapporté : Muslim ibn Ibrahim nous a rapporté : 'Uwayn ibn 'Amr al-Qaysi nous a rapporté : J'ai entendu Abu Mus'ab al-Makki dire : J'ai rencontré Anas ibn Malik, Zayd ibn Arqam et al-Mughira ibn Shu'ba, et je les ai entendus raconter que le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, la nuit de la grotte 1, Allah, gloire à Lui, ordonna à un arbre de pousser à l'entrée de la grotte et de le cacher, et Il ordonna à deux colombes sauvages de se tenir à l'entrée de la grotte. Les jeunes gens de Quraysh 2 vinrent, un homme de chaque clan, avec leurs bâtons, leurs lances et leurs épées. Lorsqu'ils furent à environ quarante coudées 3 du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, l'un d'eux regarda dans la grotte et dit : « J'ai vu deux colombes à l'entrée de la grotte, et j'ai su qu'il n'y avait personne à l'intérieur. » Le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, entendit ce qu'il dit et sut qu'Allah, Puissant et Majestueux, les avait repoussés par elles. Il invoqua donc pour elles, leur imposa un marquage 4 et prescrivit leur rançon 5, et elles s'installèrent dans le sanctuaire 6. 230 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté par dictée et lecture : Ishaq ibn Ibrahim nous a rapporté, d'après 'Abd al-Razzaq, d'après Ma'mar, d'après al-Zuhri, d'après 'Urwa ibn al-Zubayr, d'après 'Aïsha, qu'Allah soit satisfait d'elle, qui a dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit aux musulmans à La Mecque : « J'ai vu votre demeure d'émigration 7 dans une terre saline 8 plantée de palmiers, entre deux laves 9 » – ce sont les deux coulées de lave 10. Ceux qui devaient émigrer partirent donc vers Médine lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, en parla, et certains de ceux qui avaient émigré en Abyssinie retournèrent à Médine. Abu Bakr se prépara à émigrer, mais le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui dit : « Doucement 11, car j'espère qu'il me sera permis [de partir]. » Abu Bakr dit : « Espères-tu cela, que mon père et ma mère te soient sacrifiés ? » Il dit : « Oui. » Abu Bakr retint donc sa personne pour accompagner le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et il nourrit deux montures qu'il possédait avec des feuilles d'arbres pendant quatre mois. 'Aïsha, qu'Allah soit satisfait d'elle, dit : Alors que nous étions assis dans notre maison au milieu de la journée 12, quelqu'un dit à Abu Bakr : « Voici le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, qui arrive, la tête couverte 13, à une heure où il ne venait pas d'habitude. » Abu Bakr dit : « Que mon père et ma mère lui soient sacrifiés ! Il n'est venu à cette heure que pour une affaire importante. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, arriva, demanda la permission, on la lui accorda, et il entra. Il dit alors : « Ô Abu Bakr, fais sortir ceux qui sont avec toi. » Abu Bakr dit : « Ce ne sont que les tiens, que mon père te soit sacrifié, ô Messager d'Allah. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui dit : « Il m'a été permis de partir. » Abu Bakr dit : « [T’accompagnerai-je ?] 14 Que mon père te soit sacrifié, ô Messager d'Allah ? » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Oui. » Abu Bakr dit : « Prends donc, que mon père et ma mère te soient sacrifiés, ô Messager d'Allah, l'une de ces deux montures. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « [Moyennant] le prix 15. » 'Aïsha, qu'Allah soit satisfait d'elle, dit : Nous les préparâmes en toute hâte, et nous leur confectionnâmes des provisions dans une outre 16. Asma' bint Abi Bakr coupa un morceau de sa ceinture 17 et en attacha l'outre ; c'est pourquoi elle fut appelée « celle aux deux ceintures ». Le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et Abu Bakr se rendirent à une grotte dans une montagne appelée Thawr 18, et ils y restèrent trois nuits. 'Abd al-Rahman ibn Abi Bakr, un jeune homme intelligent et habile, passait la nuit chez eux. Il sortait de chez eux à l'aube et se mêlait à Quraysh à La Mecque comme s'il y avait passé la nuit. Il n'entendait rien qui pût leur nuire sans le retenir, jusqu'à ce qu'il vienne leur en apporter la nouvelle à la tombée de la nuit. 'Amir ibn Fuhayra, l'affranchi d'Abu Bakr, faisait paître pour eux un troupeau de chèvres 19 et les ramenait auprès d'eux après une heure de la nuit. Ils passaient la nuit à boire leur lait jusqu'à ce que 'Amir ibn Fuhayra les rappelle 20. Il faisait cela chaque nuit de ces trois nuits. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et Abu Bakr engagèrent un homme des Banu al-Du'il 21, des Banu 'Abd ibn 'Adi, comme guide expert 22 – al-khirit 23 désigne celui qui est habile en guidage – et ils le mirent en sécurité 24. Ils lui confièrent leurs deux montures et lui donnèrent rendez-vous à la grotte de Thawr après trois nuits. Il leur apporta leurs deux montures au matin des trois nuits. Ils partirent donc, accompagnés de 'Amir ibn Fuhayra et du guide al-Dili 25. Il les emprunta la route des côtes 26, qui est la route d'Adhakhir 27. 231 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté : Ahmad ibn Muhammad al-Tammar nous a rapporté : Muhammad ibn Sa'id al-Athram nous a rapporté : Hammam nous a rapporté, d'après Thabit, d'après Anas, d'après Abu Bakr, qui a dit : J'étais avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dans la grotte. Je levai la tête et vis les pieds des associateurs 28. Je dis : « Ô Messager d'Allah, si l'un d'eux baissait les yeux, il nous verrait. » Il dit : « Ô Abu Bakr, que penses-tu de deux [personnes] dont Allah est le troisième ? » 232 - Faruq al-Khattabi nous a rapporté : Ziyad ibn al-Khalil nous a rapporté : Ibrahim ibn al-Mundhir nous a rapporté : Muhammad ibn Fulayh nous a rapporté, d'après Musa ibn 'Uqba, d'après Ibn Shihab, qui a dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et Abu Bakr sortirent au milieu de la nuit en direction de la grotte, la grotte de Thawr – c'est la grotte qu'Allah, Puissant et Majestueux, a mentionnée dans le Coran. Il dit : Quraysh vint à Thawr, la montagne où se trouvait la grotte où était le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, jusqu'à ce qu'ils l'escaladent. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et Abu Bakr entendirent leurs voix. Abu Bakr eut peur et sa frayeur devint intense. Alors le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Ne t'afflige pas, car Allah est avec nous » [Coran 9:40]. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, invoqua, et la sérénité 29 descendit d'Allah, Puissant et Majestueux. Allah, Puissant et Majestueux, dit : « Allah fit alors descendre Sa sérénité sur lui et le soutint par des armées que vous ne voyiez pas, et Il abaissa la parole de ceux qui ont mécru, tandis que la parole d'Allah est la plus haute. Et Allah est Puissant et Sage » [Coran 9:40]. Abu Bakr possédait un troupeau de chèvres qui revenait le soir chez lui et sa famille à La Mecque. Abu Bakr envoya 'Amir ibn Fuhayra et lui ordonna de les faire paître pour eux deux. 'Amir était un affranchi 30 parmi les affranchis des Azd 31, et il appartenait à al-Tufayl ibn 'Abd Allah ibn Sakhbara – il est le père d'al-Harith ibn al-Tufayl – et il était le frère de 'Aïsha bint Abi Bakr et de 'Abd al-Rahman ibn Abi Bakr par leur mère. 'Amir embrassa l'islam alors qu'il était esclave. Abu Bakr l'acheta à al-Tufayl et l'affranchit. Il était un bon musulman. Il faisait paître les moutons à Thawr et les ramenait le soir au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et à Abu Bakr dans la grotte chaque nuit. Ils trayait et se reposaient, puis il les emmenait paître tôt le matin et se mêlait aux bergers des gens, sans que personne ne le remarque.
233 - 'Abd Allah ibn Ja'far nous a rapporté : Yūnus ibn Ḥabīb nous a rapporté : Abū Dāwūd nous a rapporté : Ḥammād ibn Salama, d'après 'Āṣim, d'après Zirr, d'après 'Abd Allah ibn Mas'ūd — que Dieu l'agrée — qui a dit : J'étais un jeune garçon gardant les moutons de 'Uqba ibn Abī Mu'ayṭ à La Mecque. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et Abū Bakr passèrent près de moi, alors qu'ils avaient fui les associateurs 32. Ils dirent : « Ô jeune garçon, as-tu du lait à nous donner à boire ? » Je répondis : « Je suis dépositaire 33 et je ne vous donnerai pas à boire. » Ils dirent : « As-tu une jeune brebis 34 que le mâle n'a pas encore montée ? » Je dis : « Oui. » Je la leur amenai. Abū Bakr la saisit par les pattes arrière 35, et le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — prit la mamelle, la caressa et invoqua [Dieu]. La mamelle se remplit de lait. Abū Bakr apporta une pierre creuse, y traya, puis but, lui et Abū Bakr, puis me firent boire. Ensuite, il dit à la mamelle : « Rétracte-toi ! » et elle se rétracta. Le lendemain, je vins au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et dis : « Enseigne-moi de cette belle parole » — c'est-à-dire le Coran. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Tu es un jeune garçon instruit 36. » Je pris de sa bouche soixante-dix sourates, que personne ne me conteste. 234 - Abū Isḥāq ibn Ḥamza, Abū Muḥammad ibn Ḥayyān, Muḥammad ibn 'Amr ibn Aslam et Abū Aḥmad Muḥammad ibn Aḥmad al-Jurjānī, parmi d'autres, nous ont rapporté : al-Faḍl ibn al-Ḥubāb nous a rapporté : 'Abd Allah ibn Rajā' nous a rapporté : Isrā'īl, d'après Abū Isḥāq, d'après al-Barā' ibn 'Āzib, qui a dit : Abū Bakr acheta une selle à 'Āzib pour treize dirhams. Abū Bakr dit à 'Āzib : « Ordonne à al-Barā' de porter ma selle chez moi. » Il dit : « Non, jusqu'à ce que tu me racontes comment vous avez fait lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — est sorti. » Abū Bakr al-Ṣiddīq dit : « Nous partîmes et voyageâmes de nuit 37, et nous hâtâmes notre marche jour et nuit jusqu'à ce que nous fussions en pleine lumière 38. À midi, je regardai si je voyais une ombre où nous réfugier. Voici qu'il y avait un rocher ; je me dirigeai vers lui, et il y avait de l'ombre. Je l'arrangeai pour le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, étendis pour lui une peau de mouton 39 et dis : « Allonge-toi, ô Messager de Dieu. » Il s'allongea. Puis je sortis pour voir si j'apercevais quelqu'un des poursuivants. Voici qu'il y avait un berger. Je dis : « À qui es-tu, ô jeune garçon ? » Il dit : « À un homme de Qurayš. » Il le nomma, et je le reconnus. Puis nous voyageâmes de nuit, tandis que les gens nous poursuivaient. Personne ne nous rattrapa, sauf Surāqa ibn Mālik ibn Ju'shum, sur un cheval. Je dis : « Ô Messager de Dieu, voici les poursuivants qui nous ont rejoints. » Il dit : « {Ne t'afflige pas, Dieu est avec nous} [Coran 9:40]. » Lorsqu'il s'approcha de nous, je pleurai. Il me dit : « Pourquoi pleures-tu ? » Je dis : « Par Dieu, je ne pleure pas pour moi-même, mais je pleure pour toi. » Le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Ne pleure pas. » Puis il dit : « Ô Dieu, suffis-nous contre lui comme Tu voudras. » Alors son cheval s'enfonça dans la terre jusqu'au ventre, dans un sol dur. Il sauta de son cheval et dit : « Ô Muḥammad, je sais que c'est ton œuvre. Invoque Dieu pour qu'Il me sauve de ce où je suis. Par Dieu, je vais aveugler ceux qui sont derrière moi parmi les poursuivants. » Il invoqua Dieu, et il retourna vers ses compagnons. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — poursuivit sa route, et moi avec lui. Nous arrivâmes à Médine. Les gens vinrent à notre rencontre, disant : « Le Messager de Dieu est arrivé ! Le Messager de Dieu est arrivé ! » — que Dieu prie sur lui et le salue. Les gens se disputèrent pour savoir chez qui il descendrait. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — descendit chez les Banū al-Najjār. Al-Barā' dit : « Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — n'arriva pas avant d'avoir récité une partie du Coran du al-Mufaṣṣal 40. » 235 - Abū Isḥāq ibn Ḥamza nous a rapporté : al-Walīd ibn Bayān nous a rapporté : 'Abd al-Wārith ibn 'Abd al-Ṣamad nous a rapporté : mon père, d'après 'Abd al-'Azīz ibn Ṣuhayb, d'après Anas ibn Mālik — que Dieu l'agrée — qui a dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — arriva à Médine. Il descendit du côté de la Ḥarra 41 et envoya chercher les Anṣār 42. Ils vinrent au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, le saluèrent et dirent : « Montez, en sécurité et obéis 43. » Alors le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et Abū Bakr montèrent, et ils les entourèrent avec leurs armes. On dit à Médine : « Le Prophète de Dieu est arrivé ! » Ils se mirent sur le pas des portes pour regarder et dire : « Le Prophète de Dieu est arrivé ! Le Prophète de Dieu est arrivé ! » Il avança jusqu'à descendre près de la maison d'Abū Ayyūb. Il vint pour parler à sa famille, quand 'Abd Allah ibn Salām l'apprit, alors qu'il était dans ses palmiers en train d'en cueillir les fruits. Il se hâta de déposer ce qu'il cueillait, vint avec cela, écouta le Prophète de Dieu, puis retourna chez lui. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Quelle est la plus proche des maisons de notre famille ? » Abū Ayyūb dit : « Voici ma maison et voici ma porte. » Il dit : « Va nous préparer un lieu de sieste. » Abū Ayyūb alla leur préparer un lieu de sieste, puis vint et dit : « Ô Prophète de Dieu, je vous ai préparé un lieu de sieste. Levez-vous avec la bénédiction de Dieu et faites la sieste. » Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — fut seul, 'Abd Allah ibn Salām vint et dit : « J'atteste que tu es vraiment le Messager de Dieu et que tu es venu avec la vérité. Les Juifs savent que je suis leur maître et le plus savant d'entre eux, et le fils du plus savant. Appelle-les et interroge-les à mon sujet avant qu'ils n'apprennent que je me suis converti à l'islam. Car s'ils apprennent que je me suis converti, ils diront de moi ce qui n'est pas en moi. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya quelqu'un les chercher. Ils entrèrent chez lui. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Ô assemblée de Juifs, malheur à vous ! Craignez Dieu ! Par Dieu, il n'y a de dieu que Lui, vous savez que je suis le Messager de Dieu et que je suis venu à vous avec la vérité. Convertissez-vous à l'islam. » Ils dirent : « Nous ne le savons pas. » Il dit : « Quel homme est parmi vous 'Abd Allah ibn Salām ? » Ils dirent : « C'est notre maître et le fils de notre maître, le plus savant d'entre nous et le fils du plus savant. » Il dit : « Que pensez-vous s'il se convertit à l'islam ? » Ils dirent : « À Dieu ne plaise ! Il ne se convertirait pas. » Il dit : « Ô Ibn Salām, sors vers eux. » Il dit : « Ô assemblée de Juifs, malheur à vous ! Craignez Dieu ! Par Dieu, il n'y a de dieu que Lui, vous savez qu'il est vraiment le Messager de Dieu et qu'il est venu avec la vérité. » Ils dirent : « Tu mens. » Alors le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — les fit sortir.
236 - Abū Muḥammad ibn Ḥayyān nous a rapporté : Muḥammad ibn al-Ḥusayn nous a rapporté, d'après ʿAlī ibn Baḥr, d'après Yūsuf ibn Wāḍiḥ, qui dit : ʿAbd al-Aʿlā nous a rapporté, d'après Muḥammad ibn Isḥāq. Et Abū Ḥāmid Aḥmad ibn Muḥammad ibn Jabala nous a rapporté : Muḥammad ibn Isḥāq al-Thaqafī nous a rapporté : Saʿīd ibn Yaḥyā al-Umawī nous a rapporté : mon père nous a rapporté : Muḥammad ibn Isḥāq nous a rapporté, d'après Ibn Shihāb al-Zuhrī, d'après ʿAbd al-Raḥmān ibn Mālik ibn Juʿshum al-Mudlijī, d'après son père Mālik ibn Juʿshum, d'après son frère Surāqa ibn Mālik, qui dit : Lorsque l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — sortit de La Mecque pour Médine en émigrant 44, les Qurayshites 45 mirent à prix cent chamelles pour quiconque le ramènerait. Alors que j'étais assis, un homme de notre tribu vint et dit : « Par Allah, j'ai vu trois cavaliers passer tout à l'heure ; je crois bien que c'est Muḥammad et ses compagnons. » Je lui fis signe des yeux de se taire, puis je dis : « Ce sont plutôt les fils d'Untel qui cherchent une bête égarée. » Peut-être dit-il cela. Je restai un moment, puis je me levai, rentrai chez moi, ordonnai qu'on amène mon cheval au fond de la vallée et qu'on sorte mes armes de derrière une pierre. Puis je pris mes flèches divinatoires 46 pour tirer au sort. Je partis, revêtis ma cotte de mailles, puis sortis mes flèches et tirai au sort : sortit celle que je détestais, « il ne lui fera pas de mal ». J'espérais le ramener aux Qurayshites et gagner les cent chamelles. Je montai donc à sa poursuite. Alors que mon cheval filait à toute allure, il trébucha et je tombai. Je dis : « Qu'est-ce que cela ? » Puis je sortis mes flèches, tirai au sort, et sortit la flèche que je détestais, « il ne lui fera pas de mal ». Je refusai d'abandonner et le poursuivis. Je montai à sa suite, et alors que mon cheval filait, il trébucha et je tombai. Je dis : « Qu'est-ce que cela ? » Puis je sortis mes flèches, tirai au sort, et sortit celle que je détestais, « il ne lui fera pas de mal ». Je refusai d'abandonner et le poursuivis. Quand le groupe m'apparut et que je les vis — et dans la version de Maʿmar : lorsque je fus proche, j'entendis la récitation de l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — qui ne se retournait pas, tandis qu'Abū Bakr se retournait souvent — les pattes avant de mon cheval s'enfoncèrent dans la terre jusqu'aux genoux, et j'en tombai. Je le frappai, il se débattit et eut du mal à sortir. Quand il se redressa, il y avait une fumée s'élevant de la trace de ses pattes. Et dans le récit de Muḥammad ibn Isḥāq et Mūsā ibn ʿUqba : Je criai : « Je suis Surāqa ibn Mālik ibn Juʿshum ! Attendez-moi, que je vous parle ! Par Allah, je ne vous ferai aucun mal et rien de déplaisant ne viendra de moi. » L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit à Abū Bakr : « Dis-lui : que veux-tu de nous ? » Abū Bakr me le dit. Je répondis : « Écris-moi un document qui soit un signe entre toi et moi. » Il dit : « Écris-lui, ô Abū Bakr. » Il m'écrivit donc un document sur un os, ou une peau, ou un morceau d'étoffe, puis me le jeta. Je le pris, le mis dans mon carquois, puis retournai et me tus, sans rien mentionner de ce qui s'était passé, jusqu'à ce qu'Allah — Puissant et Majestueux — eût ouvert La Mecque à Son Envoyé — qu'Allah prie sur lui et le salue — et qu'il eût terminé avec Ḥunayn 47 et al-Ṭāʾif 48. Je sortis avec le document pour le rencontrer, et je le rencontrai à al-Jiʿrāna 49. J'entrai dans un escadron de cavalerie des Anṣār 50 ; ils se mirent à me frapper avec leurs lances en disant : « Arrière ! arrière ! Que veux-tu ? » jusqu'à ce que je m'approche de l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — qui était sur sa chamelle. Par Allah, c'est comme si je voyais son mollet dans l'étrier, pareil à une tige de palmier. Je levai la main avec le document et dis : « Ô Envoyé d'Allah, voici ton document pour moi ; je suis Surāqa ibn Mālik ibn Juʿshum. » L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « C'est un jour de fidélité et de piété. Approche. » Je m'approchai de lui et embrassai l'islam. Puis je me souvins d'une chose à demander à l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — mais je ne m'en souviens que comme ceci : je dis : « Ô Envoyé d'Allah, les chamelles égarées viennent à mes abreuvoirs alors que je les ai remplis pour mes propres chamelles ; y aura-t-il une récompense pour moi si je les abreuves ? » Il dit : « Oui, dans toute bête à foie altéré 51 il y a une récompense. » Surāqa dit : Je retournai vers mon peuple et apportai à l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — mon aumône légale 52.
Abou Jahl ibn Hichâm dit, selon ce qu'ils prétendent, lorsqu'il entendit parler de l'affaire de Surâqa ibn Mâlik et de ce qu'il rapportait au sujet du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et de ce qu'il avait vu concernant le cheval lorsque celui-ci fut frappé par ce qui le frappa, et qu'Abou Jahl craignit que Surâqa n'embrasse l'Islam après avoir vu ce qu'il avait vu, il dit : [Al-Bahr at-Tawîl] « Ô Banû Mudlij, je crains votre insensé, Surâqa, égaré pour le soutien de Muhammad. Tenez-le, qu'il ne disperse vos rassemblements, de peur que vous ne deveniez divisés après la gloire et la seigneurie. ⦗٣٣٧⦘ L'insensé du clan pense, s'il vient avec une ambiguïté, être guidé vers une voie claire de la Sunna de la vérité. Comment la vérité serait-elle ce qu'il dit, alors qu'il est parti et n'a pas apporté la vérité manifeste et bien établie ? Mais il est parti, étranger, avec son mécontentement, vers Yathrib 53, loin de nous — quelle distance pour son lieu de naissance ! Et s'il n'était pas venu à Yathrib en fuyard, le coup de l'épée damascène bien aiguisée l'aurait affligé. » Alors Surâqa ibn Mâlik répondit à Abou Jahl dans ce qu'il avait dit : [Al-Bahr at-Tawîl] « Ô Abâ Hakam 54, par Allah, si tu avais été témoin de l'affaire de mon coursier, lorsque ses jambes s'enfoncèrent 55, Tu aurais été étonné et n'aurais pas douté que Muhammad est un prophète et une preuve — qui donc le cacherait ? Il te faut retenir le peuple de lui, car je vois qu'un jour viendra où ses signes apparaîtront, Par une affaire dans laquelle tu souhaiterais la victoire avec éclat, si seulement tous les gens, en totalité, faisaient la paix avec lui. » 238 - Sulaymân ibn Ahmad nous a rapporté : 'Alî ibn 'Abd al-'Azîz nous a rapporté, et notre père nous a rapporté : Muhammad ibn Muhammad ibn 'Uqba ash-Shaybânî et Muhammad ibn Mûsâ al-Hulwânî nous ont rapporté, et Abû Hâmid ibn Jabala nous a rapporté, Muhammad ibn Ishâq as-Sirâj a dit : Mukram ibn Muhriz al-Ka'bî al-Khuzâ'î nous a rapporté, il a dit : Mon père Muhriz ibn Mahdî m'a rapporté, d'après Hizâm ibn Hichâm, d'après son père Hichâm, d'après son grand-père Hubaysh ibn Khâlid, compagnon du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — : Lorsque le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — sortit de La Mecque, il en sortit en émigrant, lui et Abû Bakr, et le client d'Abû Bakr, 'Âmir ibn Fuhayra, et leur guide laythite 56 'Abd Allâh ibn Urayqit. Ils passèrent devant ⦗٣٣٨⦘ les deux tentes d'Umm Ma'bad al-Khuzâ'iyya 57. Elle était une femme libre et robuste, qui s'asseyait à l'entrée de la tente, puis donnait à boire et à manger. Ils lui demandèrent de la viande et des dattes pour lui en acheter, mais ils ne trouvèrent rien de cela chez elle. Les gens étaient à court de provisions et affamés. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — regarda une brebis dans un coin de la tente et dit : « Qu'est-ce que cette brebis, ô Umm Ma'bad ? » Elle dit : « Une brebis que la disette a laissée à l'écart du troupeau. » Il dit : « A-t-elle du lait ? » Elle dit : « Elle est plus épuisée que cela. » Il dit : « M'autorises-tu à la traire ? » Elle dit : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés, oui, si tu vois qu'elle a du lait, trais-la. » Alors le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — l'appela, caressa son pis de sa main, prononça le nom d'Allah — Puissant et Majestueux — et invoqua pour elle au sujet de sa brebis. Elle écarta les pattes pour lui, donna du lait en abondance et rumina. Il demanda un récipient qui pût contenir le groupe, et il trait dedans un lait abondant jusqu'à ce que l'écume le recouvre. Puis il lui donna à boire jusqu'à ce qu'elle fût rassasiée, donna à boire à ses compagnons jusqu'à ce qu'ils fussent rassasiés, puis le dernier d'entre eux but — qu'Allah prie sur lui et le salue. Ensuite, ils se reposèrent. Puis il traita une deuxième fois après la première, jusqu'à remplir le récipient. Puis il le laissa chez elle, conclut un pacte avec elle, puis ils partirent de chez elle. Peu de temps après, son mari Abû Ma'bad arriva, conduisant des chèvres maigres qui marchaient en chancelant, faibles, leur moelle peu abondante. Lorsqu'Abû Ma'bad vit le lait, il fut étonné et dit : « D'où tiens-tu cela, alors que la brebis est stérile, sans lait, et qu'il n'y a pas de bête laitière dans la maison ? » Elle dit : « Non, par Allah, sauf qu'un homme béni est passé chez nous, dont l'état est tel et tel. » Il dit : « Décris-le moi, ô Umm Ma'bad. » Elle dit : « J'ai vu un homme d'une pureté éclatante, au visage lumineux, de belle constitution, qu'aucune obésité ne dépare, qu'aucune petitesse de tête ne rabaisse. Beau, gracieux, avec des yeux noirs et grands, des cils recourbés, une voix sonore, ⦗٣٣٩⦘ un cou élancé, une barbe épaisse. Les sourcils arqués et joints. S'il se tait, la dignité l'enveloppe ; s'il parle, il est élevé et la beauté le couvre. Le plus beau des hommes et le plus resplendissant de loin, le plus doux et le plus beau de près. Doux de parole, décisif, sans excès ni verbiage. Sa parole est comme des perles enfilées qui se déroulent. De taille moyenne, ni trop grand ni trop petit pour que l'œil le méprise. Une branche entre deux branches, il est le plus beau à voir des trois et le plus noble en rang. Il a des compagnons qui l'entourent ; s'il parle, ils écoutent sa parole ; s'il ordonne, ils se précipitent pour exécuter son ordre. Entouré, servi, ni renfrogné ni dur. » Abû Ma'bad dit : « C'est, par Allah, l'homme de Quraysh dont on nous a parlé à La Mecque. J'ai eu l'intention de l'accompagner, et je le ferai si j'en trouve le moyen. » Le lendemain, une voix s'éleva à La Mecque, qu'ils entendaient sans savoir qui la proférait : [Al-Bahr at-Tawîl] « Qu'Allah, le Seigneur des gens, récompense de la meilleure récompense les deux compagnons qui ont séjourné aux deux tentes d'Umm Ma'bad. Ils y sont descendus avec la guidée, et elle s'est guidée par lui. Heureux celui qui devient le compagnon de Muhammad. Ô clan de Quṣayy 58, ce qu'Allah leur a retiré par lui comme actions qui ne se récompensent pas par la seigneurie ! Qu'il soit une félicité pour les Banû Ka'b 59 la station de leur jeune fille, et son poste d'observation pour les croyants. Interrogez votre sœur au sujet de sa brebis et de son récipient, car si vous interrogez la brebis, elle témoignera. Il l'appela, une brebis stérile, et elle donna du lait en abondance, pur, avec de l'écume. Il la laissa en gage chez elle pour un trayeur qui la fait passer d'un lieu de traite à un autre. » ⦗٣٤٠⦘ Dans la version d'Abû 'Amr ibn Hamdân : « Le lendemain, une voix s'éleva à Médine, entre le ciel et la terre, qu'ils entendaient sans voir qui la disait. » Dans la première version : Lorsque Hassân ibn Thâbit al-Ansârî entendit le hâtif 60, il se mit à répondre au hâtif en disant : [Al-Bahr at-Tawîl] « Ils ont perdu, ces gens dont le prophète s'est éloigné, et sanctifié soit celui qui voyage vers lui de nuit et de jour. Il a quitté un peuple dont les esprits se sont égarés, et s'est installé chez un peuple avec une lumière renouvelée. Leur Seigneur les a guidés par lui après l'égarement ; celui qui suit la vérité est guidé. Les égarés d'un peuple qui s'adonnent à leur aveuglement sont-ils égaux à un guide par lequel tout homme bien guidé l'est ? Il est descendu chez les gens de Yathrib, monture de guidée qui s'est posée sur eux avec bonheur. Un prophète qui voit ce que les gens ne voient pas autour de lui, et qui récite le Livre d'Allah dans chaque mosquée. Et s'il dit un jour une parole sur un absent, sa confirmation vient le jour même ou le lendemain matin. Qu'il soit une félicité pour Abû Bakr la félicité de sa chance, par sa compagnie de celui qu'Allah rend heureux est heureux. Qu'il soit une félicité pour les Banû Ka'b la station de leur jeune fille, et son poste d'observation pour les croyants. »
Abū Aḥmad ibn Bishr ibn Muḥammad a dit : ‘Abd al-Malik ibn Wahb m’a rapporté qu’il m’est parvenu que Umm Ma‘bad a émigré, s’est convertie à l’islam et a rejoint le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue. Abū Umayya Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn Bishr ibn Muḥammad a rapporté la même chose. Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté, par dictée et lecture, disant : ‘Alī ibn ‘Abd al-‘Azīz nous a rapporté, disant : Abū ‘Ubayd al-Qāsim ibn Salām a dit : Al-barazah 61 parmi les femmes : celle qui est forte et se montre aux gens, et les gens s’assoient avec elle. Et sa parole : « Les gens étaient murmilīn 62 musnitīn 63 » : al-murmil est celui dont les provisions sont épuisées. Et sa parole : musnitīn : ce sont ceux qui ont été frappés par as-sanah 64, c’est-à-dire la sécheresse et la famine. Abū ‘Ubayd a dit : Quand on dit : « Yā la 65 untel », cela est pour l’appel au secours, avec la fatḥah 66 ; et « Yā la al-muslimīn ». Et quand on veut l’étonnement et l’appel, on dit : « Yā li 67 untel », avec la kasrah 68. Et sa parole : « Kisaru al-khaymah 69 » : c’est l’arrière de la tente ; il y a deux prononciations : kisari et kasri. Certains ont dit : al-kisar se trouve à l’avant de la tente. Et sa parole : « fa-tafājjat ‘alayhi 70 » : elle a écarté ses jambes comme le fait celle que l’on trait. Et sa parole : « bi-inā’ yarīḍu ar-rahṭ 71 » : c’est-à-dire qu’il les retient de ce qui les pousserait à agir, à cause de son abondance quand ils le boivent. Et sa parole : « fa-ḥalaba fīhā thajjan 72 » : c’est-à-dire un flot ; et de même tout flot. Et de cela vient sa parole, qu’Allāh prie sur lui et le salue, lorsqu’on l’interrogea sur le pèlerinage : « Al-‘ajju wa ath-thajju 73 » : al-‘ajj est l’élévation de la voix par la talbiyah 74, et ath-thajj est le flot du sang des offrandes. Et sa parole : « arāḍū 75 » : l’origine de cela est dans le fait de verser du lait sur du lait ; et le sens de sa parole « arāḍū » est : ils ont bu du lait versé sur du lait. Et sa parole : « fa-ghādarahu ‘indahā 76 » : il dit : il l’a laissé. Et sa parole : « yasūqu a‘nuzan tasāwakna huzlan 77 » : at-tasāwuk est la marche faible. Et sa parole : « wa ash-shātu ‘āzibun 78 » : c’est-à-dire qu’elles se sont éloignées de la maison et sont sorties vers le pâturage. Et sa parole : « al-ḥiyyal 79 » : celles qui ne sont pas gestantes. Et sa parole, dans la description du Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue : « Ẓāhiru al-waḍā’ah 80 » : c’est-à-dire la beauté ; al-waḍī’ est le beau. Et al-mutaballij 81 : le visage qui a de l’éclat et de la lumière ; un homme mutaballij et ablaj. Al-A‘shā a dit : « Vous l’avez pris pour juge, et il a jugé entre vous, / Ablaj, telle la lune éclatante. » Et sa parole : « lam ta‘ibhu thajlah 82 » : son sens est la grosseur du ventre ; on dit : il n’est pas ainsi. Et sa parole : « lam tazri bihi ṣa‘lah 83 » : elle veut dire la petitesse de la tête ; on dit : un homme ṣa‘l. Et sa parole : « wasīmun qasīmun 84 » : tous deux sont la beauté. Il dit : Le poète a dit en louant un peuple : « Comme si des dinars étaient sur leurs qasamāt 85, / Bien que la rencontre ait amaigri les visages. » Il dit : bien que la rencontre de la guerre les ait amaigris, leur beauté reste telle quelle ; il veut par al-qasamāt les beaux visages. Et sa parole : « fī ‘aynayhi da‘ajun 86 » : c’est la noirceur de la pupille ; on dit : un homme ad‘aj et une femme da‘jā’. Et sa parole : « fī ashfārihi ‘aṭafun 87 » : certains pensaient qu’ils étaient recourbés, mais je pense qu’ils sont waṭfan 88 ; et de même toute chose allongée et pendante. Et aussi la nuée proche de la terre est waṭf. Et sa parole : « fī ṣawtihi ṣahilun 89 » : c’est ṣaḥal 90, qui ressemble à la raucité, mais pas au point d’être fort, cependant c’est beau ; et c’est ainsi que l’on décrit les gazelles. Et sa parole : « fī ‘unuqihi sata‘un 91 » : c’est la longueur ; on dit : un homme asṭa‘ et une femme saṭ‘ā’ ; cela fait partie de ce pour quoi les gens sont loués. Et sa parole : « azajju 92 » : c’est celui dont les sourcils sont arqués ; et al-aqran 93 : c’est celui dont les sourcils se rejoignent entre les yeux. Et sa parole : « manṭiquhu lā nazra wa lā hadhra 94 » : an-nazr est le peu, et al-hadhr est le beaucoup ; on dit : un juste milieu entre cela. Et sa parole : « lā taqtaḥimuhu ‘aynun min qiṣarin 95 » : elle dit : elle ne le méprise pas au point de le rejeter, mais elle l’accepte et le craint. Et sa parole : « maḥfūdun maḥshūdun 96 » : al-maḥfūd est celui qui est servi ; Allāh, Puissant et Majestueux, a dit : « Des fils et des ḥafadah 97 ». Et maḥshūd : c’est celui que ses compagnons ont entouré, se sont pressés autour de lui et l’ont encerclé.
239 - Habib ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn Yahya al-Marwazi nous a dit : Ahmad ibn Muhammad ibn Ayyub nous a dit : Ibrahim ibn Sa'd nous a dit : Salih ibn Kaysan m'a rapporté : Ibn Shihab a dit : 'Ubaydullah ibn 'Utba m'a informé, d'après 'Abdullah ibn 'Abbas, que celui-ci l'a informé que le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, écrivit à César 98 pour l'appeler à l'islam et envoya sa lettre avec Dihya al-Kalbi 99. Le Messager d'Allah lui ordonna de la remettre au gouverneur de Busra 100 pour qu'il la transmette à César. Dihya al-Kalbi la remit donc au gouverneur de Busra, qui la transmit à César. Or, lorsque Allah eut repoussé de lui les armées de Perse, César marcha de Homs 101 à Jérusalem 102 en remerciement à Allah, Puissant et Majestueux, pour ce qu'Il lui avait accordé. Quand la lettre du Messager d'Allah parvint à César, il dit en la lisant : « Cherchez-moi ici quelqu'un de son peuple pour que je l'interroge sur cet homme. » 'Abdullah ibn 'Abbas dit : Abu Sufyan 103 m'a informé qu'il se trouvait alors parmi des hommes de Quraysh 104 venus en commerçants pendant la trêve 105 qui existait entre eux et le Messager d'Allah. Abu Sufyan dit : « L'envoyé de César nous trouva dans une région du Sham 106 et m'emmena, moi et mes compagnons, jusqu'à ce que nous arrivions à Jérusalem. On nous introduisit auprès de lui : il était assis dans son conseil royal, portant la couronne, et autour de lui se tenaient les grands de Rome. Il dit à son interprète : 'Demande-leur lequel d'entre eux est le plus proche parent de cet homme qui prétend être un prophète.' Abu Sufyan dit : Je répondis : 'Je suis le plus proche d'entre eux par la parenté.' Il dit : 'Quel lien de parenté y a-t-il entre toi et lui ?' Je dis : 'C'est mon cousin germain 107.' Et il n'y avait ce jour-là dans la caravane personne d'autre des Banu 'Abd Manaf 108 que moi. César dit : 'Approchez-le de moi.' Puis il ordonna que mes compagnons soient placés derrière moi, près de mes épaules. Ensuite il dit à son interprète : 'Dis à ses compagnons : Je vais interroger cet homme au sujet de l'homme qui prétend être un prophète. S'il ment, démentez-le.' Abu Sufyan dit : 'Par Allah, sans la honte que j'éprouvais qu'ils rapportent de moi un mensonge, j'aurais menti sur lui quand il m'interrogea. Mais j'eus honte qu'ils rapportent de moi un mensonge, alors je dis la vérité sur lui.' Puis il dit à son interprète : 'Quel est le rang de cet homme parmi vous ?' Je dis : 'Il est parmi nous d'un rang élevé.' Il dit : 'Quelqu'un parmi vous a-t-il déjà tenu ce discours avant lui ?' Je dis : 'Non.' Il dit : 'L'accusiez-vous de mensonge avant qu'il ne dise ce qu'il a dit ?' Je dis : 'Non.' Il dit : 'Y a-t-il eu un roi parmi ses ancêtres ?' Je dis : 'Non.' Il dit : 'Les nobles le suivent-ils ou les faibles ?' Je dis : 'Plutôt les faibles.' Il dit : 'Augmentent-ils ou diminuent-ils ?' Je dis : 'Ils augmentent.' Il dit : 'Quelqu'un parmi eux renonce-t-il à sa religion par mécontentement après y être entré ?' Je dis : 'Non.' Il dit : 'Trahit-il ?' Je dis : 'Non, alors que nous sommes actuellement en trêve avec lui et craignons qu'il ne trahisse.' Abu Sufyan dit : 'Je ne trouvai pas d'autre parole par laquelle je puisse introduire quelque chose pour le diminuer, sans craindre qu'on ne rapporte autre chose.' Il dit : 'L'avez-vous combattu et vous a-t-il combattus ?' Je dis : 'Oui.' Il dit : 'Comment furent vos guerres et les siennes ?' Je dis : 'Elles furent alternées, tantôt il prenait le dessus sur nous, tantôt nous prenions le dessus sur lui.' Il dit : 'Que vous ordonne-t-il ?' Je dis : 'Il nous ordonne d'adorer Allah seul, sans rien Lui associer, et nous interdit ce qu'adoraient nos pères. Il nous ordonne la prière, la véracité, la chasteté, la pureté, la fidélité aux engagements et la restitution des dépôts.' Alors il dit à son interprète, après que j'eus dit tout cela : 'Dis-lui : Je t'ai interrogé sur sa noblesse parmi vous, et tu as affirmé qu'il est noble. Ainsi les messagers sont envoyés parmi les nobles de leur peuple. Je t'ai demandé si quelqu'un parmi vous avait tenu ce discours avant lui, et tu as répondu que non. J'aurais dit, si quelqu'un avait tenu ce discours avant lui : c'est un homme qui suit une parole dite avant lui. Je t'ai demandé si vous l'accusiez de mensonge avant qu'il ne dise ce qu'il a dit, et tu as répondu que non. J'ai su alors qu'il n'abandonnerait pas le mensonge envers les hommes pour mentir sur Allah, Puissant et Majestueux. Je t'ai demandé s'il y avait eu un roi parmi ses ancêtres, et tu as répondu que non. J'aurais dit, s'il y avait eu un roi parmi ses ancêtres : il recherche le royaume de ses ancêtres. Je t'ai demandé si les nobles le suivaient ou les faibles, et tu as répondu que les faibles le suivent. Or ce sont eux les disciples des messagers. Je t'ai demandé s'ils augmentent ou diminuent, et tu as répondu qu'ils augmentent. Ainsi est la foi, jusqu'à ce qu'elle soit complète. Je t'ai demandé si quelqu'un renonce à sa religion par mécontentement après y être entré, et tu as répondu que non. Ainsi est la foi, quand sa joie pénètre les cœurs, personne ne la déteste. Je t'ai demandé si vous l'avez combattu et il vous a combattus, et tu as répondu que oui, et que vos guerres et les siennes sont alternées, tantôt il prend le dessus sur vous, tantôt vous prenez le dessus sur lui. Ainsi sont les messagers : ils sont éprouvés, mais la fin heureuse leur appartient. Je t'ai demandé ce qu'il vous ordonne, et tu as répondu qu'il vous ordonne d'adorer Allah sans rien Lui associer, vous interdit ce qu'adoraient vos pères, et vous ordonne la prière, la véracité, la pureté, la fidélité aux engagements et la restitution des dépôts. Tels sont les attributs d'un prophète. Je savais qu'il devait apparaître, mais je ne pensais pas qu'il serait issu de vous. Si ce que tu dis est vrai, il est sur le point de posséder l'endroit où se trouvent mes deux pieds. Si j'espérais pouvoir le rejoindre, je me serais donné de la peine jusqu'à le rencontrer. Si j'étais auprès de lui, je lui laverais les pieds.' Abu Sufyan dit : 'Puis il demanda la lettre du Messager d'Allah et ordonna qu'on la lise. Il y avait : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muhammad, serviteur d'Allah et Son messager, à Héraclius 109, le grand roi des Romains. Paix à celui qui suit la guidée. Ceci dit : Je t'appelle par l'appel de l'islam. Embrasse l'islam, tu seras sauf. Allah te donnera ta récompense deux fois. Si tu te détournes, tu porteras le péché des paysans 110. {Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n'adorions qu'Allah, sans rien Lui associer, et que nous ne prenions pas les uns les autres pour seigneurs en dehors d'Allah. S'ils se détournent, dites : Soyez témoins que nous sommes musulmans} [Coran 3:64].' Abu Sufyan dit : 'Quand il eut fini son discours, les voix des Romains autour de lui, parmi les grands de Rome, s'élevèrent et leurs clameurs augmentèrent, et je ne sais ce qu'ils dirent. Il ordonna qu'on nous fasse sortir. Quand nous fûmes sortis de chez lui avec mes compagnons et que je fus seul avec eux, je leur dis : 'L'affaire d'Ibn Abi Kabsha 111 est devenue sérieuse : le roi des Banu al-Asfar 112 le craint.' Abu Sufyan dit : 'Par Allah, je n'ai cessé d'être convaincu que son affaire triompherait, jusqu'à ce qu'Allah fasse entrer l'islam dans mon cœur, bien que je fusse réticent.' Dans une autre version, Abu Sufyan dit : 'Je l'ai vu, son front ruisselant de sueur à cause de l'angoisse que lui causait le parchemin que le Prophète lui avait écrit, dans sa lettre : {Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n'adorions qu'Allah} [Coran 3:64] jusqu'au verset, et {C'est Lui qui a envoyé Son messager avec la guidée et la religion de vérité} [Coran 9:33] jusqu'au verset, et {Combattez ceux qui ne croient pas en Allah ni au Jour dernier} [Coran 9:29] jusqu'à Sa parole : {tout en étant humiliés} [Coran 9:29].'
240 - Abū ʿAlī Muḥammad b. Aḥmad b. al-Ḥasan nous a rapporté : Muḥammad b. ʿUthmān b. Abī Shayba nous a rapporté : Yaḥyā b. ʿAbd al-Ḥamīd nous a rapporté : Yaḥyā b. Salama b. Kuhayl, d'après son père, d'après ʿAbd Allāh b. Shaddād, d'après Diḥya al-Kalbī 113 qui a dit : Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) m'a envoyé avec une lettre à César 114. Je me tins à la porte et dis : « Je suis le messager du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). » Ils furent effrayés par cela, puis on lui demanda la permission d'entrer. On dit : « Il y a un homme à la porte qui prétend être le messager du Messager d'Allah. » Il m'autorisa donc, j'entrai chez lui et lui remis la lettre. On la lut devant lui, et voici ce qu'elle contenait : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De la part de Muḥammad, Messager d'Allah, à César, souverain des Romains. » Un neveu de ce dernier, roux, aux yeux bleus, aux cheveux lisses et déjà cariés 115, dit alors : « Pourquoi n'a-t-il pas écrit : “Au roi des Romains” et n'a-t-il pas commencé par toi ? Ne lis pas sa lettre aujourd'hui. » Il leur dit : « Faites-le sortir. » Il fit venir l'évêque 116 ; ils suivaient son avis et acceptaient sa parole. Lorsqu'on lui lut la lettre, il dit : « Par Allah, c'est le Messager d'Allah que Moïse et Jésus (sur eux la paix) nous ont annoncé. » Il demanda : « Que proposes-tu ? » Il répondit : « Je pense que tu devrais le suivre. » César dit : « Je sais ce que tu dis, mais je ne peux pas le suivre, car mon royaume s'en irait et les Romains me tueraient. » Dans une version de Muḥammad b. Abī ʿAlī : « Puis il m'appela et dit : “Transmets à ton compagnon que je sais qu'il est un prophète, mais je n'abandonne pas mon royaume.” Puis il prit la lettre, la posa sur sa tête, l'embrassa, la plia dans du brocart et de la soie, et la mit dans un coffret. » Quant à l'évêque, les chrétiens se réunissaient chez lui chaque dimanche ; il sortait vers eux, les exhortait et leur racontait des histoires, puis il rentrait et restait jusqu'au dimanche suivant. J'entrais chez lui et il m'interrogeait. Quand vint le dimanche, ils l'attendirent pour qu'il sorte vers eux, mais il ne sortit pas et prétexta une maladie. Il fit cela plusieurs fois, jusqu'à ce qu'à la fin, ils se rassemblèrent puis lui envoyèrent dire : « Tu sortiras ou nous entrerons chez toi, car nous te trouvons changé depuis que cet Arabe est arrivé. » Diḥya dit : « L'évêque m'envoya chercher et dit : “Va chez ton compagnon, transmets-lui le salut et informe-le que j'atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allah, que Muḥammad est le Messager d'Allah, que Jésus est le serviteur d'Allah, Son Esprit et Sa Parole qu'Il a projetée vers Marie, et qu'il est le fils de la Vierge pure 117.” Puis ils le tuèrent. » Ensuite, Diḥya retourna auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et l'informa. Il trouva chez lui les envoyés du gouverneur de Kisrā 118 sur Ṣanʿā', qui lui avait envoyé une lettre. Or le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avait envoyé une lettre à Kisrā, et Kisrā avait écrit à son gouverneur à Ṣanʿā' en le menaçant et en disant : « Ne peux-tu me débarrasser d'un homme dans ton pays qui m'appelle à sa religion, ou bien je paierai la jizya 119 en étant humilié, et si je ne le fais pas, il me combattra ; s'il triomphe de moi, il tuera les combattants et réduira en captivité les enfants ? Débarrasse-moi de lui, ou je te ferai subir cela. » Alors le gouverneur de Ṣanʿā' envoya [des émissaires] au Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lut la lettre de leur maître, il les laissa quinze nuits sans leur parler ni les regarder, sauf en se détournant. Quand les quinze nuits furent passées, ils s'avancèrent vers lui. Lorsqu'il les vit, il les appela et dit : « Allez dire à votre maître : “Mon Seigneur a tué ton Seigneur cette nuit.” » Ils partirent et l'informèrent de ce qu'ils avaient fait et de ce que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) leur avait dit. Leur maître leur demanda : « Vous souvenez-vous de cette nuit ? » Ils dirent : « Oui, c'était telle et telle nuit. » Il dit : « Dites-moi comment vous l'avez vu. » Ils répondirent : « Nous n'avons jamais vu un roi plus imposant que lui ; il ne craint rien, il est en sécurité, il n'est pas gardé, et ses compagnons n'élèvent pas la voix en sa présence. » Diḥya dit : « Puis la nouvelle arriva que Kisrā avait été tué cette nuit-là. »
241 - Habib ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn Yahya ibn Sulayman nous a rapporté : Ahmad ibn Muhammad ibn Ayyub nous a rapporté : Ibrahim ibn Sa'd nous a rapporté, d'après Salih ibn Kaysan, qui a dit : Ibn Shihab a dit : 'Ubaydullah ibn 'Abdullah ibn 'Utba m'a informé qu'Ibn 'Abbas l'avait informé que le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) avait envoyé sa lettre à Kisra (Chosroès). Lorsqu'il la lut, il la déchira. Ibn Shihab dit : Je pense qu'Ibn al-Musayyib a dit : Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) invoqua contre eux pour qu'ils soient déchirés de toute déchirure. Muhammad ibn Ishaq dit : Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) envoya 'Abdullah ibn Hudhafa ibn Qays ibn 'Adi ibn Sa'd ibn Sahm à Kisra ibn Hurmuz, roi de Perse, et écrivit avec lui : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De la part de Muhammad, le Messager d'Allah, le Prophète illettré (al-ummi), à Kisra, le grand (azim) de Perse. Paix (salam) à celui qui suit la guidance (al-huda), croit en Allah et en Son Messager, et atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah, l'Unique, sans associé, et que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Je t'appelle par l'appel d'Allah (bi-di'ayati Allah). Car je suis le Messager d'Allah à l'humanité tout entière, pour avertir quiconque est vivant et que la parole s'accomplisse contre les mécréants (al-kafirin). Embrasse l'Islam (aslim) et tu seras sauf (taslam). Si tu refuses, alors le péché des mages (al-majus) retombera sur toi. » Lorsque la lettre du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) fut lue, il la déchira et dit : « Il m'écrit cette lettre alors qu'il est mon serviteur. » Muhammad ibn Ishaq dit : Il m'est parvenu que le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit : « Qu'Allah déchire son royaume (mulkahu) » lorsqu'il apprit qu'il avait déchiré sa lettre. Ensuite, Kisra écrivit à Badhan, qui était au Yémen : « Envoie-moi deux hommes robustes de chez toi vers cet homme qui est au Hijaz, et qu'ils me l'amènent. » Badhan envoya donc son intendant (qahramanuhu), qui était Ababuh, et il était scribe et comptable, avec la lettre du roi de Perse, et il envoya avec lui un homme des Perses, Kharkhusraw. Il écrivit avec eux au Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue), lui ordonnant de partir avec eux vers Kisra. Il dit à Ababuh : « Malheur à toi ! Regarde ce qu'est cet homme, parle-lui et rapporte-moi de ses nouvelles. » Ils partirent jusqu'à arriver à Ta'if. Ils y trouvèrent des hommes de Quraysh, d'une éminence (bi-nadbin) de la terre de Ta'if. Ils les interrogèrent à son sujet. Ils dirent : « Il est à Médine. » Ils se réjouirent de leur venue et se félicitèrent. Certains dirent à d'autres : « Réjouissez-vous ! Car Kisra, le roi des rois (malik al-muluk), s'est dressé contre lui, et vous êtes débarrassés de cet homme. » Ils partirent jusqu'à arriver à Médine, auprès du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue). Ababuh lui parla et dit : « Le Shahanshah (Shahan Shah), le roi des rois, Kisra, a écrit au roi Badhan, lui ordonnant de t'envoyer quelqu'un pour te ramener à lui. Il m'a envoyé à toi pour que tu partes avec moi. Si tu le fais, j'écrirai en ta faveur au roi des rois une lettre qui te sera utile et qui éloignera de toi [le mal]. Si tu refuses, alors tu sais ce qu'il en est : il te détruira, toi et ton peuple, et dévastera ton pays. » Ils entrèrent chez le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) alors qu'ils s'étaient rasé la barbe et laissé pousser les moustaches. Il détesta les regarder et dit : « Malheur à vous deux ! Qui vous a ordonné cela ? » Ils dirent : « Notre seigneur nous l'a ordonné » – voulant dire Kisra. Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit : « Mais mon Seigneur m'a ordonné de laisser pousser ma barbe et de couper ma moustache. » Puis il leur dit : « Retournez et revenez me voir demain. » La nouvelle parvint au Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) qu'Allah, Puissant et Majestueux, avait donné pouvoir sur Kisra à son fils Shiruyah, qui le tua tel mois, telle nuit, à telle heure de la nuit. Lorsque le Messager les informa de cela, ils dirent : « Sais-tu ce que tu dis ? Nous t'avons déjà reproché des choses plus légères que cela. Allons-nous écrire cela de ta part et en informer le roi ? » Il dit : « Oui, informez-le de cela de ma part, et dites-lui : "Ma religion et mon autorité (sultani) atteindront là où a atteint le royaume de Kisra, et s'étendront jusqu'à l'extrémité du sabot et du fer [des chevaux]." Et dites-lui : "Si tu embrasses l'Islam, je te donnerai ce qui est sous ton autorité et te ferai roi sur ton peuple, les Abna' (fils des Perses)." » Ensuite, il donna à Kharkhusraw une ceinture (mintaqatan) contenant de l'or et de l'argent, que certains rois lui avaient offerte. Ils sortirent de chez lui jusqu'à arriver chez Badhan et l'informèrent de la nouvelle. Il dit : « Par Allah, ce n'est pas le langage d'un roi. Je vois que cet homme est un Prophète (nabiyyan), comme il le dit. Nous allons voir ce qu'il a dit. Si ce qu'il a dit est vrai, il n'y a pas à discuter : c'est un Prophète envoyé (nabiyyun mursal). Si ce n'est pas le cas, nous verrons ce que nous déciderons. » Peu de temps après, la lettre de Shiruyah parvint à Badhan : « Ceci étant, j'ai tué Kisra, et je ne l'ai tué que par colère pour la Perse, parce qu'il avait rendu licite le meurtre de leurs nobles et la mobilisation de leurs armées. Quand cette lettre te parviendra, prends-moi l'obéissance de ceux qui sont sous ton autorité. Et considère l'homme au sujet duquel Kisra t'a écrit : ne le provoque pas jusqu'à ce que mon ordre te parvienne. » Lorsque la lettre de Shiruyah parvint à Badhan, il dit : « Cet homme est vraiment un Messager (rasul). » Il embrassa donc l'Islam, et les Abna' de Perse qui étaient au Yémen embrassèrent également l'Islam. Les Himyarites disaient à Kharkhusraw : « Dhu al-Mu'jizah (le possesseur du prodige) », à cause de la ceinture (al-mintaqah) que le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) lui avait donnée – et "ceinture" en langue himyarite est "al-mu'jizah". Aujourd'hui, ses enfants sont attribués à cela : Kharkhusraw Dhu al-Ma'jazah. Ababuh avait dit à Badhan : « Je n'ai parlé à aucun homme qui m'ait inspiré plus de crainte (ahayaba) que lui. » Badhan lui dit : « Avait-il des gardes (shurat) ? » Il dit : « Non. » Mention de ce qui a été rapporté concernant la confidence (munajat) d'Abu Bakr as-Siddiq avec les associateurs (mushriki) de La Mecque au sujet de la victoire des Romains et des Perses. 242 - Muhammad ibn Ibrahim nous a rapporté : Abu 'Arouba al-Harrani nous a rapporté : al-Musayyab ibn Wadih nous a rapporté : Abu Ishaq al-Fazari nous a rapporté, d'après Sufyan, d'après Habib ibn Abi 'Amrah, d'après Sa'id ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbas (qu'Allah les agrée tous deux) qui a dit : Les musulmans aimaient que les Romains triomphent, car ils étaient gens du Livre (ahl kitab), tandis que les associateurs aimaient que les Perses triomphent, car ils étaient gens des idoles (ahl awthan). Abu Bakr mentionna cela au Prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue). Il dit : « Ils seront vaincus. » Abu Bakr mentionna cela aux associateurs. Ils dirent : « Fixe un terme entre nous et toi. S'ils triomphent, tu auras telle et telle chose ; s'ils sont vaincus, nous aurons [telle chose]. » Il fixa entre eux et lui un délai de cinq ans. Cela se passa ainsi. Abu Bakr mentionna cela au Prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue). Il dit : « N'aurais-tu pas fixé moins de dix [ans] ? » Sa'id dit : « Al-bid' (le petit nombre) est moins de dix. » Il dit : Les Romains furent vaincus, puis ils triomphèrent. C'est cela la parole du Très-Haut : « Alif Lam Mim. Les Romains ont été vaincus dans la terre la plus proche, et après leur défaite, ils triompheront » jusqu'à Sa parole : « par le secours d'Allah (bi-nasri Allah) » [Sourate ar-Rum, verset 5]. Sufyan dit : J'ai entendu qu'ils triomphèrent le jour de Badr.
243 - Ibrahim ibn Ahmad nous a rapporté : Ahmad ibn al-Faraj nous a rapporté : Abu 'Umar al-Duri nous a rapporté : Muhammad ibn Marzuq nous a rapporté : Muhammad ibn al-Sa'ib al-Kalbi nous a rapporté d'après Abu Salih d'après Ibn 'Abbas (que Dieu les agrée tous deux) au sujet de la parole de Dieu (Puissant et Majestueux) : « Alif, Lam, Mim. Les Romains ont été vaincus » 120. Il mentionna alors l'entretien secret d'Abou Bakr avec Ubayy ibn Khalaf, similaire à cela, et dit : « Les Romains l'emportèrent sur les Perses le jour de Hudaybiyya 121, et cela se produisit au bout de sept ans. » Le cheikh 122 dit : « L'élément probant de cette histoire est l'annonce par le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) que les Romains allaient devenir vainqueurs après avoir été vaincus. Par cette annonce, Dieu Très-Haut dissipa chez les croyants l'affliction qu'ils ressentaient de la victoire des Perses sur les Romains. Ainsi, la promesse de Dieu se réalisa dans la véracité de l'annonce. Quant au pari d'Abou Bakr et à sa gageure contre les Qurayshites, c'était une recherche et un effort d'Abou Bakr, où il pouvait atteindre la justesse ou l'erreur. Si la justesse n'était pas atteinte, l'erreur se situait dans la recherche d'Abou Bakr, non dans l'annonce de Dieu, car Dieu (Puissant et Majestueux) n'avait pas fixé une année précise ; Il avait seulement promis la victoire des Romains sur les Perses dans un nombre d'années compris entre trois et neuf 123. Les Romains devinrent donc vainqueurs sur eux dans ce nombre, confirmant ainsi l'annonce et la promesse de Dieu (Puissant et Majestueux). Cela fut un signe pour le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), puisqu'il les informa de ce dont la véracité se réalisa et dont la réalité apparut. Et en cela se trouve la confirmation de sa prophétie (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Mention de ce qui a été rapporté dans l'histoire du Sayyid 124 et du 'Aqib 125 lorsqu'ils refusèrent l'épreuve d'imprécation 126 et acceptèrent la capitation 127 pour fuir l'épreuve d'imprécation. Cela concerne la parole de Dieu Très-Haut : « Dis : "Venez, appelons nos fils et vos fils..." » (Coran 3:61) jusqu'à Sa parole : « ...puis nous invoquerons la malédiction de Dieu sur les menteurs. » (Coran 3:61) 244 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté : Ahmad ibn Dawud al-Makki et Muhammad ibn Zakariyya al-Ghalabi nous ont rapporté : Bishr ibn Mihran al-Khassaf nous a rapporté : Muhammad ibn Dinar nous a rapporté d'après Dawud ibn Abi Hind d'après al-Sha'bi d'après Jabir qui dit : « Le 'Aqib et al-Tayyib 128 vinrent auprès du Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Il les appela à l'islam. Ils dirent : "Nous nous sommes soumis avant toi, ô Muhammad." Il dit : "Vous mentez. Si vous voulez, je vous informerai de ce qui vous empêche de vous soumettre." Ils dirent : "Donne-nous donc la nouvelle." Il dit : "L'amour de la croix, la consommation du vin et la consommation de la chair de porc." Jabir dit : "Il les appela alors à l'épreuve d'imprécation. Ils lui donnèrent rendez-vous pour le lendemain matin. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) vint le matin, prit par la main 'Ali, Fatima, al-Hasan et al-Husayn (que Dieu les agrée tous), puis envoya quelqu'un vers eux. Mais ils refusèrent de répondre à son appel et acceptèrent [de payer la capitation]. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) dit alors : "Par Celui qui m'a envoyé avec la vérité, s'ils l'avaient fait, la vallée aurait plu sur eux du feu." Jabir dit : "C'est à leur sujet que fut révélé : 'Dis : "Venez, appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nos propres personnes et vos propres personnes..." ' (Coran 3:61)." Al-Sha'bi dit : Jabir dit : « "Nos propres personnes et vos propres personnes" (Coran 3:61) : le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) et 'Ali ; "nos fils et vos fils" : al-Hasan et al-Husayn ; "nos femmes et vos femmes" : Fatima (que Dieu les agrée tous). » 245 - Ibrahim ibn Ahmad nous a rapporté : Ahmad ibn Faraj nous a rapporté : Abu 'Umar al-Duri nous a rapporté : Muhammad ibn Marwan nous a rapporté d'après Muhammad ibn al-Sa'ib al-Kalbi d'après Abu Salih d'après Ibn 'Abbas (que Dieu les agrée tous deux) que la délégation de Najran, composée de chrétiens, vint auprès du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Ils étaient quatorze hommes parmi leurs notables, dont le Sayyid, qui est le chef, et le 'Aqib, qui est celui qui vient après lui et qui est leur conseiller. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) leur dit : « Soumettez-vous. » Ils dirent : « Nous nous sommes déjà soumis. » Il dit : « Vous ne vous êtes pas soumis. » Ils dirent : « Au contraire, nous nous sommes soumis avant toi. » Il dit : « Vous mentez. Trois choses en vous vous empêchent de vous soumettre : votre adoration de la croix, votre consommation du porc et votre prétention que Dieu a un enfant. » Et fut révélé : « Certes, l'exemple de Jésus, auprès de Dieu, est comme l'exemple d'Adam : Il le créa de terre, puis Il lui dit : "Sois", et il fut. » (Coran 3:59). Lorsqu'il leur récita cela, ils dirent : « Nous ne reconnaissons pas ce que tu dis. » Et fut révélé : « À ceux qui te contredisent à son sujet, après ce que tu as reçu de science, dis : "Venez, appelons nos fils et vos fils..." » (Coran 3:61) jusqu'au verset : « ...puis nous invoquons [la malédiction de Dieu] » (Coran 3:61) – c'est-à-dire : nous nous efforçons dans l'invocation [pour que] ce que Muhammad a apporté soit la vérité et la justice, et que ce que vous dites soit le faux. Et il leur dit : « Dieu m'a ordonné, si vous n'acceptez pas cela, de procéder à l'épreuve d'imprécation avec vous. » Ils dirent : « Ô Abou al-Qasim, nous préférons retourner et réfléchir à notre affaire, puis nous viendrons à toi. » Il dit : « Alors ils se retirèrent en privé les uns avec les autres et se mirent d'accord entre eux. Le Sayyid dit au 'Aqib : "Par Dieu, vous savez que cet homme est un prophète envoyé. Si vous procédez à l'épreuve d'imprécation avec lui, ce sera votre anéantissement. Jamais un peuple n'a procédé à l'épreuve d'imprécation avec un prophète sans que leur aîné ne survive ni que leur cadet ne grandisse. Si vous ne le suivez pas et que vous persistez dans votre religion, alors faites la paix avec lui et retournez dans votre pays." Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) était sorti avec quelques membres de sa famille. 'Abd al-Masih 129 vint avec son fils et le fils de son frère. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) vint avec 'Ali, Fatima, al-Hasan et al-Husayn. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) dit : "Si je prie, dites 'Amen'." Mais ils refusèrent de procéder à l'épreuve d'imprécation avec lui et firent la paix avec lui sur la base de la capitation. Ils dirent : "Ô Abou al-Qasim, nous retournons à notre religion et te laissons avec ta religion. Envoie avec nous un homme de tes compagnons qui jugera entre nous et sera pour nous un arbitre équitable dans nos différends." Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) dit : "Venez ce soir, je vous enverrai l'homme fort et digne de confiance." Il regarda jusqu'à ce qu'il vit Abou 'Ubayda ibn al-Jarrah ; il l'appela et dit : "Va avec ces gens et juge entre eux avec justice." »
246 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : 'Abdān ibn Aḥmad nous a rapporté : Muḥammad ibn Muṣaffā nous a rapporté : al-Walīd ibn Muslim nous a rapporté, d'après Muḥammad ibn Ḥamza ibn Yūsuf ibn 'Abd Allāh ibn Salām, d'après son père, que 'Abd Allāh ibn Salām a dit aux docteurs juifs : « Je veux renouveler une alliance dans la mosquée de notre père Abraham et Ismaël. » Il se rendit auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) alors qu'il était à La Mecque ; il les trouva alors qu'ils revenaient du pèlerinage et rencontra le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) à Minā, les gens autour de lui. Il se tint avec les gens. Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) le regarda, il dit : « Es-tu 'Abd Allāh ibn Salām ? » Il répondit : « Oui. » Il dit : « Approche-toi. » Je m'approchai de lui et il dit : « Je t'adjure par Dieu, ô 'Abd Allāh ibn Salām, ne me trouves-tu pas dans la Torah comme Messager de Dieu ? » Je lui dis : « Décris-nous notre Seigneur. » Alors Gabriel vint jusqu'à se tenir devant le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et lui dit : « Dis : Il est Dieu, Unique, Dieu, l'Éternel 130 » jusqu'à la fin. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) la récita pour nous. Ibn Salām dit : « J'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu et que tu es le Messager de Dieu. » Puis Ibn Salām retourna à Médine et cacha sa conversion. Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) émigra à Médine, alors que j'étais au sommet d'un palmier à moi que je taillais, je me jetai (en bas). Ma mère dit : « Par Dieu, si c'était Moïse fils d'Imran, il ne t'aurait pas convenu de te jeter du haut du palmier ! » Je dis : « Par Dieu, je suis plus heureux de l'arrivée du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) que de Moïse fils d'Imran lorsqu'il fut envoyé. » 247 - 'Alī ibn Hārūn nous a rapporté : Mūsā ibn Hārūn ibn 'Abd Allāh nous a rapporté : Shaybān ibn Farrūkh nous a rapporté : Ḥammād ibn Salama nous a rapporté : Thābit et Ḥumayd nous ont rapporté, d'après Anas, que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) arriva à Médine alors que 'Abd Allāh ibn Salām était dans ses palmiers. 'Abd Allāh ibn Salām vint au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et dit : « Je te demande des choses que seul un prophète connaît. Si tu m'en informes, je croirai en toi. » Il l'interrogea sur la ressemblance 131, sur la première chose qui rassemblera les gens 132, et sur la première chose que mangeront les gens du Paradis. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Gabriel vient de m'en informer. » Il dit : « C'est donc l'ennemi des Juifs. » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Quant à la ressemblance : si l'eau de l'homme précède l'eau de la femme, l'enfant lui ressemble ; si l'eau de la femme précède l'eau de l'homme, l'enfant lui ressemble. La première chose qui rassemblera les gens est un feu qui viendra de l'Orient et rassemblera les gens vers l'Occident. La première chose que mangeront les gens du Paradis est la tête d'un taureau et le foie d'une baleine. » Il dit : « Ô Messager de Dieu, les Juifs sont un peuple calomniateur ; s'ils entendent que j'ai cru en toi, ils me calomnieront et m'attaqueront. Cache-moi d'eux et envoie-les chercher. » Il envoya donc quelqu'un vers eux ; ils vinrent. Il dit : « Que pensez-vous de 'Abd Allāh ? » Ils dirent : « C'est notre maître, le fils de notre maître, le plus savant d'entre nous, le fils du plus savant, le meilleur d'entre nous, le fils du meilleur. » Il dit : « Que diriez-vous s'il se convertissait à l'islam ? » Ils lui dirent : « Que Dieu l'en préserve ! Il ne ferait jamais cela. » Il dit : « Sors, ô Ibn Salām ! » Il sortit vers eux et dit : « J'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu et j'atteste que Muḥammad est le Messager de Dieu. » Ils dirent : « C'est plutôt le pire d'entre nous, le fils du pire, l'ignorant d'entre nous, le fils de l'ignorant. » Il dit : « Ne t'avais-je pas informé, ô Messager de Dieu, que ce sont des gens calomniateurs ? » 248 - Muḥammad ibn Aḥmad Abū Aḥmad nous a rapporté : 'Abd Allāh ibn Muḥammad ibn Shīrawayh nous a rapporté : Isḥāq ibn Ibrāhīm nous a rapporté : 'Īsā ibn Yūnus nous a rapporté : al-A'mash nous a rapporté, d'après Ibrāhīm, d'après 'Alqama, d'après 'Abd Allāh ibn Mas'ūd (que Dieu l'agrée) qui a dit : « Alors que je marchais avec le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dans un champ labouré à Médine, appuyé sur une branche de palmier, nous passâmes près d'un groupe de Juifs. Certains dirent : 'Interrogez-le.' D'autres dirent : 'Ne l'interrogez pas sur quoi que ce soit, de peur qu'il ne vous dise quelque chose que vous détesteriez.' Certains dirent : 'Interrogeons-le.' Un homme se leva et dit : 'Ô Abū al-Qāsim, qu'est-ce que l'Esprit 133 ?' Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) garda le silence. Je sus alors qu'il recevait une révélation. Je me levai. Lorsque cela lui fut dévoilé, il dit : « Et ils t'interrogent sur l'Esprit. Dis : L'Esprit procède de l'ordre de mon Seigneur ; et vous n'avez reçu que peu de science. » [Coran 17:85] Mention des récits sur les djinns, leur conversion à l'islam, leurs délégations auprès du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) et leur rencontre avec les musulmans, tant à La Mecque qu'à Médine ; nous les avons rassemblés en un seul chapitre. 249 - 'Abd Allāh ibn Salām ibn Muḥammad et Muḥammad ibn Ibrāhīm nous ont rapporté : Abū Ya'lā nous a rapporté : Muḥammad ibn Abī Bakr al-Muqaddamī nous a rapporté : Yaḥyā ibn Sa'īd nous a rapporté, d'après Ibn 'Ajlān, qui a dit : Ṣayfī nous a rapporté, d'après Abū al-Sā'ib, qui a dit : J'ai entendu Abū Sa'īd al-Khudrī rapporter du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) qu'il a dit : « Il y a à Médine un groupe de djinns qui se sont convertis à l'islam. Quiconque voit quelque chose de ces 'awāmir 134, qu'il l'avertisse trois fois. Si après trois fois il se montre encore, qu'il le tue, car c'est un démon. » 250 - Abū Aḥmad Muḥammad ibn Aḥmad nous a rapporté : al-Qāsim ibn Zakariyyā nous a rapporté : Bundār et Aḥmad ibn Sinān nous ont rapporté : 'Abd al-Raḥmān ibn Mahdī nous a rapporté : Sufyān nous a rapporté, d'après al-A'mash, d'après Ibrāhīm, d'après Abū Ma'mar, qui a dit : 'Abd Allāh ibn Mas'ūd a dit : « Un groupe d'humains adorait un groupe de djinns. Les djinns se convertirent à l'islam, mais ces humains persistèrent dans leur adoration. Dieu Très-Haut révéla alors : « Ceux qu'ils invoquent cherchent eux-mêmes le moyen de se rapprocher de leur Seigneur, [rivalisant] à qui sera le plus proche. » [Coran 17:57] » 251 - al-Ḥasan ibn 'Alī al-Warrāq nous a rapporté : Muḥammad ibn Aḥmad ibn Yaḥyā ibn Sulaym nous a rapporté : 'Abda al-Ṣaffār nous a rapporté : 'Abd al-Ṣamad ibn 'Abd al-Wārith nous a rapporté : mon père nous a rapporté, disant : J'ai entendu un récit de Qatāda, d'après 'Abd Allāh ibn Ma'bad al-Zimmānī, d'après 'Abd Allāh ibn 'Utba, d'après 'Abd Allāh ibn Mas'ūd (que Dieu l'agrée) : « Ceux qu'ils invoquent cherchent eux-mêmes le moyen de se rapprocher de leur Seigneur » [Coran 17:57] – il dit : « Ce verset fut révélé à propos d'un groupe d'Arabes qui adoraient un groupe de djinns. Les djinns se convertirent à l'islam, mais les humains qui les adoraient ne le savaient pas. Alors fut révélé : « Ceux qu'ils invoquent cherchent eux-mêmes le moyen de se rapprocher de leur Seigneur » [Coran 17:57] – le verset. » Chapitre sur ce qui a été rapporté concernant leur collecte des aumônes et leur remise au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). 252 - Abū 'Amr ibn Ḥamdān nous a rapporté : al-Ḥasan ibn Sufyān nous a rapporté : 'Ubayd ibn Hishām al-Ḥalabī et Ḥakīm ibn Sayf al-Raqqī nous ont rapporté : 'Ubayd Allāh ibn 'Umar nous a rapporté, d'après 'Abd al-Karīm, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbās (que Dieu les agrée) qui a dit : « Un homme sortit de Khaybar ; deux hommes le suivirent, et un autre les suivait en disant : 'Revenez !' jusqu'à ce qu'il les rattrape et les fît revenir. Puis il rejoignit l'homme et lui dit : 'Ces deux-là sont des démons ; je n'ai cessé de les retenir jusqu'à ce que je les aie fait revenir de toi. Quand tu arriveras auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), transmets-lui le salut et informe-le que nous sommes en train de collecter nos aumônes ; si elles lui convenaient, nous les lui aurions envoyées.' Lorsque l'homme arriva à Médine, il vint auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et l'en informa. Alors le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) interdit, à cette occasion, la solitude 135. »
253 - Nous a rapporté Sahl ibn 'Abd Allah : nous a rapporté al-Husayn ibn Ishaq : nous a rapporté Yahya ibn 'Abd al-Hamid : nous a rapporté Waki' et Yahya ibn Yaman, d'après Sufyan, d'après 'Asim, d'après Zirr : {Et lorsque Nous avons dirigé vers toi une troupe de djinns 136} [Coran, al-Ahqaf, 46:29] Il dit : ils étaient neuf, dont l'un était Zawba'a 137. {Puis, quand ils se présentèrent auprès de lui, ils dirent : "Écoutez attentivement"} [Coran, al-Ahqaf, 46:29] Ils dirent : "Chut !" 254 - Nous a rapporté Muhammad ibn Ahmad ibn Yusuf : nous a rapporté Musa ibn Harun : nous a rapporté mon père : nous a rapporté Abu Usama : nous a rapporté Mis'ar, d'après Ma'n ibn 'Abd al-Rahman, qui dit : j'ai entendu mon père dire : j'ai interrogé Masruq : "Qui a informé le Prophète (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) de la présence des djinns la nuit où ils écoutèrent le Coran ?" Il dit : ton père 'Abd Allah ibn Mas'ud m'a raconté : un arbre 138 les lui a signalés. Et il dit une autre fois : un arbre. 255 - Nous a rapporté 'Abd Allah ibn Muhammad ibn Ja'far : nous a rapporté Ahmad ibn al-Hasan ibn 'Abd al-Jabbar : nous a rapporté Bishr ibn al-Walid al-Kindi : nous a rapporté Bishr ibn 'Abd Allah al-Naji, qui dit : j'étais chez al-Hasan ibn Abi al-Hasan 139 quand arriva Ibn Sirin 140 ; il salua et s'assit. Deux hommes vinrent à lui et dirent : "Nous sommes venus te poser une question." Il dit : "Interrogez-moi sur ce que vous voulez." Ils dirent : "As-tu connaissance de djinns ayant prêté allégeance 141 au Prophète (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) ?" Il sourit et dit : "Je ne pensais pas que quelqu'un me poserait cette question. Mais allez plutôt voir Abu Raja' 142, car il est plus âgé que moi ; peut-être vous informera-t-il de ce qu'il a vu et entendu." Les deux hommes partirent, et je partis avec eux, jusqu'à ce que nous entrions chez Abu Raja'. Il était au fond de la maison, et la maison était remplie de sable. Devant lui se trouvait une chamelle qu'il trayait. Nous le saluâmes et nous assîmes. Nous dîmes : "Nous sommes venus te poser une question." Il dit : "Interrogez sur ce que vous voulez." Ils dirent : "As-tu connaissance de djinns ayant prêté allégeance au Prophète (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) ?" Il sourit comme al-Hasan et dit : "Je ne pensais pas que quelqu'un me poserait cette question. Mais je vais vous informer de ce que j'ai vu et entendu. Nous étions en voyage, et nous nous arrêtâmes près d'une source d'eau. Nous plantâmes nos tentes, et j'allai me reposer. Voici qu'un serpent entra dans la tente, en s'agitant. Je tendis mon outre et versai de l'eau sur lui ; chaque fois que je versais de l'eau, il se calmait, et chaque fois que j'arrêtais, il s'agitait, jusqu'à ce que le muezzin appelle au départ. Je dis à mes compagnons : 'Attendez que je sache ce qu'il advient de ce serpent.' Après avoir prié le 'asr 143, le serpent mourut. Je pris ma besace, en sortis un linge blanc, l'enveloppai, le shrouds 144, creusai une tombe et l'enterrai. Puis nous voyageâmes ce jour et cette nuit, jusqu'au matin. Nous nous arrêtâmes près d'une source d'eau, plantâmes nos tentes, et j'allai me reposer. Voici que j'entendis des voix : 'La paix soit sur vous' (deux fois). Ce n'était ni un, ni dix, ni cent, ni mille, mais plus que cela. Je dis : 'Qui êtes-vous ?' Ils dirent : 'Nous sommes les djinns. Qu'Allah te bénisse ! Tu as fait pour nous ce que nous ne pouvons te récompenser.' Je dis : 'Qu'ai-je fait pour vous ?' Ils dirent : 'Le serpent qui est mort chez toi était le dernier survivant de ceux qui, parmi les djinns, ont prêté allégeance au Prophète (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui).' 256 - Nous a rapporté Sulayman ibn Ahmad : nous a rapporté Mutallib ibn Shu'ayb : nous a rapporté 'Abd Allah ibn Salih : m'a rapporté 'Abd al-'Aziz ibn 'Abd Allah ibn Abi Salama al-Majishun, d'après Mu'adh ibn 'Abd Allah ibn Ma'mar, qui dit : j'étais assis chez 'Uthman ibn 'Affan quand un homme vint et dit : "Ô Commandeur des croyants ! Alors que j'étais dans telle et telle plaine désertique, voici que deux trombes 145 s'avancèrent, l'une d'un endroit, l'autre d'un autre. Elles se rencontrèrent, s'affrontèrent, puis se séparèrent, l'une étant plus petite qu'à son arrivée. Je me rendis à l'endroit de leur affrontement, et voici que je vis des serpents comme je n'en avais jamais vu. De certains d'entre eux émanait une odeur de musc. Je me mis à retourner les serpents pour voir d'où venait cette odeur, et voici qu'elle venait d'un serpent jaune et mince. Je pensai que cela était dû à un bien en lui, je l'enveloppai dans mon turban, puis l'enterrai. Alors que je marchais, un héraut m'appela sans que je le voie : 'Ô serviteur d'Allah, qu'est-ce que tu as fait ?' Je l'informai de ce que j'avais vu. Il dit : 'Tu as été guidé. Ces deux-là étaient deux tribus de djinns, les Banu Shu'ayban et les Banu Uqays. Ils se rencontrèrent, et il y eut entre eux les morts que tu as vues. Celui que tu as pris a été martyrisé, et il était de ceux qui écoutèrent la révélation du Messager d'Allah (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui).' 'Uthman dit : 'Si tu dis vrai, tu as vu une chose étonnante ; si tu mens, que ton mensonge retombe sur toi.'" 257 - Nous a rapporté Abu Muhammad ibn Hayyan : nous a rapporté Abu al-Tayyib Ahmad ibn Ruh : nous a rapporté Ya'qub al-Dawraqi : nous a rapporté al-Walid ibn Bakr al-Taymi : nous a rapporté Husayn ibn 'Umar : m'a informé 'Ubayd al-Mukattib, d'après Ibrahim al-Nakha'i, qui dit : "Un groupe de compagnons de 'Abd Allah 146 partit pour le pèlerinage. Alors qu'ils étaient en chemin, voici qu'ils virent un serpent qui se tortillait sur la route, blanc, d'où s'exhalait une odeur de musc. Je dis à mes compagnons : 'Passez votre chemin, je ne bougerai pas avant de voir ce qu'il advient de ce serpent.' Peu de temps après, il mourut. Je pris un linge blanc, l'enveloppai dedans, l'écartai de la route et l'enterrai. Je rejoignis mes compagnons le soir. Par Allah, alors que nous étions assis, voici que quatre femmes arrivèrent du côté du couchant. L'une d'elles dit : 'Lequel d'entre vous a enterré 'Amr ?' Nous dîmes : 'Qui est 'Amr ?' Elle dit : 'Lequel d'entre vous a enterré le serpent ?' Je dis : 'Moi.' Elle dit : 'Par Allah, tu as enterré quelqu'un qui jeûnait beaucoup, priait beaucoup, ordonnait ce qu'Allah a révélé. Il a cru en votre Prophète et a entendu sa description dans le ciel quatre cents ans avant qu'il ne soit envoyé.' L'homme dit : 'Nous louâmes Allah le Très-Haut, puis nous accomplîmes notre pèlerinage. Ensuite, je passai par Médine chez 'Umar ibn al-Khattab et l'informai de l'histoire du serpent. Il dit : 'Tu as dit vrai. J'ai entendu le Messager d'Allah (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) dire : "Il a cru en moi quatre cents ans avant que je ne sois envoyé."' 258 - Et nous a rapporté al-Hasan ibn Ishaq ibn Ibrahim ibn Zayd : nous a rapporté Ahmad ibn 'Amr ibn Jabir al-Ramli : nous a rapporté Ahmad ibn Muhammad ibn Zarif : nous a rapporté Muhammad ibn Kathir, d'après al-A'mash, qui dit : m'a rapporté Wahb ibn Jabir, d'après Ubayy ibn Ka'b, qui dit : "Des gens partirent pour La Mecque et perdirent leur chemin. Quand ils virent la mort ou faillirent mourir, ils revêtirent leurs linceuls et s'allongèrent pour mourir. Alors un djinn sortit vers eux en se faufilant entre les arbres et dit : 'Je suis le dernier survivant du groupe qui écouta le Prophète (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui). J'ai entendu le Messager d'Allah (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) dire : "Le croyant est le frère du croyant : son œil et son guide. Il ne l'abandonne pas. Voici l'eau et voici le chemin." Puis il les guida vers l'eau et les orienta vers le chemin." Ce qui a été rapporté au sujet de leur rencontre avec le Messager d'Allah (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui).
259 - Ḥabīb ibn al-Ḥasan nous a rapporté : Muḥammad ibn Yaḥyā al-Marwazī nous a rapporté : Aḥmad ibn Muḥammad ibn Ayyūb nous a rapporté, d’après Ibrāhīm ibn Sa‘d, qui a dit : Muḥammad ibn Isḥāq nous a rapporté, qui a dit : Ensuite, le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) repartit en retournant de Ṭā’if vers La Mecque, lorsqu’il désespéra du bien des Thaqīf, jusqu’à ce qu’il fût à Nakhlah. Il se leva au milieu de la nuit pour prier, et passèrent près de lui le groupe (an-nafar) de djinns qu’Allāh a mentionnés. Ils étaient, selon ce qui m’a été rapporté, sept hommes (sab‘atu nafarin) originaires de Naṣībīn ; leurs noms, d’après ce qui m’est parvenu, sont : Ḥasā, Masā, Shāṣirah, Nāṣirah, les deux fils d’al-Arab, Abyan et Akhḍam. Ils l’écoutèrent, et lorsqu’il eut terminé sa prière, ils retournèrent vers leur peuple en avertisseurs (mundhirīn), ayant cru et répondu à ce qu’ils avaient entendu. Allāh lui raconta leur histoire dans le Coran : {Et lorsque Nous dirigeâmes vers toi un groupe de djinns pour écouter le Coran} [al-Aḥqāf, 29] jusqu’à Sa parole : {et vous protégera d’un châtiment douloureux} [al-Aḥqāf, 31]. Et Il dit : {Dis : « Il m’a été révélé qu’un groupe de djinns a écouté, puis a dit : “Nous avons entendu un Coran merveilleux” »} [al-Jinn, 1] jusqu’à la fin de cette sourate. 260 - Abū ‘Amr Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Ḥasan nous a informés, disant : al-Ḥasan ibn al-Jahm nous a rapporté : al-Ḥusayn ibn al-Faraj nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Umar al-Wāqidī nous a rapporté, disant : Ibn Abī Sabrah m’a rapporté, d’après Isḥāq ibn ‘Abd Allāh ibn Ja‘far, qui a dit : « Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) fut absent à Ṭā’if jusqu’à son retour pendant vingt-cinq nuits, et il arriva à La Mecque le mardi, vingt-trois jours écoulés de Dhū al-Qa‘dah. Il était sorti le trois derniers jours de Shawwāl. Les djinns (al-jinn) vinrent à lui à al-Ḥajūn au mois de Rabī‘ al-Awwal, la onzième année de la prophétie. » Al-Wāqidī dit : « Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) resta à La Mecque trois mois jusqu’à ce que les djinns vinssent à lui. » 261 - Puis Ya‘qūb ibn ‘Amr m’a rapporté, d’après Ya‘qūb ibn Salamah, d’après Ka‘b al-Aḥbār, qui a dit : « Lorsque les sept hommes (an-nafar as-sab‘ah) originaires de Naṣībīn, de la vallée de Nakhlah – et ils sont untel, untel, untel, al-Ardībān et al-Aḥqab – s’en retournèrent, ils vinrent à leur peuple en avertisseurs (mundhirīn). Alors ils sortirent en délégation (wāfidīn) vers le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue), au nombre de trois cents. Ils arrivèrent à al-Ḥajūn, et al-Aḥqab vint et salua le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue), et dit : “Notre peuple est présent à al-Ḥajūn pour te rencontrer.” Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) lui fixa un rendez-vous de nuit à al-Ḥajūn. » 262 - Al-Wāqidī dit : ‘Abd al-Ḥamīd ibn ‘Imrān ibn Abī Anas m’a rapporté, d’après son père, qui a dit : « Un groupe de djinns (nafarun mina l-jinni) vint auprès du Prophète (qu’Allāh prie sur lui et le salue) à La Mecque, et ils descendirent dans la partie haute de La Mecque. Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) dit : “Que nul homme dont le cœur contient un grain de moutarde de rancune (ghill) contre quiconque ne vienne avec moi.” ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd dit : “Je pris une petite outre (idāwah) contenant du nabīdh (boisson fermentée de dattes).” ‘Imrān ibn Abī Anas dit : “Il sortit, et lorsqu’il fut à al-Ḥajūn, le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) traça pour lui une ligne (khaṭṭa), puis dit : ‘Tiens-toi ici jusqu’à ce que je revienne, et n’aie pas peur.’ Et il s’en alla.” Ils dirent : “Ibn Mas‘ūd dit : ‘Et je voyais leur montagne (jabalahum) en cercles (ḥilaqan ḥilaqan).’ Il dit : ‘Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) s’en alla jusqu’à disparaître de la vue d’Ibn Mas‘ūd, et ‘Abd Allāh ne le vit pas jusqu’à l’aube (asḥara), tandis que ‘Abd Allāh était debout, ne s’étant pas assis.’ Il lui dit : ‘Es-tu resté debout tout le temps ?’ ‘Abd Allāh dit : ‘Tu m’as dit : “Tiens-toi ici”, et je n’allais pas m’asseoir jusqu’à ce que je te voie.’ Il dit : ‘As-tu vu quelque chose ?’ Il dit : ‘J’ai vu des formes noires (aswidah) et des montagnes (ajbilah), et j’ai entendu un grand bruit (laghaṭan shadīdan).’ Il dit : ‘Ce sont les djinns de Naṣībīn (jinnu Naṣībīna) qui sont venus à moi pour une affaire qui était entre eux.’ Lorsque l’aube (al-fajr) pointa, il dit : ‘As-tu avec toi de quoi faire les ablutions (wuḍū’) pour la prière ?’ Il dit : ‘Je dis : “J’ai avec moi une petite outre (idāwah) contenant du nabīdh.”’ Il dit : ‘Une datte bonne (tamratun ṭayyibatun) et une eau pure (mā’un ṭahūrun).’ Il dit : ‘Verse sur moi.’ Je le fis. Puis deux d’entre eux vinrent à lui, et le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) dit : ‘N’ai-je pas réglé votre affaire (ḥājatakumā) ?’ Ils dirent : ‘Si, mais nous avons aimé qu’un priant (muṣallin) parmi nous prie avec toi.’ Alors le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) pria, et ils prièrent. Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) récita dans la prière du matin (aṣ-ṣubḥ) : “Tabāraka al-Mulku” (Béni soit Celui qui détient la Royauté) et la sourate al-Jinn. Lorsque le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) eut salué (sallama), Ibn Mas‘ūd dit : ‘Je vis le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) prêter l’oreille (yuṣghī bi-sam‘ihi), et il resta un moment.’ Il dit : ‘Qu’importe ce qu’ils ont entendu du Coran ! Ils m’ont demandé des provisions (az-zād).’ ‘Abd Allāh dit : ‘Ô Messager d’Allāh, as-tu quelque chose à leur donner comme provisions (yuzawwiduhum) ?’ Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) dit : « Je leur ai donné comme provisions (zawwadtuhumu) le rajī‘ (excréments), et ils ne trouveront aucun os (ʿaẓm) sans le trouver couvert de chair (ʿirq), ni aucune bouse (rawthah) sans la trouver comme une datte fraîche (tamratan naḍratan). » Ils dirent : « Ô Messager d’Allāh, les gens (an-nās) vont nous le gâter (yufsiduhu). » Alors le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) interdit (nahā) de se purifier (yastanjī) avec un os (al-ʿaẓm) ou des excréments (ar-rajī‘). ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd dit : « Lorsqu’il vint à Kūfah et vit les Zutt (az-Zuṭṭ), il dit : ‘Ceux-ci sont les plus semblables parmi les humains (al-ins) que j’aie vus aux djinns qui furent dirigés vers le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) à al-Ḥajūn.’ » 263 - ‘Abd Allāh ibn Muḥammad ibn Ja‘far nous a rapporté, disant : Ibrāhīm ibn Muḥammad ibn al-Ḥusayn nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Uzayz nous a rapporté : Salāmah ibn Rawḥ nous a rapporté, d’après ‘Uqayl, d’après Ibn Shihāb, qui a dit : Abū ‘Uthmān ibn Sannah al-Khuzā‘ī m’a rapporté qu’Ibn Mas‘ūd a dit : « Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) dit à ses compagnons, alors qu’il était à La Mecque : “Que celui d’entre vous qui veut assister cette nuit à l’affaire des djinns (amra l-jinni) le fasse.” Aucun d’eux n’y assista excepté moi. Nous partîmes, et lorsque nous fûmes dans la partie haute de La Mecque, il traça pour moi une ligne (khaṭṭa) [et m’ordonna de m’asseoir à l’intérieur]. Puis il s’en alla jusqu’à se tenir debout, et il commença la récitation du Coran (iftataḥa al-Qur’ān). Alors l’entourèrent de nombreuses formes noires (aswidatun kathīratun) au point qu’elles s’interposèrent entre moi et lui, jusqu’à ce que je n’entendisse plus sa voix. Ils partirent, se dispersant comme des fragments de nuages (qiṭa‘i s-saḥābi), s’en allant, jusqu’à ce qu’il ne restât d’eux qu’un groupe (rahṭ). Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) se hâta vers la milḥah (terre salée ?), s’en alla, se découvrit (baraza), puis vint à moi et dit : “Qu’a fait le groupe (ar-rahṭ) ?” Je dis : “Ils sont ceux-là, ô Messager d’Allāh.” Il dit : Alors il prit un os (ʿaẓman) et une bouse (rawthan), les leur donna, puis il interdit (nahā) que quiconque se purifiât (yastaṭība) avec un os (ʿaẓm) ou une bouse (rawth). » 264 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté, disant : Ibrāhīm ibn Muḥammad ibn Muṣaffā et ‘Amr ibn ‘Uthmān nous ont rapporté, tous deux disant : Baqiyyah nous a rapporté, d’après az-Zubaydī, d’après az-Zuhrī, d’après Sa‘īd ibn al-Musayyab, d’après Abū Hurayrah (qu’Allāh l’agrée), que le Prophète d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) a dit : « Pendant que je dormais, le diable (ash-shayṭān) se dressa devant moi ; je saisis sa gorge (ḥalqihi) et l’étranglai (khanaqtuhu) jusqu’à ce que je sentisse la fraîcheur de sa langue (lisānihi) sur mon pouce (ibhāmī). Qu’Allāh fasse miséricorde à Sulaymān ! Sans son invocation (da‘watahu), il serait resté attaché (marbūṭan) et vous le regarderiez. » 265 - Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Ḥasan nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn Aḥmad ibn Ḥanbal nous a rapporté : mon père m’a rapporté : Muḥammad ibn Ja‘far nous a rapporté ; et Abū Aḥmad Muḥammad ibn Aḥmad nous a rapporté : al-Ḥasan ibn Sufyān nous a rapporté : Abū Bakr ibn Abī Shaybah nous a rapporté : Shabābah ibn Sawwār nous a rapporté ; et Abū Aḥmad Muḥammad ibn Aḥmad nous a rapporté, disant : Isḥāq ibn Banān nous a rapporté : Isḥāq ibn Abī Isrā’īl nous a rapporté : an-Naḍr ibn Shumayl nous a rapporté ; ils ont dit : d’après Muḥammad ibn Ziyād, d’après Abū Hurayrah, d’après le Prophète (qu’Allāh prie sur lui et le salue), qui a dit : « Un ‘ifrīt (démon puissant) parmi les djinns (‘ifrītun mina l-jinni) s’est élancé contre moi la nuit dernière pour interrompre ma prière (yaqṭa‘a ‘alayya aṣ-ṣalāta). Allāh m’a donné pouvoir sur lui, je l’ai saisi et j’ai voulu l’attacher à un pilier (sāriyah) des piliers de la mosquée jusqu’au matin, afin que vous le voyiez tous ensemble. Mais je me suis rappelé l’invocation (da‘wata) de mon frère Sulaymān : {Seigneur, pardonne-moi et accorde-moi un royaume (mulkan) qui ne convienne à personne après moi} [Ṣād, 35]. » Il dit : « Je le renvoyai donc humilié (khāsi’an). »
266 - Muḥammad ibn Aḥmad ibn Ibrāhīm nous a rapporté : Muḥammad ibn al-Ḥasan ibn Qutayba nous a rapporté : Ḥarmala ibn Yaḥyā nous a rapporté : Ibn Wahb nous a rapporté : Muʿāwiya ibn Ṣāliḥ m’a rapporté, d’après Rabīʿa ibn Yazīd, d’après Abū Idrīs al-Ḫawlānī, d’après Abū al-Dardā’ qui a dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) se leva pour prier et je l’entendis dire : « Je cherche refuge auprès de Dieu contre toi. » Puis il dit : « Je te maudis de la malédiction de Dieu » trois fois. Puis il étendit ses mains comme s’il attrapait quelque chose. Lorsqu’il eut fini la prière, nous dîmes : « Ô Messager de Dieu, nous t’avons entendu dire dans la prière quelque chose que nous ne t’avions pas entendu dire auparavant, et nous t’avons vu étendre tes mains. » Il dit : « L’ennemi de Dieu, Iblīs 147, est venu avec une flamme de feu pour la mettre sur mon visage. J’ai dit : “Je cherche refuge auprès de Dieu contre toi”, mais il ne s’est pas éloigné de moi. Puis je l’ai redit, mais il ne s’est pas éloigné. Puis je l’ai dit une troisième fois, mais il ne s’est pas éloigné. Alors j’ai voulu le saisir. Sans l’invocation de notre frère Sulaymān 148, il serait resté attaché le matin, jouet des enfants des habitants de Médine. » 267 - Abū Isḥāq ibn Ḥamza nous a rapporté : Muḥammad ibn Yaḥyā et Jaʿfar ibn Aḥmad ibn Sinān nous ont rapporté : Hilāl ibn Bishr nous a rapporté : ʿUthmān ibn al-Haytham nous a rapporté : ʿAwf, d’après Muḥammad, d’après Abū Hurayra (que Dieu l’agrée) qui a dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) m’a confié la zakāt 149 de Ramaḍān pour que je la garde. Un visiteur vint à moi et se mit à prendre des poignées de nourriture. Je le saisis et il dit : « Laisse-moi, car je suis dans le besoin et j’ai une famille. » Il se plaignit de son besoin, j’eus pitié de lui et le laissai partir. Le matin, le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Ô Abū Hurayra, qu’a fait ton prisonnier de la nuit dernière ? » Je dis : « Ô Prophète de Dieu, il s’est plaint d’un grand besoin, d’une famille nombreuse et de difficultés ; j’ai eu pitié de lui et l’ai laissé partir. » Il dit : « Il t’a menti et il reviendra. » La deuxième nuit, il vint prendre des poignées de nourriture. Abū Hurayra le saisit et dit : « Je vais certainement te dénoncer au Messager de Dieu. Tu as prétendu que tu ne reviendrais pas, mais je te vois revenu. » Il dit : « Laisse-moi », et se plaignit de sa famille et d’un grand besoin. Il le laissa partir par pitié. Le matin, le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Ô Abū Hurayra, qu’a fait ton prisonnier de la nuit dernière ? » Je dis : « Ô Prophète de Dieu, il s’est plaint d’un grand besoin et de difficultés ; j’ai eu pitié de lui et l’ai laissé partir. » Il dit : « Il t’a menti. » La troisième nuit, il revint. Abū Hurayra le saisit et dit : « Je vais certainement te dénoncer au Messager de Dieu. Voilà trois nuits que tu prétends ne pas revenir, puis tu reviens. » Il dit : « Laisse-moi, je ne reviendrai pas, et je t’apprendrai des paroles par lesquelles Dieu te sera utile : lorsque tu te coucheras, récite le Verset du Trône 150 du début à la fin, car il ne cessera d’y avoir sur toi un gardien de la part de Dieu, et aucun démon ne s’approchera de toi jusqu’au matin. » Il le laissa partir. Le matin, le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Ô Abū Hurayra, qu’a fait ton prisonnier de la nuit dernière ? » Je dis : « Ô Prophète de Dieu, il m’a appris quelque chose dont il prétend que Dieu me sera utile. » Il dit : « Qu’est-ce ? » Il dit : « Il m’a ordonné, lorsque je me couche, de réciter le Verset du Trône du début à la fin, car il ne cessera d’y avoir sur moi un gardien et aucun démon ne s’approchera de moi jusqu’au matin. » Il dit : « Il t’a dit vrai, alors qu’il est menteur. Ô Abū Hurayra, sais-tu à qui tu parles depuis trois nuits ? » Je dis : « Non. » Il dit : « C’est un démon. » 268 - On nous a rapporté d’après Jaʿfar al-Ṣā’iġ : ʿAffān nous a rapporté : Ḥammād ibn Salama nous a rapporté, d’après ʿĀṣim, d’après Zirr, d’après ʿAbd Allāh (que Dieu l’agrée) qu’un homme rencontra un démon dans une ruelle de Médine. Il lutta avec lui et le terrassa. Le démon dit : « Laisse-moi, je vais t’apprendre quelque chose qui te plaira. » Il dit : « Non, jusqu’à ce que tu me le dises. » Il le relâcha et dit : « Dis-moi. » Mais il refusa de le lui dire. Il lutta de nouveau avec lui et le terrassa. Le démon dit : « Laisse-moi, je vais t’apprendre quelque chose qui te plaira. » Il dit : « Non, jusqu’à ce que tu me le dises. » Il le relâcha et dit : « Dis-moi. » Mais il refusa de le lui dire. Il lutta une troisième fois et le terrassa, puis lui mordit le doigt. Le démon dit : « Laisse-moi, que je t’apprenne quelque chose qui te plaira. » Il dit : « Non, par Dieu, jusqu’à ce que tu me le dises. » Il dit : « Récites-tu la sourate al-Baqara 151 ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Le démon, lorsqu’il entend quelque chose de cette sourate, s’enfuit en pétant comme un âne. » On dit à Ibn Masʿūd : « Qui était cet homme ? » Il dit : « Qui d’autre que ʿUmar ibn al-Ḫaṭṭāb (que Dieu l’agrée) ? »
269 - Le juge Abū Aḥmad Muḥammad ibn Aḥmad ibn Ibrāhīm nous a rapporté : Abū Bakr Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Naḍr nous a rapporté, et Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Ḥasan nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Uthmān ibn Abī Shayba nous a rapporté, tous deux disant : Isḥāq ibn Bishr al-Kāhilī nous a rapporté : Abū Ma‘shar al-Madanī nous a rapporté, d’après Nāfi‘, d’après ‘Abd Allāh ibn ‘Umar, qui a dit : ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb (que Dieu l’agrée) a dit : « Alors que nous étions assis avec le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) sur une montagne des montagnes de Tihāma, voilà qu’un vieillard s’avança, une canne à la main. Il salua le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), qui lui rendit le salut, puis dit : “(Naghama al-jinn wa ghunnatuhum) [Ô toi dont la voix est comme le murmure et le nasillement des djinns], qui es-tu ?” Il répondit : “Je suis Hāma ibn al-Haym ibn Lāqīs ibn Iblīs.” Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) dit : “Entre toi et Iblīs, il n’y a que deux pères ?” Il dit : “Oui.” Il dit : “Combien de temps (d’époques) a-t-il passé sur vous ?” Il dit : « J’ai consumé la durée du temps (al-dahr) presque entière, sauf un peu. Aux nuits où Caïn tua Abel, j’étais un jeune garçon de quelques années, comprenant la parole, passant par les collines, et m’employant à corrompre la nourriture et à rompre les liens de parenté. » Alors le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) dit : « Par Dieu, quelle mauvaise vieillesse que celle du vieillard perspicace (al-mutawassim) et du jeune homme hésitant (al-mutalawwim) ! » Il dit : « Laisse-moi ces comptes ! Je me repens auprès de Dieu. J’étais avec Noé dans sa mosquée, avec ceux de son peuple qui avaient cru en lui, et je n’ai cessé de lui faire des reproches au sujet de son invocation contre son peuple, jusqu’à ce qu’il pleure sur eux et me fasse pleurer, et il dit : “Il n’y a pas de doute que je suis de ceux qui le regrettent, et je cherche refuge auprès de Dieu contre le fait d’être parmi les ignorants.” Je dis : “Ô Noé, je suis de ceux qui ont participé au sang du bienheureux martyr Abel, fils d’Adam. Trouves-tu auprès de ton Seigneur un repentir pour moi ?” Il dit : “Ô Hāma, aspire au bien et fais-le avant le regret et le remords. J’ai lu dans ce que Dieu Très-Haut a révélé sur moi qu’il n’est aucun serviteur qui se repent auprès de Dieu – Puissant et Majestueux –, aussi grand que soit son péché, sans que Dieu n’accepte son repentir. Lève-toi, fais tes ablutions et prosterne-toi devant Dieu Très-Haut en deux prosternations.” Il dit : « Je fis aussitôt ce qu’il m’avait ordonné. » Il dit : « Il m’appela : “Lève ta tête, car ton repentir est descendu du ciel.” Je tombai prosterné devant Dieu pendant une année entière. Et j’étais avec Hūd dans sa mosquée, avec ceux de son peuple qui avaient cru en lui, et je n’ai cessé de lui faire des reproches au sujet de son invocation contre son peuple, jusqu’à ce qu’il pleure sur eux et me fasse pleurer, et il dit : “Il n’y a pas de doute que je suis de ceux qui le regrettent, et je cherche refuge auprès de Dieu contre le fait d’être parmi les ignorants.” Et je visitais fréquemment Jacob, et j’étais auprès de Joseph en un lieu sûr. Et je rencontrais Élie dans les vallées, et je le rencontre encore maintenant. Et j’ai rencontré Moïse, fils d’Amram, et il m’a enseigné de la Torah, et il a dit : “Si tu rencontres Jésus, transmets-lui mon salut.” Et j’ai rencontré Jésus, fils de Marie, et je lui ai transmis son salut. Et Jésus m’a dit : “Si tu rencontres Muḥammad, transmets-lui mon salut.” » Il dit : « Alors le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) laissa couler ses larmes et pleura, et dit : “Et sur Jésus soit le salut, tant que durera le monde, et sur toi, ô Hāma, pour avoir accompli le dépôt (al-amāna) !” » Hāma dit : « Ô Messager de Dieu, fais pour moi comme fit Moïse, fils d’Amram : il m’a enseigné de la Torah. » Alors le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) lui enseigna : « Quand l’Événement arrivera » (sourate 56), « Les Envoyées » (sourate 77), « Sur quoi s’interrogent-ils ? » (sourate 78), « Quand le soleil sera enroulé » (sourate 81), « Dis : “Lui, Dieu, est Unique” » (sourate 112), et les deux sourates de la protection (al-mu‘awwidhatayn, sourates 113 et 114). Et il dit : « Expose-nous ton besoin, ô Hāma, et n’abandonne pas de nous visiter. » ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb (que Dieu l’agrée) dit : « Puis le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) fut rappelé, sans nous avoir informés de son état. Aussi je ne sais s’il est vivant ou mort. » La suite est du juge. Le cheikh (que la miséricorde de Dieu soit sur lui) dit : « Si un contradicteur objecte en s’appuyant sur la parole de Dieu Très-Haut : “Il vous voit, lui et sa tribu, d’où vous ne les voyez pas” (Coran 7:27), pour rejeter ces récits, on lui répond : L’habitude est telle pour le commun des gens. Quant à l’époque des prophètes, ils (les djinns) apparaissaient, comme à l’époque de Salomon, fils de David, et comme l’apparition d’Iblīs prenant la forme du vieillard du Najd avec les Qurayshites dans la maison de l’Assemblée (Dār al-Nadwa) lorsqu’ils se réunirent pour conspirer contre le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Et ce qui arriva à l’époque de la prophétie aux Compagnons est interprété comme ce que Dieu manifeste pour la véracité du Messager (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), et s’ajoute à ses autres preuves et signes, comme l’information donnée par le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) concernant la capture du djinn et son étranglement lorsqu’il se présenta à lui dans sa prière, pour renforcer leur perspicacité et accroître leur science. Et dans l’information donnée par le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) à Abū Hurayra concernant le retour du djinn pour prendre une datte, il y a une preuve que cela faisait partie des mystères (ghuyūb) que Dieu – Puissant et Majestueux – lui avait dévoilés, et qu’Il ne montre qu’à ceux qu’Il agrée comme messagers. »
- ghār : Grotte, ici la grotte de Thawr où le Prophète et Abu Bakr se cachèrent lors de l'émigration.
- fityān Quraysh : Jeunes hommes de la tribu de Quraysh, la tribu dominante de La Mecque.
- dhirā‘ : Coudée, unité de mesure de longueur équivalant à environ 45-50 cm.
- sama‘a ‘alayhinna : Le Prophète leur imposa un marquage, peut-être pour les distinguer comme sacrées.
- farada jazā’ahunna : Il prescrivit leur rançon, c'est-à-dire le paiement pour leur sang en cas de mise à mort, les rendant inviolables.
- ḥaram : Sanctuaire, ici le territoire sacré de La Mecque.
- dār hijratikum : Demeure de votre émigration, c'est-à-dire Médine.
- sabikha : Terre saline, marécageuse, caractéristique de certaines zones de Médine.
- lābatayn : Duel de lāba, coulée de lave, désignant les deux régions volcaniques de Médine.
- ḥarratān : Duel de ḥarra, champ de lave, synonyme de lāba.
- ‘alā rilsika : Doucement, prends ton temps, ne te hâte pas.
- naḥr al-ẓahīra : Au milieu de la journée, à l'heure la plus chaude.
- muqanni‘an ra’sahu : La tête couverte, pour se cacher.
- al-ṣuḥba : L'accompagnement, sous-entendu : m'accompagneras-tu ?
- bi-l-thaman : Moyennant le prix, indiquant que le Prophète insista pour payer la monture.
- sufra fī jirāb : Provisions de voyage dans une outre en cuir.
- niṭāq : Ceinture, corde ou étoffe servant à serrer la taille.
- Thawr : Montagne près de La Mecque où se trouve la grotte.
- minḥa min ghanam : Troupeau de chèvres donné en prêt ou en garde.
- yan‘iqu bihā : Il les appelle en criant, pour les rassembler.
- Banū al-Du’il : Tribu arabe, branche des Banū ‘Abd ibn ‘Adī.
- hādiyan khirritan : Guide expert, connaissant bien les chemins.
- al-khirrit : Terme expliqué dans le texte : celui qui est habile en guidage.
- ammanāhu : Ils le mirent en sécurité, lui donnèrent un sauf-conduit.
- al-Daylī : Relatif à la tribu de Dayl, variante de Du’il.
- ṭarīq al-sawāḥil : Route des côtes, chemin côtier.
- Adhākhir : Lieu-dit sur la route de La Mecque à Médine.
- mushrikīn : Associateurs, polythéistes qui associent d'autres divinités à Allah.
- sakīna : Sérénité, tranquillité divine, paix intérieure envoyée par Allah.
- muwallad : Affranchi, esclave né dans la maison de son maître.
- Azd : Tribu arabe du Yémen.
- al-mushrikīn : Les associateurs, ceux qui associent d'autres divinités à Dieu.
- mu'taman : Dépositaire, personne à qui l'on a confié quelque chose et qui doit en rendre compte.
- jadha'a : Jeune brebis ou chèvre âgée d'environ un an.
- i'taqalahā : Il la saisit par les pattes arrière pour la traire.
- ghulām mu'allam : Jeune garçon instruit, désignant ici une prédestination à la connaissance.
- adlajnā : Voyager de nuit, partir après le coucher du soleil.
- aẓharnā : Être en pleine lumière, au lever du jour ou en terrain découvert.
- farwa : Peau de mouton ou fourrure utilisée comme tapis ou couverture.
- al-Mufaṣṣal : Partie du Coran comprenant les sourates courtes, de la sourate 50 (Qaf) ou 49 (al-Hujurat) jusqu'à la fin.
- al-Ḥarra : Terrain volcanique rocailleux, région de lave près de Médine.
- al-Anṣār : Les Auxiliaires, habitants de Médine qui ont accueilli et soutenu le Prophète après l'Hégire.
- āminayn muṭā'ayn : En sécurité et obéis, formule de bienvenue signifiant que l'on est protégé et respecté.
- hijra : Émigration du Prophète Muhammad de La Mecque à Médine en 622, marquant le début du calendrier musulman.
- Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
- qidāḥ : Flèches utilisées pour la divination, pratique préislamique consistant à tirer au sort pour connaître l'issue d'une action.
- Ḥunayn : Bataille remportée par les musulmans en 630 contre la tribu des Hawāzin.
- al-Ṭāʾif : Ville du Hedjaz assiégée par les musulmans après la bataille de Ḥunayn, qui se rendit plus tard.
- al-Jiʿrāna : Localité située entre La Mecque et al-Ṭāʾif où le Prophète distribua le butin après la bataille de Ḥunayn.
- Anṣār : « Auxiliaires » ; habitants de Médine qui accueillirent et soutinrent le Prophète Muhammad et les émigrants mecquois.
- dhāt kabid ḥarrāʾ : Expression désignant tout être vivant ayant un foie (soif), c'est-à-dire toute créature assoiffée.
- ṣadaqa : Aumône volontaire ou obligatoire (zakāt) donnée dans le cadre religieux.
- Yathrib : Ancien nom de Médine avant l'Hégire.
- Abâ Hakam : Surnom d'Abou Jahl, signifiant 'Père de la sagesse', utilisé ironiquement.
- lorsque ses jambes s'enfoncèrent : Allusion à un miracle où les pattes du cheval de Surâqa s'enfoncèrent dans le sol lorsqu'il poursuivit le Prophète.
- laythite : De la tribu de Layth, une branche des Quraysh.
- Umm Ma'bad al-Khuzâ'iyya : Femme de la tribu de Khuzâ'a, connue pour son hospitalité.
- Quṣayy : Ancêtre des Quraysh, fondateur de La Mecque.
- Banû Ka'b : Tribu de Umm Ma'bad.
- hâtif : Voix mystérieuse et invisible, souvent considérée comme un signe divin.
- al-barazah : Femme forte et hardie qui se montre en public et avec qui les gens s'assoient.
- murmilīn : Ceux dont les provisions de voyage sont épuisées.
- musnitīn : Ceux qui sont frappés par la sécheresse et la famine.
- as-sanah : Année de sécheresse et de disette.
- Yā la : Expression d'appel au secours, avec la voyelle 'a' sur le lām.
- fatḥah : Voyelle brève 'a' en arabe.
- Yā li : Expression d'étonnement ou d'appel, avec la voyelle 'i' sur le lām.
- kasrah : Voyelle brève 'i' en arabe.
- Kisaru al-khaymah : L'arrière de la tente ; certains disent l'avant.
- fa-tafājjat ‘alayhi : Elle a écarté les jambes pour lui, comme pour traire.
- bi-inā’ yarīḍu ar-rahṭ : Un récipient dont le contenu abondant retient les gens de se quereller.
- thajjan : Un flot abondant, comme du lait ou du sang.
- Al-‘ajju wa ath-thajju : Al-‘ajj : élever la voix par la talbiyah ; ath-thajj : faire couler le sang des offrandes.
- talbiyah : Formule rituelle prononcée par le pèlerin : 'Labbayka Allāhumma labbayk...'
- arāḍū : Ils ont bu du lait versé sur du lait.
- fa-ghādarahu ‘indahā : Il l'a laissé chez elle.
- yasūqu a‘nuzan tasāwakna huzlan : Il conduit des chèvres qui marchent faiblement, amaigries.
- ‘āzibun : Éloignées de la maison, parties au pâturage.
- al-ḥiyyal : Les femelles non gestantes.
- Ẓāhiru al-waḍā’ah : D'une beauté évidente.
- al-mutaballij : Au visage rayonnant et lumineux.
- thajlah : Grosseur du ventre.
- ṣa‘lah : Petitesse de la tête.
- wasīmun qasīmun : Beau et de belle prestance.
- qasamāt : Visages beaux et harmonieux.
- da‘ajun : Noirceur intense de la pupille.
- ‘aṭafun : Courbure ou recourbement des cils.
- waṭfan : Cils longs et pendants ; aussi nuage bas.
- ṣahilun : Une légère raucité agréable dans la voix.
- ṣaḥal : Raucité douce, comme celle des gazelles.
- sata‘un : Longueur du cou.
- azajju : Aux sourcils arqués.
- al-aqran : Aux sourcils joints au milieu du front.
- lā nazra wa lā hadhra : Ni trop peu ni trop abondant, mais mesuré.
- lā taqtaḥimuhu ‘aynun min qiṣarin : L'œil ne le méprise pas à cause d'une petitesse, mais l'accepte et le craint.
- maḥfūdun maḥshūdun : Servi et entouré de compagnons.
- ḥafadah : Petits-enfants ou serviteurs ; terme coranique (Sourate 16, verset 72).
- Qaysar : César, titre donné à l'empereur byzantin, ici Héraclius.
- Dihya al-Kalbi : Compagnon du Prophète, connu pour sa beauté, envoyé comme messager à Héraclius.
- Busra : Ville du sud de la Syrie, alors sous contrôle byzantin.
- Hims : Homs, ville de Syrie.
- Iliya' : Jérusalem, nom donné par les Arabes à la ville sainte.
- Abu Sufyan : Chef quraychite, alors non-musulman, qui deviendra compagnon après la conquête de La Mecque.
- Quraysh : Tribu arabe de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète.
- al-mudda : Trêve, ici celle de Hudaybiyya entre les musulmans et les Qurayshites.
- al-Sham : Région du Levant, incluant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban actuels.
- ibn 'ammi : Mon cousin paternel ; le Prophète et Abu Sufyan étaient tous deux des Banu 'Abd Manaf.
- Banu 'Abd Manaf : Clan de Quraysh dont descendent le Prophète et Abu Sufyan.
- Hiraql : Héraclius, empereur byzantin (610-641).
- al-irīsiyyīn : Les paysans ou les agriculteurs ; certains commentateurs y voient les sujets chrétiens de l'empire, d'autres les prêtres.
- Ibn Abi Kabsha : Surnom donné par les Qurayshites au Prophète Muhammad, par dérision, en référence à un homme de la tribu de Khuza'a qui avait abandonné le culte des idoles.
- Banu al-Asfar : Les fils du Jaune, surnom donné aux Byzantins (Romains) en raison de leur teint clair.
- Diḥya al-Kalbī : Compagnon du Prophète, connu pour sa beauté et pour avoir été l'envoyé du Prophète auprès de l'empereur byzantin Héraclius.
- César : Titre donné à l'empereur byzantin, ici Héraclius.
- déjà cariés : Description physique : dents cariées ou gâtées.
- évêque : Chef religieux chrétien, ici probablement un évêque de la cour byzantine.
- Vierge pure : Référence à Marie, mère de Jésus, qualifiée de 'al-batūl' (la vierge pure) dans la tradition islamique.
- Kisrā : Titre donné au roi sassanide de Perse, ici Khosro II.
- jizya : Impôt de capitation imposé aux non-musulmans (dhimmis) dans un État islamique.
- Alif, Lam, Mim. Les Romains ont été vaincus : Référence au début de la sourate 30 (ar-Rum), verset 1-2, qui annonce la défaite puis la victoire des Romains.
- Hudaybiyya : Localité près de La Mecque où eut lieu le traité de Hudaybiyya en l'an 6 de l'Hégire.
- cheikh : Désigne ici l'auteur du recueil, probablement un savant musulman.
- nombre d'années compris entre trois et neuf : Le terme arabe 'bid'' (بضع) désigne un nombre de trois à neuf.
- Sayyid : Titre donné au chef de la délégation chrétienne de Najran, signifiant 'seigneur' ou 'maître'.
- 'Aqib : Titre donné au second chef de la délégation, signifiant 'celui qui vient après' ou 'successeur'.
- épreuve d'imprécation : Rituel où deux parties invoquent la malédiction de Dieu sur le menteur, basé sur Coran 3:61.
- capitation : Impôt de capitation (jizya) payé par les non-musulmans en échange de protection.
- al-Tayyib : Surnom signifiant 'le bon', désignant probablement un membre de la délégation.
- 'Abd al-Masih : Nom d'un des chefs chrétiens de Najran, signifiant 'serviteur du Messie'.
- al-Ṣamad : L'Éternel, le Seul à qui l'on s'adresse pour les besoins, Celui qui n'a besoin de rien.
- al-shabah : La ressemblance de l'enfant avec ses parents, déterminée par la prédominance du fluide masculin ou féminin.
- yaḥshuru al-nās : Rassemblera les gens pour le Jugement dernier.
- al-rūḥ : L'Esprit, une créature divine dont la nature est connue de Dieu seul.
- al-'awāmir : Pluriel de 'āmir, désignant les djinns ou serpents qui habitent les maisons.
- al-khalwa : La solitude, ici l'isolement avec une personne non-mahram, interdit par crainte de tentation.
- jinn : Êtres spirituels créés de feu, invisibles aux humains, doués de libre arbitre, mentionnés dans le Coran.
- Zawba'a : Nom d'un djinn parmi les neuf qui écoutèrent le Coran.
- shajara : Arbre ; selon certains récits, un arbre aurait informé le Prophète de la présence des djinns.
- al-Hasan ibn Abi al-Hasan : Al-Hasan al-Basri, célèbre savant et ascète musulman (642-728).
- Ibn Sirin : Muhammad ibn Sirin, célèbre interprète des rêves et traditionniste (653-729).
- bay'a : Allégeance, serment de fidélité prêté au Prophète.
- Abu Raja' : Compagnon du Prophète, connu pour sa longévité.
- 'asr : Prière de l'après-midi, troisième des cinq prières obligatoires.
- shrouds : Linceul, tissu dans lequel on enveloppe le mort pour l'inhumation.
- i'sar : Tourbillon de vent, trombe ; ici, désigne probablement des djinns sous forme de tourbillons.
- 'Abd Allah : Il s'agit de 'Abd Allah ibn Mas'ud, célèbre compagnon du Prophète.
- Iblīs : Nom propre du diable (Satan) dans la tradition islamique, chef des démons.
- Sulaymān : Le prophète Salomon, connu pour son pouvoir sur les djinns et les démons.
- zakāt : Aumône légale obligatoire en Islam, l'un des cinq piliers.
- Verset du Trône : Le verset 255 de la sourate al-Baqara (La Vache), réputé pour sa protection contre le démon.
- sourate al-Baqara : La deuxième sourate du Coran, la plus longue, contenant de nombreux enseignements.
Chapitre dix-huit : Récits concernant les plaintes des animaux et des fauves, leur…
Chapitre dix-huit : Récits concernant les plaintes des animaux et des fauves, leur prosternation devant le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), et ce qui a été préservé de leur langage d'après son témoignage. Parmi cela, le langage du loup.
Le dix-huitième chapitre, mentionnant les récits des plaintes des animaux domestiques et des bêtes féroces, de leur prosternation devant le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, et de ce qui a été préservé de leur parole. Parmi cela, la parole du loup. 270 - Farouq al-Khattabi nous a rapporté, disant : 'Abbas nous a rapporté, disant : Hisham ibn 'Ali al-Sirafi nous a rapporté, disant : Huraym ibn 'Uthman, Abu 'Umar al-Hawdi, et Hudba ibn Khalid nous ont rapporté, et Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté, disant : 'Abbas al-Asfati nous a rapporté, disant : Abu al-Walid al-Tayalisi nous a rapporté, ils ont dit : al-Qasim ibn al-Fadl al-Huddani nous a rapporté, d'après Abu Nadra, d'après Abu Sa'id al-Khudri, qui a dit : « Alors qu'un berger faisait paître dans la Harra 1, un loup saisit soudain une brebis. Le berger le poursuivit et s'interposa entre lui et elle. Le loup se tourna alors vers le berger et dit : « Ô berger, ne crains-tu pas Allah ? Tu t'interposes entre moi et une subsistance qu'Allah m'a envoyée. » Le berger dit : « Quelle chose étonnante ! Un loup accroupi sur sa queue me parle avec la parole des humains ! » Le loup dit : « Ne t'informerai-je pas de ce qui est plus étonnant que cela ? Voici le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, entre les deux Harra 2, appelant les gens aux nouvelles de ce qui a précédé. » Le berger conduisit alors ses brebis jusqu'à Médine, les rassembla dans un coin de ses coins, puis entra chez le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, et l'informa de ce que le loup avait dit. Le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, dit : « Le berger a dit vrai. Sachez que parmi les signes de l'Heure 3 se trouve le fait que les bêtes féroces parlent aux humains. Par Celui qui tient mon âme en Sa main, l'Heure ne viendra pas avant que les bêtes féroces ne parlent aux humains, avant que l'homme ne parle à la lanière de sa sandale, que son fouet ne lui parle et ne l'informe de ce que sa famille a fait après lui. » 271 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté, Ishaq ibn Ibrahim nous a rapporté, disant : 'Abd al-Razzaq nous a rapporté, d'après Ma'mar, d'après al-Ash'ath ibn 'Abd Allah, d'après Shahr ibn Hawshab, d'après Abu Hurayra, qu'Allah l'agrée, qui a dit : « Un loup vint à un troupeau de moutons et en prit une brebis. Le berger la poursuivit jusqu'à la lui arracher de la gueule. Le loup monta alors sur une colline, s'accroupit, puis dit : « Tu t'es attaqué à une subsistance qu'Allah m'a accordée et tu me l'as prise. » L'homme dit : « Par Allah, je n'ai jamais vu aujourd'hui un loup qui parle. » Il dit : « Ce qui est plus étonnant que cela est un homme dans les palmiers, entre les deux Harra, qui informe de ce qui est passé et de ce qui adviendra après vous. » L'homme vint alors au Messager d'Allah, prière et salut sur lui, l'en informa et embrassa l'islam. Le Prophète, prière et salut sur lui, le confirma et dit : « C'est un signe parmi les signes de ce qui précède l'Heure. Il se peut que l'homme sorte et ne revienne pas avant que ses deux sandales et son fouet ne lui parlent de ce que sa famille a fait après lui. » 272 - Al-Waqidi a ajouté dans ce que nous a rapporté Abu 'Amr Muhammad ibn Ahmad, disant : al-Hasan ibn al-Jahm nous a rapporté, disant : al-Husayn ibn al-Faraj nous a rapporté, disant : Muhammad ibn 'Umar al-Waqidi nous a rapporté, d'après un homme qu'il a nommé, d'après al-Muttalib ibn 'Abd Allah ibn Hantab, qui a dit : « Alors que le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, était assis à Médine avec ses Compagnons, voici qu'un loup arriva et s'arrêta devant le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, et hurla devant lui. Le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, dit : « Ceci est le délégué des bêtes féroces auprès de vous. Si vous voulez, vous pouvez lui attribuer une part qu'il ne dépassera pas pour autre chose ; et si vous voulez, vous pouvez le laisser et vous prémunir contre lui ; ce qu'il prendra sera sa subsistance. » Ils dirent : « Ô Messager d'Allah, nos âmes ne se réjouissent de rien pour lui. » Alors le Prophète, prière et salut sur lui, lui fit signe de ses trois doigts, c'est-à-dire : « Détourne-les 4. » Il s'en alla en trottant. Mention de la gazelle et du lézard 273 - Abu 'Ali Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté de sa propre bouche, disant : Bishr ibn Musa nous a rapporté, 'Amr ibn 'Ali al-Fallas nous a rapporté, Ya'la ibn Ibrahim al-Ghazzal nous a rapporté, disant : al-Haytham ibn Hammad nous a rapporté, d'après Abu Kathir, d'après Zayd ibn Arqam, qui a dit : « J'étais avec le Prophète, prière et salut sur lui, dans l'une des ruelles de Médine. Nous passâmes devant la tente d'un Bédouin, et voici qu'une gazelle était attachée à la tente. Elle dit : « Ô Messager d'Allah, ce Bédouin m'a capturée il y a peu, et j'ai deux faons dans le désert. Le lait s'est figé dans mes pis ; il ne me tue pas pour que je me repose, et il ne me laisse pas aller vers mes deux faons dans le désert. » Le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, lui dit : « Si je te libère, reviendras-tu ? » Elle dit : « Oui, sinon qu'Allah me châtie du châtiment des chamelles laitières 5. » Alors le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, la libéra. Elle ne tarda pas à revenir en remuant la gueule. Le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, l'attacha à la tente. Le Bédouin arriva avec une outre. Le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, lui dit : « Me la vends-tu ? » Il dit : « Elle est à toi, ô Messager d'Allah. » Alors le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, la libéra. » Zayd ibn Arqam dit : « Par Allah, je l'ai vue errer sur la terre en disant : « J'atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que Muhammad est le Messager d'Allah. » 274 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté de mémoire, disant : Muhammad ibn 'Uthman ibn Abi Shayba nous a rapporté, disant : Ibrahim ibn Mahmud ibn Maymun nous a rapporté, 'Abd al-Karim ibn Hilal al-Ju'fi nous a rapporté, d'après Salih al-Marri, d'après Thabit al-Bunani, d'après Anas ibn Malik, qui a dit : « Le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, passa devant des gens qui avaient capturé une gazelle et l'avaient attachée au poteau d'une tente. Elle dit : « Ô Messager d'Allah, j'ai été prise, et j'ai deux faons. Permets-moi d'aller les allaiter et de revenir vers eux. » Il dit : « Où est le propriétaire de celle-ci ? » Les gens dirent : « C'est nous, ô Messager d'Allah. » Le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, dit : « Relâchez-la pour qu'elle aille vers ses deux faons, les allaite et revienne vers vous. » Ils dirent : « Qui nous garantit cela, ô Messager d'Allah ? » Il dit : « Moi. » Ils la relâchèrent donc. Elle partit, allaita, puis revint vers eux, et ils l'attachèrent. Le Messager d'Allah, prière et salut sur lui, passa près d'eux et dit : « Où est le propriétaire de celle-ci ? » Ils dirent : « Le voici, ô Messager d'Allah. » Il dit : « Me la vendez-vous ? » Ils dirent : « Elle est à toi, ô Messager d'Allah. » Il dit : « Relâchez-la. » Ils la relâchèrent, et elle partit. »
275 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté, par dictée et par lecture, disant : Muḥammad ibn ‘Alī ibn al-Walīd as-Sulamī al-Baṣrī nous a rapporté, disant : Abū Bakr nous a rapporté d’après son livre, disant : Muḥammad ibn ‘Abd al-A‘lā aṣ-Ṣan‘ānī nous a rapporté, disant : Mu‘tamir ibn Sulaymān nous a rapporté, disant : Kahmas ibn al-Ḥasan nous a rapporté, disant : Dāwūd ibn Abī Hind nous a rapporté, disant : ‘Āmir ach-Cha‘bī nous a rapporté, disant : ‘Abd Allāh ibn ‘Umar nous a rapporté, d’après son père, le récit du lézard (ḍabb), disant : Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) se trouvait dans une assemblée de ses Compagnons lorsqu’un bédouin des Banū Sulaym arriva, ayant attrapé un lézard (ḍabb) et l’ayant mis dans sa manche pour l’emporter à sa tente et le manger. Il dit : « À qui appartient cette assemblée ? » Ils dirent : « À celui qui prétend être un prophète. » Il fendit la foule, puis se tourna vers le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) et dit : « Ô Muḥammad, les femmes n’ont jamais porté dans leur sein un être doué de parole plus menteur que toi, ni plus haïssable à mes yeux. Si je ne craignais que tu ne me traites d’imprudent, je me serais hâté contre toi et t’aurais tué, et j’aurais réjoui par ta mort tous les gens. » Alors ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb dit : « Ô Messager d’Allāh, laisse-moi le tuer. » Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) dit : « Ô ‘Umar, ne sais-tu pas que l’homme clément (al-ḥalīm) a failli être un prophète ? » Puis [le bédouin] se tourna vers le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) et dit : « Par al-Lāt et al-‘Uzzā, je ne croirai pas en toi. » Le Prophète (qu’Allāh prie sur lui et le salue) lui dit : « Et pourquoi, ô bédouin ? Qu’est-ce qui t’a poussé à dire ce que tu as dit, à dire autre chose que la vérité, et à ne pas honorer mon assemblée ? » Il dit : « Tu me parles encore ? » — par mépris pour le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) — « Par al-Lāt et al-‘Uzzā, je ne croirai en toi que si ce lézard (ḍabb) croit en toi. » Il sortit alors le lézard de sa manche, le jeta devant le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) et dit : « Si ce lézard croit en toi, je croirai. » Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) dit : « Ô lézard (ḍabb) ! » Alors le lézard parla d’une langue arabe claire que tous les gens comprenaient : « Me voici à Ton service et prêt à T’obéir, ô Messager du Seigneur des mondes. » Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) lui dit : « Et qui adores-tu, ô lézard ? » Il dit : « Allāh, dont le Trône est dans le ciel, dont l’autorité est sur la terre, dont la voie est dans la mer, dont la miséricorde est au Paradis et dont le châtiment est dans le Feu. » Il dit : « Et qui suis-je, ô lézard ? » Il dit : « Tu es le Messager du Seigneur des mondes et le Sceau des envoyés. Heureux celui qui t’a cru, et perdu celui qui t’a traité de menteur. » Alors le bédouin dit : « J’atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allāh et que tu es vraiment le Messager d’Allāh. Par Allāh, je suis venu à toi alors qu’il n’y avait sur la face de la terre personne de plus haïssable à mes yeux que toi, et par Allāh, tu es maintenant plus aimé à moi que moi-même et que mon enfant. J’ai cru en toi par mes poils et ma peau, mon intérieur et mon extérieur, mon secret et mon apparent. » Alors le Prophète (qu’Allāh prie sur lui et le salue) lui dit : « Louange à Allāh qui t’a guidé vers cette religion qui domine et n’est pas dominée. Allāh ne l’accepte que par la prière (ṣalāt), et la prière n’est acceptée que par le Coran. » Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) lui enseigna alors « al-Ḥamd » (la sourate al-Fātiḥa) et « Qul huwa Allāhu aḥad » (la sourate al-Ikhlāṣ). Il dit : « Ô Messager d’Allāh, je n’ai entendu, ni dans le basīṭ (mètre poétique) ni dans le rajaz (mètre poétique), rien de plus beau que cela. » Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) dit : « Ceci est la parole du Seigneur des mondes, ce n’est pas de la poésie. Lorsque tu récites “Qul huwa Allāhu aḥad”, c’est comme si tu avais récité un tiers du Coran. Lorsque tu récites “Qul huwa Allāhu aḥad” deux fois, c’est comme si tu avais récité les deux tiers du Coran. Et lorsque tu récites “Qul huwa Allāhu aḥad” trois fois, c’est comme si tu avais récité le Coran tout entier. » Le bédouin dit : « Quel bon dieu que notre Dieu ! Il accepte le peu et donne le beaucoup. » Puis le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) dit : « Donnez au bédouin. » Ils lui donnèrent jusqu’à le combler. Alors ‘Abd ar-Raḥmān ibn ‘Awf se leva et dit : « Ô Messager d’Allāh, je veux lui donner une chamelle par laquelle je me rapproche d’Allāh (Puissant et Majestueux) — ni une chamelle bukhtī (de race hybride), ni une chamelle arabe, mais une chamelle ‘ashrā’ (pleine, âgée de dix ans) qui rattrape et n’est pas rattrapée, qui m’a été offerte. » Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) dit : « Tu as décrit ce que tu donnes, alors je vais te décrire ce qu’Allāh (Puissant et Majestueux) te donnera en récompense. » Il dit : « Oui. » Il dit : « Tu auras une chamelle de perle creuse, dont les pattes seront d’émeraude verte, portant un palanquin (hawdaj) de sundus (brocart fin) et d’istabraq (brocart épais), et elle te fera traverser le Sirāṭ (Pont) comme l’éclair fulgurant. » Le bédouin sortit de chez le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) et rencontra mille bédouins sur mille montures, avec mille lances et mille épées. Il leur dit : « Où voulez-vous aller ? » Ils dirent : « Nous combattons celui qui ment et prétend être un prophète. » Le bédouin dit : « J’atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allāh et que Muḥammad est le Messager d’Allāh. » Ils dirent : « As-tu changé de religion (ṣaba’ta) ? » Il dit : « J’ai changé (ṣabawtu) », et il leur raconta l’histoire. Alors ils dirent tous ensemble : « J’atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allāh et j’atteste que Muḥammad est le Messager d’Allāh. » Cela parvint au Prophète (qu’Allāh prie sur lui et le salue), qui vint à leur rencontre. Ils descendirent de leurs montures, embrassant ce qui était tourné vers lui [ses pieds ou ses vêtements], et ils disaient : « Il n’y a de divinité qu’Allāh, Muḥammad est le Messager d’Allāh. » Ils dirent : « Ordonne-nous ce que tu aimes, ô Messager d’Allāh. » Il dit : « Vous serez sous l’étendard de Khālid ibn al-Walīd. » Il dit : « Il n’y eut parmi les Arabes aucun groupe de mille hommes qui ait cru, sauf des Banū Sulaym. » Le Shaykh dit : « Quant à la prosternation des animaux, il y a parmi cela la prosternation des moutons. » 276 - Abū l-Faraj Aḥmad ibn Ja‘far an-Nasā’ī et Sulaymān ibn Aḥmad, par dictée, nous ont rapporté, disant : Ja‘far ibn Muḥammad al-Firyābī nous a rapporté, disant : Ibrāhīm ibn al-‘Alā’ az-Zubaydī nous a rapporté, disant : ‘Abbād ibn Yūsuf al-Kindī nous a rapporté, disant : Abū Ja‘far ar-Rāzī nous a rapporté, d’après ar-Rabī‘ ibn Anas, d’après Anas ibn Mālik (qu’Allāh l’agrée), disant : Le Prophète (qu’Allāh prie sur lui et le salue) entra dans un jardin (ḥā’iṭ) des Anṣār, accompagné d’Abū Bakr, de ‘Umar et d’hommes des Anṣār. Dans le jardin, il y avait des moutons qui se prosternèrent devant le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue). Abū Bakr dit : « Ô Messager d’Allāh, nous étions plus en droit de nous prosterner devant toi que ces moutons. » Il dit : « Il ne convient pas que, dans ma communauté, quelqu’un se prosterne devant quelqu’un d’autre. Et s’il convenait que quelqu’un se prosterne devant quelqu’un d’autre, j’aurais ordonné à la femme de se prosterner devant son mari. » 277 - Abū ‘Amr ibn Ḥamdān nous a rapporté, disant : al-Ḥasan ibn Sufyān nous a rapporté, disant : Hishām ibn ‘Umāra nous a rapporté, disant : ‘Īsā ibn Yūnus nous a rapporté, d’après son père, qui le tenait de Mujāhid, d’après ‘Ā’isha (qu’Allāh l’agrée), disant : « La famille du Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) avait un animal sauvage (waḥsh). Lorsque le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) sortait, il sautait et jouait, et lorsqu’il sentait la présence du Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue), il se couchait (rabaḍa). » 278 - Aḥmad ibn Isḥāq nous a rapporté, disant : Abū Bakr ibn ‘Āṣim nous a rapporté, disant : Ibrāhīm ibn al-Ḥajjāj nous a rapporté, disant : Ḥammād ibn Salama nous a rapporté, d’après ‘Alī ibn Zayd, d’après Sa‘īd ibn al-Musayyab, d’après ‘Ā’isha (qu’Allāh l’agrée), que le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) se trouvait parmi un groupe d’Émigrés (Muhājirūn) et d’Auxiliaires (Anṣār) lorsqu’un chameau vint et se prosterna devant lui.
279 - Abū Bakr al-Ṭalḥī nous a rapporté : 'Ubayd b. Ghannām nous a rapporté : Abū Bakr b. Abī Shayba nous a rapporté : Ibn Numayr nous a rapporté, et Ja'far b. Muḥammad nous a rapporté : Abū Ḥuṣayn nous a rapporté : Yaḥyā al-Ḥimmānī nous a rapporté : 'Alī nous a rapporté, et Abū Bakr b. Mālik nous a rapporté : 'Abd Allāh b. Aḥmad b. Ḥanbal nous a rapporté : mon père nous a rapporté : Muṣ'ab b. Sallām nous a rapporté : al-Ajlaḥ nous a rapporté d'après al-Dhayyāl b. Ḥarmala, d'après Jābir b. 'Abd Allāh, qui a dit : Nous revenions avec le Messager d'Allāh 6 d'un voyage, et lorsque nous arrivâmes à un jardin 7 parmi les jardins des Banū al-Najjār, il s'y trouvait un grand chameau excité 8, c'est-à-dire furieux, qui attaquait tout homme entrant dans le jardin. Il dit : Le Messager d'Allāh vint jusqu'au jardin, l'appela, et le chameau vint à lui en posant ses lèvres 9 à terre jusqu'à ce qu'il s'agenouille devant lui. Le Prophète dit alors : Apportez son licou 10. Il le licola et le remit à ses compagnons, puis se tourna vers les gens et dit : Il n'y a rien entre le ciel et la terre qui ne sache que je suis le Messager d'Allāh, excepté les djinns 11 et les humains désobéissants. 280 - Sulaymān nous a rapporté : Mas'ada b. Sa'd al-Qaṭṭān nous a rapporté : Ibrāhīm b. al-Mundhir nous a rapporté : Muḥammad b. Ṭalḥa al-Taymī nous a rapporté : 'Abd al-Ḥakīm b. Sufyān nous a rapporté d'après Abū Namir, d'après Sharīk b. 'Abd Allāh b. Abī Namir, d'après Jābir b. 'Abd Allāh (qu'Allāh les agrée tous deux) qui a dit : Nous partîmes pour l'expédition de Dhāt al-Riqā' 12, puis nous revînmes jusqu'à ce que nous fûmes dans une vallée 13 de la chaleur, lorsqu'un chameau arriva en courant 14 jusqu'à s'agenouiller devant le Messager d'Allāh et étendit son cou 15. Il mentionna ensuite un récit similaire. 281 - Abū 'Amr b. Ḥamdān nous a rapporté : al-Ḥasan b. Sufyān nous a rapporté : Abū Bakr b. Abī Shayba nous a rapporté : 'Abd Allāh b. Mūsā nous a rapporté : Ismā'īl b. 'Abd al-Malik nous a rapporté d'après Abū al-Zubayr, d'après Jābir, qui a dit : Je sortis avec le Messager d'Allāh lors d'un voyage, puis nous marchâmes, le Messager d'Allāh étant parmi nous, comme si les oiseaux étaient sur nos têtes nous ombrageant 16, quand soudain un chameau fugitif 17 arriva, et lorsqu'il fut entre les deux rangées 18, il tomba prosterné. Le Messager d'Allāh s'assit, puis dit aux gens : À qui appartient ce chameau ? Voilà que des jeunes gens des Anṣār 19 dirent : Il est à nous, ô Messager d'Allāh. Il dit : Qu'a-t-il donc ? Ils dirent : Nous l'avons utilisé 20 pendant vingt ans, et il avait une maigreur 21, et nous voulions l'égorger et le partager entre nos serviteurs, mais il nous a échappé. Il dit : Me le vendez-vous ? Ils dirent : Non, il est à toi, ô Messager d'Allāh. Il dit : Sinon, alors soyez bons envers lui jusqu'à ce que son terme 22 vienne. 282 - Abū Bakr b. Khallād nous a rapporté : Aḥmad b. Ibrāhīm b. Milḥān nous a rapporté : Yaḥyā b. Bukayr nous a rapporté : al-Layth b. Sa'd m'a rapporté d'après Ibn al-Hād, d'après Tha'laba b. Abī Mālik, qui a dit : Un homme des Banū Salama acheta un chameau pour puiser de l'eau 23 et le fit entrer dans un enclos 24. On le dénuda 25 pour le charger, mais personne ne pouvait entrer auprès de lui sans qu'il ne le frappe 26. Le Messager d'Allāh vint, et on lui mentionna cela. Il dit : Ouvrez-lui 27. Ils dirent : Nous craignons pour toi, ô Messager d'Allāh. Il dit : Ouvrez-lui. Ils ouvrirent, et lorsque le chameau le vit, il tomba prosterné. Les gens glorifièrent Allāh 28 et dirent : Ô Messager d'Allāh, nous étions plus dignes de la prosternation que cette bête. Il dit : S'il convenait 29 à une créature de se prosterner devant autre qu'Allāh, il conviendrait à la femme de se prosterner devant son mari. 283 - Abū Bakr b. Mālik nous a rapporté : 'Abd Allāh b. Aḥmad b. Ḥanbal nous a rapporté : mon père (qu'Allāh lui fasse miséricorde) m'a rapporté : 'Abd al-Razzāq nous a rapporté : Ma'mar nous a rapporté d'après 'Aṭā' b. al-Sā'ib, d'après 'Abd Allāh b. Ḥafṣ, d'après Ya'lā b. Murra al-Thaqafī, qui a dit : Trois choses que j'ai vues du Messager d'Allāh : alors que nous marchions avec lui, nous passâmes près d'un chameau que l'on faisait puiser 30. Lorsque le chameau le vit, il fit entendre un grognement 31 et posa son cou. Le Messager d'Allāh s'arrêta près de lui et dit : Où est le propriétaire de ce chameau ? Il vint. Il dit : Vends-le-moi. Il dit : Non, je te le donne. Il dit : Non, vends-le-moi. Il dit : Non, nous te le donnons, et il appartient à une famille qui n'a d'autre moyen de subsistance que lui. Il dit : Puisque tu as mentionné cela à son sujet, il se plaint de l'excès de travail et du manque de fourrage. Soyez donc bons envers lui. 284 - Muṭṭalib b. Ziyād nous a rapporté : 'Umar b. 'Abd Allāh b. Ya'lā b. Murra nous a rapporté d'après Ḥukayma, d'après Ya'lā b. Murra, qui a dit : Le Prophète sortit un jour, et un chameau vint en mugissant 32 jusqu'à se prosterner devant lui. Les musulmans dirent : Nous sommes plus dignes de nous prosterner devant le Prophète. Il dit : Si j'ordonnais à quelqu'un de se prosterner devant autre qu'Allāh le Très-Haut, j'ordonnerais à la femme de se prosterner devant son mari. Savez-vous ce que dit celui-ci ? Il prétend qu'il a servi ses maîtres pendant quarante ans, jusqu'à ce que, lorsqu'il vieillit, ils diminuèrent son fourrage et augmentèrent son travail, jusqu'à ce que, lorsqu'ils eurent une noce 33, ils prirent le couteau 34 pour l'égorger. Il envoya donc vers ses maîtres et leur raconta. Ils dirent : Par Allāh, il a dit vrai, ô Messager d'Allāh. Il dit : J'aimerais que vous me le laissiez. Ils le lui laissèrent donc. 285 - 'Umar b. al-Ḥasan b. 'Umar al-Wāsiṭī nous a rapporté : Ja'far b. Aḥmad b. Sinān nous a rapporté : Abū Yaḥyā Ṣā'iqa nous a rapporté : Mu'allā b. Manṣūr nous a rapporté : Shabīb b. Shayba m'a rapporté : Bishr b. 'Āṣim m'a rapporté d'après Ghaylān b. Salama al-Thaqafī, qui a dit : Nous sortîmes avec le Messager d'Allāh lors de l'un de ses voyages, et nous vîmes de lui une chose étonnante : nous allâmes et campâmes dans un lieu. Un homme vint et dit : Ô Prophète d'Allāh, j'avais un jardin où se trouvaient ma subsistance et celle de ma famille, et j'y avais deux chameaux pour puiser 35. Ils sont devenus rétifs 36 contre moi, m'empêchant d'accéder à eux-mêmes, à mon jardin et à ce qu'il contient, et personne ne peut les approcher. Le Prophète d'Allāh se leva avec ses compagnons jusqu'à arriver au jardin. Il dit à son propriétaire : Ouvre. Il dit : Ô Prophète d'Allāh, leur affaire est plus grave que cela. Il dit : Ouvre. Lorsqu'il bougea la porte, ils vinrent avec un bruit semblable au souffle du vent 37. Lorsque la porte s'ouvrit et qu'ils virent le Prophète d'Allāh, ils s'agenouillèrent puis se prosternèrent. Le Prophète d'Allāh prit leurs têtes, puis les remit à leur propriétaire en disant : Utilise-les et donne-leur bien à manger. Les gens dirent : Ô Prophète d'Allāh, les bêtes se prosternent devant toi. L'épreuve 38 d'Allāh envers nous par toi est meilleure lorsqu'Il nous a guidés de l'égarement et nous a sauvés par toi des périls. Ne nous permets-tu donc pas de nous prosterner devant toi ? Le Prophète dit : La prosternation n'est pas pour moi, mais seulement pour le Vivant qui ne meurt pas. Et si j'ordonnais à quelqu'un de cette communauté de se prosterner devant quelqu'un, j'ordonnerais à la femme de se prosterner devant son mari.
286 - Abū ʿAmr ibn Ḥamdān nous a rapporté : al-Ḥasan ibn Sufyān nous a rapporté : ʿAbd al-ʿAzīz ibn Sallām nous a rapporté : Makkī nous a rapporté : Fāʾid Abū al-Warqāʾ nous a rapporté d’après ʿAbd Allāh ibn Abī Awfā qui a dit : « Alors que nous étions assis avec le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui), un homme vint à lui et dit : “Ô Messager d’Allāh, le chameau d’abreuvement 39 de la famille d’Untel s’est enfui de chez eux.” Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) se leva, et nous nous levâmes avec lui. Nous dîmes : “Ô Messager d’Allāh, ne t’en approche pas, car nous craignons pour toi.” Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) s’approcha du chameau ; quand le chameau le vit, il se prosterna devant lui. Ensuite, le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) posa sa main sur la tête du chameau et dit : “Apportez le licol 40.” On apporta le licol, et il le mit sur sa tête. Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit alors : “Appelez-moi le propriétaire du chameau.” On l’appela, et le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit : “Ce chameau est-il à toi ?” Il répondit : “Oui.” Il dit : “Alors, donne-lui bien à manger et ne le surmène pas dans le travail.” Il dit : “Je le ferai.” Ses compagnons dirent : “Ô Messager d’Allāh, une bête parmi les bêtes se prosterne devant toi en raison de la grandeur de ton droit ; nous sommes plus dignes de nous prosterner devant toi.” Il dit : “Non. Si j’avais ordonné à quelqu’un de ma communauté de se prosterner devant un autre, j’aurais ordonné aux femmes de se prosterner devant leurs maris.” » 287 - On nous a rapporté d’après Ibn Ṣāʿid : Muḥammad ibn Muʿāwiya al-Anmāṭī nous a rapporté : Khalaf ibn Khalīfa nous a rapporté d’après Ḥafṣ, le neveu d’Anas – et c’est Ḥafṣ ibn ʿUmar ibn ʿAbd Allāh ibn Abī Ṭalḥa – d’après Anas ibn Mālik qui a dit : « Il y avait une famille des Anṣār 41 qui possédait un chameau avec lequel ils puisaient l’eau 42. Ce chameau devint rétif et leur refusa son dos. Les Anṣār vinrent au Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) et dirent : “Ô Messager d’Allāh, nous avions un chameau avec lequel nous puisions l’eau, mais il est devenu rétif et nous a refusé son dos, alors que les palmiers et les cultures sont desséchés.” Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit à ses compagnons : “Levez-vous.” Ils se levèrent avec lui. Il vint au jardin 43 ; le chameau se tenait dans un coin. Il s’avança vers lui en marchant. Ils dirent : “Ô Messager d’Allāh, il est devenu comme un chien, et nous craignons sa violence contre toi.” Il dit : “Je n’ai rien à craindre de lui.” Le chameau s’avança en marchant jusqu’à tomber prosterné devant lui (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui). Ses compagnons dirent : “Voici une bête qui n’a pas de raison, alors que nous avons de la raison ; nous sommes plus dignes de nous prosterner devant toi.” Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit : “Il ne convient pas qu’un être humain se prosterne devant un autre être humain ; et s’il convenait qu’un être humain se prosterne devant un autre être humain, j’aurais ordonné à la femme de se prosterner devant son mari, en raison de la grandeur de son droit sur elle.” » Le Shaykh 44 dit : « Ce que ces récits contiennent comme signes et preuves évidentes – leur prosternation, leur plainte et ce qui s’y apparente – ne peut relever que de deux choses : soit le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) a reçu la connaissance des sons de ces bêtes et de leurs plaintes, comme Salomon (sur lui la paix) a reçu la connaissance du langage des oiseaux – ce qui est pour lui un signe, comme cela fut analogue pour Salomon –, soit il l’a su par révélation. Quelle que soit l’hypothèse, il y a là une merveille, un signe et un miracle. Si quelque détracteur objecte en prétendant qu’il y a une troisième possibilité, à savoir qu’il (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) a déduit de la situation la mauvaise manière dont ils le traitaient, on lui répondra : cela est possible, mais la déduction ne permet pas de savoir que le propriétaire de la bête est un homme de telle tribu, qu’il l’a utilisée tant d’années, et qu’il veut l’égorger pour une noce ; car cela ne peut être atteint par la déduction de la situation. Cette troisième possibilité est donc invalide. » 288 - Abū Bakr Aḥmad ibn Muḥammad ibn Mūsā al-ʿAnbarī nous a rapporté : Aḥmad ibn Muḥammad ibn Yūsuf nous a rapporté : Ibrāhīm ibn Suwayd al-Jadūʿī nous a rapporté : ʿAbd Allāh ibn Udhayna aṭ-Ṭāʾī nous a rapporté d’après Thawr ibn Yazīd, d’après Khālid ibn Maʿdān, d’après Muʿādh ibn Jabal qui a dit : « Un âne noir vint trouver le Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) alors qu’il était à Khaybar 45. Il s’arrêta devant lui. Il dit : “Qui es-tu ?” Il répondit : “Je suis ʿAmr ibn Untel. Nous étions sept frères ; chacun de nous a été monté par un prophète, et je suis le plus jeune d’entre eux. J’étais pour toi, mais un homme parmi les Juifs m’a possédé. Quand je me souvenais de toi, je le faisais broncher 46, et il me frappait douloureusement.” Le Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit : “Tu es donc Yaʿfūr 47.” »
- al-Ḥarra : Région volcanique rocailleuse près de Médine.
- al-Ḥarratayn : Les deux Harra, désignant deux zones volcaniques de part et d'autre de Médine.
- ashrāṭ al-sāʿa : Signes précurseurs de l'Heure du Jugement dernier.
- khālis-hum : Impératif signifiant « détourne-les » ou « prends-leur par ruse », indiquant au loup de prendre sa subsistance par la ruse.
- ʿadhāb al-ʿishār : Châtiment sévère, comparable à celui infligé aux chamelles laitières en cas de faute grave.
- Rasūl Allāh : Messager d'Allāh, titre de Muḥammad.
- ḥā'iṭ : Jardin clos de murs, souvent un verger ou une palmeraie.
- qaṭīm : Chameau excité ou furieux, souvent en période de rut.
- mishfar : Lèvre du chameau, souvent épaisse et mobile.
- khiṭām : Licou, corde passée dans le nez du chameau pour le diriger.
- jinn : Créatures invisibles, douées de libre arbitre, mentionnées dans le Coran.
- Dhāt al-Riqā' : Expédition militaire du Prophète, dont le nom signifie 'aux lambeaux'.
- mahbaṭ : Lieu bas ou vallée, souvent où la chaleur est intense.
- yarqudd : Courir rapidement, galoper.
- jirān : Partie antérieure du cou du chameau, qu'il pose à terre en se couchant.
- ka'annamā 'alā ru'ūsinā al-ṭayru tuẓillunā : Expression signifiant un silence respectueux et une attention totale, comme si des oiseaux étaient posés sur leurs têtes.
- nādd : Fugitif, qui s'est échappé.
- simmāṭayn : Les deux rangées de personnes formant une haie d'honneur.
- Anṣār : Les 'Auxiliaires', habitants de Médine ayant accueilli et soutenu le Prophète.
- asnaynāhu : Nous l'avons utilisé pour puiser l'eau (arrosage).
- shuḥayma : Maigreur, faiblesse due à l'âge.
- ajal : Terme fixé, ici la mort naturelle.
- yanḍaḥ : Puiser de l'eau pour l'irrigation.
- mirbad : Enclos pour les chameaux, souvent près des maisons.
- jurrida : Dépouillé de son bât ou de sa charge.
- takhabbaṭahu : Frapper violemment avec les pattes ou la tête.
- iftiḥū 'anhu : Ouvrez-lui (la porte) pour le libérer.
- sabbaḥa : Glorifier Allāh en disant 'Subḥān Allāh'.
- yanbaghī : Il convient, il est approprié.
- yusnā 'alayhi : On lui fait puiser de l'eau (pour l'irrigation).
- jarjara : Émettre un grognement ou un bruit de gorge.
- yarghū : Mugir, émettre un cri (pour un chameau).
- 'urs : Noce, mariage, ou festin de noces.
- shifār : Couteau large pour égorger les animaux.
- nāḍiḥān : Deux chameaux utilisés pour puiser l'eau.
- ightalamā : Devenir rétifs, indomptables, souvent en période de rut.
- ḥafīf al-rīḥ : Souffle ou bruissement du vent.
- balā' : Épreuve, mais ici au sens de bienfait ou faveur divine.
- nāḍiḥ : Chameau utilisé pour puiser l'eau d'un puits, souvent attelé à une noria.
- sifār : Licol ou longe, corde passée autour de la tête du chameau pour le diriger.
- Anṣār : Les 'Auxiliaires' médinois qui accueillirent et soutinrent le Prophète après l'Hégire.
- yasnūna ʿalayhi : Ils puisaient l'eau à l'aide de ce chameau, en le faisant tourner autour du puits.
- ḥāʾiṭ : Jardin clos, souvent un verger ou une palmeraie entourée de murs.
- al-Shaykh : Le maître, ici probablement l'auteur du recueil, Abū Bakr Aḥmad ibn ʿAmr al-Bazzār (ou un autre traditionniste).
- Khaybar : Oasis au nord de Médine, peuplée de tribus juives, conquise par les musulmans en 7 H.
- kabaʾtu bihi : Il le faisait broncher ou trébucher, peut-être en se cabrant ou en s'arrêtant brusquement.
- Yaʿfūr : Nom de l'âne que le Prophète montait, signifiant 'celui qui soulève la poussière'.
Chapitre dix-neuvième : Mention de ce qui a été rapporté concernant la salutation des…
Chapitre dix-neuvième : Mention de ce qui a été rapporté concernant la salutation des arbres à son égard [1], leur obéissance envers lui, et leur venue vers lui — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — lorsqu'il les appelait pour se cacher derrière elles dans les déserts et les plaines, ainsi que leur réponse lorsqu'il les invoquait à la demande de quiconque souhaitait manifester un signe et une preuve.
Chapitre dix-neuvième : Mention de ce qui a été rapporté concernant le salut des arbres au Prophète, leur obéissance envers lui, et leur venue vers lui — que Dieu le bénisse et le salue — lorsqu'il les appelait pour se cacher derrière elles dans les déserts et les plaines, ainsi que leur réponse lorsqu'il les invoquait à la demande de quelqu'un qui souhaitait voir un signe et une preuve. 289 - Abū Muḥammad ibn Ḥayyān nous a rapporté : Abū l-Ḥuraysh al-Kallā'ī nous a rapporté : Ja‘far ibn Ḥumayd nous a rapporté : al-Walīd ibn Abī Thawr nous a rapporté, d'après al-Suddī, d'après ‘Abbād ibn Abī Yazīd, d'après ‘Alī — que Dieu l'agrée — qui a dit : J'étais avec le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — à La Mecque ; nous sortîmes dans l'un de ses environs, entre les montagnes et les arbres. Il ne passait devant aucun arbre ni aucune montagne sans que celle-ci ne dise : « Que la paix soit sur toi, ô Messager de Dieu. » 290 - Abū Bakr ‘Abd Allāh ibn Muḥammad et Aḥmad ibn Isḥāq nous ont rapporté : Abū Bakr ibn Abī ‘Āṣim nous a rapporté : Ibrāhīm ibn al-Ḥajjāj al-Shāmī nous a rapporté : Ḥammād ibn Salama nous a rapporté, d'après ‘Alī ibn Zayd, d'après Abū Rāfi‘, d'après ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb — que Dieu l'agrée — que le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — se trouvait à al-Ḥajūn 1, triste et affligé. Il dit : « Ô Dieu, montre-moi un signe après lequel je ne me soucierai plus que quiconque de mon peuple me traite de menteur. » Il reçut l'ordre d'appeler un arbre qui se trouvait derrière lui ; l'arbre vint en fendant la terre jusqu'à parvenir à lui, puis le salua. Ensuite, il lui ordonna de retourner, et elle s'en alla. Il dit alors : « Je ne me soucie plus que quiconque de mon peuple me traite de menteur après cela. » 291 - Le juge ‘Abd Allāh ibn Muḥammad ibn ‘Amr, parmi d'autres, nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Alī ibn Muḥammad nous a rapporté : Ismā‘īl ibn ‘Amr al-Bajalī nous a rapporté, et Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Uthmān ibn Abī Shayba nous a rapporté : ‘Abbād ibn Ziyād al-Asadī nous a rapporté : Ḥabbān ibn ‘Alī nous a rapporté, d'après Ṣāliḥ ibn Ḥayyān, d'après Ibn Burayda, d'après son père, qui a dit : Un bédouin vint auprès du Prophète — que Dieu le bénisse et le salue — et dit : « Ô Messager de Dieu, j'ai embrassé l'islam ; montre-moi quelque chose qui augmente ma certitude. » Il dit : « Que veux-tu ? » Il répondit : « Invoque cet arbre pour qu'il vienne à toi. » Il dit : « Va et appelle-le. » Le bédouin alla vers l'arbre et dit : « Réponds au Messager de Dieu. » L'arbre se pencha d'un côté, coupant ses racines, puis se pencha de l'autre côté, coupant ses racines, jusqu'à ce qu'il vienne auprès du Prophète — que Dieu le bénisse et le salue — et dise : « Que la paix soit sur toi, ô Messager de Dieu. » Le bédouin dit : « Cela me suffit, cela me suffit. » Le Prophète — que Dieu le bénisse et le salue — dit à l'arbre : « Retourne. » Il retourna et se rassit sur ses racines et ses branches. Le bédouin dit : « Permets-moi, ô Messager de Dieu, d'embrasser ta tête et tes pieds. » Il le fit. Puis il dit : « Permets-moi de me prosterner devant toi. » Il dit : « Nul ne doit se prosterner devant quiconque ; si j'avais ordonné à quelqu'un de se prosterner devant quelqu'un, j'aurais ordonné à la femme de se prosterner devant son mari, en raison de l'importance de son droit sur elle. » 292 - Abū Bakr ibn Mālik nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn Aḥmad ibn Ḥanbal nous a rapporté : mon père m'a rapporté : Wakī‘ nous a rapporté : al-A‘mash nous a rapporté, d'après al-Minhāl ibn ‘Amr, d'après Ya‘lā ibn Murra, d'après son père ; et Abū ‘Amr ibn Ḥamdān nous a rapporté : al-Ḥasan ibn Sufyān nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Abd Allāh ibn Numayr nous a rapporté : Wakī‘ nous a rapporté : al-A‘mash nous a rapporté, d'après al-Minhāl ibn ‘Amr, d'après Ya‘lā ibn Murra — Wakī‘ a dit une fois : d'après son père — qui a dit : J'étais avec le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — et nous descendîmes dans une terre où il y avait beaucoup d'arbres. Il me dit : « Va vers ces deux arbres et dis-leur : “Le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — vous ordonne de vous rejoindre.” » J'allai vers eux et dis : « Je suis l'envoyé du Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — et il vous ordonne de vous rejoindre. » Ils se rejoignirent. Le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — satisfit son besoin 2, puis dit : « Va vers eux et dis-leur de se séparer. » Je le leur dis, et ils se séparèrent. 293 - Abū Bakr ibn Mālik nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn Aḥmad ibn Ḥanbal nous a rapporté : mon père m'a rapporté : ‘Abd al-Razzāq nous a rapporté : Ma‘mar nous a rapporté, d'après ‘Aṭā’ ibn al-Sā'ib, d'après ‘Abd Allāh ibn Ḥafṣ, d'après Ya‘lā ibn Murra al-Thaqafī, qui a dit : Alors que nous marchions avec le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — nous descendîmes dans un lieu de campement. Le Prophète — que Dieu le bénisse et le salue — dormit. Un arbre vint en fendant la terre jusqu'à le couvrir, puis retourna à sa place. Lorsqu'il se réveilla, je lui mentionnai cela. Il dit : « C'est un arbre qui a demandé la permission à son Seigneur — Puissant et Majestueux — de me saluer, et Il le lui a permis. » 294 - ... Ya‘lā ibn Siyāba — c'est Ya‘lā ibn Murra, et Siyāba est le nom de sa mère — et Ḥukayma, l'épouse de Ya‘lā ibn Murra, a rapporté quelque chose de semblable d'après Ya‘lā. 295 - Al-Ḥasan ibn ‘Amr ibn al-Ḥasan al-Wāsiṭī nous a rapporté : Ja‘far ibn Aḥmad ibn Sinān nous a rapporté : Abū Yaḥyā Muḥammad ibn ‘Abd al-Raḥīm nous a rapporté : Mu‘allā ibn Manṣūr nous a rapporté : Shabīb ibn Shayba m'a informé : Bishr ibn ‘Āṣim m'a rapporté, d'après Ghaylān ibn Salama al-Thaqafī, qui a dit : Nous sortîmes avec le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — lors de l'un de ses voyages, et nous vîmes avec lui une chose étonnante : nous passâmes par une terre où il y avait des buissons 3, c'est-à-dire des arbres éparpillés. Le Prophète de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — me dit : « Ô Ghaylān, va vers ces deux buissons et ordonne à l'un d'eux de se joindre à son compagnon, afin que je me cache derrière eux pour faire mes ablutions. » Je partis, me tins entre eux et dis : « Le Prophète de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — vous ordonne de vous rejoindre l'un l'autre. » L'un d'eux s'inclina, puis se déracina en sillonnant la terre jusqu'à ce qu'il rejoigne son compagnon. Le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — descendit, fit ses ablutions derrière eux, puis monta (en selle). Ensuite, l'arbre retourna en sillonnant la terre jusqu'à son emplacement. 296 - Abū Bakr ibn Khallād nous a rapporté : al-Ḥārith ibn Abī Usāma nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Umar al-Wāqidī nous a rapporté : Ya‘qūb ibn Mujāhid nous a rapporté : ‘Ubāda ibn al-Walīd ibn ‘Ubāda ibn al-Ṣāmit m'a rapporté, qui a dit : Nous vînmes chez Jābir ibn ‘Abd Allāh, et il nous raconta qu'il avait voyagé avec le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — lors de l'un de ses déplacements. Ils descendirent dans une vallée spacieuse. Le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — alla satisfaire son besoin, et je le suivis avec une outre d'eau. Le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — regarda et ne vit rien pour se cacher. Or, il y avait deux arbres sur la rive de la vallée. Le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — alla vers l'un d'eux, saisit une de ses branches et dit : « Plie-toi pour moi. » Dieu — Puissant et Majestueux — le lui permit, et l'arbre se plia avec lui comme un chameau dompté qui obéit à son meneur, jusqu'à ce qu'il atteigne l'autre arbre. Il saisit une branche de celui-ci et lui dit : « Plie-toi pour moi, par la permission de Dieu. » Il se plia avec lui de la même manière. Lorsqu'il fut au milieu, entre les deux, il les réunit et dit : « Unissez-vous pour moi, par la permission de Dieu — Puissant et Majestueux. » Ils s'unirent. Jābir dit : Je m'éloignai et m'assis. Il tourna la tête et voilà que le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — revenait, et les deux arbres s'étaient séparés, chacun se tenant sur son tronc. Je vis le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — s'arrêter un instant, puis faire un signe de la tête ainsi — et il indiqua de la tête à droite et à gauche.
297 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : 'Abdān ibn Aḥmad et Aḥmad ibn 'Amr al-Bazzār nous ont rapporté : Ṭālūt ibn 'Abbād nous a rapporté : 'Abd al-Wāḥid ibn Ziyād nous a rapporté : al-A'mash, d'après Sālim ibn Abī al-Ja'd, d'après Ibn 'Abbās, a dit : Un homme des Banū 'Āmir ibn Ṣa'ṣa'a vint auprès du Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) ; il pratiquait la médecine et soignait. Il dit : « Ô Muḥammad, tu dis des choses ; veux-tu que je te soigne ? » Il dit : Alors le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) appela un 'irq 4 – c'est-à-dire un palmier – et celui-ci vint à lui en se prosternant et en relevant la tête jusqu'à ce qu'il parvînt au Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) et se tint devant lui. Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) lui dit : « Retourne à ta place. » Il retourna donc à sa place. Alors le 'Āmirī dit : « Par Allāh, je ne te démentirai jamais en quoi que ce soit que tu dises. » Puis il dit : « Ô Banī Ṣa'ṣa'a, par Allāh, je ne le démentirai jamais en rien de ce qu'il dit. » 298 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté de mémoire : Muḥammad ibn 'Abd Allāh al-Ḥaḍramī nous a rapporté : Abū Hishām al-Rifā'ī nous a rapporté : Isḥāq ibn Sulaymān al-Rāzī nous a rapporté : Mu'āwiya ibn Yaḥyā al-Ṣadafī, d'après al-Zuhrī, a dit : Khārija ibn Zayd nous a rapporté que Usāma ibn Zayd ibn Ḥāritha a dit : Nous sortîmes avec le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) lors de son pèlerinage qu'il accomplit. Lorsqu'il descendit dans la vallée d'al-Rawḥā', le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) me dit : « Ô Usaym 5 » – al-Zuhrī dit : C'est ainsi que le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) l'appelait, en le raccourcissant – « Vois-tu un écran 6 pour l'endroit où le Messager d'Allāh doit se rendre ? » Je sortis donc et marchai jusqu'à être fatigué, sans traverser la foule et sans voir rien qui pût cacher quelqu'un. Je revins vers lui et dis : « Ô Messager d'Allāh, par Celui qui t'a envoyé avec la vérité, j'ai marché jusqu'à être fatigué et je n'ai rien vu qui pût cacher quelqu'un ; les gens ont rempli l'espace entre les deux digues 7. » Il dit : « As-tu vu des arbres ou des pierres ? » Je dis : « J'ai vu de petits palmiers et à côté d'eux un tas de pierres. » Il dit : « Va vers les palmiers et dis-leur : Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) vous ordonne de vous coller les uns aux autres jusqu'à former un écran pour l'endroit où le Messager d'Allāh doit se rendre. Et dis cela aux pierres. » J'allai vers les palmiers et leur dis : « Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) vous ordonne de vous coller les uns aux autres jusqu'à former un écran pour le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui). » Par Celui qui l'a envoyé avec la vérité, je les vis sauter avec leurs racines et leur terre jusqu'à ce qu'ils se collent les uns aux autres, comme s'ils étaient un seul palmier. Et je dis cela aux pierres ; par Celui qui l'a envoyé avec la vérité, je les vis sauter pierre par pierre jusqu'à devenir comme un mur. Je vins à lui – que la paix soit sur lui – et l'en informai. Il dit : « Ô Usaym, prends cette outre. » Je la pris, puis nous partîmes. Lorsque nous fûmes près de cet endroit, il prit l'outre, puis alla et satisfit son besoin. Puis il vint à moi portant l'outre, et nous partîmes jusqu'à ce qu'il entrât dans la tente. Il me dit : « Ô Usaym, va vers les palmiers et dis-leur : Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) vous ordonne de retourner chacune à sa place. Et dis cela aux pierres. » J'allai vers les palmiers et leur dis ce qu'il m'avait ordonné. Par Celui qui l'a envoyé avec la vérité, je les vis sauter avec leurs racines et leur terre jusqu'à ce que chaque palmier retournât à sa place. Et je dis cela aux pierres ; par Celui qui l'a envoyé avec la vérité, je les vis sauter pierre par pierre jusqu'à ce que chaque pierre retournât à sa place. Je vins à lui et l'en informai – que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui. Récit de Rukāna.
299 - Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn ‘Alī nous a rapporté : al-Ḥusayn ibn Muḥammad ibn Ḥammād Abū ‘Arūba nous a rapporté : Muḥammad ibn Wahb ibn ‘Umar ibn Abī Karīma nous a rapporté : Muḥammad ibn Salama nous a rapporté, d’après Abū ‘Abd ar-Raḥīm, qui a dit : Abū ‘Abd al-Malik m’a rapporté d’après al-Qāsim, d’après Abū Umāma, qui a dit : Il y avait un homme appelé Rukāna, qui était parmi les plus perfides 8 et les plus forts des gens, et il était polythéiste. Il faisait paître ses moutons dans une vallée appelée Iḍam. Un jour, le Prophète de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) sortit de la maison de ‘Ā’isha (que Dieu l’agrée) en direction de cette vallée. Rukāna le rencontra, et il n’y avait personne avec le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue). Rukāna se dressa devant lui et dit : « Ô Muḥammad, est-ce toi qui insultes nos divinités al-Lāt et al-‘Uzzā et appelles à ton Dieu, le Puissant, le Sage ? Sans le lien de parenté entre moi et toi, je ne t’aurais pas adressé la parole sans te tuer. Mais invoque ton Dieu, le Puissant, le Sage, pour qu’Il te sauve de moi aujourd’hui. Je vais te proposer une chose : veux-tu lutter contre moi ? Invoque ton Dieu, le Puissant, le Sage, pour qu’Il t’aide contre moi, et moi j’invoquerai al-Lāt et al-‘Uzzā. Si tu me terrasses, tu auras dix de mes moutons, à choisir. » Alors le Prophète de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Oui, si tu veux, prends position. » Le Prophète de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) invoqua son Dieu, le Puissant, le Sage, pour qu’Il l’aide contre Rukāna, et Rukāna invoqua al-Lāt et al-‘Uzzā contre Muḥammad. Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) le saisit, le terrassa et s’assit sur sa poitrine. Rukāna dit : « Ce n’est pas toi qui as fait cela, c’est ton Dieu, le Puissant, le Sage, qui l’a fait, et al-Lāt et al-‘Uzzā m’ont abandonné. Personne n’a jamais posé son flanc à terre avant toi. » Rukāna lui dit : « Recommence ; si tu me terrasses, tu auras dix autres moutons à choisir. » Le Prophète de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) le saisit, le terrassa et s’assit sur son foie. Rukāna lui dit : « Ce n’est pas toi qui as fait cela, c’est ton Dieu, le Puissant, le Sage, qui l’a fait, et al-Lāt et al-‘Uzzā m’ont abandonné. Personne n’a jamais posé son flanc à terre avant toi. » Rukāna lui dit : « Recommence ; si tu me terrasses, tu auras dix autres moutons à choisir. » Le Prophète de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) le saisit, et chacun invoqua son dieu comme la première fois. Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) le terrassa une troisième fois. Rukāna lui dit : « Ce n’est pas toi qui as fait cela, c’est ton Dieu, le Puissant, le Sage, qui l’a fait, et al-Lāt et al-‘Uzzā m’ont abandonné. Prends donc trente moutons de mon troupeau, choisis-les. » Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) lui dit : « Je ne veux pas cela, mais je t’appelle à l’islam, ô Rukāna. Je tiens à ce que tu n’ailles pas en Enfer. Si tu embrasses l’islam, tu seras sauvé. » Rukāna lui dit : « Non, à moins que tu ne me montres un signe 9. » Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) lui dit : « Dieu est témoin contre toi : si j’invoque mon Seigneur et qu’Il te montre un signe, répondras-tu à mon appel ? » Il dit : « Oui. » Près d’eux se trouvait un arbre de samur 10 avec des branches et des rameaux. Le Prophète de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui fit signe et lui dit : « Approche, par la permission de Dieu. » L’arbre se fendit en deux et s’avança sur une moitié, avec ses rameaux et ses branches, jusqu’à se trouver entre les mains du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et Rukāna. Rukāna lui dit : « Tu m’as montré une grande chose ; ordonne-lui de retourner. » Il le lui ordonna, et l’arbre retourna avec ses rameaux et ses branches jusqu’à ce qu’il se rejoigne. Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) lui dit : « Embrasse l’islam, tu seras sauvé. » Rukāna dit : « Je n’ai rien d’autre à dire sinon que j’ai vu une grande chose, mais je crains que les femmes et les enfants de Médine n’apprennent que j’ai répondu par peur entrée dans mon cœur. Or les femmes et les enfants de Médine savent que personne n’a jamais posé mon flanc à terre et qu’aucune peur n’est entrée dans mon cœur, ni la nuit ni le jour. Prends donc tes moutons, choisis-les. » Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) lui dit : « Je n’ai pas besoin de tes moutons, puisque tu refuses d’embrasser l’islam. » Le Prophète de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) s’en retourna. Abū Bakr et ‘Umar vinrent le chercher dans la maison de ‘Ā’isha (que Dieu l’agrée). Elle leur apprit qu’il était sorti en direction de la vallée d’Aḍam. Ils savaient que c’était la vallée de Rukāna, qu’il ne manquait guère de rencontrer. Ils sortirent à sa recherche, craignant que Rukāna ne le rencontre et ne le tue. Ils montèrent sur chaque hauteur et scrutèrent au loin, quand ils virent le Prophète de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) qui revenait. Ils dirent : « Ô Prophète de Dieu, comment es-tu sorti seul vers cette vallée, alors que tu sais que c’est le territoire de Rukāna, et qu’il est parmi les plus perfides et les plus forts des gens, et qu’il te traite de menteur ? » Il leur sourit, puis dit : « Dieu ne dit-Il pas : “Dieu te protégera des gens” [Coran 5:67] ? Il n’aurait pu m’atteindre, car Dieu est avec moi. » Et il se mit à leur raconter ce qui s’était passé avec Rukāna, ce qu’il avait fait et ce qu’il lui avait montré. Ils en furent étonnés et dirent : « Ô Messager de Dieu, as-tu terrassé Rukāna ? Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, personne n’a jamais posé son flanc à terre ! » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « J’ai invoqué Dieu mon Seigneur, et Il m’a aidé contre lui. Mon Seigneur m’a aidé avec la force de plusieurs dizaines d’hommes 11. » Autre récit 300 - ‘Abd Allāh ibn Ja‘far nous a rapporté : Yūnus ibn Ḥabīb nous a rapporté : Abū Dāwūd nous a rapporté : Sulaymān ibn Mu‘ādh nous a rapporté, d’après Simāk ibn Ḥarb, d’après Jābir ibn Samura, que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : « Il y a à La Mecque une pierre qui me saluait les nuits où je fus envoyé 12. Je la reconnais quand je passe devant elle. » 301 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Aḥmad ibn Muḥammad al-Ma‘īnī al-Iṣbahānī nous a rapporté : Zayd ibn al-Ḥarīsh nous a rapporté : Yaḥyā ibn Sa‘īd nous a rapporté, d’après Shu‘ba, d’après Simāk, d’après Jābir ibn Samura, qui a dit : Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : « Je reconnais une pierre qui me saluait avant que je ne sois envoyé. Je la reconnais. »
- al-Ḥajūn : Nom d'un lieu à La Mecque, près du cimetière d'al-Ma‘lāt.
- satisfit son besoin : Expression pudique pour désigner le fait d'uriner ou de déféquer.
- buissons : Traduction de 'ishā', qui désigne des arbres ou arbustes de petite taille, souvent épineux.
- 'irq : Signifie littéralement 'racine' ou 'veine' ; ici, il est interprété comme un palmier, peut-être une variété particulière.
- Usaym : Diminutif affectueux d'Usāma, utilisé par le Prophète pour le nommer.
- khamar : Tout ce qui cache ou voile, comme un arbre, un mur, etc.
- al-saddayn : Les deux digues ou barrières naturelles de la vallée ; peut-être les deux montagnes encadrant la vallée.
- aftak : Superlatif de fātik : perfide, traître, qui attaque par surprise.
- āya : Signe miraculeux, prodige attestant la vérité de la prophétie.
- samur : Acacia épineux, arbre typique des régions désertiques arabes.
- bi-bid‘ ‘ashrata wa bi-quwwati ‘ashara : Littéralement : avec une dizaine et avec la force de dix ; expression indiquant une force surhumaine.
- layālī bu‘ithtu : Les nuits de l’envoi prophétique, c’est-à-dire au début de la révélation.
Chapitre vingt : Mention du gémissement du tronc [1]
Le vingtième chapitre : Mention du gémissement du tronc 1 302 - Abû Bakr ibn Khallâd nous a rapporté : Aḥmad ibn ‘Alî al-Kharrâz nous a rapporté : ‘Îsâ ibn al-Musâwir nous a rapporté : Al-Walîd ibn Muslim nous a rapporté d’après al-Awzâ‘î, d’après Yaḥyâ ibn Abî Kathîr, d’après Abû Salama, d’après Jâbir ibn ‘Abd Allâh que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) prononçait le sermon 2 appuyé contre un tronc. Lorsque la chaire 3 fut construite, le tronc se mit à gémir. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) le prit dans ses bras et il s’apaisa. Jâbir dit : « J’étais présent lorsqu’il gémit. » Puis l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « Si je ne l’avais pas embrassé, il aurait gémi vers moi jusqu’au Jour de la Résurrection. » 303 - Abû ‘Amr ibn Ḥamdân nous a rapporté : Al-Ḥasan ibn Sufyân nous a rapporté : Abû Bakr ibn Abî Shayba nous a rapporté : Wakî‘ nous a rapporté d’après ‘Abd al-Wâḥid ibn Ayman, d’après son père, d’après Jâbir ibn ‘Abd Allâh (qu’Allah les agrée tous deux) que l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) se tenait le vendredi contre un arbre – ou un palmier – pour prononcer le sermon. Wakî‘ dit : « L’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) prononçait le sermon appuyé contre un tronc de palmier. Une femme des Anṣâr 4 dit : “J’ai un jeune esclave charpentier ; ne dois-je pas lui ordonner de te fabriquer une chaire sur laquelle tu prononceras le sermon ?” Il dit : “Si.” On fabriqua donc une chaire. Le vendredi suivant, il prononça le sermon sur la chaire. » Il dit : « Alors le tronc contre lequel il prononçait le sermon se mit à gémir comme gémit un petit enfant. L’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : “Celui-ci pleure pour ce qu’il a perdu du rappel 5.” » 304 - Abû ‘Amr ibn Ḥamdân nous a rapporté : Al-Ḥasan ibn Sufyân nous a rapporté : Abû Kâmil nous a rapporté : Abû ‘Awâna nous a rapporté d’après al-A‘mash, d’après Abû Ṣâliḥ, d’après Jâbir, et d’après Abû Isḥâq, d’après Ibn Abî Karib, d’après Jâbir, qui dit : « Il y avait dans la mosquée une pièce de bois contre laquelle le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) prononçait le sermon. On lui dit : “Si nous te fabriquions quelque chose comme une estrade 6 sur laquelle tu te tiendrais ?” Il le fit. Alors le bois gémit comme gémit une chamelle. » Il dit : « Il vint à lui, le prit dans ses bras, posa sa main dessus, et il s’apaisa. » 305 - Sulaymân ibn Aḥmad nous a rapporté : ‘Abdân ibn Aḥmad nous a rapporté : Al-‘Alâ’ ibn Maslama al-Baṣrî nous a rapporté : Shayba Abû Qilâba nous a rapporté d’après Sa‘îd al-Jurayrî, d’après Abû Naḍra, d’après Jâbir ibn ‘Abd Allâh que l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) prononçait le sermon appuyé contre un tronc de palmier. On lui dit : « Ô Envoyé d’Allah, l’islam s’est répandu, les gens sont nombreux, et les délégations viennent de toutes les contrées. Si tu ordonnais la fabrication de quelque chose sur lequel tu serais élevé ? » Il appela un homme et dit : « Fabrique une chaire. » Il dit : « Oui. » Il dit : « Quel est ton nom ? » Il dit : « Un tel. » Il dit : « Tu n’es pas celui qu’il faut. » Puis il en appela un autre et lui dit la même chose. Puis il en appela un autre et dit : « Fabriques-tu la chaire ? » Il dit : « Oui, si Allah le veut. » Il dit : « Quel est ton nom ? » Il dit : « Ibrâhîm. » Il dit : « Mets-toi à l’ouvrage. » Lorsqu’il l’eut fabriquée et que l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) y fut monté, le tronc de palmier sur lequel il se tenait se mit à gémir comme gémit la chamelle. Les gens de la mosquée entendirent son son, par nostalgie pour l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Il descendit et l’étreignit, et dit : « Par Celui qui tient mon âme en Sa main, si je l’avais laissé, il aurait gémi jusqu’au Jour de la Résurrection. » 306 - Abû Bakr ibn Mâlik nous a rapporté : ‘Abd Allâh ibn Aḥmad ibn Ḥanbal m’a rapporté : ‘Îsâ ibn Mâlik Abû Sa‘îd m’a rapporté : ‘Ubayd Allâh ibn ‘Umar nous a rapporté d’après ‘Abd Allâh ibn Muḥammad ibn ‘Aqîl, d’après Ibn Ubayy ibn Ka‘b, d’après son père, qui dit : « L’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) priait en direction d’un tronc, et la mosquée était une hutte 7. Il prononçait le sermon appuyé contre ce tronc. Un de ses Compagnons dit : “Ô Envoyé d’Allah, si nous te fabriquions quelque chose sur lequel tu te tiendrais le vendredi, afin que les gens te voient et entendent ton sermon ?” Il dit : “Oui.” On lui fabriqua donc trois degrés. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) monta et s’y tint comme il se tenait auparavant. Le tronc se pencha vers lui. L’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui dit : “Tais-toi.” Puis le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit à ses Compagnons : “Ce tronc a gémi vers moi.” Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : “Tais-toi. Si tu veux, je te planterai au Paradis, et les justes mangeront de toi ; et si tu veux, je te planterai frais comme tu étais.” Il choisit l’autre monde plutôt que celui-ci. Lorsque le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) fut rappelé 8, le tronc fut confié à Ubayy ibn Ka‘b (qu’Allah l’agrée). Il resta chez lui jusqu’à ce que la terre le consume. » 307 - Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Ḥasan nous a rapporté : Muḥammad ibn Yaḥyâ al-Marwazî nous a rapporté : ‘Âṣim ibn ‘Alî nous a rapporté : Al-Mas‘ûdî nous a rapporté d’après Ḥâzim, d’après Sahl ibn Sa‘d (qu’Allah l’agrée), qui dit : « L’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) se tenait contre une pièce de bois. Lorsque les gens devinrent nombreux, ils dirent : “Ô Envoyé d’Allah, les gens sont devenus nombreux. Ne te fabriquerions-nous pas une chaire sur laquelle tu te tiendrais ? Car celui qui vient a du mal à repartir sans avoir rien entendu de toi.” » Il dit : « Il ordonna à un jeune esclave des Anṣâr, qui prit du tamaris 9 de la forêt 10 et lui fabriqua cette chaire. Lorsqu’il s’y assit, la pièce de bois sur laquelle il se tenait se mit à gémir. Il vint, posa sa main dessus jusqu’à ce qu’elle s’apaise. » 308 - Abû Bakr al-Ṭalḥî nous a rapporté : ‘Abd Allâh ibn Ghannâm nous a rapporté, et Aḥmad ibn Isḥâq nous a rapporté : Abû Bakr ibn Abî ‘Âṣim nous a rapporté, tous deux : Abû Bakr ibn Abî Shayba nous a rapporté : Abû Usâma nous a rapporté d’après Mujâlid, d’après Abû al-Waddâk, d’après Abû Sa‘îd al-Khudrî (qu’Allah l’agrée), qui dit : « Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) prononçait le sermon appuyé contre un tronc. Un homme romain vint et dit : “Je te fabrique une chaire sur laquelle tu prononceras le sermon.” Ils fabriquèrent donc cette chaire que vous voyez. Lorsque l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) s’y tint et prononça le sermon, le tronc gémit comme gémit la chamelle vers son petit. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) descendit, le prit dans ses bras, et il s’apaisa. » 309 - Muḥammad ibn Ibrâhîm et ‘Abd Allâh ibn Muḥammad nous ont rapporté : Abû Ya‘lâ nous a rapporté : Kâmil ibn Ṭalḥa nous a rapporté : Ibn Lahî‘a nous a rapporté d’après ‘Umâra ibn Ghaziyya, qui a entendu ‘Abbâs ibn Sahl ibn Sa‘d as-Sâ‘idî raconter d’après son père, qui dit : « L’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), lorsqu’il prononçait le sermon, se tenait contre une pièce de bois qui se trouvait dans la mosquée. Lorsque les gens se répandirent et devinrent nombreux, on lui dit : “Ô Envoyé d’Allah, si tu faisais une chaire d’où tu dominerais les gens ?” Il envoya chercher le charpentier. Il partit, et je partis avec lui, jusqu’à ce qu’il vienne – dans une version : à la forêt – et en coupa du tamaris, le travailla et le prépara. Puis nous vînmes le porter. Il avait deux degrés, et le troisième était le siège de l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Par Allah, dès que l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) s’y assit et parla, la pièce de bois le regretta et mugit comme mugit un taureau, avec un gémissement. ‘Abbâs tendait la main comme il avait vu son père tendre la main, imitant le gémissement du bois, au point que les gens furent effrayés et que les pleurs redoublèrent à cause de ce qu’ils voyaient. L’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : “Gloire à Allah ! Ne voyez-vous pas cette pièce de bois ?” Et dans le récit de Muḥammad ibn Aḥmad : « Il vint, posa sa main dessus jusqu’à ce qu’elle s’apaise. »
310 - 'Abd Allah ibn Muhammad ibn Ja'far nous a rapporté : Muhammad ibn Ahmad ibn Sulayman nous a rapporté : 'Ali ibn Ahmad al-Jawrabi nous a rapporté : Qabisa nous a rapporté : Habban ibn 'Ali d'après Salih ibn Hayyan d'après 'Abd Allah ibn Burayda d'après 'A'isha, que Dieu l'agrée, qui a dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, priait appuyé contre un tronc de palmier 11. On lui fit une chaire 12 à quatre marches. Le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, monta en chaire et prononça un sermon aux gens. Alors le tronc se mit à gémir comme gémit la chamelle. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, vint à lui, posa sa main dessus et dit : « Qu'as-tu ? Si tu veux, j'invoquerai Dieu, Puissant et Majestueux, pour qu'Il te rende à ton état initial ; et si tu veux, j'invoquerai Dieu, Puissant et Majestueux, pour qu'Il te fasse entrer au Paradis, où tu porteras des fruits, et les alliés 13 de Dieu, les pieux, et Ses prophètes envoyés mangeront de tes fruits. » Nous entendîmes le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dire : « Oui. » Alors le tronc se calma et s'apaisa.
- ḥanīn al-jidh‘ : Gémissement ou plainte du tronc de palmier, phénomène miraculeux rapporté dans les hadiths où un tronc de palmier aurait pleuré ou gémi après que le Prophète a cessé de s’y appuyer pour prêcher.
- khuṭba : Sermon prononcé par le Prophète ou l’imam lors de la prière du vendredi.
- minbar : Chaire ou estrade surélevée dans la mosquée, utilisée par le prédicateur pour le sermon du vendredi.
- Anṣār : Les « Auxiliaires », habitants de Médine qui ont accueilli et soutenu le Prophète et les émigrants de La Mecque.
- dhikr : Rappel d’Allah, invocation, ou ici le fait d’entendre le sermon et les paroles du Prophète.
- kursī : Estrade ou siège surélevé, parfois utilisé comme synonyme de minbar.
- ‘arīsh : Hutte ou abri fait de branches de palmier, désignant la première mosquée de Médine.
- qubiḍa : Littéralement « fut saisi », expression désignant la mort du Prophète.
- ṭarfā’ : Tamaris, un arbre ou arbuste utilisé pour le bois.
- ghāba : Forêt ou bosquet, ici un lieu spécifique près de Médine.
- jadh' : Tronc de palmier sec utilisé comme support pour prier, avant la construction du minbar.
- minbar : Chaire à prêcher dans la mosquée, généralement en bois, composée de marches.
- awliyā' : Pluriel de wali, désignant les saints ou alliés de Dieu, ceux qui sont proches de Lui par leur piété.
Chapitre vingt et un : Le jaillissement de l'eau d'entre ses doigts, en voyage et en…
Chapitre vingt et un : Le jaillissement de l'eau d'entre ses doigts, en voyage et en résidence. Ce signe [1] est l'un des plus étonnants des signes, le plus prodigieux des miracles et le plus éloquent dans son indication. Il ressemble au signe de Moïse [2] lorsque l'eau jaillit de la roche qu'il frappa de son bâton. Bien plus, celui-ci est plus prodigieux encore, car l'eau jaillissant d'entre la chair et les os est plus étonnante et plus grande.
Le vingt et unième chapitre : sur le jaillissement de l'eau d'entre ses doigts, en voyage et en résidence. Ce signe est l'un des plus étonnants des signes par sa merveille, le plus grand d'entre eux par son miracle, et le plus éloquent par sa preuve ; il ressemble au signe de Moïse 1 lors du jaillissement de l'eau de la pierre quand il la frappa de son bâton. Bien plus, celui-ci est plus éloquent dans la merveille, car le jaillissement de l'eau d'entre la chair et l'os est plus étonnant et plus grand que sa sortie de la pierre, parce que la pierre est une source 2 parmi les sources de l'eau, bien connue dans le savoir, mentionnée dans l'usage courant, alors qu'on n'a jamais rapporté ni entendu dans le passé des siècles d'eau jaillissant et surgissant d'individus parmi les fils d'Adam, au point qu'une foule nombreuse de gens et d'animaux en ait été abreuvée. Le jaillissement de l'eau des pierres n'est ni inconnu ni nouveau, mais sa sortie et son jaillissement d'entre les doigts est un miracle nouveau. 311 - Ahmad ibn Ishaq et 'Abdullah ibn Muhammad nous ont rapporté, disant : Ibn Abi 'Asim nous a rapporté, disant : Muhammad ibn 'Abdullah ibn Numayr nous a rapporté, disant : Abu al-Jawwab nous a rapporté, d'après 'Ammar ibn Ruzayq, d'après al-A'mash, d'après Ibrahim, d'après 'Alqama, d'après 'Abdullah ibn Mas'ud (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Alors que nous étions avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) en voyage, l'heure de la prière arriva et nous n'avions qu'un peu d'eau. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) demanda de l'eau, la versa dans un plat, y mit sa paume, et l'eau se mit à jaillir d'entre ses doigts. Puis il s'écria : "Venez aux ablutions ! La bénédiction vient d'Allah." Les gens vinrent et firent leurs ablutions, et je me hâtais vers l'eau pour en mettre dans mon ventre, à cause de la parole du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : "La bénédiction vient d'Allah." » 312 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté, disant : Musa ibn 'Isa ibn al-Mundhir al-Himsi nous a rapporté, disant : Ahmad ibn Khalid al-Wahbi nous a rapporté, disant : Isra'il nous a rapporté. Et Sulayman ibn Ahmad, parmi un groupe, nous a rapporté, disant : Ibrahim ibn Na'ila nous a rapporté, disant : Isma'il ibn 'Amr al-Bajali nous a rapporté, disant : Isra'il nous a rapporté, d'après Mansur, d'après Ibrahim, d'après 'Alqama, d'après 'Abdullah, qui a dit : « Nous étions avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et nous n'avions pas d'eau. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : "Cherchez celui qui a de l'eau en surplus." On apporta un récipient contenant un peu d'eau. Il y mit sa paume, et l'eau se mit à sortir d'entre ses doigts. Puis il dit : "Venez à la purification bénie ! La bénédiction vient d'Allah, Puissant et Majestueux." Nous en bûmes. » 'Abdullah dit : « Et nous entendions la nourriture glorifier [Allah] 3 pendant que nous mangions. » 313 - 'Ali ibn al-Fadl ibn Shahriyar nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Ayyub al-Razi nous a rapporté, disant : Musaddad nous a rapporté, disant : Khalid nous a rapporté, disant : Husayn nous a rapporté, d'après Salim ibn Abi al-Ja'd, d'après Jabir (qu'Allah l'agrée), qui a dit : « Le jour d'al-Hudaybiyya 4, on apporta au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) une petite outre 5 d'eau. Les gens se précipitèrent vers lui. Je dis : "Les gens n'ont d'eau que celle qui est devant toi." Il mit sa main dans l'outre, et l'eau se mit à jaillir d'entre ses doigts comme des sources. Les gens eurent de l'eau à leur suffisance. » Je lui dis : « Combien étiez-vous ? » Il dit : « Si nous avions été cent mille, cela nous aurait suffi. Nous étions quinze cents. » 314 - Abu Bakr ibn Malik nous a rapporté, disant : 'Abdullah ibn Ahmad ibn Hanbal nous a rapporté, disant : Mon père m'a rapporté, disant : 'Abd al-Samad nous a rapporté, disant : 'Abd al-Warith nous a rapporté, disant : 'Abd al-'Aziz ibn Muslim nous a rapporté, tous d'après Husayn ibn 'Abd al-Rahman, d'après Salim ibn Abi al-Ja'd, d'après Jabir (qu'Allah l'agrée), qui a dit : « Les gens eurent soif le jour d'al-Hudaybiyya, alors qu'il y avait devant le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) une petite outre dont il faisait ses ablutions. Les gens se précipitèrent vers lui. Il dit : "Qu'avez-vous ?" Ils dirent : "Ô Messager d'Allah, nous n'avons pas d'eau pour faire nos ablutions ni pour boire, sauf celle qui est devant toi." Il mit sa main dans l'outre, et l'eau se mit à jaillir d'entre ses doigts comme des sources. Les gens eurent de l'eau à leur suffisance, jusqu'à ce qu'ils eussent fini. » Je dis à Jabir : « Combien étiez-vous ? » Il dit : « Si nous avions été cent mille, cela nous aurait suffi. Nous étions quinze cents. » (Paroles d'Ibn 'A'isha.) 315 - Abu 'Amr ibn Hamdan nous a rapporté, disant : al-Hasan ibn Sufyan nous a rapporté, disant : Ibrahim ibn al-Hajjaj al-Sami nous a rapporté, disant : Hammad ibn Salama nous a rapporté, d'après Thabit al-Bunani, que 'Abdullah ibn Rabah a rapporté aux gens : Abu Qatada nous a rapporté : « Nous étions avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) en voyage. Il dit : "Avez-vous de l'eau ?" Je dis : "Oui, j'ai un petit récipient 6 contenant un peu d'eau." Il dit : "Apporte-le." Je le lui apportai. Il dit : "Touchez-en." Il fit ses ablutions, et il resta dans le récipient une gorgée. Il dit : "Garde-la, ô Abu Qatada, car elle aura une histoire." Quand la chaleur de midi devint intense, on leva [la tête] vers le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Ils dirent : "Ô Messager d'Allah, nous périssons de soif, les cous se rompent." Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : "Nulle perte pour vous." Puis il dit : "Ô Abu Qatada, apporte le récipient." Je le lui apportai. Il dit : "Dénoue pour moi mon gobelet 7" – c'est-à-dire son verre. Je le dénouai et le lui apportai. Il se mit à verser dedans et à abreuver les gens. Les gens se pressèrent autour de lui. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : "Ô gens, remplissez bien [les récipients] 8, car chacun de vous s'en retournera rassasié." Les gens burent jusqu'à ce qu'il ne restât que moi et le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Il versa pour moi et dit : "Bois, ô Abu Qatada." Je dis : "Bois toi-même, ô Messager d'Allah." Il dit : "Celui qui abreuve les gens est le dernier à boire." Je bus, puis il but après moi, et il resta dans le récipient à peu près ce qu'il y avait. Ce jour-là, ils étaient trois cents. » Ibrahim ibn al-Hajjaj dit dans son récit : « Et les gens, ce jour-là, étaient sept cents. » 316 - Abu Bakr ibn Malik nous a rapporté, disant : 'Abdullah ibn Ahmad ibn Hanbal nous a rapporté, disant : Mon père m'a rapporté, disant : Muhammad ibn Ja'far nous a rapporté, disant : Sa'id nous a rapporté. Et Abu 'Amr ibn Hamdan nous a rapporté, disant : al-Hasan ibn Sufyan nous a rapporté, disant : 'Abbas ibn al-Walid nous a rapporté, disant : Yazid ibn Zuray' nous a rapporté, disant : Sa'id nous a rapporté, tous d'après Qatada, d'après 'Abdullah ibn Rabah, d'après Abu Qatada, qui a dit : « Alors que nous étions avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dans l'un de ses voyages, il dit : "Y a-t-il de l'eau ?" Je lui apportai une petite outre 9 – ou dit : un récipient – contenant de l'eau. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) fit ses ablutions, puis me la rendit avec un reste d'eau, et dit : "Garde-la, car elle aura une histoire." Les gens nous rejoignirent en fin de journée, alors qu'ils avaient failli périr de soif. Ils dirent : "Ô Messager d'Allah, nous périssons." Il demanda le récipient, puis demanda un vase plus grand qu'un verre et plus petit qu'une grande coupe 10. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le prit sous son aisselle 11 et se mit à verser dans le vase. Puis les gens burent jusqu'à ce qu'ils eussent tous bu. Ensuite, le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) s'écria : "Y a-t-il quelqu'un qui a encore soif ?" Puis il rendit le récipient avec à peu près ce qu'il y avait. » Nous lui demandâmes : « Combien étiez-vous ? » Il dit : « Avec Abu Bakr et 'Umar, il y avait quatre-vingts hommes, et avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), douze hommes. » 317 - Abu Muhammad ibn Hayyan nous a rapporté, disant : Ya'la nous a rapporté, disant : Hudba ibn Khalid nous a rapporté, disant : Hammam nous a rapporté, disant : Qatada nous a rapporté, d'après Anas ibn Malik (qu'Allah l'agrée), qui a dit : « J'ai vu le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avec ses compagnons près d'al-Zawra' 12 ou près des maisons de Médine, alors qu'ils voulaient faire leurs ablutions. On apporta une grande coupe 13 contenant un peu d'eau. Il mit sa main dans la coupe, et l'eau se mit à jaillir d'entre ses doigts, jusqu'à ce que tous les gens eussent fait leurs ablutions. » Je lui dis : « Combien étiez-vous ? » Il dit : « Environ trois cents. »
318 - Muhammad ibn Ahmad ibn Ali nous a rapporté : Ahmad ibn Mousa al-Tousi nous a rapporté : Muhammad ibn Sabiq nous a rapporté : Israïl, d'après Abou Ishaq, d'après al-Bara' 14 - qu'Allah l'agrée - qui a dit : Nous étions avec le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - à al-Houdaybiya 15, et al-Houdaybiya est un puits. Nous l'avons épuisé 16 et n'y avons laissé aucune eau. On en parla au Prophète - qu'Allah prie sur lui et le salue - qui s'assit sur son bord, demanda un récipient, se rinça la bouche, puis cracha dedans. Ensuite, nous restâmes dix jours, et il nous abreuva, nous et nos montures, et nous en bûmes autant que nous voulions. [p. 410] Zouhayr l'a rapporté d'après Abou Ishaq et a dit : Nous étions mille quatre cents. 319 - Soulayman ibn Ahmad nous a rapporté : Abdallah ibn Muhammad ibn Chou'ayb al-Raha'i nous a rapporté : Muhammad ibn Ma'mar al-Bahrani nous a rapporté : Mousa ibn Oubayda, d'après Abdallah, un cheikh d'Aslam, d'après Joundoub ibn Nadjia ou Nadjia ibn Joundoub, qui a dit : Lorsque nous étions à al-Ghamim 17, une nouvelle parvint au Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - que les Qouraych 18 avaient envoyé Khalid ibn al-Walid 19 avec une troupe de cavaliers pour intercepter le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue. Le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - ne souhaitait pas les rencontrer, car il était miséricordieux envers eux. Il dit : « Y a-t-il un homme qui nous détourne du chemin ? » Je répondis : « Moi, que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! » Il les emprunta alors un chemin abandonné, plein de collines et de ravins, jusqu'à ce que la terre devînt plane pour nous, et il les fit descendre à al-Houdaybiya, qui était un puits à sec. Il y jeta une ou deux flèches de son carquois, puis cracha dedans, puis invoqua, et l'eau jaillit en sources, au point que je dis - ou nous dîmes - : « Si nous voulions, nous puiserions de nos mains. » Il dit : « Par Allah, il ne cessa de faire jaillir pour eux l'eau abondante jusqu'à ce qu'ils en eurent suffisamment et partirent. » 320 - Abou Ahmad nous a rapporté : Muhammad ibn Ishaq ibn Khouzayma et al-Moutarriz nous ont rapporté : Bounadar nous a rapporté : Yahya ibn Sa'id, Ibn Abi 'Adi, Muhammad ibn Ja'far, Abd al-Wahhab et Sahl ibn Yousouf ont dit [p. 411] : Tous : 'Awf nous a rapporté : Abou Radja' m'a rapporté : 'Imran ibn Housayn a dit : Nous étions en voyage avec le Prophète - qu'Allah prie sur lui et le salue. Nous voyageâmes une nuit jusqu'à ce que, à la fin de la nuit, juste avant l'aube, nous fîmes une halte 20 - et il n'y a pas de halte plus douce pour le voyageur que celle-ci. Rien ne nous réveilla sinon la chaleur du soleil. Le premier à se réveiller fut Bilal 21, puis untel et untel - il les nomma - et 'Oumar ibn al-Khattab - qu'Allah les agrée. Or, lorsque le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - dormait, nous ne le réveillions pas jusqu'à ce que ce soit lui qui se réveille, car nous ne savions pas ce qui lui arrivait pendant son sommeil. Lorsque 'Oumar se réveilla et vit ce qui était arrivé aux gens - et c'était un homme robuste - il fit le takbir 22 et éleva la voix en faisant le takbir. Il ne cessa de faire le takbir et d'élever la voix jusqu'à ce que le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - se réveillât à cause de sa voix. Les gens se plaignirent à lui de ce qui leur était arrivé. Il dit : « Ce n'est pas grave. Levez le camp. » Les gens levèrent le camp et il marcha un peu, puis descendit, demanda de l'eau pour les ablutions, fit ses ablutions, puis on appela à la prière. Il pria avec les gens et, lorsqu'il eut terminé sa prière, voici qu'un homme se tenait à l'écart, n'ayant pas prié avec les gens. Le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - dit : « Qu'est-ce qui t'a empêché, untel, de prier avec les gens ? » Il répondit : « Ô Messager d'Allah, j'ai une impureté majeure 23 et il n'y a pas d'eau. » Il dit : « Prends la terre pure 24 : elle te suffit. » Puis il marcha, et les gens se plaignirent à lui de la soif. Il descendit, appela untel - qu'Abou Radja' avait nommé mais que 'Awf avait oublié - et appela 'Ali ibn Abi Talib 25. Il leur dit : « Allez chercher de l'eau. » Ils partirent et rencontrèrent une femme entre deux outres 26 ou deux récipients d'eau sur sa chamelle. Ils allèrent vers elle et lui dirent : « Où est l'eau ? » Elle répondit : « Je l'ai vue hier à cette heure-ci. » Il lui dit : « Viens. » Elle dit : « Où ? » Il dit : « Auprès du Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue. » Elle dit : « Celui qu'on appelle le Sabéen 27 ? » Ils dirent : « C'est celui que tu veux dire. Viens. » Ils l'amenèrent au Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - et lui racontèrent l'histoire. Ils la firent descendre de sa chamelle. Le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - demanda un récipient, y mit les goulots des deux récipients ou des deux outres, puis se rinça la bouche et recracha dans le récipient, puis le reversa dans les goulots [p. 412] des deux récipients ou des deux outres. Puis il attacha solidement leurs goulots et délia les liens 28. On appela parmi les gens : « Abreuvez-vous et puisez ! » Alors celui qui voulut but et celui qui voulut puisa. La dernière chose fut qu'il donna à celui qui avait l'impureté majeure et dit : « Va et verse-le sur toi. » Elle se tenait debout, regardant ce qu'on faisait à son eau. Par Allah, elle avait bien fermé les deux outres quand il s'arrêta, et il nous semblait qu'elles étaient encore plus pleines. Le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - dit : « Rassemblez pour elle. » Ils rassemblèrent pour elle des dattes 'ajwa 29, de la sawiqa 30 et de la farine, jusqu'à ce qu'ils eussent rassemblé pour elle de la nourriture dans un vêtement, la chargèrent sur sa chamelle et la placèrent devant elle. Le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - lui dit : « Sache, par Allah, que nous n'avons rien diminué de ton eau, mais c'est Allah qui nous a abreuvés. » Elle arriva chez les siens, alors qu'elle avait été retenue loin d'eux. Ils dirent : « Ô une telle, qu'est-ce qui t'a retenue ? » Elle dit : « Une chose étonnante : deux hommes m'ont rencontrée et m'ont emmenée vers celui qu'on appelle le Sabéen, et il fit ceci et cela. Par Allah, c'est le plus grand magicien entre ceci et cela. » Dans une version : « Et elle indiqua de ses mains vers le ciel et la terre, ou bien c'est vraiment le Messager d'Allah. » Les musulmans attaquaient les associateurs autour d'elle, mais ils n'atteignaient pas le troupeau qui était près d'elle. Un jour, elle dit à son peuple : « Par Allah, je ne pense pas que ces gens nous laisseront. Que diriez-vous de l'islam ? » Ils lui obéirent, vinrent et entrèrent dans l'islam. 321 - 'Ali ibn Haroun et Abdallah ibn Muhammad ibn Ahmad nous ont rapporté : Ja'far al-Firyabi nous a rapporté : Abou 'Imran al-Haytham ibn Ayoub al-Talqani nous a rapporté : 'Issa ibn Younous nous a rapporté : Abd [p. 413] al-Rahman ibn Ziyad ibn An'am, d'après Ziyad ibn Nou'aym al-Hadrami, d'après Ziyad ibn al-Harith al-Souda'i, qui a dit : J'étais avec le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - lors d'un de ses voyages. Il dit : « As-tu de l'eau ? » Je répondis : « Oui, un peu, pas assez pour toi. » Il dit : « Verse-la dans un récipient, puis apporte-la-moi. » Je la lui apportai. Il mit sa paume dedans, et je vis entre chaque deux doigts une source jaillissante. Il dit : « Si je n'avais pas honte de mon Seigneur, nous aurions abreuvé et puisé. Appelle parmi mes compagnons : que celui qui veut de l'eau vienne puiser autant qu'il veut. » Ziyad dit : La délégation de mon peuple vint avec leur soumission et leur obéissance. Un homme de la délégation dit : « Ô Messager d'Allah, nous avons un puits : en hiver, son eau nous suffit et nous nous rassemblons autour ; en été, son eau diminue et nous nous dispersons vers les points d'eau autour de nous. Aujourd'hui, nous ne pouvons pas nous disperser, et tous ceux qui nous entourent sont nos ennemis. Invoque Allah pour que son eau nous suffise. » Le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - demanda sept cailloux, les frotta dans sa main, invoqua, puis dit : « Quand vous arriverez, jetez-les un par un en mentionnant le nom d'Allah sur eux. » Après cela, ils ne purent plus voir le fond du puits.
- Mūsā : Moïse, prophète d'Israël, dont le miracle de faire jaillir l'eau du rocher est mentionné dans le Coran (sourate 2, verset 60).
- sinḫ : Terme désignant une source ou un lieu d'origine ; ici, la pierre est considérée comme une source naturelle d'eau.
- tasbīḥ : Glorification d'Allah ; les compagnons entendaient la nourriture glorifier Allah, signe de la sainteté du Prophète.
- al-Ḥudaybiyya : Localité près de La Mecque où eut lieu le traité d'al-Hudaybiyya en l'an 6 de l'Hégire.
- rakwa : Petite outre en cuir utilisée pour l'eau.
- mīḍa'a : Petit récipient pour l'eau, souvent utilisé pour les ablutions.
- ġamr : Gobelet ou verre ; ici, le récipient personnel du Prophète.
- aḥsinū al-mal'a : Expression signifiant 'remplissez bien' ou 'faites bien la mesure', indiquant de ne pas se presser.
- saṭīḥa : Petite outre ou récipient en cuir.
- qa'ḥ : Grande coupe ou bol, plus grand qu'un verre (qadaḥ).
- ta'abbatahā : Il la prit sous son aisselle, geste pour tenir le récipient.
- al-Zawrā' : Lieu près de Médine, peut-être un marché ou une localité.
- qa'ḥ : Grande coupe ou bol.
- al-Barā' : Al-Bara' ibn 'Azib, compagnon du Prophète.
- al-Ḥudaybiya : Localité près de La Mecque, lieu du traité d'al-Houdaybiya.
- nazaḥnāhā : Nous l'avons épuisé, vidé de son eau.
- al-Ghamīm : Vallée située entre La Mecque et Médine.
- Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- Khālid ibn al-Walīd : Compagnon et grand général, alors encore non-musulman.
- waqaʿnā tilka l-waqʿa : Nous fîmes cette halte, c'est-à-dire que nous nous endormîmes profondément.
- Bilāl : Bilal ibn Rabah, compagnon et premier muezzin de l'islam.
- takbīr : Prononciation de 'Allahu akbar' (Allah est le plus grand).
- janāba : Impureté majeure nécessitant une ablution complète (ghusl).
- al-ṣaʿīd : Terre pure, utilisée pour le tayammum (ablution sèche).
- ʿAlī ibn Abī Ṭālib : Cousin et gendre du Prophète, quatrième calife.
- muzādatayn : Deux outres en cuir pour transporter l'eau.
- al-Ṣābiʾ : Sabéen, terme parfois utilisé par les polythéistes pour désigner les musulmans.
- al-ʿazālī : Liens ou cordons des outres.
- ʿajwa : Variété de dattes de Médine.
- sawīqa : Farine d'orge ou de blé torréfiée, mélangée à de l'eau ou du lait.
Chapitre vingt-deuxième : sur l'augmentation de la nourriture en Sa présence et durant…
Chapitre vingt-deuxième : sur l'augmentation de la nourriture en Sa présence et durant Son voyage, par Son contact manuel et l'imposition de Sa main sur elle.
Le vingt-deuxième chapitre : sur l'augmentation de la nourriture en sa présence et durant ses voyages, par le fait qu'il la touchait de sa main et la posait dessus. 322 - 'Abd Allah ibn Khallad nous a rapporté : Muhammad ibn Ghalib nous a rapporté : al-Qa'nabi nous a rapporté ; et Abu Bakr ibn Muhammad ibn Ahmad nous a rapporté : Ja'far al-Firyabi nous a rapporté : Qutayba nous a rapporté : Malik ibn Anas nous a rapporté, d'après Ishaq ibn 'Abd Allah ibn Abi Talha, d'après Anas ibn Malik (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Abu Talha dit à Umm Sulaym : « J'ai entendu la voix du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) faible, et j'y reconnais la faim. As-tu quelque chose ? » Elle répondit : « Oui. » Elle sortit alors des galettes d'orge, puis sortit un voile 1 à elle, en enveloppa le pain avec une partie, le glissa sous mon bras, me renvoya avec l'autre partie, puis m'envoya vers le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). Je partis avec cela et trouvai le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dans la mosquée avec les gens. Je me tins devant eux. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) me dit : « Abu Talha t'a envoyé ? » Je dis : « Oui. » Il dit : « Pour de la nourriture ? » Je dis : « Oui. » Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit à ceux qui étaient avec lui : « Levez-vous. » Il dit : « Va, » et je partis devant eux jusqu'à ce que j'arrive chez Abu Talha et l'informai. Abu Talha dit : « Ô Umm Sulaym, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) est venu avec les gens, et nous n'avons pas assez de nourriture pour les nourrir. » Elle dit : « Allah et Son Messager savent mieux. » Abu Talha partit alors à la rencontre du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). Abu Talha revint avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) jusqu'à ce qu'ils entrent. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit : « Apporte, ô Umm Sulaym, ce que tu as. » Elle apporta ce pain. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ordonna qu'on l'émiette. Umm Sulaym pressa une outre 2 et en fit la sauce. Puis le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit dessus ce qu'Allah voulut qu'il dise. Puis il dit : « Permets à dix [personnes]. » Il leur permit, ils mangèrent jusqu'à satiété, puis sortirent. Puis il dit : « Permets à dix. » Il leur permit, ils mangèrent jusqu'à satiété, puis sortirent. Puis il dit : « Permets à dix. » Il leur permit, ils mangèrent jusqu'à satiété, puis sortirent. Puis il dit : « Permets à dix. » Il leur permit, ils mangèrent jusqu'à satiété. Puis il dit : « Permets à dix. » Il leur permit, et tout le monde mangea jusqu'à satiété, alors qu'ils étaient soixante-dix ou quatre-vingts hommes. 323 - Muhammad ibn Ibrahim nous a rapporté : Muhammad ibn al-Hasan ibn Qutayba nous a rapporté : Harmala ibn Yahya nous a rapporté : Ibn Wahb nous a rapporté : Usama ibn Zayd m'a informé que Ya'qub ibn 'Abd Allah ibn Abi Talha al-Ansari lui a rapporté qu'il a entendu Anas ibn Malik dire : Un jour, je vins chez le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) et le trouvai assis avec ses compagnons, leur parlant, et il avait serré son ventre avec un bandage 3. Usama dit : « Je doute [qu'il ait dit] : sur une pierre. » Je dis à l'un de ses compagnons : « Pourquoi le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a-t-il serré son ventre ? » Il dit : « À cause de la faim. » J'allai alors chez Abu Talha, qui était l'époux d'Umm Sulaym bint Milhan, et dis : « Ô père, j'ai vu le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) serrer son ventre avec un bandage. J'ai interrogé l'un de ses compagnons, qui a dit : à cause de la faim. » Abu Talha entra chez ma mère et dit : « As-tu quelque chose ? » Elle dit : « Oui, des morceaux de pain et des dattes. Si le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) vient seul, nous le rassasierons ; mais s'il vient avec quelqu'un, cela sera insuffisant pour eux. » Abu Talha me dit : « Va, ô Anas, tiens-toi près du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). Quand il se lèvera, appelle-le jusqu'à ce que ses compagnons se dispersent, puis suis-le jusqu'à ce qu'il se tienne sur le seuil de sa porte, et dis : Mon père t'invite. » Je fis cela. Quand je dis : « Mon père t'invite, » il dit à ses compagnons : « Ô vous, venez ! » Puis il prit ma main, la serra, puis s'en vint avec ses compagnons. Quand ils s'approchèrent de notre maison, il lâcha ma main. J'entrai, triste à cause du grand nombre de ceux qu'il avait amenés, et dis : « Ô père, j'ai dit au Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ce que tu m'as dit, et il a appelé ses compagnons et est venu avec eux. » Abu Talha sortit vers eux et dit : « Ô Messager d'Allah, j'ai seulement envoyé Anas t'inviter seul, et je n'avais pas de quoi rassasier ceux que je vois. » Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit : « Entre, car Allah bénira ce que tu as. » Il entra avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) et dit : « Rassemblez ce que vous avez, puis approchez-le. » Ceux qui étaient avec lui s'assirent sous l'auvent 4. Nous approchâmes ce que nous avions comme pain et dattes, et les mîmes sur une natte 5 qui nous appartenait. Il invoqua la bénédiction dessus, puis dit : « Fais entrer huit [personnes] chez moi. » Je fis entrer huit personnes chez lui. Ils entrèrent, mangèrent jusqu'à satiété. Puis il m'ordonna de faire entrer huit autres, et les premiers se levèrent. Il continua ainsi jusqu'à ce que quatre-vingts hommes entrent chez lui, tous mangeant jusqu'à satiété. Puis il m'appela, appela ma mère et Abu Talha, et dit : « Mangez. » Nous mangeâmes jusqu'à satiété. Puis il leva la main et dit : « Ô Umm Sulaym, où est cela par rapport à ta nourriture quand tu l'as présentée ? » Elle dit : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! Si je ne les avais pas vus manger, j'aurais dit que notre nourriture n'avait pas diminué d'un rien. » 324 - 'Abd Allah ibn Muhammad et Ahmad ibn Ishaq nous ont rapporté : Ibn 'Asim nous a rapporté : 'Ubayd Allah ibn Mu'adh nous a rapporté : al-Mu'tamir ibn Sulayman nous a rapporté : mon père nous a rapporté, d'après Abu 'Uthman, d'après 'Abd al-Rahman ibn 'Abd al-Rahman ibn Abi Bakr, qui a dit : Nous étions avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) au nombre de cent trente. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) dit : « Quelqu'un parmi vous a-t-il de la nourriture ? » Or, un homme parmi eux avait un sa' 6 de nourriture. On l'apporta, on le pétrit. Puis vint un homme polythéiste, hirsute 7, grand, menant un petit troupeau de moutons. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) dit : « Est-ce une vente, un don ou une offrande ? » Il dit : « Plutôt une vente. » Il en acheta une brebis, et le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ordonna qu'on rôtisse l'intérieur de son ventre 8. Il dit : « Par Allah, il n'y avait personne parmi les cent trente à qui le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) n'ait coupé un morceau de celle-ci. » Il dit : « Et il en fit deux plats 9. » Il dit : « Nous en mangeâmes tous, et il en resta dans les deux plats, qui furent chargés sur le chameau » — ou comme il dit. 325 - Le juge Abu Ahmad Muhammad ibn Ahmad ibn Ibrahim nous a rapporté : 'Abd Allah ibn Muhammad ibn al-'Abbas nous a rapporté ; et Abu Muhammad ibn Hayyan nous a rapporté : Abu Yahya al-Razi nous a rapporté : Sahl ibn 'Uthman nous a rapporté : Hafs ibn Ghiyath nous a rapporté, d'après al-A'mash, d'après Abu Sufyan, d'après Jabir ; et d'après Abu Salih, d'après Abu Hurayra (qu'Allah les agrée), qui a dit : Nous étions avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) en voyage, et nos provisions s'épuisèrent. Nous dîmes : « Ô Messager d'Allah, si tu nous ordonnais d'abattre certaines de nos montures ? » 'Umar dit : « Ô Messager d'Allah, ne pourrions-nous pas rassembler le surplus de nos provisions, et tu invoquerais Allah pour nous ? » Il dit : « Apportez le surplus de vos provisions. » On étendit des nattes en cuir 10 ou des manteaux. Puis chaque homme apporta quelque chose : des dattes ou un peu de sawiq 11. Quand ils eurent rassemblé, le Prophète (sur lui la paix et le salut) posa sa main dessus, puis invoqua. Il dit : « Nous mangeâmes jusqu'à satiété, nous remplîmes nos récipients, et il en resta un surplus. » Puis le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit : « J'atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que je suis le Messager d'Allah. Quiconque vient avec cela sincèrement ne sera pas empêché d'entrer au Paradis. »
326 - Abd Allah ibn Muhammad ibn Ja'far al-Firyabi nous a rapporté : 'Amr ibn Muhammad al-Naqid nous a rapporté : Abu Mu'awiya nous a rapporté : al-A'mash nous a rapporté d'après Abu Salih, d'après Abu Hurayra et Abu Sa'id qui ont dit : "Lors de l'expédition de Tabuk, les gens furent frappés par la famine et dirent : Ô Messager de Dieu, si tu nous le permettais, nous égorgerions nos chamelles de bât 12 pour manger et nous oindre. Le Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) leur dit : Faites-le. 'Umar vint alors et dit : Ô Messager de Dieu, s'ils le font, les montures se feront rares. Mais plutôt, demande-leur le surplus de leurs provisions, puis invoque pour eux la bénédiction sur elles. Peut-être que Dieu (Puissant et Majestueux) y mettra du bien. [Le Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) dit : Oui.] Il dit : Alors le Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) demanda une natte en cuir 13, l'étendit, puis leur demanda le surplus de leurs provisions. Il dit : Les gens venaient, l'un avec une poignée de maïs, un autre avec une poignée de dattes, un autre avec des morceaux de pain, jusqu'à ce qu'il y ait eu sur la natte une certaine quantité de tout cela. Il dit : Puis il invoqua la bénédiction sur elle. Il dit : Ensuite il dit : Prenez dans vos récipients. Il dit : Ils prirent dans leurs récipients jusqu'à ce qu'ils n'aient laissé dans le camp aucun récipient sans le remplir. Il dit : Et ils mangèrent jusqu'à être rassasiés, et il en resta un surplus. Alors le Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) dit : J'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu et que je suis le Messager de Dieu. Tout serviteur qui rencontre Dieu avec ces deux [attestations] sans aucun doute ne sera pas voilé du Paradis." 327 - Abd Allah ibn Muhammad nous a rapporté : Ahmad ibn Ishaq nous a rapporté : Abu Bakr ibn 'Asim nous a rapporté : Abu Bakr ibn Abi Shayba nous a rapporté : al-Muharibi 'Abd al-Rahman ibn Muhammad nous a rapporté d'après 'Abd al-Wahid ibn Ayman, d'après son père qui a dit : Je dis à Jabir ibn 'Abd Allah : Raconte-moi un hadith du Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) que je puisse rapporter de ta part. Jabir (que Dieu l'agrée) dit : Nous étions avec le Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) le jour du Fossé 14, en train de creuser. Nous restâmes trois jours sans rien manger et sans pouvoir trouver de nourriture. Une roche dure 15 apparut dans le fossé. Je vins au Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) et dis : Voici une roche dure qui est apparue dans le fossé. Nous avons aspergé d'eau dessus. Le Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) se leva, le ventre ceint d'une pierre 16, prit la pioche ou la pelle, puis prononça le nom de Dieu trois fois, puis frappa, et elle devint une dune de sable meuble 17. Quand je vis cela du Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut), je dis : Ô Messager de Dieu, permets-moi. Il me le permit. Je vins chez ma femme et dis : Que ta mère te perde ! J'ai vu du Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) quelque chose que je ne peux supporter. Qu'as-tu ? Elle dit : J'ai de l'orge et une chevrette 18. Nous moulûmes l'orge, égorgeâmes la chevrette, l'apprêtâmes, la mîmes dans la marmite, et elle pétrit l'orge. Puis je retournai auprès du Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) et restai un moment. Puis je lui demandai une seconde permission, il me la donna. Je vins et la pâte avait levé. Je lui ordonnai de faire le pain et mis la marmite sur les pierres du foyer 19. Puis je vins au Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) et lui dis en secret : Nous avons un peu de nourriture. Si tu veux bien venir avec moi, toi et un ou deux hommes avec toi, fais-le. Il dit : Qu'est-ce que c'est ? Combien ? Je dis : Un sa' 20 d'orge et une chevrette. Il dit : Retourne chez les tiens et dis-lui de ne pas retirer la marmite du foyer et de ne pas sortir le pain du four jusqu'à ce que je vienne. Puis il dit aux gens : Levez-vous, allez chez Jabir. Il dit : J'eus honte, une honte que seul Dieu connaît. Je dis à ma femme : Que ta mère te perde ! Le Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) est venu avec tous ses compagnons. Elle dit : Le Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) t'avait demandé combien il y avait de nourriture ? Je dis : Oui. Elle dit : Dieu et Son Messager savent mieux. Tu l'as informé de ce que nous avions. Il dit : Alors ce que je ressentais me quitta et je dis : Tu as raison. Le Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) vint, puis dit à ses compagnons : Ne vous pressez pas. Il dit : Puis il s'agenouilla 21 sur le four et sur la marmite. Nous émiettions le pain, puisions la soupe et la présentions. Et le Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) dit : Que sept ou huit hommes s'assoient autour du plat. Il dit : Quand nous eûmes mangé, nous découvrîmes le four et la marmite, et les voilà revenus plus pleins qu'avant. Nous émiettions pour eux, puisions et présentions. Nous ne cessâmes de faire ainsi : chaque fois que nous ouvrions le four et découvrions la marmite, nous les trouvions plus pleins qu'avant, jusqu'à ce que tous les musulmans fussent rassasiés et qu'il restât une partie de la nourriture. Le Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) nous dit : Les gens ont souffert de la faim ; mangez et donnez à manger. Nous ne cessâmes ce jour-là de manger et de donner à manger. Et il m'informa qu'ils étaient huit cents ou trois cents. 328 - Abu 'Amr ibn Hamdan nous a rapporté : al-Hasan ibn Sufyan nous a rapporté : Hisham ibn 'Ammar nous a rapporté : Abu Hafs 'Amr ibn al-Darfas nous a rapporté : 'Abd al-Rahman ibn Abi Qasima nous a rapporté d'après Wathila ibn al-Asqa' al-Laythi qui lui a raconté : Nous étions dans un poste de garde appelé al-Suffa 22, au nombre de vingt hommes. La faim nous frappa, et j'étais le plus jeune de mes compagnons. Ils m'envoyèrent au Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) pour me plaindre de leur faim. Il regarda dans sa maison et dit : Y a-t-il quelque chose ? Ils dirent : Oui, voici un morceau de pain ou des morceaux et un peu de lait. On les apporta. Il émietta le pain finement, puis versa le lait dessus, puis le malaxa de sa main jusqu'à en faire une sorte de tharid 23. Puis il dit : Ô Wathila, appelle-moi dix de tes compagnons et laisse les dix autres. Je le fis. Le Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) dit : Asseyez-vous, au nom de Dieu. Ils s'assirent. Le Messager de Dieu (sur lui la paix et le salut) prit le sommet du tharid et dit : Mangez au nom de Dieu, par les côtés, et épargnez le sommet, car la bénédiction vient d'en haut, et il est augmenté. Il dit : Je les vis manger et se curer les doigts jusqu'à être pleins de satiété. Quand ils eurent fini, il leur dit : Retournez à votre place et envoyez vos compagnons. Ils retournèrent, et je me levai, émerveillé de ce que j'avais vu. Il se tourna vers les dix [autres] et leur ordonna la même chose qu'à leurs compagnons, et dit la même chose qu'à eux. Ils en mangèrent jusqu'à la fin, et il en restait un surplus.
329 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté, de dictée et de lecture, disant : ‘Alī ibn ‘Abd al-‘Azīz nous a rapporté, Abū Nu‘aym nous a rapporté, disant : ‘Umar ibn Dharr nous a rapporté, disant : Mujāhid nous a rapporté qu’Abū Hurayra 24 — que Dieu l’agrée — disait : « Par Celui en dehors de qui il n’y a de dieu ! Il m’est arrivé de m’appuyer sur mon foie à cause de la faim, et de serrer une pierre sur mon ventre à cause de la faim. Un jour, je m’assis sur leur chemin par lequel ils sortaient. Abū Bakr passa près de moi ; je l’interrogeai sur un verset du Livre de Dieu — le Très-Haut —, et je ne l’interrogeai que pour qu’il m’emmène avec lui. Mais il passa sans le faire. Puis ‘Umar passa près de moi ; je l’interrogeai sur un verset du Livre de Dieu — le Très-Haut —, et je ne l’interrogeai que pour qu’il m’emmène avec lui. Mais il passa sans le faire. Puis Abū al-Qāsim 25 — que Dieu prie sur lui et le salue — passa près de moi ; il sourit et reconnut ce qui était en moi et sur mon visage. Puis il dit : “Ô Abā Hurayra !” Je dis : “À ton service, ô Messager de Dieu !” Il dit : “Suis-moi.” Puis il partit et je le suivis. Il entra et je demandai la permission ; il me la donna, j’entrai. Il trouva du lait dans un bol et dit : “D’où vient ce lait ?” Ils dirent : “Un tel ou une telle te l’a offert.” Il dit : “Ô Abā Hirr 26 !” Je dis : “À ton service, ô Messager de Dieu !” Il dit : “Va vers les Gens de la Ṣuffa 27 et appelle-les.” — Les Gens de la Ṣuffa étaient les hôtes de l’islam ; ils n’avaient ni famille ni biens. Quand une aumône lui parvenait, il l’envoyait vers eux et n’en prenait rien ; quand un cadeau lui parvenait, il l’envoyait vers eux, en prenait et les y associait. — Cela me déplut et je dis : “Qu’est-ce que ce lait pour les Gens de la Ṣuffa ? J’espérais boire de ce lait une gorgée pour me fortifier, moi et le Messager. Mais s’ils viennent, il m’ordonnera de leur donner, et que me restera-t-il de ce lait ?” Cependant, il n’y avait pas d’autre choix que l’obéissance à Dieu et à Son Messager. J’allai donc vers eux et les appelai. Ils vinrent, demandèrent la permission, il la leur donna, et ils prirent leurs places dans la maison. Il dit : “Ô Abā Hurayra !” Je dis : “À ton service, ô Messager de Dieu !” Il dit : “Prends et donne-leur.” Je pris le bol et me mis à le donner à un homme ; il buvait jusqu’à se rassasier, puis me rendait le bol. Je le donnais à un autre ; il buvait jusqu’à se rassasier, puis me rendait le bol. Je le donnais à un autre ; il buvait jusqu’à se rassasier, puis me rendait le bol, jusqu’à ce que j’arrive au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — alors que tout le groupe était rassasié. Il prit le bol, le posa sur sa main, me regarda, sourit — que Dieu prie sur lui et le salue — et dit : “Ô Abā Hirr !” Je dis : “À ton service, ô Messager de Dieu !” Il dit : “Il ne reste que moi et toi ?” Je dis : “Tu as dit vrai, ô Messager de Dieu.” Il dit : “Assieds-toi et bois.” Je m’assis et bus. Il dit : “Bois.” Je bus. Il dit : “Bois.” Je bus. Il ne cessa de dire : “Bois” et je bus, jusqu’à ce que je dise : “Non, par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, je ne trouve plus de passage [pour le lait].” Puis je lui donnai le bol. Il loua Dieu, prononça le nom de Dieu, et but le reste — que Dieu prie sur lui et le salue. » 330 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté, disant : Yaḥyā ibn Muḥammad al-Ḥinābī, ‘Abdān ibn Aḥmad et Abū al-Qāsim ibn Manī‘ nous ont rapporté, disant : Sinān ibn Farrūkh nous a rapporté, disant : Muḥammad ibn ‘Īsā al-‘Abdī nous a rapporté, disant : Thābit al-Bunānī nous a rapporté, disant : Je dis à Anas ibn Mālik : « Informe-moi de la chose la plus étonnante que tu aies vue. » Il dit : « Oui, ô Thābit. J’ai servi le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — pendant dix ans, et il ne m’a jamais reproché quoi que ce soit où j’avais mal agi. » Il dit : « Quelle est donc la chose la plus étonnante que tu aies vue de lui ? » Il dit : « Quand le Prophète de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — épousa Zaynab bint Jaḥsh, ma mère me dit : “Ô Anas, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — s’est levé en tant que marié, et je ne vois pas qu’il ait de déjeuner. Apporte donc cette outre [de beurre] et des dattes qui ont moisi.” Elle en fit un ḥays 28. Puis elle dit : “Ô Anas, porte ceci au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et à son épouse.” Quand j’apportai au Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — un bol en pierre contenant ce ḥays, il dit : “Pose-le dans un coin de la maison, va et appelle-moi Abū Bakr, ‘Umar, ‘Uthmān, ‘Alī et un groupe de ses Compagnons. Puis appelle-moi les gens de la mosquée et ceux que tu vois sur le chemin.” Je me mis à m’étonner de la petite quantité de nourriture et du grand nombre de personnes qu’il m’ordonnait d’appeler. Mais je détestai lui désobéir. Je les appelai donc, jusqu’à ce que la maison et la chambre soient remplies. Il dit : “Ô Unays 29 ! Vois-tu quelqu’un ?” Je dis : “Non, ô Prophète de Dieu.” Il dit : “Apporte cela.” J’apportai le bol vers lui et le plaçai devant lui. Il plongea trois doigts dans le bol, et le bol se mit à gonfler et à s’élever. Ils se mirent à déjeuner et à sortir, jusqu’à ce qu’ils aient tous fini, et qu’il reste dans le bol à peu près ce que j’avais apporté. Il dit : “Pose-le devant Zaynab.” Et elle ferma la porte sur elle avec une porte en branches de palmier. » Thābit dit : « Je dis : “Ô Abā Ḥamza 30 ! Combien estimes-tu qu’ils étaient, ceux qui mangèrent de ce bol ?” » Il dit : « Je pense qu’il dit : Soixante et onze ou soixante-douze. » 331 - Abū ‘Amr Muḥammad ibn Aḥmad ibn Ḥamdān nous a rapporté, disant : al-Ḥasan ibn Sufyān nous a rapporté, disant : ‘Ammār ibn al-Ḥasan nous a rapporté, disant : Salama ibn al-Faḍl nous a rapporté, disant : Muḥammad ibn Isḥāq m’a rapporté, d’après ‘Abd al-Ghaffār ibn al-Qāsim, d’après al-Minhāl ibn ‘Amr, d’après ‘Abd Allāh ibn al-Ḥārith ibn Nawfal ibn al-Ḥārith ibn ‘Abd al-Muṭṭalib, d’après ‘Abd Allāh ibn ‘Abbās, d’après ‘Alī ibn Abī Ṭālib — que Dieu l’agrée —, disant : « Quand ce verset fut révélé : “Et avertis ton clan, les plus proches” 31, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — m’appela et dit : “Ô ‘Alī, Dieu m’a ordonné d’avertir mon clan, les plus proches.” Il dit : « J’en fus très angoissé, et je sus que si je leur exposais cette affaire, je verrais d’eux ce que je détestais. Je fus donc serré à ce sujet, jusqu’à ce que Gabriel — sur lui la paix — vienne et dise : “Ô Muḥammad, si tu ne fais pas ce qui t’est ordonné, ton Seigneur te châtiera.” [Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : “Ô ‘Alī,”] prépare-nous un repas, mets-y une cuisse de mouton, rassemble-nous une grande coupe de lait, et fais sortir pour moi les fils de ‘Abd al-Muṭṭalib, afin que je leur parle et leur transmette ce qui m’a été ordonné.” Je fis ce qu’il m’avait ordonné. Puis je les appelai pour lui. Ils étaient alors quarante hommes, un de plus ou un de moins. Parmi eux se trouvaient ses oncles : Abū Ṭālib, Ḥamza, al-‘Abbās et Abū Lahab. Quand ils se furent rassemblés auprès de lui, il m’appela avec le repas que j’avais préparé pour eux. Je l’apportai. Quand je le posai, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — prit un morceau de viande, le fendit avec ses dents, puis le jeta dans les côtés du plat et dit : “Prenez, au nom de Dieu.” Les gens mangèrent jusqu’à ce qu’ils n’aient plus besoin de rien, et je ne voyais que les endroits de leurs mains. Par Celui qui tient l’âme de ‘Alī dans Sa main ! Un seul homme d’entre eux aurait mangé pareille quantité et bu pareille quantité. Quand le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — voulut leur parler, Abū Lahab le devança en parlant et dit : “Votre compagnon vous a ensorcelés.” Les gens se dispersèrent, et le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ne leur parla pas. Le lendemain, il dit : “Ô ‘Alī, cet homme m’a devancé dans ce que tu as entendu comme parole, et les gens se sont dispersés avant que je ne leur parle. Prépare-nous un repas semblable à celui que tu as fait, puis rassemble-les pour moi.” Il dit : « Je le fis, puis je les rassemblai. Puis il appela le repas et le leur présenta. Il fit comme la veille : ils mangèrent jusqu’à ce qu’ils n’aient plus besoin de rien. Puis il dit : “Donne-leur à boire.” J’apportai cette grande coupe ; ils burent jusqu’à être tous rassasiés. Puis le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — parla. »
332 - Ahmad ibn Muhammad ibn Yusuf Abu al-'Abbas al-Sarsari nous a rapporté : 'Abdullah ibn Muhammad al-Baghawi nous a rapporté : Ibn Sa'd a mentionné : Khalaf ibn al-Walid nous a rapporté, d'après al-Walid ibn Khalaf ibn Khalifa, d'après Aban ibn Bashir, d'après un cheikh de Bassora : Nafi' nous a rapporté qu'il était avec le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) environ quatre cents hommes, et nous nous sommes arrêtés dans un lieu sans eau. Cela parut dur aux gens, et ils virent le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) descendre, alors ils descendirent. Voici qu'une chèvre aux cornes pointues s'avança jusqu'à venir vers le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui). Il la traya et abreuva toute l'armée. Et il a rapporté : Il dit : « Ô Nafi', garde-la, mais je ne pense pas que tu puisses la garder. » 32 Lorsque le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) eut dit : « Je ne pense pas que tu puisses la garder », je pris un bâton, le plantai en terre, pris une corde et attachai la chèvre, m'assurant d'elle. Puis le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) s'endormit, les gens s'endormirent, et je m'endormis. Je me réveillai et voilà que la corde était défaite et la chèvre avait disparu. J'allai vers le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) et l'informai : « La chèvre s'est enfuie. » Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) me dit : « Ô Nafi', ne t'avais-je pas dit que tu ne pourrais pas la garder ? Celui qui l'a amenée est celui qui l'a emmenée. » Al-Fadl ibn Ziyad l'a rapporté d'après Khalaf ibn Khalifa, d'après 'Ubayd al-Mukattib, d'après un homme qui venait chez eux, nommé Nafi'. 333 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn 'Uthman ibn Abi Shayba nous a rapporté : Minjab nous a rapporté : 'Ali ibn Mushir nous a rapporté, d'après Isma'il. Al-Humaydi a dit : Sufyan nous a rapporté : Isma'il nous a rapporté : J'ai entendu Qays dire : Dukayn ibn Sa'id (que Dieu l'agrée) m'a rapporté : « Nous vînmes au Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) à quatre cents cavaliers, lui demandant de la nourriture. Il dit : 'Ô 'Umar, va et nourris-les, donne-leur.' 'Umar dit : 'Ô Messager de Dieu, je n'ai que quelques mesures de dattes 33 pour la subsistance de ma famille.' Abu Bakr dit : 'Écoute et obéis.' 'Umar dit : 'Ouï et obéissance.' Il partit donc jusqu'à une chambre haute, sortit une clé de sa ceinture, et dit aux gens : 'Entrez.' Ils entrèrent, et j'étais le dernier à entrer. Il dit : 'Prenez.' Chaque homme prit ce qu'il voulut. Puis je me tournai vers lui, et j'étais parmi les derniers, et c'était comme si nous n'avions rien pris d'une datte. » 'Isa ibn Yunus, 'Abdullah ibn Numayr, Waki', Ya'la et Muhammad, fils de 'Umayr, et al-Mu'tamir, parmi d'autres, l'ont rapporté d'après Isma'il de manière similaire. Récit d'un autre récit 335 - Abu Bakr al-Talhi nous a rapporté : 'Ubayd ibn Ghannam nous a rapporté : Abu Bakr ibn Abi Shayba nous a rapporté : Yazid ibn Harun nous a rapporté : Sulayman al-Taymi nous a rapporté, d'après Abu al-'Ala' ibn 'Abdullah ibn al-Shikhkhir, d'après Samura ibn Jundub (que Dieu l'agrée) : On apporta au Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) un bol de tharid 34 qui fut placé devant les gens. Ils se le passèrent du matin jusqu'à midi, un groupe se levant et d'autres s'asseyant. Un homme dit à Samura : « Était-il augmenté ? » Il répondit : « De quoi t'étonnes-tu ? Il n'était augmenté que de là », et il montra le ciel de la main. Récit d'un autre récit 336 - 'Abdullah ibn Ja'far nous a rapporté : Yunus ibn Habib nous a rapporté : Abu Dawud nous a rapporté : Ibn Abi Dhi'b nous a rapporté, d'après al-Harith ibn 'Abd al-Rahman : Alors que j'étais avec Abu Salama ibn 'Abd al-Rahman, un homme des Banu Ghifar, fils de 'Abdullah ibn Tihfa, arriva. Abu Salama lui dit : « Raconte-nous ton récit d'après ton père. » Il dit : 'Abdullah ibn Tahfa m'a rapporté que le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui), lorsque les invités se rassemblaient, disait : « Que chaque homme retourne avec son invité. » Une nuit, de nombreux invités se rassemblèrent dans la mosquée. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) dit : « Que chaque homme retourne avec son compagnon. » Je fus parmi ceux qui retournèrent avec le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui). Lorsqu'il entra, il dit : « Ô 'Aïcha, y a-t-il quelque chose ? » Elle dit : « Oui, un petit plat que j'avais préparé pour ton repas de rupture du jeûne. » Il dit : « Apporte-le-moi. » Elle l'apporta dans un petit récipient. Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) en mangea un peu, puis le présenta devant nous et dit : « Au nom de Dieu, mangez. » Nous en mangeâmes jusqu'à ce que, par Dieu, nous ne puissions plus le regarder. Puis il dit : « As-tu une boisson ? » Elle dit : « Un peu de lait que j'avais préparé pour ton repas de rupture. » Il dit : « Apporte-le. » Elle l'apporta. Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) en but un peu, puis dit : « Au nom de Dieu, buvez. » Nous bûmes jusqu'à ce que, par Dieu, nous ne puissions plus le regarder. Puis nous sortîmes pour la prière. Il réveillait sa famille lorsqu'il sortait, et il dit : « La prière, la prière. » Il vit un homme couché sur le visage et dit : « Qui est-ce ? » Je dis : « C'est moi, 'Abdullah. » Il dit : « C'est une position de sommeil que Dieu (Puissant et Majestueux) déteste. »
- khimār : Voile ou fichu porté par les femmes pour couvrir la tête et le cou.
- ʿukka : Petite outre en cuir contenant du beurre clarifié (samn) ou du gras.
- ʿiṣāba : Bande ou ceinture serrée autour du ventre pour atténuer la faim.
- suddā : Auvent ou vestibule à l'entrée de la maison.
- ḥaṣīr : Natte tressée en feuilles de palmier ou en jonc.
- ṣāʿ : Mesure de capacité équivalant à environ 2,5 à 3 kg de grains.
- mushʿānn : Homme à l'aspect négligé, aux cheveux ébouriffés et au corps couvert de poussière.
- sawād baṭnihā : Les viscères ou l'intérieur du ventre de la brebis, incluant le foie, la rate, etc.
- qaṣʿa : Grand plat creux en bois ou en métal dans lequel on sert la nourriture.
- anṭāʿ : Nattes en cuir tanné utilisées comme tapis ou nappes.
- sawīq : Farine de blé ou d'orge torréfiée, souvent mélangée à de l'eau ou du lait pour faire une bouillie.
- nawāḍiḥ : Chamelles utilisées pour porter de l'eau, souvent employées comme montures de bât.
- al-niṭ‘ : Natte en cuir ou tapis de cuir utilisé pour étaler la nourriture.
- Yawm al-Khandaq : Bataille du Fossé, aussi appelée bataille des Coalisés, survenue en l'an 5 de l'Hégire.
- kudya : Roche dure ou motte de terre difficile à creuser.
- ma‘ṣūb bi-ḥajar : Le ventre ceint d'une pierre pour apaiser la faim, pratique courante chez les pauvres.
- kathīb uhīl : Dune de sable meuble, indiquant que la roche dure s'est transformée en sable.
- ‘anāq : Chevrette, jeune chèvre.
- al-athāfī : Pierres du foyer, trois pierres disposées en triangle pour soutenir la marmite.
- ṣā‘ : Mesure de capacité équivalant à environ 2,5 kg de grains.
- baraka : S'agenouiller ou poser les genoux, geste de bénédiction et d'humilité.
- al-Ṣuffa : Plateforme ombragée attenante à la mosquée de Médine, où logeaient les pauvres compagnons (Ahl al-Suffa).
- tharīd : Plat composé de pain émietté trempé dans du bouillon ou du lait.
- Abū Hurayra : Compagnon célèbre du Prophète, connu pour avoir rapporté de nombreux hadiths. Son nom signifie 'père du petit chat'.
- Abū al-Qāsim : Surnom du Prophète Muhammad, signifiant 'père de Qāsim' (son fils aîné).
- Abā Hirr : Diminutif affectueux de Abū Hurayra, utilisé par le Prophète.
- Ahl al-Ṣuffa : Les Gens de la Ṣuffa : groupe de Compagnons pauvres qui vivaient sous un auvent (ṣuffa) dans la mosquée de Médine, sans famille ni biens.
- ḥays : Mélange de dattes écrasées, de beurre et de fromage sec, formant une pâte nourrissante.
- Unays : Diminutif affectueux de Anas, utilisé par le Prophète.
- Abā Ḥamza : Surnom de Anas ibn Mālik, signifiant 'père de Ḥamza'.
- Sourate 26, verset 214 : Verset coranique ordonnant au Prophète d'avertir ses proches parents.
- mā arāka tamlikuhā : Expression signifiant 'je ne pense pas que tu puisses la garder', indiquant une prédiction prophétique.
- āṣu' : Pluriel de ṣā' ; mesure de capacité pour les grains, équivalant à environ 3 litres.
- tharīd : Plat composé de pain émietté trempé dans du bouillon de viande.
Chapitre vingt-troisième : Mention du mouvement du mont Hirâ' et de son apaisement par…
Chapitre vingt-troisième : Mention du mouvement du mont Hirâ' et de son apaisement par l'apaisement du Prophète [1] sur lui.
**Chapitre vingt-troisième : Mention du mouvement du mont Hirâ' et de son apaisement par l'apaisement que le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) lui a imposé.** 337 - Le juge Abû Ahmad nous a rapporté, disant : Muhammad ibn 'Abd Allah ibn al-Hasan nous a rapporté, et Sulaymân ibn Ahmad et 'Abd Allah ibn Muhammad ibn Ja'far nous ont rapporté, disant : Ahmad ibn 'Alî al-Khuzâ'î nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Bukayr al-Hadramî nous a rapporté, disant : Thâbit ibn al-Walîd ibn 'Abd Allah ibn Jumay' al-Qurashî nous a rapporté, disant : Mon père m'a rapporté d'après Abû al-Tufayl, d'après Sa'îd ibn Zayd, qui a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) alors qu'il était sur le mont Hirâ' ; celui-ci se mit à bouger, alors il le frappa de son pied puis dit : « Apaise-toi, Hirâ', car il n'y a sur toi qu'un Prophète (nabî), un Véridique (siddîq) ou un martyr (shahîd). » Et avec lui se trouvaient Abû Bakr, 'Umar, 'Uthmân, 'Alî, Talha, al-Zubayr, Sa'd et 'Abd al-Rahmân. « Et si je voulais nommer le neuvième, je le nommerais. » Alors ils insistèrent beaucoup auprès de lui : « Informe-nous ! » Il dit : « Moi. » **La glorification (tasbîh) des cailloux** 338 - Muhammad ibn al-Hasan nous a rapporté, disant : Ahmad ibn Yûsuf ibn al-Dahhâk nous a rapporté, et Sulaymân ibn Ahmad nous a rapporté, disant : Ahmad ibn Muhammad ibn Sadaqa nous a rapporté, tous deux disant : Al-Mundhir ibn al-Walîd al-Jârûdî nous a rapporté, disant : Mon père nous a rapporté, disant : Humayd ibn Mihrân nous a rapporté, d'après Dâwûd ibn Abî Hind, d'après un homme du peuple du Shâm, à savoir al-Walîd ibn 'Abd al-Rahmân al-Jurashî, d'après Jubayr ibn Nufayr al-Hadramî, d'après Abû Dharr al-Ghifârî, qui a dit : J'étais présent auprès du Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) dans un cercle (halqa), et dans sa main se trouvaient des cailloux (hasayât) ; ils glorifièrent (sabbahna) dans sa main. Parmi nous se trouvaient Abû Bakr, 'Umar, 'Uthmân et 'Alî ; ceux qui étaient dans le cercle entendaient leur glorification. Puis le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) les donna à Abû Bakr, et ils glorifièrent avec Abû Bakr, ceux qui étaient dans le cercle entendant leur glorification. Puis le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) les donna à 'Umar, et ils glorifièrent dans sa main, ceux qui étaient dans le cercle entendant leur glorification. Puis il les donna à 'Uthmân, et ils glorifièrent dans sa main. Puis il nous les donna, mais ils ne glorifièrent avec aucun de nous. Leurs deux formulations sont identiques. Ibn al-Dahhâk n'a pas nommé al-Walîd, mais Ibn Sadaqa l'a nommé. 339 - Ahmad ibn Ishâq nous a rapporté, disant : Abû Bakr ibn Abî 'Âsim nous a rapporté, disant : Al-Fadl ibn Dâwûd nous a rapporté, disant : Quraysh ibn Anas nous a rapporté, d'après Sâlih ibn Abî al-Akhdar, d'après al-Zuhrî, d'après Suwayd ibn Yazîd, d'après Abû Dharr, qui a dit : Nous étions assis avec le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) ; il prit des cailloux dans sa paume, et ils glorifièrent. Puis il les posa à terre, et ils se turent. Puis il les reprit, et ils glorifièrent. **Le "Âmîn" (Amin) du seuil de la porte et du mur de la maison** 340 - Abû al-Hasan Muhammad ibn al-Hasan nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Yûnus al-Sâmî nous a rapporté, disant : 'Abd Allah ibn 'Uthmân ibn Ishâq ibn Sa'd ibn Abî Waqqâs nous a rapporté, disant : Mâlik ibn Hamza m'a rapporté, d'après son père, d'après Abû Usayd al-Sâ'idî al-Badrî (qu'Allah l'agrée), qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) rencontra al-'Abbâs ibn 'Abd al-Muttalib et lui dit : « Ne quitte pas ta demeure demain, toi et tes fils. » Et le juge Abû Ahmad nous a rapporté, disant : Al-Hasan ibn 'Alî ibn Ziyâd nous a rapporté, disant : 'Abd al-Rahmân ibn Yahyâ al-Hâshimî al-Madanî nous a rapporté, disant : 'Abd Allah ibn 'Uthmân nous a rapporté, d'après son grand-père maternel, nommé Mâlik ibn Hamza ibn Abî Usayd al-Sâ'idî, qui a dit : J'ai été témoin que mon grand-père racontait, disant : Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) dit à al-'Abbâs : « Ne bouge pas demain, toi et tes fils, car j'ai besoin de vous. » Il dit : Al-'Abbâs les rassembla donc dans une maison. Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) vint à eux et dit : « Que la paix soit sur vous (al-salâmu 'alaykum). Comment avez-vous passé la matinée ? » Ils dirent : « En bien, nous louons Allah. Que nos pères et nos mères te soient sacrifiés, ô Messager d'Allah. » Il dit : « Rapprochez-vous, rapprochez-vous. » Ils se serrèrent les uns contre les autres. Il dit : Lorsqu'ils lui eurent fait de la place, il les enveloppa de son manteau (mulâ'atihi), puis dit (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) : « Ô Allah, voici al-'Abbâs, mon oncle, et voici les gens de ma maison (ahl baytî) ; préserve-les du Feu comme je les préserve avec ce manteau. » Alors le seuil de la porte (uskuffatu al-bâb) et les murs (hawâ'itu) de la maison dirent "Âmîn, Âmîn, Âmîn" par trois fois. **Mention de l'histoire du sac (mizwad) d'Abû Hurayra (qu'Allah l'agrée)** 341 - 'Alî ibn Hârûn nous a rapporté, disant : Al-Qâsim ibn Zakariyyâ nous a rapporté, disant : Ziyâd ibn Yahyâ nous a rapporté, disant : Hâtim ibn Wardân nous a rapporté, disant : Ayyûb nous a rapporté, d'après un affranchi (mawlâ) d'Abû Bakra, d'après Abû al-'Âliya, d'après Abû Hurayra (qu'Allah l'agrée), qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) me dit : « Ô Abû Hurayra, as-tu quelque chose avec toi ? » Je dis : « Des dattes (tamr) dans mon sac (mizwadî). » Et il s'y trouvait vingt-sept dattes. Il dit : Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) les disposa en rang, alors que des gens étaient auprès de lui, et dit : « Mangez. » Ils mangèrent jusqu'à être rassasiés, et il en resta. Il dit : « Ô Abû Hurayra, remets-le dans le sac. Lorsque tu voudras en manger, mets ta main dedans et ne le renverse pas (lâ takubbahu). » Il resta avec moi, j'en mangeais, jusqu'au siège (hisâr) de 'Uthmân (qu'Allah l'agrée) ; alors il me fut volé alors que j'étais occupé par cela. 342 - Sulaymân ibn Ahmad nous a rapporté, disant : Mûsâ ibn Hârûn nous a rapporté, disant : Ishâq ibn 'Umar nous a rapporté, d'après Salît, disant : 'Abd al-'Azîz ibn Muslim al-Qâsimî nous a rapporté, disant : Yazîd ibn Abî Mansûr nous a rapporté, d'après son père, d'après Abû Hurayra (qu'Allah l'agrée), qui a dit : « J'ai été frappé par trois choses : la mort du Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) – j'étais son compagnon et son serviteur –, le meurtre de 'Uthmân, et le sac (al-mizwad). » Ils dirent : « Ô Abû Hurayra, qu'est-ce que le sac ? » Il dit : Nous étions avec le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) lors d'une expédition (ghazwa) ; les gens furent frappés par la famine (makhmasa). Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) dit : « Ô Abû Hurayra, y a-t-il quelque chose ? » Je dis : « Oui, un peu de dattes dans le sac. » Il dit : « Apporte-le moi. » Je le lui apportai. Il mit sa main dedans, en sortit une poignée (qabda), l'étala, puis dit : « Appelle-moi dix hommes. » J'appelai dix hommes, ils mangèrent jusqu'à être rassasiés. Il ne cessa de faire ainsi jusqu'à ce qu'il eût nourri toute l'armée (al-jaysh) et qu'ils fussent rassasiés. Puis il me dit : « Prends ce que tu as apporté, mets ta main dedans, prends une poignée (iqbid) et ne le renverse pas (lâ takubbahu). » Abû Hurayra dit : Je saisis plus que ce que j'avais apporté. Puis Abû Hurayra dit : Ne vous dirais-je pas combien j'en ai mangé ? J'en ai mangé durant la vie du Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui), durant la vie d'Abû Bakr – et j'en ai nourri –, durant la vie de 'Umar – et j'en ai nourri –, et durant la vie de 'Uthmân – et j'en ai nourri. Lorsque 'Uthmân (qu'Allah l'agrée) fut tué, ma maison fut pillée et le sac disparut. **Ce qui est proche et apparenté à cela** 343 - Ce que nous a rapporté Abû Bakr al-Talhî, disant : 'Ubayd Allah ibn Ghannâm nous a rapporté, disant : Abû Bakr ibn Abî Shayba nous a rapporté, disant : Abû Usâma nous a rapporté, disant : Hishâm ibn 'Urwa nous a rapporté, d'après son père, d'après 'Â'isha (qu'Allah l'agrée), qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) mourut alors qu'il n'y avait dans ma maison rien qu'un être vivant (dhû kabad) pût manger, à l'exception d'une moitié (shatr) d'orge (sha'îr) sur une étagère (raff) m'appartenant. J'en mangeai jusqu'à ce que le temps me parût long ; alors je le mesurai (kiltuhu), et il s'épuisa (faniya). 344 - Ibrâhîm ibn Abî Husayn nous a rapporté, disant : Muhammad ibn 'Abd Allah al-Hadramî nous a rapporté, et le juge Abû Ahmad et 'Abd Allah ibn Ziyâd nous ont rapporté, tous deux disant : Yazîd ibn Yahyâ ibn Yazîd Abû Khâlid al-Khuzâ'î nous a rapporté, disant : Abû Bakr ibn Muhammad ibn Hamza ibn 'Amr al-Aslamî nous a rapporté, d'après son père, d'après son grand-père, qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) partit pour l'expédition de Tabûk, et j'étais chargé de cette outre (al-nihy) lors de ce voyage. Je regardai l'outre de beurre clarifié (samn) ; son contenu avait diminué. Je préparai de la nourriture pour le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui), plaçai l'outre au soleil et m'endormis. Je me réveillai au bruit du suintement (kharîr) de l'outre. Je me levai et saisis son ouverture (ra'sahu) avec ma main. Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui), me voyant, dit : « Si tu l'avais laissée, la vallée aurait coulé de beurre clarifié (samn). »
345 - Muhammad ibn Ja'far ibn al-Haytham nous a rapporté : Ja'far ibn Muhammad al-Sa'igh nous a rapporté : Muhammad ibn Sabiq nous a rapporté : Shayban ibn 'Abd al-Rahman nous a rapporté, d'après Firas, qui a dit : al-Sha'bi m'a rapporté : Jabir ibn 'Abd Allah, qu'Allah l'agrée, m'a raconté que son père fut martyrisé le jour d'Uhud, laissant des filles et une dette. Lorsque vint le moment de la récolte des dattes, je vins voir le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et je dis : « Ô Messager d'Allah, tu sais que mon père a été martyrisé le jour d'Uhud, laissant une lourde dette, et j'aimerais que les créanciers te voient. » Il dit : « Va et mets chaque tas de dattes séparément. » Je le fis, puis je l'invitai. Lorsqu'ils le virent, ils se mirent à me presser à ce moment-là. Voyant ce qu'ils faisaient, il fit trois fois le tour du plus grand tas, s'assit dessus, puis dit : « Appelle tes compagnons. » Il ne cessa de mesurer jusqu'à ce qu'Allah, Puissant et Majestueux, eût acquitté la dette de mon père. Par Allah, j'étais satisfait qu'Allah, Puissant et Majestueux, acquitte la dette de mon père, même si je ne retournais pas vers mes sœurs avec une seule datte. Allah, Puissant et Majestueux, préserva tous les tas, au point que je voyais le tas sur lequel le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, s'était assis comme s'il n'en avait pas diminué d'une seule datte. Mention des récits que nos prédécesseurs ont rapportés parmi les preuves de ses miracles, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Histoire des bras et des épaules du mouton 346 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté : 'Ali ibn 'Abd al-'Aziz nous a rapporté : 'Arim Abu al-Nu'man nous a rapporté : Hammad ibn Salama nous a rapporté, d'après 'Abd al-Rahman ibn Abi Rafi', d'après sa tante Salma, d'après Abu Rafi', qu'Allah l'agrée, qui a dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, entra chez nous alors que nous avions un mouton cuit. Il dit : « Ô Abu Rafi', donne-moi le bras. » Je le lui donnai et il le mangea. Puis il dit : « Donne-moi le bras. » Je le lui donnai et il le mangea. Puis il dit : « Donne-moi le bras. » Je dis : « Ô Messager d'Allah, un mouton n'a-t-il que deux bras ? » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Si tu t'étais tu, tu m'aurais donné des bras tant que j'en aurais demandé. » 347 - 'Abd Allah ibn Muhammad ibn Ja'far nous a rapporté de mémoire : 'Abdan ibn Ahmad nous a rapporté : Talut ibn 'Ubada nous a rapporté : Sa'id ibn Rashid nous a rapporté : Muhammad ibn Sirin nous a rapporté, d'après Abu Hurayra, qu'Allah l'agrée, que le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, n'aimait du mouton que l'épaule. Un jour, il égorgea un mouton et dit : « Ô garçon, apporte-moi l'épaule. » Il la lui apporta. Puis il lui dit encore, et il la lui apporta. Puis il lui dit encore, et il la lui apporta. Il dit : « Ô Messager d'Allah, j'ai égorgé un seul mouton et je t'ai apporté trois épaules. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui dit : « Si tu t'étais tu, tu m'aurais apporté autant que j'en aurais demandé. » Le cheikh 1 dit : L'aspect probant de ce récit est qu'il informe de sa vertu, à savoir qu'Allah Très-Haut lui accorde, lorsqu'il demande, ce qui n'est pas habituel, par faveur et distinction pour lui, afin que cela soit un signe pour lui-même, une élévation de son rang et une manifestation de sa dignité par rapport aux créatures, car s'il avait demandé des bras, Allah Très-Haut aurait exaucé sa demande. Histoire de la chamelle attardée de Jabir ibn 'Abd Allah et d'Abu Talha, qu'Allah les agrée 348 - 'Ali ibn al-Fadl nous a rapporté : Muhammad ibn Ayyub nous a rapporté : Musaddad et 'Ubayd Allah ibn Mu'adh nous ont rapporté : al-Mu'tamir nous a rapporté, disant : J'ai entendu mon père dire : Abu Nadra nous a rapporté, d'après Jabir. Et Muhammad ibn Ahmad ibn Hamdan nous a rapporté : al-Hasan ibn Sufyan nous a rapporté : Abu Kamil nous a rapporté : 'Abd al-Wahid ibn Ziyad nous a rapporté : al-Jurayri nous a rapporté, d'après Abu Nadra, d'après Jabir. Et Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté : Muhammad ibn Salih ibn al-Walid al-Narsi nous a rapporté : Jamil ibn al-Hasan nous a rapporté : Ghassan ibn Mudar nous a rapporté, d'après Sa'id ibn Yazid Abu Maslama, d'après Abu Nadra, d'après Jabir, qui a dit : « Nous étions en voyage avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. J'étais sur une chamelle porteuse d'eau qui était à l'arrière des gens. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, la frappa ou la piqua – je pense qu'il dit – avec quelque chose qu'il avait. Après cela, elle se mit à devancer les gens, me tirant au point que je devais la retenir. » 349 - Abu 'Amr ibn Hamdan nous a rapporté : al-Hasan ibn Sufyan nous a rapporté : 'Uthman ibn Abi Shayba nous a rapporté. Et Ibrahim ibn 'Abd Allah nous a rapporté : Ahmad ibn Muhammad ibn al-Hasan al-Masarjisi nous a rapporté : Ishaq ibn Ibrahim nous a rapporté : Jarir nous a rapporté, d'après Mughira, d'après al-Sha'bi, d'après Jabir, qui a dit : « Je participai à une expédition avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Il me rattrapa alors que j'étais sur une chamelle porteuse d'eau qui était épuisée et pouvait à peine marcher. Il me dit : « Qu'a ta chamelle ? » Je dis : « Elle est malade. » Alors le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, s'attarda, la stimula et pria pour elle. Elle ne cessa de marcher devant les chameaux, en tête. Il dit : « Que vois-tu de ta chamelle ? » Je dis : « Elle va bien, ta bénédiction l'a touchée. » 350 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté : Ahmad ibn Dawud al-Makki nous a rapporté : Musa ibn Isma'il nous a rapporté : al-Sa'q ibn Hazn et Abu Hilal al-Rasibi nous ont rapporté : Sayyar Abu al-Hakam nous a rapporté, d'après al-Sha'bi, d'après Jabir, qui a dit : « Nous étions avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lors d'une expédition. J'étais sur une chamelle lente. Le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, passa près de moi et piqua ma chamelle avec un bâton qu'il tenait, et voilà qu'elle était en tête de la caravane. » 351 - 'Abd Allah nous a rapporté, d'après 'Abd al-Malik ibn al-Hasan, d'après Yusuf al-Saqati al-Mu'addil et Muhammad ibn Ma'mar, qui ont dit : Yusuf al-Qadi nous a rapporté : Abu al-Rabi' nous a rapporté : Hammad nous a rapporté : Ayyub nous a rapporté, d'après Abu al-Zubayr, d'après Jabir, qui a dit : « Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, vint à moi alors que ma chamelle était épuisée. Il la piqua et elle bondit. Après cela, je retenais sa longe mais je n'y parvenais pas. » 352 - Muhammad ibn Ja'far ibn al-Haytham nous a rapporté : Ja'far ibn Muhammad ibn al-Sa'igh nous a rapporté : Husayn ibn Muhammad nous a rapporté : Jarir ibn Hazim nous a rapporté, d'après Muhammad ibn Sirin, d'après Anas ibn Malik, qu'Allah l'agrée, qui a dit : « Les gens furent effrayés. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, monta un cheval lent appartenant à Abu Talha, puis sortit en galopant seul. Les gens montèrent et galopèrent derrière lui. Il dit : « N'ayez pas peur ! » Et ce cheval était comme une mer 2. Par Allah, après ce jour, il ne fut plus devancé. » Sa vision, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, de derrière son dos 353 - 'Ali ibn Harun nous a rapporté : Musa ibn Harun nous a rapporté : Kamil ibn Talha nous a rapporté : Hammad nous a rapporté, d'après Thabit et Humayd, d'après Anas, que le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lorsqu'il se levait pour la prière, disait : « Soyez droits et serrez-vous les uns contre les autres, car je vous vois derrière moi comme je vous vois devant moi. » 354 - Muhallil ibn Ja'far nous a rapporté : 'Ali ibn Ghalib nous a rapporté : Qutayba ibn Sa'id nous a rapporté : al-Layth ibn Sa'd nous a rapporté, d'après Ibn 'Ajlan, d'après son père, d'après Abu Hurayra, qu'Allah l'agrée, que le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit aux gens : « Améliorez vos rangs, car je vous vois derrière moi comme je vous vois devant moi. » 355 - 'Ali ibn Harun nous a rapporté : Ibn Mani' nous a rapporté : 'Ali ibn al-Ja'd nous a rapporté : Ibn Abi Dhi'b nous a rapporté, d'après 'Ajlan, d'après Abu Hurayra, qu'Allah l'agrée, d'après le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, qui a dit : « Je vois ce qui est derrière moi comme je vois ce qui est devant moi. Alors redressez vos rangs. » La portée de sa voix là où la voix d'un autre ne parvient pas, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui.
356 - Farouq ibn 'Abd al-Kabîr nous a rapporté : 'Abbâs ibn al-Fadl nous a rapporté : Dirâr ibn Surad nous a rapporté : Mus'ab ibn Sallâm nous a rapporté : Hamza ibn az-Zayyât nous a rapporté, d'après Abû Ishâq, d'après al-Barâ', qui a dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) nous a adressé un sermon, au point de faire entendre les jeunes filles 3 dans leurs alcôves 4, criant de toute sa voix : 'Ô vous qui avez cru par votre langue mais n'avez pas sincérisé la foi 5 dans votre cœur, ne médisez pas des musulmans et ne poursuivez pas leurs défauts 6 ; car celui qui poursuit le défaut de son frère, Dieu poursuit son défaut, et celui dont Dieu poursuit le défaut, Il le déshonore au fond de sa maison.' » 357 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan et al-Hasan ibn 'Amr al-Wâsitî nous ont rapporté : Ibrâhîm ibn 'Abd Allâh ibn al-Mukharramî nous a rapporté : Sa'îd ibn Muhammad al-Jarmî nous a rapporté : Abû Tumayla nous a rapporté : Rumayh ibn Hilâl at-Tâ'î nous a rapporté : 'Abd Allâh ibn Burayda, d'après son père (que Dieu l'agrée), qui a dit : « Nous avons prié derrière le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) un jour. Lorsqu'il eut terminé sa prière, il se tourna vers nous, en colère, le visage rouge 7, et cria d'une voix qui fit entendre les jeunes filles au fond des alcôves : 'Ô vous qui avez embrassé l'islam par votre langue mais dont la foi n'est pas entrée dans le cœur, n'insultez pas les musulmans et ne cherchez pas leurs défauts ; car celui qui cherche le défaut de son frère musulman, Dieu déchire son voile 8 et expose son défaut, même s'il est au fond de sa maison ou sous le couvert de sa demeure.' » 358 - 'Abd Allâh ibn Muhammad ibn Ja'far nous a rapporté : Muhammad ibn 'Abd Allâh ibn Rustah nous a rapporté : Ya'qûb ibn Kâsib nous a rapporté : Fadâla ibn Ya'qûb nous a rapporté, d'après Ibrâhîm ibn Ismâ'îl ibn Mujammi', d'après Hishâm ibn 'Urwa, d'après son père, d'après 'Â'isha (que Dieu l'agrée) : « Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) s'est assis un vendredi sur la chaire 9 et a dit aux gens : 'Asseyez-vous.' 'Abd Allâh ibn Rawâha l'entendit et s'assit parmi les Banû Ghanm. On dit : 'Ô Messager de Dieu, voici Ibn Rawâha assis parmi les Banû Ghanm ; il t'a entendu dire aux gens : Asseyez-vous, et il s'est assis à sa place.' » 359 - Sulaymân ibn Ahmad nous a rapporté : Mu'âdh ibn al-Muthannâ nous a rapporté : Musaddad nous a rapporté : 'Abd al-Wârith nous a rapporté, d'après Humayd al-A'raj, d'après Muhammad ibn Ibrâhîm at-Taymî, d'après 'Abd ar-Rahmân ibn Mu'âdh, qui était parmi les Compagnons du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), a dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) nous a adressé un sermon à Minâ 10 ; nos oreilles s'ouvrirent 11 au point que nous entendions ce qu'il disait alors que nous étions dans nos demeures. Il se mit à leur enseigner les rites 12, puis dit : 'Prenez des cailloux de la taille d'une noix 13.' Son ouïe de ce qui n'est pas entendu et sa vision de ce qu'ils ne voient pas. 360 - Abû Bakr at-Talhî nous a rapporté : 'Ubayd Allâh ibn Ghannâm nous a rapporté : Abû Bakr ibn Abî Shayba nous a rapporté : 'Ubayd Allâh ibn Mûsâ nous a rapporté : Isrâ'îl nous a rapporté, d'après Ibrâhîm ibn al-Muhâjir, d'après Mujâhid, d'après Muwarriq, d'après Abû Dharr, qui a dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : 'Je vois ce que vous ne voyez pas et j'entends ce que vous n'entendez pas. Le ciel a gémi 14 – et il a bien raison de gémir – : il n'y a pas dans le ciel la place de quatre doigts sans qu'un ange n'y pose son front en prosternation devant Dieu. Par Dieu, si vous saviez ce que je sais, vous ririez peu et pleureriez beaucoup, vous ne prendriez pas de plaisir avec les femmes sur les lits, et vous sortiriez vers les hauteurs 15 en implorant Dieu (Puissant et Majestueux). Par Dieu, j'aimerais être un arbre que l'on coupe.' La bonne odeur de sa sueur. 361 - Ahmad ibn Ja'far ibn Hamdân nous a rapporté : 'Abd Allâh ibn Ahmad ibn Hanbal nous a rapporté : mon père m'a rapporté, d'après 'Abd al-Wahhâb ibn 'Abd al-Majîd, d'après Ayyûb, d'après Ibn Sîrîn, d'après Anas ibn Mâlik (que Dieu l'agrée), qui a dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) entrait chez Umm Sulaym ; elle étendait pour lui une natte 16 et il s'y asseyait. Elle prenait alors de sa sueur et la mettait dans son parfum. » 362 - Abû Muhammad ibn Hayyân nous a rapporté : Abû Ya'lâ al-Mawsilî nous a rapporté : Kathîr ibn Sayhân nous a rapporté : 'Umar ibn Sa'îd al-Abahh nous a rapporté : Sa'îd nous a rapporté, d'après Qatâda, d'après Anas, qui a dit : « Nous reconnaissions le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lorsqu'il arrivait, à la bonne odeur de son parfum. » 363 - 'Abd Allâh ibn Muhammad ibn Ja'far nous a rapporté : Salm ibn 'Âsim nous a rapporté : Ahmad ibn Muhammad ibn al-Mu'allâ al-Âdamî nous a rapporté : Abû Ghassân nous a rapporté : Ishâq ibn al-Fadl al-Hâshimî nous a rapporté : Mughîra ibn 'Atiyya nous a rapporté, d'après Abû az-Zubayr, d'après Jâbir, qui a dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avait des qualités 17 telles que, lorsqu'il empruntait un chemin, quiconque le suivait reconnaissait qu'il l'avait emprunté à la bonne odeur de sa sueur ou à l'odeur de sa sueur. » Son urine et ses excréments. 364 - 'Abd Allâh ibn Ja'far nous a rapporté : Ismâ'îl ibn 'Abd Allâh nous a rapporté : Ismâ'îl ibn Abân nous a rapporté : 'Anbasa ibn 'Abd ar-Rahmân nous a rapporté, d'après Muhammad ibn Zâdhân, d'après Umm Sa'd, d'après 'Â'isha (que Dieu l'agrée), qui a dit : « J'ai dit : 'Ô Messager de Dieu, tu vas aux latrines et nous ne voyons aucune trace de souillure ?' Il dit : 'Ô 'Â'isha, ne sais-tu pas que la terre avale ce qui sort des prophètes, de sorte que rien n'en est vu ?' » 365 - Ahmad ibn Sulaymân nous a rapporté : al-Hasan ibn Ishâq nous a rapporté : 'Uthmân ibn Abî Shayba nous a rapporté : Shabâba ibn Sawwâr nous a rapporté : Abû Mâlik an-Nakha'î nous a rapporté, d'après al-Aswad ibn Qays, d'après Nubayh al-'Anazî, d'après Umm Ayman, qui a dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) se leva une nuit pour aller à un vase de terre 18 dans un coin de la maison et y urina. Je me levai la nuit, ayant soif, et je bus ce qu'il contenait sans le savoir. Le matin venu, le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : 'Ô Umm Ayman, lève-toi et vide ce vase de terre.' Je dis : 'Par Dieu, j'ai bu ce qu'il contenait.' Elle dit : 'Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) rit alors jusqu'à montrer ses molaires 19, puis dit : 'Eh bien, tu n'auras jamais mal au ventre.' » 366 - 'Alî ibn Hârûn nous a rapporté : Mûsâ ibn Hârûn nous a rapporté : 'Ubayd Allâh ibn an-Nu'mân al-Minqarî nous a rapporté : Muhammad ibn 'Abd Allâh al-Ansârî nous a rapporté : mon père m'a rapporté, d'après Thumâma, d'après Anas, qui a dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) priait et prolongeait la station debout. Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) urina dans un puits dans sa maison. Il n'y avait pas à Médine de puits dont l'eau fût plus douce que celui-là. Lorsqu'ils étaient présents, on puisait pour eux de cette eau douce, et il était appelé à l'époque préislamique 'al-Barûd' 20. » Les cheveux du Messager trouvés dans le bonnet 21 de Khâlid. 367 - Sulaymân ibn Ahmad nous a rapporté : 'Alî ibn 'Abd al-'Azîz nous a rapporté : Sa'îd ibn Mansûr nous a rapporté : Hushaym nous a rapporté : 'Abd al-Hamîd ibn Ja'far nous a rapporté, d'après son père, d'après Khâlid ibn al-Walîd, qu'il perdit un jour son bonnet à Yarmûk 22 et dit : « Cherchez-le. » Ils ne le trouvèrent pas. Il dit : « Cherchez-le. » Ils le trouvèrent, et c'était un bonnet usé. Khâlid dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) fit la 'umra 23 et se rasa la tête. Les gens se précipitèrent sur les mèches de ses cheveux. Je les devançai pour prendre sa mèche frontale 24 et la mis dans ce bonnet. Depuis, je n'ai participé à aucun combat sans que ce bonnet ne soit avec moi sans que je n'obtienne la victoire. » L'absence d'effet du poison sur Khâlid. 368 - Khâlid ibn Shu'ayb nous a rapporté : Shurayh ibn Yûnus nous a rapporté : Yahyâ ibn Zakariyyâ ibn Abî Zâ'ida nous a rapporté, d'après Yûnus ibn Abî Ishâq, d'après Abû as-Safar, qui a dit : « Khâlid ibn al-Walîd descendit à al-Hîra 25 chez une femme des marzubâns 26. On dit : 'Méfie-toi du poison, de peur que les Perses ne t'en fassent boire.' Il dit : 'Apportez-le-moi.' On lui apporta une certaine quantité. Il le prit dans sa main, puis l'avala 27 en disant : 'Au nom de Dieu.' Cela ne lui fit aucun mal. »
- al-shaykh : Le cheikh : désigne ici l'auteur du recueil, probablement Abū Bakr Aḥmad ibn al-Ḥusayn al-Bayhaqī (384-458 H).
- baḥr : Mer : métaphore pour désigner un cheval très rapide et infatigable, comme une mer en mouvement.
- العواتق : Jeunes filles ayant atteint l'âge de la puberté, encore vierges et vivant chez leurs parents.
- خدور : Alcôves ou pièces retirées dans les tentes ou maisons, où les femmes se tiennent à l'abri des regards.
- يخلص الإيمان : Sincériser la foi, c'est-à-dire purifier son intention et sa croyance de toute hypocrisie.
- عورات : Défauts, parties intimes ou secrets que l'on cherche à découvrir pour nuire.
- متقعرًا : Le visage rougi par la colère, ou bien se tenant droit et sévère.
- هتك ستره : Déchirer son voile, c'est-à-dire exposer ses secrets ou ses défauts au grand jour.
- المنبر : Chaire ou estrade surélevée d'où le prédicateur s'adresse à l'assemblée.
- منى : Vallée située près de La Mecque, lieu de rassemblement lors du pèlerinage.
- فتحت أسماعنا : Nos oreilles s'ouvrirent, signifiant qu'ils entendaient parfaitement malgré la distance.
- مناسك : Rites du pèlerinage (Hajj ou 'Umra).
- حصى الخذف : Petits cailloux de la taille d'une noix, utilisés pour la lapidation rituelle.
- أطت : Gémir, produire un son sous une pression, ici métaphore de la charge des anges.
- الصعدات : Hauteurs, lieux élevés ou espaces découverts, où l'on se rend pour implorer Dieu.
- نطع : Natte en cuir ou en fibres végétales, étendue à même le sol.
- خصال : Qualités, caractéristiques physiques ou morales.
- فخارة : Vase en terre cuite, poterie.
- نواجذه : Molaires ou dents du fond, visibles lorsqu'on rit franchement.
- البرود : Nom d'un puits à Médine à l'époque préislamique, signifiant 'la fraîche'.
- قلنسوة : Bonnet ou calotte portée sous le turban.
- اليرموك : Bataille de Yarmûk (636 ap. J.-C.), affrontement décisif entre musulmans et Byzantins.
- اعتمر : Accomplir la 'Umra, le petit pèlerinage à La Mecque.
- ناصية : Mèche de cheveux sur le devant de la tête, le toupet.
- الحيرة : Ancienne ville d'Irak, capitale des Lakhmides avant l'islam.
- المرازبة : Pluriel de marzubân, titre donné aux gouverneurs ou chefs militaires perses.
- اقتمحه : L'avaler d'un trait, en une seule gorgée.
Chapitre vingt-quatre : Récits de diverses affaires pour lesquelles le Messager d'Allah…
Chapitre vingt-quatre : Récits de diverses affaires pour lesquelles le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, a invoqué et a été exaucé.
Le vingt-quatrième chapitre : Mention de divers récits concernant des choses pour lesquelles le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a invoqué et a été exaucé. Son invocation contre les gens de la Mecque par la sécheresse. 369 - Abū Aḥmad Muḥammad ibn Aḥmad et Ibrāhīm ibn Ḥamza nous ont rapporté : Abū Khalīfa nous a rapporté : Muḥammad ibn Kathīr nous a rapporté : Sufyān nous a rapporté, d'après Manṣūr et al-A‘mash, d'après Abū al-Ḍuḥā, d'après Masrūq, d'après ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd : Dieu, Puissant et Majestueux, a envoyé Muḥammad avec la vérité et a dit : {Dis : « Je ne vous demande pour cela aucune récompense, et je ne suis pas de ceux qui s'imposent 1 »} [Ṣād : 86]. Et lorsque le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, vit que Quraysh s'obstinait contre lui, il invoqua contre eux en disant : « Ô Dieu, aide-moi contre eux par sept [années de disette] comme les sept [années] de Joseph. » Alors une année de sécheresse les frappa, durant laquelle ils mangèrent les charognes et les os. L'homme voyait dans le ciel comme de la fumée. Abū Sufyān vint alors trouver le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et dit : « Tu ordonnais de maintenir les liens de parenté, et voilà que ton peuple a péri ; invoque Dieu pour eux. » Et c'est là la parole de Dieu Très-Haut : {Attends donc le jour où le ciel apportera une fumée visible 2} [al-Dukhān : 10] jusqu'à Sa parole : {vous reviendrez 3} [al-Dukhān : 15]. Il écartera alors d'eux le châtiment de l'au-delà lorsqu'il viendra, puis ils revinrent à leur mécréance. Il dit : Alors Dieu, Puissant et Majestueux, les saisit le jour de Badr, et c'est la parole de Dieu Très-Haut : {Le jour où Nous sévirons d'un grand châtiment 4, certes Nous Nous vengerons} [al-Dukhān : 16]. ‘Abd Allāh dit : « La fumée et le grand châtiment sont déjà passés, et c'est le jour de Badr ; et al-lizām 5, c'est le jour de Badr ; et Alif Lām Mīm, les Romains ont été vaincus 6 ; et dans une autre version : et la lune 7. » Mention d'un autre récit concernant sa demande de pluie pour les musulmans et sa demande d'arrêter la pluie sur eux. 370 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn Muḥammad ibn Sa‘īd ibn Abī Maryam nous a rapporté : al-Musayyab ibn Wāḍiḥ nous a rapporté : Mubashshir ibn Ibrāhīm nous a rapporté : al-Awzā‘ī nous a rapporté : Isḥāq ibn ‘Abd Allāh nous a rapporté : Anas ibn Mālik nous a rapporté : « Les gens furent frappés par une sécheresse à l'époque du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Alors qu'il était sur le minbar 8 en train de prêcher le vendredi, un bédouin se leva et dit : « Ô Messager de Dieu, les biens ont péri et les familles ont faim ; invoque Dieu pour nous. » Alors le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, leva les mains alors qu'on ne voyait aucun nuage dans le ciel. Par Celui qui tient mon âme en Sa main, il ne les avait pas encore baissées que les nuages s'amoncelèrent comme des montagnes. Puis il ne descendit pas de son minbar avant que je ne voie la pluie ruisseler sur sa barbe. Nous fûmes arrosés ce jour-là, le lendemain, le surlendemain et le suivant jusqu'au vendredi suivant. Alors ce bédouin, ou un autre homme, se leva et dit : « Ô Messager de Dieu, les constructions se sont effondrées et les biens ont été noyés ; invoque Dieu pour nous. » Il leva les mains et dit : « Ô Dieu, autour de nous et non sur nous. » Il dit : « Il n'indiquait de la main aucune direction des nuages sans qu'ils ne se dispersent, jusqu'à ce que Médine devienne comme une clairière, et jusqu'à ce que le wādī Qanāt 9 coule pendant un mois, et personne ne venait d'une direction sans rapporter qu'ils avaient été abondamment arrosés. » Ibn al-Mubārak dit : « Sauf qu'il rapportait une pluie abondante. » 371 - Abū Bakr ibn Khallād nous a rapporté : Muḥammad ibn Ghālib nous a rapporté : al-Qa‘nabī nous a rapporté ; et Abū Aḥmad Muḥammad ibn Aḥmad nous a rapporté : al-Ḥusayn ibn Sufyān nous a rapporté : Qutayba ibn Sa‘īd nous a rapporté, d'après Mālik, d'après Sharīk ibn ‘Abd Allāh ibn Abī Namir, d'après Anas ibn Mālik : Un homme vint au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et dit : « Ô Messager de Dieu, les troupeaux ont péri et les routes sont coupées ; invoque Dieu. » Alors le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, invoqua. Il dit : « Nous fûmes arrosés du vendredi au vendredi. » Il dit : « Un homme vint au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et dit : « Ô Messager de Dieu, les maisons se sont effondrées, les routes sont coupées et les troupeaux ont péri. » Alors le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, se leva et dit : « Ô Dieu, [fais tomber la pluie] sur les sommets des montagnes, les collines, les tertres, le fond des vallées et les endroits où poussent les arbres. » Il dit : « Alors [les nuages] se découvrirent de Médine comme un vêtement se découvre. » 372 - Muḥammad ibn al-Muẓaffar nous a rapporté : Muḥammad ibn Yūsuf al-Madanī nous a rapporté, d'après ‘Abd Allāh ibn ‘Abd Allāh, d'après ‘Abd al-Raḥmān ibn Ḥarmala, d'après Sa‘īd ibn al-Musayyab, d'après Abū Lubāba ibn ‘Abd al-Mundhir : Le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, était sur le minbar le vendredi en train de prêcher aux gens, et il dit : « Ô Dieu, donne-nous la pluie. » Abū Lubāba dit : « Ô Messager de Dieu, les dattes sont dans les séchoirs 10. » Il dit : « Ô Dieu, donne-nous la pluie jusqu'à ce qu'Abū Lubāba se tienne nu, bouchant la fente de son séchoir avec son pagne. » Et nous ne voyions aucun nuage dans le ciel. Alors ils reçurent une pluie abondante. Les Anṣār 11 entourèrent Abū Lubāba et dirent : « Ô Abū Lubāba, le ciel ne cessera pas [de pleuvoir] jusqu'à ce que tu fasses ce que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit. » Il dit : « Alors Abū Lubāba se leva nu, bouchant la fente de son séchoir avec son pagne, et le ciel cessa [de pleuvoir]. » ‘Abd Allāh ibn ‘Abd Allāh : on dit qu'il est Abū Aws. 373 - Al-Wāqidī mentionna également avec sa chaîne de transmission que la délégation de Salāmān vint auprès du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, au mois de Shawwāl de l'an dix. Il leur dit : « Comment sont les terres chez vous ? » Ils dirent : « Stériles ; invoque Dieu pour qu'Il nous donne la pluie dans nos terres, afin que nous puissions rester dans nos foyers. » Alors le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : « Ô Dieu, donne-leur la pluie dans leurs demeures. » Ils dirent : « Ô Prophète de Dieu, lève ta main, car c'est plus abondant et meilleur. » Alors le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, sourit et leva ses mains jusqu'à ce que la blancheur de ses aisselles apparaisse. Il dit : « Nous restâmes trois jours, et son hospitalité se poursuivit pour nous. Puis nous vînmes lui dire adieu, et il ordonna qu'on nous donne des présents. Il nous donna cinq ūqiyya 12 à chacun de nous, et Bilāl s'excusa auprès de nous en disant : « Nous n'avons pas d'argent aujourd'hui. » Ils dirent : « Que c'est abondant et bon ! » Ils dirent : « Puis nous voyageâmes vers nos terres et nous les trouvâmes arrosées le jour même où le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, avait invoqué à cette heure-là. » Son invocation pour ‘Alī. 374 - ‘Abd Allāh ibn Ja‘far nous a rapporté : Yūnus ibn Ḥabīb nous a rapporté : Abū Dāwūd nous a rapporté : Fārūq al-Khaṭṭābī nous a rapporté : Hishām ibn ‘Alī nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn Rajā’ nous a rapporté : Shu‘ba nous a rapporté, d'après ‘Amr ibn Murra, d'après ‘Abd Allāh ibn Salama, d'après ‘Alī, que Dieu l'agrée : « J'étais malade, et le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, passa près de moi alors que je disais : « Ô Dieu, si mon terme est arrivé, donne-moi le repos ; s'il est retardé, élève-moi ; et si c'est une épreuve, donne-moi la patience. » Alors le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : « Comment as-tu dit ? » Je répétai la parole. Il me frappa du pied, puis dit : « Ô Dieu, guéris-le. » Il dit : « Je ne me plaignis plus de ma douleur après cela. » Son invocation contre celui qui arrange ses cheveux pendant la prière. 375 - Abū Muḥammad ibn Ḥayyān nous a rapporté : Abū Muḥammad ibn Ja‘far nous a rapporté : Aḥmad ibn Muḥammad al-Ṭulaḥī nous a rapporté : Abū Yaḥyā al-Ḥimmānī nous a rapporté, d'après ‘Abd Allāh ibn Muḥriz, d'après Qatāda, d'après Anas : Le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, vit un homme prosterné en train de faire ceci avec ses cheveux, les retenant de la poussière. Il dit : « Ô Dieu, enlaidit ses cheveux. » Il dit : « Ils tombèrent. » Son invocation pour la guérison des maladies psychiques et organiques.
376 - Nous a rapporté Muhammad ibn Muhammad ibn Sulayman al-Baghandi : nous a rapporté Hisham ibn Ammar : nous a rapporté Ata ibn Muslim : nous a rapporté Jaafar, d'après Ata ibn Abi Rabah, d'après al-Fadl ibn Abbas, qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Serre ma tête, afin que je sorte vers la mosquée. » Je serrai donc sa tête avec un turban 13 jaune, puis il sortit vers la mosquée, soutenu entre deux hommes. Il mentionna des paroles, puis dit : « Que celui dont l'âme 14 l'emporte vers une chose qu'il voudrait me confier se lève et me questionne, afin que j'invoque Allah pour lui. » Une femme se leva et pointa son doigt vers sa langue. Il dit : « Va à la maison de Aïcha jusqu'à ce que je vienne à toi. » Un autre homme dit : « Ô Messager d'Allah, je suis avare, peureux et très endormi ; invoque Allah pour qu'Il rende mon âme généreuse, qu'Il me rende courageux et qu'Il fasse disparaître mon excès de sommeil. » Al-Fadl dit : « Je le vis par la suite, lors d'une expédition avec nous ; il n'y avait parmi nous nul homme plus généreux que lui, ni plus vaillant, ni moins endormi. » Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) posa une baguette sur la tête de la femme, puis invoqua pour elle. Aïcha dit : « Je reconnus l'invocation du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) en elle, au point qu'elle me disait : Ô Aïcha, accomplis bien ta prière. » Son invocation contre Abi Tharwan pour une longue misère et une longue vie 377 - Nous a rapporté al-Hasan ibn Ghaylan : nous a rapporté Yahya ibn Muhammad ibn Sa'id : nous a rapporté Yusuf ibn Muhammad al-Qattan : nous a rapporté Abd al-Malik ibn Harun ibn Antara, d'après son père, d'après son grand-père, d'après Abi Tharwan, qui a dit : Abou Tharwan était un berger des Banu Amr ibn Taym, gardant leurs chameaux. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) craignait Quraysh ; il sortit et aperçut la masse noire des chameaux, se dirigea vers eux, et voilà que c'étaient des chameaux. Il entra parmi les arbres d'arak 15 et s'assit. Les chameaux s'enfuirent ; Abou Tharwan se leva, fit le tour des chameaux, ne vit rien, puis les traversa et trouva le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) assis. Abou Tharwan lui dit : « Qui es-tu ? Tu as effrayé mes chameaux ! » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui dit : « N'aie pas peur ; j'ai voulu me réjouir en voyant tes chameaux. » Abou Tharwan dit : « Qui es-tu ? » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Ne demande pas ; un homme qui a voulu se réjouir en voyant tes chameaux. » Abou Tharwan dit : « Je vois que tu es l'homme qu'ils prétendent être sorti comme prophète. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Oui ; je t'appelle à témoigner qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que Muhammad est Son serviteur et Son messager. » Abou Tharwan lui dit : « Sors d'ici ; des chameaux ne peuvent être bons quand tu es parmi eux. » Et il refusa de le laisser. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) invoqua alors contre lui : « Ô Allah, prolonge sa misère et sa vie. » Abd al-Malik dit : Mon père dit : « Je l'ai rencontré, un vieillard très âgé, souhaitant la mort. » Les gens lui dirent : « Nous ne voyons que tu es perdu ; le Messager d'Allah a invoqué contre toi. » Il dit : « Non ; je suis venu à lui après la manifestation de l'islam et j'ai embrassé l'islam avec lui ; il a invoqué pour moi et demandé pardon, mais la première invocation a précédé. » Son invocation pour les brebis d'Abi Qirsafa 378 - Nous a rapporté Sulayman ibn Ahmad : nous a rapporté al-Hasan ibn Qutayba : nous a rapporté Ayyub ibn Ali ibn al-Haysam ibn Muslim ibn Khashaba, qui a dit : J'ai entendu Ziyad ibn Sayyar dire : Azza bint Iyad ibn Abi Qirsafa m'a raconté qu'elle a entendu son grand-père Abou Qirsafa, compagnon du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), dire : « Le début de mon islam fut que j'étais orphelin entre ma mère et ma tante ; mon inclination était surtout vers ma tante. Je gardais quelques brebis à moi. Ma tante me disait souvent : 'Mon fils, ne passe pas près de cet homme' - elle voulait dire le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) - 'car il te séduira et t'égarera.' Je sortais donc, allais au pâturage, laissais mes brebis, puis venais auprès du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et restais auprès de lui à l'écouter ; puis je revenais avec mes brebis, amaigries, les pis desséchés. Ma tante me dit : 'Qu'ont tes brebis à avoir les pis desséchés ?' Je dis : 'Je ne sais pas.' Puis je revins vers lui le deuxième jour ; il fit comme le premier jour, sauf que je l'entendis dire : 'Ô gens, émigrez 16 et attachez-vous à l'islam, car l'émigration ne cesse pas tant que le jihad 17 dure.' Puis je revins avec mes brebis comme le premier jour. Puis je revins vers lui le troisième jour ; je restai auprès du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à l'écouter jusqu'à ce que j'embrasse l'islam, que je lui prête allégeance 18, que je lui serre la main, et que je me plaigne à lui de ma tante et de mes brebis. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) me dit : 'Amène-moi les brebis.' Je les lui amenai ; il caressa leurs dos et leurs pis, et invoqua pour elles la bénédiction ; elles se remplirent de graisse et de lait. Quand j'entrai chez ma tante avec elles, elle dit : 'Mon fils, c'est ainsi qu'il faut paître.' Je dis : 'Ô tante, je n'ai paît que là où je paissais chaque jour, mais je vais te raconter mon histoire.' Je lui racontai l'histoire, ma venue auprès du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), sa conduite et ses paroles. Ma mère et ma tante me dirent : 'Emmène-nous chez lui.' Je les emmenai, ma mère et ma tante ; elles embrassèrent l'islam et prêtèrent allégeance au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), et il leur serra la main. Voilà ce que fut l'islam d'Abi Qirsafa. » Son invocation pour Jarir ibn Abd Allah 379 - Nous a rapporté Sulayman ibn Ahmad : nous a rapporté Muhammad ibn Abd Allah al-Hadrami : nous a rapporté Abou Kurayb : nous a rapporté Abou Usama, d'après Ismaïl ibn Abi Khalid, d'après Qays ibn Abi Hazim, d'après Jarir ibn Abd Allah al-Bajali, qui a dit : « Je ne tenais pas fermement à cheval ; j'en parlai au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Il frappa ma poitrine de sa main, au point que je vis la trace de sa main sur ma poitrine, et dit : 'Ô Allah, affermis-le et fais de lui un guide bien guidé.' Depuis, je ne suis jamais tombé de cheval. » Histoire de Utayba ibn Abi Lahab
380 - Abû Nasr Mansûr ibn Muhammad ibn Mansûr al-Asbahânî nous a rapporté : Ishâq ibn Ahmad al-Fârisî nous a rapporté : Muhammad ibn Humayd nous a rapporté : Salamah ibn al-Fadl, d'après Muhammad ibn Ishâq, d'après ‘Uthmân ibn ‘Urwah ibn az-Zubayr, d'après son père, d'après Habbâr ibn al-Aswad, qui a dit (page 455) : « Abû Lahab et son fils ‘Utaybah s'étaient préparés à partir pour le Shâm (la Syrie), et je me préparai avec eux. Son fils ‘Utaybah dit : "Par Allah, j'irai certainement vers lui (le Prophète) et je lui causerai du tort au sujet de son Seigneur." Il partit donc jusqu'à ce qu'il vienne auprès du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) et dit : "Ô Muhammad, il (c'est-à-dire le Prophète) mécroit en Celui qui s'est approché et s'est suspendu, et fut à deux portées d'arc ou plus près encore." Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit alors : "Ô Allah, envoie contre lui un chien parmi Tes chiens." Puis il s'éloigna de lui. Il (Habbâr) revint vers lui (Abû Lahab) et dit : "Ô mon fils, qu'as-tu dit ?" Il répondit : "J'ai mécru en son Dieu qu'il adore." Il dit : "Et que t'a-t-il dit ?" Il répondit : "Il a dit : Ô Allah, envoie contre lui un chien parmi Tes chiens." Il dit : "Ô mon fils, par Allah, je ne suis pas en sécurité pour toi contre l'invocation de Muhammad." Il dit : "Nous voyageâmes donc jusqu'à ce que nous descendions à ash-Sharât (une région), qui est un repaire de lions. Nous descendîmes près d'une cellule de moine. Le moine dit : "Ô assemblée d'Arabes, qu'est-ce qui vous a fait descendre dans ce pays ? C'est le lieu de passage du lion (al-daygham) !" Abû Lahab nous dit : "Vous connaissez mon droit (sur vous) ?" Nous dîmes : "Oui, ô Abû Lahab." Il dit : "Muhammad a invoqué contre mon fils une invocation ; par Allah, je ne suis pas en sécurité pour lui contre elle. Rassemblez donc vos bagages près de cette cellule, puis étendez (une couche) pour mon fils ‘Utaybah, puis étendez-en autour de lui." Il dit : "Nous fîmes ainsi : nous rassemblâmes les bagages jusqu'à ce qu'ils fussent élevés, puis nous étendîmes pour lui dessus, et nous étendîmes autour de lui. Alors que nous étions autour de lui, et Abû Lahab avec nous en bas, et qu'il (le fils) passa la nuit en haut des bagages, le lion vint et renifla nos visages. Lorsqu'il ne trouva pas ce qu'il voulait, il se ramassa, puis bondit, et le voilà au-dessus des bagages. Le lion vint, renifla son visage, puis le frappa d'un coup violent (hazamahu hazmatan) et lui brisa la tête (fakhakha ra'sahu). Il (le fils) dit : "Mon épée, ô chien !" Il n'eut pas d'autre pouvoir sur moi. Nous bondîmes, et le lion s'en alla, alors qu'il lui avait brisé la tête. Abû Lahab lui dit : "J'ai su, par Allah, qu'il ne pouvait échapper à l'invocation de Muhammad." » 381 - Et Muhammad ibn Ishâq a dit dans le Livre des Expéditions (al-Maghâzî), d'après la transmission qu'il nous a faite d'après (page 456) Muhammad ibn Ishâq, d'après Yazîd ibn Ziyâd, d'après Muhammad ibn Ka‘b al-Qurazî, d'après ‘Uthmân ibn ‘Urwah ibn az-Zubayr, d'après des hommes de sa famille, qui ont dit : « La fille du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) était chez ‘Utaybah ibn Abî Lahab, et il la répudia. Lorsqu'il voulut partir pour le Shâm, il dit : "J'irai certainement trouver Muhammad et je lui causerai du tort au sujet de son Seigneur." Il dit : "Il vint donc et dit : Ô Muhammad, il mécroit en Celui qui s'est approché et s'est suspendu, et fut à deux portées d'arc ou plus près encore." Puis il cracha (tafala) au visage (du Prophète), puis il lui rendit sa fille. Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit : "Ô Allah, donne pouvoir sur lui à un chien parmi Tes chiens." Il dit : "Et Abû Tâlib était présent ; il resta silencieux à ce sujet et dit : "Que t'a apporté l'invocation du fils de mon frère ?" Il (le fils) revint et l'informa de cela. Ils partirent pour le Shâm et descendirent dans une étape. Le moine les domina du haut du couvent et leur dit : "Cette terre est une terre de fauves (sabu‘)." Abû Lahab dit : "Ô assemblée de Quraysh, aidez-nous cette nuit, car je crains pour lui l'invocation de Muhammad." Ils rassemblèrent donc leurs charges, les étendirent pour ‘Utaybah, et il dormit dessus, et ils dormirent autour de lui. Le lion vint et se mit à renifler leurs visages, puis il replia sa queue, bondit, le frappa d'un coup de ses pattes, le saisit et le griffa. Il dit : "Il m'a tué !" et il mourut sur place. Et il (le poète) dit (en mètre al-bahr as-sarî‘) : "Demande aux Banû al-Ash‘ar, si tu vas chez eux, Ce que fut la cruche d'Abû Wâsi‘. Qu'Allah n'élargisse pas pour lui sa tombe, Mais qu'Allah la rétrécisse pour le transgresseur ! La miséricorde d'un Prophète dont l'aïeul est ferme, Qui appelle à une lumière éclatante. Il (Abû Lahab) s'est détourné par dénégation, À l'encontre de Quraysh, d'un coup brusque (nahzat al-qâdi‘). (page 457) Il a donc mérité l'invocation de sa part, par ce Qu'il a rendu clair pour le voyant et l'auditeur. Si Allah a donné pouvoir sur lui à Son chien, Qui marche doucement, de la démarche du trompeur, Jusqu'à ce qu'il vienne à lui au milieu de ses compagnons, Alors que les avait gagnés la somnolence du dormeur, Il a saisi la tête par le sinciput (yâfûkh), Et la gorge de lui, de la bouchée de l'affamé." » 382 - Sulaymân ibn Ahmad nous a rapporté, en dictée, a dit : Mas‘adah ibn Sa‘d nous a rapporté : Ibrâhîm ibn al-Mundhir al-Khizâmî nous a rapporté : Muhammad ibn ‘Umar al-Wâqidî nous a rapporté, a dit : « Ruqayyah, fille du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue), était avant ‘Uthmân ibn ‘Affân chez ‘Utbah ibn Abî Lahab, et Umm Kulthûm était chez ‘Utaybah ibn Abî Lahab ; le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) les leur avait mariées à l'époque préislamique (al-Jâhiliyyah). » 383 - Abû ‘Amr Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté, selon ce qui lui a été lu : al-Hasan ibn al-Jahm nous a rapporté : al-Husayn ibn al-Faraj nous a rapporté : Muhammad ibn ‘Umar al-Wâqidî nous a rapporté : Ma‘mar m'a rapporté, d'après Ibn Tâwûs, d'après son père, qui a dit : « Lorsque le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) récita : "Par l'Étoile quand elle descend" (Sourate an-Najm, 53:1), ‘Utaybah ibn Abî Lahab dit : "J'ai mécru au Seigneur de l'Étoile." Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit alors : "Qu'Allah donne pouvoir sur toi à un chien parmi Ses chiens." Il dit : "Mûsâ ibn Muhammad ibn Ibrâhîm m'a rapporté, d'après son père, qui a dit : ‘Utaybah sortit avec ses compagnons dans une caravane vers le Shâm. Lorsqu'ils furent au Shâm, le lion rugit, et ses omoplates (farâ'isuhu) se mirent à trembler. On lui dit : "De quoi trembles-tu ? Par Allah, nous et toi sommes pareils !" Il dit : "Muhammad a invoqué contre moi. Non, par Allah, le ciel n'a ombragé personne doué d'éloquence (dhî lahjah) plus véridique que Muhammad." Puis ils servirent le dîner, mais il n'y mit pas la main. Puis le sommeil vint ; ils l'entourèrent (page 458) de leurs bagages, le placèrent au milieu d'eux, et s'endormirent. Le lion vint à eux, en rampant (yahmissu), reniflant leurs têtes, homme après homme, jusqu'à ce qu'il parvînt à lui ; il le saisit d'une seule prise (daghmatan) qui fut fatale. Il s'éveilla en sursaut, à son dernier souffle, disant : "Ne vous ai-je pas dit que Muhammad est le plus véridique des hommes ?" Et il mourut. » 3 - Son invocation (du‘â’) pour ‘Amr ibn Akhtab et an-Nâbighah al-Ja‘dî 384 - Fârûq al-Khattâbî nous a rapporté : Abû Muslim nous a rapporté : al-Muqaddamî nous a rapporté, a dit : Zayd ibn al-Hubâb nous a rapporté : Husayn ibn Wâqid nous a rapporté : Abû Nahîk al-Azdî m'a rapporté : ‘Amr ibn Akhtab m'a rapporté, a dit : « Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) demanda de l'eau pour boire. Je lui apportai une petite cruche (jumjumah) contenant de l'eau, dans laquelle il y avait un cheveu. Je la soulevai et la lui tendis. Il me regarda et dit : "Ô Allah, embellis-le (jammilhu) !" Il dit : "Je le vis alors qu'il avait quatre-vingt-treize ans, et il n'y avait dans sa tête ni dans sa barbe un seul cheveu blanc." » 385 - Le Qâdî Abû Ahmad nous l'a rapporté en dictée, a dit : Ahmad ibn Ishâq al-Jawharî nous a rapporté (page 459) : Ismâ‘îl ibn ‘Abd Allah ibn Khâlid ar-Raqqî nous a rapporté : Ya‘lâ ibn al-Ashdaq nous a rapporté, a dit : J'ai entendu an-Nâbighah ibn al-Ja‘d dire : « J'ai récité ces vers au Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) et ils lui plurent (en mètre al-bahr at-tawîl) : "Nous avons atteint le ciel par notre gloire et notre richesse, Et nous espérons, au-dessus de cela, une manifestation (mazhar)." Il dit (qu'Allah prie sur lui et le salue) : "Vers quelle manifestation, ô Abâ Laylâ ?" Je dis : "Vers le Paradis." Il dit : "Oui, si Allah Très-Haut le veut." Lorsque je lui récitai : "Il n'y a pas de bien dans une clémence (hilm) si elle n'a pas De fougues (bawâdir) qui protègent sa pureté d'être troublée, Et il n'y a pas de bien dans une ignorance si elle n'a pas Un homme clément (halîm) qui, lorsqu'il engage une affaire, la mène à terme." Le Prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit : "Tu as bien fait ! Qu'Allah ne brise pas ta bouche (lâ yafdud Allâhu fâka) !" Ya‘lâ dit : "Je l'ai vu alors qu'il avait dépassé cent ans, et aucune de ses dents n'était tombée." » Son recours à l'aide d'Allah (isti‘ânatuhu bi-llâh)
386 - Muḥammad ibn Aḥmad Abū Aḥmad et Muḥammad ibn ‘Alī, parmi d’autres, nous ont rapporté : ils ont dit : ‘Abd Allāh ibn Muḥammad al-Baghawī nous a rapporté : il a dit : Abū al-Rabī‘ al-Zahrānī nous a rapporté : il a dit : ‘Abd al-Salām ibn Hāshim nous a rapporté : il a dit : Ḥanbal nous a rapporté d’après Anas ibn Mālik, d’après Abū Ṭalḥa, qui a dit : Nous étions avec le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — lors d’une expédition ; il rencontra l’ennemi et je l’entendis dire : « Ô Maître du Jour du Jugement 19, c’est Toi que nous adorons et c’est Toi dont nous implorons le secours. » J’ai alors vu les hommes tomber, frappés par les anges devant eux et derrière eux. Son invocation pour deux époux afin de créer l’affection entre eux 387 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Bishr ibn Mūsā nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn al-Zubayr al-Ḥumaydī nous a rapporté : il a dit : Abū al-Ḥasan ‘Alī ibn Abī ‘Alī al-Lihbī nous a rapporté : Muḥammad ibn al-Mundhir nous a rapporté d’après Jābir, qui a dit : Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — passa par le marché des Nabat 20 avec ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb — qu’Allāh l’agrée. Une femme vint à lui et dit : « Ô Messager d’Allāh, je suis avec un mari qui, à la maison, est comme une femme, alors que je suis une femme musulmane qui aime ce qu’aime une musulmane. » Le Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — dit : « Qu’on me l’amène. » Elle l’amena. Le Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — dit : « Que dit ta femme ? » L’homme dit au Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue : « Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, ma tête n’a pas encore séché de la lotion 21 après elle. » Elle dit : « Ô Messager d’Allāh, et une seule fois par mois ? » Le Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — dit : « Le détestes-tu ? » Elle dit : « Oui, par Celui qui t’a honoré avec la vérité. » Le Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — dit : « Approchez-moi vos têtes. » Ils posèrent leurs fronts sur son visage et il dit : « Ô Allāh, crée l’affection entre eux, et rends chacun d’eux aimable à l’autre. » Puis le Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — passa près d’eux quelques jours plus tard ; le mari de la femme était un cordonnier 22, et voilà qu’elle portait du cuir sur son cou. Le Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — dit : « Ô ‘Umar, n’est-ce pas notre compagne qui a dit ce qu’elle a dit ? » Elle entendit la voix du Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue —, jeta le cuir, puis embrassa le pied du Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue. Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — lui dit : « Comment es-tu avec ton mari ? » Elle dit : « Par Celui qui t’a honoré, il n’y a dans le monde ni enfant ni parent qui me soit plus cher que lui. » Le Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — dit : « Je témoigne que je suis le Messager d’Allāh. » ‘Umar dit : « Et moi, je témoigne que tu es le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue. » Son invocation pour ‘Urwa al-Bāriqī 388 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : ‘Alī ibn ‘Abd al-‘Azīz nous a rapporté : Muslim ibn Ibrāhīm nous a rapporté : il a dit : Sa‘īd ibn Zayd nous a rapporté : il a dit : al-Zubayr ibn Khirrīt nous a rapporté d’après Abū Labīd, d’après ‘Urwa al-Bāriqī, que le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — rencontra une caravane 23 et lui donna un dīnār 24 en disant : « Achète-nous avec cela une brebis. » Il partit et acheta deux brebis avec un dīnār. Un homme le rencontra et lui vendit une brebis pour un dīnār. Puis il vint auprès du Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — avec un dīnār et une brebis. Le Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — lui dit : « Qu’Allāh te bénisse dans la transaction de ta main droite. » Il dit : « Je me levais du dépotoir 25 et je ne retournais pas chez moi sans avoir gagné quarante mille. » ‘Affān le rapporta d’après Sa‘īd ibn Zayd : il dit : « Je me suis vu me tenir au dépotoir de Kūfa et gagner quarante dīnārs avant de retourner chez moi. » Son invocation pour al-Miqdād pour la bénédiction dans un bien qui lui parvint 389 - Abū Bakr al-Ṭalḥī et Sulaymān ibn Aḥmad nous ont rapporté : ils ont dit : ‘Ubayd ibn Ghannām nous a rapporté : il a dit : Abū Bakr ibn Abī Shayba nous a rapporté : Khālid ibn Makhlad nous a rapporté : Mūsā ibn Ya‘qūb nous a rapporté : il a dit : ma tante Qarība bint ‘Abd Allāh ibn Wahb m’a rapporté d’après sa mère Karīma bint al-Miqdād ibn ‘Amr, d’après Ḍubā‘a bint al-Zubayr — qui était sous l’autorité d’al-Miqdād —, qui a dit : Les gens allaient à leurs besoins tous les deux ou trois jours et déféquaient comme les chameaux. Un jour, al-Miqdād sortit pour ses besoins jusqu’à atteindre al-Ḥajaba 26 à Baqī‘ al-Gharqad 27. Il entra dans une ruine pour ses besoins. Pendant qu’il était assis, un rat sortit de son trou un dīnār, puis ne cessa d’en sortir un par un jusqu’à atteindre dix-sept dīnārs. Il sortit avec eux et vint auprès du Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — et l’informa de leur histoire. Il dit : « As-tu suivi le trou avec ta main ? » Il dit : « Non, par Celui qui t’a envoyé avec la vérité. » Il dit : « Il n’y a pas d’aumône 28 pour toi là-dedans. Qu’Allāh te bénisse en eux. » Ḍubā‘a dit : « Leur fin ne vint pas avant que je ne visse des sacs d’argent 29 dans la maison d’al-Miqdād. » Son invocation pour faire disparaître la faim de Fāṭima 390 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : ‘Alī ibn Sa‘īd al-Rāzī nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn ‘Amr ibn Abān nous a rapporté : Mus-hir ibn ‘Abd al-Malik nous a rapporté : ‘Utba ibn Ḥumayd Abū Mu‘ādh nous a rapporté. Et il nous l’a rapporté d’après Muḥammad ibn Muḥammad ibn Abī Ja‘far al-Baghdādī : Muḥammad ibn Abī al-‘Awwām nous a rapporté : mon père nous a rapporté : Sa‘īd ibn Muḥammad al-Warrāq nous a rapporté : Mus-hir ibn ‘Abd al-Malik nous a rapporté d’après ‘Utba Abū Mu‘ādh al-Baṣrī, d’après ‘Ikrima, affranchi d’Ibn ‘Abbās, d’après ‘Imrān ibn Ḥuṣayn, qui a dit : J’étais auprès du Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — quand Fāṭima arriva. Je la regardai : le sang avait disparu de son visage et la pâleur 30 l’avait recouverte à cause de la faim intense. Le Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — la regarda, l’approcha jusqu’à ce qu’elle se tînt devant lui, posa sa main sur sa poitrine à l’endroit du collier, écarta ses doigts, puis dit : « Ô Allāh, Toi qui rassasies les affamés et élèves les humbles, n’affame pas Fāṭima fille de Muḥammad. » ‘Imrān dit : « Je la regardai : le sang était revenu sur la pâleur de son visage. » Je la rencontrai plus tard et elle dit : « Ô ‘Imrān, je n’ai pas eu faim. » Sulaymān dit : « Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — écarta ses doigts, puis posa sa paume entre ses clavicules 31, leva la tête et dit : « Ô Allāh, Toi qui rassasies les affamés, qui exauces les besoins et élèves les humbles, n’affame pas Fāṭima fille de Muḥammad. » Il dit : « Je vis la pâleur de la faim disparaître de son visage et le sang apparaître. » Puis je l’interrogeai après cela et elle dit : « Je n’ai pas eu faim après cela, ô ‘Imrān. » Son invocation pour faire disparaître le froid 391 - Sulaymān ibn Aḥmad, en dictée, et Muḥammad ibn Aḥmad nous ont rapporté : ils ont dit : Bishr ibn Mūsā nous a rapporté : Muḥammad ibn Abī Laylā nous a rapporté : mon père m’a rapporté : Muḥammad ibn ‘Abd al-Raḥmān ibn Abī Laylā nous a rapporté d’après son frère ‘Īsā, d’après ‘Abd al-Raḥmān ibn Abī Laylā, qui a dit : Un groupe de gens de la mosquée se réunit auprès de moi et dit : « Nous avons vu du Commandeur des croyants 32 une chose que nous désapprouvons. » Je dis : « Qu’est-ce ? » Ils dirent : « Il sort vers nous en hiver avec un pagne et un manteau, et en été avec un qabā’ 33 rembourré. » J’entrai et mentionnai cela à mon père. Quand il alla chez ‘Alī le soir, il dit : « Les gens ont vu de toi une chose qu’ils désapprouvent. » Il dit : « Qu’est-ce ? » Je dis : « Ton vêtement. » Il me dit : « N’étais-tu pas avec nous quand le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — m’appela alors que j’avais une ophtalmie 34, cracha dans ses paumes et les appliqua sur mon œil ? Il dit : « Ô Allāh, éloigne de lui la chaleur et le froid. » Par Celui qui l’a envoyé avec la vérité, je n’ai ressenti de l’un ou l’autre aucune gêne jusqu’à maintenant. »
392 - 'Abd Allah ibn Muhammad ibn Ja'far nous a rapporté : 'Abd Allah ibn Muhammad ibn Zakariyya nous a rapporté : Sa'id ibn Yahya nous a rapporté : Ayyub ibn Sayyar nous a rapporté, d'après Muhammad ibn al-Munkadir, d'après Jabir, d'après Bilal, qui a dit : J'ai appelé à la prière de l'aube 35 par une nuit froide, et personne n'est venu. Puis j'ai appelé de nouveau, et personne n'est venu. Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Qu'ont-ils, ô Bilal ? » J'ai répondu : « Le froid les a accablés, que mon père et ma mère te soient sacrifiés. » Il a dit : « Ô Allah, brise pour eux le froid. » Bilal a dit : Je les ai vus se rafraîchir 36 dans la prière de la matinée 37 ou de l'aube, c'est-à-dire par la prière de la matinée, la prière de al-duha 38. Sa prière pour la guérison du malade 393 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn 'Uthman ibn Abi Shayba nous a rapporté : Ahmad ibn Rashid nous a rapporté : 'Abd al-Rahman ibn Sulayman nous a rapporté, d'après Yazid ibn Abi Ziyad, d'après Sulayman ibn 'Amr ibn al-Ahwas, d'après sa mère Umm Jundub, qui a dit : J'ai vu le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) suivi par une femme de Khath'am 39 avec un enfant qui avait une affliction. Elle a dit : « Ô Messager d'Allah, cet enfant et le reste de ma famille ont une affliction : il ne parle pas. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Apportez-moi un peu d'eau. » On lui apporta de l'eau. Il lava ses mains, se rinça la bouche, puis la lui donna en disant : « Fais-lui en boire, verse-lui en dessus, et implore la guérison d'Allah pour lui. » Elle dit : J'ai rencontré la femme et j'ai dit : « Si tu m'en donnais un peu ? » Elle répondit : « C'est pour cet affligé. » Elle dit : Je l'ai rencontrée un an plus tard et l'ai interrogée au sujet du garçon. Elle dit : « Il a guéri et a acquis une intelligence qui n'est pas comme celle des gens. » 394 - Ibrahim ibn Ahmad ibn Abi Husayn nous a rapporté : Mon grand-père Abu Husayn Muhammad ibn al-Husayn m'a rapporté : Abu Bakr ibn Abi Shayba nous a rapporté : 'Abd Allah ibn Numayr nous a rapporté : 'Uthman ibn Hakim nous a rapporté : 'Abd al-Rahman ibn 'Abd al-'Aziz nous a rapporté, d'après Ya'la ibn Murra : Je suis sorti avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) en voyage. Alors que nous étions sur la route, nous passâmes près d'une femme assise avec son enfant. Elle dit : « Ô Messager d'Allah, mon fils a été frappé d'une affliction, et nous en subissons une affliction : il est pris [de convulsions] plusieurs fois par jour, nous ne savons combien de fois. » Il dit : « Donne-le-moi. » Je le soulevai vers lui. Il le plaça entre ses mains, au milieu de la selle, puis ouvrit sa bouche et souffla 40 dedans trois fois en disant : « Au nom d'Allah, je suis le serviteur d'Allah, disparais, ennemi d'Allah. » Puis il le lui rendit et dit : « Retrouve-nous au retour à cet endroit et informe-nous de ce qu'il est devenu. » Nous partîmes et revînmes, et nous la trouvâmes à cet endroit avec trois brebis. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui dit : « Qu'a fait le malin 41 ? » Elle dit : « Par Celui qui t'a envoyé avec la vérité, nous n'avons rien senti de lui jusqu'à présent. Choisis donc ces brebis. » Il dit : « Descends, prends-en une brebis et rends le reste. » 395 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté : 'Ali ibn 'Abd al-'Aziz nous a rapporté : Hajjaj ibn al-Minh al nous a rapporté : Hammad ibn Salama nous a rapporté, d'après Farqad al-Sabakhi, d'après Sa'id ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbas (qu'Allah les agrée) : Une femme vint avec son fils auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et dit : « Ô Messager d'Allah, mon fils a une folie 42, et elle le saisit à nos repas du soir et du matin, et il nous rend la vie difficile. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui caressa la poitrine, puis pria pour lui. Il vomit alors un vomissement, et il sortit de son ventre quelque chose comme un chiot noir qui s'enfuit. Sa prière pour chasser le diable de la poitrine de 'Uthman ibn Abi al-'As 396 - 'Abd Allah ibn Muhammad ibn Ja'far nous a rapporté : 'Ali ibn Sa'id nous a rapporté : 'Abbas al-Duri nous a rapporté : 'Uthman ibn 'Abd al-Wahhab al-Thaqafi nous a rapporté : Mon père nous a rapporté, d'après Yunus, d'après al-Hasan, d'après 'Uthman ibn Abi al-'As, qui a dit : Je me suis plaint au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) de ma mauvaise mémorisation du Coran. Il dit : « C'est un diable appelé Khinzab 43. Approche-toi de moi, ô 'Uthman. » Puis il cracha 44 dans ma bouche, posa sa main sur ma poitrine, et je sentis sa fraîcheur entre mes épaules. Il dit : « Ô diable, sors de la poitrine de 'Uthman. » Il dit : Après cela, je n'entendais rien sans le mémoriser. Sa prière pour rendre la vue à un aveugle 397 - Ahmad ibn Ishaq et 'Abd Allah ibn Muhammad nous ont rapporté : Abu Bakr ibn Abi 'Asim nous a rapporté : Abu Bakr ibn Abi Shayba nous a rapporté : Muhammad ibn Bishr nous a rapporté : 'Abd al-'Aziz ibn 'Umar ibn 'Abd al-'Aziz nous a rapporté : Un homme des Banu Salaman ibn Sa'd m'a rapporté, d'après sa mère, que son oncle maternel Habib ibn Abi Fudayk lui a rapporté que son père l'emmena auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) alors que ses yeux étaient blancs 45 et qu'il ne voyait rien. Il l'interrogea sur ce qui lui était arrivé. Il dit : « J'étais en train de faire avancer un chameau, mon pied heurta des œufs de serpent, et ma vue fut atteinte. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) souffla dans ses yeux, et il recouvra la vue. Il dit : Je l'ai vu enfiler le fil dans l'aiguille alors qu'il avait quatre-vingts ans et que ses yeux étaient blancs. Sa prière pour la guérison de la main de Muhammad ibn Hatib 398 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté : Muhammad ibn al-Fadl al-Saqati nous a rapporté : Sa'id ibn Sulayman nous a rapporté : 'Abd al-Rahman ibn 'Uthman ibn Ibrahim ibn Muhammad ibn Hatib nous a rapporté : Mon père 'Uthman ibn Ibrahim m'a informé, d'après son grand-père Muhammad ibn Hatib, d'après sa mère Umm Jamil bint al-Mujallil, qui a dit : Je suis venue avec toi du pays d'Abyssinie. Alors que j'étais à une nuit ou deux de Médine, je cuisinai pour toi un plat. Le bois vint à manquer, je sortis en chercher, je saisis la marmite, elle se renversa sur ton bras. Je t'amenai à Médine et vins avec toi auprès du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Je dis : « Ô Messager d'Allah, voici Muhammad ibn Hatib, le premier à porter ton nom. » Il passa sa main sur ta tête, pria pour toi pour la bénédiction, cracha dans ta bouche, puis se mit à cracher sur tes mains en disant : « Ôte le mal, Seigneur des gens, guéris, car Tu es le Guérisseur, il n'y a de guérison que Ta guérison, une guérison qui ne laisse aucune maladie. » Elle dit : Je ne me suis pas levée avec toi de chez lui que ta main était guérie. L'histoire d'Umm Ishaq 399 - 'Abd Allah ibn Ja'far nous a rapporté : Isma'il ibn 'Abd Allah nous a rapporté : Musa ibn Isma'il nous a rapporté : Bashshar ibn 'Abd al-Malik nous a rapporté : Ma grand-mère Umm Hakim m'a rapporté, disant : J'ai entendu Umm Ishaq dire : J'ai émigré avec mon frère auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à Médine. Alors que j'étais sur la route, il me dit : « Assieds-toi, ô Umm Ishaq, car j'ai oublié ma provision à La Mecque. » Je dis : « Je crains pour toi le pervers 46 », faisant allusion à son mari. Il dit : « Non, si Allah le veut. » Je restai quelques jours. Un homme que je connaissais, mais que je ne nomme pas, passa près de moi et dit : « Ô Umm Ishaq, qu'est-ce qui te fait rester ici ? » Je dis : « J'attends mon frère. » Il dit : « Tu n'as plus de frère après aujourd'hui, ton mari l'a tué. » Je me mis en route et arrivai à Médine. Je vins auprès du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) alors qu'il faisait ses ablutions. Je me tins devant lui et dis : « Ô Messager d'Allah, mon frère Ishaq a été tué. » Chaque fois que je le regardais, il baissait la tête dans ses ablutions, puis prenait une poignée d'eau et la projetait sur mon visage. Ma grand-mère dit : Quand un malheur la frappait, on voyait des larmes dans ses yeux, mais elles ne coulaient pas sur ses joues.
- al-mutakallifīn : Ceux qui s'imposent ou se donnent de la peine sans nécessité, ou qui affectent ce qu'ils ne sont pas.
- dukhān : Fumée ; signe de l'Heure ou châtiment sous forme de fumée.
- ‘ā’idūn : Vous reviendrez (à la mécréance) ; ou : vous reviendrez (à la raison).
- al-baṭshat al-kubrā : Le grand châtiment ou la grande saisie ; interprété comme le jour de Badr.
- al-lizām : Le châtiment inéluctable ; ou la contrainte ; ici identifié au jour de Badr.
- Alif Lām Mīm ghulibat al-Rūm : Allusion à la sourate ar-Rūm (30) où il est dit que les Romains ont été vaincus.
- al-qamar : La lune ; allusion à la sourate al-Qamar (54) ou à l'événement de la fente de la lune.
- minbar : Chaire ou estrade surélevée d'où le prédicateur s'adresse à l'assemblée.
- wādī Qanāt : Vallée ou cours d'eau près de Médine.
- marābid : Séchoirs ou lieux où l'on entrepose les dattes pour les faire sécher.
- Anṣār : Les « Auxiliaires » ; habitants de Médine qui ont soutenu le Prophète après l'Hégire.
- ūqiyya : Unité de poids équivalant à environ 40 dirhams ou 125 grammes.
- ʿiṣāba : Turban, bandeau ou étoffe enroulée autour de la tête.
- nafs : Âme, soi, principe vital et psychique en islam.
- arāk : Arbre du désert (Salvadora persica) dont les branches servent de cure-dents (siwāk).
- hijra : Émigration, notamment celle des musulmans de La Mecque à Médine.
- jihād : Effort ou lutte sur la voie d'Allah, souvent traduit par guerre sainte.
- bayʿa : Allégeance, serment de fidélité au Prophète ou au dirigeant.
- Mālik yawm al-dīn : Le Maître du Jour de la Rétribution, l’un des Noms divins, évoquant le Jugement dernier.
- Sūq al-Nabaṭ : Marché des Nabatéens, peuple arabe préislamique établi dans le nord de l’Arabie et le sud de la Syrie.
- ghusl : Lotion rituelle majeure, ici après un rapport sexuel.
- kharraz : Artisan travaillant le cuir, cordonnier ou sellier.
- jalab : Caravane de marchandises ou troupeau amené pour la vente.
- dīnār : Monnaie d’or utilisée à l’époque islamique.
- kunāsa : Dépotoir ou lieu où l’on jette les ordures, parfois marché aux bestiaux.
- al-Ḥajaba : Lieu à Médine, peut-être une colline ou un quartier près de Baqī‘ al-Gharqad.
- Baqī‘ al-Gharqad : Cimetière principal de Médine, aussi appelé Jannat al-Baqī‘.
- ṣadaqa : Aumône volontaire, ici au sens d’obligation de donner une partie du trésor trouvé.
- gharā’ir al-wariq : Sacs de pièces d’argent (dirhams), indiquant une grande richesse.
- ṣufra : Pâleur ou teint jaune, signe de maladie ou de faim.
- tarā’ib : Clavicules ou partie supérieure de la poitrine.
- Amīr al-mu’minīn : Commandeur des croyants, titre du calife, ici ‘Alī ibn Abī Ṭālib.
- qabā’ : Vêtement long, souvent rembourré, porté par-dessus les autres habits.
- armad : Ophtalmie, inflammation de l’œil.
- ṣubḥ : Prière de l'aube, première des cinq prières obligatoires.
- yarawwaḥūn : Se rafraîchir, se reposer à l'ombre ; ici, ils se reposaient après la prière à cause de la chaleur.
- subḥa : Prière de la matinée, synonyme de ṣalāt al-ḍuḥā.
- ḍuḥā : Prière surérogatoire du matin, après le lever du soleil.
- Khathʿam : Tribu arabe du sud de l'Arabie.
- nafatha : Souffler légèrement avec un peu de salive, souvent dans un but de guérison.
- khabīth : Le malin, désignant ici le démon ou l'affliction.
- junūn : Folie, possession démoniaque.
- khinzab : Nom d'un démon qui trouble la mémoire et la concentration.
- tafala : Cracher légèrement, avec un peu de salive, dans un but de guérison.
- mubayyaḍatān : Blanchâtres, indiquant une cécité due à une cataracte ou une leucome.
- fāsiq : Pervers, impie ; ici, désignant le mari de la femme.
Chapitre vingt-cinq : mention de ce qui s'est produit comme signes [1] lors de ses…
Chapitre vingt-cinq : mention de ce qui s'est produit comme signes [1] lors de ses expéditions militaires et de ses détachements [2], et nous les avons mentionnés classés de l'expédition de Badr à l'expédition de Tabûk, en exposant le lieu de l'indication et l'aspect du signe en cela. Et dans tout cela, une preuve de ce que nous avons dit, à savoir que rien de ses états [3] — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — n'était dépourvu d'un signe témoignant pour lui et d'un miracle [4] se produisant.
Chapitre vingt-cinq : Mention des signes 1 qui eurent lieu lors de ses expéditions 2 et de ses détachements 3, que nous avons classés de l'expédition de Badr à celle de Tabûk, en précisant le lieu de l'indication et l'aspect du signe en chaque occasion. Tout cela constitue une preuve de ce que nous avons dit, à savoir que rien dans ses états 4 n'était dépourvu d'un signe témoignant en sa faveur et d'un miracle 5 s'opérant par ses mains, et qu'il convenait qu'il en fût ainsi, car la prophétie 6 est scellée par lui et la Loi 7 subsiste par lui jusqu'à la Résurrection, sur lui la prière et la paix. Ce qui se produisit comme miracles lors de l'expédition de Badr. 400 - Sulaymân b. Ahmad nous a rapporté : Bakr b. Sahl nous a rapporté : 'Abd Allâh b. Sâlih nous a rapporté : Mu'âwiya b. Sâlih m'a rapporté, d'après 'Alî b. Abî Talha, d'après Ibn 'Abbâs, que Dieu les agrée, qui a dit : La caravane des gens de la Mecque arriva du Shâm 8 ; les gens de Médine en furent informés et sortirent avec le Messager de Dieu, sur lui la prière et la paix, voulant [intercepter] la caravane. Les gens de la Mecque l'apprirent et hâtèrent leur marche vers elle pour que le Prophète et ses Compagnons ne s'en emparent pas. La caravane devança le Messager de Dieu, sur lui la prière et la paix, et Dieu, Puissant et Majestueux, leur avait promis l'une des deux troupes 9. Ils préféraient rencontrer la caravane, car elle était plus facile à combattre et plus proche comme butin. Quand la caravane eut devancé le Messager de Dieu et lui eut échappé, le Messager de Dieu, sur lui la prière et la paix, marcha avec les musulmans, voulant [affronter] le peuple [mecquois]. Mais les gens [musulmans] répugnaient à marcher à cause de la force du peuple [ennemi]. Les musulmans campèrent, et entre eux et l'eau se trouvait une dune de sable mouvant 10. Les musulmans furent frappés d'une grande faiblesse, et Satan jeta la colère dans leurs cœurs, leur insinuant : « Vous prétendez être les alliés de Dieu, et Son Messager est parmi vous, mais les associateurs vous ont vaincus pour l'eau, et vous priez en état d'impureté 11 ? » Alors Dieu, Puissant et Majestueux, fit tomber une pluie abondante ; les musulmans burent et se purifièrent, et Dieu éloigna d'eux la souillure de Satan. Le sable se tassa lorsque la pluie l'atteignit, et les gens et les montures marchèrent dessus. Ils allèrent vers le peuple [ennemi], et Dieu assista Son Prophète et les croyants par mille anges. Gabriel, sur lui la paix, était à la tête de cinq cents anges en tenue de combat, et Michel à la tête de cinq cents anges en tenue de combat. Il dit : Quand les deux groupes s'affrontèrent, Abû Jahl dit : « Ô Dieu, celui de nous qui est dans le vrai, secours-le ! » Le Messager de Dieu, sur lui la prière et la paix, leva la main et dit : « Ô Seigneur, si ce groupe périt, Tu ne seras plus adoré sur terre jamais. » Gabriel, sur lui la paix, lui dit : « Prends une poignée de terre. » Il prit une poignée de terre et la lança sur leurs visages ; il n'y eut aucun associateur dont les yeux, les narines et la bouche ne furent atteints par la terre de cette poignée, et ils tournèrent le dos en fuyant. 401 - Ibrâhîm b. Ahmad al-Muqri' nous a rapporté : Ahmad b. Faraj nous a rapporté : Abû 'Umar al-Dûrî nous a rapporté : Muhammad b. Marwân nous a rapporté, d'après Muhammad b. al-Musayyab, d'après Abû Sâlih, d'après Ibn 'Abbâs, qui a dit : 'Uqba b. Abî Mu'ayt, chaque fois qu'il revenait d'un voyage, préparait un repas et y invitait les gens, ses voisins et tous les Mecquois. Il fréquentait assidûment le Prophète, sur lui la prière et la paix, aimait ses propos, mais la malédiction 12 finissait par l'emporter. Un jour, il revint de voyage, prépara un repas, puis invita le Messager de Dieu, sur lui la prière et la paix, à son repas. Celui-ci dit : « Je ne mangerai pas de ton repas avant que tu attestes qu'il n'y a de dieu que Dieu et que je suis le Messager de Dieu. » 'Uqba dit : « Mange, ô fils de mon frère ! » Il répondit : « Je ne le ferai pas avant que tu ne le dises. » Alors 'Uqba en attesta, et le Prophète mangea de son repas. La nouvelle parvint à Ubayy b. Khalaf, qui vint à lui et dit : « As-tu apostasié 13, ô 'Uqba ? » — car il était son ami intime. 'Uqba répondit : « Non, par Dieu, je n'ai pas apostasié, mais un homme est entré chez moi et a refusé de manger de mon repas à moins que je n'atteste pour lui ; j'ai eu honte qu'il sorte de ma maison sans avoir mangé, alors j'ai attesté pour lui et il a mangé. » Ubayy dit : « Je ne serai jamais satisfait de toi avant que tu ailles le voir, que tu craches sur son visage et que tu lui marches sur le cou. » Il dit : 'Uqba fit cela, et prit un fœtus d'animal 14 qu'il jeta entre ses omoplates. Le Messager de Dieu, sur lui la prière et la paix, lui dit : « Je ne te rencontrerai hors de la Mecque sans te frapper la tête avec l'épée. » 'Uqba fut fait prisonnier le jour de Badr et fut exécuté 15 ; nul autre parmi les prisonniers ne fut exécuté que lui. 'Âsim b. Thâbit b. al-Aqlah le tua. 402 - Sulaymân b. Ahmad nous a rapporté : Muhammad b. Ahmad b. al-Barâ' nous a rapporté : al-Fadl b. Ghânim nous a rapporté : Salama b. al-Fadl nous a rapporté, d'après Muhammad b. Ishâq, qui a dit : al-Hasan b. 'Umâra m'a rapporté, d'après al-Hakam, d'après Miqsam, d'après Ibn 'Abbâs, qui a dit : Celui qui fit prisonnier al-'Abbâs fut Abû al-Yasar Ka'b b. 'Amr. Or Abû al-Yasar était un homme de petite taille, tandis qu'al-'Abbâs était un homme corpulent. Le Messager de Dieu, sur lui la prière et la paix, dit : « Ô Abû al-Yasar, comment as-tu fait prisonnier al-'Abbâs ? » Il répondit : « Ô Messager de Dieu, un homme que je n'avais jamais vu avant ni après m'a aidé contre lui, et son aspect était tel et tel. » Le Messager de Dieu, sur lui la prière et la paix, dit : « Un noble ange t'a aidé contre lui. » 403 - Habîb b. al-Hasan nous a rapporté : Muhammad b. Yahyâ al-Marwazî nous a rapporté : Ahmad b. Muhammad b. Ayyûb nous a rapporté : Ibrâhîm b. Sa'd nous a rapporté, d'après Muhammad b. Ishâq, d'après 'Abd Allâh b. Abî Bakr, qui a rapporté d'après Ibn 'Abbâs, qui a dit : Un homme des Banû Ghifâr m'a raconté : « Moi et un cousin à moi, étant encore associateurs, nous montâmes sur la montagne qui domine Badr, attendant la bataille pour voir de quel côté pencherait la victoire, afin de piller avec les pilleurs. Alors que nous étions sur la montagne, un nuage s'approcha de nous et nous entendîmes en lui le hennissement des chevaux, et j'entendis quelqu'un dire : 'Avance, Hayzûm 16 !' Quant à mon cousin, le voile de son cœur se déchira et il mourut sur place ; quant à moi, je faillis périr, mais je me retins. » 404 - Habîb b. al-Hasan nous a rapporté : Muhammad b. Ahmad nous a rapporté : Ibrâhîm b. Sa'îd nous a rapporté, d'après Muhammad b. Ishâq, d'après son père Ishâq b. Yasâr, d'après des hommes des Banû Mâzin b. al-Najjâr, d'après Abû Dâwûd al-Mâzinî, qui avait assisté à Badr, et qui a dit : « Le jour de Badr, je poursuivais un homme des associateurs pour le frapper, quand sa tête tomba avant que mon épée ne l'atteigne. Je sus alors qu'un autre que moi l'avait tué. » 405 - On nous a rapporté d'après Muhammad b. Mûsâ al-Wâsitî : Ya'qûb b. Muhammad al-Zuhrî nous a rapporté : Zayd b. Muhammad b. Mughîth nous a rapporté : Fâ'id, affranchi de 'Abbâd b. Abî Râfi', m'a rapporté : Ibn Abî Dâra, un homme de ma tribu, des Banû Sa'd b. Bakr, m'a rapporté : « Le jour de Badr, je fuyais quand j'aperçus un homme devant moi qui fuyait aussi. Je me dis : 'Je vais le rejoindre pour me rassurer en sa compagnie.' Il descendit d'une falaise et je le rejoignis ; voilà que sa tête était séparée de lui, tombée, et je ne vis personne près de lui. »
406 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : Abū Shu‘ayb al-Ḥarrānī nous a rapporté : Abū Ja‘far al-Nufaylī nous a rapporté : Muhammad ibn Salamah nous a rapporté. Et Ḥabīb ibn al-Ḥasan nous a rapporté : Muhammad ibn Yaḥyā nous a rapporté : Aḥmad ibn Muḥammad ibn Ayyūb nous a rapporté : Ibrāhīm ibn Sa‘d nous a rapporté, tous deux disant : Muḥammad ibn Isḥāq nous a rapporté : Ḥusayn ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Ubayd Allāh ibn ‘Abbās m’a rapporté, d’après ‘Ikrimah, l’affranchi d’Ibn ‘Abbās, qui a dit : Abū Rāfi‘, l’affranchi du Messager d’Allāh (que la prière et le salut d’Allāh soient sur lui), a dit : Lorsque la nouvelle du massacre des gens de Badr 17 arriva, les gens dirent : « Voici Abū Sufyān ibn al-Ḥārith ibn ‘Abd al-Muṭṭalib qui est arrivé. » Abū Lahab lui dit : « Viens à moi, ô fils de mon frère, informe-moi, car par ma vie, tu détiens la bonne nouvelle. » Il dit : Il s’assit près de lui tandis que les gens étaient debout, et il dit : « Ô fils de mon frère, informe-moi comment fut l’affaire des gens ? » Il dit : « Rien, par Allāh ! Ce ne fut rien d’autre que nous rencontrâmes les gens, et ils nous tournèrent le dos, nous tuant comme ils voulaient et nous faisant prisonniers comme ils voulaient. Et par Allāh, malgré cela, je ne blâme pas les gens : nous avons rencontré des hommes blancs, montés sur des chevaux pie 18, entre ciel et terre ; par Allāh, ils ne laissent rien et rien ne leur résiste. » Abū Rāfi‘ dit : Alors je soulevai la corde de la tente 19 et dis : « Ce sont, par Allāh, les anges. » 407 - Sa‘d ibn Muḥammad al-Nāqid nous a rapporté : Muḥammad ibn Abī Shaybah nous a rapporté : ‘Ammār ibn Abī Mālik al-Jambī nous a rapporté : mon père nous a rapporté, d’après Ḥajjāj, d’après al-Ḥakam, d’après Hushaym, d’après Ibn ‘Abbās, qui a dit : Le signe distinctif des anges le jour de Badr était des turbans blancs qu’ils avaient laissés retomber sur leurs dos ; et le jour de Ḥunayn 20, des turbans verts. Les anges n’ont combattu qu’un seul jour, le jour de Badr ; ils ne faisaient qu’augmenter le nombre et les renforts, sans frapper. 408 - Muḥammad ibn Aḥmad ibn Ḥamdān nous a rapporté : al-Ḥasan ibn Sufyān nous a rapporté : Muḥammad ibn al-Muthannā nous a rapporté : ‘Amr ibn Yūnus ibn Abī al-Qāsim al-Yamāmī al-Ḥanafī nous a rapporté : ‘Ikrimah ibn ‘Ammār al-‘Ijlī nous a rapporté : Abū Zumayl nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn ‘Abbās m’a rapporté : ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb (qu’Allāh l’agrée) m’a rapporté : Le jour de Badr, le Messager d’Allāh (que la prière et le salut d’Allāh soient sur lui) regarda les associateurs 21 – ils étaient mille – tandis que ses compagnons étaient trois cent dix-sept hommes. Alors le Prophète d’Allāh (que la prière et le salut d’Allāh soient sur lui) se tourna vers la qibla 22 jusqu’à ce que son manteau tombe, puis il tendit les mains et se mit à implorer son Seigneur (Puissant et Majestueux) : « Ô Allāh, accomplis pour moi ce que Tu m’as promis ! Ô Allāh, où est ce que Tu m’as promis ? Ô Allāh, si ce groupe de l’Islam périt, Tu ne seras plus adoré sur terre jamais. » Il ne cessa d’implorer, les mains tendues, face à la qibla, jusqu’à ce que son manteau tombe de ses épaules. Abū Bakr vint alors, prit son manteau, le remit sur ses épaules, puis l’étreignit par derrière et dit : « Ô Prophète d’Allāh, il te suffit d’avoir imploré ton Seigneur ; car Il accomplira certainement ce qu’Il t’a promis. » Alors Allāh (Puissant et Majestueux) révéla : {Quand vous imploriez le secours de votre Seigneur, Il vous exauça : “Je vais vous renforcer d’un millier d’anges se succédant.”} [Coran 8:9] 23 Et Allāh le renforça par les anges. Abū Zumayl dit : Ibn ‘Abbās m’a rapporté : Alors qu’un homme parmi les musulmans, ce jour-là, poursuivait un homme parmi les associateurs, il entendit un coup de fouet au-dessus de lui et la voix du cavalier disant : « Avance, Ḥayzūm 24 ! » Puis il vit l’associateur devant lui tomber à la renverse. Il le regarda : son nez était brisé et son visage fendu comme par un coup de fouet, et tout cela était devenu vert. L’Ansārī 25 vint alors et raconta cela au Messager d’Allāh (que la prière et le salut d’Allāh soient sur lui), qui dit : « Tu as dit vrai : cela vient des renforts du troisième ciel. » Ce jour-là, ils tuèrent soixante-dix hommes et firent soixante-dix prisonniers. Ibn ‘Abbās dit : Lorsqu’ils eurent fait les prisonniers, le Messager d’Allāh (que la prière et le salut d’Allāh soient sur lui) dit à Abū Bakr et ‘Umar : « Que pensez-vous de ces prisonniers ? » Abū Bakr dit : « Ce sont les cousins et la tribu ; je pense que tu devrais accepter une rançon d’eux, qui sera pour nous une force contre les mécréants, et peut-être qu’Allāh les guidera vers l’Islam. » Le Messager d’Allāh (que la prière et le salut d’Allāh soient sur lui) dit : « Qu’en penses-tu, ô fils d’al-Khaṭṭāb ? » Il dit : « Par Allāh, je ne pense pas ce que pense Abū Bakr, ô Prophète d’Allāh ; mais je pense que tu devrais nous les confier pour que nous leur tranchions la tête : confie ‘Alī à ‘Aqīl pour qu’il lui tranche la tête, et confie-moi à untel – un parent de ‘Umar – pour que je lui tranche la tête. Ce sont les chefs de la mécréance et ses puissants. » Le Messager d’Allāh (que la prière et le salut d’Allāh soient sur lui) pencha pour ce que dit Abū Bakr, et non pour ce que dit ‘Umar. Le lendemain, je vins et voilà que le Messager d’Allāh (que la prière et le salut d’Allāh soient sur lui) et Abū Bakr étaient assis en pleurs. Je dis : « Ô Messager d’Allāh, informe-moi de ce qui te fait pleurer, toi et ton compagnon ; si je trouve une raison de pleurer, je pleurerai, sinon je feindrai de pleurer. » Le Messager d’Allāh (que la prière et le salut d’Allāh soient sur lui) dit : « Je pleure à cause de ce qui m’a été présenté concernant mes compagnons à propos de l’acceptation de la rançon : leur châtiment m’a été montré tout à l’heure, plus proche que cet arbre. » – un arbre proche du Messager d’Allāh (que la prière et le salut d’Allāh soient sur lui). Alors Allāh (Très-Haut) révéla : {Il n’appartient pas à un prophète d’avoir des prisonniers avant d’avoir dominé sur terre} [Coran 8:67] jusqu’à Sa parole : {licite et pur} [Coran 2:168] 26. Et Allāh (Puissant et Majestueux) leur rendit licite le butin. 409 - Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Ḥasan nous a rapporté : Abū Shu‘ayb al-Ḥarrānī nous a rapporté : Abū Ja‘far al-Nufaylī nous a rapporté : Muḥammad ibn Salamah nous a rapporté, d’après Muḥammad ibn Isḥāq, qui a dit : Certains de nos compagnons m’ont rapporté, d’après Miqsam, d’après Ibn ‘Abbās, qui a dit : Celui qui fit prisonnier al-‘Abbās fut Abū al-Yasar Ka‘b ibn ‘Amr. Or Abū al-Yasar était un homme de petite taille, tandis qu’al-‘Abbās était un homme corpulent. Le Messager d’Allāh (que la prière et le salut d’Allāh soient sur lui) dit à al-‘Abbās : « Ô ‘Abbās, rachète-toi, ainsi que les deux fils de ton frère, ‘Aqīl ibn Abī Ṭālib et Nawfal ibn al-Ḥārith, et ton allié ‘Utbah ibn Jaḥdam, le frère d’Abū al-Ḥārith ibn Fihr ; car tu es riche. » Il dit : « Ô Messager d’Allāh, j’étais musulman, mais les gens m’y ont contraint. » Il dit : « Allāh sait mieux ton islam ; si ce que tu dis est vrai, Allāh t’en récompensera. Quant à ton apparence, elle était contre nous. Rachète-toi donc. » Or le Messager d’Allāh (que la prière et le salut d’Allāh soient sur lui) avait déjà pris de lui vingt onces 27 d’or. Al-‘Abbās dit : « Ô Messager d’Allāh, compte-les pour moi sur ma rançon. » Il dit : « Non, cela est une chose qu’Allāh nous a donnée de toi. » Il dit : « Je n’ai pas d’argent. » Il dit : « Où est donc l’argent que tu as déposé à La Mecque, lorsque tu es sorti de chez Umm al-Faḍl bint al-Ḥārith, sans que personne d’autre ne soit avec vous deux, et tu as dit : “Si je suis frappé dans ce voyage, alors pour al-Faḍl ceci et pour ‘Abd Allāh ceci” ? » Il dit : « Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, personne d’autre que moi et elle n’en a eu connaissance ; et je sais maintenant que tu es le Messager d’Allāh. »
٤١٠ - Muḥammad ibn Ḥumayd nous a rapporté : Jarīr nous a rapporté, d'après Shuʿayb, d'après Jaʿfar, d'après Saʿīd ibn Jubayr, d'après Ibn ʿAbbās (qu'Allah l'agrée), qui a dit : « Le jour de Badr, soixante-dix (prisonniers) furent capturés. Le Prophète (ṣalla llāhu ʿalayhi wa sallam) leur imposa une rançon de quarante *ūqiyya* (onces) d'or, et il imposa à son oncle al-ʿAbbās cent (onces), et à ʿAqīl quatre-vingts (onces). Al-ʿAbbās dit : "Est-ce à cause de la parenté que tu m'as fait cela ? Par Celui par qui al-ʿAbbās jure, tu m'as laissé comme le pauvre de Quraysh pour le reste de ma vie !" Il (le Prophète) dit : "Comment serais-tu le pauvre de Quraysh alors que tu avais confié à Umm al-Faḍl des bourses d'or, puis tu es venu à moi et tu lui as dit : 'Si je suis tué, je te laisse riche pour le reste de ta vie ; et si je reviens, que rien ne te préoccupe' ?" Al-ʿAbbās dit alors : "J'atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allah et j'atteste que tu es le Messager d'Allah. Nul ne t'a informé de cela si ce n'est Allah Très-Haut." Alors Allah (ʿazza wa jall) révéla : "Ô Prophète, dis à ceux qui sont entre vos mains parmi les captifs..." jusqu'à Sa Parole : "Pardonneur, Miséricordieux" (Coran 8:70). Lorsque ce verset fut révélé, il (al-ʿAbbās) dit : "Ô Prophète d'Allah, j'aurais aimé que tu aies pris de moi le double (de la rançon), afin qu'Allah m'accorde mieux que cela." » ٤١١ - Ḥabīb ibn al-Ḥasan nous a rapporté : Muḥammad ibn Yaḥyā al-Marwazī nous a rapporté, il a dit : Aḥmad ibn Ayyūb nous a rapporté : Ibrāhīm ibn Saʿd nous a rapporté, d'après Muḥammad ibn Isḥāq, d'après Thawr ibn Yazīd, d'après ʿIkrima, d'après Ibn ʿAbbās (qu'Allah l'agrée), qui a dit : Muʿādh ibn ʿAmr ibn al-Jamūḥ, frère des Banū Salama, a dit : « J'ai entendu les gens (dire) alors qu'Abū Jahl était comme dans une forteresse (imprenable) : "Abū al-Ḥakam, on ne peut parvenir jusqu'à lui." Il (Muʿādh) dit : "Quand j'ai entendu cela, je me suis consacré à lui et je me suis dirigé vers lui. Lorsqu'il fut à ma portée, je l'ai chargé et je l'ai frappé d'un coup qui trancha son pied à la moitié de la jambe. Par Allah, je n'ai rien trouvé de comparable à cela, lorsqu'il (le pied) tomba, si ce n'est le noyau (de datte) qui s'envole de sous la meule à noyaux lorsqu'on la frappe." Il dit : "Son fils ʿIkrima me frappa sur l'épaule et trancha mon bras, qui ne tint plus qu'à un lambeau de peau de mon côté. Le combat m'empêcha de m'occuper de lui. J'ai combattu la majeure partie de ma journée, traînant (mon bras) derrière moi. Lorsqu'il me fit souffrir, je posai mon pied dessus, puis je me tendis (pour tirer) jusqu'à ce que je le jette (loin de moi)." Il (le rapporteur) dit : "Puis il (Muʿādh) vécut après cela jusqu'à l'époque de ʿUthmān. Ensuite, Muʿawwidh ibn ʿAfrā' passa près d'Abū Jahl, qui était à terre (blessé), et le frappa jusqu'à l'achever, puis le laissa alors qu'il avait encore un souffle de vie. Muʿawwidh combattit jusqu'à être tué. ʿAbd Allāh ibn Masʿūd passa près d'Abū Jahl lorsque le Messager d'Allah (ṣalla llāhu ʿalayhi wa sallam) ordonna qu'on le cherche parmi les morts." ʿAbd Allāh ibn Masʿūd dit : "Je le trouvai à son dernier souffle et je le reconnus. Je posai mon pied sur son cou, puis je dis : 'Allah t'a-t-Il couvert d'opprobre, ô ennemi d'Allah ?' Il dit : 'En quoi m'a-t-Il couvert d'opprobre ? Suis-je plus qu'un homme que vous avez tué ? Dis-moi, à qui est la victoire aujourd'hui ?' Je dis : 'À Allah et à Son Messager.' Il dit : 'J'ai demandé à Ibn Isḥāq : "Que signifie 'aʿmadu min rajulin' ?" Il dit : "Il veut dire : 'Ne suis-je qu'un homme que vous avez tué ?'" » Dans la narration d'al-Khaṭṭābī d'après Ibn Shihāb : « Il (Ibn Masʿūd) saisit le fourreau de l'épée d'Abū Jahl, en tira l'épée alors qu'il (Abū Jahl) était penché, sans bouger, le frappa, et sa tête tomba entre ses mains. Puis il le dépouilla. » ٤١٢ - Yūsuf ibn Mūsā nous a rapporté : ʿAmr ibn Ḥamdān nous a rapporté : Muḥammad ibn Isḥāq nous a rapporté, d'après Saʿīd, d'après Qatāda, d'après Anas, d'après Abū Ṭalḥa (qu'Allah l'agrée), que le Prophète (ṣalla llāhu ʿalayhi wa sallam) ordonna que vingt-trois hommes parmi les chefs (ṣanādīd) de Quraysh soient jetés dans un puits parmi les puits de Badr. Puis il ordonna (de seller) sa monture, attacha solidement sa selle, puis le Prophète d'Allah (ṣalla llāhu ʿalayhi wa sallam) partit à pied, et nous marchâmes avec lui. Nous pensions qu'il ne partait que pour satisfaire un besoin naturel. Il marcha jusqu'à se tenir au bord du puits, et il se mit à les appeler par leurs noms et les noms de leurs pères : « Ô untel, fils d'untel ! Êtes-vous heureux d'avoir obéi à Allah et à Son Messager ? Quant à nous, nous avons trouvé vrai ce que notre Seigneur nous avait promis. Avez-vous trouvé vrai ce que votre Seigneur vous avait promis ? » ʿUmar dit : « Ô Prophète d'Allah, parles-tu à des corps sans âme ? » Il dit : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, vous n'êtes pas plus capables d'entendre ce que je dis qu'eux. » Qatāda dit : « Allah les a rendus vivants jusqu'à ce qu'ils entendent sa parole, comme un blâme, un rabaissement et une vengeance. »
413 - Nous a rapporté Habib ibn al-Hasan : nous a rapporté Muhammad ibn Yahya al-Marwazi : nous a rapporté Ahmad ibn Muhammad ibn Ayyub : nous a rapporté Ibrahim ibn Sa'd, d'après Muhammad ibn Ishaq, d'après Muhammad ibn Ja'far ibn al-Zubayr, d'après 'Urwa ibn al-Zubayr, qui a dit : "Peu après le massacre des gens de Badr parmi les Qurayshites, 'Umayr ibn Wahb al-Jumahi s'assit avec Safwan ibn Umayya dans le Hijr 28. 'Umayr était un démon parmi les démons de Quraysh, et il faisait partie de ceux qui causaient du tort au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) et à ses Compagnons, et ceux-ci subissaient de sa part une grande peine, alors qu'il était à La Mecque. Son fils, Wahb ibn 'Umayr, se trouvait parmi les captifs des Compagnons de Badr. Il dit : Ils évoquèrent les gens du puits 29 et leur massacre. Safwan dit : 'Par Dieu, il n'y a plus de bien dans la vie après eux.' 'Umayr lui dit : 'Tu dis vrai, par Dieu. Quant à moi, par Dieu, si ce n'était une dette que j'ai et que je ne peux rembourser, et une famille dont je crains la perte après moi, je me serais rendu auprès de Muhammad jusqu'à le tuer. Car j'ai une excuse auprès d'eux : mon fils est prisonnier entre leurs mains.' Safwan ibn Umayya saisit cette occasion et dit : 'Je prends en charge ta dette, je la rembourserai pour toi, et ta famille sera avec ma famille, je subviendrai à leurs besoins tant qu'ils vivront, rien ne me sera trop lourd et je ne les laisserai pas manquer.' 'Umayr dit : 'Gardes-tu mon secret ?' Il dit : 'Je le ferai.' Il dit : Ensuite, 'Umayr ordonna qu'on aiguise son épée pour lui et qu'on l'empoisonne, puis il partit jusqu'à arriver à Médine. Alors que 'Umar ibn al-Khattab se trouvait avec un groupe de musulmans dans la mosquée, en train de parler du jour de Badr et de mentionner ce dont Dieu (Puissant et Majestueux) les avait honorés et ce qu'Il leur avait montré de leur ennemi, voilà qu'il aperçut 'Umayr ibn Wahb alors qu'il faisait agenouiller sa monture à la porte de la mosquée, ceint de son épée. Il dit : 'Ce chien, ennemi de Dieu, 'Umayr ibn Wahb, n'est venu que pour un mal. C'est lui qui a attisé la discorde entre nous et nous a mis en garde le jour de Badr.' Puis il entra chez le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) et dit : 'Ô Prophète de Dieu, voici l'ennemi de Dieu, 'Umayr ibn Wahb, qui est venu, ceint de son épée.' Il dit : 'Fais-le entrer.' Il dit : 'Umar s'avança jusqu'à saisir le baudrier de son épée autour de son cou, le prit par le collet et dit aux hommes parmi les Ansar 30 qui étaient avec lui : 'Entrez chez le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), asseyez-vous auprès de lui et méfiez-vous de ce perfide, car il n'est pas digne de confiance.' Puis il entra avec lui chez le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) le vit, alors que 'Umar tenait le baudrier de son épée autour de son cou, le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dit : 'Lâche-le, ô 'Umar. Approche, ô 'Umayr.' Il s'approcha, puis dit : 'Que vous soyez en paix le matin 31', c'était la salutation des gens de la Jahiliyya 32 entre eux. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dit : 'Dieu (Puissant et Majestueux) nous a honorés avec la salutation de l'Islam, qui est meilleure que ta salutation, ô 'Umayr : 'La paix soit sur vous' 33, la salutation des gens du Paradis.' Il dit : 'Eh bien, par Dieu, ô Muhammad, il n'y a pas longtemps que j'ai pris l'habitude de celle-ci.' Il dit : 'Qu'est-ce qui t'amène, ô 'Umayr ?' Il dit : 'Je suis venu pour ce captif qui est entre vos mains ; soyez bons envers lui.' Il dit : 'Qu'en est-il de l'épée autour de ton cou ?' Il dit : 'Que Dieu la rende vile parmi les épées ! A-t-elle jamais servi à quelque chose ?' Il dit : 'Dis-moi la vérité : pour quoi es-tu venu ?' Il dit : 'Je ne suis venu que pour cela.' Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dit : 'Plutôt, toi et Safwan ibn Umayya vous êtes assis dans le Hijr, vous avez évoqué les gens du puits parmi les Qurayshites, puis tu as dit : 'Si ce n'était une dette que j'ai et une famille que j'ai, je serais sorti jusqu'à tuer Muhammad.' Alors Safwan s'est chargé de ta dette et de ta famille, à condition que tu me tues. Mais Dieu est un obstacle entre toi et cela.' 'Umayr dit : 'J'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu et que tu es le Messager de Dieu. Nous avions l'habitude de te traiter de menteur pour ce que tu nous apportais comme nouvelle du ciel et comme révélation qui descendait sur toi. Or ceci est une affaire à laquelle n'ont assisté que moi et Safwan. Par Dieu, je sais que seul Dieu te l'a apportée. Louange à Dieu qui m'a guidé vers l'Islam et m'a conduit à cette issue.' Puis il prononça l'attestation de foi 34 de la vérité. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dit : 'Instruisez votre frère dans sa religion, apprenez-lui le Coran et libérez son captif.' Il dit : Ils firent ainsi. Puis il dit : 'Ô Messager de Dieu, j'étais acharné à éteindre la lumière de Dieu, causant un grand tort à ceux qui suivaient la religion de Dieu. Or j'aimerais que tu me permettes de me rendre à La Mecque pour les appeler à Dieu et à l'Islam, afin que Dieu les guide peut-être. Sinon, je leur causerai du tort comme tes Compagnons en ont subi.' Il dit : Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) lui permit donc. Il rejoignit La Mecque. Or, lorsque 'Umayr ibn Wahb était parti, Safwan disait aux Qurayshites : 'Réjouissez-vous d'une bataille qui va vous arriver maintenant, dans quelques jours, qui vous fera oublier la bataille de Badr.' Safwan interrogeait les voyageurs, jusqu'à ce qu'un voyageur arrive et l'informe de son islam. Il jura alors de ne plus jamais lui parler et de ne jamais lui être utile en quoi que ce soit. Lorsque 'Umayr arriva à La Mecque, il y resta, appelant à Dieu et causant un grand tort à ceux qui s'opposaient à lui. Beaucoup de gens embrassèrent l'Islam par son intermédiaire." Parmi les récits concernant l'expédition d'Uhud, tirés des preuves : 414 - Nous a rapporté Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan : nous a rapporté Abu Shu'ayb al-Harrani : nous a rapporté Abu Ja'far al-Nufayli : nous a rapporté Muhammad ibn Salama, d'après Muhammad ibn Ishaq, qui a dit : m'a rapporté Ibn Shihab al-Zuhri, d'après 'Abdullah ibn Ka'b ibn Malik, qui a dit : "Ka'b fut le premier à reconnaître le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) après la déroute, alors que les gens disaient : 'Le Messager de Dieu a été tué.' Ka'b dit : 'Je reconnus ses deux yeux qui brillaient sous le heaume 35, et je criai de toute ma voix : 'Ô communauté des musulmans, réjouissez-vous ! Voici le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) !' Il me fit signe de me taire. Lorsqu'ils eurent reconnu le Messager de Dieu, ils se levèrent avec lui en direction du ravin 36, avec lui Abu Bakr, 'Umar, 'Ali, Talha, al-Zubayr, al-Harith ibn al-Simma, et un groupe de musulmans. Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) fut adossé dans le ravin, Ubayy ibn Khalaf le rattrapa en disant : 'Ô Muhammad, que je ne sois pas sauvé si tu es sauvé !' Les gens dirent : 'Un homme parmi nous va-t-il se retourner contre lui, ô Messager de Dieu ?' Il dit : 'Laissez-le.' Lorsqu'il s'approcha, le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) prit la lance 37 des mains d'al-Harith ibn al-Simma. Certains des gens dirent, d'après ce qui m'a été rapporté : 'Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) l'eut prise, il la secoua d'une secousse telle que nous nous écartâmes de lui comme les poils s'écartent du dos d'un chameau lorsqu'il se secoue. Puis il lui fit face et le frappa d'un coup de lance qui le fit basculer à plusieurs reprises du dos de son cheval.'"
415 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Amr ibn Khālid al-Ḥarrānī nous a rapporté : mon père nous a rapporté : Ibn Lahī‘a nous a rapporté : Abū al-Aswad, d’après ‘Urwa ibn al-Zubayr, a dit : Ubayy ibn Khalaf, frère des Banū Jumaḥ, avait juré, alors qu’il était à La Mecque, de tuer le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Lorsque son serment parvint au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « C’est moi qui le tuerai, si Allah le veut. » Ubayy arriva, le visage couvert de fer 38, disant : « Je ne serai pas sauvé si Muḥammad est sauvé. » Il chargea contre le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), voulant le tuer. Muṣ‘ab ibn ‘Umayr, frère des Banū ‘Abd al-Dār, vint à sa rencontre, protégeant le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) de sa propre personne. Muṣ‘ab ibn ‘Umayr fut tué. Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) aperçut la clavicule d’Ubayy ibn Khalaf à travers une ouverture entre la cotte de mailles et le casque 39 ; il le frappa de sa lance. Ubayy tomba de son cheval, mais aucune goutte de sang ne sortit de sa blessure. Ses compagnons vinrent à lui et le portèrent, tandis qu’il mugissait comme un taureau. Ils lui dirent : « Qu’est-ce qui t’effraie ? Ce n’est qu’une égratignure. » Il leur rappela alors la parole du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Je tuerai Ubayy. » Puis il dit : « Par Celui qui tient mon âme en Sa main, si ce que j’ai [comme mal] frappait les gens de Dhū al-Majāz 40, ils mourraient tous. » Et il mourut. 416 - Abū Bakr ibn Khallād nous a rapporté : Ibrāhīm ibn Isḥāq al-Ḥarbī nous a rapporté : Yūsuf ibn Buhlūl nous a rapporté : Ibn Idrīs, d’après Muḥammad ibn Isḥāq, d’après ‘Āṣim ibn ‘Umar ibn Qatāda ibn al-Nu‘mān, d’après Maḥmūd ibn Labīd, d’après Qatāda ibn al-Nu‘mān, que son œil tomba le jour de Uḥud, et le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) le remit [en place] ; il devint alors le meilleur de ses deux yeux et le plus perçant. Muḥammad ibn Isḥāq dit : Et il remit la main de Khubayb ibn Yasāf, qui avait été frappé au jour de Badr sur la clavicule 41 ; il la remit, et nous n’en vîmes qu’une cicatrice. 417 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté de mémoire : al-Walīd ibn Ḥammād al-Ramlī nous a rapporté d’après son livre : ‘Abd Allāh ibn al-Faḍl ibn ‘Āṣim ibn ‘Umar ibn Qatāda ibn al-Nu‘mān ibn Zayd al-Anṣārī a dit : mon père al-Faḍl, d’après son père ‘Āṣim, d’après son père ‘Umar, d’après son père Qatāda ibn al-Nu‘mān ibn Zayd, a dit : Un arc fut offert en cadeau au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ; il me le remit le jour de Uḥud. Je tirai avec cet arc devant le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) jusqu’à ce que sa corde se rompît. Je ne cessai de rester à ma place, face au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), parant les flèches, mon visage [servant d’écran] devant lui. La dernière [flèche] fut une flèche dont mon œil [le globe] tomba. Je le pris, et comme ils [les ennemis] s’étaient enfuis, je pris mon globe oculaire dans ma main et courus avec lui dans ma paume vers le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Lorsque le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) vit mon globe oculaire dans ma paume, ses yeux versèrent des larmes et il dit : « Ô Allah, protège Qatāda, car il a protégé Ton Prophète (sur lui la paix) de son visage ; fais de cet œil le meilleur de ses deux yeux et le plus perçant. » Et dans le récit de Manṣūr ibn Aḥmad al-Mu‘addil : Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) le remit de sa main, et il devint le plus sain de ses deux yeux et le plus perçant. 418 - Abū Ḥāmid ibn Jabala nous a rapporté : Muḥammad ibn Isḥāq nous a rapporté : Sa‘īd ibn Yaḥyā al-Umawī nous a rapporté : mon père m’a rapporté : Ibn Isḥāq a dit : Yaḥyā ibn ‘Abbād ibn ‘Abd Allāh ibn al-Zubayr m’a rapporté, d’après son père, d’après son grand-père, a dit : Ḥanẓala ibn Abī ‘Āmir al-Thaqafī se battit en duel avec Abū Sufyān. Lorsque Ḥanẓala eut le dessus sur lui, Shaddād ibn al-Aws, qu’on appelait Abū Sha‘ūb, le vit ; Shaddād le frappa de son épée et le tua, alors qu’il avait presque tué Abū Sufyān. Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « Votre compagnon, les anges sont en train de le laver. » Ils interrogèrent son épouse, qui dit : « Il est sorti alors qu’il était en état d’impureté majeure 42 lorsqu’il entendit l’appel à la mobilisation 43. » Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « Les anges l’ont lavé. » 419 - Al-Wāqidī mentionna l’histoire de Ḥanẓala avec des termes supplémentaires. Il dit : Ḥanẓala ibn Abī ‘Āmir avait épousé Jamīla bint ‘Abd Allāh ibn Ubayy ibn Salūl, et elle avait été introduite chez lui la nuit dont le lendemain était le combat de Uḥud. Il avait demandé la permission au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) de passer la nuit chez elle, et il le lui permit. Lorsqu’il eut prié l’aube, il partit tôt le matin voulant rejoindre le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ; mais Jamīla le retint, et il retourna auprès d’elle et eut avec elle un rapport sexuel 44. Puis il voulut sortir, mais elle avait auparavant envoyé chercher quatre hommes de son clan et les avait fait témoigner contre lui qu’il avait consommé le mariage avec elle. On lui dit : « Pourquoi as-tu fait témoigner contre lui ? » Elle dit : « J’ai vu comme si le ciel s’était ouvert pour lui, qu’il y était entré, puis s’était refermé. J’ai dit : Voici le témoignage. J’ai donc fait témoigner contre lui qu’il avait consommé le mariage avec moi, et je suis devenue enceinte de ‘Abd Allāh ibn Ḥanẓala. » Lorsque Ḥanẓala fut tué, on vint le trouver gisant à côté de Ḥamza ibn ‘Abd al-Muṭṭalib ; ses compagnons avaient été mutilés, mais lui ne le fut pas. Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « J’ai vu les anges laver Ḥanẓala ibn Abī ‘Āmir entre le ciel et la terre avec de l’eau de pluie 45 dans des plateaux d’argent. » Abū Usayd al-Sā‘idī dit : Nous regardâmes, et voilà que sa tête dégouttait d’eau. Abū Usayd dit : Je retournai auprès du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et l’en informai. Il envoya [quelqu’un] auprès de sa femme et l’interrogea ; elle l’informa qu’il était sorti en état d’impureté majeure. 420 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Uthmān ibn Abī Shayba nous a rapporté : Yaḥyā ibn Ma‘īn nous a rapporté : ‘Abd al-Wahhāb ibn ‘Aṭā’ nous a rapporté : Sa‘īd ibn Abī ‘Arūba, d’après Qatāda, d’après Anas ibn Mālik (qu’Allah l’agrée), a dit : Les deux tribus 46, al-Aws et al-Khazraj, se vantèrent. Al-Aws dit : « Parmi nous, quatre [hommes illustres]. » Al-Khazraj dit : « Parmi nous, quatre. » Al-Aws dit : « Parmi nous, celui pour qui le Trône du Tout-Miséricordieux a tremblé : Sa‘d ibn Mu‘ādh ; parmi nous, celui dont le témoignage a été compté comme celui de deux hommes : Khuzayma ibn Thābit ; parmi nous, celui que les anges ont lavé : Ḥanẓala ibn al-Rāhib 47 ; parmi nous, celui que les abeilles 48 ont protégé : ‘Āṣim ibn Thābit ibn Abī al-Aqlaḥ. » Al-Khazraj dit : « Parmi nous, quatre qui ont rassemblé le Coran 49 du temps du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), que nul autre qu’eux n’a rassemblé : Ubayy ibn Ka‘b, Mu‘ādh ibn Jabal, Zayd ibn Thābit et Abū Zayd. » Je dis à Anas : « Qui est Abū Zayd ? » Il dit : « L’un de mes oncles paternels. » 421 - Abū ‘Amr ibn Ḥamdān nous a rapporté : al-Ḥasan ibn Sufyān nous a rapporté : Muḥammad ibn Khallād nous a rapporté : Bahz ibn Asad nous a rapporté : Ḥammād nous a rapporté : Thābit, d’après Anas, a dit : Abū Ṭalḥa dit : « Je levai la tête le jour de Uḥud, et voilà que personne parmi eux [les compagnons] n’était autre que sous sa paupière 50 il vacillait de sommeil. » Et c’est là la parole d’Allah (Puissant et Majestueux) : « Lorsqu’Il vous enveloppa de sommeil comme d’une sécurité 51 » (Coran 8:11) ; et c’est là la parole d’Allah Très-Haut : « Puis Il fit descendre sur vous, après l’angoisse, une sécurité, un sommeil 52 » (Coran 3:154). 422 - Muḥammad ibn ‘Alī nous l’a rapporté dans son livre : Yaḥyā ibn Ṣā‘id nous a rapporté : ‘Alī ibn Aḥmad al-Ḥawārī al-Wāsiṭī nous a rapporté : Ya‘qūb ibn Muḥammad ibn ‘Īsā al-Zuhrī a dit : Ismā‘īl ibn Ya‘qūb al-Taymī nous a rapporté, d’après ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Abd Allāh, d’après Hishām ibn ‘Urwa, d’après son père, d’après al-Zuhrī, qu’ils étaient assis avec le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) le jour de Uḥud au pied de la montagne, jusqu’à ce qu’Il fît descendre sur eux le sommeil comme une sécurité de Sa part ; ils ronflaient 53 au point que leurs boucliers 54 s’entrechoquaient dans leurs mains, tandis que l’ennemi était en dessous d’eux.
423 - Nous a rapporté Habīb b. al-Hasan : Muḥammad b. Yaḥyā nous a rapporté : Muḥammad b. Aḥmad b. Ayyūb nous a rapporté, disant : Ibrāhīm b. Sa‘d nous a rapporté, d’après Muḥammad b. Isḥāq, qui dit : Yaḥyā b. ‘Abbād b. ‘Abd Allāh b. al-Zubayr m’a rapporté, d’après son père, d’après son grand-père, d’après al-Zubayr, qui dit : « Par Allāh, j’entendais la parole de Mu‘attib b. Qushayr, frère des Banū ‘Amr b. ‘Awf, alors que la somnolence m’envahissait – je ne l’entendais que comme un rêve – lorsqu’il dit : “Si nous avions eu quelque chose à dire dans cette affaire, nous n’aurions pas été tués ici.” » Le Shaykh Abū Nu‘aym – qu’Allāh l’agrée – dit : « Dans cette expédition, parmi ce que nous avons mentionné comme preuves, il y a ce qu’Allāh a réalisé de la parole du Prophète – qu’Allāh prie sur lui et le salue – concernant Ubayy b. Khalaf : “C’est moi qui te tuerai”, et il a démenti Ubayy lorsqu’il dit : “C’est moi qui tuerai Muḥammad.” Parmi elles, il y a ce qu’Allāh – Puissant et Majestueux – leur a montré du retour de la pupille de Qatāda b. al-Nu‘mān à sa place après sa chute, jusqu’à ce qu’elle devienne la meilleure de ses deux yeux et la plus perçante ; ainsi la preuve y est établie de deux façons. Parmi elles, il y a le lavage des Anges pour Ḥanẓala et l’apparition de cela aux Anṣār 55 : ils virent l’eau couler de sa tête, pour lever l’impureté majeure 56 qui était sur lui. Parmi elles, il y a ce qui les a enveloppés de somnolence alors que l’ennemi était proche d’eux, ce qui, selon la coutume, aurait dû les empêcher de dormir. Puisque cela s’est produit comme une chose hors de la coutume, la preuve y est établie. Et Allāh sait mieux. »
427. Al-Wāqidī a rapporté ce qu'ont rapporté ‘Urwa, al-Zuhrī et Muḥammad b. Isḥāq, en ajoutant des détails et des éléments qui, dans leur ensemble, montrent la manifestation de l'affaire du Messager d'Allāh 57 chez les Juifs et la confirmation de sa description et de son attribut dans la Torah selon eux. Il a dit : Lorsque le Messager d'Allāh vint à eux, ils dirent : « Nous ferons, ô Abū al-Qāsim 58, ce que tu souhaites. Il est temps que tu nous rendes visite et que tu viennes à nous. Assieds-toi, nous te nourrirons. » Le Messager d'Allāh était adossé à une de leurs maisons. Puis certains d'entre eux s'isolèrent et se concertèrent. Ḥuyayy b. Akhṭab dit : « Ô assemblée des Juifs, Muḥammad est venu à vous avec un petit groupe de ses Compagnons, moins de dix. Avec eux se trouvaient Abū Bakr, ‘Umar, ‘Alī, Ṭalḥa, al-Zubayr, Sa‘d b. Mu‘ādh, Usayd b. Ḥuḍayr et Sa‘d b. ‘Ubāda. Jetez sur lui des pierres du haut de cette maison et tuez-le. Vous ne le trouverez jamais plus seul qu'en ce moment. S'il est tué, ses Compagnons se disperseront : ceux qui sont avec lui parmi les Qurayshites 59 rejoindront leur clan, et ceux qui sont ici parmi les Aws 60 et les Khazraj 61 resteront. Les Aws sont vos alliés. Ce que vous avez toujours voulu faire, faites-le maintenant. » ‘Amr b. Ǧaḥḥāš b. Ka‘b al-Naḍīrī dit : « Je monterai sur cette maison et je jetterai un rocher sur lui. » Salām b. Mishkam dit : « Ô mon peuple, obéissez-moi cette fois et désobéissez-moi toujours. Par Allāh, si vous faites cela, ce sera une rupture du pacte qui est entre nous et lui. Ne le faites pas. Par Allāh, si vous faites ce que vous voulez, il se lèvera parmi eux quelqu'un pour soutenir cette religion jusqu'au Jour de la Résurrection, les Juifs seront humiliés et sa religion triomphera. » ‘Amr b. Ǧaḥḥāš avait préparé le rocher pour le lâcher sur le Messager d'Allāh et le faire rouler. Lorsqu'il se pencha avec, la nouvelle de ce qu'ils avaient projeté parvint au Messager d'Allāh. Il se leva rapidement, comme s'il voulait satisfaire un besoin, et se dirigea vers Médine. Ses Compagnons restèrent assis à parler, pensant qu'il s'était levé pour satisfaire un besoin. Quand ils désespérèrent de son retour, Abū Bakr dit : « Notre séjour ici ne sert à rien. Le Messager d'Allāh est parti pour quelque affaire. » Ḥuyayy b. Akhṭab dit : « Abū al-Qāsim s'est dépêché pour que nous puissions satisfaire son besoin et lui offrir le repas du matin. » Les Juifs regrettèrent ce qu'ils avaient fait. Kināna b. Ṣūriyā leur dit : « Savez-vous pourquoi Muḥammad s'est levé ? » Ils dirent : « Non, par Allāh, nous ne savons pas, et toi non plus. » Il dit : « Si, par la Torah, je sais. Muḥammad a été informé de ce que vous aviez l'intention de faire comme trahison. Ne vous trompez pas vous-mêmes. Par Allāh, c'est le Messager d'Allāh. Il ne s'est levé que parce qu'il a été informé de votre intention. C'est le dernier des Prophètes. Vous espériez qu'il soit issu des fils d'Aaron, mais Allāh l'a placé où Il a voulu. Nos Écritures et ce que nous avons étudié dans la Torah, qui n'a été ni altérée ni changée, indiquent que sa naissance est à La Mecque, son émigration à Yathrib 62, et sa description est exactement celle qui est dans notre Livre. Il me semble vous voir partir, vos enfants pleurant, vous laissant vos maisons vides et vos biens, qui sont votre honneur. Obéissez-moi dans deux choses ; la troisième ne comporte aucun bien. » Ils dirent : « Quelles sont-elles ? » Il dit : « Embrassez l'Islam et entrez avec le Messager d'Allāh, vous serez en sécurité pour vos biens et vos enfants, vous serez parmi les notables de ses Compagnons, vos biens resteront entre vos mains, et vous ne serez pas expulsés de vos demeures. » Ils dirent : « Nous ne quitterons pas la Torah et l'alliance de Moïse. » Il dit : « Alors il vous enverra dire : “Sortez de mon pays.” Dites : “Oui.” Car il ne considérera pas licite pour lui votre sang ni vos biens. Ainsi vos biens resteront ; si vous voulez, vendez-les, si vous voulez, gardez-les. » Ils dirent : « Quant à cela, oui. » Il dit : « Par Allāh, l'autre est meilleure pour moi. » Ils dirent : « Quelle est-elle ? » Il dit : « Par Allāh, si je ne craignais de vous faire honte, j'embrasserais l'Islam. Mais que la “Chaʿthā’” 63 ne me reproche jamais mon Islam jusqu'à ce que m'atteigne ce qui vous atteindra. » La Chaʿthā’ était la fille de Ḥassān b. Thābit, célèbre pour sa beauté. Salām b. Mishkam dit : « J'étais opposé à ce que vous avez fait. Il va nous envoyer dire : “Sortez de ma demeure.” Ne contredis pas sa parole, ô Ḥuyayy, et accepte pour lui la sortie. Sors de son pays. » Il dit : « Je le ferai. » Lorsque le Messager d'Allāh retourna à Médine, ses Compagnons le suivirent. Ils rencontrèrent un homme sortant de Médine et lui demandèrent : « As-tu rencontré le Messager d'Allāh ? » Il dit : « Oui, je l'ai rencontré entrant. » Quand ses Compagnons le rejoignirent, ils le trouvèrent ayant envoyé chercher Muḥammad b. Maslama. Abū Bakr dit : « Tu t'es levé, ô Messager d'Allāh, sans que nous le sachions. » Le Messager d'Allāh dit : « Les Juifs avaient l'intention de me trahir, et Allāh m'en a informé. » Muḥammad b. Maslama vint et il lui dit : « Va chez les Juifs des Banū al-Naḍīr 64 et dis-leur : “Le Messager d'Allāh m'a envoyé vers vous avec un message, mais je ne vous le dirai pas avant de vous rappeler quelque chose que vous reconnaissez.” » Ils dirent : « Quoi ? » Il dit : « Je vous adjure par la Torah qu'Allāh a révélée à Moïse : savez-vous que je suis venu à vous avant que le Messager d'Allāh ne soit envoyé, alors que la Torah était parmi vous, et vous avez dit dans cette même assemblée : “Ô Ibn Maslama, si tu veux, nous te donnerons le repas du matin, et si tu veux, nous te convertirons au judaïsme.” J'ai dit : “Donnez-moi le repas du matin et ne me convertissez pas. Par Allāh, je ne me convertirai jamais au judaïsme.” Vous m'avez alors donné le repas du matin dans un plat que je vois encore, et vous m'avez dit : “Qu'est-ce qui t'empêche d'adopter notre religion, sinon que c'est la religion des Juifs ? On dirait que tu recherches le ḥanīfisme 65 dont tu as entendu parler. Sache qu'Abū ‘Āmir le moine n'en est pas le tenant ; son tenant est celui qui rit beaucoup, qui combat beaucoup, qui a les yeux légèrement rouges, qui vient du Yémen, qui monte le chameau, qui porte le manteau, qui se contente d'un morceau de pain, l'épée sur l'épaule, sans signe 66, s'attachant à la sagesse. Par Allāh, il y aura dans votre cité pillage, mutilation et meurtre.” » Ils dirent : « Ô Allāh, oui, nous avons dit cela, mais ce n'est pas lui. » Muḥammad b. Maslama dit : « Alors j'ai su que c'est le Messager d'Allāh. Il m'a envoyé vers vous pour vous dire : “Vous avez rompu ce que j'avais établi pour vous par votre intention de me trahir.” » Et il les informa de ce qu'ils avaient projeté et de l'apparition de ‘Amr b. Ǧaḥḥāš pour jeter le rocher. Ils se turent et ne dirent pas un mot. « Et il dit : “Sortez de mon pays. Je vous accorde un délai de dix jours. Quiconque reste après cela, je lui trancherai la tête.” » Et il rapporta le récit jusqu'à ce qu'il dise : Ḥuyayy dit : « J'enverrai dire à Muḥammad : “Nous ne sortirons pas de nos demeures et de nos biens. Qu'il fasse ce qu'il voudra.” » Salām b. Mishkam dit : « Ton âme te flatte de choses vaines, ô Ḥuyayy. Par Allāh, si je ne craignais de donner une mauvaise opinion de toi et de te rabaisser, je me séparerais de toi avec ceux des Juifs qui m'obéissent. Ne fais pas cela, ô Ḥuyayy. Par Allāh, tu sais, et nous savons avec toi, que c'est le Messager d'Allāh, et que sa description est chez nous. Même si nous ne le suivons pas, nous l'envions parce que la prophétie est sortie des fils d'Aaron. Viens, acceptons ce qu'il nous offre de la terre et sortons de son pays. Tu sais que tu t'es opposé à moi dans la trahison contre lui. Quand viendra le temps des fruits, nous viendrons, ou quelqu'un parmi nous viendra, pour un fruit, le vendra, entendra ce qu'il voudra, puis retournera vers nous. Ce sera comme si nous n'étions pas sortis de notre pays, puisque nos biens seront entre nos mains. » Et il rapporta le récit jusqu'à ce qu'il mentionne l'ordre du Messager d'Allāh de couper leurs palmiers. Ils dirent : « Nous te donnerons ce que tu as demandé et nous sortirons de ton pays. » Le Messager d'Allāh dit : « Je ne l'accepte pas aujourd'hui, mais sortez-en, et vous aurez ce que les chameaux et les lāma 67 peuvent porter. » Salām b. Mishkam dit : « Accepte, malheur à toi, avant qu'il ne fasse pire que cela. » Ḥuyayy dit : « Qu'y a-t-il de pire que cela ? » Salām dit : « Il capturera les enfants et tuera les combattants. » Ḥuyayy refusa pendant un jour ou deux. Quand Yāmīn b. ‘Umayr et Abū Sa‘d b. Wahb virent cela, l'un dit à l'autre : « Par Allāh, nous savons que c'est le Messager d'Allāh. Qu'attendons-nous pour embrasser l'Islam et être en sécurité pour nos vies et nos biens ? » Ils descendirent de nuit, embrassèrent l'Islam et préservèrent leurs biens.
428. Muhammad ibn 'Umar a dit : Ibrahim ibn Ja'far m'a raconté d'après son père : Lorsque les Banu al-Nadir furent expulsés de Médine, 'Amr ibn Su'da vint et tourna autour de leurs demeures ; il vit des ruines, réfléchit, puis retourna vers les Banu Qurayza et les trouva dans l'église 68 en prière, leur corne ayant été soufflée, et ils s'étaient rassemblés. Al-Zubayr ibn Bata dit : « Où étais-tu, Abu Sa'id, depuis aujourd'hui ? Nous ne t'avions pas vu. » Or il ne quittait jamais l'église et était un ascète 69 parmi les juifs. Il dit : « Aujourd'hui, j'ai vu une caravane que nous avons traversée ; j'ai vu des maisons vides et en ruines après la puissance, la grandeur, la noblesse, l'opinion éminente et l'intelligence remarquable. Ils ont abandonné leurs biens, que d'autres ont possédés, et ils sont partis en une sortie humiliante. Non, par la Torah ! Dieu n'a jamais infligé cela à un peuple sans avoir un besoin d'eux. Il a frappé Ibn al-Ashraf de nuit dans sa maison, a frappé les deux fils de Shayba dans leur voyage, les a exaucés, mis en garde, et a frappé les Banu Qaynuqa' et les a exilés, eux, la force des juifs, alors qu'ils étaient gens d'armes, d'armement et de bravoure. Ô mon peuple, obéissez-moi ! Vous avez vu ce que vous avez vu. Venez, suivons Muhammad. Par Dieu, vous savez bien qu'il est un prophète ; nos savants Ibn al-Hayyaban 70 et Abu 'Umayr ibn Jawwas nous ont annoncé sa venue, eux qui étaient les plus savants des juifs, venus de Jérusalem pour attendre sa venue, puis ils nous ont ordonné de le suivre et de lui transmettre leur salut ; puis ils sont morts dans leur religion et nous les avons enterrés dans notre champ de lave 71. » Il dit : Les gens restèrent silencieux, personne ne parlait. Il répéta le discours ou quelque chose d'approchant, et les effraya par la guerre, la captivité et l'exil. Al-Zubayr ibn Bata dit : « J'ai lu la Torah et j'ai vu sa description dans le Livre de Bata 72, la Torah révélée à Moïse, non dans les Mathani 73 que nous avons inventées. » Il dit : Ka'b ibn Usayd lui dit : « Qu'est-ce qui t'empêche, Abu 'Abd al-Rahman, de le suivre ? » Il dit : « Toi. » Il dit : « Pourquoi ? Par la Torah, je ne t'ai jamais laissé libre de le faire. » Al-Zubayr dit : « Tu es le détenteur de notre pacte et de notre engagement ; si tu le suis, nous te suivrons ; si tu refuses, nous refusons. » Il dit : 'Amr ibn Su'da se tourna vers Ka'b et dit : « Eh bien, par la Torah descendue sur Moïse au mont Sinaï, c'est la puissance et l'honneur en ce monde, et il est sur la voie de Moïse, et il descendra avec lui, et sa communauté dans sa demeure demain au Paradis. » Ka'b dit : « Nous restons sur notre pacte et notre engagement ; Muhammad ne violera pas notre protection, et nous verrons ce que fera Huyayy, car il a été expulsé avec humiliation et mépris ; je ne pense pas qu'il s'enfuie avant d'attaquer Muhammad ; et s'il triomphe de Muhammad et de ce que nous voulons, nous resterons sur notre religion ; et si Muhammad triomphe de Huyayy, il n'y a plus de bien dans la vie après lui. » 'Amr ibn Su'da dit : « Pourquoi retardes-tu l'affaire alors qu'il vient ? » Ka'b dit : « Il n'y a pas de perte là-dedans ; quand je voudrai cela de Muhammad, il me répondra. » 'Amr dit : « Si, par la Torah, il y a une perte ! Quand Muhammad marchera contre nous, nous nous retrancherons dans ces forteresses qui nous ont épuisés ; nous ne quitterons pas nos forteresses jusqu'à ce que nous nous rendions à son jugement, et il nous tranchera la tête. » Ka'b ibn Asad dit : « Je n'ai rien d'autre à dire sur son affaire que ce que j'ai dit ; mon âme n'est pas disposée à devenir un suiveur de la parole de cet Israélite 74 qui ne connaît ni le mérite de la prophétie ni la valeur des actions. » Il dit : 'Amr ibn Su'da dit : « Si, il le saura. » Il dit : Ils étaient encore là quand soudain l'avant-garde du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — arriva dans leur cour. Il dit : « Voilà ce que vous disiez. » Le cheikh 75 dit : Nous n'avons rapporté ces récits que pour que l'on sache ce qui était connu des savants juifs de sa description dans la Torah qui n'a été ni altérée ni changée, et que cela est une preuve de la fausseté de ce qui est entre leurs mains aujourd'hui de la Torah, à cause des choses impossibles, et de leur appellation de ce qui est entre leurs mains comme étant les Mathani altérées et falsifiées. Il y a aussi ce que Dieu — Puissant et Majestueux — a révélé à Son Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — de la trahison des juifs et la protection de Dieu — Puissant et Majestueux — contre le meurtre qu'ils avaient projeté. Parmi les récits sur l'expédition du Fossé 76 : 429. Abu 'Amr ibn Hamdan nous a raconté : al-Hasan ibn Sufyan nous a raconté : Ahmad ibn 'Isa nous a raconté : Ibn Wahb nous a raconté, d'après Jubayr, d'après Abu 'Abd al-Rahman al-Hubuli, d'après 'Abd Allah ibn 'Amr ibn al-'As, que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — sortit le jour du Fossé alors qu'ils étaient encerclés autour de Médine ; le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — prit la pioche et frappa un coup, puis dit : « Ce coup, Dieu Très-Haut ouvrira par lui les trésors des Romains. » Puis il frappa un deuxième coup et dit : « Ce coup, Dieu Très-Haut ouvrira par lui les trésors de la Perse. » Puis il frappa un troisième coup et dit : « Ce coup, Dieu — Puissant et Majestueux — m'amènera les gens du Yémen comme alliés et soutiens. » 430. Abu Bakr ibn Malik nous a raconté : Bashr ibn Musa nous a raconté : Hawdha ibn Khalifa nous a raconté : 'Awf ibn Maymun nous a raconté : al-Bara' ibn 'Azib m'a raconté : Le jour du Fossé, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — nous ordonna de creuser le fossé. Un énorme rocher très dur nous apparut dans une partie du fossé, que les pioches ne pouvaient entamer. Nous nous en plaignîmes au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — qui vint. Quand le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — le vit, il jeta son manteau, prit la pioche et dit : « Au nom de Dieu. » Puis il frappa un coup et en brisa un tiers, et dit : « Dieu est plus grand ! On m'a donné les clés de la Syrie. Par Dieu, j'en vois les palais rouges à l'instant même. » Puis il frappa un deuxième coup et en coupa un autre tiers, et dit : « Dieu est plus grand ! On m'a donné les clés de la Perse. Par Dieu, je vois le palais blanc d'al-Mada'in 77. » Puis il frappa un troisième coup et dit : « Au nom de Dieu », et coupa le reste de la pierre, et dit : « Dieu est plus grand ! On m'a donné les clés du Yémen. Par Dieu, je vois Sanaa de cet endroit même à l'instant, et je vois les portes de Sanaa de cet endroit même à l'instant. » 431. Habib ibn al-Hasan nous a raconté : Muhammad ibn Yahya nous a raconté : Ahmad ibn Muhammad ibn Ayyub nous a raconté : Ibrahim ibn Sa'd nous a raconté, d'après Muhammad ibn Ishaq, qui a dit : Sa'id ibn Mina' m'a raconté qu'on lui a raconté qu'une fille de Bashir ibn Sa'd, sœur d'al-Nu'man ibn Bashir, a dit : 'Amra bint Rawaha m'appela et me donna une poignée de dattes dans mon vêtement, puis dit : « Ma fille, va porter le déjeuner à ton père et à ton oncle 'Abd Allah ibn Rawaha. » Elle dit : Je les pris et partis avec. Je passai par le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — alors que je cherchais mon père et mon oncle. Il dit : « Viens, ma fille, qu'as-tu avec toi ? » Je dis : « Ô Messager de Dieu, ce sont des dattes que ma mère m'a envoyées pour que mon père Bashir ibn Sa'd et mon oncle 'Abd Allah ibn Rawaha déjeunent. » Il dit : « Donne-les moi. » Je les versai dans les paumes du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et elles ne les remplirent pas. Puis il ordonna qu'on étende un vêtement ; on l'étendit, puis il étala les dattes dessus, et elles se dispersèrent sur le vêtement. Puis il dit à un homme qui était près de lui : « Crie parmi les gens du Fossé : Venez au déjeuner ! » Les gens du Fossé se rassemblèrent autour de lui et se mirent à en manger, et cela augmentait jusqu'à ce que les gens du Fossé s'en retournent, alors qu'il en tombait encore des bords du vêtement.
432 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : al-Ḥusayn ibn Isḥāq al-Tustarī nous a rapporté : Wahb ibn Baqiyya nous a rapporté : Khālid ibn ‘Abd Allāh, d’après Abū Sa‘d al-Baqqāl, d’après Ibrāhīm al-Taymī, d’après son père, d’après Ḥudhayfa ibn al-Yamān, qui a dit : Nous étions dans la mosquée lorsqu’un jeune homme parmi les gens dit : « Si j’avais rencontré le Prophète 78, je l’aurais servi, et j’aurais fait ceci et cela. » Ḥudhayfa dit alors : « Je me suis vu la nuit des Coalisés 79 alors que nous étions avec le Messager d’Allah 78. Le Messager d’Allah 78 se tenait debout en prière, par une nuit froide – je n’ai jamais vu un froid pareil avant ni après, plus intense que celui-ci. Soudain, je me retournai et il dit : “N’y a-t-il pas un homme qui aille vers ceux-là 80 et nous rapporte leur nouvelle, et je le ferai entrer à ma place au Jour de la Résurrection ?” Personne parmi nous ne se leva, et ils restèrent silencieux. Puis il répéta, et ils restèrent silencieux. Alors il dit : “Ô Ḥudhayfa !” Je répondis : “Me voici !” 81 Je me levai jusqu’à le rejoindre, alors que mes flancs tremblaient de froid. Il passa la main sur ma tête et mon visage, puis dit : “Va vers ceux-là et rapporte-nous leur nouvelle, et ne commets aucun acte 82 jusqu’à ton retour.” Puis il dit : “Ô Allah, protège-le par-devant, par-derrière, à sa droite, à sa gauche, au-dessus et au-dessous, jusqu’à son retour.” » Ḥudhayfa dit : « Que ce soit Lui qui l’ait envoyé m’est plus cher que le monde et ce qu’il contient. » Il dit : « Je pris mon épée et mon arc, puis je serrai mes selles 83 sur moi, puis je partis marchant vers eux comme si je marchais dans un bain 84. Je les trouvai alors que le vent avait été envoyé contre eux et que leurs cordes 85 avaient été coupées. » … Il dit : « Et Abū Sufyān, je le vis assis se chauffant à son feu. Je me dirigeai vers lui, pris une flèche de mon carquois et la plaçai sur la corde de l’arc. » Il dit : « Or Ḥudhayfa était un bon archer. Mais je me rappelai la parole du Messager d’Allah 78 : “Ne commets aucun acte jusqu’à ton retour.” Je remis donc ma flèche dans mon carquois. Alors un homme du groupe dit : “Il y a parmi vous un espion pour le groupe 86 ; que chacun prenne la main de son voisin.” Je pris la main de mon voisin et dis : “Qui es-tu ?” Il répondit : “Gloire à Allah ! Ne me reconnais-tu pas ? Je suis untel, fils d’untel.” Et voilà que c’était un homme de Hawāzin 87. Je retournai alors auprès du Prophète 78 et l’informai de la nouvelle, comme si je marchais dans un bain. Lorsque je l’informai, il rit jusqu’à ce que ses dents de devant 88 apparaissent dans l’obscurité de la nuit, et la chaleur me quitta. Il me fit approcher et me fit dormir aux pieds du Messager d’Allah 78, et il jeta sur moi un pan de son vêtement. Je collais ma poitrine au bout de ses pieds. Au matin, Allah mit en déroute les Coalisés, et c’est Sa parole : “Nous envoyâmes contre eux un vent et des armées” 89. » … Le cheikh 90 – qu’Allah lui fasse miséricorde – dit : « Et dans l’envoi par Allah du vent sur eux, qui fit tomber leurs tentes et leurs pavillons, ils furent incapables de retenir leurs tentes et leurs chevaux. Allah – qu’Il soit exalté – les renvoya donc pleins de rage, frustrés et vaincus. Le vent fut un châtiment pour eux et un secours pour le Messager d’Allah 78. Le Prophète 78 dit : “J’ai été secouru par le vent d’est 91, et les ‘Ād 92 furent détruits par le vent d’ouest 93.” » 433 - Abū Bakr al-Ṭalḥī nous a rapporté : ‘Abd ibn Ghannām nous a rapporté : Abū Bakr ibn Abī Shayba nous a rapporté : Muḥammad ibn Bashīr nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Amr nous a rapporté : mon père m’a rapporté, d’après ‘Alqama ibn Waqqāṣ, d’après ‘Ā’isha – qu’Allah l’agrée – qui a dit : « Le jour du Fossé 94, je sortis en suivant les traces des gens. Par Allah, je marchais lorsque j’entendis le bruit de la terre derrière moi – elle voulait dire le son de la terre. Je me retournai et voilà que c’était Sa‘d ibn Mu‘ādh. Je m’assis par terre. Il avait avec lui le fils de son frère, al-Ḥārith ibn Aws, qui avait assisté à Badr 95 avec le Messager d’Allah 78, portant un bouclier. Sa‘d portait une cotte de mailles en fer dont ses extrémités dépassaient. » Elle dit : « Il était parmi les plus grands et les plus longs des gens. » Elle dit : « Je craignais pour les extrémités de Sa‘d. » Elle dit : « Il passa près de moi en scandant : “Attends un peu, la mêlée atteindra le porteur, Qu’elle est belle la mort quand l’échéance arrive !” Elle dit : « Lorsqu’il m’eut dépassée, je me levai et pénétrai dans un jardin où se trouvaient un groupe de musulmans, parmi lesquels ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb et un homme portant une tasbigha 96 – la tasbigha est le casque 97 – on ne voyait que ses yeux. ‘Umar dit : “Par ta vie, tu es une jeune fille hardie ! Qu’est-ce qui t’a amenée ? Qui te dit qu’il n’y aura pas de détournement 98 ou d’épreuve ?” Par Allah, il ne cessa de me blâmer jusqu’à ce que j’eusse souhaité que la terre s’ouvre pour moi et que j’y entre. Alors l’homme découvrit la tasbigha de son visage, et voilà que c’était Ṭalḥa. Il dit : “Tu as trop parlé ! Où est la fuite, et où est le détournement, sinon vers Allah ?” » Elle dit : « Sa‘d fut alors touché par une flèche, lancée par un homme appelé Ibn al-‘Ariqa 99, qui dit : “Prends-la, je suis Ibn al-‘Ariqa !” Sa‘d lui dit : “Qu’Allah rende ton visage purulent 100 dans le Feu !” La flèche atteignit la veine 101 et la coupa. » Muḥammad ibn ‘Amr dit : « Ils prétendent que quiconque a cette veine coupée ne cesse de saigner jusqu’à mourir. » Sa‘d dit : « Ô Allah, ne me fais pas mourir avant d’avoir réjoui mes yeux 102 par les Banū Qurayẓa 103. » Ceux-ci étaient ses alliés et clients à l’époque préislamique, et ils avaient soutenu les associateurs 104 contre le Messager d’Allah 78 ce jour-là. Sa blessure se referma. Allah envoya contre eux le vent, qui ne laissa aucun récipient sans le renverser, ni aucune construction sans l’arracher. Allah repoussa ceux qui avaient mécru, pleins de rage, sans avoir obtenu aucun bien, et Allah épargna aux croyants le combat. Parmi les récits sur l’expédition des Banū Qurayẓa : 434 - ‘Abd Allāh ibn Ja‘far nous a rapporté : Ismā‘īl ibn ‘Abd Allāh nous a rapporté : Mūsā ibn Ismā‘īl nous a rapporté : Jarīr ibn Ḥāzim, d’après Ḥumayd ; et Abū Aḥmad Muḥammad ibn Aḥmad nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn Muḥammad ibn Shīrawayh et al-Ḥasan ibn Sufyān nous ont rapporté : Isḥāq ibn Ibrāhīm nous a rapporté : Wahb ibn Jarīr nous a rapporté : mon père m’a rapporté : j’ai entendu Ḥumayd ibn Hilāl rapporter d’après Anas ibn Mālik, qui a dit : « Comme si je voyais une poussière s’élevant dans la ruelle des Banū Ghanm 105, la cavalcade de Gabriel 106, lorsque le Messager d’Allah 78 se rendit chez les Banū Qurayẓa. » 435 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Abū Dāwūd nous a rapporté : mon oncle Sa‘īd ibn Talīd nous a rapporté : ‘Abd al-Raḥmān ibn Ashras nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn ‘Umar al-‘Umarī, d’après son frère ‘Ubayd Allāh ibn ‘Umar, d’après al-Qāsim ibn Muḥammad, d’après ‘Ā’isha – qu’Allah l’agrée – que le Messager d’Allah 78 entendit la voix d’un homme, fit un bond très vif et sortit vers lui. Elle dit : « Je le suivis pour regarder, et voilà qu’il s’appuyait sur la crinière de son cheval 107, et voilà que c’était Diḥya al-Kalbī 108, à ce que je voyais, portant un turban dont il laissait pendre l’extrémité entre ses épaules. Lorsque le Messager d’Allah 78 entra chez moi, je dis : “Tu as fait un bond très vif, puis je suis sortie pour regarder, et voilà que c’était Diḥya al-Kalbī.” Il dit : “L’as-tu vu ?” Je dis : “Oui.” Il dit : “C’était Gabriel 106 – sur lui la paix – qui m’a ordonné de sortir vers les Banū Qurayẓa.” »
436 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté, par dictée et par lecture : Isḥāq ibn Ibrāhīm nous a rapporté, d'après ʿAbd ar-Razzāq, d'après Maʿmar, d'après az-Zuhrī, d'après Saʿīd ibn al-Musayyib, qui a dit : Les Qurayẓa avaient tramé une ruse contre le Messager d'Allāh 109 et avaient correspondu avec les associateurs de La Mecque, ʿUyayna ibn Ḥiṣn et Abū Sufyān ibn Ḥarb, le jour des Coalisés 110 : « Tenez bon, car nous allons prendre les musulmans à revers en attaquant leur base 111. » Lorsqu'Allāh – Puissant et Majestueux – eut mis en déroute les Coalisés, le Prophète 109 mobilisa ses Compagnons, et ils les poursuivirent jusqu'à Ḥamrā' al-Asad 112. Puis ils revinrent, et le Prophète 109 déposa son armure, se lava et se purifia avec du bois odorant 113. Alors Gabriel l'appela : « Malheur à toi de combattre ! Ne vois-je pas que tu as déposé ton armure alors que nous ne l'avons pas déposée ? » Le Messager d'Allāh 109 se leva, effrayé, et le Prophète 109 dit à ses Compagnons : « Je vous ordonne expressément de ne pas prier la prière de l'après-midi 114 avant d'arriver chez les Qurayẓa. » Le Prophète 109 sortit et passa par des assemblées entre lui et les Banū Qurayẓa. Il demanda : « Quelqu'un est-il passé près de vous ? » Ils répondirent : « Oui, Diḥya al-Kalbī est passé près de nous sur une mule grise, portant une couverture de brocart. » Le Prophète 109 dit : « Ce n'est pas Diḥya, mais c'est Gabriel, envoyé aux Banū Qurayẓa pour ébranler leurs forteresses et jeter la terreur dans leurs cœurs. » Les Compagnons du Messager d'Allāh 109 les assiégèrent. Lorsque le Prophète 109 arriva, il ordonna à ses Compagnons de le cacher derrière un bouclier 115 pour le protéger des pierres, afin qu'il puisse leur faire entendre sa parole. Il les appela : « Ô frères des singes et des porcs ! » Ils dirent : « Ô Abū al-Qāsim 116, tu n'as jamais été grossier. » Il les appela à l'islam. Le Messager d'Allāh 109 et les musulmans qui l'accompagnaient les combattirent jusqu'à ce qu'ils se rendent au jugement de Saʿd ibn Muʿādh. Celui-ci prononça sur eux le jugement suivant : que leurs combattants soient tués, leurs biens partagés et leurs enfants réduits en captivité. Le Prophète 109 dit : « Il a rendu un jugement conforme [à la volonté divine]. » Mention de l'expédition d'ar-Rajīʿ 117 437 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Isḥāq ibn Ibrāhīm nous a rapporté : ʿAbd ar-Razzāq nous a rapporté, d'après Maʿmar, d'après az-Zuhrī, d'après ʿAmr ibn Abī Sufyān ath-Thaqafī, d'après Abū Hurayra, qui a dit : Le Prophète 109 envoya une troupe en reconnaissance 118 et nomma ʿĀṣim ibn Thābit comme leur commandant – il est le grand-père de ʿĀṣim ibn ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb. Ils partirent, et lorsqu'ils furent à un certain endroit du chemin entre ʿUsfān et La Mecque, ils descendirent pour camper. Ils furent signalés à une tribu de Hudhayl appelée les Banū Liḥyān. Ceux-ci les suivirent avec près d'une centaine d'archers, et ils suivirent leurs traces jusqu'à ce qu'ils arrivent à un campement où ils avaient séjourné. Ils y trouvèrent des noyaux de dattes qu'ils avaient emportées comme provisions des dattes de Médine. Ils dirent : « Ceci provient des dattes de Yathrib 119. » Ils suivirent leurs traces jusqu'à les rattraper. Lorsque ʿĀṣim ibn Thābit et ses compagnons les aperçurent, ils se réfugièrent sur une colline rocheuse 120. Les gens arrivèrent et les encerclèrent. Ils dirent : « Vous avez notre promesse et notre engagement : si vous descendez, nous ne tuerons aucun de vous. » ʿĀṣim dit : « Quant à moi, je ne descendrai pas sous la protection d'un mécréant. Ô Allāh, informe Ton Messager à notre sujet. » Ils les combattirent donc, et ils les criblèrent de flèches jusqu'à tuer ʿĀṣim et six autres hommes. Il resta Khubayb ibn ʿAdī, Zayd ibn ad-Dathinna et un autre homme. Ils leur donnèrent leur promesse et leur engagement : s'ils descendaient vers eux, [ils ne les tueraient pas]. Ils descendirent donc vers eux. Lorsqu'ils les eurent en leur pouvoir, ils défirent les cordes de leurs arcs et les ligotèrent avec. Le troisième homme qui était avec eux dit : « Ceci est le commencement de la trahison. » Il refusa de les accompagner ; ils le traînèrent, mais il refusa de les suivre, alors ils lui tranchèrent la tête. Ils emmenèrent Khubayb ibn ʿAdī et Zayd ibn ad-Dathinna jusqu'à La Mecque, où ils les vendirent. Les Banū al-Ḥārith ibn ʿĀmir ibn Nawfal achetèrent Khubayb – car Khubayb avait tué al-Ḥārith le jour de Badr 121. Il resta chez eux comme prisonnier jusqu'à ce qu'ils se réunissent pour le tuer. Il emprunta un rasoir 122 à l'une des filles d'al-Ḥārith pour se raser 123, et elle le lui prêta. Elle dit : « Je fus distraite de mon petit garçon, et il rampa vers lui jusqu'à l'atteindre. » Elle dit : « Il le prit et le posa sur sa cuisse. Lorsque je le vis, je fus saisie d'une grande frayeur, qu'il perçut en moi, alors qu'il tenait le rasoir à la main. Il dit : « Crains-tu que je le tue ? Je ne le ferais pas, si Allāh le veut. » Elle disait : « Je n'ai jamais vu un prisonnier meilleur que Khubayb. Je l'ai vu manger une grappe de raisin alors qu'il n'y avait pas de fruit à La Mecque à cette époque, et il était enchaîné dans les fers. Ce n'était qu'une subsistance qu'Allāh lui avait accordée. » Puis ils l'emmenèrent hors du sanctuaire 124 pour le tuer. Il dit : « Laissez-moi prier deux rakʿa 125. » Il pria deux rakʿa et dit : « Si ce n'était que vous pensiez que ce que j'éprouve est une peur de la mort, j'aurais augmenté [le nombre de rakʿa]. » Il fut le premier à instituer la prière de deux rakʿa au moment de la mise à mort. Puis il dit : « Ô Allāh, compte-les un par un, tue-les un à un, et n'en laisse aucun. » Puis il récita : [al-Ṭawīl] Je ne me soucie pas, quand je suis tué en musulman, Sur quel côté je tombe pour Allāh, dans ma mort. Cela est pour la cause d'Allāh ; et s'Il veut, Il bénira les membres d'un corps déchiqueté. Puis il dit : ʿUqba ibn al-Ḥārith se leva et le tua. Les Quraysh envoyèrent [chercher] quelque chose du corps de ʿĀṣim pour le reconnaître – car il avait tué un de leurs grands chefs le jour de Badr. Mais Allāh – Puissant et Majestueux – envoya sur lui comme une nuée d'abeilles 126 qui le protégea de leurs émissaires, et ils ne purent rien obtenir de lui. 438 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Muḥammad ibn ʿAmr ibn Khālid nous a rapporté : mon père nous a rapporté : Ibn Lahīʿa nous a rapporté : Abū al-Aswad nous a rapporté, d'après ʿUrwa ibn az-Zubayr, qui a dit : Le Messager d'Allāh 109 envoya Marthad ibn Abī Marthad al-Ghanawī, allié de Ḥamza ibn ʿAbd al-Muṭṭalib, à une tribu de Hudhayl. Y furent tués, parmi les Quraysh des Banū Hāshim, Marthad ibn Abī Marthad, et parmi les Anṣār des Banū ʿAmr ibn ʿAwf, ʿĀṣim ibn Thābit ibn Abī al-Aqlaḥ. Les associateurs voulurent couper sa tête et l'envoyer aux associateurs de La Mecque, mais Allāh envoya contre eux des abeilles 126 qui volaient à leurs visages et les piquaient, les empêchant ainsi de couper sa tête. Il mentionna l'histoire de Khubayb et de ʿĀṣim, et ajouta dans l'histoire de Khubayb qu'après avoir prié deux rakʿa, il dit : « Ô Allāh, je ne trouve pas de messager vers Ton Messager 109 ; transmets-lui donc mon salut. » Gabriel – sur lui la paix – vint alors au Messager d'Allāh 109 et l'en informa. Et Khubayb dit, lorsqu'ils l'eurent élevé sur le bois 127 : [al-Ṭawīl] Les coalisés se sont rassemblés autour de moi et ont incité Leurs tribus, et se sont réunis en toute assemblée. Ils ont rassemblé leurs fils et leurs femmes, Et j'ai été approché d'un tronc long et élevé. Chacun d'eux montre de l'hostilité avec ardeur Contre moi, pour me tuer dans des liens perdus. À Allāh je me plains de mon exil après ma détresse, Et de ce que les coalisés me réservent lors de ma mort. Ô Maître du Trône, donne-moi la patience face à ce qu'on veut de moi, Car ils ont déchiré ma chair et ma nourriture s'est égarée. Cela est pour la cause d'Allāh ; et s'Il veut, Il bénira les membres d'un corps déchiqueté. Par ta vie, je n'ai pas ignoré, si je meurs en musulman, Sur quel état je retourne à Allāh.
439 - Nous a rapporté 'Abd Allah ibn Muhammad ibn Ja'far : nous a rapporté Ibrahim ibn 'Abd Allah ibn Ma'dan : nous a rapporté Ahmad ibn Sa'id al-Hamdani : nous a rapporté Ibn Wahb : m'a informé 'Amr ibn al-Harith que 'Abd al-Rahman ibn 'Abd Allah al-Zuhri l'a informé d'après Burayda ibn Sufyan al-Aslami que le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, envoya 'Asim ibn Thabit, Zayd ibn al-Dathina (l'un des Banu Bayada), Khubayb ibn 'Adi et Mursad ibn Abi Mursad vers les Banu Lihyan à al-Raji'. Ils combattirent jusqu'à ce qu'ils obtiennent une sauvegarde 128 pour eux-mêmes, sauf 'Asim qui refusa et dit : « Je n'accepte aujourd'hui aucun engagement 129 d'un associateur 130. » Et il invoqua alors : « Ô Allah, je protège aujourd'hui pour Toi Ta religion, protège donc ma chair. » Il se mit à combattre en disant : « Quel est mon prétexte alors que je suis robuste, habile, Alors que l'arc a une corde et des flèches acérées, Un arc jaune de nab' 131 dont les nœuds sont solides, Les pointes de flèches ont quitté sa surface ? Si je ne vous combats pas, que ma mère soit privée de moi ! La mort est vérité et la vie est vanité. » Et il dit en s'exhortant lui-même : « Abou Sulayman, et les plumes du siège, Et une perte semblable à la Géhenne embrasée, Quand les flancs tremblent, je ne frémis pas. » Lorsqu'ils l'eurent tué, il fut dans un puits... Cela parce que les Hudhayl voulaient prendre la tête de 'Asim pour la vendre à Sulafa bint Sa'd ibn Shahid, qui avait fait vœu, lorsque son fils fut tué le jour d'Uhud : si elle pouvait avoir la tête de 'Asim, elle boirait du vin dans son crâne. Mais les abeilles 132 l'en empêchèrent. Quand les abeilles firent obstacle entre eux et lui, ils dirent : « Laissez-le jusqu'au soir, afin qu'elles s'en aillent et que nous le prenions. » Alors Allah envoya le torrent qui emporta 'Asim et l'emmena. Or 'Asim avait tué le jour d'Uhud trois hommes de sa famille, tous des chefs de Quraysh ce jour-là, et ils étaient des Banu 'Abd al-Dar. 'Asim était un archer et disait : « Prends-la, je suis Ibn al-Aqlah 133 ! » On apportait les tués, et elle disait chaque fois qu'on lui apportait quelqu'un : « Qui l'a tué ? » Ils disaient : « Nous ne savons pas, mais nous avons entendu un homme dire : Prends-la, je suis Ibn al-Aqlah. » Elle dit : « Il nous a rendus aqlah 134 ! » Et elle jura que si elle pouvait avoir sa tête, elle boirait du vin dans son crâne. Ils voulurent donc couper sa tête pour l'emmener à elle, mais Allah, Puissant et Majestueux, envoya un homme de d'abr 135 et ils ne purent couper sa tête. Quant à Khubayb ibn 'Adi et Zayd ibn al-Dathina, ils furent capturés et amenés à La Mecque. Khubayb fut vendu à l'un des Jumahites 136 contre une esclave noire. 'Uqba ibn 'Adi, l'un des Banu Nawfal ibn 'Abd Manaf, vint lui demander de le lui donner pour le tuer à la place de son frère Tu'ayma ibn 'Adi, car il l'avait tué le jour de Badr. Il refusa de le lui vendre et le lui donna en cadeau. Il le maltraita dans sa captivité, mais Khubayb dit : « Les gens nobles ne traitent pas ainsi leur prisonnier. » Alors ils le sortirent, le traitèrent bien et le confièrent à une femme qui le gardait pendant sa captivité. Lorsqu'on dit : « Tu vas être emmené pour être tué », il dit à la femme : « Donne-moi un rasoir pour que je me nettoie. » Elle le lui donna. Elle avait un petit garçon qui vint vers lui ; il le prit et l'assit près de lui. La femme pensa qu'il voulait le tuer et cria en l'implorant. Il dit : « Je ne trahirais pas. » Il sortit pour être tué. Quand il s'approcha du bois 137, il dit : « Je ne me soucie pas, quand je suis tué en musulman, De quel côté je tombe pour Allah, telle est ma mort. Cela est pour la cause d'Allah ; s'Il veut, Il bénit les membres d'un corps déchiqueté. » Puis il dit : « Laissez-moi faire deux prosternations. » Il fut le premier à les instituer. Puis il dit : « Si vous ne disiez pas que Khubayb a craint la mort, j'aurais ajouté deux prosternations. » Puis il dit alors : « Ô Allah, je ne trouve personne pour transmettre de ma part le salut à Ton Messager ; transmets donc à Ton Messager le salut de ma part. » Ils prétendent que le Prophète, que la prière et la paix soient sur lui, dit : « Et sur lui le salut. » Ses compagnons dirent : « Ô Prophète d'Allah, pour qui ? » Il dit : « Pour votre frère Khubayb ibn 'Adi. » Lorsqu'il fut élevé sur le bois, il se tourna vers l'invocation. Un homme dit : « Quand je le vis voulant invoquer, je me collai au sol 138. » Il dit : « Ô Allah, compte-les exactement et tue-les un par un 139. » L'année ne s'était pas écoulée qu'il n'en restait aucun vivant, sauf cet homme qui s'était collé au sol. Le cheikh 140 dit : Dans l'histoire de 'Asim et Khubayb, il y a d'autres indications : parmi elles, la protection des abeilles pour 'Asim, au point qu'ils ne purent couper sa tête de son corps ; Allah, Puissant et Majestueux, l'honora ainsi en exauçant son invocation lorsqu'il dit : « Ô Allah, je protège aujourd'hui pour Toi Ta religion, protège donc ma chair aujourd'hui. » Il avait fait alliance avec Allah, Puissant et Majestueux, qu'aucun associateur ne le toucherait et qu'il ne toucherait aucun associateur jamais ; il fut fidèle à Allah, et Il le protégea d'eux comme il s'était protégé d'eux de son vivant. C'est un noble signe et une forte indication. Et ce dont Allah honora Khubayb : Il le nourrit de grappes de raisin en une saison où il n'y avait à La Mecque ni grain ni fruit. Cette faveur ressemble à ce qu'Allah, Très-Haut, a raconté au sujet de Marie : « Chaque fois que Zacharie entrait auprès d'elle dans le sanctuaire, il trouvait près d'elle une nourriture » [Coran 3:37]. Et la transmission par Allah de son salut à Son Messager : ce sont deux indications évidentes, dont la possibilité est admise à l'époque de la prophétie, et dont les Ansars 141 tiraient fierté. Ils surnommèrent 'Asim « Hamī al-Dabr » 142. Et certains dirent : « De plus, Allah exauça l'invocation de Khubayb contre eux, au point qu'il ne resta aucun d'eux vivant après un an, sauf l'homme qui s'était collé au sol. » Ceci ne fait pas partie du texte original entendu et n'est pas des paroles du cheikh Abou Nu'aym. Histoire des gens de Bi'r Ma'una 143 440 - Nous a rapporté Sulayman ibn Ahmad : nous a rapporté Isma'il ibn al-Hasan al-Misri : nous a rapporté Ahmad ibn Salih : nous a rapporté Ibn Wahb : m'a informé Yunus d'après Ibn Shihab, d'après 'Abd al-Rahman ibn Ka'b ibn Malik et d'autres, que 'Amir ibn Malik ibn Ja'far, surnommé Mula'ib al-Asinna 144, vint auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, avec un cadeau, alors qu'il était associateur. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, lui proposa l'islam et dit : « Je n'accepte pas le cadeau d'un associateur. » 'Amir ibn Malik dit : « Ô Messager d'Allah, envoie qui tu veux de tes messagers, je leur servirai de protecteur 145. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, envoya donc un groupe parmi lequel se trouvait al-Mundhir ibn 'Amr al-Sa'idi, surnommé « A'naqa li Yamūta » 146 avant le Najd. 'Amir ibn al-Tufayl en entendit parler et mobilisa contre eux les Banu Sulaym, qui le suivirent. Ils les tuèrent à Bi'r Ma'una, sauf 'Amr ibn Umayya al-Damri que 'Amir ibn al-Tufayl captura puis relâcha. Lorsqu'il arriva auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, il l'informa. Alors Hassan ibn Thabit dit, en incitant contre 'Amir ibn al-Tufayl : « Ô fils de la mère des fils, ne vous a-t-il pas effrayés, Alors que vous êtes parmi les sommités des gens du Najd, L'insolence de 'Amir envers Abou Bara' 147, Pour trahir sa protection ? L'erreur n'est pas comme l'intention délibérée. » Alors Rabi'a ibn 'Amir ibn Malik frappa 'Amir ibn al-Tufayl, sous la protection de 'Amir ibn Malik, d'un coup de lance à la cuisse qui le transperça.
441 - Muhammad ibn ‘Umar al-Wāqidī a rapporté, d’après ce que nous a transmis Muhammad ibn al-Ḥasan, al-Ḥasan ibn al-Jahm, al-Ḥusayn ibn al-Faraj, et Muhammad ibn ‘Umar al-Wāqidī : Muṣ‘ab ibn Thābit m’a raconté, d’après Abū al-Aswad, d’après ‘Urwa, qui a évoqué l’histoire d’al-Mundhir ibn ‘Amr et le meurtre par ‘Āmir ibn al-Ṭufayl de Ḥarām ibn Milḥān et de ses compagnons. Il dit : ‘Āmir ibn al-Ṭufayl demanda à ‘Amr ibn Umayya : « Reconnais-tu tes compagnons ? » Il répondit : « Oui. » Il fit alors le tour parmi eux et se mit à l’interroger sur leurs lignées. Puis il dit : « En manques-tu un parmi eux ? » Il répondit : « Je manque un affranchi (mawlā) d’Abū Bakr al-Ṣiddīq, appelé ‘Āmir ibn Fuhayra. » Il demanda : « Quel était son rang parmi vous ? » Je dis : « Il était l’un des meilleurs d’entre nous et l’un des premiers compagnons de notre Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) à embrasser l’islam. » Il dit : « Ne t’informerai-je pas de son sort ? » Et il lui désigna un homme en disant : « Celui-ci le frappa de sa lance, puis retira la lance, et l’homme s’éleva dans le ciel jusqu’à ce que, par Allah, je ne le voie plus. » ‘Amr dit : Je dis alors : « C’était ‘Āmir ibn Fuhayra. » Et celui qui le tua était un homme des Banū Kilāb, appelé Jabbār ibn Salmā. Il rapporta que lorsqu’il le frappa, il l’entendit dire : « J’ai gagné, par Allah ! (Fuztu wa-llāh) » Je me dis en moi-même : « Que signifie sa parole : “J’ai gagné” ? » Il dit : Je vins alors chez al-Ḍaḥḥāk ibn Sufyān al-Kilābī et l’informai de ce qui s’était passé. Il me dit : « Et je l’interrogeai sur sa parole : “J’ai gagné” » Il répondit : « Par le Paradis. » Il dit : Il me proposa alors l’islam, et j’embrassai l’islam, et il m’appela à l’islam à cause de ce que j’avais vu du meurtre de ‘Āmir ibn Fuhayra, de son élévation dans le ciel. Il dit : Al-Ḍaḥḥāk écrivit au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pour l’informer de mon islam et de ce que j’avais vu du meurtre de ‘Āmir. Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit alors : « Les anges ont recouvert son corps et il a été élevé dans les ‘Illiyyīn (les hauteurs du Paradis). » Dans cette histoire, il dit : Abū Barā’ arriva en marchant, alors qu’il était un vieillard décrépit. Il envoya son neveu Labīd ibn Rabī‘a avec un cadeau, un cheval. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) le refusa et dit : « Je n’accepte pas le cadeau d’un associateur (mushrik). Si je l’acceptais, j’accepterais le cadeau d’Abū Barā’. » Labīd dit alors : « Je n’aurais jamais pensé qu’un homme de Muḍar refuserait le cadeau d’Abū Barā’. » Il dit : « Il a envoyé pour te demander de le guérir d’une maladie qu’il avait, la dubayla (abcès). » Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) prit alors une motte de terre (ḥabwa min al-arḍ, c’est-à-dire madara), cracha dedans, puis la lui tendit en disant : « Délaye-la dans de l’eau, puis fais-la-lui boire. » Il fit ainsi, et il guérit. 442 - Fārūq al-Khaṭṭābī nous a raconté, disant : Ziyād ibn al-Khalīl nous a raconté, Ibrāhīm ibn al-Mundhir nous a raconté, Muhammad ibn Fulayḥ nous a raconté, Mūsā ibn ‘Uqba nous a raconté, d’après Ibn Shihāb, dans l’histoire des compagnons du puits de Ma‘ūna, que le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit au sujet d’al-Mundhir ibn ‘Amr, lorsqu’on lui rapporta qu’il était venu sur le lieu du meurtre de Ḥarām ibn Milḥān, qu’il s’était désolidarisé de leur protection (jiwār) et les avait combattus jusqu’à ce qu’il soit tué : « Il s’est avancé pour mourir (a‘naqa li-yamūta). » ‘Urwa ibn al-Zubayr dit : On ne trouva pas le corps de ‘Āmir ibn Fuhayra, et ils considèrent que ce sont les anges qui l’ont recouvert. Le sens de sa parole : « wa-a‘naqa li-yamūta » : il s’est avancé vers la mort en se détournant d’elle. Parmi ce qui s’est passé lors de l’expédition d’al-Muraysī‘ 443 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a raconté, Muhammad ibn ‘Amr ibn Khālid nous a raconté, mon père nous a raconté, Ibn Lahī‘a nous a raconté, Abū al-Aswad nous a raconté, d’après ‘Urwa ibn al-Zubayr, qui évoqua l’expédition d’al-Muraysī‘, qui est l’expédition des Banū al-Muṣṭaliq. Il dit : Lorsque le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) descendit à Baq‘ā’, sur la route de ‘Usfān, les gens laissèrent paître leurs montures, et un vent violent les saisit, dont les gens eurent peur. On dit : « Ô Messager d’Allah, qu’en est-il de ce vent ? » Ils rapportent que le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « Aujourd’hui est mort un hypocrite (munāfiq) d’une grande hypocrisie, et c’est pour cela qu’il a soufflé. Il n’y a aucun mal pour vous de cela, si Allah le veut. » Sa mort fut une cause de colère pour les hypocrites. Le vent s’apaisa à la fin du jour. Les gens rassemblèrent leurs montures, et la chamelle du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) fut perdue. Les hommes coururent à sa recherche. Un homme parmi les hypocrites, qui se trouvait dans un groupe d’Ansār, dit : « Où courent-ils ? » Ses compagnons répondirent : « Ils cherchent la chamelle du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), qui s’est égarée. » L’hypocrite dit alors : « Allah ne l’informe-t-Il donc pas de l’endroit où se trouve sa monture ? » Ses compagnons le désapprouvèrent et dirent : « Qu’Allah te maudisse ! Tu as fait preuve d’hypocrisie ! Pourquoi es-tu sorti alors que cela est dans ton cœur ? » Il dit : « Je suis sorti pour obtenir quelque bien de ce monde. Par ma vie, Muhammad nous informe de choses plus grandes que l’affaire de la chamelle. » Ses compagnons l’insultèrent et dirent : « Par Allah, nous n’avons rien à voir avec toi. Si nous avions su que cela était dans ton cœur, tu ne serais pas resté avec nous une heure. » L’hypocrite resta avec eux un moment, puis se leva et les quitta. Il se dirigea vers le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pour écouter ce qui se disait. Il trouva qu’Allah avait informé le Prophète de son histoire. Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit, tandis que l’hypocrite écoutait : « Un homme parmi les hypocrites s’est réjoui que la chamelle du Messager d’Allah se soit égarée, et il a dit : “Allah ne l’informe-t-Il donc pas de l’endroit où se trouve sa monture ?” Or Allah, Puissant et Majestueux, m’a informé de son emplacement. Nul ne connaît l’inconnaissable (al-ghayb) si ce n’est Allah. Elle se trouve dans ce ravin qui leur fait face, sa longe s’étant accrochée à un arbre. » Ils l’amenèrent. L’hypocrite revint jusqu’au groupe auprès duquel il avait dit ce qu’il avait dit. Les voilà assis à leur place, aucun d’eux ne s’était levé de sa place. Il dit : « Je vous adjure par Allah : quelqu’un parmi vous s’est-il levé de son siège, ou est-il allé trouver Muhammad et l’a-t-il informé de ce que j’ai dit ? » Ils répondirent : « Par Allah, non, et nous ne nous sommes pas levés de ce siège depuis. » Il dit : « J’ai trouvé mon propos chez ces gens. Par Allah, c’est comme si je n’avais embrassé l’islam qu’aujourd’hui, alors que j’étais dans le doute à son sujet. J’atteste qu’il est le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). » Ses compagnons lui dirent : « Va trouver le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et qu’il implore le pardon pour toi. » Ils rapportent qu’il alla trouver le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), reconnut son péché, et le Prophète implora le pardon pour lui. Dans une version de Ḥabīb ibn al-Ḥasan : Lorsqu’ils arrivèrent à Médine, ils trouvèrent que Rifā‘a ibn Zayd ibn al-Tābūt, l’un des Banū Qaynuqā‘, qui était parmi les grands des Juifs et un refuge pour les hypocrites, était mort ce jour-là. Mention de l’expédition (sariyya) qu’il envoya contre Yasīr ibn Rizām le Juif.
444 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Muḥammad ibn 'Amr ibn Khālid al-Ḥarrānī nous a rapporté, mon père nous a rapporté, Ibn Lahī'a nous a rapporté d'après Abū al-Aswad, d'après 'Urwa, qui a dit : "Le Messager d'Allāh 148 a envoyé 'Abd Allāh ibn 'Atīk avec trente cavaliers, parmi lesquels 'Abd Allāh ibn Unays, vers al-Yasīr ibn Rizām le Juif, jusqu'à ce qu'ils l'atteignent à Khaybar. Il était parvenu au Messager d'Allāh que ce dernier rassemblait Ghatafān pour combattre le Messager d'Allāh. Ils vinrent donc à lui et dirent : 'Le Messager d'Allāh nous a envoyés vers toi pour te nommer gouverneur de Khaybar.' Ils ne cessèrent de le tromper jusqu'à ce qu'il vienne avec eux, accompagné de trente cavaliers, chacun ayant un cavalier musulman en croupe. Lorsqu'ils arrivèrent à Qarqara, qui est à six miles de Khaybar, al-Yasīr ibn Rizām le Juif regretta et porta la main à l'épée, l'épée de 'Abd Allāh ibn Unays. 'Abd Allāh ibn Unays s'en aperçut, fit reculer sa monture, sauta à terre, prit le dessus sur al-Yasīr ibn Rizām, le frappa à la jambe et la coupa. Al-Yasīr ibn Rizām sauta, tenant un bâton de shawḥaṭ 149, frappa 'Abd Allāh ibn Unays et lui fit une blessure mā'mūma 150. Chaque homme musulman se tourna vers son compagnon en croupe et le tua, sauf un Juif qui leur échappa par sa rapidité. Aucun musulman ne fut tué. Ils revinrent auprès du Messager d'Allāh, qui cracha dans la blessure de 'Abd Allāh ; elle ne s'infecta pas et ne lui fit pas mal. Histoire de 'Abd Allāh ibn Unays avec Khālid ibn Sufyān al-Hudhalī et le meurtre de Sufyān par 'Abd Allāh 445 - Ḥabīb ibn al-Ḥasan nous a rapporté : Muḥammad ibn Yaḥyā nous a rapporté, Aḥmad ibn Muḥammad ibn Ayyūb nous a rapporté, Ibrāhīm ibn Sa'd nous a rapporté d'après Muḥammad ibn Isḥāq, Muḥammad ibn Ja'far ibn al-Zubayr m'a rapporté d'après Ibn 'Abd Allāh ibn Unays, d'après son père, qui a dit : "Le Messager d'Allāh m'appela et dit : 'Il m'est parvenu qu'Ibn Nubayḥ al-Hudhalī rassemble des gens contre moi pour me combattre ; il est à Nakhlah ou à 'Urana. Va le trouver et tue-le.' Je dis : 'Ô Messager d'Allāh, décris-le-moi pour que je le reconnaisse.' Il dit : 'Quand tu le verras, il te rappellera le diable ; un signe entre toi et lui est que, lorsque tu le verras, tu ressentiras un frisson 151.' Je partis donc, ceignant mon épée, jusqu'à ce que je l'atteigne alors qu'il était avec des femmes cherchant un campement pour elles, à l'heure de l'après-midi. Quand je le vis, je ressentis ce que le Messager d'Allāh m'avait décrit comme un frisson. Je craignis qu'un combat entre lui et moi ne me distraie de la prière, alors je priai en marchant vers lui, faisant des signes de la tête. Quand je l'atteignis, il dit : 'Qui est l'homme ?' Je dis : 'Un homme des Arabes qui a entendu parler de toi et de ton rassemblement contre cet homme ; je suis venu t'aider.' Il dit : 'Oui, nous sommes à cela.' Je marchai un peu avec lui jusqu'à ce que je puisse l'atteindre ; alors je le frappai de mon épée jusqu'à le tuer. Puis je partis, laissant ses femmes penchées sur lui. Quand je revins auprès du Messager d'Allāh, il me vit et dit : 'Le visage a réussi.' Je dis : 'Je l'ai tué, ô Messager d'Allāh.' Il dit : 'Tu as dit vrai.' Puis le Messager d'Allāh se leva avec moi, entra dans sa maison et me donna un bâton en disant : 'Prends ce bâton, ô 'Abd Allāh ibn Unays.' Je sortis avec lui vers les gens, qui dirent : 'Qu'est-ce que ce bâton ?' Je dis : 'Le Messager d'Allāh me l'a donné et m'a ordonné de le prendre.' Ils dirent : 'Ne retournerais-tu pas vers lui pour lui demander pourquoi ?' Je retournai donc vers lui et dis : 'Ô Messager d'Allāh, pourquoi m'as-tu donné ce bâton ?' Il dit : 'Un signe entre moi et toi au Jour de la Résurrection : les premiers à se ceindre 152 ce jour-là.' 'Abd Allāh l'attacha à son épée et il resta avec lui jusqu'à sa mort ; il ordonna qu'il soit placé avec lui dans son linceul, et ils furent enterrés ensemble. Mention de ce qui s'est passé lors de la conquête de La Mecque 446 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté de mémoire : Muḥammad ibn Yūnus al-'Uṣfurī nous a rapporté, Aḥmad ibn Thābit al-Jaḥdarī nous a rapporté, 'Amr ibn Ṣāliḥ, juge de Rāmhurmuz, nous a rapporté, 'Abd Allāh ibn 'Umar nous a rapporté d'après Nāfi', d'après Ibn 'Umar, qui a dit : "Le Messager d'Allāh s'arrêta le jour de la conquête de La Mecque ; autour de la Maison 153 se trouvaient trois cent soixante idoles que les diables avaient fixées avec du plomb et du cuivre. Chaque fois qu'il s'approchait d'elles avec son bâton 154, elles tombaient sans qu'il les touche, et il disait : 'La vérité est venue et le mensonge a disparu ; certes le mensonge est destiné à disparaître' 155. Elles tombèrent sur leurs faces. Puis il ordonna qu'elles soient emportées vers le ravin. 447 - Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Ḥasan nous a rapporté : 'Amr ibn Ayyūb nous a rapporté, Muḥammad ibn Ḥumayd nous a rapporté, Salama ibn al-Faḍl nous a rapporté d'après Muḥammad ibn Isḥāq, d'après 'Abd Allāh ibn Abī Bakr ibn 'Amr ibn Ḥazm, d'après 'Alī ibn 'Abd Allāh, d'après Ibn 'Abbās, qui a dit : "Le Messager d'Allāh entra le jour de la conquête de La Mecque ; autour de la Maison se trouvaient trois cent soixante idoles, et dans la main du Messager d'Allāh se trouvait une baguette. Il commença à pointer vers elles et à dire : 'La vérité est venue et le mensonge a disparu ; certes le mensonge est destiné à disparaître' et 'Dis : la vérité est venue, et le mensonge ne commence ni ne recommence' 156. Elles se mirent à tomber sur le dos sans qu'il les touche. Mention de ce qui s'est passé lors de l'expédition de Tabūk 448 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : 'Alī ibn 'Abd al-'Azīz nous a rapporté, 'Affān nous a rapporté, Wuhaīb nous a rapporté, 'Amr ibn Yaḥyā al-Māzinī nous a rapporté, 'Abbās ibn Sa'd al-Sā'idī nous a rapporté d'après Abū Ḥumayd al-Sā'idī, qu'Allāh l'agrée, qui a dit : "Nous sortîmes avec le Messager d'Allāh l'année de Tabūk jusqu'à ce que nous arrivions à Wādī al-Qurā. Il y avait une femme dans son jardin. Le Messager d'Allāh dit à ses compagnons : 'Estimez sa production.' Les gens estimèrent, et le Messager d'Allāh estima dix wasq 157. Le Messager d'Allāh dit à la femme : 'Compte ce qui en sortira jusqu'à ce que je revienne vers toi, si Allāh le Très-Haut le veut.' Le Messager d'Allāh partit jusqu'à Tabūk et dit : 'Un vent violent va souffler sur vous ; que personne ne se lève pendant qu'il souffle, et que celui qui a un chameau attache son licou.' Abū Ḥumayd dit : 'Nous attachâmes les chameaux. Pendant la nuit, un vent violent souffla ; des hommes se levèrent et le vent les jeta dans les montagnes de Tayyi'.' Puis le Prophète revint et nous revînmes avec lui jusqu'à Wādī al-Qurā. Il dit à la femme : 'Combien ton jardin a-t-il donné ?' Elle dit : 'Dix wasq, selon l'estimation du Messager d'Allāh.'"
449 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : al-Hasan ibn al-Jahm nous a rapporté : al-Husayn ibn al-Faraj nous a rapporté : Muhammad ibn 'Umar al-Waqidi m'a rapporté d'après Ibn Abi Sabra, d'après Musa ibn Sa'id, d'après al-'Irbad ibn Sariya qui a dit : « Je restais assidûment à la porte du Messager d'Allah 158, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, que ce fût en résidence ou en voyage. Une nuit, alors que nous étions à Tabuk 159, nous fûmes éprouvés par un besoin et nous revînmes à la demeure du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Il m'avait envoyé, moi et ceux de ses hôtes qui étaient avec lui, alors que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, voulait entrer dans sa tente 160 avec son épouse Umm Salama. Lorsque je me présentai devant lui, il dit : “Où étais-tu depuis cette nuit ?” Je l'en informai. Puis Ji'al ibn Suraqa et 'Abdullah ibn Mughaffal al-Muzani survinrent ; nous étions trois, tous affamés, ne vivant qu'à la porte du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, entra et chercha quelque chose à manger, mais ne trouva rien. Il sortit vers nous et appela Bilal : “Ô Bilal, y a-t-il un dîner pour ces gens ?” Il répondit : “Par Celui qui t'a envoyé avec la vérité, nous avons vidé nos besaces et nos outres.” Il dit : “Regarde, peut-être trouveras-tu quelque chose.” Il prit les besaces et les secoua une par une ; des dattes tombèrent, une ou plusieurs, jusqu'à ce que je visse dans sa main sept dattes. Puis il demanda un plat, y plaça les dattes, posa sa main sur elles, prononça le nom d'Allah 161 et dit : “Mangez au nom d'Allah.” Nous mangeâmes, et je comptai cinquante-quatre dattes, les dénombrant une à une, et je mettais leurs noyaux dans mon autre main ; mes deux compagnons faisaient de même. Nous fûmes rassasiés, chacun de nous ayant mangé cinquante dattes. Puis, lorsque nous levâmes nos mains, voilà que les sept dattes étaient comme elles étaient. Il dit : “Ô Bilal, emporte-les, car nul n'en mangera sans en être rassasié.” Il dit : « Alors que nous étions autour de la tente du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui – et il avait l'habitude de prier la nuit 162 –, il se leva cette nuit-là pour prier. Lorsque l'aube parut, il se leva et fit les deux rak'as de l'aube 163. Bilal fit l'appel à la prière 164 et l'iqama 165, puis le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, pria avec les gens. Ensuite, il se rendit à l'entrée de sa tente, s'assit, et nous nous assîmes autour de lui. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : “Voulez-vous prendre le petit-déjeuner ?” Al-'Irbad dit : « Je me disais en moi-même : “Quel petit-déjeuner ?” Il appela Bilal avec les dattes, posa sa main sur elles dans le plat, puis dit : “Mangez au nom d'Allah.” Nous mangeâmes – par Celui qui l'a envoyé avec la vérité – jusqu'à être rassasiés, alors que nous étions dix. Puis ils levèrent leurs mains, rassasiés, et voilà que les dattes étaient comme elles étaient. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : “Si je n'avais pas honte devant mon Seigneur, nous aurions mangé de ces dattes jusqu'à atteindre Médine, tous jusqu'au dernier.” Un jeune garçon se présenta à eux ; le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, prit les dattes avec sa main et les lui donna. Le garçon s'en alla en les mâchant. »
- āyāt : Signes, miracles, preuves divines.
- ghazawāt : Expéditions militaires menées par le Prophète en personne.
- sarāyā : Détachements militaires envoyés par le Prophète sans sa participation directe.
- aḥwāl : États spirituels ou circonstances.
- muʿjiza : Miracle, acte extraordinaire prouvant la prophétie.
- nubuwwa : Prophétie, fonction prophétique.
- sharīʿa : Loi religieuse islamique.
- Shām : Région du Levant (Syrie, Palestine, Jordanie, Liban actuels).
- al-ṭāʾifatayn : Les deux groupes : la caravane ou l'armée mecquoise.
- diʿṣa : Dune de sable mouvant, terrain sablonneux instable.
- mujannibīn : En état d'impureté rituelle (janāba), ne pouvant prier valablement.
- shaqāʾ : Malédiction, infortune éternelle, opposé à saʿāda (félicité).
- ṣabawta : As-tu apostasié ? Littéralement 'as-tu incliné (vers une autre religion) ?'
- raḥim dābba : Fœtus d'animal, placenta ou membrane fœtale.
- qutila ṣabran : Exécuté après capture, mis à mort en captivité.
- Ḥayzūm : Nom du cheval de l'ange Gabriel, ou cri de guerre angélique.
- Badr : Bataille de Badr, première grande bataille entre les musulmans de Médine et les Qurayshites de La Mecque, en l’an 2 de l’Hégire.
- khayl bulq : Chevaux pies, c’est-à-dire à robe blanche tachée de noir, souvent associés aux anges dans les récits islamiques.
- ṭunub al-ḥujrah : Corde de la tente ou de la chambre ; désigne ici la corde qui maintient la toile de la tente.
- Ḥunayn : Bataille de Ḥunayn, qui eut lieu en l’an 8 de l’Hégire, après la conquête de La Mecque.
- mushrikīn : Associateurs, polythéistes ; terme désignant ceux qui associent d’autres divinités à Allāh.
- qibla : Direction de la prière, vers la Kaaba à La Mecque.
- murdifīn : Se succédant, les uns après les autres ; ou renforçant, selon les exégèses.
- Ḥayzūm : Nom du cheval de l’ange Gabriel, selon certaines traditions.
- Anṣārī : Auxiliaire ; musulman de Médine ayant accueilli et soutenu le Prophète après l’Hégire.
- ḥalālan ṭayyiban : Licite et pur ; expression coranique désignant les nourritures permises.
- ūqiyya : Once ; unité de poids valant environ 40 dirhams (environ 125 grammes d’argent ou d’or).
- al-Ḥijr : Espace semi-circulaire attenant à la Kaaba, considéré comme faisant partie de la Maison sacrée.
- Ahl al-Qalīb : Les gens du puits : désigne les polythéistes tués à Badr et jetés dans un puits.
- al-Anṣār : Les Auxiliaires : habitants de Médine ayant accueilli et soutenu le Prophète et les émigrés mecquois.
- An‘imū ṣabāḥan : Salutation préislamique signifiant 'Que vous soyez en paix le matin'.
- al-Jāhiliyya : Période préislamique caractérisée par l'ignorance religieuse et les pratiques païennes.
- al-Salām : Salutation islamique 'Que la paix soit sur vous'.
- Shahādat al-Ḥaqq : L'attestation de foi : 'Il n'y a de dieu que Dieu et Muhammad est Son messager'.
- al-Mighfar : Heaume ou casque protégeant la tête et le visage.
- al-Shi‘b : Ravin ou défilé montagneux, ici le ravin d'Uhud où le Prophète s'est réfugié.
- al-Ḥarba : Lance courte ou javelot utilisé comme arme de jet ou de pointe.
- muqanna‘an fī al-ḥadīd : Littéralement « couvert de fer », c’est-à-dire portant une armure complète, y compris un casque ou une visière.
- sābighat al-dir‘ wa al-bayḍa : La cotte de mailles (dir‘) et le casque (bayḍa) ; l’ouverture (furja) entre les deux désigne l’espace au niveau du cou.
- Dhū al-Majāz : Un marché et une localité près de La Mecque, fréquentés à l’époque préislamique.
- ḥabl al-‘ātiq : La clavicule, ou plus précisément le muscle ou le tendon de l’épaule.
- junub : État d’impureté majeure nécessitant une ablution complète (ghusl), généralement après un rapport sexuel.
- al-hā‘i‘a : L’appel à la mobilisation ou le cri de rassemblement pour le combat.
- ajnaba minhā : Il a eu un rapport sexuel avec elle, devenant ainsi en état d’impureté majeure (junub).
- mā’ al-muzn : Eau de pluie, littéralement « eau des nuages ».
- al-ḥayyān : Les deux tribus, à savoir al-Aws et al-Khazraj, les deux principales tribus médinoises.
- Ḥanẓala ibn al-Rāhib : Surnom de Ḥanẓala ibn Abī ‘Āmir, son père étant appelé « le moine » (al-rāhib) en raison de sa pratique ascétique avant l’islam.
- al-dabr : Les abeilles ; selon certains récits, des abeilles ou des guêpes auraient protégé le corps de ‘Āṣim ibn Thābit après sa mort.
- jama‘ū al-Qur’ān : Ils ont rassemblé le Coran, c’est-à-dire qu’ils l’ont mémorisé intégralement du vivant du Prophète.
- taḥta jafnihi : Sous sa paupière, indiquant que leurs yeux étaient lourds de sommeil.
- amanatan : Sécurité, tranquillité ; le verset complet : « Lorsqu’Il vous enveloppa de sommeil comme d’une sécurité de Sa part » (Coran 8:11).
- amanatan nu‘āsan : Une sécurité, un sommeil ; le verset complet : « Puis Il fit descendre sur vous, après l’angoisse, une sécurité, un sommeil qui enveloppa une partie d’entre vous » (Coran 3:154).
- yaghīṭṭūna : Ils ronflent ou émettent des bruits de respiration profonde pendant le sommeil.
- ḥajaf : Boucliers en cuir ou en osier.
- Anṣār : Les 'Auxiliaires' : habitants de Médine qui ont accueilli et soutenu le Prophète Muḥammad après l'Hégire.
- janāba : État d'impureté majeure nécessitant une ablution complète (ghusl), généralement après un rapport sexuel ou une émission de sperme.
- Rasūl Allāh : Le Messager d'Allāh, titre de Muḥammad.
- Abū al-Qāsim : Surnom de Muḥammad, signifiant 'père de Qāsim', son fils aîné.
- Quraysh : Tribu arabe de La Mecque à laquelle appartenait Muḥammad.
- Aws : Tribu arabe de Médine, alliée des Banū al-Naḍīr.
- Khazraj : Tribu arabe de Médine, rivale des Aws.
- Yathrib : Ancien nom de Médine.
- al-Shaʿthā’ : Surnom d'une femme, littéralement 'celle aux cheveux ébouriffés'.
- Banū al-Naḍīr : Tribu juive de Médine.
- ḥanīfisme : Religion monothéiste primitive, souvent associée à Abraham.
- āya : Signe ou miracle prophétique.
- lāma : Terme désignant un type de charge ou de bagage.
- kanīsa : Lieu de culte juif, synagogue.
- yata'allahu : Il pratiquait l'ascèse et la dévotion, se consacrant à Dieu.
- Ibn al-Hayyabān : Nom d'un savant juif, peut-être une variante de 'Ibn al-Hayyaban'.
- ḥarra : Champ de lave, terrain volcanique typique de Médine.
- Kitāb Bāṭā : Livre de Bata, peut-être une copie de la Torah conservée par la famille de Bata.
- al-Mathānī : Terme désignant des parties de la Torah ou des écrits juifs, ici considérés comme altérés.
- Isrā'īlī : Juif, descendant d'Israël.
- al-Shaykh : Le cheikh, désignant l'auteur ou le compilateur du récit.
- Ghazwat al-Khandaq : Expédition du Fossé, bataille de la Tranchée (5 H).
- al-Madā'in : Ctésiphon, capitale de l'empire sassanide.
- ṣallā llāhu ʿalayhi wa-sallam : Formule de bénédiction sur le Prophète Muhammad, signifiant « qu’Allah prie sur lui et le salue ».
- al-Aḥzāb : Les Coalisés, désignant les tribus arabes alliées contre Médine lors de la bataille du Fossé (5 H).
- hāʾulāʾi : Ceux-là, désignant les troupes coalisées ennemies.
- labbayka : Formule de réponse signifiant « me voici prêt à te servir ».
- lā tuḥdithanna ḥadathan : Ne commets aucun acte, c'est-à-dire ne prends aucune initiative, ne fais rien de plus que ce qui t'est ordonné.
- aḥlās : Pluriel de ḥils, désignant les selles ou les couvertures de selle.
- ḥammām : Bain public chauffé, indiquant une sensation de chaleur malgré le froid extérieur.
- aṭnāb : Cordes des tentes, ici les cordes des campements ennemis.
- ʿayn : Espion, littéralement « œil ».
- Hawāzin : Tribu arabe, ici un homme de cette tribu.
- thanāyā : Les dents de devant, les incisives.
- fa-arsalnā ʿalayhim rīḥan wa-junūdan : Coran, sourate 33 (al-Aḥzāb), verset 9.
- al-shaykh : Le cheikh, désignant probablement l'auteur du recueil ou un commentateur.
- al-ṣabā : Vent d'est, considéré comme favorable et porteur de secours.
- ʿĀd : Ancienne tribu arabe anéantie par un vent violent, mentionnée dans le Coran.
- al-dabūr : Vent d'ouest, souvent associé à la destruction.
- al-Khandaq : Le Fossé, bataille de la Tranchée (5 H).
- Badr : Bataille de Badr (2 H), première grande victoire des musulmans.
- tasbigha : Casque ou coiffe de protection en métal.
- mighfar : Casque, synonyme de tasbigha.
- taḥarruf : Détournement, mouvement de côté, peut-être pour fuir ou pour manœuvrer.
- Ibn al-ʿAriqa : Surnom signifiant « fils de la veine », peut-être en référence à une veine du bras.
- ʿarraqa : Rendre purulent, faire suinter du pus.
- al-akḥal : Veine du bras, la veine médiane ou basilique.
- tuqirra ʿaynī : Réjouir mes yeux, expression signifiant « me donner satisfaction ».
- Banū Qurayẓa : Tribu juive de Médine, alliée des Qurayshites, châtiée après la bataille du Fossé.
- mushrikūn : Associateurs, polythéistes qui associent d'autres divinités à Allah.
- Banū Ghanm : Tribu ou clan de Médine.
- Jibrīl : L'ange Gabriel, messager divin.
- ʿurf birdhawnihi : Crinière de son cheval de bât ou de sa monture.
- Diḥya al-Kalbī : Compagnon du Prophète, connu pour sa beauté, souvent pris pour l'ange Gabriel.
- Rasūl Allāh : Messager d'Allāh, titre de Mahomet.
- Yawm al-Aḥzāb : Jour des Coalisés, désignant la bataille du Fossé (5 H).
- bayḍatihim : Leur base, littéralement 'leur œuf', métaphore pour le centre ou le foyer.
- Ḥamrā' al-Asad : Localité située à environ 8 miles de Médine.
- istajmara : Se purifier avec des pierres ou du bois odorant après la satisfaction des besoins.
- ṣalāt al-ʿaṣr : Prière de l'après-midi, troisième des cinq prières obligatoires.
- ḥajafa : Bouclier en cuir ou en bois.
- Abū al-Qāsim : Surnom du Prophète Mahomet, signifiant 'père de Qāsim'.
- Ghazwat ar-Rajīʿ : Expédition d'ar-Rajīʿ, une expédition militaire en 4 H.
- sariyya ʿaynan : Troupe de reconnaissance ou d'éclaireurs.
- Yathrib : Ancien nom de Médine avant l'islam.
- fadfad : Colline rocheuse ou terrain pierreux.
- Yawm Badr : Bataille de Badr, première grande bataille de l'islam (2 H).
- mūsā : Rasoir ou couteau.
- yastaḥidda : Se raser les poils pubiens ou s'épiler.
- al-ḥaram : Le sanctuaire de La Mecque, zone sacrée où le sang ne doit pas être versé.
- rakʿa : Unité de prière comprenant inclinaison et prosternation.
- ad-dabr : Abeilles ou guêpes.
- al-khashaba : Le bois, désignant la croix ou le poteau de crucifixion.
- amān : Sauvegarde, protection accordée à un ennemi qui se rend, garantissant sa sécurité.
- 'ahd : Engagement, pacte, contrat ; ici, promesse de protection de la part des associateurs.
- mushrik : Associateur, polythéiste ; celui qui associe d'autres divinités à Allah.
- nab' : Arbre dont le bois est utilisé pour fabriquer des arcs, réputé pour sa qualité.
- dabr : Abeilles ; selon certains commentaires, il s'agit d'un essaim d'abeilles envoyé par Allah pour protéger le corps de 'Asim.
- Ibn al-Aqlah : Surnom de 'Asim ibn Thabit, signifiant 'fils de la femme aux dents écartées' ou 'fils de celle qui a les dents écartées' ; peut-être une référence à sa mère ou à une caractéristique.
- aqlah : Féminin de 'aqla' (aux dents écartées) ; ici, jeu de mots sur le surnom de 'Asim, signifiant qu'il les a 'rendus écartés' ou 'humiliés'.
- dabr : Ici, peut-être une variante de 'dabr' (abeilles) ou un nom propre ; certains commentaires y voient un homme ou un ange.
- Jumahī : Membre de la tribu des Banu Jumah, une branche de Quraysh.
- khashaba : Bois, poteau ; désigne le bois sur lequel on crucifiait ou attachait le condamné avant de le tuer.
- labadtu bi-l-arḍ : Je me suis collé au sol, je me suis aplati par terre pour éviter d'être vu ou touché par l'invocation.
- badad : Un par un, séparément ; ou dispersés, en groupes distincts.
- al-shaykh : Le cheikh ; ici, il s'agit probablement d'Abou Nu'aym al-Isfahani, l'auteur du recueil de hadiths.
- Anṣār : Les 'Auxiliaires' ; habitants de Médine qui ont soutenu le Prophète Muhammad après l'Hégire.
- Ḥamī al-Dabr : Surnom signifiant 'le protecteur des abeilles' ou 'celui qui est protégé par les abeilles'.
- Bi'r Ma'una : Puits de Ma'una ; lieu situé entre La Mecque et Médine où eut lieu une expédition meurtrière contre des missionnaires musulmans.
- Mulā'ib al-Asinna : Surnom de 'Amir ibn Malik, signifiant 'celui qui joue avec les lances' ou 'le joueur de lances', en raison de sa bravoure.
- jār : Protecteur, voisin qui accorde sa protection ; ici, 'Amir ibn Malik promet d'être le garant de la sécurité des envoyés.
- A'naqa li Yamūta : Surnom d'al-Mundhir ibn 'Amr, signifiant 'il a allongé le cou pour mourir' ou 'il s'est avancé pour mourir', en raison de son courage.
- Abū Barā' : Surnom de 'Amir ibn Malik, signifiant 'père de l'innocence' ou 'père de la bénédiction'.
- Rasūl Allāh : Le Messager d'Allāh, titre de Mahomet.
- shawḥaṭ : Arbre épineux utilisé pour fabriquer des bâtons.
- mā'mūma : Blessure à la tête atteignant la membrane du cerveau.
- qu sha'rīra : Frisson ou chair de poule, signe de peur ou de répulsion.
- al-mutakhaṣṣirūn : Ceux qui se ceignent, portant une ceinture ou un bâton à la taille.
- al-Bayt : La Ka'ba, la Maison sacrée à La Mecque.
- mikhṣara : Bâton ou canne utilisé par le Prophète.
- Jā'a al-ḥaqq wa zahaqa al-bāṭil : Coran, sourate al-Isrā' (17:81).
- Qul jā'a al-ḥaqq wa mā yubdi'u al-bāṭil wa mā yu'īd : Coran, sourate Saba' (34:49).
- wasq : Mesure de capacité équivalant à environ 60 ṣā' (environ 130-150 kg).
- Rasul Allah : Le Messager d'Allah, titre donné au prophète Muhammad.
- Tabuk : Localité au nord-ouest de l'Arabie, lieu de l'expédition de Tabuk en l'an 9 de l'Hégire.
- qubba : Tente ou dôme, désignant ici la tente du Prophète.
- samma Allah : Il a prononcé le nom d'Allah, formule de bénédiction (Bismillah).
- tahajjud : Prière surérogatoire de la nuit, effectuée après le sommeil.
- rak'atay al-fajr : Les deux rak'as surérogatoires avant la prière obligatoire de l'aube.
- adhan : Appel à la prière.
- iqama : Second appel qui annonce le début imminent de la prière en congrégation.
Chapitre vingt-cinq : Mention de ce qui s'est produit comme signes lors de ses…
Chapitre vingt-cinq : Mention de ce qui s'est produit comme signes lors de ses expéditions et de ses détachements, que nous avons classés de l'expédition de Badr à celle de Tabuk, en montrant le lieu de l'indication et l'aspect du signe en chacun. Et dans tout cela, une preuve de ce que nous avons dit, à savoir que rien de ses états [1] n'était dépourvu d'un signe témoignant pour lui et d'un miracle se manifestant.
450 - Ahmad ibn Ja'far ibn Malik nous a rapporté : 'Abdullah ibn Ahmad ibn Hanbal nous a dit : mon père m'a rapporté : 'Abd al-Rahman ibn Mahdi et Rawh nous ont dit : Malik nous a rapporté d'après Abu al-Zubayr, d'après Abu al-Tufayl 'Amir ibn Wathila, que Mu'adh ibn Jabal l'a informé qu'ils étaient sortis avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, vers Tabuk, et que le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, réunissait le zuhr 1 et le 'asr 2, et le maghrib 3 et le 'isha' 4 ensemble. Puis il dit : « Vous arriverez demain, si Allah le veut, à la source de Tabuk, et vous y arriverez au moment où le jour sera bien levé. Que celui qui y parvient ne touche rien de son eau jusqu'à ce que je vienne. » Nous y vînmes, et deux hommes nous avaient devancés ; la source était comme un lacet 5 suintant un peu d'eau. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, leur demanda : « Avez-vous touché quelque chose de son eau ? » Ils dirent : « Oui. » Alors le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, les réprimanda et leur dit ce qu'Allah voulut qu'il leur dise. Puis ils puisèrent de la source avec leurs mains, peu à peu, jusqu'à ce que l'eau se rassemblât dans un récipient. Ensuite, le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, s'y lava le visage et les mains, puis la reversa dans la source, et la source se mit à couler abondamment. Les gens puisèrent, puis le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, dit : « Ô Mu'adh, si ta vie se prolonge, tu verras bientôt ici une eau qui aura rempli des jardins 6. » 451 - Habib ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn Yahya nous a dit : Ahmad ibn Muhammad ibn Ayyub nous a dit : Ibrahim ibn Sa'd nous a rapporté d'après Muhammad ibn Ishaq, d'après 'Abdullah ibn Abi Bakr ibn 'Ayyash ibn Sahl, qui a dit : Les gens se réveillèrent sans eau avec eux, et ils se plaignirent au Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui. Il invoqua Allah, Puissant et Majestueux, qui envoya un nuage qui fit pleuvoir jusqu'à ce que les gens fussent rassasiés et eussent pris leur besoin d'eau. 452 - Muhammad ibn Ahmad ibn Hamdan nous a rapporté : al-Hasan ibn Sufyan nous a dit : Harmala ibn Yahya nous a dit : 'Abdullah ibn Wahb nous a dit : 'Amr ibn al-Harith m'a informé d'après Ibn Abi Hilal, d'après 'Utba ibn Abi 'Utba, d'après Nafi' ibn Jubayr, d'après 'Abdullah ibn 'Abbas, qu'il a dit : On dit à 'Umar ibn al-Khattab : « Raconte-nous quelque chose de l'heure de la détresse 7. » 'Umar dit : « Je sortis avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, vers Tabuk, par une chaleur intense. Nous fîmes halte dans un lieu où la soif nous saisit au point que nous crûmes que nos nuques allaient se rompre ; l'homme en venait à égorger son chameau, à presser sa panse 8 et à la boire, puis à mettre le reste sur son foie. Abu Bakr dit : 'Ô Messager d'Allah, Allah, Puissant et Majestueux, t'a habitué à être exaucé dans l'invocation ; invoque donc ton Seigneur pour nous.' Il dit : 'Aimes-tu cela ?' Il dit : 'Oui.' Alors il leva les mains et ne les abaissa pas jusqu'à ce que le ciel se mit à bruire, puis s'assombrit ; puis il se tut, et ils remplirent ce qu'ils avaient avec eux. Ensuite nous allâmes regarder, et nous ne trouvâmes pas qu'elle eût dépassé le camp.' 453 - Habib ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn Yahya al-Marwazi nous a dit : Ahmad ibn Muhammad ibn Ayyub nous a dit : Ibrahim ibn Sa'd nous a rapporté d'après Muhammad ibn Ishaq, qui a dit : Al-Zuhri, Yazid ibn Ruman, 'Abdullah ibn Abi Bakr, 'Asim ibn 'Amr ibn Qatada et d'autres parmi nos savants nous ont rapporté : Lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, passa par al-Hijr 9, il y descendit et les gens puisèrent de son puits. Quand ils en partirent, le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, dit aux gens : « Ne buvez rien de son eau et ne faites pas d'ablutions avec pour la prière ; quant à la pâte que vous avez pétrie, donnez-la en nourriture aux chameaux et n'en mangez rien. » Et il dit : « Que personne parmi vous ne sorte cette nuit sans un compagnon. » Les gens firent ce que le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, leur avait ordonné, sauf que deux hommes des Banu Sa'ida sortirent : l'un pour son besoin, et l'autre à la recherche de son chameau. Quant à celui qui était sorti pour son besoin, il fut étouffé sur son lieu ; quant à celui qui était parti à la recherche de son chameau, le vent l'emporta et le jeta sur les deux montagnes de Tayy'. On informa le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, de cela, et il dit : « Ne vous avais-je pas interdit qu'un homme sorte sans un compagnon ? » Puis il invoqua pour celui qui avait été frappé sur son lieu, et il fut guéri. Quant à l'autre, qui était tombé sur les deux montagnes de Tayy', les Tayy' l'offrirent en cadeau au Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, lorsqu'il arriva à Médine. Le cheikh 10 dit : « Et ce que al-Waqidi a mentionné dans cette expédition comme preuves 11. »
454 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : al-Hasan ibn al-Jahm nous a rapporté : al-Husayn ibn al-Faraj nous a rapporté : Muhammad ibn 'Umar 12 nous a rapporté que 'Abd Allah Dhu al-Bijadayn 13, de la tribu de Muzayna, était un orphelin sans biens, son père étant mort sans lui laisser d'héritage. Son oncle paternel était un homme généreux ; il le prit et le prit en charge jusqu'à ce qu'il devienne aisé, possédant chameaux, moutons et esclaves. Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) arriva à Médine, son âme aspira à l'islam, mais il ne pouvait y parvenir à cause de son oncle, jusqu'à ce que les années passent et que toutes les expéditions aient lieu. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) revint de la conquête de La Mecque 14 vers Médine. 'Abd Allah Dhu al-Bijadayn dit à son oncle : « Ô mon oncle, j'ai attendu que tu embrasses l'islam, mais je ne te vois pas vouloir (suivre) Muhammad. Permets-moi donc d'embrasser l'islam. » Il répondit : « Par Allah, si tu suis Muhammad, je ne te laisserai rien de ce que je t'ai donné sans te le reprendre. » 'Abd al-'Uzza 15 – tel était son nom à l'époque – dit : « Eh bien, par Allah, je suivrai Muhammad et j'abandonnerai l'adoration de la pierre. Voici ce que j'ai entre les mains, prends-le. » Il reprit tout ce qu'il lui avait donné, jusqu'à le dépouiller de son pagne 16. Il alla alors trouver sa mère, qui lui donna un vêtement rayé 17 qu'elle possédait, pour deux (pièces) ; il s'en ceignit d'un et se drapa de l'autre. Puis il se dirigea vers Médine et s'allongea dans la mosquée sous la chaleur. Ensuite, le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) pria, puis il se mit à observer les gens après avoir terminé la prière de l'aube. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le regarda et dit : « Qui es-tu ? » Il répondit : « Je suis 'Abd al-'Uzza. » Il dit : « Tu es 'Abd Allah Dhu al-Bijadayn. » Puis il dit : « Installe-toi près de moi. » Il devint l'un des hôtes du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), qui lui enseignait le Coran jusqu'à ce qu'il en récite une grande partie. Les gens se préparaient pour l'expédition de Tabuk 18. C'était un homme à la voix forte ; il se levait dans la mosquée et élevait la voix en récitant. 'Umar dit : « Ô Messager d'Allah, n'entends-tu pas la voix de ce bédouin qui élève la voix avec le Coran ? Il a empêché les gens de réciter. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Laisse-le, ô 'Umar, car il est sorti émigré 19 vers Allah et Son Messager. » Lorsqu'ils partirent pour Tabuk, il dit : « Ô Messager d'Allah, invoque pour nous le martyre. » Il dit : « Cherche-moi l'écorce d'un arbre. » Il la chercha, et le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) l'attacha à son bras 20 et dit : « Ô Allah, je déclare son sang interdit aux mécréants. » Il dit : « Ô Messager d'Allah, ce n'est pas ce que je voulais. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Si tu sors en campagne dans le sentier d'Allah et qu'une fièvre te prend et te tue, tu es un martyr ; ou si ta monture te désarçonne et te tue, tu es un martyr. Peu importe laquelle des deux survient. » Lorsqu'ils descendirent à Tabuk, ils y séjournèrent quelques jours, puis 'Abd Allah Dhu al-Bijadayn mourut. Bilal ibn al-Harith al-Muzani disait : « J'étais présent auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), et avec Bilal le muezzin 21 se trouvait une torche de feu près de la tombe. Et voici que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) était dans la tombe, tandis qu'Abu Bakr et 'Umar le descendaient vers le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), et il disait : « Descendez vers moi votre frère. » Lorsqu'il l'eut installé dans sa niche dans le caveau 22, il dit : « Ô Allah, je suis le soir satisfait de lui, sois donc satisfait de lui. » Ibn Mas'ud dit : « Plût à Allah que j'eusse été le compagnon du caveau ! » 455 - Habib ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn Yahya al-Marwazi nous a rapporté : Ahmad ibn Muhammad ibn Ayyub nous a rapporté : Ibrahim ibn Sa'd nous a rapporté, d'après Muhammad ibn Ishaq, qui a dit : Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) arriva à Tabuk, il appela Khalid ibn al-Walid et l'envoya à Ukaydir de Duma 23. Ukaydir ibn 'Abd al-Malik était un homme de Kinda, roi de cette région, et il était chrétien. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit à Khalid : « Tu le trouveras en train de chasser des vaches sauvages 24. » Khalid partit donc, jusqu'à ce qu'il fût à portée de vue de son fort, par une nuit claire et éclairée par la lune, alors qu'il était sur sa terrasse avec sa femme. Les vaches vinrent frotter leurs cornes contre la porte du palais. Sa femme lui dit : « As-tu jamais vu pareille chose ? » Il dit : « Non. Et qui laisserait cela ? » Elle dit : « Personne. » Il descendit, ordonna de seller son cheval, monta, et monta avec lui un groupe de sa famille, parmi lesquels un frère nommé Hassan. Ils montèrent et sortirent avec leurs lances de chasse. Lorsqu'ils sortirent, la cavalerie du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) les rencontra, le captura et tua son frère Hassan. Il portait une tunique de brocart 25 ornée d'or ; Khalid la prit et l'envoya au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Puis Khalid amena Ukaydir au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), qui lui épargna la vie et conclut un pacte avec lui pour le paiement de la capitation 26, puis le libéra. Il retourna dans son village. Un homme de Tayy, nommé Bujayr ibn Bajara, dit, mentionnant la parole du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à Khalid : « Tu le trouveras en train de chasser des vaches sauvages », et ce que firent les vaches cette nuit-là jusqu'à ce qu'elles le fassent sortir, en confirmation de la parole du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : (Bahr al-Wafir) Béni soit Celui qui mène les vaches la nuit, J'ai vu Allah guider tout guide. Que celui qui se détourne de Dhu Tabuk 27 Sache que nous avons reçu l'ordre du djihad. ... Ukaydir, roi de Dumat al-Jandal 28. Dumat al-Jandal se trouve à dix nuits de Médine, dix nuits de Koufa et dix nuits de Damas, sans palmiers ni sources. 456 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté : Muhammad ibn 'Abd Allah al-Hadrami nous a rapporté : Musarrif ibn 'Amr al-Yamami nous a rapporté : Abu Usama nous a rapporté : Mujalid nous a rapporté, d'après 'Amir, d'après Silah ibn Zufar, qui a dit : Nous avons dit à Hudhayfa (qu'Allah soit satisfait de lui) : « Comment as-tu reconnu les hypocrites 29 alors que personne parmi les compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), ni Abu Bakr ni 'Umar, ne les a reconnus ? » Il dit : « Je marchais derrière le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lorsqu'il s'endormit sur sa monture. J'entendis des gens parmi eux dire : « Si nous le jetions de sa monture, son cou se briserait et nous serions débarrassés de lui. » Je marchai alors entre lui et eux, et je me mis à réciter à voix haute. Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) se réveilla et dit : « Qui est-ce ? » Je répondis : « Hudhayfa. » Il dit : « Qui sont ceux-là derrière toi ? » Je dis : « Un tel et un tel », jusqu'à ce que j'eusse énuméré leurs noms. Il dit : « As-tu entendu ce qu'ils ont dit ? » Je dis : « Oui ; c'est pour cela que j'ai marché entre toi et eux. » Il dit : « Ceux-ci, un tel et un tel » – jusqu'à ce qu'il eût énuméré leurs noms – « sont des hypocrites. Ne le dis à personne. » Mention des signes qui eurent lieu lors de l'expédition de Mu'ta 30 457 - Muhammad ibn Ahmad nous a informés : al-Hasan ibn al-Jahm nous a rapporté : al-Husayn ibn al-Faraj nous a rapporté : Muhammad ibn 'Umar al-Waqidi 31 a dit : Mu'ta se trouve avant Damas, dans la région la plus proche d'al-Balqa' 32. Lorsque le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) – et ses compagnons campèrent à al-Jurf 33 – sans leur avoir désigné les commandants, après avoir prié le zuhr 34, il s'assit et ses compagnons s'assirent autour de lui. Al-Nu'man le Juif vint et se tint devant le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avec les gens.
Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « Le commandant des gens est Zayd ; s'il est tué, alors Ja'far ; s'il est touché, alors 'Abdullah ibn Rawaha ; s'il est touché, que les musulmans choisissent parmi eux un homme et le placent sur eux. » Al-Nu'man dit : « Ô Abou al-Qasim, si tu es un prophète, tu as nommé ceux que tu as nommés, peu ou beaucoup, et ils ont tous été touchés ; car les prophètes des Enfants d'Israël, lorsqu'ils nommaient un homme sur un peuple, disaient : “Si untel est touché…” et s'ils en nommaient cent, ils étaient tous touchés. » Puis le Juif disait à Zayd : « Fais ton testament, car tu ne reviendras jamais à Muhammad s'il est prophète. » Zayd dit : « J'atteste qu'il est véridique et pieux. » Al-Waqidi dit : Lorsque les gens se rencontrèrent à Mu'ta, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — s'assit sur la chaire 35 en regardant leur champ de bataille. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Zayd prit l'étendard 36 ; Satan vint à lui, lui rendit la vie agréable, lui rendit la mort détestable et lui rendit le monde agréable. Il dit : “Maintenant que la foi est solidement établie dans les cœurs des croyants, tu me rends le monde agréable ?” Il avança jusqu'à ce qu'il soit martyrisé — que Dieu lui fasse miséricorde. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — pria sur lui et dit : “Demandez pardon pour lui ; il est entré au Paradis en courant.” Puis Ja'far ibn Abi Talib prit l'étendard ; Satan vint à lui, lui fit miroiter la vie et lui rendit la mort détestable. Il dit : “Maintenant que la foi est solidement établie dans les cœurs des croyants, tu me fais miroiter le monde ?” Puis il avança jusqu'à ce qu'il soit martyrisé. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — pria sur lui et invoqua pour lui. Puis le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : “Demandez pardon pour votre frère, car il est martyr ; il est entré au Paradis en volant dans le Paradis avec deux ailes de rubis, où il veut dans le Paradis.” Puis 'Abdullah ibn Rawaha prit l'étendard après lui et fut martyrisé, puis il entra au Paradis en se présentant de côté 37. Cela pesa sur les Ansar 38. On dit : “Ô Messager de Dieu, que signifie sa présentation de côté ?” Il dit : “Lorsque les blessures l'atteignirent, il recula 39 et se blâma lui-même ; puis il fut martyrisé et entra au Paradis.” Ainsi fut-il soulagé de son peuple. 458 - 'Abdullah ibn Ja'far nous a rapporté, disant : Isma'il ibn 'Abdullah nous a rapporté, disant : Sulayman ibn Harb nous a rapporté, disant : Hammad ibn Zayd nous a rapporté, d'après Ayyub, d'après Khalid ibn Hilab, d'après Anas ibn Malik, qui dit : « Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — annonça la mort de Ja'far, Zayd et Ibn Rawaha, et il annonça leur mort avant que leur nouvelle n'arrive, tandis que ses deux yeux versaient des larmes. » 459 - Habib ibn al-Hasan nous a rapporté, disant : Ibn Yahya nous a rapporté, disant : Ahmad ibn Muhammad ibn Ayyub nous a rapporté, disant : Ibrahim ibn Sa'd nous a rapporté, d'après Muhammad ibn Ishaq, qui dit : 'Abdullah ibn Abi Bakr m'a rapporté, d'après Umm 'Isa al-Jazzar, d'après Umm Ja'far bint Muhammad ibn Ja'far ibn Abi Talib, d'après sa grand-mère Asma' bint 'Umays, qui dit : « Lorsque Ja'far et ses compagnons furent touchés, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — entra chez moi alors que j'avais tanné quarante peaux, pétri ma pâte, lavé mes fils, les avais huilés et nettoyés. Elle dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : “Amène-moi les fils de Ja'far.” Je les lui amenai. Elle dit : Il les sentit et ses deux yeux versèrent des larmes. Je dis : “Ô Messager de Dieu, par Dieu, qu'est-ce qui te fait pleurer ? T'est-il parvenu quelque chose au sujet de Ja'far et de ses compagnons ?” Il dit : “Oui, ils ont été touchés aujourd'hui.” Elle dit : Je me levai en criant, et les femmes se rassemblèrent autour de moi. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — sortit et dit : “Ne négligez pas de préparer de la nourriture pour la famille de Ja'far, car ils sont occupés par l'affaire de leur mort.” » Et ce qui a été mentionné concernant l'expédition d'al-Ta'if. 460 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté, disant : Muhammad ibn 'Amr ibn Khalid al-Harrani nous a rapporté, disant : mon père nous a rapporté, disant : Ibn Lahi'a nous a rapporté, d'après Abou al-Aswad, d'après 'Urwa, qui dit : Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ordonna, alors qu'ils assiégeaient Thaqif 40, que chaque homme parmi les musulmans coupe cinq palmiers de leurs dômes 41, 'Umar ibn al-Khattab vint à lui et dit : “Ô Messager de Dieu, ce sont des palmiers intacts dont les fruits n'ont pas été mangés.” Il leur ordonna alors de couper ceux dont les premiers fruits avaient été mangés, les uns après les autres. Il dit : Et 'Uyayna ibn Hisn vint au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et dit : “Permets-moi de leur parler, ô Messager de Dieu ; peut-être que Dieu les guidera.” Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — le lui permit. Il entra dans la forteresse et dit : “Que mon père vous soit sacrifié ! Tenez bon à votre place. Par Dieu, nous sommes plus vils que des esclaves. Je jure par Dieu, s'il lui arrive quelque chose, les Arabes posséderont puissance et force. Tenez donc à votre forteresse, et gardez-vous de vous rendre, et que la coupe de ces arbres ne vous paraisse pas trop grande.” Puis 'Uyayna retourna auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui dit : “Qu'as-tu dit, ô 'Uyayna ?” Il dit : “Je leur ai dit et ordonné l'islam, je les y ai appelés, je les ai avertis du Feu et guidés vers le Paradis.” Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui dit : “Tu mens ; tu leur as plutôt dit ceci et cela” et il lui raconta son discours. Il dit : “Tu as dit vrai, ô Messager de Dieu ; je me repens à Dieu — Puissant et Majestueux — et à toi de cela.”
461 - Muhammad ibn ‘Umar al-Wāqidī a rapporté, d’après ce que nous a transmis Muhammad ibn Ahmad ibn al-Ḥasan, qui dit : al-Ḥasan ibn al-Jahm nous a rapporté, al-Ḥusayn ibn al-Faraj nous a rapporté, Muhammad ibn ‘Umar al-Wāqidī nous a rapporté ⦗532⦘ que ‘Urwa ibn Mas‘ūd et Ghaylān ibn Salama étaient deux commerçants qui partirent à Jurash après que l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) se fut dirigé vers La Mecque l’année de la Conquête, pour traiter des affaires portant sur les béliers (dabbābāt), les catapultes (manjanīq) et les chars de combat (‘arrādāt). Ils en maîtrisèrent l’art. Puis Dieu (Puissant et Majestueux) accorda la victoire à Son Envoyé (que Dieu prie sur lui et le salue) sur La Mecque, et ils retournèrent tous deux à Ṭā’if. Lorsqu’ils y arrivèrent, ils installèrent la catapulte à l’intérieur de la forteresse, disposèrent les béliers et préparèrent le combat. Ensuite, après que ‘Urwa ibn Mas‘ūd eut achevé ses préparatifs et n’eut rien négligé de ce qu’il jugeait nécessaire, lui et son peuple, selon ce qu’ils estimaient, Dieu (Puissant et Majestueux) jeta dans le cœur de ‘Urwa l’islam. Il rencontra Ghaylān ibn Salama et dit : « Ne vois-tu pas ce que Dieu a rapproché de l’affaire de cet homme ? Les gens sont tous entrés dans La Mecque, soit désireux de lui, soit craignant qu’il ne s’en prenne à eux. Or nous sommes, aux yeux des gens, les plus rusés des Arabes, et quelqu’un comme nous ne peut ignorer ce à quoi Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue) appelle, et qu’il est un prophète. » Ghaylān dit : « Ne dis pas cela, ô Abū Ya‘qūb, et que cela ne soit pas entendu de toi ! Je ne suis pas en sécurité pour toi face à Thaqīf, même si tu as parmi eux l’honneur que tu y as. » ‘Urwa dit : « Je vais donc le suivre et me rendre vers lui. » Ghaylān dit : « Ne te hâte pas, jusqu’à ce que tu examines et réfléchisses. » ‘Urwa dit : « Quelle affaire est plus claire que celle de Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue) ? Je vais te mentionner une chose que je n’ai jamais dite à personne, et je vais te la dire maintenant. » Ghaylān dit : « Et qu’est-ce donc ? » ‘Urwa dit : « Je me rendis à Najrān pour le commerce, avant que Muhammad ⦗533⦘ ne se manifeste à La Mecque. L’évêque (usquf) de cette ville était mon ami. Il me dit : “Ô Abū Ya‘qūb, un prophète va vous couvrir de son ombre, il sortira dans votre sanctuaire (ḥaram).” Je dis : “Que dis-tu ?” Il dit : “Oui, par le Messie ! C’est le dernier des prophètes. Il tuera son peuple comme le meurtre de ‘Ād. Lorsqu’il apparaîtra et appellera à Dieu, suis-le et sois le premier à te hâter vers lui.” Je n’ai pas mentionné un seul mot de cela à quiconque parmi Thaqīf ni à d’autres, à cause de la dureté que je voyais en eux contre lui, et j’étais moi-même parmi les plus durs contre lui après avoir entendu de l’évêque ce que j’avais entendu. Puis Dieu changea mon cœur à cet instant même, et je vais le suivre. Cache donc mon départ, ô Ghaylān, ne le mentionne pas. » ‘Urwa partit, sans que personne ne s’en aperçoive, jusqu’à ce qu’il arrive à Médine auprès de l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Celui-ci se réjouit de lui, et ‘Urwa embrassa l’islam. Il informa le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) de tout ce qu’il avait voulu faire, de ce qu’il avait préparé, de ce que Dieu avait jeté dans son cœur comme islam et de ce qui l’avait changé de ce qu’il était, et il lui rapporta l’histoire de l’évêque. L’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Louange à Dieu qui t’a guidé et a voulu pour toi un bien meilleur que ce que tu voulais pour toi-même. » Ensuite, ‘Urwa demanda à l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) la permission de partir vers son peuple et dit : « Ô Envoyé de Dieu, je n’ai jamais vu une religion comme celle-ci, dont on s’éloigne. Je vais donc revenir vers mon peuple avec le meilleur de ce qu’un délégué (wāfid) ait jamais apporté à son peuple, sauf celui qui est venu avec ce que j’apporte. Mais j’ai été devancé, ô Envoyé de Dieu, en de nombreuses occasions. » L’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Ils te combattront alors. » Il dit : « Ô Envoyé de Dieu, je leur suis plus cher que leurs enfants vierges (abkār awlādihim). » Puis il lui demanda la permission une deuxième fois. ⦗534⦘ L’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Ils te combattront alors. » Il dit : « Ô Envoyé de Dieu, s’ils me trouvaient endormi, ils ne me réveilleraient pas. » Puis il lui demanda la permission une troisième fois, et il dit : « Si tu veux, sors. » Il partit donc pour Ṭā’if, appela son peuple à l’islam, et fut tué là-bas. L’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « La parabole de ‘Urwa est la parabole du compagnon de Yā Sīn : il appela son peuple à Dieu, et ils le tuèrent. » Et dans la version de Fārūq al-Khaṭṭābī : L’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui permit, et il retourna à Ṭā’if. Il arriva le soir, et Thaqīf vint à lui. Il les informa et les appela à l’islam, et leur donna un conseil sincère. Mais ils le soupçonnèrent, le mordirent (par leurs paroles) et lui firent entendre des souffrances qu’il n’avait pas craintes de leur part. Ils sortirent de chez lui, et lorsque l’aube pointa et que le jour se leva, il se tint sur une terrasse (ghurfa) de sa maison, fit l’appel à la prière (adhān) et prononça l’attestation de foi (tashahhud). Un homme de Thaqīf le visa d’une flèche et le tua. Ils rapportent que l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), lorsqu’il apprit sa mort, dit : « La parabole de ‘Urwa est la parabole du compagnon de Yā Sīn : il appela son peuple à Dieu, et ils le tuèrent. » Mention de l’expédition (sariyya) de Zayd ibn Ḥāritha 462 - Le juge Abū Aḥmad Muḥammad ibn Aḥmad ibn Ibrāhīm nous a rapporté : Muḥammad ibn Ayyūb nous a rapporté, qui dit : Ibrāhīm ibn Yaḥyā ibn Muḥammad ibn ‘Abbād ibn Hāni’ al-Shajarī nous a rapporté : mon père m’a rapporté, d’après Muḥammad ibn Isḥāq, client (mawlā) d’Ibn Makhrama, d’après al-Zuhrī, d’après ‘Urwa, qui dit : ‘Ā’isha (que Dieu l’agrée) a dit : Il parvint à l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) qu’une femme des Banū Fazāra, appelée Umm Qirfa, avait équipé trente cavaliers parmi ses fils et les fils de ses fils, et avait dit : « Avancez vers Médine et tuez ⦗535⦘ Muḥammad. » Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Ô Dieu, rends-la privée de ses fils (athkilhā bi-waladihā). » Et il envoya contre eux Zayd ibn Ḥāritha. Ils se rencontrèrent dans la vallée (al-Wādī). Les compagnons de Zayd furent tués, et lui-même fut grièvement blessé (irtaththa jarīḥan). Il arriva à Médine et fit le pacte avec Dieu de ne pas toucher sa tête avec de l’eau jusqu’à ce qu’il retourne contre eux. L’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) envoya avec lui un détachement. Ils se rencontrèrent, et il tua les Banū Fazāra, tua les fils d’Umm Qirfa, tua Umm Qirfa elle-même, et envoya sa cotte de mailles (dir‘) à l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Celui-ci la dressa entre deux lances. Zayd revint jusqu’à arriver à Médine. ‘Ā’isha (que Dieu l’agrée) dit : L’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) était cette nuit-là dans ma maison. Il frappa à la porte, et l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) sortit vers lui en traînant son vêtement, jusqu’à ce qu’il l’embrasse et le couvre de baisers. Histoire de la destruction de la maison d’al-‘Uzzā 463 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté, qui dit : al-Ḥusayn ibn Isḥāq nous a rapporté, qui dit : ‘Alī ibn al-Mundhir nous a rapporté, qui dit : Muḥammad ibn Fuḍayl nous a rapporté, d’après al-Walīd ibn Jumay‘, d’après Abū al-Ṭufayl, qui dit : « Lorsque l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) eut conquis La Mecque, il envoya Khālid ibn al-Walīd à Nakhlah, où se trouvait al-‘Uzzā. Khālid s’y rendit. Elle se trouvait sur trois acacias (samurāt). Il coupa les acacias et détruisit la maison (bayt) qui était sur eux. Puis il vint auprès du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) et l’en informa. Il dit : “Retourne, car tu n’as rien fait.” Khālid retourna. Lorsque les gardiens (sadana) – qui étaient ses serviteurs (ḥajabatuhā) – la virent, ils s’enfuirent dans la montagne en disant : “Ô ‘Uzzā, frappe-le de folie (khabbilīhi) ! Ô ‘Uzzā, rends-le aveugle (‘awwirīhi) !” Khālid vint à elle, et voici une femme nue, les cheveux épars, jetant de la poussière sur sa tête. Il la frappa de son épée jusqu’à la tuer. Puis il retourna auprès du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) et l’en informa. Il dit : “Celle-ci était al-‘Uzzā.” »
- zuhr : Prière de midi, deuxième des cinq prières obligatoires.
- 'asr : Prière de l'après-midi, troisième prière obligatoire.
- maghrib : Prière du coucher du soleil, quatrième prière obligatoire.
- 'isha' : Prière de la nuit, cinquième prière obligatoire.
- shirāk : Lacet de sandale ; ici, métaphore pour désigner un mince filet d'eau.
- jinān : Pluriel de janna, signifiant jardins ou paradis ; ici, désigne des étendues verdoyantes.
- sā‘at al-‘usra : L'heure de la détresse, faisant référence à l'expédition de Tabuk marquée par une grande pénurie d'eau.
- farṯ : Contenu de la panse du chameau, mélange d'herbes et d'eau, pressé pour en extraire un liquide.
- al-Ḥijr : Région rocheuse entre Médine et Syrie, associée au peuple de Thamud.
- al-shaykh : Le cheikh, désignant ici l'auteur du recueil, probablement Abū Bakr Aḥmad ibn al-Ḥusayn al-Bayhaqī.
- dalā’il : Preuves ou miracles, faisant référence aux signes divins rapportés par al-Wāqidī dans son récit de l'expédition.
- Muhammad ibn 'Umar : Il s'agit de Muhammad ibn 'Umar al-Waqidi, célèbre historien et biographe musulman (m. 207 H/823 J.-C.).
- Dhu al-Bijadayn : Surnom signifiant « l'homme aux deux vêtements rayés », en référence à son pagne et son manteau confectionnés à partir d'une étoffe rayée.
- conquête de La Mecque : Événement majeur de l'histoire islamique (8 H/630 J.-C.) où les musulmans prirent La Mecque sans combat majeur.
- 'Abd al-'Uzza : Nom préislamique signifiant « serviteur d'al-'Uzza », une déesse arabe païenne. Le Prophète le renomma 'Abd Allah.
- pagne : Vêtement couvrant la partie inférieure du corps, souvent porté comme seul habit par les pauvres.
- vêtement rayé : Étoffe comportant des rayures, typique des habits simples de l'époque.
- Tabuk : Expédition militaire menée par le Prophète en 9 H (630 J.-C.) vers la région de Tabuk, au nord de l'Arabie.
- émigré : Personne ayant quitté sa patrie pour rejoindre la communauté musulmane à Médine, acte méritoire dans l'islam primitif.
- attacha à son bras : Acte symbolique de protection, peut-être un talisman ou un signe distinctif.
- muezzin : Personne chargée de l'appel à la prière (adhan).
- niche dans le caveau : Partie latérale creusée dans la tombe pour y déposer le corps, typique des sépultures islamiques.
- Ukaydir de Duma : Roi chrétien de Dumat al-Jandal, oasis au nord de l'Arabie.
- vaches sauvages : Probablement des oryx ou des antilopes, animaux chassés dans la région.
- tunique de brocart : Vêtement luxueux en soie tissée d'or, signe de richesse et de pouvoir.
- capitation : Impôt de capitation (jizya) imposé aux non-musulmans en échange de protection et de liberté de culte.
- Dhu Tabuk : Expression poétique désignant le Prophète ou l'expédition de Tabuk.
- Dumat al-Jandal : Oasis et ville antique au nord de l'Arabie, importante sur la route commerciale.
- hypocrites : Personnes ayant prétendu embrasser l'islam tout en cachant leur incrédulité, mentionnées dans le Coran.
- Mu'ta : Expédition militaire en 8 H (629 J.-C.) contre les Byzantins, marquée par la mort de trois commandants musulmans.
- Muhammad ibn 'Umar al-Waqidi : Historien et biographe, auteur du Kitab al-Maghazi (livre des expéditions).
- al-Balqa' : Région historique de l'actuelle Jordanie, incluant la ville d'Amman.
- al-Jurf : Lieu près de Médine où le Prophète campait parfois avant les expéditions.
- zuhr : Prière de midi, l'une des cinq prières obligatoires de l'islam.
- minbar : Chaire surélevée dans la mosquée, d'où le prédicateur s'adresse à l'assemblée.
- rāya : Étendard ou drapeau militaire, symbole du commandement.
- muʿtariḍan : Entrant au Paradis de côté, c'est-à-dire non directement, en raison d'une hésitation ou d'un manquement.
- Anṣār : Les 'Auxiliaires' de Médine, musulmans ayant accueilli et soutenu le Prophète après l'Hégire.
- nakila : Reculer ou hésiter au combat, par faiblesse ou peur.
- Thaqīf : Tribu arabe païenne de la région de Ta'if, qui résista au Prophète lors de l'expédition.
- dūm : Palmiers-doum, variété de palmier aux fruits comestibles, typique de la région.
Chapitre vingt-sixième : Ce dont le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur…
Chapitre vingt-sixième : Ce dont le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a informé parmi les choses de l'invisible, et qui s'est réalisé conformément à ce qu'il avait annoncé, de son vivant et après sa mort, comme l'annonce de la croissance de sa religion, de la conquête des métropoles et des cités fondées [1] telles que Koufa, Bassora et Bagdad pour sa communauté, des épreuves [2] survenant après lui, et de l'apostasie d'un groupe de ceux qui l'avaient vu et observé.
**Chapitre vingt-sixième : Ce dont le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a informé parmi les choses invisibles (ghuyūb), et qui s'est réalisé conformément à ce dont il avait informé, de son vivant et après sa mort, comme l'information sur la croissance de sa cause, la conquête des métropoles (al-amṣār) et des pays organisés en provinces (al-buldān al-mumaṣṣara) telles que Kūfa, Basra et Bagdad pour sa communauté, les discordes (fitan) survenues après lui, l'apostasie (ridda) d'un groupe de ceux qui l'avaient vu et observé (que le salut soit sur lui), son information sur le nombre des califes (khulafā'), leur durée, et la royauté tyrannique (al-mulk al-‘aḍūḍ) après eux, selon ce que nous avons mentionné des caractéristiques dans l'intitulé des chapitres (abwāb) et des sections (fuṣūl) au début du livre.** 464 - Abū Bakr ibn Khallād nous a informés, disant : al-Ḥārith ibn Abī Usāma nous a rapportés, disant : Khālid ibn al-Qāsim nous a rapportés, et Fārūq al-Khaṭṭābī nous a rapportés, disant : Abū Muslim al-Kashshī nous a rapportés, disant : Sulaymān ibn Ḥarb nous a rapportés, ils ont dit : Ḥammād ibn Zayd nous a rapportés, d'après Ayyūb, d'après Abū Qilāba, d'après Abū Asmā', d'après Thawbān (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit : « Certes, Allah Très-Haut a replié pour moi la terre, et j'ai vu ses levants et ses couchants. Et certes, la domination (mulk) de ma communauté atteindra ce qui a été replié pour moi de celle-ci. Il m'a été donné les deux trésors, le rouge et le blanc. Et j'ai demandé à mon Seigneur pour ma communauté qu'Il ne la fasse pas périr par une année de sécheresse générale (sana ‘āmma), et qu'Il n'autorise pas contre eux un ennemi autre qu'eux-mêmes qui s'emparerait de leur sanctuaire (bayḍatahum). Et certes, mon Seigneur a dit : "Quand Je décrète un décret, il n'est pas repoussé. Et Je te promets pour ta communauté que Je ne la ferai pas périr par une année de sécheresse générale, et que Je n'autoriserai pas contre eux un ennemi autre qu'eux-mêmes qui s'emparerait de leur sanctuaire, même s'ils se rassemblaient contre eux de toutes ses extrémités, jusqu'à ce que certains d'entre eux fassent périr les autres et que certains d'entre eux fassent prisonniers les autres." » Puis le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit : « Ce que je crains pour ma communauté, ce sont les imams égarants (al-a'imma al-muḍillīn). Et quand l'épée est dégainée parmi ma communauté, elle n'en sera pas retirée jusqu'au Jour de la Résurrection. » Et il a dit : « L'Heure ne se lèvera pas avant que des tribus de ma communauté ne rejoignent les associateurs (mushrikīn) et n'adorent les idoles (awthān). Et il y aura dans ma communauté trente imposteurs (kadhdhāb), chacun prétendant être un prophète. Et je suis le sceau des prophètes (khātam al-nabiyyīn), il n'y a pas de prophète après moi. Et un groupe (ṭā'ifa) de ma communauté ne cessera d'être manifeste sur la vérité, sans que ne lui nuise celui qui l'abandonne, jusqu'à ce que vienne l'ordre d'Allah Puissant et Majestueux. » 465 - Ḥabīb ibn al-Ḥasan nous a rapportés, disant : ‘Umar ibn Ḥafṣ nous a rapportés, disant : ‘Āṣim ibn ‘Alī nous a rapportés, disant : Shu‘ba nous a rapportés, d'après Simāk ibn Ḥarb, d'après ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd, d'après son père (qu'Allah l'agrée), d'après le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) qui a dit : « Vous serez secourus (manṣūrūn), des conquêtes vous seront ouvertes (maftūḥ lakum), et vous obtiendrez (muṣībūn). Que celui d'entre vous qui atteindra cela craigne Allah, ordonne le convenable (ma‘rūf) et interdise le blâmable (munkar). Et que celui qui ment délibérément sur moi prenne sa place dans le Feu. » 466 - Al-Ḥasan ibn ‘Umar al-Mu‘addil al-Wāsiṭī nous a rapportés, disant : ‘Umar ibn Sahl al-Daqqāq nous a rapportés, disant : Muḥammad ibn Ismā‘īl al-Ḥassānī nous a rapportés, disant : Abū Mu‘āwiya al-Ḍarīr nous a rapportés, disant : Yaḥyā ibn Sa‘īd nous a rapportés, d'après ‘Abd Allāh ibn Dīnār, d'après Ibn ‘Umar (qu'Allah les agrée tous deux) qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit : « Quand ma communauté marchera avec ostentation (al-muṭayṭā'), et que la serviront les fils des rois, les fils de Perse et de Rome, leurs méchants (shirār) seront alors autorités sur leurs bons (khiyār). » 467 - ‘Abd Allāh ibn Muḥammad ibn Ja‘far nous a rapportés, disant : Mūsā ibn Hārūn nous a rapportés, disant : Kathīr ibn ‘Ubayd al-Ḥadhdhā' nous a rapportés, disant : Baqiyya nous a rapportés, disant : Baḥīr ibn Sa‘d nous a rapportés, d'après Khālid ibn Ma‘dān, d'après Jubayr ibn Nufayr, d'après ‘Awf ibn Mālik qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) se leva et dit : « Craignez-vous la pauvreté (al-faqr), ou le bas monde (al-dunyā) vous préoccupe-t-il ? Car Allah vous ouvrira la terre de Perse et de Rome, et déversera sur vous le bas monde abondamment (ṣabban), au point que rien ne vous fera dévier après moi, si vous déviez, si ce n'est lui. » 468 - Muḥammad ibn ‘Umar ibn Salama nous a rapportés, disant : Muslim ibn Khālid nous a rapportés, disant : ‘Ubayd Allāh ibn Mu‘ādh nous a rapportés, disant : mon père nous a rapportés, d'après al-Mas‘ūdī, d'après Ḥabīb ibn Thābit, d'après Abū ‘Ubayda, d'après ‘Abd Allāh qui a dit : Un homme vint auprès du Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) et dit : « La hyène nous a dévorés », c'est-à-dire l'année de sécheresse. Il dit : « Je crains pour vous autre chose que la hyène : que le bas monde soit déversé sur ma communauté abondamment. Plût à Dieu que ma communauté ne porte pas l'or ! » 469 - Muḥammad ibn Ma‘mar nous a rapportés, disant : ‘Abd Allāh ibn Muḥammad ibn Nājiya nous a rapportés, disant : Abū al-Sukayn Zakariyyā ibn Yaḥyā al-Ṭā'ī nous a rapportés, disant : l'oncle de mon père, Zakhr ibn Ḥiṣn, m'a rapporté, d'après son grand-père Ḥumayd ibn Munhib, qui a dit : Mon grand-père Khuraym ibn Aws a dit : J'ai émigré (hājartu) auprès du Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) et je suis arrivé auprès de lui à son retour de Tabūk. J'ai embrassé l'Islam (aslamtu) et je l'ai entendu dire : « Voici al-Ḥīra la Blanche qui m'a été élevée, et voici al-Shaymā' bint Nufayla al-Azdiyya, sur une mule grise (shahbā'), se couvrant d'un voile (khimār) noir. » Je dis : « Ô Messager d'Allah, si nous entrons dans al-Ḥīra et que nous la trouvons comme tu la décris, sera-t-elle à moi ? » Il dit : « Elle est à toi. » Il dit : « Puis eut lieu l'apostasie (al-ridda), et personne de (la tribu de) Ṭayy' n'apostasie. Nous partîmes donc avec Khālid ibn al-Walīd, voulant aller à al-Ḥīra. Quand nous y entrâmes, la première personne qui vint à notre rencontre fut al-Shaymā' bint Nufayla, comme l'avait dit le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui), sur une mule grise, se couvrant d'un voile noir. Je m'accrochai à elle et dis : « C'est celle que le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) m'a décrite. » Khālid me demanda alors une preuve (al-bayyina). Je l'apportai, et la preuve fut Muḥammad ibn Maslama et Muḥammad ibn Bashīr, tous deux Ansār. Khālid me la remit alors. Son frère, ‘Abd al-Masīḥ ibn Nufayla, vint à elle, voulant un accord de paix (ṣulḥ). Il dit : « Vends-la moi. » Je dis : « Par Allah, je n'en rabattrai pas de dix cents (dix fois cent). » Il me donna mille dirhams et je la lui remis. On me dit : « Si tu avais dit cent mille, il te les aurait donnés. » Je dis : « Je ne pensais pas qu'il existât un nombre plus grand que dix cents. »
470 - Habib ibn al-Hasan nous a rapporté : Abū Muslim al-Kashshī nous a rapporté : 'Abd al-Rahmān ibn Hammād al-Shu'aythī nous a rapporté : Ibn 'Awn, d'après Muhammad ibn Sīrīn, d'après Abū 'Ubayda ibn Hudhayfa, d'après un homme qui portait deux noms, que celui-ci entra chez 'Adī ibn Hātim et lui dit : « Il m'est parvenu de toi un récit que j'aurais aimé entendre de ta bouche. » Il répondit : « Oui. Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) fut envoyé alors que j'étais parmi les gens qui lui étaient le plus hostiles, et je me trouvais à l'extrémité de la terre des Arabes, du côté des Romains. Je détestai ma situation plus encore que ma première aversion, et je me dis : “Je vais aller trouver cet homme : s'il est véridique, sa situation ne me sera pas cachée ; s'il est menteur, elle ne me sera pas cachée non plus” – ou il dit : “il ne me nuira pas.” Il dit : J'arrivai à Médine ; les gens me regardèrent avec insistance et dirent : “'Adī ibn Hātim ! 'Adī ibn Hātim !” Je vins trouver le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), qui me dit : “Ô 'Adī, embrasse l'islam 1, tu seras sauvé.” Je dis : “J'ai une religion.” Il dit : “Je connais mieux ta religion que toi-même.” Je dis : “Qu'est-ce qui te fait connaître ma religion mieux que moi ?” Il dit : “Je connais mieux ta religion que toi : n'es-tu pas le chef de ton peuple ?” Je dis : “Si.” Il dit : “Ne perçois-tu pas le quart du butin 2 ?” Je dis : “Si.” Il dit : “Cela ne t'est pas permis.” Je dis : “Certes.” Cela dissipa une partie de ce que j'avais dans l'âme. Il dit : “Ce qui t'empêche d'embrasser l'islam, c'est la pauvreté que tu vois autour de nous, et tu vois les gens unis contre nous” – ou il dit : “une seule main.” Je dis : “Oui.” Il dit : “Es-tu allé à al-Ḥīra 3 ?” Je dis : “Non, mais j'en connais l'emplacement.” Il dit : “Il se peut qu'une femme montée sur une litière 4 parte d'al-Ḥīra et fasse le tour de la Maison 5 sans protection ; et il se peut que les trésors de Kisrā ibn Hurmuz 6 soient conquis.” Je dis : “Les trésors de Kisrā ibn Hurmuz ?” Il dit : “Les trésors de Kisrā ibn Hurmuz. Et il se peut qu'un homme sorte l'aumône 7 de ses biens sans trouver personne pour l'accepter.” J'ai vu la femme montée sur une litière partir d'al-Ḥīra et faire le tour de la Maison sans protection ; j'étais parmi les premiers cavaliers qui attaquèrent le Sawād 8 ; par Dieu, la troisième [prophétie] se réalisera, car c'est la parole du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). » Dans la version d'Abū Bakr ibn Khallād et Muhammad ibn Ahmad : 'Adī dit : « J'ai conduit la femme montée sur une litière d'al-Ḥīra à la Maison antique 9 sans protection », signifiant qu'il fit le pèlerinage avec sa famille ; « et j'étais parmi les premiers cavaliers qui attaquèrent al-Madā'in 10 ; par Dieu, la troisième se réalisera comme les deux premières, car c'est le récit que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) m'a fait. » 471 - Ibrāhīm ibn Muhammad ibn Hamza nous a rapporté : Ibrāhīm ibn Asbāṭ nous a rapporté, et 'Abd Allāh ibn Muhammad ibn Ja'far et Sulaymān ibn Ahmad, parmi un groupe, nous ont rapporté : 'Abd Allāh ibn Muhammad ibn 'Abd al-'Azīz nous a rapporté : Ṣāliḥ ibn Mālik nous a rapporté : 'Abd al-A'lā ibn Abī al-Musāwir nous a rapporté : 'Āmir al-Sha'bī m'a rapporté : 'Adī ibn Hātim al-Ṭā'ī vint à Kūfa ; je vins le trouver avec des gens de Kūfa. Nous dîmes : « Raconte-nous un récit que tu as entendu du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). » Il dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) fut envoyé avec la prophétie, et je ne connais personne parmi les Arabes qui lui fût plus hostile que moi, ni qui le détestât plus que moi, au point que je rejoignis la terre des Romains et me fis chrétien parmi eux. Quand me parvint ce à quoi il appelait – les bonnes mœurs – et le nombre de gens qui se rassemblaient autour de lui, je partis jusqu'à ce que je vienne à lui. Je me tins devant lui ; auprès de lui se trouvaient Ṣuhayb, Bilāl et Salmān. Il dit : “Ô 'Adī ibn Hātim, embrasse l'islam, tu seras sauvé.” Je dis : “Aḫ aḫ 11.” Je fis agenouiller ma monture, m'assis et collai mon genou contre le sien, puis dis : “Ô Messager de Dieu, qu'est-ce que l'islam ?” Il dit : “Tu crois en Dieu, en Ses anges, en Ses livres, en Ses messagers, et tu crois au décret 12, son bien et son mal, son doux et son amer. Ô 'Adī ibn Hātim, l'Heure 13 ne viendra pas avant que les trésors de Kisrā et de César 14 ne soient conquis. Ô 'Adī ibn Hātim, l'Heure ne viendra pas avant que la femme montée sur une litière ne vienne d'al-Ḥīra – et il n'y avait pas encore de Kūfa ce jour-là – jusqu'à ce qu'elle fasse le tour de la Ka'ba 15 sans gardien. L'Heure ne viendra pas avant qu'un homme ne porte un sac d'argent, fasse le tour avec, ne trouve personne pour l'accepter, le jette à terre et dise : “Que n'as-tu été poussière !” » 472 - Muhammad ibn Ibrāhīm nous a rapporté : Abū Ya'lā nous a rapporté : Abū Khaythama Zuhayr ibn Harb nous a rapporté, et Ibrāhīm ibn 'Abd Allāh nous a rapporté : Muhammad ibn Isḥāq nous a rapporté, et Muhammad ibn Rāfi' nous a rapporté : Shabāba nous a rapporté : Warqā' m'a rapporté, d'après Abū al-Zinād, d'après al-A'raj, d'après Abū Hurayra (que Dieu l'agrée), d'après le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), qui dit : « Quand Kisrā périt, il n'y a plus de Kisrā après lui ; quand César périt, il n'y a plus de César après lui. Par Celui qui tient mon âme en Sa main, leurs trésors seront dépensés dans le chemin de Dieu 16 – puissant et majestueux est-Il. » Muhammad ibn Rāfi' dit : « L'Heure ne viendra pas avant que vous ne combattiez les Turcs 17 : petits yeux, visages rouges, nez aplatis, leurs visages comme des boucliers martelés. » 473 - Abū Bakr ibn Khallād nous a rapporté : Ahmad ibn Ibrāhīm ibn Milḥān nous a rapporté : Yaḥyā ibn Bukayr nous a rapporté : al-Layth ibn Sa'd m'a rapporté, d'après Ja'far ibn Rabī'a, d'après al-A'raj, d'après Abū Hurayra (que Dieu l'agrée), qui rapporte du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) qu'il dit : « L'Heure ne viendra pas avant que vous ne combattiez les Turcs : visages rouges, petits yeux, nez aplatis, leurs visages comme des boucliers martelés. Et l'Heure ne viendra pas avant que vous ne combattiez un peuple dont les sandales sont en poil 18. » 474 - Fārūq al-Khaṭṭābī nous a rapporté : Abū Khālid 'Abd al-'Azīz ibn Mu'āwiya al-Qurashī nous a rapporté : Muhammad ibn 'Abd Allāh al-Anṣārī nous a rapporté : al-Nahhās ibn Qahm m'a rapporté, d'après al-Qāsim ibn 'Awf al-Shaybānī, d'après son père, d'après al-Sā'ib ibn al-Aqra', qui dit : « À l'époque de 'Umar ibn al-Khaṭṭāb, une armée 19 se rassembla contre les musulmans, telle qu'ils n'en avaient jamais affronté : les gens de Bāh 20, d'Iṣfahān, de Hamadān, d'al-Rayy, de Qūmis, d'Adharbījān et de Nihāwand. Quand la nouvelle parvint à 'Umar, il rassembla les gens, leur fit un sermon, loua Dieu – puissant et majestueux est-Il –, fit Son éloge et Le mentionna longuement. » 475 - Sulaymān ibn Ahmad nous a rapporté : Abū Zur'a al-Dimashqī nous a rapporté : Ādam ibn Abī Iyās nous a rapporté : Mubārak ibn Faḍāla nous a rapporté : Ziyād ibn Jubayr ibn Ḥayya nous a rapporté : mon père m'a rapporté : « Le vil 21 Bandār-Fān 22 envoya dire : “Envoyez-moi, ô communauté des Arabes, un homme parmi vous pour que je lui parle.” Les gens choisirent al-Mughīra ibn Shu'ba. Mon père dit : Je le regardais : il avait les cheveux longs et était borgne. Il alla le trouver ; quand il revint, nous l'interrogeâmes sur ce qu'il lui avait dit. Il nous dit : Je louai Dieu, fis Son éloge et dis : “Nous étions le peuple le plus éloigné en demeure, le plus affamé, le plus misérable, le plus éloigné de tout bien, jusqu'à ce que Dieu nous envoyât un messager qui nous promit la victoire en ce monde et le Paradis dans l'au-delà. Depuis que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) est venu à nous, nous n'avons cessé de connaître de notre Seigneur – puissant et majestueux est-Il – la prospérité et la victoire, jusqu'à ce que nous venions à vous. Par Dieu, nous voyons une royauté et une vie auxquelles nous ne renoncerons jamais pour retourner à la misère, jusqu'à ce que nous vous dominions sur ce que vous possédez, ou que nous soyons tués sur votre terre.” » Le récit [continue].
476 - Abū Isḥāq ibn al-Haytham ibn Khalaf al-Dūrī nous a rapporté : al-Faḍl ibn Ya‘qūb nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn Ja‘far nous a rapporté : al-Mu‘tamir ibn Sulaymān nous a rapporté : Sa‘īd ibn ‘Abd Allāh al-Thaqafī nous a rapporté : Bakr ibn ‘Abd Allāh al-Muzanī et Ziyād ibn Jubayr ibn Ḥayya ont dit : ‘Umar envoya les gens dans les différentes régions 23 pour combattre les associateurs. Al-Hurmuzān 24 se convertit à l’islam. ‘Umar lui dit : « Je te consulte au sujet de ces expéditions. » Il répondit : « Oui. Leur exemple et celui des gens qui s’y trouvent face à l’ennemi des musulmans est celui d’un oiseau qui a une tête, deux ailes et deux pattes. Si l’une de ses ailes se brise, les deux pattes et la tête se soulèvent avec l’aile ; si l’autre aile se brise, les deux pattes et la tête se soulèvent ; si la tête est fracassée, les deux pattes, les deux ailes et la tête disparaissent. La tête, c’est Kisrā 25 ; les deux ailes, ce sont César 26 et la Perse 27. Ordonne donc aux musulmans de se diriger vers Kisrā. » Il dit : ‘Umar nous mobilisa et nomma al-Nu‘mān ibn Muqarrin 28 comme commandant. Lorsque nous fûmes en terre ennemie, le gouverneur de Kisrā sortit contre nous avec quarante mille hommes. Un interprète se leva et dit : « Qu’un homme parmi vous me parle. » Al-Mughīra ibn Shu‘ba 29 dit : « Demande ce que tu veux. » Il dit : « Qui êtes-vous ? » Il répondit : « Nous sommes des gens des Arabes. Nous étions dans une grande misère : nous suçions les peaux et les noyaux par faim, nous portions les poils et les crins, nous adorions la pierre et l’arbre. Alors que nous étions ainsi, Allah, le Seigneur des cieux et de la terre, envoya vers nous un Prophète issu de nous-mêmes, dont nous connaissions le père et la mère. Notre Seigneur nous ordonna de vous combattre jusqu’à ce que vous adoriez Allah seul ou que vous payiez la jizya 30. Notre Prophète nous informa du message de notre Seigneur : celui d’entre nous qui est tué va au Paradis, dans une félicité jamais vue auparavant ; et celui d’entre nous qui reste vivant dominera vos nuques. » 477 - ‘Abd Allāh ibn Ja‘far nous a rapporté : Ismā‘īl ibn ‘Abd Allāh nous a rapporté : Muḥammad ibn Muqātil nous a rapporté : Aws ibn ‘Abd Allāh, d’après son frère Sahl, d’après son père, d’après son grand-père Burayda, que le Messager d’Allah, qu’Allah prie sur lui et le salue, a dit : « Il y aura après moi des expéditions. Soyez dans une expédition appelée l’expédition du Khurāsān 31. Descendez dans une province appelée Marw 32, puis habitez sa ville, car sa ville a été bâtie par Dhū l-Qarnayn 33 et il a invoqué la bénédiction sur elle ; aucun mal n’atteindra ses habitants. » 478 - Abū ‘Amr ibn Ḥamdān nous a rapporté : al-Ḥasan ibn Sufyān nous a rapporté : Hishām ibn ‘Ammār nous a rapporté : Yaḥyā ibn Ḥamza nous a rapporté : Naṣr ibn ‘Alqama m’a rapporté, d’après Jubayr ibn Nufayr, d’après ‘Abd Allāh ibn Ḥawāla, qui a dit : J’étais auprès du Prophète, qu’Allah prie sur lui et le salue, et nous nous plaignîmes à lui de la pauvreté, de la nudité et du manque de biens. Il dit : « Réjouissez-vous ! Par Allah, je crains pour vous l’abondance des biens plus que leur manque. Par Allah, cette affaire 34 ne cessera d’être parmi vous jusqu’à ce que vous conquériez la Perse, Rome et la terre de Ḥimyar 35, jusqu’à ce que vous soyez trois armées : une armée en Syrie, une armée en Iraq et une armée au Yémen, jusqu’à ce que l’on donne à un homme cent dinars et qu’il les trouve insuffisants. » Ibn Ḥawāla dit : Je dis : « Ô Messager d’Allah, qui peut supporter la Syrie, alors que s’y trouvent les Romains aux longues cornes 36 ? » Il dit : « Par Allah, Allah vous y fera succéder 37 jusqu’à ce qu’un groupe d’entre eux, blancs, vêtus de chemises, la nuque rasée, se tienne debout devant un homme noir parmi vous, rasé, et fasse ce qu’il leur ordonne. Et il s’y trouve aujourd’hui des hommes auprès desquels vous êtes plus insignifiants que les tiques sur les croupes des chameaux. » Ibn Ḥawāla dit : « Choisis pour moi, ô Messager d’Allah. » Il dit : « Je choisis pour toi la Syrie, car elle est l’élite 38 d’Allah parmi Ses terres ; c’est vers elle qu’Il attire l’élite de Ses serviteurs. » 479 - Abū Sa‘d al-Faqīh nous a informés : Abū Nu‘aym al-Ḥāfiẓ nous a rapporté : ‘Alī ibn Hārūn ibn Muḥammad nous a rapporté : Aḥmad ibn Yaḥyā al-Ḥulwānī nous a rapporté : ‘Abd al-A‘lā ibn Ḥammād al-Narsī nous a rapporté : Muslim ibn Khālid al-Zanjī nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn ‘Uthmān ibn Khuthaym m’a rapporté, d’après al-Qāsim ibn ‘Abd al-Raḥmān, d’après son père, d’après ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd, que le Messager d’Allah, qu’Allah prie sur lui et le salue, a dit : « Ô ‘Abd Allāh, après moi, des dirigeants prendront en charge vos affaires ; ils éteindront la Sunna 39 et proclameront l’innovation 40, et ils retarderont la prière au-delà de son temps prescrit. » 480 - Abū ‘Amr ibn Ḥamdān nous a rapporté : al-Ḥasan ibn Sufyān nous a rapporté : ‘Uthmān ibn Abī Shayba nous a rapporté : Jarīr, d’après Suhayl ibn Abī Ṣāliḥ, d’après son père, d’après Abū Hurayra, qu’Allah l’agrée, a dit : Le Messager d’Allah, qu’Allah prie sur lui et le salue, a dit : « Deux catégories de gens du Feu que je n’ai pas vues : des gens tenant des fouets comme des queues de vaches, avec lesquels ils frappent les gens ; et des femmes vêtues mais nues 41, inclinées et faisant incliner 42, leurs têtes comme les bosses des chameaux du Buhkt 43 inclinées ; elles n’entreront pas au Paradis et n’en sentiront pas l’odeur, alors que son odeur se perçoit de telle et telle distance. » Le cheikh 44 a dit : « Les femmes mentionnées dans ce hadith sont, dit-on, les chanteuses qui se coiffent de grands turbans sur leurs têtes, puis se couvrent par-dessus. » 481 - Fārūq ibn ‘Abd al-Kabīr nous a rapporté : Abū Muslim al-Kashshī nous a rapporté : Ibrāhīm ibn Bashshār al-Ramādī nous a rapporté : Sufyān ibn ‘Uyayna nous a rapporté : al-Zuhrī nous a rapporté : ‘Urwa ibn al-Zubayr m’a rapporté : J’ai entendu Kurz ibn ‘Alqama dire : Un homme demanda au Prophète, qu’Allah prie sur lui et le salue : « L’islam a-t-il une fin ? » Le Messager d’Allah, qu’Allah prie sur lui et le salue, dit : « Oui. Toute famille, parmi les Arabes et les non-Arabes, à qui Allah veut du bien, Il lui fait entrer l’islam. » Il dit : « Ensuite, quoi, ô Messager d’Allah ? » Il dit : « Ensuite, les épreuves 45 surviendront, comme des nuées. » L’homme lui dit : « Non, par Allah, si Allah le veut, ô Messager d’Allah. » Le Messager d’Allah, qu’Allah prie sur lui et le salue, dit : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, vous retournerez à cet état, tels des serpents noirs 46 se déversant, vous vous frapperez les nuques les uns les autres. » Al-Zuhrī dit : « Le serpent noir, quand il veut mordre, se dresse ainsi » – et al-Ḥumaydī leva la main – « puis il se déverse. » 482 - Muḥammad ibn Ḥamza et d’autres nous ont rapporté : Abū Shu‘ayb al-Ḥarrānī nous a rapporté : Yaḥyā ibn ‘Abd Allāh nous a rapporté : al-Awzā‘ī nous a rapporté : ‘Abd al-Wāḥid ibn Qays m’a rapporté qu’il a entendu ‘Urwa ibn al-Zubayr dire : Kurz ibn ‘Alqama al-Khuzā‘ī m’a rapporté : Un bédouin vint auprès du Prophète, qu’Allah prie sur lui et le salue, et dit : « Ô Messager d’Allah, l’islam a-t-il une fin ? » Il dit : « Oui. Celui à qui Allah veut du bien, parmi les Arabes et les non-Arabes, Il le lui fait entrer. Ensuite, les épreuves surviendront comme des nuées. » {Il dit : « Non, par Allah, ô Messager d’Allah. » Le Messager d’Allah dit : « Si, par Celui qui tient mon âme dans Sa main »} vous retournerez à cet état, tels des serpents noirs se déversant, vous vous frapperez les nuques les uns les autres. Et le meilleur des gens, ce jour-là, sera celui qui se tient à l’écart dans un ravin des ravins, craignant son Seigneur et laissant les gens à cause de son mal. » 483 - Abū Muḥammad ibn Aḥmad al-Ghiṭrīfī nous a rapporté : Muḥammad ibn Nūḥ al-Jundaysābūrī nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Abd al-‘Azīz al-Aḥdab nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn Rushayd nous a rapporté : Ḥafṣ ibn ‘Umar, d’après Yūnus ibn ‘Ubayd, d’après al-Ḥasan, d’après al-Nu‘mān ibn Bashīr, qu’il écrivit à Qays ibn Sa‘d : « Ceci dit, vous êtes nos frères et nos germains ; nous avons été témoins et vous ne l’avez pas été, nous avons entendu et vous n’avez pas entendu. J’ai entendu le Messager d’Allah, qu’Allah prie sur lui et le salue, dire : ‘Avant l’Heure, il y aura des épreuves comme des morceaux de fumée 47 : l’homme y devient croyant le matin et mécréant le soir, et croyant le soir et mécréant le matin ; l’homme vend sa religion pour un prix dérisoire.’ » Al-Ḥasan dit : « Par Allah, nous les avons vus. »
484 - Nous ont rapporté Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan et Muhammad ibn Ali ibn Hubaysh, tous deux disant : nous a rapporté Ahmad ibn Yahya al-Hulwani, nous a rapporté Ahmad ibn Abd Allah ibn Yunus, disant : nous a rapporté Fudayl ibn Iyad, d'après al-Layth, d'après Abd Allah ibn Sabit, d'après Abu Tha'laba al-Khushani, d'après Mu'adh et Abu Ubayda ibn al-Jarrah (qu'Allah les agrée), tous deux disant : le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Certes, cette affaire 48 a commencé comme une miséricorde et une prophétie, puis elle sera une miséricorde et un califat, puis elle deviendra une royauté mordante 49, puis elle deviendra tyrannie et contrainte 50 et corruption dans la communauté ; ils déclareront licites les vulves 51, la soie et les boissons enivrantes ; ils seront pourvus de subsistance et secourus jusqu'à ce qu'ils rencontrent Allah, Puissant et Majestueux. » 485 - Et nous a rapporté Ahmad ibn Ishaq, nous a rapporté Ubayd ibn al-Hasan, disant : nous a rapporté Sahl ibn Uthman, disant : nous a rapporté Ali ibn Mushir, d'après Dawud ibn Abi Hind, d'après al-Sha'bi, nous a rapporté Abu Amr ibn Hamdan, nous a rapporté al-Hasan ibn Sufyan, nous a rapporté Muhammad ibn Abd al-Rahman al-Allaf, disant : nous a rapporté Muhammad ibn Sawa', disant : nous a rapporté Sa'id, d'après Qatada, d'après al-Sha'bi, d'après Jabir ibn Samura, disant : le Prophète (sur lui la paix et le salut) a prononcé un sermon et a dit : « Cette religion ne cessera d'être puissante, sans que quiconque s'y oppose ne lui nuise, jusqu'à ce que douze califes soient passés. » Alors les gens s'agitèrent, et le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit une parole que je ne compris pas. Je dis à mon père : « Qu'a dit le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ? » Il dit : « Tous sont de Quraysh. » 486 - Et nous a rapporté Abu Bakr ibn Malik, disant : nous a rapporté Abd Allah ibn Ahmad ibn Hanbal, disant : m'a rapporté Hammad ibn Usama, disant : nous a rapporté Mujalid, d'après Amir, d'après Jabir ibn Samura al-Suwa'i, disant : j'ai entendu le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) prononcer un sermon lors du Pèlerinage d'adieu 52, disant : « Cette affaire 48 ne cessera d'être manifeste contre quiconque s'y oppose parmi les gens, sans que ceux qui s'y opposent ou s'en séparent ne leur nuisent, jusqu'à ce que douze émirs 53 sortent de ma communauté. » Puis il dit quelque chose que je ne compris pas ; j'interrogeai mon père, et il dit : « Tous sont de Quraysh. » 487 - Nous a rapporté al-Hasan ibn Ishaq ibn Ibrahim ibn Zayd, nous a rapporté al-Muntasir ibn Nasr ibn al-Muntasir, nous a rapporté Ahmad ibn Rashid ibn Khuthaym, nous a rapporté mon oncle Sa'id ibn Khuthaym, d'après Hanzala, d'après Tawus, d'après Ibn Abbas (qu'Allah les agrée), disant : Umm al-Fadl m'a raconté, disant : je passai près du Prophète (sur lui la paix et le salut) et il dit : « Tu es enceinte d'un garçon ; quand tu l'auras enfanté, apporte-le-moi. » Elle dit : quand elle l'eut enfanté, je l'apportai au Prophète (sur lui la paix et le salut) ; il fit l'adhan 54 dans son oreille droite et l'iqama 55 dans son oreille gauche, lui mit de sa salive dans la bouche, le nomma Abd Allah et dit : « Va avec le père des califes. » J'informai al-Abbas, qui était un homme qui aimait les beaux vêtements ; il revêtit ses habits, puis vint auprès du Prophète (sur lui la paix et le salut). Quand celui-ci le vit, il se leva et l'embrassa entre les yeux. Il dit : je dis : « Ô Messager d'Allah, qu'est-ce que Umm al-Fadl m'a annoncé ? » Il dit : « C'est ce qu'elle t'a annoncé : celui-ci est le père des califes, jusqu'à ce que parmi eux il y ait al-Saffah 56, jusqu'à ce que parmi eux il y ait al-Mahdi 57, jusqu'à ce que parmi eux il y ait celui qui priera derrière Jésus fils de Marie (sur lui la paix). » 488 - Nous a rapporté Abd Allah ibn Muhammad ibn Ata', disant : nous a rapporté Abu Bakr ibn Abi Asim, disant : Abu Bahz al-Saqr ibn Abd al-Rahman, nous a rapporté Abd Allah ibn Idris, d'après al-Mukhtar ibn Fulful, d'après Anas ibn Malik, disant : j'étais avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dans un de ses jardins ; puis quelqu'un vint et frappa à la porte. Il dit : « Ô Anas, lève-toi, ouvre-lui et annonce-lui le Paradis et le califat après moi. » Je dis : « Ô Messager d'Allah, dois-je l'en informer ? » Il dit : « Informe-le. » Je sortis et voilà Abu Bakr. Je dis : « Réjouis-toi du Paradis et du califat après le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). » Puis un homme vint et frappa à la porte. Il dit : « Ô Anas, lève-toi, ouvre-lui et annonce-lui le Paradis et le califat après Abu Bakr. » Je sortis et voilà Umar (qu'Allah l'agrée) ; je lui annonçai le Paradis et le califat après Abu Bakr. Puis quelqu'un vint et frappa à la porte. Il dit : « Ô Anas, lève-toi, ouvre-lui la porte et annonce-lui le Paradis et le califat après Umar, et qu'il sera tué. » Je dis : « Ô Messager d'Allah, dois-je l'en informer ? » Il dit : « Informe-le. » Je sortis et voilà Uthman ; je dis : « Réjouis-toi du Paradis et du califat après Umar, et tu seras tué. » Il entra auprès du Prophète (sur lui la paix et le salut) et dit : « Ô Messager d'Allah, pourquoi ? Par Allah, je n'ai ni chanté, ni désiré, ni touché mon sexe de ma main droite depuis que je t'ai prêté allégeance. » Il dit : « C'est ainsi, ô Uthman. » 489 - Nous a rapporté Abu Amr ibn Hamdan, nous a rapporté al-Hasan ibn Sufyan, nous a rapporté Uthman ibn Abi Shayba, nous a rapporté Jarir, d'après al-A'mash, d'après Habib ibn Abi Thabit, d'après Tha'laba ibn Yazid al-Himmani, disant : j'ai entendu Ali (qu'Allah l'agrée) dire : le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Quiconque ment délibérément sur moi, qu'il prenne sa place dans le Feu. » Et j'atteste qu'il faisait partie de ce que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) me désignait : « Certes, celle-ci sera teinte de celui-ci » — c'est-à-dire sa barbe de sa tête. 490 - Et nous a rapporté Abu Bakr al-Ajurri, nous a rapporté Ahmad ibn Yahya al-Hulwani, nous a rapporté Yahya ibn Yusuf al-Zimmi, disant : nous a rapporté Muhammad ibn Salama, d'après Muhammad ibn Ishaq, disant : m'a rapporté Yazid ibn Muhammad ibn Khuthaym, d'après Muhammad ibn Ka'b al-Quradhi, disant : m'a rapporté ton père Muhammad ibn Khuthaym que Ammar ibn Yasir l'a informé, disant : j'étais avec Ali ibn Abi Talib comme compagnons lors de l'expédition d'al-Ashira 58 ; nous descendîmes dans un lieu, nous dirigeâmes vers un palmier et dormîmes dessous dans une poussière de terre ; rien ne nous réveilla sinon le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). Ali refusa [de se lever], alors il lui pressa le pied, alors que nous étions couverts de poussière. Il dit : « Lève-toi, ne t'annoncerai-je pas les deux hommes les plus misérables ? Le petit rouge de Thamud 59, le tueur de la chamelle, et celui qui te frappera sur ceci » — et il indiqua sa tempe — « et celle-ci sera trempée de cela » — et il prit sa barbe. 491 - Nous a rapporté Sulayman ibn Ahmad, nous a rapporté Muhammad ibn al-Abbas al-Akhram, nous a rapporté Abbad ibn Ya'qub, nous a rapporté Ali ibn Hisham, nous a rapporté Nasih, d'après Simak ibn Harb, d'après Jabir ibn Samura, disant : le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit à Ali : « Tu seras investi du commandement et fait calife, et tu seras tué, et celle-ci sera teinte de celui-ci » — sa barbe de sa tête. Annonce par lui (sur lui la paix et le salut) du meurtre d'al-Husayn (qu'Allah l'agrée) 492 - Nous a rapporté Muhammad ibn al-Hasan ibn Kawthar, nous a rapporté Bishr ibn Musa, nous a rapporté Abd al-Samad ibn Hassan, nous a rapporta Umara ibn Zadhan, d'après Thabit al-Bunani, d'après Anas ibn Malik, disant : l'Ange de la pluie 60 demanda la permission de venir auprès du Prophète (sur lui la paix et le salut) ; il la lui accorda et dit à Umm Salama : « Garde la porte pour nous, que personne n'entre. » Il dit : alors al-Husayn ibn Ali (qu'Allah l'agrée) vint et bondit jusqu'à entrer ; il se mit à grimper sur l'épaule du Prophète (sur lui la paix et le salut). L'ange lui dit : « L'aimes-tu ? » Le Prophète (sur lui la paix et le salut) dit : « Oui. » Il dit : « Certes, parmi ta communauté, il y a quelqu'un qui le tuera ; si tu veux, je te montrerai l'endroit où il sera tué. » Il dit : alors il frappa de sa main et lui montra une terre rouge. Umm Salama (qu'Allah l'agrée) la prit. Et dans la version de Sulayman ibn Ahmad : le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) la sentit et dit : « Odeur de Karb 61 et d'épreuve. » Il dit : nous entendions dire qu'il serait tué à Karbala 62.
493 - Mansour ibn Muhammad ibn Mansour al-Wakil al-Isfahani nous a rapporté : Ishaq ibn Ahmad al-Farisi nous a rapporté : al-Bukhari nous a rapporté : un de nos compagnons khurāsānien nommé Muhammad m’a rapporté : Sa‘īd ibn ‘Abd al-Malik ibn Wāqid al-Jazarī nous a rapporté : ‘Atā’ ibn Muslim al-Khaffāf nous a rapporté d’après al-Ash‘ath ibn Suḥaym, d’après son père, d’après Anas ibn al-Ḥārith qui a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — dire : « Ce fils mien sera tué en terre d’Irak ; que celui d’entre vous qui l’atteigne le secoure. » Il dit : Anas fut tué avec al-Ḥusayn — sur eux deux la paix. Annonce par lui — qu’Allah prie sur lui et le salue — de la réconciliation par Allah Très-Haut, par al-Ḥasan, entre deux groupes de musulmans. 494 - Aḥmad ibn Ja‘far ibn Ma‘bad nous a rapporté : Aḥmad ibn Mahdī nous a rapporté : Abū al-Walīd al-Ṭayālisī nous a rapporté : Mubārak ibn Faḍāla nous a rapporté d’après al-Ḥasan, d’après Abū Bakra qui a dit : Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit : « Ce fils mien est un seigneur 63, et peut-être Allah réalisera-t-il par lui la réconciliation entre deux grands groupes de musulmans. » Chapitre : Annonce par lui — qu’Allah prie sur lui et le salue — de la mort du Negus 64. 495 - Aḥmad ibn Muḥammad ibn Aḥmad nous a rapporté : al-Ḥasan ibn Sufyān nous a rapporté : Qutayba ibn Sa‘īd nous a rapporté : Mālik ibn Anas nous a rapporté d’après al-Zuhrī, d’après Sa‘īd ibn al-Musayyab, d’après Abū Hurayra — qu’Allah l’agrée — : Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — annonça la mort du Negus le jour même où il mourut ; il sortit vers le lieu de prière 65, les aligna et prononça quatre takbīrs 66. Annonce par lui — qu’Allah prie sur lui et le salue — du martyre d’Umm Ḥarām al-Anṣāriyya. 496 - Abū Bakr ibn Khallād nous a rapporté : Muḥammad ibn Ghālib nous a rapporté d’après Ḥarb : ‘Abd Allāh ibn Maslama al-Qa‘nabī nous a rapporté : Mālik ibn Anas nous a rapporté d’après Isḥāq ibn ‘Abd Allāh ibn Abī Ṭalḥa, d’après Anas ibn Mālik qu’il l’a entendu dire : Lorsque le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — allait à Qubā’, il entrait chez Umm Ḥarām bint Milḥān, et elle le nourrissait. Or Umm Ḥarām était l’épouse de ‘Ubāda ibn al-Ṣāmit. Un jour, le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — entra chez elle ; elle le nourrit et s’assit pour l’épouiller 67 ; le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — s’endormit, puis se réveilla en riant. Elle dit : « Qu’est-ce qui te fait rire, ô Messager d’Allah ? » Il dit : « Des gens de ma communauté qui m’ont été montrés partant en expédition dans le sentier d’Allah, chevauchant le dos de cette mer, tels des rois sur des lits, ou comme des rois sur des lits » — Isḥāq hésita. Elle dit : Je dis : « Ô Messager d’Allah, invoque Allah pour qu’Il me mette parmi eux. » Il invoqua pour elle. Puis il posa sa tête et s’endormit, puis se réveilla en riant. Elle dit : « Ô Messager d’Allah, qu’est-ce qui te fait rire ? » Il dit : « Des gens de ma communauté qui m’ont été montrés partant en expédition dans le sentier d’Allah, tels des rois sur des lits, ou comme des rois sur des lits. » Elle dit : « Ô Messager d’Allah, invoque Allah pour qu’Il me mette parmi eux. » Il dit : « Tu es parmi les premiers. » Il dit : Umm Ḥarām prit la mer du temps de Mu‘āwiya ; elle fut jetée à bas de sa monture en sortant de la mer et mourut. Histoire de Samura ibn Jundub. 497 - Fārūq al-Khaṭṭābī et Ḥabīb ibn al-Ḥasan nous ont rapporté : Abū Muslim al-Kashshī nous a rapporté : Ḥajjāj nous a rapporté : Ḥammād nous a rapporté d’après ‘Alī ibn Zayd, d’après Aws ibn Khālid qui a dit : Lorsque j’arrivais chez Abū Maḥdhūra, il m’interrogeait sur Samura ; et lorsque j’arrivais chez Samura, il m’interrogeait sur Abū Maḥdhūra. J’interrogeai Abū Maḥdhūra ; il dit : J’étais, moi, Samura et Abū Hurayra dans une maison ; le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — vint et dit : « Le dernier d’entre vous à mourir sera dans le Feu. » Abū Hurayra mourut, puis Abū Maḥdhūra mourut, puis Samura mourut dans l’incendie. Le cheikh dit : Ceci est un genre où les récits abondent, et il est trop vaste pour être dénombré ; nous nous sommes donc limités à cela.
- islām : Soumission à Dieu ; religion musulmane.
- mirbā' : Le quart du butin que le chef prélevait avant le partage.
- al-Ḥīra : Ancienne ville d'Irak, capitale des Lakhmides.
- ẓa'īna : Femme montée sur une litière (chamel) ; désigne une voyageuse.
- al-Bayt : La Ka'ba à La Mecque.
- Kisrā ibn Hurmuz : Roi sassanide (Khosro II).
- ṣadaqa : Aumône obligatoire ou volontaire.
- al-Sawād : Région fertile d'Irak.
- al-Bayt al-'Atīq : La Maison antique, la Ka'ba.
- al-Madā'in : Villes jumelles (Ctésiphon), capitale sassanide.
- Aḫ aḫ : Interjection exprimant la surprise ou l'hésitation.
- al-qadar : Le décret divin, la prédestination.
- al-Sā'a : L'Heure de la Résurrection.
- Qayṣar : César, titre de l'empereur byzantin.
- al-Ka'ba : Le sanctuaire cubique à La Mecque.
- sabīl Allāh : La voie de Dieu ; souvent le combat pour la cause de Dieu.
- al-Turk : Les Turcs, peuple d'Asie centrale.
- ni'āluhum al-sha'r : Sandales en poil, caractéristique de certains peuples.
- zaḥf : Armée en marche, déploiement militaire.
- Bāh : Région ou ville en Perse.
- al-'ilj : Terme péjoratif pour un non-musulman, surtout persan.
- Bandār-Fān : Nom d'un chef persan (probablement un gouverneur).
- afnā’ al-amṣār : Littéralement « les extrémités des régions » ; désigne les différentes provinces ou districts de l'empire islamique naissant.
- al-Hurmuzān : Gouverneur perse de la province d'Ahwaz, capturé par les musulmans et converti à l'islam sous le califat de 'Umar.
- Kisrā : Titre des rois sassanides de Perse, équivalent à « Chosroès ».
- Qayṣar : Titre des empereurs romains/byzantins, équivalent à « César ».
- Fāris : La Perse, c'est-à-dire l'empire sassanide.
- al-Nu‘mān ibn Muqarrin : Compagnon du Prophète et commandant militaire, mort à la bataille de Nihavand (642).
- al-Mughīra ibn Shu‘ba : Compagnon célèbre, gouverneur de Kufa sous le califat de 'Umar et 'Uthman.
- jizya : Impôt de capitation imposé aux non-musulmans (dhimmis) en échange de la protection de l'État islamique.
- Khurāsān : Région historique couvrant le nord-est de l'Iran, l'Afghanistan et l'Asie centrale.
- Marw : Ville historique du Khurāsān (actuel Turkménistan), importante centre islamique.
- Dhū l-Qarnayn : Figure coranique souvent identifiée à Alexandre le Grand ou à un roi juste, ayant voyagé et bâti des constructions.
- al-amr : Ici, désigne l'islam ou la communauté musulmane.
- Ḥimyar : Ancien royaume du Yémen, souvent utilisé pour désigner le Yémen en général.
- dhāt al-qurūn : Littéralement « aux cornes » ; expression désignant les Romains/Byzantins, peut-être en référence à leurs casques ou à leur puissance.
- yastakhlifannakum : Verbe signifiant « faire succéder » ou « établir comme successeurs ».
- ṣafwa : L'élite, la meilleure partie, ce qui est pur et choisi.
- al-Sunna : La tradition prophétique, c'est-à-dire les enseignements et pratiques du Prophète Muhammad.
- al-bid‘a : Innovation religieuse blâmable, contraire à la Sunna.
- kāsiyāt ‘āriyāt : Expression signifiant « vêtues mais nues » : femmes qui portent des vêtements fins ou transparents, ou qui découvrent certaines parties du corps.
- mumīlāt mā’ilāt : « Inclinantes et inclinées » : elles inclinent les autres (par leur comportement) et sont elles-mêmes inclinées (vers le péché).
- al-Bukht : Race de chameaux à deux bosses, originaire d'Asie centrale.
- al-shaykh : Le cheikh, ici probablement le compilateur ou un commentateur du hadith.
- al-fitan : Épreuves, tentations, troubles ou guerres civiles.
- asāwida ṣabban : Littéralement « serpents noirs se déversant » ; métaphore pour des gens qui se précipitent les uns sur les autres en masse.
- qiṭa‘ al-dukhān : « Morceaux de fumée » ; métaphore pour des épreuves confuses et obscures.
- al-amr : Cette affaire : désigne la religion islamique ou le pouvoir politique.
- mulkan 'adūḍan : Royauté mordante : royauté tyrannique et oppressive.
- utūwwan wa jabriyya : Tyrannie et contrainte : arrogance et domination forcée.
- al-furūj : Les vulves : euphémisme pour les relations sexuelles illicites.
- Ḥajjat al-Wadāʿ : Pèlerinage d'adieu : dernier pèlerinage du Prophète.
- amīr : Émir : commandant, prince ou gouverneur.
- adhān : Adhan : appel à la prière.
- iqāma : Iqama : second appel qui annonce le début de la prière.
- al-Saffāḥ : Al-Saffah : 'le Généreux', surnom du premier calife abbasside.
- al-Mahdī : Al-Mahdi : 'le Bien guidé', figure eschatologique attendue.
- ghazwat al-ʿAshīra : Expédition d'al-Ashira : expédition militaire du Prophète.
- Uḥaymir Thamūd : Le petit rouge de Thamud : allusion au tueur de la chamelle, symbole de perdition.
- Malak al-Maṭar : Ange de la pluie : ange chargé de la pluie.
- Karb : Karb : détresse, affliction ; aussi allusion à Karbala.
- Karbalāʾ : Karbala : lieu du martyre d'al-Husayn.
- sayyid : Seigneur, maître, noble ; titre honorifique désignant une personne de haute stature morale et sociale.
- al-Najāshī : Titre du souverain chrétien d’Abyssinie (Éthiopie) à l’époque du Prophète ; il accueillit les premiers musulmans émigrés.
- al-muṣallā : Lieu de prière en plein air, souvent utilisé pour les prières des deux fêtes (ʿīd) et les prières funéraires.
- takbīr : Prononciation de la formule Allāhu akbar (Allah est le plus grand) ; dans la prière funéraire, on prononce quatre takbīrs.
- tufallī ra’sahu : Elle épouillait sa tête, c’est-à-dire qu’elle cherchait et enlevait les poux de ses cheveux, geste d’intimité et de service.
Chapitre vingt-sept : Mention de ce qui apparut à ses compagnons de son vivant. Parmi…
Chapitre vingt-sept : Mention de ce qui apparut à ses compagnons de son vivant. Parmi cela, l'histoire d'Abou Bakr as-Siddiq [1], que Dieu l'agrée, avec son hôte et sa nourriture ; l'histoire d'Asid ibn Hudayr [2] et de l'effarouchement de son cheval ; l'histoire d'Oumm Soulaym [3] et de sa datte [4] ; l'illumination du bâton pour les Ansârs [5] dans la nuit obscure, et ce qui est analogue.
Le vingt-septième chapitre : mention de ce qui apparut à ses Compagnons de son vivant. Parmi cela, l'histoire d'Abû Bakr as-Siddîq 1 avec son hôte et sa nourriture, l'histoire d'Usayd ibn Hudayr 2 et l'effroi de son cheval, l'histoire d'Umm Sulaym 3 et son outre de beurre, l'illumination du bâton pour les deux Ansâr 4 dans la nuit obscure, et ce qui est analogue. 498 - Sulaymân ibn Ahmad nous a rapporté : Alî ibn Abd al-Azîz nous a rapporté : Ârim ibn an-Nu'mân nous a rapporté ; et Abû Amr Muhammad ibn Ahmad ibn Hamdân nous a rapporté : Al-Hasan ibn Sufyân nous a rapporté : Ubayd Allâh ibn Mu'âdh nous a rapporté, tous deux disant : Al-Mu'tamir ibn Sulaymân nous a rapporté, d'après son père, d'après Abû Uthmân, qui lui a rapporté d'après Abd ar-Rahmân ibn Abî Bakr, qui a dit : Les Gens de la Suffa 5 étaient des gens pauvres. L'Envoyé d'Allâh, sur lui la grâce et la paix, a dit : « Que celui qui a de la nourriture pour deux en prenne un troisième, et que celui qui a de la nourriture pour quatre en prenne un cinquième », ou comme il a dit. Abû Bakr vint avec trois personnes, et l'Envoyé d'Allâh, sur lui la grâce et la paix, partit avec dix. Abû Bakr dîna chez l'Envoyé d'Allâh, sur lui la grâce et la paix, puis resta jusqu'à ce que la prière du soir 6 fût accomplie, puis il revint. Il arriva après qu'une partie de la nuit se fut écoulée, selon ce qu'Allâh voulut. Sa femme lui dit : « Qu'est-ce qui t'a retenu loin de tes hôtes ? » Il dit : « Les as-tu fait dîner ? » Elle dit : « Ils ont refusé jusqu'à ce que tu viennes ; on leur a présenté [la nourriture], mais ils ont été plus forts qu'eux [en refusant]. » Il dit : « Alors je suis allé et je me suis caché. » Il dit : « Mangez, que cela vous soit agréable ! » Et il dit : « Par Allâh, je n'en mangerai jamais ! » Il dit : « Par Allâh, nous ne prenions pas une bouchée sans que [la nourriture] n'augmente par en dessous, plus qu'elle n'était. » Il dit : « Ils furent rassasiés, et [la nourriture] devint plus abondante qu'auparavant. Abû Bakr la regarda, et voilà qu'elle était comme elle était. Il dit à sa femme : « Ô sœur des Banû Firâs 7, qu'est-ce que cela ? » Elle dit : « Non, par la prunelle de mes yeux, elle est maintenant trois fois plus abondante qu'avant. » Abû Bakr en mangea et dit : « Cela ne venait que du Diable », faisant allusion à son serment. Puis il en mangea une bouchée, puis l'apporta à l'Envoyé d'Allâh, sur lui la grâce et la paix, et elle resta chez lui jusqu'au matin. Il dit : « Il y avait un pacte entre eux et un peuple ; le terme expira, et nous reconnûmes douze hommes, avec chaque homme des gens – et Allâh sait combien il y avait avec chaque homme – et ils en mangèrent tous », ou comme il a dit. Texte de Ârim. Histoire d'Umm Sulaym 499 - Muhammad ibn Sulaymân nous a rapporté par dictée : Yahyâ ibn Muhammad al-Hinnâ'î nous a rapporté : Shaybân ibn Farrûkh nous a rapporté : Muhammad ibn Ziyâd al-Burjumî nous a rapporté : Abû Zilâl nous a rapporté, d'après Anas ibn Mâlik, d'après sa mère Umm Sulaym, qui a dit : J'avais une brebis ; je recueillis son beurre dans une outre, et je l'envoyai avec Zaynab 8. Je dis : « Ô Zaynab, apporte cette outre à l'Envoyé d'Allâh, sur lui la grâce et la paix, pour qu'il l'utilise comme condiment. » Zaynab vint avec elle auprès de l'Envoyé d'Allâh, sur lui la grâce et la paix, et dit : « Ô Envoyé d'Allâh, voici une outre de beurre qu'Umm Sulaym t'a envoyée. » Il dit : « Videz son outre pour elle. » On vida l'outre et on la lui rendit. Elle vint, et Umm Sulaym n'était pas à la maison. Elle suspendit l'outre à un piquet. Umm Sulaym vint et vit l'outre pleine, dégoulinante de beurre. Elle dit : « Ô Zaynab, ne t'avais-je pas ordonné d'apporter cette outre à l'Envoyé d'Allâh, sur lui la grâce et la paix, pour qu'il l'utilise comme condiment ? » Elle dit : « Je l'ai fait. Si tu ne me crois pas, viens avec moi auprès de l'Envoyé d'Allâh, sur lui la grâce et la paix. » Umm Sulaym et Zaynab allèrent donc ensemble auprès de l'Envoyé d'Allâh, sur lui la grâce et la paix. Elle dit : « Ô Envoyé d'Allâh, je t'avais envoyé avec elle une outre contenant du beurre. » Il dit : « Elle est venue avec elle. » Elle dit : « Par Celui qui t'a envoyé avec la guidée et la religion de vérité, elle est pleine de beurre, dégoulinante. » Le Prophète, sur lui la grâce et la paix, dit : « Es-tu étonnée, ô Umm Sulaym ? Allâh t'a nourrie comme tu as nourri Son Prophète. » Al-Baghawî 9 ajouta d'après Shaybân : « Mange et donne à manger. » Elle dit : « Je vins à ma maison, je la répartis dans un plat 10 pour nous, tant et tant, et j'en laissai ce dont nous nous servîmes comme condiment pendant un mois ou deux mois. 500 - Ahmad ibn Ishâq et Abd Allâh ibn Muhammad nous ont rapporté : Abû Bakr ibn Abî Âsim nous a rapporté : Abû Bakr ibn Abî Shayba nous a rapporté : Muhammad ibn Fudayl nous a rapporté, d'après Atâ' ibn as-Sâ'ib, d'après Yahyâ ibn Ja'da, d'après sa grand-mère, qui a dit : Umm Mâlik al-Ansâriyya 11 vint avec une outre de beurre auprès de l'Envoyé d'Allâh, sur lui la grâce et la paix. L'Envoyé d'Allâh, sur lui la grâce et la paix, ordonna à Bilâl 12 de la presser, puis il la lui rendit. Elle revint, et voilà qu'elle était pleine. Elle vint auprès du Prophète, sur lui la grâce et la paix, et dit : « Quelque chose m'est-il arrivé, ô Envoyé d'Allâh ? » Il dit : « Qu'est-ce donc, ô Umm Mâlik ? » Elle dit : « Tu m'as rendu mon cadeau. » Il appela Bilâl et l'interrogea à ce sujet. Il dit : « Par Celui qui t'a envoyé avec la vérité, je l'ai pressée jusqu'à en avoir honte. » L'Envoyé d'Allâh, sur lui la grâce et la paix, dit : « Qu'il te soit agréable, ô Umm Mâlik ! C'est une bénédiction dont Allâh t'a hâté la récompense. Transformation de la viande en pierre 501 - Makhlad ibn Ja'far nous a rapporté : Al-Hasan ibn at-Tayyib nous a rapporté : Qutayba ibn Sa'îd nous a rapporté : Ar-Rabî' ibn Badr nous a rapporté, d'après al-Jurayrî, d'après l'un de ses maîtres, qui a dit : On offrit à Umm Salama 13 un morceau de viande rôtie. Elle le mit de côté pour l'Envoyé d'Allâh, sur lui la grâce et la paix. Un pauvre se présenta à sa porte et dit : « Qu'il soit béni ! » Mais elle ne le mangea pas. Le Prophète, sur lui la grâce et la paix, vint et dit : « Apporte la réserve de l'Envoyé d'Allâh. » Elle l'apporta, et voilà que c'était un caillou. Il dit : « Nous sommes à Allâh ! Par Allâh, c'était un morceau de viande qu'Une telle nous avait offert. » Le Prophète, sur lui la grâce et la paix, dit : « Peut-être as-tu rencontré un mendiant ? » Elle dit : « Oui. » Il dit : « C'est par cela que vous avez été avertis. » Il dit : « Il resta une pierre dans sa maison, qu'elle utilisait pour piler, jusqu'à sa mort – qu'Allâh l'agrée. Histoire du cheval d'Usayd ibn Hudayr 502 - Abû Bakr ibn Khallâd nous a rapporté : Ahmad ibn Ibrâhîm ibn Milhân nous a rapporté : Yahyâ ibn Bukayr nous a rapporté : Al-Layth ibn Sa'd m'a rapporté, d'après Yazîd ibn Abd Allâh ibn Usâma, d'après Abd Allâh ibn Khabbâb, d'après Abû Sa'îd al-Khudrî, d'après Usayd ibn Hudayr, que celui-ci était parmi les gens ayant la plus belle voix pour le Coran. Il dit : « Une nuit, je récitai la sourate al-Baqara 14. J'avais un cheval attaché, et mon fils Yahyâ était couché. Le cheval s'approcha de lui – c'était un garçon – et fit un écart. Je n'avais d'autre souci que mon fils Yahyâ. Je me tus, et le cheval se calma. Puis je récitai, et le cheval fit un écart. Je me levai, n'ayant d'autre souci que mon fils Yahyâ. Je levai la tête, et voilà quelque chose comme une nuée contenant des lampes, venant du ciel. Cela m'effraya, et je me tus. Au matin, j'allai trouver l'Envoyé d'Allâh, sur lui la grâce et la paix, et l'en informai. Il dit : « Récite, ô Abû Yahyâ ! » Je dis : « J'ai récité, et le cheval a fait un écart, et je n'avais d'autre souci que mon fils Yahyâ. » Il dit : « Ce sont les anges qui se sont approchés pour [écouter] ta voix. Si tu avais récité jusqu'au matin, les gens auraient vu le matin en les regardant. » Dans le hadith de Sulaymân ibn Ahmad : « Récite, ô Usayd, car il t'a été donné des mélodies de la famille de David 15. » Mention de l'illumination du bâton et autres 503 - Abû Alî Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn Abî ash-Shawârib nous a rapporté ; et Sulaymân ibn Ahmad nous a rapporté : Ahmad ibn Dâwûd al-Makkî nous a rapporté : Mûsâ ibn Ismâ'îl nous a rapporté : Hammâd ibn Salama nous a rapporté, d'après Thâbit, d'après Anas, qu'Usayd ibn Hudayr et Abbâd ibn Bishr 16 étaient chez l'Envoyé d'Allâh, sur lui la grâce et la paix, par une nuit obscure et ténébreuse. Ils sortirent de chez lui, et le bâton de l'un d'eux s'illumina comme une lampe. Ils marchèrent à sa lumière. Lorsqu'ils se séparèrent pour aller à leurs demeures, le bâton de l'autre s'illumina.
504 - Nous a rapporté Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan : nous a rapporté Muhammad ibn 'Uthmân ibn Abî Shayba : nous a rapporté Muhammad ibn al-'Alâ' : nous a rapporté Zayd ibn al-Hubâb : m'a rapporté 'Abd al-Majîd ibn Abî 'Ibs ibn Jabr al-Ansârî : m'a informé Maymûn ibn Zayd ibn Abî 'Ibs : m'a informé mon père qu'Abû 'Ibs priait avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, les prières, puis retournait auprès des Banû Hâritha. Il sortit une nuit sombre et pluvieuse, et son bâton s'illumina pour lui jusqu'à ce qu'il entre dans la demeure des Banû Hâritha. 505 - Nous a rapporté Sulaymân ibn Ahmad : nous a rapporté Muhammad ibn al-'Abbâs al-Mu'addib : nous a rapporté Surayj ibn al-Nu'mân : nous a rapporté Fulayh ibn Sulaymân, d'après Sa'îd ibn al-Hârith, d'après Abû Salama ibn 'Abd al-Rahmân, d'après Abû Sa'îd al-Khudrî : C'était une nuit pluvieuse. Lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, sortit pour la prière du 'ichâ' 17, un éclair brilla et il vit Qatâda ibn al-Nu'mân. Il dit : "Ô Qatâda, quand tu auras prié, reste jusqu'à ce que je te donne un ordre." Lorsqu'il eut terminé sa prière, il vint à lui et lui donna une branche de palmier 18 en disant : "Prends ceci, il éclairera devant toi sur dix coudées et derrière toi sur dix coudées." Et cela s'illumina pour lui. 506 - Nous a rapporté Ahmad ibn Ibrâhîm ibn Yûsuf : nous a rapporté Ibrâhîm ibn Fahr : nous a rapporté 'Abd al-Rahmân ibn Sâlih : nous a rapporté Mûsâ ibn 'Uthmân, d'après al-A'mash, d'après Abû Hurayra : Al-Hasan était auprès du Prophète, que la prière et la paix soient sur lui, par une nuit obscure, et il l'aimait d'un amour intense. Il dit : "Va chez ma mère." Je dis : "Dois-je y aller, ô Messager d'Allah ?" Alors un éclair vint du ciel, et il marcha dans sa lumière jusqu'à atteindre sa mère. 507 - Nous a rapporté 'Alî ibn Hârûn ibn Muhammad : nous a rapporté Mûsâ ibn Hârûn : nous a rapporté Ibrâhîm ibn al-Mundhir : nous a rapporté Sufyân ibn Hamza al-Aslamî, d'après Kathîr ibn Zayd, d'après Muhammad ibn Hamza al-Aslamî, d'après son père Hamza ibn 'Amr : Nous nous étions dispersés au cours d'un voyage avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, par une nuit obscure et ténébreuse. Mes doigts s'illuminèrent jusqu'à ce qu'ils rassemblent leurs montures, et aucune d'elles ne périt. Et mes doigts éclairaient.
- Abû Bakr as-Siddîq : Premier calife de l'islam, compagnon et beau-père du Prophète, surnommé 'as-Siddîq' (le Véridique).
- Usayd ibn Hudayr : Compagnon de Médine, chef des Banû Abd al-Ashhal, connu pour sa belle récitation coranique.
- Umm Sulaym : Mère d'Anas ibn Mâlik, servante du Prophète, parmi les premières femmes à embrasser l'islam à Médine.
- Ansâr : Les 'Auxiliaires' de Médine, convertis à l'islam ayant accueilli et soutenu le Prophète et les émigrés de La Mecque.
- Gens de la Suffa : Compagnons pauvres et sans abri qui vivaient sous l'auvent (suffa) de la mosquée de Médine, bénéficiant de l'hospitalité du Prophète.
- prière du soir : La prière de 'ichâ', la cinquième prière obligatoire de la journée, accomplie après la tombée de la nuit.
- Banû Firâs : Tribu arabe à laquelle appartenait la femme d'Abû Bakr, Asmâ' bint 'Umays.
- Zaynab : Fille du Prophète et de Khadîja, épouse d'Abû al-Âs ibn ar-Rabî'.
- Al-Baghawî : Savant musulman du XIe siècle, auteur d'un commentaire coranique et de recueils de hadiths.
- qa'b : Grand récipient ou plat utilisé pour la nourriture.
- Umm Mâlik al-Ansâriyya : Compagne de Médine, de la tribu des Ansâr, mentionnée dans plusieurs hadiths pour sa générosité.
- Bilâl : Bilâl ibn Rabâh, compagnon et premier muezzin de l'islam, esclave affranchi d'origine abyssinienne.
- Umm Salama : Épouse du Prophète, Hind bint Abî Umayya, l'une des Mères des Croyants.
- sourate al-Baqara : Deuxième sourate du Coran, la plus longue, traitant de nombreux sujets législatifs et narratifs.
- mélodies de la famille de David : Allusion à la beauté de la voix du prophète David, réputé pour sa psalmodie des Psaumes.
- Abbâd ibn Bishr : Compagnon de Médine, parmi les Ansâr, connu pour sa piété et sa bravoure.
- ‘ichâ’ : Prière du soir, la cinquième prière obligatoire de la journée.
- ‘urjûn : Branche de palmier, souvent une tige de régime de dattes.
Chapitre vingt-huitième : Ce qui s'est produit comme signes [1] lors de sa mort, que la…
Chapitre vingt-huitième : Ce qui s'est produit comme signes [1] lors de sa mort, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui.
Le vingt-huitième chapitre : ce qui est advenu comme signes lors de sa mort, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. 508 - Abd al-Rahman ibn Muhammad ibn Ja'far nous a rapporté : Muhammad ibn Abd Allah ibn Mus'ab nous a rapporté : Muhammad ibn Abi 'Umar nous a rapporté : Muhammad ibn Ja'far ibn Muhammad nous a rapporté que mon père mentionnait d'après son père, d'après son grand-père 'Ali ibn Abi Talib, qu'Allah l'agrée, a dit : "Lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, fut rappelé 1 et que les condoléances eurent lieu, un visiteur vint, dont ils entendaient le bruit mais ne voyaient pas la personne, et dit : 'Que la paix et la miséricorde d'Allah soient sur vous, gens de la maison ! En vérité, en Allah se trouve une consolation 2 pour toute affliction, un successeur pour toute perte, et un rattrapage pour tout ce qui a été manqué. Ayez donc confiance en Allah et espérez en Lui, car le privé est celui qui est privé de la récompense, et l'affligé est celui qui est privé de la récompense. Et que la paix soit sur vous.' Il dit : 'Savez-vous qui c'est ? C'est al-Khidr 3, que les bénédictions d'Allah soient sur lui et sur tous les prophètes et les saints.'" 509 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn 'Uthman ibn Abi Shayba nous a rapporté : mon père et mon oncle Abu Bakr et Yahya al-Himmani nous ont rapporté : al-Husayn ibn 'Ali nous a rapporté d'après Abd al-Rahman ibn Yazid ibn Jabir, d'après Abu al-Ash'ath al-San'ani, d'après Aws ibn Aws al-Thaqafi, d'après le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : "Le meilleur de vos jours est le vendredi : en lui Adam fut créé, en lui il fut rappelé, en lui aura lieu le soufflement 4 et en lui la clameur 5. Multipliez donc les prières sur moi en ce jour, car vos prières me sont présentées." Ils dirent : "Ô Messager d'Allah, comment nos prières te seront-elles présentées alors que tu es devenu poussière 6 ?" Il dit : "Allah a interdit à la terre de consumer les corps des prophètes." 510 - Muhammad ibn Abd al-Aziz ibn Sahl al-Khashshab al-Naysaburi nous a rapporté : Ibrahim ibn Ishaq al-Anmati nous a rapporté : Muhammad ibn Sulayman Luwayn nous a rapporté : Abd al-Hamid ibn Sulayman nous a rapporté d'après Abu Hazim, d'après Sa'id ibn al-Musayyab, qui a dit : "Je me suis vu, durant les nuits de la Harra 7, alors qu'il n'y avait dans la mosquée du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, personne d'autre que moi, et il n'arrivait aucun temps de prière sans que j'entende l'appel à la prière 8 venant de la tombe ; puis je m'avançais, je faisais l'iqama 9 et je priais. Et les gens du Sham 10 entraient par groupes dans la mosquée et disaient : 'Regardez ce vieillard fou !'" Réponse à l'invocation 511 - Habib ibn al-Hasan nous a rapporté : Abu Muslim al-Kashshi nous a rapporté : Muhammad ibn Abd Allah al-Ansari nous a rapporté : mon père m'a rapporté d'après son oncle Thumama, d'après Anas, que 'Umar ibn al-Khattab, qu'Allah l'agrée, sortit pour demander la pluie 11 et sortit avec al-'Abbas pour demander la pluie par son intermédiaire, disant : "Ô Allah, lorsque nous étions en période de sécheresse à l'époque de notre Prophète, nous nous tournions vers Toi par notre Prophète ; et maintenant nous nous tournons vers Toi par l'oncle de Ton Prophète : donne-nous la pluie !" Et ils reçurent la pluie. 512 - Muhammad ibn Ahmad ibn 'Ali ibn Muhammad nous a rapporté : Abu Isma'il al-Tirmidhi nous a rapporté, et Muhammad ibn Ishaq nous a rapporté : Bakr ibn Ahmad ibn Muqbil nous a rapporté : Muhammad ibn Yazid al-Asfati nous a rapporté, tous deux : Ibrahim ibn Yahya ibn Hani' nous a rapporté : mon père nous a rapporté : Musa ibn 'Uqba nous a rapporté d'après Isma'il, d'après Qays, d'après Sa'd, qui a dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, m'a dit : "Ô Allah, dirige son tir et exauce son invocation." 513 - Al-'Abbas ibn Abi Shahma nous a rapporté : Dahtham ibn al-Fadl nous a rapporté : Mu'ammal ibn Isma'il nous a rapporté : Hammad ibn Salama nous a rapporté d'après 'Ali ibn Zayd ibn Jud'an, d'après Sa'id ibn al-Musayyab, que Sa'd ibn Abi Waqqas entendit un homme mentionner les compagnons de Muhammad, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et les dénigrer. Sa'd lui dit : "Cesse, ou bien j'invoquerai Allah contre toi !" L'homme se leva en colère, disant : "Il me menace de son invocation comme s'il était un prophète !" Sa'd dit : "Ô Allah, si Ton serviteur a mentionné un peuple qui a eu de Toi une avance 12, voulant par cette mention les insulter, montre-lui aujourd'hui un signe qui fasse de lui un signe pour les serviteurs." L'homme sortit de la mosquée en colère ; alors un chameau furieux arriva, fendant la foule, jusqu'à atteindre l'homme, le frappa, le renversa, puis s'accroupit sur lui et ne cessa de le broyer entre le sol et sa poitrine jusqu'à le déchiqueter. Sa'id ibn al-Musayyab dit : "J'ai vu les gens accourir vers Sa'd en disant : 'Félicitations pour l'exaucement !'" 514 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté : Muhammad ibn 'Abdus ibn Kamil nous a rapporté : Muhammad ibn Bakkar nous a rapporté : Abd al-Hamid ibn Mansur nous a rapporté d'après Abd al-Malik ibn 'Umayr, qui a dit : Un homme parmi les musulmans vint à Sa'd ibn Abi Waqqas et dit : [Poème en mètre tawil] Nous combattons jusqu'à ce qu'Allah fasse descendre Sa victoire, Et Sa'd, à la porte d'al-Qadisiyya, est protégé. Nous sommes revenus alors que beaucoup de femmes sont devenues veuves, Mais les femmes de Sa'd, parmi elles, aucune n'est veuve. Cela parvint à Sa'd, qui leva les mains et dit : "Ô Allah, retiens sa langue et sa main loin de moi comme Tu voudras." Alors, le jour d'al-Qadisiyya, il fut frappé : sa langue fut coupée, sa main fut coupée, et il fut tué. 515 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté : Abd Allah ibn Ahmad ibn Hanbal nous a rapporté : 'Amr ibn Abi 'Asim m'a rapporté : mon père m'a rapporté d'après al-Mughira ibn Ziyad, d'après 'Ata' ibn Abi Rabah, qui a dit : Alors que Abd Allah ibn 'Umar se trouvait dans la Mosquée Sacrée à midi, pendant la canicule, il aperçut un serpent beau, tacheté de rouge et de noir. Il vint, tourna autour de la Maison 13 sept fois, puis vint vers la Station 14 comme s'il priait. Abd Allah ibn 'Umar vint se tenir devant lui et dit : "Ô toi, peut-être as-tu accompli un rite 15 ; mais je ne suis pas sûr que les insensés de notre pays ne te fassent du mal." Alors le serpent s'enroula et s'éleva dans le ciel. Dans une autre version : Il pencha l'oreille jusqu'à saisir ma parole, puis amassa un tas de gravier, s'y appuya jusqu'à se dresser sur sa queue, puis s'en alla dans le ciel, et je ne le revis plus. Mention de ce qui indique la vie des martyrs 516 - Faruq al-Khattabi nous a rapporté : Abu Muslim al-Kashshi nous a rapporté : Hajjaj ibn Nusayr nous a rapporté : Hisham nous a rapporté d'après Abu al-Zubayr, d'après Jabir, qui a dit : On nous appela pour les morts d'Uhud, et cela lorsque Mu'awiya fit couler l'eau 16 ; nous les exhumâmes après quarante ans, leurs corps étaient souples. 517 - Abu Bakr ibn Khallad nous a rapporté : al-Harith ibn Abi Usama nous a rapporté : Dawud ibn al-Muhabbar nous a rapporté : Hammad ibn Salama nous a rapporté d'après Abu al-Zubayr, d'après Jabir, que Mu'awiya ordonna de creuser le canal 17 ; on passa par les morts d'Uhud, et ils furent exhumés de leurs tombes, frais, leurs membres pliants, après quarante ans. 518 - Abd Allah ibn Muhammad ibn Ja'far nous a rapporté : Muhammad ibn Abd Allah ibn Rustah nous a rapporté : Abd al-Wahid ibn Ghiyath nous a rapporté : Hammad ibn Salama nous a rapporté : J'ai entendu 'Amr ibn Dinar et Abu al-Zubayr dire : La pioche toucha le pied de Hamza, et il saigna après quarante ans. Mention d'un récit rapporté d'après Thabit ibn Qays ibn Shammas contenant des informations sur un signe invisible et une preuve.
519 - Le juge Abū Aḥmad Muḥammad ibn Aḥmad nous a rapporté : 'Abd Allāh ibn Sa'īd ibn al-Walīd nous a rapporté, disant : Abū Ka'b al-Miṣṣīṣī nous a rapporté, disant : al-Walīd ibn Muslim nous a rapporté, disant : 'Abd al-Raḥmān ibn Yazīd ibn Jābir nous a rapporté, disant : 'Aṭā' al-Khurāsānī nous a rapporté, disant : Je suis arrivé à Médine et j'ai souhaité que quelqu'un me raconte le récit de Thābit ibn Qays ibn Shammās al-Anṣārī. Je rencontrai un homme des Anṣār et lui dis : Raconte-moi le récit de Thābit ibn Qays ibn Shammās. Il dit : Lève-toi avec moi. Je partis donc jusqu'à ce que je sois conduit à une maison. Il me fit entrer chez une femme et dit : Voici la fille de Thābit ibn Qays, interroge-la. Je dis : Que Dieu te fasse miséricorde, raconte-moi le récit de ton père Thābit ibn Qays. Elle dit : Oui. Le jour de la Yamāma 18, Thābit participa avec Khālid ibn al-Walīd. Les musulmans et les Banū Ḥanīfa 19 se rencontrèrent et combattirent. Les gens furent mis en déroute. Thābit et Sālim, l'affranchi d'Abū Ḥudhayfa 20, dirent : Ce n'est pas ainsi que nous combattions avec le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Chacun d'eux creusa une fosse. Les associateurs chargèrent contre les musulmans, qui furent mis en déroute, mais Thābit et Sālim tinrent bon et combattirent jusqu'à être tués. Thābit portait ce jour-là une cotte de mailles précieuse. Un homme parmi les musulmans passa près de lui et la lui prit. Un autre musulman vit Thābit ibn Qays en songe, qui lui dit : Je te confie une recommandation. Lorsque j'ai été tué hier, un homme parmi les musulmans est passé près de moi et a pris ma cotte de mailles. Sa tente est à l'extrémité du camp, et près de sa tente il y a un cheval qui galope en longe. Il a posé un pot en terre cuite retourné sur la cotte de mailles, et par-dessus le pot, une selle. Va trouver Khālid ibn al-Walīd et ordonne-lui d'envoyer chercher ma cotte de mailles et de la prendre. Lorsque tu arriveras auprès du calife du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dis-lui : J'ai telle et telle dette, et on me doit telle et telle chose, et untel parmi mes esclaves est affranchi, et untel. L'homme alla trouver Khālid ibn al-Walīd, qui envoya chercher la cotte de mailles et la trouva comme il l'avait décrite. Lorsqu'il arriva auprès d'Abū Bakr, il l'informa, et il exécuta son testament. On ne connaît personne dont le testament ait été exécuté après sa mort, excepté Thābit ibn Qays. 520 - 'Abd al-Malik ibn al-Ḥasan nous a rapporté : Yūsuf al-Qāḍī nous a rapporté : 'Amr ibn Marzūq nous a rapporté : Mālik ibn Anas nous a rapporté, d'après Ibn Shihāb, d'après Ismā'īl ibn Muḥammad al-Anṣārī, qui l'informa que Thābit ibn Qays dit : Ô Messager de Dieu, j'ai craint d'être perdu. Il dit : Pourquoi ? Il dit : Dieu, Puissant et Majestueux, nous interdit la louange pour ce qui n'a pas été fait, et je suis un homme qui aime la louange. Il nous interdit l'orgueil, et j'aime l'orgueil. Dieu, Puissant et Majestueux, nous interdit d'élever nos voix au-dessus de ta voix, et je suis un homme à la voix forte. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : Ô Thābit, n'es-tu pas satisfait de vivre loué, de mourir martyr et d'entrer au Paradis ?
- qubiḍa : Littéralement 'fut saisi', euphémisme pour la mort du Prophète.
- ʿazāʾ : Consolation, réconfort dans l'épreuve.
- al-Khiḍr : Personnage mystérieux souvent identifié comme un prophète ou un saint, connu pour sa longévité et sa connaissance ésotérique.
- al-nafkha : Le soufflement dans la Trompe (Cor) annonçant la Résurrection.
- al-ṣaʿqa : La clameur ou le cri terrifiant précédant la Résurrection.
- aramta : Tu es devenu poussière, c'est-à-dire que ton corps s'est décomposé.
- layālī al-Ḥarra : Les nuits de la bataille de al-Harra (63 H/683), près de Médine.
- al-adhān : L'appel à la prière.
- al-iqāma : Le second appel qui annonce le début de la prière en congrégation.
- ahl al-Shām : Les habitants de la Syrie (Grande Syrie).
- yastasqī : Demander la pluie par une prière spéciale (istisqā').
- sabaqa lahum minka : Allusion à la prédestination divine : ces compagnons ont eu une avance (mérite) auprès d'Allah.
- al-Bayt : La Ka'ba, la Maison Sacrée.
- al-Maqām : La Station d'Abraham, lieu de prière près de la Ka'ba.
- nusuk : Rite ou acte d'adoration, ici probablement la circumambulation (tawāf).
- ajrā Muʿāwiya al-ʿayn : Mu'awiya fit couler l'eau (d'un canal) qui traversait le champ de bataille d'Uhud.
- bi-latāma : Canal ou rigole d'irrigation.
- Yamāma : Bataille de la Yamāma, livrée en 632 contre les Banū Ḥanīfa lors des guerres de l'apostasie.
- Banū Ḥanīfa : Tribu arabe de la région de la Yamāma, dont le chef Musaylima se proclama prophète.
- Sālim, l'affranchi d'Abū Ḥudhayfa : Compagnon du Prophète, connu pour sa piété et sa récitation du Coran.
Chapitre vingt-neuf : Ce qui s’est produit par les mains de ses Compagnons après lui…
Chapitre vingt-neuf : Ce qui s’est produit par les mains de ses Compagnons après lui, comme la traversée de la mer par al-‘Alâ’ ibn al-Hadramî [1] et l’armée de Sa‘d [2], et ce qui s’est produit par les mains de Khâlid [3] à l’époque d’Abû Bakr [4], et la lamentation des djinns [5] et autres.
**Chapitre vingt-neuvième : Ce qui advint par l'intermédiaire de ses Compagnons après lui, comme la traversée de la mer par Al-‘Alâ’ ibn Al-Ḥaḍramî et l'armée de Sa‘d, et ce qui advint par l'intermédiaire de Khâlid à l'époque d'Abû Bakr, la lamentation des djinns, et autres.** 521 - Nous a rapporté mon père et Sulaymân ibn Aḥmad, qui ont dit : nous a rapporté Al-Ḥasan ibn Aḥmad ibn Bisṭân, nous a rapporté Ismâ‘îl ibn Ibrâhîm Al-Harawî, nous a rapporté mon père, d'après Abû Ka‘b, compagnon du soie (Ṣâḥib al-Ḥarîr), d'après Sa‘îd al-Jarîrî, d'après Abû as-Salîl Ḍurayb ibn Nufayr, d'après Abû Hurayra (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Lorsque le Prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) envoya Al-‘Alâ’ ibn Al-Ḥaḍramî vers le Bahreïn, je le suivis et je vis de lui trois qualités, et je ne sais laquelle d'entre elles m'émerveille le plus : Nous arrivâmes au rivage de la mer et il dit : "Prononcez le nom d'Allah (sammû Allâh) et plongez (iqtaḥimû)." Nous prononçâmes donc le nom d'Allah et nous plongeâmes, et nous traversâmes sans que l'eau n'ait mouillé le dessous des sabots de nos chameaux. Puis, lorsque nous revînmes, nous voyageâmes avec lui dans un désert (falât) de la terre, sans avoir d'eau avec nous. Nous nous en plaignîmes à lui. Il pria deux rak‘a (rak‘atayn), puis invoqua (da‘â). Et voici qu'un nuage pareil à un bouclier (turs) apparut, puis il déversa ses averses (‘azâlî-hâ). Nous bûmes et nous emplîmes nos outres. Puis il mourut et nous l'enterrâmes dans le sable (ramal). Lorsque nous eûmes marché un peu loin, nous dîmes : "Une bête féroce (sabu‘) viendra et le mangera." Nous retournâmes donc vers lui, mais nous ne le vîmes pas – c'est-à-dire dans la tombe. » **Traversée de Sa‘d ibn Abî Waqqâṣ avec son armée du Tigre (Dijla) sur la surface de l'eau, le jour de Jarâthîm, au mois de Ṣafar de l'an seize.** 522 - Nous a informés Muḥammad ibn al-‘Abbâs ibn Ḥayawayh, mandataire (wakîl) de Da‘laj, d'après son livre, me semble-t-il : nous a rapportés Aḥmad ibn Ja‘far ibn Aḥmad al-Qâri’, qui a dit : nous a rapportés Abû ‘Ubayda as-Sarî ibn Yaḥyâ as-Sarî, nous a rapportés Shu‘ayb ibn Ibrâhîm, nous a rapportés Sayf ibn ‘Umar at-Taymî, d'après Muḥammad, Ṭalḥa, al-Muhâb, ‘Amr, Sa‘îd et an-Naḍr, d'après Ibn ar-Rufayl : Lorsque Sa‘d descendit à Niharsîr (Niharshîr), qui est la ville proche (al-madîna ad-dunyâ), il chercha des bateaux (sufun) pour faire traverser les gens vers la ville lointaine (al-madîna al-quṣwâ), mais il n'en trouva aucun. Il constata qu'ils (les Perses) avaient rassemblé les bateaux. Ils demeurèrent donc à Niharsîr quelques jours du mois de Ṣafar, voulant traverser, mais la préservation des musulmans l'en empêchait, jusqu'à ce que des non-Arabes (‘ulûj) vinrent à lui et lui indiquèrent un gué (makhâḍa) permettant de traverser jusqu'au milieu du lit de la rivière (ṣulb al-wâdî). Il refusa et hésita à ce sujet. Puis la marée (al-madd) les surprit. Il vit en songe (ru’yâ) que les chevaux des musulmans plongeaient dedans et traversaient, alors qu'une grande chose (amr ‘aẓîm) était venue de la marée. Il se décida donc, pour l'interprétation (ta’wîl) de son songe, à traverser. Sa‘d rassembla les gens, loua Allah et Le glorifia, puis dit : « Votre ennemi s'est retranché derrière cette mer (baḥr) pour vous échapper. Vous ne pouvez les atteindre, alors qu'eux peuvent vous atteindre quand ils veulent, et ils vous harcèlent (yunâwishûn-kum) dans leurs bateaux. Derrière vous, il n'y a rien dont vous craigniez d'être attaqués. J'ai décidé de traverser cette mer jusqu'à eux. » Ils dirent tous : « Qu'Allah décide pour nous et pour toi ce qui est droit (rushd). Fais-le. » Sa‘d exhorta alors les gens à traverser et dit : « Qui commencera et nous protégera le débarcadère (al-furâḍ) jusqu'à ce que les gens le rejoignent, afin qu'ils ne les empêchent pas de sortir ? » ‘Âṣim ibn ‘Umar se porta volontaire, et après lui six cents hommes parmi les plus vaillants (ahl an-najadât). Il nomma ‘Âṣim à leur tête. ‘Âṣim marcha avec eux jusqu'à se tenir sur la rive du Tigre, puis dit : « Qui se porte volontaire avec moi pour protéger le débarcadère (al-furâḍ) de votre ennemi ? » Soixante d'entre eux se portèrent volontaires. Il les divisa en deux groupes, montés sur des chevaux femelles et mâles, afin que la nage des chevaux soit plus aisée (aslas li ‘awm al-khayl). Puis ils plongèrent. Lorsque Sa‘d vit que ‘Âṣim, au débarcadère, l'avait protégé, il permit aux gens de plonger et dit : « Dites : "Nous cherchons secours auprès d'Allah et nous nous confions en Lui. Allah nous suffit et Il est le meilleur garant (ḥasbunâ Allâh wa ni‘ma al-wakîl). Il n'y a de force ni de puissance qu'en Allah, le Très-Haut, l'Immense (lâ ḥawla wa lâ quwwata illâ bi-llâh al-‘aliyy al-‘aẓîm)." » Le gros de l'armée (‘aẓm al-jund) les rejoignit, et ils chevauchèrent le flot (al-lujja). Le Tigre rejetait de l'écume (zabad) et il était noir (muswaddat). Les gens parlaient entre eux durant leur nage, serrés les uns contre les autres (iqtaranû), comme ils parlaient en marchant sur terre. Ils surprirent les gens de Perse (ahl Fâris) par une chose qui n'était pas dans leurs calculs. Ils les mirent en déroute (ajhaḍû-hum) et les pressèrent (a‘jalû-hum) d'emporter leurs biens. Les musulmans y entrèrent au mois de Ṣafar de l'an seize et s'emparèrent de tout ce qui restait dans les maisons de Kisrâ (Chosroès) des trois mille millions (al-thalâthat âlâf alf alf) et de ce qu'avaient rassemblé Shîrûyah (Siroès) et ceux qui vinrent après lui. Et nous a rapportés Shu‘ayb, d'après Sayf, d'après un homme, d'après Abû ‘Uthmân an-Nahdî, au sujet de la station de Sa‘d parmi les gens lorsqu'il les appelait à traverser : Il dit : « Nous couvrîmes le Tigre (ṭabbaqnâ Dijla) de cavaliers, de fantassins et de montures, au point que personne, depuis la rive, ne voyait l'eau. Nos chevaux nous portèrent vers eux, secouant leurs crinières (tanfuḍu a‘râf-hâ), hennissant (ṣahîl). Lorsque les gens (l'ennemi) virent cela, ils s'enfuirent sans se retourner sur quoi que ce soit. » Shu‘ayb dit : Et nous a rapportés Sayf, d'après Badr ibn ‘Uthmân, d'après Abû Bakr ibn Ḥafṣ ibn ‘Umar, qui a dit : « Celui qui chevauchait (yusâyir) aux côtés de Sa‘d dans l'eau était Salmân al-Fârisî. Les chevaux nagèrent avec eux, et Sa‘d disait : "Allah nous suffit et Il est le meilleur garant (ḥasbunâ Allâh wa ni‘ma al-wakîl). Par Allah, Allah secourra (li-yanṣuranna Allâh), Il fera triompher Sa religion (li-yuẓhiranna dîna-hû) et Il mettra en déroute Son ennemi (li-yahzimanna Allâh ‘aduwwa-hû), à moins qu'il n'y ait dans l'armée une injustice (baghy) ou des péchés (dhunûb) qui l'emportent sur les bonnes actions (al-ḥasanât)." Salmân lui dit : "L'Islam est nouveau (jadîd). Par Allah, les mers (al-biḥâr) leur ont été assujetties (dhullilat) comme la terre ferme (al-barr) leur a été assujettie. Non, par Celui qui tient l'âme de Salmân dans Sa main, ils en sortiront par troupes (afwâjan) comme ils y sont entrés." Ils couvrirent l'eau (ṭabbaqû al-mâ’) au point que l'eau n'était plus visible depuis la rive, et ils étaient dans l'eau plus loquaces (aktharu ḥadîthan) que s'ils étaient sur terre. Ils en sortirent comme l'avait dit Salmân, sans rien perdre et sans qu'aucun d'eux ne se noie. » Et Sayf dit, d'après Abû ‘Amr Thawwâb, d'après Abû ‘Uthmân an-Nahdî, qu'ils furent tous saufs, du premier au dernier, sauf un homme de Bâriq, nommé ‘Arqada, qui glissa du dos de sa jument alezane (shaqrâ’). Comme si je la voyais secouant sa crinière couverte de sueur (‘araqan). Le noyé (al-gharîq) flottait. Al-Qa‘qâ‘ ibn ‘Amr tourna alors la bride (‘inân) de son cheval vers lui, prit sa main et le tira jusqu'à ce qu'il eût traversé. Il dit : « Et rien ne leur fut perdu dans l'eau, si ce n'est une écuelle (qadaḥ) dont l'attache (‘alâqa) était pourrie (rattha) ; elle se rompit et l'eau l'emporta. L'homme qui nageait (‘âwama) aux côtés du propriétaire de l'écuelle, le raillant (mu‘ayyiran la-hû), dit : "Le destin (al-qadar) l'a frappé et il a disparu (ṭâḥa)." Il (le propriétaire) dit : "Par Allah, je suis sur une certitude (jadîla) : Allah n'allait pas me dépouiller de mon écuelle parmi les gens de l'armée." Lorsqu'ils eurent traversé, voici qu'un homme parmi ceux qui protégeaient le débarcadère (al-furâḍ) vit l'écuelle que les vents et les vagues avaient poussée jusqu'à ce qu'elle atteigne la rive. Il la saisit avec sa lance (rumḥ) et l'apporta au camp (‘askar). Il la reconnut et son propriétaire la prit. » Sayf dit, d'après al-Qâsim ibn al-Walîd, d'après ‘Umayr aṣ-Ṣâ’idî, qui a dit : « Lorsque Sa‘d fit plonger les gens dans le Tigre, ils se serrèrent (iqtaranû). Salmân était le compagnon de rang (qarîn) de Sa‘d, à ses côtés, chevauchant avec lui dans l'eau. Sa‘d dit : "Telle est la détermination du Tout-Puissant, de l'Omniscient (dhâlika taqdîru al-‘azîz al-‘alîm)." L'eau les submergeait (yaṭmû bi-him). Chaque fois qu'un cheval était fatigué (a‘yâ), un monticule (tal‘a) se dressait pour lui, sur lequel il se reposait, comme s'il était sur terre. Il n'y eut aux Mada’in (Ctésiphon) rien de plus étonnant que cela. C'est pourquoi ce jour est appelé le jour des Jarâthîm (monticules) : personne n'était fatigué sans qu'un monticule (jurthûma) ne se dressât pour lui, sur lequel il se reposait. » Sayf dit, d'après Ismâ‘îl ibn Abî Khâlid, d'après Qays ibn Abî Ḥâzim, qui a dit : « Nous traversâmes le Tigre à gué (khuḍnâ) alors qu'il débordait (taṭfaḥu). Lorsque nous fûmes à l'endroit le plus profond, le cavalier se tenait debout sans que l'eau n'atteigne sa ceinture (ḥizâm). » Il dit : Et nous a rapportés Sayf, d'après al-A‘mash, d'après Ḥabîb ibn Ṣahbân Abî Mâlik, qui a dit : « Lorsque les musulmans eurent traversé le Tigre le jour de Mada’in, et que (les Perses) les virent traverser, ils se mirent à dire en persan : "Dîwâna âmad" (Les démons sont venus). Et certains d'entre eux dirent à d'autres : "Par Allah, vous ne combattez pas des humains (ins), vous ne combattez pas des djinns (jinn)." Et ils furent mis en déroute (inhazamû). » **Ce qui apparut par l'intermédiaire de ‘Umar et la lamentation (niyâḥa) des djinns sur lui.**
523 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Uthmān ibn Abī Shayba nous a rapporté, mon oncle Abū Bakr nous a rapporté, ‘Abd Allāh ibn Idrīs nous a rapporté d’après Layth, d’après Ma‘rūf ibn Ma‘rūf al-Mawṣilī qui a dit : « Lorsque ‘Umar 1 fut frappé, j’entendis une voix : [Le mètre ṭawīl] Que pleure sur l’islam celui qui pleure, car ils ont failli périr, et le pacte n’est pas venu. Le monde a tourné le dos, et son bien a tourné le dos, et s’en est lassé celui qui croyait en la promesse. 524 - Al-Ḥasan ibn ‘Alī al-Warrāq nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn Muḥammad al-Baghawī nous a rapporté, Shujā‘ ibn Makhlad nous a rapporté, Muḥammad ibn Bishr nous a rapporté, Mis‘ar nous a rapporté d’après ‘Abd al-Malik ibn ‘Umayr, d’après al-Ṣaqrān ibn ‘Abd Allāh, d’après ‘Urwa, d’après ‘Ā’isha 2 qui a dit : « Les djinns 3 ont pleuré sur ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb après trois jours : [Le mètre ṭawīl] Après un tué à Médine, dont la terre a tremblé, les arbres 4 par leurs troncs ? Que Dieu récompense en bien un émir, et que la main de Dieu bénisse cette peau déchirée. Qui s’efforce ou monte sur les ailes d’une autruche pour rattraper ce que tu as avancé hier sera devancé. Tu as accompli des affaires, puis tu as laissé après elles des calamités dans leurs gaines non encore ouvertes. Que mon Seigneur te fasse rencontrer dans les jardins 5 une salutation, et des vêtements du Firdaws 6 qui ne sont pas déchirés. 525 - Abū Bakr ibn Khallād nous a rapporté : Muḥammad ibn ‘Uthmān ibn Abī Shayba nous a rapporté, Aḥmad ibn Yūnus nous a rapporté, Ayyūb ibn Khuṭṭ nous a rapporté d’après ‘Abd al-Raḥmān al-Sarrāj, d’après Nāfi‘ que ‘Umar envoya une expédition et nomma à sa tête un homme appelé Sāriya. Alors que ‘Umar prononçait le sermon du vendredi, il dit : « Ô Sāriya, la montagne ! Ô Sāriya, la montagne ! » Ils trouvèrent que Sāriya s’était replié vers la montagne à cette heure-là, le vendredi, alors qu’entre eux il y avait un mois de marche. 526 - Muḥammad ibn Ibrāhīm nous a rapporté : Muḥammad ibn al-Ḥusayn ibn Qutayba nous a rapporté, Ḥarmala ibn Yaḥyā nous a rapporté, Ibn Wahb nous a rapporté, Yaḥyā ibn Ayyūb nous a rapporté d’après Muḥammad ibn ‘Ajlān, d’après Nāfi‘, d’après Ibn ‘Umar que ‘Umar envoya une armée et nomma à sa tête un homme appelé Sāriya. Il dit : « ‘Umar se leva pour prononcer le sermon du vendredi, puis il se mit à crier depuis la chaire 7 : “Ô Sāriya, la montagne ! Ô Sāriya, la montagne !” Le messager de l’armée arriva et l’interrogea, et il dit : “Ô Commandeur des croyants, nous avons rencontré notre ennemi et ils nous ont mis en déroute, quand soudain un crieur cria : ‘Ô Sāriya, la montagne !’ Alors nous nous sommes adossés à la montagne, et Dieu les a mis en déroute.” On dit : “C’est toi qui criais cela.” 527 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Abū Yazīd al-Qarāṭīsī nous a rapporté, Asad ibn Mūsā nous a rapporté, Abū Ma‘shar nous a rapporté, Naṣr ibn Ṭarīf nous a rapporté : ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb envoya une expédition et nomma à leur tête Sāriya ibn Zanīm. Il dit : « Alors que ‘Umar prononçait le sermon du vendredi, il poussa trois cris en disant : “Ô Sāriya ibn Zanīm, la montagne, la montagne ! Il est injuste celui qui confie les brebis au loup.” Il dit : “Il entendit cela.” Lorsque ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Awf entendit, il entra chez ‘Umar et dit : “On dirait un bédouin 8 ! Pendant que tu prononçais le sermon, tu as poussé trois cris : ‘Ô Sāriya ibn Zanīm, la montagne, la montagne ! Il est injuste celui qui confie les brebis au loup.’” ‘Umar dit : “Il est venu à mon esprit que l’ennemi l’avait poussé vers la montagne.” Il dit : “Peut-être qu’un serviteur parmi les serviteurs de Dieu fera parvenir ma voix jusqu’à lui.” Il dit : “Sāriya ibn Zanīm vint de la montagne et dit : ‘J’ai entendu une voix le vendredi, à midi : Ô Sāriya ibn Zanīm, la montagne, la montagne ! Il est injuste celui qui confie les brebis au loup.’” 528 - Ibrāhīm ibn ‘Abd Allāh nous a rapporté, Muḥammad ibn Isḥāq nous a rapporté, Qutayba ibn Sa‘īd nous a rapporté, al-Layth ibn Sa‘d d’après ‘Amr ibn al-Ḥārith qui a dit : « Alors que ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb était sur la chaire, prononçant le sermon du vendredi, il interrompit le sermon et dit : “Ô Sāriya, la montagne !” deux ou trois fois, puis il reprit son sermon. Les nobles 9 parmi les compagnons du Messager de Dieu dirent : “Il a vraiment perdu la raison, il est fou !” Pendant son sermon, il dit : “Ô Sāriya, la montagne !” ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Awf entra chez lui, car il avait confiance en lui, et dit : “Ce qui me fait le plus blâmer de leur part, c’est que tu te donnes à eux comme sujet de discussion. Pendant que tu prononçais le sermon, te voilà criant : ‘Ô Sāriya, la montagne !’ Qu’est-ce que cela ?” Il dit : “Par Dieu, je n’ai pas maîtrisé cela. Je les ai vus combattre près d’une montagne, attaqués de devant et de derrière, et je n’ai pu m’empêcher de dire : ‘Ô Sāriya, la montagne !’ pour qu’ils rejoignent la montagne.” Ils attendirent jusqu’à ce que le messager arrive avec sa lettre : “Les gens nous ont rattrapés le vendredi, et nous les avons tués depuis la prière de l’aube jusqu’à l’heure du vendredi, quand le disque du soleil a tourné. Nous avons entendu un crieur crier : ‘Ô Sāriya, la montagne !’ deux fois, et nous avons rejoint la montagne. Nous n’avons cessé de dominer notre ennemi jusqu’à ce que Dieu les mette en déroute et les tue.” Ceux qui l’avaient critiqué dirent : “Laissez cet homme, car il est assisté 10.” Ce qui est apparu par la main de ‘Uthmān 529 - Muḥammad ibn Aḥmad ibn Mūsā al-Bābsīrī nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn Abī Dāwūd nous a rapporté, Hishām ibn Khālid nous a rapporté, al-Walīd nous a rapporté, Mālik ibn Anas nous a rapporté d’après Nāfi‘, d’après Ibn ‘Umar que Jahjāh al-Ghifārī se leva contre ‘Uthmān alors qu’il était sur la chaire en train de prononcer le sermon, lui prit le bâton des mains, en frappa son genou, fendit le genou de ‘Uthmān, et le bâton se brisa. L’année n’était pas écoulée pour Jahjāh que Dieu envoya la gangrène 11 dans sa main, et il en mourut. Ce qui est apparu par la main de ‘Alī ibn Abī Ṭālib 530 - Muḥammad ibn ‘Umar ibn Salm nous a rapporté, ‘Alī ibn al-‘Abbās nous a rapporté, Ja‘far ibn Muḥammad ibn Ḥusayn nous a rapporté, Ḥusayn al-‘Arabī d’après Ibn Sallām, d’après Sa‘d ibn Ṭarīf, d’après Aṣbagh ibn Nubāta, d’après ‘Alī qui a dit : « Nous vînmes avec lui à l’emplacement de la tombe d’al-Ḥusayn, et il dit : “Ici est le lieu où leurs montures s’agenouilleront, ici est le lieu de leurs bagages, et ici sera versé leur sang : des jeunes gens de la famille de Muḥammad seront tués dans cette cour, le ciel et la terre pleureront sur eux.” 531 - Aḥmad ibn Muḥammad ibn Mūsā al-Bābsīrī nous a rapporté, ‘Abd Allāh ibn Nājiya nous a rapporté, Aḥmad ibn Manī‘ nous a rapporté, Muḥammad ibn al-Ḥasan ibn Abī Yazīd nous a rapporté, Ja‘far ibn Muḥammad d’après son père qui a dit : « Deux hommes se présentèrent à ‘Alī pour un jugement. Il s’assit au pied d’un mur. Un homme dit : “Ô Commandeur des croyants, le mur va tomber.” ‘Alī dit : “Poursuis, Dieu suffit comme gardien.” Il jugea entre eux, se leva, puis le mur s’écroula. 532 - Aḥmad ibn Isḥāq nous a rapporté, Aḥmad ibn al-Ḥusayn nous a rapporté, Ismā‘īl ibn Muḥammad ibn Jabr nous a rapporté, Ismā‘īl ibn al-Ḥakam nous a rapporté, Hushaym d’après Yasār, d’après ‘Ammār qui a dit : « ‘Alī raconta une histoire à un homme, et celui-ci le traita de menteur. ‘Alī lui dit : “J’invoquerai Dieu contre toi si tu es menteur.” Il dit : “Invoque.” Il invoqua contre lui, et il ne se releva pas avant d’être devenu aveugle. Ce qui est apparu par la main de Tamīm al-Dārī 533 - ‘Abd Allāh ibn Muḥammad ibn Ja‘far nous a rapporté, ‘Abd Allāh ibn ‘Abd al-Raḥmān ibn Wāqid nous a rapporté, mon père nous a rapporté, Ḍamra d’après Marzūq qu’un feu apparut à l’époque de ‘Umar, et Tamīm al-Dārī se mit à le repousser avec son manteau jusqu’à ce qu’il entre dans une grotte. ‘Umar lui dit : “C’est pour cela que nous t’aimions, ô Abū Ruqayya.”
534 - Al-Husayn ibn 'Ali nous a rapporté : Ahmad ibn Muhammad ibn Ibrahim nous a rapporté : Ja'far al-Sa'igh nous a rapporté : 'Affan nous a rapporté : Hammad ibn Salamah, d'après al-Jurayri, d'après Abu al-'Ala', d'après Mu'awiyah ibn Harmal, qui a dit : Je suis arrivé à Médine, et Tamim al-Dari m'a emmené à son repas. J'ai mangé abondamment, mais je n'étais pas rassasié à cause d'une faim intense, car j'étais resté trois jours dans la mosquée sans rien manger. Un jour, alors que nous étions là, un feu apparut à al-Harrah 12. 'Umar vint trouver Tamim et lui dit : Lève-toi et va vers ce feu. Tamim répondit : Ô Commandeur des croyants, qui suis-je ? Que suis-je ? Mais 'Umar insista jusqu'à ce qu'il se lève avec lui. Mu'awiyah dit : Je les suivis, et ils allèrent vers le feu. Tamim se mit à rassembler le feu avec sa main, ainsi, jusqu'à ce qu'il entre dans le ravin, et Tamim entra derrière lui. 'Umar disait : Celui qui a vu n'est pas comme celui qui n'a pas vu. Histoire de Safinah, affranchi du Messager d'Allah (paix et salut sur lui) 535 - Ibrahim ibn 'Abd Allah ibn Abi al-'Aza'im nous a rapporté : Ahmad ibn Abi 'Arzah nous a rapporté : 'Abd Allah ibn Musa, d'après Usamah ibn Zayd, d'après Muhammad ibn al-Munkadir, d'après Safinah, qui a dit : Je montai à bord d'un navire en mer, et une planche se brisa, me projetant dans une mer agitée où se trouvait un lion. Je dis : Ô Abu al-Harith 13 ! Je suis Safinah, l'affranchi du Messager d'Allah (paix et salut sur lui). Alors il baissa la tête et se mit à me pousser avec son flanc ou son épaule jusqu'à ce qu'il me dépose sur le chemin. Lorsqu'il m'eut déposé sur le chemin, il grogna, et je pensai qu'il me disait adieu. Histoire de Rabi', frère de Rib'i ibn Hirash 536 - Le juge Abu Ahmad Muhammad ibn Ahmad ibn Ibrahim nous a rapporté : 'Ali ibn al-'Abbas al-Bajali nous a rapporté : Ja'far ibn Muhammad ibn Rabah al-Nakha'i al-Ashja'i nous a rapporté : Mon père, d'après 'Ubaydah, d'après 'Abd al-Malik ibn 'Umayr, d'après Rib'i ibn Hirash, qui a dit : Nous étions quatre frères. Rabi', notre frère, était celui d'entre nous qui priait le plus et jeûnait le plus pendant les chaleurs de midi. Il mourut. Alors que nous étions autour de lui, après avoir envoyé quelqu'un acheter son linceul, il découvrit son visage et dit : Que la paix soit sur vous. Les gens dirent : Et sur toi la paix, ô notre frère ! Une vie après la mort ? Il dit : Oui. J'ai rencontré mon Seigneur après vous, et j'ai trouvé un Seigneur qui n'était pas en colère ; Il m'a accueilli avec repos, parfum et brocart 14. Sachez qu'Abu al-Qasim (paix et salut sur lui) attend la prière funéraire sur moi. Hâtez-vous donc et ne me retardez pas. Puis il fut comme un caillou jeté dans un bassin. Le récit parvint à 'A'ishah (qu'Allah l'agrée), qui dit : J'ai entendu le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) dire : Un homme de ma communauté parlera après sa mort. Muhammad ibn 'Umar ibn 'Ali al-Ansari nous a rapporté ce hadith d'après Ja'far, puis nous l'avons entendu de Ja'far. Il a été rapporté par Sharik, al-Mas'udi, Zayd ibn Abi Unaysah, Isma'il ibn Abi Khalid et Sufyan ibn 'Uyaynah, d'après 'Abd al-Malik. Et Ayyub al-Sikhtiyani l'a rapporté d'après Humayd ibn Hilal, d'après Rib'i ibn Hirash.
- ‘Umar : ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb, deuxième calife bien guidé de l’islam.
- ‘Ā’isha : ‘Ā’isha bint Abī Bakr, épouse du Prophète Muhammad.
- djinns : Créatures invisibles dotées de libre arbitre, mentionnées dans le Coran.
- arbres : Le terme ‘iḍāh désigne des arbres épineux du désert.
- jardins : Référence aux jardins du Paradis.
- Firdaws : Le plus haut niveau du Paradis.
- chaire : La chaire (minbar) dans la mosquée, d’où le prédicateur s’adresse aux fidèles.
- bédouin : Nomade arabe du désert, souvent perçu comme rustre.
- nobles : Le terme ‘nuzarā’’ peut désigner les notables ou les compagnons éminents.
- assisté : Signifie qu’il bénéficie d’une aide divine ou d’une inspiration surnaturelle.
- gangrène : Le terme ‘ākila’ désigne une infection nécrosante, souvent interprétée comme une punition divine.
- al-Ḥarrah : Région volcanique au nord-est de Médine, connue pour ses coulées de lave.
- Abū al-Ḥārith : Surnom du lion, signifiant 'père de la terre labourée'.
- rawḥ, rayḥān, istabraq : Termes coraniques désignant le repos, le parfum (basilic) et le brocart (soie épaisse), évoquant les délices du Paradis.
Chapitre trentième : mention de la correspondance des prophètes dans leurs vertus avec…
Chapitre trentième : mention de la correspondance des prophètes dans leurs vertus avec les vertus de notre Prophète, et mise en parallèle de ce qu'ils ont reçu comme signes avec ce que lui [1] a reçu.
Le trentième chapitre sur la mise en parallèle des prophètes dans leurs vertus avec celles de notre Prophète, et la confrontation de ce qui leur a été donné comme signes avec ce qui a été donné à lui, paix et salut sur lui. Discours sur ce qui a été donné à Abraham, paix et salut sur lui et sur notre Prophète. Si l'on dit : Abraham a été distingué par l'amitié intime 1, nous répondons : Muhammad a été pris comme ami intime et bien-aimé, et le bien-aimé est plus subtil que l'ami intime. Si l'on dit : Abraham a été caché à Nemrod par trois voiles, nous répondons : Il en fut ainsi, et Muhammad, que Dieu le bénisse et le salue, a été caché à celui qui voulait le tuer par cinq voiles. Dieu Très-Haut a dit à son sujet : {Nous avons placé devant eux une barrière et derrière eux une barrière, puis Nous les avons couverts d'un voile : ils ne voient donc pas} [Coran 36:9] : ce sont trois. Puis Dieu Très-Haut a dit : {Et quand tu lis le Coran, Nous plaçons entre toi et ceux qui ne croient pas en l'au-delà un voile caché} [Coran 17:45]. Puis Dieu Très-Haut a dit : {Leurs mentons touchent leurs poitrines, et ils sont figés} [Coran 36:8]. Ce sont cinq voiles. Si l'on dit : Abraham a vaincu Nemrod par la preuve de sa prophétie, et l'a confondu ; Dieu Très-Haut a dit : {Alors l'impie resta confondu} [Coran 2:258]. Muhammad, que Dieu le bénisse et le salue, a reçu la visite du négateur de la Résurrection, Ubayy ibn Khalaf, qui frottait un os pourri et disait : « Qui rendra la vie aux os quand ils sont pourris ? » Alors Dieu, Puissant et Majestueux, révéla la preuve éclatante en disant : {Dis : « Celui qui les a créés une première fois les rendra à la vie »} [Coran 36:79] et autres versets. Il s'en retourna confondu par la preuve de sa prophétie. Si l'on dit : Abraham a brisé les idoles de son peuple par colère pour Dieu, on répond : Muhammad, que Dieu le bénisse et le salue, a brisé trois cent soixante idoles placées autour de la Kaaba d'un geste de la main droite, et elles tombèrent ; cela a déjà été mentionné. Discours sur ce qui a été donné à Moïse, paix sur lui, comme le bâton de bois inerte que Dieu transforma en serpent vivant, un grand serpent qui engloutissait ce que les magiciens de Pharaon avaient fabriqué, puis revenait à son état et à sa nature. Si l'on dit : Moïse, paix sur lui, Dieu transforma son bâton en serpent, nous répondons : Muhammad, que Dieu le bénisse et le salue, a reçu l'équivalent et quelque chose de plus étonnant : le gémissement et les plaintes du tronc de palmier sec ; ce récit a déjà été rapporté avec ses chaînes de transmission. Cela est plus prodigieux. De plus, l'exaucement des arbres et leur rassemblement à son appel, puis leur retour à leurs places après qu'il le leur eut ordonné ; cela a déjà été mentionné avec ses chaînes. Si tu dis : Moïse, dans le désert, frappa le rocher avec son bâton, et douze sources en jaillirent, nous répondons : Muhammad, que Dieu le bénisse et le salue, eut l'équivalent et quelque chose de plus étonnant. Car le jaillissement de l'eau du rocher est connu et habituel, mais plus étonnant est le jaillissement de l'eau d'entre la chair, les os et le sang. Il faisait jaillir l'eau d'entre ses doigts dans un bassin, et l'eau en jaillissait, et ils buvaient et puisaient de l'eau courante et douce. Un grand nombre de personnes, de chevaux et de chameaux en ont été abreuvés. Ce chapitre a déjà été mentionné avec ses chaînes, ainsi que ce qui s'y rapporte comme jaillissement d'eau. Si l'on dit : La mer s'est fendue pour Moïse, et il la traversa avec ses compagnons lorsqu'il la frappa avec son bâton, nous répondons : Un de ses disciples après lui a reçu l'équivalent, car il n'eut pas besoin de traverser une mer : il s'agit d'al-‘Alâ' ibn al-Hadramî, qui, se trouvant au Bahreïn et contraint de traverser la mer, la traversa avec ses compagnons en marchant sur l'eau, sans que leurs vêtements ne soient mouillés ; cela a déjà été mentionné. Si l'on dit : Moïse infligea à son peuple les châtiments : les sauterelles, les poux, les grenouilles et le sang, comme Dieu Très-Haut l'a rapporté, nous répondons : Dieu envoya sur les Quraychites à l'époque du Prophète, que Dieu le bénisse et le salue, la fumée comme un signe évident et un châtiment sévère. Dieu Très-Haut a dit : {Attends donc le jour où le ciel apportera une fumée visible} [Coran 44:10] {qui couvrira les gens : ce sera un châtiment douloureux} [Coran 44:11]. Et il invoqua Dieu contre les Quraychites, qui furent éprouvés par des années de sécheresse. Il dit, paix sur lui : « Seigneur, rends Ton châtiment plus dur contre Mudar, et fais-leur subir des années de disette comme les années de Joseph. » Cela a déjà été mentionné. Si l'on dit : La manne et les cailles descendirent sur Moïse et son peuple, et la nuée les ombragea ; la manne et les cailles étaient une nourriture que Dieu leur accorda, les dispensant de la peine de la chercher et de l'acquérir, nous répondons : Muhammad, que Dieu le bénisse et le salue, et sa communauté reçurent quelque chose de plus grand, qui était interdit aux prophètes et aux communautés précédentes : Dieu, Puissant et Majestueux, rendit licites pour lui et sa communauté les butins de guerre, qui n'avaient été licites pour personne avant lui. Et Il donna à ses compagnons, du même genre, lorsqu'ils furent frappés par la famine dans l'expédition où ils furent envoyés : la mer rejeta pour eux un animal, un poisson, dont ils mangèrent et se nourrirent pendant un mois. De plus, il rassasiait un grand nombre de personnes avec une petite quantité de nourriture et un peu de lait, au point qu'ils s'en retournaient rassasiés et désaltérés ; ce chapitre a déjà été mentionné avec ses chaînes. 537 - Muhammad ibn Muhammad ibn al-Hasan nous a rapporté : Bishr ibn Mûsâ nous a rapporté : al-Humaydî nous a rapporté : Sufyân nous a rapporté : ‘Amr ibn Dînâr a dit : J'ai entendu Jâbir dire : L'Envoyé de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, nous envoya, trois cents cavaliers, sous le commandement d'Abû ‘Ubayda ibn al-Jarrâh, pour guetter une caravane de Quraych. Une famine intense nous frappa, au point que nous mangeâmes des feuilles d'arbres ; cette armée fut appelée l'armée des feuilles. Il dit : « Alors que nous étions sur la côte, la mer rejeta pour nous un animal appelé ‘anbar 2 ; nous en mangeâmes pendant un mois, nous en fîmes notre condiment, et nous nous oignîmes de sa graisse, jusqu'à ce que nos corps reprennent des forces. » Il dit : « Abû ‘Ubayda prit une de ses côtes, la dressa, et regarda l'homme le plus grand et le chameau le plus gros de l'armée ; il ordonna qu'on monte le chameau et qu'on passe dessous ? On le fit, et il passa dessous. Nous vînmes ensuite trouver le Prophète, que Dieu le bénisse et le salue, et nous l'informâmes. Il dit : « Avez-vous quelque chose de lui ? » Nous répondîmes : « Oui. » Nous lui en apportâmes, et il en mangea. » Si l'on dit : Moïse reçut le bâton, qui devint un serpent engloutissant ce que les magiciens avaient fabriqué, et Pharaon implora Moïse par crainte et effroi de lui, nous répondons : Muhammad, que Dieu le bénisse et le salue, eut le même genre de signe, à savoir l'histoire d'Abû Jahl ibn Hishâm, lorsqu'il jura par Dieu de s'asseoir avec une pierre de la taille qu'il pouvait porter, et quand le Prophète se prosternerait dans sa prière, il lui écraserait la tête avec. Il le mentionna. Quand l'Envoyé de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, se prosterna, Abû Jahl prit la pierre, puis s'avança vers lui. Lorsqu'il s'approcha de lui, il revint confondu, le teint blême, terrifié, ses mains desséchées sur sa pierre, jusqu'à ce qu'il jette la pierre de sa main. Les notables de Quraych se levèrent vers lui et dirent : « Qu'as-tu, Abû l-Hakam ? » Il dit : « Je me suis levé pour faire ce que je vous ai dit hier soir. Quand je me suis approché de lui, un chameau mâle s'est interposé entre lui et moi ; par Dieu, je n'ai jamais vu une tête, un garrot et des crocs pareils chez aucun chameau ; il a failli me dévorer. » On rapporta cela à l'Envoyé de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, qui dit : « C'était Gabriel, paix sur lui ; s'il s'était approché de moi, il l'aurait saisi. » Des récits analogues ont déjà été mentionnés. Discours sur ce qui a été donné à Sâlih, paix sur lui. Si l'on dit : Dieu, Puissant et Majestueux, fit sortir pour Sâlih une chamelle qu'Il établit comme preuve et signe contre son peuple : elle avait un jour pour boire, et son peuple un jour connu, nous répondons : Dieu, Puissant et Majestueux, donna à Muhammad, que Dieu le bénisse et le salue, contre son peuple une preuve semblable. La chamelle de Sâlih ne parla pas, ne s'adressa pas à lui, et ne témoigna pas pour lui de la prophétie. Quant à Muhammad, que Dieu le bénisse et le salue, un chameau fugitif témoigna pour lui, se plaignant à lui de l'intention de son maître de l'égorger. Ce chapitre a déjà été mentionné avec ses chaînes.
Le propos sur ce qui a été donné à David, sur lui la paix. Si l'on dit : « Dieu, Puissant et Majestueux, a soumis à David les montagnes et les oiseux pour qu'ils glorifient avec lui, et Il a rendu le fer malléable pour lui. » Nous répondons : Il a été donné à Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue, l'équivalent de cela dans son genre, et même davantage. En effet, les cailloux ont glorifié dans sa main et dans la main de ceux qui l'ont cru, pour élever son rang et celui de ses croyants. 538 - Abou 'Amr ibn Hamdan nous a rapporté, disant : al-Hasan ibn Soufyan nous a rapporté, disant : al-Fadl ibn Dawud nous a rapporté, disant : Qouraych ibn Anas nous a rapporté, disant : Salih ibn Abi al-Akhdar nous a rapporté, d'après az-Zuhri, d'après Souwayd ibn Yazid, qui a dit : « Je suis entré dans la mosquée du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et voilà qu'Abou Dharr était assis. J'ai saisi l'occasion de sa solitude et me suis assis près de lui. Abou Dharr a dit : J'étais avec le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dans ses moments de solitude. Un jour, je suis entré dans la mosquée et il s'y trouvait. Je suis venu et me suis assis. Pendant que j'étais assis, voilà qu'Abou Bakr, que Dieu l'agrée, est arrivé. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : "Qu'est-ce qui t'amène, ô Abou Bakr ?" Il a dit : "Vers Dieu et vers Son Messager." Il s'est assis à la droite du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Puis 'Omar est arrivé. Il a dit : "Qu'est-ce qui t'amène, ô 'Omar ?" Il a dit : "Vers Dieu et vers Son Messager." Il s'est assis à la gauche du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Puis 'Othman est arrivé. Il a dit : "Qu'est-ce qui t'amène, ô 'Othman ?" Il a dit : "Vers Dieu et vers Son Messager." Alors le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a pris sept cailloux, et ils ont glorifié dans sa main jusqu'à ce que j'entende leur bourdonnement comme le bourdonnement des abeilles. Puis il les a posés et ils sont devenus muets. Puis il les a repris et les a mis dans la main d'Abou Bakr, et ils ont glorifié dans sa main jusqu'à ce que j'entende leur bourdonnement comme le bourdonnement des abeilles. Puis il les a posés et ils sont devenus muets. Puis il les a repris et les a mis dans la main de 'Omar, et ils ont glorifié dans sa main jusqu'à ce que j'entende leur bourdonnement comme le bourdonnement des abeilles. Puis il les a posés et ils sont devenus muets. » Chahr ibn Hawshab et Sa'id ibn al-Mousayyib l'ont rapporté d'après Abou Sa'id. Et il y a aussi d'après Abou Hourayra. Dawud ibn Abi Hind l'a rapporté d'après al-Walid ibn 'Abd ar-Rahman al-Jourashi, d'après Joubayr ibn Noufayr, d'après Abou Dharr, de manière similaire, et ils ont ajouté : « Ils ont glorifié dans la main de 'Othman, que Dieu l'agrée. » Et cela a déjà été mentionné. Si l'on dit : « Les oiseaux lui ont été soumis. » Nous répondons : Il a été soumis au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, en plus des oiseaux, les grandes bêtes : les chameaux et ce qui est en dessous, et ce qui est plus difficile et plus dur que les oiseaux : les bêtes féroces et prédatrices, qui le craignent et se soumettent à son obéissance, comme le chameau fugitif qui s'est soumis à lui, et le loup qui a parlé de sa prophétie et de la confirmation de son appel et de son message. Cela a déjà été mentionné. De même, le lion, lorsque Safina, l'affranchi du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, est passé près de lui, il a grogné contre lui et lui a indiqué le chemin. 539 - 'Abdallah ibn Ja'far nous a rapporté, Younous ibn Habib nous a rapporté, disant : Abou Dawud nous a rapporté, disant : al-Mas'oudi nous a rapporté, d'après al-Hasan ibn Sa'd, d'après 'Abd ar-Rahman ibn 'Abdallah ibn Mas'oud, d'après 'Abdallah ibn Mas'oud, qui a dit : « Nous étions avec le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lors d'un voyage. Un homme entra dans un bosquet et en sortit des œufs de "houmra" 3. La "houmra" vint voleter au-dessus du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Il dit : "Lequel d'entre vous a affligé celle-ci ?" Un homme du groupe dit : "C'est moi qui ai pris ses œufs." Il dit : "Rends-les, par miséricorde pour elle." » Et le hadith de l'oiseau qui a pris la chaussure du Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, et l'a jetée, d'où est sorti un serpent noir rampant, a déjà été mentionné. Si l'on dit : « Dieu, Très-Haut, a rendu le fer malléable pour David, au point qu'il en a fabriqué des cottes de mailles parfaites. » Nous répondons : Les pierres et les rochers durs ont été rendus malléables pour Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue, au point de devenir pour lui une grotte où il s'est caché des associateurs le jour d'Uhud. Il a incliné sa tête vers la montagne pour cacher sa personne d'eux, et Dieu a rendu la montagne malléable pour lui, au point qu'il y a enfoncé sa tête. Cela est plus étonnant, car le fer est ramolli par le feu, mais nous n'avons pas vu le feu ramollir la pierre. Et cela est encore apparent et subsiste, les gens le voient. De même, dans certains défilés de La Mecque, il y a une pierre d'une montagne dure, contre laquelle il s'est appuyé dans sa prière, et la pierre est devenue malléable pour lui, au point qu'elle a gardé l'empreinte de ses avant-bras et de ses bras. Cela est bien connu, les pèlerins s'y rendent et la visitent. Et le rocher de Jérusalem, la nuit de l'ascension, est devenu comme de la pâte, et il y a attaché sa monture, al-Bouraq 4. Les gens le touchent encore aujourd'hui, il subsiste. Le propos sur ce qui a été donné à Salomon, sur lui la paix. Si l'on dit : « Salomon a reçu un royaume qui ne convient à personne après lui. » Nous répondons : Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue, a reçu les clés des trésors de la terre, mais il les a refusées et les a rendues, choisissant la frugalité et se contentant du nécessaire, les méprisant dans leur totalité, et préférant son rang et son élévation auprès de Dieu, Très-Haut. 540 - Soulayman ibn Ahmad nous a rapporté, disant : Yahya ibn Ayoub nous a rapporté, disant : Sa'id ibn Abi Maryam nous a rapporté, disant : Yahya ibn Ayoub nous a rapporté, d'après 'Oubaydallah ibn Zahr, d'après 'Ali ibn Yazid, d'après al-Qasim, d'après Abou Oumama, qui a dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : « Mon Seigneur, Puissant et Majestueux, m'a proposé de faire de la plaine de La Mecque de l'or pour moi. J'ai dit : "Non, ô Seigneur, mais je veux être rassasié un jour et avoir faim trois jours. Quand j'ai faim, je m'humilie devant Toi et je T'invoque, et quand je suis rassasié, je Te loue et Te remercie." »
541 - 'Abd Allah ibn Muhammad ibn Ja'far nous a rapporté : Abou Ya'la nous a rapporté : Muhammad ibn Bakkar nous a rapporté : Abou Ma'shar, d'après Sa'id al-Maqbouri, d'après 'Aïcha (qu'Allah l'agrée) qui a dit : Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Ô 'Aïcha, si je voulais, les montagnes d'or marcheraient avec moi 5. Un ange est venu à moi, dont la ceinture égalait la Ka'ba, et a dit : « Ton Seigneur, Puissant et Majestueux, te transmet le salut. Si tu veux, tu seras un serviteur prophète, et si tu veux, tu seras un prophète roi. » J'ai alors regardé Gabriel, qui m'a fait signe : « Abaisse-toi. » J'ai dit : « Prophète serviteur. » Si l'on dit : « Salomon avait les vents soumis, qui le transportaient à travers les terres d'Allah, leur matin équivalant à un mois et leur soir à un mois. » Nous répondons : Muhammad (sur lui la paix et le salut) a reçu quelque chose de plus grand et de plus abondant que cela, car il a voyagé en une seule nuit de La Mecque à Jérusalem, une distance d'un mois de marche, et il a été élevé jusqu'au royaume des cieux 6, une distance de cinquante mille ans, en moins d'un tiers de nuit. Il est entré dans les cieux, ciel après ciel, a vu leurs merveilles, s'est arrêté au Paradis et à l'Enfer, les œuvres de sa communauté lui ont été présentées, il a prié avec les prophètes et les anges du ciel, a traversé les voiles 7, et le rafra rafra 8 vert lui a été abaissé, puis il s'est élevé. Le Seigneur des mondes lui a révélé ce qu'Il lui a révélé, lui a donné les clôtures de la sourate al-Baqara 9 d'un trésor sous le Trône, et lui a ordonné de faire triompher sa religion sur toutes les religions, jusqu'à ce qu'il ne reste, à l'est et à l'ouest de la terre, que sa religion, ou qu'ils paient à lui et aux gens de sa religion la jizya 10 avec humiliation. Il lui a imposé les cinq prières, et il a rencontré Moïse, qui l'a interrogé sur sa demande de réduction auprès de son Seigneur pour alléger sa communauté. Tout cela en une seule nuit. Si l'on dit : « Salomon recevait les djinns, et ils lui résistaient jusqu'à ce qu'il les enchaîne et les entrave. » On répond : Muhammad (sur lui la paix et le salut) recevait les djinns, désireux de lui, soumis à lui, magnifiant sa condition, le croyant, croyant en lui, suivant son ordre, implorant humblement, cherchant auprès de lui leur provision et leur nourriture. Il a fait de chaque excrément qu'ils trouvaient un fourrage pour leurs montures, et de chaque os une nourriture pour eux. Les nobles des djinns et leurs grands, les neuf qu'Allah Très-Haut a décrits en disant : « Et lorsque Nous avons dirigé vers toi une troupe de djinns » [Coran 46:29] et Sa parole : « Dis : Il m'a été révélé qu'un groupe de djinns a écouté » [Coran 72:1] jusqu'à Sa parole : « Allah ne ressuscitera personne » [Coran 72:7], ont été détournés pour sa prophétie. Des milliers d'entre eux sont venus à lui (sur lui la paix et le salut) pour lui prêter allégeance sur le jeûne, la prière et la sincérité envers les musulmans, et ils se sont excusés d'avoir dit des énormités contre Allah. Gloire à Celui qui les a soumis à sa prophétie (sur lui la paix et le salut) après qu'ils aient été des mécréants prétendant qu'Allah avait un enfant. Sa mission a englobé, parmi les djinns et les humains, ce qui est innombrable. Cela est supérieur à ce qui a été donné à Salomon (sur lui la paix). La mention et l'explication de cela ont déjà été données. 542 - Abou Muhammad ibn Hayyan nous a rapporté : Abou Bakr ibn Ma'dan nous a rapporté : Ibrahim ibn Sa'd al-Jawhari nous a rapporté : 'Abd Allah ibn Kathir ibn 'Abd Allah ibn Hafs ibn Abi Kathir a dit : Kathir ibn 'Abd Allah, d'après son père, d'après son grand-père, d'après Bilal ibn al-Harith a dit : Nous sommes sortis avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) lors d'un de ses voyages. Il sortit pour ses besoins, et lorsqu'il sortait pour ses besoins, il s'éloignait. Je lui apportai une petite outre d'eau. Il partit et j'entendis près de lui une dispute d'hommes et un bruit que je n'avais jamais entendu. Il revint et me dit : « As-tu de l'eau ? » Je dis : « Oui. » Il dit : « Verse », et il prit de moi et fit ses ablutions. Je dis : « Ô Messager d'Allah, j'ai entendu près de toi une dispute d'hommes et un bruit dont je n'ai jamais entendu les langues. » Il dit : « Les djinns musulmans et les djinns associateurs se sont disputés près de moi. Ils m'ont demandé de les installer, et j'ai installé les musulmans dans le jals 11 et les associateurs dans le ghawr 12. » 'Abd Allah ibn Kathir dit : Je dis à Kathir : « Qu'est-ce que le jals ? » Il dit : « Les villages et les montagnes ; et le ghawr est ce qui se trouve entre les montagnes et les mers. » Kathir dit : « Nous n'avons vu personne touché par le jals sans être sauf, et personne touché par le ghawr sans périr. » La mention des djinns a déjà été faite dans l'histoire de Hama ibn al-Haym ibn Laqis et l'histoire de Sawad ibn Qarib et son opinion dans des cas similaires. Si l'on dit : « Salomon avait le pouvoir et la domination sur les djinns qui lui résistaient, au point de les enchaîner et de les entraver, et ils lui obéissaient dans leurs actions et suivaient ses ordres. » Nous répondons : Muhammad (sur lui la paix et le salut) et un groupe de ses Compagnons ont eu un pouvoir et une capture similaires sur eux, ainsi qu'une répression. 543 - Muhammad ibn Ahmad ibn al-Hasan nous a rapporté : 'Abd Allah ibn Ahmad ibn Hanbal a dit : Mon père m'a rapporté : Muhammad ibn Ja'far nous a rapporté : Shu'ba, d'après Muhammad ibn Ziyad, d'après Abou Hourayra, d'après le Prophète (sur lui la paix et le salut) qui a dit : « Un 'ifrit 13 parmi les djinns s'est élancé contre moi la nuit dernière pour interrompre ma prière. Allah Très-Haut m'a donné pouvoir sur lui, je l'ai saisi et étranglé, et j'ai voulu l'attacher à un pilier des piliers de la mosquée jusqu'au matin, afin que vous le voyiez tous ensemble. Mais je me suis souvenu de l'invocation de mon frère Salomon : « Seigneur, pardonne-moi et accorde-moi un royaume tel que nul après moi ne mérite de posséder. C'est Toi le Dispensateur. » [Coran 38:35] Il dit : « Allah l'a donc renvoyé humilié. » 544 - Abou Bakr ibn Khallad a dit : al-Harith ibn Abi Ousama nous a rapporté : al-Hakam ibn Moussa nous a rapporté : al-Hiql ibn Ziyad, d'après al-Awza'i, m'a rapporté Yahya ibn Abi Kathir, d'après un fils d'Oubayy ibn Ka'b, d'après son père, qu'il avait un silo à dattes. Oubayy le surveillait et constata qu'il diminuait. Il le garda une nuit et voilà qu'une créature ressemblant à un adolescent pubère apparut. Il dit : Je le saluai, et il rendit le salut. Je dis : « Qui es-tu ? Djinn ou humain ? » Il dit : « Non, djinn. » Il dit : « Tends-moi ta main. » Il la lui tendit, et voilà une main de chien avec des poils de chien. Il lui dit : « Telle est la création des djinns. » Il dit : « Je sais que parmi les djinns, il n'y a personne de plus fort que moi. » Il dit : « Qu'est-ce qui t'a poussé à faire ce que tu as fait ? » Il dit : « Nous avons appris que tu aimes l'aumône, et nous avons voulu obtenir de ta nourriture. » Oubayy lui dit : « Qu'est-ce qui nous protège de vous ? » Il dit : « Le verset du Trône 14. » Il vint donc auprès du Prophète (sur lui la paix et le salut) et l'en informa. Il dit : « Le perfide a dit vrai. »
545 - Abou Bakr al-Talhi nous a rapporté : 'Ubayd ibn Ghannâm nous a rapporté : Abou Bakr ibn Abi Shayba nous a rapporté : Muhammad ibn 'Abd Allah al-Asadi nous a rapporté : Sufyân, d'après Ibn Abi Laylâ, d'après son frère, d'après 'Abd al-Rahmân ibn Abi Laylâ, d'après Abou Ayyûb al-Ansâri 15 qu'il se trouvait dans une réserve 16 et qu'un ghûl 17 venait. Il s'en plaignit au Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), qui dit : « Quand tu la vois, dis : 'Au nom d'Allah, réponds au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui).' » Il dit : Elle vint, il lui dit cela, et il la saisit. Elle dit : « Je ne reviendrai pas. » Il la relâcha. Il vint [au Prophète] et le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui dit : « Qu'as-tu fait de ton prisonnier ? » Il répondit : « Je l'ai saisie, elle a dit : 'Je ne reviendrai pas', et je l'ai relâchée. » Il dit : « Elle reviendra. » Il la saisit deux ou trois fois, chaque fois elle disait : « Je ne reviendrai pas », et il venait voir le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), qui disait : « Qu'as-tu fait de ton prisonnier ? » Il répondait : « Je l'ai saisie, elle a dit : 'Je ne reviendrai pas'. » Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) disait : « Elle reviendra. » À la troisième fois, elle dit : « Laisse-moi partir, je t'apprendrai quelque chose à dire, et rien ne t'approchera : récite le Verset du Trône 18. » Il vint voir le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et [lui raconta]. Il dit : « Elle a dit vrai, alors qu'elle est menteuse. » 546 - Muhammad ibn al-Hasan ibn Kawthar nous a rapporté : Muhammad ibn Ghâlib nous a rapporté : 'Uthmân ibn al-Haytham nous a rapporté : 'Awf, d'après Muhammad ibn Sîrîn, d'après Abou Hurayra (qu'Allah l'agrée) qui dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) m'avait chargé de garder la zakât 19 de Ramadan. Il mentionna un récit similaire. 547 - Abou 'Amr ibn Hamdân nous a rapporté : al-Hasan ibn Sufyân nous a rapporté : Abou Kurayb nous a rapporté : Zayd ibn al-Hubâb nous a rapporté : 'Abd al-Mu'min ibn Khâlid al-Hanafî nous a rapporté : 'Abd Allah ibn Burayda al-Aslamî, d'après Abou al-Aswad al-Du'alî qui dit : Je dis à Mu'âdh ibn Jabal : « Informe-moi de l'histoire du démon 20. » Il dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) m'avait placé comme gardien des dattes de l'aumône. J'entrais dans la chambre et je trouvais une diminution dans les dattes. Je le mentionnai au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), qui dit : « Le démon prend. » Il dit : J'entrai dans la chambre et fermai la porte sur moi. Une grande masse noire vint, couvrit la porte, puis entra par la fente de la porte et se transforma en forme d'éléphant. Il se mit à manger. Je serrai mon vêtement autour de ma taille, le saisis, et mes mains se rejoignirent autour de sa taille. Je dis : « Ô ennemi d'Allah, qu'est-ce qui t'a fait entrer dans ma maison pour manger les dattes ? » Il dit : « Je suis un vieillard pauvre, chargé de famille. Ce village était à nous avant que Muhammad, votre compagnon, ne soit envoyé. Quand il fut envoyé, nous en fûmes expulsés. Nous sommes des djinns 21 de Nasîbîn 22. Relâche-moi, car je ne reviendrai pas vers toi. » Gabriel (sur lui la paix) vint et informa le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) de son histoire. Quand il eut prié le matin, il fit appeler : « Où est Mu'âdh ? Qu'as-tu fait de ton prisonnier ? » Je l'informai. Il dit : « Il va revenir vers toi. » Je vins à la chambre la nuit, fermai la porte. Il vint et se mit à manger les dattes. Je refermai mes mains sur lui et dis : « Ô ennemi d'Allah. » Il dit : « Je ne reviendrai plus vers toi après cela. » [Mu'âdh] dit : « Tu as dit que tu ne reviendrais pas. » Il dit : « Je vais t'apprendre quelque chose : quand tu le diras, le démon n'entrera pas dans la maison : 'À Allah appartient ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre' 23 jusqu'à la fin de la sourate. » L'histoire de 'Umar (qu'Allah l'agrée) avec le démon a déjà été mentionnée. Si tu dis : « Salomon 24 soumettait les démons pour les affaires de ce monde, et ils travaillaient pour lui comme Allah l'a mentionné : ce qu'il voulait de sanctuaires, de statues, dans les sommets des montagnes, les vallées et les mers. » La réponse est : si le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avait souhaité les soumettre, ils ne lui auraient pas résisté ; mais il a choisi la servitude avec la prophétie, quand Allah (Puissant et Majestueux) lui a donné le choix entre être un roi-messager ou un serviteur-prophète. Il a donc rejeté ce monde sur sa face, s'en est détaché, et il a été soumis à autre que ses habitants. Les anges rapprochés étaient ses soutiens, ses aides et ses hommes ; ils combattaient devant lui dans les guerres corps à corps, le protégeaient et le défendaient. Gabriel (sur lui la paix) frappa les montagnes de ses ailes quand le Négus 25 mourut, jusqu'à ce que [le Prophète] se lève et prie sur lui avec ses compagnons, tandis qu'il le voyait. De même, quand Mu'âwiya ibn Mu'âwiya mourut, il frappa de ses ailes et éleva le cercueil de Mu'âwiya jusqu'à ce que le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le vît. Quant à la protection et la défense de Gabriel (sur lui la paix) pour lui (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) quand les Quraysh 26 conspirèrent pour le capturer et l'emprisonner...
548 - Nous a rapporté 'Abdullah ibn Muhammad ibn Ja'far : nous a rapporté 'Abdullah ibn Qahtaba : nous a rapporté Al-Hasan ibn Qaza'a : nous a rapporté Maslama ibn 'Alqama, d'après Dawud ibn Abi Hind, d'après Qays ibn Jubayr, qui a dit : La fille d'Al-Hakam a dit : J'ai dit à mon grand-père Al-Hakam : « Je n'ai vu de gens plus impuissants que vous, ni de pire avis, ô Banu Umayya, envers le Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم). » Il a dit : « Ne nous blâme pas, ma fille. Je ne te raconte que ce que j'ai vu de mes propres yeux. Par Allah, nous n'avons cessé d'entendre Quraysh élever la voix contre le Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم) dans cette mosquée, se donnant rendez-vous contre lui jusqu'à ce qu'ils le saisissent. » Il dit : « Nous nous donnâmes donc rendez-vous contre lui et vînmes à lui pour le saisir. Nous entendîmes alors une voix telle que nous pensâmes qu'il ne restait aucune montagne à Tihama sans qu'elle ne se fût désagrégée. » Il dit : « Nous fûmes frappés d'évanouissement et ne reprîmes nos esprits qu'après qu'il eut achevé sa prière. Puis les siens retournèrent auprès de lui. Ensuite, nous nous donnâmes rendez-vous contre lui une autre nuit. Lorsqu'il vint, nous nous levâmes vers lui. Alors As-Safa et Al-Marwa vinrent jusqu'à se rejoindre l'une l'autre et s'interposèrent entre nous et lui. Par Allah, cela ne nous profita point jusqu'à ce qu'Allah nous accordât l'Islam et nous y autorisât. » Et il en est de même de l'histoire d'Abu Jahl une autre fois : il jura de fouler son cou s'il le voyait prier, mais il recula sur ses talons et dit : « J'ai vu entre moi et lui un fossé de feu, une terreur et des ailes. » Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) dit : « S'il s'était approché de moi, les anges l'auraient saisi membre par membre. » Et Allah 'azza wa jalla révéla : {Nous appellerons les gardiens (az-zabaniya)} [Sourate Al-'Alaq, verset 18]. Les djinns travaillèrent pour Salomon, malgré leur mécréance, aux affaires de ce bas monde, car il est putride, pénible et vil. Et les anges travaillèrent pour le Prophète (صلى الله عليه وسلم) par la foi, et aucun d'eux ne lui désobéit, comme Allah 'azza wa jalla dit : {Quand tu disais aux croyants : "Ne vous suffit-il pas que votre Seigneur vous renforce de trois mille anges descendus ?"} [Sourate Al-Imran, verset 124] Et Il dit, exalté soit-Il : {Quand vous imploriez le secours de votre Seigneur et qu'Il vous exauça : "Je vous renforcerai de mille anges se succédant"} [Sourate Al-Anfal, verset 9]. Allah n'a soutenu aucun prophète avant lui par les anges, excepté Muhammad (صلى الله عليه وسلم). Ils combattirent avec lui le jour de Badr corps à corps, comme le combat des hommes. Et c'est là Sa parole, exalté soit-Il : {Quand ton Seigneur révéla aux anges : "Je suis avec vous, affermissez donc ceux qui ont cru. Je vais jeter l'effroi dans les cœurs de ceux qui ont mécru. Frappez donc au-dessus des cous et frappez d'eux chaque bout de doigt"} [Sourate Al-Anfal, verset 12]. Lorsque les anges descendirent le jour de Badr pour le combat, le Prophète (صلى الله عليه وسلم) dit à Abu Bakr, qui était avec lui dans la hutte, sans personne d'autre : « Réjouis-toi, ô Abu Bakr ! Allah t'a apporté la victoire. Voici Gabriel, tenant la bride de son cheval, le menant, et sur ses incisives, la poussière. » Et ce qu'a rapporté le Ghifari mécréant qui attendait la défaite : « Alors que j'étais dans la montagne, un nuage s'approcha ; j'entendis en lui le hennissement des chevaux et j'entendis quelqu'un dire : "Avance, Hayzum !" » Et ce qu'a dit Abu Usayd as-Sa'idi après avoir perdu la vue : « Si j'étais à Badr et que j'avais ma vue, je vous montrerais le défilé d'où les anges sortirent vers nous, de visu, sans aucun doute ni hésitation. » Et Abu Dawud al-Mazini, qui assista à Badr, dit : « Je poursuivais un homme parmi les associateurs pour le frapper, quand sa tête tomba avant que mon épée ne l'atteigne. Je sus alors qu'un autre que moi l'avait tué. » Et Gabriel vint à lui lorsqu'il revint du Fossé le jour des Coalisés et lui dit : « Ton excuse auprès de Celui qui combat ! Ne vois-je pas que tu as déposé ton armure alors que nous ne l'avons pas déposée ? Elle est pour les Banu Qurayza. » Tout cela a déjà été mentionné avec ses chaînes de transmission en ses lieux. 549 - Nous a rapporté Sulayman ibn Ahmad : nous a rapporté Mas'ada ibn Sa'd al-Makki : nous a rapporté Ibrahim ibn al-Mundhir al-Hizami : nous a rapporté 'Abd al-'Aziz ibn 'Imran : m'a rapporté Hisham ibn Sa'id, d'après 'Abd Rabbihi, d'après Sa'id ibn Qays al-Ansari, d'après Rifa'a ibn Rafi', qui a dit : « Lorsque Iblis vit ce que les anges faisaient aux associateurs le jour de Badr, il craignit que le massacre ne l'atteignît. Al-Harith ibn Hisham s'accrocha à lui, pensant qu'il était Suraqa ibn Malik. Il frappa alors la poitrine d'Al-Harith et le jeta à terre, puis s'enfuit jusqu'à se jeter dans la mer, levant les mains et disant : "Ô Allah, je Te demande de me regarder." Et il craignit que le massacre ne l'atteignît. Abu Jahl vint alors et dit : "Ô assemblée de Quraysh ! Que la défection de Suraqa ne vous mette pas en déroute, car il avait un rendez-vous avec Muhammad (صلى الله عليه وسلم)." » Si l'on dit : « Salomon comprenait le langage des oiseaux et de la fourmi, avec la soumission qu'Allah lui avait accordée, comme il est mentionné », nous disons : « Muhammad (صلى الله عليه وسلم) a reçu cela et plus encore, comme nous l'avons déjà mentionné au sujet du langage des bêtes et des fauves, du gémissement du tronc, du mugissement du chameau, du langage des arbres, de la glorification des cailloux et des pierres, de leur invocation à lui et de leur obéissance à son ordre, de l'attestation du loup de sa prophétie, de la soumission des oiseaux à son obéissance, du langage de la gazelle et de sa plainte à lui, du langage du lézard et de son attestation de sa prophétie, et de ce qui est de même sens. Tout cela a déjà été mentionné, ce qui dispense de le répéter. » Baisser le regard lorsque Fatima traverse le Sirat (pont). 550 - Nous a rapporté Al-Hasan ibn Salih as-Sabi'i : nous a rapporté Ahmad ibn as-Saqr ibn Thawban : nous a rapporté Abu Sufyan Zayd ibn 'Amr al-Ghanawi : nous a rapporté 'Umayr ibn 'Imran : nous a rapporté Hafs ibn Ghiyath, d'après al-'Arzami, d'après 'Ata', d'après Abu Hurayra, qui a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم) dire : « Lorsque viendra le Jour de la Résurrection, un héraut appellera de derrière les voiles : "Ô gens ! Baissez vos regards et inclinez vos têtes, car Fatima, fille de Muhammad, traverse le Sirat (pont) vers le Paradis." » Ce qui a été donné à Joseph (alayhi salam). Si l'on dit : « Joseph est décrit comme ayant la beauté sur tous les prophètes et messagers, voire sur toute la création », nous disons : « La beauté de Muhammad (صلى الله عليه وسلم), que ses Compagnons ont décrite, n'a pas de limite au-delà d'elle, puisqu'ils l'ont décrit comme le soleil levant ou comme la lune la nuit de la pleine lune, et plus beau que la lune, et son visage était comme une pièce d'or, rayonnant comme le rayonnement de la lune, et sa sueur (صلى الله عليه وسلم) avait un parfum comme le musc le plus pur. » 551 - Nous a rapporté Muhammad ibn Ja'far ibn al-Haytham : nous a rapporté Ja'far ibn Muhammad ibn Shakir : nous a rapporté Ibrahim ibn al-Mundhir : nous a rapporté 'Ubaydullah ibn Musa, d'après Usama ibn Zayd, d'après Abu 'Ubayda ibn Muhammad ibn 'Ammar ibn Yasir, qui a dit : J'ai dit à ar-Rubayyi' bint Mu'awwidh ibn 'Afra' : « Décris-moi le Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم). » Elle dit : « Mon fils, si tu l'avais vu, tu aurais vu le soleil levant. » 552 - Nous a rapporté Abu 'Amr ibn Hamdan : nous a rapporté Al-Hasan ibn Sufyan : nous a rapporté Qutayba ibn Sa'id : nous a rapporté Nasr ibn Muzahim al-Muqri', d'après 'Amr ibn Sa'id al-Asadi, d'après Sa'd ibn Tarif, d'après Asbagh ibn Nubata, d'après Al-Hasan ibn 'Ali (رضي الله عنهما), qui a dit : J'ai dit à Hind ibn Abi Hala : « Décris-moi le Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم) comme si je le voyais. » Il dit : « Oui. Le Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم) avait un beau visage ; son visage rayonnait du rayonnement de la lune la nuit de la pleine lune. »
553 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Yaḥyā ibn ʿUthmān ibn Ṣāliḥ nous a rapporté : Aṣbagh ibn al-Faraj nous a rapporté : ʿAbd Allāh ibn Wahb, d’après Yūnus ibn Yazīd, d’après al-Zuhrī, d’après ʿAbd Allāh ibn ʿAbd Allāh ibn Kaʿb ibn Mālik, d’après son oncle, d’après Kaʿb ibn Mālik, qui a dit : « Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) était satisfait d’une affaire, son visage s’illuminait comme si c’était le disque de la lune. » 554 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : Muḥammad ibn ʿAbda al-Miṣṣīṣī nous a rapporté : Ṣubayḥ ibn ʿAbd Allāh al-Farghānī nous a rapporté : ʿAbd al-ʿAzīz ibn ʿAbd al-Ṣamad al-ʿAmmī, d’après Jaʿfar ibn Muḥammad, d’après son père et Hishām ibn ʿUrwa, d’après son père, d’après ʿĀ’isha (que Dieu l’agrée), qui a dit : « La sueur du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) sur son visage était comme des perles, plus parfumée que le musc noir 27 ; il était le plus beau des hommes par le visage et le plus lumineux par le teint ; aucun descripteur ne l’a décrit sans comparer son visage à la lune de la nuit de pleine lune. » Hind 28 dit : « À nos yeux, il est plus beau que la lune. » Parole sur ce qui a été donné à Yaḥyā ibn Zakariyyā (sur lui la paix). Si l’on dit : « Yaḥyā a reçu le jugement 29 enfant, il pleurait sans péché et jeûnait continuellement », nous répondons : « Muḥammad a reçu ce qui est meilleur que cela, car Yaḥyā n’était pas à l’époque des idoles, des statues et de l’ignorance 30, tandis que Muḥammad (que Dieu prie sur lui et le salue) était à l’époque des idoles et de l’ignorance ; il a donc reçu la compréhension et le jugement enfant, parmi les adorateurs d’idoles et le parti de Satan, sans jamais désirer pour eux une idole, ni assister avec eux à une fête, et l’on n’a jamais entendu de lui un mensonge ; ils le considéraient comme véridique, digne de confiance, clément, compatissant et miséricordieux. Il jeûnait continuellement une semaine, disant : “Je reste auprès de mon Seigneur qui me nourrit et m’abreuve.” Il (que Dieu prie sur lui et le salue) pleurait jusqu’à ce que l’on entende de sa poitrine un bouillonnement comme celui d’une marmite, à force de pleurs. » Si l’on dit : « Dieu a loué Yaḥyā en disant : “Un maître et un chaste 31” (Coran 3:39), et le chaste est celui qui n’approche pas les femmes », nous répondons : « Yaḥyā était un prophète, mais il n’était pas envoyé à son peuple ; il était isolé pour veiller à sa propre affaire. Notre Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) était un messager pour l’ensemble des hommes, pour les guider et les rassembler vers Dieu (Puissant et Majestueux) en parole et en acte. Dieu (Très-Haut) a donc manifesté par lui les états variés et les hauts degrés distincts dans ses diverses situations, afin que toute la création imite ses actes et ses attributs. Les véridiques 32 l’ont imité dans leur grandeur, les martyrs dans leurs rangs, et les pieux dans la diversité de leurs états, pour que le haut et le bas, l’intermédiaire et l’établi prennent de ses actes une part et une portion. Or, le mariage est l’une des plus grandes parts de l’âme et la plus intense des passions ; il a donc ordonné le mariage et y a incité, en raison de ce sur quoi Dieu a créé les âmes, et il l’a rendu licite pour eux, afin qu’ils se préservent par lui de la fornication. Ils l’ont donc associé (que Dieu prie sur lui et le salue) dans son aspect apparent, et le nom les a englobés avec lui, mais il s’est distingué de toute égalité avec eux, disant (que Dieu prie sur lui et le salue) : “Mariés-vous, car je tire fierté de votre nombre devant les nations.” Si ce qui le distinguait et distinguait son cœur, à savoir sa parole : “La joie de mes yeux a été placée dans la prière”, l’emportait sur lui, il (sur lui la paix) se montrait doux dans sa satisfaction, disant à ʿĀ’isha : “Permets-moi de me consacrer à l’adoration cette nuit.” Elle dit : “J’aime ta proximité et j’aime ton désir.” Il se leva alors pour prier jusqu’au matin, incliné, prosterné et pleurant. Parfois, il sortait vers al-Baqīʿ 33 pour s’y adonner à l’adoration, visitait ses habitants, et parfois il passait une nuit à répéter un verset jusqu’au matin, comme quelqu’un qui s’entretient intimement : “Si Tu les châties, ils sont Tes serviteurs” (Coran 5:118). Sa relation aux lois de l’humanité et à l’appel de l’âme fut effacée lors de l’ouverture de sa poitrine 34, lorsqu’on la remplit de foi et de sagesse, par laquelle il pesa sa communauté et l’emporta sur eux. Cela, en plus de ce que Dieu fit descendre de la sérénité 35 sur lui et sur son cœur (que Dieu prie sur lui et le salue). Parole sur ce qui a été donné à ʿĪsā (sur lui la paix). Toute vertu donnée à ʿĪsā (sur lui la paix) a été donnée à notre Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), et celui qui réfléchit ne la nie pas, en plus de ce que Dieu lui a révélé en particulier des mystères qu’Il n’a révélés à nul autre, et des épreuves à venir qu’aucun des envoyés n’a annoncées en dehors de lui. Si l’on dit : « ʿĪsā a été distingué par l’envoi de l’Esprit fidèle 36 à sa mère, qui s’est présenté à elle comme un homme parfait, disant : “Je suis seulement le messager de ton Seigneur pour te faire don d’un garçon pur” (Coran 19:19) jusqu’à la fin des versets ; elle a pointé vers lui, et il a parlé au berceau : “Il dit : ‘Je suis le serviteur de Dieu, Il m’a donné le Livre et fait prophète’” (Coran 19:30). Il fut ainsi un signe pour les mondes et un exemple pour les générations futures, et rien de tel n’a été mentionné pour aucun des prophètes. » La réponse à cela est que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a reçu diverses sortes de ces signes et de leurs semblables, indiquant sa naissance ; Āmina 37 en fut annoncée, ainsi que les signes qui lui apparurent lors de son accouchement.
555 - Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : 'Amr ibn Muḥammad ibn al-Ṣabbāḥ nous a rapporté, disant : Yaḥyā ibn 'Abd Allāh nous a rapporté, Abū Bakr ibn Abī Maryam nous a rapporté, d'après Sa'īd ibn 'Amr al-Anṣārī, d'après son père, Ibn 'Abbās a dit : Parmi les signes de la grossesse du Prophète 38 - qu'Allah prie sur lui et le salue - il y eut que toute monture appartenant à Quraysh parla cette nuit-là et dit : « Le Messager d'Allah a été conçu, par le Seigneur de la Ka'ba, et il est la sécurité du monde et la lampe de ses habitants. » Il ne resta aucune devineresse de Quraysh ni aucune tribu parmi les tribus arabes sans qu'elle ne fût voilée à sa compagne, et la science des devins fut arrachée. Il n'y eut aucun trône de roi parmi les rois du monde sans qu'il ne devînt renversé, et le roi muet, ne parlant pas ce jour-là. Les bêtes sauvages de l'Orient passèrent aux bêtes sauvages de l'Occident avec les bonnes nouvelles, et de même les mers, se donnant mutuellement la bonne nouvelle à son sujet. Chaque mois de ses mois, il y eut un appel sur terre et un appel au ciel : « Réjouissez-vous ! Il est temps pour Abū al-Qāsim 39 de sortir vers la terre, béni et heureux. » Sa mère racontait d'elle-même et disait : « Un visiteur vint à moi, alors que six mois de sa grossesse étaient passés, il me frappa du pied en songe et dit : « Ô Āmina, tu as conçu le meilleur des mondes en entier. Quand tu l'enfanteras, nomme-le Muḥammad et cache ton affaire. » » Elle disait : « Ce qui prend les femmes me prit, et nul parmi le peuple, homme ou femme, ne sut de moi, et j'étais seule dans la maison, tandis que 'Abd al-Muṭṭalib était dans sa circumambulation 40. » Elle dit : « J'entendis un bruit violent et une chose immense, cela m'effraya, et c'était un lundi. Je vis comme si l'aile d'un oiseau blanc avait touché mon cœur, et toute frayeur, toute peur et toute douleur que je ressentais me quittèrent. Puis je me retournai et voici que j'étais avec une boisson blanche, que je pensais être du lait, et j'avais soif ; je la pris et la bus, et une lumière élevée brilla de moi. Puis je vis des femmes comme de grands palmiers, comme si elles étaient les filles de 'Abd al-Muṭṭalib, qui m'entouraient. Alors que j'étais étonnée et disais : « Ô secours ! D'où celles-ci ont-elles appris de moi ? » et l'affaire devint dure pour moi, tandis que j'entendais le bruit à chaque instant, plus grand et plus terrifiant, voici qu'un brocart blanc fut tendu entre le ciel et la terre, et un diseur disait : « Prenez-le loin des regards des gens. » Elle dit : « Je vis des hommes arrêtés dans l'air, tenant en mains des aiguières d'argent, et je suais une sueur comme des perles, d'une odeur plus agréable que le musc noir 41, et je disais : « Plût à Dieu que 'Abd al-Muṭṭalib entrât chez moi ! » tandis que 'Abd al-Muṭṭalib était loin de moi. » Elle dit : « Je vis une troupe d'oiseaux venus d'où je ne sais, jusqu'à couvrir ma chambre, leurs becs d'émeraude et leurs ailes de rubis. On découvrit ma vue, et je vis à cette heure les orients et les occidents de la terre, et je vis trois étendards plantés : un étendard à l'Orient, un étendard à l'Occident, et un étendard sur le dos de la Ka'ba. Les douleurs de l'enfantement me prirent, et l'affaire devint très dure pour moi, comme si je m'appuyais sur les piliers des femmes ; elles devinrent nombreuses autour de moi, comme si les mains étaient avec moi dans la maison, sans que je visse rien. J'enfantai Muḥammad - qu'Allah prie sur lui et le salue. Quand il sortit de mon ventre, je me tournai et le regardai, et voici qu'il était prosterné, levant ses deux doigts comme un suppliant implorant. Puis je vis un nuage blanc venant du ciel, descendant jusqu'à le couvrir, et il fut caché à ma vue. J'entendis un héraut dire : « Faites le tour avec Muḥammad - qu'Allah prie sur lui et le salue - de l'Orient et de l'Occident de la terre, et introduisez-le dans toutes les mers, pour qu'ils le connaissent par son nom, sa description et son image, et qu'ils sachent qu'il est appelé en elles le Mahmā' 42 ; il ne reste rien de l'association 43 sans qu'il ne soit effacé par lui en son temps. » Puis il se dévoila de lui en un temps très court, et voici qu'il était enveloppé dans un vêtement de laine blanche, plus blanc que le lait, et sous lui une soie verte, tenant trois clefs de perle humide blanche. Et un diseur disait : « Muḥammad a saisi les clefs de la victoire, les clefs du vent et les clefs de la prophétie. » À sa naissance - qu'Allah prie sur lui et le salue - eurent lieu des signes étonnants, parmi ce qui a été rapporté et mentionné précédemment en son lieu, dont ce que dit le Juif qui vint à La Mecque comme commerçant la nuit où il naquit : « Cette nuit est né le prophète de cette communauté ; il a un grain de beauté entre ses épaules, avec des poils alignés ; il ne tète pas deux nuits. » Les gens s'étonnèrent de son propos, se levèrent, entrèrent chez Āmina et dirent : « Fais sortir ton fils. » Il le regarda, ainsi que le grain de beauté entre ses épaules, et le Juif tomba évanoui. Quand il revint à lui, ils lui dirent : « Qu'as-tu ? » Il dit : « Par Allah, la prophétie des fils d'Israël a disparu, le Livre est sorti de leurs mains, et ce nouveau-né les tuera et dévoilera leurs nouvelles, et il vous frappera, ô assemblée des Arabes. » Le diable fut voilé cette nuit-là de l'écoute clandestine 44, ils furent frappés par les météores 45, et les devins et sorciers parlèrent, comme Shiqq et Saṭīḥ, et les grands rois, à cause de ce qu'ils virent cette nuit-là, comme Kisrā 46, le tremblement de son palais, l'extinction des feux, le tarissement de l'eau, le débordement des vallées, et le rêve du Mōbadhān 47, comme cela a été mentionné précédemment avec des chaînes de transmission dans le chapitre de sa naissance - qu'Allah prie sur lui et le salue. Quant à Sa parole - qu'Il est exalté - : « et une miséricorde de Notre part » 48, notre Prophète Muḥammad - qu'Allah prie sur lui et le salue - Allah - qu'Il est exalté - l'a décrit par la miséricorde la plus générale et la plus complète, en disant : « Et Nous ne t'avons envoyé que comme miséricorde pour les mondes » [Coran 21:107]. Quiconque le croit et a foi en lui, Allah - qu'Il est exalté - lui fera miséricorde dans les deux demeures ; et quiconque ne le croit pas est en sécurité dans sa vie de ce dont furent punis les dénégateurs parmi les communautés : l'ensevelissement, la métamorphose et la lapidation. L'explication de cela a déjà été donnée. Si tu dis : « Jésus créait de l'argile comme une forme d'oiseau, et cela devenait un oiseau par la permission d'Allah - qu'Il est exalté », nous disons : Le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - a un équivalent : 'Ukkāsha ibn Miḥṣan, le jour de Badr, son épée se brisa ; le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - lui donna un morceau de bois et dit : « Combats avec cela. » Il devint dans sa main une épée au dos solide, au fer blanc, de longue taille ; il combattit avec jusqu'à ce qu'Allah - qu'Il est exalté - accordât la victoire aux musulmans, puis il ne cessa d'assister aux combats avec elle jusqu'aux jours de l'apostasie. Le sens par lequel il fut possible au Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - de transformer le bois en fer et de le faire durer à travers les jours est le même sens par lequel Jésus créa de l'argile comme une forme d'oiseau. Ensuite, l'audition de la glorification, de la sanctification et de la proclamation de l'unicité 49 de la pierre dure dans sa main, le témoignage des pierres et des arbres en sa faveur de la prophétie, son ordre aux arbres de se rassembler, de se coller et de se séparer, tout cela est analogue à la résurrection des morts et au vol de l'image d'oiseau comme une forme d'oiseau. S'il dit : « Jésus guérissait les aveugles, les lépreux et les sourds par la permission d'Allah », nous disons : Qatāda ibn al-Nu'mān, le jour d'Uhud, son globe oculaire sortit à cause d'une blessure à son œil ; le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - le prit et le remit, et il ne savait lequel de ses deux yeux avait été blessé, et il était le plus beau et le plus perçant de ses yeux. Cela a déjà été mentionné avec sa chaîne de transmission.
556 - Muhammad ibn al-Hasan nous a rapporté : Muhammad ibn 'Uthman ibn Abi Shayba nous a rapporté, mon oncle Abu Bakr a dit : Muhammad ibn Bishr nous a rapporté, 'Abd al-'Aziz ibn 'Umar nous a rapporté, un homme des Banu Salaman ibn Sa'd m'a rapporté d'après sa mère que son oncle maternel Habib ibn Fudayk a dit : Son père l'emmena auprès du Prophète 50 – que Dieu prie sur lui et le salue – alors que ses yeux étaient blancs 51 et qu'il ne voyait rien avec eux. Il lui demanda : « Qu'est-ce qui t'a atteint ? » Il répondit : « Je faisais marcher mon chameau et mes pieds tombèrent sur des œufs de serpent, ce qui affecta ma vue. » Alors le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – souffla 52 dans ses yeux et il recouvra la vue. Il dit : Je le vis enfiler le fil dans l'aiguille, alors qu'il avait quatre-vingts ans et que ses yeux étaient blancs. 557 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté : Mas'ada ibn Sa'd al-'Attar nous a rapporté, Ibrahim ibn al-Mundhir al-Hizami nous a rapporté, 'Abd al-'Aziz ibn 'Imran nous a rapporté, Rifa'a ibn Yahya d'après Mu'adh ibn Rifa'a ibn Rafi' a dit : Le jour de Badr, je fus atteint par une flèche qui creva mon œil. L'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – cracha 53 dedans et invoqua pour moi, et je n'en ressentis aucune douleur. Et il cracha dans l'œil de 'Ali le jour de Khaybar alors qu'il avait une ophtalmie 54, et il guérit sur-le-champ et ne se plaignit plus jamais de son œil après cela. [p. 615] Et le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – recevait les malades et les affligés, invoquait pour eux et les touchait de sa main, et ils guérissaient. On lui amena un enfant possédé par le démon 55 ; il dit : « Tais-toi, ennemi de Dieu ! » et il vomit un vomissement d'où sortit quelque chose comme un chiot noir. Et il y avait un malade qui était devenu comme un poussin plumé ; il invoqua pour lui, et il fut comme délié d'une entrave. Et combien de malades a-t-il guéris, de maladies a-t-il écartées, parmi ceux qui cherchèrent guérison auprès de lui et se plaignirent à lui de leur souffrance et de leur douleur, et il invoqua pour eux et ils furent guéris. 558 - Al-Hasan ibn Ahmad ibn Khutayt al-Asadi nous a rapporté : Abu al-Harish Ahmad ibn 'Isa nous a rapporté, Muhammad ibn Abi 'Amr al-'Adawi nous a rapporté, Faraj ibn Sa'id d'après son oncle Thabit ibn Sa'id d'après Abyad ibn Hammal al-Ma'ribi qu'il avait au visage une dartre 56 – c'est-à-dire la gale – qui avait dévoré son nez. L'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – l'appela, passa la main sur son visage, et ce jour-là il n'en resta plus rien, et il en subsista une trace. 559 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté : Mutallib ibn Shu'ayb nous a rapporté, 'Abd Allah ibn Salih nous a rapporté, al-Layth m'a rapporté d'après Khalid ibn Yazid d'après Sa'id ibn Hilal d'après Abu Umayya al-Ansari d'après 'Ubayd ibn Rifa'a al-Zuraqi d'après Rafi' ibn Khadij qui a dit : Un jour j'entrai chez le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – alors qu'il y avait une marmite bouillonnante de viande. Une graisse me plut, je la pris et l'avalai, et j'en souffris pendant un an. Puis j'en parlai à l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – [p. 616] et il dit : « Il y avait en elle l'âme de sept personnes. » Puis il passa la main sur mon ventre, et je la vomis verte. Par Celui qui l'a envoyé avec la vérité, je n'ai plus souffert du ventre jusqu'à présent. Si l'on dit que Jésus – sur lui la paix – ressuscitait les morts par la permission de Dieu, ce qui est plus étonnant encore est ce par quoi Dieu – qu'Il soit exalté – a élevé le rang de Muhammad – sur lui la paix – et en a fait un signe manifeste dont témoigna une nombreuse assemblée : la résurrection de la brebis de Jabir ibn 'Abd Allah. Et ce que Dieu – qu'Il soit exalté – a ressuscité pour une femme des Ansar 57 son fils du temps de l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – est un signe merveilleux pour le Prophète de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. 560 - 'Abd Allah ibn Muhammad ibn Ja'far nous a rapporté par dictée et lecture : 'Abd al-Rahman ibn Hammad nous a rapporté, Abu Barra Muhammad ibn Abi Hashim, affranchi des Banu Hashim à La Mecque, nous a rapporté, Abu Ka'b al-Baddah ibn Sahl al-Ansari d'après son père Sahl ibn 'Abd al-Rahman d'après son père 'Abd al-Rahman ibn Ka'b ibn Malik a dit : Jabir ibn 'Abd Allah vint auprès de l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et le salua ; il lui rendit le salut. Il dit : Je vis le visage de l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – changé, et je ne pense pas que le visage de l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – ait changé autrement que par la faim. J'allai chez moi et dis à ma femme : « Malheur à toi ! J'ai vu l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, je l'ai salué et il m'a rendu le salut, mais son visage était changé, et je ne pense pas que son visage ait changé autrement que par la faim. As-tu quelque chose ? » Elle dit : « Par Dieu, nous n'avons que cette poule 58 et un reste de provisions avec lequel nous distrayons les enfants. » Je lui dis : « Veux-tu que nous sacrifiions la poule et que tu prépares [p. 617] ce que tu as, puis que nous portions le tout à l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue ? » Elle dit : « Fais ce que tu veux. » Il dit : Elle sacrifia la poule, prépara ce qu'elle avait, moulut, cuisit au four, fit cuire, puis nous émiettâmes du pain dans une grande écuelle 59 qui nous appartenait, elle y mit la poule, puis je la portai à l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et la déposai devant lui. Il dit : « Qu'est-ce que cela, ô Jabir ? » Je dis : « Ô Envoyé de Dieu, je suis venu à toi, t'ai salué et j'ai vu ton visage changé ; j'ai pensé que ton visage n'avait changé que par la faim. J'ai donc sacrifié une poule qui nous appartenait et te l'ai apportée. » Il dit : « Ô Jabir, va rassembler pour moi ton peuple. » Il dit : J'allai vers les tribus arabes et ne cessai de les rassembler, puis je vins à lui et dis : « Ô Envoyé de Dieu, voici les Ansar qui se sont rassemblés. » Il dit : « Fais-les entrer auprès de moi par groupes. » Je les fis donc entrer auprès de lui par groupes ; ils en mangèrent, et quand un groupe était rassasié, ils sortaient et d'autres entraient, jusqu'à ce qu'ils aient tous mangé, et il resta dans l'écuelle à peu près ce qu'il y avait. Et l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – disait : « Mangez et ne brisez pas d'os. » Puis l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – rassembla les os au milieu de l'écuelle, posa sa main dessus, puis prononça des paroles que je n'entendis pas, mais je vis ses lèvres remuer, et voilà que la brebis se leva en secouant ses oreilles. Il me dit : « Prends ta brebis, ô Jabir, que Dieu te bénisse en elle. » Je la pris et m'en allai, et elle me tirait par l'oreille jusqu'à ce que je l'eusse amenée à la maison. Ma femme me dit : « Qu'est-ce que cela, ô Jabir ? » Je dis : « Par Dieu, c'est notre brebis que nous avons sacrifiée pour l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – ; il a invoqué Dieu et Il l'a ressuscitée. » Elle dit : « Je témoigne qu'il est l'Envoyé de Dieu, je témoigne qu'il est l'Envoyé de Dieu, je témoigne qu'il est l'Envoyé de Dieu. »
561. Ahmad ibn Ja'far ibn Ma'bad nous a rapporté, Abou Bakr ibn al-Nu'man nous a rapporté, Bishr ibn Hujr al-Sami nous a rapporté, et Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté, disant : Muhammad ibn Hisham nous a rapporté, Ubayd Allah ibn Muhammad ibn A'isha nous a rapporté, disant : Salih al-Murri, d'après Thabit, d'après Anas ibn Malik (que Dieu l'agrée) qui a dit : Nous entrâmes chez un homme des Ansars 60 qui était malade, et nous ne fûmes pas partis avant qu'il ne trépasse. Nous étendîmes alors un vêtement sur lui, et sa mère, une vieille femme âgée, se tenait à son chevet. Nous lui dîmes : « Ô toi, compte ta perte sur Dieu, le Puissant et le Majestueux. » Elle dit : « Mon fils est-il mort ? » Nous répondîmes : « Oui. » Elle dit : « Dites-vous vrai ? » Nous répondîmes : « Oui. » Alors elle tendit les mains et dit : « Ô Dieu, Tu sais que je me suis soumise à Toi, que j'ai émigré vers Ton Messager (que Dieu prie sur lui et le salue) dans l'espoir que Tu me secourrais dans toute difficulté et toute aisance. Ne m'impose donc pas cette épreuve aujourd'hui. » Alors (le mort) découvrit son visage, et nous ne fûmes pas partis avant d'avoir mangé avec lui. » Si l'on dit : « Jésus annonçait les choses invisibles et informait de ce que les gens mangeaient dans leurs maisons et de ce qu'ils cachaient », eh bien le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) annonçait à ce sujet des merveilles encore plus grandes ; car Jésus informait de ce que les gens mangeaient derrière un mur, dans leur demeure et dans leurs agissements concernant leur nourriture, tandis que Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue) informait de ce qui se passait à un mois de distance ou plus, comme son annonce (que Dieu prie sur lui et le salue) de la mort du Négus 61, et de ceux qui furent martyrisés dans l'expédition : Zayd, Ja'far et Abd Allah ibn Rawaha. Et il arrivait qu'un demandeur vienne l'interroger, et il disait : « Si tu veux, je t'informerai de ce que tu es venu demander », et d'autres choses semblables. Il informa également 'Umayr ibn Wahb al-Jumahi 62 de ce dont il s'était secrètement accordé avec Safwan ibn Umayya, lorsqu'ils s'étaient assis à La Mecque, près du Hijr 63, pour comploter l'assassinat du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) après la défaite des gens de Badr, jusqu'à ce que 'Umayr embrasse l'islam. Et parmi ces choses : l'information donnée par lui (que Dieu prie sur lui et le salue) à son oncle al-Abbas ibn Abd al-Muttalib, lorsqu'il fut fait prisonnier à Badr et voulut se racheter, disant : « Je n'ai pas d'argent. » Il dit : « Où est l'argent que tu as déposé chez Umm al-Fadl 64 lorsque tu voulus partir et que tu lui fis tes recommandations ? » Et sa parole (que Dieu prie sur lui et le salue) à Abd Allah ibn Unays 65 lorsqu'il l'envoya vers le Hudhali 66 dans la vallée de 'Urana : « Quand tu le verras, tu éprouveras un frisson. » Et parmi ces choses : ce que Dieu Très-Haut lui révéla à son retour de Tabuk 67, lorsque sa monture s'égara et qu'un des hypocrites dit : « Ne peut-il pas Dieu lui indiquer où elle se trouve ? » Alors Dieu Très-Haut la lui révéla, ainsi que ce que l'hypocrite avait dans le cœur ; celui-ci embrassa l'islam et abandonna l'hypocrisie. Et parmi ces choses : ce qu'il annonça aux deux envoyés de Fayruz 68 lorsqu'ils vinrent à Médine du Yémen, après que Chosroès 69 lui eut écrit : il dit : « Mon Seigneur a tué ton maître la nuit dernière. » Il écrivit cette même nuit, et quand ils retournèrent au Yémen, la nouvelle parvint à Fayruz que Shirwaih 70 fils de Chosroès avait tué son père cette nuit-là. Et bien d'autres choses encore, qui ont été rapportées avec leurs chaînes de transmission dans leurs chapitres respectifs de ce livre, ce qui nous dispense de les répéter. Nous mentionnerons certaines des choses que Dieu Très-Haut lui a particulièrement accordées : Sa science et Son information sur des choses qui n'étaient pas encore, et que Dieu Très-Haut a fait advenir comme Il l'avait annoncé. Dieu a dit : {Et s'ils se détournent, alors ils ne sont que dans la dissension ; Dieu te suffira contre eux} [Coran 2:137] ; Il lui suffit et Il tint Sa promesse en donnant la victoire aux croyants. {Nous t'avons suffi contre les railleurs} [Coran 15:95]. Et de cela, Sa parole Très-Haut : {Dis à ceux qui ont mécru : Vous serez vaincus et rassemblés vers la Géhenne} [Coran 3:12] ; et il en fut comme Dieu Très-Haut le lui avait promis : ils furent vaincus, tués, et ils seront rassemblés vers le Feu. Et de cela, Sa parole Très-Haut : {Ne faiblissez pas et ne vous affligez pas, car vous serez les plus hauts} [Coran 3:139] ; et il en fut comme Il le lui avait promis. Et de cela, Sa parole Très-Haut : {Et (rappelez-vous) quand Dieu vous promettait l'une des deux troupes, qu'elle serait pour vous} [Coran 8:7] ; Dieu mit en déroute les associateurs le jour de Badr. Et de cela, Sa parole Très-Haut : {Et Dieu soutiendra certes ceux qui Le soutiennent} [Coran 22:40] ; Dieu le soutint et le fortifia, sans argent ni clan, et le royaume de sa communauté atteignit l'Orient et l'Occident. Et de cela, Sa parole Très-Haut : {Il les fera entrer dans un lieu qui leur agrée} [Coran 22:59] ; ils entrèrent dans La Mecque en sécurité. Et de cela, Sa parole Très-Haut : {Dieu a promis à ceux d'entre vous qui croient et accomplissent les bonnes œuvres qu'Il les fera succéder sur la terre comme Il a fait succéder ceux qui étaient avant eux} [Coran 24:55] ; et il en fut comme Il le leur avait promis. Cela ne peut relever d'une conjecture ni d'une supposition, ni arriver par hasard. Et de cela, Sa parole Très-Haut : {Alif, Lam, Mim. Les Romains ont été vaincus} [Coran 30:2] ; Il lui apprit que cela arriverait et se produirait, en fixant le moment, et en le limitant à quelques années. Les Arabes, qu'ils le croient ou non, savaient tous ce que signifie « quelques années ». Et Il le confirma par Sa parole Très-Haut : {C'est la promesse de Dieu ; Dieu ne manque jamais à Sa promesse} [Coran 30:6]. Et Sa parole Très-Haut : {Quand vient le secours de Dieu et la victoire} [Coran 110:1] ; la conquête de La Mecque fut distinguée parmi les conquêtes par le nom de « victoire » en raison de son importance : c'est la cité des émigrés qui en furent expulsés ; ses habitants étaient les plus hostiles au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et à ses Compagnons, car les liens de parenté et de voisinage rendent la rupture et la haine plus intenses. Il lui annonça donc sa conquête avant qu'elle n'advienne, et les gens entreraient en foule dans Sa religion. Dieu Très-Haut réalisa pour lui cette bonne nouvelle de la conquête : les délégations nombreuses vinrent à lui à Médine, musulmanes et soumises à lui et à sa religion. Dieu rappela Son Prophète alors que l'islam avait couvert le Yémen jusqu'à Shijr 'Uman 71 et jusqu'aux confins du Najd de l'Irak, après La Mecque et le Hedjaz, et avait étendu son auvent et ses flancs jusqu'au Ghor 72. Le jugement de Dieu Très-Haut et le sien (que Dieu prie sur lui et le salue) s'appliquèrent aux habitants de La Mecque, d'al-Ta'if, d'Oman, d'al-Bahrayn, du Yémen et d'al-Yamama. Et de cela, Sa parole Très-Haut : {Et d'autres (butins) que vous ne pouviez conquérir, mais que Dieu a cernés} [Coran 48:21] : les Perses et la Perse. Et comme Sa parole Très-Haut : {Et une terre que vous n'aviez pas foulée} [Coran 33:27] : il s'agit de la Perse et de Rome ; ils trouvèrent ce que Dieu Très-Haut leur avait promis comme Il le leur avait promis. Et de cela, Sa parole Très-Haut : {Vous serez appelés contre un peuple d'une force redoutable, vous les combattrez ou ils se soumettront} [Coran 48:16] : ce sont les gens de Perse, de Rome et les Banu Hanifa 73, les partisans de Musaylima 74. Abou Bakr puis 'Umar les combattirent ; nul parmi les gens de la Qibla 75 ne conteste que les bédouins laissés en arrière ne furent appelés à aucune guerre après s'être détournés du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), jusqu'à ce qu'ils soient appelés, à l'époque d'Abou Bakr, contre les gens de force : Musaylima et les Banu Hanifa. Et il promit (que Dieu prie sur lui et le salue) la conquête de Bayda' al-Mada'in 76 et d'Istakhr 77, et l'ouverture des trésors de Chosroès. Et il dit à 'Adi ibn Hatim 78 : « Rien ne t'empêche (d'embrasser l'islam) sinon ce que tu vois de mes Compagnons dans le besoin ; il se peut bien que la femme en palanquin 79 sorte d'al-Hira 80 sans escorte. » 'Adi vit cela de ses propres yeux. Et de cela, Sa parole Très-Haut : {Il se peut que Dieu établisse entre vous et ceux que vous avez pris pour ennemis une affection} [Coran 60:7] ; cela fut le mariage du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) avec Umm Habiba 81 et l'islam d'Abou Sufyan 82 ; l'inimitié cessa et se transforma en affection et en lien. Et les exemples de cela sont nombreux, parmi ce que Dieu révéla à Son Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) de ce que les hypocrites et les juifs tenaient secret dans leur affaire. Et dans le Coran, il y a de nombreux récits dont nous nous contentons de ce que nous avons mentionné.
562 - Muhammad ibn 'Ali ibn Hubaysh nous a rapporté : Ahmad ibn Yahya al-Hulwani nous a rapporté : Ahmad ibn Yunus nous a rapporté : Hammad ibn Salama, d'après 'Ali ibn Zayd, d'après Sa'id ibn al-Musayyab, que le premier à avoir dégainé son épée dans le sentier d'Allah 83 fut al-Zubayr ibn al-'Awwam. Il se trouvait dans le ravin des Bas-fonds 84 lorsqu'il entendit une rumeur selon laquelle le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avait été tué. Il prit son épée et sortit nu, l'épée dégainée à la main. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le rencontra face à face et lui dit : « Qu'as-tu ? » Il répondit : « J'ai entendu que tu avais été tué. » Il dit : « Qu'allais-tu faire ? » Il répondit : « Je voulais tailler en pièces les habitants de La Mecque. » Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Qu'Allah prie sur toi et sur ton épée. » [p. 623] 563 - Dans un autre récit : « Tout prophète a un apôtre 85 ; et mon apôtre est al-Zubayr. » Si l'on dit : « Jésus, fils de Marie, était un voyageur infatigable des déserts et des terres arides », il en fut de même pour Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), mais plus grand et plus abondant dans le combat 86 ; il dépensa en dix ans ce qui ne peut être compté, parmi les sédentaires et les nomades, et il conquit de nombreuses tribus, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, en tant qu'envoyé avec l'épée, sans user de paroles équivoques, et en tant que combattant dans le sentier d'Allah, ne dormant que sur du sang et ne s'arrêtant que prêt à combattre les ennemis, envoyant contre eux des expéditions 87 pour établir la religion, élever l'appel et transmettre le message. Si l'on dit : « Jésus était ascète, se contentant de peu et satisfait du minimum ; il quitta ce monde sans rien, ni pour ni contre lui », nous répondons : Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) est le plus ascète des prophètes, comme les treize 88 qui l'entouraient ; jamais sa table ne fut levée alors qu'il y avait de la nourriture dessus, et il ne se rassasia jamais de pain de froment trois nuits consécutives. Il attachait une pierre sur son ventre 89, son vêtement était de laine, sa couche une peau de mouton, son oreiller en cuir rembourré de fibres de palmier. Deux ou trois mois passaient sans que la lampe à huile ne soit allumée dans sa maison. Il mourut alors que son armure était en gage, ne laissant ni or ni argent, malgré ce qui lui fut offert des clefs des trésors de la terre, des pays conquis pour lui, et des butins des serviteurs qu'il reçut. Il distribuait en un seul jour trois cent mille 90, donnait à un homme cent chameaux ou cinq cents, et donnait entre les deux montagnes 91 de troupeaux. Le soir venu, un mendiant venait à lui et il disait : « Par Celui qui t'a envoyé avec la vérité, il ne reste dans la famille de Muhammad ni un sâ' 92 d'orge ni de dattes. » Il avait faim un jour et était rassasié un jour ; quand il avait faim, il s'humiliait, et quand il était rassasié, il louait [Allah]. Comment cela ne serait-il pas pour celui qu'Allah a magnifié en disant : « Et tu es certes d'un caractère sublime » [Coran 68:4] ? Si l'on dit : « Jésus (sur lui la paix) a été élevé au ciel », nous répondons : Il a été proposé à Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) de rester [en vie] à sa mort, mais il a choisi ce qui est auprès d'Allah et Sa proximité plutôt que de rester dans ce monde. Allah l'a donc rappelé et a élevé son âme à Lui. S'il avait choisi de rester dans ce monde, il aurait été comme al-Khidr 93, Élie et Jésus (sur eux la paix) auprès d'Allah dans Ses cieux et dans Son monde sur Sa terre ; car Jésus demeure au ciel, tandis qu'Élie et al-Khidr parcourent les cieux et les terres. De plus, certains membres de la communauté de notre Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ont été élevés comme Jésus (sur lui la paix) : ce fut l'élévation de 'Amir ibn Fuhayra, affranchi d'Abu Bakr al-Siddiq, sous les yeux des gens, et l'enterrement d'al-'Ala' ibn al-Hadrami. Il mourut sous le califat d'Abu Bakr au Yémen, en territoire ennemi ; ils craignirent que sa tombe ne soit fouillée et son corps exhumé, alors ils partirent à sa recherche pour le transférer hors du territoire ennemi le jour même de son enterrement, mais ils ne purent y parvenir et on ne sut où il avait été emporté. 564 - Sulayman ibn Ahmad nous a rapporté : 'Ubayd ibn Ghannam et 'Abdan ibn Ahmad nous ont rapporté : Abu Bakr ibn Abi Shayba nous a rapporté : Ja'far ibn 'Awn, d'après Ibrahim ibn Isma'il, d'après al-Zuhri, qui a dit [p. 625] : Ja'far ibn 'Amr ibn Umayya m'a informé, d'après son père, que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) l'avait envoyé seul comme espion 94 contre Quraysh. Il dit : « Je vins au poteau de Khubayb 95, craignant d'être vu, je grimpai dessus, détachai Khubayb, qui tomba à terre. Je m'éloignai un peu, puis me retournai : je ne vis plus Khubayb, comme si la terre l'avait avalé. On ne l'a jamais revu jusqu'à ce jour. » Abu Bakr ibn Abi Shayba dit : Ja'far ibn 'Awn avait dit : d'après Ja'far ibn 'Amr ibn Umayya, d'après son père, d'après son grand-père.
- khulla : Amitié intime et exclusive, degré spirituel élevé attribué à Abraham dans la tradition islamique.
- ‘anbar : Ambre gris, substance marine ; ici, il s'agit d'un grand poisson ou d'un cétacé rejeté par la mer.
- houmra : Petit oiseau de couleur rougeâtre, semblable au moineau.
- al-Bouraq : Monture céleste, d'une blancheur éclatante, plus petite qu'une mule et plus grande qu'un âne, qui transporta le Prophète lors du voyage nocturne (Isra').
- jibāl al-dhahab : Montagnes d'or : métaphore pour une richesse immense et miraculeuse.
- malakūt al-samāwāt : Royaume des cieux : la sphère céleste invisible, domaine des anges et de la puissance divine.
- al-ḥujub : Les voiles : barrières spirituelles séparant les différents niveaux des cieux, que le Prophète a traversées lors de l'ascension.
- al-rafraf al-akhḍar : Rafraf vert : un tapis ou un coussin céleste, symbole de la proximité divine, mentionné dans le récit de l'ascension.
- khawātīm sūrat al-baqara : Clôtures de la sourate al-Baqara : les derniers versets de la sourate de la Vache (Coran 2:284-286), considérés comme une grâce spéciale.
- jizya : Jizya : impôt de capitation imposé aux non-musulmans (dhimmis) en échange de la protection et de la liberté de culte.
- al-jals : Al-jals : terme désignant les hautes terres, les villages et les montagnes, par opposition au ghawr.
- al-ghawr : Al-ghawr : les basses terres, les vallées entre montagnes et mers, considérées comme dangereuses.
- 'ifrīt : 'Ifrit : un djinn puissant et maléfique, souvent rebelle.
- āyat al-kursī : Verset du Trône : Coran 2:255, réputé pour sa protection contre les djinns.
- Abū Ayyūb al-Anṣārī : Compagnon du Prophète, hôte de ce dernier à Médine.
- sahwa : Pièce en hauteur ou réserve, souvent utilisée pour stocker des provisions.
- ghūl : Créature démoniaque changeant de forme, souvent malfaisante.
- Āyat al-Kursī : Verset du Trône (Coran 2:255), réputé pour sa protection.
- zakāt : Aumône légale obligatoire en Islam.
- shayṭān : Démon, satan, être rebelle parmi les djinns.
- jinn : Créatures invisibles créées de feu, dotées de libre arbitre.
- Naṣībīn : Ville de Mésopotamie (aujourd'hui Nusaybin en Turquie).
- liLlāhi mā fī s-samāwāti wa mā fī l-arḍ : Début du verset 284 de la sourate al-Baqara.
- Sulaymān : Salomon, prophète et roi, connu pour son pouvoir sur les djinns.
- an-Najāshī : Titre du roi d'Abyssinie, contemporain du Prophète.
- Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- al-misk al-adhfar : Musc noir, variété de musc très parfumée.
- Hind : Probablement Hind bint ʿUtba, une compagne, ou une autre femme nommée Hind.
- al-ḥukm : Le jugement, la sagesse ou la capacité de discernement, souvent attribuée aux prophètes dès l'enfance.
- al-jāhiliyya : L'époque préislamique, caractérisée par l'ignorance religieuse et le polythéisme.
- ḥaṣūr : Chaste, qui s'abstient des femmes ; interprété comme celui qui ne se marie pas ou qui maîtrise ses désirs.
- al-ṣiddīqūn : Les véridiques, ceux qui sont sincères et confirmés dans la foi, souvent un rang élevé parmi les saints.
- al-Baqīʿ : Le cimetière de Médine, où de nombreux compagnons et membres de la famille du Prophète sont enterrés.
- inshirāḥ al-ṣadr : L'ouverture de la poitrine, référence à l'événement miraculeux où l'ange a ouvert la poitrine du Prophète enfant pour la purifier et la remplir de foi et de sagesse.
- al-sakīna : La sérénité, une tranquillité divine qui descend sur les croyants, mentionnée dans le Coran.
- al-Rūḥ al-Amīn : L'Esprit fidèle, c'est-à-dire l'ange Gabriel, chargé de transmettre la révélation.
- Āmina : La mère du Prophète Muḥammad.
- al-Nabī : Le Prophète, titre honorifique de Muhammad.
- Abū al-Qāsim : Surnom du Prophète Muhammad, signifiant 'père de Qāsim' (son fils aîné).
- Ṭawāf : Circumambulation rituelle autour de la Ka'ba.
- al-Misk al-adhfar : Musc noir, variété de musc très parfumée.
- al-Māḥī : L'Effaceur, un des noms du Prophète Muhammad, signifiant celui par qui Allah efface l'idolâtrie.
- al-Shirk : Associationnisme, péché d'associer des divinités à Allah.
- Isti'rāq al-sam‘ : Écoute clandestine, pratique des djinns pour voler des informations célestes.
- Shuhub : Météores, étoiles filantes utilisées pour chasser les djinns.
- Kisrā : Titre des rois sassanides de Perse.
- al-Mūbadhān : Grand prêtre zoroastrien.
- Wa raḥmatan minnā : Expression coranique signifiant 'et une miséricorde de Notre part'.
- Tahlīl : Formule de l'unicité divine : 'Lā ilāha illā Allāh' (Il n'y a de dieu qu'Allah).
- al-nabī : Le Prophète, titre donné à Muhammad.
- mubayyaḍatān : Blanchis, indiquant une cécité due à une cataracte ou une leucome.
- nafatha : Souffler légèrement, parfois avec de la salive, comme acte de guérison.
- baṣaqa : Cracher, ici un acte de guérison miraculeuse.
- armad : Atteint d'ophtalmie, inflammation de l'œil.
- al-shayṭān : Le démon, ici cause de possession ou de maladie.
- ḥazāza : Dartre ou gale, une affection cutanée.
- al-Anṣār : Les Auxiliaires, habitants de Médine ayant soutenu le Prophète.
- al-dājin : Poule ou animal domestique, ici une poule.
- jafna : Grande écuelle ou plat creux utilisé pour servir la nourriture.
- Ansār : Les « Auxiliaires » de Médine, convertis à l'islam, qui accueillirent et soutinrent le Prophète Muhammad et les émigrés mecquois.
- Négus : Titre du roi d'Abyssinie (actuelle Éthiopie). Le Négus Ashama ibn Abjar avait accordé asile aux premiers musulmans émigrés.
- Umayr ibn Wahb al-Jumahī : Compagnon mecquois, initialement hostile à l'islam, puis converti après avoir été démasqué par le Prophète.
- al-Ḥijr : Espace situé près de la Kaaba, à La Mecque, où les Qurayshites tenaient leurs assemblées.
- Umm al-Faḍl : Lubaba bint al-Harith, épouse d'al-Abbas, oncle du Prophète, et mère d'Abd Allah ibn Abbas.
- Abd Allāh ibn Unays : Compagnon du Prophète, envoyé en mission pour tuer un ennemi de l'islam.
- al-Hudhalī : Surnom de Sufyan ibn Khalid al-Hudhali, un ennemi du Prophète tué par Abd Allah ibn Unays.
- Tabūk : Expédition militaire menée par le Prophète en l'an 9 de l'Hégire contre les Byzantins, sans combat effectif.
- Fayrūz : Gouverneur perse du Yémen, converti à l'islam, qui participa à la lutte contre l'usurpateur al-Aswad al-Ansi.
- Chosroès : Titre des rois sassanides de Perse. Il s'agit ici de Chosroès II Parviz.
- Shīrawaih : Fils de Chosroès II, qui le tua pour s'emparer du trône.
- Shijr 'Umān : Localité du Yémen, ou peut-être une région d'Oman.
- al-Ghawr : Région de basse altitude, souvent la vallée du Jourdain ou la dépression de la mer Morte.
- Banū Ḥanīfa : Tribu arabe du centre de l'Arabie, dont Musaylima était issu.
- Musaylima : Faux prophète contemporain de Muhammad, tué lors de la guerre de la Ridda sous le califat d'Abou Bakr.
- Qibla : Direction de la prière (vers La Mecque). « Gens de la Qibla » désigne les musulmans.
- Bayḍā' al-Madā'in : Littéralement « la Blanche de Ctésiphon », une ville ou un palais en Perse.
- Iṣṭakhr : Ville antique de Perse, près de Persépolis, capitale de la province du Fars.
- Adī ibn Ḥātim : Chef de la tribu des Tayy, converti à l'islam après une rencontre avec le Prophète.
- Ẓa'īna : Femme montée en palanquin sur une chamelle, symbole de sécurité dans les déplacements.
- al-Ḥīra : Ancienne ville d'Irak, capitale du royaume lakhmide, vassal des Perses.
- Umm Ḥabība : Ramla bint Abi Sufyan, épouse du Prophète, mariée en l'an 7 de l'Hégire.
- Abū Sufyān : Chef qurayshite, père d'Umm Habiba, converti à l'islam lors de la conquête de La Mecque.
- sabīl Allāh : Le 'sentier d'Allah' désigne la voie de la foi et du combat pour la cause divine, incluant le jihad.
- shi‘b al-baṭā’iḥ : Le 'ravin des Bas-fonds' est un lieu à La Mecque, probablement une vallée ou un défilé.
- ḥawārī : Apôtre ou disciple intime, terme utilisé pour les compagnons proches de Jésus et, par analogie, pour al-Zubayr auprès de Muhammad.
- jihād : Effort ou combat dans le sentier d'Allah, incluant le combat armé et la lutte spirituelle.
- sariyya : Expédition militaire envoyée par le Prophète, généralement de petite taille.
- ath-thalāthat ‘ashar : Les treize : probablement une référence aux treize personnes (famille ou compagnons) qui entouraient le Prophète, ou un nombre symbolique.
- yarbiṭu al-ḥajara ‘alā baṭnihi : Le Prophète attachait une pierre sur son ventre pour apaiser la faim, signe d'ascèse extrême.
- thalāthumi’a alf : Trois cent mille : probablement une somme d'argent ou une quantité de biens, symbolisant la générosité.
- mā bayna al-jabalayn : Entre les deux montagnes : expression désignant une grande étendue, peut-être une vallée ou un pâturage.
- ṣā‘ : Mesure de capacité pour les grains, équivalant à environ 2,5 à 3 kg selon les écoles.
- al-Khiḍr : Personnage mystérieux de la tradition islamique, souvent identifié comme un prophète ou un saint immortel, mentionné dans le Coran (sourate 18).
- ‘ayn : Espion ou éclaireur, envoyé pour recueillir des informations sur l'ennemi.
- khashabat Khubayb : Le poteau de Khubayb : référence à Khubayb ibn 'Adi, un compagnon crucifié par les Qurayshites ; son corps aurait été attaché à un poteau.
Chapitre trente et un : Rapport de deux récits qui contiennent un ensemble de ses…
Chapitre trente et un : Rapport de deux récits qui contiennent un ensemble de ses attributs merveilleux, de ses nobles et hautes qualités morales, de ses états étonnants et grandioses, et ce que cela implique comme bonnes manières, traditions et lois conformes aux jugements de la raison quant à leur validité et leur licéité. Nous nous sommes limités, pour mentionner ses qualités et attributs, à ces deux récits.
Chapitre trente et un : Sur la transmission de deux récits qui contiennent des ensembles de ses qualités merveilleuses 1, de ses nobles et élevées mœurs louables, de ses états étonnants et grandioses, et ce que cela implique comme bonnes manières, traditions 2 et lois 3 conformes aux jugements de la raison quant à leur validité et leur licéité. Nous nous sommes limités, dans l'évocation de ses mœurs et qualités, à ces deux récits.
565 — Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : ‘Alī ibn ‘Abd al-‘Azīz nous a rapporté : Mālik ibn Ismā‘īl al-Nahdī nous a rapporté, et Abū Bakr al-Ṭalḥī nous a rapporté : Ismā‘īl ibn Muḥammad al-Muzanī nous a rapporté : Abū Ghassān Mālik ibn Ismā‘īl nous a rapporté : Jamī‘ ibn ‘Umayr ibn ‘Abd al-Raḥmān al-‘Ijlī nous a rapporté : un homme à La Mecque m’a rapporté d’après Ibn Abī Hāla al-Tamīmī [628], d’après al-Ḥasan ibn ‘Alī ibn Abī Ṭālib, qui a dit : J’ai interrogé mon oncle maternel Hind ibn Abī Hāla al-Tamīmī — qui était un descripteur émérite — au sujet de la parure 4 du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), et je désirais ardemment qu’il m’en décrive quelque chose à quoi je puisse m’attacher. Il dit : L’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était imposant et vénérable 5, son visage resplendissait comme la lune lors de la nuit de pleine lune. Il était plus grand que celui de taille moyenne 6 et plus court que le dégingandé 7. Il avait une tête volumineuse, des cheveux ondulés 8 ; si sa mèche 9 se séparait, il la séparait, sinon il la laissait. Ses cheveux dépassaient le lobe de ses oreilles lorsqu’ils étaient abondants 10. Il avait un teint éclatant 11, un front large, des sourcils arqués 12, longs et fins 13 sans être joints 14 ; entre eux une veine qui se gonflait sous l’effet de la colère. Il avait un nez aquilin 15 au bout fin 16, avec une lumière qui l’illuminait ; celui qui ne l’examinait pas attentivement le prenait pour un homme au nez busqué 17. Il avait une barbe fournie, des joues lisses, une bouche large 18, les dents espacées 19 et brillantes 20, une ligne de poils 21 fine. Son cou était comme le col d’une statue d’ivoire 22 dans la pureté de l’argent. Sa constitution était équilibrée, il était charnu 23 et bien proportionné 24, le ventre et la poitrine étaient de niveau 25, la poitrine large, l’écart entre les épaules grand, les articulations 26 massives. La partie découverte de son corps 27 était lumineuse ; entre la fossette sternale 28 et le nombril courait une ligne de poils. Ses seins et son ventre étaient dépourvus de poils, hormis cela. Ses avant-bras, ses épaules et le haut de sa poitrine étaient poilus. Il avait les avant-bras longs, les paumes larges, les doigts longs et fins 29, les mains et les pieds épais 30, les extrémités allongées 31, la voûte plantaire 32 creuse, les pieds lisses 33 que l’eau ne retenait pas. Lorsqu’il se déplaçait, il se déplaçait d’un bloc 34, il marchait en inclinant le corps 35 et d’un pas léger 36 ; quand il marchait, on aurait dit qu’il descendait une pente. Quand il se retournait, il se retournait tout entier. Il baissait le regard, son regard vers la terre était plus long que son regard vers le ciel ; la plupart du temps, il regardait en observant 37. Il précédait ses compagnons 38 et saluait le premier ceux qu’il rencontrait [629]. Je dis : Décris-moi sa parole. Il dit : Il (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était continuellement triste 39, toujours en réflexion, sans repos. Il ne parlait pas sans nécessité, il se taisait longuement. Il ouvrait et concluait la parole par les coins de sa bouche 40 et parlait en paroles concises 41. Sa parole était décisive 42, sans excès ni manque. Il était doux 43, ni rude ni méprisant. Il magnifiait le bienfait, même minime, et n’en blâmait rien. Il ne blâmait ni ne louait une saveur 44. Le bas monde 45 et ce qui s’y rapporte ne le mettaient pas en colère. Mais quand le droit 46 était violé, nul ne pouvait l’arrêter et rien ne résistait à sa colère jusqu’à ce qu’il eût fait triompher le droit. Il ne se mettait pas en colère pour lui-même et ne se vengeait pas pour lui-même. Quand il indiquait quelque chose, il indiquait de toute sa main ; quand il s’étonnait, il la retournait ; quand il parlait, il joignait ses mains et frappait la paume de sa main droite contre l’intérieur de son pouce gauche. Quand il se mettait en colère, il se détournait et s’écartait ; quand il se réjouissait, il baissait les yeux. La plupart de son rire était un sourire, et il découvrait ses dents comme des grêlons 47. Il dit : Je cachai cela à al-Ḥusayn pendant un certain temps, puis je le lui racontai et je constatai qu’il m’avait devancé en interrogeant à ce sujet et qu’il avait interrogé son père sur son entrée, sa sortie et son apparence, sans rien omettre. Al-Ḥusayn dit : J’ai interrogé mon père sur l’entrée de l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Il dit : L’entrée de l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) chez lui était autorisée 48. Quand il se retirait dans sa demeure, il divisait son temps en trois parties : une partie pour Allah (Puissant et Majestueux), une partie pour sa famille, et une partie pour lui-même. Puis il divisait la partie qui lui était destinée entre lui et les gens, et il la répartissait parmi le peuple sans rien leur cacher. Parmi sa conduite dans la partie consacrée à la communauté, il favorisait les gens de mérite 49 en leur accordant sa permission, et il répartissait selon leur mérite dans la religion. Parmi eux, il y avait celui qui avait un besoin, celui qui avait deux besoins, et celui qui avait plusieurs besoins. Il s’occupait d’eux et les occupait à ce qui était bon pour eux et pour la communauté, en les interrogeant et en les informant de ce qui leur convenait. Il disait : « Que le présent informe l’absent. Rapportez-moi le besoin de celui qui ne peut me le faire parvenir, car celui qui rapporte à un détenteur d’autorité 50 le besoin de celui qui ne peut le lui faire parvenir, Allah affermira ses deux pieds au Jour de la Résurrection. » On ne mentionnait devant lui que cela, et il n’acceptait rien d’autre de quiconque. Ils entraient comme des chercheurs 51 et ne se séparaient qu’après avoir goûté 52, et ils sortaient comme des guides 53. Il dit : Je l’interrogeai sur sa sortie : comment agissait-il ? Il dit : L’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) retenait sa langue, sauf pour ce qui les concernait 54 ; il les unissait et ne les divisait pas — ou il dit : ne les faisait pas fuir. Il honorait le noble de chaque peuple et le plaçait à leur tête. Il mettait les gens en garde et se protégeait d’eux, sans pour autant cacher à quiconque son visage 55 ni son caractère. Il s’enquérait de ses compagnons et interrogeait les gens sur ce qui se passait parmi eux. Il approuvait le bien et le renforçait, désapprouvait le mal et l’affaiblissait. Il était modéré dans ses affaires, sans contradiction. Il ne négligeait rien, de peur qu’ils ne négligent ou ne dévient. Pour chaque situation, il avait une préparation. Il ne manquait pas la vérité et ne la dépassait pas. Ceux qui l’entouraient parmi les gens étaient les meilleurs d’entre eux ; les plus méritants à ses yeux étaient ceux qui prodiguaient le plus de conseils 56 ; et les plus élevés en rang auprès de lui étaient ceux qui apportaient le plus d’assistance et de soutien. Je l’interrogeai sur son assemblée 57. Il dit : L’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ne s’asseyait ni ne se levait qu’en mentionnant Allah 58. Il ne s’appropriait pas les places 59 et interdisait de le faire. Quand il arrivait auprès d’un groupe, il s’asseyait là où la place se présentait et ordonnait d’agir ainsi. Il donnait à chacun de ses compagnons sa part, de sorte que nul ne pensait qu’un autre était plus honoré que lui. Celui qui s’asseyait avec lui ou lui confiait une affaire, il patientait jusqu’à ce que ce soit lui qui prenne congé. Celui qui lui demandait quelque chose, il ne le renvoyait qu’avec l’objet de sa demande ou avec une parole aisée 60. Sa générosité et son caractère embrassaient les gens, au point qu’il devint pour eux un père, et ils étaient tous égaux à ses yeux en matière de droit. Son assemblée était une assemblée de clémence, de pudeur, de patience et de confiance. On n’y élevait pas la voix, on n’y profanait pas les choses sacrées 61, on n’y répétait pas les faux pas 62. Ils étaient équitables, se distinguant par la piété, humbles, respectant les anciens, ayant compassion des petits, donnant la préférence à ceux qui avaient des besoins, et protégeant l’étranger. Il dit : Je dis : Comment était sa conduite envers ses compagnons ? Il dit : L’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était toujours joyeux 63, d’un caractère facile, doux, ni rude ni grossier, ni criard dans les marchés, ni obscène, ni diffamateur, ni plaisantin. Il feignait l’inattention pour ce qu’il ne désirait pas, sans désespérer celui qui espérait de lui, et il ne décevait pas. Il s’était abstenu de trois choses : la dispute, l’abondance de paroles et ce qui ne le concernait pas. Et il avait épargné aux gens trois choses : il ne blâmait personne, ne le raillait pas, ne recherchait pas ses défauts. Il ne parlait que de ce dont il espérait la récompense. Quand il parlait, ses compagnons baissaient la tête, comme si des oiseaux étaient perchés sur leurs têtes 64. Quand il se taisait, ils parlaient. Ils ne se disputaient pas la parole devant lui ; quand quelqu’un parlait, ils l’écoutaient jusqu’à ce qu’il eût fini. Leur conversation devant lui était celle du premier d’entre eux 65. Il riait de ce dont ils riaient, s’étonnait de ce dont ils s’étonnaient. Il supportait la rudesse de l’étranger dans son langage et ses questions, au point que ses compagnons les attiraient 66. Il disait : « Quand vous voyez quelqu’un qui cherche un besoin, guidez-le. » Il n’acceptait la louange que de quelqu’un d’égal 67. Il n’interrompait le discours de personne jusqu’à ce qu’il eût terminé, puis il l’interrompait par une interdiction ou en se levant. Il dit : Je dis : Comment était le silence de l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ? Il dit : Son silence (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était de quatre sortes : par clémence, par prudence, par mesure et par réflexion. Quant à sa mesure, elle consistait à équilibrer le regard et l’écoute entre les gens. Quant à sa réflexion — ou il dit : sa méditation — elle portait sur ce qui demeure et ce qui passe. La clémence lui était donnée dans la patience, de sorte que rien ne le mettait en colère ni ne l’agitait. La prudence se résumait en quatre points : pratiquer le bien pour qu’on le prenne pour modèle, abandonner le mal pour qu’on s’en abstienne, s’efforcer de trouver l’avis le plus juste pour le bien de sa communauté, et s’engager dans ce qui leur assure la vie présente et l’au-delà. Sulaymān ibn Aḥmad nous a rapporté : ‘Alī ibn ‘Abd al-‘Azīz nous a rapporté : J’ai entendu Abū ‘Ubayd al-Qāsim ibn Sallām dire : al-mushadhdhab 7 : celui qui est excessif en taille, et de même en toute chose. Jarīr a dit :
Il n'était ni d'une taille excessivement haute, ni d'une taille décharnée 68.
**Traduction :** Quant à « al-mushadhdhab » (المشذب) : c'est l'homme long lui-même, sauf qu'il est le long et le mince. Or, l'Envoyé d'Allah — sur lui la prière et la paix — n'était ni le court ni le trapu ; il était plutôt attribué à la taille moyenne (ar-rab‘ah, الربعة) lorsqu'il marchait seul. Cependant, aucune personne parmi les gens qui l'accompagnait et qui était attribuée à la grandeur ne le dépassait en taille, bien au contraire : l'Envoyé d'Allah — sur lui la prière et la paix — les surpassait tous. Et il lui arrivait parfois d'accompagner deux hommes grands, et l'Envoyé d'Allah — sur lui la prière et la paix — les dépassait en taille ; mais lorsqu'ils le quittaient, on les attribuait à la grandeur, tandis que l'Envoyé d'Allah — sur lui la prière et la paix — était attribué à la taille moyenne. Et il disait — sur lui la prière et la paix — : « Tout le bien a été placé dans la taille moyenne (ar-rab‘ah). » Quant à sa couleur — sur lui la prière et la paix — : elle n'était ni le blanc « amhaq » (الأمهق) — et « al-amhaq » (الأمهق) est le blanc intense dont la blancheur ne tire pas vers le gris cendré (ash-shuhbah, الشهبة) —, ni le brun (al-ādam, الآدم). Il était plutôt d'une couleur « azhar » (أزهر). Et « al-azhar » (الأزهر) est le blanc pur et éclatant (an-nāṣi‘ al-bayāḍ, الناصع البياض) que ne mêlent ni jaune, ni rouge, ni aucune autre couleur. Certains l'ont décrit ainsi dans une partie de sa description. Cependant, ce qui était teinté de rouge, c'était ce qui, de son corps, était exposé au soleil et aux vents ; quant à ce qui se trouvait sous les vêtements, c'était le blanc « azhar » (الأزهر). Nul parmi ceux qui l'ont décrit ne doute qu'il était d'un blanc « azhar ». Ainsi, celui qui le décrit comme étant d'un blanc « azhar » vise ce qui se trouve sous les vêtements, et il a raison ; et celui qui décrit ce qui était exposé au soleil et aux vents comme étant d'un blanc teinté de rouge a également raison. Sa couleur, dont on ne doute point, est le blanc « azhar » (الأزهر) ; la rougeur ne provenait que du soleil et des vents. Sa sueur sur son visage était semblable à des perles, plus odorante que le musc « adhfar » (الأذفر). Il était — sur lui la prière et la paix — d'une chevelure « rajil » (رجل), belle, ni « sabṭ » (السبط : lisse et pendant) ni « ja‘d qaṭaṭ » (الجعد القطط : très crépu). Lorsqu'il se peignait avec le peigne, sa chevelure ressemblait aux ondulations des dunes de sable, ou aux crêtes (al-mutūn, المتون) que l'on voit dans les mares (al-ghadar, الغدر) lorsque les vents les frappent. Et lorsqu'il l'humectait avec le « mirjal » (المرجل : récipient pour chauffer l'eau ou parfum), ses mèches s'entremêlaient et s'enroulaient en anneaux, au point de former des boucles semblables à des chevalières (al-khawātīm, الخواتيم). Dès le début de sa mission, il laissait pendre sa mèche frontale (nāṣiyatuhu, ناصيته) entre ses yeux, comme on laisse pendre les mèches frontales des chevaux, jusqu'à ce que Gabriel — sur lui la paix — vînt à lui avec la raie (al-firq, الفرق) ; alors il se fit la raie. Ses cheveux — sur lui la paix — touchaient ses épaules, et parfois ils descendaient jusqu'au lobe de ses oreilles (shaḥmatu udhunayhi, شحمة أذنيه). Il lui arrivait de les coiffer en tresses (ghadā’ir, غدائر) : l'oreille droite sortait d'entre deux tresses qui l'encadraient, et l'oreille gauche sortait d'entre deux tresses qui l'encadraient. Quiconque les observait attentivement voyait, entre ces tresses, comme des étoiles brillantes (al-kawākib ad-durriyyah, الكواكب الدرية) allumées au milieu de la noirceur de ses cheveux. La plus grande partie de ses cheveux blancs (shaybihi, شيبه) — sur lui la prière et la paix — se trouvait sur la tête, aux deux côtés (fūday, فودي) de sa tête — les deux « fūdān » (الفودان) étant les deux bords de la raie. Quant à sa barbe, la plus grande partie de ses cheveux blancs se trouvait autour du menton. Ses cheveux blancs — sur lui la prière et la paix — étaient comme des fils d'argent (khuyūṭ al-fiḍḍah, خيوط الفضة) qui brillaient au milieu de la noirceur des cheveux qui les accompagnaient. Et lorsqu'il teignait ces cheveux blancs avec du jaune — ce qu'il faisait souvent —, ils devenaient comme des fils d'or (khuyūṭ adh-dhahab, خيوط الذهب) qui brillaient au milieu de la noirceur des cheveux qui les accompagnaient. Il était — sur lui la prière et la paix — le plus beau des hommes par le visage, et le plus lumineux par la couleur. Jamais aucun descripteur ne l'a décrit avec le sens de sa description sans comparer son visage à la lune dans la nuit de pleine lune (laylat al-badr, ليلة البدر) ; on dit même qu'il était plus beau aux yeux des gens que la lune. Sa satisfaction et sa colère se reconnaissaient sur les traits de son visage (sirār wajhihi, سرار وجهه). Lorsqu'il était satisfait ou joyeux, son visage était comme un miroir ; et lorsqu'il se fâchait, son visage — sur lui la prière et la paix — changeait de couleur et ses yeux devenaient rouges. Lorsqu'il était satisfait — comme l'a décrit son compagnon Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq — qu'Allah l'agrée — : (Mètre al-wāfir) *Amin, mustafā, pour le bien il appelle, / Comme la lumière de la pleine lune que l'obscurité a quittée.* Et les gens disaient : « L'Envoyé d'Allah — sur lui la prière et la paix — était ainsi. » Et ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb — qu'Allah l'agrée — récitait souvent le vers de Zuhayr ibn Abī Sulmā : (Mètre al-kāmil) *Si tu étais fait d'autre chose que d'un humain, / Tu serais l'illuminateur de la nuit de pleine lune.* Et celui qui l'entendait disait : « Ainsi était-il — sur lui la prière et la paix. » Sa tante ‘Ātikah bint ‘Abd al-Muṭṭalib dit, après qu'il eut quitté La Mecque en émigrant et qu'elle se fut affligée pour lui : (Mètre aṭ-ṭawīl) *Mes deux yeux, pleurez abondamment de larmes ruisselantes / Sur l'élu, semblable à la pleine lune, issu de la famille de Hāshim.* *Sur l'agréé pour la piété, la justice et la crainte d'Allah, / Et pour la religion et le monde, celui qui établit les fondements.* *Sur le véridique, le béni, doté de patience et de raison, / Et de vertu, celui qui appelle au meilleur des messages.* Elle l'a donc comparé à la pleine lune (al-badr, البدر), l'ayant décrit par cette description, et elle y fut guidée en raison de ce qu'Allah — Puissant et Majestueux — avait placé dans les cœurs comme amour pour lui, alors même qu'elle suivait encore la religion de son peuple. Il était — sur lui la prière et la paix — d'un front dégagé (ajlā al-jabīn, أجلى الجبين). Lorsque son front apparaissait d'entre les cheveux, ou qu'il surgissait d'une fente, ou au crépuscule (ṭafal al-layl, طفل الليل), ou que son visage se montrait aux gens, on voyait son front comme la lumière d'une lampe allumée, étincelante. Et ils disaient : « C'est le sceau d'une lune. » Il avait — sur lui la prière et la paix — les joues lisses (sahl al-khaddayn, سهل الخدين) et « ṣalt » (صلتهما). « Aṣ-ṣalt al-khadd » (الصلت الخد) : c'est la joue « asīl » (أسيل), unie, dont aucune partie de la chair ne dépasse l'autre ; ni au visage long, ni au visage « mukaltham » (مكلثم : rond et charnu). Il avait la barbe fournie (kathth al-liḥyah, كث اللحية) — « al-kathth » (الكث) : l'abondance des points de pousse des poils. Sa « ‘anfaqah » (عنفقته : la touffe de poils sous la lèvre inférieure) — sur lui la prière et la paix — était proéminente. Les deux « fanaykān » (فنيكاه : les deux coins de la bouche, ou les fossettes autour de la bouche) autour de la ‘anfaqah étaient comme la blancheur des perles. Au bas de sa ‘anfaqah se trouvait un poil qui s'étendait harmonieusement, dont l'extension tombait sur les poils de la barbe, au point de sembler en faire partie. Et « al-fanaykān » (الفنيكان) sont les endroits où se trouve la nourriture, autour de la ‘anfaqah, des deux côtés. Il avait — sur lui la prière et la paix — le plus beau cou parmi les serviteurs d'Allah, n'étant attribué ni à la longueur ni à la brièveté. Ce qui, de son cou, était exposé au soleil et aux vents ressemblait à une aiguière d'argent (ibrīq fiḍḍah, إبريق فضة) teintée d'or, étincelante entre la blancheur de l'argent et la rougeur de l'or. Quant à ce que les vêtements cachaient de son cou et ce qui se trouvait en dessous, c'était comme la lune dans la nuit de pleine lune. Il avait — sur lui la prière et la paix — la poitrine large (‘arīḍ aṣ-ṣadr, عريض الصدر). L'espace entre le haut de sa poitrine (labbatihi, لبته) et son nombril (surratihi, سرته) était parcouru par un poil qui s'étendait comme une branche (al-qaḍīb, القضيب). Il n'y avait, sur sa poitrine ni sur son ventre, d'autre poil que celui-ci. Il avait — sur lui la prière et la paix — la paume large (raḥb ar-rāḥah, رحب الراحة) et les extrémités des doigts effilées (sā’il al-aṭrāf, سائل الأطراف) ; ses doigts étaient comme des branches d'argent (quḍbān al-fiḍḍah, قضبان الفضة). Sa paume — sur lui la prière et la paix — était plus douce que la soie (al-khazz, الخز). Sa paume ressemblait à la paume d'un parfumeur (‘aṭṭār, عطار) : elle était parfumée, qu'il l'eût touchée avec du parfum ou non. Celui qui lui serrait la main en gardait l'odeur tout le jour ; et lorsqu'il posait sa main sur la tête d'un enfant, celui-ci était reconnu parmi les enfants par son beau parfum. Ce qui se trouvait sous le pagne (al-izār, الإزار) — les cuisses et les mollets — était d'une création harmonieuse (mu‘tadil al-khalq, معتدل الخلق). Lorsqu'il marchait, on eût dit qu'il se détachait du sol et descendait une pente (yataṣabbabu fī ṣabab, يتصبب في صبب). Il faisait des pas comme s'il ramassait ses pieds (yatakhaffā, يتكفى) et marchait d'un pas tranquille (al-huwaynā, الهوينا), sans ostentation (tabakhutur, تبختر). Il rapprochait ses pas et marchait avec dignité (al-haybah, الهيبة). Il devançait les gens (yabdur al-qawm, يبدر القوم) lorsqu'il marchait vers une bonne action ou s'y hâtait ; et il les menait (yasūquhum, يسوقهم) lorsqu'il ne se hâtait vers rien, sa marche étant alors la marche tranquille (al-huwaynā). Il disait — sur lui la prière et la paix — : « Je suis le plus semblable des gens à mon père Adam — sur lui la paix. » Et Abraham — sur lui la paix — était le plus semblable des gens à moi par la création (khalqan, خلقا) et par le caractère (khuluqan, خلقا).
- ṣifāt badīʿa : Qualités merveilleuses ou extraordinaires, souvent utilisées pour décrire les attributs du Prophète.
- sunan : Traditions prophétiques, pratiques établies par le Prophète Muhammad.
- šarāʾiʿ : Lois religieuses, prescriptions divines.
- ḥilya : Description physique et morale du Prophète, souvent utilisée dans les textes de louange.
- fakhman mufakhkhaman : Imposant et vénérable, d'une dignité naturelle.
- al-marbū‘ : Homme de taille moyenne, ni grand ni petit.
- al-mushadhdhab : Homme très grand et dégingandé, excessif en taille.
- rajil al-sha‘ar : Cheveux ondulés, ni complètement lisses ni crépus.
- ‘aqīṣa : Mèche de cheveux, souvent tressée ou attachée.
- wafra : Cheveux abondants atteignant les lobes des oreilles.
- azhar al-lawn : Teint clair et lumineux, blanc éclatant.
- azajj al-ḥawājib : Sourcils arqués et fins.
- sawābigh : Longs et fins, s'étendant jusqu'aux tempes.
- fī ghayr qaran : Sourcils non joints, sans arcade continue.
- aqnā al-‘irnīn : Nez aquilin, avec une arête fine et légèrement courbée.
- al-‘irnīn : Arête du nez, partie supérieure du nez.
- ashamm : Nez busqué, avec une arête haute et proéminente.
- ḍalī‘ al-fam : Bouche large, aux lèvres bien dessinées.
- muflaj al-asnān : Dents espacées, avec des interstices.
- ashnab : Dents brillantes et blanches, comme nacrées.
- al-masruba : Ligne de poils allant de la poitrine au nombril.
- jīd dumya : Col d'une statue d'ivoire, symbole de beauté et de pureté.
- bādin : Charnu, bien en chair, sans être obèse.
- mutamāsik : Corps bien proportionné et ferme.
- sawā’ al-baṭn wa-l-ṣadr : Ventre et poitrine alignés, sans proéminence.
- karādīs : Articulations et os des membres, massifs.
- al-mutajarrad : Partie du corps découverte, torse nu.
- al-labba : Fossette sternale, creux à la base du cou.
- sabṭ al-qaṣab : Doigts longs et fins, sans nodosités.
- shathn al-kaffayn wa-l-qadamayn : Mains et pieds épais, avec des doigts et orteils forts.
- sā’il al-aṭrāf : Extrémités (doigts, orteils) allongées et fines.
- al-akhmasayn : Voûte plantaire, partie creuse du pied.
- masīḥ al-qadamayn : Pieds lisses, sans aspérités, où l'eau ne s'attarde pas.
- qul‘an : D'un bloc, en soulevant le pied tout entier.
- takaffiyan : En inclinant légèrement le corps en avant.
- dharī‘ al-mishya : Pas léger et rapide, sans lourdeur.
- al-mulāḥaẓa : Regard observateur, sans fixité.
- yasūqu aṣḥābahu : Il précédait ses compagnons, menant la marche.
- mutawāṣil al-aḥzān : Continuellement triste, en raison de sa préoccupation pour l'au-delà.
- ashdāq : Coins de la bouche, commissures des lèvres.
- jawāmi‘ al-kalim : Paroles concises et riches de sens.
- faṣl : Parole décisive, claire et distincte.
- damith : Doux, affable, de caractère agréable.
- dhawāq : Saveur, goût ; ici, nourriture ou boisson.
- al-dunyā : Le bas monde, la vie terrestre.
- al-ḥaqq : Le droit, la vérité, ce qui est juste.
- ḥabb al-ghamām : Grêlons, par analogie à la blancheur et à la régularité des dents.
- ma’dhūnan lahu fī dhālika : Autorisé par Allah, car le Prophète agissait par révélation.
- ahl al-faḍl : Gens de mérite, ceux qui se distinguent par leur piété et leur savoir.
- sulṭān : Détenteur d'autorité, ici le Prophète ou le dirigeant.
- ruwwād : Chercheurs, ceux qui viennent pour apprendre ou demander.
- dhawāq : Goût, saveur ; ici, bénéfice spirituel ou savoir.
- adilla : Guides, ceux qui montrent la voie après avoir appris.
- mimmā ya‘nīhim : Ce qui les concerne, leurs intérêts spirituels et temporels.
- bashar : Visage, expression faciale ; ici, son sourire et sa bienveillance.
- naṣīḥa : Conseil sincère, loyauté envers la communauté.
- majlis : Assemblée, cercle de compagnons réunis autour du Prophète.
- ‘alā dhikr : En mentionnant Allah, en prononçant des formules de rappel.
- yuwattin al-amākin : S'approprier des places attitrées, s'asseoir toujours au même endroit.
- maysūr min al-qawl : Parole aisée, douce et aimable.
- al-ḥurum : Choses sacrées, ici les femmes ou les biens protégés.
- falatāt : Faux pas, erreurs ou paroles maladroites.
- dā’im al-bishr : Toujours joyeux, au visage souriant.
- ka’annamā ‘alā ru’ūsihim al-ṭayr : Immobiles et silencieux, comme si des oiseaux étaient posés sur leurs têtes.
- ḥadīth awwalihim : Le discours du premier d'entre eux, c'est-à-dire que tous étaient écoutés avec la même attention.
- yastajlibūnahum : Les attiraient, les invitaient à s'approcher.
- mukāfi’ : Personne d'égal, de rang ou de mérite comparable.
- al-mushadhdhab : Qui est très grand et mince, comme décharné.