La biographie prophétique d'Ibn Hichâm [1]
# Traduction de la Table des Matières de la Sīra d'Ibn Hishām ## Introduction de l'édition critique **Introduction de l'édition critique (Les expéditions militaires et les biographies) :** - (L'histoire chez les Arabes) - (Le début de la composition dans la Sīra) - (La science de la Sīra à travers ses différentes périodes) - (L'émergence des Mawālid [célébrations de la naissance]) - (Les Sīra et la critique) - (Auteurs ayant combiné la Sīra et l'histoire) **Sīra d'Ibn Isḥāq** - (Raison de la composition de la Sīra d'Ibn Isḥāq) - (L'influence d'Ibn Hishām sur la Sīra d'Ibn Isḥāq) - (Al-Suhaylī et les autres commentateurs de la Sīra d'Ibn Hishām) - (Résumé et Sīra d'Ibn Isḥāq) - (Les versificateurs de la Sīra d'Ibn Isḥāq) **Ibn Isḥāq** - (Sa généalogie) - (Sa naissance et sa mort) - (Son éducation et sa vie) - (Sa position et son rang) **Ibn Hishām** - (Sa généalogie) - (Son éducation) - (Sa naissance et sa mort) - (Sa position) - (Ses œuvres) **Al-Suhaylī** - (Son nom et son surnom) - (Sa patrie et les pays où il a voyagé) - (Sa naissance et sa mort) - (Ses écrits, son savoir et ses mœurs) **Abū Dharr al-Khushanī** - (Sa généalogie) - (Sa position, ses écrits et quelques informations à son sujet) - (Sa naissance et sa mort) **Notre travail dans la Sīra** **Mention de la généalogie pure de Muḥammad - qu'Allāh prie sur lui et sur sa Famille et le salue - jusqu'à Adam - sur lui la paix** - (La méthode d'Ibn Hishām dans ce livre) **Suite de la généalogie à partir de la descendance d'Ismā'īl - sur lui la paix** - (Les enfants d'Ismā'īl - sur lui la paix - et la généalogie de leur mère) - (L'âge d'Ismā'īl - sur lui la paix - et son lieu de sépulture) - (La patrie de Hājar) - (La recommandation du Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue - concernant les habitants de l'Égypte et la raison de cela) - (L'origine des Arabes) - (Les enfants de 'Adnān) - (La patrie de 'Akk) - (Les enfants de Ma'add) - (Quḍā'a) - (Qaniṣ ibn Ma'add, et la généalogie d'al-Nu'mān ibn al-Mundhir) - (La généalogie de Lakhm ibn 'Adī) **L'affaire de 'Amr ibn 'Āmir dans sa sortie du Yémen et l'histoire du barrage de Mārib** **L'affaire de Rabī'a ibn Naṣr, roi du Yémen, et l'histoire de Shiqq et Satīḥ, les deux devins, avec lui** - (La vision de Rabī'a ibn Naṣr) - (La généalogie de Satīḥ et Shiqq) - (La généalogie de Bajīla) - (Rabī'a ibn Naṣr et Satīḥ) - (Rabī'a ibn Naṣr et Shiqq) - (L'émigration de Rabī'a ibn Naṣr en Irak) - (La généalogie d'al-Nu'mān ibn al-Mundhir) **La prise de pouvoir d'Abū Karib Tibān As'ad sur le royaume du Yémen et son expédition vers Yathrib** - (Quelques éléments de la biographie de Tibān) - (La colère de Tibān contre les habitants de Médine, et la raison de cela) - (La généalogie de 'Amr ibn Ṭalla) - (La raison du combat de Tibān contre les habitants de Médine) - (Le détournement de Tibān de la destruction de Médine, et le poème de Khālid à ce sujet) - (L'adoption du christianisme par Tibān, son habillage de la Maison [sacrée] et sa vénération, et le poème de Subay'a à ce sujet) - (L'appel de Tibān à son peuple vers le christianisme, et leur soumission au jugement du feu entre eux et lui) - (Ri'ām et ce qu'il est advenu) **Le règne de son fils Ḥassān ibn Tibān et le meurtre de son frère 'Amr** - (La raison de son meurtre) - (Le remords de 'Amr et sa perte) **L'usurpation de Lakhnī'a Dhū Shanātir sur le royaume du Yémen** - (Sa prise de pouvoir, quelques éléments de sa biographie, puis son meurtre) **Le règne de Dhū Nuwās** - (Le christianisme à Najrān) - (Le début de l'apparition du christianisme à Najrān) - (Fīmiyūn et Ṣāliḥ et la propagation du christianisme à Najrān) **L'affaire de 'Abd Allāh ibn al-Thāmir, et l'histoire des gens du Fossé [al-Ukhdūd]** - (Fīmiyūn, Ibn al-Thāmir et le Nom Suprême d'Allāh) - (Ibn al-Thāmir et son appel au christianisme à Najrān) - (Dhū Nuwās et le creusement du Fossé) - (Le mot "Ukhdūd" [Fossé] linguistiquement) - (Le meurtre d'Ibn al-Thāmir) - (Ce qui est rapporté au sujet d'Ibn al-Thāmir dans sa tombe) **L'affaire de Daws Dhū Tha'labān, et le début du royaume d'Abyssinie, et mention d'Aryāṭ, le conquérant du Yémen** - (La fuite de Daws et sa demande de secours à César) - (La victoire d'Aryāṭ, la défaite de Dhū Nuwās et sa mort) - (Un poème sur Daws et ce qu'il fit) - (La généalogie de Zubayd) - (La raison pour laquelle 'Amr ibn Ma'dīkarib a dit ce poème) - (La véracité de la divination de Satīḥ et Shiqq) **La domination d'Abraha al-Ashram sur le Yémen, et le meurtre d'Aryāṭ** - (Ce qui s'est passé entre Aryāṭ et Abraha) - (La colère du Négus contre Abraha pour avoir tué Aryāṭ, puis son agrément à son égard) **L'affaire de l'Éléphant, et l'histoire des Nasa'a [mois intercalaires]** - (La construction d'al-Qullays) - (Le sens d'al-Nasī') - (Le mot "al-Muwāṭa'a" linguistiquement) - (L'histoire du Nasī' chez les Arabes) - (L'incident du Kinānī dans al-Qullays, et la campagne d'Abraha contre la Ka'ba) - (La défaite de Dhū Nafr devant Abraha) - (Ce qui s'est passé entre Nufayl et Abraha) - (Ibn Mu'attib et Abraha) - (La généalogie de Thaqīf et le poème d'Ibn Abī al-Ṣalt à ce sujet) - (La reddition des habitants de Ṭā'if à Abraha) - (Al-Lāt) - (L'aide d'Abū Righāl à Abraha, sa mort et sa tombe) - (Al-Aswad et son agression contre La Mecque) - (Ḥunāṭa et 'Abd al-Muṭṭalib) - (Dhū Nafr et Unays, et leur intermédiation pour 'Abd al-Muṭṭalib auprès d'Abraha) - ('Abd al-Muṭṭalib, Ḥunāṭa et Khuwaylid devant Abraha) - ('Abd al-Muṭṭalib dans la Ka'ba implorant le secours d'Allāh pour repousser Abraha) - (Un poème de 'Ikrima implorant contre al-Aswad ibn Maqṣūd) - (L'entrée d'Abraha à La Mecque, ce qui lui arriva ainsi qu'à son éléphant, et le poème de Nufayl à ce sujet) - (Ce qui est mentionné dans le Coran à propos de l'histoire de l'Éléphant, et l'explication d'Ibn Hishām de ses termes) - (Ce qui arriva au guide et au cornac de l'éléphant) **Ce qui a été dit en poésie décrivant l'éléphant** - (La vénération des Arabes pour Quraysh après l'incident de l'Éléphant) - (Le poème d'Ibn al-Ziba'rā sur l'incident de l'Éléphant) - (Le poème d'Ibn al-Aslat sur l'incident de l'Éléphant) - (Le poème de Ṭālib sur l'incident de l'Éléphant) - (Le poème d'Abū al-Ṣalt sur l'incident de l'Éléphant) - (Le poème d'al-Farazdaq sur l'incident de l'Éléphant) - (Le poème d'Ibn al-Ruqayyāt sur l'incident de l'Éléphant) - (Le règne de Yaksūm puis de Masrūq sur le Yémen) **La sortie de Sayf ibn Dhī Yazan et le règne de Wahrz sur le Yémen** - (Ibn Dhī Yazan chez César) - (L'intermédiation d'al-Nu'mān pour Ibn Dhī Yazan auprès de Kisrā) - (Ibn Dhī Yazan devant Kisrā, et l'assistance de Kisrā pour lui) - (Wahrz, Sayf ibn Dhī Yazan et leur victoire sur Masrūq, et ce qui a été dit en poésie à ce sujet) - (La défaite des Abyssins, et la prophétie de Satīḥ et Shiqq) **Mention de ce qu'il advint de l'affaire des Perses au Yémen** - (Le royaume d'Abyssinie au Yémen et leurs rois) - (Les rois perses au Yémen) - (Kisrā et l'envoi du Prophète - qu'Allāh prie sur lui et le salue) - (L'islam de Bādhān) - (Salmān fait partie de nous [Ahl al-Bayt]) - (L'envoi du Prophète, et la prophétie de Satīḥ et Shiqq) - (La pierre trouvée au Yémen) - (Le poème d'al-A'shā sur la prophétie de Satīḥ et Shiqq) **L'histoire du royaume d'al-Ḥaḍr** - (La généalogie d'al-Nu'mān, quelques informations sur al-Ḥaḍr, et le poème de 'Adī à son sujet) - (L'entrée de Sābūr à al-Ḥaḍr, son mariage avec la fille de Sāṭirūn, et ce qui s'est passé entre eux) **Mention des enfants de Nizār ibn Ma'add** - (Ses enfants selon l'avis d'Ibn Isḥāq et d'Ibn Hishām) - (Les enfants d'Anmār) - (Les enfants de Muḍar) - (Les enfants d'Ilyās) - (Quelques informations sur Khindif et ses enfants) **L'histoire de 'Amr ibn Luḥayy et mention des idoles des Arabes** - (Le Prophète - qu'Allāh prie sur lui et le salue - l'a vu traînant ses intestins en Enfer) - (L'importation des idoles du Shām à La Mecque) - (Le premier culte des pierres était chez les Banū Ismā'īl) - (Les idoles chez le peuple de Noé) - (Les tribus et leurs idoles, et quelques informations à leur sujet) - (L'avis d'Ibn Hishām sur la généalogie de Kalb ibn Wabra) - (Yaghūth et ses adorateurs) - (L'avis d'Ibn Hishām sur An'am, et sur la généalogie de Ṭayyi') - (Ya'ūq et ses adorateurs) - (Hamdān et sa généalogie) - (Nasr et ses adorateurs) - (La généalogie de Khawlān) - (Sa'd et ses adorateurs) - (L'idole de Daws) - (La généalogie de Daws) - (Hubal) - (Isāf et Nā'ila, et le ḥadīth de 'Ā'isha à leur sujet) - (Ce que les Arabes faisaient avec les idoles) - (Al-'Uzzā et ses desservants [Sadana]) - (Le sens d'al-Sadana) - (Al-Lāt et ses desservants) - (Manāt et ses desservants et sa destruction) - (Dhū al-Khalaṣa et ses desservants et sa destruction) - (Fals et ses desservants et sa destruction) - (Ri'ām) - (Riḍā' et ses desservants) - (Al-Mustawghir et sa longévité) - (Dhū al-Ka'bāt et ses desservants) **L'affaire d'al-Baḥīra, al-Sā'iba, al-Waṣīla et al-Ḥāmī** - (L'avis d'Ibn Isḥāq à leur sujet) - (L'avis d'Ibn Hishām à leur sujet) - (Al-Baḥīra, al-Sā'iba, al-Waṣīla et al-Ḥāmī : définitions linguistiques) **Retour à la suite de la généalogie** - (La généalogie de Khuza'a) - (Les enfants de Mudrika et Khuzayma) - (Les enfants de Kināna et leurs mères) - (Les enfants d'al-Naḍr et leurs mères) - (L'enfant de Mālik ibn al-Naḍr et sa mère) - (Les enfants de Fihr et leurs mères) - (Les enfants de Ghālib et leurs mères) - (Les enfants de Lu'ayy et leurs mères) **L'affaire de Sāma** - (Son voyage à 'Umān et sa mort) **L'affaire de 'Awf ibn Lu'ayy et son transfert** - (La raison de son affiliation aux Banū Dhubyān) - (La généalogie de Murra) - (Les chefs de Murra) - (Hāshim ibn Ḥarmala, et 'Āmir al-Khaṣafī) - (Murra et al-Basl) **L'affaire d'al-Basl** - (Définition d'al-Basl, et la généalogie de Zuhayr le poète) - (Les enfants de Ka'b et leur mère) - (Les enfants de Murra et leurs mères) - (La généalogie de Bāriq) - (Les deux fils de Kilāb et leur mère) - (La généalogie de Ja'thama) - (Le reste des enfants de Kilāb) - (Les enfants de Quṣayy et leur mère) - (Les enfants de 'Abd Manāf et leurs mères) - (La généalogie de 'Utba ibn Ghazwān) - (Retour aux enfants de 'Abd Manāf) - (Les enfants de Hāshim et leurs mères) **Les enfants de 'Abd al-Muṭṭalib ibn Hāshim** - (Leur nombre et leurs mères) - (Le Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue - et ses mères) **Allusion à la mention du creusement de Zamzam** - (Quelques informations sur Zamzam) **L'affaire de Jurhum et l'ensevelissement de Zamzam** - (Les gardiens de la Maison [sacrée]) - (Jurhum et Qaṭūrā', et ce qui s'est passé entre eux) - (Les enfants d'Ismā'īl et Jurhum à La Mecque) **La prise de pouvoir des gens de Kināna et Khuza'a sur la Maison [sacrée] et sur Jurhum** - (La tyrannie de Jurhum à La Mecque et l'expulsion des Banū Bakr contre eux) - (Bakka : définition linguistique) **L'usurpation du pouvoir de la Maison [sacrée] par des gens de Khuza'a** **Le mariage de Quṣayy ibn Kilāb avec Ḥubbā bint Ḥulayl** - (Les enfants de Quṣayy) - (La prise en charge par Quṣayy de l'affaire de la Maison [sacrée] et le soutien de Rizāḥ pour lui) **Ce que Ghawth ibn Murr avait en charge concernant l'autorisation donnée aux gens pour le pèlerinage** - (Ṣūfa et le jet des pierres) - (La prise en charge de la Maison [sacrée] par les Banū Sa'd après Ṣūfa) - (La généalogie de Ṣafwān) - (Ṣafwān, Karb et l'autorisation [Ijāza] pour le pèlerinage) **Ce que 'Adwān pratiquait concernant l'Ifāḍa [afflux] depuis al-Muzdalifa** - (Le poème de Dhū al-Iṣba' sur leur Ifāḍa avec les gens) - (Abū Sayyāra et son Ifāḍa avec les gens) **L'affaire de 'Āmir ibn Ẓarb ibn 'Amr ibn 'Iyādh ibn Yashkur ibn 'Adwān** - (Son jugement sur un hermaphrodite et la consultation de son esclave Sukhayla) **La domination de Quṣayy ibn Kilāb sur l'affaire de La Mecque, son rassemblement de l'affaire de Quraysh et l'aide de Quḍā'a pour lui** - (La défaite de Ṣūfa) - (La guerre de Quṣayy contre Khuza'a et les Banū Bakr, et l'arbitrage de Ya'mur ibn 'Awf) - (La raison du surnom de Ya'mur : al-Shaddākh) - (Quṣayy, émir de La Mecque, et la raison de son surnom : al-Mujammi') - (Le poème de Rizāḥ pour son soutien à Quṣayy, et la réponse de Quṣayy) - (Ce qui s'est passé entre Rizāḥ, Nahd et Ḥawtaka, et le poème de Quṣayy à ce sujet) - (Ce que Quṣayy a légué à 'Abd al-Dār) - (Al-Rifāda) **Mention de ce qui s'est passé comme divergence parmi Quraysh après Quṣayy, et l'alliance des Mutayyabīn [Parfumés]** - (Le conflit entre les Banū 'Abd al-Dār et les fils de leurs oncles paternels) - (Ceux qui ont soutenu les Banū 'Abd al-Dār, et ceux qui ont soutenu les fils de leurs oncles paternels) - (Ceux qui sont entrés dans l'alliance des Mutayyabīn) - (Ceux qui sont entrés dans l'alliance des Aḥlāf [Alliés]) - (La répartition des tribus dans la guerre) - (Ce sur quoi les gens se sont mis d'accord) **L'alliance d'al-Fuḍūl** - (La raison de son appellation ainsi) - (Le ḥadīth du Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue - sur l'alliance d'al-Fuḍūl) - (La contestation d'al-Ḥusayn avec al-Walīd au sujet d'un droit, et sa menace de faire appel à l'alliance d'al-Fuḍūl) - ('Abd al-Malik a interrogé Muḥammad ibn Jubayr au sujet de 'Abd Shams et des Banū Nawfal et de leur entrée dans l'alliance d'al-Fuḍūl, et il l'a informé de leur sortie de celle-ci) **La charge de Hāshim de la Rifāda et de la Siqāya, et ce qu'il faisait à l'arrivée du pèlerin** - (Quelques actions de Hāshim) - (La charge d'al-Muṭṭalib de la Rifāda et de la Siqāya) - (Le mariage de Hāshim) - (La naissance de 'Abd al-Muṭṭalib et la raison de son appellation ainsi) - (La mort d'al-Muṭṭalib et ce qui a été dit en poésie pour le pleurer) - (La charge de 'Abd al-Muṭṭalib de la Siqāya et de la Rifāda) **Mention du creusement de Zamzam et de ce qui s'est passé comme conflit à son sujet** - (La vision que 'Abd al-Muṭṭalib a eue concernant le creusement de Zamzam) - ('Abd al-Muṭṭalib et son fils al-Ḥārith, et ce qui s'est passé entre eux et Quraysh lors de leur creusement de Zamzam) **Mention des puits des tribus de Quraysh à La Mecque** - (Al-Ṭawī et qui l'a creusé) - (Badhr et qui l'a creusé) - (Sajala et qui l'a creusé) - (Al-Ḥafr et qui l'a creusé) - (Suqya et qui l'a creusé) - (Umm Aḥrād et qui l'a creusé) - (Al-Sunbula et qui l'a creusé) - (Al-Ghamr et qui l'a creusé) - (Ramm, Khumm, al-Ḥafr et leurs propriétaires) - (Le mérite de Zamzam et ce qui a été dit en poésie à son sujet) **Mention du vœu de 'Abd al-Muṭṭalib d'égorger son enfant** - (Le tirage au sort par les flèches [al-Qidāḥ] chez les Arabes) - ('Abd al-Muṭṭalib et ses enfants devant le tireur de flèches) - (La sortie de la flèche au nom de 'Abd Allāh, le commencement de son père pour l'égorger, et l'empêchement de Quraysh) - (La devineresse du Ḥijāz et ce que la mère de 'Abd al-Muṭṭalib a suggéré) - (Le salut de 'Abd Allāh de l'égorgement) **Mention de la femme qui s'est offerte au mariage de 'Abd Allāh ibn 'Abd al-Muṭṭalib** - (Le refus de 'Abd Allāh de la demande de la femme qui s'est offerte à lui) - (Le mariage de 'Abd Allāh avec Āmina bint Wahb) - (Les mères d'Āmina bint Wahb) - (Ce qui s'est passé entre 'Abd Allāh et la femme qui s'était offerte à lui après sa consommation du mariage avec Āmina) **Mention de ce qui a été dit à Āmina lors de sa grossesse du Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue** - (La mort de 'Abd Allāh) **La naissance du Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue - et son allaitement** - (L'avis d'Ibn Isḥāq sur sa naissance - qu'Allāh prie sur lui et le salue) - (Le récit de Qays ibn Makhrama sur sa naissance - qu'Allāh prie sur lui et le salue) - (Le récit de Ḥassān ibn Thābit sur sa naissance - qu'Allāh prie sur lui et le salue) - (L'information de sa mère à son grand-père de sa naissance - qu'Allāh prie sur lui et le salue) - (La joie de son grand-père pour lui - qu'Allāh prie sur lui et le salue - et sa recherche de nourrices pour lui) - (La généalogie de Ḥalīma, et la généalogie de son père) - (La généalogie de son père - qu'Allāh prie sur lui et le salue - par l'allaitement) - (Ses frères et sœurs - qu'Allāh prie sur lui et le salue - par l'allaitement) - (Le récit de Ḥalīma sur ce qu'elle a vu comme bien après avoir pris en charge le Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue) - (Le récit des deux anges qui ont fendu son ventre - qu'Allāh prie sur lui et le salue) - (Le retour de Ḥalīma avec lui - qu'Allāh prie sur lui et le salue - auprès de sa mère) - (Sa propre définition - qu'Allāh prie sur lui et le salue - lorsqu'on l'interrogea à ce sujet) - (Lui et les prophètes avant lui ont gardé les moutons) - (Sa fierté - qu'Allāh prie sur lui et le salue - de son appartenance à Quraysh, et son allaitement chez les Banū Sa'd) - (Ḥalīma l'a perdu - qu'Allāh prie sur lui et le salue - lors de son retour avec lui, et Waraqa ibn Nawfal l'a trouvé) **Le décès d'Āmina et la situation du Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue - avec son grand-père 'Abd al-Muṭṭalib après cela** - (Le décès d'Āmina) - (La raison de la parenté maternelle [Khūla] des Banū 'Adī ibn al-Najjār avec le Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue) - (L'honneur que 'Abd al-Muṭṭalib lui témoignait - qu'Allāh prie sur lui et le salue - étant petit) **Le décès de 'Abd al-Muṭṭalib, et ce qui a été dit en poésie pour le pleurer** - (Le décès de 'Abd al-Muṭṭalib, et ce qui a été dit en poésie à son sujet) - (L'élégie de Ṣafiyya pour son père 'Abd al-Muṭṭalib) - (L'élégie de Barra pour son père 'Abd al-Muṭṭalib) - (L'élégie de 'Ātika pour son père 'Abd al-Muṭṭalib) - (L'élégie d'Umm Ḥakīm pour son père 'Abd al-Muṭṭalib) - (L'élégie d'Umayma pour son père 'Abd al-Muṭṭalib) - (L'élégie d'Arwā pour son père 'Abd al-Muṭṭalib) - (La généalogie d'al-Musayyab) - (L'élégie de Ḥudhayfa pour 'Abd al-Muṭṭalib) - (L'élégie de Maṭrūd pour 'Abd al-Muṭṭalib et les Banū 'Abd Manāf) - (La charge d'al-'Abbās sur la Siqāya de Zamzam) **La prise en charge d'Abū Ṭālib pour le Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue** - (La prise en charge par Abū Ṭālib de l'affaire du Messager - qu'Allāh prie sur lui et le salue) - (La prophétie d'un homme de Lahab au sujet du Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue) **L'histoire de Baḥīrā** - (La descente d'Abū Ṭālib et du Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue - chez Baḥīrā) - (Le retour d'Abū Ṭālib avec le Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue - et ce qui s'est passé avec Zarīr et ses deux compagnons) - (Son récit - qu'Allāh prie sur lui et le salue - sur la protection d'Allāh pour lui dans son enfance) **La guerre d'al-Fijār** - (Sa cause) - (L'embrasement de la guerre entre Quraysh et Hawāzin) - (La présence du Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue - étant jeune, et son âge) - (La raison de son appellation ainsi) - (Les chefs de Quraysh et de Hawāzin dans cette guerre et son issue) **Le récit du mariage du Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue - avec Khadīja - qu'Allāh soit satisfait d'elle** - (Son âge - qu'Allāh prie sur lui et le salue - lors de son mariage avec Khadīja) - (Son départ - qu'Allāh prie sur lui et le salue - vers le Shām pour le commerce de Khadīja, et ce qui s'est passé avec Baḥīrā) - (Le désir de Khadīja de se marier avec lui) - (La généalogie de Khadīja) - (Son mariage - qu'Allāh prie sur lui et le salue - avec Khadīja) - (Ses enfants - qu'Allāh prie sur lui et le salue - de Khadīja) - (Umm Ibrāhīm [Māriya]) - (Le récit de Khadīja avec Waraqa et la véracité de la prophétie de Waraqa à son sujet - qu'Allāh prie sur lui et le salue) **Le récit de la construction de la Ka'ba et du jugement du Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue - entre Quraysh concernant la pose de la Pierre [Noire]** - (La raison de la construction de la Ka'ba par Quraysh) - (Ce qui est arrivé à Abū Wahb lors de la construction de la Ka'ba par Quraysh) - (La parenté d'Abū Wahb avec le Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue) - (Le partage de la Ka'ba entre Quraysh, et la part de chaque groupe) - (Al-Walīd ibn al-Mughīra et la démolition de la Ka'ba, et ce qu'ils ont trouvé sous la démolition) - (Le désaccord de Quraysh sur celui qui poserait la Pierre, et la plaie de sang) - (La suggestion d'Abū Umayya d'arbitrer le premier entrant, et ce fut le Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue) - (Le poème d'al-Zubayr sur le serpent que Quraysh craignait de construire la Ka'ba à cause de lui) - (L'élévation de la Ka'ba et le premier à la recouvrir de brocart) **Le récit d'al-Ḥums** - (Al-Ḥums chez Quraysh) - (Les tribus qui ont adhéré avec Quraysh à al-Ḥums) - (Le jour de Jabala) - (Le jour de Dhī Najab) - (Ce que les Arabes ont ajouté à al-Ḥums) - (Al-Luqā [trouvé] chez al-Ḥums et un poème à ce sujet) - (Le jugement de l'Islam sur la circumambulation [Ṭawāf], et l'annulation des coutumes d'al-Ḥums à ce sujet) **L'information des devins [Kuhhān] parmi les Arabes, des rabbins [Aḥbār] parmi les Juifs et des moines [Ruhbān] parmi les Chrétiens** - (La connaissance des devins, des rabbins et des moines de son avènement - qu'Allāh prie sur lui et le salue) - (Le bombardement des djinns par les météores, et le signe de cela pour son avènement - qu'Allāh prie sur lui et le salue) - (L'effroi de Thaqīf face au bombardement des djinns par les étoiles, et la question de 'Amr ibn Umayya) - (Son récit - qu'Allāh prie sur lui et le salue - avec les Anṣār concernant le bombardement des djinns par les étoiles) - (Al-Ghayṭala et ce que les Banū Sahm ont raconté) - (La généalogie d'al-Ghayṭala) - (Le récit du devin de Jinnab au sujet du Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue) - (Ce qui s'est passé entre 'Umar ibn al-Khaṭṭāb et Sawād ibn Qārib) **L'annonce des Juifs au sujet du Messager d'Allāh - qu'Allāh prie sur lui et le salue** - (L'annonce des Juifs à son sujet - qu'Allāh prie sur lui et le salue - et lorsqu'il fut envoyé, ils mécrurent en lui) - (Le récit de Salama au sujet du Juif qui annonça le Messager - qu'Allāh prie sur lui et le salue) - (L'islam de Tha'laba et d'Usayd, les deux fils de Sa'ya, et d'Asad ibn 'Ubayd) **Le récit de l'islam de Salmān - qu'Allāh soit satisfait de lui** - (Salmān était mazdéen, puis il passa près d'une église et s'intéressa au christianisme) - (L'accord de Salmān et des chrétiens pour fuir) - (Salmān et le mauvais évêque des chr
La biographie prophétique d'Ibn Hichâm [1]
La source : https://shamela.ws/book/23833 Date d'extraction : 2026-06-17
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah, Seigneur des mondes, et que la prière et la paix soient sur notre maître Muhammad, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons. Ceci est un livre intitulé « Les Perles des Significations » [1], qui est un commentaire du « Livre des Hikam » [2] d'Ibn 'Ata' Allah [3]. Nous demandons à Allah qu'Il nous accorde le succès et qu'Il nous guide vers ce qu'Il aime et agrée.
La biographie prophétique 1
- السيرة النبوية : Biographie du Prophète Muhammad, œuvre majeure d'Ibn Hisham.
Introduction de l'édition critique [1]
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. [Volume I] Introduction [de l'édition critique] Louange à Allah pour Ses bienfaits abondants. Prière et salut sur notre seigneur Muhammad et sur sa famille. Ceci étant, voici le livre « La Biographie du Messager d'Allah » 1, que l'imam Abû Muhammad 'Abd al-Malik ibn Hichâm al-Mu'âfirî a extrait du livre « La Biographie » de Muhammad ibn Ishâq al-Muttalibî, qui est la plus ancienne des biographies complètes et la plus authentique. (Les Expéditions et les Biographies) : Les termes « les expéditions » et « les biographies », lorsqu'ils sont employés de manière absolue, désignent chez les historiens musulmans cette première page de l'histoire de la nation arabe : la page du jihad dans l'édification de l'édifice de l'islam et le rassemblement des Arabes sous l'étendard du Messager Muhammad 2, ainsi que ce qui s'y ajoute comme récit sur la naissance du Prophète, la mention de ses ancêtres, et les événements antérieurs à sa vie ayant un lien avec sa personne et la vie de ses Compagnons qui luttèrent avec lui pour établir la religion et portèrent son message aux deux horizons. L'avènement du message muhammadien est le plus grand événement de l'histoire des Arabes en particulier, et de l'humanité en général : car la vie des Arabes, nobles et gens du commun, à l'époque du Messager, était pour lui et pour sa religion ; aucune assemblée ne se réunissait ou ne se séparait sans qu'il en soit question ; ils ne parlaient dans leurs cercles que de lui ; leurs bataillons et leurs armées ne se mettaient en mouvement que pour lui ; au point que le summum de son épreuve parmi eux fut leur rassemblement autour de l'islam et leur rejet de ce qu'ils avaient connu de l'ignorance grossière et de l'égarement aveugle. Puis cette nation arabe, que les autres nations avaient méconnue et que les peuples alentour dépeçaient, émergea sur les scènes de la vie, accomplissant sa mission de guider l'humanité, établissant la justice parmi les hommes, donnant l'exemple suprême de la noblesse d'âme, de l'héroïsme, de l'altruisme, du soutien à la vérité, de l'entraide dans la piété et la crainte d'Allah, et de l'attachement aux nobles caractères. Voilà un résumé de ce que contient la Biographie du Prophète 2 et de la première génération de ses Compagnons, qui le suivirent dans la guidée et la religion de vérité, et qui furent les premiers à consigner par écrit les pages de la gloire et de l'honneur arabes par les œuvres qu'ils immortalisèrent à travers le temps. Puis, certains des dirigeants qui leur succédèrent furent atteints d'envie et de haine mutuelle, de manque d'entraide et de coopération ; les voies se divisèrent pour la nation, les directions se dispersèrent ; ils eurent alors, à côté de cette histoire, une autre histoire, et cette histoire se divisa selon la division de la nation en États, chacun ayant son histoire propre dans son nouveau territoire et ses relations avec les autres États. (L'histoire chez les Arabes) : Les Arabes, avant la mission du Prophète 2, n'avaient pour matière historique que ce qu'ils avaient hérité par transmission orale, parmi ce qui était répandu chez eux comme récits de la première période préislamique, tels que leurs récits sur leurs pères et ancêtres, leurs généalogies, et ce qui, dans la vie des pères et ancêtres, contenait des histoires d'héroïsme, de générosité, de loyauté ; puis leurs récits sur la Maison [sacrée], Zamzam, Jurhum, et ce qui s'était passé à leur sujet ; puis ce qui concernait les familles qui se succédèrent au commandement de Quraysh, ce qui advint pour le barrage de Ma'rib, et ce qui s'ensuivit comme dispersion des gens dans les pays, et autres récits semblables où la mémoire tenait lieu de livre, et la langue tenait lieu de plume : les gens en prenaient connaissance, les mémorisaient, puis les transmettaient. Puis une nouvelle source apparut avec l'avènement du Prophète 2 et de son appel : ce sont les hadiths des Compagnons et des Successeurs sur sa naissance 2 et sa vie, et ce dont cette vie fut remplie comme jihad dans le sentier d'Allah, affrontements avec les associateurs et ceux qui n'étaient pas dans sa religion, appel au monothéisme, et ce qu'elle contenait comme effet des langues et des épées. Ceci et cela constituèrent la matière de l'histoire d'abord, puis de la biographie ensuite. Rien ne fut consigné par écrit de l'histoire des Arabes ou de la biographie jusqu'à ce que l'époque des Califes fût passée ; bien plus, durant cette période, seul le Coran et les rudiments de la grammaire furent consignés. Nous voyons en effet que les musulmans, poussés par leur souci de préserver le Coran, l'écrivirent du vivant du Prophète et après lui, de même que la crainte de la propagation du barbarisme dans les langues les poussa à consigner la grammaire, lorsque les Arabes se mêlèrent aux autres lors de l'expansion du territoire islamique. (Le début de la composition dans la Biographie) : À l'époque de Mu'âwiya, celui-ci souhaita qu'un livre d'histoire fût composé ; il fit venir 'Ubayd ibn Shariyya al-Jurhumî de San'â', et celui-ci écrivit pour lui le Livre des Rois et les récits des Anciens. Après cela, nous vîmes plus d'un savant se tourner vers la science historique sous son aspect particulier plutôt que général, à savoir la Biographie du Messager. Peut-être trouvèrent-ils dans la consignation de ce qui se rapportait à lui 2 quelque chose qui réalisait ce qu'ils avaient en eux d'attachement à lui et d'amour pour l'immortalisation de ses traces, après qu'ils eurent été empêchés de consigner ses hadiths jusqu'à l'époque de 'Umar ibn 'Abd al-'Azîz, par crainte que le hadith ne se mêle au Coran. Ainsi vinrent plus d'un homme, tous traditionnistes, et ils composèrent des livres sur la Biographie. Citons parmi eux : 'Urwa ibn al-Zubayr ibn al-'Awwâm, le juriste et traditionniste, que sa parenté par son père al-Zubayr et sa mère Asmâ' bint Abî Bakr rendit capable de rapporter beaucoup de récits et de hadiths sur le Prophète 2 et la vie des débuts de l'islam. Il te suffit de savoir qu'Ibn Ishâq, al-Wâqidî et al-Tabarî ont beaucoup puisé chez lui, surtout en ce qui concerne l'émigration vers l'Abyssinie, Médine et l'expédition de Badr. La mort de 'Urwa eut lieu, pense-t-on, en 92 H. Puis Abân ibn 'Uthmân ibn 'Affân al-Madanî, mort en 105 H. Il composa sur la Biographie des cahiers où il rassembla des hadiths sur la vie du Messager. Puis Wahb ibn Munabbih al-Yamanî, mort en 110 H. À Heidelberg, en Allemagne, se trouve un fragment de son livre qu'il composa sur les Expéditions. Et d'autres nombreux, parmi lesquels certains moururent vers la fin du premier quart du IIe siècle, comme Shurahbil ibn Sa'd, mort en 123 H., Ibn Shihâb al-Zuhrî, mort en 124 H., 'Âsim ibn 'Umar ibn Qatâda, mort en 120 H. ; d'autres le dépassèrent de quelques années, comme 'Abd Allâh ibn Abî Bakr ibn Hazm, mort en 135 H. Ces quatre derniers furent parmi ceux qui s'intéressèrent aux récits des Expéditions et à ce qui s'y rattache. Parmi eux, certains vécurent jusqu'à approcher le milieu du IIe siècle, ou le dépassèrent de peu, comme Mûsâ ibn 'Uqba, mort en 141 H., puis Ma'mar ibn Râshid, mort en 150 H., puis le maître des hommes de la Biographie, Muhammad ibn Ishâq, mort en 152 H. Après ceux-ci vinrent d'autres, citons parmi eux Ziyâd al-Bakkâ'î, mort en 183 H., al-Wâqidî, auteur des Expéditions, mort en 207 H., et Muhammad ibn Sa'd, auteur des Grandes Classes, mort en 230 H. Avant que la mort n'emportât Ibn Sa'd, elle frappa Ibn Hichâm en 218 H. Ibn Hichâm est l'homme à qui aboutit la Biographie d'Ibn Ishâq, qui fut connue par lui et dont la renommée se répandit grâce à lui. (La science de la Biographie à travers ses différentes périodes) : L'intérêt pour la composition dans la Biographie ne s'est pas interrompu jusqu'à nos jours. Cependant, le sujet en lui-même n'est pas une affaire fondée sur l'expérimentation, ou une idée qu'une preuve établit et qu'une autre preuve réfute, à la manière des théories scientifiques que nous voyons les savants aborder avec un renouvellement et un changement au fil des ans ; c'est plutôt une affaire dont le pilier est la transmission et la narration. Ainsi, ceux qui s'y consacrèrent d'abord furent des traditionnistes transmetteurs ; puis nous vîmes ceux qui vinrent après eux comme des collecteurs et des classeurs ; et lorsque les prédécesseurs eurent rassemblé ce que les anciens avaient collecté, vint le stade de la critique et du commentaire, comme le fit Ibn Hichâm dans la Biographie d'Ibn Ishâq. Ce patrimoine fut entre les mains de ceux qui vinrent après eux comme une chose qui, dans son essence, n'était pas susceptible de nouveauté ; tout effort à son sujet portait sur la forme et l'apparence, sans toucher à l'essence que dans une certaine mesure. Nous avons vu les auteurs à ce sujet de deux sortes : un groupe qui vécut à l'ombre des livres des anciens, les abordant par le commentaire, l'abrégé ou la mise en vers pour en faciliter la mémorisation ; et un groupe qui se teignit de la qualité d'auteur novateur, rassemblant devant lui les livres de Biographie et en tirant un livre qui, en apparence, était le sien, mais en réalité appartenait à plus d'un de ses prédécesseurs. Citons du second groupe : Ibn Fâris 3, le philologue, mort à Rayy en 395 H. ; Muhammad ibn 'Alî ibn Yûsuf al-Shâfi'î al-Shâmî, mort en 600 H. ; Ibn Abî Tayy, Yahyâ ibn Humayd, mort en 630 H. ; Zahîr al-Dîn 'Alî ibn Muhammad Kâzarûnî, mort en 694 H. ; 'Alâ' al-Dîn 'Alî ibn Muhammad al-Khilâtî al-Hanafî, mort en 708 H. ; Ibn Sayyid al-Nâs 4, al-Basrî al-Shâfi'î, né en 661 H. et mort en 734 H. ; Shihâb al-Dîn al-Ru'aynî al-Gharnâtî 5, mort en 779 H. ; Abû 'Abd Allâh Muhammad ibn Ahmad ibn 'Alî ibn Jâbir al-Andalusî 6, mort en 780 H. ; puis Muhammad ibn Yûsuf al-Sâlihî, auteur de la Biographie syrienne 7, mort en 942 H. ; et 'Alî ibn Burhân al-Dîn, auteur de la Biographie halabienne 8, né en Égypte en 975 H. et mort en 1044 H. ; et d'autres que nous nous contentons de mentionner.
Nous mentionnons parmi les hommes du premier groupe : al-Suhaylī et Abū Dharr, qui ont tous deux commenté la Sīra d'Ibn Hishām, et Quṭb al-Dīn 'Abd al-Karīm al-Jamā'īlī 9 (mort en 735 H), qui a commenté la Sīra de Muḥammad ibn 'Alī ibn Yūsuf, et Qāsim ibn Quṭlūbughā, résumé de la Sīra de Mughulṭāy 10, et 'Izz al-Dīn ibn 'Umar al-Kinānī, qui en avait un abrégé, puis Abū al-Ḥasan 'Alī ibn 'Abd Allāh ibn Aḥmad al-Mas'ūdī, mort à Médine en 911 H. Parmi ceux qui ont mis la Sīra en vers et l'ont poétisée : 'Abd al-'Azīz ibn Aḥmad, connu sous le nom de Sa'd al-Dayrī, mort vers 607 H, et Abū al-Ḥasan Fatḥ ibn Mūsā al-Qaṣrī, mort en 668 H, et Ibn al-Shahīd, mort en 793 H. [(Naissance des Mawlid 11) :] Il existe un autre type de composition sur la Sīra, qui est une forme de résumé, mais un résumé d'un aspect particulier du Messager : sa naissance et ce qui se rapporte à cette noble naissance, et ce qui la précède comme prodromes 12, et son enfance, et les prodiges liés à cette enfance, puis sa vie de sa jeunesse jusqu'à l'âge où il reçut la prophétie et assuma le fardeau de la mission, et les bonnes mœurs et qualités louables dont il était doté, s'éloignant de ce que les jeunes gens avaient l'habitude de faire en son temps. Ce travail, appelez-le si vous voulez une biographie abrégée de la première partie de la vie du Messager, et un aperçu rapide de son histoire après la mission. Certains l'appellent « al-Mawlid al-Nabawī 11 », et c'est du genre de ce que les savants religieux préparent pour le prononcer lors de la saison officielle publique, année après année, dans les mosquées ou ailleurs. La bibliothèque regorge de ce type d'ouvrages, au point que les traités qui y sont consacrés sont innombrables. (La Sīra et la critique) : Peut-être que le regard porté sur l'héritage des prédécesseurs, surtout ce qui concerne la science de la Sīra, un regard empreint de beaucoup de vénération, est ce qui a empêché ceux-ci et ceux-là d'adopter envers cette science une position que nous avons perdue chez tous les auteurs anciens, malgré la diversité de leurs rangs. Nous n'avons vu aucun d'eux exposer ce que les Sīra contiennent entre leurs pages comme récits éloignés de la vérité, pour les critiquer et signaler leurs points faibles. Peut-être que ceux qui ont traité les Sīra par résumé et abrégé, lorsqu'ils ont écarté certains de ces récits, les ont écartés parce qu'ils ne croyaient pas à leur authenticité, et non pour alléger le poids du livre. C'est ce dont cette science a été privée à toutes ses époques passées jusqu'à peu avant nos jours, où nous avons vu la conviction qu'il y a dans la Sīra des récits qui n'ont aucun lien avec la vérité, accompagnée d'audace puis d'initiative, et nous avons vu une idée nouvelle portée par des plumes rénovatrices, dont les auteurs abordent un ou deux récits de la Sīra, parmi ceux qui servaient de prétexte contre nous dans la personne du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), ou ce qui s'y rapporte, et ils l'ont purifié de ce qui s'y était collé et qui n'était pas de lui, et ils ont érigé autour de lui une barrière d'arguments et de preuves, par lesquelles il est devenu valide et une preuve contre ceux qui le critiquent. C'est ce qu'a fait le maître imam cheikh Muḥammad 'Abduh dans l'histoire du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) et de son mariage avec Zaynab bint Jaḥsh après Zayd ibn Ḥāritha, puis ce qu'il advint du mariage du Messager (que Dieu prie sur lui et le salue) avec elle après que Zayd l'eut divorcée, ce sur quoi les détracteurs ont colporté des rumeurs et proféré beaucoup de paroles vaines. Certains ont abordé le livre dans une ou deux histoires, les ont formulées dans un style nouveau, et ont présenté aux gens le récit sous une forme narrative, s'écartant de ses chaînes de transmission et de la mention de ses rapporteurs, cette méthode qui est le secret de la vénération de ces récits dans ces livres ; ainsi les significations sont apparues dans ce nouveau moule comme le corps apparaît sous une fine tunique, ne cachant presque rien. Et ce nouveau style, avec ce qu'il comporte de moquerie envers l'idée malade et le récit insipide, crée chez le lecteur un esprit de prudence dans l'acceptation et la réception des idées. Certains ont suivi Ibn Isḥāq dans sa course, abordant la Sīra comme l'a fait Ibn Isḥāq, commençant par la naissance du Messager et ce qui l'a précédée ou contemporaine comme événements, puis poursuivant en mentionnant la vie du Messager jusqu'à ce que Dieu le rappelle à Lui, rapportant les récits qu'il juge proches de la vérité, et écartant ce qui ne correspond pas à sa pensée et à sa croyance, réfutant les prétentions des détracteurs et répondant aux négateurs. Ainsi son livre est devenu une Sīra du Messager, nouvelle dans son style, pure de futilités et de balivernes. Et nous, en publiant pour les gens la Sīra d'Ibn Hishām, nous la publions avec ce qu'elle contient de ceci et de cela, ne cherchant qu'à mettre entre les mains des savants un texte correct du plus ancien livre complet sur sa Sīra et ses Maghāzī 13. (Auteurs qui ont combiné Sīra et histoire) : Il y a d'autres auteurs qui ont relié la Sīra du Messager aux événements et récits qui l'ont suivie, dans les époques successives et les années qui se sont succédé ; ainsi la Sīra du Messager est devenue dans leurs livres une chose non visée pour elle-même, mais un maillon des chaînes de l'histoire générale que certains ont commencée depuis le début de l'existence, comme Ibn Jarīr al-Ṭabarī, et qu'un autre groupe a commencée par la vie du Messager (que Dieu prie sur lui et le salue), comme l'imam ḥāfiẓ 14 Abū Shujā' Shīrūyah, auteur du livre Riyāḍ al-Uns, mort en 509 H. [Sīra d'Ibn Isḥāq] (Raison de la composition de la Sīra d'Ibn Isḥāq) : Ibn Isḥāq était parmi les sommités du deuxième siècle, il avait une science vaste et une connaissance abondante des récits des anciens. Le destin voulut qu'Ibn Isḥāq entre chez al-Manṣūr à Bagdad – et on dit à al-Ḥīra – alors que son fils al-Mahdī était devant lui. Al-Manṣūr lui dit : « Connais-tu celui-ci, ô Ibn Isḥāq ? » Il répondit : « Oui, c'est le fils du Commandeur des croyants. » Il dit : « Va et compose pour lui un livre depuis la création d'Adam (sur lui la paix) jusqu'à ce jour. » Ibn Isḥāq partit et composa ce livre pour lui. Al-Manṣūr lui dit : « Tu l'as allongé, ô Ibn Isḥāq ; va et abrège-le. » Il l'abrégea et déposa le grand livre dans la bibliothèque du Commandeur des croyants 15. Mais certains chercheurs estiment qu'Ibn Isḥāq n'a pas composé son livre sur ordre du calife 16, ni à Bagdad ou à al-Ḥīra, mais qu'il l'a composé à Médine avant son séjour chez les Abbassides. Ils s'appuient sur le fait que tous ceux dont il rapporte sont médinois et égyptiens, et qu'aucun d'eux n'est irakien, et qu'Ibrāhīm ibn Sa'd, son disciple médinois, a rapporté le livre de lui. On trouve même dans le livre des événements que les Abbassides n'auraient pas approuvés, comme la participation d'al-'Abbās avec les mécréants à la bataille de Badr et sa capture par les musulmans, ce récit qu'Ibn Hishām a supprimé par crainte des Abbassides. Il ressort de la Sīra d'Ibn Hishām et de ce qu'al-Ṭabarī et d'autres ont extrait de la Sīra d'Ibn Isḥāq qu'elle était à l'origine divisée en trois parties : al-Mubtada' 17, al-Mab'ath 18, et al-Maghāzī 13. Quant à al-Mubtada', il traite de l'histoire préislamique et se divise en quatre chapitres : le premier traite de l'histoire des missions antérieures à l'islam, le deuxième de l'histoire du Yémen à l'époque préislamique, le troisième de l'histoire des tribus arabes et de leurs cultes, et le quatrième de l'histoire de La Mecque et des ancêtres du Messager (que Dieu prie sur lui et le salue). Ibn Isḥāq ne s'attache pas dans cette partie aux chaînes de transmission de ses récits, sauf rarement, et il puise dans les légendes et les isrā'īliyyāt 19. Quant à al-Mab'ath, il comprend la vie du Prophète (sur lui la prière et le salut) à La Mecque et l'Hégire 20. On y voit l'auteur introduire les récits individuels par un bref résumé de leur contenu, et enregistrer des ensembles complets de listes : une liste de ceux qui ont embrassé l'islam parmi les Compagnons sur l'invitation d'Abū Bakr, une autre des émigrants vers l'Abyssinie, une troisième de ceux qui sont revenus d'Abyssinie lorsqu'ils ont appris la conversion des Mecquois, etc. Il s'attache à l'ordre chronologique des événements, et son souci des chaînes de transmission des récits augmente. Quant aux Maghāzī, elles traitent de la vie du Prophète à Médine. Il procède en commençant le récit par un bref résumé de son contenu, puis le fait suivre d'un récit de toutes les versions qu'il a recueillies de ses rapporteurs, puis le complète par ce qu'il a lui-même rassemblé de diverses sources. Les listes abondent également, concernant les différentes expéditions. Il s'attache à rapporter les chaînes de transmission et l'ordre chronologique. (L'effet d'Ibn Hishām sur la Sīra d'Ibn Isḥāq) : Ensuite, Dieu a suscité pour cet effort – l'effort d'Ibn Isḥāq – un homme de valeur, Ibn Hishām al-Mu'āfirī, qui a rassemblé cette Sīra et l'a consignée. Il y a apporté une plume qui n'a cessé de suivre Ibn Isḥāq dans une grande partie de ce qu'il a rapporté, en le révisant, l'abrégeant, le critiquant, ou en mentionnant une autre version qu'Ibn Isḥāq avait omise, en plus d'un complément qu'il a ajouté et de récits qu'il a apportés. Cette phrase par laquelle Ibn Hishām a ouvert le livre de la Sīra révèle sa méthode et son approche. Il a dit : « Je vais, si Dieu le veut, commencer ce livre par la mention d'Ismaël fils d'Abraham, et de ceux qui sont nés du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) parmi sa descendance, et leurs enfants, de père en fils, le premier puis le premier, d'Ismaël jusqu'au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et lui accorde le salut), et ce qui se présente de leurs récits, »
Et il a laissé de côté la mention d'autres descendants d'Ismaël, selon cette méthode de concision, jusqu'au récit de la Sîra du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue —, et il a laissé de côté une partie de ce qu'Ibn Ishâq mentionne dans ce livre, qui ne contient aucune mention du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue —, ni rien de ce qui a été révélé du Coran à son sujet, et qui n'est ni une cause 21 pour quoi que ce soit de ce livre, ni une exégèse de celui-ci, ni un témoignage en sa faveur, en raison de la concision que j'ai mentionnée, ainsi que des poèmes qu'il a mentionnés et que je n'ai vus reconnus par aucun des savants en poésie, et des choses dont certaines rendent le récit répréhensible, d'autres dont la mention déplaît à certaines personnes, et d'autres encore que al-Bakkâ'î 22 n'a pas consenti à nous transmettre. Et il exposera en détail, si Allah Très-Haut le veut, ce qui est autre que cela, dans la mesure où la transmission le permet et où la science en est acquise. Tu vois donc qu'il a écarté de l'œuvre d'Ibn Ishâq l'histoire des prophètes d'Adam à Abraham, et autre chose de la descendance d'Ismaël, parmi ceux qui ne sont pas dans la lignée prophétique, de même qu'il a supprimé des récits ce qui est déplaisant et des poèmes ce qui n'était pas établi selon lui, puis il a exposé en détail et ajouté ce qu'il possédait comme science et ce qu'il tirait de sa réflexion. Ainsi la Sîra est venue telle que tu la vois, connue par lui, attribuée à lui, au point que les gens en oublient presque son premier auteur : Ibn Ishâq. (As-Suhaylî 23 et d'autres commentateurs de la Sîra d'Ibn Hishâm 24) : Puis vint Abû al-Qâsim 'Abd ar-Rahmân as-Suhaylî, mort en 581 H, qui s'occupa de ce livre et le traita d'une manière nouvelle et selon une autre méthode, comme un commentaire et une annotation. Il composa son livre « ar-Rawḍ al-Unuf 25 » à l'ombre des efforts d'Ibn Ishâq et d'Ibn Hishâm, les suivant dans ce qu'ils ont rapporté avec correction et précision, puis avec commentaire et ajouts. Ainsi son œuvre devint un autre livre sur la Sîra, par son volume et la multitude d'opinions qu'il contient, témoignant pour son auteur d'une grande compétence et d'une vaste érudition. Sur le modèle de l'effort d'as-Suhaylî vint — selon ce que l'on suppose — l'effort de Badr ad-Dîn Muhammad ibn Ahmad al-'Aynî al-Hanafî 26, qui composa sur ce livre son ouvrage « Kashf al-Lithâm 27 », qu'il acheva en 805 H. Nous ne disposons d'aucune copie de ce livre pour juger de son auteur et connaître son travail. Ensuite, n'oublions pas l'effort d'Abû Dharr al-Khushanî 28, qui s'attaqua au livre, en expliqua les termes rares et n'oublia pas de relever les erreurs qu'il contenait. Ainsi son œuvre, avec celle d'as-Suhaylî, compléta un grand effort initié par Ibn Ishâq et Ibn Hishâm. (Abrégés et Sîra d'Ibn Ishâq) : Nous n'avons pas vu après ceux-ci un homme de leur science qui ait traité le livre avec une nouveauté dans le commentaire et l'annotation ; au contraire, nous avons vu les ambitions se détourner de cela vers l'abrégé. Ainsi vint Burhân ad-Dîn Ibrâhîm ibn Muhammad al-Muraḥḥil ash-Shâfi'î 29, qui abrégea le livre de la Sîra, y ajouta des choses et le disposa en dix-huit séances. Il l'intitula « adh-Dhakhîra fî Mukhtaṣar as-Sîra 30 ». Il l'acheva en 611 H. Puis vint après lui 'Imâd ad-Dîn Abû al-'Abbâs Ahmad ibn Ibrâhîm ibn 'Abd ar-Rahmân al-Wâsiṭî 31, qui l'abrégea en un livre intitulé « Mukhtaṣar Sîrat Ibn Hishâm 32 », qu'il acheva — dit-on — en 711 H. (Ordonnateurs en vers de la Sîra d'Ibn Ishâq) : Puis nous avons vu après ceux-ci un groupe de poètes dont le seul souci était de la couler dans un nouveau moule, la poésie. Ainsi la mirent en vers Abû Muhammad 'Abd al-'Azîz ibn Muhammad ibn Sa'îd ad-Damîrî ad-Dayrînî 33, mort vers 607 H, et Abû Naṣr al-Fatḥ ibn Mûsâ ibn Muhammad Najm ad-Dîn al-Maghribî al-Khiḍrawî 34, mort en 663 H, de même que Abû Bakr Muhammad ibn Ibrâhîm ibn Muhammad an-Nâbulusî 35, connu sous le nom d'Ibn ash-Shahîd, mort en 793 H, qui intitula son livre « al-Fatḥ al-Qarîb 36 », puis Abû Ishâq al-Anṣârî at-Tilimsânî 37. Tel est le sort du livre d'Ibn Ishâq : il fut pris en main maintes fois, tantôt par compilation et critique comme tu l'as vu, tantôt par commentaire et détail, tantôt par abrégé, tantôt en le revêtant d'un habit nouveau, la poésie. Ibn Ishâq est donc, en vérité, le pilier des auteurs qui se sont occupés de composer les Sîras après lui, au point que nous pouvons dire : il n'est aucun livre composé sur la Sîra après Ibn Ishâq qui ne soit une coupe puisée dans sa mer. Ceci, si nous exceptons un ou deux hommes comme al-Wâqidî 38 et Ibn Sa'd 39. Ibn Ishâq [(Sa généalogie) :] Il est Muhammad ibn Ishâq ibn Yasâr ibn Khiyâr, et l'on dit aussi : ibn Kawthân, Abû Bakr, et l'on dit aussi Abû 'Abd Allâh, al-Madanî al-Qurashî, client de Qays ibn Makhrama ibn al-Muṭṭalib ibn 'Abd Manâf. Son grand-père Yasâr faisait partie des captifs de 'Ayn at-Tamr, une ancienne ville proche d'al-Anbâr, à l'ouest de Kûfa, en bordure du désert, conquise par les musulmans sous Abû Bakr en 12 H, sous le commandement de Khâlid ibn al-Walîd. C'est dans l'église de 'Ayn at-Tamr que Khâlid ibn al-Walîd trouva ce grand-père d'Ibn Ishâq parmi les jeunes garçons qui étaient en gage entre les mains de Kisrâ 40, et avec lui se trouvaient le grand-père de 'Abd Allâh ibn Abî Ishâq al-Ḥaḍramî le grammairien, et le grand-père d'al-Kalbî 41 le savant. Yasâr fut amené à Médine. [(Sa naissance et sa mort) :] Ibn Ishâq naquit à Médine, et les livres d'histoire estiment sa naissance en 85 H. Quant à sa mort, les avis se limitent entre 150 et 153 H, sans guère dépasser ces quatre années. [(Sa jeunesse et sa vie) :] Il ne fait aucun doute qu'Ibn Ishâq passa sa jeunesse à Médine. Les rapporteurs nous disent qu'il était un jeune homme beau, au visage attrayant, d'apparence perse, avec une belle chevelure. Parmi les faits liés à sa jeunesse et à sa frivolité — si ce que l'on dit de lui est vrai — figure ce qu'Ibn an-Nadîm 42 rapporte : le gouverneur de Médine fut informé que Muhammad courtisait les femmes ; il ordonna de l'amener, le frappa de coups de fouet et lui interdit de s'asseoir à l'arrière de la mosquée. Ibn Ishâq quitta Médine et voyagea vers d'autres contrées, se déplaçant dans plus d'une ville. Nous pensons que son voyage à Alexandrie — qui eut lieu en 115 H — fut le premier de ses voyages. À Alexandrie, il rapporta des hadiths d'un groupe d'Égyptiens, parmi lesquels : 'Ubayd Allâh ibn al-Mughîra, Yazîd ibn Habîb, Thumâma ibn Shufayy, 'Ubayd Allâh ibn Abî Ja'far, al-Qâsim ibn Qazmân, as-Sakan ibn Abî Karîma. Ibn Ishâq fut le seul à rapporter d'eux des hadiths que personne d'autre n'a rapportés. Puis il voyagea à Kûfa, en Jazîra 43, à Rayy, à Hîra, et à Bagdad. C'est à Bagdad — selon l'avis le plus probable — qu'il posa le bâton de voyage, rencontra al-Manṣûr 44 et composa pour son fils al-Mahdî 45 le livre de la Sîra, comme nous l'avons mentionné plus haut. Les rapporteurs d'Ibn Ishâq dans ces villes sont plus nombreux que ceux qui rapportèrent de lui parmi les Médinois ; il est même connu que, parmi les Médinois, seul Ibrâhîm ibn Sa'd rapporta de lui. Il vécut à Bagdad jusqu'à ce que la mort l'y surprit ; il fut enterré au cimetière de Khayzurân 46. (Sa position et son rang) : Celui qui suit les récits des rapporteurs au sujet d'Ibn Ishâq trouve, à côté de l'excès dans la critique à son encontre, un excès dans sa louange. Ainsi trouve-t-on un savant éminent comme l'imam Mâlik ibn Anas 47, et un autre comme Hishâm ibn 'Urwa ibn az-Zubayr 48, qui le font presque sortir de l'enclos des traditionnistes, gens de véracité et de confiance, et ne ménagent aucun effort pour l'accuser de mensonge et de charlatanisme. Cela, en plus d'autres accusations portées contre Ibn Ishâq, comme la pratique du tadlîs 49, la croyance au qadar 50, le tashayyu' 51, le fait de rapporter d'autres que des sources fiables, de composer des poèmes et de les insérer dans son livre, et les erreurs dans les généalogies. De même, tu trouves plus d'un des grands imams, comme Ibn Shihâb az-Zuhrî 52, Shu'ba ibn al-Ḥajjâj 53, Sufyân ath-Thawrî 54 et Ziyâd al-Bakkâ'î, qui le jugent digne de confiance et ne l'accusent d'aucune de ces choses. En vérité, l'ensemble de ceux qui l'ont attaqué n'était pas exempt de partialité, et n'était pas dans le vrai. Nous savons en effet d'Ibn Ishâq qu'il critiquait la généalogie de Mâlik ibn Anas et son savoir, disant : « Apportez-moi certains de ses livres afin que j'en montre les défauts ; je suis le vétérinaire de ses livres. » Mâlik se dressa contre lui, et chercha à son tour ses défauts, le traitant de charlatan ; ainsi s'engagea entre eux cette guerre verbale. De même, Hishâm ibn 'Abd al-Malik 55 fut irrité contre Ibn Ishâq parce qu'il prétendait rapporter de sa femme, alors que la transmission, selon Hishâm, devait nécessairement s'accompagner de la vue, et il était jaloux que quelqu'un voie son épouse. — Mais Hishâm oublia que la transmission peut se faire de derrière un rideau, ou qu'Ibn Ishâq avait pu rapporter d'elle étant enfant. Et pourquoi Hishâm s'en offusquait-il, alors que l'âge de son épouse, au moment où Ibn Ishâq pouvait légitimement rapporter d'elle, n'était pas inférieur à cinquante ans ? Elle le précédait donc dans l'existence d'environ 37 ans ; cela, sans compter qu'il n'était pas rare à cette époque qu'un homme rapporte d'une femme. Quant à ce dont Ibn Ishâq fut accusé, comme le tadlîs et autres, al-Khaṭîb 56 dans son livre « Târîkh Baghdâd 57 » et Ibn Sayyid an-Nâs 58 dans son livre « 'Uyûn al-Athar 59 » ont consacré deux chapitres où ils réfutent toutes les critiques qui lui furent adressées. Nous résumons de ces deux chapitres ce qui suit : Quant à ce dont il fut accusé, comme le tadlîs, le qadar et le tashayyu', cela n'entraîne pas le rejet de ses récits, ni n'y cause de grande faiblesse. Quant au tadlîs, il y a celui qui est préjudiciable et celui qui ne l'est pas ; on ne doit pas interpréter ce qui s'est produit ici comme un tadlîs absolu comme étant un tadlîs qualifié de préjudiciable à l'intégrité. De même, le qadar et le tashayyu' n'impliquent le rejet qu'avec un autre élément, que nous n'avons pas trouvé ici.
Ensuite, ils entreprirent de réfuter une à une les critiques des détracteurs, comme la parole de Makkī ibn Ibrāhīm selon laquelle il abandonna le hadith d'Ibn Isḥāq et n'y revint pas, et la parole de Yazīd ibn Hārūn selon laquelle il avait rapporté aux gens de Médine des hadiths de certaines personnes, mais lorsqu'il leur rapporta de lui (c'est-à-dire Ibn Isḥāq), ils s'abstinrent. Et la parole d'Ibn Numayr selon laquelle il rapportait des hadiths invalides d'inconnus, et bien d'autres encore dont nous nous contentons de ce que nous avons mentionné, et nous y ajouterons ce qui a été dit en réponse. Car les propos à ce sujet se ressemblent, et en abondance ils deviennent ennuyeux. L'essentiel pour nous concernant cet homme est que le jugement en sa faveur est plus prépondérant que le jugement contre lui. Ils dirent : Quant à la parole de Makkī ibn Ibrāhīm selon laquelle il abandonna son hadith et n'y revint pas, cela s'explique par le fait qu'il l'entendit rapporter des hadiths sur les attributs [divins] 60 et en fut rebuté. Or, cela n'a pas grande importance, car certains parmi les prédécesseurs 61 ont toléré la transmission de ce qui est problématique à cet égard, sans nécessité d'interprétation, surtout si le hadith contient un jugement ou un autre sujet. Et il se peut que ces hadiths soient de cette catégorie. Quant au récit concernant Yazīd ibn Hārūn, selon lequel il rapporta aux gens de Médine des hadiths de certaines personnes, mais lorsqu'il leur rapporta de lui, ils s'abstinrent, il n'y est pas mentionné la raison de cette abstention. Et si elle n'est pas mentionnée, il ne reste que la conjecture, et il ne nous est pas permis d'opposer une intégrité établie à ce que nous pourrions supposer être une critique. Quant à la parole d'Ibn Numayr selon laquelle il rapporte des hadiths invalides d'inconnus, si sa fiabilité et son intégrité n'avaient pas été transmises, l'affaire aurait été hésitante quant à l'accusation entre lui et ceux qui les ont rapportés de lui. Mais avec la fiabilité et l'intégrité, le blâme en incombe aux inconnus mentionnés, non à lui. Reste une question : l'accusation contre Ibn Isḥāq selon laquelle on composait pour lui des poèmes, on les lui apportait, et on lui demandait de les inclure dans son livre de la Sīra 62, ce qu'il faisait. En vérité, c'est un reproche à Ibn Isḥāq, sinon dans la méthode de transmission et de réception, du moins c'est une critique de l'étendue de sa connaissance de la poésie, et du fait qu'il acceptait les poèmes, bons ou mauvais, authentiques ou faux. Si Ibn Isḥāq avait fait appel à son goût et s'était arrêté devant ces poèmes en critique, il aurait purgé son livre des poèmes dont on soupçonne fortement qu'ils sont apocryphes, et il se serait épargné une critique cinglante que le livre consigne contre lui au fil des ans. Et puisque nous sommes arrivés à ce point de la vie d'Ibn Isḥāq, nous ne trouvons rien de mieux pour conclure cet article que la parole d'Ibn 'Adī, lorsqu'il dit : « Si Ibn Isḥāq n'avait comme mérite que d'avoir détourné les rois de l'étude de livres dont on ne tire rien pour se consacrer aux Maghāzī 63 du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, à sa mission et au début de la création, cela serait une vertu par laquelle Ibn Isḥāq a précédé. J'ai examiné ses nombreux hadiths et n'ai rien trouvé qui permette de le juger définitivement faible. Il lui arrive de se tromper et d'être accusé pour telle ou telle chose, comme d'autres se trompent. Les gens fiables et les imams n'ont pas cessé de rapporter de lui. Muslim a rapporté de lui dans le chapitre des ventes 64, Bukhārī l'a cité comme témoin à plusieurs endroits, et Abū Dāwūd, al-Tirmidhī, al-Nasā'ī et Ibn Māja ont rapporté de lui. » IBN HISHĀM (Son ascendance) : Il est Abū Muḥammad 'Abd al-Malik ibn Hishām ibn Ayyūb al-Ḥimyarī. Selon certaines traditions, on le rattache à Ma'āfir ibn Ya'fur, une grande tribu dont un grand nombre émigra en Égypte. D'autres le rattachent à Dhuhl, d'autres encore à Sadūs. On ne trouve guère d'avis tranché à ce sujet. C'est le cas de tout homme revendiqué par plus d'un pays, et qui n'a pas vécu là où sa maison a été fondée et sa famille établie, et dont la maison, de surcroît, n'était pas d'une noblesse telle que les gens tiennent à en préserver et transmettre la généalogie. (Sa formation) : Ibn Hishām grandit à Bassora, puis s'installa en Égypte. C'est ainsi que les rapporteurs nous parlent de lui, sans mentionner de vie ailleurs que dans ces deux villes. Mais nous pensons que la vie d'Ibn Hishām ne se limita pas à ces deux cités, surtout à une époque où la science s'acquérait par l'audition et où les voyages pour la quérir étaient la pratique constante des savants. (Sa naissance et sa mort) : L'avis sur la mort d'Ibn Hishām n'est pas tranché. Alors qu'un groupe estime que sa mort eut lieu en 218 H 65, un autre groupe vous dit qu'elle eut lieu en 213 H. Et si tel est le récit de sa mort, que dire de celui de sa naissance pour un homme émigré, dont il est fort probable qu'il ait fait escale ailleurs avant de s'installer en Égypte ? C'est pourquoi la naissance d'Ibn Hishām est restée un secret enfoui dans le sein des jours. (Sa position) : Il était, que Dieu lui fasse miséricorde, un imam en grammaire, en lexicographie et en langue arabe. Al-Dhahabī et Ibn Kathīr rapportent que lorsqu'il vint en Égypte, al-Shāfi'ī le rencontra et ils récitèrent mutuellement de nombreux poèmes arabes. Il est étrange d'entendre cela, sachant qu'Ibn Hishām, lorsqu'il transmet d'Ibn Isḥāq des poèmes dans ce livre, manifestement apocryphes et corrompus, ne peut se prononcer et dit : « Ainsi nous ont rapporté les gens versés dans la poésie », les citant sans faire appel à un goût qu'il aurait acquis, lui qui était pourtant si compétent dans la maîtrise des poèmes. (Ses œuvres) : Ibn Hishām a plus d'un ouvrage dans plus d'une discipline. Outre son travail sur la Sīra d'Ibn Isḥāq, il a : un commentaire des termes rares dans les poèmes de la Sīra, et le livre al-Tījān 66 sur la connaissance des rois du temps, récemment imprimé. Tel est notre propos sur lui. Nous avons déjà dit un mot de lui lors de notre discours sur les Sīra, à savoir qu'il fut l'homme de la Sīra à laquelle aboutit la Sīra d'Ibn Isḥāq, que son nom prédomina sur elle et qu'elle fut connue par lui, et que son mérite à cet égard n'était pas moindre que celui d'Ibn Isḥāq. AL-SUHAYLĪ (Son nom et son surnom) : Il est 'Abd al-Raḥmān ibn 'Abd Allāh ibn Aḥmad ibn Aṣbagh ibn al-Ḥusayn ibn Sa'dūn ibn Riḍwān ibn Futūḥ, l'imam, le docteur, Abū al-Qāsim, et Abū Zayd, et on dit aussi Abū al-Ḥasan, fils du khaṭīb 67 Abī Muḥammad, fils du khaṭīb Abī 'Amr, fils d'Abī al-Ḥasan al-Khath'amī al-Suhaylī al-Andalusī al-Mālaqī. (Sa patrie et les pays où il se déplaça) : Suhayl, auquel 'Abd al-Raḥmān est attribué, est une vallée en Andalousie, dans la région de Malaga, contenant des villages. Dans l'un de ces villages naquit 'Abd al-Raḥmān 68. Il vécut longtemps en Andalousie, but aux mers de la science ce qu'il but, se pourvut de connaissances ce qu'il se pourvut, acquit une haute position, et les gens vinrent à lui pour chercher la science. Sa renommée parvint à Marrakech, et son gouverneur le réclama, le traita bien et l'accueillit. Il le nomma juge de la communauté 69, et sa conduite fut bonne. Al-Suhaylī demeura à Marrakech trois ans, puis la mort vint à lui, et il y mourut. (Sa naissance et sa mort) : Les sources nous disent que l'année de naissance d'Abū al-Qāsim fut 508 H 70, et elles nous disent aussi qu'il mourut en 581 H. Ibn al-'Imād al-Ḥanbalī mentionne dans son livre Shadharāt al-Dhahab 71 qu'Abū al-Qāsim est de ceux qui moururent en 581, et il ajoute que sa mort eut lieu en sha'bān de cette année, et qu'il vécut soixante-douze ans. (Ses œuvres, son savoir et ses qualités) : L'ouvrage le plus célèbre d'al-Suhaylī est son livre al-Rawḍ al-Unuf 72. Al-Ṣafadī dit dans Nakt al-Himyān 73 : « C'est un livre magnifique, dans lequel il a excellé autant qu'il a voulu, et il mentionne au début qu'il l'a tiré de plus de cent vingt recueils de poésie. » Il a aussi le livre al-Ta'rīf wa-l-I'lām 74 sur ce qui, dans le Coran, est des noms propres, le livre Natā'ij al-Naẓar 75, la question de la vision de Dieu — qu'Il soit glorifié et exalté — et de la vision du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — en songe, la question du secret de la cécité de l'Antéchrist, le commentaire du verset du testament, le commentaire d'al-Jumal 76 — inachevé —, et de nombreuses autres questions que les biographes se sont contentés de mentionner sans en donner les titres. Nous n'avons d'al-Suhaylī que al-Rawḍ al-Unuf, qu'il composa à Malaga avant son voyage à Marrakech, car il commença à le dicter au mois de muḥarram de l'an 569 H 77, et l'acheva au mois de jumādā al-ūlā de la même année. Ce livre suffit à al-Suhaylī, car il y montre une vaste connaissance, une érudition abondante dans divers domaines, et une maîtrise de nombreuses sciences : il y est historien, philologue, littérateur, grammairien, traditionniste et spécialiste des lectures coraniques. Al-Suhaylī était en outre poète. On retient de lui ses célèbres vers sur la délivrance : Ibn Daḥya rapporte d'al-Suhaylī : « Il me les a récités et a dit : 'Quiconque demande à Dieu par eux une nécessité, Il la lui accorde.' » Les voici : Ô Toi qui vois ce qui est dans les cœurs et entends, Tu es Celui qui prépare tout ce qui est attendu. Ô Toi en qui on espère pour toutes les difficultés, Ô Toi vers qui vont les plaintes et le refuge. Ô Toi dont les trésors de la subsistance sont dans le mot « Sois », Accorde, car le bien est tout entier auprès de Toi. Je n'ai d'autre recours que de frapper à Ta porte, Si Tu me repousses, quelle porte frapperai-je ? Je n'ai d'autre moyen que ma pauvreté envers Toi, Et c'est par le besoin de Toi que je repousse ma pauvreté. Qui est celui que j'invoque et dont je crie le nom, Si Ta faveur refuse à Ton pauvre ? Loin de Ta gloire de désespérer un pécheur, La faveur est plus généreuse et les dons plus vastes. Il a d'autres poèmes nombreux, mentionnés par Ibn al-'Imād, mais il ne nous a rien donné de plus que ses vers sur la délivrance. Al-Ṣafadī, dans Nakt al-Himyān, et al-Maqqarī, dans Nafḥ al-Ṭīb 78, ont cité quelques-uns de ses fragments poétiques.
Un seul regard sur les ouvrages d'al-Suhaylī suffit à te donner une idée de son orientation morale et du fait qu'il a vécu pour la religion, lui consacrant sa vie : entre l'étude et la composition à son sujet, il mérite d'être connu parmi les gens pour sa piété et d'être célèbre pour sa dévotion et sa crainte de Dieu. Tel était al-Suhaylī. Au-delà de cela, il était chaste, satisfait du strict nécessaire. Parmi ce que l'on sait de lui, il était de rite malikite 79, et il était aveugle, ayant perdu la vue à l'âge de dix-sept ans. Il apprit les lectures coraniques 80 auprès d'un groupe de maîtres, rapporta des hadiths d'Abū Bakr ibn al-‘Arabī et des grands savants d'al-Andalus de son époque, et étudia la langue et les lettres auprès d'Ibn al-Ṭarāwa, avec qui il débattit à propos du livre de Sībawayh. Abū Dharr al-Khushanī (Sa généalogie :) Il s'agit de Muṣ‘ab ibn Muḥammad ibn Mas‘ūd ibn ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd al-Jayyānī al-Khushanī, également connu sous le nom d'Ibn Abī al-Rukb. Al-Jayyānī : attribution à une vaste province d'al-Andalus, regroupant de nombreux villages, attenante à la province d'Ilbīra, inclinant vers la région intérieure, à l'est de Cordoue, à dix-sept parasanges 81 de distance. Al-Khushanī : attribution à Khushayn, comme Quraysh, un village d'al-Andalus, et une tribu de Quḍā‘a, à savoir Khushayn ibn al-Namir ibn Wabra ibn Taghlib 82. Il est connu qu'Abū Dharr resta à Jayyān jusqu'à l'adolescence, qu'il écouta son père et apprit de lui, et qu'il ne quitta Jayyān qu'après que son père se fut installé à Grenade à la fin de sa vie. Son âge à ce moment-là était celui d'un garçon qui, s'il avait atteint dix ans, ne les dépassait guère – la période entre la naissance d'Abū Dharr et la mort de son père étant d'environ onze ans. Puis il voyagea à Fès pour y écouter Abū ‘Ubayd Allāh al-Numayrī, Abū al-Ḥasan ibn Ḥusayn et Abū ‘Abd Allāh ibn al-Rumāma, puis à Tlemcen pour y écouter Abū al-Qāsim ‘Abd al-Raḥmān ibn Yaḥyā ibn al-Ḥasan al-Qurashī et Abū Marwān ‘Ubayd Allāh ibn Hishām al-Ḥaḍramī, puis à Béjaïa pour y écouter Abū Bakr ibn Rizq, Abū al-‘Abbās al-Kharrūbī, Abū Isḥāq ibn Malkūn et Abū Muḥammad ‘Abd al-Ḥaqq ibn ‘Abd al-Raḥmān al-Ishbīlī. Il semble que ses voyages dans ces trois pays se soient déroulés dans l'ordre que nous avons mentionné, sans qu'aucun indice ne le confirme, si ce n'est qu'Ibn al-Abbār les a présentés ainsi en parlant des maîtres d'Abū Dharr, commençant par Fès, puis Tlemcen, et finissant par Béjaïa. Que cela soit vrai ou non, nous savons qu'Abū Dharr séjourna dans ces trois pays. Ensuite, il s'installa à Séville, non pour y étudier, mais comme prédicateur 83 de sa mosquée, et y resta un certain temps. En plus de la prédication, il enseignait la grammaire arabe 84 et de nombreux étudiants venaient à lui. Puis il quitta Séville pour Jayyān après une si longue absence, et fut nommé juge 85 de cette ville, où il siégea pour rendre la justice entre les gens et trancher leurs litiges. Ensuite, il éprouva de la nostalgie pour Fès une seconde fois, quitta Jayyān pour s'y rendre, et y demeura. Il y fut le maître de la grammaire arabe et du hadith, les gens apprenant de lui, jusqu'à ce que la mort le surprit. (Sa position, ses œuvres et quelques informations à son sujet) Peut-être, après t'avoir parlé des maîtres d'Abū Dharr auprès desquels il a écouté – tous des grands savants – et de son voyage vers eux, as-tu compris l'aspiration de cette âme à acquérir davantage de science et à s'y perfectionner, et que son propriétaire ne se contentait pas de peu. Et puisque tu connais les fonctions qu'Abū Dharr occupa après sa première vie, celle de l'étude et de l'acquisition du savoir, tu comprendras avec nous qu'il atteignit un degré de science qui l'éleva d'abord à la prédication de la grande mosquée de Séville, puis à la judicature de Jayyān, et enfin à son dernier siège à Fès, jouissant d'une réputation lointaine et d'une vaste renommée. Les biographes l'ont décrit, entre autres, comme l'auteur d'ouvrages qui voyageaient avec les caravanes. Cela n'est pas trop pour Abū Dharr, mais nous n'avons trouvé de lui que son livre imprimé sur l'explication des termes obscurs de la Sīra d'Ibn Isḥāq, qu'Ibn Furtūn a écouté de lui, un autre livre sur la métrique 86, mentionné par Ibn al-Abbār sans le nommer, et un troisième livre mentionné par al-Suyūṭī dans al-Bughya en parlant d'Abū Dharr, où il dit : « ... il est mentionné dans Jami‘ al-Jawami‘ parmi ses œuvres : al-Imlā’ ‘alā Sīrat Ibn Hishām 87. » Voilà tout ce que nous savons des œuvres d'Abū Dharr, sans oublier qu'il était le porte-étendard de la grammaire arabe en al-Andalus, qu'il était connaisseur des lettres et des langues, et qu'il était l'un de ceux qui composaient de la poésie et la critiquaient, tout en ayant une connaissance approfondie des récits des Arabes, de leurs jours, de leurs poèmes et de leurs langues, et qu'il était avancé dans tout cela. Personne à son époque n'était plus rigoureux que lui, ni plus précis dans toutes les sciences, tant par la mémoire que par la plume. Quant aux mœurs d'Abū Dharr, le malikite de rite, il était doté de dignité et de gravité, de vertu, de religion et de virilité, très pudique, au conseil posé, connu pour sa droiture selon la voie des pieux prédécesseurs 88. On rapporte de lui qu'il empêchait ses étudiants de s'étendre dans leurs questions et les limitait à ce qu'il leur enseignait, ce que personne d'autre à son époque ne faisait, par crainte et respect pour lui. (Sa naissance et sa mort) L'orientalist Paulus Brönnle mentionne qu'Abū Dharr naquit en 533 89 – soit onze ans avant la mort de son père, car la mort de son père eut lieu en 544 – et que sa mort survint en 604 H. Ibn al-Abbār est d'accord sur l'année de sa mort, ajoutant qu'elle eut lieu le matin du lundi 11 Shawwāl, et qu'il fut enterré après la prière de l'après-midi 90 du même jour dans la rive de la Qarawiyyīn à Fès. Quant à sa naissance, Ibn al-Abbār dit : « ... sa naissance eut lieu en l'an 535, et l'on dit aussi en l'an 533, mais la première est plus correcte. » Nous penchons pour l'avis d'Ibn al-Abbār concernant la naissance d'Abū Dharr. Ibn al-‘Imād a mentionné qu'Abū Dharr mourut à l'âge de soixante-dix ans. Si cela est correct et qu'il est établi pour nous qu'Abū Dharr – comme le dit Ibn al-Abbār – mourut en Shawwāl de l'an 604 H, alors l'avis d'Ibn al-Abbār selon lequel sa naissance eut lieu en 535 H est plus proche de la vérité. Notre travail sur la Sīra Voici le livre de la Sīra entre les mains des lecteurs dans sa nouvelle parure, racontant l'effort que nous avons déployé pour le produire. Notre premier souci a été de confronter l'édition égyptienne que nous possédons avec toutes les autres éditions, manuscrites ou imprimées. Nous avons désigné ces éditions par les lettres suivantes : A : pour l'édition imprimée à Göttingen en Allemagne en 1276 H / 1862, dont l'éditeur, le savant orientaliste « Wüstenfeld », s'est basé sur le manuscrit d'al-Suhaylī, qu'il avait reçu de son maître Abū Bakr ibn al-‘Arabī al-Ishbīlī. B : pour l'édition imprimée à Būlāq en 1259 H. T : pour un manuscrit de la bibliothèque al-Taymūriyya, dont seul le premier volume existe, incomplet du début de quelques feuillets, et se terminant par le poème de ‘Uthmān ibn Maẓ‘ūn sur le reproche d'Umayya ibn Khalaf. R : pour l'édition imprimée en marge d'al-Rawḍ al-Unuf à l'imprimerie al-Jamāliyya en Égypte en 1332 H / 1914. Ṭ : pour le manuscrit écrit de la main d'al-Qāsim ibn Zayd al-Mutawakkil ‘alā Allāh Ismā‘īl ibn al-Qāsim, achevé en 1144 H, conservé à la Dār al-Kutub. ‘ : pour le manuscrit écrit de la main de Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn ‘Abd al-Raḥmān al-Shāfi‘ī al-Dimashqī, mort en 749 H. Il est incomplet du début et du milieu. Son début concerne les noms de ceux qui assistèrent à la seconde ‘Aqaba 91. Il est conservé à la Dār al-Kutub. M : pour l'édition imprimée en Égypte à l'imprimerie al-Khayriyya en 1329 H. N : pour un manuscrit dont on ne connaît ni le copiste ni l'année de copie, dont seuls les premier et deuxième volumes existent, se terminant par la fin des poèmes dits lors de la bataille d'Uḥud. Il est conservé à la Dār al-Kutub. Ensuite, nous nous sommes aidés pour clarifier ce qui est obscur et expliquer ce qui est ambigu par les ouvrages qui traitent de la Sīra de la même manière, comme al-Rawḍ al-Unuf d'al-Suhaylī et le Sharḥ al-Sīra d'Abū Dharr al-Khushanī. Dans de nombreux passages où nous ne trouvions pas notre objectif dans ces deux références, nous avons eu recours aux ouvrages que nous avons mentionnés en marge du livre. Nous avons traduit les noms propres 92 et les avons suivis de corrections et de vocalisations. Restait ensuite la division du livre en chapitres sous les titres que nous avons établis. Ayant constaté que la plupart des éditions en avaient omis beaucoup, et que l'édition européenne en avait abusé, nous avons adopté une voie médiane : nous avons retenu les titres qui permettent de distinguer un chapitre indépendant d'un autre, et écarté ceux qui ne correspondaient pas à cette idée. Nous avons placé les titres en petits caractères entre parenthèses au-dessus de chaque nouvelle idée, pour nous aider à établir l'index détaillé général que nous avons annexé au livre. Nous voici donc, après avoir fourni tous nos efforts pour la Sīra, présentant la deuxième édition dans cette parure élégante, espérant être plus proches de la réussite et plus près de la vérité. Muṣṭafā al-Saqqā / Ibrāhīm al-Abyārī / ‘Abd al-Ḥafīẓ Thalabī
- Sîrat Rasûl Allâh : La Biographie du Messager d'Allah, c'est-à-dire la vie du Prophète Muhammad.
- alayhi al-salât wa al-salâm : Formule de bénédiction et de paix sur le Prophète Muhammad, signifiant 'sur lui la prière et le salut'.
- Ibn Fâris : Ahmad ibn Fâris al-Qazwînî, célèbre philologue et lexicographe arabe.
- Ibn Sayyid al-Nâs : Muhammad ibn Muhammad ibn Sayyid al-Nâs, savant égyptien spécialiste de la biographie prophétique.
- Shihâb al-Dîn al-Ru'aynî al-Gharnâtî : Ahmad ibn Muhammad al-Ru'aynî, savant andalou auteur d'une biographie prophétique.
- Ibn Jâbir al-Andalusî : Muhammad ibn Ahmad ibn Jâbir al-Andalusî, poète et auteur d'une biographie prophétique en vers.
- al-Sîra al-Shâmiyya : La Biographie syrienne, ouvrage volumineux de Muhammad ibn Yûsuf al-Sâlihî.
- al-Sîra al-Halabiyya : La Biographie halabienne, ouvrage de 'Alî ibn Burhân al-Dîn al-Halabî.
- al-Jamā'īlī : Surnom relatif à Jamā'īl, localité en Égypte.
- Mughulṭāy : Savant hanafite et historien (689-762 H).
- al-Mawlid al-Nabawī : La naissance du Prophète ; désigne aussi les célébrations et les écrits relatifs à sa naissance.
- irhāṣāt : Prodromes ou signes annonciateurs de la prophétie.
- Maghāzī : Expéditions militaires du Prophète ; genre littéraire historique.
- ḥāfiẓ : Titre donné à un savant ayant mémorisé un grand nombre de hadiths avec leurs chaînes.
- Amīr al-Mu'minīn : Commandeur des croyants, titre du calife.
- khalīfa : Calife, successeur du Prophète à la tête de la communauté musulmane.
- al-Mubtada' : Le commencement ; partie traitant de la création et de l'histoire préislamique.
- al-Mab'ath : L'envoi ; partie traitant de la mission prophétique à La Mecque.
- isrā'īliyyāt : Récits issus de traditions juives et chrétiennes, souvent utilisés dans les exégèses coraniques.
- Hégire : Émigration du Prophète de La Mecque à Médine en 622, début du calendrier musulman.
- sabab : Cause, occasion ; en exégèse coranique, désigne la circonstance de révélation d'un verset.
- al-Bakkâ'î : Ziyâd ibn 'Abd Allâh al-Bakkâ'î, transmetteur de la Sîra d'Ibn Ishâq, mort en 183 H.
- as-Suhaylî : Abû al-Qâsim 'Abd ar-Rahmân ibn 'Abd Allâh as-Suhaylî, savant andalou, auteur du commentaire de la Sîra intitulé ar-Rawḍ al-Unuf, mort en 581 H.
- Ibn Hishâm : Abû Muhammad 'Abd al-Malik ibn Hishâm, compilateur et éditeur de la Sîra d'Ibn Ishâq, mort en 218 H.
- ar-Rawḍ al-Unuf : Titre du commentaire d'as-Suhaylî sur la Sîra d'Ibn Hishâm, signifiant 'Le Jardin agréable'.
- al-'Aynî : Badr ad-Dîn Abû Muhammad Mahmûd ibn Ahmad al-'Aynî, savant hanafite, auteur de Kashf al-Lithâm, mort en 855 H.
- Kashf al-Lithâm : Titre de l'ouvrage d'al-'Aynî, signifiant 'Dévoilement du voile'.
- Abû Dharr al-Khushanî : Savant andalou, auteur d'un commentaire sur la Sîra, mort en 434 H.
- al-Muraḥḥil : Burhân ad-Dîn Ibrâhîm ibn Muhammad al-Muraḥḥil ash-Shâfi'î, auteur d'un abrégé de la Sîra, mort en 611 H.
- adh-Dhakhîra fî Mukhtaṣar as-Sîra : Titre de l'abrégé d'al-Muraḥḥil, signifiant 'La Provision dans l'Abrégé de la Sîra'.
- al-Wâsiṭî : 'Imâd ad-Dîn Abû al-'Abbâs Ahmad ibn Ibrâhîm al-Wâsiṭî, auteur d'un abrégé de la Sîra, mort en 711 H.
- Mukhtaṣar Sîrat Ibn Hishâm : Titre de l'abrégé d'al-Wâsiṭî, signifiant 'Abrégé de la Sîra d'Ibn Hishâm'.
- ad-Damîrî ad-Dayrînî : Abû Muhammad 'Abd al-'Azîz ibn Muhammad ad-Damîrî ad-Dayrînî, poète ayant mis en vers la Sîra, mort vers 607 H.
- al-Khiḍrawî : Abû Naṣr al-Fatḥ ibn Mûsâ al-Maghribî al-Khiḍrawî, poète ayant mis en vers la Sîra, mort en 663 H.
- an-Nâbulusî : Abû Bakr Muhammad ibn Ibrâhîm an-Nâbulusî, connu comme Ibn ash-Shahîd, poète ayant mis en vers la Sîra, mort en 793 H.
- al-Fatḥ al-Qarîb : Titre de la version poétique d'an-Nâbulusî, signifiant 'La Victoire Proche'.
- at-Tilimsânî : Abû Ishâq al-Anṣârî at-Tilimsânî, poète ayant mis en vers la Sîra.
- al-Wâqidî : Abû 'Abd Allâh Muhammad ibn 'Umar al-Wâqidî, historien et auteur d'une Sîra, mort en 207 H.
- Ibn Sa'd : Abû 'Abd Allâh Muhammad ibn Sa'd, auteur des Ṭabaqât, mort en 230 H.
- Kisrâ : Titre des rois sassanides de Perse.
- al-Kalbî : Abû al-Mundhir Hishâm ibn Muhammad al-Kalbî, généalogiste et historien, mort en 204 H.
- Ibn an-Nadîm : Abû al-Faraj Muhammad ibn Ishâq an-Nadîm, auteur du Fihrist, mort en 385 H.
- Jazîra : Région de la Haute Mésopotamie, entre le Tigre et l'Euphrate.
- al-Manṣûr : Abû Ja'far 'Abd Allâh al-Manṣûr, deuxième calife abbasside, règne 136-158 H.
- al-Mahdî : Muhammad al-Mahdî, troisième calife abbasside, fils d'al-Manṣûr, règne 158-169 H.
- cimetière de Khayzurân : Cimetière à Bagdad, nommé d'après Khayzurân, mère du calife Hârûn ar-Rashîd.
- Mâlik ibn Anas : Imam Mâlik, fondateur de l'école malikite, mort en 179 H.
- Hishâm ibn 'Urwa : Hishâm ibn 'Urwa ibn az-Zubayr, traditionniste médinois, mort en 146 H.
- tadlîs : Pratique consistant à dissimuler un défaut dans la chaîne de transmission d'un hadith, par exemple en omettant un maillon faible.
- qadar : Croyance au libre arbitre et à la prédestination ; les Qadarites soutenaient que l'homme a le pouvoir de déterminer ses actes.
- tashayyu' : Tendance à favoriser 'Alî et sa famille, pouvant aller jusqu'au chiisme.
- Ibn Shihâb az-Zuhrî : Muhammad ibn Muslim az-Zuhrî, grand traditionniste, mort en 124 H.
- Shu'ba ibn al-Ḥajjâj : Shu'ba ibn al-Ḥajjâj al-Wâsiṭî, traditionniste réputé pour sa rigueur, mort en 160 H.
- Sufyân ath-Thawrî : Sufyân ibn Sa'îd ath-Thawrî, traditionniste et juriste, mort en 161 H.
- Hishâm ibn 'Abd al-Malik : Calife omeyyade, règne 105-125 H.
- al-Khaṭîb : Al-Khaṭîb al-Baghdâdî, auteur de Târîkh Baghdâd, mort en 463 H.
- Târîkh Baghdâd : Histoire de Bagdad, vaste dictionnaire biographique.
- Ibn Sayyid an-Nâs : Muhammad ibn Muhammad ibn Sayyid an-Nâs, auteur de 'Uyûn al-Athar, mort en 734 H.
- 'Uyûn al-Athar : Ouvrage sur la Sîra, signifiant 'Les Sources des Récits'.
- al-ṣifāt : Les attributs divins, sujet théologique sensible concernant les descriptions de Dieu dans le Coran et les hadiths.
- al-salaf : Les prédécesseurs pieux, les premières générations de l'islam (Compagnons, Suivants et leurs successeurs).
- al-Sīra : La biographie du Prophète Muhammad, œuvre majeure d'Ibn Isḥāq.
- al-Maghāzī : Les expéditions militaires du Prophète, partie intégrante de la Sīra.
- al-mubāya'āt : Chapitre des ventes et des transactions dans le recueil de hadiths de Muslim.
- H : Abréviation de l'Hégire, calendrier islamique commençant en 622 ap. J.-C.
- al-Tījān : Livre sur les rois du temps, titre complet : 'al-Tījān fī Mulūk al-Zamān'.
- khaṭīb : Prédicateur ou orateur officiel dans une mosquée.
- 12 : Note de bas de page dans le texte original, probablement une référence bibliographique.
- qaḍā' al-jamā'a : Fonction de juge suprême ou de grand cadi dans une communauté.
- H : Abréviation de l'Hégire.
- Shadharāt al-Dhahab : Ouvrage historique d'Ibn al-'Imād al-Ḥanbalī, recueil de biographies.
- al-Rawḍ al-Unuf : Commentaire de la Sīra d'Ibn Hishām par al-Suhaylī.
- Nakt al-Himyān : Ouvrage d'al-Ṣafadī, recueil de biographies et d'anecdotes.
- al-Ta'rīf wa-l-I'lām : Livre sur les noms propres dans le Coran.
- Natā'ij al-Naẓar : Ouvrage de jurisprudence ou de théologie.
- al-Jumal : Ouvrage de grammaire arabe, probablement celui d'al-Zajjājī.
- H : Abréviation de l'Hégire.
- Nafḥ al-Ṭīb : Encyclopédie d'al-Maqqarī sur l'Andalousie.
- mālikī al-madhhab : De rite malikite, c'est-à-dire adepte de l'école juridique fondée par l'imam Mālik ibn Anas.
- al-qirā'āt : Les lectures coraniques, c'est-à-dire les différentes méthodes de récitation du Coran transmises par des chaînes de garants remontant au Prophète.
- farsakh : Parasange, unité de distance utilisée dans le monde islamique médiéval, équivalant à environ 5,76 km.
- Khushayn ibn al-Namir ibn Wabra ibn Taghlib : Généalogie de la tribu Khushayn, branche de Quḍā‘a.
- khaṭīb : Prédicateur, celui qui prononce le sermon du vendredi dans une mosquée.
- al-‘arabiyya : La grammaire arabe, ou plus largement la langue arabe et ses sciences.
- qāḍī : Juge, magistrat chargé de rendre la justice selon la loi islamique.
- al-‘arūḍ : La métrique, science de la prosodie arabe.
- al-Imlā’ ‘alā Sīrat Ibn Hishām : Titre d'un ouvrage d'Abū Dharr, signifiant 'La dictée sur la Sīra d'Ibn Hishām'.
- al-salaf : Les pieux prédécesseurs, c'est-à-dire les premières générations de musulmans (Compagnons, Suivants et leurs successeurs) considérées comme modèles.
- 533 H : Année 533 de l'Hégire, correspondant à 1138-1139 du calendrier grégorien.
- ṣalāt al-‘aṣr : La prière de l'après-midi, troisième des cinq prières obligatoires quotidiennes.
- al-‘Aqaba al-ākhira : La seconde 'Aqaba, serment d'allégeance prêté au Prophète par les Médinois avant l'Hégire.
- a‘lām : Noms propres, ici les personnages mentionnés dans le texte.
Voici l'énumération de la noble lignée depuis Muhammad, que Dieu prie sur lui et sa famille et le salue, jusqu'à Adam, que la paix soit sur lui.
Mention de la noble généalogie depuis Muhammad, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui et sa famille, jusqu'à Adam, sur lui la paix. Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah, Seigneur des mondes, et que Ses prières soient sur notre maître Muhammad et sur toute sa famille. Abû Muhammad 'Abd al-Malik ibn Hishâm (le grammairien) 1 a dit : Ceci est le livre de la Sîra 2 du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui et sa famille. Il a dit : Muhammad, fils de 'Abd Allah, fils de 'Abd al-Muttalib – et le nom de 'Abd al-Muttalib est Shayba 3 – fils de Hâshim – et le nom de Hâshim est 'Amr – fils de 'Abd Manâf – et le nom de 'Abd Manâf est al-Mughîra – fils de Qusayy – et le nom de Qusayy est Zayd 4 – fils de Kilâb, fils de Murra, fils de Ka'b, fils de Lu'ayy, fils de Ghâlib, fils de Fihr 5, fils de Mâlik, fils d'al-Nadr 6, fils de Kinâna, fils de Khuzayma, fils de Mudrika – et le nom de Mudrika est 'Âmir 7 – fils d'Ilyâs, fils de Mudar, fils de Nizâr, fils de Ma'add, fils de 'Adnân 8, fils d'Udd – et on dit : Udad 9 – fils de Muqawwim 10, fils de Nâhûr, fils de Tayrah, fils de Ya'rub, fils de Yashjub, fils de Nâbit 11, fils d'Ismâ'îl, fils d'Ibrâhîm – l'Intime du Tout Miséricordieux – fils de Târih 12, qui est Âzar 13, fils de Nâhûr, fils de Sârûgh 14, fils de Râ'û 15, fils de Fâlakh 16, fils de 'Aybar 17, fils de Shâlakh 18, fils d'Arfakhshad 19, fils de Sâm, fils de Nûh, fils de Lamk 20, fils de Mattûshalakh 21, fils d'Akhnûkh – qui est Idrîs le prophète, selon ce qu'ils prétendent, et Allah sait mieux ; il fut le premier parmi les fils d'Adam à recevoir la prophétie et à écrire avec le calame – fils de Yard, fils de Mahlâ'îl 22, fils de Qaynân 23, fils de Yânish, fils de Shîth, fils d'Adam, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Abû Muhammad 'Abd al-Malik ibn Hishâm a dit : Ziyâd 24 ibn 'Abd Allah al-Bakkâ'î nous a rapporté, d'après Muhammad ibn Ishâq 25 al-Muttalibî, cette généalogie de Muhammad, le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui et sa famille, jusqu'à Adam, sur lui la paix, ainsi que ce qui s'y rapporte du récit d'Idrîs et d'autres. Ibn Hishâm a dit : Khallâd ibn Qurra ibn Khâlid al-Sadûsî m'a rapporté, d'après Shaybân ibn Zuhayr ibn Shaqîq ibn Thawr, d'après Qatâda ibn Di'âma, qu'il a dit : Ismâ'îl ibn Ibrâhîm – l'Intime du Tout Miséricordieux – fils de Târih, qui est Âzar, fils de Nâhûr, fils d'Asragh 26, fils d'Arghû, fils de Fâlakh, fils de 'Âbir, fils de Shâlakh, fils d'Arfakhshad 27, fils de Sâm, fils de Nûh, fils de Lamk, fils de Mattûshalakh, fils d'Akhnûkh, fils de Yard, fils de Mahlâ'îl, fils de Qâyin 28, fils d'Anûsh, fils de Shîth, fils d'Adam, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. (Méthode d'Ibn Hishâm dans ce livre) : Ibn Hishâm a dit : Je vais, si Allah le veut, commencer ce livre par la mention d'Ismâ'îl ibn Ibrâhîm, et de ceux qui ont engendré le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui et sa famille, parmi sa descendance, et leurs enfants, de père en père, le premier puis le suivant, depuis Ismâ'îl jusqu'au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui et sa famille, et ce qui se présente de leurs récits ; et je laisserai la mention des autres descendants d'Ismâ'îl, dans cette optique, par souci de concision, jusqu'au récit de la Sîra du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui et sa famille ; et je laisserai une partie de ce qu'Ibn Ishâq a mentionné dans ce livre, qui ne contient aucune mention du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui et sa famille, ni rien du Coran qui y soit descendu, et qui n'est ni une cause pour quoi que ce soit de ce livre, ni une exégèse de celui-ci, ni un témoignage à son sujet, en raison de la concision que j'ai mentionnée ; ainsi que des poèmes qu'il a mentionnés et que je n'ai vu aucun des savants en poésie reconnaître ; et des choses dont certaines rendent le récit répréhensible, d'autres dont la mention offense certaines personnes, et d'autres encore que al-Bakkâ'î n'a pas reconnu nous avoir rapportées ; et je traiterai en détail, si Allah le Très-Haut le veut, tout ce qui est autre que cela, dans la mesure de ce qui a été rapporté et de la connaissance que j'en ai. (Suite de la généalogie à partir de la descendance d'Ismâ'îl, sur lui la paix) (Enfants d'Ismâ'îl, sur lui la paix, et généalogie de leur mère) : Ibn Hishâm a dit : Ziyâd ibn 'Abd Allah al-Bakkâ'î nous a rapporté, d'après Muhammad ibn Ishâq al-Muttalibî, qui a dit : Ismâ'îl ibn Ibrâhîm, sur eux deux la paix, engendra douze hommes : Nâbit, qui était l'aîné d'entre eux, Qaydhâr 29, Adhbûl 30, Mubishsh 31, Misma', Mâshî 32, Dimmâ 33, Adhar 34, Taymâ 35, Yâtûr 36, Nabish 37 et Qaydhumâ 38. Leur mère était Ra'la 39 bint Mudâd ibn 'Amr al-Jurhumî – Ibn Hishâm a dit : on dit aussi : Midâd. Et Jurhum ibn Qahtân, et Qahtân est le père de tout le Yémen, et c'est vers lui que converge sa généalogie – fils de 'Âmir ibn Shâlakh ibn Arfakhshad ibn Sâm ibn Nûh. Ibn Ishâq a dit : Jurhum ibn Yaqtan ibn 'Aybar ibn Shâlakh. Et Yaqtan est Qahtân ibn 'Aybar ibn Shâlakh. (Âge d'Ismâ'îl, sur lui la paix, et sa sépulture) : Ibn Ishâq a dit : L'âge d'Ismâ'îl – selon ce qu'ils rapportent – fut de cent trente ans, puis il mourut – que la miséricorde et les bénédictions d'Allah soient sur lui – et il fut enterré dans le Hijr 40 avec sa mère Hâjar, qu'Allah le Très-Haut leur fasse miséricorde. (Patrie de Hâjar) : Ibn Hishâm a dit : Les Arabes disent Hâjar et Âjar, en substituant le alif au hâ', comme ils ont dit : harâqa al-mâ'a et arâqa al-mâ'a (il a versé l'eau) et autres. Et Hâjar était originaire d'Égypte. (Recommandation du Messager, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, concernant les Égyptiens, et raison de cela) : Ibn Hishâm a dit : 'Abd Allah ibn Wahb nous a rapporté d'après 'Abd Allah ibn Lahî'a 41, d'après 'Umar, client de Ghufra 42, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui et sa famille, a dit : « Allah ! Allah ! [Craignez Allah] au sujet des gens de la dhimma 43, les gens de la ville noire, basanés aux cheveux crépus 44, car ils ont un lien de parenté et une alliance matrimoniale. » 'Umar, client de Ghufra, a dit : Leur lien de parenté est que la mère d'Ismâ'îl le prophète – que la prière et la paix d'Allah soient sur lui – était des leurs. Et leur alliance matrimoniale est que le Messager d'Allah – que la prière et la paix d'Allah soient sur lui et sa famille – a pris une concubine 45 parmi eux. Ibn Lahî'a a dit : La mère d'Ismâ'îl, Hâjar, était d'Umm al-'Arab 46, un village qui se trouvait en face d'al-Faramâ 47, en Égypte. Et la mère d'Ibrâhîm était Mâriya 48, la concubine du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui et sa famille, que le Muqawqis lui avait offerte, originaire de Hafn 49, du district d'Ansînâ 50. Ibn Ishâq a dit : Muhammad ibn Muslim ibn 'Ubayd Allah ibn Shihâb al-Zuhrî m'a rapporté que 'Abd al-Rahmân ibn 'Abd Allah ibn Ka'b ibn Mâlik al-Ansârî, puis al-Sulamî, lui a rapporté que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui et sa famille, a dit : « Lorsque vous conquérirez l'Égypte, recommandez-vous les uns aux autres de bien traiter ses habitants, car ils ont un pacte et un lien de parenté. » J'ai dit à Muhammad ibn Muslim al-Zuhrî : « Quel est le lien de parenté que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui et sa famille, a mentionné pour eux ? » Il a dit : « Hâjar, la mère d'Ismâ'îl, était des leurs. » (Origine des Arabes) : Ibn Hishâm a dit : Tous les Arabes sont issus de la descendance d'Ismâ'îl et de Qahtân. Et certains Yéménites disent que Qahtân est de la descendance d'Ismâ'îl, et ils disent : Ismâ'îl est le père de tous les Arabes. Ibn Ishâq a dit : 'Âd, fils de 'Aws, fils d'Iram, fils de Sâm, fils de Nûh ; Thamûd et Judays, tous deux fils de 'Âbir 51, fils d'Iram, fils de Sâm, fils de Nûh ; et Tasam, 'Amlâq et Umaym, fils de Lâwidh, fils de Sâm, fils de Nûh : tous sont des Arabes. Nâbit, fils d'Ismâ'îl, engendra Yashjub, fils de Nâbit ; Yashjub engendra Ya'rub, fils de Yashjub ; Ya'rub engendra Tayrah, fils de Ya'rub ; Tayrah engendra Nâhûr, fils de Tayrah ; Nâhûr engendra Muqawwim, fils de Nâhûr ; Muqawwim engendra Udad, fils de Muqawwim ; Udad engendra 'Adnân, fils d'Udad 52. Ibn Hishâm a dit : On dit aussi : 'Adnân, fils d'Udd. (Enfants de 'Adnân) : Ibn Ishâq a dit : C'est de 'Adnân que se sont dispersées les tribus issues de la descendance d'Ismâ'îl, fils d'Ibrâhîm, sur eux deux la paix. 'Adnân engendra deux hommes : Ma'add, fils de 'Adnân, et 'Akk, fils de 'Adnân. (Patrie de 'Akk) :
Ibn Hisham a dit : Ainsi, 'Akk s'installa dans la région du Yémen, car 'Akk avait épousé une femme des Ash'aris et demeura parmi eux, si bien que la région et la langue devinrent une seule et même chose. Les Ash'aris sont les descendants d'Ash'ar ibn Nabit ibn Udad ibn Zayd 53 ibn Humaysi' 54 ibn 'Amr ibn 'Arib 55 ibn Yashjub ibn Zayd ibn Kahlan ibn Saba' ibn Yashjub ibn Ya'rub ibn Qahtan. On dit aussi : Ash'ar 56 est Nabit ibn Udad, et on dit : Ash'ar est ibn Malik. Malik est Madhhij ibn Udad ibn Zayd ibn Humaysi'. On dit aussi : Ash'ar est ibn 57 Saba' ibn Yashjub. Abu Muhriz Khalaf al-Ahmar et Abu 'Ubayda m'ont récité, de la part de 'Abbas ibn Mirdas, l'un des Banu Sulaym ibn Mansur ibn 'Ikrima ibn Khasafa ibn Qays ibn 'Aylan ibn Mudar ibn Nizar ibn Ma'add ibn 'Adnan, se vantant de 'Akk : « Et 'Akk ibn 'Adnan, ceux qui furent surnommés 58 Ghassan, jusqu'à ce qu'ils soient chassés de partout. » Ce vers fait partie d'un poème de lui. Ghassan est une source d'eau au barrage de Ma'rib 59 au Yémen, qui était l'abreuvoir des descendants de Mazin ibn al-Asad ibn al-Ghawth, et ils furent nommés d'après elle. On dit aussi : Ghassan est une source d'eau à al-Mushallal 60, près d'al-Juhfa 61. Ceux qui en burent 62 et furent nommés d'après elle sont des tribus issues de Mazin ibn al-Asad 63 ibn al-Ghawth ibn Nabit ibn Malik ibn Zayd ibn Kahlan ibn Saba' ibn Yashjub ibn Ya'rub ibn Qahtan. Hassan ibn Thabit al-Ansari – et les Ansar sont les Banu al-Aws et al-Khazraj, fils de Haritha ibn Tha'laba ibn 'Amr ibn 'Amir ibn Haritha ibn Imri' al-Qays ibn Tha'laba ibn Mazin ibn al-Asad ibn al-Ghawth – a dit : « Si tu demandes, nous sommes un peuple noble, al-Asad est notre lignée et l'eau est Ghassan. » 64 Ce vers fait partie d'un poème de lui. Les Yéménites dirent : Une partie de 'Akk, ceux qui sont au Khorasan parmi eux, sont 'Akk ibn 'Adnan ibn 'Abd Allah ibn al-Asad ibn al-Ghawth 65, et on dit : 'Udthan 66 ibn 'Abd Allah 67 ibn al-Asad ibn al-Ghawth. (Les enfants de Ma'add) : Ibn Ishaq a dit : Ma'add ibn 'Adnan 68 eut quatre fils : Nizar ibn Ma'add, Quda'a ibn Ma'add – et Quda'a était l'aîné 69 de Ma'add, celui par lequel il était surnommé, selon ce qu'ils prétendent – Qunus ibn Ma'add, et Iyad ibn Ma'add. Quant à Quda'a, il émigra au Yémen vers Himyar ibn Saba' – et le nom de Saba' était 'Abd Shams, et il ne fut appelé Saba' que parce qu'il fut le premier à faire des captifs 70 parmi les Arabes – ibn Yashjub 71 ibn Ya'rub ibn Qahtan. (Quda'a) : Ibn Hisham a dit : Les Yéménites et Quda'a dirent : Quda'a est ibn Malik ibn Himyar 72. Et 'Amr ibn Murra 73 al-Juhani – et Juhayna est ibn Zayd ibn Layth ibn Sawd ibn Aslam ibn al-Haf 74 ibn Quda'a – a dit : « Nous sommes les fils du cheikh, le noble, le resplendissant 75, Quda'a ibn Malik ibn Himyar 76, à la lignée reconnue, non contestée, sur la pierre gravée sous le minbar 77. » 78 (Qunus ibn Ma'add et la lignée d'al-Nu'man ibn al-Mundhir) : Ibn Ishaq a dit : Quant à Qunus ibn Ma'add, leur descendance périt – selon ce que prétendent les généalogistes de Ma'add – et parmi eux se trouvait al-Nu'man ibn al-Mundhir, roi d'al-Hira. Ibn Ishaq a dit : Muhammad ibn Muslim ibn 'Abd Allah ibn Shihab al-Zuhri m'a raconté qu'al-Nu'man ibn al-Mundhir était issu de la descendance de Qunus ibn Ma'add. Ibn Hisham a dit : On dit aussi : Qanas. Ibn Ishaq a dit : Ya'qub ibn 'Utba ibn al-Mughira ibn al-Akhnas m'a raconté, d'après un cheikh des Ansar des Banu Zurayq, qu'il lui a raconté : Lorsque l'épée d'al-Nu'man 79 ibn al-Mundhir fut apportée à 'Umar ibn al-Khattab – que Dieu l'agrée – il fit venir Jubayr ibn Mut'im ibn 'Adi ibn Nawfal ibn 'Abd Manaf ibn Qusayy – et Jubayr était le plus savant des Quraysh en matière de généalogie des Quraysh et de tous les Arabes, et il disait : « J'ai appris la généalogie d'Abu Bakr al-Siddiq – que Dieu l'agrée – et Abu Bakr al-Siddiq était le plus savant des Arabes en généalogie » – et il le ceignit 80 de cette épée, puis dit : « De qui était-il, ô Jubayr, al-Nu'man ibn al-Mundhir ? » Il répondit : « Il était des restes 81 de Qunus ibn Ma'add 82. » Ibn Ishaq a dit : Quant au reste des Arabes, ils prétendent qu'il était un homme de Lakhm, issu de la descendance de Rabi'a ibn Nasr. Dieu sait ce qu'il en est. (La lignée de Lakhm ibn 'Adi) : Ibn Hisham a dit : Lakhm est ibn 'Adi ibn al-Harith ibn Murra ibn Udad ibn Zayd ibn Humaysi' ibn 'Amr ibn 'Arib ibn Yashjub ibn Zayd ibn Kahlan ibn Saba'. On dit aussi : Lakhm est ibn 'Adi ibn 'Amr ibn Saba'. On dit aussi : Rabi'a ibn Nasr 83 ibn Abi Haritha ibn 'Amr ibn 'Amir, et il était resté au Yémen après le départ de 'Amr ibn 'Amir du Yémen. (L'affaire de 'Amr ibn 'Amir lors de son départ du Yémen et l'histoire du barrage de Ma'rib) La cause du départ de 'Amr ibn 'Amir du Yémen – selon ce que m'a raconté Abu Zayd al-Ansari – est qu'il vit un rat 84 creuser dans le barrage de Ma'rib, qui retenait l'eau pour eux, et ils la dirigeaient où ils voulaient dans leur terre. Il sut alors que le barrage ne durerait pas, et il décida d'émigrer du Yémen. Il rusa avec son peuple : il ordonna à son plus jeune fils, s'il lui parlait durement et le giflait, de se lever et de le gifler à son tour. Son fils fit ce qu'il lui avait ordonné. Alors 'Amr dit : « Je ne resterai pas dans un pays où mon plus jeune fils m'a giflé. » Et il mit ses biens en vente. Les nobles du Yémen dirent : « Profitez de la colère de 'Amr », et ils lui achetèrent ses biens. Il partit avec ses enfants et les enfants de ses enfants. Les Azd dirent : « Nous ne resterons pas en arrière de 'Amr ibn 'Amir », et ils vendirent leurs biens et partirent avec lui. Ils marchèrent jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent dans le pays de 'Akk, en passant, cherchant des terres. Les 'Akk leur firent la guerre, et leur guerre fut alternée 85. C'est à ce sujet que 'Abbas ibn Mirdas dit le vers que nous avons écrit 86. Puis ils les quittèrent et se dispersèrent dans les pays. Les Al Jafna ibn 'Amr ibn 'Amir s'installèrent en Syrie, les Aws et les Khazraj s'installèrent à Yathrib, les Khuza'a s'installèrent à Marr 87, les Azd al-Sarat s'installèrent à al-Sarat 88, et les Azd 'Amman s'installèrent à 'Uman. Puis Dieu Très-Haut envoya le torrent contre le barrage et le détruisit. C'est à ce sujet que Dieu – béni et exalté soit-Il – révéla à Son messager Muhammad – que Dieu prie sur lui et le salue : « Il y avait pour Saba', dans leur demeure, un signe : deux jardins, à droite et à gauche. « Mangez de la nourriture de votre Seigneur et soyez-Lui reconnaissants : une bonne contrée et un Seigneur Pardonneur. » Mais ils se détournèrent. Nous envoyâmes alors contre eux le torrent du 'Arim 89 » (Coran 34:15-16). Al-'Arim est le barrage, au singulier : 'arima, selon ce que m'a raconté Abu 'Ubayda. Al-A'sha – A'sha Banu Qays ibn Tha'laba ibn 'Ukaba ibn Sa'b ibn 'Ali ibn Bakr ibn Wa'il ibn Hinb ibn Afsa ibn Jadila ibn Asad ibn Rabi'a ibn Nizar ibn Ma'add – a dit – Ibn Hisham a dit : On dit aussi : Afsa ibn Du'mi ibn 90 Jadila, et le nom d'al-A'sha est Maymun ibn Qays ibn Jandal ibn Sharahil ibn 'Awf ibn Sa'd ibn Dubay'a ibn Qays ibn Tha'laba : « En cela, pour celui qui cherche un exemple, il y a un modèle 91, et Ma'rib a été effacée 92 par le 'Arim. » « Du marbre que Himyar leur avait construit, quand son flot arrivait 93, il ne s'arrêtait pas. » « Il irrigua les cultures et leurs vignes, alors que leur eau était abondante quand elle était partagée. » « Ils devinrent impuissants 94, ne pouvant même pas en donner à boire 95 à un enfant sevré. » Ces vers font partie d'un poème de lui. Umaya ibn Abi al-Salt al-Thaqafi – et le nom de Thaqif est Qasiy ibn Munabbih ibn Bakr ibn Hawazin ibn Mansur ibn 'Ikrima ibn Khasafa ibn Qays ibn 'Aylan ibn Mudar ibn Nizar ibn Ma'add ibn 'Adnan – a dit : « De Saba', les habitants de Ma'rib, quand ils construisirent le 'Arim pour retenir son torrent. »
Ce vers se trouve dans un poème de lui. On l'attribue aussi à al-Nābigha al-Ja‘dī, dont le nom est Qays ibn ‘Abd Allāh, l'un des Banū Ja‘da ibn Ka‘b ibn Rabī‘a ibn ‘Āmir ibn Ṣa‘ṣa‘a ibn Mu‘āwiya ibn Bakr ibn Hawāzin. C'est un long récit que la brièveté que j'ai mentionnée m'empêche de développer. **L'affaire de Rabī‘a ibn Naṣr, roi du Yémen, et l'histoire des deux devins Shiq et Saṭīḥ avec lui** **La vision de Rabī‘a ibn Naṣr** Ibn Isḥāq dit : Rabī‘a ibn Naṣr, roi du Yémen, régnait parmi les rois des Tubba‘ 96. Il eut une vision qui l'effraya et l'épouvanta 97. Il rassembla tous les devins, sorciers, augures 98 et astrologues de son royaume et leur dit : « J'ai eu une vision qui m'a effrayé et épouvanté ; dites-moi ce qu'elle est et son interprétation. » Ils lui répondirent : « Raconte-la-nous, nous t'en donnerons l'interprétation. » Il dit : « Si je vous la raconte, je ne serai pas rassuré par votre interprétation, car seul connaît son interprétation celui qui la connaît avant que je ne la lui raconte. » L'un d'eux lui dit : « Si le roi veut cela, qu'il envoie chercher Saṭīḥ 99 et Shiq 100 ; nul n'est plus savant qu'eux ; ils l'informeront de ce qu'il demande. » **La généalogie de Saṭīḥ et Shiq** Le nom de Saṭīḥ est Rabī‘ ibn Rabī‘a ibn Mas‘ūd ibn Māzin ibn Dhi’b ibn ‘Adī ibn Māzin Ghassān. Shiq : fils de Ṣa‘b ibn Yashkur ibn Ruhm ibn Afrak ibn Qasr 101 ibn ‘Abqar ibn Anmār ibn Nizār 102 ; Anmār est le père de Bajīla et Khath‘am. **La généalogie de Bajīla** Ibn Hishām dit : Les Yéménites et Bajīla disent : (Les fils d') Anmār ibn Irāsh ibn Liḥyān 103 ibn ‘Amr ibn al-Ghawth ibn Nabt 104 ibn Mālik ibn Zayd ibn Kahlān ibn Saba’. On dit aussi : Irāsh ibn ‘Amr ibn Liḥyān ibn al-Ghawth 105. Le territoire de Bajīla et Khath‘am est yéménite. **Rabī‘a ibn Naṣr et Saṭīḥ** Ibn Isḥāq dit : Il envoya chercher les deux. Saṭīḥ arriva avant Shiq. Le roi lui dit : « J'ai eu une vision qui m'a effrayé et épouvanté ; dis-moi ce qu'elle est, car si tu la devines, tu en donneras l'interprétation. » Il dit : « Je le ferai. Tu as vu des braises 106 sortir de l'obscurité 107, tomber sur la terre de Tihāma 108, et dévorer toute créature à tête 109. » Le roi lui dit : « Tu n'as rien manqué, ô Saṭīḥ. Quelle est ton interprétation ? » Il dit : « Je jure par ce qui rampe entre les deux coulées de lave 110 : les Abyssins 111 descendront sur votre terre et domineront tout ce qui est entre Abyan 112 et Jurash 113. » Le roi dit : « Par ton père, ô Saṭīḥ, ceci est pour nous une affliction douloureuse. Quand cela arrivera-t-il ? De mon temps ou après ? » Il dit : « Non, mais après un certain temps, plus de soixante ou soixante-dix années qui passeront. » Il dit : « Leur règne durera-t-il ou s'interrompra-t-il ? » Il dit : « Non, il s'interrompra après soixante-dix et quelques années ; puis ils seront tués et chassés en fuyant. » Il dit : « Qui se chargera de les tuer et de les chasser ? » Il dit : « Iram 114 ibn Dhī Yazan 115 ; il sortira contre eux d'Aden et ne laissera aucun d'eux au Yémen. » Il dit : « Son règne durera-t-il ou s'interrompra-t-il ? » Il dit : « Non, il s'interrompra. » Il dit : « Qui l'interrompra ? » Il dit : « Un prophète pur 116, à qui la révélation viendra de la part du Très-Haut. » Il dit : « De qui sera ce prophète ? » Il dit : « Un homme de la descendance de Ghālib ibn Fihr ibn Mālik ibn al-Naḍr ; la royauté demeurera dans son peuple jusqu'à la fin des temps. » Il dit : « Le temps a-t-il une fin ? » Il dit : « Oui, un jour où les premiers et les derniers seront rassemblés ; les bienfaisants y seront heureux et les malfaisants malheureux. » Il dit : « Ce que tu m'annonces est-il vrai ? » Il dit : « Oui, par le crépuscule, l'obscurité et l'aube quand elle se déploie : ce que je t'ai annoncé est vrai. » **Rabī‘a ibn Naṣr et Shiq** Puis Shiq arriva. Le roi lui dit la même chose qu'à Saṭīḥ, mais lui cacha ce que Saṭīḥ avait dit, pour voir s'ils seraient d'accord ou divergeraient. Shiq dit : « Oui, tu as vu des braises sortir de l'obscurité, tomber entre une prairie et une colline, et dévorer toute créature vivante 117. » Quand il eut dit cela, le roi sut qu'ils étaient d'accord et que leurs paroles étaient identiques, sauf que Saṭīḥ avait dit : « tomber sur la terre de Tihāma et dévorer toute créature à tête », tandis que Shiq avait dit : « tomber entre une prairie et une colline et dévorer toute créature vivante. » Le roi lui dit : « Tu n'as rien manqué, ô Shiq. Quelle est ton interprétation ? » Il dit : « Je jure par ce qui est entre les deux coulées de lave comme êtres humains : les Noirs descendront sur votre terre, domineront toute femme aux doigts délicats 118 et régneront sur tout ce qui est entre Abyan et Najrān. » Le roi dit : « Par ton père, ô Shiq, ceci est pour nous une affliction douloureuse. Quand cela arrivera-t-il ? De mon temps ou après ? » Il dit : « Non, mais après un certain temps ; puis un grand personnage de haute importance vous en délivrera et leur fera subir la pire humiliation. » Il dit : « Qui est ce grand personnage ? » Il dit : « Un jeune homme ni vil ni avili 119, qui sortira contre eux de la maison de Dhī Yazan et ne laissera aucun d'eux au Yémen. » Il dit : « Son règne durera-t-il ou s'interrompra-t-il ? » Il dit : « Il s'interrompra par un messager envoyé, qui viendra avec la vérité et la justice, parmi les gens de religion et de vertu ; la royauté demeurera dans son peuple jusqu'au Jour du Jugement. » Il dit : « Qu'est-ce que le Jour du Jugement ? » Il dit : « Un jour où les gouverneurs seront rétribués, où des appels seront lancés du ciel, entendus par les vivants et les morts, où les gens seront rassemblés pour le rendez-vous ; ce jour-là, pour ceux qui craignent Dieu, il y aura le succès et les biens. » Il dit : « Ce que tu dis est-il vrai ? » Il dit : « Oui, par le Seigneur du ciel et de la terre et de ce qui est entre eux, élevé ou abaissé : ce que je t'ai annoncé est vrai, sans aucun doute 120. » Ibn Hishām dit : « Amḍī » signifie « doute » en langue ḥimyarite. Abū ‘Amr dit : « Amḍī » signifie « faux ». » **L'émigration de Rabī‘a ibn Naṣr en Iraq** Les paroles des deux devins firent impression sur Rabī‘a ibn Naṣr. Il prépara ses fils et sa famille pour l'Iraq avec ce dont ils avaient besoin, et écrivit à un roi des Perses nommé Sābūr ibn Khurrazād, qui les installa à al-Ḥīra. **La généalogie d'al-Nu‘mān ibn al-Mundhir** Parmi les descendants de Rabī‘a ibn Naṣr se trouve al-Nu‘mān ibn al-Mundhir. Selon la généalogie et la science des Yéménites, il est al-Nu‘mān ibn al-Mundhir ibn al-Nu‘mān ibn al-Mundhir ibn ‘Amr ibn ‘Adī ibn Rabī‘a ibn Naṣr, ce roi. Ibn Hishām dit : Al-Nu‘mān ibn al-Mundhir ibn al-Mundhir, d'après ce que m'a rapporté Khalaf al-Aḥmar. **La prise de pouvoir d'Abū Karib Tubba‘ As‘ad sur le royaume du Yémen et son expédition vers Yathrib** Ibn Isḥāq dit : Quand Rabī‘a ibn Naṣr mourut, tout le royaume du Yémen revint à Ḥassān ibn Tubba‘ As‘ad Abī Karib — Tubba‘ As‘ad est le dernier Tubba‘ — fils de Kulī Karib 121 ibn Zayd, et Zayd est le premier Tubba‘, fils de ‘Amr Dhī al-Adh‘ār 122 ibn Abraha Dhī al-Manār 123 ibn al-Rayyish — Ibn Hishām dit : on dit aussi al-Rā’ish — Ibn Isḥāq dit : fils de ‘Adī 124 ibn Ṣayfī ibn Saba’ al-Aṣghar ibn Ka‘b, Kahf al-Ẓulm 125, ibn Zayd ibn Sahl ibn ‘Amr ibn Qays ibn Mu‘āwiya ibn Jusham ibn ‘Abd Shams ibn Wā’il ibn al-Ghawth ibn Qaṭan ibn ‘Arīb ibn Zuhayr ibn Ayman ibn al-Humaysi‘ ibn al-‘Aranjaj — al-‘Aranjaj 126 est Ḥimyar ibn Saba’ al-Akbar ibn Ya‘rub ibn Yashjub ibn Qaḥṭān. Ibn Hishām dit : Yashjub est le fils de Ya‘rub ibn Qaḥṭān 127. **Quelques éléments de la biographie de Tubba‘** Ibn Isḥāq dit : Tubba‘ As‘ad Abū Karib est celui qui vint à Médine, emmena les deux rabbins juifs de Médine au Yémen, entretint la Maison sacrée [la Ka‘ba] et la revêtit. Son règne eut lieu avant celui de Rabī‘a ibn Naṣr 128.
Ibn Hishâm dit : C'est celui dont on dit : « Plût à Dieu que ma part d'Abû Karib fût que son bien compense son mal. » (La colère de Tubba' contre les habitants de Médine, et la raison de cela) : Ibn Ishâq dit : Il avait fait passer sa route, lorsqu'il revint de l'Orient, par Médine. Il y était déjà passé lors de son premier voyage sans toucher à ses habitants, et avait laissé parmi eux un de ses fils, qui fut tué en traîtrise. Il y arriva donc résolu à la détruire, à en exterminer les habitants et à couper ses palmiers 129. Ce clan des Ansâr se rassembla contre lui, ayant à leur tête 'Amr ibn Talla, frère des Banû al-Najjâr, puis l'un des Banû 'Amr ibn Mabdhûl. Le nom de Mabdhûl est 'Âmir ibn Mâlik ibn al-Najjâr. Le nom d'al-Najjâr est Taym Allâh ibn Tha'laba ibn 'Amr ibn al-Khazraj ibn Hâritha ibn Tha'laba ibn 'Amr ibn 'Âmir. (Généalogie de 'Amr ibn Talla) : Ibn Hishâm dit : 'Amr ibn Talla : 'Amr ibn Mu'âwiya ibn 'Amr ibn 'Âmir ibn Mâlik ibn al-Najjâr. Talla est sa mère, elle est la fille de 'Âmir ibn Zuraiq 130 ibn 'Abd Hâritha ibn Mâlik ibn Ghadb ibn Jusham ibn al-Khazraj. (Raison du combat de Tubba' contre les habitants de Médine) : Ibn Ishâq dit : Un homme des Banû 'Adî ibn al-Najjâr, nommé Ahmar, avait agressé un homme des compagnons de Tubba' lorsque celui-ci descendit chez eux, et le tua. En effet, il le trouva dans un de ses régimes 131 en train de le récolter 132, le frappa de sa faucille et le tua, en disant : « Les dattes sont à qui les a fécondées 133. » Cela accrut la rage de Tubba' contre eux, et ils combattirent. Les Ansâr prétendent qu'ils le combattaient le jour et l'hébergeaient 134 la nuit, ce qui lui plaisait d'eux, et il disait : « Par Dieu, notre peuple est vraiment généreux. » (Le départ de Tubba' de Médine sans la détruire, et le poème de Khâlid à ce sujet) : Alors que Tubba' était ainsi à les combattre, deux rabbins 135 parmi les rabbins juifs, des Banû Qurayza — Qurayza, al-Nadîr, al-Najjâm 136, 'Amr, qui est Hadal 137, sont les fils d'al-Khazraj ibn al-Sarîh ibn al-Taw'amân 138 ibn al-Sibt ibn al-Yasa' ibn Sa'd ibn Lâwî ibn Khayr ibn al-Najjâm ibn Tanhûm ibn 'Âzar ibn 'Uzrâ ibn Hârûn ibn 'Imrân ibn Yas'har ibn Qâhith 139 ibn Lâwî ibn Ya'qûb, qui est Isrâ'îl ibn Ishâq ibn Ibrâhîm, l'ami du Tout-Miséricordieux, que Dieu prie sur eux — deux savants versés dans la science, vinrent à lui. Ayant entendu ce qu'il voulait faire de Médine et de ses habitants, ils lui dirent : « Ô roi, ne fais pas cela, car si tu insistes dans ton dessein, un obstacle se dressera entre toi et elle, et nous ne serions pas à l'abri d'un châtiment immédiat sur toi. » Il leur dit : « Pourquoi cela ? » Ils répondirent : « C'est le lieu d'émigration d'un Prophète qui sortira de ce sanctuaire, issu de Quraysh, à la fin des temps ; elle sera sa demeure et sa résidence. » Il cessa donc, vit qu'ils avaient de la science, fut charmé par ce qu'il entendit d'eux, s'éloigna de Médine et les suivit dans leur religion. Khâlid ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn Ghaziyya ibn 'Amr (ibn 'Abd) 140 ibn 'Awf ibn Ghunm ibn Mâlik ibn al-Najjâr dit, en se glorifiant de 'Amr ibn Talla : « Est-ce que tu es guéri, ou le souvenir t'a-t-il interdit 141 ? ... As-tu satisfait un désir et un besoin ? Ou bien as-tu évoqué la jeunesse et ce qui ... Ton évocation de la jeunesse ou de ses époques 142 ? C'est une guerre violente 143 ... Semblable à elle apporte des leçons à l'homme. Demandez donc à 'Imrân ou à Asad ... Quand elle vint en ennemie 144 avec les planètes 145. Une armée 146 où se trouvait Abû Karib ... Leurs corps étaient couverts de cottes de mailles, puantes 147. Puis ils dirent : « Qui visons-nous par elle ? ... Les Banû 'Awf, ou bien al-Najara 148 ? » « Non, les Banû al-Najjâr, car nous avons ... Parmi eux des tués, et nous avons une vengeance 149. » Alors ils les rencontrèrent en combattant à l'épée ... Leurs rangs 150 étaient comme une pluie abondante et continue 151. Parmi eux, 'Amr ibn Talla, que Dieu a fait vivre 152 ... Son peuple pour une longue vie. Un seigneur élevé 153 parmi les rois, et celui qui ... Cherche à égaler 'Amr n'en aura pas le pouvoir. » Ce clan des Ansâr prétend que la rage de Tubba' était seulement contre ce clan de Juifs qui étaient parmi eux, et qu'il voulait les anéantir, mais ils l'en empêchèrent jusqu'à ce qu'il s'éloigne d'eux. C'est pourquoi il dit dans son poème : « En rage contre deux tribus qui s'installèrent à Yathrib ... Malheur à elles par le châtiment d'un jour funeste. » Ibn Hishâm dit : Le poème qui contient ce vers est fabriqué, c'est pourquoi nous ne l'avons pas rapporté. (L'adoption du christianisme par Tubba', son vêtement de la Maison, sa vénération pour elle, et le poème de Subay'a à ce sujet) : Ibn Ishâq dit : Tubba' et son peuple étaient des adorateurs d'idoles qu'ils vénéraient. Il se dirigea vers La Mecque, qui était sur sa route vers le Yémen. Lorsqu'il fut entre 'Usfân et Amaj 154, des hommes de Hudhayl ibn Mudrika ibn Ilyâs ibn Mudar ibn Nizâr ibn Ma'add vinrent à lui et lui dirent : « Ô roi, ne t'indiquerions-nous pas un trésor enfoui, que les rois avant toi ont négligé, contenant des perles, des émeraudes, des rubis, de l'or et de l'argent ? » Il dit : « Si. » Ils dirent : « Une Maison à La Mecque, que ses habitants adorent et près de laquelle ils prient. » Les Hudhalites voulaient ainsi sa perte, sachant que quiconque parmi les rois avait voulu s'en prendre à elle avait péri. Lorsqu'il décida de suivre leur conseil, il envoya chercher les deux rabbins et les interrogea à ce sujet. Ils lui dirent : « Ces gens ne veulent que ta perte et celle de ton armée. Nous ne connaissons pas de Maison que Dieu se soit choisie sur terre pour Lui-même en dehors de celle-ci. Si tu fais ce à quoi ils t'invitent, tu périras, toi et tous ceux qui sont avec toi. » Il dit : « Que m'ordonnez-vous donc de faire lorsque j'y arriverai ? » Ils dirent : « Fais ce que ses habitants font : tourne autour d'elle, vénère-la, honore-la, rase ta tête auprès d'elle, et humilie-toi devant elle, jusqu'à ce que tu en sortes. » Il dit : « Qu'est-ce qui vous empêche, vous-mêmes, de faire cela ? » Ils dirent : « Par Dieu, c'est bien la Maison de notre père Abraham, et elle est comme nous te l'avons dit. Mais ses habitants nous ont séparés d'elle par les idoles qu'ils ont dressées autour d'elle et par le sang qu'ils versent auprès d'elle ; ils sont impurs, des gens d'association » — ou quelque chose d'approchant. Il reconnut leur sincérité et la vérité de leurs paroles. Il fit approcher les hommes de Hudhayl et leur coupa les mains et les pieds. Puis il poursuivit sa route jusqu'à La Mecque, tourna autour de la Maison, y immola des victimes, se rasa la tête, et séjourna à La Mecque six jours — selon ce qu'on rapporte —, y immolant pour les gens, nourrissant ses habitants et leur donnant du miel à boire. Il vit en songe qu'il devait vêtir la Maison ; il la vêtit donc de nattes 155. Puis il vit en songe qu'il devait la vêtir de quelque chose de mieux ; il la vêtit donc de vêtements du Yémen 156. Puis il vit en songe qu'il devait la vêtir de quelque chose de mieux encore ; il la vêtit donc de manteaux rayés et de tissus précieux 157. Tubba' fut, selon ce qu'ils prétendent, le premier à vêtir la Maison 158. Il recommanda à ses gouverneurs de Jurhum d'en prendre soin, leur ordonna de la purifier, de n'y approcher ni sang, ni cadavre, ni linge souillé 159 — c'est-à-dire les menstrues 160 —, et il lui fit une porte et une serrure 161. Subay'a bint al-Ahabb 162 ibn Zubayna 163 ibn Judhayma ibn 'Awf ibn Nasr ibn Mu'âwiya ibn Bakr ibn Hawâzin ibn Mansûr ibn 'Ikrima ibn Khasafa ibn Qays ibn 'Aylân, qui était l'épouse de 'Abd Manâf ibn Ka'b ibn Sa'd ibn Taym ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy ibn Ghâlib ibn Fihr ibn Mâlik ibn al-Nadr ibn Kinâna, et avait de lui un fils nommé Khâlid, dit, en lui rappelant le caractère sacré de La Mecque et en lui interdisant d'y commettre des injustices, évoquant Tubba' et sa soumission envers elle, et ce qu'il y fit 164 : « Ô mon fils, ne commets pas d'injustice à La Mecque, ... Ni envers le petit ni envers le grand. Préserve ses lieux sacrés, mon fils, ... Et que ne te trompe point le trompeur. Ô mon fils, quiconque commet une injustice à La Mecque ... Rencontrera les extrémités des maux. Ô mon fils, son visage sera frappé ... Et le feu [de l'Enfer] brûlera ses joues. Ô mon fils, je l'ai éprouvée ... Et j'ai trouvé que son oppresseur périt 165. C'est Dieu qui l'a rendue sûre, et ... Il n'y a pas de palais bâtis dans son enceinte. C'est Dieu qui a rendu sûrs ses oiseaux ... Et les bouquetins 166 sont en sécurité sur Thabîr 167. »
Et certes, Tubba' l'attaqua... puis il revêtit sa Ka'ba du Habir 168. Et mon Seigneur humilia son royaume... en elle, et il accomplit ses vœux. Il marcha vers elle, pieds nus... tandis que mille chameaux se tenaient dans son parvis. Et il ne cessa de nourrir ses habitants... de la viande des mahârî 169 et des chameaux de sacrifice. Il leur donnait à boire du miel purifié... et du rahîd 170 d'orge. Et l'armée de l'Éléphant fut anéantie... ils furent lapidés avec des pierres. Et la royauté est aux confins des pays... chez les Perses et les Khazîr 171. Écoute donc, quand on te raconte, et comprends... comment finissent les choses. Ibn Hishâm dit : on s'arrête sur ses rimes, on ne les décline pas 172. (Appel de Tubban à son peuple au christianisme, et leur recours au feu pour trancher entre lui et eux). Puis il en sortit, se dirigeant vers le Yémen avec ses troupes et les deux rabbins, jusqu'à ce qu'il entrât au Yémen. Il appela son peuple à embrasser ce qu'il avait embrassé, mais ils refusèrent, jusqu'à ce qu'ils le citent à comparaître devant le feu qui se trouvait au Yémen. Ibn Ishâq dit : Abû Mâlik ibn Tha'laba ibn Abî Mâlik al-Qurazî m'a raconté, disant : j'ai entendu Ibrâhîm ibn Muhammad ibn Talha ibn 'Ubayd Allâh raconter : Lorsque Tubba' s'approcha du Yémen pour y entrer, les Himyarites l'en empêchèrent et dirent : Tu n'y entreras pas sur nous, car tu as abandonné notre religion. Il les appela à sa religion et dit : Elle est meilleure que la vôtre. Ils dirent : Alors cite-nous à comparaître devant le feu. Il dit : Oui. Il dit : Il y avait au Yémen – selon ce que prétendent les gens du Yémen – un feu qui jugeait entre eux dans leurs différends, dévorant l'injuste et ne nuisant pas à l'opprimé. Son peuple sortit avec leurs idoles et ce par quoi ils se rapprochaient [de leurs divinités] dans leur religion, et les deux rabbins sortirent avec leurs Évangiles autour du cou, les portant en bandoulière, jusqu'à ce qu'ils s'assoient devant le feu à l'endroit d'où il sortait. Le feu sortit vers eux, et lorsqu'il s'approcha d'eux, ils s'écartèrent et le redoutèrent. Alors ceux qui étaient présents parmi les gens les réprimandèrent 173 et leur ordonnèrent d'endurer. Ils endurèrent jusqu'à ce que le feu les enveloppe : il dévora les idoles et ce qu'ils avaient offert avec elles, ainsi que les hommes de Himyar qui portaient cela. Les deux rabbins sortirent avec leurs Évangiles autour du cou, leurs fronts ruisselant de sueur, sans que le feu ne leur nuise. Alors Himyar se rallia 174 à sa religion. C'est de là et par cela que le judaïsme prit naissance au Yémen. Ibn Ishâq dit : Un narrateur m'a raconté que les deux rabbins et ceux qui sortirent de Himyar suivirent le feu pour le repousser, et dirent : Celui qui le repousse est plus en droit [de détenir la vérité]. Des hommes de Himyar s'approchèrent du feu avec leurs idoles pour le repousser, mais il s'approcha d'eux pour les dévorer, alors ils s'écartèrent et ne purent le repousser. Ensuite, les deux rabbins s'en approchèrent, récitant la Torah, et le feu recula devant eux, jusqu'à ce qu'ils le repoussent à l'endroit d'où il était sorti. Alors Himyar se rallia à leur religion. Et Dieu sait lequel de ces récits est vrai. (Ri'âm 175 et ce qu'il advint). Ibn Ishâq dit : Ri'âm était un temple qu'ils vénéraient, où ils sacrifiaient et d'où ils recevaient des paroles 176 lorsqu'ils étaient encore dans leur polythéisme. Les deux rabbins dirent à Tubba' : Ce n'est qu'un démon qui les séduit par cela. Laisse-nous faire avec lui. Il dit : Occupez-vous-en. Alors ils en firent sortir – selon ce que prétendent les gens du Yémen – un chien noir, qu'ils égorgèrent, puis ils détruisirent ce temple. Ses vestiges aujourd'hui – m'a-t-on rapporté – portent encore les traces du sang qui y était versé. (Règne de son fils Hassân ibn Tubban et meurtre de son frère 'Amr). (Cause de son meurtre). Lorsque son fils Hassân ibn Tubban As'ad Abî Karib régna, il marcha avec les gens du Yémen, voulant fouler avec eux la terre des Arabes et la terre des Perses. Lorsqu'ils furent dans une région de l'Irak – Ibn Hishâm dit : au Bahreïn, selon ce que m'a rapporté un savant – les Himyarites et les tribus du Yémen répugnèrent à marcher avec lui et voulurent retourner dans leurs pays et leurs familles. Ils parlèrent à un frère de Hassân, nommé 'Amr, qui était avec lui dans son armée, et lui dirent : Tue ton frère Hassân, nous te ferons roi sur nous, et tu nous ramèneras dans notre pays. Il accepta. Tous se rallièrent à cela, sauf Dhû Ru'ayn 177 le Himyarite, qui l'en dissuada, mais il n'accepta pas de lui. Alors Dhû Ru'ayn dit : « N'y a-t-il personne qui achète la veille contre le sommeil ?... Heureux celui qui passe la nuit l'œil tranquille. Quant à Himyar, s'ils ont trahi et trompé... que l'excuse de Dieu soit pour Dhû Ru'ayn. » Puis il écrivit ces deux vers sur un feuillet, le scella, puis l'apporta à 'Amr et lui dit : Garde-moi ce papier chez toi. Il le fit. Puis 'Amr tua son frère Hassân et retourna avec ceux qui étaient avec lui au Yémen. Un homme de Himyar dit : « Que Dieu prive de ses yeux celui qui a vu un pareil à Hassân... tué dans les temps anciens. L'ont tué des chefs 178 craignant la prison... au matin où ils dirent : Labâb, Labâb 179. Votre mort est le meilleur d'entre nous, et votre vivant... est un seigneur sur nous, et vous êtes tous mes maîtres. » Ibn Ishâq dit : Son dire « Labâb, Labâb » signifie : « Pas de mal, pas de mal », en langue himyarite 180. Ibn Hishâm dit : On rapporte aussi : Libâb, Libâb. (Remords de 'Amr et sa perte). Ibn Ishâq dit : Lorsque 'Amr ibn Tubban s'installa au Yémen, le sommeil lui fut interdit et l'insomnie s'empara de lui. Quand cela l'épuisa, il interrogea les médecins et les devins 181 parmi les kahins et les 'arrâf 182 sur ce qu'il avait. L'un d'eux lui dit : Par Dieu, jamais un homme n'a tué son frère ou un parent par agression pour une raison semblable à celle pour laquelle tu as tué ton frère, sans perdre le sommeil et être en proie à l'insomnie. Lorsqu'on lui dit cela, il se mit à tuer tous ceux des nobles du Yémen qui lui avaient ordonné de tuer son frère Hassân, jusqu'à ce qu'il parvienne à Dhû Ru'ayn. Dhû Ru'ayn lui dit : J'ai auprès de toi une preuve d'innocence. Il dit : Laquelle ? Il dit : Le papier que je t'ai remis. Il le sortit, et il contenait les deux vers. Il le laissa et vit qu'il l'avait conseillé. 'Amr périt, et alors les affaires de Himyar se troublèrent 183 et ils se dispersèrent. (Usurpation de Lakhni'a Dhû Shanâtir sur le royaume du Yémen). (Son accession au pouvoir, quelques traits de sa conduite, puis son meurtre). Un homme de Himyar, qui n'était pas des maisons royales, nommé Lakhni'a 184 Yanûf Dhû Shanâtir 185, s'empara d'eux, tua leurs meilleurs éléments et maltraita les familles royales parmi eux. Un poète de Himyar dit à Lakhni'a : « Tu tues leurs fils et tu exiles leurs nobles... et tu bâtis pour elle, de leurs propres mains, l'humiliation, ô Himyar. Tu ruines leur vie présente par la légèreté de leurs esprits... et ce qu'ils ont perdu de leur religion est plus grand. Ainsi les générations avant cela, par leur injustice... et leur excès, les maux viennent et ils y perdent. » Lakhni'a était un homme pervers qui pratiquait l'acte du peuple de Lot. Il envoyait chercher un garçon parmi les fils des rois, abusait de lui dans un belvédère 186 qu'il avait aménagé à cet effet, afin qu'il ne puisse plus régner ensuite, puis il sortait de ce belvédère vers ses gardes et les soldats présents, un cure-dent à la bouche, pour leur faire savoir qu'il avait fini avec lui. Jusqu'à ce qu'il envoie chercher Zur'a Dhû Nuwâs 187 ibn Tubban As'ad, frère de Hassân, qui était un petit enfant lorsque Hassân fut tué, puis devint un jeune homme beau, élégant, de belle prestance et d'esprit. Lorsque son messager vint à lui, il comprit ce qu'il voulait de lui. Il prit un petit couteau de fer tranchant, le cacha entre son pied et sa sandale, puis se rendit chez lui. Lorsqu'il fut seul avec lui, Dhû Nuwâs bondit sur lui, le frappa 188 jusqu'à le tuer, puis lui coupa la tête, la plaça dans la lucarne par laquelle il avait l'habitude de se montrer, et mit son cure-dent dans sa bouche. Puis il sortit vers les gens. Ils lui dirent : Ô Dhû Nuwâs, est-ce tendre ou sec 189 ? Il dit : Demande à Nakhmas 190 : « Istirtubân 191 Dhû Nuwâs. Istirtubân, lâ bâs 192. »
Ibn Hishâm dit : Ceci est le langage de Himyar. « Nakhmas » signifie la tête 193. Ils regardèrent donc par la lucarne et voilà que la tête de Lakhani‘a était coupée. Ils sortirent alors à la poursuite de Dhû Nuwâs jusqu’à ce qu’ils l’eussent rattrapé. Ils dirent : « Il ne convient pas que quelqu’un d’autre que toi nous gouverne, puisque tu nous as délivrés de ce scélérat. » **Règne de Dhû Nuwâs** Ils le proclamèrent donc roi, et Himyar ainsi que les tribus du Yémen se rallièrent à lui. Il fut le dernier des rois de Himyar, et c’est lui l’homme du Fossé 194. Il se fit appeler Yûsuf et régna quelque temps. **Le christianisme à Najrân** À Najrân se trouvaient des vestiges des gens de la religion de Jésus, fils de Marie – sur lui la paix –, attachés à l’Évangile, des gens de vertu et de droiture parmi les adeptes de leur religion. Ils avaient un chef appelé ‘Abd Allâh ibn al-Thâmir. L’origine de cette religion à Najrân remonte à une époque où Najrân était au centre du pays des Arabes, et ses habitants, ainsi que tous les autres Arabes, étaient des adorateurs d’idoles. Un homme issu des vestiges de cette religion, nommé Faymiyûn 195, s’installa parmi eux, les convertit, et ils embrassèrent cette foi. **Début de l’implantation du christianisme à Najrân** **Faymiyûn, Sâlih et la propagation du christianisme à Najrân** Ibn Ishâq dit : Al-Mughîra ibn Abî Labîd, client d’al-Akhnas, m’a rapporté d’après Wahb ibn Munabbih al-Yamânî qu’il leur a raconté : L’origine de cette religion à Najrân fut qu’un homme issu des vestiges de la religion de Jésus, fils de Marie, nommé Faymiyûn, était un homme pieux, ascétique, zélé, détaché du monde, dont les prières étaient exaucées. Il voyageait, s’arrêtant dans les villages, sans se faire connaître dans un village sans en partir pour un autre où il restait inconnu. Il ne mangeait que du travail de ses mains, étant maçon, travaillant l’argile. Il honorait le dimanche : le dimanche, il ne travaillait pas, mais se rendait dans un désert pour prier jusqu’au soir. Il se trouvait dans un village de Syrie, exerçant son métier en secret, lorsqu’un habitant de ce village, nommé Sâlih, prit conscience de sa situation. Sâlih se prit d’un amour pour lui tel qu’il n’en avait jamais éprouvé pour personne auparavant. Il le suivait partout où il allait, sans que Faymiyûn s’en aperçoive. Un jour de dimanche, Faymiyûn sortit vers un désert, comme à son habitude, et Sâlih le suivit à son insu. Sâlih s’assit à portée de vue, caché, ne voulant pas être découvert. Faymiyûn se mit en prière. Pendant qu’il priait, voilà que le Tinnîn – le serpent à sept têtes 196 – s’approcha de lui. Quand Faymiyûn le vit, il invoqua Dieu contre lui, et le serpent mourut. Sâlih le vit sans savoir ce qui l’avait frappé, et craignit pour lui. Il fut saisi d’une grande frayeur 197 et cria : « Ô Faymiyûn, le Tinnîn s’approche de toi ! » Mais Faymiyûn ne se retourna pas et continua sa prière jusqu’à ce qu’il l’eût achevée. Le soir venu, il partit. Il comprit qu’il avait été découvert, et Sâlih comprit qu’il avait vu sa cachette. Il lui dit : « Ô Faymiyûn, par Dieu, je n’ai jamais aimé personne comme je t’aime. Je voudrais t’accompagner et rester avec toi où que tu sois. » Faymiyûn répondit : « Comme tu voudras. Ma condition est celle que tu vois. Si tu penses pouvoir la supporter, alors oui. » Sâlih resta donc avec lui. Les gens du village étaient sur le point de découvrir son secret. Lorsqu’un serviteur de Dieu souffrant venait à lui, il priait pour lui et il était guéri ; mais si on l’invitait à se rendre chez un malade, il n’y allait pas. Un habitant du village avait un fils aveugle. Il s’enquit de la situation de Faymiyûn, et on lui dit : « Il ne se rend chez personne qui l’invite, mais c’est un homme qui construit des bâtiments pour les gens contre salaire. » L’homme prit donc son fils, le plaça dans une chambre, le couvrit d’un vêtement, puis vint trouver Faymiyûn et lui dit : « Ô Faymiyûn, je voudrais faire des travaux dans ma maison ; viens avec moi pour les voir, afin que je te les détaille. » Il partit avec lui, entra dans la chambre, puis lui dit : « Que veux-tu faire dans cette maison ? » Il répondit : « Ceci et cela. » Puis l’homme retira le vêtement de dessus l’enfant et dit : « Ô Faymiyûn, un serviteur de Dieu a été frappé de ce que tu vois ; invoque Dieu pour lui. » Faymiyûn pria pour lui, et l’enfant se leva, guéri. Faymiyûn comprit qu’il avait été reconnu, et quitta le village, suivi de Sâlih. Alors qu’il marchait dans une région de Syrie, il passa près d’un grand arbre. Un homme l’appela de l’arbre : « Ô Faymiyûn ! » Il répondit : « Oui. » L’homme dit : « Je n’ai cessé de t’attendre 198 et de me dire : Quand viendra-t-il ? jusqu’à ce que j’aie entendu ta voix et reconnu que c’était toi. Ne t’éloigne pas avant de m’avoir assisté, car je vais mourir maintenant. » Il mourut, et Faymiyûn l’assista jusqu’à l’ensevelissement, puis s’en alla, suivi de Sâlih. Ils pénétrèrent dans une région d’Arabie, où ils furent attaqués. Une caravane d’Arabes les captura et les emmena jusqu’à Najrân, où ils les vendirent. Les habitants de Najrân, à cette époque, suivaient la religion des Arabes : ils adoraient un grand palmier qui se dressait parmi eux, et célébraient chaque année une fête en son honneur. Lors de cette fête, ils suspendaient à l’arbre tous les beaux vêtements qu’ils trouvaient, ainsi que les bijoux des femmes, puis se rendaient auprès de lui et passaient la journée à l’entourer. Faymiyûn fut acheté par un de leurs nobles, et Sâlih par un autre. Faymiyûn, lorsqu’il se levait la nuit pour prier dans une chambre que son maître lui avait donnée, la pièce s’illuminait de lumière jusqu’au matin, sans lampe. Son maître vit cela, fut impressionné par ce qu’il observait de lui, et l’interrogea sur sa religion. Faymiyûn l’en informa et lui dit : « Vous êtes dans l’erreur. Ce palmier ne peut ni nuire ni profiter. Si j’invoquais contre lui mon Dieu, que j’adore, Il le détruirait. C’est Dieu, l’Unique, sans associé. » Son maître dit : « Fais-le donc. Si tu le fais, nous entrerons dans ta religion et abandonnerons ce que nous pratiquons. » Faymiyûn se leva, se purifia, pria deux rak‘as, puis invoqua Dieu contre le palmier. Dieu envoya un vent qui le déracina 199 et le jeta à terre. Alors les gens de Najrân le suivirent dans sa religion, et il les établit sur la Loi de la religion de Jésus, fils de Marie – sur lui la paix. Puis les innovations qui avaient affecté les gens de leur religion en tout pays les gagnèrent également. C’est ainsi que le christianisme s’implanta à Najrân, en terre arabe. Ibn Ishâq dit : Tel est le récit de Wahb ibn Munabbih au sujet des gens de Najrân. **L’affaire de ‘Abd Allâh ibn al-Thâmir et l’histoire des gens du Fossé** **Faymiyûn, Ibn al-Thâmir et le Nom Suprême** Ibn Ishâq dit : Yazîd ibn Ziyâd m’a rapporté d’après Muhammad ibn Ka‘b al-Qurazî, et également un des gens de Najrân m’a rapporté d’après les leurs : Les gens de Najrân étaient polythéistes, adorant les idoles. Dans un village proche de Najrân – Najrân étant la grande ville où se rassemblaient les habitants de cette région – vivait un sorcier qui enseignait la sorcellerie aux jeunes gens de Najrân. Lorsque Faymiyûn s’installa là – ils ne me l’ont pas nommé du nom que lui a donné Wahb ibn Munabbih, mais dirent : un homme s’y installa –, il dressa une tente entre Najrân et ce village où se trouvait le sorcier. Les gens de Najrân envoyaient leurs enfants chez ce sorcier pour apprendre la sorcellerie. Al-Thâmir envoya son fils ‘Abd Allâh ibn al-Thâmir avec les jeunes gens de Najrân. Chaque fois qu’il passait près de l’homme de la tente, il était frappé par ce qu’il voyait de sa prière et de son adoration. Il se mit à s’asseoir auprès de lui, à l’écouter, jusqu’à ce qu’il embrassât l’Islam : il proclama l’unicité de Dieu et L’adora. Il l’interrogea sur les prescriptions de l’Islam, et lorsqu’il les eut bien comprises, il l’interrogea sur le Nom Suprême. Faymiyûn le connaissait, mais il le lui cacha et lui dit 200 :
Ô fils de mon frère, tu ne pourras pas le porter, je crains pour toi ta faiblesse à son égard. Or, al-Thāmir Abū ‘Abd Allāh ne pensait que son fils fréquentait le sorcier comme le font les garçons. Lorsque ‘Abd Allāh vit que son compagnon avait été avare envers lui 201 et craignit sa faiblesse à cet égard, il prit des flèches 202 et les rassembla, puis il n’omit aucun nom d’Allāh qu’il connaissait sans l’écrire sur une flèche, et pour chaque nom une flèche, jusqu’à ce qu’il les eût comptées. Il alluma un feu pour elles, puis se mit à les jeter dedans, flèche après flèche, jusqu’à ce qu’il arrivât au Nom suprême 203 ; il jeta sa flèche dedans, mais la flèche bondit jusqu’à sortir du feu sans que rien ne lui nuisît. Il la prit, puis vint chez son compagnon et l’informa qu’il avait appris le nom qu’il lui avait caché. Il dit : « Et quel est-il ? » Il répondit : « Il est tel et tel. » Il dit : « Et comment l’as-tu appris ? » Il l’informa de ce qu’il avait fait. Il dit : « Ô fils de mon frère, tu l’as trouvé ; garde-le pour toi, mais je ne pense pas que tu le fasses. » (Ibn al-Thāmir et son appel au christianisme à Najrān) : ‘Abd Allāh b. al-Thāmir, lorsqu’il entrait à Najrān, ne rencontrait personne atteint d’un mal sans lui dire : « Ô serviteur d’Allāh, proclames-tu l’unicité d’Allāh 204 et entres-tu dans ma religion, et j’invoquerai Allāh pour qu’Il te guérisse de l’épreuve dans laquelle tu te trouves ? » Il répondait : « Oui. » Alors il proclamait l’unicité d’Allāh et se soumettait 205, et il invoquait pour lui, et il était guéri. Il ne resta personne à Najrān atteint d’un mal sans qu’il vînt à lui et le suivît dans son affaire, et il invoqua pour lui et il fut guéri, jusqu’à ce que sa renommée parvînt au roi de Najrān. Celui-ci le convoqua et lui dit : « Tu as corrompu pour moi les habitants de ma cité, et tu t’es opposé à ma religion et à celle de mes pères ; je te ferai subir un châtiment exemplaire 206. » Il dit : « Tu n’en as pas le pouvoir. » Alors il se mit à l’envoyer sur la haute montagne, et on le jetait de son sommet, mais il tombait à terre sans mal. Et il se mit à l’envoyer vers des eaux à Najrān, des mers 207 où rien ne tombait sans périr ; on l’y jetait, mais il en sortait sans mal. Lorsque le roi fut vaincu, ‘Abd Allāh b. al-Thāmir lui dit : « Par Allāh, tu ne pourras me tuer avant d’avoir proclamé l’unicité d’Allāh et cru en ce en quoi je crois ; car si tu fais cela, tu auras pouvoir sur moi et tu me tueras. » Alors ce roi proclama l’unicité d’Allāh Très-Haut et témoigna du témoignage de ‘Abd Allāh b. al-Thāmir, puis il le frappa avec un bâton qu’il tenait à la main, lui faisant une blessure à la tête, sans gravité, et le tua. Puis le roi mourut sur-le-champ, et les habitants de Najrān s’unirent sur la religion de ‘Abd Allāh b. al-Thāmir, qui était conforme à ce qu’avait apporté Jésus fils de Marie, de l’Évangile et de son jugement. Puis ils furent frappés par les mêmes événements que ceux de leur religion, et c’est de là que vint l’origine du christianisme à Najrān. Et Allāh sait mieux cela. Ibn Isḥāq dit : Tel est le récit de Muḥammad b. Ka‘b al-Quraẓī et de certains habitants de Najrān au sujet de ‘Abd Allāh b. al-Thāmir. Et Allāh sait lequel de ces récits est vrai. (Dhū Nuwās et le fossé 208) : Dhū Nuwās marcha contre eux avec ses armées, les appela au judaïsme et leur donna le choix entre cela et la mort. Ils choisirent la mort. Alors il creusa pour eux le fossé, brûla par le feu ceux qu’il brûla, tua par l’épée et mutila, jusqu’à ce qu’il eût tué près de vingt mille d’entre eux. C’est au sujet de Dhū Nuwās et de son armée qu’Allāh Très-Haut révéla à Son Envoyé, notre maître Muḥammad (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) : « Que périssent les gens du fossé, au feu abondant en combustible, quand ils étaient assis autour, et ils étaient témoins de ce qu’ils faisaient aux croyants, et ils ne leur reprochaient que de croire en Allāh, le Puissant, le Digne de louange » (Coran 85:4-8). (Le fossé, linguistiquement) : Ibn Hishām dit : Al-ukhdūd 209 est une excavation allongée dans le sol, comme un fossé, un ruisseau ou autre ; son pluriel est akhādīd. Dhū l-Rumma, dont le nom est Ghaylān b. ‘Uqba, l’un des Banū ‘Adī b. ‘Abd Manāf b. Add b. Ṭābikha b. Ilyās b. Muḍar, a dit : « Parmi les [palmiers] irakiens auxquels elle fait retourner l’eau... entre le désert et les palmiers, un ukhdūd », entendant par là un ruisseau. Ce vers fait partie d’un poème de lui. Il dit : On appelle aussi ukhdūd la trace de l’épée, du couteau sur la peau, la trace du fouet et autres ; son pluriel est akhādīd. (Meurtre d’Ibn al-Thāmir) : Ibn Isḥāq dit : On dit que parmi ceux que tua Dhū Nuwās se trouvait ‘Abd Allāh b. al-Thāmir, leur chef et leur imām 210. (Ce qui est rapporté au sujet d’Ibn al-Thāmir dans sa tombe) : Ibn Isḥāq dit : ‘Abd Allāh b. Abī Bakr b. Muḥammad b. ‘Amr b. Ḥazm m’a raconté qu’on lui avait rapporté : Un homme de Najrān, à l’époque de ‘Umar b. al-Khaṭṭāb (qu’Allāh l’agrée), creusa une ruine parmi les ruines de Najrān pour quelque besoin, et ils trouvèrent ‘Abd Allāh b. al-Thāmir sous un amas de terre, assis, la main posée sur une blessure à la tête, la tenant sur elle. Lorsqu’on écartait sa main, elle se mettait à saigner, et lorsqu’on la laissait, il la remettait dessus et elle arrêtait le sang. À sa main se trouvait une chevalière sur laquelle était écrit : « Mon Seigneur est Allāh. » On écrivit à ce sujet à ‘Umar b. al-Khaṭṭāb pour l’informer de son état, et ‘Umar (qu’Allāh l’agrée) leur écrivit : « Laissez-le en l’état, et remettez sur lui l’amas de terre qui était sur lui. » Ils le firent. (L’affaire de Daws Dhū Tha‘labān et le début du règne des Abyssins, et mention d’Aryāṭ le conquérant du Yémen) (Fuite de Daws et sa demande de secours à César) : Ibn Isḥāq dit : Un homme de Saba’, nommé Daws Dhū Tha‘labān, leur échappa sur son cheval ; il prit par le sable et leur échappa. Il poursuivit sa route jusqu’à ce qu’il arrivât chez César, le roi des Romains, et lui demanda secours contre Dhū Nuwās et ses armées, et l’informa de ce qu’ils avaient subi. César lui dit : « Ton pays est loin de nous, mais je vais écrire pour toi au roi d’Abyssinie, car il est de cette religion, et il est plus proche de ton pays. » Il lui écrivit pour lui ordonner de le secourir et de venger son sang. (Victoire d’Aryāṭ, défaite et mort de Dhū Nuwās) : Daws arriva donc chez le Negus 211 avec la lettre de César. Celui-ci envoya avec lui soixante-dix mille Abyssins, et mit à leur tête un homme parmi eux nommé Aryāṭ, accompagné dans son armée par Abraha al-Ashram. Aryāṭ prit la mer jusqu’à débarquer sur la côte du Yémen, avec Daws Dhū Tha‘labān. Dhū Nuwās marcha contre lui avec Ḥimyar et ceux des tribus du Yémen qui lui obéissaient. Lorsqu’ils se rencontrèrent, Dhū Nuwās et ses compagnons furent mis en déroute. Quand Dhū Nuwās vit ce qui lui arrivait ainsi qu’à son peuple, il dirigea son cheval vers la mer, le frappa et entra avec lui dans l’eau, traversant le bas-fond de la mer jusqu’à atteindre ses profondeurs, et il y pénétra ; ce fut la dernière nouvelle de lui. Aryāṭ entra au Yémen et en devint le roi. (Poème sur Daws et ce qui advint de lui) : Un homme du Yémen dit, évoquant ce que Daws leur avait attiré de l’affaire des Abyssins : « Ni comme Daws, ni comme les liens de sa selle ! » C’est un proverbe au Yémen jusqu’à ce jour. Et Dhū Jadan al-Ḥimyarī dit : « Doucement ! Les larmes ne ramènent pas ce qui est perdu... Ne te consume pas de regret à la suite de ceux qui sont morts. Après Baynūn, ni œil ni trace ?... Et après Silḥīn, les gens bâtissent des maisons. Baynūn, Silḥīn et Ghumdān : des forteresses du Yémen qu’Aryāṭ détruisit, et il n’y avait pas dans le monde leurs pareilles. » Et Dhū Jadan dit aussi : « Laisse-moi, que nul père ne te perde ! Tu ne pourras... Qu’Allāh te fasse du mal ! Tu as épuisé ma salive. J’ai près de moi le jeu des chanteuses quand nous nous sommes affrontés... Et quand on nous abreuve du vin pur. Boire du vin n’est pas une honte pour moi... Quand mon compagnon ne se plaint pas de moi à son sujet. Car la mort, nul ne l’empêche... Même si l’on buvait le remède avec le tabac à priser. Ni un moine dans une colonne... Dont les murs heurtent les œufs d’autruche. Et Ghumdān, dont tu as entendu parler... Ils l’ont bâti, élevé au sommet d’une colline. Dans une plaine, et son bas est un ravin... Et le bord du marécage, humide et glissant. Des lampes à huile s’y balancent... Quand vient le soir, comme les éclairs. »
Et son palmier qui avait été planté pour lui... Le fruit mûr manque de plier les branches 212. Il devint, après sa fraîcheur, cendre, et la flamme de l'incendie altéra sa beauté. Et Dhû Nuwâs 213 se rendit, humilié, et avertit son peuple de l'étroitesse du défilé. Et Ibn adh-Dhi'ba ath-Thaqafî 214 dit à ce sujet. Ibn Hishâm dit : adh-Dhi'ba est sa mère, et son nom est Rabî'a ibn 'Abd Yâ Lîl ibn Sâlim ibn Mâlik ibn Hutayt ibn Jusham ibn Qasî : Par ta vie ! Le jeune homme n'a d'échappatoire ni avec la mort qui le rattrape, ni avec la vieillesse. Par ta vie ! Le jeune homme n'a point de refuge 215 ; par ta vie ! Il n'a point d'abri 216. Après des tribus de Himyar 217 anéanties au matin à Dhât al-'Abar 218, Avec mille milliers, et une troupe 219 pareille au ciel avant la pluie, Dont les cris assourdissent les montures rapides 220 et chassent ceux qu'ils combattent par l'odeur fétide 221, Des Sa'âlî 222 nombreux comme la poussière, dont les fruits tendres des arbres se dessèchent. Et 'Amr ibn Ma'dîkarib 223 az-Zubaydî dit, à propos d'une affaire entre lui et Qays ibn Makshûh al-Murâdî 224, et il apprit qu'il le menaçait, il dit, évoquant Himyar et sa puissance, et ce qui avait disparu de son royaume : Me menaces-tu, comme si tu étais Dhû Ru'ayn 225 à la vie la plus douce, ou Dhû Nuwâs ? Combien y eut-il avant toi de délices et de royaume stable et bien établi parmi les hommes, Ancien, remontant à l'époque de 'Âd 226, immense, domptant la tyrannie, dur ? Or ses habitants ont péri, et l'on passe d'un peuple à un autre. (Généalogie de Zubayd :) Ibn Hishâm dit : Zubayd ibn Salama ibn Mâzin ibn Munabbih ibn Sa'b ibn Sa'd al-'Ashîra ibn Madh'hij ; et on dit : Zubayd ibn Munabbih ibn Sa'b ibn Sa'd al-'Ashîra ; et on dit : Zubayd ibn Sa'b. Et Murâd : Yuhâbir ibn Madh'hij. (Cause de la composition de ce poème par 'Amr ibn Ma'dîkarib :) Ibn Hishâm dit : Abû 'Ubayda m'a raconté, disant : 'Umar ibn al-Khattâb - que Dieu l'agrée - écrivit à Salmân ibn Rabî'a al-Bâhilî - et Bâhila est ibn Ya'sur ibn Sa'd ibn Qays ibn 'Aylân - alors qu'il était en Arménie, lui ordonnant de donner la préférence aux possesseurs de chevaux arabes 227 sur les possesseurs de chevaux métis 228 dans l'attribution des soldes. Il passa donc les chevaux en revue, et le cheval de 'Amr ibn Ma'dîkarib passa devant lui. Salmân lui dit : Ton cheval est métis. 'Amr se fâcha et dit : Un bâtard a reconnu un bâtard semblable à lui. Qays bondit alors vers lui et le menaça. 'Amr dit ces vers 229. (Véracité de la divination de Satîh et de Shiqq :) Ibn Hishâm dit : C'est ce que visait Satîh le devin par sa parole : « Les Abyssins descendront certainement sur votre terre, et ils posséderont ce qui est entre Abyan et Jurash. » Et ce que visait Shiqq le devin par sa parole : « Les Noirs descendront certainement sur votre terre, et ils domineront toute enfant aux doigts délicats, et ils posséderont ce qui est entre Abyan et Najrân. » Abraha al-Ashram 230 prit le contrôle du Yémen et tua Aryât. (Ce qui se passa entre Aryât et Abraha :) Ibn Ishâq 231 dit : Aryât demeura au Yémen plusieurs années dans cette autorité. Puis Abraha l'Abyssin - qui était dans son armée - contesta son autorité sur les Abyssins au Yémen, jusqu'à ce que les Abyssins se divisent entre eux deux. Un groupe se rallia à chacun d'eux. Puis l'un marcha contre l'autre. Quand les troupes furent proches, Abraha envoya dire à Aryât : « Tu ne gagneras rien à ce que les Abyssins s'entretuent jusqu'à s'anéantir. Sors vers moi, et je sortirai vers toi. Celui de nous deux qui tuera l'autre, son armée se ralliera à lui. » Aryât lui répondit : « Tu es équitable. » Abraha sortit vers lui ; c'était un homme court, gras 232 et trapu 233, et il était pieux dans le christianisme. Aryât sortit vers lui ; c'était un homme beau, grand et imposant, tenant une lance. Un serviteur d'Abraha, nommé 'Atwada 234, protégeait ses arrières. Aryât leva sa lance et frappa Abraha, visant sa fontanelle 235 ; la lance atteignit le front d'Abraha, fendant son sourcil, son nez, son œil et sa lèvre. C'est pourquoi il fut appelé Abraha al-Ashram 236. 'Atwada chargea Aryât par derrière et le tua. L'armée d'Aryât se rallia à Abraha, et les Abyssins du Yémen se rassemblèrent autour de lui. Abraha paya le prix du sang 237 pour Aryât. (Colère du Négus 238 contre Abraha pour avoir tué Aryât, puis son pardon :) Quand la nouvelle parvint au Négus, il entra dans une grande colère et dit : « Il a attaqué mon gouverneur et l'a tué sans mon ordre. » Puis il jura qu'il ne laisserait pas Abraha jusqu'à ce qu'il foule son sol et lui coupe la mèche de cheveux. Abraha se rasa donc la tête, remplit une outre de terre du Yémen, l'envoya au Négus, puis lui écrivit : « Ô roi, Aryât était ton serviteur, et je suis ton serviteur. Nous avons divergé dans ton affaire, mais chacun t'est obéissant. Cependant, j'étais plus fort pour gérer les affaires des Abyssins, plus ferme et plus politique que lui. Je me suis rasé entièrement la tête quand j'ai appris le serment du roi, et je t'ai envoyé une outre de terre de mon pays, pour que tu la mettes sous tes pieds, afin que ton serment soit accompli sur moi. » Quand cela parvint au Négus, il fut satisfait de lui et lui écrivit : « Reste au Yémen jusqu'à ce que mon ordre te parvienne. » Abraha demeura donc au Yémen. L'affaire de l'Éléphant et l'histoire des Nasa'a 239 (Construction d'al-Qullays 240 :) Puis Abraha construisit al-Qullays à San'a, une église telle qu'on n'en avait jamais vu de pareille à son époque sur terre. Puis il écrivit au Négus : « J'ai construit pour toi, ô roi, une église telle qu'aucun roi avant toi n'en a construite. Et je ne cesserai pas jusqu'à ce que j'y détourne le pèlerinage des Arabes. » Quand les Arabes parlèrent de cette lettre d'Abraha au Négus, un homme des Nasa'a, un des Banû Fuqaym ibn 'Adî ibn 'Âmir ibn Tha'laba ibn al-Hârith ibn Mâlik ibn Kinâna ibn Khuzayma ibn Mudrika ibn Ilyâs de Mudar, se fâcha. (Signification des Nasa'a :) Les Nasa'a sont ceux qui intercalaient les mois 241 chez les Arabes à l'époque préislamique : ils déclaraient licite un mois sacré et déclaraient sacré à sa place un mois profane, et retardaient ce mois. C'est à leur sujet que Dieu - béni et exalté soit-Il - révéla : « Le report [d'un mois sacré] n'est qu'un surcroît de mécréance, par lequel les mécréants sont égarés : ils le déclarent licite une année, et le déclarent sacré une autre année, afin d'ajuster le nombre de ce que Dieu a sacré. » (Coran 9:37) (Al-Muwâta'a linguistiquement :) Ibn Hishâm dit : Li-yuwâti'û : pour qu'ils s'accordent. Al-muwâta'a : l'accord. Les Arabes disent : wâta'tuka 'alâ hâdhâ l-amr, c'est-à-dire je me suis accordé avec toi sur cette affaire. Al-îtâ' en poésie est l'accord, c'est-à-dire la concordance de deux rimes de même mot et de même genre, comme dans le dire d'al-'Ajjâj - et le nom d'al-'Ajjâj 242 est 'Abd Allâh ibn Ru'ba, un des Banû Sa'd ibn Zayd ibn Manât ibn Tamîm ibn Murr ibn Udd ibn Tâbikha ibn Ilyâs ibn Mudar ibn Nizâr : « Dans un serpent 243 du possédé lancé, » Puis il dit : « L'extension du canal 244 dans le canal lancé. » Ces deux vers sont dans une urjûza 245 de lui. (Histoire du nas' 246 chez les Arabes :)
Ibn Isḥāq a dit : Le premier qui pratiqua le *nasʾ* (intercalation) des mois chez les Arabes, et qui déclara licite ce qui était licite et illicite ce qui était illicite, fut al-Qalammas (258), à savoir Ḥudhayfa ibn ʿAbd ibn Fuqaym ibn ʿAdī ibn ʿĀmir ibn Thaʿlaba ibn al-Ḥārith ibn Mālik ibn Kināna ibn Khuzayma. Puis, après lui, son fils ʿAbbād (259) ibn Ḥudhayfa prit la relève ; puis, après ʿAbbād, Qalaʿ ibn ʿAbbād ; puis, après Qalaʿ, Umayya ibn Qalaʿ ; puis, après Umayya, ʿAwf ibn Umayya ; puis, après ʿAwf, Abū Thumāma Junāda ibn ʿAwf, qui fut le dernier d’entre eux, et c’est sous son autorité que l’Islam advint (260). Les Arabes, lorsqu’ils avaient achevé leur pèlerinage, se rassemblaient auprès de lui, et il déclarait sacrés les quatre mois sacrés : Rajab, Dhū al-Qaʿda, Dhū al-Ḥijja et al-Muḥarram. Lorsqu’il voulait en rendre quelque chose licite, il rendait licite al-Muḥarram, et ils le rendaient licite, et il déclarait sacré à sa place Ṣafar, et ils le déclaraient sacré, afin de maintenir le compte des quatre mois sacrés. Et lorsqu’ils voulaient partir (261), il se levait parmi eux et disait : « Ô Dieu, j’ai rendu licite pour Toi l’un des deux Ṣafar, le premier Ṣafar, et j’ai reporté l’autre à l’année prochaine (262). » À ce sujet, ʿUmayr ibn Qays « Jidhl (263) al-Ṭaʿʿān », l’un des Banū Firās ibn Ghunm (ibn Thaʿlaba) ibn Mālik ibn Kināna, se vantant du *nasʾ* (intercalation) devant les Arabes, dit : « Les Maʿadd ont bien su que mon peuple / Sont les nobles des gens, et qu’ils ont des nobles (264). Quel peuple nous a devancés dans une vengeance (265) ? / Et quel peuple n’avons-nous pas soumis au licol (266) ? Ne sommes-nous pas ceux qui, pour Maʿadd, intercalent / Les mois profanes, les rendant sacrés ? » Ibn Hishām a dit : Le premier des mois sacrés (267) est al-Muḥarram. (L’acte du Kinānī dans al-Qullays, et la campagne d’Abraha contre la Kaʿba) Ibn Isḥāq a dit : Le Kinānī partit donc jusqu’à arriver à al-Qullays, et il s’y accroupit (268) – Ibn Hishām dit : il y commit un acte impur –. Puis il sortit et regagna sa terre. Abraha en fut informé et dit : « Qui a fait cela ? » On lui dit : « Cela a été fait par un homme des Arabes, originaire de cette Maison vers laquelle les Arabes accomplissent le pèlerinage à La Mecque. Lorsqu’il entendit ta parole : “Je détournerai vers elle le pèlerinage des Arabes”, il se fâcha, vint, s’y accroupit, signifiant qu’elle n’en était pas digne. » Alors Abraha se mit en colère et jura de marcher contre la Maison jusqu’à la détruire. Puis il ordonna aux Abyssins de se préparer et de s’équiper, puis il partit, emmenant avec lui l’éléphant. Les Arabes l’apprirent, le tinrent pour grave et en furent consternés, et ils considérèrent qu’il était de leur devoir de lutter contre lui, lorsqu’ils entendirent qu’il voulait détruire la Kaʿba, la Maison Sacrée de Dieu. (La défaite de Dhū Nafr devant Abraha) Un homme des nobles et des rois du Yémen, appelé Dhū Nafr, sortit à sa rencontre. Il appela son peuple et ceux qui lui répondirent parmi les autres Arabes à faire la guerre à Abraha et à lutter contre lui pour défendre la Maison Sacrée de Dieu, et ce qu’il voulait : sa destruction et sa ruine. Ceux qui lui répondirent le firent, puis il se présenta à lui et le combattit. Dhū Nafr et ses compagnons furent mis en déroute, et Dhū Nafr fut capturé et amené prisonnier. Lorsqu’il voulut le tuer, Dhū Nafr lui dit : « Ô roi, ne me tue pas, car il se peut que ma survie auprès de toi te soit plus utile que ma mort. » Il le laissa donc en vie et le retint prisonnier chez lui, enchaîné. Or Abraha était un homme clément. (Ce qui se passa entre Nufayl et Abraha) Puis Abraha poursuivit sa route, voulant accomplir ce pour quoi il était sorti, jusqu’à ce qu’il fût dans le pays de Khathʿam (269). Nufayl ibn Ḥabīb al-Khathʿamī se présenta à lui avec les deux tribus de Khathʿam : Shahran et Nāhis (270), et ceux qui le suivirent parmi les tribus arabes. Il le combattit, mais Abraha le mit en déroute, et Nufayl fut capturé et amené. Lorsqu’il voulut le tuer, Nufayl lui dit : « Ô roi, ne me tue pas, car je suis ton guide dans le pays des Arabes, et voici mes deux mains : je te garantis pour les deux tribus de Khathʿam, Shahran et Nāhis, l’obéissance et la soumission. » Il le relâcha donc. (Ibn Muʿattib et Abraha) Il l’emmena avec lui pour le guider, jusqu’à ce qu’il passât par al-Ṭāʾif. Masʿūd ibn Muʿattib ibn Mālik ibn Kaʿb ibn Marw ibn Saʿd ibn ʿAwf ibn Thaqīf sortit à sa rencontre avec des hommes de Thaqīf. (Généalogie de Thaqīf et poème d’Ibn Abī al-Ṣalt à ce sujet) Le nom de Thaqīf est : Qasī ibn al-Nabīt ibn Munabbih ibn Manṣūr ibn Yaqḍum ibn Afṣā ibn Duʿmmī ibn Iyād (271) (ibn Nizār) (272) ibn Maʿadd ibn ʿAdnān. Umayya ibn Abī al-Ṣalt (273) al-Thaqafī a dit : « Mon peuple est Iyād, fussent-ils des nations, / S’ils s’établissaient, les bienfaits abonderaient (274). Un peuple qui possède la plaine d’Irak, quand / Ils marchent tous ensemble, et le qitṭ (papier) et le qalam (calame) (275). » Umayya ibn Abī al-Ṣalt a dit aussi : « Si tu m’interroges, Lubaynā, sur moi / Et sur ma lignée, je t’informerai avec certitude. Nous sommes, en vérité, issus d’al-Nabīt, père de Qasī, / De Manṣūr ibn Yaqḍum, les plus anciens. » Ibn Hishām a dit : Thaqīf est : Qasī ibn Munabbih ibn Bakr ibn Hawāzin ibn Manṣūr ibn ʿIkrima ibn Khaṣafa ibn Qays ibn ʿAylān ibn Muḍar ibn Nizār ibn Maʿadd ibn ʿAdnān. Les deux premiers et les deux derniers vers sont extraits de deux poèmes d’Umayya. (Soumission des gens d’al-Ṭāʾif à Abraha) Ibn Isḥāq a dit : Ils lui dirent : « Ô roi, nous sommes tes serviteurs, t’écoutant et t’obéissant ; nous n’avons pour toi aucune opposition. Et notre temple n’est pas cette Maison que tu veux » – ils voulaient dire al-Lāt – « Tu veux seulement la Maison qui est à La Mecque. Nous enverrons avec toi quelqu’un pour t’y guider. » Il leur pardonna donc. (Al-Lāt) Al-Lāt était un temple qui leur appartenait à al-Ṭāʾif, qu’ils vénéraient à l’instar de la Kaʿba. Ibn Hishām a dit : Abū ʿUbayda al-Naḥwī m’a récité, de Ḍirār ibn al-Khaṭṭāb al-Fihrī : « Et Thaqīf s’enfuit vers leur Lāt, / Au retour du déçu, du perdant. » Ce vers fait partie d’un poème de lui. (Assistance d’Abū Righāl à Abraha, sa mort et sa tombe) Ibn Isḥāq a dit : Ils envoyèrent avec lui Abū Righāl pour le guider sur la route de La Mecque. Abraha partit donc, accompagné d’Abū Righāl, jusqu’à ce qu’il le fît camper à al-Mughammas (276). Lorsqu’il l’y eut fait camper, Abū Righāl mourut à cet endroit. Les Arabes lapidèrent sa tombe, et c’est la tombe que les gens lapident à al-Mughammas. (Al-Aswad et son agression contre La Mecque) Lorsqu’Abraha eut campé à al-Mughammas, il envoya un homme des Abyssins, appelé al-Aswad ibn Maqṣūd (277), avec sa cavalerie, jusqu’à ce qu’il arrivât à La Mecque. Il emmena vers lui les biens (des gens) (278) de Tihāma, de Quraysh et d’autres, et il y saisit deux cents chameaux appartenant à ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim – qui était alors le chef et le seigneur de Quraysh. Quraysh, Kināna, Hudhayl et tous ceux qui se trouvaient dans ce sanctuaire (parmi les autres gens) (279) voulurent le combattre. Puis ils surent qu’ils n’avaient pas la force de le faire, et ils abandonnèrent cette idée. (Ḥunāṭa et ʿAbd al-Muṭṭalib) Abraha envoya Ḥunāṭa al-Ḥimyarī à La Mecque et lui dit : « Demande qui est le chef et le noble de ce pays, puis dis-lui : “Le roi te dit : Je ne suis pas venu pour vous faire la guerre ; je suis seulement venu pour détruire cette Maison. Si vous ne vous opposez pas à moi par la guerre, je n’ai pas besoin de votre sang. S’il ne veut pas me faire la guerre, amène-le moi.” » Lorsque Ḥunāṭa entra à La Mecque, il s’enquit du chef et du noble de Quraysh. On lui dit : « ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim (ibn ʿAbd Manāf ibn Quṣayy) (281). » Il vint donc à lui et lui dit ce qu’Abraha lui avait ordonné. ʿAbd al-Muṭṭalib lui dit : « Par Dieu, nous ne voulons pas lui faire la guerre, et nous n’en avons pas la force (282). Ceci est la Maison Sacrée de Dieu, la Maison de Son ami Abraham – que la paix soit sur lui – (ou quelque chose d’approchant). S’Il l’en protège, c’est Sa Maison et Son Sanctuaire (283) ; et s’Il l’abandonne à lui, par Dieu, nous n’avons aucun moyen de la défendre. » Ḥunāṭa lui dit (284) : « Viens donc avec moi auprès de lui, car il m’a ordonné de t’amener. » (Dhū Nafr et Unays, et leur intercession pour ʿAbd al-Muṭṭalib auprès d’Abraha)
Alors 'Abd al-Muttalib partit avec lui, accompagné de certains de ses fils, jusqu'à ce qu'il arrive au camp. Il s'enquit de Dhū Nafr, qui était son ami, et entra chez lui alors qu'il était dans sa prison. Il lui dit : « Ô Dhū Nafr, as-tu quelque secours à m'apporter dans ce qui nous est arrivé ? » Dhū Nafr lui répondit : « Quel secours peut apporter un homme prisonnier entre les mains d'un roi qui attend de le tuer le matin ou le soir ? Je n'ai aucun secours à t'offrir dans ce qui t'est arrivé, sauf qu'Unays, le cornac de l'éléphant 247, est mon ami. Je vais lui envoyer un message, lui recommander ta cause, insister sur ton droit, et lui demander de te demander audience auprès du roi, afin que tu lui parles de ce que tu voudras, et qu'il intercède pour toi en bien s'il le peut. » Il dit : « Cela me suffit. » Alors Dhū Nafr envoya quelqu'un à Unays et lui dit : « 'Abd al-Muttalib est le chef de Quraysh, le maître de la caravane 248 de La Mecque, il nourrit les gens dans la plaine et les bêtes sauvages au sommet des montagnes. Le roi lui a pris deux cents chameaux. Demande-lui audience pour lui et aide-le auprès de lui autant que tu le pourras. » Il dit : « Je le ferai. » Unays parla donc à Abraha et lui dit : « Ô roi, voici le chef de Quraysh à ta porte, qui demande à être reçu par toi. C'est le maître de la caravane de La Mecque, il nourrit les gens dans la plaine et les bêtes sauvages au sommet des montagnes. Accorde-lui audience, qu'il te parle de son besoin, et sois bon envers lui. » Alors Abraha lui permit d'entrer. ('Abd al-Muttalib, Hunāṭa et Khuwaylid devant Abraha) Il dit : 'Abd al-Muttalib était le plus beau, le plus élégant et le plus imposant des hommes. Quand Abraha le vit, il le traita avec respect, le magnifia et l'honora, mais il ne voulut pas le faire asseoir à ses côtés, craignant que les Abyssins ne le voient assis avec lui sur le trône de son royaume. Alors Abraha descendit de son trône, s'assit sur son tapis et fit asseoir 'Abd al-Muttalib à côté de lui. Puis il dit à son interprète : « Dis-lui : quel est ton besoin ? » L'interprète le lui dit, et 'Abd al-Muttalib répondit : « Mon besoin est que le roi me rende les deux cents chameaux qu'il m'a pris. » Quand il eut dit cela, Abraha dit à son interprète : « Dis-lui : tu m'avais impressionné quand je t'ai vu, mais tu m'as déçu quand tu m'as parlé. Tu me parles de deux cents chameaux que je t'ai pris, et tu laisses de côté une maison 249 qui est ta religion et celle de tes pères, que je suis venu détruire, sans m'en parler ! » 'Abd al-Muttalib lui dit : « Je suis le maître des chameaux, et la maison a un Seigneur qui la protégera. » Abraha dit : « Il ne pourra pas m'en empêcher. » 'Abd al-Muttalib dit : « Toi et cela 250. » Selon certains savants, il y avait avec 'Abd al-Muttalib, lorsqu'il se rendit chez Abraha après avoir envoyé Hunāṭa, 'Amr ibn Nufātha ibn 'Adī ibn al-Du'il ibn Bakr ibn Manāt ibn Kināna, qui était alors le chef des Banū Bakr, et Khuwaylid ibn Wāthila al-Hudhalī, qui était alors le chef des Hudhayl. Ils offrirent à Abraha le tiers des biens du Tihāma 251 pour qu'il s'en aille et ne détruise pas la maison, mais il refusa. Dieu sait si cela eut lieu ou non. Abraha rendit à 'Abd al-Muttalib les chameaux qu'il lui avait pris. ('Abd al-Muttalib à la Ka'ba implorant le secours de Dieu contre Abraha) Lorsqu'ils se furent éloignés de lui, 'Abd al-Muttalib retourna vers Quraysh, leur raconta ce qui s'était passé et leur ordonna de sortir de La Mecque et de se réfugier dans les hauteurs des montagnes et les vallées, par crainte du mal que pourrait leur causer l'armée. Puis 'Abd al-Muttalib se leva, saisit l'anneau de la porte de la Ka'ba, et avec lui un groupe de Quraysh se leva, invoquant Dieu et implorant Son secours contre Abraha et son armée. 'Abd al-Muttalib dit, tenant l'anneau de la porte de la Ka'ba : « Ô Dieu, le serviteur protège sa monture, protège donc Tes lieux sacrés 252 ! Que leurs croix et leurs ruses ne l'emportent pas demain sur Ta ruse 253 ! » (Al-Wāqidī ajouta :) « Si Tu les laisses [faire], ainsi que notre direction de prière 254, alors ordonne ce qu'il Te plaît ! » Ibn Hishām dit : Voici ce qui est authentique de ces vers. (Poème de 'Ikrima en imprécation contre al-Aswad ibn Maqṣūd) Ibn Isḥāq dit : 'Ikrima ibn 'Āmir ibn Hāshim ibn 'Abd Manāf ibn 'Abd al-Dār ibn Quṣayy dit : « Ô Dieu, couvre de honte al-Aswad ibn Maqṣūd, Qui a pris le troupeau 255 avec ses colliers 256, Entre Ḥirā' et Thabīr 257, puis dans le désert, Il les retient alors qu'elles sont promptes à fuir, Il les a rassemblées pour des barbares noirs 258. Couvre-le de honte, ô Seigneur, et Tu es digne de louange ! »
- al-nahwī : Le grammairien, surnom d'Ibn Hishâm.
- sīra : Biographie du Prophète Muhammad.
- Shayba : Nom de 'Abd al-Muttalib, signifiant 'le vieillard'.
- Zayd : Nom de Qusayy, selon certains.
- Fihr : Ancêtre de la tribu de Quraysh.
- al-Nadr : Ancêtre de Quraysh, aussi appelé Qays.
- ‘Āmir : Nom de Mudrika.
- ‘Adnān : Ancêtre des Arabes du Nord.
- Udad : Variante du nom Udd.
- Muqawwim : Nom propre, fils de Nâhûr.
- Nābit : Fils d'Ismâ'îl, ancêtre des Arabes du Nord.
- Tārih : Nom du père d'Abraham dans la Bible, identifié à Âzar.
- Āzar : Nom du père d'Abraham dans le Coran.
- Sārūgh : Serug, ancêtre d'Abraham.
- Rā‘ū : Reu, ancêtre d'Abraham.
- Fālakh : Peleg, ancêtre d'Abraham.
- ‘Aybar : Eber, ancêtre des Hébreux.
- Shālakh : Shelah, ancêtre d'Abraham.
- Arfakhshad : Arpachshad, fils de Sem.
- Lamk : Lamech, père de Noé.
- Mattūshalakh : Mathusalem, ancêtre de Noé.
- Mahlā’īl : Mahalalel, ancêtre de Noé.
- Qaynān : Caïnan, ancêtre de Noé.
- Ziyād : Ziyâd ibn 'Abd Allah al-Bakkâ'î, transmetteur.
- Muhammad ibn Ishāq : Célèbre historien et biographe du Prophète.
- Asragh : Variante de Nâhûr dans certaines généalogies.
- Arfakhshad : Arpachshad, fils de Sem.
- Qāyin : Caïnan, variante de Qaynân.
- Qaydhār : Qédar, fils d'Ismaël.
- Adhbūl : Fils d'Ismaël.
- Mubishsh : Fils d'Ismaël.
- Māshī : Fils d'Ismaël.
- Dimmā : Fils d'Ismaël.
- Adhar : Fils d'Ismaël.
- Taymā : Téma, fils d'Ismaël.
- Yātūr : Jetur, fils d'Ismaël.
- Nabish : Fils d'Ismaël.
- Qaydhumā : Fils d'Ismaël.
- Ra‘la : Femme de la tribu de Jurhum, mère des fils d'Ismaël.
- al-Hijr : Espace semi-circulaire adjacent à la Kaaba.
- ‘Abd Allāh ibn Lahī‘a : Savant égyptien, juge et traditionniste.
- ‘Umar mawlā Ghufra : Client affranchi de Ghufra, transmetteur.
- ahl al-dhimma : Gens du pacte, non-musulmans protégés.
- al-madara al-sawdā’ al-suḥm al-ji‘ād : Description des Égyptiens : 'ville noire, basanés aux cheveux crépus'.
- tasarrara : A pris une concubine esclave.
- Umm al-‘Arab : Village en Égypte, d'où était originaire Hâjar.
- al-Faramā : Ville antique d'Égypte, Péluse.
- Māriya : Mâriya al-Qibtiyya, concubine du Prophète, mère d'Ibrâhîm.
- Hafn : Village en Égypte.
- Ansīnā : District d'Égypte, Antinoé.
- ‘Ābir : Eber, ancêtre des Hébreux.
- ‘Adnān ibn Udad : Généalogie reliant 'Adnân à Ismaël.
- Zayd : Nom propre, ancêtre yéménite.
- Humaysi' : Nom propre, variante de Humaysa'.
- 'Arib : Nom propre, ancêtre yéménite.
- Ash'ar : Nom de tribu, les Ash'aris.
- ibn : Fils de.
- talqabū : Ils furent surnommés.
- Ma'rib : Ancienne ville du Yémen, célèbre pour son barrage.
- al-Mushallal : Lieu près de La Mecque.
- al-Juhfa : Localité près de La Mecque, miqat du pèlerinage.
- sharibū minhu : En burent.
- al-Asad : Nom de tribu, les Asad.
- al-Asdu nisbatunā wa al-mā'u Ghassānu : Al-Asad est notre lignée et l'eau est Ghassan.
- al-Ghawth : Nom propre, ancêtre.
- 'Udthan : Variante de 'Adnan.
- 'Abd Allāh : Nom propre.
- 'Adnān : Ancêtre des Arabes du Nord.
- bikr : Aîné.
- sabā : Faire des captifs, d'où le nom Saba'.
- Yashjub : Nom propre, ancêtre yéménite.
- Himyar : Ancienne tribu yéménite.
- 'Amr ibn Murra : Poète arabe.
- al-Hāf : Nom propre, ancêtre.
- al-hijān al-azhar : Le noble, le resplendissant.
- Himyar : Ancienne tribu yéménite.
- al-minbar : La chaire de la mosquée.
- al-ḥajar al-manqūsh taḥta al-minbar : La pierre gravée sous le minbar, référence à une inscription.
- al-Nu'mān : Roi d'al-Hira.
- sallaḥahu : Le ceignit de l'épée.
- ashlā' : Restes, descendants.
- Qunuṣ : Fils de Ma'add.
- Rabi'a ibn Naṣr : Ancêtre de Lakhm.
- juradh : Rat.
- sijāl : Alternée, avec des victoires partagées.
- katabnā : Nous avons écrit, référence au vers précédent.
- Marr : Localité près de La Mecque.
- al-Sarāt : Chaîne de montagnes en Arabie.
- al-'Arim : Le barrage, ou le torrent destructeur.
- Du'mī : Nom propre, variante.
- al-mu'tasī uswa : Celui qui cherche un exemple a un modèle.
- 'affā : A été effacée, détruite.
- jā'a : Arrivait.
- ayādī : Impuissants, littéralement 'mains'.
- shurb : Boire, action de boire.
- التبابعة : Pluriel de Tubba‘, titre des rois himyarites du Yémen antique.
- فظع : S'épouvanter, être terrifié.
- عائف : Devin qui tire des présages du vol des oiseaux.
- سطيح : Saṭīḥ, célèbre devin arabe préislamique, dont le nom signifie 'étendu' car il était sans os.
- شق : Shiq, autre devin célèbre, dont le nom signifie 'fendu' car il avait un seul œil et une seule main.
- قسر : Qasr, nom propre.
- نزار : Nizār, ancêtre éponyme des Nizarites.
- لحيان : Liḥyān, nom propre.
- نبت : Nabt, nom propre.
- الغوث : Al-Ghawth, nom propre.
- حممة : Braises, charbons ardents.
- ظلمة : Obscurité, ténèbres.
- تهمة : Tihāma, région côtière de l'ouest de l'Arabie.
- ذات جمجمة : Littéralement 'possédant un crâne', désignant tout être vivant à tête.
- الحَرَّتَيْن : Les deux coulées de lave, désignant Médine et ses environs.
- الحبش : Les Abyssins, habitants du royaume d'Aksoum (Éthiopie).
- أبين : Abyan, région du Yémen.
- جرش : Jurash, ville du Yémen.
- إرم : Iram, nom propre, ici un roi yéménite.
- ذي يزن : Dhī Yazan, dynastie royale himyarite.
- نبي زكي : Prophète pur, désignant le prophète Muhammad.
- ذات نسمة : Littéralement 'possédant une âme', désignant tout être vivant.
- طفلة البنان : Femme aux doigts délicats, métaphore pour les femmes en général.
- مدن : Avili, méprisable.
- أمض : Doute, selon Ibn Hishām ; ou 'faux', selon Abū ‘Amr.
- كلي كرب : Kulī Karib, nom propre.
- ذي الأذعار : Dhī al-Adh‘ār, surnom signifiant 'celui aux terreurs'.
- ذي المنار : Dhī al-Manār, surnom signifiant 'celui aux phares'.
- عدي : ‘Adī, nom propre.
- كهف الظلم : Kahf al-Ẓulm, surnom signifiant 'caverne de l'injustice'.
- العَرَنْجَج : Al-‘Aranjaj, nom propre, identifié à Ḥimyar.
- قحطان : Qaḥṭān, ancêtre des Arabes du Sud.
- قبل ملك ربيعة بن نصر : Avant le règne de Rabī‘a ibn Naṣr, bien que le texte précédent indique le contraire ; il s'agit d'une incohérence dans le récit.
- ikhrab : Destruction, dévastation.
- Zuraiq : Nom propre, ancêtre d'une branche des Khazraj.
- 'idhq : Régime de dattes.
- yajudduhu : Il le récoltait (les dattes).
- abbara : Féconder le palmier (pollinisation).
- yaqrūnahu : Ils l'hébergeaient, le recevaient comme hôte.
- habr : Rabbin, docteur de la loi juive.
- al-Najjām : Nom d'une tribu juive de Médine.
- Hadal : Surnom de 'Amr, signifiant 'celui qui a les dents écartées'.
- al-Taw'amān : Nom propre, signifiant 'les deux jumeaux'.
- Qāhith : Qehath, fils de Lévi dans la Bible.
- ibn 'Abd : Ajout probablement omis dans le texte, restitué d'après d'autres sources.
- dhakarah : Le souvenir (d'une personne aimée).
- 'uṣur : Époques, temps de la jeunesse.
- rabā'iyya : Violente, terrible (guerre).
- 'adwan : En ennemie, hostilement.
- al-zuhara : Les planètes (ou les étoiles brillantes).
- faylaq : Armée nombreuse, bataillon.
- sabagh abdānuhā dhafira : Leurs corps étaient couverts de cottes de mailles (sabagh) et sentaient mauvais (à cause de la sueur et du combat).
- al-Najara : Variante de al-Najjār, nom de tribu.
- tira : Vengeance, représailles.
- mudd : Rangs, lignes de combat.
- al-ghabya al-nathira : Pluie abondante et continue.
- mallā l-ilāhu : Que Dieu a fait vivre longtemps.
- sāmī : Élevé, haut placé.
- Amaj : Lieu-dit entre La Mecque et Médine.
- khasaf : Nattes de palmier, vêtement grossier.
- ma'āfir : Vêtements du Yémen, étoffes de la région de Ma'āfir.
- mulā' wa-l-waṣā'il : Manteaux rayés (mulā') et tissus précieux (waṣā'il).
- kiswat al-bayt : Le fait de vêtir la Ka'ba d'une housse (kiswa).
- mi'lāt : Linge souillé par les menstrues.
- mahāyiḍ : Menstrues, linges hygiéniques.
- bāb wa-miftāḥ : Porte et serrure (pour la Ka'ba).
- al-Ahabb : Nom propre, signifiant 'le bien-aimé'.
- Zubayna : Nom propre, ancêtre d'une tribu.
- Subay'a : Poétesse arabe préislamique.
- yabūr : Il périt, il est ruiné.
- 'uṣm : Bouquetins, chamois.
- Thabīr : Montagne près de La Mecque.
- al-Ḥabīr : Tissu précieux, souvent de soie ou de brocart, utilisé pour recouvrir la Ka'ba.
- al-mahārī : Jeunes chamelles, ou chamelles de race, réputées pour leur viande.
- ar-raḥīḍ : Boisson fermentée à base d'orge, semblable à la bière.
- al-Khazīr : Peuple ou région non identifié(e) avec certitude ; peut-être les Khazars ou une tribu perse.
- lā tu'rabu : Elles ne sont pas déclinées ; c'est-à-dire qu'elles sont traitées comme des mots invariables en fin de vers.
- dhammarahum : Les réprimandèrent, les blâmèrent pour leur peur.
- uṣfiqat : Se rallia, se rangea du côté de ; littéralement 'applaudit' ou 'frappa des mains en signe d'accord'.
- Ri'ām : Nom d'un temple ou sanctuaire préislamique au Yémen.
- yukallamūna (minhu) : Recevaient des paroles (oracles) de la part de la divinité.
- Dhū Ru'ayn : Surnom d'un notable himyarite ; Ru'ayn est le nom d'une tribu ou d'un lieu.
- maqāwil : Chefs, notables ; pluriel de maqwal, titre de chef au Yémen.
- Labāb Labāb : Expression himyarite signifiant 'pas de mal, pas de mal' ou 'rien de grave'.
- bi-lughati Ḥimyar : En langue himyarite, dialecte sud-arabique ancien.
- al-ḥuzāh : Devins, ceux qui pratiquent la divination par l'observation (ḥazw).
- al-'arrāfīn : Devins, voyants, ceux qui prétendent connaître l'invisible.
- maraja : Se troubla, se désorganisa ; littéralement 'devint confus'.
- Lakhni'a : Nom propre d'un usurpateur himyarite, peut-être un sobriquet péjoratif.
- Dhū Shanātir : Surnom signifiant 'celui aux lèvres fendues' ou 'au nez coupé'.
- mashraba : Belvédère, chambre haute ou pavillon surélevé.
- Zur'a Dhū Nuwās : Roi himyarite connu pour sa persécution des chrétiens ; Nuwās signifie 'aux boucles'.
- waja'ahu : Le frappa, le poignarda ; littéralement 'lui porta un coup'.
- a-raṭbun am yabās : Expression signifiant 'est-il en vie ou mort ?' ; raṭb = tendre (vivant), yabās = sec (mort).
- Nakhmas : Nom d'un devin ou d'un personnage ; peut-être une déformation de 'Nahmās'.
- Istirtubān : Mot himyarite signifiant 'il est tendre' ou 'il est vivant'.
- lā bās : Expression signifiant 'pas de mal' ou 'tout va bien'.
- nakhmas : Terme himyarite signifiant « tête ».
- al-ukhdūd : Le Fossé : référence à la sourate 85 (al-Burûj) évoquant les chrétiens jetés dans un fossé enflammé par un roi juif, identifié ici à Dhû Nuwâs.
- Faymiyūn : Nom d’un missionnaire chrétien, probablement d’origine syriaque, ayant introduit le christianisme à Najrân.
- al-tinnīn : Serpent mythique à plusieurs têtes, souvent associé au dragon ou au Léviathan dans les traditions orientales.
- fa‘īla ‘awlu-hu : Expression signifiant « il fut saisi d’une grande frayeur » ou « son esprit fut bouleversé ».
- mā ziltu anẓuruka : Expression signifiant « je n’ai cessé de t’attendre » ou « je t’ai attendu constamment ».
- ja‘afat-hā : Verbe signifiant « déraciner » ou « arracher de sa base ».
- lahu : Ajout probable pour la clarté ; signifie « lui ».
- ḍanna bihi : A été avare envers lui, c'est-à-dire a refusé de lui transmettre le Nom suprême.
- aqdāḥ : Pluriel de qidḥ, flèche ou tige de bois utilisée pour le tirage au sort ou l'écriture.
- al-ism al-a‘ẓam : Le Nom suprême d'Allāh, dont la connaissance confère des pouvoirs exceptionnels.
- tuwaḥḥidu Allāh : Proclamer l'unicité d'Allāh, c'est-à-dire professer le tawḥīd.
- yuslimu : Se soumet, embrasse l'islam.
- la-umaththilanna bika : Je te ferai subir un châtiment exemplaire, en mutilant ou torturant.
- buḥūr : Pluriel de baḥr, mer ; ici, désigne de grandes étendues d'eau ou des lacs profonds.
- al-ukhdūd : Le fossé, tranchée creusée dans la terre, mentionné dans la sourate al-Burūj.
- ukhdūd : Excavation allongée, fossé, ruisseau ; aussi trace d'épée ou de fouet.
- imām : Guide spirituel et temporel, chef de la communauté.
- al-Najāshī : Titre du roi d'Abyssinie (Éthiopie) à l'époque préislamique.
- yahṣiru : Plier les branches sous le poids des fruits.
- Dhū Nuwās : Roi himyarite, juif, connu pour avoir persécuté les chrétiens de Najrân.
- Ibn adh-Dhi'ba ath-Thaqafī : Poète de Thaqîf, sa mère s'appelait adh-Dhi'ba.
- ṣuḥra : Refuge, protection.
- wazar : Abri, refuge.
- Himyar : Ancien royaume du Yémen.
- Dhāt al-'Abar : Lieu au Yémen.
- ḥurrāba : Troupe, groupe armé.
- al-muqrabāt : Montures rapides, chevaux de course.
- adh-dhafar : Odeur fétide, puanteur.
- Sa'ālī : Pluriel de su'lûk, vagabond, brigand.
- 'Amr ibn Ma'dīkarib : Célèbre poète et guerrier de la tribu de Zubayd.
- Qays ibn Makshūḥ al-Murādī : Chef de la tribu de Murâd.
- Dhū Ru'ayn : Roi himyarite.
- 'Ād : Ancien peuple arabe mentionné dans le Coran.
- al-khayl al-'irāb : Chevaux arabes de race pure.
- al-khayl al-maqārif : Chevaux métis, de race mélangée.
- al-abiyāt : Vers, poèmes.
- Abraha al-Ashram : Gouverneur abyssin du Yémen, surnommé al-Ashram (au nez fendu).
- Ibn Isḥāq : Célèbre historien et biographe du Prophète.
- laḥīm : Gras, charnu.
- ḥādir : Trapu, de petite taille.
- 'Atwada : Nom d'un serviteur d'Abraha.
- yāfūkh : Fontanelle, sommet de la tête.
- al-Ashram : Celui qui a la lèvre ou le nez fendu.
- wadā : Payer le prix du sang, compensation pour un meurtre.
- an-Najāshī : Titre du roi d'Abyssinie.
- an-Nasa'a : Ceux qui pratiquaient l'intercalation des mois sacrés.
- al-Qullays : Église construite par Abraha à San'a.
- yansa'ūn ash-shuhūr : Ils intercalaient les mois, c'est-à-dire reportaient un mois sacré.
- al-'Ajjāj : Poète arabe de l'époque omeyyade, célèbre pour ses urjûzât.
- uth'ubān : Serpent, ici peut-être une métaphore.
- khalīj : Canal, fossé.
- urjūza : Poème en mètre rajaz.
- an-nas' : L'intercalation des mois sacrés.
- sā'is al-fīl : Le cornac de l'éléphant, c'est-à-dire le conducteur ou dresseur de l'éléphant de guerre.
- ṣāḥib 'īr : Maître de la caravane, c'est-à-dire celui qui organise et dirige les caravanes commerciales.
- bayt : La Maison, c'est-à-dire la Ka'ba, le sanctuaire sacré de La Mecque.
- anta wa dhāk : Expression arabe signifiant « Toi et cela », sous-entendant : « C'est ton affaire, tu verras bien. »
- Tihāma : Région côtière de l'Arabie, incluant La Mecque et ses environs.
- ḥilāl : Pluriel de ḥilla, désignant les lieux sacrés ou les demeures sacrées, ici la Ka'ba et ses environs.
- miḥāl : Ruse, stratagème ou puissance ; ici, la puissance divine opposée à celle des ennemis.
- qibla : Direction de la prière, ici la Ka'ba vers laquelle les musulmans se tournent pour prier.
- hajma : Troupeau de chameaux, souvent de grande taille.
- taqlīd : Colliers ou ornements que l'on met aux chameaux, signe qu'ils sont destinés au sacrifice ou à un usage sacré.
- Ḥirā' wa Thabīr : Deux montagnes près de La Mecque, Ḥirā' étant célèbre pour la grotte où le Prophète Muhammad reçut la première révélation.
- ṭamāṭim : Pluriel de ṭumṭum, désignant des hommes noirs, souvent des esclaves ou des soldats abyssins.
Voici l'énumération de la noble lignée depuis Muhammad, que Dieu prie sur lui et sa famille et le salue, jusqu'à Adam, que la paix soit sur lui.
Ibn Hishâm a dit : Voici ce qui lui a été confirmé à ce sujet. Les *ṭamāṭim* (pluriel de *ṭumṭum*) sont les *aʿlāj* (esclaves non arabes, pluriel de *ʿilj*). Ibn Isḥâq a dit : Ensuite, ʿAbd al-Muṭṭalib lâcha l’anneau de la porte de la Kaʿba, et il partit, lui et ceux des Qurayš qui étaient avec lui, vers les hauteurs des montagnes. Ils s’y mirent à l’abri, attendant ce qu’Abraha allait faire à La Mecque lorsqu’il y entrerait. (Entrée d’Abraha à La Mecque, ce qui arriva à lui et à son éléphant, et poème de Nufayl à ce sujet) Lorsque vint le matin, Abraha se prépara à entrer à La Mecque. Il prépara son éléphant et disposa son armée en ordre de bataille. Le nom de l’éléphant était Maḥmūd. Abraha était résolu à détruire la Maison (la Kaʿba), puis à retourner au Yémen. Lorsqu’ils dirigèrent l’éléphant vers La Mecque, Nufayl ibn Ḥabīb al-Khathʿamī s’avança jusqu’à se tenir à côté de l’éléphant. Puis il saisit son oreille et dit : « Agenouille-toi, Maḥmūd, ou retourne sain et sauf d’où tu es venu, car tu es dans le pays sacré d’Allah. » Puis il lâcha son oreille. L’éléphant s’agenouilla, et Nufayl ibn Ḥabīb sortit en courant jusqu’à gravir la montagne. Ils frappèrent l’éléphant pour qu’il se lève, mais il refusa. Ils frappèrent sa tête avec des haches (*ṭabarzīn*) pour qu’il se lève, mais il refusa. Ils introduisirent des crochets (*maḥājin*) dans ses aines (*marāqq*) et le piquèrent avec pour qu’il se lève, mais il refusa. Ils le dirigèrent en retournant vers le Yémen, et il se leva en trottant. Ils le dirigèrent vers le Shâm (la Syrie), et il fit de même. Ils le dirigèrent vers l’Orient, et il fit de même. Ils le dirigèrent vers La Mecque, et il s’agenouilla. Alors Allah Très-Haut envoya sur eux des oiseaux venant de la mer, semblables à des hirondelles et des *balasān* (martinets ?). Avec chaque oiseau, il y avait trois pierres qu’il portait : une pierre dans son bec et deux pierres dans ses pattes, semblables à des pois chiches et des lentilles. Elles n’atteignaient personne parmi eux sans qu’il ne périsse, mais elles n’atteignirent pas tout le monde. Ils partirent en fuyant, se précipitant sur le chemin par lequel ils étaient venus, et demandant après Nufayl ibn Ḥabīb pour qu’il les guide sur le chemin du Yémen. Nufayl dit, lorsqu’il vit ce qu’Allah avait fait descendre sur eux comme châtiment : « Où est la fuite, alors qu’Allah est le Poursuivant ? Et al-Ashram (Abraha) est le vaincu, non le vainqueur. » Ibn Hishâm a dit : Son expression « non le vainqueur » vient d’un autre qu’Ibn Isḥâq. Ibn Isḥâq a dit : Nufayl dit aussi : « Ô, sois saluée de notre part, ô Rudaynā ! Nous vous avons comblés, avec le matin, d’un œil (bienveillant). Un quémandeur est venu de chez vous, un soir, Mais votre quémandeur n’a rien obtenu chez nous. Rudaynā, si tu avais vu – mais tu ne le verras pas – Auprès du côté d’al-Muḥaṣṣab ce que nous avons vu, Alors tu m’aurais excusé et tu aurais approuvé mon affaire, Et tu ne te serais pas affligée de ce qui a été perdu entre nous. J’ai loué Allah quand j’ai aperçu un oiseau, Et j’ai craint des pierres lancées sur nous. Tout le monde demande après Nufayl, Comme si j’avais une dette envers les Abyssins. » Ils partirent donc, tombant les uns après les autres sur chaque chemin, et périssant dans chaque lieu de perdition, à chaque point d’eau. Abraha fut atteint dans son corps, et ils l’emportèrent avec eux, ses doigts tombant un à un. Chaque fois qu’un doigt tombait, il était suivi d’une matière purulente qui suintait, pus et sang, jusqu’à ce qu’ils l’amènent à Ṣanʿāʾ, tel un oisillon. Il ne mourut qu’après que sa poitrine se fût fendue, laissant voir son cœur, selon ce qu’ils prétendent. Ibn Isḥâq a dit : Yaʿqūb ibn ʿUtba m’a raconté qu’on lui avait rapporté que la première fois que l’on vit la rougeole et la variole en terre d’Arabie, ce fut cette année-là, et que la première fois que l’on y vit les amertumes du *ḥarmal* (rue sauvage), du *ḥanẓal* (coloquinte) et du *ʿushar* (asclépiade), ce fut cette année-là. (Ce qui est mentionné dans le Coran à propos de l’histoire de l’éléphant, et l’explication d’Ibn Hishâm de ses termes) Ibn Isḥâq a dit : Lorsqu’Allah Très-Haut envoya Muḥammad – qu’Allah prie sur lui et le salue –, parmi les bienfaits qu’Allah rappelait aux Qurayš, de Sa grâce et de Sa faveur, il y avait ce qu’Il avait repoussé d’eux de l’affaire des Abyssins, pour la pérennité de leur affaire et de leur durée. Allah, Béni et Très-Haut, dit : « N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les compagnons de l’éléphant ? N’a-t-Il pas rendu leur ruse en pure perte ? Et Il a envoyé sur eux des oiseaux par volées, qui leur lançaient des pierres de *sijjīl*. Et Il les a rendus comme une paille mâchée. » (Coran 105, 1-5). Et Il dit : « À cause de l’habitude (*īlāf*) des Qurayš, leur habitude du voyage d’hiver et d’été. Qu’ils adorent donc le Seigneur de cette Maison, qui les a nourris contre la faim et les a rassurés contre la peur. » (Coran 106, 1-4). C’est-à-dire : afin que rien ne change de leur état dans lequel ils étaient, en raison du bien qu’Allah voulait pour eux, s’ils l’avaient accepté. Ibn Hishâm a dit : *al-abābīl* : les groupes. Les Arabes n’ont pas, à notre connaissance, employé ce mot au singulier. Quant à *as-sijjīl*, Yūnus le grammairien et Abū ʿUbayda m’ont informé que, chez les Arabes, cela signifie : le très dur, le solide. Ru’ba ibn al-ʿAjjāj a dit : « Et les toucha ce qui toucha les compagnons de l’éléphant, Leur lançant des pierres de *sijjīl*, Et des oiseaux jouèrent avec eux, par volées. » Ces vers font partie d’une *urjūza* (poème en mètre rajaz) de lui. Certains exégètes ont dit que ce sont deux mots en persan que les Arabes ont faits comme un seul mot : c’est *sanj* et *gil*. Par *sanj*, on entend la pierre, et par *gil*, l’argile. Cela signifie : les pierres sont de ces deux espèces : la pierre et l’argile. *al-ʿaṣf* : la feuille de la céréale qui n’a pas encore formé sa tige ; son singulier est *ʿaṣfa*. Il (Ibn Hishâm) a dit : Abū ʿUbayda le grammairien m’a informé qu’on l’appelle aussi *al-ʿuṣāfa* et *al-ʿaṣīfa*. Et il m’a récité ce vers de ʿAlqama ibn ʿAbada, l’un des Banū Rabīʿa ibn Mālik ibn Zayd ibn Manāt ibn Tamīm : « Tu abreuves des canaux dont la paille (*ʿaṣīfatu-hā*) a penché, Leur pente, pour qui vient à l’eau, est comblée. » Ce vers fait partie d’une *qaṣīda* (ode) de lui. Et le *rājiz* (poète en mètre rajaz) a dit : « Ils furent rendus comme une paille mâchée. » Ibn Hishâm a dit : Ce vers a une explication grammaticale. *Īlāf* des Qurayš : leur habitude de partir vers le Shâm (la Syrie) pour leur commerce. Ils avaient deux expéditions : une expédition en hiver et une expédition en été. Abū Zayd al-Anṣārī m’a informé que les Arabes disent : *aliftu ash-shay’a ilfan* et *ālaftuhu īlāfan*, avec le même sens. Et il m’a récité ce vers de Dhū r-Rumma : « Parmi celles qui ont l’habitude (*al-mu’lifāt*) du sable, une chamelle noire, libre, La lumière du matin, dans sa couleur, se montre clairement. » Ce vers fait partie d’une *qaṣīda* de lui. Maṭrūd ibn Kaʿb al-Khuzāʿī a dit : « Ceux qui donnent en abondance quand les étoiles changent, Et ceux qui partent pour le voyage de l’*īlāf*. » Ce vers fait partie de vers de lui que je mentionnerai à leur place, si Allah Très-Haut le veut. *al-Īlāf* aussi : le fait qu’un homme possède un *alf* (un millier) de chameaux, ou de bovins, ou de moutons, ou autre. On dit : *ālafulānun īlāfan*. Al-Kumayt ibn Zayd, l’un des Banū Asad ibn Khuzayma ibn Mudrika ibn Ilyās ibn Muḍar ibn Nizār ibn Maʿadd, a dit : « En une année dont disent ceux qui possèdent un millier (*al-mu’lifūn*) : “Ceci est pour nous l’année de la sécheresse et de l’abondance.” » Ce vers fait partie d’une *qaṣīda* de lui. *al-Īlāf* aussi : le fait qu’un groupe devienne un millier. On dit : *ālaft al-qawmu īlāfan*. Al-Kumayt ibn Zayd a dit : « Et la famille de Muzayqiyā’, le jour où ils rencontrèrent Les Banū Saʿd ibn Ḍabba, nous rendant au nombre d’un millier (*mu’lifīnā*). » Ce vers fait partie d’une *qaṣīda* de lui. *al-Īlāf* aussi : le fait d’attacher une chose à une autre, de sorte qu’elle s’y habitue et s’y attache. On dit : *ālaftuhu iyyāhu īlāfan*. *al-Īlāf* aussi : le fait de rendre ce qui est en dessous du millier en un millier. On dit : *ālaftuhu īlāfan*. (Ce qui arriva au cornac et au soigneur de l’éléphant) Ibn Isḥâq a dit : ʿAbd Allāh ibn Abī Bakr m’a raconté, d’après ʿAmra bint ʿAbd ar-Raḥmān ibn Saʿd ibn Zurāra, d’après ʿĀ’isha – qu’Allah l’agrée –, qui a dit : « J’ai vraiment vu le cornac de l’éléphant et son soigneur, à La Mecque, deux aveugles paralytiques, mendiant leur nourriture auprès des gens. » (Ce qui a été dit en poésie sur la description de l’éléphant) (Grand respect des Arabes pour les Qurayš après l’incident de l’éléphant)
Ibn Isḥāq dit : Lorsque Dieu eut repoussé les Abyssins de La Mecque et leur eut infligé le châtiment qu'Il leur infligea, les Arabes tinrent les Quraysh en grande estime et dirent : « Ce sont les gens de Dieu, Dieu a combattu pour eux et les a préservés de la nuisance de leur ennemi. » Ils composèrent à ce sujet des poèmes où ils mentionnaient ce que Dieu avait fait aux Abyssins et comment Il avait détourné leur ruse des Quraysh. (Poème d'Ibn al-Ziba'rā sur l'Expédition de l'Éléphant) 'Abd Allāh ibn al-Ziba'rā ibn 'Adī ibn Qays ibn 'Adī ibn Sa'd 1 ibn Sahm ibn 'Amr ibn Huṣayṣ ibn Ka'b ibn Lu'ayy ibn Ghālib ibn Fihr dit : Ils s'éloignèrent 2 du creux de La Mecque, car son sanctuaire était jadis inviolable. La [étoile] Sirius ne fut pas créée les nuits où elle fut sacrée, alors qu'aucun être puissant ne pouvait l'atteindre 3. Interroge le commandant de l'armée sur ce qu'il vit d'elle, et bientôt son savant informera les ignorants. Soixante mille [hommes] ne revinrent pas dans leur terre 4, et aucun malade ne survécut après le retour 5. 'Ād et Jurhum y furent avant eux 6, et Dieu, au-dessus des serviteurs, la maintient. Ibn Isḥāq dit : Par ces mots : « après le retour, aucun malade ne survécut », Ibn al-Ziba'rā désigne Abraha, lorsqu'ils le transportèrent avec eux après qu'il fut frappé par ce qui le frappa, jusqu'à ce qu'il meure à Ṣan'ā'. (Poème d'Ibn al-Aslat sur l'Expédition de l'Éléphant) Abū Qays ibn al-Aslat al-Anṣārī, puis al-Khaṭmī, dont le nom est Ṣayfī, dit : Ibn Hishām dit : Abū Qays est Ṣayfī ibn al-Aslat ibn Jusham ibn Wā'il ibn Zayd ibn Qays ibn 'Āmira 7 ibn Murra ibn Mālik ibn al-Aws : Et de Son œuvre le jour de l'Éléphant des Abyssins, alors que chaque fois qu'ils le poussaient, il s'agenouillait 8. Leurs crochets sous son ventre, et ils lui avaient mutilé le nez, qui était fendu 9. Ils avaient fait de son fouet une massue 10 ; quand ils le dirigeaient, il frappait sa nuque. Il tourna le dos et s'enfuit sur ses traces, et celui qui était là avait commis une injustice. Alors [Dieu] envoya sur eux une tempête de pierres 11, et les enveloppa comme on enveloppe les feuilles de palmier. Leurs docteurs les exhortaient à la patience, mais ils bêlaient comme des brebis 12. Ibn Hishām dit : Ces vers font partie d'un poème de lui. Le poème est également attribué à Umayya ibn Abī al-Ṣalt. Ibn Isḥāq dit : Abū Qays ibn al-Aslat dit : Levez-vous donc, priez votre Seigneur et frottez-vous aux angles de cette Maison, entre les montagnes rocheuses 13. Car vous avez de Lui une preuve éclatante, le matin d'Abū Yaksūm, guide des bataillons. Son infanterie passe la soirée dans la plaine 14, et sa cavalerie sur les hauteurs escarpées, au sommet des monts 15. Quand vous vint le secours du Maître du Trône, Il les repoussa par les armées du Roi, entre vent de sable et tempête de pierres 16. Ils s'enfuirent rapidement, et il ne revint aux siens, des Abyssins 17, que des groupes épars 18. Ibn Hishām dit : Abū Zayd al-Anṣārī m'a récité son vers : « sur les hauteurs escarpées, au sommet des monts ». Ces vers font partie d'un poème d'Abū Qays, que je mentionnerai en son lieu, si Dieu le veut. Son expression : « le matin d'Abū Yaksūm » désigne Abraha, qui était surnommé Abū Yaksūm. (Poème de Ṭālib sur l'Expédition de l'Éléphant) Ibn Isḥāq dit : Ṭālib ibn Abī Ṭālib 19 ibn 'Abd al-Muṭṭalib dit : Ne savez-vous pas ce qui arriva lors de la guerre de Dāḥis 20 et de l'armée d'Abū Yaksūm, lorsqu'ils remplirent le défilé 21 ? Sans la défense de Dieu, rien d'autre, vous ne pourriez plus protéger votre troupeau 22. Ibn Hishām dit : Ces deux vers font partie d'un poème de lui sur le jour de Badr, que je mentionnerai en son lieu, si Dieu le Très-Haut le veut. (Poème d'Abū al-Ṣalt sur l'Expédition de l'Éléphant) Ibn Isḥāq dit : Abū al-Ṣalt ibn Abī Rabī'a al-Thaqafī dit au sujet de l'Éléphant, en mentionnant la religion hanifite 23, la religion d'Abraham, sur lui la paix. Ibn Hishām dit : Il est attribué à Umayya ibn Abī al-Ṣalt ibn Abī Rabī'a al-Thaqafī : Les signes de notre Seigneur sont éclatants 24 ; seul l'impie les conteste. La nuit et le jour furent créés, et chacun a un compte clair et déterminé. Puis un Seigneur miséricordieux fait apparaître le jour, avec un éclat dont la lumière est répandue 25. L'Éléphant fut retenu à al-Mughammas, jusqu'à ce qu'il rampe comme une bête blessée. Il resta attaché au sol, comme s'il était taillé dans une roche dure et polie 26. Autour de lui, des rois de Kinda, des héros, des guerriers endurcis 27 dans les combats, des faucons. Ils l'abandonnèrent puis se dispersèrent 28 tous, chacun ayant la jambe brisée. Toute religion, au Jour de la Résurrection, auprès de Dieu, sauf la religion hanifite 29, sera vaine 30. (Poème d'al-Farazdaq sur l'Expédition de l'Éléphant) Ibn Hishām dit : Al-Farazdaq – dont le nom est Hammām ibn Ghālib, l'un des Banū Mujāshi' ibn Dārim ibn Mālik ibn Ḥanẓala ibn Mālik ibn Zayd Manāt ibn Tamīm – dit, en louant Sulaymān ibn 'Abd al-Malik ibn Marwān et en satirisant al-Ḥajjāj ibn Yūsuf, et en mentionnant l'Éléphant et son armée : Quand al-Ḥajjāj devint tyrannique, poussé par sa richesse 31, il dit : « Je vais monter aux échelles. » Il fut comme le fils de Noël qui dit : « Je vais grimper sur une montagne qui me protégera de l'eau. » Dieu frappa son corps comme Il frappa, pour la qibla blanche 32, la demeure des choses sacrées, Des armées qui poussaient l'Éléphant, jusqu'à ce qu'Il les réduise en poussière, alors qu'ils étaient hautains et orgueilleux 33. Tu fus secouru comme le fut la Maison, quand l'Éléphant y fut conduit par le grand des associateurs, les étrangers. Ces vers font partie d'un poème de lui. (Poème d'Ibn al-Ruqayyāt sur l'Expédition de l'Éléphant) Ibn Hishām dit : 'Abd Allāh ibn Qays al-Ruqayyāt, l'un des Banū 'Āmir ibn Lu'ayy ibn Ghālib, dit, en mentionnant Abraha – qui est al-Ashram – et l'Éléphant : Al-Ashram, qui vint avec l'Éléphant, le trahit, puis il tourna le dos, son armée vaincue. Les oiseaux déversèrent sur eux des pierres d'argile, jusqu'à ce qu'il fût comme lapidé 34. Celui que les gens attaquent revient brisé 35, méprisable parmi les armées. Ces vers font partie d'un poème de lui. (Règne de Yaksūm puis de Masrūq sur le Yémen) Ibn Isḥāq dit : Lorsqu'Abraha périt, les Abyssins donnèrent le pouvoir à son fils Yaksūm ibn Abraha, dont il portait le surnom. Quand Yaksūm ibn Abraha périt, son frère Masrūq ibn Abraha régna sur le Yémen parmi les Abyssins. (Départ de Sayf ibn Dhī Yazan et règne de Wahrīz sur le Yémen) (Ibn Dhī Yazan chez César) Lorsque l'épreuve se prolongea pour les habitants du Yémen, Sayf ibn Dhī Yazan al-Ḥimyarī, surnommé Abū Murra, partit jusqu'à ce qu'il arrive chez César, roi des Romains. Il se plaignit à lui de leur situation et lui demanda de les délivrer [des Abyssins] et de prendre lui-même le pouvoir, en envoyant qui il voudrait des Romains, afin que le royaume du Yémen lui revienne. Mais César ne l'exauça pas et il ne trouva rien de ce qu'il voulait auprès de lui 36. (Intercession d'al-Nu'mān pour Ibn Dhī Yazan auprès de Kisrā) Il partit donc jusqu'à ce qu'il arrive chez al-Nu'mān ibn al-Mundhir, qui était le gouverneur de Kisrā 37 sur al-Ḥīra et les terres environnantes de l'Irak. Il se plaignit à lui de l'affaire des Abyssins. Al-Nu'mān lui dit : « J'ai une audience auprès de Kisrā chaque année ; reste jusqu'à ce que cela ait lieu. » Il le fit, puis partit avec lui, et il l'introduisit auprès de Kisrā. Kisrā siégeait dans son īwān 38, dans son lieu d'audience où se trouvait sa couronne. Sa couronne était, selon ce qu'ils prétendent, comme un grand panier 39 ; on y incrustait du rubis, des perles et de l'émeraude dans de l'or et de l'argent, suspendue par une chaîne en or au sommet d'une arcade dans son lieu d'audience. Son cou ne pouvait porter sa couronne ; on le cachait avec des vêtements jusqu'à ce qu'il s'asseye dans son lieu d'audience, puis il introduisait sa tête dans sa couronne. Lorsqu'il était installé dans son lieu d'audience, on retirait les vêtements de lui, et quiconque ne l'avait pas vu auparavant se prosternait de crainte. Lorsque Sayf ibn Dhī Yazan entra chez lui, il se prosterna. (Ibn Dhī Yazan devant Kisrā, et l'aide de Kisrā) Ibn Hishām dit : Abū 'Ubayda m'a raconté :
Lorsque Sayf entra chez lui, il baissa la tête. Le roi dit : « Cet imbécile entre chez moi par cette haute porte, puis il baisse la tête ? » On rapporta cela à Sayf, qui dit : « Je n’ai fait cela qu’à cause de mon souci, car il rétrécit toute chose. » Ibn Isḥāq dit : Puis il lui dit : « Ô roi, les étrangers nous ont vaincus dans notre pays. » Kisrā lui demanda : « Quels étrangers ? Les Abyssins ou les Sindis ? » Il répondit : « Les Abyssins. Je suis venu pour que tu me secoures, et la royauté de mon pays sera pour toi. » Il dit : « Ton pays est lointain et ses biens sont peu nombreux ; je ne vais pas exposer 40 une armée de Perse en terre arabe. Je n’ai nul besoin de cela. » Puis il lui donna dix mille dirhams 41 de bon poids et le revêtit d’un bel habit. Quand Sayf eut reçu cela, il sortit et se mit à jeter ces pièces aux gens. La chose parvint au roi, qui dit : « Cet homme a une affaire importante. » Puis il l’envoya chercher et lui dit : « Tu as pris le présent du roi pour le jeter aux gens ? » Il répondit : « Que ferais-je de cela ? Les montagnes de ma terre, d’où je viens 42, ne sont que d’or et d’argent » – il cherchait à lui en donner l’envie. Kisrā réunit ses marzbans 43 et leur dit : « Que pensez-vous de l’affaire de cet homme et de ce qu’il est venu chercher ? » L’un d’eux dit : « Ô roi, il y a dans tes prisons des hommes que tu as emprisonnés pour les tuer. Si tu les envoyais avec lui : s’ils périssent, ce sera ce que tu voulais d’eux ; s’ils triomphent, ce sera un royaume que tu auras ajouté 44. » Kisrā envoya donc avec lui ceux qui étaient dans ses prisons, et ils étaient huit cents hommes. (Wahriz, Sayf ibn Dhī Yazan, leur victoire sur Masrūq, et ce qui fut dit à ce sujet en poésie) : Il mit à leur tête un homme appelé Wahriz, qui était âgé parmi eux et le meilleur d’entre eux en rang et en maison. Ils partirent sur huit navires ; deux navires coulèrent, et six navires 45 arrivèrent à la côte d’Aden. Sayf rassembla pour Wahriz ceux de son peuple qu’il put, et lui dit : « Mon pied avec ton pied, jusqu’à ce que nous mourions ensemble ou que nous triomphions ensemble. » Wahriz lui dit : « Tu es équitable. » Masrūq ibn Abraha, roi du Yémen, sortit contre lui et rassembla son armée. Wahriz envoya contre eux un fils 46 pour les combattre et éprouver leur combat : le fils de Wahriz fut tué, ce qui accrut sa rage contre eux. Quand les gens se tinrent en rangs, Wahriz dit : « Montrez-moi leur roi. » On lui dit : « Vois-tu un homme sur l’éléphant, la couronne posée sur sa tête, avec un rubis rouge entre les yeux ? » Il dit : « Oui. » Ils dirent : « C’est leur roi. » Il dit : « Laissez-le. » Ils s’arrêtèrent longtemps, puis il dit : « Sur quoi est-il ? » Ils dirent : « Il est passé sur un cheval. » Il dit : « Laissez-le. » Ils s’arrêtèrent longtemps, puis il dit : « Sur quoi est-il ? » Ils dirent : « Il est passé sur une mule. » Wahriz dit : « La fille de l’âne 47 est humiliée, et son royaume est humilié. Je vais le viser : si vous voyez ses compagnons ne pas bouger, restez jusqu’à ce que je vous avertisse, car j’aurai manqué l’homme ; mais si vous voyez le peuple tourner autour de lui et s’attrouper 48, alors j’aurai touché l’homme : chargez contre eux. » Puis il banda son arc – qui, selon ce qu’ils prétendent, nul autre que lui ne pouvait bander à cause de sa force – et ordonna qu’on lui bande les sourcils. Puis il le visa : la flèche frappa le rubis qui était entre ses yeux, pénétra 49 dans sa tête jusqu’à sortir par sa nuque ; il tomba de sa monture, les Abyssins tournèrent autour de lui et s’attroupèrent, les Perses chargèrent contre eux, et ils furent mis en déroute : ils furent tués et s’enfuirent dans toutes les directions. Wahriz s’avança pour entrer à Ṣanʿā’ 50 ; quand il arriva à sa porte, il dit : « Mon étendard n’entrera jamais incliné : abattez la porte. » On l’abattit, puis il y entra, dressant son étendard. Sayf ibn Dhī Yazan al-Ḥimyarī dit : « Les gens pensent des deux rois qu’ils se sont réconciliés 51. Mais celui qui entend leur réconciliation, l’affaire est devenue énorme 52. Nous avons tué le qayl 53 Masrūq, et nous avons abreuvé la dune de sang. Et le qayl, le qayl des gens, Wahriz a juré un serment : Il boira un vin mêlé jusqu’à ce que reviennent le butin et les bienfaits 54. » Ibn Hishām dit : Ces vers font partie de ses poèmes. Khallād ibn Qurra as-Sadūsī m’a récité le dernier vers comme étant d’al-Aʿshā des Banū Qays ibn Thaʿlaba, dans une de ses qaṣīdas ; d’autres savants en poésie le lui contestent. Ibn Isḥāq dit : Abū Ṣalt ibn Abī Rabīʿa ath-Thaqafī dit – Ibn Hishām dit : et on l’attribue à Umayya ibn Abī Ṣalt : « Pour chercher vengeance, des pareils d’Ibn Dhī Yazan ont navigué 55 en mer contre les ennemis, subissant des vicissitudes. Il se dirigea vers César quand vint son départ, mais il ne trouva chez lui une partie de ce qu’il demandait 56. Puis il se tourna 57 vers Kisrā après une dizaine 58 d’années, prodiguant son âme et ses biens. Jusqu’à ce qu’il vienne avec les fils des hommes libres qu’il portait – par ta vie, certes leur agitation fut rapide 59 ! Que Dieu récompense cette troupe qui sortit : on n’a jamais vu leurs pareils parmi les gens. Blancs, marzbans, robustes, cavaliers, lions élevant des lionceaux dans les fourrés 60. Ils tirent depuis des hauteurs semblables à des collines 61, avec un arc 62 qui précipite la cible. Tu as envoyé des lions contre les chiens noirs : leurs fuyards sont devenus dans la terre des débris 63. Bois donc à ton aise, la couronne sur toi, accoudé au sommet de Ghumdān 64, une demeure stable de ta part. Bois à ton aise : leur autruche s’est envolée 65 ; laisse aujourd’hui couler tes deux manteaux 66. Voilà les nobles actions, non deux écuelles de lait mêlé d’eau, redevenues ensuite des urines 67. » Ibn Hishām dit : Voici ce qui est authentique de ce qu’Ibn Isḥāq en a rapporté, sauf le dernier vers : « Voilà les nobles actions, non deux écuelles de lait… » 68 : il est d’an-Nābigha al-Jaʿdī. Son nom est Ḥibbān ibn 69 ʿAbd Allāh ibn Qays, l’un des Banū Jaʿda ibn Kaʿb ibn Rabīʿa ibn ʿĀmir ibn Ṣaʿṣaʿa ibn Muʿāwiya ibn Bakr ibn Hawāzin, dans une de ses qaṣīdas. Ibn Isḥāq dit : ʿAdī ibn Zayd al-Ḥīrī dit – et il était l’un des Banū Tamīm. Ibn Hishām dit : puis l’un des Banū Imriʾ al-Qays ibn Zayd Manāt ibn Tamīm ; on dit que ʿAdī était des ʿIbād 70 de la population d’al-Ḥīra 71 : « Après Ṣanʿā’, qu’habitaient des gouverneurs d’un royaume aux dons abondants 72, Élevée par celui qui bâtit près d’un nuage de pluie, et dont les sanctuaires exsudent du musc 73, Entourée de montagnes, à l’abri des ruses du fourbe, dont les sommets ne sont pas escaladés 74, Où l’on entend la voix du chamelon quand le mâle lui répond le soir 75, Les causes y amenèrent l’armée des fils des hommes libres, leurs cavaliers en cortèges 76. On y transporta sur des mulets chargés de mort, et leurs renforts s’y hâtèrent 77. Jusqu’à ce que les qayls la vissent, du côté du col, ses bataillons verdoyants 78. Le jour où ils appellent : « Ô famille de Barbar 79 et al-Yaksūm 80 ! » – leurs fuyards ne réussiront pas 81. Ce fut un jour dont le récit reste, et disparut une communauté aux rangs solides 82. On échangea le fayj 83 contre la zarāfa 84, et les jours sont sombres 85, nombreux en merveilles. Après les Tubbaʿs, des nabats 86 : leurs marzbans s’y sont installés 87. » Ibn Hishām dit : Ces vers font partie d’une de ses qaṣīdas. Abū Zayd al-Anṣārī 88 me les a récités, et me les a rapportés d’al-Mufaḍḍal aḍ-Ḍabbī, son dire : « Le jour où ils appellent : Ô famille de Barbar et al-Yaksūm… » etc. (Défaite des Abyssins, prophétie de Saṭīḥ et de Shiqq) : C’est ce que Saṭīḥ voulait dire par sa parole : « Lui succédera Iram dhū Yazan, qui sortira contre eux d’Aden, et ne laissera aucun d’eux au Yémen. » Et ce que Shiqq voulait dire par sa parole : « Un garçon qui n’est ni vil ni soumis, qui sortira contre eux de la maison de Dhī Yazan. » Récit de ce qu’il advint de l’affaire des Perses au Yémen (Royaume des Abyssins au Yémen et leurs rois)
Ibn Isḥāq a dit : Wahriz et les Perses restèrent au Yémen ; de ce qui subsiste de cette armée perse sont les Abnā' 89 qui sont au Yémen aujourd'hui. La domination des Abyssins sur le Yémen, depuis l'entrée d'Aryāṭ jusqu'à ce que les Perses tuèrent Masrūq ibn Abraha et que les Abyssins furent chassés, dura soixante-douze ans, se transmettant entre quatre d'entre eux : Aryāṭ, puis Abraha, puis Yakṣūm ibn Abraha, puis Masrūq ibn Abraha. (Les rois perses sur le Yémen) : Ibn Hishām a dit : Puis Wahriz mourut, et Kisrā 90 nomma son fils al-Marzubān ibn Wahriz sur le Yémen ; puis al-Marzubān mourut, et Kisrā nomma son fils al-Taynujān ibn al-Marzubān sur le Yémen ; puis al-Taynujān mourut, et Kisrā nomma le fils d'al-Taynujān sur le Yémen ; puis il le destitua et nomma Bādhān, et Bādhān resta sur le Yémen jusqu'à ce qu'Allah envoya Muḥammad le Prophète (126) – qu'Allah prie sur lui et le salue. (Kisrā et l'envoi du Prophète – qu'Allah prie sur lui et le salue) : Il m'est parvenu d'az-Zuhrī qu'il a dit : Kisrā écrivit à Bādhān : « Il m'est parvenu qu'un homme de Quraysh est apparu à La Mecque, prétendant être un prophète. Va vers lui et demande-lui de se repentir ; s'il se repent [bien], sinon envoie-moi sa tête. » Bādhān envoya donc la lettre de Kisrā au Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue –, et le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – lui écrivit : « Allah m'a promis que Kisrā sera tué tel jour de tel mois. » Lorsque la lettre parvint à Bādhān, il attendit pour voir, et dit : « S'il est prophète, ce qu'il a dit arrivera. » Allah tua Kisrā le jour même que le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – avait dit. Ibn Hishām a dit : Il fut tué par son fils Shīrawayh. Khālid ibn Ḥiqq ash-Shaybānī a dit : « Et Kisrā, quand ses fils le partagèrent / Avec des épées, comme le boucher partage (127) / Le destin accoucha pour lui d'un jour / Hélas ! et pour toute porteuse il y a un terme (128) » (Conversion à l'islam de Bādhān) : Az-Zuhrī a dit : Lorsque cela parvint à Bādhān, il envoya sa conversion à l'islam (129) et celle des Perses qui étaient avec lui au Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue. Les envoyés perses dirent au Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue : « À qui appartenons-nous, ô Messager d'Allah ? » Il dit : « Vous êtes de nous et à nous, gens de la maison. » (Salmān est des nôtres) : Ibn Hishām a dit : Il m'est parvenu d'az-Zuhrī qu'il a dit : C'est de là que le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Salmān est des nôtres, gens de la maison. » (L'envoi du Prophète et la prophétie de Saṭīḥ et Shiqq) : Ibn Hishām a dit : C'est ce que Saṭīḥ a voulu dire par sa parole : « Un prophète pur, à qui la révélation vient de la part du Très-Haut. » Et ce que Shiqq a voulu dire par sa parole : « Mais il sera interrompu par un messager envoyé, qui apporte la vérité et la justice, parmi (130) les gens de la religion et de la vertu ; la royauté sera dans son peuple jusqu'au Jour du Jugement. » (La pierre trouvée au Yémen) : Ibn Isḥāq a dit : Il y avait sur une pierre au Yémen – selon ce qu'ils prétendent – une écriture en Psaumes 91 écrite dans les temps anciens : « À qui appartient la royauté de Dhimār ? Aux Ḥimyarites vertueux (131). À qui appartient la royauté de Dhimār ? Aux Abyssins mauvais (132). À qui appartient la royauté de Dhimār ? Aux Perses libres (133). À qui appartient la royauté de Dhimār ? Aux Quraysh commerçants. » Dhimār est le Yémen ou Ṣan'ā'. Ibn Hishām a dit : Dhimār, avec la fatḥa 92, selon ce que m'a rapporté (134) Yūnus. (Poème d'al-A'shā sur la prophétie de Saṭīḥ et Shiqq) : Ibn Isḥāq a dit : Al-A'shā, A'shā Banī Qays ibn Tha'laba, a dit à propos de la réalisation de ce qu'avaient dit Saṭīḥ et son compagnon : « Aucun œil cilié n'a regardé comme son regard / Vérité, comme le Dhī'bī 93 a dit vrai quand il a prophétisé (135) » Les Arabes appelaient Saṭīḥ « adh-Dhī'bī », car il était Saṭīḥ ibn Rabī'a ibn Mas'ūd ibn Māzin ibn Dhi'b. Ibn Hishām a dit : Ce vers fait partie d'un poème de lui. (L'histoire du roi d'al-Ḥaḍr) (Généalogie d'an-Nu'mān et quelque chose sur al-Ḥaḍr, et poème d'Adī à ce sujet) : Ibn Hishām a dit : Khallād ibn Qurra ibn Khālid as-Sadūsī m'a rapporté, d'après Jannād, ou d'après certains savants de Kūfa en matière de généalogie, que l'on dit : An-Nu'mān ibn al-Mundhir est issu de la descendance de Sāṭirūn (136), roi d'al-Ḥaḍr. Al-Ḥaḍr est une forteresse immense, comme une ville, qui se trouvait sur la rive de l'Euphrate ; c'est celle qu'Adī ibn Zayd a mentionnée dans son poème : « Et le frère d'al-Ḥaḍr quand il l'a bâtie, et quand / Le Tigre et le Khābūr (137) lui apportaient leurs eaux / Il l'a élevée en marbre et l'a recouverte de chaux / Et les oiseaux ont des nids dans ses hauteurs (138) / Les vicissitudes du destin ne l'ont pas épargné, et la royauté (139) l'a quitté, et sa porte est déserte » Ibn Hishām a dit : Ces vers font partie d'un poème de lui. Et ce qu'Abū Dāwūd al-Iyādī (140) a mentionné dans son poème : « Et je vois la mort descendre d'al-Ḥaḍr / Sur le maître de ses habitants, as-Sāṭirūn » Ce vers fait partie d'un poème de lui. On dit qu'il est de Khalaf al-Aḥmar, et on dit de Ḥammād ar-Rāwiya. (L'entrée de Sābūr à al-Ḥaḍr, son mariage avec la fille de Sāṭirūn, et ce qui se passa entre eux) : Kisrā Sābūr Dhū l-Aktāf 94 attaqua Sāṭirūn, roi d'al-Ḥaḍr, et l'assiégea pendant soixante [jours]. Un jour, la fille de (141) Sāṭirūn regarda et vit Sābūr, vêtu de brocart, avec une couronne d'or incrustée d'émeraudes, de rubis et de perles ; il était beau. Elle lui fit dire en secret : « M'épouseras-tu si je t'ouvre la porte d'al-Ḥaḍr ? » Il dit : « Oui. » Le soir venu, Sāṭirūn but jusqu'à s'enivrer – il ne passait jamais la nuit sans être ivre. Elle prit les clés de la porte d'al-Ḥaḍr sous sa tête, les envoya avec un affranchi à elle, qui ouvrit la porte (142). Sābūr entra, tua Sāṭirūn, pilla al-Ḥaḍr et le détruisit. Il l'emmena avec lui et l'épousa. Une nuit, alors qu'elle dormait sur son lit, elle s'agitait et ne dormait pas. Il fit apporter une bougie, fouilla son lit, et trouva une feuille de myrte (143) dessus. Sābūr lui dit : « Est-ce cela qui t'a empêchée de dormir ? » Elle dit : « Oui. » Il dit : « Que faisait ton père pour toi ? » Elle dit : « Il me faisait étendre du brocart, m'habillait de soie, me nourrissait de moelle et me donnait du vin à boire. » Il dit : « Était-ce là la récompense de ton père pour ce que tu lui as fait ? Tu seras encore plus prompte à faire cela avec moi. » Puis il ordonna qu'on lui attache les tresses (144) de sa tête à la queue d'un cheval, puis il fit galoper le cheval jusqu'à ce qu'il la tuât (145). C'est à ce sujet qu'al-A'shā Banī Qays ibn Tha'laba a dit : « N'as-tu pas vu (146) al-Ḥaḍr, quand ses habitants / Étaient dans le bien-être – mais rien de bien-être n'est éternel ? / Shāhābūr (147) y campa avec ses troupes / Deux ans, les pieds (148) y frappaient le sol / Quand il invoqua son Seigneur par une invocation / Il se tourna vers Lui et ne se vengea pas » Ces vers font partie d'un poème de lui. Et Adī ibn Zayd a dit à ce sujet : « Et al-Ḥaḍr, une calamité s'abattit sur lui / D'en haut, puissante, ses épaules (149) / Une jeune fille (150) qui n'épargna pas son père / Pour son destin (151) quand son gardien (152) faillit / Quand elle lui servit (153) du vin pur et clair / – Et le vin, combien (154) son buveur en perd la raison (155) ! – / Elle livra les siens en une nuit / Croyant que le chef était son prétendant / Le lot de la mariée, quand l'aube (156) se leva, fut / Du sang coulant en ruisseaux (157) / Et al-Ḥaḍr fut détruit et pillé, et / Brûlés dans sa tente furent ses ustensiles (158) » Ces vers font partie d'un poème de lui. (Mention des enfants de Nizār ibn Ma'add) (Ses enfants selon l'avis d'Ibn Isḥāq et d'Ibn Hishām) : Ibn Isḥāq a dit : Nizār ibn Ma'add eut trois fils : Muḍar (159) ibn Nizār, Rabī'a ibn Nizār, et Anmār ibn Nizār. Ibn Hishām a dit : Et Iyād ibn Nizār. Al-Ḥārith ibn Daws al-Iyādī a dit – et on le rapporte d'Abū Dāwūd al-Iyādī, dont le nom est Jāriya (160) ibn al-Ḥajjāj : « Et des jeunes gens (161) aux beaux visages / De Iyād ibn Nizār ibn Ma'add » Ce vers fait partie de vers de lui. La mère de Muḍar et Iyād est Sawda bint 'Akk ibn 'Adnān. La mère de Rabī'a et Anmār est Shufayqa bint 'Akk ibn 'Adnān, et on dit Jumu'a bint 'Akk ibn 'Adnān. (Les enfants d'Anmār) :
Ibn Isḥāq a dit : Anmār est le père de Khath‘am et de Bajīla 95. Jarīr ibn ‘Abd Allāh al-Bajalī, qui était le chef de Bajīla, a dit, et c’est celui à qui l’on dit : « Sans Jarīr, Bajīla aurait péri ; quel bon jeune homme et quelle mauvaise tribu ! » Et il dispute 96 avec al-Furāfiṣa 97 al-Kalbī devant al-Aqra‘ ibn Ḥābis al-Tamīmī (ibn ‘Iqāl ibn Mujāshi‘ ibn Dārim ibn Mālik ibn Ḥanẓala ibn Mālik ibn Zayd Manāt) 98 : « Ô Aqra‘ ibn Ḥābis, ô Aqra‘, si ton frère 99 est terrassé, tu seras terrassé. » Et il a dit : « Fils de Nizār, secourez votre frère ; certes, mon père, tu l’as trouvé, est votre père. Aujourd’hui, un frère qui vous est allié ne sera pas vaincu. » Et ils se sont tournés vers le Yémen et ont rejoint le Yémen. Ibn Hishām a dit : Les Yéménites ont dit : Bajīla est Anmār ibn Irāsh ibn Liḥyān ibn ‘Amr ibn al-Ghawth ibn Nabt ibn Mālik ibn Zayd ibn Kahlān ibn Saba’. On dit aussi : Irāsh ibn ‘Amr ibn Liḥyān ibn al-Ghawth. Le territoire de Bajīla et de Khath‘am est yéménite. (Enfants de Muḍar) Ibn Isḥāq a dit : Muḍar ibn Nizār eut deux fils : Ilyās ibn Muḍar et ‘Aylān 100 ibn Muḍar. Ibn Hishām a dit : Leur mère était une Jurhumite 101. (Enfants d’Ilyās) Ibn Isḥāq a dit : Ilyās ibn Muḍar eut trois fils : Mudrika ibn Ilyās, Ṭābikha ibn Ilyās et Qama‘a ibn Ilyās. Leur mère était Khindif, une femme du Yémen. (Quelque chose au sujet de Khindif et de ses enfants) Ibn Hishām a dit : Khindif 102 est la fille de ‘Imrān ibn al-Ḥāf ibn Quḍā‘a. Ibn Isḥāq a dit : Le nom de Mudrika était ‘Āmir, et celui de Ṭābikha était ‘Amr. On raconte qu’ils étaient avec leurs chameaux, les faisant paître, et ils attrapèrent du gibier et s’assirent pour le cuire. Un ravisseur attaqua leurs chameaux. ‘Āmir dit à ‘Amr : « Vas-tu rattraper les chameaux ou cuire ce gibier ? » ‘Amr répondit : « Je vais cuire. » ‘Āmir rattrapa donc les chameaux et les ramena. Quand ils revinrent auprès de leur père et lui racontèrent leur histoire, il dit à ‘Āmir : « Tu es Mudrika 103 », et à ‘Amr : « Tu es Ṭābikha 104. » (Leur mère sortit lorsqu’elle apprit la nouvelle, en se hâtant, et il lui dit : « Tu khindifes 105 », et elle fut appelée Khindif.) Quant à Qama‘a 106, les généalogistes de Muḍar prétendent que Khuzā‘a est issu de la descendance de ‘Amr ibn Luḥayy ibn Qama‘a ibn Ilyās. Histoire de ‘Amr ibn Luḥayy et mention des idoles des Arabes (Le Prophète, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, l’a vu traînant ses intestins dans le Feu) Ibn Isḥāq a dit : ‘Abd Allāh ibn Abī Bakr ibn Muḥammad ibn ‘Amr ibn Ḥazm m’a raconté d’après son père qui a dit : On m’a rapporté que le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, a dit : « J’ai vu ‘Amr ibn Luḥayy traînant ses intestins 107 dans le Feu. Je l’ai interrogé au sujet des gens entre lui et moi, et il a dit : Ils ont péri. » Ibn Isḥāq a dit : Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn al-Ḥārith al-Taymī m’a raconté qu’Abū Ṣāliḥ al-Sammān lui a raconté qu’il a entendu Abū Hurayra – Ibn Hishām a dit : Le nom d’Abū Hurayra est ‘Abd Allāh ibn ‘Āmir, et on dit aussi que son nom est ‘Abd al-Raḥmān ibn Ṣakhr – dire : J’ai entendu le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, dire à Aktham ibn al-Jawn al-Khuzā‘ī : « Ô Aktham, j’ai vu ‘Amr ibn Luḥayy ibn Qama‘a ibn Khindif traînant ses intestins dans le Feu. Je n’ai vu personne qui te ressemble plus à lui, ni lui à toi. » Aktham dit : « Ô Messager d’Allah, cette ressemblance me nuira-t-elle ? » Il dit : « Non, car tu es croyant et lui est mécréant. Il a été le premier à changer la religion d’Ismaël : il a dressé les idoles, a pratiqué la baḥīra 108, a libéré la sā’iba 109, a établi la waṣīla 110 et a protégé le ḥāmī 111. » (Apport des idoles de Syrie à La Mecque) Ibn Hishām a dit : Un savant m’a raconté que ‘Amr ibn Luḥayy partit de La Mecque pour la Syrie pour certaines de ses affaires. Lorsqu’il arriva à Ma‘āb, dans la région d’al-Balqā’, où se trouvaient alors les Amalécites – ils sont les descendants de ‘Imliq, et on dit ‘Imliq ibn Lāwidh ibn Sām ibn Nūḥ – il les vit adorer des idoles. Il leur dit : « Que sont ces idoles que je vous vois adorer ? » Ils lui répondirent : « Ce sont des idoles que nous adorons ; nous leur demandons la pluie et elles nous arrosent, nous leur demandons la victoire et elles nous donnent la victoire. » Il leur dit : « Ne me donneriez-vous pas une idole que j’emporterais dans la terre des Arabes pour qu’ils l’adorent ? » 112 Ils lui donnèrent une idole appelée Hubal. Il l’apporta à La Mecque, la dressa et ordonna aux gens de l’adorer et de la vénérer 113. (Premier culte des pierres chez les fils d’Ismaël) Ibn Isḥāq a dit : On prétend que le premier culte des pierres chez les fils d’Ismaël fut que, lorsque La Mecque devint trop étroite pour eux et qu’ils cherchèrent à s’étendre dans les pays, aucun émigrant ne partait de La Mecque sans emporter avec lui une pierre des pierres du sanctuaire, par vénération pour le sanctuaire. Où qu’ils s’installent, ils la plaçaient et tournaient autour comme ils tournaient autour de la Ka‘ba, jusqu’à ce que cela les conduisît 114 à adorer toute pierre qu’ils trouvaient belle et qui leur plaisait. Puis vinrent les générations suivantes 115, qui oublièrent ce qu’ils étaient, remplacèrent la religion d’Abraham et d’Ismaël par autre chose, adorèrent les idoles et en vinrent aux égarements des nations avant eux. Parmi eux subsistaient cependant des vestiges de l’époque d’Abraham, auxquels ils s’accrochaient : la vénération de la Maison, les tournées autour d’elle, le pèlerinage et la ‘umra, la station à ‘Arafa et à Muzdalifa, l’offrande des bêtes de sacrifice, et la talbiya pour le pèlerinage et la ‘umra, tout en y introduisant ce qui n’en faisait pas partie. Ainsi, Kināna et Quraysh, lorsqu’ils prononçaient la talbiya, disaient : « Me voici, ô Allah, me voici ; me voici, Tu n’as pas d’associé, sauf un associé qui T’appartient, Tu le possèdes et ce qu’il possède. » Ils L’unifiaient par la talbiya, puis y introduisaient leurs idoles et plaçaient leur possession entre Ses mains. Allah, béni et exalté soit-Il, dit à Muḥammad, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui : « Et la plupart d’entre eux ne croient en Allah qu’en Lui associant [d’autres divinités] » (Coran 12:106), c’est-à-dire : ils ne M’unifient pas en reconnaissant Mon droit sans M’associer une créature. (Les idoles chez le peuple de Noé) Le peuple de Noé avait des idoles auxquelles ils s’attachaient. Allah, béni et exalté soit-Il, a raconté leur histoire à Son Messager, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, en disant : « Et ils dirent : N’abandonnez jamais vos divinités, et n’abandonnez jamais Wadd, Suwā‘, Yaghūth, Ya‘ūq et Nasr. Ils ont égaré beaucoup de gens » (Coran 71:23-24). (Les tribus et leurs idoles, et quelque chose à leur sujet) Ceux qui adoptèrent ces idoles parmi les descendants d’Ismaël et d’autres, et les nommèrent d’après leurs noms lorsqu’ils abandonnèrent la religion d’Ismaël, furent : Hudhayl ibn Mudrika ibn Ilyās ibn Muḍar, qui adoptèrent Suwā‘, et celle-ci était pour eux à Buryāṭ 116. Kalb ibn Wabra, de Quḍā‘a, adopta Wadd à Dūmat al-Jandal 117. Ibn Isḥāq a dit : Ka‘b ibn Mālik al-Anṣārī a dit : « Et nous oublions al-Lāt, al-‘Uzzā et Wadd, et nous les dépouillons des colliers et des pendants d’oreilles 118. » Ibn Hishām a dit : Ce vers fait partie d’un poème de lui que je mentionnerai à sa place, si Allah le veut. (Opinion d’Ibn Hishām sur la généalogie de Kalb ibn Wabra) Ibn Hishām a dit : Kalb ibn Wabra ibn Taghlib ibn Ḥulwān ibn ‘Imrān ibn al-Ḥāf ibn Quḍā‘a. (Yaghūth et ses adorateurs) Ibn Isḥāq a dit : An‘um, de Ṭayyi’, et les gens de Jurash 119, de Madhḥij, adoptèrent Yaghūth à Jurash 120. (Opinion d’Ibn Hishām sur An‘um et sur la généalogie de Ṭayyi’) Ibn Hishām a dit : On dit aussi An‘um. Ṭayyi’ est ibn Udad ibn Mālik, et Mālik est Madhḥij ibn Udad. On dit aussi : Ṭayyi’ ibn Udad ibn Zayd ibn Kahlān ibn Saba’. (Ya‘ūq et ses adorateurs) Ibn Isḥāq a dit : Khaywān 121, une fraction de Hamdān, adopta Ya‘ūq dans la terre de Hamdān, au Yémen 122. Ibn Hishām a dit : Mālik ibn Namat al-Hamdānī 123 a dit : « Allah répare et détruit dans ce monde, mais Ya‘ūq ne détruit ni ne répare 124. » Ce vers fait partie d’un poème de lui.
Hamdân et sa généalogie : Ibn Hichâm dit : Le nom de Hamdân est Awsala ibn Mâlik ibn Zayd ibn Rabî‘a ibn Awsala ibn al-Khiyâr ibn Mâlik ibn Zayd ibn Kahlân ibn Saba’. On dit aussi : Awsala ibn Zayd ibn Awsala ibn al-Khiyâr. Et on dit : Hamdân ibn Awsala ibn Rabî‘a 125 ibn Mâlik ibn al-Khiyâr ibn Mâlik ibn Zayd ibn Kahlân ibn Saba’ 126. Nasr et ses adorateurs : Ibn Ishâq dit : Dhû al-Kulâ‘ 127, des Himyarites, adoptèrent Nasr dans la terre de Himyar 128. ‘Umyânis et ses adorateurs : Les Khawlân avaient une idole appelée ‘Umyânis 129 dans la terre de Khawlân. Ils lui attribuaient une part de leurs troupeaux et de leurs récoltes, une part entre lui et Dieu, selon leur prétention. Ce qui entrait dans le droit de ‘Umyânis du droit de Dieu Très-Haut qu’ils Lui avaient nommé, ils le laissaient pour lui ; et ce qui entrait dans le droit de Dieu Très-Haut du droit de ‘Umyânis, ils le lui rendaient. Ils sont une fraction de Khawlân, appelée al-Adîm. C’est à leur sujet que Dieu, béni et Très-Haut, révéla, selon ce qu’ils rapportent : « Et ils assignent à Dieu une part de ce qu’Il a créé parmi les récoltes et les troupeaux, et ils disent : ‘Ceci est pour Dieu’ – selon leur prétention – ‘et ceci est pour nos associés.’ Mais ce qui est pour leurs associés ne parvient pas à Dieu, et ce qui est pour Dieu parvient à leurs associés. Comme leur jugement est mauvais ! » (6:136) Généalogie de Khawlân : Ibn Hichâm dit : Khawlân ibn ‘Amr ibn al-Hâf ibn Qudâ‘a. On dit aussi : Khawlân ibn ‘Amr ibn Murra 130 ibn Udad ibn Zayd ibn Mihsa‘ ibn ‘Amr ibn ‘Arîb ibn Zayd ibn Kahlân ibn Saba’. Et on dit : Khawlân ibn ‘Amr ibn Sa‘d al-‘Ashîra ibn Madhḥij. Sa‘d et ses adorateurs : Ibn Ishâq dit : Les Banû 131 Milkân 132 ibn Kinâna ibn Khuzayma ibn Mudrika ibn Ilyâs ibn Muḍar avaient une idole appelée Sa‘d, un rocher élevé dans un désert 133 de leur terre. Un homme des Banû Milkân vint avec ses chameaux nombreux 134 pour les faire s’arrêter devant lui, cherchant sa bénédiction, selon ce qu’il prétendait. Quand les chameaux le virent – ils étaient des bêtes de pâture, non montées, et on répandait du sang sur lui – ils s’enfuirent de lui et partirent dans toutes les directions. Le Milkânite, son maître, se fâcha, prit une pierre et le frappa, puis dit : « Que Dieu ne te bénisse pas ! Tu as fait fuir mes chameaux ! » Puis il partit à leur recherche jusqu’à les rassembler. Quand ils furent réunis, il dit : « Nous sommes venus à Sa‘d pour qu’il rassemble notre groupe, mais Sa‘d nous a dispersés : nous ne sommes donc pas de Sa‘d. Et qu’est-ce que Sa‘d, sinon un rocher dans une plaine déserte 135 de la terre, qui n’appelle 136 ni à l’égarement ni à la droiture ? » L’idole de Daws : Les Daws avaient une idole 137 appartenant à ‘Amr ibn Humama al-Dawsî. Ibn Hichâm dit : Je mentionnerai son récit en son lieu, si Dieu le veut. Généalogie de Daws : Daws ibn ‘Udthân 138 ibn ‘Abd Allâh ibn Zahrân ibn Ka‘b ibn al-Hârith ibn Ka‘b ibn ‘Abd Allâh ibn Mâlik ibn Naṣr ibn al-Asad ibn al-Ghawth. On dit aussi : Daws ibn ‘Abd Allâh ibn Zahrân ibn al-Asad ibn al-Ghawth. Hubal : Ibn Ishâq dit : Les Quraysh avaient adopté une idole sur un puits à l’intérieur de la Ka‘ba, appelée Hubal 139. Ibn Hichâm dit : Je mentionnerai son récit en son lieu, si Dieu le veut. Isâf et Nâ’ila, et le récit de ‘Â’isha à leur sujet : Ibn Ishâq dit : Ils adoptèrent Isâf 140 et Nâ’ila, à l’emplacement de Zamzam 141, où ils immolaient des sacrifices près d’eux. Isâf et Nâ’ila étaient un homme et une femme de Jurhum – Isâf ibn Baghy 142 et Nâ’ila bint 143 Dîk. Isâf eut un rapport avec Nâ’ila dans la Ka‘ba, et Dieu les métamorphosa en deux pierres. Ibn Ishâq dit : ‘Abd Allâh ibn Abî Bakr ibn Muḥammad ibn ‘Amr ibn Ḥazm me raconta, d’après ‘Amra bint ‘Abd al-Raḥmân ibn Sa‘d ibn Zurâra, qu’elle dit : J’ai entendu ‘Â’isha, que Dieu l’agrée, dire : « Nous n’avons cessé d’entendre qu’Isâf et Nâ’ila étaient un homme et une femme de Jurhum, qui commirent un acte illicite 144 dans la Ka‘ba, et Dieu Très-Haut les métamorphosa en deux pierres. » Et Dieu sait mieux. Ibn Ishâq dit : Abû Ṭâlib 145 dit : « Et là où les Ash‘arîtes font reposer leurs montures, au débouché des torrents, près d’Isâf et de Nâ’il. » 146 Ibn Hichâm dit : Ce vers fait partie d’un poème de lui que je mentionnerai en son lieu, si Dieu Très-Haut le veut. Ce que les Arabes faisaient avec les idoles : Ibn Ishâq dit : Les gens de chaque maison adoptèrent dans leur maison une idole qu’ils adoraient. Quand l’un d’eux voulait voyager, il se frottait à elle en montant ; c’était la dernière chose qu’il faisait en partant en voyage. Et quand il revenait de voyage, il se frottait à elle ; c’était la première chose qu’il faisait avant d’entrer chez les siens. Lorsque Dieu envoya Son messager Muḥammad – que Dieu prie sur lui et le salue – avec l’unicité, les Quraysh dirent : « A-t-il fait des divinités une seule divinité ? C’est vraiment une chose étonnante ! » Les Arabes avaient adopté, en plus de la Ka‘ba, des ṭawâghît 147 – ce sont des maisons qu’ils vénéraient comme la Ka‘ba, ayant des serviteurs et des gardiens, et ils y offraient des présents comme à la Ka‘ba, et ils tournaient autour comme ils tournaient autour d’elle, et ils y immolaient des sacrifices. Ils reconnaissaient la supériorité de la Ka‘ba sur elles, car ils savaient qu’elle était la maison d’Ibrâhîm, l’ami intime, et son lieu de prière. Al-‘Uzzâ et ses serviteurs : Les Quraysh et les Banû Kinâna avaient al-‘Uzzâ 148 à Nakhlah 149 ; ses serviteurs et gardiens étaient les Banû Shaybân 150 de Sulaym, alliés des Banû Hâshim. Ibn Hichâm dit : Alliés des Banû 151 Abî Ṭâlib en particulier. Sulaym est Sulaym ibn Manṣûr ibn ‘Ikrima ibn Khaṣafa ibn Qays ibn ‘Aylân. Ibn Ishâq dit : Un poète arabe dit : « Asmâ’ a bien été mariée à la tête 152 d’une petite chamelle 153 de couleur fauve, offerte par un homme des Banû Ghanm 154. Il vit une excroissance 155 dans son œil, alors qu’il la conduisait vers le Ghubghab 156 d’al-‘Uzzâ, et il fut généreux dans le partage. » Ainsi faisaient-ils quand ils immolaient une offrande : ils la partageaient entre les présents. Al-Ghubghab est le lieu d’immolation et de répandage du sang. Ibn Hichâm dit : Ces deux vers sont d’Abû Khirâsh 157 al-Hudhalî, nommé Khulayd ibn Murra, dans un poème de lui. Sens d’al-sadana : Al-sadana sont ceux qui s’occupent des affaires de la Ka‘ba. Ru’ba ibn al-‘Ajjâj dit : « Non, par le Seigneur des femmes en sécurité, des femmes qui restent à la maison 158, près du lieu de retenue des offrandes et de la maison du service (al-masdan). » Ces deux vers 159 sont dans une urjûza de lui ; je mentionnerai son récit en son lieu, si Dieu Très-Haut le veut. Al-Lât et ses serviteurs : Ibn Ishâq dit : Al-Lât 160 appartenait à Thaqîf à Ṭâ’if ; ses serviteurs et gardiens étaient les Banû Mu‘attib 161 de Thaqîf. Ibn Hichâm dit : Je mentionnerai son récit en son lieu, si Dieu Très-Haut le veut. Manât, ses serviteurs et sa destruction : Ibn Ishâq dit : Manât 162 appartenait à al-Aws et al-Khazraj, et à ceux qui suivaient leur religion parmi les gens de Yathrib, sur la côte de la mer, du côté d’al-Mushallal, à Qudayd 163. Ibn Hichâm dit : Al-Kumayt ibn Zayd, l’un des Banû Asad ibn Khuzayma ibn Mudrika, dit : « Et les tribus ont juré de ne pas tourner le dos à Manât, en se détournant de nous. » Ce vers est dans un poème de lui. Ibn Hichâm dit : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – envoya vers elle Abû Sufyân ibn Ḥarb, qui la détruisit. On dit aussi : ‘Alî ibn Abî Ṭâlib 164. Dhû al-Khalasa, ses serviteurs et sa destruction : Ibn Ishâq dit : Dhû al-Khalasa 165 appartenait à Daws, Khath‘am et Bajîla, et à ceux qui étaient dans leurs terres parmi les Arabes, à Tabâla 166. Ibn Hichâm dit : On dit aussi : Dhû al-Khuluṣa. Un Arabe dit : « Si tu étais, ô Dhû al-Khuluṣ, le vengé, comme moi, et que ton vieux père fût dans la tombe, tu n’interdirais pas, en mentant, de tuer les ennemis. »
Il dit : Son père avait été tué, et il voulait venger son sang. Il vint donc à Dhū l-Khalasa 167 et consulta le sort par les flèches 168 auprès de lui. La flèche sortit lui interdisant cela. Il récita ces vers. Certains attribuent ces vers à Imru' l-Qays ibn Ḥujr al-Kindī. L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya alors Jarīr ibn 'Abd Allāh al-Bajalī qui le détruisit. (Fils 169 et ses desservants, et sa destruction) : Ibn Isḥāq dit : Fils appartenait à Ṭayyi' et à ceux qui l'entouraient, dans les deux montagnes de Ṭayyi', c'est-à-dire Salmā et Aja'. Ibn Hishām dit : Un savant m'a raconté que l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya contre elle 'Alī ibn Abī Ṭālib qui la détruisit. Il y trouva deux épées : l'une appelée al-Rasūb 170, l'autre al-Mikhḍam 171. Il les apporta à l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — qui les lui donna. Ce sont les deux épées de 'Alī — que Dieu l'agrée. (Ri'ām 172) : Ibn Isḥāq dit : Les Ḥimyarites et les gens du Yémen avaient une maison à Ṣan'ā' appelée Ri'ām. Ibn Hishām dit : J'ai déjà mentionné son histoire plus haut. (Ruḍā' 173 et ses desservants) : Ibn Isḥāq dit : Ruḍā' était une maison appartenant aux Banū Rabī'a ibn Ka'b ibn Sa'd ibn Zayd Manāt ibn Tamīm. C'est à son sujet que al-Mustawghir 174 ibn Rabī'a ibn Ka'b ibn Sa'd dit, lorsqu'il la détruisit en Islam : « J'ai serré fortement contre Ruḍā' une étreinte, / Et je l'ai laissée déserte, dans une plaine noire. » Ibn Hishām dit : Son dire : « Et je l'ai laissée déserte, dans une plaine noire » vient d'un homme des Banū Sa'd. (Al-Mustawghir et sa longévité) : On dit que al-Mustawghir vécut trois cent trente ans, et qu'il fut le plus âgé de tous les Muḍar 175. C'est lui qui dit : « Je me suis lassé de la vie et de sa longueur, / Et j'ai vécu des centaines d'années. / Cent, suivies de deux cents pour moi, / Et j'ai ajouté des années de mois. / Ce qui reste n'est que comme ce qui est passé : / Un jour qui passe et une nuit qui nous pousse. » Certains attribuent ces vers à Zuhayr ibn Janāb al-Kalbī. (Dhū l-Ka'abāt 176 et ses desservants) : Ibn Isḥāq dit : Dhū l-Ka'abāt appartenait à Bakr et Taghlib, les deux fils de Wā'il, et à Iyād, à Sandād 177. C'est à son sujet que al-A'shā des Banū Qays ibn Tha'laba dit : « Entre al-Khawarnaq 178 et al-Sadīr 179 et Bāriq 180, / Et la Maison aux Ka'abāt à Sandād. » Ibn Hishām dit : Ce vers est d'al-Aswad ibn Ya'fur al-Nahshalī, des Nahshal ibn Dārim ibn Mālik ibn Ḥanẓala ibn Mālik ibn Zayd Manāt ibn Tamīm, dans un de ses poèmes. Abū Muḥriz Khalaf al-Aḥmar me l'a récité : « Gens d'al-Khawarnaq et d'al-Sadīr et de Bāriq, / Et de la Maison aux terrasses à Sindād. » (Question de la baḥīra 181, de la sā'iba 182, de la waṣīla 183 et du ḥāmī 184) : (Opinion d'Ibn Isḥāq à leur sujet) : Ibn Isḥāq dit : Quant à la baḥīra, c'est la fille de la sā'iba. La sā'iba est la chamelle qui, après avoir mis bas dix femelles sans mâle entre elles, est laissée libre : on ne monte pas son dos, on ne tond pas son poil, et on ne boit son lait que si l'on est un hôte. Ce qu'elle met bas ensuite, si c'est une femelle, on lui fend l'oreille, puis on la laisse libre avec sa mère : on ne monte pas son dos, on ne tond pas son poil, et on ne boit son lait que si l'on est un hôte, comme on a fait pour sa mère. C'est la baḥīra, fille de la sā'iba. La waṣīla est la brebis qui, après avoir mis bas dix femelles consécutives en cinq portées, sans mâle entre elles, est déclarée waṣīla. Ils disent : « Elle a été connectée. » Ce qu'elle met bas ensuite appartient à leurs mâles, à l'exclusion de leurs femelles, à moins que l'un d'eux ne meure, auquel cas ils se partagent sa consommation, mâles et femelles. Ibn Hishām dit : On rapporte aussi : « Ce qu'elle met bas ensuite appartient à leurs fils mâles, à l'exclusion de leurs filles. » Ibn Isḥāq dit : Le ḥāmī est l'étalon qui, après avoir engendré dix femelles consécutives sans mâle entre elles, voit son dos protégé : on ne le monte pas, on ne tond pas son poil, et on le laisse parmi ses chamelles pour saillir, sans autre usage. (Opinion d'Ibn Hishām à leur sujet) : Ibn Hishām dit : Tout cela, chez les Arabes, est autrement, sauf le ḥāmī, qui est chez eux comme l'a dit Ibn Isḥāq. La baḥīra, chez eux, est la chamelle à qui l'on fend l'oreille : on ne monte pas son dos, on ne tond pas son poil, et on ne boit son lait que si l'on est un hôte, ou bien on en fait aumône, et on la laisse à l'abandon pour leurs divinités. La sā'iba est celle qu'un homme voue à être laissée libre s'il guérit de sa maladie, ou s'il obtient ce qu'il cherche. S'il a voué une chamelle de son troupeau ou un chameau à l'une de leurs divinités, elle est laissée libre, elle paît sans qu'on en tire profit. La waṣīla est celle dont la mère met bas deux petits à chaque portée : le propriétaire attribue à sa divinité les femelles, et se réserve les mâles. Sa mère met bas avec elle un mâle dans une portée, et ils disent : « Elle a connecté son frère. » Alors son frère est laissé libre avec elle, sans qu'on en tire profit. Ibn Hishām dit : Yūnus ibn Ḥabīb al-Naḥwī et d'autres me l'ont raconté ; certains ont rapporté ce que d'autres n'ont pas rapporté. Ibn Isḥāq dit : Lorsque Dieu — béni et exalté soit-Il — envoya Son Envoyé Muḥammad — que Dieu prie sur lui et le salue — Il révéla sur lui : « Dieu n'a institué ni baḥīra, ni sā'iba, ni waṣīla, ni ḥāmī ; mais ceux qui ont mécru inventent des mensonges contre Dieu, et la plupart d'entre eux ne raisonnent pas. » (Coran 5:103) Et Dieu — exalté soit-Il — révéla : « Ils disent : "Ce qui est dans le ventre de ces bestiaux est réservé à nos mâles et interdit à nos épouses." Si c'est une bête morte, ils y participent tous. Il les rétribuera pour leur description ; Il est Sage et Omniscient. » (Coran 6:139) Et Il révéla sur lui : « Dis : "Que pensez-vous de ce que Dieu a fait descendre pour vous comme subsistance, et dont vous avez fait du licite et de l'illicite ?" Dis : "Est-ce Dieu qui vous l'a permis, ou bien inventez-vous des mensonges contre Dieu ?" » (Coran 10:59) Et Il révéla sur lui : « Huit couples : deux ovins, deux caprins. Dis : "Est-ce les deux mâles qu'Il a interdits, ou les deux femelles, ou ce que contiennent les matrices des deux femelles ?" » (Coran 6:143) « "Ou bien étiez-vous témoins quand Dieu vous a prescrit cela ? Qui est plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Dieu pour égarer les gens sans science ? Dieu ne guide pas les gens injustes." » (Coran 6:144) (La baḥīra, la sā'iba, la waṣīla et le ḥāmī : sens linguistique) : Ibn Hishām dit : Le poète a dit : « Autour des waṣā'il 185, dans Sharīf 186, une ḥiqqa 187, / Et les ḥāmiyāt 188 à dos protégé, et les suyyab 189. » Et Tamīm ibn Ubayy ibn Muqbil, l'un des Banū 'Āmir ibn Ṣa'ṣa'a, a dit : « En lui, de l'akhraj 190 al-mirbā' 191, un grondement / Semblable au bruit du diyāfī 192 au milieu du troupeau de chamelles nombreuses. » Ce vers fait partie d'un de ses poèmes. Le pluriel de baḥīra est baḥā'ir et buḥur. Le pluriel de waṣīla est waṣā'il et wuṣal. Le pluriel de sā'iba (le plus fréquent) est sawā'ib et suyyab. Le pluriel de ḥāmī (le plus fréquent) est ḥuwwam. Nous revenons à la suite de la généalogie. (Généalogie de Khuzā'a) : Ibn Isḥāq dit : Khuzā'a dit : « Nous sommes les fils de 'Amr ibn 'Āmir, du Yémen. » Ibn Hishām dit : Khuzā'a dit : « Nous sommes les fils de 'Amr ibn Rabī'a ibn Ḥāritha ibn 'Amr ibn 'Āmir ibn Ḥāritha ibn Imri' l-Qays ibn Tha'laba ibn Māzin ibn al-Asad ibn al-Ghawth, et Khindif 193 est leur mère », selon ce que m'ont raconté Abū 'Ubayda et d'autres savants. On dit aussi : Khuzā'a : les fils de Ḥāritha ibn 'Amr ibn 'Āmir. Ils furent appelés Khuzā'a parce qu'ils se séparèrent 194 de la descendance de 'Amr ibn 'Āmir, lorsqu'ils vinrent du Yémen en direction du Shām, et s'arrêtèrent à Marr al-Ẓahrān 195, où ils demeurèrent. 'Awn ibn Ayyūb al-Anṣārī, l'un des Banū 'Amr ibn Sawād ibn Ghanm ibn Ka'b ibn Salama des Khazraj, dit en Islam : « Lorsque nous descendîmes dans le fond de Murr, Khuzā'a se sépara de nous, / Parmi des cavaliers aux chevaux solides. / Elle protégea chaque vallée du Tihāma et se défendit / Avec des lances solides et des sabres tranchants. » Ces deux vers font partie d'un de ses poèmes.
Abū al-Muṭahhir Ismāʿīl ibn Rāfiʿ al-Anṣārī, l’un des Banū Ḥāritha ibn al-Ḥārith ibn al-Khazraj ibn ʿAmr ibn Mālik ibn al-Aws, a dit : Lorsque nous descendîmes dans le bas-fond de la Mecque, les Khuzaʿa 196 louèrent la demeure du mangeur oppressif. Ils s’installèrent en groupes 197 et dispersèrent des troupes 198 contre toute tribu entre le Najd et la côte. Ils chassèrent les Jurhum 199 du bas-fond de la Mecque et s’emparèrent de la puissance d’un Khuzaʿite aux épaules robustes. Ibn Hishām a dit : Ces vers font partie d’un poème de lui, et je mentionnerai, si Dieu le veut, leur expulsion des Jurhum à l’endroit approprié. (Enfants de Mudrika et Khuzayma) : Ibn Isḥāq a dit : Mudrika ibn Ilyās engendra deux hommes : Khuzayma ibn Mudrika et Hudhayl ibn Mudrika ; leur mère était une femme de Quḍāʿa. Khuzayma ibn Mudrika engendra quatre personnes : Kināna ibn Khuzayma, Asad ibn Khuzayma, Asada ibn Khuzayma, et al-Hūn ibn Khuzayma. La mère de Kināna était ʿUwāna bint Saʿd ibn Qays ibn ʿAylān ibn Muḍar. Ibn Hishām a dit : On dit aussi al-Hawn ibn Khuzayma. (Enfants de Kināna et leurs mères) : Ibn Isḥāq a dit : Kināna ibn Khuzayma engendra quatre personnes : al-Naḍr ibn Kināna, Mālik ibn Kināna, ʿAbd Manāt ibn Kināna, et Milkān ibn Kināna. La mère d’al-Naḍr était Barra bint Murr ibn Add ibn Ṭābikha ibn Ilyās ibn Muḍar ; les autres fils étaient d’une autre femme. Ibn Hishām a dit : La mère d’al-Naḍr et de Mālik (et de Zamlkān) était Barra bint Murr ; la mère de ʿAbd Manāt était Hāla bint Suwayd ibn al-Ghiṭrīf, des Azd Shanū’a. Shanū’a est ʿAbd Allāh ibn Kaʿb ibn ʿAbd Allāh ibn Mālik ibn Naṣr ibn al-Asad ibn al-Ghawth. Ils furent appelés Shanū’a à cause d’une haine 200 qui existait entre eux. Al-shanān signifie la haine. Ibn Hishām a dit : Al-Naḍr est Quraysh 201 ; quiconque est de sa descendance est qurayshite, et quiconque n’est pas de sa descendance n’est pas qurayshite. Jarīr ibn ʿAṭiyya, l’un des Banū Kulayb ibn Yarbūʿ ibn Ḥanẓala ibn Mālik ibn Zayd Manāt Tamīm, a dit, faisant l’éloge de Hishām ibn ʿAbd al-Malik ibn Marwān : La mère qui a enfanté Quraysh n’est ni de basse naissance ni stérile. Et il n’y a pas de chef 202 plus noble que votre père, ni d’oncle maternel plus généreux que Tamīm. Il voulait dire Barra bint Murr, sœur de Tamīm ibn Murr, mère d’al-Naḍr. Ces deux vers font partie d’un poème de lui. On dit aussi : Fihr ibn Mālik est Quraysh ; quiconque est de sa descendance est qurayshite, et quiconque n’est pas de sa descendance n’est pas qurayshite. Quraysh fut appelée ainsi à cause d’al-taqarrush, qui signifie le commerce et l’acquisition. Ru’ba ibn al-ʿAjjāj a dit : La graisse et le lait pur non frelaté les auraient dispensés des shughūsh 203 et du khashl 204 provenant de la chute des qurūsh 205. Ibn Hishām a dit : Al-shughūsh est du blé, appelé shughūsh. Al-khashl : les extrémités des chevilles et des bracelets, etc. Al-qurūsh : le commerce et l’acquisition. Il dit : la graisse et le lait pur les auraient dispensés de cela. Al-maḥḍ : le lait pur et frais. Ces vers font partie d’une urjūza 206 de lui. Abū Jilda al-Yashkurī (Yashkur ibn Bakr ibn Wā’il) a dit : Des frères qui ont accumulé 207 les péchés contre nous, dans une affaire récente et ancienne de notre vie. Ce vers fait partie d’un poème de lui. Ibn Isḥāq a dit : On dit aussi que Quraysh fut appelée ainsi à cause de son rassemblement après sa dispersion ; on appelle le rassemblement al-taqarrush. (Enfants d’al-Naḍr et leurs mères) : Al-Naḍr ibn Kināna engendra deux hommes : Mālik ibn al-Naḍr et Yakhlud ibn al-Naḍr. La mère de Mālik était ʿĀtika bint ʿAdwān ibn ʿAmr ibn Qays ibn ʿAylān ; je ne sais pas si elle est aussi la mère de Yakhlud ou non. Ibn Hishām a dit : Al-Ṣalt ibn al-Naḍr – selon ce qu’a dit Abū ʿAmr al-Madanī – et leur mère à tous était la fille de Saʿd ibn Ẓarib al-ʿAdwānī. ʿAdwān est ibn ʿAmr ibn Qays ibn ʿAylān. Kathīr ibn ʿAbd al-Raḥmān, qui est Kathīr ʿAzza, l’un des Banū Mulayḥ ibn ʿAmr, des Khuzaʿa, a dit : Mon père n’est-il pas al-Ṣalt ? Mes frères ne sont-ils pas pour tout noble parmi les Banū al-Naḍr, éclatant ? J’ai vu les vêtements rayés 208 mêlés de chaîne 209 entre nous et eux, et le hadramī 210 brodé 211. Si vous n’êtes pas des Banū al-Naḍr, alors laissez un arāk 212 vert aux extrémités des Fawā’ij 213. Ces vers font partie d’un poème de lui. Ceux qui sont attribués à al-Ṣalt ibn al-Naḍr parmi les Khuzaʿa sont les Banū Mulayḥ ibn ʿAmr, la famille de Kathīr ʿAzza. (Enfant de Mālik ibn al-Naḍr et sa mère) : Ibn Isḥāq a dit : Mālik ibn al-Naḍr engendra Fihr ibn Mālik ; sa mère était Jandala bint al-Ḥārith ibn Muḍāḍ al-Jurhumī. Ibn Hishām a dit : Il n’est pas le fils de Muḍāḍ l’Ancien. (Enfants de Fihr et leurs mères) : Ibn Isḥāq a dit : Fihr ibn Mālik engendra quatre personnes : Ghālib ibn Fihr, Muḥārib ibn Fihr, al-Ḥārith ibn Fihr, et Asad ibn Fihr ; leur mère était Laylā bint Saʿd ibn Hudhayl ibn Mudrika. Ibn Hishām a dit : Et Jandala bint Fihr, qui est la mère de Yarbūʿ ibn Ḥanẓala ibn Mālik ibn Yad 214 Manāt ibn Tamīm ; sa mère était Laylā bint Saʿd. Jarīr ibn ʿAṭiyya ibn al-Khaṭafī (le nom d’al-Khaṭafī est Ḥudhayfa ibn Badr ibn Salama ibn ʿAwf ibn Kulayb ibn Yarbūʿ ibn Ḥanẓala) a dit : Quand je me fâche, les fils de Jandala jettent des cailloux derrière moi, comme les meilleurs des cailloux. Ce vers fait partie d’un poème de lui. (Enfants de Ghālib et leurs mères) : Ibn Isḥāq a dit : Ghālib ibn Fihr engendra deux hommes : Lu’ayy ibn Ghālib et Taym ibn Ghālib ; leur mère était Salmā bint ʿAmr al-Khuzaʿī. Taym ibn Ghālib : ceux qu’on appelle Banū al-Adram 215. Ibn Hishām a dit : Et Qays ibn Ghālib ; sa mère était Salmā bint Kaʿb ibn ʿAmr al-Khuzaʿī, qui est aussi la mère de Lu’ayy et Taym, fils de Ghālib. (Enfants de Lu’ayy et leurs mères) : Ibn Isḥāq a dit : Lu’ayy ibn Ghālib engendra quatre personnes : Kaʿb ibn Lu’ayy, ʿĀmir ibn Lu’ayy, Sāma ibn Lu’ayy, et ʿAwf ibn Lu’ayy. La mère de Kaʿb, ʿĀmir et Sāma était Māwiya bint Kaʿb ibn al-Qayn ibn Jasr, des Quḍāʿa. Ibn Hishām a dit : On dit aussi : al-Ḥārith ibn Lu’ayy, et ils sont Jusham ibn al-Ḥārith, parmi Hizzān de Rabīʿa. Jarīr a dit : Ô Banū Jusham, vous n’êtes pas de Hizzān ; rattachez-vous donc aux plus hautes collines 216 de Lu’ayy ibn Ghālib. Et ne mariez pas vos femmes aux gens de Ḍawr ni à Shukays – quel mauvais séjour pour les étrangers ! Et Saʿd ibn Lu’ayy, et ils sont Bunāna : parmi Shaybān ibn Thaʿlaba ibn ʿUkāba ibn Ṣaʿb ibn ʿAlī ibn Bakr ibn Wā’il, de Rabīʿa. Bunāna : une nourrice pour eux, des Banū al-Qayn ibn Jasr ibn Shayʿ Allāh (ou Sayʿ Allāh) ibn al-Asad ibn Wabra ibn Thaʿlaba ibn Ḥulwān ibn ʿImrān ibn al-Ḥāf ibn Quḍāʿa. On dit aussi : la fille d’al-Namir ibn Qāsiṭ, de Rabīʿa. On dit aussi : la fille de Jarm ibn Rabbān ibn Ḥulwān ibn ʿImrān ibn al-Ḥāf ibn Quḍāʿa. Et Khuzayma ibn Lu’ayy ibn Ghālib, et ils sont ʿĀ’idha, parmi Shaybān ibn Thaʿlaba. ʿĀ’idha : une femme du Yémen, et elle est la mère des Banū ʿUbayd ibn Khuzayma ibn Lu’ayy. La mère de tous les Banū Lu’ayy, sauf ʿĀmir ibn Lu’ayy, était Māwiya bint Kaʿb ibn al-Qayn ibn Jasr ; la mère de ʿĀmir ibn Lu’ayy était Makhshiyya bint Shaybān ibn Muḥārib ibn Fihr, ou, dit-on, Laylā bint Shaybān ibn Muḥārib ibn Fihr. L’affaire de Sāma (Son voyage à ʿUmān et sa mort)
Ibn Isḥāq dit : Quant à Sāma b. Lu’ayy, il partit pour ‘Umān et y demeura. On prétend que ‘Āmir b. Lu’ayy l’en chassa, car il y avait entre eux une affaire : Sāma creva l’œil de ‘Āmir, et ‘Āmir l’effraya, si bien qu’il partit pour ‘Umān. On raconte que, tandis que Sāma b. Lu’ayy chevauchait sa chamelle, celle-ci baissa la tête pour brouter ; un serpent saisit sa lèvre, la tordit jusqu’à ce que la chamelle tombât sur le flanc, puis mordit Sāma et le tua. Sāma, lorsqu’il sentit la mort, dit, selon ce qu’on rapporte : « Ô œil, pleure Sāma b. Lu’ayy : la ‘allāqa 217 s’est accrochée à la jambe de Sāma. Je ne vois personne de pareil à Sāma b. Lu’ayy, le jour où ils l’ont laissé, tué par une chamelle. Transmettez à ‘Āmir et à Ka‘b un message : mon âme aspire à eux. Si ma demeure est à ‘Umān, je suis pourtant un Ghālibite 218, sorti sans honte. Que de coupes tu as versées, ô fils de Lu’ayy, par crainte de la mort, alors qu’elles n’auraient pas dû l’être ! Tu as voulu repousser les trépas, ô fils de Lu’ayy : nul n’a de force contre la mort pour qui la cherche. Et tu as laissé la voyageuse nocturne 219 gisante, après vigueur, fraîcheur et élégance. » Ibn Hishām dit : Il m’est parvenu qu’un de ses descendants vint auprès du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et se réclama de Sāma b. Lu’ayy. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Le poète ? » Un de ses Compagnons lui dit : « Ô Messager de Dieu, tu fais allusion à sa parole : “Que de coupes tu as versées, ô fils de Lu’ayy, par crainte de la mort, alors qu’elles n’auraient pas dû l’être !” » Il dit : « Oui. » **Affaire de ‘Awf b. Lu’ayy et de ses descendants (cause de son rattachement aux Banū Dhubyān)** Ibn Isḥāq dit : Quant à ‘Awf b. Lu’ayy, il partit – selon ce qu’on prétend – avec une caravane de Quraysh, jusqu’à ce que, parvenu au pays de Ghatafān b. Sa‘d b. Qays b. ‘Aylān, il fût retardé. Ceux de son peuple qui étaient avec lui s’en allèrent. Tha‘laba b. Sa‘d – qui est son frère dans la lignée des Banū Dhubyān 220 – vint à lui : Tha‘laba b. Sa‘d b. Dhubyān b. Baghīḍ b. Rayth b. Ghatafān, et ‘Awf b. Sa‘d b. Dhubyān b. Baghīḍ b. Rayth b. Ghatafān. Il le retint, lui et sa femme, s’attacha à lui et le fraternisa. Sa lignée se répandit parmi les Banū Dhubyān. C’est Tha‘laba – selon ce qu’on prétend – qui dit à ‘Awf, lorsqu’il fut retardé et que son peuple l’abandonna : « Retiens pour moi, fils de Lu’ayy, ton chameau : le peuple t’a laissé, et tu n’as plus de demeure. » Ibn Isḥāq dit : Muḥammad b. Ja‘far 221 b. al-Zubayr, ou Muḥammad b. ‘Abd al-Raḥmān b. ‘Abd Allāh b. Ḥuṣayn, m’a raconté que ‘Umar b. al-Khaṭṭāb dit : « Si je devais revendiquer une tribu arabe ou les rattacher à nous, je revendiquerais les Banū Murra b. ‘Awf : nous reconnaissons en eux les ressemblances, en plus de ce que nous savons de l’endroit où cet homme est tombé », faisant allusion à ‘Awf b. Lu’ayy. **(Lignée de Murra)** Ibn Isḥāq dit : Il est donc dans la lignée de Ghatafān : Murra b. ‘Awf b. Sa‘d b. Dhubyān b. Baghīḍ b. Rayth b. Ghatafān. Et ils disent, quand on leur mentionne cette lignée : « Nous ne la nions pas, nous ne la rejetons pas, et c’est la lignée qui nous est la plus chère. » Al-Ḥārith b. Ẓālim b. Judhayma b. Yarbū‘ – Ibn Hishām dit : l’un des Banū Murra b. ‘Awf – dit, lorsqu’il s’enfuit d’al-Nu‘mān b. al-Mundhir et rejoignit Quraysh : « Mon peuple n’est pas Tha‘laba b. Sa‘d, ni Fazāra aux cous hérissés 222. Mon peuple, si tu demandes, ce sont les Banū Lu’ayy, à La Mecque, qui ont appris à Muḍar les coups. Nous avons été insensés en suivant les Banū Baghīḍ et en abandonnant les plus proches parents pour nous rattacher. Insensé celui qui délaisse ce qu’on lui a transmis, verse l’eau et suit le mirage. Si tu avais été écouté, par ta vie, tu aurais été parmi eux, et je n’aurais pas été trouvé à chercher les nuages 223. Le Qurayshite 224 s’en est allé avec mes bagages, sur une chamelle rapide, sans demander de récompense. » Ibn Hishām dit : C’est ce qu’Abū ‘Ubayda m’a récité de ces vers. Ibn Isḥāq dit : Al-Ḥuṣayn b. al-Ḥumām al-Murrī, puis l’un des Banū Sahm b. Murra, répondit à al-Ḥārith b. Ẓālim, en se réclamant de Ghatafān : « Eh ! Vous n’êtes pas de nous, et nous ne sommes pas de vous : nous nous désolidarisons de vous, de Lu’ayy b. Ghālib. Nous demeurons dans la gloire du Ḥijāz, tandis que vous êtes dans le creux mouvant de la vallée 225, entre les montagnes rocheuses 226 », faisant allusion à Quraysh. Puis al-Ḥuṣayn regretta ce qu’il avait dit, reconnut ce qu’avait dit al-Ḥārith b. Ẓālim, se réclama de Quraysh et se démentit lui-même, disant : « Je regrette une parole que j’ai dite, et j’ai compris qu’elle était mensongère. Plût à Dieu que ma langue fût en deux moitiés : l’une muette 227, l’autre dans le cours des étoiles ! Notre père est un Kinānite 228 dont la tombe est à La Mecque, dans le creux mouvant de la vallée, entre les montagnes rocheuses. À nous le quart de la Maison sacrée 229 par héritage, et le quart des plaines, près de la demeure d’Ibn Ḥāṭib. » C’est-à-dire que les Banū Lu’ayy étaient quatre : Ka‘b, ‘Āmir, Sāma et ‘Awf. Ibn Isḥāq dit 230 : Quelqu’un que je ne soupçonne pas m’a raconté que ‘Umar b. al-Khaṭṭāb – que Dieu l’agrée – dit à des hommes des Banū Murra : « Si vous voulez revenir à votre lignée, revenez-y. » **(Chefs de Murra)** Ibn Isḥāq dit : Ces gens étaient des nobles chez Ghatafān, ils en étaient les chefs et les commandants. Parmi eux : - Harim b. Sinān b. Abī Ḥāritha [b. Murra b. Nushba] 231, - Khārija b. Sinān b. Abī Ḥāritha, - al-Ḥārith b. ‘Awf, - al-Ḥuṣayn b. al-Ḥumām, - Hāshim b. Ḥarmala, dont le poète dit : « Hāshim b. Ḥarmala a fait revivre son père, au jour des poussières 232 et au jour de la ‘ya‘mala 233. Tu vois les rois, chez lui, tamisés 234 : il tue le coupable et l’innocent. » 235 **(Hāshim b. Ḥarmala et ‘Āmir al-Khaṣafī)** Ibn Hishām dit : Abū ‘Ubayda m’a récité ces vers de ‘Āmir al-Khaṣafī – Khaṣafa b. Qays b. ‘Aylān : « Hāshim b. Ḥarmala a fait revivre son père, au jour des poussières et au jour de la ‘ya‘mala. Tu vois les rois, chez lui, tamisés : il tue le coupable et l’innocent. » Et il m’a raconté que Hāshim dit à ‘Āmir : « Dis sur moi un bon vers, je te récompenserai. » ‘Āmir dit le premier vers, mais Hāshim ne l’apprécia pas ; puis il dit le deuxième, il ne l’apprécia pas ; puis le troisième, il ne l’apprécia pas ; quand il dit le quatrième : « Il tue le coupable et l’innocent », il l’apprécia et le récompensa. Ibn Hishām dit : C’est à cela que faisait allusion al-Kumayt b. Zayd dans sa parole : « Et Hāshim de Murra, qui anéantit les rois, sans faute envers lui, et les coupables parmi nous. » Ce vers fait partie d’une de ses poésies. La parole de ‘Āmir : « au jour des poussières » vient d’autre qu’Abū ‘Ubayda. **(Murra et le basl 236)** Ibn Isḥāq dit : C’est un peuple qui a renom et renommée dans tout Ghatafān et Qays ; ils demeurèrent dans leur lignée 237, et c’est chez eux qu’était le basl. **Affaire du basl** **(Définition du basl et lignée de Zuhayr le poète)** Le basl – selon ce qu’on prétend – consiste en huit 238 mois sacrés, qui leur appartiennent chaque année, parmi tous les Arabes ; les Arabes le reconnaissent pour eux, sans le nier ni le repousser : ils voyagent avec cela dans n’importe quel pays arabe qu’ils veulent, sans rien craindre d’eux. Zuhayr b. Abī Sulmā dit, faisant allusion aux Banū Murra : – Ibn Hishām dit : Zuhayr est l’un des Banū Muzayna b. Udd b. Ṭābikha b. Ilyās 239 b. Muḍar ; on dit aussi Zuhayr b. Abī Sulmā de Ghatafān, et on dit qu’il était un allié chez Ghatafān – « Considère : si al-Marūrāt 240 se vide d’eux, et leurs demeures, elles ne se vident pas d’eux quand les palmiers 241… Un pays où je les ai fréquentés et aimés : s’ils se vident d’eux, ils sont pourtant basl. » Il veut dire : ils ont voyagé dans leur sacré. Ibn Hishām dit : Ces deux vers font partie d’une de ses poésies. Ibn Isḥāq dit : A‘shā b. Qays b. Tha‘laba dit : « Votre protégée est pour nous basl et sacrée, tandis que notre protégée vous est licite, ainsi que son époux. » Ibn Hishām dit : Ce vers fait partie d’une de ses poésies. **(Enfants de Ka‘b et leur mère)**
Ibn Isḥāq a dit : Ka‘b ibn Lu’ayy engendra trois hommes : Murra ibn Ka‘b, ‘Adī ibn Ka‘b et Huṣayṣ ibn Ka‘b. Leur mère était Waḥshiyya 242 bint Shaybān ibn Muḥārib ibn Fihr ibn Mālik ibn al-Naḍr. (Enfants de Murra et leurs mères) : Murra ibn Ka‘b engendra trois hommes : Kilāb ibn Murra, Taym ibn Murra et Yaqaẓa 243 ibn Murra. La mère de Kilāb était Hind bint Surayr ibn Tha‘laba ibn al-Ḥārith ibn Fihr 244 ibn Mālik.
- Sa'd : Nom d'un ancêtre de la tribu quraychite des Banū Sahm.
- Tanakkalū : Ils s'éloignèrent, ils reculèrent.
- yarūmuhā : Il l'atteint, il la convoite.
- lam yathūbū arḍahum : Ils ne revinrent pas dans leur terre.
- wa lam : Et ne... pas.
- kānat : Elle fut, elle exista.
- Āmira : Nom d'un ancêtre.
- razam : Il s'agenouilla (en parlant d'un chameau).
- sharramū anfahu fa-nkharam : Ils lui mutilèrent le nez, qui fut fendu.
- mighwal : Massue, gourdin.
- ḥāṣib : Tempête de pierres, pluie de cailloux.
- tha'ajū ka-thu'āj al-ghanam : Ils bêlèrent comme le bêlement des brebis.
- akhāshib : Montagnes rocheuses, collines pierreuses.
- tumsī : Elle passe la soirée.
- al-qādhi fāt : Les hauteurs escarpées, les monts élevés.
- sāfin wa ḥāṣib : Vent de sable et tempête de pierres.
- milḥabish : Les Abyssins.
- ʿaṣāʾib : Groupes, troupes éparses.
- Ṭālib ibn Abī Ṭālib : Frère d'Alī ibn Abī Ṭālib, oncle du Prophète.
- ḥarb Dāḥis : Guerre de Dāḥis, célèbre guerre préislamique entre les tribus de 'Abs et Dhubyān.
- al-shi'b : Le défilé, la vallée étroite.
- sirb : Troupeau, groupe de personnes ou d'animaux.
- al-ḥanīfiyya : Religion hanifite, monothéisme pur d'Abraham.
- thāqibāt : Éclatants, brillants, pénétrants.
- mahāt shu'ā'uhā mabshūr : Un éclat dont la lumière est répandue, comme le disque solaire.
- kabkab maḥdūr : Roche dure et polie, peut-être une pierre volcanique.
- malāwīth : Guerriers endurcis, habitués aux combats.
- ibdha'arrū : Ils se dispersèrent, se séparèrent.
- dīn al-ḥanīfa : La religion hanifite, le monothéisme pur.
- būr : Vain, nul, perdu.
- ghanā : Richesse, opulence.
- al-qibla al-bayḍā' : La qibla blanche, désignant la Kaaba.
- muṭrakhimī al-ṭarākhim : Hautains, orgueilleux, au nez retroussé.
- marjūm : Lapidé, frappé de pierres.
- fall : Brisé, vaincu, en déroute.
- lam yushkihi : Il ne l'exauça pas, ne répondit pas à sa plainte.
- Kisrā : Titre des rois sassanides de Perse.
- īwān : Grande salle voûtée, palais.
- qanqal : Grand panier, corbeille.
- yuwarriṭa : Exposer à un danger, engager dans une affaire périlleuse.
- dirham : Monnaie d'argent utilisée dans l'empire perse et le monde arabe.
- jibāl arḍī : Les montagnes de ma terre, expression hyperbolique pour dire que son pays est riche en métaux précieux.
- marāzibata : Pluriel de marzubān, titre perse désignant un gouverneur de marche ou un chef militaire.
- mulkan izdadathu : Un royaume que tu auras ajouté à ton empire.
- safāʾin : Pluriel de safīna, navire.
- ibnan : Un fils, ici envoyé en éclaireur ou pour un premier combat.
- bint al-ḥimār : La mule, considérée comme un animal stérile et de moindre valeur, symbole de déchéance.
- lāthū : S'attrouper, tourner autour de quelqu'un, ici pour signifier qu'ils entourent leur roi mort.
- taghalghalat : Pénétrer profondément, s'enfoncer.
- Ṣanʿāʾ : Capitale du Yémen.
- iltaʾamā : Se sont réconciliés, se sont unis.
- faquma : Devenir énorme, grave.
- al-qayl : Titre des rois du Yémen à l'époque préislamique.
- yufīʾa as-sabya wan-naʿmā : Jusqu'à ce que reviennent les captifs et les bienfaits, c'est-à-dire jusqu'à la victoire complète.
- rayyama : Naviguer, voyager par mer.
- sālā : Demander, solliciter.
- inthanā : Se tourner, se diriger vers.
- ʿāshira : Dixaine d'années.
- qilqālā : Agitation, mouvement rapide.
- yurabbibna fī l-ghayḍāti ashbālā : Élever des lionceaux dans les fourrés, métaphore pour dire qu'ils sont féroces.
- shuduf : Hauteurs, collines.
- zamkhar : Arc puissant, ou peut-être une arme de jet.
- fullālā : Débris, restes d'une armée en déroute.
- Ghumdān : Célèbre palais-forteresse à Ṣanʿāʾ.
- shālat naʿāmatuhum : Leur autruche s'est envolée, expression signifiant que leur chance les a quittés.
- asbil al-yawma fī burdayka isbālā : Laisse couler tes deux manteaux, geste de fierté et d'aisance.
- lā qaʿbāni min labanin shībā bi-māʾin faʿādā baʿdu abwālā : Métaphore pour opposer les actions nobles aux choses viles.
- lā qaʿbāni min labanin : Début du vers cité, signifiant 'non deux écuelles de lait'.
- Ḥibbān ibn : Nom du poète, avec une lacune dans le texte.
- al-ʿIbād : Tribu chrétienne d'al-Ḥīra.
- al-Ḥīra : Ancienne ville d'Irak, capitale des Lakhmides.
- jazlin mawāhibuhā : Aux dons abondants.
- tandā miskan maḥāribuhā : Ses sanctuaires exsudent du musc, image de richesse et de parfum.
- mā turtuqā ghawāribuhā : Ses sommets ne sont pas escaladés, inaccessibles.
- qāṣibuhā : Le mâle du chamelon qui répond.
- mawākibuhā : Cortèges, processions.
- tawālibuhā : Renforts, troupes qui se hâtent.
- mukhḍarratun katāʾibuhā : Ses bataillons verdoyants, peut-être à cause des étendards ou des armes.
- Barbar : Peuple d'Afrique de l'Est, peut-être les Berbères ou les habitants de la côte somalienne.
- al-Yaksūm : Nom d'un chef ou d'une tribu abyssine.
- lā yufliḥunna hāribuhā : Leurs fuyards ne réussiront pas.
- immatan thābitun marātibuhā : Une communauté aux rangs solides.
- al-fayj : Troupe d'infanterie, ou peut-être un type de soldat.
- az-zarāfa : Girafe, peut-être un symbole de changement ou une monture exotique.
- jūn : Noirs, sombres, en parlant des jours.
- nakhāwira : Pluriel de nakhwarī, nabatéen ou paysan, peut-être des gens de basse condition.
- iṭmaʾannat bihā marāzibuhā : Leurs marzbans s'y sont installés.
- Abū Zayd al-Anṣārī : Savant et philologue arabe de Basra.
- al-Abnā' : Pluriel de ibn (fils) ; désigne les descendants des Perses installés au Yémen après la conquête.
- Kisrā : Titre des rois sassanides de Perse, équivalent de César ou Chosroès.
- az-Zabūr : Les Psaumes, livre révélé à David (Dāwūd) selon la tradition islamique.
- fatḥa : Signe diacritique de l'arabe indiquant la voyelle /a/.
- adh-Dhī'bī : Surnom de Saṭīḥ, dérivé de Dhi'b (loup), nom de son ancêtre.
- Dhū l-Aktāf : Surnom de Sābūr (Shapur II), signifiant 'celui aux épaules' ou 'aux omoplates'.
- Anmār : Ancêtre éponyme des tribus de Khath‘am et Bajīla.
- yunāfiru : Dispute ou compétition pour la gloire, souvent par des joutes poétiques.
- al-Furāfiṣa : Surnom d’un homme de la tribu de Kalb, célèbre pour sa force.
- al-Aqra‘ ibn Ḥābis al-Tamīmī : Chef de la tribu de Tamīm, arbitre réputé.
- akhūka : Ici, « frère » peut désigner un allié ou un compagnon de tribu.
- ‘Aylān : Fils de Muḍar, ancêtre des tribus de ‘Aylān.
- Jurhumite : Membre de la tribu de Jurhum, ancienne tribu arabe du Yémen.
- Khindif : Surnom de la femme d’Ilyās, signifiant « celle qui marche vite ».
- Mudrika : Surnom signifiant « celui qui rattrape ».
- Ṭābikha : Surnom signifiant « celui qui cuit ».
- tukhindifīna : Verbe dérivé de Khindif, signifiant « tu te hâtes ».
- Qama‘a : Fils d’Ilyās, ancêtre de la tribu de Khuzā‘a.
- quṣbahu : Ses intestins ; ici, métaphore pour ses entrailles traînées.
- baḥīra : Chamelle dont l’oreille était fendue après plusieurs portées, considérée comme sacrée et laissée en liberté.
- sā’iba : Chamelle laissée libre pour une divinité, sans être montée ni utilisée.
- waṣīla : Brebis ayant mis bas plusieurs fois, considérée comme sacrée.
- ḥāmī : Chameau mâle ayant engendré un certain nombre de portées, laissé en liberté.
- fa-ya‘budūhu : Le pronom renvoie à l’idole ; les Arabes l’adoreraient.
- Hubal : Idole majeure placée près de la Ka‘ba, représentée sous forme humaine.
- salakha dhālika bihim : Expression signifiant que cette pratique les a progressivement conduits à l’idolâtrie.
- khalafa al-khulūf : Les générations suivantes, qui ont remplacé les anciennes coutumes.
- Buryāṭ : Lieu où se trouvait l’idole Suwā‘, près de La Mecque.
- Dūmat al-Jandal : Oasis dans le nord de l’Arabie, centre de culte de Wadd.
- shunūfā : Pendants d’oreille ou ornements portés par les idoles.
- Jurash : Ville du Yémen, centre de culte de Yaghūth.
- Yaghūth : Idole adorée par certaines tribus yéménites.
- Khaywān : Fraction de la tribu de Hamdān, adoratrice de Ya‘ūq.
- Ya‘ūq : Idole adorée par la tribu de Hamdān.
- Mālik ibn Namat al-Hamdānī : Poète de la tribu de Hamdān, ayant mentionné Ya‘ūq.
- yarīshu ... yabrī : Verbes signifiant « réparer » et « détruire » ; jeu de mots avec les noms des idoles.
- Rabī‘a : Nom propre, ancêtre de la tribu.
- Saba’ : Ancêtre éponyme des Sabéens.
- Dhū al-Kulā‘ : Nom d’une idole ou d’un lieu de culte chez les Himyarites.
- Nasr : Idole préislamique, représentant un aigle ou un vautour.
- ‘Umyānis : Idole des Khawlân, probablement un nom propre.
- Murra : Nom propre, ancêtre.
- Banū : Fils de ; désigne une tribu ou un clan.
- Milkān : Nom propre, ancêtre des Banû Milkân.
- falāt : Désert, plaine aride.
- mu’abbala : Chameaux nombreux, en grand nombre.
- tanūfa : Plaine déserte, étendue aride.
- tad‘ū : Elle n’appelle pas ; verbe au féminin singulier.
- ṣanam : Idole, statue représentant une divinité.
- ‘Udthān : Nom propre, ancêtre de Daws.
- Hubal : Idole majeure des Quraysh, placée dans la Ka‘ba.
- Isāf : Idole, homme métamorphosé en pierre.
- Zamzam : Puits sacré à La Mecque.
- Baghy : Nom propre, père d’Isâf.
- bint : Fille de.
- aḥdathā : Ils commirent un acte illicite (rapport sexuel).
- Abū Ṭālib : Oncle du Prophète, père de ‘Alî.
- Nā’il : Variante de Nâ’ila, idole féminine.
- ṭawāghīt : Pluriel de ṭāghūt ; idoles ou objets de culte illicite.
- al-‘Uzzā : Idole préislamique, déesse de la puissance.
- Nakhlah : Lieu près de La Mecque, vallée.
- Banū Shaybān : Tribu de Sulaym, serviteurs d’al-‘Uzzā.
- Banū : Fils de ; désigne un clan.
- ra’s : Tête ; peut désigner le chef ou la partie supérieure.
- buqayra : Petite chamelle.
- Ghanm : Tribu arabe.
- qada‘a : Excroissance, tumeur dans l’œil.
- ghubghab : Lieu d’immolation des sacrifices.
- Abū Khirāsh : Poète arabe de la tribu Hudhayl.
- al-āmināt al-quṭṭan : Femmes en sécurité, qui restent à la maison.
- al-baytān : Les deux vers.
- al-Lāt : Idole préislamique, déesse solaire.
- Banū Mu‘attib : Clan de Thaqîf, serviteurs d’al-Lāt.
- Manāt : Idole préislamique, déesse du destin.
- Qudayd : Lieu près de La Mecque, sur la côte.
- ‘Alī ibn Abī Ṭālib : Cousin et gendre du Prophète, quatrième calife.
- Dhū al-Khalasa : Idole ou sanctuaire des tribus Daws, Khath‘am et Bajîla.
- Tabāla : Ville du Yémen ou région.
- Dhū l-Khalasa : Idole préislamique des tribus de Daws, Khath'am et Bajīla, située à Tabāla, entre La Mecque et le Yémen.
- azlām : Flèches divinatoires utilisées par les Arabes préislamiques pour consulter le sort ou les idoles.
- Fils : Idole préislamique des tribus de Ṭayyi', située dans les montagnes Salmā et Aja'.
- al-Rasūb : Nom d'une épée, signifiant 'celle qui s'enfonce' ou 'la pénétrante'.
- al-Mikhḍam : Nom d'une épée, signifiant 'celle qui coupe' ou 'la tranchante'.
- Ri'ām : Temple préislamique à Ṣan'ā', au Yémen, dédié à une divinité locale.
- Ruḍā' : Idole préislamique des Banū Tamīm, située dans leur territoire.
- al-Mustawghir : Poète et chef préislamique des Banū Tamīm, connu pour sa longévité légendaire.
- Muḍar : Ancêtre éponyme d'une grande tribu arabe du nord, considérée comme l'une des deux branches principales des Arabes 'Adnānites.
- Dhū l-Ka'abāt : Sanctuaire préislamique des tribus de Bakr, Taghlib et Iyād, situé à Sandād, dans la région de l'Irak actuel.
- Sandād : Localité de l'ancienne Arabie, près de l'Euphrate, dans la région de l'Irak actuel.
- al-Khawarnaq : Palais préislamique célèbre, construit près de al-Ḥīra (Irak) par les Lakhmides.
- al-Sadīr : Palais préislamique également situé près de al-Ḥīra, souvent mentionné avec al-Khawarnaq.
- Bāriq : Localité ou montagne mentionnée dans la poésie préislamique, située dans la région de Najd.
- baḥīra : Chamelle à l'oreille fendue, laissée libre pour les divinités, dont le lait n'est bu que par les hôtes.
- sā'iba : Chamelle ou chameau voué à une divinité, laissé libre sans être utilisé, souvent en accomplissement d'un vœu.
- waṣīla : Brebis ayant mis bas dix femelles consécutives, considérée comme connectée à sa divinité, ses petits mâles étant réservés aux hommes.
- ḥāmī : Étalon ayant engendré dix femelles consécutives, protégé et laissé libre pour la reproduction sans autre usage.
- waṣā'il : Pluriel de waṣīla, désignant les brebis consacrées.
- Sharīf : Nom d'un lieu ou d'une montagne en Arabie.
- ḥiqqa : Chamelle âgée de trois à quatre ans, entrant dans sa quatrième année.
- ḥāmiyāt : Pluriel de ḥāmī, désignant les étalons protégés.
- suyyab : Pluriel de sā'iba, désignant les chamelles laissées libres.
- akhraj : Chameau ou chamelle de couleur mêlée de blanc et de noir, ou de robe particulière.
- mirbā' : Chamelle qui met bas au printemps, ou qui est fertile.
- diyāfī : Chameau de race noble, ou cri du chameau.
- Khindif : Ancêtre féminine éponyme des tribus de Mudar, considérée comme la mère de certains groupes.
- takhazzu' : Action de se séparer ou de se détacher d'un groupe, d'où le nom Khuzā'a.
- Marr al-Ẓahrān : Localité située près de La Mecque, sur la route du Yémen.
- Khuzaʿa : Tribu arabe, branche des Azd, qui s'installa à La Mecque après en avoir chassé les Jurhum.
- akārīs : Pluriel de 'ikrīs, désignant des groupes ou troupes dispersées.
- qanābil : Pluriel de qunbula, signifiant des troupes ou détachements militaires.
- Jurhum : Ancienne tribu arabe qui contrôlait La Mecque avant d'en être chassée par les Khuzaʿa.
- shanān : Haine, animosité.
- Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète Muhammad. Le nom est dérivé de taqarrush (commerce).
- qarm : Chef noble, homme de haut rang.
- shughūsh : Blé, une variété de céréale.
- khashl : Extrémités des chevilles et des bracelets, ou objets similaires.
- qurūsh : Commerce et acquisition, dérivé de taqarrush.
- urjūza : Poème en mètre rajaz, souvent utilisé pour des récits ou des louanges.
- qarashū : Ils ont accumulé, du verbe qarasha, lié à taqarrush (commerce).
- ʿaṣb : Vêtements rayés, souvent de haute qualité.
- sadā : Chaîne d'un tissu, fils longitudinaux.
- ḥaḍramī : Tissu ou vêtement originaire du Hadramaout (Yémen).
- mukhaṣṣar : Brodé, orné de motifs.
- arāk : Arbre (Salvadora persica) dont les branches servent à fabriquer des cure-dents (siwāk).
- Fawā’ij : Lieu-dit ou nom de lieu, peut-être une vallée ou un col.
- Yad : Variante de Zayd, nom propre.
- al-Adram : Surnom de Taym ibn Ghālib, signifiant 'au teint foncé' ou 'au visage marqué'.
- rawābī : Collines élevées, hauteurs.
- al-‘allāqa : Nom d'un serpent, ou peut-être une maladie qui s'attache à la jambe.
- Ghālibite : Descendant de Ghālib b. Fihr, ancêtre de Quraysh.
- al-kharūs al-sarā : La chamelle qui voyage de nuit, métaphore de la chamelle morte.
- Banū Dhubyān : Tribu de Ghatafān, branche de Qays 'Aylān.
- Muḥammad b. Ja‘far : Probablement Muḥammad b. Ja‘far b. al-Zubayr, un transmetteur de hadith.
- al-shu‘ur al-riqābā : Littéralement 'aux cous hérissés', peut-être une allusion à leur orgueil ou à leur aspect.
- antaqi‘ al-saḥāb : Chercher les nuages, c'est-à-dire espérer la pluie, métaphore de quémander.
- al-Qurashī : Le Qurayshite, ici probablement un homme de Quraysh.
- mu‘talaj al-baṭḥā’ : Le creux mouvant de la vallée, désignant la vallée de La Mecque.
- al-akhāshib : Montagnes rocheuses autour de La Mecque.
- bakīm : Muet, sans parole.
- Kinānite : Descendant de Kināna, tribu dont Quraysh est issue.
- Bayt al-Ḥarām : La Maison sacrée, c'est-à-dire la Ka'ba.
- Ibn Isḥāq : Muḥammad b. Isḥāq, historien et biographe du Prophète.
- b. Murra b. Nushba : Ajout probable pour compléter la généalogie.
- yawm al-habā’āt : Jour des poussières, peut-être un jour de bataille ou de tempête.
- al-ya‘mala : Nom d'un lieu ou d'une bataille, ou peut-être 'le travail'.
- mugharbala : Tamisés, c'est-à-dire passés au crible, anéantis.
- wa-ramḥuhu lil-wālidāt muthakkila : Vers supplémentaire non cité dans le texte principal, signifiant 'et sa lance rend les mères veuves'.
- al-basl : Mois sacrés, trêve ou immunité accordée à une tribu.
- nasabihim : Leur lignée, ici celle de Murra.
- thamāniya : Huit, peut-être une erreur pour 'quatre' ou 'sept'.
- Ilyās : Ilyās b. Muḍar, ancêtre des Mudarites.
- al-Marūrāt : Nom d'un lieu, peut-être une vallée ou une région.
- nakhlu : Palmiers, peut-être un nom de lieu.
- Waḥshiyya : Nom propre féminin signifiant 'sauvage' ou 'farouche'.
- Yaqaẓa : Nom propre masculin signifiant 'éveillé' ou 'vigilant'.
- Fihr : Ancêtre éponyme de la tribu des Quraysh, souvent identifié à Quṣayy.
Voici l'énumération de la noble lignée de Muhammad, que Dieu prie sur lui et sur sa famille, jusqu'à Adam, que la paix soit sur lui.
Ibn al-Naḍr ibn Kināna ibn Khuzayma. La mère de Yaqaẓa était al-Bāriqiyya 1, une femme de Bāriq, des Asad du Yémen. On dit aussi qu'elle est la mère de Taym. On dit que Taym est de Hind bint Surayr, mère de Kilāb. (Nasab de Bāriq) : Ibn Hishām a dit : Bāriq : les Banū ‘Adī ibn Ḥāritha ibn ‘Amr ibn ‘Āmir ibn Ḥāritha ibn Imri’ al-Qays ibn Tha‘laba ibn Māzin ibn al-Asad ibn al-Ghawth, et ils sont dans Shanū’a. Al-Kumayt ibn Zayd a dit : « Et Azd Shanū’a se sont précipités 2 contre nous / avec des foules qu'ils croyaient avoir des cornes 3. Nous n'avons pas dit à Bāriq : ‘Vous avez mal agi’ / et nous n'avons pas dit à Bāriq : ‘Revenez vers nous’ 4. » Il a dit : Ces deux vers font partie d'un poème de lui. Ils ont été nommés Bāriq parce qu'ils ont suivi l'éclair 5. (Enfants de Kilāb et leur mère) : Ibn Isḥāq a dit : Kilāb ibn Murra eut deux fils : Quṣayy 6 ibn Kilāb et Zuhra 7 ibn Kilāb. Leur mère était Fāṭima bint Sa‘d ibn Sayal 8, l'un des Banū al-Jadara 9, de Ju‘thuma 10 al-Azd, du Yémen, alliés des Banū al-Dayl 11 ibn Bakr ibn ‘Abd Manāf ibn Kināna. (Nasab de Ju‘thuma) : Ibn Hishām a dit : On dit Ju‘thuma al-Asad et Ju‘thuma al-Azd, et c'est Ju‘thuma ibn Yashkur ibn Mubashshir ibn Ṣa‘b ibn Duhmān ibn Naṣr ibn Zahrān ibn al-Ḥārith ibn Ka‘b ibn ‘Abd Allāh ibn Mālik ibn Naṣr ibn al-Asad ibn al-Ghawth. On dit aussi : Ju‘thuma ibn Yashkur ibn Mubashshir ibn Ṣa‘b ibn Naṣr ibn Zahrān ibn al-Asad ibn al-Ghawth. Ils ont été nommés al-Jadara parce que ‘Āmir ibn ‘Amr 12 ibn Ju‘thuma épousa la fille d’al-Ḥārith ibn Muḍāḍ al-Jurhumī, et Jurhum étaient les gardiens de la Ka‘ba. Il construisit un mur (jidār) pour la Ka‘ba, et ‘Āmir fut appelé al-Jādir pour cela ; ses enfants furent donc appelés al-Jadara 13. Ibn Isḥāq a dit : C'est à propos de Sa‘d ibn Sayal que le poète a dit : « Nous ne voyons parmi les gens une seule personne / que nous connaissions comme Sa‘d ibn Sayal, Un cavalier adroit, mais avec une certaine difficulté 14 / et quand il affronte l'adversaire, il descend [de son cheval]. Un cavalier qui attire les chevaux comme / le noble 15 al-Qaṭāmī attire les perdrix. » Ibn Hishām a dit : Son dire « comme le noble attire » vient de certains savants en poésie. (Suite des enfants de Kilāb) : Ibn Hishām a dit : Nu‘m bint Kilāb, qui est la mère d’As‘ad et Su‘ayd, fils de Sahm ibn ‘Amr ibn Huṣayṣ ibn Ka‘b ibn Lu’ayy, et leur mère était Fāṭima bint Sa‘d ibn Sayal. (Enfants de Quṣayy et leur mère) : Ibn Isḥāq a dit : Quṣayy 16 ibn Kilāb eut quatre fils et deux filles : ‘Abd Manāf ibn Quṣayy, ‘Abd al-Dār ibn Quṣayy, ‘Abd al-‘Uzzā ibn Quṣayy, ‘Abd Quṣayy 17 ibn Quṣayy, Takhmur 18 bint Quṣayy, et Barra bint Quṣayy. Leur mère était Ḥubayy bint Ḥulayl ibn Ḥabashiyya ibn Salūl ibn Ka‘b ibn ‘Amr al-Khuzā‘ī. Ibn Hishām a dit : On dit aussi Ḥubshiyya 19 ibn Salūl. (Enfants de ‘Abd Manāf et leurs mères) : Ibn Isḥāq a dit : ‘Abd Manāf – son nom est al-Mughīra ibn Quṣayy – eut quatre fils : Hāshim 20 ibn ‘Abd Manāf, ‘Abd Shams 21 ibn ‘Abd Manāf, al-Muṭṭalib ibn ‘Abd Manāf, et leur mère était ‘Ātika 22 bint Murra ibn Hilāl 23 ibn Fālij 24 ibn Dhakwān ibn Tha‘laba ibn Buhtha ibn Sulaym ibn Manṣūr ibn ‘Ikrima ; et Nawfal ibn ‘Abd Manāf, dont la mère était Wāqida bint ‘Amr al-Māziniyya. Māzin ibn Manṣūr ibn ‘Ikrima. (Nasab de ‘Utba ibn Ghazwān) : Ibn Hishām a dit : C'est par cette généalogie que ‘Utba ibn Ghazwān ibn Jābir ibn Wahb ibn Tusayb 25 ibn Mālik ibn al-Ḥārith ibn Māzin ibn Manṣūr ibn ‘Ikrima s'est opposé à eux. (Retour aux enfants de ‘Abd Manāf) : Ibn Hishām a dit : Abū ‘Amr, Tumāḍir, Qilāba, Ḥayya, Rayṭa, Umm al-Akhtham, et Umm Sufyān : les enfants de ‘Abd Manāf. La mère d’Abū ‘Amr était Rayṭa, une femme de Thaqīf ; la mère des autres femmes était ‘Ātika bint Murra ibn Hilāl, mère de Hāshim ibn ‘Abd Manāf ; sa mère était Ṣafiyya bint Ḥawza ibn ‘Amr ibn Salūl ibn Ṣa‘ṣa‘a ibn Mu‘āwiya ibn Bakr ibn Hawāzin ; la mère de Ṣafiyya était la fille de ‘Ā’idh Allāh 26 ibn Sa‘d 27 al-‘Ashīra ibn Madhḥij. (Enfants de Hāshim et leurs mères) : Ibn Hishām 28 a dit : Hāshim ibn ‘Abd Manāf eut quatre fils et cinq filles : ‘Abd al-Muṭṭalib ibn Hāshim, Asad ibn Hāshim, Abū Ṣayfī ibn Hāshim, Naḍla ibn Hāshim, al-Shifā’, Khālida, Ḍa‘īfa, Ruqayya, et Ḥayya. La mère de ‘Abd al-Muṭṭalib et Ruqayya était Salmā 29 bint ‘Amr 30 ibn Zayd ibn Labīd 31 ibn Ḥarām ibn Khidāsh ibn ‘Āmir 32 ibn Ghanm ibn ‘Adī ibn al-Najjār. Le nom d’al-Najjār est Taym Allāh ibn Tha‘laba ibn ‘Amr ibn al-Khazraj ibn Ḥāritha ibn Tha‘laba ibn ‘Amr ibn ‘Āmir. Sa mère était ‘Amīra bint Ṣakhr ibn al-Ḥārith ibn Tha‘laba ibn Māzin ibn al-Najjār. La mère de ‘Amīra était Salmā bint ‘Abd al-Ashhal al-Najjāriyya. La mère d’Asad était Qayla bint ‘Āmir ibn Mālik al-Khuzā‘ī. La mère d’Abū Ṣayfī et Ḥayya était Hind bint ‘Amr ibn Tha‘laba al-Khazrajiyya 33. La mère de Naḍla et al-Shifā’ était une femme de Quḍā‘a. La mère de Khālida et Ḍa‘īfa était Wāqida bint Abī ‘Adī al-Māziniyya. Enfants de ‘Abd al-Muṭṭalib ibn Hāshim (Leur nombre et leurs mères) : Ibn Hishām a dit : ‘Abd al-Muṭṭalib ibn Hāshim eut dix fils et six filles : al-‘Abbās, Ḥamza, ‘Abd Allāh, Abū Ṭālib – son nom est ‘Abd Manāf – al-Zubayr 34, al-Ḥārith, Ḥajl 35, al-Muqawwim, Ḍirār, Abū Lahab 36 – son nom est ‘Abd al-‘Uzzā – Ṣafiyya, Umm Ḥakīm al-Bayḍā’, ‘Ātika, Umayma, Arwā, et Barra. La mère d’al-‘Abbās et Ḍirār était Nukayla 37 bint Janāb ibn Kulayb 38 ibn Mālik ibn ‘Amr ibn ‘Āmir 39 ibn Zayd Manāt ibn ‘Āmir – qui est al-Ḍaḥyān – ibn Sa‘d ibn al-Khazraj ibn Taym al-Lāt ibn al-Namir ibn Qāsiṭ ibn Hinb ibn Afṣā ibn Jadīla ibn Asad ibn Rabī‘a ibn Nizār. On dit aussi : Afṣā ibn Du‘mī ibn Jadīla. La mère de Ḥamza, al-Muqawwim, Ḥajl – qui était surnommé al-Ghaydāq pour l'abondance de son bien et l'étendue de sa richesse – et Ṣafiyya était Hāla 40 bint 41 Wahayb ibn ‘Abd Manāt 42 ibn Zuhra ibn Kilāb ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu’ayy. La mère de ‘Abd Allāh, Abū Ṭālib, al-Zubayr, et de toutes les femmes sauf Ṣafiyya était Fāṭima bint ‘Amr ibn ‘Ā’idh ibn ‘Imrān ibn Makhzūm ibn Yaqaẓa ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu’ayy ibn Ghālib ibn Fihr ibn Mālik ibn 43 al-Naḍr. Sa mère était Ṣakhra bint ‘Abd ibn ‘Imrān ibn Makhzūm ibn Yaqaẓa ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu’ayy ibn Ghālib ibn Fihr ibn Mālik ibn al-Naḍr. La mère de Ṣakhra était Takhmur bint ‘Abd ibn Quṣayy ibn Kilāb ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu’ayy ibn Ghālib ibn Fihr ibn Mālik ibn al-Naḍr. La mère d’al-Ḥārith ibn ‘Abd al-Muṭṭalib était Samrā’ bint Jundub ibn Juḥayr ibn Ri’āb ibn Ḥabīb ibn Suwā’a ibn ‘Āmir ibn Ṣa‘ṣa‘a ibn Mu‘āwiya ibn Bakr ibn Hawāzin ibn Manṣūr ibn ‘Ikrima. La mère d’Abū Lahab était Lubnā bint Hājar ibn ‘Abd Manāf ibn Ḍāṭir ibn Ḥubshiyya ibn Salūl ibn Ka‘b ibn ‘Amr al-Khuzā‘ī. (Le Messager d'Allāh – qu'Allāh prie sur lui et le salue – et ses mères) :
Ibn Hichâm a dit : ʿAbd Allâh ibn ʿAbd al-Muṭṭalib engendra le Messager d’Allâh — qu’Allâh prie sur lui, le salue, lui accorde Sa miséricorde et Ses bénédictions, ainsi qu’à sa famille —, le seigneur des fils d’Adam, Muḥammad ibn ʿAbd Allâh ibn ʿAbd al-Muṭṭalib. Sa mère était Âmina bint Wahb ibn ʿAbd Manâf ibn Zuhra 44 ibn Kilâb ibn Murra ibn Kaʿb ibn Luʾayy ibn Ghâlib ibn Fihr ibn Mâlik ibn al-Naḍr. La mère de celle-ci était Barra bint ʿAbd al-ʿUzzâ ibn ʿUthmân ibn ʿAbd al-Dâr ibn Quṣayy ibn Kilâb ibn Murra ibn Kaʿb ibn Luʾayy ibn Ghâlib ibn Fihr ibn Mâlik ibn al-Naḍr. La mère de Barra était Umm Ḥabîb bint Asad ibn ʿAbd al-ʿUzzâ ibn Quṣayy ibn Kilâb ibn Murra ibn Kaʿb ibn Luʾayy ibn Ghâlib ibn Fihr ibn Mâlik ibn al-Naḍr. La mère d’Umm Ḥabîb était Barra 45 bint ʿAwf ibn ʿUbayd ibn ʿUwayj ibn ʿAdiyy ibn Kaʿb ibn Luʾayy ibn Ghâlib ibn Fihr ibn Mâlik ibn al-Naḍr. Ibn Hichâm a dit : Le Messager d’Allâh — qu’Allâh prie sur lui et le salue 46 — est le plus noble des fils d’Adam par sa lignée et le meilleur d’entre eux par sa parenté, tant du côté paternel que maternel. [Indication concernant le creusement de Zamzam] (Quelque chose au sujet de Zamzam) : Muḥammad ibn Isḥâq al-Muṭṭalibî 47 a dit : Alors que ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hâchim dormait dans le Ḥijr 48, il reçut une vision et reçut l’ordre de creuser Zamzam. Celle-ci était une source enfouie entre les deux idoles de Quraych, Isâf et Nâʾila, près du lieu de sacrifice de Quraych. Les Jurhum l’avaient comblée lorsqu’ils quittèrent La Mecque. C’est le puits d’Ismâʿîl, fils d’Ibrâhîm — sur eux deux la paix —, qu’Allâh lui fit jaillir lorsqu’il eut soif, étant petit. Sa mère chercha de l’eau pour lui mais n’en trouva pas ; elle se rendit alors à al-Ṣafâ, invoquant Allâh et implorant Son secours pour Ismâʿîl, puis elle vint à al-Marwa et fit de même. Allâh — qu’Il soit exalté — envoya Jibrîl — sur lui la paix —, qui frappa le sol de son talon 49 ; l’eau apparut. Sa mère entendit les cris des bêtes sauvages et craignit pour lui ; elle accourut vers lui et le trouva en train de gratter 50 l’eau de ses mains sous sa joue et de boire. Elle en fit une mare 51. [L’affaire des Jurhum et le comblement de Zamzam] (Les gouverneurs de la Maison) : Ibn Hichâm a dit : Au sujet de l’histoire des Jurhum, du comblement de Zamzam, de leur départ de La Mecque et de ceux qui gouvernèrent La Mecque après eux jusqu’à ce que ʿAbd al-Muṭṭalib creuse Zamzam, voici ce que nous a rapporté Ziyâd ibn ʿAbd Allâh al-Bakkâʾî d’après Muḥammad ibn Isḥâq al-Muṭṭalibî, qui a dit : Lorsque Ismâʿîl ibn Ibrâhîm mourut, son fils Nâbit ibn Ismâʿîl gouverna la Maison pendant le temps qu’Allâh voulut. Ensuite, Muḍâḍ ibn ʿAmr al-Jurhumî gouverna la Maison après lui. (Jurhum et Qaṭûrâʾ, et ce qui se passa entre eux) : Ibn Hichâm a dit : On dit : Muḍâḍ ibn ʿAmr al-Jurhumî. Ibn Isḥâq a dit : Les fils d’Ismâʿîl et les fils de Nâbit étaient avec leur grand-père Muḍâḍ ibn ʿAmr et leurs oncles maternels des Jurhum 52. Jurhum et Qaṭûrâʾ 53 étaient alors les habitants de La Mecque ; ils étaient cousins germains. Ils étaient partis du Yémen en caravane, Muḍâḍ ibn ʿAmr à la tête de Jurhum, et al-Samaydaʿ 54 à la tête de Qaṭûrâʾ, un homme de leur tribu. Lorsqu’ils quittaient le Yémen, ils ne partaient jamais sans un roi qui gérait leurs affaires. Arrivés à La Mecque, ils virent un pays d’eau et d’arbres, qui leur plut, et ils s’y installèrent. Muḍâḍ ibn ʿAmr et ceux qui étaient avec lui des Jurhum s’installèrent dans la partie haute de La Mecque, à Quʿayqiʿân 55 et ses alentours. Al-Samaydaʿ et Qaṭûrâʾ s’installèrent dans la partie basse de La Mecque, à Ajyâd 56 et ses alentours. Muḍâḍ prélevait la dîme 57 sur quiconque entrait à La Mecque par le haut, et al-Samaydaʿ prélevait la dîme sur quiconque entrait par le bas, chacun dans son territoire, sans qu’aucun des deux n’empiète sur l’autre. Puis, Jurhum et Qaṭûrâʾ se livrèrent à des actes d’oppression les uns contre les autres et se disputèrent la royauté. À cette époque, Muḍâḍ avait avec lui les fils d’Ismâʿîl et les fils de Nâbit, et la charge de la Maison lui revenait, non à al-Samaydaʿ. Ils marchèrent les uns contre les autres. Muḍâḍ ibn ʿAmr sortit de Quʿayqiʿân avec son bataillon, se dirigeant vers al-Samaydaʿ. Son bataillon était équipé de lances, de boucliers, d’épées et de carquois, qui faisaient un bruit de cliquetis 58 ; on dit que Quʿayqiʿân ne fut nommé ainsi que pour cette raison. Al-Samaydaʿ sortit d’Ajyâd avec des chevaux et des hommes ; on dit qu’Ajyâd ne fut nommé ainsi qu’à cause des chevaux de race 59 qui sortirent avec al-Samaydaʿ. Ils se rencontrèrent à Fâḍiḥ 60 et livrèrent un combat violent. Al-Samaydaʿ fut tué et Qaṭûrâʾ fut couverte de honte 61 ; on dit que Fâḍiḥ ne fut nommé ainsi que pour cette raison. Ensuite, les gens s’appelèrent à la paix. Ils marchèrent jusqu’à s’installer à al-Maṭâbikh 62, un col dans la partie haute de La Mecque, et y firent la paix. Ils remirent l’autorité à Muḍâḍ. Lorsque l’affaire de La Mecque lui fut confiée et qu’il en devint le roi, il sacrifia des bêtes pour les gens et les nourrit ; les gens firent cuire 63 et mangèrent. On dit que al-Maṭâbikh ne fut nommé ainsi que pour cette raison. Certains savants prétendent qu’il ne fut nommé al-Maṭâbikh que lorsque Tubbaʿ y sacrifia et nourrit les gens, et que c’était sa demeure. Ce qui se passa entre Muḍâḍ et al-Samaydaʿ fut, selon ce qu’ils prétendent, la première oppression qui eut lieu à La Mecque. (Les fils d’Ismâʿîl et les Jurhum à La Mecque) : Ensuite, Allâh multiplia les fils d’Ismâʿîl à La Mecque. Leurs oncles maternels, les Jurhum, étaient les gouverneurs de la Maison et les juges à La Mecque ; les fils d’Ismâʿîl ne leur disputaient pas cela, en raison de leur parenté maternelle et de leur proximité, et par respect pour le sanctuaire, afin qu’il n’y ait ni oppression ni combat. Lorsque La Mecque devint trop étroite pour les fils d’Ismâʿîl, ils se dispersèrent dans les pays. Ils n’attaquaient aucun peuple sans qu’Allâh ne les fasse triompher par leur religion, et ils les soumettaient. (Prise de pouvoir sur la Maison par les Banû Kinâna et les Khuzâʿa, et [ce qui advint] des Jurhum) (L’oppression des Jurhum à La Mecque et l’expulsion par les Banû Bakr) : Ensuite, les Jurhum se livrèrent à l’oppression à La Mecque et violèrent certains 64 des interdits du sanctuaire. Ils opprimèrent ceux qui y entraient, n’étant pas de ses habitants, et mangèrent les biens de la Kaʿba qui lui étaient offerts 65. Leur situation s’affaiblit. Lorsque les Banû Bakr ibn ʿAbd Manât ibn Kinâna et Ghubshân des Khuzâʿa virent cela, ils se réunirent pour leur faire la guerre et les expulser de La Mecque. Ils leur déclarèrent la guerre, combattirent, et les Banû Bakr et Ghubshân les vainquirent et les chassèrent de La Mecque. À l’époque préislamique, La Mecque ne tolérait ni injustice ni oppression ; quiconque s’y livrait à l’oppression en était expulsé. On l’appelait al-Nâssa 66. Aucun roi qui voulait violer son sanctuaire n’y entrait sans périr sur place. On dit qu’elle ne fut appelée Bakka 67 que parce qu’elle brisait 68 les nuques des tyrans lorsqu’ils y commettaient quelque chose. (Bakka, étymologiquement) : Ibn Hichâm a dit : Abû ʿUbayda m’a informé que Bakka est le nom du fond de La Mecque, parce que les gens s’y pressent 69, c’est-à-dire s’y entassent. Il m’a récité : « Quand le buveur 70 est pris d’une soif ardente 71, laisse-le jusqu’à ce qu’il fasse boire 72 son troupeau à Bakka », c’est-à-dire : laisse-le jusqu’à ce qu’il amène ses chameaux à l’eau et qu’ils se pressent autour. C’est l’emplacement de la Maison et de la Mosquée. Ces deux vers sont de ʿAmmân ibn Kaʿb ibn ʿAmr ibn Saʿd ibn Zayd Manât ibn Tamîm. Ibn Isḥâq a dit : ʿAmr ibn al-Ḥârith ibn Muḍâḍ al-Jurhumî emporta les deux gazelles de la Kaʿba et la Pierre du Coin, les enterra dans Zamzam, puis partit avec ceux des Jurhum qui étaient avec lui vers le Yémen. Ils furent profondément affligés d’avoir quitté La Mecque et sa royauté. ʿAmr ibn al-Ḥârith (ibn ʿAmr) 73 ibn Muḍâḍ dit à ce sujet — et ce n’est pas Muḍâḍ l’Ancien — : « Une femme dit, tandis que les larmes coulaient abondamment et que ses yeux en étaient noyés : “Comme s’il n’y avait jamais eu, entre al-Ḥajûn 74 et al-Ṣafâ, de compagnie, et comme si personne n’avait veillé à La Mecque !” Je lui répondis, le cœur comme si un oiseau 75 l’agitait entre mes côtes : … »
Oui, nous étions ses habitants, mais nous en ont chassés... les vicissitudes des nuits et des destins 76 funestes. Nous étions les gardiens de la Demeure après Nabit 77, nous tournant autour de cette Demeure alors que le bien était manifeste. Et nous avons eu la charge de la Demeure après Nabit, avec puissance, et celui qui rivalise n'obtient rien chez nous. Nous avons régné, puis renforcé notre règne : quelle grandeur que notre règne ! Aucune autre tribu n'a là-bas de gloire. N'avez-vous pas donné en mariage 78 le meilleur homme que vous ayez connu ? Nous l'avons pris comme gendre, et nous sommes les alliés par alliance. Si le monde se détourne de nous dans son état, il a certes un état [changeant] et en lui se trouvent les discordes. Le Roi 79 nous en a fait sortir par Sa puissance : ainsi, ô gens, les destins s'accomplissent. Je dis, quand l'insouciant dort et que moi je ne dors pas : Ô Maître du Trône 80 ! Que Suhayl 81 et 'Amir 82 ne soient pas loin ! Et j'ai été changé pour d'autres visages que je n'aime pas : des tribus parmi lesquelles Himyar et Yuhâbir 83. Nous sommes devenus des récits, alors que nous étions dans l'aisance : c'est ainsi que nous ont mordues les années passées. Les larmes de l'œil ont coulé, pleurant une contrée où se trouve un sanctuaire sûr et où sont les rites 84. Et il pleure une Demeure dont les colombes ne sont pas molestées, où les passereaux demeurent en sécurité. Et il y a des bêtes sauvages qu'on ne cherche pas à chasser, familières ; quand elles en sortent, elles ne s'éloignent pas. Ibn Hishâm a dit : « Son mot « nos fils sont de nous » vient d'autre qu'Ibn Ishâq. » Ibn Ishâq a dit : 'Amr ibn al-Hârith a dit aussi, évoquant Bakr et Ghubshân, et les habitants de la Mecque qui leur succédèrent : « Ô gens, marchez ! Car votre terme est d'arriver un jour à ne plus marcher. Pressez les montures et relâchez leurs rênes avant la mort, et accomplissez ce que vous devez accomplir. Nous étions des hommes comme vous, puis le temps nous a changés, et vous êtes comme nous étions. » Ibn Hishâm a dit : Voilà ce qui est authentique de ces vers. Et un savant en poésie m'a raconté que ces vers sont les premiers poèmes dits chez les Arabes, et qu'ils furent trouvés écrits sur une pierre au Yémen, sans que l'on m'ait nommé leur auteur 85. **Usurpation par une tribu de Khuzâ'a de la garde de la Demeure** Ibn Ishâq a dit : Ensuite, Ghubshân de Khuzâ'a prit en charge la Demeure à l'exclusion des Banû Bakr ibn 'Abd Manât. Celui qui en avait la charge parmi eux était 'Amr ibn al-Hârith al-Ghubshânî. Quraysh était alors dispersée en clans et en familles, répartis parmi leur peuple des Banû Kinâna. Khuzâ'a garda donc la Demeure, se la transmettant de père en fils, jusqu'au dernier d'entre eux, Hulayl ibn Habashiyya ibn Salûl ibn Ka'b ibn 'Amr al-Khuzâ'î. Ibn Hishâm a dit : On dit Hubshiyya ibn Salûl. **Mariage de Qusayy ibn Kilâb avec Hubbâ bint Hulayl** **Enfants de Qusayy :** Ibn Ishâq a dit : Ensuite, Qusayy ibn Kilâb demanda en mariage à Hulayl ibn Habashiyya sa fille Hubbâ. Hulayl l'agréa et la lui donna en mariage. Elle lui enfanta 'Abd al-Dâr, 'Abd Manâf, 'Abd al-'Uzzâ et 'Abd. Quand la descendance de Qusayy se répandit, ses biens s'accrurent et son rang s'éleva, Hulayl mourut. **Prise en charge par Qusayy des affaires de la Demeure et soutien de Rizâh** Qusayy estima qu'il était plus digne de la Ka'ba et des affaires de la Mecque que Khuzâ'a et les Banû Bakr, et que Quraysh était la souche 86 d'Ismaël fils d'Abraham et la descendance pure de son fils. Il parla donc à des hommes de Quraysh et des Banû Kinâna, et les appela à expulser Khuzâ'a et les Banû Bakr de la Mecque. Ils lui répondirent favorablement. Rabî'a ibn Harâm de 'Udhra ibn Sa'd ibn Zayd était venu à la Mecque après la mort de Kilâb, et avait épousé Fâtima bint Sa'd ibn Sayal, alors que Zuhra était un homme et Qusayy un enfant sevré. Il l'emmena dans son pays, et elle emmena Qusayy avec elle, laissant Zuhra. Elle enfanta à Rabî'a Rizâh. Quand Qusayy devint grand et homme fait, il vint à la Mecque et y demeura. Lorsque son peuple lui répondit favorablement à ce qu'il leur demandait, il écrivit à son frère utérin Rizâh ibn Rabî'a, l'appelant à son secours et à se joindre à lui. Rizâh ibn Rabî'a partit donc avec ses frères : Hunn ibn Rabî'a, Mahmûd ibn Rabî'a, et Julhuma ibn Rabî'a (ils étaient d'une autre mère que Fâtima), ainsi que ceux qui les suivirent de Qudâ'a parmi les pèlerins arabes, tous résolus à soutenir Qusayy. Khuzâ'a prétend que Hulayl ibn Habashiyya avait recommandé cela à Qusayy et lui avait ordonné de le faire, lorsque sa descendance de sa fille se fut répandue, disant : « Tu es plus digne de la Ka'ba, de sa charge et des affaires de la Mecque que Khuzâ'a. » C'est alors que Qusayy rechercha ce qu'il rechercha. Nous n'avons pas entendu cela d'autres qu'eux. Dieu sait ce qu'il en fut. **Ce dont al-Ghawth ibn Murr était chargé : l'autorisation 87 pour les gens lors du pèlerinage** Al-Ghawth ibn Murr ibn Add ibn Tâbikha ibn Ilyâs ibn Mudar était chargé de l'autorisation pour les gens lors du pèlerinage depuis 'Arafa, ainsi que ses descendants après lui. On l'appelait, lui et ses descendants, Sûfa 88. Il n'eut cette charge que parce que sa mère était une femme de Jurhum, stérile. Elle fit vœu à Dieu, si elle enfantait un mâle, de le donner en aumône à la Ka'ba comme serviteur pour la servir et s'en occuper. Elle enfanta al-Ghawth, qui s'occupa de la Ka'ba dans les temps anciens avec ses oncles maternels de Jurhum. Il fut donc chargé de l'autorisation des gens depuis 'Arafa, en raison de sa position auprès de la Ka'ba, ainsi que ses descendants après lui jusqu'à leur extinction. Murr ibn Add dit, pour l'accomplissement du vœu de sa mère : « J'ai voué au Seigneur de cette Demeure / un lien 89 à la Mecque la haute ; / bénis-le pour moi, ô Dieu, / et fais-le être parmi les justes créatures. » Al-Ghawth ibn Murr, selon ce qu'ils prétendent, quand il faisait partir les gens, disait : « Ô Dieu, je suis un suiveur qui suit ; / s'il y a un péché, qu'il soit sur Qudâ'a. » Ibn Ishâq a dit : Yahyâ ibn 'Abbâd ibn 'Abd Allâh ibn al-Zubayr m'a raconté d'après son père 'Abbâd. Il a dit : **Sûfa et le jet des pierres** Sûfa faisait partir les gens de 'Arafa et les autorisait quand ils quittaient Minâ. Le jour du départ 90, ils venaient pour le jet des pierres, et un homme de Sûfa jetait pour les gens : ils ne jetaient pas avant qu'il n'ait jeté. Ceux qui avaient des besoins pressants venaient à lui et disaient : « Lève-toi et jette, pour que nous jetions avec toi. » Il disait : « Non, par Dieu, jusqu'à ce que le soleil décline. » Ceux qui avaient des besoins pressants et voulaient hâter leur départ le lapidaient avec des pierres et le pressaient, disant : « Malheur à toi ! Lève-toi et jette. » Il refusait. Quand le soleil déclinait, il se levait, jetait, et les gens jetaient avec lui. **Prise en charge par les Banû Sa'd des affaires de la Demeure après Sûfa** Ibn Ishâq a dit : Quand ils avaient fini de jeter les pierres et voulaient quitter Minâ, Sûfa prenait les deux côtés de la 'Aqaba 91 et retenait les gens, disant : « Protégés de Sûfa ! » Personne ne passait avant qu'ils ne soient passés. Quand Sûfa partait et s'en allait, on laissait les gens libres, et ils partaient après eux. Ils agirent ainsi jusqu'à leur extinction. Leur succédèrent alors dans cette charge, par descendance directe 92, les Banû Sa'd ibn Zayd Manât ibn Tamîm. Cette charge était chez les Banû Sa'd, dans la famille de Safwân ibn al-Hârith ibn Shijna. **Généalogie de Safwân** Ibn Hishâm a dit : Safwân ibn Junâb ibn Shijna ibn 'Utârid ibn 'Awf ibn Ka'b ibn Sa'd ibn Zayd Manât ibn Tamîm. **Safwân, Karib et l'autorisation lors du pèlerinage** Ibn Ishâq a dit : Safwân était celui qui autorisait les gens lors du pèlerinage depuis 'Arafa. Puis ses descendants après lui, jusqu'au dernier d'entre eux que l'Islam surprit, Karib ibn Safwân. Aws ibn Tamîm ibn Maghrâ' al-Sa'dî a dit : « Les gens ne cesseront, tant qu'ils feront le pèlerinage à 'Arafa, / jusqu'à ce qu'on dise : Autorisez, famille de Safwân ! » Ibn Hishâm a dit : Ce vers est dans une poésie d'Aws ibn Maghrâ'. **Ce dont 'Adwân était chargé : la course depuis Muzdalifa** **Poème de Dhû al-Isba' à propos de leur course avec les gens**
Quant à la parole de Dhū l-Iṣbaʿ al-ʿAdwānī, dont le nom est Ḥurthān (des ʿAdwān) 93 ibn ʿAmr, et qui fut surnommé Dhū l-Iṣbaʿ parce qu'il avait un doigt qu'il coupa : « Malheur aux gens de ʿAdwān 94 ... ils étaient le serpent de la terre 95. Certains d'entre eux commirent une injustice ... sans égard pour les autres 96. Parmi eux se trouvaient les chefs ... et ceux qui tiennent leurs promesses 97. Parmi eux, il y a celui qui guide les gens ... selon la Sunna et l'obligation. Parmi eux, il y a un juge qui rend des verdicts ... et ce qu'il juge n'est pas annulé. » (Abū Sayyāra et sa conduite des gens lors de la déferlade) : - Ces vers font partie d'un poème de lui - car la déferlade depuis al-Muzdalifa était chez les ʿAdwān - selon ce que m'a rapporté Ziyād ibn ʿAbd Allāh al-Bakkāʾī d'après Muḥammad ibn Isḥāq - ils se transmettaient cela de père en fils, jusqu'au dernier d'entre eux que l'Islam a trouvé en fonction : Abū Sayyāra, ʿUmayla ibn al-Aʿzal 98. C'est à son sujet qu'un poète arabe dit : « Nous avons défendu Abū Sayyāra ... et ses alliés les Banū Fazāra 99, Jusqu'à ce qu'il fasse passer son âne sain et sauf ... se tournant vers la qibla, invoquant son voisin 100. » Il dit : Abū Sayyāra conduisait les gens monté sur une ânesse 101 ; c'est pourquoi il dit : « son âne sain et sauf ». L'affaire de ʿĀmir ibn Ẓarib ibn ʿAmr ibn ʿIyādh ibn Yashkur ibn ʿAdwān (Son jugement concernant un hermaphrodite et la consultation de sa servante Sukhayla) : Ibn Isḥāq dit : Et sa parole « un juge qui rend des verdicts » désigne ʿĀmir ibn Ẓarib ibn ʿAmr ibn ʿIyādh ibn Yashkur ibn ʿAdwān al-ʿAdwānī. Les Arabes, lorsqu'un conflit 102 ou une affaire épineuse 103 survenait entre eux en matière de jugement, la soumettaient à lui et se contentaient de sa décision. On vint à lui pour un différend parmi ceux qu'ils avaient : un homme hermaphrodite, ayant à la fois les organes masculins et féminins. Ils dirent : « Le considères-tu comme un homme ou une femme ? » Ils ne lui avaient jamais soumis d'affaire plus difficile. Il dit : « Attendez que j'examine votre affaire. Par Dieu, je n'ai jamais eu à traiter une telle chose de votre part, ô Arabes ! » Ils s'éloignèrent de lui. Il passa la nuit éveillé, retournant l'affaire dans sa tête, examinant la question, sans trouver de solution. Il avait une servante appelée Sukhayla qui gardait ses moutons. Il la réprimandait lorsqu'elle partait le matin en disant : « Tu es partie tard, par Dieu, ô Sukhayl ! » et lorsqu'elle rentrait le soir, il disait : « Tu es rentrée tard, par Dieu, ô Sukhayl ! » car elle retardait le départ au matin jusqu'à ce que d'autres la devancent, et retardait le retour le soir jusqu'à ce que d'autres la devancent. Quand elle vit son insomnie et son agitation sur sa couche, elle dit : « Qu'as-tu, que ton père ne te trouve pas ! Qu'est-ce qui t'a frappé cette nuit ? » Il dit : « Malheur à toi ! Laisse-moi, une affaire qui ne te concerne pas. » Puis elle répéta sa question. Il se dit : « Peut-être apportera-t-elle une issue à ce qui me préoccupe. » Il dit : « Malheur à toi ! On m'a soumis un litige concernant l'héritage d'un hermaphrodite : dois-je le considérer comme un homme ou une femme ? Par Dieu, je ne sais que faire, et je ne trouve aucune solution. » Elle dit : « Gloire à Dieu ! Que ton père ne te trouve pas ! Suis le jugement de l'urine 104 : fais-le s'asseoir ; s'il urine comme un homme, c'est un homme ; si elle urine comme une femme, c'est une femme. » Il dit : « Sois bénie, ô Sukhayl, que tu sois du soir ou du matin ! Par Dieu, tu m'as délivré ! » Puis, au matin, il sortit vers les gens et jugea selon ce qu'elle lui avait suggéré. La domination de Quṣayy ibn Kilāb sur les affaires de La Mecque, son rassemblement de l'affaire de Quraysh et l'aide de Quḍāʿa (La défaite de Ṣūfa) : Ibn Isḥāq dit : Cette année-là, Ṣūfa agit comme elle avait coutume de faire, et les Arabes reconnaissaient cela, car c'était une religion à leurs yeux à l'époque de Jurhum, de Khuzāʿa et de leur autorité. Quṣayy ibn Kilāb vint à eux avec ceux de son peuple, Quraysh, Kināna et Quḍāʿa, à al-ʿAqaba, et dit : « Nous avons plus de droit à cela que vous. » Ils le combattirent ; les gens se battirent violemment, puis Ṣūfa fut mise en déroute, et Quṣayy les vainquit et prit ce qu'ils détenaient. (La guerre de Quṣayy contre Khuzāʿa et les Banū Bakr, et l'arbitrage de Yaʿmur ibn ʿAwf) : Alors Khuzāʿa et les Banū Bakr se retirèrent de Quṣayy, sachant qu'il les empêcherait comme il avait empêché Ṣūfa, et qu'il s'interposerait entre eux et la Kaʿba et l'autorité de La Mecque. Lorsqu'ils se retirèrent, il les attaqua 105 et se prépara à leur faire la guerre (son frère Rizāḥ ibn Rabīʿa resta avec lui avec ceux de son peuple de Quḍāʿa) 106. Khuzāʿa et les Banū Bakr sortirent contre lui ; ils se rencontrèrent et combattirent violemment (à al-Abṭaḥ) 107, jusqu'à ce qu'il y ait de nombreux morts dans les deux camps. Puis ils appelèrent à la paix et à l'arbitrage d'un homme parmi les Arabes. Ils choisirent comme arbitre Yaʿmur ibn ʿAwf ibn Kaʿb ibn ʿĀmir 108 ibn Layth ibn Bakr ibn ʿAbd Manāt ibn Kināna. Il jugea entre eux que Quṣayy avait plus de droit à la Kaʿba et à l'autorité de La Mecque que Khuzāʿa, que tout sang versé par Quṣayy parmi Khuzāʿa et les Banū Bakr était annulé, il l'écrasait 109 sous ses pieds, et que ce que Khuzāʿa et les Banū Bakr avaient versé comme sang parmi Quraysh, Kināna et Quḍāʿa devait être payé comme prix du sang, et que Quṣayy devait être laissé libre avec la Kaʿba et La Mecque. (Raison du surnom de Yaʿmur : al-Shaddākh) : Ce jour-là, Yaʿmur 110 ibn ʿAwf fut surnommé al-Shaddākh, parce qu'il avait écrasé et annulé les sangs. Ibn Hishām dit : On dit aussi al-Shudākh. (Quṣayy comme prince de La Mecque et raison de son surnom Mujammiʿ) : Ibn Isḥāq dit : Quṣayy prit alors en charge la Maison et l'autorité de La Mecque, rassembla son peuple de leurs demeures vers La Mecque, et devint roi sur son peuple et les habitants de La Mecque, qui le reconnurent comme roi. Cependant, il maintint pour les Arabes ce qu'ils pratiquaient, car il considérait cela comme une religion en soi qu'il ne convenait pas de changer. Il laissa donc les Āl Ṣafwān, ʿAdwān, al-Nasaʾa et Murra ibn ʿAwf dans leur état, jusqu'à ce que vienne l'Islam, par lequel Dieu abolit tout cela. Quṣayy fut le premier des Banū Kaʿb ibn Luʾayy à obtenir une royauté à laquelle son peuple obéit. Il détenait la ḥijāba 111, la siqāya 112, la rifāda 113, la nadwa 114 et le liwāʾ 115, rassemblant ainsi tout l'honneur de La Mecque. Il divisa La Mecque en quartiers entre son peuple, installant chaque groupe de Quraysh dans les demeures qu'ils occupèrent ensuite. On raconte que les Quraysh hésitèrent à couper les arbres du sanctuaire pour leurs demeures, mais Quṣayy les coupa de sa propre main avec ses aides 116. Les Quraysh le surnommèrent alors Mujammiʿ (rassembleur) pour avoir rassemblé leurs affaires, et ils considérèrent son autorité comme bénie. Ainsi, aucune femme ne se mariait, aucun homme de Quraysh ne se mariait, ils ne se consultaient sur aucune affaire qui leur survenait, et ils ne déployaient un étendard pour une guerre contre un autre peuple que dans sa maison, où l'un de ses fils le déployait pour eux. Aucune jeune fille de Quraysh, lorsqu'elle atteignait l'âge de porter une robe, ne la revêtait ailleurs que dans sa maison : on y fendait pour elle une robe, puis elle la portait, puis on la ramenait chez elle. Son autorité sur son peuple de Quraysh, de son vivant et après sa mort, était comme une religion suivie, sans dérogation. Il se construisit la Dār al-Nadwa (maison de l'assemblée) dont il fit la porte donnant sur la mosquée de la Kaʿba ; c'est là que les Quraysh réglaient leurs affaires. Ibn Hishām dit : Le poète dit : « Quṣayy, par ma vie, était appelé Mujammiʿ ... par lui Dieu rassembla les tribus de Fihr 117. » Ibn Isḥāq dit : ʿAbd al-Malik ibn Rāshid m'a rapporté d'après son père : J'ai entendu al-Sāʾib 118 ibn Khabbāb, le propriétaire de la maqṣūra, raconter qu'il avait entendu un homme raconter à ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, alors qu'il était calife, l'histoire de Quṣayy ibn Kilāb, comment il avait rassemblé les affaires de son peuple, chassé Khuzāʿa et les Banū Bakr de La Mecque, et pris en charge la Maison et l'autorité de La Mecque ; ʿUmar ne le contredit ni ne le désapprouva. (Poème de Rizāḥ sur son soutien à Quṣayy et la réponse de Quṣayy) :
Ibn Isḥāq a dit : Lorsque Quṣayy eut terminé sa guerre, son frère Rizāḥ ibn Rabīʿa retourna dans son pays avec ceux de son peuple qui étaient avec lui. Rizāḥ dit en réponse à Quṣayy : « Lorsque le messager de Quṣayy vint, et que le messager dit : “Répondez à l’ami”, Nous nous levâmes vers lui, menant les coursiers, et rejetant loin de nous l’ennui pesant. Nous voyageâmes avec elles la nuit jusqu’au matin, et nous les cachions 119 le jour pour ne pas nous arrêter. Elles sont rapides comme l’arrivée 120 des outardes, répondant avec nous au messager de Quṣayy. Nous rassemblâmes en secret depuis deux collines 121, et de chaque tribu nous rassemblâmes une troupe. Ô quelle nuit de course ! Elle ajoute aux mille un lien continu 122. Lorsqu’elles passèrent sur ʿAsjad 123 et prirent la plaine depuis un lieu de repos facile 124, Et dépassèrent le pilier de Warqān 125, et dépassèrent al-ʿArj 126 une tribu installée, Elles passèrent sur al-Ḥill 127 sans y goûter, et peinèrent à travers Marr une longue nuit. Nous rapprochâmes des chamelles leurs petits 128, voulant qu’ils dérobent les hennissements. Lorsque nous arrivâmes à La Mecque, nous mîmes en pièces les hommes, tribu après tribu. Nous les assaillîmes avec le tranchant des épées, et à chaque retour nous ravîmes les esprits 129. Nous les broyâmes avec les dures [plumes] des vautours, comme le fort broie le faible 130. Nous tuâmes Khuzāʿa dans sa demeure, et Bakr nous tuâmes, peuple après peuple. Nous les chassâmes de la terre du Roi, comme ils ne peuvent habiter une plaine. Leurs captifs se retrouvèrent dans les fers, et de chaque tribu nous assouvîmes notre rancune. » Thaʿlaba ibn ʿAbd Allāh ibn Dhubyān ibn al-Ḥārith ibn Saʿd 131 Hudhaym al-Quḍāʿī dit à ce sujet, à propos de l’affaire de Quṣayy lorsqu’il les appela et qu’ils lui répondirent : « Nous amenâmes les chevaux, entraînés, rapides 132, depuis al-Aʿrāf 133, les Aʿrāf du Gināb 134, Vers les bas-fonds de Tihāma, et nous nous rencontrâmes depuis la plaine déserte dans un fond vide 135. Quant à Ṣūfa al-Khunthā, ils abandonnèrent leurs demeures, craignant les coups. Et les Banū ʿAlī, quand ils nous virent, se levèrent vers les épées comme des chameaux assoiffés 136. » Quṣayy ibn Kilāb dit : « Je suis le fils des protecteurs 137 des Banū Luʾayy, à La Mecque est ma demeure et j’y ai grandi. Vers al-Baṭḥāʾ, Maʿadd le sait, et sa Marwa, j’ai été satisfait, j’ai été satisfait. Je ne suis pas de Ghālib si ne s’établissent 138 ici les enfants de Qaydhar et al-Nabīt 139. Rizāḥ est mon soutien et par lui je m’élève, je ne crains aucune injustice tant que je vivrai. » (Ce qui eut lieu entre Rizāḥ, Nahd et Ḥawtaka, et le poème de Quṣayy à ce sujet) : Lorsque Rizāḥ ibn Rabīʿa se fut établi dans son pays, Dieu le fit prospérer et nous aussi, et ils sont aujourd’hui les deux tribus de ʿUdhra 140. Il y avait eu entre Rizāḥ ibn Rabīʿa, lorsqu’il arriva dans son pays, et Nahd ibn Zayd et Ḥawtaka ibn Aslum 141, qui sont deux clans de Quḍāʿa, un différend. Il les effraya jusqu’à ce qu’ils rejoignent le Yémen et soient expulsés du pays de Quḍāʿa ; ils sont aujourd’hui au Yémen. Quṣayy ibn Kilāb, qui aimait Quḍāʿa, sa prospérité et son rassemblement dans son pays, à cause du lien de parenté entre lui et Rizāḥ, et de leur dévouement 142 envers lui lorsqu’ils répondirent à son appel au secours, et désapprouvant ce que Rizāḥ leur avait fait, dit : « Que quelqu’un transmette de ma part à Rizāḥ : je t’ai blâmé 143 pour deux choses. Je t’ai blâmé au sujet des Banū Nahd ibn Zayd, comme tu as séparé entre eux et moi. Et Ḥawtaka ibn Aslum : des gens qui les ont affligés m’ont affligé. » Ibn Hishām dit : Ces vers sont attribués à Zuhayr ibn Janāb al-Kalbī. (Ce que Quṣayy transmit à ʿAbd al-Dār) : Ibn Isḥāq a dit : Lorsque Quṣayy vieillit et que ses os devinrent fragiles – ʿAbd al-Dār était son aîné, tandis que ʿAbd Manāf avait acquis de l’honneur du vivant de son père et avait suivi toutes les voies, ainsi que ʿAbd al-ʿUzzā et ʿAbd – Quṣayy dit à ʿAbd al-Dār : « Par Dieu, ô mon fils 144, je vais te faire égaler le peuple, même s’ils ont acquis de l’honneur sur toi : aucun homme d’entre eux n’entrera dans la Kaʿba sans que tu ne l’ouvres pour lui, nul ne nouera pour Quraysh un étendard pour sa guerre sans que ce soit toi qui le tiennes, nul ne boira à La Mecque sinon de ton abreuvoir, nul ne mangera parmi les gens de la saison [du pèlerinage] de la nourriture sinon de ta nourriture, et Quraysh ne tranchera aucune de ses affaires sinon dans ta demeure. » Il lui donna donc sa maison, la maison d’al-Nadwa, dans laquelle Quraysh ne tranchait aucune de ses affaires sans s’y réunir, et il lui donna la garde [de la Kaʿba], l’étendard, l’abreuvoir et la rifāda [la charge de nourrir les pèlerins]. [La rifāda] : La rifāda était une contribution que Quraysh versait chaque saison [de pèlerinage] de leurs biens à Quṣayy ibn Kilāb, qui en faisait de la nourriture pour les pèlerins ; en mangeait celui qui n’avait ni aisance ni provisions. C’est que Quṣayy l’avait imposée à Quraysh, leur disant lorsqu’il leur ordonna : « Ô assemblée de Quraysh, vous êtes les voisins de Dieu, les gens de Sa Maison et les gens du Sanctuaire ; les pèlerins sont les hôtes de Dieu et les visiteurs de Sa Maison, et ils sont les plus dignes des hôtes à l’honneur. Donnez-leur nourriture et boisson pendant les jours du pèlerinage, jusqu’à ce qu’ils repartent de chez vous. » Ils le firent donc. Ils versaient chaque année de leurs biens une contribution qu’ils lui remettaient, et il en faisait de la nourriture pour les gens pendant les jours de Minā. Cette pratique se perpétua chez son peuple à l’époque préislamique jusqu’à l’avènement de l’islam, puis elle se perpétua en islam jusqu’à ce jour. C’est la nourriture que le souverain prépare chaque année à Minā pour les gens jusqu’à la fin du pèlerinage. Ibn Isḥāq a dit : M’a rapporté cela, au sujet de Quṣayy ibn Kilāb et de ce qu’il dit à ʿAbd al-Dār concernant ce qui lui fut remis de ce qu’il détenait, mon père Isḥāq ibn Yasār, d’après al-Ḥasan ibn Muḥammad ibn ʿAlī ibn Abī Ṭālib – que Dieu les agrée – qui dit : Je l’ai entendu dire cela à un homme des Banū ʿAbd al-Dār nommé Nubayh ibn Wahb ibn ʿĀmir ibn ʿIkrima ibn ʿĀmir ibn Hāshim ibn ʿAbd Manāf ibn ʿAbd al-Dār ibn Quṣayy. Al-Ḥasan dit : Quṣayy lui confia tout ce qu’il détenait des affaires de son peuple, et Quṣayy n’était jamais contredit ni rien de ce qu’il faisait n’était rejeté. Récit de ce qui advint de la discorde de Quraysh après Quṣayy et de l’alliance des al-Muṭayyabūn (Le conflit entre les Banū ʿAbd al-Dār et leurs cousins) : Ibn Isḥāq a dit : Ensuite Quṣayy ibn Kilāb mourut, et ses fils après lui maintinrent son autorité sur son peuple et les autres. Ils tracèrent à La Mecque des quartiers 145 – après ce qu’il avait attribué 146 à son peuple – et ils les attribuaient 147 à leur peuple et à leurs alliés d’autres tribus, et les vendaient. Quraysh demeura avec eux dans cet état, sans divergence ni conflit entre eux. Puis les Banū ʿAbd Manāf ibn Quṣayy 2 – ʿAbd Shams, Hāshim, al-Muṭṭalib et Nawfal 148 – s’accordèrent pour prendre ce que détenaient les Banū ʿAbd al-Dār ibn Quṣayy de ce que Quṣayy avait confié à ʿAbd al-Dār : la garde [de la Kaʿba], l’étendard, l’abreuvoir et la rifāda, estimant qu’ils y avaient plus droit qu’eux en raison de leur noblesse et de leur mérite au sein de leur peuple. Quraysh se divisa alors : une faction était avec les Banū ʿAbd Manāf, partageant leur avis qu’ils étaient plus dignes que les Banū ʿAbd al-Dār en raison de leur rang dans leur peuple ; une autre faction était avec les Banū ʿAbd al-Dār, estimant qu’on ne devait pas leur retirer ce que Quṣayy leur avait confié. (Qui soutint les Banū ʿAbd al-Dār et qui soutint leurs cousins) : Le chef des Banū ʿAbd Manāf était ʿAbd Shams ibn ʿAbd Manāf, car il était l’aîné des Banū ʿAbd Manāf ; le chef des Banū ʿAbd al-Dār était ʿĀmir ibn Hāshim ibn ʿAbd Manāf ibn ʿAbd al-Dār. Les Banū Asad ibn ʿAbd al-ʿUzzā ibn Quṣayy, les Banū Zuhra ibn Kilāb, les Banū Taym ibn Murra ibn Kaʿb et les Banū al-Ḥārith ibn Fihr ibn Mālik ibn al-Naḍr étaient avec les Banū ʿAbd Manāf.
Les Banū Makhzūm ibn Yaqaẓa ibn Murra, les Banū Sahm ibn ‘Amr ibn Huṣayṣ ibn Ka‘b, les Banū Jumaḥ ibn ‘Amr ibn Huṣayṣ ibn Ka‘b et les Banū ‘Adī ibn Ka‘b se joignirent aux Banū ‘Abd al-Dār. Quant à ‘Āmir ibn Lu’ayy et Muḥārib ibn Fihr, ils se retirèrent et ne se rangèrent d’aucun des deux partis. Chaque groupe conclut entre eux un pacte solennel 149 de ne pas s’abandonner et de ne pas livrer les uns les autres, tant que la mer de Ṣūfa 150 serait humide. (Ceux qui entrèrent dans le pacte des Parfumés 151) Les Banū ‘Abd Manāf apportèrent un grand vase rempli de parfum. On raconte que certaines femmes 152 des Banū ‘Abd Manāf le leur apportèrent ; ils le placèrent pour leurs alliés dans la mosquée, près de la Ka‘ba. Puis les gens y trempèrent leurs mains, se lièrent par un pacte et un serment, eux et leurs alliés, puis essuyèrent la Ka‘ba de leurs mains pour confirmer leur engagement. On les appela les Parfumés. (Ceux qui entrèrent dans le pacte des Alliés 153) Les Banū ‘Abd al-Dār conclurent un pacte solennel, eux et leurs alliés, près de la Ka‘ba, de ne pas s’abandonner et de ne pas se livrer les uns les autres. On les appela les Alliés. (Répartition des tribus pour la guerre) Ensuite, on appuya 154 les tribus les unes contre les autres, on les serra 155 les unes contre les autres, et on disposa 156 les Banū ‘Abd Manāf face aux Banū Sahm, les Banū Asad face aux Banū ‘Abd al-Dār, Zuhra face aux Banū Jumaḥ, les Banū Taym face aux Banū Makhzūm, et les Banū al-Ḥārith ibn Fihr face aux Banū ‘Adī ibn Ka‘b. Puis ils dirent : « Que chaque tribu anéantisse celle qui lui est opposée. » (Ce sur quoi le peuple se réconcilia) Alors que les gens étaient sur le point de s’engager dans la guerre, ils s’appelèrent à la paix, à condition qu’ils donnent aux Banū ‘Abd Manāf la siqāya 157 et la rifāda 158, et que la ḥijāba 159, le liwā’ 160 et la nadwa 161 reviennent aux Banū ‘Abd al-Dār comme auparavant. Ils firent ainsi, chaque parti en fut satisfait, et les gens se séparèrent sans guerre. Chaque groupe resta avec ceux avec qui il s’était allié, et ils demeurèrent ainsi jusqu’à ce que Dieu Très-Haut apporte l’islam. L’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dit : « Tout pacte conclu durant la jāhiliyya 162, l’islam ne fait que le renforcer. » Le Pacte des Vertueux 163 (Cause de cette appellation) Ibn Hishām dit : Quant au Pacte des Vertueux, Ziyād ibn ‘Abd Allāh al-Bakkā’ī me l’a rapporté d’après Muḥammad ibn Isḥāq, qui dit : Des tribus de Quraysh s’appelèrent à un pacte et se réunirent pour cela dans la demeure de ‘Abd Allāh ibn Jud‘ān, fils de ‘Amr ibn Ka‘b ibn Sa‘d ibn Taym ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu’ayy, en raison de son rang et de son âge. Ce pacte eut lieu chez lui : les Banū Hāshim, les Banū al-Muṭṭalib, Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā, Zuhra ibn Kilāb et Taym ibn Murra. Ils se lièrent par un pacte et un serment de ne trouver à La Mecque aucun opprimé, qu’il soit de ses habitants ou d’autres parmi les gens qui y entraient, sans se lever avec lui, et d’être contre celui qui l’aurait opprimé jusqu’à ce que son droit lui soit rendu. Les Quraysh appelèrent ce pacte le Pacte des Vertueux. (Parole de l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) au sujet du Pacte des Vertueux) Ibn Isḥāq dit : Muḥammad ibn Zayd ibn al-Muhājir ibn Qunfudh 164 al-Taymī 165 m’a rapporté qu’il avait entendu Ṭalḥa ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Awf al-Zuhrī dire : L’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) a dit : « J’ai été témoin dans la demeure de ‘Abd Allāh ibn Jud‘ān 166 d’un pacte que je n’échangerais pas contre des chameaux rouges 167 ; et si j’y étais appelé en islam, j’y répondrais. » (Al-Ḥusayn contesta al-Walīd au sujet d’un droit et menaça d’invoquer le Pacte des Vertueux) Ibn Isḥāq dit : Yazīd ibn ‘Abd Allāh 168 ibn Usāma ibn al-Hādī al-Laythī m’a rapporté que Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn al-Ḥārith al-Taymī lui a raconté : Il y eut entre al-Ḥusayn ibn ‘Alī ibn Abī Ṭālib (que Dieu les agrée) et al-Walīd ibn ‘Utba ibn Abī Sufyān — al-Walīd était alors gouverneur de Médine, nommé par son oncle Mu‘āwiya ibn Abī Sufyān — un litige au sujet d’un bien qu’ils possédaient à Dhī al-Marwa 169. Al-Walīd, fort de son autorité, se montra injuste envers al-Ḥusayn (que Dieu l’agrée) dans son droit. Al-Ḥusayn lui dit : « Je jure par Dieu que tu me rendras justice dans mon droit, ou je prendrai mon épée, je me tiendrai dans la mosquée de l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), et j’invoquerai le Pacte des Vertueux. » ‘Abd Allāh ibn al-Zubayr, qui était auprès d’al-Walīd lorsque al-Ḥusayn (que Dieu l’agrée) dit cela, déclara : « Et moi, je jure par Dieu que s’il l’invoque, je prendrai mon épée et me tiendrai avec lui jusqu’à ce qu’il obtienne justice de son droit, ou que nous mourions ensemble. » Al-Miswar ibn Makhrama ibn Nawfal al-Zuhrī, informé, dit la même chose ; ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Uthmān ibn ‘Ubayd Allāh al-Taymī, informé, dit la même chose. Lorsque cela parvint à al-Walīd ibn ‘Utba, il rendit justice à al-Ḥusayn dans son droit, jusqu’à ce qu’il fût satisfait. (‘Abd al-Malik interrogea Muḥammad ibn Jubayr au sujet de ‘Abd Shams et des Banū Nawfal et de leur entrée dans le Pacte des Vertueux ; il l’informa qu’ils en étaient sortis) Ibn Isḥāq dit : Yazīd ibn ‘Abd Allāh ibn Usāma ibn al-Hādī al-Laythī m’a rapporté d’après Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn al-Ḥārith al-Taymī, qui dit : Muḥammad ibn Jubayr ibn Muṭ‘im ibn ‘Adī ibn Nawfal ibn ‘Abd Manāf — et Muḥammad ibn Jubayr était le plus savant des Quraysh — vint trouver ‘Abd al-Malik ibn Marwān ibn al-Ḥakam après qu’il eut tué Ibn al-Zubayr et que les gens se furent ralliés à ‘Abd al-Malik. Lorsqu’il entra chez lui, ‘Abd al-Malik lui dit : « Ô Abū Sa‘īd, n’étions-nous pas, nous et vous — c’est-à-dire les Banū ‘Abd Shams ibn ‘Abd Manāf et les Banū Nawfal ibn ‘Abd Manāf — dans le Pacte des Vertueux ? » Il répondit : « Tu es plus savant. » ‘Abd al-Malik dit : « Tu vas m’informer, ô Abū Sa‘īd, de la vérité à ce sujet. » Il dit : « Non, par Dieu, nous en sommes sortis, nous et vous ! » Il dit : « Tu as dit vrai. » Fin du récit du Pacte des Vertueux. (La charge de Hāshim pour la rifāda et la siqāya, et ce qu’il faisait lorsque le pèlerin arrivait) Ibn Isḥāq dit : Hāshim ibn ‘Abd Manāf assuma la rifāda et la siqāya. Cela parce que ‘Abd Shams était un homme voyageur, qui restait rarement à La Mecque ; il était pauvre et avait des enfants, tandis que Hāshim était riche. On raconte que lorsque le pèlerin arrivait, il se levait parmi les Quraysh et disait : « Ô assemblée de Quraysh, vous êtes les voisins de Dieu et les gens de Sa Maison. En cette saison, viennent à vous les visiteurs de Dieu et les pèlerins de Sa Maison ; ils sont les hôtes de Dieu, et le plus digne des hôtes d’honneur est Son hôte. Rassemblez donc ce que vous leur offrirez comme nourriture durant ces jours où ils doivent séjourner ici. Car, par Dieu, si ma fortune suffisait à cela, je ne vous en aurais pas chargés. » Alors ils contribuaient à cela par une part de leurs biens, chacun selon ses moyens, et l’on préparait avec cela de la nourriture pour les pèlerins jusqu’à leur départ. (Quelques actions de Hāshim) On raconte que Hāshim fut le premier à instituer les deux voyages 170 pour les Quraysh : le voyage d’hiver et le voyage d’été. Il fut aussi le premier à offrir le tharīd 171 à La Mecque. Son nom était ‘Amr ; il ne fut appelé Hāshim que parce qu’il émietta 172 le pain à La Mecque pour son peuple. Un poète 173 de Quraysh ou d’une autre tribu arabe dit : ‘Amr, qui émietta le tharīd pour son peuple, Un peuple à La Mecque, affamé et décharné 174. Les deux voyages furent institués pour lui, Le voyage d’hiver et le voyage d’été. Ibn Hishām dit : Un savant en poésie du Ḥijāz m’a récité : « Un peuple à La Mecque, affamé et décharné. » 175 (La charge d’al-Muṭṭalib pour la rifāda et la siqāya)
Ibn Isḥāq a dit : Puis Hāshim ibn ‘Abd Manāf mourut à Ghazza 176 en Syrie, en tant que commerçant. Al-Muṭṭalib ibn ‘Abd Manāf prit en charge après lui la siqāya 177 et la rifāda 178. Il était plus jeune que ‘Abd Shams et Hāshim, et il jouissait d’honneur et de mérite parmi son peuple. Les Quraysh l’appelaient al-Fayḍ 179 en raison de sa générosité et de son mérite. (Mariage de Hāshim) Hāshim ibn ‘Abd Manāf était venu à Médine et avait épousé Salmā bint ‘Amr, l’une des Banū ‘Adī ibn al-Najjār 180. Avant lui, elle avait été mariée à Uḥayḥa ibn al-Julāḥ ibn al-Ḥarīsh 181. Ibn Hishām a dit : On dit aussi al-Ḥarīs – ibn Jaḥjabī ibn Kulfa ibn ‘Awf ibn ‘Amr ibn ‘Awf ibn Mālik ibn al-Aws. Elle lui donna ‘Amr ibn Uḥayḥa. Elle n’épousait les hommes, en raison de son rang parmi son peuple, qu’à condition qu’ils lui laissent la main : si elle se lassait d’un homme, elle le quittait. (Naissance de ‘Abd al-Muṭṭalib et raison de son nom) Elle donna à Hāshim ‘Abd al-Muṭṭalib, et le nomma Shayba 182. Hāshim le laissa chez elle jusqu’à ce qu’il fût un jeune garçon 183 ou un peu plus. Puis son oncle al-Muṭṭalib vint le chercher pour l’emmener dans son pays et chez son peuple. Salmā lui dit : « Je ne le laisserai pas partir avec toi. » Al-Muṭṭalib lui répondit : « Je ne repartirai pas avant de l’emmener avec moi. Mon neveu a grandi, il est étranger parmi d’autres que les siens. Nous sommes une maison d’honneur parmi notre peuple, nous gérons beaucoup de leurs affaires. Son peuple, son pays et sa tribu valent mieux pour lui que de rester parmi d’autres », ou des paroles semblables. Shayba dit à son oncle al-Muṭṭalib – selon ce qu’ils rapportent – : « Je ne la quitterai que si elle m’y autorise. » Elle l’y autorisa et le lui confia. Il l’emmena et entra à La Mecque avec lui, assis derrière lui sur son chameau. Les Quraysh dirent : « ‘Abd al-Muṭṭalib l’a acheté. » C’est ainsi que Shayba fut surnommé ‘Abd al-Muṭṭalib. Al-Muṭṭalib dit : « Malheur à vous ! C’est le fils de mon frère Hāshim, je l’ai ramené de Médine. » (Mort d’al-Muṭṭalib et ce qui fut dit en son élégie) Puis al-Muṭṭalib mourut à Radmān 184 au Yémen. Un Arabe dit en le pleurant : « Les pèlerins ont eu soif après al-Muṭṭalib, après les jafān 185 et la boisson versée 186. Plût à Dieu que Quraysh après lui fût dans la peine 187 ! » Maṭrūd ibn Ka‘b al-Khuzā‘ī dit, en pleurant al-Muṭṭalib et tous les fils de ‘Abd Manāf, lorsque lui parvint la nouvelle de la mort de Nawfal ibn ‘Abd Manāf, qui fut le dernier d’entre eux à mourir : « Ô nuit qui as éveillé mes nuits, l’une des nuits pénibles 188 ! Et ce que j’endure de soucis et ce que j’ai subi comme coups du sort ! Quand je me souviens de mon frère Nawfal, il me rappelle les premiers. Il me rappelle les izār 189 rouges et les ridā’ 190 jaunes et usés. Quatre, tous seigneurs, fils de seigneurs pour des seigneurs : un mort à Radmān, un mort à Salmān 191, un mort près de Ghazza, et un mort enterré dans une tombe près d’al-Maḥjūb, à l’est d’al-Bunayyāt 192. Le plus pur d’entre eux est ‘Abd Manāf ; ils sont à l’abri du blâme de quiconque les blâme. Les Mughīra 193 et leurs fils sont parmi les meilleurs des vivants et des morts. » Le nom de ‘Abd Manāf était al-Mughīra. Le premier des fils de ‘Abd Manāf à mourir fut Hāshim, à Ghazza en Syrie ; puis ‘Abd Shams à La Mecque ; puis al-Muṭṭalib à Radmān au Yémen ; puis Nawfal à Salmān, en Irak. On dit à Maṭrūd – selon ce qu’ils rapportent – : « Tu as bien dit, et si tu avais dit plus abondamment, c’eût été mieux. » Il répondit : « Accordez-moi quelques nuits. » Il resta quelques jours, puis dit : « Ô œil, pleure et verse des larmes, et coule ! Pleure sur le secret de Ka‘b al-Mughīrāt 194 ! Ô œil, répands des larmes et abonde ! Pleure sur le secret de mon âme dans les calamités ! Pleure sur tout homme généreux, digne de confiance, au grand dast‘a 195, prodigue des dons magnifiques ! Pur de caractère, élevé de pensée, accompli, ferme de cœur, porté aux grandes choses ! D’un abord difficile, ni lâche ni négligent, résolu dans ses desseins, prompt à sacrifier les choses précieuses ! Faucon au milieu de Ka‘b, quand on les compte, au cœur de la gloire et des hauteurs élevées ! Puis pleure al-Fayḍ et al-Fayyāḍ 196, Muṭṭalib, et sanglote après des flots 197 de larmes abondantes ! Il est devenu à Radmān, loin de nous aujourd’hui, hélas pour mon âme sur lui parmi les morts ! Pleure, malheur à toi, si tu dois pleurer, sur ‘Abd Shams à l’est d’al-Bunayyāt ! Et Hāshim dans une tombe au milieu d’une plaine, que les vents recouvrent de poussière près de Ghazza ! Et Nawfal, qui était parmi le peuple mon intime, est devenu à Salmān dans une tombe en plein désert ! Je n’ai trouvé leurs pareils ni parmi les non-Arabes ni parmi les Arabes, quand les chamelles les portaient en voyage 198. Leurs demeures sont devenues vides d’eux, alors qu’ils étaient l’ornement des expéditions. Le temps les a anéantis, ou leurs épées se sont émoussées, ou bien tout vivant est la proie des destinées. Après eux, je me contente des gens aux visages souriants et aux salutations. Ô œil, pleure Abū al-Sha‘th al-Shajiyyāt 199 ! Elles le pleurent, éplorées, comme des affligées. Elles pleurent le plus généreux de ceux qui marchent sur terre, elles le pleurent avec des larmes après des sanglots. Elles pleurent un homme de haute stature, aux larges mains, généreux, qui refuse l’humiliation, qui dissipe les grandes difficultés. Elles pleurent ‘Amr al-‘Ulā 200 quand vint son trépas, au caractère noble, souriant le soir. Elles le pleurent, humbles dans leur tristesse, que cette tristesse et ces lamentations sont longues ! Elles pleurent, quand le temps les a privées de lui, les joues vertes 201 comme des braises ardentes, ceintes à la taille, à cause des malheurs que le temps a apportés. Je passe ma nuit à observer l’étoile dans la douleur, je pleure, et mes filles pleurent avec moi ma peine. Il n’y a parmi les chefs 202 personne qui les égale en valeur ni en mérite, ni pour ceux qu’ils ont laissés, rien de semblable sous les tentes 203. Leurs fils sont les meilleurs des fils, et leurs âmes sont les meilleures des âmes dans les combats acharnés. Combien ont-ils donné de chevaux rapides, fougueux, et de cavales de butin en troupeaux ! Et d’épées indiennes bien trempées, et de lances semblables aux perches de puits ! Et de serviteurs 204 qu’ils offraient en surplus, quand on les interrogeait, par leurs dons généreux ! Si je comptais, et que les comptables comptaient avec moi, je n’épuiserais pas leurs actions, ces bienheureuses ! Ce sont eux qui se vantent, quand une troupe se vante, par des généalogies pures. Ornement des maisons qu’ils ont laissées vides, devenues désertes et solitaires. Je dis, tandis que mes yeux ne tarissent pas de larmes : Que Dieu n’éloigne pas les hommes des grandes pertes ! » Ibn Hishām a dit : al-Fajr 205 signifie le don. Abū Khirāsh al-Hudhalī a dit : « Les hôtes de Jamīl ibn Ma‘mar ont été amaigris par un don 206 auprès duquel les veuves trouvent refuge. » Ibn Isḥāq a dit : Abū al-Sha‘th al-Shajiyyāt est Hāshim ibn ‘Abd Manāf. (Prise en charge de la siqāya et de la rifāda par ‘Abd al-Muṭṭalib) Il dit : Puis ‘Abd al-Muṭṭalib ibn Hāshim prit en charge la siqāya et la rifāda après son oncle al-Muṭṭalib. Il les assura pour les gens, et maintint pour son peuple ce que ses pères avaient maintenu avant lui de leurs affaires. Il s’éleva en honneur parmi son peuple à un degré qu’aucun de ses pères n’avait atteint. Son peuple l’aima et son importance grandit parmi eux. Récit du creusement de Zamzam et de ce qui s’ensuivit comme contestation (La vision que ‘Abd al-Muṭṭalib eut concernant le creusement de Zamzam) Puis, alors que ‘Abd al-Muṭṭalib dormait dans le ḥijr 207, il reçut l’ordre de creuser Zamzam. Ibn Isḥāq a dit : Le début de l’entreprise de creusement par ‘Abd al-Muṭṭalib fut, comme me l’a rapporté Yazīd 208 ibn Abī Ḥabīb l’Égyptien, d’après Muthaddith 209 ibn ‘Abd Allāh al-Yazanī, d’après ‘Abd Allāh…
Ibn Zurayr 210 al-Ghāfiqī rapporte qu'il a entendu 'Alī ibn Abī Tālib — que Dieu Très-Haut l'agrée — raconter l'histoire de Zamzam 211 lorsque 'Abd al-Muṭṭalib 212 reçut l'ordre de la creuser. Il dit : 'Abd al-Muṭṭalib a dit : « J'étais endormi dans le Ḥijr 213 lorsqu'un visiteur vint à moi et dit : “Creuse Ṭayba 214.” Il dit : Je demandai : “Qu'est-ce que Ṭayba ?” Puis il me quitta. Le lendemain, je retournai à ma couche et m'y endormis ; il vint à moi et dit : “Creuse Barra 215.” Il dit : “Qu'est-ce que Barra ?” Puis il me quitta. Le lendemain, je retournai à ma couche et m'y endormis ; il vint à moi et dit : “Creuse al-Maḍnūna 216.” Il dit : Je demandai : “Qu'est-ce que al-Maḍnūna ?” Puis il me quitta. Le lendemain, je retournai à ma couche et m'y endormis ; il vint à moi et dit : “Creuse Zamzam.” Il dit : Je demandai : “Qu'est-ce que Zamzam ?” Il dit : “Elle ne tarit jamais 217 et n'est jamais blâmée 218 ; elle abreuve le plus grand pèlerinage ; elle est entre le fumier et le sang, près du creux du corbeau blanc 219, près de la fourmilière 220. » » ('Abd al-Muṭṭalib et son fils al-Ḥārith, et ce qui se passa entre eux et Quraysh 221 lors du creusement de Zamzam) : Ibn Isḥāq 222 dit : Lorsque la chose lui fut clarifiée, qu'il fut guidé vers son emplacement et qu'il sut qu'il avait été confirmé, il se rendit avec sa pioche, accompagné de son fils al-Ḥārith ibn 'Abd al-Muṭṭalib — il n'avait alors d'autre enfant que lui — et il creusa. Lorsque 'Abd al-Muṭṭalib vit la maçonnerie 223, il prononça le takbīr 224. Quraysh comprit alors qu'il avait atteint son but ; ils se levèrent et dirent : « Ô 'Abd al-Muṭṭalib, c'est le puits de notre père Ismā'īl 225 ; nous y avons un droit ; associe-nous avec toi. » Il dit : « Je ne le ferai pas ; cette affaire m'a été réservée à l'exclusion de vous, et je l'ai reçue d'entre vous. » Ils lui dirent : « Alors rends-nous justice, car nous ne te laisserons pas sans te contester à ce sujet. » Il dit : « Désignez donc un arbitre entre moi et vous, je me soumettrai à son jugement. » Ils dirent : « La devineresse des Banū Sa'd Hudhaym 226. » Il dit : « Oui. » Elle se trouvait à Ashraf 227 du Shām 228. 'Abd al-Muṭṭalib partit avec un groupe de Banū 'Abd Manāf 229, et de chaque tribu de Quraysh un groupe partit. La terre était alors un désert. Ils partirent donc ; lorsqu'ils furent dans une partie de ce désert, entre le Ḥijāz 230 et le Shām, l'eau de 'Abd al-Muṭṭalib et de ses compagnons vint à manquer ; ils eurent soif au point de désespérer de la vie. Ils demandèrent de l'eau à ceux des tribus de Quraysh qui étaient avec eux, mais ceux-ci refusèrent, disant : « Nous sommes dans un désert et nous craignons pour nous-mêmes ce qui vous est arrivé. » Lorsque 'Abd al-Muṭṭalib vit ce que faisaient ces gens et ce qu'il craignait pour lui-même et ses compagnons, il dit : « Que pensez-vous ? » Ils dirent : « Notre avis ne fait que suivre le tien ; ordonne-nous ce que tu veux. » Il dit : « Je pense que chacun de vous creuse sa propre tombe, avec la force qui vous reste ; chaque fois qu'un homme meurt, ses compagnons le poussent dans sa tombe et l'enterrent, jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un seul homme ; la perte d'un seul homme est plus légère que la perte de toute la caravane. » Ils dirent : « Ce que tu ordonnes est excellent. » Chacun d'eux se leva et creusa sa tombe, puis ils s'assirent, attendant la mort de soif. Ensuite, 'Abd al-Muṭṭalib dit à ses compagnons : « Par Dieu, nous jeter ainsi dans la mort, sans parcourir la terre ni chercher pour nous-mêmes, est une faiblesse. Peut-être Dieu nous accordera-t-il de l'eau dans quelque contrée. Levez-vous ! » Ils se levèrent. Lorsqu'ils furent prêts, tandis que ceux des tribus de Quraysh les regardaient pour voir ce qu'ils allaient faire, 'Abd al-Muṭṭalib s'avança vers sa monture et l'enfourcha. Lorsqu'elle se mit en marche, une source d'eau douce jaillit de dessous son sabot. 'Abd al-Muṭṭalib prononça le takbīr, et ses compagnons aussi ; puis il descendit, but, et ses compagnons burent et remplirent leurs outres. Ensuite, il appela les tribus de Quraysh : « Venez à l'eau ! Dieu nous a abreuvés ; buvez et puisez ! » Ils vinrent, burent et puisèrent. Puis ils dirent : « Par Dieu, le jugement a été rendu en ta faveur contre nous, ô 'Abd al-Muṭṭalib. Par Dieu, nous ne te contesterons jamais au sujet de Zamzam. Celui qui t'a abreuvé de cette eau dans ce désert est Celui qui t'a abreuvé de Zamzam. Retourne donc à ton office d'abreuvement, bien guidé. » Il retourna, et ils retournèrent avec lui, sans être arrivés chez la devineresse, et ils le laissèrent en paix avec elle. Ibn Isḥāq dit : Voilà ce qui m'est parvenu du récit de 'Alī ibn Abī Tālib — que Dieu l'agrée — au sujet de Zamzam. J'ai aussi entendu quelqu'un rapporter d'après 'Abd al-Muṭṭalib qu'on lui dit, lorsqu'il reçut l'ordre de creuser Zamzam : « Puis invoque l'eau abondante 231, non trouble, Qui abreuve les pèlerins 232 de Dieu en tout lieu de bénédiction 233, Dont on ne craint rien tant qu'elle dure 234. » Alors 'Abd al-Muṭṭalib sortit vers Quraysh et dit : « Sachez que j'ai reçu l'ordre de creuser Zamzam pour vous. » Ils dirent : « T'a-t-on indiqué où elle se trouve ? » Il dit : « Non. » Ils dirent : « Retourne à ta couche où tu as vu ce que tu as vu ; si cela vient vraiment de Dieu, il te sera clarifié ; si cela vient du Diable, il ne reviendra pas vers toi. » 'Abd al-Muṭṭalib retourna à sa couche et s'y endormit ; on vint à lui et on lui dit : « Creuse Zamzam ; si tu la creuses, tu ne le regretteras pas. C'est un héritage de ton père très grand ; elle ne tarit jamais et n'est jamais blâmée ; elle abreuve le plus grand pèlerinage, telle une chamelle laitière 235 non partagée ; quiconque fait un vœu à son sujet le fait pour un Bienfaiteur ; elle sera un héritage et un pacte solide ; elle n'est pas comme certaines de ce que tu sais ; elle est entre le fumier et le sang. » Ibn Hishām 236 dit : Ce discours et celui qui précède, dans le récit de 'Alī (que Dieu l'agrée) sur le creusement de Zamzam, depuis sa parole : « Elle ne tarit jamais et n'est jamais blâmée » jusqu'à « près de la fourmilière », sont chez nous de la prose rimée 237 et non de la poésie. Ibn Isḥāq dit : On rapporte que lorsqu'on lui dit cela, il demanda : « Où est-elle ? » On lui dit : « Près de la fourmilière, là où le corbeau picorera demain. » Dieu sait lequel de ces récits est vrai. Alors 'Abd al-Muṭṭalib se hâta, accompagné de son fils al-Ḥārith — il n'avait alors d'autre enfant que lui — et il trouva la fourmilière et le corbeau qui picorait près d'elle, entre les deux idoles 238 Isāf et Nā'ila 239, auprès desquelles Quraysh sacrifiait ses victimes. Il apporta la pioche et se mit à creuser à l'endroit ordonné. Quraysh se leva contre lui, voyant sa détermination, et dirent : « Par Dieu, nous ne te laisserons pas creuser entre nos deux idoles, auprès desquelles nous sacrifions. » 'Abd al-Muṭṭalib dit à son fils al-Ḥārith : « Éloigne-les de moi jusqu'à ce que je creuse ; par Dieu, j'irai jusqu'au bout de ce qui m'a été ordonné. » Lorsqu'ils surent qu'il ne renoncerait pas 240, ils le laissèrent creuser et s'abstinrent de l'empêcher. Il n'eut pas creusé longtemps que la maçonnerie lui apparut ; il prononça le takbīr, et ils surent qu'il avait été confirmé. Lorsque le creusement se poursuivit, il trouva deux gazelles en or — ce sont les deux gazelles que les Jurhum 241 y avaient enterrées en quittant La Mecque — et il trouva des épées qal'iyya 242 et des cottes de mailles. Quraysh lui dit : « Ô 'Abd al-Muṭṭalib, nous avons part et droit avec toi dans ceci. » Il dit : « Non, mais venez à une chose équitable 243 entre moi et vous : nous tirerons au sort avec des flèches 244. » Ils dirent : « Comment feras-tu ? » Il dit : « Je mettrai deux flèches pour la Ka'ba 245, deux pour moi et deux pour vous ; celui dont les deux flèches sortiront pour une chose, celle-ci lui appartiendra ; celui dont les deux flèches ne sortiront pas, n'aura rien. » Ils dirent : « Tu as été équitable. » Il mit deux flèches jaunes pour la Ka'ba, deux noires pour 'Abd al-Muṭṭalib, et deux blanches pour Quraysh ; puis ils donnèrent les flèches au maître des flèches qui tirait au sort auprès de Hubal 246 (Hubal était...).
Une idole dans l'intérieur de la Ka'ba, et c'était la plus grande de leurs idoles. C'est à elle qu'Abû Sufyân ibn Harb faisait référence le jour d'Uhud lorsqu'il dit : « U'li Hubal 247 ! », c'est-à-dire : « Fais triompher ta religion. » 'Abd al-Muttalib se leva pour invoquer Dieu, Puissant et Majestueux, et fit tirer au sort par le gardien des flèches 248. Les deux flèches jaunes sortirent pour les deux gazelles de la Ka'ba, les deux noires pour les épées et les cottes de mailles de 'Abd al-Muttalib, tandis que les deux flèches de Quraysh restèrent. 'Abd al-Muttalib fit alors des épées une porte pour la Ka'ba, et plaça sur cette porte les deux gazelles en or. Ce fut, selon ce qu'ils prétendent, le premier or dont la Ka'ba fut parée. Ensuite, 'Abd al-Muttalib établit la distribution de l'eau de Zamzam pour les pèlerins. **Mention des puits des tribus de Quraysh à La Mecque** (Le puits et celui qui l'a creusé) : Ibn Hishâm dit : Avant le creusement de Zamzam, Quraysh avait creusé des puits à La Mecque, d'après ce que nous a rapporté Ziyâd ibn 'Abd Allâh al-Bakkâ'î d'après Muhammad ibn Ishâq, qui dit : 'Abd Shams ibn 'Abd Manâf creusa le puits 249, qui est le puits situé en haut de La Mecque, près d'al-Baydâ', la maison de Muhammad ibn Yûsuf (al-Thaqafî) 250. (Badhdhar et celui qui l'a creusée) : Hâshim ibn 'Abd Manâf creusa Badhdhar, qui est le puits situé près d'al-Mustandhar, au Khâtm al-Khandama 251, à l'entrée du ravin d'Abû Tâlib. On prétend qu'en le creusant, il dit : « Je vais en faire une source d'eau pour les gens 252. » Ibn Hishâm dit : Le poète a dit : « Que Dieu abreuve des eaux dont je connais l'emplacement : Jurâb 253, Malkûm 254, Badhdhar et al-Ghamr 255. » (Sajla et celui qui l'a creusée) : Ibn Ishâq dit : Il creusa Sajla 256, qui est le puits d'al-Mut'im ibn 'Adî ibn Nawfal ibn 'Abd Manâf, dont ils tirent encore l'eau aujourd'hui. Les Banû Nawfal prétendent qu'al-Mut'im l'acheta à Asad ibn Hâshim, tandis que les Banû Hâshim prétendent qu'il le lui donna lorsque Zamzam apparut, car ils n'avaient plus besoin de ces puits. (Al-Hafr et celui qui l'a creusé) : Umayya ibn 'Abd Shams creusa al-Hafr 257 pour lui-même. (Suqayya et celui qui l'a creusée) : Les Banû Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ creusèrent Suqayya 258, qui est le puits des Banû Asad. (Umm Ahrâd et celui qui l'a creusée) : Les Banû 'Abd al-Dâr creusèrent Umm Ahrâd 259. (Al-Sunbula et celui qui l'a creusée) : Les Banû Jumah creusèrent al-Sunbula, qui est le puits de Khalaf ibn Wahb. (Al-Ghamr et celui qui l'a creusée) : Les Banû Sahm creusèrent al-Ghamr, qui est le puits des Banû Sahm. (Rumm, Khumm, al-Hafr et leurs propriétaires) : Il y avait d'anciens puits creusés hors de La Mecque, datant de l'époque de Murra ibn Ka'b, de Kilâb ibn Murra et des anciens chefs de Quraysh, dont ils buvaient : Rumm, qui est le puits de Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy ; Khumm, qui est le puits des Banû Kilâb ibn Murra ; et al-Hafr 260. Hudhayfa 261 ibn Ghânim, frère des Banû 'Adî ibn Ka'b ibn Lu'ayy, dit : Ibn Hishâm dit : C'est le père d'Abû Jahm ibn Hudhayfa : « Et nous avons vécu longtemps avant cela, sans puiser l'eau qu'à Khumm ou à al-Hafr. » Ibn Hishâm dit : Ce vers fait partie d'un poème de lui que je mentionnerai, si Dieu le veut, à sa place. (Le mérite de Zamzam et ce qui a été dit à son sujet en poésie) : Ibn Ishâq dit : Zamzam supplanta les puits qui existaient avant elle et dont les pèlerins tiraient l'eau. Les gens se tournèrent vers elle en raison de sa situation dans la Mosquée sacrée, de sa supériorité sur les autres eaux, et parce qu'elle est le puits d'Ismaël, fils d'Abraham – que la paix soit sur eux. Les Banû 'Abd Manâf s'en glorifièrent devant tous les Qurayshites et devant tous les Arabes. Musâfir 262 ibn Abî 'Amr ibn Umayya ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Manâf, se vantant devant Quraysh de la charge de la distribution de l'eau et de la rifâda 263 qu'ils assuraient, et de ce qu'ils avaient établi pour les gens à cet égard, et de Zamzam lorsqu'elle leur apparut – car les Banû 'Abd Manâf étaient une seule maison, l'honneur des uns étant l'honneur des autres, et le mérite des uns étant le mérite des autres – dit : « Nous avons hérité la gloire de nos pères, et elle s'est élevée avec nous. N'avons-nous pas abreuvé les pèlerins et sacrifié les chamelles généreuses 264 ? Et nous faisons face, au moment du destin, avec fermeté et générosité 265. Si nous périssons, nous n'avons pas été possédés 266 ; qui donc est éternel à jamais 267 ? Et Zamzam est dans notre lignée 268 ; nous crevons l'œil de l'envieux. » Ibn Hishâm dit : Ces vers font partie d'un poème de lui. Ibn Ishâq dit : Hudhayfa ibn Ghânim, frère des Banû 'Adî ibn Ka'b ibn Lu'ayy, dit : « Et celui qui abreuve les pèlerins, puis pour le bien, c'est Hâshim, et 'Abd Manâf, ce seigneur fihrite 269. Il a fait jaillir Zamzam près de la Station 270, et sa distribution d'eau est devenue une gloire sur tout homme glorieux. » Ibn Hishâm dit : Il veut dire 'Abd al-Muttalib ibn Hâshim. Ces deux vers font partie d'un poème de Hudhayfa ibn Ghânim que je mentionnerai à sa place, si Dieu Très-Haut le veut. **Mention du vœu de 'Abd al-Muttalib de sacrifier son fils** Ibn Ishâq dit : 'Abd al-Muttalib ibn Hâshim – selon ce qu'ils prétendent, et Dieu sait mieux – avait fait le vœu, lorsqu'il subit de la part de Quraysh ce qu'il subit lors du creusement de Zamzam, que s'il lui naissait dix fils, et qu'ils grandissent avec lui jusqu'à le protéger, il sacrifierait l'un d'eux à Dieu près de la Ka'ba. Lorsque ses fils furent au nombre de dix et qu'il sut qu'ils le protégeraient, il les rassembla, leur annonça son vœu et les appela à s'acquitter de cette obligation envers Dieu. Ils lui obéirent et dirent : « Comment ferons-nous ? » Il dit : « Que chacun de vous prenne une flèche, y inscrive son nom, puis vienne me trouver. » Ils firent ainsi, puis vinrent à lui. Il entra avec eux auprès de Hubal à l'intérieur de la Ka'ba. Hubal se trouvait au-dessus d'un puits à l'intérieur de la Ka'ba, et ce puits était celui dans lequel on rassemblait ce qui était offert à la Ka'ba. (Le tirage au sort par les flèches chez les Arabes) : Hubal avait sept flèches, sur chacune desquelles était inscrit quelque chose. Une flèche portait « le prix du sang 271 » : lorsqu'ils se disputaient au sujet du prix du sang, pour savoir qui devait le payer, ils tiraient au sort avec les sept flèches 272 ; si la flèche du prix du sang sortait, celui sur qui elle sortait devait le payer. Une flèche portait « oui » pour une affaire : lorsqu'ils voulaient entreprendre quelque chose, ils tiraient au sort avec les flèches ; si la flèche « oui » sortait, ils le faisaient. Une flèche portait « non » : lorsqu'ils voulaient faire quelque chose, ils tiraient au sort avec les flèches ; si cette flèche sortait, ils ne le faisaient pas. Une flèche portait « des vôtres », une autre « attaché », une autre « d'étrangers », et une autre « les eaux » : lorsqu'ils voulaient creuser pour trouver de l'eau, ils tiraient au sort avec les flèches, parmi lesquelles se trouvait cette flèche ; où qu'elle sorte, ils agissaient en conséquence. Lorsqu'ils voulaient circoncire un garçon, conclure un mariage, enterrer un mort, ou s'ils doutaient de la généalogie de l'un d'eux, ils allaient avec lui auprès de Hubal, avec cent dirhams et une chamelle, qu'ils donnaient au gardien des flèches qui tirait au sort. Puis ils présentaient la personne concernée par ce qu'ils voulaient, et disaient : « Ô notre dieu, voici untel, fils d'untel ; nous voulons pour lui telle et telle chose ; fais sortir la vérité à son sujet. » Puis ils disaient au gardien des flèches : « Tire au sort. » Si la flèche « des vôtres » sortait pour lui, il était des leurs et de souche 273 ; si la flèche « d'étrangers » sortait, il était allié ; si la flèche « attaché » sortait, il restait dans sa condition parmi eux, sans lien de parenté ni alliance ; si sortait quelque chose d'autre parmi ce qu'ils utilisaient, comme « oui », ils le faisaient ; si sortait « non », ils le remettaient à l'année suivante, jusqu'à ce qu'ils reviennent avec lui une autre fois. Ils s'en remettaient, dans leurs affaires, à ce que les flèches indiquaient 274. ('Abd al-Muttalib et ses fils devant le gardien des flèches) :
‘Abd al-Muṭṭalib dit alors au devin 275 : « Tire au sort pour ces fils que voici avec leurs flèches », et il l’informa du vœu qu’il avait fait. Chacun d’eux lui donna sa flèche sur laquelle était inscrit son nom. ‘Abd Allāh ibn ‘Abd al-Muṭṭalib était le plus jeune de ses fils 276 ; il était, avec al-Zubayr et Abū Ṭālib, fils de Fāṭima bint ‘Amr ibn ‘Ā’idh ibn ‘Abd ibn ‘Imrān ibn Makhzūm ibn Yaqaẓa ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu’ayy ibn Ghālib ibn Fihr. Ibn Hishām dit : ‘Ā’idh ibn ‘Imrān ibn Makhzūm 277. (La flèche tombe sur ‘Abd Allāh et son père commence à l’égorger, mais les Qurayshites l’en empêchent) Ibn Isḥāq dit : ‘Abd Allāh – selon ce qu’ils prétendent – était le fils préféré de ‘Abd al-Muṭṭalib, et ‘Abd al-Muṭṭalib pensait que si la flèche l’épargnait, cela serait un échec 278 ; il était le père du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Lorsque le devin prit les flèches pour tirer au sort, ‘Abd al-Muṭṭalib se tint près de Hubal 279 en invoquant Dieu. Puis le devin tira, et la flèche tomba sur ‘Abd Allāh. ‘Abd al-Muṭṭalib le prit par la main, saisit le couteau, et se dirigea vers Isāf et Nā’ila 280 pour l’égorger. Les Qurayshites se levèrent de leurs assemblées et dirent : « Que veux-tu faire, ô ‘Abd al-Muṭṭalib ? » Il répondit : « Je l’égorge. » Les Qurayshites et ses fils lui dirent : « Par Dieu, tu ne l’égorgeras jamais avant d’avoir trouvé une excuse pour cela. Si tu fais cela, chaque homme viendra avec son fils pour l’égorger ; comment les gens pourraient-ils survivre ainsi ? » Al-Mughīra ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Amr 281 ibn Makhzūm ibn Yaqaẓa – et ‘Abd Allāh était le neveu de la tribu – lui dit : « Par Dieu, tu ne l’égorgeras jamais avant d’avoir trouvé une excuse. Si sa rançon peut être payée avec nos biens, nous le rançonnerons. » Les Qurayshites et ses fils lui dirent : « Ne fais pas cela. Emmène-le plutôt au Ḥijāz, car il y a une devineresse 282 qui a un familier 283 ; consulte-la, puis tu agiras comme bon te semblera : si elle t’ordonne de l’égorger, tu l’égorgeras ; si elle te prescrit une chose qui soit pour toi et pour lui un soulagement, tu l’accepteras. » (La devineresse du Ḥijāz et ce qu’elle conseilla à ‘Abd al-Muṭṭalib) Ils partirent donc et arrivèrent à Médine, mais ils la trouvèrent – selon ce qu’ils prétendent – à Khaybar. Ils montèrent et vinrent à elle. ‘Abd al-Muṭṭalib lui raconta son histoire, celle de son fils, ce qu’il voulait faire de lui et le vœu qu’il avait fait à son sujet. Elle leur dit : « Éloignez-vous de moi aujourd’hui, jusqu’à ce que mon familier vienne ; je le consulterai. » Ils s’éloignèrent d’elle. Lorsqu’ils furent partis, ‘Abd al-Muṭṭalib se leva et invoqua Dieu. Puis, le lendemain matin, ils revinrent vers elle. Elle leur dit : « La nouvelle m’est parvenue. Quel est le montant de la diya 284 chez vous ? » Ils répondirent : « Dix chameaux. » – C’était ainsi 285. Elle dit : « Retournez dans votre pays, puis approchez votre compagnon et approchez dix chameaux ; tirez au sort sur eux et sur lui avec les flèches. Si le sort tombe sur votre compagnon, ajoutez des chameaux jusqu’à ce que votre Seigneur soit satisfait ; si le sort tombe sur les chameaux, égorgez-les à sa place : votre Seigneur sera satisfait et votre compagnon sera sauvé. » (Le salut de ‘Abd Allāh du sacrifice) Ils partirent donc et arrivèrent à La Mecque. Lorsqu’ils eurent décidé de suivre ce conseil, ‘Abd al-Muṭṭalib se leva et invoqua Dieu. Puis ils approchèrent ‘Abd Allāh et dix chameaux, tandis que ‘Abd al-Muṭṭalib se tenait près de Hubal en invoquant Dieu – qu’Il soit exalté et magnifié. Puis ils tirèrent au sort, et la flèche tomba sur ‘Abd Allāh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit vingt. ‘Abd al-Muṭṭalib se leva et invoqua Dieu – qu’Il soit exalté et magnifié. Puis ils tirèrent au sort, et la flèche tomba sur ‘Abd Allāh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit trente. ‘Abd al-Muṭṭalib se leva et invoqua Dieu. Puis ils tirèrent au sort, et la flèche tomba sur ‘Abd Allāh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit quarante. ‘Abd al-Muṭṭalib se leva et invoqua Dieu. Puis ils tirèrent au sort, et la flèche tomba sur ‘Abd Allāh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit cinquante. ‘Abd al-Muṭṭalib se leva et invoqua Dieu. Puis ils tirèrent au sort, et la flèche tomba sur ‘Abd Allāh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit soixante. ‘Abd al-Muṭṭalib se leva et invoqua Dieu. Puis ils tirèrent au sort, et la flèche tomba sur ‘Abd Allāh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit soixante-dix. ‘Abd al-Muṭṭalib se leva et invoqua Dieu. Puis ils tirèrent au sort, et la flèche tomba sur ‘Abd Allāh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit quatre-vingts. ‘Abd al-Muṭṭalib se leva et invoqua Dieu. Puis ils tirèrent au sort, et la flèche tomba sur ‘Abd Allāh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit quatre-vingt-dix. ‘Abd al-Muṭṭalib se leva et invoqua Dieu. Puis ils tirèrent au sort, et la flèche tomba sur ‘Abd Allāh. Ils ajoutèrent dix chameaux, et le nombre de chameaux atteignit cent. ‘Abd al-Muṭṭalib se leva et invoqua Dieu. Puis ils tirèrent au sort, et la flèche tomba sur les chameaux. Les Qurayshites et les assistants dirent : « La satisfaction de ton Seigneur est atteinte, ô ‘Abd al-Muṭṭalib. » Selon ce qu’ils prétendent, ‘Abd al-Muṭṭalib dit : « Non, par Dieu, jusqu’à ce que je tire au sort trois fois de plus. » Ils tirèrent au sort sur ‘Abd Allāh et sur les chameaux, tandis que ‘Abd al-Muṭṭalib se tenait debout en invoquant Dieu, et la flèche tomba sur les chameaux. Puis ils recommencèrent une deuxième fois, ‘Abd al-Muṭṭalib debout en invoquant Dieu, et ils tirèrent : la flèche tomba sur les chameaux. Puis ils recommencèrent une troisième fois, ‘Abd al-Muṭṭalib debout en invoquant Dieu, et ils tirèrent : la flèche tomba sur les chameaux. Alors ils égorgèrent les chameaux, et on les laissa sans que personne ni aucun animal ne soit repoussé. Ibn Hishām dit : On dit : « aucun être humain ni aucune bête féroce. » Ibn Hishām dit : Au milieu de ce récit se trouve un poème en rajaz 286 qui, selon nous, n’a pas été authentifié par aucun des spécialistes de la poésie. Récit de la femme qui s’offrit en mariage à ‘Abd Allāh ibn ‘Abd al-Muṭṭalib (Le refus de ‘Abd Allāh de la demande de la femme qui s’était offerte à lui) Ibn Isḥāq dit : Puis ‘Abd al-Muṭṭalib s’en alla, tenant la main de ‘Abd Allāh. Il passa – selon ce que –
- al-Bāriqiyya : Femme de la tribu de Bāriq, branche des Azd.
- indara'ū : Se sont précipités, ont fondu.
- bijummin yaḥsibūna lahā qurūnā : Avec des foules qu'ils croyaient avoir des cornes, métaphore pour la force et la puissance.
- a‘tibūnā : Revenez vers nous, réconciliez-vous.
- tabi‘ū al-barq : Ils ont suivi l'éclair, peut-être allusion à une migration guidée par un éclair.
- Quṣayy : Ancêtre des Quraysh, surnommé Quṣayy.
- Zuhra : Ancêtre de la famille de Zuhra, dont descend le Prophète par sa mère.
- Sayal : Nom propre, peut-être une variante de Sayl.
- al-Jadara : Les constructeurs de murs, surnom d'une branche de Ju‘thuma.
- Ju‘thuma : Tribu des Azd, aussi appelée Ju‘thuma al-Azd.
- al-Dayl : Tribu des Banū al-Dayl, branche de Bakr.
- ‘Āmir ibn ‘Amr : Personnage ayant construit un mur pour la Ka'ba.
- al-Jadara : Surnom signifiant 'les constructeurs de murs'.
- ‘usra : Difficulté, peut-être avarice ou dureté.
- al-ḥurr al-Qaṭāmī : Le noble al-Qaṭāmī, poète ou chasseur célèbre.
- Quṣayy : Ancêtre des Quraysh, ayant unifié la tribu.
- ‘Abd Quṣayy : Nom propre, serviteur de Quṣayy.
- Takhmur : Nom féminin, peut-être dérivé de 'khumr' (voile).
- Ḥubshiyya : Variante de Ḥabashiyya, peut-être lié à l'Abyssinie.
- Hāshim : Ancêtre du Prophète, surnommé Hāshim pour sa générosité.
- ‘Abd Shams : Serviteur du soleil, nom préislamique.
- ‘Ātika : Nom féminin courant.
- Hilāl : Nouvelle lune, nom propre.
- Fālij : Nom propre, peut-être 'diviseur'.
- Tusayb : Nom propre, variante de Tusayb.
- ‘Ā’idh Allāh : Réfugié auprès d'Allāh, nom théophore.
- Sa‘d al-‘Ashīra : Sa‘d de la famille, nom d'une tribu.
- Ibn Hishām : Grammairien et biographe, éditeur de la Sīra.
- Salmā : Nom féminin, mère de ‘Abd al-Muṭṭalib.
- ‘Amr : Nom propre courant.
- Labīd : Nom propre, poète célèbre.
- ‘Āmir : Nom propre.
- al-Khazrajiyya : De la tribu des Khazraj.
- al-Zubayr : Compagnon du Prophète, fils de ‘Abd al-Muṭṭalib.
- Ḥajl : Surnom, peut-être 'celui qui marche lentement'.
- Abū Lahab : Oncle du Prophète, ennemi de l'Islam.
- Nukayla : Nom féminin, mère d’al-‘Abbās.
- Kulayb : Diminutif de Kalb (chien), nom propre.
- ‘Āmir : Nom propre.
- Hāla : Nom féminin, mère de Ḥamza.
- bint : Fille de.
- ‘Abd Manāt : Serviteur de Manāt, divinité préislamique.
- Mālik ibn al-Naḍr : Ancêtre des Quraysh, fils d’al-Naḍr.
- Zuhra : Nom d’une tribu quraychite, ancêtre de la famille du Prophète.
- Barra : Nom propre féminin signifiant 'pieuse'.
- ṣallā llāhu ʿalayhi wa sallam : Formule de bénédiction sur le Prophète : 'qu’Allâh prie sur lui et le salue'.
- al-Muṭṭalibī : Surnom de Muḥammad ibn Isḥâq, généalogiste et historien, descendant d’al-Muṭṭalib.
- al-Ḥijr : Espace semi-circulaire attenant à la Kaʿba, aussi appelé Ḥijr Ismāʿīl.
- hamaza lahu bi-ʿaqibihi : Il frappa le sol de son talon, geste symbolique pour faire jaillir l’eau.
- yaḥfithu : Il gratte la terre avec ses mains pour trouver l’eau.
- ḥisyan : Mare, petite étendue d’eau.
- Jurhum : Tribu arabe ancienne, considérée comme les premiers habitants de La Mecque après les Amalécites.
- Qaṭūrāʾ : Tribu arabe, branche des Jurhum.
- al-Samaydaʿ : Nom du chef de la tribu de Qaṭūrāʾ.
- Quʿayqiʿān : Montagne ou quartier de La Mecque, nommé d’après le bruit des armes.
- Ajyād : Quartier de La Mecque, nommé d’après les chevaux de race.
- yaʿthuru : Il prélevait la dîme (le dixième) sur les marchandises.
- yuqaʿqiʿu : Faire un bruit de cliquetis, d’où le nom Quʿayqiʿān.
- al-jiyād : Chevaux de race, d’où le nom Ajyād.
- Fāḍiḥ : Lieu-dit, nommé d’après la 'honte' (faḍīḥa) subie par Qaṭūrāʾ.
- fuḍiḥat : Fut couverte de honte, d’où le nom Fāḍiḥ.
- al-Maṭābiḫ : Lieu-dit, nommé d’après les 'cuisines' (maṭābikh) où l’on préparait les repas.
- iṭṭabakha : Ils firent cuire (la nourriture).
- khilāl : Choses, affaires ; ici, les interdits du sanctuaire.
- yuhdā : Ce qui est offert en don à la Kaʿba.
- al-Nāssa : Surnom de La Mecque, signifiant 'celle qui expulse' les oppresseurs.
- Bakka : Autre nom de La Mecque, souvent associé à l’idée de foule ou d’écrasement.
- tabukku : Briser, écraser ; d’où le nom Bakka.
- yatabākūna : Ils se pressent, s’entassent.
- al-sharīb : Celui qui a soif, le buveur.
- akka : Soif ardente.
- yabukka : Faire boire, amener à l’eau.
- ibn ʿAmr : Ajouté pour préciser la filiation.
- al-Ḥajūn : Montagne ou lieu à La Mecque, près du cimetière d’al-Muʿallā.
- ṭāʾir : Oiseau, métaphore de l’agitation du cœur.
- al-judūd : Pluriel de jadd, signifiant ici les destins ou les sorts funestes.
- Nābit : Personnage légendaire, peut-être un ancêtre ou un chef de tribu.
- tunkihū : Verbe à la forme IV, signifiant 'donner en mariage'.
- al-malīk : Le Roi, ici Dieu.
- dhā l-‘arsh : Maître du Trône, épithète de Dieu.
- Suhayl : Étoile Canopus, symbole de guidance ou de personne éminente.
- ‘Āmir : Nom propre, peut-être une tribu ou une personne.
- Yuḥābir : Tribu yéménite, branche de Himyar.
- al-mashā‘ir : Les rites du pèlerinage, les lieux sacrés.
- qā’ilihā : Son auteur, le poète.
- qur‘a : Souche, origine, descendance directe.
- al-ijāza : Autorisation donnée aux pèlerins de quitter ‘Arafa.
- Ṣūfa : Nom d'une famille ou tribu chargée des rites du pèlerinage.
- rabīṭa : Lien, offrande vouée à Dieu.
- yawm al-nafr : Jour du départ de Minâ, le 12 ou 13 Dhul-Hijja.
- al-‘Aqaba : La stèle de la ‘Aqaba à Minâ, lieu du jet de pierres.
- bi-l-qu‘dud : Par descendance directe, de père en fils.
- ʿAdwān : Tribu arabe, branche des ʿAdnānites.
- ʿadhīr : Exclamation de regret ou de malheur, équivalent à 'hélas'.
- ḥayyat al-arḍ : Littéralement 'serpent de la terre', métaphore pour désigner des gens redoutables ou nuisibles.
- lam yurʿi : Il n'a pas eu d'égard, n'a pas pris soin.
- al-mūfūna bi-l-qarḍ : Ceux qui tiennent leurs promesses, littéralement 'ceux qui remplissent le prêt'.
- Abū Sayyāra, ʿUmayla ibn al-Aʿzal : Personnage de la tribu de ʿAdwān, chargé de la déferlade (ifāḍa) depuis al-Muzdalifa pendant le pèlerinage préislamique.
- Banū Fazāra : Tribu arabe, alliée des ʿAdwān.
- yadʿū jārahu : Il invoque son voisin, peut-être en prière ou en appelant à l'aide.
- atān : Ânesse, femelle de l'âne.
- nāʾira : Conflit, discorde, hostilité.
- ʿuḍla : Affaire épineuse, difficile à résoudre.
- al-mabāl : L'urine ; ici, le jugement basé sur l'observation de l'urine.
- bādāhum : Il les attaqua soudainement, les prit à l'improviste.
- Rizāḥ ibn Rabīʿa : Frère de Quṣayy, venu de Quḍāʿa pour le soutenir.
- al-Abṭaḥ : Vallée de La Mecque, aussi appelée al-Muḥaṣṣab.
- Yaʿmur ibn ʿAwf ibn Kaʿb ibn ʿĀmir : Arbitre issu de la tribu de Kināna.
- yashdakhuhu : Il l'écrase, l'annule (en parlant du sang versé).
- Yaʿmur : Nom propre, ici l'arbitre.
- ḥijāba : Charge de gardien de la Kaʿba, consistant à en détenir les clés.
- siqāya : Charge de fournir de l'eau aux pèlerins.
- rifāda : Charge de nourrir les pèlerins nécessiteux.
- nadwa : Assemblée, conseil ; ici, la maison où se tenaient les réunions.
- liwāʾ : Étendard, drapeau ; charge de porter l'étendard en temps de guerre.
- aʿwānuhu : Ses aides, ses partisans.
- Fihr : Ancêtre éponyme de Quraysh, fils de Mālik.
- al-Sāʾib ibn Khabbāb : Compagnon, propriétaire de la maqṣūra (estrade ou chaire) dans la mosquée.
- nakmī : Nous les cachions : verbe arabe signifiant cacher, dissimuler.
- ka-wirdi : Comme l'arrivée : référence à l'arrivée des outardes à l'eau, symbole de rapidité.
- ashmadayn : Deux collines : lieu non identifié, peut-être deux monticules.
- sababan rasīlā : Un lien continu : métaphore poétique pour une longue nuit de marche.
- ʿAsjad : Nom d'un lieu, peut-être une montagne ou une vallée.
- mustanākhin sabīlā : Lieu de repos facile : endroit où les chameaux s'agenouillent pour se reposer.
- Warqān : Nom d'une montagne ou d'un lieu près de La Mecque.
- al-ʿArj : Vallée située entre La Mecque et Médine.
- al-Ḥill : Zone en dehors du sanctuaire de La Mecque, où les restrictions rituelles ne s'appliquent pas.
- al-ʿūdhi aflāʾahā : Les chamelles et leurs petits : les chamelles allaitantes et leurs nouveau-nés.
- kulli awbin khalasnā al-ʿuqūlā : À chaque retour nous ravîmes les esprits : métaphore pour tuer ou vaincre.
- nukhabbizuhum bi-ṣilābi l-nusūri... : Nous les broyâmes avec les dures [plumes] des vautours... : métaphore pour une défaite écrasante.
- Saʿd : Filiation : Saʿd ibn Hudhaym, ancêtre d'une tribu.
- taghālī : Rapides : chevaux de course.
- al-Aʿrāf : Les hauteurs : nom d'un lieu ou d'une région.
- al-Jināb : Nom d'un lieu, peut-être une montagne.
- fayfāʾ... qāʿin yabābin : Plaine déserte... fond vide : désert aride.
- al-ibili l-ṭirābi : Chameaux assoiffés : métaphore pour l'ardeur au combat.
- al-ʿāṣimīn : Les protecteurs : ceux qui préservent et défendent.
- taʾaththal : S'établir : prendre racine, s'installer durablement.
- Qaydhar wa-l-Nabīt : Qaydhar et al-Nabīt : fils d'Ismaël, ancêtres des Arabes.
- ʿUdhra : Tribu arabe, branche de Quḍāʿa.
- Nahd ibn Zayd wa-Ḥawtaka ibn Aslum : Deux clans de Quḍāʿa.
- balāʾihim : Leur dévouement : leur service, leur aide.
- laḥaytuka : Je t'ai blâmé : réprimander, critiquer.
- yā bunayya : Ô mon fils : diminutif affectueux.
- ribāʿan : Quartiers : parcelles de terrain pour l'habitation.
- qaṭaʿa : Attribué : distribué, assigné.
- yaqṭaʿūnahā : Ils les attribuaient : ils distribuaient les parcelles.
- ʿAbd Shams, Hāshim, al-Muṭṭalib, Nawfal : Fils de ʿAbd Manāf, ancêtres de grandes familles quraychites.
- ḥilf : Pacte ou alliance conclu entre tribus ou individus, souvent scellé par des serments et des rituels.
- baḥr Ṣūfa : Mer de Ṣūfa : expression désignant la mer Rouge ou une étendue d'eau mythique, utilisée dans les serments pour signifier l'éternité.
- al-Muṭayyabūn : Les Parfumés : nom donné aux membres du pacte des Banū ‘Abd Manāf et leurs alliés, car ils trempèrent leurs mains dans du parfum.
- ba‘ḍ nisā’ : Certaines femmes : il s'agit probablement de femmes des Banū ‘Abd Manāf, mais le texte ne précise pas leurs noms.
- al-Aḥlāf : Les Alliés : nom donné aux membres du pacte des Banū ‘Abd al-Dār et leurs alliés.
- sūnida : Appuyé : terme technique désignant le fait de placer les tribus en ordre de bataille, les unes contre les autres.
- luzza : Serré : signifie que les tribus étaient rapprochées les unes des autres dans le dispositif de combat.
- ‘ubbiyat : Disposé : mis en ordre de bataille, aligné face à l'ennemi.
- siqāya : Charge de fournir de l'eau aux pèlerins à La Mecque, un office honorifique.
- rifāda : Charge de fournir de la nourriture aux pèlerins, un office honorifique.
- ḥijāba : Charge de gardien de la Ka‘ba, incluant la clé et l'entretien.
- liwā’ : Étendard ou bannière, symbole de commandement militaire.
- nadwa : Assemblée ou conseil, lieu de réunion des notables pour délibérer.
- jāhiliyya : Période préislamique, littéralement 'temps de l'ignorance'.
- Ḥilf al-Fuḍūl : Pacte des Vertueux : alliance conclue à La Mecque pour défendre les opprimés, dont le Prophète Muhammad a vanté les mérites.
- Qunfudh : Nom propre, probablement un ancêtre de la lignée de Muḥammad ibn Zayd.
- al-Taymī : De la tribu de Taym, une branche de Quraysh.
- ‘Abd Allāh ibn Jud‘ān : Notable qurayshite de la tribu de Taym, connu pour sa générosité et son âge avancé.
- ḥumr al-na‘am : Chameaux rouges : expression désignant des biens de grande valeur, les chameaux rouges étant particulièrement prisés.
- Yazīd ibn ‘Abd Allāh : Transmetteur de hadith, de la tribu de Layth.
- Dhī al-Marwa : Lieu situé près de Médine, peut-être une vallée ou une localité.
- al-riḥlatān : Les deux voyages : les expéditions commerciales des Quraysh en hiver (vers le Yémen) et en été (vers la Syrie).
- tharīd : Plat de pain émietté trempé dans du bouillon, souvent avec de la viande.
- hashama : Émietter : d'où le nom Hāshim, signifiant 'celui qui émiette le pain'.
- shā‘ir : Poète : le vers cité est attribué à un poète qurayshite ou arabe, non nommé ici.
- musnitīn ‘ijāf : Affamés et décharnés : description de l'état de disette à La Mecque.
- musnitīn ‘ijāf : Variante du vers cité par Ibn Hishām, avec la même signification.
- Ghazza : Gaza, ville de Palestine.
- siqāya : Fonction de fournir de l'eau aux pèlerins à La Mecque.
- rifāda : Fonction de fournir de la nourriture aux pèlerins.
- al-Fayḍ : Surnom signifiant 'le Débordant' ou 'le Généreux'.
- Banū ‘Adī ibn al-Najjār : Tribu médinoise des Khazraj.
- Uḥayḥa ibn al-Julāḥ ibn al-Ḥarīsh : Personnage de la tribu des Aws.
- Shayba : Nom signifiant 'le Blanc' ou 'le Vieillard'.
- waṣīf : Jeune garçon, adolescent.
- Radmān : Lieu au Yémen.
- jafān : Pluriel de jafna, grand plat pour la nourriture.
- al-muntha‘ib : La boisson versée ou répandue.
- naṣab : Peine, fatigue.
- al-qasiyyāt : Pénibles, dures.
- izār : Pagne, vêtement de la taille aux pieds.
- ridā’ : Manteau, vêtement de dessus.
- Salmān : Lieu en Irak.
- al-Bunayyāt : Lieu à La Mecque, peut-être des collines.
- al-Mughīra : Nom de ‘Abd Manāf, signifiant 'le Guerrier'.
- Ka‘b al-Mughīrāt : Ka‘b, tribu, et al-Mughīrāt, pluriel de Mughīra, désignant les fils de ‘Abd Manāf.
- dast‘a : Générosité, don.
- al-Fayyāḍ : Surnom signifiant 'le Très Généreux'.
- fayḍāt : Pluriel de fayḍa, flot de larmes.
- udm al-maṭiyyāt : Chamelles de couleur blanche ou grise.
- Abū al-Sha‘th al-Shajiyyāt : Surnom de Hāshim, 'Père des affligées'.
- ‘Amr al-‘Ulā : Surnom de Hāshim, 'Vie de la Hauteur'.
- khudr al-khudūd : Joues vertes, métaphore pour les femmes en deuil se frappant le visage.
- qurūm : Pluriel de qarm, chef, seigneur.
- qubbāt : Pluriel de qubba, tente en forme de dôme.
- tawābi‘ : Serviteurs, clients.
- al-Fajr : Le don, la générosité.
- dhī fajar : Un don généreux.
- ḥijr : Espace semi-circulaire adjacent à la Kaaba.
- Yazīd ibn Abī Ḥabīb : Savant égyptien du 8e siècle.
- Muthaddith ibn ‘Abd Allāh al-Yazanī : Transmetteur yéménite.
- Ibn Zurayr : Ibn Zurayr al-Ghāfiqī : transmetteur de hadiths, mentionné dans les chaînes de transmission.
- Zamzam : Puits sacré situé dans l'enceinte de la Mosquée sacrée de La Mecque, dont l'eau est bénie.
- 'Abd al-Muṭṭalib : Grand-père du Prophète Muhammad, chef de la tribu de Quraysh.
- Ḥijr : Espace semi-circulaire attenant à la Ka'ba, également appelé Ḥijr Ismā'īl.
- Ṭayba : L'un des noms donnés à Zamzam lors de la révélation de son emplacement.
- Barra : Autre nom donné à Zamzam, signifiant 'la pieuse' ou 'la bénie'.
- al-Maḍnūna : Autre nom de Zamzam, signifiant 'la précieuse' ou 'la convoitée'.
- lā tanzifu : Expression signifiant que le puits ne tarit jamais, même après de nombreux puisages.
- lā tudhammu : Signifie que l'eau de Zamzam n'est jamais blâmée ou critiquée.
- al-ghurāb al-a'ṣam : Corbeau blanc ou au bec blanc ; désigne un corbeau particulier, peut-être un corbeau pie.
- qaryat al-naml : La fourmilière ; désigne un endroit précis près de la Ka'ba.
- Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
- Ibn Isḥāq : Célèbre historien et biographe du Prophète Muhammad (m. 767).
- al-ṭayy : Maçonnerie ou structure ancienne du puits, indiquant qu'il s'agissait bien de Zamzam.
- takbīr : Prononciation de 'Allāhu Akbar' (Dieu est le plus Grand).
- Ismā'īl : Ismaël, fils d'Abraham, considéré comme l'ancêtre des Arabes.
- Banū Sa'd Hudhaym : Tribu arabe ; la devineresse appartenait à cette tribu.
- Ashraf : Localité située dans la région du Shām (Syrie).
- Shām : Région historique correspondant à la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban actuels.
- Banū 'Abd Manāf : Clan de Quraysh dont faisait partie 'Abd al-Muṭṭalib.
- Ḥijāz : Région de l'ouest de l'Arabie saoudite, comprenant La Mecque et Médine.
- al-mā' al-riwā : Eau abondante et suffisante pour étancher la soif.
- ḥajīj : Pèlerins accomplissant le Hajj ou la 'Umra.
- mabarr : Lieu de bénédiction ou de piété ; désigne les lieux saints.
- mā 'amar : Tant que le puits existe ou tant que dure le monde.
- na'ām ḥāfil : Chamelle laitière dont le pis est plein de lait ; métaphore de l'abondance.
- Ibn Hishām : Compilateur de la biographie du Prophète (Sīra), mort en 833.
- saj' : Prose rimée et rythmée, caractéristique de certains discours arabes anciens.
- al-wathanayn : Les deux idoles ; désigne les statues d'Isāf et Nā'ila.
- Isāf et Nā'ila : Deux idoles que les Quraysh adoraient près de la Ka'ba.
- nāzi' : Qui renonce ou se retire ; ici, 'non renonçant'.
- Jurhum : Tribu arabe ancienne qui aurait habité La Mecque avant Quraysh.
- qal'iyya : Épées fabriquées à Qal'a, une région réputée pour la métallurgie.
- amr naṣaf : Chose équitable ou juste.
- al-qidāḥ : Flèches utilisées pour le tirage au sort, pratique préislamique.
- Ka'ba : La Maison sacrée de Dieu à La Mecque, direction de la prière.
- Hubal : Idole principale des Quraysh, placée près de la Ka'ba avant l'islam.
- Hubal : Divinité païenne majeure des Arabes préislamiques, représentée sous forme d'idole placée à l'intérieur de la Ka'ba.
- qidâh : Flèches utilisées pour le tirage au sort divinatoire, pratique courante chez les Arabes préislamiques.
- al-tawiyy : Puits creusé par 'Abd Shams, situé en haut de La Mecque.
- Muhammad ibn Yûsuf al-Thaqafî : Gouverneur omeyyade de La Mecque et du Yémen, connu pour avoir fait construire la maison mentionnée.
- Khâtm al-Khandama : Lieu-dit à La Mecque, près du ravin d'Abû Tâlib.
- balâgh : Moyen de subsistance ou d'approvisionnement, ici l'eau suffisante pour les besoins.
- Jurâb : Nom d'un puits à La Mecque.
- Malkûm : Nom d'un puits à La Mecque.
- al-Ghamr : Nom d'un puits à La Mecque, également mentionné plus loin comme puits des Banû Sahm.
- Sajla : Puits creusé par al-Mut'im ibn 'Adî, situé à La Mecque.
- al-Hafr : Puits creusé par Umayya ibn 'Abd Shams, également nom d'un puits ancien.
- Suqayya : Puits des Banû Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ.
- Umm Ahrâd : Puits creusé par les Banû 'Abd al-Dâr.
- Rumm, Khumm, al-Hafr : Puits anciens hors de La Mecque, attribués respectivement à Murra ibn Ka'b, aux Banû Kilâb ibn Murra, et un autre puits.
- Hudhayfa ibn Ghânim : Poète arabe préislamique, de la tribu des Banû 'Adî.
- Musâfir ibn Abî 'Amr : Poète et notable de la tribu des Banû 'Abd Shams.
- rifâda : Contribution financière pour nourrir les pèlerins pendant le pèlerinage, charge assumée par les Qurayshites.
- al-dallâfa al-rufadâ : Chamelles généreuses ou de grande valeur, sacrifiées pour les pèlerins.
- shudddan rufadâ : Expression signifiant 'avec fermeté et générosité' ou 'avec force et soutien'.
- lam numlak : Nous n'avons pas été possédés ou dominés, c'est-à-dire que nous restons libres et maîtres de nous-mêmes.
- khalid abadâ : Éternel à jamais, immortel.
- arûmatinâ : Notre lignée, notre race, notre souche.
- al-fihrî : Relatif à Fihr, ancêtre de la tribu de Quraysh, donc 'qurashite'.
- al-Maqâm : La Station d'Abraham, lieu près de la Ka'ba où Abraham se tenait lors de la construction.
- al-'aql : Le prix du sang, compensation due pour un meurtre.
- sab'a qidâh : Les sept flèches utilisées pour le tirage au sort divinatoire.
- wasît : De souche, de pure lignée, par opposition à un allié ou un affranchi.
- qidâh : Flèches de tirage au sort, utilisées pour la divination et les décisions importantes.
- ṣāḥib al-qidāḥ : Littéralement « maître des flèches » ; désigne le devin chargé de tirer au sort avec des flèches divinatoires.
- banī : Fils ; ici, « ses fils ».
- ‘Ā’idh ibn ‘Imrān ibn Makhzūm : Correction généalogique apportée par Ibn Hishām.
- ashwā : Terme désignant le fait que la flèche manque sa cible ; ici, échec du sacrifice.
- Hubal : Idole principale des Qurayshites à La Mecque, placée dans la Kaaba.
- Isāf et Nā’ila : Deux idoles situées près de la Kaaba, où les sacrifices étaient pratiqués.
- al-Mughīra ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Amr : Personnage qurayshite de la tribu de Makhzūm.
- ‘arrāfa : Devin ou devineresse, pratiquant la divination.
- tābi‘ : Esprit familier ou démon qui assiste le devin dans ses prédictions.
- diya : Prix du sang, compensation versée pour un meurtre ou une blessure.
- kānat kadhālika : C’était ainsi ; référence à la coutume de la diya fixée à dix chameaux.
- rajaz : Mètre poétique arabe, souvent utilisé pour des poèmes improvisés ou des récits.
Voici l'énumération de la noble lignée depuis Muhammad, que Dieu prie sur lui et sa famille, jusqu'à Adam, que la paix soit sur lui.
Ils prétendent — au sujet d'une femme 1 des Banû Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn Qusayy ibn Kilâb ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy ibn Ghâlib ibn Fihr, et elle était la sœur de Waraqa ibn Nawfal ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ — qu'elle se tenait près de la Ka'ba et dit à 'Abd Allah, lorsqu'elle vit son visage : « Où vas-tu, ô 'Abd Allah ? » Il dit : « Avec mon père. » Elle dit : « Tu auras autant de chameaux que ceux qui ont été sacrifiés pour toi, couche avec moi maintenant. » Il dit : « Je suis avec mon père, je ne peux ni lui désobéir ni le quitter. » (Mariage de 'Abd Allah avec Âmina bint Wahb) 'Abd al-Muttalib partit donc avec lui jusqu'à ce qu'il l'amène chez Wahb ibn 'Abd Manâf ibn Zuhra ibn Kilâb ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy ibn Ghâlib ibn Fihr, qui était alors le seigneur des Banû Zuhra par la lignée et l'honneur. Il lui donna en mariage sa fille Âmina bint Wahb, qui était alors la meilleure femme de Quraysh par la lignée et la position. (Les mères d'Âmina bint Wahb) Elle est la fille de Barra bint 'Abd al-'Uzzâ ibn 'Uthmân ibn 'Abd al-Dâr ibn Qusayy ibn Kilâb ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy ibn Ghâlib ibn Fihr. Barra est la fille d'Umm Habîb bint Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn Qusayy ibn Kilâb ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy ibn Ghâlib ibn Fihr. Umm Habîb est la fille de Barra bint 'Awf ibn 'Ubayd ibn 'Uwayj ibn 'Adî ibn Ka'b ibn Lu'ayy ibn Ghâlib ibn Fihr. (Ce qui se passa entre 'Abd Allah et la femme qui s'était offerte à lui après sa nuit de noces avec Âmina) Ils prétendent qu'il entra chez elle lorsqu'il l'eut épousée 2, coucha avec elle, et elle conçut le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — puis il sortit de chez elle et alla trouver la femme qui lui avait offert ce qu'elle lui avait offert. Il lui dit : « Pourquoi ne m'offres-tu pas aujourd'hui ce que tu m'offrais hier ? » Elle lui dit : « La lumière qui était avec toi hier t'a quitté, je n'ai plus besoin de toi aujourd'hui. » Or elle avait entendu de son frère Waraqa ibn Nawfal — qui s'était fait chrétien et avait suivi les Écritures — qu'il y aurait dans cette communauté un prophète. Ibn Ishâq dit : Mon père Ishâq ibn Yasâr 3 m'a raconté qu'on lui avait rapporté que 'Abd Allah était entré chez une femme qu'il avait en plus d'Âmina bint Wahb, alors qu'il avait travaillé dans de l'argile et portait des traces d'argile. Il l'invita à lui, mais elle tarda à cause des traces d'argile qu'elle vit sur lui. Il sortit de chez elle, fit ses ablutions et lava l'argile qu'il avait sur lui, puis il partit vers Âmina. Il passa devant elle [l'autre femme], elle l'invita à elle, mais il refusa et se dirigea vers Âmina, entra chez elle, la posséda, et elle conçut Muhammad — qu'Allah prie sur lui et le salue. Puis il passa devant cette femme et lui dit : « Veux-tu ? » Elle dit : « Non. Tu es passé devant moi avec une tache blanche entre les yeux, je t'ai invité mais tu as refusé, et tu es entré chez Âmina, qui l'a emportée. » Ibn Ishâq dit : Ils prétendent que cette femme racontait : « Il passa devant moi avec une tache entre les yeux semblable à celle d'un cheval. Je l'invitai, espérant que cette tache serait pour moi, mais il refusa et entra chez Âmina, la posséda, et elle conçut le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. » Ainsi le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — était le plus noble de son peuple par la lignée et le plus grand en honneur du côté de son père et de sa mère. Mention de ce qui fut dit à Âmina lors de sa grossesse du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue Ils prétendent — d'après ce que les gens racontent, et Allah sait mieux — qu'Âmina bint Wahb, la mère du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — racontait :
- imra'a : Femme, ici désignant une femme des Banû Asad qui tenta de séduire 'Abd Allah.
- umlikahā : Il l'a épousée, littéralement 'il a été rendu possesseur d'elle'.
- Ishāq ibn Yasār : Ishâq ibn Yasâr, père d'Ibn Ishâq, transmetteur de hadiths et de récits historiques.
La naissance du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et son allaitement [1].
Qu’il lui fut annoncé, lorsqu’elle porta le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – qu’on lui dit : « Tu as porté le maître (sayyid) de cette communauté. Lorsqu’il tombera à terre, dis : “Je le protège par l’Unique, du mal de tout envieux.” Puis nomme-le Muhammad. » Et elle vit, lorsqu’elle le porta, qu’une lumière sortit d’elle, par laquelle elle aperçut les palais de Busrā, en terre de Syrie (al-Shām). (Mort de ‘Abd Allāh) : Puis ‘Abd Allāh ibn ‘Abd al-Muṭṭalib, père du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – ne tarda pas à périr, alors que la mère du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – était enceinte de lui. Naissance du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – et son allaitement (Ibn Isḥāq vit sa naissance – qu’Allah prie sur lui et le salue) : Ibn Isḥāq dit : Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – naquit un lundi, à douze nuits écoulées du mois de Rabī‘ al-Awwal, l’année de l’Éléphant (‘ām al-fīl). (Récit de Qays ibn Makhrama sur sa naissance – qu’Allah prie sur lui et le salue) : Ibn Isḥāq dit : Al-Muṭṭalib ibn ‘Abd Allāh ibn Qays ibn Makhrama me rapporta, d’après son père, d’après son grand-père Qays ibn Makhrama, qui dit : « Je naquis, moi et le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – l’année de l’Éléphant ; nous sommes donc contemporains (lidān). » (Récit de Ḥassān ibn Thābit sur sa naissance – qu’Allah prie sur lui et le salue) : Ibn Isḥāq dit : Et Ṣāliḥ ibn Ibrāhīm ibn ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Awf me rapporta, d’après Yaḥyā ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Abd al-Raḥmān ibn Sa‘d ibn Zurāra al-Anṣārī, qui dit : « Celui que je voulus parmi les hommes de mon peuple me rapporta, d’après Ḥassān ibn Thābit, qui dit : “Par Allah, j’étais un garçonnet (ghulām yafa‘a) de sept ou huit ans, comprenant tout ce que j’entendais, lorsque j’entendis un juif crier de toute sa voix sur une tour (uṭum) à Yathrib : ‘Ô assemblée de juifs !’ Lorsqu’ils se rassemblèrent auprès de lui, ils lui dirent : ‘Malheur à toi ! Qu’as-tu ?’ Il dit : ‘Cette nuit est apparue l’étoile d’Aḥmad, celle par laquelle il est né.’” » Muhammad ibn Isḥāq dit : Je demandai alors à Sa‘īd ibn ‘Abd al-Raḥmān ibn Ḥassān ibn Thābit : « Quel âge avait Ḥassān ibn Thābit à l’arrivée du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – à Médine ? » Il répondit : « Soixante ans. Or le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – y arriva alors qu’il avait cinquante-trois ans. Ḥassān entendit ce qu’il entendit alors qu’il avait sept ans. » (Information par sa mère de son grand-père de sa naissance – qu’Allah prie sur lui et le salue) : Ibn Isḥāq dit : Lorsque sa mère – qu’Allah prie sur lui et le salue – l’enfanta, elle envoya dire à son grand-père ‘Abd al-Muṭṭalib : « Il t’est né un garçon ; viens donc le voir. » Il vint donc, le regarda, et elle lui raconta ce qu’elle avait vu lorsqu’elle le portait, ce qui lui avait été dit à son sujet, et ce qu’on lui avait ordonné de lui donner comme nom. (Joie de son grand-père à son sujet – qu’Allah prie sur lui et le salue – et sa recherche de nourrices pour lui) : Ils rapportent que ‘Abd al-Muṭṭalib le prit, entra avec lui dans la Ka‘ba, se tint debout invoquant Allah et Le remerciant pour ce qu’Il lui avait donné, puis sortit avec lui vers sa mère et le lui remit. Et il chercha pour le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – des nourrices (ruḍa‘ā’). Ibn Hishām dit : « Les nourrices (al-marāḍi‘). Et dans le Livre d’Allah – béni et exalté soit-Il – dans l’histoire de Moïse – sur lui la paix – : “Et Nous lui avions interdit les nourrices (al-marāḍi‘)” (28:12). » (Généalogie de Ḥalīma et généalogie de son père) : Ibn Isḥāq dit : On chercha donc pour lui une nourrice parmi les Banū Sa‘d ibn Bakr, nommée Ḥalīma bint Abī Dhu’ayb. Abū Dhu’ayb est ‘Abd Allāh ibn al-Ḥārith ibn Shijna ibn Jābir ibn Rizām ibn Nāṣira ibn Fuṣayya ibn Naṣr ibn Sa‘d ibn Bakr ibn Hawāzin ibn Manṣūr ibn ‘Ikrima ibn Khaṣafa ibn Qays ibn ‘Aylān. (Généalogie de son père – qu’Allah prie sur lui et le salue – par l’allaitement) : Le nom de celui qui l’allaita – qu’Allah prie sur lui et le salue – est : al-Ḥārith ibn ‘Abd al-‘Uzzā ibn Rifā‘a ibn Mallān ibn Nāṣira ibn Fuṣayya ibn Naṣr ibn Sa‘d ibn Bakr ibn Hawāzin. Ibn Hishām dit : « Et l’on dit : Hilāl ibn Nāṣira. » (Ses frères et sœurs – qu’Allah prie sur lui et le salue – par l’allaitement) : Ibn Isḥāq dit : Ses frères et sœurs par l’allaitement sont : ‘Abd Allāh ibn al-Ḥārith, Unaysa bint al-Ḥārith, et Ḥudhāfa bint al-Ḥārith – qui est al-Shaymā’ ; ce nom prévalut sur le sien, et elle n’est connue dans son peuple que par lui. Ils sont les enfants de Ḥalīma bint Abī Dhu’ayb, ‘Abd Allāh ibn al-Ḥārith, mère du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue. Et ils mentionnent qu’al-Shaymā’ le portait (taḥḍunuhu) avec sa mère lorsqu’il était chez eux. (Récit de Ḥalīma sur ce qu’elle vit de bien après avoir reçu le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue) : Ibn Isḥāq dit : Jahm ibn Abī Jahm, affranchi (mawlā) d’al-Ḥārith ibn Ḥāṭib al-Jumaḥī, me rapporta, d’après ‘Abd Allāh ibn Ja‘far ibn Abī Ṭālib – ou d’après quelqu’un qui le lui rapporta de sa part – qui dit : Ḥalīma bint Abī Dhu’ayb al-Sa‘diyya, la mère du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – qui l’allaita, racontait qu’elle sortit de son pays avec son mari et un petit fils à elle qu’elle allaitait, parmi des femmes des Banū Sa‘d ibn Bakr, cherchant des nourrissons. Elle dit : « Cela se passait en une année de sécheresse (shahbā’), qui ne nous avait rien laissé. » Elle dit : « Je sortis sur une ânesse grise (qamrā’) m’appartenant, avec une vieille chamelle (shārif) à nous ; par Allah, elle ne donnait pas une goutte, et nous ne dormions pas de toute notre nuit à cause de notre petit fils qui était avec nous, de ses pleurs de faim ; il n’y avait pas dans mes seins de quoi le suffire, et dans notre chamelle rien pour le nourrir. » – Ibn Hishām dit : « Et l’on dit : yughaddīhi (le nourrir) » – « Mais nous espérions la pluie et le soulagement. Je sortis donc sur cette ânesse ; par Allah, je retardai (adamtu) la caravane, au point que cela leur pesa, à cause de sa faiblesse et de son émaciation, jusqu’à notre arrivée à La Mecque, cherchant des nourrissons. Il n’y eut aucune femme parmi nous à qui l’on ne présenta le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – mais elle le refusait, lorsqu’on lui disait qu’il était orphelin. Cela parce que nous espérions des bienfaits du père de l’enfant ; nous disions : “Orphelin ! Que pourrait faire sa mère et son grand-père ?” Nous le répugnions donc pour cela. Il ne resta aucune femme venue avec moi qui n’eût pris un nourrisson, sauf moi. Lorsque nous décidâmes de partir, je dis à mon compagnon : “Par Allah, je répugne à retourner sans avoir pris de nourrisson parmi mes compagnes. Par Allah, j’irai vers cet orphelin et je le prendrai.” Il dit : “Il n’y a pas de mal à ce que tu fasses ; peut-être Allah mettra-t-il pour nous une bénédiction en lui.” » Elle dit : « J’allai donc vers lui et le pris ; rien ne me poussa à le prendre sinon que je ne trouvai personne d’autre. » Elle dit : « Lorsque je le pris, je retournai avec lui à ma tente. Lorsque je le posai sur mon giron, mes deux seins se mirent à couler vers lui avec tout le lait qu’il voulut ; il but jusqu’à être rassasié, et son frère but avec lui jusqu’à être rassasié. Puis ils dormirent, alors qu’auparavant nous ne dormions pas avec lui. Mon mari se leva et alla vers notre chamelle ; la voilà qui était pleine de lait (ḥāfil) ; il en trahit de quoi boire, et je bus avec lui jusqu’à ce que nous fussions rassasiés et repus. Nous passâmes ainsi la meilleure des nuits. » Elle dit : « Mon compagnon dit, lorsque nous fûmes au matin : “Sache, par Allah, ô Ḥalīma, que tu as pris une âme bénie (nasama mubāraka) !” » Elle dit : « Je dis : “Par Allah, j’espère bien cela.” » Elle dit : « Puis nous partîmes ; je montai mon ânesse et le portai sur elle avec moi. Par Allah, elle distança la caravane, au point qu’ils ne pouvaient la rattraper. »
Un peu de leurs ânes, au point que mes compagnes me disaient : « Ô fille d’Abû Dhu'ayb, malheur à toi ! Modère-toi (36) envers nous. N’est-ce pas là ton ânesse sur laquelle tu es sortie ? » Je leur répondais : « Si, par Allah, c’est bien elle-même. » Elles disaient alors : « Par Allah, elle a vraiment quelque chose de particulier. » Elle dit : « Puis nous arrivâmes à nos demeures dans le pays des Banû Sa‘d, et je ne connais aucune terre d’Allah plus aride que celle-ci. Mes brebis revenaient à moi, lorsque nous arrivâmes avec lui, rassasiées et pleines de lait ; nous trayions et buvions, alors que nul ne trayait une goutte de lait ni n’en trouvait dans un pis. Au point que ceux de notre tribu qui étaient présents disaient à leurs bergers : « Malheur à vous ! Faites paître là où paît le berger de la fille d’Abû Dhu'ayb. » Leurs troupeaux revenaient affamés, ne donnant pas une goutte de lait, tandis que mes brebis revenaient rassasiées et pleines de lait. Nous ne cessâmes de connaître de la part d’Allah l’accroissement et le bien (37) jusqu’à ce que ses deux années (38) fussent écoulées et que je le sevrasse. Il grandissait d’une croissance que les garçons n’atteignaient pas ; il n’avait pas atteint ses deux ans qu’il était déjà un garçon robuste (39). » Elle dit : « Nous l’amenâmes à sa mère, alors que nous étions plus désireux que tout de le garder chez nous, à cause de la bénédiction que nous voyions de lui. Nous parlâmes à sa mère et je lui dis : « Si tu laissais mon fils chez moi jusqu’à ce qu’il devienne fort, car je crains pour lui l’épidémie (40) de La Mecque. » Elle dit : « Nous ne cessâmes de la presser jusqu’à ce qu’elle nous le rendît. » (Le récit des deux anges qui lui ouvrirent le ventre, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) : Elle dit : « Nous revînmes avec lui. Par Allah, quelques mois après notre arrivée (avec lui), alors qu’il était avec son frère derrière nos maisons, parmi des agneaux (41) à nous, voici que son frère vint à nous en courant (42) et dit à moi et à son père : « Voilà mon frère qurayshite : deux hommes vêtus de blanc l’ont pris, l’ont couché, lui ont fendu le ventre et ils le retournent (43). » Elle dit : « Je sortis, moi et son père, vers lui. Nous le trouvâmes debout, le visage altéré (44). Elle dit : « Je l’embrassai et son père l’embrassa, et nous lui dîmes : « Qu’as-tu, mon fils ? » Il dit : « Deux hommes vêtus de blanc sont venus à moi, m’ont couché, m’ont fendu le ventre et ont cherché (dedans) quelque chose que je ne sais pas. » Elle dit : « Nous revînmes (avec lui) (45) à nos tentes. » (Le retour de Halîma avec lui, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui, auprès de sa mère) : Elle dit : « Son père me dit : « Ô Halîma, j’ai bien peur que ce garçon n’ait été frappé ; ramène-le donc aux siens avant que cela ne se manifeste en lui. » Elle dit : « Nous le chargeâmes et l’amenâmes à sa mère. Celle-ci dit : « Qu’est-ce qui t’a fait revenir avec lui, ô nourrice (46), alors que tu étais si désireuse de le garder chez toi ? » Elle dit : « Je répondis (47) : « Allah a fait parvenir mon fils à son terme et j’ai accompli ce qui m’incombait ; j’ai craint pour lui les accidents et je te l’ai rendu (48) comme tu aimes. » Elle dit : « Ce n’est pas là ton affaire ; dis-moi donc la vérité sur son cas. » Elle dit : « Elle ne cessa de me presser jusqu’à ce que je l’eusse informée. Elle dit : « As-tu craint pour lui le démon ? » Elle dit : « Je répondis : « Oui. » Elle dit : « Non, par Allah ! Le démon n’a aucun chemin sur lui. Mon fils a vraiment une importance. Ne t’informerai-je pas de son histoire ? » Elle dit : « (Je répondis) (2) : « Si. » Elle dit : « Lorsque je fus enceinte de lui, je vis sortir de moi une lumière qui illumina (49) pour moi les palais de Busrâ (50) en terre de Syrie. Puis je fus enceinte de lui ; par Allah, je n’ai jamais vu de grossesse plus légère (pour moi) (2) ni plus aisée que celle-ci. Lorsque je l’enfantai, il tomba en posant ses mains à terre et levant sa tête vers le ciel. Laisse-le donc et va, guidée sur la bonne voie. » (La définition que le Prophète, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui, donna de lui-même, lorsqu’on l’interrogea à ce sujet) : Ibn Ishâq dit : Thawr (51) ibn Yazîd m’a rapporté, d’après quelque savant — et je ne pense pas que ce soit autrement que d’après Khâlid (52) ibn Ma‘dân al-Kulâ‘î — que : Un groupe de compagnons de l’Envoyé d’Allah, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui, lui dirent : « Ô Envoyé d’Allah, informe-nous sur toi-même. » Il dit : « Oui. Je suis l’invocation de mon père Abraham (53) et l’annonce (de mon frère) (54) Jésus. Ma mère, lorsqu’elle fut enceinte de moi, vit sortir d’elle une lumière qui illumina pour elle les palais de Syrie (55). Je fus allaité chez les Banû Sa‘d ibn Bakr. Alors que j’étais avec un frère à moi, derrière nos maisons, faisant paître des agneaux à nous, voici que deux hommes vêtus de blanc vinrent à moi, avec un bassin d’or rempli de neige. Puis ils me prirent, me fendirent le ventre, sortirent mon cœur et le fendirent ; ils en retirèrent un caillot noir et le jetèrent. Puis ils lavèrent mon cœur et mon ventre avec cette neige jusqu’à les purifier (56). Puis l’un d’eux dit à son compagnon : « Pèse-le contre dix de sa communauté. » Il me pesa contre eux et je les surpassai en poids. Puis il dit : « Pèse-le contre cent de sa communauté. » Il me pesa contre eux et je les surpassai en poids. Puis il dit : « Pèse-le contre mille de sa communauté. » Il me pesa contre eux et je les surpassai en poids. Puis il dit : « Laisse-le. Par Allah, si tu le pesais contre sa communauté tout entière, il la surpasserait en poids (57). » (Lui et les prophètes avant lui ont gardé les moutons) : Ibn Ishâq dit : L’Envoyé d’Allah, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui, disait : « Il n’est pas de prophète qui n’ait gardé les moutons. » On dit : « Et toi, ô Envoyé d’Allah ? » Il dit : « Et moi (58). » (Sa fierté, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui, d’être qurayshite, et son allaitement chez les Banû Sa‘d) : Ibn Ishâq dit : L’Envoyé d’Allah, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui, disait à ses compagnons : « Je suis le plus arabe d’entre vous ; je suis qurayshite et j’ai été allaité chez les Banû Sa‘d ibn Bakr. » (Halîma le perdit, que la prière et le salut d’Allah soient sur lui, lors de son retour avec lui, et Waraqa ibn Nawfal le retrouva) : Ibn Ishâq dit : Les gens prétendent, dans ce qu’ils racontent — et Allah sait mieux — que lorsque sa mère la Sa‘dite arriva avec lui à La Mecque, il se perdit parmi la foule alors qu’elle se dirigeait avec lui vers sa famille. Elle le chercha mais ne le trouva pas. Elle vint donc à ‘Abd al-Muttalib et lui dit : « J’ai amené Muhammad cette nuit. Lorsque je fus à la partie haute de La Mecque, il se perdit ; par Allah, je ne sais où il est. » ‘Abd al-Muttalib se leva alors auprès de la Ka‘ba, invoquant Allah pour qu’Il le lui rendît. On prétend que Waraqa ibn Nawfal ibn Asad et un autre homme de Quraysh le trouvèrent et l’amenèrent à ‘Abd al-Muttalib. Ils lui dirent : « Voici ton fils, nous l’avons trouvé à la partie haute de La Mecque. » ‘Abd al-Muttalib le prit, le mit sur son cou et fit le tour de la Ka‘ba en lui faisant des incantations et en priant pour lui. Puis il l’envoya à sa mère Âmina. Ibn Ishâq dit : Quelque savant m’a rapporté que : Ce qui poussa sa mère la Sa‘dite à le rendre à sa mère, outre ce qu’elle avait mentionné à sa mère de ce qu’elle lui avait rapporté à son sujet, fut qu’un groupe d’Abyssins chrétiens le virent avec elle lorsqu’elle revint avec lui après son sevrage. Ils le regardèrent, l’interrogèrent à son sujet et l’examinèrent. Puis ils lui dirent : « Nous allons certainement prendre ce garçon et l’emmener chez notre roi et dans notre pays, car ce garçon aura une importance ; nous connaissons son affaire. » Celui qui m’a rapporté cela prétend qu’elle eut du mal à leur échapper avec lui.
Après la mort d'Âmina, le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) fut recueilli par son grand-père 'Abd al-Muttalib [1].
La mort d'Âmina et la situation du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, avec son grand-père 'Abd al-Muttalib après elle. (La mort d'Âmina) : Ibn Isḥâq dit : Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, était avec sa mère Âmina bint Wahb et son grand-père 'Abd al-Muttalib ibn Hâshim, sous la protection et la garde d'Allah, qui le faisait croître d'une belle croissance pour ce qu'Il voulait de son honneur. Lorsque le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, eut six ans, sa mère Âmina bint Wahb mourut. Ibn Isḥâq dit : 'Abd Allah ibn Abî Bakr ibn Muḥammad ibn 'Amr ibn Ḥazm m'a raconté que la mère du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, Âmina, mourut alors que le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, était âgé de six ans, à al-Abwâ' 1, entre La Mecque et Médine. Elle était venue avec lui chez ses oncles maternels des Banû 'Adî ibn al-Najjâr pour leur rendre visite, et elle mourut alors qu'elle revenait avec lui à La Mecque. (La raison pour laquelle les Banû 'Adî ibn al-Najjâr sont les oncles maternels du Messager d'Allah, paix et salut sur lui) : Ibn Hishâm dit : La mère de 'Abd al-Muttalib ibn Hâshim est Salmâ bint 'Amr al-Najjâriyya. C'est donc cette parenté maternelle que mentionne Ibn Isḥâq pour le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, à leur égard. (L'honneur que 'Abd al-Muttalib lui témoignait, paix et salut sur lui, lorsqu'il était enfant) : Ibn Isḥâq dit : Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, était avec son grand-père 'Abd al-Muttalib ibn Hâshim. On plaçait pour 'Abd al-Muttalib une couche à l'ombre de la Ka'ba, et ses fils s'asseyaient autour de cette couche jusqu'à ce qu'il sorte vers eux, aucun de ses fils ne s'asseyait dessus par respect pour lui. Il dit : Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, venait, alors qu'il était un jeune garçon robuste, et s'asseyait dessus. Ses oncles le prenaient pour le faire reculer, mais 'Abd al-Muttalib, lorsqu'il voyait cela, disait : "Laissez mon fils, car par Allah, il a une importance !" Puis il l'asseyait avec lui sur la couche, lui caressait le dos de la main et se réjouissait de ce qu'il voyait faire.
- al-Abwâ' : Village situé entre La Mecque et Médine, où se trouve la tombe d'Âmina, mère du Prophète.
La mort de ‘Abd al-Muṭṭalib. Et ce qu’il a composé comme poème en guise d’élégie [1].
Mort d'Abd al-Muttalib et les poèmes composés en son honneur (Mort d'Abd al-Muttalib et ce qui fut dit en poésie à son sujet) : Lorsque le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, eut huit ans, Abd al-Muttalib ibn Hâshim mourut. Cela eut lieu huit ans après l'Année de l'Éléphant. Ibn Ishâq dit : Al-'Abbâs 1 ibn 'Abd Allah ibn Ma'bad ibn al-'Abbâs m'a rapporté, d'après certains de ses proches : Qu'Abd al-Muttalib mourut alors que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, était âgé de huit ans 2. Ibn Ishâq dit : Muhammad ibn Sa'îd ibn al-Musayyab m'a rapporté : Qu'Abd al-Muttalib, lorsque la mort se présenta à lui et qu'il sut qu'il allait mourir, rassembla ses filles, qui étaient au nombre de six : Safiyya, Barra, 'Atika, Umm Hakîm al-Baydâ', Umayma et Arwâ. Il leur dit : « Pleurez sur moi jusqu'à ce que j'entende ce que vous dites avant de mourir. » Ibn Hishâm dit : Je n'ai trouvé personne parmi les spécialistes de la poésie qui connaisse ces poèmes, mais comme 3 il les a rapportés d'après Muhammad ibn Sa'îd ibn al-Musayyab, nous les avons écrits. (Élégie de Safiyya pour son père 'Abd al-Muttalib) : Safiyya bint 'Abd al-Muttalib dit en pleurant son père : Je n'ai pu dormir à cause de la voix d'une pleureuse, la nuit, / Sur un homme, dans la plaine du désert. Alors mes larmes ont coulé 4 / Sur ma joue, telle une perle qui dégringole 5. Sur un homme généreux, non vil 6, / Dont la supériorité éclate sur les serviteurs. Sur le généreux Shayba, possesseur des hauts faits, / Ton père le bienfaiteur, héritier de toute générosité 7. Véridique dans les circonstances, non lâche, / Ni de station vile, ni appuyé 8. Aux longs bras, magnifique, noble 9, / Obéi dans sa tribu, digne de louanges. À la maison élevée, au front lumineux, aux mérites abondants, / Pluie pour les gens dans le temps 10 de sécheresse 11. De noble ascendance, sans défaut 12, / Qui charme le chef et le subordonné. D'un grand calme, issu de gens nobles, / Généreux, magnanimes, lions 13. Si un homme pouvait être immortel pour un ancien mérite, / Mais il n'y a pas de chemin vers l'immortalité, Il serait immortel, à la fin des nuits, / Pour la supériorité du mérite et de la noblesse héritée. (Élégie de Barra pour son père 'Abd al-Muttalib) : Barra bint 'Abd al-Muttalib dit en pleurant son père : Ô mes deux yeux, versez des larmes abondantes / Sur le bon parfum et le refuge 14, Sur celui de noble ascendance, dont la pierre à feu produit l'étincelle, / Au beau visage, d'une grande importance, Sur Shayba la louange, possesseur des vertus, / De la gloire, de la puissance et de l'orgueil, Au calme et à la décision dans les calamités, / Aux nombreuses générosités, aux largesses abondantes 15. Il a un mérite éminent sur son peuple, / Lumineux, brillant comme la clarté de la lune. Les destins sont venus à lui sans l'atteindre 16 / Par le cours des nuits et les vicissitudes du sort 17. (Élégie de 'Atika pour son père 'Abd al-Muttalib) : 'Atika bint 'Abd al-Muttalib dit en pleurant son père : Ô mes deux yeux, soyez généreux et ne soyez pas avares / De vos larmes, après le sommeil des dormeurs. Ô mes deux yeux, coulez abondamment et versez, / Et mêlez les pleurs comme un voile 18. Ô mes deux yeux, sanglotez et versez / Sur un homme non lâche ni inutile 19, Sur le flot débordant dans les calamités, / Aux nobles actions, fidèle à l'engagement 20, Sur Shayba la louange, dont la pierre à feu produit l'étincelle, / Au dire véridique, ferme dans sa position, Épée tranchante à la guerre, / Et qui terrasse l'adversaire dans la dispute, Au caractère facile, aux mains ouvertes, / Et 21 d'une race pure, solide, généreuse 22. Il a bâti sa maison sur une hauteur, / Au sommet élevé, d'accès difficile 23. (Élégie d'Umm Hakîm pour son père 'Abd al-Muttalib) : Umm Hakîm al-Baydâ' bint 'Abd al-Muttalib dit en pleurant son père : Hélas ! Ô œil, sois généreuse et coule, / Et pleure celui qui a la générosité et les vertus 24. Hélas ! Ô œil, malheur à toi, assiste-moi / Avec des larmes, parmi des larmes abondantes 25. Et pleure le meilleur de ceux qui montent les montures, / Ton père le bienfaiteur, torrent de l'Euphrate 26, Aux longs bras, Shayba possesseur des hauts faits, / Au noble naturel, loué pour ses dons 27, Qui maintient les liens de parenté, héros 28, / Et pluie dans les années de sécheresse 28, Lion quand les lances s'entrechoquent, / Que les yeux des regardantes admirent 29, Le sage des Banû Kinâna, l'espoir / Quand le temps apporte les malheurs 30, Et leur refuge quand s'élève une tempête / D'une calamité, et le soutien dans les difficultés 31. Pleure-le donc sans nommer le chagrin, / Et que les pleureuses pleurent, tant que je vivrai 32. (Élégie d'Umayma pour son père 'Abd al-Muttalib) : Umayma bint 'Abd al-Muttalib dit en pleurant son père : Hélas ! A péri le berger de la tribu, celui qui manque, / Et l'abreuvoir des pèlerins, le défenseur de la gloire 33, Celui dont les maisons accueillent l'hôte étranger, / Quand le ciel des gens est avare de tonnerre. Tu as acquis et engendré le meilleur de ce qu'un jeune homme acquiert, / Tu n'as cessé de croître, ô Shayba la louange. Abû al-Hârith le généreux a laissé sa place, / Ne t'éloigne pas, car tout vivant va vers l'éloignement. Certes, je pleurerai tant que je vivrai, et je souffrirai, / Et il méritait ce que je ressens de douleur 34. Que le protecteur des gens t'abreuve dans la tombe d'une pluie abondante, / Car je le pleurerai, même s'il est dans la fosse. Il était l'ornement de toute la tribu, / Et il était loué partout où il y avait louange. (Élégie d'Arwâ pour son père 'Abd al-Muttalib) : Arwâ bint 'Abd al-Muttalib dit en pleurant son père : Mes deux yeux ont pleuré, et il leur est dû de pleurer, / Sur un homme généreux dont la nature est la pudeur 35, Sur un homme au caractère facile, issu de la plaine de la Mecque 36, / De noble naturel, dont l'intention est l'élévation 36, Sur le généreux Shayba, possesseur des hauts faits, / Ton père le bienfaiteur, qui n'a pas d'égal 37, Aux longs bras, lisse, noble 38, / Au front lumineux, dont l'éclat est une lumière 38, À la taille fine, magnifique, aux mérites abondants, / À qui appartiennent la gloire éminente et la splendeur 39, Qui repousse l'injustice, au front lumineux, héros 40, / D'une gloire ancienne, sans 40 défaut, Et le refuge de Mâlik, le printemps de Fihr, / Et leur arbitre 41 quand on cherche la décision. Il était le jeune homme par la noblesse et la générosité, / Et la bravoure quand le sang coule. Quand les héros craignent la mort, au point / Que les cœurs de la plupart d'entre eux sont vides 42, Il avance avec une épée tranchante et usée 43, / Sur lui, quand tu le vois, la beauté 44. Ibn Ishâq dit : Muhammad ibn Sa'îd ibn al-Musayyab m'a rapporté qu'il fit un signe de la tête, alors qu'il était muet 45 : « C'est ainsi, pleurez-moi donc. » (Généalogie d'al-Musayyab) : Ibn Hishâm dit : [Et] 46 al-Musayyab 47 ibn Hazn 48 ibn Abî Wahb ibn 'Amr ibn 'Â'idh ibn 'Imrân ibn Makhzûm. (Élégie de Hudhayfa pour 'Abd al-Muttalib) : Ibn Ishâq dit : Hudhayfa 49 50 ibn Ghânim, frère des Banû 'Adî ibn Ka'b ibn Lu'ayy, dit en pleurant 'Abd al-Muttalib ibn Hâshim ibn 'Abd Manâf, et mentionnant son mérite et celui de Qusayy sur Quraysh, et le mérite de ses descendants après lui sur eux. Cela parce qu'il fut pris pour une dette de quatre mille dirhams à La Mecque ; il s'y arrêta, et Abû Lahab 'Abd al-'Uzzâ ibn 'Abd al-Muttalib passa par lui et le racheta : Ô mes deux yeux, soyez généreux de larmes sur la poitrine, / Et ne vous lassez pas ; puissiez-vous être abreuvés par la pluie abondante 51. Et soyez généreux de larmes, versez à chaque matin, / En pleurs d'un homme que n'atteint pas la calamité du temps 52. (Et versez abondamment, accumulez, et répandez tant que vous vivrez 53 / Sur un homme pudique de Quraysh, et voilé 54) Sur un homme robuste, doté de vigilance, / Au beau visage, non lâche ni bavard 55, Sur le noble généreux, aux longs bras et à la largesse 56, / Printemps de Lu'ayy dans l'aisance et la difficulté 57, Sur le meilleur des chaussés de Ma'add et des déchaussés, / Au nom noble, au bon naturel et à la race pure 58, Le meilleur d'entre eux par l'origine, la descendance et le fond, / Le plus favorisé par les honneurs et la renommée, Le plus digne de gloire, de calme et de sagesse, / Et de mérite dans les années de disette poudreuses 59, Sur Shayba la louange, dont le visage / Illuminait l'obscurité de la nuit comme la pleine lune, Et l'abreuvoir des pèlerins, puis pour le bien Hâshim 60, / Et 'Abd Manâf, ce seigneur fihrite 61, Il a plié Zamzam près de la Station, et sa / Fonction d'abreuvoir est devenue une fierté sur tout fier.
Que pleure sur lui tout opprimé par l’affliction, ainsi que les descendants de Qusayy, qu’ils soient pauvres ou riches 62. Ses fils, nobles, jeunes et vieux, sont tels que la coquille de l’oiseau rapace s’est fendue pour les révéler 63. Qusayy, qui s’opposa à toute la tribu de Kinâna et resta attaché à la Maison de Dieu dans l’aisance comme dans la difficulté. Si les destins et leurs vicissitudes l’ont emporté, il a vécu béni dans son dessein et son commandement 64. Il a laissé des hommes, seigneurs non dépourvus, vaillants comme les lances de roudayna 65. Abû ‘Utba, dont le don m’est parvenu, au front blanc, à la peau claire, issu d’hommes illustres 66. Hamza, semblable à la pleine lune, frémissant de générosité, pur de vêtement et de conscience, exempt de trahison. ‘Abd Manâf, magnanime, doué de vigilance, attaché aux liens du sang, clément envers les alliés. Leurs vieillards sont les meilleurs des vieillards, et leur descendance est comme celle des rois, ni stérile ni déviante 67. Quand tu rencontres, au fil du temps, un jeune parmi eux, tu le trouves suivant la voie de ses ancêtres 68. Ils ont rempli la plaine de la Bat'hâ 69 de gloire et de puissance, quand on rivalisait de bonnes actions dans les siècles passés. Parmi eux se trouvent des bâtisseurs de hauts faits et de constructions, et ‘Abd Manâf, leur ancêtre, est celui qui répare les fractures. En mariant sa fille à ‘Awf, pour nous protéger de nos ennemis, quand les Banû Fihr nous avaient abandonnés 70. Nous avons alors voyagé à travers les plaines du Tihâma et du Najd, sous sa protection, jusqu’à ce que les caravanes aient traversé la mer 71. Ils étaient présents quand les gens étaient dispersés, et il n’y avait là que les vieillards des Banû ‘Amr 72. Ils y ont bâti de nombreuses demeures et y ont creusé des puits qui versent l’eau comme d’une mer débordante 73. Pour que les pèlerins et les autres puissent y boire, quand ils s’y précipitent au matin du jour du sacrifice 74. Pendant trois jours, leurs montures restent entravées entre les rochers et le Hijr 75. Autrefois, avant cela, nous étions riches pendant une longue période, et nous ne puisions l’eau qu’à l’aide de seaux ou en creusant 76. Ils pardonnent les fautes pour lesquelles on pourrait se venger, et ils excusent les paroles de sottise et d’insulte. Ce sont eux qui ont rassemblé toute la confédération des Ahâbîsh 77, et ce sont eux qui ont repoussé loin de nous les égarés des Banû Bakr. Ô Khârij, si tu péris, ne cesse de leur être reconnaissant jusqu’à ce que tu sois enseveli dans la tombe. N’oublie pas ce qu’a fait Ibn Lubnâ, car il a accompli un acte qui mérite pleinement ta gratitude 78. Tu es, toi, fils de Lubnâ, issu de Qusayy, quand on remonte la lignée, là où aboutit la visée du cœur dans la poitrine. Tu as atteint la gloire et tu l’as rassemblée, jusqu’à un fondement de noblesse, d’une vaste étendue et d’une grande solidité 79. Tu as devancé et surpassé les gens par ta générosité et tes dons, tu as dominé et tu as dépassé tout possesseur d’une noblesse débordante. Ta mère est un secret issu de Khuzâ‘a, un joyau, quand les experts examinent un jour les généalogies 80. Elle remonte et s’attache aux héros de Saba’ : quelle noble origine, élevée parmi les astres brillants ! Abû Shamar est d’eux, ainsi que ‘Amr ibn Mâlik, et Dhû Jadan de son peuple, et Abû l-Jabr 81. As‘ad a conduit le peuple pendant vingt pèlerinages, soutenu par la victoire dans ces lieux 82. Ibn Hishâm dit : « Ta mère est un secret issu de Khuzâ‘a », c’est-à-dire Abû Lahab, dont la mère est Lubnâ bint Hâjir al-Khuzâ‘î. Et son propos : « suivant la voie de ses ancêtres » vient d’autre qu’Ibn Ishâq. (Élégie de Matrûd pour ‘Abd al-Muttalib et les Banû ‘Abd Manâf) Ibn Ishâq dit : Matrûd ibn Ka‘b al-Khuzâ‘î dit, pleurant ‘Abd al-Muttalib et les Banû ‘Abd Manâf : Ô toi, homme qui détournes ta monture, n’as-tu pas demandé des nouvelles de la famille de ‘Abd Manâf ? Que ta mère te perde ! Si tu avais séjourné dans leur demeure, ils t’auraient protégé contre toute faute et tout péché 83. (Ils mêlent leurs riches à leurs pauvres, jusqu’à ce que le pauvre devienne comme l’homme suffisant) 84. Ceux qui donnent quand les astres changent, et qui partent pour le voyage du commerce 85. Ceux qui nourrissent quand les vents soufflent en sens contraire, jusqu’à ce que le soleil disparaisse dans la mer mugissante 86. Si tu es mort, ô père des actions, aucun contrat de mariage n’a été conclu au-dessus de ton pareil 87. Sauf ton père, le frère des nobles actions, seul, et le généreux Mutallib, père des hôtes 88. (La charge de ‘Abbâs sur la siqâya de Zamzam) Ibn Ishâq dit 89 : Quand ‘Abd al-Muttalib ibn Hâshim mourut, la charge de Zamzam et de la siqâya 90 revint après lui à ‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib, qui était alors le plus jeune de ses frères. Il ne cessa pas
- al-'Abbās : Al-'Abbās ibn 'Abd al-Muṭṭalib, oncle du Prophète.
- thamānī sinīn : Huit ans, âge communément admis pour la mort d'Abd al-Muṭṭalib.
- lammā : Puisque, étant donné que.
- fafāḍat... dumū'ī : Mes larmes ont coulé abondamment.
- al-farīd : Perle unique, ici symbole de larme.
- waghl : Homme vil, de basse extraction.
- kulli jūd : Toute générosité.
- shakht al-maqām wa lā sanīd : Ni de station vile ni appuyé (sur autrui).
- shayẓamī : Noble, de haute naissance.
- al-zaman : Le temps, l'époque.
- al-ḥarūd : Sécheresse, année de disette.
- wuṣūm : Défauts, tares.
- khaḍārima malāwitha usūd : Généreux, magnanimes, lions (hommes courageux).
- al-khum wa l-mu'taṣar : Le bon parfum et le refuge.
- jamm al-fajar : Aux largesses abondantes.
- tushwihi : L'atteindre (le blesser).
- ṣarf al-layālī wa rayb al-qadar : Le cours des nuits et les vicissitudes du destin.
- ka-mā bi l-tidām : Comme un voile (qui recouvre).
- niks kahām : Lâche et inutile.
- wafī al-dhimām : Fidèle à l'engagement.
- wa fī : Et dans (une race).
- 'admalī ṣamīm luhām : Race pure, solide, généreuse.
- ṣa'b al-marām : D'accès difficile.
- dhā al-nadā wa l-makrumāt : Celui qui a la générosité et les vertus.
- hāṭilāt : Abondantes (larmes).
- tayyār al-furāt : Torrent de l'Euphrate (métaphore de générosité).
- maḥmūd al-hibāt : Loué pour ses dons.
- hibrizī : Héros, homme courageux.
- tashtajir al-'awālī : Les lances s'entrechoquent.
- al-hanāt : Les malheurs.
- al-mu'ḍilāt : Les difficultés, les problèmes épineux.
- al-bākiyāt : Les pleureuses.
- al-muḥāmī 'an al-majd : Le défenseur de la gloire.
- wajd : Douleur, chagrin intense.
- samḥ sajiyyatuhu al-ḥayā' : Généreux dont la nature est la pudeur.
- abṭaḥī : Issu de la plaine de la Mecque (al-Abṭaḥ).
- kifā' : Égal, pareil.
- amlas shayẓamī : Lisse (au visage), noble.
- aqabb al-kašḥ : À la taille fine.
- khafā : Défaut, imperfection.
- fāṣilihā : Leur arbitre, celui qui tranche.
- hawā' : Vide (de courage).
- dhī rubad khašīb : Épée tranchante et usée (par l'usage).
- al-bahā' : La beauté, l'éclat.
- aṣmat : Il devint muet (par la mort imminente).
- wa : Et (conjonction ajoutée par Ibn Hishām).
- al-Musayyab : Al-Musayyab ibn Ḥazn, ancêtre de la chaîne de transmission.
- Ḥazn : Ḥazn ibn Abī Wahb.
- Ḥudhayfa : Ḥudhayfa ibn Ghānim, poète de Quraysh.
- wa qāla : Et dit (Ibn Ishāq).
- sabal al-qaṭr : Pluie abondante.
- nā'ib al-dahr : Calamité du temps.
- suhḥā wa jummā wa isjamā : Versez abondamment, accumulez, répandez.
- dhī sitr : Voilé (pudique).
- hadhr : Bavard, léger.
- al-buhlūl : Le généreux, l'homme accompli.
- al-maḥūṭ wa fī al-'usr : Dans l'aisance et la difficulté.
- al-najr : La race, l'origine.
- al-mujḥifāt min al-ghubr : Les années de disette poudreuses.
- Hāshim : Hāshim ibn 'Abd Manāf, arrière-grand-père du Prophète.
- al-fihrī : De Fihr, ancêtre de Quraysh.
- Qusayy : Qusayy ibn Kilâb, ancêtre de la tribu de Quraysh, considéré comme le fondateur de la Mecque.
- coquille de l’oiseau rapace : Métaphore désignant l'enveloppe protectrice d'où émergent les nobles.
- béni dans son dessein : Expression signifiant que ses entreprises étaient favorisées par le destin.
- roudayna : Nom d'une femme qui fabriquait des lances, devenues proverbiales pour leur qualité.
- Abû ‘Utba : Surnom de ‘Abd al-Muttalib, grand-père du Prophète.
- ni stérile ni déviante : Leur descendance est féconde et droite.
- suivant la voie de ses ancêtres : Il imite les vertus de ses prédécesseurs.
- Bat'hâ : Vallée de la Mecque.
- Banû Fihr : Tribu de Quraysh, dont Fihr est un ancêtre.
- Tihâma et Najd : Régions d'Arabie.
- Banû ‘Amr : Tribu alliée.
- mer débordante : Métaphore pour l'abondance d'eau.
- jour du sacrifice : 10 Dhul-Hijja, pendant le pèlerinage.
- Hijr : Espace près de la Kaaba.
- seaux ou en creusant : Moyens rudimentaires de puiser l'eau.
- Ahâbîsh : Confédération de tribus alliées à Quraysh.
- Ibn Lubnâ : Surnom d'Abû Lahab, oncle du Prophète.
- fondement de noblesse : Base solide de la gloire.
- Khuzâ‘a : Tribu arabe.
- Abû Shamar, ‘Amr ibn Mâlik, Dhû Jadan, Abû l-Jabr : Personnages de la tribu de Saba'.
- As‘ad : As‘ad al-Kâmil, roi himyarite.
- faute et tout péché : Ils t'auraient protégé des conséquences de tes actes.
- l'homme suffisant : Celui qui n'a besoin de rien.
- voyage du commerce : Expéditions commerciales des Quraysh.
- mer mugissante : Métaphore pour la mer agitée.
- contrat de mariage : Aucune alliance matrimoniale n'a égalé la sienne.
- Mutallib : Mutallib ibn ‘Abd Manâf, ancêtre de Quraysh.
- Ibn Ishâq : Muhammad ibn Ishâq, biographe du Prophète.
- siqâya : Charge de fournir de l'eau aux pèlerins.
La prise en charge [1] d'Abû Tâlib pour le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui.
Il ne cessa de s'y consacrer jusqu'à ce que l'Islam s'établît, alors qu'elle 1 était entre ses mains. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, la lui confirma pour la durée de sa charge 2. Elle appartient donc aux descendants d'al-'Abbâs, par la charge d'al-'Abbâs sur elle, jusqu'à ce jour. La tutelle d'Abû Tâlib sur le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue Après 'Abd al-Muttalib, le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, était avec son oncle Abû Tâlib. 'Abd al-Muttalib – selon ce qu'ils prétendent – le recommandait à son oncle Abû Tâlib, car 'Abd Allah, père du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et Abû Tâlib étaient frères de père et de mère ; leur mère était Fâtima bint 'Amr ibn 'Â'idh ibn 'Abd ibn 'Imrân ibn Makhzûm. Ibn Hishâm dit : 'Â'idh ibn 'Imrân ibn Makhzûm. (La charge d'Abû Tâlib sur l'affaire du Messager, qu'Allah prie sur lui et le salue) : Ibn Ishâq dit : Abû Tâlib était celui qui gérait l'affaire du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, après son grand-père ; il était donc sous sa responsabilité et avec lui. (Prophétie d'un homme de Lahb 3 au sujet du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue) : Ibn Ishâq dit : Yaḥyâ 4 ibn 'Abbâd ibn 'Abd Allah ibn az-Zubayr m'a raconté, d'après son père, qu'un homme de Lahb – Ibn Hishâm dit : Lahb fait partie d'Azad Shanû'a 5 –
- al-Ḥijāfa : Charge de la garde et de l'entretien de la Ka'ba, confiée à la tribu de Quraysh.
- wilāya : Autorité, charge ou gouvernance sur un territoire ou une fonction.
- Lahb : Tribu arabe, branche d'Azad Shanû'a.
- Yaḥyā : Yahya ibn 'Abbad, transmetteur de hadith.
- Azad Shanū'a : Tribu arabe du Yémen, branche d'Azad.
L'histoire de Bahira [1]
un devin 1. Lorsqu'il venait à La Mecque, les hommes de Quraych lui amenaient leurs jeunes garçons pour qu'il les examine et tire des présages à leur sujet. On lui amena donc Abou Talib avec un garçon, parmi ceux qui venaient. Il regarda l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), puis quelque chose le distraya de lui. Quand il eut fini, il dit : « Qu'on me ramène le garçon ! » Mais quand Abou Talib vit son empressement, il le cacha à ses yeux. Alors il se mit à dire : « Malheur à vous ! Rendez-moi le garçon que j'ai vu tout à l'heure, car par Dieu, il aura une grande importance. » Et Abou Talib s'en alla. Histoire de Bahira 2 (Descendre d'Abou Talib et de l'Envoyé de Dieu chez Bahira) Ibn Ishaq dit : Ensuite, Abou Talib partit en caravane commerciale vers la Syrie. Lorsqu'il se prépara au départ et décida de voyager, l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) s'attacha à lui 3 – selon ce qu'ils rapportent – et Abou Talib eut pitié de lui et dit : « Par Dieu, je l'emmènerai avec moi, il ne me quittera pas et je ne le quitterai jamais », ou quelque chose d'approchant. Il l'emmena donc avec lui 4. Lorsque la caravane descendit à Busra 5 en Syrie, il y avait là un moine nommé Bahira dans son ermitage, qui détenait la science des chrétiens. Il n'avait cessé d'y avoir dans cet ermitage, depuis toujours 6, un moine vers qui leur science aboutissait, d'après un livre qui s'y trouvait – selon ce qu'ils prétendent – et qu'ils se transmettaient de génération en génération. Cette année-là, lorsqu'ils descendirent chez Bahira – alors qu'ils étaient nombreux à passer devant lui auparavant sans qu'il ne leur parle ni ne s'occupe d'eux –, il leur prépara un grand repas. Cela, selon ce qu'ils rapportent, à cause de quelque chose qu'il avait vu depuis son ermitage. Ils prétendent qu'il avait vu l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dans la caravane, alors qu'il était dans son ermitage, lorsqu'ils arrivèrent, et qu'un nuage l'ombrageait, le distinguant du reste du groupe. Puis ils s'approchèrent et descendirent à l'ombre d'un arbre près de lui. Il regarda le nuage lorsqu'il ombragea l'arbre, et les branches de l'arbre s'inclinèrent 7 sur l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) jusqu'à ce qu'il fût à l'ombre sous elles. Quand Bahira vit cela, il descendit de son ermitage 8, puis envoya quelqu'un leur dire : « J'ai préparé pour vous un repas, ô assemblée de Quraych ! Je voudrais que vous y assistiez tous, petits et grands, esclaves et hommes libres. » Un homme parmi eux lui dit : « Par Dieu, ô Bahira, tu as aujourd'hui une affaire ! Tu ne faisais pas cela pour nous, alors que nous passions souvent devant toi. Qu'as-tu donc aujourd'hui ? » Bahira lui répondit : « Tu dis vrai, il en était comme tu dis. Mais vous êtes des hôtes, et j'ai voulu vous honorer en vous préparant un repas dont vous mangerez tous 9. » Ils se rassemblèrent donc chez lui, mais l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) resta à l'écart du groupe, à cause de son jeune âge, près des bagages sous l'arbre. Lorsque Bahira regarda le groupe, il ne vit pas la description qu'il connaissait et trouvait chez lui. Il dit : « Ô assemblée de Quraych ! Que personne parmi vous ne manque à mon repas ! » Ils lui dirent : « Ô Bahira, il ne manque personne qui doive venir, sauf un garçon, le plus jeune du groupe, qui est resté près de leurs bagages. » Il dit : « Ne faites pas ainsi ! Appelez-le, qu'il assiste à ce repas avec vous. » Un homme de Quraych parmi le groupe dit : « Par al-Lat et al-Uzza 10 ! Il serait honteux pour nous que le fils d'Abdallah ibn Abd al-Muttalib manque à un repas parmi nous ! » Puis il se leva, le prit dans ses bras 11 et l'assit avec le groupe. Quand Bahira le vit, il se mit à l'observer intensément et à regarder certaines parties de son corps, qu'il trouvait conformes à la description qu'il avait. Lorsque le groupe eut fini de manger et se fut dispersé, Bahira s'approcha de lui et lui dit 12 : « Ô garçon, je te conjure par al-Lat et al-Uzza de me répondre sur ce que je te demanderai. » Bahira ne dit cela que parce qu'il avait entendu son peuple jurer par elles. Ils rapportent que l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui dit 13 : « Ne me conjure pas par al-Lat et al-Uzza, car par Dieu, je n'ai jamais rien détesté autant qu'elles. » Alors Bahira lui dit : « Par Dieu, réponds-moi sur ce que je te demanderai. » Il lui dit : « Demande-moi ce que tu veux. » Il se mit à l'interroger sur certaines choses concernant son sommeil, son apparence et ses affaires, et l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui répondait, et cela correspondait à ce que Bahira avait comme description de lui. Puis il regarda son dos et vit le sceau 14 de la prophétie entre ses épaules, à l'endroit décrit dans ce qu'il avait. Ibn Hicham dit : Il était comme une marque de ventouse 15. Ibn Ishaq dit : Quand il eut fini, il se tourna vers son oncle Abou Talib et lui dit : « Que t'est ce garçon ? » Il répondit : « Mon fils. » Bahira lui dit : « Ce n'est pas ton fils, et il ne convient pas que le père de ce garçon soit vivant. » Il dit : « C'est le fils de mon frère. » Il dit : « Qu'est devenu son père ? » Il répondit : « Il est mort alors que sa mère était enceinte de lui. » Il dit : « Tu as dit vrai. Ramène le fils de ton frère dans son pays, et prends garde à lui contre les Juifs. Car par Dieu, s'ils le voient et reconnaissent en lui ce que j'ai reconnu, ils lui feront du mal 16. Car ce fils de ton frère aura une grande importance. Hâte-toi de le ramener dans son pays. » (Retour d'Abou Talib avec l'Envoyé de Dieu, et ce qu'il advint de Zurair et de ses deux compagnons) Son oncle Abou Talib l'emmena rapidement jusqu'à le faire entrer à La Mecque, après avoir terminé son commerce en Syrie. Selon ce que les gens rapportent, Zurair, Tammam et Daris – des gens du Livre – avaient vu de l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) la même chose que Bahira avait vue lors de ce voyage avec son oncle Abou Talib. Ils voulurent s'en prendre à lui, mais Bahira les en empêcha, leur rappelant Dieu et ce qu'ils trouvaient dans le Livre à son sujet et de sa description, et que s'ils s'accordaient pour ce qu'ils voulaient lui faire, ils n'y parviendraient pas. Il ne cessa de les convaincre jusqu'à ce qu'ils reconnussent ce qu'il leur disait, le crurent, le laissèrent et s'éloignèrent de lui. L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) grandit, Dieu Très-Haut le protégeant, le gardant et le préservant des souillures de l'époque préislamique, en vue de l'honneur et de la mission qu'Il lui destinait, jusqu'à ce qu'il devînt un homme, le plus parfait de son peuple en virilité, le meilleur en caractère, le plus noble en lignée, le meilleur en voisinage, le plus grand en clémence, le plus véridique en parole, le plus digne de confiance, le plus éloigné de l'obscénité et des mœurs qui souillent les hommes, par pureté et noblesse, au point que son nom dans son peuple n'était autre que « le Digne de confiance », à cause des qualités vertueuses que Dieu avait réunies en lui. (Son récit (que Dieu prie sur lui et le salue) sur la protection de Dieu pour lui dans son enfance) L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) – selon ce qui m'a été rapporté – racontait ce dont Dieu le protégeait dans sa jeunesse et à l'époque préislamique. Il dit : « Je me voyais, parmi les jeunes garçons de Quraych, transportant des pierres pour un jeu d'enfants. Nous nous étions tous dénudés, chacun avait pris son pagne et l'avait mis sur son cou pour porter les pierres. J'allais et venais ainsi avec eux, quand quelqu'un que je ne voyais pas me donna un coup violent 17 et dit : « Serre ton pagne sur toi ! » Je le pris et le serrai sur moi, puis je me mis à porter les pierres sur mon cou, mon pagne sur moi, à la différence de mes compagnons. »
- ʿāʾif : Devin qui tire des présages à partir de l'observation des oiseaux ou d'autres signes.
- Baḥīrā : Moine chrétien qui aurait reconnu le Prophète Muhammad lors d'un voyage en Syrie.
- ṣabba bihī : S'attacha à lui, s'accrocha à lui avec insistance.
- kharaja bihī : Il l'emmena avec lui.
- Buṣrā : Ville de Syrie, ancienne capitale de la province romaine d'Arabie.
- mundhu qaṭṭu : Depuis toujours, de tout temps.
- tahaṣṣarat : S'inclinèrent, se penchèrent.
- ṣawmaʿa : Ermitage, cellule de moine.
- fa-taʾkulū : Afin que vous mangiez.
- al-Lāt wa-l-ʿUzzā : Deux divinités féminines préislamiques vénérées par les Arabes païens.
- iḥtaḍanahu : Le prit dans ses bras, l'embrassa.
- qāla lahu : Lui dit.
- qāla lahu : Lui dit.
- khātam al-nubuwwa : Sceau de la prophétie, marque physique entre les omoplates du Prophète.
- athar al-miḥjam : Marque laissée par une ventouse, semblable à une ecchymose.
- la-yabghunnahu : Ils lui feront du mal, ils chercheront à lui nuire.
- lakamanī lākimun : Quelqu'un me donna un coup de poing.
La guerre de Fijār [1]
La guerre du Fijâr 1 (Cause) : Ibn Hichâm rapporte : Lorsque le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, eut quatorze ou quinze ans, selon ce que m'a rapporté Abû 'Ubayda le grammairien, d'après Abû 'Amr ibn al-'Alâ', éclata la guerre du Fijâr entre Quraysh et ceux qui les accompagnaient parmi Kinâna, d'une part, et Qays 'Aylân, d'autre part. Ce qui la déclencha fut que 'Urwa ar-Rahhâl 2 ibn 'Utba ibn Ja'far ibn Kilâb ibn Rabî'a ibn 'Âmir ibn Sa'sa'a ibn Mu'âwiya ibn Bakr ibn Hawâzin accorda sa protection 3 à une lâtima 4 appartenant à an-Nu'mân ibn al-Mundhir 5. Al-Barrâd ibn Qays, l'un des Banû Damra ibn Bakr ibn 'Abd Manât ibn Kinâna, lui dit : « Lui accordes-tu protection contre Kinâna ? » Il répondit : « Oui, et contre toute la création. » 'Urwa ar-Rahhâl partit donc avec elle, et al-Barrâd partit également, guettant un moment d'inattention. Lorsqu'il fut à Tayman 6 Dhî Tilâl, dans la 'Âliya 7, 'Urwa fut distrait ; al-Barrâd bondit sur lui et le tua pendant le mois sacré 8. C'est pour cela qu'elle fut appelée al-Fijâr 1. Al-Barrâd dit à ce sujet 9 : « Bien des calamités qui préoccupaient les gens avant moi, j'ai serré contre elles les côtes des Banû Bakr 10. J'ai démoli par elles les maisons des Banû Kilâb, et j'ai allaité les alliés avec les mamelles 11. J'ai levé pour lui 12 à Dhî Tilâl ma main 13, et il tomba, chancelant comme un tronc abattu. » Labîd ibn Rabî'a ibn Mâlik ibn Ja'far ibn Kilâb dit : « Fais savoir, si tu passes par là, aux Banû Kilâb, et à 'Âmir – les malheurs leur sont alliés – Et fais savoir, si tu passes par là, aux Banû Numayr, et aux oncles maternels du tué, les Banû Hilâl, Que le voyageur ar-Rahhâl a passé la nuit, gisant, près de Tayman Dhî Tilâl. » Ces vers font partie d'un poème plus long, selon ce qu'a mentionné Ibn Hichâm. (Déclenchement de la guerre entre Quraysh et Hawâzin) : Ibn Hichâm dit : Un homme vint à Quraysh et dit : « Al-Barrâd a tué 'Urwa, alors qu'ils se trouvaient à 'Ukâz pendant le mois sacré. » Ils partirent donc, sans que Hawâzin ne s'en aperçoive 14. Puis la nouvelle leur parvint et ils les poursuivirent ; ils les rattrapèrent avant qu'ils n'entrent dans le Haram 15. Ils combattirent jusqu'à la nuit, puis ils entrèrent dans le Haram, et Hawâzin s'abstint de les poursuivre. Ensuite, ils s'affrontèrent pendant plusieurs jours après ce jour-là, chaque tribu de Quraysh et Kinâna ayant un chef issu d'elle, et chaque tribu de Qays ayant un chef issu d'elle. (Présence du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, alors qu'il était jeune, et son âge) : Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, assista à certains de ces jours ; ses oncles l'emmenèrent avec eux. Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, dit : « Je ramassais les flèches 16 pour mes oncles », c'est-à-dire : je leur renvoyais les flèches de leurs ennemis lorsqu'ils les lançaient contre eux. (Raison de cette appellation) : Ibn Ishâq dit : La guerre du Fijâr éclata alors que le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, avait vingt ans. Elle fut appelée jour du Fijâr en raison de ce que ces deux clans, Kinâna et Qays 'Aylân, y violèrent des interdits entre eux. (Chefs de Quraysh et de Hawâzin pendant cette guerre, et son issue) : Le chef de Quraysh et de Kinâna était Harb 17 ibn Umayya ibn 'Abd Shams, et la victoire fut
- al-Fijâr : Guerre sacrilège, ainsi nommée parce qu'elle eut lieu pendant les mois sacrés où les combats étaient interdits.
- ar-Rahhâl : Surnom signifiant 'le grand voyageur'.
- ajâra : Accorder sa protection (ijâra) à une personne ou un bien, garantissant sa sécurité.
- lâtima : Caravane commerciale chargée de parfums et d'aromates.
- an-Nu'mân ibn al-Mundhir : Roi lakhmide de Hîra, vassal des Perses.
- Tayman : Localité située dans la région de la 'Âliya, près de La Mecque.
- al-'Âliya : Région élevée au nord-est de La Mecque, comprenant des localités comme Tayman.
- ash-shahr al-harâm : Mois sacré, l'un des quatre mois (dhû l-qa'da, dhû l-hijja, muharram, rajab) durant lesquels les combats étaient interdits.
- al-Barrâd : Al-Barrâd ibn Qays, poète et guerrier de Kinâna.
- shadadtu lahâ banî Bakrin dulû'î : Expression signifiant 'j'ai rassemblé les Banû Bakr pour les affronter', les côtes étant le siège de la force.
- arda'tu l-mawâlî bi-d-durû' : Métaphore : 'j'ai allaité les alliés avec les mamelles' signifie qu'il les a nourris de butin ou de victoire.
- lahu : Le pronom 'lui' renvoie à 'Urwa ar-Rahhâl.
- kuffî : Ma main, c'est-à-dire sa main armée.
- lâ tash'uru (bihim) : Sans qu'ils (Hawâzin) ne s'en aperçoivent.
- al-Haram : Le sanctuaire de La Mecque, zone sacrée où les combats sont interdits.
- anbulu : Verbe signifiant 'ramasser les flèches' pour les renvoyer à l'ennemi.
- Harb : Harb ibn Umayya, ancêtre des Omeyyades, père d'Abû Sufyân.
Le récit du mariage du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, avec Khadija, qu'Allah soit satisfait d'elle.
Au début de la journée, Qays 1 l'emportait sur Kināna 2 ; mais quand le milieu du jour arrivait, la victoire revenait à Kināna sur Qays. Ibn Hishām 3 dit : Le récit de la guerre de Fijār 4 est plus long que ce que j'ai mentionné ; seule m'a empêché de le détailler la crainte d'interrompre le récit de la vie du Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue. Récit du mariage du Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, avec Khadīja, qu'Allāh l'agrée. (Son âge, qu'Allāh prie sur lui et le salue, lors de son mariage avec Khadīja) : Ibn Hishām dit : Lorsque le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, eut vingt-cinq ans 5, il épousa Khadīja bint Khuwaylid ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzzā ibn Quṣayy ibn Kilāb ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy ibn Ghālib, selon ce que m'ont rapporté plusieurs savants d'après Abū 'Amr al-Madanī 6. (Son départ, qu'Allāh prie sur lui et le salue, pour le Shām 7 avec les marchandises de Khadīja, et ce qui advint avec Baḥīrā 8) : Ibn Isḥāq 9 dit : Khadīja bint Khuwaylid était une femme commerçante, noble et riche. Elle engageait des hommes pour son argent et pratiquait avec eux la muḍāraba 10, en leur donnant une part. Les Quraysh 11 étaient un peuple de commerçants. Lorsqu'elle apprit du Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, ce qu'elle apprit de sa véracité, de sa grande loyauté et de la noblesse de son caractère, elle lui envoya un message et lui proposa de partir avec son argent au Shām comme commerçant, en lui donnant plus que ce qu'elle donnait aux autres commerçants, accompagné d'un de ses serviteurs nommé Maysara. Le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, accepta sa proposition, partit avec cet argent, accompagné de son serviteur Maysara, jusqu'à ce qu'il arrive au Shām. Le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, s'arrêta à l'ombre d'un arbre près de l'ermitage d'un moine 12. Le moine regarda Maysara et lui dit : « Qui est cet homme qui s'est arrêté sous cet arbre ? » Maysara lui répondit : « C'est un homme des Quraysh, du peuple du Haram 13. » Le moine lui dit : « Personne ne s'est jamais arrêté sous cet arbre, si ce n'est un prophète 14. » (Désir de Khadīja de l'épouser) : Ensuite, le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, vendit la marchandise qu'il avait apportée, acheta ce qu'il voulait acheter, puis repartit vers La Mecque avec Maysara. Maysara – selon ce qu'ils prétendent – voyait, lorsque la chaleur de midi était intense, deux anges qui faisaient de l'ombre au Messager d'Allāh avec leurs ailes 15 tandis qu'il chevauchait son chameau. Lorsqu'il arriva à La Mecque auprès de Khadīja avec son argent, elle vendit ce qu'il avait rapporté, et le bénéfice fut le double ou à peu près 16. Maysara lui raconta les paroles du moine et ce qu'il avait vu des deux anges lui faisant de l'ombre. Khadīja était une femme avisée, noble et intelligente, en plus de ce qu'Allāh voulait pour elle comme honneur. Lorsque Maysara l'eut informée de ce qu'il lui avait dit, elle envoya un message au Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, et lui dit – selon ce qu'ils prétendent – : « Ô cousin, je t'ai désiré pour ta parenté, ta position éminente 17 parmi ton peuple, ta loyauté, la noblesse de ton caractère et ta véracité. » Puis elle lui offrit sa main. Khadīja était alors, parmi les femmes de Quraysh, la plus noble par sa lignée, la plus élevée en rang et la plus riche ; tous les siens étaient avides de cela, s'ils l'avaient pu. (Généalogie de Khadīja) : Elle est Khadīja bint Khuwaylid ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzzā ibn Quṣayy ibn Kilāb ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy ibn Ghālib ibn Fihr. Sa mère est Fāṭima bint Zā'ida ibn al-Aṣamm ibn Rawāḥa ibn Ḥajar ibn 'Abd ibn Ma'īṣ ibn 'Āmir ibn Lu'ayy ibn Ghālib ibn Fihr. La mère de Fāṭima est Hāla bint 'Abd Manāf ibn al-Ḥārith ibn 'Amr ibn Munfidh ibn 'Amr ibn Ma'īṣ ibn 'Āmir ibn Lu'ayy ibn Ghālib ibn Fihr. La mère de Hāla est Qilāba bint Sa'īd ibn Sa'd ibn Sahm ibn 'Amr ibn Huṣayṣ ibn Ka'b ibn Lu'ayy ibn Ghālib ibn Fihr. (Son mariage, qu'Allāh prie sur lui et le salue, avec Khadīja) : Lorsqu'elle eut dit cela au Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, il en parla à ses oncles, puis sortit avec son oncle Ḥamza ibn 'Abd al-Muṭṭalib, qu'Allāh lui fasse miséricorde, jusqu'à ce qu'ils entrent chez Khuwaylid ibn Asad, et il la demanda en mariage. Il l'épousa. Ibn Hishām dit : Le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, lui donna comme dot vingt jeunes chamelles 18. Elle fut la première femme que le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, épousa, et il n'en épousa aucune autre de son vivant jusqu'à sa mort, qu'Allāh l'agrée. (Ses enfants, qu'Allāh prie sur lui et le salue, de Khadīja) : Ibn Isḥāq dit : Elle enfanta au Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, tous ses enfants, excepté Ibrāhīm : al-Qāsim – et c'est par lui qu'il était surnommé 19 –, al-Ṭāhir 20, al-Ṭayyib 21, Zaynab, Ruqayya, Umm Kulthūm et Fāṭima, que la paix soit sur eux. Ibn Hishām dit : L'aîné de ses fils est al-Qāsim, puis al-Ṭayyib, puis al-Ṭāhir ; l'aînée de ses filles est Ruqayya, puis Zaynab, puis Umm Kulthūm, puis Fāṭima. Ibn Isḥāq dit : Quant à al-Qāsim, al-Ṭayyib et al-Ṭāhir, ils moururent 22 à l'époque de la Jāhiliyya 23. Quant à ses filles, toutes vécurent jusqu'à l'Islam, embrassèrent l'Islam et émigrèrent avec lui, qu'Allāh prie sur lui et le salue. (La mère d'Ibrāhīm) : Ibn Hishām dit : Quant à Ibrāhīm, sa mère est Māriya la Copte 24. 'Abd Allāh ibn Wahb nous a rapporté d'après Ibn Lahī'a 25 : La mère d'Ibrāhīm est Māriya, la concubine 26 du Prophète, qu'Allāh prie sur lui et le salue, que lui offrit al-Muqawqis 27 de Ḥafn, du district d'Ansīnā 28. (Récit de Khadīja avec Waraqa et la confirmation de la prophétie de Waraqa à son sujet, qu'Allāh prie sur lui et le salue) : Ibn Isḥāq dit : Khadīja bint Khuwaylid avait mentionné à Waraqa ibn Nawfal ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzzā – qui était son cousin, un chrétien qui avait étudié les Écritures et acquis de la science parmi les gens – ce que son serviteur Maysara lui avait rapporté des paroles du moine et de ce qu'il avait vu des deux anges qui lui faisaient de l'ombre. Waraqa dit : « Si cela est vrai, ô Khadīja, alors Muḥammad est le prophète de cette communauté ; je sais qu'il doit y avoir pour cette communauté un prophète attendu, et voici son temps », ou quelque chose d'approchant. (Il dit) : Waraqa se mit à s'impatienter et à dire : « Jusqu'à quand ? » Et Waraqa dit à ce sujet : « Je me suis obstiné, et dans le souvenir je suis obstiné, / Pour un chagrin qui, longtemps, a suscité les sanglots, Et une description de Khadīja après une description ; / Certes, mon attente s'est prolongée, ô Khadīja, Dans le creux des deux Mekkes 29, dans l'espoir / De ton récit, que j'en voie l'accomplissement 30. »
- Qays : Tribu arabe, souvent opposée à Kināna.
- Kināna : Tribu arabe, dont les Quraysh sont une branche.
- Ibn Hishām : Abū Muḥammad 'Abd al-Malik ibn Hishām, célèbre biographe du Prophète (m. 218/833).
- Fijār : Guerre sacrilège entre les tribus de Quraysh et Qays 'Aylān, avant l'Islam.
- vingt-cinq ans : Âge du Prophète lors de son mariage avec Khadīja.
- Abū 'Amr al-Madanī : Savant médinois, traditionniste.
- Shām : Région du Levant (Syrie, Palestine, Liban, Jordanie).
- Baḥīrā : Moine chrétien qui reconnut les signes de prophétie chez le jeune Muḥammad.
- Ibn Isḥāq : Muḥammad ibn Isḥāq, auteur de la première biographie du Prophète (m. 150/767).
- muḍāraba : Contrat de commandite ou de société de capital et de travail.
- Quraysh : Tribu dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- moine : Il s'agit de Baḥīrā.
- Haram : Sanctuaire de La Mecque, zone sacrée.
- prophète : Allusion à la croyance que cet arbre n'avait abrité que des prophètes.
- deux anges qui faisaient de l'ombre : Signe miraculeux de protection divine.
- le double ou à peu près : Bénéfice considérable.
- position éminente : Littéralement : 'ta position au milieu' (sīṭatuka), signifiant rang social élevé.
- vingt jeunes chamelles : Dot (mahr) donnée par le Prophète à Khadīja.
- surnommé : Le Prophète était surnommé Abū al-Qāsim (père d'al-Qāsim).
- al-Ṭāhir : Signifie 'le pur' ; nom d'un fils du Prophète.
- al-Ṭayyib : Signifie 'le bon' ; nom d'un fils du Prophète.
- moururent : Morts en bas âge avant l'Islam.
- Jāhiliyya : Période préislamique, 'l'ignorance'.
- Māriya la Copte : Māriya bint Sham'ūn, esclave copte offerte au Prophète, mère d'Ibrāhīm.
- Ibn Lahī'a : 'Abd Allāh ibn Lahī'a, traditionniste égyptien (m. 174/790).
- concubine : Esclave de statut spécial (surriyya) ayant des relations avec son maître.
- al-Muqawqis : Titre du gouverneur byzantin d'Égypte, probablement Cyrus d'Alexandrie.
- Ḥafn, district d'Ansīnā : Localité en Haute-Égypte.
- les deux Mekkes : Expression poétique désignant La Mecque et ses environs.
- l'accomplissement : Allusion à l'attente de la prophétie de Muḥammad.
Le récit de la construction de la Kaaba et de l'arbitrage du Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, entre les Qurayshites pour la pose de la Pierre [1].
Parmi ce que nous a rapporté la parole d'un prêtre... parmi les moines, je déteste qu'elle dévie. Que Muhammad dominera parmi nous... et vaincra quiconque lui disputera. Et apparaîtra dans les contrées une lumière éclatante... par laquelle les créatures se redresseront pour ne plus vaciller 1. Alors rencontrera perte quiconque le combattra... et rencontrera salut quiconque fera la paix avec lui 2. Hélas ! Si seulement, lorsque cela arrivera... j'étais présent et j'étais le premier d'entre eux à entrer 3. À entrer dans ce que Quraysh a répugné... même si La Mecque retentissait de ses clameurs 4. Espoir en Celui qu'ils ont tous répugné... vers le Possesseur du Trône, s'ils s'abaissent, de s'élever 5. Et l'affaire de l'abjection n'est-elle que mécréance... envers Celui qui choisit parmi les hauteurs des constellations ? S'ils survivent et que tu survives, il y aura des affaires... dont les mécréants crieront fort. Et s'Il fait périr, tout jeune homme rencontrera... des décrets, des pertes 6 et des détroits. Récit de la construction de la Ka'ba et du jugement du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, entre Quraysh au sujet de la pose de la Pierre. (Cause de la construction de la Ka'ba par Quraysh) : Ibn Ishaq dit : Lorsque le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, eut atteint trente-cinq ans, Quraysh se réunit pour la construction de la Ka'ba 7. Ils voulaient la couvrir d'un toit mais craignaient de la démolir. Elle n'était en effet qu'un amas de pierres 8 au-dessus de la taille ; ils voulurent l'élever et la couvrir d'un toit 9. Cela parce que des gens avaient volé un trésor de la Ka'ba, qui se trouvait dans un puits à l'intérieur de la Ka'ba. Celui chez qui le trésor fut trouvé était Duwayk 10, affranchi des Banu Mulayh ibn 'Amr de Khuza'a. Ibn Hisham dit : Quraysh lui coupa la main. Quraysh prétend que les voleurs l'avaient déposé chez Duwayk. La mer avait rejeté un navire à Jeddah, appartenant à un marchand byzantin ; il s'était brisé, ils en prirent le bois et le préparèrent pour le toit. Il y avait à La Mecque un homme 11 copte charpentier, et ils avaient en eux-mêmes préparé une partie de ce qui la réparerait. Il y avait un serpent qui sortait chaque jour du puits de la Ka'ba où l'on jetait ce qui lui était offert, et il se prélassait 12 sur le mur de la Ka'ba ; ils le redoutaient, car personne ne s'en approchait sans qu'il se hérisse, siffle 13 et ouvre la gueule. Un jour qu'il se prélassait sur le mur comme à son habitude, Allah envoya un oiseau qui l'emporta. Quraysh dirent : Nous espérons qu'Allah a agréé ce que nous voulions ; nous avons un ouvrier habile, nous avons du bois, et Allah nous a débarrassés du serpent. (Ce qui arriva à Abu Wahb lors de la construction de la Ka'ba par Quraysh) : Lorsqu'ils eurent décidé de la démolir et de la reconstruire, Abu Wahb ibn 'Amr ibn 'A'idh ibn 'Abd ibn 'Imran ibn Makhzum se leva – Ibn Hisham dit : 'A'idh ibn 'Imran ibn Makhzum – et prit une pierre de la Ka'ba ; elle bondit de sa main jusqu'à revenir à sa place. Il dit : Ô assemblée de Quraysh, n'introduisez dans sa construction que du bien acquis, n'y introduisez ni dot de prostitution, ni vente usuraire, ni injustice envers quiconque 14. Les gens attribuent ces paroles à al-Walid ibn al-Mughira ibn 'Abd Allah ibn 'Umar ibn Makhzum. Ibn Ishaq dit : 'Abd Allah ibn Abi Najih al-Makki m'a rapporté qu'on lui avait rapporté de 'Abd Allah ibn Safwan ibn Umayya ibn Khalaf ibn Wahb ibn Hudhafa ibn Jumah ibn 'Amr ibn Husays ibn Ka'b ibn Lu'ayy : Qu'il vit un fils de Ja'da ibn Hubayra ibn Abi Wahb ibn 'Amr tourner autour de la Maison ; il s'enquit de lui, on lui dit : C'est un fils de Ja'da ibn Hubayra. 'Abd Allah ibn Safwan dit alors : C'est le grand-père de celui-ci – c'est-à-dire Abu Wahb – qui prit une pierre de la Ka'ba lorsque Quraysh décida de la démolir ; elle bondit de sa main jusqu'à revenir à sa place, et il dit alors : Ô assemblée de Quraysh, n'introduisez dans sa construction que du bien acquis, n'y introduisez ni dot de prostitution, ni vente usuraire, ni injustice envers quiconque. (Parenté d'Abu Wahb avec le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue) : Ibn Ishaq dit : Abu Wahb était l'oncle maternel du père du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue. C'était un noble, et un poète arabe dit à son sujet : "Si c'est chez Abu Wahb que j'ai fait halte avec ma monture... elle repartit, grâce à sa générosité, la selle non déçue. Chez un homme blanc issu des deux branches de Lu'ayy ibn Ghalib... quand on examine les lignées parmi les nobles 15. Refusant l'humiliation, empressé à la générosité... ses deux aïeux occupent le sommet des familles pures. Grand par la cendre de son chaudron, il remplit ses plats... de pain, surmontés de mets comme des étoffes rayées 16." (Répartition de la Ka'ba entre Quraysh, et la part de chaque groupe) : Puis Quraysh répartit 17 la Ka'ba : le côté 18 de la porte revint aux Banu 'Abd Manaf et Zuhra ; l'espace entre la Pierre Noire et le coin yéménite revint aux Banu Makhzum et à d'autres tribus de Quraysh qui se joignirent à eux ; le dos de la Ka'ba revint aux Banu Jumah et Sahm, les deux fils de 'Amr ibn Husays ibn Ka'b ibn Lu'ayy ; le côté du Hijr revint aux Banu 'Abd al-Dar ibn Qusayy, aux Banu Asad ibn al-'Uzza ibn Qusayy, et aux Banu 'Adiyy ibn Ka'b ibn Lu'ayy ; c'est le Hatim 19. (Al-Walid ibn al-Mughira et la démolition de la Ka'ba, et ce qu'ils trouvèrent sous la démolition) : Puis les gens craignirent de la démolir et en eurent peur. Al-Walid ibn al-Mughira dit : Je commence pour vous sa démolition. Il prit la pioche, se tint sur elle et dit : Ô Allah, n'aie pas peur 20 – Ibn Hisham dit : on dit aussi : nous n'avons pas dévié 21 – Ô Allah, nous ne voulons que le bien. Puis il démolit du côté des deux coins. Les gens attendirent cette nuit-là et dirent : Nous allons voir : s'il est frappé, nous ne démolirons rien et la remettrons comme elle était ; si rien ne l'atteint, alors Allah a agréé notre action, et nous démolirons. Le lendemain matin, al-Walid se rendit à son travail, démolit, et les gens démolirent avec lui. Lorsque la démolition les mena jusqu'aux fondations, les fondations d'Abraham, paix sur lui, ils découvrirent des pierres vertes comme des bosses de chameaux 22, imbriquées les unes dans les autres. Ibn Ishaq dit : Un de ceux qui rapportent le hadith m'a raconté qu'un homme de Quraysh, parmi ceux qui démolissaient, introduisit un levier entre deux pierres pour en soulever une ; lorsque la pierre bougea, toute La Mecque trembla 23, et ils s'arrêtèrent à ces fondations. Ibn Ishaq dit : On m'a rapporté que Quraysh trouva dans le coin une inscription en syriaque ; ils ne savaient pas ce que c'était jusqu'à ce qu'un homme juif la leur lût : "Je suis Allah, le Possesseur de Bakka 24 ; Je l'ai créée le jour où J'ai créé les cieux et la terre, et J'ai formé le soleil et la lune ; Je l'ai entourée de sept anges pieux ; elle ne cessera d'être jusqu'à ce que ses deux montagnes 25 cessent d'être ; bénie pour ses habitants en eau et en lait." Ibn Hisham dit : "Ses deux montagnes" : ses deux monts. Ibn Ishaq dit : On m'a rapporté qu'ils trouvèrent dans le Maqam une inscription : "La Mecque est la Maison sacrée d'Allah ; sa subsistance lui vient de trois voies ; le premier de ses habitants ne la rendra licite 26." Ibn Ishaq dit : Layth ibn Abi Sulaym prétendit – si ce qu'il a mentionné est vrai – qu'ils trouvèrent une pierre dans la Ka'ba quarante ans avant la mission du Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, sur laquelle était écrit : "Qui sème le bien récolte la félicité ; qui sème le mal récolte le regret. Vous commettez les mauvaises actions et vous êtes récompensés par les bonnes ! Certes, comme on ne récolte pas le raisin des épines." (Différend de Quraysh sur celui qui poserait la Pierre et la marque de sang) :
Ibn Isḥāq a dit : Ensuite, les tribus de Quraych rassemblèrent les pierres pour sa construction, chaque tribu rassemblant séparément, puis ils la construisirent jusqu'à ce que la construction atteigne l'emplacement de la Pierre Noire 27. Ils se disputèrent à son sujet, chaque tribu voulant la hisser à sa place sans l'autre, jusqu'à ce qu'ils s'affrontent 28 et se liguent, et ils préparèrent le combat. Les Banū 'Abd ad-Dār apportèrent une jatte pleine de sang, puis ils firent alliance, eux et les Banū 'Adī ibn Ka'b ibn Lu'ayy, pour la mort, et ils plongèrent leurs mains dans ce sang dans cette jatte ; c'est pourquoi on les appela « les lécheurs de sang ». Quraych resta ainsi quatre ou cinq nuits, puis ils se réunirent dans la mosquée, se consultèrent et se montrèrent équitables. (Indication d'Abū Umayya de prendre pour arbitre le premier entrant, et ce fut le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) Certains transmetteurs rapportent qu'Abū Umayya ibn al-Mughīra 29 ibn 'Abd Allāh ibn 'Umar ibn Makhzūm, qui était alors le plus âgé de tous les Quraychites, dit : « Ô assemblée de Quraych ! Prenez pour arbitre entre vous, dans ce sur quoi vous divergez, le premier qui entrera par la porte 30 de cette mosquée ; il jugera entre vous. » Ils le firent. Le premier à entrer chez eux fut le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Quand ils le virent, ils dirent : « Voici le Digne de confiance, nous l'agréons ; c'est Muḥammad. » Lorsqu'il arriva près d'eux et qu'ils l'informèrent de la situation, il dit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : « Apportez-moi un tissu. » On le lui apporta ; il prit la Pierre Noire et la plaça dedans de sa main, puis il dit : « Que chaque tribu prenne un côté 31 du tissu, puis hissez-le tous ensemble. » Ils le firent, jusqu'à ce qu'ils l'aient élevé à son emplacement ; alors il la plaça lui-même de sa main, puis il construisit 32 par-dessus. (Poème d'az-Zubayr au sujet du serpent que Quraych craignait pour la construction de la Ka'ba) Quraych appelait le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, avant que la révélation ne descende sur lui : « le Digne de confiance ». Lorsqu'ils eurent achevé la construction et l'eurent bâtie comme ils le voulaient, az-Zubayr ibn 'Abd al-Muṭṭalib dit, à propos de ce qui était arrivé avec le serpent que Quraych craignait pour la construction de la Ka'ba : Je m'étonne de voir l'aigle fondre 33 sur le serpent, alors qu'il l'agite 34. Il avait un sifflement, et parfois il bondissait 35. Quand nous nous levions pour les fondations, il se raidissait, nous intimidant pour la construction, et il était craint. Puis, quand nous craignîmes le châtiment 36, vint un aigle qui s'abattit 37 sur lui. Il le saisit, puis nous laissa la construction, sans obstacle. Nous nous levâmes, empressés, pour une construction dont les fondations et la terre étaient nôtres. Au matin, nous élevions les fondations, sans vêtements sur nos bâtisseurs 38. Le Roi 39 en a honoré les Banū Lu'ayy ; leur origine ne disparaîtra pas. Les Banū 'Adī s'y étaient rassemblés, et Murra, précédée par Kilāb. Le Roi nous y a établis 40 dans une gloire, et c'est auprès d'Allah que l'on cherche la récompense. Ibn Hishām dit : Et on rapporte : « sans vêtements sur nos maçons 41 ». (Hauteur de la Ka'ba et premier à la recouvrir de brocart) La Ka'ba, à l'époque du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, mesurait dix-huit coudées.
- tamūja : Litt. 'pour ne pas onduler' ; métaphore pour l'égarement ou le trouble.
- fulūj : Salut, victoire, succès.
- walūj : Entrée, action d'entrer.
- ʿajīj : Clameur, tumulte, cris.
- ʿurūj : Ascension, élévation.
- mutlifa : Chose qui fait périr, perte.
- al-Kaʿba : La Ka'ba, édifice sacré à La Mecque, direction de la prière pour les musulmans.
- radm : Amas de pierres sans mortier, construction grossière.
- tasqīf : Action de couvrir d'un toit.
- Duwayk : Nom d'un affranchi, diminutif de Dayk (coq).
- rajul : Homme ; ici, un artisan copte.
- tatasharraq : Se prélasser au soleil, s'exposer au soleil.
- kaffat : Siffler (en parlant d'un serpent).
- muẓlima : Injustice, spoliation.
- al-dhāʾib : Noble, sommet de la lignée.
- al-sabāʾib : Étoffes rayées, ici métaphore pour des mets disposés en couches.
- jazzāʾat : Diviser, répartir en parts.
- shiq : Côté, partie.
- al-Ḥaṭīm : Espace semi-circulaire adjacent à la Ka'ba, considéré comme faisant partie de la Ka'ba.
- lam turʿ : N'aie pas peur ; formule d'apaisement.
- lam nazigh : Nous n'avons pas dévié (de la vérité).
- al-asnima : Bosses de chameaux ; forme des pierres.
- tanaqqaḍat : Trembler, s'ébranler.
- Bakka : Ancien nom de La Mecque.
- akhshabāhā : Ses deux montagnes (Abou Qoubay et Qou'ayqi'ân).
- lā yuḥilluhā awwal min ahlihā : Le premier de ses habitants ne la rendra licite (c'est-à-dire ne la profanera).
- ar-rukn : La Pierre Noire, située dans l'angle est de la Ka'ba, que les pèlerins embrassent ou saluent.
- taḥāwazū : Ils se disputèrent violemment, au point de se menacer mutuellement.
- Abū Umayya ibn al-Mughīra : Un notable quraychite du clan des Banū Makhzūm, connu pour sa sagesse et son âge avancé.
- bāb : La porte de la mosquée (al-Masjid al-Ḥarām) à La Mecque.
- bi-nāḥiya : Un côté ou un bord du tissu.
- banā : Il construisit par-dessus, c'est-à-dire qu'il posa les pierres suivantes sur la Pierre Noire.
- taṣawwabat : Elle descendit en piqué ou fondit sur.
- iḍṭirāb : Agitation, mouvement convulsif du serpent.
- withāb : Bond, saut.
- ar-rijz : Le châtiment divin, la punition.
- tatala'ibbu : Elle s'abattit rapidement, avec force.
- musawwīnā : Nos bâtisseurs, ceux qui égalisaient ou construisaient.
- al-malīk : Le Roi, c'est-à-dire Allah.
- bawwa'anā : Il nous a établis, installés dans une demeure ou une position.
- masāwīnā : Nos maçons, ceux qui travaillaient la pierre.
Le ḥadīth des Ḥums [1]
Elle était vêtue de qabâti 1, puis de burûd 2, et le premier à la vêtir de brocart fut al-Hajjâj ibn Yûsuf 3. Récit des Hums 4 (Les Hums chez les Qurayshites) : Ibn Ishâq dit : Les Qurayshites — je ne sais si ce fut avant ou après l'Éléphant — avaient innové la doctrine des Hums, une opinion qu'ils avaient conçue et adoptée. Ils dirent : « Nous sommes les fils d'Abraham, les gens du Sanctuaire, les gardiens de la Maison, les habitants et résidents de La Mecque. Nul parmi les Arabes n'a un droit semblable au nôtre, ni une position comparable, et les Arabes ne reconnaissent à personne ce qu'ils nous reconnaissent. Ne magnifions donc rien du territoire profane comme nous magnifions le Sanctuaire, car si vous faites cela, les Arabes mépriseront votre sacralité et diront : “Ils ont magnifié du profane ce qu'ils magnifient du sacré.” » Ils abandonnèrent donc la station à 'Arafa et le départ de là, bien qu'ils sussent et reconnussent que cela faisait partie des rites 5, du pèlerinage et de la religion d'Abraham — que Dieu prie sur lui et le salue — et qu'ils considéraient que les autres Arabes devaient s'y arrêter et en partir. Mais ils dirent : « Nous sommes les gens du Sanctuaire ; il ne nous convient pas de sortir de l'enceinte sacrée ni de magnifier autre chose que nous, les Hums, ne magnifions. » Les Hums sont les gens du Sanctuaire. Ensuite, ils établirent que ceux qui étaient nés d'eux parmi les Arabes, qu'ils soient habitants du profane ou du sacré, auraient le même statut qu'eux en raison de leur filiation : ce qui leur était licite le serait pour eux, et ce qui leur était illicite le serait pour eux. (Les tribus qui adoptèrent la doctrine des Hums avec les Qurayshites) : Kinâna et Khuzâ'a s'étaient jointes à eux dans cette affaire. Ibn Hishâm dit : Abû 'Ubayda le grammairien m'a raconté que les Banû 'Âmir ibn Sa'sa'a ibn Mu'âwiya ibn Bakr ibn Hawâzin s'étaient joints à eux dans cela, et il m'a récité de 'Amr ibn Ma'dîkarib : « Ô 'Abbâs, si nos chevaux avaient été gras et beaux à Tathlîth, tu n'aurais pas, après moi, affronté les Ahâmis 6. » Ibn Hishâm dit : Tathlîth est un lieu de leur pays. Al-shiyâr 7 signifie les gras et beaux. Il entend par al-ahâmis les Banû 'Âmir ibn Sa'sa'a. Et par 'Abbâs, il entend 'Abbâs ibn Mirdâs al-Sulamî, qui avait attaqué les Banû Zubayd à Tathlîth. Ce vers fait partie d'un poème de 'Amr. Il m'a aussi récité de Laqît ibn Zurâra al-Dârimî au sujet du jour de Jabala 8 : « Frappe vers toi, car ce sont les Banû 'Abs, le groupe noble parmi le peuple, les Hums. » Car les Banû 'Abs étaient, le jour de Jabala, alliés des Banû 'Âmir ibn Sa'sa'a. (Le jour de Jabala) : Le jour de Jabala fut un jour de bataille entre les Banû Hanzala ibn Mâlik ibn Zayd Manât ibn Tamîm et les Banû 'Âmir ibn Sa'sa'a 9. La victoire revint aux Banû 'Âmir sur les Banû Hanzala. Ce jour-là, Laqît ibn Zurâra ibn 'Udas 10 fut tué, Hâjib ibn Zurâra ibn 'Udas fut fait prisonnier, et 'Amr ibn 'Amr ibn 'Udas ibn Zayd ibn 'Abd Allâh ibn Dârim ibn Mâlik ibn Hanzala prit la fuite. À ce sujet, Jarîr dit à al-Farazdaq : « Comme si tu n'avais pas été témoin de Laqît et Hâjib, et de 'Amr ibn 'Amr, quand ils appelèrent : “Ô Banû Dârim !” » Ce vers fait partie d'un poème de lui. (Le jour de Dhî Najab 11) : Puis ils s'affrontèrent le jour de Dhî Najab, et la victoire revint à Hanzala sur les Banû 'Âmir. Ce jour-là, Hassân ibn Mu'âwiya al-Kindî, fils de Kabsha 12, fut tué. Yazîd ibn al-Sa'iq al-Kilâbî fut fait prisonnier, et al-Tufayl ibn Mâlik ibn Ja'far ibn Kilâb, père de 'Âmir ibn al-Tufayl, prit la fuite. À ce sujet, al-Farazdaq dit 13 : « Et parmi elles, quand Tufayl ibn Mâlik fut sauvé sur un Qurzul 14, un homme aux fuyards rapides, » « Et nous avons frappé le crâne d'Ibn Khuvaylid 15, ajoutant aux mères des poussins accroupis 16. » Ces deux vers font partie d'un poème de lui. Alors Jarîr dit : « Et nous avons teint de sang le diadème d'Ibn Kabsha, et il rencontra un homme, dans la mêlée des cavaliers, un éloquent. » Ce vers fait partie d'un poème de lui. Le récit du jour de Jabala et du jour de Dhî Najab est plus long que ce que nous avons mentionné. Ce qui m'empêche de l'exposer en détail est ce que j'ai dit à propos du récit du jour de Fujjâr. (Ce que les Arabes ajoutèrent à la doctrine des Hums) : Ibn Ishâq dit : Ensuite, ils innovèrent en cela des choses qui n'étaient pas pour eux, jusqu'à dire : « Il ne convient pas aux Hums, lorsqu'ils sont en état de sacralisation, de recueillir du aqit 17, ni de clarifier le beurre 18, ni d'entrer dans une tente en poil, ni de s'abriter, s'ils s'abritent, autrement que dans des tentes en cuir 19. » Puis ils allèrent plus loin et dirent : « Il ne convient pas aux gens du profane de manger de la nourriture qu'ils ont apportée avec eux du profane vers le Sanctuaire, lorsqu'ils viennent en pèlerins ou en 'umra, ni de tourner autour de la Maison, lors de leur première circumambulation, autrement que dans les vêtements des Hums. S'ils n'en trouvent pas, ils tourneront autour de la Maison nus. Si quelqu'un, homme ou femme, par générosité, ne trouve pas de vêtements des Hums et tourne dans ses propres vêtements apportés du profane, il les jettera après avoir terminé sa circumambulation, puis il n'en tirera plus aucun profit, et ni lui ni personne d'autre ne les touchera jamais. » (Le laqâ 20 chez les Hums et un poème à ce sujet) : Les Arabes appelaient ces vêtements le laqâ. Ils imposèrent cela aux Arabes, qui s'y soumirent. Ils s'arrêtèrent à 'Arafa et en partirent, et tournèrent autour de la Maison nus : les hommes tournaient nus, tandis que les femmes enlevaient tous leurs vêtements sauf une chemise fendue 21 qu'elles portaient, puis tournaient ainsi. Une femme arabe 22, alors qu'elle tournait ainsi autour de la Maison, dit : « Aujourd'hui paraît une partie de lui ou tout lui, et ce qui paraît de lui, je ne le rends pas licite. » Celui qui tournait dans ses vêtements apportés du profane les jetait, et ni lui ni personne d'autre n'en tirait profit. Un poète arabe dit, évoquant quelque chose qu'il avait laissé de ses vêtements sans l'approcher, bien qu'il l'aimât 23 : « Il me suffit comme dot, sur elle, comme si elle était un laqâ parmi les circumambulants, interdit 24. » Il veut dire : qu'on ne touche pas. (Le jugement de l'Islam concernant la circumambulation et l'annulation des coutumes des Hums à ce sujet) : Ils restèrent ainsi jusqu'à ce que Dieu Très-Haut envoya Muhammad — que Dieu prie sur lui et le salue — et révéla sur lui, lorsqu'Il établit pour lui Sa religion et légiféra pour lui les rites de son pèlerinage : « Puis partez d'où partent les gens et implorez le pardon de Dieu ; Dieu est Pardonneur et Miséricordieux » (Coran 2:199), c'est-à-dire les Qurayshites. Et « les gens » désigne les Arabes. Il les éleva donc, dans la pratique du pèlerinage, à 'Arafa, à la station sur elle et au départ d'elle. Et Dieu révéla sur lui, au sujet de ce qu'ils avaient interdit aux gens comme nourriture et vêtement auprès de la Maison, lorsqu'ils tournaient nus et interdisaient la nourriture apportée du profane : « Ô enfants d'Adam, prenez votre parure à chaque lieu de prière ; mangez et buvez, mais ne commettez pas d'excès ; car Il n'aime pas les excessifs. Dis : “Qui a interdit la parure de Dieu qu'Il a produite pour Ses serviteurs et les bonnes choses de la subsistance ?” Dis : “Elles sont pour ceux qui ont cru dans la vie présente, et exclusivement pour eux au Jour de la Résurrection.” Ainsi exposons-Nous les signes pour des gens qui savent » (Coran 7:31-32). Dieu Très-Haut abolit donc la doctrine des Hums et ce que les Qurayshites avaient innové à l'encontre des gens par l'Islam, lorsque Dieu envoya Son Messager — que Dieu prie sur lui et le salue — avec lui. Ibn Ishâq dit : 'Abd Allâh ibn Abî Bakr ibn Muhammad ibn 'Amr ibn Hazm m'a raconté...
- qabâti : Pluriel de qabtiyya, vêtement en lin d'Égypte (Qibt).
- burûd : Pluriel de burd, manteau rayé du Yémen.
- al-Hajjâj ibn Yûsuf : Gouverneur omeyyade d'Irak (m. 95 H/714).
- Hums : Pluriel de ahmas, désignant les Qurayshites et leurs alliés qui se considéraient comme les gens du Sanctuaire et suivaient des pratiques particulières.
- mashâ'ir : Pluriel de mash'ar, lieu de culte ou rite du pèlerinage.
- Ahâmis : Pluriel de ahmas, désignant les Hums.
- al-shiyâr : Les chevaux gras et beaux.
- jour de Jabala : Bataille entre les Banû Hanzala et les Banû 'Âmir.
- Banû 'Âmir ibn Sa'sa'a : Tribu arabe faisant partie des Hums.
- Zurâra ibn 'Udas : Chef des Banû Dârim.
- Dhî Najab : Lieu d'une bataille entre les mêmes tribus.
- Ibn Kabsha : Surnom de Hassân ibn Mu'âwiya al-Kindî.
- al-Farazdaq : Poète arabe célèbre (m. 110 H/728).
- Qurzul : Nom d'un cheval.
- Ibn Khuvaylid : Probablement un chef ennemi.
- Umm al-firâkh al-jawâthim : Expression désignant des autruches accroupies, métaphore.
- aqit : Fromage sec préparé à partir de lait caillé.
- yasla'û al-samn : Clarifier le beurre en le faisant fondre.
- buyût al-adam : Tentes en cuir.
- laqâ : Vêtements jetés après la circumambulation, considérés comme sacrés et intouchables.
- dir' mufarraj : Chemise fendue sur le devant.
- imra'a min al-'arab : Femme arabe non identifiée.
- yuhibbuhu : Il l'aimait, se référant au vêtement.
- harîm : Interdit, sacré, intouchable.
Les devins [1] parmi les Arabes, les rabbins [2] parmi les Juifs et les moines [3] parmi les chrétiens.
D'après 'Uthmân ibn Abî Sulaymân ibn Jubayr ibn Mut'im, d'après son oncle Nâfi' ibn Jubayr, d'après son père Jubayr ibn Mut'im, qui a dit : « J'ai vu le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avant que la révélation ne descende sur lui ; il se tenait sur sa chamelle à 'Arafât 1 avec les gens, parmi son peuple, jusqu'à ce qu'il parte avec eux de ce lieu, par un succès 2 de Dieu pour lui — que Dieu prie sur lui, sur sa famille et le salue abondamment. » Information des devins 3 parmi les Arabes, des docteurs 4 parmi les Juifs et des moines 5 parmi les chrétiens. (Connaissance des devins, des docteurs et des moines au sujet de son envoi — que Dieu prie sur lui et le salue) : Ibn Ishâq a dit : « Les docteurs parmi les Juifs, les moines parmi les chrétiens et les devins parmi les Arabes parlaient de l'affaire du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avant son envoi, lorsque son temps approchait. Quant aux docteurs parmi les Juifs et aux moines parmi les chrétiens, c'était d'après ce qu'ils trouvaient dans leurs livres comme description de lui et de son époque, et ce que leurs prophètes leur avaient enjoint à son sujet. Quant aux devins parmi les Arabes, les démons 6 parmi les djinns 7 leur apportaient cela, dans ce qu'ils dérobaient de l'ouïe 8, car ils n'en étaient pas empêchés par le jet d'étoiles 9. Et le devin et la devineresse ne cessaient de mentionner certaines de ses affaires, sans que les Arabes n'y prêtent attention, jusqu'à ce que Dieu — exalté soit-Il — l'envoie, et que ces affaires qu'ils mentionnaient se réalisent ; alors ils les reconnurent. » (Jet des djinns par les météores 10, et signe de cela sur son envoi — que Dieu prie sur lui et le salue) : Lorsque l'affaire du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — approcha et que son envoi fut imminent, les démons furent empêchés de l'ouïe, et une barrière fut placée entre eux et les postes qu'ils occupaient pour dérober l'ouïe ; ils furent donc frappés par les étoiles. Les djinns surent alors que cela était dû à un événement survenu par l'ordre de Dieu parmi les serviteurs 11. Dieu — béni et exalté soit-Il — dit à Son prophète Muhammad — que Dieu prie sur lui et le salue — lorsqu'Il l'envoya, en lui racontant l'histoire des djinns lorsqu'ils furent empêchés de l'ouïe, et qu'ils reconnurent ce qu'ils reconnurent, et ce qu'ils nièrent de cela lorsqu'ils virent ce qu'ils virent : « Dis : "Il m'a été révélé qu'un groupe de djinns a écouté, et ils ont dit : "Nous avons entendu une Lecture 12 merveilleuse, qui guide vers la droiture ; nous y avons cru, et nous n'associerons personne à notre Seigneur. Et que la grandeur 13 de notre Seigneur soit exaltée : Il n'a pris ni compagne ni enfant. Et que l'insensé parmi nous disait sur Dieu une énormité 14. Et nous pensions que ni les humains ni les djinns ne diraient de mensonge sur Dieu. Et qu'il y avait des hommes parmi les humains qui cherchaient refuge auprès d'hommes parmi les djinns, et cela ne fit qu'accroître leur égarement 15" » (Coran 72:1-6) ... jusqu'à Sa parole : « Et nous occupions des postes pour écouter ; mais quiconque écoute maintenant trouve un météore aux aguets 16. Et nous ne savons si un mal est voulu à ceux qui sont sur terre, ou si leur Seigneur veut pour eux une bonne direction 17 » (Coran 72:9-10). Lorsque les djinns entendirent le Coran, ils surent que c'était pour cela qu'ils avaient été empêchés d'écouter auparavant, afin que la révélation ne soit mêlée à rien de la nouvelle du ciel, et que ce qui venait de Dieu aux habitants de la terre ne devînt confus 18 pour eux, pour établir la preuve et couper court au doute. Ils crurent donc et attestèrent, puis « ils retournèrent vers leur peuple en avertisseurs. Ils dirent : "Ô notre peuple ! Nous avons entendu un Livre descendu après Moïse, confirmant ce qui était avant lui, guidant vers la vérité et vers un chemin droit" » (Coran 46:29-30) ... le verset. Et la parole des djinns : « Et qu'il y avait des hommes parmi les humains qui cherchaient refuge auprès d'hommes parmi les djinns, et cela ne fit qu'accroître leur égarement » (Coran 72:6) signifie que l'homme arabe, qu'il soit de Quraych 19 ou d'autre, lorsqu'il voyageait et descendait dans un vallon de la terre pour y passer la nuit, disait : « Je cherche refuge cette nuit auprès du maître puissant de ce vallon, parmi les djinns, contre le mal de ce qui s'y trouve. » Ibn Hishâm a dit : « Al-rahq 20 signifie la tyrannie et la sottise. » Et al-rahq signifie aussi : le fait de chercher une chose jusqu'à s'en approcher, puis de la prendre ou de ne pas la prendre. Et al-rahq est aussi un nom verbal 21 pour la parole de l'homme à l'homme : « J'ai commis 22 le péché ou la difficulté que tu m'as imposée, d'une grave imposition », c'est-à-dire : j'ai porté le péché ou la difficulté que tu m'as imposée, d'un lourd fardeau. Et dans le Livre de Dieu — exalté soit-Il : « Nous craignîmes qu'il ne les accablât 23 de tyrannie et de mécréance » (Coran 18:80), et Sa parole : « Et ne m'impose pas 24 dans mon affaire une difficulté » (Coran 18:73). (Effroi de Thaqîf 25 devant le jet des djinns par les étoiles, et question de 'Amr ibn Umayya) : Ibn Ishâq a dit : « Ya'qûb 26 ibn 'Utba ibn al-Mughîra ibn al-Akhnas m'a raconté qu'on a rapporté que les premiers Arabes à s'effrayer du jet des étoiles, lorsqu'elles furent lancées, furent cette tribu de Thaqîf ; ils vinrent à un homme parmi eux appelé 'Amr ibn Umayya, l'un des Banû 'Ilâj — il était le plus rusé des Arabes et le plus singulier 27 en opinion — et lui dirent : "Ô 'Amr ! N'as-tu pas vu ce qui est arrivé dans le ciel, le jet de ces étoiles ?" Il dit : "Si. Alors regardez : si ce sont les repères des étoiles 28 par lesquels on se guide sur terre et en mer, et par lesquels on connaît les phases lunaires 29 de l'été et de l'hiver, pour ce qui est utile aux gens dans leurs moyens de subsistance, qui sont lancées, alors, par Dieu, c'est la fin du monde et la destruction de cette créature qui s'y trouve. Mais si ce sont d'autres étoiles, et qu'elles restent fixes dans leur état, alors cela est pour une affaire que Dieu veut pour cette créature. Quelle est-elle ?" » (Son discours — que Dieu prie sur lui et le salue — avec les Ansâr 30 au sujet du jet des djinns par les étoiles) : Ibn Ishâq a dit : « Muhammad ibn Muslim ibn Shihâb al-Zuhrî a rapporté, d'après 'Alî ibn al-Husayn ibn 'Alî ibn Abî Tâlib, d'après 'Abd Allâh ibn al-'Abbâs, d'après un groupe d'Ansâr, que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — leur a dit : "Que disiez-vous de cette étoile qui est lancée ?" Ils dirent : "Ô Prophète de Dieu ! Nous disions, lorsque nous la voyions lancée : 'Un roi est mort, un roi a été investi, un enfant est né, un enfant est mort.'" Alors le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : "Il n'en est pas ainsi. Mais Dieu — béni et exalté soit-Il — lorsqu'Il décrète une chose dans Sa création, les porteurs du Trône 31 l'entendent ; alors ils glorifient 32, et ceux qui sont en dessous d'eux glorifient, et ceux qui sont en dessous de cela glorifient à leur glorification ; la glorification ne cesse de descendre jusqu'à parvenir au ciel le plus proche 33 ; alors ils glorifient, puis certains d'entre eux disent aux autres : 'Pourquoi avez-vous glorifié ?' Ils disent : 'Ceux qui sont au-dessus de nous ont glorifié, alors nous avons glorifié à leur glorification.' Ils disent : 'Ne demandez-vous pas à ceux qui sont au-dessus de vous pourquoi ils ont glorifié ?' Ils disent la même chose, jusqu'à ce qu'ils parviennent aux porteurs du Trône. On leur dit : 'Pourquoi avez-vous glorifié ?' Ils disent : 'Dieu a décrété dans Sa création telle et telle chose' — pour l'affaire qui était. Alors la nouvelle descend de ciel en ciel jusqu'à parvenir au ciel le plus proche ; ils en parlent, et les démons le dérobent par l'ouïe, avec conjecture et divergence ; puis ils viennent aux devins parmi les habitants de la terre et leur en parlent ; ils se trompent et ils atteignent la vérité. Les devins en parlent, atteignant une partie et se trompant sur une autre. Puis Dieu — puissant et majestueux soit-Il — a empêché les démons par ces étoiles avec lesquelles ils sont frappés ; ainsi la divination 34 a cessé aujourd'hui, et il n'y a plus de divination." » Ibn Ishâq a dit : « 'Amr ibn Abî Ja'far m'a rapporté, d'après Muhammad ibn 'Abd al-Rahmân ibn Abî Labîba 35, d'après 'Alî ibn al-Husayn ibn 'Alî — que Dieu l'agrée — un récit semblable à celui d'Ibn Shihâb d'après lui. » (Al-Ghaytala 36 et ce que les Banû Sahm 37 ont rapporté)
Ibn Isḥāq a dit : Un certain savant m’a raconté qu’une femme des Banū Sahm, nommée al-Ghayṭala, était devineresse 38 à l’époque préislamique 39. Son compagnon 40 vint à elle une nuit, s’abattit 41 sous elle, puis dit : « Sais-tu ce qu’est Sais-tu ? 42 Un jour de blessure et d’égorgement. » Quand Quraysh apprit cela, ils dirent : « Que veut-il dire ? » Puis il vint à elle une autre nuit, s’abattit sous elle, puis dit : « Les tribus 43 ! Qu’est-ce que les tribus ? On y abat Ka‘b 44 à coups d’épée tranchante. » Quand Quraysh apprit cela, ils dirent : « Que veut-il dire ? Ceci annonce un événement qui va arriver. Cherchez ce que c’est. » Mais ils ne le comprirent que lors de la bataille de Badr et de ’Uḥud dans le défilé 45 ; alors ils surent que c’était ce que son compagnon avait apporté à sa devineresse. (Généalogie d’al-Ghayṭala) Ibn Hishām a dit : Al-Ghayṭala est des Banū Murra ibn ‘Abd Manāt ibn Kināna, frères de Mudlij ibn Murra ; elle est la mère des Ghayāṭil 46 qu’Abū Ṭālib mentionne dans son vers : « Certes, les esprits d’un peuple qui ont échangé contre nous les Banū Khalaf, une enveloppe 47, et les Ghayāṭil, ont été insensés. » On appela ses enfants les Ghayāṭil ; ils sont des Banū Sahm ibn ‘Amr ibn Huṣayṣ. Ce vers fait partie d’un poème que je mentionnerai en son lieu, si Dieu Très-Haut le veut. (Histoire du devin de Janb 48 au sujet de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue) Ibn Isḥāq a dit : ‘Alī ibn Nāfi‘ al-Jurashī m’a raconté que Janb, une tribu du Yémen, avait un devin à l’époque préislamique. Quand la mission de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – fut mentionnée et se répandit parmi les Arabes, Janb lui dit : « Regarde pour nous la situation de cet homme. » Ils se rassemblèrent pour lui au pied de sa montagne. Il descendit vers eux au lever du soleil, se tint debout devant eux, appuyé sur son arc, leva longuement la tête vers le ciel, puis se mit à sautiller 49, puis dit : « Ô gens ! Dieu a honoré Muḥammad, l’a élu, a purifié son cœur et l’a comblé ; son séjour parmi vous, ô gens, est court. » Puis il remonta 50 dans sa montagne, retournant par où il était venu. (Ce qui se passa entre ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb et Sawād ibn Qārib) Ibn Isḥāq a dit : Une personne digne de confiance m’a raconté d’après ‘Abd Allāh ibn Ka‘b, affranchi de ‘Uthmān ibn ‘Affān, que ce dernier a rapporté : Alors que ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb était assis parmi les gens dans la mosquée de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – un homme 51 des Arabes entra dans la mosquée, se dirigeant vers ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb. Quand ‘Umar – que Dieu l’agrée – le vit, il dit : « Cet homme est encore dans son associationnisme 52, il ne l’a pas quitté, ou bien il était devin à l’époque préislamique. » L’homme le salua, puis s’assit. ‘Umar – que Dieu l’agrée – lui dit : « As-tu embrassé l’islam ? » Il répondit : « Oui, ô Commandeur des croyants. » Il lui dit : « Étais-tu devin à l’époque préislamique ? » L’homme dit : « Gloire à Dieu, ô Commandeur des croyants ! Tu as eu une mauvaise opinion de moi 53 et tu m’as accueilli avec une chose que je ne pense pas que tu aies dite à aucun de tes sujets depuis que tu as pris le pouvoir. » ‘Umar dit : « Ô Dieu, pardonne ! 54 Nous étions à l’époque préislamique dans un état pire que cela, adorant les idoles et embrassant les statues, jusqu’à ce que Dieu nous honore par Son Envoyé et par l’islam. » Il dit : « Oui, par Dieu, ô Commandeur des croyants, j’étais devin à l’époque préislamique. » Il dit : « Informe-moi de ce que ton compagnon t’a apporté. » Il dit : « Il vint à moi un mois ou à peu près 55 avant l’islam, et dit : « N’as-tu pas vu les djinns et leur désespoir 56, leur renoncement 57 à leur religion, et leur attachement aux chamelles 58 et à leurs bâts 59 ? » Ibn Hishām a dit : Ces paroles sont de la prose rimée 60, non de la poésie. ‘Abd Allāh ibn Ka‘b dit : Alors ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb, à ce moment, raconta aux gens : « Par Dieu, j’étais auprès d’une idole parmi les idoles de l’époque préislamique, avec un groupe de Quraysh ; un homme des Arabes avait sacrifié pour elle un veau, et nous attendions qu’il le partage pour nous en donner, quand j’entendis de l’intérieur du veau une voix. »
- 'Arafāt : Plaine située à l'est de La Mecque, lieu central du pèlerinage (hajj) où les pèlerins se tiennent en prière le 9 du mois de Dhū al-Hijja.
- tawfīq : Succès ou assistance divine accordée par Dieu à Ses serviteurs pour accomplir le bien.
- kuhhān : Pluriel de kāhin ; devins ou oracles arabes préislamiques prétendant recevoir des informations des djinns.
- aḥbār : Pluriel de ḥibr ; docteurs ou savants juifs, spécialistes des Écritures.
- ruhbān : Pluriel de rāhib ; moines chrétiens, ascètes vivant dans des monastères.
- shayāṭīn : Pluriel de shayṭān ; démons, créatures rebelles parmi les djinns.
- jinn : Créatures invisibles créées de feu, dotées de libre arbitre, vivant parallèlement aux humains.
- istirāq al-sam‘ : Action de dérober l'ouïe ; les djinns écoutent clandestinement les conversations célestes.
- qadhf bi-l-nujūm : Jet d'étoiles ou de météores ; phénomène par lequel les djinns sont chassés des cieux.
- shihāb : Météore ou étoile filante utilisée pour frapper les djinns qui tentent d'écouter aux cieux.
- amr min amr Allāh fī al-‘ibād : Événement décrété par Dieu concernant Ses serviteurs, ici l'envoi du Prophète.
- Qur'ān : Lecture ou récitation ; le Livre sacré de l'islam révélé à Muhammad.
- jadd : Grandeur, majesté ou puissance suprême de Dieu.
- shaṭaṭ : Énormité, excès ou parole outrageante et injuste à l'égard de Dieu.
- rahq : Égarement, oppression ou péché ; ici, accroissement de la transgression.
- rasad : Aux aguets ; météore prêt à frapper tout djinn qui tente d'écouter.
- rashad : Bonne direction, droiture ou guidance divine.
- yal tabis : Devenir confus ou ambigu ; risque de confusion entre révélation et nouvelles célestes.
- Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
- al-rahq : Terme polysémique : tyrannie, sottise, poursuite, ou charge lourde.
- maṣdar : Nom verbal en grammaire arabe, exprimant l'action ou l'état.
- rahiqtu : J'ai commis ou j'ai porté (un péché, une difficulté).
- yurhiqahumā : Les accabler ou les contraindre à (la tyrannie et la mécréance).
- lā turhiqnī : Ne m'impose pas ou ne m'accable pas de (difficulté).
- Thaqīf : Tribu arabe préislamique établie à Ṭā'if, célèbre pour sa sagesse et sa ruse.
- Ya‘qūb : Jacob ; nom d'un transmetteur de hadith.
- ankar : Le plus singulier ou le plus étrange en opinion, ou le plus rusé.
- ma‘ālim al-nujūm : Repères stellaires ; étoiles fixes utilisées pour la navigation et l'orientation.
- anwā’ : Phases lunaires ou stations des étoiles servant à déterminer les saisons et les pluies.
- Anṣār : Auxiliaires ; habitants de Médine ayant accueilli et soutenu le Prophète après l'Hégire.
- ḥamalat al-‘arsh : Porteurs du Trône ; anges qui soutiennent le Trône divin.
- sabbaḥū : Ils ont glorifié Dieu en disant 'Subḥān Allāh' (Gloire à Dieu).
- al-samā’ al-dunyā : Le ciel le plus proche ; premier ciel dans la cosmologie islamique.
- kihāna : Divination ou pratique des devins, désormais abolie après la révélation.
- Muhammad ibn ‘Abd al-Raḥmān ibn Abī Labība : Transmetteur de hadith, médinois, considéré comme fiable.
- al-Ghayṭala : Nom propre ; peut-être un lieu ou un événement lié à la tribu de Sahm.
- Banū Sahm : Clan de la tribu de Quraych à La Mecque.
- kāhina : Devin ou devineresse, personnage qui prétendait recevoir des révélations des djinns.
- al-jāhiliyya : Période préislamique, littéralement 'l'ignorance'.
- ṣāḥibuhā : Compagnon familier, ici le djinn familier de la devineresse.
- inqaḍḍa : S'abattre, descendre rapidement, en parlant d'un djinn.
- adri mā adri : Expression énigmatique, peut-être 'sais-tu ce que je sais ?' ou 'sais-tu ce qu'est Sais-tu ?'.
- shu‘ūb : Tribus, peuples ; ici probablement allusion aux tribus qui s'affronteront.
- Ka‘b : Tribu de Ka‘b, probablement les Banū Ka‘b, alliés de Quraysh.
- al-shi‘b : Défilé, gorge ; ici le défilé de Badr ou d'Uḥud.
- al-Ghayāṭil : Pluriel de Ghayṭala, nom d'une famille ou tribu.
- qayḍan : Enveloppe, coquille ; ici métaphore pour 'substitut' ou 'remplacement'.
- Janb : Nom d'une tribu ou d'un clan du Yémen.
- yanzū : Sautiller, bondir ; geste rituel des devins.
- asnada : Remonter, s'appuyer ; ici 'retourner'.
- rajul : Homme ; il s'agit de Sawād ibn Qārib.
- shirk : Associationnisme, polythéisme.
- khilta : Tu as pensé, tu as eu une opinion (négative).
- Allāhumma ghufran : Ô Dieu, pardonne ! Formule de demande de pardon.
- shay‘ihi : À peu près, environ.
- iblāsihā : Désespoir, consternation.
- iyāsihā : Renoncement, désespoir.
- qilāṣ : Pluriel de qalūṣ, jeune chamelle.
- aḥlāsihā : Pluriel de ḥils, bât, selle de chameau.
- saj‘ : Prose rimée, style oratoire rythmé.
Avertissement des Juifs au sujet du Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui [1].
Je n'ai jamais entendu de voix plus pénétrante que la sienne, et cela environ un mois ou un peu plus avant l'islam. Il disait : « Ô Dharih 1 ! Une affaire réussie ! Un homme crie : « Il n'y a de dieu qu'Allah. » » Ibn Hishâm dit : On rapporte aussi : « Un homme crie, d'une langue éloquente : « Il n'y a de dieu qu'Allah. » » Et un savant en poésie m'a récité : « Je m'étonne des djinns et de leur désespoir, Et de leur attachement aux chameaux avec leurs selles, Se hâtant vers La Mecque cherchant la guidance, Les croyants parmi les djinns ne sont pas comme leurs impurs. » Ibn Ishâq dit : Voilà ce qui nous est parvenu des devins arabes. **L'avertissement des Juifs au sujet du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui)** (L'avertissement des Juifs à son sujet (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), et lorsqu'il fut envoyé, ils mécrurent en lui.) Ibn Ishâq dit : 'Âsim ibn 'Umar 2 ibn Qatâda m'a raconté, d'après des hommes de son peuple, qui dirent : « Parmi ce qui nous a poussés à l'islam, avec la miséricorde d'Allah Très-Haut et Sa guidance pour nous, il y avait ce que nous entendions des hommes juifs. 3 Nous étions des associateurs, adorateurs d'idoles, tandis qu'ils étaient gens du Livre, possédant une science que nous n'avions pas. Il y avait constamment des conflits entre nous et eux. Lorsque nous leur infligions quelque chose qu'ils détestaient, ils nous disaient : « Le temps d'un prophète qui va être envoyé s'est approché ; nous vous tuerons avec lui comme on a tué 'Âd et Iram. » Nous entendions souvent cela de leur part. Lorsqu'Allah envoya Son Messager (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), nous lui répondîmes lorsqu'il nous appela à Allah Très-Haut, et nous reconnûmes ce dont ils nous menaçaient. Nous nous empressâmes vers lui, nous crûmes en lui, tandis qu'ils mécrurent en lui. C'est à notre sujet et au leur que ces versets de la sourate al-Baqara furent révélés : « Et quand leur vint de la part d'Allah un Livre confirmant ce qu'ils avaient déjà, alors qu'auparavant ils demandaient la victoire sur ceux qui mécroyaient, quand leur vint ce qu'ils reconnaissaient, ils mécrurent en lui. Que la malédiction d'Allah soit sur les mécréants ! » (2:89) » Ibn Hishâm dit : « Yastaftihûn » signifie « ils demandent la victoire », et « yastaftihûn » aussi 4 : « ils demandent à être jugés ». Dans le Livre d'Allah Très-Haut : « Notre Seigneur, tranche entre nous et notre peuple par la vérité, car Tu es le meilleur des juges. » (7:89) **(Le récit de Salama au sujet du Juif qui annonça le Messager (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui))** Ibn Ishâq dit : Sâlih ibn Ibrâhîm ibn 'Abd ar-Rahmân ibn 'Awf m'a raconté, d'après Mahmûd ibn Labîd, frère des Banû 'Abd al-Ashhal, d'après Salama 5 ibn Salâma ibn Waqsh 6 – et Salama était parmi les compagnons de Badr –, qui dit : « Nous avions un voisin juif parmi les Banû 'Abd al-Ashhal. Un jour, il sortit de sa maison et s'arrêta devant les Banû 'Abd al-Ashhal. » Salama dit : « J'étais alors le plus jeune d'entre eux, portant une cape, allongé dans la cour de ma famille. » Il mentionna la Résurrection, la Réanimation, le Jugement, la Balance, le Paradis et l'Enfer. Il dit cela à des gens associateurs, adorateurs d'idoles, qui ne croyaient pas qu'une résurrection aurait lieu après la mort. Ils lui dirent : « Malheur à toi, untel ! Crois-tu vraiment que cela arrivera, que les gens seront ressuscités après leur mort vers une demeure où il y a un Paradis et un Enfer, et qu'ils seront rétribués pour leurs œuvres ? » Il dit : « Oui, par Celui par qui on jure ! Et il souhaiterait avoir, pour sa part de ce Feu, le plus grand four de la maison, qu'on chaufferait, puis qu'on l'y introduirait et qu'on le scellerait, pour être sauvé de ce Feu demain. » Ils lui dirent : « Malheur à toi, untel ! Quel est le signe de cela ? » Il dit : « Un prophète envoyé de la région de ces pays », et il montra de la main vers La Mecque et le Yémen. Ils dirent : « Et quand le verras-tu ? » Il me regarda – j'étais le plus jeune d'entre eux – et dit : « Si ce garçon vit jusqu'au bout de sa vie, il l'atteindra. » Salama dit : « Par Allah ! La nuit et le jour ne s'étaient pas écoulés qu'Allah envoya Muhammad, Son Messager (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), alors qu'il était vivant parmi nous. Nous crûmes en lui, tandis qu'il mécrut en lui par orgueil et jalousie. » Il dit : « Nous lui dîmes : « Malheur à toi, untel ! N'es-tu pas celui qui nous a dit à son sujet ce que tu as dit ? » Il dit : « Si, mais ce n'est pas lui. » » **(La conversion à l'islam de Tha'laba et d'Usayd, les deux fils de Sa'ya, et d'Asad ibn 'Ubayd)** Ibn Ishâq dit : 'Âsim ibn 'Umar ibn Qatâda m'a raconté, d'après un cheikh des Banû Qurayza qui me dit : « Sais-tu quelle fut la raison de la conversion à l'islam de Tha'laba ibn Sa'ya, d'Usayd 7 ibn Sa'ya et d'Asad ibn 'Ubayd 8 – des hommes des Banû Hadl, frères 9 des Banû Qurayza, qui étaient avec eux à l'époque préislamique puis devinrent leurs chefs en islam ? » Je dis : « Non, par Allah. » Il dit : « Un homme juif du Sham, appelé Ibn al-Haybân 10, vint chez nous quelques années avant l'islam et s'installa parmi nous. Par Allah, nous n'avions jamais vu un homme qui ne prie pas les cinq prières meilleur que lui. Il demeura chez nous. Lorsque la pluie se faisait rare, nous lui disions : « Sors, ô Ibn al-Haybân, et demande la pluie pour nous. » Il disait : « Non, par Allah, jusqu'à ce que vous donniez une aumône avant votre sortie. » Nous disions : « Combien ? » Il disait : « Un sâ' de dattes ou deux mudds d'orge. » Nous les donnions, puis il sortait avec nous vers l'extérieur de notre champ de lave et demandait la pluie à Allah pour nous. Par Allah, il ne quittait pas son siège avant que les nuages ne passent et que nous soyons arrosés. Il fit cela plus d'une fois, deux fois, trois fois. Puis la mort le surprit chez nous. Lorsqu'il sut qu'il allait mourir, il dit : « Ô communauté juive ! Que pensez-vous de ce qui m'a fait quitter la terre du vin et du pain levé pour la terre de la misère et de la faim ? » Nous dîmes : « Tu es plus savant. » Il dit : « Je ne suis venu dans ce pays que pour attendre un prophète dont le temps est proche. C'est vers lui que nous nous dirigeons. » On lui dit : « Tu nous as annoncé cela ? » Il dit : « Oui. » Puis il recommanda : « Ô communauté juive ! Qu'aucun d'entre vous ne soit le premier à l'empêcher d'arriver jusqu'à vous, car il sera envoyé pour répandre le sang et prendre les femmes et les enfants de ceux qui s'opposent à lui. Que cela ne vous détourne pas de lui ! » Puis il mourut. Lorsqu'Allah envoya Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avec la vérité, et qu'il combattit les Banû Qurayza, ces trois jeunes hommes – qui étaient des Banû Hadl, frères des Banû Qurayza – dirent : « Ô communauté juive ! Par Allah, c'est bien lui dont Ibn al-Haybân vous a parlé. » Ils dirent : « Ce n'est pas lui. » Ils insistèrent : « Si, par Allah, c'est lui, vous le reconnaissez bien. » Ils dirent : « Ce n'est pas lui. » Alors ils se convertirent à l'islam et préservèrent ainsi leur sang, leurs biens et leurs enfants. »
- Dharih : Nom propre, peut-être un nom de personne ou de lieu.
- 'Âsim ibn 'Umar : Transmetteur de hadith, mort en 120/738.
- wa : Conjonction de coordination signifiant 'et'.
- ayḍan : Adverbe signifiant 'aussi'.
- Salama : Compagnon de Badr, mort en 37/657.
- Salama ibn Salâma ibn Waqsh : Compagnon de Badr, des Banû 'Abd al-Ashhal.
- Usayd : Nom propre, variante d'Asad.
- Asad ibn 'Ubayd : Personnage juif converti à l'islam.
- ikhwa : Pluriel de 'akh', frères, ici au sens de 'alliés' ou 'clients'.
- Ibn al-Haybân : Nom d'un Juif du Sham, peut-être un savant.
D'après le hadith de la conversion à l'islam de Salman [1] - qu'Allah l'agrée -
J'attendais 1 la venue d'un prophète dont le temps approchait 2, et cette ville était son lieu d'émigration. J'espérais donc qu'il soit envoyé et je le suivrais. Son temps est venu pour vous, ne le devancez pas, ô communauté juive ! Car il sera envoyé pour verser le sang et capturer les enfants et les femmes de ceux qui s'opposent à lui. Que cela ne vous empêche pas de le suivre. Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) fut envoyé et assiégea les Banû 3 Qurayza, ces jeunes gens – qui étaient des adolescents – dirent : « Ô Banû Qurayza, par Allah, c'est bien le prophète au sujet duquel Ibn al-Haybân vous avait fait une promesse. » Ils répondirent : « Ce n'est pas lui. » Ils dirent : « Si, par Allah, c'est bien lui, avec ses caractéristiques. » Alors ils descendirent et embrassèrent l'islam, préservant ainsi leurs vies, leurs biens et leurs familles. Ibn Ishâq dit : Voilà ce qui nous est parvenu des récits des juifs. Récit de la conversion de Salmân (qu'Allah l'agrée) (Salmân était mazdéen 4, puis il passa près d'une église et s'intéressa au christianisme) : Ibn Ishâq dit : 'Âsim ibn 'Umar ibn Qatâda al-Ansârî m'a raconté, d'après Mahmûd ibn Labîd, d'après 'Abd Allah ibn 'Abbâs, qui dit : Salmân le Perse m'a raconté, et je l'entendais de sa propre bouche : J'étais un homme perse, originaire d'Ispahan 5, d'un village appelé Jayy 6. Mon père était le dihqân 7 de son village, et j'étais la créature d'Allah qu'il aimait le plus. Son amour pour moi ne cessa de croître jusqu'à ce qu'il m'enfermât dans sa maison comme on enferme une jeune fille. Je m'appliquai dans le mazdéisme au point d'être le servant du feu 8 qui l'allume, ne le laissant jamais s'éteindre un seul instant. Mon père possédait un grand domaine. Un jour, il fut occupé par une construction, et il me dit : « Mon fils, je suis aujourd'hui occupé par ma construction, au détriment de mon domaine. Va donc t'en occuper et inspecte-le. » Il me donna quelques instructions à son sujet, puis ajouta : « Ne t'attarde pas, car si tu t'attardes, cela m'importe plus que mon domaine et me distraira de toutes mes affaires. » Je sortis donc pour me rendre à son domaine. En chemin, je passai près d'une église chrétienne et j'entendis leurs voix alors qu'ils priaient. Je ne connaissais rien des affaires des gens, car mon père me retenait enfermé. Lorsque j'entendis leurs voix, j'entrai chez eux pour voir ce qu'ils faisaient. En les voyant, leur prière me plut et je m'intéressai à leur religion. Je me dis : « Par Allah, ceci est meilleur que la religion que nous pratiquons. » Par Allah, je ne les quittai pas jusqu'au coucher du soleil, délaissant le domaine de mon père sans m'y rendre. Puis je leur demandai : « Où est l'origine de cette religion ? » Ils répondirent : « En Syrie. » Je retournai chez mon père, qui avait envoyé quelqu'un à ma recherche, et je l'avais distrait de toutes ses occupations. Quand j'arrivai, il me dit : « Mon fils, où étais-tu ? Ne t'avais-je pas donné mes instructions ? » Je répondis : « Père, je suis passé près de gens qui priaient dans une église, et ce que j'ai vu de leur religion m'a plu. Par Allah, je suis resté chez eux jusqu'au coucher du soleil. » Il dit : « Mon fils, il n'y a rien de bon dans cette religion. Ta religion et celle de tes pères est meilleure. » Je répondis : « Non, par Allah, elle est meilleure que notre religion. » Alors, craignant pour moi, il mit des chaînes à mes pieds et m'enferma dans sa maison. (Accord de Salmân avec les chrétiens pour fuir) : J'envoyai un message aux chrétiens : « Quand une caravane de Syrie viendra chez vous, informez-moi. » Une caravane de commerçants chrétiens arriva de Syrie ; ils m'en informèrent. Je leur dis : « Quand ils auront fini leurs affaires et voudront retourner dans leur pays, prévenez-moi. » Lorsqu'ils voulurent repartir, ils m'en informèrent. Je retirai les fers de mes pieds, sortis avec eux et arrivai en Syrie. Une fois arrivé, je demandai : « Qui est le plus savant dans cette religion ? » On me répondit : « L'évêque 9 à l'église. » (Salmân et le mauvais évêque chrétien) : J'allai le trouver et lui dis : « Je me suis intéressé à cette religion et j'aimerais être avec toi, te servir dans ton église, apprendre de toi et prier avec toi. » Il dit : « Entre. » J'entrai avec lui. C'était un homme mauvais : il ordonnait l'aumône et y incitait, mais quand on lui apportait quelque chose, il le thésaurisait pour lui-même sans le donner aux pauvres, jusqu'à amasser sept jarres d'or et d'argent. Je le détestai profondément pour ce qu'il faisait. Puis il mourut. Les chrétiens se rassemblèrent pour l'enterrer. Je leur dis : « Cet homme était mauvais : il vous ordonnait l'aumône et vous y incitait, mais quand vous la lui apportiez, il la thésaurisait pour lui-même sans rien donner aux pauvres. » Ils me dirent : « Qu'en sais-tu ? » Je répondis : « Je vais vous montrer son trésor. » Je leur montrai l'endroit, et ils en sortirent sept jarres pleines d'or et d'argent. En les voyant, ils dirent : « Par Allah, nous ne l'enterrerons jamais. » Ils le crucifièrent et le lapidèrent, puis amenèrent un autre homme qu'ils mirent à sa place. (Salmân et le bon évêque) : Salmân dit : Je n'ai jamais vu un homme qui ne priait pas les cinq prières 10 et que je considérais comme meilleur que lui, plus ascétique en ce monde, plus désireux de l'au-delà, ni plus assidu nuit et jour. Je l'aimai d'un amour que je n'avais éprouvé pour rien auparavant 11. Je restai avec lui longtemps. Puis la mort l'atteignit. Je lui dis : « Un tel, j'ai été avec toi et je t'ai aimé d'un amour que je n'avais pour rien avant toi. Tu vois ce qui t'arrive par ordre d'Allah. À qui me recommandes-tu ? Que m'ordonnes-tu ? » Il dit : « Mon fils, par Allah, je ne connais aujourd'hui personne qui soit sur ce que j'étais. Les gens ont péri, ont changé et ont abandonné la plus grande partie de ce qu'ils pratiquaient, sauf un homme à Mossoul, un tel. Il est sur ce que j'étais. Rejoins-le. » (Salmân et son compagnon à Mossoul) : Quand il mourut et fut enterré, je rejoignis le compagnon de Mossoul. Je lui dis : « Un tel m'a recommandé à toi à sa mort et m'a informé que tu es sur sa voie. » Il me dit : « Reste chez moi. » Je restai chez lui et le trouvai un homme excellent, suivant la voie de son compagnon. Il ne tarda pas à mourir. Quand la mort l'atteignit, je lui dis : « Un tel m'a recommandé à toi et m'a ordonné de te rejoindre. Tu vois ce qui t'arrive par ordre d'Allah. À qui me recommandes-tu ? Que m'ordonnes-tu ? » Il dit : « Mon fils, par Allah, je ne connais personne sur ce que nous étions, sauf un homme à Nasibîn 12, un tel. Rejoins-le. » (Salmân et son compagnon à Nasibîn) : Quand il mourut et fut enterré, je rejoignis le compagnon de Nasibîn. Je lui racontai mon histoire et ce que son compagnon m'avait ordonné. Il dit : « Reste chez moi. » Je restai chez lui et le trouvai suivant la voie de ses deux compagnons. Je restai avec un homme excellent. Par Allah, il ne tarda pas à mourir. Quand la mort l'atteignit, je lui dis : « Un tel m'a recommandé à un tel, puis un tel m'a recommandé à toi. À qui me recommandes-tu ? Que m'ordonnes-tu ? » Il dit : « Mon fils, par Allah, je ne connais personne resté sur notre voie à qui je puisse t'ordonner d'aller, sauf un homme à 'Ammûriyya 13 en terre byzantine. Il est sur ce que nous sommes. Si tu veux, va le rejoindre, car il est sur notre voie. » (Salmân et son compagnon à 'Ammûriyya) : Quand il mourut et fut enterré, je rejoignis le compagnon de 'Ammûriyya. Je lui racontai mon histoire. Il dit : « Reste chez moi. » Je restai chez un homme excellent, suivant la guidance de ses compagnons et leur voie. J'acquittai des biens jusqu'à posséder des vaches et des moutons. Puis l'ordre d'Allah l'atteignit. Quand la mort l'approcha, je lui dis : « Un tel, j'étais avec un tel, qui m'a recommandé à un tel, puis un tel m'a recommandé à un tel, puis un tel m'a recommandé à toi. À qui me recommandes-tu ? Que m'ordonnes-tu ? »
Untel, puis untel m'a recommandé à toi. À qui me recommandes-tu et que m'ordonnes-tu ? Il dit : « Mon fils, par Allah, je ne connais aujourd'hui personne qui soit sur la même voie que nous, que je puisse t'ordonner de rejoindre. Mais le temps d'un Prophète 14 s'approche, il sera envoyé avec la religion d'Abraham, paix sur lui. Il sortira en terre d'Arabie, émigrera vers une terre entre deux plaines de pierres noires 15, entre lesquelles se trouvent des palmiers. Il aura des signes qui ne trompent pas : il accepte le cadeau mais non l'aumône, et entre ses épaules se trouve le sceau de la prophétie 16. Si tu peux rejoindre ce pays, fais-le. » (Salman et son transfert à Wadi al-Qura puis à Médine, et son audition de l'envoi du Messager, que Dieu prie sur lui et le salue) : Il dit : « Puis il mourut et fut enterré. Je restai à Ammuriya 17 aussi longtemps que Dieu voulut. Ensuite, un groupe de marchands de la tribu de Kalb passa par chez moi. Je leur dis : "Transportez-moi en terre d'Arabie, et je vous donnerai mes vaches et mes brebis." Ils dirent : "Oui." Je les leur donnai et ils me transportèrent avec eux. Lorsqu'ils atteignirent Wadi al-Qura 18, ils me trahirent et me vendirent comme esclave à un homme juif. Je restai chez lui et vis les palmiers ; j'espérai que ce soit le pays que mon compagnon m'avait décrit, mais je n'en étais pas sûr. Alors que j'étais chez lui, un cousin germain à lui, des Banu Qurayza 19 de Médine, vint et m'acheta de lui. Il m'emmena à Médine. Par Allah, dès que je la vis, je la reconnus d'après la description de mon compagnon. Je m'y installai. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, fut envoyé ; il resta à La Mecque un certain temps, sans que j'entende parler de lui, à cause de mon occupation d'esclave. Puis il émigra à Médine. Par Allah, j'étais au sommet d'un palmier 20 de mon maître, en train de travailler pour lui, et mon maître était assis en dessous de moi, quand son cousin arriva et s'arrêta devant lui. Il dit : "Ô untel, que Dieu maudisse les Banu Qayla 21 ! Par Allah, ils sont maintenant rassemblés à Quba' 22 autour d'un homme venu de La Mecque aujourd'hui, et ils prétendent qu'il est un Prophète." (Généalogie de Qayla) : Ibn Hisham dit : Qayla est la fille de Kahil ibn 'Udhra ibn Sa'd ibn Zayd ibn Layth ibn Sud ibn Aslam ibn al-Haf ibn Quda'a, mère d'Aws et de Khazraj. Al-Nu'man ibn Bashir al-Ansari dit, louant Aws et Khazraj : « Des nobles 23 parmi les enfants de Qayla, dont aucun allié n'a trouvé à redire en les fréquentant. Généreux, héros, ils vont à la générosité, considérant l'acte de leurs pères comme un vœu 24. » (Ces deux vers sont dans un poème de lui) : Ibn Ishaq dit : 'Asim ibn 'Umar ibn Qatada al-Ansari m'a raconté, d'après Mahmud ibn Labid, d'après 'Abdullah ibn 'Abbas, qui a dit : Salman a dit : « Quand j'entendis cela, un frisson 25 me saisit. » Ibn Hisham dit : « Al-'uruwa' est le tremblement dû au froid et l'agitation ; si cela s'accompagne de sueur, c'est al-ruhada' ; les deux sont longs. » « ... au point que je pensai tomber sur mon maître. Je descendis du palmier et me mis à dire au cousin : "Que dis-tu ? Que dis-tu ?" Mon maître se fâcha et me donna un coup de poing violent, puis dit : "Qu'as-tu à faire avec cela ? Occupe-toi de ton travail." Je dis : "Rien, je voulais seulement vérifier ce qu'il disait." (Salman devant le Messager, que Dieu prie sur lui et le salue, avec son cadeau pour s'assurer) : Il dit : « J'avais quelque chose que j'avais rassemblé. Quand vint le soir, je le pris et allai trouver le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, alors qu'il était à Quba'. J'entrai chez lui et lui dis : "Il m'est parvenu que tu es un homme pieux, et tu as avec toi des compagnons étrangers dans le besoin. Voici quelque chose que j'avais pour l'aumône ; je vous ai vus plus dignes que d'autres." Je le lui présentai. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit à ses compagnons : "Mangez", mais il retint sa main et ne mangea pas. Je me dis en moi-même : "C'en est une." Puis je m'éloignai de lui, rassemblai autre chose, et le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, s'installa à Médine. Je vins à lui avec cela et lui dis : "J'ai vu que tu ne manges pas l'aumône ; ceci est un cadeau que je t'offre." Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, en mangea et ordonna à ses compagnons de manger avec lui. Je me dis en moi-même : "Voilà deux." Puis je vins trouver le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, alors qu'il était à Baqi' al-Gharqad 26, ayant suivi le convoi funèbre d'un de ses compagnons. J'avais sur moi deux manteaux 27. Il était assis parmi ses compagnons. Je le saluai, puis je tournai autour pour regarder son dos, afin de voir le sceau que mon compagnon m'avait décrit. Quand le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, me vit tourner derrière lui, il comprit que je vérifiais quelque chose qu'on m'avait décrit. Il jeta son manteau de ses épaules. Je vis le sceau et le reconnus. Je me penchai sur lui pour l'embrasser en pleurant. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, me dit : "Tourne-toi." Je me tournai et m'assis devant lui. Je lui racontai mon histoire comme je te l'ai racontée, ô Ibn 'Abbas. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et sur sa famille et le salue, fut heureux que ses compagnons entendent cela. Ensuite, l'esclavage occupa Salman, si bien qu'il manqua avec le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, Badr et Uhud. (Ordre du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, à Salman de conclure un contrat d'affranchissement 28 pour se libérer de l'esclavage) : Salman dit : « Ensuite, le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, me dit : "Conclus un contrat d'affranchissement, ô Salman." Je conclus donc avec mon maître un contrat portant sur trois cents palmiers que je devais planter pour lui, et quarante onces 29 d'or. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit à ses compagnons : "Aidez votre frère." Ils m'aidèrent avec les palmiers : l'un donna trente jeunes plants 30, l'autre vingt, l'autre quinze, l'autre dix, chacun selon ses moyens, jusqu'à ce que j'aie rassemblé trois cents jeunes plants. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, me dit : "Va, ô Salman, creuse les trous 31 pour eux. Quand tu auras fini, viens me voir, je les planterai de mes propres mains." Je creusai les trous, aidé par mes compagnons. Quand j'eus fini, je vins l'informer. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, sortit avec moi vers eux. Nous lui apportions les jeunes plants, et le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, les plantait de sa main, jusqu'à ce que nous ayons fini. Par Celui qui tient l'âme de Salman dans Sa main, pas un seul jeune plant ne mourut. Je livrai les palmiers, mais il me restait l'argent. On apporta au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, de l'or de la taille d'un œuf de poule, provenant de quelque mine. Il dit : "Qu'a fait le Perse 32 sous contrat d'affranchissement ?" On m'appela. Il dit : "Prends ceci et acquitte-toi de ce que tu dois, ô Salman." Je dis : "Ô Messager de Dieu, où cela se place-t-il par rapport à ce que je dois ?" Il dit : "Prends-le, car Dieu t'en acquittera." Je le pris, et je pesai pour eux de cet or. Par Celui qui tient l'âme de Salman dans Sa main, je pesai quarante onces, je leur donnai leur dû, et Salman fut affranchi. Je participai avec le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et sur sa famille et le salue, à la bataille du Fossé 33 en homme libre, et ensuite aucune bataille ne me manqua avec lui. » Ibn Ishaq dit : Yazid ibn Abi Habib m'a raconté, d'après un homme de 'Abd al-Qays, d'après Salman, qu'il a dit : « Quand j'eus dit : "Où cela se place-t-il par rapport à ce que je dois, ô Messager de Dieu ?" ... »
Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, la prit 34, la retourna sur sa langue, puis dit : « Prends-la et donne-leur leur dû. » Je la pris et leur donnai leur dû en entier : quarante uqiyya 35. Ibn Ishaq dit : 'Asim ibn 'Umar ibn Qatada m'a rapporté, d'après quelqu'un que je ne soupçonne pas, d'après 'Umar ibn 'Abd al-'Aziz ibn Marwan, qui a dit : On m'a rapporté d'après Salman al-Farisi qu'il a dit : (Salman et l'homme qui sortait entre deux bosquets à 'Amuriyya 36) On m'a rapporté d'après Salman al-Farisi qu'il dit au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, lorsqu'il lui raconta son histoire : Le maître de 'Amuriyya lui dit : « Va à tel et tel endroit du pays de Sham 37, car il s'y trouve un homme entre deux bosquets 38 qui sort chaque année de ce bosquet à l'autre, passant par là ; les malades viennent à lui, et il ne prie pour aucun d'eux sans qu'il soit guéri. Interroge-le à ce sujet. »
- أتَوَكَّفُ : Verbe signifiant 'attendre avec espoir et vigilance'.
- أَظَلَّ : Littéralement 'a ombragé', signifiant que le temps est proche, imminent.
- بَنِي : Fils de, tribu de.
- مَجُوسِيًّا : Mazdéen, adepte du zoroastrisme.
- أَصْبَهَانَ : Ispahan, ville d'Iran.
- جَيُّ : Jayy, village près d'Ispahan.
- دِهْقَانَ : Dihqân, chef de village ou propriétaire terrien sous l'empire sassanide.
- قَطْنَ النَّارِ : Littéralement 'coton du feu', désignant celui qui entretient le feu sacré dans le zoroastrisme.
- الْأُسْقُفُ : Évêque, chef religieux chrétien.
- لَا يُصَلِّي الْخَمْسَ : Ne priait pas les cinq prières canoniques, car il était chrétien.
- حُبًّا لَمْ أُحِبَّهُ شَيْئًا قَبْلَهُ : Amour intense, supérieur à tout amour antérieur.
- نَصِيبِينَ : Nisibe, ville de Mésopotamie (aujourd'hui Nusaybin en Turquie).
- عَمُورِيَّةَ : Amorium, ville byzantine en Anatolie.
- nabī : Prophète, envoyé de Dieu pour transmettre un message divin.
- ḥarra : Plaine de pierres volcaniques noires, caractéristique de certaines régions d'Arabie.
- khātam al-nubuwwa : Sceau de la prophétie, signe physique entre les épaules du Prophète Muhammad, marque de sa prophétie.
- ʿAmmūriyya : Amorium, ville d'Anatolie byzantine (actuelle Turquie).
- Wādī al-Qurā : Vallée des villages, région au nord de Médine.
- Banū Qurayẓa : Tribu juive de Médine.
- ʿidhq : Régime de dattes, ou par métonymie, palmier.
- Banū Qayla : Tribu mère des Aws et des Khazraj, deux tribus de Médine.
- Qubāʾ : Localité près de Médine, où le Prophète séjourna à son arrivée.
- bahālīl : Pluriel de buhlūl, homme noble, généreux et courageux.
- naḥb : Vœu, engagement solennel.
- ʿuruāʾ : Frisson intense, tremblement de froid ou d'émotion.
- Baqīʿ al-Gharqad : Cimetière de Médine, aussi appelé Jannat al-Baqīʿ.
- shamlatān : Deux manteaux ou vêtements de laine.
- mukātaba : Contrat d'affranchissement par lequel un esclave rachète sa liberté en versant une somme convenue.
- ūqiyya : Once, unité de poids pour l'or et l'argent, environ 30 grammes.
- wadiyya : Jeune palmier, plant.
- faqqara : Creuser des trous pour planter des palmiers.
- al-Fārisī : Le Perse, surnom de Salman, originaire de Perse.
- al-Khandaq : Bataille du Fossé, affrontement entre Médine et les coalisés en 627.
- akhadhahā : Il s'agit de la poignée de terre ou de l'objet mentionné précédemment dans le récit.
- uqiyya : Unité de poids utilisée à l'époque préislamique et islamique, équivalant à environ 40 dirhams (environ 125 grammes).
- 'Amuriyya : Ville d'Anatolie (actuelle Turquie), correspondant à l'antique Amorium, souvent mentionnée dans les récits islamiques.
- Sham : Région du Levant, comprenant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban actuels.
- ghayḍatayn : Dual de ghayḍa, signifiant un bosquet ou une forêt dense. Ici, il s'agit de deux bosquets entre lesquels l'homme se déplace.
Il est fait mention de Waraqa ibn Nawfal ibn Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā, de ‘Ubayd Allāh ibn Jahsh, de ‘Uthmān ibn al-Ḥuwayrith et de Zayd ibn ‘Amr ibn Nufayl [1].
La religion que tu recherches, Il t'informe à son sujet. Salmān dit : Je sortis donc jusqu'à arriver à l'endroit qui m'avait été décrit, et je trouvai les gens rassemblés là avec leurs malades, jusqu'à ce qu'il sortît pour eux cette nuit-là, passant d'un bosquet 1 à un autre. Les gens l'entourèrent avec leurs malades ; il n'invoquait pour aucun malade sans qu'il fût guéri. Ils me devancèrent auprès de lui, et je ne pus l'atteindre jusqu'à ce qu'il entrât dans le bosquet qu'il voulait gagner, sauf son épaule. Il dit : Je la saisis. Il dit : « Qui est-ce ? » et se tourna vers moi. Je dis : « Que Dieu te fasse miséricorde ! Informe-moi sur la Hanīfiyya 2, la religion d'Abraham. » Il dit : « Tu interroges certes sur une chose que les gens n'interrogent pas aujourd'hui. Le temps d'un Prophète t'a déjà couvert de son ombre ; il sera envoyé avec cette religion, parmi les gens du Haram 3. Va à lui, il te portera vers elle. » Puis il entra. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit à Salmān : « Si tu m'as dit vrai, ô Salmān, tu as rencontré Jésus fils de Marie — sur notre Prophète et sur lui la paix. » Mention de Waraqa ibn Nawfal ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzzā, de 'Ubayd Allāh ibn Jahsh, de 'Uthmān ibn al-Huwayrith et de Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl. (Leur recherche des religions) Ibn Ishāq dit : Les Quraysh s'étaient réunis un jour pour une fête chez une de leurs idoles qu'ils magnifiaient, pour laquelle ils sacrifiaient, auprès de laquelle ils faisaient retraite et tournaient autour 4. C'était pour eux une fête annuelle d'un jour. Quatre hommes se retirèrent à l'écart 5, puis dirent les uns aux autres : « Soyez sincères entre vous, et que les uns cachent les autres. » Ils dirent : « Oui. » C'étaient : Waraqa ibn Nawfal ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzzā ibn Quṣayy ibn Kilāb ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy ; 'Ubayd Allāh ibn Jahsh ibn Ri'āb ibn Ya'mur ibn Ṣabra ibn Murra ibn Kabīr ibn Ghanm ibn Dūdān 6 ibn Asad ibn Khuzayma — sa mère était Umayma bint 'Abd al-Muṭṭalib — ; 'Uthmān ibn al-Ḥuwayrith ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzzā ibn Quṣayy ; et Zayd 7 ibn 'Amr ibn Nufayl ibn 'Abd al-'Uzzā ibn 'Abd Allāh ibn Qurṭ ibn Riyāḥ 8 ibn Razāḥ 9 ibn 'Adī ibn Ka'b ibn Lu'ayy. Ils dirent les uns aux autres : « Sachez, par Dieu, que votre peuple ne tient rien ! Ils ont certes manqué la religion de leur père Abraham. Qu'est-ce qu'une pierre autour de laquelle nous tournons, qui n'entend ni ne voit, ne nuit ni ne profite ? Ô peuple, cherchez pour vous-mêmes une religion 10, car par Dieu vous n'êtes sur rien. » Ils se dispersèrent alors dans les pays, cherchant la Hanīfiyya, la religion d'Abraham. (Ce à quoi parvinrent Waraqa et Ibn Jahsh) Quant à Waraqa ibn Nawfal, il s'affermit dans le christianisme, suivit les Écritures auprès de leurs gens, jusqu'à acquérir une science des Gens du Livre. Quant à 'Ubayd Allāh ibn Jahsh, il resta dans l'état de confusion où il était jusqu'à ce qu'il embrassât l'islam, puis émigra avec les musulmans en Abyssinie, avec sa femme Umm Ḥabība bint Abī Sufyān, musulmane. Quand il y arriva, il se christianisa, abandonna l'islam, et mourut là-bas en chrétien. (Ce que faisait Ibn Jahsh après sa christianisation aux musulmans d'Abyssinie) Ibn Ishāq dit : Muḥammad ibn Ja'far ibn al-Zubayr m'a raconté : Lorsque 'Ubayd Allāh ibn Jahsh se fut christianisé, il passait auprès des compagnons du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — qui étaient là, en terre d'Abyssinie, et disait : « Nous avons ouvert les yeux 11, tandis que vous clignez des yeux 12 », c'est-à-dire : nous avons vu, tandis que vous cherchez à voir, et vous n'avez pas encore vu. Cela parce que le petit du chien, quand il veut ouvrir les yeux pour regarder, cligne des yeux pour voir. Et son mot « faqqaḥnā » signifie : il ouvrit les yeux. (Mariage du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avec la femme d'Ibn Jahsh après sa mort) Ibn Ishāq dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — épousa après lui sa femme Umm Ḥabība bint Abī Sufyān ibn Ḥarb. Ibn Ishāq dit : Muḥammad ibn 'Alī ibn Ḥusayn m'a raconté que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya auprès d'elle au Negus 13 'Amr ibn Umayya al-Ḍamrī ; le Negus la demanda en mariage pour lui, le maria à elle, et lui constitua une dot de la part du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — de quatre cents dinars. Muḥammad ibn 'Alī dit : « Nous ne pensons pas que 'Abd al-Malik ibn Marwān ait fixé la dot des femmes à quatre cents dinars sinon d'après cela. » Et celui qui la maria au Prophète 14 — que Dieu prie sur lui et le salue — fut Khālid ibn Sa'īd ibn al-'Āṣ. (Christianisation d'Ibn al-Ḥuwayrith et son départ chez César) Ibn Ishāq dit : Quant à 'Uthmān ibn al-Ḥuwayrith, il se rendit chez César, roi des Romains, se christianisa, et sa position auprès de lui devint éminente. Ibn Hishām dit : Il y a au sujet de 'Uthmān ibn al-Ḥuwayrith chez César une histoire que je m'abstiens de mentionner à cause de ce que j'ai mentionné dans le récit de la guerre du Fijār 15. (Zayd ibn 'Amr, ce à quoi il parvint, et quelque chose à son sujet) Ibn Ishāq dit : Quant à Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl, il s'arrêta, n'entra ni dans le judaïsme ni dans le christianisme, abandonna la religion de son peuple, s'écarta des idoles, de la bête morte, du sang et des sacrifices offerts sur les idoles 16, interdit le meurtre des filles enterrées vivantes 17, et dit : « J'adore le Seigneur d'Abraham. » Il blâma ouvertement son peuple pour ce qu'ils pratiquaient. Ibn Ishāq dit : Hishām ibn 'Urwa m'a raconté d'après son père, d'après sa mère Asmā' bint Abī Bakr — que Dieu les agrée —, elle dit : « J'ai vu Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl, un vieillard avancé en âge, le dos appuyé contre la Ka'ba, disant : 'Ô assemblée de Quraysh, par Celui qui tient l'âme de Zayd ibn 'Amr dans Sa main, nul d'entre vous n'est au matin sur la religion d'Abraham, excepté moi.' Puis il disait : 'Ô Dieu, si je savais quelle est la face qui T'est la plus agréable, je T'adorerais par elle, mais je ne la connais pas.' Puis il se prosternait sur le dos de sa main.' » Ibn Ishāq dit : Il m'a été rapporté que son fils, Sa'īd ibn Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl, et 'Umar ibn al-Khaṭṭāb — qui était son cousin — dirent au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — : « Demandons-nous le pardon 18 pour Zayd ibn 'Amr ? » Il dit : « Oui, car il sera ressuscité comme une communauté à lui seul. » (Poème de Zayd sur son abandon de la religion de son peuple) Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl dit, à propos de son abandon de la religion de son peuple et de ce qu'il avait subi de leur part à cause de cela : « Un seul Seigneur ou mille seigneurs Adorerai-je, quand les affaires sont partagées ? J'ai écarté al-Lāt et al-'Uzzā 19 ensemble, Ainsi fait l'homme endurant et patient. Je n'adore ni al-'Uzzā ni ses deux filles, Ni les deux idoles des Banū 'Amr je ne visite 20. Ni Hubal je n'adore, bien qu'il fût un seigneur 21 Pour nous, dans le temps où ma raison était faible. Je m'étonne — et dans les nuits il y a des choses étonnantes, Et dans les jours, que l'homme clairvoyant connaît — Que Dieu ait anéanti des hommes Nombreux, dont l'affaire était la perversité 22, Et laissé subsister d'autres, par la piété d'un peuple, Si bien que le petit enfant grandit parmi eux 23. Et tandis que l'homme sourit 24, un jour il revient 25 Comme se flétrit la branche arrosée par la pluie 26. Mais j'adore le Tout-Miséricordieux, mon Seigneur, Pour qu'Il pardonne mon péché, le Seigneur Pardonneur. La crainte de Dieu, votre Seigneur, observez-la, Quand vous l'observez, vous ne périssez pas. Tu vois que la demeure des pieux est des jardins, Et pour les mécréants, un brasier ardent. Et l'humiliation dans la vie ; et s'ils meurent, Ils rencontrent ce dont les poitrines sont serrées. » Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl dit aussi — Ibn Hishām dit : Ces vers sont d'Umayya ibn Abī al-Ṣalt dans un de ses poèmes, sauf les deux premiers vers, le cinquième et le dernier. Le second hémistiche du premier vers est d'autre qu'Ibn Ishāq — : « Vers Dieu je dirige ma louange et mes éloges, Et une parole solide 27 qui ne cesse de durer dans le temps 28, Vers le Roi Très-Haut, au-dessus duquel il n'y a Point de divinité, ni de Seigneur qui Lui soit comparable. Ô homme, prends garde à la perdition 29 ! Car tu ne caches rien à Dieu de ce qui est caché. »
Et prends garde de ne point associer d'autre à Dieu... car la voie de la droiture est devenue manifeste. Accorde-moi Ta miséricorde 30 ! Car la miséricorde 31 était leur espoir... et Toi, mon Dieu, notre Seigneur, Tu es mon espoir. Je me suis contenté de Toi, ô Dieu, comme Seigneur, et je ne verrai jamais... que j'adore une divinité 32 autre que Toi, Dieu 33, comme second. (J'adore un Seigneur qui exauce, et je ne vois pas... que j'adore celui qui n'a jamais entendu l'appelant au cours du temps) 34. Et c'est Toi qui, par faveur, grâce et miséricorde... as envoyé à Moïse un messager appelant. Je lui dis : « Va 35 avec Aaron 36 et appelez tous deux... vers Dieu Pharaon qui était tyran. Et dites-lui : « Est-ce toi qui as nivelé celle-ci 37... sans pieu, jusqu'à ce qu'elle soit stable comme elle est ? Et dites-lui : « Est-ce toi qui as élevé celle-ci 38... sans piliers ? Prends garde, si tu es bâtisseur 39. Et dites-lui : « Est-ce toi qui as placé en son milieu... un lumineux guide, quand la nuit l'enveloppe ? Et dites-lui : « Qui envoie le soleil au matin... pour que ce qu'il touche de la terre devienne éclatant ? Et dites-lui : « Qui fait germer le grain dans la terre... pour qu'en sorte l'herbe qui s'agite, croissante 40 ? Et Il en fait sortir son grain à ses sommets... et en cela il y a des signes pour qui est attentif. Et c'est Toi, par Ta faveur, qui as sauvé Jonas... alors qu'il avait passé des nuits dans les entrailles d'un poisson. Et moi 41, si je glorifiais Ton nom, ô notre Seigneur... j'aurais beaucoup de péchés, sauf ce que Tu as pardonné 42. Ô Seigneur des serviteurs, répands sur moi bienfait et miséricorde 43... et bénis mes fils et mes biens. Et Zayd ibn 'Amr dit, en blâmant son épouse Safiyya bint al-Hadramiyy : (Généalogie d'al-Hadramiyy) : Ibn Hishâm dit : Le nom d'al-Hadramiyy est 'Abdullah ibn 'Imâd 44 (ibn Akbar) 45, l'un des Sadif, et le nom de Sadif est 'Amr ibn Mâlik, l'un des Sakûn ibn Ashras ibn Kindâ, et on dit : Kinda ibn Thawr ibn Muratti' ibn 'Ufayr ibn 'Adiyy ibn al-Hârith ibn Murra ibn Adad ibn Zayd ibn Mihsa' ibn 'Amr ibn 'Arîb ibn Zayd ibn Kahlân ibn Saba', et on dit : Muratti' ibn Mâlik ibn Zayd ibn Kahlân ibn Saba'. (Poème de Zayd blâmant son épouse pour son accord avec al-Khattâb dans son opposition) : Ibn Ishâq dit : Zayd ibn 'Amr avait décidé de quitter La Mecque pour parcourir la terre en quête de la Hanîfiyya 46, la religion d'Abraham (que Dieu le bénisse et le salue). Or, chaque fois que Safiyya bint al-Hadramiyy le voyait prêt à partir et qu'il le voulait, elle en informait al-Khattâb ibn Nufayl. Al-Khattâb ibn Nufayl était son oncle paternel 47 et son frère utérin, et il le blâmait d'abandonner la religion de son peuple. Al-Khattâb avait chargé Safiyya de le surveiller, disant : « Quand tu le verras décidé à quelque chose, informe-moi. » Alors Zayd dit : Ne me retiens pas dans l'humiliation, ... Safiyy, ma monture et la sienne 48. Car moi, quand je crains l'humiliation, ... je suis suivi par les chamelles dociles de sa monture 49. Un plongeur 50 aux portes des rois, ... et un fendeur de vêtements, son croc 51. Coupeur de liens qui s'humilient, ... sans adversaires, ses difficultés 52. Car l'humiliation ne prend ... le chameau que lorsque sa peau se déchire 53. Et il dit : Je n'humilie pas ... en frappant ses flancs, ses dures 54. Et mon frère, fils de ma mère, puis ... mon oncle paternel, sa parole ne m'accompagne pas 55. Et quand il me blâme pour un mal, ... je dis : Sa réponse m'a épuisé. Et si je voulais, je dirais ce ... dont je n'ai ni les clés ni la porte 56. (Poème de Zayd lorsqu'il se tournait vers la Ka'ba) : Ibn Ishâq dit : On m'a rapporté d'après certains proches de Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl que Zayd, lorsqu'il se tournait vers la Ka'ba dans la mosquée, disait : « Me voici, en vérité, en vérité, en adoration et en servitude. » Je me réfugie auprès de Celui auprès de qui s'est réfugié Abraham, ... se tournant vers la qibla 57, debout. Quand il dit : Je tends vers Toi, ô Dieu, soumis et humilié, ... quelle que soit la charge que Tu m'imposes, je la supporte 58. Je cherche la piété, non la tente 59 ; celui qui émigre 60 n'est pas comme celui qui dit. Ibn Hishâm dit : On dit : « La piété demeure, non la tente ; celui qui émigre n'est pas comme celui qui dit. » Et il dit : Sa parole « se tournant vers la Ka'ba » vient de certains savants. Ibn Ishâq dit : Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl dit : Je soumets mon visage à Celui à qui se soumet ... la terre, portant de lourds rochers. Il l'a étendue 61 ; quand Il l'a vue stable ... sur l'eau, Il y a fixé les montagnes. Et je soumets mon visage à Celui à qui se soumet ... la nuée, portant une eau douce et pure 62. Quand elle est conduite vers une contrée, ... elle obéit et déverse sur elle des torrents 63. (Al-Khattâb et son opposition à Zayd ibn Nufayl, le départ de Zayd pour la Syrie et sa mort) : Al-Khattâb avait persécuté Zayd au point de l'exiler vers le haut de La Mecque ; il s'installa à Hirâ' 64, en face de La Mecque. Al-Khattâb chargea contre lui des jeunes gens de Quraysh et des insensés parmi eux, leur disant : « Ne le laissez pas entrer à La Mecque. » Il n'y entrait qu'en secret, et quand ils l'apprenaient, ils en informaient al-Khattâb, qui le faisait sortir et le persécutait, craignant qu'il ne corrompe leur religion et que quelqu'un ne le suive dans son abandon. Alors il dit, en magnifiant son caractère sacré contre ceux qui avaient rendu licite ce qu'ils avaient rendu licite de son peuple : Ô Seigneur, je suis en état de sacralisation, sans désacralisation 65, ... et ma maison est au milieu du lieu de résidence, Près d'as-Safâ 66, sans égarement. Puis il partit en quête de la religion d'Abraham (paix sur lui), interrogeant les moines et les rabbins, jusqu'à atteindre Mossoul et toute la Jazîra 67. Puis il revint et parcourut toute la Syrie, jusqu'à arriver chez un moine à Mayfa'a 68, dans la région d'al-Balqâ' 69, où aboutissait, selon eux, la science des chrétiens. Il l'interrogea sur la Hanîfiyya, la religion d'Abraham. Le moine dit : « Tu cherches une religion dont tu ne trouveras personne aujourd'hui pour te la porter. Mais le temps d'un Prophète approche, qui sortira de ton pays d'où tu es venu ; il sera envoyé avec la religion d'Abraham, la Hanîfiyya. Retournes-y, car il est sur le point d'être envoyé, c'est son temps. » Or, il avait examiné le judaïsme et le christianisme sans en être satisfait. Il partit rapidement, après ce que le moine lui avait dit, vers La Mecque. Mais alors qu'il traversait le pays de Lakhm, ils l'attaquèrent et le tuèrent. Waraqa ibn Nawfal ibn Asad dit en le pleurant : (Élégie de Waraqa pour Zayd) : Tu as été bien guidé, et tu as bien agi, ô fils de 'Amr 70 ; ... tu as évité un four ardent de feu. Par ta religion envers un Seigneur dont nul n'est semblable, ... et ton abandon des idoles des tyrans telles qu'elles sont 71. Et ton atteinte de la religion que tu cherchais, ... sans être négligent dans l'unicité de ton Seigneur. Te voici dans une demeure noble, ... où tu es réjoui par la générosité, t'amusant. Tu y rencontreras l'Ami intime de Dieu 72, sans avoir été ... un tyran parmi les hommes, précipité vers le feu. La miséricorde de son Seigneur peut atteindre l'homme, ... même s'il était sous terre, dans soixante-dix vallées 73. Ibn Hishâm dit : Les deux premiers vers sont attribués à Umayya ibn Abî as-Salt, et le dernier est un vers de sa poésie. Sa parole « idoles des tyrans » vient d'autre qu'Ibn Ishâq. Description du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dans l'Évangile (Annonce de Jean le Disciple au sujet du Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue) : Ibn Ishâq dit : Il y avait, d'après ce qui m'est parvenu de ce que Jésus fils de Marie a établi, dans ce qui lui est venu de Dieu dans l'Évangile pour les gens de l'Évangile, comme description du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), ce que Jean le Disciple a consigné pour eux, lorsqu'il a copié pour eux l'Évangile d'après l'époque de Jésus fils de Marie (paix sur lui).
Dans le Messager d'Allah – sur lui la bénédiction et la paix – adressé à eux, il a dit : « Quiconque me hait a haï le Seigneur, et n'eût été que j'ai accompli en leur présence des bienfaits que nul avant moi n'avait accomplis, ils n'auraient eu aucun péché. Mais désormais, ils ont été insolents et ont cru qu'ils m'honoraient (68), ainsi que le Seigneur. Cependant, il faut que s'accomplisse la parole qui est dans la Loi : "Ils m'ont haï sans cause" (69), c'est-à-dire en vain. Lorsque viendra le Munhamanna (al-Munhamannā) que Dieu vous envoie de la part du Seigneur, (et) (70) l'Esprit Saint (71), celui qui est sorti d'auprès du Seigneur, il sera témoin pour moi et pour vous aussi, car autrefois vous étiez avec moi ; je vous ai dit ceci afin que vous ne vous plaigniez pas. » Al-Munhamannā (en syriaque) 3 : Muḥammad ; et en grec : le Paraclet (al-Barqalīṭis) – sur lui, sur sa famille et sur lui la bénédiction et la paix. **L'envoi du Prophète – sur lui, sur sa famille et sur lui la bénédiction et la paix – en tant que salut** Ibn Isḥāq (72) a dit : Lorsque Muḥammad, le Messager d'Allah – sur lui la bénédiction et la paix – eut atteint quarante ans, Allah Très-Haut l'envoya comme miséricorde pour les mondes et comme annonciateur pour l'ensemble des hommes. Or Allah – béni et exalté soit-Il – avait pris l'engagement sur tout prophète qu'Il avait envoyé avant lui de croire en lui, de l'attester et de le secourir contre quiconque s'opposerait à lui, et Il leur avait pris l'engagement de transmettre cela à quiconque croirait en eux et les attesterait. Ils s'acquittèrent donc de ce qui leur incombait comme droit à cet égard. Allah Très-Haut dit à Muḥammad – sur lui, sur sa famille et sur lui la bénédiction et la paix – : « Et lorsque Dieu prit l'engagement des prophètes : "Certes, ce que Je vous ai apporté comme Livre et Sagesse, puis qu'un Messager vous vienne, attestant ce qui est avec vous, vous croirez en lui et vous le secourrez" » (3:81). Il dit : « "Reconnaissez-vous et acceptez-vous sur cela Mon alliance (iṣrī) ?" » (3:81), c'est-à-dire le poids de ce que Je vous ai imposé comme engagement. Ils dirent : « Nous reconnaissons. » Il dit : « Soyez donc témoins, et Je suis avec vous parmi les témoins » (3:81). Ainsi Allah prit l'engagement de tous les prophètes d'attester de lui et de le secourir contre quiconque s'opposerait à lui, et ils transmirent cela à ceux qui crurent en eux et les attestèrent parmi les gens de ces deux Livres. **(La première chose par laquelle le Messager – sur lui la bénédiction et la paix – fut initié : la vision véridique)** Ibn Isḥāq dit : Al-Zuhrī rapporta d'après 'Urwa ibn al-Zubayr, d'après 'Ā'isha – qu'Allah l'agrée – qu'elle lui raconta : La première chose par laquelle le Messager d'Allah – sur lui la bénédiction et la paix – fut initié de la prophétie, lorsqu'Allah voulut l'honorer et faire miséricorde aux serviteurs par lui, fut la vision véridique : le Messager d'Allah – sur lui la bénédiction et la paix – ne voyait aucune vision dans son sommeil sans qu'elle ne vînt comme l'éclat de l'aube. Elle dit : Et Allah Très-Haut lui rendit aimable la solitude, au point que rien ne lui était plus cher que d'être seul. **(Le salut des pierres et des arbres au Prophète – sur lui la bénédiction et la paix)** Ibn Isḥāq dit : 'Abd al-Malik ibn 'Ubayd Allāh ibn Abī Sufyān ibn al-'Alā' ibn Jāriya al-Thaqafī, qui était un mémorisateur (74), me rapporta d'après les gens de science : Lorsqu'Allah voulut honorer le Messager d'Allah – sur lui la bénédiction et la paix – et l'initia à la prophétie, lorsqu'il sortait pour son besoin, il s'éloignait jusqu'à ce que les maisons disparaissent de sa vue et qu'il parvienne aux vallées (shi'āb) (76) de La Mecque et au fond de ses ravins. Alors le Messager d'Allah – sur lui la bénédiction et la paix – ne passait devant aucune pierre ni aucun arbre sans qu'ils ne disent : « La paix soit sur toi, ô Messager d'Allah (77). » Il dit : Alors le Messager d'Allah – sur lui la bénédiction et la paix – se retournait autour de lui, à sa droite, à sa gauche et derrière lui, et ne voyait que les arbres et les pierres. Le Messager d'Allah – sur lui la bénédiction et la paix – demeura ainsi, voyant et entendant, aussi longtemps qu'Allah voulut qu'il demeurât. Puis Gabriel – sur lui la paix – vint à lui avec ce qui lui vint de l'honneur d'Allah, alors qu'il était à Ḥirā' au mois de Ramaḍān. **(Le début de la descente de Gabriel – sur lui la paix)** Ibn Isḥāq dit : Wahb ibn Kaysān (78), affranchi (mawlā) de la famille d'al-Zubayr, me rapporta. Il dit : J'entendis 'Abd Allāh ibn al-Zubayr dire à 'Ubayd ibn 'Umayr ibn Qatāda al-Laythī : « Raconte-nous, ô 'Ubayd, comment fut le début de ce par quoi le Messager d'Allah – sur lui la bénédiction et la paix – fut initié de la prophétie, lorsque Gabriel – sur lui la paix – vint à lui ? » Il dit : Alors 'Ubayd dit – et j'étais présent, racontant à 'Abd Allāh ibn al-Zubayr et à ceux qui étaient avec lui parmi les gens – : Le Messager d'Allah – sur lui la bénédiction et la paix – avait l'habitude de faire retraite (yujāwiru) (79) à Ḥirā' chaque année pendant un mois, et cela faisait partie de ce par quoi les Quraysh se livraient à la dévotion (taḥannuth) à l'époque préislamique. Or al-taḥannuth signifie la piété (al-tabarruj). Ibn Isḥāq dit : Abū Ṭālib dit : « Par le Thawr et par Celui qui a fixé Thabīr en son lieu, Et par celui qui monte pour gravir Ḥirā' et en descend. » **(Recherche linguistique d'Ibn Hishām sur le sens d'al-taḥannuth)** Ibn Hishām dit : Les Arabes disent : al-taḥannuth et al-taḥannuf, voulant dire al-ḥanīfiyya (la religion droite), et ils remplacent le fā' (80) par le thā', comme ils ont dit : jadath et jadaf, voulant dire la tombe. Ru'ba ibn al-'Ajjāj a dit : « Si seulement mes pierres étaient avec les ajdāf (81) », voulant dire : al-ajdāth (les tombes). Et ce vers se trouve dans une urjūza (poème en mètre rajaz) de lui. Et le vers d'Abū Ṭālib se trouve dans un poème de lui, que je mentionnerai, si Allah le veut, en son lieu. Ibn Hishām dit : Abū 'Ubayda me rapporta que les Arabes disent : famm, à la place de thumm (puis), remplaçant le fā' par le thā'. Ibn Isḥāq dit : Wahb ibn Kaysān me rapporta, disant : 'Ubayd dit : Le Messager d'Allah – sur lui la bénédiction et la paix – faisait donc retraite pendant ce mois chaque année, nourrissant ceux qui venaient à lui parmi les pauvres. Lorsque le Messager d'Allah – sur lui la bénédiction et la paix – achevait sa retraite de ce mois, la première chose par laquelle il commençait, lorsqu'il revenait de sa retraite, était la Ka'ba, avant d'entrer dans sa maison : il tournait autour d'elle sept fois, ou ce qu'Allah voulait de cela, puis il retournait à sa maison. Jusqu'à ce que vînt le mois où Allah Très-Haut voulut pour lui ce qu'Il voulut de Son honneur, de l'année où Allah Très-Haut l'envoya, et ce mois (le mois) (82) de Ramaḍān. Le Messager d'Allah – sur lui la bénédiction et la paix – sortit alors vers Ḥirā', comme il sortait pour sa retraite, avec sa famille. Lorsque vint la nuit où Allah l'honora par Son message et fit miséricorde aux serviteurs par elle, Gabriel – sur lui la paix – vint à lui avec l'ordre d'Allah Très-Haut. Le Messager d'Allah – sur lui la bénédiction et la paix – dit : « Gabriel vint à moi, alors que je dormais, avec un vêtement de brocart (namaṭ) (83) de soie (dībāj) contenant un écrit (kitāb) (84), et il dit : "Lis (iqra') !" » Il dit : « Je dis : "Que lirai-je (mā aqra'u) (85) ?" » Il dit : « Alors il m'étouffa (ghattanī) (86) avec lui jusqu'à ce que je crusse que c'était la mort, puis il me relâcha et dit : "Lis !" » Il dit : « Je dis : "Que lirai-je ?" » Il dit : « Alors il m'étouffa avec lui jusqu'à ce que je crusse que c'était la mort, puis il me relâcha et dit : "Lis !" » Il dit : « Je dis : "Que lirai-je ?" » Il dit : « Alors il m'étouffa avec lui jusqu'à ce que je crusse que c'était la mort, puis il me relâcha (87) et dit : "Lis !" » Il dit : « Je dis : "Que lirai-je ?" – je ne dis cela que par crainte qu'il ne me fît subir à nouveau ce qu'il m'avait fait – alors il dit : "Lis, par le nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l'homme d'une adhérence. Lis, et ton Seigneur est le Très Généreux, qui a enseigné par la plume, a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas" (96:1-5). » Il dit : « Je les lus, puis il cessa et s'éloigna de moi. Je me réveillai (hababtu) (88) de mon sommeil, et c'était comme si j'avais écrit un écrit dans mon cœur. » Il dit : « Je sortis, et lorsque je fus au milieu de la montagne, j'entendis une voix du ciel disant : "Ô Muḥammad, tu es le Messager d'Allah et je suis Gabriel." » Il dit : « Je levai la tête vers le ciel pour regarder, et voici Gabriel sous la forme d'un homme, les pieds posés à l'horizon du ciel, disant : "Ô Muḥammad, tu es le Messager d'Allah et je suis Gabriel." » Il dit : « Je m'arrêtai à le regarder, n'avançant ni ne reculant, et je me mis à détourner mon visage de lui vers les horizons du ciel. » Il dit :
Je ne regardais dans aucune direction sans Le voir ainsi. Je restai debout, n’avançant ni ne reculant, jusqu’à ce que Khadîja envoie ses émissaires à ma recherche. Ils atteignirent le haut de La Mecque puis revinrent vers elle, tandis que je me tenais toujours à la même place. Ensuite, Il s’éloigna de moi. (Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — racontait à Khadîja ce qui lui était arrivé avec Gabriel) : Je repartis vers ma famille, jusqu’à arriver auprès de Khadîja. Je m’assis contre sa cuisse, me serrant 74 contre elle. Elle dit : « Ô Abou l-Qâsim, où étais-tu ? Par Allah, j’ai envoyé mes émissaires à ta recherche, et ils ont atteint La Mecque. »
- ghayḍa : Bosquet ou fourré, zone boisée dense.
- al-Ḥanīfiyya : La religion monothéiste pure, celle d'Abraham, souvent identifiée à l'islam primitif avant la révélation coranique.
- ahl al-Ḥaram : Les habitants du sanctuaire de La Mecque, c'est-à-dire les Qurayshites.
- yudīrūna bihī : Ils tournaient autour (de l'idole), pratique de circumambulation païenne.
- najiyyan : En secret, à l'écart, en conciliabule.
- Dūdān : Nom propre, ancêtre de la tribu.
- Zayd : Zayd ibn 'Amr, un des ḥanīfs (monothéistes) préislamiques.
- Riyāḥ : Nom propre, ancêtre.
- Razāḥ : Nom propre, ancêtre.
- dīnan : Religion, ici au sens de voie ou croyance.
- faqqaḥnā : Nous avons ouvert les yeux, expression signifiant avoir la claire vision.
- ṣa'ṣa'tum : Vous clignez des yeux, comme le petit chien qui cherche à ouvrir les yeux.
- al-Najāshī : Titre du souverain d'Abyssinie (Éthiopie) à l'époque, souvent identifié à Ashama ibn Abjar.
- al-Nabī : Le Prophète, titre de Muhammad.
- ḥarb al-Fijār : Guerre sacrilège, conflit préislamique entre Quraysh et d'autres tribus.
- al-dhabā'iḥ allatī tudhbaḥu 'alā al-awthān : Les sacrifices offerts sur les idoles, pratique païenne.
- al-maw'ūda : Fille enterrée vivante, pratique préislamique d'infanticide féminin.
- anastaghfir : Demandons-nous le pardon (pour lui), formule de demande d'intercession.
- al-Lāt wa al-'Uzzā : Deux des principales déesses du panthéon préislamique arabe.
- ṣanamay Banī 'Amr : Les deux idoles de la tribu des Banū 'Amr.
- Hubal : Divinité majeure préislamique, dont l'idole était placée près de la Ka'ba.
- al-fujūr : Perversité, impiété, débauche.
- fayarbulu minhum al-ṭifl al-ṣaghīr : Le petit enfant grandit parmi eux, expression signifiant qu'il se développe et prospère.
- yaftarru : Il sourit, ou il est dans l'aisance.
- thāba : Il revient, il retourne (à la mort ou à un état antérieur).
- al-ghuṣn al-maṭīr : La branche arrosée par la pluie, qui se flétrit ou se courbe.
- qawlan raṣīnan : Parole solide, ferme, bien établie.
- lā yanī al-dahra bāqiyā : Qui ne cesse d'être éternellement durable.
- al-radā : La perdition, la ruine, la mort.
- حَنَانَيْكَ : Expression signifiant 'accorde-moi Ta miséricorde' ou 'je cherche refuge en Ta miséricorde'.
- الحِنَّ : La miséricorde, la tendresse.
- إِلَهًا : Divinité, dieu.
- اللَّهُ : Dieu, le nom propre de Dieu en arabe.
- أَدِينُ لِرَبٍّ يُسْتَجَابُ وَلَا أَرَى ... أَدِينُ لِمَنْ لَمْ يَسْمَعْ الدَّهْرَ دَاعِيَا : Versets entre parenthèses dans le texte original, peut-être une citation ou une variante.
- يَا اذْهَبْ : Impératif 'va' avec la particule d'appel 'yâ'.
- هَارُونَ : Aaron, frère de Moïse.
- هَذِهِ : Féminin singulier, se réfère probablement à la terre ou au ciel.
- هَذِهِ : Se réfère probablement au ciel.
- أَرْفِقْ إذَا بِكَ بَانِيَا : Expression signifiant 'prends garde si tu es bâtisseur' ou 'sois indulgent si tu es bâtisseur'.
- رَابِيَا : Croissant, en pleine croissance.
- إِنِّي : Moi, certes.
- لَأُكْثِرُ، إلَّا مَا غَفَرْتَ، خَطَائِيَا : Construction signifiant 'j'aurais multiplié mes péchés, sauf ce que Tu as pardonné'.
- سَيْبًا وَرَحْمَةً : Bienfait et miséricorde ; 'sayb' désigne un don abondant.
- عِمَادِ : Nom propre, 'Imâd.
- أَكْبَرَ : Akbar, nom propre.
- الْحَنِيفِيَّةَ : La religion monothéiste pure, celle d'Abraham.
- عَمَّهُ : Son oncle paternel.
- مَا دَابِي وَدَابُهُ : Ma monture et la sienne ; 'dâb' signifie habitude ou monture.
- مُشَيَّعٌ ذُلُلَ رِكَابِهِ : Suivi par les chamelles dociles de sa monture ; 'mushayya' signifie accompagné, suivi.
- دعموص : Plongeur, qui plonge dans les affaires.
- جَائِبٌ لِلْخِرَقِ نَابَهُ : Fendeur de vêtements avec sa défense ; métaphore pour quelqu'un qui déchire les apparences.
- قَطَّاع أَسبَاب تذلّ ... بِغَيْرِ أَقْرَانٍ صِعَابُهْ : Coupeur de liens qui s'humilient, ses difficultés sans adversaires.
- الْعِيرَ إذْ يُوهَى إهَابُهْ : Le chameau lorsque sa peau se déchire ; 'îr' désigne un chameau.
- بِصَكِّ جَنْبَيْهِ صِلَابُهْ : En frappant ses flancs, ses dures ; 'silâb' pluriel de 'salîb', dur.
- لَا يُوَاتِينِي خِطَابُهُ : Sa parole ne m'accompagne pas, ne me convient pas.
- مَا عِنْدِي مَفَاتِحُهُ وَبَابُهُ : Ce dont je n'ai ni les clés ni la porte ; métaphore pour quelque chose d'inaccessible.
- الْقِبْلَةَ : Direction de la prière, vers la Ka'ba.
- مَهْمَا تُجَشِّمُنِي فَإِنِّي جَاشِمُ : Quelle que soit la charge que Tu m'imposes, je la supporte.
- الْخَالَ : La tente, par opposition à la piété ; ou peut-être 'l'oncle maternel'.
- مُهَجِّرٌ : Celui qui émigre, qui quitte sa terre pour la religion.
- دَحَاهَا : Il l'a étendue, aplanie (la terre).
- الْمُزْنُ تَحْمِلُ عَذْبًا زُلَالًا : La nuée portant une eau douce et pure.
- سِجَالًا : Des torrents, des seaux d'eau.
- حِرَاءَ : Montagne près de La Mecque, où le Prophète a reçu la première révélation.
- مُحْرِمٌ لَا حِلَّهْ : En état de sacralisation (ihrâm) sans désacralisation ; 'lâ hillah' signifie non désacralisé.
- الصَّفَا : As-Safâ, colline à La Mecque, lieu du rite du sa'y.
- الْجَزِيرَةَ : La Jazîra, région de la Haute Mésopotamie.
- مَيْفَعَةٍ : Mayfa'a, localité en Syrie.
- الْبَلْقَاءِ : Al-Balqâ', région de l'actuelle Jordanie.
- ابْنَ عَمْرٍو : Fils de 'Amr, c'est-à-dire Zayd ibn 'Amr.
- أَوْثَانَ الطَّوَاغِي : Idoles des tyrans ; 'tawâghî' pluriel de 'tâghiya', tyran.
- خَلِيلَ اللَّهِ : L'Ami intime de Dieu, titre d'Abraham.
- سَبْعِينَ وَادِيَا : Soixante-dix vallées, expression pour une grande profondeur.
- muḍīfan : Se serrant, s’appuyant contre elle, cherchant refuge ou réconfort.
Khadija, entre les mains de Waraqa, lui raconte le récit du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui.
Ils revinrent vers moi, puis je racontai à Khadîja ce que j'avais vu. Elle dit : « Réjouis-toi, ô fils de mon oncle, et tiens ferme ! Par Celui qui tient l'âme de Khadîja dans Sa main, j'espère vraiment que tu seras le Prophète de cette communauté. » (Khadîja chez Waraqa, lui rapportant le récit du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui) : Puis elle se leva, revêtit ses habits, et se rendit chez Waraqa ibn Nawfal ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn Qusayy, qui était son cousin. Waraqa s'était converti au christianisme, avait lu les Écritures et entendu les gens de la Torah et de l'Évangile. Elle l'informa de ce que le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, lui avait rapporté de ce qu'il avait vu et entendu. Waraqa ibn Nawfal dit alors : « Saint ! Saint ! 1 Par Celui qui tient l'âme de Waraqa dans Sa main, si tu m'as dit la vérité, ô Khadîja, alors le Grand Namous 2 qui venait à Moïse est venu à lui, et il est le Prophète de cette communauté. Dis-lui donc de tenir ferme. » Khadîja retourna auprès du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, et l'informa des paroles de Waraqa ibn Nawfal. Lorsque le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, eut achevé sa retraite et fut revenu, il fit comme il avait coutume de faire : il commença par la Ka'ba et tourna autour d'elle. Waraqa ibn Nawfal le rencontra alors qu'il tournait autour de la Ka'ba et lui dit : « Ô fils de mon frère, informe-moi de ce que tu as vu et entendu. » Le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, l'en informa. Waraqa lui dit : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, tu es le Prophète de cette communauté. Le Grand Namous qui est venu à Moïse est venu à toi. Tu seras traité de menteur, tu seras persécuté, tu seras chassé, et tu seras combattu 3. Si je vis jusqu'à ce jour, j'aiderai Allah d'un secours qu'Il connaît. » Puis il approcha sa tête de lui et embrassa son sinciput 4. Ensuite, le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, retourna chez lui. (L'épreuve de Khadîja pour la preuve de la révélation) : Ibn Ishâq dit : Ismâ'îl ibn Abî Hakîm 5, l'affranchi de la famille d'Az-Zubayr, m'a raconté qu'on lui avait rapporté...
- Quddūs Quddūs : Exclamation de sanctification, signifiant 'Saint, Saint', utilisée pour exprimer la vénération et la pureté divine.
- Nāmūs : Terme désignant l'Ange de la révélation (Gabriel) dans la tradition islamique, emprunté au grec 'nomos' (loi) via le syriaque, signifiant ici le messager divin qui apporte la Loi.
- wa la-tuqātalannahu : Littéralement 'et tu seras combattu', prédiction des persécutions et des guerres que le Prophète subira.
- Yāfūkh : Le sinciput, c'est-à-dire la partie supérieure du crâne, entre le front et le vertex.
- Ismā'īl ibn Abī Hakīm : Un transmetteur de hadiths, affranchi de la famille d'Az-Zubayr, connu pour rapporter des récits de la Sîra.
Le début de la révélation du Coran [1]
D'après Khadija 1, qu'Allah l'agrée, elle a dit au Messager d'Allah 2, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : « Ô cousin, peux-tu m'informer au sujet de ce compagnon qui vient à toi lorsqu'il te visite ? » Il dit : « Oui. » Elle dit : « Lorsqu'il viendra à toi, informe-moi de sa venue. » Alors Gabriel 3, sur lui la paix, vint à lui comme il avait l'habitude de faire. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit à Khadija : « Ô Khadija, voici Gabriel qui est venu à moi. » Elle dit : « Lève-toi, ô cousin, et assieds-toi sur ma cuisse gauche. » Il se leva et s'assit sur elle. Elle dit : « Le vois-tu ? » Il dit : « Oui. » Elle dit : « Alors déplace-toi et assieds-toi sur ma cuisse droite. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, se déplaça et s'assit sur sa cuisse droite. Elle dit : « Le vois-tu ? » Il dit : « Oui. » Elle dit : « Déplace-toi et assieds-toi dans mon giron. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, se déplaça et s'assit dans son giron. Elle dit : « Le vois-tu ? » Il dit : « Oui. » Alors elle se découvrit et jeta son voile 4 alors que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, était assis dans son giron. Puis elle lui dit : « Le vois-tu ? » Il dit : « Non. » Elle dit : « Ô cousin, sois ferme et réjouis-toi, car par Allah, c'est un ange et non un démon. » Ibn Ishaq 5 dit : J'ai raconté ce hadith à 'Abd Allah ibn Hasan 6, et il a dit : J'ai entendu ma mère Fatima bint Husayn 7 raconter ce hadith d'après Khadija, sauf que je l'ai entendue dire : « Elle fit entrer le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, entre elle et son vêtement 8, et alors Gabriel s'en alla. Elle dit au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : “Ceci est un ange et non un démon.” » Début de la révélation du Coran Ibn Ishaq dit : La révélation commença pour le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, au mois de Ramadan, selon la parole d'Allah, Puissant et Majestueux : « Le mois de Ramadan est celui dans lequel le Coran a été révélé » 9 (Coran 2:185).
- Khadija : Khadija bint Khuwaylid, première épouse du Prophète Muhammad, première croyante en son message.
- Messager d'Allah : Titre honorifique du Prophète Muhammad, signifiant 'l'Envoyé de Dieu'.
- Gabriel : L'ange Gabriel (Jibril en arabe), chargé de transmettre la révélation divine aux prophètes.
- voile : Le khimar, voile couvrant la tête et la poitrine, porté par les femmes musulmanes.
- Ibn Ishaq : Muhammad ibn Ishaq, célèbre historien et biographe du Prophète Muhammad (m. 767).
- 'Abd Allah ibn Hasan : 'Abd Allah ibn Hasan ibn Hasan ibn 'Ali, descendant du Prophète et transmetteur de hadiths.
- Fatima bint Husayn : Fatima bint Husayn ibn 'Ali, descendante du Prophète et épouse de 'Abd Allah ibn Hasan.
- vêtement : Le dir', tunique ou vêtement ample porté par les femmes.
- Coran 2:185 : Verset du Coran (sourate al-Baqara, verset 185) mentionnant la révélation du Coran pendant le mois de Ramadan.
L'islam de Khadija bint Khuwaylid [1]
«une guidance pour les gens et des preuves claires de la guidance et du discernement 1» (2:185). Et Allah Très-Haut a dit : «Nous l’avons fait descendre durant la nuit du Destin 2. Et qui te fera savoir ce qu’est la nuit du Destin ? La nuit du Destin est meilleure que mille mois. Descendent les anges et l’Esprit 3 durant elle, par permission de leur Seigneur, pour tout ordre. Paix elle est jusqu’au lever de l’aube» (97:1-5). Et Allah Très-Haut a dit : «Hâ Mîm 4. Par le Livre explicite ! Nous l’avons fait descendre durant une nuit bénie, Nous sommes en vérité Celui qui avertit. Durant elle est distingué tout ordre sage, comme ordre de Notre part, Nous sommes en vérité Celui qui envoie» (44:1-5). Et Il Très-Haut a dit : «si vous croyez en Allah et en ce que Nous avons fait descendre sur Notre serviteur le jour du discernement 1, le jour où les deux groupes se rencontrèrent» (8:41). Et cela est la rencontre du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – et des associateurs à Badr. Ibn Ishâq a dit : Abû Ja‘far Muhammad b. ‘Alî b. Husayn m’a raconté que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – rencontra les associateurs à Badr le vendredi, au matin du dix-septième jour de Ramadan. Ibn Ishâq a dit : Puis la révélation parvint complètement au Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, lui qui croyait en Allah, attestait la vérité de ce qui lui venait de Lui, l’acceptait avec son assentiment, et supportait de ce qu’il portait le mécontentement et la satisfaction des serviteurs. La prophétie est des fardeaux et une charge, que ne portent et ne peuvent supporter que les hommes de force et de vigueur parmi les messagers, avec l’aide d’Allah Très-Haut et Sa réussite, à cause de ce qu’ils subissent des gens et de ce qui leur est opposé de ce qu’ils apportent de la part d’Allah – gloire à Lui, Très-Haut. Il dit : Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – poursuivit l’ordre d’Allah, malgré ce qu’il subissait de son peuple comme opposition et nuisance. L’islam de Khadîja bint Khuwaylid Et crut en lui Khadîja bint Khuwaylid, attesta la vérité de ce qui lui venait d’Allah, l’assista dans son affaire, et elle fut la première à croire en Allah et en Son Messager, et à attester la vérité de ce qui venait de lui. Par cela, Allah allégea pour Son Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – ; il n’entendait rien de ce qu’il détestait comme opposition et démenti qui l’attristait, sans qu’Allah ne le soulage par elle lorsqu’il revenait à elle : elle le raffermissait, lui allégeait, l’attestait et lui rendait légère l’affaire des gens. Qu’Allah Très-Haut lui fasse miséricorde. (Annonce du Messager à Khadîja d’une maison de perles 5) Ibn Ishâq a dit : Hishâm b. ‘Urwa m’a raconté d’après son père ‘Urwa b. az-Zubayr, d’après ‘Abd Allah b. Ja‘far b. Abî Tâlib – qu’Allah l’agrée –, qui a dit : Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : «Il m’a été ordonné d’annoncer à Khadîja une maison de perles 5, sans tumulte ni fatigue.» Ibn Hishâm a dit : Les perles 5 (ici) sont la perle creuse. (Gabriel salue Khadîja) Ibn Hishâm a dit : Quelqu’un en qui j’ai confiance m’a raconté que Gabriel – sur lui la paix – vint au Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – et dit : «Transmets le salut à Khadîja de la part de son Seigneur.» Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit : «Ô Khadîja, voici Gabriel qui te transmet le salut de la part de ton Seigneur.» Khadîja dit : «Allah est la Paix, et de Lui vient la paix, et sur Gabriel la paix.» (L’interruption de la révélation et la descente de la sourate ad-Duhâ) Ibn Ishâq a dit : Puis la révélation s’interrompit pour le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – pendant une certaine période, au point que cela lui pesa et l’attrista. Alors Gabriel vint à lui avec la sourate ad-Duhâ, par laquelle son Seigneur jura pour lui – Lui qui l’avait honoré de ce dont Il l’avait honoré – qu’Il ne l’avait ni abandonné ni haï. Il Très-Haut dit : «Par le matin ! Par la nuit quand elle s’apaise 6 ! Ton Seigneur ne t’a ni abandonné ni haï 7» (93:1-3). Il dit : Il ne t’a pas délaissé en te quittant, et Il ne t’a pas haï depuis qu’Il t’a aimé. «Et la vie dernière est meilleure pour toi que la première» (93:4) : c’est-à-dire ce qui est auprès de Moi comme retour vers Moi est meilleur pour toi que ce que Je t’ai accordé comme honneur dans ce monde. «Et ton Seigneur te donnera, et tu seras satisfait» (93:5) : de la victoire dans ce monde et de la récompense dans l’au-delà. «Ne t’a-t-Il pas trouvé orphelin, alors Il t’a accueilli ? Et ne t’a-t-Il pas trouvé égaré, alors Il t’a guidé ? Et ne t’a-t-Il pas trouvé pauvre 8, alors Il t’a enrichi ?» (93:6-8) : Allah lui fait connaître ce par quoi Il a commencé pour lui comme honneur dans l’immédiat de son affaire, et Sa faveur sur lui dans son orphelinat, sa pauvreté 8 et son égarement, et Son sauvetage de tout cela par Sa miséricorde. (Explication par Ibn Hishâm des termes de la sourate ad-Duhâ) Ibn Hishâm a dit : «sajâ» : calme. Umayya b. Abî s-Salt ath-Thaqafî a dit : «Quand vint notre refuge, alors que mes compagnons dormaient, et que la nuit s’apaisa 6 avec l’obscurité profonde» Et ce vers est dans une de ses poésies. On dit de l’œil, quand son bord se calme : «sâjiya» ; et «sajâ» son bord. Jarîr (b. al-Khatafâ) a dit : «Nous t’avons visé, quand elles partirent, avec des yeux qui tuent à travers les fentes des voiles, calmes 9» Et ce vers est dans une de ses poésies. «al-‘â’il» : le pauvre. Abû Kharâsh al-Hudhalî a dit : «Vers sa maison se réfugie le nécessiteux quand vient l’hiver, et l’implorant aux deux vêtements usés, pauvre 8» Et son pluriel est : ‘âla et ‘ayl. Et ce vers est dans une de ses poésies que je mentionnerai en son lieu, si Allah veut. «al-‘â’il» (aussi) : celui qui charge la famille. Et «al-‘â’il» (aussi) : le craintif. Et dans le Livre d’Allah Très-Haut : «Cela est plus proche pour que vous ne commettiez pas d’injustice 10» (4:3). Et Abû Tâlib a dit : «Avec une balance de justice qui ne diminue pas un grain, ayant un témoin de lui-même, non injuste 10» Et ce vers est dans une de ses poésies que je mentionnerai en son lieu, si Allah veut. Et «al-‘â’il» (aussi) : la chose lourde et pénible. L’homme dit : «cette chose m’a ‘âla» : c’est-à-dire m’a alourdi et m’a fatigué. Al-Farazdaq a dit :
- al-furqân : Le discernement, nom donné au Coran car il distingue le vrai du faux.
- Laylat al-Qadr : La nuit du Destin, nuit bénie où le Coran a été révélé, meilleure que mille mois.
- ar-rûh : L'Esprit, généralement identifié à l'ange Gabriel.
- Hâ Mîm : Lettres séparées (muqatta‘ât) ouvrant certaines sourates, dont le sens est connu d'Allah seul.
- qaṣab : Perles creuses, ou canne, mais ici interprété comme perle creuse (Ibn Hishâm).
- sajâ : S'apaiser, se calmer ; la nuit quand elle s'apaise signifie quand elle devient calme et sombre.
- mâ wadda‘aka rabbuka wa mâ qalâ : Ton Seigneur ne t'a ni abandonné (en te quittant) ni haï (depuis qu'Il t'a aimé).
- ‘â’il : Pauvre, nécessiteux ; peut aussi signifier celui qui a une famille à charge, ou craintif, ou injuste.
- suwâjî : Pluriel de sâjiya, yeux calmes (par leur regard fixe).
- ta‘ûlû : Vous commettiez une injustice (ou : vous ayez à charge trop de personnes).
Le début de l'obligation de la prière [1]
Tu vois les nobles et les illustres de Quraych 1 ... quand l'affaire, dans les vicissitudes, devient grave. (1) Et ce vers fait partie d'un poème qui lui est attribué. Quant à l'orphelin, ne le maltraite pas. Quant au demandeur 2, ne le repousse pas 93:9-10 : c'est-à-dire ne sois ni tyran ni orgueilleux, ni grossier ni dur envers les faibles parmi les serviteurs d'Allah. Et quant au bienfait de ton Seigneur, raconte-le 93:11 : c'est-à-dire ce qui t'est venu d'Allah comme bienfait et honneur de la prophétie, raconte-le, c'est-à-dire mentionne-le et appelle à cela. Ainsi, le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix, commença à mentionner ce dont Allah l'avait gratifié ainsi que les serviteurs par la prophétie, en secret à ceux de sa famille en qui il avait confiance. Début de l'obligation de la prière 3 (2) Et la prière fut rendue obligatoire pour lui. Alors le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et sur sa famille, et que la paix, la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions soient sur lui et sur eux, pria. (La prière fut prescrite deux rak'at 4 par deux rak'at, puis elle fut augmentée) : Ibn Ishaq dit : Salih ibn Kaysan m'a rapporté d'après 'Urwa ibn az-Zubayr, d'après 'Aïcha, qu'Allah l'agrée, qui a dit : La prière fut prescrite au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix, au début de son obligation, deux rak'at par deux rak'at pour chaque prière. Puis Allah, exalté soit-Il, la compléta en résidence à quatre rak'at, et la maintint en voyage dans son obligation première de deux rak'at (3). (Enseignement par Gabriel 5 au Messager, qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix, des ablutions et de la prière) : Ibn Ishaq dit : Un des gens de science m'a rapporté que lorsque la prière fut prescrite au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix, Gabriel vint à lui alors qu'il était dans la partie haute de La Mecque. Il frappa du talon dans un côté de la vallée, et une source en jaillit. Gabriel, sur lui la paix, fit ses ablutions, et le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix, le regardait pour lui montrer comment se purifier pour la prière. Puis le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix, fit ses ablutions comme il avait vu Gabriel les faire. Ensuite, Gabriel se tint avec lui et pria avec lui, et le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix, pria selon sa prière. Puis Gabriel, sur lui la paix, s'en alla. (Enseignement par le Messager, qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix, à Khadija 6 des ablutions et de la prière) : Alors le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et lui donne la paix, vint à Khadija et fit ses ablutions devant elle pour lui montrer comment se purifier pour la prière, comme Gabriel le lui avait montré. Elle fit ses ablutions comme le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, les avait faites devant elle. Puis le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, pria avec elle comme Gabriel avait prié avec lui, et elle pria selon sa prière (4).
- Quraych : Tribu arabe de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
- demandeur : Celui qui demande l'aide ou la charité.
- prière : La salat, prière rituelle islamique.
- rak'at : Unité de la prière islamique comprenant des positions et des récitations.
- Gabriel : L'ange Gabriel (Jibril en arabe), chargé de transmettre la révélation divine aux prophètes.
- Khadija : Première épouse du Prophète Muhammad, première personne à avoir embrassé l'islam.
Il est rapporté que 'Alî ibn Abî Tâlib — que Dieu l'agrée — fut le premier homme à embrasser l'Islam [1].
La détermination par Gabriel des temps de prière pour le Messager (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) : Ibn Ishaq a dit : 'Utba ibn Muslim, affranchi des Banu Tamim, m'a rapporté d'après Nafi' ibn Jubayr ibn Mut'im – et Nafi' était un grand transmetteur – d'après Ibn 'Abbas, qui a dit : Lorsque la prière fut prescrite au Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), Gabriel (sur lui la paix) vint à lui et pria avec lui le zuhr 1 lorsque le soleil déclina, puis pria avec lui le 'asr 2 lorsque son ombre fut égale à sa taille, puis pria avec lui le maghrib 3 lorsque le soleil se coucha, puis pria avec lui la 'isha' 4 lorsque le crépuscule disparut, puis pria avec lui le subh 5 lorsque l'aube se leva. Puis il vint à lui le lendemain et pria avec lui le zuhr lorsque son ombre fut égale à sa taille, puis pria avec lui le 'asr lorsque son ombre fut double de sa taille, puis pria avec lui le maghrib au même moment que la veille, puis pria avec lui la 'isha' lorsque le premier tiers de la nuit fut passé, puis pria avec lui le subh alors qu'il faisait clair mais sans que le soleil ne soit levé. Puis il dit : Ô Muhammad, la prière se situe entre ce que tu as prié aujourd'hui et ce que tu as prié hier. Mention du fait que 'Ali ibn Abi Talib (qu'Allah l'agrée) fut le premier homme à embrasser l'islam : Ibn Ishaq a dit : Puis le premier homme parmi les gens à croire au Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), à prier avec lui et à attester la vérité de ce qui lui venait d'Allah le Très-Haut fut 'Ali ibn Abi Talib ibn 'Abd al-Muttalib ibn Hachim (que l'agrément et la paix d'Allah soient sur lui). Il avait alors dix ans. Son éducation sous la tutelle du Messager (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) et la raison de cela : Parmi les bienfaits dont Allah gratifia 'Ali ibn Abi Talib (qu'Allah l'agrée), il y eut le fait qu'il fut sous la tutelle du Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) avant l'islam. Ibn Ishaq a dit : 'Abdullah ibn Abi Najih m'a rapporté d'après Mujahid ibn Jabr 6 Abou al-Hajjaj, qui a dit : Parmi les grâces d'Allah sur 'Ali ibn Abi Talib, et ce qu'Allah fit pour lui et par quoi Il voulut son bien, il y eut le fait que Quraysh fut frappée d'une grave disette, et Abou Talib avait une nombreuse famille. Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) dit à son oncle al-'Abbas, qui était l'un des plus aisés des Banu Hachim : Ô 'Abbas, ton frère Abou Talib a une nombreuse famille, et les gens sont touchés par cette disette que tu vois. Allons donc vers lui pour alléger sa charge en prenant chacun un de ses enfants, afin de le soulager. Al-'Abbas répondit : Oui. Ils allèrent donc trouver Abou Talib et lui dirent : Nous voulons alléger ta charge en prenant certains de tes enfants jusqu'à ce que la situation des gens s'améliore. Abou Talib leur dit : Si vous me laissez 'Aqil, faites ce que vous voulez. – Ibn Hicham dit : On dit aussi : 'Aqil et Talib 7. Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) prit donc 'Ali et le garda auprès de lui, et al-'Abbas prit Ja'far et le garda auprès de lui. 'Ali resta ainsi avec le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) jusqu'à ce qu'Allah – béni et exalté soit-Il – l'envoyât comme prophète. Alors 'Ali (qu'Allah l'agrée) le suivit, crut en lui et l'attesta. Quant à Ja'far, il resta chez al-'Abbas jusqu'à ce qu'il embrassât l'islam et se passât de lui. La sortie de 'Ali avec le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) vers les gorges de La Mecque pour prier, et la position d'Abou Talib face à leur affaire : Ibn Ishaq a dit : Certains savants ont mentionné que lorsque l'heure de la prière arrivait, le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) sortait vers les gorges de La Mecque, et 'Ali ibn Abi Talib sortait avec lui, se cachant de son père Abou Talib, de tous ses oncles et du reste de son peuple, et ils y accomplissaient les prières.
- zuhr : Prière de midi, la deuxième des cinq prières obligatoires.
- 'asr : Prière de l'après-midi, la troisième prière obligatoire.
- maghrib : Prière du coucher du soleil, la quatrième prière obligatoire.
- 'isha' : Prière de la nuit, la cinquième prière obligatoire.
- subh : Prière de l'aube, la première prière obligatoire.
- Mujahid ibn Jabr : Mujahid ibn Jabr al-Makki, un célèbre savant et exégète du Coran, mort en 104 H.
- Talib : Talib ibn Abi Talib, frère de 'Ali, qui ne se convertit pas à l'islam.
L'islam de Zayd ibn Haritha [1] fut le deuxième [2].
Lorsque le soir venait, ils retournaient. Ils demeurèrent ainsi aussi longtemps qu'Allah voulut qu'ils demeurassent. Puis, un jour, Abû Tâlib les surprit en train de prier et dit au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : « Ô fils de mon frère ! Quelle est cette religion que je te vois pratiquer ? » Il répondit : « Ô mon oncle, c'est la religion d'Allah, la religion de Ses anges, la religion de Ses messagers et la religion de notre père Abraham » — ou comme le dit le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) — « Allah m'a envoyé comme messager aux serviteurs, et toi, ô mon oncle, tu es le plus digne que je conseille et appelle à la guidée, et le plus digne de me répondre et de m'assister » — ou comme il le dit. Alors Abû Tâlib dit : « Ô fils de mon frère, je ne peux pas abandonner la religion de mes pères et ce sur quoi ils étaient. Mais, par Allah, jamais rien ne t'atteindra que tu détestes tant que je vivrai. » Et ils rapportèrent qu'il dit à 'Alî : « Ô mon fils, quelle est cette religion que tu pratiques ? » Il répondit : « Ô mon père, j'ai cru en Allah et au Messager d'Allah, je l'ai attesté dans ce qu'il a apporté, j'ai prié avec lui pour Allah et je l'ai suivi. » Ils prétendent qu'il lui dit : « Certes, il ne t'a appelé qu'au bien, alors attache-toi à cela. » **Conversion de Zayd ibn Hâritha 1 (deuxième)** Ibn Ishâq dit : « Puis Zayd ibn Hâritha ibn Shurahbîl ibn Ka'b ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn Imru' al-Qays al-Kalbî, affranchi du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), embrassa l'Islam. Il fut le premier homme à se convertir et à prier après 'Alî ibn Abî Tâlib. » **(Sa généalogie et la raison pour laquelle le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) l'adopta)** Ibn Hishâm dit : « Zayd ibn Hâritha ibn Sharâhîl ibn Ka'b ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn Imru' al-Qays ibn 'Âmir ibn al-Nu'mân ibn 'Âmir ibn 'Abd Wudd ibn 'Awf ibn Kinâna ibn Bakr ibn 'Awf ibn 'Udhra ibn Zayd al-Lât 2 ibn Rufayda ibn Thawr ibn Kalb ibn Wabra. Hakîm ibn Hizâm ibn Khuwaylid était revenu de Syrie avec des esclaves 3, parmi lesquels Zayd ibn Hâritha, un jeune serviteur. Sa tante Khadîja bint Khuwaylid entra chez lui — elle était alors chez le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) — et il lui dit : « Choisis, ô ma tante, celui de ces garçons que tu veux, il est pour toi. » Elle choisit Zayd et le prit. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le vit chez elle et le lui demanda ; elle le lui donna. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) l'affranchit et l'adopta, et cela avant qu'il ne reçoive la révélation. » **(Poème de Hâritha lorsqu'il perdit son fils Zayd, et son arrivée auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) pour lui demander de le lui rendre)** Son père Hâritha avait été profondément affligé par sa perte et avait pleuré sur lui lorsqu'il le perdit. Il dit : « J'ai pleuré sur Zayd sans savoir ce qu'il est devenu, / Est-il vivant, espéré, ou la mort l'a-t-elle rejoint ? Par Allah, je ne sais, et pourtant je demande : / Est-ce la plaine qui t'a englouti après moi, ou la montagne ? 4 Que ne sais-je si le temps te ramènera un jour, / Il me suffirait de ce monde que tu reviennes à moi, c'est assez 5. Le soleil me rappelle toi à son lever, / Et son souvenir se présente quand son couchant décline 6. Et quand les vents soufflent, ils éveillent ton souvenir, / Oh combien longue est ma tristesse pour lui et ma crainte 7 ! J'emploierai les chameaux rapides sur la terre avec effort, / Et je ne me lasserai de parcourir le monde jusqu'à ce que les chameaux se lassent 8, Tant que je vivrai, ou que ma mort vienne à moi, / Car tout homme est périssable, même si l'espoir le trompe 9. » Puis il vint à lui alors qu'il était chez le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui dit : « Si tu veux, reste chez moi ; si tu veux, va avec ton père. » Il répondit : « Je reste chez toi. » Il demeura donc chez le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) jusqu'à ce qu'Allah l'envoie 10, alors il le crut et embrassa l'Islam.
- Zayd ibn Hâritha : Compagnon du Prophète, affranchi et fils adoptif, connu pour être le premier homme libre à embrasser l'Islam après 'Alî.
- Zayd al-Lât : Nom d'un ancêtre ; al-Lât était une divinité préislamique, mais le nom est ici un anthroponyme.
- raqîq : Esclaves, serviteurs achetés comme marchandise.
- ghâlaka : Verbe signifiant 'engloutir, faire périr' ; la plaine et la montagne évoquent les dangers du voyage.
- bajal : Exclamation signifiant 'cela suffit, c'est assez'.
- gharbuhâ afal : Littéralement 'son couchant s'est couché' ; expression poétique pour le coucher du soleil.
- wajal : Crainte, appréhension mêlée de tristesse.
- nassa al-‘îs : Expression signifiant 'pousser les chameaux à grande vitesse' ; al-‘îs désigne les chameaux.
- maniyya : La mort, le destin fatal.
- ba‘athahu Allâh : Allah l'envoya comme prophète ; référence à la mission prophétique de Muhammad.
L'islam d'Abou Bakr As-Siddiq, que Dieu l'agrée, et son importance [1].
Il pria avec lui. Puis, lorsque Allah – Puissant et Majestueux – révéla : « Appelez-les par [le nom de] leurs pères » [33:5], il dit : « Je suis Zayd, fils de Hâritha. » L’islam d’Abû Bakr as-Siddîq – qu’Allah l’agrée – et son histoire (Sa généalogie) Ibn Ishâq dit : Puis Abû Bakr ibn Abî Quhâfa embrassa l’islam. Son nom est ‘Atîq, et le nom d’Abî Quhâfa est ‘Uthmân ibn ‘Âmir ibn ‘Amr ibn Ka‘b ibn Sa‘d ibn Taym ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu’ayy ibn Ghâlib ibn Fihr. Ibn Hishâm dit : Le nom d’Abû Bakr est ‘Abd Allah, et ‘Atîq est un surnom 1 en raison de la beauté de son visage et de sa noblesse. (Son islam) Ibn Ishâq dit : Lorsqu’Abû Bakr – qu’Allah l’agrée – embrassa l’islam, il manifesta son islam et appela à Allah et à Son Messager.
- laqab : Surnom honorifique, ici lié à la beauté du visage et à la noblesse de caractère.
Parmi les Compagnons qui embrassèrent l'Islam sur l'invitation d'Abou Bakr [1], que Dieu l'agrée [2].
Sa position parmi Quraysh et son appel à l'islam : Abû Bakr 1 était un homme affable 2 envers son peuple, aimé et doux. Il était le plus savant des Quraysh en matière de généalogie qurayshite, le plus connaisseur de leur histoire, de ce qu'elle contenait de bien et de mal. C'était un commerçant, doté de bon caractère et de bienfaisance. Les hommes de son peuple venaient à lui et s'attachaient à lui pour plusieurs raisons : son savoir, son commerce et la qualité de sa compagnie. Il se mit alors à appeler à Dieu et à l'islam ceux en qui il avait confiance parmi son peuple, parmi ceux qui le fréquentaient et s'asseyaient avec lui. Mention de ceux qui embrassèrent l'islam parmi les Compagnons 3 sur l'invitation d'Abû Bakr, que Dieu l'agrée : Islam de 'Uthmân, d'Az-Zubayr, d'Abd ar-Rahmân, de Sa'd et de Talha : Il dit : Embrassèrent l'islam sur son invitation – selon ce qui m'est parvenu – 'Uthmân ibn 'Affân ibn Abi al-'Âs ibn Umayya ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Manâf ibn Qusayy ibn Kilâb ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy ibn Ghâlib 4, Az-Zubayr 5 ibn al-'Awwâm ibn Khuwaylid ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn Qusayy ibn Kilâb ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy, 'Abd ar-Rahmân 6 ibn 'Awf ibn 'Abd 'Awf ibn 'Abd ibn al-Hârith ibn Zuhra ibn Kilâb ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy, Sa'd 7 ibn Abi Waqqâs – le nom d'Abi Waqqâs est Mâlik ibn Uhayb 8 ibn 'Abd Manâf ibn Zuhra ibn Murra ibn Kilâb ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy – et Talha 9 ibn 'Ubayd Allâh ibn 'Uthmân ibn 'Amr ibn Ka'b ibn Sa'd ibn Taym ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy. Il les amena auprès du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lorsqu'ils eurent répondu à son appel ; ils embrassèrent l'islam et prièrent. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, disait, selon ce qui m'est parvenu : « Je n'ai appelé personne à l'islam sans qu'il n'y ait eu chez lui une hésitation 10, un examen et une tergiversation, excepté Abû Bakr ibn Abi Quhâfa : il n'a pas hésité 11 lorsque je lui en ai parlé et n'a pas tergiversé. » Ibn Hishâm dit : Son expression « sur son invitation » vient d'autre qu'Ibn Ishâq. Ibn Hishâm dit : Son expression « 'akama » signifie « il a tardé ». Ru'ba ibn al-'Ajjâj a dit : « Et il s'est enfui 12 rapidement avec elle, sans tarder. » Ibn Ishâq dit : Ces huit personnes furent les premiers à devancer les gens dans l'islam ; ils prièrent et crurent en le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, en ce qui lui était venu de Dieu. Islam d'Abû 'Ubayda, d'Abû Salama, d'al-Arqam, des fils de Maz'ûn, de 'Ubayda ibn al-Hârith, de Sa'îd ibn Zayd et de son épouse, d'Asmâ', de 'Â'isha et de Khabbâb : Puis embrassèrent l'islam Abû 'Ubayda 13 ibn al-Jarrâh – son nom est 'Âmir 14 ibn 'Abd Allâh ibn al-Jarrâh ibn Hilâl 15 ibn Uhayb ibn Dabba ibn al-Hârith ibn Fihr –, Abû Salama 16 – son nom est 'Abd Allâh ibn 'Abd al-Asad ibn Hilâl ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm ibn Yaqaza ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy –, al-Arqam 17 ibn Abi al-Arqam – le nom d'Abi al-Arqam est 'Abd Manâf ibn Asad – Asad était surnommé Abû Jundub – ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm ibn Yaqaza ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy –, 'Uthmân 18 ibn Maz'ûn ibn Habîb ibn Wahb ibn Hudhâfa ibn Jumah ibn 'Amr ibn Husays ibn Ka'b ibn Lu'ayy, et ses deux frères Qudâma et 'Abd Allâh, tous deux fils de Maz'ûn ibn Habîb. 'Ubayda 19 ibn al-Hârith ibn al-Muttalib ibn 'Abd Manâf ibn Qusayy ibn Kilâb ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy. Sa'îd 20 ibn Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn 'Abd Allâh ibn Qurt ibn Riyâh 21 ibn Razâh ibn 'Adiyy ibn Ka'b ibn Lu'ayy, et son épouse Fâtima bint al-Khattâb ibn Nufayl ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn 'Abd Allâh ibn Qurt ibn Riyâh ibn Razâh ibn 'Adiyy ibn Ka'b ibn Lu'ayy, sœur de 'Umar ibn al-Khattâb. Asmâ' 22 bint Abi Bakr. 'Â'isha bint Abi Bakr – elle était alors jeune. Khabbâb 23 ibn al-Aratt, allié des Banû Zuhra. Ibn Hishâm dit : Khabbâb ibn al-Aratt est des Banû Tamîm ; on dit aussi qu'il est de Khuzâ'a. Islam de 'Umayr, d'Ibn Mas'ûd et d'Ibn al-Qârri : Ibn Ishâq dit : 'Umayr 24 ibn Abi Waqqâs, frère de Sa'd ibn Abi Waqqâs. 'Abd Allâh 25 ibn Mas'ûd ibn al-Hârith ibn Shamkh ibn Makhzûm ibn Sâhila ibn Kâhil 26 ibn al-Hârith ibn Tamîm ibn Sa'd ibn Hudhayl 27. Mas'ûd ibn al-Qârri – il s'agit de Mas'ûd 28 ibn Rabî'a ibn 'Amr ibn Sa'd 29 ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn Hamâla ibn Ghâlib ibn Muhallim ibn 'Â'idha ibn Subay' 30 ibn al-Hawn ibn Khuzayma, de la tribu d'al-Qârra. Quelque chose au sujet d'al-Qârra : Ibn Hishâm dit : Al-Qârra 31 est un surnom (pour eux) ; on dit à leur sujet : « Il a rendu justice à al-Qârra celui qui les a visés 32 » Ils étaient un peuple d'archers 33. Islam de Salît et de son frère, de 'Ayyâsh et de son épouse, de Khunays et de 'Âmir : Ibn Ishâq dit : Salît 34 ibn 'Amr ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Wudd ibn Nasr ibn Mâlik ibn (Hisl ibn) 35 'Âmir ibn Lu'ayy ibn Ghâlib ibn Fihr, (et son frère Hâtib ibn 'Amr) 36. 'Ayyâsh 37 ibn Abi Rabî'a 38 ibn al-Mughîra ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm ibn Yaqaza ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy, et son épouse Asmâ' 39 bint Salâma 40 ibn Mukharriba at-Tamîmiyya 41. Khunays ibn Hudhâfa ibn 'Adiyy ibn Sa'd 42 ibn Sahm ibn 'Amr ibn Husays ibn Ka'b ibn Lu'ayy. 'Âmir 43 ibn Rabî'a, de 'Anz 44 ibn Wâ'il, allié de la famille d'al-Khattâb ibn Nufayl ibn 'Abd al-'Uzzâ. Ibn Hishâm dit : 'Anz ibn Wâ'il est le frère de Bakr ibn Wâ'il, de Rabî'a ibn Nizâr. Islam des deux fils de Jahsh, de Ja'far et de son épouse, des enfants d'al-Hârith et de leurs épouses, d'as-Sâ'ib et d'al-Muttalib et de son épouse : Ibn Ishâq dit : 'Abd Allâh 45 ibn Jahsh ibn Ri'âb ibn Ya'mur ibn Sabira ibn Murra ibn Kabîr 46 ibn Ghanm ibn Dûdân ibn Asad ibn Khuzayma. Et son frère Abû Ahmad ibn Jahsh, tous deux alliés des Banû Umayya ibn 'Abd Shams 47. Ja'far 48 ibn Abi Tâlib, et son épouse Asmâ' 49 bint 'Umays 50 ibn an-Nu'mân ibn Ka'b ibn Mâlik ibn Quhâfa, de Khath'am 51. Hâtib 52 ibn al-Hârith ibn Ma'mar ibn Habîb ibn Wahb ibn Hudhâfa ibn Jumah ibn 'Amr ibn Husays ibn Ka'b ibn Lu'ayy, et son épouse Fâtima bint al-Mujallal ibn 'Abd Allâh ibn Abi Qays ibn 'Abd Wudd ibn Nasr ibn Mâlik ibn Hisl ibn 'Âmir ibn Lu'ayy ibn Ghâlib ibn Fihr. Et son frère Hattâb 53 ibn al-Hârith, et son épouse Fukayha bint Yasâr. Ma'mar 54 ibn al-Hârith ibn Ma'mar ibn Habîb ibn Wahb ibn Hudhâfa ibn Jumah ibn 'Amr ibn Husays ibn Ka'b ibn Lu'ayy. As-Sâ'ib 55 ibn 'Uthmân ibn Maz'ûn ibn Habîb ibn Wahb. Al-Muttalib 56 ibn Azhar ibn 'Abd 'Awf ibn 'Abd ibn al-Hârith ibn Zuhra ibn Kilâb ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy, et son épouse Ramla bint Abi 'Awf ibn Subayra 57 ibn Sa'îd (ibn Sa'd) 58 ibn Sahm ibn 'Amr ibn Husays ibn Ka'b ibn Lu'ayy. An-Nahhâm – son nom est Nu'aym 59 ibn 'Abd Allâh ibn Usayd, frère des Banû 'Adiyy ibn Ka'b ibn Lu'ayy. Islam de Nu'aym et sa généalogie : Ibn Hishâm dit : Il s'agit de Nu'aym ibn 'Abd Allâh ibn Usayd 60 ibn 'Abd 'Awf ibn 'Ubayd ibn 'Uwayj ibn 'Adiyy ibn Ka'b ibn Lu'ayy. Il fut surnommé an-Nahhâm parce que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : « J'ai entendu son nahm 61 au Paradis. » Ibn Hishâm dit : Son nahm : sa voix. (Et son nahm) 62 : son bruit 63. Islam de 'Âmir ibn Fuhayra et sa généalogie :
Ibn Isḥāq a dit : Et ʿĀmir b. Fuhayra, affranchi d’Abū Bakr al-Ṣiddīq – que Dieu l’agrée. Ibn Hishām a dit : ʿĀmir b. Fuhayra 64 était un mulad 65 des Asad, un Noir qu’Abū Bakr – que Dieu l’agrée – leur avait acheté. (Conversion de Khālid b. Saʿīd et de son épouse Amīna) : Ibn Isḥāq a dit : Et Khālid b. Saʿīd 66 b. al-ʿĀṣ b. Umayya b. ʿAbd Shams b. ʿAbd Manāf b. Quṣayy b. Kilāb b. Murra b. Kaʿb b. Luʾayy, et son épouse Amīna 67 bt. Khalaf b. Asʿad b. ʿĀmir b. Bayāḍa b. Subayʿ b. Juʿthuma 68 b. Saʿd b. Mulayḥ b. ʿAmr, des Khuzāʿa. Ibn Hishām a dit : On dit : Humayna 69 bt. Khalaf. (Conversion de Ḥāṭib, d’Abū Ḥudhayfa, de Wāqid, et une remarque à son sujet) : Ibn Isḥāq a dit : Et Ḥāṭib b. ʿAmr 70 b. ʿAbd Shams b. ʿAbd Wudd b. Naṣr b. Mālik b. Ḥisl b. ʿĀmir b. Luʾayy b. Ghālib b. Fihr. Et Abū Ḥudhayfa, dont le nom est Muhashsham 71 – selon Ibn Hishām – b. ʿUtba b. Rabīʿa b. ʿAbd Shams b. ʿAbd Manāf b. Quṣayy b. Kilāb b. Murra b. Kaʿb b. Luʾayy. Et Wāqid 72 b. ʿAbd Allāh b. ʿAbd Manāf b. ʿUrayn b. Thaʿlaba b. Yarbūʿ b. Ḥanẓala b. Mālik b. Zayd Manāt b. Tamīm, allié des Banū ʿAdī b. Kaʿb. Ibn Hishām a dit : Bāhila l’avait amené, ils le vendirent à al-Khaṭṭāb b. Nufayl, qui l’adopta. Puis quand Dieu – exalté soit-Il – révéla : « Appelez-les du nom de leurs pères » [33:5], il dit : « Je suis Wāqid b. ʿAbd Allāh », selon Abū ʿAmr al-Madanī. (Conversion des Banū al-Bakīr et de ʿAmmār b. Yāsir) : Ibn Isḥāq a dit : Et Khālid 73, ʿĀmir 74, ʿĀqil 75 et Iyās 76, fils d’al-Bakīr 77 b. ʿAbd Yālīl b. Nāshib b. Ghayra b. 78 Saʿd b. Layth b. Bakr b. ʿAbd Manāt b. Kināna, alliés des Banū 79 ʿAdī b. Kaʿb. Et ʿAmmār b. Yāsir 80, allié des Banū Makhzūm b. Yaqaẓa. Ibn Hishām a dit : ʿAmmār b. Yāsir était ʿAnsī 81 de Madhḥij. (Conversion de Ṣuhayb et sa généalogie) : Ibn Isḥāq a dit : Et Ṣuhayb b. Sinān 82, un des al-Namir b. Qāsiṭ, allié des Banū Taym b. Murra. Ibn Hishām a dit : al-Namir b. Qāsiṭ b. Hinb b. Afṣā b. Jadīla b. Asad b. Rabīʿa b. Nizār ; on dit : Afṣā b. Duʿmī b. Jadīla b. Asad ; et on dit : Ṣuhayb était l’affranchi de ʿAbd Allāh 83 b. Judʿān b. ʿAmr b. Kaʿb b. Saʿd b. Taym.
- Abû Bakr : Abû Bakr as-Siddîq, premier calife de l'islam, compagnon et beau-père du Prophète.
- ma'lafan : Affable, sociable, qui attire les gens.
- Compagnons : Les Sahâba, ceux qui ont vu et cru au Prophète Muhammad.
- 'Uthmân ibn 'Affân : Troisième calife de l'islam, compagnon et gendre du Prophète.
- Az-Zubayr ibn al-'Awwâm : Compagnon, cousin du Prophète et l'un des dix promis au Paradis.
- 'Abd ar-Rahmân ibn 'Awf : Compagnon, riche commerçant et l'un des dix promis au Paradis.
- Sa'd ibn Abi Waqqâs : Compagnon, l'un des dix promis au Paradis et conquérant de la Perse.
- Uhayb : Nom propre, ancêtre de Sa'd.
- Talha ibn 'Ubayd Allâh : Compagnon, l'un des dix promis au Paradis.
- kabwa : Hésitation, trébuchement, recul devant une chose.
- mâ 'akama 'anhu : Il n'a pas hésité, n'a pas tardé.
- insâ'a : S'enfuir rapidement, se disperser.
- Abû 'Ubayda ibn al-Jarrâh : Compagnon, l'un des dix promis au Paradis, surnommé l'intendant de la communauté.
- 'Âmir : Prénom d'Abû 'Ubayda.
- Hilâl : Nom propre, ancêtre.
- Abû Salama : Compagnon, l'un des premiers musulmans.
- al-Arqam ibn Abi al-Arqam : Compagnon, sa maison fut le premier lieu de rassemblement secret des musulmans.
- 'Uthmân ibn Maz'ûn : Compagnon, l'un des premiers musulmans.
- 'Ubayda ibn al-Hârith : Compagnon, cousin du Prophète.
- Sa'îd ibn Zayd : Compagnon, l'un des dix promis au Paradis.
- Riyâh : Nom propre, ancêtre.
- Asmâ' bint Abi Bakr : Compagne, sœur de 'Â'isha, surnommée Dhat an-Nitaqayn.
- Khabbâb ibn al-Aratt : Compagnon, parmi les premiers musulmans, connu pour sa patience face aux persécutions.
- 'Umayr ibn Abi Waqqâs : Compagnon, frère de Sa'd.
- 'Abd Allâh ibn Mas'ûd : Compagnon, éminent savant et récitateur du Coran.
- Kâhil : Nom propre, ancêtre.
- Hudhayl : Tribu arabe.
- Mas'ûd ibn al-Qârri : Compagnon.
- Sa'd : Nom propre, ancêtre.
- Subay' : Nom propre, ancêtre.
- al-Qârra : Tribu arabe, surnom donné à un groupe de personnes.
- qad ansafa al-qârrata man râmâhâ : Proverbe signifiant que celui qui les vise leur rend justice, car ils sont réputés pour leur adresse au tir.
- rumât : Archers, tireurs d'élite.
- Salît ibn 'Amr : Compagnon.
- Hisl : Nom propre, ancêtre, peut-être une variante.
- Hâtib ibn 'Amr : Compagnon, frère de Salît.
- 'Ayyâsh ibn Abi Rabî'a : Compagnon, frère utérin d'Abû Jahl.
- Abi Rabî'a : Surnom, père de 'Ayyâsh.
- Asmâ' bint Salâma : Compagne, épouse de 'Ayyâsh.
- Salâma : Nom propre.
- at-Tamîmiyya : De la tribu de Tamîm.
- Khunays ibn Hudhâfa : Compagnon.
- Sa'd : Nom propre, ancêtre.
- 'Âmir ibn Rabî'a : Compagnon.
- 'Anz ibn Wâ'il : Tribu arabe.
- 'Abd Allâh ibn Jahsh : Compagnon, cousin du Prophète, commandant à la bataille d'Uhud.
- Kabîr : Nom propre, ancêtre.
- Banû Umayya ibn 'Abd Shams : Clan qurayshite, branche des Omeyyades.
- Ja'far ibn Abi Tâlib : Compagnon, cousin du Prophète, surnommé Dhû l-Janâhayn (aux deux ailes).
- Asmâ' bint 'Umays : Compagne, épouse de Ja'far puis d'Abû Bakr puis d'Alî.
- 'Umays : Nom propre.
- Khath'am : Tribu arabe.
- Hâtib ibn al-Hârith : Compagnon.
- Hattâb ibn al-Hârith : Compagnon, frère de Hâtib.
- Ma'mar ibn al-Hârith : Compagnon.
- As-Sâ'ib ibn 'Uthmân ibn Maz'ûn : Compagnon.
- Al-Muttalib ibn Azhar : Compagnon.
- Subayra : Nom propre, ancêtre.
- Sa'd : Nom propre, ancêtre, peut-être une répétition.
- Nu'aym ibn 'Abd Allâh : Compagnon, surnommé an-Nahhâm.
- Usayd : Nom propre, ancêtre.
- nahm : Voix, bruit, râle.
- hiss : Bruit, son, murmure.
- ʿĀmir b. Fuhayra : Compagnon du Prophète, affranchi d'Abū Bakr, tué à la bataille de Biʾr Maʿūna.
- mulad : Esclave né dans la tribu de son maître, par opposition à un esclave importé.
- Khālid b. Saʿīd : Compagnon, l'un des premiers musulmans, gouverneur du Yémen sous le Prophète.
- Amīna : Épouse de Khālid b. Saʿīd, première femme à émigrer en Abyssinie.
- Juʿthuma : Tribu arabe, branche des Khuzāʿa.
- Humayna : Variante du nom Amīna, signifiant 'petite bénédiction'.
- Ḥāṭib b. ʿAmr : Compagnon, participa à la bataille de Badr.
- Muhashsham : Nom propre signifiant 'celui qui est brisé' ou 'humilié'.
- Wāqid b. ʿAbd Allāh : Compagnon, connu pour avoir tué le premier ennemi à Badr.
- Khālid : Fils d'al-Bakīr, compagnon, participa à Badr.
- ʿĀmir : Fils d'al-Bakīr, compagnon.
- ʿĀqil : Fils d'al-Bakīr, compagnon.
- Iyās : Fils d'al-Bakīr, compagnon.
- al-Bakīr : Patronyme, père des quatre frères mentionnés.
- Ghayra b. : Nom propre, probablement une variante de 'Ghayra'.
- Banū : Fils de, désignant une tribu ou un clan.
- ʿAmmār b. Yāsir : Compagnon éminent, l'un des premiers musulmans, tué à Ṣiffīn.
- ʿAnsī : Relatif à la tribu de ʿAns, branche de Madhḥij.
- Ṣuhayb b. Sinān : Compagnon, d'origine byzantine ou arabe, affranchi, participa à Badr.
- ʿAbd Allāh b. Judʿān : Notable qurayshite, connu pour sa générosité, mort avant l'Islam.
L'initiative du Messager d'Allah [1] envers son peuple, et ce qu'il advint de leur part.
On dit qu'il était Romain. Certains de ceux qui mentionnent qu'il était des Banū al-Namir ibn Qāsiṭ disent qu'il n'était qu'un captif en terre des Romains, et qu'il fut racheté d'eux. Il est rapporté dans le hadith du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : « Suhayb est le précurseur des Romains 1. » **L'annonce publique du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à son peuple, et ce qu'il advint d'eux** *(Ordre d'Allah à lui (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) de faire une annonce publique à son peuple)* Ibn Isḥāq dit : Ensuite, les gens entrèrent dans l'islam par groupes, hommes et femmes, jusqu'à ce que la mention de l'islam se répandît à La Mecque et que l'on en parlât. Puis Allah, Puissant et Majestueux, ordonna à Son Messager (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) de proclamer ouvertement ce qui lui était venu de Lui, de faire une annonce publique aux gens de Son ordre, et de les y appeler. Entre le moment où le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) cacha son affaire et se tint caché, jusqu'à ce qu'Allah Très-Haut lui ordonnât de manifester Sa religion, il s'écoula trois ans – selon ce qui m'est parvenu – depuis le début de sa mission. Puis Allah Très-Haut lui dit : « Proclame donc ce qu'on t'ordonne, et détourne-toi des associateurs » (Coran 15:94). Et Il dit : « Avertis les plus proches parmi les tiens. Et abaisse ton aile 2 pour ceux des croyants qui te suivent » (Coran 26:214-215). Et « Dis : “Je suis l'avertisseur explicite” » (Coran 15:89). *(Explication par Ibn Hishām de certains termes)* Ibn Hishām dit : « Iṣda‘ » : sépare le vrai du faux. Abū Dhu'ayb al-Hudhalī, nommé Khulayd ibn Khālid, décrivant des ânesses sauvages et leur étalon, dit : « Elles sont comme une ribāba 3, et lui comme un yasar 4 qui verse sur les flèches et iṣda‘ 5 », c'est-à-dire qu'il répartit sur les flèches et clarifie leurs parts. Ce vers fait partie d'un poème de lui. Ru'ba ibn al-‘Ajjāj dit : « Tu es le clément et le prince vengeur, tu iṣda‘ par la vérité et tu repousses l'oppresseur. » Ces deux vers font partie d'une urjūza 6 de lui. *(Sortie du Messager (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avec ses compagnons vers les ravins de La Mecque, et ce que fit Sa‘d)* Ibn Isḥāq dit : Les compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), lorsqu'ils priaient, allaient dans les ravins et cachaient leur prière à leur peuple. Un jour que Sa‘d ibn Abī Waqqāṣ se trouvait avec un groupe de compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dans un ravin des ravins de La Mecque, un groupe d'associateurs les surprit alors qu'ils priaient. Ils les contestèrent et blâmèrent ce qu'ils faisaient, jusqu'à ce qu'ils les combattent. Ce jour-là, Sa‘d ibn Abī Waqqāṣ frappa un homme parmi les associateurs avec un os de mâchoire de chameau et lui fendit la tête 7. Ce fut le premier sang versé en islam. *(Manifestation de l'hostilité de son peuple envers lui (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), et la protection de son oncle Abū Ṭālib)* Ibn Isḥāq dit : Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) annonça publiquement l'islam à son peuple et le proclama comme Allah le lui avait ordonné, son peuple ne s'éloigna pas de lui et ne le repoussa pas – selon ce qui m'est parvenu – jusqu'à ce qu'il mentionnât leurs divinités et les blâmât. Lorsqu'il fit cela, ils le tinrent pour grave, le contestèrent, et s'accordèrent sur l'opposition et l'hostilité envers lui, sauf ceux qu'Allah Très-Haut préserva par l'islam, et ils étaient peu nombreux et se cachaient. Son oncle Abū Ṭālib protégea le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), le défendit et se dressa devant lui. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) poursuivit l'ordre d'Allah, manifestant son affaire, sans que rien ne l'en détournât. Lorsque Quraysh vit que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ne leur cédait sur rien de ce qu'ils lui reprochaient – sa séparation d'avec eux, son blâme de leurs divinités – et qu'ils virent que son oncle Abū Ṭālib le protégeait et se dressait devant lui sans le livrer à eux, des hommes parmi les nobles de Quraysh allèrent trouver Abū Ṭālib : ‘Utba et Shayba, fils de Rabī‘a ibn ‘Abd Shams ibn ‘Abd Manāf ibn Quṣayy ibn Kilāb ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu'ayy ibn Ghālib ; Abū Sufyān ibn Ḥarb ibn Umayya ibn ‘Abd Shams ibn ‘Abd Manāf ibn Quṣayy ibn Kilāb ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu'ayy ibn Ghālib ibn Fihr. Ibn Hishām dit : Le nom d'Abū Sufyān est Ṣakhr. Ibn Isḥāq dit : Abū al-Bakhtarī, nommé al-‘Āṣ ibn Hishām ibn al-Ḥārith ibn Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā ibn Quṣayy ibn Kilāb ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu'ayy. Ibn Hishām dit : Abū al-Bakhtarī : al-‘Āṣ ibn Hāshim. Ibn Isḥāq dit : Al-Aswad ibn al-Muṭṭalib ibn Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā ibn Quṣayy ibn Kilāb ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu'ayy ; Abū Jahl – son nom est ‘Amr, et il était surnommé Abū al-Ḥakam – ibn Hishām ibn al-Mughīra ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Umar ibn Makhzūm ibn Yaqaẓa ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu'ayy ; al-Walīd ibn al-Mughīra ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Umar ibn Makhzūm ibn Yaqaẓa ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu'ayy ; Nabīh et Munabbih, fils d'al-Ḥajjāj ibn ‘Āmir ibn Ḥudhayfa ibn Sa‘d ibn Sahm ibn ‘Amr ibn Huṣayṣ ibn Ka‘b ibn Lu'ayy ; al-‘Āṣ ibn Wā'il. Ibn Hishām dit : al-‘Āṣ ibn Wā'il ibn Hāshim ibn Sa‘īd ibn Sahm ibn ‘Amr ibn Huṣayṣ ibn Ka‘b ibn Lu'ayy. *(Délégation de Quraysh auprès d'Abū Ṭālib au sujet du Messager (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui))* Ibn Isḥāq dit : Ou ceux qui marchèrent parmi eux. Ils dirent : « Ô Abū Ṭālib, ton neveu a insulté nos divinités, blâmé notre religion, traité nos esprits de légers, et égaré nos pères. Soit tu l'empêches de [nous attaquer], soit tu nous laisses faire avec lui, car tu es dans la même opposition que nous ; nous t'en débarrasserons. » Abū Ṭālib leur répondit avec douceur et les repoussa avec bienveillance, et ils s'en allèrent. *(Poursuite de l'appel du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et retour de la délégation de Quraysh une seconde fois auprès d'Abū Ṭālib)* Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) poursuivit ce qu'il faisait, manifestant la religion d'Allah et y appelant. Puis l'affaire s'envenima entre lui et eux, au point que les hommes s'éloignèrent et se haïrent. Quraysh parla beaucoup du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) entre eux ; ils s'encouragèrent mutuellement contre lui et s'exhortèrent les uns les autres. Puis ils allèrent trouver Abū Ṭālib une autre fois et lui dirent : « Ô Abū Ṭālib, tu as de l'âge, de l'honneur et une position parmi nous. Nous t'avons demandé d'empêcher ton neveu, mais tu ne l'as pas fait. Par Allah, nous ne supporterons pas cela – l'insulte de nos pères, le traitement léger de nos esprits, le blâme de nos divinités – jusqu'à ce que tu l'empêches, ou que nous l'affrontions, toi et lui, jusqu'à ce que l'un des deux camps périsse », ou comme ils lui dirent. Puis ils s'en allèrent. La séparation d'avec son peuple et leur hostilité pesèrent lourdement sur Abū Ṭālib, mais il n'eut pas le cœur à livrer le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ni à l'abandonner. *(Demande d'Abū Ṭālib au Messager (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) de cesser l'appel, et sa réponse)*
Ibn Isḥāq dit : Ya‘qūb ibn ‘Utba ibn al-Mughīra ibn al-Akhnas m’a raconté qu’on lui a rapporté que, lorsque les Qurayshites 8 tinrent ce discours à Abū Ṭālib, celui-ci envoya chercher le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et lui dit : « Ô fils de mon frère, ton peuple est venu à moi et m’a dit telle et telle chose » — faisant référence à ce qu’ils lui avaient dit — « alors épargne-moi et épargne-toi, et ne m’impose pas ce que je ne peux supporter. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — pensa alors que son oncle avait changé d’avis à son sujet 9, qu’il allait l’abandonner et le livrer, et qu’il était trop faible pour le soutenir et se tenir à ses côtés. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Ô mon oncle, par Dieu, si l’on plaçait le soleil dans ma main droite et la lune dans ma main gauche 10 pour que j’abandonne cette affaire jusqu’à ce que Dieu la fasse triompher, ou que je périsse en la poursuivant, je ne l’abandonnerais pas. » Puis le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — fut ému aux larmes, pleura, puis se leva. Lorsqu’il tourna le dos, Abū Ṭālib l’appela : « Approche, ô fils de mon frère. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — revint vers lui, et Abū Ṭālib dit : « Va, ô fils de mon frère, dis ce que tu veux ; par Dieu, je ne te livrerai jamais à rien. » (La troisième démarche des Qurayshites auprès d’Abū Ṭālib, avec ‘Umāra ibn al-Walīd al-Makhzūmī) Ibn Isḥāq dit : Puis, lorsque les Qurayshites surent qu’Abū Ṭālib refusait d’abandonner le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et de le livrer, et qu’il était résolu à les combattre et à les traiter en ennemis pour cela, ils se rendirent chez lui avec ‘Umāra ibn al-Walīd ibn al-Mughīra et lui dirent — d’après ce qui m’est parvenu — : « Ô Abū Ṭālib, voici ‘Umāra ibn al-Walīd, le plus robuste 11 et le plus beau jeune homme de Quraysh. Prends-le : tu auras son intelligence et son soutien, adopte-le comme fils, il est pour toi ; et livre-nous ton neveu, celui qui a divergé de ta religion et de celle de tes pères, divisé la communauté de ton peuple et traité leurs esprits de légers, afin que nous le tuions. Ce n’est qu’un homme pour un homme. » Abū Ṭālib répondit : « Par Dieu, que vous me proposez là une mauvaise chose ! Vous me donnez votre fils pour que je l’élève pour vous, et vous me demandez de vous livrer mon fils pour que vous le tuiez ? Par Dieu, cela ne sera jamais. » Alors al-Muṭ‘im ibn ‘Adī ibn Nawfal ibn ‘Abd Manāf ibn Quṣayy dit : « Par Dieu, ô Abū Ṭālib, ton peuple t’a traité avec équité et a fait des efforts pour te délivrer de ce que tu réprouves ; mais je ne vois pas que tu acceptes quoi que ce soit d’eux. » Abū Ṭālib répondit à al-Muṭ‘im : « Par Dieu, ils ne m’ont pas traité avec équité ; mais toi, tu as décidé de m’abandonner et de soutenir le peuple contre moi. Fais donc ce que tu veux. » — ou quelque chose de semblable. Alors l’affaire s’envenima 12, la guerre s’enflamma, les gens se séparèrent et se défierent mutuellement. (Poème d’Abū Ṭālib faisant allusion à al-Muṭ‘im et à ceux des Banū ‘Abd Manāf qui l’avaient abandonné) Abū Ṭālib composa alors ce poème, faisant allusion à al-Muṭ‘im ibn ‘Adī, englobant ceux des Banū ‘Abd Manāf qui l’avaient abandonné et ceux des tribus de Quraysh qui lui étaient hostiles, et mentionnant ce qu’ils lui avaient demandé et combien leurs affaires étaient éloignées : « Ne dirais-tu pas à ‘Amr, à al-Walīd et à Muṭ‘im : Hélas, que ma part de votre protection ne soit qu’un agneau 13 ! Parmi les brebis chétives 14, un petit 15 aux bêlements nombreux, qui arrose ses pattes de gouttes d’urine. Il reste en arrière du troupeau, ne le rattrapant pas ; quand il monte sur le plateau, on lui dit : “Lièvre” 16 ! Je vois nos deux frères, de père et de mère, quand on les interroge, dire : “L’affaire ne nous regarde pas.” Certes, ils ont une part de l’affaire, mais ils l’ont dissimulée 17, comme on dissimule le rocher du sommet d’une montagne escarpée 18. Je désigne spécialement ‘Abd Shams et Nawfal : ils nous ont rejetés comme on rejette un charbon ardent. Ce sont eux qui ont poussé 19 le peuple contre leurs deux frères ; et voilà que leurs mains 20 sont vides 21 d’eux. Ce sont eux qui ont associé à la gloire un homme sans père, parmi les gens, à moins qu’on ne lui attribue 22 une renommée. Et Taym, Makhzūm et Zuhra, parmi eux, étaient pour nous des alliés quand le secours était nécessaire. Par Dieu, l’inimitié ne cessera de notre part, ni de la leur, tant qu’un cil 23 de notre descendance existera. Leurs esprits et leurs intelligences se sont donc égarés, et ils sont devenus comme une peau de bouc 24 : quelle mauvaise chose a faite la peau de bouc ! » Ibn Hishām dit : Nous en avons omis deux vers où il les insulte. (Mention des épreuves que les Qurayshites infligèrent aux croyants et des tortures qu’ils leur firent subir à cause de leur foi) Ibn Isḥāq dit : Ensuite, les Qurayshites s’exhortèrent mutuellement contre ceux de leurs tribus qui étaient parmi les compagnons du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et qui avaient embrassé l’islam avec lui. Chaque tribu se jeta sur les musulmans qui étaient parmi eux, les torturant et les éprouvant dans leur religion. Dieu protégea Son Messager — que Dieu prie sur lui et le salue — d’eux par son oncle Abū Ṭālib. Et Abū Ṭālib, voyant ce que faisaient les Qurayshites contre les Banū Hāshim et les Banū al-Muṭṭalib, les appela à ce qu’il pratiquait lui-même : protéger le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et se dresser devant lui. Ils se rassemblèrent autour de lui, se levèrent avec lui et répondirent à son appel, à l’exception d’Abū Lahab, l’ennemi de Dieu, le maudit. (Poème d’Abū Ṭālib louant son peuple pour leur soutien) Lorsqu’Abū Ṭālib vit de son peuple ce qui le réjouit dans leur effort avec lui et leur soutien, il se mit à les louer, à rappeler leur passé et à mentionner le mérite du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — parmi eux et sa place parmi eux, afin de renforcer leur détermination et de les inciter à le soutenir dans son affaire. Il dit : « Quand Quraysh se rassemble un jour pour se vanter, ‘Abd Manāf en est le secret et le cœur 25. Et si l’on distingue les nobles de ‘Abd Manāf 26, c’est dans Hāshim que se trouvent ses nobles et ses anciens. Et s’ils se vantent un jour, c’est Muhammad qui est l’élu, le secret et le noble d’entre eux. Quraysh, ses vils et ses nobles, se sont ligués 27 contre nous, mais ils n’ont pas réussi, et leurs esprits ont divagué. Nous n’avons jamais, depuis longtemps, accepté une injustice ; quand ils détournent les joues, nous les redressons 28. Nous défendons son territoire chaque jour de combat, et nous frappons quiconque cherche à l’atteindre 29. C’est par nous que le bois desséché a reverdi ; et c’est dans nos flancs que ses racines s’humectent et croissent 30. »
- Sābiq al-Rūm : Expression signifiant « le précurseur des Romains », indiquant que Suhayb fut le premier des Romains à embrasser l'islam.
- Ikhfiḍ janāḥaka : Expression coranique signifiant « abaisse ton aile », métaphore pour être humble et doux envers les croyants.
- Ribāba : Sorte d'instrument de musique à cordes, ou ici peut-être un récipient en cuir pour le lait.
- Yasar : Celui qui tire au sort avec des flèches, ou l'officiant du jeu de flèches divinatoires.
- Yaṣda‘u : Verbe signifiant « il sépare, il répartit », ici en rapport avec les flèches.
- Urjūza : Poème en mètre rajaz, souvent utilisé pour des récits ou des descriptions.
- Shajjahu : Il lui fendit la tête, causant une blessure au crâne.
- Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
- badā’ : Changement d’avis ou d’intention ; ici, Abū Ṭālib semblait avoir reconsidéré sa position.
- waḍa‘ū al-shamsa fī yamīnī wa al-qamara fī yasārī : Expression imagée signifiant offrir tous les biens du monde en échange de l’abandon de la mission prophétique.
- anhada : Le plus robuste, le plus fort physiquement.
- ḥaqaba : S’envenimer, devenir grave ; littéralement, l’affaire se noua.
- bakr : Jeune chameau ou agneau ; ici, métaphore d’une chose de peu de valeur.
- khūr : Brebis chétives, de mauvaise qualité.
- ḥabḥāb : Petit, chétif ; désigne un agneau ou un chevreau.
- wabr : Lièvre ou daman ; animal lent et faible, symbole de lenteur.
- tajarjamā : Ils ont dissimulé, caché ; littéralement, ils ont traduit ou interprété de manière à cacher.
- ṣakhr : Rocher ; la métaphore évoque une chose difficile à déplacer ou à révéler.
- aghmazā : Ils ont poussé, incité ; littéralement, ils ont fait un signe ou une allusion.
- akuffuhumā : Leurs mains (des deux personnes mentionnées).
- ṣifr : Vides, sans rien.
- yurassa : On attache, on fixe ; ici, on attribue une renommée.
- shafr : Cil ; par extension, la moindre partie de la descendance.
- jafr : Peau de bouc ou d’agneau ; objet sans valeur.
- ṣamīm : Cœur, essence, noyau ; le meilleur et le plus pur.
- ḥaṣalat : Se distingue, se sépare ; ici, on extrait les nobles.
- tadā‘at : Se sont ligués, se sont appelés mutuellement.
- ṣu‘r al-khudūd nuqīmuhā : Redresser les joues détournées ; métaphore pour corriger l’injustice.
- ajḥār : Trous, repaires ; ici, métaphore pour le territoire ou la position défendue.
- urūm : Racines ; métaphore pour la croissance et la prospérité.
Al-Walīd ibn al-Mughīra était perplexe quant à la description du Coran.
La perplexité d'al-Walīd ibn al-Mughīra quant à ce par quoi décrire le Coran (Réunion avec un groupe de Qurayš pour passer la nuit à comploter contre le Prophète, paix et salut sur lui, accord de Qurayš pour décrire le Messager, paix et salut sur lui, comme sorcier, et ce qu'Allah a révélé à leur sujet) : Ensuite, al-Walīd ibn al-Mughīra se réunit avec un groupe de Qurayš ; il était âgé parmi eux, et la saison du pèlerinage 1 était arrivée. Il leur dit : « Ô gens de Qurayš, cette saison du pèlerinage est arrivée, et les délégations des Arabes vont venir à vous. Elles ont entendu parler de cet homme qui est parmi vous. Mettez-vous donc d'accord sur une seule opinion à son sujet, et ne divergez pas, de peur que les uns ne démentent les autres et que vos paroles ne se contredisent. » Ils dirent : « Toi, Abū 'Abd Šams 2, parle et donne-nous un avis que nous puissions adopter. » Il dit : « Non, parlez vous-mêmes, que je vous écoute. » Ils dirent : « Nous disons : devin. » Il dit : « Non, par Allah, ce n'est pas un devin. Nous avons vu les devins, et ce n'est ni le marmonnement 3 du devin ni sa prose rimée 4. » Ils dirent : « Alors nous disons : possédé 5. » Il dit : « Ce n'est pas un possédé. Nous avons vu la possession et nous l'avons reconnue ; ce n'est ni son étouffement, ni ses convulsions, ni ses suggestions. » Ils dirent : « Alors nous disons : poète. » Il dit : « Ce n'est pas un poète. Nous connaissons toute la poésie : son rajaz 6, son hazaj 7, son qarīḍ 8, son maqbūḍ 9 et son mabsūṭ 10 ; ce n'est pas de la poésie. » Ils dirent : « Alors nous disons : sorcier. » Il dit : « Ce n'est pas un sorcier. Nous avons vu les sorciers et leur sorcellerie ; ce n'est ni leur souffle 11 ni leurs nœuds 12. » Ils dirent : « Que disons-nous donc, ô Abū 'Abd Šams ? » Il dit : « Par Allah, sa parole a une douceur, sa racine est un palmier fécond 13, et sa ramure est chargée de fruits 14 – Ibn Hišām dit : on dit aussi 'ġadiq' 15 – et quoi que vous disiez de cela, on saura que c'est faux. La parole la plus proche à son sujet est que vous disiez : sorcier, il a apporté une parole qui est une sorcellerie par laquelle il sépare l'homme de son père, l'homme de son frère, l'homme de son épouse, et l'homme de sa tribu. Ainsi, vous éloignerez les gens de lui par cela. » Ils s'assirent donc sur les chemins des gens à leur arrivée pour le pèlerinage, ne laissant passer personne sans le mettre en garde contre lui et sans mentionner son affaire. Allah le Très-Haut révéla alors au sujet d'al-Walīd ibn al-Mughīra et de cette parole : « Laisse-Moi avec celui que J'ai créé seul, et à qui J'ai donné des biens étendus et des fils présents, et pour qui J'ai aplani toutes choses, puis il convoite que Je lui ajoute ! Non ! Car il a été, face à Nos signes, obstiné 16 » (Coran 74:11-16), c'est-à-dire adversaire. Ibn Hišām dit : 'Anīd : obstiné, opposant. Ru'ba ibn al-'Ajjāj a dit : « Et nous frappons la tête de l'obstiné 17 » Ce vers fait partie d'une urjūza 18 de lui. « Je vais l'accabler d'une montée 19. Il a réfléchi et a décidé. Qu'il périsse ! Comment a-t-il décidé ? Encore une fois, qu'il périsse ! Comment a-t-il décidé ? Puis il a regardé, puis il a froncé les sourcils et s'est renfrogné 20 » (Coran 74:17-22). Ibn Hišām dit : Basara : il a rendu son visage maussade. Al-'Ajjāj a dit : « Aux mâchoires robustes, au visage renfrogné, mordant 21 » Il décrit la maussaderie de son visage. Ce vers fait partie d'une urjūza de lui. « Puis il a tourné le dos et s'est enflé d'orgueil, et a dit : "Ce n'est là que sorcellerie qui se transmet ! Ce n'est là que parole d'un mortel !" » (Coran 74:23-25). (Ce qu'Allah a révélé au sujet du groupe qui était avec al-Mughīra) : Ibn Isḥāq dit : Allah le Très-Haut révéla au sujet du groupe qui était avec lui et qui forgeait des paroles sur le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, et sur ce qu'il apportait de la part d'Allah le Très-Haut : « Comme Nous avons fait descendre sur les répartiteurs 22, qui ont fait du Coran des fragments 23. Par ton Seigneur ! Nous les interrogerons tous sur ce qu'ils faisaient » (Coran 15:90-93). Ibn Hišām dit : Le singulier de 'iḍīn est 'iḍa ; il signifie : ils l'ont morcelé, ils l'ont divisé. Ru'ba ibn al-'Ajjāj a dit : « Et la religion d'Allah n'est pas morcelée 24 » Ce vers fait partie d'une urjūza de lui. (Dispersion du groupe dans Qurayš pour dénigrer la mission du Messager, paix et salut sur lui) : Ibn Isḥāq dit : Ce groupe se mit à dire cela au sujet du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, à quiconque ils rencontraient parmi les gens. Les Arabes repartirent de cette saison du pèlerinage avec la nouvelle de l'affaire du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, et sa renommée se répandit dans toutes les contrées des Arabes. (Poème d'Abū Ṭālib pour apitoyer Qurayš) : Lorsqu'Abū Ṭālib craignit que la masse des Arabes ne se jette sur lui avec son peuple, il récita son poème dans lequel il chercha refuge auprès du sanctuaire de La Mecque et de sa position parmi eux, et se concilia les nobles de son peuple, tout en leur faisant savoir, ainsi qu'aux autres, dans ce poème, qu'il ne livrerait pas le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, et ne l'abandonnerait jamais, jusqu'à périr pour le défendre. Il dit : « Quand j'ai vu le peuple sans affection en eux, et qu'ils ont coupé tous les liens et les attaches, Et qu'ils nous ont ouvertement déclaré l'inimitié et le mal, et qu'ils ont obéi à l'ordre de l'ennemi séparateur, Et qu'ils ont fait alliance contre nous avec un peuple suspect, qui mordent de rage derrière nous leurs doigts, J'ai enduré pour eux mon âme avec une lance lisse et généreuse, et un sabre tranchant de l'héritage des chefs 25, Et j'ai rassemblé près de la Maison 26 ma parenté et mes frères, et j'ai saisi de ses pans les attaches 27, Debout ensemble, faisant face à sa porte 28, là où tout homme généreux accomplit son serment, Et où les Ash'arites 29 font reposer leurs montures au débouché des torrents, près d'Isāf et de Nā'il 30, Aux membres marqués 31 ou aux jeunes chamelles, mêlées entre les chamelles à la mamelle tarie et celles qui allaitent 32, Tu vois les coquillages 33 et le marbre 34 et la parure, à leurs cous, noués comme des grappes 35. Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes contre tout calomniateur qui nous accuse de mal, ou insistant dans le faux, Et contre tout envieux qui s'efforce de nous nuire par des défauts, et contre quiconque attache à la religion ce que nous n'avons pas cherché, Et par Thawr 36 et Celui qui a fixé Thabīr 37 en son lieu, et par celui qui monte pour gravir Ḥirā' 38 et qui en descend, Et par la Maison, le droit de la Maison, du fond de La Mecque, et par Allah, car Allah n'est pas insouciant, Et par la Pierre Noire 39 lorsqu'ils la touchent, quand ils l'entourent au matin et aux soirs, Et par l'empreinte 40 d'Abraham sur le rocher, humide, sur ses deux pieds, nu-pieds, sans chaussures, Et par les circuits entre al-Marwa et al-Ṣafā 41, et ce qu'elles contiennent d'images et de statues 42, Et par quiconque a fait le pèlerinage de la Maison d'Allah, cavalier ou voyageur à pied, et par tout homme ayant fait un vœu, Et par al-Mash'ar al-Ḥarām 43 lorsqu'ils se dirigent vers lui, en troupeaux, vers le débouché des ravins qui font face 44, Et par leur station au-dessus des montagnes, le soir, redressant de leurs mains les poitrines des montures, Et par la nuit de Muzdalifa 45 et les stations de Minā 46 – y a-t-il au-dessus d'elles une plus grande sacralité et des stations ? Et par le rassemblement 47 lorsque les chamelles rapides le traversent, rapides comme elles sortent sous une pluie battante, Et par la grande Jamra 48 lorsqu'ils se dirigent vers elle, visant à lancer des cailloux sur sa tête, Et par Kinda 49 lorsqu'ils sont, le soir, aux cailloux 50, que les pèlerins de Bakr ibn Wā'il 51 les traversent, Deux alliés qui ont resserré le pacte de leur alliance et ont ramené sur lui les liens qui reviennent, Et par leur brisement 52 des lances 53 des boucliers 54 et leur dispersion 55... ... et du shabraq 56 et de la course rapide des autruches effrayées 57. Y a-t-il après cela un protecteur pour un protégé ? Y a-t-il un défenseur qui craint Allah, un reprocheur ? On obéit contre nous aux ennemis, et ils voudraient que par nous soient fermées les portes de la Turquie et de Kaboul 58. Vous mentez ! Par la Maison d'Allah, nous n'abandonnerons pas La Mecque et nous ne partirons pas, à moins que votre affaire ne soit dans la confusion 59. Vous mentez ! Par la Maison d'Allah, nous ne livrerons pas Muḥammad avant d'avoir combattu pour lui et lutté, Et nous ne le livrerons pas jusqu'à ce que nous soyons renversés autour de lui, et que nous oubliions nos fils et nos épouses, Et qu'un peuple en armes 60 se lève contre vous, comme se lèvent les outres sous les chaînes 61, Et jusqu'à ce que tu voies celui qui a de la rancune chevaucher la trace de ses blessures 62, des coups de lance, comme fait le boiteux qui se jette sur les autres 63. Et par la vie d'Allah, si ce que je vois devient sérieux, nos épées se mêleront aux nobles, Entre les mains d'un jeune homme pareil à un tison 64, généreux 65, homme de confiance, défenseur de la vérité, intrépide 66, Des mois, des jours, et une année révolue 67 sur nous, et un pèlerinage viendra après l'autre. »
Quel peuple, que nul père n'ait pour toi, abandonne un seigneur... qui protège l'honneur, non pas un homme faible et indolent 68 ? Et un homme au teint clair par le visage duquel on implore la pluie des nuages... refuge des orphelins, protection des veuves. Les fous 69 de la famille de Hâchim se réfugient auprès de lui... et ils trouvent chez lui miséricorde et largesses. Par ma vie, Usayd 70 et son fils ont couru... vers notre haine, et nous ont récompensés comme un mangeur. Et 'Uthmân 71 et Qunfudh 72 ne se sont pas arrêtés pour nous... mais ils ont obéi à l'ordre de ces tribus. Ils ont obéi à Ubayy 73 et à Ibn 'Abd Yaghûth 74... et n'ont pas observé envers nous la parole d'un diseur. Comme nous avons subi de Subay' 75 et Nawfal 76... et chacun s'est détourné, refusant toute courtoisie. S'ils tombent 77 ou si Dieu les livre entre nos mains... nous leur rendrons mesure pour mesure, comme celui qui mesure. Et voilà Abû 'Amr 78 : il n'a voulu que notre haine... pour nous faire émigrer parmi des gens de moutons et de chameaux. Il complote contre nous chaque soir et chaque matin... Complote donc contre Abû 'Amr à notre sujet, puis agis en traître 79. Et il jure 80 par Dieu qu'il ne nous trompe pas... Oui, nous le voyons clairement, sans voile. Notre haine a rendu pour lui étroite toute colline... de la terre, entre les montagnes d'Akhshab 81 et les rochers. Interroge Abû l-Walîd 82 : que nous as-tu donné... par ton effort contre nous, en te détournant comme un traître ? Tu étais un homme dont on vit grâce à son avis... et à sa miséricorde envers nous, et tu n'es pas ignorant. 'Utba 83, n'écoute pas à notre sujet la parole d'un calomniateur 84... envieux, menteur, haineux, plein de ruses 85. Abû Sufyân 86 est passé près de moi en se détournant... comme passe un qayl 87 parmi les grands qayls. Il fuit vers le Najd 88 et la fraîcheur de ses eaux... et prétend que je ne suis pas inattentif à votre égard. Il nous informe de l'action du conseiller sincère, qu'il est... compatissant, mais il cache les calamités 89 intérieures 90. Ô Mut'im 91, je ne t'ai pas abandonné un jour de bravoure... ni un jour de grandeur dans les affaires importantes. Ni un jour de dispute 92 quand ils viennent à toi, obstinés 93... doués d'éloquence parmi les adversaires qui se mesurent 94. Ô Mut'im, les gens t'ont imposé une situation... et si je suis chargé 95, je ne suis pas un homme de salut. Que Dieu récompense de notre part 'Abd Shams 96 et Nawfal... d'une punition de mal immédiate, non différée. Avec une balance de justice qui ne diminue pas 97 un grain d'orge... ayant un témoin de lui-même, non injuste 98. Certes, les esprits d'un peuple ont été insensés, qui ont échangé... les Banû Khalaf 99 comme substitut à nous et aux Ghayâtil 100. Nous sommes la moelle de la cime de Hâchim... et de la famille de Qusayy 101 dans les épreuves anciennes. Sahm 102 et Makhzûm 103 se sont ligués et ont attisé... contre nous les ennemis de tout homme vil et obscur 104. 'Abd Manâf 105, vous êtes les meilleurs de votre peuple... n'associez donc pas à votre affaire tout intrus 106. Par ma vie, vous avez faibli et été impuissants... et vous êtes venus avec une affaire qui manque les articulations 107. Vous étiez récemment le bois d'une marmite, et vous êtes... maintenant le bois de marmites et de chaudrons 108. Que les Banû 'Abd Manâf se réjouissent de notre désobéissance... et de notre abandon, et de notre départ des forteresses. Si nous sommes un peuple, nous nous vengerons de ce que vous avez fait 109... et vous le trairez comme une chamelle laitière non stérile 110. Des intermédiaires étaient parmi Lu'ayy ibn Ghâlib 111... que tout faucon généreux 112 a chassés vers nous. Et la famille de Nufayl 113 est la pire de ceux qui foulent le gravier... et la plus vile, qu'ils soient nu-pieds ou chaussés parmi Ma'add 114. Fais donc parvenir à Qusayy que notre affaire sera divulguée... et annonce à Qusayy après nous l'abandon mutuel. Si une grande calamité frappait Qusayy de nuit... nous nous réfugierions alors derrière eux dans les abris. S'ils avaient été sincères en frappant au milieu de leurs maisons... nous aurions été des exemples 115 auprès des femmes allaitantes 116. Tout ami et fils de sœur que nous comptons... par ma vie, nous en avons trouvé la conséquence sans valeur. Sauf qu'un groupe de Kilâb ibn Murra 117... est innocent 118 envers nous de la perfidie d'un traître. Et nous les avons flattés jusqu'à ce que leur rassemblement se disperse... et que tout agresseur et ignorant se lasse de nous 119. Nous avions le bassin de l'abreuvement 120 parmi eux... et nous sommes les cimes 121 de Ghâlib 122 et les épaules 123. Des jeunes gens des Mutayyabîn 124 et de Hâchim... comme des épées blanches entre les mains des polisseurs. Ils n'ont pas atteint une vengeance ni versé de sang... et ils ne se sont alliés qu'avec les pires des tribus. Avec des coups où tu vois les jeunes gens comme... des lions féroces sur de la chair en morceaux 125. Fils d'une servante aimée, hindouque 126... fils de Jumah 127, serviteurs de Qays ibn 'Âqil 128. Mais nous sommes une descendance noble de seigneurs... par qui les peuples ont été reconnus lors des vanités. Quel bon fils de sœur du peuple, sans être démenti... Zuhayr 129, sabre détaché de son fourreau. Un homme altier parmi les altiers généreux 130, qui remonte... à une noblesse dans le tumulte de la gloire, excellent. Par ma vie, j'ai été chargé d'un amour ardent pour Ahmad 131... et ses frères, comme l'habitude de l'amant fidèle. Qu'il ne cesse 132 d'être dans ce monde un ornement pour ses gens... et une parure pour ceux qui l'aiment, Seigneur des difficultés 133. Qui est comme lui parmi les gens, quel espoir... quand les juges le comparent lors de la prééminence ? Clément, sage, juste, non impétueux... il aime un Dieu dont il n'est pas inattentif. Par Dieu, si je ne devais pas apporter une tradition 134... qui pèse sur nos anciens dans les assemblées... Nous l'aurions suivi en toute circonstance... du temps, sérieusement, sans parole de légèreté. Ils ont su que notre fils n'est pas traité de menteur... chez nous, et qu'il ne se soucie pas des paroles vaines. Ahmad est devenu parmi nous, dans une racine... que l'assaut du présomptueux 135 ne peut atteindre. Je me suis dévoué de ma personne pour lui, je l'ai protégé... et j'ai repoussé loin de lui avec les hauteurs et les poitrines 136. Que le Seigneur des serviteurs l'a soutenu par Son secours... et a manifesté une religion dont la vérité n'est pas vaine 137. Des hommes nobles, non déviants, que des pères... nobles de récoltes 138 ont élevés vers le bien. Si Ka'b 139 de Lu'ayy est une petite tribu 140... il viendra un jour, une fois, la séparation. Ibn Hishâm dit : Voici ce qui m'est parvenu de certain de ce poème ; certains spécialistes de la poésie en contestent la plus grande partie. (Le Prophète - que Dieu prie sur lui et le salue - pria pour les gens lorsqu'ils souffrirent de sécheresse, la pluie tomba, et il aurait souhaité qu'Abû Tâlib fût vivant pour voir cela) : Ibn Hishâm dit : Un homme de confiance m'a raconté : Les habitants de Médine souffrirent de sécheresse ; ils vinrent auprès du Messager de Dieu - que Dieu prie sur lui et le salue - et se plaignirent à lui. Il monta en chaire et implora la pluie. Peu après, il vint une pluie telle que les gens des faubourgs 141 vinrent se plaindre du risque d'inondation. Le Messager de Dieu - que Dieu prie sur lui et le salue - dit : « Ô Dieu, autour de nous et non sur nous 142 ». Les nuages se dissipèrent autour de Médine, formant comme une couronne. Le Messager de Dieu - que Dieu prie sur lui et le salue - dit : « Si Abû Tâlib avait vécu ce jour, il en aurait été réjoui ». Un de ses compagnons lui dit : « Il semble, ô Messager de Dieu, que tu aies voulu dire son vers : Et un homme au teint clair par le visage duquel on implore la pluie des nuages... refuge des orphelins, protection des veuves. Il dit : « Oui 143 ». Ibn Hishâm dit : Et son mot « shabriqah 144 » vient d'autre qu'Ibn Ishâq. (Les noms mentionnés dans le poème d'Abû Tâlib) : Ibn Ishâq dit : Al-Ghayâtil : des Banû Sahm ibn 'Amr ibn Husays. Abû Sufyân : ibn Harb ibn Umayya. Mut'im : ibn 'Adî ibn Nawfal ibn 'Abd Manâf. Zuhayr : ibn Abî Umayya ibn al-Mughîra ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm ; sa mère est 'Âtika bint 'Abd al-Muttalib. Ibn Ishâq dit : Usayd et son fils : 'Attâb ibn Usayd ibn Abî l-'Îs ibn Umayya ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Manâf ibn Qusayy. 'Uthmân : ibn 'Ubayd Allâh, frère de Talha ibn 'Ubayd Allâh at-Taymî. Qunfudh : ibn 'Umayr ibn Jud'ân ibn 'Umar ibn Ka'b ibn Sa'd ibn Taym ibn Murra. Abû l-Walîd : 'Utba ibn Rabî'a. Ubayy : al-Akhnas ibn Sharîq ath-Thaqafî, allié des Banû Zuhra ibn Kilâb. Ibn Hishâm dit : Il a été surnommé al-Akhnas parce qu'il a fait défection avec les gens le jour de Badr ; son nom est Ubayy, et il est des Banû 'Ilâj, qui est 'Ilâj ibn Abî Salama ibn 'Awf ibn 'Uqba.
Et al-Aswad ibn 'Abd Yaghuth ibn Wahb ibn 'Abd Manaf ibn Zuhra ibn Kilab. Et Subay' ibn Khalid, frère de Balharith ibn Fihr. Et Nawfal ibn Khuwaylid ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzza ibn Qusayy, et il est le fils d'al-'Adawiyya. Il était parmi les démons 145 de Quraysh, et c'est lui qui attacha ensemble Abou Bakr as-Siddiq et Talha ibn 'Ubayd Allah (que Dieu les agrée) avec une corde lorsqu'ils embrassèrent l'islam, et c'est pour cela qu'ils furent appelés les deux attachés 146. Ali ibn Abi Talib (sur lui la paix) le tua le jour de Badr. Et Abou 'Amr Qaraza ibn 'Abd 'Amr ibn Nawfal ibn 'Abd Manaf. « Et un peuple contre nous, des soupçonneux » : les Banu Bakr ibn 'Abd Manat ibn Kinana. Ce sont ceux qu'Abou Talib énuméra dans son poème parmi les Arabes. (Propagation de la mention du Messager parmi les tribus, et surtout chez les Aws et les Khazraj) : Lorsque la cause du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) se répandit parmi les Arabes et parvint aux contrées, il fut mentionné à Médine. Et il n'y avait pas de clan arabe plus informé de la cause du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lorsqu'elle fut mentionnée, et avant qu'elle ne le fût, que ce clan des Aws et des Khazraj. Cela, à cause de ce qu'ils entendaient des docteurs 147 juifs, dont ils étaient alliés et avec lesquels ils vivaient dans leur pays. Lorsque sa mention parvint à Médine et qu'ils parlèrent de la divergence qui existait à son sujet parmi Quraysh, Abou Qays ibn al-Aslat 148, frère des Banu Waqif, dit : (Généalogie d'Abou Qays ibn al-Aslat) : Ibn Hisham dit : Ibn Ishaq rattache ici Abou Qays aux Banu Waqif, mais dans le récit de l'Éléphant 149, il le rattache à Khatma, car les Arabes rattachent parfois un homme au frère de son grand-père qui est plus célèbre que lui. Ibn Hisham dit : Abou 'Ubayda m'a raconté que al-Hakam ibn 'Amr al-Ghifari est de la descendance de Nu'ayla, frère de Ghifar. Et Ghifar est Ghifar ibn Mulayl, et Nu'ayla ibn Mulayl ibn Damra ibn Bakr ibn 'Abd Manat. Et on a dit 'Utba ibn Ghazwan as-Sulami, et il est de la descendance de Mazin ibn Mansur et Sulaym ibn Mansur. Ibn Hisham dit : Abou Qays ibn al-Aslat est des Banu Wa'il, et Wa'il, Waqif et Khatma sont frères parmi les Aws. (Poème d'Ibn al-Aslat en défense du Messager, que Dieu prie sur lui et le salue) : Ibn Ishaq dit : Abou Qays ibn al-Aslat – qui aimait Quraysh et était leur allié par mariage, car il avait épousé Arnab bint Asad ibn 'Abd al-'Uzza ibn Qusayy, et il séjournait chez eux des années avec sa femme – composa un poème dans lequel il magnifiait le sanctuaire 150, interdisait à Quraysh la guerre, leur ordonnait de se retenir les uns des autres, mentionnait leur mérite et leur sagesse, leur ordonnait de cesser de s'opposer au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), et leur rappelait le bienfait de Dieu envers eux, et comment Il avait repoussé d'eux l'Éléphant et sa ruse. Il dit : « Ô cavalier, si tu passes, transmets de ma part un message confidentiel à Lu'ayy ibn Ghalib 151 : C'est le message d'un homme que votre discorde a alarmé, alors qu'il est loin, affligé et peiné. J'avais un lieu de repos pour les soucis, mais je n'en ai pas satisfait mon besoin ni mes désirs. Je vous vois divisés en deux partis, chaque tribu ayant un brandon 152 entre celui qui attise et celui qui ramasse du bois. Je vous conjure par Dieu contre le mal de votre action, le mal de votre haine mutuelle et la dissimulation des scorpions 153, Et l'apparition de mœurs et de conciliabules malsains, dont l'effet est comme la piqûre des pointes de flèches, un coup juste et pénétrant. Rappelle-leur donc Dieu en premier lieu, et la profanation des sanctuaires 154 des gazelles desséchées. Et dis-leur – et Dieu juge Son jugement – : Laissez la guerre, elle s'éloignera de vous dans les vastes espaces. Si vous l'envoyez, vous l'envoyez blâmable ; elle est le gouffre 155 pour les lointains ou pour les proches. Elle coupe les liens de parenté, anéantit une communauté, et ronge la graisse de la bosse et du garrot. Et vous échangerez après elle la tunique de lin 156 contre une cotte de mailles et des vêtements de combat usés. Et au lieu du musc et du camphre, des cottes de mailles poudreuses, dont les rivets 157 sont comme les yeux des sauterelles. Méfiez-vous de la guerre ! Qu'elle ne s'attache pas à vous, ni à un bassin dont l'eau est fétide et amère à boire. Elle se pare pour les gens, puis ils la voient avec une issue, quand elle se manifeste, ô mère du compagnon 158 ! Elle brûle sans roussir le faible, et elle vise les puissants d'entre vous par des morts fatales. Ne savez-vous pas ce qui arriva dans la guerre de Dahis 159 ? Tirez-en donc leçon, ou ce qui arriva dans la guerre de Hatib 160 ? Combien de nobles chefs a-t-elle frappés, à la haute tente, dont l'hôte n'est jamais déçu, Au grand feu de camp, dont l'ordre est loué, au caractère pur, aux origines généreuses ? Et combien d'eau a été versée dans l'égarement 161, comme si le vent du matin et des côtés l'avait dispersée ? Vous informe à leur sujet un homme qui est un vrai connaisseur de leurs jours, et la science est celle de l'expérience. Vendez donc les lances des combattants, et souvenez-vous de votre compte, car Dieu est le meilleur des comptables. Et que tout homme qui a choisi une religion ne soit pour vous un surveillant autre que le Seigneur des astres 162. Établissez pour nous une religion pure 163, car vous êtes pour nous un guide que l'on suit par les mèches de cheveux 164. Vous êtes pour ce peuple une lumière et une protection ; on se dirige vers vous, et les esprits ne sont pas absents 165. Vous êtes, quand on examine les gens, un joyau ; à vous le nombril de la plaine 166, les nez élevés 167. Vous préservez des corps nobles, anciens, aux généalogies pures, sans mélanges. Tu vois les chercheurs de besoins vers vos maisons, en groupes égarés, guidés par des bâtons. Les peuples savent que vos notables, en toute circonstance, sont les meilleurs habitants des collines 168, Les plus sages dans l'opinion, les plus élevés dans la tradition, et les plus enclins à dire la vérité au milieu des cortèges. Levez-vous donc, priez votre Seigneur, et frottez-vous aux angles de cette Maison 169 entre les montagnes rocheuses. Car vous avez de Lui une preuve et une confirmation, le jour d'Abou Yaksoum 170, guide des armées. Son armée passe la nuit dans la plaine, et son infanterie sur les hauteurs, au sommet des monts. Lorsque vous vint le secours du Maître du Trône, Il les repoussa par les armées du Roi, entre vent et grêle 171. Ils tournèrent le dos, fuyant rapidement, et il ne revint aux siens, des Abyssins, que des groupes épars. Si vous périssez, nous périssons, et périssent les saisons 172 par lesquelles on vit – parole d'un homme non menteur. » Ibn Hisham dit : Abou Zayd al-Ansari et d'autres m'ont récité son vers : « Et combien d'eau a été versée », et son vers : « Vendez donc les lances », et sa parole : « Et que tout homme qui a choisi », et sa parole : « sur les hauteurs, au sommet des monts ». (Guerre de Dahis) : Ibn Hisham dit : Quant à sa parole : « Ne savez-vous pas ce qui arriva dans la guerre de Dahis ? », Abou 'Ubayda le grammairien m'a raconté que Dahis était un cheval appartenant à Qays ibn Zuhayr ibn Jadhima ibn Rawaha ibn Rabi'a ibn al-Harith ibn Mazin ibn Qutay'a ibn 'Abs ibn Baghid ibn Rayth ibn Ghatafan. Il le fit courir contre un cheval de Hudhayfa ibn Badr ibn 'Amr ibn Zayd 173 ibn Ju'ayya ibn Lawdhan ibn Tha'laba ibn 'Adi ibn Fazara ibn Dhubyan ibn Baghid ibn Rayth ibn Ghatafan, appelé al-Ghabra'. Hudhayfa envoya des hommes et leur ordonna de frapper le visage de Dahis s'ils le voyaient arriver en tête. Dahis arriva en tête, ils frappèrent son visage, et al-Ghabra' arriva. Lorsque le cavalier de Dahis arriva, il informa Qays de la nouvelle. Son frère Malik ibn Zuhayr bondit et gifla le visage d'al-Ghabra'. Hamal ibn Badr se leva et gifla Malik. Ensuite, Abou al-Junaydib al-'Absi rencontra 'Awf ibn Hudhayfa et le tua. Puis un homme des Banu Fazara rencontra Malik et le tua. Hamal ibn Badr, frère de Hudhayfa ibn Badr, dit : « Nous avons tué Malik en vengeance de 'Awf ; c'est notre talion. Si vous réclamez de nous autre chose que le droit, vous le regretterez. » Ce vers fait partie de ses poèmes. Et ar-Rabi' ibn Ziyad al-'Absi dit : « Après le meurtre de Malik ibn Zuhayr, les femmes espèrent-elles encore les issues des ventres 174 ? » Ce vers fait partie d'un de ses poèmes.
La guerre éclata donc entre 'Abs et Fazāra. Hudhayfa ibn Badr et son frère Hamal ibn Badr furent tués. Qays ibn Zuhayr ibn Judhayma dit en l'éloge funèbre de Hudhayfa, exprimant son chagrin : « Combien de cavaliers sont appelés (tels) sans l'être, / tandis que sur al-Habā'a 175 se trouve un cavalier véridique ! Pleurez donc Hudhayfa, vous ne trouverez jamais son pareil, / jusqu'à ce que disparaissent des tribus qui n'ont pas été créées. » Ces deux vers font partie d'un poème plus long. Qays ibn Zuhayr dit aussi : « Certes, le jeune homme Hamal ibn Badr / a commis une injustice, et l'injustice a une pâture funeste. » Ce vers fait partie d'un poème plus long. Al-Hārith ibn Zuhayr, frère de Qays ibn Zuhayr, dit : « J'ai laissé sur al-Habā'a, sans orgueil, / Hudhayfa, auprès duquel les lances visaient juste. » Ce vers fait partie d'un poème plus long. Ibn Hishām dit : On rapporte que Qays envoya Dāḥis et al-Ghabrā', et que Hudhayfa envoya al-Khaṭṭār et al-Ḥanfā'. Mais la première version est la plus authentique des deux récits. C'est un long récit dont l'exposé complet m'est empêché par la nécessité de ne pas interrompre le récit de la Sīra du Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui. (La guerre de Ḥāṭib) Ibn Hishām dit : Quant à sa parole : « La guerre de Ḥāṭib », il entend Ḥāṭib ibn al-Ḥārith ibn Qays ibn Hayasha ibn al-Ḥārith ibn Umayya ibn Mu'āwiya ibn Mālik ibn 'Awf ibn 'Amr ibn 'Awf ibn Mālik ibn al-Aws. Il avait tué un Juif voisin des Khazraj. Alors Yazīd ibn al-Ḥārith ibn Qays ibn Mālik ibn Aḥmar ibn Ḥāritha ibn Tha'laba ibn Ka'b ibn al-Khazraj ibn al-Ḥārith ibn al-Khazraj – celui qu'on appelle Ibn Fusḥum, Fusḥum étant sa mère, une femme de la tribu d'al-Qayn ibn Jasr – sortit de nuit avec un groupe des Banū al-Ḥārith ibn al-Khazraj et le tuèrent. La guerre éclata entre les Aws et les Khazraj, et ils combattirent violemment. La victoire fut aux Khazraj sur les Aws. Ce jour-là fut tué Suwayd ibn Ṣāmit ibn Khālid ibn 'Aṭiyya ibn Ḥawṭ ibn Ḥabīb ibn 'Amr ibn 'Awf ibn Mālik ibn al-Aws ; il fut tué par al-Mujadhdhar ibn Dhiyād al-Balawī, dont le nom est 'Abd Allāh, allié des Banū 'Awf ibn al-Khazraj. Lors du jour d'Uḥud, al-Mujadhdhar ibn Dhiyād sortit avec le Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, et al-Ḥārith ibn Suwayd ibn Ṣāmit sortit aussi avec lui. Al-Ḥārith ibn Suwayd surprit al-Mujadhdhar dans un moment d'inattention et le tua en vengeance de son père. Je mentionnerai son récit à sa place, si Allāh Très-Haut le veut. Puis il y eut entre eux des guerres dont l'évocation et l'exposé complet m'ont été empêchés par ce que j'ai mentionné à propos du récit de la guerre de Dāḥis. (Poème de Ḥakīm ibn Umayya sur le refus de son peuple de s'opposer au Prophète, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) Ibn Isḥāq dit : Ḥakīm ibn Umayya ibn Ḥāritha ibn al-Awqaṣ as-Sulamī, allié des Banū Umayya, qui s'était converti à l'islam, dit, exhortant son peuple à renoncer à ce sur quoi ils s'étaient accordés comme hostilité envers le Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui – et il était parmi eux un noble obéi :
- al-mawsim : La saison du pèlerinage à La Mecque, moment où les Arabes se rassemblaient.
- Abū 'Abd Šams : Surnom d'al-Walīd ibn al-Mughīra, signifiant 'père d'Abd Shams'.
- zamzama : Marmonnement ou incantation propre aux devins.
- saj' : Prose rimée et rythmée, caractéristique des devins.
- majnūn : Possédé par les djinns, fou.
- rajaz : Mètre poétique arabe, souvent utilisé pour les poèmes courts et rythmés.
- hazaj : Mètre poétique arabe caractérisé par un rythme léger.
- qarīḍ : Poésie classique arabe, généralement en mètres longs.
- maqbūḍ : Mètre poétique arabe, littéralement 'saisi', un type de vers.
- mabsūṭ : Mètre poétique arabe, littéralement 'étendu', un type de vers.
- nafth : Souffle ou crachat rituel des sorciers.
- 'aqd : Nœuds magiques utilisés dans les pratiques de sorcellerie.
- 'adhiq : Palmier fécond, abondant en dattes.
- junāh : Fruits, récolte abondante.
- ġadiq : Variante de 'adhiq, signifiant également abondant.
- 'anīd : Obstiné, opiniâtre, qui s'oppose avec entêtement.
- al-'unnad : Pluriel de 'ānid, les obstinés.
- urjūza : Poème en mètre rajaz, souvent utilisé pour des récits ou des descriptions.
- ṣa'ūd : Montée pénible, châtiment difficile.
- basara : Froncer les sourcils, renfrogner le visage par mécontentement.
- munhas : Qui mord, mordant.
- al-muqtaṣimīn : Ceux qui divisent, répartissent, ici les associateurs qui ont divisé le Coran en parties.
- 'iḍīn : Pluriel de 'iḍa, fragments, morceaux ; allusion à ceux qui ont divisé le Coran en croyant à certaines parties et rejetant d'autres.
- al-mu'aḍḍā : Morcelé, divisé en parties.
- al-maqāwil : Pluriel de miqwal, chef, notable.
- al-bayt : La Ka'ba, la Maison sacrée d'Allah.
- al-waṣā'il : Pluriel de waṣīla, lien, attache ; ici, les pans ou cordons de la Ka'ba.
- ritāj : Porte de la Ka'ba.
- al-Ash'arūn : Tribu arabe, les Ash'arites.
- Isāf et Nā'il : Deux idoles placées près de la Ka'ba.
- muwasama : Marquée au fer, en parlant des bêtes de sacrifice.
- al-sadīs et al-bāzil : Chamelle à la mamelle tarie (sadīs) et chamelle qui allaite (bāzil).
- al-wad' : Coquillages utilisés comme ornements.
- al-rukhām : Marbre, perles ou pierres précieuses.
- al-'athākil : Grappes de dattes ou ornements en forme de grappes.
- Thawr : Mont Thawr, près de La Mecque.
- Thabīr : Mont Thabīr, près de La Mecque.
- Ḥirā' : Mont Ḥirā', où le Prophète recevait la révélation.
- al-ḥajar al-aswad : La Pierre Noire, encastrée dans l'angle de la Ka'ba.
- mawṭi' : Empreinte de pas, ici celle d'Abraham.
- al-Ṣafā et al-Marwa : Deux collines près de la Ka'ba, parcourues lors du pèlerinage.
- ṣūra et tamāthīl : Images et statues, peut-être des idoles.
- al-Mash'ar al-Ḥarām : Le lieu sacré à Muzdalifa, où les pèlerins passent la nuit.
- al-shirāj al-qawābil : Les ravins qui font face, versants.
- laylat jam' : La nuit du rassemblement à Muzdalifa.
- Minā : Vallée près de La Mecque, lieu de lapidation des stèles.
- jam' : Muzdalifa, lieu de rassemblement.
- al-jamra al-kubrā : La grande stèle (Jamrat al-'Aqaba) à Minā.
- Kinda : Tribu arabe.
- al-ḥiṣāb : Les cailloux, lieu de lapidation.
- Bakr ibn Wā'il : Tribu arabe.
- ḥaṭm : Brisement, action de casser.
- sumr : Lances de bois de samur.
- al-ṣifāḥ : Boucliers.
- sarḥ : Dispersion, lâcher.
- shabraq : Plante ou herbe, peut-être une référence à un lieu.
- al-jawāfil : Autruches effrayées qui fuient.
- Turk et Kābul : Régions lointaines, symbolisant l'exil.
- balābil : Confusion, troubles.
- al-ḥadīd : Le fer, les armes.
- al-ṣalāṣil : Chaînes, ici les cordes des outres.
- rad' : Trace de blessure, cicatrice.
- al-ankab al-mutaḥāmil : Le boiteux qui se jette sur les autres.
- al-shihāb : Tison, météore, désignant un homme brillant et courageux.
- samayda' : Généreux, noble.
- bāsil : Intrépide, courageux.
- mujarram : Révolu, accompli.
- dharib muwākil : Homme faible et indolent, qui ne protège pas l'honneur.
- hullāf : Pluriel de hālif, 'fou' ou 'insensé' ; désigne ici ceux qui sont égarés.
- Usayd : Usayd ibn Abī l-'Īs, un Qurayshite opposé aux musulmans.
- 'Uthmān : 'Uthmān ibn 'Ubayd Allāh, frère de Talha, un Qurayshite.
- Qunfudh : Qunfudh ibn 'Umayr, un Qurayshite de Taym.
- Ubayy : Al-Akhnas ibn Sharīq, un allié des Banū Zuhra.
- Ibn 'Abd Yaghūth : Probablement un chef de tribu.
- Subay' : Un homme des Quraysh.
- Nawfal : Nawfal ibn 'Abd Manāf, un Qurayshite.
- yulqiyā : S'ils tombent (entre nos mains) ou sont vaincus.
- Abū 'Amr : Surnom d'un ennemi, peut-être Abū Sufyān.
- khātil : Agir en traître, par ruse.
- yu'lī : Il jure (par Dieu).
- Akhshab : Nom de deux montagnes près de La Mecque.
- Abū l-Walīd : Surnom de 'Utba ibn Rabī'a.
- 'Utba : 'Utba ibn Rabī'a, un Qurayshite.
- kāshih : Calomniateur, celui qui médit en secret.
- daghāwil : Pluriel de dāghila, 'ruse, tromperie'.
- Abū Sufyān : Abū Sufyān ibn Harb, chef qurayshite.
- qayl : Titre de chef chez les Yéménites.
- Najd : Région du centre de l'Arabie.
- 'ārimāt : Pluriel de 'ārima, 'calamité, malheur'.
- dawākhil : Pluriel de dākhila, 'affaire intérieure, secret'.
- Mut'im : Mut'im ibn 'Adī, un Qurayshite.
- khasm : Dispute, litige.
- alidah : Pluriel de alidd, 'obstiné, entêté'.
- masājil : Pluriel de musājil, 'qui se mesure, rival'.
- ūkal : Si je suis chargé (d'une affaire).
- 'Abd Shams : Clan qurayshite, ancêtre des Umayyades.
- yukhis : Ne diminue pas, ne lèse pas.
- 'ā'il : Injuste, qui dévie.
- Banū Khalaf : Une tribu ou un groupe.
- Ghayātil : Pluriel de ghaytal, 'fourré, lieu touffu' ; désigne ici un groupe des Banū Sahm.
- Qusayy : Qusayy ibn Kilāb, ancêtre des Quraysh.
- Sahm : Clan qurayshite.
- Makhzūm : Clan qurayshite.
- taml et khāmil : Homme vil et obscur.
- 'Abd Manāf : Ancêtre des Quraysh, père de Hāshim.
- wāghil : Intrus, celui qui s'immisce sans droit.
- mukhṭi' li-l-mafāṣil : Qui manque les articulations, c'est-à-dire mal conçu.
- ḥiṭāb aqdur wa-marājil : Bois de marmites et de chaudrons, métaphore pour être consumé.
- natta'ir mā ṣana'tum : Nous nous vengerons de ce que vous avez fait.
- liqḥa ghayr bāhil : Chamelle laitière non stérile, métaphore pour une vengeance féconde.
- Lu'ayy ibn Ghālib : Ancêtre des Quraysh.
- ṣaqr ḥulāḥil : Faucon généreux, homme noble et courageux.
- Nufayl : Un homme ou une famille.
- Ma'add : Ancêtre des Arabes du Nord.
- usā : Exemples, modèles (de malheur).
- maṭāfil : Pluriel de muṭfil, 'femme qui allaite'.
- Kilāb ibn Murra : Tribu arabe.
- barā' : Innocent, désolidarisé.
- yaḥsura 'annā : Se lasse de nous, cesse de nous attaquer.
- ḥawḍ al-siqāya : Bassin de l'abreuvement, charge de fournir de l'eau aux pèlerins.
- kudā : Cimes, hauteurs ; pluriel de kadā.
- Ghālib : Ancêtre des Quraysh, père de Lu'ayy.
- kawāhil : Épaules, pluriel de kāhil ; métaphore pour la force.
- Muṭayyabīn : Les 'Parfumés', groupe de Quraysh qui s'allièrent par serment.
- kharādil : Pluriel de khirdil, 'morceau de chair'.
- Hindikiyya : Servante d'origine indienne.
- Jumah : Clan qurayshite.
- Qays ibn 'Āqil : Un homme.
- Zuhayr : Zuhayr ibn Abī Umayya, un Qurayshite.
- bahālīl : Pluriel de buhlūl, 'généreux, noble'.
- Aḥmad : Un des noms du Prophète Muhammad.
- fa-lā zāla : Qu'il ne cesse de... (formule de souhait).
- rabb al-mashākil : Seigneur des difficultés, c'est-à-dire Dieu.
- sunna : Tradition, voie ; ici, peut-être une coutume ou une loi.
- sawrat al-mutaṭāwil : Assaut du présomptueux, de celui qui cherche à dominer.
- kalākil : Pluriel de kalkal, 'poitrine' ; métaphore pour la protection.
- ghayr bāṭil : Non vaine, vraie.
- maḥāṣil : Pluriel de maḥṣal, 'récolte, résultat'.
- Ka'b : Tribu arabe.
- ṣuqayba : Petite tribu, diminutif de ṣa'ba.
- ḍawāḥī : Faubourgs, zones périphériques.
- ḥawālaynā wa-lā 'alaynā : Autour de nous et non sur nous, formule pour détourner la pluie.
- ajal : Oui, certes.
- shabriqah : Mot obscur, peut-être une herbe ou une plante.
- shayāṭīn : Pluriel de shayṭān, désignant ici des hommes pervers ou malfaisants, littéralement 'démons'.
- al-qarīnān : Les deux attachés ensemble, surnom donné à Abou Bakr et Talha parce qu'ils furent liés par une corde.
- aḥbār : Pluriel de ḥibr, docteurs ou savants juifs.
- Abū Qays ibn al-Aslat : Poète arabe de la tribu des Aws, contemporain de l'époque préislamique et du début de l'islam.
- al-Fīl : L'Éléphant, référence à l'année de l'Éléphant (vers 570 ap. J.-C.) où Abraha tenta de détruire la Kaaba.
- al-ḥurma : Le caractère sacré, ici le sanctuaire de La Mecque.
- Lu'ayy ibn Ghālib : Ancêtre de Quraysh, désignant ici la tribu de Quraysh.
- azmal : Brandon ou tison, symbole de discorde.
- dass al-'aqārib : Dissimulation des scorpions, métaphore pour les intrigues cachées.
- aḥrām : Pluriel de ḥaram, sanctuaires ou choses sacrées.
- al-ghūl : Goule, créature mythique qui égare les voyageurs, ici métaphore pour la guerre destructrice.
- al-atḥamiyya : Tunique de lin blanc, vêtement de paix.
- qatīr : Rivets ou clous d'une cotte de mailles.
- umm ṣāḥib : Expression d'adresse, 'ô mère du compagnon', peut-être une exclamation.
- Dāḥis : Nom d'un cheval, à l'origine d'une guerre célèbre entre les tribus de 'Abs et Fazara.
- Ḥāṭib : Nom d'une guerre ou d'un homme, peut-être une autre guerre tribale.
- ḍalāl : Égarement, ici peut-être le nom d'un lieu ou une métaphore.
- rabb al-thawāqib : Seigneur des astres, Dieu.
- dīnan ḥanīfan : Religion pure et droite, souvent référée à la religion d'Abraham.
- al-dhawā'ib : Mèches de cheveux, symbole de guidage.
- al-aḥlām ghayr 'awāzib : Les esprits ne sont pas absents, c'est-à-dire qu'ils sont présents et sages.
- surrat al-baṭḥā' : Nombril de la plaine, centre de La Mecque.
- shumm al-arānib : Nez élevés, symbole de noblesse.
- ahl al-jabājib : Habitants des collines, peut-être une référence aux collines de La Mecque.
- hādhā al-bayt : Cette Maison, la Kaaba.
- Abū Yaksūm : Surnom d'Abraha, le chef abyssin qui attaqua La Mecque.
- sāfin wa ḥāṣib : Vent et grêle, ou peut-être des noms de troupes.
- mawāsim : Saisons, peut-être les marchés saisonniers ou les pèlerinages.
- Zayd : Le texte a 'Zayd', mais le nom complet est 'Amr ibn Zayd'.
- aṭhār : Ventres, métaphore pour les enfants à naître.
- al-Habā'a : Nom d'un lieu ou d'une colline célèbre dans les guerres préislamiques, notamment celle de Dāḥis et al-Ghabrā'.
Il mentionna que l'Envoyé de Dieu [1] — que Dieu prie sur lui et le salue [2] — rencontra de son peuple [3].
Celui qui prononce une parole qui est la vérité 1 est-il assis sur elle ? Et celui qui est en colère pour la droiture entend-il ? Et un maître dont la tribu espère le bienfait, est-il rassembleur des alliés les plus éloignés et des proches ? Je me désavoue de tout, sauf du visage de Celui qui détient la jeunesse, et je vous abandonne tant que dure l'éloignement et la séparation 2. Je soumets mon visage à Dieu et ma parole, même si des choses effrayantes me viennent de l'ami. [Section : Mention de la rencontre du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, avec son peuple] (Les insensés de Quraysh et leur accusation du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, de sorcellerie et de folie) : Ibn Ishaq dit : Ensuite, Quraysh vit son affaire s'aggraver à cause du malheur qui les avait frappés dans leur inimitié envers le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et ceux qui avaient embrassé l'Islam avec lui parmi eux. Ils excitèrent donc contre le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, leurs insensés, qui le traitèrent de menteur, lui firent du mal, et l'accusèrent de poésie, de sorcellerie, de divination et de folie. Quant au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, il proclamait ouvertement l'ordre de Dieu, sans se cacher, et il leur exposait ce qu'ils détestaient : critiquer leur religion, se détourner de leurs idoles, et se séparer d'eux à cause de leur mécréance. (Le récit d'Ibn al-‘As sur la pire chose que Quraysh ait infligée au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue) : Ibn Ishaq dit : Yahya ibn ‘Urwa ibn az-Zubayr m'a rapporté d'après son père ‘Urwa ibn az-Zubayr, d'après ‘Abdullah ibn ‘Amr ibn al-‘As, qui a dit : Je lui ai demandé : Quelle est la pire chose que tu aies vue Quraysh infliger au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dans ce qu'ils manifestaient comme inimitié envers lui ? Il répondit : J'étais présent un jour où leurs notables s'étaient réunis dans le Hijr 3 et parlaient du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Ils dirent : Nous n'avons jamais vu quelqu'un comme cet homme pour ce que nous avons enduré de lui : il a traité nos esprits de légers, insulté nos pères, critiqué notre religion, divisé notre communauté, et insulté nos divinités. Nous avons vraiment enduré de lui une chose énorme. — ou quelque chose d'approchant. — Pendant qu'ils étaient ainsi, le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, apparut ; il s'avança en marchant jusqu'à ce qu'il touchât la Pierre Noire 4, puis passa près d'eux en tournant autour de la Maison 5. Lorsqu'il passa près d'eux, ils le lancèrent 6 avec quelques paroles. Il dit : Je reconnus cela sur le visage du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Puis il passa ; lorsqu'il passa près d'eux une deuxième fois, ils le lancèrent de la même manière, et je reconnus cela sur le visage du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Puis il passa près d'eux une troisième fois, et ils le lancèrent de la même manière ; alors il s'arrêta et dit : « Entendez-vous, ô assemblée de Quraysh ? Par Celui qui tient mon âme en Sa main, je vous ai apporté l'égorgement 7. » Il dit : Sa parole saisit les gens, au point qu'il n'y avait parmi eux aucun homme sans qu'il fût comme si un oiseau était posé sur sa tête 8, au point que le plus virulent d'entre eux contre lui auparavant se mit à l'apaiser 9 avec les meilleures paroles qu'il trouvait, jusqu'à dire : « Va-t'en, ô Abou al-Qasim 10 ! Par Dieu, tu n'as jamais été un ignorant. » Il dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, s'en alla. Le lendemain, ils se réunirent dans le Hijr, et j'étais avec eux. Ils se dirent les uns aux autres : Vous avez mentionné ce que vous avez enduré de lui et ce qu'il vous a fait endurer, jusqu'à ce que, lorsqu'il vous a affrontés avec ce que vous détestez, vous l'ayez laissé. Pendant qu'ils étaient ainsi, le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, apparut (devant eux). Alors ils se levèrent d'un seul bond vers lui et l'entourèrent, en disant : « Es-tu celui qui dit telle et telle chose ? » — à propos de ce qu'il disait pour critiquer leurs divinités et leur religion. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, répondit : « Oui, c'est moi qui dis cela. » Il dit : Je vis alors l'un d'eux saisir le col de son manteau. Il dit : Abou Bakr, que Dieu l'agrée, se leva pour le défendre, en pleurant et en disant : « Tuerez-vous un homme parce qu'il dit : Mon Seigneur est Dieu ? » Puis ils s'éloignèrent de lui. Et c'est bien la pire chose que j'aie jamais vue Quraysh lui infliger. (Ce qu'Abou Bakr subit pour la cause du Messager, que Dieu prie sur lui et le salue) : Ibn Ishaq dit : Certains membres de la famille d'Oumm Koulthoum bint Abi Bakr m'ont raconté qu'elle a dit : Ce jour-là, Abou Bakr revint alors qu'ils avaient fendu 11 la raie 12 de sa tête, à cause de ce qu'ils lui avaient tiré de sa barbe — et c'était un homme à la barbe fournie.
- al-ḥaqq : La vérité absolue, souvent référée à Dieu ou à la réalité divine dans le soufisme.
- mudlin wa nāzi‘ : Expressions poétiques signifiant 'celui qui s'éloigne et celui qui se sépare', indiquant une rupture définitive.
- al-Ḥijr : Espace semi-circulaire adjacent à la Kaaba, considéré comme faisant partie de la Maison sacrée.
- ar-Rukn : La Pierre Noire, encastrée dans l'angle sud-est de la Kaaba, embrassée lors du pèlerinage.
- al-Bayt : La Kaaba, la Maison sacrée de Dieu à La Mecque.
- ghamazūhu : Ils le lancèrent, le piquèrent par des paroles ou des gestes moqueurs.
- adh-dhabḥ : L'égorgement, métaphore pour une défaite totale ou une extermination.
- ka'annamā ʿalā raʾsihi ṭāʾirun wāqiʿ : Expression arabe signifiant une immobilité totale due à la peur ou au respect.
- yarfa'uhu : Il l'apaisait, le calmait avec des paroles douces.
- Abū al-Qāsim : Surnom du Prophète Muhammad, signifiant 'père de Qāsim', son fils aîné.
- ṣada‘ū : Ils fendirent, blessèrent en déchirant la peau.
- farq : La raie des cheveux, le sommet du crâne.
L'islam de Hamza, que Dieu lui fasse miséricorde [1]
(Ce qu'il y a de plus pénible que le Messager, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, a subi) : Ibn Hichâm a dit : Un savant m'a raconté que ce que le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, a subi de plus pénible de la part des Quraychites 1 fut qu'un jour il sortit et ne rencontra personne sans que celui-ci ne le traitât de menteur et ne lui causât du tort, homme libre ou esclave. Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, rentra chez lui et s'enveloppa 2 à cause de la violence de ce qui l'avait atteint. Alors Dieu Très-Haut lui révéla : « Ô toi qui t'enveloppes, lève-toi et avertis » (74:1-2). La conversion à l'islam de Hamza, que Dieu l'agrée (2) (Le tort causé par Abou Jahl au Messager, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, et l'intervention de Hamza) : Ibn Ishaq a dit : Un homme d'Aslam 3, qui était un mémorisateur, m'a raconté qu'Abou Jahl passa près du Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, à as-Safa 4, lui causa du tort, l'injuria, et tint sur lui des propos déplaisants, critiquant sa religion et minimisant sa cause. Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, ne lui répondit pas. Une cliente affranchie de 'Abd Allah ibn Jud'ân ibn 'Amr ibn Ka'b ibn Sa'd ibn Taym ibn Murra, dans son logement, entendit cela. Puis Abou Jahl s'éloigna de lui et se dirigea vers un cercle 5 de Quraychites près de la Ka'ba 6, où il s'assit avec eux. Peu après, Hamza ibn 'Abd al-Muttalib, que Dieu l'agrée, arriva, portant son arc en bandoulière 7, revenant d'une chasse 8 ; il était chasseur, tirant à l'arc et sortant pour cela. Lorsqu'il revenait de sa chasse, il ne rentrait chez lui qu'après avoir accompli la circumambulation 9 autour de la Ka'ba. Et lorsqu'il faisait cela, il ne passait devant aucun cercle de Quraychites sans s'arrêter, saluer et parler avec eux. Il était le jeune homme le plus puissant et le plus ferme de caractère parmi les Quraychites. Lorsqu'il passa devant la cliente affranchie, alors que le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, était déjà rentré chez lui, elle lui dit : « Ô Abou 'Umara 10, si tu avais vu ce qu'a subi tout à l'heure le fils de ton frère, Muhammad, de la part d'Abou al-Hakam ibn Hichâm 11 : il était assis ici, lui a causé du tort, l'a insulté, et a tenu sur lui des propos déplaisants, puis il est parti sans que Muhammad, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, ne lui réponde. » (La correction infligée par Hamza à Abou Jahl et sa conversion à l'islam) : La colère saisit Hamza, par la volonté de Dieu de l'honorer. Il sortit en courant, sans s'arrêter auprès de personne, prêt à s'en prendre à Abou Jahl quand il le rencontrerait. Lorsqu'il entra dans la mosquée 12, il le vit assis parmi les gens. Il se dirigea vers lui, et lorsqu'il se tint à sa tête, il leva l'arc et le frappa, lui infligeant une blessure profonde à la tête. Puis il dit : « Tu l'insultes alors que je suis dans sa religion, disant ce qu'il dit ? Que celui qui le peut me le rende ! » Des hommes des Banu Makhzoum 13 se levèrent pour secourir Abou Jahl, mais Abou Jahl dit : « Laissez Abou 'Umara, car par Dieu, j'ai gravement insulté le fils de son frère. » Et Hamza, que Dieu l'agrée, persévéra dans son islam et dans ce qu'il avait suivi du Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, dans sa parole. Lorsque Hamza se convertit à l'islam, les Quraychites surent que le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, avait gagné en force et en protection, et que Hamza le protégerait. Ils cessèrent donc une partie des torts qu'ils lui causaient (6).
- Quraysh : Tribu arabe de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
- tadaththara : S'envelopper dans un vêtement, allusion à la sourate al-Muddaththir (L'Enveloppé).
- Aslam : Tribu arabe alliée des Quraychites.
- as-Safa : Colline sacrée à La Mecque, lieu du rite du sa'y entre Safa et Marwa.
- nādī : Cercle ou assemblée où les hommes se réunissaient pour discuter.
- Ka'ba : Sanctuaire sacré à La Mecque, direction de la prière pour les musulmans.
- mutawashshiḥan : Portant son arc en bandoulière, signe de préparation à la chasse ou au combat.
- qanṣ : Chasse, activité pratiquée par Hamza.
- ṭawāf : Circumambulation rituelle autour de la Ka'ba.
- Abū 'Umāra : Surnom (kunya) de Hamza, signifiant 'père de 'Umara'.
- Abū al-Ḥakam ibn Hishām : Nom complet d'Abou Jahl, chef quraychite hostile à l'islam.
- masjid : Mosquée, ici le lieu de prière autour de la Ka'ba.
- Banū Makhzūm : Clan quraychite auquel appartenait Abou Jahl.
Paroles de 'Utba ibn Rabī'a au sujet du Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui.
Parole de 'Utba ibn Rabī'a au sujet de l'affaire du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. (Ce qui eut lieu entre 'Utba et le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : Ibn Isḥāq dit : Yazīd ibn Ziyād m'a rapporté, d'après Muḥammad ibn Ka'b al-Quraẓī, qui dit : Il m'a été rapporté que 'Utba ibn Rabī'a, qui était un chef, dit un jour, alors qu'il était assis dans le cercle 1 de Quraysh, et que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, était assis seul dans la mosquée : « Ô assemblée de Quraysh, ne vais-je pas me lever vers Muḥammad, lui parler et lui proposer des choses, peut-être acceptera-t-il certaines d'entre elles, et nous lui donnerons ce qu'il voudra, et il cessera de nous importuner ? » Cela se passait au moment où Ḥamza avait embrassé l'islam, et ils voyaient les compagnons du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, augmenter et devenir nombreux. Ils dirent : « Oui, Abū al-Walīd, lève-toi et parle-lui. » 'Utba se leva donc et alla s'asseoir auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et dit : « Ô fils de mon frère, tu es parmi nous, comme tu le sais, de par la position éminente 2 dans le clan et la place dans la lignée. Tu as apporté à ton peuple une affaire grave par laquelle tu as divisé leur communauté, traité leurs esprits de légers, critiqué leurs divinités et leur religion, et traité de mécréants ceux de leurs pères qui sont passés. Écoute donc de moi : je te propose des choses que tu pourras examiner, peut-être en accepteras-tu certaines. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui dit : « Parle, Abū al-Walīd, je t'écoute. » Il dit : « Ô fils de mon frère, si par ce que tu as apporté de cette affaire tu veux des biens, nous rassemblerons pour toi de nos biens jusqu'à ce que tu sois le plus riche d'entre nous. Si tu veux par cela l'honneur, nous te ferons notre chef, au point que nous ne déciderons aucune affaire sans toi. Si tu veux par cela la royauté, nous te ferons roi sur nous. Et si ce qui te vient est un esprit familier 3 que tu vois et que tu ne peux repousser de toi-même, nous chercherons pour toi un remède et nous y dépenserons nos biens jusqu'à ce que tu sois guéri. »
- nādī : Cercle ou assemblée où les notables se réunissaient pour discuter des affaires de la tribu.
- as-siṭa : Position éminente, rang élevé dans la tribu.
- ri'yā : Esprit familier ou vision que l'on voit, souvent associé à la divination ou à la possession.
Ce qui s'est passé entre le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, et les chefs de Quraysh, et l'exégèse de la sourate al-Kahf [1].
Nos biens jusqu'à ce que nous te guérissions de cela, car il arrive que le compagnon 1 prenne le dessus sur l'homme jusqu'à ce qu'il soit soigné de cela, ou comme il lui a dit. Lorsque 'Utba eut fini, et que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, l'écoutait, il dit : « As-tu fini, ô Abū l-Walīd ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Écoute donc de moi. » Il dit : « Je le ferai. » Alors il dit : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ḥā Mīm. Une révélation du Tout Miséricordieux, du Très Miséricordieux. Un Livre dont les versets sont détaillés, un Coran arabe pour des gens qui savent. Annonciateur et avertisseur ; mais la plupart d'entre eux se détournent, donc ils n'écoutent pas. Et ils disent : 'Nos cœurs sont voilés de ce à quoi tu nous appelles' [41:0-5]. » Puis le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, continua à la lui réciter. Lorsque 'Utba l'entendit de lui, il l'écouta attentivement, posa ses mains derrière son dos en s'appuyant dessus pour l'écouter, puis le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, arriva à la prosternation qui s'y trouve, se prosterna, puis dit : « Tu as entendu, ô Abū l-Walīd, ce que tu as entendu ; à toi de décider. » (Ce que 'Utba conseilla à ses compagnons) : 'Utba se leva pour rejoindre ses compagnons, et certains d'entre eux dirent aux autres : « Nous jurons par Dieu qu'Abū l-Walīd vous revient avec un visage différent de celui avec lequel il est parti. » Lorsqu'il s'assit parmi eux, ils dirent : « Qu'y a-t-il derrière toi, ô Abū l-Walīd ? » Il dit : « Derrière moi, j'ai entendu une parole ; par Dieu, je n'ai jamais entendu rien de semblable. Par Dieu, ce n'est ni de la poésie, ni de la magie, ni de la divination. Ô assemblée de Quraysh, obéissez-moi et laissez-moi en être responsable, et laissez cet homme et ce qu'il fait, et éloignez-vous de lui. Par Dieu, sa parole que j'ai entendue aura un grand retentissement. Si les Arabes l'atteignent, vous en serez débarrassés par d'autres ; et s'il triomphe des Arabes, alors son royaume sera votre royaume, sa puissance sera votre puissance, et vous serez les plus heureux des hommes grâce à lui. » Ils dirent : « Il t'a ensorcelé, par Dieu, ô Abū l-Walīd, par sa langue. » Il dit : « Tel est mon avis à son sujet ; faites donc ce qui vous semble bon. » (Ce qui se passa entre le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et les chefs de Quraysh, et l'exégèse de la sourate al-Kahf) (La persistance de Quraysh à torturer ceux qui embrassaient l'islam) : Ibn Isḥāq dit : « Ensuite, l'islam commença à se répandre à La Mecque parmi les tribus de Quraysh, hommes et femmes, tandis que Quraysh emprisonnait ceux qu'elle pouvait emprisonner et éprouvait par la tentation ceux des musulmans qu'elle pouvait éprouver. Puis les nobles de Quraysh de chaque tribu, comme me l'ont rapporté certains gens de science d'après Sa'īd b. Jubayr et d'après 'Ikrima, l'affranchi d'Ibn 'Abbās, d'après 'Abd Allāh b. 'Abbās, que Dieu les agrée tous deux, dirent : » (Le récit des chefs de Quraysh avec le Messager, que Dieu prie sur lui et le salue) : Se réunirent 'Utba b. Rabī'a, Shayba b. Rabī'a, Abū Sufyān b. Ḥarb, al-Naḍr b. al-Ḥārith (b. Kalada) 2, frère des Banū 'Abd al-Dār, Abū l-Bakhtarī b. Hishām, al-Aswad b. al-Muṭṭalib b. Asad, Zam'a b. al-Aswad, al-Walīd b. al-Mughīra, Abū Jahl b. Hishām, 'Abd Allāh b. Abī Umayya, al-'Āṣ b. Wā'il, Nabīh et Munabbih, les deux fils d'al-Ḥajjāj al-Sahmiyyān 3, et Umayya b. Khalaf, ou ceux d'entre eux qui se réunirent. Il dit : « Ils se réunirent après le coucher du soleil près de la Ka'ba, puis certains dirent aux autres : 'Envoyez chercher Muḥammad, parlez-lui et disputez avec lui afin que vous ayez une excuse à son sujet.' Ils lui envoyèrent donc dire : 'Les nobles de ton peuple se sont réunis pour toi afin de te parler ; viens les rejoindre.' Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, vint rapidement, pensant qu'ils avaient changé d'avis à son sujet dans ce dont il leur avait parlé. Il était plein de sollicitude pour eux, aimait leur rectitude et lui pesait leur égarement 4, jusqu'à ce qu'il s'assît parmi eux. Ils lui dirent : 'Ô Muḥammad, nous t'avons fait venir pour te parler. Par Dieu, nous ne connaissons aucun homme parmi les Arabes qui ait apporté à son peuple ce que tu as apporté au tien. Tu as insulté les pères, blâmé la religion, insulté les divinités, traité les esprits de sottise et divisé la communauté. Il ne reste aucune chose blâmable que tu n'aies commise entre nous et toi' – ou comme ils lui dirent. 'Si tu es venu avec ce discours pour chercher des biens, nous rassemblerons pour toi de nos biens jusqu'à ce que tu sois le plus riche d'entre nous. Si tu cherches par lui l'honneur parmi nous, nous te ferons notre chef. Si tu veux par lui un royaume, nous te ferons roi sur nous. Et si ce qui te vient est un rī' 5 que tu vois et qui a pris le dessus sur toi' – et ils appelaient le compagnon parmi les djinns rī' – 'il se peut que ce soit cela ; nous dépenserons nos biens pour te chercher un traitement jusqu'à ce que nous te guérissions de cela, ou que nous ayons une excuse à ton sujet.' Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, leur dit : 'Je ne suis pas dans l'état que vous dites. Je ne suis pas venu avec ce que je vous ai apporté pour chercher vos biens, ni l'honneur parmi vous, ni la royauté sur vous. Mais Dieu m'a envoyé vers vous comme messager, a fait descendre sur moi un Livre, et m'a ordonné d'être pour vous un annonciateur et un avertisseur. Je vous ai transmis les messages de mon Seigneur et vous ai donné un conseil sincère. Si vous acceptez de moi ce que je vous ai apporté, c'est votre part dans ce monde et dans l'au-delà. Si vous le rejetez, j'endurerai l'ordre de Dieu jusqu'à ce que Dieu juge entre moi et vous' – ou comme dit le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue. Ils dirent : 'Ô Muḥammad, si tu n'acceptes rien de ce que nous t'avons proposé, tu sais bien qu'il n'y a personne parmi les gens qui ait un pays plus étroit, moins d'eau et une vie plus dure que nous. Demande donc à ton Seigneur qui t'a envoyé avec ce qu'il t'a envoyé de déplacer pour nous ces montagnes qui nous ont rétréci, d'élargir notre pays, d'y faire jaillir 6 des rivières comme les rivières de Syrie et d'Irak, de ressusciter pour nous nos ancêtres disparus, et que parmi ceux qu'il ressuscitera pour nous se trouve Quṣayy b. Kilāb, car c'était un vieillard véridique ; nous les interrogerons alors sur ce que tu dis : est-ce vrai ou faux ? S'ils te donnent raison et que tu fais ce que nous t'avons demandé, nous te croirons, nous connaîtrons par là ton rang auprès de Dieu, et qu'Il t'a envoyé comme messager comme tu le dis.' Le Prophète, que les prières et le salut de Dieu soient sur lui, leur dit : 'Ce n'est pas pour cela que j'ai été envoyé vers vous. Je suis venu à vous de la part de Dieu avec ce qu'Il m'a envoyé. Je vous ai transmis ce avec quoi j'ai été envoyé vers vous. Si vous l'acceptez, c'est votre part dans ce monde et dans l'au-delà. Si vous le rejetez, j'endurerai l'ordre de Dieu Très-Haut jusqu'à ce que Dieu juge entre moi 7 et vous.' Ils dirent : 'Puisque tu ne fais pas cela pour nous,' »
«Prends donc pour toi-même, demande à ton Seigneur d’envoyer avec toi un ange qui te confirme dans ce que tu dis, et qui revienne vers nous de ta part ; et demande-Lui qu’Il te fasse don d’un jardin, de palais et de trésors d’or et d’argent, par lesquels Il t’enrichisse et te dispense de ce que nous te voyons rechercher. Car tu te tiens sur les marchés comme nous nous y tenons, et tu cherches ta subsistance comme nous la cherchons, jusqu’à ce que nous connaissions ton mérite et ton rang auprès de ton Seigneur, si tu es un messager comme tu le prétends. » Alors le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) leur dit : « Je ne ferai point cela, et je ne suis point celui qui demanderait cela à son Seigneur. Je n’ai point été envoyé vers vous pour cela. Mais Dieu m’a envoyé comme annonciateur et avertisseur » – ou comme il dit – « Si vous acceptez ce que je vous apporte, ce sera votre part en ce monde et dans l’autre ; et si vous me le refusez, je patienterai dans l’ordre de Dieu jusqu’à ce que Dieu juge entre moi et vous. » Ils dirent : « Fais donc tomber le ciel sur nous par morceaux, comme tu prétends que ton Seigneur, s’Il le veut, peut le faire ; car nous ne croirons en toi que si tu fais cela. » Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) dit alors : « Cela appartient à Dieu ; s’Il veut le faire contre vous, Il le fera. » Ils dirent : « Ô Muhammad, ton Seigneur ne savait-Il donc pas que nous allions nous asseoir avec toi, te questionner sur ce que nous t’avons questionné, et te demander ce que nous te demandons, de sorte qu’Il t’aurait prévenu et t’aurait enseigné quoi nous répondre, et t’aurait informé de ce qu’Il allait faire de nous, puisque nous n’avons pas accepté ce que tu nous as apporté ? Il nous est parvenu que ce n’est qu’un homme, à al-Yamâma (al-Yamâmah), nommé ar-Rahmân (ar-Rahmân), qui t’enseigne cela. Et nous, par Dieu, nous ne croirons jamais en ar-Rahmân (ar-Rahmân). Nous t’avons donc signifié notre désaveu, ô Muhammad. Et par Dieu, nous ne t’abandonnerons pas, toi et ce que tu as fait de nous, jusqu’à ce que nous te dominions ou que tu nous fasses périr. » L’un d’eux dit : « Nous adorons les anges, et ce sont les filles de Dieu. » Un autre dit : « Nous ne croirons en toi que si tu nous amènes Dieu et les anges face à nous. » (Hadith de ‘Abd Allah ibn Abî Umayya avec le Messager de Dieu – que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) Lorsqu’ils eurent dit cela au Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), il se leva de leur côté, et se leva avec lui ‘Abd Allah ibn Abî Umayya ibn al-Mughîra ibn ‘Abd Allah ibn ‘Umar ibn Makhzûm – et il était le fils de sa tante paternelle, car il était de ‘Âtika bint ‘Abd al-Muttalib – et il lui dit : « Ô Muhammad, ton peuple t’a proposé ce qu’il t’a proposé, et tu ne l’as pas accepté d’eux. Puis ils t’ont demandé pour eux-mêmes des choses par lesquelles ils pourraient connaître ton rang auprès de Dieu, comme tu le dis, et te croire et te suivre, et tu ne l’as pas fait. Puis ils t’ont demandé de prendre pour toi-même ce par quoi ils reconnaîtraient ta supériorité sur eux et ton rang auprès de Dieu, et tu ne l’as pas fait. Puis ils t’ont demandé de hâter pour eux une partie du châtiment dont tu les menaces, et tu ne l’as pas fait » – ou comme il lui dit – « Par Dieu, je ne croirai jamais en toi jusqu’à ce que tu te sois ménagé une échelle vers le ciel, que tu y montes tandis que je te regarde, jusqu’à ce que tu y arrives, puis que tu reviennes avec quatre anges qui témoignent pour toi que tu es comme tu le dis. Et par Dieu, même si tu faisais cela, je ne penserais pas que je te croirais. » Puis il s’éloigna du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Et le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) retourna auprès des siens, triste et affligé de ce qui lui avait échappé de ce qu’il espérait de son peuple lorsqu’ils l’avaient appelé, et à cause de ce qu’il voyait de leur éloignement de lui. (Ce dont Abû Jahl menaça le Messager de Dieu – que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) Lorsque le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) se fut levé de leur côté, Abû Jahl dit : « Ô assemblée de Quraysh, Muhammad ne refuse rien d’autre que ce que vous voyez : dénigrer notre religion, insulter nos pères, taxer d’insuffisance nos esprits, et insulter nos divinités. Et moi, je fais le pacte avec Dieu que je m’assoirai demain pour lui avec une pierre que je ne pourrai porter » – ou comme il dit – « et lorsqu’il se prosternera dans sa prière, je lui fracasserai la tête avec. Alors, livrez-moi à ce moment-là, ou défendez-moi. Que les Banû ‘Abd Manâf fassent ensuite ce qu’il leur plaira. » Ils dirent : « Par Dieu, nous ne te livrerons jamais pour quoi que ce soit. Va donc pour ce que tu veux. » (Ce qui arriva à Abû Jahl lorsqu’il eut l’intention de jeter la pierre sur le Messager – que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) Lorsque vint le matin, Abû Jahl prit une pierre comme il l’avait décrit, puis s’assit pour attendre le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Et le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) se rendit le matin comme il avait coutume de le faire. Or, le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) était à La Mecque, et sa direction de prière (qibla) était vers le Shâm (le pays de Syrie). Lorsqu’il priait, il priait entre le Pilier yéménite (ar-Rukn al-Yamânî) et la Pierre noire (al-Hajar al-Aswad), et il plaçait la Ka‘ba (al-Ka‘ba) entre lui et le Shâm. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) se leva donc pour prier, tandis que Quraysh s’était rendue le matin et s’était assise dans ses assemblées (andiya, pluriel de nâdî), attendant ce qu’allait faire Abû Jahl. Lorsque le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) se prosterna, Abû Jahl souleva la pierre, puis s’avança vers lui. Mais lorsqu’il se fut approché de lui, il revint en fuyant, le teint changé, terrifié, ses mains desséchées sur sa pierre, jusqu’à ce qu’il jette la pierre de sa main. Les hommes de Quraysh se levèrent vers lui et lui dirent : « Qu’as-tu, ô Abû al-Hakam ? » Il dit : « Je me suis levé vers lui pour faire ce que je vous ai dit hier soir. Mais lorsque je me suis approché de lui, un étalon (fahl) de chameaux s’est interposé entre lui et moi. Non, par Dieu, je n’ai jamais vu de tête semblable à la sienne, ni de garrot (qasara) semblable au sien, ni de défenses semblables aux siennes, pour aucun étalon. Il a failli me dévorer. » Ibn Ishâq dit : Il m’a été rapporté que le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) a dit : « C’était Jibrîl (que la paix soit sur lui). S’il s’était approché, il l’aurait saisi. » (Le conseil d’an-Nadr à Quraysh de réfléchir à ce que le Messager – que la prière et la paix de Dieu soient sur lui – avait apporté) Lorsque Abû Jahl leur eut dit cela, an-Nadr ibn al-Hârith ibn Kalada ibn ‘Alqama ibn ‘Abd Manâf ibn ‘Abd ad-Dâr ibn Qusayy se leva. Ibn Hishâm dit : On dit aussi an-Nadr ibn al-Hârith ibn ‘Alqama ibn Kalada ibn ‘Abd Manâf. Ibn Ishâq dit : Il dit : « Ô assemblée de Quraysh, par Dieu, une affaire vous est arrivée pour laquelle vous n’avez encore trouvé aucune ruse. Muhammad était parmi vous un jeune garçon, le plus agréable à vous, le plus véridique dans ses propos, le plus digne de confiance, jusqu’à ce que vous ayez vu les cheveux blancs à ses tempes et qu’il vous ait apporté ce qu’il vous a apporté. Alors vous avez dit : “Magicien !” Non, par Dieu, il n’est pas magicien. Nous avons vu les magiciens, leurs souffles et leurs nœuds. Et vous avez dit : “Devin (kâhin) !” Non, par Dieu, il n’est pas devin. Nous avons vu les devins, leurs agitations, et nous avons entendu leurs rimes (saj‘). Et vous avez dit : “Poète !” Non, par Dieu, il n’est pas poète. Nous avons vu la poésie et nous avons entendu toutes ses variétés : son hazaj (rythme léger) et son rajaz (rythme heurté). Et vous avez dit : “Possédé (majnûn) !” Non, par Dieu, il n’est pas possédé. Nous avons vu la possession (junûn) : ce n’est ni son étouffement, ni ses obsessions (waswasa), ni son trouble. Ô assemblée de Quraysh, examinez donc votre affaire, car, par Dieu, une chose grave vous est arrivée. » (Ce par quoi an-Nadr ibn al-Hârith faisait du mal au Messager de Dieu – que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) An-Nadr ibn al-Hârith était parmi les démons (shayâtîn) de Quraysh, et parmi ceux qui faisaient du mal au Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) et lui manifestaient de l’hostilité. Il était allé à al-Hîra (al-Hîra) et y avait appris les récits des rois de Perse, et les récits de Rustum et d’Isfandiyâr. Lorsque le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) s’asseyait dans une assemblée et y rappelait Dieu, et mettait en garde son peuple contre ce qui avait frappé les nations d’avant eux comme châtiment de Dieu, il le suivait dans son assemblée lorsqu’il se levait, puis disait : « Moi, par Dieu, ô assemblée de Quraysh, je raconte mieux que lui. Venez à moi, je vais vous raconter mieux que son récit. » Puis il leur racontait les récits des rois de Perse, de Rustum et d’Isfandiyâr, puis disait : « En quoi Muhammad raconte-t-il mieux que moi ? » Ibn Hishâm dit : C’est lui qui a dit, d’après ce qui m’est parvenu : « Je ferai descendre quelque chose de semblable à ce que Dieu a fait descendre. »
Ibn Isḥāq a dit : Ibn ʿAbbās, que Dieu les agrée tous deux, disait, selon ce qui m'est parvenu : Huit versets du Coran sont descendus à son sujet 8 : la parole de Dieu, Puissant et Majestueux : « Quand Nos versets lui sont récités, il dit : "Des légendes des anciens" » (68:15). Et tout ce qui est mentionné dans le Coran à propos des légendes. (Les Qurayshites envoyèrent al-Naḍr et Ibn Abī Muʿayṭ aux docteurs juifs pour les interroger sur Muḥammad, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) : Lorsque al-Naḍr ibn al-Ḥārith leur eut dit cela, ils l'envoyèrent, et ils envoyèrent avec lui ʿUqba ibn Abī Muʿayṭ aux docteurs juifs de Médine, et ils leur dirent : Interrogez-les sur Muḥammad, décrivez-leur son état, informez-les de sa parole, car ils sont les gens du Livre premier, et ils possèdent une science que nous n'avons pas concernant les prophètes. Ils partirent donc jusqu'à arriver à Médine, et ils interrogèrent les docteurs juifs sur le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, ils leur décrivirent son affaire, les informèrent d'une partie de sa parole, et leur dirent : Vous êtes les gens de la Torah, et nous sommes venus à vous pour que vous nous informiez au sujet de notre compagnon. Les docteurs juifs leur dirent : Interrogez-le sur trois choses que nous vous ordonnons : s'il vous informe à leur sujet, c'est un prophète envoyé ; sinon, c'est un homme qui invente [des mensonges] 9. Alors, voyez ce que vous décidez à son sujet. Interrogez-le sur des jeunes gens qui disparurent dans les temps anciens : quelle fut leur histoire ? Car ils ont une histoire étonnante. Interrogez-le sur un homme voyageur 10 qui a parcouru l'Orient et l'Occident de la terre : quelle fut sa nouvelle ? Et interrogez-le sur l'esprit 11 : qu'est-ce que c'est ? S'il vous informe sur cela, suivez-le, car c'est un prophète ; sinon, c'est un homme qui invente [des mensonges]. Alors, agissez à son égard comme bon vous semble. Alors al-Naḍr ibn al-Ḥārith et ʿUqba ibn Abī Muʿayṭ ibn Abī ʿAmr ibn Umayya ibn ʿAbd Shams ibn ʿAbd Manāf ibn Quṣayy revinrent jusqu'à arriver à La Mecque auprès des Qurayshites, et ils dirent : Ô assemblée des Qurayshites, nous vous apportons la décision de ce qui vous sépare de Muḥammad. Les docteurs juifs nous ont informés de l'interroger sur des choses qu'ils nous ont ordonnées : s'il vous informe à leur sujet, c'est un prophète ; sinon, c'est un homme qui invente [des mensonges]. Alors, voyez ce que vous décidez à son sujet. (Interrogation des Qurayshites à son sujet, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, sur ces questions et sa réponse) : Ils vinrent donc au Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, et dirent : Ô Muḥammad, informe-nous sur des jeunes gens qui disparurent dans les temps anciens et dont l'histoire était étonnante ; sur un homme voyageur qui a parcouru l'Orient et l'Occident de la terre ; et informe-nous sur l'esprit : qu'est-ce que c'est ? Il dit : Le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, leur dit : Je vous informerai de ce que vous m'avez demandé demain, et il ne dit pas « si Dieu veut » 12. Ils s'éloignèrent de lui. Le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, resta – selon ce qu'ils mentionnent – quinze nuits sans que Dieu ne lui envoie de révélation à ce sujet, et sans que Gabriel ne vienne à lui, jusqu'à ce que les gens de La Mecque soient affligés 13 et disent : Muḥammad nous a promis pour demain, et voilà quinze nuits que nous sommes au matin sans qu'il nous informe de rien de ce que nous lui avons demandé. Et jusqu'à ce que le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, soit attristé par l'absence de la révélation, et que ce que disaient les gens de La Mecque lui soit pénible. Puis Gabriel vint à lui de la part de Dieu, Puissant et Majestueux, avec la sourate des Gens de la Caverne, dans laquelle Il lui fait des reproches sur sa tristesse à leur sujet, et l'histoire de ce qu'ils lui avaient demandé concernant les jeunes gens, l'homme voyageur, et l'esprit, par ordre de Dieu. (Ce que Dieu a révélé au sujet des Qurayshites lorsqu'ils interrogèrent le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, et que la révélation s'absenta de lui pendant un certain temps) : Ibn Isḥāq a dit : Il m'a été rapporté que le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, dit à Gabriel lorsqu'il vint à lui : Tu t'es attardé auprès de moi, ô Gabriel, au point que j'ai eu de mauvaises pensées. Gabriel lui dit : « Nous ne descendons que sur l'ordre de ton Seigneur. À Lui appartient ce qui est devant nous, ce qui est derrière nous et ce qui est entre les deux. Et ton Seigneur n'oublie rien » (19:64). Il ouvrit la sourate – qu'Il soit béni et exalté – par Sa louange et la mention de la prophétie de Son Messager, à cause de ce qu'ils lui avaient reproché à ce sujet. Il dit : « Louange à Dieu qui a fait descendre le Livre sur Son serviteur » (18:1) – c'est-à-dire Muḥammad, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui – « Tu es un Messager de Ma part » : c'est-à-dire une confirmation de ce qu'ils lui avaient demandé concernant ta prophétie. « Et Il n'y a point mis de tortuosité. [Un Livre] droit » (18:1-2) : c'est-à-dire équilibré, sans contradiction. « Pour avertir d'une rigueur sévère de Sa part » (18:2) : c'est-à-dire du châtiment immédiat de Sa punition en ce monde. « Et d'un châtiment douloureux dans l'au-delà » : c'est-à-dire de la part de ton Seigneur qui a envoyé un Messager. « Et pour annoncer aux croyants qui font de bonnes œuvres qu'ils auront une belle récompense, où ils demeureront éternellement » (18:2-3) : c'est-à-dire la demeure de l'éternité. Ils n'y mourront pas, ceux qui t'ont cru en ce que tu as apporté et que d'autres ont traité de mensonge, et qui ont agi selon ce que tu leur as ordonné comme œuvres. « Et pour avertir ceux qui disent : "Dieu s'est donné un enfant" » (18:4) – c'est-à-dire les Qurayshites dans leur parole : Nous adorons les anges, et ce sont les filles de Dieu. « Ils n'en ont aucune science, non plus que leurs pères » (18:5) – ceux qui ont amplifié leur séparation et le blâme de leur religion. « Comme est grande la parole qui sort de leurs bouches ! » (18:5) – c'est-à-dire à cause de leur parole : Les anges sont les filles de Dieu. « Ils ne disent que des mensonges. Peut-être vas-tu te consumer toi-même » (18:5-6) – ô Muḥammad – « de chagrin derrière eux, s'ils ne croient pas à ce discours » (18:6) – c'est-à-dire à cause de ta tristesse pour eux lorsqu'a échoué ce que tu espérais d'eux : c'est-à-dire ne fais pas cela. Ibn Hishām a dit : « Te consumer toi-même » signifie te détruire toi-même, selon ce que m'a rapporté Abū ʿUbayda. Dhū l-Rumma a dit : « Hélas, celui qui se consume de chagrin pour une chose que les destins ont éloignée de ses mains. » Son pluriel est bākhiʿūn et bakhaʿa. Ce vers fait partie d'une de ses poésies. Les Arabes disent : « J'ai consumé pour lui mon conseil et mon âme », c'est-à-dire je me suis épuisé pour lui. « Nous avons fait de ce qui est sur la terre une parure pour elle, afin de les éprouver : lequel d'entre eux est le meilleur en œuvre » (18:7). Ibn Isḥāq a dit : C'est-à-dire lequel d'entre eux suit le mieux Mon ordre et agit le mieux dans Mon obéissance. « Et Nous allons sûrement faire de ce qui est sur elle un sol aride » (18:8) – c'est-à-dire la terre, et ce qui est sur elle est périssable et disparaîtra, et le retour est vers Moi, alors Je rétribuerai chacun selon son œuvre. Ne t'afflige donc pas et ne sois pas triste de ce que tu entends et vois en elle. Ibn Hishām a dit : « aṣ-Ṣaʿīd » est la terre, son pluriel est ṣuʿud. Dhū l-Rumma a dit, décrivant un petit faon : « Comme si, au matin, il jetait la terre avec lui... une bestiole dans les os de la tête, une trompe. » Ce vers fait partie d'une de ses poésies. « aṣ-Ṣaʿīd » (aussi) est le chemin. Il est venu dans le hadith : « Évitez de vous asseoir sur les ṣuʿudāt », c'est-à-dire les chemins. « al-Juruz » est la terre qui ne fait rien pousser, son pluriel est ajrāz. On dit : une année juruz, et des années ajrāz, qui sont celles où il n'y a pas de pluie, et où il y a sécheresse, aridité et dureté. Dhū l-Rumma a dit, décrivant des chameaux : « Le frottement et les années de sécheresse ont consumé ce qui était dans leurs ventres, et il ne resta que les côtes saillantes. » Ce vers fait partie d'une de ses poésies. (Ce que Dieu, exalté soit-Il, a révélé dans l'histoire des Gens de la Caverne) : Ibn Isḥāq a dit : Puis Il aborda le récit de ce qu'ils lui avaient demandé au sujet des jeunes gens, et Il dit : « Ou bien as-tu pensé que les gens de la Caverne et d'ar-Raqīm 14 étaient, parmi Nos signes, une chose étonnante ? » (18:9) – c'est-à-dire : Il y a parmi Mes signes, dans ce que J'ai établi comme preuves pour les serviteurs, ce qui est plus étonnant que cela. Ibn Hishām a dit : « ar-Raqīm » est le livre dans lequel leur histoire a été écrite 15, son pluriel est ruqum. Al-ʿAjjāj a dit : « Et le lieu stable du Livre écrit. » Ce vers fait partie d'une de ses urjūza 16.
Ibn Isḥāq a dit : Ensuite, Allah Très-Haut a dit : « Lorsque les jeunes gens se réfugièrent dans la caverne et dirent : “Seigneur, accorde-nous de Ta part une miséricorde et prépare-nous, dans notre affaire, une voie de rectitude.” Alors Nous avons scellé leurs oreilles dans la caverne pendant un nombre d’années. Puis Nous les avons ressuscités pour savoir lequel des deux partis comptait le mieux la durée de leur séjour. » [18:10-12]. Puis Allah Très-Haut a dit : « Nous te racontons leur histoire en toute vérité » [18:13] : c’est-à-dire avec un récit véridique à leur sujet : « Ce sont des jeunes gens qui ont cru en leur Seigneur, et Nous leur avons accordé davantage de guidance. Nous avons affermi leurs cœurs lorsqu’ils se sont levés et ont dit : “Notre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre : nous n’invoquerons jamais d’autre divinité que Lui, car nous dirions alors une énormité.” » [18:13-14] : c’est-à-dire qu’ils ne M’ont pas associé comme vous M’avez associé ce dont vous n’avez aucune science. Ibn Hishām a dit : « L’énormité (ash-shaṭaṭ) est l’excès et le dépassement de la vérité. » Al-A‘shā des Banū Qays ibn Tha‘laba a dit : « Ils ne cessent pas et n’interdisent pas aux gens de l’énormité, / Comme la lance qui fait perdre l’huile et la torsion. » Ce vers fait partie d’un poème de lui. « Voilà notre peuple : ils ont pris en dehors de Lui des divinités. Que n’apportent-ils sur elles une preuve évidente ? » [18:15]. Ibn Isḥāq a dit : c’est-à-dire une preuve concluante. « Qui est plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Allah ? Et lorsque vous vous serez séparés d’eux et de ce qu’ils adorent en dehors d’Allah, réfugiez-vous dans la caverne : votre Seigneur déploiera pour vous de Sa miséricorde et préparera pour vous, dans votre affaire, une issue favorable. Et tu aurais vu le soleil, quand il se lève, s’écarter de leur caverne vers la droite, et quand il se couche, les frôler par la gauche, tandis qu’eux se trouvaient dans une partie spacieuse de celle-ci. » [18:15-17]. Ibn Hishām a dit : « Tazāwaru signifie “s’incliner”, et cela vient de az-zawr (la déviation). » Imru’ al-Qays ibn Ḥujr a dit : « Et je suis garant, si je reviens en roi, / D’une marche où tu verras le furānq 17 dévié (azwarā). » Ce vers fait partie d’un poème de lui. Abū az-Zaḥf al-Kulaybī a dit, décrivant un pays : « Un lieu rude, dont le refuge est dévié (azwar) loin de notre humiliation, / Ses étapes de cinq jours, épuisantes et dures, usent les montures. » Ces deux vers font partie d’une urjūza 18 de lui. « Taqriḍuhum dhāta ash-shamāl » [18:17] signifie : les dépasser et les laisser à sa gauche. Dhū ar-Rumma a dit : « Vers des chameaux qui frôlent (yaqriḍna) les hauteurs d’un lieu élevé, / À gauche, tandis qu’à leur droite se trouvent les cavaliers. » Ce vers fait partie d’un poème de lui. « Al-fajwa » est l’espace spacieux ; son pluriel est al-fijā’. Le poète a dit : « Tu as revêtu ton peuple de honte et de diminution, / Jusqu’à ce qu’ils soient anéantis et aient laissé l’espace spacieux de la demeure. » « Cela fait partie des signes d’Allah » [18:17] : c’est-à-dire une preuve pour ceux qui connaissent cela de leur histoire parmi les Gens du Livre, ceux qui ont ordonné à ces gens de t’interroger à leur sujet, pour la véracité de ta prophétie par la confirmation du récit à leur sujet. « Celui qu’Allah guide est le bien-guidé ; et celui qu’Il égare, tu ne trouveras pour lui aucun allié pour le guider. » « Et tu les aurais crus éveillés, alors qu’ils dormaient. Et Nous les retournions sur le côté droit et sur le côté gauche, tandis que leur chien étendait ses pattes sur le seuil. » [18:17-18]. Ibn Hishām a dit : « Al-waṣīd est la porte. » Al-‘Absī, dont le nom est ‘Ubayd ibn Wahb, a dit : « Dans une terre déserte dont la porte n’est pas fermée / Sur moi, et ma bienfaisance n’y est pas méconnue. » Ce vers fait partie de vers de lui. Al-waṣīd (aussi) est la cour ; son pluriel est waṣā’id, wuṣud, wuṣdān, uṣud, uṣdān. « Si tu les avais vus, tu leur aurais tourné le dos en fuyant, et tu aurais été rempli d’effroi devant eux. » [18:18] ... jusqu’à Sa parole : « Ceux qui dominèrent leur affaire dirent » [18:21] : les gens du pouvoir et de la royauté parmi eux : « Nous élèverons sur eux une mosquée. » « Ils diront » [18:21-22] : c’est-à-dire les docteurs juifs qui leur ordonnèrent de s’enquérir à leur sujet : « Ils étaient trois, le quatrième était leur chien. Et ils diront : ils étaient cinq, le sixième était leur chien, en conjecturant sur l’inconnu » [18:22] : c’est-à-dire sans science. « Et ils diront : ils étaient sept, le huitième était leur chien. Dis : “Mon Seigneur connaît mieux leur nombre. Nul ne les connaît, sauf un petit nombre.” Ne discute à leur sujet que d’une manière apparente » [18:22] : c’est-à-dire ne les contredis pas. « Et ne consulte personne à leur sujet » [18:22] : car ils n’ont aucune science à leur égard. « Et ne dis jamais à propos d’une chose : “Je ferai cela demain”, sans ajouter : “Si Allah le veut” » [18:23-24] : c’est-à-dire ne dis pas à propos d’une chose qu’ils t’ont demandée, comme tu l’as dit à ce sujet : « Je vous informerai demain », mais formule une exception par la volonté d’Allah, et souviens-toi de ton Seigneur si tu oublies, et dis : « Il se peut que mon Seigneur me guide vers une voie plus droite que celle-ci. » [18:24] : c’est-à-dire vers un bien meilleur que ce que vous m’avez demandé, car tu ne sais pas ce que je ferai à ce sujet. « Et ils demeurèrent dans leur caverne trois cents ans, et ils en ajoutèrent neuf » [18:25] : c’est-à-dire ils diront cela. « Dis : “Allah sait mieux combien ils demeurèrent. À Lui appartient l’inconnaissable des cieux et de la terre. Comme Il voit et entend ! Ils n’ont en dehors de Lui aucun protecteur, et Il n’associe personne à Son jugement.” » [18:26] : c’est-à-dire rien de ce qu’ils t’ont demandé ne Lui échappe. (Ce qu’Allah Très-Haut a révélé au sujet de l’histoire de l’homme voyageur) : Et Il dit, à propos de ce qu’ils lui demandèrent au sujet de l’homme voyageur : « Et ils t’interrogent sur Dhū l-Qarnayn » [18:83]. « Dis : “Je vais vous en réciter un récit.” Nous lui avons donné pouvoir sur terre et lui avons donné les moyens de toute chose. Il suivit donc une voie » [18:83-85] jusqu’à la fin de son récit. Et il faisait partie de l’histoire de Dhū l-Qarnayn qu’il reçut ce que nul autre que lui n’avait reçu : les moyens lui furent étendus jusqu’à ce qu’il atteigne, des pays, les extrémités orientales et occidentales de la terre ; il ne foulait aucune terre sans dominer ses habitants, jusqu’à ce qu’il atteigne, à l’est et à l’ouest, ce au-delà de quoi il n’y a aucune créature. Ibn Isḥāq a dit : Un de ceux qui rapportent les traditions des Perses, selon ce qu’ils ont hérité de sa science, m’a raconté que Dhū l-Qarnayn était un homme d’Égypte. Son nom était Marzubān ibn Mardhubah le Grec, de la descendance de Yūnān ibn Yāfith ibn Nūḥ. Ibn Hishām a dit : Son nom est Alexandre, et c’est lui qui construisit Alexandrie, qui lui est attribuée. Ibn Isḥāq a dit : Thawr ibn Yazīd m’a raconté, d’après Khālid ibn Ma‘dān al-Kulā‘ī – qui était un homme ayant vécu à l’époque – que le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) fut interrogé au sujet de Dhū l-Qarnayn 19 et dit : « C’est un roi qui a parcouru la terre par ses moyens. » Et Khālid dit : ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb (qu’Allah l’agrée) entendit un homme dire : « Ô Dhū l-Qarnayn ! » Alors ‘Umar dit : « Ô Allah, pardonne ! Ne vous suffit-il pas de vous nommer par les noms des prophètes, pour que vous vous nommiez par les noms des anges 20 ? » Ibn Isḥāq a dit : Allah sait mieux ce qu’il en est : le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a-t-il dit cela ou non ? S’il l’a dit, alors la vérité est ce qu’il a dit. (Ce qu’Allah Très-Haut a révélé au sujet de l’Esprit) : Et Allah Très-Haut a dit, à propos de ce qu’ils lui demandèrent au sujet de l’Esprit : « Et ils t’interrogent sur l’Esprit. Dis : “L’Esprit procède de l’ordre de mon Seigneur, et vous n’avez reçu de la science que très peu.” » [17:85]. (Question des Juifs de Médine au Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) au sujet du sens de Sa parole : « Et vous n’avez reçu de la science que très peu » [17:85].) : Ibn Isḥāq a dit : On m’a rapporté d’après Ibn ‘Abbās qu’il a dit : Lorsque le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) arriva à Médine, les docteurs juifs dirent : « Ô Muḥammad, que penses-tu de ta parole : “Et vous n’avez reçu de la science que très peu” [17:85] ? Veux-tu parler de nous ou de ton peuple ? » Il dit : « Des deux. » Ils dirent : « Mais tu récites, dans ce qui t’est venu, que nous avons reçu la Torah, dans laquelle se trouve l’explication de toute chose. » Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « Elle est peu de chose dans la science d’Allah, et vous avez en cela ce qui vous suffit si vous l’appliquez. » Il dit : Alors Allah Très-Haut révéla à son sujet, en réponse à ce qu’ils lui demandaient : « Et si tout ce qui est sur terre comme arbres était des calames, et la mer, renforcée par sept mers après elle, les paroles d’Allah ne s’épuiseraient pas. Allah est Puissant et Sage. » [31:27] : c’est-à-dire que la Torah, dans ce domaine de la science d’Allah, est peu de chose. (Ce qu’Allah Très-Haut a révélé au sujet de leur demande de déplacer les montagnes) : Il dit : Et Allah Très-Haut révéla à son sujet, en réponse à ce que son peuple lui demanda pour eux-mêmes, à savoir le déplacement des montagnes,
Et le morcellement de la terre, et la résurrection de leurs pères morts : « Et s'il y avait un Coran par lequel les montagnes seraient mises en mouvement, ou la terre morcelée, ou les morts faits parler... Mais c'est à Dieu qu'appartient tout commandement » [13:31] : c'est-à-dire : Je ne fais de cela que ce que Tu veux. (Ce qu'Allah Très-Haut a révélé en réponse à leur parole au Messager, que Dieu prie sur lui et le salue : « Prends pour toi-même ») : Et Il révéla sur lui, au sujet de leur parole : « Prends pour toi-même », ce qu'ils lui demandèrent de prendre pour lui-même : qu'Il lui fasse un jardin, des palais et des trésors, et qu'Il envoie avec lui un ange pour confirmer ce qu'il dit et le défendre : « Et ils dirent : « Qu'a donc ce Messager à manger de la nourriture et à marcher dans les marchés ? Si seulement un ange était descendu vers lui pour être avec lui un avertisseur ! Ou qu'un trésor lui soit jeté, ou qu'il ait un jardin dont il mange ! » Et les injustes dirent : « Vous ne suivez qu'un homme ensorcelé. » Vois comment ils te proposent des paraboles : ils se sont égarés et ne peuvent trouver de chemin. Béni soit Celui qui, s'Il veut, te donnera mieux que cela » [25:7-10] : c'est-à-dire : mieux que de marcher dans les marchés et de chercher la subsistance : des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, et Il te fera des palais [25:10]. Et Il révéla sur lui à ce sujet, de leur parole : « Et Nous n'avons envoyé avant toi de messagers qui ne mangeaient de la nourriture et ne marchaient dans les marchés. Et Nous avons fait de vous les uns pour les autres une tentation : « Serez-vous patients ? » Et ton Seigneur est Clairvoyant » [25:20] : c'est-à-dire : J'ai fait de vous les uns pour les autres une épreuve pour que vous soyez patients, et si J'avais voulu faire que la vie d'ici-bas soit avec Mes messagers afin qu'ils ne soient pas contredits, Je l'aurais fait. (Ce qu'Il a révélé en réponse à la parole d'Ibn Abī Umayya) : Et Allah révéla sur lui au sujet de ce que dit 'Abd Allāh ibn Abī Umayya : « Et ils dirent : « Nous ne croirons pas en toi jusqu'à ce que tu fasses jaillir pour nous de la terre une source. Ou que tu aies un jardin de palmiers et de vignes, et que tu fasses jaillir des ruisseaux en son sein. Ou que tu fasses tomber le ciel sur nous par morceaux, comme tu le prétends, ou que tu fasses venir Allah et les anges en face. Ou que tu aies une maison d'ornement, ou que tu montes au ciel, et nous ne croirons pas à ton ascension jusqu'à ce que tu fasses descendre sur nous un livre que nous lisions. » Dis : « Gloire à mon Seigneur ! Ne suis-je qu'un être humain, un messager ? » » [17:90-93]. Ibn Hishām dit : Al-yanbū' : ce qui jaillit de l'eau de la terre et d'ailleurs ; son pluriel est yanābī'. Ibn Harmah, dont le nom est Ibrāhīm ibn 'Alī al-Fihrī, dit : « Et quand tu verses dans chaque demeure une larme... les yeux se vident et tes larmes sont une source. » Ce verset est dans une de ses poésies. Al-kisaf : les morceaux du châtiment ; son singulier est kisafah, comme sidrah et sidar. C'est aussi le singulier de kisaf. Al-qabīl : peut être une confrontation et une vision directe, comme dans Sa parole : « Ou que le châtiment leur vienne face à face » [18:55] : c'est-à-dire ouvertement. Abū 'Ubayda m'a récité pour A'shā Banī Qays ibn Tha'laba : « Je vous réconcilie jusqu'à ce que vous apportiez une pareille chose... comme le cri d'une femme enceinte que sa qabīl a facilitée » Il entend par là l'accoucheuse, car elle lui fait face et reçoit son enfant. Ce verset est dans une de ses poésies. On dit : al-qabīl : son pluriel est qubul, ce sont les groupes. Et dans le Livre d'Allah Très-Haut : « Et Nous aurions rassemblé contre eux toute chose, face à face » [6:111] : qubul est le pluriel de qabīl, comme subul est le pluriel de sabīl, et surur de sarīr, et qumus de qamīs. Al-qabīl (aussi) : dans un proverbe parmi les proverbes, c'est leur parole : « Il ne connaît ni qabīl ni dabīr » : c'est-à-dire il ne sait pas ce qui vient de ce qui s'en va. Al-Kumayt ibn Zayd dit : « Les affaires se sont divisées selon leurs deux directions... et ils n'ont pas connu le dabīr du qabīl. » Ce verset est dans une de ses poésies. On dit que par ce (qabīl) on entend la torsion : ce qui est tordu vers l'avant-bras est le qabīl, et ce qui est tordu vers le bout des doigts est le dabīr ; cela vient de l'iqbāl (venir) et de l'idbār (s'en aller) que j'ai mentionnés. On dit : la torsion du fuseau. Quand on tord (le fuseau) vers le genou, c'est le qabīl ; quand on le tord vers la hanche, c'est le dabīr. Al-qabīl (aussi) : le peuple de l'homme. Az-zukhruf : l'or. Al-muzakhraf : ce qui est orné d'or. Al-'Ajjāj dit : « D'une ruine dont tu croirais les traces un mushaf... et l'orné d'or, le muzakhraf. » Ces deux versets sont dans une urjūza de lui. On dit aussi de tout ce qui est orné : muzakhraf. (Ce qu'Allah Très-Haut a révélé en réponse à leur parole : « Seulement t'enseigne un homme à al-Yamāma ») : Ibn Ishāq dit : Et Il révéla sur lui au sujet de leur parole : « Nous avons appris que seul t'enseigne un homme à al-Yamāma, qu'on appelle ar-Rahmān, et nous ne croirons jamais en lui » : « Ainsi t'avons-Nous envoyé dans une communauté avant laquelle d'autres communautés ont passé, pour que tu leur récites ce que Nous t'avons révélé ; et ils ne croient pas au Tout-Miséricordieux. Dis : « Il est mon Seigneur, nulle divinité que Lui ; en Lui je place ma confiance, et vers Lui est mon retour. » » [13:30]. (Ce qu'Il a révélé au sujet d'Abū Jahl et de ce qu'il projeta) : Et Il révéla sur lui au sujet de ce que dit Abū Jahl ibn Hishām et de ce qu'il projeta : « As-tu vu celui qui interdit un serviteur quand il prie ? As-tu vu s'il est sur la bonne voie, ou s'il ordonne la piété ? As-tu vu s'il traite de mensonge et se détourne ? Ne sait-il pas qu'Allah voit ? Non ! S'il ne cesse pas, Nous le saisirons par le toupet, un toupet menteur et pécheur. Qu'il appelle son conseil ; Nous appellerons les gardiens. Non ! Ne lui obéis pas, prosterne-toi et rapproche-toi. » [96:9-19]. Ibn Hishām dit : Lanasfa'an : Nous tirerons et prendrons. Le poète dit : « Un peuple qui, quand ils entendent le cri, tu les vois... parmi ceux qui mettent le mors à leur poulain ou qui saisissent. » An-nādī : l'assemblée où le peuple se réunit et règle ses affaires. Et dans le Livre d'Allah Très-Haut : « Et vous commettez dans vos assemblées des actes blâmables » [29:29] ; c'est an-nadī. 'Abīd ibn al-Abras dit : « Va-t'en, car je suis des Banī Asad... gens de l'assemblée et gens de la générosité et du conseil. » Et dans le Livre d'Allah Très-Haut : « Et meilleur en assemblée » [19:73]. Son pluriel : andiya. « Qu'il appelle les gens de son conseil », comme dit Très-Haut : « Et interroge le village » [12:82], voulant dire les gens du village. Salāma ibn Jandal, l'un des Banī Sa'd ibn Zayd Manāt ibn Tamīm, dit : « Deux jours : un jour de séjours et de conseils... et un jour de marche vers les ennemis, de retour. » Ce verset est dans une de ses poésies. Al-Kumayt ibn Zayd dit : « Ni bavards dans l'assemblée, ni nombreux... ni silencieux par mutisme. » Ce verset est dans une de ses poésies. On dit : an-nādī : les compagnons de séance. Az-zabāniya : les rudes et les forts ; ils sont, dans ce contexte, les gardiens de l'Enfer. Az-zabāniya (aussi) dans la vie d'ici-bas : les aides de l'homme qui le servent et l'assistent ; le singulier : zibniya. Ibn az-Ziba'rā dit à ce sujet : « Nourriciers dans le repas, frappeurs dans la mêlée... des zabāniya, rudes, grands, de jugement. » Il dit : très forts. Ce verset est dans des vers de lui. Sakhr ibn 'Abd Allāh al-Hudhalī, qui est Sakhr al-Ghayy, dit : « Et parmi les grands, un groupe de zabāniya. » Ce verset est dans des vers de lui. (Ce qu'Il a révélé au sujet de ce qu'ils lui offrirent, sur lui la prière et la paix, de leurs biens) : Ibn Ishāq dit : Et Allah Très-Haut révéla sur lui au sujet de ce qu'ils lui offrirent de leurs biens : « Dis : « Je ne vous demande aucun salaire ; il est à vous. Mon salaire n'incombe qu'à Allah, et Il est témoin de toute chose. » » [34:47]. (L'orgueil de Quraysh à ne pas croire au Messager, que Dieu prie sur lui et le salue) :
Lorsque le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — leur apporta la vérité qu'ils connaissaient, qu'ils reconnurent sa sincérité dans ce qu'il rapportait et la place de sa prophétie dans ce qu'il leur apportait comme science des choses invisibles 21 lorsqu'ils l'interrogèrent sur ce qu'ils avaient interrogé, l'envie qu'ils lui portèrent les empêcha de le suivre et de le croire. Ils se montrèrent insolents envers Allah et abandonnèrent ouvertement Son ordre, persistant dans leur mécréance. L'un d'eux dit : « N'écoutez pas ce Coran et faites du bruit 22 pendant sa récitation, peut-être serez-vous vainqueurs ! » (41:26), c'est-à-dire : considérez-le comme des paroles vaines et fausses, et moquez-vous de lui, peut-être le vaincrez-vous ainsi. Car si vous discutez ou disputez avec lui un jour, il vous vaincra. (Moquerie d'Abou Jahl envers le Messager — qu'Allah prie sur lui et le salue — et détournement des gens de lui) Un jour, Abou Jahl, se moquant du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et de la vérité qu'il apportait, dit : « Ô assemblée de Quraych ! Muhammad prétend que les soldats d'Allah qui vous châtieront dans le Feu et vous y retiendront sont au nombre de dix-neuf, alors que vous êtes les plus nombreux des gens en nombre et en multitude. Chaque centaine d'entre vous serait-elle donc incapable [de vaincre] un seul d'entre eux ? » Allah Très-Haut révéla alors à son sujet ces paroles : « Nous n'avons fait des gardiens du Feu que des anges, et Nous n'avons fixé leur nombre que comme une épreuve pour ceux qui ont mécru » (74:31) jusqu'à la fin de l'histoire. Lorsqu'ils se dirent cela les uns aux autres, ils se mirent, chaque fois que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — récitait le Coran à voix haute pendant sa prière, à se disperser loin de lui et à refuser de l'écouter. L'un d'eux, lorsqu'il voulait écouter un peu de ce que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — récitait du Coran pendant sa prière, écoutait en cachette 23 à l'insu des autres, par crainte d'eux. S'il voyait qu'ils...
- tābiʿ : Compagnon (djinn) qui accompagne une personne, souvent utilisé dans le contexte de la possession ou de l'influence surnaturelle.
- al-Naḍr b. al-Ḥārith (b. Kalada) : Al-Naḍr ibn al-Ḥārith ibn Kalada, un des chefs de Quraysh, connu pour son opposition au Prophète.
- al-Sahmiyyān : Dual de 'al-Sahmī', désignant les deux fils d'al-Ḥajjāj, Nabīh et Munabbih, appartenant au clan des Banū Sahm.
- yaʿizzu ʿalayhi ʿanatuhum : Leur égarement lui pesait, c'est-à-dire qu'il souffrait de voir leur obstination dans l'erreur.
- rīʾ : Vision ou apparition, souvent utilisée pour désigner un djinn ou un esprit qui accompagne une personne et peut l'influencer.
- yufajjir : Faire jaillir, faire couler abondamment (des rivières).
- ḥattā yaḥkuma llāhu baynī : Jusqu'à ce que Dieu juge entre moi et vous, expression indiquant la patience et la remise du jugement à Dieu.
- fīhi : Le pronom renvoie à al-Naḍr ibn al-Ḥārith, un opposant de la Mecque.
- mutaqawwil : Qui invente des paroles mensongères, un imposteur.
- ṭawwāf : Voyageur infatigable, faisant référence à Dhū l-Qarnayn.
- al-rūḥ : L'âme ou l'esprit, dont la nature est connue de Dieu seul.
- lam yastaṯni : Il n'a pas dit 'si Dieu veut' (in shā'a Llāh), ce qui a causé le retard de la révélation.
- arḥaf : Affligés, peinés par l'attente.
- ar-Raqīm : Inscription ou tablette portant les noms des jeunes gens ; ou nom du lieu.
- ruqima : Écrit, inscrit.
- urjūza : Poème en mètre rajaz.
- furānq : Terme désignant un oiseau ou un animal rapide, utilisé ici pour décrire la vitesse.
- urjūza : Poème en mètre rajaz, souvent utilisé pour des descriptions ou des récits.
- Dhū l-Qarnayn : Personnage coranique, souvent identifié à Alexandre le Grand ou à un roi juste ayant voyagé aux extrémités de la terre.
- anges : Les anges sont des créatures célestes ; 'Umar désapprouve que l'on se nomme par leurs noms.
- ʿilm al-ghuyūb : Science des choses invisibles ou cachées, connaissance des mystères divins que seul Allah possède et qu'Il révèle à Ses prophètes.
- alghaw fīhi : Faites du bruit, parlez fort, ou proférez des paroles vaines pendant la récitation du Coran pour en perturber l'écoute.
- istaraqa al-samʿ : Écouter en cachette, en secret, en se dérobant aux regards des autres.
Le premier à avoir récité le Coran à voix haute [1]
Ils savaient qu'il écoutait de lui ; la crainte de leur nuisance disparut, donc il n'écouta pas. Et si le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, baissait sa voix, celui qui écoutait pensait qu'ils n'entendaient rien de sa lecture, tandis que lui-même entendait quelque chose en dessous d'eux, il tendait l'oreille pour écouter de lui. (Cause de la révélation du verset : « Et n'élève pas trop ta voix » 17:110... etc.) : Ibn Ishaq dit : Dawud ibn al-Husayn, affranchi de 'Amr ibn 'Uthman, m'a raconté que 'Ikrima, affranchi d'Ibn 'Abbas, leur a raconté que 'Abdullah ibn 'Abbas, qu'Allah les agrée tous deux, leur a raconté : Ce verset n'a été révélé : « Et n'élève pas trop ta voix dans ta prière, et ne l'y abaisse pas trop, mais cherche entre les deux une voie moyenne » 17:110, qu'à cause de ces hommes-là. Il dit : N'élève pas trop ta voix dans ta prière, car ils se disperseraient loin de toi ; et ne l'y abaisse pas trop, de sorte que celui qui aime l'entendre, parmi ceux qui cherchent à surprendre cela en cachette, ne l'entende pas, peut-être qu'il reviendra [vers le bien] grâce à une partie de ce qu'il entend et en tirera profit. Le premier à élever la voix avec le Coran ('Abdullah ibn Mas'ud et ce qu'il subit de la part de Quraysh en raison de son élévation de la voix avec le Coran) : Ibn Ishaq dit : Yahya ibn 'Urwa ibn az-Zubayr m'a raconté, d'après son père, qui a dit : Le premier à élever la voix avec le Coran après le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, à La Mecque, fut 'Abdullah ibn Mas'ud, qu'Allah l'agrée. Il dit : Un jour, les compagnons du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, se réunirent et dirent : « Par Allah, Quraysh n'a jamais entendu ce Coran qu'on leur récite à voix haute. Quel homme va le leur faire entendre ? » 'Abdullah ibn Mas'ud 1 dit : « Moi. » Ils dirent : « Nous craignons pour toi à cause d'eux. Nous voulons seulement un homme qui ait une tribu qui le protège du peuple s'ils veulent [lui faire du mal]. » Il dit : « Laissez-moi, car Allah me protégera. » Il dit : Alors Ibn Mas'ud partit tôt le matin jusqu'à arriver à la Station 2 en pleine matinée, alors que Quraysh était dans leurs assemblées, jusqu'à ce qu'il se tienne près de la Station, puis il récita 3 : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux » 1:1, en élevant la voix avec elle : « Le Tout Miséricordieux, Il a enseigné le Coran » 55:1-2. Il dit : Puis il se tourna vers eux en la récitant. Il dit : Alors ils l'observèrent et se mirent à dire : « Qu'a-t-il dit ? »
- Abdullah ibn Mas'ud : Compagnon éminent du Prophète, connu pour sa connaissance du Coran et son courage.
- al-Maqam : La Station d'Abraham, lieu sacré près de la Kaaba à La Mecque.
- qara'a : Réciter le Coran à voix haute.
L'histoire de l'écoute des Quraychites à la récitation du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui.
Ibn Umm 'Abd 1 ? Il dit : Puis ils dirent : « Il récite une partie de ce qu'a apporté Muhammad. » Ils se levèrent contre lui et se mirent à frapper son visage, tandis qu'il continuait à lire jusqu'à ce qu'il eût récité ce que Dieu voulut qu'il récitât. Puis il retourna vers ses compagnons, alors qu'ils avaient marqué son visage [de coups]. Ils lui dirent : « C'est ce que nous craignions pour toi. » Il répondit : « Les ennemis de Dieu ne m'ont jamais paru aussi insignifiants qu'à présent. Et si vous voulez, je les affronterai demain avec la même chose. » Ils dirent : « Non, cela te suffit. Tu leur as fait entendre ce qu'ils détestent. » Histoire de l'écoute des Qurayshites à la récitation du Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue. (Abû Sufyân, Abû Jahl et al-Akhnas, et le récit de leur écoute du Messager, que Dieu prie sur lui et le salue) : Ibn Ishâq dit : Muhammad b. Muslim b. Shihâb al-Zuhrî m'a raconté qu'on lui a rapporté qu'Abû Sufyân b. Harb, Abû Jahl b. Hishâm et al-Akhnas b. Sharîq b. 'Amr b. Wahb al-Thaqafî, allié des Banû Zuhra, sortirent une nuit pour écouter le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, alors qu'il priait la nuit dans sa maison. Chacun d'eux prit une place pour écouter, sans que l'un sache où se trouvait l'autre. Ils passèrent la nuit à l'écouter, jusqu'à l'aube, puis se séparèrent. Ils se rencontrèrent sur le chemin et se blâmèrent mutuellement. Certains dirent aux autres : « Ne recommencez pas. Si quelque sot parmi vous vous voyait, vous lui mettriez quelque chose dans l'esprit. » Puis ils s'en allèrent. La deuxième nuit, chacun d'eux retourna à sa place, et ils passèrent la nuit à l'écouter, jusqu'à l'aube, puis se séparèrent. Ils se rencontrèrent sur le chemin et se dirent les mêmes choses que la première fois, puis s'en allèrent. La troisième nuit, chacun prit sa place, et ils passèrent la nuit à l'écouter, jusqu'à l'aube, puis se séparèrent. Ils se rencontrèrent sur le chemin et dirent : « Nous ne partirons pas avant de nous être engagés mutuellement à ne pas revenir. » Ils s'engagèrent là-dessus, puis se séparèrent. (Al-Akhnas se rend chez Abû Sufyân pour l'interroger sur le sens de ce qu'il a entendu) : Le lendemain matin, al-Akhnas b. Sharîq prit son bâton, sortit et se rendit chez Abû Sufyân dans sa maison. Il dit : « Informe-moi, ô Abû Hanzala, de ton opinion sur ce que tu as entendu de Muhammad. » Il répondit : « Ô Abû Tha'laba, par Dieu, j'ai entendu des choses que je reconnais et dont je sais ce qu'elles signifient, et j'ai entendu des choses dont je n'ai compris ni le sens ni la signification. » Al-Akhnas dit : « Moi aussi, par Celui par qui tu as juré, [il en est] de même 2. » (Al-Akhnas se rend chez Abû Jahl pour l'interroger sur le sens de ce qu'il a entendu) : Il dit : Puis il sortit de chez lui et se rendit chez Abû Jahl. Il entra chez lui et dit : « Ô Abû al-Hakam, quelle est ton opinion sur ce que tu as entendu de Muhammad ? » Il répondit : « Qu'ai-je entendu ? Nous et les Banû 'Abd Manâf nous sommes disputé l'honneur. Ils ont nourri, et nous avons nourri ; ils ont porté [des charges], et nous avons porté ; ils ont donné, et nous avons donné. Jusqu'à ce que nous soyons à égalité sur la monture 1, comme deux chevaux de course. Puis ils ont dit : « Parmi nous, il y a un prophète à qui la révélation vient du ciel. » Quand donc atteindrons-nous une telle chose ? Par Dieu, nous ne croirons jamais en lui et nous ne le croirons pas. » Al-Akhnas se leva et le laissa. (Obstination des Qurayshites à ne pas écouter le Messager, que Dieu prie sur lui et le salue, et ce que Dieu a révélé à ce sujet) : Ibn Ishâq dit : Lorsque le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, leur récitait le Coran et les appelait à Dieu, ils disaient en se moquant de lui : « Nos cœurs sont voilés 2 contre ce à quoi tu nous appelles [41:5] 3 ; nous ne comprenons pas ce que tu dis ; et dans nos oreilles il y a une lourdeur [41:5] ; nous n'entendons pas ce que tu dis ; et entre nous et toi il y a un voile [41:5] ; il y a une barrière entre nous et toi ; agis donc [41:5] selon ce que tu fais ; nous agissons [41:5] selon ce que nous faisons ; nous ne comprenons rien de toi. » Alors Dieu, qu'Il soit exalté, révéla à ce sujet de leur parole : « Et quand tu récites le Coran, Nous plaçons entre toi et ceux qui ne croient pas en l'au-delà un voile caché [17:45] 4... » jusqu'à Sa parole : « Et quand tu mentionnes ton Seigneur seul dans le Coran, ils tournent le dos en fuyant [17:46] », c'est-à-dire : Comment auraient-ils compris ton unicité de ton Seigneur si J'avais placé sur leurs cœurs des voiles, dans leurs oreilles une lourdeur, et entre toi et eux un voile, selon leur prétention ? C'est-à-dire : Je n'ai pas fait cela. « Nous savons mieux ce qu'ils écoutent, quand ils t'écoutent et quand ils se confient en secret, quand les injustes disent : « Vous ne suivez qu'un homme ensorcelé [17:47] » », c'est-à-dire : Voilà ce qu'ils se sont recommandé mutuellement : abandonner ce pour quoi Je t'ai envoyé vers eux. « Vois comment ils te proposent des paraboles : ils s'égarent, et ne peuvent trouver aucun chemin [17:48]. »
- Ibn Umm 'Abd : Surnom de 'Abd Allâh b. Mas'ûd, compagnon du Prophète, connu pour sa récitation du Coran.
- al-Akhnas : Al-Akhnas b. Sharîq, un notable de Quraysh, allié des Banû Zuhra.
- tajâdhaynâ 'alâ al-rakb : Expression signifiant 'nous sommes devenus égaux sur la monture', métaphore pour dire qu'ils étaient à égalité en honneur et en rang.
- akinnah : Pluriel de kinân, 'voiles' ou 'enveloppes' qui empêchent la compréhension.
Il est fait mention de l'agression des associateurs [1] contre les faibles [2] parmi ceux qui ont embrassé l'islam, par le biais du tort et de la sédition [3].
C'est-à-dire qu'ils se sont trompés dans la parabole qu'ils ont donnée (de toi) 1, et ils n'obtiennent par elle aucune guidance, et leur parole n'est pas juste à son sujet. Et ils disent : « Quand nous serons ossements et poussière, serons-nous vraiment ressuscités en une nouvelle création ? » (17:49) : c'est-à-dire : tu es venu nous annoncer que nous serons ressuscités après notre mort, lorsque nous serons ossements et poussière, et cela ne peut arriver. Dis : « Soyez pierres ou fer, ou une création de ce qui est plus grand dans vos poitrines » (17:50-51) : c'est-à-dire : Celui qui vous a créés à partir de ce que vous connaissez, car vous créer à partir de terre n'est pas plus difficile pour Lui que cela. Ibn Ishaq a dit : 'Abdullah ibn Abi Najih m'a rapporté d'après Mujahid, d'après Ibn 'Abbas (qu'Allah les agrée), qui a dit : Je l'ai interrogé sur la parole d'Allah Très-Haut : « ou une création de ce qui est plus grand dans vos poitrines » (17:51) : que voulait dire Allah par cela ? Il a répondu : La mort. [Section : Mention de l'agression des associateurs contre les faibles parmi ceux qui avaient embrassé l'islam, par le mal et la persécution] [La dureté de Quraysh envers ceux qui avaient embrassé l'islam] Ibn Ishaq a dit : Ensuite, ils agressèrent ceux qui avaient embrassé l'islam et suivi le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) parmi ses Compagnons. Chaque tribu se jeta sur les musulmans qui se trouvaient parmi eux, et ils se mirent à les emprisonner et à les torturer par les coups, la faim et la soif, et sur le sol brûlant de La Mecque quand la chaleur était intense, ceux d'entre eux qui étaient faibles, les éprouvant dans leur religion. Certains succombaient à l'épreuve à cause de la sévérité du mal qui les frappait, tandis que d'autres restaient fermes et Allah les protégeait d'eux. [Ce que Bilal endura après son islam, et ce qu'Abu Bakr fit pour le libérer] Bilal, l'affranchi d'Abu Bakr (qu'Allah les agrée), appartenait à certains des Banu Jumah, né parmi leurs esclaves nés dans leur maison. C'était Bilal ibn Rabah, et le nom de sa mère était Hamama. Il était sincère dans son islam et pur de cœur. Umayya ibn Khalaf ibn Wahb ibn Hudhafa ibn Jumah le sortait, quand le midi était brûlant, le jetait sur le dos dans le lit de la vallée de La Mecque, puis ordonnait qu'on place un gros rocher sur sa poitrine, puis lui disait : « Non, par Allah 2 ! Tu resteras ainsi jusqu'à ce que tu meures, ou que tu mécroies en Muhammad et que tu adores al-Lat et al-'Uzza. » Et lui, dans cette épreuve, disait : « Un, Un. » Ibn Ishaq a dit : Hisham ibn 'Urwa m'a rapporté d'après son père, qui a dit : Waraqa ibn Nawfal passait près de lui alors qu'il était torturé ainsi, et il disait : « Un, Un », et il disait : « Un, Un, par Allah, ô Bilal ! » Puis il se tournait vers Umayya ibn Khalaf et ceux des Banu Jumah qui faisaient cela, et disait : « Je jure par Allah que si vous le tuez sur cela, je le prendrai comme une relique 3. » Jusqu'à ce qu'un jour Abu Bakr as-Siddiq (ibn Abi Quhafa) 1 (qu'Allah l'agrée) passât par là, alors qu'ils lui faisaient cela. La maison d'Abu Bakr était chez les Banu Jumah. Il dit à Umayya ibn Khalaf : « Ne crains-tu pas Allah au sujet de ce pauvre ? Jusqu'à quand ? » Il dit : « C'est toi qui l'as corrompu ; sauve-le donc de ce que tu vois. » Abu Bakr dit : « Je le ferai. J'ai un esclave noir plus robuste et plus fort que lui, qui suit ta religion ; je te le donne en échange. » Il dit : « J'accepte. » Alors Abu Bakr as-Siddiq (qu'Allah l'agrée) lui donna cet esclave, et il prit Bilal et l'affranchit. [Ceux qu'Abu Bakr affranchit avec Bilal] Puis il affranchit avec lui, pour l'islam, avant d'émigrer à Médine, six esclaves, Bilal étant le septième : 'Amir ibn Fuhayra, qui assista à Badr et à Uhud, et fut tué le jour du puits de Ma'una en martyr ; Umm 'Ubays 4 ; et Zinnira 5, dont la vue fut perdue lorsqu'il l'affranchit. Les Quraysh dirent : « Rien n'a fait perdre sa vue sinon al-Lat et al-'Uzza. » Elle dit : « Ils mentent, par la Maison d'Allah ! al-Lat et al-'Uzza ne nuisent ni ne profitent. » Alors Allah lui rendit la vue. Et il affranchit an-Nahdiyya et sa fille, qui appartenaient à une femme des Banu 'Abd ad-Dar. Il passa près d'elles alors que leur maîtresse les avait envoyées avec de la farine pour elle, et elle disait : « Par Allah, je ne vous affranchirai jamais ! » Abu Bakr (qu'Allah l'agrée) dit : « Délie 6, ô mère d'Untel. » Elle dit : « Délie ; c'est toi qui les as corrompues, alors affranchis-les. » Il dit : « À quel prix ? » Elle dit : « Tant et tant. » Il dit : « Je les ai prises, et elles sont libres. Rendez-lui sa farine. » Elles dirent : « Devons-nous d'abord finir de la moudre, puis la lui rendre ? » Il dit : « Cela, si vous voulez. » Et il passa près de la servante des Banu Mu'ammil, une tribu des Banu 'Adi ibn Ka'b, qui était musulmane, et 'Umar ibn al-Khattab la torturait pour qu'elle abandonne l'islam. À cette époque, il était associateur et la frappait. Quand il se lassait, il disait : « Je m'excuse auprès de toi ; je ne t'ai laissée que par lassitude. » Elle disait : « Qu'Allah te fasse ainsi. » Alors Abu Bakr l'acheta et l'affranchit. [Abu Quhafa blâma son fils pour avoir affranchi ceux qu'il avait affranchis, et il lui répondit] Ibn Ishaq a dit : Muhammad ibn 'Abdullah ibn Abi 'Atiq m'a rapporté d'après 'Amir 7 ibn 'Abdullah ibn az-Zubayr, d'après certains de sa famille, qui a dit : Abu Quhafa dit à Abu Bakr : « Ô mon fils, je te vois affranchir des esclaves faibles. Si tu devais faire ce que tu fais, n'aurais-tu pas affranchi des hommes robustes qui te protégeraient et se tiendraient devant toi ? » Abu Bakr (qu'Allah l'agrée) dit : « Ô père, je ne veux que ce que je veux 8, pour Allah (Puissant et Majestueux) 9. » Il dit : On raconte que ces versets ne furent révélés qu'à son sujet et au sujet de ce que son père lui avait dit : « Quant à celui qui donne et craint (Allah), et déclare véridique la meilleure récompense » (92:5-6) jusqu'à Sa parole : « et nul ne possède auprès de Lui une faveur à récompenser, sinon la recherche de la Face de son Seigneur le Très-Haut. Et certes, il sera satisfait » (92:19-21). [Le châtiment de Quraysh envers Ibn Yasir, et la patience que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui enjoignit] Ibn Ishaq a dit : Les Banu Makhzum sortaient 'Ammar 10 ibn Yasir, son père et sa mère 11 — ils étaient une famille d'islam — quand le midi était brûlant, et les torturaient sur le sol brûlant 12 de La Mecque. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) passait près d'eux et disait, selon ce qui m'est parvenu : « Patience, ô famille de Yasir ! Votre rendez-vous est le Paradis. » Quant à sa mère, ils la tuèrent, alors qu'elle refusait tout sauf l'islam. [Ce dont Abou Jahl châtiait ceux qui avaient embrassé l'islam] Abou Jahl, le pervers, était celui qui les excitait, avec des hommes de Quraysh. Quand il apprenait qu'un homme avait embrassé l'islam, s'il avait du prestige et de la protection, il le réprimandait et le couvrait de honte 13, et disait : « Tu as abandonné la religion de ton père, alors qu'il est meilleur que toi. Nous allons certainement déconsidérer ta sagesse, dévaloriser 14 ton opinion, et abaisser ton rang. » Si c'était un commerçant, il disait : « Par Allah, nous allons certainement rendre ton commerce stagnant et ruiner tes biens. » Si c'était un faible, il le frappait et incitait contre lui. [Ibn 'Abbas fut interrogé sur l'excuse de celui qui refusait l'islam à cause de son châtiment, et il l'accorda] Ibn Ishaq a dit : Hakim ibn Jubayr m'a rapporté d'après Sa'id ibn Jubayr, qui a dit : J'ai dit à 'Abdullah ibn 'Abbas : « Les associateurs infligeaient-ils aux Compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) un châtiment tel qu'ils seraient excusés d'abandonner leur religion ? » Il dit : « Oui, par Allah ! Ils frappaient l'un d'eux, l'affamaient et le faisaient souffrir de la soif, au point qu'il ne pouvait même pas s'asseoir droit 15, à cause de la sévérité du mal qui l'avait frappé, jusqu'à ce qu'il leur donne ce qu'ils demandaient comme épreuve, au point qu'ils lui disaient : « al-Lat et al-'Uzza sont-ils ton dieu en dehors d'Allah ? » et il disait : « Oui », au point que le scarabée passait près d'eux, et ils lui disaient : « Ce scarabée est-il ton dieu en dehors d'Allah ? » et il disait : « Oui », pour se racheter de ce qu'ils lui faisaient subir comme peine. »
- lak : Pronom suffixe de la 2e personne du singulier, se référant au Prophète Muhammad.
- lā wa-llāhi : Formule de serment arabe signifiant 'Non, par Allah', utilisée pour jurer.
- ḥanānan : Signifie 'une chose que l'on chérit, une relique' ; ici, Waraqa menace de prendre Bilal comme objet de vénération s'il est tué.
- Umm 'Ubays : Nom d'une esclave affranchie par Abu Bakr.
- Zinnīra : Nom d'une esclave affranchie par Abu Bakr, dont la vue fut miraculeusement rendue.
- ḥill : Impératif du verbe 'délier, libérer' ; ici, Abu Bakr dit à la maîtresse de libérer les esclaves de leur obligation.
- 'Āmir : Nom propre : 'Amir ibn 'Abdullah ibn az-Zubayr.
- mā urīdu mā urīdu : Expression signifiant 'je ne veux que ce que je veux', sous-entendant une intention pure pour Allah.
- 'azza wa jalla : Formule de glorification d'Allah signifiant 'Puissant et Majestueux'.
- 'Ammār : Nom propre : 'Ammar ibn Yasir, un des premiers musulmans.
- abīhi wa-ummihi : Ses parents : Yasir et Sumayya, premiers martyrs de l'islam.
- ramḍā' : Sol brûlant, sable chauffé par le soleil.
- annabahu wa-akhzāhu : Le réprimander et le couvrir de honte.
- nufayyilanna : Nous allons certainement dévaloriser, rendre futile.
- mā yaqdiru an yastawiya : Il ne pouvait pas s'asseoir droit à cause de la faiblesse.
Il mentionna la première émigration [1] vers la terre d'Abyssinie [2].
Le refus de Hichâm de livrer son frère aux Quraychites pour qu'ils le tuent à cause de son embrassement de l'islam, et son poème à ce sujet. Ibn Ishâq a dit : Az-Zubayr ibn 'Ukâshah ibn 'Abd Allâh ibn Abî Ahmad m'a raconté qu'on lui a rapporté que des hommes des Banû Makhzûm se rendirent auprès de Hichâm ibn al-Walîd, lorsque son frère al-Walîd ibn al-Walîd (ibn al-Mughîrah) 1 embrassa l'islam, et ils s'étaient mis d'accord pour s'emparer de certains jeunes gens parmi eux qui avaient embrassé l'islam, parmi lesquels : Salamah ibn Hichâm et 'Ayyâsh ibn Abî Rabî'ah. Il dit : Ils lui dirent, craignant leur mal : « Nous voulons réprimander ces jeunes gens au sujet de cette religion qu'ils ont adoptée ; car nous serons ainsi en sécurité vis-à-vis des autres 2. » Il dit : « Voilà, occupez-vous de lui, réprimandez-le, et prenez garde à vous-mêmes et à lui. » Et il se mit à dire : « Non ! Que l'on ne tue surtout pas mon frère 'Uyays 3 ! Car il y aurait entre nous une discorde éternelle. Prenez garde à sa vie, car je jure par Dieu que si vous le tuez, je tuerai le plus noble d'entre vous. » Ils dirent : « Que Dieu le maudisse ! Qui se laisse duper par ce propos 4 ? Par Dieu, s'il était tué entre nos mains, le plus noble d'entre nous serait tué. » (Il dit) 1 : Alors ils le laissèrent et renoncèrent à lui. Il dit : Et cela fut une des choses par lesquelles Dieu les protégea. Mention de la première émigration vers le pays d'Abyssinie (Indication du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – à ses Compagnons d'émigrer) : Ibn Ishâq 5 a dit : Lorsque le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – vit ce que ses Compagnons subissaient comme épreuves, et ce dont il jouissait comme sécurité, grâce à sa position auprès de Dieu et de 6 son oncle Abû Tâlib, et qu'il ne pouvait les protéger de ce qu'ils subissaient comme épreuves, il leur dit : « Si vous partiez vers le pays d'Abyssinie, car il s'y trouve un roi auprès duquel personne n'est opprimé, et c'est un pays de vérité, jusqu'à ce que Dieu vous accorde une délivrance de ce que vous subissez. » Alors, à ce moment-là, les musulmans parmi les Compagnons du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – partirent vers le pays d'Abyssinie, par crainte de la tentation et pour fuir vers Dieu avec leur religion. Ce fut la première émigration qui eut lieu en islam. (Ceux qui émigrèrent lors de la première émigration vers l'Abyssinie) : Le premier à partir parmi les musulmans des Banû Umayyah ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Manâf ibn Qusayy ibn Kilâb ibn Murrah ibn Ka'b ibn Lu'ayy ibn Ghâlib ibn Fihr fut : 'Uthmân ibn 'Affân ibn Abî al-'Âs ibn Umayyah, avec son épouse Ruqayyah, fille du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. Et parmi les Banû 'Abd Shams ibn 'Abd Manâf : Abû Hudhayfah ibn 'Utbah ibn Rabî'ah ibn 'Abd Shams, avec son épouse Sahlah bint Suhayl ibn 'Amr, l'un des Banû 'Âmir ibn Lu'ayy ; elle lui donna, en terre d'Abyssinie, Muhammad ibn Abî Hudhayfah. Et parmi les Banû Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn Qusayy : Az-Zubayr ibn al-'Awwâm ibn Khuwaylid ibn Asad. Et parmi les Banû 'Abd al-Dâr ibn Qusayy : Mus'ab ibn 'Umayr ibn Hâshim ibn 'Abd Manâf ibn 'Abd al-Dâr. Et parmi les Banû Zuhrah ibn Kilâb : 'Abd al-Rahmân ibn 'Awf ibn 'Abd 'Awf ibn 'Abd (ibn) 7 al-Hârith ibn Zuhrah. Et parmi les Banû Makhzûm ibn Yaqazah ibn Murrah : Abû Salamah ibn 'Abd al-Asad ibn 8 Hilâl ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm, avec son épouse Umm Salamah bint Abî Umayyah ibn al-Mughîrah ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm. Et parmi les Banû Jumah ibn 'Amr 9 ibn Husays ibn Ka'b : 'Uthmân ibn Maz'ûn ibn Habîb ibn Wahb ibn Hudhâfah ibn Jumah. Et parmi les Banû 'Adiyy ibn Ka'b : 'Âmir ibn Rabî'ah, allié de la famille d'al-Khattâb, de 'Anz ibn Wâ'il – (Ibn Hishâm a dit : On dit aussi : de 'Anazah ibn Asad ibn Rabî'ah) 10 – avec son épouse Laylâ bint Abî Hathmah (ibn Hudhâfah) 4 ibn Ghânim (ibn 'Âmir) 4 ibn 'Abd Allâh ibn 'Awf ibn 'Ubayd ibn 'Uwayj ibn 'Adiyy ibn Ka'b. Et parmi les Banû 'Âmir ibn Lu'ayy : Abû Sabrah ibn Abî Ruhm ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn Abî Qays ibn 'Abd Wudd ibn Nasr ibn Mâlik ibn Hisl ibn 'Âmir ; et on dit aussi : Abû Hâtib ibn 'Amr ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Wudd ibn Nasr ibn Mâlik ibn Hisl ibn 'Âmir (ibn Lu'ayy) 11 ; et on dit qu'il fut le premier à y arriver. Et parmi les Banû al-Hârith ibn Fihr : Suhayl ibn Baydâ', c'est-à-dire Suhayl ibn Wahb ibn Rabî'ah ibn Hilâl ibn Uhayb ibn Dabbah ibn al-Hârith. Ce furent ces dix-là, les premiers à partir parmi les musulmans vers le pays d'Abyssinie, d'après ce qui m'est parvenu. Ibn Hishâm a dit : 'Uthmân ibn Maz'ûn était leur chef, d'après ce que m'a rapporté un savant. Ibn Ishâq a dit : Puis Ja'far ibn Abî Tâlib – que Dieu l'agrée – partit, et les musulmans se succédèrent jusqu'à ce qu'ils se rassemblent en terre d'Abyssinie. Ils y demeurèrent ; parmi eux, certains partirent avec leur famille, et d'autres partirent seuls, sans famille. (Ceux qui partirent vers le pays d'Abyssinie parmi les Banû Hâshim) : 1 Et parmi les Banû Hâshim ibn 'Abd Manâf ibn Qusayy ibn Kilâb ibn Murrah ibn Ka'b ibn Lu'ayy ibn Ghâlib ibn Fihr : Ja'far ibn Abî Tâlib ibn 'Abd al-Muttalib ibn Hâshim, avec son épouse Asmâ' bint 'Umays ibn al-Nu'mân ibn Ka'b ibn Mâlik ibn Quhâfah ibn Khath'am ; elle lui donna, en terre d'Abyssinie, 'Abd Allâh ibn Ja'far, un homme. (Ceux qui partirent vers le pays d'Abyssinie parmi les Banû Umayyah) : Et parmi les Banû Umayyah ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Manâf : 'Uthmân ibn 'Affân ibn Abî al-'Âs ibn Umayyah ibn 'Abd Shams, avec son épouse Ruqayyah, fille du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue ; et 'Amr ibn Sa'îd ibn al-'Âs ibn Umayyah, avec son épouse Fâtimah bint Safwân ibn Umayyah ibn Muharrith (ibn Khuml) 1 ibn Shiqq ibn Raqabah ibn Mukhdij al-Kinânî ; et son frère Khâlid ibn Sa'îd ibn al-'Âs ibn Umayyah, avec son épouse Aminah bint Khalaf ibn As'ad ibn 'Âmir ibn Bayâdah ibn Subay' ibn Ju'thumah 12 ibn Sa'd ibn Mulayh ibn 'Amr, de Khuzâ'ah. Ibn Hishâm a dit : On dit aussi Humaynah bint Khalaf. Ibn Ishâq a dit : Elle lui donna, en terre d'Abyssinie, Sa'îd ibn Khâlid et Amah bint Khâlid. Puis Az-Zubayr ibn al-'Awwâm épousa Amah par la suite, et elle lui donna 'Amr ibn al-Zubayr et Khâlid ibn al-Zubayr. (Ceux qui émigrèrent vers l'Abyssinie parmi les Banû Asad) : Et parmi leurs alliés, des Banû Asad ibn Khuzaymah : 'Abd Allâh ibn Jahsh ibn Ri'âb ibn Ya'mur ibn Sabirah ibn Murrah ibn Kabîr ibn Ghanm ibn Dûdân ibn Asad ; et son frère 'Ubayd Allâh ibn Jahsh, avec son épouse Umm Habîbah bint Abî Sufyân ibn Harb ibn Umayyah ; et Qays ibn 'Abd Allâh, un homme des Banû Asad ibn Khuzaymah, avec son épouse Barakah bint Yasâr, affranchie d'Abû Sufyân ibn Harb ibn Umayyah ; et Mu'ayqîb ibn Abî Fâtimah. Ceux-ci sont la famille de Sa'îd ibn al-'Âs, sept personnes. Ibn Hishâm a dit : Mu'ayqîb est de Daws. (Ceux qui voyagèrent vers l'Abyssinie parmi les Banû 'Abd Shams) : Ibn Ishâq a dit : Et parmi les Banû 'Abd Shams ibn 'Abd Manâf : Abû Hudhayfah ibn 'Utbah ibn Rabî'ah ibn 'Abd Shams ; et Abû Mûsâ al-Ash'arî, dont le nom est 'Abd Allâh ibn Qays, allié de la famille de 'Utbah ibn Rabî'ah, deux hommes. (Ceux qui voyagèrent vers l'Abyssinie parmi les Banû Nawfal) : Et parmi les Banû Nawfal ibn 'Abd Manâf : 'Utbah ibn Ghazwân ibn Jâbir ibn Wahb ibn Nasîb ibn Mâlik ibn al-Hârith ibn Mâzin ibn Mansûr ibn 'Ikrimah ibn Khasafah ibn Qays ibn 'Aylân, un allié pour eux, un homme. (Ceux qui voyagèrent vers l'Abyssinie parmi les Banû Asad) :
Parmi les Banû Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn Qusayy : al-Zubayr ibn al-'Awwâm ibn Khuwaylid ibn Asad, al-Aswad ibn Nawfal ibn Khuwaylid ibn Asad, Yazîd ibn Zam'a ibn al-Aswad ibn al-Muttalib ibn Asad, et 'Amr ibn Umayya ibn al-Hârith ibn Asad, quatre hommes. (Ceux qui émigrèrent en Abyssinie parmi les Banû 'Abd ibn Qusayy) : Parmi les Banû 'Abd ibn Qusayy : Tulayb ibn 'Umayr ibn Wahb ibn Abî Kabîr 13 ibn 'Abd (ibn Qusayy) 14, un homme. (Ceux qui émigrèrent en Abyssinie parmi les Banû 'Abd al-Dâr ibn Qusayy) : Parmi les Banû 'Abd al-Dâr ibn Qusayy : Mus'ab ibn 'Umayr ibn Hâshim ibn 'Abd Manâf ibn 'Abd al-Dâr, Suwaybit 15 ibn Sa'd ibn Harmala ibn Mâlik ibn 'Umayla ibn al-Sabbâq ibn 'Abd al-Dâr, Jahm ibn Qays ibn 'Abd Shurahbîl ibn Hâshim ibn 'Abd Manâf ibn 'Abd al-Dâr, avec sa femme Umm Harmala bint 'Abd al-Aswad ibn Judhayma ibn Uqaysh ibn 'Âmir ibn Bayâda ibn Subay' ibn Ju'thuma 16 ibn Sa'd ibn Mulayh ibn 'Amr, de Khuzâ'a, et ses deux fils 'Amr ibn Jahm et Khuzayma 17 ibn Jahm, Abû al-Rûm ibn 'Umayr ibn Hâshim ibn 'Abd Manâf ibn 'Abd al-Dâr, et Firâs ibn al-Nadr ibn al-Hârith ibn Kalada ibn 'Alqama ibn 'Abd Manâf ibn 'Abd al-Dâr, cinq hommes. (Ceux qui émigrèrent en Abyssinie parmi les Banû Zuhra) : Parmi les Banû Zuhra ibn Kilâb : 'Abd al-Rahmân ibn 'Awf ibn 'Abd 'Awf ibn 'Abd ibn al-Hârith ibn Zuhra, 'Âmir ibn Abî Waqqâs et Abû Waqqâs, Mâlik ibn Uhayb ibn 'Abd Manâf ibn Zuhra, et al-Muttalib ibn Azhar ibn 'Abd 'Awf ibn 'Abd ibn al-Hârith ibn Zuhra, avec sa femme Ramla bint Abî 'Awf ibn Dubayra ibn Sa'îd ibn Sa'd ibn Sahm, elle lui donna en terre d'Abyssinie 'Abd Allâh ibn al-Muttalib. (Ceux qui émigrèrent en Abyssinie parmi les Banû Hudhayl) : Parmi leurs alliés de Hudhayl : 'Abd Allâh ibn Mas'ûd ibn al-Hârith ibn Shamkh ibn Makhzûm ibn Sâhila ibn Kâhil ibn al-Hârith ibn Tamîm ibn Sa'd ibn Hudhayl. Et son frère : 'Utba ibn Mas'ûd. (Ceux qui émigrèrent en Abyssinie parmi les Bahrâ') : Parmi les Bahrâ' : al-Miqdâd ibn 'Amr ibn Tha'laba ibn Mâlik ibn Rabî'a ibn Thumâma ibn Matrûd ibn 'Amr ibn Sa'd ibn Zuhayr ibn Lu'ayy 18 ibn Tha'laba ibn Mâlik ibn al-Sharîd ibn Abî Ahwaz 19 ibn Abî Fâ'ish ibn Duraym ibn al-Qayn ibn Ahwad 20 ibn Bahrâ' ibn 'Amr ibn al-Hâff ibn Qudâ'a. Ibn Hishâm dit : on dit Hazl ibn Fâs 21 ibn Dharr, et Duhayr 22 ibn Thawr. Ibn Ishâq dit : on l'appelait al-Miqdâd ibn al-Aswad ibn 'Abd Yaghûth (ibn Wahb) 23 ibn 'Abd Manâf ibn Zuhra, car celui-ci l'avait adopté à l'époque préislamique, et il s'allia à six hommes. (Ceux qui émigrèrent en Abyssinie parmi les Banû Taym) : Parmi les Banû Taym ibn Murra : al-Hârith ibn Khâlid ibn Sakhr ibn 'Âmir (ibn 'Amr) 5 ibn Ka'b ibn Sa'd ibn Taym, avec sa femme Rayta bint al-Hârith ibn Jabala 24 ibn 'Âmir ibn Ka'b ibn Sa'd ibn Taym, elle lui donna en terre d'Abyssinie Mûsâ ibn al-Hârith, 'Â'isha bint al-Hârith, Zaynab bint al-Hârith, et Fâtima bint al-Hârith, et 'Amr ibn 'Uthmân ibn 'Amr ibn Ka'b ibn Sa'd ibn Taym, deux hommes. (Ceux qui émigrèrent en Abyssinie parmi les Banû Makhzûm) : Parmi les Banû Makhzûm ibn Yaqaza ibn Murra : Abû Salama ibn 'Abd al-Asad ibn Hilâl ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm, avec sa femme Umm Salama bint Abî Umayya ibn al-Mughîra ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm, elle lui donna en terre d'Abyssinie Zaynab bint Abî Salama, le nom d'Abû Salama est 'Abd Allâh, et le nom d'Umm Salama est Hind ; et Shammâs (ibn) 5 'Uthmân ibn 25 al-Sharîd ibn Suwayd ibn Harmî ibn 'Âmir ibn Makhzûm. (Le nom de Shammâs et quelque chose à son sujet) : Ibn Hishâm dit : le nom de Shammâs est 'Uthmân, et on l'a surnommé Shammâs parce qu'un shammâs 26 parmi les shammâsis était venu à La Mecque à l'époque préislamique, et il était beau, les gens admirèrent sa beauté ; alors 'Utba ibn Rabî'a, qui était l'oncle maternel de Shammâs, dit : je vais vous amener un shammâs plus beau que lui, et il amena son neveu 'Uthmân ibn 'Uthmân, et on le surnomma Shammâs. D'après ce qu'ont rapporté Ibn Shihâb et d'autres. Ibn Ishâq dit : Habbâr ibn Sufyân ibn 'Abd al-Asad ibn Hilâl ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm, et son frère 'Abd Allâh ibn Sufyân, Hishâm ibn Abî Hudhayfa ibn al-Mughîra ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm, Salama ibn Hishâm ibn al-Mughîra ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm, et 'Ayyâsh ibn Abî Rabî'a ibn al-Mughîra ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm. (Ceux qui émigrèrent en Abyssinie parmi les alliés des Banû Makhzûm) : Parmi leurs alliés : Mu'attib ibn 'Awf ibn 'Âmir ibn al-Fadl ibn 'Afîf ibn Kulayb ibn Habashiyya ibn Salûl ibn Ka'b ibn 'Amr, de Khuzâ'a, et c'est celui qu'on appelle 'Ayhâma, huit hommes. Ibn Hishâm dit : on dit Habashiyya ibn Salûl, et c'est celui qu'on appelle Mu'attib ibn Hamrâ'. (Ceux qui émigrèrent en Abyssinie parmi les Banû Jumah) : Parmi les Banû Jumah ibn 'Amr ibn Husays ibn Ka'b : 'Uthmân ibn Maz'ûn ibn Habîb ibn Wahb ibn Hudhâfa ibn Jumah, et son fils al-Sâ'ib ibn 'Uthmân, et ses deux frères Qudâma ibn Maz'ûn et 'Abd Allâh ibn Maz'ûn, Hâtib ibn al-Hârith ibn Ma'mar ibn Habîb ibn Wahb ibn Hudhâfa ibn Jumah, avec sa femme Fâtima bint al-Mujallal ibn 'Abd Allâh ibn Abî Qays ibn 'Abd Wudd ibn Nasr ibn Mâlik ibn Hisl ibn 'Âmir, et ses deux fils : Muhammad ibn Hâtib et al-Hârith ibn Hâtib, tous deux nés de bint al-Mujallal, et son frère Hattâb ibn al-Hârith, avec sa femme Fukayha bint Yasâr, et Sufyân ibn Ma'mar ibn Habîb ibn Wahb ibn Hudhâfa ibn Jumah, avec ses deux fils Jâbir ibn Sufyân et Junâda ibn Sufyân, et avec sa femme Hasana, qui est leur mère 27, et leur frère utérin Shurahbîl ibn Hasana, l'un des Ghawth. Ibn Hishâm dit : Shurahbîl ibn 'Abd Allâh, l'un des Ghawth ibn Murr, frère de Tamîm ibn Murr. (Ceux qui émigrèrent en Abyssinie parmi les Banû Sahm) : Ibn Ishâq dit : et 'Uthmân ibn Rabî'a ibn Ahbân ibn Wahb ibn Hudhâfa ibn Jumah, onze hommes. Et parmi les Banû Sahm ibn 'Amr ibn Husays ibn Ka'b : Khunays ibn Hudhâfa ibn Qays ibn 'Adî ibn Sa'd 28 ibn Sahm, 'Abd Allâh ibn al-Hârith ibn Qays ibn 'Adî ibn Sa'd 1 ibn Sahl, et Hishâm ibn al-'Âs ibn Wâ'il ibn Sa'd 1 ibn Sahm. Ibn Hishâm dit : al-'Âs ibn Wâ'il ibn Hâshim ibn Sa'd 1 ibn Sahm.
Ibn Ishaq dit : Qays ibn Hudhafa ibn Qays ibn 'Adi ibn Sa'd 29 ibn Sahm, Abu Qays ibn al-Harith ibn Qays (29) ibn 'Adi ibn Sa'd 29 ibn Sahm, 'Abd Allah ibn Hudhafa ibn Qays ibn 'Adi ibn Sa'd 29 ibn Sahm, al-Harith ibn al-Harith ibn Qays ibn 'Adi ibn Sa'd 29 ibn Sahm, Ma'mar ibn al-Harith ibn Qays ibn 'Adi ibn Sa'd 29 ibn Sahm, Bishr ibn al-Harith ibn Qays ibn 'Adi ibn Sa'd 29 ibn Sahm, un frère utérin de lui des Banu Tamim, appelé Sa'id ibn 'Amr, Sa'id ibn al-Harith ibn Qays ibn 'Adi ibn Sa'd 29 ibn Sahm, al-Sa'ib ibn al-Harith ibn Qays ibn 'Adi ibn Sa'd 29 ibn Sahm, 'Umayr ibn Ri'ab ibn Hudhayfa ibn Muhashsham ibn Sa'd 29 ibn Sahm, et Mahmiyya ibn al-Jaza' (30), allié à eux, des Banu Zubayd, quatorze hommes. (Ceux qui émigrèrent en Abyssinie des Banu 'Adi) Et des Banu 'Adi ibn Ka'b : Ma'mar ibn 'Abd Allah ibn Nadla ibn 'Abd al-'Uzza ibn Harthan ibn 'Awf ibn 'Ubayd ibn 'Uwayj ibn 'Adi, 'Urwa ibn 'Abd al-'Uzza ibn Harthan ibn 'Awf ibn 'Ubayd ibn 'Uwayj ibn 'Adi, 'Adi ibn Nadla ibn 'Abd al-'Uzza ibn Harthan ibn 'Awf ibn 'Ubayd ibn 'Uwayj ibn 'Adi, son fils al-Nu'man ibn 'Adi, et 'Amir ibn Rabi'a, allié des Al al-Khattab, des 'Anz ibn Wa'il, avec sa femme Layla bint Abi Hathma ibn Ghanim. Cinq personnes. (Ceux qui émigrèrent en Abyssinie des Banu 'Amir) Et des Banu 'Amir (31) ibn Lu'ayy : Abu Sabra ibn Abi Ruhm ibn 'Abd al-'Uzza ibn Abi Qays ibn 'Abd Wudd ibn Nasr ibn Malik ibn Hisl ibn 'Amir, avec sa femme Umm Kulthum bint Suhayl ibn 'Amr ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Wudd ibn Nasr ibn Malik ibn Hisl ibn 'Amir, 'Abd Allah ibn Makhrama ibn 'Abd al-'Uzza ibn Abi Qays ibn 'Abd Wudd ibn Nasr ibn Malik ibn Hisl ibn 'Amir, 'Abd Allah ibn Suhayl ibn 'Amr ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Wudd ibn Nasr ibn Malik ibn Hisl ibn 'Amir, Sulayt ibn 'Amr ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Wudd ibn Nasr ibn Malik ibn Hisl ibn 'Amir, son frère al-Sakran ibn 'Amr, avec sa femme Sawda bint Zama'a ibn Qays ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Wudd ibn Nasr ibn Malik ibn Hisl ibn 'Amir, Malik ibn Zama'a (32) ibn Qays ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Wudd ibn Nasr ibn Malik ibn Hisl ibn 'Amir, avec sa femme 'Amra bint al-Sa'di ibn Waqdan ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Wudd ibn Nasr ibn Malik ibn Hisl ibn 'Amir, Hatib (33) ibn 'Amr ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Wudd ibn Nasr ibn Malik ibn Hisl ibn 'Amir, et Sa'd ibn Khawla, allié à eux. Huit personnes. Ibn Hisham dit : Sa'd ibn Khawla était du Yémen. (Ceux qui émigrèrent en Abyssinie des Banu al-Harith) Ibn Ishaq dit : Et des Banu al-Harith ibn Fihr : Abu 'Ubayda ibn al-Jarrah, qui est 'Amir ibn 'Abd Allah ibn al-Jarrah ibn Hilal ibn Uhayb ibn Dabba ibn al-Harith ibn Fihr (34), Suhayl ibn Bayda', qui est Suhayl ibn Wahb ibn Rabi'a ibn Hilal ibn Uhayb ibn Dabba ibn al-Harith, mais sa mère l'emporta sur sa généalogie, il est donc attribué à elle, et elle est Da'd bint Jahdam ibn Umayya ibn Zarib ibn al-Harith ibn Fihr, et elle était appelée Bayda', 'Amr ibn Abi Sarh ibn Rabi'a ibn Hilal ibn Uhayb ibn Dabba ibn al-Harith, 'Iyad ibn Zuhayr ibn Abi Shaddad ibn Rabi'a ibn Hilal ibn Uhayb ibn Dabba ibn al-Harith, et on dit : plutôt Rabi'a ibn Hilal ibn Malik ibn Dabba (ibn al-Harith) (35), 'Amr ibn al-Harith ibn Zuhayr ibn Abi Shaddad ibn Rabi'a ibn Hilal ibn Malik ibn Dabba ibn al-Harith, 'Uthman (36) ibn 'Abd Ghanm ibn Zuhayr ibn Abi Shaddad ibn Rabi'a ibn Hilal ibn Malik ibn Dabba ibn al-Harith, Sa'd ibn 'Abd Qays ibn Laqit ibn 'Amir ibn Umayya ibn Zarib ibn al-Harith (ibn Fihr) 29, et al-Harith ibn 'Abd Qays (37) ibn Laqit ibn 'Amir ibn Umayya ibn Zarib ibn al-Harith ibn Fihr. Huit personnes. (Nombre des émigrants en Abyssinie) Le total de ceux qui rejoignirent la terre d'Abyssinie et y émigrèrent parmi les musulmans, sans compter leurs enfants qu'ils emmenèrent avec eux en bas âge et ceux qui y naquirent, fut de quatre-vingt-trois hommes, si 'Ammar ibn Yasir était parmi eux, mais on doute de cela. (Poème de 'Abd Allah ibn al-Harith sur l'émigration en Abyssinie) Parmi ce qui fut dit comme poème en Abyssinie, 'Abd Allah ibn al-Harith ibn Qays ibn 'Adi ibn Sa'd (38) ibn Sahm, lorsqu'ils furent en sécurité en terre d'Abyssinie, louèrent le voisinage du Négus, adorèrent Dieu sans craindre personne pour cela, et le Négus avait bien traité leur voisinage lorsqu'ils s'installèrent chez lui, dit : Ô cavalier, transmets de ma part un message [39] ... à quiconque espère la communication de Dieu et de la religion Tout homme parmi les serviteurs de Dieu opprimé ... dans le ventre de La Mecque, vaincu et tenté Nous avons trouvé la terre de Dieu vaste ... qui sauve de l'humiliation, du déshonneur et de l'avilissement Ne demeurez pas dans l'humiliation de la vie et le déshonneur ... dans la mort et un défaut non garanti Nous avons suivi le Messager de Dieu et ils ont rejeté ... la parole du Prophète et ont faussé [40] les balances [41] Inflige donc Ton châtiment au peuple [42] qui a transgressé ... et je cherche refuge auprès de Toi contre leur domination [43] et leur tyrannie Et 'Abd Allah ibn al-Harith dit aussi, mentionnant l'exil que Quraysh leur imposa de leur pays, et blâmant certains de son peuple pour cela : Mon foie a refusé, je ne te mens pas, de les combattre ... contre moi, et mes doigts le refusent pour moi Et comment combattrais-je des gens qui vous ont éduqués ... dans la vérité, pour que vous ne la mêliez pas au faux [44]? Les serviteurs des djinns les ont expulsés de la terre brûlante ... et ils sont devenus dans une affaire de troubles intenses [45] S'il y avait eu chez 'Adi une confiance ... 'Adi ibn Sa'd, par piété ou solidarité J'aurais espéré que cela fût en vous ... par la louange de Celui qui n'est pas recherché par des pots-de-vin [46] Et vous avez échangé un lionceau contre chaque méchanceté ... contre un homme de Fajr [47], refuge des faibles veuves Et 'Abd Allah ibn al-Harith dit aussi : Et voilà Quraysh qui nie le droit de Dieu ... comme 'Ad, Madian et al-Hijr [48] ont nié Si je ne fais pas briller [49], que ne m'englobe ... de la terre ni terre ferme spacieuse ni mer Dans une terre où Muhammad a adoré Dieu ... je manifeste ce qui est dans l'âme quand le moment est venu [50] 'Abd Allah ibn al-Harith - que Dieu lui fasse miséricorde - fut surnommé "al-Mubriq" [celui qui fait briller] à cause de ce vers. (Poème de 'Uthman ibn Maz'un à ce sujet) Et 'Uthman ibn Maz'un dit, blâmant Umayya ibn Khalaf ibn Wahb ibn Hudhafa ibn Jumah, qui était son cousin, et qui lui faisait du mal à cause de son islam, et Umayya était noble parmi son peuple en ce temps-là : Ô Taym ibn 'Amr, pour ce qui est venu avec haine [51] ... et en deçà de cela, les deux lèvres [52] et tout le reste M'as-tu fait sortir du ventre de La Mecque en sécurité ... et m'as-tu installé dans un palais de Bayda' [53] qui lance [54]? Tu empenches des flèches dont l'empennage ne te convient pas [55] ... et tu tailles des flèches dont l'empennage est tout pour toi Tu as combattu des peuples nobles et honorables ... et tu as détruit des peuples auprès desquels tu cherchais refuge [56] Tu sauras, si un jour un malheur te frappe ... et que les gens de peu t'abandonnent, ce que tu fais [57] Et Taym ibn 'Amr, que 'Uthman invoque, est Jumah, dont le nom était Taym [58].
- al-Walīd ibn al-Walīd (ibn al-Mughīrah) : Al-Walīd ibn al-Walīd ibn al-Mughīrah, frère de Hishām, un des premiers musulmans.
- nā'manu bi-dhālika fī ghayrihim : Expression signifiant qu'en réprimandant ces jeunes, ils espèrent dissuader les autres de suivre leur exemple.
- 'Uyays : Diminutif affectueux de 'al-Walīd' (le prénom du frère).
- man yugharriru bi-hādhā al-ḥadīth : Qui se laisse duper par ce discours ? (sous-entendant que la menace est vide).
- Ibn Isḥāq : Muhammad ibn Isḥāq, célèbre historien et biographe du Prophète (m. 150 H/767).
- min : Préposition signifiant 'de la part de' ou 'auprès de'.
- ibn : Fils de ; ici, 'Abd al-Raḥmān ibn 'Awf ibn 'Abd 'Awf ibn 'Abd al-Ḥārith.
- ibn : Fils de ; Abū Salamah ibn 'Abd al-Asad ibn Hilāl.
- 'Amr : Prénom ; ici, Jumah ibn 'Amr ibn Huṣayṣ.
- 'Anazah : Tribu arabe ; variante de 'Anz.
- ibn Lu'ayy : Fils de Lu'ayy ; précision généalogique.
- Ju'thumah : Nom propre ; variante possible de Ju'thur ou autre.
- Abî Kabîr : Nom propre, ancêtre de la lignée.
- ibn Qusayy : Fils de Qusayy, ancêtre des Quraysh.
- Suwaybit : Nom propre, diminutif de Sâbit.
- Ju'thuma : Nom propre, tribu ou ancêtre.
- Khuzayma : Nom propre, diminutif de Khâzim.
- Lu'ayy : Nom propre, ancêtre des Quraysh.
- Abî Ahwaz : Père d'Ahwaz, nom propre.
- Ahwad : Nom propre, variante de Ahwaz.
- Hazl ibn Fâs : Variante de nom, peut-être Hazl ibn Fâs.
- Duhayr : Nom propre, diminutif de Dahr.
- ibn Wahb : Fils de Wahb, nom propre.
- Jabala : Nom propre, ancêtre.
- ibn : Fils de, marque de filiation.
- shammâs : Terme désignant un diacre ou un serviteur d'église, emprunté au syriaque.
- Ummuhumâ : Leur mère à tous deux.
- Sa'd : Nom propre, ancêtre.
- Sa'd : Nom propre, ancêtre de la tribu des Banu Sahm.
L'envoi des Quraychites en Abyssinie pour réclamer les émigrés qui s'y trouvaient.
L'envoi par Quraysh d'une délégation en Abyssinie pour réclamer les émigrants qui s'y trouvaient (Les deux envoyés de Quraysh auprès du Négus pour obtenir le retour des émigrants) : Ibn Isḥāq dit : Lorsque Quraysh vit que les compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) étaient en sécurité et tranquilles en terre d'Abyssinie, et qu'ils y avaient trouvé une demeure et un établissement stable, ils tinrent conseil entre eux pour envoyer deux hommes robustes de Quraysh auprès du Négus, afin qu'il les leur renvoie, pour les éprouver dans leur religion et les faire sortir de la terre où ils avaient trouvé sécurité et tranquillité. Ils envoyèrent donc ʿAbd Allāh 1 ibn Abī Rabīʿa et ʿAmr ibn al-ʿĀṣ ibn Wāʾil, et rassemblèrent pour eux des présents pour le Négus et pour ses patrices 2, puis ils les envoyèrent auprès de lui 3 à leur sujet. (Poème d'Abū Ṭālib au Négus l'exhortant à défendre les émigrants) : Abū Ṭālib, lorsqu'il vit leur décision et ce qu'ils avaient envoyé, composa des vers pour le Négus, l'exhortant à bien les traiter et à les défendre : « Hélas ! Que sais-je de Jaʿfar, dans l'éloignement 4, et de ʿAmr, et des ennemis du proche parent ? Les actions du Négus ont-elles atteint Jaʿfar 5 et ses compagnons, ou un perturbateur 6 a-t-il entravé cela ? Sache, puisses-tu éviter la malédiction, que tu es généreux et noble, et que l'étranger 7 ne connaît pas le malheur auprès de toi. Sache qu'Allah t'a accordé une largeur 8 et des causes de bien, toutes attachées à toi. Tu es une source abondante aux seaux généreux 9, dont profitent ennemis et proches. » (Récit d'Umm Salama au sujet des deux envoyés de Quraysh auprès du Négus) : Ibn Isḥāq dit : Muḥammad ibn Muslim al-Zuhrī m'a rapporté d'après Abū Bakr ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Ḥārith ibn Hishām al-Makhzūmī, d'après Umm Salama bint Abī Umayya ibn al-Mughīra, épouse du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), qui dit : Lorsque nous nous installâmes en terre d'Abyssinie, nous y eûmes le meilleur des voisins, le Négus ; nous étions en sécurité pour notre religion, nous adorions Allah Très-Haut sans être molestés ni entendre rien de déplaisant. Lorsque Quraysh apprit cela, ils tinrent conseil entre eux pour envoyer au Négus deux hommes robustes parmi eux, et pour offrir au Négus des présents parmi les curiosités de la marchandise de La Mecque. Ce qui les étonnait le plus parmi ce qu'ils lui apportaient était le cuir 10. Ils rassemblèrent donc pour lui beaucoup de cuir, et n'omettirent aucun de ses patrices sans lui offrir un présent. Puis ils envoyèrent avec cela ʿAbd Allāh ibn Abī Rabīʿa et ʿAmr ibn al-ʿĀṣ, et leur donnèrent leurs instructions, en leur disant : « Remettez à chaque patrice son présent avant de parler au Négus à leur sujet, puis présentez vos présents au Négus, ensuite demandez-lui de vous les livrer avant qu'il ne leur parle. » Elle dit : Ils partirent donc et arrivèrent auprès du Négus, alors que nous étions chez lui dans la meilleure des demeures, auprès du meilleur des voisins. Ils ne laissèrent aucun patrice sans lui remettre son présent avant de parler au Négus, et dirent à chacun d'eux : « Des jeunes gens insensés 11 de chez nous se sont réfugiés dans le pays du roi ; ils ont abandonné la religion de leur peuple sans adopter la vôtre, et ont apporté une religion inventée que nous ne connaissons pas, ni vous non plus. Les notables de leur peuple nous ont envoyés auprès du roi à leur sujet pour qu'il les leur renvoie. Lorsque nous parlerons au roi à leur propos, conseillez-lui de nous les livrer sans leur parler, car leur peuple connaît mieux leur situation 12 et sait ce qu'ils leur reprochent. » Ils répondirent : « Oui. » Ensuite, ils présentèrent leurs présents au Négus, qui les accepta, puis ils lui parlèrent et dirent : « Ô roi, des jeunes gens insensés de chez nous se sont réfugiés dans ton pays ; ils ont abandonné la religion de leur peuple sans adopter la tienne, et ont apporté une religion qu'ils ont inventée, que nous ne connaissons pas, ni toi non plus. Les notables de leur peuple, parmi leurs pères, oncles et tribus, nous ont envoyés auprès de toi pour que tu les leur renvoies, car ils connaissent mieux leur situation et savent ce qu'ils leur reprochent et leur font grief. » Elle dit : Il n'y avait rien de plus odieux à ʿAbd Allāh ibn Abī Rabīʿa et ʿAmr ibn al-ʿĀṣ que d'entendre le Négus écouter leur parole. Elle dit : Alors ses patrices autour de lui dirent : « Ils ont dit vrai, ô roi ; leur peuple connaît mieux leur situation et sait ce qu'ils leur reprochent ; livre-les donc à eux deux, qu'ils les ramènent dans leur pays et auprès de leur peuple. » Elle dit : Le Négus se fâcha, puis dit : « Non, par Allah ! Je ne les livrerai pas à eux deux. Un peuple qui a cherché refuge auprès de moi, s'est installé dans mon pays et m'a choisi plutôt qu'un autre, il ne se peut que je ne les appelle pas et ne les interroge pas sur ce que ces deux disent à leur sujet. S'ils sont comme ils disent, je les livrerai à eux deux et les renverrai à leur peuple ; mais s'ils sont autrement, je les protégerai d'eux et leur accorderai un bon voisinage tant qu'ils seront chez moi. » (Le Négus fait venir les émigrants, les interroge sur leur religion et leur réponse) : Elle dit : Puis il envoya chercher les compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et les convoqua. Lorsque son messager vint à eux, ils se réunirent, puis certains dirent aux autres : « Que direz-vous à cet homme quand vous irez chez lui ? » Ils dirent : « Nous dirons, par Allah, ce que nous savons et ce que notre Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) nous a ordonné, quoi qu'il arrive. » Lorsqu'ils arrivèrent, alors que le Négus avait convoqué ses évêques 13 et qu'ils avaient déployé leurs livres saints autour de lui, il les interrogea et leur dit : « Quelle est cette religion pour laquelle vous avez quitté votre peuple sans entrer 14 dans ma religion ni dans celle d'aucune de ces communautés ? » Elle dit : Celui qui lui parla fut Jaʿfar ibn Abī Ṭālib (qu'Allah l'agrée 15), qui lui dit : « Ô roi, nous étions un peuple de l'époque préislamique, adorant les idoles, mangeant la chair morte, commettant les turpitudes, rompant les liens de parenté, maltraitant le voisin, le fort d'entre nous dévorant le faible ; nous étions ainsi jusqu'à ce qu'Allah nous envoie un Messager issu de nous, dont nous connaissions la lignée, la véracité, la loyauté et la pureté. Il nous appela à Allah pour L'unifier et L'adorer, et à abandonner ce que nous et nos pères adorions en dehors de Lui, pierres et idoles. Il nous ordonna la sincérité dans la parole, la restitution du dépôt, le maintien des liens de parenté, la bonté envers le voisin, l'abstention des choses illicites et du sang ; il nous interdit les turpitudes, le faux témoignage, la consommation des biens de l'orphelin, la calomnie contre les femmes chastes ; il nous ordonna d'adorer Allah seul, sans rien Lui associer, et nous ordonna la prière, l'aumône légale et le jeûne. » Elle dit : Il énuméra pour lui les prescriptions de l'islam. « Nous l'avons cru, nous avons eu foi en lui, et nous l'avons suivi dans ce qu'il apportait d'Allah. Nous avons adoré Allah seul, sans rien Lui associer ; nous avons déclaré illicite ce qu'Il nous a interdit, et licite ce qu'Il nous a permis. Alors notre peuple s'est dressé contre nous, nous a torturés et éprouvés dans notre religion pour nous ramener à l'adoration des idoles après celle d'Allah Très-Haut, et pour que nous considérions comme licites les abominations que nous considérions auparavant comme licites. Lorsqu'ils nous ont vaincus, opprimés et resserrés, et qu'ils se sont interposés entre nous et notre religion, nous sommes sortis vers ton pays, nous t'avons choisi plutôt qu'un autre, nous avons désiré ton voisinage, et nous avons espéré ne pas être opprimés chez toi, ô roi. » Elle dit : Le Négus lui dit : « As-tu avec toi quelque chose de ce qu'il a apporté de la part d'Allah ? » Elle dit : Jaʿfar répondit : « Oui. » Le Négus dit : « Récite-le-moi. » Elle dit : Il lui récita le début de « Kāf, Hā, Yā, ʿAyn, Ṣād [19:1] ». Elle dit : Par Allah, le Négus pleura jusqu'à ce que sa barbe fût trempée 16, et ses évêques pleurèrent jusqu'à tremper leurs livres saints, lorsqu'ils entendirent ce qu'il leur récitait. Puis le Négus leur dit 17 : « Ceci et ce qu'a apporté Jésus 18 proviennent d'une même source 19. Allez-vous-en, car par Allah, je ne vous les livrerai pas, et ils ne seront pas 20. »
L’argument des émigrés au sujet de Jésus (sur lui la paix) auprès du Négus : Elle dit : Lorsqu’ils furent sortis de chez lui, ‘Amr ibn al-‘Âṣ dit : « Par Dieu, j’irai demain chez lui à leur sujet avec de quoi déraciner leur verdure 21. » Elle dit : ‘Abd Allâh ibn Abî Rabî‘a, qui était le plus pondéré 22 des deux hommes parmi nous, lui dit : « Ne fais pas cela, car ils ont des liens de parenté avec nous, même s’ils se sont opposés à nous. » Il dit : « Par Dieu, je vais l’informer qu’ils prétendent que Jésus fils de Marie est un serviteur. » Elle dit : Puis, le lendemain, il alla chez lui et dit : « Ô roi, ils disent au sujet de Jésus fils de Marie une parole grave. Envoie-les chercher et demande-leur ce qu’ils disent à son sujet. » Elle dit : Il envoya donc les chercher pour les interroger à ce sujet. Elle dit : Jamais nous n’avions connu d’épreuve pareille. Les gens se réunirent, puis certains dirent aux autres : « Que direz-vous au sujet de Jésus fils de Marie lorsqu’il vous interrogera ? » Ils dirent : « Nous dirons, par Dieu, ce que Dieu a dit et ce que notre Prophète nous a apporté, quoi qu’il advienne. » Elle dit : Lorsqu’ils entrèrent chez lui, il leur dit : « Que dites-vous au sujet de Jésus fils de Marie ? » Elle dit : Ja‘far ibn Abî Ṭâlib dit : « Nous disons à son sujet ce que notre Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) nous a apporté : il est le serviteur de Dieu, Son messager, Son Esprit et Sa Parole qu’Il a projetée vers Marie, la vierge, la pure 23. » Elle dit : Le Négus frappa le sol de sa main, en ramassa un bâtonnet, puis dit : « Par Dieu, Jésus fils de Marie n’a pas excédé ce que tu viens de dire de la longueur de ce bâtonnet 24. » Elle dit : Ses patrices 25 autour de lui s’agitèrent 26 lorsqu’il eut dit cela. Il dit : « Même si vous vous agitez, par Dieu ! Allez, vous êtes šuyūm 27 dans ma terre – et šuyūm signifie ‘en sécurité’ – ; celui qui vous insultera paiera une amende. » Puis il dit : « Celui qui vous insultera paiera une amende. » Puis il dit : « Celui qui vous insultera paiera une amende. Je n’aimerais pas posséder un dabar 28 d’or si cela impliquait que j’aie offensé l’un d’entre vous. » – Ibn Hishâm dit : « On dit aussi dabar d’or, et on dit : vous êtes sūyūm ; et dabar, en langue abyssine, signifie ‘montagne’. – « Rendez-leur leurs cadeaux, je n’en ai que faire. Par Dieu, Dieu n’a pas accepté de pot-de-vin de moi lorsqu’Il m’a rendu mon royaume, pour que j’en accepte un à ce sujet, et les hommes ne m’ont pas obéi en ce qui me concerne pour que je leur obéisse à ce sujet. » Elle dit : Ils sortirent de chez lui honteux, leurs présents leur étant rendus, et nous demeurâmes chez lui dans la meilleure demeure, auprès du meilleur voisin. La joie des émigrés pour la victoire du Négus sur son ennemi : Elle dit : Par Dieu, nous étions dans cette situation lorsqu’un homme d’Abyssinie vint le défier pour son royaume. Elle dit : Par Dieu, je ne sache pas que nous ayons jamais éprouvé une tristesse plus intense que celle que nous ressentîmes alors, craignant que cet homme ne triomphe du Négus, et qu’alors vienne un homme qui ne connaîtrait pas de notre droit ce que le Négus en connaissait. Elle dit : Le Négus marcha contre lui, et entre eux se trouvait la largeur du Nil. Elle dit : Les compagnons du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sur sa famille et le salue) dirent : « Qui est l’homme qui sortira pour assister à la bataille des deux armées puis nous apportera la nouvelle ? » Elle dit : Al-Zubayr ibn al-‘Awwâm dit : « Moi. » Ils dirent : « C’est toi. » Or il était le plus jeune d’âge du groupe. Elle dit : Ils gonflèrent pour lui une outre qu’il plaça sur sa poitrine, puis il nagea dessus jusqu’à atteindre la rive du Nil où les deux armées se rencontraient, puis il alla jusqu’à assister à la bataille. Elle dit : Nous invoquâmes Dieu Très-Haut pour le Négus, afin qu’il triomphe de son ennemi et qu’Il l’établisse dans son pays. Elle dit : Par Dieu, nous étions ainsi, attendant ce qui allait advenir, lorsque Zubayr surgit en courant, agitant son vêtement 29 et disant : « Réjouissez-vous ! Le Négus a triomphé, Dieu a anéanti son ennemi et l’a établi dans son pays. » Elle dit : Par Dieu, je ne sache pas que nous ayons jamais éprouvé une joie pareille. Elle dit : Le Négus revint, Dieu ayant anéanti son ennemi et l’ayant établi dans son pays, et l’affaire d’Abyssinie lui étant consolidée 30. Nous demeurâmes chez lui dans la meilleure demeure, jusqu’à ce que nous rejoignions le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) alors qu’il était à La Mecque.
- ʿAbd Allāh : ʿAbd Allāh ibn Abī Rabīʿa, l'un des deux envoyés de Quraysh auprès du Négus.
- baṭāriqatihi : Pluriel de biṭrīq, titre donné aux hauts dignitaires ou généraux dans l'Empire byzantin et chez les Abyssins ; ici, les patrices ou conseillers du Négus.
- ilayhi : Le pronom renvoie au Négus.
- al-naʾy : L'éloignement, la distance.
- hal : Particule interrogative ; ici, elle introduit une question rhétorique.
- shāghib : Perturbateur, celui qui sème le trouble ou la discorde.
- al-mujānib : L'étranger, celui qui s'éloigne de sa patrie.
- basṭa : Largeur, ampleur ; ici, au sens figuré, une extension de pouvoir ou de bienfaits.
- sijāl ghazīra : Seaux abondants ; métaphore pour la générosité débordante.
- al-adm : Le cuir, en particulier le cuir fin ou tanné, très prisé en Abyssinie.
- ghilmān sufahāʾ : Jeunes gens insensés ou légers ; terme péjoratif utilisé par Quraysh pour désigner les émigrants.
- aʿlā bihim ʿaynan : Expression signifiant « ils connaissent mieux leur situation » ou « ils ont un meilleur œil sur eux ».
- asāqifatahu : Pluriel de usquf, évêque ; désigne les chefs religieux chrétiens.
- lam tadkhulū (bihi) : Le texte porte « lam tadkhulū » sans « bihi » dans certaines versions ; le sens est « vous n'êtes pas entrés dans ma religion ».
- riḍwān Allāh ʿalayhi : Formule de bénédiction : « qu'Allah l'agrée ».
- ikhḍallat : Devenir humide, trempé ; ici, la barbe du Négus était mouillée de larmes.
- qāla (lahum) : Le texte porte « qāla lahum » : « il leur dit ».
- ʿĪsā : Jésus, considéré en islam comme un prophète et messager.
- mishkāt : Niche ou lampe ; expression coranique (Sourate 24:35) désignant la source de la lumière divine ; ici, métaphore pour une origine commune.
- wa lā yukādūn : Phrase incomplète dans le texte ; le sens probable est « et ils ne seront pas livrés » ou « et ils ne seront pas vaincus ».
- خضراءهم : Expression idiomatique signifiant 'leur force vitale' ou 'leur communauté', littéralement 'leur verdure'.
- أثقى : Superlatif de 'ثقي' signifiant 'le plus pondéré', 'le plus avisé'.
- البتول : Épithète de Marie signifiant 'la vierge pure', 'celle qui s'est consacrée à Dieu'.
- ما عدا عيسى... هذا العود : Le Négus souligne que la description de Jésus par Ja‘far ne s'écarte pas de la vérité, même de la largeur d'un bâtonnet.
- بطارقته : Pluriel de 'بطريق', désignant les hauts dignitaires ou chefs religieux de l'Église abyssine.
- فتناخرت : Verbe exprimant l'agitation et le mécontentement, littéralement 'ils reniflèrent avec colère'.
- شُيُوم : Mot abyssin signifiant 'en sécurité', 'protégés'.
- دَبَر : Mot abyssin signifiant 'montagne' ; l'expression 'dabar d'or' signifie une montagne d'or.
- فلمع بثوبه : Il agita son vêtement pour attirer l'attention et annoncer la bonne nouvelle.
- استوسق : Verbe signifiant 'se consolider', 'se rassembler' ; ici, l'autorité du Négus sur l'Abyssinie fut affermie.
L'histoire de la prise de pouvoir du Négus [1] sur l'Abyssinie.
L'histoire de la prise de pouvoir du Négus 1 sur l'Abyssinie (Meurtre du père du Négus et accession de son oncle au trône) : Ibn Ishaq rapporte : Az-Zuhri a dit : J'ai raconté à 'Urwa ibn Az-Zubayr le récit d'Abu Bakr ibn 'Abd ar-Rahman, d'après Umm Salama, l'épouse du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Il demanda : « Sais-tu ce que signifie sa parole : “Allah n'a pas accepté de pot-de-vin de ma part lorsqu'Il m'a rendu mon royaume, pour que j'en accepte ; et les gens ne m'ont pas obéi en ce qui me concerne, pour que je leur obéisse” ? » Je répondis : « Non. » Il dit : « 'Aïsha, la Mère des croyants, m'a raconté que son père était roi de son peuple, et qu'il n'avait d'autre enfant que le Négus. Le Négus avait un oncle paternel qui avait douze fils de ses propres reins, et ils étaient la famille royale d'Abyssinie. Les Abyssins se dirent entre eux : “Si nous tuions le père du Négus et que nous faisions roi son frère, car il n'a d'autre enfant que ce garçon, et son frère a douze fils de ses reins, ils hériteraient de son royaume après lui, et l'Abyssinie subsisterait après lui longtemps.” Ils se levèrent donc contre le père du Négus, le tuèrent, et firent roi son frère. Ils demeurèrent ainsi quelque temps. (Le Négus prend le dessus sur son oncle et les Abyssins cherchent à l'éloigner) : Le Négus grandit auprès de son oncle. C'était un homme intelligent et résolu. Il prit le dessus sur les affaires de son oncle et acquit une grande influence sur lui. Quand les Abyssins virent sa position auprès de lui, ils se dirent entre eux : « Par Allah, ce jeune homme a pris le dessus sur les affaires de son oncle, et nous craignons qu'il ne le fasse roi sur nous. S'il devient roi sur nous, il nous tuera tous, car il sait que nous avons tué son père. » Ils allèrent donc trouver son oncle et dirent : « Ou bien tu tues ce jeune homme, ou bien tu le chasses de notre pays, car nous avons peur de lui pour nous-mêmes. » Il dit : « Malheur à vous ! Hier j'ai tué son père, et aujourd'hui je le tuerais ? Non, je le chasserai plutôt de votre pays. » Ils l'emmenèrent donc au marché et le vendirent à un marchand pour six cents dirhams. Le marchand le mit dans un bateau et l'emmena. Le soir de ce même jour, un nuage d'automne se leva, et son oncle sortit pour chercher la pluie en dessous. La foudre le frappa et le tua. Les Abyssins se tournèrent alors vers ses fils, mais ils étaient stupides, sans aucune valeur. Leur situation devint confuse. (Son accession au trône avec l'agrément des Abyssins) : Quand ils furent dans l'embarras à cause de cela, certains dirent aux autres : « Par Allah, votre roi, le seul qui puisse redresser vos affaires, est celui que vous avez vendu ce matin. Si vous tenez à la direction de l'Abyssinie, rattrapez-le maintenant. » Ils partirent donc à sa recherche et à celle de l'homme à qui ils l'avaient vendu, jusqu'à ce qu'ils le rattrapent. Ils le reprirent, puis vinrent avec lui, lui mirent la couronne sur la tête, l'assirent sur le trône royal et le firent roi. (L'histoire du marchand qui avait acheté le Négus) : Le marchand à qui ils l'avaient vendu vint et dit : « Ou vous me rendez mon argent, ou je lui en parlerai. » Ils dirent : « Nous ne te donnerons rien. » Il dit : « Par Allah, je vais lui en parler. » Ils dirent : « Vas-y, parle-lui. » Il vint donc s'asseoir devant lui et dit : « Ô roi, j'ai acheté un esclave à des gens au marché pour six cents dirhams. Ils m'ont livré mon esclave et ont pris mes dirhams. Puis, alors que je partais avec mon esclave, ils m'ont rattrapé, ont repris mon esclave et m'ont refusé mes dirhams. » Le Négus leur dit : « Rendez-lui ses dirhams, ou bien que son esclave mette sa main dans la sienne et qu'il parte avec lui où il voudra. » Ils dirent : « Nous lui rendons ses dirhams. » C'est pour cela qu'il dit : « Allah n'a pas accepté de pot-de-vin de ma part lorsqu'Il m'a rendu mon royaume, pour que j'en accepte ; et les gens ne m'ont pas obéi en ce qui me concerne, pour que je leur obéisse. » Elle dit : « Ce fut la première chose par laquelle on connut sa fermeté dans sa religion et sa justice dans son jugement. » Ibn Ishaq dit : Yazid ibn Ruman m'a raconté d'après 'Urwa ibn Az-Zubayr, d'après 'Aïsha, qu'elle a dit : « Quand le Négus mourut, on racontait qu'une lumière était toujours visible sur sa tombe. » La révolte des Abyssins contre le Négus Ibn Ishaq dit : Ja'far ibn Muhammad m'a raconté d'après son père, qui a dit : Les Abyssins se réunirent et dirent au Négus : « Tu as abandonné notre religion. » Et ils se révoltèrent contre lui. Il envoya chercher Ja'far et ses compagnons, leur prépara des bateaux et dit : « Montez dedans et restez comme vous êtes. Si je suis vaincu, partez et allez où vous voudrez. Si je triomphe, restez. » Puis il prit un écrit et y écrivit : « Il témoigne qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que Muhammad est Son serviteur et Son messager, et il témoigne que Jésus, fils de Marie, est Son serviteur, Son messager, Son souffle et Sa parole qu'Il a envoyée à Marie. » Puis il le mit dans son vêtement, près de l'épaule droite, et sortit vers les Abyssins. Ils se rangèrent en face de lui. Il dit : « Ô assemblée d'Abyssins, ne suis-je pas le plus digne de vous ? » Ils dirent : « Si. » Il dit : « Comment avez-vous trouvé ma conduite envers vous ? » Ils dirent : « Excellente. » Il dit : « Qu'avez-vous donc ? » Ils dirent : « Tu as abandonné notre religion et tu prétends que Jésus est un serviteur. » Il dit : « Que dites-vous, vous, au sujet de Jésus ? » Ils dirent : « Nous disons qu'il est le fils d'Allah. » Alors le Négus posa sa main sur sa poitrine, sur son vêtement, et dit : « Il témoigne que Jésus, fils de Marie... » sans rien ajouter de plus, faisant allusion à ce qu'il avait écrit. Ils furent satisfaits et se retirèrent. La nouvelle parvint au Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Quand le Négus mourut, il pria sur lui et implora le pardon pour lui.
- an-Najāshī : Titre du roi d'Abyssinie à l'époque préislamique et au début de l'islam. Désigne ici le roi As'hama ibn Abjar, contemporain du Prophète Muhammad.
L'islam de 'Umar ibn al-Khattâb, que Dieu l'agrée.
L'islam de 'Umar ibn al-Khattâb, que Dieu l'agrée. (La fierté des musulmans pour l'islam de 'Umar) : Ibn Ishâq a dit : Lorsque 'Amr ibn al-'Âs et 'Abd Allâh ibn Abî Rabî'a revinrent auprès de Quraysh, sans avoir obtenu ce qu'ils cherchaient des compagnons du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), et que le Négus les avait renvoyés avec ce qu'ils détestaient, et que 'Umar ibn al-Khattâb embrassa l'islam – or c'était un homme d'une fermeté telle que nul ne pouvait atteindre ce qui était derrière lui –, les compagnons du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) furent protégés par lui et par Hamza, au point de tenir tête à Quraysh 1. 'Abd Allâh ibn Mas'ûd disait : Nous ne pouvions pas prier près de la Ka'ba jusqu'à ce que 'Umar (ibn al-Khattâb) embrasse l'islam 2. Lorsqu'il embrassa l'islam, il combattit Quraysh jusqu'à ce qu'il prie près de la Ka'ba, et nous priâmes avec lui. L'islam de 'Umar eut lieu après le départ de ceux qui étaient partis parmi les compagnons du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) vers l'Abyssinie. Al-Bukâ'î 3 a dit : Mis'ar ibn Kidâm m'a rapporté, d'après Sa'd ibn Ibrâhîm, qui a dit : 'Abd Allâh ibn Mas'ûd a dit : L'islam de 'Umar fut une conquête, son émigration fut un secours, et son commandement fut une miséricorde. Nous ne pouvions pas prier près de la Ka'ba jusqu'à ce que 'Umar embrasse l'islam. Lorsqu'il embrassa l'islam, il combattit Quraysh jusqu'à ce qu'il prie près de la Ka'ba, et nous priâmes avec lui. (Le récit de Umm 'Abd Allâh sur l'islam de 'Umar) : Ibn Ishâq a dit : 'Abd al-Rahmân ibn al-Hârith ibn 'Abd Allâh ibn 'Ayyâsh ibn Abî Rabî'a m'a rapporté, d'après 'Abd al-'Azîz ibn 'Abd Allâh ibn 'Âmir ibn Rabî'a, d'après sa mère Umm 'Abd Allâh bint Abî Hathma, qui a dit : Par Dieu, nous nous apprêtions à partir vers la terre d'Abyssinie, et 'Âmir était allé pour quelque besoin, quand soudain 'Umar ibn al-Khattâb arriva et s'arrêta devant moi, alors qu'il était encore dans son association [à Dieu] – dit-elle : et nous subissions de lui des épreuves, des torts et des duretés –. Il dit : « C'est donc le départ, ô Umm 'Abd Allâh ? » Je répondis : « Oui, par Dieu, nous sortirons sur la terre de Dieu, vous nous avez fait du mal et opprimés, jusqu'à ce que Dieu nous offre une issue 4. » Il dit : « Que Dieu vous accompagne », et je vis chez lui une douceur que je ne lui avais jamais vue. Puis il s'en alla, attristé – me semblait-il – par notre départ. Elle dit : 'Âmir revint avec ce dont il avait besoin, et je lui dis : « Ô Abâ 'Abd Allâh, si tu avais vu 'Umar tout à l'heure, sa douceur et sa tristesse pour nous. » Il dit : « Espères-tu son islam ? » Je dis : « Oui. » Il dit : « Celui que tu as vu n'embrassera pas l'islam avant que l'âne d'al-Khattâb n'embrasse l'islam. » Elle dit : par désespoir, à cause de ce qu'il voyait de sa rudesse et de sa dureté envers l'islam. (Autre récit sur l'islam de 'Umar) : Ibn Ishâq a dit : L'islam de 'Umar, selon ce qui m'est parvenu, [fut précédé par le fait que] sa sœur Fâtima bint al-Khattâb, qui était l'épouse de Sa'îd ibn Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl, avait embrassé l'islam, ainsi que son mari Sa'îd ibn Zayd, et ils cachaient tous deux leur islam à 'Umar. Nu'aym ibn 'Abd Allâh al-Nahhâm 5, un homme de sa tribu, des Banû 'Adî ibn Ka'b, avait embrassé l'islam, et il cachait aussi son islam par crainte de son peuple. Khabbâb ibn al-Aratt 6 venait souvent chez Fâtima bint al-Khattâb pour lui enseigner le Coran. Un jour, 'Umar sortit, ceignant son épée, voulant se rendre auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et d'un groupe de ses compagnons dont on lui avait dit qu'ils s'étaient réunis dans une maison près d'al-Safâ, au nombre d'environ quarante, hommes et femmes, et avec le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) se trouvaient son oncle Hamza ibn 'Abd al-Muttalib, Abû Bakr ibn Abî Quhâfa al-Siddîq, et 'Alî ibn Abî Tâlib, parmi les hommes musulmans (que Dieu les agrée) qui étaient restés avec le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) à La Mecque et n'étaient pas partis avec ceux qui étaient allés en Abyssinie. Nu'aym ibn 'Abd Allâh le rencontra et lui dit : « Où veux-tu aller, ô 'Umar ? » Il dit : « Je veux aller trouver Muhammad, ce sabéen, qui a divisé l'affaire de Quraysh, a traité leurs esprits de légers, a critiqué leur religion et insulté leurs divinités, pour le tuer. » Nu'aym lui dit : « Par Dieu, tu es bien dupe de toi-même, ô 'Umar ! Crois-tu que les Banû 'Abd Manâf te laisseront marcher sur terre après que tu auras tué Muhammad ? Ne retournerais-tu pas plutôt auprès des gens de ta maison pour redresser leur affaire ? » Il dit : « Quels gens de ma maison ? » Il dit : « Ton beau-frère et ton cousin Sa'îd ibn Zayd ibn 'Amr, et ta sœur Fâtima bint al-Khattâb ; par Dieu, ils ont embrassé l'islam et suivi Muhammad dans sa religion. Occupe-toi d'eux. » 'Umar retourna donc, se dirigeant vers sa sœur et son beau-frère. Chez eux se trouvait Khabbâb ibn al-Aratt, avec une feuille contenant « Tâ Hâ » 7 qu'il leur récitait. Lorsqu'ils entendirent le pas de 'Umar, Khabbâb se cacha dans un réduit 8 ou dans un coin de la maison, et Fâtima bint al-Khattâb prit la feuille et la mit sous sa cuisse. 'Umar, en s'approchant de la maison, avait entendu la récitation de Khabbâb. En entrant, il dit : « Qu'est-ce que ce murmure 9 que j'ai entendu ? » Ils dirent : « Tu n'as rien entendu. » Il dit : « Si, par Dieu, on m'a informé que vous avez suivi Muhammad dans sa religion. » Il se saisit de son beau-frère Sa'îd ibn Zayd. Sa sœur Fâtima bint al-Khattâb se leva pour l'écarter de son mari, mais il la frappa et la blessa à la tête. Lorsqu'il eut fait cela, sa sœur et son beau-frère lui dirent : « Oui, nous avons embrassé l'islam et cru en Dieu et en Son Messager. Fais ce qu'il te plaît. » Quand 'Umar vit le sang de sa sœur, il regretta ce qu'il avait fait, se reprit 10 et dit à sa sœur : « Donne-moi cette feuille que je vous ai entendus réciter tout à l'heure, que je voie ce que Muhammad a apporté. » Or 'Umar savait écrire. Lorsqu'il dit cela, sa sœur lui dit : « Nous avons peur pour elle à cause de toi. » Il dit : « N'aie pas peur », et il jura par ses divinités qu'il la lui rendrait après l'avoir lue. Lorsqu'il dit cela, elle espéra son islam et lui dit : « Mon frère, tu es impur, dans ton association [à Dieu], et seuls les purs peuvent la toucher 11. » 'Umar se leva, se lava, puis elle lui donna la feuille, qui contenait « Tâ Hâ 20:1 » 12. Il la lut, et lorsqu'il en lut le début, il dit : « Quelle belle parole et quelle noble ! » En entendant cela, Khabbâb sortit vers lui et lui dit : « Ô 'Umar, par Dieu, j'espère que Dieu t'a réservé l'invocation de Son Prophète. En effet, je l'ai entendu hier dire : “Ô Dieu, fortifie l'islam par Abû al-Hakam ibn Hishâm ou par 'Umar ibn al-Khattâb.” Dieu, Dieu, ô 'Umar ! » Alors 'Umar lui dit : « Indique-moi, ô Khabbâb, où est Muhammad, pour que j'aille à lui et embrasse l'islam. » Khabbâb lui dit : « Il est dans une maison près d'al-Safâ, avec un groupe de ses compagnons. » 'Umar prit son épée, la ceignit, puis se dirigea vers le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et ses compagnons. Il frappa à la porte. Lorsqu'ils entendirent sa voix, un homme parmi les compagnons du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) se leva, regarda par l'entrebâillement de la porte et le vit ceignant l'épée. Il retourna vers le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), effrayé, et dit : « Ô Messager de Dieu, voici 'Umar ibn al-Khattâb, ceignant l'épée. » Hamza ibn 'Abd al-Muttalib dit : « Laisse-le entrer ; s'il vient pour un bien, nous le lui accorderons ; s'il vient pour un mal, nous le tuerons avec son épée. » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Laisse-le entrer. » L'homme le laissa entrer, et le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) se leva pour aller à sa rencontre, le prit par le pan de son vêtement 13 ou par le bord de son manteau, puis le tira 14 d'une forte secousse et dit : « Qu'est-ce qui t'amène, ô fils d'al-Khattâb ? Par Dieu, je ne pense pas que tu t'arrêteras avant que Dieu ne fasse descendre sur toi une calamité 15. » 'Umar dit :
Ô Messager d'Allah, je suis venu à toi pour croire en Allah, en Son Messager et en ce qui est venu de la part d'Allah." Il dit : "Alors le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) prononça un takbîr 16 tel que les gens de la maison, parmi les Compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), surent que 'Umar s'était converti à l'islam." Les Compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) se dispersèrent de leur lieu, et ils se sentirent renforcés 17 en eux-mêmes lorsque 'Umar se convertit, avec la conversion de Hamza, et ils surent que tous deux protégeraient le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et qu'ils obtiendraient justice contre leur ennemi grâce à eux. Tel est le récit des rapporteurs de Médine au sujet de la conversion de 'Umar ibn al-Khattâb lorsqu'il se convertit. (Récit de 'Atâ' et de Mujâhid sur la conversion de 'Umar) Ibn Ishâq dit : 'Abd Allah ibn Abî Najîh al-Makkî m'a raconté, d'après ses compagnons 'Atâ' et Mujâhid, ou d'après ceux qui ont rapporté cela, que la conversion de 'Umar, selon ce qu'ils en rapportaient, était qu'il disait : "J'étais très éloigné de l'islam, et j'étais un buveur de vin à l'époque préislamique 18, je l'aimais et j'en étais ravi. Nous avions un cercle où se réunissaient des hommes de Quraysh à al-Hazwara 19, près des maisons des Âl 'Umar ibn 'Abd ibn 'Imrân al-Makhzûmî." Il dit : "Une nuit, je sortis voulant rejoindre mes compagnons dans leur cercle. J'y allai mais n'y trouvai personne. Je me dis : 'Si j'allais chez untel, le marchand de vin, qui vendait du vin à La Mecque, peut-être trouverais-je chez lui du vin à en boire.' Je sortis donc et j'allai chez lui, mais je ne le trouvai pas. Je me dis : 'Si j'allais à la Ka'ba et que j'en faisais sept ou soixante-dix circumambulations 20 ?' J'allai donc à la mosquée pour faire la circumambulation autour de la Ka'ba, et voilà que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) était debout en prière. Lorsqu'il priait, il se tournait vers le Shâm 21 et plaçait la Ka'ba entre lui et le Shâm ; son lieu de prière était entre les deux piliers : le Pilier Noir 22 et le Pilier Yéménite 23." Il dit : "En le voyant, je me dis : 'Par Allah, si j'écoutais Muhammad cette nuit pour entendre ce qu'il dit !' Je me dis : 'Si je m'approche de lui pour l'écouter, je vais sûrement l'effrayer.' Je vins donc du côté du Hijr 24, j'entrai sous ses voiles, et je me mis à marcher lentement, tandis que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) était debout en prière, récitant le Coran, jusqu'à ce que je me tienne face à lui, dans sa direction de prière, entre lui et moi il n'y avait que les voiles de la Ka'ba." Il dit : "Quand j'entendis le Coran, mon cœur s'attendrit, je pleurai et l'islam pénétra en moi. Je restai debout à cet endroit jusqu'à ce que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) termine sa prière, puis il partit. Lorsqu'il partait, il sortait par la maison d'Ibn Abî Husayn, qui était son chemin, jusqu'à ce qu'il traverse le Mas'â 25, puis il empruntait le chemin entre la maison d'al-'Abbâs ibn 'Abd al-Muttalib et la maison d'Ibn Azhar ibn 'Abd 'Awf az-Zuhrî, puis passait devant la maison d'al-Akhnas ibn Sharîq, jusqu'à ce qu'il entre chez lui. Sa demeure (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) se trouvait dans la maison ar-Raqtâ' 26, qui était entre les mains de Mu'âwiya ibn Abî Sufyân." 'Umar (qu'Allah l'agrée) dit : "Je le suivis jusqu'à ce qu'il entre entre la maison d'al-'Abbâs et la maison d'Ibn Azhar ; je le rattrapai. Quand le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) entendit mon bruit, il me reconnut et pensa que je l'avais suivi pour lui faire du mal. Il me réprimanda 27, puis dit : 'Qu'est-ce qui t'amène, ô fils d'al-Khattâb, à cette heure ?' Je répondis : 'Je suis venu pour croire en Allah, en Son Messager et en ce qui est venu de la part d'Allah.' Alors le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) loua Allah, puis dit : 'Allah t'a guidé, ô 'Umar.' Puis il me frotta la poitrine et pria pour que je sois affermi 28. Ensuite, je quittai le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et il entra chez lui." Ibn Ishâq dit : "Allah sait lequel de ces récits est vrai." (Mention de la force de 'Umar dans l'islam et de son endurance) Ibn Ishâq dit : Nâfi', l'affranchi de 'Abd Allah ibn 'Umar, m'a raconté d'après Ibn 'Umar, qui a dit : "Lorsque mon père 'Umar se convertit, il demanda : 'Qui parmi Quraysh est le plus prompt à répandre les nouvelles ?' On lui dit : 'Jamîl ibn Ma'mar al-Jumahî.' Il se rendit donc chez lui au matin." 'Abd Allah ibn 'Umar dit : "Je partis le matin en suivant ses traces, observant ce qu'il faisait, alors que j'étais un garçon comprenant tout ce que je voyais, jusqu'à ce qu'il arrive chez lui. Il lui dit : 'Sais-tu, ô Jamîl, que je me suis converti à l'islam et que j'ai embrassé la religion de Muhammad ?' Par Allah, il ne lui répondit pas avant de se lever en traînant son manteau ; 'Umar le suivit, et je suivis mon père, jusqu'à ce qu'il se tienne à la porte de la mosquée. Il cria à pleine voix : 'Ô assemblée de Quraysh !' — ils étaient dans leurs cercles autour de la Ka'ba — 'Sachez que 'Umar ibn al-Khattâb a apostasié 29 !' Il dit : 'Umar dit derrière lui : 'Il ment, mais je me suis converti à l'islam et j'atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que Muhammad est Son serviteur et Son Messager.' Ils se ruèrent sur lui, et il ne cessa de les combattre et eux de le combattre jusqu'à ce que le soleil fût au-dessus de leurs têtes. Il dit : 'Il s'épuisa 30 et s'assit, tandis qu'ils se tenaient au-dessus de sa tête, et il disait : 'Faites ce qu'il vous plaît ; je jure par Allah que si nous étions trois cents hommes, nous vous l'aurions laissée 31, ou vous nous l'auriez laissée.'" Il dit : "Alors qu'ils étaient dans cette situation, voilà qu'un vieillard de Quraysh arriva, portant un vêtement rayé 32 et une tunique brodée, jusqu'à ce qu'il s'arrête devant eux et dise : 'Qu'avez-vous ?' Ils dirent : 'Umar a apostasié.' Il dit : 'Et alors ? Un homme a choisi pour lui-même une affaire ; que voulez-vous ? Pensez-vous que les Banû 'Adî ibn Ka'b vous livreront leur compagnon ainsi ? Laissez cet homme !'" Il dit : "Par Allah, c'était comme s'ils étaient un vêtement qu'on avait enlevé de lui." Il dit : "Je dis à mon père après qu'il eut émigré à Médine : 'Ô père, quel est l'homme qui a éloigné les gens de toi à La Mecque le jour où tu t'es converti, alors qu'ils te combattaient ?' Il répondit : 'C'était, ô mon fils, al-'Âs ibn Wâ'il as-Sahmî.'" Ibn Hishâm dit : "Un savant m'a raconté qu'il a dit : 'Ô père, quel est l'homme qui a éloigné les gens de toi à La Mecque le jour où tu t'es converti, alors qu'ils te combattaient ? Qu'Allah le récompense en bien !'"
- عَازُوا : Ils tinrent tête, résistèrent, devinrent inaccessibles.
- عُمَرُ (بْنُ الْخَطَّابِ) : Le texte original comporte une répétition du nom, probablement une glose.
- الْبُكَائِيُّ : Surnom d'un transmetteur, peut-être Ziyâd al-Bukâ'î.
- مَخْرَجًا : Issue, échappatoire, ou permission de partir.
- النَّحَّامُ : Surnom signifiant 'celui qui tousse' ou 'qui a une voix rauque'.
- خَبَّابُ بْنُ الْأَرَتِّ : Compagnon connu, parmi les premiers musulmans.
- طَه : Lettres séparées au début de la sourate 20 du Coran.
- مِخْدَعٍ : Réduit, cachette, petite pièce.
- الْهَيْنَمَةُ : Murmure, chuchotement, bruit indistinct.
- فَاِرْعَوى : Il se reprit, revint à lui, se calma.
- لَا يَمَسُّهَا إلَّا الطَّاهِرُ : Allusion au verset coranique 56:79 : 'Seuls les purifiés le touchent'.
- طه ٢٠: ١ : Sourate 20, verset 1 du Coran.
- حُجْزَتَهُ : Le pan du vêtement, la ceinture ou le bord de l'habit.
- جَبَذَهُ : Il le tira, le secoua fortement.
- قَارِعَةً : Calamité, châtiment soudain, coup dévastateur.
- takbîr : Formule rituelle "Allâhu akbar" (Allah est le plus grand).
- az-zuhûr : Renforcement, puissance, sentiment d'être soutenus.
- al-jâhiliyya : Période préislamique, littéralement "l'ignorance".
- al-Hazwara : Lieu à La Mecque, près de la Ka'ba.
- tawâf : Circumambulation rituelle autour de la Ka'ba.
- Shâm : Région du Levant (Syrie, Palestine, etc.).
- ar-Rukn al-Aswad : La Pierre Noire, située à l'angle est de la Ka'ba.
- ar-Rukn al-Yamânî : Le Pilier Yéménite, angle sud de la Ka'ba.
- al-Hijr : Espace semi-circulaire adjacent à la Ka'ba, aussi appelé Hijr Ismâ'îl.
- al-Mas'â : Lieu de la course entre Safâ et Marwa, près de la Ka'ba.
- ar-Raqtâ' : Nom d'une maison à La Mecque, peut-être en référence à une couleur ou un motif.
- nahamahu : Il le réprimanda ou le gronda sévèrement.
- ath-thabât : Fermeté, constance dans la foi.
- saba'a : Apostasier, quitter sa religion ; ici utilisé péjorativement pour dire "a changé de religion".
- taliha : Être épuisé, fatigué, exténué.
- taraknâhâ lakum : Nous vous l'aurions laissée (la religion ou la lutte).
- hulla hibra : Vêtement rayé ou à motifs, souvent de qualité.
Le récit de la Feuille [1]
Il dit : « Mon fils, c'est al-ʿĀṣ b. Wāʾil. Qu'Allah ne le récompense pas en bien. » Ibn Isḥāq dit : ʿAbd al-Raḥmān b. al-Ḥārith m'a rapporté d'après certains membres de la famille de ʿUmar, ou certains de ses proches, qui a dit : ʿUmar a dit : « Lorsque j'embrassai l'Islam cette nuit-là, je réfléchis à qui, parmi les habitants de La Mecque, était l'ennemi le plus acharné du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), afin que j'aille l'informer de ma conversion. » Il dit : Je dis : « Abū Jahl. » — Or ʿUmar était le fils de Ḥantamah bint Hishām b. al-Mughīrah. — Il dit : « Je me rendis chez lui au matin et frappai à sa porte. » Il dit : « Abū Jahl sortit vers moi et dit : « Bienvenue et bonjour au fils de ma sœur ! Qu'est-ce qui t'amène ? » Il dit : « Je suis venu t'informer que j'ai cru en Allah et en Son Messager Muḥammad, et que j'ai attesté la vérité de ce qu'il a apporté. » Il dit : « Il me claqua la porte au nez et dit : « Qu'Allah te maudisse, toi et ce que tu as apporté ! » **L'histoire du pacte** **(La coalition des mécréants contre le Messager)** Ibn Isḥāq dit : Lorsque Quraysh vit que les Compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) s'étaient installés dans un pays où ils avaient trouvé sécurité et stabilité, que le Negus 1 avait protégé ceux d'entre eux qui avaient cherché refuge auprès de lui, que ʿUmar s'était converti à l'Islam, et que lui et Ḥamzah b. ʿAbd al-Muṭṭalib étaient avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et ses Compagnons, et que l'Islam commençait à se répandre parmi les tribus, ils se réunirent et tinrent conseil entre eux pour rédiger un écrit par lequel ils s'engageaient mutuellement contre les Banū Hāshim et les Banū al-Muṭṭalib, à ne pas leur donner leurs filles en mariage, à ne pas épouser les leurs, à ne rien leur vendre et à ne rien leur acheter. Lorsqu'ils se furent réunis pour cela, ils le rédigèrent dans un document, puis se lièrent par un pacte et un serment solennel à ce sujet, puis suspendirent le document à l'intérieur de la Kaʿbah 2 pour confirmer leur engagement. Le rédacteur du document fut Manṣūr b. ʿIkrimah b. ʿĀmir b. Hāshim b. ʿAbd Manāf b. ʿAbd al-Dār b. Quṣayy. — Ibn Hishām dit : On dit aussi : al-Naḍr b. al-Ḥārith. — Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) invoqua Allah contre lui, et une partie de ses doigts fut paralysée. Ibn Isḥāq dit : Lorsque Quraysh eut fait cela, les Banū Hāshim et les Banū al-Muṭṭalib se joignirent à Abū Ṭālib b. ʿAbd al-Muṭṭalib, entrèrent avec lui dans son ravin 3 et se rassemblèrent auprès de lui. Quant à Abū Lahab, ʿAbd al-ʿUzzā b. ʿAbd al-Muṭṭalib, il se sépara des Banū Hāshim et se rangea du côté de Quraysh. **(La moquerie d'Abū Lahab envers le Messager (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et ce qu'Allah a révélé à son sujet)** Ibn Isḥāq dit : Ḥusayn b. ʿAbd Allah m'a rapporté qu'Abū Lahab rencontra Hind bint ʿUtbah b. Rabīʿah, lorsqu'il se sépara de son peuple et se rangea du côté de Quraysh contre eux, et lui dit : « Ô fille de ʿUtbah, as-tu secouru al-Lāt et al-ʿUzzā 4, et t'es-tu séparée de ceux qui les ont abandonnées et se sont alliés contre elles ? » Elle répondit : « Oui. Qu'Allah te récompense en bien, ô Abū ʿUtbah ! » Ibn Isḥāq dit : On m'a rapporté qu'il disait, entre autres choses : « Muḥammad me promet des choses que je ne vois pas ; il prétend qu'elles se produiront après la mort. Qu'a-t-il donc mis dans mes mains après cela ? » Puis il soufflait dans ses mains et disait : « Malheur à vous deux ! Je ne vois rien dans vos mains de ce que dit Muḥammad. » Alors Allah Très-Haut révéla à son sujet : « Que périssent les deux mains d'Abū Lahab et que lui-même périsse ! » 5 (Sourate 111, verset 1). Ibn Hishām dit : « Que périssent » signifie : qu'il soit perdu. Et « al-tabāb » est la perte. Ḥabīb b. Khudrah 6 al-Khārijī, l'un des Banū Hilāl b. ʿĀmir b. Ṣaʿṣaʿah, a dit : « Ô pur ! Nous sommes dans une assemblée dont les efforts ont disparu dans la destruction et la perte. » 7 Ce vers fait partie d'un poème de lui. **(Poème d'Abū Ṭālib à Quraysh lorsqu'ils se liguèrent contre le Messager (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui))** Ibn Isḥāq dit : Lorsque Quraysh se fut rassemblée pour cela et eut fait ce qu'elle fit, Abū Ṭālib dit : « N'annoncez-vous pas de ma part, malgré ce qui est entre nous 89, à Lu'ayy, et en particulier aux Banū Kaʿb issus de Lu'ayy : « Ne savez-vous pas que nous avons trouvé Muḥammad comme un prophète, semblable à Moïse, inscrit dans les premiers Livres ? « Et qu'il a, parmi les serviteurs, un amour 10, et il n'y a pas de bien en celui qu'Allah n'a pas distingué par l'amour ? « Et ce que vous avez apposé dans votre document sera pour vous un malheur, comme le cri du chamelon 11 ? « Revenez à la raison, revenez à la raison avant que la terre ne soit creusée, et que celui qui n'a pas commis de faute ne devienne comme celui qui en a commis. « Et ne suivez pas l'ordre des calomniateurs, et ne coupez pas nos liens après l'affection et la parenté 12. « Et ne provoquez pas une guerre déjà ancienne 13 ; peut-être que celui qui en a goûté subira les affres de la guerre. « Car, par le Seigneur de la Demeure, nous ne livrerons pas Aḥmad à la dureté 14 de celui que le temps a mordu, ni à l'épreuve 15. « Et tant que ne se seront pas manifestés, de notre part et de la vôtre, des antécédents 16 et des mains coupées par les lances acérées 17, « Dans un champ de bataille étroit où l'on voit les lances brisées et les vautours voraces s'attroupant comme des buveurs 18, « Comme si le lieu de course des chevaux dans ses enclos 1920 et le tumulte des héros étaient le champ de bataille. « Notre père Hāshim n'a-t-il pas renforcé son soutien et recommandé à ses fils le combat et les coups ? « Et nous ne nous lassons pas de la guerre jusqu'à ce qu'elle se lasse de nous, et nous ne nous plaignons pas des malheurs qui nous frappent. « Mais nous sommes les gens de la préservation et de la raison, lorsque les âmes des guerriers s'envolent de peur 21. » Ils restèrent ainsi deux ou trois ans, jusqu'à ce qu'ils fussent épuisés, et rien ne leur parvenait, sauf en secret et en cachette, de la part de ceux de Quraysh qui voulaient les soutenir. **(L'opposition d'Abū Jahl à Ḥakīm b. Ḥizām et l'intervention d'Abū al-Bakhtarī)** Il est rapporté qu'Abū Jahl b. Hishām rencontra Ḥakīm b. Ḥizām b. Khuwaylid
- al-Najāshī : Titre du souverain chrétien d'Abyssinie (Éthiopie) à l'époque du Prophète.
- al-Kaʿbah : La Maison sacrée d'Allah à La Mecque, lieu de pèlerinage.
- shiʿb : Ravin ou vallée étroite ; désigne ici le quartier ou le refuge des Banū Hāshim.
- al-Lāt wa al-ʿUzzā : Deux des principales divinités féminines adorées par les polythéistes arabes avant l'Islam.
- Sourate 111, verset 1 : Sourate al-Masad (Les Fibres), révélée contre Abū Lahab et sa femme.
- Ḥabīb b. Khudrah : Poète arabe de la tribu des Banū Hilāl.
- al-tabāb wa al-tabar : La perte et la destruction.
- ʿalā dhāti bayninā : Expression signifiant « malgré ce qui est entre nous » (différends ou hostilité).
- dhāt bayn : Lien ou relation entre personnes ; ici, les dissensions.
- al-ḥubb : L'amour ; ici, l'amour divin ou l'affection des croyants.
- rāghiyat al-saqb : Le cri du chamelon ; proverbe désignant un malheur ou un présage funeste.
- al-qurb : La parenté, la proximité familiale.
- ḥarb ʿawān : Guerre déjà ancienne, qui a déjà eu lieu ; guerre violente.
- ʿazzāʾ : Dureté, rigueur ; peut aussi désigner une femme stérile ou une année de sécheresse.
- karb : Épreuve, angoisse, détresse.
- sawālif : Pluriel de sālfah : antécédents, actions passées ; ici, exploits guerriers.
- al-qasāsiyyah al-shuhb : Lances acérées et brillantes ; « qasāsiyyah » désigne des lances faites d'un bois particulier.
- al-shurb : Buveurs ; ici, les vautours s'attroupant comme des gens autour d'une boisson.
- mujāl al-khayl : Lieu où les chevaux courent ou se rassemblent ; champ de bataille.
- ḥajarātuhu : Ses enclos ou ses espaces pierreux ; désigne les abords du champ de bataille.
- al-ruʿb : La peur, l'effroi.
Récit des souffrances infligées par son peuple au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui.
Un fils d'Asad, avec un garçon portant du blé qu'il destinait à sa tante Khadîja bint Khuwaylid, qui se trouvait chez le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dans le ravin 1. Il s'accrocha à lui et dit : « Tu emportes la nourriture aux Banû Hâshim ? Par Dieu, tu ne bougeras pas, toi et ta nourriture, avant que je ne te déshonore à La Mecque. » Abû l-Bakhtarî ibn Hâshim ibn al-Hârith ibn Asad vint à lui et dit : « Qu'as-tu à faire avec lui ? » Il répondit : « Il porte la nourriture aux Banû Hâshim. » Abû l-Bakhtarî lui dit : « C'est de la nourriture qui appartenait à sa tante et qu'elle lui avait envoyée 2. L'empêches-tu d'apporter sa nourriture à sa tante ? Laisse passer l'homme. » Abû Jahl refusa jusqu'à ce que l'un d'eux s'en prît à l'autre. Abû l-Bakhtarî prit une mâchoire de chameau et le frappa, lui fendant la tête, et le piétina violemment. Hamza ibn 'Abd al-Muttalib, proche, voyait cela, et ils détestaient que cela parvînt au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et à ses Compagnons, qui se seraient réjouis de leur malheur. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — continuait d'appeler son peuple nuit et jour, en secret et en public, proclamant 3 l'ordre de Dieu sans craindre personne parmi les gens. Récit de ce que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — subit comme tourments de la part de son peuple (Ce que Dieu — exalté soit-Il — a révélé au sujet d'Abû Lahab) : Lorsque Dieu l'eut protégé d'eux, que son oncle et son peuple des Banû Hâshim et des Banû l-Muttalib se fussent levés pour lui et eussent empêché 4 ce qu'ils voulaient, à savoir s'emparer de lui, les Quraysh se mirent à le tourmenter, à se moquer de lui et à disputer avec lui. Le Coran commença à descendre au sujet des Quraysh à cause de leurs agissements, et au sujet de ceux d'entre eux qui s'étaient dressés pour lui être hostiles. Parmi eux, certains furent nommés pour nous, et d'autres au sujet desquels le Coran descendit de manière générale, comme tous ceux que Dieu mentionna parmi les mécréants. Parmi ceux qui furent nommés pour nous parmi les Quraysh et au sujet desquels le Coran descendit, il y avait son oncle Abû Lahab ibn 'Abd al-Muttalib et sa femme Umm Jamîl 5 bint Harb ibn Umayya, la porteuse de bois. Dieu — exalté soit-Il — l'appela « porteuse de bois » parce qu'elle — selon ce qui m'est parvenu — portait des épines et les jetait sur le chemin du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — là où il passait. Dieu — exalté soit-Il — révéla à leur sujet : « Que périssent les deux mains d'Abû Lahab et que lui-même périsse ! Sa fortune ne lui sert à rien, ni ce qu'il a acquis. Il brûlera dans un feu flamboyant, ainsi que sa femme, la porteuse de bois, à son cou une corde de fibres 6 » (Sourate 111, versets 1-5). Ibn Hishâm dit : « Al-jîd est le cou. » Al-A'shâ des Banû Qays ibn Tha'laba dit : « Le jour où Qutayla nous apparaît, avec un cou 7 gracile 8 que les colliers ornent. » Ce vers fait partie d'un poème de lui. Son pluriel est ajyâd. Al-masad est un arbre que l'on pile comme on pile le lin, et dont on tisse des cordes. Al-Nâbigha al-Dhubyânî, nommé Ziyâd ibn 'Amr ibn Mu'âwiya, dit : « Lancée avec la chair profonde, sa chamelle 9 a un grincement comme le grincement de la poulie avec la corde de masad. » Ce vers fait partie d'un poème de lui. Son singulier est masada. (Umm Jamîl et comment Dieu repoussa sa ruse loin du Messager — que Dieu prie sur lui et le salue) : Ibn Ishâq dit : Il m'est parvenu que Umm Jamîl, la porteuse de bois, lorsqu'elle entendit ce qui était descendu du Coran à son sujet et au sujet de son mari, vint trouver le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — alors qu'il était assis dans la mosquée près de la Ka'ba, avec Abû Bakr al-Siddîq. Elle tenait dans sa main un caillou 10. Lorsqu'elle s'arrêta devant eux, Dieu retira sa vue du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et elle ne vit qu'Abû Bakr. Elle dit : « Ô Abû Bakr, où est ton compagnon ? Il m'est parvenu qu'il me satirise. Par Dieu, si je le trouvais, je frapperais sa bouche avec ce caillou. Par Dieu, je suis poétesse ! » Puis elle dit 11 : « Mudhammam 12, nous lui avons désobéi, son ordre nous avons refusé, et sa religion nous avons haï. » Puis elle s'en alla. Abû Bakr dit : « Ô Messager de Dieu, ne l'as-tu pas vue te voir ? » Il dit : « Elle ne m'a pas vu. Dieu a retiré sa vue de moi. » Ibn Hishâm dit : Son expression « wa dînahu qalaynâ » vient d'autre qu'Ibn Ishâq. Ibn Ishâq dit : Les Quraysh appelaient le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — « Mudhammam », puis ils l'insultaient. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — disait : « Ne vous étonnez-vous pas de ce que Dieu détourne 13 de moi le tort des Quraysh ? Ils insultent et satirisent Mudhammam, alors que je suis Muhammad. » (Récit de ce par quoi Umayya ibn Khalaf tourmentait le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue) : Umayya ibn Khalaf ibn Wahb ibn Hudhâfa ibn Jumah, lorsqu'il voyait le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — le dénigrait et le calomniait. Dieu — exalté soit-Il — révéla à son sujet : « Malheur à tout calomniateur diffamateur, qui amasse une fortune et la compte, pensant que sa fortune l'immortalisera. Mais non ! Il sera précipité dans la Hutama. Et qui te fera savoir ce qu'est la Hutama ? C'est le Feu d'Allah allumé, qui monte jusqu'aux cœurs. Il sera sur eux fermé, en colonnes étendues » (Sourate 104, versets 1-9). Ibn Hishâm dit : Al-humaza est celui qui insulte l'homme ouvertement, plisse les yeux sur lui et le dénigre. Hassân ibn Thâbit dit : « Je t'ai dénigré, et tu t'es humilié par bassesse d'âme, avec une rime qui brûle comme une flamme 14. » Ce vers fait partie d'un poème de lui. Son pluriel est hamazât. Al-lumaza est celui qui blâme les gens en secret et leur nuit. Ru'ba ibn al-'Ajjâj dit : « À l'ombre de mon temps, mon mensonge et mon blâme 15. » Ce vers fait partie d'une urjûza de lui. Son pluriel est lamazât. (Ce par quoi al-'Âsî tourmentait le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et ce qui fut révélé à son sujet) : Ibn Ishâq dit : Al-'Âsî ibn Wâ'il al-Sahmî. Khabbâb ibn al-Aratt, compagnon du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — était forgeron à La Mecque, fabriquant des épées. Il avait vendu à al-'Âsî ibn Wâ'il des épées qu'il avait fabriquées pour lui, jusqu'à ce qu'il eût une créance sur lui. Il vint le réclamer. Al-'Âsî lui dit : « Ô Khabbâb, ton compagnon Muhammad ne prétend-il pas que dans le Paradis il y a ce que ses habitants désirent en or, argent, vêtements ou serviteurs ? » Khabbâb dit : « Si. » Il dit : « Alors, accorde-moi un délai jusqu'au Jour de la Résurrection, ô Khabbâb, jusqu'à ce que je retourne dans cette Demeure et que je te règle là-bas ton dû. Par Dieu, toi et ton compagnon 16, ô Khabbâb, ne serez pas plus considérés auprès de Dieu que moi, ni n'aurez une plus grande part dans cela. » Dieu — exalté soit-Il — révéla à son sujet : « As-tu vu celui qui a mécru en Nos signes et a dit : 'On me donnera certes des biens et des enfants' ? A-t-il sondé l'Inconnaissable ? » (Sourate 19, versets 77-78) jusqu'à Sa parole : « Et Nous hériterons de ce qu'il dit, et il viendra à Nous seul » (Sourate 19, verset 80). (Ce par quoi Abû Jahl tourmentait le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et ce qui fut révélé à son sujet) : Abû Jahl ibn Hishâm rencontra le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — selon ce qui m'est parvenu, et lui dit : « Par Dieu, ô Muhammad, tu cesseras d'insulter nos divinités, ou bien nous insulterons ton Dieu que tu adores. » Dieu — exalté soit-Il — révéla à son sujet : « N'insultez pas ceux qu'ils invoquent en dehors de Dieu, car ils insulteraient Dieu par hostilité et sans science » (Sourate 6, verset 108). Il m'est parvenu que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — cessa d'insulter leurs divinités et se mit à les appeler à Dieu. (Ce par quoi al-Nadr tourmentait le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et ce qui fut révélé à son sujet) :
Al-Naḍr ibn al-Ḥārith ibn ʿAlqama 17 ibn Kalada ibn ʿAbd Manāf ibn ʿAbd al-Dār ibn Quṣayy, lorsque le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) s'asseyait dans une assemblée, y appelait à Dieu Très-Haut, récitait le Coran et mettait en garde Quraysh contre ce qui était arrivé aux nations anciennes, il prenait sa place après son départ, leur racontait des histoires sur Rustam le Sindīd 18, sur Isfandiyār 19 et les rois de Perse, puis disait : « Par Dieu, Muḥammad n'a pas un récit plus beau que le mien ; son récit n'est que légendes des Anciens 20, qu'il a écrites comme je les ai écrites. » Dieu révéla à son sujet : « Et ils disent : "Légendes des Anciens qu'il a écrites : elles lui sont dictées matin et soir." Dis : "L'a fait descendre Celui qui connaît le secret dans les cieux et la terre. Il est Pardonneur et Miséricordieux." » (Coran 25:5-6). Et il fut révélé à son sujet : « Quand Nos versets lui sont récités, il dit : "Légendes des Anciens." » (Coran 68:15). Et il fut révélé à son sujet : « Malheur à tout calomniateur pécheur qui entend les versets de Dieu qu'on lui récite, puis persiste dans son orgueil, comme s'il ne les avait pas entendus » (Coran 45:7-8) « comme s'il y avait une lourdeur dans ses oreilles ; annonce-lui donc un châtiment douloureux » (Coran 31:7). Ibn Hishām dit : « Al-afāk 21 : le menteur. » Et dans le Livre de Dieu Très-Haut : « N'est-ce pas que, par leur mensonge, ils disent : "Dieu a engendré" ? Et ils sont menteurs. » (Coran 37:151-152). Ru'ba 22 (ibn al-ʿAjjāj) a dit : « Quel homme a menti en disant un mensonge ? » Ce vers fait partie d'une urjūza 23 de lui. Ibn Isḥāq dit : Un jour, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) était assis – d'après ce qui m'est parvenu – avec al-Walīd ibn al-Mughīra dans la mosquée. Al-Naḍr ibn al-Ḥārith vint s'asseoir avec eux dans l'assemblée, où se trouvaient plusieurs hommes de Quraysh. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) parla, mais al-Naḍr ibn al-Ḥārith l'interrompit. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui parla jusqu'à le réduire au silence, puis récita à lui et à eux : « Vous et ce que vous adorez en dehors de Dieu, vous êtes le combustible de l'Enfer ; vous y entrerez. Si ceux-ci étaient des divinités, ils n'y entreraient pas ; et tous y demeureront éternellement. Ils y pousseront des gémissements et n'y entendront rien. » (Coran 21:98-100). Ibn Hishām dit : « Ḥaṣab de l'Enfer : tout ce qui sert à l'alimenter. » Abū Dhu'ayb al-Hudhalī, dont le nom est Khuwaylid ibn Khālid, a dit : « Éteins, n'allume pas, et ne sois pas un tisonnier 24 pour le feu des ennemis, de peur que ses étincelles ne volent. » Ce vers fait partie de ses poèmes. On rapporte aussi « ne sois pas un miḥḍa' 25 ». Le poète a dit : « J'ai attisé pour lui mon feu, il en a vu la lumière ; sans l'attisement du feu, il n'aurait pas été guidé. » (Propos d'Ibn al-Zibaʿrā et ce que Dieu révéla à son sujet) : Ibn Isḥāq dit : Puis le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) se leva, et ʿAbd Allāh ibn al-Zibaʿrā al-Sahmī vint s'asseoir. Al-Walīd ibn al-Mughīra dit à ʿAbd Allāh ibn al-Zibaʿrā : « Par Dieu, al-Naḍr ibn al-Ḥārith ne s'est pas levé pour Ibn ʿAbd al-Muṭṭalib tout à l'heure et ne s'est pas assis ; or Muḥammad a prétendu que nous et ce que nous adorons comme divinités sommes le combustible de l'Enfer. » ʿAbd Allāh ibn al-Zibaʿrā dit : « Par Dieu, si je l'avais trouvé, je l'aurais vaincu. Demandez à Muḥammad : tout ce qui est adoré en dehors de Dieu est-il en Enfer avec ceux qui l'adorent ? Car nous adorons les anges, les Juifs adorent ʿUzayr 26, et les chrétiens adorent Jésus fils de Marie (que la paix soit sur eux). » Al-Walīd et ceux qui étaient avec lui dans l'assemblée furent étonnés des paroles de ʿAbd Allāh ibn al-Zibaʿrā, et ils pensèrent qu'il avait argumenté et vaincu. On rapporta au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) les paroles d'Ibn al-Zibaʿrā. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Quiconque a aimé être adoré en dehors de Dieu est avec celui qui l'adore ; ils n'adorent que les démons et ceux qui leur ont ordonné de les adorer. » Dieu Très-Haut révéla alors à son sujet : « Ceux à qui Nous avons promis le bien, voilà ceux qui en seront écartés. Ils n'en entendront pas le sifflement, et ils demeureront éternellement dans ce que leurs âmes désirent. » (Coran 21:101-102) – c'est-à-dire Jésus fils de Marie, ʿUzayr, et ceux qui ont été adorés parmi les rabbins et les moines qui ont persévéré dans l'obéissance à Dieu, mais que les égarés ont pris pour seigneurs en dehors de Dieu. Et il fut révélé au sujet de ce qu'ils mentionnent, qu'ils adorent les anges et qu'ils sont les filles de Dieu : « Et ils disent : "Le Tout Miséricordieux s'est donné un enfant." Gloire à Lui ! Ce sont plutôt des serviteurs honorés. Ils ne devancent pas Sa parole et agissent par Son ordre. » (Coran 21:26-27) jusqu'à Sa parole : « Et quiconque parmi eux dirait : "Je suis une divinité en dehors de Lui", celui-là, Nous le rétribuerons par l'Enfer. Ainsi rétribuons-Nous les injustes. » (Coran 21:29). Et il fut révélé au sujet de ce qui a été mentionné concernant Jésus fils de Marie, qu'il est adoré en dehors de Dieu, et de l'étonnement d'al-Walīd et de ceux qui étaient présents devant son argument et sa contestation : « Et quand on cite l'exemple du fils de Marie, voilà que ton peuple s'en détourne » (Coran 43:57) – c'est-à-dire qu'ils se détournent de ton ordre à cause de cela, de par leurs paroles. Puis Il mentionna Jésus fils de Marie et dit : « Il n'est qu'un serviteur que Nous avons comblé de bienfaits et que Nous avons fait un exemple pour les enfants d'Israël. Et si Nous voulions, Nous ferions de vous des anges sur terre qui vous succéderaient. Et il est un signe pour l'Heure ; n'en doutez donc pas et suivez-Moi : voilà un chemin droit. » (Coran 43:59-61) – c'est-à-dire les signes que J'ai placés entre ses mains : la résurrection des morts et la guérison des maladies ; cela suffit comme preuve de la connaissance de l'Heure. Il dit : « N'en doutez donc pas et suivez-Moi : voilà un chemin droit. » (Coran 43:61). (Al-Akhnas ibn Sharīq et ce que Dieu révéla à son sujet) : (Ibn Isḥāq dit) : Al-Akhnas ibn Sharīq ibn ʿAmr ibn Wahb al-Thaqafī, allié des Banū Zuhra, était parmi les nobles du peuple et l'un de ceux dont on écoutait l'avis. Il s'en prenait au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et lui répondait. Dieu Très-Haut révéla à son sujet : « Et n'obéis à aucun grand jureur, méprisable, diffamateur, grand colporteur de médisance » (Coran 68:10-11) jusqu'à Sa parole : « au bâtard 27 » (Coran 68:13). Il n'a pas dit « bâtard » pour un défaut de naissance, car Dieu ne blâme personne pour sa naissance, mais Il a ainsi confirmé sa description pour qu'il soit reconnu. Al-zanīm 28 : celui qui est annexé au peuple. Al-Khaṭīm al-Tamīmī a dit à l'époque préislamique : « Un bâtard que les hommes appellent en surnombre, comme on ajoute les pattes à la largeur du cuir. » (Al-Walīd ibn al-Mughīra et ce que Dieu Très-Haut révéla à son sujet) : Al-Walīd ibn al-Mughīra dit : « Est-ce que le Coran serait révélé à Muḥammad et moi je serais laissé de côté, alors que je suis le grand de Quraysh et son seigneur ? Et Abū Masʿūd ʿAmr ibn ʿUmayr al-Thaqafī, le seigneur de Thaqīf, serait laissé de côté, alors que nous sommes les deux grands des deux cités ? » Dieu Très-Haut révéla à son sujet, d'après ce qui m'est parvenu : « Et ils disent : "Pourquoi ce Coran n'a-t-il pas été révélé à un homme important des deux cités ?" » (Coran 43:31) jusqu'à Sa parole : « de ce qu'ils amassent » (Coran 43:32). (Ubayy ibn Khalaf et ʿUqba ibn Abī Muʿayṭ, et ce que Dieu révéla à leur sujet) : Ubayy ibn Khalaf ibn Wahb ibn Ḥudhāfa ibn Jumaḥ et ʿUqba ibn Abī Muʿayṭ étaient deux amis intimes, liés par une forte amitié. ʿUqba s'était assis auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et l'avait écouté. Ubayy en fut informé, vint trouver ʿUqba et lui dit : « N'ai-je pas appris que tu t'es assis avec Muḥammad et que tu l'as écouté ? Que mon visage soit interdit à ton visage 29 si je te parle ! » Et il fit un serment solennel : « Si tu t'assieds avec lui ou l'écoutes, ou si tu ne vas pas lui cracher au visage. » L'ennemi de Dieu, ʿUqba ibn Abī Muʿayṭ – que Dieu le maudisse – fit cela. Dieu Très-Haut révéla à leur sujet : « Et le jour où l'injuste se mordra les mains, disant : "Hélas ! Si seulement j'avais suivi le chemin avec le Messager !" » (Coran 25:27) jusqu'à Sa parole : « pour l'homme, un abandonneur » (Coran 25:29). Ubayy ibn Khalaf vint trouver le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avec un os pourri et émietté 30, et dit : « Ô Muḥammad, tu prétends que Dieu ressuscitera ceci après qu'il sera devenu poussière 31 ? » Puis il l'émietta.
Dans sa main 32, puis il le souffla dans le vent vers le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui. Le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, dit : « Oui, je dis cela : Allah vous ressuscitera, toi et lui, après que vous serez devenus ainsi, puis Il te fera entrer dans le Feu. » Alors Allah Très-Haut révéla à son sujet : « Il Nous cite un exemple et oublie sa propre création ; il dit : “Qui redonnera vie aux ossements devenus poussière ?” Dis : “Celui qui les a créés une première fois leur redonnera vie, et Il connaît parfaitement toute création, Lui qui, pour vous, a fait du bois vert un feu, et voilà que vous en allumez.” » [36:78-80]. (Cause de la révélation de la sourate « Dis : “Ô vous les mécréants” ») Le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, fut interpellé alors qu'il tournait autour de la Kaaba – selon ce qui m'est parvenu – par al-Aswad ibn al-Muttalib ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ, al-Walîd ibn al-Mughîra, Umayya ibn Khalaf et al-'Âs ibn Wâ'il as-Sahmî, qui étaient des notables âgés dans leur peuple. Ils dirent : « Ô Muhammad, viens, adorons ce que tu adores, et adore ce que nous adorons ; ainsi nous partagerons, toi et nous, l'affaire. Si ce que tu adores est meilleur que ce que nous adorons, nous aurons pris notre part de cela ; et si ce que nous adorons est meilleur que ce que tu adores, tu auras pris ta part de cela. » Alors Allah Très-Haut révéla à leur sujet : « Dis : “Ô vous les mécréants, je n'adore pas ce que vous adorez, et vous n'êtes pas adorateurs de ce que j'adore ; et je ne suis pas adorateur de ce que vous avez adoré, et vous n'êtes pas adorateurs de ce que j'adore. À vous votre religion, et à moi ma religion.” » [109:1-6] C'est-à-dire : si vous n'adorez qu'Allah, à moins que je n'adore ce que vous adorez, je n'ai nul besoin de cela de votre part. À vous votre religion à tous, et à moi ma religion. (Abû Jahl et ce qu'Allah a révélé à son sujet) Quant à Abû Jahl ibn Hishâm, lorsque Allah, Puissant et Majestueux, mentionna l'arbre de Zaqqûm 33 pour les effrayer, il dit : « Ô gens de Quraysh, savez-vous ce qu'est l'arbre de Zaqqûm dont Muhammad vous menace ? » Ils dirent : « Non. » Il dit : « C'est des dattes de Yathrib avec du beurre. Par Allah, si nous en obtenons, nous l'avalerons goulûment 34. » Alors Allah Très-Haut révéla à son sujet : « L'arbre de Zaqqûm est la nourriture du pécheur, comme du métal en fusion qui bout dans les ventres, comme l'ébullition de l'eau bouillante. » [44:43-46] C'est-à-dire : ce n'est pas comme il le dit. Ibn Hishâm dit : « Al-Muhl 35 : toute chose que l'on fait fondre, comme le cuivre, le plomb ou ce qui y ressemble, d'après ce que m'a rapporté Abû 'Ubayda. » (Comment Ibn Mas'ûd a interprété « al-muhl ») Il nous est parvenu d'al-Hasan (al-Basrî) 36 qu'il a dit : « 'Abdullah ibn Mas'ûd était gouverneur pour 'Umar ibn al-Khattâb du Trésor public de Kûfa. Un jour, il ordonna de faire fondre de l'argent, qui prit différentes couleurs. Il dit : “Y a-t-il quelqu'un à la porte ?” On répondit : “Oui.” Il dit : “Faites-les entrer.” On les fit entrer, et il dit : “La chose la plus proche que vous puissiez voir ressemblant à al-muhl est ceci 37.” » Et le poète dit : « Mon Seigneur lui donne à boire l'eau bouillante d'al-muhl, qu'il avale par gorgées, brûlant les visages, et dans son ventre, c'est de la chaleur ardente 38. » On dit aussi qu'al-muhl est le pus du corps. (Témoignage dans l'interprétation d'« al-muhl » par une parole d'Abû Bakr) Il nous est parvenu qu'Abû Bakr as-Siddîq, qu'Allah l'agrée, à l'agonie, ordonna de laver deux vêtements usés pour en faire son linceul. 'Â'isha lui dit : « Ô père, Allah t'a dispensé de ces deux vêtements ; achète un linceul. » Il dit : « Ce n'est qu'un instant avant qu'il ne devienne al-muhl. » Le poète dit : « Il a mêlé à l'eau un al-muhl répugnant, puis il a abreuvé les dos après l'abreuvement 39. » Ibn Ishâq dit : « Alors Allah Très-Haut révéla à son sujet : “Et l'arbre maudit dans le Coran. Nous les effrayons, mais cela ne fait qu'augmenter leur grande rébellion.” » [17:60] (Ibn Umm Maktûm et la révélation de la sourate « 'Abasa ») Al-Walîd ibn al-Mughîra s'arrêta avec le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, alors que le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, lui parlait, espérant son embrassement de l'Islam. Pendant qu'il était ainsi, Ibn Umm Maktûm passa par là...
- shi'b : Ravin ou vallée étroite ; désigne ici le ravin d'Abû Tâlib, où les Banû Hâshim s'étaient retirés lors du boycott.
- fīhi : Pronom suffixe se rapportant au blé ; la phrase signifie qu'elle lui avait envoyé chercher ce blé.
- mubādiyan : Participe actif de bādā, 'se montrer ouvertement' ; signifie qu'il proclamait l'ordre de Dieu publiquement.
- hālū baynahum : Ils s'interposèrent entre eux (les Quraysh) et ce qu'ils voulaient.
- Umm Jamīl : Surnom de la femme d'Abû Lahab, signifiant 'mère de Jamîl' ; son vrai nom était Arwā bint Harb.
- masad : Fibres de palmier ou corde tressée à partir d'une plante spécifique ; désigne une corde solide.
- jīd : Cou ; terme poétique pour désigner le cou gracile.
- asīl : Qui a une belle forme, gracile ; se dit du cou.
- bāziluhā : Sa chamelle ; bāzil désigne une chamelle qui a atteint l'âge de neuf ans.
- fihr : Pierre ou caillou ; peut aussi désigner un morceau de roche.
- qālat : Elle dit ; le texte arabe donne les vers qu'elle a prononcés.
- Mudhammam : Déformation péjorative du nom Muhammad, signifiant 'le blâmé' ; les Quraysh l'utilisaient pour insulter le Prophète.
- yasrifu : Il détourne ; Dieu détourne le tort des Quraysh du Prophète.
- shuwāẓ : Flamme ou chaleur intense ; métaphore pour une satire cinglante.
- lamzī : Mon blâme ; lamz signifie blâmer ou critiquer en secret.
- sāḥibuka : Ton compagnon ; désigne le Prophète Muhammad.
- al-Naḍr ibn al-Ḥārith : Un des chefs de Quraysh, opposant notoire du Prophète, connu pour raconter des histoires persanes pour contrer le Coran.
- Rustam al-Sindīd : Rustam, héros légendaire perse, qualifié de 'sindīd' (puissant, illustre).
- Isfandiyār : Prince et héros de l'épopée perse, fils de Gushtasp.
- asāṭīr al-awwalīn : Légendes des Anciens ; expression coranique désignant des récits fabuleux sans fondement.
- al-afāk : Le menteur, le calomniateur ; dérivé de 'ifk' (mensonge).
- Ru'ba : Poète de l'époque omeyyade, connu pour ses urjūzas (poèmes en mètre rajaz).
- urjūza : Poème composé en mètre rajaz, souvent didactique ou narratif.
- miḥḍa' : Tisonnier ; instrument pour attiser le feu.
- miḥḍa' : Variante orthographique de miḥḍa' (tisonnier).
- ʿUzayr : Personnage biblique souvent identifié à Esdras, que certains Juifs auraient divinisé selon la tradition islamique.
- zanīm : Bâtard, intrus ; personne de naissance illégitime ou annexée à une tribu.
- al-zanīm : Celui qui est annexé au peuple, sans lien de sang.
- wajhī min wajhika ḥarām : Serment signifiant 'je te renie' ou 'je ne te parlerai plus'.
- irfatt : Devenir émietté, pourri (en parlant d'un os).
- aramma : Devenir poussière, se désagréger complètement.
- fī yadihi : Dans sa main : référence à un geste ou un objet tenu en main, selon le contexte du récit.
- Zaqqūm : Arbre maudit mentionné dans le Coran, dont les fruits sont la nourriture des damnés en Enfer.
- natazaqqamannahā : Nous l'avalerons goulûment : verbe exprimant l'action d'avaler avec avidité, en référence à la consommation des fruits de l'arbre de Zaqqûm.
- al-muhl : Métal en fusion, ou toute substance fondue comme le cuivre, le plomb, etc. ; utilisé dans le Coran pour décrire le châtiment des damnés.
- al-Hasan (al-Basrī) : Al-Hasan al-Basrî : célèbre savant et ascète musulman de la génération des Successeurs, mort en 110 H.
- lahadhā : Ceci : désigne l'argent fondu, pris comme exemple de ce à quoi ressemble al-muhl.
- ṣiharu : Chaleur ardente, brûlure interne ; terme poétique décrivant la souffrance causée par la boisson infernale.
- al-muhl : Même terme que précédemment, désignant le métal en fusion ou le pus, selon les interprétations.
Mention de ceux qui revinrent du pays d’Abyssinie lorsqu’ils apprirent l’islam des habitants de La Mecque.
Ibn Umm Maktūm l'aveugle vint parler au Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, et lui demanda de lui réciter le Coran. Cela pesa au Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, jusqu'à l'importuner, car cela le détournait de ce qu'il faisait avec al-Walīd et de l'espoir qu'il avait de sa conversion. Lorsqu'il insista, il se détourna de lui en fronçant les sourcils et le laissa. Allāh, le Très-Haut, révéla alors à son sujet : « Il a froncé les sourcils et s'est détourné parce que l'aveugle est venu à lui » 1 (Coran 80:1-2) jusqu'à Sa parole : « dans des feuillets honorés, élevés, purifiés » 2 (Coran 80:13-14), c'est-à-dire : Je ne t'ai envoyé qu'en annonciateur et avertisseur, Je ne t'ai pas réservé à certains plutôt qu'à d'autres ; ne le repousse donc pas de celui qui le recherche, et ne te consacre pas à celui qui ne le veut pas. Ibn Hishām dit : Ibn Umm Maktūm est l'un des Banū 'Āmir ibn Lu'ayy ; son nom est 'Abd Allāh, et on dit aussi 'Amr. **Mention de ceux qui revinrent du pays d'Abyssinie lorsqu'ils apprirent la conversion des habitants de La Mecque** **(Cause du retour des émigrants d'Abyssinie)** : Ibn Ishāq dit : La nouvelle de la conversion des habitants de La Mecque parvint aux compagnons du Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, qui étaient partis au pays d'Abyssinie. Ils revinrent donc à cause de ce qu'ils avaient appris. Lorsqu'ils approchèrent de La Mecque, ils apprirent que ce qu'ils avaient entendu sur la conversion des habitants de La Mecque était faux. Aucun d'eux n'entra donc sans protection ou en se cachant. **(Ceux qui revinrent des Banū 'Abd Shams et de leurs alliés)** : Parmi ceux qui arrivèrent à La Mecque et y restèrent jusqu'à l'émigration à Médine, puis participèrent avec lui à Badr (et à Uhud), et ceux qui en furent empêchés jusqu'à manquer Badr et autres, et ceux qui moururent à La Mecque, des Banū 'Abd Shams ibn 'Abd Manāf ibn Quṣayy : 'Uthmān ibn 'Affān ibn Abī al-'Āṣ ibn Umayya ibn 'Abd Shams, avec son épouse Ruqayya, fille du Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui ; Abū Hudhayfa ibn 'Utba ibn Rabī'a ibn 'Abd Shams, avec son épouse Sahla bint Suhayl (ibn 'Amr). Et parmi leurs alliés : 'Abd Allāh ibn Jahsh ibn Ri'āb. **(Ceux qui revinrent des Banū Nawfal)** : Et des Banū Nawfal ibn 'Abd Manāf : 'Utba ibn Ghazwān, un allié à eux, de Qays (ibn) 'Aylān. **(Ceux qui revinrent des Banū Asad)** : Et des Banū Asad ibn 'Abd al-'Uzzā ibn Quṣayy : al-Zubayr ibn al-'Awwām ibn Khuwaylid ibn Asad. **(Ceux qui revinrent des Banū 'Abd al-Dār)** : Et des Banū 'Abd al-Dār ibn Quṣayy : Muṣ'ab ibn 'Umayr ibn Hāshim ibn 'Abd Manāf (ibn 'Abd al-Dār) ; Suwaybiṭ ibn Sa'd ibn Ḥarmala. **(Ceux qui revinrent des Banū 'Abd ibn Quṣayy)** : Et des Banū 'Abd ibn Quṣayy : Ṭulayb ibn 'Umayr ibn Wahb ibn 'Abd. Et des Banū Zuhra ibn Kilāb : 'Abd al-Raḥmān ibn 'Awf ibn 'Abd 'Awf ibn 'Abd (ibn) al-Ḥārith ibn Zuhra ; al-Miqdād ibn 'Amr, un allié à eux ; 'Abd Allāh ibn Mas'ūd, un allié à eux. **(Ceux qui revinrent des Banū Makhzūm et de leurs alliés)** : Et des Banū Makhzūm ibn Yaqaẓa : Abū Salama ibn 'Abd al-Asad ibn Hilāl ibn 'Abd Allāh ibn 'Amr ibn Makhzūm, avec son épouse Umm Salama bint Abī Umayya ibn al-Mughīra ; Shammās ibn 'Uthmān ibn al-Sharīd ibn Suwayd ibn Harmī ibn 'Āmir ibn Makhzūm ; Salama ibn Hishām ibn al-Mughīra, retenu par son oncle à La Mecque, ne vint qu'après Badr, Uhud et al-Khandaq ; 'Ayyāsh ibn Abī Rabī'a ibn al-Mughīra, émigra avec lui à Médine, mais ses deux frères utérins, Abū Jahl ibn Hishām et al-Ḥārith ibn Hishām, le rejoignirent et le ramenèrent à La Mecque, où ils le retinrent jusqu'après Badr, Uhud et al-Khandaq. Et parmi leurs alliés : 'Ammār ibn Yāsir, on doute s'il était parti en Abyssinie ou non ; Mu'attib ibn 'Awf ibn 'Āmir, de Khuzā'a. **(Ceux qui revinrent des Banū Jumaḥ)** : Et des Banū Jumaḥ ibn 'Amr ibn Huṣayṣ ibn Ka'b : 'Uthmān ibn Maẓ'ūn ibn Ḥabīb ibn Wahb ibn Ḥudhāfa ibn Jumaḥ ; son fils al-Sā'ib ibn 'Uthmān ; Qudāma ibn Maẓ'ūn ; 'Abd Allāh ibn Maẓ'ūn. **(Ceux qui revinrent des Banū Sahm)** : Et des Banū Sahm ibn 'Amr ibn Huṣayṣ ibn Ka'b : Khunays ibn Ḥudhāfa ibn Qays ibn 'Adī ; Hishām ibn al-'Āṣ ibn Wā'il, retenu à La Mecque après l'émigration du Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, à Médine, jusqu'à ce qu'il vienne après Badr, Uhud et al-Khandaq. **(Ceux qui revinrent des Banū 'Adī)** : Et des Banū 'Adī ibn Ka'b : 'Āmir ibn Rabī'a, un allié à eux, avec son épouse Laylā bint Abī Ḥathma (ibn Ḥudhāfa) ibn Ghānim. **(Ceux qui revinrent des Banū 'Āmir et de leurs alliés)** : Et des Banū 'Āmir ibn Lu'ayy : 'Abd Allāh ibn Makhrama ibn 'Abd al-'Uzzā ibn Abī Qays ; 'Abd Allāh ibn Suhayl ibn 'Amr, qui fut retenu loin du Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, lorsqu'il émigra à Médine, jusqu'au jour de Badr, où il se rangea du côté des polythéistes vers le Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, et participa avec lui à Badr ; Abū Sabra ibn Abī Ruhm ibn 'Abd al-'Uzzā, avec son épouse Umm Kulthūm bint Suhayl ibn 'Amr ; al-Sakrān ibn 'Amr ibn 'Abd Shams, avec son épouse Sawda bint Zam'a ibn Qays, mourut à La Mecque avant l'émigration du Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, à Médine, et le Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, épousa son épouse Sawda bint Zam'a. Et parmi leurs alliés : Sa'd ibn Khawla. **(Ceux qui revinrent des Banū al-Ḥārith)** : Et des Banū al-Ḥārith ibn Fihr : Abū 'Ubayda ibn al-Jarrāḥ, qui est 'Āmir ibn 'Abd Allāh ibn al-Jarrāḥ ; 'Amr ibn al-Ḥārith ibn Zuhayr ibn Abī Shaddād ; Suhayl ibn Bayḍā', qui est Suhayl ibn Wahb ibn Rabī'a ibn Hilāl ; 'Amr ibn Abī Sarḥ ibn Rabī'a ibn Hilāl. **(Nombre de ceux qui revinrent d'Abyssinie, et ceux d'entre eux qui entrèrent sous protection)** : Le total de ceux qui arrivèrent à La Mecque parmi ses compagnons du pays d'Abyssinie fut de trente-trois hommes. Ceux d'entre eux qui entrèrent sous protection, parmi ceux qui nous ont été nommés : 'Uthmān ibn Maẓ'ūn ibn Ḥabīb al-Jumaḥī, entra sous la protection d'al-Walīd ibn al-Mughīra ; Abū Salama ibn 'Abd al-Asad ibn Hilāl ibn 'Abd Allāh ibn 'Umar ibn Makhzūm, entra sous la protection d'Abū Ṭālib ibn 'Abd al-Muṭṭalib, qui était son oncle maternel. La mère d'Abū Salama était Barra bint 'Abd al-Muṭṭalib.
- ʿAbasa wa-tawallā : Premiers versets de la sourate 80 du Coran, révélés à propos de l'incident avec Ibn Umm Maktūm.
- fī ṣuḥufin mukarramatin, marfūʿatin muṭahharatin : Versets 13-14 de la sourate 80, décrivant la noblesse et la pureté des feuillets coraniques.
L'histoire de 'Uthmân ibn Maz'ûn [1] lorsqu'il refusa la protection d'al-Walîd [2].
L'histoire de 'Uthmân ibn Maẓ'ûn dans le rejet de la protection d'al-Walîd (Sa souffrance pour ce qui arrivait à ses frères en Dieu, et ce qui lui arriva dans l'assemblée de Labîd) : Ibn Ishâq a dit : Quant à 'Uthmân ibn Maẓ'ûn, Sâlih ibn Ibrâhîm ibn 'Abd ar-Rahmân ibn 'Awf m'a rapporté d'après quelqu'un qui le tenait de 'Uthmân, il a dit : Lorsque 'Uthmân ibn Maẓ'ûn vit ce que subissaient les compagnons du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) comme épreuves, tandis que lui-même allait et venait en sécurité sous la protection d'al-Walîd ibn al-Mughîra, il dit : « Par Dieu, le fait que j'aille et vienne en sécurité grâce à la protection d'un homme parmi les associateurs, alors que mes compagnons et les gens de ma religion subissent pour Dieu des épreuves et des tourments qui ne m'atteignent pas, est une grande perte pour moi-même. » Il se rendit donc chez al-Walîd ibn al-Mughîra et lui dit : « Ô Abâ 'Abd Shams, ta promesse est remplie, je te rends ta protection. » Al-Walîd lui dit : « Pourquoi, ô mon neveu ? Peut-être que quelqu'un de mon peuple t'a offensé ? » Il répondit : « Non, mais je me contente de la protection de Dieu, et je ne veux pas chercher protection auprès d'un autre que Lui. » Al-Walîd dit : « Va à la mosquée et rends-moi ma protection publiquement, comme je te l'ai accordée publiquement. » Ils partirent donc jusqu'à la mosquée, et al-Walîd dit : « Voici 'Uthmân qui vient me rendre ma protection. » 'Uthmân dit : « Il a dit vrai. Je l'ai trouvé fidèle et généreux dans sa protection, mais j'ai souhaité ne pas chercher protection auprès d'autre que Dieu. Je lui ai donc rendu sa protection. » Puis 'Uthmân s'en alla. Labîd ibn Rabî'a ibn Mâlik ibn Ja'far ibn Kilâb se trouvait dans une assemblée de Quraysh, en train de leur réciter des vers. 'Uthmân s'assit avec eux, et Labîd dit : « Tout ce qui n'est pas Dieu est vain, n'est-ce pas ? » 'Uthmân dit : « Tu as dit vrai. » Labîd 1 dit : « Et tout bienfait, inévitablement, disparaît. » 'Uthmân dit : « Tu mens, le bienfait du Paradis ne disparaît pas. » Labîd ibn Rabî'a dit : « Ô assemblée de Quraysh, par Dieu, votre compagnon n'était pas offensé auparavant. Quand cela est-il apparu parmi vous ? » Un homme du groupe dit : « Celui-ci est un insensé parmi d'autres insensés avec lui, ils ont abandonné notre religion. Ne prends pas mal ses paroles. » 'Uthmân lui répondit jusqu'à ce que leur affaire s'envenime, et cet homme se leva et frappa son œil, le rendant noir.
- Labîd : Labîd ibn Rabî'a, poète arabe préislamique célèbre, auteur de l'un des poèmes suspendus (Mu'allaqât).
L'histoire d'Abou Salama [1] - qu'Allah l'agrée - concernant sa protection [2].
Al-Walîd ibn al-Mughîra, un proche, voyait ce qui était arrivé à ‘Uthmân. Il dit : « Par Allah, ô fils de mon frère, ton œil 1 se serait bien passé de ce qui l’a frappé ; tu étais sous une protection invincible. » ‘Uthmân répondit : « Non, par Allah, mon œil sain a bien besoin de ce qui est arrivé à sa sœur pour Allah, et je suis sous la protection de Quelqu’un de plus puissant et de plus capable que toi, ô Abû ‘Abd Shams. » Al-Walîd lui dit : « Viens, ô fils de mon frère, si tu veux, retourne à ta protection. » Il dit : « Non. » Histoire d’Abû Salama, qu’Allah l’agrée, au sujet de sa protection (L’agacement des associateurs envers Abû Tâlib à cause de sa protection, la défense d’Abû Lahab, et le poème d’Abû Tâlib à ce sujet) Ibn Ishâq dit : Quant à Abû Salama ibn ‘Abd al-Asad, mon père Ishâq ibn Yasâr m’a raconté d’après Salama ibn ‘Abd Allah ibn ‘Umar ibn Abî Salama qu’il lui a rapporté : Lorsqu’Abû Salama demanda protection à Abû Tâlib, des hommes des Banû Makhzûm vinrent à lui et lui dirent : « Ô Abû Tâlib, tu nous as empêchés d’atteindre ton neveu Muhammad ; qu’as-tu à faire avec notre compagnon pour nous l’interdire ? » Il dit : « Il a demandé ma protection, et c’est le fils de ma sœur ; si je ne protège pas le fils de ma sœur, je ne protégerai pas le fils de mon frère. » Alors Abû Lahab se leva et dit : « Ô assemblée de Quraysh, par Allah, vous avez trop importuné ce vieillard ; vous ne cessez de l’assaillir 2 à cause de sa protection, parmi son propre peuple. Par Allah, si vous n’arrêtez pas, je me tiendrai avec lui dans tout ce qu’il entreprend, jusqu’à ce qu’il atteigne son but. » Ils dirent : « Nous nous détournons de ce qui te déplaît, ô Abû ‘Utba. » Or il était pour eux un allié et un soutien contre le Messager d’Allah, paix et salut sur lui. Ils restèrent sur cette position. Abû Tâlib conçut de l’espoir en l’entendant dire ce qu’il disait, et espéra qu’il se tiendrait avec lui dans l’affaire du Messager d’Allah, paix et salut sur lui. Alors Abû Tâlib composa un poème pour inciter Abû Lahab à le soutenir, lui et le Messager d’Allah, paix et salut sur lui : « Et tout homme dont l’oncle est Abû ‘Utayba 3 est dans un jardin où il ne subit aucune injustice. Je lui dis – et où est mon conseil pour lui ? – : Ô Abû Mu‘tib 4, affermis ton cœur en te levant. »
- عَيْن : Littéralement « œil » ; il s’agit de l’œil de ‘Uthmân, qui avait été blessé lors de l’émigration.
- تَوَثَّبُونَ : Littéralement « sauter sur », au sens figuré « assaillir, importuner ».
- أَبُو عُتَيْبَةَ : Surnom d’Abû Lahab, signifiant « père de ‘Utayba ».
- أَبَا مُعْتِبٍ : Variante du surnom d’Abû Lahab, signifiant « père de Mu‘tib ».
Lorsqu'Abû Bakr entra sous la protection d'Ibn al-Dughunna, celui-ci lui retira sa protection [1].
Ne choisis jamais, tant que tu vivras, une conduite qui te vaudra des insultes lorsque tu descendras aux lieux de rassemblement. Laisse à d'autres qu'à toi la voie de l'impuissance, car tu n'as pas été créé pour être perpétuellement impuissant. Combats, car la guerre est une moitié 1 ; et tu ne verras jamais celui qui fait la guerre accepter l'humiliation avant d'être en paix. Comment en serait-il autrement, alors qu'ils n'ont commis contre toi aucun crime grave et ne t'ont pas abandonné, que tu sois victorieux ou endetté ? Que Dieu rétribue de notre part 'Abd Shams, Nawfal, Taym et Makhzum 2 par la désobéissance et le péché, pour avoir divisé notre communauté après l'affection et l'union, afin d'obtenir les choses illicites. Vous mentez, par la Maison de Dieu ! Nous serions dépouillés 3 de Muhammad sans que vous ayez vu un jour où il se tenait debout dans le défilé ?" Ibn Hisham dit : "Nubzā : nous serions dépouillés." Ibn Hisham dit : "Il reste un vers que nous avons omis." **Entrée d'Abou Bakr sous la protection d'Ibn al-Dughunna et révocation de sa protection** **Cause de la protection d'Ibn al-Dughunna pour Abou Bakr :** Ibn Ishaq dit : Abou Bakr al-Siddiq, que Dieu l'agrée, comme me l'a rapporté Muhammad ibn Muslim ibn Shihab al-Zuhri, d'après 'Urwa, d'après 'Aïcha, que Dieu les agrée, lorsque la Mecque devint trop étroite pour lui, qu'il y subit des persécutions et qu'il vit ce qu'il vit de la coalition des Quraysh contre le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et ses Compagnons, il demanda au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, la permission d'émigrer 4 ; il la lui accorda. Abou Bakr partit donc en émigrant, jusqu'à ce qu'après avoir marché un jour ou deux depuis la Mecque, il rencontra Ibn al-Dughunna 5, frère des Banu al-Harith ibn 'Abd Manat ibn Kinana, qui était alors le chef des Ahabish 6. **Les Ahabish :** Ibn Ishaq dit : Les Ahabish sont : les Banu al-Harith ibn 'Abd Manat ibn Kinana, al-Hawn ibn Khuzayma ibn Mudrika, et les Banu al-Mustaliq de Khuza'a. Ibn Hisham dit : Ils s'allièrent tous ensemble et furent appelés les Ahabish 7 (parce qu'ils s'allièrent dans une vallée appelée al-Ahbash, au bas de la Mecque) pour l'alliance 8. On dit aussi : Ibn al-Dughayna. Ibn Ishaq dit : Al-Zuhri me rapporta, d'après 'Urwa ibn al-Zubayr 1, d'après 'Aïcha, que Dieu l'agrée, qui dit : Ibn al-Dughunna dit : "Où vas-tu, Abou Bakr ?" Il répondit : "Mon peuple m'a chassé, m'a persécuté et m'a rendu la vie difficile." Il dit : "Pourquoi ? Par Dieu, tu es l'ornement de la tribu, tu aides dans les malheurs, tu fais le bien, tu acquiers ce qui manque 9. Reviens, tu es sous ma protection." Il revint donc avec lui, jusqu'à ce qu'ils entrent à la Mecque. Ibn al-Dughunna se leva 10 et dit : "Ô assemblée des Quraysh, j'ai accordé ma protection à Ibn Abi Quhafa ; que personne ne s'en prenne à lui, sauf en bien." Elle dit : Ils cessèrent donc de s'en prendre à lui. **Cause de la sortie d'Abou Bakr de la protection d'Ibn al-Dughunna :** Elle dit : Abou Bakr avait une mosquée à la porte de sa maison, dans le quartier des Banu Jumah ; il y priait. C'était un homme sensible ; quand il lisait le Coran, il pleurait. Elle dit : Les enfants, les esclaves et les femmes s'arrêtaient près de lui, émerveillés par ce qu'ils voyaient de son attitude. Elle dit : Des hommes des Quraysh allèrent trouver Ibn al-Dughunna et lui dirent : "Ô Ibn al-Dughunna, tu n'as pas accordé ta protection à cet homme pour qu'il nous nuise ! C'est un homme qui, quand il prie et récite ce qu'a apporté Muhammad, s'attendrit et pleure 11, et il a une certaine attitude et une certaine manière. Nous craignons pour nos enfants, nos femmes et nos faibles qu'il ne les séduise. Va le trouver et ordonne-lui d'entrer dans sa maison et d'y faire ce qu'il veut." Elle dit : Ibn al-Dughunna alla le trouver et lui dit : "Ô Abou Bakr..."
- nuṣf : Moitié : signifie que la guerre est une épreuve où l'on gagne ou perd, ou bien que la moitié de la guerre est la patience.
- 'Abd Shams, Nawfal, Taym, Makhzum : Noms de clans qurayshites, souvent cités dans les poèmes de l'époque.
- nubzā : Nous serions dépouillés : selon Ibn Hisham, signifie 'nous serions privés' ou 'enlevés'.
- al-hijra : Émigration : l'émigration des musulmans de La Mecque vers Médine pour échapper aux persécutions.
- Ibn al-Dughunna : Chef des Ahabish, connu pour avoir accordé sa protection à Abou Bakr.
- al-Aḥābīsh : Tribus alliées : groupe de tribus ayant conclu une alliance, nommées d'après la vallée d'al-Ahbash.
- al-Aḥābīsh : Voir note 6.
- al-ḥilf : Alliance : pacte conclu entre tribus pour s'entraider.
- taksibu al-ma'dūma : Tu acquiers ce qui manque : expression signifiant que tu pourvois aux besoins des démunis.
- qāma : Se leva : peut signifier qu'il se tint debout pour prendre la parole.
- yariqqu wa yabkī : Il s'attendrit et pleure : description de l'émotion d'Abou Bakr lors de la récitation du Coran.
Le récit de la déchirure de la feuille [1]
Je ne t'ai pas accordé ma protection pour que tu nuises à ton peuple. Ils ont en effet pris en aversion la place que tu occupes et ont souffert de cela de ta part. Entre donc dans ta maison et fais-y ce que tu voudras." Il dit : "Dois-je donc te rendre ta protection et me contenter de la protection d'Allah ?" Il dit : "Rends-moi donc ma protection." Il dit : "Je te l'ai rendue." Elle 1 dit : Alors Ibn al-Dughunna se leva et dit : "Ô assemblée de Quraysh, Ibn Abi Quhafa m'a rendu ma protection ; occupez-vous donc de votre compagnon." Ibn Ishaq dit : 'Abd al-Rahman ibn al-Qasim m'a raconté d'après son père al-Qasim ibn Muhammad : Un insensé parmi les insensés de Quraysh le rencontra alors qu'il se dirigeait vers la Ka'ba et jeta de la poussière sur sa tête. Il passa près d'Abu Bakr, al-Walid ibn al-Mughira ou al-'As 2 ibn Wa'il. Abu Bakr dit : "Ne vois-tu pas ce que fait cet insensé ?" Il dit : "C'est toi qui as fait cela à toi-même." Il 3 disait : "Ô Seigneur, que Tu es indulgent ! Ô Seigneur, que Tu es indulgent ! Ô Seigneur, que Tu es indulgent !" Récit de la déchirure du pacte (Le mérite de Hisham ibn 'Amr dans la déchirure du pacte) : Ibn Ishaq dit : Les Banu Hashim et les Banu al-Muttalib étaient dans leur demeure où Quraysh avait conclu un pacte contre eux dans le document qu'ils avaient écrit. Puis, pour déchirer ce document par lequel Quraysh s'était lié contre les Banu Hashim et les Banu al-Muttalib, un groupe de Quraysh se leva, et personne n'eut un mérite plus grand que Hisham 4 ibn 'Amr ibn Rabi'a ibn al-Harith ibn Habib 5 ibn Nasr ibn Judhayma 6 ibn Malik ibn Hisl ibn 'Amir ibn Lu'ayy. Cela parce qu'il était le neveu maternel de Nadla ibn Hashim ibn 'Abd Manaf. Hisham était lié aux Banu Hashim 7 et avait un rang élevé parmi son peuple. Selon ce qui m'est parvenu, il amenait un chameau, alors que les Banu Hashim et les Banu al-Muttalib étaient dans le ravin, la nuit, chargé de nourriture. Quand il arrivait à l'entrée du ravin, il enlevait la longe de la tête du chameau, puis le frappait sur le flanc, et il entrait dans le ravin vers eux. Puis il en amenait un autre chargé de vêtements 8 et faisait de même. (Effort de Hisham pour rallier Zuhayr ibn Abi Umayya) : Ibn Ishaq dit : Puis il alla voir Zuhayr ibn Abi Umayya ibn al-Mughira ibn 'Abd Allah ibn 'Umar ibn Makhzum, dont la mère était 'Atika bint 'Abd al-Muttalib, et dit : "Ô Zuhayr, es-tu satisfait de manger de la nourriture, de porter des vêtements et d'épouser des femmes, alors que tes oncles maternels sont, comme tu le sais, dans une situation où l'on ne peut ni leur vendre ni leur acheter, ni se marier avec eux ni les marier ? Par Allah, je jure que s'ils étaient les oncles maternels d'Abu al-Hakam ibn Hisham, et que tu l'invitais à 9 ce à quoi il t'invite à leur sujet, il ne répondrait jamais à ton appel 10." Il dit : "Malheur à toi, ô Hisham ! Que puis-je faire ? Je ne suis qu'un homme seul. Par Allah, si j'avais un autre homme avec moi, je me lèverais pour déchirer ce pacte jusqu'à ce que je le déchire." Il dit : "Tu as trouvé un homme." Zuhayr lui dit : "Cherche-nous un troisième homme." (Effort de Hisham pour rallier al-Mut'im ibn 'Adi) : Il alla voir al-Mut'im ibn 'Adi (ibn Nawfal ibn 'Abd Manaf) 2 et lui dit : "Ô Mut'im, es-tu satisfait que deux branches des Banu 'Abd Manaf périssent, alors que tu es témoin de cela et d'accord avec Quraysh là-dessus ? Par Allah, si vous leur permettez cela, vous les trouverez 11 prompts à vous faire de même." Il dit 12 : "Malheur à toi ! Que puis-je faire ? Je ne suis qu'un homme seul." Il dit : "Tu as trouvé un second." Il dit : "Qui est-ce ?" Il dit : "Moi." Il dit : "Cherche-nous un troisième." Il dit : "Je l'ai fait." Il dit : "Qui est-ce ?" Il dit : "Zuhayr ibn Abi Umayya." Il dit : "Cherche-nous un quatrième." (Effort de Hisham pour rallier Abu al-Bakhtari) : Il alla voir al-Bakhtari ibn Hisham et lui dit quelque chose de semblable à ce qu'il avait dit à al-Mut'im ibn 'Adi. Il dit : "Y a-t-il quelqu'un pour aider à cela ?" Il dit : "Oui." Il dit : "Qui est-ce ?" Il dit : "Zuhayr ibn Abi Umayya, al-Mut'im ibn 'Adi, et moi avec toi." Il dit : "Cherche-nous un cinquième." (Effort de Hisham pour rallier Zam'a) : Il alla voir Zam'a ibn al-Aswad ibn al-Muttalib ibn Asad, lui parla et lui rappela leur parenté et leur droit. Il lui dit : "Y a-t-il quelqu'un pour cette affaire à laquelle tu m'invites ?" Il dit : "Oui." Puis il lui nomma les hommes. (Ce qui se passa entre Hisham et ses compagnons et Abu Jahl, lorsqu'ils résolurent de déchirer le pacte) : Ils se donnèrent rendez-vous à Khatm al-Hajun 13 la nuit, en haut de La Mecque, et s'y réunirent. Ils convinrent de leur affaire et se lièrent par un pacte 14 pour se lever contre 15 le pacte jusqu'à le déchirer. Zuhayr dit : "Je commence, je serai le premier à parler." Le matin venu, ils se rendirent à leurs assemblées. Zuhayr ibn Abi Umayya, vêtu d'un habit, fit sept fois le tour de la Maison, puis se tourna vers les gens et dit : "Ô habitants de La Mecque, mangerons-nous de la nourriture et porterons-nous des vêtements, tandis que les Banu Hashim périssent, sans pouvoir vendre ni acheter ? Par Allah, je ne m'assiérai pas avant que ce pacte injuste et coupant ne soit déchiré." Abu Jahl, qui était dans un coin de la mosquée, dit : "Tu mens, par Allah, il ne sera pas déchiré." Zam'a ibn al-Aswad dit : "C'est toi, par Allah, qui es plus menteur ; nous n'avons pas approuvé son écriture quand il a été écrit." Abu al-Bakhtari dit : "Zam'a a dit vrai ; nous n'approuvons pas ce qui y est écrit et nous ne l'acceptons pas." Al-Mut'im ibn 'Adi dit : "Vous avez dit vrai, et celui qui dit autrement ment ; nous désavouons devant Allah ce pacte et ce qui y est écrit." Hisham ibn 'Amr dit quelque chose de semblable. Abu Jahl dit : "C'est une affaire décidée de nuit, dont on a délibéré ailleurs qu'ici." (Il dit) 16 : Et Abu Talib était assis dans un coin de la mosquée. Al-Mut'im se leva pour déchirer le pacte, mais il trouva que les termites l'avaient mangé, sauf la mention "Par Ton nom, ô Allah". (Le scribe du pacte et la paralysie de sa main) : Le scribe du pacte était Mansur 17 ibn 'Ikrima. Sa main fut paralysée, dit-on. (Information du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, au sujet de la consommation du pacte par les termites, et ce que firent les gens après cela) Ibn Hisham dit : Certains savants ont mentionné que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit à Abu Talib : "Ô mon oncle, mon Seigneur Allah a donné pouvoir aux termites sur le pacte de Quraysh ; elles n'ont laissé aucun nom qui soit d'Allah sans le conserver, et en ont ôté l'injustice, la rupture des liens et la calomnie." Il dit : "Ton Seigneur t'a-t-il informé de cela ?" Il dit : "Oui." Il dit : "Par Allah, personne n'entrera chez toi." Puis il sortit vers Quraysh et dit : "Ô assemblée de Quraysh, mon neveu m'a informé de telle et telle chose. Apportez donc votre pacte. S'il est comme l'a dit mon neveu, cessez alors notre mise au ban et renoncez à ce qui y est ; s'il ment, je vous livrerai mon neveu." Les gens dirent : "Nous acceptons." Ils se lièrent par un pacte là-dessus. Puis ils regardèrent et voilà qu'il était comme l'avait dit le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Cela ne fit qu'accroître leur mal. C'est alors que le groupe de Quraysh fit ce qu'il fit pour déchirer le pacte 18. (Poème d'Abu Talib louant les hommes qui déchirèrent le pacte) : Ibn Ishaq dit : Lorsque le pacte fut déchiré et que ce qu'il contenait fut annulé, Abu Talib dit, à propos de ces hommes qui s'étaient levés pour le déchirer, en les louant : "Notre Seigneur n'a-t-Il pas fait parvenir à nos deux Bahrayn 19 Son œuvre, malgré leur éloignement, et Allah est lent à punir les gens ? Pour les informer que le pacte a été déchiré, et que tout ce qu'Allah n'agrée pas est corrompu. Il est agité par un mensonge et une magie rassemblée, et jamais magie ne monte à la fin des temps. S'est rassemblé pour lui celui qui n'est pas un grand parleur 20 ; son oiseau 21 sur sa tête va et vient. C'était une pièce de cuir cousue à un péché 22, pour en couper un bras et un collier. Et les habitants des deux Mecques 23 émigreraient et fuiraient, leurs cœurs tremblant de peur du mal."
Et on laisse un laboureur retourner sa situation... L'accuse-t-on parmi eux 24 ? À ce moment-là, et il secourt 25. Et une cohorte monte entre les deux montagnes rocheuses 26... Elle a des palanquins 27, une flèche, un arc et une lance 28. Que celui dont la gloire est à La Mecque se vante 29... Notre gloire, dans le creux de La Mecque, est plus ancienne 30. Nous y avons grandi alors que les gens y étaient peu nombreux... Et nous n'avons cessé d'augmenter en bien et d'être loués 31. Et nous nourrissons jusqu'à ce que les gens laissent leur surplus... Quand les mains des affluents 32 se mettent à trembler. Que Dieu récompense une troupe à al-Ḥajūn 33 qui ont conclu un marché... Publiquement, guidant vers la fermeté et la droiture. Assis près de l'extrémité d'al-Ḥajūn, comme s'ils étaient... des chefs, mais ils sont plus puissants et plus glorieux 34. Chaque faucon 35 les a aidés, comme s'il... quand il marche dans le pan de la cotte de mailles, il est intrépide 36. Audacieux face aux grandes épreuves 37, comme s'il... était un météore dans les mains d'un chercheur de feu qui flamboie. Parmi les plus nobles de Lu'ayy ibn Ghālib 38... Quand on lui propose une humiliation, son visage s'assombrit 39. Long de baudrier 40, la moitié de sa jambe découverte... Sur son visage, la pluie est donnée et il est favorisé 41. Grand de cendres 42, seigneur et fils de seigneur... Il incite à recevoir les hôtes et s'empresse 43. Et il bâtit pour les fils de la tribu des œuvres pies... Quand nous errons dans les pays, et il prépare 44. S'est attaché 45 à cette paix tout homme intègre... Au grand étendard 46, dont l'affaire est alors louée. Ils accomplirent ce qu'ils accomplirent dans leur nuit, puis au matin... Ils étaient à l'aise, tandis que les autres gens dormaient 47. Ils firent revenir Sahl ibn Bayḍā' 48 satisfait... Et Abū Bakr et Muḥammad en furent réjouis. Quand les gens partagent-ils la majeure partie de notre affaire ?... Alors que nous étions auparavant, avant elle, aimés 49. Et nous étions auparavant, nous ne tolérions pas d'injustice... Et nous obtenions ce que nous voulions, sans être rigides. Ô Qurayš 50 ! Avez-vous souci de vous-mêmes ?... Et avez-vous souci de ce que demain apportera ? Car moi et vous, comme l'a dit un prophète 51 : « Tu as l'éloquence, si tu parlais, un serpent noir 52 ». (Poème de Ḥassān en élégie d'al-Muṭʿim, et mention de sa déchirure de la charte) : Ḥassān ibn Thābit dit, pleurant al-Muṭʿim ibn ʿAdī à sa mort, et mentionnant son action dans la déchirure de la charte : Ô œil 53 ! Pleure le chef du peuple 54 et répands 55... Des larmes, et si tu les épuises, verse du sang 56. Et pleure le grand des deux lieux de culte 57, tous deux... Connu des gens pour son bien, chaque fois qu'il parle. Si la gloire devait rendre immortel pour toujours un seul... parmi les gens, sa gloire aurait aujourd'hui préservé al-Muṭʿim 58. Tu as accordé protection au Messager de Dieu contre eux, et ils sont devenus... tes serviteurs, tant que le talbiya 59 est prononcé et que l'on se met en état de sacralisation. Si on interrogeait à son sujet toute la tribu de Maʿadd 60... et Qaḥṭān 61, ou le reste des survivants de Jurhum 62, Ils diraient : C'est celui qui tient parole pour la protection 63 de son voisin... et de son engagement, un jour, quand on se montre réticent 64. Le soleil lumineux ne se lève pas au-dessus d'eux... sur quelqu'un de semblable à lui, parmi eux, plus puissant et plus grand. Et plus réfractaire quand il refuse, et plus doux de caractère 65... et plus endormi 66 auprès d'un voisin quand la nuit s'assombrit. Ibn Hishām dit : Son mot « tous deux » vient d'autre qu'Ibn Isḥāq. (Comment al-Muṭʿim accorda protection au Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) : Ibn Hishām dit : Quant à sa parole : « Tu as accordé protection au Messager de Dieu contre eux », le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, lorsqu'il revint des gens de Ṭā'if et qu'ils ne répondirent pas à son appel à le croire et à le soutenir, il se rendit à Ḥirā' 67, puis envoya quelqu'un vers al-Akhnas ibn Sharīq pour qu'il lui accorde protection. Celui-ci dit : « Je suis un allié, et l'allié n'accorde pas protection. » Il envoya alors vers Suhayl ibn ʿAmr, qui dit : « Les Banū ʿĀmir n'accordent pas protection contre les Banū Kaʿb. » Il envoya alors vers al-Muṭʿim ibn ʿAdī, qui accepta cela. Puis al-Muṭʿim prit les armes, lui et les gens de sa maison, et sortirent jusqu'à ce qu'ils arrivent à la mosquée. Ensuite, il envoya dire au Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix : « Entre. » Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, entra, fit les circumambulations autour de la Maison 68 et pria près d'elle, puis retourna chez lui. C'est ce que veut dire Ḥassān ibn Thābit. (Éloge de Ḥassān pour Hishām ibn ʿAmr pour son action dans la charte) : Ibn Isḥāq dit : Ḥassān ibn Thābit (al-Anṣārī) 69 dit aussi, louant Hishām ibn ʿAmr 70 pour son action dans la charte : Les Banū Umayya 71 tiendront-ils un engagement... conclu comme celui de la protection de Hishām ? D'un groupe qui ne trahit pas son voisin... pour al-Ḥārith ibn Ḥubayb 72 ibn Sukhām 73. Et quand les Banū Ḥisl 74 accordent protection à un engagement... ils tiennent parole et rendent leur voisin en paix. Et Hishām était l'un des Sukhām 75 (avec ḍamma) 24.
- qālat : Elle dit : il s'agit de 'Ā'isha, l'épouse du Prophète, qui rapporte ce récit.
- al-ʿĀṣ : Al-'As ibn Wa'il, un notable de Quraysh, père de 'Amr ibn al-'As.
- qāla : Il dit : le sujet est Abou Bakr, selon le contexte.
- Hishām : Hisham ibn 'Amr, un Qurayshite allié aux Banu Hashim par sa mère.
- Ḥabīb : Habib, nom propre, ancêtre de Hisham.
- Judhāyma : Judhayma, nom propre, ancêtre de Hisham.
- Banū Hāshim : Banu Hashim, le clan du Prophète Muhammad.
- bazzan : Bazz : vêtements, étoffes.
- mithl : Mithl : semblable, pareil.
- ilayhi : À lui : se réfère à l'appel de Zuhayr.
- latajidunnahum : Vous les trouverez : les Banu Hashim.
- qāla : Il dit : al-Mut'im ibn 'Adi.
- Khaṭm al-Ḥajūn : Khatm al-Hajun : un lieu élevé à La Mecque.
- taʿāqadū : Ils se lièrent par un pacte : ils se jurèrent mutuellement.
- fī : Dans : ici, 'contre' le pacte.
- qāla : Il dit : le narrateur, Ibn Ishaq.
- Manṣūr : Mansur ibn 'Ikrima, le scribe du pacte.
- mā ṣanaʿū : Ce qu'ils firent : se réfère aux actions du groupe pour déchirer le pacte.
- Baḥraynā : Nos deux Bahrayn : peut-être une métaphore pour deux personnes ou groupes, ou un nom de lieu.
- bi-qarqar : Qarqar : bavard, grand parleur.
- ṭāʾiruhā : Son oiseau : métaphore pour le sort ou la destinée.
- athīma : Athīma : péché, injustice.
- al-Makkatayn : Les deux Mecques : peut-être La Mecque et une autre localité, ou une métaphore.
- ḥarrāth : Laboureur, métaphore pour celui qui s'occupe des affaires.
- yanjudu : Il secourt, vient en aide.
- al-akhshabayn : Les deux montagnes rocheuses de La Mecque, Abū Qubays et al-Aḥmar.
- ḥuduj : Palanquins, litières de chameaux.
- mirhad : Lance courte ou javelot.
- yanash : Se vanter, tirer orgueil.
- atlada : Plus ancien, plus enraciné.
- lam nanfakik : Nous n'avons cessé de.
- al-mufīḍīn : Ceux qui affluent, les pèlerins ou les donateurs.
- al-Ḥajūn : Lieu à La Mecque, cimetière ou colline.
- maqāwila : Chefs, rois (pluriel de maqwal).
- ṣaqr : Faucon, métaphore pour un homme noble et courageux.
- aḥrad : Intrépide, qui ne craint pas.
- jullā al-khuṭūb : Les grandes épreuves, les affaires importantes.
- Lu'ayy ibn Ghālib : Ancêtre de la tribu de Qurayš.
- yatarabbadu : Son visage s'assombrit de colère.
- ṭawīl al-nijād : Long de baudrier, signe de haute stature.
- yusqā al-ghamāmu wa yus'adu : Il est arrosé par la pluie et favorisé (métaphore de générosité).
- ʿaẓīm al-ramād : Grand de cendres, signe d'abondance de nourriture et d'hospitalité.
- yaḥushshu : Il s'empresse, il est actif.
- yamhadu : Il prépare, il aplanit.
- alaẓẓa : S'est attaché fermement, a persévéré.
- ʿaẓīm al-liwā' : Au grand étendard, chef de guerre.
- ruqqad : Endormis (pluriel de rāqid).
- Sahl ibn Bayḍā' : Compagnon de Mahomet, de la tribu de Qurayš.
- nutawaddadu : Nous étions aimés, nous étions en bons termes.
- Qurayš : Tribe de La Mecque à laquelle appartenait Mahomet.
- qā'il : Un prophète ou un sage.
- aswad : Serpent noir, métaphore de l'éloquence percutante.
- ʿayn : Œil, personnification pour pleurer.
- sayyid al-qawm : Le chef du peuple.
- isfaḥī : Répands (impératif féminin).
- damā : Sang, hyperbole pour larmes abondantes.
- al-mashʿarayn : Les deux lieux de culte, peut-être al-Ṣafā et al-Marwa ou les deux sanctuaires.
- al-Muṭʿim : Al-Muṭʿim ibn ʿAdī, notable mecquois qui protégea Mahomet.
- talbiya : Formule rituelle prononcée par les pèlerins.
- Maʿadd : Ancêtre des Arabes du Nord.
- Qaḥṭān : Ancêtre des Arabes du Sud.
- Jurhum : Ancienne tribu arabe de La Mecque.
- khufra : Protection, sauvegarde.
- tadhamama : Se montrer réticent, hésiter à honorer un engagement.
- alyana shīma : Plus doux de caractère.
- anwama : Plus endormi, métaphore pour être discret et ne pas déranger.
- Ḥirā' : Grotte près de La Mecque où Mahomet recevait des révélations.
- al-Bayt : La Kaaba, Maison sacrée de La Mecque.
- al-Anṣārī : De Médine, des Auxiliaires (Anṣār).
- Hishām ibn ʿAmr : Notable mecquois qui participa à la déchirure de la charte contre les Banū Hāshim.
- Banū Umayya : Clan de Qurayš, les Omeyyades.
- al-Ḥārith ibn Ḥubayb : Personnage mentionné, peut-être un allié.
- Sukhām : Nom d'un homme ou d'une tribu.
- Banū Ḥisl : Clan de Qurayš.
- Sukhām : Avec ḍamma (ou), nom propre.
L'histoire de la conversion à l'islam d'al-Ṭufayl ibn ʿAmr al-Dawsī [1]
Ibn Hishâm dit : On dit aussi : Sukhâm 1. Récit de la conversion de Tufayl ibn 'Amr al-Dawsî (Mise en garde des Qurayshites contre l'écoute du Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue) : Ibn Ishâq dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, malgré ce qu'il voyait de son peuple, leur prodiguait des conseils et les appelait au salut de ce dans quoi ils se trouvaient. Et les Qurayshites, lorsque Dieu l'eut protégé d'eux, se mirent à mettre en garde contre lui les gens et les Arabes qui venaient à eux. Tufayl ibn 'Amr al-Dawsî racontait : Il vint à La Mecque alors que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, s'y trouvait. Des hommes des Qurayshites vinrent à lui – Tufayl était un homme noble, poète et intelligent – et lui dirent : « Ô Tufayl, tu es venu dans notre pays. Cet homme qui est parmi nous nous a causé un grave problème 2, a divisé notre communauté, dispersé notre affaire. Sa parole est comme de la magie qui sépare l'homme de son père, l'homme de son frère, l'homme de son épouse. Nous craignons pour toi et pour ton peuple ce qui nous est arrivé. Ne lui parle donc pas et n'écoute rien de lui. » (Son écoute des paroles des Qurayshites, puis son revirement et son écoute du Messager) : Il dit : Par Dieu, ils n'ont cessé de me presser jusqu'à ce que je décide de ne rien écouter de lui et de ne pas lui parler, au point que, le matin, en allant à la mosquée, je mis du coton 3 dans mes oreilles, par crainte que quelque chose de sa parole ne me parvienne, alors que je ne voulais pas l'entendre. Il dit : Je me rendis à la mosquée au matin, et voilà que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, se tenait debout en prière près de la Ka'ba. Je me tins près de lui, et Dieu ne voulut rien d'autre que de me faire entendre une partie de sa parole. J'entendis une belle parole. Je me dis en moi-même : « Malheur à moi ! Par Dieu, je suis un homme intelligent et poète, le beau ne m'échappe pas plus que le laid. Qu'est-ce qui m'empêche d'écouter ce que dit cet homme ? Si ce qu'il apporte est beau, je l'accepterai ; si c'est laid, je le laisserai. » (Sa rencontre avec le Messager et son acceptation de l'appel) : Il dit : J'attendis que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, se retourne pour rentrer chez lui, puis je le suivis. Lorsqu'il entra dans sa maison, j'entrai chez lui et dis : « Ô Muhammad, ton peuple m'a dit ceci et cela – ce qu'ils ont dit. Par Dieu, ils n'ont cessé de m'effrayer à cause de toi jusqu'à ce que je bouche mes oreilles avec du coton pour ne pas entendre ta parole. Puis Dieu n'a pas voulu autre chose que de me faire entendre ta parole, et je l'ai entendue comme une belle parole. Expose-moi donc ton affaire. » Il dit : Alors le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, m'exposa l'islam et me récita le Coran. Par Dieu, je n'ai jamais entendu parole plus belle que celle-ci, ni affaire plus juste. J'embrassai l'islam et attestai la vérité. Je dis : « Ô Prophète de Dieu, je suis un homme obéi dans mon peuple. Je vais retourner vers eux et les appeler à l'islam. Invoque Dieu pour qu'Il me donne un signe qui soit pour moi une aide auprès d'eux dans ce à quoi je les appelle. » Il dit : « Ô Dieu, donne-lui un signe. » (Le signe qui lui fut donné) : Il dit : Je sortis vers mon peuple. Lorsque je fus à une colline 4 qui me donnait vue sur le campement 5, une lumière tomba entre mes deux yeux, semblable à une lampe. Je dis : « Ô Dieu, ailleurs que sur mon visage, car je crains qu'ils ne pensent qu'il s'agit d'une marque d'infamie 6 sur mon visage pour avoir abandonné leur religion. » Alors elle se déplaça et se posa sur le bout de mon fouet. Les gens du campement voyaient cette lumière sur mon fouet comme une lanterne suspendue, tandis que je descendais vers eux depuis la colline, jusqu'à ce que je les rejoigne et passe la nuit parmi eux. (Son appel à son père à l'islam) : Il dit : Lorsque je fus descendu, mon père vint à moi – c'était un vieillard âgé. Je dis : « Éloigne-toi de moi, ô mon père, car je ne suis plus de toi et tu n'es plus de moi. » Il dit : « Pourquoi, mon fils ? » Je dis : « J'ai embrassé l'islam et suivi la religion de Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue. » Il dit : « Mon fils, ma religion est ta religion. » Je dis : « Va donc te laver, purifie tes vêtements, puis viens que je t'enseigne ce qui m'a été enseigné. » Il alla se laver et purifier ses vêtements, puis vint. Je lui exposai l'islam et il l'embrassa. (Son appel à sa femme à l'islam) : Puis ma femme vint à moi. Je dis : « Éloigne-toi de moi, car je ne suis plus de toi et tu n'es plus de moi. » Elle dit : « Pourquoi ? Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! » Je dis : « L'islam a fait séparation entre moi et toi. J'ai suivi la religion de Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue. » Elle dit : « Ma religion est ta religion. » Je dis : « Va donc au bassin de Dhû l-Sharâ 7 – Ibn Hishâm dit : On dit aussi : au sanctuaire 8 de Dhû l-Sharâ – et purifie-t'en. » Il dit : Dhû l-Sharâ était une idole de Daws, et le sanctuaire était un lieu qu'ils avaient consacré pour elle, avec un filet d'eau 9 descendant d'une montagne. Elle dit : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! Crains-tu quelque chose pour la petite de la part de Dhû l-Sharâ ? » Je dis : « Non, je m'en porte garant. » Elle alla se laver, puis vint. Je lui exposai l'islam et elle l'embrassa. (Son appel à son peuple à l'islam, leur réaction, et leur ralliement au Messager) : Puis j'appelai Daws à l'islam, mais ils tardèrent à me répondre. Ensuite, je vins trouver le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, à La Mecque et lui dis : « Ô Prophète de Dieu, la fornication 10 a eu raison de Daws. Invoque Dieu contre eux. » Il dit : « Ô Dieu, guide Daws. Retourne vers ton peuple, appelle-les et sois doux avec eux. » Je restai dans la terre de Daws à les appeler à l'islam jusqu'à ce que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, émigre à Médine, et que se déroulent Badr, Uhud et al-Khandaq. Puis je vins trouver le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, avec ceux de mon peuple qui avaient embrassé l'islam avec moi, alors que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, était à Khaybar. J'arrivai à Médine avec soixante-dix ou quatre-vingts maisons de Daws, puis nous rejoignîmes le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, à Khaybar, et il nous attribua une part avec les musulmans. (Son départ vers Dhû l-Kaffayn pour le brûler, et ses vers à ce sujet) : Puis je restai avec le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, jusqu'à ce que Dieu lui ouvre La Mecque. Je dis : « Ô Messager de Dieu, envoie-moi vers Dhû l-Kaffayn, l'idole de 'Amr ibn Humama, afin que je la brûle. » Ibn Ishâq dit : Il partit vers elle. Tufayl alluma le feu contre elle et dit : « Ô Dhû l-Kaffayn, je ne suis pas de tes adorateurs, Notre naissance est plus ancienne que la tienne, J'ai rempli le feu dans ton cœur. » (Son combat avec les musulmans après la mort du Messager, puis son rêve et sa mort) : Il dit : Puis il retourna auprès du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et resta avec lui à Médine jusqu'à ce que Dieu rappelle Son Messager, que Dieu prie sur lui et le salue. Lorsque les Arabes apostasièrent, il sortit avec les musulmans et marcha avec eux jusqu'à ce qu'ils en aient fini avec Tulayha et toute la terre du Najd. Puis il marcha avec les musulmans vers al-Yamâma, accompagné de son fils 'Amr ibn al-Tufayl. Il fit un rêve alors qu'il se dirigeait vers al-Yamâma et dit à ses compagnons : « J'ai fait un rêve ; interprétez-le-moi. J'ai vu que ma tête était rasée, qu'un oiseau sortait de ma bouche, qu'une femme me rencontrait et me faisait entrer dans son sexe, et je vois mon fils me chercher avec empressement, puis il m'est retenu. » Ils dirent : « C'est un bien. » Il dit : « Quant à moi, par Dieu, je l'ai déjà interprété. » Ils dirent : « Quoi donc ? » Il dit : « Quant au rasage de ma tête, c'est sa perte ; quant à l'oiseau sorti de ma bouche, c'est mon âme ; quant à la femme qui m'a fait entrer dans son sexe, c'est la terre qui sera creusée pour moi et où je serai enfoui ; quant à la recherche empressée de mon fils après moi, puis son empêchement, je vois qu'il s'efforcera d'atteindre ce qui m'a atteint. » Il fut tué – que Dieu lui fasse miséricorde – en martyr à al-Yamâma. Son fils fut grièvement blessé, puis guérit 11, puis fut tué en martyr l'année de Yarmûk, sous le califat de 'Umar, que Dieu l'agrée.
- Sukhâm : Nom d'un lieu ou d'une tribu, peut-être une variante de 'Sukham'.
- a'ḍala : A causé un problème grave, a rendu la situation difficile.
- kursuf : Coton, ouate.
- thaniyya : Colline, défilé, col.
- al-ḥāḍir : Le campement, les gens rassemblés.
- muthla : Marque d'infamie, mutilation, défiguration.
- Dhû l-Sharâ : Idole de la tribu de Daws, vénérée avant l'islam.
- ḥimā : Sanctuaire, réserve sacrée où l'on ne peut chasser ou couper les arbres.
- washal : Filet d'eau, petite source.
- al-zinā : La fornication, l'adultère. Ici, métaphore pour l'obstination dans le paganisme.
- istaballa : Il a guéri, s'est rétabli.
L'ordre d'Al-A'shā des Banū Qays ibn Tha'laba [1]
L'histoire d'al-A‘shā des Banū Qays ibn Tha‘laba (Sa poésie en louange du Messager lors de sa venue auprès de lui) : Ibn Hishām a dit : Khalād ibn Qurra ibn Khālid as-Sadūsī et d'autres savants parmi les cheikhs de Bakr ibn Wā’il m'ont raconté qu'al-A‘shā des Banū Qays ibn Tha‘laba ibn ‘Ukāba ibn Sa‘b ibn ‘Alī ibn Bakr ibn Wā’il se rendit auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, désirant embrasser l'islam. Il dit, en louant le Messager d'Allah : « Tes yeux n'ont-ils pas cligné la nuit où tu fus atteint d'ophtalmie ? Et tu passas la nuit comme le malade insomniaque, éveillé. Ce n'est point par amour des femmes, mais tu as oublié, avant ce jour, la compagnie de Mahdad. Mais je vois que le temps, qui est traître, quand mes mains réparent, revient et corrompt. Des hommes mûrs et des jeunes, j'ai perdu, ainsi que des richesses. À Allah ce temps, comme il va et vient ! Je n'ai cessé de chercher la richesse depuis que je suis jeune, enfant, adulte, quand j'ai vieilli et quand j'étais imberbe. Et j'use les chamelles rapides qui parcourent l'espace entre an-Nujayr et Sarhad. Ô toi qui me demandes où je me dirige, elles ont un rendez-vous chez les gens de Yathrib. Si tu t'enquiers de moi, que de questions discrètes sur al-A‘shā, là où il est monté ! Elles ont hâté la fuite de leurs pattes, et leurs mains ont repris un pas souple, non rude. Et en elles, quand elles voyagent à la chaleur, il y a une chamelle rapide, quand je crois voir un caméléon à midi, dressé. J'ai juré de ne pas m'arrêter pour elles à cause de la fatigue, ni de la lassitude, jusqu'à ce qu'elles rencontrent Muhammad. Quand elles s'agenouilleront à la porte d'Ibn Hāshim, tu trouveras repos et rencontreras la générosité de ses bienfaits. Un Prophète qui voit ce que vous ne voyez pas, et sa renommée, par ma vie, a brillé dans les plaines et les montagnes. Il a des aumônes qui ne cessent point, et une largesse ; ce qu'il donne aujourd'hui, il ne l'empêchera pas demain. Par ta foi, n'as-tu pas entendu la recommandation de Muhammad, le Prophète d'Allah, quand il a recommandé et attesté ? Si tu ne pars pas avec la provision de celui qui a rencontré, et que tu rencontres après la mort celui qui s'est approvisionné, tu regretteras de ne pas être comme lui, et de ne pas te préparer pour la chose pour laquelle il s'est préparé. Garde-toi des bêtes mortes, ne t'en approche pas, et ne prends pas une flèche tranchante pour saigner. La pierre dressée, ne l'immole pas, et n'adore pas les idoles ; adore Allah. N'approche pas une femme libre dont le secret t'est interdit ; épouse ou reste seul. Le parent proche, ne romps pas le lien avec lui, ni le captif enchaîné. Glorifie [Allah] au soir et au matin, et ne loue pas Satan ; loue Allah. Ne te moque pas d'un misérable affligé, et ne pense pas que la richesse rend l'homme immortel. » (Son retour lorsqu'il apprit l'interdiction du vin par le Messager, et sa mort) : Lorsqu'il fut à La Mecque ou près d'elle, un des associateurs de Quraysh l'intercepta et l'interrogea sur son affaire. Il lui apprit qu'il venait pour rencontrer le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, afin d'embrasser l'islam. L'autre lui dit : « Ô Abā Basīr, il interdit la fornication. » Al-A‘shā répondit : « Par Allah, c'est une chose dont je n'ai nul besoin. » Il lui dit : « Ô Abā Basīr, il interdit le vin. » Al-A‘shā répondit : « Quant à cela, par Allah, j'ai en moi des désirs pour lui. Mais je vais retourner, m'en abreuver cette année, puis je viendrai à lui et embrasserai l'islam. » Il retourna donc et mourut cette année-là, sans revenir auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. (L'humiliation d'Abū Jahl devant le Messager, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : Ibn Ishāq a dit : L'ennemi d'Allah, Abū Jahl ibn Hishām, malgré son hostilité envers le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, sa haine pour lui et sa dureté à son égard, Allah l'humiliait devant lui quand il le voyait.
L'ordre d'al-Irāshī qui vendit ses chameaux à Abū Jahl [1].
L’affaire de l’Irâshî qui vendit ses chameaux à Abû Jahl (La tergiversation d’Abû Jahl envers lui, son appel au secours auprès des Qurayshites et leur mépris envers le Messager) : Ibn Ishâq dit : ‘Abd al-Malik ibn ‘Abd Allâh ibn Abî Sufyân al-Thaqafî, qui était un homme à la mémoire fidèle, me raconta : Un homme d’Irâsh 1 – Ibn Hishâm dit : et l’on dit aussi Irâsha 2 – vint à La Mecque avec des chameaux à lui. Abû Jahl les lui acheta, puis tergiversa quant à leur paiement. L’Irâshî s’avança jusqu’à s’arrêter devant une assemblée de Qurayshites, alors que le Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – était assis dans un coin de la Mosquée. Il dit : « Ô assemblée de Quraysh, quel est l’homme qui me fera obtenir justice 3 contre Abû 4 al-Hakam ibn Hishâm ? Car je suis un étranger, un voyageur, et il a pris le dessus sur moi dans mon droit. » Les gens de cette assemblée lui dirent – désignant le Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – et ils se moquaient de lui à cause de l’inimitié qu’ils savaient exister entre lui et Abû Jahl : « Vois-tu cet homme assis ? Va à lui, car il te fera obtenir justice contre lui. » (Le Messager lui rendit justice contre Abû Jahl) : L’Irâshî s’avança donc jusqu’à s’arrêter devant le Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – et dit : « Ô serviteur d’Allâh, Abû al-Hakam ibn Hishâm a pris le dessus sur moi dans un droit que j’ai sur lui, et je suis un étranger, un voyageur. J’ai demandé à ces gens un homme qui me fasse obtenir justice contre lui, qui prenne mon droit de lui, et ils m’ont indiqué toi. Prends donc mon droit de lui, qu’Allâh te fasse miséricorde. » Il dit : « Va à lui. » Et le Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – se leva avec lui. Lorsqu’ils le virent se lever avec lui, ils dirent à un homme parmi eux : « Suis-le, et regarde ce qu’il fait. » Il dit : Le Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – sortit jusqu’à arriver chez lui, puis frappa à sa porte.
- Irâsh : Nom d’une tribu ou d’une localité, probablement en Arabie.
- Irâsha : Variante du nom Irâsh.
- yu’addînî : Littéralement : « me fera obtenir justice » ou « me fera recouvrer mon dû ».
- Abî : Père de ; Abû al-Hakam est le surnom d’Abû Jahl.
L'histoire de Rukāna al-Muṭṭalibī et de sa lutte contre le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui.
Il dit : « Qui est-ce ? » Il répondit : « Muḥammad. Sors donc vers moi. » Il sortit vers lui, sans qu'il y eût sur son visage la moindre odeur 1 ; son teint était livide 2. Il dit : « Donne à cet homme son dû. » Il répondit : « Oui, ne bouge pas jusqu'à ce que je lui donne ce qui lui revient. » Il entra, puis ressortit vers lui avec son dû et le lui remit. [Le narrateur] dit : Puis l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — s'en alla et dit à l'Irāshī : « Vaquer à tes affaires. » L'Irāshī s'avança jusqu'à se tenir devant cette assemblée et dit : « Que Dieu le récompense en bien ! Par Dieu, il a fait valoir mon droit. » (Ce que rapporta Abū Jahl sur la raison de sa peur de l'Envoyé) Il dit : L'homme qu'ils avaient envoyé avec lui vint et ils dirent : « Malheur à toi ! Qu'as-tu vu ? » Il dit : « Prodiges des prodiges ! Par Dieu, à peine eut-il frappé à sa porte qu'il sortit vers lui, l'âme à peine retenue 3, et lui dit : « Donne à cet homme son dû. » Il répondit : « Oui, ne bouge pas jusqu'à ce que je sorte vers lui avec son dû. » Il entra, puis ressortit vers lui avec son dû et le lui donna. » Il dit : « Puis Abū Jahl ne tarda pas à venir, et ils lui dirent : « Malheur à toi ! Qu'as-tu ? Par Dieu, nous n'avons jamais rien vu de pareil à ce que tu as fait ! » Il dit : « Malheur à vous ! Par Dieu, à peine eut-il frappé à ma porte et eus-je entendu sa voix que je fus rempli d'effroi. Puis je sortis vers lui, et voilà qu'au-dessus de sa tête il y avait un étalon de chameau 4 ; je n'ai jamais vu de tête, ni de garrot, ni de canines pareilles à celles de cet étalon. Par Dieu, si j'avais refusé, il m'aurait dévoré. » L'affaire de Rukāna al-Muṭṭalibī et sa lutte avec le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue (La victoire du Prophète sur lui et le miracle de l'arbre) Ibn Isḥāq dit : Mon père Isḥāq b. Yasār m'a raconté : Rukāna 5
- rā'iḥa : Odeur ; ici, absence de toute odeur corporelle, signe de pureté ou de crainte.
- intuqi'a : Verbe signifiant que le teint a changé, devenant pâle ou livide sous l'effet de la peur ou de la maladie.
- mā ma'ahu rūḥuhu : Expression signifiant qu'il était à moitié mort de peur, comme si son âme l'avait quitté.
- faḥl min al-ibil : Étalon de chameau ; ici, vision terrifiante d'un chameau mâle prêt à attaquer.
- Rukāna : Rukāna b. 'Abd Yazīd al-Muṭṭalibī, célèbre lutteur mecquois qui défia le Prophète et fut vaincu.
L'affaire de la délégation des chrétiens qui embrassèrent l'islam [1]
Ibn 'Abd Yazīd ibn Hāshim ibn 'Abd al-Muṭṭalib ibn 'Abd Manāf était le plus fort des Quraysh. Un jour, il se retira avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dans l'un des ravins de La Mecque. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui dit : « Ô Rukāna, ne crains-tu pas Allah et n'acceptes-tu pas ce à quoi je t'appelle ? » Il répondit : « Si je savais que ce que tu dis est vrai, je te suivrais. » Alors le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui dit : « Que penses-tu si je te terrasse, sauras-tu que ce que je dis est vrai ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Lève-toi pour que je lutte contre toi. » Rukāna se leva pour lutter contre lui. Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le saisit, il le coucha à terre, sans que Rukāna ne puisse rien faire de lui-même. Puis il dit : « Recommence, ô Muhammad. » Il recommença et le terra. Alors il dit : « Ô Muhammad, par Allah, c'est étonnant ! Tu me terrasses ! » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Et il y a quelque chose de plus étonnant que cela, si tu veux que je te le montre, si tu crains Allah et suis mon ordre. » Il dit : « Qu'est-ce ? » Il dit : « J'invoque pour toi cet arbre que tu vois, et il viendra à moi. » Il dit : « Invoque-le. » Il l'invoqua, et l'arbre s'avança jusqu'à se tenir devant le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Puis il lui dit : « Retourne à ta place. » Et il retourna à sa place. Alors Rukāna alla vers son peuple et dit : « Ô Banī 'Abd Manāf, ensorcelez 1 votre compagnon pour les gens de la terre, car par Allah, je n'ai jamais vu de plus grand sorcier que lui. » Puis il leur raconta ce qu'il avait vu et ce qu'il avait fait. L'affaire de la délégation des chrétiens qui embrassèrent l'islam (Tentative d'Abū Jahl de les détourner de l'islam et son échec) : Ibn Isḥāq dit : Ensuite, vingt hommes, ou à peu près, des chrétiens arrivèrent auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) alors qu'il était à La Mecque, lorsque la nouvelle de lui leur parvint d'Abyssinie. Ils le trouvèrent dans la mosquée, s'assirent près de lui, lui parlèrent et l'interrogèrent, tandis que des hommes des Quraysh étaient dans leurs assemblées autour de la Ka'ba. Lorsqu'ils eurent fini d'interroger le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) sur ce qu'ils voulaient, le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) les appela à Allah (Puissant et Majestueux) et récita devant eux le Coran. Lorsqu'ils entendirent le Coran, leurs yeux débordèrent de larmes, puis ils répondirent à Allah 2, crurent en Lui, Le confirmèrent et reconnurent en lui ce qui leur avait été décrit dans leur Livre à son sujet. Lorsqu'ils se levèrent de chez lui, Abū Jahl ibn Hishām, accompagné d'un groupe de Quraysh, les interpella et leur dit : « Qu'Allah vous déçoive, ô caravane ! Ceux qui sont derrière vous, de votre religion, vous ont envoyés pour vous renseigner sur cet homme, et vous n'avez même pas terminé votre séance auprès de lui que vous avez abandonné votre religion et l'avez confirmé dans ce qu'il dit ! Nous ne connaissons pas de caravane plus stupide que vous. » Ou quelque chose de semblable. Ils leur répondirent : « Paix sur vous ! Nous ne discutons pas avec vous dans l'ignorance. Nous avons ce que nous avons, et vous avez ce que vous avez. Nous n'avons pas manqué de choisir le bien pour nous-mêmes 3. » (Leurs localités et ce qui fut révélé du Coran à leur sujet) : On dit que le groupe de chrétiens était des habitants de Najrān. Allah sait mieux ce qu'il en fut. On dit – et Allah sait mieux – que c'est à leur sujet que furent révélés ces versets : « Ceux à qui Nous avons donné le Livre avant lui, y croient. Et quand on le leur récite, ils disent : 'Nous y croyons. C'est la vérité venant de notre Seigneur. Nous étions déjà soumis avant lui.' » (28:52-53) jusqu'à Sa parole : « À nous nos œuvres, à vous vos œuvres. Paix sur vous ! Nous ne recherchons pas les ignorants. » (28:55). Ibn Isḥāq dit : J'ai interrogé Ibn Shihāb al-Zuhrī au sujet de ces versets, sur qui ils furent révélés. Il me dit : « D'après ce que j'ai entendu de nos savants, ils furent révélés au sujet du Negus 4 et de ses compagnons. » Et le verset de la sourate al-Mā'ida, depuis Sa parole : « Cela parce que parmi eux se trouvent des prêtres et des moines, et qu'ils ne s'enflent pas d'orgueil » (5:82) jusqu'à Sa parole : « Inscris-nous donc parmi les témoins. » (5:83). (Moquerie des associateurs envers ceux qu'Allah avait gratifiés, et révélation de versets à ce sujet) : Ibn Isḥāq dit : Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) s'asseyait dans la mosquée, et que s'asseyaient près de lui les faibles parmi ses compagnons : Khabbāb, 'Ammār, Abū Fukayha Yasār (affranchi de Ṣafwān ibn Umayya ibn Muḥarrith), Ṣuhayb et leurs semblables parmi les musulmans, les Quraysh se moquaient d'eux et se disaient les uns aux autres : « Voilà ses compagnons, comme vous le voyez. Est-ce à ceux-là qu'Allah a accordé la guidance et la vérité parmi nous ? Si ce que Muhammad a apporté était un bien, ceux-là ne nous auraient pas devancés vers lui. »
- sāḥirū : Impératif du verbe 'ensorceler' ; les Quraysh accusaient le Prophète de sorcellerie.
- istajābū li-llāh : Ils répondirent à l'appel d'Allah, c'est-à-dire embrassèrent l'islam.
- lam na'lu anfusanā khayran : Expression signifiant 'nous n'avons pas épargné notre peine pour notre bien' ou 'nous avons choisi ce qui est bon pour nous'.
- al-Najāshī : Titre du souverain d'Abyssinie (Éthiopie) à l'époque du Prophète, qui avait accordé asile aux premiers musulmans émigrés.
La descente de la sourate al-Kawthar [1]
Et ce dont Dieu les a distingués par rapport à nous. Dieu Très-Haut révéla alors à leur sujet : « Ne repousse pas ceux qui invoquent leur Seigneur, matin et soir, désirant Sa Face. Leur compte ne te concerne en rien, et ton compte ne les concerne en rien, sinon tu les repousserais et tu serais alors du nombre des injustes. Ainsi éprouvons-Nous les uns par les autres, afin qu’ils disent : “Est-ce ceux-là que Dieu a comblés de faveur parmi nous ?” Dieu n’est-Il pas le Plus Savant de ceux qui sont reconnaissants ? Et lorsque viennent à toi ceux qui croient en Nos signes, dis : “Paix sur vous ! Votre Seigneur S’est prescrit à Lui-même la miséricorde, de sorte que quiconque parmi vous commet un mal par ignorance, puis se repent ensuite et se réforme, alors Il est Pardonneur et Miséricordieux.” » [6:52-54] (Prétention des associateurs 1 selon laquelle le Prophète était instruit par Jabr, et ce que Dieu révéla à ce sujet) : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, selon ce qui m’est parvenu, s’asseyait souvent près d’al-Marwa 2 à l’endroit où se tenait un jeune esclave chrétien nommé Jabr, appartenant aux Banū l-Ḥaḍramī 3. Ils disaient : « Par Dieu, ce n’est que Jabr le chrétien, l’esclave des Banū l-Ḥaḍramī, qui enseigne à Muhammad la plupart de ce qu’il apporte. » Dieu Très-Haut révéla alors à propos de leurs paroles : « Nous savons bien qu’ils disent : “Ce n’est qu’un être humain qui l’enseigne.” La langue de celui vers lequel ils inclinent 4 est étrangère, tandis que ceci est une langue arabe claire. » [16:103] Ibn Hishâm 5 dit : « Ils inclinent vers lui » signifie : ils penchent vers lui. L’ilhâd 6 est le fait de s’écarter de la vérité. Rûba b. al-‘Ajjâj 7 dit : « Quand tout inclinant 8 suit al-Ḍaḥḥâk 9 » Ibn Hishâm dit : Il entend par al-Ḍaḥḥâk le kharijite 10, et ce vers fait partie d’une urjûza 11 de lui. (Révélation de la sourate al-Kawthar 12) (Parole d’al-‘Âs 13 sur le Messager, et révélation de la sourate al-Kawthar) : Ibn Ishâq 14 dit : Al-‘Âs b. Wâ’il as-Sahmî 15 – selon ce qui m’est parvenu –, quand on mentionnait le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, disait : « Laissez-le, ce n’est qu’un homme sans postérité 16, sans descendance ; s’il mourait, sa mention cesserait et vous seriez débarrassés de lui. » Dieu révéla alors à ce sujet : « Certes, Nous t’avons donné al-Kawthar 17 » [108:1], ce qui est meilleur pour toi que le monde et ce qu’il contient. Al-Kawthar signifie l’abondant. (Les deux compagnons de Malḥûb 18 et ar-Ridâ‘ 19) : Ibn Ishâq dit : Labîd b. Rabî‘a al-Kilâbî 20 dit : « Et le compagnon de Malḥûb, nous fûmes affligés par son jour, Et près d’ar-Ridâ‘, la demeure d’un autre kawthar 21 » Il veut dire : grand. Ibn Hishâm dit : Ce vers fait partie d’une qasîda 22 de lui. Le compagnon de Malḥûb est ‘Awf b. al-Aḥwaṣ b. Ja‘far b. Kilâb, mort à Malḥûb. Et sa parole : « Et près d’ar-Ridâ‘, la demeure d’un autre kawthar » : il entend Shuraḥ b. al-Aḥwaṣ b. Ja‘far b. Kilâb, mort à ar-Ridâ‘. Kawthar : il veut dire l’abondant. Son terme est dérivé du mot « abondant ». Al-Kumayt b. Zayd 23 dit, faisant l’éloge de Hishâm b. ‘Abd al-Malik b. Marwân 24 : « Et toi, tu es abondant, ô fils de Marwân, bon, Et ton père, fils des nobles femmes, était kawthar 25 » Ce vers fait partie d’une qasîda de lui. Et Umayya b. Abî ‘Â’idh al-Hudhalî 26 dit, décrivant un âne sauvage : « Il défend le droit quand elles s’enflamment 27 Et hennissent dans un kawthar 28 comme des manteaux » Il entend par kawthar la poussière abondante, qu’il compare, à cause de son abondance sur lui, à des manteaux. Ce vers fait partie d’une qasîda de lui. (On interrogea le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – sur al-Kawthar : qu’est-ce que c’est ? Il répondit) : Ibn Ishâq dit : Ja‘far b. ‘Amr – Ibn Hishâm dit : c’est Ja‘far b. ‘Amr – me raconta...
- mushrikūn : Associateurs : polythéistes qui associent d'autres divinités à Dieu.
- al-Marwa : Colline sacrée à La Mecque, lieu du rite du sa‘y entre Safâ et Marwa.
- Banū l-Ḥaḍramī : Tribu ou clan de la région du Hadramaout (Yémen).
- yulḥidūna ilayhi : Ils inclinent vers lui : ils penchent ou se tournent vers lui (Jabr).
- Ibn Hishām : Célèbre biographe du Prophète (m. 218/833), auteur de la Sîra.
- ilhād : Déviation, inclinaison hors de la vérité ; souvent traduit par hérésie ou athéisme.
- Rūba b. al-‘Ajjāj : Poète arabe de l'époque omeyyade (m. 145/762), connu pour ses urjûzât.
- mulḥid : Qui s'écarte de la vérité, hérétique ou athée.
- al-Ḍaḥḥāk : Al-Ḍaḥḥāk al-Khārijī, chef kharijite.
- khārijite : Membre d'une secte musulmane dissidente, les Kharidjites.
- urjūza : Poème en mètre rajaz, souvent didactique ou épique.
- sūrat al-Kawthar : Sourate 108 du Coran, nommée d'après le mot kawthar (abondance).
- al-‘Āṣ : Al-‘Āṣ b. Wā’il, notable mecquois hostile à l'islam.
- Ibn Isḥāq : Muhammad b. Isḥāq (m. 150/767), premier biographe du Prophète.
- as-Sahmī : Membre du clan des Banū Sahm, tribu de Quraysh.
- abtar : Sans postérité, sans descendance ; terme utilisé par les polythéistes pour insulter le Prophète.
- al-Kawthar : L'abondance ; aussi nom d'un fleuve au Paradis.
- Malḥūb : Lieu-dit en Arabie.
- ar-Ridā‘ : Lieu-dit en Arabie.
- Labīd b. Rabī‘a al-Kilābī : Poète arabe préislamique et compagnon du Prophète (m. 41/661).
- kawthar : Ici employé comme adjectif signifiant abondant, grand.
- qaṣīda : Poème arabe classique, souvent long et polyphonique.
- al-Kumayt b. Zayd : Poète arabe de l'époque omeyyade (m. 126/744), connu pour ses poèmes hâshimites.
- Hishām b. ‘Abd al-Malik b. Marwān : Calife omeyyade (r. 724-743).
- kawthar : Ici adjectif signifiant abondant, généreux.
- Umayya b. Abī ‘Ā’idh al-Hudhalī : Poète arabe de la tribu des Hudhayl.
- iḥtadama : S'enflammer, s'échauffer (en parlant de juments).
- kawthar : Ici substantif désignant une poussière abondante.
Ils dirent : « Que ne fait-on descendre sur lui un ange [1] ? » (6:8)
Ibn Umayya al-Ḍamrī, d'après ʿAbd Allāh b. Muslim, frère de Muḥammad b. Muslim b. Shihāb al-Zuhrī, d'après Anas b. Mālik, qui a dit : J'ai entendu le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — alors qu'on lui disait : « Ô Messager de Dieu, qu'est-ce que le Kawthar 1 que Dieu t'a donné ? » Il a dit : « Un fleuve comme entre Ṣanʿāʾ et Ayla 2, dont les vases sont en nombre égal aux étoiles du ciel ; des oiseaux au cou semblable au cou des chameaux viennent s'y abreuver. » Il dit : ʿUmar b. al-Khaṭṭāb dit : « Ô Messager de Dieu, ils sont donc bien gras ! » Il dit : « Celui qui les mange est plus gras qu'eux. » Ibn Isḥāq a dit : J'ai entendu dans ce hadith ou un autre qu'il a dit — que Dieu prie sur lui et le salue — : « Quiconque en boit n'aura jamais soif. » Révélation de : « Et ils dirent : “Si seulement un ange était descendu sur lui !” » [6:8] (Parole de Zamʿa et de ses compagnons, et révélation de ce verset) : Ibn Isḥāq a dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — appela son peuple à l'islam et leur parla en leur transmettant le message. Alors Zamʿa b. al-Aswad, al-Naḍr b. al-Ḥārith, al-Aswad b. ʿAbd Yaghūth, Ubayy b. Khalaf et al-ʿĀṣ b. Wāʾil lui dirent : « Si seulement un ange était placé avec toi, ô Muḥammad, pour parler de toi aux gens et être vu avec toi ! » Dieu Très-Haut révéla alors à propos de leur parole : « Et ils dirent : “Si seulement un ange était descendu sur lui !” Si Nous avions fait descendre un ange, l'affaire aurait été tranchée, puis ils n'auraient plus été attendus. Et si Nous en avions fait un ange, Nous l'aurions fait homme, et Nous les aurions confondus dans leur confusion. » [6:8-9] Révélation de : « On s'est moqué des messagers avant toi » [6:10] (Parole d'al-Walīd et de ses compagnons, et révélation de ce verset) : Ibn Isḥāq a dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — passa, selon ce qui m'est parvenu, près d'al-Walīd
- al-Kawthar : Nom d'un fleuve du Paradis, signifiant littéralement « l'Abondance » ; également le nom de la sourate 108 du Coran.
- Ṣanʿāʾ et Ayla : Ṣanʿāʾ est la capitale du Yémen ; Ayla est une ancienne ville portuaire sur la mer Rouge, correspondant à l'actuelle Aqaba en Jordanie.
Il mentionna l'Isrâ' [1] et le Mi'râj [2].
Ibn al-Mughīra, Umayya ibn Khalaf et Abū Jahl ibn Hishām se moquèrent de lui 1 et le raillèrent, ce qui l'affligea. Alors Allah Très-Haut révéla à son sujet, à propos de leur comportement : « On s'est moqué de messagers avant toi ; mais ceux qui se moquaient furent cernés par ce dont ils se raillaient. » (6:10) **Récit de l'Isrā' et du Mi‘rāj** Ibn Hishām dit : Ziyād ibn ‘Abd Allāh al-Bakkā'ī nous a rapporté d'après Muḥammad ibn Isḥāq al-Muṭṭalibī qui dit : Ensuite, le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) fut transporté de nuit 2 de la Mosquée Sacrée à la Mosquée la Plus Lointaine, qui est le Temple de Jérusalem, à Iliyā' 3, alors que l'Islam s'était répandu à La Mecque parmi Quraysh et toutes les tribus. Ibn Isḥāq dit : Parmi ce qui m'est parvenu de son voyage nocturne (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), d'après ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd, Abū Sa‘īd al-Khudrī, ‘Ā'isha l'épouse du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), Mu‘āwiya ibn Abī Sufyān, al-Ḥasan ibn Abī al-Ḥasan (al-Baṣrī), Ibn Shihāb al-Zuhrī, Qatāda et d'autres gens de science, et Umm Hāni' bint Abī Ṭālib, ce qui s'est rassemblé dans ce récit : chacun rapporte une partie de ce qui a été mentionné de son affaire lorsqu'il fut transporté de nuit (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), et ce qui fut dans son voyage nocturne, et ce qui a été rapporté à son sujet comme épreuve et purification, et un ordre parmi les ordres d'Allah (Puissant et Majestueux) 4 dans Sa puissance et Sa souveraineté, contenant une leçon pour les doués d'intelligence, une guidance, une miséricorde et une fermeté pour ceux qui croient et attestent, et qui sont certains de l'ordre d'Allah, Gloire à Lui et Très-Haut. Il le transporta de nuit, Gloire à Lui et Très-Haut, comme Il le voulut, pour lui montrer de Ses signes ce qu'Il voulut, jusqu'à ce qu'il vît ce qu'il vit de Son ordre et de Sa souveraineté immense, et de Sa puissance par laquelle Il fait ce qu'Il veut. **(Récit de ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd sur son voyage nocturne)** ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd – d'après ce qui m'est parvenu de lui – disait : On apporta au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le Burāq 5 – la monture sur laquelle les prophètes avant lui étaient transportés, posant son sabot à l'extrémité de sa portée – et il fut porté sur elle. Puis son compagnon sortit avec lui, voyant les signes entre le ciel et la terre, jusqu'à ce qu'il parvînt au Temple de Jérusalem. Il y trouva Ibrāhīm al-Khalīl, Mūsā et ‘Īsā, parmi un groupe de prophètes rassemblés pour lui, et il pria avec eux. Puis on lui apporta trois récipients : un récipient contenant du lait, un récipient contenant du vin, et un récipient contenant de l'eau. 6 Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : J'entendis alors un voix dire, lorsqu'ils me furent présentés : « S'il prend l'eau, il se noiera et sa communauté se noiera ; s'il prend le vin, il s'égarera et sa communauté s'égarera ; s'il prend le lait, il sera guidé et sa communauté sera guidée. » Il dit : Je pris le récipient de lait et en bus. Alors Jibrīl (que la paix soit sur lui) me dit : « Tu as été guidé, et ta communauté a été guidée, ô Muḥammad. » **(Récit d'al-Ḥasan sur son voyage nocturne)** Ibn Isḥāq dit : On m'a rapporté d'après al-Ḥasan qu'il dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Alors que je dormais dans le Ḥijr 7, Jibrīl vint à moi et me poussa du pied. Je m'assis mais ne vis rien. Je retournai à ma couche. Il vint une deuxième fois et me poussa du pied. Je m'assis mais ne vis rien. Je retournai à ma couche. Il vint une troisième fois et me poussa du pied. Je m'assis, puis il me prit par le bras et je me levai avec lui. Il sortit avec moi 8 vers la porte de la mosquée, et voici une monture blanche, entre la mule et l'âne, ayant aux cuisses deux ailes avec lesquelles elle poussait ses jambes, posant sa main à l'extrémité de sa portée. Il me fit monter sur elle, puis sortit avec moi, sans qu'elle me devance ni que je la devance. » **(Récit de Qatāda sur son voyage nocturne)** Ibn Isḥāq dit : On m'a rapporté d'après Qatāda qu'il dit : On m'a rapporté que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Lorsque je m'approchai d'elle pour la monter, elle se cabra 9. Jibrīl posa sa main sur son garrot 10 et dit : « N'as-tu pas honte, ô Burāq 11, de ce que tu fais ? Par Allah, aucun serviteur d'Allah avant Muḥammad ne t'a monté qui soit plus noble auprès de Lui 12 que lui. » Il dit : « Alors elle eut honte au point de suer abondamment 13, puis se calma jusqu'à ce que je la montasse. » **(Retour au récit d'al-Ḥasan sur son voyage nocturne et raison pour laquelle Abū Bakr fut nommé al-Ṣiddīq)** Al-Ḥasan dit dans son récit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) partit, et Jibrīl (que la paix soit sur lui) partit avec lui, jusqu'à ce qu'il le menât au Temple de Jérusalem. Il y trouva Ibrāhīm, Mūsā et ‘Īsā, parmi un groupe de prophètes. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) les précéda et pria avec eux. Puis on lui apporta deux récipients : dans l'un du vin, dans l'autre du lait. Il dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) prit le récipient de lait, en but, et laissa le récipient de vin. Il dit : Alors Jibrīl lui dit : « Tu as été guidé vers la saine nature 14, et ta communauté a été guidée, ô Muḥammad ; et le vin vous a été interdit. » Puis le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) retourna à La Mecque. Le matin venu, il alla trouver Quraysh et leur raconta l'histoire. La plupart des gens dirent : « Par Allah, voilà une chose 15 évidente ! Par Allah, la caravane met un mois de La Mecque à la Syrie à l'aller, et un mois au retour. Muḥammad irait et reviendrait en une seule nuit ? » Il dit : Beaucoup de ceux qui avaient embrassé l'Islam apostasièrent. Les gens allèrent trouver Abū Bakr et lui dirent : « Qu'en dis-tu, ô Abū Bakr, de ton compagnon ? Il prétend être allé cette nuit au Temple de Jérusalem, y avoir prié, et être revenu à La Mecque. » Il dit : Abū Bakr leur répondit : « Vous mentez contre lui. » Ils dirent : « Si, le voilà dans la mosquée qui raconte cela aux gens. » Abū Bakr dit : « Par Allah, s'il l'a dit, il a dit vrai. Qu'est-ce qui vous étonne là-dedans ? Par Allah, il m'informe que la nouvelle lui vient (d'Allah) 16 du ciel à la terre en une heure de nuit ou de jour, et je le crois. Ceci est plus étonnant 17 que ce dont vous vous étonnez. » Puis il se dirigea vers le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et dit : « Ô Prophète d'Allah, as-tu raconté à ces gens que tu es allé au Temple 18 de Jérusalem cette nuit ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Ô Prophète d'Allah, décris-le moi, car je l'ai visité. » Al-Ḥasan dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Alors il me fut élevé jusqu'à ce que je le visse. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) se mit à le décrire à Abū Bakr, et Abū Bakr disait : « Tu as dit vrai, j'atteste que tu es le Messager d'Allah. » Chaque fois qu'il lui décrivait quelque chose, il disait : « Tu as dit vrai, j'atteste que tu es le Messager d'Allah. » Jusqu'à ce qu'il eût fini 19, le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit à Abū Bakr : « Et toi, ô Abū Bakr, tu es al-Ṣiddīq 20. » Ce jour-là, il le nomma al-Ṣiddīq. Al-Ḥasan dit : Allah Très-Haut révéla au sujet de ceux qui apostasièrent de leur Islam à cause de cela : « Et Nous n'avons fait de la vision que Nous t'avons montrée qu'une tentation pour les gens, ainsi que de l'arbre maudit dans le Coran. Nous les effrayons, mais cela ne fait qu'augmenter leur grande rébellion. » (17:60) Voilà le récit d'al-Ḥasan sur le voyage nocturne du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), et ce qui y est inclus du récit de Qatāda. **(Récit de ‘Ā'isha sur son voyage nocturne)** Ibn Isḥāq dit : Certains de la famille d'Abū Bakr m'ont rapporté que ‘Ā'isha, l'épouse du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), disait : « Le corps du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ne fut pas absent, mais Allah transporta son esprit. » **(Récit de Mu‘āwiya sur son voyage nocturne)**
Ibn Isḥāq a dit : Ya‘qūb ibn ‘Utba ibn al-Mughīra ibn al-Akhnas m’a raconté que Mu‘āwiya ibn Abī Sufyān, lorsqu’on l’interrogeait sur le voyage nocturne 21 du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), disait : « C’était une vision véridique de la part d’Allah le Très-Haut. » (La possibilité que le voyage nocturne fût une vision) Cette parole ne fut pas contestée de leur part, en raison de la parole d’al-Ḥasan : « Ce verset fut révélé à ce sujet, la parole d’Allah béni et Très-Haut : “Et Nous n’avons fait de la vision que Nous t’avons montrée qu’une épreuve pour les gens” (17:60), et en raison de la parole d’Allah Très-Haut rapportant d’Abraham (sur lui la paix) lorsqu’il dit à son fils : “Ô mon fils, je vois en songe que je t’immole” (37:102), puis il agit en conséquence. Ainsi, j’ai su que la révélation d’Allah vient aux prophètes éveillés et endormis. » Ibn Isḥāq a dit : Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) disait – d’après ce qui m’est parvenu – : « Mes yeux dorment, mais mon cœur est éveillé. » Et Allah sait le mieux comment cela lui est venu, et ce qu’il a contemplé parmi les affaires d’Allah, dans l’un ou l’autre de ses états : endormi ou éveillé ; tout cela est vrai et véridique. (Description par le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) d’Abraham, Moïse et Jésus) Ibn Isḥāq a dit : Az-Zuhrī a rapporté d’après Sa‘īd ibn al-Musayyib que le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) décrivit à ses compagnons Abraham, Moïse et Jésus lorsqu’il les vit cette nuit-là. Il dit : « Quant à Abraham, je n’ai jamais vu d’homme qui lui ressemble plus que votre compagnon 22, ni votre compagnon qui lui ressemble plus que lui. Quant à Moïse, c’est un homme brun, grand, robuste, aux cheveux crépus, au nez aquilin 23, comme s’il était des hommes de Shanū’a 24. Quant à Jésus fils de Marie, c’est un homme roux, de taille moyenne, aux cheveux lisses, avec beaucoup de taches de rousseur 25 sur le visage, comme s’il sortait d’un bain 26 ; tu croirais que sa tête dégoutte d’eau, bien qu’il n’y ait pas d’eau. Celui qui lui ressemble le plus parmi vos hommes est ‘Urwa ibn Mas‘ūd ath-Thaqafī. » (Description de ‘Alī du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui)) Ibn Hishām a dit : La description du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était – d’après ce que ‘Umar, affranchi de Ghufra, a rapporté d’Ibrāhīm ibn Muḥammad ibn ‘Alī ibn Abī Ṭālib – : ‘Alī ibn Abī Ṭālib (sur lui la paix), lorsqu’il décrivait le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), disait : « Il n’était ni excessivement grand 27, ni excessivement petit 28. Il était de taille moyenne parmi les gens. Il n’avait ni les cheveux très crépus 29, ni les cheveux lisses ; ils étaient ondulés 30. Il n’était ni potelé 31, ni joufflu 32. Il était blanc teinté de rouge, avait les yeux très noirs 33, les cils longs 34, les articulations 35 et le dos 36 robustes, la ligne de poils 37 fine, le corps glabre 38, les paumes et les plantes des pieds épaisses 39. Quand il marchait, il se penchait en avant 40 comme s’il descendait une pente 41. Quand il se tournait, il se tournait tout entier. Entre ses omoplates se trouvait le sceau de la prophétie. Il (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) est le sceau des prophètes, le plus généreux des hommes, le plus courageux des hommes, le plus véridique des hommes en parole 42, le plus fidèle des hommes à ses engagements 43, le plus doux de caractère 44, le plus noble en compagnie. Quiconque le voyait soudainement 45 le redoutait, et quiconque le fréquentait l’aimait. Celui qui le décrivait disait : “Je n’ai vu avant lui ni après lui personne de semblable.” Que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. » (Hadith d’Umm Hāni’ sur son voyage nocturne (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui)) Muḥammad ibn Isḥāq a dit : Parmi ce qui m’est parvenu d’Umm Hāni’ bint Abī Ṭālib (qu’Allah l’agrée), dont le nom est Hind, au sujet du voyage nocturne du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), elle disait : « Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ne fut emmené en voyage nocturne que lorsqu’il était dans ma maison. Il dormit 46 chez moi cette nuit-là dans ma maison, fit la prière du ‘ichā’ 47, puis dormit, et nous dormîmes. Peu avant l’aube, le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) nous réveilla 48. Après avoir prié le ṣubḥ 49 et que nous eûmes prié avec lui, il dit : “Ô Umm Hāni’, j’ai prié avec vous la prière du ‘ichā’ comme tu l’as vu dans cette vallée, puis je suis venu à Jérusalem 50 et j’y ai prié, puis j’ai prié la prière du matin avec vous maintenant comme tu vois.” Puis il se leva pour sortir. Je saisis le bord de son manteau, et son ventre se découvrit, comme s’il était un tissu copte 51 plié. Je lui dis : “Ô Prophète d’Allah, ne raconte pas cela aux gens, car ils te traiteront de menteur et te feront du mal.” Il dit : “Par Allah, je vais le leur raconter.” Elle dit : Je dis à une servante abyssinienne que j’avais : “Malheur à toi ! Suis le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) jusqu’à ce que tu entendes ce qu’il dit aux gens et ce qu’ils lui disent.” Lorsque le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) sortit vers les gens, il les informa. Ils furent étonnés et dirent : “Quel est le signe de cela, ô Muḥammad ? Car nous n’avons jamais entendu pareille chose.” Il dit : “Le signe en est que je suis passé par la caravane des Banū untel dans la vallée untelle, et le bruit de ma monture les a effrayés, et un chameau s’est égaré ; je les ai guidés vers lui, alors que je me dirigeais vers le Shām 52. Puis je suis revenu, et lorsque j’étais à Ḍajnān 53, je suis passé par la caravane des Banū untel ; j’ai trouvé les gens endormis, et ils avaient un récipient d’eau qu’ils avaient couvert de quelque chose ; j’ai soulevé son couvercle, j’ai bu ce qu’il contenait, puis je l’ai recouvert comme il était.” Les gens dirent : “Nous avons interrogé la caravane, et elle a rapporté que leur chameau s’était égaré et qu’ils avaient entendu un appel qui les avait guidés vers lui, et que leur récipient d’eau avait été découvert et que l’eau avait été bue, puis recouvert.” Et ils crurent en ce qu’il leur avait dit. »
- هَمَزُوهُ : Ils le raillèrent, se moquèrent de lui en le blâmant ou en le critiquant.
- أُسْرِيَ : Il fut transporté de nuit ; l'Isrā' désigne le voyage nocturne du Prophète de La Mecque à Jérusalem.
- إيلِيَاء : Nom ancien de Jérusalem, dérivé du latin Aelia Capitolina.
- عَزَّ وَجَلَّ : Formule de glorification d'Allah signifiant 'Puissant et Majestueux'.
- البُرَاق : Monture céleste blanche, plus petite qu'une mule et plus grande qu'un âne, qui transporta le Prophète lors de l'Isrā'.
- قَالَ : Indique une citation du Prophète ; ici, le récit se poursuit avec ses paroles.
- الحِجْر : Espace semi-circulaire adjacent à la Kaaba, entre la Pierre Noire et la porte.
- بِي : Avec moi ; le Prophète est emmené par Jibrīl.
- شَمَسَ : Se cabra, refusa d'avancer ; la monture fit un écart.
- مَعْرَفَتِهِ : Garrot, partie du cou entre la tête et le dos de l'animal.
- بُرَاقُ : Vocatif : ô Burāq.
- أَكْرَمُ عَلَيْهِ : Plus noble auprès de Lui (Allah).
- ارْفَضَّ : Coula abondamment ; la sueur ruissela.
- الفِطْرَة : La saine nature originelle, la religion naturelle et pure de l'islam.
- الإِمْرُ : Chose, affaire ; ici, une chose étonnante ou incroyable.
- مِنْ اللَّهِ : De la part d'Allah ; la révélation divine.
- أَبْعَدُ : Plus étonnant, plus extraordinaire.
- بَيْتَ : Maison, temple ; ici, le Temple de Jérusalem.
- إذَا : Lorsque ; marque la fin de la description.
- الصِّدِّيق : Le Véridique, celui qui atteste de la vérité ; titre donné à Abū Bakr pour sa foi inébranlable.
- al-isrā’ : Voyage nocturne du Prophète Muhammad de La Mecque à Jérusalem.
- ṣāḥibikum : Votre compagnon : désigne le Prophète Muhammad lui-même.
- aqnā : Au nez aquilin, légèrement courbé.
- Shanū’a : Tribu yéménite réputée pour la beauté de ses hommes.
- khīlān : Taches de rousseur ou grains de beauté.
- dīmās : Bain public ou lieu sombre ; ici, sortant d’un bain.
- al-mummaġiṭ : Excessivement grand et dégingandé.
- al-mutaraddid : Très petit, rabougri.
- al-ja‘d al-qaṭaṭ : Cheveux très crépus et frisés.
- rajilan : Cheveux ondulés, ni crépus ni lisses.
- al-muṭahham : Potelé, au visage rond et plein.
- al-mukaltham : Joufflu, aux joues rebondies.
- ad‘aj : Œil très noir avec un blanc très blanc.
- ahdab : Aux cils longs et fournis.
- mushāsh : Articulations des os, notamment des épaules et des genoux.
- katad : Partie supérieure du dos entre les omoplates.
- masruba : Ligne de poils allant de la poitrine au nombril.
- ajrad : Corps glabre, sans poils superflus.
- shathn : Paumes et plantes des pieds épaisses et charnues.
- taqalla‘a : Marchait en se penchant en avant avec vigueur.
- ṣabab : Pente, descente ; comme s’il descendait une pente.
- lahja : Parole, langage ; véridique en parole.
- dhimma : Engagement, pacte ; fidèle à ses promesses.
- ‘arīka : Caractère, nature ; doux de caractère.
- badīha : Soudainement, à première vue.
- nāma : Dormit ; ici, il s’endormit.
- al-‘ishā’ al-ākhira : La prière du soir, la dernière des cinq prières obligatoires.
- ahabbana : Nous réveilla ; il nous éveilla.
- ṣubḥ : La prière de l’aube.
- Bayt al-Maqdis : Jérusalem, littéralement ‘la Maison sainte’.
- qubṭiyya : Tissu copte, fin et plissé.
- al-Shām : La Grande Syrie, incluant la Palestine, la Syrie, le Liban et la Jordanie.
- Ḍajnān : Lieu situé entre La Mecque et Médine.
Le récit de l'Ascension [1]
Puis je le recouvris comme il était. Et le signe de cela est que leur caravane descend maintenant 1 d'Al-Bayda' 2, du col d'Al-Tan'im 3, précédée par un chameau gris 4 portant deux outres, l'une noire et l'autre bigarrée 5." Elle dit : "Les gens se précipitèrent vers le col et le premier qu'ils rencontrèrent fut le chameau, comme il le leur avait décrit. Ils les interrogèrent au sujet du récipient, et ils leur apprirent qu'ils l'avaient placé rempli d'eau, puis recouvert, et qu'ils s'étaient réveillés en le trouvant recouvert comme ils l'avaient fait, mais sans y trouver d'eau. Ils interrogèrent les autres, qui étaient à La Mecque, et ils dirent : "Par Dieu, il a dit vrai. Nous avons été effrayés dans la vallée qu'il a mentionnée, un de nos chameaux s'est enfui, et nous avons entendu la voix d'un homme qui nous appelait vers lui, jusqu'à ce que nous l'ayons rattrapé." L'histoire du Mi'raj 6 (Hadith d'Al-Khudri sur le Mi'raj) : Ibn Ishaq dit : "Un homme digne de confiance m'a rapporté d'après Abu Sa'id Al-Khudri, que Dieu l'agrée, qu'il a dit : J'ai entendu le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dire : "Quand j'eus terminé ce qui était à Jérusalem, on m'apporta le Mi'raj 7 ; je n'ai jamais rien vu de plus beau que cela ; c'est vers lui que votre mortel tourne les yeux à l'agonie. Mon compagnon m'y fit monter, jusqu'à ce qu'il m'ait conduit à une porte des portes du ciel, appelée la Porte des Gardiens 8, sur laquelle se trouve un ange parmi les anges, nommé Isma'il, sous les ordres duquel se trouvent douze mille anges, sous les ordres de chacun d'eux douze mille anges." Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, disait en rapportant ce hadith : "Et nul ne connaît les armées de ton Seigneur, excepté Lui." Quand on m'eut fait entrer, il dit : "Qui est-ce, ô Gabriel ?" Il dit : "C'est Muhammad." Il dit : "A-t-il été envoyé ?" Il dit : "Oui." Il pria pour moi pour le bien et le dit. (Le fait que le gardien de l'Enfer n'a pas ri au Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue) : Ibn Ishaq dit : "Un savant m'a rapporté d'après quelqu'un qui le tenait du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, qu'il a dit : "Les anges me rencontrèrent quand j'entrai dans le ciel le plus bas ; aucun ange ne me rencontra sans rire et se réjouir, dire du bien et prier pour cela, jusqu'à ce qu'un ange parmi les anges me rencontra ; il dit ce qu'ils avaient dit et pria comme ils avaient prié, sauf qu'il ne rit pas et je ne vis pas de lui la même joie que je vis des autres. Je dis à Gabriel : "Ô Gabriel, qui est cet ange qui m'a dit comme les anges ont dit mais n'a pas ri 9 et je n'ai pas vu de lui la même joie que j'ai vue d'eux 10 ?" Gabriel me dit : "S'il avait ri à quelqu'un avant toi, ou s'il riait à quelqu'un après toi, il t'aurait ri, mais il ne rit pas. C'est Malik, le gardien 11 de l'Enfer 12." Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : "Je dis à Gabriel – et il est auprès de Dieu Très-Haut à la place qui vous a été décrite, obéi là-bas et digne de confiance [81:21] 13 : "Ne lui ordonnes-tu pas de me montrer l'Enfer ?" Il dit : "Si, ô Malik, montre à Muhammad l'Enfer." Il découvrit son couvercle, et elle bouillonna et s'éleva, au point que je pensai qu'elle allait prendre tout ce que je voyais. Je dis à Gabriel : "Ô Gabriel, ordonne-lui de la remettre à sa place." Il le lui ordonna, et il lui dit : "Cache-toi 14 !" Elle retourna à l'endroit d'où elle était sortie. Je ne comparai son retour qu'à la chute de l'ombre, jusqu'à ce qu'elle fût entrée par où elle était sortie, et il remit son couvercle sur elle. (Retour au hadith d'Al-Khudri sur le Mi'raj) : Abu Sa'id Al-Khudri dit dans son hadith : "Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : "Quand j'entrai dans le ciel le plus bas, j'y vis un homme assis à qui l'on présentait les âmes des fils d'Adam. Il disait à certaines d'entre elles, quand on les lui présentait, du bien et s'en réjouissait, et disait : "Âme bonne sortie d'un corps bon." Et il disait à d'autres, quand on les lui présentait : "Fi !" et il fronçait les sourcils et disait : "Âme mauvaise sortie d'un corps mauvais." Je dis : "Qui est-ce, ô Gabriel ?" Il dit : "C'est ton père Adam. On lui présente les âmes de sa descendance. Quand l'âme du croyant parmi eux passe devant lui, il s'en réjouit et dit : "Âme bonne sortie d'un corps bon." Et quand l'âme du mécréant parmi eux passe devant lui, il s'en offusque 15 et la déteste, et cela lui déplaît, et il dit : "Âme mauvaise sortie d'un corps mauvais." (Description des mangeurs des biens des orphelins) : Il dit : "Puis je vis des hommes ayant des lèvres comme les lèvres 16 des chameaux, tenant dans leurs mains des morceaux de feu comme des rochers 17, qu'ils jetaient dans leurs bouches, et cela sortait de leurs derrières. Je dis : "Qui sont ceux-ci, ô Gabriel ?" Il dit : "Ce sont ceux qui mangent injustement les biens des orphelins." (Description des mangeurs d'intérêt usuraire) : Il dit : "Puis je vis des hommes ayant des ventres comme je n'en avais jamais vu, à la manière de la famille de Pharaon 18, ils passaient sur eux comme des chameaux assoiffés 19 quand on les présente au Feu, les piétinant sans pouvoir bouger de cet endroit. Je dis : "Qui sont ceux-ci, ô Gabriel ?" Il dit : "Ce sont les mangeurs d'intérêt usuraire." (Description des fornicateurs) : Il dit : "Puis je vis des hommes devant qui se trouvait de la viande précieuse et bonne, à côté de laquelle se trouvait de la viande avariée et puante ; ils mangeaient de l'avariée 20 et puante, et laissaient la grasse et bonne. Je dis : "Qui sont ceux-ci, ô Gabriel ?" Il dit : "Ce sont ceux qui abandonnent ce que Dieu leur a rendu licite parmi les femmes, et vont vers ce que Dieu leur a interdit parmi elles." (Description des femmes qui introduisent auprès des maris ce qui n'est pas d'eux) : Il dit : "Puis je vis des femmes suspendues par leurs seins. Je dis : "Qui sont celles-ci, ô Gabriel ?" Il dit : "Ce sont celles qui ont introduit auprès des hommes ce qui n'est pas de leurs enfants." Ibn Ishaq dit : "Ja'far ibn 'Amr 21 m'a rapporté d'après Al-Qasim ibn Muhammad que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : "La colère de Dieu est intense contre une femme qui a introduit auprès d'un peuple quelqu'un qui n'est pas des leurs, qui a mangé leurs biens sacrés 22 et a vu leurs parties intimes." (Retour au hadith d'Al-Khudri sur le Mi'raj) : Puis il revint au hadith d'Abu Sa'id Al-Khudri : "Il dit : "Puis il m'éleva au deuxième ciel, et il s'y trouvait les deux fils de la tante maternelle 23 : Jésus fils de Marie et Jean fils de Zacharie. Puis il m'éleva au troisième ciel, et il s'y trouvait un homme dont l'image était comme l'image de la lune la nuit de la pleine lune. Je dis : "Qui est-ce, ô Gabriel ?" Il dit : "C'est ton frère Joseph fils de Jacob." Puis il m'éleva au quatrième ciel, et il s'y trouvait un homme. Je l'interrogeai : "Qui est-il ?" Il dit : "C'est Idris." Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : "Et Nous l'élevâmes à un lieu élevé." Puis il m'éleva au cinquième ciel, et il s'y trouvait un homme d'âge mûr, aux cheveux et à la barbe blancs, au menton imposant 24 ; je n'avais jamais vu un homme d'âge mûr plus beau que lui. Je dis : "Qui est-ce, ô Gabriel ?" Il dit : "C'est le bien-aimé de son peuple, Aaron fils d'Imran."
Il dit : « Ensuite, il m'éleva jusqu'au sixième ciel, et il s'y trouvait un homme au teint clair 25, grand, au nez aquilin 26, comme s'il était des hommes de Shanû'a 27. Je lui dis : “Qui est-ce, ô Gabriel ?” Il dit : “C'est ton frère Moïse fils d'Imran.” Puis il m'éleva jusqu'au septième ciel, et il s'y trouvait un homme d'âge mûr assis sur un trône, près de la porte de la Demeure peuplée 28, que soixante-dix mille anges entrent chaque jour, sans y revenir jusqu'au Jour de la Résurrection. Je n'ai vu aucun homme qui ressemble davantage à votre compagnon, ni votre compagnon qui lui ressemble davantage. » Il dit : « Je dis : “Qui est-ce, ô Gabriel ?” Il dit : “C'est ton père Abraham.” » Il dit : « Ensuite, il me fit entrer au Paradis, et j'y vis une jeune fille aux lèvres rouges 29. Je lui demandai : “À qui es-tu ?” – car elle m'avait plu lorsque je la vis – elle dit : “À Zayd ibn Hâritha.” Alors l'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – annonça cette bonne nouvelle à Zayd ibn Hâritha. » Ibn Ishâq dit : « Et d'après le récit de 'Abd Allâh ibn Mas'ûd – que Dieu l'agrée – d'après le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue –, selon ce qui m'est parvenu : Gabriel ne l'éleva vers aucun des cieux sans que, lorsqu'il demandait la permission d'y entrer, ils lui disent : “Qui est-ce, ô Gabriel ?” Il disait : “Muhammad.” Ils disaient : “A-t-il déjà été envoyé 30 ?” Il disait : “Oui.” Ils disaient : “Que Dieu le salue comme un frère et un compagnon !” jusqu'à ce qu'il parvînt avec lui au septième ciel, puis il parvint avec lui jusqu'à son Seigneur, et Il lui imposa cinquante prières chaque jour. » (Conseil de Moïse au Messager – sur eux la paix – au sujet de l'allègement de la prière) (Il dit) 31 : L'Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Je revins donc. Lorsque je passai près de Moïse fils d'Imran – et quel bon compagnon il fut pour vous ! – il me demanda : “Combien de prières t'ont été imposées ?” Je dis : “Cinquante prières chaque jour.” Il dit : “La prière est lourde, et ta communauté est faible. Retourne vers ton Seigneur et demande-Lui d'alléger pour toi et pour ta communauté.” Je retournai donc et je demandai. »
- يَصُوبُ : Descend, se dirige vers le bas (en parlant d'une caravane venant de la montagne vers la vallée).
- الْبَيْضَاءِ : Al-Bayda' : nom d'un lieu situé entre La Mecque et Médine, une plaine blanche.
- ثَنِيَّةِ التَّنْعِيمِ : Col d'Al-Tan'im : un col à la limite de la zone sacrée de La Mecque, près de la Mecque.
- أَوْرَقُ : Gris, de couleur cendrée (se dit d'un chameau).
- بَرْقَاءُ : Bigarrée, tachetée (se dit d'une outre).
- الْمِعْرَاجِ : Le Mi'raj : l'ascension nocturne du Prophète Muhammad au ciel, après le voyage nocturne (Isra').
- الْمِعْرَاج : L'échelle ou l'ascenseur céleste par lequel le Prophète monta au ciel.
- بَابُ الْحَفَظَةِ : La Porte des Gardiens : une porte du ciel gardée par des anges.
- لَمْ يَضْحَكْ (إلَيَّ) : N'a pas ri envers moi, ne m'a pas souri.
- مِنْهُمْ : D'eux, c'est-à-dire des autres anges.
- خَازِنُ : Gardien, trésorier (ici, gardien de l'Enfer).
- مَالِكٌ خَازِنُ النَّارِ : Malik, le gardien de l'Enfer, nom de l'ange principal responsable de la Géhenne.
- مُطاعٍ ثَمَّ أَمِينٍ ٨١: ٢١ : Référence au Coran, sourate 81 (At-Takwir), verset 21 : 'obéi là-bas et digne de confiance', décrivant Gabriel.
- اُخْبِي : Cache-toi, rentre (impératif adressé au feu de l'Enfer).
- أَفَّفَ : Dire 'ouf', exprimer du dégoût ou de l'agacement.
- مَشَافِرُ : Lèvres (surtout des animaux, comme les chameaux).
- الْأَفْهَارِ : Pluriel de fihr : rocher, pierre (ici, morceaux de feu de la taille de rochers).
- بِسَبِيلِ آلِ فِرْعَوْنَ : À la manière de la famille de Pharaon, c'est-à-dire énormes et gonflés (allusion aux châtiments).
- الْمَهْيُومَةِ : Assoiffée, atteinte de la maladie de la soif (se dit des chameaux).
- الْغَثِّ : Avarié, de mauvaise qualité, maigre (opposé à samin : gras).
- جَعْفَرُ بْنُ عَمْرٍو : Ja'far ibn 'Amr : un transmetteur de hadiths, probablement Ja'far ibn 'Amr ibn Umayya al-Damri.
- حَرَائِبَهُمْ : Leurs biens sacrés, leurs choses inviolables (pluriel de hurma).
- ابْنَا الْخَالَةِ : Les deux fils de la tante maternelle : Jésus et Jean sont cousins maternels (Marie et Élisabeth étant cousines).
- الْعُثْنُونِ : Le menton, la partie inférieure de la barbe.
- ādam : Teint clair, brun clair, ou couleur de peau entre blanc et noir.
- aqnā : Nez aquilin, long et fin avec une courbure.
- Shanū'a : Tribu yéménite réputée pour la beauté et la stature de ses hommes.
- al-bayt al-ma'mūr : La Demeure peuplée, sanctuaire céleste visité par les anges, analogue à la Kaaba terrestre.
- la'sā' : Aux lèvres rouges ou foncées, signe de beauté.
- bu'itha : A-t-il été envoyé comme prophète ?
- qāla : Il dit, marqueur de reprise du récit.
Allah suffit contre les moqueurs [1].
Mon Seigneur d'alléger pour moi et pour ma communauté, et Il m'enleva dix. Puis je repartis et passai devant Moïse, qui me dit la même chose. Je revins donc et demandai à mon Seigneur 1, et Il m'enleva dix. Puis je repartis 2 et passai devant Moïse, qui me dit la même chose. Je revins et Lui demandai 3, et Il m'enleva dix. Puis il ne cessa de me dire la même chose, chaque fois que je revenais vers lui, il disait : « Retourne 4 et demande », jusqu'à ce que j'arrivai au point où Il m'enleva cela, ne laissant que cinq prières chaque jour et nuit. Puis je revins vers Moïse, qui me dit la même chose. Je dis : « J'ai retourné vers mon Seigneur et Lui ai demandé, jusqu'à en avoir honte, et je ne le ferai pas. » Celui d'entre vous qui les accomplira avec foi et en espérant la récompense 5, aura la récompense de cinquante prières (prescrites). La suffisance de Dieu pour les moqueurs Ibn Ishaq dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, persévéra dans l'ordre de Dieu, patient et comptant sur Lui, prodiguant conseils à son peuple malgré le démenti, la nuisance et la moquerie 5 qu'il subissait de leur part. Les grands parmi les moqueurs, selon ce que m'a rapporté Yazid ibn Ruman 6 d'après 'Urwa 7 ibn az-Zubayr, étaient cinq hommes de leur peuple, qui étaient d'âge avancé et de noble rang dans leur tribu. (Les moqueurs du Messager parmi les Banu Asad) : Parmi les Banu Asad ibn 'Abd al-'Uzza ibn Qusayy ibn Kilab : al-Aswad ibn al-Muttalib ibn Asad Abu Zam'a. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, selon ce qui m'est parvenu, avait invoqué Dieu contre lui en raison du tort et de la moquerie qu'il en subissait, disant : « Ô Dieu, rends-le aveugle et prive-le de son enfant. » (Les moqueurs du Messager parmi les Banu Zuhra) : Parmi les Banu Zuhra ibn Kilab : al-Aswad ibn 'Abd Yaghuth ibn Wahb ibn 'Abd Manaf ibn Zuhra. (Les moqueurs du Messager parmi les Makhzum) : Parmi les Banu Makhzum ibn Yaqaza ibn Murra : al-Walid ibn al-Mughira ibn 'Abd Allah ibn 'Umar ibn Makhzum. (Les moqueurs du Messager parmi les Sahm) : Parmi les Banu Sahm ibn 'Amr ibn Husays ibn Ka'b : al-'As ibn Wa'il ibn Hisham. Ibn Hisham dit : al-'As ibn Wa'il ibn Hashim ibn Su'ayd ibn Sahm. (Les moqueurs du Messager parmi les Khuza'a) : Parmi les Banu Khuza'a : al-Harith ibn at-Tulatila 8 ibn 'Amr ibn al-Harith ibn 'Abd 'Amr ibn (Lu'ayy ibn) 9 Malakan 10. Lorsqu'ils persistèrent dans le mal et multiplièrent les moqueries envers le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, Dieu révéla sur lui : « Proclame donc ce qu'on t'ordonne et détourne-toi des associateurs. Nous te suffisons contre les moqueurs, ceux qui placent avec Dieu une autre divinité. Ils sauront bientôt. » (15:94-96)
- rabbī : Mon Seigneur, terme désignant Dieu dans un contexte de prière intime.
- insarraftu : Je repartis, indiquant le retour du Prophète après chaque demande de réduction.
- sa'altuhu : Je Lui demandai, sous-entendant une nouvelle demande de réduction des prières.
- farji' : Retourne, impératif adressé par Moïse au Prophète pour qu'il sollicite à nouveau une réduction.
- iḥtisāban : En espérant la récompense divine, notion de piété sincère sans attente de rétribution mondaine.
- Yazīd ibn Rūmān : Yazid ibn Ruman, transmetteur de hadiths, cité par Ibn Ishaq.
- 'Urwa : Urwa ibn az-Zubayr, célèbre savant et transmetteur de hadiths de Médine.
- aṭ-Ṭulāṭila : Surnom d'un homme de Khuza'a, signifiant peut-être 'le bavard' ou 'celui qui parle beaucoup'.
- Lu'ayy ibn : Lu'ayy ibn, nom inséré par Ibn Hisham pour clarifier la généalogie.
- Malakān : Malakan, nom d'un ancêtre de la tribu de Khuza'a.
L'histoire d'Abū Uzayhir al-Dawsī [1]
Ce qui advint aux railleurs : Ibn Isḥāq dit : Yazīd ibn Rūmān m’a rapporté, d’après ‘Urwa ibn az-Zubayr ou un autre savant, que Gabriel vint auprès du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – alors qu’ils tournaient autour de la Maison 1. Il se tint debout, et le Messager d’Allah se tint à ses côtés. Al-Aswad ibn al-Muṭṭalib passa devant lui ; il lui jeta au visage une feuille verte, et il devint aveugle. Al-Aswad ibn ‘Abd Yaghūth passa devant lui ; il désigna son ventre, et son ventre s’emplit d’eau 2 ; il en mourut hydropique 3. Al-Walīd ibn al-Mughīra passa devant lui ; il désigna la trace d’une blessure au bas de sa cheville, qu’il avait subie des années auparavant, alors qu’il traînait son vêtement 4. En effet, il était passé près d’un homme de Khuzā‘a qui empennait ses flèches ; une flèche s’accrocha à son pagne et lui fit cette égratignure à la jambe, insignifiante ; mais elle se rouvrit 5 et le tua. Al-‘Āṣ ibn Wā’il passa devant lui ; il désigna la plante de son pied 6. Il sortit sur un âne, se dirigeant vers aṭ-Ṭā’if ; l’âne s’agenouilla sur un terrain pierreux 7, une épine pénétra dans la plante de son pied et le tua. Al-Ḥārith ibn aṭ-Ṭulāṭila passa devant lui ; il désigna sa tête ; elle se remplit de pus 8 et le tua. L’histoire d’Abū Uzayhir ad-Dawsī et ses recommandations à ses fils : Ibn Isḥāq dit : Lorsque la mort se présenta à al-Walīd, il appela ses fils – ils étaient trois : Hishām ibn al-Walīd, al-Walīd ibn al-Walīd et Khālid ibn al-Walīd – et leur dit : « Ô mes fils, je vous recommande trois choses, ne les négligez pas : mon sang chez les Khuzā‘a, ne le laissez pas impuni 9 ; par Allah, je sais qu’ils en sont innocents, mais je crains que vous ne soyez insultés à cause de cela après aujourd’hui ; mon usure chez les Thaqīf, ne l’abandonnez pas jusqu’à ce que vous la preniez ; et ma dot 10 chez Abū Uzayhir, ne le laissez pas vous échapper avec. » Or Abū Uzayhir lui avait marié une fille, puis la retint, ne la lui livrant pas jusqu’à sa mort. La revendication du prix du sang d’al-Walīd par les Banū Makhzūm contre les Khuzā‘a : Lorsque al-Walīd ibn al-Mughīra périt, les Banū Makhzūm s’en prirent aux Khuzā‘a, réclamant le prix du sang 11 d’al-Walīd, disant : « C’est la flèche de votre compagnon qui l’a tué. » – Or les Banū Ka‘b avaient une alliance avec les Banū ‘Abd al-Muṭṭalib ibn Hāshim. Les Khuzā‘a refusèrent cela, jusqu’à ce qu’ils échangent des poèmes et que l’affaire s’envenime entre eux. – Celui qui avait atteint al-Walīd de sa flèche était un homme des Banū Ka‘b ibn ‘Amr, des Khuzā‘a. – ‘Abdallāh ibn Abī Umayya ibn al-Mughīra ibn ‘Abdallāh ibn ‘Umar ibn Makhzūm dit : « Je garantis que vous marcherez puis fuirez, / Et que vous laisserez aẓ-Ẓahrān 12 où les renards hurlent, / Et que vous laisserez l’eau dans le lit d’Aṭriqā, / Et que vous demanderez : “Quel est le meilleur des arāk 13 ?” / Car nous sommes un peuple dont le sang n’est pas laissé impuni 14, / Et celui que nous combattons ne s’élève pas 15. » Or aẓ-Ẓahrān et l’arāk étaient les demeures des Banū Ka‘b, des Khuzā‘a. Al-Jawn ibn Abī l-Jawn, frère des Banū Ka‘b ibn ‘Amr al-Khuzā‘ī, lui répondit : « Par Allah, nous ne livrerons pas al-Walīd injustement, / Alors que vous n’avez pas vu un jour où ses étoiles disparaissent, / Et où l’un après l’autre, vos hommes gras sont terrassés, / Et où, après la mort, leurs outres 16 sont ouvertes de force. / Quand vous mangez votre pain et votre ḫazīr 17, / Vous pleurez tous al-Walīd et le lamentez. » Puis les gens s’apaisèrent et comprirent que ce que le clan redoutait était l’insulte. Les Khuzā‘a leur donnèrent une partie du prix du sang, et ils se séparèrent. Lorsqu’ils se réconcilièrent, al-Jawn ibn Abī l-Jawn dit : « Une femme dit, étonnée de notre réconciliation : / “Ce que nous avons porté pour al-Walīd et pour un autre ! / N’aviez-vous pas juré de ne pas livrer al-Walīd injustement, / Alors que vous n’aviez pas vu un jour de nombreux troubles 18 ?” / Nous avons mêlé la guerre à la paix, et tout s’est égalisé ; / Ainsi, tout voyageur suit son désir en sécurité. » Puis al-Jawn ibn Abī l-Jawn ne cessa de se vanter d’avoir tué al-Walīd, prétendant qu’ils l’avaient atteint, ce qui était faux. Il en advint à al-Walīd 19, à ses enfants et à son peuple ce qu’il avait redouté 20. Al-Jawn ibn Abī l-Jawn dit : « Ne prétend pas al-Mughīra que Ka‘b / À La Mecque a un grand nombre 21 ? / Ne te vante pas, al-Mughīra, de les voir / Y marcher, le négligent et le diligent 22. / Là sont nos pères, là nous sommes nés, / Comme Thabīr 23 est fixé à son emplacement. / Al-Mughīra n’a dit cela que / Pour connaître notre situation ou pour provoquer. / Le sang d’al-Walīd sera laissé impuni, car nous / Laissons impuni un sang que tu connais bien. / Le tueur béni 24 l’a revêtu d’une flèche / Mortelle, alors qu’il était plein de beauté. / Il tomba dans le ventre de La Mecque, étendu, / Comme un chameau au moment de sa chute 25. / Me vengera du délai d’Abū Hishām / De petits chameaux à poils crépus, lâches 26. » Ibn Hishām dit : Nous en avons omis un vers obscène 27. Le meurtre d’Abū Uzayhir et la révolte des Banū ‘Abd Manāf pour cela : Ibn Isḥāq dit : Ensuite, Hishām ibn al-Walīd attaqua Abū Uzayhir alors qu’il était au marché de Dhū l-Majāz. – ‘Ātika 28 bint Abī Uzayhir était chez Abū Sufyān ibn Ḥarb, et Abū Uzayhir était un homme noble dans son peuple. – Il le tua pour la dot d’al-Walīd qui était chez lui, conformément à la recommandation de son père. Cela eut lieu après que le Messager d’Allah eut émigré à Médine, après Badr, et après que ceux des nobles de Quraysh parmi les associateurs eurent été tués. Yazīd ibn Abī Sufyān sortit et rassembla les Banū ‘Abd Manāf, tandis qu’Abū Sufyān était à Dhū l-Majāz. Les gens dirent : « Abū Sufyān a violé sa protection 29 à cause de son alliance matrimoniale ; il se soulève pour cela. » Lorsqu’Abū Sufyān apprit ce qu’avait fait son fils Yazīd – or Abū Sufyān était un homme indulgent et avisé 30, aimant profondément son peuple – il descendit rapidement à La Mecque, craignant qu’un incident n’éclate entre Quraysh à cause d’Abū Uzayhir. Il vint trouver son fils, qui était en armes, parmi son peuple des Banū ‘Abd Manāf et des Muṭayyabūn 31. Il lui prit la lance des mains, puis le frappa sur la tête d’un coup qui l’ébranla, puis lui dit : « Qu’Allah te défigure ! Veux-tu que Quraysh s’entre-tue pour un homme de Daws ? Nous leur donnerons le prix du sang s’ils l’acceptent. » Et il apaisa l’affaire. Ḥassān ibn Thābit se mit alors à inciter à venger le sang d’Abū Uzayhir, à reprocher à Abū Sufyān sa trahison et à le traiter de lâche. Il dit : « Les gens des deux côtés de Dhū l-Majāz sont partis tôt, / Et le fils de Ḥarb, à al-Mughammas, ne part pas tôt 31. / L’âne braillard n’a pas protégé son honneur, / Et Hind 32 n’a pas évité la honte de son père. / Hishām ibn al-Walīd t’a revêtu de ses vêtements ; / Use-les, et remplace-les par d’autres neufs après. / Il a assouvi son désir de lui, et est devenu glorieux, / Tandis que tu es resté mou, sans courir ni galoper 33. / Si les chefs de Badr avaient été témoins, / Un cheval bai, frappant du pied, aurait mouillé les sandales du peuple 34. » Lorsque les paroles de Ḥassān parvinrent à Abū Sufyān, il dit : « Ḥassān veut que nous nous entre-tuions pour un homme de Daws ! Par Allah, quelle mauvaise opinion il a ! » La revendication par Khālid de l’usure de son père, et ce qui fut révélé à ce sujet : Lorsque les gens de aṭ-Ṭā’if embrassèrent l’islam, Khālid ibn al-Walīd parla au Messager d’Allah au sujet de l’usure d’al-Walīd qui était chez les Thaqīf, conformément à la recommandation de son père. Ibn Isḥāq dit : Certains savants m’ont rapporté que ces versets sur l’interdiction de ce qui restait de l’usure entre les mains des gens furent révélés à cette occasion, à propos de la demande de Khālid de l’usure : « Ô vous qui croyez, craignez Allah et renoncez à ce qui reste de l’usure, si vous êtes croyants » (Coran 2:278) jusqu’à la fin de l’histoire. La révolte de Daws pour venger Abū Uzayhir, et le récit d’Umm Ghaylān :
Il n'y avait pas, à notre connaissance, de vengeance à exercer contre Abū Uzayhir 35, jusqu'à ce que l'Islam 36 sépare les gens. Cependant, Ḍirār b. al-Khaṭṭāb b. Mirdās al-Fihrī 37 sortit avec un groupe de Quraysh 38 vers le pays de Daws 39. Ils descendirent chez une femme appelée Umm Ghaylān 40, une affranchie 41 de Daws, qui coiffait les femmes et préparait les mariées. Les Daws voulurent les tuer en représailles d'Abū Uzayhir, mais Umm Ghaylān et des femmes avec elle s'interposèrent et les protégèrent. Ḍirār b. al-Khaṭṭāb dit à ce sujet :
- al-Bayt : La Kaaba, la Maison sacrée d'Allah à La Mecque.
- istusqā baṭnuhu : Son ventre s'emplit d'eau, c'est-à-dire qu'il souffrit d'hydropisie (ascite).
- ḥabanan : Hydropisie, gonflement du ventre dû à une accumulation de liquide.
- sabalahu : Son vêtement long qui traîne par terre.
- intaqaḍa : La blessure se rouvrit et s'infecta.
- akhmaṣ : La plante du pied, la partie creuse.
- shubāriqa : Un terrain pierreux et dur.
- imtakhaḍa : Se remplit de pus, suppura.
- lā tuṭallunnahu : Ne le laissez pas impuni, ne négligez pas de le venger.
- ‘uqri : Ma dot, le cadeau de mariage donné à l'épouse.
- ‘aql : Le prix du sang, la compensation due pour un meurtre.
- aẓ-Ẓahrān : Nom d'un lieu, probablement une vallée près de La Mecque.
- arāk : Arbre du désert (Salvadora persica) dont les branches servent de cure-dents.
- lā tuṭallu : N'est pas laissé impuni.
- lā yata‘ālā : Ne s'élève pas, ne triomphe pas.
- mashāribuh : Ses outres, récipients en peau pour l'eau.
- ḫazīr : Un plat de viande hachée cuite avec de la farine.
- balābil : Troubles, calamités.
- al-Walīd : Il s'agit d'al-Walīd ibn al-Mughīra, déjà mort.
- ḥadhdharahu : Ce qu'il avait redouté, c'est-à-dire les conséquences de la vantardise.
- kathīr : Nombreux, en grand nombre.
- al-mu‘alhaj wa l-mahīr : Le négligent et le diligent, deux types de personnes.
- Thabīr : Montagne près de La Mecque.
- al-fātik al-maymūn : Le tueur béni, surnom donné à l'homme qui a tué al-Walīd.
- muslaḥibban : Étendu de tout son long, tombé à terre.
- ṣighār ja‘dat al-awbār khūr : Petits chameaux à poils crépus et lâches, métaphore pour des hommes vils.
- uqdhī‘a fīhi : Vers obscène ou injurieux.
- ‘Ātika : Prénom féminin, fille d'Abū Uzayhir.
- akhfara : A violé sa protection, a trahi son engagement.
- ḥalīman munkaran : Indulgent et avisé, ou peut-être 'd'une grande clémence et d'une grande sagesse'.
- al-Muṭayyabūn : Les 'Parfumés', un groupe de Quraysh qui s'étaient alliés par un serment.
- Hind : Hind bint ‘Utba, épouse d'Abū Sufyān.
- mā tukhubbu wa mā ta‘dū : Tu ne cours ni ne galopes, tu es lent et inactif.
- mu‘tabiṭ ward : Un cheval bai qui frappe du pied, impétueux.
- Abū Uzayhir : Nom d'un homme, probablement un chef ou notable de la tribu de Daws, tué par les Qurayshites.
- al-Islām : L'Islam, la religion musulmane, ici désignant l'époque après l'avènement de l'islam qui a mis fin aux vengeances tribales.
- Ḍirār b. al-Khaṭṭāb b. Mirdās al-Fihrī : Poète et guerrier qurayshite, connu pour son opposition à l'islam avant sa conversion.
- Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
- Daws : Tribu arabe du Yémen, alliée des Qurayshites.
- Umm Ghaylān : Femme affranchie de la tribu de Daws, coiffeuse et organisatrice de mariages.
- mawlāh : Affranchie, cliente ou alliée, souvent une esclave libérée sous la protection d'une tribu.
La mort d'Abû Tâlib et de Khadîja.
Que Dieu récompense pour nous Umm Ghaylân 1 d’un bienfait, ainsi que ses femmes, alors qu’elles étaient échevelées 2 et sans parure. Elles ont repoussé la mort après qu’elle se fut approchée, alors que les points vulnérables 3 s’étaient découverts pour les assaillants. Elle lança un appel aux Daws 4, et leurs vallées 5 coulèrent avec puissance, et les canaux 6 les portèrent 7. Et ‘Amr 8, que Dieu le récompense en bien, car il ne faiblit pas, et les articulations 9 ne se refroidirent pas de sa part auprès de moi. Alors je dégainai mon épée, puis je me levai avec sa lame : et pour quelle âme, après la mienne, combattrais-je ?
- Umm Ghaylân : Surnom d’une femme, peut-être Umm Jamîl, qui protégea Dirâr b. al-Khattâb.
- shu‘th : Échevelées, en désordre, signe de deuil ou de négligence.
- maqâtil : Points vulnérables du corps, endroits où une blessure est mortelle.
- Daws : Tribu arabe, alliée ou ennemie selon le contexte.
- shi‘âb : Vallées ou ravins, ici au sens de cours d’eau.
- shirâj : Canaux d’irrigation ou rigoles.
- qawâbil : Celles qui portent, peut-être les femmes ou les servantes.
- ‘Amr : Probablement ‘Amr b. al-‘Âs ou un autre compagnon.
- mafâsil : Articulations, ici métaphore pour la vigueur ou l’ardeur au combat.
Le Prophète se rendit auprès de Thaqîf [1] pour demander leur soutien.
Ils désignent les chrétiens, en raison de leur parole : « Dieu est le troisième de trois » [5:73] — « Ce n’est là qu’une invention » [38:7]. Puis Abû Tâlib mourut. **La démarche du Messager auprès de Thaqîf pour chercher appui** Ibn Ishâq dit : Lorsqu’Abû Tâlib mourut, Quraysh infligea au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) des souffrances qu’elle ne lui avait pas infligées du vivant de son oncle Abû Tâlib. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) se rendit donc à Tâ’if, cherchant appui auprès de Thaqîf et leur protection contre son peuple, espérant qu’ils accepteraient ce qu’il leur apportait de la part de Dieu (Puissant et Majestueux). Il partit vers eux seul. **(L’arrivée du Messager chez trois de leurs notables et leur incitation contre lui)** Ibn Ishâq dit : Yazîd ibn Ziyâd m’a rapporté, d’après Muhammad ibn Ka‘b al-Qurazî, qui a dit : Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) arriva à Tâ’if, il se dirigea vers un groupe de Thaqîf qui étaient alors les seigneurs et les notables de Thaqîf : trois frères : ‘Abd Yâ Layl ibn ‘Amr ibn ‘Umayr, Mas‘ûd ibn ‘Amr ibn ‘Umayr, et Habîb ibn ‘Amr ibn ‘Umayr ibn ‘Awf ibn ‘Uqda ibn Ghîra ibn ‘Awf ibn Thaqîf. L’un d’eux avait une femme de Quraysh, des Banû Jumah. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) s’assit auprès d’eux, les appela à Dieu et leur parla de ce pour quoi il était venu : son appui pour l’islam et son soutien contre ceux de son peuple qui s’opposaient à lui. L’un d’eux lui dit : « Il arracherait les vêtements de la Ka‘ba 1 si Dieu t’avait envoyé ! » Un autre dit : « Dieu n’a-t-Il trouvé personne d’autre à envoyer que toi ? » Le troisième dit : « Par Dieu, je ne t’adresserai plus jamais la parole. Si tu es un envoyé de Dieu comme tu le prétends, tu es trop important pour que je te réponde ; et si tu mens sur Dieu, il ne me convient pas de te parler. » Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) se leva de chez eux, désespérant du bien de Thaqîf. Il leur avait dit — m’a-t-on rapporté — : « Puisque vous avez agi ainsi, gardez-le secret pour moi. » Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) ne voulait pas que son peuple l’apprenne et que cela les excite 2 contre lui. Ibn Hishâm dit : ‘Ubayd ibn al-Abras a dit : « Et il m’est parvenu de Tamîm qu’ils se sont excités 3 pour les tués de ‘Âmir et se sont ligués. » Mais ils ne firent pas cela ; au contraire, ils excitèrent contre lui leurs insensés et leurs esclaves, qui l’insultaient et criaient après lui, jusqu’à ce que la foule se rassemblât autour de lui et le contraignît à se réfugier dans un enclos 4 appartenant à ‘Utba ibn Rabî‘a et Shayba ibn Rabî‘a, qui s’y trouvaient. Les insensés de Thaqîf qui le suivaient s’éloignèrent de lui. Il se dirigea alors vers l’ombre d’une treille 5 de vigne et s’y assit. Les deux fils de Rabî‘a le regardaient, voyant ce qu’il subissait de la part des insensés de Tâ’if. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) — m’a-t-on rapporté — rencontra la femme des Banû Jumah et lui dit : « Qu’avons-nous souffert de la part de tes beaux-frères 6 ! » **(Son invocation (que Dieu le bénisse et le salue) à son Seigneur en se plaignant)** Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) se fut apaisé, il dit — m’a-t-on rapporté — : « Ô Dieu, je me plains à Toi de la faiblesse de ma force, du peu de ma ressource et de mon humiliation devant les gens, ô le Plus Miséricordieux des miséricordieux. Tu es le Seigneur des faibles, et Tu es mon Seigneur. À qui me confies-Tu ? À un lointain qui m’accueille avec rudesse 7 ? Ou à un ennemi à qui Tu as donné pouvoir sur moi ? Si Tu n’es pas en colère contre moi, je ne me soucie de rien ; mais Ta grâce est plus vaste pour moi. Je cherche refuge dans la lumière de Ton Visage par laquelle les ténèbres se sont illuminées 8 et par laquelle les affaires de ce monde et de l’au-delà se sont arrangées, contre le fait que Tu fasses descendre sur moi Ta colère ou que Ton courroux s’abatte sur moi. À Toi revient l’excuse jusqu’à ce que Tu sois satisfait ; il n’y a de force ni de puissance qu’en Toi. » **(L’histoire de ‘Addâs le chrétien avec lui (que Dieu le bénisse et le salue))** Il dit : Lorsque les deux fils de Rabî‘a, ‘Utba et Shayba, virent ce qu’il avait subi, leur compassion 9 s’émut pour lui. Ils appelèrent un esclave à eux, chrétien, nommé ‘Addâs, et lui dirent : « Prends une grappe de ce raisin, mets-la dans ce plateau, puis va la porter à cet homme et dis-lui d’en manger. » ‘Addâs fit ainsi, puis s’approcha et posa le plateau devant le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) et lui dit : « Mange. » Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) y mit la main, il dit : « Au nom de Dieu », puis mangea. ‘Addâs regarda son visage, puis dit : « Par Dieu, ces paroles, les gens de ce pays ne les prononcent pas. » Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) lui dit : « De quel pays es-tu, ô ‘Addâs, et quelle est ta religion ? » Il dit : « Je suis chrétien, et je suis un homme de Ninive 2. » Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dit : « Du village de l’homme vertueux, Jonas fils de Mattâ ? » ‘Addâs lui dit : « Comment sais-tu ce qu’est Jonas fils de Mattâ ? » Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dit : « C’est mon frère ; il était prophète et je suis prophète. » Alors ‘Addâs se pencha sur le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), lui baisant la tête, les mains et les pieds 10. Il dit : Les deux fils de Rabî‘a se dirent l’un à l’autre : « Ton esclave vient de se faire corrompre par lui. » Lorsque ‘Addâs revint vers eux, ils lui dirent : « Malheur à toi, ô ‘Addâs ! Pourquoi embrasses-tu la tête, les mains et les pieds de cet homme ? » Il dit : « Ô mon maître, il n’y a rien sur terre de meilleur que cet homme. Il m’a informé d’une chose que seul un prophète peut connaître. » Ils lui dirent : « Malheur à toi, ô ‘Addâs ! Que cela ne te détourne pas de ta religion, car ta religion est meilleure que la sienne. » **(L’affaire des djinns qui l’écoutèrent et crurent en lui)** Il dit : Ensuite, le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) repartit de Tâ’if en retournant vers La Mecque.
- yamruṭu thiyāba al-ka‘ba : Expression signifiant qu'il arracherait les vêtements (la housse) de la Ka‘ba, geste de profanation et de mépris.
- yudh’irahum : Les exciter, les inciter à l’hostilité.
- dha’irū : Ils se sont excités, enflammés de colère.
- ḥā’iṭ : Enclos, jardin clos de murs, souvent une vigne ou un verger.
- ḥabala : Treille, tonnelle de vigne.
- aḥmā’ik : Beaux-frères (parents par alliance).
- yatajahhamunī : M’accueille avec rudesse, me fait un visage sévère.
- alladhī ashraqat lahu al-ẓulumāt : Par lequel les ténèbres se sont illuminées : référence à la lumière divine qui dissipe les ténèbres de l’ignorance et du mal.
- raḥimuhumā : Leur compassion, leur lien de parenté (au sens figuré, leur pitié).
- akabba ‘alā… yuqabbilu ra’sahu wa yadayhi wa qadamayhi : Il se pencha sur lui, lui baisant la tête, les mains et les pieds, marque de profond respect et de vénération.
Le Messager d'Allah [1] a présenté sa personne aux tribus [2].
Lorsqu'il désespéra du bien de Thaqîf, alors qu'il se trouvait à Nakhla 1, il se leva au cœur de la nuit pour prier. Passèrent alors près de lui les djinns que Dieu, béni et exalté soit-Il, a mentionnés — ils étaient, selon ce qui m'a été rapporté, sept djinns de la tribu des djinns de Nasîbîn 2 — et ils l'écoutèrent. Lorsqu'il eut terminé sa prière, ils retournèrent vers leur peuple en avertisseurs, ayant cru et répondu à ce qu'ils avaient entendu. Dieu raconta leur histoire à lui, que la prière et la paix soient sur lui. Dieu, puissant et majestueux, dit : « Et lorsque Nous dirigeâmes vers toi une troupe de djinns pour écouter le Coran » (Coran 46:29) jusqu'à Sa parole : « et Il vous protégera d'un châtiment douloureux » (Coran 46:31). Et Il dit, béni et exalté soit-Il : « Dis : Il m'a été révélé qu'une troupe de djinns a écouté » (Coran 72:1) jusqu'à la fin de leur histoire dans cette sourate. **L'offre que fit le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, de lui-même aux tribus** (L'offre que fit le Messager de lui-même aux Arabes lors de leurs saisons de pèlerinage) Ibn Ishâq dit : Ensuite, le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, revint à La Mecque, alors que son peuple était plus que jamais dans l'opposition et la séparation d'avec sa religion, à l'exception d'un petit nombre de faibles parmi ceux qui avaient cru en lui. Le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, s'offrait donc lui-même, lors des saisons de pèlerinage, aux tribus arabes, les appelant à Dieu, leur annonçant qu'il était un prophète envoyé, et leur demandant de le croire et de le protéger jusqu'à ce que Dieu leur expose clairement ce pour quoi Il l'avait envoyé. Ibn Ishâq dit : Un de nos compagnons, que je ne soupçonne pas, m'a raconté d'après Zayd ibn Aslam 3, d'après Rabî‘a ibn ‘Abbâd al-Dîlî 4 — ou bien Abû al-Zinâd lui a raconté d'après lui — (Ibn Hishâm dit : Rabî‘a ibn ‘Abbâd). Ibn Ishâq dit : Et Husayn ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Ubayd Allâh ibn ‘Abbâs m'a raconté, disant : J'ai entendu mon père raconter que Rabî‘a ibn ‘Abbâd a dit : J'étais un jeune garçon avec mon père à Minâ, et le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, se tenait aux campements des tribus arabes et disait : « Ô fils d'Untel, je suis le Messager de Dieu vers vous, Il vous ordonne d'adorer Dieu et de ne rien Lui associer, de délaisser ce que vous adorez en dehors de Lui parmi ces idoles, de croire en moi, de me croire véridique et de me protéger jusqu'à ce que j'expose clairement ce pour quoi Dieu m'a envoyé. » Il dit : Derrière lui se tenait un homme louche, au visage agréable, avec deux longues mèches 5, vêtu d'un habit ‘adanien 6. Lorsque le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, avait fini de dire ce à quoi il appelait, cet homme disait : « Ô fils d'Untel, celui-ci ne fait que vous appeler à dépouiller al-Lât et al-‘Uzzâ de vos cous, ainsi que vos alliés parmi les djinns des Banû Mâlik ibn Uqaysh 7, pour ce qu'il apporte comme innovation et égarement. Ne lui obéissez donc pas et ne l'écoutez pas. » Il dit : Je dis à mon père : « Ô père, qui est cet homme qui le suit et réfute ce qu'il dit ? » Il dit : « C'est son oncle ‘Abd al-‘Uzzâ ibn ‘Abd al-Muttalib, Abû Lahab. » Ibn Hishâm dit : Al-Nâbigha a dit : « On dirait que tu es des chameaux des Banû Uqaysh, / On fait claquer derrière ses deux pieds une outre 8. » Ibn Ishâq dit : Ibn Shihâb al-Zuhrî nous a raconté qu'il vint à Kinda dans leurs campements, et parmi eux se trouvait leur chef nommé Mulayh. Il les appela à Dieu, puissant et majestueux, et s'offrit à eux, mais ils refusèrent. (L'offre du Messager de lui-même aux Banû Kalb) Ibn Ishâq dit : Muhammad ibn ‘Abd al-Rahmân ibn ‘Abd Allâh ibn Husayn m'a raconté qu'il vint à Kalb dans leurs campements, à une branche d'entre eux appelée Banû ‘Abd Allâh. Il les appela à Dieu et s'offrit à eux, au point qu'il leur disait : « Ô Banû ‘Abd Allâh, Dieu, puissant et majestueux, a bien embelli le nom de votre père. » Mais ils n'acceptèrent pas ce qu'il leur offrait. (L'offre du Messager de lui-même aux Banû Hanîfa) Ibn Ishâq dit : Un de nos compagnons m'a raconté d'après ‘Abd Allâh ibn Ka‘b ibn Mâlik que le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, vint aux Banû Hanîfa 9 dans leurs campements, les appela à Dieu et s'offrit à eux. Il n'y eut personne parmi les Arabes qui lui répondit plus laidement qu'eux. (L'offre du Messager de lui-même aux Banû ‘Âmir) Ibn Ishâq dit : Al-Zuhrî m'a raconté qu'il vint aux Banû ‘Âmir ibn Sa‘sa‘a, les appela à Dieu, puissant et majestueux, et s'offrit à eux. Un homme parmi eux, nommé Bayhara ibn Firâs (Ibn Hishâm dit : Firâs ibn ‘Abd Allâh ibn Salama al-Khayr ibn Qushayr ibn Ka‘b ibn Rabî‘a ibn ‘Âmir ibn Sa‘sa‘a), lui dit : « Par Dieu, si je prenais ce jeune homme de Quraysh, je mangerais les Arabes grâce à lui. » Puis il dit : « Vois-tu, si nous te faisons allégeance pour ta cause, puis que Dieu te donne la victoire sur ceux qui te combattent, la souveraineté sera-t-elle à nous après toi ? » Il dit : « La souveraineté appartient à Dieu, Il la place où Il veut. » Alors il lui dit : « Allons-nous exposer nos gorges aux Arabes pour toi, puis, si Dieu te donne la victoire, la souveraineté sera à d'autres que nous ? Nous n'avons pas besoin de ta cause. » Ils refusèrent donc. Lorsque les gens repartirent, les Banû ‘Âmir retournèrent vers un vieillard parmi eux, que l'âge avait atteint au point qu'il ne pouvait plus assister avec eux aux saisons de pèlerinage. Quand ils revenaient vers lui, ils lui racontaient ce qui s'était passé lors de cette saison. Cette année-là, lorsqu'ils arrivèrent auprès de lui, il leur demanda ce qui s'était passé lors de leur saison. Ils dirent : « Un jeune homme de Quraysh, puis des Banû ‘Abd al-Muttalib, est venu à nous, prétendant être un prophète. Il nous appelait à le protéger, à nous lever avec lui et à l'emmener dans notre pays. » Le vieillard posa ses mains sur sa tête, puis dit : « Ô Banû ‘Âmir, y a-t-il un moyen de rattraper cela ? Y a-t-il une issue pour sa queue ? Par Celui qui tient l'âme d'Untel dans Sa main, jamais un Ismaélite 10 n'a proféré de telles paroles, et c'est la vérité. Où donc était votre discernement ? » (L'offre du Messager de lui-même aux Arabes lors des saisons de pèlerinage) Ibn Ishâq dit : Le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, continua ainsi : chaque fois que les gens se rassemblaient pour la saison de pèlerinage, il venait à eux, appelant les tribus à Dieu et à l'islam, s'offrant à eux, leur présentant ce qu'il apportait de Dieu comme guidance et miséricorde. Il n'entendait parler d'aucun notable arabe arrivant à La Mecque, ayant un nom et une noblesse, sans aller à sa rencontre, l'appeler à Dieu et lui offrir ce qu'il avait. (Suwayd ibn Sâmit et le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui) Ibn Ishâq dit : ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâda al-Ansârî, puis al-Zafarî, m'a raconté d'après des cheikhs de son peuple, qui dirent : Suwayd ibn Sâmit, frère des Banû ‘Amr ibn ‘Awf, vint à La Mecque pour le pèlerinage ou la ‘umra. Suwayd était appelé par son peuple « al-Kâmil » (le parfait) en raison de sa force, de sa poésie, de sa noblesse et de sa lignée. C'est lui qui dit : « Combien de fois, celui que tu appelles ami, si tu voyais / Ses paroles en cachette, tu serais peiné de ce qu'il trame. / Sa parole est comme le miel quand il est présent, / Mais en cachette, c'est un poison à la base du cou. / Son apparence te plaît, mais sous sa peau / Il y a une calomnie perfide qui coupe les tendons du dos. / Les yeux te montrent ce qu'il cache / Comme rancœur et haine par un regard de travers. / Orne-moi donc de bien, car tu m'as souvent éprouvé, / Et le meilleur des alliés est celui qui orne et ne dépouille pas. »
Et c'est Lui qui dit : Il disputa avec un homme des Banū Sulaym, puis un des Banū Zi‘b 11 ibn Mālik, cent chamelles, auprès d'une devineresse 12 des devins arabes, et elle jugea en sa faveur. Il s'en retourna d'auprès d'elle, lui et le Sulamite, sans autre compagnie. Lorsque la route les sépara, il dit : « Qu'ai-je, ô frère des Banū Sulaym ? » Il répondit : « Je te l'enverrai. » Il dit : « Qui me garantira cela si tu me trompes ? » Il répondit : « Moi. » Il dit : « Non, par Celui qui tient l'âme de Suwayd en Sa main, tu ne me quitteras pas avant que je n'aie reçu mon bien. » Ils prirent 13 et il le frappa contre terre, puis l'attacha solidement, puis l'emmena à la demeure des Banū ‘Amr ibn ‘Awf. Il resta chez lui jusqu'à ce que Sulaym lui eût envoyé ce qui lui revenait. Il dit à ce sujet : « Ne pense pas, ô fils de Zi‘b ibn Mālik, que je suis comme celui que tu précipitais dans l'inconnu et que tu trompais 14. Tu es devenu un adversaire 15 quand tu fus terrassé avec force 16 ; ainsi, le résolu 17 est celui qui se transforme. »
- Nakhla : Localité située entre La Mecque et Tâ'if.
- Nasîbîn : Ville de la région de la Jazîra (Mésopotamie), actuelle Nusaybin en Turquie.
- Zayd ibn Aslam : Un des successeurs (tâbi‘î) et un transmetteur de hadiths.
- Rabî‘a ibn ‘Abbâd al-Dîlî : Compagnon du Prophète, de la tribu des Dîl.
- ghadîratân : Deux longues mèches de cheveux tombant sur les épaules.
- hulla ‘adaniyya : Vêtement de prix provenant d'Aden (au Yémen).
- Banû Mâlik ibn Uqaysh : Tribu arabe païenne alliée des Qurayshites.
- shann : Outre en cuir usée et racornie, utilisée pour produire un bruit en la frappant.
- Banû Hanîfa : Tribu arabe de la Yamâma, dont faisait partie Musaylima le menteur.
- Ismâ‘îlî : Descendant d'Ismaël, fils d'Abraham ; les Arabes du Nord se considèrent comme Ismaélites.
- Zi‘b : Nom d'une tribu ou d'un clan arabe.
- kāhina : Devinresse, femme pratiquant la divination.
- ittakhadhā : Ils prirent (une corde ou un lien) ; verbe sous-entendu.
- tukhtilu : Tu trompes, tu uses de ruse.
- qirnan : Adversaire, rival, pareil.
- bi‘izza : Avec force, avec puissance.
- al-ḥāzim : Le résolu, l'homme de décision ferme.
La conversion à l'islam d'Iyâs ibn Mu'âdh et l'histoire d'Abû al-Haysar.
Je l'ai frappé sous l'aisselle du «Nord», et il n'a cessé... en toute circonstance, sa joue est la plus basse. Dans de nombreux poèmes qu'il récitait. Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) entendit parler de lui, il se rendit auprès de lui et l'appela à Allah et à l'islam. Suwayd lui dit : « Peut-être que ce que tu as est semblable à ce que j'ai. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui dit : « Et qu'as-tu donc ? » Il répondit : « La Majalla 1 de Luqmân 2 », c'est-à-dire la sagesse de Luqmân. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui dit : « Expose-la-moi. » Il la lui exposa, et le Prophète lui dit : « Certes, ce sont de belles paroles, mais ce que j'ai est meilleur que cela : un Coran qu'Allah Très-Haut a révélé sur moi, qui est une guidance et une lumière. » Alors le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui récita le Coran et l'appela à l'islam. Il ne s'éloigna pas de lui et dit : « Certes, ce sont de belles paroles. » Puis il le quitta et retourna à Médine auprès de son peuple. Peu de temps après, les Khazraj le tuèrent. Certains hommes de son peuple disaient : « Nous pensons qu'il a été tué alors qu'il était musulman. » Sa mort eut lieu avant le jour de Bu'âth 3. Conversion d'Iyâs ibn Mu'âdh et l'histoire d'Abû al-Haysar Ibn Ishâq dit : Al-Husayn ibn 'Abd ar-Rahmân ibn 'Amr ibn Sa'd ibn Mu'âdh m'a raconté, d'après Mahmûd ibn Labîd, qui a dit : Lorsqu'Abû al-Haysar, Anas ibn Râfi', vint à La Mecque avec des jeunes gens des Banû 'Abd al-Ashhal, parmi lesquels Iyâs ibn Mu'âdh, cherchant une alliance avec Quraysh contre leur peuple des Khazraj, le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) entendit parler d'eux. Il vint à eux et s'assit avec eux, puis leur dit : « Voulez-vous quelque chose de meilleur que ce pour quoi vous êtes venus ? » Ils lui dirent : « Qu'est-ce donc ? » Il dit : « Je suis le Messager d'Allah. Il m'a envoyé aux serviteurs pour les appeler à adorer Allah sans rien Lui associer, et Il a fait descendre sur moi le Livre. » Puis il leur parla de l'islam et leur récita le Coran. Alors Iyâs
- Majalla : Livre ou recueil de sagesse, probablement un écrit contenant les paroles de Luqmân.
- Luqmân : Personnage sage mentionné dans le Coran (sourate 31), connu pour ses conseils de sagesse.
- Bu'âth : Bataille célèbre entre les tribus de Aws et Khazraj à Médine, avant l'Hégire.
Le début de l'islam des Ansâr [1]
Ibn Muʿādh, qui était un jeune garçon, dit : « Ô mon peuple, par Allah, ceci est meilleur que ce pour quoi vous êtes venus. » Alors Abū al-Ḥaysar, Anas ibn Rāfiʿ, prit une poignée de terre de la plaine 1 et en frappa le visage d’Iyās ibn Muʿādh, en disant : « Laisse-nous tranquille, car par ma vie, nous sommes venus pour autre chose. » Iyās se tut, et le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) se leva et ils repartirent vers Médine. La bataille de Buʿāth 2 eut lieu entre les Aws et les Khazraj. Ensuite, Iyās ibn Muʿādh ne tarda pas à mourir. Maḥmūd ibn Labīd rapporte : « Ceux de son peuple qui étaient présents à sa mort m’ont informé qu’ils n’avaient cessé de l’entendre dire : “Il n’y a de dieu qu’Allah”, “Allah est le plus grand”, “Louange à Allah” et “Gloire à Allah” jusqu’à sa mort. Ils ne doutaient pas qu’il était mort musulman, car il avait intérieurement embrassé l’islam lors de cette séance, lorsqu’il avait entendu du Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) ce qu’il avait entendu. » **Début de l’islam des Anṣār 3** **(Le Messager d’Allah et un groupe de Khazraj près de la ʿAqaba 4)** Ibn Isḥāq dit : Lorsqu’Allah – Puissant et Majestueux – voulut manifester Sa religion, honorer Son Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) et accomplir Sa promesse envers lui, le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) sortit durant la saison du pèlerinage 5 où il avait rencontré le groupe des Anṣār. Il se présenta aux tribus arabes, comme il le faisait à chaque saison. Alors qu’il était près de la ʿAqaba, il rencontra un groupe de Khazraj qu’Allah destinait au bien. Ibn Isḥāq dit : ʿĀṣim ibn ʿUmar ibn Qatāda m’a rapporté, d’après des cheikhs de son peuple : Lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) les rencontra, il leur dit : « Qui êtes-vous ? » Ils répondirent : « Un groupe de Khazraj. » Il dit : « Êtes-vous des alliés des Juifs ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : « Ne voulez-vous pas vous asseoir pour que je vous parle ? » Ils dirent : « Si. » Ils s’assirent donc avec lui. Il les appela à Allah – Puissant et Majestueux –, leur présenta l’islam et leur récita le Coran. Il dit : Parmi ce qu’Allah fit pour eux dans l’islam, il y avait que les Juifs étaient avec eux dans leur pays. Les Juifs étaient gens du Livre et de science, tandis qu’eux étaient polythéistes et adorateurs d’idoles. Les Juifs les avaient attaqués dans leur pays. Lorsqu’un différend survenait entre eux, les Juifs leur disaient : « Un prophète va être envoyé maintenant, son temps est proche ; nous le suivrons et nous vous tuerons avec lui comme on a tué ʿĀd et Iram 6. » Lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) parla à ce groupe et les appela à Allah, certains dirent aux autres : « Ô mon peuple, par Allah, c’est bien le prophète dont les Juifs vous menaçaient ; ne les laissez pas vous devancer vers lui. » Ils répondirent donc à son appel : ils le crurent et acceptèrent l’islam qu’il leur présentait. Ils dirent : « Nous avons laissé notre peuple, et il n’y a pas de peuple entre lesquels il y ait autant d’inimitié et de mal qu’entre eux. Peut-être qu’Allah les réunira grâce à toi. Nous allons retourner vers eux, les appeler à ta cause et leur présenter cette religion à laquelle nous avons répondu. Si Allah les rassemble autour d’elle, il n’y aura personne de plus puissant que toi. » Puis ils quittèrent le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) pour retourner dans leur pays, ayant cru et attesté. **(Noms du groupe khazrajite qui rencontra le Messager près de la ʿAqaba)** Ibn Isḥāq dit : Ils étaient – d’après ce qui m’a été rapporté – six hommes des Khazraj : - Parmi les Banū al-Najjār 7 – c’est-à-dire Taym Allāh – puis des Banū Mālik ibn al-Najjār ibn Thaʿlaba ibn ʿAmr ibn al-Khazraj ibn Ḥāritha ibn ʿAmr ibn ʿĀmir : Asʿad 8 ibn Zurāra ibn ʿUdas ibn ʿUbayd ibn Thaʿlaba ibn Ghannam ibn Mālik ibn al-Najjār, qui est Abū Umāma ; et ʿAwf 9 ibn al-Ḥārith ibn Rifāʿa ibn Sawād ibn Mālik ibn Ghannam ibn Mālik ibn al-Najjār, qui est Ibn ʿAfrā’. Ibn Hishām dit : ʿAfrā’ est la fille de ʿUbayd ibn Thaʿlaba ibn ʿUbayd ibn Thaʿlaba ibn Ghannam ibn Mālik ibn al-Najjār. Ibn Isḥāq dit : - Parmi les Banū Zurayq ibn ʿĀmir ibn Zurayq ibn ʿAbd Ḥāritha ibn Mālik ibn Ghaḍb ibn Jusham ibn al-Khazraj : Rāfiʿ 10 ibn Mālik ibn al-ʿAjlān ibn ʿAmr ibn ʿĀmir ibn Zurayq. Ibn Hishām dit : On dit aussi : ʿĀmir ibn al-Azraq. Ibn Isḥāq dit : - Parmi les Banū Salima 11 ibn Saʿd ibn ʿAlī ibn Sārida ibn Tazīd ibn Jusham ibn al-Khazraj, puis des Banū Sawād ibn Ghannam ibn Kaʿb ibn Salima : Qutba 12 ibn ʿĀmir ibn Ḥadīda ibn ʿAmr ibn Ghannam ibn Sawād. Ibn Hishām dit : ʿAmr ibn Sawād, et Sawād n’a pas de fils nommé Ghannam. Ibn Isḥāq dit : - Parmi les Banū Ḥarām ibn Kaʿb ibn Ghannam ibn Kaʿb ibn Salima : ʿUqba ibn ʿĀmir 13 ibn Nābī ibn Zayd ibn Ḥarām. - Et parmi les Banū ʿUbayd ibn ʿAdī ibn Ghannam ibn Kaʿb ibn Salima : Jābir 14 ibn ʿAbd Allāh ibn Ri’āb ibn al-Nuʿmān ibn Sinān ibn ʿUbayd. Lorsqu’ils arrivèrent à Médine auprès de leur peuple, ils leur parlèrent du Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) et les appelèrent à l’islam, jusqu’à ce que cela se répande parmi eux. Il ne resta aucune maison des Anṣār sans qu’on y parle du Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue).
- al-baṭḥā’ : La plaine, désignant ici le lit d’un oued ou une zone sablonneuse à La Mecque.
- Buʿāth : Bataille célèbre entre les tribus Aws et Khazraj à Médine, avant l’islam.
- Anṣār : Les « Auxiliaires », nom donné aux habitants de Médine (Aws et Khazraj) qui ont soutenu le Prophète après l’hégire.
- al-ʿAqaba : Lieu près de La Mecque où eurent lieu les deux serments d’allégeance des Anṣār au Prophète.
- al-mawsim : La saison du pèlerinage (ḥajj), période où les Arabes se rassemblaient à La Mecque.
- ʿĀd wa Iram : Peuples antiques mentionnés dans le Coran comme ayant été anéantis pour leur mécréance.
- Banū al-Najjār : Clan des Khazraj, dont descend la famille du Prophète par sa mère Āmina.
- Asʿad : Asʿad ibn Zurāra, un des premiers Anṣār à embrasser l’islam.
- ʿAwf : ʿAwf ibn al-Ḥārith, connu comme Ibn ʿAfrā’, compagnon martyr à Badr.
- Rāfiʿ : Rāfiʿ ibn Mālik, un des premiers convertis parmi les Khazraj.
- Banū Salima : Clan des Khazraj, auquel appartenait le poète Ḥassān ibn Thābit.
- Qutba : Qutba ibn ʿĀmir, compagnon présent à la seconde ʿAqaba.
- ʿUqba ibn ʿĀmir : Compagnon, à ne pas confondre avec ʿUqba ibn ʿĀmir al-Juhanī.
- Jābir : Jābir ibn ʿAbd Allāh, célèbre compagnon et transmetteur de hadiths.
La première épreuve [1] et Mus‘ab ibn ‘Umayr [2].
Le premier serment d'allégeance d'al-'Aqaba 1 et Mus'ab ibn 'Umayr. Lorsque l'année suivante arriva, douze hommes des Ansâr 2 se rendirent au pèlerinage et rencontrèrent le Prophète à al-'Aqaba. (Ibn Ishâq) dit : C'est le premier serment d'al-'Aqaba. Ils prêtèrent serment d'allégeance au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) selon le serment des femmes 3, et cela avant que la guerre ne leur soit prescrite. (Les hommes du premier serment d'al-'Aqaba parmi les Banû al-Najjâr) : Parmi eux, des Banû al-Najjâr, puis des Banû Mâlik ibn al-Najjâr : As'ad ibn Zurâra ibn 'Udas ibn 'Ubayd ibn Tha'laba ibn Ghanm ibn Mâlik ibn al-Najjâr, qui est Abû Umâma, et 'Awf et Mu'âdh, les deux fils d'al-Hârith ibn Rifâ'a ibn Sawâd ibn Mâlik ibn Ghanm ibn Mâlik ibn al-Najjâr, et ils sont les deux fils d'Afra'. (Les hommes du premier serment d'al-'Aqaba parmi les Banû Zurayq) : Et parmi les Banû Zurayq 4 ibn 'Âmir : Râfi' ibn Mâlik ibn al-'Ajlân ibn 'Amr ibn 'Âmir ibn Zurayq, et Dhakwân ibn 'Abd Qays ibn Khalada ibn Mukhlid ibn 'Âmir ibn Zurayq. Ibn Hishâm dit : Dhakwân est un Muhâjir 5 Ansârî. (Les hommes du premier serment d'al-'Aqaba parmi les Banû 'Awf) : Et parmi les Banû 'Awf ibn al-Khazraj, puis des Banû Ghanm ibn 'Awf 6 ibn 'Amr ibn 'Awf ibn al-Khazraj, qui sont les Qawâqil 7 : 'Ubâda ibn 8 al-Sâmit ibn Qays ibn Asram 9 ibn Fihr ibn Tha'laba ibn Ghanm, et Abû 'Abd al-Rahmân, qui est Yazîd ibn Tha'laba ibn Khazma 10 ibn Asram ibn 'Amr ibn 'Ammâra 11, des Banû Ghushayna, de Balî, allié à eux. (Parole d'Ibn Hishâm sur le nom des Qawâqil) : Ibn Hishâm dit : On les a appelés les Qawâqil parce que, lorsqu'un homme cherchait refuge auprès d'eux, ils lui donnaient une flèche et lui disaient : « Qawqil 12 avec cela à Yathrib où tu veux. » Ibn Hishâm dit : Al-Qawqala est une sorte de marche. (Les hommes d'al-'Aqaba parmi les Banû Sâlim) : Ibn Ishâq dit : Et parmi les Banû Sâlim ibn 'Awf ibn 'Amr ibn al-Khazraj, puis des Banû al-'Ajlân ibn Zayd ibn Ghanm ibn Sâlim : al-'Abbâs ibn 'Ubâda 13 ibn Nadala ibn Mâlik ibn al-'Ajlân. (Les hommes d'al-'Aqaba parmi les Banû Salima, avec un lâm kasra) : Et parmi les Banû Salima ibn Sa'd ibn 'Alî ibn Asad ibn Sârida ibn Tazîd ibn Jusham ibn al-Khazraj, puis des Banû Harâm ibn Ka'b ibn Ghanm ibn Salima : 'Uqba ibn 14 'Âmir ibn Nâbî ibn Zayd ibn Harâm. (Les hommes d'al-'Aqaba parmi les Banû Sawâd) : Et parmi les Banû Sawâd ibn Ghanm ibn Ka'b ibn Salima : Qutba ibn 15 'Âmir ibn Hadîda ibn 'Amr ibn Ghanm ibn Sawâd. (Les hommes d'al-'Aqaba parmi les Aws) : Y assista également, des Aws ibn Hâritha ibn Tha'laba ibn 'Amr ibn 'Âmir, puis des Banû 'Abd al-Ashhal ibn Jusham ibn al-Hârith ibn al-Khazraj ibn 'Amr ibn Mâlik ibn al-Aws : Abû al-Haytham ibn al-Tayyihân, dont le nom est Mâlik 16. Ibn Hishâm dit : al-Tayyihân se prononce avec tashdîd ou sans, comme mayt et mayyit. (Les hommes du premier serment d'al-'Aqaba parmi les Banû 'Amr) : Et parmi les Banû 'Amr ibn 'Awf ibn Mâlik ibn al-Aws : 'Uwaym ibn Sâ'ida 17. (Le pacte du Prophète avec ceux qui prêtèrent serment à al-'Aqaba) : Ibn Ishâq dit : Yazîd ibn Abî Habîb m'a raconté, d'après (Abû) 18 Marthad ibn 'Abd Allâh al-Yazanî, d'après 'Abd al-Rahmân ibn 'Usayla al-Sanâbihî, d'après 'Ubâda ibn al-Sâmit, qui a dit : Je faisais partie de ceux qui assistèrent au premier serment d'al-'Aqaba. Nous étions douze hommes. Nous prêtâmes serment d'allégeance au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) selon le serment des femmes, et cela avant que la guerre ne soit prescrite : de n'associer rien à Allah, de ne pas voler, de ne pas forniquer, de ne pas tuer nos enfants, de ne pas commettre de calomnie que nous inventerions de toutes pièces 19, et de ne pas lui désobéir en ce qui est convenable. Si vous tenez (ces engagements), vous aurez le Paradis. Si vous commettez quelque chose de cela, votre affaire est entre les mains d'Allah, Puissant et Majestueux : s'Il veut, Il châtie, et s'Il veut, Il pardonne. Ibn Ishâq dit : Ibn Shihâb al-Zuhrî a mentionné, d'après 'Â'idh Allâh ibn 'Abd Allâh al-Khawlânî Abû Idrîs, que 'Ubâda ibn al-Sâmit lui a raconté qu'il a dit : Nous prêtâmes serment d'allégeance au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) la nuit du premier serment d'al-'Aqaba : de n'associer rien à Allah, de ne pas voler, de ne pas forniquer, de ne pas tuer nos enfants, de ne pas commettre de calomnie que nous inventerions de toutes pièces, et de ne pas lui désobéir en ce qui est convenable. Si vous tenez (ces engagements), vous aurez le Paradis. Si vous commettez quelque chose de cela et que vous êtes punis par la peine légale 20 en ce monde, cela est une expiation pour vous. Si cela vous est caché jusqu'au Jour de la Résurrection, votre affaire est entre les mains d'Allah, Puissant et Majestueux : s'Il veut, Il châtie, et s'Il veut, Il pardonne. (L'envoi par le Prophète de Mus'ab avec la délégation d'al-'Aqaba) : Ibn Ishâq dit : Lorsque les gens partirent de chez lui, le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) envoya avec eux Mus'ab 21 ibn 'Umayr ibn Hâshim 22 ibn 'Abd Manâf ibn 'Abd al-Dâr ibn Qusayy, et lui ordonna de leur réciter le Coran, de leur enseigner l'islam et de les instruire dans la religion. On l'appelait à Médine « le récitateur » : Mus'ab. Sa demeure 23 était chez As'ad ibn Zurâra ibn 'Udas, Abû Umâma. Ibn Ishâq dit : 'Âsim ibn 'Umar ibn Qatâda m'a raconté qu'il priait avec eux, et cela
- al-ʿAqaba : Lieu près de Minâ, à l'est de La Mecque, où eurent lieu les serments d'allégeance des Ansâr au Prophète.
- al-Anṣār : Les 'Auxiliaires' : habitants de Médine (Yathrib) qui ont accueilli et soutenu le Prophète après l'Hégire.
- bayʿat al-nisāʾ : Le 'serment des femmes' : serment d'allégeance basé sur le verset coranique 60:12, incluant des engagements moraux sans obligation de combat.
- Zurayq : Tribu des Khazraj à Médine.
- Muhājir : Émigrant : désigne les premiers musulmans ayant émigré de La Mecque à Médine.
- Ghanm ibn ʿAwf : Sous-tribu des Banû 'Awf.
- al-Qawāqil : Surnom des Banû Ghanm ibn 'Awf, signifiant 'ceux qui marchent d'une certaine manière'.
- ʿUbāda ibn al-Ṣāmit : Compagnon éminent, l'un des douze du premier serment d'al-'Aqaba.
- Aṣram : Nom propre, ancêtre de 'Ubâda.
- Khazma : Nom propre, ancêtre de Yazîd.
- ʿAmmāra : Nom propre, ancêtre de Yazîd.
- qawqil : Impératif de 'qawqala' : marche d'une certaine manière, se déplacer.
- al-ʿAbbās ibn ʿUbāda : Compagnon, l'un des douze du premier serment.
- ʿUqba ibn ʿĀmir : Compagnon, l'un des douze du premier serment.
- Quṭba ibn ʿĀmir : Compagnon, l'un des douze du premier serment.
- Mālik : Nom d'Abû al-Haytham ibn al-Tayyihân.
- ʿUwaym ibn Sāʿida : Compagnon, l'un des douze du premier serment.
- Abū : Père de : indique la kunya (surnom) de Marthad.
- min bayni aydīnā wa arjulinā : Expression coranique signifiant 'de toutes pièces' ou 'entre nos mains et nos pieds'.
- ḥadd : Peine légale fixée par la charia pour certains crimes.
- Muṣʿab ibn ʿUmayr : Compagnon, premier envoyé du Prophète à Médine pour enseigner l'islam.
- Hāshim : Ancêtre du Prophète, clan des Quraysh.
- manziluhu : Sa demeure : Mus'ab résidait chez As'ad ibn Zurâra.
Le premier vendredi [1] qui fut célébré à Médine [2].
Que les Aws et les Khazraj répugnaient à ce que les uns dirigent la prière des autres. **Première prière du vendredi établie à Médine** (As‘ad ibn Zurâra et l’établissement de la première prière du vendredi à Médine) : Ibn Ishâq a dit : Muhammad ibn Abî Umâma ibn Sahl ibn Hunayf m’a raconté, d’après son père Abû Umâma, d’après ‘Abd ar-Rahmân ibn Ka‘b ibn Mâlik, qui a dit : J’étais le guide de mon père, Ka‘b ibn Mâlik, lorsqu’il perdit la vue. Quand je sortais avec lui pour la prière du vendredi et qu’il entendait l’appel à la prière, il priait pour Abû Umâma, As‘ad ibn Zurâra. Il resta ainsi un certain temps : chaque fois qu’il entendait l’appel à la prière du vendredi, il priait pour lui et implorait le pardon pour lui. Je me dis en moi-même : « Par Dieu, c’est bien de l’impuissance de ma part de ne pas lui demander pourquoi, lorsqu’il entend l’appel à la prière du vendredi, il prie pour Abû Umâma As‘ad ibn Zurâra. » Je sortis donc avec lui un vendredi, comme d’habitude. Quand il entendit l’appel à la prière du vendredi, il pria pour lui et implora le pardon pour lui. Je lui dis : « Ô mon père, pourquoi, lorsque tu entends l’appel à la prière du vendredi, pries-tu pour Abû Umâma ? » Il répondit : « Ô mon fils, il fut le premier à célébrer la prière du vendredi avec nous à Médine, à Hazm an-Nabît 1, dans la région volcanique des Banû Bayâda, appelée Naqî‘ al-Khadamât. » Je dis : « Combien étiez-vous ce jour-là ? » Il dit : « Quarante hommes. » (As‘ad ibn Zurâra, Mus‘ab ibn ‘Umayr, et la conversion de Sa‘d ibn Mu‘âdh et Usayd ibn Hudayr) : Ibn Ishâq a dit : ‘Ubayd Allâh ibn al-Mughîra ibn Mu‘ayqib et ‘Abd Allâh ibn Abî Bakr ibn Muhammad ibn ‘Amr ibn Hazm m’ont raconté qu’As‘ad ibn Zurâra sortit avec Mus‘ab ibn ‘Umayr, se dirigeant vers la demeure des Banû ‘Abd al-Ashhal et la demeure des Banû Zafar. Or Sa‘d ibn Mu‘âdh ibn an-Nu‘mân ibn Imru’ al-Qays ibn Zayd ibn ‘Abd al-Ashhal était le neveu maternel d’As‘ad ibn Zurâra. Il entra avec lui dans un jardin des Banû Zafar. - Ibn Hishâm a dit : Le nom de Zafar est Ka‘b ibn al-Hârith ibn al-Khazraj ibn ‘Amr ibn Mâlik ibn al-Aws. - Ils dirent : près d’un puits appelé Bi’r Maraq 2. Ils s’assirent dans le jardin, et des hommes qui s’étaient convertis se rassemblèrent autour d’eux. Sa‘d ibn Mu‘âdh et Usayd ibn Hudayr étaient alors les deux chefs de leur peuple, les Banû ‘Abd al-Ashhal, et tous deux étaient polythéistes, suivant la religion de leur peuple. Lorsqu’ils entendirent parler de cela, Sa‘d ibn Mu‘âdh dit à Usayd ibn Hudayr : « Que ton père ne te trouve pas ! Va trouver ces deux hommes qui sont venus dans nos demeures pour rendre faibles nos gens faibles, réprimande-les et interdis-leur de venir dans nos demeures. Sans le fait qu’As‘ad ibn Zurâra est mon parent, comme tu le sais, je t’aurais épargné cela ; c’est le fils de ma tante maternelle, et je ne peux pas l’affronter. » Usayd ibn Hudayr prit donc sa lance et se dirigea vers eux. Quand As‘ad ibn Zurâra le vit, il dit à Mus‘ab ibn ‘Umayr : « Voici le chef de son peuple qui vient à toi ; sois sincère envers Dieu à son sujet. » Mus‘ab dit : « S’il s’assoit, je lui parlerai. » Il s’arrêta devant eux, insultant, et dit : « Qu’est-ce qui vous amène chez nous, à rendre faibles nos gens faibles ? Éloignez-vous de nous, si vous avez besoin de vous-mêmes. » Mus‘ab lui dit : « Ne veux-tu pas t’asseoir et écouter ? Si tu approuves une chose, tu l’acceptes ; si tu la répugnes, nous t’épargnerons ce que tu répugnes. » Il dit : « Tu es équitable. » Puis il planta sa lance et s’assit près d’eux. Mus‘ab lui parla de l’islam et lui récita le Coran. Ils dirent - d’après ce qui est rapporté d’eux : « Par Dieu, nous avons reconnu sur son visage l’islam avant qu’il ne parle, à son éclat et à son aisance. » Puis il dit : « Quelles belles paroles et quelle beauté ! Que faites-vous lorsque vous voulez entrer dans cette religion ? » Ils lui dirent : « Tu te laves et te purifies, tu purifies tes deux vêtements, puis tu prononces le témoignage de vérité, puis tu pries. » Il se leva, se lava, purifia ses vêtements, prononça le témoignage de vérité, puis se leva et fit deux rak‘as 3. Puis il leur dit : « Derrière moi, il y a un homme ; s’il vous suit, personne de son peuple ne restera en arrière. Je vais vous l’envoyer maintenant : Sa‘d ibn Mu‘âdh. » Puis il prit sa lance et retourna vers Sa‘d et son peuple, qui étaient assis dans leur assemblée. Quand Sa‘d ibn Mu‘âdh le vit revenir, il dit : « Je jure par Dieu qu’Usayd vous revient avec un visage différent de celui avec lequel il est parti de chez vous. » Lorsqu’il s’arrêta à l’assemblée, Sa‘d lui dit : « Qu’as-tu fait ? » Il dit : « J’ai parlé aux deux hommes. Par Dieu, je n’ai vu en eux aucun mal. Je les ai réprimandés, et ils ont dit : “Nous ferons ce que tu veux.” Et on m’a rapporté que les Banû Hâritha sont sortis contre As‘ad ibn Zurâra pour le tuer, parce qu’ils ont su qu’il est le fils de ta tante maternelle, afin de te faire perdre la face 4. » Sa‘d se leva donc, en colère et pressé, craignant ce qu’on lui avait dit des Banû Hâritha. Il prit la lance de sa main et dit : « Par Dieu, je ne vois pas que tu aies fait quoi que ce soit. » Puis il sortit vers eux. Quand Sa‘d les vit tranquilles, il comprit qu’Usayd avait seulement voulu qu’il les entende. Il s’arrêta devant eux, insultant, puis dit à As‘ad ibn Zurâra : « Ô Abû Umâma, par Dieu, sans la parenté qui existe entre toi et moi, tu n’aurais pas obtenu cela de moi. Tu viens chez nous dans nos demeures avec ce que nous répugnons ? » - Or As‘ad ibn Zurâra avait dit à Mus‘ab ibn ‘Umayr : « Ô Mus‘ab, par Dieu, voici venu à toi le chef de ceux qui sont derrière lui, de son peuple ; s’il te suit, pas deux d’entre eux ne resteront en arrière. » - Mus‘ab lui dit : « Ne veux-tu pas t’asseoir et écouter ? Si tu approuves une chose et la désires, tu l’acceptes ; si tu la répugnes, nous éloignerons de toi ce que tu répugnes. » Sa‘d dit : « Tu es équitable. » Puis il planta la lance et s’assit. Il lui présenta l’islam et lui récita le Coran. Ils dirent : « Par Dieu, nous avons reconnu sur son visage l’islam avant qu’il ne parle, à son éclat et à son aisance. » Puis il leur dit : « Que faites-vous lorsque vous vous convertissez et entrez dans cette religion ? » Ils dirent : « Tu te laves et te purifies, tu purifies tes deux vêtements, puis tu prononces le témoignage de vérité, puis tu pries deux rak‘as. » Il se leva donc, se lava, purifia ses vêtements, prononça le témoignage de vérité, puis fit deux rak‘as. Puis il prit sa lance et se dirigea vers l’assemblée de son peuple, accompagné d’Usayd ibn Hudayr. Lorsque son peuple le vit revenir, ils dirent : « Nous jurons par Dieu que Sa‘d vous revient avec un visage différent de celui avec lequel il est parti de chez vous. » Quand il s’arrêta devant eux, il dit : « Ô Banû ‘Abd al-Ashhal, que savez-vous de ma position parmi vous ? » Ils dirent : « Tu es notre chef, le plus liant 5, le meilleur par l’avis, le plus béni par la perspicacité. » Il dit : « Alors, la parole de vos hommes et de vos femmes m’est interdite jusqu’à ce que vous croyiez en Dieu et en Son messager 6. » Ils dirent : « Par Dieu, le soir ne tomba pas dans la demeure des Banû ‘Abd al-Ashhal sans qu’il n’y eût homme ou femme qui ne fût musulman ou musulmane. » As‘ad et Mus‘ab retournèrent à la demeure d’As‘ad ibn Zurâra, et il resta chez lui, appelant les gens à l’islam, jusqu’à ce qu’il ne restât aucune demeure des Ansâr 7 sans qu’il y eût des hommes et des femmes musulmans, sauf ce qui concernait la demeure des Banû Umayya ibn Zayd, Khatma, Wâ’il, Wâqif, et ceux-là sont les Aws Allâh, et ils sont des Aws ibn Hâritha. Cela parce que parmi eux se trouvait Abû Qays ibn al-Aslat, qui était un Sayfî 8, et il était leur poète et leur chef ; ils l’écoutaient et lui obéissaient. Il les retint donc.
- Hazm an-Nabît : Lieu-dit à Médine, une colline ou un terrain élevé.
- Bi’r Maraq : Puits situé dans le jardin des Banû Zafar.
- rak‘a : Unité de prière islamique comprenant des inclinaisons et des prosternations.
- liyukhfirūka : Pour te faire perdre la face, c’est-à-dire pour annuler ta protection ou ton honneur.
- awṣalanā : Le plus liant, c’est-à-dire celui qui maintient le mieux les liens de parenté.
- ḥarām : Interdit, illicite. Ici, Sa‘d déclare qu’il ne parlera plus à son peuple tant qu’ils n’auront pas embrassé l’islam.
- Ansâr : Les « Auxiliaires », nom donné aux habitants de Médine qui ont soutenu le Prophète Muhammad après l’Hégire.
- Sayfī : Surnom d’Abû Qays ibn al-Aslat, signifiant peut-être « celui qui est comme une épée » ou lié à la poésie guerrière.
L'ordre de la seconde 'Aqaba [1]
de l'islam, et il resta ainsi jusqu'à ce que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — émigre à Médine, et que passent Badr, Uhud et al-Khandaq. Il dit, au sujet de ce qu'il avait vu de l'islam et des divergences des gens à son sujet : « Ô Seigneur des gens, des choses sont survenues, dont le difficile se mêle au facile. Ô Seigneur des gens, lorsque nous nous sommes égarés, Tu nous as guidés vers la voie du bien. Sans notre Seigneur, nous serions juifs, et la religion des juifs n'a pas de ressemblance 1. Sans notre Seigneur, nous serions chrétiens, avec les moines sur le mont du Galilée 2. Mais nous avons été créés, lorsque nous fûmes créés, comme hanif 3 ; notre religion diffère de toute génération. Nous menons les offrandes qui marchent lentement, soumises, les épaules découvertes sous les manteaux de laine 4. » Ibn Hishâm dit : Un homme des Ansâr ou de Khuzâ‘a m'a récité ses vers : « Sans notre Seigneur », « Sans notre Seigneur », et « les épaules découvertes sous les manteaux de laine ». **L'affaire de la seconde ‘Aqaba** **(Mus‘ab ibn ‘Umayr et la seconde ‘Aqaba)** Ibn Ishâq dit : Ensuite, Mus‘ab ibn ‘Umayr retourna à La Mecque, et ceux des Ansâr qui étaient musulmans sortirent pour la saison du pèlerinage avec les pèlerins polythéistes de leur peuple, jusqu'à ce qu'ils arrivassent à La Mecque. Ils donnèrent rendez-vous au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — à al-‘Aqaba, au milieu des jours de tashrîq 5, lorsqu'Allah voulut pour eux ce qu'Il voulut de Son honneur, du secours pour Son Prophète, du renforcement de l'islam et de ses gens, et de l'humiliation du polythéisme et de ses adeptes. **(Al-Barâ’ ibn Ma‘rûr et sa prière vers la Ka‘ba)** Ibn Ishâq dit : Ma‘bad ibn Ka‘b ibn Mâlik ibn Abî Ka‘b ibn al-Qayn, frère des Banû Salima, m'a rapporté que son frère ‘Abdallâh ibn Ka‘b, qui était l'un des plus savants des Ansâr, lui a rapporté que son père Ka‘b — qui faisait partie de ceux qui assistèrent à al-‘Aqaba et y prêtèrent serment au Messager d'Allah — lui a dit : Nous partîmes avec les pèlerins polythéistes de notre peuple, alors que nous avions prié et appris la religion, et avec nous se trouvait al-Barâ’ ibn Ma‘rûr 6, notre chef et notre aîné. Lorsque nous nous mîmes en route pour notre voyage et quittâmes Médine, al-Barâ’ nous dit : « Ô gens, j'ai eu une opinion. Par Allah, je ne sais si vous serez d'accord avec moi ou non. » Nous dîmes : « Qu'est-ce donc ? » Il dit : « J'ai pensé à ne pas laisser cette construction 7 derrière moi, c'est-à-dire la Ka‘ba, et à prier vers elle. » Nous dîmes : « Par Allah, il ne nous est pas parvenu que notre Prophète prie ailleurs que vers le Shâm 8, et nous ne voulons pas lui désobéir. » Il dit : « Je vais prier vers elle. » Nous lui dîmes : « Quant à nous, nous ne le ferons pas. » Ainsi, lorsque l'heure de la prière arrivait, nous priions vers le Shâm, tandis que lui priait vers la Ka‘ba, jusqu'à notre arrivée à La Mecque. Nous lui avions reproché son acte, mais il insista pour persévérer. Lorsque nous arrivâmes à La Mecque, il me dit : « Ô fils de mon frère, allons trouver le Messager d'Allah pour lui demander ce que j'ai fait durant ce voyage. Car, par Allah, j'ai eu un doute à ce sujet, à cause de votre opposition. » Nous sortîmes donc pour nous renseigner sur le Messager d'Allah, que nous ne connaissions pas et n'avions jamais vu auparavant. Nous rencontrâmes un homme de La Mecque et lui demandâmes où était le Messager d'Allah. Il dit : « Le connaissez-vous ? » Nous dîmes : « Non. » Il dit : « Connaissez-vous al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib, son oncle ? » Nous dîmes : « Oui » — nous connaissions al-‘Abbâs, car il venait souvent chez nous comme commerçant. Il dit : « Lorsque vous entrerez dans la mosquée, il est l'homme assis avec al-‘Abbâs. » Nous entrâmes dans la mosquée et voilà al-‘Abbâs assis, et le Messager d'Allah assis avec lui. Nous les saluâmes, puis nous nous assîmes près d'eux. Le Messager d'Allah dit à al-‘Abbâs : « Connais-tu ces deux hommes, ô Abû al-Fadl ? » Il dit : « Oui, voici al-Barâ’ ibn Ma‘rûr, le chef de son peuple, et voici Ka‘b ibn Mâlik. » Par Allah, je n'oublie pas la parole du Messager d'Allah : « Un poète ? » Il dit : « Oui. » Al-Barâ’ ibn Ma‘rûr dit : « Ô Prophète d'Allah, je suis parti en voyage, et Allah m'a guidé vers l'islam. J'ai pensé à ne pas laisser cette construction derrière moi, alors j'ai prié vers elle. Mes compagnons m'ont contredit, ce qui m'a troublé. Que penses-tu, ô Messager d'Allah ? » Il dit : « Tu avais une direction de prière ; si tu avais persévéré 9… » Al-Barâ’ revint alors à la direction de prière du Messager d'Allah et pria avec nous vers le Shâm. Ses proches prétendent qu'il pria vers la Ka‘ba jusqu'à sa mort, mais ce n'est pas 10 comme ils le disent ; nous le savons mieux qu'eux. Ibn Hishâm dit : ‘Awn ibn Ayyûb al-Ansârî a dit : « Parmi nous, il y a celui qui pria le premier, se tournant vers la Ka‘ba du Miséricordieux, entre les lieux de sacrifice » — il voulait dire al-Barâ’ ibn Ma‘rûr. Ce vers fait partie d'un poème de lui. **(La conversion de ‘Abdallâh ibn ‘Amr)** Ibn Ishâq dit : Ma‘bad ibn Ka‘b m'a rapporté que son frère ‘Abdallâh ibn Ka‘b lui a rapporté que son père Ka‘b ibn Mâlik lui a dit : Ensuite, nous partîmes pour le pèlerinage, et nous donnâmes rendez-vous au Messager d'Allah à al-‘Aqaba, au milieu des jours de tashrîq. Lorsque nous eûmes terminé le pèlerinage, la nuit de notre rendez-vous avec le Messager d'Allah arriva. Avec nous se trouvait ‘Abdallâh ibn ‘Amr ibn Harâm, Abû Jâbir, un chef parmi nos chefs et un noble parmi nos nobles 11. Nous l'emmenâmes avec nous, tout en cachant notre affaire aux polythéistes de notre peuple. Nous lui parlâmes et lui dîmes : « Ô Abû Jâbir, tu es un chef parmi nos chefs et un noble parmi nos nobles ; nous ne voulons pas que tu sois demain du bois pour le Feu. » Puis nous l'appelâmes à l'islam et l'informâmes du rendez-vous que le Messager d'Allah nous avait fixé à al-‘Aqaba. Il se convertit à l'islam et assista avec nous à al-‘Aqaba, et il fut l'un des nuqabâ’ 12. Nous dormîmes cette nuit-là avec notre peuple dans nos campements. Lorsque le premier tiers de la nuit fut passé, nous sortîmes de nos campements pour le rendez-vous du Messager d'Allah, nous glissant comme des outardes, en cachette, jusqu'à ce que nous nous réunissions dans le ravin près d'al-‘Aqaba. Nous étions soixante-treize hommes, et avec nous deux femmes : Nusayba 13 bint Ka‘b, Umm ‘Umâra, l'une des femmes des Banû Mâzin ibn al-Najjâr, et Asmâ’ bint ‘Amr ibn ‘Adî ibn Nâbî, l'une des femmes des Banû Salima, qui est Umm Manî‘. **(Al-‘Abbâs se porte garant pour le Prophète)** Nous nous réunîmes dans le ravin, attendant le Messager d'Allah, jusqu'à ce qu'il vînt à nous, accompagné de son oncle al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib, qui était alors encore dans la religion de son peuple, mais il voulait assister à l'affaire de son neveu et se porter garant pour lui. Lorsqu'il s'assit, al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib fut le premier à parler. Il dit : « Ô assemblée des Khazraj » — les Arabes appelaient cette tribu des Ansâr : les Khazraj, à la fois Khazraj et Aws — « Muhammad est des nôtres, comme vous le savez. Nous l'avons protégé de notre peuple, qui partage notre opinion à son sujet. Il est en honneur et en sécurité dans son pays. Cependant, il a insisté pour se joindre à vous et vous rejoindre. Si vous pensez que vous tiendrez les promesses que vous lui avez faites et que vous le protégerez de ceux qui s'opposent à lui, alors prenez cette responsabilité. Sinon, laissez-le dès maintenant, car il est en sécurité chez lui. » Nous dîmes : « Nous avons entendu ce que tu as dit. Parle, ô Messager d'Allah, et choisis pour toi et pour ton Seigneur ce que tu veux. »
Vous pensiez que vous alliez le secourir et le protéger après l'avoir fait sortir vers vous. Dès à présent, laissez-le, car il est dans la puissance et la protection de son peuple et de son pays." Il dit : "Nous lui dîmes : 'Nous avons entendu ce que tu as dit. Parle, ô Messager d'Allah, et prends pour toi-même et pour ton Seigneur ce que tu souhaites.'" (Le pacte du Messager, sur lui la prière et la paix, avec les Ansâr 14) : Il dit : "Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, parla, récita le Coran, appela à Allah, et incita à l'islam. Puis il dit : 'Je vous prête serment d'allégeance 15 sur la base que vous me protégiez de ce dont vous protégez vos femmes et vos enfants.'" Il dit : "Al-Barâ' ibn Ma'rûr prit sa main, puis dit : 'Oui, par Celui qui t'a envoyé avec la vérité comme prophète, nous te protégerons de ce dont nous protégeons nos vêtements de dessous 16. Prête-nous donc serment, ô Messager d'Allah. Car, par Allah, nous sommes fils des guerres et gens de la cotte de mailles 17, nous en avons hérité de père en père 18.'" Il dit : "Alors Abû al-Haytham ibn at-Tayyihân 19 interrompit la parole, alors que al-Barâ' parlait au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et dit : 'Ô Messager d'Allah, il y a entre nous et les hommes des liens 20, et nous allons les rompre – il voulait dire les Juifs –. Se pourrait-il que, si nous faisons cela puis qu'Allah te donne la victoire, tu retournes vers ton peuple et nous abandonnes ?'" Il dit : "Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, sourit, puis dit : 'Non, le sang est le sang, et la destruction est la destruction 21. Je suis de vous et vous êtes de moi. Je combats ceux que vous combattez et je fais la paix avec ceux avec qui vous faites la paix.'" Ibn Hishâm dit : "On dit : 'al-hadm al-hadm' (c'est-à-dire la protection sacrée 22), c'est-à-dire : ma protection est votre protection, et mon inviolabilité est votre inviolabilité 23." Ka'b ibn Mâlik 24 dit : "Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, avait dit : 'Faites sortir vers moi douze représentants 25 d'entre vous, pour qu'ils soient sur leurs peuples quant à ce qui est en eux.' Ils firent donc sortir d'eux douze représentants : neuf des Khazraj et trois des Aws." (Les noms des douze représentants et la suite du récit de al-'Aqaba 26) (Les représentants des Khazraj) : Ibn Hishâm dit : "Parmi les Khazraj – selon ce que nous a rapporté Ziyâd ibn 'Abd Allâh al-Bakkâ'î, d'après Muhammad ibn Ishâq al-Muttalibî – : Abû Umâma As'ad ibn Zurâra ibn 'Udas ibn 'Ubayd ibn Tha'laba ibn Ghanm ibn Mâlik ibn an-Najjâr, et c'est Taym Allâh 27 ibn Tha'laba ibn 'Amr ibn al-Khazraj ; Sa'd ibn ar-Rabî' ibn 'Amr ibn Abî Zuhayr ibn Mâlik ibn Imri' al-Qays ibn Mâlik ibn Tha'laba ibn Ka'b ibn al-Khazraj ibn al-Hârith ibn al-Khazraj ; 'Abd Allâh ibn Rawâha 28 ibn Tha'laba ibn Imri' al-Qays ibn 'Amr ibn Imri' al-Qays (le Grand) ibn Mâlik (al-Agharr) 29 ibn Tha'laba ibn Ka'b ibn al-Khazraj ibn al-Hâdith ibn al-Khazraj ; Râfi' ibn Mâlik ibn al-'Ajlân ibn 'Amr ibn 'Âmir ibn Zurays 30 ibn 'Abd Hâritha ibn Mâlik ibn Ghadb ibn Jusham ibn al-Khazraj ; al-Barâ' ibn Ma'rûr ibn Sakhr ibn Khansâ' ibn Sinân ibn 'Ubayd ibn 'Adî ibn Ghanm ibn Ka'b ibn Salama ibn Sa'd ibn 'Alî ibn Asad ibn Sârida ibn Tazîd ibn Jusham ibn al-Khazraj ; 'Abd Allâh ibn 'Amr ibn Harâm ibn Tha'laba ibn Harâm ibn Ka'b ibn Ghanm ibn Ka'b ibn Salama ibn Sa'd ibn 'Alî ibn Asad ibn Sârida ibn Tazîd ibn Jusham ibn al-Khazraj ; 'Ubâda ibn as-Sâmit ibn Qays ibn Asram ibn Fihr ibn Tha'laba ibn Ghanm ibn Sâlim ibn 'Awf ibn 'Amr ibn 'Awf ibn al-Khazraj." Ibn Hishâm dit : "C'est Ghanm ibn 'Awf, frère de Sâlim ibn 'Awf ibn 'Amr ibn 'Awf ibn al-Khazraj." Ibn Ishâq dit : "Et Sa'd ibn 'Ubâda ibn Dulaym ibn Hâritha ibn Abî Hazîma 31 ibn Tha'laba ibn Tarîf ibn al-Khazraj ibn Sâ'ida ibn Ka'b ibn al-Khazraj ; al-Mundhir ibn 'Amr ibn Khunays ibn Hâritha ibn Lawdhân ibn 'Abd Wudd ibn Zayd ibn Tha'laba ibn al-Khazraj ibn Sâ'ida ibn Ka'b ibn al-Khazraj – Ibn Hishâm dit : 'On dit : ibn Khunays 32.'" (Les représentants des Aws) : "Et parmi les Aws : Usayd ibn Hudayr ibn Simâk ibn 'Atîk ibn Râfi' ibn Imri' al-Qays ibn Zayd ibn 'Abd al-Ashhal ; Sa'd ibn Khaythama ibn al-Hârith ibn Mâlik ibn Ka'b ibn an-Nahhât ibn Ka'b ibn Hâritha ibn Ghanm ibn as-Salm ibn Imri' al-Qays ibn Mâlik ibn al-Aws ; Rifâ'a ibn 'Abd al-Mundhir ibn Zubayr 33 ibn Zayd ibn Umayya ibn Zayd ibn Mâlik ibn 'Awf ibn 'Amr ibn 'Awf ibn Mâlik ibn al-Aws." (Poème de Ka'b sur l'énumération des représentants) : Ibn Hishâm dit : "Les gens de science comptent parmi eux Abû al-Haytham ibn at-Tayyihân, et ne comptent pas Rifâ'a." Et Ka'b ibn Mâlik dit, en les mentionnant, selon ce que m'a récité Abû Zayd al-Ansârî : "Fais parvenir à Ubayy que son opinion a échoué, / Et que le moment du défilé 34 est venu, et le destin est inéluctable. Allah a refusé ce que ton âme t'a suggéré ; certes, / Il est à l'affût des affaires des gens, Il voit et entend. Et fais parvenir à Abû Sufyân qu'est apparu pour nous / Avec Ahmad une lumière de la guidance d'Allah, éclatante. Ne désire donc pas rassembler une affaire que tu veux, / Et mobilise et rassemble tout ce que tu rassembles. Et prends garde, sache que la rupture de nos pactes, / Les hommes l'ont refusée quand ils se sont succédé. L'ont refusée al-Barâ' et Ibn 'Amr, tous deux, / Et As'ad te la refuse, ainsi que Râfi'. Et Sa'd as-Sâ'idî 35 la refuse, et Mundhir / Pour ton nez, si tu cherches cela, est un coupe-nez 36. Et Ibn Rabî', si tu cherches son pacte, / Ne te le livrera pas ; que nul ambitieux n'espère là. Et aussi, Ibn Rawâha ne te le donnera pas, / Et sa violation, en deçà de lui, est un poison mortel. Par fidélité à lui, et al-Qawqalî 37 ibn Sâmit / Est un refuge élevé contre ce que tu cherches. Abû Haytham aussi est fidèle à un tel / Par fidélité à ce qu'il a donné du pacte ; le traître est vil. Et Ibn Hudayr, si tu veux, n'est pas convoitable ; / Ne cesseras-tu donc de la sottise de l'égarement ? Et Sa'd, frère de 'Amr ibn 'Awf, car il / Est violent contre ce que tu cherches, empêcheur de toute affaire. Ceux-là sont des astres dont ne cesse de se lever sur toi / Par malheur, dans les ténèbres de la nuit, un astre." Ka'b mentionna parmi eux 'Abû al-Haytham ibn at-Tayyihân' et ne mentionna pas 'Rifâ'a'. Ibn Ishâq dit : "'Abd Allâh ibn Abî Bakr me raconta que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit aux représentants : 'Vous êtes garants de vos peuples quant à ce qui est en eux, comme la garantie des apôtres 38 pour Jésus fils de Marie, et je suis garant de mon peuple – c'est-à-dire les musulmans 39.' Ils dirent : 'Oui.'" (Parole de al-'Abbâs ibn 'Ubâda aux Khazraj avant le serment) : Ibn Ishâq dit : "'Âsim ibn 'Umar ibn Qatâda me raconta que lorsque les gens se réunirent pour le serment d'allégeance au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, al-'Abbâs ibn 'Ubâda ibn Nadla al-Ansârî, frère des Banû Sâlim ibn 'Awf, dit : 'Ô assemblée des Khazraj, savez-vous sur quoi vous prêtez serment à cet homme ?"
Ils dirent : « Oui. » Il dit : « Vous lui prêtez serment d’allégeance pour combattre l’homme rouge et l’homme noir parmi les gens. Si vous estimez que, lorsque vos biens seront frappés par le malheur et vos nobles tués, vous l’abandonnerez, alors faites-le dès maintenant. Car, par Allah, si vous faites cela, ce sera l’opprobre de ce monde et de l’au-delà. Mais si vous estimez que vous lui serez fidèles à ce à quoi vous l’avez appelé, malgré la perte des biens et le meurtre des nobles, alors prenez-le. Car, par Allah, c’est le bien de ce monde et de l’au-delà. » Ils dirent : « Nous le prenons donc, malgré la calamité des biens et le meurtre des nobles. Qu’aurons-nous pour cela, ô Messager d’Allah, si nous y sommes fidèles ? » Il dit : « Le Paradis. » Ils dirent : « Étends ta main. » Il étendit sa main, et ils lui prêtèrent serment. Quant à ‘Âṣim ibn ‘Umar ibn Qatâda, il dit : « Par Allah, ‘Abbâs n’a dit cela que pour resserrer le pacte (al-‘aqd) autour du cou des gens en faveur du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). » Quant à ‘Abd Allâh ibn Abî Bakr, il dit : « ‘Abbâs n’a dit cela que pour retarder le groupe cette nuit-là, espérant que ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl y assiste, afin que cela renforce l’affaire du groupe. » Allah sait le mieux ce qu’il en fut. (Généalogie de Salûl) Ibn Hishâm dit : « Salûl est une femme de Khuzâ‘a, et elle est la mère d’Ubayy ibn Mâlik ibn al-Ḥârith. » (Premier à serrer la main du Messager lors de la seconde ‘Aqaba) Ibn Isḥâq dit : « Les Banû al-Najjâr prétendent qu’Abû Umâma, As‘ad ibn Zurâra, fut le premier à serrer sa main. Les Banû ‘Abd al-Ashhal disent : “Non, ce fut Abû al-Haytham ibn al-Tayyihân.” » Ibn Isḥâq dit : « Quant à Ma‘bad ibn Ka‘b ibn Mâlik, il m’a rapporté dans son récit, d’après son frère ‘Abd Allâh ibn Ka‘b, d’après son père Ka‘b ibn Mâlik, qui dit : “Le premier à serrer la main du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) fut al-Barâ’ ibn Ma‘rûr. Ensuite, les gens prêtèrent serment après lui.” » (Le cri du diable contre ceux qui prêtèrent serment à la seconde ‘Aqaba) Lorsque nous eûmes prêté serment au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), le diable cria du sommet de la ‘Aqaba, de la voix la plus perçante que j’aie jamais entendue : « Ô gens d’al-Jubâjib » – et al-Jubâjib désigne les demeures – « Que vous importe Muḏammam (le blâmé) et les jeunes gens (al-ṣubât) avec lui ? Ils se sont rassemblés pour vous combattre. » Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit alors : « C’est le hérisson (azabb) de la ‘Aqaba, c’est le fils d’Azyab » – Ibn Hishâm dit : « On dit aussi fils d’Uzayb » – « M’entends-tu, ô ennemi d’Allah ? Par Allah, je te réserverai mon attention. » (L’empressement des serments à obtenir la permission de combattre) Il dit : « Ensuite, le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : “Dispersez-vous vers vos campements.” » Il dit : « Al-‘Abbâs ibn ‘Ubâda ibn Naḍla lui dit alors : “Par Allah, Celui qui t’a envoyé avec la vérité, si tu le veux, nous fondrons demain sur les gens de Minâ avec nos épées.” Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : “Nous n’avons pas reçu l’ordre de cela. Mais retournez à vos campements.” Il dit : “Nous retournâmes donc à nos couches, et nous y dormîmes jusqu’au matin.” » (La venue matinale de Quraysh auprès des Anṣâr au sujet du serment) Il dit : « Au matin, la foule de Quraysh vint à nous, jusqu’à ce qu’ils nous rejoignent dans nos demeures. Ils dirent : “Ô communauté des Khazraj, il nous est parvenu que vous êtes venus auprès de notre compagnon que voici pour le faire sortir de parmi nous, et que vous lui prêtez serment de nous combattre. Par Allah, il n’y a aucune tribu arabe que nous haïssions plus de voir la guerre s’engager entre nous et eux que vous.” Il dit : “Alors, ceux de notre peuple qui étaient polythéistes se levèrent, jurant par Allah qu’il n’y avait rien eu de tout cela et qu’ils n’en savaient rien.” Il dit : “Ils disaient vrai, car ils ne le savaient pas.” Il dit : “Et certains d’entre nous regardaient les autres.” Il dit : “Ensuite, les gens se levèrent, parmi eux al-Ḥârith ibn Hishâm ibn al-Mughîra al-Makhzûmî, portant deux sandales neuves.” Il dit : “Je lui dis alors une parole – comme si je voulais par elle associer les gens à ce qu’ils disaient – : ‘Ô Abû Jâbir, ne peux-tu pas, toi qui es un de nos chefs, te procurer des sandales semblables à celles de ce jeune homme de Quraysh ?’ Il dit : “Al-Ḥârith l’entendit, les ôta de ses pieds, puis me les jeta en disant : ‘Par Allah, tu les porteras !’ » Il dit : « Abû Jâbir dit : ‘Doucement ! Par Allah, tu as offensé le jeune homme. Rends-lui ses sandales.’ Je dis : ‘Par Allah, je ne les rendrai pas. C’est un bon présage (fa’l), par Allah. Si le présage se réalise, je le dépouillerai.’ » Ibn Isḥâq dit : « ‘Abd Allâh ibn Abî Bakr m’a rapporté qu’ils vinrent trouver ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl et lui dirent des paroles semblables à celles de Ka‘b. Il leur dit : “Par Allah, cette affaire est grave. Mon peuple n’aurait pas agi sans moi dans une telle affaire, et je n’en ai pas eu connaissance.” Il dit : “Ils s’éloignèrent de lui.” » (La sortie de Quraysh à la recherche des Anṣâr) Il dit : « Les gens quittèrent Minâ. Alors, le groupe chercha à s’informer de la nouvelle (tanaṭṭasa), et ils découvrirent qu’elle avait eu lieu. Ils sortirent à la recherche du groupe, et ils rattrapèrent Sa‘d ibn ‘Ubâda à Adhâkhir, ainsi qu’al-Mundhir ibn ‘Amr, frère des Banû Sâ‘ida ibn Ka‘b ibn al-Khazraj – tous deux étaient des naqîb (chefs). Quant à al-Mundhir, il échappa au groupe. Quant à Sa‘d, ils le saisirent, lui lièrent les mains au cou avec la sangle (nis‘) de sa selle, puis ils l’emmenèrent jusqu’à le faire entrer dans La Mecque, le frappant et le tirant par sa chevelure (jummatahu) – il avait une abondante chevelure. » (La délivrance d’Ibn ‘Ubâda de la captivité de Quraysh, et ce qui fut dit en poésie à ce sujet) Sa‘d dit : « Par Allah, j’étais entre leurs mains lorsqu’un groupe de Quraysh se présenta à moi, parmi eux un homme beau, blanc, élancé, agréable parmi les hommes. » Il dit : « Je me dis en moi-même : “Si quelqu’un parmi ces gens a du bien, c’est chez celui-ci.” » Il dit : « Lorsqu’il s’approcha de moi, il leva la main et me donna un violent coup de poing. » Il dit : « Je me dis en moi-même : “Non, par Allah, il n’y a plus de bien chez eux après cela.” » Il dit : « Par Allah, j’étais entre leurs mains, ils me traînaient, lorsqu’un homme parmi ceux qui étaient avec eux vint à mon secours (awâ lî). Il dit : “Malheur à toi ! N’y a-t-il entre toi et aucun homme de Quraysh ni alliance (jiwâr) ni pacte ?” » Il dit : « Je dis : “Si, par Allah. J’ai accordé protection aux marchands de Jubayr ibn Muṭ‘im ibn ‘Adiyy ibn Nawfal ibn ‘Abd Manâf, et je les ai protégés contre quiconque voulait les opprimer dans mon pays, ainsi qu’à al-Ḥârith ibn Ḥarb ibn Umayya ibn ‘Abd Shams ibn ‘Abd Manâf.” Il dit : “Malheur à toi ! Invoque donc le nom des deux hommes et mentionne ce qui est entre toi et eux.” » Il dit : « Je le fis, et cet homme alla les trouver. Il les trouva dans la mosquée, près de la Ka‘ba, et leur dit : “Un homme des Khazraj est en train d’être frappé à al-Abṭaḥ, et il vous invoque en mentionnant qu’il y a une alliance entre vous et lui.” Ils dirent : “Qui est-ce ?” Il dit : “Sa‘d ibn ‘Ubâda.” Ils dirent : “Il a dit vrai, par Allah. Il protégeait nos marchands et les empêchait d’être opprimés dans son pays.” » Il dit : « Ils vinrent donc et délivrèrent Sa‘d de leurs mains, et il s’en alla. Celui qui avait frappé Sa‘d était Suhayl ibn ‘Amr, frère des Banû ‘Âmir ibn Lu’ayy. » Ibn Hishâm dit : « L’homme qui vint à son secours était Abû al-Bakhtariyy ibn Hishâm. » Ibn Isḥâq dit : « Les premiers vers de poésie dits sur la migration (al-hijra) furent deux vers, composés par Ḍirâr ibn al-Khaṭṭâb ibn Mirdâs, frère des Banû Muḥârib ibn Fihr. Il dit : « Tu as rattrapé Sa‘d de force et tu l’as pris, Et c’eût été un remède si tu avais rattrapé Mundhir. Si je l’avais atteint, ses blessures auraient coulé là, Et il eût été digne d’être humilié et laissé sans vengeance. » Ibn Hishâm dit : « On rapporte aussi : “Et il eût été en droit d’être humilié et laissé sans vengeance.” » Ibn Isḥâq dit : « Ḥassân ibn Thâbit lui répondit à propos des deux, disant : « Tu n’es pas comparable à Sa‘d ni à l’homme Mundhir, Quand les montures du peuple deviennent maigres. Sans Abû Wahb, des odes seraient passées Sur la hauteur d’al-Barqâ’, descendant dévoilées. Te glorifies-tu du lin quand tu l’as revêtu, Alors que les Nabatéens portent des vêtements rayés et courts ? »
Ne sois pas comme l'homme ensommeillé qui rêve qu'il est... au village de Kisrâ ou au village de Qaysarâ 40. Et ne sois pas comme la femme frappée par le deuil, alors qu'elle était à l'écart du deuil, si le cœur avait réfléchi 41. Et ne sois pas comme la brebis dont la mort fut causée par le creusement de ses deux pattes avant, et elle n'agréa pas la fosse 42. Et ne sois pas comme celui qui hurle, il offrit son cou et ne le craignit pas, une flèche dissimulée 43.
- shukūl : Pluriel de shakl, signifiant ressemblance, similitude ; ici, la religion juive n'a pas d'équivalent ou de pareil.
- Jabal al-Jalīl : Le mont de Galilée, région de Palestine associée au christianisme.
- ḥanīf : Croyant monothéiste pur, incliné vers la vraie religion, avant toute secte ; ici, les musulmans se disent créés comme hanifs.
- al-julūl : Pluriel de jull, manteau de laine grossière porté par les pèlerins ou les bêtes de sacrifice.
- ayyām al-tashrīq : Les trois jours suivant le sacrifice du pèlerinage (11, 12, 13 dhû al-hijja), où l'on sèche la viande au soleil.
- al-Barā’ ibn Ma‘rūr : Compagnon médinois, l'un des premiers à embrasser l'islam et à participer au serment d'al-‘Aqaba.
- al-baniyya : La construction, désignant la Ka‘ba.
- al-Shām : La Syrie/Grande Syrie, direction de la première qibla (Jérusalem).
- law ṣabarta : Si tu avais persévéré ; sous-entendu : tu aurais été récompensé, mais la qibla a été abrogée.
- laysa dhālika : Ce n'est pas cela ; Ka‘b contredit la rumeur selon laquelle al-Barâ’ serait mort en priant vers la Ka‘ba.
- ashrāfinā : Nos nobles ; pluriel de sharīf, personne de haut rang.
- nuqabā’ : Pluriel de naqīb, chef ou représentant de groupe, chargé de veiller sur les engagements.
- Nusayba : Femme compagne, célèbre pour sa bravoure à Uhud.
- al-Ansâr : Les 'Auxiliaires' de Médine, convertis à l'islam, qui accueillirent le Prophète et les émigrés mecquois.
- bay'a : Serment d'allégeance et de fidélité, acte d'engagement politique et religieux.
- uzur : Pluriel de izâr, vêtement de dessous couvrant la taille et les jambes ; métaphore pour ce qui est le plus précieux.
- ahl al-halqa : Gens de la cotte de mailles, c'est-à-dire guerriers expérimentés.
- kâbir 'an kâbir : De père en père, par héritage successif.
- Abû al-Haytham ibn at-Tayyihân : Compagnon des Aws, l'un des premiers convertis de Médine.
- hibâl : Liens, alliances, ici avec les tribus juives de Médine.
- ad-dama ad-dama wa l-hadma l-hadma : Expression signifiant une union totale : le sang pour le sang, la destruction pour la destruction, c'est-à-dire solidarité absolue.
- al-hadm : Ici interprété comme la protection sacrée, l'inviolabilité.
- dhimmatî dhimmatukum, wa hurmatî hurmatukum : Ma protection est votre protection, mon inviolabilité est votre inviolabilité.
- Ka'b ibn Mâlik : Compagnon poète des Ansâr, de la tribu des Khazraj.
- naqîb : Représentant, chef responsable d'un groupe, garant de l'engagement.
- al-'Aqaba : Lieu près de La Mecque où eurent lieu les deux serments d'allégeance des Ansâr au Prophète.
- Taym Allâh : Nom d'une tribu, signifiant 'Serviteur d'Allah'.
- 'Abd Allâh ibn Rawâha : Compagnon poète et chef militaire, mort à Mu'ta.
- al-Agharr : Surnom signifiant 'le Noble' ou 'le Généreux'.
- Zurays : Nom d'une tribu, variante de Zuraq.
- Abî Hazîma : Nom propre, signifiant 'père de Hazîma'.
- ibn Khunays : Variante du nom, signifiant 'fils de Khunays'.
- Zubayr : Nom propre, diminutif de Zubr.
- ash-shi'b : Le défilé, la passe ; ici, le lieu de la rencontre à al-'Aqaba.
- as-Sâ'idî : Relatif à la tribu de Sâ'ida.
- jâdi' : Qui coupe le nez, métaphore pour une humiliation sévère.
- al-Qawqalî : Surnom de 'Ubâda ibn as-Sâmit, signifiant 'le petit coq'.
- al-hawâriyyûn : Les apôtres, disciples de Jésus.
- al-muslimûn : Les musulmans, ici les croyants de La Mecque.
- Kisrâ / Qaysarâ : Kisrâ désigne le roi sassanide (Chosroès), et Qaysarâ l'empereur byzantin (César). Ces noms symbolisent la puissance et la gloire terrestres.
- thuklâ : Femme frappée par le deuil, notamment la perte d'un enfant. Ici, elle est éloignée du deuil, mais son cœur n'a pas réfléchi à la réalité.
- mahfar : Fosse creusée par la brebis elle-même en grattant le sol, qui devient son tombeau. Métaphore de l'autodestruction par l'insatisfaction.
- al-‘âwî : Celui qui hurle, souvent un loup ou un chacal. Ici, il tend son cou sans crainte, ignorant la flèche cachée qui le menace.
L'histoire de la statue de 'Amr ibn al-Jamuh [1]
Nous sommes, ainsi que ceux qui dirigent les poèmes vers nous, comme celui qui apporte des dattes à la terre de Khaybar 1. L'histoire de l'idole de 'Amr ibn al-Jamûh (L'agression du peuple de 'Amr contre son idole) : Lorsqu'ils arrivèrent à Médine, ils y professèrent l'islam, alors que parmi leur peuple subsistaient des vieillards attachés à leur religion polythéiste, dont 'Amr ibn al-Jamûh ibn Zayd ibn Harâm ibn Ka'b ibn Ghanm ibn Ka'b ibn Salama. Son fils Mu'âdh ibn 'Amr avait assisté à la 'Aqaba 2 et y avait prêté allégeance au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue. 'Amr ibn al-Jamûh était un chef parmi les chefs des Banû Salima, un noble parmi leurs nobles. Il avait installé dans sa maison une idole en bois, appelée Manât 3, comme le faisaient les nobles, qu'ils prenaient pour divinité, vénéraient et purifiaient. Lorsque les jeunes gens des Banû Salima embrassèrent l'islam – Mu'âdh ibn Jabal, son fils Mu'âdh ibn 'Amr (ibn al-Jamûh) 4, ainsi que d'autres jeunes parmi ceux qui s'étaient convertis et avaient assisté à la 'Aqaba –, ils se rendaient de nuit chez l'idole de 'Amr, la prenaient et la jetaient dans l'une des fosses des Banû Salima, où se trouvaient les excréments 5 des gens, la tête en bas. Le matin, 'Amr disait : « Malheur à vous ! Qui a attaqué nos divinités cette nuit ? » Puis il partait la chercher, et quand il la trouvait, il la lavait, la purifiait et la parfumait, puis disait : « Par Allah, si je savais qui a fait cela, je l'humilierais. » Le soir, quand 'Amr s'endormait, ils revenaient 6 et faisaient de même. Le matin, il la retrouvait dans le même état de souillure, la lavait, la purifiait et la parfumait. Puis ils recommençaient le soir. Quand ils eurent trop répété, il la sortit un jour de l'endroit où ils l'avaient jetée, la lava, la purifia et la parfuma, puis prit son épée et la lui suspendit, disant : « Par Allah, je ne sais pas qui te fait ce que tu vois. Si tu as quelque bien, défends-toi ; voici l'épée avec toi. » Le soir, quand 'Amr s'endormit, ils vinrent, prirent l'épée de son cou, attachèrent un chien mort à l'idole avec une corde, puis la jetèrent dans un puits des Banû Salima, où se trouvaient des excréments humains. Le matin, 'Amr ibn al-Jamûh partit et ne la trouva pas à sa place. (Conversion de 'Amr et son poème à ce sujet) : Il partit à sa recherche et la trouva dans ce puits, la tête en bas, attachée à un chien mort. Quand il vit cela et comprit la situation, et que ceux de son peuple 7 qui s'étaient convertis lui parlèrent, il embrassa l'islam par la miséricorde d'Allah, et son islam fut excellent. Alors, après sa conversion, ayant reconnu ce qu'il devait reconnaître d'Allah, il dit, évoquant son idole et ce qu'il avait vu de son état, et remerciant Allah Très-Haut qui l'avait sauvé de l'aveuglement et de l'égarement où il se trouvait : « Par Allah, si tu étais une divinité, tu n'aurais pas été, toi et un chien, au fond d'un puits, attachés ensemble 8. Fi de te rencontrer comme une divinité vile 9 ! Maintenant nous t'avons démasqué pour la mauvaise affaire 10. Louange à Allah, le Très-Haut, le Détenteur des bienfaits, le Donateur, le Pourvoyeur, le Juge du Jugement 11. C'est Lui qui m'a sauvé avant que je ne sois retenu dans l'obscurité d'une tombe, Par Ahmad 12, le guide, le prophète, l'élu. »
- Khaybar : Oasis au nord de Médine, célèbre pour ses dattes. Le proverbe évoque l'inutilité d'apporter des dattes à une région qui en produit.
- al-‘Aqaba : Lieu près de La Mecque où eurent lieu les deux serments d'allégeance des Ansâr au Prophète Muhammad (bay‘at al-‘Aqaba).
- Manât : Nom d'une idole préislamique vénérée comme déesse du destin. Ici, nom donné à l'idole personnelle de ‘Amr.
- Mu‘âdh ibn ‘Amr (ibn al-Jamûh) : Fils de ‘Amr ibn al-Jamûh, converti à l'islam avant son père.
- ‘idhar : Excréments humains, impuretés.
- ‘adaw ‘alayhi : Ils l'attaquèrent, c'est-à-dire qu'ils s'en prirent à l'idole.
- rijâl : Hommes, personnes influentes de son peuple.
- qaran : Attachés ensemble, liés par une corde.
- mustadan : Vil, abject, de peu de valeur.
- sû’ al-ghaban : Mauvaise affaire, mauvais marché (dans le sens d'avoir été dupé).
- Dayyân al-dîn : Le Juge du Jugement, Celui qui rétribue les actes au Jour de la Rétribution.
- Ahmad : Un des noms du Prophète Muhammad, signifiant « le plus loué ».
Les conditions de l'allégeance à Al-'Aqaba la dernière [1]
Les conditions de l'allégeance lors de la seconde 'Aqaba 1 Ibn Ishaq a dit : Il s'agissait de l'allégeance de guerre, lorsque Dieu permit à Son Messager (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) de combattre, avec des conditions différentes de celles qu'il leur avait imposées lors de la première 'Aqaba. La première était une allégeance de femmes 2, car Dieu n'avait pas encore permis à Son Messager (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) de faire la guerre. Lorsque Dieu lui en donna la permission, le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) leur fit prêter serment lors de la seconde 'Aqaba de combattre toute personne, rouge ou noire 3. Il prit des engagements pour lui-même et imposa des conditions au peuple pour son Seigneur, et leur promit le Paradis en échange de leur fidélité à cela. Ibn Ishaq a dit : 'Ubada ibn al-Walid ibn 'Ubada ibn as-Samit m'a rapporté, d'après son père al-Walid, d'après son grand-père 'Ubada ibn as-Samit – qui était l'un des nuqaba' 4 – a dit : Nous avons prêté serment d'allégeance de guerre au Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) – et 'Ubada faisait partie des douze qui lui avaient prêté serment lors de la première 'Aqaba sur l'allégeance des femmes – sur l'écoute et l'obéissance, dans notre difficulté et notre aisance, dans notre dynamisme et notre répulsion, et malgré la préférence donnée à d'autres sur nous 5, et de ne pas disputer le commandement à ceux qui en sont dignes, et de dire la vérité où que nous soyons, sans craindre pour Dieu le blâme de quiconque. Les noms de ceux qui assistèrent à la 'Aqaba (Leur nombre) : Ibn Ishaq a dit : Voici la liste de ceux qui assistèrent à la 'Aqaba et prêtèrent serment d'allégeance au Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) parmi les Aws et les Khazraj. Ils étaient soixante-treize hommes et deux femmes. (Ceux qui y assistèrent parmi les Aws ibn Haritha et les Banu 'Abd al-Ashhal) : Y assistèrent, parmi les Aws ibn Haritha ibn Tha'laba ibn 'Amr ibn 'Amir, puis parmi les Banu 'Abd al-Ashhal ibn Jusham ibn al-Harith ibn al-Khazraj ibn 'Amr ibn Malik ibn al-Aws : Usayd ibn Hudayr ibn Simak ibn 'Atik ibn Rafi' ibn Imri' al-Qays ibn Zayd ibn 'Abd al-Ashhal, un naqib 4 qui n'assista pas à Badr. Et Abu al-Haytham ibn at-Tayyihan, dont le nom est Malik, assista à Badr. Et Salama ibn Salama ibn Waqsh ibn Zughba ibn Za'ura' ibn 'Abd al-Ashhal, assista à Badr. Trois hommes. Ibn Hisham a dit : On dit aussi ibn Za'wara' (avec la fatiha sur le 'ayn). (Ceux qui y assistèrent parmi les Banu Haritha ibn al-Harith) : Ibn Ishaq a dit : Et parmi les Banu Haritha ibn al-Harith ibn al-Khazraj ibn 'Amr ibn Malik ibn al-Aws : Zuhayr ibn Rafi' ibn 'Adi ibn Zayd ibn Jusham ibn Haritha. Et Abu Burda ibn Niyar, dont le nom est Hani' ibn Niyar ibn 'Amr ibn 'Ubayd ibn Kilab ibn Duhman ibn Ghanm ibn Dhubyan ibn Humaym ibn Kamil ibn Dhuhl ibn Hani' ibn Bali ibn 'Amr ibn al-Haff ibn Quda'a, un allié chez eux, assista à Badr. Et Nuhayr ibn al-Haytham, des Banu Nabi ibn Majda'a ibn Haritha (ibn al-Harith ibn al-Khazraj ibn 'Amr ibn Malik ibn al-Aws), puis de la famille d'as-Sawwaf ibn Qays ibn 'Amir ibn Nabi ibn Majda'a ibn Haritha. Trois hommes. (Ceux qui y assistèrent parmi les Banu 'Amr ibn 'Awf) : Et parmi les Banu 'Amr ibn 'Awf Malik ibn al-Aws : Sa'd ibn Khaythama ibn al-Harith ibn Malik ibn Ka'b ibn an-Nahhat ibn Ka'b ibn Haritha ibn Ghanm ibn as-Salm ibn Imri' al-Qays ibn Malik ibn al-Aws, un naqib 4, assista à Badr et y fut tué en martyr avec le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Ibn Hisham a dit : Ibn Ishaq l'a rattaché généalogiquement aux Banu 'Amr ibn 'Awf, alors qu'il est des Banu Ghanm ibn as-Salm, car parfois un homme est affilié à un groupe chez lequel il réside et on le rattache à eux. Ibn Ishaq a dit : Et Rifa'a ibn 'Abd al-Mundhir ibn Zanbar ibn Zayd ibn Umayya ibn Zayd ibn Malik ibn 'Awf ibn 'Amr, un naqib 4, assista à Badr. Et 'Abdullah ibn Jubayr ibn an-Nu'man ibn Umayya ibn al-Burak – et le nom d'al-Burak est Imri' al-Qays ibn Tha'laba ibn 'Amr (ibn 'Awf ibn Malik ibn al-Aws) – assista à Badr et fut tué le jour d'Uhud en martyr, en tant que commandant des archers pour le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). On dit aussi Umayya ibn al-Bark, selon Ibn Hisham. Ibn Ishaq a dit : Et Ma'n ibn 'Adi ibn al-Jadd ibn al-'Ajlan ibn Haritha ibn Dubay'a, un allié chez eux de Bali, assista à Badr, Uhud, al-Khandaq et à toutes les batailles du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Il fut tué le jour d'al-Yamama en martyr sous le califat d'Abu Bakr as-Siddiq (que Dieu l'agrée). Et 'Uwaym ibn Sa'ida, assista à Badr, Uhud et al-Khandaq. Cinq hommes. Le total de ceux qui assistèrent à la 'Aqaba parmi les Aws fut de onze hommes. (Ceux qui y assistèrent parmi les Khazraj ibn Haritha) : Y assistèrent, parmi les Khazraj ibn Haritha ibn Tha'laba ibn 'Amr ibn 'Amir, puis parmi les Banu an-Najjar – c'est-à-dire Taym Allah ibn Tha'laba ibn 'Amr ibn al-Khazraj : Abu Ayyub, c'est-à-dire Khalid ibn Zayd ibn Kulayb ibn Tha'laba ibn 'Abd ibn 'Awf ibn Ghanm ibn Malik ibn an-Najjar, assista à Badr, Uhud, al-Khandaq et à toutes les batailles. Il mourut en terre byzantine en combattant à l'époque de Mu'awiya ibn Abi Sufyan. Et Mu'adh ibn al-Harith ibn Rifa'a ibn Sawad ibn Malik ibn Ghanm ibn Malik ibn an-Najjar, assista à Badr, Uhud, al-Khandaq et à toutes les batailles. C'est le fils d'Afra'. Et son frère 'Awf ibn al-Harith, assista à Badr et y fut tué en martyr. Et son frère Mu'awwidh ibn al-Harith, assista à Badr et y fut tué en martyr. C'est lui qui tua Abu Jahl ibn Hisham ibn al-Mughira. Tous sont fils d'Afra'. – On dit aussi Rifa'a ibn al-Harith ibn Sawad, selon Ibn Hisham – Et 'Umara ibn Hazm ibn Zayd ibn Lawdhan ibn 'Amr ibn 'Abd 'Awf ibn Ghanm ibn Malik ibn an-Najjar. Il assista à Badr, Uhud, al-Khandaq et à toutes les batailles. Il fut tué le jour d'al-Yamama en martyr sous le califat d'Abu Bakr as-Siddiq (que Dieu l'agrée). Et As'ad ibn Zurara ibn 'Udas ibn 'Ubayd ibn Tha'laba ibn Ghanm ibn Malik ibn an-Najjar, un naqib 4, mourut avant Badr alors que la mosquée du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) était en construction. Il est Abu Umama. Six hommes. (Ceux qui y assistèrent parmi les Banu 'Amr ibn Mabdhul) : Et parmi les Banu 'Amr ibn Mabdhul – Mabdhul est 'Amir ibn Malik ibn an-Najjar – : Sahl ibn 'Atik ibn Nu'man ibn 'Amr ibn 'Atik ibn 'Amr, assista à Badr. Un homme. (Ceux qui y assistèrent parmi les Banu 'Amr ibn Malik) : Et parmi les Banu 'Amr ibn Malik ibn an-Najjar, qui sont les Banu Hudayla – Ibn Hisham a dit : Hudayla est la fille de Malik ibn Zayd Manat ibn Habib ibn 'Abd Haritha ibn Malik ibn Ghadb ibn Jusham ibn al-Khazraj – : Aws ibn Thabit ibn al-Mundhir ibn Haram ibn 'Amr ibn Zayd Manat ibn 'Adi ibn 'Amr ibn Malik (ibn an-Najjar), assista à Badr. Et Abu Talha, c'est-à-dire Zayd ibn Sahl ibn al-Aswad ibn Haram ibn 'Amr ibn Zayd Manat ibn 'Adi ibn 'Amr ibn Malik (ibn an-Najjar), assista à Badr. Deux hommes. (Ceux qui y assistèrent parmi les Banu Mazin ibn an-Najjar) : Et parmi les Banu Mazin ibn an-Najjar : Qays ibn Abi Sa'sa'a – le nom d'Abi Sa'sa'a est 'Amr ibn Zayd ibn 'Awf ibn Mabdhul ibn 'Amr ibn Ghanm ibn Mazin – assista à Badr, et le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) l'avait placé ce jour-là à l'arrière-garde. Et 'Amr ibn Ghuzayya ibn 'Amr ibn Tha'laba ibn Khansa' ibn Mabdhul ibn 'Amr ibn Ghanm ibn Mazin. Deux hommes. Le total de ceux qui assistèrent à la 'Aqaba parmi les Banu an-Najjar fut de onze hommes. (Correction de la généalogie de 'Amr ibn Ghuzayya)
Ibn Hichâm a dit : 'Amr ibn Ghuzayya ibn 'Amr ibn Tha'laba ibn Khansâ' : celui qu'Ibn Ishâq a mentionné est en réalité Ghuzayya ibn 'Amr ibn 'Atiyya ibn Khansâ'. (Ceux de Balhârith ibn al-Khazraj qui y assistèrent) : Ibn Ishâq a dit : De Balhârith ibn al-Khazraj : Sa'd ibn ar-Rabî' ibn 'Amr ibn Abî Zuhayr ibn Mâlik ibn Imri' al-Qays ibn Mâlik (al-Agharr) 6 ibn Tha'laba ibn Ka'b ibn al-Khazraj ibn al-Hârith, naqîb 7, il assista à Badr et fut tué à Uhud en martyr. Et Khârija ibn Zayd ibn Abî Zuhayr ibn Mâlik ibn Imri' al-Qays ibn Mâlik (al-Agharr) 8 ibn Tha'laba ibn Ka'b ibn al-Khazraj ibn al-Hârith, il assista à Badr et fut tué à Uhud en martyr. Et 'Abd Allâh ibn Rawâha (ibn Tha'laba) 8 ibn Imri' al-Qays ibn 'Amr ibn Imri' al-Qays (al-Akbar) 8 ibn Mâlik (al-Agharr) 8 ibn Tha'laba ibn Ka'b ibn al-Khazraj ibn al-Hârith, naqîb 7, il assista à Badr, Uhud, al-Khandaq et à toutes les expéditions du Messager d'Allâh, que la prière et la paix d'Allâh soient sur lui, sauf la conquête et ce qui suivit, et il fut tué à Mu'ta en martyr, comme émir 9 du Messager d'Allâh, que la prière et la paix d'Allâh soient sur lui. Et Bashîr ibn Sa'd ibn Tha'laba ibn Khilâs 10 ibn Zayd ibn Mâlik ibn Tha'laba ibn Ka'b ibn al-Khazraj ibn al-Hârith, Abû an-Nu'mân ibn Bashîr, il assista à Badr 11. Et 'Abd Allâh ibn Zayd ibn Tha'laba ibn 'Abd Allâh 12 ibn Zayd (Manât) 13 ibn al-Hârith ibn al-Khazraj 14, il assista à Badr, et c'est lui qui eut la vision de l'appel à la prière, et il vint la rapporter au Messager d'Allâh, que la prière et la paix d'Allâh soient sur lui, qui ordonna de le mettre en pratique 15. Et Khallâd ibn Suwayd ibn Tha'laba ibn 'Amr ibn Hâritha ibn Imri' al-Qays ibn Mâlik (al-Agharr) 16 ibn Tha'laba ibn Ka'b ibn al-Khazraj 9, il assista à Badr, Uhud et al-Khandaq, et fut tué le jour des Banû Qurayza en martyr : on fit tomber sur lui une meule depuis une de leurs tours, qui l'écrasa violemment. Le Messager d'Allâh, que la prière et la paix d'Allâh soient sur lui, dit, selon ce qu'ils rapportent : « Il aura la récompense de deux martyrs. » Et 'Uqba ibn 'Amr ibn Tha'laba ibn Usayra ibn 'Usayra ibn Jadâra 17 ibn 'Awf ibn al-Hârith (ibn al-Khazraj) 8, et il est Abû Mas'ûd ; il était le plus jeune de ceux qui assistèrent à al-'Aqaba 18, (il mourut à l'époque de Mu'âwiya) 19, il n'assista pas à Badr. Sept hommes. (Ceux de Banû Bayâda ibn 'Âmir qui y assistèrent) : Et des Banû Bayâda ibn 'Âmir ibn Zurayq ibn 'Abd Hâritha (ibn Mâlik ibn Ghadb ibn Jusham ibn al-Khazraj) 13 : Ziyâd ibn Labîd ibn Tha'laba ibn Sinân ibn 'Âmir ibn 'Adî ibn Umayya ibn Bayâda, il assista à Badr 20. Et Farwa ibn 'Amr ibn Wadhafa ibn 'Ubayd ibn 'Âmir ibn Bayâda, il assista à Badr. Ibn Hichâm a dit : On dit aussi : Wadfa 21. Ibn Ishâq a dit : Et Khâlid ibn Qays ibn Mâlik ibn al-'Ajlân 22 ibn 'Âmir ibn Bayâda, il assista à Badr. Trois hommes. (Ceux de Banû Zurayq qui y assistèrent) : Et des Banû Zurayq ibn 'Âmir ibn Zurayq ibn 'Abd Hâritha ibn Mâlik ibn Ghadb ibn Jusham ibn al-Khazraj : Râfi' 23 ibn Mâlik ibn al-'Ajlân ibn 'Amr ibn 'Âmir ibn Zurayq, naqîb 7. Et Dhakwân ibn 'Abd Qays ibn Khalda ibn Mukhallad ibn 'Âmir ibn Zurayq ; il était sorti vers le Messager d'Allâh, que la prière et la paix d'Allâh soient sur lui, et il était avec lui à La Mecque, puis il émigra vers le Messager d'Allâh, que la prière et la paix d'Allâh soient sur lui, depuis Médine ; on l'appelait « Muhâjirî Ansârî » 24, il assista à Badr et fut tué à Uhud en martyr. Et 'Abbâd 25 ibn Qays ibn 'Âmir ibn Khalda 26 ibn Mukhallad ibn 'Âmir ibn Zurayq, il assista à Badr. Et al-Hârith ibn Qays ibn Khâlid 27 ibn Mukhallad 28 ibn 'Âmir ibn Zurayq, et il est Abû Khâlid 11, il assista à Badr. Quatre hommes. (Ceux de Banû Salima ibn Sa'd qui y assistèrent) : Et des Banû Salima ibn Sa'd ibn 'Alî ibn Asad ibn Sârida ibn Tazîd ibn Jusham ibn al-Khazraj, puis des Banû 'Ubayd ibn 'Adî ibn Ghanm ibn Ka'b ibn Salama : al-Barâ' ibn Ma'rûr ibn Sakhr ibn Khansâ' ibn Sinân ibn 'Ubayd ibn 'Adî ibn Ghanm, naqîb 7 ; c'est celui dont les Banû Salima prétendent qu'il fut le premier à serrer la main du Messager d'Allâh, que la prière et la paix d'Allâh soient sur lui, à poser ses conditions et à accepter les siennes, puis il mourut avant l'arrivée du Messager d'Allâh, que la prière et la paix d'Allâh soient sur lui, à Médine. Et son fils Bishr ibn al-Barâ' ibn Ma'rûr assista à Badr, Uhud et al-Khandaq, et mourut à Khaybar à cause d'une bouchée qu'il avait mangée avec le Messager d'Allâh, que la prière et la paix d'Allâh soient sur lui, de la brebis qui avait été empoisonnée – et c'est celui à qui le Messager d'Allâh, que la prière et la paix d'Allâh soient sur lui, dit, lorsqu'il interrogea les Banû Salima : « Qui est votre chef, ô Banû Salima ? » Ils répondirent : « al-Jadd ibn Qays, malgré son avarice. » Le Messager d'Allâh, que la prière et la paix d'Allâh soient sur lui, dit : « Et quelle maladie est plus grande que l'avarice ! Le chef des Banû Salima est le blanc aux cheveux bouclés, Bishr ibn al-Barâ' ibn Ma'rûr 29. » Et Sinân ibn Sayfî ibn Sakhr ibn Khansâ' ibn Sinân ibn 'Ubayd, il assista à Badr, (et fut tué le jour d'al-Khandaq en martyr) 30. Et at-Tufayl 31 ibn an-Nu'mân ibn Khansâ' ibn Sinân ibn 'Ubayd, il assista à Badr et fut tué le jour d'al-Khandaq en martyr. Et Ma'qil ibn al-Mundhir ibn Sarh ibn Khunâs ibn Sinân ibn 'Ubayd 32, il assista à Badr. Et (son frère) 7 Yazîd ibn al-Mundhir, il assista à Badr. Et Mas'ûd ibn Yazîd ibn Subay' ibn Khansâ' ibn Sinân ibn 'Ubayd. Et ad-Dahhâk ibn Hâritha ibn Zayd ibn Tha'laba ibn 'Ubayd, il assista à Badr. Et Yazîd ibn Harâm 33 ibn Subay' ibn Khansâ' ibn Sinân ibn 'Ubayd. Et Jubbâr ibn Sakhr ibn Umayya ibn Khansâ' ibn Sinân ibn 'Ubayd, il assista à Badr. Ibn Hichâm a dit : On dit aussi : Jabbâr 34 ibn Sakhr ibn Umayya ibn Khunâs 35. Ibn Ishâq a dit : Et at-Tufayl 36 ibn Mâlik ibn Khansâ' ibn Sinân ibn 'Ubayd, il assista à Badr. Onze hommes. (Ceux de Banû Sawâd ibn Ghanm qui y assistèrent) : Et des Banû Sawâd ibn Ghanm ibn Ka'b ibn Salama, puis des Banû Ka'b ibn Sawâd : Ka'b 37 ibn Mâlik ibn Abî Ka'b ibn al-Qayn ibn Ka'b. Un homme. (Ceux de Banû Ghanm ibn Sawâd qui y assistèrent) : Et des Banû Ghanm ibn Sawâd ibn Ghanm ibn Ka'b ibn Salama : Sulaym ibn 'Amr ibn Hudayda ibn 'Amr ibn Ghanm, il assista à Badr. Et Qutba ibn 'Âmir 38 ibn Hudayda ibn 'Amr ibn Ghanm 39, il assista à Badr. Et (son frère) 40 Yazîd ibn 'Âmir ibn Hudayda ibn 'Amr ibn Ghanm, et il est Abû al-Mundhir, il assista à Badr. Et Abû al-Yasar, dont le nom est Ka'b 41 ibn 'Amr ibn 'Abbâd ibn 'Amr ibn Ghanm, il assista à Badr 42. Et Sayfî ibn Sawâd ibn 'Abbâd 43 ibn 'Amr ibn Ghanm. Cinq hommes. (Correction du nom de Sayfî) : Ibn Hichâm a dit : Sayfî ibn Aswad ibn 'Abbâd ibn 'Amr ibn Ghanm ibn Sawâd, et Sawâd n'a pas de fils nommé Ghanm. (Ceux de Banû Nâbî ibn 'Amr qui y assistèrent) : Ibn Ishâq a dit : Et des Banû Nâbî ibn 'Amr ibn Sawâd ibn Ghanm ibn Ka'b ibn Salama : Tha'laba ibn Ghanama ibn 'Adî ibn Nâbî 44, il assista à Badr et fut tué à al-Khandaq en martyr. Et 'Amr ibn Ghanama ibn 'Adî ibn Nâbî, et 'Abs ibn 'Âmir ibn 'Adî ibn Nâbî, il assista à Badr. Et 'Abd Allâh ibn Unays, allié 45 à eux, de Qudâ'a. Et Khâlid ibn 'Amr ibn 'Adî ibn Nâbî. Cinq hommes. (Ceux de Banû Harâm ibn Ka'b qui y assistèrent) : Ibn Ishâq a dit : Et des Banû Harâm ibn Ka'b ibn Ghanm ibn Ka'b ibn Salama :
Abd Allah ibn 'Amr ibn Haram ibn Tha'laba ibn Haram, naqib 46, assista à Badr et fut tué martyr à Uhud ; son fils est Jabir ibn Abd Allah. Mu'adh ibn 'Amr ibn al-Jamuh ibn Yazid ibn Haram assista à Badr. Thabit ibn al-Jidh' — al-Jidh' étant Tha'laba ibn Zayd ibn al-Harith ibn Haram — assista à Badr et fut tué martyr à Ta'if. 'Umayr ibn al-Harith ibn Tha'laba ibn al-Harith ibn Haram assista à Badr. Ibn Hisham dit : 'Umayr ibn al-Harith ibn Labda ibn Tha'laba. Ibn Ishaq dit : Khadij ibn Salama ibn Aws ibn 'Amr ibn al-Furafir, allié à eux de Bali. Mu'adh ibn Jabal ibn 'Amr ibn Aws ibn 'A'idh ibn Ka'b ibn 'Amr ibn Adda ibn Sa'd ibn 'Ali ibn Asad — et on dit : Asad ibn Sarida ibn Yazid ibn Jusham ibn al-Khazraj — était chez les Banu Salama, assista à Badr et à tous les combats, et mourut à 'Amwas 47, l'année de la peste en Syrie, sous le califat de 'Umar ibn al-Khattab — que Dieu l'agrée. Les Banu Salama le revendiquaient comme frère utérin de Sahl ibn Muhammad ibn al-Jadd ibn Qays ibn Sakhr ibn Khansa' ibn Sinan ibn 'Ubayd ibn 'Adi ibn Ghanm ibn Ka'b ibn Salama. Sept personnes. (Correction de la généalogie de Khadij ibn Salama) : Ibn Hisham dit : Aws : ibn 'Abbad ibn 'Adi ibn Ka'b ibn 'Amr ibn Udhan ibn Sa'd. (Ceux qui y assistèrent parmi les Banu 'Awf ibn al-Khazraj) : Ibn Ishaq dit : Parmi les Banu 'Awf ibn al-Khazraj, puis les Banu Salim ibn 'Awf ibn 'Amr ibn 'Awf ibn al-Khazraj : 'Ubada ibn al-Samit ibn Qays ibn Asram ibn Fihr ibn Tha'laba ibn Ghanm ibn Salim ibn 'Awf, naqib, assista à Badr et à tous les combats. Ibn Hisham dit : Il est Ghanm ibn 'Awf, frère de Salim ibn 'Awf ibn 'Amr ibn 'Awf ibn al-Khazraj. Ibn Ishaq dit : Al-'Abbas ibn 'Ubada ibn Nadla ibn Malik ibn al-'Ajlan ibn Zayd ibn Ghanm ibn Salim ibn 'Awf ; il faisait partie de ceux qui partirent vers le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — alors qu'il était à La Mecque, et il resta avec lui là-bas ; on l'appelait « Muhajiri Ansari 48 », et il fut tué martyr à Uhud. Abu 'Abd al-Rahman Yazid ibn Tha'laba ibn Khazama ibn Asram ibn 'Amr ibn 'Ammar, allié à eux des Banu Ghusayna de Bali. 'Amr ibn al-Harith ibn Labda ibn 'Amr ibn Tha'laba. Quatre personnes, et ce sont les Qawaqil 49. (Ceux qui y assistèrent parmi les Banu Salim ibn Ghanm) : Parmi les Banu Salim ibn Ghanm ibn 'Awf ibn al-Khazraj — ce sont les Banu al-Hubuli — Ibn Hisham dit : al-Hubuli : Salim ibn Ghanm ibn 'Awf ; il fut surnommé « al-Hubuli » à cause de son gros ventre — : Rifa'a ibn 'Amr ibn Zayd ibn 'Amr ibn Tha'laba ibn Malik ibn Salim ibn Ghanm, assista à Badr, et il est Abu al-Walid. Ibn Hisham dit : On dit aussi : Rifa'a ibn Malik, et Malik : ibn al-Walid ibn 'Abd Allah ibn Malik ibn Tha'laba ibn Jusham ibn Malik ibn Salim. Ibn Ishaq dit : 'Uqba ibn Wahb ibn Kilada ibn al-Ja'd ibn Hilal ibn al-Harith ibn 'Amr ibn 'Adi ibn Jusham ibn 'Awf ibn Buhtha ibn 'Abd Allah ibn Ghatafan ibn Sa'd ibn Qays ibn 'Aylan, allié à eux, assista à Badr ; il faisait partie de ceux qui partirent vers le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — en émigrant de Médine à La Mecque, et on l'appelait « Muhajiri Ansari ». Ibn Hisham dit : Deux hommes. (Ceux qui y assistèrent parmi les Banu Sa'ida ibn Ka'b) : Ibn Ishaq dit : Parmi les Banu Sa'ida ibn Ka'b ibn al-Khazraj : Sa'd ibn 'Ubada ibn Dulaym ibn Haritha ibn Abi Khuzayma ibn Tha'laba ibn Tarif ibn al-Khazraj ibn Sa'ida, naqib. Al-Mundhir ibn 'Amr ibn Khunays ibn Haritha ibn Lawdhan ibn 'Abd Wudd ibn Zayd ibn Tha'laba ibn Jusham ibn al-Khazraj ibn Sa'ida, naqib, assista à Badr et à Uhud, et fut tué au puits de Ma'una 50 comme commandant du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ; c'est celui dont on disait : « Il s'est élancé pour mourir 51 ». Deux hommes. (Ibn Hisham dit : On dit : al-Mundhir ibn 'Amr ibn Khansh.) Ibn Ishaq dit : Le total de ceux qui assistèrent à la 'Aqaba 52 parmi les Aws et les Khazraj fut de soixante-treize hommes et deux femmes parmi eux ; ils prétendent que ces deux femmes avaient prêté serment. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ne serrait pas la main des femmes ; il se contentait de recevoir leur engagement, et quand elles confirmaient, il disait : « Allez, je vous ai reçues en serment. » (Ceux qui y assistèrent parmi les Banu Mazin ibn al-Najjar) : Parmi les Banu Mazin ibn al-Najjar : Nusayba bint Ka'b ibn 'Amr ibn 'Awf ibn Mabdhul ibn 'Amr ibn Ghanm ibn Mazin ; elle est Umm 'Umara ; elle avait assisté à la guerre avec le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, et sa sœur l'avait accompagnée. Son mari est Zayd ibn 'Asim ibn Ka'b. Ses deux fils : Habib ibn Zayd et 'Abd Allah ibn Zayd. Son fils Habib 53 est celui que Musaylima le menteur, le Hanafi, maître de la Yamama, captura ; il lui disait : « Attestes-tu que Muhammad est le Messager de Dieu ? » Il répondait : « Oui. » Il disait : « Attestes-tu que je suis le Messager de Dieu ? » Il répondait : « Je n'entends pas. » Alors il le coupa membre par membre jusqu'à ce qu'il meure entre ses mains, sans que cela ne lui fasse dire autre chose, quand on lui mentionnait cela.
- al-‘Aqaba : Colline près de Mina où eurent lieu les deux serments d'allégeance des Ansar au Prophète.
- bay‘at al-nisā’ : Allégeance des femmes, serment portant sur des engagements moraux et non guerriers.
- al-aḥmar wa al-aswad : Expression signifiant 'tout le monde', sans distinction de race ou de couleur.
- nuqabā’ : Pluriel de naqib, chefs de tribu ou représentants responsables de la communauté.
- athara ‘alaynā : Fait référence à la préférence donnée à d'autres dans le partage des biens ou des responsabilités.
- al-Agharr : Surnom signifiant 'le Noble' ou 'l'Illustre'.
- naqîb : Chef de tribu ou représentant chargé de recueillir les engagements lors du serment d'allégeance.
- al-Akbar : Surnom signifiant 'le Grand' ou 'l'Aîné'.
- amîr : Commandant ou gouverneur nommé par le Prophète.
- Khilâs : Nom propre, peut-être une variante de 'Khalâs'.
- Badr : Bataille de Badr, première grande bataille de l'islam en 624.
- 'Abd Allâh : Nom propre signifiant 'Serviteur d'Allâh'.
- Manât : Nom d'une divinité préislamique, ici utilisé comme nom propre.
- al-Khazraj : Tribu arabe de Médine, alliée du Prophète.
- l'appel à la prière : Référence à la vision de 'Abd Allâh ibn Zayd qui inspira l'adhan.
- al-Agharr : Surnom signifiant 'le Noble' ou 'l'Illustre'.
- Jadâra : Nom propre, peut-être une variante de 'Jadâr'.
- al-'Aqaba : Serment d'allégeance d'al-'Aqaba, rencontre entre le Prophète et les Médinois.
- Mu'âwiya : Mu'âwiya ibn Abî Sufyân, calife omeyyade (r. 661-680).
- Badr : Bataille de Badr.
- Wadfa : Variante orthographique de 'Wadha'.
- al-'Ajlân : Nom propre, peut-être un surnom.
- Râfi' : Nom propre signifiant 'Élevé'.
- Muhâjirî Ansârî : Surnom signifiant 'Émigré et Auxiliaire', car il émigra puis devint Ansâr.
- 'Abbâd : Nom propre signifiant 'Adorateur'.
- Khalda : Nom propre, peut-être une variante de 'Khâlid'.
- Khâlid : Nom propre signifiant 'Éternel'.
- Mukhallad : Nom propre signifiant 'Rendu éternel'.
- Bishr ibn al-Barâ' ibn Ma'rûr : Compagnon connu pour sa bravoure et sa mort à Khaybar.
- al-Khandaq : Bataille du Fossé (627).
- at-Tufayl : Nom propre signifiant 'Petit enfant'.
- Khunâs : Nom propre, peut-être une variante de 'Khansâ'.
- Harâm : Nom propre signifiant 'Interdit' ou 'Sacré'.
- Jabbâr : Nom propre signifiant 'Puissant'.
- Khunâs : Variante orthographique de 'Khansâ'.
- at-Tufayl : Nom propre.
- Ka'b : Nom propre signifiant 'Talon' ou 'Gloire'.
- Qutba : Nom propre, peut-être une variante de 'Qutb' (pôle).
- Ghanm : Nom propre signifiant 'Butin' ou 'Gain'.
- son frère : Référence à Yazîd ibn 'Âmir, frère de Qutba.
- Ka'b : Nom propre.
- Badr : Bataille de Badr.
- 'Abbâd : Nom propre.
- Nâbî : Nom propre, peut-être une variante de 'Nabî' (prophète).
- halîf : Allié par serment, non lié par le sang.
- naqīb : Délégué ou chef de tribu chargé de représenter son groupe lors de la 'Aqaba.
- 'Amwās : Localité en Palestine, près de Jérusalem, où une peste éclata en 18 H.
- Muhājirī Anṣārī : Surnom donné à ceux qui émigrèrent de Médine à La Mecque pour rejoindre le Prophète, puis retournèrent à Médine.
- al-Qawāqil : Surnom d'un groupe de quatre hommes, peut-être en référence à leur éloquence ou à leur rapidité.
- Bi'r Ma'ūna : Puits où une expédition musulmane fut massacrée en 4 H.
- a'naqa li-yamūt : Expression signifiant qu'il s'est élancé vers la mort avec détermination.
- al-'Aqaba : Serment d'allégeance prêté au Prophète par les Ansar près de La Mecque avant l'Hégire.
- Ḥabīb : Fils de Zayd ibn 'Asim, connu pour son martyre sous la torture de Musaylima.
La descente de l'ordre [1] au Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, concernant le combat.
Le Messager d'Allah 1 — qu'Allah prie sur lui et le salue 2 — y a cru et a prié sur lui. Et lorsque Musaylima 3 était mentionné devant lui, il disait : « Je n'entends pas. » Elle partit donc vers al-Yamâma 4 avec les musulmans et prit part personnellement au combat, jusqu'à ce qu'Allah fasse périr Musaylima. Elle revint avec douze blessures, entre coups de lance et de sabre. Ibn Ishâq 5 dit : Ce récit m'a été rapporté d'elle par Muhammad ibn Yahyâ ibn Hibbân 6, d'après 'Abd Allah ibn 'Abd ar-Rahmân ibn Abî Sa'sa'a 7. (Parmi ceux des Banû Salima 8 qui y assistèrent) : Parmi les Banû Salima : Umm Manî' 9, dont le nom est Asmâ' bint 'Amr ibn 'Adî ibn Nâbî ibn 'Amr ibn Sawâd ibn Ghanm ibn Ka'b ibn Salima. Révélation de l'ordre au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — concernant le combat. Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux 10. Il dit : Abû Muhammad 'Abd al-Malik ibn Hishâm 11 nous a raconté, disant : Ziyâd ibn 'Abd Allah al-Bakkâ'î 12 nous a raconté, d'après Muhammad ibn Ishâq al-Muttalibî 13 : Avant le serment d'allégeance d'al-'Aqaba 14, il n'avait pas été permis au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — de combattre, et le sang n'avait pas été rendu licite pour lui. Il était seulement ordonné d'appeler à Allah, d'endurer patiemment le mal et de pardonner aux ignorants. Or, Quraysh 15 avait persécuté ceux qui l'avaient suivi parmi les émigrés 16, au point de les détourner de leur religion et de les expulser de leur pays. Certains étaient détournés de leur religion, d'autres torturés entre leurs mains, d'autres encore fuyaient à travers les pays pour leur échapper. Parmi eux, certains se trouvaient en terre d'Abyssinie 17, d'autres à Médine 18, et dans chaque direction. Lorsque Quraysh se montra insolent envers Allah — Puissant et Majestueux 19 —, rejeta l'honneur qu'Il leur avait destiné, traita Son Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — de menteur, tortura et expulsa ceux qui L'adoraient, L'unifiaient 20, croyaient en Son Prophète et s'attachaient à Sa religion, Allah — Puissant et Majestueux — permit à Son Messager — qu'Allah prie sur lui et le salue — de combattre et de se venger de ceux qui les avaient opprimés et agressés. La première révélation 21 qui lui fut faite pour l'autoriser à combattre, rendre licite le sang et le combat contre ceux qui les avaient agressés, selon ce qui m'est parvenu de 'Urwa ibn az-Zubayr 22 et d'autres savants, est la parole d'Allah — Béni et Très-Haut 23 : « Il est permis à ceux qui sont combattus [de se défendre] — parce qu'ils ont été lésés — et Allah est certes Capable de les secourir. Ceux qui ont été expulsés de leurs demeures sans droit, seulement parce qu'ils disaient : « Notre Seigneur est Allah. » Et si Allah ne repoussait pas les gens les uns par les autres, des ermitages, des églises, des oratoires et des mosquées où le nom d'Allah est fréquemment invoqué auraient été détruits. Allah secourra certes ceux qui Le secourent. Allah est certes Fort et Puissant. Ceux qui, si Nous leur donnons la puissance sur terre, accomplissent la prière, acquittent l'aumône 24, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable 25. Et l'issue finale de toute chose appartient à Allah. » 26
- Rasūl Allāh : Le Messager d'Allah, titre donné au prophète Muhammad.
- ṣallā llāhu ʿalayhi wa-sallam : Formule de bénédiction et de salutation sur le Prophète, signifiant « qu'Allah prie sur lui et le salue ».
- Musaylima : Faux prophète de la tribu des Banū Ḥanīfa, tué lors de la bataille d'al-Yamāma en 633.
- al-Yamāma : Région du centre de l'Arabie, lieu de la bataille contre les partisans de Musaylima.
- Ibn Isḥāq : Muhammad ibn Isḥāq, célèbre historien et biographe du Prophète (m. 767).
- Muḥammad ibn Yaḥyā ibn Ḥibbān : Transmetteur de hadiths médinois (m. 739).
- ʿAbd Allāh ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn Abī Ṣaʿṣaʿa : Transmetteur de hadiths, compagnon ou successeur.
- Banū Salima : Tribu arabe, branche des Khazraj à Médine.
- Umm Manīʿ : Surnom d'Asmā' bint 'Amr, une femme ayant participé à la bataille d'al-Yamāma.
- Bismi Llāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm : Formule d'ouverture coranique : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux ».
- Abū Muḥammad ʿAbd al-Malik ibn Hishām : Célèbre historien et biographe du Prophète (m. 833), auteur de la Sīra.
- Ziyād ibn ʿAbd Allāh al-Bakkāʾī : Transmetteur de la Sīra d'Ibn Isḥāq (m. 799).
- Muḥammad ibn Isḥāq al-Muṭṭalibī : Ibn Isḥāq, auteur de la première biographie complète du Prophète.
- bayʿat al-ʿAqaba : Serment d'allégeance prêté au Prophète par les Médinois à al-'Aqaba, près de La Mecque, en 620 et 621.
- Quraysh : Tribu dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- al-muhājirūn : Les émigrés, premiers musulmans ayant quitté La Mecque pour Médine.
- arḍ al-Ḥabasha : L'Abyssinie (actuelle Éthiopie), où certains musulmans émigrèrent pour fuir les persécutions.
- al-Madīna : Médine, ville où le Prophète émigra et établit l'État islamique.
- ʿazza wa-jalla : Formule de glorification d'Allah : « Puissant et Majestueux ».
- waḥḥada : Affirmer l'unicité d'Allah (tawḥīd).
- āya : Verset coranique.
- ʿUrwa ibn az-Zubayr : Savant médinois, neveu de 'Ā'isha, spécialiste de la Sīra (m. 713).
- tabāraka wa-taʿālā : Formule de bénédiction et d'exaltation d'Allah : « Béni et Très-Haut ».
- az-zakāt : L'aumône légale, troisième pilier de l'islam.
- al-amr bi-l-maʿrūf wa-n-nahy ʿan al-munkar : Principe islamique d'ordonner le bien et d'interdire le mal.
- Coran 22:39-41 : Verset autorisant le combat défensif.
Il mentionna les émigrants [1] vers Médine.
La zakât 1, ordonner le convenable et interdire le blâmable. Et c'est à Allah que revient l'issue finale des choses. 22:39-41. C'est-à-dire : Je n'ai autorisé le combat que parce qu'ils ont été lésés, et ils n'avaient aucun péché entre eux et les gens, si ce n'est qu'ils adoraient Allah, et que lorsqu'ils triomphent, ils accomplissent la prière, acquittent la zakât, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable. 22:41 1 – Il s'agit du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et de ses Compagnons (qu'Allah les agrée tous). Puis Allah, béni et exalté soit-Il, révéla à son sujet : « Combattez-les jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de fitna 2 » (2:193), c'est-à-dire jusqu'à ce qu'aucun croyant ne soit détourné de sa religion, et « que la religion soit entièrement à Allah » (2:193), c'est-à-dire jusqu'à ce qu'Allah soit adoré seul, sans associé. (Permission du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) aux musulmans de La Mecque d'émigrer) Ibn Ishaq dit : Lorsqu'Allah, exalté soit-Il, lui eut permis la guerre, et que cette tribu des Ansâr 3 lui eut prêté serment d'allégeance sur l'islam et le soutien pour lui et pour ceux qui le suivraient parmi les musulmans qui se réfugieraient auprès d'eux, le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ordonna à ses Compagnons parmi les Émigrés 4 de son peuple, et aux musulmans qui étaient avec lui à La Mecque, de partir pour Médine, d'émigrer vers elle et de rejoindre leurs frères parmi les Ansâr. Il dit : « Allah, Puissant et Majestueux, vous a donné des frères et une demeure où vous serez en sécurité. » Ils partirent donc par groupes 5, et le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) resta à La Mecque, attendant que son Seigneur l'autorise à quitter La Mecque et à émigrer vers Médine. Mention des Émigrés vers Médine (Émigration d'Abû Salama et de son épouse, et le récit de ce qu'ils subirent) Le premier à émigrer vers Médine parmi les Compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), parmi les Émigrés de Quraysh 6, des Banû Makhzûm 7, fut Abû Salama ibn 'Abd al-Asad ibn Hilâl ibn 'Abd Allah ibn 'Umar ibn Makhzûm. Son nom était 'Abd Allah. Il émigra à Médine un an avant le serment d'allégeance des gens de la 'Aqaba 8. Il était revenu auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à La Mecque depuis le pays d'Abyssinie. Lorsque Quraysh lui causa du tort et qu'il apprit l'islam de ceux qui s'étaient convertis parmi les Ansâr, il partit pour Médine en émigrant. Ibn Ishaq dit : Mon père Ishaq ibn Yasâr m'a raconté, d'après Salama ibn 'Abd Allah ibn 'Umar ibn Abî Salama, d'après sa grand-mère Umm Salama, l'épouse du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), qui a dit : Lorsqu'Abû Salama décida de partir pour Médine, il sella ma chamelle, me fit monter dessus, prit avec moi mon fils Salama ibn Abî Salama dans mon giron, puis partit avec moi, menant ma chamelle. Lorsque les hommes des Banû al-Mughîra ibn 'Abd Allah ibn 'Umar ibn Makhzûm le virent, ils se levèrent vers lui et dirent : « Voici ta personne, tu as eu le dessus sur nous à son sujet. Mais que penses-tu de cette femme ? Allons-nous te laisser voyager avec elle à travers le pays ? » Elle dit : Ils arrachèrent la bride de la chamelle de sa main et me prirent de lui. Elle dit : À ce moment, les Banû 'Abd al-Asad, le clan d'Abû Salama, se fâchèrent et dirent : « Non, par Allah, nous ne laisserons pas notre fils chez elle, puisque vous l'avez arrachée à notre compagnon. » Elle dit : Ils se disputèrent Salama entre eux jusqu'à ce qu'ils lui disloquent le bras, et les Banû 'Abd al-Asad l'emmenèrent. Les Banû al-Mughîra me retinrent chez eux, et mon mari Abû Salama partit pour Médine. Elle dit : Ils me séparèrent de mon mari et de mon fils. Elle dit : Je sortais chaque matin et m'asseyais à al-Abtah 9, et je ne cessais de pleurer jusqu'au soir, pendant un an ou à peu près, jusqu'à ce qu'un homme de mes cousins, l'un des Banû al-Mughîra, passe près de moi. Il vit mon état et eut pitié de moi. Il dit aux Banû al-Mughîra : « Ne relâcherez-vous pas 10 cette pauvre femme ? Vous l'avez séparée de son mari et de son enfant ! » Elle dit : Ils me dirent : « Rejoins ton mari si tu veux. » Elle dit : Les Banû 'Abd al-Asad me rendirent alors mon fils. Elle dit : Je sellai ma chamelle, pris mon fils et le plaçai dans mon giron, puis je partis, voulant rejoindre mon mari à Médine. Elle dit : Je n'avais avec moi aucune créature d'Allah. Elle dit : Je me disais : « Je me débrouillerai avec ceux que je rencontrerai jusqu'à ce que j'arrive auprès de mon mari. » Lorsque j'arrivai à at-Tan'îm 11, je rencontrai 'Uthmân ibn Talha ibn Abî Talha, frère des Banû 'Abd ad-Dâr 12. Il me dit : « Où vas-tu, ô fille d'Abû Umayya ? » Elle dit : Je répondis : « Je veux rejoindre mon mari à Médine. » Il dit : « N'as-tu personne avec toi ? » Elle dit : Je répondis : « Non, par Allah, sauf Allah et ce petit garçon. » Il dit : « Par Allah, tu n'as pas le choix. » Il prit la bride de la chamelle et partit avec moi, me menant rapidement. Par Allah, je n'ai jamais accompagné un homme parmi les Arabes que j'aie vu plus noble que lui. Lorsqu'il atteignait une étape, il faisait agenouiller [la chamelle] pour moi, puis s'éloignait de moi. Lorsque je descendais, il s'éloignait avec ma chamelle, la déchargeait, l'attachait à un arbre, puis s'écartait [de moi] 13 vers un arbre et s'allongeait dessous. Lorsque l'heure du départ approchait, il se levait, amenait ma chamelle, la sellait, puis s'éloignait de moi et disait : « Monte. » Lorsque je montais et m'installais sur ma chamelle, il venait, prenait la bride et la menait jusqu'à ce qu'il me fasse descendre. Il continua ainsi avec moi jusqu'à ce qu'il me fasse entrer à Médine. Lorsqu'il vit le village des Banû 'Amr ibn 'Awf à Qubâ' 14, il dit : « Ton mari est dans ce village » – et Abû Salama y était descendu – « entre donc avec la bénédiction d'Allah. » Puis il repartit vers La Mecque. Elle disait 15 : Par Allah, je ne connais aucune famille dans l'islam qui ait subi ce qu'a subi la famille d'Abû Salama, et je n'ai jamais vu un compagnon plus noble que 'Uthmân ibn Talha 16. (Émigration de 'Âmir et de son épouse, et émigration des Banû Jahsh) Ibn Ishaq dit : Puis le premier à arriver [à Médine] parmi les Émigrés après Abû Salama fut 'Âmir ibn Rabî'a, allié des Banû 'Adî ibn Ka'b, avec sa femme Laylâ bint Abî Hathma ibn Ghânim ibn 'Abd Allah ibn 'Awf ibn 'Ubayd ibn 'Adî ibn Ka'b. Puis 'Abd Allah ibn Jahsh ibn Ri'âb ibn Ya'mur ibn Sabra ibn Murra ibn Kathîr 17 ibn Ghânim ibn Dûdân ibn Asad ibn Khuzayma, allié des Banû Umayya ibn 'Abd Shams, emporta sa famille et son frère 'Abd ibn Jahsh – et Abû Ahmad (c'était Abû Ahmad) était un homme aveugle, il parcourait La Mecque, haut et bas, sans guide, et il était poète ; il avait pour épouse al-Fâri'a bint Abî Sufyân ibn Harb ; sa mère était Umayma bint 'Abd al-Muttalib ibn Hâshim. La maison des Banû Jahsh 18 fut fermée à cause de l'émigration. 'Utba ibn Rabî'a, al-'Abbâs ibn 'Abd al-Muttalib et Abû Jahl ibn Hishâm ibn al-Mughîra passèrent devant elle – c'est aujourd'hui la maison d'Abân ibn 'Uthmân, celle qui est près du remblai 19 – alors qu'ils montaient vers le haut de La Mecque. 'Utba ibn Rabî'a la regarda, ses portes battant vides 20, sans habitant. Lorsqu'il la vit ainsi, il poussa un profond soupir, puis dit : « Toute maison, même si sa sécurité dure longtemps, / Un jour, la calamité et le chagrin l'atteindront. » Ibn Hishâm dit : Ce vers est d'Abû Du'âd al-Iyâdî dans un de ses poèmes. Al-hûb : la douleur (et dans un autre endroit : le besoin ; on dit aussi al-hûb : le péché) 21. Ibn Ishaq dit : Puis 'Utba (ibn Rabî'a) 22 dit : « La maison des Banû Jahsh est devenue vide de ses habitants ! » Abû Jahl dit : « Pourquoi pleures-tu sur des gens de peu de valeur ? » Ibn Hishâm dit : Al-qull : l'individu. Labîd ibn Rabî'a a dit : « Tout fils d'homme libre, leur destinée / Est d'être peu, même s'ils sont nombreux. » Ibn Ishaq dit : Puis il dit : « Voilà l'œuvre de ce neveu 23 ! Il a divisé notre communauté, dispersé notre affaire et rompu nos liens. » La demeure d'Abû Salama ibn 'Abd al-Asad, de 'Âmir ibn Rabî'a,
Et de 'Abd Allah b. Jahsh et de son frère Abū Aḥmad b. Jahsh, contre Mubashshar b. 'Abd al-Mundhir b. Zunbur à Qubā', chez les Banū 'Amr b. 'Awf. Puis les émigrés arrivèrent par groupes successifs 24. Les Banū Ghanm b. Dūdān étaient gens de l'Islam, ils étaient venus en masse 25 à Médine avec le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue —, émigration de leurs hommes et de leurs femmes : 'Abd Allah b. Jahsh, son frère Abū Aḥmad b. Jahsh, 'Ukāsha b. Miḥṣan, Shujā' et 'Uqba, les deux fils de Wahb, et Arbad b. Ḥumayyira. Ibn Hishām dit : on dit aussi b. Ḥumayra 26. (Émigration de gens divers) Ibn Isḥāq dit : et Munqidh b. Nubāta, Sa'īd b. Ruqaysh, Muḥriz b. Naḍla, Yazīd b. Ruqaysh, Qays b. Jābir, 'Amr b. Miḥṣan, Mālik b. 'Amr, Ṣafwān b. 'Amr, Thaqaf 27 b. 'Amr, Rabī'a b. Aktham, al-Zubayr b. 'Ubayd, Tammām b. 'Ubayda, Sakhbara b. 'Ubayda, Muḥammad b. 'Abd Allah b. Jahsh. (Émigration de leurs femmes) Et parmi leurs femmes : Zaynab bt. Jahsh, Umm Ḥabīb bt. Jahsh, Judhāma bt. Jandal, Umm Qays bt. Miḥṣan, Umm Ḥabīb bt. Thumāma, Āmina 28 bt. Ruqaysh, Sakhbara bt. Tamīm, et Ḥamna bt. Jahsh. (Poème d'Abū Aḥmad b. Jahsh sur l'émigration des Banū Asad) Abū Aḥmad b. Jahsh b. Ri'āb dit, évoquant l'émigration des Banū Asad b. Khuzayma de son peuple vers Dieu Très-Haut et vers Son Messager — que Dieu le bénisse et le salue —, et leur venue en masse pour cela lorsqu'ils furent appelés à l'émigration : « Si Umm Aḥmad jurait entre al-Ṣafā et al-Marwa par Dieu, son serment serait sincère. Nous sommes ceux qui y furent, puis nous n'avons cessé d'être à La Mecque jusqu'à ce que son maigre devînt gras. Là campèrent Ghanm b. Dūdān et bâtirent, et Ghanm ne partit pas au matin et ses habitants s'allégèrent 2930. Vers Dieu ils vont, par deux et par un, et la religion du Messager de Dieu est leur religion en vérité. » Abū Aḥmad b. Jahsh dit aussi : « Quand Umm Aḥmad me vit partir au matin, avec la garantie de Celui que je crains en secret et que je redoute 31, Elle dit : "Si tu dois absolument le faire, dirige-nous vers les pays et que Yathrib 32 soit lointaine." Je lui dis : "Mais c'est Yathrib aujourd'hui que nous visons 33, et quoi que veuille le Miséricordieux, le serviteur emprunte. Vers Dieu est mon visage et le Messager, et quiconque tourne son visage vers Dieu un jour ne sera pas déçu. Combien avons-nous laissé de proches sincères et de femmes sincères pleurant à chaudes larmes et se lamentant ! Ils pensent que notre éloignement de notre pays est une perte 3435, tandis que nous pensons que nous recherchons les biens désirables. J'ai appelé les Banū Ghanm pour préserver leurs sangs et pour la vérité, quand une voie 36 s'est montrée aux gens. Ils répondirent par "Louange à Dieu" quand un appelant les appela à la vérité, et le succès 37 (fut) et ils vinrent en masse 38. Nous étions, avec des compagnons à nous qui s'écartèrent de la guidance, ils nous aidèrent avec les armes et firent du tumulte 39. Comme deux groupes : l'un d'eux est guidé vers la vérité, bien dirigé, et un groupe châtié 40. Ils ont transgressé et souhaité un mensonge, et Satan les a fait glisser loin de la vérité ; ils ont échoué et ont été déçus. »
- zakât : Aumône légale obligatoire, troisième pilier de l'islam.
- fitna : Épreuve, trouble, dissension ; ici, persécution religieuse.
- Ansâr : Les « Auxiliaires », habitants de Médine ayant accueilli et soutenu le Prophète et les Émigrés.
- Émigrés : Les musulmans ayant émigré de La Mecque à Médine.
- arsâlan : Par groupes successifs, les uns après les autres.
- Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- Banû Makhzûm : Clan important de Quraysh.
- serment d'allégeance des gens de la 'Aqaba : Pacte conclu entre le Prophète et les Ansâr à la 'Aqaba, près de Mina, avant l'Hégire.
- al-Abtah : Lieu à La Mecque, une vallée ou un quartier.
- tukhrijûna : Littéralement : « ne ferez-vous pas sortir ? » ; sens : « ne relâcherez-vous pas ? »
- at-Tan'îm : Localité près de La Mecque, aujourd'hui dans ses faubourgs.
- Banû 'Abd ad-Dâr : Clan de Quraysh.
- ‘annî : Ajout probable pour clarifier le sens.
- Qubâ' : Village près de Médine, où fut construite la première mosquée de l'islam.
- taqûlu : Sous-entendu : Umm Salama disait.
- ‘Uthmân ibn Talha : Compagnon, gardien de la Kaaba avant l'islam, converti plus tard.
- Kathîr : Variante : Kabîr.
- Banû Jahsh : Famille de 'Abd Allah ibn Jahsh, alliée des Umayyades.
- ar-radm : Remblai, digue ; lieu-dit à La Mecque.
- yabâban : Vides, désertes, battant au vent.
- al-hûb : Mot polysémique : douleur, besoin, péché.
- ibn Rabî'a : Ajout probable pour clarifier.
- ce neveu : Allusion au Prophète, neveu d'Abû Jahl (car Abû Jahl était l'oncle paternel du Prophète ? En réalité, Abû Jahl était un cousin éloigné ; peut-être une méprise ou une insulte).
- أَرْسَالًا : Par groupes successifs, les uns après les autres.
- أَوْعَبُوا : Ils sont venus en masse, sans exception.
- ابْنُ حُمَيْرَةَ : Variante du nom : Ibn Ḥumayra au lieu d'Ibn Ḥumayyira.
- ثَقْفُ : Nom propre : Thaqaf.
- آمِنَةُ : Nom propre : Āmina.
- وَمَا : Particle négative, ici 'ne... pas'.
- قَطِينُهَا : Ses habitants, ceux qui y demeurent.
- بِذِمَّةِ مَنْ أَخْشَى بِغَيْبٍ وَأَرْهَبُ : Avec la garantie de Celui que je crains en secret et que je redoute, c'est-à-dire Dieu.
- يَثْرِبَ : Yathrib, ancien nom de Médine.
- وَجْهُنَا : Notre direction, notre intention.
- وِتْرًا : Perte, dommage, préjudice.
- نَأْيُنَا عَنْ بِلَادِنَا : Notre éloignement de notre pays.
- مَلْحَبُ : Voie, chemin, direction.
- النَّجَاحُ : Le succès, la réussite.
- فَأَوْعَبُوا : Ils vinrent en masse, sans exception.
- أَجْلَبوا : Ils firent du tumulte, soulevèrent du bruit.
- مُعَذَّبُ : Châtié, soumis au châtiment.
L'émigration de 'Umar et l'histoire de 'Ayyāsh avec lui
Nous nous en sommes remis à la parole du Prophète Muhammad... et les gouverneurs de la vérité parmi nous furent purs et rendus purs 1. Je me suis lié à eux par des liens de parenté proches, mais la proximité par les liens du sang ne sert à rien quand on n'est pas rapproché 2. Quel neveu par la sœur après nous se sentira en sécurité avec vous ? Et quelle alliance par mariage après mon alliance sera respectée ? Tu sauras un jour, lorsque vous vous séparerez et que l'affaire des hommes sera départagée pour la vérité, lequel d'entre nous est le plus juste 3. Ibn Hichâm dit : Son expression « et que Yathrib s'éloigne » et son expression « quand nous ne sommes pas rapprochés » viennent d'autre qu'Ibn Ishâq. Ibn Hichâm dit : Il veut dire par son expression « idh » : « lorsque », comme dans la parole d'Allah le Puissant et le Majestueux : « Lorsque les injustes seront arrêtés devant leur Seigneur » 4. Abou Najm al-'Ijlî a dit : « Puis qu'Allah le récompense pour nous, lorsque 5 Il récompense par les jardins d'Éden dans les hauteurs et les élévations. » L'émigration de 'Omar et l'histoire de 'Ayyâsh avec lui Ibn Ishâq dit : Ensuite 'Omar ibn al-Khattâb et 'Ayyâsh ibn Abî Rabî'a al-Makhzoumî partirent jusqu'à ce qu'ils arrivèrent à Médine. Nâfi', l'affranchi de 'Abd Allah ibn 'Omar, m'a raconté d'après 'Abd Allah ibn 'Omar, d'après son père 'Omar ibn al-Khattâb, qui a dit : Nous nous étions donné rendez-vous, lorsque nous voulions émigrer à Médine, moi, 'Ayyâsh ibn Abî Rabî'a et Hichâm ibn al-'Âsî ibn Wâ'il as-Sahmî, au lieu-dit at-Tanâdub 6 près d'Adât 7 des Banû Ghifâr, au-dessus de Sarif 8, et nous avions dit : Celui d'entre nous qui ne se trouvera pas à cet endroit au matin aura été retenu ; que ses deux compagnons partent. Il dit : Au matin, moi et 'Ayyâsh ibn Abî Rabî'a étions à at-Tanâdub, mais Hichâm fut retenu loin de nous ; il fut éprouvé et succomba à l'épreuve. (La tromperie d'Abou Jahl et d'al-Hârith envers 'Ayyâsh) Lorsque nous arrivâmes à Médine, nous descendîmes chez les Banû 'Amr ibn 'Awf à Qubâ'. Abou Jahl ibn Hichâm et al-Hârith ibn Hichâm partirent vers 'Ayyâsh ibn Abî Rabî'a – qui était leur cousin germain et leur frère utérin – jusqu'à ce qu'ils arrivèrent chez nous à Médine, alors que le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) était à La Mecque. Ils lui parlèrent et dirent : Ta mère a fait le vœu que ni peigne ne touche sa tête ni elle ne s'abrite du soleil jusqu'à ce qu'elle te voie. Il eut pitié d'elle. Je lui dis : Ô 'Ayyâsh, par Allah, ces gens ne veulent que te détourner de ta religion, méfie-toi d'eux ! Par Allah, si les poux la gênent, elle se peignera, et si la chaleur de La Mecque devient intense, elle s'abritera. Il dit : Je veux honorer le serment de ma mère, et j'ai là-bas des biens que je veux prendre. Je dis : Par Allah, tu sais bien que je suis parmi les plus riches de Quraych ; je te donne la moitié de mes biens, ne pars pas avec eux. Il refusa catégoriquement de partir avec eux. Comme il insistait, je lui dis : Puisque tu as décidé cela, prends ma chamelle, car c'est une chamelle de race, docile ; reste sur son dos, et si tu sens quelque chose de suspect de la part de ces gens, fuis sur elle. Il partit sur elle avec eux. Lorsqu'ils furent en chemin, Abou Jahl lui dit : Ô fils de mon frère, par Allah, ma chamelle est devenue lourde ; ne veux-tu pas échanger avec moi ta chamelle ? Il dit : Oui. Il fit agenouiller sa monture, et ils firent agenouiller les leurs pour qu'il monte sur elle. Lorsqu'ils furent à terre, ils se jetèrent sur lui, le ligotèrent et l'attachèrent, puis ils entrèrent avec lui à La Mecque et le soumirent à l'épreuve, et il succomba. Ibn Ishâq dit : Certains de la famille de 'Ayyâsh ibn Abî Rabî'a m'ont raconté que lorsqu'ils entrèrent avec lui à La Mecque, ils entrèrent en plein jour, ligoté, puis dirent : Ô habitants de La Mecque, faites ainsi de vos insensés, comme nous avons fait de notre insensé ! (La lettre de 'Omar à Hichâm ibn al-'Âsî) Ibn Ishâq dit : Nâfi' m'a raconté d'après 'Abd Allah ibn 'Omar, d'après 'Omar dans son récit, qui a dit : Nous disions : Allah n'acceptera de ceux qui ont succombé à l'épreuve ni compensation ni rançon ni repentir, des gens qui ont connu Allah puis sont revenus à la mécréance à cause d'une épreuve qui les a frappés ! Il dit : Et ils disaient cela d'eux-mêmes. Lorsque le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) arriva à Médine, Allah le Très-Haut révéla à leur sujet, et au sujet de notre parole et de leur parole sur eux-mêmes : « Dis : Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah. Allah pardonne tous les péchés, car c'est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux. » 9 « Et revenez repentants à votre Seigneur et soumettez-vous à Lui avant que ne vous vienne le châtiment. » 10
- wulāt al-ḥaqq : Les gouverneurs de la vérité : désigne les dirigeants justes et pieux.
- lā nuqarrabu : Nous ne sommes pas rapprochés : nous ne sommes pas admis en proximité ou en faveur.
- idh tuzāyilū : Lorsque vous vous séparerez : au moment de la séparation ou du jugement.
- idh al-ẓālimūn mawqūfūn : Lorsque les injustes seront arrêtés : verset 34:31 du Coran.
- idh jazā : Lorsque Il récompense : emploi de 'idh' au sens de 'lorsque'.
- al-Tanāḍub : Lieu-dit près de Médine, entre La Mecque et Médine.
- Aḍāt : Eau ou point d'eau des Banû Ghifâr.
- Sarif : Localité située à environ 10 km de La Mecque.
- Qul yā ʿibādiya... : Sourate 39, verset 53 du Coran.
- Wa anībū ilā rabbikum... : Sourate 39, verset 54 du Coran.
Les demeures des émigrés [1] à Médine [2].
Puis vous ne serez pas secourus. Et suivez ce qu'il y a de meilleur dans ce qui vous a été descendu de la part de votre Seigneur, avant que le châtiment ne vous vienne soudainement, sans que vous ne vous en rendiez compte 1. [39:53-55] 'Umar ibn al-Khattâb a dit : Je l'écrivis de ma main sur une feuille et l'envoyai à Hishâm ibn al-'Âs. Hishâm ibn al-'Âs dit : Quand elle me parvint, je me mis à la lire à Dhî Tuwâ 2, en montant et descendant, sans la comprendre, jusqu'à ce que je dise : Ô Allah, fais-moi la comprendre. Il dit : Alors Allah Très-Haut jeta dans mon cœur qu'elle n'avait été révélée qu'à notre sujet, et à propos de ce que nous disions en nous-mêmes et de ce qui se disait sur nous. Il dit : Je retournai à ma chamelle, m'assis dessus, et rejoignis le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) alors qu'il était à Médine. (Sortie d'al-Walîd ibn al-Walîd vers La Mecque pour l'affaire de 'Ayyâsh et Hishâm) Ibn Hishâm dit : Un homme digne de confiance m'a raconté que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit, alors qu'il était à Médine : Qui se charge pour moi de 'Ayyâsh ibn Abî Rabî'a et de Hishâm ibn al-'Âs ? Al-Walîd ibn al-Walîd ibn al-Mughîra dit : Moi, pour toi, ô Messager d'Allah, des deux. Il partit donc pour La Mecque, y arriva en secret, et rencontra une femme portant de la nourriture. Il lui dit : Où veux-tu aller, ô servante d'Allah ? Elle dit : Je veux aller vers ces deux prisonniers — elle les désignait. Il la suivit jusqu'à connaître leur emplacement. Ils étaient emprisonnés dans une maison sans toit. Quand vint le soir, il escalada le mur pour les rejoindre, puis prit une pierre de marwa 3, la plaça sous leurs chaînes, puis frappa avec son épée et les coupa. C'est pourquoi on appelait son épée « Dhû l-Marwa ». Puis il les chargea sur sa chamelle et les emmena. Il trébucha et son doigt saigna, alors il dit : « Tu n'es qu'un doigt qui a saigné, / Et dans le chemin d'Allah, ce que j'ai rencontré. » Puis il arriva avec eux auprès du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) à Médine. (Demeures des émigrés à Médine) (Demeure de 'Umar, de son frère, des deux fils de Surâqa, des Banû l-Bakîr et d'autres) Ibn Ishâq dit : 'Umar ibn al-Khattâb, à son arrivée à Médine, s'installa avec ceux de sa famille et de son peuple qui l'avaient rejoint, ainsi que son frère Zayd ibn al-Khattâb, 'Amr et 'Abd Allah, les deux fils de Surâqa ibn al-Mu'tamir, Khunays ibn Hudhâfa as-Sahmî — qui était son gendre, mari de sa fille Hafsa bint 'Umar, et après lui le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) l'épousa —, Sa'îd ibn Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl, Wâqid ibn 'Abd Allah at-Tamîmî, allié à eux, Khawliyy ibn Abî Khawliyy et Mâlik ibn Abî Khawliyy, deux alliés à eux. Ibn Hishâm dit : Abû Khawliyy : des Banû 'Ijl ibn Lujaym ibn Sa'b ibn 'Alî ibn Bakr ibn Wâ'il. Ibn Ishâq dit : Les Banû l-Bukayr, tous les quatre : Iyâs ibn al-Bukayr, 'Âqil ibn al-Bukayr, 'Âmir ibn al-Bukayr et Khâlid ibn al-Bukayr, et leurs alliés des Banû Sa'd ibn Layth, chez Rifâ'a ibn 'Abd al-Mundhir ibn Zanbar, dans les Banû 'Amr ibn 'Awf à Qubâ'. La demeure de 'Ayyâsh ibn Abî Rabî'a était avec lui, lorsqu'ils arrivèrent à Médine. (Demeure de Talha et Suhayb) Puis les émigrés arrivèrent successivement. Talha ibn 'Ubayd Allah ibn 'Uthmân et Suhayb ibn Sinân s'installèrent chez Khubayb 4 ibn Isâf 5, frère des Banû l-Hârith ibn al-Khazraj, à as-Sunh 6. On dit aussi 7 : Talha ibn 'Ubayd Allah s'installa chez As'ad ibn Zurâra, frère des Banû n-Najjâr. Ibn Hishâm dit : Il m'a été rapporté d'Abû 'Uthmân an-Nahdî qu'il a dit : Il m'est parvenu que Suhayb, lorsqu'il voulut émigrer, les mécréants de Quraysh lui dirent : Tu es venu à nous comme un pauvre misérable, puis tes biens ont augmenté chez nous, tu as atteint ce que tu as atteint, et maintenant tu veux partir avec tes biens et ta personne ? Par Allah, cela n'arrivera pas. Suhayb leur dit : Que pensez-vous si je vous donne mes biens, me laisserez-vous partir ? Ils dirent : Oui. Il dit : Je vous donne donc mes biens. La nouvelle parvint au Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), qui dit : Suhayb a gagné, Suhayb a gagné. (Demeure de Hamza, Zayd, Abû M arthad, son fils, Anasa et Abû Kabsha) Ibn Ishâq dit : Hamza ibn 'Abd al-Muttalib, Zayd ibn Hâritha, Abû M arthad Kannâz ibn H i sn — Ibn Hishâm dit : on dit aussi ibn H usayn — et son fils M arthad, les deux Gh anawiyyân, alliés de Hamza ibn 'Abd al-Muttalib, Anasa 8 et Abû Kabsha 9, les deux affranchis du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), s'installèrent chez Kulthûm ibn Hidm, frère des Banû 'Amr ibn 'Awf à Qubâ' 10. On dit aussi : ils s'installèrent chez Sa'd ibn Khaythama. On dit aussi : Hamza ibn 'Abd al-Muttalib s'installa chez As'ad ibn Zurâra, frère des Banû n-Najjâr. Tout cela se dit. (Demeure de 'Ubayda, de son frère at-Tufayl et d'autres) 'Ubayda ibn al-Hârith ibn al-Muttalib, son frère at-Tufayl ibn al-Hârith, al-Husayn ibn al-Hârith, Mistah ibn Uthâtha ibn 'Abbâd ibn al-Muttalib, Suwaybit ibn Sa'd ibn Huraymila, frère des Banû 'Abd ad-Dâr, Tulayb ibn 'Umayr, frère des Banû 'Abd ibn Qusayy, et Kh abbâb 11, affranchi de 'Utba ibn Ghazwân, s'installèrent chez 'Abd Allah ibn Salama, frère des Banû l-'Ajlân à Qubâ'. (Demeure de 'Abd ar-Rahmân ibn 'Awf) 'Abd ar-Rahmân ibn 'Awf, avec un groupe d'émigrés, s'installa chez Sa'd ibn ar-Rabî', frère des Banû l-Hârith ibn al-Khazraj, dans la demeure des Banû l-Hârith ibn al-Khazraj. (Demeure d'az-Zubayr et d'Abû Sabra) Az-Zubayr ibn al-'Awwâm et Abû Sabra ibn Abî Ruhm ibn 'Abd al-'Uzzâ s'installèrent chez Mundhir ibn Muhammad ibn 'Uqba ibn Uhayha ibn al-Julâh, à al-'Usba, demeure des Banû Jahjabâ. (Demeure de Mus'ab) Mus'ab ibn 'Umayr ibn Hâshim, frère des Banû 'Abd ad-Dâr, s'installa chez Sa'd ibn Mu'âdh ibn an-Nu'mân, frère des Banû 'Abd al-Ashhal, dans la demeure des Banû 'Abd al-Ashhal. (Demeure d'Abû Hudhayfa et 'Utba) Abû Hudhayfa ibn 'Utba ibn Rabî'a et Sâlim, affranchi d'Abû Hudhayfa — Ibn Hishâm dit : Sâlim, affranchi d'Abû Hudhayfa, était un affranchi sa'iba 12 de Thubayta 13 bint Ya'âr 14 ibn Zayd ibn 'Ubayd ibn Zayd ibn Mâlik ibn 'Awf ibn 'Amr ibn 'Awf ibn Mâlik ibn al-Aws ; elle l'affranchit comme sa'iba, et il se rattacha à Abû Hudhayfa ibn 'Utba ibn Rabî'a qui l'adopta ; on l'appela donc Sâlim, affranchi d'Abû Hudhayfa. On dit aussi que Thubayta bint Ya'âr était l'épouse d'Abû Hudhayfa ibn 'Utba, et qu'elle affranchit Sâlim comme sa'iba ; on l'appela donc Sâlim, affranchi d'Abû Hudhayfa — Ibn Ishâq dit : 'Utba ibn Ghazwân ibn Jâbir s'installa chez 'Abbâd ibn Bishr ibn Waqsh, frère des Banû 'Abd al-Ashhal, dans la demeure de 'Abd al-Ashhal. (Demeure de 'Uthmân) 'Uthmân ibn 'Affân s'installa chez Aws ibn Thâbit ibn al-Mundhir, frère de Hassân ibn Thâbit, dans la demeure des Banû n-Najjâr. C'est pourquoi Hassân aimait 'Uthmân et le pleura lorsqu'il fut tué.
- بَغْتَةً : Soudainement, à l'improviste.
- ذِي طُوًى : Dhî Tuwâ : nom d'un lieu à La Mecque, une vallée ou un chemin.
- مَرْوَةَ : Marwa : pierre dure, ou nom d'une montagne à La Mecque ; ici, une pierre utilisée pour briser les chaînes.
- خُبَيْبٍ : Khubayb : nom propre, diminutif de Habîb.
- إِسَافٍ : Isâf : nom propre, père de Khubayb.
- السُّنْحِ : As-Sunh : un quartier de Médine, près de Qubâ'.
- وَيُقَالُ : On dit aussi : formule indiquant une variante dans les récits.
- أَنَسَةُ : Anasa : affranchi du Prophète, d'origine abyssinienne.
- أَبُو كَبْشَةَ : Abû Kabsha : affranchi du Prophète, nommé Salmân ou autre.
- قُباءٍ : Qubâ' : localité à la périphérie de Médine, où se trouve la mosquée de Qubâ'.
- خَبَّابٌ : Kh abbâb : nom propre, probablement Kh abbâb ibn al-Aratt, compagnon.
- سَائِبَةٌ : Sa'iba : esclave affranchi sans lien de clientèle, libre de tout attachement.
- ثُبَيْتَةَ : Thubayta : nom de femme, diminutif de Thâbita.
- يَعَارِ : Ya'âr : nom propre, père de Thubayta.
L'Hégire du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui [1]
Et l'on disait : les célibataires 1 parmi les émigrés 2 descendirent chez Sa'd ibn Khaythama, car il était célibataire. Dieu sait ce qu'il en était. L'Hégire 3 du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) (Le retard d'Ali et d'Abou Bakr dans l'Hégire) : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) resta à La Mecque après ses compagnons émigrés, attendant qu'il lui fût permis d'émigrer. Aucun des émigrés ne resta avec lui à La Mecque, sauf ceux qui furent retenus ou persécutés, excepté Ali ibn Abi Talib et Abou Bakr ibn Abi Quhafa as-Siddiq (que Dieu les agrée). Abou Bakr demandait souvent l'autorisation au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) d'émigrer, mais le Messager de Dieu lui disait : « Ne te hâte pas, peut-être Dieu te donnera-t-Il un compagnon. » Alors Abou Bakr espérait être ce compagnon. (Réunion des notables de Quraych et leur délibération sur l'affaire du Messager de Dieu) : Ibn Ishaq dit : Lorsque Quraych vit que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avait des partisans et des compagnons venus d'ailleurs, et qu'ils virent ses compagnons émigrer vers eux, ils surent qu'ils avaient trouvé une demeure et obtenu une protection. Ils craignirent donc que le Messager de Dieu ne les rejoignît, et ils surent qu'il s'était résolu à leur faire la guerre. Ils se réunirent donc à son sujet dans la maison d'assemblée 4 – qui était la maison de Qusayy ibn Kilab, où Quraych ne tranchait aucune affaire sans s'y réunir – pour délibérer sur ce qu'ils devaient faire de l'affaire du Messager de Dieu, lorsqu'ils le craignirent. Ibn Ishaq dit : Un homme digne de confiance parmi nos compagnons me rapporta, d'après Abd Allah ibn Abi Najih, d'après Mujahid ibn Jabir Abou al-Hajjaj, et d'autres dignes de confiance, d'après Abd Allah ibn Abbas (que Dieu les agrée), qui dit : Lorsqu'ils se furent résolus à cela et se donnèrent rendez-vous pour entrer dans la maison d'assemblée afin de délibérer sur l'affaire du Messager de Dieu, ils s'y rendirent le jour convenu – ce jour fut appelé le jour de la bousculade. Iblis 5 se présenta à eux sous l'apparence d'un vieillard vénérable, vêtu d'une mante 6, et se tint à la porte de la maison. Lorsqu'ils le virent debout à la porte, ils dirent : « Qui est ce vieillard ? » Il répondit : « Un vieillard du Nedjd 7 qui a entendu parler de votre rendez-vous ; il est venu avec vous pour entendre ce que vous direz, et peut-être ne vous privera-t-il pas de son avis et de son conseil. » Ils dirent : « Certes, entre donc. » Il entra donc avec eux. Les nobles de Quraych s'étaient réunis : de la tribu de Abd Chams : Utba ibn Rabi'a, Chayba ibn Rabi'a, et Abou Sufyan ibn Harb ; de la tribu de Nawfal ibn Abd Manaf : Tu'ayma ibn Adi, Jubayr ibn Mut'im, et al-Harith ibn Amir ibn Nawfal ; de la tribu de Abd ad-Dar ibn Qusayy : an-Nadr ibn al-Harith ibn Kalada ; de la tribu de Asad ibn Abd al-Uzza : Abou al-Bakhtari ibn Hicham, Zam'a ibn al-Aswad ibn al-Muttalib, et Hakim ibn Hizam ; de la tribu de Makhzoum : Abou Jahl ibn Hicham ; de la tribu de Sahm : Nubayh et Munabbih, les fils d'al-Hajjaj ; de la tribu de Jumah : Umayya ibn Khalaf, et d'autres encore parmi ceux qui ne sont pas comptés parmi Quraych. Ils se dirent les uns aux autres : « Cet homme, son affaire est comme vous le voyez. Par Dieu, nous ne sommes pas en sécurité contre lui, qu'il ne se jette sur nous avec ceux qui l'ont suivi d'ailleurs. Prenez donc une décision à son sujet. » Ils délibérèrent, puis l'un d'eux dit : « Enfermez-le dans les fers, fermez-lui une porte, puis attendez que lui arrive ce qui est arrivé à ses semblables parmi les poètes qui l'ont précédé, comme Zuhayr et an-Nabigha, et ceux qui sont morts avant lui, jusqu'à ce que la mort l'atteigne comme elle les a atteints. » Le vieillard du Nedjd dit : « Non, par Dieu, ce n'est pas un bon avis pour vous. Par Dieu, si vous l'emprisonnez comme vous le dites, son affaire sortira par-delà la porte que vous aurez fermée sur lui, jusqu'à ses compagnons, et ils se jetteront bientôt sur vous, vous l'arracheront des mains, puis se multiplieront avec lui jusqu'à ce qu'ils prennent le dessus sur vous. Ce n'est pas un bon avis pour vous. Cherchez autre chose. » Ils délibérèrent à nouveau. Puis l'un d'eux dit : « Expulsons-le de notre pays, bannissons-le. Une fois qu'il sera sorti de chez nous, par Dieu, peu nous importe où il ira et où il tombera, pourvu qu'il disparaisse de notre vue et que nous soyons débarrassés de lui, et que nous réparions notre affaire et retrouvions notre unité comme avant. » Le vieillard du Nedjd dit : « Non, par Dieu, ce n'est pas un bon avis pour vous. N'avez-vous pas vu la beauté de son discours, la douceur de sa parole, et comment il captive les cœurs des hommes par ce qu'il apporte ? Par Dieu, si vous faites cela, vous ne serez pas à l'abri qu'il ne s'installe chez une tribu arabe, qu'il ne les domine par sa parole et son discours jusqu'à ce qu'ils le suivent, puis qu'il marche avec eux contre vous, qu'il vous piétine dans votre propre pays, qu'il vous arrache le pouvoir et fasse de vous ce qu'il voudra. Cherchez un autre avis à son sujet. » Alors Abou Jahl ibn Hicham dit : « Par Dieu, j'ai à son sujet un avis que je ne vous vois pas encore avoir trouvé. » Ils dirent : « Et quel est-il, Abou al-Hakam ? » Il dit : « Je pense que nous devrions prendre de chaque tribu un jeune homme fort, de noble naissance et de bonne lignée, puis donner à chacun d'eux une épée tranchante, et qu'ils se jettent sur lui et le frappent d'un seul coup, le tuant ainsi. Nous serions alors débarrassés de lui. Car s'ils font cela, son sang sera dispersé parmi toutes les tribus, et les Banu Abd Manaf ne pourront pas faire la guerre à tout leur peuple ; ils se contenteront du prix du sang, et nous le leur paierons. » Le vieillard du Nedjd dit : « La parole est celle de cet homme. C'est l'avis, et il n'y en a pas d'autre. » Les gens se séparèrent sur cette décision, unanimes. (Sortie du Prophète et nomination d'Ali pour dormir à sa place) : Gabriel (sur lui la paix) vint au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et lui dit : « Ne passe pas cette nuit dans ton lit où tu avais l'habitude de dormir. » Lorsque vint la nuit, ils se rassemblèrent à sa porte, l'épient pour savoir quand il dormirait, afin de se jeter sur lui. Quand le Messager de Dieu vit leur présence, il dit à Ali ibn Abi Talib : « Dors dans mon lit, et enveloppe-toi de ce manteau hadrami 8 vert, et dors dedans ; car rien de ce que tu crains d'eux ne t'atteindra. » Or le Messager de Dieu dormait dans ce manteau quand il dormait. Ibn Ishaq dit : Yazid ibn Ziyad me rapporta, d'après Muhammad ibn Ka'b al-Qurazi, qui dit : Lorsqu'ils se furent rassemblés contre lui, parmi eux Abou Jahl ibn Hicham, celui-ci dit, alors qu'ils étaient à sa porte : « Muhammad prétend que si vous le suivez dans son affaire, vous serez les rois des Arabes et des Perses, puis après votre mort vous serez ressuscités, et vous aurez des jardins comme les jardins du Jourdain ; et si vous ne le faites pas, il vous égorgera, puis après votre mort vous serez ressuscités, et vous aurez un feu où vous brûlerez. » Le Messager de Dieu sortit vers eux, prit une poignée de terre dans sa main, puis dit : « C'est moi qui dis cela, et tu es l'un d'eux. » Dieu retint leurs regards de lui, de sorte qu'ils ne le voyaient pas. Il se mit à répandre cette terre sur leurs têtes, tout en récitant ces versets de Ya Sin 9.
Yā Sīn. Par le Coran plein de sagesse ! Tu es certes du nombre des messagers, sur une voie droite. C'est une révélation du Tout-Puissant, du Très Miséricordieux 10 ... jusqu'à Sa parole : « Puis Nous les avons recouverts d'un voile, et ils ne voient plus » 11. Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) eut fini de réciter ces versets, il ne restait aucun d'entre eux sans qu'il n'eût mis de la terre sur sa tête. Puis il se dirigea vers l'endroit où il voulait aller. Un homme qui n'était pas avec eux vint alors et leur dit : « Qu'attendez-vous ici ? » Ils répondirent : « Muhammad. » Il dit : « Que Dieu vous déçoive ! Par Dieu, Muhammad est sorti vers vous, puis il n'a laissé aucun de vous sans mettre de la terre sur sa tête, et il est parti pour ses affaires. Ne voyez-vous donc pas ce qui vous arrive ? » Chacun d'eux mit alors la main sur sa tête et y trouva de la terre. Puis ils regardèrent et virent Ali couché sur le lit, enveloppé dans le manteau du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Ils dirent : « Par Dieu, c'est bien Muhammad qui dort, avec son manteau. » Ils restèrent ainsi jusqu'au matin 12. Alors Ali (que Dieu l'agrée) se leva du lit, et ils dirent : « Par Dieu, celui qui nous a parlé nous a dit la vérité. » (Ce qui a été révélé du Coran au sujet de l'attente des associateurs envers le Prophète) : Ibn Isḥāq dit : Parmi ce que Dieu (Puissant et Majestueux) a révélé du Coran ce jour-là, et au sujet de ce qu'ils avaient comploté contre lui : « Et quand ceux qui ont mécru complotaient contre toi pour te retenir, te tuer ou t'expulser. Ils complotaient, et Dieu complotait, et Dieu est le meilleur des comploteurs » 13, et la parole de Dieu (Puissant et Majestueux) : « Ou bien disent-ils : "C'est un poète ! Nous attendons pour lui le coup du sort" ? Dis : "Attendez ! Je suis avec vous parmi ceux qui attendent" » 14. Ibn Hishām dit : Al-Manūn 15 signifie la mort. Rayb al-Manūn 16 désigne ce qui, de la mort, suscite inquiétude et malheur. Abū Dhu'ayb al-Hudhalī a dit : « Est-ce de la mort et de ses vicissitudes que tu te plains, Alors que le temps ne satisfait jamais celui qui s'impatiente ? » Ce vers fait partie d'un poème de lui. Ibn Isḥāq dit : Dieu (Très-Haut) permit alors à Son Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) l'émigration. (Désir d'Abū Bakr d'être le compagnon du Prophète dans l'émigration, et ce qu'il avait préparé pour cela) : Ibn Isḥāq dit : Abū Bakr (que Dieu l'agrée) était un homme riche. Lorsqu'il demanda au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) la permission d'émigrer, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui dit : « Ne te hâte pas, peut-être Dieu te trouvera-t-Il un compagnon. » Il espéra alors que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) voulait parler de lui-même, lorsqu'il lui dit cela. Il acheta donc deux montures et les garda dans sa maison, les nourrissant en prévision de cela. (Récit de l'émigration du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) à Médine) : Ibn Isḥāq dit : M'a raconté une personne digne de confiance, d'après 'Urwa ibn al-Zubayr, d'après 'Ā'isha, la Mère des croyants, qu'elle a dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) ne manquait jamais de venir à la maison d'Abū Bakr à l'un des deux bouts du jour, soit le matin, soit le soir. Jusqu'au jour où il fut permis au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) d'émigrer et de sortir de La Mecque du milieu de son peuple. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) vint chez nous à la mi-journée, à une heure où il n'avait pas l'habitude de venir. Elle dit : Lorsqu'Abū Bakr le vit, il dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) n'est venu à cette heure que pour une affaire survenue. » Elle dit : Lorsqu'il entra, Abū Bakr se recula de son lit pour lui, et le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) s'assit. Il n'y avait chez Abū Bakr que moi et ma sœur Asmā' bint Abī Bakr. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Fais sortir ceux qui sont chez toi. » Il dit : « Ô Messager de Dieu, ce ne sont que mes deux filles 17. Qu'y a-t-il ? Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! » Il dit : « Dieu m'a permis de sortir et d'émigrer. » Elle dit : Abū Bakr dit alors : « La compagnie, ô Messager de Dieu ? » Il dit : « La compagnie. » Elle dit : Par Dieu, je n'avais jamais su auparavant que quelqu'un pouvait pleurer de joie, jusqu'à ce que je visse Abū Bakr pleurer ce jour-là. Puis il dit : « Ô Prophète de Dieu, voici deux montures que j'avais préparées pour cela. » Ils engagèrent alors 'Abd Allāh ibn Urayqiṭ 18 – un homme des Banū al-Du'il ibn Bakr, dont la mère était une femme des Banū Sahm ibn 'Amr, et qui était associateur – pour les guider sur la route. Ils lui confièrent leurs deux montures, qui restèrent chez lui, et il les faisait paître en attendant leur rendez-vous. (Ceux qui étaient au courant de l'émigration du Messager (que Dieu prie sur lui et le salue)) : Ibn Isḥāq dit : Selon ce qui m'est parvenu, personne ne sut la sortie du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), lorsqu'il sortit, si ce n'est 'Alī ibn Abī Ṭālib, Abū Bakr al-Ṣiddīq, et la famille d'Abū Bakr. Quant à 'Alī, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) – selon ce qui m'est parvenu – l'informa de sa sortie et lui ordonna de rester après lui à La Mecque pour restituer de la part du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) les dépôts 19 que les gens avaient chez lui. En effet, il n'y avait personne à La Mecque qui eût quelque chose qu'il craignait de perdre sans le déposer chez lui, en raison de sa véracité et de sa loyauté (que Dieu prie sur lui et le salue). (L'histoire du Messager (que Dieu prie sur lui et le salue) avec Abū Bakr dans la grotte) : Ibn Isḥāq dit : Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) eut décidé de partir, il vint chez Abū Bakr ibn Abī Quḥāfa. Ils sortirent par une lucarne 20 d'Abū Bakr située à l'arrière de sa maison, puis se dirigèrent vers une grotte à Thawr – une montagne au bas de La Mecque – et y entrèrent. Abū Bakr ordonna à son fils 'Abd Allāh ibn Abī Bakr d'écouter ce que les gens disaient d'eux pendant la journée, puis de venir les rejoindre le soir avec les nouvelles du jour. Il ordonna à 'Āmir ibn Fuhayra, son affranchi, de faire paître ses moutons pendant la journée, puis de les ramener le soir près d'eux, en venant les rejoindre dans la grotte. Asmā' bint Abī Bakr leur apportait de la nourriture le soir, ce qui leur convenait. Ibn Hishām dit : Un savant m'a raconté que al-Ḥasan ibn Abī al-Ḥasan al-Baṣrī a dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et Abū Bakr arrivèrent à la grotte de nuit. Abū Bakr (que Dieu l'agrée) entra avant le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et sonda la grotte pour voir s'il y avait une bête féroce ou un serpent, protégeant le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) de sa propre personne. (Les deux fils d'Abū Bakr et Ibn Fuhayra s'occupent des affaires du Messager et de son compagnon pendant leur séjour dans la grotte) : Ibn Isḥāq dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) resta dans la grotte trois jours, avec Abū Bakr. Quraysh offrit cent chamelles pour quiconque le leur ramènerait. 'Abd Allāh ibn Abī Bakr passait la journée parmi Quraysh, écoutant ce qu'ils complotaient et ce qu'ils disaient au sujet du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et d'Abū Bakr, puis il venait les rejoindre le soir et les informait des nouvelles. 'Āmir ibn Fuhayra, l'affranchi d'Abū Bakr (que Dieu l'agrée), faisait paître ses moutons avec les bergers des gens de La Mecque. Le soir, il ramenait les moutons d'Abū Bakr près d'eux, et ils trayaient et abattaient. Lorsque 'Abd Allāh ibn Abī Bakr partait le matin de chez eux pour La Mecque, 'Āmir ibn Fuhayra suivait ses traces avec les moutons pour les effacer. Après trois jours, lorsque les gens se furent calmés à leur sujet, l'homme qu'ils avaient engagé vint avec leurs deux chameaux et un chameau à lui. Asmā' bint Abī Bakr (que Dieu les agrée) leur apporta leurs provisions, mais elle oublia de leur mettre une corde. Lorsqu'ils partirent, elle voulut attacher la besace, mais elle n'avait pas de corde 21. Elle défit alors sa ceinture 22 et en fit une corde, puis l'attacha avec.
La raison pour laquelle Asma' fut appelée « Dhat an-Nitaq » 23 : On appelait donc Asma' bint Abi Bakr « Dhat an-Nitaq » pour cette raison. Ibn Hisham dit : J'ai entendu plusieurs savants dire : « Dhat an-Nitaqayn » 24. L'explication est la suivante : lorsqu'elle voulut suspendre la besace, elle déchira sa ceinture en deux, suspendit la besace avec l'une et se ceignit avec l'autre. Abou Bakr présente une monture au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Ibn Ishaq dit : Lorsque Abou Bakr, qu'Allah l'agrée, eut amené les deux montures au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, il lui présenta la meilleure des deux, puis dit : « Monte, que mon père et ma mère soient sacrifiés pour toi. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Je ne monte pas un chameau qui ne m'appartient pas. » Il dit : « Il est à toi, ô Messager d'Allah, que mon père et ma mère soient sacrifiés pour toi. » Il dit : « Non, mais quel est le prix auquel tu l'as acheté ? » Il dit : « Tant et tant. » Il dit : « Je l'ai pris à ce prix. » Il dit : « Il est à toi, ô Messager d'Allah. » 25 Ils montèrent et partirent, et Abou Bakr as-Siddiq, qu'Allah l'agrée, prit en croupe derrière lui 'Amir ibn Fuhayra, son affranchi, pour les servir en chemin. Le coup d'Abou Jahl à Asma' : Ibn Ishaq dit : On m'a rapporté d'après Asma' bint Abi Bakr qu'elle a dit : Lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et Abou Bakr, qu'Allah l'agrée, furent partis, un groupe de Quraysh vint à nous, parmi lesquels Abou Jahl ibn Hisham. Ils s'arrêtèrent à la porte d'Abou Bakr. Je sortis vers eux. Ils dirent : « Où est ton père, ô fille d'Abou Bakr ? » Elle dit : Je répondis : « Par Allah, je ne sais pas où est mon père. » Elle dit : Alors Abou Jahl leva la main – il était grossier et mauvais – et me gifla si fort que ma boucle d'oreille tomba. L'histoire du djinn qui annonça la route du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lors de son émigration : Elle dit : Puis ils s'en allèrent. Nous restâmes trois nuits sans savoir où était allé le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, jusqu'à ce qu'un homme des djinns vienne du bas de La Mecque, chantant des vers de poésie à la manière des Arabes. Les gens le suivaient, entendant sa voix sans le voir, jusqu'à ce qu'il sorte du haut de La Mecque en disant : « Qu'Allah, le Seigneur des hommes, récompense de la meilleure récompense les deux compagnons qui ont dressé les tentes d'Oumm Ma'bad 26. Ils sont descendus dans la terre ferme puis sont repartis au soir ; heureux celui qui devient le compagnon de Muhammad. Que les Banu Ka'b se réjouissent de la place de leur jeune fille, et de son lieu d'observation pour les croyants. » La généalogie d'Oumm Ma'bad : Ibn Hisham dit : Oumm Ma'bad 27 bint Ka'b, une femme des Banu Ka'b, de Khuza'a. Ses paroles « les tentes » et « ils sont descendus dans la terre ferme puis sont repartis au soir » viennent d'autres qu'Ibn Ishaq. Ibn Ishaq dit : Asma' bint Abi Bakr, qu'Allah les agrée tous deux, dit : Lorsque nous entendîmes ses paroles, nous sûmes où était allé le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et que sa direction était Médine. Ils étaient quatre : le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, Abou Bakr as-Siddiq, qu'Allah l'agrée, 'Amir ibn Fuhayra, l'affranchi d'Abou Bakr, et 'Abdullah ibn Arqat, leur guide. Ibn Hisham dit : On dit aussi 'Abdullah ibn Urayqit. Abou Quhafa et Asma' après l'émigration d'Abou Bakr : Ibn Ishaq dit : Yahya ibn 'Abbad ibn 'Abdullah ibn az-Zubayr m'a raconté que son père 'Abbad lui a raconté d'après sa grand-mère Asma' bint Abi Bakr, qui a dit : Lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, partit, et qu'Abou Bakr partit avec lui, Abou Bakr emporta tout son argent, soit cinq mille ou six mille dirhams, et partit avec. Elle dit : Mon grand-père Abou Quhafa, qui avait perdu la vue, vint chez nous et dit : « Par Allah, je pense qu'il vous a affligés en prenant son argent avec lui. » Elle dit : Je répondis : « Non, père ! Il nous a laissé beaucoup de bien. » Elle dit : Je pris des pierres, les plaçai dans une niche de la maison où mon père mettait son argent, puis mis un tissu dessus. Ensuite, je pris sa main et dis : « Père, mets ta main sur cet argent. » Elle dit : Il mit sa main dessus et dit : « Ce n'est pas grave, s'il vous a laissé cela, il a bien fait. Cela vous suffit. » Par Allah, il ne nous avait rien laissé, mais je voulais calmer le vieillard par cela. Suraqa et sa poursuite du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Ibn Ishaq dit : Az-Zuhri m'a raconté que 'Abd ar-Rahman ibn Malik ibn Ju'shum lui a raconté d'après son père, d'après son oncle Suraqa ibn Malik ibn Ju'shum 28, qui a dit : Lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, sortit de La Mecque pour émigrer à Médine, les Quraysh offrirent cent chamelles à quiconque le ramènerait. Il dit : Alors que j'étais assis dans le cercle de mon peuple, un homme des nôtres vint et s'arrêta devant nous en disant : « Par Allah, je viens de voir trois cavaliers passer devant moi ; je pense que ce sont Muhammad et ses compagnons. » Il dit : Je lui fis signe de l'œil de se taire, puis dis : « Ce sont les fils d'untel qui cherchent une bête égarée. » Il dit : « Peut-être. » Puis il se tut. Il dit : Je restai un moment, puis me levai, rentrai chez moi, ordonnai qu'on selle ma jument et qu'on l'amène au fond de la vallée, et qu'on sorte mes armes de derrière ma tente. Puis je pris mes flèches de tirage au sort 29, partis, revêtis ma cotte de mailles 30, sortis mes flèches et tirai au sort. La flèche que je détestais sortit : « Il ne lui nuira pas » 31. Il dit : J'espérais le ramener aux Quraysh et prendre les cent chamelles. Il dit : Je montai à sa poursuite. Alors que ma jument galopait avec moi, elle trébucha et je tombai. Il dit : Je dis : « Qu'est-ce que cela ? » Puis je sortis mes flèches, tirai au sort, et la flèche que je détestais sortit : « Il ne lui nuira pas. » Il dit : Mais je refusai de ne pas le suivre. Je montai à sa poursuite. Alors que ma jument galopait avec moi, elle trébucha et je tombai. Je dis : « Qu'est-ce que cela ? » Puis je sortis mes flèches, tirai au sort, et la flèche que je détestais sortit : « Il ne lui nuira pas. » Il dit : Mais je refusai de ne pas le suivre. Je montai à sa poursuite. Lorsque le groupe m'apparut et que je les vis, ma jument trébucha, ses deux pattes avant s'enfoncèrent dans la terre, et je tombai. Puis elle retira ses pattes de la terre, et une fumée semblable à une trombe 32 les suivit. Il dit : Lorsque je vis cela, je sus qu'il m'était interdit de l'atteindre et qu'il était victorieux. Il dit : J'appelai le groupe : « Je suis Suraqa ibn Ju'shum ! Attendez-moi que je vous parle. Par Allah, je ne vous ferai aucun mal et rien de ce que vous détestez ne viendra de moi. » Il dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit à Abou Bakr : « Dis-lui : Que veux-tu de nous ? » Abou Bakr le dit. Il dit : Je répondis : « Écris-moi un document qui soit un signe entre toi et moi. » Il dit : « Écris-lui, ô Abou Bakr. » L'islam de Suraqa : Il dit : Il m'écrivit un document sur un os, ou un morceau de cuir, ou un tesson de poterie, puis me le jeta. Je le pris, le mis dans mon carquois, puis retournai 33 et me tus, sans rien mentionner de ce qui s'était passé, jusqu'à la conquête de La Mecque par le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Lorsqu'il eut fini avec Hunayn et Ta'if, je sortis avec le document pour le rencontrer. Je le rencontrai à al-Ji'irrana 34. Il dit : J'entrai dans un escadron de cavalerie des Ansar. Ils me frappèrent avec leurs lances en disant : « Arrière ! Arrière ! Que veux-tu ? » Il dit : Je m'approchai du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, qui était sur sa chamelle. Par Allah, je voyais sa jambe dans l'étrier 35 comme si c'était une tige de palmier. Il dit : Je levai la main avec le document et dis : « Ô Messager d'Allah, voici ton document pour moi. Je suis Suraqa ibn Ju'shum. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « C'est un jour de fidélité et de bonté. Approche. »
Je m'approchai de lui et embrassai l'islam. Puis je me souvins d'une chose dont je voulais interroger l'Envoyé d'Allah 36 – qu'Allah prie sur lui et le salue – mais je ne m'en souviens pas, sauf que je dis : « Ô Envoyé d'Allah, les chamelles égarées viennent à mes abreuvoirs, alors que je les ai remplis pour mes propres chamelles ; y a-t-il pour moi une récompense à les abreuver ? » Il dit : « Oui, pour tout être vivant ayant un foie altéré 37, il y a une récompense. » Puis je retournai vers mon peuple et conduisis à l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – mon aumône légale 38.
Les tribus l'interpellent, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, cherchant à ce qu'il descende chez elles : 'Itbān ibn Mālik et 'Abbās ibn 'Ubāda ibn Nadla, accompagnés d'hommes des Banū Sālim ibn 'Awf, vinrent à lui et dirent : « Ô Messager d'Allah, demeure chez nous, pour le nombre, la préparation et la protection. » Il dit : « Laissez-la passer, car elle est commandée 39 », parlant de sa chamelle. Ils la laissèrent donc passer, et elle partit jusqu'à ce qu'elle fût en face de la demeure des Banū Bayāḍa. Ziyād ibn Labīd et Farwa ibn 'Amr, accompagnés d'hommes des Banū Bayāḍa, vinrent à sa rencontre et dirent : « Ô Messager d'Allah, viens à nous, pour le nombre, la préparation et la protection. » Il dit : « Laissez-la passer, car elle est commandée. » Ils la laissèrent donc passer, et elle partit jusqu'à ce qu'elle fût passée par la demeure des Banū Sā'ida. Sa'd ibn 'Ubāda et al-Mundhir ibn 'Amr, accompagnés d'hommes des Banū Sā'ida, l'interpellèrent et dirent : « Ô Messager d'Allah, viens à nous, pour le nombre, la préparation et la protection. » Il dit : « Laissez-la passer, car elle est commandée. » Ils la laissèrent donc passer, et elle partit jusqu'à ce qu'elle fût en face de la demeure des Banū al-Ḥārith ibn al-Khazraj. Sa'd ibn al-Rabī', Khārija ibn Zayd et 'Abd Allāh ibn Rawāḥa, accompagnés d'hommes des Banū al-Ḥārith ibn al-Khazraj, l'interpellèrent et dirent : « Ô Messager d'Allah, viens à nous, pour le nombre, la préparation et la protection. » Il dit : « Laissez-la passer, car elle est commandée. » Ils la laissèrent donc passer, et elle partit jusqu'à ce qu'elle fût passée par la demeure des Banū 'Adī ibn al-Najjār, qui étaient ses oncles maternels 40 – la mère de 'Abd al-Muṭṭalib, Salmā bint 'Amr, était l'une de leurs femmes. Salīṭ ibn Qays et Abū Salīṭ, Usayra ibn Abī Khārija, accompagnés d'hommes des Banū 'Adī ibn al-Najjār, l'interpellèrent et dirent : « Ô Messager d'Allah, viens chez tes oncles maternels, pour le nombre, la préparation et la protection. » Il dit : « Laissez-la passer, car elle est commandée. » Ils la laissèrent donc passer, et elle partit. (Le lieu où sa chamelle s'agenouilla, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dans la demeure des Banū Mālik ibn al-Najjār) : Jusqu'à ce qu'elle arrivât à la demeure des Banū Mālik ibn al-Najjār, elle s'agenouilla à la porte de sa mosquée, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, qui était alors un terrain de séchage des dattes 41 appartenant à deux orphelins des Banū al-Najjār, puis des Banū Mālik ibn al-Najjār, lesquels étaient sous la tutelle de Mu'ādh ibn 'Afrā', Sahl et Suhayl, les deux fils de 'Amr. Lorsqu'elle s'agenouilla, et que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, était sur elle, il ne descendit pas, mais resta. Elle partit alors un peu plus loin, tandis que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, tenait sa bride sans la tirer. Puis elle regarda derrière elle, revint à son premier lieu d'agenouillement, s'y agenouilla, puis s'affaissa 42 et posa son cou 43 sur le sol. Alors le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, descendit d'elle 44. Abū Ayyūb Khālid ibn Zayd prit sa selle et la plaça dans sa maison, et le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, descendit chez lui. Il s'enquit du terrain de séchage des dattes : « À qui appartient-il ? » Mu'ādh ibn 'Afrā' lui dit : « Ô Messager d'Allah, il appartient à Sahl et Suhayl, les deux fils de 'Amr 45, deux orphelins sous ma tutelle, et je les satisferai pour cela. Prends-le pour en faire une mosquée. » (Construction de la mosquée de Médine et des habitations du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : Il dit : Alors le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, ordonna qu'on en fasse une mosquée. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, descendit chez Abū Ayyūb jusqu'à ce qu'il eût construit sa mosquée et ses habitations. Il y travailla lui-même pour encourager les musulmans à y travailler. Les émigrés et les auxiliaires y travaillèrent et s'y activèrent. Un des musulmans dit : « Si nous restions assis tandis que le Prophète travaille, / Ce serait de notre part un travail égarant. » Les musulmans scandèrent en travaillant à sa construction : « Il n'y a de vie que la vie de l'au-delà ; / Ô Allah, fais miséricorde aux auxiliaires et aux émigrés. » Ibn Hishām dit : Ce sont des paroles, non de la poésie rythmée. Ibn Isḥāq dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, disait : « Il n'y a de vie que la vie de l'au-delà ; Ô Allah, fais miséricorde aux émigrés et aux auxiliaires. » (Annonce du Messager à 'Ammār qu'il sera tué par le groupe rebelle) : Il dit : 'Ammār ibn Yāsir entra, alors qu'ils l'avaient chargé de briques, et dit : « Ô Messager d'Allah, ils m'ont tué, ils me chargent de ce qu'ils ne peuvent porter. » Umm Salama, l'épouse du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : Je vis le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, essuyer ses cheveux avec sa main – il avait les cheveux crépus – en disant : « Malheur au fils de Sumayya 46 ! Ce ne sont pas eux qui te tueront ; c'est le groupe rebelle 47 qui te tuera. » (Poésie rythmée de 'Alī ibn Abī Ṭālib lors de la construction de la mosquée) : Ce jour-là, 'Alī ibn Abī Ṭālib, qu'Allah l'agrée, scanda : « Ne sont pas égaux celui qui fréquente les mosquées, / S'y activant debout et assis, / Et celui qu'on voit fuyant la poussière 48. » Ibn Hishām dit : J'ai interrogé plusieurs spécialistes de la poésie à propos de ces vers, et ils dirent : Il nous est parvenu que 'Alī ibn Abī Ṭālib les a scandés, mais on ne sait s'il en est l'auteur ou non. (Altercation entre 'Ammār et un des Compagnons) : Ibn Isḥāq dit : 'Ammār ibn Yāsir les reprit et se mit à les scander. Ibn Hishām dit : Lorsqu'il insista, un homme parmi les Compagnons du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, pensa qu'il faisait allusion à lui, d'après ce que nous a rapporté Ziyād ibn 'Abd Allāh al-Bakkā'ī, d'après Ibn Isḥāq – et Ibn Isḥāq a nommé cet homme 49. (Recommandation du Messager, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, concernant 'Ammār) : Ibn Isḥāq dit : Il dit : « J'ai entendu ce que tu dis depuis aujourd'hui, ô fils de Sumayya ! Par Allah, je crois que je vais approcher ce bâton de ton nez. » Il avait un bâton à la main. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, se fâcha, puis dit : « Qu'ont-ils à faire avec 'Ammār ? Il les appelle au Paradis, et ils l'appellent à l'Enfer. 'Ammār est une peau entre mes yeux et mon nez 50. Quand cela atteint un homme et qu'il n'est pas épargné, évitez-le. » (Celui qui construisit la première mosquée) : Ibn Hishām dit : Sufyān ibn 'Uyayna rapporta d'après Zakariyyā, d'après al-Sha'bī, que le premier à construire une mosquée fut 'Ammār ibn Yāsir 51. (Demeure du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, chez Abū Ayyūb, et quelque chose de sa bienséance à cet égard) : Ibn Isḥāq dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, demeura dans la maison d'Abū Ayyūb jusqu'à ce que sa mosquée et ses habitations fussent construites 52, puis il déménagea dans ses habitations depuis la maison d'Abū Ayyūb 53 – qu'Allah lui fasse miséricorde et l'agrée. Ibn Isḥāq dit : Yazīd ibn Abī Ḥabīb nous a rapporté d'après Muthaddith ibn 'Abd Allāh al-Yazanī, d'après Abū Ruhm al-Samā'ī, qui dit : Abū Ayyūb m'a raconté : Lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, descendit chez moi, dans ma maison, il descendit à l'étage inférieur, tandis que moi et Umm Ayyūb étions à l'étage supérieur. Je lui dis : « Ô Prophète d'Allah, que mon père et ma mère te soient sacrifiés, je répugne et trouve grave d'être au-dessus de toi alors que tu es en dessous de moi. Monte donc et sois à l'étage supérieur, et nous descendrons pour être à l'étage inférieur. » Il dit : « Ô Abū Ayyūb, il est plus commode pour nous et pour ceux qui nous visitent que nous soyons à l'étage inférieur de la maison. » Il dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, était donc à l'étage inférieur, et nous étions au-dessus de lui dans la demeure. Une cruche 54 d'eau se brisa chez nous ; je me levai, moi et Umm Ayyūb, avec une couverture que nous possédions – nous n'avions d'autre couverture – pour en éponger l'eau, de peur qu'une goutte ne tombe sur le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et ne l'incommode.
Il dit : Nous lui préparions le dîner, puis nous le lui envoyions. Lorsqu'il nous renvoyait le reste, moi et Oumm Ayoub 55 nous nous précipitions vers l'endroit où sa main avait touché, et nous en mangions, cherchant par cela la bénédiction. Jusqu'au soir où nous lui envoyâmes son dîner, dans lequel nous avions mis de l'oignon ou de l'ail. L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) le renvoya, et je ne vis aucune trace de sa main dedans. Il dit : Je vins à lui effrayé, et dis : Ô Envoyé de Dieu, que mon père et ma mère te soient sacrifiés, tu as renvoyé ton dîner, et je n'y ai pas vu l'endroit de ta main, alors que lorsque tu nous le renvoyais, moi et Oumm Ayoub nous nous précipitions vers l'endroit de ta main, cherchant par cela la bénédiction. Il dit : J'ai senti l'odeur de cet arbre 56, et je suis un homme qui a des entretiens intimes 57. Quant à vous, mangez-le. Il dit : Nous le mangeâmes, et nous ne lui préparâmes plus cet arbre par la suite. (Arrivée successive des émigrés 58 auprès de l'Envoyé de Dieu à Médine) : Ibn Ishaq 59 dit : Les émigrés arrivèrent successivement auprès de l'Envoyé de Dieu, et il ne resta plus à La Mecque aucun d'entre eux, sauf celui qui était séduit ou emprisonné. Et il n'y eut pas de famille d'émigration de La Mecque qui émigra avec ses familles et ses biens vers Dieu (béni et exalté soit-Il) et vers Son Envoyé, sauf des familles nommées : les Banû Maz'ûn 60 des Banû Jumah, les Banû Jahsh ibn Ri'âb 61, alliés des Banû Umayya, et les Banû al-Bukayr 62 des Banû Sa'd ibn Layth, alliés des Banû 'Adî ibn Ka'b. Car leurs maisons furent fermées à La Mecque par émigration, sans aucun habitant. (Agression d'Abû Sufyân 63 contre la maison des Banû Jahsh, et l'histoire à ce sujet) : Lorsque les Banû Jahsh ibn Ri'âb sortirent de leur maison, Abû Sufyân ibn Harb l'attaqua et la vendit à 'Amr ibn 'Alqama, frère des Banû 'Âmir ibn Lu'ayy. Quand la nouvelle de ce qu'avait fait Abû Sufyân à leur maison parvint aux Banû Jahsh, 'Abd Allah ibn Jahsh 64 en parla à l'Envoyé de Dieu, qui lui dit : « N'es-tu pas satisfait, ô 'Abd Allah, que Dieu te donne en échange une maison meilleure qu'elle au Paradis ? » Il dit : « Si, certes. » Il dit : « Cela t'est acquis. » Lorsque l'Envoyé de Dieu conquit La Mecque, Abû Ahmad 65 lui parla au sujet de leur maison, mais l'Envoyé de Dieu tardait à lui répondre. Les gens dirent à Abû Ahmad : « Ô Abû Ahmad, l'Envoyé de Dieu n'aime pas que vous réclamiez quoi que ce soit de vos biens qui vous a été pris pour Dieu (puissant et majestueux). » Alors il cessa de parler à l'Envoyé de Dieu, et dit à Abû Sufyân : « Fais parvenir à Abû Sufyân de ma part... une affaire dont les conséquences sont le regret. La maison de ton cousin, tu l'as vendue... pour t'acquitter de ta dette. Et votre allié par Dieu... le Seigneur des hommes, qui a prêté serment avec effort. Va-t'en avec elle, va-t'en avec elle... tu en as été ceint comme le collier de la colombe 66. » (Répandre l'Islam et ceux qui restèrent dans leur polythéisme) : Ibn Ishaq dit : L'Envoyé de Dieu demeura à Médine, depuis son arrivée au mois de Rabî' al-Awwal 67 jusqu'à Safar 68 de l'année suivante, jusqu'à ce que sa mosquée et ses habitations y fussent construites, et que l'Islam de cette tribu des Ansâr 69 se fût consolidé. Il ne resta aucune maison des Ansâr dont les habitants n'eussent embrassé l'Islam, sauf ce qui fut de Khatma 70, Wâqif 71, Wâ'il 72, et Umayya 73 ; ceux-là sont Aws Allah 74, une tribu d'Aws 75, car ils demeurèrent dans leur polythéisme. (Premier sermon de l'Envoyé de Dieu) : Le premier sermon que prononça l'Envoyé de Dieu, d'après ce qui m'est parvenu d'Abû Salama ibn 'Abd al-Rahmân 76 — nous cherchons refuge auprès de Dieu contre le fait de dire sur l'Envoyé de Dieu ce qu'il n'a pas dit — est qu'il se leva parmi eux, loua Dieu et Le glorifia comme Il le mérite, puis dit : « Ceci dit 77, ô gens, faites avancer 78 pour vous-mêmes. Par Dieu, l'un de vous sera frappé d'étourdissement 79, puis il laissera ses brebis sans berger, puis son Seigneur lui dira, sans interprète ni voile qui Le cache de lui : "Mon Envoyé n'est-il pas venu à toi et ne t'a-t-il pas transmis [le message] ? Ne t'ai-Je pas donné des biens et ne t'ai-Je pas favorisé ? Qu'as-tu donc avancé pour toi-même ?" Alors il regardera à droite et à gauche, et ne verra rien ; puis il regardera devant lui, et ne verra que la Géhenne 80. Que celui qui peut protéger son visage du Feu, ne serait-ce qu'avec un morceau de datte, le fasse ; et que celui qui n'en trouve pas [le fasse] avec une bonne parole, car par elle la bonne action est récompensée au décuple, jusqu'à sept cents fois. Que la paix soit sur vous, ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions. » (Second sermon de l'Envoyé de Dieu) : Ibn Ishaq dit : Puis l'Envoyé de Dieu prononça un autre sermon aux gens, et dit : « La louange est à Dieu ; je Le loue et Lui demande aide. Nous cherchons refuge auprès de Dieu contre les maux de nos âmes et les mauvaises actions. Celui que Dieu guide, nul ne peut l'égarer ; et celui qu'Il égare, nul ne peut le guider. Et j'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu, l'Unique, sans associé. La meilleure parole est le Livre de Dieu (béni et exalté soit-Il). A réussi celui que Dieu a paré dans son cœur, qu'Il a fait entrer dans l'Islam après la mécréance, et qu'Il a choisi de préférence à tout autre discours des hommes. C'est la meilleure parole et la plus éloquente. Aimez ce que Dieu aime ; aimez Dieu de tout votre cœur ; ne vous lassez pas de la parole de Dieu et de Son rappel ; et que vos cœurs ne s'endurcissent pas à son égard. Car Dieu choisit et élit parmi tout ce qu'Il crée. Dieu l'a nommé Son choix parmi les œuvres, Son élu parmi les serviteurs, et la parole vertueuse. Et parmi tout ce qui est donné aux hommes, le licite et l'illicite. Adorez donc Dieu et ne Lui associez rien ; craignez-Le comme Il doit être craint ; soyez sincères envers Dieu dans ce que vous dites de bien de vos bouches ; et aimez-vous les uns les autres par l'Esprit de Dieu 81 entre vous. Dieu se fâche que Son pacte soit violé. Que la paix soit sur vous. » (Écrit de l'Envoyé de Dieu entre les Émigrés et les Ansâr, et pacte de paix avec les Juifs) : Ibn Ishaq dit : L'Envoyé de Dieu écrivit un écrit entre les Émigrés et les Ansâr, dans lequel il fit la paix avec les Juifs et conclut un pacte avec eux, les confirmant dans leur religion et leurs biens, leur imposant des conditions et en acceptant d'eux : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ceci est un écrit de Muhammad le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) entre les croyants et les musulmans de Quraysh 82 et de Yathrib 83, et ceux qui les ont suivis, les ont rejoints et ont combattu avec eux. Ils sont une seule communauté 84 à l'exclusion des autres gens. Les Émigrés de Quraysh sont selon leur condition 85 : ils paient le prix du sang entre eux... »
entre eux, et ils rachètent leur captif 86 selon la coutume et l'équité entre les croyants. Les Banû 'Awf restent sur leur pacte 87 ; ils paient le prix du sang 88 comme auparavant, et chaque groupe rachète son captif selon la coutume et l'équité entre les croyants. Les Banû Sâ'ida restent sur leur pacte ; ils paient le prix du sang comme auparavant, et chaque groupe d'entre eux rachète son captif selon la coutume et l'équité entre les croyants. Les Banû al-Hârith restent sur leur pacte ; ils paient le prix du sang comme auparavant, et chaque groupe rachète son captif selon la coutume et l'équité entre les croyants. Les Banû Jusham restent sur leur pacte ; ils paient le prix du sang comme auparavant, et chaque groupe d'entre eux rachète son captif selon la coutume et l'équité entre les croyants. Les Banû an-Najjâr restent sur leur pacte ; ils paient le prix du sang comme auparavant, et chaque groupe d'entre eux rachète son captif selon la coutume et l'équité entre les croyants. Les Banû 'Amr ibn 'Awf restent sur leur pacte ; ils paient le prix du sang comme auparavant, et chaque groupe rachète son captif selon la coutume et l'équité entre les croyants. Les Banû an-Nabît restent sur leur pacte ; ils paient le prix du sang comme auparavant, et chaque groupe rachète son captif selon la coutume et l'équité entre les croyants. Les Banû al-Aws restent sur leur pacte ; ils paient le prix du sang comme auparavant, et chaque groupe d'entre eux rachète son captif selon la coutume et l'équité entre les croyants. Et les croyants n'abandonnent pas un lourdement endetté 89 parmi eux sans lui donner selon la coutume pour une rançon ou un prix du sang.
- al-a'zāb : Les célibataires, hommes sans épouse.
- al-muhājirūn : Les émigrés, ceux qui ont émigré de La Mecque à Médine pour suivre le Prophète.
- al-hijra : L'émigration du Prophète et de ses compagnons de La Mecque à Médine.
- dār al-nadwa : Maison d'assemblée, lieu de réunion des notables de Quraych pour délibérer.
- Iblīs : Nom de Satan dans l'islam.
- batla : Manteau ou vêtement ample porté par les vieillards.
- Najd : Région du centre de l'Arabie.
- al-ḥaḍramī : Tissu ou vêtement provenant du Hadramaout (région du Yémen).
- Yā Sīn : Sourate 36 du Coran, dont les versets 9-10 évoquent l'aveuglement des mécréants.
- al-ʿAzīz al-Raḥīm : Le Tout-Puissant, le Très Miséricordieux : deux des noms divins, signifiant respectivement 'le Puissant, l'Invincible' et 'le Très Miséricordieux'.
- fa-aghshaynāhum fahum lā yubṣirūn : Puis Nous les avons recouverts d'un voile, et ils ne voient plus : verset 9 de la sourate Yā Sīn, évoquant l'aveuglement spirituel des mécréants.
- aṣbaḥū : Ils restèrent ainsi jusqu'au matin : littéralement 'jusqu'à ce qu'ils entrent dans le matin', indiquant qu'ils attendirent toute la nuit.
- Wa-idh yamkuru bika alladhīna kafarū... : Et quand ceux qui ont mécru complotaient contre toi... : verset 30 de la sourate al-Anfāl, révélé à propos du complot des Qurayshites contre le Prophète.
- Am yaqūlūna shāʿirun... : Ou bien disent-ils : 'C'est un poète ! Nous attendons pour lui le coup du sort' ? : versets 30-31 de la sourate al-Ṭūr.
- al-Manūn : La mort, le destin funeste ; terme poétique désignant la mort comme une calamité.
- Rayb al-Manūn : Les vicissitudes de la mort, les malheurs qu'elle apporte ; expression signifiant les coups du sort.
- ibnatāya : Mes deux filles : 'Ā'isha et Asmā', les filles d'Abū Bakr.
- ʿAbd Allāh ibn Urayqiṭ : Guide païen engagé par le Prophète et Abū Bakr pour les conduire à Médine lors de l'émigration.
- al-wadāʾiʿ : Les dépôts : biens confiés au Prophète pour leur sécurité, qu'il chargea 'Alī de restituer après son départ.
- khawkha : Lucarne ou petite porte dérobée à l'arrière de la maison, permettant de sortir discrètement.
- ʿiṣām : Corde ou lien servant à attacher la besace (sufra) contenant les provisions.
- niṭāq : Ceinture ou cordelette portée à la taille, utilisée ici comme lien de fortune.
- Dhat an-Nitaq : Surnom d'Asma' bint Abi Bakr signifiant « Celle à la ceinture », en référence à l'épisode où elle déchira sa ceinture pour suspendre la besace.
- Dhat an-Nitaqayn : Variante du surnom signifiant « Celle aux deux ceintures », car elle utilisa les deux moitiés de sa ceinture.
- hadha : Référence à la note [14] dans le texte original, non précisée ici.
- Umm Ma'bad : Femme des Banu Ka'b chez qui le Prophète et Abou Bakr s'arrêtèrent lors de l'émigration.
- Umm Ma'bad : Même personne que ci-dessus.
- Suraqa ibn Malik ibn Ju'shum : Cheikh des Banu Mudlij, qui poursuivit le Prophète lors de l'émigration puis embrassa l'islam.
- qidah : Flèches de tirage au sort utilisées en Arabie préislamique pour la divination.
- la'ma : Cotte de mailles ou armure complète.
- la yadurruhu : Inscription sur la flèche signifiant « Il ne lui nuira pas », indiquant un présage défavorable pour le poursuivant.
- i'sar : Trombe de sable ou tempête de poussière, phénomène miraculeux.
- raja'tu : Il retourna chez lui sans rien dire.
- al-Ji'irrana : Lieu près de La Mecque où le Prophète distribua le butin après la bataille de Hunayn.
- gharz : Étrier de la selle.
- Rasūl Allāh : Messager d'Allah, titre de Muhammad.
- dhāt kabidin ḥarrā : Expression désignant tout être vivant assoiffé, littéralement 'possédant un foie brûlant'.
- ṣadaqatī : Aumône obligatoire (zakāt) ou volontaire.
- mā'mūra : Signifie qu'elle est commandée par Allah, c'est-à-dire qu'elle agit sous l'ordre divin.
- akhwāluhu : Oncles maternels du Prophète, car sa grand-mère paternelle Salmā bint 'Amr était de cette tribu.
- mirbad : Espace pour faire sécher les dattes.
- taḥalḥalat wa zammat : Elle s'affaissa et s'installa confortablement.
- jirān : Le cou de la chamelle, qu'elle pose au sol lorsqu'elle se repose.
- nazala 'anhā : Il descendit de la chamelle.
- Sahl wa Suhayl ibnay 'Amr : Deux orphelins sous la tutelle de Mu'ādh ibn 'Afrā'.
- ibn Sumayya : Surnom de 'Ammār ibn Yāsir, faisant référence à sa mère Sumayya.
- al-fi'a al-bāghiya : Le groupe rebelle, désignant ceux qui se révolteront contre l'autorité légitime.
- ḥā'idan : Qui s'écarte, qui fuit la poussière, par paresse ou orgueil.
- al-rajul : L'homme en question est nommé par Ibn Isḥāq, mais le texte ne le précise pas ici.
- jilda mā bayna 'aynayya wa anfī : Métaphore signifiant que 'Ammār lui est très cher, comme une partie de lui-même.
- awwal man banā masjidan : Premier à construire une mosquée, selon al-Sha'bī.
- masākinuhu : Ses habitations, c'est-à-dire les appartements de ses épouses.
- min bayt Abī Ayyūb : Depuis la maison d'Abū Ayyūb, après la construction de ses propres habitations.
- ḥubb : Grande cruche ou jarre en terre cuite.
- Umm Ayyūb : Oumm Ayoub : épouse d'Abû Ayoub al-Ansârî, compagnon du Prophète.
- shajara : Arbre : il s'agit de l'oignon ou de l'ail, dont l'odeur est forte.
- unājī : Homme qui a des entretiens intimes : le Prophète recevait des révélations et conversait avec l'ange Gabriel, d'où l'importance de ne pas avoir d'odeur désagréable.
- al-muhājirūn : Émigrés : les musulmans de La Mecque qui ont émigré à Médine.
- Ibn Isḥāq : Ibn Ishaq : célèbre historien et biographe du Prophète (m. 150 H/767).
- Banū Maz‘ūn : Banû Maz'ûn : famille de la tribu de Quraysh, dont faisait partie 'Uthmân ibn Maz'ûn.
- Banū Jaḥsh ibn Ri’āb : Banû Jahsh ibn Ri'âb : famille de Quraysh, alliée des Banû Umayya.
- Banū al-Bukayr : Banû al-Bukayr : famille de la tribu de Sa'd ibn Layth.
- Abū Sufyān : Abû Sufyân : chef des Qurayshites à La Mecque, alors non-musulman.
- ‘Abd Allāh ibn Jaḥsh : 'Abd Allah ibn Jahsh : compagnon du Prophète, de la famille des Banû Jahsh.
- Abū Aḥmad : Abû Ahmad : surnom de 'Abd Allah ibn Jahsh, ou peut-être un autre membre de sa famille.
- ṭawq al-ḥamāma : Collier de la colombe : métaphore pour un fardeau ou une contrainte inéluctable.
- Rabī‘ al-Awwal : Rabî' al-Awwal : troisième mois du calendrier lunaire islamique.
- Ṣafar : Safar : deuxième mois du calendrier lunaire islamique.
- al-Anṣār : Ansâr : les musulmans de Médine qui ont accueilli et soutenu le Prophète.
- Khaṭma : Khatma : tribu ou clan d'Aws.
- Wāqif : Wâqif : tribu ou clan d'Aws.
- Wā’il : Wâ'il : tribu ou clan d'Aws.
- Umayya : Umayya : tribu ou clan d'Aws.
- Aws Allāh : Aws Allah : nom d'une branche de la tribu d'Aws.
- Aws : Aws : l'une des deux principales tribus arabes de Médine (l'autre étant Khazraj).
- Abū Salama ibn ‘Abd al-Raḥmān : Abû Salama ibn 'Abd al-Rahmân : savant et traditionniste médinois.
- ammā ba‘d : Ceci dit : formule de transition utilisée dans les sermons et discours.
- qaddimū : Faites avancer : accomplissez des œuvres pies en prévision de l'au-delà.
- yuṣ‘aqanna : Frappé d'étourdissement : allusion à la mort ou à l'agonie.
- Jahannam : Géhenne : l'Enfer.
- rūḥ Allāh : Esprit de Dieu : miséricorde ou inspiration divine.
- Quraysh : Quraysh : la tribu dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- Yathrib : Yathrib : ancien nom de Médine.
- umma wāḥida : Communauté unique : la communauté musulmane.
- rib‘atihim : Leur condition : leur état, leur organisation tribale.
- عَانِي : Captif de guerre, prisonnier.
- رِبْعَة : Pacte, alliance, engagement tribal.
- يَتَعَاقَلُونَ مَعَاقِلَهُمْ : Ils paient mutuellement le prix du sang (diyya) selon leurs obligations tribales.
- مُفْرَح : Personne accablée de dettes et de charges familiales.
Le pacte de fraternisation [1] entre les Émigrés [2] et les Auxiliaires [3].
Les musulmans doivent assurer leur dépense 1. Entre eux, le secours est assuré contre quiconque combat les gens de ce pacte 2. Entre eux règnent la sincérité et le conseil, ainsi que la piété, à l'exclusion du péché. Nul ne sera tenu pour pêcheur du fait de son allié. Le secours est dû à l'opprimé. Les juifs contribueront aux dépenses avec les croyants tant qu'ils seront en guerre. Yathrib 3 est sacrée, son enceinte est inviolable pour les gens de ce pacte. Le voisin est comme soi-même, sans préjudice ni péché. Nulle protection ne sera accordée sans l'autorisation de ses ayants droit. Tout incident ou querelle survenant entre les gens de ce pacte, dont on craint le désordre, sera référé à Dieu, Puissant et Majestueux, et à Muhammad, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Dieu est garant de ce qu'il y a de plus pieux et de plus vertueux dans ce pacte. Quraysh 4 et quiconque la soutient ne seront pas protégés. Entre eux, le secours est assuré contre quiconque attaque Yathrib. S'ils sont invités à conclure une paix qu'ils acceptent et adoptent, ils la concluront et l'adopteront. S'ils sont invités à une paix similaire, elle leur sera accordée par les croyants, sauf en cas de combat pour la religion. Chaque groupe aura sa part du côté qui lui fait face. Les juifs d'Aws 5, leurs clients et eux-mêmes, bénéficient des mêmes droits que les gens de ce pacte, avec la piété pure de la part des gens de ce pacte. Ibn Hishâm dit : on dit : avec la piété, le bienfaiteur parmi les gens de ce pacte. Ibn Ishâq dit : la piété, à l'exclusion du péché ; nul n'acquiert que pour lui-même. Dieu est garant de ce qu'il y a de plus véridique et de plus vertueux dans ce pacte. Ce document n'empêche ni l'injuste ni le pêcheur. Quiconque sort est en sécurité, quiconque reste à Médine est en sécurité, sauf celui qui commet une injustice ou un péché. Dieu est le protecteur de quiconque est pieux et craint Dieu, et Muhammad est le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue).
- نَفَقَة : Dépense obligatoire pour l'entretien des personnes à charge.
- صَحِيفَة : Pacte ou document écrit, ici la Constitution de Médine.
- يَثْرِب : Ancien nom de Médine avant l'Hégire.
- قُرَيْش : Tribu mecquoise dominante, opposée à Muhammad.
- الأَوْس : Tribu arabe de Médine, alliée des Ansâr.
Abou Oumama [1]
de la frayeur 1, deux frères. Voici ceux qui nous ont été nommés, parmi ceux que le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, avait fraternisés entre ses Compagnons. (Bilal lègue son registre 2 à Abū Ruwayḥa) : Lorsque 'Umar ibn al-Khaṭṭāb organisa les registres 2 en Syrie, et que Bilal était parti en Syrie pour y résider en combattant 3, 'Umar dit à Bilal : « À qui confies-tu ton registre 2, ô Bilal ? » Il répondit : « Avec Abū Ruwayḥa, je ne le quitterai jamais, en raison de la fraternité que le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, avait établie entre lui et moi. » Alors il lui fut adjoint, et le registre 2 des Abyssins fut joint à celui des Khath'am 4, à cause de la place de Bilal parmi eux. Ainsi, il est chez les Khath'am 4 jusqu'à ce jour en Syrie. Abū Umāma Ibn Isḥāq dit : « Et mourut durant ces mois Abū Umāma, Sa'd ibn Zurāra, alors que la mosquée était en construction ; il fut pris par la diphtérie ou le croup. » (Sa mort et ce que les Juifs dirent à ce sujet) : Ibn Isḥāq dit : 'Abd Allāh ibn Abī Bakr ibn Muḥammad ibn 'Amr ibn Ḥazm m'a rapporté, d'après Yaḥyā ibn 'Abd Allāh ibn 'Abd al-Raḥmān ibn As'ad ibn Zurāra, que le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, dit : « Quel mauvais mort qu'Abū Umāma ! Les Juifs et les hypocrites arabes diront : “S'il était prophète, son compagnon ne serait pas mort.” Or je ne détiens pour moi-même ni pour mon compagnon rien venant d'Allah. » (Par sa mort, le Prophète, paix et salut sur lui, devint le représentant 5 des Banū al-Najjār) : Ibn Isḥāq dit : 'Āṣim ibn 'Umar ibn Qatāda al-Anṣārī m'a rapporté que, lorsqu'Abū Umāma, Sa'd ibn Zurāra, mourut, les Banū al-Najjār se réunirent auprès du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, – et Abū Umāma était leur représentant 5 – et lui dirent : « Ô Messager d'Allah, celui-ci était parmi nous comme tu le sais. Désigne donc un homme à sa place pour gérer nos affaires comme il le faisait. » Il répondit :
- al-fazaʿ : La frayeur, terme pouvant désigner l'effroi du Jour du Jugement ou une peur intense.
- dīwān : Registre officiel où étaient inscrits les noms des combattants et leurs soldes, institué par le calife 'Umar.
- mujāhid : Celui qui combat dans le sentier d'Allah, pour la foi.
- Khathʿam : Tribu arabe du sud de l'Arabie, établie en Syrie.
- naqīb : Représentant ou chef d'une tribu ou d'un groupe, chargé de veiller aux affaires de sa communauté.
Le récit de l'appel à la prière [1]
Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — leur dit : « Vous êtes mes oncles maternels, je suis des vôtres, et je suis votre naqîb 1. » Et le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — répugna à en gratifier certains plutôt que d'autres. Parmi les mérites des Banû an-Najjâr 2 qu'ils comptaient à leur peuple, il y avait que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — était leur naqîb. Chapitre de l'appel à la prière (al-adhân) (Réflexion sur l'adoption d'un cor ou d'une cloche) Ibn Ishâq dit : Lorsque le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — se fut installé à Médine, que ses frères parmi les Émigrés 3 l'eurent rejoint et que l'affaire des Auxiliaires 4 se fut consolidée, l'ordre de l'Islam s'affermit : la prière fut établie, l'aumône légale 5 et le jeûne furent prescrits, les peines légales 6 furent appliquées, le licite et l'illicite furent fixés, et l'Islam s'installa au milieu d'eux. Ce clan des Auxiliaires était celui qui avait « pris domicile dans la demeure et la foi » 7. Or, lorsque le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — arriva à Médine, les gens se rassemblaient pour la prière aux heures fixées sans qu'on les y appelle. Aussi le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — songea-t-il, à son arrivée, à adopter un cor semblable à celui des Juifs, par lequel ils appelaient à leurs prières ; puis il le répugna. Ensuite, il ordonna une cloche, qui fut taillée pour être frappée afin d'appeler les musulmans à la prière. (Vision de 'Abd Allah ibn Zayd concernant l'appel à la prière) Alors qu'ils étaient dans cette situation, 'Abd Allah ibn Zayd ibn Tha'laba ibn 'Abd Rabbih, frère des Banû al-Hârith ibn al-Khazraj, vit en rêve l'appel à la prière. Il vint donc au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et lui dit : « Ô Messager d'Allah, cette nuit un visiteur a tourné autour de moi : un homme vêtu de deux habits verts passa près de moi, portant une cloche à la main. Je lui dis : “Ô serviteur d'Allah, vends-tu cette cloche ?” Il dit : “Qu'en feras-tu ?” Je répondis : “Nous y appellerons à la prière.” Il dit : “Ne t'indiquerai-je pas quelque chose de meilleur que cela ?” Je dis : “Quoi donc ?” Il dit : “Tu dis : Allâhu akbar, Allâhu akbar ; Allâhu akbar, Allâhu akbar ; ashhadu an lâ ilâha illâ Llâh ; ashhadu an lâ ilâha illâ Llâh ; ashhadu anna Muhammadan rasûlu Llâh ; ashhadu anna Muhammadan rasûlu Llâh ; hayya 'alâ s-salât ; hayya 'alâ s-salât ; hayya 'alâ l-falâh ; hayya 'alâ l-falâh ; Allâhu akbar, Allâhu akbar ; lâ ilâha illâ Llâh.” » (Enseignement de l'appel à Bilâl) Lorsqu'il en informa le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — celui-ci dit : « C'est une vision vraie, si Allah le veut. Lève-toi donc avec Bilâl et expose-la lui, qu'il appelle à la prière avec ces paroles, car il a la voix plus forte que toi. » Lorsque Bilâl eut appelé à la prière, 'Umar ibn al-Khattâb l'entendit alors qu'il était dans sa maison ; il sortit vers le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — traînant son manteau, disant : « Ô Prophète d'Allah, par Celui qui t'a envoyé avec la vérité, j'ai vu la même chose que ce qu'il a vu ! » Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit alors : « À Allah la louange pour cela. » (Vision de 'Umar concernant l'appel à la prière, et la précédence de la révélation à son sujet) Ibn Ishâq dit : Ce récit m'a été rapporté par Muhammad ibn Ibrâhîm ibn al-Hârith, d'après Muhammad ibn 'Abd Allah ibn Zayd ibn Tha'laba ibn 'Abd Rabbih, d'après son père. Ibn Hishâm dit : Ibn Jurayj mentionna, disant : 'Atâ' me dit : J'ai entendu 'Ubayd ibn 'Umayr al-Laythî dire : Le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — et ses Compagnons délibérèrent au sujet de la cloche pour se rassembler pour la prière. Alors que 'Umar ibn al-Khattâb voulait acheter deux morceaux de bois pour la cloche, 'Umar ibn al-Khattâb vit en songe : « Ne prenez pas la cloche, mais appelez plutôt à la prière. » 'Umar alla donc au Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — pour l'informer de ce qu'il avait vu, mais la révélation était déjà venue au Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — à ce sujet. 'Umar ne fut donc pas surpris, sinon que Bilâl appelait à la prière. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit, lorsqu'il l'en informa : « La révélation t'a précédé en cela. » (Ce que Bilâl disait avant l'appel à la prière) Ibn Ishâq dit : Muhammad ibn Ja'far ibn az-Zubayr me rapporta, d'après 'Urwa ibn az-Zubayr, d'après une femme des Banû an-Najjâr, qui dit : Ma maison était la plus haute autour de la mosquée. Bilâl y montait chaque matin pour l'appel à la prière de l'aube. Il venait avant l'aube, s'asseyait sur la maison, attendant l'aube. Lorsqu'il la voyait poindre, il s'étirait, puis disait : « Ô Allah, je Te loue et je Te demande aide contre Quraysh 8 pour qu'ils établissent Ta religion. » Elle dit : Par Allah, je ne sus pas qu'il manquât cela une seule nuit.
- naqîb : Chef de tribu ou représentant d'un clan, chargé de veiller aux intérêts de son groupe et de faire respecter les engagements.
- Banû an-Najjâr : Clan des Auxiliaires (Ansâr) de Médine, auquel appartenait la famille maternelle du Prophète.
- Émigrés (Muhâjirûn) : Les premiers musulmans ayant émigré de La Mecque à Médine avec le Prophète.
- Auxiliaires (Ansâr) : Les habitants de Médine qui accueillirent et soutinrent le Prophète et les Émigrés.
- aumône légale (zakât) : Impôt religieux obligatoire, l'un des piliers de l'Islam.
- peines légales (hudûd) : Sanctions pénales fixes prescrites par la loi islamique pour certains crimes.
- ceux qui ont pris domicile dans la demeure et la foi : Allusion au verset coranique 59:9 décrivant les Auxiliaires.
- Quraysh : La tribu dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète, et qui s'opposa à lui.
Abû Qays ibn Abî Anas [1]
Abū Qays ibn Abī Anas Ibn Isḥāq a dit : Lorsque la demeure du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – fut stable, qu'Allah y manifesta Sa religion, et qu'Il le réjouit par ce qu'Il lui avait rassemblé comme émigrés et auxiliaires parmi les gens de son alliance, Abū Qays Ṣirma ibn Abī Anas, frère des Banū 'Adī ibn al-Najjār, parla. (Sa généalogie) : - Ibn Hishām a dit : Abū Qays, Ṣirma ibn Abī Anas ibn Ṣirma ibn Mālik ibn 'Adī ibn 'Āmir ibn Ghanm ibn 'Adī ibn al-Najjār. (Son islam et quelques-uns de ses poèmes) : Ibn Isḥāq a dit : C'était un homme qui s'était adonné à la vie monastique 1 à l'époque préislamique, portait des habits de laine 2, avait abandonné les idoles, se lavait de l'impureté majeure 3 et se purifiait de la femme en période de menstrues. Il avait envisagé le christianisme, puis s'en était abstenu. Il entra dans une maison qui lui appartenait, en fit un oratoire 4 où n'entraient ni une femme en période de menstrues ni un homme en état d'impureté majeure, et dit : « J'adore le Seigneur d'Abraham », lorsqu'il abandonna les idoles et les prit en aversion, jusqu'à ce que le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – arrive à Médine. Alors il embrassa l'islam et son islam fut excellent, bien qu'il fût un vieillard avancé en âge. Il était un diseur de vérité, magnifiant Allah – Puissant et Majestueux – dans son époque préislamique, et composait de beaux poèmes à ce sujet. C'est lui qui dit : Abū Qays dit, alors qu'il se levait matinal : ... « Ô vous, faites tout ce que vous pouvez de mes recommandations ! Je vous recommande Allah, la piété et la bonté, ... et vos honneurs ; la bonté envers Allah est première. Si vos gens dominent, ne les enviez pas ; ... et si vous êtes les chefs, soyez justes. Si l'un des malheurs s'abat sur votre peuple, ... sacrifiez-vous pour votre tribu. Si une dette accablante survient, soyez indulgents envers eux, ... et portez ce qu'ils vous imposent dans les calamités. Si vous êtes pauvres 5, soyez chastes ; ... et si vous avez un surplus de bien, soyez généreux. Ibn Hishām a dit : Et on rapporte : « Si une affaire accablante survient, aidez-les. » Ibn Isḥāq a dit : Abū Qays Ṣirma dit aussi : Glorifiez Allah à l'orient de chaque matin, ... dont le soleil se lève, et de chaque nouvelle lune 6. Connaisseur du secret et de ce qui est manifeste chez nous, ... ce que notre Seigneur a dit n'est pas une erreur. À Lui les oiseaux qui cherchent leur proie et se réfugient ... dans des nids, sur des montagnes sûres 7. À Lui les bêtes sauvages dans le désert, tu les vois ... dans des dunes et sous l'ombre des sables 8. À Lui les juifs se sont soumis 9 et ont embrassé ... toute religion, quand tu mentionnes ce qui est difficile 10. À Lui les chrétiens ont célébré 11 et se sont levés ... pour chaque fête de leur Seigneur et solennité. À Lui le moine reclus 12, tu le vois ... enchaîné par l'adoration 13, alors qu'il était auparavant dans l'aisance. Ô mes fils, ne rompez pas les liens de parenté, ... et maintenez-les, même s'ils sont courts, issus de longs 14. Craignez Allah au sujet des orphelins faibles, ... car il se peut que ce qui n'est pas licite soit rendu licite. Sachez que l'orphelin a un protecteur, ... savant, qui guide sans qu'on l'interroge. Puis, ne mangez pas les biens de l'orphelin, ... car le protecteur veille sur les biens de l'orphelin. Ô mes fils, ne trahissez pas les limites 15, ... car trahir les limites est une entrave 16. Ô mes fils, ne vous fiez pas aux jours, ... et méfiez-vous de leur ruse et de l'amertume des nuits. Sachez que leur amertume s'épuisera, ... comme tout ce qui est neuf et vieux parmi les créatures. Unissez votre affaire sur la piété et la crainte d'Allah, ... l'abandon de l'obscénité et la prise du licite. Et Abū Qays Ṣirma dit aussi, mentionnant ce dont Allah – Béni et Très-Haut – les avait honorés par l'islam, et ce dont Allah les avait distingués par l'arrivée de Son Messager – qu'Allah prie sur lui et le salue – parmi eux : Il séjourna parmi Quraysh une dizaine d'années 17, ... rappelant, s'il trouvait un ami consentant. Il s'offrit lui-même aux gens des foires 18, ... mais il ne vit personne qui l'accueille, ni aucun répondant. Lorsqu'il vint à nous, Allah manifesta Sa religion, ... et il devint joyeux, satisfait de Yathrib 19. Il trouva un ami sincère, et le destin s'apaisa pour lui, ... et il eut de la part d'Allah un soutien manifeste. Il nous raconta ce que Noé dit à son peuple, ... et ce que Moïse dit lorsqu'il répondit à l'appelant. Ainsi, il ne craignit plus aucun homme, ... ni proche ni lointain 20. Nous lui offrîmes nos biens, provenant de ce qui est licite 21 de nos richesses, ... et nos vies lors des combats et de la solidarité 22. Et nous savons qu'Allah, rien d'autre que Lui, ... et nous savons qu'Allah est le meilleur guide. Nous prenons pour ennemi celui qu'Il prend pour ennemi parmi tous les hommes, ... tous ensemble, même s'il s'agit de l'ami intime. Je dis, lorsque je T'invoque à chaque alliance 23 : ... « Béni sois-Tu, j'ai multiplié les invocations pour Ton nom. » Je dis, lorsque je traverse une terre redoutée : ... « Par Ta miséricorde 24, ne laisse pas les ennemis triompher de moi. » Foule le sol en te détournant, car les morts sont nombreuses, ... et certes, tu ne laisseras pour toi-même aucun survivant 25. Par Allah, le jeune homme ne sait comment se prémunir, ... si Allah ne lui a pas donné de protecteur. Et le palmier stérile 26 ne se soucie pas de son Seigneur, ... lorsqu'il devient irrigué et qu'il demeure 27.
- tarahhaba : S'adonner à la vie monastique ou ascétique, en se retirant du monde pour se consacrer à l'adoration.
- al-musūḥ : Vêtements de laine grossière portés par les ascètes en signe de renoncement.
- al-janāba : État d'impureté majeure nécessitant une ablution complète (ghusl), généralement après un rapport sexuel ou une émission de sperme.
- masjidan : Lieu de prosternation, oratoire ; ici, un lieu privé dédié à la prière et à l'adoration.
- amʿartum : Être pauvre, manquer de ressources ; littéralement 'devenir chauve' par métaphore.
- hilāl : Nouvelle lune, marquant le début du mois lunaire.
- wukūr : Nids d'oiseaux ; pluriel de wakr.
- ḥiqāf : Dunes de sable ; pluriel de ḥaqf.
- hawwadat : Se faire juif, adopter le judaïsme ; verbe dérivé de yahūd.
- ʿuḍāl : Difficile, compliqué ; ici, peut-être une allusion aux divergences religieuses.
- shammasa : Devenir chrétien, adopter le christianisme ; littéralement 'faire le moine' ou 'se faire chrétien'.
- al-ḥabīs : Reclus, celui qui se retire du monde pour l'adoration.
- būs : Adoration, dévotion ; peut-être une forme de 'bawasa' signifiant 'prier' ou 'adorer'.
- qaṣīra min ṭiwāl : Même si les liens de parenté sont courts (peu nombreux) ou issus de longs (ancêtres lointains), il faut les maintenir.
- tukhūm : Limites, frontières ; ici, les limites fixées par Allah (lois, prescriptions).
- ʿuqqāl : Entrave, lien qui retient ; métaphore pour la punition ou la conséquence grave.
- biḍʿa ʿashrata ḥijja : Une dizaine d'années ; littéralement 'quelques-unes de dix années', soit environ 10 à 13 ans.
- al-mawāsim : Les foires ou rassemblements saisonniers, comme les marchés de ʿUkāẓ.
- Ṭayyiba : Médine ; l'un de ses noms, signifiant 'la bonne'.
- nāʾiyā : Lointain, éloigné.
- min ḥilli mālinā : De ce qui est licite de nos biens ; ḥill signifie licite, permis.
- al-taʾāsī : Solidarité, entraide, consolation mutuelle.
- bayʿa : Allégeance, serment de fidélité ; ici, peut-être une référence à la prière ou à l'invocation.
- ḥanānayka : Par Ta miséricorde, par Ta compassion ; formule d'imploration.
- bāqiyā : Survivant, restant ; ici, 'tu ne laisseras personne survivre pour toi-même'.
- al-muʿīma : Palmier stérile, qui ne produit pas de fruits.
- thāwiyā : Demeurant, restant ; peut-être 'qui reste en place' ou 'qui se fane'.
Les ennemis parmi les Juifs
Ibn Hishâm a dit : Le vers qui commence par : « Fais donc face à celui qui se détourne, car les trépas sont nombreux » et le vers qui le suit : « Par Dieu, le jeune homme ne sait comment se prémunir » sont d’al-Afnûn 1 al-Taghlibî, qui est Ṣuraym ibn Ma‘shar, dans des vers de lui. **Les ennemis parmi les Juifs** **(Cause de leur hostilité envers les musulmans)** : Ibn Isḥâq a dit : À ce moment-là, les docteurs 2 juifs manifestèrent leur hostilité envers le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — par excès, jalousie et rancune, en raison de ce dont Dieu Très-Haut avait distingué les Arabes en choisissant Son messager parmi eux. Des hommes des Aws et des Khazraj se joignirent à eux, parmi ceux qui avaient été durs 3 dans leur jâhiliyya 4 ; ils étaient des hypocrites 5 dans la religion de leurs pères, l’associationnisme 6 et le démenti de la Résurrection, mais l’islam les domina par son triomphe et le ralliement de leur peuple, alors ils affichèrent l’islam et en firent un bouclier contre la mort, et ils pratiquèrent l’hypocrisie en secret. Leur inclination allait vers les Juifs, à cause de leur démenti du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — et de leur reniement de l’islam. Les docteurs juifs étaient ceux qui interrogeaient le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, lui causaient des difficultés 7 et lui apportaient des ambiguïtés pour mêler le vrai au faux. Le Coran descendait à leur sujet concernant ce qu’ils demandaient, à l’exception de quelques questions sur le licite et l’illicite que les musulmans posaient. **(Les ennemis parmi les Banû al-Naḍîr)** : Parmi eux : Ḥuyayy ibn Akhṭab, ses deux frères Abû Yâsir ibn Akhṭab et Judayy ibn Akhṭab, Sallâm ibn Mishkam, Kinâna ibn al-Rabî‘ ibn Abî al-Ḥuqayq, Sallâm ibn Abî al-Ḥuqayq 8 — Abû Râfi‘ l’Aveugle, qui fut tué par les compagnons du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — à Khaybar —, al-Rabî‘ ibn al-Rabî‘ ibn Abî al-Ḥuqayq, ‘Amr ibn Jaḥḥâsh, Ka‘b ibn al-Ashraf — qui était de Ṭayyi’, puis l’un des Banû Nabhân, et sa mère était des Banû al-Naḍîr —, al-Ḥajjâj ibn ‘Amr, allié de Ka‘b ibn al-Ashraf, et Kardam ibn Qays, allié de Ka‘b ibn al-Ashraf. Ceux-là sont des Banû al-Naḍîr. **(Parmi les Banû Tha‘laba)** : Et parmi les Banû Tha‘laba ibn al-Fiṭyawân 9 : ‘Abd Allâh ibn Ṣûriyyâ 10 l’Aveugle — il n’y avait au Ḥijâz à son époque personne plus savant de la Torah que lui —, Ibn Ṣalûbâ, et Mukhayrîq — qui était leur docteur et embrassa l’islam. **(Parmi les Banû Qaynuqâ‘)** : Et parmi les Banû Qaynuqâ‘ : Zayd ibn al-Luṣayt — et on dit : ibn al-Luṣayt 11 — selon ce qu’a dit Ibn Hishâm —, Sa‘d ibn Ḥunayf, Maḥmûd ibn Sayḥân, ‘Uzayz ibn Abî ‘Uzayz, et ‘Abd Allâh ibn Ṣayf. Ibn Hishâm a dit : Et on dit : ibn Ḍayf. Ibn Isḥâq a dit : Suwayd ibn al-Ḥârith, Rifâ‘a ibn Qays, Finḥâṣ, Ashy‘, Nu‘mân ibn Aḍâ, Baḥrî ibn ‘Amr, Sha‘s ibn ‘Adî, Sha‘s ibn Qays, Zayd ibn al-Ḥârith, Nu‘mân ibn ‘Amr, Sukayn ibn Abî Sukayn, ‘Adî ibn Zayd, Nu‘mân ibn Abî Awfâ — Abû Anas —, Maḥmûd ibn Daḥya, et Mâlik ibn Ṣayf. Ibn Hishâm a dit : Et on dit : ibn Ḍayf. Ibn Isḥâq a dit : Ka‘b ibn Râshid, ‘Âzir, Râfi‘ ibn Abî Râfi‘, Khâlid et Azâr ibn Abî Azâr. Ibn Hishâm a dit : Et on dit : Âzir ibn Âzir. Ibn Isḥâq a dit : Râfi‘ ibn Ḥâritha, Râfi‘ ibn Ḥuraymila, Râfi‘ ibn Khârija, Mâlik ibn ‘Awf, Rifâ‘a ibn Zayd ibn al-Tâbût, et ‘Abd Allâh ibn Salâm ibn al-Ḥârith — qui était leur docteur et le plus savant d’entre eux ; son nom était al-Ḥuṣayn, et lorsqu’il embrassa l’islam, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — le nomma ‘Abd Allâh. Ceux-là sont des Banû Qaynuqâ‘. **(Parmi les Banû Qurayẓa)** : Et parmi les Banû Qurayẓa : al-Zubayr ibn Bâṭâ ibn Wahb, ‘Azzâl ibn Shamwîl 12, Ka‘b ibn Asad — qui était le détenteur du pacte des Banû Qurayẓa qui fut rompu l’année des Coalisés 13 —, Shamwîl ibn Zayd, Jabal ibn ‘Amr ibn Sukayna, al-Naḥḥâm ibn Zayd, Qardam ibn Ka‘b, Wahb ibn Zayd, Nâfi‘ ibn Abî Nâfi‘, Abû Nâfi‘, ‘Adî ibn Zayd, al-Ḥârith ibn ‘Awf, Kardam ibn Zayd, Usâma ibn Ḥabîb, Râfi‘ ibn Rumayla, Jabal ibn Abî Qushayr, et Wahb ibn Yahûdhâ. Ceux-là sont des Banû Qurayẓa. **(Parmi les Banû Zurayq)** : Et parmi les Juifs des Banû Zurayq : Labîd ibn A‘ṣam, qui est celui qui jeta un sort 14 au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — de la part de ses épouses.
- al-Afnūn : Surnom du poète Ṣuraym ibn Ma‘shar al-Taghlibī.
- aḥbār : Pluriel de ḥibr, docteur de la loi juive, savant rabbinique.
- ‘asā : Verbe signifiant 'être dur, obstiné' ; ici, ceux qui persistaient dans leur jâhiliyya.
- jāhiliyya : Période préislamique caractérisée par l'ignorance religieuse et le paganisme.
- munāfiqūn : Hypocrites, ceux qui professent l'islam extérieurement mais cachent l'incrédulité.
- shirk : Associationnisme, polythéisme, péché d'associer des divinités à Dieu.
- yata‘annatūnahu : Ils lui causaient des difficultés en posant des questions embarrassantes ou en le mettant à l'épreuve.
- Sallām ibn Abī al-Ḥuqayq : Aussi connu sous le nom d'Abū Rāfi‘, un Juif de Khaybar tué par les musulmans.
- ibn al-Fiṭyawān : Nom d'une branche des Banū Tha‘laba ; lecture incertaine.
- ‘Abd Allāh ibn Ṣūriyyā : Savant juif réputé pour sa connaissance de la Torah.
- al-Luṣayt : Variante orthographique du nom ; Ibn Hishām mentionne les deux formes.
- Shamwīl : Transcription de l'hébreu Shemuel (Samuel).
- ‘ām al-aḥzāb : Année des Coalisés, correspondant à la bataille du Fossé (5 H.).
- akhadha : Ici, 'jeter un sort' ou 'ensorceler' ; référence à la sorcellerie pratiquée contre le Prophète.
L'islam d'Abdullah ibn Salam [1]
(De la tribu des Banū Ḥāritha) : Parmi les juifs des Banū Ḥāritha : Kināna ibn Ṣūriyyā. (De la tribu des Banū ʿAmr) : Parmi les juifs des Banū ʿAmr ibn ʿAwf : Qardam ibn ʿAmr. (De la tribu des Banū al-Najjār) : Parmi les juifs des Banū al-Najjār : Silsila ibn Barhām. Ce sont les docteurs de la Loi 1 des juifs, gens de maux et d'hostilité envers le Messager d'Allāh – qu'Allāh prie sur lui et le salue – et ses Compagnons, et les auteurs des questions 2, et ceux qui dressèrent des embûches à l'ordre de l'Islam pour l'éteindre, à l'exception de ʿAbd Allāh ibn Salām 3 et de Mukhayrīq. **Conversion à l'Islam de ʿAbd Allāh ibn Salām** (Comment il embrassa l'Islam) : Ibn Isḥāq dit : Il y a dans le récit de ʿAbd Allāh ibn Salām, comme me l'a rapporté certains de ses proches d'après lui et au sujet de sa conversion lorsqu'il embrassa l'Islam – et il était un docteur savant –, il dit : Lorsque j'entendis parler du Messager d'Allāh – qu'Allāh prie sur lui et le salue –, je reconnus sa description, son nom et l'époque que nous attendions 4 pour lui. Je gardais cela secret et me taisais à ce sujet, jusqu'à ce que le Messager d'Allāh – qu'Allāh prie sur lui et le salue – arrive à Médine. Lorsqu'il descendit à Qubā', chez les Banū ʿAmr ibn ʿAwf, un homme vint m'annoncer son arrivée, alors que j'étais au sommet d'un palmier à moi, y travaillant, et ma tante Khālida bint al-Ḥārith était assise en dessous de moi. Lorsque j'entendis la nouvelle de l'arrivée du Messager d'Allāh – qu'Allāh prie sur lui et le salue –, je prononçai le takbīr 5. Ma tante, entendant mon takbīr, me dit : « Qu'Allāh te déçoive ! Par Allāh, si tu avais entendu que Moïse fils d'ʿImrān arrivait, tu n'aurais pas fait plus ! » Je lui dis : « Ô ma tante, par Allāh, il est le frère de Moïse fils d'ʿImrān, et il suit sa religion ; il a été envoyé avec ce avec quoi Moïse a été envoyé. » Elle dit : « Ô mon neveu, est-ce le Prophète dont on nous annonçait qu'il serait envoyé avec la venue de l'Heure 6 ? » Je lui dis : « Oui. » Elle dit : « Alors c'est cela. » Puis je sortis vers le Messager d'Allāh – qu'Allāh prie sur lui et le salue – et j'embrassai l'Islam. Ensuite, je retournai auprès des miens et leur ordonnai d'embrasser l'Islam, ce qu'ils firent. (Son peuple le traite de menteur et ne le suit pas) : Il dit : Je cachai ma conversion aux juifs, puis je vins trouver le Messager d'Allāh – qu'Allāh prie sur lui et le salue – et lui dis : « Ô Messager d'Allāh, les juifs sont un peuple calomniateur 7. J'aimerais que tu me fasses entrer dans une de tes maisons et que tu me caches à eux, puis que tu les interroges à mon sujet, afin qu'ils t'informent de ma place parmi eux, avant qu'ils n'apprennent ma conversion. Car s'ils l'apprennent, ils me calomnieront et me blâmeront. » Il dit : Le Messager d'Allāh – qu'Allāh prie sur lui et le salue – me fit entrer dans une de ses maisons. Ils entrèrent chez lui, lui parlèrent et l'interrogèrent. Puis il leur dit : « Quel homme est al-Ḥuṣayn ibn Salām parmi vous ? » Ils dirent : « Notre maître et le fils de notre maître, notre docteur et notre savant. » Lorsqu'ils eurent fini de parler, je sortis vers eux et leur dis : « Ô assemblée de juifs, craignez Allāh et acceptez ce qu'Il vous a apporté. Car par Allāh, vous savez bien qu'il est le Messager d'Allāh ; vous le trouvez écrit chez vous dans la Torah, avec son nom et sa description. Moi, j'atteste qu'il est le Messager d'Allāh – qu'Allāh prie sur lui et le salue –, je crois en lui, je le confirme et je le reconnais. » Ils dirent : « Tu mens ! » Puis ils se jetèrent sur moi. Je dis au Messager d'Allāh – qu'Allāh prie sur lui et le salue – : « Ne t'avais-je pas informé, ô Messager d'Allāh, que ce sont un peuple calomniateur, gens de traîtrise, de mensonge et de perversité ? » Il dit : Alors je rendis publique ma conversion et celle des miens, et ma tante Khālida bint al-Ḥārith embrassa l'Islam, et son Islam fut excellent.
- aḥbār : Pluriel de ḥibr, docteur de la Loi juive, savant versé dans les Écritures.
- aṣḥāb al-mas'ala : Ceux qui posent des questions (souvent polémiques) pour éprouver le Prophète.
- ʿAbd Allāh ibn Salām : Compagnon du Prophète, juif converti, savant de la Torah.
- natatakawwaf : Nous attendions, nous espérions (avec l'idée d'un temps fixé).
- takbīr : Prononciation de 'Allāhu akbar' (Allāh est le plus grand).
- nafs al-sā'a : L'Heure même, c'est-à-dire la fin des temps, le Jugement dernier.
- buhut : Calomniateurs, gens qui profèrent des mensonges et des accusations fausses.
Le hadith de Mukhayriq [1]
Le récit de Mukhayriq (Son embrassement de l'islam, sa mort et son testament) Ibn Ishaq a dit : Voici le récit de Mukhayriq. C'était un docteur de la Loi 1 savant, un homme riche possédant de nombreux biens, notamment des palmeraies. Il connaissait le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) par ses attributs et ce qu'il trouvait dans sa science 2. Mais l'attachement à sa religion 3 l'emporta sur lui, et il resta ainsi jusqu'au jour de Uhud, qui était un samedi. Il dit : "Ô assemblée de Juifs, par Allah, vous savez que le secours de Muhammad contre vous est une vérité." Ils dirent : "Aujourd'hui est le jour du sabbat." Il dit : "Il n'y a pas de sabbat pour vous." Puis il prit ses armes, sortit et rejoignit le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à Uhud. Il fit un testament à ceux de son peuple restés derrière : "Si je suis tué aujourd'hui, mes biens reviennent à Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), qui en fera ce qu'Allah lui montrera." Quand les gens combattirent, il combattit jusqu'à être tué. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) – selon ce qui m'est parvenu – disait : "Mukhayriq est le meilleur 4 des Juifs." Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) prit possession de ses biens, et la plupart des aumônes 5 du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à Médine proviennent de cela. Témoignage de Safiyya Ibn Ishaq a dit : 'Abd Allah ibn Abi Bakr ibn Muhammad ibn 'Amr ibn Hazm m'a raconté qu'on lui a rapporté d'après Safiyya bint Huyayy ibn Akhtab qu'elle a dit : "J'étais l'enfant préféré de mon père et de mon oncle Abi Yasir. Quand le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) arriva à Quba' 6 chez les Banu 'Amr ibn 'Awf, mon père Huyayy ibn Akhtab et mon oncle Abi Yasir vinrent le trouver avant l'aube et ne revinrent qu'après le coucher du soleil. Ils arrivèrent fatigués, marchant lentement, tristes. Je me précipitai vers eux comme je le faisais, mais aucun d'eux ne me regarda à cause de leur chagrin. J'entendis mon oncle Abi Yasir dire à mon père Huyayy : "Est-ce lui ?" Il répondit : "Oui, par Allah." Il dit : "Le reconnais-tu et es-tu sûr de lui ?" Il dit : "Oui." Il dit : "Qu'as-tu décidé ?" Il dit : "Je serai son ennemi tant que je vivrai.""
- ḥabr : Docteur de la Loi juif, savant religieux.
- ʿilm : Science religieuse, connaissance des Écritures.
- ulf dīnihi : Attachement à sa religion, familiarité avec sa foi.
- khayr : Meilleur, le plus vertueux.
- ṣadaqāt : Aumônes légales ou charitables, biens donnés en aumône.
- Qubāʾ : Localité près de Médine où le Prophète séjourna à son arrivée.
Quiconque se joint aux juifs parmi les hypocrites des Ansars [1]
Mon père et mon oncle Abû Yâsir, je ne les ai jamais vus avec un de leurs enfants sans qu'ils me prennent à sa place. Elle dit : Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — arriva à Médine et descendit à Qubâ' chez les Banû 'Amr ibn 'Awf, mon père, Huyayy ibn Akhtab, et mon oncle Abû Yâsir ibn Akhtab allèrent le trouver au petit matin. Elle dit : Ils ne revinrent qu'au coucher du soleil. Elle dit : Ils arrivèrent comme deux hommes brisés, fatigués, marchant lentement. Elle dit : Je me réjouis à leur vue comme j'avais l'habitude de le faire, mais, par Dieu, aucun des deux ne se tourna vers moi, à cause de la tristesse qui les accablait. Elle dit : J'entendis mon oncle Abû Yâsir dire à mon père Huyayy ibn Akhtab : « Est-ce lui ? » Il répondit : « Oui, par Dieu. » Il dit : « Le reconnais-tu et en es-tu certain ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Quelle est ton intention à son égard ? » Il dit : « Lui être hostile, par Dieu, tant que je vivrai. » [Au sujet de] ceux qui se joignirent aux Juifs parmi les hypocrites des 'Ansâr 1 (des Banû 'Amr) : Ibn Ishâq dit : Parmi ceux qui se joignirent aux Juifs, parmi ceux qui nous furent nommés comme hypocrites des Aws et des Khazraj — et Dieu sait mieux —, des Aws, puis des Banû 'Amr ibn 'Awf ibn Mâlik ibn al-Aws, puis des Banû Lawdhân ibn 'Amr ibn 'Awf : Zuwayy ibn al-Hârith. [(Des Banû Habîb) :] Et des Banû Habîb ibn 'Amr ibn 'Awf : Julâs ibn Suwayd ibn as-Sâmit, et son frère al-Hârith ibn Suwayd. [(Quelque chose au sujet de Julâs) :] Julâs est celui qui dit — et il faisait partie de ceux qui restèrent en arrière du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lors de l'expédition de Tabûk — : « Si cet homme dit vrai, nous sommes pires que des ânes. » 'Umayr ibn Sa'd, l'un des leurs, rapporta cette parole au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ; il était sous la tutelle de Julâs, car Julâs avait épousé sa mère après son père. 'Umayr ibn Sa'd lui dit : « Par Dieu, ô Julâs, tu es la personne que j'aime le plus, la plus bienfaisante envers moi, et la plus chère à moi, au point que je détesterais qu'il t'arrive quelque chose de désagréable. Tu as dit une parole : si je la rapporte contre toi, je te déshonorerai ; si je la tais, ma religion périra. L'une des deux m'est plus facile que l'autre. » Puis il alla au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et lui rapporta ce que Julâs avait dit. Julâs jura par Dieu au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — : « 'Umayr a menti contre moi, je n'ai pas dit ce que 'Umayr ibn Sa'd a rapporté. » Dieu — puissant et majestueux — révéla à son sujet : « Ils jurent par Dieu qu'ils n'ont pas dit, alors qu'ils ont bien dit la parole de la mécréance et ont mécru après leur soumission 2 ; ils ont projeté ce qu'ils n'ont pu atteindre ; ils n'ont rien à reprocher sinon que Dieu et Son Messager les ont enrichis par Sa grâce. S'ils se repentent, ce sera un bien pour eux ; s'ils se détournent, Dieu les châtiera d'un châtiment douloureux 3 dans ce monde et dans l'au-delà ; et ils n'auront sur terre ni allié ni secoureur. » (9:74) Ibn Hishâm dit : al-alîm signifie le douloureux. Dhû r-Rumma dit, décrivant des chamelles : « Et elles lèvent [la tête] de poitrines de chamelles rapides, dont les visages sont frappés par une chaleur brûlante 4 douloureuse. » Ce vers est dans un poème de lui. Ibn Ishâq dit : On rapporte qu'il se repentit et que son repentir fut excellent, au point qu'on reconnut en lui le bien et la soumission 5. [(Quelque chose au sujet d'al-Hârith ibn Suwayd) :] Son frère al-Hârith ibn Suwayd est celui qui tua al-Mujadhdhar ibn Dhiyâd al-Balawî et Qays ibn Zayd, l'un des Banû Dubay'a, le jour de 'Uhud. Il sortit avec les musulmans, mais il était hypocrite. Lorsque les deux armées se rencontrèrent, il se jeta sur eux et les tua, puis il rejoignit les Quraysh. Ibn Hishâm dit : Al-Mujadhdhar ibn Dhiyâd avait tué Suwayd ibn Sâmit lors de l'une des guerres qui eurent lieu entre les Aws et les Khazraj. Lorsque vint le jour de 'Uhud, al-Hârith ibn Suwayd chercha à surprendre al-Mujadhdhar ibn Dhiyâd pour le tuer en vengeance de son père, et il le tua seul. J'ai entendu plusieurs savants dire : La preuve qu'il n'a pas tué Qays ibn Zayd est qu'Ibn Ishâq ne le mentionne pas parmi les tués de 'Uhud. Ibn Ishâq dit : Suwayd ibn Sâmit fut tué par Mu'âdh ibn 'Afrâ' par traîtrise, en dehors de toute guerre ; il le frappa d'une flèche et le tua avant le jour de Bu'âth. Ibn Ishâq dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, selon ce qu'on rapporte, avait ordonné à 'Umar ibn al-Khattâb de le tuer s'il l'attrapait, mais il lui échappa et resta à La Mecque. Puis il envoya à son frère Julâs demander le repentir pour qu'il revienne à son peuple. Dieu — béni et très-haut — révéla à son sujet — selon ce qui m'est parvenu d'Ibn 'Abbâs — : « Comment Dieu guiderait-Il un peuple qui a mécru après avoir cru, après avoir témoigné que le Messager est vrai, et après que les preuves leur sont venues ? Dieu ne guide pas les gens injustes. » (3:86) jusqu'à la fin de l'histoire. [(Des Banû Dubay'a) :] Et des Banû Dubay'a ibn Zayd ibn Mâlik ibn 'Awf ibn 'Amr ibn 'Awf : Bijâd ibn 'Uthmân ibn 'Âmir. [(Des Banû Lawdhân) :] Et des Banû Lawdhân ibn 'Amr ibn 'Awf : Nabtal ibn al-Hârith. C'est celui à qui le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit — selon ce qui m'est parvenu : « Que celui qui veut voir le Satan regarde Nabtal ibn al-Hârith. » C'était un homme corpulent, au teint basané 6, aux cheveux hirsutes, aux yeux rouges, aux joues noires 7. Il venait auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — pour s'entretenir avec lui, écoutait ses paroles, puis les rapportait aux hypocrites. C'est lui qui dit : « Muhammad n'est qu'une oreille 8 ; quiconque lui raconte quelque chose, il le croit. » Dieu — puissant et majestueux — révéla à son sujet : « Et parmi eux, ceux qui font du tort au Prophète et disent : "C'est une oreille." Dis : "Une oreille de bien pour vous : il croit en Dieu et fait confiance aux croyants, et c'est une miséricorde pour ceux d'entre vous qui ont cru." Et ceux qui font du tort au Messager de Dieu auront un châtiment douloureux. » (9:61) Ibn Ishâq dit : Un homme des Banû 'Ajlân me raconta qu'on lui avait rapporté que Gabriel — sur lui la paix — vint au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et lui dit : « Un homme au teint basané, aux cheveux hirsutes, aux joues noires, aux yeux rouges, comme deux chaudrons de cuivre jaune, dont le foie est plus dur que celui d'un âne, s'assied auprès de toi et rapporte tes paroles aux hypocrites ; méfie-toi de lui. » Telle était, selon ce qu'on rapporte, la description de Nabtal ibn al-Hârith. [(Des Banû Dubay'a) :] Et des Banû Dubay'a : Abû Habîba ibn al-Az'ar, qui faisait partie de ceux qui construisirent la mosquée de la dissension 9 ; Tha'laba ibn Hâtib ; Mu'attib ibn Qushayr. Ce sont ceux qui firent une alliance avec Dieu : « Si Dieu nous donne de Sa grâce, nous ferons l'aumône et nous serons du nombre des vertueux », etc., l'histoire. Mu'attib est celui qui dit le jour de 'Uhud : « Si nous avions eu quelque chose à dire dans cette affaire, nous n'aurions pas été tués ici. » Dieu — très-haut — révéla à ce sujet de Sa parole : « Et un groupe d'entre eux s'était préoccupé de leur propre sort, pensant de Dieu autre que la vérité, la pensée de l'époque de l'ignorance 10 » (3:154) ... « Ils disent : "Si nous avions eu quelque chose à dire dans cette affaire, nous n'aurions pas été tués ici." » (3:154) jusqu'à la fin de l'histoire. C'est lui qui dit le jour des coalisés 11 : « Muhammad nous promettait que nous mangerions les trésors de Kisrâ 12 et de César, alors que l'un de nous n'est même pas sûr d'aller aux toilettes. » Dieu — puissant et majestueux — révéla à son sujet : « Et quand les hypocrites et ceux qui ont une maladie au cœur disent : "Dieu et Son Messager ne nous ont promis que tromperie." » (33:12) Et al-Hârith ibn Hâtib. [(Mu'attib et les deux fils de Hâtib sont des Badriens 13 et ne sont pas des hypocrites) :] Ibn Hishâm dit : Mu'attib ibn Qushayr, Tha'laba et al-Hârith, les deux fils de Hâtib, sont des Banû Umayya ibn Zayd, parmi les participants à Badr, et ils ne sont pas des hypocrites, selon ce que m'a rapporté une personne digne de confiance parmi les savants. Ibn Ishâq a mentionné Tha'laba et al-Hârith parmi les Banû Umayya ibn Zayd dans la liste des participants à Badr. Ibn Ishâq dit : 'Abbâd ibn Hunayf, frère de Sahl ibn Hunayf ; Bahzaj ; ils faisaient partie de ceux qui construisirent la mosquée de la dissension ; 'Amr ibn Khidhâm ; 'Abd Allâh ibn Nabtal. [(Des Banû Tha'laba) :] Et des Banû Tha'laba ibn 'Amr ibn 'Awf : Jâriya ibn 'Âmir ibn al-'Attâf, et ses deux fils :
Zayd et Mujammi', fils de Jāriya, font partie de ceux qui ont construit la mosquée de la dissension 14. Mujammi' était un jeune garçon qui avait mémorisé la plus grande partie du Coran, et il les dirigeait dans la prière dans cette mosquée. Puis, lorsque la mosquée fut détruite et que des hommes des Banū 'Amr ibn 'Awf, qui priaient avec les Banū 'Amr ibn 'Awf dans leur mosquée, s'en allèrent, à l'époque de 'Umar ibn al-Khaṭṭāb, on intercéda en faveur de Mujammi' pour qu'il prie avec eux. Il dit : « Non ! N'est-il pas l'imam des hypocrites dans la mosquée de la dissension ? » On dit à 'Umar : « Ô Commandeur des croyants, par Allah en dehors de qui il n'y a pas de divinité, je n'avais connaissance de rien de leur affaire. Mais j'étais un jeune garçon qui récitait le Coran, et ils n'avaient pas de Coran avec eux, alors ils m'ont mis en avant pour prier avec eux, et je ne voyais leur affaire que sous le meilleur aspect qu'ils mentionnaient. » Ils rapportent que 'Umar le laissa et il pria avec son peuple. (Parmi les Banū Umayya) : Parmi les Banū Umayya ibn Zayd ibn Mālik : Wadī'a ibn Thābit, qui fait partie de ceux qui ont construit la mosquée de la dissension, et c'est lui qui a dit : « Nous ne faisions que nous divertir et jouer. » Alors Allah, béni et exalté soit-Il, révéla : « Et si tu les interrogeais, ils diraient : "Nous ne faisions que nous divertir et jouer." Dis : "Est-ce d'Allah, de Ses signes et de Son messager que vous vous moquiez ?" » [Coran 9:65] jusqu'à la fin de l'histoire. (Parmi les Banū 'Ubayd) : Parmi les Banū 'Ubayd ibn Zayd ibn Mālik : Khidhām ibn Khālid, c'est de sa maison que la mosquée de la dissension a été expulsée, et Bishr et Rāfi', fils de Zayd. (Parmi les Banū al-Nabīt) : Parmi les Banū al-Nabīt – Ibn Hishām dit : al-Nabīt : 'Amr ibn Mālik ibn al-Aws – Ibn Isḥāq dit : Puis parmi les Banū Ḥāritha ibn al-Ḥārith ibn al-Khazraj ibn 'Amr ibn Mālik ibn al-Aws : Mirba' ibn Qayẓī, c'est lui qui a dit au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, lorsqu'il passa dans son jardin 15 alors que le Messager d'Allah se dirigeait vers Uḥud : « Je ne te permets pas, ô Muḥammad, si tu es un prophète, de passer dans mon jardin. » Il prit une poignée de terre dans sa main, puis dit : « Par Allah, si je savais que je n'atteindrais personne d'autre que toi avec cette terre, je te la lancerais. » Les gens se précipitèrent pour le tuer, mais le Messager d'Allah dit : « Laissez-le : c'est l'aveugle, l'aveugle du cœur, l'aveugle de la clairvoyance. » Sa'd ibn Zayd, frère des Banū 'Abd al-Ashhal, le frappa avec un arc et le blessa à la tête. Et son frère Aws ibn Qayẓī, c'est lui qui a dit au Messager d'Allah le jour du Fossé : « Ô Messager d'Allah, nos maisons sont exposées 16, permets-nous de retourner chez nous. » Allah, exalté soit-Il, révéla à son sujet : « Ils disent : "Nos maisons sont exposées", alors qu'elles ne sont pas exposées ; ils ne veulent que fuir. » [Coran 33:13]. Ibn Hishām dit : 'awra, c'est-à-dire exposée à l'ennemi et négligée ; son pluriel est 'awrāt. Al-Nābigha al-Dhubyānī a dit : « Quand tu les rencontres, tu ne trouves pour la maison ni brèche, ni le voisin privé, ni la chose perdue. » Ce vers fait partie de ses poèmes. Al-'awra (aussi) : la partie intime de l'homme, c'est-à-dire son honneur. Et al-'awra (aussi) : la nudité. (Parmi les Banū Ẓafar) : Ibn Isḥāq dit : Parmi les Banū Ẓafar – et Ẓafar est le nom de Ka'b ibn al-Ḥārith ibn al-Khazraj – : Ḥāṭib ibn Umayya ibn Rāfi'. C'était un vieillard corpulent qui avait vieilli 17 dans l'époque préislamique. Il avait un fils parmi les meilleurs musulmans, nommé Yazīd ibn Ḥāṭib, qui fut blessé le jour d'Uḥud au point que les blessures le clouèrent au sol ; on le transporta à la maison des Banū Ẓafar. Ibn Isḥāq dit : 'Āṣim ibn 'Umar ibn Qatāda m'a raconté que les hommes et les femmes musulmans qui s'y trouvaient se rassemblèrent autour de lui alors qu'il était mourant, et ils se mirent à dire : « Réjouis-toi, ô fils de Ḥāṭib, du Paradis ! » Il dit : Alors son hypocrisie se manifesta 18 à ce moment-là, et il se mit à dire : « Son père ? Oui, un Paradis, par Allah, fait de harmal 19 ! Par Allah, vous avez trompé ce pauvre garçon sur lui-même. » Ibn Isḥāq dit : Et Bushayr ibn Ubayriq 20, qui est Abū Ṭu'ma, le voleur des deux cottes de mailles, au sujet duquel Allah, exalté soit-Il, révéla : « Et ne dispute pas en faveur de ceux qui se trahissent eux-mêmes ; Allah n'aime pas celui qui est traître et pécheur. » [Coran 4:107] Et Quzmān, un allié à eux. Ibn Isḥāq dit : 'Āṣim ibn 'Umar ibn Qatāda m'a raconté que le Messager d'Allah disait : « Il est parmi les gens du Feu. » Le jour d'Uḥud, il combattit farouchement, tuant plusieurs 21 polythéistes, puis les blessures le clouèrent au sol ; on le transporta à la maison des Banū Ẓafar. Des musulmans lui dirent : « Réjouis-toi, ô Quzmān, tu as bien combattu aujourd'hui, et ce qui t'arrive est pour Allah. » Il dit : « De quoi me réjouirais-je ? Par Allah, je n'ai combattu que par fierté pour mon peuple. » Lorsque ses blessures devinrent intenses et le firent souffrir, il prit une flèche de son carquois, se coupa les veines de l'avant-bras 22 et se tua. (Parmi les Banū 'Abd al-Ashhal) : Ibn Isḥāq dit : Il n'y avait parmi les Banū 'Abd al-Ashhal aucun hypocrite connu, homme ou femme, sauf que al-Ḍaḥḥāk ibn Thābit, l'un des Banū Ka'b, clan de Sa'd ibn Zayd, était soupçonné d'hypocrisie et d'amour pour les Juifs. Ḥassān ibn Thābit a dit : « Qui informera al-Ḍaḥḥāk que ses veines / ont refusé à l'islam de s'illustrer ? Aimes-tu les Juifs du Ḥijāz et leur religion / comme le foie de l'âne, et n'aimes-tu pas Muḥammad ? Une religion, par ma vie, qui ne s'accorde pas avec notre religion / tant que des traces [de campements] se dressent dans l'espace et s'enfoncent. » Jalās ibn Suwayd ibn Ṣāmit, avant son repentir – selon ce qui m'est parvenu –, Mu'attib ibn Qushayr, Rāfi' ibn Zayd et Bishr, qui étaient appelés à l'islam, furent invités par des musulmans, dans le cadre d'un litige qui les opposait, à se rendre auprès du Messager d'Allah ; mais ils les invitèrent à se rendre chez les devins, les juges de l'époque préislamique. Allah, puissant et majestueux, révéla à leur sujet : « N'as-tu pas vu ceux qui prétendent croire à ce qui t'a été révélé et à ce qui a été révélé avant toi ? Ils veulent prendre pour juge le Tâghût 23, alors qu'il leur a été ordonné de le renier. Et le Diable veut les égarer d'un égarement lointain. » [Coran 4:60] jusqu'à la fin de l'histoire. (Parmi les Khazraj) : Parmi les Khazraj, puis parmi les Banū al-Najjār : Rāfi' ibn Wadī'a, Zayd ibn 'Amr, 'Amr ibn Qays, et Qays ibn 'Amr ibn Sahl. (Parmi les Banū Jusham) : Parmi les Banū Jusham ibn al-Khazraj, puis parmi les Banū Salima : al-Jadd ibn Qays, c'est lui qui dit : « Ô Muḥammad, permets-moi [de rester] et ne me tente pas. » Allah, exalté soit-Il, révéla à son sujet : « Et parmi eux, il en est qui dit : "Permets-moi [de rester] et ne me tente pas." Or, c'est dans la tentation qu'ils sont tombés ; et l'Enfer cerne les mécréants. » [Coran 9:49] jusqu'à la fin de l'histoire. (Parmi les Banū 'Awf) : Parmi les Banū 'Awf ibn al-Khazraj : 'Abd Allāh ibn Ubayy ibn Salūl, qui était le chef des hypocrites et autour duquel ils se rassemblaient. C'est lui qui a dit : « Si nous retournons à Médine, le plus puissant en fera sortir le plus vil » lors de l'expédition des Banū al-Muṣṭaliq. C'est à propos de cette parole que la sourate des Hypocrites fut entièrement révélée. Et à son sujet, ainsi que de Wadī'a – un homme des Banū 'Awf –, Mālik ibn Abī Qawqal, Suwayd, et Dā'is, qui sont du clan de 'Abd Allāh ibn Ubayy ibn Salūl, et 'Abd Allāh ibn Ubayy ibn Salūl. Ce sont ces hommes de son peuple qui envoyaient secrètement aux Banū al-Naḍīr, lorsque le Messager d'Allah les assiégeait : « Tenez bon ! Par Allah, si vous êtes expulsés, nous sortirons avec vous et nous n'obéirons à personne à votre sujet. »
- al-Ansâr : Les 'Ansâr, « les Auxiliaires », sont les habitants de Médine qui accueillirent et soutinrent le Prophète Muhammad après son émigration (hijra) depuis La Mecque.
- al-islâm : L'islâm, « la soumission [à Dieu] », désigne la religion révélée au Prophète Muhammad.
- al-alîm : Al-alîm signifie « douloureux, pénible ».
- wahaj : Wahaj désigne une chaleur ardente, brûlante.
- al-islâm : Voir note 2.
- adlam : Adlam signifie « très brun, basané ».
- asfa' : Asfa' désigne une couleur noire mêlée de rouge sur les joues.
- udhun : Littéralement « oreille », au sens figuré de quelqu'un qui écoute et croit tout ce qu'on lui dit.
- masjid al-dirâr : La « mosquée de la dissension » ou « mosquée du tort », construite par des hypocrites pour diviser les croyants, mentionnée dans le Coran (9:107).
- al-jâhiliyya : L'« époque de l'ignorance », période préislamique caractérisée par le polythéisme et l'absence de révélation prophétique.
- yawm al-ahzâb : Le « jour des coalisés », désignant la bataille du Fossé (5 H) où les tribus coalisées assiégèrent Médine.
- Kisrâ : Titre des rois sassanides de Perse, équivalent de « César » pour les empereurs romains/byzantins.
- Badriyyûn : Les participants à la bataille de Badr (2 H), première grande victoire des musulmans, considérés comme ayant un rang élevé.
- Masjid al-Ḍirār : Mosquée construite par les hypocrites de Médine pour semer la discorde parmi les musulmans ; elle fut détruite sur ordre du Prophète.
- ḥā'iṭ : Jardin clos de murs, palmeraie.
- 'awra : Exposée à l'ennemi, vulnérable ; également : partie intime, nudité.
- 'asā : A vieilli, est devenu âgé.
- najama : Apparut, se manifesta (litt. : une étoile se leva).
- ḥarmal : Plante amère et toxique (Peganum harmala), utilisée métaphoriquement pour désigner une chose amère ou sans valeur.
- Bushayr ibn Ubayriq : Hypocrite notoire, voleur ; son nom est parfois donné comme Bashīr.
- biḍ'a : Un nombre indéterminé entre trois et neuf ; quelques-uns.
- rawāhis : Veines de l'avant-bras (sing. rāhisha).
- Ṭāghūt : Toute fausse divinité ou pouvoir tyrannique adoré en dehors d'Allah ; ici, les devins et juges païens.
Parmi les docteurs juifs qui embrassèrent l'islam par hypocrisie [1]
Jamais, et si vous êtes combattus, nous vous secourrons certainement. Alors Allah Très-Haut révéla à leur sujet : « N'as-tu pas vu ceux qui ont fait l'hypocrisie 1 dire à leurs frères qui ont mécru parmi les gens du Livre 2 : Si vous êtes expulsés, nous sortirons certainement avec vous, et nous n'obéirons jamais à personne contre vous ; et si vous êtes combattus, nous vous secourrons certainement. Et Allah atteste qu'ils sont vraiment menteurs. » (59:11) Puis le récit de la sourate jusqu'à Sa parole : « Tel le Diable 3 quand il dit à l'homme : Sois mécréant. Puis quand il eut mécru, il dit : Je suis innocent de toi, car je crains Allah, Seigneur des mondes. » (59:16) Ceux qui ont embrassé l'Islam par hypocrisie parmi les docteurs juifs Ibn Ishaq 4 dit : Parmi ceux qui se sont réfugiés dans l'Islam, y sont entrés avec les musulmans et l'ont manifesté tout en étant hypocrites, il y avait des docteurs juifs. (De la tribu de Qaynuqa') : De la tribu de Qaynuqa' : Sa'd ibn Hunayf, Zayd ibn al-Lusayt, Nu'man ibn Awfa ibn 'Amr, 'Uthman ibn Awfa. Zayd ibn al-Lusayt est celui qui combattit 'Umar ibn al-Khattab (qu'Allah l'agrée) au marché de Qaynuqa', et c'est lui qui dit, lorsque la chamelle du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) s'égara : « Muhammad prétend que le message du ciel lui parvient, alors qu'il ne sait pas où est sa chamelle ! » Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), ayant eu connaissance de ce que l'ennemi d'Allah avait dit dans sa demeure, et Allah Très-Haut ayant guidé Son Messager (sur lui la paix et le salut) vers sa chamelle, dit : « Un homme a dit : Muhammad prétend que le message du ciel lui parvient, et il ne sait pas où est sa chamelle ? Par Allah, je ne sais que ce qu'Allah m'a appris, et Allah m'a guidé vers elle : elle est dans ce vallon, retenue par un arbre avec son licou. » Des hommes parmi les musulmans partirent et la trouvèrent là où le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) avait dit, et comme il l'avait décrit. Et Rafi' ibn Huraymila, à qui le Messager (sur lui la paix et le salut) dit – selon ce qui nous est parvenu – lorsqu'il mourut : « Aujourd'hui est mort un grand parmi les grands hypocrites. » Et Rifa'a ibn Zayd ibn al-Tabut, à qui le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit lorsque le vent se leva sur lui, alors qu'il revenait de l'expédition contre Banu al-Mustaliq, et qu'il souffla violemment au point que les musulmans en eurent peur : « N'ayez pas peur, car il ne s'est levé que pour la mort d'un grand parmi les grands mécréants. » Quand le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) arriva à Médine, il trouva que Rifa'a ibn Zayd ibn al-Tabut était mort ce jour-là où le vent s'était levé. Et Silsila ibn Birham. Et Kinana ibn Suriyya. (Expulsion des hypocrites de la mosquée du Messager, sur lui la paix et le salut) : Ces hypocrites assistaient à la mosquée, écoutaient les propos des musulmans, se moquaient et raillaient leur religion. Un jour, un groupe d'entre eux se rassembla dans la mosquée. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) les vit parler entre eux à voix basse, serrés les uns contre les autres. Il ordonna qu'ils soient expulsés de la mosquée avec violence. Abu Ayyub, Khalid ibn Zayd ibn Kulayb, se leva contre 'Umar ibn Qays, l'un des Banu Ghanm ibn Malik ibn al-Najjar – qui était le gardien de leurs idoles à l'époque préislamique –, le saisit par le pied et le traîna jusqu'à le faire sortir de la mosquée, en disant : « Me fais-tu sortir, ô Abu Ayyub, du parc à bestiaux des Banu Tha'laba ? » Puis Abu Ayyub se tourna aussi vers Rafi' ibn Wadi'a, l'un des Banu al-Najjar, le saisit par son manteau, le tira violemment, le gifla, puis le fit sortir de la mosquée, en disant : « Fi donc, hypocrite immonde ! Va-t'en, ô hypocrite, de la mosquée du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ! » Ibn Hisham 5 dit : C'est-à-dire : retourne par le chemin par lequel tu es venu. Le poète a dit : « Il tourna le dos et s'en retourna par son chemin, et celui qui était là s'en alla avec injustice. » 'Imara ibn Hazm se leva contre Zayd ibn 'Amr, un homme à la longue barbe, le saisit par la barbe et le tira violemment jusqu'à le faire sortir de la mosquée. Puis 'Imara joignit ses mains et le frappa sur la poitrine d'un coup qui le fit tomber. L'homme dit : « Tu m'as égratigné, ô 'Imara ! » Il répondit : « Qu'Allah t'éloigne, ô hypocrite ! Ce qu'Allah t'a préparé comme châtiment est bien plus dur que cela. Ne t'approche plus de la mosquée du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). » Ibn Hisham dit : Al-Ladm 6 : frapper avec la paume de la main. Tamim ibn Ubayy ibn Muqbil a dit : « Le cœur a un battement sous sa veine aorte, comme le coup de la paume sur la pierre derrière le creux. » Ibn Hisham dit : Al-Ghayb 7 : ce qui est bas du sol. Al-Abhar 8 : la veine du cœur. Ibn Ishaq dit : Abu Muhammad, un homme des Banu al-Najjar qui avait participé à Badr – Abu Muhammad est Mas'ud ibn Aws ibn Zayd ibn Asram ibn Zayd ibn Tha'laba ibn Ghanm ibn Malik ibn al-Najjar – se leva contre Qays ibn 'Amr ibn Sahl. Qays était un jeune garçon, et on ne connaissait parmi les hypocrites aucun autre jeune que lui. Il se mit à le pousser par la nuque jusqu'à le faire sortir de la mosquée. Un homme de Balkhudra 9 ibn al-Khazraj, clan d'Abu Sa'id al-Khudri, nommé 'Abdullah ibn al-Harith, se leva – lorsque le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ordonna l'expulsion des hypocrites de la mosquée – contre un homme appelé al-Harith ibn 'Amr, qui avait une chevelure abondante. Il le saisit par sa chevelure et le traîna violemment sur le sol jusqu'à le faire sortir de la mosquée. L'hypocrite dit : « Tu as été dur, ô ibn al-Harith ! » Il lui répondit : « Tu le mérites, ennemi d'Allah, à cause de ce qu'Allah a révélé à ton sujet. Ne t'approche plus de la mosquée du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), car tu es impur. » Un homme des Banu 'Amr ibn 'Awf se leva contre son frère Zuwayy ibn al-Harith et l'expulsa violemment de la mosquée, en le maudissant et en disant : « Le Diable et son ordre ont pris le dessus sur toi. » Voilà ceux qui étaient présents à la mosquée ce jour-là parmi les hypocrites, et que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ordonna d'expulser.
- nāfaqū : Hypocrisie : action de montrer extérieurement la foi tout en cachant l'incroyance.
- ahl al-kitāb : Gens du Livre : désigne les juifs et les chrétiens, qui ont reçu des Écritures révélées.
- al-shayṭān : Le Diable, Satan, l'ennemi de Dieu qui tente les hommes.
- Ibn Isḥāq : Muhammad ibn Ishaq, célèbre historien et biographe du Prophète (mort en 767).
- Ibn Hishām : Abd al-Malik ibn Hisham, éditeur et commentateur de la biographie du Prophète par Ibn Ishaq (mort en 833).
- al-ladm : Coup donné avec la paume de la main, gifle.
- al-ghayb : Partie basse du sol, creux, dépression de terrain.
- al-abhar : Veine du cœur, aorte.
- Balkhudra : Nom d'un clan de la tribu des Khazraj, dont fait partie Abu Sa'id al-Khudri.
Ce qui a été révélé de la sourate al-Baqara au sujet des hypocrites et des juifs.
Ce qui a été révélé de la sourate al-Baqara au sujet des hypocrites et des Juifs. (Ce qui a été révélé au sujet des rabbins 1) : C'est au sujet de ces rabbins juifs, ainsi que des hypocrites parmi les Aws et les Khazraj, que fut révélé le début de la sourate al-Baqara jusqu'au verset 100, d'après ce qui m'est parvenu – et Allah sait mieux. Allah, gloire à Lui et louange, dit : « Alif, Lām, Mīm. Voici le Livre au sujet duquel il n'y a aucun doute 2 » (2:1-2), c'est-à-dire : il n'y a aucun doute à son sujet. Ibn Hishām a dit : Sā‘ida ibn Ju’ayya 3 al-Hudhalī a dit : « Ils dirent : nous avons trouvé le peuple accablé par lui, / Il n'y a aucun doute qu'il y avait là de la chair. » Ce verset fait partie d'un poème de lui. Et « ar-rayb » signifie aussi le soupçon. Khālid ibn Zuhayr al-Hudhalī a dit : « Comme si je le soupçonnais d'un doute. » Ibn Hishām a dit : Certains le rapportent ainsi : « Comme si je le voyais avec un doute. » Ce verset fait partie de ses poèmes. Il est le neveu d'Abū Dhu’ayb al-Hudhalī. « Une guidance pour les pieux 4 » (2:2), c'est-à-dire ceux qui craignent le châtiment d'Allah en abandonnant ce qu'ils connaissent de la guidance, et espèrent Sa miséricorde en croyant en ce qui leur est venu de Lui. « Ceux qui croient à l'invisible, accomplissent la prière et dépensent de ce que Nous leur avons attribué » (2:3), c'est-à-dire : ils accomplissent la prière obligatoire et donnent l'aumône légale 5 en espérant la récompense. « Et ceux qui croient à ce qui t'a été révélé et à ce qui a été révélé avant toi » (2:4), c'est-à-dire : ils te croient en ce que tu as apporté de la part d'Allah, ainsi qu'à ce qu'ont apporté les messagers avant toi ; ils ne font pas de différence entre eux et ne renient pas ce qu'ils leur ont apporté de leur Seigneur. « Et ils croient fermement à l'au-delà » (2:4), c'est-à-dire à la résurrection, au Jugement dernier, au Paradis, à l'Enfer, au compte et à la Balance. « Ceux-là sont sur une guidance de leur Seigneur » (2:5), c'est-à-dire sur une lumière de leur Seigneur et une droiture dans ce qui leur est venu. « Et ceux-là sont les bienheureux 6 » (2:5), c'est-à-dire ceux qui ont atteint ce qu'ils recherchaient et ont échappé au mal dont ils fuyaient. « Quant à ceux qui ont mécru 7 » (2:6), c'est-à-dire en ce qui t'a été révélé, même s'ils disent : « Nous avons cru en ce qui nous est venu avant toi », « il leur est égal que tu les avertisses ou que tu ne les avertisses pas : ils ne croiront pas » (2:6), c'est-à-dire : ils ont mécru en ce qu'ils possèdent de ta mention, et ont renié l'engagement pris pour toi ; ils ont donc mécru en ce qui t'est venu et en ce qu'ils possèdent de ce qui leur est venu par d'autres que toi. Comment donc écouteraient-ils de toi un avertissement ou une mise en garde, alors qu'ils ont mécru en la connaissance qu'ils ont de toi ? « Allah a scellé leurs cœurs et leur ouïe ; et sur leurs yeux il y a un voile » (2:7), c'est-à-dire : ils sont empêchés d'atteindre la guidance, à jamais, en raison de leur démenti de la vérité que tu as apportée de ton Seigneur, jusqu'à ce qu'ils y croient. Même s'ils croient en tout ce qui était avant toi, ils auront, en raison de leur opposition à toi, un châtiment douloureux. Voilà ce qui concerne les rabbins juifs, pour avoir démenti la vérité après l'avoir reconnue. (Ce qui a été révélé au sujet des hypocrites des Aws et des Khazraj) : « Et parmi les gens, il en est qui disent : “Nous croyons en Allah et au Jour dernier”, tandis qu'en réalité ils ne sont pas croyants » (2:8) : il s'agit des hypocrites des Aws et des Khazraj, et de ceux qui suivent leur voie. « Ils cherchent à tromper Allah et les croyants, mais ils ne trompent qu'eux-mêmes et ils n'en sont pas conscients. Dans leurs cœurs est une maladie 8 » (2:9-10), c'est-à-dire un doute. « Allah a donc augmenté leur maladie » (2:10), c'est-à-dire le doute. « Et ils auront un châtiment douloureux pour avoir menti. Et quand on leur dit : “Ne semez pas la corruption sur la terre”, ils disent : “Nous ne faisons que réformer” » (2:10-11), c'est-à-dire : nous voulons seulement réconcilier les deux groupes, les croyants et les gens du Livre. Allah dit : « Certes, ce sont eux les corrupteurs, mais ils n'en sont pas conscients. » « Et quand on leur dit : “Croyez comme les gens ont cru”, ils disent : “Croirons-nous comme ont cru les faibles d'esprit ?” Certes, ce sont eux les faibles d'esprit, mais ils ne le savent pas. Et quand ils rencontrent ceux qui ont cru, ils disent : “Nous croyons” ; mais quand ils se retrouvent seuls avec leurs démons 9 » (2:12-14) – c'est-à-dire les Juifs qui leur ordonnent de démentir la vérité et de s'opposer à ce qu'a apporté le Messager – « ils disent : “Nous sommes avec vous” » (2:14), c'est-à-dire : nous sommes sur la même voie que vous. « Nous ne faisons que nous moquer » (2:14), c'est-à-dire : nous nous moquons des gens et nous jouons avec eux. Allah, Puissant et Majestueux, dit : « C'est Allah qui se moque d'eux et les laisse s'enfoncer aveuglément dans leur transgression » (2:15). (Explication d'Ibn Hishām de certains termes rares) : Ibn Hishām a dit : « ya‘mahūn » signifie : ils errent égarés. Les Arabes disent : « rağul ‘amih » et « ‘āmih » : égaré. Ru’ba ibn al-‘Ağğāğ a dit, décrivant un pays : « Aveugle à la guidance parmi les ignorants égarés. » Ce verset fait partie d'une urjūza 10 de lui. « al-‘umma » est le pluriel de « ‘āmih » ; quant à « ‘amih », son pluriel est « ‘amihūn ». La femme est « ‘amiha » et « ‘amhā’ ». « Ceux-là sont ceux qui ont acheté l'égarement au prix de la guidance » (2:16), c'est-à-dire la mécréance au prix de la foi. « Leur commerce n'a donc pas prospéré et ils n'étaient pas guidés » (2:16). Ibn Ishāq a dit : Puis Allah a donné pour eux un exemple, en disant : « Ils sont semblables à celui qui a allumé un feu ; quand il a illuminé ce qui l'entoure, Allah a enlevé leur lumière et les a laissés dans les ténèbres, sans voir » (2:17), c'est-à-dire : ils ne voient pas la vérité et ne la professent pas ; quand ils en sortent des ténèbres de la mécréance, ils l'éteignent par leur mécréance et leur hypocrisie. Allah les laisse donc dans les ténèbres de la mécréance, sans voir de guidance et sans se tenir fermement à la vérité. « Sourds, muets, aveugles : ils ne reviendront pas » (2:18), c'est-à-dire : ils ne reviendront pas à la guidance ; sourds, muets, aveugles au bien ; ils ne reviendront à aucun bien et n'atteindront aucun salut tant qu'ils resteront dans cet état. « Ou comme un nuage de pluie 11 venu du ciel, avec des ténèbres, du tonnerre et des éclairs : ils mettent leurs doigts dans leurs oreilles à cause des coups de foudre, craignant la mort ; et Allah cerne les mécréants » (2:19). Ibn Hishām a dit : « aṣ-ṣayyib » est la pluie ; il vient de « ṣāba yaṣūbu », comme on dit : « as-sayyid » de « sāda yasūdu », et « al-mayyit » de « māta yamūtu ». Son pluriel est « ṣayā’ib ». ‘Alqama ibn ‘Abada, l'un des Banū Rabī‘a ibn Mālik ibn Zayd Manāt ibn Tamīm, a dit : « Comme si une pluie s'abattait sur eux, / dont les éclairs courent pour leurs oiseaux. » Et dans ce poème : « Ne mets pas sur un pied d'égalité moi et un homme médiocre, / Que les outres de nuage t'abreuvent là où elles tombent. » Ces deux versets font partie d'un poème de lui. Ibn Ishāq a dit : C'est-à-dire : ils sont, à cause des ténèbres de la mécréance dans lesquelles ils se trouvent, et de la peur de la mort, de l'opposition et de la crainte qu'ils ont de vous, dans un état semblable à celui décrit : dans l'obscurité de la pluie, ils mettent leurs doigts dans leurs oreilles à cause des coups de foudre, craignant la mort. Il dit : Et Allah fera descendre sur eux le châtiment ; Il cerne les mécréants. « Peu s'en faut que l'éclair ne leur ravisse la vue » (2:20), c'est-à-dire à cause de l'intensité de la lumière de la vérité. « Chaque fois qu'il les illumine, ils avancent ; et quand l'obscurité revient sur eux, ils s'arrêtent » (2:20), c'est-à-dire : ils reconnaissent la vérité et la professent, et sont fermes dans leur profession ; mais quand ils retombent dans la mécréance, ils s'arrêtent, égarés. « Si Allah voulait, Il enlèverait leur ouïe et leur vue » (2:20), c'est-à-dire pour avoir abandonné la vérité après l'avoir reconnue. « Certes, Allah est sur toute chose puissant » (2:20). Puis Il dit : « Ô hommes ! Adorez votre Seigneur » (2:21), pour les deux groupes, les mécréants et les hypocrites, c'est-à-dire : unifiez votre Seigneur, qui vous a créés, vous et ceux qui vous ont précédés, afin que vous deveniez pieux. « C'est Lui qui vous a fait de la terre un lit, et du ciel un toit ; et Il a fait descendre du ciel de l'eau, par laquelle Il a produit des fruits comme subsistance pour vous. Ne donnez donc pas d'égaux 12 à Allah, alors que vous savez » (2:21-22). (Explication d'Ibn Hishām de certains termes rares) : Ibn Hishām a dit : « al-andād » sont les semblables ; leur singulier est « nidd ». Labīd ibn Rabī‘a a dit : « Je loue Allah, il n'a pas d'égal ; / Entre Ses mains est le bien, Il fait ce qu'Il veut. » Ce verset fait partie d'un poème de lui.
Ibn Ishaq a dit : « Ne donnez pas d'associés à Allah, d'autres divinités qui ne profitent ni ne nuisent, alors que vous savez que vous n'avez d'autre Seigneur qui vous pourvoit que Lui, et que vous savez que ce à quoi vous appelle le Messager, à savoir l'unicité 13 de Dieu, est la vérité sans aucun doute. Et si vous êtes dans le doute au sujet de ce que Nous avons révélé à Notre serviteur 14 (Coran 2:23), c'est-à-dire dans le doute au sujet de ce qu'il vous a apporté, alors produisez une sourate semblable, et appelez vos témoins en dehors d'Allah (Coran 2:23), c'est-à-dire ceux que vous pouvez parmi vos soutiens pour ce sur quoi vous êtes, si vous êtes véridiques. Si vous ne le faites pas – et vous ne le ferez jamais (Coran 2:23-24) – alors la vérité vous est apparue : craignez le Feu dont le combustible est les hommes et les pierres, préparé pour les mécréants (Coran 2:24), c'est-à-dire pour ceux qui sont dans une mécréance semblable à la vôtre. » Puis Il les incita et les mit en garde contre la rupture de l'alliance 15 qu'Il avait prise sur eux pour Son Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lorsqu'il viendrait à eux, et Il leur rappela le commencement de leur création lorsqu'Il les créa, l'histoire de leur père Adam (que la paix soit sur lui) et Son commandement, et comment Il agit avec lui lorsqu'il désobéit à Son ordre. Puis Il dit : « Ô Enfants d'Israël (Coran 2:40) » – s'adressant aux docteurs 16 parmi les Juifs – « Rappelez-vous Ma grâce dont Je vous ai comblés (Coran 2:40) », c'est-à-dire Mes bienfaits envers vous et envers vos pères, lorsqu'Il les sauva de Pharaon et de son peuple. « Et tenez votre engagement envers Moi (Coran 2:40) », l'engagement que J'ai pris sur vous pour Mon Prophète Ahmad 17 lorsqu'il viendra à vous, « Je tiendrai Mon engagement envers vous (Coran 2:40) », c'est-à-dire J'accomplirai pour vous ce que Je vous ai promis sur la foi en lui et sa suivance, en ôtant de vous les fardeaux et les chaînes 18 qui étaient sur vos cous à cause de vos péchés, ceux qui provenaient de vos innovations 19. « Et c'est Moi que vous devez craindre (Coran 2:40) », c'est-à-dire que Je fasse descendre sur vous ce que J'ai fait descendre sur ceux d'avant parmi vos pères comme châtiments que vous connaissez, tels que la métamorphose 20 et autres. « Et croyez à ce que J'ai révélé, confirmant ce qui est avec vous, et ne soyez pas les premiers à y mécroire (Coran 2:41) », alors que vous avez de la science à son sujet ce que les autres n'ont pas. « Et c'est Moi que vous devez craindre. Et ne mêlez pas la vérité au faux, et ne cachez pas la vérité alors que vous savez (Coran 2:41-42) », c'est-à-dire ne cachez pas ce que vous avez comme connaissance de Mon Messager et de ce avec quoi il est venu, alors que vous le trouvez chez vous dans les livres que vous avez en mains. « Ordonnez-vous aux gens la bonté et vous oubliez vous-mêmes, alors que vous récitez le Livre ? Ne raisonnez-vous donc pas ? (Coran 2:44) », c'est-à-dire interdisez-vous aux gens la mécréance en ce que vous avez comme prophétie et alliance dans la Torah, et vous abandonnez vous-mêmes, c'est-à-dire que vous mécroyez en ce qui s'y trouve de Mon alliance envers vous pour la confirmation de Mon Messager, vous rompez Mon pacte, et vous niez ce que vous savez de Mon Livre. Puis Il énuméra contre eux leurs méfaits : Il leur rappela le veau 21 et ce qu'ils firent à son sujet, Son pardon envers eux, Son acceptation de leur repentir, puis leur parole : « Fais-nous voir Allah ouvertement 22 (Coran 4:153). » (Explication d'Ibn Hisham de quelques termes rares) : Ibn Hisham a dit : « Jahratan 22 », c'est-à-dire manifestement pour nous, rien ne Le cache de nous. Abu al-Akhzar al-Hamani, dont le nom est Qutayba, a dit : « Il met à découvert les intérieurs des eaux des nuages 23 » (7) Ce vers fait partie d'une urjuza 24 de lui. « Yajharu » : il dit : il fait apparaître l'eau, et découvre ce qui la cache du sable et autre. Ibn Ishaq a dit : « Et la foudre les frappa à ce moment-là à cause de leur insolence, puis Il les ressuscita après leur mort, Il les ombragea de nuages, fit descendre sur eux la manne et les cailles 25, et leur dit : « Entrez par la porte en vous prosternant et dites : « Hittatun 26 » (Coran 2:58) », c'est-à-dire dites ce que Je vous ordonne, par quoi Je ferai tomber vos péchés de vous, et leur substitution de cela par leur parole, par moquerie de Son ordre, et Son pardon pour cela après leur raillerie. (Explication d'Ibn Hisham de quelques termes rares) : Ibn Hisham a dit : « La manne : une chose qui tombait à l'aube sur leurs arbres, ils la récoltaient, douce comme du miel, ils en buvaient et en mangeaient. Al-A'sha de la tribu de Qays ibn Tha'laba a dit : « Si on leur donnait la manne et les cailles à leur place... les gens n'auraient vu en eux aucun profit à manger » (8) Ce vers fait partie d'un poème de lui. « Les cailles » : des oiseaux, leur singulier est « salwah ». On dit que ce sont les cailles, et on appelle aussi le miel « salwa ». Khalid ibn Zuhayr al-Hudhali a dit : « Et il jura par Allah, en vérité vous êtes... plus doux que la salwa quand nous la pressons » (9) Ce vers fait partie d'un poème de lui. « Hittatun » : c'est-à-dire « ôte de nous nos péchés ». Ibn Ishaq a dit : « Et parmi leur substitution, comme me l'a rapporté Salih ibn Kaysan d'après Salih, affranchi de Tu'ma bint Umayya ibn Khalaf, d'après Abu Hurayra et d'autres que je ne soupçonne pas, d'après Ibn Abbas, d'après le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), il a dit : « Ils entrèrent par la porte par laquelle il leur avait été ordonné d'entrer en se prosternant, en rampant, et ils disaient : « Hinth 27 dans de l'orge. » Ibn Hisham a dit : « Et on rapporte : « Hintah 27 dans une orge. » » Ibn Ishaq a dit : « Et Moïse demanda la pluie pour son peuple, et il lui ordonna de frapper la pierre avec son bâton, et douze sources en jaillirent pour eux, une source pour chaque tribu 28 d'où ils buvaient, chaque tribu connaissant la source qui était la sienne. Et leur parole à Moïse (que la paix soit sur lui) : « Nous ne pouvons supporter un seul aliment. Invoque donc pour nous ton Seigneur afin qu'Il fasse sortir pour nous de ce que la terre produit : de ses légumes, ses concombres, son ail 29, ses lentilles et ses oignons (Coran 2:61). » Ibn Hisham a dit : « Al-fum 29 : le blé. Umayya ibn Abi al-Salt al-Thaqafi a dit : « Au-dessus d'une shiza 30 semblable aux citernes, sur elle... des morceaux comme al-wadhil 31 dans un sable pur » (12) (Explication d'Ibn Hisham de quelques termes rares) : Ibn Hisham a dit : « Al-wadhil : des morceaux d'argent. (Et al-fum : le blé) (13), son singulier est fumah. Ce vers fait partie d'un poème de lui. » « Et ses lentilles et ses oignons. Il dit : « Prendrez-vous ce qui est inférieur en échange de ce qui est meilleur ? Descendez dans une ville 32, vous y trouverez ce que vous avez demandé (Coran 2:61). » Ibn Ishaq a dit : « Mais ils ne le firent pas. Et l'élévation du Mont 33 au-dessus d'eux pour qu'ils acceptent ce qui leur avait été donné, et la métamorphose qui les frappa, lorsqu'Il les changea en singes à cause de leurs méfaits, et la vache par laquelle Allah (Puissant et Majestueux) leur montra la leçon concernant le tué au sujet duquel ils étaient en désaccord, jusqu'à ce qu'Allah leur clarifie son affaire, après les allées et venues auprès de Moïse (que la paix soit sur lui) au sujet de la description de la vache, et la dureté de leurs cœurs après cela, au point qu'ils devinrent comme des pierres ou plus durs encore. Puis Allah (Très-Haut) dit : « Et parmi les pierres, il y en a certes qui laissent jaillir des ruisseaux, et il y en a qui se fendent et d'où sort l'eau, et il y en a qui tombent par crainte d'Allah (Coran 2:74) », c'est-à-dire : et parmi les pierres, il y en a de plus tendres que vos cœurs face à ce à quoi vous êtes appelés de la vérité. « Et Allah n'est pas inattentif à ce que vous faites (Coran 2:74). » Puis Il dit à Muhammad (que la prière et la paix soient sur lui) et aux croyants qui étaient avec Lui, pour les désespérer d'eux : « Espérez-vous qu'ils croiront en vous, alors qu'une partie d'entre eux entendaient la parole d'Allah, puis (Coran 2:75) la déformaient après l'avoir comprise, tout en sachant (Coran 2:75) ? » Et Sa parole « ils entendaient » ne signifie pas que tous l'ont entendue, mais une partie d'entre eux, c'est-à-dire une élite.
Ibn Isḥāq 34 a dit, d'après ce qui m'est parvenu de certains gens de science : ils dirent à Moïse : « Ô Moïse, il y a un obstacle entre nous et la vision de Dieu ; fais-nous donc entendre Sa parole lorsqu'Il te parle. » Moïse, sur lui la paix, demanda cela à son Seigneur, qui lui dit : « Oui, ordonne-leur de se purifier, ou de purifier leurs vêtements, et de jeûner. » Ils le firent. Puis il sortit avec eux jusqu'à ce qu'il les amène au Mont [Sinaï]. Lorsque la nuée les enveloppa, Moïse leur ordonna de se prosterner, et son Seigneur lui parla ; ils entendirent Sa parole, béni et exalté soit-Il, leur ordonnant et leur interdisant, jusqu'à ce qu'ils comprennent ce qu'ils avaient entendu. Puis il retourna avec eux vers les Enfants d'Israël. Lorsqu'il vint à eux, un groupe d'entre eux altéra ce qu'Il leur avait ordonné, et dirent, quand Moïse dit aux Enfants d'Israël : « Dieu vous a ordonné ceci et cela », ce groupe que Dieu, puissant et majestueux, mentionna dit : « Il a seulement dit ceci et cela », en contradiction avec ce que Dieu leur avait dit. Ce sont eux que Dieu, puissant et majestueux, visait dans Sa parole à Son Messager, que Dieu prie sur lui et le salue. Puis le Très-Haut dit : « Et quand ils rencontrent ceux qui ont cru, ils disent : “Nous croyons” » (2:14), c'est-à-dire en votre compagnon 35, le Messager de Dieu, mais c'est pour vous en particulier. « Et quand certains d'entre eux se retrouvent seuls entre eux, ils disent : “Ne racontez pas cela aux Arabes, car vous sollicitiez [la victoire] par lui contre eux, et il est parmi eux.” » Alors Dieu, puissant et majestueux, révéla à leur sujet : « Et quand ils rencontrent ceux qui ont cru, ils disent : “Nous croyons” ; et quand certains d'entre eux se retrouvent seuls entre eux, ils disent : “Allez-vous leur raconter ce que Dieu vous a ouvert [comme science] pour qu'ils argumentent contre vous auprès de votre Seigneur ? Ne raisonnez-vous donc pas ?” » (2:76), c'est-à-dire vous reconnaissez qu'il est un prophète, alors que vous savez que l'alliance a été prise sur vous de le suivre, et il vous annonce qu'il est le prophète que nous attendions et que nous trouvons dans notre Livre ; niez-le et ne le reconnaissez pas devant eux. Dieu, puissant et majestueux, dit : « Ne savent-ils pas que Dieu sait ce qu'ils cachent et ce qu'ils divulguent ? Et parmi eux, il y a des illettrés 36 qui ne connaissent pas le Livre, sinon des récitations 37 » (2:77-78). (Tafsīr d'Ibn Hishām pour certains termes rares) : Ibn Hishām a dit, d'après Abū 'Ubayda : « sinon des récitations » : sinon une lecture, car l'illettré est celui qui lit sans écrire. Il dit : ils ne connaissent pas le Livre, sinon qu'ils le lisent. Ibn Hishām a dit, d'après Abū 'Ubayda et Yūnus, qu'ils ont interprété cela d'après les Arabes dans la parole de Dieu, puissant et majestueux ; Abū 'Ubayda m'a raconté cela. Ibn Hishām a dit : Yūnus b. Ḥabīb le grammairien et Abū 'Ubayda m'ont raconté que les Arabes disent : « tamannā » dans le sens de « lire ». Et dans le Livre de Dieu, béni et exalté soit-Il : « Et Nous n'avons envoyé avant toi aucun messager ni prophète sans que, lorsqu'il récitait 38, le Diable n'ait jeté [quelque chose] dans sa récitation » (22:52). Il dit : Abū 'Ubayda le grammairien m'a récité : « Il récitait le Livre de Dieu au début de sa nuit / Et à sa fin, le terme des destins arriva. » Et il m'a aussi récité : « Il récitait le Livre de Dieu dans la nuit, seul / Comme la récitation de David du Psautier, posément. » Le singulier de « amānī » est « umniyya ». Et « amānī » signifie aussi que l'homme désire [souhaite] des biens ou autre chose. Ibn Isḥāq a dit : « et ils ne font que conjecturer » (2:78) : c'est-à-dire ils ne connaissent pas le Livre et ne savent pas ce qu'il contient, et ils nient ta prophétie par conjecture. « Et ils dirent : “Le Feu ne nous touchera que quelques jours comptés.” Dis : “Avez-vous pris un engagement auprès de Dieu ? Car Dieu ne manque jamais à Son engagement ; ou dites-vous sur Dieu ce que vous ne savez pas ?” » (2:80). (Prétention des Juifs à la brièveté du châtiment dans l'au-delà, et réponse de Dieu contre eux) : Ibn Isḥāq a dit : Un affranchi de Zayd b. Thābit m'a raconté, d'après 'Ikrima, ou d'après Sa'īd b. Jubayr, d'après Ibn 'Abbās, qui a dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, arriva à Médine, et les Juifs disaient : « La durée du monde est de sept mille ans, et Dieu ne châtie les gens dans le Feu que pour chaque mille ans des jours du monde, un seul jour dans le Feu des jours de l'au-delà ; ce ne sont donc que sept jours, puis le châtiment cesse. » Alors Dieu révéla à ce sujet, de leur parole : « Et ils dirent : “Le Feu ne nous touchera que quelques jours comptés.” Dis : “Avez-vous pris un engagement auprès de Dieu ? Car Dieu ne manque jamais à Son engagement ; ou dites-vous sur Dieu ce que vous ne savez pas ?” » (2:80). « Bien au contraire, quiconque commet un péché et que son péché l'encercle » (2:81), c'est-à-dire quiconque agit comme vous agissez, et mécroit comme vous avez mécru, sa mécréance enveloppe ce qu'il a comme bonne action auprès de Dieu ; « ceux-là sont les compagnons du Feu, ils y demeureront éternellement » (2:81), c'est-à-dire une éternité sans fin. « Et ceux qui ont cru et accompli les bonnes œuvres, ceux-là sont les compagnons du Paradis, ils y demeureront éternellement » (2:82) : c'est-à-dire quiconque croit en ce que vous avez renié, et agit selon ce que vous avez abandonné de votre religion, ils auront le Paradis, y demeurant éternellement ; Il leur annonce que la rétribution pour le bien et le mal est permanente pour ses gens, à jamais, sans interruption. Ibn Isḥāq a dit : Puis Dieu, puissant et majestueux, dit, les réprimandant : « Et [rappelez-vous] quand Nous avons pris l'engagement des Enfants d'Israël » (2:83), c'est-à-dire votre engagement : « N'adorez que Dieu ; et [faites] le bien envers les père et mère, les proches, les orphelins et les pauvres ; et dites aux gens de bonnes paroles ; et accomplissez la prière, et acquittez la zakāt 39. Puis vous vous êtes détournés, sauf un petit nombre parmi vous, et vous êtes indifférents » (2:83), c'est-à-dire vous avez abandonné tout cela, sans diminution. « Et [rappelez-vous] quand Nous avons pris votre engagement : “Ne versez pas votre sang” » (2:84). (Tafsīr d'Ibn Hishām pour certains termes rares) : Ibn Hishām a dit : « tashfikūn » : vous versez. Les Arabes disent : « safaka damahu », c'est-à-dire il l'a versé ; et « safaka al-ziqqa », c'est-à-dire il l'a vidé. Le poète a dit : « Et nous, quand l'hôte descendait dans notre terre, / Nous versions le sang des bêtes sacrificielles dans la terre du ḥāl 40. » Ibn Hishām a dit : Il entend par « al-ḥāl » : l'argile mêlée de sable, que les Arabes appellent « as-sahla ». Et il est venu dans le hadith 41 que lorsque Pharaon dit : « Je crois qu'il n'y a de dieu que Celui en qui les Enfants d'Israël ont cru » (10:90), Gabriel prit du ḥāl de la mer 42 et de sa boue, et en frappa le visage de Pharaon. (Et al-ḥāl est semblable à la boue). Ibn Isḥāq a dit : « et ne vous expulsez pas les uns les autres de vos maisons. Puis vous avez reconnu [cela] et vous en êtes témoins » (2:84), que cela est vrai, de Mon engagement sur vous. « Puis vous voilà, vous vous entretuez, et vous expulsez une partie des vôtres de leurs maisons, vous vous liguez contre eux par le péché et l'inimitié » (2:85), c'est-à-dire les gens de l'associationnisme, jusqu'à ce qu'ils versent leur sang avec eux, et les expulsent de leurs maisons avec eux. « Et s'ils viennent à vous comme captifs, vous les rançonnez » (2:85), alors que vous savez que cela vous incombe dans votre religion, et qu'il vous est interdit (2:85) dans votre Livre de les expulser. « Croyez-vous donc en une partie du Livre et mécroyez-vous en une autre ? » (2:85), c'est-à-dire vous les rançonnez, croyant en cela, et vous les expulsez, mécroyant en cela. « Quelle est donc la rétribution de celui qui fait cela parmi vous, sinon l'ignominie dans la vie présente, et au Jour de la Résurrection ils seront renvoyés au plus dur des châtiments ? Et Dieu n'est pas inattentif à ce que vous faites. Ce sont ceux qui ont acheté la vie présente au prix de la vie future. Le châtiment ne leur sera donc pas allégé, et ils ne seront pas secourus » (2:85-86). Dieu, puissant et majestueux, les réprimanda donc pour cet acte, alors qu'Il leur avait interdit dans la Torah de verser leur sang, et leur avait prescrit dans celle-ci la rançon de leurs captifs. Ils étaient deux groupes : parmi eux, les Banū Qaynuqā' et leurs alliés, alliés des Khazraj ; et al-Naḍīr et Qurayẓa et leurs alliés, alliés des Aws. Lorsqu'il y avait une guerre entre les Aws et les Khazraj, les Banū Qaynuqā' sortaient avec les Khazraj, et al-Naḍīr et Qurayẓa sortaient avec les Aws, chaque groupe soutenant ses alliés contre ses frères, jusqu'à ce qu'ils versent leur sang entre eux, alors qu'ils avaient la Torah en main, connaissant ce qui leur incombait et ce qui leur revenait, tandis que les Aws et les Khazraj étaient des associationnistes adorant les idoles.
Ils ne connaissent ni Paradis ni Enfer, ni Résurrection ni Jugement dernier, ni Livre, ni licite ni illicite. Lorsque la guerre dépose ses fardeaux 43, ils rachètent leurs prisonniers 44, en confirmation de ce qui est dans la Torah, et certains d'entre eux agissent ainsi les uns envers les autres. Les Banû Qaynuqâ' rachètent ceux de leurs prisonniers qui sont aux mains des Aws, et les Nadîr et les Qurayza rachètent ceux qui sont aux mains des Khazraj. Ils négligent 45 les meurtres qu'ils ont commis et les morts qu'ils ont tués entre eux, en apportant leur soutien aux associateurs 46 contre eux. Allah Très-Haut leur dit, lorsqu'Il les réprimande 47 pour cela : « Croyez-vous donc en une partie du Livre et mécroyez-vous en une autre ? » [2:85], c'est-à-dire vous le rançonnez selon le jugement de la Torah, et vous le tuez, alors que le jugement de la Torah est de ne pas le faire ; vous le tuez, vous l'expulsez de sa demeure et vous soutenez contre lui celui qui associe à Allah et adore les idoles en dehors de Lui, en quête des biens de ce monde. C'est à propos de cela, dans leur conduite envers les Aws et les Khazraj – selon ce qui m'est parvenu – que cette histoire a été révélée. Puis Il dit : « Et Nous avons donné à Moïse le Livre et Nous avons envoyé après lui des Messagers successifs. Et Nous avons donné à Jésus, fils de Marie, les preuves évidentes 48 » [2:87], c'est-à-dire les miracles qui ont été accomplis par ses mains : la résurrection des morts, la création d'argile en forme d'oiseau, puis il souffle dedans et il devient oiseau par la permission d'Allah, la guérison des maladies, et l'annonce de nombreuses choses invisibles de ce qu'ils cachent dans leurs maisons, et ce qu'il leur a rapporté de la Torah avec l'Évangile, qu'Allah lui a révélé. Puis Il mentionne leur mécréance en tout cela, et dit : « Est-ce qu'à chaque fois qu'un Messager vous apporte ce que vos âmes ne désirent pas, vous vous enfliez d'orgueil ? Vous traitiez certains de menteurs et vous en tuiez d'autres » [2:87]. Puis Il dit : « Et ils dirent : 'Nos cœurs sont enveloppés 49' » [2:88] : dans des gaines. Allah dit : « Mais Allah les a maudits à cause de leur mécréance, car ils ne croient que peu. Et quand leur vint de la part d'Allah un Livre confirmant ce qu'ils avaient déjà, – alors qu'auparavant ils demandaient la victoire sur ceux qui mécroyaient –, quand leur vint ce qu'ils reconnaissaient, ils y mécrurent. Que la malédiction d'Allah soit sur les mécréants ! » [2:88-89]. Ibn Ishâq dit : 'Âsim ibn 'Umar ibn Qatâda m'a raconté d'après des cheikhs de son peuple, qui dirent : « Par Allah, c'est à propos de nous et d'eux que cette histoire a été révélée. Nous les dominions à l'époque préislamique, alors que nous étions associateurs et qu'ils étaient gens du Livre. Ils nous disaient : 'Un prophète va être envoyé maintenant, nous le suivrons, son temps est proche ; nous vous tuerons avec lui comme on a tué les 'Âd et les Iram.' Lorsqu'Allah envoya Son Messager (صلى الله عليه وسلم) issu de Quraysh et que nous le suivîmes, ils mécrurent en lui. » Allah dit : « Quand leur vint ce qu'ils reconnaissaient, ils y mécrurent. Que la malédiction d'Allah soit sur les mécréants ! » [2:89]. « Combien est mauvais ce contre quoi ils ont troqué leurs âmes : ils mécroient en ce qu'Allah a fait descendre, par jalousie de ce qu'Allah fasse descendre de Sa grâce sur qui Il veut parmi Ses serviteurs » [2:90], c'est-à-dire parce qu'Il l'a placé chez d'autres qu'eux. « Ils ont donc encouru une colère sur une colère 50. Et pour les mécréants, il y a un châtiment avilissant » [2:90]. (Ibn Hishâm : explication de quelques termes rares) : Ibn Hishâm dit : « Ils ont encouru une colère » : ils l'ont reconnue et supportée. Al-A'shâ des Banû Qays ibn Tha'laba a dit : « Je vous réconcilie jusqu'à ce que vous encourriez pareille chose, / Comme le cri d'une femme enceinte que sa tribu a fait asseoir 51. » (Ibn Hishâm dit : « l'a fait asseoir » : l'a assise pour l'accouchement.) Ce vers est dans un de ses poèmes. Ibn Ishâq dit : La colère sur la colère : Sa colère contre eux pour ce qu'ils avaient négligé de la Torah, qui était avec eux, et une colère pour leur mécréance en ce Prophète (صلى الله عليه وسلم) qu'Allah leur avait envoyé. Puis Il les réprimanda à propos de l'élévation du Mont 52 au-dessus d'eux et de leur prise du veau comme divinité en dehors de leur Seigneur. Allah Très-Haut dit à Muhammad (صلى الله عليه وسلم) : « Dis : 'Si la Demeure dernière auprès d'Allah vous est réservée exclusivement, à l'exclusion des autres gens, alors souhaitez la mort, si vous êtes véridiques' » [2:94], c'est-à-dire : invoquez la mort contre celui des deux groupes qui est le plus menteur auprès d'Allah. Mais ils refusèrent cela au Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم). Allah dit à Son Prophète (sur lui la prière et la paix) : « Or, ils ne la souhaiteront jamais, à cause de ce que leurs mains ont avancé » [2:95], c'est-à-dire à cause de leur science de ce qu'ils possèdent comme connaissance de toi, et de leur mécréance en cela. On dit : s'ils l'avaient souhaitée le jour où il le leur dit, il ne serait resté sur terre aucun Juif sans mourir. Puis Il mentionna leur avidité pour la vie d'ici-bas et la longue vie, et dit : « Et tu les trouveras certes les plus avides de vivre [2:96] – les Juifs et les associateurs –, chacun d'eux aimerait vivre mille ans. Mais une longue vie ne le sauvera pas du châtiment » [2:96], c'est-à-dire ne le délivrera pas du châtiment. Car l'associateur n'espère pas de résurrection après la mort, donc il aime la longue vie ; tandis que le Juif sait ce qui l'attend dans l'au-delà comme humiliation pour avoir négligé ce qu'il possédait comme science. Puis Allah dit : « Dis : 'Quiconque est ennemi de Gabriel, car c'est lui qui l'a fait descendre sur ton cœur par la permission d'Allah' » [2:97]. (Question des Juifs au Messager, et sa réponse, sur lui la prière et la paix) : Ibn Ishâq dit : 'Abd Allah ibn 'Abd al-Rahmân ibn Abî Husayn al-Makkî m'a raconté d'après Shahr ibn Hawshab al-Ash'arî : Un groupe de docteurs juifs vint au Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم) et dit : « Ô Muhammad, informe-nous de quatre choses que nous te demandons. Si tu le fais, nous te suivrons, te croirons et croirons en toi. » Le Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم) leur dit : « Vous avez sur cela le pacte d'Allah et Son engagement : si je vous informe de cela, vous me croirez ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : « Demandez donc ce qu'il vous plaît. » Ils dirent : « Informe-nous comment l'enfant ressemble à sa mère, alors que la semence vient de l'homme ? » Le Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم) leur dit : « Je vous adjure par Allah et par Ses jours 53 chez les Enfants d'Israël : savez-vous que la semence de l'homme est blanche et épaisse, et que la semence de la femme est jaune et fluide, et que celle des deux qui domine l'autre donne la ressemblance ? » Ils dirent : « Ô Allah, oui. » Ils dirent : « Informe-nous de ton sommeil. » Il dit : « Je vous adjure par Allah et par Ses jours chez les Enfants d'Israël : savez-vous que le sommeil de celui que vous prétendez que je ne suis pas 54 est tel que son œil dort mais son cœur est éveillé ? » Ils dirent : « Ô Allah, oui. » Il dit : « Ainsi est mon sommeil : mes yeux dorment mais mon cœur est éveillé. » Ils dirent : « Informe-nous de ce qu'Israël 55 s'est interdit à lui-même. » Il dit : « Je vous adjure par Allah et par Ses jours chez les Enfants d'Israël : savez-vous que la nourriture et la boisson qu'il aimait le plus étaient le lait et la viande de chameau, et qu'il tomba malade, et Allah le guérit, alors il s'interdit à lui-même ce qu'il aimait le plus par gratitude envers Allah, et il s'interdit la viande de chameau et son lait ? » Ils dirent : « Ô Allah, oui. » Ils dirent : « Informe-nous de l'Esprit 56. » Il dit : « Je vous adjure par Allah et par Ses jours chez les Enfants d'Israël : savez-vous qu'il s'agit de Gabriel, et c'est lui qui vient à moi ? » Ils dirent : « Ô Allah, oui, mais il est, ô Muhammad, notre ennemi ; c'est un ange qui n'apporte que la dureté et l'effusion de sang. Sans cela, nous t'aurions suivi. » Alors Allah révéla à leur sujet : « Dis : 'Quiconque est ennemi de Gabriel' » [2:97].
À Gabriel, car c'est lui qui l'a fait descendre sur ton cœur, par la permission d'Allah, en confirmation de ce qui était avant lui, et comme guide et bonne annonce pour les croyants 57 2:97 ... jusqu'à Sa parole : « Et chaque fois qu'ils ont contracté une alliance, une partie d'entre eux ne l'a-t-elle pas rejetée ? Mais la plupart d'entre eux ne croient pas. Et quand leur est venu un messager de la part d'Allah, confirmant ce qu'ils avaient, une partie de ceux qui ont reçu le Livre a jeté le Livre d'Allah derrière leur dos, comme s'ils ne savaient pas. Et ils ont suivi ce que les diables racontaient sur le règne de Salomon 58 2:100-102, c'est-à-dire la sorcellerie. Et Salomon n'a pas mécru, mais les diables ont mécru : ils enseignaient aux gens la sorcellerie 2:102. (Dénégation par les juifs de la prophétie de David, paix sur lui, et réponse d'Allah à leur encontre) : Ibn Ishaq a dit : Cela, parce que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, – d'après ce qui m'est parvenu – lorsqu'il mentionna Salomon fils de David parmi les envoyés, certains de leurs docteurs 59 dirent : « Ne vous étonnez-vous pas de Muhammad ? Il prétend que Salomon fils de David était un prophète. Par Allah, il n'était qu'un sorcier ! » Alors Allah, exalté soit-Il, révéla à propos de leur parole : « Et Salomon n'a pas mécru, mais les diables ont mécru » 2:102, c'est-à-dire en suivant la sorcellerie et en la pratiquant. « Et ce qui fut descendu sur les deux anges à Babylone, Hârût et Mârût 60 ; et ils n'enseignent à personne » 2:102. Ibn Ishaq a dit : Et m'a rapporté quelqu'un que je ne soupçonne pas, d'après Ikrima, d'après Ibn Abbas, qu'il disait : Ce qu'Israël s'est interdit à lui-même, ce sont les deux lobes du foie, les deux reins et la graisse, sauf ce qui se trouve sur le dos ; car cela était offert en sacrifice, et le feu le consumait. (Lettre du Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, aux juifs de Khaybar) : Ibn Ishaq a dit : Et le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, écrivit aux juifs de Khaybar – d'après ce que m'a rapporté un affranchi 61 de la famille de Zayd ibn Thâbit, d'après Ikrima ou d'après Sa'îd ibn Jubayr, d'après Ibn Abbas : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muhammad, le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, compagnon de Moïse et son frère, et qui confirme ce que Moïse a apporté. Sachez qu'Allah vous a dit, ô communauté des gens de la Torah, et vous trouvez cela dans votre Livre : “Muhammad est le Messager d'Allah ; et ceux qui sont avec lui sont durs envers les mécréants, miséricordieux entre eux. Tu les vois inclinés, prosternés, recherchant une grâce d'Allah et Son agrément. Leurs marques sont sur leurs visages, trace de la prosternation. Telle est leur description dans la Torah. Et leur description dans l'Évangile est celle d'une semence qui sort sa pousse, puis la fortifie, puis elle devient épaisse, puis elle se dresse sur sa tige, à l'émerveillement des semeurs, pour irriter par eux les mécréants. Allah a promis à ceux d'entre eux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres un pardon et une immense récompense” 48:29. Je vous adjure par Allah, et je vous adjure par ce qui a été descendu sur vous, et je vous adjure par Celui qui a nourri ceux d'avant vous parmi vos tribus de la manne et des cailles, et je vous adjure par Celui qui a asséché la mer pour vos pères jusqu'à les sauver de Pharaon et de son œuvre, de me dire : Trouvez-vous dans ce qu'Allah a fait descendre sur vous que vous devez croire en Muhammad ? Si vous ne trouvez pas cela dans votre Livre, alors nulle contrainte sur vous. “La voie droite s'est distinguée de l'égarement” 2:256. Je vous appelle donc à Allah et à Son Prophète. » (Explication par Ibn Hishâm de certains termes rares) : Ibn Hishâm a dit : « Sa pousse » : ses rejetons ; le singulier est « shi't'a ». Les Arabes disent : « Le champ a poussé des rejetons » quand il produit ses rejetons. « Et le fortifie » : l'aide, de sorte que ce qui était avant devient comme les mères. Imru' al-Qays ibn Hujr al-Kindî a dit : « Dans un vallon dont la végétation a fortifié le talh 62 ... passage d'armées victorieuses et déçues » (38) Ce vers fait partie d'un de ses poèmes. Et Humayd ibn Mâlik al-Arqat, l'un des Banû Rabî'a ibn Mâlik ibn Zayd Manât, a dit : « Des cultures et des légumes à la végétation fortifiée » (39) Ce vers fait partie d'une de ses urjûza 63. Et « ses tiges » (sans hamza) : pluriel de « tige », pour la tige de l'arbre. (Ce qui fut révélé au sujet d'Abû Yâsir et de son frère) : Ibn Ishaq a dit : Et parmi ceux au sujet desquels le Coran fut révélé en particulier, parmi les docteurs et les mécréants juifs qui l'interrogeaient et le mettaient à l'épreuve pour mêler le vrai au faux – d'après ce qui m'a été rapporté d'Abdullah ibn Abbas et de Jâbir ibn Abdullah ibn Ri'âb –, il y eut Abû Yâsir ibn Akhtab qui passa près du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, alors qu'il récitait l'ouverture de la sourate al-Baqara : « Alif, Lâm, Mîm. Voici le Livre au sujet duquel il n'y a aucun doute » 2:1-2. Il vint trouver son frère Huyayy ibn Akhtab avec des hommes parmi les juifs et dit : « Sachez, par Allah, que j'ai entendu Muhammad réciter ce qui lui a été révélé : “Alif, Lâm, Mîm. Voici le Livre” 2:1-2. » Ils dirent : « Tu l'as entendu ? » Il dit : « Oui. » Alors Huyayy ibn Akhtab se rendit avec ce groupe de juifs auprès du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et ils lui dirent : « Ô Muhammad, ne nous a-t-on pas rapporté que tu récites dans ce qui t'a été révélé : “Alif, Lâm, Mîm. Voici le Livre” 2:1-2 ? » Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit : « Oui. » Ils dirent : « Est-ce Gabriel qui te l'a apporté de la part d'Allah ? » Il dit : « Oui. » Ils dirent : « Allah a envoyé avant toi des prophètes ; nous ne savons pas qu'Il ait précisé à aucun d'eux la durée de son règne et la subsistance 64 de sa communauté, sauf à toi. » Alors Huyayy ibn Akhtab dit, se tournant vers ceux qui étaient avec lui : « Alif vaut un, Lâm vaut trente, Mîm vaut quarante : cela fait soixante et onze ans. Entrerez-vous dans une religion dont la durée du règne et la subsistance de la communauté ne sont que soixante et onze ans ? » Puis il se tourna vers le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et dit : « Ô Muhammad, y a-t-il autre chose avec cela ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Quoi ? » Il dit : « Alif, Lâm, Mîm, Sâd 65 7:1. » Il dit : « Celle-ci, par Allah, est plus lourde et plus longue : Alif vaut un, Lâm vaut trente, Mîm vaut quarante, Sâd vaut quatre-vingt-dix (42) : cela fait cent soixante et un ans. Y a-t-il autre chose avec cela, ô Muhammad ? » Il dit : « Oui : Alif, Lâm, Râ 66 10:1. » Il dit : « Celle-ci, par Allah, est plus lourde et plus longue : Alif vaut un, Lâm vaut trente, Râ vaut deux cents : cela fait deux cent trente et un ans. Y a-t-il autre chose avec cela, ô Muhammad ? » Il dit : « Oui : Alif, Lâm, Mîm, Râ 67 13:1. » Il dit : « Celle-ci, par Allah, est plus lourde et plus longue : Alif vaut un, Lâm vaut trente, Mîm vaut quarante, Râ vaut deux cents : cela fait deux cent soixante et onze ans. » Puis il dit : « Ta situation est devenue confuse pour nous, ô Muhammad, au point que nous ne savons pas si tu as reçu peu ou beaucoup. » Puis ils se levèrent de chez lui. Alors Abû Yâsir dit à son frère Huyayy ibn Akhtab et aux docteurs qui étaient avec lui : « Qu'en savez-vous ? Peut-être tout cela a-t-il été réuni pour Muhammad : soixante et onze, cent soixante et un, deux cent trente et un, et deux cent soixante et onze : cela fait sept cent trente-quatre ans (44). » Ils dirent : « Sa situation est devenue ambiguë pour nous. » Et l'on prétend que ces versets furent révélés à leur sujet : « Il y a des versets explicites 68 – ce sont la Mère du Livre – et d'autres ambigus 69 » 3:7. Ibn Ishaq a dit : Et j'ai entendu quelqu'un que je ne soupçonne pas, parmi les gens de science, mentionner que ces versets furent révélés au sujet des gens de Najrân, lorsqu'ils vinrent auprès du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, pour l'interroger au sujet de Jésus fils de Marie, paix sur lui. Ibn Ishaq a dit : Et Muhammad ibn Abî Umâma ibn Sahl ibn Hunayf m'a rapporté qu'il a entendu que ces versets furent révélés au sujet d'un groupe de juifs, mais il ne me l'a pas expliqué. Allah sait mieux ce qu'il en est. (Mécréance des juifs envers lui, qu'Allah prie sur lui et le salue, après avoir imploré la victoire par lui, et ce qui fut révélé à ce sujet) :
Ibn Isḥāq a dit : Il m’est parvenu, d’après ʿIkrima, affranchi d’Ibn ʿAbbās, ou d’après Saʿīd ibn Jubayr, d’après Ibn ʿAbbās, que les Juifs, avant la mission du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), imploraient la victoire contre les Aws et les Khazraj par lui 70. Lorsqu’Allah l’envoya comme prophète parmi les Arabes, ils mécrurent en lui et nièrent ce qu’ils disaient auparavant à son sujet. Alors Muʿādh ibn Jabal et Bishr ibn al-Barā’ ibn Maʿrūr, frère des Banū Salima, leur dirent : « Ô assemblée de Juifs, craignez Allah et embrassez l’islam ! Vous imploriez la victoire contre nous par Muhammad alors que nous étions polythéistes, et vous nous annonciez qu’il serait envoyé, et vous nous le décriviez par ses attributs. » Salām ibn Mishkam, l’un des Banū al-Naḍīr, répondit : « Il ne nous a apporté rien que nous reconnaissions, et il n’est pas celui dont nous vous parlions. » Alors Allah révéla à leur sujet : « Et quand leur vint de la part d’Allah un Livre confirmant ce qu’ils avaient déjà, – alors qu’auparavant ils imploraient la victoire contre ceux qui mécroyaient –, quand leur vint ce qu’ils reconnaissaient, ils mécrurent en lui. Que la malédiction d’Allah soit sur les mécréants ! » (Coran 2:89). (Ce qui fut révélé au sujet du reniement par Mālik ibn al-Ṣayf de l’engagement pris envers eux concernant le Prophète) Ibn Isḥāq a dit : Mālik ibn al-Ṣayf 71, lorsque le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) fut envoyé, – et il leur rappela l’alliance qui leur avait été imposée pour lui et l’engagement qu’Allah avait pris envers eux à son sujet –, dit : « Par Allah, aucun engagement ne nous a été pris concernant Muhammad, et aucune alliance n’a été conclue pour lui avec nous. » Alors Allah révéla à son sujet : « Est-ce que, chaque fois qu’ils concluent une alliance, une partie d’entre eux la rejette ? Mais la plupart d’entre eux ne croient pas. » (Coran 2:100) (Ce qui fut révélé au sujet de la parole d’Abū Ṣalūbā : « Tu ne nous as apporté rien que nous reconnaissions ») Abū Ṣalūbā al-Faṭyūnī 72 dit au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Ô Muhammad, tu ne nous as apporté rien que nous reconnaissions, et Allah n’a fait descendre sur toi aucun signe 73 pour que nous te suivions. » Alors Allah, exalté soit-Il, révéla à ce sujet : « Et Nous avons certes fait descendre vers toi des signes évidents. Seuls les pervers n’y croient pas. » (Coran 2:99) (Ce qui fut révélé au sujet de la parole d’Ibn Ḥuraymila et de Wahb) Rāfiʿ ibn Ḥuraymila et Wahb ibn Zayd dirent au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Ô Muhammad, apporte-nous un Livre que tu ferais descendre du ciel pour que nous le lisions, et fais jaillir pour nous des fleuves, alors nous te suivrons et te croirons. » Alors Allah, exalté soit-Il, révéla à leur sujet : « Voudriez-vous interroger votre Messager comme auparavant on interrogea Moïse ? Quiconque troque la foi contre la mécréance s’égare du droit chemin. » (Coran 2:108) (Explication par Ibn Hishām de certains termes rares) Ibn Hishām a dit : « Sawā’ al-sabīl » 74 signifie le milieu du chemin. Ḥassān ibn Thābit a dit : « Ô malheur aux partisans du Prophète et à sa famille, après l’enseveli dans le milieu de la tombe 75 ! » Ce verset fait partie d’un poème que je mentionnerai à sa place, si Allah, exalté soit-Il, le veut. (Ce qui fut révélé au sujet de l’obstruction de Ḥuyayy et de son frère aux gens pour les détourner de l’islam) Ibn Isḥāq a dit : Ḥuyayy ibn Akhṭab et son frère Abū Yāsir ibn Akhṭab étaient parmi les Juifs les plus envieux envers les Arabes, parce qu’Allah, exalté soit-Il, les avait distingués par Son Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Ils s’efforçaient de détourner les gens de l’islam par tous les moyens possibles. Alors Allah, exalté soit-Il, révéla à leur sujet : « Nombre de gens du Livre aimeraient vous faire redevenir mécréants après votre foi, par jalousie de leur part, après que la vérité leur est apparue. Pardonnez et passez outre, jusqu’à ce qu’Allah fasse venir Son ordre. Allah est Omnipotent. » (Coran 2:109) (Dispute des Juifs et des Chrétiens chez le Messager, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) Ibn Isḥāq a dit : Lorsque les Chrétiens de Najrān arrivèrent chez le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), les docteurs juifs vinrent à eux et ils se disputèrent chez le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Rāfiʿ ibn Ḥuraymila dit : « Vous n’êtes sur rien », et il mécrut en Jésus et en l’Évangile. Un homme de Najrān, parmi les Chrétiens, dit aux Juifs : « Vous n’êtes sur rien », et il nia la prophétie de Moïse et mécrut en la Torah. Alors Allah, exalté soit-Il, révéla à leur sujet : « Les Juifs disent : “Les Chrétiens ne sont sur rien” ; et les Chrétiens disent : “Les Juifs ne sont sur rien”, alors qu’ils récitent le Livre. Ainsi parlent ceux qui ne savent rien, pareil à leur parole. Allah jugera entre eux au Jour de la Résurrection sur ce en quoi ils divergent. » (Coran 2:113) – c’est-à-dire que chacun récite dans son Livre la confirmation de ce en quoi il mécroit : les Juifs mécroient en Jésus, alors qu’ils ont la Torah dans laquelle se trouve ce qu’Allah leur a imposé par la bouche de Moïse (sur lui la paix) de croire en Jésus (sur lui la paix) ; et dans l’Évangile se trouve ce que Jésus (sur lui la paix) a apporté, à savoir la confirmation de Moïse (sur lui la paix) et de ce qu’il a apporté de la Torah venant d’Allah. Chacun mécroit en ce que détient l’autre. (Ce qui fut révélé au sujet de la demande d’Ibn Ḥuraymila qu’Allah lui parle) Ibn Isḥāq a dit : Rāfiʿ ibn Ḥuraymila dit au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Ô Muhammad, si tu es vraiment un messager d’Allah comme tu le prétends, dis à Allah de nous parler afin que nous entendions Sa parole. » Alors Allah, exalté soit-Il, révéla à ce sujet : « Et ceux qui ne savent pas disent : “Si seulement Allah nous parlait, ou si un signe nous venait !” Ainsi parlaient ceux d’avant eux, pareil à leur parole. Leurs cœurs se ressemblent. Nous avons clairement exposé les signes pour des gens qui ont la certitude. » (Coran 2:118) (Ce qui fut révélé au sujet de la demande d’Ibn Ṣūriyā au Prophète – que la prière et la paix soient sur lui – de se faire juif) ʿAbd Allāh ibn Ṣūriyā al-Aʿwar al-Faṭyūnī 76 dit au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « La guidée n’est que ce sur quoi nous sommes. Suis-nous donc, ô Muhammad, et tu seras guidé. » Les Chrétiens dirent la même chose. Alors Allah, exalté soit-Il, révéla à ce sujet, concernant la parole de ʿAbd Allāh ibn Ṣūriyā et ce que dirent les Chrétiens : « Ils disent : “Soyez Juifs ou Chrétiens, vous serez guidés.” Dis : “Non, plutôt la religion d’Abraham, le pur monothéiste ; et il n’était point parmi les associateurs.” » (Coran 2:135). Puis le récit jusqu’à la parole d’Allah, exalté soit-Il : « Voilà une communauté qui a disparu. À elle ce qu’elle a acquis, et à vous ce que vous avez acquis. Et vous ne serez pas interrogés sur ce qu’ils faisaient. » (Coran 2:134) (Parole des Juifs lors du changement de direction de la prière vers la Kaʿba) Ibn Isḥāq a dit : Lorsque la direction de la prière fut changée de la Syrie vers la Kaʿba – ce changement eut lieu au mois de Rajab, dix-sept mois après l’arrivée du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) à Médine –, vinrent au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) Rifāʿa ibn Qays, Qardam ibn ʿAmr, Kaʿb ibn al-Ashraf, Rāfiʿ ibn Abī Rāfiʿ, al-Ḥajjāj ibn ʿAmr (allié de Kaʿb ibn al-Ashraf), al-Rabīʿ ibn al-Rabīʿ ibn Abī al-Ḥuqayq, et Kināna ibn al-Rabīʿ ibn Abī al-Ḥuqayq. Ils dirent : « Ô Muhammad, qu’est-ce qui t’a détourné de ta direction de prière que tu suivais, alors que tu prétends être sur la religion d’Abraham et sa voie ? Reviens à ta direction de prière que tu suivais, et nous te suivrons et te croirons. » Par cela, ils voulaient seulement le tenter 77 au sujet de sa religion. Alors Allah, exalté soit-Il, révéla à leur sujet : « Les insensés parmi les gens vont dire : “Qui les a détournés de leur direction de prière vers laquelle ils se tournaient ?” Dis : “C’est à Allah qu’appartiennent l’Orient et l’Occident. Il guide qui Il veut vers un droit chemin.” Et ainsi Nous avons fait de vous une communauté du juste milieu 78 pour que vous soyez témoins contre les gens, et que le Messager soit témoin contre vous. Et Nous n’avons établi la direction de prière que tu suivais que pour distinguer celui qui suit le Messager de celui qui tourne les talons. » (Coran 2:142-143) – c’est-à-dire une épreuve et un test. « C’était certes une épreuve 79 difficile, sauf pour ceux qu’Allah a guidés. » (Coran 2:143) – c’est-à-dire ceux qu’Allah a affermis. « Et Allah n’est pas tel à laisser perdre votre foi. » (Coran 2:143) – c’est-à-dire votre foi en la première direction de prière, votre croyance en votre Prophète, votre suivi de lui vers la dernière direction de prière, et votre obéissance à votre Prophète en cela : Il vous donnera certainement la récompense des deux. « Car Allah est, envers les gens, Compatissant et Miséricordieux. » (Coran 2:143)
Puis Il dit — exalté soit-Il — : « Nous te voyons souvent tourner ton visage vers le ciel ; Nous te ferons donc orienter vers une direction de prière 80 qui te satisfait. Tourne donc ton visage en direction de la Mosquée sacrée 81 ; et où que vous soyez, tournez vos visages en sa direction. » (2:144) (Ibn Hichâm 82 commente certains termes rares) : Ibn Hichâm dit : « Sa direction 83 : vers lui et en son intention. » ‘Amr ibn Ahmar al-Bâhilî — et Bâhila est le fils de Ya‘sur ibn Sa‘d ibn Qays ibn ‘Aylân — décrivant sa chamelle a dit : « Elle court avec nous vers la direction de la foule 84, alors qu’elle est entravée 85 ; le lien a presque serré le flanc 86 de son départ précipité. » (48) Ce vers fait partie d’un poème de lui. Et Qays ibn Khuwaylid al-Hudhalî, décrivant sa chamelle, a dit : « Certes, la somnolente 87 a une maladie qui la ronge ; son regard est épuisé 88 en la regardant. » (50) Ce vers fait partie de quelques vers de lui (51). Ibn Hichâm dit : « La somnolente : sa chamelle ; elle avait une maladie, et il la regarda d’un regard épuisé, de Sa parole : “et il est épuisé” 89. » « Et ceux qui ont reçu l’Écriture savent bien que c’est la vérité venant de leur Seigneur. Et Dieu n’est pas inattentif à ce qu’ils font. Et si tu apportais à ceux qui ont reçu l’Écriture tous les signes, ils ne suivraient pas ta direction de prière ; et tu ne suivras pas leur direction de prière ; et les uns ne suivent pas la direction de prière des autres. Et si tu suivais leurs passions après ce qui t’est venu de la science, tu serais alors du nombre des injustes. » (2:144-145) Ibn Ishâq 90 dit : jusqu’à Sa parole — exalté soit-Il — : « La vérité venant de ton Seigneur — ne sois donc pas de ceux qui doutent. » (2:147) (Leur dissimulation de la vérité dans la Torah) Mu‘âdh ibn Jabal, frère des Banû Salima, Sa‘d ibn Mu‘âdh, frère des Banû ‘Abd al-Ashhal, et Khârija ibn Zayd, frère des Balhârith ibn al-Khazraj, interrogèrent un groupe de docteurs 91 juifs sur une partie de ce qui est dans la Torah ; ils le leur cachèrent et refusèrent de les en informer. Dieu — exalté soit-Il — révéla alors à leur sujet : « Ceux qui cachent ce que Nous avons fait descendre des preuves et de la guidance, après que Nous l’avons exposé aux gens dans l’Écriture, voilà ceux que Dieu maudit et que les maudisseurs maudissent. » (2:159) (Leur réponse au Prophète — sur lui la prière et la paix — lorsqu’il les appela à l’islam) Il dit : L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — appela les Juifs gens de l’Écriture à l’islam, les y encouragea, et les avertit du châtiment de Dieu et de Sa vengeance. Râfi‘ ibn Khârija et Mâlik ibn ‘Awf lui dirent : « Nous suivons plutôt, ô Muhammad, ce que nous avons trouvé nos pères suivre ; ils étaient plus savants et meilleurs que nous. » Dieu — puissant et majestueux — révéla alors à propos de leur parole : « Et quand on leur dit : “Suivez ce que Dieu a fait descendre”, ils disent : “Nous suivons plutôt ce que nous avons trouvé nos pères suivre.” — Et si leurs pères ne raisonnaient rien et n’étaient pas guidés ? » (2:170) (Leur rassemblement au marché des Banû Qaynuqâ‘ 92) Lorsque Dieu — puissant et majestueux — frappa les Quraysh 93 le jour de Badr 94, l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — rassembla les Juifs au marché des Banû Qaynuqâ‘, à son arrivée à Médine, et dit : « Ô communauté juive, embrassez l’islam avant que Dieu ne vous frappe d’un châtiment semblable à celui dont Il a frappé les Quraysh. » Ils lui dirent : « Ô Muhammad, ne te laisse pas tromper par le fait que tu as tué quelques hommes des Quraysh qui étaient des ignorants 95 ne connaissant pas le combat. Par Dieu, si tu nous combattais, tu saurais que nous sommes les vrais hommes et que tu n’as jamais rencontré pareils à nous. » Dieu — exalté soit-Il — révéla alors à propos de leur parole : « Dis à ceux qui ont mécru : “Vous serez vaincus et rassemblés vers la Géhenne 96 — et quel mauvais séjour !” Il y eut pour vous un signe dans deux troupes qui se rencontrèrent : une troupe combattait dans le chemin de Dieu, et une autre mécréante ; ils les voyaient deux fois plus nombreux à vue d’œil. Et Dieu soutient par Son secours qui Il veut. Il y a là une leçon pour ceux qui ont des yeux. » (3:12-13) (Son entrée — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — dans la maison d’étude 97) Il dit : L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — entra dans la maison d’étude auprès d’un groupe de Juifs et les appela à Dieu. Al-Nu‘mân ibn ‘Amr et al-Hârith ibn Zayd lui dirent : « Quelle est ta religion, ô Muhammad ? » Il dit : « La religion d’Abraham et sa foi. » Ils dirent : « Abraham était juif. » L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — leur dit : « Venez donc à la Torah, qu’elle soit entre nous et vous. » Ils refusèrent. Dieu — exalté soit-Il — révéla alors à leur sujet : « N’as-tu pas vu ceux qui ont reçu une part de l’Écriture ? On les appelle au Livre de Dieu pour qu’il juge entre eux ; puis une partie d’entre eux se détourne, refusant. Cela parce qu’ils disent : “Le Feu ne nous touchera que pour quelques jours comptés.” Et ce qu’ils inventaient les a trompés dans leur religion. » (3:23-24) (La dispute des Juifs et des Chrétiens au sujet d’Abraham — sur lui la paix) Les docteurs juifs et les chrétiens de Najrân 98 dirent, lorsqu’ils se réunirent chez l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — et se disputèrent : les docteurs dirent : « Abraham n’était que juif » ; et les chrétiens de Najrân dirent : « Abraham n’était que chrétien. » Dieu — puissant et majestueux — révéla alors à leur sujet : « Ô gens de l’Écriture, pourquoi disputez-vous au sujet d’Abraham, alors que la Torah et l’Évangile ne sont descendus qu’après lui ? Ne raisonnez-vous donc pas ? Voilà que vous avez disputé au sujet de ce dont vous avez connaissance ; pourquoi disputez-vous au sujet de ce dont vous n’avez pas connaissance ? Dieu sait et vous ne savez pas. Abraham n’était ni juif ni chrétien, mais il était un pur monothéiste 99 soumis 100 ; et il n’était pas du nombre des associateurs 101. Les plus proches d’Abraham sont ceux qui l’ont suivi, ainsi que ce Prophète et ceux qui ont cru. Et Dieu est le protecteur des croyants. » (3:65-68) (Ce qui fut révélé au sujet de certains d’entre eux qui projetaient de croire le matin et de mécroire le soir) ‘Abdullah ibn Sayf 102, ‘Adî ibn Zayd et al-Hârith ibn ‘Awf se dirent les uns aux autres : « Venez, croyons le matin à ce qui a été révélé à Muhammad et à ses compagnons, et mécroyons-y le soir, afin de semer la confusion dans leur religion ; peut-être feront-ils comme nous et abandonneront-ils leur religion. » Dieu — exalté soit-Il — révéla alors à leur sujet : « Ô gens de l’Écriture, pourquoi mêlez-vous le vrai au faux et cachez-vous la vérité alors que vous savez ? Et une partie des gens de l’Écriture dit : “Croyez au début du jour à ce qui a été révélé à ceux qui ont cru, et mécroyez à la fin, afin qu’ils reviennent.” Et ne croyez que celui qui suit votre religion. Dis : “La guidance est la guidance de Dieu. [Craignez-vous] qu’on donne à quelqu’un comme ce qui vous a été donné, ou qu’ils disputent contre vous auprès de votre Seigneur ?” Dis : “La faveur est dans la main de Dieu ; Il la donne à qui Il veut. Et Dieu est immense et savant.” » (3:71-73) (Ce qui fut révélé au sujet de la parole d’Abû Râfi‘ et du Najrânite : « Veux-tu que nous t’adorions comme les chrétiens adorent Jésus ? ») Abû Râfi‘ al-Qurazî 103 dit, lorsque les docteurs juifs et les chrétiens de Najrân se réunirent chez l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — et qu’il les appela à l’islam : « Veux-tu de nous, ô Muhammad, que nous t’adorions comme les chrétiens adorent Jésus fils de Marie ? » Et un homme de Najrân, un chrétien appelé al-Ribbis 104 (et on rapporte : al-Rayyis, et al-Ra’îs) dit : « Est-ce cela que tu veux de nous, ô Muhammad, et vers quoi tu nous appelles ? » — ou quelque chose d’approchant. L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et lui donne la paix — dit : « Que Dieu nous en préserve ! Que j’adore autre que Dieu ou que j’ordonne d’adorer autre que Lui ! Ce n’est pas pour cela que Dieu m’a envoyé ni ne me l’a ordonné. » — ou quelque chose d’approchant. Dieu — exalté soit-Il — révéla alors à propos de leur parole : « Il n’appartient pas à un être humain à qui Dieu a donné l’Écriture, la sagesse et la prophétie, de dire ensuite aux gens : “Soyez mes adorateurs en dehors de Dieu” ; mais [il dit] : “Soyez des rabbins 105 puisque vous enseignez l’Écriture et puisque vous l’étudiez.” » (3:79) … jusqu’à Sa parole — exalté soit-Il — : « après que vous avez été soumis 106 » (3:80). Ibn Hichâm dit : « Les rabbins 107 : les savants juristes, les maîtres ; leur singulier est rabbânî 108. » Le poète a dit : « Si j’avais été mis en gage 109 pour l’arc, m’aurait séduit 110 de lui la parole et le rabbin des docteurs. » (Commentaire d’Ibn Hichâm sur certains termes rares)
Ibn Hishâm a dit : « Al-qaws 111 est la cellule du moine. Et 'aftananî 112 est la langue de Tamîm ; fatananî est la langue de Qays 113. » Jarîr a dit : « Il n'y a pas de lien, puisque Hind a rompu ; et même si elle s'était arrêtée, Elle m'aurait fait descendre, moi et celui aux deux pelles, dans le qaws 114. » C'est-à-dire la cellule du moine. Ar-rabbânî 115 dérive de rabb, qui signifie le maître. Et dans le Livre de Dieu : « Il servira du vin à son rabb 116 » (12:41), c'est-à-dire à son maître. Ibn Ishâq a dit : « Et Il ne vous ordonne pas de prendre les anges et les prophètes pour des seigneurs. Vous ordonnerait-Il de mécroire après que vous êtes musulmans ? » (3:80). (Ce qui a été révélé au sujet de la prise de l'engagement sur eux) Ibn Ishâq a dit : « Puis Il mentionna ce que Dieu avait pris sur eux et sur leurs prophètes comme engagement de croire en lui quand il viendrait à eux, et de le reconnaître. Il dit : "Et lorsque Dieu prit l'engagement des prophètes : 'Quand Je vous aurai donné le Livre et la Sagesse, puis qu'un messager vous viendra, confirmant ce qui est avec vous, vous devez croire en lui et le secourir.' Il dit : 'Reconnaissez-vous et acceptez-vous Mon alliance sur cela ?' Ils dirent : 'Nous reconnaissons.' Il dit : 'Soyez-en témoins, et Je suis avec vous parmi les témoins'" (3:81) jusqu'à la fin de l'histoire. » (Leur effort pour semer la discorde entre les Ansâr) Ibn Ishâq a dit : « Shâs ibn Qays passa, un vieillard qui avait vieilli 117, d'une grande mécréance, d'une forte rancune contre les musulmans, d'une grande jalousie envers eux, auprès d'un groupe de compagnons du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – parmi les Aws et les Khazraj, dans une assemblée qui les réunissait, où ils conversaient. Ce qu'il vit de leur union, de leur rassemblement et de la concorde de leurs cœurs dans l'islam, après l'inimitié qu'il y avait entre eux à l'époque préislamique, l'irrita. Il dit : "Le conseil 118 des Banû Qayla s'est réuni dans ce pays ; non, par Dieu, nous n'avons aucun établissement avec eux quand leur conseil s'y réunit." Il ordonna à un jeune homme juif qui était avec eux : "Va vers eux, assieds-toi avec eux, puis évoque le jour de Bu‘âth 119 et ce qui l'a précédé, et récite-leur quelques-uns des poèmes qu'ils échangeaient à ce sujet." » (Quelque chose au sujet du jour de Bu‘âth) « Le jour de Bu‘âth fut un jour où les Aws et les Khazraj se battirent ; la victoire, ce jour-là, fut pour les Aws contre les Khazraj. Les Aws étaient commandés ce jour-là par Hudhayr ibn Simâk al-Ashhalî, père d'Usayd ibn Hudhayr, et les Khazraj par ‘Amr ibn an-Nu‘mân al-Bayâdî ; ils furent tués tous deux. » Ibn Hishâm a dit : « Abû Qays ibn al-Aslat a dit : "Bien que j'aie été frappé par la perte d'un homme jaloux de son honneur, Un chagrin solide m'a repris pour lui 120. Si vous le tuez, ‘Amr a été Mordu à la tête par une épée aiguisée 121." Ces deux vers sont dans un poème de lui. Le récit du jour de Bu‘âth est plus long que ce que j'ai mentionné ; ce qui m'a empêché de le détailler est ce que j'ai dit de la coupure. » (Explication par Ibn Hishâm de quelques termes rares) 122 Ibn Hishâm a dit : « Sanîn 123 : aiguisé, de sannahu, quand on l'a affûté. » Ibn Ishâq a dit : « Il fit ainsi. Les gens alors parlèrent, se disputèrent et se vantèrent, jusqu'à ce que deux hommes des deux tribus sautent sur leurs genoux : Aws ibn Qaydhî, l'un des Banû Hâritha ibn al-Hârith, des Aws, et Jabbâr ibn Sakhr, l'un des Banû Salima, des Khazraj. Ils échangèrent des paroles, puis l'un d'eux dit à son compagnon : "Si vous voulez, nous la ramenons maintenant à l'état de jeune 124." Les deux groupes se fâchèrent tous deux et dirent : "Nous l'avons fait ! Votre rendez-vous est az-Zâhira 125 – az-Zâhira est la coulée de lave – aux armes ! aux armes !" Ils sortirent vers elle. Cela parvint au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, qui sortit vers eux avec ceux de ses compagnons émigrés qui étaient avec lui, jusqu'à ce qu'il les rejoigne. Il dit : "Ô communauté des musulmans ! Dieu, Dieu ! Par l'appel de l'époque préislamique alors que je suis parmi vous, après que Dieu vous a guidés vers l'islam, vous a honorés par lui, a coupé par lui de vous l'affaire de l'époque préislamique, vous a sauvés par lui de la mécréance et a uni par lui vos cœurs ?" Les gens comprirent que c'était une incitation 126 du Diable et une ruse de leur ennemi ; ils pleurèrent, les hommes des Aws et des Khazraj s'embrassèrent les uns les autres, puis ils repartirent avec le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, obéissants et soumis. Dieu éteignit pour eux la ruse de l'ennemi de Dieu, Shâs ibn Qays. Dieu – qu'Il soit exalté – révéla au sujet de Shâs ibn Qays et de ce qu'il fit : "Dis : 'Ô gens du Livre ! Pourquoi mécroyez-vous aux signes de Dieu, alors que Dieu est témoin de ce que vous faites ? Dis : 'Ô gens du Livre ! Pourquoi détournez-vous du chemin de Dieu ceux qui croient, cherchant à le rendre tortueux, alors que vous êtes témoins ? Et Dieu n'est pas inattentif à ce que vous faites'" (3:98-99). Et Dieu révéla au sujet d'Aws ibn Qaydhî, de Jabbâr ibn Sakhr et de ceux de leurs peuples qui étaient avec eux, qui firent ce qu'ils firent à cause de ce que Shâs leur avait insufflé de l'affaire de l'époque préislamique : "Ô vous qui croyez ! Si vous obéissez à un groupe de ceux qui ont reçu le Livre, ils vous feront redevenir mécréants après votre foi. Et comment pouvez-vous mécroire, alors que les signes de Dieu vous sont récités et que Son Messager est parmi vous ? Et quiconque s'attache à Dieu est guidé vers un chemin droit. Ô vous qui croyez ! Craignez Dieu comme Il doit être craint, et ne mourez qu'en étant musulmans" (3:100-102) jusqu'à Sa parole : "Et ceux-là auront un châtiment terrible" (3:105). » (Ce qui a été révélé au sujet de leur parole : « Seuls nos vils ont cru ») Ibn Ishâq a dit : « Lorsque ‘Abd Allâh ibn Salâm, Tha‘laba ibn Sa‘ya, Usayd ibn Sa‘ya, Asad ibn ‘Ubayd et ceux des Juifs qui embrassèrent l'islam avec eux eurent embrassé l'islam, cru, attesté, désiré l'islam et s'y furent enracinés, les docteurs juifs, les mécréants parmi eux, dirent : "N'ont cru en Muhammad et ne l'ont suivi que nos vils ; s'ils étaient de nos meilleurs, ils n'auraient pas abandonné la religion de leurs pères pour une autre." Dieu – qu'Il soit exalté – révéla à ce sujet de leur parole : "Ils ne sont pas tous pareils. Parmi les gens du Livre, il y a une communauté droite qui récite les signes de Dieu aux heures de la nuit 127 en se prosternant" (3:113). » (Explication par Ibn Hishâm de quelques termes rares) Ibn Hishâm a dit : « Ânâ'a al-layl 128 : les heures de la nuit ; leur singulier est iny. Al-Mutanakhkhil al-Hudhalî – son nom est Mâlik ibn ‘Uwaymir – a dit, en pleurant son fils Uthayla : "Doux et amer, comme le tour du sort, sa nature À chaque iny 129 que la nuit décrète, il chausse 130." Ce vers est dans un poème de lui. Labîd ibn Rabî‘a a dit, décrivant un âne sauvage : "Il module aux ânâ'a 131 du jour, comme si C'était un égaré 132 à qui un compagnon de boisson a versé dans les outres 133." Ce vers est dans un poème de lui. On dit aussi inan (avec un alif final) 134, d'après ce que m'a rapporté Yûnus 135. "Ils croient en Dieu et au Jour dernier, ordonnent le convenable, interdisent le blâmable et se hâtent vers les bonnes œuvres. Ceux-là sont parmi les justes" (3:114). » (Ce qui a été révélé au sujet de l'interdiction faite aux musulmans de prendre les Juifs pour confidents) Ibn Ishâq a dit : « Des hommes parmi les musulmans entretenaient des relations suivies avec des hommes parmi les Juifs, en raison du voisinage et de l'alliance qui existaient entre eux. Dieu – qu'Il soit exalté – révéla à leur sujet, leur interdisant de les prendre pour confidents : "Ô vous qui croyez ! Ne prenez pas de confidents en dehors de vous ; ils ne ménagent aucun effort pour vous corrompre ; ils souhaitent ce qui vous nuit. La haine est apparue de leurs bouches, et ce que cachent leurs poitrines est plus grand. Nous vous avons clairement exposé les signes, si vous raisonnez. Vous voilà, vous les aimez, mais ils ne vous aiment pas ; et vous croyez au Livre tout entier" (3:118-119), c'est-à-dire vous croyez en votre Livre et aux Livres qui ont précédé, tandis qu'ils mécroient en votre Livre. Vous êtes donc plus en droit de les haïr qu'eux de vous haïr. "Et quand ils vous rencontrent, ils disent : 'Nous croyons.' Mais quand ils sont seuls, ils se mordent les doigts de rage. Dis : 'Mourez de votre rage !'" (3:119) jusqu'à la fin de l'histoire. » (Ce qui eut lieu entre Abû Bakr et Finhâs)
Abou Bakr as-Siddîq entra dans la maison d'étude (Bayt al-Midrâs) (72) chez les Juifs. Il y trouva un grand nombre de personnes rassemblées autour d'un homme parmi eux, nommé Finhâs, qui était l'un de leurs savants et docteurs (aḥbâr). Avec lui se trouvait un autre docteur (ḥabr) parmi leurs docteurs, nommé Ashya'. Abou Bakr dit alors à Finhâs : « Malheur à toi, ô Finhâs ! Crains Dieu et embrasse l'Islam. Par Dieu, tu sais bien que Muhammad est l'Envoyé de Dieu, il vous a apporté la vérité de Sa part ; vous le trouvez écrit chez vous dans la Torah et l'Évangile. » Finhâs répondit à Abou Bakr : « Par Dieu, ô Abou Bakr, nous n'avons nul besoin de Dieu, et c'est Lui qui a besoin de nous. Nous ne nous humilions pas devant Lui comme Il s'humilie devant nous. Nous nous passons de Lui, et Lui ne se passe pas de nous. S'Il se passait de nous, Il ne nous emprunterait pas nos biens, comme le prétend votre compagnon. Il vous interdit l'usure (ribâ) et pourtant Il nous la donne. S'Il se passait de nous, Il ne nous donnerait pas l'usure. » (Le narrateur) dit : Abou Bakr se mit en colère et frappa violemment le visage de Finhâs, en disant : « Par Celui qui tient mon âme en Sa main, sans le pacte qui nous lie à vous, je t'aurais frappé la tête, ô ennemi de Dieu ! » (Le narrateur) dit : Finhâs alla alors trouver l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et dit : « Ô Muhammad, regarde ce que ton compagnon m'a fait ! » L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit à Abou Bakr : « Qu'est-ce qui t'a poussé à agir ainsi ? » Abou Bakr répondit : « Ô Envoyé de Dieu, l'ennemi de Dieu a proféré une parole énorme : il a prétendu que Dieu est pauvre et qu'eux sont riches. Lorsqu'il a dit cela, je me suis emporté pour Dieu à cause de ce qu'il a dit, et j'ai frappé son visage. » Finhâs nia cela et dit : « Je n'ai pas dit cela. » Dieu Très-Haut révéla alors, en réponse à ce qu'avait dit Finhâs et pour confirmer Abou Bakr : « Dieu a certes entendu la parole de ceux qui ont dit : "Dieu est pauvre et nous sommes riches." Nous enregistrerons ce qu'ils ont dit, ainsi que leur meurtre des prophètes injustement, et Nous dirons : "Goûtez au châtiment du feu ardent !" » (Coran 3:181). Et il fut révélé au sujet d'Abou Bakr as-Siddîq (que Dieu l'agrée) et de la colère qu'il avait manifestée à cette occasion : « Vous entendrez certes beaucoup de propos blessants de la part de ceux qui ont reçu le Livre avant vous et de la part des associateurs. Mais si vous êtes patients et pieux, voilà bien une résolution qui mérite d'être prise. » (Coran 3:186). Puis, au sujet de ce qu'avaient dit Finhâs et les docteurs (aḥbâr) juifs avec lui, Il dit : « Et lorsque Dieu prit l'engagement de ceux qui avaient reçu le Livre : "Vous le ferez connaître aux gens et ne le cacherez pas." Mais ils le jetèrent derrière leur dos et le vendirent à vil prix. Quel mauvais marché ils font ! Ne pense pas que ceux qui se réjouissent de ce qu'ils ont accompli et qui aiment être loués pour ce qu'ils n'ont pas fait, ne pense pas qu'ils soient à l'abri du châtiment ; pour eux, un châtiment douloureux. » (Coran 3:187-188). Il visait par là Finhâs, Ashya' et leurs semblables parmi les docteurs (aḥbâr), qui se réjouissent de ce qu'ils obtiennent des biens de ce monde grâce à l'égarement qu'ils ont embelli pour les gens, et qui aiment être loués pour ce qu'ils n'ont pas fait, c'est-à-dire que les gens disent : « Ce sont des savants », alors qu'ils ne le sont pas, qu'ils n'ont guidé personne vers la bonne direction ni la vérité, et ils aiment que les gens disent : « Ils ont agi. » (Leur ordre aux croyants d'être avares) Ibn Ishâq dit : Kirdam ibn Qays, allié (ḥalîf) de Ka'b ibn al-Ashraf, Usâma ibn Habîb, Nâfi' ibn Abî Nâfi', Bahrî ibn 'Amr, Huyayy ibn Akhtab et Rifâ'a ibn Zayd ibn at-Tâbût venaient trouver des hommes parmi les Ansâr qui les fréquentaient et les prenaient pour conseillers (73) parmi les compagnons de l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Ils leur disaient : « Ne dépensez pas vos biens, car nous craignons pour vous la pauvreté s'ils disparaissent. Ne vous hâtez pas de faire des dépenses, car vous ne savez pas ce qui adviendra. » Dieu révéla alors à leur sujet : « Ceux qui sont avares et ordonnent aux gens l'avarice, et cachent ce que Dieu leur a donné de Sa grâce » (Coran 4:37), c'est-à-dire de la Torah, dans laquelle se trouve la confirmation de ce qu'a apporté Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue) ; « et Nous avons préparé pour les mécréants un châtiment humiliant. » (Coran 4:37). « Et ceux qui dépensent leurs biens pour être vus des gens, et ne croient ni en Dieu ni au Jour Dernier » (Coran 4:38) ... jusqu'à Sa parole : « et Dieu est d'eux Omniscient » (Coran 4:39). (Leur déni de la vérité) Ibn Ishâq dit : Rifâ'a ibn Zayd ibn at-Tâbût était l'un des grands des Juifs. Lorsqu'il parlait à l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), il tordait sa langue et disait : « Prête-nous l'oreille (ar'inâ sam'aka), ô Muhammad, afin que nous te fassions comprendre », puis il attaquait l'Islam et le blâmait. Dieu révéla alors à son sujet : « N'as-tu pas vu ceux qui ont reçu une part du Livre ? Ils achètent l'égarement et veulent que vous vous égariez du chemin. Dieu connaît mieux vos ennemis. Dieu suffit comme protecteur, et Dieu suffit comme secoureur. Parmi ceux qui pratiquent le judaïsme, il en est qui détournent les paroles de leur sens et disent : "Nous avons entendu et nous avons désobéi", et "Écoute sans être écouté (isma' ghayra musma')", et "Prête-nous attention (râ'inâ)" » (Coran 4:44-46), c'est-à-dire « prête-nous l'oreille (râ'inâ sam'aka) » (74), en tordant leurs langues et en attaquant la religion. « Si seulement ils disaient : "Nous avons entendu et nous avons obéi", "Écoute" et "Regarde-nous (unzurnâ)", ce serait meilleur pour eux et plus droit. Mais Dieu les a maudits à cause de leur mécréance ; ils ne croiront donc que peu. » (Coran 4:46). L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) parla à des chefs parmi les docteurs (aḥbâr) juifs, parmi lesquels : 'Abd Allâh ibn Sûriyâ (75) le Borgne, et Ka'b ibn Asad. Il leur dit : « Ô communauté juive, craignez Dieu et embrassez l'Islam. Par Dieu, vous savez bien que ce que je vous apporte est la vérité. » Ils dirent : « Nous ne reconnaissons pas cela, ô Muhammad. » Ils nièrent donc ce qu'ils savaient et persistèrent dans la mécréance. Dieu Très-Haut révéla alors à leur sujet : « Ô vous qui avez reçu le Livre, croyez à ce que Nous avons fait descendre, en confirmation de ce qui est avec vous, avant que Nous effacions des visages et les retournions sur leurs nuques, ou que Nous les maudissions comme Nous avons maudit les gens du Sabbat. Et l'ordre de Dieu est toujours exécuté. » (Coran 4:47). (Explication par Ibn Hishâm de certains termes rares) Ibn Hishâm dit : « Naṭmisu » (Nous effaçons) : Nous les essuyons et les aplanissons, de sorte qu'on n'y voie ni œil, ni nez, ni bouche, ni rien de ce qui se voit sur un visage. De même : « Nous avons effacé leurs yeux » (Coran 54:37). L'œil effacé (al-maṭmûs al-'ayn) est celui dont les paupières n'ont pas de fente. On dit : « J'ai effacé (ṭamastu) le livre et la trace », de sorte qu'on n'en voie rien. Al-Akhtal, dont le nom est al-Ghawth (76) ibn Hubayra ibn as-Salt at-Taghlibî, a dit, décrivant des chamelles qu'il a chargées de ce qu'il a mentionné : « Et notre charge sur elles, sur toute (trace) effacée des balises (aṭ-ṭawâmis aṣ-ṣuwâ) / Lointaine, dont on voit le lézard (ḥirbâ'ahâ) s'agiter. » (77) Ce vers est tiré d'un poème de lui. Ibn Hishâm dit : Le singulier de « aṣ-ṣuwâ » est « ṣuwwa ». Les « ṣuwâ » sont les balises (a'lâm) qui servent à se guider sur les routes et vers les points d'eau. Ibn Hishâm dit : Il veut dire : elles ont été effacées et sont devenues au niveau du sol, sans rien de saillant. (Le groupe qui a formé les coalitions (al-aḥzâb)) Ibn Ishâq dit : Ceux qui formèrent les coalitions (al-aḥzâb) parmi Quraysh, Ghatafân et les Banû Qurayza furent : Huyayy ibn Akhtab, Salâm ibn Abî l-Ḥuqayq, Abû Râfi' (78), ar-Rabî' ibn ar-Rabî' ibn Abî l-Ḥuqayq, Abû 'Ammâr, Waḥwaḥ ibn 'Âmir, et Hawdha ibn Qays. Quant à Waḥwaḥ, Abû 'Ammâr et Hawdha, ils étaient des Banû Wâ'il ; les autres étaient des Banû n-Naḍîr. Lorsqu'ils arrivèrent chez Quraysh, (les Qurayshites) dirent : « Voici les docteurs (aḥbâr) des Juifs, les gens savants dans le Livre premier. Interrogez-les : votre religion est-elle meilleure ou celle de Muhammad ? » Ils les interrogèrent donc, et ils répondirent : « Votre religion est meilleure que la sienne, et vous êtes mieux guidés que lui et que ceux qui le suivent. » Dieu Très-Haut révéla alors à leur sujet : « N'as-tu pas vu ceux qui ont reçu une part du Livre ? Ils croient au Jibt et au Tâghût » (Coran 4:51). (Explication par Ibn Hishâm de certains termes rares) Ibn Hishâm dit : Le Jibt (chez les Arabes) est ce qui est adoré en dehors de Dieu, Béni et Très-Haut. Le Tâghût est tout ce qui égare loin de la vérité. Le pluriel de Jibt est jubût, et le pluriel de Tâghût est ṭawâghît. Ibn Hishâm dit : Il nous est parvenu d'après Ibn Abî Najîḥ qu'il a dit : « Le Jibt est la sorcellerie, et le Tâghût est le diable. » « Et ils disent à ceux qui ont mécru : "Ceux-ci sont mieux guidés dans la voie que ceux qui ont cru." » (Coran 4:51).
Ibn Isḥāq a dit : jusqu'à la parole de Dieu Très-Haut : « Ou bien envient-ils aux gens ce que Dieu leur a donné de Sa grâce ? Or, Nous avons donné à la famille d'Abraham le Livre et la Sagesse, et Nous leur avons donné un royaume immense » [4:54]. (Leur déni de la Révélation) Ibn Isḥāq a dit : Sukayn et ʿAdī ibn Zayd dirent : « Ô Muḥammad, nous ne savons pas que Dieu ait rien révélé à un être humain après Moïse. » Alors Dieu Très-Haut révéla à ce sujet, de leur parole : « Nous t'avons fait une révélation, comme Nous fîmes à Noé et aux prophètes après lui ; et Nous fîmes révélation à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, les Tribus, Jésus, Job, Jonas, Aaron et Salomon, et Nous donnâmes à David les Psaumes. Et des messagers dont Nous t'avons raconté l'histoire précédemment, et des messagers dont Nous ne t'avons pas raconté l'histoire – et Dieu parla à Moïse de vive voix – des messagers annonciateurs et avertisseurs, afin qu'après la venue des messagers les gens n'aient pas d'argument contre Dieu. Et Dieu est Puissant, Sage » [4:163-165]. Un groupe d'entre eux vint auprès du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et il leur dit : « Par Dieu, vous savez bien que je suis un messager de Dieu auprès de vous. » Ils dirent : « Nous ne le savons pas et nous n'en témoignons pas. » Alors Dieu Très-Haut révéla à ce sujet, de leur parole : « Mais Dieu témoigne de ce qu'Il a fait descendre vers toi ; Il l'a fait descendre en toute connaissance. Et les Anges en témoignent. Et Dieu suffit comme témoin » [4:166]. (Leur accord pour jeter un rocher sur le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue) Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – sortit vers les Banū al-Naḍīr pour leur demander de l'aide concernant le prix du sang des deux ʿĀmirites 136 que ʿAmr ibn Umayya al-Ḍamrī avait tués. Lorsque certains d'entre eux furent seuls, ils dirent : « Vous ne trouverez pas Muḥammad plus proche qu'en ce moment. Qui est l'homme qui montera sur cette maison et jettera un rocher sur lui, nous débarrassant ainsi de lui ? » ʿAmr ibn Ǧaḥḥāš ibn Kaʿb dit : « Moi. » Mais la nouvelle parvint au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et il s'éloigna d'eux. Alors Dieu Très-Haut révéla à son sujet et au sujet de ce que lui et son peuple avaient voulu : « Ô vous qui avez cru ! Rappelez-vous le bienfait de Dieu sur vous, quand un peuple voulut porter la main sur vous, et qu'Il retint leurs mains loin de vous. Craignez Dieu ! Et que les croyants s'en remettent à Dieu » [5:11]. (Leur prétention d'être les bien-aimés de Dieu) Nuʿmān ibn Aḍāʾ, Baḥrī ibn ʿAmr et Šaʾs ibn ʿAdī vinrent auprès du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et ils lui parlèrent, et le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – leur parla, les appela à Dieu et les mit en garde contre Son châtiment. Ils dirent : « Qu'est-ce qui nous effraie, ô Muḥammad ? Par Dieu, nous sommes les fils de Dieu et Ses bien-aimés », comme le disent les chrétiens. Alors Dieu Très-Haut révéla à leur sujet : « Les Juifs et les chrétiens ont dit : “Nous sommes les fils de Dieu et Ses bien-aimés.” Dis : “Pourquoi donc vous châtie-t-Il pour vos péchés ?” Mais vous êtes des êtres humains parmi ceux qu'Il a créés. Il pardonne à qui Il veut et châtie qui Il veut. Et à Dieu appartient le royaume des cieux et de la terre et de ce qui est entre eux. Et vers Lui est le retour » [5:18]. (Leur déni de la descente d'un Livre après Moïse – sur lui la paix) Ibn Isḥāq a dit : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – appela les Juifs à l'islam, les y incita et les mit en garde contre autre que Dieu et Son châtiment. Mais ils refusèrent et mécrurent en ce qu'il leur apportait. Alors Muʿāḏ ibn Ǧabal, Saʿd ibn ʿUbāda et ʿUqba ibn Wahb leur dirent : « Ô assemblée de Juifs, craignez Dieu ! Par Dieu, vous savez bien qu'il est le Messager de Dieu. Vous nous en parliez avant sa mission et vous nous le décriviez par ses attributs. » Alors Rāfiʿ ibn Ḥuraymila et Wahb ibn Yahuḏā dirent : « Nous ne vous avons jamais dit cela, et Dieu n'a fait descendre aucun Livre après Moïse, et n'a envoyé aucun annonciateur ni avertisseur après lui. » Alors Dieu Très-Haut révéla à ce sujet, de leur parole : « Ô gens du Livre ! Notre Messager est venu à vous pour vous clarifier, après une interruption des messagers, afin que vous ne disiez pas : “Il ne nous est venu ni annonciateur ni avertisseur.” Voilà que vous est venu un annonciateur et un avertisseur. Et Dieu est sur toute chose Puissant » [5:19]. Puis Il leur raconta l'histoire de Moïse et ce qu'il subit de leur part, leur révolte contre lui, et ce qu'ils lui répondirent de l'ordre de Dieu jusqu'à ce qu'ils errèrent dans la terre quarante ans en punition. (Leur retour vers le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – pour le jugement de la lapidation) Ibn Isḥāq a dit : Ibn Šihāb al-Zuhrī m'a raconté qu'il entendit un homme de Muzayna, parmi les savants, raconter à Saʿīd ibn al-Musayyib qu'Abū Hurayra leur avait raconté : Les docteurs juifs se réunirent dans la maison d'étude 137 lorsque le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – arriva à Médine. Or, un homme parmi eux avait commis la fornication après avoir été marié 138 avec une femme juive qui avait été mariée. Ils dirent : « Envoyez cet homme et cette femme à Muḥammad, demandez-lui quel est le jugement les concernant, et déléguez-lui le jugement sur eux. S'il applique envers eux votre pratique de la tajbiya 139 – la tajbiya est la flagellation avec une corde en fibres enduite de goudron, puis on noircit leurs visages, puis on les fait monter sur deux ânes, leurs visages tournés vers l'arrière des ânes – alors suivez-le, car ce n'est qu'un roi, et croyez en lui. Mais s'il juge contre eux par la lapidation, alors c'est un prophète ; méfiez-vous de lui pour ce qui est entre vos mains, de peur qu'il ne vous l'enlève. » Ils vinrent donc à lui et dirent : « Ô Muḥammad, voici un homme qui a forniqué après avoir été marié avec une femme qui a été mariée. Juge entre eux, car nous t'avons délégué le jugement sur eux. » Alors le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – marcha jusqu'à ce qu'il vînt auprès de leurs docteurs dans la maison d'étude et dit : « Ô assemblée de Juifs, faites sortir vers moi vos savants. » On fit sortir pour lui ʿAbd Allāh ibn Ṣūriyyā. Ibn Isḥāq a dit : Certains des Banū Qurayẓa m'ont raconté qu'ils avaient fait sortir ce jour-là, avec Ibn Ṣūriyyā, Abū Yāsir ibn Aḫṭab et Wahb ibn Yahuḏā. Ils dirent : « Voici nos savants. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – les interrogea jusqu'à ce qu'il eût cerné leur affaire, au point qu'ils dirent à ʿAbd Allāh ibn Ṣūriyyā : « Celui-ci est le plus savant de ceux qui restent sur la Torah. » Ibn Hišām a dit : depuis sa parole : « et certains des Banū Qurayẓa m'ont raconté » jusqu'à « le plus savant de ceux qui restent sur la Torah » fait partie du récit d'Ibn Isḥāq, et ce qui suit fait partie du hadith précédent. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – s'isola avec lui, et c'était un jeune homme, le plus jeune d'entre eux en âge. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – insista dans ses questions, lui disant : « Ô Ibn Ṣūriyyā, je t'adjure par Dieu et te rappelle Ses jours 140 auprès des Enfants d'Israël : sais-tu que Dieu a jugé dans la Torah que celui qui fornique après avoir été marié doit être lapidé ? » Il dit : « Ô mon Dieu, oui. Par Dieu, ô Abū al-Qāsim, ils savent bien que tu es un prophète envoyé, mais ils t'envient. » Alors le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – sortit et ordonna qu'ils soient lapidés près de la porte de sa mosquée, dans le quartier des Banū Ġanm ibn Mālik ibn al-Naǧǧār. Ensuite, Ibn Ṣūriyyā mécrut après cela et nia la prophétie du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. Ibn Isḥāq a dit : Alors Dieu Très-Haut révéla à leur sujet : « Ô Messager ! Que ne t'affligent point ceux qui rivalisent dans la mécréance, parmi ceux qui ont dit : “Nous croyons” par leurs bouches tandis que leurs cœurs n'ont pas cru, et parmi ceux qui ont judaïsé : ils sont avides d'écouter le mensonge, avides d'écouter d'autres gens qui ne sont pas venus à toi » [5:41], c'est-à-dire ceux qui ont envoyé ceux qu'ils ont envoyés et se sont abstenus, et leur ont ordonné ce qu'ils leur ont ordonné de déformer le jugement de sa place. Puis Il dit : « Ils déforment les paroles après leur mise en place ; ils disent : “Si on vous donne ceci, prenez-le ; mais si on ne vous le donne pas, prenez garde” » [5:41], c'est-à-dire la lapidation, jusqu'à la fin de l'histoire.
Ibn Isḥāq a dit : Muḥammad b. Ṭalḥa b. Yazīd b. Rukāna m’a rapporté d’après Ismā‘īl b. Ibrāhīm, d’après Ibn ‘Abbās, qui a dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ordonna leur lapidation 141, et ils furent lapidés à la porte de sa mosquée. Lorsque le Juif ressentit la douleur des pierres, il se tourna vers sa compagne et se pencha sur elle 142 pour la protéger des pierres, jusqu’à ce qu’ils fussent tués tous deux. Il dit : Cela faisait partie de ce que Dieu fit pour Son Messager — que Dieu prie sur lui et le salue — en confirmant leur adultère. Ibn Isḥāq a dit : Ṣāliḥ b. Kaysān m’a rapporté d’après Nāfi‘, l’affranchi de ‘Abd Allāh b. ‘Umar, d’après ‘Abd Allāh b. ‘Umar, qui a dit : Lorsqu’ils soumirent leur cas au jugement du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — il les convoqua avec la Torah, et un docteur 143 parmi eux s’assit pour la réciter, ayant mis sa main sur le verset de la lapidation. ‘Abd Allāh b. Salām frappa la main du docteur, puis dit : « Ô Prophète de Dieu, voici le verset de la lapidation, mais il refuse de te le réciter. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — leur dit : « Malheur à vous, ô communauté juive ! Qu’est-ce qui vous a poussés à abandonner le jugement de Dieu alors qu’il est entre vos mains ? » Ils répondirent : « Par Dieu, il fut appliqué parmi nous jusqu’à ce qu’un homme des nôtres, après avoir été marié 144, commit l’adultère ; il était issu des maisons royales et des nobles, et sa royauté l’empêcha d’être lapidé. Puis un autre homme après lui commit l’adultère, et on voulut le lapider, mais ils dirent : “Non, par Dieu, jusqu’à ce que tu lapides untel.” Lorsqu’ils lui dirent cela, ils se réunirent et s’accordèrent sur la dissimulation 145, et firent mourir la mention de la lapidation et sa pratique. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit alors : « Je suis le premier à ranimer l’ordre de Dieu et Son Livre et à le mettre en pratique. » Puis il ordonna leur lapidation, et ils furent lapidés à la porte de sa mosquée. ‘Abd Allāh b. ‘Umar dit : « Je faisais partie de ceux qui les lapidèrent. » (Leur injustice concernant le prix du sang 146) Ibn Isḥāq a dit : Dāwūd b. al-Ḥuṣayn m’a rapporté d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbās : Les versets de la sourate al-Mā’ida dans lesquels Dieu dit : « Juge entre eux ou détourne-toi d’eux ; si tu te détournes d’eux, ils ne te nuiront en rien. Et si tu juges, juge entre eux avec équité, car Dieu aime les équitables » (5:42) furent révélés au sujet du prix du sang entre les Banū al-Naḍīr et les Banū Qurayẓa. En effet, les tués des Banū al-Naḍīr — qui avaient de la noblesse — recevaient le prix du sang complet, tandis que les Banū Qurayẓa recevaient la moitié du prix du sang. Ils soumirent leur différend au jugement du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et Dieu révéla cela à leur sujet. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — les ramena alors à la vérité en cela, et rendit le prix du sang égal. Ibn Isḥāq a dit : Dieu sait lequel de ces faits eut lieu. (Leur intention de tenter le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue) Ibn Isḥāq a dit : Ka‘b b. Asad, Ibn Ṣalūbā, ‘Abd Allāh b. Ṣūriyyā et Shās b. Qays se dirent les uns aux autres : « Allons trouver Muḥammad, peut-être le tenterons-nous 147 au sujet de sa religion, car il n’est qu’un homme. » Ils vinrent donc à lui et lui dirent : « Ô Muḥammad, tu sais que nous sommes les docteurs des Juifs, leurs nobles et leurs chefs, et que si nous te suivons, les Juifs te suivront et ne nous contrediront pas. Or, il y a entre nous et certains de nos gens un litige. Si nous les soumettons à ton jugement et que tu juges en notre faveur, nous croirons en toi et te déclarerons véridique. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — refusa cela. Dieu révéla alors à leur sujet : « Et juge entre eux selon ce que Dieu a révélé ; ne suis pas leurs passions, et prends garde qu’ils ne te tentent 147 au sujet d’une partie de ce que Dieu t’a révélé. S’ils se détournent, sache que Dieu veut les frapper pour une partie de leurs péchés. Et beaucoup d’hommes sont pervers. Est-ce donc le jugement de l’ignorance qu’ils recherchent ? Et qui est meilleur que Dieu en jugement pour un peuple qui a la certitude ? » (5:49-50) (Leur déni de la prophétie de Jésus — sur lui la paix) Ibn Isḥāq a dit : Un groupe d’entre eux vint au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — : Abū Yāsir b. Akhṭab, Nāfi‘ b. Abī Nāfi‘, ‘Āzir b. Abī ‘Āzir, Khālid, Zayd, Izār b. Abī Izār, et Ashya‘. Ils l’interrogèrent sur les prophètes en qui il croyait. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Nous croyons en Dieu, à ce qui nous a été révélé, à ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus 148, à ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, et à ce qui a été donné aux prophètes de la part de leur Seigneur ; nous ne faisons aucune distinction entre eux, et nous Lui sommes soumis » (2:136). Lorsqu’il mentionna Jésus fils de Marie, ils nièrent sa prophétie et dirent : « Nous ne croyons pas en Jésus fils de Marie, ni en quiconque croit en lui. » Dieu — exalté soit-Il — révéla alors à leur sujet : « Dis : “Ô gens du Livre, quelle chose nous reprochez-vous, sinon que nous croyons en Dieu, à ce qui nous a été révélé et à ce qui a été révélé auparavant, et que la plupart d’entre vous sont pervers ?” » (5:59) (Leur prétention d’être dans le vrai) Rāfi‘ b. Ḥāritha, Salām b. Mishkam, Mālik b. al-Ṣayf et Rāfi‘ b. Ḥuraymila vinrent au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et dirent : « Ô Muḥammad, ne prétends-tu pas suivre la religion d’Abraham et sa voie, croire en ce que nous avons de la Torah, et témoigner qu’elle est la vérité venant de Dieu ? » Il dit : « Oui, mais vous avez innové et nié ce qu’elle contient de l’alliance que Dieu a prise sur vous, et vous avez caché ce qu’elle vous ordonnait de clarifier aux gens. Je me désavoue donc de vos innovations. » Ils dirent : « Nous, nous nous en tenons à ce que nous avons entre les mains ; nous sommes dans la guidée et la vérité, et nous ne croyons pas en toi et ne te suivons pas. » Dieu — exalté soit-Il — révéla alors à leur sujet : « Dis : “Ô gens du Livre, vous ne tenez sur rien tant que vous n’établissez pas la Torah et l’Évangile, et ce qui vous a été révélé de la part de votre Seigneur.” Et ce qui t’a été révélé de la part de ton Seigneur augmentera beaucoup d’entre eux en rébellion et en mécréance. Ne t’afflige donc pas pour le peuple mécréant » (5:68). (Leur association à Dieu) Ibn Isḥāq a dit : Al-Naḥḥām b. Zayd, Qardam b. Ka‘b et Baḥrī b. ‘Amr vinrent au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et lui dirent : « Ô Muḥammad, ne sais-tu pas qu’il y a avec Dieu une autre divinité ? » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Dieu, il n’y a de divinité que Lui ; c’est pour cela que j’ai été envoyé, et c’est à cela que j’appelle. » Dieu révéla alors à leur sujet et au sujet de leur parole : « Dis : “Quelle est la plus grande des témoignages ?” Dis : “Dieu est témoin entre moi et vous. Et ce Coran m’a été révélé pour que je vous avertisse par lui, vous et tous ceux qu’il atteindra. Est-ce que vous attestez vraiment qu’il y a avec Dieu d’autres divinités ?” Dis : “Je n’atteste pas.” Dis : “Il n’est qu’un Dieu unique, et je me désavoue de ce que vous associez.” Ceux à qui Nous avons donné le Livre le reconnaissent comme ils reconnaissent leurs propres enfants. Ceux qui se sont perdus eux-mêmes ne croient donc pas » (6:19-20). (L’interdiction par Dieu — exalté soit-Il — aux croyants de les prendre pour amis) Rifā‘a b. Zayd b. al-Tābūt et Suwayd b. al-Ḥārith avaient affiché l’islam mais étaient hypocrites. Certains musulmans les prenaient pour amis. Dieu — exalté soit-Il — révéla alors à leur sujet : « Ô vous qui croyez, ne prenez pas pour alliés ceux qui prennent votre religion en raillerie et en jeu, parmi ceux qui ont reçu le Livre avant vous et parmi les mécréants. Et craignez Dieu, si vous êtes croyants » (5:57) jusqu’à Sa parole...
- aḥbār : Pluriel de ḥibr, rabbins juifs, docteurs de la Loi.
- rayb : Doute, suspicion ; ici, absence de doute.
- Sā‘ida ibn Ju’ayya : Poète arabe de la tribu des Hudhayl, contemporain de l'époque préislamique.
- muttaqīn : Pluriel de muttaqī, pieux, ceux qui craignent Allah et se préservent du péché.
- zakāt : Aumône légale obligatoire en Islam.
- mufliḥūn : Pluriel de mufliḥ, ceux qui réussissent, les bienheureux.
- kafarū : Ils ont mécru, renié la foi.
- maraḍ : Maladie ; ici, au sens figuré, le doute et l'hypocrisie.
- shayāṭīn :
- urjūza : Poème en mètre rajaz, souvent utilisé pour des descriptions.
- ṣayyib : Pluie abondante, nuage de pluie.
- andād : Pluriel de nidd, égaux, associés dans l'adoration.
- tawḥīd : Unicité divine, principe fondamental de l'islam affirmant qu'Allah est unique et sans associé.
- ʿabd : Serviteur, ici désignant le Prophète Muhammad.
- mīthāq : Alliance ou pacte, ici l'engagement pris par les Enfants d'Israël de suivre le futur Prophète.
- aḥbār : Pluriel de ḥibr, docteurs de la loi juive, rabbins.
- Aḥmad : Un des noms du Prophète Muhammad, signifiant 'le plus loué'.
- āṣār wa aġlāl : Fardeaux et chaînes, métaphore des péchés et des châtiments.
- aḥdāth : Innovations ou péchés, ici désignant les transgressions des Enfants d'Israël.
- maskh : Métamorphose, châtiment divin consistant à transformer des humains en animaux.
- al-ʿijl : Le veau d'or, idole fabriquée par les Enfants d'Israël pendant l'absence de Moïse.
- jahratan : Ouvertement, manifestement, sans voile.
- sadum : Nuages, pluriel de sadam.
- urjūza : Poème en mètre rajaz, souvent utilisé pour des récits ou des descriptions.
- mann wa salwā : Mann : nourriture céleste (manne) ; salwā : cailles, ou parfois miel.
- ḥiṭṭa : Demande de pardon signifiant 'décharge' ou 'rémission' des péchés.
- ḥinṭ / ḥinṭa : Blé, en arabe.
- sibṭ : Tribu, ici les douze tribus d'Israël.
- fūm : Ail, ou parfois blé selon les exégètes.
- shīzā : Sorte de récipient ou de bassin, peut-être en cuir.
- wadhīl : Morceaux d'argent, ou peut-être de l'argent pur.
- miṣr : Ville, ou l'Égypte ; ici généralement interprété comme une ville.
- al-Ṭūr : Le Mont Sinaï, où Moïse reçut la Loi.
- Ibn Isḥāq : Muhammad ibn Isḥāq, célèbre historien et biographe du Prophète (m. 150/767), auteur de la Sīra.
- votre compagnon : Référence au Prophète Muhammad, que les hypocrites reconnaissaient en secret mais niaient en public.
- illettrés : Traduction de 'ummiyyūn', désignant ceux qui ne savent ni lire ni écrire, ou qui n'ont pas reçu l'Écriture.
- récitations : Traduction de 'amānī', pluriel de 'umniyya', signifiant ici des lectures ou récitations sans compréhension.
- récitait : Traduction de 'tamannā', qui dans ce contexte signifie 'réciter' ou 'lire'.
- zakāt : Aumône légale obligatoire en Islam, l'un des cinq piliers.
- ḥāl : Terre argileuse mêlée de sable, également appelée 'sahla'.
- hadith : Tradition prophétique, rapport d'un dit ou fait du Prophète Muhammad.
- ḥāl de la mer : Boue ou argile du fond de la mer.
- وَضَعَتْ الْحَرْبُ أَوْزَارَهَا : Expression signifiant que la guerre dépose ses fardeaux, c'est-à-dire qu'elle prend fin.
- افْتَدَوْا أُسَارَاهُمْ : Ils rachètent leurs prisonniers, pratique de rançonner les captifs.
- يُطِلُّونَ : Ils négligent, laissent impunis.
- أَهْلِ الشِّرْكِ : Les associateurs, ceux qui associent d'autres divinités à Allah.
- أَنَّبَهُمْ : Il les réprimanda, leur fit des reproches.
- الْبَيِّناتِ : Les preuves évidentes, les miracles.
- غُلْفٌ : Enveloppés, recouverts d'une gaine, empêchant la compréhension.
- بَاءُوا بِغَضَبٍ عَلَى غَضَبٍ : Ils ont encouru une colère sur une colère, c'est-à-dire qu'ils ont mérité la colère divine à deux reprises.
- يَسَّرَتْهَا قَبِيلُهَا : Sa tribu l'a fait asseoir (pour l'accouchement).
- الطُّورِ : Le Mont Sinaï, élevé au-dessus des Israélites pour les contraindre à accepter la Torah.
- بِأَيَّامِهِ : Par Ses jours, c'est-à-dire par Ses bienfaits et châtiments dans l'histoire.
- الَّذِي تَزْعُمُونَ أَنِّي لَسْتُ بِهِ : Celui que vous prétendez que je ne suis pas, allusion au prophète attendu.
- إسْرَائِيلُ : Jacob, fils d'Isaac, père des tribus d'Israël.
- الرُّوحِ : L'Esprit, ici identifié à l'ange Gabriel.
- بِإِذْنِ اللَّهِ : Par la permission d'Allah : expression indiquant que toute action se fait par la volonté divine.
- سُلَيْمانَ : Salomon, fils de David, prophète et roi d'Israël, connu pour sa sagesse et son royaume puissant.
- أَحْبَارِهِمْ : Docteurs de la Loi juive, savants religieux.
- هارُوتَ وَمارُوتَ : Hârût et Mârût : deux anges envoyés à Babylone pour éprouver les hommes par la sorcellerie.
- مَوْلًى : Affranchi : esclave libéré, souvent client d'une famille.
- الضَّالَّ : Talh : arbre du désert, souvent un acacia.
- أُرْجُوزَةٍ : Urjûza : poème en mètre rajaz, souvent didactique ou narratif.
- أَكْلُ أُمَّتِهِ : Subsistance de sa communauté : durée de vie ou de prospérité.
- المص : Alif, Lâm, Mîm, Sâd : lettres isolées (muqatta'ât) au début de la sourate 7.
- الر : Alif, Lâm, Râ : lettres isolées au début de la sourate 10.
- المر : Alif, Lâm, Mîm, Râ : lettres isolées au début de la sourate 13.
- آياتٌ مُحْكَماتٌ : Versets explicites : dont le sens est clair et sans ambiguïté.
- مُتَشابِهاتٌ : Versets ambigus : dont le sens peut être interprété de plusieurs façons.
- yastaftiḥūn : Ils imploraient la victoire (par son intermédiaire) : les Juifs, avant l'islam, demandaient à Dieu la victoire sur leurs ennemis en invoquant le nom du Prophète à venir.
- Mālik ibn al-Ṣayf : Un chef juif des Banū al-Naḍīr, connu pour son opposition au Prophète.
- Abū Ṣalūbā al-Faṭyūnī : Un Juif de Médine, surnommé al-Faṭyūnī (le Pharaonien ?), qui interrogea le Prophète.
- āya : Signe, miracle ou verset coranique.
- sawā’ al-sabīl : Expression coranique signifiant le milieu du chemin, la voie droite.
- al-mulḥad : La tombe, le lieu de sépulture.
- ʿAbd Allāh ibn Ṣūriyā al-Aʿwar al-Faṭyūnī : Un savant juif de Médine, borgne (al-Aʿwar), qui interrogea le Prophète.
- fitna : Épreuve, tentation, trouble ; ici, tentative de le faire dévier de sa religion.
- umma wasaṭ : Communauté du juste milieu, équilibrée, choisie pour être témoin.
- kabīra : Grande, difficile ; ici, épreuve difficile.
- qibla : Direction vers laquelle on se tourne pour la prière, ici la Kaaba à La Mecque.
- al-Masjid al-Harâm : La Mosquée sacrée de La Mecque, qui abrite la Kaaba.
- Ibn Hishâm : Abû Muhammad ‘Abd al-Malik ibn Hishâm, célèbre grammairien et biographe du Prophète (m. 218/833).
- shaṭrahu : Sa direction, vers lui.
- shaṭra jam‘ : Vers la foule (lieu de rassemblement à ‘Arafa pendant le pèlerinage).
- ‘āqida : Entravée, attachée (par un lien à la patte).
- al-ḥaqab : Le flanc (de la chamelle), ou la corde qui attache la sangle.
- al-na‘ūs : La somnolente, nom de la chamelle.
- maḥsūr : Épuisé, faible (regard).
- wa huwa ḥasīr : Et il est épuisé (Coran 25:58 ?).
- Ibn Isḥāq : Muhammad ibn Isḥâq, auteur de la première biographie du Prophète (m. 150/767).
- aḥbār : Pluriel de ḥibr, docteur juif, savant religieux.
- Banū Qaynuqā‘ : Tribu juive de Médine, chassée après la bataille de Badr.
- Quraysh : Tribu arabe de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- Badr : Bataille décisive entre les musulmans et les Quraysh en l’an 2 de l’Hégire.
- aghmār : Pluriel de ghumr, inexpérimenté, ignorant (du combat).
- Jahannam : L’Enfer, la Géhenne.
- bayt al-midrās : Maison d’étude, école juive (synagogue ou lieu d’enseignement).
- Najrān : Région du Yémen, célèbre pour sa communauté chrétienne.
- ḥanīf : Monothéiste pur, incliné vers la vraie religion, avant l’islam.
- muslim : Soumis à Dieu, sens premier du mot avant de désigner le fidèle de l’islam.
- mushrik : Associateur, polythéiste.
- ‘Abdullāh ibn Ṣayf : Personnage juif de Médine, mentionné dans les récits de la Sîra.
- Abū Rāfi‘ al-Quraẓī : Juif de la tribu des Qurayza, connu pour son hostilité au Prophète.
- al-Ribbis : Nom d’un chrétien de Najrân, orthographié aussi al-Rayyis ou al-Ra’îs.
- rabbāniyyīn : Pluriel de rabbānī, savant religieux, maître spirituel.
- muslimūn : Soumis (à Dieu), croyants.
- rabbāniyyūn : Pluriel de rabbānī, savants juristes, maîtres.
- rabbānī : Singulier de rabbāniyyūn, savant religieux.
- murtaḥinan : Mis en gage, donné en garantie.
- aftananī : M’aurait séduit, tenté.
- al-qaws : Terme désignant la cellule du moine, probablement d'origine syriaque ou araméenne.
- 'aftananî : Forme verbale signifiant 'il m'a séduit' ou 'il m'a tenté', propre au dialecte de Tamîm.
- fatananî : Variante de 'aftananî' dans le dialecte de Qays.
- al-qaws : Ici, même sens que précédemment : la cellule du moine.
- ar-rabbânî : Terme désignant un maître spirituel ou un savant religieux, dérivé de 'rabb' (seigneur).
- rabb : Dans ce verset, 'rabb' signifie 'maître' (le roi ou le maître de Joseph).
- 'asâ : Verbe signifiant 'vieillir' ou 'devenir âgé'.
- mala' : Conseil des notables ou assemblée des chefs d'une tribu.
- yawm Bu'âth : Jour de bataille entre les Aws et les Khazraj à l'époque préislamique, près de Médine.
- raṣîn : Qui est solide, ferme, inébranlable.
- sanîn : Aiguisé, affûté.
- tafsîr : Explication, commentaire (ici, d'Ibn Hishâm).
- sanîn : Voir note 11.
- jada'a : Littéralement 'jeune chamelle' ; expression 'radadnâhâ jada'a' signifie 'nous la ramenons à l'état initial' (la guerre).
- az-Zâhira : Nom d'une coulée de lave (harra) près de Médine.
- nazgha : Incitation, suggestion (du Diable).
- ânâ'a al-layl : Les heures de la nuit ; pluriel de 'iny' ou 'inan'.
- ânâ'a al-layl : Voir note 17.
- iny : Heure, moment de la nuit.
- yanta'il : Il chausse (les sandales) ; métaphore pour 'il se prépare'.
- ânâ'a : Pluriel de 'iny' ou 'inan' : heures.
- ghawiyy : Égaré, perdu ; peut aussi désigner un homme ivre.
- at-tijâr : Pluriel de 'tijr' : outre (récipient en peau).
- inan : Variante de 'iny' avec un alif final (pluriel 'ânâ').
- Yûnus : Probablement Yûnus ibn Habîb, grammairien arabe.
- al-ʿĀmiriyyayn : Les deux ʿĀmirites : deux hommes de la tribu des Banū ʿĀmir, tués par ʿAmr ibn Umayya al-Ḍamrī.
- Bayt al-Midrās : Maison d'étude : lieu où les Juifs étudient la Torah et débattent des questions religieuses.
- baʿda iḥṣānihi : Après avoir été marié : iḥṣān signifie l'état de mariage, qui rend la peine de lapidation applicable en cas de fornication.
- al-tajbiya : Pratique de flagellation avec une corde enduite de goudron, suivie du noircissement des visages et d'une parade sur des ânes, le visage tourné vers l'arrière.
- ayyāmihi : Ses jours : expression désignant les bienfaits, les châtiments ou les événements marquants de Dieu envers les Enfants d'Israël.
- rajm : Lapidation, peine légale pour l'adultère commis par une personne mariée (muhṣan) en droit islamique.
- janā'a 'alayhā : Il se pencha sur elle, se courba pour la protéger.
- ḥabr : Docteur de la loi juive, savant religieux.
- iḥṣān : État de mariage légal, condition pour que l'adultère soit puni de lapidation.
- tajbiya : Dissimulation, action de cacher la peine de lapidation en l'abolissant tacitement.
- diya : Prix du sang, compensation financière versée pour un homicide ou une blessure.
- fitna : Tentation, épreuve, séduction pour détourner de la foi.
- asbāṭ : Tribus, désigne les douze fils de Jacob et leurs descendants, souvent traduit par 'Tribus' dans le contexte biblique.
Ce qui a été révélé de la sourate al-Baqara concernant les hypocrites et les juifs.
Et lorsqu'ils viennent à vous, ils disent : « Nous croyons », alors qu'ils sont entrés avec la mécréance et qu'ils en sont sortis. Et Allah sait mieux ce qu'ils dissimulent. [5:61] (Leur question sur l'établissement de l'Heure) Jabal ibn Abi Qushayr et Shamwil ibn Zayd dirent au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : « Ô Muhammad, informe-nous : quand l'Heure s'établira-t-elle, si tu es un prophète comme tu le prétends ? » Alors Allah Très-Haut révéla à leur sujet : Ils t'interrogent sur l'Heure : « Quand viendra-t-elle ? » Dis : « Sa science est auprès de mon Seigneur. Nul autre que Lui ne la manifestera en son temps. Elle pèse lourd dans les cieux et sur la terre. Elle ne viendra à vous que soudainement. » Ils t'interrogent comme si tu en étais bien informé. Dis : « Sa science est auprès d'Allah, mais la plupart des gens ne savent pas. » [7:187] (Explication d'Ibn Hisham de quelques termes rares) Ibn Hisham dit : « Ayyâna mursâhâ » signifie « quand son ancrage ? ». Qays ibn al-Hudâdiyya al-Khuzâ'î a dit : Je suis venu, le secret caché entre moi et elle, pour lui demander quand reviendrait celui qui est parti ? Ce vers fait partie d'un poème de lui. « Mursâhâ » signifie son terme, son pluriel est « marâsî ». Al-Kumayt ibn Zayd al-Asadî a dit : Et ceux qui atteignent la porte de ce que les gens ont manqué, et l'ancrage des fondements de l'Islam. Ce vers fait partie d'un poème de lui. « Mursâ » du navire est l'endroit où il s'arrête. « Hafiyyan 'anhâ » (par antéposition et postposition). Il dit : « Ils t'interrogent à son sujet comme si tu étais bienveillant envers eux, et que tu les informes de ce que tu n'informes pas les autres. » « Al-Hafiyy » est celui qui est bon et attentionné. Et dans le Livre d'Allah : « Il a été bienveillant envers moi » [19:47]. Son pluriel est « ahfiyâ' ». A'châ Banî Qays ibn Tha'laba a dit : Si tu m'interroges, combien de questionneurs bienveillants à propos d'al-A'châ, là où il est monté ? Ce vers fait partie d'un poème de lui. « Al-Hafiyy » (aussi) est celui qui cherche à connaître une chose, qui s'efforce de l'obtenir. (Leur prétention qu'Uzayr est fils d'Allah) Ibn Ishaq dit : Sallâm ibn Mishkam, Nu'mân ibn Awfâ Abû Anas, Mahmûd ibn Dihya, Shâs ibn Qays et Mâlik ibn al-Sayf vinrent au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et lui dirent : « Comment te suivrions-nous alors que tu as abandonné notre direction de prière, et que tu ne prétends pas qu'Uzayr est fils d'Allah ? » Alors Allah, Puissant et Majestueux, révéla à ce sujet de leur parole : Les Juifs disent : « Uzayr est fils d'Allah », et les Chrétiens disent : « Le Messie est fils d'Allah ». Telle est leur parole sortie de leurs bouches. Ils imitent la parole de ceux qui ont mécru avant eux. Qu'Allah les combatte ! Comme ils se détournent ! [9:30] jusqu'à la fin de l'histoire. (Explication d'Ibn Hisham de quelques termes rares) Ibn Hisham dit : « Yudâhi'ûna » signifie que leur parole ressemble à la parole de ceux qui ont mécru, comme lorsque tu racontes une histoire, et qu'un autre en raconte une semblable, il t'imite. (Leur demande d'un Livre du ciel) Ibn Ishaq dit : Mahmûd ibn Sayhân, Nu'mân ibn Adâ', Bahrî ibn 'Amr, Uzayr ibn Abî Uzayr et Sallâm ibn Mishkam vinrent au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et dirent : « Est-ce vrai, ô Muhammad, que ce que tu apportes est vraiment la vérité venant d'Allah ? Car nous ne le voyons pas cohérent comme la Torah l'est. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, leur dit : « Par Allah, vous savez bien qu'il vient d'Allah. Vous le trouvez écrit chez vous dans la Torah. Si les hommes et les djinns se réunissaient pour apporter quelque chose de semblable, ils ne l'apporteraient pas. » Alors, à ce moment, ils dirent, tous ensemble : Fatahâss, 'Abd Allah ibn Sûriyyâ, Ibn Salûbâ, Kinâna ibn al-Rabî' ibn Abî al-Huqayq, Ashya', Ka'b ibn Asad, Shamwîl ibn Zayd et Jabal ibn 'Amr ibn Sukayna : « Ô Muhammad, est-ce qu'un homme ou un djinn t'enseigne cela ? » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, leur dit : « Par Allah, vous savez bien qu'il vient d'Allah, et que je suis le Messager d'Allah. Vous trouvez cela écrit chez vous dans la Torah. » Ils dirent : « Ô Muhammad, Allah fait pour Son Messager, quand Il l'envoie, ce qu'Il veut et Il en dispose comme Il le souhaite. Fais donc descendre sur nous un Livre du ciel que nous lisions et reconnaissions, sinon nous t'apporterons quelque chose de semblable à ce que tu apportes. » Alors Allah Très-Haut révéla à leur sujet et au sujet de ce qu'ils avaient dit : Dis : « Si les hommes et les djinns se réunissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne produiraient rien de semblable, même s'ils s'entraidaient. » [17:88] (Explication d'Ibn Hisham de quelques termes rares) Ibn Hisham dit : « Al-Zahîr » est l'assistant. De là vient l'expression arabe : « Tazâharû 'alayhi », c'est-à-dire ils se sont entraidés contre lui. Le poète a dit : Ô homonyme du Prophète, tu es devenu pour la religion un soutien et pour l'imam un assistant. C'est-à-dire un aide. Son pluriel est « zuharâ' ». (Leur question à lui, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, au sujet de Dhû al-Qarnayn) Ibn Ishaq dit : Huyayy ibn Akhtab, Ka'b ibn Asad, Abû Râfi', Ashya' et Shamwîl ibn Zayd dirent à 'Abd Allah ibn Salâm, lorsqu'il embrassa l'Islam : « La prophétie ne peut être chez les Arabes, mais ton compagnon est un roi. » Puis ils vinrent au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et l'interrogèrent au sujet de Dhû al-Qarnayn. Il leur raconta ce qui lui était venu d'Allah Très-Haut à son sujet, ce qu'Il avait raconté à Quraysh, et ils faisaient partie de ceux qui avaient ordonné à Quraysh d'interroger le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, à son sujet, lorsqu'ils avaient envoyé vers eux al-Nadr ibn al-Hârith et 'Uqba ibn Abî Mu'ayt. (Leur attaque contre l'Essence d'Allah, et la colère du Messager, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, pour cela) Ibn Ishaq dit : On m'a rapporté d'après Sa'îd ibn Jubayr qu'il a dit : Un groupe de Juifs vint au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et dit : « Ô Muhammad, voici Allah a créé la création, qui a créé Allah ? » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, se mit en colère au point que son teint changea, puis il les attaqua avec colère pour son Seigneur. Gabriel, que la paix soit sur lui, vint alors et l'apaisa, disant : « Calme-toi, ô Muhammad », et il lui apporta d'Allah la réponse à ce qu'ils avaient demandé : Dis : « Il est Allah, Unique. Allah, le Samad 1. Il n'a pas engendré et n'a pas été engendré. Et nul n'est égal à Lui. » [112:1-4] Il dit : Lorsqu'il la leur récita, ils dirent : « Décris-nous, ô Muhammad, comment est Sa création ? Comment est Son bras ? Comment est Son avant-bras ? » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, se mit en colère plus fort que sa première colère, et les attaqua. Gabriel, que la paix soit sur lui, vint alors et lui dit la même chose que la première fois, et lui apporta d'Allah Très-Haut la réponse à ce qu'ils avaient demandé. Allah Très-Haut dit : Ils n'ont pas estimé Allah comme Il le mérite, alors que la Terre tout entière sera dans Sa poignée au Jour de la Résurrection, et les cieux seront pliés dans Sa droite. Gloire à Lui ! Il est bien au-dessus de ce qu'ils Lui associent. [39:67] Ibn Ishaq dit : 'Utba ibn Muslim, affranchi des Banû Taym, m'a raconté d'après Abû Salama ibn 'Abd al-Rahmân, d'après Abû Hurayra, qui a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dire : « Les gens vont bientôt se poser des questions entre eux jusqu'à ce que l'un d'eux dise : 'Voici Allah a créé la création, qui a créé Allah ?' Quand ils diront cela, dites : 'Dis : Il est Allah, Unique. Allah, le Samad. Il n'a pas engendré et n'a pas été engendré. Et nul n'est égal à Lui.' [112:1-4] Puis que l'homme crache trois fois à sa gauche, et qu'il cherche refuge auprès d'Allah contre Satan le maudit. » (Explication d'Ibn Hisham de quelques termes rares) Ibn Hisham dit : « Al-Samad » est Celui vers qui l'on se tourne et auprès de qui l'on cherche refuge. Hind bint Ma'bad ibn Nadla a dit, en pleurant 'Amr ibn Mas'ûd et Khâlid ibn Nadla, ses deux oncles maternels asadites, qui sont ceux que Nu'mân ibn al-Mundhir al-Lakhmî a tués, et sur lesquels il a construit les deux Gharî 2 à Kûfa : Certes, le pleureur s'est levé tôt pour les deux meilleurs des Banû Asad, pour 'Amr ibn Mas'ûd et pour le maître al-Samad.
- al-Samad : Terme coranique désignant Celui vers qui l'on se tourne pour tous les besoins, l'Éternel, l'Indépendant de toute créature.
- al-Ghariyyayn : Deux monuments funéraires construits par Nu'mân ibn al-Mundhir à Kûfa, sur lesquels il plaça les corps de deux chefs asadites.
L'ordre du Maître, le Successeur et la mention de la Mubahala [1]
L'affaire du Sayyid et du 'Âqib et le récit de la Mubâhala (Signification du 'Âqib, du Sayyid et de l'Usquf) : Ibn Ishâq a dit : La délégation des chrétiens de Najrân arriva auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) : soixante cavaliers, parmi lesquels quatorze hommes de leurs notables. Parmi ces quatorze, trois hommes détenaient l'autorité : le 'Âqib 1, chef du peuple et homme de leur conseil, celui dont l'avis était suivi, nommé 'Abd al-Masîh ; le Sayyid 2, leur protecteur, responsable de leur voyage et de leur rassemblement, nommé al-Ayham ; et Abû Hâritha ibn 'Alqama, l'un des Banû Bakr ibn Wâ'il, leur Usquf 3, leur docteur et leur imam, responsable de leur école. (Le rang d'Abû Hâritha auprès des rois de Rome) : Abû Hâritha avait été honoré parmi eux, avait étudié leurs livres, au point d'acquérir une science solide dans leur religion. Les rois de Rome, chrétiens, l'avaient honoré, lui avaient donné des richesses et des serviteurs, avaient construit pour lui des églises et lui avaient accordé des honneurs, en raison de ce qui leur parvenait de sa science et de son zèle dans leur religion. (Cause de la conversion à l'islam de Kûz ibn 'Alqama) : Lorsqu'ils revinrent auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) de Najrân, Abû Hâritha monta sur sa mule en direction du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), et à ses côtés se trouvait son frère, appelé Kûz ibn 'Alqama – Ibn Hishâm dit : on dit aussi Kurz 4 –. La mule d'Abû Hâritha trébucha, et Kûz dit : « Que l'éloigné périsse ! », visant le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Abû Hâritha lui dit : « C'est toi plutôt qui as péri ! » Il demanda : « Pourquoi, mon frère ? » Il répondit : « Par Dieu, c'est bien le Prophète que nous attendions. » Kûz lui dit : « Qu'est-ce qui t'empêche de le suivre, alors que tu sais cela ? » Il répondit : « Ce que ces gens ont fait pour nous : ils nous ont honorés, enrichis et respectés, alors qu'ils s'opposent à lui. Si je le faisais, ils nous enlèveraient tout ce que tu vois. » Son frère Kûz ibn 'Alqama garda cela en lui jusqu'à ce qu'il se convertisse à l'islam par la suite. C'est lui qui rapportait ce récit, d'après ce qui m'est parvenu. (Les chefs de Najrân et la conversion de l'un d'eux) : Ibn Hishâm dit : Il m'est parvenu que les chefs de Najrân se transmettaient des livres en héritage. Chaque fois qu'un chef mourait et que la direction passait à un autre, il apposait son sceau sur ces livres, en plus des sceaux précédents, sans les briser. Le chef qui vivait à l'époque du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) sortit un jour en marchant et trébucha. Son fils lui dit : « Que l'éloigné périsse ! », visant le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue). Son père lui dit : « Ne fais pas cela, car c'est un prophète, et son nom se trouve dans les wadâ'i' 5, c'est-à-dire les livres. » Lorsqu'il mourut, son fils n'eut d'autre souci que de briser les sceaux. Il trouva dans ces livres la mention du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), se convertit à l'islam, et sa conversion fut excellente. Il accomplit le pèlerinage, et c'est lui qui dit : « Vers Toi elle court, inquiète, son wadîn 6 tendu, / Dans son ventre, son fœtus est en travers, / Suivant une religion contraire à celle des chrétiens. » Ibn Hishâm dit : Al-wadîn est la sangle, la sangle de la chamelle. Hishâm ibn 'Urwa 7 dit : Les gens d'Irak y ont ajouté : « Dans son ventre, son fœtus est en travers. » Quant à Abû 'Ubayda, il nous l'a récité ainsi. (Leur prière vers l'Orient) : Ibn Ishâq dit : Muhammad ibn Ja'far ibn al-Zubayr m'a raconté : Lorsqu'ils arrivèrent à Médine auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), ils entrèrent dans sa mosquée au moment où il avait prié le 'asr 8, vêtus de vêtements de hibra 9, des jubbas 10 et des ridâ' 11, dans la beauté des hommes des Banû al-Hârith ibn Ka'b. Il dit : Certains de ceux qui les virent ce jour-là parmi les Compagnons du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) dirent : « Nous n'avons jamais vu une délégation pareille. » L'heure de leur prière était venue, ils se levèrent dans la mosquée du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) pour prier. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Laissez-les. » Ils prièrent donc vers l'Orient. (Noms de la délégation, leur croyance, et leur discussion avec le Messager (que Dieu prie sur lui et le salue)) : Ibn Ishâq dit : Voici les noms des quatorze qui détenaient l'autorité : Le 'Âqib, 'Abd al-Masîh ; le Sayyid, al-Ayham ; Abû Hâritha ibn 'Alqama, frère des Banû Bakr ibn Wâ'il ; Aws ; al-Hârith ; Zayd ; Qays ; Yazîd ; Nabiyyuhu ; Khulayd ; 'Amr ; Khâlid ; 'Abd Allâh ; et Yuhannas, parmi soixante cavaliers. Parmi eux, Abû Hâritha ibn 'Alqama, le 'Âqib 'Abd al-Masîh et al-Ayham le Sayyid parlèrent au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) – ils suivaient, dans le christianisme, la religion du roi, malgré les divergences de ceux qui les dirigeaient. Ils disaient : « Il est Dieu », « Il est le fils de Dieu », et « Il est le troisième de trois ». Telle est la parole des chrétiens. Ils argumentaient pour leur dire « Il est Dieu » par le fait qu'il ressuscitait les morts, guérissait les maladies, annonçait les mystères, et créait de l'argile une forme d'oiseau, puis soufflait dedans et cela devenait un oiseau – tout cela par l'ordre de Dieu, béni et exalté : « Et pour en faire un signe pour les gens » (19:21). Ils argumentaient pour leur dire « Il est le fils de Dieu » en disant : « Il n'avait pas de père connu, et il a parlé au berceau, ce qu'aucun fils d'Adam n'avait fait avant lui. » Ils argumentaient pour leur dire « Il est le troisième de trois » par la parole de Dieu : « Nous avons fait, Nous avons ordonné, Nous avons créé, Nous avons décrété. » Ils disaient : « S'Il était unique, Il n'aurait dit que 'J'ai fait, J'ai décrété, J'ai ordonné, J'ai créé'. Mais c'est Lui, Jésus et Marie. » Sur toutes ces paroles, le Coran est descendu. Lorsque les deux docteurs lui parlèrent, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) leur dit : « Convertissez-vous à l'islam. » Ils dirent : « Nous nous sommes déjà convertis. » Il dit : « Vous ne vous êtes pas convertis ; convertissez-vous. » Ils dirent : « Au contraire, nous nous sommes convertis avant toi. » Il dit : « Vous mentez ; ce qui vous empêche de vous convertir à l'islam, c'est votre invocation de Dieu comme ayant un fils, votre adoration de la croix, et votre consommation de porc. » Ils dirent : « Alors qui est son père, ô Muhammad ? » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) garda le silence et ne leur répondit pas. (Ce qui fut révélé de la sourate Âl 'Imrân à leur sujet) : Dieu, exalté soit-Il, révéla alors, à propos de leurs paroles et de toutes leurs divergences, le début de la sourate Âl 'Imrân jusqu'à quatre-vingt-trois versets environ. Il dit, glorieux et puissant : « Alif, Lâm, Mîm. Dieu, point de divinité à part Lui, le Vivant, l'Éternel » (3:1-2). Il ouvrit la sourate en se déclarant exempt de ce qu'ils disaient, en affirmant Son unicité dans la création et le commandement, sans associé, en réfutation de ce qu'ils avaient inventé comme mécréance et des égaux qu'ils Lui avaient associés, et en argumentant contre eux par leur propre parole au sujet de leur compagnon, pour leur faire connaître leur égarement. Il dit :
الم (Alif-Lam-Mim). الله لا إله إلا هو (Allah, il n’y a de divinité que Lui) 3:1-2. Il n’y a avec Lui aucun associé dans Son commandement. الحي القيوم (Al-Hayyul-Qayyum, le Vivant, l’Éternel Subsistant) 2:255. Le Vivant qui ne meurt pas, alors que Jésus, selon leurs dires, est mort et a été crucifié. Et القيوم (Al-Qayyum) : Celui qui se tient ferme dans Son autorité sur Sa création, sans jamais disparaître, alors que Jésus, selon leurs dires, a quitté le lieu où il se trouvait et est allé ailleurs. نزل عليك الكتاب بالحق (Il a fait descendre sur toi le Livre en toute vérité) 3:3, c’est-à-dire avec la vérité concernant ce sur quoi ils divergent. وأنزل التوراة والإنجيل (et Il a fait descendre la Thora et l’Évangile) 3:3 : la Thora sur Moïse, et l’Évangile sur Jésus, comme Il a fait descendre les Écritures sur ceux qui l’ont précédé. وأنزل الفرقان (et Il a fait descendre le Discernement) 3:4, c’est-à-dire la séparation entre le vrai et le faux dans ce sur quoi les factions ont divergé concernant l’affaire de Jésus et d’autres. إن الذين كفروا بآيات الله لهم عذاب شديد والله عزيز ذو انتقام (Ceux qui ne croient pas aux signes d’Allah auront un châtiment terrible, et Allah est Puissant, Maître de la vengeance) 3:4, c’est-à-dire qu’Allah se venge de ceux qui mécroient en Ses signes, après les avoir connus et avoir su ce qui en est venu de Lui. إن الله لا يخفى عليه شيء في الأرض ولا في السماء (Rien ne se cache d’Allah, ni sur la terre ni dans le ciel) 3:5, c’est-à-dire qu’Il sait ce qu’ils veulent, ce qu’ils manigancent et ce qu’ils imitent par leurs paroles au sujet de Jésus, lorsqu’ils en ont fait une divinité et un seigneur, alors qu’ils ont de sa connaissance autre chose, par tromperie envers Allah et mécréance en Lui. هو الذي يصوركم في الأرحام كيف يشاء (C’est Lui qui vous forme dans les matrices comme Il veut) 3:6, c’est-à-dire que Jésus faisait partie de ceux qui ont été formés dans les matrices – ils ne le nient ni ne le contestent – comme tout autre enfant d’Adam a été formé. Comment donc serait-il une divinité alors qu’il était dans cette condition ? Puis Il dit, exaltant Sa personne et proclamant Son unicité contre ce qu’ils Lui associent : لا إله إلا هو العزيز الحكيم (Il n’y a de divinité que Lui, le Puissant, le Sage) 3:6, العزيز (le Puissant) dans Sa victoire sur ceux qui mécroient en Lui quand Il veut, الحكيم (le Sage) dans Son argument et Son excuse envers Ses serviteurs. هو الذي أنزل عليك الكتاب منه آيات محكمات هن أم الكتاب (C’est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre : parmi lui, des versets explicites – ils sont la Mère du Livre) 3:7 : en eux se trouvent l’argument du Seigneur, la protection des serviteurs, et la réfutation des adversaires et du faux ; ils ne sont sujets ni à variation ni à altération de ce pour quoi ils ont été établis. وأخر متشابهات (et d’autres sont ambigus) 3:7 : ils sont sujets à variation et à interprétation ; Allah éprouve par eux les serviteurs, comme Il les éprouve par le licite et l’illicite, afin qu’ils ne soient pas détournés vers le faux ni altérés du vrai. Il dit, Puissant et Majestueux : فأما الذين في قلوبهم زيغ (Quant à ceux qui ont dans leurs cœurs une déviation) 3:7, c’est-à-dire une inclination loin de la guidée, فيتبعون ما تشابه منه (ils suivent ce qui en est ambigu) 3:7, c’est-à-dire ce qui en est variable, pour y faire concorder ce qu’ils ont inventé et innové, afin d’avoir un argument, et pour eux, sur ce qu’ils disent, un semblant de preuve, ابتغاء الفتنة (cherchant la discorde) 3:7, c’est-à-dire la confusion, وابتغاء تأويله (et cherchant son interprétation) 3:7. Cela, en raison de l’égarement qu’ils ont embrassé dans leur parole : « Nous avons créé et nous avons décrété. » Il dit : وما يعلم تأويله (Et nul n’en connaît l’interprétation) 3:7, c’est-à-dire celle par laquelle ils ont voulu ce qu’ils ont voulu, إلا الله (si ce n’est Allah). والراسخون في العلم يقولون آمنا به كل من عند ربنا (Et ceux qui sont enracinés dans la science disent : « Nous y croyons : tout vient de notre Seigneur ») 3:7. Comment donc divergeraient-ils alors que c’est une seule parole, venant d’un seul Seigneur ? Puis ils ramènent l’interprétation de l’ambigu à ce qu’ils connaissent de l’interprétation de l’explicite, qui n’a pour personne d’autre interprétation qu’une seule ; ainsi le Livre s’accorde par leur parole, ses parties se confirment mutuellement, l’argument s’impose par lui, l’excuse apparaît, le faux s’éloigne, et la mécréance est terrassée. Allah dit à propos de cela : وما يذكر (Et ne se rappellent) 2:269 à propos de cela إلا أولو الألباب (que les doués d’intelligence). ربنا لا تزغ قلوبنا بعد إذ هديتنا (Notre Seigneur, ne fais pas dévier nos cœurs après que Tu nous as guidés) 3:7-8 : c’est-à-dire n’incline pas nos cœurs, même si nous inclinons par nos innovations. وهب لنا من لدنك رحمة إنك أنت الوهاب (Et accorde-nous de Ta part une miséricorde ; c’est Toi, certes, le Grand Donateur) 3:8. Puis Il dit : شهد الله أنه لا إله إلا هو والملائكة وأولو العلم (Allah atteste qu’il n’y a de divinité que Lui, ainsi que les Anges et les doués de science) 3:18, contrairement à ce qu’ils ont dit, قائما بالقسط (établi dans l’équité) 3:18, c’est-à-dire dans la justice (dans ce qu’Il veut), لا إله إلا هو العزيز الحكيم (Il n’y a de divinité que Lui, le Puissant, le Sage). إن الدين عند الله الإسلام (Certes, la religion auprès d’Allah est l’Islam) 3:18-19, c’est-à-dire ce sur quoi tu es, ô Muhammad : l’unicité du Seigneur et la croyance aux messagers. وما اختلف الذين أوتوا الكتاب إلا من بعد ما جاءهم العلم (Et ceux qui ont reçu le Livre n’ont divergé qu’après que la science leur est venue) 3:19, c’est-à-dire celle qui t’est venue, à savoir qu’Allah est l’Unique, sans associé, بغيا بينهم (par jalousie entre eux). ومن يكفر بآيات الله فإن الله سريع الحساب (Et quiconque mécroit aux signes d’Allah, alors Allah est prompt au compte). فإن حاجوك (S’ils disputent avec toi) 3:19-20, c’est-à-dire par ce qu’ils apportent comme faux, de leur parole : « Nous avons créé, nous avons fait, nous avons ordonné », ce n’est qu’un semblant de faux dont ils connaissent ce qu’il contient de vrai, فقل أسلمت وجهي لله (alors dis : « Je me suis soumis entièrement à Allah ») 3:20, c’est-à-dire à Lui seul, ومن اتبعن (ainsi que ceux qui m’ont suivi). وقل للذين أوتوا الكتاب والأميين (Et dis à ceux qui ont reçu le Livre et aux illettrés) 3:20, ceux qui n’ont pas de Livre : أأسلمتم (« Vous êtes-vous soumis ? »). فإن أسلموا فقد اهتدوا (S’ils se soumettent, ils sont bien guidés) ; وإن تولوا فإنما عليك البلاغ (et s’ils se détournent, il ne t’incombe que la transmission). والله بصير بالعباد (Et Allah voit parfaitement les serviteurs) 3:20. (Ce qui est descendu du Coran concernant ce que les Juifs et les Chrétiens ont innové) : Puis Il a rassemblé tous les Gens des deux Écritures, et a mentionné ce qu’ils ont innové et inventé, parmi les Juifs et les Chrétiens, en disant : إن الذين يكفرون بآيات الله ويقتلون النبيين بغير حق ويقتلون الذين يأمرون بالقسط من الناس (Ceux qui mécroient aux signes d’Allah, tuent les prophètes sans droit, et tuent ceux qui ordonnent l’équité parmi les gens) 3:21, jusqu’à Sa parole : قل اللهم مالك الملك (Dis : « Ô Allah, Possesseur de la royauté ») 3:26, c’est-à-dire Seigneur des serviteurs, le Roi qui ne décrète rien d’autre que Lui parmi eux, تؤتي الملك من تشاء وتنزع الملك ممن تشاء وتعز من تشاء وتذل من تشاء بيدك الخير (Tu donnes la royauté à qui Tu veux, Tu enlèves la royauté à qui Tu veux, Tu honores qui Tu veux, Tu humilies qui Tu veux ; le bien est dans Ta main) 3:26, c’est-à-dire il n’y a de divinité que Toi, إنك على كل شيء قدير (Tu es, certes, sur toute chose, Omnipotent) 3:26, c’est-à-dire nul autre que Toi n’a pouvoir sur cela par Ton autorité et Ta puissance. تولج الليل في النهار وتولج النهار في الليل وتخرج الحي من الميت وتخرج الميت من الحي (Tu fais pénétrer la nuit dans le jour, Tu fais pénétrer le jour dans la nuit, Tu fais sortir le vivant du mort, Tu fais sortir le mort du vivant) 3:27 par cette puissance, وترزق من تشاء بغير حساب (et Tu accordes la subsistance à qui Tu veux sans compter) 3:27. Nul autre que Toi n’a pouvoir sur cela, et nul ne le fait si ce n’est Toi, c’est-à-dire : si J’ai donné à Jésus pouvoir sur les choses par lesquelles ils prétendent qu’il est une divinité – comme ressusciter les morts, guérir les maladies, créer des oiseaux d’argile, et informer des choses invisibles – pour en faire un signe pour les gens et une confirmation de sa prophétie avec laquelle Je l’ai envoyé à son peuple, alors parmi Mon autorité et Ma puissance se trouve ce que Je ne lui ai pas donné : la possession des rois par l’ordre de la prophétie, leur placement où Tu veux, la pénétration de la nuit dans le jour et du jour dans la nuit, la sortie du vivant du mort et du mort du vivant, et la subsistance à qui Tu veux, pieux ou impie, sans compter. Tout cela, Je n’ai pas donné à Jésus pouvoir dessus, ni ne le lui ai possédé. N’y a-t-il donc pas pour eux en cela une leçon et une preuve évidente ? S’il était une divinité, tout cela serait à lui, alors que dans leur connaissance, il fuyait les rois et se déplaçait parmi eux de pays en pays. (Ce qui est descendu du Coran dans l’exhortation des croyants) : Puis Il a exhorté les croyants et les a mis en garde, puis Il a dit : قل إن كنتم تحبون الله (Dis : « Si vous aimez Allah ») 3:31, c’est-à-dire si cela est vrai dans votre parole, un amour pour Allah et une vénération de Lui, فاتبعوني يحببكم الله ويغفر لكم ذنوبكم (alors suivez-moi, Allah vous aimera et vous pardonnera vos péchés) 3:31, c’est-à-dire ce qui a précédé de votre mécréance, والله غفور رحيم (et Allah est Pardonneur, Très Miséricordieux). قل أطيعوا الله والرسول (Dis : « Obéissez à Allah et au Messager ») 3:31-32 ; vous le reconnaissez et vous le trouvez dans votre Livre. فإن تولوا (S’ils se détournent) 3:32, c’est-à-dire en restant dans leur mécréance, فإن الله لا يحب الكافرين (alors Allah n’aime pas les mécréants) 3:32. (Ce qui est descendu du Coran concernant la création de Jésus) :
Puis il aborda l’affaire de Jésus (sur lui la paix) 12, et comment débuta ce que Dieu voulut par lui. Il dit : « Certes, Dieu a élu Adam, Noé, la famille d’Abraham et la famille d’Imran 13 au-dessus des mondes, en tant que descendance issue les uns des autres, et Dieu est Audient et Omniscient » (Coran 3:33-34). Puis il mentionna l’affaire de la femme d’Imran et sa parole : « Seigneur, je Te voue ce qui est dans mon ventre, en consécration 14 » (Coran 3:35), c’est-à-dire : je l’ai voué et l’ai rendu libre 15, pour qu’il soit consacré à Dieu, sans qu’on en tire profit pour quoi que ce soit du monde ; « accepte-le donc de moi, car c’est Toi l’Audient, l’Omniscient ». « Puis, lorsqu’elle l’eut enfantée, elle dit : Seigneur, je l’ai enfantée femelle ; et Dieu savait mieux ce qu’elle avait enfanté ; le mâle n’est pas comme la femelle » (Coran 3:35-36), c’est-à-dire : le mâle n’est pas comme la femelle, car elle l’avait vouée 16 à Toi en offrande 17 ; « et je l’ai nommée Marie, et je la mets, elle et sa descendance, sous Ta protection contre Satan le lapidé » (Coran 3:36). Dieu – béni et exalté soit-Il – dit : « Son Seigneur l’agréa d’un bel agrément, la fit croître d’une belle croissance, et la confia à la garde de Zacharie » (Coran 3:37), après la mort de son père et de sa mère. Ibn Hichâm dit : « Il la confia à sa garde » signifie : il la prit sous sa protection. (L’histoire de Zacharie et de Marie) Ibn Ishaq dit : Il la rappela à cause de son orphelinat, puis il raconta son histoire et celle de Zacharie, ce qu’il implora et ce qu’il reçut lorsqu’il lui fit don de Jean. Puis il mentionna Marie et la parole des anges à elle : « Ô Marie, certes Dieu t’a élue, t’a purifiée, et t’a élue au-dessus des femmes des mondes. Ô Marie, sois dévotement obéissante 18 à ton Seigneur, prosterne-toi et incline-toi avec ceux qui s’inclinent » (Coran 3:42-43). Dieu – Puissant et Majestueux – dit : « Cela fait partie des récits de l’Inconnaissable 19 que Nous te révélons ; tu n’étais pas auprès d’eux » (Coran 3:44), c’est-à-dire : tu n’étais pas avec eux « lorsqu’ils jetaient leurs calames 20 pour savoir qui d’entre eux prendrait Marie en charge » (Coran 3:44). (Explication par Ibn Hichâm de certains termes rares) Ibn Hichâm dit : « Leurs calames » : leurs flèches, c’est-à-dire les flèches de tirage au sort 21 qu’ils utilisèrent pour elle ; le sort de Zacharie sortit, et il la prit en charge, selon ce que dit Al-Hasan ibn Abî al-Hasan al-Basrî. (La prise en charge de Marie par Juraïj le moine) Ibn Ishaq dit : Ici, c’est Juraïj 22 le moine qui la prit en charge ; c’était un homme des Enfants d’Israël, charpentier ; le sort tomba sur lui pour la prendre en charge, et il la prit. Zacharie l’avait prise en charge auparavant, mais une grave disette frappa les Enfants d’Israël, et Zacharie ne put plus la prendre en charge ; ils tirèrent donc au sort pour savoir qui d’entre eux la prendrait en charge, et le sort tomba sur Juraïj le moine pour la prendre en charge, et il la prit. « Tu n’étais pas auprès d’eux lorsqu’ils se disputaient » (Coran 3:44), c’est-à-dire : tu n’étais pas avec eux lorsqu’ils se disputaient à son sujet. Il l’informe de ce qu’ils cachaient de science chez eux, pour confirmer sa prophétie et l’argument contre eux par ce qu’il leur apportait de ce qu’ils avaient dissimulé. Puis Il dit : « Lorsque les anges dirent : Ô Marie, Dieu t’annonce une parole de Lui 23, dont le nom est le Messie, Jésus, fils de Marie » (Coran 3:45), c’est-à-dire : telle fut son affaire, non comme vous dites à son sujet ; « illustre en ce monde et dans l’autre » (Coran 3:45), c’est-à-dire auprès de Dieu, « et parmi les rapprochés 24 ». « Il parlera aux gens dans le berceau et en pleine maturité 25, et sera parmi les justes » (Coran 3:45-46). Il les informe de ses états par lesquels il passera dans sa vie, comme les fils d’Adam passent par leurs âges, petits et grands, si ce n’est que Dieu le distingua par la parole dans son berceau comme signe de sa prophétie et pour faire connaître aux serviteurs les lieux de Sa puissance. « Elle dit : Seigneur, comment aurais-je un enfant alors qu’aucun homme ne m’a touchée ? Il dit : Ainsi Dieu crée ce qu’Il veut » (Coran 3:47), c’est-à-dire : Il fait ce qu’Il veut, et crée ce qu’Il veut, d’un homme ou autre qu’un homme ; « lorsqu’Il décide une chose, Il lui dit seulement : Sois ! » (Coran 3:47), de ce qu’Il veut et comme Il veut, « et elle est » (Coran 3:47), comme Il l’a voulu. (Ce qui est descendu du Coran pour expliquer les signes de Jésus, sur lui la paix) Puis Il l’informa de ce qu’Il voulait par lui, et dit : « Il lui enseignera l’Écriture, la Sagesse, la Thora » (Coran 3:48), qui était chez eux depuis l’époque de Moïse avant lui, « et l’Évangile » (Coran 3:48), un autre Livre que Dieu – Puissant et Majestueux – lui révéla, qu’ils ne connaissaient que par le fait qu’il était mentionné comme devant venir après lui ; « et comme messager aux Enfants d’Israël : Je suis venu à vous avec un signe de votre Seigneur » (Coran 3:49), c’est-à-dire par lequel Il confirme ma prophétie, que je suis un messager de Lui vers vous : « Je crée pour vous, à partir de l’argile, une forme d’oiseau ; je souffle dedans, et il devient oiseau par la permission de Dieu » (Coran 3:49), Celui qui m’a envoyé vers vous, et Il est mon Seigneur et votre Seigneur ; « et je guéris l’aveugle-né 26 et le lépreux » (Coran 3:49). (Explication par Ibn Hichâm de certains termes rares) Ibn Hichâm dit : « L’aveugle-né » : celui qui naît aveugle. Ru’ba ibn al-‘Ajjâj dit : « J’ai crié 27, et il se retourna comme le retour de l’aveugle-né » (et son pluriel est : kumh 28). Ibn Hichâm dit : « J’ai crié » : j’ai crié après le lion et l’ai provoqué. Ce vers fait partie d’une urjûza 29 de lui. « Et je ressuscite les morts par la permission de Dieu, et je vous annonce ce que vous mangez et ce que vous thésaurisez dans vos maisons. Il y a là un signe pour vous » (Coran 3:49), que je suis le messager de Dieu de Dieu vers vous, si vous êtes croyants ; « et je confirme ce qui, de la Thora, est devant moi » (Coran 3:49-50), c’est-à-dire ce qui m’a précédé d’elle ; « et pour vous rendre licite une partie de ce qui vous était interdit » (Coran 3:50), c’est-à-dire je vous informe que cela vous était interdit, vous l’avez abandonné, puis je vous le rends licite pour vous alléger, afin que vous obteniez sa facilité et sortiez de ses conséquences 30 ; « et je suis venu à vous avec un signe de votre Seigneur. Craignez donc Dieu et obéissez-moi. Dieu est mon Seigneur et votre Seigneur » (Coran 3:50-51), c’est-à-dire en se désolidarisant de ceux qui disent à son sujet, et en argumentant pour son Seigneur contre eux ; « adorez-Le donc : voilà une voie droite » (Coran 3:51), c’est-à-dire ce sur quoi je vous ai engagés et avec quoi je suis venu à vous. « Puis, lorsque Jésus ressentit de leur part l’incrédulité » (Coran 3:52) et l’hostilité contre lui, « il dit : Qui sont mes alliés 31 pour Dieu ? Les apôtres 32 dirent : Nous sommes les alliés de Dieu ; nous croyons en Dieu » (Coran 3:52). Telle est leur parole par laquelle ils obtinrent la faveur de leur Seigneur ; « et atteste que nous sommes musulmans 33 » (Coran 3:52), non ce que disent ceux qui disputent avec toi à son sujet ; « Seigneur, nous croyons à ce que Tu as fait descendre et nous suivons le messager ; inscris-nous donc parmi les témoins » (Coran 3:53), c’est-à-dire telle fut leur parole et leur foi. (L’élévation de Jésus, sur lui la paix) Puis Il – gloire à Lui, exalté soit-Il – mentionna l’élévation de Jésus vers Lui lorsqu’ils se réunirent pour le tuer, et dit : « Ils ont rusé, et Dieu a rusé, et Dieu est le meilleur des rusés » (Coran 3:54). Puis Il les informa et leur répondit au sujet de ce qu’ils avaient reconnu aux Juifs quant à sa crucifixion, comment Il l’éleva et le purifia d’eux, et dit : « Lorsque Dieu dit : Ô Jésus, Je vais te rappeler à Moi 34, t’élever vers Moi, te purifier de ceux qui ont mécru » (Coran 3:55), lorsqu’ils méditèrent contre toi ce qu’ils méditèrent ; « et Je placerai ceux qui t’ont suivi au-dessus de ceux qui ont mécru jusqu’au Jour de la Résurrection » (Coran 3:55). Puis l’histoire, jusqu’à Sa parole : « Voilà ce que Nous te récitons » (Coran 3:58), ô Muhammad, « des signes et du Rappel 35 plein de sagesse » (Coran 3:58), décisif, tranchant, vrai, que le faux ne mêle pas, au sujet de l’information sur Jésus et sur ce sur quoi ils divergèrent à son sujet ; n’accepte donc aucune autre information. « Certes, l’exemple de Jésus, auprès de Dieu » (Coran 3:59), écoute donc, « est comme l’exemple d’Adam : Il le créa de terre, puis Il lui dit : Sois ! et il fut. La vérité vient de ton Seigneur » (Coran 3:59-60), c’est-à-dire ce qui t’est venu comme information sur Jésus ; « ne sois donc pas de ceux qui doutent » (Coran 3:60), c’est-à-dire la vérité t’est venue de ton Seigneur, n’en doute donc pas, même s’ils disent : Jésus a été créé sans mâle, J’ai créé Adam de terre, par cette même puissance, sans femelle ni mâle, et il fut comme fut Jésus : chair et sang, poil et peau ; la création de Jésus sans mâle n’est donc pas plus étonnante que cela. « À ceux qui disputent avec toi à son sujet, après ce qui t’est venu de science » (Coran 3:61), c’est-à-dire après ce que Je t’ai raconté de son histoire et comment fut son affaire, « dis : Venez, appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nos personnes et vos personnes, puis implorons 36 et faisons que la malédiction de Dieu soit sur les menteurs » (Coran 3:61). (Explication par Ibn Hichâm de certains termes rares) Ibn Hichâm dit : Abû ‘Ubayda dit : « Implorons » signifie : nous invoquons la malédiction. Al-A‘shâ des Banû Qays ibn Tha‘laba dit :
Ne t'assieds point après avoir fait de cela du bois de chauffage... Nous cherchons refuge contre son mal un jour et nous implorons 37. Ce vers fait partie d'un poème de lui (25). Il dit : nous invoquons la malédiction. Les Arabes disent : bahala Allahou foulân 38, c'est-à-dire qu'Il l'a maudit, et sur lui la bahla 39 d'Allah. (Ibn Hichâm dit) (26) : on dit aussi bahlatou Allah 40, c'est-à-dire la malédiction d'Allah, et nabahtilu 41 aussi : nous nous efforçons dans l'invocation. Ibn Ishâq dit : « Ceci 3:62 que je t'apporte comme récit au sujet de Jésus est certes le récit véridique 3:62 de son affaire. Et il n'y a de divinité qu'Allah, et Allah est certes le Puissant, le Sage. S'ils se détournent, alors Allah connaît bien les corrupteurs. Dis : "Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n'adorions qu'Allah, sans rien Lui associer, et que les uns ne prennent pas les autres pour seigneurs en dehors d'Allah." S'ils se détournent, dites : "Soyez témoins que nous, nous sommes soumis." 3:62-64. Il les appela donc à la justice et trancha leur argument. (Leur refus de la malédiction réciproque 42) : Lorsque parvint au Messager d'Allah, sur lui la bénédiction et la paix, la nouvelle venant d'Allah à son sujet, et la décision tranchée entre lui et eux, et qu'il reçut l'ordre de procéder à la malédiction réciproque 43 s'ils rejetaient cela, il les y appela. Ils lui dirent : "Ô Abou l-Qâsim, laisse-nous réfléchir à notre affaire, puis nous viendrons à toi avec ce que nous voulons faire de ce à quoi tu nous as appelés." Ils s'éloignèrent de lui, puis se retirèrent avec al-‘Âqib 44, qui était leur conseiller, et dirent : "Ô ‘Abd al-Masîh, que penses-tu ?" Il dit : "Par Allah, ô assemblée de chrétiens, vous savez que Muhammad est un prophète envoyé, et il vous a apporté la décision tranchée au sujet de votre compagnon. Vous savez que jamais un peuple n'a maudit un prophète sans que leur grand ne survive ni que leur petit ne grandisse, et ce serait votre anéantissement si vous le faisiez. Si vous refusez d'abandonner votre religion et de rester sur ce que vous professez au sujet de votre compagnon, alors faites la paix avec cet homme et retournez dans votre pays." Ils vinrent donc au Messager d'Allah, sur lui la bénédiction et la paix,
- al-‘Âqib : Le 'Âqib est le chef ou le dirigeant d'une communauté, celui qui vient après (comme successeur) ou qui est le dernier à décider.
- al-Sayyid : Le Sayyid est un titre honorifique signifiant seigneur, maître ou chef, souvent utilisé pour les descendants du Prophète ou les notables.
- al-Usquf : L'Usquf est un évêque dans le christianisme, un haut dignitaire religieux.
- Kurz : Variante du nom Kûz, selon Ibn Hishâm.
- al-wadâ'i‘ : Les wadâ'i‘ sont des dépôts, ici des livres ou documents conservés.
- al-wadîn : Le wadîn est la sangle qui maintient la selle ou le bât sur le dos de la chamelle.
- Hishâm ibn ‘Urwa : Célèbre traditionniste et historien musulman (mort en 146 H/763-764).
- al-‘asr : La prière de l'après-midi, l'une des cinq prières obligatoires en islam.
- al-hibra : Étoffe rayée ou brodée du Yémen, souvent de qualité.
- jubba : Vêtement long, sorte de tunique ou manteau.
- ridâ' : Manteau ou vêtement de dessus, souvent porté par-dessus les autres habits.
- عَلَيْهِ السَّلَامُ : Formule de bénédiction signifiant 'sur lui la paix', utilisée pour les prophètes.
- آلِ عِمْرانَ : La famille d'Imran, père de Marie et grand-père de Jésus selon la tradition islamique.
- مُحَرَّراً : Consacré, voué exclusivement au service de Dieu, sans usage profane.
- عَتِيقًا : Libre, affranchi de toute servitude mondaine, dédié à Dieu.
- مُحَرَّرًا : Voir note 3.
- نَذِيرَةً : Offrande vouée à Dieu, ici une fille consacrée au service du Temple.
- اقْنُتِي : Sois dévotement obéissante, dans une attitude de recueillement et de soumission.
- الْغَيْبِ : L'Inconnaissable, les réalités invisibles que seul Dieu connaît.
- أَقْلامَهُمْ : Leurs calames, ici des flèches de tirage au sort utilisées pour prendre une décision.
- قِدَاحَهُمْ : Flèches de tirage au sort, sans plumes ni pointes, utilisées pour la divination ou les décisions.
- جُرَيْجٌ : Juraïj, un moine pieux des Enfants d'Israël, parfois identifié à Georges.
- بِكَلِمَةٍ مِنْهُ : Une parole de Lui, c'est-à-dire Jésus, créé par le commandement divin 'Sois'.
- الْمُقَرَّبِينَ : Les rapprochés, les élus proches de Dieu, au plus haut rang spirituel.
- كَهْلًا : En pleine maturité, entre 30 et 50 ans, âge de la force et de la sagesse.
- الْأَكْمَهَ : L'aveugle-né, celui qui naît aveugle.
- هَرَّجْتُ : J'ai crié, j'ai provoqué le lion en criant.
- كُمْهٌ : Pluriel de 'akmah', aveugles-nés.
- أرجوزة : Urjûza, poème en mètre rajaz, souvent utilisé pour des récits ou des descriptions.
- تِبَاعَاتِهِ : Ses conséquences, les charges ou obligations résultant de l'interdiction.
- أَنْصارِي : Mes alliés, mes soutiens, ceux qui m'aident dans la cause de Dieu.
- الْحَوارِيُّونَ : Les apôtres, les disciples de Jésus, choisis pour être ses soutiens.
- مُسْلِمُونَ : Soumis à Dieu, musulmans au sens de croyants soumis.
- مُتَوَفِّيكَ : Je vais te rappeler à Moi, te faire mourir (ici, élever au ciel sans mort physique selon l'interprétation courante).
- الذِّكْرِ الْحَكِيمِ : Le Rappel plein de sagesse, le Coran, qui est un avertissement et une guidance.
- نَبْتَهِلْ : Nous implorons, nous invoquons la malédiction de Dieu contre les menteurs.
- nabahtilu : Nous implorons, nous invoquons avec ferveur, ou nous maudissons mutuellement.
- bahala Allahou foulân : Formule signifiant 'Qu'Allah maudisse untel'.
- bahla : Malédiction.
- bahlatou Allah : Malédiction d'Allah.
- nabahtilu : Nous nous efforçons dans l'invocation, ou nous maudissons mutuellement.
- mulâ‘ana : Malédiction réciproque, pratique où deux parties s'invoquent mutuellement la malédiction divine.
- mulâ‘ana : Malédiction réciproque, ici l'appel à la mubâhala (imprécation).
- al-‘Âqib : Surnom d'un chef chrétien de Najrân, signifiant 'celui qui vient après' ou 'successeur'.
Un extrait de la mention des hypocrites [1]
Sur lui la paix et le salut, ils dirent : « Ô Abou al-Qâsim, nous avons décidé de ne pas procéder à l’échange de serments d’anathème avec toi, de te laisser à ta religion et de retourner à la nôtre. Mais envoie avec nous un homme de tes compagnons que tu agréés pour nous, qui jugera entre nous dans certaines affaires de nos biens sur lesquelles nous divergons, car vous êtes pour nous agréés. » (Investiture d’Abou ‘Oubayda pour leurs affaires) : Mouhammad ibn Ja‘far dit : L’Envoyé d’Allah, sur lui la paix et le salut, dit : « Venez à moi ce soir, j’enverrai avec vous l’homme fort et digne de confiance. » ‘Oumar ibn al-Khattâb disait : « Je n’ai jamais désiré le commandement autant que ce jour-là, espérant en être le dépositaire. Je me rendis à la prière de midi en avance. Lorsque l’Envoyé d’Allah, sur lui la paix et le salut, eut prié avec nous le zuhr 1, il salua, puis regarda à droite et à gauche. Je me dressais pour qu’il me voie, mais il ne cessa de chercher du regard jusqu’à ce qu’il vit Abou ‘Oubayda ibn al-Jarrâh. Il l’appela et dit : « Sors avec eux et juge entre eux en toute justice dans ce sur quoi ils divergent. » ‘Oumar dit : « Abou ‘Oubayda emporta cette charge. » Quelques mentions des hypocrites (Ibn Ubayy et Ibn Sayfî) : Ibn Ishâq dit : L’Envoyé d’Allah, sur lui la paix et le salut, arriva à Médine – comme me l’a rapporté ‘Âsim ibn ‘Oumar ibn Qatâda – alors que le chef de ses habitants était ‘Abd Allah ibn Ubayy ibn Saloul al-‘Awfî, puis l’un des Banû al-Hublâ. Personne ne contestait sa noblesse parmi son peuple 1 ; les Aws et les Khazraj ne s’étaient jamais accordés avant lui ni après lui sur un homme de l’un des deux partis, jusqu’à ce que l’islam vînt et changeât cela. Avec lui, chez les Aws, il y avait un homme noble et obéi dans son peuple, Abou ‘Âmir ‘Abd ‘Amr ibn Sayfî ibn al-Nu‘mân, l’un des Banû Dubay‘a ibn Zayd ; c’est le père de Hanzala, le lavé le jour d’Uhud. Il s’était fait moine à l’époque préislamique, portait des cilices et on l’appelait « le moine ». Tous deux furent malheureux par leur noblesse et elle leur nuisit. (Conversion d’Ibn Ubayy) : Quant à ‘Abd Allah ibn Ubayy, son peuple avait enfilé pour lui les perles pour le couronner puis le faire roi sur eux 2. Allah Très-Haut leur envoya Son Envoyé, sur lui la paix et le salut, alors qu’ils étaient dans cette situation. Lorsque son peuple se détourna de lui vers l’islam, il en conçut de la rancœur 3 et vit que l’Envoyé d’Allah, sur lui la paix et le salut, lui avait ravi un royaume. Quand il vit que son peuple n’acceptait que l’islam, il y entra contraint, persistant dans l’hypocrisie et la rancœur. (Obstination d’Ibn Sayfî dans sa mécréance) : Quant à Abou ‘Âmir, il refusa tout sauf la mécréance et la séparation d’avec son peuple lorsqu’ils se rassemblèrent sur l’islam. Il sortit de chez eux pour La Mecque avec une dizaine d’hommes, se séparant de l’islam et de l’Envoyé d’Allah, sur lui la paix et le salut. L’Envoyé d’Allah, sur lui la paix et le salut – comme me l’a rapporté Mouhammad ibn Abî Umâma d’après certains membres de la famille de Hanzala ibn Abî ‘Âmir – dit : « Ne dites pas : le moine, mais dites : le pervers. » (Ce qu’il advint d’Ibn Sayfî en punition de son insinuation contre l’Envoyé, sur lui la paix et le salut) : Ibn Ishâq dit : Ja‘far ibn ‘Abd Allah ibn Abî al-Hakam – qui avait vécu et entendu, et était un grand transmetteur – me raconta qu’Abou ‘Âmir vint trouver l’Envoyé d’Allah, sur lui la paix et le salut, à son arrivée à Médine, avant qu’il ne parte pour La Mecque, et dit : « Quelle est cette religion que tu as apportée ? » Il dit : « J’ai apporté la hanîfiyya 4, la religion d’Abraham. » Il dit : « J’y suis. » L’Envoyé d’Allah, sur lui la paix et le salut, lui dit : « Tu n’y es pas. » Il dit : « Si. » Il dit : « Tu as introduit, ô Mouhammad, dans la hanîfiyya ce qui n’en est pas. » Il dit : « Je n’ai pas fait cela, mais je l’ai apportée blanche et pure. » Il dit : « Que le menteur, Allah le fasse mourir banni, étranger, seul » – insinuant par là l’Envoyé d’Allah, sur lui la paix et le salut – c’est-à-dire que tu l’as apportée ainsi. L’Envoyé d’Allah, sur lui la paix et le salut, dit : « Oui, et que celui qui ment, Allah Très-Haut fasse cela de lui. » Ce fut lui, l’ennemi d’Allah. Il sortit vers La Mecque. Lorsque l’Envoyé d’Allah, sur lui la paix et le salut, conquit La Mecque, il sortit vers Tâ’if. Quand les habitants de Tâ’if embrassèrent l’islam, il gagna la Syrie. Il y mourut banni, étranger, seul. (Recours à César pour son héritage) : Étaient partis avec lui ‘Alqama ibn ‘Ulâtha ibn ‘Awf ibn al-Ahwas ibn Ja‘far ibn Kilâb et Kinâna ibn ‘Abd Yâlîl ibn ‘Amr ibn ‘Umayr al-Thaqafî. À sa mort, ils se disputèrent son héritage devant César, le maître des Romains. César dit : « Les sédentaires 5 héritent des sédentaires, et les nomades héritent des nomades. » Kinâna ibn ‘Abd Yâlîl hérita donc de lui en tant que sédentaire, à l’exclusion de ‘Alqama. (Satire de Ka‘b contre Ibn Sayfî) : Ka‘b ibn Mâlik dit à Abou ‘Âmir à propos de ce qu’il avait fait : « Qu’Allah nous préserve d’une œuvre vile / Comme la tienne dans la tribu, ‘Abd ‘Amr. Si tu me parles de noblesse et de palmeraies / Tu as bien vendu la foi contre la mécréance. » Ibn Hishâm dit : On rapporte aussi : « Si tu me parles de noblesse et de richesse. » Ibn Ishâq dit : Quant à ‘Abd Allah ibn Ubayy, il resta hésitant dans sa noblesse parmi son peuple, jusqu’à ce que l’islam le domine et qu’il y entre contraint. (Révolte du peuple d’Ibn Ubayy contre lui et ses vers à ce sujet) : Ibn Ishâq dit : Mouhammad ibn Muslim al-Zuhrî me rapporta, d’après ‘Urwa ibn al-Zubayr, d’après Usâma ibn Zayd ibn Hâritha, le bien-aimé 6 de l’Envoyé d’Allah, sur lui la paix et le salut, qui dit : L’Envoyé d’Allah, sur lui la paix et le salut, se rendit chez Sa‘d ibn ‘Ubâda pour lui rendre visite lors d’une maladie qui l’avait frappé, monté sur un âne avec une selle 7 recouverte d’une couverture de Fadak 8 à longues franges 9 attachée par une corde de fibres, et il me fit monter derrière lui. Il passa près de ‘Abd Allah ibn Ubayy, qui se trouvait à l’ombre de Muzâhim, sa forteresse 10. Ibn Hishâm dit : Muzâhim est le nom de la forteresse. Ibn Ishâq dit : Autour de lui se tenaient des hommes de son peuple. Lorsque l’Envoyé d’Allah, sur lui la paix et le salut, le vit, il eut honte 11 de le dépasser sans s’arrêter. Il descendit, salua, puis s’assit un moment, récita le Coran, appela à Allah Puissant et Majestueux, rappela Allah, mit en garde, annonça la bonne nouvelle et avertit. L’autre restait silencieux 12, ne parlant pas. Quand l’Envoyé d’Allah, sur lui la paix et le salut, eut terminé son discours, il dit : « Ô toi, il n’y a rien de plus beau que ce discours s’il est vrai. Assieds-toi donc dans ta maison, et que celui qui vient à toi pour cela, tu lui en parles ; mais ne va pas importuner 13 celui qui ne vient pas à toi, et ne viens pas dans son assemblée avec ce qu’il déteste de ta part. » ‘Abd Allah ibn Rawâha, parmi des hommes musulmans qui étaient présents, dit : « Si, viens à nous avec cela, viens dans nos assemblées, nos demeures et nos maisons. Par Allah, cela fait partie de ce que nous aimons et de ce dont Allah nous a honorés et guidés. » Alors ‘Abd Allah ibn Ubayy, voyant l’opposition de son peuple, dit : « Quand ton allié devient ton adversaire, tu ne cesses / D’être humilié, et ceux que tu combats te terrassent 14. Le faucon peut-il s’élever sans ses ailes ? / Si un jour ses plumes sont coupées, il tombe. » Ibn Hishâm dit : Le second vers est d’une autre source qu’Ibn Ishâq.
- zuhr : Prière de midi, l'une des cinq prières canoniques de l'islam.
- min qawmihi : Expression signifiant 'parmi son peuple', indiquant que sa noblesse était reconnue au sein de sa tribu.
- nazamū lahu al-kharaza li-yutawwijūhu thumma yumallikūhu 'alayhim : Ils avaient enfilé pour lui les perles pour le couronner puis le faire roi sur eux : métaphore désignant les préparatifs pour le proclamer roi.
- ḍaghina : Il conçut de la rancœur : sentiment de haine et d'animosité cachée.
- al-ḥanīfiyya : Religion monothéiste pure, celle d'Abraham, considérée comme l'essence de l'islam avant la révélation coranique.
- ahl al-madar : Les sédentaires, littéralement 'gens de la brique crue', par opposition aux nomades (ahl al-wabar, 'gens du poil').
- ḥibb : Bien-aimé : terme affectueux désignant un compagnon très proche du Prophète.
- ikāf : Selle d'âne, généralement faite de bois et de cuir.
- Fadakiyya : De Fadak : oasis près de Médine, réputée pour ses tissus.
- mukhtaṭima : À longues franges : qualifie une couverture ornée de franges.
- uṭum : Forteresse ou tour fortifiée, typique des habitations nobles de Médine.
- tadhamama : Il eut honte : sentiment de gêne ou de scrupule moral.
- zāmm : Silencieux : qui reste muet, ne répond pas.
- lā taghtahhu : Ne va pas l'importuner : littéralement 'ne le fatigue pas', c'est-à-dire ne le force pas à t'écouter.
Mention de ceux qui tombèrent malades parmi les Compagnons du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui.
La colère du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, à cause des paroles d'Ibn Ubayy : Ibn Ishaq a dit : Az-Zuhri m'a rapporté, d'après 'Urwa ibn Az-Zubayr, d'après Usama, qui a dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, se leva et entra chez Sa'd ibn 'Ubada, alors que son visage portait les traces de ce que l'ennemi d'Allah, Ibn Ubayy, avait dit. Sa'd dit : « Par Allah, ô Messager d'Allah, je vois sur ton visage quelque chose ; on dirait que tu as entendu quelque chose qui te déplaît. » Il répondit : « Oui. » Puis il l'informa de ce qu'avait dit Ibn Ubayy. Sa'd dit alors : « Ô Messager d'Allah, sois indulgent avec lui. Par Allah, Allah t'a envoyé vers nous alors que nous étions en train de lui enfiler des perles pour le couronner 1. Par Allah, il croit que tu lui as enlevé un royaume. » Mention de ceux qui furent malades parmi les Compagnons du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : (La maladie d'Abou Bakr, de 'Amir et de Bilal, et le récit de 'Aïcha à leur sujet) : Ibn Ishaq a dit : Hisham ibn 'Urwa et 'Umar ibn 'Abd Allah ibn 'Urwa m'ont rapporté, d'après 'Urwa ibn Az-Zubayr, d'après 'Aïcha, qu'Allah l'agrée, qui a dit : Lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, arriva à Médine, il y arriva alors que c'était la terre d'Allah la plus malsaine à cause de la fièvre. Ses Compagnons furent frappés par une épreuve et une maladie à cause d'elle, mais Allah, exalté soit-Il, en préserva Son Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Elle dit : Abou Bakr, 'Amir ibn Fuhayra et Bilal, les affranchis d'Abou Bakr, étaient avec Abou Bakr dans une même maison. La fièvre les frappa. J'entrai chez eux pour leur rendre visite, avant que le voile 2 ne fût imposé sur nous, alors qu'ils souffraient d'une maladie dont seul Allah connaissait la gravité. Je m'approchai d'Abou Bakr et lui dis : « Comment te trouves-tu, père ? » Il répondit : « Tout homme se réveille au matin parmi les siens, / Et la mort est plus proche que le lacet de sa sandale. » Elle dit : Je me dis : Par Allah, mon père ne sait pas ce qu'il dit ! Elle dit : Puis je m'approchai de 'Amir ibn Fuhayra et lui dis : « Comment te trouves-tu, ô 'Amir ? » Il répondit : « J'ai trouvé la mort avant de la goûter, / Certes, le lâche, sa perte est au-dessus de lui. / Tout homme lutte selon sa capacité, / Comme le taureau protège sa peau avec ses cornes. » Elle dit : Je me dis : Par Allah, 'Amir ne sait pas ce qu'il dit ! Elle dit : Quant à Bilal, lorsque la fièvre le quittait, il s'allongeait dans la cour de la maison, puis élevait la voix et disait : « Ah ! Si seulement je savais si je passerai une nuit / À Fakh 3, entouré d'Idhkhir 4 et de Jalil 5, / Et si je boirai un jour aux eaux de Majinna 6, / Et si apparaîtront pour moi Shama et Tufayl 7 ! » Ibn Hisham a dit : Shama et Tufayl sont deux montagnes à La Mecque. (Invocations du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, pour transférer l'épidémie de Médine à Mahya'a) : 'Aïcha, qu'Allah l'agrée, dit : Je mentionnai au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, ce que j'avais entendu d'eux, et je dis : « Ils délirent et ne comprennent pas, à cause de la violence de la fièvre. » Elle dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit alors : « Ô Allah, rends-nous Médine aimable comme Tu nous as rendu La Mecque aimable, ou plus encore, bénis pour nous son mudd et son sa' 8, et transfère son épidémie à Mahya'a. » Or Mahya'a est Al-Juhfa 9.
- nanzimu lahu al-kharaza li-nutawwijahu : Expression signifiant qu'ils préparaient Ibn Ubayy pour être couronné roi de Médine avant l'arrivée de l'islam.
- al-hijab : Le voile de la pudeur, c'est-à-dire l'obligation pour les femmes de se couvrir et de se tenir à l'écart des hommes non-mahrams, instaurée après le mariage du Prophète avec Zaynab bint Jahsh.
- Fakh : Vallée située entre La Mecque et Mina, lieu de pèlerinage.
- Idhkhir : Plante aromatique poussant à La Mecque, utilisée comme fourrage et pour ses propriétés médicinales.
- Jalil : Plante également aromatique, semblable à l'idhkhir, poussant dans la région de La Mecque.
- Majinna : Lieu près de La Mecque où se tenait un marché à l'époque préislamique.
- Shama wa Tufayl : Deux montagnes à La Mecque, mentionnées par Bilal dans son poème exprimant sa nostalgie de sa terre natale.
- mudd wa sa' : Mesures de capacité utilisées pour les céréales et autres denrées ; le mudd équivaut à environ 0,5 litre et le sa' à environ 3 litres.
- Al-Juhfa : Localité située entre La Mecque et Médine, connue pour être un miqat (lieu de sacralisation) pour le pèlerinage.
L'histoire de l'Hégire [1]
Ce qui accabla les musulmans de l'épidémie : Ibn Isḥāq dit : Ibn Shihāb al-Zuhrī rapporte d'après ʿAbd Allāh ibn ʿAmr ibn al-ʿĀṣ que lorsque le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) arriva à Médine avec ses compagnons, la fièvre de Médine les frappa, au point qu'ils furent accablés par la maladie, mais Allāh Très-Haut en préserva Son Prophète (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui). Ils ne priaient qu'assis. Il dit : Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) sortit vers eux alors qu'ils priaient ainsi et leur dit : « Sachez que la prière de l'assis vaut la moitié de la prière du debout. » Il dit : Alors les musulmans s'efforcèrent 1 de se lever malgré leur faiblesse et leur maladie, en quête de la récompense. Le début du combat contre les associateurs : Ibn Isḥāq dit : Ensuite, le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) se prépara pour la guerre, se levant pour ce qu'Allāh lui avait ordonné comme lutte contre Son ennemi et combat contre ceux qu'Allāh lui avait ordonné de combattre parmi les associateurs qui l'entouraient, les associateurs arabes. Cela eut lieu après qu'Allāh Très-Haut l'eut envoyé comme prophète depuis treize ans. La date de l'Hégire : Avec la chaîne de transmission précédente d'après ʿAbd al-Malik ibn Hishām, il dit : Ziyād ibn ʿAbd Allāh al-Bakkā'ī nous a rapporté d'après Muḥammad ibn Isḥāq al-Muṭṭalibī, il dit : Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) arriva à Médine le lundi, au moment où le soleil était haut et presque à son zénith, après la douzième nuit écoulée du mois de Rabīʿ al-Awwal. C'est la date, selon 2 ce qu'a dit Ibn Hishām. Ibn Isḥāq dit : Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) avait alors cinquante-trois ans, cela après qu'Allāh Puissant et Majestueux l'eut envoyé comme prophète depuis treize ans. Il demeura à Médine le reste du mois de Rabīʿ al-Awwal, le mois de Rabīʿ al-Ākhir, les deux Jumādā, Rajab, Shaʿbān, le mois de Ramaḍān, Shawwāl, Dhū al-Qaʿda et Dhū al-Ḥijja – et cette année-là, les associateurs accomplirent le pèlerinage – et al-Muḥarram. Puis il partit en expédition au mois de Ṣafar, douze mois après son arrivée à Médine.
- tajashshama : S'efforcer, entreprendre avec difficulté, se charger d'une tâche pénible.
- fīmā : Selon ce que, d'après ce que.
L'expédition de Waddân, qui est la première expédition militaire du Prophète, que la prière et la paix soient sur lui.
Ibn Hishâm dit : Il établit Sa‘d ibn ‘Ubâda comme gouverneur de Médine. L’expédition de Waddân, qui est la première de ses expéditions — que la prière et la paix soient sur lui — (Traité de paix avec les Banû Damra et retour sans combat) : Ibn Ishâq dit : Jusqu’à ce qu’il atteigne Waddân 1, qui est l’expédition d’al-Abwâ’ 2, visant Quraysh et les Banû Damra ibn Bakr ibn ‘Abd Manât ibn Kinâna. Les Banû Damra y conclurent un traité de paix avec lui. Celui qui conclut ce traité de leur part fut Makhshî ibn ‘Amr al-Damrî, qui était leur chef à cette époque. Puis l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — retourna à Médine sans avoir subi de dommage, et il y resta le reste de Safar et le début du mois de Rabî‘ al-Awwal. Ibn Hishâm dit : C’est la première expédition qu’il mena. L’expédition de ‘Ubayda ibn al-Hârith, qui est le premier étendard que le Prophète — que la prière et la paix soient sur lui — attacha (Ce qui se passa entre les mécréants et la blessure de Sa‘d) : Ibn Ishâq dit : L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya, durant son séjour à Médine, ‘Ubayda ibn al-Hârith ibn al-Muttalib ibn ‘Abd Manâf ibn Qusayy avec soixante ou quatre-vingts cavaliers parmi les Émigrés, sans aucun des Auxiliaires. Il marcha jusqu’à atteindre une source au Hedjaz, au bas du col d’al-Murra. Il y rencontra une grande troupe de Quraysh. Il n’y eut pas de combat entre eux, sauf que Sa‘d ibn Abî Waqqâs fut ce jour-là touché par une flèche : ce fut la première flèche tirée en Islam. (Ceux qui s’enfuirent des associateurs vers les musulmans) : Puis les gens se séparèrent, les musulmans ayant le dessus. Parmi les associateurs, s’enfuirent vers les musulmans al-Miqdâd ibn ‘Amr al-Bahrânî, allié des Banû Zuhra, et ‘Utba ibn Ghazwân ibn Jâbir al-Mâzinî, allié des Banû Nawfal ibn ‘Abd Manâf. Tous deux étaient musulmans, mais ils étaient sortis pour se mêler aux mécréants 3. Le commandant de la troupe était ‘Ikrima ibn Abî Jahl. Ibn Hishâm dit : Ibn Abî ‘Amr ibn al-‘Alâ’ m’a rapporté, d’après Abû ‘Amr al-Madanî, que leur commandant était Mikraz 4 ibn Hafs ibn al-Akhayaf, l’un des Banû Ma‘îs ibn ‘Âmir ibn Lu’ayy ibn Ghâlib ibn Fihr. (Poème d’Abû Bakr à ce sujet) : Ibn Ishâq dit : Abû Bakr al-Siddîq — que Dieu l’agrée — dit à propos de l’expédition de ‘Ubayda ibn al-Hârith — Ibn Hishâm dit : La plupart des spécialistes de la poésie contestent que ce poème soit d’Abû Bakr 5 — : « Est-ce à cause du fantôme de Salmâ, dans les vallons sablonneux, que tu as veillé, et d’une affaire survenue dans la tribu ? Tu vois de Lu’ayy une faction que ni le rappel ni la résurrection ne détournent de la mécréance. Un messager véridique vint à eux, mais ils le traitèrent de menteur et dirent : Tu ne resteras pas parmi nous. Quand nous les appelons à la vérité, ils tournent le dos et halètent comme des chiennes enragées. Combien de fois avons-nous invoqué la parenté parmi eux ! Mais abandonner la piété est pour eux une chose sans conséquence. S’ils reviennent de leur mécréance et de leur rébellion, les bonnes choses licites ne sont pas comme les mauvaises. Mais s’ils persistent dans leur tyrannie et leur égarement, le châtiment de Dieu ne tardera pas pour eux. Nous sommes un peuple issu de la cime de Ghâlib, nous avons la gloire dans les branches solides. Par le Seigneur des chamelles qui trottent le soir, rapides, conduites dans les longes usées, Semblables à des gazelles autour de la Mecque, se pressant vers les abreuvoirs du puits aux eaux troubles, S’ils ne reviennent pas vite de leur égarement — et je ne suis pas, quand je jure, un parjure —, Une razzia véridique fondra sur eux, qui rendra illicites les femmes pures et vierges, Laissant des morts autour desquels les oiseaux tournoieront, et n’aura pas pour les mécréants la pitié du fils de Hârith. Fais donc parvenir aux Banû Sahm un message, ainsi qu’à tout ingrat qui cherche le mal avec insistance. Si vous souillez mon honneur par votre mauvais avis, je ne souillerai pas le vôtre. » (Poème d’Ibn al-Ziba‘râ en réponse à Abû Bakr) : ‘Abd Allâh ibn al-Ziba‘râ al-Sahmî lui répondit : « Est-ce à cause de la trace d’une demeure déserte dans les sables que tu as pleuré d’un œil dont les larmes ne tarissent pas ? Parmi les merveilles des jours — et le temps tout entier a des merveilles, passées et nouvelles — Une armée nous est venue, pleine de fougue, menée par ‘Ubayda, appelé dans la mêlée fils de Hârith, Pour que nous abandonnions les idoles de la Mecque, vénérées, héritages d’un noble ancêtre à ses héritiers. Quand nous les rencontrâmes avec des lances de khattî et des chevaux rapides, haletants dans la poussière, Et des épées blanches comme du sel sur leurs dos, aux mains de guerriers tels des lions féroces, Nous redressâmes par elles celui qui penchait, et nous assouvîmes les vengeances sans tarder. Ils s’arrêtèrent, saisis d’une grande peur et d’effroi, et ils aimèrent une affaire qui leur parut lente. S’ils ne l’avaient pas fait, des femmes auraient pleuré, veuves, parmi les femmes en deuil et les vierges. Des morts ont été laissés, dont rend compte un familier ou un indifférent qui ne cherche pas. Fais donc parvenir à Abû Bakr un message : Tu ne cesses pas d’attaquer l’honneur de Fihr. Et je n’ai pas encore prononcé un serment solennel qui renouvellerait une guerre, un pacte non violé. » Ibn Hishâm dit : Nous en avons omis un seul vers, et la plupart des spécialistes de la poésie contestent que ce poème soit d’Ibn al-Ziba‘râ. (Poème d’Ibn Abî Waqqâs sur sa flèche) : Ibn Ishâq dit : Sa‘d ibn Abî Waqqâs dit, à propos de cette flèche, selon ce qu’on rapporte : « Ô ! L’Envoyé de Dieu a-t-il appris que j’ai protégé mes compagnons avec le tranchant de mes flèches, Les repoussant, leurs premiers rangs, dans chaque terrain dur et chaque plaine ? »
- Waddân : Localité située entre La Mecque et Médine, également appelée al-Abwâ’.
- al-Abwâ’ : Autre nom de Waddân, lieu de la première expédition du Prophète.
- pour se mêler aux mécréants : Ils étaient musulmans mais feignaient d'être avec les mécréants pour pouvoir rejoindre les musulmans.
- Mikraz : Nom propre, chef de la troupe qurayshite selon une autre version.
- poème contesté : Ibn Hishâm rapporte que les spécialistes de la poésie doutent de l'attribution de ce poème à Abû Bakr.
L'expédition de Hamza vers Sayf al-Bahr [1]
Quel archer pourrait se vanter, ô Envoyé d'Allah, d'avoir tiré une flèche sur un ennemi avant moi ? Cela, parce que ta religion est une religion de vérité, et d'un droit que tu as apporté, et de justice. Par elle, les croyants sont sauvés, et par elle les mécréants sont rétribués au lieu du Jugement (Maqām Mahli) (1). Sois donc indulgent ! Tu t'es égaré, ne me blâme donc pas, égaré de la tribu, malheur à toi, ô fils de Jahl (2) ». Ibn Hishām dit : « La plupart des spécialistes de la poésie contestent que ces vers soient de Sa‘d. » (PREMIER ÉTENDARD EN ISLAM FUT CELUI DE ‘UBAYDA) : Ibn Isḥāq dit : « L’étendard de ‘Ubayda ibn al-Ḥārith – selon ce qui m’est parvenu – fut le premier étendard que l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ait confié à l’un des musulmans en Islam. Et certains savants prétendent que l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) l’envoya lorsqu’il revenait de l’expédition d’al-Abwā’, avant d’arriver à Médine. » EXPÉDITION DE ḤAMZA À SAYF AL-BAḤR (CE QUI SE PRODUISIT ENTRE MUSULMANS ET MÉCRÉANTS) : « Et il envoya, lors de ce séjour, Ḥamza ibn ‘Abd al-Muṭṭalib ibn Hāshim, à Sayf al-Baḥr, du côté d’al-‘Īṣ, avec trente cavaliers parmi les Émigrés (Muhājirūn), sans qu’aucun des Auxiliaires (Anṣār) ne fût parmi eux. Il rencontra Abū Jahl ibn Hishām sur cette côte, avec trois cents cavaliers parmi les gens de La Mecque. Alors Majdī ibn ‘Amr al-Juhanī s’interposa entre eux. Il était en trêve avec les deux groupes, et les deux parties se séparèrent l’une de l’autre, sans qu’il y ait eu de combat entre eux. » (L’ÉTENDARD DE ḤAMZA FUT-IL LE PREMIER ÉTENDARD EN ISLAM ? ET POÈME DE ḤAMZA À CE SUJET) : « Et certains disent : l’étendard de Ḥamza fut le premier étendard que l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ait confié à l’un des musulmans (3). Cela, parce que son envoi et celui de ‘Ubayda eurent lieu en même temps, et cela fut confondu par les gens. Et ils ont prétendu que Ḥamza avait dit à ce sujet des vers où il mentionne que son étendard fut le premier étendard confié par l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Si Ḥamza a dit cela, il a dit vrai, si Allah le veut – il ne disait que la vérité. Allah sait lequel des deux fut le premier. Quant à ce que nous avons entendu de nos savants, c’est ‘Ubayda ibn al-Ḥārith qui fut le premier à qui un étendard fut confié. Alors Ḥamza dit à ce sujet, selon ce qu’ils prétendent : Ibn Hishām dit : « La plupart des spécialistes de la poésie contestent que ces vers soient de Ḥamza (qu’Allah l’agrée) : « Hélas, ô mon peuple, pour la rêverie et l’ignorance, et pour le manque de jugement des hommes et de raison ! Et pour ceux qui nous montent dessus par les injustices, sans que nous ayons violé pour eux des inviolabilités, ni de troupeaux, ni de gens (4). Comme si nous les avions rendus fous, alors qu’il n’y a chez nous pour eux (5) rien d’autre qu’un ordre à la chasteté (6) et à la justice, Et un ordre à la soumission (Islam) qu’ils n’acceptent pas, et qui descend chez eux comme une plaisanterie. Ils n’eurent de cesse que je me sois élancé (7) pour une razzia contre eux, là où ils campaient, cherchant le repos de la vertu, Par ordre de l’Envoyé d’Allah, premier étendard flottant sur moi, qui n’avait brillé auparavant. Un étendard auprès duquel est la victoire, venant du Digne de générosité, d’un Dieu Puissant dont l’acte est le plus excellent des actes. Le soir où ils marchèrent, rassemblés, et que chacun de nous avait ses chaudrons bouillonnant de la rage de ses compagnons (8). Quand nous nous vîmes, ils firent s’agenouiller leurs montures et les entravèrent, et nous entravâmes les lames des flèches de la cible (9) (10). Nous leur dîmes : « La corde de Dieu est notre soutien, et vous n’avez d’autre corde que l’égarement. » Alors Abū Jahl se leva là, en transgresseur, mais il échoua, et Dieu repoussa la ruse d’Abū Jahl. Et nous ne sommes que trente cavaliers, tandis qu’eux sont deux cents, et même plus d’une (centaine). Ô gens de Lu’ayy ! N’obéissez pas à vos égarés, et revenez à l’Islam et à la voie facile (11) ! Car je crains qu’un châtiment ne soit déversé sur vous, et que vous n’appeliez au regret et à la perte des enfants (12) ! » (POÈME D’ABŪ JAHL EN RÉPONSE À ḤAMZA) : Alors Abū Jahl ibn Hishām lui répondit, disant : « Je m’étonne des causes de la colère et de l’ignorance, et des fauteurs de trouble par la discorde et le mensonge (13), Et de ceux qui abandonnent ce sur quoi nous avons trouvé nos aïeux, possesseurs des hauts rangs et de la générosité abondante (14). Ils sont venus à nous avec un mensonge pour égarer nos esprits, mais leur mensonge n’égare pas l’esprit de qui a de l’esprit (15). Nous leur dîmes : « Ô notre peuple, ne vous opposez pas à votre peuple, car l’opposition est le tranchant de l’ignorance. Car si vous le faites, des femmes appelleront, avec des pleureuses, à la calamité et à la perte des enfants. Et si vous revenez de ce que vous avez fait, alors nous sommes vos cousins, gens de colère et de vertu. » Ils nous dirent : « Nous avons trouvé Muḥammad agréable aux sages d’entre nous et à ceux doués de raison. » Quand ils n’eurent de cesse que la discorde, et qu’ils eurent embelli l’ensemble des affaires par la laideur de l’acte, Je les visai sur les deux côtes par une razzia, pour les laisser comme de la paille sans racine (16). Mais Majdī (17) (18) me détourna d’eux, moi et ma compagnie, alors qu’ils m’avaient assisté avec les épées et les flèches, À cause d’un pacte (Ill) qui nous lie, obligatoire, que nous ne négligeons pas, un pacte solide dont la corde n’est pas rompue (19). Sans Ibn ‘Amr, j’aurais laissé d’eux des champs de bataille pour les oiseaux perchés, sans trêve (20). »
L'expédition de Buwât [1]
Mais il a juré par un serment solennel, et cela a rétréci... par nos serments, le tranchant des épées a été écarté du meurtre 1. Si les jours me laissent vivre, je reviendrai contre eux avec des lames blanches au tranchant fin, au poli récent. Aux mains de défenseurs issus de Lu'ayy ibn Ghâlib 2, nobles dans leurs actions en période de disette et de sécheresse. Ibn Hishâm a dit : La plupart des spécialistes de la poésie contestent que ces vers soient d'Abû Jahl. Expédition de Buwât 3 (Sa date) : Ibn Ishâq a dit : Ensuite, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — partit en expédition au mois de Rabî' al-Awwal, visant les Qurayshites. (Ibn Maz'ûn comme gouverneur de Médine) : Ibn Hishâm a dit : Il nomma comme gouverneur de Médine al-Sâ'ib ibn 'Uthmân ibn Maz'ûn. (Retour à Médine) : Ibn Ishâq a dit : Il atteignit Buwât, dans la région de Radwâ, puis retourna à Médine sans avoir rencontré d'hostilité. Il y resta le reste de Rabî' al-Thânî et une partie de Jumâdâ al-Ûlâ. Expédition d'al-'Ushayra 4 (Abû Salama comme gouverneur de Médine) : Ensuite, il partit en expédition contre les Qurayshites, et nomma comme gouverneur de Médine Abû Salama ibn 'Abd al-Asad, selon ce qu'a dit Ibn Hishâm. (Le chemin vers al-'Ushayra) : Ibn Ishâq a dit : Il emprunta le col des Banû Dînâr, puis la passe d'al-Khabâr, et descendit sous un arbre à Bathâ' ibn Azhar, appelé Dhât al-Sâq, et pria près de lui. Là se trouve sa mosquée — que Dieu prie sur lui et le salue — et on lui prépara de la nourriture près de lui ; il en mangea, et les gens mangèrent avec lui. L'emplacement des pierres du trépied de la marmite y est encore connu. On puisa pour lui de l'eau d'une source appelée al-Mushtarib. Puis le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — partit, laissant al-Khalâ'iq 5 à sa gauche, et emprunta un ravin appelé Shu'bat 'Abd Allâh, qui porte encore ce nom aujourd'hui. Puis il descendit vers al-Yasâr 6 jusqu'à atteindre Yalyal 7, et descendit à son confluent avec celui d'al-Dabû'a. Il puisa de l'eau d'un puits à al-Dabû'a, puis emprunta al-Farsh : Farsh Malal, jusqu'à rejoindre la route à Suhayrât al-Yamâm. Ensuite, la route devint droite jusqu'à ce qu'il descendît à al-'Ushayra, dans la vallée de Yanbu'. Il y séjourna durant Jumâdâ al-Ûlâ et quelques nuits de Jumâdâ al-Âkhira, et y conclut un pacte avec les Banû Mudlij et leurs alliés des Banû Damra. Puis il retourna à Médine sans avoir rencontré d'hostilité. (Surnom du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — donné à 'Alî : Abû Turâb) : Au cours de cette expédition, il dit à 'Alî ibn Abî Tâlib — que la paix soit sur lui — ce qu'il dit. Ibn Ishâq a dit : Yazîd ibn Muhammad ibn Khaytham al-Muhâribî m'a raconté, d'après Muhammad ibn Ka'b al-Qurazî, d'après Muhammad ibn Khaytham Abî Yazîd, d'après 'Ammâr ibn Yâsir, qui a dit : J'étais avec 'Alî ibn Abî Tâlib comme compagnons de route lors de l'expédition d'al-'Ushayra. Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — y descendit et y séjourna, nous vîmes des gens des Banû Mudlij travailler à une source et à des palmiers. 'Alî ibn Abî Tâlib me dit : « Ô Abâ al-Yaqzân, veux-tu que nous allions voir ces gens et comment ils travaillent ? » Je répondis : « Si tu veux. » Nous allâmes donc les voir et observâmes leur travail un moment, puis le sommeil nous gagna. Je partis avec 'Alî et nous nous allongeâmes sur un tertre 8 de palmiers, dans de la poussière 9, et nous nous endormîmes. Par Dieu, seul le Messager de Dieu nous réveilla.
- ḥadd al-suyūf : Le tranchant des épées ; expression poétique pour désigner l'action de tuer par l'épée.
- Lu'ayy ibn Ghālib : Ancêtre de la tribu de Quraysh, dont sont issus les Banû Hâshim et d'autres clans.
- Buwāṭ : Localité située dans la région de Radwâ, au nord-ouest de Médine.
- al-'Ushayra : Vallée située dans la région de Yanbu', à environ 200 km au sud-ouest de Médine.
- al-Khalā'iq : Nom d'un lieu-dit ; signifie littéralement 'les créatures'.
- al-Yasār : Nom d'un lieu ; signifie 'la gauche'.
- Yalyal : Nom d'une vallée ou d'un lieu.
- ṣūr : Tertre ou monticule de terre, souvent autour des racines des palmiers.
- daq'ā' : Poussière fine ou terre meuble.
L'expédition de Sa'd ibn Abi Waqqas [1]
Que Dieu prie sur lui et le salue, il nous secouait du pied. Nous étions couverts de poussière de cette terre 1 sur laquelle nous avions dormi. Ce jour-là, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit à Ali ibn Abi Talib : « Qu'as-tu, ô Abou Tourab 2 ? » à cause de la poussière qu'il voyait sur lui. Puis il dit : « Ne vous informerais-je pas des deux hommes les plus misérables parmi les gens ? » Nous dîmes : « Si, ô Messager de Dieu. » Il dit : « Ouhaymir 3 de Thamoud, celui qui a tué la chamelle, et celui qui te frappera, ô Ali, sur ceci – et il posa sa main sur son sommet – jusqu'à en imbiber ceci – et il saisit sa barbe. » Ibn Ishaq dit : Certains gens de science m'ont raconté que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) n'avait appelé Ali « Abou Tourab » que parce que, lorsqu'il se fâchait contre Fatima pour quelque chose, il ne lui parlait pas et ne lui disait rien de désagréable, mais il prenait de la poussière et la mettait sur sa tête. Il dit : Quand le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) voyait la poussière sur lui, il savait qu'il était fâché contre Fatima, et il disait : « Qu'as-tu, ô Abou Tourab ? » Dieu sait ce qu'il en était. Expédition de Sa'd ibn Abi Waqqas (Son départ vers al-Kharrar 4 et son retour sans combat) : Ibn Ishaq dit : Entre-temps, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avait envoyé l'expédition de Sa'd ibn Abi Waqqas, avec huit hommes parmi les émigrés 5. Il partit jusqu'à atteindre al-Kharrar, dans la région du Hedjaz 6, puis revint sans avoir rencontré d'ennemi. Ibn Hicham dit : Certains gens de science ont mentionné que cette expédition de Sa'd eut lieu après celle de Hamza.
- daq'ā' : Terre poussiéreuse, sol sablonneux ou poussière fine.
- Abū Turāb : Surnom de Ali ibn Abi Talib signifiant « père de la poussière », donné par le Prophète.
- Uḥaymir : Diminutif de 'ahmar' (rouge), désignant le meurtrier de la chamelle de Thamoud, nommé Qudar ibn Salif.
- al-Kharrār : Lieu situé dans la région du Hedjaz, entre La Mecque et Médine.
- Muhājirūn : Émigrés : les premiers musulmans ayant émigré de La Mecque à Médine.
- Ḥijāz : Région de l'ouest de l'Arabie, incluant La Mecque et Médine.
L'expédition de Ṣafwān, qui est la première expédition de Badr [1].
L'expédition de Safwan, qui est la première expédition de Badr. (Raide de Kurz et sortie à sa poursuite) : Ibn Ishaq a dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) n'était resté à Médine, après son retour de l'expédition d'al-'Ushayra, que quelques nuits, moins de dix, lorsque Kurz ibn Jabir al-Fihri lança un raid contre les troupeaux 1 de Médine. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) sortit donc à sa poursuite, et il établit Zayd ibn Haritha comme gouverneur de Médine, selon ce qu'a dit Ibn Hisham. (Échec de la capture de Kurz et retour sans combat) : Ibn Ishaq a dit : Il parvint jusqu'à une vallée appelée Safwan, du côté de Badr, mais Kurz ibn Jabir lui échappa et il ne put l'atteindre. C'est l'expédition de la première Badr. Puis le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) retourna à Médine, où il demeura le reste de Jumada al-Akhira, Rajab et Sha'ban. L'expédition de 'Abdullah ibn Jahsh et la révélation du verset : « Ils t'interrogent sur le mois sacré » (2:217) (Envoi de l'expédition et la lettre qu'il portait) : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) envoya 'Abdullah ibn Jahsh ibn Ri'ab al-Asadi en Rajab, à son retour de la première Badr. Il envoya avec lui huit hommes parmi les Émigrés, sans aucun des Auxiliaires. Il lui écrivit une lettre et lui ordonna de ne pas la regarder avant d'avoir marché deux jours, puis de la regarder et d'exécuter ce qu'elle lui ordonnait, sans contraindre aucun de ses compagnons. (Les compagnons d'Ibn Jahsh dans son expédition) : Les compagnons de 'Abdullah ibn Jahsh étaient parmi les Émigrés. Puis, parmi les Banu 'Abd Shams ibn 'Abd Manaf : Abu Hudhayfa ibn 'Utba ibn Rabi'a ibn 'Abd Shams ; et parmi leurs alliés : 'Abdullah ibn Jahsh, qui était le commandant du groupe, et 'Ukkasha ibn Mihsan ibn Hurthan, l'un des Banu Asad ibn Khuzayma, allié à eux. Parmi les Banu Nawfal ibn 'Abd Manaf : 'Utba ibn Ghazwan ibn Jabir, allié à eux. Parmi les Banu Zuhra ibn Kilab : Sa'd ibn Abi Waqqas. Parmi les Banu 'Adi ibn Ka'b : 'Amir ibn Rabi'a, allié à eux, des 'Anz ibn Wa'il ; et Waqid ibn 'Abdullah ibn 'Abd Manaf ibn 'Arin ibn Tha'laba ibn Yarbu', l'un des Banu Tamim, allié à eux ; et Khalid ibn al-Bukayr, l'un des Banu Sa'd ibn Layth, allié à eux. Parmi les Banu al-Harith ibn Fihr : Suhayl ibn Bayda'. (Ibn Jahsh ouvre la lettre du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et se met en route pour sa destination) : Lorsque 'Abdullah ibn Jahsh eut marché deux jours, il ouvrit la lettre et la regarda. Il y trouva : « Quand tu auras regardé cette lettre, poursuis ta route jusqu'à ce que tu descendes à Nakhlah, entre La Mecque et Ta'if. Guette les Qurayshites et recueille pour nous des informations sur eux. » Quand 'Abdullah ibn Jahsh eut regardé la lettre, il dit : « Écoute et obéissance. » Puis il dit à ses compagnons : « Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) m'a ordonné de me rendre à Nakhlah pour y guetter les Qurayshites, jusqu'à ce que je lui apporte des nouvelles d'eux. Il m'a interdit de contraindre quiconque parmi vous. Que celui d'entre vous qui désire le martyre et y aspire parte donc ; et que celui qui répugne à cela retourne. Quant à moi, je pars pour exécuter l'ordre du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). » Il partit donc, et ses compagnons partirent avec lui ; aucun d'eux ne resta en arrière. (Les deux hommes s'attardent à Ma'din) : Il prit la route du Hijaz, jusqu'à ce qu'il fût à Ma'din, au-dessus d'al-Furu', appelé Bahran. Sa'd ibn Abi Waqqas et 'Utba ibn Ghazwan perdirent une chamelle qu'ils montaient à tour de rôle. Ils s'attardèrent donc pour la chercher. 'Abdullah ibn Jahsh et le reste de ses compagnons continuèrent jusqu'à ce qu'ils descendissent à Nakhlah. Une caravane de Quraysh passa près d'eux, transportant des raisins secs et du cuir 2, et des marchandises de commerce des Qurayshites. Parmi eux se trouvait 'Amr ibn al-Hadrami. (Nom et généalogie d'al-Hadrami) : Ibn Hisham a dit : Le nom d'al-Hadrami était 'Abdullah ibn 'Abbad (et on dit : Malik ibn 'Abbad), l'un des Sadif. Le nom de Sadif est 'Amr ibn Malik, l'un des Sakun 3 ibn Ashras ibn Kinda. On dit aussi qu'il était Kindite. Ibn Ishaq a dit : Et 'Uthman ibn 'Abdullah ibn al-Mughira, et son frère Nawfal ibn 'Abdullah, tous deux Makhzumites ; et al-Hakam ibn Kaysan, affranchi de Hisham ibn al-Mughira. (Ce qui se passa entre les deux groupes et ce qu'Ibn Jahsh obtint) : Quand les gens (de la caravane) les virent, ils les craignirent, car ils étaient descendus près d'eux. 'Ukkasha ibn Mihsan s'avança vers eux ; il s'était rasé la tête. Quand ils le virent, ils se rassurèrent et dirent : « Ce sont des pèlerins, vous n'avez rien à craindre d'eux. » Le groupe (des musulmans) délibéra à leur sujet. C'était le dernier jour de Rajab. Ils dirent : « Par Allah, si vous laissez ces gens cette nuit, ils entreront dans le sanctuaire et s'y protégeront. Mais si vous les tuez, vous les tuerez pendant le mois sacré. » Ils hésitèrent et craignirent d'attaquer. Puis ils s'encouragèrent et décidèrent de tuer ceux qu'ils pourraient atteindre et de prendre ce qu'ils avaient. Waqid ibn 'Abdullah at-Tamimi tira une flèche sur 'Amr ibn al-Hadrami et le tua. Ils firent prisonniers 'Uthman ibn 'Abdullah et al-Hakam ibn Kaysan. Nawfal ibn 'Abdullah s'échappa et leur échappa. 'Abdullah ibn Jahsh et ses compagnons revinrent avec la caravane et les deux prisonniers, jusqu'à ce qu'ils arrivassent à Médine auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Certains membres de la famille de 'Abdullah ibn Jahsh ont rapporté que 'Abdullah dit à ses compagnons : « Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a droit au quint de ce que nous avons pris comme butin. » Cela se passait avant qu'Allah (Exalté soit-Il) n'ait prescrit le quint sur les butins. Il mit donc de côté le quint de la caravane pour le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et partagea le reste entre ses compagnons. (Désapprobation du Messager (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) envers Ibn Jahsh pour avoir combattu pendant le mois sacré) : Ibn Ishaq 4 a dit : Quand ils arrivèrent à Médine auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), il dit : « Je ne vous avais pas ordonné de combattre pendant le mois sacré. » Il retint la caravane et les deux prisonniers et refusa d'en prendre quoi que ce soit. Quand le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) eut dit cela, les hommes furent consternés et crurent qu'ils étaient perdus. Leurs frères parmi les musulmans les blâmèrent pour ce qu'ils avaient fait. Les Qurayshites dirent : « Muhammad et ses compagnons ont violé le mois sacré, ils y ont versé le sang, pris les biens et fait des prisonniers. » Ceux des musulmans qui étaient à La Mecque leur répondirent : « Ce qu'ils ont fait, ils l'ont fait en Sha'ban. » (Les Juifs augurèrent du mal contre les musulmans) : Les Juifs dirent, en tirant un mauvais augure contre le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : « 'Amr ibn al-Hadrami a été tué par Waqid ibn 'Abdullah. 'Amr : la guerre s'est envenimée ( 'amurat al-harb) ; al-Hadrami : la guerre est présente (hadarat al-harb) ; Waqid ibn 'Abdullah : la guerre s'est enflammée (waqadat al-harb). » Mais Allah tourna cela contre eux, non en leur faveur. (Révélation du Coran à propos de l'acte d'Ibn Jahsh et approbation par le Messager de son acte) :
Lorsque les gens eurent beaucoup parlé de cela, Allah révéla à Son Messager, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : « Ils t'interrogent au sujet du mois sacré, s'il est permis d'y combattre. Dis : « Y combattre est un péché grave, mais détourner les gens du chemin d'Allah, mécroire en Lui, [empêcher l'accès] à la Mosquée sacrée et en expulser ses habitants sont plus graves auprès d'Allah. » [2:217] C'est-à-dire : si vous avez tué pendant le mois sacré, sachez qu'ils vous ont détournés du chemin d'Allah, en plus de leur mécréance en Lui, et qu'ils vous ont empêchés d'accéder à la Mosquée sacrée et vous en ont expulsés alors que vous en êtes les habitants ; cela est plus grave auprès d'Allah que le fait d'avoir tué certains d'entre eux. « Et la fitna 5 est plus grave que le meurtre. » [2:217] C'est-à-dire : ils soumettaient le musulman à la fitna dans sa religion, jusqu'à le faire revenir à la mécréance après sa foi ; cela est plus grave auprès d'Allah que le meurtre. « Et ils ne cesseront de vous combattre jusqu'à ce qu'ils vous fassent revenir de votre religion, s'ils le peuvent. » [2:217] C'est-à-dire : ils persistent dans cette abomination et cette gravité, sans se repentir ni cesser. Lorsque le Coran fut révélé avec cet ordre, et qu'Allah, exalté soit-Il, eut dissipé l'inquiétude 6 qui étreignait les musulmans, le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, prit possession de la caravane et des deux prisonniers. Les Qurayshites 7 envoyèrent alors une rançon pour Othmân ibn Abd Allah et Al-Hakam ibn Kaysân. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Nous ne vous les rendrons pas avant que nos deux compagnons n'arrivent » – il voulait dire Sa'd ibn Abî Waqqâs et 'Utba ibn Ghazwân – « car nous craignons pour eux de votre part ; si vous les tuez, nous tuerons vos deux compagnons. » Sa'd et 'Utba arrivèrent, et le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, les échangea contre les deux prisonniers. (Conversion à l'islam d'Ibn Kaysân et mort d'Othmân en mécréant) Quant à Al-Hakam ibn Kaysân, il embrassa l'islam et le fit avec sincérité ; il resta auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, jusqu'à ce qu'il soit tué martyr le jour de Bi'r Ma'ûna 8. Quant à Othmân ibn Abd Allah, il retourna à La Mecque et y mourut en mécréant. (Désir d'Ibn Jahsh pour la récompense et ce qui fut révélé à ce sujet) Lorsque l'inquiétude d'Abd Allah ibn Jahsh et de ses compagnons se dissipa après la révélation du Coran, ils désirèrent la récompense et dirent : « Ô Messager d'Allah, pouvons-nous espérer que cette expédition nous vaudra la récompense des combattants ? » Alors Allah, Puissant et Majestueux, révéla à leur sujet : « Ceux qui ont cru, ceux qui ont émigré et lutté dans le chemin d'Allah, ceux-là espèrent la miséricorde d'Allah. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » [2:218] Ainsi Allah, Puissant et Majestueux, les établit dans la plus grande espérance. Ce récit est rapporté d'après Az-Zuhrî et Yazîd ibn Rûmân, d'après 'Urwa ibn Az-Zubayr. Ibn Ishâq dit : Certains membres de la famille d'Abd Allah ibn Jahsh ont mentionné qu'Allah, Puissant et Majestueux, a réparti le butin 9 lorsqu'Il l'a rendu licite : Il en a fait quatre cinquièmes pour ceux à qui Allah l'a accordé, et un cinquième pour Allah et Son Messager. Cela correspond à ce qu'avait fait Abd Allah ibn Jahsh avec cette caravane. Ibn Hishâm dit : Ce fut le premier butin que les musulmans gagnèrent. 'Amr ibn Al-Hadramî fut le premier tué par les musulmans, et Othmân ibn Abd Allah et Al-Hakam ibn Kaysân furent les premiers prisonniers faits par les musulmans. (Poème sur cette expédition attribué à Abû Bakr et à Ibn Jahsh) Ibn Ishâq dit : Abû Bakr As-Siddîq, qu'Allah l'agrée, composa ces vers à propos de l'expédition d'Abd Allah ibn Jahsh – on dit plutôt que c'est Abd Allah ibn Jahsh qui les composa – lorsque les Qurayshites dirent : « Muhammad et ses compagnons ont profané le mois sacré, y ont versé le sang, pris les biens et fait des prisonniers. » Ibn Hishâm dit : Ils sont d'Abd Allah ibn Jahsh : « Vous considérez un meurtre pendant le mois sacré comme une grave affaire, Mais plus grave encore, pour qui voit la droiture, est Votre détournement de ce que dit Muhammad, Et votre mécréance en lui, alors qu'Allah voit et témoigne. Et votre expulsion des habitants de la Mosquée d'Allah, Afin que nul ne soit vu prosterné devant Allah dans la Maison. Certes, même si vous nous reprochez ce meurtre, Et que le pervers et l'envieux sèment le trouble dans l'islam, »
- sarḥ : Troupeaux de chameaux, de moutons ou de chèvres envoyés paître dans les pâturages.
- adaman : Cuir tanné, utilisé pour fabriquer des outres, des sandales, etc.
- as-Sakūn : Tribu yéménite, branche des Kinda.
- Ibn Isḥāq : Muhammad ibn Ishaq (m. 767), célèbre historien et biographe du Prophète, auteur de la Sira.
- fitna : Épreuve, tentation, trouble ; ici, la persécution religieuse subie par les musulmans.
- shafaq : Inquiétude, crainte ; ici, l'angoisse des musulmans après l'expédition.
- Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
- Bi'r Ma'ûna : Puits situé entre La Mecque et Médine ; lieu d'une expédition où plusieurs musulmans furent tués.
- fay' : Butin pris à l'ennemi sans combat ; ici, la caravane confisquée.
Le changement de direction de la prière vers la Kaaba [1]
Nous avons abreuvé nos lances du sang d’Ibn al-Hadrami 1 ... à Nakhlah 2, lorsque l’allumeur de guerre a allumé la guerre. Du sang, et ‘Abdullah ‘Uthman 3 était parmi nous, qu’un carcan de cuir dur entravait. Changement de direction de la prière vers la Ka‘ba 4 Ibn Ishaq 5 dit : On rapporte que la direction de la prière fut changée au mois de Sha‘ban 6, après dix-huit mois depuis l’arrivée du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — à Médine. La grande expédition de Badr 7 (La caravane d’Abu Sufyan 8) : Ibn Ishaq dit : Ensuite, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — apprit qu’Abu Sufyan ibn Harb 8 revenait de Syrie avec une grande caravane de Quraysh 9, contenant leurs biens et marchandises, et accompagnée de trente ou quarante hommes de Quraysh, parmi lesquels Makhrama ibn Nawfal ibn Uhayb ibn ‘Abd Manaf ibn Zuhra, et ‘Amr ibn al-‘As 10 ibn Wa’il ibn Hisham. (L’appel aux musulmans pour la caravane et la méfiance d’Abu Sufyan) : Ibn Hisham 11 dit : On rapporte : ‘Amr ibn al-‘As ibn Wa’il ibn Hashim. Ibn Ishaq dit : Muhammad ibn Muslim al-Zuhri 12, ‘Asim ibn ‘Umar ibn Qatada 13, ‘Abdullah ibn Abi Bakr 14, Yazid ibn Ruman 15 d’après ‘Urwa ibn al-Zubayr 16, et d’autres de nos savants d’après Ibn ‘Abbas 17 m’ont rapporté — chacun m’a rapporté une partie de ce récit, et leurs récits se sont rejoints dans ce que j’ai rapporté du récit de Badr — : Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — apprit qu’Abu Sufyan...
- Ibn al-Ḥaḍramī : Personnage mentionné dans un vers préislamique, probablement un ennemi tué lors d'un combat.
- Nakhlah : Lieu situé entre La Mecque et Ta'if, théâtre d'un affrontement.
- ‘Abd Allāh ‘Uthmān : Probablement ‘Uthmān ibn ‘Affān, le futur calife, mentionné ici comme captif.
- Ka‘ba : La Maison sacrée à La Mecque, direction de la prière pour les musulmans.
- Ibn Isḥāq : Muhammad ibn Ishaq, célèbre historien et biographe du Prophète (m. 767).
- Sha‘bān : Huitième mois du calendrier lunaire islamique.
- Badr : Bataille majeure entre musulmans et Quraysh en 624, près des puits de Badr.
- Abū Sufyān : Abu Sufyan ibn Harb, chef mecquois et adversaire des musulmans avant sa conversion.
- Quraysh : Tribu dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- ‘Amr ibn al-‘Āṣ : Compagnon et général musulman, plus tard conquérant de l'Égypte.
- Ibn Hishām : ‘Abd al-Malik ibn Hisham, éditeur de la biographie du Prophète par Ibn Ishaq.
- Muḥammad ibn Muslim al-Zuhrī : Célèbre traditionniste médinois (m. 742).
- ‘Āṣim ibn ‘Umar ibn Qatāda : Historien et traditionniste médinois du 8e siècle.
- ‘Abd Allāh ibn Abī Bakr : Petit-fils du calife Abu Bakr, traditionniste.
- Yazīd ibn Rūmān : Traditionniste médinois, mort vers 735.
- ‘Urwa ibn al-Zubayr : Compagnon et historien, neveu de ‘Aisha (m. 713).
- Ibn ‘Abbās : ‘Abdullah ibn ‘Abbas, cousin du Prophète et exégète du Coran (m. 687).
Il mentionna la vision de 'Atika bint 'Abd al-Muttalib [1].
Revenant du Levant, il exhorta les musulmans à les attaquer et dit : « Voici la caravane de Quraysh, qui porte leurs biens. Partez donc vers elle, peut-être qu’Allah vous en fera un butin 1. » Les gens répondirent à l’appel : certains partirent légèrement, d’autres pesamment, car ils ne pensaient pas que le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) rencontrerait un combat. Or, Abû Sufyân, lorsqu’il approcha du Hijâz, cherchait à s’informer 2 des nouvelles et interrogeait les voyageurs qu’il rencontrait, par crainte pour l’affaire des gens, jusqu’à ce qu’il apprît d’un voyageur que Muhammad avait mobilisé ses compagnons contre lui et sa caravane. Il se méfia alors. Il engagea Damdam ibn ‘Amr al-Ghifârî et l’envoya à La Mecque, lui ordonnant d’aller trouver Quraysh, de les exhorter à défendre leurs biens et de les informer que Muhammad s’était dressé contre eux avec ses compagnons. Damdam ibn ‘Amr partit rapidement vers La Mecque. Récit du rêve de ‘Âtika bint ‘Abd al-Muttalib (‘Âtika raconte son rêve à son frère al-‘Abbâs) : Ibn Ishâq dit : Un homme digne de confiance m’a rapporté, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs, et Yazîd ibn Rûmân, d’après ‘Urwa ibn al-Zubayr, tous deux dirent : ‘Âtika bint ‘Abd al-Muttalib avait vu, trois nuits avant l’arrivée de Damdam à La Mecque, un rêve qui l’effraya. Elle envoya chercher son frère al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib et lui dit : « Ô mon frère, par Allah, j’ai vu cette nuit un rêve qui m’a terrifiée 3, et je crains qu’il n’en advienne un malheur et une calamité pour ton peuple. Garde-moi le secret 4 de ce que je vais te dire. » Il lui dit : « Qu’as-tu vu ? » Elle dit : « J’ai vu un cavalier venir sur son chameau, jusqu’à ce qu’il s’arrête à al-Abtah 5, puis il cria de toute sa voix : “Allez-vous-en, ô Ghudar 6, vers vos lieux de mort dans trois jours !” Je vis les gens se rassembler autour de lui, puis il entra dans la Mosquée 7 tandis que les gens le suivaient. Alors qu’ils étaient autour de lui, son chameau le porta 8 sur le dos de la Ka‘ba, puis il cria la même chose : “Allez-vous-en, ô Ghudar, vers vos lieux de mort dans trois jours !” Puis son chameau le porta sur le sommet d’Abû Qubays 9, et il cria la même chose. Puis il prit une pierre et la lança. Elle se mit à tomber, jusqu’à ce qu’elle atteigne le bas de la montagne, où elle se brisa 10, et il ne resta aucune maison ni demeure à La Mecque sans qu’un éclat n’y pénètre. » Al-‘Abbâs dit : « Par Allah, c’est un rêve ! Garde-le secret et ne le mentionne à personne. » (Le rêve se répand parmi Quraysh) : Puis al-‘Abbâs sortit et rencontra al-Walîd ibn ‘Utba ibn Rabî‘a, qui était son ami, et il lui raconta le rêve, en lui demandant le secret. Al-Walîd le raconta à son père ‘Utba, et la nouvelle se répandit à La Mecque, au point que Quraysh en parla dans leurs assemblées. (Ce qui se passa entre Abû Jahl et al-‘Abbâs à cause du rêve) : Al-‘Abbâs dit : « Je me rendis le matin pour tourner autour de la Maison 11, alors qu’Abû Jahl ibn Hishâm se trouvait avec un groupe de Quraysh assis à parler du rêve de ‘Âtika. Lorsqu’Abû Jahl me vit, il dit : “Ô Abû al-Fadl, quand tu auras fini ta circumambulation, viens vers nous.” Quand j’eus fini, je vins m’asseoir avec eux. Abû Jahl me dit : “Ô Banû ‘Abd al-Muttalib, depuis quand cette prophétesse 12 est-elle apparue parmi vous ?” Je dis : “Qu’est-ce que cela ?” Il dit : “Ce rêve qu’a vu ‘Âtika.” Je dis : “Et qu’a-t-elle vu ?” Il dit : “Ô Banû ‘Abd al-Muttalib, n’êtes-vous pas satisfaits que vos hommes prophétisent, jusqu’à ce que vos femmes prophétisent ? ‘Âtika a prétendu dans son rêve qu’il a dit : ‘Partez dans trois jours.’ Nous allons donc attendre ces trois jours. Si ce qu’elle dit est vrai, cela arrivera ; si les trois jours passent sans que rien ne se produise, nous écrirons contre vous un document attestant que vous êtes les plus menteurs des familles arabes.” Al-‘Abbâs dit : « Par Allah, je ne lui répondis pas grand-chose, sinon que je niai cela et contestai qu’elle eût vu quoi que ce soit. » Il dit : « Puis nous nous séparâmes. » (Les femmes de ‘Abd al-Muttalib blâment al-‘Abbâs pour sa mollesse envers Abû Jahl) : « Le soir venu, il ne resta aucune femme des Banû ‘Abd al-Muttalib sans venir me dire : “Avez-vous accepté que ce pervers et vil individu insulte vos hommes, puis s’en prenne aux femmes, tandis que vous entendiez, sans que vous n’ayez réagi 13 à rien de ce que vous avez entendu ?” Je dis : “Par Allah, j’ai fait cela, je ne lui ai pas répondu grand-chose. Par Allah, je vais me poster devant lui ; s’il recommence, je t’en débarrasserai.” » (Al-‘Abbâs se dirige vers Abû Jahl pour le frapper, mais la réalisation du rêve l’en détourne) : Il dit : « Le troisième jour après le rêve de ‘Âtika, je me rendis le matin, irrité et en colère, estimant que j’avais manqué une occasion de l’atteindre. J’entrai dans la Mosquée et le vis. Par Allah, alors que je marchais vers lui, me postant devant lui pour qu’il répète quelque chose de ce qu’il avait dit, afin que je l’attaque – c’était un homme vif, au visage acéré, à la langue acérée, au regard acéré – voilà qu’il se dirigea en courant vers la porte de la Mosquée. Je me dis en moi-même : “Qu’a-t-il, qu’Allah le maudisse ? Est-ce toute cette peur de moi, de peur que je l’insulte ?” Et voilà qu’il avait entendu ce que je n’avais pas entendu : la voix de Damdam ibn ‘Amr al-Ghifârî, qui criait dans le fond de la vallée, debout sur son chameau, ayant mutilé son chameau 14, retourné sa selle, déchiré sa chemise, et disait : “Ô assemblée de Quraysh, la caravane ! la caravane ! Vos biens sont avec Abû Sufyân ; Muhammad s’est dressé contre eux avec ses compagnons. Je ne pense pas que vous les rattrapiez ! Au secours ! au secours !” » Il dit : « Ce qui arriva m’occupa de lui et l’occupa de moi. » (Préparation de Quraysh pour le départ) : Les gens se préparèrent rapidement et dirent : « Muhammad et ses compagnons pensent-ils que ce sera comme la caravane d’Ibn al-Hadramî 15 ? Non, par Allah, ils sauront bien autre chose ! » Ils se divisèrent en deux groupes : soit partant, soit envoyant un homme à leur place. Quraysh se mobilisa en masse 16 ; aucun de ses notables ne resta en arrière, sauf Abû Lahab ibn ‘Abd al-Muttalib, qui resta et envoya à sa place al-‘Âsî ibn Hishâm ibn al-Mughîra, car il lui avait prêté 17 quatre mille dirhams qu’il lui devait, et il était insolvable ; il l’engagea pour cette somme afin qu’il le remplace ; il l’envoya et il partit à sa place, tandis qu’Abû Lahab resta. (‘Uqba se moque d’Umayya pour son inaction, et il part) : Ibn Ishâq dit : ‘Abd Allah ibn Abî Najîh m’a raconté qu’Umayya ibn Khalaf avait décidé de rester ; c’était un vieillard vénérable, corpulent et lourd. ‘Uqba ibn Abî Mu‘ayt vint le trouver alors qu’il était assis dans la Mosquée au milieu de son peuple, portant un encensoir 18 avec du feu et de l’encens, le posa devant lui et dit : « Ô Abû ‘Alî, encense-toi, car tu n’es qu’une femme ! » Il dit : « Qu’Allah te maudisse, toi et ce que tu apportes ! » Puis il se prépara et partit avec les gens. (La guerre entre Kinâna et Quraysh, et leur séparation le jour de Badr) :
Ibn Isḥāq dit : Lorsqu'ils eurent achevé leurs préparatifs et décidèrent de partir, ils se rappelèrent la guerre qui les opposait aux Banū Bakr ibn 'Abd Manāt ibn Kināna et dirent : « Nous craignons qu'ils ne nous attaquent par derrière. » La guerre entre Quraysh et les Banū Bakr — comme me l'a raconté un des Banū 'Āmir ibn Lu'ayy, d'après Muḥammad ibn Sa'īd ibn al-Musayyab — avait pour origine un fils de Ḥafṣ ibn al-Akhyaf, un des Banū Ma'īṣ ibn 'Āmir ibn Lu'ayy. Ce jeune homme, beau et élégant, portant une mèche de cheveux sur la tête et vêtu d'un habit élégant, était sorti à Ḍajnān 19 pour chercher une bête égarée. Il passa près de 'Āmir ibn Yazīd ibn 'Āmir ibn al-Mulawwaḥ, un des Banū Ya'mur ibn 'Awf ibn Ka'b ibn 'Āmir ibn Layth ibn Bakr ibn 'Abd Manāt ibn Kināna, qui se trouvait à Ḍajnān et était alors le chef des Banū Bakr. Celui-ci le vit et l'admira, puis demanda : « Qui es-tu, jeune homme ? » Il répondit : « Je suis le fils de Ḥafṣ ibn al-Akhyaf le Qurayshite. » Lorsque le jeune homme s'en alla, 'Āmir ibn Yazīd dit : « Ô Banū Bakr, avez-vous quelque vengeance à exercer contre Quraysh ? » Ils répondirent : « Oui, par Dieu, nous avons des vengeances à exercer contre eux. » Il dit : « Aucun homme ne pourrait tuer ce jeune homme en échange de son propre homme sans avoir ainsi satisfait sa vengeance. » Alors un homme des Banū Bakr le suivit et le tua en représailles d'un homme qu'il avait perdu chez Quraysh. Quraysh en parla, et 'Āmir ibn Yazīd dit : « Ô assemblée de Quraysh, nous avions des vengeances à exercer contre vous. Faites comme vous voulez : si vous voulez, payez-nous ce que vous nous devez, et nous paierons ce que nous vous devons ; si vous voulez, il s'agit de vengeances : un homme pour un homme. Alors renoncez à ce que vous avez contre nous, et nous renoncerons à ce que nous avons contre vous. » Ce jeune homme parut insignifiant à cette tribu de Quraysh, et ils dirent : « Il a raison, un homme pour un homme. » Ils négligèrent donc l'affaire et ne réclamèrent pas vengeance pour lui. Ibn Isḥāq dit : Alors que son frère Mikraz ibn Ḥafṣ ibn al-Akhyaf cheminait à Marr aẓ-Ẓahrān 20, il aperçut 'Āmir ibn Yazīd ibn 'Āmir ibn al-Mulawwaḥ monté sur son chameau. Lorsqu'il le vit, il s'approcha de lui jusqu'à faire agenouiller sa monture près de lui, tandis que 'Āmir portait son épée en bandoulière. Mikraz le frappa de son épée jusqu'à le tuer, puis lui ouvrit le ventre avec son épée. Ensuite, il vint à La Mecque et suspendit l'épée aux voiles de la Ka'ba pendant la nuit. Au matin, Quraysh vit l'épée de 'Āmir ibn Yazīd ibn 'Āmir suspendue aux voiles de la Ka'ba, la reconnut et dit : « C'est l'épée de 'Āmir ibn Yazīd, Mikraz ibn Ḥafṣ l'a attaqué et tué. » Telle fut leur affaire. Alors qu'ils étaient ainsi en guerre, l'Islam vint séparer les gens, et ils s'en occupèrent, jusqu'à ce que Quraysh décide de marcher vers Badr. Ils se rappelèrent alors ce qui les opposait aux Banū Bakr et les craignirent. (Poème de Mikraz sur le meurtre de 'Āmir) Mikraz ibn Ḥafṣ dit à propos du meurtre de 'Āmir : Quand je vis que c'était 'Āmir, Je me souvins des membres du bien-aimé mutilé. Et je dis à mon âme : C'est 'Āmir, Ne le crains pas, et regarde quelle monture. Et je fus certain que si je lui assénais un coup, Quand je le frapperais avec le farāfir 21, il périrait. Je fis preuve de sang-froid et je lançai ma poitrine Sur un héros aux armes acérées, éprouvé. Je n'étais pas, quand nos poitrines se heurtèrent, Le rebut d'un bâtard, de femmes ou de père. J'assouvai ma vengeance contre lui, et je n'oubliai pas ma rancune, Quand tout 'ayhab 22 oublie sa rancune. (Ibn Hishām dit : al-farāfir (ailleurs) désigne l'homme ambidextre ; ici, l'épée. Al-'ayhab : celui qui n'a pas de raison ; on appelle aussi le bouc des gazelles et le mâle de l'autruche 'ayhab. Al-Khalīl dit : al-'ayhab : l'homme trop faible pour obtenir vengeance.) (Iblīs incite Quraysh à sortir) Ibn Isḥāq dit : Yazīd ibn Rūmān m'a raconté d'après 'Urwa ibn az-Zubayr : Lorsque Quraysh décida de partir, ils se rappelèrent ce qui les opposait aux Banū Bakr, et cela faillit les dissuader. Alors Iblīs leur apparut sous la forme de Surāqa ibn Mālik ibn Ju'shum al-Mudlijī, qui était parmi les nobles des Banū Kināna, et leur dit : « Je suis votre voisin, pour que Kināna ne vous cause rien de désagréable par derrière. » Ils partirent donc en hâte. (Sortie du Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) Ibn Isḥāq dit : Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, sortit avec ses compagnons dans les nuits écoulées du mois de Ramadan — Ibn Hishām dit : il sortit le lundi, huit nuits écoulées du mois de Ramadan — et il établit 'Amr ibn Umm Maktūm — on dit que son nom est 'Abd Allāh ibn Umm Maktūm, frère des Banū 'Āmir ibn Lu'ayy — comme responsable de la prière pour les gens, puis il renvoya Abū Lubāba de Rawḥā' et l'établit comme gouverneur de Médine. (Porte-étendard) Ibn Isḥāq dit : Il remit l'étendard à Muṣ'ab ibn 'Umayr ibn Hāshim ibn 'Abd Manāf ibn 'Abd ad-Dār. Ibn Hishām dit : Il était blanc. (Les deux bannières du Messager de Dieu) Ibn Isḥāq dit : Devant le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, se trouvaient deux bannières noires : l'une avec 'Alī ibn Abī Ṭālib, appelée al-'Uqāb 23, et l'autre avec un des Anṣār. (Nombre de chameaux des musulmans) Ibn Isḥāq dit : Les chameaux des compagnons du Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, étaient ce jour-là au nombre de soixante-dix, qu'ils montaient à tour de rôle. Le Messager de Dieu, 'Alī ibn Abī Ṭālib et Marthad ibn Abī Marthad al-Ghanawī montaient à tour de rôle un chameau ; Ḥamza ibn 'Abd al-Muṭṭalib, Zayd ibn Ḥāritha, Abū Kabsha et Anasa, les deux affranchis du Messager de Dieu, montaient à tour de rôle un chameau ; Abū Bakr, 'Umar et 'Abd ar-Raḥmān ibn 'Awf montaient à tour de rôle un chameau. Ibn Isḥāq dit : Il établit Qays ibn Abī Ṣa'ṣa'a, frère des Banū Māzin ibn an-Najjār, comme commandant de l'arrière-garde. La bannière des Anṣār était avec Sa'd ibn Mu'ādh, selon Ibn Hishām. (Chemin des musulmans vers Badr) Ibn Isḥāq dit : Il prit son chemin de Médine vers La Mecque, passant par Naqb al-Madīna, puis par al-'Aqīq, puis par Dhū l-Ḥulayfa, puis par Ulāt al-Jaysh. Ibn Hishām dit : Dhāt al-Jaysh. (L'homme qui interpella le Messager et la réponse de Salama) Ibn Isḥāq dit : Puis il passa par Turbān, puis par Malal, puis par Ghamīs al-Ḥamām de Marayayn, puis par Ṣukhayrāt al-Yamām, puis par as-Sayyāla, puis par Fajj ar-Rawḥā', puis par Shanūka, qui est la route directe. Lorsqu'il fut à 'Irq aẓ-Ẓabya — Ibn Hishām dit : aẓ-Ẓabya, d'après d'autres qu'Ibn Isḥāq — ils rencontrèrent un bédouin et l'interrogèrent sur les gens, mais ils ne trouvèrent pas d'information chez lui. Les gens lui dirent : « Salue le Messager de Dieu. » Il dit : « Le Messager de Dieu est-il parmi vous ? » Ils dirent : « Oui. » Il le salua, puis dit : « Si tu es le Messager de Dieu, informe-moi de ce qu'il y a dans le ventre de ma chamelle. » Salama ibn Salāma ibn Waqsh lui dit : « Ne demande pas au Messager de Dieu, et adresse-toi à moi : je vais t'informer à ce sujet. Tu as sauté sur elle, et dans son ventre il y a un petit de toi. » Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, dit : « Assez ! Tu as été grossier envers l'homme. » Puis il se détourna de Salama. (Suite du chemin jusqu'à Badr)
Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) descendit à Sajsaj, qui est le puits d'al-Rawhâ' 24. Puis il partit de là, jusqu'à ce que, parvenu à al-Munsaraf 25, il laissa la route de La Mecque sur sa gauche, prit à droite sur al-Nâziya 26, voulant se rendre à Badr. Il emprunta un chemin de ce côté, jusqu'à traverser une vallée appelée Ruhqân 27, entre al-Nâziya et le défilé d'al-Safrâ' 28, puis il passa par le défilé, puis en descendit. Lorsqu'il fut près d'al-Safrâ', il envoya Basbas 29 ibn al-Juhanî, allié des Banû Sâ'ida, et 'Adî ibn Abî al-Zaghbâ' 30 al-Juhanî, allié des Banû al-Najjâr, à Badr pour recueillir pour lui des nouvelles d'Abû Sufyân ibn Harb et des autres. Puis le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) partit, alors qu'il était déjà arrivé. Lorsqu'il se dirigea vers al-Safrâ', qui est située entre deux montagnes, il demanda leurs noms. On lui dit : « L'une s'appelle Muslih 31 et l'autre Mukhri' 32. » Il demanda quelles tribus y habitaient. On lui répondit : « Les Banû al-Nâr et les Banû Hurâq 33, deux clans des Banû Ghifâr. » Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) répugna à passer entre elles, et tira un mauvais augure de leurs noms et de ceux de leurs habitants. Il les laissa donc, ainsi qu'al-Safrâ', sur sa gauche, et prit à droite vers une vallée appelée Dhafirân 34, qu'il traversa, puis il descendit. Abû Bakr, 'Umar, al-Miqdâd et leurs paroles sur le combat : La nouvelle lui parvint que les Qurayshites s'étaient mis en marche pour protéger leur caravane. Il consulta les gens et les informa au sujet des Qurayshites. Abû Bakr al-Siddîq se leva et parla excellemment. Puis 'Umar ibn al-Khattâb se leva et parla excellemment. Puis al-Miqdâd ibn 'Amr se leva et dit : « Ô Messager d'Allah, va de l'avant dans ce qu'Allah t'a montré, car nous sommes avec toi. Par Allah, nous ne te dirons pas comme les Enfants d'Israël dirent à Moïse : "Va, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux ; nous resterons ici assis" 35. Mais va, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux ; nous combattrons avec vous. Par Celui qui t'a envoyé avec la vérité, si tu nous menais jusqu'à Bark al-Ghimâd 36, nous combattrions avec toi pour l'atteindre. » Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) lui dit du bien et pria pour lui. Assurance du Messager (qu'Allah prie sur lui et le salue) concernant les Ansâr 37 : Puis le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit : « Conseillez-moi, ô gens ! » Il voulait parler aux Ansâr, car ils étaient le plus grand nombre, et lorsqu'ils lui avaient prêté serment à al-'Aqaba 38, ils avaient dit : « Ô Messager d'Allah, nous sommes dégagés de toute responsabilité envers toi jusqu'à ce que tu arrives dans nos demeures. Lorsque tu seras arrivé chez nous, tu seras sous notre protection ; nous te défendrons comme nous défendons nos fils et nos femmes. » Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) craignait donc que les Ansâr ne considèrent comme obligatoire de le secourir seulement contre ceux qui l'attaqueraient à Médine, et non de marcher avec lui contre un ennemi en dehors de leur territoire. Lorsqu'il eut dit cela, Sa'd ibn Mu'âdh lui dit : « Par Allah, on dirait que c'est nous que tu vises, ô Messager d'Allah ? » Il répondit : « Oui. » Sa'd dit : « Nous avons cru en toi, nous t'avons déclaré véridique, nous avons témoigné que ce que tu apportes est la vérité, et nous t'avons donné sur cela nos engagements et nos pactes d'écouter et d'obéir. Va donc, ô Messager d'Allah, vers ce que tu veux, car nous sommes avec toi. Par Celui qui t'a envoyé avec la vérité, si tu nous faisais traverser cette mer et que tu t'y engages, nous nous y engagerions avec toi, sans qu'un seul homme parmi nous reste en arrière. Nous n'avons pas d'aversion à rencontrer notre ennemi demain. Nous sommes endurants au combat, sincères dans la rencontre. Peut-être Allah te montrera-t-il de notre part ce qui réjouira ton œil. Marche donc avec nous sur la bénédiction d'Allah. » Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) fut réjoui par les paroles de Sa'd, et cela l'encouragea. Puis il dit : « Marchez et réjouissez-vous, car Allah Très-Haut m'a promis l'un des deux groupes. Par Allah, je vois déjà les lieux où ils tomberont. » Le Messager (qu'Allah prie sur lui et le salue) et Abû Bakr se renseignent sur les nouvelles des Qurayshites : Puis le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) partit de Dhafirân et emprunta des cols appelés al-Asâfir 39. Il en descendit vers un lieu dit al-Dabba 40, laissant al-Hannân 41 sur sa droite, qui est une grande dune semblable à une immense montagne. Puis il descendit près de Badr. Il monta avec un homme de ses compagnons. Ibn Hishâm dit : « L'homme était Abû Bakr al-Siddîq. » Ibn Ishâq dit, comme me l'a rapporté Muhammad ibn Yahyâ ibn Hibbân : « Il s'arrêta devant un vieillard arabe et l'interrogea sur les Qurayshites, sur Muhammad et ses compagnons, et sur ce qu'il avait appris d'eux. Le vieillard dit : "Je ne vous informerai pas avant que vous ne m'informiez qui vous êtes." Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit : "Quand tu nous auras informés, nous t'informerons." Il dit : "C'est ainsi ?" Il répondit : "Oui." Le vieillard dit : "Il m'est parvenu que Muhammad et ses compagnons sont sortis tel jour, et si celui qui m'a informé a dit vrai, ils sont aujourd'hui à tel endroit" – désignant l'endroit où se trouvait le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue). "Et il m'est parvenu que les Qurayshites sont sortis tel jour, et si celui qui m'a informé a dit vrai, ils sont aujourd'hui à tel endroit" – désignant l'endroit où se trouvaient les Qurayshites. Lorsqu'il eut fini son récit, il dit : "Qui êtes-vous ?" Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit : "Nous sommes de l'eau." Puis il s'éloigna de lui. Le vieillard dit : "De quelle eau ? De l'eau d'Irak ?" Ibn Hishâm dit : « On dit que ce vieillard était Sufyân al-Damarî. » Les musulmans capturent deux hommes des Qurayshites qui les informent de leurs nouvelles : Ibn Ishâq dit : « Puis le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) retourna auprès de ses compagnons. Le soir venu, il envoya 'Alî ibn Abî Tâlib, al-Zubayr ibn al-'Awwâm et Sa'd ibn Abî Waqqâs, avec un groupe de ses compagnons, à l'eau de Badr pour chercher des nouvelles – comme me l'a rapporté Yazîd ibn Rûmân, d'après 'Urwa ibn al-Zubayr. Ils trouvèrent deux porteurs d'eau 42 des Qurayshites : Aslam, esclave des Banû al-Hajjâj, et 'Arîd Abû Yasâr, esclave des Banû al-'Âs ibn Sa'îd. Ils les amenèrent et les interrogèrent, tandis que le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) était debout en prière. Ils dirent : "Nous sommes les porteurs d'eau des Qurayshites ; ils nous ont envoyés pour leur apporter de l'eau." Les gens furent mécontents de leur réponse et espérèrent qu'ils étaient pour Abû Sufyân, alors ils les frappèrent. Lorsqu'ils les eurent mis à mal 43, ils dirent : "Nous sommes pour Abû Sufyân." Alors ils les laissèrent. Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) s'inclina et se prosterna deux fois, puis il salua et dit : "Quand ils vous disent la vérité, vous les frappez, et quand ils vous mentent, vous les laissez ! Ils ont dit vrai. Par Allah, ils sont pour les Qurayshites. Informez-moi sur les Qurayshites." Ils dirent : "Par Allah, ils sont derrière cette dune que tu vois, sur la rive la plus éloignée." – La dune est al-'Aqanqal 44. Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) leur dit : "Combien sont-ils ?" Ils dirent : "Beaucoup." Il dit : "Quel est leur nombre ?" Ils dirent : "Nous ne savons pas." Il dit : "Combien sacrifient-ils chaque jour ?" Ils dirent : "Un jour neuf, un jour dix." Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit : "Le peuple est entre neuf cents et mille." Puis il leur dit : "Qui sont parmi eux les nobles des Qurayshites ?" Ils dirent : 'Utba ibn Rabî'a, Shayba ibn Rabî'a, Abû al-Bakhtarî ibn Hishâm, Hakîm ibn Hizâm, Nawfal ibn Khuwaylid, al-Hârith ibn 'Âmir ibn Nawfal, Tu'ayma ibn 'Adî ibn Nawfal, al-Nadr ibn al-Hârith, Zam'a ibn al-Aswad, Abû Jahl ibn Hishâm, Umayya ibn Khalaf, Nubayh et Munabbih, les deux fils d'al-Hajjâj, Suhayl ibn 'Amr, et 'Amr ibn 'Abd Wudd. Alors le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) se tourna vers les gens et dit : "Voici que La Mecque vous a jeté ses morceaux de foie 45." Basbas et 'Adî espionnent les nouvelles :
Ibn Isḥāq dit : Basbas ibn 'Amr et 'Adī ibn Abī al-Zaghbā' étaient partis jusqu'à ce qu'ils descendent à Badr. Ils firent halte près d'une colline proche de l'eau, puis prirent une outre 46 pour y puiser de l'eau, tandis que Majdī ibn 'Amr al-Juhanī se trouvait près de l'eau. 'Adī et Basbas entendirent deux servantes parmi les servantes du campement 47 qui se disputaient 48 près de l'eau ; la réclamante 49 disait à sa compagne : « La caravane n'arrive que demain ou après-demain, alors je travaillerai pour eux, puis je te paierai ce que je te dois. » Majdī dit : « Tu dis vrai », puis il les sépara. 'Adī et Basbas entendirent cela, montèrent sur leurs deux chameaux, puis partirent jusqu'à arriver auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et l'informèrent de ce qu'ils avaient entendu. (La prudence d'Abū Sufyān et sa fuite avec la caravane) Abū Sufyān ibn Ḥarb arriva, devançant la caravane par prudence, jusqu'à ce qu'il atteigne l'eau. Il dit à Majdī ibn 'Amr : « As-tu remarqué quelqu'un ? » Il répondit : « Je n'ai vu personne que je trouve suspect, sauf que j'ai vu deux cavaliers qui ont fait halte près de cette colline, puis ont puisé de l'eau dans une outre qui leur appartenait, puis sont repartis. » Abū Sufyān se rendit à l'endroit où ils avaient fait halte, prit de la bouse de leurs deux chameaux, la frotta, et y trouva des noyaux de dattes. Il dit : « Par Allah, ce sont là des aliments de Yathrib. » Il retourna rapidement auprès de ses compagnons, détourna sa caravane de la route, la fit longer la côte 50, laissa Badr sur sa gauche, et partit en hâte. (Le rêve de Juhaym ibn al-Ṣalt sur les lieux de mort des Qurayshites) Il dit : Les Qurayshites arrivèrent ; lorsqu'ils descendirent à al-Juḥfa, Juhaym ibn al-Ṣalt ibn Makhrama ibn al-Muṭṭalib ibn 'Abd Manāf fit un rêve. Il dit : « J'ai vu, dans ce que voit le dormeur – et j'étais entre le sommeil et la veille – un homme arrivant sur un cheval jusqu'à s'arrêter, avec un chameau à lui, puis il dit : ' 'Utba ibn Rabī'a a été tué, ainsi que Shayba ibn Rabī'a, Abū al-Ḥakam ibn Hishām, Umayya ibn Khalaf, et untel et untel' – il énuméra des hommes parmi ceux qui furent tués le jour de Badr, parmi les nobles de Quraysh. Puis je le vis frapper le poitrail de son chameau, puis le lâcher dans le camp ; il ne resta aucune tente dans le camp sans qu'une éclaboussure 51 de son sang ne l'atteigne. » Il dit : J'en informai Abū Jahl, qui dit : « Voilà encore un autre prophète issu des Banū al-Muṭṭalib ! Il saura demain qui est tué, si nous nous rencontrons. » (Le message d'Abū Sufyān aux Qurayshites) Ibn Isḥāq dit : Lorsqu'Abū Sufyān vit qu'il avait mis sa caravane en sécurité, il envoya dire aux Qurayshites : « Vous n'êtes sortis que pour protéger votre caravane, vos hommes et vos biens ; Allah l'a sauvée, donc retournez. » Abū Jahl ibn Hishām dit : « Par Allah, nous ne retournerons pas avant d'être arrivés à Badr – Badr était une foire parmi les foires des Arabes, où se tenait un marché chaque année – nous y resterons trois jours, nous égorgerons les chameaux, nous distribuerons la nourriture, nous boirons du vin, les chanteuses 52 joueront pour nous, les Arabes entendront parler de notre marche et de notre rassemblement, et ils ne cesseront de nous craindre après cela. Allez ! » (Le retour d'al-Akhnas avec les Banū Zuhra) Al-Akhnas ibn Sharīq ibn 'Amr ibn Wahb al-Thaqafī – qui était allié aux Banū Zuhra – dit, alors qu'ils étaient à al-Juḥfa : « Ô Banū Zuhra, Allah a sauvé vos biens et vous a rendu votre compagnon Makhrama ibn Nawfal ; vous n'êtes sortis que pour le protéger, lui et ses biens. Considérez-moi comme un lâche 53 et retournez, car vous n'avez nul besoin de sortir sans nécessité 54, contrairement à ce que dit celui-ci » – désignant Abū Jahl. Ils retournèrent, et aucun Zuhrite n'assista à la bataille ; ils lui obéirent, car il était écouté parmi eux. Il ne restait aucune tribu de Quraysh sans que certains de ses membres ne soient sortis, sauf les Banū 'Adī ibn Ka'b, dont aucun homme ne sortit. Les Banū Zuhra retournèrent donc avec al-Akhnas ibn Sharīq, et personne de ces deux tribus n'assista à Badr. Les gens continuèrent leur marche. Il y eut un échange entre Ṭālib ibn Abī Ṭālib – qui était parmi les gens – et certains Qurayshites ; ils dirent : « Par Allah, ô Banū Hāshim, bien que vous soyez sortis avec nous, nous savons que votre inclination est avec Muḥammad. » Ṭālib retourna alors à La Mecque avec ceux qui retournèrent. Ṭālib ibn Abī Ṭālib dit : « Ô Seigneur, si Ṭālib part en expédition, Avec une troupe alliée et combattante, Dans un détachement de ces détachements, Que le dépouillé ne soit pas le dépouilleur, Et que le vaincu ne soit pas le vainqueur. » Ibn Hishām dit : Son expression « que le dépouillé » et son expression « et que le vaincu » viennent de plusieurs transmetteurs de poésie. (L'installation des Qurayshites sur la rive éloignée et des musulmans à Badr) Ibn Isḥāq dit : Les Qurayshites poursuivirent leur route jusqu'à ce qu'ils s'installent sur la rive la plus éloignée de la vallée, derrière al-'Aqanqal et le fond de la vallée – c'est Yalyal – entre Badr et al-'Aqanqal, la dune derrière laquelle se trouvaient les Qurayshites, tandis que les puits 55 de Badr se trouvaient sur la rive la plus proche du fond de Yalyal, du côté de Médine. Allah fit descendre la pluie ; le sol était poussiéreux 56. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et ses compagnons en reçurent ce qui 57 rendit le sol ferme pour eux sans les empêcher de marcher, tandis que les Qurayshites en reçurent ce qui les empêcha de se déplacer. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) partit pour les devancer vers l'eau, jusqu'à ce qu'il arrive au point d'eau le plus proche de Badr et y descendit. (La consultation d'al-Ḥubāb avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) Ibn Isḥāq dit : On m'a rapporté d'après des hommes des Banū Salima qu'ils mentionnèrent qu'al-Ḥubāb ibn al-Mundhir ibn al-Jamūḥ dit : « Ô Messager d'Allah, considères-tu cet endroit comme un lieu où Allah t'a fait descendre, sans que nous puissions avancer ni reculer, ou bien est-ce l'avis, la guerre et la ruse ? » Il dit : « C'est plutôt l'avis, la guerre et la ruse. » Al-Ḥubāb dit : « Ô Messager d'Allah, ce n'est pas un bon endroit. Emmène les gens jusqu'à ce que nous atteignions le point d'eau le plus proche de l'ennemi, que nous y descendions, puis que nous comblions 58 les puits derrière lui, que nous construisions un bassin que nous remplirons d'eau, puis que nous combattions l'ennemi : nous boirons et ils ne boiront pas. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Tu as donné un bon avis. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) se leva avec les gens qui l'accompagnaient, marcha jusqu'à atteindre le point d'eau le plus proche de l'ennemi et y descendit. Puis il ordonna de combler les puits, et on construisit un bassin sur le puits où il était descendu ; on le remplit d'eau, puis on y jeta les récipients. (La construction de la hutte pour le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) Ibn Isḥāq dit : 'Abd Allah ibn Abī Bakr m'a raconté qu'on lui a rapporté que Sa'd ibn Mu'ādh dit : « Ô Prophète d'Allah, ne te construirons-nous pas une hutte 59 où tu te tiendras, et préparerons-nous près de toi tes montures ? Puis nous affronterons notre ennemi. Si Allah nous donne la victoire et nous rend supérieurs à notre ennemi, ce sera ce que nous souhaitons. Mais si l'autre issue se produit, tu monteras sur tes montures et tu rejoindras ceux qui sont derrière nous. Car, ô Prophète d'Allah, certains sont restés en arrière ; nous ne t'aimons pas moins qu'eux, et s'ils avaient pensé que tu affronterais une guerre, ils ne seraient pas restés en arrière. Allah te protégera par eux ; ils te seront sincères et combattront avec toi. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le loua et pria pour lui. Puis on construisit une hutte pour le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), et il s'y tint. (Le départ des Qurayshites)
Ibn Isḥāq a dit : Les Qurayshites étaient partis au matin et s'avançaient. Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) les vit descendre d'al-ʿAqanqal 60 — qui est la dune d'où ils venaient vers la vallée — il dit : « Ô Dieu, voici Quraysh qui s'avance avec son arrogance 61 et son orgueil, Te défiant 62 et traitant Ton messager de menteur. Ô Dieu, accorde-moi la victoire que Tu m'as promise. Ô Dieu, anéantis-les 63 ce matin. » Et le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) — ayant vu ʿUtba ibn Rabīʿa parmi les gens, monté sur son chameau rouge — dit : « S'il y a du bien chez quelqu'un de ce peuple, c'est chez le maître du chameau rouge. S'ils lui obéissent, ils seront bien guidés. » Or, Khufāf ibn Aymā' ibn Raḥaḍa al-Ghifārī — ou son père Aymā' ibn Raḥaḍa al-Ghifārī — avait envoyé à Quraysh, lorsqu'ils passèrent près de lui, un de ses fils avec des chamelles de sacrifice 64 qu'il leur offrit, et dit : « Si vous voulez, nous vous renforcerons en armes et en hommes. » Ils lui firent dire par son fils : « Que les liens du sang soient préservés, tu as fait ce qui t'incombait. Par ma vie, si nous combattons des hommes, nous n'avons pas de faiblesse face à eux ; et si nous combattons Dieu, comme le prétend Muḥammad, nul n'a de puissance contre Dieu. » (Conversion d'Ibn Ḥizām) : Lorsque les gens s'installèrent, un groupe de Quraysh s'avança jusqu'à atteindre l'abreuvoir du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), parmi eux Ḥakīm ibn Ḥizām. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Laissez-les. » Aucun homme n'en but ce jour-là sans être tué, sauf Ḥakīm ibn Ḥizām, car il ne fut pas tué ; puis il embrassa l'Islam plus tard, et son Islam fut excellent. Lorsqu'il jurait avec insistance, il disait : « Non, par Celui qui m'a sauvé le jour de Badr. » (Délibération de Quraysh sur le retour au combat) : Ibn Isḥāq a dit : Mon père Isḥāq ibn Yasār et d'autres gens de science m'ont rapporté, d'après des cheikhs des Anṣār, qui dirent : Lorsque les gens furent rassurés, ils envoyèrent ʿUmayr ibn Wahb al-Jumaḥī et dirent : « Évalue 65 pour nous les compagnons de Muḥammad. » Il fit le tour du camp avec son cheval, puis revint vers eux et dit : « Trois cents hommes, un peu plus ou un peu moins. Mais attendez-moi que je voie si le groupe a une embuscade ou des renforts. » Il parcourut la vallée jusqu'à s'éloigner, ne vit rien, revint vers eux et dit : « Je n'ai rien trouvé, mais j'ai vu, ô assemblée de Quraysh, les montures de charge 66 porter les destinées, les chamelles porteuses d'eau 67 de Yathrib porter la mort fatale 68. Un peuple qui n'a d'autre protection ni refuge que leurs épées. Par Dieu, je ne pense pas qu'un des leurs soit tué avant d'avoir tué un des vôtres. S'ils atteignent votre nombre, quel plaisir de vivre après cela ? Décidez donc. » Lorsque Ḥakīm ibn Ḥizām entendit cela, il se rendit auprès des gens et vint à ʿUtba ibn Rabīʿa, disant : « Ô Abū al-Walīd, tu es le grand de Quraysh et son seigneur, et celui qu'on écoute parmi eux. Veux-tu être mentionné en bien parmi eux jusqu'à la fin des temps ? » Il dit : « Qu'est-ce donc, ô Ḥakīm ? » Il dit : « Ramène les gens et prends en charge l'affaire de ton allié ʿAmr ibn al-Ḥaḍramī. » Il dit : « Je l'ai fait. Tu es mon garant pour cela. Ce n'est que mon allié, j'assume donc son prix du sang et ce qui a été perdu de ses biens. Va trouver Ibn al-Ḥanẓaliyya. » (Généalogie d'al-Ḥanẓaliyya) : Ibn Hishām a dit : Al-Ḥanẓaliyya est la mère d'Abū Jahl, et elle est Asmā' bint Mukharriba, l'un des Banū Nahshal ibn Dārim ibn Mālik ibn Ḥanẓala ibn Mālik ibn Zayd Manāt ibn Tamīm. « Car je ne crains que lui pour diviser 69 l'affaire des gens », c'est-à-dire Abū Jahl ibn Hishām. Puis ʿUtba ibn Rabīʿa se leva pour un discours et dit : « Ô assemblée de Quraysh, par Dieu, vous ne gagnerez rien à affronter Muḥammad et ses compagnons. Par Dieu, si vous les atteignez, un homme ne cessera de regarder le visage d'un homme qu'il déteste voir, ayant tué son cousin, son neveu ou un homme de sa tribu. Retournez donc et laissez Muḥammad et le reste des Arabes. S'ils le tuent, c'est ce que vous voulez ; sinon, vous le trouverez sans avoir subi ce que vous redoutez. » Ḥakīm dit : Je partis jusqu'à trouver Abū Jahl, et je le trouvai en train de sortir 70 une cotte de mailles de son fourreau, en train de l'ajuster 71. — (Ibn Hishām a dit : la préparer) — Je lui dis : « Ô Abū al-Ḥakam, ʿUtba m'a envoyé vers toi avec telle et telle chose », pour ce qu'il avait dit. Il dit : « Par Dieu, son poumon 72 s'est gonflé quand il a vu Muḥammad et ses compagnons. Non, par Dieu, nous ne retournerons pas jusqu'à ce que Dieu juge entre nous et Muḥammad. ʿUtba n'a pas ce qu'il dit, mais il a vu que Muḥammad et ses compagnons sont des mangeurs de chamelle 73, et parmi eux son fils, et il a craint pour lui. » Puis il envoya chercher ʿĀmir ibn al-Ḥaḍramī et dit : « Voici ton allié qui veut ramener les gens, et tu as vu ta vengeance de tes propres yeux. Lève-toi et réclame la protection de ton pacte 74 et le meurtre de ton frère. » ʿĀmir ibn al-Ḥaḍramī se leva, découvrit son visage, puis cria : « Ô ʿAmr ! Ô ʿAmr ! » La guerre s'enflamma, les gens s'engagèrent 75 et se rassemblèrent 76 sur ce qu'ils avaient de mal, et le bon conseil que ʿUtba leur avait donné fut gâché. Lorsque la parole d'Abū Jahl « Par Dieu, son poumon s'est gonflé » parvint à ʿUtba, il dit : « Celui qui se nettoie le derrière 77 saura qui a le poumon gonflé, moi ou lui. » Ibn Hishām a dit : As-saḥr est le poumon et ce qui l'entoure, ce qui est attaché à la gorge au-dessus du nombril. Ce qui est sous le nombril est al-quṣb, et de là vient sa parole : « J'ai vu ʿAmr ibn Luḥay traîner ses intestins dans le Feu. » Ibn Hishām a dit : Abū ʿUbayda me l'a rapporté. Puis ʿUtba chercha un casque à mettre sur sa tête, mais il ne trouva dans l'armée aucun casque assez grand pour sa tête à cause de sa taille. Quand il vit cela, il s'enveloppa la tête 78 d'un manteau. (Meurtre d'al-Aswad al-Makhzūmī) : Ibn Isḥāq a dit : Al-Aswad ibn ʿAbd al-Asad al-Makhzūmī sortit, un homme rude et mauvais caractère, et dit : « Je fais le pacte avec Dieu de boire de leur abreuvoir, ou de le détruire, ou de mourir en y parvenant. » Quand il sortit, Ḥamza ibn ʿAbd al-Muṭṭalib sortit vers lui. Lorsqu'ils se rencontrèrent, Ḥamza le frappa et lui trancha 79 le pied à mi-mollet, alors qu'il était près de l'abreuvoir. Il tomba sur le dos, sa jambe versant 80 du sang vers ses compagnons. Puis il rampa jusqu'à l'abreuvoir et y plongea, voulant — (selon ce qu'on rapporte) 81 — accomplir son serment. Ḥamza le suivit et le frappa jusqu'à le tuer dans l'abreuvoir. (Appel de ʿUtba au duel) : Il dit : Puis, après lui, sortit ʿUtba ibn Rabīʿa, entre son frère Shayba ibn Rabīʿa et son fils al-Walīd ibn ʿUtba. Lorsqu'il se détacha du rang, il appela au duel. Trois jeunes gens des Anṣār sortirent vers lui : ʿAwf et Muʿawwidh, fils d'al-Ḥārith — leur mère était ʿAfrā' — et un autre homme, dont on dit qu'il était ʿAbd Allāh ibn Rawāḥa. Ils dirent : « Qui êtes-vous ? » Ils dirent : « Un groupe des Anṣār. » Ils dirent : « Nous n'avons pas besoin de vous. » Puis leur héraut appela : « Ô Muḥammad, fais sortir vers nous nos pairs de notre peuple. » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Lève-toi, ô ʿUbayda ibn al-Ḥārith, lève-toi, ô Ḥamza, lève-toi, ô ʿAlī. » Lorsqu'ils se levèrent et s'approchèrent d'eux, ils dirent : « Qui êtes-vous ? » ʿUbayda dit :
ʿUbayda, et Ḥamza dit : Ḥamza, et ʿAlī dit : ʿAlī. Ils dirent : Oui, des pairs nobles. Alors ʿUbayda, qui était le plus âgé du groupe, affronta ʿUtba ibn Rabīʿa ; Ḥamza affronta Shayba ibn Rabīʿa ; et ʿAlī affronta al-Walīd ibn ʿUtba. Quant à Ḥamza, il ne laissa pas Shayba avant de le tuer ; quant à ʿAlī, il ne laissa pas al-Walīd avant de le tuer ; tandis que ʿUbayda et ʿUtba échangèrent deux coups, chacun blessant son adversaire 82. Ḥamza et ʿAlī revinrent avec leurs épées contre ʿUtba et l’achevèrent 83, puis ils prirent leur compagnon et le ramenèrent aux siens. Ibn Isḥāq dit : ʿĀṣim ibn ʿUmar ibn Qatāda m’a raconté que ʿUtba ibn Rabīʿa dit aux jeunes hommes, lorsqu’ils se présentèrent : « Des pairs nobles ; nous ne voulons que notre peuple. » (La rencontre des deux armées) Ibn Isḥāq dit : Puis les gens s’avancèrent et se rapprochèrent les uns des autres. Le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — avait ordonné à ses compagnons de ne pas charger avant qu’il ne leur ordonne, et il dit : « Si les gens vous encerclent, repoussez-les avec les flèches 84. » Le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — se trouvait dans la hutte 85, avec Abū Bakr al-Ṣiddīq. La bataille de Badr eut lieu le vendredi, au matin du dix-septième jour du mois de Ramaḍān. Ibn Isḥāq dit : Comme me l’a raconté Abū Jaʿfar Muḥammad ibn ʿAlī ibn al-Ḥusayn. (Ibn Ghaziyya et le coup du Messager sur son ventre avec la flèche) Ibn Isḥāq dit : Ḥibbān ibn Wāsiʿ ibn Ḥibbān m’a raconté, d’après des anciens de son peuple, que le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — aligna les rangs de ses compagnons le jour de Badr, tenant dans sa main une flèche 86 avec laquelle il alignait les gens. Il passa près de Sawād ibn Ghaziyya, allié des Banū ʿAdī ibn al-Najjār — Ibn Hishām dit : on dit Sawād, avec un tashdīd 87, et Sawād, sans tashdīd, parmi les Anṣār 88 — qui dépassait du rang 89 — Ibn Hishām dit : on dit aussi mustanṣil 90 du rang —. Il le piqua au ventre avec la flèche et dit : « Tiens-toi droit, ô Sawād ! » Il dit : « Ô Messager de Dieu, tu m’as fait mal, alors que Dieu t’a envoyé avec la vérité et la justice. » Il dit : « Fais-moi subir la peine du talion 91. » Le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — découvrit son ventre et dit : « Exerce le talion. » Il dit : Alors il l’embrassa et baisa son ventre. Il dit : « Qu’est-ce qui t’a poussé à cela, ô Sawād ? » Il dit : « Ô Messager de Dieu, ce que tu vois est imminent ; j’ai voulu que la dernière chose en ce bas monde soit que ma peau touche ta peau. » Le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — pria pour lui en bien et lui dit cela. (L’imploration du Messager à son Seigneur pour la victoire) Ibn Isḥāq dit : Puis le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — aligna les rangs et retourna à la hutte, y entra, avec lui Abū Bakr al-Ṣiddīq, nul autre avec lui. Le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — implorait 92 son Seigneur pour ce qu’Il lui avait promis comme victoire, et disait, entre autres : « Ô Dieu, si ce groupe périt aujourd’hui, Tu ne seras pas adoré. » Abū Bakr disait : « Ô Prophète de Dieu, cesse un peu d’implorer ton Seigneur, car Dieu accomplira ce qu’Il t’a promis. » Le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — somnola 93 un instant dans la hutte, puis se réveilla et dit : « Réjouis-toi, ô Abū Bakr ! La victoire de Dieu t’est venue. Voici Gabriel, tenant la bride d’un cheval qu’il mène, la poussière 94 sur ses incisives. » (La mort de Mihjaʿ et d’Ibn Surāqa) Ibn Isḥāq dit : Mihjaʿ, l’affranchi de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, fut touché par une flèche et tué ; il fut le premier tué parmi les musulmans. Puis Ḥāritha ibn Surāqa, l’un des Banū ʿAdī ibn al-Najjār, alors qu’il buvait au bassin, fut touché par une flèche qui l’atteignit à la gorge, et il fut tué. (L’exhortation des musulmans au combat) Il dit : Puis le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — sortit vers les gens et les exhorta, disant : « Par Celui qui tient l’âme de Muḥammad dans Sa main, aucun homme ne les combat aujourd’hui et n’est tué, patient et comptant sur la récompense 95, avançant sans reculer, sans que Dieu ne le fasse entrer au Paradis. » Alors ʿUmayr ibn al-Ḥumām, frère des Banū Salima, tenant dans sa main des dattes qu’il mangeait, dit : « Bien ! Bien ! 96 Qu’y a-t-il donc entre moi et l’entrée au Paradis, sinon que ceux-ci me tuent ? » Puis il jeta les dattes de sa main, prit son épée, combattit les gens jusqu’à ce qu’il fût tué. Ibn Isḥāq dit : ʿĀṣim ibn ʿUmar ibn Qatāda m’a raconté que ʿAwf ibn al-Ḥārith — et c’est Ibn ʿAfrā’ — dit : « Ô Messager de Dieu, qu’est-ce qui fait rire 97 le Seigneur de Son serviteur ? » Il dit : « Le fait qu’il plonge sa main dans l’ennemi sans armure. » Alors il enleva une cotte de mailles qu’il portait, la jeta, prit son épée, combattit les gens jusqu’à ce qu’il fût tué. (L’invocation d’Abū Jahl pour le jugement) Ibn Isḥāq dit : Muḥammad ibn Muslim ibn Shihāb al-Zuhrī m’a raconté, d’après ʿAbd Allāh ibn Thaʿlaba ibn Ṣuʿayr al-ʿUdhurī, allié des Banū Zuhra, qu’il lui a raconté que lorsque les gens se rencontrèrent et se rapprochèrent les uns des autres, Abū Jahl ibn Hishām dit : « Ô Dieu, celui qui rompt le plus les liens de parenté et nous apporte ce qui est inconnu, inflige-lui aujourd’hui une défaite 98. » C’est lui qui ouvrit le jugement 99. (Le jet de gravier du Messager sur les associateurs) Ibn Isḥāq dit : Puis le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — prit une poignée de gravier, se tourna vers Quraysh avec, puis dit : « Que les visages soient défigurés ! » Puis il leur lança, et ordonna à ses compagnons : « Chargez ! » Ce fut la déroute. Dieu — qu’Il soit exalté — tua ceux des chefs de Quraysh qui furent tués, et fit prisonniers ceux de leurs nobles qui furent faits prisonniers. Lorsque les gens mirent la main sur les prisonniers, le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — était dans la hutte, et Saʿd ibn Muʿādh se tenait à la porte de la hutte où se trouvait le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue —, ceint de son épée, avec un groupe d’Anṣār qui gardaient le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue —, craignant pour lui un retour de l’ennemi. Le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — vit — d’après ce qui m’a été rapporté — sur le visage de Saʿd ibn Muʿādh une désapprobation de ce que faisaient les gens. Le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue — lui dit : « Par Dieu, il me semble 100, ô Saʿd, que tu désapprouves ce que font les gens. » Il dit : « Oui, par Dieu, ô Messager de Dieu. C’était la première bataille que Dieu infligeait aux associateurs. J’aurais préféré que l’on frappe fort en tuant les associateurs plutôt que d’épargner les hommes. » (L’interdiction par le Prophète à ses compagnons de tuer certaines personnes parmi les associateurs) Ibn Isḥāq dit : Al-ʿAbbās ibn ʿAbd Allāh ibn Maʿbad m’a raconté, d’après certains de sa famille, d’après Ibn ʿAbbās, que le Prophète — que Dieu le bénisse et le salue — dit ce jour-là à ses compagnons : « Je sais que des hommes des Banū Hāshim et d’autres ont été contraints de sortir, n’ayant aucun désir de nous combattre. Que celui d’entre vous qui rencontre un des Banū Hāshim ne le tue pas ; que celui qui rencontre Abū al-Bakhtarī ibn Hishām ibn al-Ḥārith ibn Asad ne le tue pas ; que celui qui rencontre al-ʿAbbās ibn ʿAbd al-Muṭṭalib, l’oncle du Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue —, ne le tue pas, car il n’a été contraint de sortir que sous la contrainte. » Il dit : Abū Ḥudhayfa dit : « Tuons-nous nos pères, nos fils, nos frères 101 et notre clan, et laissons-nous al-ʿAbbās ? Par Dieu, si je le rencontre, je le transpercerai 102 de mon épée ! » — Ibn Hishām dit : on dit aussi : « Je le frapperai au visage 103 avec l’épée. » — Il dit : Cela parvint au Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et le salue —, qui dit à ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb : « Ô Abū Ḥafṣ ! » — ʿUmar dit :
Par Allah, c'est le premier jour où le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) m'a appelé Abū Ḥafṣ 104. Frapperait-on le visage de l'oncle du Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) avec l'épée ? 'Umar dit : « Ô Messager d'Allah, laisse-moi lui trancher la nuque avec l'épée, car par Allah, il a fait preuve d'hypocrisie. » Abū Ḥudhayfa disait : « Je ne suis pas à l'abri de cette parole que j'ai dite ce jour-là, et je ne cesse d'en avoir peur, à moins que le martyre ne l'expie pour moi. » Il fut tué le jour d'al-Yamāma 105 en martyr. Ibn Isḥāq 106 dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) n'avait interdit de tuer Abū l-Bakhtarī 107 que parce qu'il était le plus modéré des gens envers le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) lorsqu'il était à La Mecque, et qu'il ne lui faisait pas de mal et n'entendait rien de désagréable à son sujet ; il faisait partie de ceux qui s'étaient levés pour déchirer le pacte 108 que les Qurayshites avaient écrit contre les Banū Hāshim et les Banū l-Muṭṭalib. Al-Mujadhdhar 109 ibn Dhīyād al-Balawī, allié des Anṣār 110 puis des Banū Sālim ibn 'Awf, le rencontra. Al-Mujadhdhar dit à Abū l-Bakhtarī : « Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) nous a interdit de te tuer. » Or Abū l-Bakhtarī avait avec lui un compagnon de route 111 qui était sorti avec lui de La Mecque, à savoir Junāda ibn Mulayḥa bint Zuhayr ibn al-Ḥārith ibn Asad, et Junāda était un homme des Banū Layth. Le nom d'Abū l-Bakhtarī était al-'Āṣ. Il dit : « Et mon compagnon ? » Al-Mujadhdhar lui dit : « Non, par Allah, nous ne laisserons pas ton compagnon ; le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) ne nous a ordonné que pour toi seul. » Il dit : « Non, par Allah, alors je mourrai avec lui tous les deux, afin que les femmes de La Mecque ne racontent pas que j'ai abandonné mon compagnon par avidité pour la vie. » Alors Abū l-Bakhtarī, quand al-Mujadhdhar l'attaqua et qu'il refusa de ne pas combattre, dit en rajaz 112 : « Le fils d'une femme libre n'abandonnera pas son compagnon, jusqu'à ce qu'il meure ou trouve son chemin. » Ils combattirent, et al-Mujadhdhar ibn Dhīyād le tua. Al-Mujadhdhar ibn Dhīyād dit à propos de son meurtre d'Abū l-Bakhtarī : « Si tu ignores ou as oublié ma lignée, alors établis la filiation : je suis de Balī 113, ceux qui frappent avec les lances yazaniyya 114 et qui frappent le bélier jusqu'à ce qu'il plie. Annonce l'orphelinage de celui dont le père est al-Bakhtarī, ou annonce aux Banū 115 pareille chose de ma part. Je suis celui dont on dit que l'origine est de Balī, je frappe avec la lance ṣa'da 116 jusqu'à ce qu'elle plie, et je frappe le héros avec un sabre mashrafī 117 ; je gronde pour la mort comme le grondement de la chamelle difficile à traire 118. Tu ne verras pas Mujadhdhar faire une entaille 119. » Ibn Hishām 120 dit : « al-Marī » vient d'autre qu'Ibn Isḥāq. Al-Marī : la chamelle dont on tire le lait avec difficulté. Ibn Isḥāq dit : Puis al-Mujadhdhar vint auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) et dit : « Par Celui qui t'a envoyé avec la vérité, j'ai fait des efforts pour qu'il se rende afin que je te l'amène, mais il a refusé 121 de ne pas me combattre, alors je l'ai combattu et je l'ai tué. » Ibn Hishām dit : Abū l-Bakhtarī : al-'Āṣ ibn Hishām 122 ibn al-Ḥārith ibn Asad. (Meurtre d'Umayya ibn Khalaf 123) Ibn Isḥāq dit : Yaḥyā ibn 'Abbād ibn 'Abd Allāh ibn al-Zubayr m'a raconté d'après son père. Ibn Isḥāq dit : 'Abd Allāh ibn Abī Bakr et d'autres me l'ont également raconté d'après 'Abd al-Raḥmān ibn 'Awf 124 qui dit : Umayya ibn Khalaf était mon ami à La Mecque. Mon nom était 'Abd 'Amr, et quand j'embrassai l'islam, je me nommai 'Abd al-Raḥmān, alors que nous étions à La Mecque. Il me rencontrait, lorsque nous étions à La Mecque, et disait : « Ô 'Abd 'Amr, as-tu répugné à un nom que tes parents t'ont donné ? » Je disais : « Oui. » Il disait : « Moi, je ne connais pas al-Raḥmān 125 ; fixe donc entre toi et moi quelque chose par quoi je t'appellerai. Toi, tu ne me réponds pas par ton premier nom, et moi, je ne t'appelle pas par ce que je ne connais pas. » Il dit : Quand il m'appelait : « Ô 'Abd 'Amr », je ne lui répondais pas. Il dit : Je lui dis : « Ô Abū 'Alī 126, fixe ce que tu veux. » Il dit : « Tu es 'Abd al-Ilāh 127. » Je dis : « Oui. » Il dit : Quand je passais près de lui, il disait : « Ô 'Abd al-Ilāh », et je lui répondais et je parlais avec lui. Jusqu'au jour de Badr, je passai près de lui alors qu'il se tenait avec son fils 'Alī ibn Umayya, tenant sa main, et j'avais avec moi des cottes de mailles 128 que j'avais prises comme butin, que je portais. Quand il me vit, il me dit : « Ô 'Abd 'Amr », mais je ne lui répondis pas. Il dit : « Ô 'Abd al-Ilāh ? » Je dis : « Oui. » Il dit : « As-tu besoin de moi ? Je vaux mieux pour toi que ces cottes de mailles que tu as. » Il dit : Je dis : « Oui, par Allah, voici 129. » Il dit : Je jetai les cottes de mailles de ma main, et je pris sa main et celle de son fils, tandis qu'il disait : « Je n'ai jamais rien vu de pareil aujourd'hui. N'avez-vous pas besoin de lait 130 ? » (Il dit) : Puis je sortis en marchant avec eux deux. Ibn Hishām dit : Par « lait », il veut dire que celui qui m'a capturé, je me rachèterai de lui avec des chameaux donnant beaucoup de lait. Ibn Isḥāq dit : 'Abd al-Wāḥid ibn Abī 'Awn m'a raconté d'après Sa'd 131 ibn Ibrāhīm d'après son père 132 'Abd al-Raḥmān ibn 'Awf, qui dit : Umayya ibn Khalef me dit, alors que j'étais entre lui et son fils, tenant leurs mains : « Ô 'Abd al-Ilāh, qui est l'homme parmi vous, marqué d'une plume d'autruche sur sa poitrine ? » Il dit : Je dis : « C'est Ḥamza 133 ibn 'Abd al-Muṭṭalib. » Il dit : « C'est celui qui nous a fait ces mauvais traitements. » 'Abd al-Raḥmān dit : Par Allah, je les conduisais quand Bilāl 134 le vit. Or c'était lui qui torturait Bilāl à La Mecque pour qu'il abandonne l'islam : il le sortait sur le sol brûlant 135 de La Mecque quand il était chauffé, le couchait sur le dos, puis ordonnait qu'on place un gros rocher sur sa poitrine, puis disait : « Tu resteras ainsi jusqu'à ce que tu abandonnes la religion de Muḥammad. » Bilāl disait : « Un, Un 136 ! » Il dit : Quand il le vit, il dit : « La tête de la mécréance, Umayya ibn Khalaf ! Que je ne sois pas sauvé s'il est sauvé 137 ! » Il dit : Je dis : « Ô Bilāl, (laisse) mes deux prisonniers 138 ! » Il dit : « Que je ne sois pas sauvé s'il est sauvé ! » Je dis : « Entends-tu, ô fils de la Noire 139 ? » Il dit : « Que je ne sois pas sauvé s'il est sauvé ! » Puis il cria à pleine voix : « Ô Anṣār d'Allah, la tête de la mécréance, Umayya ibn Khalaf ! Que je ne sois pas sauvé s'il est sauvé ! » Il dit : Ils nous entourèrent jusqu'à nous mettre dans une situation semblable à une muska 140, tandis que je le défendais. Il dit : Un homme dégaina 141 l'épée et frappa la jambe de son fils, qui tomba. Umayya poussa un cri tel que je n'en ai jamais entendu de pareil. Il dit : Je dis : « Sauve-toi, mais il n'y a pas de salut pour toi 142 ; par Allah, je ne peux rien pour toi. » Il dit : Ils les tailladèrent 143 avec leurs épées jusqu'à ce qu'ils en aient fini avec eux deux. Il dit : 'Abd al-Raḥmān disait : « Qu'Allah fasse miséricorde à Bilāl ; il a fait perdre mes cottes de mailles et m'a affligé par la perte de mes deux prisonniers. » (Présence des anges à la bataille de Badr) Ibn Isḥāq dit : 'Abd Allāh ibn Abī Bakr m'a raconté qu'on lui a rapporté d'après Ibn 'Abbās 144 qui dit : Un homme des Banū Ghifār 145 m'a raconté : Je suis venu, moi et un cousin à moi, jusqu'à ce que nous montions sur une montagne qui nous dominait sur Badr, alors que nous étions associateurs 146, attendant la bataille pour voir de quel côté serait la défaite 147, afin de piller avec ceux qui pillent. Il dit : Pendant que nous étions sur la montagne, un nuage s'approcha de nous, et nous entendîmes en lui le hennissement des chevaux. J'entendis quelqu'un dire : « Avance, Ḥayzūm 148 ! » Quant à mon cousin, le voile de son cœur se souleva, et il mourut sur place ; quant à moi, je faillis périr, puis je me ressaisis. Ibn Isḥāq dit : 'Abd Allāh ibn Abī Bakr m'a raconté d'après certains des Banū Sā'ida 149 d'après Abū Usayd 150 Mālik ibn Rabī'a, qui avait assisté à Badr. Il dit, après avoir perdu la vue : « Si j'étais aujourd'hui à Badr avec ma vue, je vous montrerais le défilé d'où sont sortis les anges ; je n'en doute pas et je ne conteste pas. » Ibn Isḥāq dit : Mon père Isḥāq ibn Yasār m'a raconté d'après des hommes des Banū Māzin ibn al-Najjār 151 d'après Abū Dāwūd 152 al-Māzinī, qui avait assisté à Badr. Il dit : Je poursuivais un homme des associateurs le jour de Badr pour le frapper, quand sa tête tomba avant que mon épée ne l'atteigne. Je sus alors que quelqu'un d'autre l'avait tué.
Ibn Isḥāq a dit : Un homme que je ne soupçonne pas m’a rapporté, d’après Miqsam, affranchi de ‘Abd Allāh ibn al-Ḥārith, d’après ‘Abd Allāh ibn ‘Abbās, qui a dit : Le signe distinctif 153 des anges le jour de Badr était des turbans blancs qu’ils avaient laissés retomber sur leurs dos, et le jour de Ḥunayn, des turbans rouges. Ibn Hishām a dit : Un savant m’a rapporté que ‘Alī ibn Abī Ṭālib a dit : Les turbans sont les couronnes des Arabes. Le signe distinctif des anges le jour de Badr était des turbans blancs qu’ils avaient laissés pendre sur leurs dos, sauf Gabriel, qui portait un turban jaune. Ibn Isḥāq a dit : Un homme que je ne soupçonne pas m’a rapporté, d’après Miqsam, d’après Ibn ‘Abbās, qui a dit : Les anges n’ont combattu qu’un seul jour, celui de Badr ; les autres jours, ils étaient présents comme renfort et soutien, sans frapper. (Le meurtre d’Abū Jahl) Ibn Isḥāq a dit : Ce jour-là, Abū Jahl s’avança en scandant des vers 154 et en combattant, disant : « Que la guerre acharnée 155 me reproche-t-elle ? Je suis un chameau de deux ans, aux dents fraîches. C’est pour un tel que ma mère m’a enfanté. » (Le cri de ralliement 156 des musulmans à Badr) Ibn Hishām a dit : Le cri de ralliement des compagnons de l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — le jour de Badr était : « Un ! Un ! » (Retour au meurtre d’Abū Jahl) Ibn Isḥāq a dit : Lorsque l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — eut fini avec son ennemi, il ordonna de chercher Abū Jahl parmi les morts. Le premier à rencontrer Abū Jahl fut, comme me l’a rapporté Thawr ibn Yazīd d’après ‘Ikrima d’après Ibn ‘Abbās, et ‘Abd Allāh ibn Abī Bakr me l’a également rapporté, ils dirent : Mu‘ādh ibn ‘Amr ibn al-Jamūḥ, frère des Banū Salima, a dit : J’entendis les gens dire, alors qu’Abū Jahl était dans une ḥaraja 157 — Ibn Hishām dit : al-ḥaraja : les arbres touffus. Et dans un hadith de ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb, il demanda à un bédouin ce qu’était al-ḥaraja, et il répondit : C’est un arbre parmi les arbres auquel on ne peut accéder — et ils disaient : « Abū l-Ḥakam, on ne peut l’atteindre. » Il dit : Quand je l’entendis, je me consacrai à lui, et je me dirigeai vers lui. Lorsque je pus l’atteindre, je l’attaquai et le frappai d’un coup qui trancha son pied à la moitié de la jambe. Par Dieu, je ne comparai ce moment où elle tomba qu’à un noyau qui jaillit de dessous un broyeur de noyaux 158 quand on frappe avec. Il dit : Son fils ‘Ikrima me frappa sur l’épaule et arracha mon bras, qui ne tint plus qu’à un lambeau de peau de mon côté, et le combat m’éloigna de lui. Je combattis la majeure partie de la journée en traînant mon bras derrière moi. Quand il me gêna, je posai mon pied dessus, puis je me tendis jusqu’à l’arracher. Ibn Isḥāq a dit : Puis il vécut après cela jusqu’au temps de ‘Uthmān. Ensuite, Mu‘awwidh ibn ‘Afrā’ passa près d’Abū Jahl, qui était abattu 159, et le frappa jusqu’à l’achever, puis le laissa agonisant. Mu‘awwidh combattit jusqu’à être tué. ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd passa près d’Abū Jahl lorsque l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ordonna de le chercher parmi les morts. L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — leur avait dit, d’après ce qui m’est parvenu : « Regardez, s’il vous est caché parmi les morts, à la trace d’une blessure à son genou. Car un jour, alors que nous étions enfants, je me suis bousculé avec lui à un banquet de ‘Abd Allāh ibn Jud‘ān, et j’étais un peu plus fort que lui ; je le poussai et il tomba sur ses genoux, et l’un d’eux fut écorché 160 d’une écorchure dont la trace ne le quitta jamais. » ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd dit : Je le trouvai à son dernier souffle et je le reconnus. Je posai mon pied sur son cou — il dit : Il m’avait saisi 161 une fois à La Mecque, m’avait fait du mal et m’avait frappé — puis je lui dis : « Dieu t’a-t-il couvert de honte, ô ennemi de Dieu ? » Il dit : « Par quoi m’a-t-Il couvert de honte ? Suis-je pire qu’un homme que vous avez tué ? Dis-moi : à qui est la victoire aujourd’hui ? » Je dis : « À Dieu et à Son Envoyé. » Ibn Hishām a dit : Ḍabatha : il l’a saisi et s’y est accroché. Ḍābi’ ibn al-Ḥārith al-Burjumī a dit : « Je suis devenu, de ce qui était entre moi et toi D’amitié, comme celui qui saisit l’eau avec la main. » Ibn Hishām a dit : On dit aussi : « Suis-je pire qu’un homme que vous avez tué ? Dis-moi : à qui est la victoire aujourd’hui ? » Ibn Isḥāq a dit : Des hommes des Banū Makhzūm prétendent qu’Ibn Mas‘ūd disait : Il me dit : « Tu as gravi une montée difficile, ô petit berger de moutons ! » Il dit : Puis je lui coupai la tête, et je l’apportai à l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et je dis : « Ô Envoyé de Dieu, voici la tête de l’ennemi de Dieu, Abū Jahl. » Il dit : L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Par Dieu, en dehors de qui il n’y a pas de divinité ? » — et c’était le serment de l’Envoyé de Dieu — je dis : « Oui, par Dieu, en dehors de qui il n’y a pas de divinité. » Puis je jetai sa tête devant l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et il loua Dieu. Ibn Hishām a dit : Abū ‘Ubayda et d’autres savants des expéditions m’ont rapporté que ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb dit à Sa‘īd ibn al-‘Āṣ, en passant près de lui : « Je vois que tu as quelque chose dans le cœur ; je te vois penser que j’ai tué ton père. Si je l’avais tué, je ne m’excuserais pas auprès de toi de l’avoir tué. Mais j’ai tué mon oncle maternel al-‘Āṣ ibn Hishām ibn al-Mughīra. Quant à ton père, je suis passé près de lui alors qu’il creusait comme un taureau avec ses cornes 162, alors je l’ai évité 163, et son cousin ‘Alī s’est dirigé vers lui et l’a tué. » (L’histoire de l’épée de ‘Ukāsha) Ibn Isḥāq a dit : ‘Ukāsha ibn Miḥṣan ibn Ḥurthān al-Asadī, allié des Banū ‘Abd Shams ibn ‘Abd Manāf, combattit le jour de Badr avec son épée jusqu’à ce qu’elle se brise dans sa main. Il vint à l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — qui lui donna un morceau de bois 164, en disant : « Combats avec ceci, ô ‘Ukāsha. » Lorsqu’il le prit de l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — il le secoua, et il redevint une épée dans sa main, longue de taille, solide de dos, blanche de fer. Il combattit avec elle jusqu’à ce que Dieu Très-Haut accorde la victoire aux musulmans. Cette épée était appelée al-‘Awn 165. Puis elle resta chez lui ; il participa avec elle aux expéditions avec l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — jusqu’à ce qu’il soit tué lors de l’apostasie 166, alors qu’il l’avait avec lui. Ṭulayḥa ibn Khuwaylid al-Asadī le tua, et Ṭulayḥa dit à ce sujet : « Quelle est votre opinion sur les gens, quand vous les tuez ? Ne sont-ils pas, même s’ils ne se sont pas soumis, des hommes ? Si des brebis 167 ont été atteintes et des femmes, Vous ne perdrez pas en vain le meurtre de Ḥibāl 168. J’ai dressé pour eux la poitrine de la chamelle de charge 169 ; elle Revient souvent ; on dit aux guerriers : À l’assaut ! Un jour tu la vois, sous les housses, protégée, Et un jour tu la vois sans housses. Le soir où j’ai laissé Ibn Aqram gisant, Et ‘Ukāsha al-Ghanamī près des tentes 170. » Ibn Hishām a dit : Ḥibāl : fils de Ṭulayḥa ibn Khuwaylid. Ibn Aqram : Thābit ibn Aqram al-Anṣārī. Ibn Isḥāq a dit : ‘Ukāsha ibn Miḥṣan est celui qui dit à l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lorsque l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Soixante-dix mille de ma communauté entreront au Paradis sur la forme de la lune la nuit de la pleine lune. » Il dit : « Ô Envoyé de Dieu, invoque Dieu pour qu’Il me mette parmi eux. » Il dit : « Tu es parmi eux », ou « Ô Dieu, mets-le parmi eux. » Un homme des Anṣār se leva et dit : « Ô Envoyé de Dieu, invoque Dieu pour qu’Il me mette parmi eux. » Il dit : « ‘Ukāsha t’a devancé, et l’invocation est refroidie 171. » Et l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit, d’après ce qui nous est parvenu de sa famille : « Parmi nous se trouve le meilleur cavalier des Arabes. » Ils dirent : « Qui est-ce, ô Envoyé de Dieu ? » Il dit : « ‘Ukāsha ibn Miḥṣan. » Ḍirār ibn al-Azwar al-Asadī dit : « C’est un homme des nôtres, ô Envoyé de Dieu. » Il dit : « Il n’est pas des vôtres, mais il est des nôtres par alliance. » (Un entretien entre Abū Bakr et son fils ‘Abd al-Raḥmān le jour de Badr)
Ibn Hichâm a dit : Aboû Bakr as-Siddîq appela son fils ‘Abd ar-Rahmân, qui était alors avec les associateurs, et lui dit : « Où est mon argent, ô perfide ? » ‘Abd ar-Rahmân répondit : « Il ne reste qu’une lance et un cheval rapide, et un sabre qui tue les égarés parmi les vieillards. » 172 Selon ce qui m’a été rapporté de ‘Abd al-‘Azîz ibn Muhammad ad-Darâwardî. (LA PRÉCIPITATION DES ASSOCIATEURS DANS LE PUITS) Ibn Ishâq a dit : Yazîd ibn Rûmân m’a rapporté d’après ‘Urwa ibn az-Zubayr d’après ‘Â’isha, qui a dit : Lorsque l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) ordonna que les tués soient jetés dans le puits 173, ils y furent jetés, sauf Umayya ibn Khalaf, car il avait enflé dans sa cotte de mailles au point de la remplir ; ils voulurent le déplacer 174, mais sa chair se désagrégea 175 ; ils le laissèrent donc et jetèrent sur lui de la terre et des pierres pour le recouvrir. Lorsqu’il les eut jetés dans le puits, l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) se tint au-dessus d’eux et dit : « Ô gens du puits, avez-vous trouvé que ce que votre Seigneur vous avait promis était vrai ? Car j’ai trouvé que ce que mon Seigneur m’avait promis était vrai. » Elle dit : Ses compagnons lui dirent : « Ô Envoyé de Dieu, parles-tu à des gens morts ? » Il leur dit : « Ils ont su que ce que leur Seigneur leur avait promis était vrai. » ‘Â’isha dit : Les gens disent : « Ils ont entendu ce que je leur ai dit », mais l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) leur a seulement dit : « Ils ont su » 176. Ibn Ishâq a dit : Humayd at-Tawîl m’a rapporté d’après Anas ibn Mâlik, qui a dit : Les compagnons de l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) entendirent l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) au milieu de la nuit disant : « Ô gens du puits, ô ‘Utba ibn Rabî‘a, ô Shayba ibn Rabî‘a, ô Umayya ibn Khalaf, ô Aboû Jahl ibn Hichâm » – et il énuméra ceux d’entre eux qui étaient dans le puits – : « Avez-vous trouvé que ce que votre Seigneur vous avait promis était vrai ? Car j’ai trouvé que ce que mon Seigneur m’avait promis était vrai. » Les musulmans dirent : « Ô Envoyé de Dieu, appelles-tu des gens qui sont déjà devenus des charognes 177 ? » Il dit : « Vous n’entendez pas mieux ce que je dis qu’eux, mais ils ne peuvent pas me répondre. » Ibn Ishâq a dit : Un des gens de science m’a rapporté que l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit le jour de ce discours : « Ô gens du puits, vous avez été un bien mauvais clan pour votre Prophète : vous m’avez traité de menteur tandis que les gens me croyaient, vous m’avez chassé tandis que les gens m’accueillaient, vous m’avez combattu tandis que les gens me secouraient. » Puis il dit : « Avez-vous trouvé que ce que votre Seigneur vous avait promis était vrai ? » – pour le discours qu’il avait tenu. (POÈME DE HASSÂN SUR CEUX QUI FURENT JETÉS DANS LE PUITS) Ibn Ishâq a dit : Hassân ibn Thâbit a dit : « J’ai reconnu les demeures de Zaynab à al-Kathîb, comme un trait d’écriture sur des feuilles desséchées 178. Les vents les parcourent, ainsi que toute nuée sombre de la pluie du printemps, abondante et versante 179. Sa trace est devenue usée, et elle est devenue déserte après son habitant bien-aimé 180. Laisse donc le souvenir chaque jour, et repousse l’ardeur de la poitrine affligée. Et annonce ce qui est sans défaut, avec vérité, non comme les rapports du menteur. Ce que le Roi a fait au matin de Badr pour nous, contre les associateurs, comme part. Au matin où leur multitude était comme Hirâ’ dont les sommets apparaissaient au crépuscule 181. Nous les rencontrâmes avec une multitude de notre côté, comme des lions de la forêt, jeunes et vieux. Devant Muhammad, ils l’assistaient contre les ennemis dans l’ardeur des combats 182. Dans leurs mains, des sabres affilés et toute épée éprouvée aux nœuds rugueux 183. Les Banû al-Aws, les nobles, les assistèrent, ainsi que les Banû an-Najjâr dans la religion solide 184. Nous laissâmes Aboû Jahl étendu à terre, et ‘Utba, nous l’avons laissé sur le sol 185. Et Shayba, nous l’avons laissé parmi des hommes de rang, quand on les mentionne, nobles. L’Envoyé de Dieu les appelle, lorsque nous les eûmes jetés en tas dans le puits 186 : « N’avez-vous pas trouvé que ma parole était vraie, et que l’ordre de Dieu saisit les cœurs ? » Ils ne parlèrent pas, mais s’ils avaient parlé, ils auraient dit : « Tu as dit vrai, et tu as eu une opinion juste ! » Ibn Ishâq a dit : Lorsque l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) ordonna qu’ils soient jetés dans le puits, ‘Utba ibn Rabî‘a fut pris et traîné vers le puits. L’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) – selon ce qui m’est parvenu – regarda le visage d’Aboû Hudhayfa ibn ‘Utba, et le voilà triste, son teint avait changé. Il dit : « Ô Aboû Hudhayfa, peut-être es-tu affecté par quelque chose concernant ton père ? » – ou comme dit le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue). Il répondit : « Non, par Dieu, ô Envoyé de Dieu, je n’ai pas douté de mon père ni de sa mort, mais je connaissais de mon père un jugement, une clémence et un mérite, et j’espérais que cela le conduirait à l’islam. Lorsque j’ai vu ce qui lui est arrivé, et que j’ai rappelé qu’il était mort dans la mécréance, après ce que j’espérais pour lui, cela m’a attristé. » L’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) pria pour lui du bien et lui dit du bien. (MENTION DES JEUNES GENS AU SUJET DESQUELS FUT RÉVÉLÉ : « CEUX QUE LES ANGES RAPPELLENT AYANT ÉTÉ INJUSTES ENVERS EUX-MÊMES » 4:97) Les jeunes gens qui furent tués à Badr, et au sujet desquels fut révélé du Coran, selon ce qui nous a été rapporté : « Ceux que les anges rappellent ayant été injustes envers eux-mêmes, ils disent : “En quoi étiez-vous ?” Ils répondent : “Nous étions opprimés sur la terre.” Ils disent : “La terre de Dieu n’était-elle pas assez vaste pour que vous émigriez ?” Ceux-là, leur refuge est la Géhenne, et quel mauvais devenir ! » [4:97] – des jeunes gens nommés 187 : – des Banû Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzâ ibn Qusayy : al-Hârith ibn Zam‘a ibn al-Aswad ibn ‘Abd al-Muttalib ibn Asad. – des Banû Makhzûm : Aboû Qays ibn al-Fâkih ibn al-Mughîra ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Umar ibn Makhzûm, et Aboû Qays ibn al-Walîd ibn al-Mughîra ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Umar ibn Makhzûm. – des Banû Jumah : ‘Alî ibn Umayya ibn Khalaf ibn Wahb ibn Hudhâfa ibn Jumah. – des Banû Sahm : al-‘Âs ibn Munabbih ibn al-Hajjâj ibn ‘Âmir ibn Hudhayfa ibn Sa‘d ibn Sahm. Cela parce qu’ils avaient embrassé l’islam alors que l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) était à La Mecque. Lorsque l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) émigra à Médine, leurs pères et leurs clans les retinrent à La Mecque et les soumirent à la tentation, et ils succombèrent. Puis ils partirent avec leurs gens à Badr et y furent tous tués. (MENTION DU BUTIN À BADR ET DES PRISONNIERS) Ensuite, l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) ordonna que ce qui était dans le camp, de ce que les gens avaient rassemblé, soit réuni. Les musulmans divergèrent à son sujet. Ceux qui l’avaient rassemblé dirent : « Il est à nous. » Ceux qui combattaient l’ennemi et le poursuivaient dirent : « Par Dieu, sans nous, vous ne l’auriez pas obtenu ; c’est nous qui avons occupé les gens loin de vous jusqu’à ce que vous obteniez ce que vous avez obtenu. » Ceux qui gardaient l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) par crainte que l’ennemi ne l’attaque par surprise dirent : « Par Dieu, vous n’y avez pas plus droit que nous. Par Dieu, nous avons vu que nous tuions l’ennemi lorsque Dieu Très-Haut nous a donné l’avantage sur lui, et nous avons vu que nous prenions les biens alors que personne ne les défendait, mais nous avons craint pour l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) un retour de l’ennemi, et nous nous sommes tenus devant lui. Vous n’y avez donc pas plus droit que nous. » Ibn Ishâq a dit : ‘Abd ar-Rahmân ibn al-Hârith et d’autres de nos compagnons m’ont rapporté d’après Sulaymân ibn Mûsâ, d’après Makhûl, d’après Aboû Umâma al-Bâhilî – son nom est Sudayy ibn ‘Ajlân selon Ibn Hichâm – qui a dit : J’ai interrogé ‘Ubâda ibn as-Sâmit au sujet des butins [anfâl], et il a dit : C’est à notre sujet, à nous les compagnons de Badr, que ce verset fut révélé lorsque nous divergâmes au sujet du butin et que nos caractères s’en trouvèrent mauvais. Dieu le retira de nos mains et le remit à Son Envoyé, et l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) le partagea entre les musulmans également [‘an bawâ’], c’est-à-dire en parts égales.
Ibn Isḥāq a dit : ‘Abd Allāh ibn Abī Bakr m’a raconté, d’après certains Banū Sā‘ida, d’après Abū Usayd as-Sā‘idī Mālik ibn Rabī‘a, qui a dit : “J’ai pris l’épée des Banū ‘Ā’idh 188 al-Makhzūmiyyīn, appelée al-Marzubān 189, le jour de Badr. Lorsque l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) ordonna aux gens de restituer ce qu’ils avaient en main comme butin, je vins et la jetai dans le butin.” Il dit : “L’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) ne refusait rien de ce qu’on lui demandait. Al-Arqam ibn Abī l-Arqam la reconnut et la demanda à l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), qui la lui donna.” (Envoi d’Ibn Rawāḥa et de Zayd comme annonciateurs) Ibn Isḥāq a dit : “Puis l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), lors de la conquête, envoya ‘Abd Allāh ibn Rawāḥa comme annonciateur aux habitants de la ‘Āliya 190 de ce que Dieu (Puissant et Majestueux) avait accordé à Son Envoyé et aux musulmans, et envoya Zayd ibn Ḥāritha aux habitants de la Sāfila 191. Usāma ibn Zayd a dit : “La nouvelle nous parvint – alors que nous avions nivelé la terre sur Ruqayya, fille de l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), qui était chez ‘Uthmān ibn ‘Affān ; l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) m’avait laissé avec elle auprès de ‘Uthmān – que Zayd ibn Ḥāritha était arrivé.” Il dit : “J’allai à lui alors qu’il se tenait à la Muṣallā 192, entouré de gens, et il disait : ‘‘Utba ibn Rabī‘a, Shayba ibn Rabī‘a, Abū Jahl ibn Hishām, Zam‘a ibn al-Aswad, Abū l-Bakhtarī al-‘Āṣ ibn Hishām, Umayya ibn Khalaf, et Nubayh et Munabbih, fils d’al-Ḥajjāj, ont été tués.’” Il dit : “Je dis : ‘Ô père, est-ce vrai ?’ Il dit : ‘Oui, par Dieu, mon fils.’” (Retour de l’Envoyé de Dieu de Badr) Puis l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) revint vers Médine avec les captifs parmi les associateurs, parmi lesquels ‘Uqba ibn Abī Mu‘ayṭ et an-Naḍr ibn al-Ḥārith. L’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) emporta avec lui le butin pris aux associateurs, et mit à la tête du butin ‘Abd Allāh ibn Ka‘b ibn ‘Amr ibn ‘Awf ibn Mabdhūl ibn ‘Amr ibn Ghanm ibn Māzin ibn an-Najjār. Un poète parmi les musulmans – Ibn Hishām dit : on dit que c’était ‘Adī ibn Abī z-Zaghbā’ – dit : “Dirige leurs poitrines, ô Basbas 193 ! Il n’y a pas pour elle de halte près du talḥ 194, Ni dans le désert de Ghumayr 195 de séjour ; Les montures du peuple ne sont pas retenues 196. Les porter sur la route est plus sage. Dieu a donné la victoire, et al-Akhnas 197 a fui.” Puis l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) revint – jusqu’à ce que, lorsqu’il sortit du défilé d’aṣ-Ṣafrā’, il descendit sur une colline entre le défilé et an-Nāziya – appelée Sayr – près d’un arbre (sarḥa) qui s’y trouvait. Il partagea là le butin que Dieu avait accordé aux musulmans de la part des associateurs, en parts égales. Puis l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) partit, jusqu’à ce que, lorsqu’il fut à ar-Rawḥā’, les musulmans vinrent à sa rencontre pour le féliciter de ce que Dieu avait accordé à lui et aux musulmans avec lui. Salama ibn Salāma leur dit – comme me l’ont raconté ‘Āṣim ibn ‘Umar ibn Qatāda et Yazīd ibn Rūmān – : “De quoi nous félicitez-vous ? Par Dieu, nous n’avons rencontré que des vieilles femmes chauves, comme des chamelles entravées 198, et nous les avons égorgées.” L’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) sourit, puis dit : “Ô fils de mon frère, ce sont les notables (al-mala’).” Ibn Hishām dit : “al-mala’ : les nobles et les chefs.” (Meurtre d’an-Naḍr et de ‘Uqba) Ibn Isḥāq a dit : “Lorsque l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) fut à aṣ-Ṣafrā’, an-Naḍr ibn al-Ḥārith fut tué ; ‘Alī ibn Abī Ṭālib le tua, comme me l’a rapporté un savant de La Mecque.” Ibn Isḥāq a dit : “Puis il partit, jusqu’à ce que, lorsqu’il fut à ‘Irq aẓ-Ẓabya 199, ‘Uqba ibn Abī Mu‘ayṭ fut tué.” Ibn Hishām dit : “‘Irq aẓ-Ẓabya vient d’autres qu’Ibn Isḥāq.” Ibn Isḥāq a dit : “Celui qui avait capturé ‘Uqba était ‘Abd Allāh ibn Salima 200, un des Banū l-‘Ajlān.” Ibn Isḥāq a dit : “Lorsque l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) ordonna de le tuer, ‘Uqba dit : ‘Qui s’occupera des enfants, ô Muḥammad ?’ Il dit : ‘Le Feu.’ ‘Āṣim ibn Thābit ibn Abī l-Aqlaḥ al-Anṣārī, frère des Banū ‘Amr ibn ‘Awf, le tua, comme me l’a raconté Abū ‘Ubayda ibn Muḥammad ibn ‘Ammār ibn Yāsir.” Ibn Hishām dit : “On dit que ‘Alī ibn Abī Ṭālib le tua, d’après ce que m’ont rapporté Ibn Shihāb az-Zuhrī et d’autres savants.” Ibn Isḥāq a dit : “En ce lieu, Abū Hind, affranchi de Farwa ibn ‘Amr al-Bayyāḍī, rencontra l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) avec une outre (ḥamīt) pleine de ḥays 201.” Ibn Hishām dit : “al-ḥamīt : l’outre. Il s’était absenté de Badr, puis assista à toutes les expéditions avec l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). C’était le ḥajjām 202 de l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). L’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dit : ‘Ce n’est qu’Abū Hind, un homme des Anṣār ; mariez-le et mariez-vous à lui.’ Ils le firent.” Ibn Isḥāq a dit : “Puis l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) poursuivit jusqu’à arriver à Médine un jour avant les captifs.” Ibn Isḥāq a dit : “ ‘Abd Allāh ibn Abī Bakr m’a raconté que Yaḥyā ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Abd ar-Raḥmān ibn As‘ad 203 ibn Zurāra a dit : ‘Les captifs furent amenés lorsqu’ils furent amenés, alors que Sawda bint Zam‘a, épouse du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue), était chez les Āl ‘Afrā’, dans leur deuil pour ‘Awf et Mu‘awwidh, fils de ‘Afrā’. Cela se passait avant que le voile ne leur fût imposé.’” Il dit : “Sawda dit : ‘Par Dieu, j’étais chez eux quand on vint nous dire : “Voici les captifs, on les a amenés.”’ Elle dit : ‘Je retournai chez moi, où se trouvait l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), et voilà qu’Abū Yazīd Suhayl ibn ‘Amr était dans un coin de la chambre, les mains liées à son cou par une corde.’ Elle dit : ‘Par Dieu, je ne pus me retenir, quand je vis Abū Yazīd dans cet état, de dire : “Ô Abū Yazīd, vous vous êtes rendus ! Que n’êtes-vous morts noblement ?” Par Dieu, seul m’a fait reprendre conscience la parole de l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) depuis la maison : “Ô Sawda, est-ce contre Dieu et Son Envoyé que tu incites ?”’ Elle dit : ‘Je dis : “Ô Envoyé de Dieu, par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, je ne pus me retenir, quand je vis Abū Yazīd les mains liées à son cou, de dire ce que j’ai dit.”’” Ibn Isḥāq a dit : “Nabīh ibn Wahb, frère des Banū ‘Abd ad-Dār, m’a raconté que l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), lorsqu’il revint avec les captifs, les répartit entre ses compagnons et dit : ‘Traitez bien les captifs.’” Il dit : “Abū ‘Azīz ibn ‘Umayr ibn Hāshim, frère de Mus‘ab ibn ‘Umayr par son père et sa mère, était parmi les captifs.” Il dit : “Abū ‘Azīz dit : ‘Mon frère Mus‘ab ibn ‘Umayr passa près de moi, alors qu’un homme des Anṣār me capturait, et dit : “Serre bien tes mains sur lui, car sa mère possède des biens ; peut-être te le rachètera-t-elle.”’ Il dit : ‘J’étais dans un groupe d’Anṣār lorsqu’ils m’emmenèrent de Badr. Quand ils présentaient leur déjeuner et leur dîner, ils me réservaient le pain et mangeaient les dattes, à cause de la recommandation de l’Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) à notre sujet. Il n’arrivait pas à l’un d’eux une bouchée de pain sans qu’il me la donne.’ Il dit : ‘J’avais honte et la rendais à l’un d’eux 204, mais il me la rendait sans l’avoir touchée.’” (Arrivée de la nouvelle du désastre des Quraysh à La Mecque) Ibn Hishām dit : “Abū ‘Azīz était le porte-étendard des associateurs à Badr après an-Naḍr ibn al-Ḥārith. Lorsque son frère Mus‘ab ibn ‘Umayr dit à Abū l-Yasar, qui l’avait capturé, ce qu’il dit, Abū ‘Azīz lui dit : ‘Ô mon frère, est-ce là ta recommandation pour moi ?’ Mus‘ab lui dit : ‘C’est mon frère, mais pas toi.’”
Sa mère demanda alors quelle était la plus haute rançon jamais payée pour un Qorayshite. On lui dit : « Quatre mille dirhams. » Elle envoya donc quatre mille dirhams et le racheta pour cette somme 205. Ibn Isḥāq dit : Le premier à arriver à La Mecque avec la nouvelle du désastre 206 des Qorayshites fut al-Jaysamān ibn ʿAbd Allāh al-Khuzāʿī. Ils lui dirent : « Qu’y a-t-il derrière toi ? » Il répondit : « ʿUtba ibn Rabīʿa, Shayba ibn Rabīʿa, Abū l-Ḥakam ibn Hishām, Umayya ibn Khalaf, Zamʿa ibn al-Aswad, Nubayh et Munabbih, les deux fils d’al-Ḥajjāj, et Abū l-Bakhtarī ibn Hishām ont été tués. » Lorsqu’il se mit à énumérer les nobles Qorayshites, Ṣafwān ibn Umayya, qui était assis dans le Ḥijr 207, dit : « Par Dieu, celui-ci ne raisonne pas ; demandez-lui donc à mon sujet. » Ils dirent : « Et qu’a fait Ṣafwān ibn Umayya ? » Il répondit : « Le voici assis dans le Ḥijr ; par Dieu, j’ai vu son père et son frère au moment où ils furent tués. » Ibn Isḥāq dit : Ḥusayn ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUbayd Allāh ibn ʿAbbās m’a raconté, d’après ʿIkrima, l’affranchi d’Ibn ʿAbbās, qui a dit : Abū Rāfiʿ, l’affranchi du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), a dit : J’étais un jeune esclave de ʿAbbās ibn ʿAbd al-Muṭṭalib. L’islam était entré dans notre maison : ʿAbbās s’était converti, Umm al-Faḍl s’était convertie, et je m’étais converti. Mais ʿAbbās craignait son peuple et répugnait à s’opposer à eux ; il cachait donc sa conversion. Il possédait de grandes richesses dispersées parmi son peuple. Abū Lahab, quant à lui, s’était abstenu de participer à Badr ; il avait envoyé à sa place al-ʿĀṣī ibn Hishām ibn al-Mughīra. C’est ainsi qu’ils agissaient : aucun homme ne s’abstenait sans en envoyer un autre à sa place. Lorsque la nouvelle du désastre des compagnons de Badr parmi les Qorayshites lui parvint, Dieu l’accabla 208 et l’humilia. Quant à nous, nous trouvâmes en nous-mêmes force et puissance. Il dit : J’étais un homme faible, et je fabriquais des gobelets en bois, que je sculptais dans la chambre de Zamzam 209. Par Dieu, alors que j’étais assis là à sculpter mes gobelets, avec Umm al-Faḍl assise près de moi, et que la nouvelle qui nous était parvenue nous avait réjouis, voilà qu’Abū Lahab arriva, traînant les pieds de colère, jusqu’à s’asseoir sur le bord 210 de la chambre. Son dos était tourné vers le mien. Pendant qu’il était assis, les gens dirent : « Voici Abū Sufyān ibn al-Ḥārith ibn ʿAbd al-Muṭṭalib » – Ibn Hishām dit : le nom d’Abū Sufyān est al-Mughīra – « il est arrivé. » Abū Lahab dit alors : « Viens à moi ; par ma vie, tu as la nouvelle. » Il s’assit donc près de lui, tandis que les gens se tenaient debout autour d’eux. Il dit : « Ô fils de mon frère, informe-moi de ce qu’il en fut de l’affaire des gens. » Il répondit : « Par Dieu, il n’y eut rien d’autre : nous rencontrâmes les gens, et ils nous tournèrent le dos ; ils nous menaient comme ils voulaient et nous faisaient prisonniers comme ils voulaient. Et, par Dieu, malgré cela, je ne blâme pas les gens : nous rencontrâmes des hommes blancs, montés sur des chevaux pie, entre ciel et terre. Par Dieu, rien ne leur résistait 211 et rien ne tenait devant eux. » Abū Rāfiʿ dit : Je soulevai alors le bord de la chambre de mes deux mains, puis je dis : « Ce sont, par Dieu, les anges ! » Il dit : Abū Lahab leva la main et me frappa violemment le visage. Il dit : Je me jetai sur lui, mais il me souleva et me jeta à terre, puis s’agenouilla sur moi et me frappa – j’étais un homme faible. Umm al-Faḍl se leva alors, prit un des poteaux de la chambre, le saisit et l’en frappa, lui infligeant une grave blessure à la tête 212, et dit : « Tu le prends pour faible parce que son maître est absent ! » Il se leva alors, s’en allant humilié. Par Dieu, il ne vécut que sept nuits, puis Dieu l’atteignit de la pustule 213 qui le tua. (La lamentation des Qorayshites sur leurs morts) Ibn Isḥāq dit : Yaḥyā ibn ʿAbbād ibn ʿAbd Allāh ibn al-Zubayr m’a raconté, d’après son père ʿAbbād, qui a dit : Les Qorayshites se lamentèrent sur leurs morts, puis ils dirent : « Ne faites pas cela, car cela parviendrait à Muḥammad. »
- yunkifukumūhā : Butin : terme coranique désignant le butin de guerre accordé par Allah aux croyants.
- yataḥassasu : Chercher à s'informer discrètement, espionner.
- afẓa‘atnī : M'a terrifiée, m'a remplie d'effroi.
- iktum ‘annī : Garde-moi le secret, ne divulgue pas ce que je te dis.
- al-Abṭaḥ : Lieu à La Mecque, près de la vallée, où se tenaient les assemblées.
- yā la-ghudar : Ô Ghudar : expression d'appel à un groupe, peut-être une tribu ou un clan, signifiant 'ô traîtres' ou 'ô gens de Ghudar'.
- al-Masjid : La Mosquée sacrée de La Mecque (al-Masjid al-Ḥarām).
- mathala bihī : Le porta, le fit monter (le chameau le porta sur son dos).
- Abū Qubays : Montagne à La Mecque, près de la Ka‘ba.
- irfaḍḍat : Se brisa, se fragmenta en morceaux.
- al-Bayt : La Maison sacrée, c'est-à-dire la Ka‘ba.
- al-nabiyya : Prophétesse : terme ironique utilisé par Abû Jahl pour se moquer de ‘Âtika.
- ghiyar : Réaction, changement d'attitude, riposte.
- jadda‘a ba‘īrahū : Mutila son chameau (en lui coupant une oreille ou le nez) en signe de détresse et d'urgence.
- Ibn al-Ḥaḍramī : Personnage dont la caravane avait été interceptée auparavant par les musulmans.
- aw‘abat : Se mobilisa en masse, partit avec toutes ses forces.
- lāṭa : Prêta, avança de l'argent (ici, Abû Lahab avait prêté de l'argent à al-‘Âsî).
- mijmara : Encensoir, brûle-parfum.
- Ḍajnān : Nom d'un lieu situé entre La Mecque et Médine.
- Marr aẓ-Ẓahrān : Vallée située à environ 20 km de La Mecque, sur la route de Médine.
- farāfir : Ici, l'épée. Le terme peut aussi désigner un homme ambidextre.
- 'ayhab : Homme dépourvu de raison, ou faible, incapable d'obtenir vengeance.
- al-'Uqāb : Nom de la bannière du Prophète, signifiant 'l'aigle'.
- al-Rawhâ' : Lieu situé entre La Mecque et Médine, à environ 40 km de Médine.
- al-Munsaraf : Lieu-dit sur la route de Badr.
- al-Nâziya : Colline ou lieu-dit sur la route de Badr.
- Ruhqân : Nom d'une vallée.
- al-Safrâ' : Vallée située entre La Mecque et Médine.
- Basbas : Compagnon du Prophète, éclaireur à Badr.
- 'Adî ibn Abî al-Zaghbâ' : Compagnon du Prophète, éclaireur à Badr.
- Muslih : Nom d'une montagne ; signifie "celui qui réforme".
- Mukhri' : Nom d'une montagne ; signifie "celui qui souille".
- Banû al-Nâr et Banû Hurâq : Clans des Banû Ghifâr ; leurs noms évoquent le feu et la brûlure.
- Dhafirân : Vallée sur la route de Badr.
- Coran 5:24 : Paroles des Enfants d'Israël à Moïse.
- Bark al-Ghimâd : Lieu très éloigné, au Yémen ; expression pour dire "jusqu'au bout du monde".
- Ansâr : Les "auxiliaires" musulmans de Médine.
- al-'Aqaba : Lieu près de La Mecque où les Ansâr prêtèrent serment au Prophète.
- al-Asâfir : Cols ou défilés sur la route de Badr.
- al-Dabba : Lieu-dit ; signifie "la tortue" ou "le lézard".
- al-Hannân : Grande dune de sable.
- porteurs d'eau : Esclaves chargés d'approvisionner en eau.
- mis à mal : Frappés jusqu'à ce qu'ils avouent ce qu'on voulait.
- al-'Aqanqal : Dune de sable ou colline.
- morceaux de foie : Métaphore désignant les chefs et nobles quraychites.
- شَنّ : Outre en cuir pour transporter l'eau.
- الْحَاضِر : Le campement ou la localité où se trouvent les gens.
- يَتَلَازَمَان : Se disputent ou se querellent.
- الْمَلْزُومَة : Celle qui réclame son dû.
- سَاحَل : Longer la côte, prendre la route côtière.
- نَضْح : Éclaboussure ou giclée de sang.
- الْقِيَان : Chanteuses esclaves qui jouaient d'instruments.
- اجْعَلُوا لِي جُبْنَهَا : Attribuez-moi leur lâcheté, c'est-à-dire considérez que c'est par lâcheté que je vous conseille de retourner.
- ضَيْعَة : Bien, domaine ou nécessité.
- الْقُلُب : Puits (pluriel de قَلِيب).
- دَهْس : Sol poussiéreux ou terre meuble.
- مَا : Particle signifiant 'ce qui' ou 'une quantité de'.
- نُغَوِّر : Combler ou rendre inutilisable (les puits).
- عَرِيش : Hutte ou abri fait de branches.
- العقنقل : Dune de sable, colline sablonneuse.
- خيلاء : Arrogance, orgueil, ostentation.
- تحاد : Défier, s'opposer, lutter contre.
- أحنهم : Anéantis-les, détruis-les (invocation).
- جزائر : Chamelles de sacrifice, offertes en cadeau.
- احزروا : Estimez, évaluez, comptez.
- البلايا : Montures de charge, bêtes de somme.
- النواضح : Chamelles porteuses d'eau.
- الموت الناقع : Mort fatale, inéluctable.
- يشجر : Diviser, semer la discorde.
- نثل : Sortir, vider (une cotte de mailles de son fourreau).
- يهنئها : Ajuster, préparer (une arme).
- سحر : Poumon, ou ce qui l'entoure, attaché à la gorge au-dessus du nombril.
- أكلة جزور : Mangeurs de chamelle, expression méprisante désignant des gens de peu.
- خفرة : Protection, pacte de protection, alliance.
- حَقِبَ : S'engager, s'impliquer dans une affaire.
- استوسقوا : Se rassembler, se réunir.
- مصفّر استه : Celui qui se nettoie le derrière, expression insultante.
- اعتجر : S'envelopper la tête d'un turban ou d'un vêtement.
- أطن : Trancher, couper net.
- تشخب : Couler abondamment, jaillir (sang).
- زعم : Selon ce qu'on rapporte, il est dit que.
- athbata ṣāḥibahu : Chacun blessa son adversaire, le mettant hors de combat.
- dhaffafā : Ils lui portèrent le coup de grâce.
- fanḍūhum : Repoussez-les en tirant des flèches.
- al-ʿarīsh : Hutte ou abri fait de branchages, servant de poste de commandement.
- qidḥ : Flèche ou bâton utilisé pour aligner les rangs.
- Sawād, muṯaqqala : Le nom Sawād avec une consonne redoublée (tashdīd).
- Sawād, mukhaffaf : Le nom Sawād sans redoublement, parmi les Anṣār.
- mustantil : Qui dépasse du rang, qui avance.
- mustanṣil : Variante : qui sort du rang.
- aqidnī : Fais-moi subir la peine du talion (ici, rends-moi la pareille en me frappant).
- yunāshidu : Implorer avec insistance, supplier.
- khafaqa : Somnoler, s’assoupir légèrement.
- al-naqʿ : Poussière soulevée par la course.
- ṣābiran muḥtasiban : Patient et comptant sur la récompense divine.
- bakh bakh : Exclamation de joie ou d’admiration, signifiant « Bien ! Bien ! » ou « Quelle bonne nouvelle ! »
- mā yuḍḥiku : Ce qui fait rire (ici, au sens de ce qui réjouit Dieu).
- fa-aḥinhu : Inflige-lui une défaite ou une humiliation.
- al-mustaftiḥ : Celui qui ouvre le jugement, qui invoque Dieu pour qu’Il tranche.
- la-ka'annaka : Il me semble que tu… (expression de supposition).
- āba'anā wa abnā'anā wa ikhwananā : Nos pères, nos fils et nos frères (pluriel).
- la-ulḥimannahu : Je le transpercerai (litt. je lui ferai avaler l’épée).
- la-uljimannahu : Je le frapperai au visage (litt. je lui mettrai un mors).
- Abū Ḥafṣ : Surnom de 'Umar ibn al-Khaṭṭāb, signifiant 'père de Ḥafṣ'.
- al-Yamāma : Bataille contre les faux prophètes, notamment Musaylima, en 632.
- Ibn Isḥāq : Célèbre historien et biographe du Prophète (m. 767).
- Abū l-Bakhtarī : Al-'Āṣ ibn Hishām, un Qurayshite qui avait protégé le Prophète à La Mecque.
- pacte : Le boycott des Banū Hāshim par les Qurayshites.
- al-Mujadhdhar : Compagnon, nommé Mujadhdhar ibn Dhīyād al-Balawī.
- Anṣār : Les 'auxiliaires' de Médine ayant accueilli le Prophète.
- compagnon de route : Zamīl, celui avec qui on partage la monture.
- rajaz : Mètre poétique arabe, souvent utilisé pour les improvisations guerrières.
- Balī : Tribu arabe, dont al-Mujadhdhar est originaire.
- lances yazaniyya : Lances fabriquées au Yémen, réputées pour leur qualité.
- Banū : Fils de, désignant une tribu.
- ṣa'da : Lance droite et fine.
- mashrafī : Sabre de fabrication yéménite, de haute qualité.
- chamelle difficile à traire : Métaphore pour un grondement sourd et continu.
- entaille : Fariy, action de couper ou tailler.
- Ibn Hishām : Éditeur de la Sīra d'Ibn Isḥāq (m. 833).
- refusé : Le texte arabe porte 'fa-abā' (il refusa).
- Hishām : Ibn Hishām corrige le nom du père d'Abū l-Bakhtarī.
- Umayya ibn Khalaf : Chef qurayshite, ennemi de l'islam, tué à Badr.
- 'Abd al-Raḥmān ibn 'Awf : Compagnon éminent, l'un des dix promis au Paradis.
- al-Raḥmān : Nom divin signifiant 'le Tout-Miséricordieux', inconnu des polythéistes.
- Abū 'Alī : Surnom d'Umayya ibn Khalaf.
- 'Abd al-Ilāh : Serviteur d'Allah, nom acceptable pour un polythéiste.
- cottes de mailles : Armures en mailles, butin de guerre.
- voici : Expression 'hā Allāhi dhā' signifiant 'par Allah, voici'.
- lait : Allusion à la rançon en chameaux laitiers.
- Sa'd : Sa'd ibn Ibrāhīm, traditionniste médinois.
- son père : Ibrāhīm ibn 'Abd al-Raḥmān ibn 'Awf.
- Ḥamza : Oncle du Prophète, tué à Uhud.
- Bilāl : Premier muezzin de l'islam, ancien esclave abyssin.
- sol brûlant : Ramḍā', sable chauffé par le soleil.
- Un, Un : Profession de foi en l'unicité divine.
- Que je ne sois pas sauvé s'il est sauvé : Serment signifiant qu'il ne survivra pas si Umayya survit.
- mes deux prisonniers : Umayya et son fils, que 'Abd al-Raḥmān avait capturés.
- fils de la Noire : Insulte raciste visant Bilāl, dont la mère était noire.
- muska : Petite outre en cuir, métaphore pour un espace très resserré.
- dégaina : Akhlafa as-sayf, tirer l'épée du fourreau.
- il n'y a pas de salut pour toi : Lā najā'a bika, tu es perdu.
- tailladèrent : Habara, couper en morceaux.
- Ibn 'Abbās : Compagnon et exégète du Coran, cousin du Prophète.
- Banū Ghifār : Tribu arabe, dont certains membres étaient encore polythéistes.
- associateurs : Polythéistes qui associent d'autres divinités à Allah.
- défaite : Ad-dabra, la déroute.
- Ḥayzūm : Nom du cheval de l'ange Gabriel, selon la tradition.
- Banū Sā'ida : Tribu des Anṣār.
- Abū Usayd : Compagnon, Mālik ibn Rabī'a, ayant participé à Badr.
- Banū Māzin ibn al-Najjār : Tribu des Anṣār.
- Abū Dāwūd al-Māzinī : Compagnon, nommé 'Amr ibn 'Uways ou similaire.
- sīmā : Signe distinctif, marque ou insigne permettant d'identifier les anges.
- yartajizu : Scander des vers de combat (rajaz), une forme de poésie guerrière.
- al-ḥarb al-‘awān : La guerre acharnée, littéralement 'la guerre qui revient' ou 'la guerre intense'.
- shi‘ār : Cri de ralliement ou mot de passe utilisé par les combattants pour se reconnaître.
- ḥaraja : Bosquet d'arbres touffus et impénétrables.
- mirḍakha : Instrument pour broyer les noyaux de dattes.
- ‘aqīr : Abattu, blessé mortellement, incapable de se défendre.
- jaḥasha : Écorcher ou égratigner la peau.
- ḍabatha : Saisir fermement, agripper.
- yabḥathu baḥtha al-thawri birawqihi : Creuser comme un taureau avec ses cornes, expression décrivant une action violente et désordonnée.
- ḥāda ‘anhu : S'écarter de lui, l'éviter.
- jidhl : Morceau de bois, bûche ou tison.
- al-‘Awn : Nom de l'épée, signifiant 'le Secours' ou 'l'Aide'.
- al-ridda : L'apostasie, désignant les guerres contre les tribus ayant renié l'islam après la mort du Prophète.
- adhāwud : Pluriel de dhawd, petit troupeau de brebis ou de chèvres.
- Ḥibāl : Fils de Ṭulayḥa ibn Khuwaylid, tué lors de la bataille.
- al-ḥimāla : Chamelle de charge, utilisée pour porter des fardeaux.
- ḥijāl : Tentes ou rideaux de tente.
- baradat al-da‘wa : L'invocation est refroidie, expression signifiant que l'invocation a été exaucée et ne peut plus être répétée pour un autre.
- shikka wa ya‘būb wa ṣārim : Termes désignant respectivement une lance, un cheval rapide et un sabre tranchant.
- al-qalīb : Puits, ici le puits de Badr où furent jetés les corps des polythéistes tués.
- yuḥarrikūhu : Le déplacer, le bouger.
- tazāyala : Se désagrégea, se sépara (la chair des os).
- laqad ‘alimū : Ils ont su ; ‘Â’isha précise que le Prophète n’a pas dit qu’ils entendaient, mais qu’ils savaient.
- jayyafū : Ils sont devenus des charognes, c’est-à-dire des cadavres en putréfaction.
- al-kathīb : Dune de sable ; lieu-dit.
- al-wasmī : Pluie du printemps, pluie bénéfique.
- yabāban : Déserte, vide d’habitants.
- Ḥirā’ : Montagne près de La Mecque où le Prophète recevait la révélation.
- lafḥ al-ḥurūb : L’ardeur, la chaleur des combats.
- khāẓī al-ku‘ūb : Aux nœuds rugueux, qualificatif d’une épée solide.
- aṣ-ṣalīb : Ferme, solide (dans la religion).
- al-jabūb : Le sol, la terre.
- kabākiba : En tas, en groupes entassés.
- fitya musammīn : Jeunes gens nommés, désignés par leurs noms.
- Banū ‘Ā’idh : Clan de la tribu des Quraysh, branche des Makhzūm.
- al-Marzubān : Épée renommée ; le terme signifie ‘gouverneur’ ou ‘chef’ en persan, utilisé comme nom d’épée.
- al-‘Āliya : La partie haute de Médine, région des collines.
- as-Sāfila : La partie basse de Médine, près de la vallée.
- al-Muṣallā : Lieu de prière en plein air, souvent à l’extérieur de la ville.
- Basbas : Nom d’un chameau ou surnom ; ici, interpellation poétique.
- aṭ-Ṭalḥ : Arbre du désert, souvent un acacia ou un tamaris.
- Ghumayr : Nom d’un lieu-dit près de Médine.
- tukhayyas : Verbe signifiant ‘être retenu’ ou ‘être rendu lent’ ; ici, les montures ne sont pas entravées.
- al-Akhnas : Surnom d’un Qurayshite, peut-être al-Akhnas ibn Sharīq, qui s’enfuit de Badr.
- al-budn al-mu‘aqqala : Chamelles grasses destinées au sacrifice, entravées pour être immolées ; métaphore des ennemis vaincus.
- ‘Irq aẓ-Ẓabya : Lieu-dit sur la route de Médine à La Mecque ; ‘Irq signifie ‘racine’ ou ‘veine’, et aẓ-Ẓabya ‘la gazelle’.
- ‘Abd Allāh ibn Salima : Compagnon, des Banū l-‘Ajlān, tribu des Anṣār.
- al-Ḥays : Mélange de dattes, de beurre clarifié et de farine ou de fromage sec, nourriture de voyage.
- al-Ḥajjām : Celui qui pratique la saignée (cupping), un métier médical traditionnel.
- Ibn As‘ad : Variante du nom ; le texte a ‘Ibn As‘ad’ mais pourrait être ‘Ibn Sa‘d’ ; As‘ad ibn Zurāra était un Anṣārī.
- fa-arudduhā ‘alā aḥadihim : Le texte dit ‘je la rendais à l’un d’eux’ ; le sens est qu’il la rendait par pudeur, mais ils insistaient.
- fadat-hu biha : Elle le racheta avec cette somme : pratique de rançonnement des prisonniers de guerre.
- bi-musab : Avec la nouvelle du désastre : littéralement 'avec ce qui a frappé' les Qorayshites à Badr.
- al-Hijr : Espace semi-circulaire attenant à la Kaaba, entre la Pierre Noire et la porte.
- kabatahu : Dieu l'accabla : terme signifiant une humiliation ou une défaite écrasante.
- hujrat Zamzam : Chambre de Zamzam : pièce ou espace près du puits de Zamzam à La Mecque.
- tunub : Bord ou extrémité de la chambre, peut-être une corde ou un rebord.
- ma tuliq shay'an : Rien ne leur résistait : littéralement 'rien ne s'attachait à eux', indiquant leur puissance.
- shajjat munkara : Blessure grave à la tête : une plaie ouverte et sérieuse.
- al-ʿadasa : Pustule : maladie infectieuse, peut-être la variole ou une tumeur.
Il mentionna la vision de 'Atika bint 'Abd al-Muttalib [1].
et ses Compagnons, afin qu'ils vous insultent. Ne vous hâtez pas de rançonner vos captifs avant de les avoir sondés 1, de peur que Muhammad et ses Compagnons ne soient trop exigeants envers vous pour la rançon." Il dit : Al-Aswad ibn al-Muttalib avait perdu trois de ses fils : Zam'a ibn al-Aswad, 'Uqayl ibn al-Aswad et al-Harith ibn Zam'a. Il aimait pleurer ses fils. Alors qu'il était ainsi, il entendit une pleureuse 2 dans la nuit. Il dit à son serviteur, car il avait perdu la vue : "Regarde si le deuil 3 a été déclaré : les Qurayshites pleurent-ils leurs morts ? Peut-être pourrai-je pleurer Abou Hakima 4, c'est-à-dire Zam'a, car mes entrailles sont brûlées." Le serviteur revint et dit : "Ce n'est qu'une femme qui pleure un chameau qu'elle a perdu." Alors al-Aswad dit : "Pleures-tu parce qu'elle a perdu un chameau, et l'insomnie l'empêche de dormir ? Ne pleure pas pour un chameau, mais pour Badr, où les destins 5 ont été écourtés. Pour Badr, les nobles des Banu Husays, de Makhzum et du clan d'Abou al-Walid. Pleure, si tu pleures, sur 'Uqayl, et pleure sur al-Harith, le lion des lions. Pleure-les tous sans les nommer, car Abou Hakima n'a pas d'égal. Certes, après eux, des hommes ont pris le pouvoir ; sans le jour de Badr, ils n'auraient pas dominé." Ibn Hisham dit : Ceci est un iqwa' 6, et c'est un poème célèbre parmi leurs poèmes. Selon nous, c'est un ikfa' 7. Nous avons omis de la narration d'Ibn Ishaq ce qui est plus célèbre que cela 8. Ibn Ishaq dit : Parmi les captifs se trouvait Abou Wada'a ibn Dubayra as-Sahmi. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dit : "Il a à La Mecque un fils avisé, commerçant et riche. Il me semble que vous le verrez bientôt venir demander la rançon de son père." Lorsque les Qurayshites dirent : "Ne vous hâtez pas de rançonner vos captifs, de peur que Muhammad et ses Compagnons ne soient trop exigeants envers vous", al-Muttalib ibn Abi Wada'a – celui que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) avait désigné – dit : "Vous dites vrai, ne vous hâtez pas." Il s'éclipsa de nuit, vint à Médine, prit son père pour quatre mille dirhams et l'emmena. (L'affaire de Suhayl ibn 'Amr et sa rançon) Il dit : Puis les Qurayshites envoyèrent quelqu'un pour la rançon des captifs. Mikraz ibn Hafs ibn al-Akhyaf vint pour la rançon de Suhayl ibn 'Amr. Celui qui l'avait capturé était Malik ibn ad-Dukhshum, frère des Banu Salim ibn 'Awf. Il dit : "J'ai capturé Suhayl, et je ne cherche aucun autre captif parmi tous les peuples. Khindif 9 sait que le jeune homme, son jeune homme, c'est Suhayl quand il est opprimé. J'ai frappé avec la lame 10 jusqu'à ce qu'il plie, et j'ai contraint mon âme à [aller] vers l'étendard 11." Suhayl avait une cicatrice 12 à la lèvre inférieure. Ibn Hisham dit : Certains spécialistes de la poésie contestent que ce poème soit de Malik ibn ad-Dukhshum. Ibn Ishaq dit : Muhammad ibn 'Amr ibn 'Ata', frère des Banu 'Amir ibn Lu'ayy, m'a raconté que 'Umar ibn al-Khattab dit au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) : "Ô Messager de Dieu, laisse-moi arracher les incisives de Suhayl ibn 'Amr et tirer sa langue 13, afin qu'il ne puisse jamais se lever comme orateur contre toi." Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dit : "Je ne le mutilerai pas, de peur que Dieu ne me mutile, même si je suis prophète." Ibn Ishaq dit : Il m'est parvenu que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dit à 'Umar dans ce hadith : "Il se peut qu'il se tienne dans une position où tu ne le blâmeras pas." Ibn Hisham dit : Je mentionnerai le hadith de cette position en son lieu, si Dieu le Très-Haut le veut. Ibn Ishaq dit : Lorsque Mikraz négocia avec eux et parvint à leur satisfaction, ils dirent : "Donne-nous ce qui nous revient." Il dit : "Mettez mon pied à la place du sien, et laissez-le partir jusqu'à ce qu'il vous envoie sa rançon." Ils libérèrent Suhayl et retinrent Mikraz à sa place. Alors Mikraz dit : "J'ai racheté par huit têtes de bétail 14 un jeune homme dont la rançon 15 atteint l'essentiel, non les alliés. J'ai engagé mes mains, alors que la richesse est plus facile que mes mains, mais j'ai craint les déshonneurs. J'ai dit : Suhayl est notre meilleur, emmenez-le donc pour nos fils jusqu'à ce que nous réalisions nos espoirs." Ibn Hisham dit : Certains spécialistes de la poésie contestent que ce poème soit de Mikraz. (La capture de 'Amr ibn Abi Sufyan et sa libération) Ibn Ishaq dit : 'Abdullah ibn Abi Bakr m'a raconté que 'Amr ibn Abi Sufyan ibn Harb – il était le fils de Bint 'Uqba ibn Abi Mu'ayt – Ibn Hisham dit : La mère de 'Amr ibn Abi Sufyan était Bint Abi 'Amr, sœur d'Abi Mu'ayt ibn Abi 'Amr – était captif entre les mains du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), parmi les captifs de Badr. Ibn Hisham dit : 'Ali ibn Abi Talib l'avait capturé. Ibn Ishaq dit : 'Abdullah ibn Abi Bakr m'a raconté qu'on dit à Abi Sufyan : "Rançonne ton fils 'Amr." Il dit : "Mon sang et mon bien seraient-ils réunis 16 ? Ils ont tué Hanzala, et je rançonnerais 'Amr ? Laissez-le entre leurs mains, qu'ils le retiennent aussi longtemps qu'ils voudront." Il dit : Alors qu'il était ainsi détenu à Médine chez le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), Sa'd ibn an-Nu'man ibn Akkal, frère des Banu 'Amr ibn 'Awf puis l'un des Banu Mu'awiya, partit pour la 'Umra 17 avec une chamelle 18 à lui. C'était un vieillard musulman, avec ses moutons à an-Naqi' 19. Il partit de là pour la 'Umra, sans craindre ce qui lui arriverait, car il ne pensait pas être retenu à La Mecque ; il venait seulement pour la 'Umra. Il avait connu que les Qurayshites ne s'en prenaient à personne venu en pèlerinage ou en 'Umra, sauf pour lui faire du bien. Mais Abou Sufyan ibn Harb l'attaqua à La Mecque et le retint en otage pour son fils 'Amr. Puis Abou Sufyan dit : "Ô clan d'Ibn Akkal, répondez à son appel : vous vous êtes engagés à ne pas livrer le noble vieillard. Car les Banu 'Amr sont vils et humiliés, s'ils ne brisent pas les chaînes de leur captif." Hassan ibn Thabit lui répondit : "Si Sa'd, le jour de La Mecque, avait été libre, il aurait multiplié parmi vous les meurtres avant d'être capturé, Avec une épée tranchante ou un arc en nab' 20 qui gémit quand on le bande et lance les flèches." Les Banu 'Amr ibn 'Awf allèrent trouver le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), l'informèrent de son sort et lui demandèrent de leur donner 'Amr ibn Abi Sufyan pour libérer leur compagnon. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) le fit. Ils l'envoyèrent à Abou Sufyan, qui libéra Sa'd. (La capture d'Abou al-'As ibn ar-Rabi') Ibn Ishaq dit : Parmi les captifs se trouvait Abou al-'As ibn ar-Rabi' ibn 'Abd al-'Uzza ibn 'Abd Shams, le gendre du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) et l'époux de sa fille Zaynab. Ibn Hisham dit : Il fut capturé par Khirash 21 ibn as-Simma, l'un des Banu Haram. (La raison du mariage d'Abou al-'As avec Zaynab) Ibn Ishaq dit : Abou al-'As était parmi les hommes notables de La Mecque par sa richesse, sa loyauté et son commerce. Il était le fils de Hala bint Khuwaylid, et Khadija était sa tante maternelle. Khadija demanda au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) de la marier à lui, et le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) ne la contredisait pas. Cela se passa avant la révélation. Il la maria donc à lui, et elle le considérait comme son propre fils. Lorsque Dieu honora Son Messager (que Dieu le bénisse et le salue) par la prophétie, Khadija et ses filles crurent en lui, le confirmèrent, attestèrent que ce qu'il apportait était la vérité, adoptèrent sa religion, tandis qu'Abou al-'As persista dans son polythéisme. (Effort des Qurayshites pour faire divorcer les filles du Messager de leurs époux)
Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avait marié 'Utba ibn Abi Lahab à Ruqayya ou Umm Kulthum 22. Lorsqu'il défia les Quraysh 23 par l'ordre de Dieu Très-Haut et par l'hostilité, ils dirent : « Vous avez déchargé Muhammad de son souci ; rendez-lui donc ses filles, et occupez-le par elles. » Ils allèrent alors trouver Abou al-'As 24 et lui dirent : « Quitte ta compagne, et nous te marierons à n'importe quelle femme de Quraysh que tu voudras. » Il répondit : « Non, par Dieu ! Je ne quitterai pas ma compagne, et je n'aimerais pas avoir en échange de ma femme une femme de Quraysh. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — faisait son éloge au sujet de son alliance matrimoniale, autant qu'il m'est parvenu. Puis ils allèrent trouver 'Utba ibn Abi Lahab et lui dirent : « Répudie la fille de Muhammad, et nous te marierons à n'importe quelle femme de Quraysh que tu voudras. » Il dit : « Si vous me mariez à la fille d'Abān ibn Sa'īd ibn al-'Ās, ou à la fille de Sa'īd ibn al-'Ās, je la répudierai. » Ils le marièrent donc à la fille de Sa'īd ibn al-'Ās, et il la répudia sans avoir consommé le mariage. Dieu la fit ainsi sortir de sa main, en son honneur et pour son humiliation, et 'Uthmān ibn 'Affān l'épousa après lui. (Abou al-'As chez le Messager et l'envoi de Zaynab pour sa rançon) Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ne rendait rien licite ni illicite à La Mecque, étant dominé dans sa situation. L'islam avait séparé Zaynab, fille du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lorsqu'elle embrassa l'islam, d'avec Abou al-'As ibn al-Rabī', mais le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ne pouvait les séparer. Elle demeura donc avec lui, elle dans son islam et lui dans son polythéisme, jusqu'à ce que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — émigrât. Lorsque les Quraysh en vinrent à Badr, Abou al-'As ibn al-Rabī' les rejoignit.
- tasta'nū : Littéralement : 'vous les sondiez' ou 'vous attendiez d'eux'. Ici, il s'agit de prendre son temps pour évaluer la situation avant de fixer la rançon.
- nā'iḥa : Pleureuse professionnelle qui se lamentait lors des funérailles.
- an-nahb : Le deuil officiel, la lamentation collective sur les morts.
- Abī Ḥakīma : Surnom de Zam'a ibn al-Aswad, l'un des fils d'al-Aswad.
- al-judūd : Pluriel de jadd, qui peut signifier 'destin', 'fortune' ou 'grandeur'. Ici, il s'agit des destins écourtés par la mort à Badr.
- iqwā' : Défaut de rime dans un poème, où la rime change de lettre finale.
- ikfā' : Défaut de rime où la consonne finale reste la même mais la voyelle change.
- ashhar min hādhā : Ibn Hisham indique qu'il a omis un passage plus célèbre de la narration d'Ibn Ishaq, probablement pour éviter des répétitions.
- Khindif : Ancêtre éponyme de la tribu de Quraysh, souvent utilisé pour désigner les Qurayshites.
- bi-dhī ash-shafr : Avec la lame (de l'épée).
- dhī al-‘alam : L'étendard, symbole de la bataille.
- a‘lam : Cicatrice ou marque distinctive.
- yadla‘u lisānahu : Tirer la langue, ici pour l'empêcher de parler.
- adhwād thamānin sibā fatā : Huit têtes de bétail (chameaux ou moutons) pour un jeune homme.
- ghurmuhā : Sa rançon, le prix à payer.
- ayujma‘u ‘alayya damī wa mālī : Expression signifiant que son sang (la mort de son fils Hanzala) et son argent (la rançon) ne doivent pas être réunis.
- mu‘tamiran : Accomplissant la 'Umra, le petit pèlerinage à La Mecque.
- murayya : Diminutif de 'chamelle'.
- an-Naqī‘ : Lieu près de Médine.
- nab‘a : Arbre dont on fabrique les arcs.
- Khirāsh : Nom propre, compagnon qui captura Abou al-'As.
- Ruqayya ou Umm Kulthum : Filles du Prophète Muhammad. Le texte hésite entre les deux.
- Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- Abou al-'As : Abou al-'As ibn al-Rabī', époux de Zaynab, fille du Prophète, et non encore converti à l'époque.
Le départ de Zaynab pour Médine [1]
Il fut fait prisonnier parmi les captifs le jour de Badr, et il se trouvait à Médine auprès du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue. Ibn Ishaq dit : Yahya ibn 'Abbad ibn 'Abd Allah ibn az-Zubayr m'a raconté, d'après son père 'Abbad, d'après 'Aïcha, qui a dit : Lorsque les gens de La Mecque envoyèrent pour la rançon de leurs prisonniers, Zaynab, fille du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, envoya pour la rançon d'Abu al-'As ibn ar-Rabi' des biens, et elle envoya avec cela un collier qui lui appartenait, que Khadija avait mis à elle lorsqu'elle l'avait donnée à Abu al-'As au moment de son mariage. Elle dit : Quand le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, le vit, il en fut profondément ému et dit : « Si vous voyez bon de libérer son prisonnier pour elle et de lui rendre ses biens, faites-le. » Ils dirent : « Oui, ô Messager d'Allah. » Ils le libérèrent et lui rendirent ce qui lui appartenait. **Départ de Zaynab pour Médine** **(Sa préparation et l'envoi par le Messager de deux hommes pour l'accompagner)** (Ibn Ishaq) dit : Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, avait pris de lui, ou il avait promis 1 au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, cela, qu'il laisserait Zaynab libre de le rejoindre, ou cela faisait partie des conditions qu'il avait posées pour sa libération, mais cela n'avait été manifesté ni de sa part ni de celle du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, de sorte qu'on ne savait pas ce qu'il en était. Cependant, lorsque Abu al-'As partit pour La Mecque et fut libéré, le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, envoya Zayd ibn Haritha et un homme des Ansar à sa place, et dit : « Soyez à Batn Ya'jaj 2 jusqu'à ce que Zaynab passe par vous, puis accompagnez-la jusqu'à ce que vous me l'ameniez. » Ils partirent donc à cet endroit, et cela eut lieu un mois ou à peu près après Badr 3. Quand Abu al-'As arriva à La Mecque, il lui ordonna de rejoindre son père, et elle se prépara à partir. **(Hind tente de s'informer de l'affaire de Zaynab)** Ibn Ishaq dit : 'Abd Allah ibn Abi Bakr m'a raconté, disant : On m'a rapporté d'après Zaynab qu'elle a dit : Alors que je me préparais à La Mecque pour rejoindre mon père, Hind bint 'Utba me rencontra et dit : « Ô fille de Muhammad, n'ai-je pas appris que tu veux rejoindre ton père ? » Je dis : « Je n'ai pas voulu cela. » Elle dit : « Ô fille de mon oncle paternel, ne fais pas cela. Si tu as besoin de quelque chose comme bagage qui te soit utile dans ton voyage, ou d'argent pour te permettre d'atteindre ton père, j'ai ce qu'il te faut. Ne me méprise pas 4, car entre femmes il n'y a pas ce qu'il y a entre hommes. » Elle dit : « Par Allah, je ne pense qu'elle n'a dit cela que pour le faire. » Elle dit : « Mais je me méfiais d'elle, alors je niai que je voulais cela, et je me préparai. » **(Ce qui arriva à Zaynab de la part de Quraysh lors de son départ et l'avis d'Abu Sufyan)** Lorsque la fille du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, eut fini ses préparatifs, son beau-frère Kinana ibn ar-Rabi', frère de son mari, lui amena un chameau ; elle le monta, et il prit son arc et son carquois, puis il sortit avec elle en plein jour, la conduisant, tandis qu'elle était dans son palanquin 5. Des hommes de Quraysh en parlèrent et sortirent à sa recherche jusqu'à ce qu'ils la rattrapent à Dhu Tuwa. Le premier à la rattraper fut Habbâr ibn al-Aswad ibn al-Muttalib ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzza, et al-Fihri 6. Habbâr l'effraya avec sa lance alors qu'elle était dans son palanquin, et la femme était enceinte, selon ce qu'ils prétendent. Lorsqu'elle fut effrayée, elle fit une fausse couche 7. Son beau-frère Kinana s'agenouilla, vida son carquois, puis dit : « Par Allah, aucun homme ne s'approchera de moi sans que je ne lui décoche une flèche. » Les gens reculèrent 8 devant lui. Abu Sufyan arriva avec un groupe de Quraysh et dit : « Ô homme, retiens tes flèches de nous jusqu'à ce que nous te parlions. » Il les retint. Abu Sufyan s'avança jusqu'à se tenir devant lui et dit : « Tu n'as pas bien agi : tu es sorti avec la femme à la vue des gens, publiquement, alors que tu connais notre malheur et notre calamité, et ce que Muhammad nous a infligé. Les gens penseront, si tu sors avec sa fille vers lui publiquement, à la vue des gens, du milieu de nous, que cela est dû à l'humiliation qui nous a frappés après notre calamité, et que cela vient de notre faiblesse et de notre lassitude. Par ma vie, nous n'avons nul besoin de la retenir loin de son père, et nous n'y trouvons aucun avantage 9. Mais ramène la femme, jusqu'à ce que les rumeurs s'apaisent et que les gens disent que nous l'avons renvoyée ; puis fais-la sortir en secret et fais-la rejoindre son père. » Il fit ainsi. Elle resta quelques nuits, puis, lorsque les rumeurs se furent apaisées, il la fit sortir de nuit et la remit à Zayd ibn Haritha et à son compagnon, qui l'amenèrent au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue. **(Poème d'Abu Khaythama sur ce qui arriva à Zaynab)** Ibn Ishaq dit : 'Abd Allah ibn Rawaha, ou Abu Khaythama, frère des Banu Salim ibn 'Awf, dit à propos de ce qui arriva à Zaynab — Ibn Hisham dit : il est d'Abu Khaythama : « M'est parvenu ce que nul ne peut estimer à sa juste valeur 10 ... au sujet de Zaynab, parmi eux, de désobéissance et de péché. Et sa sortie, Muhammad n'y fut pas déshonoré ... sur un lieu de combat, alors qu'entre nous se trouvait le parfum de Manshim 11. Et Abu Sufyan est devenu, par l'alliance de Damdam 12 ... et par notre guerre, malgré son nez et son regret. Nous avons enchaîné son fils 'Amr et l'esclave de sa droite 13 ... avec des chaînes solides, aux anneaux résistants. J'ai juré que des bataillons ne cesseront de nous venir ... des cavaliers d'une armée 14 nombreuse, bien équipée 15. Nous arracherons Quraysh à la mécréance jusqu'à ce que nous la marquions 16 ... d'une marque au fer rouge sur les nez. Nous les ferons descendre dans les régions du Najd et de Nakhlah 17 ... et s'ils descendent vers la Tihama 18, avec cavaliers et fantassins, nous descendrons aussi. Pour toujours, jusqu'à ce que notre troupeau ne soit plus détourné 19 ... et nous les ferons suivre les traces de 'Ad et de Jurhum 20. Et des gens qui n'ont pas obéi à Muhammad regretteront ... leur conduite, et quel moment pour regretter ! Annonce donc à Abu Sufyan, si jamais tu le rencontres : ... si tu ne te consacres pas à la prosternation et à la soumission [à Allah], Alors réjouis-toi d'une humiliation en cette vie, prompte ... et d'une tunique de poix 21, éternellement en Géhenne. » Ibn Hisham dit : On rapporte aussi : « et d'une tunique de feu ». **(Désaccord entre Ibn Ishaq et Ibn Hisham sur l'esclave de la droite d'Abu Sufyan)** Ibn Ishaq dit : L'esclave de la droite d'Abu Sufyan, qu'il veut dire, est 'Amir ibn al-Hadrami : il était parmi les captifs, et l'alliance d'al-Hadrami était avec Harb ibn Umayya. Ibn Hisham dit : L'esclave de la droite d'Abu Sufyan, qu'il veut dire, est 'Uqba ibn 'Abd al-Harith ibn al-Hadrami. Quant à 'Amir ibn al-Hadrami, il fut tué le jour de Badr. **(Poème de Hind et Kinana sur le départ de Zaynab)** Lorsque ceux qui étaient sortis vers Zaynab s'en retournèrent, Hind bint 'Utba les rencontra et leur dit : « En temps de paix, des ânes 22 durs et grossiers, ... et en temps de guerre, semblables à des femmes qui ont leurs menstrues 23 ? » Et Kinana ibn ar-Rabi' dit à propos de l'affaire de Zaynab, lorsqu'il la remit aux deux hommes 24 :
- wa'ada : Promettre ou faire une promesse ; ici, il s'agit d'un engagement pris par Abu al-'As envers le Prophète.
- Batn Ya'jaj : Nom d'un lieu situé entre La Mecque et Médine.
- shay'ihi : Expression signifiant 'à peu près' ou 'environ'.
- tadinnī : Du verbe danna, qui signifie 'mépriser' ou 'tenir pour vil' ; ici, 'ne me méprise pas'.
- hawdaj : Palanquin ou litière placée sur le dos d'un chameau, utilisé pour transporter les femmes.
- al-Fihrī : Surnom désignant un homme de la tribu de Fihr, branche de Quraysh.
- tarahat dhā batnihā : Expression signifiant 'elle fit une fausse couche' ou 'elle avorta'.
- takarkara : Verbe signifiant 'reculer' ou 'faire marche arrière'.
- thawra : Ici, 'avantage' ou 'profit' ; littéralement 'élan' ou 'ressort'.
- lā yaqdiru al-nāsu qadrahu : Expression signifiant 'dont les gens ne peuvent estimer la valeur' ou 'd'une importance incommensurable'.
- ‘iṭru Manshim : Parfum de Manshim ; Manshim est un nom de lieu ou de personne, peut-être une référence à un parfum célèbre ou à une bataille.
- ḥilfi Ḍamḍam : Alliance de Damdam ; Damdam est un nom de personne ou de clan.
- mawlā yamīnihi : Esclave de sa droite, c'est-à-dire un esclave ou un affranchi qui se tient à sa droite.
- khamīs : Armée nombreuse, composée de cinq corps ou divisions.
- luhām musawwam : Grande multitude ; musawwam signifie 'marqué' ou 'équipé'.
- na‘ulluhā : Du verbe ‘alla, qui signifie 'marquer au fer rouge' ou 'brûler'.
- aknāf Najd wa Nakhlah : Les régions du Najd (plateau central d'Arabie) et de Nakhlah (vallée près de La Mecque).
- yatīmū : Du verbe atāma, qui signifie 'descendre vers la Tihama' (plaine côtière de l'ouest de l'Arabie).
- lā yu‘awwaja sirbunā : Notre troupeau ne sera pas détourné ; sirb signifie 'troupeau' ou 'groupe'.
- ‘Ād wa Jurhum : Anciennes tribus arabes disparues, souvent citées comme exemples de destruction.
- sirbāl qār : Tunique de poix ou de goudron, châtiment en Enfer.
- a‘yār : Pluriel de ‘ayr, qui signifie 'âne' ; utilisé ici comme insulte.
- al-nisā’ al-‘awārik : Femmes qui ont leurs menstrues ; métaphore pour la faiblesse ou l'inaction.
- al-rajulayn : Les deux hommes, à savoir Zayd ibn Haritha et son compagnon.
L'islam d'Abu al-As ibn al-Rabi' [1]
Je m'étonne de Habbâr et de la racaille de son peuple... ils veulent me faire manquer à mon engagement envers la fille de Muhammad 1. Et je ne me soucie pas, tant que je vivrai, de leur nombre, tant que ma main serre fermement la poignée du sabre indien 2. (Le Prophète déclare licite le sang de Habbâr) : Ibn Ishâq a dit : Yazîd ibn Abî Habîb m'a raconté, d'après Bukayr ibn 'Abd Allâh ibn al-Ashajj, d'après Sulaymân ibn Yasâr, d'après Abû Ishâq al-Dawsî, d'après Abû Hurayra, qui a dit : L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya une expédition dont je faisais partie. Il nous dit : « Si vous capturez Habbâr ibn al-Aswad, ou l'autre homme 3 qui l'accompagna auprès de Zaynab » — Ibn Hishâm dit : Ibn Ishâq a nommé l'homme dans son récit (et dit : c'est Nâfi' ibn 'Abd Qays) 3 — « brûlez-les au feu. » Il dit : Le lendemain, il nous envoya dire : « Je vous avais ordonné de brûler ces deux hommes si vous les preniez, puis j'ai vu qu'il ne convient à personne de châtier par le feu sauf Dieu. Si vous les capturez, tuez-les. » Conversion d'Abû al-'Âs ibn al-Rabî' : (Prise par les musulmans d'une marchandise lui appartenant et protection accordée par Zaynab) : Ibn Ishâq a dit : Abû al-'Âs resta à La Mecque, et Zaynab resta chez l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — à Médine, lorsque l'islam les sépara, jusqu'à peu avant la conquête. Abû al-'Âs partit en voyage commercial en Syrie ; c'était un homme digne de confiance, avec ses biens et ceux d'hommes de Quraysh qui les lui avaient confiés. Quand il eut terminé son commerce et revint, une expédition de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — le rencontra ; ils prirent ce qu'il avait avec lui, mais il leur échappa en fuyant. Lorsque l'expédition revint avec ce qu'elle avait pris de ses biens, Abû al-'Âs vint de nuit jusqu'à entrer chez Zaynab, fille de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et lui demanda protection. Elle le protégea, et il vint réclamer ses biens. Quand l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — sortit pour la prière de l'aube — comme me l'a raconté Yazîd ibn Rûmân — il fit le takbîr 4 et les gens firent le takbîr avec lui. Zaynab cria depuis l'estrade 5 des femmes : « Ô gens, j'ai accordé protection à Abû al-'Âs ibn al-Rabî' ! » Il dit : Quand l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — eut terminé la prière, il se tourna vers les gens et dit : « Ô gens, avez-vous entendu ce que j'ai entendu ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : « Par Celui qui tient l'âme de Muhammad dans Sa main, je n'ai rien su de cela avant de l'entendre comme vous. Le plus humble des musulmans peut accorder protection en leur nom. » Puis l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se retira, entra chez sa fille et dit : « Ma fille, honore son séjour, mais qu'il n'ait pas accès à toi, car tu ne lui es pas licite. » (Les musulmans lui rendent ses biens, puis il se convertit) : Ibn Ishâq a dit : 'Abd Allâh ibn Abî Bakr m'a raconté que l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya dire à l'expédition qui avait pris les biens d'Abû al-'Âs : « Cet homme est des nôtres, comme vous le savez, et vous avez pris ses biens. Si vous faites le bien et lui rendez ce qui lui appartient, nous aimons cela. Si vous refusez, c'est un butin que Dieu vous a accordé, et vous y avez plus droit. » Ils dirent : « Ô Envoyé de Dieu, nous les lui rendons. » Ils les lui rendirent, au point que l'un apportait un seau, un autre une outre 6, un autre une aiguière 7, un autre même un bâtonnet 8, jusqu'à ce qu'ils lui eussent rendu tous ses biens, sans qu'il en manque rien. Puis il partit pour La Mecque, rendit à chaque propriétaire de Quraysh son bien, ainsi qu'à ceux qui lui avaient confié des marchandises. Puis il dit : « Ô assemblée de Quraysh, reste-t-il à quelqu'un de vous un bien chez moi qu'il n'ait pas reçu ? » Ils dirent : « Non. Que Dieu te récompense en bien ! Nous t'avons trouvé loyal et généreux. » Il dit : « Alors j'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu et que Muhammad est Son serviteur et Son Envoyé. Par Dieu, ce qui m'a empêché de me convertir à l'islam auprès de lui n'a été que la crainte que vous pensiez que je voulais seulement manger vos biens. Maintenant que Dieu vous les a rendus et que j'en suis libéré, je me convertis. » Puis il partit et arriva chez l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. (Son épouse lui est rendue) : Ibn Ishâq a dit : Dâwûd ibn al-Husayn m'a raconté d'après 'Ikrima d'après Ibn 'Abbâs, qui a dit : L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui rendit Zaynab sur la base du premier mariage, sans rien renouveler 9 (après six ans) 10. (Exemple de la loyauté d'Abû al-'Âs) : Ibn Hishâm a dit : Abû 'Ubayda m'a raconté que lorsque Abû al-'Âs ibn al-Rabî' revint de Syrie avec les biens des associateurs, on lui dit : « Veux-tu te convertir et prendre ces biens, car ce sont les biens des associateurs ? » Abû al-'Âs répondit : « Quel mauvais début pour mon islam que de trahir mon dépôt ! » Ibn Hishâm a dit : 'Abd al-Wârith ibn Sa'îd al-Tannûrî m'a raconté, d'après Dâwûd ibn Abî Hind, d'après 'Âmir al-Sha'bî, un récit similaire à celui d'Abû 'Ubayda au sujet d'Abû al-'Âs. (Ceux qui furent libérés sans rançon) : Ibn Ishâq a dit : Parmi ceux dont on nous a nommés parmi les prisonniers qui furent graciés sans rançon, il y avait, des Banû 'Abd Shams ibn 'Abd Manâf : Abû al-'Âs ibn al-Rabî' ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn 'Abd Shams ; l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — le gracia après que Zaynab, fille de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — eut envoyé sa rançon. Et des Banû Makhzûm (ibn Yaqaza) 2 : al-Muttalib ibn Hantab ibn al-Hârith ibn 'Ubayda ibn 'Umar ibn Makhzûm ; il était chez certains Banû al-Hârith ibn al-Khazraj, qui le gardèrent jusqu'à ce qu'ils le relâchent. Il rejoignit alors son peuple. Ibn Hishâm a dit : Khâlid ibn Zayd, Abû Ayyûb (al-Ansârî) 11, frère des Banû al-Najjâr, le fit prisonnier. Ibn Ishâq a dit : Et Sayfî ibn Abî Rifâ'a ibn 'Âbid 12 ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm ; il fut laissé aux mains de ses compagnons. Comme personne ne venait pour sa rançon, ils lui firent promettre d'envoyer sa rançon, puis le relâchèrent. Mais il ne tint pas sa promesse. Hassân ibn Thâbit dit à ce sujet : « Sayfî n'était pas homme à tenir un engagement 13 ... derrière un renard 14 qui échappe à certains points d'eau. » Ibn Hishâm a dit : Ce vers fait partie de ses poèmes. Ibn Ishâq a dit : Et Abû 'Azza, 'Amr ibn 'Abd Allâh ibn 'Uthmân ibn Uhayb ibn Hudhâfa ibn Jumah ; il était dans le besoin et avait des filles. Il parla à l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et dit : « Ô Envoyé de Dieu, tu sais que je n'ai pas de biens, que je suis dans le besoin et que j'ai une famille. Accorde-moi ta grâce. » L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui accorda sa grâce, en prenant de lui l'engagement qu'il n'aiderait personne contre lui 15. Abû 'Azza dit alors, louant l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et mentionnant sa faveur envers son peuple : « Qui transmettra de ma part à l'Envoyé Muhammad que tu es la vérité et que le Roi est digne de louange ? Tu es un homme qui appelle à la vérité et à la guidance ; sur toi, de la part de Dieu le Très Grand, il y a un témoin. Tu es un homme à qui a été assignée parmi nous une position aux degrés faciles et élevés 16. Car celui que tu combats est combattu, misérable, et celui avec qui tu fais la paix est heureux. Mais quand on me rappelle Badr et ses gens, ce qui me saisit, c'est regret et abattement 17. » (Montant de la rançon) : Ibn Hishâm a dit : La rançon des associateurs ce jour-là était de quatre mille dirhams par homme, jusqu'à mille dirhams, sauf pour celui qui n'avait rien ; l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui accorda sa grâce.
- Habbâr : Habbâr ibn al-Aswad, un des mécréants de Quraysh qui avait molesté Zaynab, fille du Prophète, lors de son émigration.
- al-muhannad : Sabre indien, réputé pour sa qualité.
- Nâfi' ibn 'Abd Qays : Compagnon de Habbâr dans l'agression contre Zaynab.
- takbîr : Dire 'Allâhu akbar' (Dieu est le plus grand).
- suffa : Estrade ou plate-forme dans la mosquée réservée aux femmes.
- shanna : Outre en cuir pour transporter l'eau.
- idâwa : Petite outre ou aiguière pour l'eau.
- shizâz : Bâtonnet ou cheville utilisée pour attacher les outres.
- lam yuhdith shay'an : Sans renouveler le contrat de mariage, car leur séparation due à l'islam n'avait pas annulé le mariage selon certains avis.
- ba'da sitt sinîn : Après six ans, c'est-à-dire six ans après la séparation.
- Abû Ayyûb al-Ansârî : Compagnon célèbre, hôte du Prophète à Médine.
- 'Âbid : Nom propre, peut-être une variante de 'Âbid.
- dhimma : Engagement, pacte, protection.
- qafâ tha'lab : Expression proverbiale : 'derrière un renard' évoque la ruse et la fuite.
- yuzâhir : Aider, soutenir militairement.
- darajât sahlatun wa su'ûdun : Degrés faciles et élevés, métaphore pour une position éminente et accessible.
- ta'awwaba mâ bî hasratun wa qu'ûdun : Le regret et l'abattement reviennent me hanter.
L'islam de 'Umayr ibn Wahb [1]
L'islam de 'Umayr ibn Wahb (Safwān l'incite à tuer le Messager) : Ibn Isḥāq dit : Muḥammad ibn Ja'far ibn al-Zubayr m'a rapporté, d'après 'Urwa ibn al-Zubayr, qui a dit : 'Umayr ibn Wahb al-Jumaḥī s'assit avec Ṣafwān ibn Umayya peu après le désastre de Badr qui avait frappé les Qurayshites, dans le Ḥijr 1. 'Umayr ibn Wahb était un démon parmi les démons de Quraysh, et faisait partie de ceux qui causaient du tort au Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) et à ses Compagnons, lesquels subissaient de sa part des souffrances alors qu'il était à La Mecque. Son fils, Wahb ibn 'Umayr, se trouvait parmi les captifs de Badr. Ibn Hishām dit : Il fut capturé par Rifā'a ibn Rāfi', l'un des Banū Zurayq. Ibn Isḥāq dit : Muḥammad ibn Ja'far ibn al-Zubayr m'a rapporté, d'après 'Urwa ibn al-Zubayr, qui a dit : Il évoqua les hommes du puits 2 et leur désastre. Ṣafwān dit alors : « Par Allāh, il n'y a aucun bien dans la vie après eux. » 'Umayr lui dit : « Tu as dit vrai, par Allāh. Cependant, par Allāh, si ce n'était une dette que j'ai et que je ne peux rembourser, et des enfants dont je crains la perte après moi, je serais parti trouver Muḥammad jusqu'à le tuer. Car j'ai une excuse auprès d'eux : mon fils est prisonnier entre leurs mains. » Ṣafwān saisit cette occasion et dit : « Ta dette m'incombe, je la rembourserai pour toi, et tes enfants seront avec les miens, je pourvoirai à leurs besoins tant qu'ils vivront ; rien ne me sera possible qui leur soit impossible. » 'Umayr lui dit : « Garde secrète mon affaire et la tienne. » Il dit : « Je le ferai. » (Vision de 'Umar à son sujet et information du Messager sur son affaire) : Il dit : Ensuite, 'Umayr ordonna qu'on aiguise son épée et qu'on l'empoisonne, puis il partit jusqu'à arriver à Médine. Alors que 'Umar ibn al-Khaṭṭāb se trouvait avec un groupe de musulmans en train de parler du jour de Badr et de mentionner ce dont Allāh les avait honorés et ce qu'Il leur avait montré de leur ennemi, voilà que 'Umar aperçut 'Umayr ibn Wahb alors qu'il faisait agenouiller sa monture à la porte de la mosquée, ceint de son épée. Il dit : « Ce chien, ennemi d'Allāh, 'Umayr ibn Wahb ! Par Allāh, il n'est venu que pour un mal. C'est lui qui a attisé 3 entre nous et nous a évalués 4 pour le clan le jour de Badr. » Puis 'Umar entra chez le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) et dit : « Ô Prophète d'Allāh, voici l'ennemi d'Allāh, 'Umayr ibn Wahb, qui est venu ceint de son épée. » Il dit : « Fais-le entrer chez moi. » Il dit : 'Umar s'avança alors, saisit le baudrier de son épée autour de son cou, l'enserra avec, et dit aux hommes parmi les Anṣār 5 qui étaient avec lui : « Entrez chez le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) et asseyez-vous près de lui, et méfiez-vous de cet individu malfaisant, car il n'est pas digne de confiance. » Puis il entra avec lui chez le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui). (Le Messager lui révèle ce qu'il avait prémédité avec Ṣafwān, et il se convertit à l'islam) : Lorsque le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) le vit, alors que 'Umar tenait le baudrier de son épée autour de son cou, il dit : « Lâche-le, ô 'Umar. Approche, ô 'Umayr. » Il s'approcha, puis dit : « Que vous jouissiez d'un matin agréable » — c'était la salutation des gens de la Jāhiliyya 6 entre eux. Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) dit : « Allāh nous a honorés d'une salutation meilleure que la tienne, ô 'Umayr : la paix (salām) est la salutation des gens du Paradis. » Il dit : « Par Allāh, ô Muḥammad, je n'en avais que récemment connaissance. » Il dit : « Qu'est-ce qui t'amène, ô 'Umayr ? » Il dit : « Je suis venu pour ce captif qui est entre vos mains ; soyez bons envers lui. » Il dit : « Qu'en est-il de l'épée à ton cou ? » Il dit : « Qu'Allāh la maudisse, cette épée ! Nous a-t-elle été utile en quoi que ce soit ? » Il dit : « Dis-moi la vérité : pourquoi es-tu venu ? » Il dit : « Je ne suis venu que pour cela. » Il dit : « Non, mais tu t'es assis avec Ṣafwān ibn Umayya dans le Ḥijr, vous avez évoqué les hommes du puits parmi Quraysh, puis tu as dit : 'Si ce n'était une dette que j'ai et des enfants que j'ai, je serais sorti jusqu'à tuer Muḥammad.' Alors Ṣafwān s'est chargé de ta dette et de tes enfants, à condition que tu me tues pour lui. Mais Allāh est un obstacle entre toi et cela. » 'Umayr dit : « J'atteste que tu es le Messager d'Allāh. Ô Messager d'Allāh, nous te traitions de menteur pour ce que tu nous apportais comme nouvelle du ciel et comme révélation qui descendait sur toi. Or ceci est une affaire à laquelle n'ont assisté que moi et Ṣafwān. Par Allāh, je sais que seul Allāh te l'a apportée. Louange à Allāh qui m'a guidé à l'islam et m'a conduit à cette issue. » Puis il prononça l'attestation de foi 7. Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) dit alors : « Instruisez votre frère dans sa religion, apprenez-lui le Coran, et libérez son captif. » Ils firent ainsi. (Son retour à La Mecque pour appeler à l'islam) : Puis il dit : « Ô Messager d'Allāh, j'étais acharné à éteindre la lumière d'Allāh, je causais beaucoup de tort à ceux qui suivaient la religion d'Allāh (Puissant et Majestueux). J'aimerais que tu me permettes de me rendre à La Mecque pour les appeler à Allāh Très-Haut, à Son Messager (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) et à l'islam, peut-être qu'Allāh les guidera. Sinon, je leur causerai du tort dans leur religion comme je causais du tort à tes Compagnons dans leur religion. » Il dit : Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) lui permit, et il rejoignit La Mecque. Ṣafwān ibn Umayya, lorsque 'Umayr ibn Wahb était parti, disait : « Réjouissez-vous d'une bataille qui va vous arriver dans quelques jours et qui vous fera oublier la bataille de Badr. » Ṣafwān interrogeait les voyageurs à son sujet, jusqu'à ce qu'un voyageur arrive et l'informe de sa conversion à l'islam. Alors il jura de ne plus jamais lui parler et de ne jamais lui être utile en quoi que ce soit. Ibn Isḥāq dit : Lorsque 'Umayr arriva à La Mecque, il y demeura, appelant à l'islam et causant un tort sévère à ceux qui s'y opposaient. Un grand nombre de personnes se convertirent à l'islam par son intermédiaire. (C'est lui, ou Ibn Hishām, qui vit Iblīs. Et ce qui fut révélé à son sujet) : Ibn Isḥāq dit : 'Umayr ibn Wahb, ou al-Ḥārith ibn Hishām — il m'a été rapporté que c'est l'un d'eux — est celui qui vit Iblīs lorsqu'il tourna les talons le jour de Badr et dit : « Où, ô Surāqa ? » Et l'ennemi d'Allāh s'enfuit. Allāh Très-Haut révéla à son sujet : « Et lorsque le Diable embellit leurs actions et dit : 'Nul parmi les hommes ne peut vous vaincre aujourd'hui, et je suis votre protecteur.' » (Coran 8:48). Il mentionna la séduction d'Iblīs à leur égard et sa ressemblance avec Surāqa ibn Mālik ibn Ju'shum pour eux, lorsqu'ils évoquèrent ce qui existait entre eux et les Banū Bakr ibn 'Abd Manāt ibn Kināna dans la guerre qui les avait opposés. Allāh Très-Haut dit : « Puis, quand les deux groupes se virent » (Coran 8:48) et que l'ennemi d'Allāh vit les armées d'Allāh parmi les anges, par lesquelles Allāh avait renforcé Son Messager (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) et les croyants contre leur ennemi, « il tourna les talons et dit : 'Je vous désavoue, car je vois ce que vous ne voyez pas' » (Coran 8:48). Et l'ennemi d'Allāh dit vrai : il vit ce qu'ils ne voyaient pas, et dit : « Je crains Allāh, et Allāh est dur en châtiment » (Coran 8:48). Il m'a été rapporté qu'ils le voyaient à chaque étape sous la forme de Surāqa, sans le méconnaître, jusqu'au jour de Badr, lorsque les deux groupes se rencontrèrent, il tourna les talons, les ayant menés puis abandonnés. (Explication par Ibn Hishām de certains termes rares) : Ibn Hishām dit : « Nakasa » signifie « retourner ». Aws ibn Ḥajar, l'un des Banū Usayd ibn 'Amr ibn Tamīm, dit :
- al-Ḥijr : Espace semi-circulaire attenant à la Ka'ba, entre la Pierre Noire et la porte.
- aṣḥāb al-qalīb : Les hommes du puits : désigne les polythéistes tués à Badr et jetés dans un puits.
- ḥarraša : Attiser, exciter, inciter à la discorde.
- ḥazarā : Évaluer, estimer le nombre ou la force.
- al-Anṣār : Les Auxiliaires : habitants de Médine convertis à l'islam qui accueillirent et soutinrent le Prophète.
- al-Jāhiliyya : Période préislamique, caractérisée par l'ignorance religieuse.
- shahādat al-ḥaqq : L'attestation de foi : 'Il n'y a de dieu qu'Allāh et Muḥammad est Son Messager'.
Ceux qui nourrissent [1] parmi les Quraysh [2]
Vous avez reculé sur vos talons le jour où vous êtes venus... poussant les dépouilles de l'armée innombrable 1. Et ce vers se trouve dans un poème de lui. (Poème de Hassân 2 vantant son peuple et ce que fut la tromperie d'Iblîs 3 contre Quraysh 4) : Ibn Ishâq 5 dit : Hassân ibn Thâbit 6 a dit : Mon peuple est celui qui a accueilli son Prophète, L'a cru, tandis que les gens de la terre étaient mécréants, Sauf quelques individus qui furent les prédécesseurs Des pieux, avec les Ansâr 7, les secoureurs. Réjouis par le partage de Dieu, leur parole, Quand vint à eux le noble d'origine, l'élu 8 : « Bienvenue et aisance ! En sécurité et en abondance, Quel bon Prophète, quel bon partage et voisin ! » Ils l'installèrent dans une demeure où l'on ne craint pas, Pour qui est leur voisin, une demeure qui est la Demeure 9. Ils partagèrent avec lui les biens, quand ils arrivèrent Émigrés 10, et le partage du mécréant est le Feu. Nous marchâmes et ils marchèrent vers Badr 11 pour leur perte, S'ils savaient d'un savoir certain, ils ne seraient pas venus. Il 12 les fit descendre par illusion, puis les abandonna, Certes, le malin 13 est trompeur pour qui s'allie à lui. Il dit : « Je suis pour vous un voisin protecteur », puis il les mena Au pire point d'eau, où sont l'humiliation et la honte. Puis nous nous rencontrâmes, et ils tournèrent le dos, fuyant leurs chefs, Certains s'enfuirent vers le Najd 14, d'autres disparurent. Ibn Hishâm 15 dit : Abû Zayd al-Ansârî 16 m'a récité son vers « Quand vint à eux le noble d'origine, l'élu ». Ceux qui donnaient à manger parmi Quraysh (Parmi les Banû Hâshim 17) : Ibn Ishâq dit : Ceux qui donnaient à manger parmi Quraysh, puis parmi les Banû Hâshim ibn 'Abd Manâf : al-'Abbâs ibn 'Abd al-Muttalib ibn Hâshim. (Parmi les Banû 'Abd Shams 18) : Et parmi les Banû 'Abd Shams ibn 'Abd Manâf : 'Utba ibn Rabî'a ibn 'Abd Shams. (Parmi les Banû Nawfal 19) : Et parmi les Banû Nawfal ibn 'Abd Manâf : al-Hârith ibn 'Âmir ibn Nawfal, et Tu'ayma ibn 'Adî ibn Nawfal, qui alternaient cela. (Parmi les Banû Asad 20) : Et parmi les Banû Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ : Abû al-Bakhtarî ibn Hishâm ibn al-Hârith ibn Asad. Et Hakîm ibn Hizâm ibn Khuwaylid ibn Asad : ils alternaient cela. (Parmi les Banû 'Abd al-Dâr 21) : Et parmi les Banû 'Abd al-Dâr ibn Qusayy : al-Nadr ibn al-Hârith ibn Kalada ibn 'Alqama ibn 'Abd Manâf ibn 'Abd al-Dâr. (Généalogie d'al-Nadr) : Ibn Hishâm dit : On dit : al-Nadr ibn al-Hârith ibn 'Alqama ibn Kalada ibn 'Abd Manâf ibn 'Abd al-Dâr. (Parmi les Banû Makhzûm 22) : Ibn Ishâq dit : Et parmi les Banû Makhzûm ibn Yaqaza : Abû Jahl 23 ibn Hishâm ibn al-Mughîra ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm. (Parmi les Banû Jumah 24) : Et parmi les Banû Jumah : Umayya ibn Khalaf ibn Wahb ibn Hudhâfa ibn Jumah. (Parmi les Banû Sahm 25) : Et parmi les Banû Sahm ibn 'Amr : Nubayh et Munabbih, les deux fils d'al-Hajjâj ibn 'Âmir ibn Hudhayfa ibn Sa'd ibn Sahm, qui alternaient cela.
- al-‘aramram : Très nombreux, innombrable (qualifie une armée).
- Hassân : Hassân ibn Thâbit, poète compagnon du Prophète, surnommé le poète du Prophète.
- Iblîs : Nom de Satan dans l'islam.
- Quraysh : Tribu arabe de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
- Ibn Ishâq : Muhammad ibn Ishâq, célèbre historien et biographe du Prophète (m. 767).
- Hassân ibn Thâbit : Poète des Ansâr, compagnon du Prophète.
- al-Ansâr : Les Auxiliaires, habitants de Médine qui accueillirent le Prophète et les émigrés mecquois.
- al-Mukhtâr : L'élu, désignant le Prophète Muhammad.
- al-Dâr : La Demeure, peut-être une allusion à la demeure du Prophète à Médine ou à la demeure paradisiaque.
- Muhâjirîn : Les Émigrés, musulmans ayant quitté La Mecque pour Médine.
- Badr : Bataille de Badr (624), première grande victoire des musulmans sur les Mecquois.
- Il : Satan (Iblîs) qui trompa les Mecquois.
- al-khabîth : Le malin, le mauvais, désignant Satan.
- Najd : Région du centre de l'Arabie.
- Ibn Hishâm : ‘Abd al-Malik ibn Hishâm, éditeur de la biographie du Prophète par Ibn Ishâq.
- Abû Zayd al-Ansârî : Savant et philologue arabe de Médine (m. 830).
- Banû Hâshim : Clan de Quraysh auquel appartenait le Prophète.
- Banû ‘Abd Shams : Clan de Quraysh, frère des Banû Hâshim.
- Banû Nawfal : Clan de Quraysh.
- Banû Asad : Clan de Quraysh.
- Banû ‘Abd al-Dâr : Clan de Quraysh.
- Banû Makhzûm : Clan de Quraysh.
- Abû Jahl : Surnom de ‘Amr ibn Hishâm, farouche opposant au Prophète.
- Banû Jumah : Clan de Quraysh.
- Banû Sahm : Clan de Quraysh.
Les noms des chevaux des musulmans le jour de Badr [1]
(De la tribu de Banu 'Amir) : Parmi les Banu 'Amir ibn Lu'ayy : Suhayl ibn 'Amr ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Wudd ibn Nasr ibn Malik ibn Hisl ibn 'Amir 1. Noms des chevaux des musulmans le jour de Badr Ibn Hisham a dit : Un savant m'a rapporté que les musulmans avaient le jour de Badr comme chevaux : le cheval de Muthanna ibn Abi Muthanna al-Ghanawi, appelé as-Sabal 2 ; le cheval d'al-Miqdad ibn 'Amr al-Bahrani, appelé Ba'zajah, ou Sabhah ; et le cheval d'az-Zubayr ibn al-'Awwam, appelé al-Ya'sub. (Chevaux des polythéistes) : Ibn Hisham a dit : Les polythéistes avaient cent chevaux 3. Révélation de la sourate al-Anfal (Ce qui fut révélé concernant le partage du butin) : Ibn Ishaq 4 a dit : Lorsque l'affaire de Badr fut terminée, Allah 'azza wa jalla révéla à son sujet la sourate al-Anfal dans son intégralité. Parmi ce qui fut révélé à propos de leur désaccord sur le butin lorsqu'ils divergèrent à son sujet : « Ils t'interrogent au sujet du butin. Dis : "Le butin appartient à Allah et au Messager." Craignez donc Allah, réconciliez-vous entre vous, et obéissez à Allah et à Son Messager, si vous êtes croyants. » (8:1) 'Ubada ibn as-Samit - selon ce qui m'est parvenu - lorsqu'on l'interrogeait au sujet du butin, disait : C'est à notre sujet, à nous, gens de Badr 5, que cela fut révélé, lorsque nous divergâmes au sujet du butin le jour de Badr. Allah l'enleva de nos mains lorsque nos caractères s'en trouvèrent mauvais, et le rendit au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), qui le partagea entre nous sur un pied d'égalité - c'est-à-dire : en parts égales. Et en cela il y avait la crainte d'Allah, Son obéissance, l'obéissance à Son Messager (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), et la réconciliation entre les gens. (Ce qui fut révélé concernant la sortie du peuple avec le Messager pour affronter Quraysh) : Puis Il mentionna le peuple et leur marche avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lorsqu'ils surent que Quraysh s'était mise en marche contre eux, alors qu'ils n'étaient sortis que pour la caravane, convoitant le butin. Il dit : « Comme ton Seigneur t'a fait sortir de ta maison en toute vérité, tandis qu'une partie des croyants était réticente. Ils disputent avec toi au sujet de la vérité après qu'elle leur est apparue clairement, comme s'ils étaient poussés vers la mort et qu'ils la voyaient. » (8:5-6) : c'est-à-dire par répulsion à rencontrer l'ennemi 6 et par désapprobation de la marche de Quraysh lorsqu'on les leur mentionna. « Et (rappelez-vous) quand Allah vous promettait l'une des deux parties 7 qu'elle serait pour vous, et vous souhaitiez que celle sans puissance guerrière fût pour vous. » (8:7) : c'est-à-dire le butin plutôt que la guerre. « Mais Allah voulait faire triompher la vérité par Ses paroles et anéantir les mécréants jusqu'au dernier. » (8:7) : c'est-à-dire par la bataille qu'Il livra contre les chefs et les meneurs de Quraysh le jour de Badr. « (Rappelez-vous) quand vous imploriez le secours de votre Seigneur. » (8:9) : c'est-à-dire leur invocation lorsqu'ils virent la multitude de leur ennemi et leur propre petit nombre. « Il vous exauça » (8:9) par l'invocation du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et la vôtre : « Je vais vous renforcer de mille anges se succédant. » (8:9) « Quand Il vous enveloppa d'assoupissement comme d'une sécurité de Sa part » (8:11) : c'est-à-dire Je fis descendre sur vous la sécurité lorsque vous dormîtes sans crainte. « Et Il fit descendre sur vous du ciel une eau » (8:11) pour la pluie qui les atteignit cette nuit-là, empêchant les polythéistes de devancer les musulmans vers l'eau, et laissant libre chemin aux musulmans pour y parvenir, « afin de vous purifier par elle, d'éloigner de vous la souillure de Satan, de fortifier vos cœurs et d'affermir vos pas » (8:11) : c'est-à-dire pour éloigner de vous le doute de Satan, par la peur qu'il vous inspirait de votre ennemi, et pour raffermir 7 le sol sous leurs pas, jusqu'à ce qu'ils atteignent leur campement où ils avaient devancé leur ennemi. (Ce qui fut révélé concernant l'annonce aux musulmans de l'assistance et de la victoire, et leur encouragement) : Puis le Très-Haut dit : « Quand ton Seigneur révéla aux anges : "Je suis avec vous, affermissez donc ceux qui ont cru." » (8:12) : c'est-à-dire soutenez 8 ceux qui ont cru. « Je vais jeter l'effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez donc au-dessus des cous, et frappez d'eux chaque extrémité. Cela, parce qu'ils se sont opposés à Allah et à Son Messager. Et quiconque s'oppose à Allah et à Son Messager, alors Allah est dur en punition. » (8:12-13). Puis Il dit : « Ô vous qui avez cru ! Quand vous rencontrez les mécréants en masse, ne leur tournez pas le dos. Et quiconque, ce jour-là, leur tourne le dos - sauf pour manœuvrer au combat ou pour rejoindre un groupe - encourt la colère d'Allah, et son refuge est l'Enfer. Et quelle mauvaise destination ! » (8:15-16) : c'est-à-dire un encouragement contre leur ennemi pour qu'ils ne reculent pas devant eux lorsqu'ils les rencontreraient, alors qu'Allah leur avait promis à leur sujet ce qu'Il leur avait promis. (Ce qui fut révélé concernant le jet de gravier par le Messager sur les polythéistes) : Puis le Très-Haut dit au sujet du jet de gravier par le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) sur eux de sa main, lorsqu'il les visa : « Ce n'est pas toi qui les as tués, mais c'est Allah qui les a tués ; et ce n'est pas toi qui as lancé, quand tu as lancé, mais c'est Allah qui a lancé » (8:17) : c'est-à-dire cela n'était pas dû à ton jet, sans ce qu'Allah y a mis comme secours pour toi, et ce qu'Il a jeté dans les poitrines de ton ennemi par cela, lorsqu'Allah les mit en déroute. « Et afin de faire aux croyants une belle récompense de Sa part » (8:17) : c'est-à-dire pour faire connaître aux croyants Sa grâce sur eux en les faisant triompher de leur ennemi malgré leur petit nombre, afin qu'ils reconnaissent par cela Son droit et remercient Sa grâce. (Ce qui fut révélé concernant la demande de jugement) : Puis Il dit : « Si vous avez demandé un jugement, le jugement vous est venu » (8:19) : c'est-à-dire à propos de la parole d'Abu Jahl : « Ô Allah, si c'est Toi qui as rompu les liens de parenté et apporté ce qui n'est pas connu, alors anéantis-le ce matin. » Et l'istiftah 9 est l'équité dans l'invocation. Allah, gloire à Lui, dit : « Et si vous cessez » (8:19) : c'est-à-dire, ô Quraysh, « cela sera meilleur pour vous. Et si vous revenez, Nous reviendrons » (8:19) : c'est-à-dire par une bataille semblable à celle qui vous a frappés le jour de Badr. « Et votre groupe ne vous sera d'aucune utilité, même nombreux, et Allah est avec les croyants. » (8:19) : c'est-à-dire que votre nombre et votre multitude ne vous seront d'aucune utilité, et Je suis avec les croyants, Je les secours contre ceux qui s'opposent à eux. (Ce qui fut révélé concernant l'incitation des musulmans à obéir au Messager) : Puis le Très-Haut dit : « Ô vous qui avez cru ! Obéissez à Allah et à Son Messager, et ne vous détournez pas de lui alors que vous entendez » (8:20) : c'est-à-dire ne contredisez pas son ordre alors que vous entendez sa parole et prétendez être des siens. « Et ne soyez pas comme ceux qui disent : "Nous avons entendu", alors qu'ils n'entendent pas » (8:21) : c'est-à-dire comme les hypocrites qui lui montrent l'obéissance et cachent la désobéissance. « Les pires des bêtes auprès d'Allah sont les sourds, les muets, ceux qui ne raisonnent pas » (8:22) : c'est-à-dire les hypocrites dont Je vous ai interdit d'être semblables, muets au bien, sourds à la vérité, ne raisonnent pas : ils ne savent pas ce qui les attend comme châtiment et conséquence 10. « Et si Allah avait reconnu en eux quelque bien, Il leur aurait fait entendre » (8:23) : c'est-à-dire Il aurait fait aboutir leur parole qu'ils ont prononcée avec leurs langues, mais les cœurs contredisaient cela. « Mais s'ils étaient sortis avec vous, ils se seraient détournés en fuyant » (8:23) : ils n'auraient tenu aucune de leurs promesses pour lesquelles ils étaient sortis. « Ô vous qui avez cru ! Répondez à Allah et au Messager lorsqu'il vous appelle à ce qui vous donne la vie » (8:24) : c'est-à-dire à la guerre par laquelle Allah vous a rendus puissants après l'humiliation, vous a fortifiés après la faiblesse, et vous a protégés de votre ennemi après qu'ils vous avaient vaincus. « Et rappelez-vous quand vous étiez peu nombreux, opprimés sur terre, craignant que les gens ne vous enlèvent. Alors Il vous a donné refuge, vous a soutenus de Son secours et vous a attribué de bonnes choses, afin que vous soyez reconnaissants. Ô vous qui avez cru ! Ne trahissez pas Allah et le Messager, et ne trahissez pas sciemment vos dépôts » (8:26-27) : c'est-à-dire ne lui montrez pas de la vérité ce qui lui agrée, puis ne le contredisez pas en secret par autre chose, car cela serait la perte de vos dépôts et une trahison envers vous-mêmes. « Ô vous qui avez cru ! Si vous craignez Allah, Il vous accordera un discernement, effacera vos péchés et vous pardonnera. Et Allah est le Détenteur de la grâce immense. » (8:29) : c'est-à-dire une séparation entre la vérité et le faux, par laquelle Allah fera triompher votre vérité et éteindra le faux de ceux qui s'opposent à vous.
Ce qui est descendu au sujet du rappel de la grâce d'Allah envers le Messager : Puis Il rappela à Son Messager, qu'Allah prie sur lui et le salue, Sa grâce envers lui, lorsque le peuple complota contre lui pour le tuer, le retenir 11 ou l'expulser. Ils complotèrent et Allah complota, et Allah est le meilleur des comploteurs 12 8:30 : c'est-à-dire : Je complotai contre eux par Ma ruse solide jusqu'à ce que Je t'aie délivré d'eux. Ce qui est descendu au sujet de l'insouciance 13 de Quraysh et de leur appel au châtiment contre eux-mêmes : Puis Il mentionna l'insouciance de Quraysh et leur appel au châtiment contre eux-mêmes, lorsqu'ils dirent : « Ô Allah, si ceci est la vérité venant de Toi 8:32 », c'est-à-dire ce qu'apporte Muhammad, « alors fais pleuvoir sur nous des pierres du ciel 8:32 » comme Tu en as fait pleuvoir sur le peuple de Lot, « ou inflige-nous un châtiment douloureux 8:32 », c'est-à-dire une partie de ce dont Tu as châtié les nations avant nous. Et ils disaient : « Allah ne nous châtiera pas alors que nous implorons Son pardon. » Et Il n'a jamais châtié une nation alors que son prophète était parmi elle, jusqu'à ce qu'Il l'en fasse sortir. Cela faisait partie de leur parole alors que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, était parmi eux. Allah, exalté soit-Il, dit à Son Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, mentionnant leur ignorance, leur insouciance et leur appel au châtiment contre eux-mêmes, lorsqu'Il dénonça la méchanceté de leurs actes : « Et Allah ne les châtiera pas tant que tu es parmi eux, et Allah ne les châtiera pas alors qu'ils implorent le pardon 8:33 », c'est-à-dire à cause de leur parole : « Nous implorons le pardon et Muhammad est parmi nous. » Puis Il dit : « Et qu'ont-ils pour qu'Allah ne les châtie pas 8:34 », même si tu es parmi eux et même s'ils implorent le pardon comme ils le disent, « alors qu'ils repoussent [les croyants] de la Mosquée sacrée 8:34 », c'est-à-dire ceux qui croient en Allah et en Son serviteur : c'est-à-dire toi et ceux qui te suivent. « Et ils n'en sont pas les gardiens ; ses gardiens ne sont que les pieux 8:34 », ceux qui respectent son caractère sacré et y accomplissent la prière : c'est-à-dire toi et ceux qui croient en toi. « Mais la plupart d'entre eux ne savent pas 8:34 ». « Et leur prière auprès de la Maison 8:35 », celle dont ils prétendent qu'elle les protège, « n'est que sifflements et battements de mains 8:35 ». Explication par Ibn Hishâm de certains termes rares : Ibn Hishâm a dit : « Al-mukâ' 14 : le sifflement. At-tasdiya 15 : les battements de mains. » 'Antara ibn 'Amr (ibn Shaddâd) al-'Absî a dit : « Et combien de guerrier ai-je laissé étendu par terre, dont la blessure 16 siffle comme la gueule du serpent 17 » Il veut dire : le bruit du sang qui sort de la plaie, comme un sifflement. Ce vers fait partie d'un poème de lui. Et at-Tirimmâh ibn Hakîm at-Tâ'î a dit : « Chaque fois qu'elle est effrayée, elle frappe le rocher puis s'arrête, à Musdân 18, au-dessus des deux fils de Shamâm 19, les ruines » Ce vers fait partie d'un poème de lui. Il parle de la femelle oryx. Il dit : lorsqu'elle est effrayée, elle frappe le rocher de sa patte puis s'arrête, et l'écho de son coup sur le rocher ressemble à des battements de mains. Al-musdân : le repaire 20. Les deux fils de Shamâm : deux montagnes. Ibn Ishâq a dit : « Cela ne satisfait pas Allah, puissant et majestueux, ne Lui plaît pas, n'est pas ce qu'Il leur a imposé ni ce qu'Il leur a ordonné. « Goûtez donc au châtiment pour votre mécréance 3:106 », c'est-à-dire à cause de ce qu'Il leur infligea le jour de Badr comme tuerie. » La période entre « Ô toi qui t'enveloppes [d'un vêtement] 73:1 » et Badr : Ibn Ishâq a dit : « Et Yahyâ ibn 'Abbâd ibn 'Abdillâh ibn az-Zubayr m'a raconté, d'après son père 'Abbâd, d'après 'Â'isha, qu'elle a dit : « Il n'y eut qu'un court intervalle entre la révélation de « Ô toi qui t'enveloppes [d'un vêtement] 73:1 » et la parole d'Allah, exalté soit-Il, dans cette sourate : « Laisse-Moi avec les dénégateurs comblés de bienfaits ; accorde-leur un court répit. Nous avons auprès de Nous des chaînes et une Fournaise, une nourriture qui étouffe et un châtiment douloureux 73:11-13 », jusqu'à ce qu'Allah frappa Quraysh par la défaite le jour de Badr. » Explication par Ibn Hishâm de certains termes rares : Ibn Hishâm a dit : « Al-ankâl 21 : les chaînes ; leur singulier est nikl. Ru'ba ibn al-'Ajjâj a dit : « Ma chaîne te suffit contre toute injustice de tout injuste » Ce vers fait partie d'une urjûza 22 de lui. Ce qui est descendu au sujet de ceux qui aidèrent Abû Sufyân : Ibn Ishâq a dit : « Puis Allah, puissant et majestueux, dit : « Ceux qui ont mécru dépensent leurs biens pour repousser [les gens] du chemin d'Allah. Ils les dépenseront, puis ils en éprouveront un regret, puis ils seront vaincus. Et ceux qui ont mécru seront rassemblés vers la Géhenne 8:36 », désignant les gens qui allèrent trouver Abû Sufyân et ceux de Quraysh qui possédaient des biens dans ce commerce, et leur demandèrent de les soutenir avec ces biens pour combattre le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, ce qu'ils firent. » Puis Il dit : « Dis à ceux qui ont mécru : s'ils cessent, il leur sera pardonné ce qui est passé ; et s'ils récidivent 8:38 » dans le combat contre toi, « alors la tradition des Anciens s'est déjà appliquée 8:38 », c'est-à-dire ceux d'entre eux qui furent tués le jour de Badr. L'ordre de combattre les mécréants : Puis Allah, exalté soit-Il, dit : « Et combattez-les jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de persécution 23 et que la religion, toute entière, soit à Allah 8:39 », c'est-à-dire jusqu'à ce qu'aucun croyant ne soit persécuté à cause de sa religion, et que l'unicité 24 soit purement à Allah, sans associé, et que soient rejetés les égaux en dehors de Lui. « S'ils cessent, alors Allah voit parfaitement ce qu'ils font. Et s'ils tournent le dos 8:39-40 » à ton ordre pour persévérer dans leur mécréance, « sachez qu'Allah est votre Maître 8:40 », Celui qui vous a rendus puissants et vous a donné la victoire sur eux le jour de Badr, malgré leur grand nombre et votre petit nombre. « Quel bon Maître et quel bon Secoureur 8:40 ». Ce qui est descendu au sujet du partage du butin 25 : Puis Il leur enseigna les parts du butin et Sa règle à son sujet, lorsqu'Il le leur rendit licite. Il dit : « Et sachez que, de tout butin que vous avez pris, le cinquième appartient à Allah, au Messager, à la parenté [du Messager], aux orphelins, aux pauvres et au voyageur, si vous croyez en Allah et en ce que Nous avons fait descendre sur Notre serviteur le jour du Discernement 26, le jour où les deux groupes se rencontrèrent. Et Allah est capable de toute chose 8:41 », c'est-à-dire le jour où J'ai distingué, par Ma puissance, le vrai du faux, le jour où vos deux groupes se rencontrèrent, « lorsque vous étiez sur le versant le plus proche 8:42 » de la vallée, « et eux sur le versant le plus éloigné 8:42 » de la vallée, vers La Mecque, « et la caravane était plus bas que vous 8:42 », c'est-à-dire la caravane d'Abû Sufyân que vous étiez sortis pour prendre, et ils sortirent pour la défendre, sans rendez-vous de votre part ni de la leur. « Et si vous vous étiez donné rendez-vous, vous auriez divergé sur le rendez-vous 8:42 », c'est-à-dire si cela avait été sur rendez-vous de votre part et de la leur, puis que vous eussiez appris leur grand nombre et votre petit nombre, vous ne les auriez pas rencontrés. « Mais [cela s'est produit] pour qu'Allah accomplisse une chose qui devait être faite 8:42 », c'est-à-dire pour qu'Il accomplisse par Sa puissance ce qu'Il voulait : rendre puissant l'islam et ses gens, et humilier la mécréance et ses gens, sans que vous ayez à subir d'épreuve 27. Il fit donc ce qu'Il voulait de cela par Sa grâce. Puis Il dit : « afin que périsse celui qui devait périr après une preuve claire, et que vive celui qui devait vivre après une preuve claire. Et Allah est certes Audient et Omniscient 8:42 », c'est-à-dire afin que mécroie celui qui mécroit après l'argument, ayant vu le signe et la leçon, et que croie celui qui croit sur la même base. Ce qui est descendu au sujet de la bienveillance d'Allah envers le Messager : Puis Il mentionna Sa bienveillance envers lui et Sa ruse pour lui. Puis Il dit : « Lorsqu'Allah te les montrait en songe comme peu nombreux ; et s'Il te les avait montrés nombreux, vous auriez faibli et vous vous seriez disputés à propos de l'affaire ; mais Allah vous a préservés. Il connaît le contenu des poitrines 8:43 ». Ce qu'Il te montra de cela fut une grâce parmi Ses grâces envers eux, par laquelle Il les encouragea contre leur ennemi et écarta d'eux ce que l'on craignait 28 pour eux de leur faiblesse, car Il savait ce qu'il y avait en eux. - Ibn Hishâm a dit : « Tukhûf 29 : mot remplaçant un terme mentionné par Ibn Ishâq et que je n'ai pas mentionné. » « Et lorsque, au moment de votre rencontre, Il vous les montrait comme peu nombreux à vos yeux, et vous rendait peu nombreux à leurs yeux, afin qu'Allah accomplisse une chose qui devait être faite 8:44 », c'est-à-dire afin de les unir pour le combat en vue de la vengeance contre celui dont Il voulait se venger, et de la grâce envers celui pour qui Il voulait parachever la grâce, parmi les gens de Son alliance. Ce qui est descendu au sujet de l'exhortation des musulmans et de leur enseignement des plans de guerre :
Puis Il les exhorta, leur fit comprendre et leur enseigna ce qu'il convenait de suivre dans leur combat. Il dit, exalté soit-Il : « Ô vous qui avez cru ! Quand vous rencontrez une troupe 30 que vous combattez dans le chemin d'Allah, soyez fermes et invoquez beaucoup Allah 31 » (Coran 8:45), Celui à qui vous avez voué vos âmes et à qui vous avez promis fidélité par votre serment d'allégeance, afin que vous réussissiez. « Et obéissez à Allah et à Son Messager, et ne vous disputez pas, car vous échoueriez » (Coran 8:45-46) : c'est-à-dire ne divergez pas, car votre affaire se disperserait et « votre force 32 s'en irait » (Coran 8:46), c'est-à-dire votre vigueur disparaîtrait. « Et soyez patients, car Allah est avec les patients » (Coran 8:46), c'est-à-dire : Je suis avec vous si vous faites cela. « Et ne soyez pas comme ceux qui sortirent de leurs demeures avec insolence et ostentation devant les gens » (Coran 8:47) : c'est-à-dire ne soyez pas comme Abou Jahl et ses compagnons, qui dirent : « Nous ne reviendrons pas avant d'être arrivés à Badr, d'y égorger les chameaux, d'y boire du vin, d'y entendre les chanteuses, et que les Arabes l'apprennent. » C'est-à-dire : que votre affaire ne soit pas ostentation ni recherche de renom, ni quête de ce qui est auprès des gens. Consacrez à Allah l'intention et le calcul 33 dans le soutien de votre religion et l'assistance de votre Prophète. N'agissez que pour cela et ne recherchez rien d'autre. Puis Il dit, exalté soit-Il : « Et quand Satan embellit leurs actions et dit : “Nul parmi les gens ne vous vaincra aujourd'hui, et je suis votre protecteur 34” » (Coran 8:48). Ibn Hicham dit : L'explication de ce verset a déjà été donnée. Ibn Ishaq dit : Puis Allah, exalté soit-Il, mentionna les mécréants et ce qu'ils rencontreront à leur mort, les décrivit par leur attribut, et informa Son Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à leur sujet, jusqu'à ce qu'Il arrive à dire : « Si tu les maîtrises 35 à la guerre, alors disperse par eux ceux qui les suivent, afin qu'ils se souviennent » (Coran 8:57), c'est-à-dire : inflige-leur un châtiment exemplaire pour ceux qui viendront après eux, afin qu'ils réfléchissent. « Et préparez contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie 36 pour en effrayer l'ennemi d'Allah et votre ennemi » (Coran 8:60)... jusqu'à Sa parole : « Et tout ce que vous dépensez dans le chemin d'Allah vous sera rendu, et vous ne serez pas lésés » (Coran 8:60), c'est-à-dire : votre récompense ne sera pas perdue auprès d'Allah dans l'au-delà, et vous en aurez le remplacement immédiat dans ce monde. Puis Il dit, exalté soit-Il : « Et s'ils inclinent à la paix 37, incline aussi vers elle » (Coran 8:61), c'est-à-dire : s'ils t'appellent à la paix sur la base de l'islam, alors fais la paix avec eux sur cela. « Et confie-toi à Allah » (Coran 8:61) : certes, Allah te suffit. « C'est Lui l'Audient, l'Omniscient » (Coran 8:61). (Explication d'Ibn Hicham de certains termes rares) : Ibn Hicham dit : « S'ils inclinent à la paix » : ils penchent vers toi pour la paix. L'inclination 38 est le penchant. Labid ibn Rabi'a a dit : « Comme l'inclination de l'artisan 39 sur ses mains, penché, qui examine les taches des lames » (vers). Ce vers est dans un poème de lui (il veut dire : le polisseur penché sur son travail. La tache 40 est la rouille de l'épée. Il examine : il polit l'épée). Et la paix 41 (aussi) : la réconciliation. Et dans le Livre d'Allah, puissant et majestueux : « Ne faiblissez donc pas et n'appelez pas à la paix, alors que vous êtes les plus élevés » (Coran 47:35). Et on lit aussi « à la paix 42 », et c'est le même sens. Zouhayr ibn Abi Soulma a dit : « Vous avez dit : si nous trouvons la paix large, par des biens et une parole de bien, nous serons saufs. » Ce vers est dans un poème de lui. Ibn Hicham dit : Il m'est parvenu d'après al-Hasan ibn Abi al-Hasan al-Basri qu'il disait : « Et s'ils inclinent à la paix » (Coran 8:61) : à l'islam. Et dans le Livre d'Allah, exalté soit-Il : « Ô vous qui avez cru ! Entrez dans la paix 43 totalement » (Coran 2:208). Et on lit aussi « dans la paix 44 », et c'est l'islam. Umayya ibn Abi as-Salt a dit : « Ils n'ont pas répondu à la paix quand les messagers de Dieu les avertissaient, et ils n'étaient pas pour Lui des soutiens. » Ce vers est dans un poème de lui. Et les Arabes appellent un seau allongé 45 : la paix. Tarafa ibn al-'Abd, l'un des Banu Qays ibn Tha'laba, décrivant sa chamelle, a dit : « Elle a deux coudes tordus 46 comme si elle passait près d'un seau d'un puiseur 47 vigoureux. » (Et on rapporte : « d'un puisatier 48 »). Ce vers est dans un poème de lui. « Et s'ils veulent te tromper, alors Allah te suffit » (Coran 8:62) : Il est derrière cela. « C'est Lui qui t'a soutenu par Son secours » (Coran 8:62) après la faiblesse, « et par les croyants, et Il a uni leurs cœurs » (Coran 8:62-63) par la guidée avec laquelle Allah t'a envoyé vers eux. « Si tu avais dépensé tout ce qui est sur la terre, tu n'aurais pas uni leurs cœurs, mais Allah les a unis » (Coran 8:63) par Sa religion qui les a rassemblés. « Il est Puissant, Sage » (Coran 8:63). Puis Il dit, exalté soit-Il : « Ô Prophète ! Allah te suffit, ainsi que ceux des croyants qui te suivent. » « Ô Prophète ! Encourage les croyants au combat. S'il y a parmi vous vingt patients, ils vaincront deux cents ; et s'il y a parmi vous cent, ils vaincront mille de ceux qui ont mécru, parce que ce sont des gens qui ne comprennent pas » (Coran 8:64-65) : c'est-à-dire qu'ils ne combattent pas avec une intention, ni pour une vérité, ni avec connaissance du bien ou du mal. Ibn Ishaq dit : 'Abdullah ibn Abi Najih m'a raconté d'après 'Ata' ibn Abi Rabah, d'après 'Abdullah ibn 'Abbas, qui a dit : Quand ce verset fut révélé, cela devint dur pour les musulmans, et ils trouvèrent grave que vingt combattent deux cents, et cent mille. Alors Allah allégea pour eux, et l'autre verset l'abrogea. Il dit : « Maintenant, Allah a allégé pour vous, et Il sait qu'il y a en vous de la faiblesse. S'il y a parmi vous cent patients, ils vaincront deux cents ; et s'il y a parmi vous mille, ils vaincront deux mille, par la permission d'Allah. Et Allah est avec les patients » (Coran 8:66). Il dit : Ainsi, lorsqu'ils étaient à la moitié de leurs ennemis, il ne leur convenait pas de fuir ; mais lorsqu'ils étaient en dessous de cela, le combat ne leur était pas obligatoire, et il leur était permis de se détourner d'eux. (Ce qui fut révélé au sujet des captifs et du butin) : Ibn Ishaq dit : Puis Allah, exalté soit-Il, Lui fit des reproches au sujet des captifs et de la prise du butin 49, alors qu'aucun prophète avant Lui n'avait consommé de butin provenant d'un ennemi. Ibn Ishaq dit : Muhammad Abu Ja'far ibn 'Ali ibn al-Husayn m'a raconté, disant : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « J'ai été secouru par la terreur 50, la terre m'a été rendue une mosquée 51 et un purificateur, il m'a été donné les paroles concises 52, le butin m'a été rendu licite alors qu'il ne l'avait été pour aucun prophète avant moi, et il m'a été donné l'intercession 53 : cinq choses qui n'ont été données à aucun prophète avant moi. » Ibn Ishaq dit : Alors Il dit : « Il n'appartient pas à un prophète 54 » (Coran 8:67) : c'est-à-dire avant toi, « d'avoir des captifs 55 » (Coran 8:67) de son ennemi, « jusqu'à ce qu'il ait abondamment combattu 56 sur la terre » (Coran 8:67), c'est-à-dire qu'il ait abondamment combattu son ennemi, jusqu'à l'avoir chassé de la terre. « Vous voulez les biens de ce monde » (Coran 8:67) : c'est-à-dire la jouissance, la rançon en prenant les hommes, « tandis qu'Allah veut l'au-delà » (Coran 8:67) : c'est-à-dire leur mise à mort pour la manifestation de la religion qu'Il veut manifester, et par laquelle on atteint l'au-delà. « Si un écrit d'Allah n'avait précédé, un grand châtiment vous aurait touchés pour ce que vous avez pris » (Coran 8:68) : c'est-à-dire des captifs et du butin. « Un grand châtiment » (Coran 8:68) : c'est-à-dire si ce n'avait été qu'Il avait précédé de Ma part que Je ne châtie qu'après l'interdiction, et Il ne les avait pas interdits, Je vous aurais châtiés pour ce que vous avez fait. Puis Il le rendit licite pour Lui et pour eux, par miséricorde de Sa part et comme faveur du Tout-Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Il dit : « Mangez donc de ce que vous avez acquis comme butin, licite et bon, et craignez Allah. Certes, Allah est Pardonneur et Miséricordieux » (Coran 8:69).
- Suhayl ibn 'Amr : Compagnon de la première heure, connu pour son éloquence ; il fut fait prisonnier à Badr puis libéré.
- as-Sabal : Nom du cheval de Muthanna ibn Abi Muthanna ; signifie 'le flot' ou 'l'eau courante'.
- cent chevaux : Selon les récits, les polythéistes disposaient d'une cavalerie nombreuse, contrairement aux musulmans qui n'en avaient que trois.
- Ibn Ishaq : Muhammad ibn Ishaq, célèbre historien et biographe du Prophète (m. 150 H/767).
- gens de Badr : Les compagnons qui participèrent à la bataille de Badr, considérés comme ayant un rang élevé.
- répulsion à rencontrer l'ennemi : Certains musulmans étaient réticents à combattre, préférant le butin de la caravane.
- raffermir : Le texte arabe utilise 'istijlād' qui signifie rendre le sol ferme pour faciliter la marche.
- soutenez : Le terme arabe 'āzarū' signifie 'aidez, renforcez'.
- istiftah : Demande de jugement ou d'arbitrage divin, souvent par une invocation.
- conséquence : Le terme arabe 'tabā'ah' signifie 'suite fâcheuse, châtiment'.
- yuthbitūhu : Le retenir prisonnier ou le maintenir en vie.
- khayru al-mākirīn : Le meilleur des comploteurs : Allah est Celui dont la ruse est parfaite et inéluctable.
- ghirra : Insouciance, imprudence, tromperie de soi.
- al-mukā' : Sifflement, en particulier avec la bouche.
- at-tasdiya : Battement des mains, applaudissement.
- farīṣa : Blessure mortelle, ou le sang qui en jaillit.
- al-a‘lam : Serpent à la mâchoire tachetée de noir et de blanc.
- muṣdān : Repaire, lieu où l'animal se réfugie.
- ibnā shamām : Deux montagnes.
- al-ḥirz : Repaire, lieu protégé.
- al-ankāl : Chaînes, fers ; singulier : nikl.
- urjūza : Poème en mètre rajaz.
- fitna : Persécution, épreuve, trouble ; ici : toute forme d'oppression religieuse.
- at-tawḥīd : L'unicité d'Allah, le monothéisme pur.
- al-fay’ : Butin pris à l'ennemi sans combat ; ici, le terme est utilisé pour le butin en général.
- yawm al-furqān : Le jour du Discernement, c'est-à-dire le jour de Badr, où Allah distingua le vrai du faux.
- balā’ : Épreuve, affliction ; ici : sans que vous ayez à subir de difficulté.
- tukhūf : Crainte, appréhension ; ici : ce que l'on craignait.
- tukhūf : Mot signifiant 'crainte' ; Ibn Hishâm le mentionne comme remplacement d'un terme d'Ibn Ishâq.
- fī'a : Troupe, groupe armé.
- wa-dhkurū llāha kathīran : Invoquez beaucoup Allah, c'est-à-dire mentionnez-Le fréquemment par la louange et la glorification.
- rīḥ : Force, puissance, ou vent (au sens figuré de la vigueur et de l'élan).
- ḥisba : Intention de rechercher la récompense divine, calcul dans l'action pour Allah seul.
- jār : Protecteur, voisin qui assure la sécurité.
- tathqafannahum : Tu les maîtrises, tu les captures ou tu les domines.
- ribāṭ al-khayl : Cavalerie, littéralement 'lien des chevaux', désignant les chevaux préparés pour le combat.
- salm : Paix, réconciliation. Peut aussi désigner l'islam.
- junūḥ : Inclination, penchant.
- hālikī : Artisan, ici le polisseur d'épées.
- naqb : Rouille, tache sur une lame.
- salm : Paix, réconciliation.
- silm : Variante de lecture de 'salm' (paix).
- silm : Paix, ici interprété comme l'islam.
- salm : Variante de lecture de 'silm' (paix/islam).
- salm : Seau allongé utilisé pour puiser l'eau.
- aftalān : Tordus, déformés (en parlant des coudes).
- dāliḥ : Puiseur d'eau, celui qui tire l'eau du puits.
- dālij : Variante : puisatier, celui qui descend dans le puits.
- maghānim : Butin de guerre.
- ruʿb : Terreur, effroi (inspiré dans le cœur des ennemis).
- masjid : Lieu de prosternation, toute la terre étant rendue pure pour la prière.
- jawāmiʿ al-kalim : Paroles concises et complètes, capacité d'exprimer beaucoup en peu de mots.
- shafāʿa : Intercession, privilège d'intercéder en faveur des croyants au Jour du Jugement.
- nabī : Prophète.
- asrā : Captifs, prisonniers de guerre.
- yuthkhina : Il abonde dans le combat, il inflige de lourdes pertes.
Parmi ceux qui assistèrent à Badr parmi les musulmans
Puis Il dit : « Ô Prophète ! Dis à ceux qui sont entre vos mains parmi les captifs : si Allah sait qu’il y a un bien dans vos cœurs, Il vous donnera mieux que ce qui vous a été pris et vous pardonnera. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » [8:70] (Ce qui est descendu au sujet des liens entre les musulmans) : Et Il exhorta les musulmans à maintenir les liens entre eux, et Il fit des émigrés 1 et des auxiliaires 2 des alliés en religion à l’exclusion des autres. Et Il fit des mécréants des alliés les uns des autres. Puis Il dit : « Si vous ne le faites pas, il y aura une tentation 3 sur terre et un grand désordre. » [8:73] C’est-à-dire : si le croyant ne prend pas le croyant pour allié à l’exclusion du mécréant, même s’il est son parent par le sang, il y aura une tentation sur terre, c’est-à-dire une confusion entre le vrai et le faux, et l’apparition du désordre sur terre par le fait que le croyant prenne le mécréant pour allié plutôt que le croyant. Puis Il ramena les héritages aux liens de parenté, après que l’alliance entre les émigrés et les auxiliaires eut été abrogée, au profit des liens de parenté entre eux. Il dit : « Et ceux qui ont cru après cela, et ont émigré et lutté avec vous, ceux-là sont des vôtres. Et les liens de parenté sont plus proches les uns des autres selon le Livre d’Allah. » [8:75] C’est-à-dire en matière d’héritage. « Certes, Allah est Omniscient. » [8:75] (Ceux qui assistèrent à Badr parmi les musulmans) (D’entre les Banû Hâshim et les Banû al-Muttalib) : Ibn Ishâq dit : Voici la liste de ceux qui assistèrent à Badr parmi les musulmans, puis parmi les Qurayshites, puis parmi les Banû Hâshim ibn ‘Abd Manâf et les Banû al-Muttalib ibn ‘Abd Manâf ibn Qusayy ibn Kilâb ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu’ayy ibn Ghâlib ibn Fihr ibn Mâlik ibn al-Nadr ibn Kinâna. Muhammad, le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, le seigneur des envoyés, fils de ‘Abd Allâh ibn ‘Abd al-Muttalib ibn Hâshim ; Hamza ibn ‘Abd al-Muttalib ibn Hâshim, le lion d’Allah et le lion de Son Messager, l’oncle du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – ; ‘Alî ibn Abî Tâlib ibn ‘Abd al-Muttalib ibn Hâshim ; Zayd ibn Hâritha ibn Sharâhîl ibn Ka‘b ibn ‘Abd al-‘Uzzâ ibn Imru’ al-Qays al-Kalbî, sur qui Allah et Son Messager – qu’Allah prie sur lui et le salue – ont accordé une faveur. Ibn Hishâm dit : Zayd ibn Hâritha ibn Sharâhîl ibn Ka‘b ibn ‘Abd al-‘Uzzâ ibn Imru’ al-Qays ibn ‘Âmir ibn al-Nu‘mân ibn ‘Âmir ibn ‘Abd Wudd ibn ‘Awf ibn Kinâna ibn Bakr ibn ‘Awf ibn ‘Udhra ibn Zayd al-Lât ibn Rufayda ibn Thawr ibn Ka‘b ibn Wabra. Ibn Ishâq dit : Anasa, l’affranchi du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – ; Abû Kabsha, l’affranchi du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue. Ibn Hishâm dit : Anasa était un Abyssinien, et Abû Kabsha un Persan. Ibn Ishâq dit : Abû Martad, Kinâz ibn Hîsn ibn Yarbû‘ ibn ‘Amr ibn Yarbû‘ ibn Kharasha ibn Sa‘d ibn Tarîf ibn Jallân ibn Ghanm ibn Ghanî ibn Ya‘sur ibn Sa‘d ibn Qays ibn ‘Aylân. Ibn Hishâm dit : Kinâz ibn Husayn. Ibn Ishâq dit : Et son fils, Martad ibn Abî Martad, tous deux alliés de Hamza ibn ‘Abd al-Muttalib ; ‘Ubayda ibn al-Hârith ibn al-Muttalib ; ses deux frères, al-Tufayl ibn al-Hârith et al-Husayn ibn al-Hârith ; Mistah, dont le nom est ‘Awf ibn Uthâtha ibn ‘Abbâd ibn al-Muttalib. Soit douze hommes. (D’entre les Banû ‘Abd Shams) : Et d’entre les Banû ‘Abd Shams ibn ‘Abd Manâf : ‘Uthmân ibn ‘Affân ibn Abî al-‘Âs ibn Umayya ibn ‘Abd Shams. Il resta en arrière auprès de son épouse Ruqayya, fille du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, et le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – lui attribua sa part. Il dit : « Et ma récompense, ô Messager d’Allah ? » Il dit : « Et ta récompense. » ; Abû Hudhayfa ibn ‘Utba ibn Rabî‘a ibn ‘Abd Shams ; Sâlim, l’affranchi d’Abû Hudhayfa. Ibn Hishâm dit : Le nom d’Abû Hudhayfa est Mihsham. (Généalogie de Sâlim) : Ibn Hishâm dit : Sâlim était un affranchi 4 de Thubayta bint Ya‘âr ibn Zayd ibn ‘Ubayd ibn Zayd ibn Mâlik ibn ‘Awf ibn ‘Amr ibn ‘Awf ibn Mâlik ibn al-Aws. Elle l’affranchit et il se rattacha à Abû Hudhayfa qui l’adopta. On dit que Thubayta bint Ya‘âr était l’épouse d’Abû Hudhayfa ibn ‘Utba ; elle affranchit Sâlim comme affranchi, et on dit : Sâlim, l’affranchi d’Abû Hudhayfa. Ibn Ishâq dit : On rapporte que Subayh, l’affranchi d’Abû al-‘Âs ibn Umayya ibn ‘Abd Shams, se prépara à partir avec le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, puis tomba malade. Il chargea donc sur son chameau Abû Salama ibn ‘Abd al-Asad ibn Hilâl ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Umar ibn Makhzûm. Ensuite, Subayh assista à toutes les expéditions suivantes avec le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue. (D’entre les alliés des Banû ‘Abd Shams) : Assistèrent à Badr, parmi les alliés des Banû ‘Abd Shams, puis des Banû Asad ibn Khuzayma : ‘Abd Allâh ibn Jahsh ibn Ri’âb ibn Ya‘mur ibn Sabra ibn Murra ibn Kabîr ibn Ghanm ibn Dûdân ibn Asad ; ‘Ukkâsha ibn Mihsan ibn Harthân ibn Qays ibn Murra ibn Kabîr ibn Ghanm ibn Dûdân ibn Asad ; Shujâ‘ ibn Wahb ibn Rabî‘a ibn Asad ibn Suhayb ibn Mâlik ibn Kabîr ibn Ghanm ibn Dûdân ibn Asad ; son frère ‘Uqba ibn Wahb ; Yazîd ibn Ruqaysh ibn Ri’âb ibn Ya‘mur ibn Sabra ibn Murra ibn Kabîr ibn Ghanm ibn Dûdân ibn Asad ; Abû Sinân ibn Mihsan ibn Harthân ibn Qays, frère de ‘Ukkâsha ibn Mihsan ; son fils Sinân ibn Abî Sinân ; Muhriz ibn Nadla ibn ‘Abd Allâh ibn Murra ibn Kabîr ibn Ghanm ibn Dûdân ibn Asad ; Rabî‘a ibn Aktham ibn Sakhbara ibn ‘Amr ibn Lukayz ibn ‘Âmir ibn Ghanm ibn Dûdân ibn Asad. (D’entre les alliés des Banû Kabîr) : Et parmi les alliés des Banû Kabîr ibn Ghanm ibn Dûdân ibn Asad : Thaqf ibn ‘Amr ; ses deux frères : Mâlik ibn ‘Amr et Mudlij ibn ‘Amr. Ibn Hishâm dit : Midlâj ibn ‘Amr. Ibn Ishâq dit : Ils sont des Banû Hajar, de la famille des Banû Sulaym. Et Abû Makhshî, leur allié. Soit seize hommes. Ibn Hishâm dit : Abû Makhshî était un Tayyite, son nom est Suwayd ibn Makhshî. (D’entre les Banû Nawfal) : Ibn Ishâq dit : Et d’entre les Banû Nawfal ibn ‘Abd Manâf : ‘Utba ibn Ghazwân ibn Jâbir ibn Wahb ibn Nusayb ibn Mâlik ibn al-Hârith ibn Mâzin ibn Mansûr ibn ‘Ikrima ibn Khasafa ibn Qays ibn ‘Aylân ; Khabbâb, l’affranchi de ‘Utba ibn Ghazwân. Deux hommes. (D’entre les Banû Asad) : Et d’entre les Banû Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzâ ibn Qusayy : al-Zubayr ibn al-‘Awwâm ibn Khuwaylid ibn Asad ; Hâtib ibn Abî Balta‘a ; Sa‘d, l’affranchi de Hâtib. Trois personnes. Ibn Hishâm dit : Hâtib ibn Abî Balta‘a, le nom d’Abî Balta‘a est ‘Amr, un Lakhmite ; Sa‘d, l’affranchi de Hâtib, un Kalbite. (D’entre les Banû ‘Abd al-Dâr) : Ibn Ishâq dit : Et d’entre les Banû ‘Abd al-Dâr ibn Qusayy : Mus‘ab ibn ‘Umayr ibn Hâshim ibn ‘Abd Manâf ibn ‘Abd al-Dâr ibn Qusayy ; Suwaybit ibn Sa‘d ibn Huraymila ibn Mâlik ibn ‘Umayla ibn al-Sabbâq ibn ‘Abd al-Dâr ibn Qusayy. Deux hommes. (D’entre les Banû Zuhra) : Et d’entre les Banû Zuhra ibn Kilâb : ‘Abd al-Rahmân ibn ‘Awf ibn ‘Abd ‘Awf ibn ‘Abd ibn al-Hârith ibn Zuhra ; Sa‘d ibn Abî Waqqâs – et Abû Waqqâs est Mâlik ibn Uhayb ibn ‘Abd Manâf ibn Zuhra ; son frère ‘Umayr ibn Abî Waqqâs. Et parmi leurs alliés : al-Miqdâd ibn ‘Amr ibn Tha‘laba ibn Mâlik ibn Rabî‘a ibn Thumâma ibn Matrûd ibn ‘Amr ibn Sa‘d ibn Zuhayr ibn Thawr ibn Tha‘laba ibn Mâlik ibn al-Sharîd ibn Hazl ibn Qâ’ish ibn Duraym ibn al-Qayn ibn Ahwad ibn Bahrâ’ ibn ‘Amr ibn al-Hâff ibn Qudâ‘a. Ibn Hishâm dit : On dit : Hazl ibn Qâs ibn Dhar – et Duhayr ibn Thawr.
Ibn Isḥāq a dit : ʿAbd Allāh ibn Masʿūd ibn al-Ḥārith ibn Shamkh ibn Makhzūm ibn Ṣāhila ibn Kāhil ibn al-Ḥārith ibn Tamīm ibn Saʿd ibn Hudhayl ; et Masʿūd ibn Rabīʿa ibn ʿAmr ibn Saʿd ibn ʿAbd al-ʿUzzā ibn Ḥamāla ibn Ghālib ibn Muḥallim ibn ʿĀʾidha ibn Subayʿ ibn al-Hūn ibn Khuzayma, des Qāra 5. Ibn Hishām a dit : Al-Qāra est un surnom pour eux. On dit : « Il a rendu justice à al-Qāra celui qui les a visés », et ils étaient des archers. Ibn Isḥāq a dit : Dhū al-Shimālayn 6 ibn ʿAbd ʿAmr ibn Naḍla ibn Ghubshān ibn Sulaym ibn Malakān ibn Afṣā ibn Ḥāritha ibn ʿAmr ibn ʿĀmir, de Khuzāʿa. Ibn Hishām a dit : On l’a appelé Dhū al-Shimālayn parce qu’il était gaucher ; son nom est ʿUmayr. Ibn Isḥāq a dit : Khabbāb ibn al-Aratt, huit hommes. Ibn Hishām a dit : Khabbāb ibn al-Aratt, des Banū Tamīm ; il a une descendance, et ils sont à Kūfa. On dit aussi : Khabbāb est de Khuzāʿa. (Des Banū Taym) : Ibn Isḥāq a dit : Et des Banū Taym ibn Murra : Abū Bakr al-Ṣiddīq 7, son nom est ʿAtīq ibn ʿUthmān ibn ʿĀmir ibn ʿAmr ibn Kaʿb ibn Saʿd ibn Taym. Ibn Hishām a dit : Le nom d’Abū Bakr est ʿAbd Allāh ; ʿAtīq est un surnom, à cause de la beauté de son visage et de sa noblesse 8. Ibn Isḥāq a dit : Bilāl, affranchi d’Abū Bakr – Bilāl est un client 9 des Banū Jumaḥ ; Abū Bakr l’a acheté à Umayya ibn Khalaf ; c’est Bilāl ibn Rabāḥ, sans descendance – et ʿĀmir ibn Fuhayra. Ibn Hishām a dit : ʿĀmir ibn Fuhayra, client des Asad, noir ; Abū Bakr l’a acheté d’eux. Ibn Isḥāq a dit : Ṣuhayb ibn Sinān, des Namir ibn Qāsiṭ. (Généalogie des Namir) : Ibn Hishām a dit : Al-Namir : fils de Qāsiṭ ibn Hinb ibn Afṣā ibn Jadīla ibn Asad ibn Rabīʿa ibn Nizār ; on dit aussi : Afṣā ibn Duʿmī ibn Jadīla ibn Asad ibn Rabīʿa ibn Nizār. On dit aussi : Ṣuhayb, affranchi de ʿAbd Allāh ibn Judʿān ibn ʿAmr ibn Kaʿb ibn Saʿd ibn Taym ; on dit aussi qu’il était byzantin 10. Certains de ceux qui disent qu’il est des Namir ibn Qāsiṭ affirment : il était prisonnier chez les Byzantins et fut acheté d’eux. Et il est rapporté dans le hadith du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Ṣuhayb est le précurseur des Byzantins. » Ibn Isḥāq a dit : Ṭalḥa ibn ʿUbayd Allāh ibn ʿUthmān ibn ʿAmr ibn Kaʿb ibn Saʿd ibn Taym ; il était en Syrie et arriva après que l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) fut revenu de Badr ; il lui parla, et il lui attribua sa part 11. Il dit : « Et ma récompense, ô Envoyé d’Allah ? » Il dit : « Et ta récompense. » Cinq hommes. (Des Banū Makhzūm) : Ibn Isḥāq a dit : Et des Banū Makhzūm ibn Yaqaẓa ibn Murra : Abū Salama ibn ʿAbd al-Asad – le nom d’Abū Salama est ʿAbd Allāh ibn ʿAbd al-Asad ibn Hilāl ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUmar ibn Makhzūm – et Shammās ibn ʿUthmān ibn al-Sharīd ibn Suwayd ibn Harmī ibn ʿĀmir ibn Makhzūm. (Raison du surnom de Shammās) : Ibn Hishām a dit : Le nom de Shammās est ʿUthmān ; on l’a appelé Shammās parce qu’un diacre 12 était venu à La Mecque à l’époque préislamique, et il était beau ; les gens s’émerveillèrent de sa beauté. ʿUtba ibn Rabīʿa, qui était l’oncle maternel de Shammās, dit : « Je vais vous amener un diacre plus beau que lui. » Il amena le fils de sa sœur, ʿUthmān ibn ʿUthmān, et on l’appela Shammās, d’après ce qu’ont rapporté Ibn Shihāb al-Zuhrī et d’autres. Ibn Isḥāq a dit : Al-Arqam ibn Abī al-Arqam – le nom d’Abū al-Arqam est ʿAbd Manāf ibn Asad ; Asad était surnommé Abū Jundub ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUmar ibn Makhzūm – et ʿAmmār ibn Yāsir. Ibn Hishām a dit : ʿAmmār ibn Yāsir, ʿAnsī 13, de Madhḥij. Ibn Isḥāq a dit : Muʿattib ibn ʿAwf ibn ʿĀmir ibn al-Faḍl ibn ʿAfīf ibn Kulayb ibn Ḥubshiyya ibn Salūl ibn Kaʿb ibn ʿAmr, allié à eux, de Khuzāʿa ; c’est celui qu’on appelle ʿAyhāma 14. Cinq hommes. (Des Banū ʿAdī et de leurs alliés) : Et des Banū ʿAdī ibn Kaʿb : ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb ibn Nufayl ibn ʿAbd al-ʿUzzā ibn Riyāḥ ibn ʿAbd Allāh ibn Qurṭ ibn Razāḥ ibn ʿAdī ; son frère Zayd ibn al-Khaṭṭāb ; Mihjaʿ, affranchi de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, du Yémen ; il fut le premier tué parmi les musulmans entre les deux rangs le jour de Badr, frappé par une flèche. Ibn Hishām a dit : Mihjaʿ, de ʿAkk ibn ʿAdnān. Ibn Isḥāq a dit : ʿAmr ibn Surāqa ibn al-Muʿtamir ibn Anas ibn Adhāt ibn ʿAbd Allāh ibn Qurṭ ibn Riyāḥ ibn Razāḥ ibn ʿAdī ibn Kaʿb ; son frère ʿAbd Allāh ibn Surāqa ; Wāqid ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAbd Manāf ibn ʿArīn ibn Thaʿlaba ibn Yarbūʿ ibn Ḥanẓala ibn Mālik ibn Zayd Manāt ibn Tamīm, allié à eux ; Khawlī ibn Abī Khawlī et Mālik ibn Abī Khawlī, deux alliés à eux. Ibn Hishām a dit : Abū Khawlī, des Banū ʿIjl ibn Lujaym ibn Ṣaʿb ibn ʿAlī ibn Bakr ibn Wāʾil. Ibn Isḥāq a dit : ʿĀmir ibn Rabīʿa, allié de la famille d’al-Khaṭṭāb, de ʿAnz ibn Wāʾil. Ibn Hishām a dit : ʿAnz ibn Wāʾil : fils de Qāsiṭ ibn Hinb ibn Afṣā ibn Jadīla ibn Asad ibn Rabīʿa ibn Nizār ; on dit aussi : Afṣā : fils de Duʿmī ibn Jadīla. Ibn Isḥāq a dit : ʿĀmir ibn al-Bukayr ibn ʿAbd Yālīl ibn Nāshib ibn Ghayra, des Banū Saʿd ibn Layth ; ʿĀqil ibn al-Bukayr ; Khālid ibn al-Bukayr ; Iyās ibn al-Bukayr, alliés des Banū ʿAdī ibn Kaʿb ; Saʿīd ibn Zayd ibn ʿAmr ibn Nufayl ibn ʿAbd al-ʿUzzā ibn ʿAbd Allāh ibn Qurṭ ibn Riyāḥ ibn Razāḥ ibn ʿAdī ibn Kaʿb ; il arriva de Syrie après que l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) fut revenu de Badr ; il lui parla, et l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui attribua sa part. Il dit : « Et ma récompense, ô Envoyé d’Allah ? » Il dit : « Et ta récompense. » Quatorze hommes. (Des Banū Jumaḥ et de leurs alliés) : Et des Banū Jumaḥ ibn ʿAmr ibn Huṣayṣ ibn Kaʿb : ʿUthmān ibn Maẓʿūn ibn Ḥabīb ibn Wahb ibn Ḥudhāfa ibn Jumaḥ ; son fils al-Sāʾib ibn ʿUthmān ; ses deux frères Qudāma ibn Maẓʿūn et ʿAbd Allāh ibn Maẓʿūn ; Maʿmar ibn al-Ḥārith ibn Maʿmar ibn Ḥabīb ibn Wahb ibn Ḥudhāfa ibn Jumaḥ. Cinq hommes. Et des Banū Sahm ibn ʿAmr ibn Huṣayṣ ibn Kaʿb : Khunays ibn Ḥudhāfa ibn Qays ibn ʿAdī ibn Saʿd ibn Sahm. Un homme. (Des Banū ʿĀmir) : Ibn Isḥāq a dit : Des Banū ʿĀmir ibn Luʾayy, puis des Banū Mālik ibn Ḥisl ibn ʿĀmir : Abū Sabra ibn Abī Ruhm ibn ʿAbd al-ʿUzzā ibn Abī Qays ibn ʿAbd Wudd ibn Naṣr ibn Mālik ibn Ḥisl ; ʿAbd Allāh ibn Makhrama ibn ʿAbd al-ʿUzzā ibn Abī Qays ibn ʿAbd Wudd ibn Naṣr ibn Mālik ; ʿAbd Allāh ibn Suhayl ibn ʿAmr ibn ʿAbd Shams ibn ʿAbd Wudd ibn Naṣr ibn Mālik ibn Ḥisl – il était sorti avec son père Suhayl ibn ʿAmr ; quand les gens descendirent à Badr, il s’enfuit vers l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et y assista avec lui – ; ʿUmayr ibn ʿAwf, affranchi de Suhayl ibn ʿAmr ; Saʿd ibn Khawla, allié à eux. Cinq hommes. Ibn Hishām a dit : Saʿd ibn Khawla, du Yémen. (Des Banū al-Ḥārith) :
Ibn Isḥāq a dit : Parmi les Banū al-Ḥārith ibn Fihr : Abū ʿUbayda ibn al-Jarrāḥ, qui est ʿĀmir ibn ʿAbd Allāh ibn al-Jarrāḥ ibn Hilāl ibn Uhayb ibn Ḍabba ibn al-Ḥārith ; et ʿAmr ibn al-Ḥārith ibn Zuhayr ibn Abī Shaddād ibn Rabīʿa ibn Hilāl ibn Uhayb ibn Ḍabba ibn al-Ḥārith ; et Suhayl ibn Wahb ibn Rabīʿa ibn Hilāl ibn Abī Uhayb ibn Ḍabba ibn al-Ḥārith, et son frère Ṣafwān ibn Wahb, tous deux fils de Bayḍāʾ ; et ʿAmr ibn Abī Sarḥ ibn Rabīʿa ibn Hilāl ibn Uhayb ibn Ḍabba ibn al-Ḥārith. Cinq personnes. (Nombre de ceux qui assistèrent à Badr parmi les Muhājirūn 15) : Le total de ceux qui assistèrent à Badr parmi les Muhājirūn, et pour qui le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) attribua une part 16 et une récompense, fut de quatre-vingt-trois hommes. Ibn Hishām a dit : Beaucoup de savants, autres qu'Ibn Isḥāq, mentionnent parmi les Muhājirūn à Badr, dans les Banū ʿĀmir ibn Luʾayy : Wahb ibn Saʿd ibn Abī Sarḥ, et Ḥāṭib ibn ʿAmr ; et dans les Banū al-Ḥārith ibn Fihr : ʿIyāḍ ibn Zuhayr.
- al-muhājirūn : Les émigrés : les musulmans de La Mecque qui ont émigré à Médine.
- al-anṣār : Les auxiliaires : les musulmans de Médine qui ont accueilli et soutenu les émigrés.
- fitna : Tentation, épreuve, trouble ou discorde, souvent liée à la confusion entre le vrai et le faux.
- sā'iba : Esclave affranchi sans lien de clientèle, libre de tout attachement.
- al-Qāra : Surnom d'une tribu, réputée pour ses archers.
- Dhū al-Shimālayn : Surnom signifiant 'celui aux deux mains gauches', désignant un gaucher.
- al-Ṣiddīq : Surnom d'Abū Bakr signifiant 'le véridique' ou 'celui qui confirme la vérité'.
- ʿitq : Noblesse, liberté, ou beauté parfaite.
- muwallad : Client ou affranchi né dans l'islam, souvent d'origine étrangère.
- Rūmī : Byzantin, désignant un Romain d'Orient.
- ḍaraba lahu bi-sahmihi : Lui attribuer une part du butin, même en son absence.
- shammās : Diacre chrétien, servant dans l'église.
- ʿAnsī : De la tribu de ʿAns, branche de Madhḥij au Yémen.
- ʿAyhāma : Surnom de Muʿattib, peut-être lié à un défaut de prononciation ou à une caractéristique physique.
- Muhājirūn : Émigrants : les premiers musulmans qui ont émigré de La Mecque à Médine.
- sahm : Part du butin attribuée à un participant à la bataille.
Les Ansâr [1] et ceux qui sont avec eux
Les Ansâr 1 et ceux qui étaient avec eux, parmi les Banû ‘Abd al-Ashhal 2 : Ibn Ishâq 3 a dit : Participèrent à Badr 4 avec le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – parmi les musulmans, puis parmi les Ansâr, puis parmi les Aws 5 ibn Hâritha ibn Tha‘laba ibn ‘Amr ibn ‘Âmir, puis parmi les Banû ‘Abd al-Ashhal ibn Jusham ibn al-Hârith ibn al-Khazraj 6 ibn ‘Amr ibn Mâlik ibn al-Aws : Sa‘d ibn Mu‘âdh ibn al-Nu‘mân ibn Imri’ al-Qays ibn Zayd ibn ‘Abd al-Ashhal, et ‘Amr ibn Mu‘âdh ibn al-Nu‘mân, et al-Hârith ibn Aws ibn Mu‘âdh ibn al-Nu‘mân, et al-Hârith ibn Anas ibn Râfi‘ ibn Imri’ al-Qays. (Parmi les Banû ‘Ubayd ibn Ka‘b et leurs alliés) : Et parmi les Banû ‘Ubayd ibn Ka‘b ibn ‘Abd al-Ashhal : Sa‘d ibn Zayd ibn Mâlik ibn ‘Ubayd. Et parmi les Banû Za‘ûrâ 7 ibn ‘Abd al-Ashhal – Ibn Hishâm 8 a dit : on dit aussi Za‘warâ – : Salama ibn Salâma ibn Waqsh ibn Zughba, et ‘Abbâd ibn Bishr ibn Waqsh ibn Zughba ibn Za‘ûrâ, et Salama ibn Thâbit ibn Waqsh, et Râfi‘ ibn Yazîd ibn Kurz ibn Sakan ibn Za‘ûrâ, et al-Hârith ibn Khazma ibn ‘Adiyy ibn Ubayy ibn Ghanm ibn Sâlim ibn ‘Awf ibn ‘Amr ibn ‘Awf ibn al-Khazraj, allié à eux, des Banû ‘Awf ibn al-Khazraj, et Muhammad ibn Maslama ibn Khâlid ibn ‘Adiyy ibn Majda‘a ibn Hâritha ibn al-Hârith, allié à eux, des Banû Hâritha ibn al-Hârith, et Salama ibn Aslam ibn Huraysh ibn ‘Adiyy ibn Majda‘a ibn Hâritha ibn al-Hârith, allié à eux, des Banû Hâritha ibn al-Hârith. Ibn Hishâm a dit : Aslam ibn Harîs ibn ‘Adiyy. Ibn Ishâq a dit : Abû al-Haytham ibn al-Tayyihân, et ‘Ubayd ibn al-Tayyihân. Ibn Hishâm a dit : on dit aussi ‘Atîk ibn al-Tayyihân. Ibn Ishâq a dit : et ‘Abd Allâh ibn Sahl. Quinze hommes. Ibn Hishâm a dit : ‘Abd Allâh ibn Sahl : frère des Banû Za‘ûrâ, et on dit qu’il était de Ghassân 9. Ibn Ishâq a dit : Et parmi les Banû Zafar 10, puis parmi les Banû Sawâd ibn Ka‘b – et Ka‘b est Zafar – Ibn Hishâm a dit : Zafar ibn al-Khazraj ibn ‘Amr ibn Mâlik al-Aws : Qatâda ibn al-Nu‘mân ibn Zayd ibn ‘Âmir ibn Sawâd, et ‘Ubayd ibn Aws ibn Mâlik ibn Sawâd. Deux hommes. (Cause du surnom de ‘Ubayd « Muqarn » 11) : Ibn Hishâm a dit : ‘Ubayd ibn Aws, celui qu’on appelle Muqarn, parce qu’il attacha ensemble quatre prisonniers le jour de Badr. Et c’est lui qui fit prisonnier ‘Aqîl ibn Abî Tâlib 12 ce jour-là. (Parmi les Banû ‘Abd ibn Razâh et leurs alliés) : Ibn Ishâq a dit : Et parmi les Banû ‘Abd ibn Razâh ibn Ka‘b : Nasr ibn al-Hârith ibn ‘Abd, et Mu‘attib ibn ‘Abd. Et parmi leurs alliés, des Balî 13 : ‘Abd Allâh ibn Târiq. Trois hommes. (Parmi les Banû Hâritha) : Et parmi les Banû Hâritha ibn al-Hârith ibn al-Khazraj ibn ‘Amr ibn Mâlik ibn al-Aws : Mas‘ûd ibn Sa‘d ibn ‘Âmir ibn ‘Adiyy ibn Jusham ibn Majda‘a ibn Hâritha. Ibn Hishâm a dit : on dit aussi Mas‘ûd ibn ‘Abd Sa‘d. Ibn Ishâq a dit : et Abû ‘Abs ibn Jabr ibn ‘Amr ibn Zayd ibn Jusham ibn Majda‘a ibn Hâritha. Et parmi leurs alliés, puis des Balî : Abû Burda ibn Niyâr, et son nom est Hâni’ ibn Niyâr ibn ‘Amr ibn ‘Ubayd ibn Kilâb ibn Duhmân ibn Ghanm ibn Dhubyân ibn Humaym ibn Kâhil ibn Dhuhl ibn Hunayy ibn Balî ibn ‘Amr ibn al-Hâff ibn Qudâ‘a 14. Trois hommes. (Parmi les Banû ‘Amr) : Ibn Ishâq a dit : Et parmi les Banû ‘Amr ibn ‘Awf ibn Mâlik ibn al-Aws, puis parmi les Banû Dubay‘a ibn Zayd ibn Mâlik ibn ‘Awf ibn ‘Amr ibn ‘Awf : ‘Âsim ibn Thâbit ibn Qays – et Qays est Abû al-Aqlah – ibn ‘Isma ibn Mâlik ibn Umma ibn Dubay‘a, et Mu‘attib ibn Qushayr ibn Mulayl ibn Zayd ibn al-‘Attâf ibn Dubay‘a, et Abû Mulayl ibn al-Az‘ar ibn Zayd ibn al-‘Attâf ibn Dubay‘a, et ‘Amr ibn Ma‘bad ibn al-Az‘ar ibn Zayd ibn al-‘Attâf ibn Dubay‘a. Ibn Hishâm a dit : ‘Umayr ibn Ma‘bad. Ibn Ishâq a dit : et Sahl ibn Hunayf ibn Wâhib ibn al-‘Ukaym ibn Tha‘laba ibn Majda‘a ibn al-Hârith ibn ‘Amr, et ‘Amr, celui qu’on appelle Bahzaj ibn Hanas ibn ‘Awf ibn ‘Amr ibn ‘Awf. Cinq hommes. (Parmi les Banû Umayya) : Et parmi les Banû Umayya ibn Zayd ibn Mâlik : Mubashshir ibn ‘Abd al-Mundhir ibn Zanbar ibn Zayd ibn Umayya, et Rifâ‘a ibn ‘Abd al-Mundhir ibn Zanbar, et Sa‘d ibn ‘Ubayd ibn al-Nu‘mân ibn Qays ibn ‘Amr ibn Zayd ibn Umayya, et ‘Uwaym ibn Sâ‘ida, et Râfi‘ ibn ‘Unjuda – et ‘Unjuda est sa mère, selon Ibn Hishâm – et ‘Ubayd ibn Abî ‘Ubayd, et Tha‘laba ibn Hâtib. Et ils prétendent qu’Abû Lubâba ibn ‘Abd al-Mundhir et al-Hârith ibn Hâtib sortirent avec le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – mais il les renvoya et nomma Abû Lubâba gouverneur de Médine 15, et il leur attribua deux parts avec les compagnons de Badr. Neuf hommes. Ibn Hishâm a dit : Il les renvoya de Rawhâ’ 16. Ibn Hishâm a dit : Hâtib ibn ‘Amr ibn ‘Ubayd ibn Umayya, et le nom d’Abû Lubâba est Bashîr. (Parmi les Banû ‘Ubayd et leurs alliés) : Ibn Ishâq a dit : Et parmi les Banû ‘Ubayd ibn Zayd ibn Mâlik : Unays ibn Qatâda ibn Rabî‘a ibn Khâlid ibn al-Hârith ibn ‘Ubayd. Et parmi leurs alliés des Balî : Ma‘n ibn ‘Adiyy ibn al-Jadd ibn al-‘Ajlân ibn Dubay‘a, et Thâbit ibn Aqram ibn Tha‘laba ibn ‘Adiyy ibn al-‘Ajlân, et ‘Abd Allâh ibn Salama ibn Mâlik ibn al-Hârith ibn ‘Adiyy ibn al-‘Ajlân, et Zayd ibn Aslam ibn Tha‘laba ibn ‘Adiyy ibn al-‘Ajlân, et Rib‘î ibn Râfi‘ ibn Zayd ibn Hâritha ibn al-Jadd ibn al-‘Ajlân. Et ‘Âsim ibn ‘Adiyy ibn al-Jadd ibn al-‘Ajlân sortit, mais le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – le renvoya et lui attribua sa part avec les compagnons de Badr. Sept hommes. (Parmi les Banû Tha‘laba) : Et parmi les Banû Tha‘laba ibn ‘Amr ibn ‘Awf : ‘Abd Allâh ibn Jubayr ibn al-Nu‘mân ibn Umayya ibn al-Burak – et le nom d’al-Burak est Imru’ al-Qays ibn Tha‘laba – et ‘Âsim ibn Qays. Ibn Hishâm a dit : ‘Âsim ibn Qays ibn Thâbit ibn al-Nu‘mân ibn Umayya ibn Imri’ al-Qays ibn Tha‘laba. Ibn Ishâq a dit : et Abû Dayyâh ibn Thâbit ibn al-Nu‘mân ibn Umayya ibn Imri’ al-Qays ibn Tha‘laba, et Abû Hanna. Ibn Hishâm a dit : et il est le frère d’Abû Dayyâh, et on dit Abû Habba. Et on appelle Imru’ al-Qays : al-Burak ibn Tha‘laba. Ibn Ishâq a dit : et Sâlim ibn ‘Umayr ibn Thâbit ibn al-Nu‘mân ibn Umayya ibn Imri’ al-Qays ibn Tha‘laba. Ibn Hishâm a dit : et on dit Thâbit ibn ‘Amr ibn Tha‘laba. Ibn Ishâq a dit : et al-Hârith ibn al-Nu‘mân ibn Umayya ibn Imri’ al-Qays ibn Tha‘laba, et Khawwât ibn Jubayr ibn al-Nu‘mân ; le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – lui attribua une part avec les compagnons de Badr. Sept hommes. (Parmi les Banû Jahjabâ et leurs alliés) : Et parmi les Banû Jahjabî ibn Kulafa ibn ‘Awf ibn ‘Amr ibn ‘Awf : Mundhir ibn Muhammad ibn ‘Uqba ibn Uhayha ibn al-Jilâh ibn al-Harîsh ibn Jahjabî ibn Kulafa. Ibn Hishâm a dit : et on dit al-Harîs ibn Jahjabî. Ibn Ishâq a dit : et parmi leurs alliés des Banû Unayf : Abû ‘Uqayl ibn ‘Abd Allâh ibn Tha‘laba ibn Bayhân ibn ‘Âmir ibn al-Hârith ibn Mâlik ibn ‘Âmir ibn Unayf ibn Jusham ibn ‘Abd Allâh ibn Taym ibn Irâsh ibn ‘Âmir ibn ‘Umayla ibn Qasmîl ibn Farân ibn Balî ibn ‘Amr ibn al-Hâff ibn Qudâ‘a. Deux hommes. Ibn Hishâm a dit : et on dit Tamîm ibn Irâsha, et Qismîl ibn Fârân. (Parmi les Banû Ghanm) :
Ibn Isḥāq a dit : Parmi les Banū Ghanm ibn as-Salm ibn Imri’ al-Qays ibn Mālik ibn al-Aws : Sa‘d ibn Khaythama ibn al-Ḥārith ibn Mālik ibn Ka‘b ibn an-Naḥḥāṭ ibn Ka‘b ibn Ḥāritha ibn Ghanm, et Mundhir ibn Qudāma ibn ‘Arfaja, et Mālik ibn Qudāma ibn ‘Arfaja. Ibn Hishām a dit : ‘Arfaja : fils de Ka‘b ibn an-Naḥḥāṭ ibn Ka‘b ibn Ḥāritha ibn Ghanam. Ibn Isḥāq a dit : Et al-Ḥārith ibn ‘Arfaja, et Tamīm, affranchi 17 des Banū Ghanam. Cinq personnes. Ibn Hishām a dit : Tamīm : affranchi de Sa‘d ibn Khaythama. (Des Banū Mu‘āwiya et de leurs alliés) : Ibn Isḥāq a dit : Et parmi les Banū Mu‘āwiya ibn Mālik ibn ‘Awf ibn ‘Amr ibn ‘Awf : Jabr (19) ibn ‘Atīk ibn al-Ḥārith ibn Qays ibn Haysha ibn al-Ḥārith ibn Umayya ibn Mu‘āwiya, et Mālik ibn Numayla, allié pour eux de [la tribu] Muzayna, et an-Nu‘mān ibn ‘Aṣar, allié pour eux de [la tribu] Balī. Trois personnes. (Nombre de ceux qui assistèrent à Badr parmi les Aws) : Le total de ceux qui assistèrent à Badr parmi les Aws avec le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – et de ceux pour qui furent attribués sa part et sa récompense, est de soixante et un hommes. (Des Banū Imri’ al-Qays) : Ibn Isḥāq a dit : Assistèrent à Badr avec le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – parmi les musulmans, puis parmi les Anṣār 18, puis parmi les Khazraj ibn Ḥāritha ibn Tha‘laba ibn ‘Amr ibn ‘Āmir, puis parmi les Banū al-Ḥārith ibn al-Khazraj, puis parmi les Banū Imri’ al-Qays ibn Mālik ibn Tha‘laba ibn Ka‘b ibn al-Khazraj ibn al-Ḥārith ibn al-Khazraj : Khārija ibn Zayd ibn Abī Zuhayr ibn Mālik ibn Imri’ al-Qays, et Sa‘d ibn Rabī‘ ibn ‘Amr ibn Abī Zuhayr ibn Mālik ibn Imri’ al-Qays, et ‘Abd Allāh ibn Rawāḥa ibn Tha‘laba ibn Imri’ al-Qays ibn ‘Amr ibn Imri’ al-Qays, et Khallād ibn Suwayd ibn Tha‘laba ibn ‘Amr ibn Ḥāritha ibn Imri’ al-Qays. Quatre personnes. (Des Banū Zayd) : Et parmi les Banū Zayd ibn Mālik ibn Tha‘laba ibn Ka‘b ibn al-Khazraj ibn al-Ḥārith ibn al-Khazraj : Bashīr ibn Sa‘d ibn Tha‘laba ibn Khilās ibn Zayd – Ibn Hishām a dit : On dit aussi Julās, et c’est chez nous une erreur – et son frère Simāk ibn Sa‘d. Deux hommes. (Des Banū ‘Adī) : Et parmi les Banū ‘Adī ibn Ka‘b ibn al-Khazraj ibn al-Ḥārith ibn al-Khazraj : Subay‘ ibn Qays ibn ‘Aysha (20) ibn Umayya ibn Mālik ibn ‘Āmir ibn ‘Adī, et ‘Abbād ibn Qays ibn ‘Aysha, son frère. Ibn Hishām a dit : On dit aussi Qays : fils de ‘Abasa ibn Umayya. Ibn Isḥāq a dit : Et ‘Abd Allāh ibn ‘Abs. Trois personnes. (Des Banū Aḥmar) : Et parmi les Banū Aḥmar ibn Ḥāritha ibn Tha‘laba ibn Ka‘b ibn al-Khazraj ibn al-Ḥārith ibn al-Khazraj : Yazīd ibn al-Ḥārith ibn Qays ibn Mālik ibn Aḥmar, et c’est celui qu’on appelle Ibn Fusḥum. Un homme. Ibn Hishām a dit : Fusḥum est sa mère, et elle est une femme des Qayn ibn Jasr. (Des Banū Jusham) : Ibn Isḥāq a dit : Et parmi les Banū Jusham ibn al-Ḥārith ibn al-Khazraj, et Zayd ibn al-Ḥārith ibn al-Khazraj – et ils sont les deux jumeaux : Khubayb ibn Isāf ibn ‘Utba (21) ibn ‘Amr ibn Khadīj ibn ‘Āmir ibn Jusham, et ‘Abd Allāh ibn Zayd ibn Tha‘laba ibn ‘Abd Rabbih ibn Zayd, et son frère Ḥurayth ibn Zayd ibn Tha‘laba, prétendent-ils, et Sufyān ibn Bashr. Quatre personnes. Ibn Hishām a dit : Sufyān ibn Nasr (22) ibn ‘Amr ibn al-Ḥārith ibn Ka‘b ibn Zayd. (Des Banū Jidāra) : Ibn Isḥāq a dit : Et parmi les Banū Jidāra ibn ‘Awf ibn al-Ḥārith ibn al-Khazraj : Tamīm ibn Ya‘ār ibn Qays ibn ‘Adī ibn Umayya ibn Jidāra, et ‘Abd Allāh ibn ‘Umayr des Banū Ḥāritha. Ibn Hishām a dit : On dit aussi ‘Abd Allāh ibn ‘Umayr ibn ‘Adī ibn Umayya ibn Jidāra (23). Ibn Isḥāq a dit : Et Zayd ibn al-Muzayyin ibn Qays ibn ‘Adī ibn Umayya ibn Jidāra. Ibn Hishām a dit : Zayd ibn al-Murrī. Ibn Isḥāq a dit : Et ‘Abd Allāh ibn ‘Urfuṭa ibn ‘Adī ibn Umayya ibn Jidāra. Quatre personnes. (Des Banū al-Abjar) : Et parmi les Banū al-Abjar – et ils sont les Banū Khudra (24), ibn ‘Awf ibn al-Ḥārith ibn al-Khazraj – ‘Abd Allāh ibn Rabī‘ ibn Qays ibn ‘Amr ibn ‘Abbād ibn al-Abjar. Un homme. (Des Banū ‘Awf) : Et parmi les Banū ‘Awf ibn al-Khazraj, puis parmi les Banū ‘Ubayd ibn Mālik ibn Sālim ibn Ghanm ibn ‘Awf ibn al-Khazraj – et ils sont les Banū al-Ḥublā – Ibn Hishām a dit : al-Ḥublā : Sālim ibn Ghanm ibn ‘Awf, et il n’a été nommé al-Ḥublā qu’à cause de la grosseur de son ventre – : ‘Abd Allāh ibn ‘Abd Allāh ibn Ubayy ibn Mālik ibn al-Ḥārith ibn ‘Ubayd (le célèbre sous le nom d’Ibn Salūl) (25), et Salūl n’est qu’une femme, et elle est la mère d’Ubayy ; et Aws ibn Khawlī ibn ‘Abd Allāh ibn al-Ḥārith ibn ‘Ubayd. Deux hommes. (Des Banū Juz’ et de leurs alliés) : Et parmi les Banū Jaz’ (26) ibn ‘Adī ibn Mālik ibn Sālim ibn Ghanm : Zayd ibn Wadī‘a ibn ‘Amr ibn Qays ibn Jaz’, et ‘Uqba ibn Wahb ibn Kalada, allié pour eux des Banū ‘Abd Allāh ibn Ghatafān, et Rifā‘a ibn ‘Amr ibn Zayd ibn ‘Amr ibn Tha‘laba ibn Mālik ibn Sālim ibn Ghanm, et ‘Āmir ibn Salama ibn ‘Āmir, allié pour eux des gens du Yémen. Ibn Hishām a dit : On dit aussi ‘Amr ibn Salama, et il est de [la tribu] Balī, de [la tribu] Quḍā‘a. Ibn Isḥāq a dit : Et Abū Ḥumayḍa (27) Ma‘bad ibn ‘Abbād ibn Qushayr ibn al-Muqaddam ibn Sālim ibn Ghanm. Ibn Hishām a dit : Ma‘bad ibn ‘Ubāda ibn Qash‘ar (28) ibn al-Muqaddam, et on dit : ‘Ubāda ibn Qays ibn al-Qudm (29). Et Ibn Isḥāq a dit : Et ‘Āmir ibn al-Bukayr, allié pour eux. Six personnes. Ibn Hishām a dit : ‘Āmir ibn al-‘Ukayr, et on dit : ‘Āṣim ibn al-‘Ukayr. (Des Banū Sālim) : Ibn Isḥāq a dit : Et parmi les Banū Sālim ibn ‘Awf ibn ‘Amr ibn al-Khazraj, puis parmi les Banū al-‘Ajlān ibn Zayd ibn Ghanm ibn Sālim : Nawfal ibn ‘Abd Allāh ibn Naḍla ibn Mālik ibn al-‘Ajlān ibn al-‘Ajlān. Un homme. (Des Banū Aṣram) : Et parmi les Banū Aṣram ibn Fihr ibn Tha‘laba ibn Ghanm ibn Sālim ibn ‘Awf – Ibn Hishām a dit : Ceci est Ghanm ibn ‘Awf, frère de Sālim ibn ‘Awf ibn ‘Amr ibn ‘Awf ibn al-Khazraj, et Ghanm ibn Sālim, celui d’avant selon ce qu’a dit Ibn Isḥāq – : ‘Ubāda ibn aṣ-Ṣāmit ibn Qays ibn Aṣram, et son frère Aws ibn aṣ-Ṣāmit. Deux hommes. (Des Banū Da‘d) : Et parmi les Banū Da‘d ibn Fihr ibn Tha‘laba ibn Ghanam : an-Nu‘mān ibn Mālik ibn Tha‘laba ibn Da‘d, et an-Nu‘mān que l’on appelle Qawqal (30). Un homme. Et parmi les Banū Quryūsh (31) ibn Ghanm ibn Umayya ibn Lawdhān ibn Sālim – Ibn Hishām a dit : On dit aussi Quryūs ibn Ghanm – : Thābit ibn Hazzāl ibn ‘Amr ibn Quryūsh. Un homme. Et parmi les Banū Marḍakha ibn Ghanm ibn Sālim : Mālik ibn ad-Dukhshum ibn Marḍakha. Un homme. Ibn Hishām a dit : Mālik ibn ad-Dukhshum : fils de Mālik ibn ad-Dukhshum ibn Marḍakha. (Des Banū Lawdhān et de leurs alliés) : Ibn Isḥāq a dit : Et parmi les Banū Lawdhān ibn Sālim : Rabī‘ ibn Iyās ibn ‘Amr ibn Ghanm ibn Umayya ibn Lawdhān, et son frère Waraqa ibn Iyās, et ‘Amr ibn Iyās, allié pour eux des gens du Yémen. Trois personnes. Ibn Hishām a dit : On dit aussi ‘Amr ibn Iyās, frère de Rabī‘ et Waraqa. Ibn Isḥāq a dit : Et parmi leurs alliés de [la tribu] Balī, puis des Banū Ghuṣayna – Ibn Hishām a dit :
Ghuṣayna, leur mère, et leur père ʿAmr ibn ʿImāra. Al-Mujadhdhar ibn Dhīyād ibn ʿAmr ibn Zumzuma ibn ʿAmr ibn ʿImāra ibn Mālik ibn Ghuṣayna ibn ʿAmr ibn Butayra ibn Mashnūʿ ibn Qasr ibn Taym ibn Irāsh ibn ʿĀmir ibn ʿUmayla ibn Qismīl ibn Farān 19 ibn Balī ibn ʿAmr ibn al-Ḥāff ibn Quḍāʿa. Ibn Hishām a dit : On dit aussi : Qasr 20 ibn Tamīm ibn Irāsha, et Qismīl ibn Fārān 21. Le nom d’al-Mujadhdhar est ʿAbd Allāh. Ibn Isḥāq a dit : Et ʿUbāda ibn al-Khashkhāsh 22 ibn ʿAmr ibn Zumzuma, et Naḥḥāb 23 ibn Thaʿlaba ibn Ḥazama 24 ibn Aṣram ibn ʿAmr ibn ʿImāra. Ibn Hishām a dit : On dit aussi Baḥḥāth 25 ibn Thaʿlaba. Ibn Isḥāq a dit : Et ʿAbd Allāh ibn Thaʿlaba ibn Ḥazama ibn Aṣram. Et ils prétendent que ʿUtba ibn Rabīʿa ibn Khālid ibn Muʿāwiya — allié à eux — de Bahrā’, a assisté à Badr : cinq hommes. Ibn Hishām a dit : ʿUtba ibn Bahz, des Banū Sulaym. (Des Banū Sāʿida) : Ibn Isḥāq a dit : Et des Banū Sāʿida ibn Kaʿb ibn al-Khazraj, puis des Banū Thaʿlaba ibn al-Khazraj ibn Sāʿida : Abū Dujāna, Simāk ibn Kharasha. Ibn Hishām a dit : Abū Dujāna : (Simāk) 26 ibn Aws ibn Kharasha ibn Lawdhān ibn ʿAbd Wudd ibn Zayd ibn Thaʿlaba. Ibn Isḥāq a dit : Et al-Mundhir ibn ʿAmr ibn Khunays ibn Ḥāritha ibn Lawdhān ibn ʿAbd Wudd ibn Zayd ibn Thaʿlaba : deux hommes. Ibn Hishām a dit : On dit aussi : al-Mundhir ibn ʿAmr ibn Khanbash 27. (Des Banū al-Baddī et de leurs alliés) : Ibn Isḥāq a dit : Et des Banū al-Baddī ibn ʿĀmir ibn ʿAwf ibn Ḥāritha ibn ʿAmr ibn al-Khazraj ibn Sāʿida : Abū Usayd Mālik ibn Rabīʿa ibn al-Baddī 28, et Mālik ibn Masʿūd qui est rattaché à al-Baddī : deux hommes. Ibn Hishām a dit : Mālik ibn Masʿūd : ibn al-Baddī, selon ce que m’a rapporté un savant. (Des Banū Ṭarīf et de leurs alliés) : Ibn Isḥāq a dit : Et des Banū Ṭarīf ibn al-Khazraj ibn Sāʿida : ʿAbd Rabbihi ibn Ḥaqq ibn Aws ibn Waqash ibn Thaʿlaba ibn Ṭarīf : un homme. Et parmi leurs alliés, de Juhayna : Kaʿb ibn Ḥimār ibn Thaʿlaba. Ibn Hishām a dit : On dit aussi : Kaʿb ibn Jammāz, et il est de Ghubshān. Ibn Isḥāq a dit : Et Ḍamra, Ziyād et Basbas, fils de ʿAmr. Ibn Hishām a dit : Ḍamra et Ziyād, fils de Bashr. Ibn Isḥāq a dit : Et ʿAbd Allāh ibn ʿĀmir, de Balī : cinq hommes. (Des Banū Jusham) : Et des Banū Jusham ibn al-Khazraj, puis des Banū Salima ibn Saʿd ibn ʿAlī ibn Asad ibn Sārida ibn Tazīd ibn Jusham ibn al-Khazraj, puis des Banū Ḥarām ibn Kaʿb ibn Ghanm ibn Kaʿb ibn Salama : Khirāsh ibn al-Ṣimma ibn ʿAmr ibn al-Jamūḥ ibn Zayd ibn Ḥarām, et al-Ḥubāb ibn al-Mundhir ibn al-Jamūḥ ibn Zayd ibn Ḥarām, et ʿUmayr ibn al-Ḥumām ibn al-Jamūḥ ibn Zayd ibn Ḥarām, et Tamīm, affranchi de Khirāsh ibn al-Ṣimma, et ʿAbd Allāh ibn ʿAmr ibn Ḥarām ibn Thaʿlaba ibn Ḥarām, et Muʿādh ibn ʿAmr ibn al-Jamūḥ, et Muʿawwidh ibn ʿAmr ibn al-Jamūḥ ibn Zayd ibn Ḥarām, et Khallād ibn ʿAmr ibn al-Jamūḥ ibn Zayd ibn Ḥarām, et ʿUqba 29 ibn ʿĀmir ibn Nābī ibn Zayd ibn Ḥarām, et Ḥabīb ibn Aswad 30, affranchi à eux, et Thābit ibn Thaʿlaba ibn Zayd ibn al-Ḥārith ibn Ḥarām, et Thaʿlaba que l’on appelle al-Jadhaʿ, et ʿUmayr ibn al-Ḥārith ibn Thaʿlaba ibn al-Ḥārith ibn Ḥarām : douze hommes. (Généalogie d’al-Jamūḥ) : Ibn Hishām a dit : Tout ce qui est ici al-Jamūḥ, (c’est al-Jamūḥ) 31 ibn Zayd ibn Ḥarām, sauf ce qui concerne le grand-père d’al-Ṣimma (ibn ʿAmr) 32, car c’est al-Jamūḥ ibn Ḥarām 33. Ibn Hishām a dit : ʿUmayr ibn al-Ḥārith : ibn Labda ibn Thaʿlaba. (Des Banū ʿUbayd et de leurs alliés) : Ibn Isḥāq a dit : Et des Banū ʿUbayd ibn ʿAdī ibn Ghanm ibn Kaʿb ibn Salima, puis des Banū Khansā’ ibn Sinān ibn ʿUbayd : Bishr ibn al-Barā’ ibn Maʿrūr ibn Ṣakhr ibn Mālik ibn Khansā’, et al-Ṭufayl ibn Mālik ibn Khansā’, et al-Ṭufayl ibn al-Nuʿmān ibn Khansā’, et Sinān ibn Ṣayfī ibn Ṣakhr ibn Khansā’, et ʿAbd Allāh ibn al-Jadd ibn Qays ibn Ṣakhr ibn Khansā’, et ʿUtba ibn ʿAbd Allāh ibn Ṣakhr ibn Khansā’, et Jabbār ibn Ṣakhr ibn Umayya ibn Khansā’, et Khārija ibn Ḥumayyar 34, et ʿAbd Allāh ibn Ḥumayyar, deux alliés à eux, d’Ashjaʿ, des Banū Duhmān : neuf hommes. Ibn Hishām a dit : On dit aussi : Jabbār ibn Ṣakhr ibn Umayya ibn Khunās. (Des Banū Khannās) : Ibn Isḥāq a dit : Et des Banū Khunās ibn Sinān ibn ʿUbayd : Yazīd ibn al-Mundhir ibn Sarḥ ibn Khinās, et Maʿqil ibn al-Mundhir ibn Sarḥ ibn Khinās, et ʿAbd Allāh ibn al-Nuʿmān ibn Baldama. Ibn Hishām a dit : On dit aussi : Buldhuma et Bulduma. Ibn Isḥāq a dit : Et al-Ḍaḥḥāk ibn Ḥāritha ibn Zayd ibn Thaʿlaba ibn ʿUbayd ibn ʿAdī, et Sawād ibn Zurayq ibn Thaʿlaba ibn ʿUbayd ibn ʿAdī. Ibn Hishām a dit : On dit aussi : Sawād ibn Rizn ibn Zayd ibn Thaʿlaba. Ibn Isḥāq a dit : Et Maʿbad ibn Qays ibn Ṣakhr ibn Ḥarām ibn Rabīʿa ibn ʿAdī ibn Ghanm ibn Kaʿb ibn Salima. Et on dit : Maʿbad ibn Qays ibn Ṣayfī ibn Ṣakhr ibn Ḥarām ibn Rabīʿa, selon ce qu’a dit Ibn Hishām. Ibn Isḥāq a dit : Et ʿAbd Allāh ibn Qays ibn Ṣakhr ibn Ḥarām ibn Rabīʿa ibn ʿAdī ibn Ghanm : sept hommes. (Des Banū al-Nuʿmān) : Et des Banū al-Nuʿmān ibn Sinān ibn ʿUbayd : ʿAbd Allāh ibn ʿAbd Manāf ibn al-Nuʿmān, et Jābir ibn ʿAbd Allāh ibn Ri’āb ibn al-Nuʿmān, et Khulayda ibn Qays ibn al-Nuʿmān. Et al-Nuʿmān ibn Sinān 35, affranchi à eux : quatre hommes. (Des Banū Sawād) : Et des Banū Sawād ibn Ghanm ibn Kaʿb ibn Salima, puis des Banū Ḥadīda ibn ʿAmr 36 ibn Ghanm ibn Sawād — Ibn Hishām a dit : ʿAmr 37 ibn Sawād, Sawād n’a pas de fils appelé Ghanm — : Abū al-Mundhir, qui est Yazīd ibn ʿĀmir ibn Ḥadīda, et Sulaym ibn ʿAmr ibn Ḥadīda, et Quṭba ibn ʿĀmir ibn Ḥadīda, et ʿAntara, affranchi de Sulaym ibn ʿAmr : quatre hommes. Ibn Hishām a dit : ʿAntara, des Banū Sulaym ibn Manṣūr, puis des Banū Dhakwān. (Des Banū ʿAdī ibn Nābī) : Ibn Isḥāq a dit : Et des Banū ʿAdī ibn Nābī ibn ʿAmr ibn Sawād ibn Ghanm : ʿAbs ibn ʿĀmir ibn ʿAdī, et Thaʿlaba ibn Ghanama 38 ibn ʿAdī, et Abū al-Yasar, qui est Kaʿb ibn ʿAmr ibn ʿAbbād ibn ʿAmr ibn Ghanm ibn Sawād, et Sahl ibn Qays ibn Abī Kaʿb ibn al-Qayn ibn Kaʿb ibn Sawād, et ʿAmr ibn Ṭalq ibn Zayd ibn Umayya ibn Sinān ibn Kaʿb ibn Ghanm, et Muʿādh ibn Jabal ibn ʿAmr ibn Aws ibn ʿĀ’idh ibn ʿAdī ibn Kaʿb ibn ʿAdī ibn Udayy 39 ibn Saʿd ibn ʿAlī ibn Asad ibn Sārida ibn Tarīd ibn Jusham ibn al-Khazraj ibn Ḥāritha ibn Thaʿlaba ibn ʿAmr ibn ʿĀmir : six hommes. Ibn Hishām a dit : Aws ibn ʿAbbād ibn ʿAdī ibn Kaʿb ibn ʿAmr ibn Udayy ibn Saʿd. Ibn Hishām a dit : Ibn Isḥāq a attribué Muʿādh ibn Jabal aux Banū Sawād, alors qu’il n’est pas d’eux, parce qu’il est parmi eux. (Noms de ceux qui brisèrent les idoles des Banū Salima) : Ibn Isḥāq a dit : Ceux qui brisèrent les idoles des Banū Salima sont : Muʿādh ibn Jabal, ʿAbd Allāh ibn Unays et Thaʿlaba ibn Ghanama 40, et ils sont chez les Banū Sawād ibn Ghanam. (Des Banū Zurayq) : Ibn Isḥāq a dit : Et des Banū Zurayq ibn ʿĀmir ibn Zurayq ibn ʿAbd Ḥāritha ibn Mālik
Ibn Ghadb ibn Jusham ibn al-Khazraj, puis des Banu Mukhallad ibn 'Amir ibn Zurayq — Ibn Hisham dit : on dit aussi 'Amir ibn al-Azraq — : Qays ibn Muhsin ibn Khalid ibn Mukhallad. Ibn Hisham dit : on dit aussi Qays ibn Hisn. Ibn Ishaq dit : Abu Khalid, qui est al-Harith ibn Qays ibn Khalid ibn Mukhallad ; Jubayr ibn Iyas ibn Khalid ibn Mukhallad ; Abu 'Ubada, qui est Sa'd ibn 'Uthman ibn Khalada ibn Mukhallad, et son frère 'Uqba ibn 'Uthman ibn Khalada ibn Mukhallad ; Dhakwan ibn 'Abd Qays ibn Khalada ibn Mukhallad ; Mas'ud ibn Khalada ibn 'Amir ibn Mukhallad. Sept hommes. (Des Banu Khalid) Et des Banu Khalid 41 ibn 'Amir ibn Zurayq : 'Abbad ibn Qays ibn 'Amir ibn Khalid. Un homme. (Des Banu Khalada) Et des Banu Khalada ibn 'Amir ibn Zurayq : As'ad ibn Yazid ibn al-Fakih ibn Zayd ibn Khalada ; et al-Fakih ibn Bishr ibn al-Fakih ibn Zayd ibn Khalada. Ibn Hisham dit : Busr ibn al-Fakih. Ibn Ishaq dit : Mu'adh ibn Ma'is ibn Qays ibn Khalada, et son frère 'A'idh ibn Ma'is ibn Qays ibn Khalada ; Mas'ud ibn Sa'd ibn Qays ibn Khalada. Cinq hommes. (Des Banu al-'Ajlan) Et des Banu al-'Ajlan ibn 'Amr ibn 'Amir ibn Zurayq : Rifa'a ibn Rafi' ibn al-'Ajlan, et son frère Khallad ibn Rafi' ibn Malik ibn al-'Ajlan ; 'Ubayd ibn Zayd ibn 'Amir ibn al-'Ajlan. Trois hommes. (Des Banu Bayada) Et des Banu Bayada ibn 'Amir ibn Zurayq : Ziyad ibn Labid ibn Tha'laba ibn Sinan ibn 'Amir ibn 'Adi ibn Umayya ibn Bayada ; Farwa ibn 'Amr ibn Wadhafa ibn 'Ubayd ibn 'Amir ibn Bayada. Ibn Hisham dit : on dit aussi Wadafa. Ibn Ishaq dit : Khalid ibn Qays ibn Malik ibn al-'Ajlan ibn 'Amir ibn Bayada ; Rujayla ibn Tha'laba ibn Khalid ibn Tha'laba ibn 'Amir ibn Bayada. Ibn Hisham dit : on dit aussi Rukhayla 42. Ibn Ishaq dit : 'Atiyya ibn Nuwayra ibn 'Amir ibn 'Atiyya ibn 'Amir ibn Bayada ; Khulayfa ibn 'Adi ibn 'Amr ibn Malik ibn 'Amir ibn Fuhayra ibn Bayada. Six hommes. Ibn Hisham dit : on dit aussi 'Ulayfa. (Des Banu Habib) Ibn Ishaq dit : Et des Banu Habib ibn 'Abd Haritha ibn Malik ibn Ghadb ibn Jusham ibn al-Khazraj : Rafi' ibn al-Mu'alla ibn Lawdhan ibn Haritha ibn 'Adi ibn Zayd ibn Tha'laba ibn Zayd Manat ibn Habib. Un homme. (Des Banu al-Najjar) Ibn Ishaq dit : Et des Banu al-Najjar, qui est Taym Allah ibn Tha'laba ibn 'Amr ibn al-Khazraj, puis des Banu Ghanm ibn Malik ibn al-Najjar, puis des Banu Tha'laba ibn 'Abd 'Awf ibn Ghanm : Abu Ayyub Khalid ibn Zayd ibn Kulayb ibn Tha'laba. Un homme. (Des Banu 'Usayra) Et des Banu 'Usayra ibn 'Abd 'Awf 43 ibn Ghanm : Thabit ibn Khalid ibn al-Nu'man ibn Khansa' ibn 'Usayra. Un homme. Ibn Hisham dit : on dit aussi 'Usayr et 'Ushayra. (Des Banu 'Amr) Ibn Ishaq dit : Et des Banu 'Amr ibn 'Abd 'Awf 44 ibn Ghanm : 'Umara ibn Hazm ibn Zayd ibn Lawdhan ibn 'Amr ; Suraqa ibn Ka'b ibn 'Abd al-'Uzza ibn Ghaziyya ibn 'Amr. Deux hommes. (Des Banu 'Ubayd ibn Tha'laba) Et des Banu 'Ubayd ibn Tha'laba ibn Ghanm : Haritha ibn al-Nu'man ibn Zayd ibn 'Ubayd ; Sulaym ibn Qays ibn Qahd — le nom de Qahd est Khalid ibn Qays ibn 'Ubayd. Deux hommes. Ibn Hisham dit : Haritha ibn al-Nu'man ibn Naf' 45 ibn Zayd. (Des Banu 'A'idh et de leurs alliés) Ibn Ishaq dit : Et des Banu 'A'idh ibn Tha'laba ibn Ghanm — on dit aussi 'Abid 46, selon Ibn Hisham — : Suhayl ibn Rafi' 47 ibn Abi 'Amr ibn 'A'idh ; 'Adi ibn al-Zaghba', un allié pour eux de Juhayna. Deux hommes. (Des Banu Zayd) Et des Banu Zayd ibn Tha'laba ibn Ghanm : Mas'ud ibn Aws ibn Zayd ; Abu Khuzayma ibn Aws ibn Zayd ibn Asram ibn Zayd ; Rafi' ibn al-Harith ibn Sawad ibn Zayd. Trois hommes. (Des Banu Sawad et de leurs alliés) Et des Banu Sawad ibn Malik ibn Ghanm : 'Awf, Mu'awwidh, et Mu'adh, fils d'al-Harith ibn Rifa'a ibn Sawad ; ce sont les Banu 'Afra'. (Généalogie de 'Afra') Ibn Hisham dit : 'Afra' bint 'Ubayd ibn Tha'laba ibn 'Ubayd ibn Tha'laba ibn Ghanm ibn Malik ibn al-Najjar. On dit aussi : Rifa'a ibn al-Harith ibn Sawad. Ibn Ishaq dit : al-Nu'man ibn 'Amr ibn Rifa'a ibn Sawad — on dit aussi Nu'ayman, selon Ibn Hisham. Ibn Ishaq dit : 'Amir ibn Mukhallid ibn al-Harith ibn Sawad ; 'Abd Allah ibn Qays ibn Khalid ibn Khallada ibn al-Harith ibn Sawad ; 'Usayma, un allié pour eux d'Ashja' ; Wadi'a ibn 'Amr, un allié pour eux de Juhayna ; Thabit ibn 'Amr ibn Zayd ibn 'Adi ibn Sawad. Et ils ont prétendu qu'Abu al-Hamra', affranchi d'al-Harith ibn 'Afra', a assisté à Badr. Dix hommes. Ibn Hisham dit : Abu al-Hamra', affranchi d'al-Harith ibn Rifa'a. (Des Banu 'Amir ibn Malik) Ibn Ishaq dit : Et des Banu 'Amir ibn Malik ibn al-Najjar — 'Amir est Mabdhul — puis des Banu 'Atik ibn 'Amr ibn Mabdhul : Tha'laba ibn 'Amr ibn Muhsin ibn 'Amr ibn 'Atik ; Sahl ibn 'Atik ibn 'Amr ibn al-Nu'man ibn 'Atik ; al-Harith ibn al-Simma ibn 'Amr ibn 'Atik — il fut blessé à al-Rawha' 48, alors le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, lui attribua sa part. Trois hommes. (Des Banu 'Amr ibn Malik) Et des Banu 'Amr ibn Malik ibn al-Najjar — ce sont les Banu Hudayla 49 — puis des Banu Qays ibn 'Ubayd ibn Zayd ibn Mu'awiya ibn 'Amr ibn Malik ibn al-Najjar. (Généalogie de Hudayla) Ibn Hisham dit : Hudayla 50 bint Malik ibn Zayd Allah ibn Habib ibn 'Abd Haritha ibn Malik ibn Ghadb ibn Jusham ibn al-Khazraj ; elle est la mère de Mu'awiya ibn 'Amr ibn Malik ibn al-Najjar. Les Banu Mu'awiya se rattachent à elle. Ibn Ishaq dit : Ubayy ibn Ka'b ibn Qays ; Anas ibn Mu'adh ibn Anas ibn Qays. Deux hommes. (Des Banu 'Adi ibn 'Amr) Et des Banu 'Adi ibn 'Amr ibn Malik ibn al-Najjar : Ibn Hisham dit : ce sont les Banu Maghala bint 'Awf ibn 'Abd Manat ibn 'Amr ibn Malik ibn Kinana ibn Khuzayma ; on dit qu'elle est des Banu Zurayq ; elle est la mère de 'Adi ibn 'Amr ibn Malik ibn al-Najjar. Les Banu 'Adi se rattachent à elle — : Aws ibn Thabit ibn al-Mundhir ibn Haram ibn 'Amr ibn Zayd Manat ibn 'Adi ; Abu Shaykh Ubayy ibn Thabit ibn al-Mundhir ibn Haram ibn 'Amr ibn Zayd Manat ibn 'Adi. Ibn Hisham dit : Abu Shaykh Ubayy ibn Thabit, frère de Hassan ibn Thabit. Ibn Ishaq dit : Abu Talha, qui est Zayd ibn Sahl ibn al-Aswad ibn Haram ibn 'Amr ibn Zayd Manat ibn 'Adi. Trois hommes. (Des Banu 'Adi ibn al-Najjar)
Parmi les Banū ‘Adī b. al-Najjār, puis des (Banū) ‘Adī b. ‘Āmir b. Ġanm b. al-Najjār : Ḥāriṯa b. Surāqa b. al-Ḥāriṯ b. ‘Adī b. Mālik b. ‘Adī b. ‘Āmir ; ‘Amr b. Ṯa‘laba b. Wahb b. ‘Adī b. Mālik b. ‘Adī b. ‘Āmir, qui est Abū Ḥakīm ; Salīṭ b. Qays b. ‘Amr b. ‘Atīk b. Mālik b. ‘Adī b. ‘Āmir ; Abū Salīṭ, qui est Usayra b. ‘Amr ; ‘Amr, père de Ḫāriǧa b. Qays b. Mālik b. ‘Adī b. ‘Āmir ; Ṯābit b. Ḫansā’ b. ‘Amr b. Mālik b. ‘Adī b. ‘Āmir ; ‘Āmir b. Umayya b. Zayd b. al-Ḥasḥās b. Mālik b. ‘Adī b. ‘Āmir ; Muḥriz b. ‘Āmir b. Mālik b. ‘Adī b. ‘Āmir ; Sawād b. Ġaziyya b. Uhayb, allié 51 à eux, des Balī. Huit hommes. Ibn Hišām dit : on dit aussi : Sawwād. (Des Banū Ḥarām b. Ğundab) : Ibn Isḥāq dit : Parmi les Banū Ḥarām b. Ğundub b. ‘Āmir b. Ġanm b. ‘Adī b. al-Najjār : Abū Zayd, Qays b. Sakan b. Qays b. Za‘ūrā’ b. Ḥarām ; Abū l-A‘war b. al-Ḥāriṯ b. Ẓālim b. ‘Abs b. Ḥarām. Ibn Hišām dit : on dit aussi : Abū l-A‘war : al-Ḥāriṯ b. Ẓālim. Ibn Isḥāq dit : Sulaym b. Milḥān ; Ḥarām b. Milḥān – le nom de Milḥān est Mālik b. Ḫālid b. Zayd b. Ḥarām. Quatre hommes. (Des Banū Māzin b. al-Najjār et de leurs alliés) : Parmi les Banū Māzin b. al-Najjār, puis des Banū ‘Awf b. Mabḏūl b. ‘Amr b. Ġanm b. Māzin b. al-Najjār : Qays b. Abī Ṣa‘ṣa‘a – le nom d’Abī Ṣa‘ṣa‘a est ‘Amr b. Zayd b. ‘Awf – ; ‘Abd Allāh b. Ka‘b b. ‘Amr b. ‘Awf ; ‘Uṣayma, allié à eux, des Banū Asad b. Ḫuzayma. Trois hommes. (Des Banū Ḫansā’ b. Mabḏūl) : Parmi les Banū Ḫansā’ b. Mabḏūl b. ‘Amr b. Ġanm b. Māzin : Abū Dāwūd ‘Umayr b. ‘Āmir b. Mālik b. Ḫansā’ ; Surāqa b. ‘Amr b. ‘Aṭiyya b. Ḫansā’. Deux hommes. (Des Banū Ṯa‘laba b. Māzin) : Parmi les Banū Ṯa‘laba b. Māzin b. al-Najjār : Qays b. Muḫallad b. Ṯa‘laba b. Ṣaḫr b. Ḥabīb b. al-Ḥāriṯ b. Ṯa‘laba. Un homme. (Des Banū Dīnār b. al-Najjār) : Parmi les Banū Dīnār b. al-Najjār, puis des Banū Mas‘ūd b. ‘Abd al-Ašhal b. Ḥāriṯa b. Dīnār b. al-Najjār : al-Nu‘mān b. ‘Abd ‘Amr b. Mas‘ūd ; al-Ḍaḥḥāk b. ‘Abd ‘Amr b. Mas‘ūd ; Sulaym b. al-Ḥāriṯ b. Ṯa‘laba b. Ka‘b b. Ḥāriṯa b. Dīnār, qui est le frère utérin 52 d’al-Ḍaḥḥāk et d’al-Nu‘mān, fils de ‘Abd ‘Amr ; Ǧābir b. Ḫālid b. ‘Abd al-Ašhal b. Ḥāriṯa ; Sa‘d b. Suhayl b. ‘Abd al-Ašhal. Cinq hommes.
- al-Ansâr : Les Auxiliaires, habitants de Médine ayant accueilli et soutenu le Prophète Muhammad après l'Hégire.
- Banû ‘Abd al-Ashhal : Sous-tribu des Aws à Médine.
- Ibn Ishâq : Muhammad ibn Ishâq, célèbre biographe du Prophète (m. 150 H/767).
- Badr : Bataille de Badr, première grande bataille entre musulmans et Quraysh en 624.
- al-Aws : L'une des deux principales tribus arabes de Médine avec les Khazraj.
- al-Khazraj : L'autre grande tribu arabe de Médine.
- Za‘ûrâ : Nom d'un clan des Banû ‘Abd al-Ashhal.
- Ibn Hishâm : ‘Abd al-Malik ibn Hishâm, éditeur de la Sîra d'Ibn Ishâq (m. 218 H/833).
- Ghassân : Tribu arabe chrétienne ayant régné en Syrie avant l'islam.
- Zafar : Sous-tribu des Aws.
- Muqarn : Surnom signifiant 'celui qui attache ensemble'.
- ‘Aqîl ibn Abî Tâlib : Frère d‘Alî ibn Abî Tâlib, oncle du Prophète, fait prisonnier à Badr.
- Balî : Tribu arabe du nord, alliée des Aws.
- Qudâ‘a : Grande tribu arabe du nord.
- Médine : Yathrib, ville du Prophète après l'Hégire.
- Rawhâ’ : Localité située à environ 80 km de Médine sur la route de La Mecque.
- mawlā : Affranchi ou client, désignant une personne liée par un pacte de clientèle à une tribu arabe.
- Anṣār : Les 'Secoureurs', nom donné aux musulmans de Médine qui accueillirent et soutinrent le Prophète Muhammad après l'Hégire.
- Farān : Nom d'un ancêtre, probablement une variante de Fārān.
- Qasr : Variante du nom Qasr, mentionnée par Ibn Hishām.
- Fārān : Variante de Farān.
- al-Khashkhāsh : Surnom signifiant 'le bruyant' ou 'le froissant'.
- Naḥḥāb : Surnom signifiant 'le ravisseur' ou 'le pilleur'.
- Ḥazama : Nom propre, peut-être dérivé de 'ḥazm' (fermeté).
- Baḥḥāth : Variante de Naḥḥāb, signifiant 'le chercheur'.
- Simāk : Nom propre, peut-être lié à 'simāk' (hauteur, soutien).
- Khanbash : Variante de Khunays, nom propre.
- al-Baddī : Nom d'une tribu ou d'un ancêtre, peut-être dérivé de 'badd' (séparation).
- ʿUqba : Nom propre signifiant 'fin' ou 'conséquence'.
- Aswad : Nom signifiant 'noir'.
- al-Jamūḥ : Surnom signifiant 'le rebelle' ou 'l'indomptable'.
- ibn ʿAmr : Précision généalogique pour distinguer le grand-père d'al-Ṣimma.
- al-Jamūḥ ibn Ḥarām : Variante généalogique pour le grand-père d'al-Ṣimma.
- Ḥumayyar : Nom propre, peut-être lié à 'ḥimyar' (rougeur).
- al-Nuʿmān ibn Sinān : Affranchi, non de la tribu.
- ʿAmr : Correction d'Ibn Hishām : le fils de Sawād est ʿAmr, non Ghanm.
- ʿAmr : Répétition de la correction.
- Ghanama : Variante de Ghanm, nom propre.
- Udayy : Nom propre, variante de ʿAdī.
- Ghanama : Variante de Ghanm, nom propre.
- Khalid : Nom propre, ici nom d'une branche tribale.
- Rukhayla : Variante orthographique du nom Rujayla.
- 'Abd 'Awf : Nom composé signifiant 'serviteur de 'Awf'.
- 'Abd 'Awf : Même nom que précédemment.
- Naf' : Variante orthographique du nom Nafi'.
- 'Abid : Variante orthographique du nom 'A'idh.
- Rafi' : Nom propre signifiant 'élevé'.
- al-Rawha' : Localité située entre La Mecque et Médine.
- Hudayla : Nom d'une femme, ancêtre éponyme d'une branche tribale.
- Hudayla : Même nom que précédemment.
- ḥalīf : Allié par serment, membre d'une tribu par alliance et non par naissance.
- li-ummihimā : Frère utérin : frère de mère seulement.
Parmi les musulmans qui ont été martyrisés [1] le jour de Badr [2].
Parmi les Banû Qays ibn Mâlik ibn Ka‘b ibn Hâritha ibn Dînâr ibn al-Najjâr : Ka‘b ibn Zayd ibn Qays et Bujayr ibn Abî Bujayr, allié 1 à eux. Deux hommes. Ibn Hishâm a dit : Bujayr est des ‘Abs ibn Baghîd ibn Rayth ibn Ghatafân, puis des Banû Jadhîma ibn Rawâha. Ibn Ishâq a dit : Le total de ceux qui assistèrent à Badr parmi les Khazraj 2 est de cent soixante-dix hommes. (Ceux qu’Ibn Ishâq a omis de mentionner) : Ibn Hishâm a dit : La plupart des savants mentionnent, parmi les Khazraj à Badr, dans les Banû al-‘Ajlân ibn Zayd ibn Ghanm ibn Sâlim ibn ‘Awf ibn ‘Amr ibn ‘Awf ibn al-Khazraj : ‘Itbân ibn Mâlik ibn ‘Amr ibn al-‘Ajlân, Mulayl ibn Wabara ibn Khâlid ibn al-‘Ajlân, et ‘Isma ibn al-Husayn ibn Wabara ibn Khâlid ibn al-‘Ajlân. Et dans les Banû Habîb ibn ‘Abd Hâritha ibn Mâlik ibn Ghadb ibn Jusham ibn al-Khazraj, qui sont dans les Banû Zurayq Hilâl ibn al-Mu‘allâ ibn Lawdhân ibn Hâritha ibn ‘Adî ibn Zayd ibn Tha‘laba ibn Mâlik ibn Zayd Manât ibn Habîb. (Nombre total des combattants de Badr) : Ibn Ishâq a dit : Le total de ceux qui assistèrent à Badr parmi les musulmans, émigrés 3 et auxiliaires 4, qui y assistèrent ou qui eurent leur part et leur récompense, est de trois cent quatorze hommes : parmi les émigrés, quatre-vingt-trois hommes ; parmi les Aws 5, soixante et un hommes ; et parmi les Khazraj, cent soixante-dix hommes. Ceux qui furent martyrisés parmi les musulmans le jour de Badr (Les Qurayshites des Banû ‘Abd al-Muttalib) : Furent martyrisés parmi les musulmans le jour de Badr, avec l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue —, parmi les Quraysh, puis des Banû al-Muttalib ibn ‘Abd Manâf : ‘Ubayda ibn al-Hârith ibn al-Muttalib, tué par ‘Utba ibn Rabî‘a, qui lui coupa la jambe ; il mourut à al-Safrâ’. Un homme. (Des Banû Zuhra) : Et des Banû Zuhra ibn Kilâb : ‘Umayr ibn Abî Waqqâs ibn Uhayb ibn ‘Abd Manâf ibn Zuhra — il est le frère de Sa‘d ibn Abî Waqqâs, selon Ibn Hishâm — et Dhû al-Shimâlayn ibn ‘Abd ‘Amr ibn Nadla, allié à eux, de Khuzâ‘a, puis des Banû Ghubshân. Deux hommes. (Des Banû ‘Adî) : Et des Banû ‘Adî ibn Ka‘b ibn Lu’ayy : ‘Âqil ibn al-Bukayr, allié à eux, des Banû Sa‘d ibn Layth ibn Bakr ibn ‘Abd Manât ibn Kinâna, et Mihja‘, affranchi 6 de ‘Umar ibn al-Khattâb. Deux hommes. (Des Banû al-Hârith ibn Fihr) : Et des Banû al-Hârith ibn Fihr : Safwân ibn Baydâ’. Un homme. Six personnes. (Des Auxiliaires) : Et des Auxiliaires, puis des Banû ‘Amr ibn ‘Awf : Sa‘d ibn Khaythama et Mubashshir ibn ‘Abd al-Mundhir ibn Zanbar. Deux hommes. (Des Banû al-Hârith ibn al-Khazraj) : Et des Banû al-Hârith ibn al-Khazraj : Yazîd ibn al-Hârith, celui qu’on appelle Ibn Fushum. Un homme. (Des Banû Salama) : Et des Banû Salima, puis des Banû Harâm ibn Ka‘b ibn Ghanam ibn Ka‘b ibn Salama : ‘Umayr ibn al-Humâm. Un homme. (Des Banû Habîb) : Et des Banû Habîb ibn ‘Abd Hâritha ibn Mâlik ibn Ghadb ibn Jusham : Râfi‘ ibn al-Mu‘allâ. Un homme.
- ḥalīf : Allié par serment, non lié par le sang, intégré à la tribu par un pacte de protection et d'assistance mutuelle.
- al-Khazraj : Une des deux principales tribus arabes de Yathrib (Médine), avec les Aws, ayant embrassé l'islam et accueilli le Prophète.
- al-Muhājirūn : Les émigrés de La Mecque à Médine, premiers convertis ayant suivi le Prophète dans son exil.
- al-Anṣār : Les Auxiliaires médinois, musulmans de Médine ayant accueilli et soutenu les émigrés mecquois.
- al-Aws : L'autre grande tribu arabe de Médine, avec les Khazraj, convertie à l'islam.
- mawlā : Affranchi ou client, personne liée par un pacte de clientèle à un maître ou à une tribu, souvent un ancien esclave libéré.
Ceux des associateurs [1] qui furent tués à Badr [2].
Parmi les Banū al-Najjār : Ḥāritha b. Surāqa b. al-Ḥārith, un homme. Parmi les Banū Ghunm b. Mālik b. al-Najjār : ‘Awf et Mu‘awwidh, fils d’al-Ḥārith b. Rifā‘a b. Sawād, et ils sont les fils de ‘Afrā’. Deux hommes. Soit huit personnes. — Ceux des associateurs tués à Badr — Parmi les Banū ‘Abd Shams : Parmi les associateurs tués le jour de Badr, issus de Quraysh, puis des Banū ‘Abd Shams b. ‘Abd Manāf : Ḥanẓala b. Abī Sufyān b. Ḥarb b. Umayya b. ‘Abd Shams, tué par Zayd b. Ḥāritha, affranchi du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — selon ce qu’a dit Ibn Hishām ; et l’on dit que Ḥamza, ‘Alī et Zayd y participèrent, selon ce qu’a dit Ibn Hishām. Ibn Isḥāq a dit : al-Ḥārith b. al-Ḥaḍramī et ‘Āmir b. al-Ḥaḍramī, deux alliés 1 pour eux ; ‘Āmir fut tué par ‘Ammār b. Yāsir, et al-Ḥārith fut tué par al-Nu‘mān b. ‘Aṣr, allié des Aws, selon ce qu’a dit Ibn Hishām. ‘Umayr b. Abī ‘Umayr et son fils, deux affranchis pour eux ; ‘Umayr b. Abī ‘Umayr fut tué par Sālim, affranchi d’Abū Ḥudhayfa, selon ce qu’a dit Ibn Hishām. Ibn Isḥāq a dit : ‘Ubayda b. Sa‘īd b. al-‘Āṣ b. Umayya b. ‘Abd Shams, tué par al-Zubayr b. al-‘Awwām ; al-‘Āṣ b. Sa‘īd b. al-‘Āṣ b. Umayya, tué par ‘Alī b. Abī Ṭālib 2 ; ‘Uqba b. Abī Mu‘ayṭ b. Abī ‘Amr b. Umayya b. ‘Abd Shams, tué par ‘Āṣim b. Thābit b. Abī l-Aqlaḥ, frère des Banū ‘Amr b. ‘Awf, en captivité 3. Ibn Hishām a dit : et l’on dit qu’il fut tué par ‘Alī b. Abī Ṭālib. Ibn Isḥāq a dit : ‘Utba b. Rabī‘a b. ‘Abd Shams, tué par ‘Ubayda b. al-Ḥārith b. al-Muṭṭalib. Ibn Hishām a dit : y participèrent lui, Ḥamza et ‘Alī. Ibn Isḥāq a dit : Shayba b. Rabī‘a b. ‘Abd Shams, tué par Ḥamza b. ‘Abd al-Muṭṭalib ; al-Walīd b. ‘Utba b. Rabī‘a, tué par ‘Alī b. Abī Ṭālib ; ‘Āmir b. ‘Abd Allāh, allié pour eux des Banū Anmār b. Baghīḍ, tué par ‘Alī b. Abī Ṭālib. Soit douze hommes. Parmi les Banū Nawfal : Parmi les Banū Nawfal b. ‘Abd Manāf : al-Ḥārith b. ‘Āmir b. Nawfal, tué — selon ce qu’ils mentionnent — par Khabīb b. Asāf, frère des Banū al-Ḥārith b. al-Khazraj ; Ṭu‘ayma b. ‘Adī b. Nawfal, tué par ‘Alī b. Abī Ṭālib, et l’on dit : par Ḥamza b. ‘Abd al-Muṭṭalib. Deux hommes. Parmi les Banū Asad : Parmi les Banū Asad b. ‘Abd al-‘Uzzā b. Quṣayy : Zam‘a b. al-Aswad b. al-Muṭṭalib b. Asad. Ibn Hishām a dit : il fut tué par Thābit b. al-Jidh‘, frère des Banū Ḥarām, selon ce qu’a dit Ibn Hishām. Et l’on dit que Ḥamza, ‘Alī b. Abī Ṭālib et Thābit y participèrent. Ibn Isḥāq a dit : al-Ḥārith b. Zam‘a, tué par ‘Ammār b. Yāsir — selon ce qu’a dit Ibn Hishām — ; ‘Uqayl b. al-Aswad b. al-Muṭṭalib, tué par Ḥamza et ‘Alī, ils y participèrent — selon ce qu’a dit Ibn Hishām — ; Abū l-Bakhtarī, qui est al-‘Āṣ b. Hishām b. al-Ḥārith b. Asad, tué par al-Mujadhdhar b. Dhiyād al-Balawī. Ibn Hishām a dit : Abū l-Bakhtarī : al-‘Āṣ b. Hāshim. Ibn Isḥāq a dit : Nawfal b. Khuwaylid b. Asad, et il est le fils d’al-‘Adawiyya, ‘Adī de Khuzā‘a, et c’est lui qui attacha Abū Bakr al-Ṣiddīq et Ṭalḥa b. ‘Ubayd Allāh lorsqu’ils embrassèrent l’islam avec une corde, et ils furent appelés 4 « les deux attachés » pour cela ; et il était parmi les démons de Quraysh — tué par ‘Alī b. Abī Ṭālib. Cinq personnes. Parmi les Banū ‘Abd al-Dār : Parmi ‘Abd al-Dār b. Quṣayy : al-Naḍr b. al-Ḥārith b. Kalada b. ‘Alqama b. ‘Abd Manāf b. ‘Abd al-Dār, tué par ‘Alī b. Abī Ṭālib en captivité devant le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — à al-Ṣafrā’, selon ce qu’ils mentionnent. Ibn Hishām a dit : à al-Uthayl 5. Ibn Hishām a dit : et l’on dit : al-Naḍr b. al-Ḥārith : fils de ‘Alqama b. Kalada b. ‘Abd Manāf. Ibn Isḥāq a dit : Zayd b. Mulayṣ, affranchi de ‘Umayr b. Hāshim b. ‘Abd Manāf b. ‘Abd al-Dār. Deux hommes. Ibn Hishām a dit : Zayd b. Mulayṣ fut tué par Bilāl b. Rabāḥ, affranchi d’Abū Bakr, et Zayd était allié des Banū ‘Abd al-Dār, des Banū Māzin b. Mālik b. ‘Amr b. Tamīm ; et l’on dit : il fut tué par al-Miqdād b. ‘Amr. Parmi les Banū Taym b. Murra : Ibn Isḥāq a dit : Parmi les Banū Taym b. Murra : ‘Umayr b. ‘Uthmān b. ‘Amr b. Ka‘b b. Sa‘d b. Taym. Ibn Hishām a dit : il fut tué par ‘Alī b. Abī Ṭālib, et l’on dit : par ‘Abd al-Raḥmān b. ‘Awf. Ibn Isḥāq a dit : ‘Uthmān b. Mālik b. ‘Ubayd Allāh b. ‘Uthmān b. ‘Amr b. Ka‘b, tué par Ṣuhayb b. Sinān. Deux hommes. Parmi les Banū Makhzūm : Parmi les Banū Makhzūm b. Yaqaẓa b. Murra : Abū Jahl b. Hishām — son nom est ‘Amr b. Hishām b. al-Mughīra b. ‘Abd Allāh b. ‘Amr b. Makhzūm — ; Mu‘ādh b. ‘Amr b. al-Jamūḥ le frappa et lui coupa la jambe, et son fils ‘Ikrima frappa la main de Mu‘ādh et la trancha ; puis Mu‘awwidh b. ‘Afrā’ le frappa jusqu’à l’achever 6, puis le laissa alors qu’il avait un souffle de vie ; puis ‘Abd Allāh b. Mas‘ūd l’acheva 7 et lui coupa la tête, lorsque le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — ordonna 8 qu’on le cherche parmi les tués — ; al-‘Āṣ b. Hishām b. al-Mughīra b. ‘Abd Allāh b. ‘Umar b. Makhzūm, tué par ‘Umar b. al-Khaṭṭāb ; Yazīd b. ‘Abd Allāh, allié pour eux des Banū Tamīm. Ibn Hishām a dit : puis l’un des Banū ‘Amr b. Tamīm, et il était courageux, tué par ‘Ammār b. Yāsir. Ibn Isḥāq a dit : Abū Musāfi‘ al-Ash‘arī, allié pour eux, tué par Abū Dujāna al-Sā‘idī — selon ce qu’a dit Ibn Hishām — ; Ḥarmala b. ‘Amr, allié pour eux. Ibn Hishām a dit : il fut tué par Khārija b. Zayd b. Abī Zuhayr, frère des Banū l-Ḥārith b. al-Khazraj, et l’on dit : plutôt par ‘Alī b. Abī Ṭālib — selon 9 ce qu’a dit Ibn Hishām — ; et Ḥarmala était des Asad. Ibn Isḥāq a dit : Mas‘ūd b. Abī Umayya b. al-Mughīra, tué par ‘Alī b. Abī Ṭālib — selon ce qu’a dit Ibn Hishām — ; Abū Qays b. al-Walīd b. al-Mughīra. Ibn Hishām a dit : il fut tué par Ḥamza b. ‘Abd al-Muṭṭalib. Ibn Isḥāq a dit : Abū Qays b. al-Fākih b. al-Mughīra, tué par ‘Alī b. Abī Ṭālib, et l’on dit : tué par ‘Ammār b. Yāsir, selon ce qu’a dit Ibn Hishām. Ibn Isḥāq a dit : Rifā‘a b. Abī Rifā‘a b. ‘Ābid 10 b. ‘Abd Allāh b. ‘Umar b. Makhzūm, tué par Sa‘d b. al-Rabī‘, frère des Banū l-Ḥārith b. al-Khazraj, selon ce qu’a dit Ibn Hishām ; al-Mundhir b. Abī Rifā‘a b. ‘Ābid, tué par Ma‘n b. ‘Adī b. al-Jadd b. al-‘Ajlān, allié des Banū ‘Ubayd b. Zayd b. Mālik b. ‘Awf b. ‘Amr b. ‘Awf, selon ce qu’a dit Ibn Hishām ; ‘Abd Allāh b. al-Mundhir b. Abī Rifā‘a b. ‘Ābid, tué par ‘Alī b. Abī Ṭālib, selon ce qu’a dit Ibn Hishām. Ibn Isḥāq a dit : al-Sā’ib b. Abī l-Sā’ib b. ‘Ābid b. ‘Abd Allāh b. ‘Umar b. Makhzūm. Ibn Hishām a dit : al-Sā’ib b. Abī l-Sā’ib est l’associé du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — à propos duquel est venu le hadith du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue : « Quel bon associé que al-Sā’ib, il ne dispute ni ne conteste », et il avait embrassé l’islam et son islam était bon — selon ce qui nous est parvenu — et Allāh sait mieux. Ibn Shihāb al-Zuhrī a rapporté d’après ‘Ubayd Allāh b. ‘Utba, d’après Ibn ‘Abbās : que al-Sā’ib 11 b. Abī l-Sā’ib b. ‘Ābid b. ‘Abd Allāh b. ‘Umar b. Makhzūm fait partie de ceux qui prêtèrent serment d’allégeance au Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — parmi Quraysh, et il lui donna le jour d’al-Ji‘rāna une part du butin de Ḥunayn. Ibn Hishām a dit : et un autre qu’Ibn Isḥāq a mentionné : que celui qui le tua fut al-Zubayr b. al-‘Awwām.
Ibn Isḥāq a dit : Al-Aswad ibn ‘Abd al-Asad ibn Hilāl ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Umar ibn Makhzūm, tué par Ḥamza ibn ‘Abd al-Muṭṭalib ; et Ḥājib ibn al-Sā’ib ibn ‘Uwaymir ibn ‘Amr ibn ‘Ā’idh ibn ‘Abd ibn ‘Imrān ibn Makhzūm — Ibn Hishām a dit : on dit aussi ‘Ā’idh : ibn ‘Imrān ibn Makhzūm, et on dit Ḥājiz ibn al-Sā’ib — et celui qui a tué Ḥājib ibn al-Sā’ib est ‘Alī ibn Abī Ṭālib. Ibn Isḥāq a dit : ‘Uwaymir ibn al-Sā’ib ibn ‘Uwaymir, tué par al-Nu‘mān ibn Mālik al-Qawqalī en combat singulier, selon Ibn Hishām. Ibn Isḥāq a dit : ‘Amr ibn Sufyān et Jābir ibn Sufyān, alliés 12 à eux de Ṭayyi’ ; ‘Amr a été tué par Yazīd ibn Ruqaysh, et Jābir a été tué par Abū Burda ibn Niyār, selon Ibn Hishām. Ibn Isḥāq a dit : dix-sept hommes. (De la tribu des Banū Sahm 13) : Et de la tribu des Banū Sahm ibn ‘Amr ibn Huṣayṣ ibn Ka‘b ibn Lu’ayy : Munabbih ibn al-Ḥajjāj ibn ‘Āmir ibn Ḥudhayfa ibn Sa‘d ibn Sahm, tué par Abū al-Yasar, frère des Banū Salima ; et son fils al-‘Āṣ ibn Munabbih ibn al-Ḥajjāj, tué par ‘Alī ibn Abī Ṭālib selon Ibn Hishām ; Et Nubayh ibn al-Ḥajjāj ibn ‘Āmir, tué par Ḥamza ibn ‘Abd al-Muṭṭalib et Sa‘d ibn Abī Waqqāṣ, qui ont participé ensemble à son meurtre, selon Ibn Hishām ; et Abū al-‘Āṣ ibn Qays ibn ‘Adī ibn Sa‘d ibn Sahm. Ibn Hishām a dit : il a été tué par ‘Alī ibn Abī Ṭālib, et on dit par al-Nu‘mān ibn Mālik al-Qawqalī, et on dit par Abū Dujāna. Ibn Isḥāq a dit : ‘Āṣim ibn ‘Awf ibn Ḍubayra ibn Sa‘īd ibn Sa‘d ibn Sahm, tué par Abū al-Yasar, frère des Banū Salima, selon Ibn Hishām : cinq hommes. (De la tribu des Banū Jumaḥ 14) : Et de la tribu des Banū Jumaḥ ibn ‘Amr ibn Huṣayṣ ibn Ka‘b ibn Lu’ayy : Umayya ibn Khalaf ibn Wahb ibn Ḥudhāfa ibn Jumaḥ, tué par un homme des Anṣār 15 des Banū Māzin. Ibn Hishām a dit : on dit plutôt qu’il a été tué par Mu‘ādh ibn ‘Afrā’, Khārija ibn Zayd et Khabīb ibn Isāf, qui ont participé ensemble à son meurtre. Ibn Isḥāq a dit : et son fils ‘Alī ibn Umayya ibn Khalaf, tué par ‘Ammār ibn Yāsir ; et Aws ibn Mi‘yar ibn Lawdhān ibn Sa‘d ibn Jumaḥ, tué par ‘Alī ibn Abī Ṭālib selon Ibn Hishām, et on dit qu’il a été tué par al-Ḥuṣayn ibn al-Ḥārith ibn al-Muṭṭalib et ‘Uthmān ibn Maẓ‘ūn, qui ont participé ensemble à son meurtre, selon Ibn Hishām. Ibn Isḥāq a dit : trois hommes. (De la tribu des Banū ‘Āmir 16) : Et de la tribu des Banū ‘Āmir ibn Lu’ayy : Mu‘āwiya ibn ‘Āmir, allié à eux de ‘Abd al-Qays, tué par ‘Alī ibn Abī Ṭālib, et on dit par ‘Ukāsha ibn Miḥṣan, selon Ibn Hishām. Ibn Isḥāq a dit : et Ma‘bad ibn Wahb, allié à eux des Banū Kalb ibn ‘Awf ibn Ka‘b ibn ‘Āmir ibn Layth, tué par Khālid et Iyās, les deux fils d’al-Bukayr, et on dit par Abū Dujāna, selon Ibn Hishām. Deux hommes. (Leur nombre) : Ibn Hishām a dit : le total de ceux qui nous ont été recensés parmi les morts de Quraysh 17 le jour de Badr 18 est de cinquante hommes. Ibn Hishām a dit : Abū ‘Ubayda m’a rapporté, d’après Abū ‘Amr, que les morts de Badr parmi les associateurs 19 étaient soixante-dix hommes, et les prisonniers de même ; c’est la parole d’Ibn ‘Abbās et de Sa‘īd ibn al-Musayyab. Et dans le Livre d’Allāh — béni et exalté soit-Il — : « Quoi ! Quand un malheur vous atteint, vous en avez déjà infligé le double 20 » (Coran 3:165), Il le dit aux compagnons d’Uḥud 21 — et ceux qui furent martyrisés parmi eux étaient soixante-dix hommes —, Il dit : « Vous avez infligé le jour de Badr le double de ceux qui furent martyrisés parmi vous le jour d’Uḥud : soixante-dix tués et soixante-dix prisonniers. » Et Abū Zayd al-Anṣārī m’a récité, de Ka‘b ibn Mālik : « Il en resta au camp, du camp d’entre eux, soixante-dix, dont ‘Utba et al-Aswad 22 » Ibn Hishām a dit : il veut dire les morts de Badr. Et ce vers fait partie d’un poème de lui sur le récit du jour d’Uḥud, que je mentionnerai, si Allāh Très-Haut le veut, à sa place. (Ceux dont Ibn Isḥāq a omis la mention) : Ibn Hishām a dit : Parmi ceux qu’Ibn Isḥāq n’a pas mentionnés de ces soixante-dix morts : (De la tribu des Banū ‘Abd Shams 23) : De la tribu des Banū ‘Abd Shams ibn ‘Abd Manāf : Wahb ibn al-Ḥārith, des Banū Anmār ibn Baghīḍ, allié à eux ; et ‘Āmir ibn Zayd, allié à eux du Yémen. Deux hommes. (De la tribu des Banū Asad 24) : Et de la tribu des Banū Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā : ‘Uqba ibn Zayd, allié à eux du Yémen ; et ‘Umayr, affranchi 25 à eux. Deux hommes. (De la tribu des Banū ‘Abd al-Dār 26) : Et de la tribu des Banū ‘Abd al-Dār ibn Quṣayy : Nubayh ibn Zayd ibn Mulayṣ ; et ‘Ubayd ibn Salīṭ, allié à eux de Qays. Deux hommes. (De la tribu des Banū Taym 27) : Et de la tribu des Banū Taym ibn Murra : Mālik ibn ‘Ubayd Allāh ibn ‘Uthmān (et il est le frère de Ṭalḥa ibn ‘Ubayd Allāh ibn ‘Uthmān), fait prisonnier puis mort parmi les prisonniers, donc compté parmi les morts ; et on dit : ‘Amr ibn ‘Abd Allāh ibn Jud‘ān. Deux hommes. (De la tribu des Banū Makhzūm 28) : Et de la tribu des Banū Makhzūm ibn Yaqaẓa : Ḥudhayfa ibn Abī Ḥudhayfa ibn al-Mughīra, tué par Sa‘d ibn Abī Waqqāṣ ; et Hishām ibn Abī Ḥudhayfa ibn al-Mughīra, tué par Ṣuhayb ibn Sinān ; et Zuhayr ibn Abī Rifā‘a, tué par Abū Usayd Mālik ibn Rabī‘a ; et al-Sā’ib ibn Abī Rifā‘a, tué par ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Awf ; et ‘Ā’idh ibn al-Sā’ib ibn ‘Uwaymir, fait prisonnier puis rançonné, puis mort en chemin d’une blessure que lui avait infligée Ḥamza ibn ‘Abd al-Muṭṭalib ; et ‘Umayr, allié à eux de Ṭayyi’ ; et Khiyār, allié à eux d’al-Qārra. Sept hommes. (De la tribu des Banū Jumaḥ) : Et de la tribu des Banū Jumaḥ ibn ‘Amr : Sabra ibn Mālik, allié à eux. Un homme. (De la tribu des Banū Sahm) : Et de la tribu des Banū Sahm ibn ‘Amr : al-Ḥārith ibn Munabbih ibn al-Ḥajjāj, tué par Ṣuhayb ibn Sinān ; et ‘Āmir ibn ‘Awf ibn Ḍubayra, frère de ‘Āṣim ibn Ḍubayra, tué par ‘Abd Allāh ibn Salama al-‘Ajlānī, et on dit par Abū Dujāna. Deux hommes. Fin de la première partie de la Sīra 29 d’Ibn Hishām, qui comprend les premier et deuxième volumes ; elle est suivie de la deuxième partie, qui comprend les troisième et quatrième volumes, et dont le début est : Mention des prisonniers de Quraysh le jour de Badr.
- ḥalīf : Allié par contrat de clientèle ou d'alliance tribale, sans lien de sang.
- ‘Alī b. Abī Ṭālib : Cousin et gendre du Prophète, quatrième calife bien guidé.
- ṣabran : Exécuté en captivité, après la bataille, sans combat.
- al-qarīnayn : Les deux attachés ensemble, surnom donné à Abū Bakr et Ṭalḥa.
- al-Uthayl : Lieu situé entre La Mecque et Médine.
- athbatahu : Le frappa jusqu'à le mettre à terre, sans l'achever.
- dhaffafa ‘alayhi : Acheva le blessé pour lui donner la mort.
- amara... an yultamasa : Ordonna qu'on le cherche parmi les morts pour vérifier.
- fīmā : Selon ce que, d'après ce que.
- ‘Ābid : Nom propre, peut signifier 'adorateur'.
- al-Sā’ib : Compagnon du Prophète, ancien associé commercial.
- ḥalīf : Allié par serment, membre d'une tribu par alliance plutôt que par naissance.
- Banū Sahm : Tribu de Quraysh, branche des Banū Lu’ayy.
- Banū Jumaḥ : Tribu de Quraysh, branche des Banū Lu’ayy.
- Anṣār : Les 'Auxiliaires' de Médine, convertis à l'islam ayant accueilli le Prophète.
- Banū ‘Āmir : Tribu de Quraysh, branche des Banū Lu’ayy.
- Quraysh : Tribu dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- Badr : Bataille de Badr (624), première grande victoire des musulmans.
- associateurs : Polythéistes mecquois, littéralement ceux qui associent d'autres divinités à Dieu.
- Coran 3:165 : Référence au verset évoquant la compensation des pertes.
- Uḥud : Bataille d'Uḥud (625), où les musulmans subirent des pertes.
- ‘Utba et al-Aswad : Chefs mecquois tués à Badr.
- Banū ‘Abd Shams : Tribu de Quraysh, branche des Banū ‘Abd Manāf.
- Banū Asad : Tribu de Quraysh, branche des Banū ‘Abd al-‘Uzzā.
- affranchi : Esclave libéré, client d'une tribu.
- Banū ‘Abd al-Dār : Tribu de Quraysh, branche des Banū Quṣayy.
- Banū Taym : Tribu de Quraysh, branche des Banū Murra.
- Banū Makhzūm : Tribu de Quraysh, branche des Banū Yaqaẓa.
- Sīra : Biographie du Prophète Muhammad, ici celle d'Ibn Hishām.
Il mentionna les captifs de Quraysh le jour de Badr [1].
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Mention des prisonniers de Quraych le jour de Badr (De la tribu des Banu Hashim) : Ibn Ishaq a dit : Parmi les associateurs de Quraych faits prisonniers le jour de Badr, de la tribu des Banu Hashim ibn Abd Manaf : 'Aqil 1 ibn Abi Talib ibn Abd al-Muttalib ibn Hashim, et Nawfal 2 ibn al-Harith ibn Abd al-Muttalib ibn Hashim 3. (De la tribu des Banu al-Muttalib) : Et de la tribu des Banu al-Muttalib ibn Abd Manaf : al-Sa'ib ibn 'Ubayd ibn Abd Yazid ibn Hashim ibn al-Muttalib, et Nu'man ibn 'Amr ibn 'Alqama ibn al-Muttalib. Deux hommes. (De la tribu des Banu Abd Shams et de leurs alliés) : Et de la tribu des Banu Abd Shams ibn Abd Manaf : 'Amr ibn Abi Sufyan ibn Harb ibn Umayya ibn Abd Shams, et al-Harith ibn Abi Wajza 4 ibn Abi 'Amr ibn Umayya ibn Abd Shams. On dit aussi : ibn Abi Wahra, selon Ibn Hisham 5. Ibn Ishaq a dit : Et Abu al-'As ibn al-Rabi' ibn Abd al-'Uzza ibn (Abd) 6 Shams, et Abu al-'As ibn Nawfal ibn Abd Shams. Et parmi leurs alliés : Abu Risha ibn Abi 'Amr, et 'Amr ibn al-Azraq, et 'Uqba ibn Abd al-Harith ibn al-Hadrami. Sept hommes. (De la tribu des Banu Nawfal et de leurs alliés) : Et de la tribu des Banu Nawfal ibn Abd Manaf : 'Adi ibn al-Khiyar ibn 'Adi ibn Nawfal, et 'Uthman ibn Abd Shams, neveu de Ghazwan ibn Jabir, allié à eux des Banu Mazin ibn Mansur, et Abu Thawr, allié à eux. Trois hommes. (De la tribu des Banu Abd al-Dar et de leurs alliés) : Et de la tribu des Banu Abd al-Dar ibn Qusayy : Abu 'Aziz ibn 'Umayr ibn Hashim ibn Abd Manaf ibn Abd al-Dar, et al-Aswad ibn 'Amir, allié à eux. On dit : nous sommes les Banu al-Aswad ibn 'Amir ibn 'Amr ibn al-Harith ibn al-Sabbaq. Deux hommes. (De la tribu des Banu Asad et de leurs alliés) : Et de la tribu des Banu Asad ibn Abd al-'Uzza ibn Qusayy : al-Sa'ib 7 ibn Abi Hubaysh ibn al-Muttalib ibn Asad, et al-Huwayrith ibn 'Abbad ibn 'Uthman ibn Asad. Ibn Hisham a dit : C'est al-Harith ibn 'A'idh ibn 'Uthman ibn Asad. Ibn Ishaq a dit : Et Salim ibn Shammakh, allié à eux. Trois hommes. (De la tribu des Banu Makhzum) : Et de la tribu des Banu Makhzum ibn Yaqaza ibn Murra : Khalid ibn Hisham ibn al-Mughira ibn Abd Allah ibn 'Umar ibn Makhzum 8, et Umayya ibn Abi Hudhayfa ibn al-Mughira, et al-Walid ibn al-Walid ibn al-Mughira, et 'Uthman ibn Abd Allah ibn al-Mughira ibn Abd Allah ibn 'Umar ibn Makhzum, et Sayfi ibn Abi Rifa'a ibn 'Abid 9 ibn Abd Allah ibn 'Umar ibn Makhzum, et Abu al-Mundhir 10 ibn Abi Rifa'a ibn 'Abid ibn Abd Allah ibn 'Umar ibn Makhzum, et Abu 'Ata' Abd Allah ibn Abi 11 al-Sa'ib ibn Abd Allah ibn 'Umar ibn Makhzum, et al-Muttalib ibn Hantab ibn al-Harith ibn 'Ubayd ibn 'Umar ibn Makhzum, et Khalid ibn al-A'lam, allié à eux. C'était, selon ce qu'ils rapportent, le premier à tourner le dos en fuyant, et c'est lui qui dit : "Ce ne sont pas nos dos qui saignent de nos blessures, mais c'est sur nos talons que le sang coule" 12 Neuf hommes. Ibn Hisham a dit : On rapporte aussi : "Ce ne sont pas nos talons". Et Khalid ibn al-A'lam, de Khuza'a, et on dit : 'Uqayli. (De la tribu des Banu Sahm) : Ibn Ishaq a dit : Et de la tribu des Banu Sahm ibn 'Amr ibn Husays ibn Ka'b : Abu Wada'a ibn Dubayra 13 ibn Sa'id ibn Sa'd ibn Sahm, il fut le premier prisonnier de Badr à être rançonné, son fils al-Muttalib ibn Abi Wada'a le racheta, et Farwa ibn Qays ibn 'Adi ibn Hudhafa ibn Sa'd 14 ibn Sahm, et Hanthala ibn Qabisa ibn Hudhafa ibn Sa'd ibn Sahm, et al-Hajjaj 15 ibn Qays ibn 'Adi ibn Sa'd ibn Sahm. Quatre hommes. (De la tribu des Banu Jumah) : Et de la tribu des Banu Jumah ibn 'Amr ibn Husays ibn Ka'b : Abd Allah 16 ibn Ubayy ibn Khalaf ibn Wahb ibn Hudhafa ibn Jumah, et Abu 'Azza 'Amr ibn 'Abd ibn 'Uthman ibn Wahib 17 ibn Hudhafa ibn Jumah, et al-Fakih, affranchi d'Umayya ibn Khalaf, revendiqué ensuite par Rabah ibn al-Mughtarif, et il prétend qu'il est des Banu Shammakh ibn Muharib ibn Fihr - et on dit que al-Fakih : ibn Jarwal ibn Hidhyam ibn 'Awf ibn Ghadb ibn Shammakh ibn Muharib ibn Fihr - et Wahb 18 ibn 'Umayr ibn Wahb ibn Khalaf ibn Wahb ibn Hudhafa ibn Jumah, et Rabi'a ibn Darraj ibn al-'Anbas ibn Ahban ibn Wahb ibn Hudhafa ibn Jumah. Cinq hommes. (De la tribu des Banu 'Amir) : Et de la tribu des Banu 'Amir ibn Lu'ayy : Suhayl 19 ibn 'Amr ibn Abd Shams ibn Abd Wudd ibn Nasr ibn Malik ibn Hisl ibn 'Amir, capturé par Malik ibn al-Dukhshum, frère des Banu Salim ibn 'Awf, et 'Abd 20 ibn Zam'a ibn Qays ibn Abd Shams ibn Abd Wudd ibn Nasr ibn Malik ibn Hisl ibn 'Amir, et Abd al-Rahman ibn Mashnu' 21 ibn Waqdan ibn Qays ibn Abd Shams ibn Abd Wudd ibn Nasr ibn Malik ibn Hisl ibn 'Amir. Trois hommes. (De la tribu des Banu al-Harith) : Et de la tribu des Banu al-Harith ibn Fihr : al-Tufayl ibn Abi Qunay', et 'Utba ibn 'Amr ibn Jahdam. Deux hommes. Ibn Ishaq a dit : Le total de ceux dont nous avons gardé mémoire parmi les prisonniers est de quarante-trois hommes. (Ceux dont Ibn Ishaq n'a pas fait mention) : Ibn Hisham a dit : Il manque au total un homme dont nous n'avons pas mentionné le nom, et parmi ceux qu'Ibn Ishaq n'a pas mentionnés parmi les prisonniers : (De la tribu des Banu Hashim) : De la tribu des Banu Hashim ibn Abd Manaf : 'Utba, allié à eux des Banu Fihr. Un homme. (De la tribu des Banu al-Muttalib) : Et de la tribu des Banu al-Muttalib ibn Abd Manaf : 'Aqil 22 ibn 'Amr, allié à eux, et son frère Tamim ibn 'Amr, et son fils. Trois hommes. (De la tribu des Banu Abd Shams) : Et de la tribu des Banu Abd Shams ibn Abd Manaf : Khalid ibn Usayd ibn Abi al-'Is, et Abu al-'Arid Yasar, affranchi d'al-'As ibn Umayya. Deux hommes. (De la tribu des Banu Nawfal) : Et de la tribu des Banu Nawfal ibn Abd Manaf : Nabhan, affranchi à eux. Un homme. (De la tribu des Banu Asad) : Et de la tribu des Banu Asad ibn Abd al-'Uzza : Abd Allah 23 ibn Humayd ibn Zuhayr ibn al-Harith. Un homme. (De la tribu des Banu Abd al-Dar) : Et de la tribu des Banu Abd al-Dar ibn Qusayy : 'Aqil, allié à eux du Yémen. Un homme.
- ʿAqīl : Fils d'Abi Talib, frère d'Ali et cousin du Prophète.
- Nawfal : Fils d'al-Harith, cousin du Prophète.
- Ibn Hishām : Ibn Hisham, célèbre biographe du Prophète, auteur de la Sira.
- Abī Wajza : Surnom signifiant 'père de la bosse'.
- Ibn Hishām : Ibn Hisham, célèbre biographe du Prophète, auteur de la Sira.
- ʿAbd : Mot manquant dans le texte original, restitué par les éditeurs.
- al-Sāʾib : Nom propre signifiant 'le coulant'.
- Makhzūm : Tribu quraychite importante.
- ʿĀbid : Nom propre signifiant 'adorateur'.
- Abū al-Mundhir : Surnom signifiant 'père de l'avertisseur'.
- Abī : Mot signifiant 'mon père', partie du nom.
- al-adbār : Pluriel de dubr, 'dos' ; ici métaphore pour la fuite.
- Ḍubayra : Nom propre.
- Saʿd : Nom propre signifiant 'bonheur'.
- al-Ḥajjāj : Nom propre signifiant 'le pèlerin'.
- ʿAbd Allāh : Nom propre signifiant 'serviteur d'Allah'.
- Wuhayb : Diminutif de Wahb, nom propre.
- Wahb : Nom propre signifiant 'don'.
- Suhayl : Nom propre, nom d'une étoile.
- ʿAbd : Nom propre signifiant 'serviteur'.
- Mashnūʾ : Nom propre signifiant 'détesté'.
- ʿAqīl : Nom propre signifiant 'intelligent'.
- ʿAbd Allāh : Nom propre signifiant 'serviteur d'Allah'.
Parmi les poèmes composés au sujet du jour de Badr [1].
(De la tribu de Taym) : Et de la tribu de Taym ibn Murra : Musāfiʿ ibn ʿIyāḍ ibn Ṣakhr ibn ʿĀmir ibn Kaʿb ibn Saʿd ibn Taym, et Jābir ibn al-Zubayr, allié 1 à eux. Deux hommes. (De la tribu de Makhzūm) : Et de la tribu de Makhzūm ibn Yaqaẓa : Qays ibn al-Sāʾib. Un homme. (De la tribu de Jumaḥ) : Et de la tribu de Jumaḥ ibn ʿAmr : ʿAmr ibn Ubayy ibn Khalaf, et Abū Ruhm ibn ʿAbd Allāh, allié à eux, et un allié à eux dont j'ai oublié le nom, et deux affranchis 2 d'Umayya ibn Khalaf, l'un d'eux est Nisṭās 3, et Abū Rāfiʿ, esclave d'Umayya ibn Khalaf. Six personnes. (De la tribu de Sahm) : Et de la tribu de Sahm ibn ʿAmr : Aslam, affranchi de Nubayh ibn al-Ḥajjāj. Un homme. (De la tribu de ʿĀmir) : Et de la tribu de ʿĀmir ibn Luʾayy : Ḥabīb ibn Jābir, et al-Sāʾib ibn Mālik. Deux hommes. (De la tribu de al-Ḥārith) : Et de la tribu de al-Ḥārith ibn Fihr : Shāfiʿ et Shafīʿ, deux alliés à eux, originaires du Yémen. Deux hommes. Ce qui a été dit comme poésie au sujet du jour de Badr Ibn Isḥāq a dit : Parmi ce qui a été dit comme poésie au sujet du jour de Badr, et que les gens se sont récités mutuellement pour ce qui s'y est passé, il y a la parole de Ḥamza ibn ʿAbd al-Muṭṭalib – que Dieu lui fasse miséricorde : - Ibn Hishām a dit : La plupart des spécialistes de la poésie contestent ces vers ainsi que leur contre-partie 4 - : « N'as-tu pas vu une affaire qui fut des merveilles du temps ? Et les destins ont des causes manifestes. Et cela n'est que parce qu'un peuple, que des gens leur ont apporté 5, et ils se sont recommandés mutuellement l'ingratitude et la mécréance, Le soir où ils partirent vers Badr avec leur rassemblement, et ils furent des otages 6 du puits de Badr. Nous avions cherché la caravane, ne voulant rien d'autre, mais ils marchèrent vers nous et nous nous rencontrâmes sur un ordre 7. Quand nous nous rencontrâmes, il n'y eut pour nous d'autre alternative que de frapper avec les lances flexibles 8, Et de frapper avec des sabres dont le tranchant fend les têtes, aux couleurs éclatantes, aux traces bien visibles. Et nous avons laissé ʿUtba l'égaré gisant, et Shayba parmi les tués, entassés dans la fosse 9. Et ʿAmr gît parmi ceux de leurs protecteurs qui gisent, et les encolures des pleureuses se sont déchirées sur ʿAmr, Les encolures de femmes de Luʾayy ibn Ghālib, nobles, qui ont élevé leurs chevelures 10 parmi Fihr. Ceux-là sont un peuple tué dans leur égarement, et ils ont abandonné un étendard dont le secours n'est pas proche, Un étendard d'égarement qu'Iblīs a conduit, son peuple, et il les a trahis – certes, le perfide est porté à la trahison. Et il leur dit, quand il vit l'affaire clairement : « Je vous désavoue, je n'ai aujourd'hui aucune patience. Car je vois ce que vous ne voyez pas, et je crains le châtiment de Dieu, et Dieu est Puissant. » Il les poussa vers la perte jusqu'à ce qu'ils tombent dans le piège, et il avait, de ce que le peuple ne connaissait pas, une connaissance. Ils étaient le matin du puits mille, et notre rassemblement était de trois cents, comme des [lances] polies et brillantes 11. Et parmi nous se trouvaient les armées de Dieu quand Il nous secourut par elles, dans une station puis dans un lieu de gloire manifeste. Gabriel en renforça [l'armée] sous notre étendard, dans un lieu de combat où leurs morts couraient. » Al-Ḥārith ibn Hishām ibn al-Mughīra lui répondit, disant : « Hélas, ô mon peuple, pour la passion et la séparation, et pour le chagrin qui est en moi et la brûlure dans la poitrine, Et pour les larmes de mes yeux qui coulent abondamment, comme une perle qui tombe du fil de son enfileur, coulant, Sur le héros doux de caractère, quand il gît, otage d'une station près du puits de Badr. Ne t'éloigne pas, ô ʿAmr, toi qui es de parenté et de compagnie, toi qui avais un caractère généreux. Si un peuple a obtenu de toi un succès 12, il n'y a pas d'échappatoire aux vicissitudes du temps. Tu étais, dans les retournements du temps passé, à leur montrer une humiliation de ta part, aux voies escarpées. Si je ne meurs pas, ô ʿAmr, je te laisserai vengeur, et je n'épargnerai rien dans la fraternité ni l'alliance. Et je couperai le dos d'hommes par un groupe de nobles, sur qui ils ont coupé comme ils ont coupé mon dos. Les a trompés ce qu'ils ont rassemblé comme gens de peu 13, alors que nous sommes la moelle 14 parmi les tribus de Fihr. Ô fils de Luʾayy, défendez votre sanctuaire et vos divinités, ne les abandonnez pas à celui qui se vante. Vos pères les ont héritées et vous avez hérité leurs piliers 15 et la maison au toit et au voile. Qu'y a-t-il pour un homme indulgent qui a voulu votre perte ? Ne l'excusez pas, ô fils de Ghālib, d'aucune excuse. Et montrez de l'ardeur contre ceux que vous combattez, et entraidez-vous, et soyez unis dans la constance et la patience. Peut-être pourrez-vous venger votre frère, et il n'y a rien si vous ne vengez pas les gens de ʿAmr, Avec des lances 16 dans les mains, comme des éclairs, qui emportent les têtes, aux traces bien visibles, Comme la marche des fourmis sur leurs dos, quand elles sont dégainées un jour contre leurs ennemis aux regards obliques. » Ibn Hishām a dit : Nous avons remplacé dans ce poème deux mots de ce qu'a rapporté Ibn Isḥāq, à savoir « al-fakhr » à la fin du vers, et « fa-mā li-ḥalīm » au début du vers, parce qu'il y attaquait le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue. Ibn Isḥāq a dit : Et ʿAlī ibn Abī Ṭālib a dit au sujet du jour de Badr : Ibn Hishām a dit : Je n'ai vu aucun spécialiste de la poésie qui connaisse ces vers ni leur contre-partie, et nous ne les avons écrits que parce qu'on dit que ʿAmr ibn ʿAbd Allāh ibn Judʿān fut tué le jour de Badr, et Ibn Isḥāq ne l'a pas mentionné parmi les tués, mais il l'a mentionné dans cette poésie : « N'as-tu pas vu que Dieu a éprouvé Son Messager d'une épreuve de Puissant, doué de pouvoir et de faveur, En faisant descendre les mécréants dans une demeure d'humiliation, et ils rencontrèrent notre humiliation par la captivité et le meurtre. Ainsi le secours du Messager de Dieu est devenu puissant, et le Messager de Dieu avait été envoyé avec la justice. Il est venu avec un Discernement 17 descendu de Dieu, dont les signes sont clairs pour les doués d'intelligence. Des gens y crurent et furent convaincus, et ils devinrent, par la louange de Dieu, réunis dans leur communauté. D'autres gens le nièrent et leurs cœurs dévièrent, et le Détenteur du Trône leur ajouta trouble sur trouble. Et Il donna sur eux, le jour de Badr, pouvoir à Son Messager et à un peuple courroucé dont l'action est la meilleure des actions, Avec en leurs mains des sabres blancs et légers avec lesquels ils désobéirent 18, et ils les avaient aiguisés par le polissage et l'affûtage. Combien laissèrent-ils de jeunes pleins d'ardeur, étendus, et d'hommes mûrs parmi eux, pleins de bravoure. Les yeux des pleureuses passent la nuit sur eux, versant des torrents de larmes et des averses, Des pleureuses qui pleurent ʿUtba l'égaré et son fils, et Shayba qu'elles pleurent, et pleurent Abū Jahl, Et cet homme 19 qu'elles pleurent, et Ibn Judʿān parmi eux, dépouillées 20, brûlantes de chagrin, au deuil manifeste. Gît parmi eux, dans le puits de Badr, un groupe de braves dans les guerres et dans les années de sécheresse. L'égarement appela parmi eux celui qu'il appela, et celui-ci lui répondit, et l'égarement a des causes dont le lien est fragile. Et ils devinrent, dans la demeure de la Géhenne, isolés du tumulte et de l'inimitié, dans la plus grande des occupations. » Al-Ḥārith ibn Hishām ibn al-Mughīra lui répondit, disant : « Je m'étonne de gens dont l'insensé chante une affaire de sottise, pleine de travers et de vanité. Il chante les tués du jour de Badr, qui se sont succédé, nobles dans leurs actions, jeunes et vieux, Des héros 21 blancs 22 de Luʾayy ibn Ghālib, qui frappent dans la mêlée, qui nourrissent dans la sécheresse. Ils furent tués en nobles, ils n'ont pas vendu leur tribu pour un autre peuple, étrangers de demeure et d'origine, Comme Ghassān est devenu parmi vous une coterie 23, pour vous en échange de nous – quelle action ! Ingratitude, péché évident et rupture, dont votre injustice est vue par celui qui a opinion et raison. Si un peuple est parti sur sa voie – et la meilleure des morts est celle qui vient par le meurtre – Ne vous réjouissez pas de les avoir tués, car leur meurtre est pour vous un trouble permanent sur trouble. Car vous ne cesserez jamais, après les avoir tués, d'être divisés, vos désirs épars, sans communauté réunie, Par la perte d'Ibn Judʿān, loué pour ses actions, et de ʿUtba, et de celui qui était appelé parmi vous Abū Jahl, Et de Shayba parmi eux, et d'al-Walīd, et parmi eux d'Umayya, refuge des nécessiteux, et de Dhū al-Rijl 24. Ceux-là, pleurez, puis ne pleurez nul autre qu'eux, ô pleureuses qui appelez à la calamité et au deuil. Et dites aux gens des deux Mecques 25 : Rassemblez-vous et marchez vers les forteresses 26 de Yathrib aux palmiers. »
Tous ensemble, ils protégèrent les Âl Ka‘b 27 et se défendirent... avec des lances aux couleurs pures, au polissage récent (42). Sinon, passez la nuit dans la peur et levez-vous... plus vils que la semelle sous le pied des marcheurs. Pourtant, par al-Lât 28, ô mon peuple, sachez-le... j’ai la ferme certitude que vous ne tiendrez pas sur la ruine (43), sauf à rassembler les cottes de mailles, les lances, les épées blanches, les glaives tranchants et les flèches (44). Dit Ḍirâr ibn al-Khaṭṭâb (45) ibn Mirdâs, frère des Banû Muḥârib ibn Fihr, le jour de Badr : « Je m’étonne de l’orgueil des Aws 29 alors que le malheur tourne sur eux demain, et le Temps est plein de preuves, et de l’orgueil des Banû al-Najjâr 30 : si un groupe a été frappé à Badr, tous y furent patients. Si des nôtres ont été tués et abandonnés, nous sommes des hommes (46) qui, après eux, en abandonneront d’autres. Nos chevaux rapides et vigoureux vous chargeront, ô Banû al-Aws, jusqu’à ce qu’un vengeur (47) apaise l’âme, et au milieu des Banû al-Najjâr, nous ferons tourner la guerre contre eux, avec les lances, et le pays regorgera de renforts (48). Nous laisserons des cadavres autour desquels les oiseaux tournoieront, sans autre soutien que les souhaits (49). Des femmes de Yathrib 31 les pleureront, elles qui (50) passeront des nuits sans sommeil. Car nos épées ne cessent de verser le sang de ceux (51) qu’elles combattent, abondamment (52). Si vous triomphez le jour de Badr, c’est seulement par Aḥmad 32 que votre fortune est manifeste, et par l’élite des nobles, ses alliés, qui protègent dans l’adversité alors que la mort est présente (53). On y compte Abû Bakr et Ḥamza 33, et l’on appelle ‘Alî 34 parmi ceux que tu mentionnes. On y appelle Abû Ḥafṣ 35 et ‘Uthmân 36 parmi eux, et Sa‘d 37 quand il est présent au combat. Ceux-là, et non ceux qu’ont enfantés dans leurs demeures les Banû al-Aws et les Banû al-Najjâr quand ils se vantent (54). Mais leur père est de Lu’ayy ibn Ghâlib 38, quand on compte les lignées : Ka‘b et ‘Âmir 39. Ce sont eux qui frappent les chevaux dans chaque mêlée, au jour de la bataille, les plus purs, les plus abondants (55). » Ka‘b ibn Mâlik, frère des Banû Salima, lui répondit : « Je m’étonne du décret de Dieu, et Dieu est puissant sur ce qu’Il veut ; nul ne domine Dieu. Il a décrété le jour de Badr que nous rencontrerions des gens qui ont transgressé, et la voie de la transgression est injuste pour les hommes. Ils se sont rassemblés et ont mobilisé ceux qui les entourent, jusqu’à ce que leur foule soit nombreuse. Ils sont venus vers nous, ne cherchant que nous, avec tous leurs alliés : Ka‘b et ‘Âmir ensemble. Parmi nous se trouve le Messager de Dieu, entouré des Aws ; il a d’eux une forteresse puissante et un soutien (56). La foule des Banû al-Najjâr est sous son étendard ; ils marchent (57) dans les cuirasses 40 tandis que la poussière s’élève (58). Quand nous les avons rencontrés, chacun luttant, prêt à sacrifier sa vie pour ses compagnons, patient, nous avons témoigné qu’il n’y a de dieu que Dieu, et que le Messager de Dieu est manifeste dans la vérité. Les épées blanches et légères ont été dégainées, semblables à des tisons que brandit (59) sous tes yeux un homme qui les exhibe. Par elles, nous avons anéanti leur foule, et ils se sont dispersés ; celui qui est pervers rencontre le malheur (60). Abû Jahl 41 a été renversé face contre terre, et ‘Utba 42 a été laissé trébuchant (61). Shayba 43 et al-Taymî 44 ont été abandonnés dans la mêlée ; aucun d’eux (62) n’est autre qu’un mécréant envers le Maître du Trône. Ils sont devenus le combustible du Feu dans sa demeure, et tout mécréant aboutit en Géhenne. Elle flamboie sur eux, sa chaleur attisée, avec des blocs de fer et des pierres ardentes (63). Le Messager de Dieu avait dit : « Avancez ! » mais ils ont tourné le dos et dit : « Tu n’es qu’un sorcier. » Pour un ordre que Dieu a voulu pour leur perte ; nul ne repousse un ordre que Dieu a décrété (64). » ‘Abd Allâh ibn al-Zib‘arâ al-Sahmî 45 dit, pleurant les tués de Badr : Ibn Hishâm dit : et on l’attribue à al-A‘shâ ibn Zurâra ibn al-Nabbâsh, l’un des Banû Usayd ibn ‘Amr ibn Tamîm, allié des Banû Nawfal ibn ‘Abd Manâf. Ibn Isḥâq dit : allié des Banû ‘Abd al-Dâr : « Qu’y a-t-il à Badr et autour d’elle, de jeunes hommes aux visages lumineux et généreux ? Ils ont laissé derrière eux Nubayh 46 et Munabbih 47, et les deux fils de Rabî‘a 48, meilleurs adversaires en foule (65), et al-Ḥârith al-Fayyâḍ 49, dont le visage brille comme la pleine lune qui illumine la nuit d’obscurité (66), et al-‘Âṣî ibn Munabbih 50, homme de fermeté, lance solide, sans défaut (67). Ses racines et ses ancêtres, et les mérites de ses oncles maternels et paternels, l’ont élevé (68). Et quand un pleureur pleure et élève sa plainte, que ce soit pour le chef généreux, fils de Hishâm (69). Que Dieu, le Seigneur des créatures, fasse vivre Abû al-Walîd 51 et sa famille, et les honore (70) par le Salut ! » Ḥassân ibn Thâbit al-Anṣârî 52 lui répondit : « Pleure ! Tes yeux ont pleuré, puis ont coulé des larmes de sang dont les bords sont abreuvés, abondantes (71). Pourquoi pleures-tu ceux qui sont tombés (72) ? Ne mentionnerais-tu pas plutôt les nobles actions des tribus ? Et tu mentionnerais de nous un homme généreux, plein de détermination, au caractère noble, sincère dans son courage : je veux dire le Prophète, frère des nobles actions et de la générosité, le plus pieux de ceux qui prêtent serment (73). Pour un tel homme et pour ce à quoi il appelle, c’est lui qui mérite d’être loué, et non un homme sans valeur (74). » (Poème de Ḥassân sur Badr également) : Ḥassân ibn Thâbit al-Anṣârî dit aussi : « Une vierge 53 t’a consumé le cœur en songe, elle abreuve (75) son compagnon d’un breuvage frais et souriant (76), comme du musc mêlé à l’eau d’un nuage, ou à un vin vieux, couleur de sang de bête égorgée, généreux (77). Elle a les flancs pleins, sa taille est bien proportionnée, douce, non hâtive dans ses décisions (78). Elle est bâtie sur un monticule 54 abondant, comme si, quand elle s’assoit, c’est un coussin de marbre (79). Elle a peine à rejoindre sa couche, tant son corps est délicat et sa stature belle (80). Le jour, je ne cesse de me souvenir d’elle ; la nuit, mes rêves m’inspirent d’elle (81). J’ai juré de l’oublier et de cesser de la mentionner, jusqu’à ce que mes os soient enfouis dans la tombe (82). Ô vous qui blâmez, qui me blâmez sottement – j’ai désobéi, par passion, à mes blâmeurs – elle est venue à moi à l’aube, après le sommeil, alors que les jours approchent des événements. Elle a prétendu que l’homme, Mu‘dîkarib 55, toute sa vie, est un néant pour un nuage de sable (83). Si tu mens dans ce que tu m’as raconté, alors tu as échappé comme a échappé al-Ḥârith ibn Hishâm 56, qui a abandonné ses proches sans les défendre, et s’est enfui avec une tête de cheval et une bride (84). Les chevaux rapides et nobles laissent dans le désert le passage du sang versé, sur un sol dur et des pierres (85). Ils ont rempli de lui les deux défilés 57 ; il s’y est étendu, et ses proches ont demeuré dans la pire des stations (86). Et ses pères et sa famille, dans un combat où Dieu a secouru les partisans de l’Islam, une guerre dont le feu est attisé (87) par des braises (88) les a broyés – et Dieu exécute Son ordre. Sans Dieu et son cours, ils l’auraient laissé en pâture aux bêtes féroces, et ils l’auraient foulé aux pieds avec des fers brûlants (89). Parmi eux, un prisonnier qu’on enchaîne, un faucon qui, face aux lances, est ardent (90), et un homme étendu à terre qui ne répond à aucun appel, jusqu’à ce que les hautes montagnes disparaissent (91). Dans la honte et l’humiliation évidente, quand (92) il a vu les épées blanches conduire tout homme noble (93), entre les mains d’un homme au front blanc 58 qui, quand on l’invoque, ne déshonore pas la lignée des petits, un chef généreux et audacieux (94). Des épées blanches qui, rencontrant le fer, tranchent net, comme l’éclair sous l’ombre de tout nuage. » (Poème d’al-Ḥârith en réponse à Ḥassân) : Al-Ḥârith ibn Hishâm lui répondit, selon ce que rapporte Ibn Hishâm : « Dieu sait mieux que je n’ai cessé de les combattre, jusqu’à ce qu’ils aient couvert mon poulain d’un cheval alezan écumant (95). Et j’ai su que si je combattais seul, je serais tué sans que ma présence (96) ne nuise à mon ennemi. Alors je me suis détourné d’eux, alors que mes proches étaient parmi eux, espérant pour eux un jour de châtiment funeste (97). » Ibn Isḥâq dit : al-Ḥârith a dit ces vers pour s’excuser de sa fuite le jour de Badr. Ibn Hishâm dit : nous avons omis trois vers de la fin du poème de Ḥassân, car il y était grossier (98). (Poème de Ḥassân sur le même sujet) : Ibn Isḥâq dit : Ḥassân ibn Thâbit dit aussi : « Quraysh 59 a su, le jour de Badr, au matin de la captivité et du meurtre terrible, que nous, quand les lances s’entrechoquent, sommes les protecteurs de la guerre le jour d’Abû al-Walîd (99). Nous avons tué les deux fils de Rabî‘a le jour où ils vinrent à nous, dans des armures renforcées (100). Et Ḥakîm 60 s’enfuit avec elles le jour où les Banû al-Najjâr chargèrent, ondulant comme des lions (101). »
Et alors, les rassemblements de Fihr 61 tournèrent le dos... et al-Ḥuwayrith 62 les abandonna de loin. Vous avez rencontré humiliation et massacre... prêts, pénétrant jusqu'à la veine jugulaire 63. Et tout le peuple tourna le dos ensemble... sans se soucier de l'honneur ancestral. Et Ḥassān ibn Thābit 64 dit aussi : Ô Ḥārith 65, tu as compté sur un appui sans valeur... au moment de la mêlée et à l'heure des honneurs. Quand tu montais une rapide aux mains légères... noble, aux pattes longues et aux jarrets allongés. Et le peuple derrière toi, tu as abandonné leur combat... espérant le salut, mais ce n'était pas le moment de fuir. N'as-tu pas fait volte-face vers le fils de ta mère 66 quand il gisait... transpercé par les lances, dépouillé de ses armes ? Le Roi 67 s'est hâté pour lui et a anéanti son rassemblement... par une honte infamante et un châtiment terrible. Ibn Hishām 68 dit : Nous en avons omis un seul vers, où il profère des injures. Ibn Isḥāq 69 dit : Et Ḥassān ibn Thābit dit aussi : Ibn Hishām dit : On dit plutôt que c'est ʿAbd Allāh ibn al-Ḥārith al-Sahmī 70 qui les a dites : Portant des cottes de mailles en fer 71, les précédant... un homme au cœur ferme, résolu, non tremblant. Je veux dire le Messager du Dieu de la création 72, qu'Il a favorisé... sur toute la création par la piété et la générosité. Et vous avez prétendu protéger votre honneur... alors que l'eau de Badr 73, prétendiez-vous, n'était pas abreuvée. Puis nous y sommes venus, sans écouter vos paroles... jusqu'à ce que nous ayons bu à satiété, sans parcimonie. Accrochés à une corde 74 qui ne se rompt pas... solide, parmi les cordes de Dieu, tendue. En nous est le Messager, en nous est la vérité que nous suivons... jusqu'à la mort, et un secours sans limite. Un flambeau parfait, brillant, par lequel on s'éclaire... une pleine lune 75 qui a illuminé tous les nobles. Ibn Hishām dit : Son vers : « Accrochés à une corde qui ne se rompt pas » d'après Abū Zayd al-Anṣārī 76. Ibn Isḥāq dit : Et Ḥassān ibn Thābit dit aussi : Ont échoué les Banū Asad 77 et leur expédition est revenue... le jour du puits 78 avec honte et déshonneur. Parmi eux, Abū al-ʿĀṣī 79 est tombé, abattu... sur le dos d'une jument rapide, fuyant. Malheur à lui, sans défenseur avec ses armes... quand il gisait à sa place, égorgé. Et l'homme Zamʿa 80, nous l'avons laissé, sa gorge... saignant d'une veine gonflée, répandue. La joue noble posée sur le sol, souillée... le bout de son nez a été marqué par une blessure. Et Ibn Qays 81 a survécu avec le reste de son clan... à l'agonie, fuyant avec des blessures. Et Ḥassān ibn Thābit dit aussi : Ah ! Si seulement je savais si les gens de La Mecque ont appris... notre anéantissement des mécréants en ce temps de détresse. Nous avons tué les nobles du peuple lors de notre combat... et ils ne sont revenus qu'avec le dos brisé. Nous avons tué Abū Jahl 82 et ʿUtba 83 avant lui... et Shayba 84 tombant sur les mains et la gorge. Nous avons tué Suwayd 85, puis ʿUtba après lui... et Ṭuʿma 86 aussi, lors de la vengeance du sang. Combien avons-nous tué de généreux, éprouvés... ayant un rang dans leur peuple, dont la renommée s'est élevée. Nous les avons laissés aux bêtes féroces qui les visitent... et ils subiront un feu ardent au fond. Par ta vie ! Les cavaliers de Mālik 87 n'ont pas tourné... ni leurs partisans, le jour de notre rencontre à Badr. Ibn Hishām dit : Abū Zayd al-Anṣārī m'a récité son vers : « Nous avons tué Abū Jahl et ʿUtba avant lui... et Shayba tombant sur les mains et la gorge. » Ibn Isḥāq dit : Et Ḥassān ibn Thābit dit aussi : A sauvé Ḥakīm 88 le jour de Badr sa force... comme le salut d'un poulain des filles d'al-Aʿwaj 89. Quand il vit Badr, ses flots coulant... avec une armée verte 90 des Banū al-Khazraj 91. Ils ne reculent pas quand ils rencontrent leurs ennemis... ils marchent sur la voie droite et claire. Combien parmi eux de noble, puissant... héros dans le lieu de perdition du lâche acculé. Et un chef qui donne le généreux de sa main... porteur des lourdes charges des rançons, couronné. Ornement de l'assemblée, assidu au jour du combat... à frapper les héros avec chaque sabre blanc et tranchant. Ibn Hishām dit : Son mot « tranchant » vient d'autre qu'Ibn Isḥāq. Ibn Isḥāq dit : Et Ḥassān dit aussi : Nous ne craignons, par la puissance de Dieu, aucun peuple... même s'ils sont nombreux et que les troupes se rassemblent. Quand ils liguent une foule contre nous... un Seigneur clément nous suffit contre leur assaut. Nous nous sommes élevés le jour de Badr avec les lances... rapides, sans que les morts ne nous ébranlent. Tu n'as pas vu de groupe parmi les gens plus nuisible... à leurs ennemis quand les nuages se déchaînent. Mais nous nous sommes confiés et avons dit :... nos exploits et notre refuge sont les épées. Nous les avons rencontrés avec elles quand nous nous sommes élevés... alors que nous étions un groupe et eux des milliers. Et Ḥassān ibn Thābit dit aussi, satirisant les Banū Jumaḥ 92 et ceux d'entre eux qui furent tués : Les Banū Jumaḥ ont persévéré dans la malchance de leur sort... car l'humilié est confié à un humilié. Les Banū Jumaḥ ont été tués à Badr de force... et ils se sont dérobés en fuyant par tous les chemins. Ils ont nié le Livre et traité Muhammad de menteur... et Dieu fait triompher la religion de tout messager. Que Dieu maudisse Abū Khuzayma 93 et son fils... et les deux Khālid 94, et Ṣāʿid ibn ʿAqīl 95. (Poème de ʿUbayda ibn al-Ḥārith 96 sur l'amputation de sa jambe) : Ibn Isḥāq dit : Et ʿUbayda ibn al-Ḥārith ibn al-Muṭṭalib 97 dit, le jour de Badr, et sur l'amputation de sa jambe quand elle fut blessée, lors de son duel avec Ḥamza 98 et ʿAlī 99 quand ils affrontèrent leurs ennemis — Ibn Hishām dit, et certains savants en poésie contestent qu'elle soit de ʿUbayda : Un coup 100 parviendra de nous aux gens de La Mecque... qui fera se lever celui qui en était loin. Par ʿUtba quand il tourna le dos, et Shayba après lui... et le fils aîné de ʿUtba 101 n'en fut pas satisfait. Si vous coupez ma jambe, je suis musulman... j'espère par elle une vie proche de Dieu. Avec les houris 102 semblables à des statues, purifiées... dans le Paradis suprême pour celui qui était élevé. Et j'ai échangé contre elle une vie dont j'ai savouré la pureté... et que j'ai fréquentée jusqu'à perdre les proches. Alors le Miséricordieux m'a honoré par Sa grâce... avec un retour à l'Islam qui a couvert les défauts. Et leur combat ne m'était pas odieux... le jour où l'appelant appela les pairs. Et quand ils demandèrent au Prophète notre égalité... à nous trois, jusqu'à ce que nous ayons répondu à l'appel. Nous les avons rencontrés comme des lions menaçant avec les lances... combattant pour le Miséricordieux ceux qui Lui désobéissaient. Nos pieds n'ont pas bougé de notre place... à nous trois, jusqu'à ce que nous ayons fait descendre les morts. Ibn Hishām dit : Quand la jambe de ʿUbayda fut blessée, il dit : « Par Dieu, si Abū Ṭālib 103 avait vécu ce jour, il aurait su que je suis plus digne que lui de ce qu'il a dit quand il a dit : Vous mentez, par la Maison de Dieu, Muhammad sera protégé... et nous ne combattrons pas pour lui et ne lutterons pas. Et nous ne le livrerons pas jusqu'à ce que nous soyons étendus autour de lui... et que nous oubliions nos fils et nos épouses. » Ces deux vers sont dans un poème d'Abū Ṭālib, que nous avons mentionné plus tôt dans ce livre. (Élégie de Kaʿb 104 pour ʿUbayda ibn al-Ḥārith) : Ibn Isḥāq dit : Quand ʿUbayda ibn al-Ḥārith mourut de la blessure de sa jambe le jour de Badr. Kaʿb ibn Mālik al-Anṣārī 105 dit en le pleurant : Ô œil, sois généreuse et ne sois pas avare... de tes larmes, vraiment, et ne sois pas rare. Pour un seigneur dont la perte nous a brisés... noble de caractère et de lignée. Audacieux à l'avant-garde, bien armé... généreux de propos, de bonne origine. ʿUbayda n'est plus, nous n'espérons plus de lui... ni pour un bien qui nous touche, ni pour un mal. Il protégeait, le jour du combat... la partie ardente de l'armée avec le sabre tranchant. (Poème de Kaʿb sur Badr) : Et Kaʿb ibn Mālik dit aussi, à propos du jour de Badr : Ô, les Ghassān 106 ont-ils appris, dans l'éloignement de leur demeure... et le plus informé des choses est Celui qui les connaît, Que nous ont visés, avec des arcs d'inimitié... les Maʿadd 107 ensemble, leurs ignorants et leurs sages, Parce que nous avons adoré Dieu, n'espérant que Lui... dans l'espoir des Jardins 108, quand est venu à nous leur guide, Un Prophète ayant dans son peuple un héritage de gloire... et des racines de vérité que ses origines ont purifiées. Ils sont partis et nous sommes partis, et nous nous sommes rencontrés comme si nous étions... des lions de combat dont on n'espère pas de blessé. Nous les avons frappés jusqu'à ce que tombe, dans notre mêlée... pour un mauvais destin, de Lu'ayy 109 leur grand.
Voici la traduction fidèle du texte, en respectant le registre classique/religieux, avec translittération et glose des termes intraduisibles entre parenthèses, sans ajout, retrait ni résumé, et en conservant la structure des paragraphes. --- فولوا ودسناهم ببيض صوارم ... سواء علينا حلفها وصميمها (١٦١) Ils tournèrent le dos et nous les foulâmes aux pieds avec des sabres blancs (bīḍi ṣawārimi) ... Il nous est égal, leur alliance (ḥilfuhā) et leur noyau dur (ṣamīmuhā). وقال كعب بن مالك أيضا: Et Ka‘b ibn Mālik dit également : لعمر أبيكما يا بني لؤي ... على زهو. لديكم وانتخاء (١٦٢) Par la vie de votre père, ô Banū Lu’ayy ... malgré votre orgueil (zahw), votre arrogance (intikhā’) chez vous. لما حامت فوارسكم ببدر ... ولا صبروا به عند اللقاء (١٦٣) Vos cavaliers n’ont pas tournoyé à Badr, et ils n’y ont pas tenu ferme lors de la rencontre. وردناه بنور الله يجلو ... دجى الظلماء عنا والغطاء Nous y arrivâmes avec la lumière d’Allāh, qui dissipe les ténèbres de l’obscurité et le voile (al-ghitā’). رسول الله يقدمنا بأمر ... من أمر الله أحكم بالقضاء Le Messager d’Allāh nous précède avec un ordre, parmi les ordres d’Allāh, rendu ferme par le décret (al-qaḍā’). فما ظفرت فوارسكم ببدر ... وما رجعوا إليكم بالسواء Vos cavaliers n’ont donc pas triomphé à Badr, et ils ne vous sont pas revenus indemnes (bis-sawā’). فلا تعجل أبا سفيان وارقب ... جياد الخيل تطلع من كداء (١٦٤) Ne te hâte donc pas, Abū Sufyān, et attends les chevaux de race (jiyād al-khayl) qui surgissent de Kadā’. بنصر الله روح القدس فيها ... وميكال، فيا طيب الملاء (١٦٥) Avec le secours d’Allāh, l’Esprit Saint (Rūḥ al-Qudus) est en eux, ainsi que Mīkāl (Mīkā’īl) ; ô quelle bonté des nobles (al-malā’) ! (شعر طالب في مدح الرسول وبكاء أصحاب القليب) : (Poème de Ṭālib en louange du Messager et en pleurs sur les compagnons du puits [al-qalīb]) : وقال طالب بن أبي طالب، يمدح رسول الله صلى الله عليه وسلم، ويبكي أصحاب القليب من قريش يوم بدر: Et Ṭālib ibn Abī Ṭālib dit, louant le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) et pleurant les compagnons du puits (aṣḥāb al-qalīb) parmi Quraysh le jour de Badr : ألا إن عيني أنفدت دمعها سكبا ... تبكي على كعب وما إن ترى كعبا N’est-ce pas que mon œil a épuisé ses larmes en torrent (sakban) ... pleurant sur Ka‘b, mais il ne voit pas Ka‘b. ألا إن كعبا في الحروب تخاذلوا ... وأرداهم (١٦٦) ذا الدهر واجترحوا ذنبا، N’est-ce pas que Ka‘b, dans les guerres, ils ont failli, et ce temps (dhā d-dahr) les a perdus, et ils ont commis un péché (dhanban). وعامر تبكي للملمات غدوة ... فيا ليت شعري هل أرى لهما قربا Et ‘Āmir pleure, au matin, pour les calamités (al-mulimmāt) ; ô si seulement je savais (yā layta shi‘rī) : verrai-je pour eux deux une proximité (qurban) ? هما أخواي لن يعدا لغية ... تعد ولن يستام جارهما غصبا (١٦٧) Ils sont mes deux frères ; ils ne seront jamais comptés pour une erreur (ghayyatin) qui soit comptée, et leur voisin ne sera jamais offert à la vente par contrainte (ghaṣban). فيا أخوينا عبد شمس ونوفلا ... فدى لكما لا تبعثوا بيننا حربا Ô nos deux frères, ‘Abd Shams et Nawfal, que je sois votre rançon (fidā’ lakumā) ! N’allumez pas la guerre entre nous. ولا تصبحوا من بعد ود وألفة ... أحاديث فيها كلكم يشتكي النكبا (١٦٨) Et ne devenez pas, après affection et union, des sujets de récits (aḥādītha) où chacun de vous se plaint du malheur (an-nakbā). ألم تعلموا ما كان في حرب داحس ... وجيش أبي يكسوم إذ ملئوا الشعبا (١٦٩) Ne savez-vous pas ce qui advint lors de la guerre de Dāḥis et de l’armée d’Abū Yaksūm, lorsqu’ils remplirent le défilé (ash-shi‘bā) ? فلولا دفاع الله لا شيء غيره ... لأصبحتم لا تمنعون لكم سربا (١٧٠) Sans la défense d’Allāh – rien d’autre – vous seriez devenus incapables de protéger votre troupeau (sirban). فما إن جنينا في قريش عظيمة ... سوى أن حمينا خير من وطئ التربا Nous n’avons commis, envers Quraysh, aucun grave méfait, si ce n’est que nous avons protégé le meilleur de ceux qui foulent la poussière (at-turbā). أخا ثقة في النائبات مرزأ ... كريما نثاه لا بخيلا ولا ذربا (١٧١) Un frère digne de confiance dans les calamités (an-nā’ibāt), éprouvé (murazza’an), généreux dans sa renommée (nathāhu), ni avare ni grossier (dhariban). يطيف به العافون يغشون بابه (١٧٢) ... يؤمون (١٧٣) بحرا لا نزورا ولا صربا (١٧٤) Les quémandeurs (al-‘āfūna) tournent autour de lui, couvrant sa porte, se dirigeant vers une mer (baḥran) ni rare (nazūran) ni tarie (ṣarban). فو الله لا تنفك نفسي حزينة ... تململ حتى تصدقوا الخزرج الضربا (١٧٥) Par Allāh, mon âme ne cessera d’être triste, s’agitant (tamalmalu), jusqu’à ce que vous rendiez véridiques les Khazraj frappeurs (aḍ-ḍarbā). (شعر ضرار في رثاء أبي جهل) : (Poème de Ḍirār en élégie d’Abū Jahl) : وقال ضرار بن الخطاب الفهري، يرثي أبا جهل: Et Ḍirār ibn al-Khaṭṭāb al-Fihrī dit, faisant l’élégie d’Abū Jahl : ألا من لعين باتت الليل لم تنم ... تراقب نجما في سواد من (١٧٦) الظلم N’est-ce pas : qui pour un œil qui a passé la nuit sans dormir, observant une étoile dans l’obscurité des ténèbres (aẓ-ẓulam) ? كأن قذى فيها وليس بها قذى ... سوى عبرة من جائل الدمع تنسجم (١٧٧) Comme s’il y avait une paille (qadhan) en lui, mais il n’y a pas de paille, sinon un débordement de larmes mouvantes (jā’il ad-dam‘i) qui coule (tansajim). فبلغ قريشا أن خير نديها ... وأكرم من يمشي بساق على قدم (١٧٨) Annonce donc à Quraysh que le meilleur de leur assemblée (nadīhā) et le plus généreux de ceux qui marchent avec une jambe sur un pied, ثوى يوم بدر رهن خوصاء رهنها ... كريم المساعي غير وغد ولا برم (١٧٩) a séjourné (thawā) le jour de Badr, en gage (rahna) d’une fosse (khawṣā’) – son gage –, noble dans ses actions (al-masā‘ī), ni vil (waghd) ni importun (baram). فآليت لا تنفك (١٨٠) عيني بعبرة ... على هالك بعد الرئيس أبي الحكم J’ai juré (ālaytu) que mes deux yeux ne cesseront d’être en larmes (‘abratin) sur un périssant (hālikin), après le chef (ar-ra’īs) Abū l-Ḥakam. على هالك أشجى لؤي بن غالب ... أتته المنايا يوم بدر فلم يرم (١٨١) Sur un périssant qui a affligé (ashjā) Lu’ayy ibn Ghālib ; les destins (al-manāyā) sont venus à lui le jour de Badr, et il n’a pas bougé (yarmi). ترى كسر الخطي في نحر مهره ... لدى بائن من لحمه بينها خذم (١٨٢) Tu vois les fragments de lances (kisara al-khaṭṭiyyi) dans l’encolure (naḥr) de son poulain (muhrihi), auprès d’une séparation (bā’in) de sa chair, entre elles des morceaux déchirés (khidham). وما كان ليث ساكن بطن بيشة ... لدى غلل يجري ببطحاء في أجم (١٨٣) Et il n’y avait pas de lion (layth) habitant le ventre de Bīshah, auprès d’un ruisseau (ghalalin) coulant dans une plaine (baṭḥā’) parmi des roseaux (ajam), بأجرأ منه حين تختلف القنا ... وتدعى نزال في القماقمة البهم (١٨٤) plus audacieux que lui, lorsque les lances (al-qanā) se croisent et que l’on crie « À bas ! » (nazāli) parmi les chefs (al-qamāqimati) solides (al-buham). فلا تجزعوا آل المغيرة واصبروا ... عليه ومن يجزع عليه فلم يلم (١٨٥) Ne vous affligez donc pas, ô famille d’al-Mughīrah, et soyez patients sur lui ; et celui qui s’afflige sur lui ne sera pas blâmé (yulam). وجدوا فإن الموت مكرمة لكم ... وما بعده في آخر العيش من ندم Et soyez sérieux (jiddū), car la mort est un honneur (makrumatun) pour vous, et après elle, à la fin de la vie, il n’y a pas de regret (nadam). وقد قلت إن الريح طيبة لكم ... وعز المقام غير شك لذي فهم (١٨٦) Et j’ai dit que le vent (ar-rīḥ) vous est favorable, et la puissance de la position (al-maqām) n’est pas douteuse pour qui a de l’intelligence (faham). قال ابن هشام: وبعض أهل العلم بالشعر ينكرها لضرار. Ibn Hishām dit : Et certains savants en poésie (ahl al-‘ilm bi-sh-shi‘r) les nient pour Ḍirār. (شعر الحارث بن هشام في رثاء أبي جهل) : (Poème d’al-Ḥārith ibn Hishām en élégie d’Abū Jahl) : قال ابن إسحاق: وقال الحارث بن هشام، يبكي أخاه أبا جهل: Ibn Isḥāq dit : Et al-Ḥārith ibn Hishām dit, pleurant son frère Abū Jahl : ألا يا لهف نفسي بعد عمرو ... وهل يغني التلهف من قتيل (١٨٧) N’est-ce pas, ô regret (lahfa) de mon âme après ‘Amr ! Et le regret (at-talahhuf) sert-il à quelque chose pour un tué (qatīlin) ? يخبرني المخبر أن عمرا ... أمام القوم في جفر (١٨٨) محيل (١٨٩) Le rapporteur (al-mukhabbiru) m’informe que ‘Amr est devant le peuple, dans une cavité (jafrin) désolée (muḥīlin). فقدما كنت أحسب ذاك حقا ... وأنت لما تقدم غير فيل (١٩٠) J’ai longtemps cru cela vrai, et tu n’es pas, pour ce qui a précédé, un éléphant (fīlin) [c’est-à-dire : tu n’es pas changeant]. وكنت بنعمة ما دمت حيا ... فقد خلفت في درج المسيل (١٩١) J’étais dans la félicité (bi-ni‘mati) tant que tu vivais ; me voici laissé dans le lit du torrent (daraj al-masīl). كأنى حين أمسي لا أراه ... ضعيف العقد ذو هم طويل (١٩٢) Comme si, lorsque je passe la soirée sans le voir, je suis faible de résolution (ḍa‘īf al-‘aqdi), accablé d’un long souci (hamm ṭawīl). على عمرو إذا أمسيت يوما ... وطرف من تذكره كليل Sur ‘Amr, lorsque je passe un soir, et un regard (ṭarf) émoussé (kalīl) par son souvenir. قال ابن هشام: وبعض أهل العلم بالشعر ينكرها للحارث بن هشام، وقوله: «في جفر» عن غير ابن إسحاق. Ibn Hishām dit : Et certains savants en poésie les nient pour al-Ḥārith ibn Hishām, et sa parole : « dans une cavité (fī jafrin) » vient d’autre que Ibn Isḥāq. (شعر ابن الأسود في بكاء قتلى بدر) : (Poème d’Ibn al-Aswad en pleurs sur les tués de Badr) : قال ابن إسحاق: وقال أبو بكر بن الأسود بن شعوب الليثي، وهو شداد ابن الأسود: Ibn Isḥāq dit : Et Abū Bakr ibn al-Aswad ibn Shu‘ūb al-Laythī – et c’est Shaddād ibn al-Aswad – dit : تحيي بالسلامة أم بكر ... وهل لي بعد قومي من سلام Umm Bakr salue par la salutation (bi-s-salāmah) ; mais y a-t-il pour moi, après mon peuple, de salut (salām) ? فماذا بالقليب قليب بدر ... من القينات والشرب الكرام (١٩٣) Qu’y a-t-il donc dans le puits (al-qalīb), le puits de Badr, comme jeunes filles esclaves (al-qaynāt) et buveurs généreux (ash-sharb al-kirām) ? وماذا بالقليب قليب بدر ... من الشيزى تكلل بالسنام (١٩٤) Et qu’y a-t-il dans le puits, le puits de Badr, comme bois de shīzā (ash-shīzā) couronné de bosse (as-sanām) [c’est-à-dire : des selles ornées] ? وكم لك بالطوي طوي بدر ... من الحومات والنعم المسام (١٩٥) Et combien as-tu, dans le puits (aṭ-ṭawiyyi), le puits de Badr, de bêtes de somme (al-ḥawmāt) et de troupeaux (an-na‘am) de prix (al-musām) ? وكم لك بالطوي طوي بدر ... من الغايات والدسع العظام (١٩٦) Et combien as-tu, dans le puits, le puits de Badr, de drapeaux (al-ghāyāt) et de lances (ad-dusu‘) puissantes (al-‘iẓām) ? وأصحاب الكريم أبي علي ... أخي الكاس الكريمة والندام Et les compagnons du généreux Abū ‘Alī, frère de la coupe (al-kās) généreuse et des compagnons de boisson (an-nidām). وإنك لو رأيت أبا عقيل ... وأصحاب الثنية من نعام (١٩٧) Et si tu voyais Abū ‘Uqayl et les compagnons de la passe (ath-thaniyyah) de Na‘ām, إذا لظللت من وجد عليهم ... كأم السقب جائلة المرام (١٩٨) alors tu resterais, par chagrin (wajdin) sur eux, comme la mère du petit chamelon (umm as-saqbi) errante (jā’ilati) dans ses pâturages (al-marāmi). يخبرنا الرسول لسوف نحيا ... وكيف لقاء أصداء وهام؟ (١٩٩) Le Messager nous annonce que nous vivrons bientôt ; mais comment rencontrer des ossements (aṣdā’) et des crânes (hām) ? قال ابن هشام: أنشدني أبو عبيدة النحوي: Ibn Hishām dit : Abū ‘Ubaydah an-Naḥwī m’a récité : يخبرنا الرسول بأن سنحيا ... وكيف حياة أصداء وهام Le Messager nous annonce que nous vivrons ; mais comment la vie d’ossements et de crânes ? قال: وكان قد أسلم ثم ارتد. Il dit : Et il avait embrassé l’Islam, puis apostasia (irtadda). (شعر أمية بن أبي الصلت في رثاء قتلى بدر) : (Poème d’Umayyah ibn Abī ṣ-Ṣalt en élégie des tués de Badr) : وقال ابن إسحاق: وقال أمية بن أبي الصلت، يرثي من أصيب من قريش يوم بدر: Ibn Isḥāq dit : Et Umayyah ibn Abī ṣ-Ṣalt dit, faisant l’élégie de ceux qui furent frappés parmi Quraysh le jour de Badr : ألا بكيت على الكرام ... بني الكرام أولي الممادح N’est-ce pas : tu aurais dû pleurer sur les nobles, fils des nobles, possesseurs de louanges (al-mamādiḥ). كبكا الحمام على فروع ... الأيك في الغصن الجوانح (٢٠٠) Comme les pleurs des colombes (al-ḥamām) sur les branches de l’arbre touffu (al-ayk), sur la branche penchée (al-jawāniḥ). يبكين حرى مستكينا ... ت (٢٠١) يرحن مع (٢٠٢) الروائح Elles pleurent, brûlantes (ḥarrā), humbles (mustakīnāt), elles s’en vont avec les vents du soir (ar-rawā’iḥ). أمثالهن الباكيات ... المعولات من النوائح (٢٠٣) Leurs semblables sont les pleureuses, celles qui crient (al-mu‘wilāt) parmi les lamentatrices (an-nawā’iḥ). من يبكهم يبك على ... حزن ويصدق كل مادح Celui qui les pleure pleure sur une tristesse, et il rend véridique tout louangeur (mādiḥ). ماذا ببدر فالعقنقل ... من مرازبة جحاجح (٢٠٤) Qu’y a-t-il à Badr et à al-‘Aqanqal comme chefs (marāzibatin) magnifiques (jaḥājiḥ) ? فمدافع البرقين ... فالحنان من طرف الأواشح (٢٠٥) Aux défilés (madāfi‘) d’al-Barqayn, puis al-Ḥanān, depuis la limite des colliers (al-awāshiḥ) ? شمط وشبان بها ... ليل مغاوير وحاوح (٢٠٦) Des hommes mêlés de blanc (shumṭin) et des jeunes gens (shubbān) parmi eux, des lions (laythin) audacieux (maghāwīra) et des héros (ḥāwiḥ). ألا ترون لما أرى ... ولقد أبان لكل لامح Ne voyez-vous pas ce que je vois ? Et il a montré clairement à tout regard perçant (lāmiḥ). أن قد تغير بطن مكة ... فهي موحشة الأباطح Que le ventre de la Mecque a changé, et elle est désolée (mūḥishatu) dans ses vallées (al-abāṭiḥ). من كل بطريق لبطريق ... نقي القون واضح (٢٠٧) De tout chef (biṭrīqin) pour un chef, pur de teint (naqiyyi l-qawni), éclatant (wāḍiḥ). دعموص أبواب الملوك ... وجائب للخرق فاتح (٢٠٨) Un plongeur (da‘mūṣ) aux portes des rois, et un perceur (jā’ib) de l’étendue (al-kharqi), ouvrant (fātiḥ). من السراطمة (٢٠٩) الخلاجمة ... الملاوثة المناجح (٢١٠) Parmi les puissants (as-sarāṭimah), les dominateurs (al-khalājimah), les patients (al-malāwithah), les prospères (al-manājiḥ). القائلين الفاعلين ... الآمرين بكل صالح Les diseurs, les faiseurs, les ordonneurs de tout bien (ṣāliḥ). المطعمين الشحم فو ... ق الخبز شحما كالأنافح (٢١١) Les nourrisseurs de graisse (ash-shaḥma) sur le pain, une graisse comme des outres (al-anāfiḥ). نقل الجفان مع الجفان ... إلى جفان كالمناضح (٢١٢) Transporteurs de grands plats (al-jifān) avec des grands plats, vers des grands plats comme des arrosoirs (al-manāḍiḥ). ليست بأصفار لمن ... يعفوه (٢١٣) ولا رح رحارح (٢١٤) Ils ne sont pas vides (aṣfāran) pour celui qui les fréquente (ya‘fūhu), ni avares (raḥḥa raḥāriḥ). للضيف ثم الضيف بعد ... [الضيف] (٢١٥) والبسط السلاطح (٢١٦) Pour l’hôte, puis l’hôte après l’hôte, et les tapis étendus (al-busuṭ as-salāṭiḥ). وهب المئين من المئين ... إلى المئين من اللواقح (٢١٧) Donateurs des centaines (al-mi’īn) des centaines, jusqu’aux centaines de chamelles laitières (al-lawāqiḥ). سوق المؤبل للمؤبل ... صادرات عن بلادح (٢١٨) Conducteurs de troupeaux (al-mu’abbali) pour les troupeaux, revenant (ṣādirāt) de Balādiḥ. لكرامهم فوق الكرام ... مزية وزن الرواجح Pour leurs nobles, au-dessus des nobles, une supériorité (maziyyatun) du poids des balances (ar-rawājiḥ). كتثاقل (٢١٩) الأرطال بالقسطاس ... (٢٢٠) في الأيدي (٢٢١) الموائح (٢٢٢) Comme la lourdeur (tathāqul) des livres (al-arṭāl) dans la balance (al-qisṭās) dans les mains agitées (al-mawā’iḥ). خذلتهم فئة وهم ... يحمون عورات الفضائح Un groupe (fi’atun) les a abandonnés (khadhalathum), tandis qu’ils protégeaient les parties honteuses (‘awrāt) des turpitudes (al-faḍā’iḥ). الضاربين التقدمية ... بالمهندة الصفائح (٢٢٣) Les frappeurs de l’avant-garde (at-taqaddumiyyah) avec les épées indiennes (al-muhannadah) aux lames (aṣ-ṣafā’iḥ). ولقد عناني صوتهم ... من بين مستسق وصائح (٢٢٤) Et leur voix m’a préoccupé (‘anānī), parmi un implorant la pluie (mustasqin) et un crieur (ṣā’iḥ). لله در بنى ... علي أيم منهم وناكح (٢٢٥) À Allāh la louange (durra) des Banū ‘Alī, veuve (ayyimin) parmi eux et épouse (nākiḥ). إن ل
Les dons des centaines par les centaines... jusqu'aux centaines de calamités 110. La conduite du chamelon 111 par le chamelon... des départs de Balâdiḥ 112. Ibn Isḥâq dit : Umayya b. Abī l-Ṣalt dit, pleurant Zamʿa b. al-Aswad et les tués des Banū Asad : Ô œil, pleure avec des larmes abondantes Abū l-Ḥārith, ne sois pas avare sur Zamʿa 113. Et pleure ʿAqīl b. Aswad, lion du combat au jour de la mêlée et de la poussée 114. Ceux-là sont les Banū Asad, frères de la constellation des Gémeaux 115, ni traîtres ni trompeurs. Ils sont la tribu médiane de Kaʿb 116, et ils sont le sommet de la bosse et la cime 117. Ils ont fait pousser, parmi les clans, les cheveux de la tête, et ils leur ont accordé la protection 118. Les fils de leur oncle paternel, quand le combat survient, leurs foies sont douloureux pour eux 119. Et ce sont eux qui nourrissent quand la pluie se fait rare et que le ciel se voile, et tu ne vois aucun nuage 120. Ibn Hishâm dit : Cette transmission de ce poème est confuse, sa construction n'est pas correcte. Mais Abū Muḥriz Khalaf al-Aḥmar et d'autres m'ont récité, certains rapportant ce que d'autres n'ont pas rapporté : Ô œil, pleure avec des larmes abondantes Abū l-Ḥārith, ne sois pas avare sur Zamʿa. Et ʿAqīl b. Aswad, lion du combat pour le jour de la mêlée et de la poussée. C'est sur la perte de tels hommes que les Gémeaux se sont effondrés, ni traîtres ni trompeurs. Et ils sont la tribu médiane de Kaʿb, et parmi eux, comme la cime de la cime. Ils ont fait pousser, parmi les clans, les cheveux de la tête, et ils leur ont accordé la protection. Les fils de leur oncle paternel, quand le combat survient, leurs foies sont douloureux pour eux. Et ce sont eux qui nourrissent quand la pluie se fait rare et que le ciel se voile, et tu ne vois aucun nuage. (Poème d'Abū Usāma) Ibn Isḥâq dit : Abū Usāma, Muʿāwiya b. Zuhayr b. Qays b. al-Ḥārith b. Saʿd b. Ḍubayʿa b. Māzin b. ʿAdī b. Jusham b. Muʿāwiya, allié des Banū Makhzūm, dit – Ibn Hishâm dit : Il était polythéiste et était passé près de Hubayra b. Abī Wahb 121 alors qu'ils étaient en déroute le jour de Badr, et Hubayra était épuisé ; il se leva, ôta sa cotte de mailles, le porta et s'en alla avec lui. Ibn Hishâm dit : Ce sont les poèmes les plus authentiques des gens de Badr : Quand j'ai vu les gens s'élancer, et que leur autruche 122 s'est déplacée pour fuir, Et que les chefs du peuple ont été laissés gisants, comme si leurs meilleurs étaient des égorgés de chèvre 123, Et qu'une foule 124 a rencontré son destin, et que nous avons rencontré les morts le jour de Badr, Nous détournions du chemin, et ils nous ont rattrapés, comme si leur multitude était un débordement de mer 125. Et les questionneurs disaient : « Qui est le fils de Qays ? » Je dis : « Abū Usāma, sans vantardise. Je suis le Jushamī, pour que vous me reconnaissiez ; j'expose ma lignée, point par point 126. Si vous êtes parmi les gosiers 127 de Quraysh, moi je suis de Muʿāwiya b. Bakr 128. Fais parvenir à Mālik, quand nous avons été assaillis – et tu as, Mālik, si tu informes, une connaissance 129 – Et fais parvenir, si tu arrives 130, à l'homme de notre part, Hubayra, qui a science et valeur, Que lorsque j'ai été appelé à Ufayd 131, j'ai attaqué et mon cœur n'a pas été serré par l'attaque, Un soir où l'on n'attaque pas pour secourir un opprimé, ni un homme de bien ou un allié parmi eux 132. Prenez donc, Banū La'y 133, votre frère, et prends-le, Mālik, ô mère de ʿAmr 134. Sans ma présence, se serait dressée contre lui, aux sabots arrêtés, la mère de la course 135, Qui repousse les tombes avec ses épaules, comme si son visage était noirci par la suie d'un chaudron 136. Je jure par Celui qui a été mon Seigneur, et par les idoles 137 près des pierres sacrées 138 enfoncées, Vous verrez certes ma valeur quand les peaux se changeront en peaux de léopard. Il n'est pas de lionceau des lions de Tarj 139, fier, farouche, dans le fourré, courant 140, Qui protège le fourré 141 de tout assaillant 142, et personne ne s'en approche d'un pas 143, Avec un mâle 144 dont les alliés sont incapables, qui attaque à chaque cri et grondement, D'une attaque plus rapide que la mienne, quand je me penche avec un grondement et un rugissement 145, Avec des lames 146 comme des lances, aiguisées, comme si leurs tranchants étaient un brasier de braise, Et un bouclier 147 bruni, en peau de taureau, et un arc jaune, bien taillé, aux cordes solides 148, Et une épée blanche comme l'étang, sur laquelle ʿUmayr a veillé avec les meules une demi-lune 149, Je me pavane dans ses fourreaux et je marche comme la démarche d'un lionceau, lion puissant 150. Le jeune homme Saʿd me dit : « Doucement ! » Je dis : « Peut-être est-ce une approche de trahison 151. » Et je dis : « Abū ʿAdī, ne les attaque pas, et cela, si tu obéis aujourd'hui à mon ordre, À la manière de leur traitement de Farwa 152 quand il vint à eux, et il fut traîné, ligoté avec une tresse 153. » Ibn Hishâm dit : Abū Muḥriz Khalaf al-Aḥmar m'a récité : « Nous détournions du chemin, et ils nous ont rattrapés, comme si leurs rapides étaient un courant de mer. » Et son dire : « fier, farouche, dans le fourré, courant » vient d'autre qu'Ibn Isḥâq. Ibn Isḥâq dit : Abū Usāma dit aussi : N'y a-t-il personne pour transmettre de moi un message, transmis de bouche à oreille, que confirme un subtil 154 ? Ne sais-tu pas mon retour le jour de Badr, quand les paumes 155 ont brillé à tes côtés, Et que les chefs du peuple ont été laissés gisants, comme si leurs têtes étaient des outres vides 156 ? Et que s'est abattue sur toi, dans la vallée de Badr, contrairement aux gens, une calamité dévastatrice 157 ? Mon courage l'a sauvé des périls, ainsi que l'aide de Dieu et la décision ferme. Et mon retour des Abwā' 158 seul, tandis que devant toi se tient une foule d'ennemis, Et toi, pour qui te voulait, humble, près de Kurāsh 159, blessé, saignant 160. Et j'étais, quand m'appelait un jour de détresse, parmi les compagnons, un appelant demandant asile 161, Je l'entendais, et même si j'aimais mon âme, un frère ou un allié en pareille situation, Je revenais, je dissipais l'obscurité et je lançais, quand les lèvres et les nez se retroussaient 162. Et un adversaire 163 que j'ai laissé sur ses mains, gémissant comme une branche fragile 164, Je me suis avancé vers lui, quand ils se mêlèrent, avec une lance 165 aiguisée, dont le fer 166 sifflait. Voilà mon œuvre le jour de Badr, et avant, je suis un homme de conciliation, détaché 167. Votre frère dans les années, comme vous le savez, et dans une guerre dont le grincement ne cesse 168, Et un homme audacieux pour vous, que ne trompent ni la peur de la nuit ni la foule rassemblée 169. Je plonge dans la mêlée 170 dense 171 profondément, quand le chien est poussé par la soif 172. Ibn Hishâm dit : J'ai laissé une qaṣīda d'Abū Usāma sur la rime en lām, qui ne mentionne Badr que dans les deux premiers vers, par crainte de prolixité. (Poème de Hind bint ʿUtba) Ibn Isḥâq dit : Hind bint ʿUtba b. Rabīʿa dit, pleurant son père le jour de Badr : Ô mes deux yeux, versez des larmes abondantes sur le meilleur de Khindif 173, qui n'est pas revenu. Son clan l'a appelé au matin, les Banū Hāshim et les Banū l-Muṭṭalib 174. Ils lui font goûter le tranchant de leurs épées, ils l'abreuvent après qu'il a péri. Ils le traînent, et la poussière fine sur son visage, nu, dépouillé. Il était pour nous une montagne solide, au beau pâturage, riche en herbe 175. Quant à Burayy 176, je ne l'ai pas visé, il a reçu du meilleur de ce qu'il espère 177. Hind dit aussi : Notre temps nous tourmente et nous afflige, et il refuse, et nous n'apportons rien qui le domine. Après un tué de Lu'ayy b. Ghālib 178, une affaire est-elle redoutée, même si son compagnon meurt ou meurt ? Que de jours j'ai subi une perte, un généreux dont les dons abondants vont et viennent matin et soir. Fais parvenir à Abū Sufyān de ma part un message, et si je le rencontre un jour, je le réprimanderai 179. Car la guerre allume la guerre, et tout homme parmi les gens a un allié qui le réclame 180. Ibn Hishâm dit : Certains spécialistes de la poésie contestent que ces vers soient de Hind. Ibn Isḥâq dit : Hind dit aussi : Que Dieu rende heureux celui qui a vu une destruction comme la destruction de ses deux hommes 181 ! Que de pleureurs pour moi demain, dans les malheurs, et de pleureuses ! Combien ils ont laissé, le jour du puits 182, au matin de cette clameur 183, De tout homme généreux dans les années, quand les étoiles sont basses 184 ! Je me méfiais de ce que je voyais, et aujourd'hui ma méfiance est justifiée. Je me méfiais de ce que je voyais, et me voici ce matin indifférente 185. Que de diseuses demain : « Malheur à la mère de Muʿāwiya 186 ! » Ibn Hishâm dit : Certains spécialistes de la poésie contestent que ces vers soient de Hind. Ibn Isḥâq dit : Hind dit aussi : Ô œil, pleure ʿUtba, un vieillard à la nuque solide 187, Qui nourrit au jour de la famine, qui repousse au jour de la défaite 188.
Je suis contre lui en colère... éperdue, dépouillée 189. Nous descendrons certainement sur Yathrib 190... par une razzia dévastatrice. Où les chevaux seront tenus en bride... tout coursier rapide. (Poème de Safiyya 191) : Et Safiyya bint Musafir ibn Abi 'Amr ibn Umayya ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Manaf dit, pleurant les gens du puits 192 qui furent frappés le jour de Badr parmi Quraysh 193 : (et elle mentionne leur calamité) : Ô toi qui as un œil dont la poussière est une inflammation de la conjonctivite... au milieu du jour, alors que le disque du soleil n'était pas encore brûlant. J'ai appris que les nobles les plus généreux ensemble... leurs destins les ont emportés vers un terme. Et les cavaliers s'enfuirent avec le peuple, et ne... se retourna ce jour-là une mère sur son enfant. Mon peuple, ô Safiyya, et n'oublie pas leur parenté... et si tu pleures, tu ne pleures pas de loin. Ils étaient les piliers 194 du ciel de la Maison 195, puis ils se brisèrent... et la voûte céleste se retrouva sans soutien. Ibn Hisham dit : Un des savants en poésie m'a récité son vers : « Ils étaient les piliers 196 ». Ibn Ishaq dit : Et Safiyya bint Musafir dit aussi : Hélas ! Ô œil... dont les larmes coulent abondamment, Comme les deux seaux d'un puisatier qui abreuve... au milieu de la pluie abondante. Et quel lion de fourré 197... aux griffes et aux dents, Père de deux lionceaux, bondissant... d'une force violente, affamé, Tel mon bien-aimé quand il tourna le dos... et les visages des gens étaient de toutes les couleurs, Et dans la main une épée tranchante... blanche, solide 198. Et tu es le perceur de la blessure profonde... d'où jaillit une écume bouillonnante. Ibn Hisham dit : Et ils considèrent son vers : « Et quel lion de fourré » jusqu'à la fin, comme séparé des deux vers précédents. (Poème de Hind bint Uthatha 199) : Ibn Ishaq dit : Et Hind bint Uthatha ibn 'Abbad ibn al-Muttalib dit, en pleurant 'Ubayda ibn al-Harith ibn al-Muttalib : Certes, la terre jaune 200 a renfermé gloire et noblesse... et une sagesse profonde, d'un esprit et d'une raison complets. 'Ubayda, pleure-le donc pour les hôtes de passage... et pour une veuve qui se précipite vers un homme dépenaillé comme une souche. Et pleure-le pour les tribus en chaque hiver... quand les horizons du ciel rougissent de sécheresse. Et pleure-le pour les orphelins, quand le vent souffle... et le bouillonnement d'une marmite qui souvent a écumé en bouillant. Si les feux ont perdu leur lumière... lui les attisait avec du bois sec. Pour un voyageur de nuit ou un quémandeur d'hospitalité... et un aboyeur 201 qui se trouve chez lui à son aise. Ibn Hisham dit : La plupart des savants en poésie nient que ces vers soient de Hind. (Poème de Qutayla bint al-Harith 202) : Ibn Ishaq dit : Et Qutayla bint al-Harith, sœur d'al-Nadr ibn al-Harith, dit en le pleurant : Ô cavalier, certes al-Athil 203 est un lieu propice... au matin du cinquième jour, et tu seras guidé. Transmets à un mort que mon salut... que les montures ne cessent de porter en hâte, De ma part, et une larme versée... qui a coulé en abondance, et une autre qui étouffe. Al-Nadr m'entendra-t-il si je l'appelle... ou comment un mort qui ne parle pas entendrait-il ? Ô Muhammad, ô meilleur rejeton d'une femme noble... dans son peuple, et l'étalon est un pur-sang de race.
- ḥalīf : Allié par serment, non lié par le sang, intégré à la tribu par un pacte de protection et d'assistance mutuelle.
- mawlā : Affranchi ou client, personne libérée de l'esclavage et liée à son ancien maître par un lien de patronage.
- Nisṭās : Nom d'origine étrangère (probablement grecque ou copte) désignant un esclave ou affranchi d'Umayya ibn Khalaf.
- naqīḍa : Poème de réponse ou de réfutation, souvent dans un contexte de joute poétique.
- afādahum : Le sens est obscur ; pourrait signifier 'leur a apporté' ou 'les a enrichis' (d'orgueil).
- ruhūn : Pluriel de rahīn, 'otage' ; ici, ils étaient comme des otages du puits, c'est-à-dire destinés à y tomber.
- ʿalā qadr : Sur un ordre ou une mesure divine prédestinée.
- al-muthaqqafa al-sumr : Lances flexibles et brunes (par allusion à leur couleur ou à leur bois).
- al-jafr : Fosse ou puits ; ici, le puits de Badr où furent jetés les corps des polythéistes.
- tafarraʿna al-dhawāʾib : Elles ont élevé leurs chevelures (en signe de deuil) ; ou 'elles ont fait pousser leurs mèches'.
- al-musdama al-zuhur : Lances polies et brillantes ; métaphore pour des guerriers bien équipés et résolus.
- dawla : Succès ou victoire éphémère ; aussi 'tour de fortune'.
- washīẓa : Gens de peu, individus de basse extraction ou alliés sans noblesse.
- al-ṣamīm : La moelle, le cœur, l'élite d'une tribu.
- awāsī : Piliers ou fondations ; peut désigner les idoles ou les structures du temple païen.
- muṭṭaridāt : Lances longues et droites, utilisées pour la chasse ou le combat.
- furqān : Discernement, nom donné au Coran en tant que critère du vrai et du faux.
- ʿaṣaw bihā : Ils ont désobéi avec elles ; sens probable : ils ont frappé les ennemis en désobéissant à l'ordre de ne pas tuer ? Ou 'ils ont résisté'.
- dhā al-rajul : Cet homme ; désigne probablement ʿAmr ibn ʿAbd Allāh ibn Judʿān.
- musallaba : Dépouillée de ses vêtements ou de ses bijoux ; ou 'enlevant leurs vêtements' en signe de deuil.
- maṣālīt : Pluriel de miṣlāt, 'héros' ou 'guerrier redoutable'.
- bīḍ : Blancs ; peut signifier 'nobles' ou 'au teint clair'.
- biṭāna : Coterie, conseillers intimes, ou alliés proches.
- Dhū al-Rijl : Surnom signifiant 'l'homme au pied' ou 'celui qui a un pied' ; personnage non identifié.
- al-makkatayn : Les deux Mecques ; désigne probablement La Mecque et ses environs, ou les deux clans mecquois.
- āṭām : Pluriel de uṭum, forteresse ou tour de pierre à Médine.
- آل كعب : Les Âl Ka‘b : clan de la tribu de Quraysh, descendants de Ka‘b ibn Lu’ayy.
- اللات : Al-Lât : divinité préislamique vénérée par les Arabes païens.
- الأوس : Les Aws : tribu arabe de Yathrib (Médine), alliée des Ansâr.
- بني النجار : Les Banû al-Najjâr : clan des Khazraj, tribu de Médine.
- يثرب : Yathrib : nom ancien de Médine.
- أحمد : Aḥmad : autre nom du Prophète Muḥammad.
- حمزة : Ḥamza : oncle du Prophète, mort martyr à Uhud.
- علي : ‘Alî : cousin et gendre du Prophète, quatrième calife.
- أبو حفص : Abû Ḥafṣ : surnom de ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb, deuxième calife.
- عثمان : ‘Uthmân : troisième calife.
- سعد : Sa‘d : probablement Sa‘d ibn Abî Waqqâṣ, compagnon éminent.
- لؤي بن غالب : Lu’ayy ibn Ghâlib : ancêtre commun de Quraysh.
- كعب وعامر : Ka‘b et ‘Âmir : deux clans de Quraysh.
- الماذي : Al-Mâdhî : cuirasse ou armure complète.
- أبو جهل : Abû Jahl : chef quraychite, ennemi de l’Islam, tué à Badr.
- عتبة : ‘Utba : ‘Utba ibn Rabî‘a, chef quraychite tué à Badr.
- شيبة : Shayba : Shayba ibn Rabî‘a, frère de ‘Utba, tué à Badr.
- التيمي : Al-Taymî : probablement ‘Umayr ibn ‘Uthmân al-Taymî, tué à Badr.
- عبد الله بن الزبعري السهمي : ‘Abd Allâh ibn al-Zib‘arâ : poète quraychite hostile à l’Islam.
- نبيه : Nubayh : Nubayh ibn al-Ḥajjâj, quraychite tué à Badr.
- منبه : Munabbih : Munabbih ibn al-Ḥajjâj, frère de Nubayh, tué à Badr.
- ابني ربيعة : Les deux fils de Rabî‘a : ‘Utba et Shayba ibn Rabî‘a.
- الحارث الفياض : Al-Ḥârith al-Fayyâḍ : al-Ḥârith ibn Hishâm, quraychite.
- العاصي بن منبه : Al-‘Âṣî ibn Munabbih : quraychite tué à Badr.
- أبو الوليد : Abû al-Walîd : surnom de ‘Utba ibn Rabî‘a.
- حسان بن ثابت الأنصاري : Ḥassân ibn Thâbit : poète officiel du Prophète, des Ansâr.
- خريدة : Kharîda : vierge, jeune fille pudique.
- قطن : Qaṭan : monticule ou bosse charnue (ici, région du corps).
- معديكرب : Mu‘dîkarib : nom d’homme, peut-être un quraychite.
- الحارث بن هشام : Al-Ḥârith ibn Hishâm : quraychite ayant fui à Badr.
- الفرجين : Al-Farjayn : les deux défilés ou passages (lieu à Badr ?).
- أغر : Agharr : homme au front blanc, marque de noblesse.
- قريش : Quraysh : tribu dominante de La Mecque.
- حكيم : Ḥakîm : Ḥakîm ibn Ḥizâm, quraychite ayant survécu à Badr.
- Fihr : Nom d'une tribu qurayshite, ancêtre de la tribu de Quraysh.
- al-Ḥuwayrith : Al-Ḥuwayrith ibn ʿAbd al-ʿUzzā, un des chefs qurayshites à Badr.
- taḥta l-warīd : Sous la veine jugulaire, expression signifiant une blessure mortelle.
- Ḥassān ibn Thābit : Poète compagnon du Prophète, surnommé le poète du Prophète.
- Ḥārith : Probablement al-Ḥārith ibn Hishām, un Qurayshite.
- ibn ummika : Fils de ta mère, expression désignant un frère utérin ou un proche.
- al-Malīk : Le Roi, ici Dieu.
- Ibn Hishām : Abū Muḥammad ʿAbd al-Malik ibn Hishām, biographe du Prophète, éditeur de la Sīra.
- Ibn Isḥāq : Muḥammad ibn Isḥāq, premier biographe du Prophète, auteur de la Sīra.
- ʿAbd Allāh ibn al-Ḥārith al-Sahmī : Compagnon du Prophète, poète.
- ḥalaq al-mādhī : Anneaux de fer, désignant une cotte de mailles.
- Ilāh al-khalq : Dieu de la création.
- mā'u Badr : L'eau de Badr, référence au puits de Badr.
- ḥabl Allāh : Corde de Dieu, métaphore pour l'engagement envers Dieu et Son alliance.
- Badr : Pleine lune, jeu de mots avec le nom de la bataille de Badr.
- Abū Zayd al-Anṣārī : Savant en langue arabe et en poésie.
- Banū Asad : Tribu arabe, alliée des Quraysh à Badr.
- al-qalīb : Le puits, désignant le puits de Badr où les morts furent jetés.
- Abū al-ʿĀṣī : Abū al-ʿĀṣī ibn al-Rabīʿ, gendre du Prophète.
- Zamʿa : Zamʿa ibn al-Aswad, un Qurayshite tué à Badr.
- Ibn Qays : Probablement al-Ḥārith ibn Qays, un Qurayshite.
- Abū Jahl : ʿAmr ibn Hishām, chef qurayshite, ennemi acharné du Prophète.
- ʿUtba : ʿUtba ibn Rabīʿa, chef qurayshite tué à Badr.
- Shayba : Shayba ibn Rabīʿa, frère de ʿUtba, tué à Badr.
- Suwayd : Suwayd ibn al-Ṣāmit, un Qurayshite.
- Ṭuʿma : Ṭuʿma ibn ʿAdī, un Qurayshite.
- Mālik : Mālik ibn ʿAwf, chef de tribu.
- Ḥakīm : Ḥakīm ibn Ḥizām, neveu de Khadīja, présent à Badr.
- Banāt al-Aʿwaj : Filles d'al-Aʿwaj, lignée de chevaux arabes réputés.
- khatīḍā' : Verte, désignant une armée nombreuse et puissante.
- Banū al-Khazraj : Tribu médinoise, alliée des Ansār.
- Banū Jumaḥ : Clan qurayshite, opposé au Prophète.
- Abū Khuzayma : Abū Khuzayma ibn al-Mughīra, un Qurayshite.
- al-Khālidān : Les deux Khālid : Khālid ibn al-Walīd et Khālid ibn Hishām.
- Ṣāʿid ibn ʿAqīl : Ṣāʿid ibn ʿAqīl, un Qurayshite.
- ʿUbayda ibn al-Ḥārith : Compagnon, cousin du Prophète, blessé à Badr.
- Ibn al-Muṭṭalib : De la famille de ʿAbd al-Muṭṭalib, grand-père du Prophète.
- Ḥamza : Ḥamza ibn ʿAbd al-Muṭṭalib, oncle du Prophète, tué à Uhud.
- ʿAlī : ʿAlī ibn Abī Ṭālib, cousin et gendre du Prophète.
- waqʿa : Coup, bataille, ici le choc de Badr.
- bikr ʿUtba : Le fils aîné de ʿUtba, probablement al-Walīd ibn ʿUtba.
- al-ḥūr : Les houris, femmes du Paradis.
- Abū Ṭālib : Oncle du Prophète, père de ʿAlī, mort mécréant.
- Kaʿb : Kaʿb ibn Mālik, poète compagnon, des Ansār.
- al-Anṣārī : Des Ansār, les Médinois ayant accueilli le Prophète.
- Ghassān : Tribu arabe chrétienne, alliée des Byzantins.
- Maʿadd : Ancêtre des Arabes du Nord, désignant les tribus.
- al-jinān : Les Jardins du Paradis.
- Lu'ayy : Lu'ayy ibn Ghālib, ancêtre de Quraysh.
- dawāqiḥ : Pluriel de dāqiḥa, désignant les calamités ou malheurs violents.
- muʾabbal : Chamelon sevré, jeune chameau.
- Balādiḥ : Nom d'un lieu ou d'une région.
- Zamʿa : Zamʿa b. al-Aswad, un des tués.
- al-dafaʿa : La poussée, la mêlée du combat.
- al-Jawzāʾ : La constellation des Gémeaux.
- al-usra al-wasīṭa : La tribu médiane, c'est-à-dire la plus noble.
- qamaʿa : La cime, le sommet de la bosse du chameau, métaphore de la noblesse.
- al-manaʿa : La protection, l'inviolabilité.
- akbāduhum ʿalayhim wajiʿa : Leurs foies sont douloureux pour eux, expression de compassion et de souci.
- qazaʿa : Nuage, lambeau de nuage.
- Hubayra b. Abī Wahb : Hubayra b. Abī Wahb al-Makhzūmī, un des chefs qurayshites.
- naʿāmatuhum : Leur autruche, métaphore de l'étendard ou du chef.
- adhbāḥ ʿitr : Égorgés de chèvre, désignant des cadavres.
- jumma : Foule, multitude.
- ghaṭayān baḥr : Débordement de mer, flot impétueux.
- naqran bi-naqr : Point par point, en détail.
- ghalāṣim : Pluriel de ghulṣum, gosier, métaphore pour les nobles ou les chefs.
- Muʿāwiya b. Bakr : Muʿāwiya b. Bakr b. Hawāzin, tribu.
- khubrā : Connaissance, information.
- in balaghta : Si tu arrives, formule de transmission.
- Ufayd : Nom d'un lieu ou d'une bataille.
- ṣihr : Allié par mariage, parent par alliance.
- Banū La'y : Les fils de La'y, clan qurayshite.
- umm ʿAmr : Mère de ʿAmr, désignant une femme.
- umm ajrī : Mère de la course, métaphore pour une chamelle rapide.
- taḥmīm qidr : Noircissement par la suie d'un chaudron.
- anṣāb : Idoles, pierres dressées pour le culte païen.
- al-jamarāt : Les pierres sacrées, peut-être les stèles de Minā.
- Tarj : Nom d'un lieu, peut-être une montagne.
- mujrī : Qui court, rapide.
- al-abāʾa : Le fourré, lieu où se cache le lion.
- kulāf : Assaillant, celui qui attaque.
- bi-naqr : D'un pas, littéralement d'un coup de sabot.
- khall : Mâle, ici un lion.
- qarqara wa-hadr : Grondement et rugissement du lion.
- bīḍ : Lames, épées blanches.
- aklaf : Bouclier en cuir bruni.
- ṣafrāʾ al-burāya dhāt azr : Arc jaune, bien taillé, aux cordes solides.
- ʿUmayr bi-l-madāwis niṣf shahr : ʿUmayr a passé une demi-lune à l'aiguiser avec les meules.
- sabaṭr : Lion puissant, fort.
- taqrīb ghadr : Approche de trahison, action suspecte.
- Farwa : Farwa b. ʿAmr al-Judhāmī, un chef tué par les Quraysh.
- ḍafr : Tresse, corde tressée.
- laṭīf : Subtile, fine, désignant une personne ou un message.
- kufūf : Paumes des mains, peut-être des épées ou des lances.
- ḥadaj naqīf : Outres vides, têtes sans cervelle.
- dāhiya khaṣīf : Calamité dévastatrice, malheur terrible.
- al-Abwāʾ : Lieu entre La Mecque et Médine.
- Kurāsh : Nom d'un lieu ou d'une tribu.
- nazīf : Qui saigne, blessé.
- mustaḍīf : Qui demande asile, protection.
- kalḥa al-mashāfir wa-l-anūf : Les lèvres et les nez se retroussent, signe de colère ou de dégoût.
- qirn : Adversaire, pair au combat.
- qaṣīf : Fragile, qui se brise facilement.
- ḥarrā : Lance aiguisée.
- ʿāniduhā : Son fer, la pointe de la lance.
- ʿazūf : Détaché, qui s'éloigne des conflits.
- ṣarīf : Grincement, bruit de la guerre.
- al-anas al-lafīf : La foule rassemblée, les gens nombreux.
- al-ṣarra : La mêlée, le tumulte du combat.
- al-jammāʾ : Dense, nombreuse.
- al-shafīf : La soif, le besoin d'eau.
- Khindif : Ancêtre des Quraysh, désignant la tribu.
- Banū l-Muṭṭalib : Clan qurayshite, branche des Hāshim.
- kathīr al-ʿushb : Riche en herbe, métaphore de la générosité.
- Burayy : Diminutif de Barr, peut-être un nom propre.
- mā yaḥtasib : Ce qu'il espère, sa récompense.
- Lu'ayy b. Ghālib : Ancêtre des Quraysh.
- uʿātibuh : Je le réprimanderai, je lui ferai des reproches.
- mawlā : Allié, client, protecteur.
- rajulayh : Ses deux hommes, peut-être son père et un autre parent.
- al-qalīb : Le puits, désignant le lieu de la bataille de Badr.
- al-wāʿiya : La clameur, le tumulte.
- khāwiya : Basses, tombantes, signe de sécheresse.
- muwāmiya : Indifférente, qui ne se soucie plus.
- umm Muʿāwiya : Mère de Muʿāwiya, désignant Hind elle-même.
- shadīd al-raqaba : À la nuque solide, métaphore de la force et de la fierté.
- al-maghlaba : La défaite, le lieu où l'on est vaincu.
- ḥaribah : En colère, irritée contre quelqu'un.
- Yathrib : Ancien nom de Médine.
- Ṣafiyyah : Nom propre féminin.
- al-qalīb : Le puits, désignant ici le puits de Badr où furent jetés les corps des polythéistes tués.
- Quraysh : Tribu arabe de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
- suqūb : Piliers, soutiens.
- samā' al-bayt : Le ciel de la Maison, métaphore pour la Ka'ba ou la noblesse.
- suqūb : Piliers, soutiens.
- gharīf : Fourré, lieu touffu où se cache le lion.
- dhukrān : Épée solide, de bonne qualité.
- Hind bint Uthāthah : Femme poète de l'époque préislamique.
- al-ṣafrā' : La terre jaune, désignant la tombe.
- mustanbiḥ : Qui aboie, c'est-à-dire un voyageur qui cherche un abri en faisant du bruit.
- Qutaylah bint al-Ḥārith : Sœur d'al-Nadr ibn al-Harith, tué à Badr.
- al-Athīl : Lieu-dit près de La Mecque.
L'expédition des Banū Sulaym à al-Kudr [1]
Quel mal t'aurait-il fait d'accorder une grâce 1 ? Et il arrive souvent que l'homme accorde une grâce alors qu'il est rempli de colère et de rage 2. Ou bien, si tu avais accepté une rançon, qu'il dépense donc ce qu'il dépense avec ce qu'il a de plus précieux 3. An-Nadr 4 est le plus proche parent de ceux qu'il a capturés, et le plus digne d'être affranchi, si affranchissement il y a. Les épées des fils de son père 5 l'ont frappé ; par Allah, quels liens de parenté sont là déchirés ! Patience 6 ! Il est mené à la mort, épuisé, comme un captif enchaîné, entravé et ligoté. Ibn Hichâm dit : On rapporte, et Allah sait mieux, que lorsque ces vers parvinrent au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), il dit : « Si ces vers m'étaient parvenus avant son exécution, je lui aurais accordé ma grâce. » (Date de la fin de Badr) Ibn Ishaq dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) acheva l'expédition de Badr à la fin du mois de Ramadan ou au mois de Shawwal. Expédition de Banu Sulaym à Al-Kudr Ibn Ishaq dit : Lorsqu'il (le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) revint, il ne resta que sept nuits avant de partir en expédition lui-même contre les Banu Sulaym. Ibn Hichâm dit : Il laissa comme gouverneur de Médine Siba' ibn 'Urfuta al-Ghifari, ou Ibn Umm Maktoum. Ibn Ishaq dit : Il atteignit une de leurs sources d'eau appelée Al-Kudr, et y demeura trois nuits.
- mananta : Accorder une grâce, faire preuve de clémence en libérant un captif sans rançon.
- al-maghīẓ al-muḥnaq : Rempli de colère et de rage, littéralement 'celui qui est en colère et étouffé de rage'.
- bi-aʿazza mā yaghlū bihi : Avec ce qu'il a de plus précieux, c'est-à-dire la rançon la plus chère.
- an-Naḍr : An-Nadr ibn al-Harith, un des chefs des Quraysh tué à Badr, dont le poème pleure la mort.
- banī abīhi : Les fils de son père, c'est-à-dire les Quraysh, sa tribu.
- ṣabran : Patience ! Exclamation exprimant l'encouragement à la patience face au malheur.
L'expédition d'al-Sawīq [1]
Puis il retourna à Médine, sans rencontrer de résistance, et y séjourna le reste de Shawwâl et de Dhû l-Qa‘da. Durant ce séjour, il rançonna la plupart des prisonniers de Quraysh 1. **Expédition d’as-Sawîq** **(Agression d’Abû Sufyân et sortie du Messager à sa poursuite)** Il dit : Abû Muhammad ‘Abd al-Malik ibn Hishâm nous a rapporté : Ziyâd ibn ‘Abd Allâh al-Bakkâ’î nous a rapporté d’après Muhammad ibn Ishâq al-Muttalibî, qui dit : Ensuite, Abû Sufyân ibn Harb entreprit l’expédition d’as-Sawîq au mois de Dhû l-Hijja, et cette année-là, les polythéistes accomplirent le pèlerinage. Abû Sufyân, comme me l’ont rapporté Muhammad ibn Ja‘far ibn az-Zubayr, Yazîd ibn Rûmân et d’autres dignes de confiance, d’après ‘Abd Allâh ibn Ka‘b ibn Mâlik – qui était l’un des plus savants parmi les Ansâr –, lorsqu’il retourna à La Mecque, après que les débris 2 de Quraysh furent revenus de Badr, il fit le vœu de ne pas se laver la tête de l’impureté majeure 3 jusqu’à ce qu’il combatte Muhammad – que Dieu prie sur lui et le salue. Il partit donc avec deux cents cavaliers de Quraysh pour accomplir son serment. Il emprunta la route du Najd, jusqu’à ce qu’il campe à la tête de Qanât, près d’une montagne appelée Thayb 4, à un barîd 5 ou environ de Médine. Puis il sortit de nuit et arriva chez les Banû n-Nadîr à la faveur de l’obscurité. Il se rendit chez Huyayy ibn Akhtab et frappa à sa porte, mais celui-ci refusa de lui ouvrir, craignant sa venue. Il se détourna alors de lui et alla chez Sallâm ibn Mishkam, qui était alors le chef des Banû n-Nadîr et le gardien de leur trésor 6. Il demanda à entrer chez lui, et Sallâm l’autorisa. Il le reçut 7, lui offrit à boire, et l’informa en secret 8 des nouvelles des gens. Puis il sortit à la fin de sa nuit et rejoignit ses compagnons. Il envoya des hommes de Quraysh à Médine, qui arrivèrent dans un quartier appelé al-‘Arîd. Ils y incendièrent quelques tas 9 de palmiers, et y trouvèrent un homme des Ansâr et son allié dans leur champ, qu’ils tuèrent. Puis ils repartirent 10. Les gens furent alertés à leur sujet. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – sortit à leur poursuite, et établit comme gouverneur de Médine Bashîr ibn ‘Abd al-Mundhir, c’est-à-dire Abû Lubâba, selon Ibn Hishâm 11, jusqu’à ce qu’il atteigne Qarqara 12 al-Kudr. Puis il rebroussa chemin, alors qu’Abû Sufyân et ses compagnons lui avaient échappé. On vit des provisions que les gens avaient jetées dans les champs pour s’alléger en fuyant 13. Les musulmans, lorsque le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – les ramena, dirent : « Ô Messager de Dieu, espères-tu pour nous que ce soit une expédition ? » Il dit : « Oui. » **(Raison de son nom : Expédition d’as-Sawîq)** Ibn Hishâm dit : Elle fut appelée Expédition d’as-Sawîq 14, d’après ce que m’a rapporté Abû ‘Ubayda, parce que la plupart des provisions que les gens jetèrent étaient du sawîq. Les musulmans tombèrent donc sur une grande quantité de sawîq, et elle fut nommée Expédition d’as-Sawîq. **(Poème d’Abû Sufyân à cette occasion)** Ibn Ishâq dit : Abû Sufyân ibn Harb dit, lors de son retour, à propos de ce que Sallâm ibn Mishkam avait fait pour lui : « J’ai choisi Médine, seul, pour une alliance, et je ne l’ai pas regretté ni ne me suis reproché 15. »
- Quraysh : Tribu arabe de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
- fall : Débris, restes d'une armée vaincue.
- janāba : Impureté majeure nécessitant une ablution complète (ghusl) après un rapport sexuel ou une éjaculation.
- Thayb : Nom d'une montagne près de Médine.
- barīd : Unité de distance équivalant à environ 22,5 km.
- kanz : Trésor, ici désignant les biens et richesses de la tribu.
- qarāhu : Il l'a reçu en hôte, lui a offert l'hospitalité.
- baṭana : Il l'a informé en secret, lui a confié des informations confidentielles.
- aṣwār : Tas, meules de palmiers ou de dattes.
- rāji‘īn : Revenant, retournant (participe actif pluriel).
- Ibn Hishām : Abū Muhammad ‘Abd al-Malik ibn Hishām, célèbre biographe du Prophète (m. 218/833).
- Qarqara : Lieu-dit près de Médine.
- najā’ : Fuite, action de s'échapper.
- as-Sawīq : Farine d'orge ou de blé grillée, mélangée à de l'eau ou du lait, nourriture légère.
- atalawwam : Je ne me suis pas reproché, je n'ai pas hésité.
L'expédition de Dhât Amr [1]
Il m'a versé à boire, et m'a abreuvé d'un vin pur 1 en hâte, de la part de Salam ibn Mishkam 2. Et lorsque l'armée eut tourné le dos, je dis – bien que je n'eusse pas à le réjouir : « Réjouis-toi d'une gloire et d'un butin ! » Considère : les gens sont heureux, et ils sont la pure souche de Lu'ayy 3, non des rebuts de Jurhum 4. Ce ne fut que le temps d'une nuit pour un cavalier venu en hâte, sans besoin d'un indigent. Expédition de Dhu Amarr 5 Lorsque l'Envoyé de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – fut revenu de l'expédition d'al-Sawiq 6, il demeura à Médine le reste de Dhu l-Hijja ou à peu près. Puis il partit en expédition vers le Najd 7, visant les Ghatafan 8 : c'est l'expédition de Dhu Amarr. Il laissa comme gouverneur de Médine 'Uthman ibn 'Affan, selon Ibn Hisham 9. Ibn Ishaq 10 dit : Il demeura dans le Najd tout le mois de Safar ou à peu près, puis revint à Médine sans avoir rencontré d'ennemi. Il y resta tout le mois de Rabi' al-Awwal, ou presque. Expédition d'al-Furu' 11 depuis Buhran 12 Puis l'Envoyé de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – partit en expédition visant les Quraysh 13. Il laissa comme gouverneur de Médine Ibn Umm Maktum 14, selon Ibn Hisham. Ibn Ishaq dit : Il parvint à Buhran, une mine du Hijaz 15 du côté d'al-Furu', et y demeura tout le mois de Rabi' al-Akhir et de Jumada al-Ula 16, puis revint à Médine sans avoir rencontré d'ennemi.
- kumayt mudāma : Vin pur, littéralement 'alezan' (couleur) et 'vin vieux' ; métaphore poétique pour un vin généreux.
- Sallām ibn Mishkam : Personnage juif de Médine, chef de la tribu des Banu Nadir, mentionné dans les récits de la Sira.
- Lu'ayy : Ancêtre de la tribu de Quraysh, dont descend le Prophète Muhammad.
- Jurhum : Tribu arabe ancienne, considérée comme non noble par rapport à Quraysh.
- Dhu Amarr : Nom d'une expédition militaire du Prophète Muhammad, en l'an 3 de l'Hégire, dans la région de Najd.
- al-Sawiq : Expédition menée par le Prophète Muhammad contre les Quraysh, après la bataille de Badr.
- Najd : Région du centre de l'Arabie, plateau désertique.
- Ghatafan : Tribu arabe du Najd, souvent en conflit avec les musulmans.
- Ibn Hisham : Célèbre biographe du Prophète Muhammad, auteur de la Sira.
- Ibn Ishaq : Premier biographe du Prophète Muhammad, dont l'œuvre a été reprise par Ibn Hisham.
- al-Furu' : Localité près de Médine, dans la région de Buhran.
- Buhran : Mine d'or ou d'argent dans le Hijaz, lieu d'une expédition.
- Quraysh : Tribu dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
- Ibn Umm Maktum : Compagnon aveugle du Prophète, souvent nommé gouverneur de Médine en son absence.
- Hijaz : Région de l'ouest de l'Arabie, incluant La Mecque et Médine.
- Rabi' al-Akhir et Jumada al-Ula : Mois du calendrier islamique, respectivement le quatrième et le cinquième mois.
Il ordonna contre les Banû Qaynuqâ‘ [1].
L'affaire des Banû Qaynuqâ‘ (Le conseil du Prophète à leur égard et leur réponse) : (Ibn Hishâm) 1 a dit : Il y eut, parmi les expéditions du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), l'affaire des Banû Qaynuqâ‘. Voici ce qui concerne les Banû Qaynuqâ‘ : le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) les rassembla au marché des Banû Qaynuqâ‘, puis dit : « Ô communauté des Juifs, redoutez de Dieu une punition semblable à celle qui a frappé les Quraysh, et embrassez l'islam. Car vous savez que je suis un prophète envoyé, vous trouvez cela dans votre Livre et dans l'alliance que Dieu a prise avec vous. » Ils répondirent : « Ô Muhammad, tu penses que nous sommes ton peuple ! Ne te laisse pas tromper par le fait que tu as rencontré un peuple ignorant de la guerre et que tu en as profité. Par Dieu, si nous te combattons, tu sauras que nous sommes les vrais hommes. » (Ce qui fut révélé à leur sujet) : Ibn Ishâq a dit : Un affranchi de la famille de Zayd ibn Thâbit m'a rapporté, d'après Sa‘îd ibn Jubayr, ou d'après ‘Ikrima, d'après Ibn ‘Abbâs, qui a dit : Ces versets ne furent révélés qu'à leur sujet : « Dis à ceux qui ont mécru : "Vous serez vaincus et rassemblés vers la Géhenne, et quel mauvais lieu de repos !" Il y eut pour vous un signe dans les deux troupes qui se rencontrèrent » (3:12-13), c'est-à-dire les compagnons du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) à Badr et les Quraysh : « une troupe combattait dans le chemin de Dieu, et une autre était mécréante ; ils les voyaient deux fois plus nombreux qu'eux-mêmes, à vue d'œil. Et Dieu soutient par Son secours qui Il veut. Il y a là une leçon pour ceux qui ont des yeux » (3:13). (Ils furent les premiers à rompre le pacte) : Ibn Ishâq a dit : ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâda m'a rapporté que les Banû Qaynuqâ‘ furent les premiers parmi les Juifs à rompre ce qui était entre eux et le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), et ils combattirent entre Badr et Uhud. (La cause de la guerre entre eux et les musulmans) : Ibn Hishâm a dit : ‘Abd Allâh ibn Ja‘far ibn al-Miswar ibn Makhrama a rapporté, d'après Abû ‘Awn, qui a dit : Voici ce qui concerne les Banû Qaynuqâ‘ : une femme arabe arriva avec une marchandise, la vendit au marché des Banû Qaynuqâ‘, et s'assit chez un orfèvre. Ils voulurent lui faire découvrir son visage, mais elle refusa. L'orfèvre attacha alors le bord de son vêtement à son dos. Quand elle se leva, sa nudité fut découverte, et ils se moquèrent d'elle. Elle cria. Un homme musulman bondit sur l'orfèvre et le tua – c'était un Juif. Les Juifs se ruèrent sur le musulman et le tuèrent. La famille du musulman appela les musulmans à l'aide contre les Juifs. Les musulmans se fâchèrent, et le mal éclata entre eux et les Banû Qaynuqâ‘. (Ce que fit Ibn Ubayy avec le Prophète) : Ibn Ishâq a dit : ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâda m'a rapporté : Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) les assiégea jusqu'à ce qu'ils se rendent à son jugement. ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl se leva alors, quand Dieu les eut livrés à lui, et dit : « Ô Muhammad, sois bon envers mes alliés » – ils étaient les alliés des Khazraj. Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) tarda à lui répondre. Il répéta : « Ô Muhammad, sois bon envers mes alliés. » Le Prophète se détourna de lui. Alors il mit sa main dans le col de la cotte de mailles du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue). Ibn Hishâm a dit : On appelait cette cotte « Dhât al-Fudûl » 2. Ibn Ishâq a dit : Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) lui dit : « Lâche-moi ! » Et le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) se fâcha au point qu'on vit des ombres 3 sur son visage. Puis il dit : « Malheur à toi ! Lâche-moi ! » Il répondit : « Non, par Dieu, je ne te lâcherai pas avant que tu ne sois bon envers mes alliés : quatre cents hommes sans armure et trois cents hommes cuirassés 4 qui m'ont protégé contre les rouges et les noirs, et tu les moissonnes en une seule matinée ! Par Dieu, je suis un homme qui craint les retournements 5. » Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) dit alors : « Ils sont à toi. » (La durée de leur siège) : Ibn Hishâm a dit : Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) établit sur Médine, pendant qu'il les assiégeait, Bashîr ibn ‘Abd al-Mundhir. Le siège dura quinze nuits. (La désolidarisation d'Ibn as-Sâmit de son alliance avec eux et ce qui fut révélé à son sujet et au sujet d'Ibn Ubayy) : Ibn Ishâq a dit : Mon père Ishâq ibn Yasâr m'a rapporté, d'après ‘Ubâda ibn al-Walîd ibn ‘Ubâda ibn as-Sâmit, qui a dit : Quand les Banû Qaynuqâ‘ combattirent le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl s'accrocha à leur cause et les défendit. ‘Ubâda ibn as-Sâmit, qui était l'un des Banû ‘Awf, ayant avec eux une alliance semblable à celle de ‘Abd Allâh ibn Ubayy, se rendit auprès du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), se désolidarisa d'eux en faveur du Prophète, se déchargea devant Dieu – puissant et majestueux – et devant Son Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) de son alliance avec eux, et dit : « Ô Prophète de Dieu, je prends pour alliés Dieu, Son Prophète et les croyants, et je me désavoue de l'alliance de ces mécréants et de leur protection. » Il dit : C'est à son sujet et au sujet de ‘Abd Allâh ibn Ubayy que fut révélé ce passage de la sourate al-Mâ'ida : « Ô vous qui avez cru, ne prenez pas les Juifs et les Chrétiens pour alliés ; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d'entre vous qui les prend pour alliés, il est des leurs. Dieu ne guide pas le peuple injuste. Tu verras ceux qui ont une maladie au cœur » (5:51-52) – c'est-à-dire ‘Abd Allâh ibn Ubayy – et sa parole : « Je crains les retournements » – « se hâter vers eux, disant : "Nous craignons qu'un retournement ne nous frappe." Mais il se peut que Dieu apporte la victoire ou un ordre de Sa part, et ils deviendront alors, pour ce qu'ils cachaient en eux-mêmes, des regretteurs. Et ceux qui ont cru diront : "Sont-ce là ceux qui juraient par Dieu de toute la force de leurs serments ?" » (5:52-53), puis le passage jusqu'à Sa parole – qu'Il soit exalté : « Votre allié n'est que Dieu, Son Prophète et ceux qui ont cru, ceux qui accomplissent la prière et donnent l'aumône tout en s'inclinant » (5:55). Et il mentionna que ‘Ubâda ibn as-Sâmit prit pour alliés Dieu, Son Prophète et ceux qui ont cru, et se désavoua des Banû Qaynuqâ‘.
- Ibn Hishâm : Abû Muhammad ‘Abd al-Malik ibn Hishâm, célèbre biographe du Prophète (m. 218/833), auteur de la Sîra.
- Dhât al-Fudûl : Nom d'une cotte de mailles du Prophète, signifiant « celle qui a des excédents » ou « des mérites ».
- des ombres : Signe de colère intense chez le Prophète, décrit comme une noirceur ou des nuages sur son visage.
- hommes sans armure... cuirassés : Hâsir : guerrier sans armure ; Dâri‘ : guerrier portant une cotte de mailles.
- retournements : Les « douâ'ir » : les vicissitudes du sort, les revers de fortune.
L'expédition de Zayd ibn Hâritha contre al-Qurda [1]
Et leur alliance et leur allégeance : « Quiconque prend pour alliés Allah, Son Messager et les croyants, alors le parti d'Allah est le vainqueur » 1 (5:56). L'expédition de Zayd ibn Hâritha à al-Qarada (La prise de la caravane par Zayd et la fuite des hommes) : Ibn Ishâq dit : L'expédition de Zayd ibn Hâritha que l'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut) l'avait envoyé, lorsqu'il prit la caravane de Quraysh, dans laquelle se trouvait Abû Sufyân ibn Harb, à al-Qarada, une source parmi les sources du Najd. Voici son récit : Quand Quraysh craignit la route qu'ils empruntaient vers la Syrie, après ce qui s'était passé à la bataille de Badr, ils empruntèrent la route de l'Irak. Des commerçants parmi eux partirent, dont Abû Sufyân ibn Harb, avec beaucoup d'argent, qui constituait l'essentiel de leur commerce. Ils engagèrent un homme des Banû Bakr ibn Wâ'il, nommé Furât ibn Hayyân 2, pour les guider sur cette route. Ibn Hishâm dit : Furât ibn Hayyân, des Banû 'Ijl, allié des Banû Sahm. Ibn Ishâq dit : L'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut) envoya Zayd ibn Hâritha, qui les rencontra à cette source, prit cette caravane et ce qu'elle contenait, mais les hommes lui échappèrent. Il revint avec elle auprès de l'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut). (Poème de Hassân blâmant Quraysh) : Hassân ibn Thâbit dit après Uhud, lors de la dernière expédition de Badr, blâmant Quraysh d'avoir emprunté cette route : « Laissez les routes de Syrie, car entre elles et vous se dresse Un homme robuste, aux gueules de chamelles allaitantes 3 Aux mains d'hommes qui ont émigré vers leur Seigneur Et de Ses alliés, en vérité, et aux mains des anges. »
- ḥizb Allāh : Le parti d'Allah : désigne le groupe des croyants unis par l'allégeance à Dieu et à Son Messager.
- Furāt ibn Ḥayyān : Guide de la tribu des Banû 'Ijl, allié des Banû Sahm de Quraysh.
- al-awārik : Chamelles qui allaitent et dont les pis sont pleins de lait ; métaphore pour désigner des hommes forts et résistants.
Le meurtre de Ka'b ibn al-Ashraf [1]
Lorsqu'elle s'engage dans le Ghor 1 depuis le fond de 'Âlij 2... dis-lui : « Ce n'est pas le chemin pour toi » (1). Ibn Hichâm dit : Ces vers font partie d'un poème de Hassân ibn Thâbit, auquel Aboû Soufyân ibn al-Hârith ibn 'Abd al-Mouttalib répondit par une contre-poésie. Nous les mentionnerons, ainsi que la contre-poésie, si Allah le veut, à leur place. **Meurtre de Ka'b ibn al-Achraf** **Son désaveu de la nouvelle des deux envoyés du Messager concernant le meurtre de certains polythéistes** Ibn Ishâq dit : Parmi les récits concernant Ka'b ibn al-Achraf, il y a que, lorsque les compagnons de Badr furent tués, et que Zayd ibn Hâritha arriva auprès des habitants de la Basse-Ville 3 et 'Abd Allah ibn Rawâha auprès des habitants de la Haute-Ville 4 en tant que porteurs de bonnes nouvelles – le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, les avait envoyés aux musulmans de Médine pour annoncer la victoire qu'Allah, Puissant et Majestueux, lui avait accordée, et la mort de ceux des polythéistes qui avaient été tués –, comme me l'ont rapporté 'Abd Allah ibn al-Moughîth ibn Abî Bourda adh-Dhafarî, 'Abd Allah ibn Abî Bakr ibn Muhammad ibn 'Amr ibn Hazm, 'Âsim ibn 'Omar ibn Qatâda et Sâlih ibn Abî Umâma ibn Sahl – chacun m'a rapporté une partie de son récit –, ils dirent : Ka'b ibn al-Achraf – qui était un homme de Tayyi', puis l'un des Banî Nabhan, et sa mère était des Banî an-Nadîr –, lorsque la nouvelle lui parvint, dit : « Est-ce vrai ? Pensez-vous que Muhammad ait tué ceux que ces deux hommes – c'est-à-dire Zayd et 'Abd Allah ibn Rawâha – nomment ? Ce sont les nobles des Arabes et les rois des gens ! Par Allah, si Muhammad a atteint ces gens, le ventre de la terre est meilleur que son dos. » **Sa poésie incitant contre le Messager** Lorsque l'ennemi d'Allah fut certain de la nouvelle, il partit jusqu'à arriver à La Mecque. Il descendit chez al-Mouttalib ibn Abî Wadâ'a ibn Dubayra as-Sahmî, chez qui se trouvait 'Âtika bint Abî al-'Îs ibn Umayya ibn 'Abd Chams ibn 'Abd Manâf. Elle l'hébergea et l'honora. Il se mit à inciter contre le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, à réciter des poèmes et à pleurer les compagnons du puits 5 de Quraych qui avaient été tués à Badr. Il dit : « La meule de Badr a broyé pour la perte de ses gens... Et pour un pareil à Badr, les yeux pleurent et versent des larmes (4). Les chefs des gens ont été tués autour de leurs abreuvoirs... Ne disparaissez pas ! Les rois sont terrassés. Combien a-t-on frappé par lui de blanc 6 généreux... Plein d'éclat, chez qui se réfugient les déshérités (5) ! Aux mains libérales quand les étoiles manquent 7... Porteur de fardeaux, il domine et se redresse (6). Des gens disent – je suis secrètement satisfait de leur mécontentement – : « Le fils d'al-Achraf, Ka'b, s'est affligé et a pleuré. » Ils ont dit vrai. Plût au ciel qu'au moment où ils furent tués, la terre se fût enfoncée avec ses habitants et se fût fendue ! Celui qui a rapporté le récit par sa blessure est devenu... ou, s'il vit, aveugle et tremblant, n'entendant plus. On m'a informé que tous les Banî al-Moughîra... se sont humiliés pour le meurtre d'Abî al-Hakîm et ont eu le nez coupé (7). Et les deux fils de Rabî'a, auprès de lui, et Munabbih... N'ont pas obtenu pareil aux tués et à Toubba' (8). On m'a informé qu'al-Hârith ibn Hichâm, parmi eux... construit des bonnes actions parmi les gens et amasse. Pour visiter Yathrib 8 avec les foules, et certes... le noble et magnifique protège l'honneur (9). » Ibn Hichâm dit : Son mot « Toubba' » et « je suis secrètement satisfait de leur mécontentement » viennent d'autres qu'Ibn Ishâq. **Poésie de Hassân en réponse** Ibn Ishâq dit : Hassân ibn Thâbit al-Ansârî lui répondit en disant : « A-t-il pleuré pour Ka'b (10), puis a-t-il été abreuvé (11) d'une larme... de lui, et a-t-il vécu mutilé, n'entendant plus ? J'ai bien vu, dans le fond de Badr, parmi eux... des tués pour lesquels les yeux versent des larmes et pleurent (12). Pleure donc, car tu as fait pleurer un esclave allaité... Semblable au petit chien, qui suit la petite chienne. Le Tout-Miséricordieux a guéri, parmi nous, un seigneur... et a humilié un peuple qui l'a combattu et a été terrassé. Il a été sauvé et s'est échappé d'eux, celui dont le cœur... est une passion (13) qui, par peur de lui, se fend. » Ibn Hichâm dit : La plupart des spécialistes de la poésie contestent que ces vers soient de Hassân (14). Son mot « a-t-il pleuré pour Ka'b » vient d'autres qu'Ibn Ishâq. **Poésie de Maymûna en réponse à Ka'b** Ibn Ishâq dit : Une femme musulmane des Banî Murayd (15), une branche de Baliyy, qui étaient alliés aux Banî Umayya ibn Zayd, appelés al-Ja'âdira, répondit à Ka'b – Ibn Ishâq dit : son nom était Maymûna bint 'Abd Allah, mais la plupart des spécialistes de la poésie contestent que ces vers soient d'elle et contestent sa contre-poésie à Ka'b ibn al-Achraf : « Cet esclave s'est apitoyé de toute pitié... Il pleure sur des tués, mais il n'est pas un soutien. L'œil de celui qui pleure pour Badr et ses gens a pleuré... et a été abreuvée de son pareil, Lu'ayy ibn Ghâlib. Plût au ciel que ceux qui ont été maculés de leur sang... voient ce qui leur est arrivé, celui qui est entre les montagnes rocheuses (16) ! Alors ils sauraient en vérité, avec certitude, et verraient... leur traînée au-dessus des barbes et des sourcils. » **Poésie de Ka'b en réponse à Maymûna** Ka'b ibn al-Achraf lui répondit en disant : « Eh ! Repoussez donc parmi vous un insensé pour que vous soyez en sécurité... contre une parole qui vient de lui, non convenable (17). M'injuriez-vous parce que j'ai pleuré avec une larme... pour un peuple dont l'affection m'est venue, non menteuse ? Certes, je pleurerai tant que je vivrai et je me souviendrai... des hauts faits d'un peuple dont la gloire est aux Jabâjib (18). Par ma vie ! Murayd était à l'écart... du mal, puis ils ont cherché (19) les visages des renards. Il est donc juste que les nez de Murayd soient coupés (20)... pour avoir insulté le vivant de Lu'ayy ibn Ghâlib. J'ai donné ma part de Murayd à Ja'dar... en toute loyauté, par la Maison d'Allah, entre les montagnes rocheuses. » **Les avances de Ka'b aux femmes musulmanes et la ruse pour le tuer** Puis Ka'b ibn al-Achraf retourna à Médine et fit des avances (21) aux femmes musulmanes, jusqu'à leur causer du tort. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit – comme me l'a rapporté 'Abd Allah ibn al-Moughîth ibn Abî Bourda : « Qui me débarrassera du fils d'al-Achraf ? » Muhammad ibn Maslama, frère des Banî 'Abd al-Achhal, lui dit : « Moi, je m'en charge pour toi, ô Messager d'Allah. Je le tuerai. » Il dit : « Fais-le, si tu en es capable (22). » Muhammad ibn Maslama retourna et resta trois jours sans manger ni boire, sauf ce qui le maintenait en vie. On en parla au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue. Il l'appela et lui dit : « Pourquoi as-tu abandonné la nourriture et la boisson ? » Il dit : « Ô Messager d'Allah, je t'ai dit une parole dont je ne sais si je pourrai la tenir pour toi ou non. » Il dit : « Tu n'as à faire que l'effort. » Il dit : « Ô Messager d'Allah, il nous faudra forcément dire [quelque chose]. » Il dit : « Dites ce qui vous vient à l'esprit ; vous êtes quittes pour cela. » Participèrent à son meurtre : Muhammad ibn Maslama, Silkan ibn Salâma ibn Waqsh – c'est Aboû Nâ'ila, l'un des Banî 'Abd al-Achhal, et il était le frère de lait de Ka'b ibn al-Achraf –, 'Abbâd ibn Bichr ibn Waqsh, l'un des Banî 'Abd al-Achhal, al-Hârith ibn Aws ibn Mu'âdh, l'un des Banî 'Abd al-Achhal, et Aboû 'Abs ibn Jabr (23), l'un des Banî Hâritha. Puis ils envoyèrent à l'ennemi d'Allah, Ka'b ibn al-Achraf, avant de venir à lui, Silkan ibn Salâma, Aboû Nâ'ila. Il vint à lui, parla avec lui un moment, ils récitèrent des poèmes en se les échangeant – Aboû Nâ'ila composait de la poésie –, puis il dit : « Malheur à toi, ô fils d'al-Achraf ! Je suis venu à toi pour une affaire que je veux te mentionner ; garde-la secrète pour moi. » Il dit : « Je le ferai. » Il dit : « L'arrivée de cet homme chez nous a été un malheur parmi les malheurs. Les Arabes se sont retournées contre nous à cause de lui, nous ont visés d'un seul arc, ont coupé nos routes, au point que les familles ont été perdues et les gens épuisés. Nous sommes devenus épuisés, ainsi que nos familles. » Ka'b dit :
Je suis Ibn al-Ashraf. Par Allah, je te disais, ô Ibn Salama, que les choses tourneraient comme je le disais. Silkan lui dit : « Je voudrais que tu nous vendes de la nourriture, nous te donnerons en gage et nous te fournirons des garanties, et nous serons généreux en cela. » Il dit : « Me donnerez-vous vos fils en gage ? » Il dit : « Tu veux nous couvrir de honte ? J’ai avec moi des compagnons qui partagent mon avis, et je voulais venir avec eux pour que tu leur vendes et sois généreux, et nous te donnerons en gage, parmi les armes 9, ce qui suffira. » Silkan voulait qu’ils ne cachent pas les armes quand ils viendraient avec. Il dit : « Dans les armes, il y a de quoi suffire. » Silkan retourna vers ses compagnons, les informa de ce qui s’était passé, et leur ordonna de prendre les armes, puis de partir et de le rejoindre. Ils se rassemblèrent auprès du Messager d’Allah, que la prière et la paix soient sur lui. Ibn Hisham dit : On dit aussi : « Me donnerez-vous vos femmes en gage ? » Il dit : « Comment te donnerions-nous nos femmes en gage, alors que tu es le plus jeune homme de Yathrib ? » Il dit : « Me donnerez-vous vos fils en gage ? » Ibn Ishaq dit : Thawr ibn Zayd m’a raconté, d’après Ikrima, d’après Ibn Abbas, qui a dit : Le Messager d’Allah, que la prière et la paix soient sur lui, marcha avec eux jusqu’à Baqi‘ al-Gharqad 10, puis les envoya en disant : « Partez au nom d’Allah. Ô Allah, aide-les. » Puis le Messager d’Allah, que la prière et la paix soient sur lui, retourna chez lui, par une nuit de pleine lune. Ils avancèrent jusqu’à arriver à son fort. Abou Na’ila l’appela. Il venait de se marier récemment. Il sauta dans son manteau, mais sa femme saisit le bord de son vêtement et dit : « Tu es un homme de guerre, et les guerriers ne descendent pas à cette heure. » Il dit : « C’est Abou Na’ila ; s’il m’avait trouvé endormi, il ne m’aurait pas réveillé. » Elle dit : « Par Allah, je reconnais le mal dans sa voix. » Ka‘b lui dit : « Si l’on appelait un jeune homme pour une blessure, il répondrait. » Il descendit et parla avec eux un moment, et ils parlèrent avec lui. Puis il dit : « Ô Ibn al-Ashraf, veux-tu marcher avec nous jusqu’au ravin de la Vieille 11 pour y passer le reste de notre nuit à parler ? » Il dit : « Si vous voulez. » Ils sortirent en marchant. Ils marchèrent un moment, puis Abou Na’ila passa sa main dans la chevelure de sa tête 12, puis la sentit et dit : « Je n’ai jamais vu un parfum aussi odorant que cette nuit. » Puis il marcha un moment, puis recommença, jusqu’à ce qu’il fût rassuré. Puis il marcha un moment, puis recommença. Il saisit la chevelure de sa tête, puis dit : « Frappez l’ennemi d’Allah ! » Ils le frappèrent, mais leurs épées se croisèrent sur lui 13 sans rien faire. Muhammad ibn Maslama dit : Je me souviens d’un poignard 14 dans mon épée, quand je vis que nos épées ne faisaient rien. Je le pris, alors que l’ennemi d’Allah avait poussé un cri tel qu’il ne restait aucun fort autour de nous sans qu’un feu n’y fût allumé. Je le plaçai dans son nombril 15, puis je m’appuyai dessus jusqu’à atteindre son pubis. L’ennemi d’Allah tomba. Al-Harith ibn Aws ibn Mu‘adh fut touché et blessé à la tête ou au pied, atteint par l’une de nos épées. Nous sortîmes et passâmes par les Banu Umayya ibn Zayd, puis par les Banu Qurayza, puis par Bu‘ath, jusqu’à ce que nous atteignions la coulée de lave d’al-‘Arid 16. Notre compagnon al-Harith ibn Aws était en retard, le sang coulait de lui. Nous l’attendîmes un moment, puis il vint en suivant nos traces. Nous le portâmes et l’amenâmes au Messager d’Allah, que la prière et la paix soient sur lui, à la fin de la nuit, alors qu’il était debout en prière. Nous le saluâmes, il sortit vers nous, nous l’informâmes du meurtre de l’ennemi d’Allah, et il cracha sur la blessure de notre compagnon. Il retourna et nous retournâmes chez nous. Au matin, les Juifs craignirent notre coup contre l’ennemi d’Allah ; il ne restait aucun Juif qui ne craignît pour sa vie. (Poème de Ka‘b ibn Malik sur le meurtre d’Ibn al-Ashraf) Ibn Ishaq dit : Ka‘b ibn Malik dit : « Et Ka‘b resta parmi eux gisant, / Et après sa chute, al-Nadir fut humilié. / Sur les deux mains, alors que le couvraient / De nos mains des épées dégainées et tranchantes. / Par l’ordre de Muhammad, quand il envoya de nuit / Vers Ka‘b un frère de Ka‘b qui marchait. / Il le trompa et le fit descendre par ruse, / Et Mahmoud, homme de confiance et audacieux. » Ibn Hisham dit : Ces vers font partie d’un poème de lui sur le jour des Banu al-Nadir, que je mentionnerai, si Allah le veut, dans le récit de ce jour. (Poème de Hassan sur le meurtre d’Ibn al-Ashraf et d’Ibn Abi al-Huqayq) Ibn Ishaq dit : Hassan ibn Thabit dit, évoquant le meurtre de Ka‘b ibn al-Ashraf et de Sallam ibn Abi al-Huqayq : « Qu’Allah récompense une troupe qui vous a rencontrés, / Ô Ibn al-Huqayq et toi, ô Ibn al-Ashraf ! / Ils marchèrent vers vous avec les épées légères, / Joyeux comme des lions dans un repaire touffu 17, / Jusqu’à ce qu’ils vinssent à vous dans le lieu de votre pays, / Et vous firent boire la mort avec des épées tranchantes 18. »
- al-Ghawr : Région basse, dépression ; désigne ici une zone géographique en Arabie.
- ‘Ālij : Nom d'un lieu ou d'une vallée.
- ahl as-sāfila : Les habitants de la partie basse de Médine.
- ahl al-‘āliya : Les habitants de la partie haute de Médine.
- aṣḥāb al-qalīb : Les compagnons du puits ; désigne les polythéistes tués à Badr et jetés dans un puits.
- abyad : Littéralement « blanc » ; désigne un homme noble et généreux.
- idhā l-kawākibu akhlafat : Quand les étoiles manquent à leur promesse de pluie ; métaphore pour la sécheresse.
- Yathrib : Ancien nom de Médine.
- al-ḥalqah : Terme désignant un ensemble d'armes ou d'équipement militaire, souvent des armures ou des armes complètes.
- Baqīʿ al-Gharqad : Cimetière de Médine, situé près de la mosquée du Prophète.
- Shiʿb al-ʿAjūz : Littéralement 'ravin de la Vieille', un lieu-dit près de Médine.
- fawd raʾsihi : La chevelure ou les mèches de cheveux sur le côté de la tête.
- ikhtalafat ʿalayhi asyāfuhum : Leurs épées se croisèrent sur lui, signifiant qu'elles ne parvinrent pas à le tuer efficacement.
- mighwal : Poignard ou dague courte, souvent cachée dans le fourreau d'une épée.
- thunnatuhu : Le nombril ou la partie molle du ventre.
- ḥarrat al-ʿArīḍ : La coulée de lave (ḥarrah) de la région d'al-ʿArīḍ, près de Médine.
- mughrif : Touffu, épais, en parlant d'un repaire de lions.
- dhufaf : Épées tranchantes ou aiguisées.
L'affaire de Muḥayyiṣa et Ḥuwayyiṣa [1]
Cherchant à obtenir la victoire pour la religion de leur Prophète... considérant comme insignifiante toute affaire injuste. Ibn Hichâm dit : Je mentionnerai le meurtre de Sallâm ibn Abî al-Huqayq à sa place, si Dieu le veut. Et son mot « dhuffaf » 1 vient d’autre qu’Ibn Ishâq. L’affaire de Muhayyisa et Huwayyisa (Le blâme de Huwayyisa à son frère Muhayyisa pour avoir tué un Juif, puis son islamisation) Ibn Ishâq dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Quiconque de parmi les hommes juifs vous capturez, tuez-le. » Alors Muhayyisa ibn Mas‘ûd — Ibn Hichâm dit : (Muhayyisa) 2, et on dit : Muhayyisa ibn Mas‘ûd ibn Ka‘b ibn ‘Âmir ibn ‘Adî ibn Majda‘a ibn Hâritha ibn al-Hârith ibn al-Khazraj ibn ‘Amr ibn Mâlik ibn al-Aws — bondit sur Ibn Sunayna — Ibn Hichâm dit : et on dit Subayna 3 — un homme parmi les marchands juifs, qui fréquentait et commerçait avec eux, et il le tua. Or Huwayyisa ibn Mas‘ûd, à cette époque, n’avait pas encore embrassé l’islam, et il était plus âgé que Muhayyisa. Quand il le tua, Huwayyisa se mit à le frapper en disant : « Ô ennemi de Dieu, tu l’as tué ? Par Dieu, que de graisse dans ton ventre provient de ses biens ! » Muhayyisa dit : Je répondis : « Par Dieu, m’a ordonné de le tuer celui qui, s’il m’ordonnait de te tuer, je te trancherais le cou. » Il dit : « Par Dieu, ce fut le début de l’islam de Huwayyisa. Il dit : « Ah ! Par Dieu, si Muhammad t’ordonnait de me tuer, me tuerais-tu ? » Il dit : « Oui, par Dieu, s’il m’ordonnait de te trancher le cou, je le ferais ! » Il dit : « Par Dieu, une religion qui t’a mené à ce point est étonnante ! » Alors Huwayyisa embrassa l’islam. Ibn Ishâq dit : Ce récit m’a été rapporté par un affranchi des Banû Hâritha, d’après son fils Muhayyisa, d’après son père Muhayyisa. (Poème de Muhayyisa sur le blâme de son frère) Muhayyisa dit à ce sujet : « Le fils de ma mère me blâme : si j’avais reçu l’ordre de le tuer, J’aurais frappé sa nuque d’une épée blanche et tranchante 4, D’un glaive couleur de sel, au polissage pur, Quand je le dirige, il ne manque pas. Et je n’aurais pas aimé t’avoir tué volontairement, Alors que nous possédons tout ce qui est entre Busrâ et Ma’rib. » (Autre version sur l’islam de Huwayyisa) Ibn Hichâm dit : Abû ‘Ubayda m’a rapporté d’après Abû ‘Amr al-Madanî, qui dit : Quand le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — triompha des Banû Qurayza, il en prit environ quatre cents hommes parmi les Juifs, qui étaient alliés des Aws contre les Khazraj. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ordonna qu’on leur tranche la tête. Les Khazraj se mirent à trancher leurs têtes, et cela leur faisait plaisir. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — regarda les Khazraj, leurs visages rayonnants, puis regarda les Aws et ne vit pas cela chez eux. Il pensa que c’était à cause de l’alliance entre les Aws et les Banû Qurayza. Il ne restait des Banû Qurayza que douze hommes ; il les confia aux Aws. Il remit à chaque paire d’hommes des Aws un homme des Banû Qurayza et dit : « Que untel frappe et que untel achève 5. » Parmi ceux qui leur furent confiés se trouvait Ka‘b ibn Yahûdhâ, qui était important chez les Banû Qurayza. Il le confia à Muhayyisa ibn Mas‘ûd et à Abû Burda ibn Niyâr — Abû Burda est celui à qui le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — permit d’égorger une chèvre d’un an pour la fête du Sacrifice — et dit : « Que Muhayyisa le frappe et qu’Abû Burda l’achève. » Muhayyisa le frappa d’un coup qui ne trancha pas, et Abû Burda l’acheva, lui donnant le coup de grâce. Alors Huwayyisa, qui était mécréant, dit à son frère Muhayyisa : « As-tu tué Ka‘b ibn Yahûdhâ ? » Il dit : « Oui. » Huwayyisa dit : « Par Dieu, que de graisse a poussé dans ton ventre grâce à ses biens ! Tu es vraiment un vaurien, ô Muhayyisa. » Muhayyisa lui dit : « M’a ordonné de le tuer celui qui, s’il m’ordonnait de te tuer, je te tuerais. » Il s’étonna de ses paroles, puis s’éloigna, étonné. On rapporte qu’il se réveillait la nuit, s’étonnant des paroles de son frère Muhayyisa, jusqu’au matin, disant : « Par Dieu, c’est vraiment une religion ! » Puis il vint auprès du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — et embrassa l’islam. Muhayyisa composa à ce sujet des vers que nous avons consignés. (La période entre l’arrivée du Messager à Buhrân et l’expédition d’Uhud) Ibn Ishâq dit : Le séjour du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — après son retour de
- dhuffaf : Forme intensive du verbe 'achever' (donner le coup de grâce), signifiant ici 'qui achève bien'.
- Muhayyisa : Nom propre ; variante orthographique de 'Muhayyisa'.
- Subayna : Variante du nom 'Sunayna'.
- qādib : Épée tranchante ; littéralement 'qui coupe'.
- yudhaffif : Achever, donner le coup de grâce.
La bataille d'Uhud [1]
Najrân, Jumâdâ al-Âkhira, Rajab, Sha‘bân et le mois de Ramadan. Les Quraychites menèrent contre lui l’expédition de Uhud au mois de Shawwâl de l’an trois. **L’expédition de Uhud** Voici le récit de Uhud, tel que me l’ont rapporté Muhammad ibn Muslim az-Zuhrî, Muhammad ibn Yahyâ ibn Hibbân, ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâda, al-Husayn ibn ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Amr ibn Sa‘d ibn Mu‘âdh et d’autres de nos savants. Chacun d’eux a rapporté une partie du récit du jour de Uhud, et l’ensemble de leurs récits se rejoint dans ce que je vais exposer du récit du jour de Uhud. Ils dirent – ou celui d’entre eux qui le dit : **(L’incitation à combattre le Messager)** Lorsque, le jour de Badr, les mécréants quraychites, compagnons du puits 1, eurent été frappés, que leurs fuyards furent retournés à La Mecque et qu’Abû Sufyân ibn Harb fut revenu avec sa caravane, ‘Abd Allâh ibn Abî Rabî‘a, ‘Ikrima ibn Abî Jahl et Safwân ibn Umayya se rendirent auprès d’hommes de Quraych dont les pères, les fils et les frères avaient été frappés le jour de Badr. Ils parlèrent à Abû Sufyân ibn Harb et à ceux de Quraych qui avaient des marchandises dans cette caravane, et dirent : « Ô assemblée de Quraych ! Muhammad vous a infligé des pertes et a tué vos meilleurs éléments. Aidez-nous donc avec cet argent pour le combattre ; peut-être ainsi pourrons-nous obtenir vengeance de ceux des nôtres qu’il a frappés. » Ils firent ainsi. **(Ce qui fut révélé à ce sujet dans le Coran)** Ibn Ishâq dit : C’est à leur sujet, comme me l’a rapporté un savant, que Dieu Très-Haut révéla : « Ceux qui ont mécru dépensent leurs biens pour détourner [les gens] du chemin de Dieu. Ils les dépenseront, puis ils en éprouveront un regret, puis ils seront vaincus. Et ceux qui ont mécru seront rassemblés vers la Géhenne. » [Coran 8:36] **(Le rassemblement de Quraych pour la guerre)** Quraych se rassembla donc pour combattre le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lorsqu’Abû Sufyân ibn Harb et les propriétaires de la caravane eurent fait cela, avec leurs Ahâbîsh 2 et ceux qui leur obéissaient parmi les tribus de Kinâna et les habitants de Tihâma. Or Abû ‘Azza ‘Amr ibn ‘Abd Allâh al-Jumahî avait été gracié par le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – le jour de Badr. Il était pauvre, chargé de famille et dans le besoin. Il était parmi les prisonniers et dit : « Je suis pauvre, chargé de famille et dans le besoin, tu le sais ; accorde-moi donc la grâce, que Dieu prie sur toi et te salue. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lui accorda la grâce. Safwân ibn Umayya lui dit : « Ô Abû ‘Azza, tu es un poète ; aide-nous donc de ta langue et sors avec nous. » Il répondit : « Muhammad m’a accordé la grâce, je ne veux pas l’aider contre lui. » Il dit : « Si fait ! Aide-nous de ta personne ; j’ai la garantie de Dieu que si je reviens, je t’enrichirai, et si tu es frappé, je placerai tes filles avec les miennes, elles subiront ce qu’elles subiront de difficulté ou d’aisance. » Abû ‘Azza sortit donc en Tihâma, appelant les Banû Kinâna et disant : « Allons ! Fils de ‘Abd Manât les solides, vous êtes des protecteurs et votre père est un protecteur. Ne me manquez pas, que Dieu vous secoure après cette année. Ne me livrez pas, la reddition n’est pas permise. » Et Musâfi‘ ibn ‘Abd Manâf ibn Wahb ibn Hudhâfa ibn Jumah se rendit auprès des Banû Mâlik ibn Kinâna, les incitant et les appelant à combattre le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et dit : « Ô Mâlik, Mâlik au rang éminent, je conjure par le lien de parenté et par la protection, celui qui a un lien de sang et celui qui n’a pas de pitié, l’alliance au milieu du pays sacré, près du Hatîm 3 de la Ka‘ba vénérée. » Et Jubayr ibn Mut‘im appela un esclabe à lui, un Abyssin nommé Wahshî, qui lançait une javeline à la manière des Abyssins, manquant rarement sa cible. Il lui dit : « Sors avec les gens ; si tu tues Hamza, l’oncle de Muhammad, en échange de mon oncle Tu‘ayma ibn ‘Adî, tu seras affranchi. » **(La sortie de Quraych avec leurs femmes)** Quraych sortit donc avec leur ardeur, leur sérieux, leurs armes, leurs Ahâbîsh et ceux qui les avaient suivis parmi les Banû Kinâna et les habitants de Tihâma. Ils sortirent avec les femmes 4 pour exciter l’ardeur et pour qu’ils ne fuient pas. Abû Sufyân ibn Harb sortit, étant le guide des gens, avec Hind bint ‘Utba. ‘Ikrima ibn Abî Jahl sortit avec Umm Hakîm bint al-Hârith ibn Hishâm ibn al-Mughîra. Al-Hârith ibn Hishâm ibn al-Mughîra sortit avec Fâtima bint al-Walîd ibn al-Mughîra. Safwân ibn Umayya sortit avec Barza bint Mas‘ûd ibn ‘Amr ibn ‘Umayr ath-Thaqafiyya, qui est la mère de ‘Abd Allâh ibn Safwân ibn Umayya. Ibn Hishâm dit : On dit aussi Ruqayya. Ibn Ishâq dit : ‘Amr ibn al-‘Âs sortit avec Rayta bint Munabbih ibn al-Hajjâj, qui est la mère de ‘Abd Allâh ibn ‘Amr. Talha ibn Abî Talha et Abû Talha ‘Abd Allâh ibn ‘Abd al-‘Uzzâ ibn ‘Uthmân ibn ‘Abd ad-Dâr sortirent avec Sulâfa bint Sa‘d ibn Shahîd al-Ansâriyya, qui est la mère des fils de Talha : Musâfi‘, al-Julâs et Kilâb, qui furent tués ce jour-là, ainsi que leur père. Khunâs bint Mâlik ibn al-Mudrib, une des femmes des Banû Mâlik ibn Hisl, sortit avec son fils Abû ‘Azîz ibn ‘Umayr, et elle est la mère de Mus‘ab ibn ‘Umayr. ‘Amra bint ‘Alqama, une des femmes des Banû al-Hârith ibn ‘Abd Manât ibn Kinâna, sortit. Hind bint ‘Utba, chaque fois qu’elle passait près de Wahshî ou qu’il passait près d’elle, disait : « Allons, Abû Dasma, guéris et cherche la guérison. » Wahshî était surnommé Abû Dasma. Ils avancèrent jusqu’à camper à ‘Aynayn, une montagne dans le bas de as-Sabkha, près de Qanât, sur le bord de la vallée, en face de Médine. **(La vision du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue)** Lorsque le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et les musulmans eurent appris qu’ils étaient descendus là où ils étaient descendus, le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit aux musulmans : « Par Dieu, j’ai vu du bien : j’ai vu des vaches, j’ai vu une brèche dans le tranchant de mon épée, et j’ai vu que j’introduisais ma main dans une cotte de mailles solide ; je l’ai interprétée comme étant Médine. » Ibn Hishâm dit : Un savant m’a rapporté que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « J’ai vu des vaches qui m’étaient égorgées. » Quant aux vaches, ce sont des gens de mes compagnons qui seront tués ; quant à la brèche que j’ai vue dans le tranchant de mon épée, c’est un homme de ma famille qui sera tué. **(La consultation du Messager avec les gens sur la sortie ou le séjour)**
Ibn Ishaq a dit : « Si vous estimez qu’il convient de rester à Médine et de les laisser là où ils ont campé, s’ils restent, ils resteront dans le pire des séjours, et s’ils entrent chez nous, nous les combattrons dans la ville. » L’avis de ‘Abdullah ibn Ubayy ibn Salul était conforme à celui du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ; il partageait son opinion à ce sujet, à savoir qu’il ne fallait pas sortir à leur rencontre. Et le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) répugnait à sortir. Alors, des hommes parmi les musulmans, de ceux qu’Allah honora du martyre le jour d’Uhud et autres, parmi ceux qui avaient manqué Badr, dirent : « Ô Messager d’Allah, sors avec nous à la rencontre de nos ennemis, qu’ils ne pensent pas que nous avons eu peur d’eux et que nous sommes faibles. » ‘Abdullah ibn Ubayy ibn Salul dit : « Ô Messager d’Allah, reste à Médine, ne sors pas à leur rencontre. Par Allah, chaque fois que nous sommes sortis d’ici vers un ennemi, il a eu le dessus sur nous, et chaque fois qu’il est entré chez nous, nous avons eu le dessus sur lui. Laisse-les donc, ô Messager d’Allah. S’ils restent, ils resteront dans le pire des lieux de détention, et s’ils entrent, les hommes les combattront en face, tandis que les femmes et les enfants leur jetteront des pierres d’en haut. Et s’ils repartent, ils repartiront déçus, comme ils sont venus. » Les gens ne cessèrent de presser le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) — ceux dont l’affaire était l’amour de la rencontre de l’ennemi — jusqu’à ce que le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) entrât dans sa maison (9), et revêtît sa cotte de mailles (la’ma). Cela eut lieu le vendredi, après qu’il eut achevé la prière. Ce jour-là, un homme des Ansâr, nommé Malik ibn ‘Amr, l’un des Banu al-Najjar, mourut. Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pria sur lui, puis sortit vers eux. Or, les gens avaient regretté et dirent : « Nous avons contraint le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), et cela ne nous convenait pas. » Lorsque le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) sortit vers eux, ils dirent : « Ô Messager d’Allah, nous t’avons contraint, et cela ne nous convenait pas. Si tu le souhaites, reste donc, qu’Allah te bénisse. » Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « Il ne convient pas à un Prophète, lorsqu’il a revêtu sa cotte de mailles, de la déposer avant d’avoir combattu. » Alors, le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) sortit avec mille de ses Compagnons. Ibn Hisham a dit : Il nomma (10) Ibn Umm Maktum pour diriger la prière des gens. (La défection des hypocrites) Ibn Ishaq a dit : Lorsqu’ils furent à al-Shawt, entre Médine et Uhud, ‘Abdullah ibn Ubayy ibn Salul se retira de lui avec un tiers des gens, et dit : « Il leur a obéi et m’a désobéi. Nous ne savons pas pourquoi nous nous ferions tuer ici, ô gens ! » Il retourna avec ceux qui le suivirent parmi son peuple, les gens de l’hypocrisie et du doute. ‘Abdullah ibn ‘Amr ibn Haram, frère des Banu Salima, les suivit en disant : « Ô mon peuple, je vous adjure par Allah de ne pas abandonner votre peuple et votre Prophète alors que l’ennemi est devant eux. » Ils dirent : « Si nous savions que vous alliez combattre, nous ne vous aurions pas laissés, mais nous ne pensons pas qu’il y aura combat. » Lorsqu’ils s’obstinèrent et refusèrent de faire autrement que de se détourner d’eux, il dit : « Qu’Allah vous éloigne, ennemis d’Allah ! Allah se passera de vous pour Son Prophète. » Ibn Hisham a dit : Autre que Ziyad a rapporté, d’après Muhammad ibn Ishaq, d’après al-Zuhri : « Les Ansâr, le jour d’Uhud, dirent au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : “Ô Messager d’Allah, ne demanderions-nous pas l’aide de nos alliés parmi les Juifs ?” Il dit : “Nous n’avons pas besoin d’eux.” » (Un incident dont le Messager tira un bon augure) Ziyad a dit : Muhammad ibn Ishaq m’a raconté : « Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) poursuivit sa route jusqu’à ce qu’il s’engageât dans la coulée de lave (harra) des Banu Haritha. Un cheval agita sa queue, heurta le fourreau d’une épée (killab sayf) (11) et la dégaina. » Ibn Hisham a dit : On dit : « kilab sayf » (13). Ibn Ishaq a dit : Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) — qui aimait les bons augures (fa’l) et n’avait pas recours à la divination (i’tiyaf) (14) — dit au propriétaire de l’épée : « Remets ton épée dans son fourreau (shim sayfaka) (15), car je vois que les épées vont être dégainées aujourd’hui. » (Ce qui arriva de la part de Mirba‘ lorsque les musulmans traversèrent son jardin) Puis le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit à ses Compagnons : « Quel homme nous fera sortir vers l’ennemi par un chemin proche (min kathab), c’est-à-dire de près, par une route qui ne nous fasse pas passer devant eux ? » Abu Khaythama, frère des Banu Haritha ibn al-Harith, dit : « Moi, ô Messager d’Allah. » Il le fit passer par la coulée de lave des Banu Haritha et entre leurs propriétés, jusqu’à ce qu’il s’engageât dans une propriété de Mirba‘ ibn Qaydhi. C’était un homme hypocrite, aveugle de la vue. Lorsqu’il entendit le bruit du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et des musulmans avec lui, il se leva et leur jeta de la terre au visage, en disant : « Si tu es le Messager d’Allah, je ne te permets pas d’entrer dans mon jardin. » Il m’a été rapporté qu’il prit une poignée de terre dans sa main, puis dit : « Par Allah, si je savais que je n’atteindrais personne d’autre que toi, ô Muhammad, je te frapperais au visage avec. » Les gens s’élancèrent pour le tuer, mais le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « Ne le tuez pas. Voici l’aveugle : aveugle de cœur, aveugle de vue. » Sa‘d ibn Zayd, frère des Banu ‘Abd al-Ashhal, s’était précipité vers lui avant l’interdiction du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et l’avait frappé à la tête avec un arc, lui faisant une blessure (shajjah). (L’installation du Messager dans le défilé et sa disposition pour le combat) Il dit : Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) poursuivit sa route jusqu’à ce qu’il descendît dans le défilé (shi‘b) d’Uhud, sur le versant (udwa) de la vallée vers la montagne. Il plaça son dos et son campement contre Uhud, et dit : « Que personne d’entre vous ne combatte avant que je ne l’ordonne. » Les Quraysh avaient lâché les montures et les chevaux (al-zahr wa al-kura‘) (16) dans des cultures qui étaient à al-Samgha (17), de Qanat, appartenant aux musulmans. Un homme des Ansâr dit, lorsque le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) interdit le combat : « Les cultures des Banu Qayla (18) seront-elles broutées sans que nous frappions ? » Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) se disposa pour le combat, avec sept cents hommes. Il nomma ‘Abdullah ibn Jubayr, frère des Banu ‘Amr ibn ‘Awf, commandant des archers — il était ce jour-là reconnaissable à ses vêtements blancs — et les archers étaient cinquante hommes. Il dit : « Repousse (indah) (19) la cavalerie loin de nous avec les flèches, qu’ils ne viennent pas à nous par-derrière. Que ce soit pour nous ou contre nous, reste à ta place, que nous ne soyons pas attaqués de ton côté. » Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) porta deux cottes de mailles superposées (zahara bayn dir‘ayn) (20) et remit l’étendard (liwa’) à Mus‘ab ibn ‘Umayr, frère des Banu ‘Abd al-Dar. (Ceux que le Messager autorisa alors qu’ils avaient quinze ans) Ibn Hisham a dit : Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) autorisa ce jour-là Samura ibn Jundub al-Fazari et Rafi‘ ibn Khadij, frère des Banu Haritha, alors qu’ils étaient âgés de quinze ans. Il les avait d’abord refusés. On lui dit : « Ô Messager d’Allah, Rafi‘ est un archer », et il l’autorisa. Lorsqu’il eut autorisé Rafi‘, on lui dit : « Ô Messager d’Allah, Samura terrasse Rafi‘ à la lutte », et il l’autorisa. Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) refusa Usama ibn Zayd, ‘Abdullah ibn ‘Umar ibn al-Khattab, Zayd ibn Thabit (l’un des Banu Malik ibn al-Najjar), al-Bara’ ibn ‘Azib (l’un des Banu Haritha), ‘Amr ibn Hazm (l’un des Banu Malik ibn al-Najjar) et Usayd ibn Zuhayr (l’un des Banu Haritha). Puis il les autorisa le jour du Khandaq, alors qu’ils étaient âgés de quinze ans. Ibn Ishaq a dit : Les Quraysh se disposèrent, au nombre de trois mille hommes, avec deux cents chevaux qu’ils avaient tenus en main (janabuhā) (21). Ils placèrent Khalid ibn al-Walid à l’aile droite de la cavalerie et ‘Ikrima ibn Abi Jahl à son aile gauche. (L’affaire d’Abu Dujana) Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « Qui prend cette épée avec son droit ? » Des hommes se levèrent vers lui, mais il la retint d’eux, jusqu’à ce qu’Abu Dujana Simak ibn Kharasha, frère des Banu Sa‘ida, se levât vers lui et dit : « Quel est son droit, ô Messager d’Allah ? » Il dit : « Que tu en frappes l’ennemi jusqu’à ce qu’elle se courbe. » Il dit :
Je le prends, ô Messager d'Allah, avec son droit, et il le lui donna. Abu Dujana était un homme courageux qui faisait le fier en temps de guerre, et lorsqu'il mettait son turban rouge, les gens savaient qu'il allait combattre. Quand il prit l'épée de la main du Messager d'Allah (paix et salut sur lui), il sortit son turban, s'en enturbanna la tête, et se pavana entre les deux rangs. Ibn Ishaq dit : Ja'far ibn 'Abd Allah ibn Aslam, affranchi de 'Umar ibn al-Khattab, me raconta d'après un homme des Ansar des Banu Salima, que le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) dit en voyant Abu Dujana se pavaner : « Certes, c'est une démarche qu'Allah déteste, sauf en un tel endroit. » (L'affaire d'Abu 'Amir le pervers) Ibn Ishaq dit : 'Asim ibn 'Umar ibn Qatada me raconta qu'Abu 'Amir, 'Abd 'Amr ibn Sayfi ibn Malik ibn al-Nu'man, l'un des Banu Dubay'a, était parti à La Mecque, s'éloignant du Messager d'Allah (paix et salut sur lui), avec cinquante jeunes gens des Aws (certains disent quinze hommes). Il promettait aux Quraysh que s'il rencontrait son peuple, pas deux hommes ne lui résisteraient. Quand les gens se rencontrèrent, Abu 'Amir fut le premier à les affronter, parmi les Ahabish 5 et les esclaves de La Mecque. Il cria : « Ô gens des Aws, je suis Abu 'Amir ! » Ils répondirent : « Qu'Allah ne te réjouisse pas, ô pervers ! » (Abu 'Amir était appelé « le moine » à l'époque préislamique, mais le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) l'avait surnommé « le pervers »). Quand il entendit leur réponse, il dit : « Mon peuple a subi un mal après moi. » Puis il les combattit violemment, et leur lança des pierres. (La méthode d'Abu Sufyan pour inciter les Quraysh) Ibn Ishaq dit : Abu Sufyan dit aux porte-étendards des Banu 'Abd al-Dar, pour les inciter au combat : « Ô Banu 'Abd al-Dar, vous avez porté notre étendard le jour de Badr, et vous avez vu ce qui nous est arrivé. Les gens ne sont vaincus que par leurs étendards : s'ils vacillent, ils vacillent. Ou bien vous nous suffisez pour notre étendard, ou bien vous nous laissez faire et nous nous en chargerons. » Ils se concertèrent et lui dirent : « Nous te remettrons notre étendard ; demain, quand nous nous rencontrerons, tu verras ce que nous ferons ! » C'est ce que voulait Abu Sufyan. (L'incitation de Hind et des femmes avec elle) Quand les gens se rencontrèrent et s'approchèrent les uns des autres, Hind bint 'Utba se leva avec les femmes qui l'accompagnaient ; elles prirent des tambourins qu'elles frappèrent derrière les hommes, les incitant. Hind dit dans ce qu'elle récitait : « Allez, fils de 'Abd al-Dar ! Allez, protecteurs des fuyards ! Frappez de tout sabre tranchant ! » Et elle disait : « Si vous avancez, nous embrassons, Et étendons les coussins. Si vous fuyez, nous nous séparons, D'une séparation sans amour. » (Le mot d'ordre des musulmans) Le mot d'ordre 6 des compagnons du Messager d'Allah (paix et salut sur lui) le jour d'Uhud était : « Meurs, meurs », selon Ibn Hisham. (Fin de l'histoire d'Abu Dujana) Ibn Ishaq dit : Les gens combattirent jusqu'à ce que la guerre s'enflamme. Abu Dujana combattit jusqu'à s'enfoncer profondément dans les rangs ennemis. Ibn Hisham dit : Plusieurs savants me racontèrent qu'al-Zubayr ibn al-'Awwam dit : « Je me sentis blessé quand je demandai l'épée au Messager d'Allah (paix et salut sur lui) et qu'il me la refusa pour la donner à Abu Dujana. Je dis : 'Je suis le fils de Safiyya, sa tante, et je suis des Quraysh ; je me suis levé et je la lui ai demandée avant lui, mais il la lui a donnée et m'a laissé. Par Allah, je vais voir ce qu'il va faire.' Je le suivis ; il sortit un turban rouge, s'en enturbanna la tête. Les Ansar dirent : 'Abu Dujana a sorti le turban de la mort.' C'est ainsi qu'ils disaient quand il s'en enturbannait. Il sortit en disant : 'Je suis celui à qui mon ami a fait une promesse, Alors que nous étions sur le versant, près des palmiers, Que je ne me tiendrais jamais dans la couardise 7, Frappant avec l'épée d'Allah et du Messager.' Ibn Hisham dit : On rapporte aussi « dans les entraves » 8. Ibn Ishaq dit : Il ne rencontrait personne sans le tuer. Parmi les associateurs, il y avait un homme qui n'épargnait aucun de nos blessés sans l'achever. Chacun des deux s'approchait de l'autre. Je priai Allah de les réunir ; ils se rencontrèrent et échangèrent deux coups. L'associateur frappa Abu Dujana, qui se protégea avec son bouclier ; l'épée s'y enfonça, et Abu Dujana le frappa et le tua. Puis je le vis lever l'épée au-dessus de la tête de Hind bint 'Utba, puis il la détourna d'elle. Al-Zubayr dit : « Allah et Son Messager savent mieux. » Ibn Ishaq dit : Abu Dujana Simak ibn Kharasha dit : « Je vis quelqu'un qui griffait 9 les gens violemment ; je me dirigeai vers lui. Quand je levai l'épée sur lui, il se mit à hurler, et voilà que c'était une femme. Je respectai l'épée du Messager d'Allah (paix et salut sur lui) en ne frappant pas une femme avec. » (Le meurtre de Hamza) Hamza ibn 'Abd al-Muttalib combattit jusqu'à tuer Arta'a ibn 'Abd Shurahbil ibn Hashim ibn 'Abd Manaf ibn 'Abd al-Dar, qui était l'un des porte-étendards. Puis Siba' ibn 'Abd al-'Uzza al-Ghubshani, surnommé Abu Niyar, passa près de lui. Hamza lui dit : « Approche-toi de moi, ô fils de la tailleuse de clitoris 10 ! » (Sa mère était Umm Anmar, affranchie de Shariq ibn 'Amr ibn Wahb al-Thaqafi. Ibn Hisham dit : Shariq ibn al-Akhnas ibn Shariq. Elle était exciseuse à La Mecque.) Quand ils se rencontrèrent, Hamza le frappa et le tua. Wahshi, l'esclave de Jubayr ibn Mut'im, dit : « Par Allah, je voyais Hamza faucher 11 les gens avec son épée, sans que rien ne lui résiste, tel un chameau gris 12. Siba' ibn 'Abd al-'Uzza s'avança vers lui, et Hamza lui dit : 'Approche-toi de moi, ô fils de la tailleuse de clitoris !' Il le frappa d'un coup qui sembla manquer sa tête 13. J'ajustai ma lance jusqu'à ce qu'elle me satisfasse, puis je la lançai sur lui ; elle atteignit son aine 14 et ressortit entre ses jambes. Il s'avança vers moi, puis succomba et tomba. Je l'attendis jusqu'à ce qu'il meure, puis je vins prendre ma lance et me retirai au camp. Je n'avais besoin de rien d'autre que de lui. » (Wahshi raconte à al-Damri et Ibn al-Khiyar comment il tua Hamza) Ibn Ishaq dit : 'Abd Allah ibn al-Fadl ibn 'Abbas ibn Rabi'a ibn al-Harith me raconta d'après Sulayman ibn Yasar, d'après Ja'far ibn 'Amr ibn Umayya al-Damri, qui dit : « Je sortis avec 'Ubayd Allah ibn 'Adi ibn al-Khiyar, frère des Banu Nawfal ibn 'Abd Manaf, à l'époque de Mu'awiya ibn Abi Sufyan. Nous partîmes en expédition 15 avec les gens. Au retour, nous passâmes par Hims – Wahshi, l'affranchi de Jubayr ibn Mut'im, s'y était installé et y demeurait. Quand nous y arrivâmes, 'Ubayd Allah ibn 'Adi me dit : 'Veux-tu que nous allions voir Wahshi et lui demandions comment il a tué Hamza ?' Je répondis : 'Si tu veux.' Nous sortîmes nous renseigner sur lui à Hims. Un homme à qui nous demandions dit : 'Vous le trouverez à l'entrée de sa maison ; c'est un homme dominé par le vin. Si vous le trouvez sobre, vous trouverez un homme arabe, et vous aurez de lui une partie de ce que vous voulez ; vous obtiendrez de lui tout le récit que vous lui demanderez. Mais si vous le trouvez dans son état habituel, éloignez-vous de lui et laissez-le.' Nous marchâmes jusqu'à chez lui ; le voilà à l'entrée de sa maison, sur un tapis 16, un vieillard semblable à un petit oiseau 17. »
Ibn Hichâm a dit : « Al-Boughâth (البغاث) est une espèce d’oiseau tirant sur le noir (40). » Et voici qu’il était en bonne santé, sans mal. Il dit : « Lorsque nous arrivâmes auprès de lui, nous le saluâmes. Il leva la tête vers ‘Ubayd Allah ibn ‘Adî et dit : “Es-tu le fils de ‘Adî ibn al-Khiyâr ?” Il répondit : “Oui.” Il dit : “Par Allah, je ne t’ai pas vu depuis que je t’ai remis à ta mère, la Sa‘diyya (السعدية), qui t’a allaité à Dhî Tuwâ (ذي طوى) (41). Je la lui ai remise alors qu’elle était sur sa chamelle ; elle t’a pris par les deux côtés (بعرضيك) (42), et tes deux pieds ont brillé lorsque je t’ai élevé vers elle. Par Allah, dès que tu t’es arrêté devant moi, je les ai reconnus.” » Il dit : « Nous nous assîmes auprès de lui et lui dîmes : “Nous sommes venus pour que tu nous racontes ton meurtre de Hamza : comment l’as-tu tué ?” Il dit : “Certes, je vais vous raconter comme j’ai raconté à l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – lorsqu’il m’interrogea à ce sujet. J’étais un jeune esclave de Jubayr ibn Mut‘im. Son oncle, Tu‘ayma ibn ‘Adî, avait été tué le jour de Badr. Lorsque Quraysh marcha vers Uhud, Jubayr me dit : ‘Si tu tues Hamza, l’oncle de Muhammad, en représailles de mon oncle, tu seras affranchi.’ Il dit : ‘Je sortis donc avec les gens. J’étais un homme abyssin, lançant la lance (الحربة) à la manière des Abyssins, manquant rarement ma cible. Lorsque les deux camps se rencontrèrent, je sortis pour chercher Hamza et l’observer, jusqu’à ce que je le visse au milieu des gens, tel un chameau gris (الجمل الأورق) (43), fauchant les gens avec son épée, rien ne lui résistait. Par Allah, je me préparais pour lui, le visant, me cachant de lui derrière un arbre ou une pierre pour qu’il s’approche de moi, lorsque Sibâ‘ ibn ‘Abd al-‘Uzzâ le précéda vers lui. Quand Hamza le vit, il lui dit : ‘Viens à moi, ô fils de celle qui coupe les clitoris (يا بن مقطعة البظور) !’ Il dit : ‘Il le frappa d’un coup qui manqua sa tête.’ Il dit : ‘Et j’agitai ma lance jusqu’à ce que, satisfait d’elle, je la lançai sur lui. Elle tomba dans son aine (ثنته) et ressortit entre ses jambes. Il essaya de se tourner (ينوء) (44) vers moi, mais il fut vaincu. Je le laissai avec elle jusqu’à ce qu’il mourût. Puis je vins à lui, pris ma lance, retournai au camp, m’y assis, n’ayant besoin de rien d’autre. Je ne l’avais tué que pour être affranchi. Lorsque je revins à La Mecque, je fus affranchi. Puis je restai jusqu’à ce que l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – conquît La Mecque. Je m’enfuis alors vers at-Tâ’if et y demeurai (45). Lorsque la délégation de at-Tâ’if vint à l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – pour se soumettre, les voies me devinrent confuses. Je dis : ‘Je vais gagner la Syrie, ou le Yémen, ou quelque pays.’ Par Allah, j’étais dans cette préoccupation lorsqu’un homme me dit : ‘Malheur à toi ! Par Allah, Il ne tue personne parmi les gens qui entre dans Sa religion et prononce son attestation (شهادته) (46).’ » (Wahshî se tient devant l’Envoyé et se soumet) « Lorsqu’il me dit cela, je partis jusqu’à arriver auprès de l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – à Médine. Rien ne le surprit sinon moi, debout à sa tête, prononçant l’attestation de vérité. Quand il me vit, il dit : “Wahshî ?” Je dis : “Oui, ô Envoyé d’Allah.” Il dit : “Assieds-toi et raconte-moi comment tu as tué Hamza.” Il dit : “Je lui racontai comme je vous ai raconté. Lorsque j’eus fini mon récit, il dit : ‘Malheur à toi ! Cache-moi ton visage, que je ne te voie plus.’” Il dit : “Je me détournais donc de l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – où qu’il fût, pour qu’il ne me vît point, jusqu’à ce qu’Allah le rappelât à Lui – qu’Allah prie sur lui et le salue.” » (Meurtre de Musaylima par Wahshî) « Lorsque les musulmans sortirent contre Musaylima le menteur, le seigneur de al-Yamâma, je sortis avec eux, prenant ma lance avec laquelle j’avais tué Hamza. Lorsque les gens se rencontrèrent, je vis Musaylima le menteur debout, une épée à la main – je ne le connaissais pas. Je me préparai pour lui, et un homme des Ansâr (أنصار) se prépara pour lui de l’autre côté, chacun de nous le visant. J’agitai ma lance jusqu’à ce que, satisfait d’elle, je la lançai sur lui. Elle tomba en lui, et l’Ansârî (أنصاري) fondit sur lui et le frappa de l’épée. Ton Seigneur sait lequel de nous l’a tué. Si c’est moi qui l’ai tué, j’ai tué le meilleur des hommes après l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – et j’ai tué le pire des hommes. » Ibn Ishâq a dit : « ‘Abd Allah ibn al-Fadl m’a raconté, d’après Sulaymân ibn Yasâr, d’après ‘Abd Allah ibn ‘Umar ibn al-Khattâb – qui avait assisté à al-Yamâma –, il dit : “J’entendis ce jour-là un crieur qui disait : ‘L’a tué l’esclave noir.’” » (Exclusion de Wahshî du registre) Ibn Hichâm a dit : « Il m’est parvenu que Wahshî ne cessa d’être puni pour l’alcool (حد في الخمر) jusqu’à ce qu’il fût exclu du registre (الديوان). ‘Umar ibn al-Khattâb disait : “Je sais qu’Allah – qu’Il soit exalté – n’allait pas laisser le meurtrier de Hamza.” » (Meurtre de Mus‘ab ibn ‘Umayr) Ibn Ishâq a dit : « Mus‘ab ibn ‘Umayr combattit pour défendre l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – jusqu’à ce qu’il fût tué. Celui qui le tua fut Ibn Qumî’a al-Laythî, croyant qu’il était l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue. Il retourna donc à Quraysh et dit : “J’ai tué Muhammad.” Lorsque Mus‘ab ibn ‘Umayr fut tué, l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – donna l’étendard à ‘Alî ibn Abî Tâlib. ‘Alî ibn Abî Tâlib et des hommes parmi les musulmans combattirent. » Ibn Hichâm a dit : « Maslama ibn ‘Alqama al-Mâzinî m’a raconté : “Lorsque le combat s’intensifia le jour de Uhud, l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – s’assit sous l’étendard des Ansâr. L’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – envoya dire à ‘Alî ibn Abî Tâlib – que l’agrément d’Allah soit sur lui : ‘Avance l’étendard.’ ‘Alî s’avança donc et dit : ‘Je suis Abou l-Fusam (أبو الفصم) (47) – et l’on dit : Abou l-Qusam (أبو القصم), selon ce que dit Ibn Hichâm.’ Abou Sa‘d ibn Abî Talha l’appela – c’était le porte-étendard des associateurs : ‘As-tu besoin, ô Abou l-Qusam, d’un duel ?’ Il dit : ‘Oui.’ Ils sortirent entre les deux rangs et échangèrent deux coups. ‘Alî le frappa et le renversa, puis se détourna de lui sans l’achever. Ses compagnons lui dirent : ‘Ne l’as-tu pas achevé ?’ Il dit : ‘Il m’a fait face par sa nudité, la parenté m’a ému pour lui (عطفتني عنه الرحم) (48), et j’ai su qu’Allah – Puissant et Majestueux – l’avait tué.’ On dit qu’Abou Sa‘d (49) ibn Abî Talha sortit entre les deux rangs et appela : ‘Je suis Qâsim (قاصم) (50) ! Qui veut se mesurer à moi en duel ?’ Personne ne sortit vers lui. Il dit : ‘Ô compagnons de Muhammad, vous prétendez que vos morts sont au Paradis et que nos morts sont au Feu ! Vous mentez, par al-Lât ! Si vous le saviez vraiment, l’un de vous serait sorti vers moi.’ Alors ‘Alî ibn Abî Tâlib sortit vers lui. Ils échangèrent deux coups, et ‘Alî le frappa et le tua. » Ibn Ishâq a dit : « Abou Sa‘d ibn Abî Talha fut tué par Sa‘d ibn Abî Waqqâs (51). » (L’affaire de ‘Âsim ibn Thâbit) « ‘Âsim ibn Thâbit ibn Abî l-Aqlah combattit et tua Musâfi‘ ibn Talha et son frère al-Julâs ibn Talha, tous deux atteints par sa flèche (يشعره) (52). Il venait à sa mère Sulâfa, posait sa tête sur ses genoux, et elle disait : ‘Ô mon fils, qui t’a frappé ?’ Il disait : ‘J’ai entendu un homme, lorsqu’il m’a lancé la flèche, dire : “Prends-la, je suis le fils d’Abî l-Aqlah.”’ Elle fit le vœu, si Allah lui donnait pouvoir sur la tête de ‘Âsim, d’y boire du vin. Or ‘Âsim avait fait alliance avec Allah de ne jamais toucher un associateur, et qu’aucun associateur ne le touche. » « ‘Uthmân ibn Abî Talha dit ce jour-là, portant l’étendard des associateurs : “Il est dû aux gens de l’étendard De teindre la lance (الصعدة) ou qu’elle se brise (تندقا) (53).” Hamza ibn ‘Abd al-Muttalib le tua. » (Hanzala, le lavé par les Anges) « Hanzala ibn Abî ‘Âmir al-Ghasîl (الغسيل) et Abou Sufyân se rencontrèrent. Lorsque Hanzala ibn Abî ‘Âmir eut le dessus sur lui, Shaddâd ibn al-Aswad (54) – c’est-à-dire Ibn Sha‘ûb – le vit dominer Abou Sufyân. Shaddâd le frappa et le tua. L’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit : “Votre compagnon – il voulait dire Hanzala –, les Anges le lavent.” Ils interrogèrent sa famille sur son état. On interrogea sa femme (55) à son sujet. Elle dit : “Il est sorti alors qu’il était en état d’impureté majeure (جنب) lorsqu’il entendit l’appel (الهاتفة) (56).” »
Ibn Hishâm a dit : On dit aussi al-hâ'i'a 18. Et il est rapporté dans le hadith : « Le meilleur des hommes est un homme qui tient la bride de son cheval, chaque fois qu'il entend une hay'a 19, il s'élance vers elle. » Al-Tirimmâh ibn Hakîm al-Tâ'î a dit – et al-tirimmâh désigne l'homme de haute taille – : Je suis le fils des défenseurs de la gloire de la famille de Mâlik, Quand les hommes vils se mettent à hurler 20. (Al-hay'a : le cri qui provoque l'effroi.) Ibn Ishâq a dit : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit à ce sujet : « C'est pour cela que les anges l'ont lavé. » (Poème d'al-Aswad sur le meurtre de Hanzala et d'Abû Sufyân) (Ibn Ishâq a dit :) Shaddâd ibn al-Aswad a dit, à propos de son meurtre de Hanzala : Je protégerai mon compagnon et moi-même Par une frappe semblable aux rayons du soleil. Et Abû Sufyân ibn Harb a dit, évoquant sa fermeté ce jour-là et l'aide d'Ibn Sha'ûb contre Hanzala : Si j'avais voulu, une jument rapide m'aurait sauvé, Mais je n'ai pas renié la faveur d'Ibn Sha'ûb 21. Mon cheval n'a cessé d'être à l'endroit où le chien est repoussé 22 parmi eux, Depuis le matin jusqu'à l'approche du coucher. Je les combattais en criant : « Ô Banû Ghâlib ! » Et je les repoussais de moi avec un pilier solide. Pleure donc, sans écouter les paroles d'un blâmeur, Et ne te lasse pas des larmes et des sanglots. Pleure ton père et ses frères qui se sont succédé, Et ils méritent une part de larmes. Ce qui m'a consolé de ce que j'avais dans l'âme, c'est que J'ai tué, parmi al-Najjâr, tout noble 23. Et parmi Hâshim, un chef généreux et Mus'ab, Et il était, dans la mêlée, sans peur 24. Si je n'avais pas soulagé mon âme en les tuant, Cela serait resté comme une épine dans le cœur, marquée de cicatrices 25. Ils sont revenus, alors que les vêtements 26 parmi eux étaient détruits, Frappés d'une fatigue 27 de blessé et d'affligé. Les a frappés quelqu'un qui n'était pas, pour leur sang, Un équivalent, ni dans une affaire un pareil 28. (Poème de Hassân en réponse à Abû Sufyân) Hassân ibn Thâbit lui répondit, selon ce qu'a rapporté Ibn Hishâm : Tu as mentionné les chefs illustres de la famille de Hâshim, Mais tu n'es pas, dans ce que tu dis mensongèrement, dans le vrai. T'étonnes-tu que j'aie visé Hamza parmi eux, Un noble, alors que tu l'as appelé noble 29 ? N'ont-ils pas tué 'Amr, 'Utba et son fils, Et Shayba, al-Hajjâj et Ibn Habîb, Le jour où al-'Âsî 30 appela 'Alî, et il l'effraya Par un coup d'épée tranchante qu'il teignit de teinture 31 ? Ibn Ishâq a dit : Ibn Sha'ûb a dit, évoquant son service rendu à Abû Sufyân en le défendant : Sans ma défense, ô Ibn Harb, et ma présence, Tu aurais été trouvé, le jour d'al-Na'f 32, sans réponse 33. Sans que je fasse revenir mon cheval à al-Na'f, les hyènes Auraient hurlé sur toi, ou les chiens de Kalb 34. Ibn Hishâm a dit : Son expression « sur toi, ou les chiens » vient d'autre qu'Ibn Ishâq. (Poème d'al-Hârith en réponse à Abû Sufyân également) Ibn Ishâq a dit : Al-Hârith ibn Hishâm a dit, répondant à Abû Sufyân : Je les ai rétribués un jour, à Badr, de la même manière, Sur un cheval rapide, plein d'ardeur et de jeunesse 35, Près de la plaine de Badr, ou j'aurais laissé des pleureuses Sur toi, sans que tu te soucies de la perte d'un bien-aimé. Si tu avais vu ce qui leur est arrivé, Tu serais revenu avec un cœur, tant que je vis, vide 36. Ibn Hishâm a dit : Al-Hârith ibn Hishâm n'a répondu à Abû Sufyân que parce qu'il pensait qu'il faisait allusion à lui dans son vers : « Mon cheval n'a cessé d'être à l'endroit où le chien est repoussé parmi eux » à cause de la fuite d'al-Hârith le jour de Badr. (Récit d'al-Zubayr sur la cause de la défaite) Ibn Ishâq a dit : Puis Dieu fit descendre Son secours sur les musulmans et leur tint Sa promesse. Ils les tailladèrent avec les épées 37 jusqu'à les repousser du camp, et la défaite fut sans aucun doute. Ibn Ishâq a dit : Yahyâ ibn 'Abbâd ibn 'Abd Allâh ibn al-Zubayr m'a raconté, d'après son père 'Abbâd, d'après 'Abd Allâh ibn al-Zubayr, d'après al-Zubayr, qu'il a dit : Par Dieu, je me suis vu regarder les chevilles de Hind bint 'Utba et de ses compagnes, retroussées et fuyant, sans que rien ne les empêche d'être capturées, ni peu ni beaucoup, Lorsque 38 les archers se tournèrent vers le camp, après que nous eûmes repoussé l'ennemi, et ils laissèrent nos dos exposés à la cavalerie. Nous fûmes alors attaqués par derrière, et un crieur cria : « Ô gens, Muhammad a été tué ! » Alors nous rebroussâmes chemin 39 et l'ennemi se retourna contre nous, après que nous eûmes tué les porte-étendards, au point que personne de l'ennemi n'osait plus s'en approcher. Ibn Hishâm a dit : Le crieur était Azabb al-'Aqaba 40, c'est-à-dire le diable. (Courage de Su'âb et poème de Hassân à ce sujet) Ibn Ishâq a dit : Un savant m'a raconté que l'étendard resta par terre jusqu'à ce que 'Amra bint 'Alqama al-Hârithiyya le prît et le levât pour Quraysh, et il n'y eut personne pour le reprendre 41. L'étendard était avec Su'âb, un esclave des Banû Abî Talha, un Abyssin. Il fut le dernier à le prendre parmi eux ; il combattit avec jusqu'à ce que ses deux mains fussent coupées, puis il s'agenouilla dessus, prit l'étendard avec sa poitrine et son cou, jusqu'à ce qu'il fût tué dessus, en disant : « Ô Dieu, ai-je excusé ? » – c'est-à-dire : ai-je été excusé 42 ? – Alors Hassân ibn Thâbit dit à ce sujet : Vous vous êtes vantés de l'étendard, et quel mauvais sujet de vantardise Qu'un étendard, quand il fut rendu à Su'âb ! Vous avez mis votre orgueil en un esclave, Et le plus vil de ceux qui foulent la poussière de la terre 43. Vous avez pensé – et l'insensé a ses pensées – Et cela n'est en rien de la vérité, Que notre combat 44, le jour de notre rencontre À La Mecque, était votre vente de peaux rouges 45. Ce qui réjouit l'œil, c'est que ses deux mains furent bandées, Mais elles ne furent pas bandées pour une teinture 46. Ibn Hishâm a dit : Le dernier vers est attribué à Abû Khirâsh al-Hudhalî, et Khalaf al-Ahmar me l'a récité comme étant de lui : « Ce qui réjouit l'œil, c'est que ses deux mains furent bandées, Mais elles ne furent pas bandées pour une teinture. » Dans des vers de lui, concernant sa femme, en dehors du récit d'Uhud. Ces vers sont aussi attribués à Ma'qil ibn Khuwaylid al-Hudhalî. (Poème de Hassân sur 'Amra al-Hârithiyya) Ibn Ishâq a dit : Hassân ibn Thâbit a dit, à propos de 'Amra bint 'Alqama al-Hârithiyya et de son lever de l'étendard : Quand des 'Adal 47 furent conduits vers nous, comme Des chevreaux de piège 48, aux sourcils marqués 49, Nous leur infligeâmes des coups meurtriers et dissuasifs, Et nous les cernâmes par les coups de tous côtés. Sans l'étendard d'al-Hârithiyya, ils seraient devenus Vendus sur les marchés comme des captifs 50. Ibn Hishâm a dit : Ces vers font partie de ses poèmes. (Ce que le Messager subit le jour d'Uhud) Ibn Ishâq a dit : Les musulmans furent mis en déroute, et l'ennemi les frappa. Ce fut un jour d'épreuve et de purification, où Dieu honora par le martyre ceux qu'Il voulut parmi les musulmans, jusqu'à ce que l'ennemi atteignît le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. Il fut frappé de pierres 51 jusqu'à tomber sur le côté 52, sa dent incisive fut brisée, son visage fut fendu 53, sa lèvre fut blessée 54, et celui qui le frappa fut 'Utba ibn Abî Waqqâs. Ibn Ishâq a dit : Humayd al-Tawîl m'a raconté, d'après Anas ibn Mâlik, qu'il a dit :
La dent incisive du Prophète 55 — qu'Allah prie sur lui et le salue — fut brisée le jour d'Uhud, et il fut blessé au visage. Le sang se mit à couler sur son visage, et il se mit à essuyer le sang en disant : « Comment un peuple qui a souillé le visage de son Prophète, alors qu'il les appelle à leur Seigneur, pourrait-il réussir ? » Allah — Puissant et Majestueux — révéla alors à ce sujet : « Tu n'as aucune part dans cette affaire, qu'Il accepte leur repentir ou qu'Il les châtie, car ils sont injustes » [Coran 3:128]. Ibn Hishâm dit : Rubayḥ ibn ‘Abd ar-Raḥmān ibn Abī Sa‘īd al-Khudrī rapporta d'après son père, d'après Abū Sa‘īd al-Khudrī, que ‘Utbah ibn Abī Waqqāṣ lança ce jour-là contre le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et brisa sa dent incisive inférieure droite, et blessa sa lèvre inférieure ; que ‘Abd Allāh ibn Shihāb az-Zuhrī le blessa au front ; et qu'Ibn Qumī’a blessa sa joue 56, si bien que deux anneaux de la cotte de mailles 57 pénétrèrent dans sa joue. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — tomba dans l'une des fosses qu'Abū ‘Āmir avait creusées pour que les musulmans y tombent à leur insu. Alors ‘Alī ibn Abī Ṭālib prit la main du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et Ṭalḥa ibn ‘Ubayd Allāh le souleva jusqu'à ce qu'il se tînt debout. Mālik ibn Sinān, père d'Abū Sa‘īd al-Khudrī, suça le sang du visage du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — puis l'avala 58. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit alors : « Celui dont le sang a touché mon sang, le Feu ne l'atteindra pas. » Ibn Hishâm 59 dit : ‘Abd al-‘Azīz ibn Muḥammad ad-Darāwardī rapporta que le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « Que celui qui veut voir un martyr marchant sur la terre regarde Ṭalḥa ibn ‘Ubayd Allāh. » Et il rapporta — c'est-à-dire 60 ‘Abd al-‘Azīz ad-Darāwardī — d'après Isḥāq ibn Yaḥyā ibn Ṭalḥa, d'après ‘Īsā ibn Ṭalḥa, d'après ‘Ā’isha, d'après Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq, qu'Abū ‘Ubayda ibn al-Jarrāḥ retira l'un des deux anneaux du visage du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et sa dent de devant tomba ; puis il retira l'autre, et son autre dent de devant tomba ; ainsi il perdit ses deux dents de devant. (Poème de Ḥassān sur ‘Utbah et ce qu'il infligea au Messager) Ibn Isḥāq dit : Ḥassān ibn Thābit dit à ‘Utbah ibn Abī Waqqāṣ : « Quand Allah rétribuera un groupe pour leurs actes, / Et que le Tout-Miséricordieux, Seigneur des Orients, les châtiera 61, Que mon Seigneur t'humilie, ô ‘Utayb ibn Mālik, / Et qu'Il te fasse subir, avant la mort, l'une des calamités. Tu as tendu ta main droite contre le Prophète délibérément, / Et tu as fait saigner sa bouche ; qu'elle soit tranchée par les éclairs 62 ! N'as-tu donc pas pensé à Allah et à la demeure / Vers laquelle tu iras lors de l'une des catastrophes 63 ? » Ibn Hishâm dit : Nous en avons omis deux vers où il y avait des injures. (Ibn as-Sakan et son exploit le jour d'Uhud) Ibn Isḥāq dit : Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit, lorsque les gens l'assaillirent : « Quel homme vendrait sa vie pour nous ? » — comme me l'a rapporté al-Ḥuṣayn ibn ‘Abd ar-Raḥmān ibn ‘Amr ibn Sa‘d ibn Mu‘ādh, d'après Maḥmūd ibn ‘Amr. Il dit : Alors Ziyād 64 ibn as-Sakan se leva avec cinq hommes des Ansâr — et certains disent qu'il s'agissait de ‘Umāra ibn Yazīd ibn as-Sakan — et ils combattirent pour protéger le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue —, un homme après l'autre, se faisant tuer pour lui, jusqu'à ce que le dernier d'entre eux fût Ziyād ou ‘Umāra. Il combattit jusqu'à ce que les blessures l'eussent immobilisé, puis un groupe 65 de musulmans revint et les repoussa 66 loin de lui. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « Approchez-le de moi. » Ils l'approchèrent de lui, et il lui fit reposer la tête sur son pied. Il mourut, la joue sur le pied du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. (Récit d'Umm Sa‘d sur sa part dans le combat le jour d'Uhud) Ibn Hishâm dit : Umm ‘Umāra, Nusayba bint Ka‘b al-Māziniyya, combattit le jour d'Uhud. Sa‘īd ibn Abī Zayd al-Ansārī rapporta qu'Umm Sa‘d bint Sa‘d ibn ar-Rabī‘ disait : J'entrai chez Umm ‘Umāra et lui dis : « Ô ma tante, raconte-moi ton histoire. » Elle dit : « Je sortis au début de la journée, observant ce que faisaient les gens, avec une outre d'eau. J'arrivai auprès du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — alors qu'il était avec ses compagnons, et la victoire et le vent 67 étaient pour les musulmans. Quand les musulmans furent mis en déroute, je me dirigeai vers le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et me mis à combattre directement, à le défendre avec l'épée, à tirer à l'arc, jusqu'à ce que les blessures m'atteignent. » Elle dit : Je vis sur son épaule une blessure profonde et creuse. Je dis : « Qui t'a fait cela ? » Elle dit : « Ibn Qumī’a — qu'Allah l'humilie 68 ! — Quand les gens tournèrent le dos au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — il s'avança en disant : « Indiquez-moi Muḥammad, que je ne sois pas sauvé s'il est sauvé ! » Je me dressai devant lui, moi et Muṣ‘ab ibn ‘Umayr, ainsi que quelques-uns de ceux qui étaient restés avec le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. Il me porta ce coup, mais je le frappai à mon tour plusieurs fois. Cependant, l'ennemi d'Allah portait deux cottes de mailles. » (Abū Dujāna et Ibn Abī Waqqāṣ protègent le Messager) Ibn Isḥāq dit : Abū Dujāna se fit un bouclier de lui-même devant le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue —, les flèches tombant sur son dos tandis qu'il était penché sur lui, jusqu'à ce qu'il fût couvert de flèches. Sa‘d ibn Abī Waqqāṣ tira pour protéger le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. Sa‘d dit : Je le vis me tendre les flèches en disant : « Tire, que mon père et ma mère soient sacrifiés pour toi ! » Au point qu'il me tendait une flèche sans pointe en disant : « Tire-la. » (L'exploit de Qatāda et l'histoire de son œil) Ibn Isḥāq dit : ‘Āṣim ibn ‘Umar ibn Qatāda me rapporta que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — tira avec son arc jusqu'à ce que sa corde se brisât 69. Qatāda ibn an-Nu‘mān la prit, et elle resta chez lui. Ce jour-là, l'œil de Qatāda ibn an-Nu‘mān fut atteint, au point qu'il tomba sur sa joue. Ibn Isḥāq dit : ‘Āṣim ibn ‘Umar ibn Qatāda me rapporta que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — le remit en place de sa main, et il devint le plus beau et le plus perçant de ses yeux. (L'histoire d'Anas ibn an-Naḍr) Ibn Isḥāq dit : Al-Qāsim ibn ‘Abd ar-Raḥmān ibn Rāfi‘, frère des Banū ‘Adī ibn an-Najjār, me rapporta qu'Anas ibn an-Naḍr, oncle d'Anas ibn Mālik, arriva auprès de ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb et Ṭalḥa ibn ‘Ubayd Allāh, parmi des hommes des Muhâjirûn et des Ansâr, qui avaient baissé les bras. Il dit : « Qu'est-ce qui vous fait rester assis ? » Ils dirent : « Le Messager d'Allah a été tué. » Il dit : « Que ferez-vous de la vie après lui ? Levez-vous 70 et mourez sur ce pour quoi le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — est mort. » Puis il se dirigea vers les gens, combattit jusqu'à être tué. Et c'est de lui qu'Anas ibn Mālik tient son nom. Ibn Isḥāq dit : Ḥumayd aṭ-Ṭawīl me rapporta d'après Anas ibn Mālik, qui dit : Nous trouvâmes sur Anas ibn an-Naḍr, ce jour-là, soixante-dix blessures ; on ne le reconnut que grâce à sa sœur, qui le reconnut à ses doigts. (Ce qu'endura Ibn ‘Awf comme blessures) Ibn Hishâm dit : Un savant me rapporta que ‘Abd ar-Raḥmān ibn ‘Awf eut la bouche blessée ce jour-là, au point que ses dents de devant furent brisées 71, et il reçut vingt blessures ou plus, dont certaines à la jambe, ce qui le rendit boiteux. (Le premier à reconnaître le Messager après la déroute)
Ibn Isḥāq a dit : Le premier à reconnaître l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — après la déroute, alors que les gens disaient : « L’Envoyé d’Allah a été tué », fut, comme me l’a rapporté Ibn Shihāb al-Zuhrī, Ka‘b ibn Mālik. Il dit : Je reconnus ses deux yeux qui brillaient 72 sous le heaume, et je criai de toute ma voix : « Ô communauté des musulmans, réjouissez-vous ! Voici l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue. » L’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — me fit signe de me taire. Ibn Isḥāq a dit : Lorsque les musulmans reconnurent l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — ils se levèrent avec lui, et il se leva avec eux en direction du ravin, accompagné d’Abū Bakr al-Ṣiddīq, de ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb, de ‘Alī ibn Abī Ṭālib, de Ṭalḥa ibn ‘Ubayd Allāh, d’al-Zubayr ibn al-‘Awwām — qu’Allah les agrée — d’al-Ḥārith ibn al-Ṣimma et d’un groupe de musulmans. (Meurtre d’Ubayy ibn Khalaf) (Ibn Isḥāq) a dit : Lorsque l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — eut trouvé refuge dans le ravin, Ubayy ibn Khalaf le rattrapa en disant : « Ô Muhammad, je ne serai pas sauvé si tu es sauvé ! » Les gens dirent : « Ô Envoyé d’Allah, un homme parmi nous va-t-il se tourner contre lui ? » L’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — dit : « Laissez-le. » Lorsqu’il s’approcha, l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — prit la lance des mains d’al-Ḥārith ibn al-Ṣimma. Certains des gens disent, d’après ce qui m’a été rapporté : Lorsqu’il la prit de lui, il la secoua d’une secousse telle que nous nous éparpillâmes loin de lui comme des mouches 73 sur le dos d’un chameau lorsqu’il se secoue. — Ibn Hishām a dit : al-sha‘rā’ est une mouche qui pique. — Puis il lui fit face et le frappa au cou d’un coup qui le fit tomber de son cheval à plusieurs reprises. Ibn Hishām a dit : tada’da’a signifie qu’il tomba de son cheval et se mit à rouler. Ibn Isḥāq a dit : Ubayy ibn Khalaf, comme me l’a rapporté Ṣāliḥ ibn Ibrāhīm ibn ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Awf, rencontrait l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — à La Mecque et disait : « Ô Muhammad, j’ai une jument 74 que je nourris chaque jour d’un faraq 75 de maïs, et je te tuerai sur elle. » L’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — disait : « C’est moi qui te tuerai, si Allah le veut. » Lorsqu’il retourna vers Quraysh, avec une égratignure au cou, sans gravité, le sang s’accumula, et il dit : « Par Allah, Muhammad m’a tué ! » Ils lui dirent : « Par Allah, tu as perdu la raison ! Par Allah, tu n’as rien de grave. » Il dit : « Il m’avait dit à La Mecque : “C’est moi qui te tuerai.” Par Allah, s’il avait craché sur moi, il m’aurait tué. » Et l’ennemi d’Allah mourut à Sarif 76 alors qu’ils le ramenaient à La Mecque. (Poème de Ḥassān sur le meurtre d’Ubayy ibn Khalaf) Ibn Isḥāq a dit : Ḥassān ibn Thābit dit à ce sujet : « Il a hérité de l’égarement de son père, Ubayy, le jour où l’Envoyé l’affronta. Tu vins à lui portant un os pourri, et tu le menaçais, alors que tu étais ignorant de lui 77. Les Banū al-Najjār ont tué parmi vous Umayya, lorsqu’il implorait : “Ô ‘Aqīl !” 78 Et périssent les deux fils de Rabī‘a lorsqu’ils obéirent à Abū Jahl, que leur mère soit privée d’enfants 79 ! Et Ḥārith s’échappa quand nous fûmes occupés à capturer le peuple, sa parenté 80 est une nuit. » Ibn Hishām a dit : usratuhu signifie sa tribu. Ḥassān ibn Thābit dit aussi à ce sujet : « Ô quelqu’un qui transmet de moi à Ubayy : tu as été jeté dans les profondeurs du Brasier 81 ! Tu as espéré dans l’égarement de loin, et tu as juré que tu pourrais 82 avec les vœux. Ton souhait de choses lointaines, et la parole de mécréance qui retourne dans la tromperie. Car t’a atteint la blessure d’un homme jaloux de son honneur, noble de maison, sans turpitude 83, Qui a une supériorité sur tous les vivants, quand surviennent les calamités. » (Arrivée de l’Envoyé au ravin) (Ibn Isḥāq) a dit : Lorsque l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — arriva à l’entrée du ravin, ‘Alī ibn Abī Ṭālib sortit, remplit son bouclier d’eau du Mihrās 84, et l’apporta à l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — pour qu’il en boive. Mais il en trouva une odeur, la répugna 85, n’en but pas, lava le sang de son visage et en versa sur sa tête, en disant : « La colère d’Allah s’est intensifiée contre celui qui a ensanglanté le visage de Son Prophète. » (Désir d’Ibn Abī Waqqāṣ de tuer ‘Utba) Ibn Isḥāq a dit : Ṣāliḥ ibn Kaysān m’a rapporté d’après quelqu’un qui le tenait de Sa‘d ibn Abī Waqqāṣ, que celui-ci disait : « Par Allah, je n’ai jamais désiré tuer un homme autant que j’ai désiré tuer ‘Utba ibn Abī Waqqāṣ, bien qu’à ma connaissance il fût de mauvais caractère et détesté dans son peuple. Mais la parole de l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — m’a suffi : “La colère d’Allah s’est intensifiée contre celui qui a ensanglanté le visage de Son Envoyé.” » (Montée de Quraysh sur la montagne et combat de ‘Umar contre eux) Ibn Isḥāq a dit : Alors que l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — était dans le ravin avec ce groupe de ses Compagnons, un groupe de Quraysh monta sur la montagne. Ibn Hishām a dit : À la tête de cette cavalerie se trouvait Khālid ibn al-Walīd. Ibn Isḥāq a dit : L’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — dit : « Ô Allah, il ne convient pas qu’ils nous dominent ! » Alors ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb et un groupe d’Émigrés avec lui combattirent jusqu’à les faire descendre de la montagne. (Faiblesse de l’Envoyé à se lever et aide de Ṭalḥa) Ibn Isḥāq a dit : L’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — se dirigea vers un rocher de la montagne pour y monter. Or l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — avait pris de l’embonpoint 86 et portait deux cottes de mailles superposées. Lorsqu’il voulut se lever — qu’Allah prie sur lui et le salue — il n’y parvint pas. Alors Ṭalḥa ibn ‘Ubayd Allāh s’assit sous lui, et il se leva avec lui jusqu’à ce qu’il fût stable sur le rocher. L’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — dit alors, comme me l’a rapporté Yaḥyā ibn ‘Abbād ibn ‘Abd Allāh ibn al-Zubayr, d’après son père, d’après ‘Abd Allāh ibn al-Zubayr, d’après al-Zubayr : « J’ai entendu l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — dire ce jour-là : “Ṭalḥa a mérité 87 lorsqu’il a fait pour l’Envoyé d’Allah ce qu’il a fait.” » Ibn Hishām a dit : Il m’est parvenu d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbās, que l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — n’atteignit pas la plate-forme construite dans le ravin. (Prière de l’Envoyé assis) Ibn Hishām a dit : ‘Amr ibn Ghufra mentionna que le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — pria le zuhr le jour d’Uḥud assis, à cause des blessures qu’il avait reçues, et les musulmans prièrent derrière lui assis. (Meurtre d’al-Yamān et d’Ibn Waqsh) Ibn Isḥāq a dit : Les gens avaient fui l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — au point que certains d’entre eux atteignirent al-Munaqqā, en deçà d’al-A‘waṣ 88. Ibn Isḥāq a dit : ‘Āṣim ibn ‘Umar ibn Qatāda m’a rapporté d’après Maḥmūd ibn Labīd, qui dit : Lorsque l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — sortit pour Uḥud, Ḥusayl ibn Jābir — c’est al-Yamān 89, père de Ḥudhayfa 90 ibn al-Yamān — et Thābit ibn Waqsh restèrent dans les forteresses avec les femmes et les enfants. L’un d’eux dit à son compagnon — ils étaient deux vieillards avancés en âge : « Qu’as-tu, que ton père perde ? Qu’attends-tu ? Par Allah, il ne reste à aucun de nous de sa vie que le temps d’une traite 91 d’âne. Nous ne sommes que des têtes 92 aujourd’hui ou demain. Ne prendrions-nous pas nos épées, puis ne rejoindrions-nous pas l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue —, peut-être qu’Allah nous accordera le martyre auprès de l’Envoyé d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue ? » Ils prirent leurs épées, puis sortirent jusqu’à entrer dans les rangs des gens, sans qu’on les remarquât. Quant à Thābit ibn Waqsh, les associateurs le tuèrent. Quant à Ḥusayl ibn Jābir, les épées des musulmans se croisèrent sur lui et ils le tuèrent sans le reconnaître 93. Alors Ḥudhayfa dit : « Mon père 94 ! » Ils dirent : « Par Allah, nous ne l’avons pas reconnu », et ils dirent vrai. Ḥudhayfa dit : « Qu’Allah vous pardonne, car Il est le plus Miséricordieux des miséricordieux. »
des miséricordieux. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) voulut lui verser le prix du sang, mais Hudhayfa fit aumône de son prix du sang aux musulmans, ce qui accrut sa valeur auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui). (Le meurtre de Hâtib et le propos de son père) : Ibn Ishâq dit : 'Âsim ibn 'Umar ibn Qatâda me raconta qu'un homme parmi eux, appelé Hâtib ibn Umayya ibn Râfi', avait un fils nommé Yazîd ibn Hâtib. Celui-ci fut blessé le jour d'Uhud et on l'amena dans la demeure de son clan alors qu'il était mourant. Les gens de la maison se rassemblèrent autour de lui, et les musulmans, hommes et femmes, lui disaient : « Réjouis-toi, ô fils de Hâtib, du Paradis ! » Or Hâtib était un vieillard endurci dans la jâhiliyya 95, et ce jour-là son hypocrisie se manifesta. Il dit : « Par quoi lui annoncez-vous la bonne nouvelle ? Par un Paradis de harmal 96 ! Par Allah, vous avez trompé ce garçon sur lui-même. » (Le meurtre de Quzmân, hypocrite comme le Prophète l'avait annoncé) : Ibn Ishâq dit : 'Âsim ibn 'Umar ibn Qatâda me raconta : Il y avait parmi nous un homme venu 97 dont on ne savait de qui il était, appelé Quzmân. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) disait, lorsqu'on le mentionnait : « Il est parmi les gens du Feu. » Le jour d'Uhud, il combattit farouchement, tua à lui seul huit ou sept polythéistes, et était un homme vaillant. Mais il fut blessé grièvement et transporté dans la demeure des Banû Zafar. Des hommes parmi les musulmans lui disaient : « Par Allah, tu as bien combattu aujourd'hui, ô Quzmân ! Réjouis-toi ! » Il répondit : « De quoi me réjouirais-je ? Par Allah, je n'ai combattu que pour l'honneur de mon clan ; sans cela, je n'aurais pas combattu. » Lorsque sa blessure devint insupportable, il prit une flèche de son carquois et se tua avec. (Le meurtre de Mukhayrîq) : Ibn Ishâq dit : Parmi ceux qui furent tués le jour d'Uhud se trouvait Mukhayrîq, l'un des Banû Tha'laba ibn al-Fityawn. Le jour d'Uhud, il dit : « Ô assemblée de Juifs, par Allah, vous savez que secourir Muhammad est un devoir pour vous. » Ils dirent : « Aujourd'hui est le jour du Sabbat. » Il dit : « Il n'y a pas de Sabbat pour vous. » Il prit son épée et son équipement, et dit : « Si je suis tué, mes biens reviennent à Muhammad, qui en fera ce qu'il voudra. » Puis il se rendit auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui), combattit à ses côtés jusqu'à être tué. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) dit, selon ce qui nous est parvenu : « Mukhayrîq est le meilleur des Juifs. » (L'affaire d'al-Hârith ibn Suwayd) : Ibn Ishâq dit : Al-Hârith ibn Suwayd ibn Sâmit était un hypocrite. Il sortit le jour d'Uhud avec les musulmans. Lorsque les deux armées se rencontrèrent, il se jeta sur al-Mujadhdhar ibn Dhiyâd al-Balawî et Qays ibn Zayd, l'un des Banû Dubay'a, et les tua. Puis il rejoignit les Quraysh à La Mecque. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui), selon ce qu'ils rapportent, avait ordonné à 'Umar ibn al-Khattâb de le tuer s'il l'attrapait, mais il lui échappa et resta à La Mecque. Ensuite, il envoya un message à son frère al-Julâs ibn Suwayd pour demander le repentir afin de revenir vers son clan. Allah le Très-Haut révéla à son sujet, selon ce qui m'est parvenu d'après Ibn 'Abbâs : « Comment Allah guiderait-Il un peuple qui a mécru après avoir cru, et qui a témoigné que le Messager est vrai et que les preuves leur sont venues ? Et Allah ne guide pas les gens injustes [3:86] » jusqu'à la fin de l'histoire. (Vérification d'Ibn Hishâm sur celui qui tua al-Mujadhdhar) : Ibn Hishâm dit : Un homme de science digne de confiance m'a raconté qu'al-Hârith ibn Suwayd tua al-Mujadhdhar ibn Dhiyâd, et non Qays ibn Zayd. La preuve en est qu'Ibn Ishâq ne le mentionne pas parmi les tués d'Uhud. Il tua al-Mujadhdhar parce que ce dernier avait tué son père Suwayd lors d'une des guerres entre les Aws et les Khazraj, comme nous l'avons mentionné précédemment dans ce livre. Alors que le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) se trouvait avec un groupe de ses Compagnons, al-Hârith ibn Suwayd sortit de l'un des jardins de Médine, vêtu de deux vêtements teints en rouge 98. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) ordonna à 'Uthmân ibn 'Affân, ou dit-on à un Ansâr, de lui trancher la tête. Ibn Ishâq dit : Suwayd ibn Sâmit fut tué par traîtrise par Mu'âdh ibn 'Afrâ', qui le tua d'une flèche en dehors d'une guerre, avant le jour de Bu'âth. (L'affaire d'Usayrim) : Ibn Ishâq dit : Al-Husayn ibn 'Abd ar-Rahmân ibn 'Amr ibn Sa'd ibn Mu'âdh m'a raconté d'après Abû Sufyân, affranchi d'Ibn Abî Ahmad, d'après Abû Hurayra, qui disait : « Parlez-moi d'un homme qui entra au Paradis sans avoir jamais prié. » Si les gens ne le connaissaient pas, ils demandaient : « Qui est-ce ? » Il répondait : « Usayrim des Banû 'Abd al-Ashhal, 'Amr ibn Thâbit ibn Waqsh. » Al-Husayn dit : Je dis à Mahmûd ibn Asad : « Quelle était l'histoire d'Usayrim ? » Il dit : Il refusait l'islam à son clan. Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) sortit pour Uhud, il lui vint à l'esprit d'embrasser l'islam, et il le fit. Puis il prit son épée, courut jusqu'à se mêler aux rangs des gens, et combattit jusqu'à être grièvement blessé. Alors que des hommes des Banû 'Abd al-Ashhal cherchaient leurs morts sur le champ de bataille, ils le trouvèrent. Ils dirent : « Par Allah, c'est Usayrim ! Qu'est-ce qui l'a amené ? Nous l'avions laissé alors qu'il rejetait cette religion. » Ils lui demandèrent ce qui l'avait amené : « Qu'est-ce qui t'a amené, ô 'Amr ? Est-ce par zèle pour ton clan ou par désir pour l'islam ? » Il dit : « Plutôt par désir pour l'islam. J'ai cru en Allah et en Son Messager, j'ai embrassé l'islam, puis j'ai pris mon épée et je suis parti avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui). J'ai combattu jusqu'à ce que ce qui m'a atteint m'atteigne. » Puis il mourut peu après entre leurs mains. Ils en parlèrent au Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui), qui dit : « Il est parmi les gens du Paradis. » (Le meurtre de 'Amr ibn al-Jamûh) : Ibn Ishâq dit : Mon père Ishâq ibn Yasâr m'a raconté d'après des cheikhs des Banû Salima que 'Amr ibn al-Jamûh était un homme très boiteux. Il avait quatre fils, pareils à des lions, qui assistaient avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) aux expéditions. Le jour d'Uhud, ils voulurent le retenir et lui dirent : « Allah le Très-Haut t'a excusé. » Il vint au Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) et dit : « Mes fils veulent me retenir de cette expédition et de sortir avec toi. Par Allah, j'espère fouler de mon pied boiteux le Paradis. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) dit : « Quant à toi, Allah t'a excusé ; il n'y a pas de djihad pour toi. » Et il dit à ses fils : « Vous n'avez pas à l'en empêcher ; peut-être Allah lui accordera-t-il le martyre. » Il sortit donc avec lui et fut tué le jour d'Uhud 99. (Hind et sa mutilation de Hamza) : Ibn Ishâq dit : Hind bint 'Utba, comme me l'a raconté Sâlih ibn Kaysân, et les femmes qui étaient avec elle, se mirent à mutiler les morts parmi les Compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui), coupant les oreilles et les nez, au point que Hind se fit des bracelets 100 et des colliers avec les oreilles et les nez des hommes. Elle donna ses bracelets, ses colliers et ses boucles d'oreilles à Wahshî, l'esclave de Jubayr ibn Mut'im. Elle ouvrit 101 le foie de Hamza, le mâcha 102 sans pouvoir l'avaler 103, puis le recracha 104. Ensuite, elle monta sur un rocher élevé et cria à pleine voix : « Nous vous avons récompensés pour le jour de Badr, Et la guerre après la guerre est ardente 105. Je n'ai eu aucun répit pour 'Utba, Ni pour mon frère, son oncle et Bakr. J'ai assouvi mon âme et accompli mon vœu. Wahshî a guéri la brûlure de ma poitrine 106. Que Wahshî soit remercié par moi toute ma vie, Jusqu'à ce que mes os pourrissent dans ma tombe 107. » (Poème de Hind bint Uthâtha en réponse à Hind bint 'Utba) : Hind bint Uthâtha ibn 'Abbâd ibn al-Muttalib lui répondit :
J'ai été humilié à Badr et après Badr... Ô fils d'un grand mécréant 108. Que Dieu te frappe au matin de l'aube... avec deux longues et brillantes lances 109. Avec chaque épée tranchante qui fend... Hamza est mon lion et Ali mon faucon. Quand Shayba et ton père ont voulu me trahir... ils ont teint de sang les côtés de son cou 110. Et ton mauvais vœu est le pire des vœux. Ibn Hisham dit : Nous en avons omis trois vers qui étaient obscènes. (Poésie de Hind bint Utba également) : Ibn Ishaq dit : Hind bint Utba dit aussi : J'ai assouvi ma vengeance contre Hamza à Uhud... jusqu'à ce que j'aie ouvert son ventre pour le foie. Cela a dissipé ce que je ressentais... de la brûlure du chagrin intense et constant 111. Et la guerre vous frappe avec une pluie froide... elle avance sur vous comme des lions 112. (Incitation de Umar à Hassan pour satiriser Hind bint Utba) : Ibn Ishaq dit : Salih ibn Kaysan m'a raconté qu'on lui a rapporté que Umar ibn al-Khattab dit à Hassan ibn Thabit : Ô fils d'al-Furay'a 113 - Ibn Hisham dit : al-Furay'a est la fille de Khalid ibn Khunays, et on dit Khunays ibn Haritha ibn Lawdhan ibn Abd Wudd ibn Zayd ibn Tha'laba ibn al-Khazraj ibn Sa'ida ibn Ka'b ibn al-Khazraj - si tu entendais ce que dit Hind, et que tu voyais son insolence 114 debout sur un rocher en train de déclamer contre nous, et mentionner ce qu'elle a fait à Hamza ? Hassan lui dit : Par Dieu, je regardais la lance tomber alors que j'étais au sommet de Fari' 115 - c'est-à-dire sa forteresse - et je me suis dit : Par Dieu, cette arme n'est pas une arme arabe, et il semble qu'elle tombe sur Hamza sans que je le sache, mais fais-moi entendre une partie de ses paroles, je te la réglerai. Il dit : Alors Umar ibn al-Khattab lui récita une partie de ce qu'elle avait dit, et Hassan ibn Thabit dit : La maudite 116 a montré, et c'était sa coutume... la bassesse quand elle montre avec la mécréance 117. Ibn Hisham dit : Ce vers fait partie de ses poèmes que nous avons omis, ainsi que d'autres vers sur la lettre dal, et d'autres vers sur la lettre dhal, car ils étaient obscènes. (Réprobation d'al-Hulays envers Abu Sufyan pour sa mutilation de Hamza) : Ibn Ishaq dit : Al-Hulays ibn Zabban, frère des Banu al-Harith ibn Abd Manat, qui était alors le chef des Ahabish 118, passa par Abu Sufyan alors qu'il frappait la joue de Hamza ibn Abd al-Muttalib avec le fer de la lance en disant : Goûte, ô rebelle 119 ! Al-Hulays dit : Ô Banu Kinana, est-ce que le chef de Quraysh fait à son cousin ce que vous voyez, de la chair 120 ? Il dit : Malheur à toi ! Cache cela pour moi, car c'était une erreur. (Jubilation d'Abu Sufyan envers les musulmans après Uhud et son entretien avec Umar) : Puis Abu Sufyan ibn Harb, quand il voulut partir, monta sur la montagne, puis cria à pleine voix : Tu as bien agi, ô Fâl 121 ! Et la guerre est une alternance 122, un jour pour un jour. Élève Hubal 123, c'est-à-dire rends ta religion manifeste. Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, dit : Lève-toi, ô Umar, et réponds-lui, et dis : Dieu est plus élevé et plus grand, ils ne sont pas égaux 124 : nos morts sont au Paradis, et vos morts sont en Enfer. Quand Umar répondit à Abu Sufyan, Abu Sufyan lui dit : Viens à moi, ô Umar. Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, dit à Umar : Va à lui et vois ce qu'il veut. Il vint à lui, et Abu Sufyan lui dit : Je te conjure par Dieu, ô Umar, avons-nous tué Muhammad ? Umar dit : Ô Dieu, non, et il entend maintenant tes paroles. Il dit : Tu es plus véridique à mes yeux qu'Ibn Qami'a 125 et plus pieux, car Ibn Qami'a leur a dit : J'ai tué Muhammad. Ibn Hisham dit : Le nom d'Ibn Qami'a est Abd Allah. (Menace d'Abu Sufyan envers les musulmans) : Ibn Ishaq dit : Puis Abu Sufyan appela : Il y a eu des mutilations parmi vos morts. Par Dieu, je n'ai été ni satisfait ni mécontent, je n'ai ni interdit ni ordonné. Quand Abu Sufyan et ceux qui étaient avec lui partirent, il appela : Votre rendez-vous est à Badr l'année prochaine. Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, dit à un de ses compagnons : Dis : Oui, c'est un rendez-vous entre nous et vous. (Sortie d'Ali à la poursuite des associateurs) : Puis le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, envoya Ali ibn Abi Talib et dit : Sors à la poursuite des gens, et regarde ce qu'ils font et ce qu'ils veulent. S'ils ont mis les chevaux de côté 126 et monté les chameaux, alors ils veulent aller à La Mecque. Et s'ils montent les chevaux et mènent les chameaux, alors ils veulent Médine. Par Celui qui tient mon âme en Sa main, s'ils la veulent, je marcherai certainement contre eux là-bas, puis je les combattrai. Ali dit : Je sortis à leur poursuite pour voir ce qu'ils faisaient. Ils mirent les chevaux de côté, montèrent les chameaux et se dirigèrent vers La Mecque. (Passage des morts à Uhud) : Les gens s'occupèrent de leurs morts. Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, dit, comme me l'a raconté Muhammad ibn Abd Allah ibn Abd al-Rahman ibn Abi Sa'sa'a al-Mazini, frère des Banu al-Najjar : Qui est l'homme qui peut voir pour moi ce qu'a fait Sa'd ibn al-Rabi' ? Est-il parmi les vivants ou parmi les morts ? Un homme parmi les Ansar 127 dit : Je vais voir pour toi, ô Messager de Dieu, ce qu'a fait Sa'd. Il regarda et le trouva blessé parmi les morts, avec un souffle de vie. Il dit : Je lui dis : Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, m'a ordonné de voir si tu es parmi les vivants ou parmi les morts. Il dit : Je suis parmi les morts. Transmets le salut de ma part au Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, et dis-lui : Sa'd ibn al-Rabi' te dit : Que Dieu te récompense pour nous du meilleur dont Il a récompensé un prophète pour sa communauté. Et transmets le salut de ma part à ton peuple et dis-leur : Sa'd ibn al-Rabi' vous dit : Vous n'avez aucune excuse auprès de Dieu si votre Prophète, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, est atteint alors qu'il y a parmi vous un œil qui cligne 128. Il dit : Puis je ne bougeai pas jusqu'à ce qu'il meure. Il dit : Je vins au Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, et l'informai de son histoire. Ibn Hisham dit : Abu Bakr al-Zubayri m'a raconté qu'un homme entra chez Abu Bakr al-Siddiq, alors qu'une fille de Sa'd ibn al-Rabi', une petite fille, était sur sa poitrine, il la suçait 129 et l'embrassait. L'homme lui dit : Qui est celle-ci ? Il dit : C'est la fille d'un homme meilleur que moi, Sa'd ibn al-Rabi', qui fut parmi les représentants 130 le jour d'al-Aqaba, assista à Badr et fut martyrisé le jour d'Uhud. (Chagrin du Messager pour Hamza et sa menace de mutilation envers les associateurs) : Ibn Ishaq dit : Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, sortit, selon ce qui m'est parvenu, cherchant Hamza ibn Abd al-Muttalib. Il le trouva dans le fond de la vallée, le ventre ouvert jusqu'au foie, et mutilé : on lui avait coupé le nez et les oreilles. Muhammad ibn Ja'far ibn al-Zubayr m'a raconté que le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, dit quand il vit ce qu'il vit : N'eût été que Safiyya 131 s'afflige et que cela devienne une tradition après moi, je l'aurais laissé jusqu'à ce qu'il soit dans les ventres des bêtes et les jabots des oiseaux. Et si Dieu me donne la victoire sur Quraysh en quelque lieu, je mutilerai certainement trente hommes d'entre eux. Quand les musulmans virent le chagrin du Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, et sa colère contre ceux qui avaient fait à son oncle ce qu'ils avaient fait, ils dirent : Par Dieu, si Dieu nous donne la victoire sur eux un jour, nous les mutilerons d'une mutilation que personne parmi les Arabes n'a jamais faite. Ibn Hisham dit : Quand le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, s'arrêta devant Hamza, il dit :
Je ne serai jamais frappé par une calamité semblable à la tienne ! Je ne me suis jamais trouvé dans une situation qui m'ait été plus odieuse que celle-ci ! Puis il dit : Gabriel est venu à moi et m'a informé que Hamza ibn 'Abd al-Muttalib est inscrit parmi les habitants des sept cieux : Hamza ibn 'Abd al-Muttalib, le Lion d'Allah et le Lion de Son Messager. Or, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), Hamza et Abou Salama ibn 'Abd al-Assad étaient frères de lait, allaités par une esclave affranchie d'Abou Lahab 132. (Ce qui a été révélé concernant l'interdiction de la mutilation 133) : Ibn Ishaq dit : Buraida ibn Sufyan ibn Farwa al-Aslami m'a raconté, d'après Muhammad ibn Ka'b al-Qurazi, et quelqu'un en qui j'ai confiance m'a raconté, d'après Ibn 'Abbas, qu'Allah (Puissant et Majestueux) a révélé à ce sujet, à propos de la parole du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) et de ses Compagnons : « Et si vous punissez, punissez de la même manière que vous avez été punis. Mais si vous êtes patients, cela est bien meilleur pour les patients. Sois patient ! Et ta patience ne vient que d'Allah. Ne t'afflige pas à cause d'eux et ne sois pas angoissé par leurs manœuvres. » Alors le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) pardonna, patienta et interdit la mutilation. Ibn Ishaq dit : Humaid at-Tawil m'a raconté, d'après al-Hasan, d'après Samura ibn Jundub, qui a dit : Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ne s'est jamais levé dans un lieu pour le quitter sans nous ordonner de faire l'aumône et nous interdire la mutilation 134. (La prière du Messager sur Hamza et les tués) : Ibn Ishaq dit : Quelqu'un en qui j'ai confiance m'a raconté, d'après Miqsam, l'affranchi de 'Abd Allah ibn al-Harith, d'après Ibn 'Abbas, qui a dit : Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ordonna qu'on recouvre Hamza d'un manteau 135, puis il pria sur lui, en faisant sept takbirs 136. Ensuite, on apporta les tués et on les plaça près de Hamza ; il pria sur eux et sur lui avec eux, jusqu'à ce qu'il ait prié sur lui soixante-douze prières 137. (Safiyya et son chagrin pour Hamza) : Ibn Ishaq dit : Safiyya bint 'Abd al-Muttalib, selon ce qui m'est parvenu, vint pour le voir ; il était son frère germain. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit à son fils az-Zubayr ibn al-'Awwam : « Va à sa rencontre et fais-la revenir, qu'elle ne voie pas ce qui est arrivé à son frère. » Il lui dit : « Ô mère, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) t'ordonne de revenir. » Elle dit : « Pourquoi ? Il m'est parvenu que mon frère a été mutilé, et cela pour Allah. Qu'Allah nous agrée ce qui est arrivé ! Je compterai sur la récompense et je patienterai, si Allah le veut. » Quand az-Zubayr vint au Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) et l'en informa, il dit : « Laisse-la aller. » Elle vint donc, le regarda, pria sur lui, prononça la formule de retour à Allah 138 et implora le pardon pour lui. Puis le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ordonna qu'on l'enterre. (L'enterrement de 'Abd Allah ibn Jahsh avec Hamza) : Il dit : La famille de 'Abd Allah ibn Jahsh – il était le fils d'Umayma bint 'Abd al-Muttalib, et Hamza était son oncle maternel ; il avait été mutilé comme Hamza, sauf qu'on ne lui avait pas ouvert le ventre pour lui arracher le foie – prétend que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) l'enterra avec Hamza dans sa tombe. Je n'ai entendu cela que de sa famille. (L'enterrement des martyrs) : Ibn Ishaq dit : Certains musulmans avaient transporté leurs morts à Médine et les y avaient enterrés. Puis le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) interdit cela et dit : « Enterrez-les là où ils sont tombés. » Ibn Ishaq dit : Muhammad ibn Muslim az-Zuhri m'a raconté, d'après 'Abd Allah ibn Tha'laba ibn Su'ayr al-'Udhri, allié des Banu Zuhra, que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), lorsqu'il se pencha sur les tués le jour d'Uhud, dit : « Je suis témoin pour ceux-ci. Il n'y a aucun blessé qui soit blessé dans le chemin d'Allah sans qu'Allah ne le ressuscite au Jour de la Résurrection, sa blessure saignant ; la couleur est celle du sang, mais l'odeur est celle du musc. Regardez lequel d'entre eux a le plus de Coran en mémoire, et placez-le en tête de ses compagnons dans la tombe. » – Ils enterraient deux ou trois personnes dans une même tombe. Il dit : Mon oncle Musa ibn Yasar m'a raconté qu'il a entendu Abou Hourayra dire : Abou al-Qasim (sur lui la paix et le salut) a dit : « Il n'y a aucun blessé qui soit blessé dans le chemin d'Allah sans qu'Allah ne le ressuscite au Jour de la Résurrection, sa blessure saignant ; la couleur est celle du sang, mais l'odeur est celle du musc. » Ibn Ishaq dit : Mon père Ishaq ibn Yasar m'a raconté, d'après des cheikhs des Banu Salama, que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit ce jour-là, lorsqu'il ordonna l'enterrement des tués : « Regardez 'Amr ibn al-Jamuh et 'Abd Allah ibn 'Amr ibn Haram ; ils étaient liés d'amitié dans ce monde ; mettez-les dans une même tombe. » (Le chagrin de Hamna pour Hamza) : Ibn Ishaq dit : Puis le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) repartit vers Médine. Hamna bint Jahsh le rencontra, selon ce qui m'a été rapporté. Quand elle rencontra les gens, on lui annonça la mort de son frère 'Abd Allah ibn Jahsh ; elle prononça la formule de retour à Allah et implora le pardon pour lui. Puis on lui annonça la mort de son oncle maternel Hamza ibn 'Abd al-Muttalib ; elle prononça la formule de retour à Allah et implora le pardon pour lui. Puis on lui annonça la mort de son mari Mus'ab ibn 'Umayr ; elle cria et se lamenta ! Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit : « Le mari d'une femme tient vraiment une grande place pour elle ! » en voyant sa retenue à l'annonce de son frère et de son oncle, et ses cris pour son mari. (Les pleurs des femmes des Ansars 139 sur Hamza) : Ibn Ishaq dit : Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) passa par une maison des Ansars, parmi les Banu 'Abd al-Ashhal et Zafar, et entendit les pleurs et les lamentations sur leurs morts. Les yeux du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) versèrent des larmes, il pleura, puis dit : « Mais Hamza, lui, n'a personne pour le pleurer ! » Quand Sa'd ibn Mu'adh et Usayd ibn Hudayr retournèrent à la maison des Banu 'Abd al-Ashhal, ils ordonnèrent à leurs femmes de se ceindre 140, puis d'aller pleurer sur l'oncle du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). Ibn Ishaq dit : Hakim ibn Hakim m'a raconté, d'après 'Abbad ibn Hunayf, d'après certains hommes des Banu 'Abd al-Ashhal, qui a dit : Quand le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) entendit leurs pleurs sur Hamza, il sortit vers elles alors qu'elles pleuraient sur lui à la porte de sa mosquée, et dit : « Retournez, qu'Allah vous fasse miséricorde ! Vous m'avez consolé par vous-mêmes 141. » Ibn Hisham dit : Ce jour-là, les lamentations furent interdites. Ibn Hisham dit : Abou 'Ubayda m'a raconté que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), quand il entendit leurs pleurs, dit : « Qu'Allah fasse miséricorde aux Ansars ! La solidarité chez eux est ancienne et ne s'est jamais interrompue 142. Ordonnez-leur de se retirer. » (L'histoire de la femme des Banu Dinar) : Ibn Ishaq dit : 'Abd al-Wahid ibn Abi 'Awn m'a raconté, d'après Isma'il ibn Muhammad, d'après Sa'd ibn Abi Waqqas, qui a dit : Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) passa par une femme des Banu Dinar dont le mari, le frère et le père avaient été tués avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) à Uhud. Quand on lui annonça leur mort, elle dit : « Qu'a fait le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ? » On répondit : « Il va bien, ô mère d'Untel, il est, grâce à Allah, comme tu le souhaites. » Elle dit : « Montrez-le-moi, que je le voie. » On le lui montra, et quand elle le vit, elle dit : « Toute calamité après toi est insignifiante 143 ! » – elle voulait dire petite. Ibn Hisham dit : « Jalâl » peut signifier peu ou beaucoup ; ici, il signifie peu. Imru' al-Qays a dit, à propos du « jalâl » signifiant peu : « Le meurtre par les Banu Asad de leur seigneur... Certes, toute chose autre que cela est insignifiante. » Ibn Hisham dit : Quant à la parole du poète, al-Harith ibn Wa'la al-Jarmi : « Et si je pardonne, je pardonnerai généreusement ; mais si je frappe, j'affaiblirai mes os. » (Il s'agit du sens de « beaucoup »). (Le lavage des épées) :
Ibn Isḥāq dit : Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — arriva chez les siens, il tendit son épée à sa fille Fāṭima et dit : « Lave le sang de celle-ci, ma fille. Par Dieu, elle m’a été fidèle aujourd’hui. » Et ʿAlī ibn Abī Ṭālib lui tendit aussi son épée en disant : « Et celle-ci également, lave son sang. Par Dieu, elle m’a été fidèle aujourd’hui. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit alors : « Si tu as été sincère dans le combat, Sahl ibn Ḥunayf et Abū Dujāna l’ont été avec toi. » Ibn Hishām dit : L’épée du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — était appelée Ḏū l-Fiqār 144. Ibn Hishām dit : Un savant m’a rapporté qu’Ibn Abī Najīḥ a dit : Le jour de ’Uḥud, un héraut proclama : « Point d’épée sinon Ḏū l-Fiqār, point de jeune homme sinon ʿAlī ! » Ibn Hishām dit : Un savant m’a rapporté que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit à ʿAlī ibn Abī Ṭālib : « Les associateurs ne nous infligeront plus jamais une telle perte, jusqu’à ce que Dieu nous accorde la victoire. » Ibn Isḥāq 145 dit : Le jour de ’Uḥud eut lieu le samedi, à la mi-Šawwāl. (La sortie du Messager à la poursuite de l’ennemi pour l’intimider) Il dit : Le lendemain, dimanche seize jours écoulés de Šawwāl, le muezzin du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — appela les gens à la poursuite de l’ennemi. Son muezzin proclama : « Que personne ne sorte avec nous, sauf ceux qui étaient présents hier à notre combat. » Jābir ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAmr ibn Ḥarām lui parla alors : « Ô Messager de Dieu, mon père m’a laissé la garde de sept sœurs, en disant : “Mon fils, il ne convient ni à moi ni à toi de laisser ces femmes sans homme. Je ne vais pas te préférer à moi-même pour le combat avec le Messager de Dieu. Reste donc auprès de tes sœurs.” Je suis donc resté auprès d’elles. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui permit alors de sortir avec lui. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ne sortit que pour intimider l’ennemi, et pour leur faire savoir qu’il était parti à leur poursuite, afin qu’ils pensent qu’il avait de la force, et que ce qui les avait frappés ne les avait pas affaiblis face à leur ennemi. (Un exemple du dévouement des musulmans à soutenir le Messager) Ibn Isḥāq dit : ʿAbd Allāh ibn Ḫāriǧa ibn Zayd ibn Ṯābit m’a rapporté d’après Abū s-Sāʾib, affranchi de ʿĀʾiša bint ʿUṯmān, qu’un homme des compagnons du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, des Banū ʿAbd al-Ašhal, qui avait assisté à ’Uḥud avec le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, dit : « J’assistai à ’Uḥud avec le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, moi et un frère mien. Nous revînmes tous deux blessés. Lorsque le muezzin du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — appela à la sortie pour poursuivre l’ennemi, je dis à mon frère — ou il me dit : “Allons-nous manquer une expédition avec le Messager de Dieu ? Par Dieu, nous n’avons pas de monture, et nous sommes tous deux grièvement blessés.” Nous sortîmes donc avec le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —. J’étais le moins blessé ; quand il était épuisé, je le portais une distance, et il marchait une distance, jusqu’à ce que nous arrivions là où les musulmans étaient arrivés. » (La nomination d’Ibn Umm Maktūm sur Médine) Ibn Isḥāq dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — sortit donc jusqu’à atteindre Ḥamrāʾ al-Asad 146.
- al-qalîb : Le puits de Badr, où furent jetés les corps des polythéistes tués.
- Ahâbîsh : Tribus alliées de Quraych, principalement de Kinâna, qui combattaient à leurs côtés.
- Hatîm : Espace semi-circulaire adjacent à la Ka‘ba, considéré comme faisant partie du sanctuaire.
- azh-zhur‘n : Femmes emmenées pour exciter les combattants et les empêcher de fuir.
- الأحابيش : Les Ahabish : groupes de combattants mercenaires ou alliés des Quraysh, issus de diverses tribus.
- شعار : Mot d'ordre ou cri de ralliement des combattants.
- الكيول : La couardise, la fuite ; variante possible : الكبول (les entraves).
- الكبول : Les entraves, les chaînes ; variante de الكيول.
- يخمش : Griffer, égratigner ; ici, frapper violemment.
- مقطعة البظور : Insulte visant la mère de Siba', qui était exciseuse (tailleuse de clitoris).
- يهد : Faucher, abattre en masse.
- الجمل الأورق : Chameau gris ; métaphore pour la force et la couleur de la peau.
- كأن ما أخطأ رأسه : Le coup sembla manquer sa tête, mais il fut mortel.
- ثنته : L'aine, le bas-ventre.
- أدربنا مع الناس : Nous partîmes en expédition militaire (darb = raid).
- طنفسة : Tapis, natte ou coussin.
- البغاث : Petit oiseau de proie faible ; métaphore pour un homme chétif.
- al-hâ'i'a : Terme désignant une grande calamité ou un cri de détresse.
- hay'a : Cri de guerre ou d'alarme, souvent associé à une attaque soudaine.
- tahî'u : Verbe signifiant 'hurler' ou 'crier', employé ici pour les hommes vils.
- al-na'mâ' : La faveur, le bienfait ; ici, la reconnaissance envers Ibn Sha'ûb.
- mazjar al-kalb : L'endroit où le chien est repoussé ; métaphore pour un lieu de combat acharné.
- al-najîb : Noble, de race pure ; désigne ici un homme de valeur.
- ghayru hayûb : Sans peur, intrépide.
- shajan : Épine, chagrin ; métaphore pour une peine persistante.
- al-jalâbîb : Vêtements amples ; par métonymie, les hommes eux-mêmes.
- khadab : Fatigue, épuisement dû à la marche ou au combat.
- kifâ'an : Équivalent, égal ; ici, personne n'était à la hauteur de leur sang.
- najîb : Noble ; Hassân reprend le mot d'Abû Sufyân pour le retourner contre lui.
- al-'Âsî : Surnom de 'Amr ibn al-'Âs, ou peut-être une variante.
- khadîb : Teinture ; ici, le sang teint l'épée.
- al-Na'f : Lieu-dit près de Badr ou d'Uhud.
- ghayra mujîb : Sans réponse, c'est-à-dire mort.
- Kalb : Tribu arabe ; les chiens de Kalb sont des chiens de chasse.
- shabîb : Jeunesse, ardeur juvénile.
- nakhîb : Vide, creux ; cœur vide de courage ou de vie.
- hassûhum : Ils les tailladèrent, les frappèrent avec les épées.
- idh : Lorsque, soudain ; marque un événement inattendu.
- inkafa'nâ : Nous rebroussâmes chemin, nous retournâmes.
- Azabb al-'Aqaba : Surnom du diable, signifiant 'celui qui a des poils au cou' ou 'le démon de la colline'.
- fa-lâ thawâbah : Il n'y eut personne pour le reprendre ; ou : il n'y eut pas de récompense.
- a'zartu / a'dhartu : Ai-je été excusé ? ou : ai-je fourni une excuse ?
- 'afar al-turâb : La poussière de la terre ; expression pour désigner le sol.
- jilâdunâ : Notre combat, notre lutte.
- humr al-'iyâb : Peaux rouges ; métaphore pour des marchandises de peu de valeur.
- khidâb : Teinture ; ici, les mains ne sont pas teintes de henné mais de sang.
- 'Adal : Tribu arabe ; ou peut-être une variante de 'Adnân.
- jidâyat shirk : Chevreau pris dans un piège ; métaphore pour des captifs faciles.
- mu'limât al-hawâjib : Aux sourcils marqués ; peut-être une marque de beauté ou de tribu.
- al-jalâ'ib : Captifs, esclaves vendus sur les marchés.
- duththa : Il fut frappé, lapidé avec des pierres.
- li-shiqqihi : Sur le côté ; il tomba sur un côté de son corps.
- shujja : Il fut blessé à la tête, fendu au visage.
- kulimat : Elle fut blessée, entaillée.
- رباعية : Dent incisive, l'une des quatre dents de devant.
- ابن قمئة : Ibn Qumī'a, un des polythéistes qui combattit à Uhud.
- المغفر : Cotte de mailles, protection en anneaux métalliques.
- ازدراده : Il l'avala, c'est-à-dire qu'il but le sang.
- ابن هشام : Ibn Hishâm, célèbre biographe du Prophète, auteur de la Sîra.
- يعني : C'est-à-dire, précision du narrateur.
- وضرهم : Variante de 'wa ḍarrahum' (les châtiera).
- بالبوارق : Par les éclairs, métaphore pour une punition foudroyante.
- البوائق : Les catastrophes, les malheurs.
- زياد : Ziyād ibn as-Sakan, un compagnon martyr à Uhud.
- فئة : Groupe, troupe de combattants.
- أجهضوا : Ils les repoussèrent, les firent fuir.
- الدولة والريح : La victoire et la faveur (divine), littéralement 'le vent'.
- أقمأه الله : Qu'Allah l'humilie, le rabaisse.
- سيتها : La corde de l'arc.
- قوموا : Levez-vous, impératif.
- هتم : Briser les dents de devant, les faire tomber.
- tazharān : Brillaient, rayonnaient de lumière, indiquant un état spirituel élevé.
- al-sha‘rā’ : Mouche piquante, selon Ibn Hishām.
- al-‘awdh : Jument rapide et précieuse.
- faraq : Mesure de capacité équivalant à environ 16 litres.
- Sarif : Localité située entre La Mecque et Médine.
- jahūl : Ignorant, insensé.
- yā ‘Aqīl : Appel à l’aide adressé à ‘Aqīl, un homme de la tribu.
- al-habūl : Femme privée d’enfants, stérile ; ici, imprécation.
- usratuhu : Sa parenté, sa tribu.
- suḥq al-sa‘īr : Profondeurs de l’Enfer.
- ma‘a : Ici, peut-être une licence poétique ; le sens est : tu as juré que tu pourrais (me tuer) en accomplissant tes vœux.
- fujūr : Turpitude, impiété.
- al-Mihrās : Puits ou bassin à Médine.
- ‘āfahu : Il le répugna, le trouva dégoûtant.
- baduna : Il avait pris de l’embonpoint, était corpulent.
- awjaba : Il a mérité (le Paradis) ; ou : il a rendu obligatoire (la récompense).
- al-Munaqqā, al-A‘waṣ : Lieux près du champ de bataille d’Uḥud.
- al-Yamān : Surnom de Ḥusayl ibn Jābir, père de Ḥudhayfa.
- Ḥudhayfa : Célèbre Compagnon, fils d’al-Yamān.
- ẓim’ : Intervalle entre deux abreuvements, ici très court.
- hāma : Tête ; expression signifiant qu’ils sont sur le point de mourir.
- lā ya‘rifūnahu : Sans le reconnaître, car il n’était pas connu comme combattant.
- abī : Mon père ! Exclamation de Ḥudhayfa en découvrant que son père avait été tué.
- jâhiliyya : Période préislamique, ignorance religieuse.
- harmal : Plante amère et stérile, symbole de désolation.
- atâ : Il vint (sous-entendu : comme étranger, sans origine connue).
- mudarrajân : Teints en rouge, peut-être avec du sang ou du safran.
- shahâda : Martyre pour la foi.
- khudam : Bracelets de cheville ou ornements.
- baqarat : Elle fendit, ouvrit (le ventre).
- lâkat'hâ : Elle la mâcha (la chair du foie).
- tusîghahâ : L'avaler (la mâchée).
- lafazathâ : Elle la recracha.
- su'ur : Ardeur, chaleur intense (de la guerre).
- ghalîl : Brûlure de la poitrine, rancœur, soif de vengeance.
- tarumma : Pourrir, se désagréger (os).
- yā bna waqqā‘in ‘aẓīmi l-kufr : Expression insultante : 'fils d'un grand mécréant'.
- malhāshimayyayni ṭ-ṭiwāli z-zuhri : Deux lances longues et brillantes, métaphore pour deux guerriers.
- ḍawāḥī n-naḥr : Les côtés du cou, zone où le sang coule.
- al-ḥuzni sh-shadīdi l-mu‘tamid : Le chagrin intense et constant.
- bi-sha’būbi barid : Avec une pluie froide, métaphore pour une attaque violente.
- ibn al-Furay‘a : Surnom de Hassan ibn Thabit, faisant référence à sa mère.
- ashrahā : Son insolence, son impudence.
- Fāri‘ : Nom d'une forteresse ou d'un lieu élevé.
- lakā‘ : Terme insultant désignant une femme vile ou maudite.
- ashrat : A montré, fait preuve de.
- al-Aḥābīsh : Tribus alliées aux Qurayshites.
- ‘uqqaq : Rebelle, désobéissant.
- laḥman : De la chair, ici en référence à la mutilation.
- Fā‘il : Probablement une divinité ou un concept, interprété comme 'Fâl'.
- sijāl : Alternance, rounds.
- Hubal : Idole principale des Qurayshites à La Mecque.
- lā sawā’a : Ils ne sont pas égaux.
- Ibn Qami’a : Un guerrier qurayshite qui prétendit avoir tué le Prophète.
- jannabū l-khayl : Ils ont mis les chevaux de côté, signe qu'ils ne préparent pas une attaque.
- al-Anṣār : Les Auxiliaires, habitants de Médine ayant soutenu le Prophète.
- ‘aynun taṭrifu : Un œil qui cligne, métaphore pour une personne vivante.
- yarshufuhā : Il la suçait, geste d'affection.
- an-nuqabā’ : Les représentants, chefs de tribus ayant prêté allégeance au Prophète.
- Ṣafiyya : Sœur de Hamza, tante du Prophète.
- Abou Lahab : Oncle du Prophète, ennemi juré de l'islam, mentionné dans la sourate 111.
- mutilation : Pratique consistant à couper les membres ou défigurer les corps des ennemis morts, interdite en islam.
- mutilation : Voir note 2.
- recouvre Hamza d'un manteau : Action de couvrir le corps du défunt avec un vêtement avant la prière funéraire.
- takbirs : Prononciations de 'Allahu Akbar' (Allah est le plus Grand) lors de la prière funéraire.
- soixante-douze prières : Le Prophète a prié sur Hamza seul, puis sur chaque martyr avec Hamza, totalisant 72 prières.
- formule de retour à Allah : Expression 'Inna lillahi wa inna ilayhi raji'un' (Nous sommes à Allah et à Lui nous retournons).
- Ansars : Les 'Auxiliaires' de Médine qui ont accueilli et soutenu le Prophète et les émigrés mecquois.
- se ceindre : Attacher leur vêtement autour de la taille pour se préparer à sortir.
- Vous m'avez consolé par vous-mêmes : Le Prophète reconnaît leur compassion en pleurant sur son oncle, comme elles l'ont fait pour leurs propres morts.
- ne s'est jamais interrompue : Le terme 'ma 'attamat' signifie qu'elle n'a pas tardé ou ne s'est pas interrompue.
- insignifiante : Le mot 'jalal' peut signifier à la fois grand et petit ; ici, il signifie petit, insignifiant.
- Ḏū l-Fiqār : Épée légendaire du Prophète Muhammad, caractérisée par une entaille ou une double pointe.
- Ibn Isḥāq : Muhammad ibn Isḥāq, célèbre historien et biographe du Prophète (m. 150 H/767).
- Ḥamrāʾ al-Asad : Localité située à environ 8 miles de Médine, où le Prophète campa après la bataille d’Uḥud.
L'expédition d'Uhud [1]
Le Lion 1, situé à huit miles de Médine. Il nomma gouverneur de Médine Ibn Oumm Maktoum, selon Ibn Hichâm. Ibn Ishâq dit : Il y séjourna le lundi, le mardi et le mercredi, puis retourna à Médine. (L'affaire de Ma'bad al-Khuzâ'î) Il dit : Comme me l'a rapporté 'Abd Allah ibn Abî Bakr, Ma'bad ibn Abî Ma'bad al-Khuzâ'î passa par lui. Or les Khuzâ'a, musulmans et polythéistes, étaient un réceptacle 2 de loyauté envers l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) au Tihâma ; leur pacte 3 était avec lui, ils ne lui cachaient rien de ce qui s'y passait. Ma'bad était alors polythéiste. Il dit : Ô Muhammad, par Dieu, ce qui t'a frappé nous a peinés, et nous aurions aimé que Dieu t'épargne cela. Puis il partit alors que l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) était à Hamrâ' al-Asad, jusqu'à ce qu'il rencontre Abû Sufyân ibn Harb et ceux qui étaient avec lui à al-Rawhâ'. Ils avaient décidé de revenir contre l'Envoyé de Dieu et ses Compagnons, disant : Nous avons atteint les chefs et les notables de ses Compagnons, puis nous retournerions avant de les exterminer ? Nous allons fondre sur leurs survivants et en finir avec eux. Quand Abû Sufyân vit Ma'bad, il dit : Qu'y a-t-il derrière toi, ô Ma'bad ? Il dit : Muhammad est sorti avec ses Compagnons, vous cherchant avec une troupe que je n'ai jamais vue pareille, brûlant 4 contre vous d'une ardeur intense. Ceux qui s'étaient absentés le jour de votre bataille se sont joints à lui, regrettant ce qu'ils avaient fait 5. Ils ont contre vous une rage 6 comme je n'en ai jamais vu. Il dit : Malheur à toi ! Que dis-tu ? Il dit : Par Dieu, je ne pense pas que tu doives partir avant de voir les crinières des chevaux. Il dit : Par Dieu, nous avions décidé de revenir contre eux pour exterminer leurs survivants. Il dit : Je te l'interdis. Il dit : Par Dieu, ce que j'ai vu m'a poussé à composer des vers à leur sujet. Il dit : Qu'as-tu dit ? Il dit : J'ai dit : « Ma monture faillit être ébranlée par les cris, quand la terre se couvrit de chevaux rapides 7, Galopant avec des lions généreux, non des lâches, ni des faibles fuyards 8 au combat. Je restai à courir, croyant la terre pencher, quand ils s'élevèrent avec un chef non abandonné 9. Je dis : Malheur à Ibn Harb de votre rencontre, quand la plaine se remplit de foules 10 ! Je suis un avertisseur pour les gens de la plaine découverte, pour tout homme avisé et captif 11, De l'armée d'Ahmad, sans crainte ni lâcheté, et ce que j'annonce ne peut être décrit par des paroles 12. » Cela détourna Abû Sufyân et ceux qui étaient avec lui. (Message d'Abû Sufyân à l'Envoyé par l'intermédiaire d'une caravane) Une caravane de 'Abd al-Qays passa par lui. Il dit : Où allez-vous ? Ils dirent : Nous allons à Médine. Il dit : Pourquoi ? Ils dirent : Nous cherchons des provisions. Il dit : Voulez-vous transmettre de ma part un message à Muhammad ? Je vous le confie, et je vous chargerai demain de raisins secs à 'Ukâz quand vous y arriverez. Ils dirent : Oui. Il dit : Quand vous le rencontrerez, informez-le que nous avons décidé de marcher contre lui et ses Compagnons pour exterminer leurs survivants. La caravane passa par l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) alors qu'il était à Hamrâ' al-Asad, et l'informa de ce qu'avait dit Abû Sufyân. Il dit : Dieu nous suffit, et quel excellent Protecteur ! (Le refus de Safwân à Abû Sufyân de revenir à l'attaque) Ibn Hichâm dit : Abû 'Ubayda nous a rapporté que lorsque Abû Sufyân ibn Harb revint le jour d'Uhud, il voulut retourner à Médine pour exterminer 13 les survivants des Compagnons de l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). Safwân ibn Umayya ibn Khalaf leur dit : Ne faites pas cela, car ces gens sont en colère 14, et nous craignons qu'ils aient un autre combat que celui qui a eu lieu. Retournez. Ils retournèrent. Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue), alors à Hamrâ' al-Asad, quand il apprit qu'ils avaient voulu revenir, dit : Par Celui qui tient mon âme en Sa main, des pierres avaient été marquées 15 pour eux ; s'ils avaient été surpris par elles, ils auraient été comme hier qui est passé 16. (Meurtre d'Abû 'Azza et de Mu'âwiya ibn al-Mughîra) Abû 'Ubayda 17 dit : L'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) fit capturer, avant son retour à Médine, Mu'âwiya ibn al-Mughîra ibn Abî al-'Âs ibn Umayya ibn 'Abd Shams – il est le grand-père de 'Abd al-Malik ibn Marwân, père de sa mère 'Â'isha bint Mu'âwiya – et Abû 'Azza al-Jumahî. L'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) l'avait fait prisonnier à Badr, puis lui avait fait grâce. Il dit : Ô Envoyé de Dieu, épargne-moi. L'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dit : Par Dieu, tu ne passeras plus tes mains sur tes joues à La Mecque après cela en disant : J'ai trompé Muhammad deux fois. Ô Zubayr, frappe son cou. Il frappa son cou. Ibn Hichâm dit : Il m'est parvenu de Sa'îd ibn al-Musayyib qu'il a dit : L'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) lui dit : Le croyant n'est pas mordu deux fois dans le même trou. Ô 'Âsim ibn Thâbit, frappe son cou. Il frappa son cou. (Meurtre de Mu'âwiya ibn al-Mughîra) Ibn Hichâm dit : On dit que Zayd ibn Hâritha et 'Ammâr ibn Yâsir tuèrent Mu'âwiya ibn al-Mughîra après Hamrâ' al-Asad. Il s'était réfugié auprès de 'Uthmân ibn 'Affân, qui demanda pour lui un sauf-conduit à l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). Il le lui accorda, à condition que s'il était trouvé après trois jours, il serait tué. Il resta après trois jours et se cacha. Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) les envoya, disant : Vous le trouverez à tel endroit. Ils le trouvèrent et le tuèrent. (L'affaire de 'Abd Allah ibn Ubayy après cela) Ibn Ishâq dit : Quand l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) arriva à Médine, 'Abd Allah ibn Ubayy ibn Salûl, comme me l'a rapporté Ibn Shihâb al-Zuhrî, avait une station qu'il occupait chaque vendredi sans être contesté, par honneur pour lui-même et pour son peuple, car il était noble parmi eux. Quand l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) s'asseyait le vendredi pour prêcher les gens, il se levait et disait : Ô gens, voici l'Envoyé de Dieu parmi vous ; Dieu vous a honorés et rendus puissants par lui ; soutenez-le, honorez-le, écoutez-le et obéissez-lui. Puis il s'asseyait. Mais quand il eut fait ce qu'il fit le jour d'Uhud et qu'il revint avec les gens, il se leva pour faire comme d'habitude. Les musulmans le saisirent par ses vêtements de tous côtés, disant : Assieds-toi, ennemi de Dieu, tu n'es pas digne de cela, après ce que tu as fait. Il sortit en enjambant les cous des gens, disant : Par Dieu, c'est comme si j'avais dit une bêtise 18 en me levant pour renforcer son autorité. Un homme des Ansâr le rencontra à la porte de la mosquée et dit : Qu'as-tu ? Malheur à toi ! Il dit : Je me suis levé pour renforcer son autorité, et des hommes de ses Compagnons ont bondi sur moi, me tirant et me réprimandant, comme si j'avais dit une bêtise en me levant pour renforcer son autorité. Il dit : Malheur à toi ! Retourne, que l'Envoyé de Dieu implore le pardon pour toi. Il dit : Par Dieu, je ne cherche pas à ce qu'il implore le pardon pour moi. (Le jour d'Uhud fut un jour d'épreuve) Ibn Ishâq dit : Le jour d'Uhud fut un jour d'épreuve, de calamité et de purification. Dieu y éprouva les croyants et y mit à l'épreuve les hypocrites, ceux qui montraient la foi par leur langue tout en cachant la mécréance dans leur cœur. Ce fut un jour où Dieu honora ceux de Ses alliés qu'Il voulut honorer par le martyre.
- al-Asad : Nom d'un lieu, Hamrâ' al-Asad, à huit miles de Médine.
- ʿayba : Littéralement 'sac', désignant un réceptacle de confiance et de loyauté.
- ṣafqatuhum : Leur pacte ou alliance, littéralement 'poignée de main'.
- yataḥarraqūn : Ils brûlent d'ardeur, de colère ou d'enthousiasme.
- nadimū ʿalā mā ṣanaʿū : Ils regrettèrent ce qu'ils avaient fait, en référence à ceux qui s'étaient absentés de la bataille.
- al-ḥanaq : Rage, colère intense.
- al-jurd al-abābīl : Chevaux rapides et forts, 'abābīl' évoque des troupes nombreuses.
- lā tanābila wa lā mīl maʿāzīl : Ni lâches, ni faibles et fuyards.
- ghayr makhdhūl : Non abandonné, soutenu par Dieu.
- al-baṭḥāʾ bi-l-jīl : La plaine (ou le lit de la vallée) remplie de foules.
- ahl al-basl ḍāḥiyatan ... maʿqūl : Les gens de la plaine découverte, 'ḍāḥiya' signifie exposé au soleil ; 'maʿqūl' signifie captif ou entravé.
- lā waḫsh tanābila ... bi-l-qīl : Ni crainte ni lâcheté ; 'qīl' signifie parole ou ouï-dire.
- yastaʾṣila : Exterminer, anéantir complètement.
- ḥaribū : Ils sont en colère ou ont été provoqués.
- suwwimat : Marquées, désignées ou préparées.
- ka-amsi l-dhāhib : Comme hier qui est passé, c'est-à-dire anéantis.
- Abū ʿUbayda : Abū ʿUbayda Maʿmar ibn al-Muthannā, philologue et historien.
- bajran : Parole vaine ou bêtise, selon certains commentateurs.
Rappelle ce qu'Allah a révélé dans le Coran au sujet d'Uhud [1].
Récit de ce qu'Allah a révélé dans le Coran au sujet d'Uhud. Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Il dit : Abû Muhammad 'Abd al-Malik ibn Hishâm nous a raconté, disant : Ziyâd ibn 'Abd Allâh al-Bakkâ'î nous a raconté d'après Muhammad ibn Ishâq al-Muttalibî, disant : Parmi ce qu'Allah, béni et exalté soit-Il, a révélé dans le Coran au sujet du jour d'Uhud, il y a soixante versets de la sourate Âl 'Imrân, contenant la description de ce qui s'est passé ce jour-là et la réprimande de ceux qu'Il a réprimandés parmi eux. Allah, béni et exalté soit-Il, dit à Son Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue : « Et lorsque tu quittas ta famille, au matin, pour assigner aux croyants des postes de combat, et Allah est Audient et Omniscient » 1 (3:121). Ibn Hishâm dit : « Pour assigner aux croyants des postes de combat » signifie : leur établir des positions et des demeures. Al-Kumayt ibn Zayd a dit : « Plût à Dieu qu'avant cela / j'eusse pris une couche 2 » et ce vers fait partie de ses poèmes. C'est-à-dire : Il entend ce que vous dites, Il sait ce que vous cachez. « Quand deux de vos groupes faillirent perdre courage » (3:122) : c'est-à-dire faillirent se lâcher. Les deux groupes sont : Banû Salama ibn Jusham ibn al-Khazraj et Banû Hâritha ibn al-Nabît des Aws ; ce sont les deux ailes. Allah, exalté soit-Il, dit : « alors qu'Allah est leur allié » (3:122) : c'est-à-dire Celui qui les défend contre ce qu'ils avaient failli faire par leur lâcheté. Car cela ne venait d'eux que par faiblesse et abattement qui les avaient frappés, sans aucun doute sur leur religion ; alors Il prit en charge de les en préserver par Sa miséricorde et Sa bienveillance, jusqu'à ce qu'ils fussent saufs de leur faiblesse et de leur abattement, et qu'ils rejoignissent leur Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue. Ibn Hishâm dit : Un homme des Asad, parmi les savants, m'a raconté, disant : Les deux groupes dirent : « Nous n'aimerions pas ne pas avoir failli comme nous avons failli, car Allah a pris soin de nous en cela. » Ibn Ishâq dit : Allah, exalté soit-Il, dit : « Et c'est en Allah que les croyants doivent placer leur confiance » (3:122) : c'est-à-dire : celui parmi les croyants qui est faible, qu'il place sa confiance en Moi et qu'il cherche secours auprès de Moi ; Je l'aiderai dans son affaire, Je le défendrai, jusqu'à ce que Je le mène à bien, que Je le protège et que Je le fortifie dans son intention. « Et certes Allah vous a secourus à Badr alors que vous étiez humiliés. Craignez donc Allah, peut-être serez-vous reconnaissants » (3:123) : c'est-à-dire : craignez-Moi, car c'est la reconnaissance de Ma grâce. « Et certes Allah vous a secourus à Badr » (3:123) alors que vous étiez moins nombreux et plus faibles en force, « lorsque tu disais aux croyants : « Ne vous suffit-il pas que votre Seigneur vous renforce de trois mille Anges descendus ? » « Si, mais si vous êtes patients et pieux, et qu'ils viennent à vous de ce pas même, votre Seigneur vous renforcera de cinq mille Anges marqués » 3 (3:124-125) : c'est-à-dire : si vous êtes patients envers Mon ennemi et obéissez à Mon ordre, et qu'ils viennent à vous de ce côté-ci, Je vous renforcerai de cinq mille Anges marqués. (Explication d'Ibn Hishâm de quelques termes rares) : Ibn Hishâm dit : « Marqués » : portant des signes distinctifs. Il nous est parvenu d'après al-Hasan ibn Abî al-Hasan al-Basrî qu'il a dit : On avait mis des marques sur les queues de leurs chevaux et sur leurs toupets avec de la laine blanche. Quant à Ibn Ishâq, il a dit : Leur signe distinctif le jour de Badr était des turbans blancs. J'ai mentionné cela dans le récit de Badr. « As-sîmâ » : la marque. Et dans le Livre d'Allah, Puissant et Majestueux : « Leur marque est sur leurs visages, trace de la prosternation » (48:29) : c'est-à-dire leur signe. Et « des pierres de Sijjîl 4 empilées, marquées » (11:82-83) : Il dit : portant une marque. Il nous est parvenu d'après al-Hasan ibn Abî al-Hasan al-Basrî qu'il a dit : Elles portaient une marque indiquant qu'elles n'étaient pas des pierres de ce monde, mais des pierres du châtiment. Ru'ba ibn al-'Ajjâj a dit : « Maintenant les chevaux rapides sont éprouvés par moi / et ils ne me dépassent pas quand ils marquent 5 » « et leurs regards se figèrent et ils accélérèrent 6 » et ces vers font partie de son urjûza 7. « Al-musawwama » (aussi) : celle qui est au pâturage. Et dans le Livre d'Allah, exalté soit-Il : « les chevaux marqués » (3:14) et « un arbre où vous faites paître » (16:10). Les Arabes disent : « sawwama » ses chevaux et ses chameaux, et « asâmahâ » : quand il les fait paître. Al-Kumayt ibn Zayd a dit : « Un berger qui était doux, nous l'avons perdu / et la perte du pasteur est la ruine du troupeau » Ibn Hishâm dit : « Musjihan » : de conduite facile, bienfaisant envers le petit bétail. Ce vers fait partie d'une de ses poésies. « Et Allah ne le fit que comme une bonne annonce pour vous, et pour que vos cœurs s'en rassurent. Et la victoire ne vient que d'Allah, le Puissant, le Sage » (3:126) : c'est-à-dire : Je ne vous ai nommé ceux que J'ai nommés parmi Mes armées d'Anges que comme une bonne annonce pour vous, et pour que vos cœurs s'en rassurent, à cause de la faiblesse que Je connais en vous. Et la victoire ne vient que de Moi, par Ma puissance et Ma force, car la puissance et le jugement M'appartiennent, non à aucune de Mes créatures. Puis Il dit : « afin de retrancher une partie des mécréants ou de les humilier, et qu'ils retournent déçus » (3:127) : c'est-à-dire : afin de retrancher une partie des associateurs par une tuerie par laquelle Il se venge d'eux, ou de les faire retourner déçus : c'est-à-dire que ceux d'entre eux qui survivent reviennent en déroute, déçus, n'ayant obtenu rien de ce qu'ils espéraient. (Explication d'Ibn Hishâm de quelques termes rares) : Ibn Hishâm dit : « Yakbitahum » : Il les afflige de la plus grande tristesse et les empêche d'obtenir ce qu'ils voulaient. Dhû al-Rumma a dit : « Je n'oublie pas, par chagrin, je n'oublie pas notre station / dans une perplexité entre un réjoui et un affligé 8 » « Yakbitahum » (aussi) : Il les jette à terre sur leurs visages. Ibn Ishâq dit : Puis Il dit à Muhammad, le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue : « Tu n'as aucune part dans l'ordre : ou Il accepte leur repentir, ou Il les châtie, car ils sont injustes » (3:128) : c'est-à-dire : tu n'as aucune part dans le jugement sur Mes serviteurs, sauf ce que Je t'ai ordonné à leur sujet ; ou Je leur pardonne par Ma miséricorde, si Je veux, ou Je les châtie pour leurs péchés, par Mon droit, « car ils sont injustes » (3:128) : c'est-à-dire : ils ont mérité cela par leur désobéissance envers Moi. « Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux » (3:129) : c'est-à-dire : Il pardonne le péché et a pitié des serviteurs, malgré ce qu'ils ont en eux. (Interdiction de l'usure) : Puis Il dit : « Ô vous qui avez cru ! Ne mangez pas de l'usure, multipliée et redoublée » (3:130) : c'est-à-dire : ne mangez pas, dans l'Islam, après qu'Allah vous a guidés par lui, ce que vous mangiez quand vous étiez en dehors de lui, parmi ce qui ne vous est pas licite dans votre religion. « Et craignez Allah, peut-être réussirez-vous » (3:130) : c'est-à-dire : obéissez à Allah, peut-être serez-vous sauvés de ce dont Allah vous a avertis comme châtiment, et atteindrez-vous ce à quoi Il vous a incités comme récompense. « Et craignez le Feu préparé pour les mécréants » (3:131) : c'est-à-dire : qui a été fait comme demeure pour celui qui a mécru en Moi. (Incitation à l'obéissance) :
Puis Il dit : « Obéissez à Allah et au Messager, peut-être serez-vous graciés » 9 3:132, en adressant un reproche à ceux qui désobéirent au Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – lorsqu'il leur ordonna ce qu'il leur ordonna ce jour-là et en d'autres occasions. Puis Il dit : « Et hâtez-vous vers un pardon de votre Seigneur et un Paradis dont la largeur embrasse les cieux et la terre, préparé pour les pieux » 10 3:133, c'est-à-dire une demeure pour quiconque M'a obéi ainsi qu'à Mon Messager. « Ceux qui dépensent dans l'aisance et l'adversité, qui dominent leur rage et pardonnent aux gens ; et Allah aime les bienfaisants » 11 3:134, c'est-à-dire : telle est la bienfaisance, et J'aime quiconque agit ainsi. « Et ceux qui, ayant commis une turpitude ou lésé leurs propres âmes, se souviennent d'Allah et implorent le pardon pour leurs péchés – et qui pardonne les péchés sinon Allah ? – et qui ne persistent pas sciemment dans ce qu'ils ont fait » 12 3:135, c'est-à-dire : s'ils commettent une turpitude ou lèsent leurs âmes par une désobéissance, ils se rappellent l'interdiction d'Allah et ce qu'Il leur a rendu illicite, puis L'implorent pardon pour cela, et savent que nul ne pardonne les péchés sinon Lui. « Et qui ne persistent pas sciemment dans ce qu'ils ont fait » 13 3:135, c'est-à-dire : ils ne s'obstinent pas dans Ma désobéissance, à la manière de ceux qui M'ont associé dans leur égarement mécréant, tout en sachant ce que Je leur ai interdit comme adoration d'autre que Moi. « Ceux-là, leur récompense est un pardon de leur Seigneur et des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Quelle belle récompense pour ceux qui agissent ! » 14 3:136, c'est-à-dire : la récompense des obéissants. (Évocation de ce qui les a frappés et consolation à ce sujet) Puis Il aborda l'évocation du malheur qui les avait frappés, de l'épreuve qui les avait atteints, de l'épuration de ce qui était en eux, et de la prise de martyrs parmi eux. Il dit, pour les consoler, leur faire savoir ce qu'ils avaient fait et ce qu'Il allait faire d'eux : « Avant vous, des lois [divines] ont eu lieu. Parcourez donc la terre et voyez quelle fut la fin de ceux qui traitaient [les prophètes] de menteurs » 15 3:137, c'est-à-dire : Mes châtiments exemplaires ont déjà frappé ceux qui ont traité Mes messagers de menteurs et M'ont associé : 'Âd, Thamûd, le peuple de Lot et les gens de Madyan. Ils ont vu les châtiments que J'ai infligés à ceux-là, et il en sera de même pour quiconque est dans une situation semblable. Car Je leur ai accordé un répit – afin qu'ils ne pensent pas que Mon châtiment a cessé de s'abattre sur votre ennemi et le Mien, à cause de la victoire qu'Il leur a donnée sur vous, pour vous éprouver par cela, afin de vous apprendre ce qui est en vous. Puis Allah – exalté soit-Il – dit : « Ceci est une clarification pour les gens, une guidée et une exhortation pour les pieux » 16 3:138, c'est-à-dire : ceci est une explication pour les gens, s'ils acceptent la guidée ; « une guidée et une exhortation » 17 3:138, c'est-à-dire : une lumière et une éducation « pour les pieux » 18 3:138, c'est-à-dire pour ceux qui M'obéissent et connaissent Mon commandement. « Et ne faiblissez pas et ne vous affligez pas » 19 3:139, c'est-à-dire : ne devenez pas faibles et ne vous attristez pas de ce qui vous a frappés, « alors que vous êtes les supérieurs » 20 3:139, c'est-à-dire : à vous sera l'issue et la victoire, « si vous êtes croyants » 21 3:139, c'est-à-dire : si vous croyez en ce que le Prophète vous a apporté de Ma part. « Si une blessure vous touche, une blessure semblable a touché [ces] gens » 22 3:140, c'est-à-dire : des blessures semblables ; « et ces jours [alternants], Nous les faisons alterner parmi les gens » 23 3:140, c'est-à-dire : Nous les faisons circuler parmi les gens pour l'épreuve et l'épuration, « et afin qu'Allah connaisse ceux qui ont cru, et qu'Il prenne des martyrs parmi vous. Et Allah n'aime pas les injustes » 24 3:140, c'est-à-dire : afin de distinguer les croyants des hypocrites, et d'honorer ceux qui, parmi les gens de la foi, sont honorés par le martyre ; « et Allah n'aime pas les injustes » 25 3:140, c'est-à-dire : les hypocrites qui montrent par leurs langues l'obéissance tandis que leurs cœurs sont obstinés dans la désobéissance. « Et afin qu'Allah épure ceux qui ont cru » 26 3:141, c'est-à-dire : qu'Il éprouve ceux qui ont cru jusqu'à les purifier par l'épreuve qui les a frappés, et [voir] comment est leur patience et leur certitude ; « et qu'Il anéantisse les mécréants » 27 3:141, c'est-à-dire : qu'Il annule, chez les hypocrites, leur parole par leurs langues de ce qui n'est pas dans leurs cœurs, jusqu'à ce que leur mécréance qu'ils dissimulent apparaisse. (L'appel du Paradis pour les combattants) Puis Allah – exalté soit-Il – dit : « Ou bien avez-vous pensé que vous entrerez au Paradis sans qu'Allah sache qui d'entre vous a combattu et qui sont les endurants ? » 28 3:142, c'est-à-dire : avez-vous pensé que vous entrerez au Paradis et obtiendrez l'honneur de Ma récompense sans que Je vous aie éprouvés par la difficulté et sans vous avoir testés par les choses pénibles, jusqu'à ce que Je connaisse la sincérité de cela de votre part dans la foi en Moi et la patience face à ce qui vous a frappés pour Moi ? Et vous souhaitiez auparavant la mort [en martyr] pour la vérité sur laquelle vous étiez, avant de rencontrer votre ennemi – il s'agit de ceux qui avaient incité le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – à sortir avec eux contre leur ennemi, à cause de ce qu'ils avaient manqué du jour précédent à Badr, et par désir du martyre qui leur avait échappé. Il dit : « Et vous souhaitiez auparavant la mort avant de la rencontrer » 29 3:143, Il dit : « Or, vous l'avez vue, et vous regardiez » 30 3:143, c'est-à-dire : la mort par les épées dans les mains des hommes ; on vous a laissés face à eux et vous les regardiez, puis Il vous en a détournés. « Et Muhammad n'est qu'un Messager ; des messagers avant lui sont passés. S'il mourait donc ou était tué, retourneriez-vous sur vos talons ? Quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Allah ; et Allah récompensera les reconnaissants » 31 3:144, c'est-à-dire : à cause de la parole des gens : « Muhammad a été tué », et leur déroute à ce moment-là, et leur détournement de leur ennemi : « S'il mourait ou était tué » 32 3:144, retourneriez-vous à votre religion en mécréants comme vous l'étiez, abandonneriez-vous le combat contre votre ennemi, le Livre d'Allah et ce que Son Prophète – qu'Allah prie sur lui et le salue – a laissé de sa religion avec vous et parmi vous ? Il vous a pourtant expliqué, dans ce qu'il vous a apporté de Ma part, qu'il est mortel et vous quittera. « Et quiconque retourne sur ses talons » 33 3:144, c'est-à-dire : revient sur sa religion, « ne nuira en rien à Allah » 34 3:144, c'est-à-dire : cela ne diminue en rien la puissance d'Allah – exalté soit-Il – ni Sa royauté, ni Son autorité, ni Sa puissance ; « et Allah récompensera les reconnaissants » 35 3:144, c'est-à-dire : ceux qui Lui obéissent et agissent selon Son ordre. (Évocation que la mort est par la permission d'Allah) Puis Il dit : « Nulle âme ne peut mourir sans la permission d'Allah, selon un terme prescrit » 36 3:145, c'est-à-dire : Muhammad – qu'Allah prie sur lui et le salue – a un terme qu'il atteindra ; quand Allah – puissant et majestueux – le permettra, cela arrivera. « Quiconque veut la récompense d'ici-bas, Nous lui en donnons ; et quiconque veut la récompense de l'au-delà, Nous lui en donnons ; et Nous récompenserons les reconnaissants » 37 3:145, c'est-à-dire : celui d'entre vous qui veut ce bas-monde, sans désir pour l'au-delà, Nous lui donnons de ce qui lui est attribué comme subsistance, et il n'en dépasse pas [la part] ; il n'a pas de part dans l'au-delà. « Et quiconque veut la récompense de l'au-delà, Nous lui en donnons » 38 3:145 ce qui lui a été promis, en plus de ce qu'il reçoit comme subsistance dans ce bas-monde ; telle est la récompense des reconnaissants, c'est-à-dire des pieux. (Évocation du courage des combattants d'autrefois avec les prophètes) Puis Il dit : « Combien de prophètes ont combattu, avec eux de nombreux rabbâniyyûn 39 ; ils n'ont pas faibli pour ce qui les a frappés dans le chemin d'Allah, ni ne se sont affaiblis, ni ne se sont humiliés ; et Allah aime les endurants » 40 3:146, c'est-à-dire : combien de prophètes ont été tués, et avec eux de nombreux rabbâniyyûn – c'est-à-dire des groupes – ; ils n'ont pas faibli à cause de la perte de leur prophète, ni ne se sont affaiblis face à leur ennemi, ni ne se sont humiliés pour ce qui les a frappés dans le combat pour Allah – exalté soit-Il – et pour leur religion ; telle est l'endurance, et Allah aime les endurants. « Et leur parole ne fut que de dire : « Seigneur, pardonne-nous nos péchés et notre excès dans notre conduite, affermis nos pas et donne-nous la victoire sur le peuple mécréant » » 41 3:147. (Explication d'Ibn Hishâm de certains termes rares) Ibn Hishâm a dit : Le singulier de « rabbâniyyûn » est « rabbânî » ; et leur parole : « ar-ribâb » 42 pour les fils de 'Abd Manâf ibn Adn ibn Tâbikha ibn Ilyâs, et pour Dabba, parce qu'ils se sont rassemblés et alliés, vient de cela, voulant dire les groupes. Le singulier de « ar-ribâb » est « ribba » (et « ribâba ») 43, et ce sont des groupes de flèches ou de bâtons et autres, et ils les leur ont comparés. Abû Dhu'ayb al-Hudhalî 44 a dit :
Elles sont comme la ribāba 45 et il est comme... un flèche 46 qui siffle sur les flèches 47 et les fend. Ce vers fait partie de ses poèmes. Umayya ibn Abī al-Ṣalt a dit : Autour de leurs démons, des groupes 48... Seigneur, ils ont serré une cotte de mailles 49 bien rivetée 50. Ce vers fait partie d'un de ses poèmes. Ibn Hishām a dit : La ribāba (aussi) est le chiffon dans lequel on enveloppe les flèches. Ibn Hishām a dit : Al-sannawr 49 désigne les cottes de mailles. Al-dusur 50 sont les clous qui se trouvent dans les anneaux. Allah, Puissant et Majestueux, dit : « Et Nous le portâmes sur un [vaisseau] fait de planches et de clous 50 » (54:13). Le poète, qui est Abū al-Akhzar al-Ḥimmānī, de Tamīm, a dit : En enfonçant 51 avec les pointes des lances bien droites. Ibn Isḥāq a dit : C'est-à-dire : dites comme ils ont dit, et sachez que cela est dû à vos péchés, et implorez Son pardon comme ils l'ont imploré, et persévérez dans votre religion comme ils ont persévéré dans la leur, et ne revenez pas en arrière, et demandez-Lui comme ils Lui ont demandé d'affermir vos pas, et implorez Son secours comme ils ont imploré Son secours contre le peuple mécréant. Tout cela faisait partie de leurs paroles, et leur Prophète avait été tué, mais ils n'ont pas agi comme vous avez agi. Allah leur a donc accordé la récompense de ce monde en les faisant triompher de leur ennemi, et la belle récompense de l'au-delà, ainsi que ce qu'Allah y a promis. Et Allah aime les bienfaisants. (Son avertissement contre l'obéissance aux mécréants) : « Ô vous qui avez cru ! Si vous obéissez à ceux qui ont mécru, ils vous feront retourner sur vos talons et vous deviendrez perdants » (3:149) : c'est-à-dire face à votre ennemi, et votre vie présente et votre vie future s'en iront. « Mais Allah est votre Maître et Il est le meilleur des secoureurs » (3:150). Si ce que vous dites avec vos langues est sincère dans vos cœurs, alors attachez-vous à Lui, ne cherchez secours auprès d'autre que Lui, et ne revenez pas sur vos talons en apostasiant de Sa religion. « Nous allons jeter l'effroi dans les cœurs de ceux qui ont mécru » (3:151) : c'est-à-dire l'effroi par lequel Je vous faisais triompher d'eux, à cause de leur association avec Moi, sans que Je leur aie donné aucune preuve. C'est-à-dire : ne pensez pas qu'ils auront un secours ou une victoire sur vous tant que vous vous attacherez à Moi et suivrez Mon ordre, à cause du malheur qui vous a frappés de leur part, dû à des péchés que vous avez commis pour vous-mêmes, par lesquels vous avez violé Mon ordre par désobéissance, et par lesquels vous avez désobéi au Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue. « Et Allah vous a tenu Sa promesse quand vous les tuiez 52 par Sa permission, jusqu'au moment où vous avez fléchi et vous vous êtes disputés à propos de l'ordre, et vous avez désobéi après qu'Il vous a montré ce que vous aimiez. Parmi vous, il en est qui veulent la vie présente, et parmi vous, il en est qui veulent l'au-delà. Puis Il vous a détournés d'eux pour vous éprouver. Et certes, Il vous a pardonné. Et Allah est Détenteur de la grâce envers les croyants » (3:152) : c'est-à-dire : Je vous ai tenu Ma promesse de secours contre votre ennemi, quand vous les tuiez 52 par les épées, c'est-à-dire le massacre, par Ma permission et en autorisant vos mains sur eux, et en retenant leurs mains de vous. Ibn Hishām a dit : Al-ḥass 52 signifie l'extermination. On dit : ḥasastu al-shay'a, c'est-à-dire je l'ai exterminé par l'épée ou autre. Jarīr a dit : Les épées les tuent 52 comme s'élève ... le feu dans les roseaux fauchés 53. Ce vers fait partie d'un de ses poèmes. Ru'ba ibn al-'Ajjāj a dit : Quand nous nous plaignons d'une année dévorante 54 ... qui mange après le vert le sec. Ces deux vers font partie d'une de ses urjūza 55. Ibn Isḥāq a dit : « jusqu'au moment où vous avez fléchi » (3:152) : c'est-à-dire vous avez lâché prise. « et vous vous êtes disputés à propos de l'ordre » (3:152) : c'est-à-dire vous avez divergé sur Mon ordre, c'est-à-dire vous avez abandonné l'ordre de votre Prophète et ce qu'il vous avait enjoint, faisant référence aux archers. « et vous avez désobéi après qu'Il vous a montré ce que vous aimiez » (3:152) : c'est-à-dire la victoire, sans aucun doute, et la déroute du peuple loin de leurs femmes et de leurs biens. « Parmi vous, il en est qui veulent la vie présente » (3:152) : c'est-à-dire ceux qui voulaient le butin en ce monde et abandonnaient ce qui leur avait été ordonné comme obéissance, sur laquelle repose la récompense de l'au-delà. « et parmi vous, il en est qui veulent l'au-delà » (3:152) : c'est-à-dire ceux qui ont combattu dans [la voie] d'Allah et n'ont pas transgressé vers ce qui leur était interdit, pour une chose de ce monde, par désir pour elle, espérant ce qui est auprès d'Allah comme belle récompense dans l'au-delà, c'est-à-dire ceux qui ont combattu dans la religion et n'ont pas transgressé vers ce qui leur était interdit, pour une chose de ce monde, afin de vous éprouver, et cela à cause de certains de vos péchés. Et certes, Allah a pardonné le grand [péché] de cela, en ne vous anéantissant pas pour ce que vous aviez commis comme désobéissance à votre Prophète, mais Je suis revenu par Ma grâce sur vous. Et ainsi « Allah a accordé une faveur aux croyants » (3:164) en punissant certains péchés dans la vie présente, comme une correction et une exhortation, car Il n'extermine pas tout ce qu'ils ont de droit sur Lui, à cause de ce qu'ils ont commis comme désobéissance, par miséricorde pour eux et comme bienfait sur eux, en raison de la foi qui est en eux. (Son reproche pour leur fuite loin de leur Prophète) : Puis Il leur fit des reproches pour avoir fui leur Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, alors qu'ils étaient appelés et ne se tournaient pas vers lui à cause de son appel, et Il dit : « Quand vous vous enfuyiez 56 sans vous retourner vers personne, tandis que le Prophète vous appelait depuis votre arrière-garde. Alors Il vous infligea angoisse sur angoisse 57, afin que vous ne soyez pas tristes de ce qui vous a échappé ni de ce qui vous a frappés » (3:153) : c'est-à-dire détresse après détresse, à cause du meurtre de ceux de vos frères qui ont été tués, et de la domination de votre ennemi sur vous, et de ce qui s'est installé dans vos esprits, de la parole de celui qui a dit : votre Prophète a été tué. Cela s'est donc succédé sur vous, angoisse sur angoisse 57, afin que vous ne soyez pas tristes de ce qui vous a échappé, de votre victoire sur votre ennemi, après l'avoir vue de vos propres yeux, ni de ce qui vous a frappés, du meurtre de vos frères, jusqu'à ce que J'aie dissipé cette détresse de vous. « Et Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites » (3:153). Et ce par quoi Allah dissipa pour eux ce qu'ils subissaient comme détresse et angoisse, c'est qu'Allah, Puissant et Majestueux, repoussa d'eux le mensonge de Satan concernant le meurtre de leur Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue. Quand ils virent le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, vivant parmi eux, ce qui leur avait échappé du peuple après la victoire sur eux, et le malheur qui les avait frappés dans leurs frères, leur parut léger, lorsqu'Allah détourna le meurtre de leur Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue. « Puis Il fit descendre sur vous, après l'angoisse, une sécurité, un sommeil 58 qui enveloppa une partie d'entre vous, tandis qu'une autre partie était soucieuse pour elle-même, pensant d'Allah ce qui n'est pas la vérité, la pensée de l'ignorance 59. Ils disaient : « Avons-nous quelque chose à voir dans cette affaire ? » Dis : « L'affaire tout entière appartient à Allah. » Ils cachent en eux-mêmes ce qu'ils ne te manifestent pas, disant : « Si nous avions eu quelque chose à voir dans cette affaire, nous n'aurions pas été tués ici. » Dis : « Si vous étiez restés dans vos maisons, ceux pour qui la mort était prescrite seraient sortis vers leurs lieux de mort, afin qu'Allah éprouve ce qu'il y a dans vos poitrines et purifie ce qu'il y a dans vos cœurs. Et Allah connaît parfaitement le contenu des poitrines » (3:154). Allah fit donc descendre le sommeil 58 comme une sécurité de Sa part sur les gens de la certitude en Lui : ils dormaient sans crainte. Quant aux hypocrites, ils étaient soucieux pour eux-mêmes, pensant d'Allah ce qui n'est pas la vérité, la pensée de l'ignorance 59, craignant la mort, car ils n'espéraient aucune issue. Allah, Puissant et Majestueux, mentionna donc leurs reproches mutuels et leur regret de ce qui les avait frappés. Puis Allah, Gloire à Lui, dit à Son Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue : « Dis : « Si vous étiez restés dans vos maisons » (3:154), sans assister à ce lieu où Allah a manifesté de vous ce qu'Il a manifesté de vos secrets, « ceux pour qui la mort était prescrite seraient sortis 60 » c'est-à-dire auraient été amenés « vers leurs lieux de mort » (3:154), vers un autre lieu où ils seraient abattus, jusqu'à ce que soit éprouvé ce qu'il y a dans leurs poitrines, « et pour purifier ce qu'il y a dans vos cœurs. Et Allah connaît parfaitement le contenu des poitrines » (3:154) : c'est-à-dire rien ne Lui est caché de ce qu'il y a dans leurs poitrines, de ce qu'ils dissimulent à vous. (Avertissement contre le fait d'être de ceux qui craignent la mort dans [la voie] d'Allah) :
Puis Il dit : « Ô vous qui avez cru, ne soyez pas comme ceux qui ont mécru et qui ont dit à leurs frères, lorsqu'ils parcouraient la terre ou qu'ils étaient en expédition 61 : "S'ils étaient restés auprès de nous, ils ne seraient pas morts et n'auraient pas été tués", afin que Dieu fasse de cela un regret dans leurs cœurs. Et c'est Dieu qui donne la vie et la mort, et Dieu voit parfaitement ce que vous faites » (3:156). C'est-à-dire : ne soyez pas comme les hypocrites qui dissuadent leurs frères du combat dans le chemin de Dieu, et du voyage sur terre dans l'obéissance à Dieu – exalté soit-Il – et à Son Messager – que Dieu prie sur lui et le salue – et qui disent, lorsqu'ils meurent ou sont tués : « S'ils nous avaient obéis, ils ne seraient pas morts et n'auraient pas été tués » – « afin que Dieu fasse de cela un regret dans leurs cœurs » (3:156) – à cause du manque de certitude en leur Seigneur – « et c'est Dieu qui donne la vie et la mort » (3:156) : c'est-à-dire qu'Il hâte ce qu'Il veut et retarde ce qu'Il veut de leurs termes par Sa puissance. Il dit – exalté soit-Il : « Et si vous êtes tués dans le chemin de Dieu ou si vous mourez, un pardon de Dieu et une miséricorde sont meilleurs que ce qu'ils amassent » (3:157). C'est-à-dire : la mort est inéluctable, inévitable. Donc une mort dans le chemin de Dieu, ou une mort par le combat, est meilleure – s'ils savaient et étaient certains – que ce qu'ils amassent des biens de ce bas monde, pour lesquels ils s'abstiennent du combat, craignant la mort et le combat à cause de ce qu'ils ont amassé comme beauté éphémère de ce monde, par renoncement à l'au-delà. « Et si vous mourez ou êtes tués » (3:158) – quelle que soit la chose – « c'est vers Dieu que vous serez rassemblés » (3:158) : c'est-à-dire que le retour est vers Dieu. Que ce bas monde ne vous trompe donc pas, et ne vous y laissez pas tromper. Que le combat et ce à quoi Dieu vous incite comme récompense soient plus chers à vos yeux que ce bas monde. (Sa mention de la miséricorde du Messager envers eux) : Puis Il dit – béni et exalté soit-Il : « C'est par une miséricorde de Dieu que tu as été doux envers eux. Si tu avais été rude et dur de cœur, ils se seraient dispersés loin de toi » (3:159) : c'est-à-dire qu'ils t'auraient abandonné. « Pardonne-leur donc » (3:159) : c'est-à-dire passe sur leurs fautes. « Et implore le pardon pour eux, et consulte-les dans les affaires. Puis, lorsque tu as pris une décision, confie-toi à Dieu, car Dieu aime ceux qui se confient à Lui » (3:159). Il a donc mentionné à Son Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – Sa douceur envers eux, et Sa patience à leur égard, à cause de leur faiblesse et de leur manque de patience face à la rudesse si elle venait de lui envers eux, dans tout ce qu'ils contredisaient de ce qu'Il leur avait prescrit comme obéissance à leur Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue. Puis Il dit – béni et exalté soit-Il : « Pardonne-leur donc » (3:159) : c'est-à-dire passe sur leurs fautes. « Et implore le pardon pour eux » (3:159) pour leurs péchés, de ceux parmi les croyants qui ont commis des fautes. « Et consulte-les dans les affaires » (3:159) : c'est-à-dire pour leur montrer que tu les écoutes et que tu recherches leur aide, bien que tu te passes d'eux, afin de gagner leurs cœurs pour leur religion. « Puis, lorsque tu as pris une décision » (3:159) : c'est-à-dire sur une affaire qui te vient de Moi, et une affaire de ta religion concernant le combat contre ton ennemi – que rien d'autre ne te convient ni ne leur convient – alors va de l'avant selon ce qui t'a été ordonné, en dépit de ceux qui te contredisent et en accord avec ceux qui te suivent. « Confie-toi à Dieu » (3:159), c'est-à-dire contente-toi de Lui plutôt que des serviteurs. « Car Dieu aime ceux qui se confient à Lui. Si Dieu vous secourt, nul ne peut vous vaincre ; s'Il vous abandonne, qui donc après Lui pourra vous secourir ? » (3:159-160) : c'est-à-dire : ne délaisse pas Mon ordre pour les hommes, et délaisse l'ordre des hommes pour Mon ordre. Que les croyants se confient donc à Dieu, non aux hommes. (Ce qui a été révélé concernant le butin illicite 62) : Puis Il dit : « Il n'appartient pas à un prophète de commettre une fraude 63. Quiconque commet une fraude viendra avec ce qu'il a fraudé au Jour de la Résurrection. Puis chaque âme sera pleinement rétribuée selon ce qu'elle aura acquis, et ils ne seront point lésés » (3:161). C'est-à-dire : il n'appartient pas à un prophète de cacher aux gens ce avec quoi Dieu l'a envoyé, par crainte des gens ou par désir. Quiconque fait cela viendra au Jour de la Résurrection avec cela, puis sera rétribué selon son acquisition, sans être lésé ni injustement traité. « Celui qui suit l'agrément de Dieu » (3:162) – quoi que les gens aiment ou détestent – « est-il semblable à celui qui encourt la colère de Dieu » (3:162) pour l'agrément ou le courroux des gens ? Il dit : Celui qui est dans Mon obéissance, sa récompense est le Paradis et l'agrément de Dieu – est-il semblable à celui qui encourt la colère de Dieu et mérite Son courroux, de sorte que « son refuge est la Géhenne ; et quelle mauvaise destination ! » (3:162) – Les deux exemples sont-ils égaux ? Reconnaissez donc. « Ils ont des degrés 64 auprès de Dieu, et Dieu voit parfaitement ce qu'ils font » (3:163) : chacun a des degrés selon ce qu'il a fait, au Paradis et en Enfer. C'est-à-dire que Dieu ne cache pas les gens de Son obéissance des gens de Sa désobéissance. (La faveur de Dieu envers les gens par l'envoi des messagers) : Puis Il dit : « Dieu a certes accordé une faveur aux croyants en leur envoyant un Messager issu d'eux-mêmes, qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse, alors qu'auparavant ils étaient dans un égarement manifeste » (3:164). C'est-à-dire : Dieu vous a certes accordé une faveur, ô gens de la foi, en vous envoyant un Messager issu de vous-mêmes, qui vous récite Ses versets concernant ce que vous avez innové et ce que vous avez fait, pour vous enseigner le bien et le mal, afin que vous connaissiez le bien et le pratiquiez, et le mal et l'évitiez ; et qui vous informe de Son agrément envers vous lorsque vous Lui obéissez, afin que vous multipliiez Son obéissance et évitiez ce qui suscite Son courroux de votre désobéissance, pour vous délivrer ainsi de Son châtiment et atteindre Sa récompense de Son Paradis – alors qu'auparavant vous étiez dans un égarement manifeste : c'est-à-dire dans l'aveuglement de l'ignorance, ne connaissant aucune bonne action et ne demandant pas pardon pour une mauvaise, sourds au bien, muets à la vérité, aveugles à la guidée. (Sa mention de l'épreuve qui les a frappés) : Puis Il mentionna l'épreuve qui les a frappés, et dit : « Quoi ! Quand une calamité vous a frappés – alors que vous en aviez infligé deux fois autant – vous avez dit : "D'où vient cela ?" Dis : "Cela vient de vous-mêmes." Certes, Dieu est Omnipotent » (3:165). C'est-à-dire : Si une calamité vous a frappés dans vos frères à cause de vos péchés, vous avez infligé deux fois autant auparavant à votre ennemi, le jour précédent à Badr 65, en tuant et en capturant, et vous avez oublié votre désobéissance et votre contradiction à ce que votre Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – vous avait ordonné. Vous avez attiré cela sur vous-mêmes. « Certes, Dieu est Omnipotent » (3:165) : c'est-à-dire que Dieu est capable de tout ce qu'Il veut envers Ses serviteurs, châtiment ou pardon. « Et ce qui vous a frappés le jour où les deux troupes se sont rencontrées, c'est par la permission de Dieu, et pour qu'Il connaisse les croyants » (3:166) : c'est-à-dire ce qui vous a frappés lorsque vous avez rencontré votre ennemi, c'est par Ma permission ; cela s'est produit lorsque vous avez fait ce que vous avez fait après que Mon secours vous est venu et que Ma promesse s'est réalisée pour vous, afin de distinguer entre les croyants et les hypocrites. « Et pour qu'Il connaisse ceux qui ont pratiqué l'hypocrisie » (3:167) parmi vous : c'est-à-dire pour révéler ce qui est en eux. « Et il leur a été dit : "Venez combattre dans le chemin de Dieu, ou repoussez [l'ennemi]" » (3:167) : il s'agit de 'Abdullah ibn Ubayy 66 et de ses compagnons qui firent demi-tour loin du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lorsqu'il se dirigea vers son ennemi parmi les associateurs à Uhud 67, et de leur parole : « Si nous savions que vous combattriez, nous serions partis avec vous et nous vous aurions défendus, mais nous ne pensons pas qu'il y aura combat. » Il révéla donc ce qu'ils cachaient en eux-mêmes. Dieu – exalté soit-Il – dit : « Ce jour-là, ils étaient plus proches de la mécréance que de la foi. Ils disent de leurs bouches ce qui n'est pas dans leurs cœurs » (3:167) : c'est-à-dire qu'ils te montrent la foi alors qu'elle n'est pas dans leurs cœurs. « Et Dieu sait mieux ce qu'ils cachent » (3:167) : c'est-à-dire ce qu'ils dissimulent. « Ceux qui ont dit à leurs frères » (3:168) – qui ont été frappés avec vous parmi leurs clans et leur peuple – « "S'ils nous avaient obéis, ils n'auraient pas été tués." Dis : "Écartez donc la mort de vous-mêmes, si vous êtes véridiques" » (3:168) : c'est-à-dire que la mort est inéluctable. Si vous pouvez l'écarter de vous-mêmes, faites-le. Cela, parce qu'ils n'ont pratiqué l'hypocrisie et abandonné le combat dans le chemin de Dieu que par convoitise de rester en ce bas monde et par fuite de la mort. (L'incitation au combat) :
Ensuite, Il dit à Son Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), pour encourager les croyants au combat (jihâd) et leur rendre la mort facile : « Et ne compte surtout pas que ceux qui ont été tués dans le chemin d'Allah sont morts. Non, ils sont vivants auprès de leur Seigneur, pourvus de subsistance, joyeux de ce qu'Allah leur a donné de Sa grâce, et ils se réjouissent de l'annonce [de la venue] de ceux qui ne les ont pas encore rejoints, restés en arrière, [sachant] qu'il n'y aura nulle crainte sur eux et qu'ils ne seront point affligés. » (3:169-170) C'est-à-dire : Ne pense surtout pas que ceux qui ont été tués dans le chemin d'Allah sont morts. Non, Je les ai rendus vivants, et ils sont pourvus de subsistance auprès de Moi, dans le repos et la grâce du Paradis, réjouis par ce qu'Allah leur a donné de Sa faveur pour leur combat pour Lui. « Et ils se réjouissent de l'annonce [de la venue] de ceux qui ne les ont pas encore rejoints, restés en arrière » : c'est-à-dire qu'ils se réjouissent de la venue de ceux de leurs frères qui les rejoignent, suivant la même voie de combat qu'eux, afin qu'ils partagent avec eux la récompense d'Allah qu'Il leur a accordée. Allah a éloigné d'eux la crainte et la tristesse. Allah Très-Haut dit : « Ils se réjouissent d'une grâce et d'une faveur d'Allah, et [du fait] qu'Allah ne laisse pas perdre la récompense des croyants » (3:171), pour ce qu'ils ont constaté de l'accomplissement de la promesse et de l'immense récompense. (Le sort des tués de Uhud) : Ibn Ishaq dit : Ismaïl ibn Umayya m'a rapporté, d'après Abou Zubayr, d'après Ibn Abbas, qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Lorsque vos frères furent frappés à Uhud, Allah plaça leurs âmes dans les entrailles d'oiseaux verts. Ils vont aux rivières du Paradis, mangent de ses fruits, et se réfugient dans des lampes d'or, à l'ombre du Trône. Lorsqu'ils eurent trouvé la douceur de leur boisson et de leur nourriture, et la beauté de leur lieu de repos, ils dirent : "Si seulement nos frères savaient ce qu'Allah a fait pour nous, afin qu'ils ne se détournent pas du combat (jihâd) et ne reculent pas devant la guerre !" Alors Allah Très-Haut dit : "C'est Moi qui leur transmettrai de votre part." Et Allah révéla à Son Messager (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ces versets : "Et ne compte surtout pas..." (3:169) » Ibn Ishaq dit : Al-Harith ibn al-Fudayl m'a rapporté, d'après Mahmoud ibn Labid al-Ansari, d'après Ibn Abbas, qu'il a dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Les martyrs sont sur la rive d'un fleuve à la porte du Paradis, dans un dôme vert. Leur subsistance leur parvient du Paradis, matin et soir. » Ibn Ishaq dit : Une personne digne de confiance m'a rapporté, d'après Abdallah ibn Mas'ud, qu'on l'interrogea sur ces versets : « Et ne compte surtout pas que ceux qui ont été tués dans le chemin d'Allah sont morts. Non, ils sont vivants auprès de leur Seigneur, pourvus de subsistance » (3:169). Il dit : « Nous avons interrogé à leur sujet, et il nous fut dit : "Lorsque vos frères furent frappés à Uhud, Allah plaça leurs âmes dans les entrailles d'oiseaux verts. Ils vont aux rivières du Paradis, mangent de ses fruits, et se réfugient dans des lampes d'or, à l'ombre du Trône. Puis Allah Puissant et Majestueux les regarde une fois et dit : 'Ô Mes serviteurs, que désirez-vous que Je vous ajoute ?' Ils disent : 'Notre Seigneur, il n'y a rien au-dessus de ce que Tu nous as donné. Le Paradis [est à nous], nous en mangeons où nous voulons !' Puis Allah les regarde une autre fois et dit : 'Ô Mes serviteurs, que désirez-vous que Je vous ajoute ?' Ils disent : 'Notre Seigneur, il n'y a rien au-dessus de ce que Tu nous as donné. Le Paradis [est à nous], nous en mangeons où nous voulons !' Puis Il les regarde une autre fois et dit : 'Ô Mes serviteurs, que désirez-vous que Je vous ajoute ?' Ils disent : 'Notre Seigneur, il n'y a rien au-dessus de ce que Tu nous as donné. Le Paradis [est à nous], nous en mangeons où nous voulons. Sauf que nous aimerions que Tu rendes nos âmes à nos corps, puis que nous soyons renvoyés dans le monde d'ici-bas, afin de combattre pour Toi jusqu'à ce que nous soyons tués une autre fois.'" » Ibn Ishaq dit : Un de nos compagnons m'a rapporté, d'après Abdallah ibn Muhammad ibn Uqayl, qui a dit : J'ai entendu Jabir ibn Abdallah dire : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) m'a dit : « Ne t'annoncerai-je pas une bonne nouvelle, ô Jabir ? » Je dis : « Certes, ô Prophète d'Allah. » Il dit : « Ton père, lorsqu'il fut frappé à Uhud, Allah Puissant et Majestueux le ressuscita, puis lui dit : "Que désires-tu, ô Abdallah ibn Amr, que Je fasse pour toi ?" Il dit : "Ô Seigneur, j'aimerais que Tu me renvoies dans le monde d'ici-bas, afin que je combatte pour Toi et que je sois tué une autre fois." » Ibn Ishaq dit : Amr ibn Ubayd m'a rapporté, d'après al-Hasan, qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, il n'est aucun croyant qui quitte ce monde et qui aimerait y retourner, ne fût-ce qu'une heure du jour, même si on lui donnait le monde et tout ce qu'il contient, excepté le martyr. Car lui, il aimerait être renvoyé dans le monde d'ici-bas, pour combattre dans le chemin d'Allah et être tué une autre fois. » (Mention de ceux qui sortirent avec le Messager vers Hamra al-Asad) : Ibn Ishaq dit : Ensuite, Très-Haut dit : « Ceux qui répondirent à l'appel d'Allah et du Messager après qu'ils eurent été blessés » (3:172) : c'est-à-dire les blessures. Ce sont les croyants qui partirent avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le lendemain du jour de Uhud vers Hamra al-Asad, malgré la douleur de leurs blessures : « À ceux d'entre eux qui ont fait le bien et qui ont craint [Allah], une immense récompense. Ceux à qui les gens dirent : "Les gens se sont rassemblés contre vous, craignez-les" – cela ne fit qu'augmenter leur foi, et ils dirent : "Allah nous suffit, et quel excellent Protecteur !" » (3:172-173). Les gens qui leur dirent cela sont le groupe de Abd al-Qays, à qui Abou Sufyan avait dit ce qu'il avait dit. Ils dirent : « Abou Sufyan et ceux qui sont avec lui reviennent vers vous. » Allah Puissant et Majestueux dit : « Ils revinrent donc avec une grâce et une faveur d'Allah, sans qu'aucun mal ne les eût touchés, et ils suivirent ce qui satisfait Allah. Et Allah est Détenteur d'une grâce immense » (3:174), pour ce qu'Allah avait détourné d'eux la rencontre de leur ennemi. « C'est cela, le Diable » (3:175) : c'est-à-dire pour ce groupe et ce que le Diable avait jeté sur leurs bouches. « Il vous fait peur de ses alliés » : c'est-à-dire qu'il vous effraie par ses alliés. « Ne les craignez donc pas, mais craignez-Moi, si vous êtes croyants. Et que ceux qui rivalisent de hâte dans la mécréance ne t'affligent pas » (3:175-176) : c'est-à-dire les hypocrites. « Ils ne nuiront en rien à Allah. Allah veut ne leur donner aucune part dans l'au-delà, et ils auront un immense châtiment. Ceux qui ont acheté la mécréance au prix de la foi ne nuiront en rien à Allah, et ils auront un châtiment douloureux. Et que ceux qui ont mécru ne pensent surtout pas que le délai que Nous leur accordons est un bien pour eux-mêmes. Nous ne leur accordons un délai que pour qu'ils augmentent leur péché, et ils auront un châtiment avilissant. Il n'appartient pas à Allah de laisser les croyants dans l'état où vous êtes, jusqu'à ce qu'Il distingue le mauvais du bon » (3:176-179) : c'est-à-dire les hypocrites. « Et il n'appartient pas à Allah de vous dévoiler l'Inconnaissable » (3:179) : c'est-à-dire dans ce par quoi Il veut vous éprouver, afin que vous vous méfiiez de ce qui pourrait vous y atteindre. « Mais Allah choisit parmi Ses messagers qui Il veut » (3:179) : c'est-à-dire qu'Il lui enseigne cela. « Croyez donc en Allah et en Ses messagers. Et si vous croyez et craignez [Allah] » (3:179) : c'est-à-dire si vous revenez et vous repentez, « vous aurez alors une immense récompense » (3:179).
- tubawwi'u al-mu'minīna maqā'ida lil-qitāl : Expression coranique signifiant « tu assignes aux croyants des postes de combat » ; le verbe bawwa'a signifie établir, installer.
- tabawwa'tu maḍja'a : Expression poétique signifiant « j'aurais pris une couche » (pour dormir ou mourir).
- musawwimīn : Participe actif de sawwama, « marquer » ; désigne des anges portant des signes distinctifs (turbans, marques sur les chevaux).
- Sijjīl : Terme coranique désignant une pierre d'argile cuite, souvent interprété comme « pierre de châtiment ».
- sawwamū : Verbe signifiant « ils ont marqué » (les chevaux) ; ici au sens figuré de « ils se sont distingués ».
- ajdhamū : Verbe signifiant « ils ont accéléré » (avec le dhāl) ; distingué de ajdamū (avec dāl) qui signifie « ils ont coupé ».
- urjūza : Poème en mètre rajaz, forme de poésie arabe classique.
- makbūt : Participe passif de kabata, « affliger, abattre » ; désigne une personne accablée de tristesse.
- lāʿallakum turḥamūn : Expression coranique signifiant « peut-être serez-vous graciés », indiquant une espérance de miséricorde divine.
- sāriʿū ilā maghfiratin : Impératif coranique : « hâtez-vous vers un pardon », exhortant à la recherche rapide du pardon divin.
- al-muḥsinīn : Pluriel de muḥsin, désignant ceux qui pratiquent l'ihsān, c'est-à-dire l'excellence dans l'adoration et la bienfaisance envers autrui.
- fāḥishah : Terme désignant un acte immoral grave, souvent une turpitude sexuelle ou un péché majeur.
- yuṣirrū : Verbe signifiant persister ou s'obstiner dans un péché, avec l'idée de le répéter délibérément.
- ajr al-ʿāmilīn : Expression signifiant « la récompense de ceux qui agissent », se référant à la rétribution des œuvres.
- sunan : Pluriel de sunnah, ici au sens de lois divines ou de châtiments exemplaires appliqués aux peuples passés.
- bayān : Terme signifiant clarification, explication ou énoncé clair, souvent utilisé pour le Coran.
- hudā : Guidance divine, direction spirituelle vers la vérité et le droit chemin.
- mawʿiẓah : Exhortation, prêche ou conseil moral visant à rappeler et à avertir.
- tahinū : Verbe signifiant faiblir, perdre courage ou devenir lâche dans l'effort.
- al-aʿlawn : Superlatif signifiant « les plus élevés » ou « les supérieurs », indiquant la victoire et la prééminence.
- muʾminīn : Pluriel de muʾmin, croyant sincère en Allah et en Son Messager.
- qarḥ : Blessure physique, plaie ou douleur, souvent utilisée dans le contexte des combats.
- nudāwiluhā : Verbe signifiant faire alterner, faire circuler ou distribuer tour à tour.
- shuhadāʾ : Pluriel de shahīd, martyr mort en combattant dans le chemin d'Allah.
- ẓālimīn : Pluriel de ẓālim, injuste ou oppresseur, incluant ici les hypocrites qui cachent leur mécréance.
- yumaḥḥiṣ : Verbe signifiant épurer, purifier ou tester pour séparer le bon du mauvais.
- yamḥaq : Verbe signifiant anéantir, effacer ou détruire, souvent en parlant des mécréants.
- jāhada : Verbe signifiant combattre ou faire un effort (jihād) dans le chemin d'Allah.
- tamannawna al-mawt : Expression signifiant « vous souhaitiez la mort », se référant au désir du martyre.
- tandhurūn : Verbe signifiant regarder, observer, ici avec l'idée de voir la mort de leurs propres yeux.
- inqalabtum ʿalā aʿqābikum : Expression idiomatique signifiant « retourner sur ses talons », c'est-à-dire apostasier ou revenir en arrière.
- māta aw qutila : Expression signifiant « qu'il meure ou qu'il soit tué », se référant au Prophète Muhammad.
- yanqalib ʿalā ʿaqibayhi : Variante de l'expression précédente, signifiant revenir sur sa religion.
- lan yaḍurra Allāha shayʾan : Expression signifiant « ne nuira en rien à Allah », soulignant l'impuissance des actes humains à affecter Dieu.
- shākirīn : Pluriel de shākir, reconnaissant ou grateux envers Allah pour Ses bienfaits.
- kitāban muʾajjalan : Expression signifiant « un terme prescrit », se référant au décret divin fixant la durée de vie.
- thawāb al-dunyā / al-ākhirah : Distinction entre la récompense de ce monde (biens matériels) et celle de l'au-delà (paradis).
- nuʾtihi minhā : Expression signifiant « Nous lui donnons de cela », indiquant l'attribution divine selon l'intention.
- rabbāniyyūn : Pluriel de rabbānī, désignant des savants religieux ou des hommes de Dieu, souvent des disciples fidèles.
- ṣābirīn : Pluriel de ṣābir, endurant ou patient dans l'épreuve et l'obéissance.
- rabbanā ighfir lanā : Invocation coranique : « Seigneur, pardonne-nous », demandant le pardon divin.
- ar-ribāb : Terme désignant des groupes ou alliances tribales, dérivé de l'idée de rassemblement.
- ribba / ribāba : Singulier de ribāb, désignant un groupe de flèches ou de bâtons liés ensemble, par analogie avec les groupes humains.
- Abū Dhuʾayb al-Hudhalī : Poète arabe préislamique et compagnon du Prophète, connu pour ses poèmes et sa sagesse.
- ribāba : Chiffon dans lequel on enveloppe les flèches, ou instrument de musique à cordes.
- yasar : Flèche utilisée dans le tirage au sort divinatoire (al-azlām).
- qidāḥ : Flèches sans plumes ni fer, utilisées pour le tirage au sort.
- abābīl : Groupes, troupes, ou oiseaux en volées (cf. Sourate 105:3).
- sannawr : Cotte de mailles, armure.
- dusur : Clous ou rivets utilisés dans les anneaux de la cotte de mailles ; aussi les planches et clous du vaisseau de Noé (Sourate 54:13).
- dars : Action d'enfoncer, de percer (ici, avec les lances).
- ḥass : Extermination, massacre ; verbe ḥassa : tuer, exterminer.
- ḥaṣīd : Moissonné, fauché ; désigne les roseaux coupés.
- ḥasūs : Année de sécheresse dévorante qui consume tout.
- urjūza : Poème en mètre rajaz, souvent didactique ou narratif.
- tuṣ‘idūn : Vous vous enfuyiez, littéralement « vous montiez » (vers la montagne).
- ghamm bi-ghamm : Angoisse sur angoisse, détresse après détresse.
- nu‘ās : Sommeil léger, assoupissement, envoyé comme sécurité.
- ẓann al-jāhiliyya : Pensée de l'ignorance préislamique, croyance erronée en la puissance des idoles ou en l'absence de secours divin.
- baraza : Sortir, se montrer ; ici, ils seraient sortis (pour mourir).
- غزًّى : Pluriel de 'ghāzin' : combattants en expédition militaire.
- الغُلُول : Détournement frauduleux du butin avant son partage.
- يَغُلَّ : Commettre une fraude, notamment sur le butin.
- دَرَجات : Degrés, rangs hiérarchiques dans l'au-delà selon les œuvres.
- بَدْر : Bataille de Badr, première grande victoire des musulmans en 624.
- عَبْدَ اللَّهِ بْنَ أُبَيٍّ : Chef des hypocrites de Médine, qui se retira avec ses partisans avant la bataille d'Uhud.
- أُحُد : Bataille d'Uhud, en 625, où les musulmans subirent une défaite partielle.
Parmi les Émigrés [1] qui furent martyrs à Uhud [2], on mentionne :
Mention de ceux qui furent martyrisés à Uhud parmi les Émigrés 1 (Parmi les Banû Hâshim 2) : Ibn Ishâq 3 dit : Furent martyrisés parmi les musulmans le jour d'Uhud avec le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – parmi les Émigrés de Quraysh 4, puis parmi les Banû Hâshim ibn ‘Abd Manâf : Hamza ibn ‘Abd al-Muttalib ibn Hâshim – qu'Allah l'agrée –, tué par Wahshî 5, esclave de Jubayr ibn Mut‘im. (Parmi les Banû Umayya 6) : Et parmi les Banû Umayya ibn ‘Abd Shams : ‘Abd Allah ibn Jahsh, allié à eux, des Banû Asad ibn Khuzayma. (Parmi les Banû ‘Abd al-Dâr 7) : Et parmi les Banû ‘Abd al-Dâr ibn Qusayy : Mus‘ab ibn ‘Umayr, tué par Ibn Qami'a al-Laythî. (Parmi les Banû Makhzûm 8) : Et parmi les Banû Makhzûm ibn Yaqaza : Shammâs ibn ‘Uthmân. Quatre hommes. (Parmi les Auxiliaires 9) : Et parmi les Auxiliaires, puis parmi les Banû ‘Abd al-Ashhal : ‘Amr ibn Mu‘âdh ibn al-Nu‘mân, al-Hârith ibn Anas ibn Râfi‘, et ‘Umâra ibn Ziyâd ibn al-Sakan. Ibn Hishâm 10 dit : al-Sakan : ibn Râfi‘ ibn Imru' al-Qays, et on dit : al-Sakn. Ibn Ishâq dit : Salama ibn Thâbit ibn Waqsh, et ‘Amr ibn Thâbit ibn Waqsh. Deux hommes. Ibn Ishâq dit : ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâda m'a rapporté que leur père Thâbit fut tué ce jour-là. Et Rifâ‘a ibn Waqsh. Et Husayl ibn Jâbir, Abû Hudhayfa, et c'est al-Yamân, que les musulmans frappèrent dans la mêlée sans le savoir, et Hudhayfa fit don de son prix du sang à celui qui l'avait frappé. Et Sayfî ibn Qayzî. Et Habâb ibn Qayzî. Et ‘Abbâd ibn Sahl. Et al-Hârith ibn Aws ibn Mu‘âdh. Douze hommes. (De Râtij 11) : Et des gens de Râtij : Iyâs ibn Aws ibn ‘Atîk ibn ‘Amr ibn ‘Abd al-A‘lam ibn Za‘ûrâ' ibn Jusham ibn ‘Abd al-Ashhal, et ‘Ubayd ibn al-Tayhân. Ibn Hishâm dit : on dit : ‘Atîk ibn al-Tayhân. Et Habîb ibn Yazîd ibn Taym. Trois hommes. (Parmi les Banû Zafar 12) : Et parmi les Banû Zafar : Yazîd ibn Khâtib ibn Umayya ibn Râfi‘. Un homme. (Parmi les Banû Dubay‘a 13) : Et parmi les Banû ‘Amr ibn ‘Awf, puis parmi les Banû Dubay‘a ibn Zayd : Abû Sufyân ibn al-Hârith ibn Qays ibn Zayd, et Hanzala ibn Abî ‘Âmir ibn Sayfî ibn Nu‘mân ibn Mâlik ibn Uma, et c'est le Lavé par les Anges 14, tué par Shaddâd ibn al-Aswad ibn Shu‘ûb al-Laythî. Deux hommes. Ibn Hishâm dit : Qays : ibn Zayd ibn Dubay‘a, et Mâlik : ibn Uma ibn Dubay‘a. (Parmi les Banû ‘Ubayd 15) : Ibn Ishâq dit : Et parmi les Banû ‘Ubayd ibn Zayd : Unays ibn Qatâda. Un homme. Et parmi les Banû Tha‘laba ibn ‘Amr ibn ‘Awf : Abû Hayya, et il est le frère de Sa‘d ibn Khaythama par sa mère. Ibn Hishâm dit : Abû Hayya : ibn ‘Amr ibn Thâbit. Ibn Ishâq dit : Et ‘Abd Allah ibn Jubayr ibn al-Nu‘mân, et il est le commandant des archers. Deux hommes. (Parmi les Banû al-Salam 16) : Et parmi les Banû al-Salm ibn Imru' al-Qays ibn Mâlik ibn al-Aws : Khaythama, père de Sa‘d ibn Khaythama. Un homme. (Parmi les Banû al-‘Ajlân 17) : Et parmi leurs alliés des Banû al-‘Ajlân : ‘Abd Allah ibn Salama. Un homme. (Parmi les Banû Mu‘âwiya 18) : Et parmi les Banû Mu‘âwiya ibn Mâlik : Subay‘ ibn Hâtib ibn al-Hârith ibn Qays ibn Haysha. Un homme. (Parmi les Banû al-Najjâr 19) : Ibn Hishâm dit : on dit : Suwaybiq ibn al-Hârith ibn Hâtib ibn Haysha. Ibn Ishâq dit : Et parmi les Banû al-Najjâr, puis parmi les Banû Sawâd ibn Mâlik ibn Ghanî : ‘Amr ibn Qays, et son fils Qays ibn ‘Amr. Ibn Hishâm dit : ‘Amr ibn Qays : ibn Zayd ibn Sawâd. Ibn Ishâq dit : Et Thâbit ibn ‘Amr ibn Zayd, et ‘Âmir ibn Makhlad. Quatre hommes. (Parmi les Banû Mabdhûl 20) : Et parmi les Banû Mabdhûl : Abû Hubayra ibn al-Hârith ibn ‘Alqama ibn ‘Amr ibn Thaqf ibn Mâlik ibn Mabdhûl, et ‘Amr ibn Mutarrif ibn ‘Alqama ibn ‘Amr. Deux hommes. (Parmi les Banû ‘Amr 21) : Et parmi les Banû ‘Amr ibn Mâlik : Aws ibn Thâbit ibn al-Mundhir. Un homme. Ibn Hishâm dit : Aws ibn Thâbit, frère de Hassân ibn Thâbit. (Parmi les Banû ‘Adî 22) : Ibn Ishâq dit : Et parmi les Banû ‘Adî ibn al-Najjâr : Anas ibn al-Nadr ibn Damdam ibn Zayd ibn Harâm ibn Jundub ibn ‘Âmir ibn Ghanm ibn ‘Adî ibn al-Najjâr. Un homme. Ibn Hishâm dit : Anas ibn al-Nadr, oncle d'Anas ibn Mâlik, serviteur du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue. (Parmi les Banû Mâzin 23) : Et parmi les Banû Mâzin ibn al-Najjâr : Qays ibn Makhlad, et Kaysân, un esclave à eux. Deux hommes. (Parmi les Banû Dînâr 24) : Et parmi les Banû Dînâr ibn al-Najjâr : Sulaym ibn al-Hârith, et Nu‘mân ibn ‘Abd ‘Amr. Deux hommes. (Parmi les Banû al-Hârith 25) : Et parmi les Banû al-Hârith ibn al-Khazraj : Khârija ibn Zayd ibn Abî Zuhayr, et Sa‘d ibn al-Rabî‘ ibn ‘Amr ibn Abî Zuhayr, enterrés dans une même tombe, et Aws ibn al-Arqam ibn Zayd ibn Qays ibn al-Nu‘mân ibn Mâlik ibn Tha‘laba ibn Ka‘b. Trois hommes. (Parmi les Banû al-Abjar 26) : Et parmi les Banû al-Abjar, qui sont les Banû Khudra : Mâlik ibn Sinân ibn ‘Ubayd ibn Tha‘laba ibn ‘Ubayd ibn al-Abjar, et il est le père d'Abû Sa‘îd al-Khudrî. Ibn Hishâm dit : Le nom d'Abû Sa‘îd al-Khudrî est Sinân, et on dit : Sa‘d. Ibn Ishâq dit : Et Sa‘îd ibn Suwayd ibn Qays ibn ‘Âmir ibn ‘Abbâd ibn al-Abjar, et ‘Utba ibn Rabî‘ ibn Râfi‘ ibn Mu‘âwiya ibn ‘Ubayd ibn Tha‘laba ibn ‘Ubayd ibn al-Abjar. Trois hommes. (Parmi les Banû Sâ‘ida 27) : Et parmi les Banû Sâ‘ida ibn Ka‘b ibn al-Khazraj : Tha‘laba ibn Sa‘d ibn Mâlik ibn Khâlid ibn Tha‘laba ibn Hâritha ibn ‘Amr ibn al-Khazraj ibn Sâ‘ida, et Thaqf ibn Farwa ibn al-Badî. Deux hommes. (Parmi les Banû Tarîf 28) : Et parmi les Banû Tarîf, clan de Sa‘d ibn ‘Ubâda : ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn Wahb ibn Tha‘laba ibn Waqsh ibn Tha‘laba ibn Tarîf, et Damra, allié à eux des Banû Juhayna. Deux hommes. (Parmi les Banû ‘Awf 29) : Et parmi les Banû ‘Awf ibn al-Khazraj, puis parmi les Banû Sâlim, puis parmi les Banû Mâlik ibn al-‘Ajlân ibn Zayd ibn Ghanm ibn Sâlim : Nawfal ibn ‘Abd Allah, et ‘Abbâs ibn ‘Ubâda ibn Nadla ibn Mâlik ibn al-‘Ajlân, et Nu‘mân ibn Mâlik ibn Tha‘laba ibn Fihr ibn Ghanm ibn Sâlim, et al-Mujadhdhar ibn Dhiyâd, allié à eux de Balî, et ‘Ubâda ibn al-Hashâs. Nu‘mân ibn Mâlik, al-Mujadhdhar et ‘Ubâda furent enterrés dans une même tombe. Cinq hommes. (Parmi les Banû al-Hublâ 30) : Et parmi les Banû al-Hublâ : Rifâ‘a ibn ‘Amr. Un homme. (Parmi les Banû Salama 31) : Et parmi les Banû Salima, puis parmi les Banû Harâm : ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn Harâm ibn Tha‘laba ibn Harâm, et ‘Amr ibn al-Jamûh ibn Zayd ibn Harâm, enterrés dans une même tombe, et Khallâd ibn ‘Amr ibn al-Jamûh ibn Zayd ibn Harâm, et Abû Ayman, affranchi de ‘Amr ibn al-Jamûh. Quatre hommes. (Parmi les Banû Sawâd 32) : Et parmi les Banû Sawâd ibn Ghanm : Sulaym ibn ‘Amr ibn Hadîda, et son affranchi ‘Antara, et Sahl ibn Qays ibn Abî Ka‘b ibn al-Qayn. Trois hommes. (Parmi les Banû Zurayq 33) : Et parmi les Banû Zurayq ibn ‘Âmir : Dhakwân ibn ‘Abd Qays, et ‘Ubayd ibn al-Mu‘allâ ibn Lawdhân. Deux hommes. Ibn Hishâm dit : ‘Ubayd ibn al-Mu‘allâ, des Banû Habîb. (Nombre des martyrs) : Ibn Ishâq dit : Le total de ceux qui furent martyrisés parmi les musulmans avec le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – parmi les Émigrés et les Auxiliaires est de soixante-cinq hommes.
- al-Muhâjirûn : Émigrés : les premiers musulmans qui ont émigré de La Mecque à Médine.
- Banû Hâshim : Clan de Quraysh auquel appartenait le Prophète Muhammad.
- Ibn Ishâq : Muhammad ibn Ishâq, célèbre historien et biographe du Prophète (m. 767).
- Quraysh : Tribu dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- Wahshî : Esclave abyssin qui tua Hamza à Uhud, puis se convertit plus tard.
- Banû Umayya : Clan de Quraysh, dont descend la dynastie omeyyade.
- Banû ‘Abd al-Dâr : Clan de Quraysh, gardiens de la Kaaba.
- Banû Makhzûm : Clan de Quraysh, dont Abû Jahl faisait partie.
- al-Ansâr : Auxiliaires : les musulmans de Médine qui ont accueilli et soutenu le Prophète.
- Ibn Hishâm : ‘Abd al-Malik ibn Hishâm, éditeur de la biographie du Prophète par Ibn Ishâq (m. 833).
- Râtij : Localité ou clan des Ansâr.
- Banû Zafar : Clan des Ansâr.
- Banû Dubay‘a : Sous-clan des Banû ‘Amr ibn ‘Awf.
- Ghasîl al-Malâ'ika : Lavé par les Anges : surnom de Hanzala, car les anges l'auraient lavé après sa mort.
- Banû ‘Ubayd : Clan des Ansâr.
- Banû al-Salam : Clan des Ansâr.
- Banû al-‘Ajlân : Clan allié aux Ansâr.
- Banû Mu‘âwiya : Clan des Ansâr.
- Banû al-Najjâr : Clan des Ansâr, dont faisait partie ‘Abd Allah ibn Ubayy.
- Banû Mabdhûl : Clan des Ansâr.
- Banû ‘Amr : Clan des Ansâr.
- Banû ‘Adî : Clan des Ansâr.
- Banû Mâzin : Clan des Ansâr.
- Banû Dînâr : Clan des Ansâr.
- Banû al-Hârith : Clan des Ansâr.
- Banû al-Abjar : Clan des Ansâr, aussi appelés Banû Khudra.
- Banû Sâ‘ida : Clan des Ansâr, dont Sa‘d ibn ‘Ubâda.
- Banû Tarîf : Clan des Ansâr.
- Banû ‘Awf : Clan des Ansâr.
- Banû al-Hublâ : Clan des Ansâr.
- Banû Salama : Clan des Ansâr.
- Banû Sawâd : Clan des Ansâr.
- Banû Zurayq : Clan des Ansâr.
Mention de ceux qui furent tués parmi les associateurs le jour d'Uhud [1]
Parmi les Banū Muʿāwiya : Ibn Hishām a dit : Parmi ceux qu'Ibn Isḥāq n'a pas mentionnés parmi les soixante-dix martyrs que nous avons cités, des Aws, puis des Banū Muʿāwiya b. Mālik : Mālik b. Numayla, allié 1 à eux de la tribu de Muzayna. Parmi les Banū Khaṭama : Et des Banū Khaṭama – le nom de Khaṭama est ʿAbd Allāh b. Jusham b. Mālik b. al-Aws al-Ḥārith b. ʿAdī b. Kharasha b. Umayya b. ʿĀmir b. Khaṭama. Parmi les Banū al-Khazraj : Et des Khazraj, puis des Banū Sawād b. Mālik : Mālik b. Iyās. Parmi les Banū ʿAmr : Et des Banū ʿAmr b. Mālik b. al-Najjār : Iyās b. ʿAdī. Parmi les Banū Sālim : Et des Banū Sālim b. ʿAwf : ʿAmr b. Iyās. Mention de ceux qui furent tués parmi les associateurs 2 le jour de Uḥud Parmi les Banū ʿAbd al-Dār : Ibn Isḥāq a dit : Furent tués parmi les associateurs le jour de Uḥud, des Quraysh, puis des Banū ʿAbd al-Dār b. Quṣayy, parmi les porte-étendards : Ṭalḥa b. Abī Ṭalḥa – le nom d'Abī Ṭalḥa est ʿAbd Allāh b. ʿAbd al-ʿUzzā b. ʿUthmān b. ʿAbd al-Dār – tué par ʿAlī b. Abī Ṭālib ; Abū Saʿīd b. Abī Ṭalḥa, tué par Saʿd b. Abī Waqqāṣ. Ibn Hishām a dit : On dit qu'il fut tué par ʿAlī b. Abī Ṭālib. Ibn Isḥāq a dit : Et ʿUthmān b. Abī Ṭalḥa, tué par Ḥamza b. ʿAbd al-Muṭṭalib ; Musāfiʿ b. Ṭalḥa et al-Jullās b. Ṭalḥa, tués tous deux par ʿĀṣim b. Thābit b. Abī al-Aqlaḥ ; Kilāb b. Ṭalḥa et al-Ḥārith b. Ṭalḥa, tués tous deux par Quzmān, allié des Banū Ẓafar. Ibn Hishām a dit : On dit que Kilāb fut tué par ʿAbd al-Raḥmān b. ʿAwf. Ibn Isḥāq a dit : Et Arṭāt b. ʿAbd Shuraḥbīl b. Hāshim b. ʿAbd Manāf b. ʿAbd al-Dār, tué par Ḥamza b. ʿAbd al-Muṭṭalib ; Abū Yazīd b. ʿUmayr b. Hāshim b. ʿAbd Manāf b. ʿAbd al-Dār, tué par Quzmān ; et Ṣu'āb, son esclave abyssin, tué par Quzmān. Ibn Hishām a dit : On dit qu'il fut tué par ʿAlī b. Abī Ṭālib, et on dit par Saʿd b. Abī Waqqāṣ, et on dit par Abū Dujāna. Ibn Isḥāq a dit : Et al-Qāsiṭ b. Shurayḥ b. Hāshim b. ʿAbd Manāf b. ʿAbd al-Dār, tué par Quzmān. Onze hommes. Parmi les Banū Asad : Et des Banū Asad b. ʿAbd al-ʿUzzā b. Quṣayy : ʿAbd Allāh b. Ḥumayd b. Zuhayr b. al-Ḥārith b. Asad, tué par ʿAlī b. Abī Ṭālib. Un homme. Parmi les Banū Zuhra : Et des Banū Zuhra b. Kilāb : Abū al-Ḥakam b. al-Akhnas b. Sharīq b. ʿAmr b. Wahb al-Thaqafī, allié à eux, tué par ʿAlī b. Abī Ṭālib ; Sibāʿ b. ʿAbd al-ʿUzzā – le nom de ʿAbd al-ʿUzzā est ʿAmr b. Naḍla b. Ghubshān b. Sulaym b. Malakān b. Afṣā – allié à eux de Khuzāʿa, tué par Ḥamza b. ʿAbd al-Muṭṭalib. Deux hommes. Parmi les Banū Makhzūm : Et des Banū Makhzūm b. Yaqaẓa : Hishām b. Abī Umayya b. al-Mughīra, tué par Quzmān ; al-Walīd b. al-ʿĀṣ b. Hishām b. al-Mughīra, tué par Quzmān ; Abū Umayya b. Abī Ḥudhayfa b. al-Mughīra, tué par ʿAlī b. Abī Ṭālib ; Khālid b. al-Aʿlam, allié à eux, tué par Quzmān. Quatre hommes. Parmi les Banū Jumaḥ : Et des Banū Jumaḥ b. ʿAmr : ʿAmr b. ʿAbd Allāh b. ʿUmayr b. Wahb b. Ḥudhāfa b. Jumaḥ, qui est Abū ʿAzza, tué par le Messager d'Allāh 3 – qu'Allāh prie sur lui et le salue – en captivité 4.
- ḥalīf : Allié par serment, membre d'une tribu par alliance et non par naissance.
- mushrikūn : Associateurs, polythéistes qui associent d'autres divinités à Dieu.
- Rasūl Allāh : Le Messager d'Allāh, titre de Muhammad.
- ṣabran : En captivité, exécuté après la bataille sans combat.
Rapport de ce qui fut dit comme poésie le jour d’Uhud [1].
Et Ubayy ibn Khalaf ibn Wahb ibn Hudhafa ibn Jumah, le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, le tua de sa propre main. (Deux hommes). (Parmi les Banu 'Amir) : Et parmi les Banu 'Amir ibn Lu'ayy : 'Ubayda ibn Jabir et Shayba ibn Malik ibn al-Mudarrib, que Quzman tua. (Deux hommes). Ibn Hisham dit : On dit que 'Abdullah ibn Mas'ud tua 'Ubayda ibn Jabir. (Nombre des polythéistes tués) : Ibn Ishaq dit : Le total de ceux que Dieu, béni et exalté soit-Il, tua le jour d'Uhud parmi les polythéistes fut de vingt-deux hommes. Récit de ce qui fut dit comme poésie le jour d'Uhud (Poème de Hubayra) : Ibn Ishaq dit : Parmi ce qui fut dit comme poésie le jour d'Uhud, il y a la parole de Hubayra ibn Abi Wahb ibn 'Amr ibn 'A'idh ibn 'Abd ibn 'Imran ibn Makhzum — Ibn Hisham dit : 'A'idh : fils de 'Imran ibn Makhzum : Qu'ai-je à faire d'un souci profond qui a passé la nuit à me frapper ... par affection pour Hind, alors que ses obstacles s'éloignent 1 Hind a passé la nuit à me blâmer et à me réprimander ... alors que la guerre a détourné d'elle ses alliés Doucement ! Ne me réprimande pas, car de mon caractère ... ce que tu sais, et ce que je ne cache pas Je suis un soutien pour les Banu Ka'b dans ce qu'ils désirent ... porteur de fardeau et de lourdes charges que j'assume 2 J'ai porté mes armes sur un cheval haut ... violent, rapide, quand il court, il le devance 3 Comme s'il était, quand il court, un âne sauvage sur un terrain rocailleux ... marqué de morsures, poursuivant les femelles, les protégeant 4 De la race d'A'waj, le sol se réjouit de lui ... comme un tronc de palmier chevelu, dont les parties élevées sont hautes 5 Je l'ai préparé, ainsi que des lames fines et choisies ... et une lance flexible pour des malheurs que je rencontrerai 6 Ceci, et une cotte de mailles blanche comme un bassin, solide ... attachée sur moi, dont les défauts n'apparaissent pas 7 Nous avons conduit Kinana depuis les confins du Yémen ... à travers le pays, selon ce qui la poussait 8 Kinana dit : Où nous emmenez-vous ? ... Nous dîmes : An-Nakhil 9 ; alors dirigez-vous vers elle et vers ceux qui s'y trouvent Nous sommes les cavaliers le jour d'al-Jarr 10 à Uhud ... les Ma'add eurent peur, et nous dîmes : Nous irons vers elle Ils craignirent des coups et des blessures profondes et tranchantes ... de ce qu'ils virent, alors que ses extrémités étaient serrées 11 Puis nous partîmes le soir comme un nuage froid ... et les têtes des Banu an-Najjar se levèrent en pleurant sur elle 12 Comme si leurs têtes, au combat, étaient des morceaux ... de coquilles d'œufs d'autruches tachetées, que le vent a chassées de leurs nids 13 Ou du coloquinte que le vent a dispersé sur une branche ... pourrie, que ses vents contraires ont assaillie 14 Nous dépensons l'argent abondamment, sans compter ... et nous frappons les chevaux de côté dans leurs coins des yeux 15 Et une nuit où le boucher se chauffe au feu de la panse ... l'invitant réserve la meilleure part aux riches 16 Et une nuit de Jumada 17, pleine de brumes ... froide, hivernale, que j'ai passée à voyager Le chien n'y aboie qu'une seule fois ... à cause du froid intense, et ses vipères ne rampent pas 18 J'y ai allumé pour le nécessiteux 19 un feu ardent 20 ... comme l'éclair, dont les flammes montent haut, je le protège 21 Cela m'a été légué par 'Amr et son père ... avant lui, qui le chérissait doublement 22 Ils rivalisaient avec les pluies des étoiles, et leurs efforts ... n'ont jamais faibli de la plus haute gloire 23 (Poème de Hassan en réponse à Hubayra) : Ibn Ishaq dit : Hassan ibn Thabit lui répondit, disant : Vous avez conduit Kinana, par ignorance et sottise ... vers le Messager, et l'armée de Dieu l'humiliera Vous les avez menées aux abreuvoirs de la mort, en plein jour ... le Feu est leur rendez-vous, et la mort les attend 24 Vous les avez rassemblées, des troupes sans noblesse ... guides de la mécréance, leurs idoles vous ont trompés 25 N'avez-vous pas tiré leçon des cavaliers de Dieu quand ils tuèrent ... les gens d'al-Qalib 26 et ceux que nous y avons jetés ? Combien de prisonniers avons-nous libérés sans rançon ... et de toupet de crinière dont nous étions les maîtres 27 Ibn Hisham dit : Abu Zayd al-Ansari me l'a récitée comme étant de Ka'b ibn Malik. Ibn Hisham dit : Le vers de Hubayra ibn Abi Wahb où il dit : Et une nuit où le boucher se chauffe au feu de la panse ... l'invitant réserve la meilleure part aux riches est attribué à Janub, sœur de 'Amr Dhu al-Kalb al-Hudhali, dans des vers à elle en dehors du jour d'Uhud. (Poème de Ka'b en réponse à Hubayra) : Ibn Ishaq dit : Ka'b ibn Malik dit, répondant également à Hubayra ibn Abi Wahb : N'est-il pas parvenu à Ghassan, de notre part, alors qu'entre eux ... il y a une terre désertique dont la marche est difficile 28 Des plaines et des montagnes dont la poussière ressemble ... de loin à une fumée éteinte et dispersée 29 Les chamelles robustes y restent épuisées ... et la pluie des années y tombe en vain, puis elle reverdit 30 Les carcasses des bêtes épuisées y gisent, leurs os blanchis ... comme le lin des marchands étendu 31 Les gazelles et les antilopes y marchent en troupeaux ... et les œufs d'autruche dont les coquilles se détachent 32 Notre combat 33 pour notre religion, chaque femme généreuse ... bien armée, dont les casques brillent 34 Et chaque épée silencieuse dans le fourreau, comme si ... quand on la dégaine, elle était un réservoir d'eau débordant 35 Mais à Badr, demandez à ceux que vous avez rencontrés ... parmi les gens, et les nouvelles de l'invisible profitent Et nous, dans la terre de la peur, si ses habitants ... étaient autres que nous, ils seraient partis de nuit et se seraient dispersés 36 Quand un cavalier vient de chez nous, sa parole est : ... Préparez-vous à ce qu'ammène Ibn Harb 37 et rassemble Quoi que les gens redoutent de ce qu'il trame contre nous ... nous sommes, plus que tous les autres, capables d'y faire face Si d'autres que nous étaient tous ensemble à le combattre ... l'humanité aurait tendu la main et se serait dispersée 38 Nous combattons, aucune tribu ne nous survit ... parmi les gens, à moins qu'ils ne craignent et ne soient terrifiés 39 Et quand ils bâtirent dans la plaine, nos chefs dirent : ... Pourquoi, si nous ne défendons pas l'honneur, cultiverions-nous ? 40 Parmi nous se trouve le Messager de Dieu, nous suivons son ordre ... quand il parle parmi nous, nous ne nous écartons pas 41 L'Esprit descend sur lui de la part de son Seigneur ... il descend du ciel et remonte 42 Nous le consultons sur ce que nous voulons, et notre promesse est ... que s'il désire, nous obéissons et écoutons 43 Et le Messager de Dieu dit, quand ils nous apparurent : ... Laissez de côté la terreur des morts et espérez Soyez comme celui qui vend la vie pour se rapprocher ... d'un Roi auprès duquel on vit et on retourne 44 Mais prenez vos épées et placez votre confiance ... en Dieu, car l'affaire appartient entièrement à Dieu Nous marchâmes vers eux ouvertement, dans leurs demeures ... en plein jour, portant les cottes de mailles, sans nous humilier 45 Avec une troupe compacte où se trouvent les cottes de mailles et les lances ... quand ils frappent le sol de leurs pieds, ils ne reculent pas 46 Nous arrivâmes à une vague de la mer, au milieu de laquelle ... se trouvent des troupes, certains sans armure, d'autres casqués 47 Trois mille, et nous étions un petit nombre ... trois cents, ou quatre si nous étions nombreux 48 Nous les assaillîmes, la mort courait entre nous ... nous partageâmes avec eux le bassin des destins et nous y bûmes 49 Les arcs en bois de nab' 50 se balançaient parmi nous et parmi eux ... et ce n'est que le Yathribi 51 tranchant Et des flèches creuses, brûlantes, faites de bois de sa'da 52 ... sur lesquelles on répand du poison au moment de leur fabrication 53 Elles s'abattent sur les corps des hommes, et parfois ... elles passent à travers les flancs des boucliers en faisant du bruit 54 Et des chevaux que tu vois dans la plaine, comme ... des sauterelles poussées par le vent dans un creux, qui se déplacent 55 Quand nous nous rencontrâmes et que la meule tourna sur nous ... et qu'il n'y a pas d'échappatoire à ce que Dieu a décrété 56 Nous les frappâmes jusqu'à laisser leurs chefs ... comme des troncs d'arbres abattus dans la plaine 57 Depuis le matin jusqu'à ce que nous nous reposions le soir ... comme si nos mentons étaient la chaleur d'un feu qui brûle 58 Et ils partirent rapidement, précipités, comme ... des nuages dont le vent a versé l'eau, se déplaçant 59 Et nous partîmes, nos derniers étant lents, comme ... des lions sur de la viande à Bisha 60, repus 61 Nous obtînmes, et le peuple obtint de nous, et parfois ... nous fîmes, mais ce qui est auprès de Dieu est plus vaste Notre meule tourna, et leur meule tourna ... et ils furent tous rassasiés du mal Nous sommes des gens qui ne considèrent pas la mort comme une honte ... pour quiconque défend l'honneur et protège 62 Endurants face aux vicissitudes du sort, nous ne voyons ... pour un mort, nos yeux ne pleurent jamais 63 Fils de la guerre, nous ne nous lassons 64 d'aucune parole que nous disons ... et nous ne nous affligeons pas de ce que la guerre entraîne Fils de la guerre, si nous vainquons, nous ne sommes pas grossiers ... et nous ne souffrons pas de ses griffes
Nous étions un brandon dont les gens craignaient la chaleur... et celui qui s'en approche s'en écarte et se brûle le visage 65. Tu t'es vanté devant moi, ô Ibn al-Ziba'râ, alors qu'une troupe vous poursuivait depuis la fin de la nuit. Interroge donc sur toi, parmi les hautes tribus de Ma'add 66 et les autres, qui est le plus vil par sa position et le plus infâme. Et qui n'a laissé à la guerre aucune gloire, et dont la joue, au jour de la mêlée, est la plus humiliée. Nous avons serré, avec l'aide d'Allah et la victoire, une étreinte contre vous, tandis que les pointes des lances étaient dressées. Les lances tournoient parmi vous comme si leurs branches étaient des outres de cuir dont l'eau s'écoule. Nous nous sommes dirigés vers les porteurs de l'étendard ; et quiconque s'envole à la mention de l'étendard est plus prompt à la louange. Ils ont trahi après avoir donné la main, et ils ont lâché prise ; Allah n'a voulu que Son ordre, et c'est Lui qui agit avec sagesse. Ibn Hishâm dit : Ka'b ibn Mâlik avait dit : « Notre combat est pour notre tronc 67 ». Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit : « Ne serait-il pas mieux que tu dises : Notre combat est pour notre religion ? » Ka'b répondit : « Oui. » Le Messager d'Allah dit alors : « C'est plus beau. » Ka'b dit donc : « Notre combat est pour notre religion. » (Poème d'Ibn al-Ziba'râ) : Ibn Ishâq dit : 'Abd Allah ibn al-Ziba'râ dit le jour de Uhud : Ô corbeau du départ 68, tu m'as fait entendre, alors dis : tu ne parles que d'une chose déjà faite. Le bien et le mal ont une limite, et chacun d'eux a un visage et une direction. Les dons sont mesquins entre eux, et la tombe du riche et du pauvre est égale. Toute vie et tout bien-être sont éphémères, et les filles du temps 69 jouent avec tout. Fais parvenir à Hassân de ma part un signe : car la poésie guérit celui qui a des rancunes. Combien vois-tu, dans la plaine, de crânes, de mains coupées et de pieds ? Et de belles tuniques dépouillées de guerriers vaillants, anéantis dans le campement. Combien avons-nous tué de tout seigneur, noble des deux aïeux, hardi héros, Fidèle à son engagement, chef éminent, qui ne faiblit pas au choc des lances ? Interroge donc al-Mihrâs 70 sur ses habitants : parmi les tessons et les crânes pareils à des perdrix. Plût à Dieu que mes ancêtres de Badr eussent vu la panique des Khazraj sous les coups des lances, Lorsque Qubâ' 71 frotta son flanc, et que le massacre s'intensifia chez 'Abd al-Ashhal 72. Puis ils se hâtèrent alors, dansant comme la danse des chamelons qui gravissent la montagne. Nous avons tué le double de leurs notables, et nous avons rétabli l'équilibre de Badr, le rendant égal. Je ne blâme mon âme que parce que, si nous avions recommencé, nous aurions fait l'exploit. Avec des épées indiennes frappant leurs têtes, une seconde fois après la première. (Réponse de Hassân à Ibn al-Ziba'râ) : Hassân ibn Thâbit al-Ansârî, qu'Allah l'agrée, lui répondit : Tu as perdu, ô Ibn al-Ziba'râ, une bataille où nous eûmes la supériorité, si l'on veut être équitable. Vous avez obtenu et nous avons obtenu de vous ; ainsi la guerre est parfois une alternance. Nous plaçons les épées sur vos épaules, où nous voulons, une seconde fois après la première. Nous faisons sortir les côtes 73 de vos derrières, comme le lait des chamelles qui mangent le 'açal 74. Quand vous tourniez le dos, fuyant dans le ravin, pareils à des chameaux effrayés. Quand nous avons serré une étreinte sincère, nous vous avons poussés jusqu'au flanc de la montagne. Avec des lances 75 semblables aux mâchoires 76 des hauteurs ; quiconque les rencontre parmi les gens est terrifié. Le ravin nous était étroit quand nous le traversions, et nous avons rempli sa partie large et sa partie pierreuse. Avec des hommes que vous n'égalez pas, soutenus par Jibrîl 77 dans la victoire, qui est descendue. Et nous avons triomphé le jour de Badr par la piété, l'obéissance à Allah et la foi aux messagers. Nous avons tué toute tête parmi eux, et nous avons tué tout chef généreux et noble. Et nous avons laissé dans Quraysh une honte, le jour de Badr, et des récits proverbiaux. Et le Messager d'Allah, en vérité, était témoin le jour de Badr, ainsi que les idoles 78 stupides. Parmi Quraysh, des foules rassemblées, comme on rassemble en période d'abondance les troupeaux épars. Nous ne sommes pas vos pareils, fils de la honte ; nous assistons les gens quand le malheur descend. Ibn Hishâm dit : Abû Zayd al-Ansârî m'a récité : « et des récits proverbiaux » et le vers précédent. Et son dire : « Parmi Quraysh, des foules rassemblées » vient d'autre qu'Ibn Ishâq. (Poème de Ka'b pleurant Hamza et les morts de Uhud) : Ibn Ishâq dit : Ka'b ibn Mâlik dit, pleurant Hamza ibn 'Abd al-Muttalib et les morts musulmans de Uhud : Tu as sangloté, mais as-tu une consolation ? Et quand tu te souviens, tu t'obstines. Au souvenir de gens dont me sont parvenues des histoires dans le temps tortueux. Ton cœur, à leur évocation, palpite de désir et de chagrin brûlant. Leurs morts sont dans les jardins du délice, nobles d'entrée et de sortie, Pour leur patience sous l'ombre de l'étendard, l'étendard du Messager, dans le lieu escarpé 79. Au matin où répondirent avec leurs épées, tous ensemble, les Banû al-Aws et les Khazraj, Et les partisans d'Ahmad 80 quand ils suivirent la vérité lumineuse et claire. Ils n'ont cessé de frapper les guerriers et d'avancer dans la poussière épaisse. Ainsi jusqu'à ce que le Roi les appelât au jardin du bosquet de l'entrée. Tous sont morts en hommes de bien, sur la religion d'Allah, sans péché. Comme Hamza, quand il fut fidèle, avec une impétuosité tranchante et aiguisée. Le rencontra 'Abd de Banû Nawfal, mugissant comme un chameau noir. Il lui enfonça une lance pareille à un brandon, flamboyant dans le feu ardent. Et Nu'mân 81 fut fidèle à son pacte, et Hanzala le Bon 82 ne dévia pas De la vérité, jusqu'à ce que son âme parvînt à une demeure au décor somptueux. Ceux-là, et non ceux qui demeurent parmi vous, sont dans le feu, au degré le plus bas. (Poème de Dirâr en réponse à Ka'b) : Dirâr ibn al-Khattâb al-Fihrî lui répondit : Ka'b s'afflige-t-il pour ses partisans et pleure-t-il le temps tortueux, Comme le gémissement du chameau qui a vu sa compagne s'en aller dans un troupeau qui revient ? Les porteuses d'eau sont parties et l'ont laissé, gémissant de force, sans trouver d'issue. Dites à Ka'b de redoubler de pleurs, et que la chair crue cuise, Pour la mort de ses frères dans un combat de chevaux à la poussière épaisse. Plût à Dieu que 'Amr 83 et ses partisans, et 'Utba 84, fussent dans notre foule rapide, Pour qu'ils apaisent les âmes par leurs vengeances, grâce aux morts des Khazraj, Et aux morts des Aws, dans un champ de bataille où tous furent frappés, dans le lieu escarpé, Et à la mort de Hamza sous l'étendard, par une lance longue, flexible et tordue, Et là où tomba Mus'ab 85, gisant, frappé par un homme à l'impétuosité tranchante et aiguisée, À Uhud, tandis que nos épées parmi eux flamboyaient comme un feu ardent, Au matin où nous vous rencontrâmes, couverts de fer, comme des lions du désert, et vous ne résistâtes pas, Avec toute cavalière 86 semblable à l'aigle, et un cheval rapide, sellé. Nous vous avons foulés alors, jusqu'à ce que vous tourniez le dos, sauf celui qui avait rendu l'âme ou qui était acculé. Ibn Hishâm dit : Certains spécialistes de la poésie attribuent ces vers à d'autre que Dirâr. Et le dire de Ka'b : « lumineuse et claire » vient d'Abû Zayd al-Ansârî. (Poème d'Ibn al-Ziba'râ le jour de Uhud) : Ibn Ishâq dit : 'Abd Allah ibn al-Ziba'râ dit le jour de Uhud, pleurant les morts : Les larmes ont coulé de tes yeux, car le lien de la jeunesse s'est rompu. La demeure de celle que tu aimes s'est éloignée, et la séparation a dispersé la tribu aimée. Et ce qui est passé ne peut revenir, malgré la brûlure et les larmes abondantes. Laisse cela, mais la mère de Mâlik 87 a-t-elle reçu les récits de mon peuple ? La nouvelle se répand. Nos chevaux rapides, amenés vers les gens de Yathrib 88, certains de race pure, d'autres étrangers, Le soir où nous marchâmes en foule nombreuse, menés par celui qui nuit aux ennemis et profite à l'ami. Nous ceignîmes chaque cotte de mailles semblable à un étang d'eau claire dans le creux des deux vallées. Quand ils nous virent, la crainte les saisit, et ils virent une chose terrible. Ils auraient voulu que la terre s'ouvrît sous eux, et le patient parmi eux était alors angoissé. Des épées nues dont l'éclat est pareil à un feu qui monte rapidement dans les arbres, Dans nos mains, nous en frappons toute tête, et elles sont pour l'ennemi une cause de mort rapide.
Ils laissèrent les morts des Aws, les dominant 89, ... des hyènes et des oiseaux qui se penchent pour se poser. Et le rassemblement des Banû al-Najjâr 90 dans chaque vallon, leurs corps couverts du sang de leurs blessures. Sans la hauteur du col, ils auraient laissé Ahmad 91, mais il était en haut, et les lances 92 étaient dressées. Comme ils laissèrent Hamza 93 gisant dans la mêlée, avec dans sa poitrine une lance acérée et pénétrante. Et Nu‘mân 94, ils le laissèrent sous son étendard, sur sa chair des oiseaux qui s'envolent pour se poser. À Uhud 95, les lances des guerriers les visaient, comme la corde du seau engloutit les seaux. (Poème de Hassân en réponse à Ibn al-Ziba‘râ) : Hassân ibn Thâbit lui répondit : Ce qui t'émeut, c'est d'Umm al-Walîd 96 des demeures, des lieux déserts sans habitants. Les vents d'été et une pluie abondante, des nuages tonnants et déversant leur eau, les ont effacés. Il ne reste que l'emplacement du feu, autour duquel des cendres 97 comme des colombes accroupies. Laisse donc le souvenir d'une demeure que l'éloignement a dispersée entre ses habitants, comme des cordes solides coupées. Et dis : si un jour à Uhud est compté par un insensé, la vérité finira par se répandre. Car tous les Banû al-Aws 98 y ont enduré, et ils y ont une haute renommée. Les Banû al-Najjâr y ont protégé et enduré, et aucun d'eux n'a été lâche dans la rencontre. Devant le Messager de Dieu, ils ne l'ont pas abandonné ; ils ont un soutien de leur Seigneur et un intercesseur. Ils ont tenu leur promesse, alors que vous, ô Sakhr 99, avez mécru en votre Seigneur ; et ne sont pas égaux un serviteur fidèle et un traître. Dans leurs mains, des épées 100 ; quand la guerre s'enflamme, il est inévitable qu'un homme tombe sous leurs coups. Comme ils laissèrent ‘Utba 101 gisant dans la poussière, et Sa‘d 102 abattu, les lances 103 dressées. Et ils laissèrent sous l'étendard 104 un homme appuyé, fier, dont la tunique était trempée de sang. Le Messager de Dieu les retenait, alors que les blessures 105 qu'ils infligeaient aux gens se multipliaient. Ceux-là sont des gens, des maîtres parmi vos descendants, et dans chaque peuple il y a des maîtres et des descendants. Par elles 106, nous honorons Dieu jusqu'à ce qu'Il nous honore, même si l'affaire, ô Sakhr, est terrible. Ne mentionnez donc pas les morts, alors que Hamza est parmi eux, un tué qui repose pour Dieu, obéissant. Car les jardins de l'éternité 107 sont sa demeure, et l'ordre de Celui qui décrète les choses est rapide. Quant à vos morts, dans le Feu, la meilleure de leurs nourritures est l'eau bouillante 108 et l'épine amère 109. (Poème de ‘Amr ibn al-‘Âs 110 au jour d'Uhud) : Ibn Hishâm 111 dit : certains spécialistes de la poésie les contestent pour Hassân et Ibn al-Ziba‘râ. Et son propos : « une lance acérée » et « des oiseaux qui s'envolent » vient d'autre qu'Ibn Ishâq 112. Ibn Ishâq dit : ‘Amr ibn al-‘Âs dit au jour d'Uhud : Nous sortîmes du désert 113 contre eux, comme si nous étions, avec l'aube, de Radwâ 114, la montagne ceinte. Les Banû al-Najjâr souhaitèrent, par ignorance, nous rencontrer près de Sal‘ 115, et les souhaits se réalisent. Rien ne les surprit du mal, sinon soudain, des escadrons de cavalerie 116 dans les ruelles qui passent rapidement. Ils voulurent piller nos tentes, mais devant les tentes aujourd'hui, il y a une frappe brûlante. Et il y avait des tentes, ou peut-être avant ce que tu vois, quand un peuple les attaqua, ils furent anéantis et exaspérés. Comme si les têtes des Khazrajites 117, au matin, et leurs mains avec les épées 118, étaient des asphodèles 119. (Poème de Ka‘b 120 en réponse à Ibn al-‘Âs) : Ka‘b ibn Mâlik lui répondit, selon ce que rapporta Ibn Hishâm : N'annoncez-vous pas à Fihr 121, malgré l'éloignement de leur demeure, et chez eux, de notre science aujourd'hui, une vérité ? Que nous, au matin du versant de la vallée de Yathrib 122, avons enduré, alors que les étendards de la mort flottaient. Nous avons enduré pour eux, et l'endurance est notre nature, quand les cœurs 123 s'envolent, nous montons et nous élevons. Selon notre coutume, nous avons couru avec notre endurance, et nous, aux buts, nous courons et devançons. Nous avons un courage 124 invincible, mené par un Prophète venu avec la vérité, chaste et véridique. N'est-il pas parvenu aux branches de Fihr ibn Mâlik 125 des membres tranchés et des crânes fendus ? (Poème de Dirâr 126 au jour d'Uhud) : Ibn Ishâq dit : Dirâr ibn al-Khattâb dit : Par ton grand-père, sans l'élan de mon cheval, quand les cavaliers tournoyaient entre la courbe et la plaine, Il n'aurait cessé de vous, près de la courbe d'Uhud, des bruits de crânes qui crient, leur affaire étant divulguée. Et un cavalier dont l'épée a frappé le sommet de sa tête, les fragments de son crâne sont comme la peau de la tête du berger. Par ton grand-père, je ne cesse d'être ceint d'une épée tranchante comme la couleur du sel, Sur une selle de chameau rapide et persévérant, vers celui qui appelle au secours, quand l'appelant crie. Et je ne me suis réclamé ni de lâches, ni de faibles, ni de vils au jour du combat, ni de peureux. Mais plutôt des frappeurs de la trame des épées 127, quand ils se rejoignent, aux nez élevés, brûlants à la mort. Élevés, nobles, aux baudriers 128 relâchés, ils courent vers la mort d'une course non chancelante. Dirâr ibn al-Khattâb dit aussi : Quand vinrent des Banû Ka‘b 129, parées, et les Khazrajites, parmi elles les épées 130 étincellent, Et ils dégainèrent des épées 131 indiennes, et un étendard comme l'aile de l'aigle qui flotte, Je dis : un jour parmi les jours et une bataille qui annonce ce qui se cache derrière elle, quand les feuilles sont agitées. Ils ont été habitués à ce que chaque jour, ils aient le vent du combat et les dépouilles de ceux qu'ils rencontrent. J'ai choisi mon âme, malgré la peur qu'elle avait, et j'ai su que la gloire se gagne. J'ai forcé mon poulain jusqu'à ce qu'il plonge dans leur flot, et il fut trempé d'un sang épais et visqueux. Mon poulain et ma cotte de mailles 132 restèrent imprégnés du souffle des veines, des éclaboussures de coups de lance et de feuilles. J'ai su que je resterais dans leurs demeures jusqu'à ce que les yeux quittent ce qui est dans leur orbite. Ne vous affligez pas, ô Banû Makhzûm 133 ! Vous avez, comme al-Mughîra 134 parmi vous, qui n'est pas mort. Patience ! Que ma mère et ce qu'elle a enfanté vous soient sacrifiés ! Échangez les coups jusqu'à ce que le crépuscule s'en aille. (Poème de ‘Amr au jour d'Uhud) : ‘Amr ibn al-‘Âs dit : Quand je vis la guerre dont le mal bondit sur les pierres brûlantes, Et qu'elle saisit une lance acérée 135 qui blesse les gens durement, Je sus que la mort est vraie et que la vie n'est que vanité. Je chargeai mes vêtements sur un cheval rapide 136 qui devance les chevaux au trot, Docile quand ils tournent dans le désert, il domine le cheval de race, Et quand son eau descend de son encolure, il gagne en orgueil, Prompt comme une gazelle 137 du désert, que les archers ont effrayée en la chassant, Aux tendons secs, maîtrisant le galop et la course des chevaux. Que ma mère leur soit sacrifiée, au jour de la peur, quand ils marchent d'un pas léger, Marchant vers le bélier 138 du bataillon, quand le soleil l'a dévoilé. Ibn Hishâm dit : certains spécialistes de la poésie contestent ces vers pour ‘Amr. (Poème de Ka‘b en réponse à ‘Amr ibn al-‘Âs) : Ibn Ishâq dit : Ka‘b ibn Mâlik leur répondit : Annonce à Quraysh 139 – et la meilleure parole est la plus véridique, et la vérité auprès des gens de raison est acceptée – Que nous avons tué, en échange de nos tués, vos nobles, les gens de l'étendard, et les propos abondent. Et au jour de Badr 140, nous vous avons rencontrés ; nous avions un renfort, avec la victoire, Mîkâl 141 et Jibrîl 142. Si vous nous tuez, la religion de la vérité est notre nature, et la mort dans la vérité est, auprès de Dieu, une faveur. Et si vous voyez notre affaire, dans votre opinion, comme une folie, l'opinion de celui qui s'oppose à l'Islam est un égarement. Ne souhaitez donc pas la rencontre de la guerre, et restez chez vous ; car le frère de la guerre a le teint jaune 143 et est préoccupé. Vous aurez de nous une frappe dont les hyènes boiteuses se réjouiront, avec des blessures béantes et déchirantes. Nous sommes les fils de la guerre ; nous la faisons couler et nous l'enfantons ; et chez nous, pour ceux qui ont des rancunes, il y a un châtiment exemplaire. Si Ibn Harb 144 en réchappe, après qu'elle a atteint ses clavicules, et l'ordre de Dieu est exécuté, Elle lui a apporté clémence et exhortation pour quiconque a de l'intelligence et de la raison. Et si vous descendiez dans le fond du torrent, vous ferait face une frappe dans le lit du torrent, violente. Vous rencontreraient des groupes autour du Prophète, portant pour la mêlée des cottes de mailles 145, De la souche de Ghassân 146, aux baudriers relâchés, ni lâches ni déviants, ni isolés.
Ils marchent sous les aveuglements 147 du combat, comme marchent les lions 148 robustes, agiles 149, ou comme la démarche des lions de l'ombre 150, alourdis 151 par un jour de bruine 152 de la Gémeaux 153 refroidi 154. Dans chaque cotte de mailles 155 comme un bassin 156 solide, dont l'armure 157 est une fente 158 comme une épée 159 généreuse 160. Elle repousse la pointe des flèches 161 humiliée, et l'épée revient d'elle émoussée 162. Et si vous aviez lancé des pierres 163 de derrière vos dos, et pour la vie et le report de la mort il y a un délai 164, il resterait toujours dans le peuple une vengeance 165 de vous, que la paix 166 efface 167 alors qu'elle est réclamée 168. Un esclave et un homme libre noble, lié 169 par un pacte 170, vers la moitié de la Médine 171, captif et tué. Nous espérions votre fin 172, mais vous ont devancés des cavaliers 173 ni désarmés 174 ni tordus 175. Quand le criminel 176 commet un crime parmi eux, ils savent vraiment que celui qui a traîné 177 est porté 178. Nous ne sommes pas, nous ne sommes pas 179 d'un péché 180 ouvertement, ni blâmés, ni dans la dette 181 abandonnés.
Il s'est incliné en martyr parmi vos épées... Que les mains de Wahshi 182 soient paralysées, lui qui a tué (276) Quel homme a-t-il laissé dans une lance 183 Aiguisée, effilée, bien travaillée (277) La terre s'est assombrie à sa perte Et la lumière de la lune brillante s'est noircie (278) Que Dieu prie sur lui dans un jardin 184 Élevé, honoré pour celui qui y entre Nous considérions Hamza comme une protection pour nous Dans toute affaire grave qui nous survenait Et il était dans l'Islam un rempart 185 Qui te suffisait contre l'abandon du lâche assis (279) Ne te réjouis pas, ô Hind 186, et fais couler Tes larmes, et répands les pleurs de l'affligée Et pleure sur 'Utba 187 quand il l'a tranché Avec l'épée sous la poussière tourbillonnante (280) Quand il tombe parmi une troupe des vôtres De tout tyran au cou raide, ignorant (281) Hamza les a fait périr en un groupe Marchant sous les cottes de mailles excellentes (282) Au matin où Gabriel était son vizir 188 Quel bon vizir pour le cavalier porteur ! (Poème de Ka'b 189, pleurant Hamza) : Et Ka'b ibn Malik dit en pleurant Hamza ibn 'Abd al-Muttalib : Tes soucis sont venus la nuit, le sommeil est chassé Et tu t'es affligé que la jeunesse gracieuse soit dépouillée (283) Une gazelle 190 a appelé ton cœur à la passion Ton amour est du Ghawr 191 et ta raison du Najd 192 (284) Laisse donc la persistance dans l'égarement, insouciant Tu étais, dans la quête de l'égarement, blâmé (285) Et quand donc pourras-tu t'arrêter docilement Ou reprendre tes esprits quand le guide te l'interdit ? (286) J'ai été secoué par la perte de Hamza d'un ébranlement Tel que les entrailles 193 en tremblent (287) Et si Hira' 194 avait été frappé par une perte semblable Tu aurais vu le sommet de son rocher se désagréger (288) Un chef 195 établi au sommet de Hashim 196 Là où sont la prophétie, la générosité et la seigneurie (289) Et celui qui sacrifie les chamelles grasses et robustes quand souffle Un vent tel que l'eau en gèlerait presque (290) Et celui qui laisse le champion aguerri étendu à terre Au jour de la mêlée, tandis que les lances se brisent (291) Tu le vois marcher fièrement dans l'armure, comme Un lion à crinière, aux pattes rugueuses, tacheté (292) L'oncle du Prophète Muhammad et son intime 197 Il a rencontré la mort, et quelle bonne rencontre ! Et il est venu à la mort, marqué 198, dans un groupe Qui a secouru le Prophète, et parmi eux le martyr (293) Et je pense qu'à cela Hind a été annoncée Pour qu'elle meure d'une angoisse intérieure qui ne se refroidit pas (294) À cause de ce que nous avons infligé à son peuple à al-'Aqanqal 199 Un jour où l'astre le plus heureux 200 s'est absenté d'elle (295) Et au puits de Badr 201, quand il repoussait leurs visages Gabriel sous notre étendard, et Muhammad Jusqu'à ce que je voie, auprès du Prophète, leurs chefs En deux parts : il tue qui nous voulons et chasse (296) Il en resta au camp, du camp 202 parmi eux Soixante-dix : 'Utba parmi eux et al-Aswad 203 (297) Et Ibn al-Mughira 204, nous l'avons frappé d'un coup Au-dessus de la veine jugulaire, dont jaillit une écume rouge (298) Et Umayya al-Jumahi 205, sa déviation a été redressée Par une épée tranchante, indienne, aux mains des croyants Alors le reste des associateurs 206 vint à toi, comme Des autruches effarouchées, les chevaux les renversant (299) Quelle différence entre celui qui demeure en Enfer Éternellement, et celui qui est dans les Jardins 207 immortel ! Et Ka'b dit aussi, pleurant Hamza : Ô Safiyya 208, lève-toi et ne faiblis pas Et pleure, femmes, sur Hamza Et ne te lasse pas de prolonger les pleurs Sur le lion de Dieu dans l'ardeur (300) Car il était une force pour nos orphelins Et le lion des batailles sous l'armure (301) Il visait par cela l'agrément d'Ahmad 209 Et l'agrément du Maître du Trône et de la Puissance (Poème de Ka'b sur Uhud 210) : Et Ka'b dit aussi à propos d'Uhud : Tu es, ô 'Umar 211, par ton père généreux À demander de tes nouvelles à ceux qui nous donnent (302) Si tu demandes là-bas, on ne te mentira pas Celui que tu as interrogé t'informera avec certitude Que nous, les nuits de Dhat al-'Izam 212 Étions un refuge pour ceux qui venaient à nous (303) Les avares 213 se réfugiaient sous nos ailes Contre le malheur dans les années de disette (305) Par l'abondance de nos surplus 214 et notre richesse Et par la patience et le don aux indigents (306) Et les chocs des guerres nous ont laissé Parmi ceux que nous affrontions depuis que nous fûmes créés (307) Des pâturages 215 vers lesquels les droits affluent Celui qui les voit les croit fertiles (308) On y fait paître les chamelles de race Grises, domestiquées, au visage rouge (309) Et une foule de piétons 216 comme la vague de l'Euphrate Qui pousse une masse 217 tourbillonnante et broyante (310) Tu vois leur couleur comme la couleur des étoiles Ondoyante, éblouissant les regards (311) Si tu es ignorant de notre situation Interroge à son sujet le savant parmi ceux qui nous côtoient Comment agissons-nous quand elle se resserre 218 Vieille, mordante, mordant durement, difficile (312) Ne serrons-nous pas sur elle le bâton 219 Jusqu'à ce qu'elle donne son lait et devienne docile (313) Et un jour à la chaleur persistante Violent dans son agitation, brûlant son foyer (314) Long, intense dans l'ardeur du combat Dont les chocs 220 chassent les vils (315) Tu crois les guerriers sur ses flancs Des ivrognes 221 plongés dans le plaisir (316) Leurs mains se passent entre eux Les coupes de la mort avec le tranchant des lames (317) Nous avons été témoins, comme si nous étions des hommes de sa force Sous l'aveuglement 222 et les étendards (318) Avec des lances 223 silencieuses, belles, abondantes Et des boucliers 224 qui ont fatigué les yeux (319) Elles ne se détournent ni ne plient Et ne s'arrêtent pas quand on nous arrête Comme l'éclair d'automne aux mains des guerriers Elles brisent les ombres 225 des crânes silencieux (320) Et nos pères nous ont appris la frappe Et nous l'enseignerons aussi à nos fils Le combat des guerriers et le don des biens hérités Pour la défense de nos honneurs tant que nous vivons (321) Quand une génération passe, sa descendance suffit Et la transmet après lui à d'autres (322) Nous grandissons et nos pères meurent Et tandis que nous élevons nos fils, nous mourons J'ai interrogé sur toi, Ibn al-Ziba'ra 226, et je n'ai Été informé sur toi parmi le peuple que comme un bâtard 227 Vil, les malheurs t'entourent Persistant dans la bassesse tantôt, tantôt (323) Tu as débordé 228 en insultant le Messager du Roi Que Dieu te tue, rustre maudit (324) Tu dis des obscénités puis tu les jettes Sur un homme pur, pieux, digne de confiance (325) Ibn Hisham 229 a dit : Il m'a récité son vers : « Comment agissons-nous » et le vers suivant, et le troisième, et le début du quatrième, et sa parole « Nous grandissons et nos pères meurent » et le vers suivant. Et le troisième vers, Abu Zayd al-Ansari 230. Ibn Ishaq 231 a dit : Et Ka'b ibn Malik dit aussi, à propos du jour d'Uhud : Demande à Quraysh 232, au matin du versant d'Uhud Ce que nous avons subi et ce qu'ils ont subi comme fuite (326) Nous étions les lions et ils étaient les léopards quand ils avancèrent Nous ne tenions compte ni de clan ni de parenté (327) Combien avons-nous laissé là de seigneur héros Protecteur de l'honneur, noble de rang et de lignée (328) Parmi nous se trouve le Messager, flambeau, puis le suit Une lumière éclatante, supérieure aux étoiles La vérité est sa parole, la justice sa conduite Quiconque lui répond est sauvé de la perdition (329) Il est ferme d'avant-garde, résolu, déterminé Quand les cœurs tremblent de peur (330) Il avance et nous exhorte sans désobéissance Comme la pleine lune, non marquée par le mensonge (331) Il nous est apparu, nous l'avons suivi en le croyant Et ils l'ont traité de menteur, nous fûmes les plus heureux des Arabes Ils ont tourné et nous avons tourné, ils n'ont pas fui ni reculé Et nous les renversions, sans faiblir dans la poursuite (332) Ils ne sont pas égaux, et grande est la différence entre leurs deux affaires Le parti de Dieu et les gens de l'association et des idoles (333) Ibn Hisham a dit : Il m'a récité de sa parole : « Il avance et nous exhorte » jusqu'à la fin, Abu Zayd al-Ansari. (Poème d'Ibn Rawaha 233 pleurant Hamza) : Ibn Ishaq a dit : Et 'Abdullah ibn Rawaha dit en pleurant Hamza ibn 'Abd al-Muttalib : Ibn Hisham a dit : Abu Zayd al-Ansari me les a récitées comme étant de Ka'b ibn Malik : Mon œil a pleuré, et il lui est dû de pleurer Mais les pleurs et les lamentations ne servent à rien Sur le lion de Dieu, au matin où ils dirent « Hamza, cet homme, est le tué » Tous les musulmans ont été touchés par lui Là-bas, et le Messager a été touché par lui Abu Ya'la 234, les piliers se sont effondrés à cause de toi Et tu es le généreux, le pieux, le proche (334) Sur toi soit la paix de ton Seigneur dans des jardins Mêlés à une félicité qui ne cesse pas Ô Hashim 235 des meilleurs, patience Car toutes vos actions sont belles et bonnes Le Messager de Dieu est patient et généreux Par l'ordre de Dieu il parle quand il dit N'y a-t-il personne pour transmettre de ma part à Lu'ayy 236 Car après aujourd'hui, un sort changeant tourne (335)
Avant ce jour, ils n'avaient connu ni goûté... nos combats où l'ardeur est apaisée 237. Avez-vous oublié notre frappe au puits de Badr 238, le matin où la mort rapide vous a atteints ? Ce matin où Abou Jahl 239 gisait terrassé, les oiseaux tournoyant au-dessus de lui. Et 'Utba 240 et son fils tombèrent ensemble, et Shayba 241 que l'épée tranchante a mordu. Et nous avons laissé Umayya 242 étendu, avec dans son torse une lance flexible et acérée. Et les têtes des Banu Rabi'a 243 : interrogez-les, car sur nos épées il y a des brèches. Ô Hind 244, pleure sans te lasser, car tu es la femme éplorée, aux yeux débordants de larmes, mère en deuil. Ô Hind, ne montre pas de joie maligne au sujet de Hamza 245, car votre gloire est vile. (Poème de Ka'b à Uhud 246) Ibn Ishaq 247 dit : Ka'b ibn Malik 248 a dit : Fais parvenir aux Quraysh 249, malgré leur éloignement : vous vantez-vous de ce que vous n'avez pas accompli ? Vous vous êtes glorifiés de tués qui ont été atteints par les faveurs du Très Généreux. Ils ont gagné les Jardins 250 et vous ont laissé des lions qui protègent leurs lionceaux. Ils combattent pour leur religion, au milieu d'eux un Prophète qui, pour la vérité, n'a pas reculé. Ma'add 251 l'a visé de paroles vides et de flèches d'hostilité, sans relâche. Ibn Hisham 252 dit : m'a récité son vers « lam tali 253 » et son vers « min ni'ami l-mufaddal 254 » Abou Zayd al-Ansari 255. (Poème de Dirar à Uhud) Ibn Ishaq dit : Dirar ibn al-Khattab 256 a dit le jour d'Uhud : Qu'a donc ton œil que l'insomnie a affaibli, comme si la chassie 257 avait envahi ses paupières ? Est-ce à cause de la séparation d'un bien-aimé que tu fréquentais, que les ennemis et l'éloignement ont éloigné ? Ou bien cela vient-il de l'agitation d'un peuple sans bonté, quand les guerres ont embrasé leur feu ardent ? Ils ne cessent leur égarement qu'ils ont embrassé, et ils n'ont, de Lu'ayy 258, hélas, aucun soutien. Nous les avons adjurés par Dieu tous ensemble, mais ni les liens du sang ni les adjurations ne les ont retenus. Jusqu'à ce qu'ils n'aient voulu que la guerre, et que les rancunes et les haines se soient durcies entre nous. Nous sommes allés à eux avec une armée dont les flancs portaient des casques de fer et des cottes de mailles serrées. Et des chevaux rapides, efflanqués, parés de héros, comme des autruches dans leur course, peinant. Une armée que mène et commande Sakhr 259, tel un lion de la forêt, féroce et irrité. Alors la mort a fait sortir des gens de leurs demeures, et il y eut entre nous et eux la rencontre d'Uhud. Et il en resta des tués étendus, comme des chèvres que la grêle a abattues sur le plateau rocheux. Des tués nobles, les Banu al-Najjar 260 parmi eux, et Mus'ab 261 de notre clan, autour de lui des morceaux. Et Hamza, le chef, terrassé, autour de lui des femmes privées de leurs enfants, alors que son nez et son foie avaient été tranchés. Comme s'il était, lorsqu'il s'affaissait sur son tertre, sous la poussière, un renard mort. Un chamelon d'une chamelle, alors que ses compagnons avaient tourné le dos, comme s'enfuient les autruches fuyardes et dispersées. Ils s'enfuyaient éperdument sans se retourner, remplis de terreur, et les chemins difficiles et escarpés les sauvèrent. Des femmes sans époux les pleurent, de chaque femme aux vêtements déchirés. Et nous les avons laissés en pâture aux oiseaux, et aux hyènes qui viennent à leurs cadavres. Ibn Hisham dit : certains spécialistes de la poésie contestent que ce poème soit de Dirar. (Rajaz 262 d'Abou Za'na le jour d'Uhud) Ibn Ishaq dit : Abou Za'na ibn 'Abd Allah ibn 'Amr ibn 'Utba, frère des Banu Jusham ibn al-Khazraj 263, a dit le jour d'Uhud : Je suis Abou Za'na, monté sur mon cheval rapide ; l'humiliation ne se repousse que par la douleur. Il défend l'honneur, un Khazrajite de Jusham. (Rajaz attribué à 'Ali le jour d'Uhud) Ibn Ishaq dit : 'Ali ibn Abi Talib 264 a dit – Ibn Hisham dit : un musulman autre que 'Ali l'a dit le jour d'Uhud, selon ce que m'a rapporté un spécialiste de la poésie, et je n'ai vu personne qui l'attribue à 'Ali : Ô mon Dieu, al-Harith ibn al-Simma 265 était fidèle et avait avec nous un engagement. Il est venu à travers un désert immense, dans une nuit obscure et ténébreuse. Parmi des épées et des lances nombreuses, cherchant le Messager de Dieu là où il était. Ibn Hisham dit : son mot « kalila 266 » vient d'autre qu'Ibn Ishaq. (Rajaz d'Ikrima le jour d'Uhud) Ibn Ishaq dit : Ikrima ibn Abi Jahl 267 a dit le jour d'Uhud : Tous le repoussent : « Arhib 268 ! Allons ! » et ils ne le verront aujourd'hui qu'avançant. Portant une lance et un chef d'armée nombreuse. (Poème d'al-A'sha at-Tamimi pleurant les tués des Banu 'Abd ad-Dar 269 le jour d'Uhud) Al-A'sha ibn Zurara ibn an-Nabash at-Tamimi – Ibn Hisham dit : l'un des Banu Asad ibn 'Amr ibn Tamim – a dit, pleurant les tués des Banu 'Abd ad-Dar le jour d'Uhud : Salut à une tribu dont l'éloignement m'est pénible, les Banu Abi Talha 270, qu'on ne détourne pas. Leur échanson passe auprès d'eux avec elle, et chaque échanson les connaît. Ni leur voisin ne se plaint, ni leur hôte, car devant lui une porte leur est ouverte. 'Abd Allah ibn az-Ziba'ra 271 a dit le jour d'Uhud : Nous avons tué Ibn Jahsh 272, et nous nous sommes réjouis de sa mort, et Hamza parmi ses cavaliers, et Ibn Qawqal 273. Et il nous en a échappé des hommes qui se sont hâtés ; plût à Dieu qu'ils se soient arrêtés et que nous n'ayons pas été pressés. Ils ont tenu bon contre nous jusqu'à ce que nos épées mordent leurs chefs, et nous étions tous sans défaut. Jusqu'à ce que la mort soit parmi nous et parmi eux, et qu'ils goûtent un breuvage matinal dont le mal n'est pas dissipé. Ibn Hisham dit : son mot « wa kulluna 274 » et son mot « wa yalqaw sabuhan 275 » viennent d'autre qu'Ibn Ishaq. (Poème de Safiyya pleurant Hamza) Ibn Ishaq dit : Safiyya bint 'Abd al-Muttalib 276 a dit, pleurant son frère Hamza ibn 'Abd al-Muttalib : Est-ce que je demande aux compagnons d'Uhud, par crainte, les filles de mon père, parmi les non-Arabes et l'informateur ? L'informateur a dit : Hamza est terrassé, le vizir 277 du Messager de Dieu, le meilleur des vizirs. Le Dieu de vérité, le Maître du Trône, l'a appelé d'un appel vers un Jardin où il vit dans la joie. Voilà ce que nous espérions et attendions pour Hamza, au jour du Rassemblement 278, la meilleure destinée. Par Dieu, je ne t'oublierai pas tant que souffle le vent d'est, par mes pleurs et mon chagrin, où que je sois. Pour le lion de Dieu qui était un défenseur, repoussant de l'Islam tout mécréant. Plût à Dieu que ma dépouille et mes os fussent alors auprès des hyènes et des vautours qui me fréquentent. Je dis, alors que l'annonce de la mort s'élevait dans ma tribu : que Dieu récompense en bien un frère et un soutien. Ibn Hisham dit : m'a récité un spécialiste de la poésie son vers : « buka'an wa huznan mahdarî wa masîrî 279 » (Poème de Nu'am pleurant Shammas) Ibn Ishaq dit : Nu'am, femme de Shammas ibn 'Uthman 280, a dit, pleurant Shammas, qui fut frappé le jour d'Uhud : Ô œil, verse des larmes abondantes sans avarice, sur un noble parmi les jeunes hommes, un lion. D'un abord difficile, d'un heureux augure, porteur d'étendards, chevaucheur de chevaux. Je dis, quand le pleureur vint pour lui, dans l'affliction : le généreux a péri, et le donneur de nourriture et de vêtements. Et je dis, quand ses assemblées furent vides de lui : que Dieu n'éloigne pas de nous la proximité de Shammas. (Poème d'Abou al-Hakam consolant Nu'am) Son frère, Abou al-Hakam ibn Sa'id ibn Yarbu' 281, lui répondit, la consolant : Garde ta pudeur dans le voile et la générosité, car Shammas n'était que parmi les gens. Ne te tue pas, puisque son terme est venu, dans l'obéissance à Dieu, au jour de la peur et de l'épreuve. Hamza était le lion de Dieu, sois donc patiente : il a goûté ce jour-là à la coupe de Shammas. (Poème de Hind après son retour d'Uhud) Hind bint 'Utba 282 a dit, lorsque les associateurs 283 s'en retournèrent d'Uhud : Je suis revenue avec en mon âme de grands tourments, et j'ai manqué une partie de ce que je recherchais. Des compagnons de Badr parmi Quraysh et autres, des Banu Hashim 284 parmi eux et des gens de Yathrib 285. Mais j'ai obtenu quelque chose, bien que ce ne fût pas comme je l'espérais dans mon voyage et ma monture. Ibn Hisham dit : m'a récité un spécialiste de la poésie son vers : « wa qad fatanî ba'du alladhî kâna matlabî 286 » Et certains contestent que ce poème soit de Hind. Dieu sait mieux.
- al-wudd : Affection, amour, ici probablement en référence à Hind, une femme aimée.
- ḥammāl 'ib' : Porteur de fardeau, métaphore pour celui qui assume de lourdes responsabilités.
- sāṭin sabūḥ : Cheval violent et rapide.
- ʿayr : Âne sauvage.
- Āl Aʿwaj : Race de chevaux réputée, descendant d'un étalon nommé A'waj.
- mārin : Lance flexible.
- bayḍā' : Cotte de mailles blanche et brillante.
- Kināna : Tribu arabe, alliée des Qurayshites.
- an-Nakhīl : Lieu près de Médine, probablement une palmeraie.
- al-Jarr : Lieu-dit près d'Uhud.
- qawāṣīhā : Extrémités, ici les rangs serrés de l'armée.
- Banū an-Najjār : Tribu médinoise, alliée des Ansar.
- filaq min qayḍ rubd : Morceaux de coquilles d'œufs d'autruche tachetée.
- ḥanẓal : Coloquinte, plante amère.
- shazran fī ma'āqīhā : De côté dans les coins des yeux, manière de frapper les chevaux.
- an-naqarā : La meilleure part de la viande, réservée aux hôtes de marque.
- Jumādā : Mois lunaire, ici Jumada al-akhira, un mois d'hiver.
- qarīs : Froid intense.
- dhū aḍ-ḍarrā' : Le nécessiteux, celui qui souffre du froid.
- jāḥima : Feu ardent.
- dhākiyat al-arkān : Dont les flammes montent haut.
- al-mathnā : Doublement, en abondance.
- anwā' an-nujūm : Pluies associées aux étoiles, croyance préislamique.
- ḍāḥiya : En plein jour, exposé au soleil.
- aḥābīsh : Troupes rassemblées, souvent sans lien de parenté.
- al-Qalīb : Puits de Badr, où furent jetés les corps des polythéistes tués.
- jazz nāṣiya : Toupet de crinière, symbole de la capture d'un cheval.
- kharq : Désert, terre aride.
- qatām : Poussière, fumée.
- buzul al-ʿarāmīs : Chamelles robustes et endurantes.
- ṣalīb : Os blanchis, carcasses.
- ārām : Antilopes, gazelles.
- mujāladunā : Notre combat, notre lutte.
- fakhma mudharraba : Femme généreuse et bien armée.
- ṣamūt fī aṣ-ṣiwān : Épée silencieuse dans le fourreau.
- ajlaw bi-layl fa-aqshaʿū : Partis de nuit et dispersés.
- Ibn Ḥarb : Abu Sufyan ibn Harb, chef des Qurayshites.
- aʿṭaw yadan wa tawazzaʿū : Tendu la main et dispersé, signe de reddition ou de division.
- yahābū wa yafẓaʿū : Craignent et sont terrifiés.
- al-ʿarḍ : L'honneur, la réputation.
- natatalaʿ : S'écarter, dévier.
- ar-rūḥ : L'Esprit, ici l'ange Gabriel ou la révélation.
- nuqṣur : Notre promesse, notre engagement.
- yashrī al-ḥayāt : Vend la vie, c'est-à-dire la sacrifie.
- al-bīḍ : Les cottes de mailles blanches.
- malmūma : Troupe compacte, bien organisée.
- ḥāsir wa muqannaʿ : Sans armure et casqué.
- naṣīya : Petit nombre, minorité.
- nushāriʿuhum ḥawḍ al-manāyā : Nous partageons avec eux le bassin des destins, métaphore de la mort.
- qisiyy an-nabʿ : Arcs en bois de nab', un arbre utilisé pour les arcs.
- al-Yathribī : Épée de Yathrib (Médine), réputée pour sa qualité.
- manjūfa ḥamiyya ṣāʿidiyya : Flèches creuses, brûlantes, faites de bois de sa'da.
- yudharru ʿalayhā as-samm : On répand du poison sur elles.
- aʿrāḍ al-biṣār : Flancs des boucliers.
- jarād ṣaban fī qarra yatarayyaʿ : Sauterelles poussées par le vent dans un creux, se déplaçant.
- ar-raḥā : La meule, métaphore du combat tournoyant.
- khushb muṣarraʿ : Troncs d'arbres abattus.
- dhakānā : Nos mentons.
- juhām : Nuages.
- Bīsha : Lieu en Arabie, peut-être une vallée.
- ẓullaʿ : Repus, rassasiés.
- adhdhimār : L'honneur, la réputation.
- jilād : Endurants, patients.
- naʿyā : Nous ne nous lassons pas.
- يَسْفَعُ : Se brûle le visage, ou reçoit une gifle de feu.
- مَعَدٍّ : Ma'add : ancêtre éponyme des Arabes du Nord, désigne ici les tribus nord-arabiques.
- جِذْمِنَا : Notre tronc, notre origine, notre lignée.
- غُرَابَ الْبَيْنِ : Corbeau du départ : oiseau de mauvais augure annonçant la séparation.
- بَنَاتُ الدَّهْرِ : Les filles du temps : les calamités, les vicissitudes du destin.
- الْمِهْرَاسَ : Al-Mihrâs : lieu-dit près de Médine, ou un bassin/puits.
- قُبَاءٍ : Qubâ' : quartier au sud de Médine, première mosquée de l'islam.
- عبد الأشل : 'Abd al-Ashhal : clan des Aws à Médine.
- الْأَضْيَاحَ : Les côtes, ou les boyaux.
- الْعَصَلْ : Plante amère que mangent les chamelles, donnant un lait âcre.
- خَنَاطِيلَ : Lances longues et flexibles.
- أَشْدَافِ : Mâchoires, ici par métaphore pour les lances acérées.
- جِبْرِيلَ : Jibrîl : l'ange Gabriel.
- التَّنَابِيلُ : Les idoles, les statues des polythéistes.
- ذِي الْأَضْوُجْ : Lieu escarpé, ravin ou col.
- أَحْمَدَ : Ahmad : un des noms du Prophète Muhammad.
- نُعْمَانُ : Nu'mân ibn Mâlik, compagnon mort à Uhud.
- حَنْظَلَةُ الْخَيْرِ : Hanzala le Bon : Hanzala ibn Abî 'Âmir, compagnon mort à Uhud.
- عَمْرًا : 'Amr : probablement 'Amr ibn al-'Âs, ou un autre chef quraychite.
- عُتْبَةَ : 'Utba : 'Utba ibn Rabî'a, chef quraychite tué à Badr.
- مُصْعَبٌ : Mus'ab ibn 'Umayr, compagnon mort à Uhud.
- مُجَلِّحَةٍ : Cavalière ou lance, ou épée tranchante.
- أُمَّ مَالِكٍ : Mère de Mâlik : peut-être une femme de Quraysh.
- يَثْرِبَ : Yathrib : ancien nom de Médine.
- غَاصِبَةً : Ici, 'dominant' ou 'écrasant' ; peut-être une référence à la manière dont les morts étaient laissés, ou au fait qu'ils étaient nombreux.
- بَنِي النَّجَّارِ : Banû al-Najjâr : clan des Khazraj, tribu de Médine.
- أَحْمَدَا : Ahmad : un des noms du Prophète Muhammad.
- السَّمْهَرِيُّ : Al-samharî : lance de la région de Samhar, réputée pour sa qualité.
- حَمْزَةَ : Hamza : oncle du Prophète, tué à Uhud.
- نعمان : Nu‘mân : probablement un compagnon tué à Uhud.
- أُحُدِ : Uhud : montagne près de Médine, site de la bataille d'Uhud.
- أُمِّ الْوَلِيدِ : Umm al-Walîd : nom d'une femme, peut-être une référence à une demeure.
- رَوَاكِدُ : Rawâkid : pluriel de râkida, 'cendres' ou 'pierres noircies'.
- بَنُو الْأَوْسِ : Banû al-Aws : tribu de Médine, alliée des Khazraj.
- سَخِينَ : Sakhr : surnom d'Abû Sufyân, chef des Qurayshites à Uhud.
- بِيضٌ : Bîd : pluriel de baydâ', 'épées' (littéralement 'blanches').
- عُتْبَةَ : ‘Utba : ‘Utba ibn Rabî‘a, chef qurayshite tué à Badr.
- سَعْدًا : Sa‘d : Sa‘d ibn al-‘Âs, peut-être un Qurayshite tué.
- الْوَشِيجُ : Al-washîj : lances faites de bois de washîj (sorte de bambou).
- الْعَنَاجَةِ : Al-‘anâja : hampe de l'étendard ou bâton de commandement.
- نُقُوعُ : Nuqû‘ : pluriel de naq‘, 'blessure' ou 'sang'.
- بِهِنَّ : Par elles : probablement les épées ou les actions.
- جِنَانَ الْخُلْدِ : Jinân al-khuld : les jardins de l'éternité, le Paradis.
- حَمِيمٌ : Hamîm : eau bouillante, châtiment en Enfer.
- ضَرِيعُ : Darî‘ : plante épineuse amère, nourriture des damnés.
- عَمْرو بن العَاصِي : ‘Amr ibn al-‘Âs : compagnon et général qurayshite, plus tard musulman.
- ابْنُ هِشَامٍ : Ibn Hishâm : biographe du Prophète, auteur de la Sîra.
- ابْنِ إسْحَاقَ : Ibn Ishâq : premier biographe du Prophète.
- الْفَيْفَا : Al-fayfâ : désert ou plaine aride.
- رَضْوَى : Radwâ : montagne près de Médine.
- سَلْعٍ : Sal‘ : montagne à Médine.
- كَرَادِيسُ خَيْلٍ : Karâdîs khayl : escadrons de cavalerie.
- الْخَزْرَجِيَّيْنِ : Al-Khazrajiyyayn : les deux Khazrajites (duel).
- بِالْمُشْرِفِيَّةِ : Al-mushrafiyya : épées de fabrication mushrafî (de la région de Mushârif).
- بَرْوَقُ : Barwaq : asphodèle, plante à fleurs blanches.
- كَعْبُ بْنُ مَالِكٍ : Ka‘b ibn Mâlik : poète compagnon de Médine.
- فِهْرًا : Fihr : ancêtre de Quraysh, désigne ici les Qurayshites.
- يَثْرِبِ : Yathrib : ancien nom de Médine.
- الْأَبْرَامُ : Al-abrâm : pluriel de ibram, 'ceurs' ou 'lâches'.
- حَوْمَةٌ : Hawma : courage, ardeur au combat.
- فِهْرِ بْنِ مَالِكٍ : Fihr ibn Mâlik : ancêtre de Quraysh.
- ضِرَارُ بْنُ الْخَطَّابِ : Dirâr ibn al-Khattâb : poète qurayshite.
- حَبِيكَ الْبِيضِ : Habîk al-bîd : trame des épées, métaphore pour le combat.
- حَمَائِلُهُمْ : Hamâ'il : baudriers des épées.
- بَنِي كَعْبٍ : Banû Ka‘b : clan de Quraysh.
- الْبِيضُ : Al-bîd : les épées.
- مَشْرَفِيَّاتٍ : Mushrafiyyât : épées de fabrication mushrafî.
- سِرْبَالِي : Sirmâl : cotte de mailles ou vêtement de guerre.
- بَنِي مَخْزُومَ : Banû Makhzûm : clan qurayshite.
- الْمُغِيرَةِ : Al-Mughîra : al-Mughîra ibn ‘Abd Allâh, chef qurayshite.
- شَهْبَاءَ : Shahbâ' : lance acérée ou épée brillante.
- عَتَدٍ : ‘Atad : cheval rapide et préparé.
- كَيَعْفُورِ الصَّرِيمَةِ : Ka-ya‘fûr al-sarîma : comme une gazelle du désert.
- كَبْش الكتيبة : Kabsh al-katîba : le bélier du bataillon, le chef.
- قُرَيْشًا : Quraysh : tribu de La Mecque.
- بَدْرٍ : Badr : bataille de Badr, victoire des musulmans.
- مِيكَالُ : Mîkâl : l'ange Michaël.
- جِبْرِيلُ : Jibrîl : l'ange Gabriel.
- أَصْدَى اللَّوْنِ : Asdâ al-lawn : au teint jaune, signe de fatigue ou de peur.
- ابْنُ حَرْبٍ : Ibn Harb : Abû Sufyân ibn Harb, chef qurayshite.
- سَرَابِيلُ : Sarâbîl : cottes de mailles ou vêtements de guerre.
- غَسَّانَ : Ghassân : tribu arabe chrétienne, alliée des musulmans.
- عَمَايَات : Pluriel de 'amāyah, signifiant 'aveuglement' ou 'obscurité', ici métaphore pour la confusion du combat.
- مَصَاعِبَة : Pluriel de miṣ‘ab, 'lion' en arabe classique.
- الْأُدْمُ الْمَرَاسِيلُ : Al-udm al-marāsīl : 'les lions robustes et agiles' ; udm est un pluriel de adam, 'lion'.
- أُسُودِ الظِّلِّ : Usūd al-ẓill : 'lions de l'ombre', métaphore pour des lions puissants.
- أَلْثَقَهَا : Althaqahā : 'alourdis', participe passé féminin pluriel.
- رَذَاذٍ : Raḏāḏ : 'bruine', pluie fine.
- الْجَوْزَاءِ : Al-Jawzā' : 'Gémeaux', constellation zodiacale.
- مَشْمُولُ : Mashmūl : 'refroidi', participe passif.
- سَابِغَةٍ : Sābigah : 'cotte de mailles' longue et ample.
- النِّهْي : An-nihy : 'bassin' ou 'réservoir d'eau'.
- قِيَامُهَا : Qiyāmuhā : 'son armure' ou 'sa structure'.
- فَلَجٌ : Falaj : 'fente' ou 'ouverture', ici métaphore pour une armure bien ajustée.
- السَّيْفِ : As-sayf : 'l'épée'.
- بُهْلُولُ : Buhlūl : 'généreux', 'abondant'.
- قِرَامِ النَّبْلِ : Qirām an-nabl : 'la pointe des flèches' ; qirām est un type de tissu fin, ici métaphore.
- مَفْلُولُ : Mafūl : 'émoussé', participe passif.
- سَلْعِ : Sal‘ : 'pierres' ou 'rochers'.
- تَأْجِيلُ : Ta’jīl : 'report', 'délai'.
- وِتْرٌ : Witr : 'vengeance' ou 'rancune'.
- السِّلَامَ : As-salām : 'la paix' ou 'la salutation'.
- تَعْفُو : Ta‘fū : 'elle efface' ou 'elle pardonne'.
- مَطْلُولُ : Maṭlūl : 'réclamé' ou 'demandé'.
- مُوثِقٌ : Mūthiq : 'lié par un pacte' ou 'fidèle à une promesse'.
- قَنَصًا : Qanaṣan : 'pacte' ou 'alliance'.
- شَطْرَ الْمَدِينَةِ : Shaṭr al-madīnah : 'vers la moitié de la Médine'.
- أُخْرَاكُمْ : Ukhrākum : 'votre fin' ou 'votre dernier jour'.
- فَوَارِسُ : Fawāris : 'cavaliers', pluriel de fāris.
- عُزْلٌ : ‘Uzl : 'désarmés' ou 'sans armes'.
- مِيلُ : Mīl : 'tordus' ou 'déviés'.
- الْجَانِي : Al-jānī : 'le criminel' ou 'celui qui commet un délit'.
- جَرَّ : Jarra : 'a traîné' ou 'a tiré'.
- مَحْمُولُ : Maḥmūl : 'porté' ou 'supporté'.
- لَا نَحْنُ : Lā naḥnu : 'nous ne sommes pas', répétition pour insistance.
- إثْمٍ : Ithm : 'péché' ou 'faute'.
- الْغُرْمِ : Al-ghurm : 'la dette' ou 'la perte'.
- Wahshi : Wahshi ibn Harb, l'esclave abyssin qui a tué Hamza à Uhud.
- alla : Lance courte ou javelot.
- janna : Jardin, désigne le Paradis.
- tudra' : Bouclier, protection.
- Hind : Hind bint 'Utba, épouse d'Abu Sufyan, ennemie des musulmans.
- 'Utba : 'Utba ibn Rabi'a, père de Hind, tué à Badr.
- wazir : Vizir, assistant, ici l'ange Gabriel.
- Ka'b : Ka'b ibn Malik, poète compagnon du Prophète.
- damriyya : Gazelle, métaphore pour une femme.
- Ghawr : Basse terre, région côtière, opposée au Najd.
- Najd : Haut plateau central d'Arabie.
- banat al-jawf : Littéralement 'filles du ventre', désigne les entrailles.
- Hira' : Montagne près de La Mecque où le Prophète recevait la révélation.
- qarm : Chef noble, seigneur.
- Hashim : Clan du Prophète, les Hachémites.
- safiyy : Intime, élu, ami proche.
- mu'lim : Marqué, désigne un guerrier portant un signe distinctif.
- al-'Aqanqal : Lieu-dit près de Médine, site d'une bataille.
- al-as'ad : Le plus heureux, peut désigner un astre ou un homme.
- Bi'r Badr : Puits de Badr, site de la bataille de Badr.
- al-'atan al-mu' attan : Jeu de mots : le camp, le lieu de séjour.
- al-Aswad : Al-Aswad ibn 'Abd al-Asad al-Makhzumi, tué à Badr.
- Ibn al-Mughira : Probablement 'Uthman ibn al-Mughira, tué à Badr.
- Umayya al-Jumahi : Umayya ibn Khalaf al-Jumahi, tué à Badr.
- al-mushrikin : Les associateurs, polythéistes.
- al-jinan : Les Jardins, le Paradis.
- Safiyya : Safiyya bint 'Abd al-Muttalib, tante du Prophète et mère d'az-Zubayr.
- Ahmad : Un des noms du Prophète Muhammad.
- Uhud : Montagne près de Médine, site de la bataille d'Uhud.
- 'Umar : 'Umar ibn al-Khattab, le second calife.
- Dhat al-'Izam : Lieu-dit, peut-être une vallée.
- al-bujud : Les avares, pluriel de bakhil.
- fudul : Surplus, excédent de biens.
- ma'atin : Pâturages, abreuvoirs.
- rajl : Piétons, fantassins.
- ja'wa' : Masse, foule dense.
- qallasat : Se resserrer, se contracter, désigne une chamelle qui retient son lait.
- al-'isa : Le bâton, métaphore pour la contrainte.
- qawahiz : Chocs, heurts du combat.
- thimal : Ivre, ivrogne.
- al-'amaya : Aveuglement, obscurité, désigne la mêlée.
- khurs al-hasis : Lances silencieuses, qui ne font pas de bruit.
- busriyya : Boucliers en cuir de Bosra.
- al-zill : L'ombre, métaphore pour la protection ou la vie.
- Ibn al-Ziba'ra : Poète polythéiste, adversaire du Prophète.
- hajin : Bâtard, de basse naissance.
- tabajjasta : Tu as débordé, tu t'es répandu en injures.
- Ibn Hisham : Biographe du Prophète, auteur de la Sira.
- Abu Zayd al-Ansari : Savant et philologue arabe.
- Ibn Ishaq : Premier biographe du Prophète.
- Quraysh : Tribu de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- Ibn Rawaha : 'Abdullah ibn Rawaha, poète et compagnon, mort à Mu'ta.
- Abu Ya'la : Surnom de Hamza, signifiant 'père de Ya'la'.
- Hashim : Clan de Hamza et du Prophète.
- Lu'ayy : Lu'ayy ibn Ghalib, ancêtre de Quraysh.
- al-ghalīl : L'ardeur, la soif de vengeance ou le ressentiment qui est apaisé par la vengeance.
- Qalīb Badr : Le puits de Badr, lieu de la bataille de Badr (624).
- Abū Jahl : Surnom de 'Amr ibn Hishām, chef mecquois et ennemi de l'islam, tué à Badr.
- 'Utba : 'Utba ibn Rabī'a, chef mecquois tué à Badr.
- Shayba : Shayba ibn Rabī'a, frère de 'Utba, tué à Badr.
- Umayya : Umayya ibn Khalaf, chef mecquois tué à Badr.
- Banū Rabī'a : Tribu mecquoise, alliée des Quraysh.
- Hind : Hind bint 'Utba, femme d'Abū Sufyān, ennemie de l'islam.
- Hamza : Hamza ibn 'Abd al-Muttalib, oncle du Prophète, tué à Uhud.
- Uhud : Montagne près de Médine, site de la bataille d'Uhud (625).
- Ibn Isḥāq : Muhammad ibn Isḥāq, biographe du Prophète (m. 767).
- Ka'b ibn Mālik : Poète et compagnon du Prophète, des Ansār.
- Quraysh : Tribu mecquoise dominante, à laquelle appartenait le Prophète.
- Jinān : Les Jardins du Paradis.
- Ma'add : Ancêtre des Arabes du Nord, désigne ici les Arabes en général.
- Ibn Hishām : 'Abd al-Malik ibn Hishām, éditeur de la biographie d'Ibn Isḥāq (m. 833).
- lam talī : Expression signifiant 'vous n'avez pas accompli'.
- min ni'ami l-mufaddal : Expression signifiant 'des faveurs du Très Généreux'.
- Abū Zayd al-Anṣārī : Savant et philologue arabe (m. 830).
- Ḍirār ibn al-Khaṭṭāb : Poète mecquois, adversaire de l'islam.
- ramad : Inflammation des yeux, chassie.
- Lu'ayy : Ancêtre des Quraysh.
- Ṣakhr : Surnom d'Abū Sufyān, chef mecquois.
- Banū al-Najjār : Tribu des Ansār de Médine.
- Muṣ'ab : Muṣ'ab ibn 'Umayr, compagnon tué à Uhud.
- Rajaz : Mètre poétique arabe, souvent utilisé pour des improvisations.
- Banū Jusham ibn al-Khazraj : Sous-tribu des Khazraj, tribu médinoise.
- 'Alī ibn Abī Ṭālib : Cousin et gendre du Prophète, quatrième calife.
- al-Ḥārith ibn al-Ṣimma : Compagnon du Prophète, des Ansār.
- kalīla : Nuit obscure, ténébreuse.
- ʿIkrima ibn Abī Jahl : Fils d'Abū Jahl, adversaire puis compagnon.
- Arḥib : Exclamation signifiant 'élargis-toi' ou 'avance'.
- Banū 'Abd ad-Dār : Clan mecquois, porteurs de l'étendard.
- Banū Abī Ṭalḥa : Sous-clan des Banū 'Abd ad-Dār.
- 'Abd Allāh ibn al-Ziba'rā : Poète mecquois, adversaire de l'islam.
- Ibn Jaḥsh : Compagnon tué à Uhud.
- Ibn Qawqal : Compagnon tué à Uhud.
- wa kullunā : Expression signifiant 'et nous tous'.
- wa yalqaw ṣabūḥan : Expression signifiant 'et ils goûtent un breuvage matinal'.
- Ṣafiyya bint 'Abd al-Muṭṭalib : Tante du Prophète, sœur de Hamza.
- wazīr : Vizir, ministre, ici au sens de soutien.
- Yawm al-Ḥashr : Le Jour du Rassemblement, Jour du Jugement.
- buka'an wa ḥuznan maḥḍarī wa masīrī : Expression signifiant 'par mes pleurs et mon chagrin, où que je sois'.
- Shammās ibn 'Uthmān : Compagnon tué à Uhud.
- Abū al-Ḥakam ibn Sa'īd ibn Yarbū' : Frère de Nu'am, poète.
- Hind bint 'Utba : Femme d'Abū Sufyān, ennemie de l'islam.
- mushrikūn : Associateurs, polythéistes.
- Banū Hāshim : Clan du Prophète.
- Yathrib : Ancien nom de Médine.
- wa qad fatanī ba'ḍu alladhī kāna maṭlabī : Expression signifiant 'et j'ai manqué une partie de ce que je recherchais'.
Il est fait mention du jour d'ar-Rajî' [1] en l'an trois.
Récit du jour d’ar-Rajî‘ en l’an trois. (‘Adal et al-Qâra demandèrent un groupe de musulmans pour les instruire ; le Messager en envoya six.) Il dit : Abû Muhammad ‘Abd al-Malik ibn Hishâm nous a rapporté, disant : Ziyâd ibn ‘Abd Allâh al-Bakkâ’î nous a rapporté d’après Muhammad ibn Ishâq al-Muttalibî, qui dit : ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâda m’a rapporté, disant : Après Uhud, une délégation de ‘Adal et d’al-Qâra vint auprès du Messager d’Allâh — qu’Allâh prie sur lui et le salue. (Généalogie de ‘Adal et d’al-Qâra) Ibn Hishâm dit : ‘Adal et al-Qâra sont issus d’al-Hawn ibn Khuzayma ibn Mudrika. Ibn Hishâm dit : On dit aussi al-Hûn, avec la hâ’ 1 damma. Ibn Ishâq dit : Ils dirent : « Ô Messager d’Allâh, l’islam est présent parmi nous ; envoie donc avec nous quelques-uns de tes Compagnons pour nous enseigner la religion, nous lire le Coran et nous apprendre les lois de l’islam. » Le Messager d’Allâh — qu’Allâh prie sur lui et le salue — envoya donc six 2 de ses Compagnons : Marthad ibn Abî Marthad al-Ghanawî, allié de Hamza ibn ‘Abd al-Muttalib ; Khâlid ibn al-Bukayr al-Laythî, allié des Banû ‘Adî ibn Ka‘b ; ‘Âsim ibn Thâbit ibn Abî l-Aqlah, frère des Banû ‘Amr ibn ‘Awf ibn Mâlik ibn al-Aws ; Khubayb ibn ‘Adî, frère des Banû Jahjabâ ibn Kulfa ibn ‘Amr ibn ‘Awf ; Zayd ibn ad-Dathinna ibn Mu‘âwiya, frère des Banû Bayâda ibn ‘Amr 3 ibn Zurayq ibn ‘Abd Hâritha ibn Mâlik ibn Ghadb ibn Jusham ibn al-Khazraj ; et ‘Abd Allâh ibn Târiq, allié des Banû Zafar ibn al-Khazraj ibn ‘Amr ibn Mâlik ibn al-Aws. (Trahison de ‘Adal et d’al-Qâra envers les six hommes) Le Messager d’Allâh — qu’Allâh prie sur lui et le salue — avait nommé Marthad ibn Abî Marthad al-Ghanawî 4 comme chef du groupe. Ils partirent donc avec les gens. Lorsqu’ils furent à ar-Rajî‘, une source appartenant à Hudhayl dans la région du Hijâz, sur les hauteurs d’al-Had’a 5, ceux-ci les trahirent et appelèrent 6 les Hudhayl à leur secours. Les hommes, alors qu’ils étaient dans leurs campements, ne furent alertés que par des hommes armés d’épées qui les encerclaient. Ils saisirent leurs épées pour les combattre, mais les autres leur dirent : « Par Allâh, nous ne voulons pas vous tuer, mais nous voulons tirer profit de vous auprès des gens de la Mecque. Vous avez la garantie et l’engagement d’Allâh que nous ne vous tuerons pas. » (Meurtre de Marthad, d’Ibn al-Bukayr et de ‘Âsim) Quant à Marthad ibn Abî Marthad, Khâlid ibn al-Bukayr et ‘Âsim ibn Thâbit, ils dirent : « Par Allâh, nous n’accepterons jamais ni pacte ni engagement d’un associateur. » ‘Âsim ibn Thâbit dit alors : « Quel est mon prétexte, alors que je suis robuste et bon tireur 7, L’arc a sa corde bien tendue, Les pointes des flèches glissent sur son côté, La mort est vraie et la vie est vaine 8, Tout ce qu’Allâh a décrété arrive 9, À l’homme, et l’homme retourne à Lui. Si je ne vous combats pas, que ma mère me pleure ! » Ibn Hishâm dit : « Hâbil » signifie « qui perd son enfant ». ‘Âsim ibn Thâbit dit aussi : « Abû Sulaymân, les plumes de l’arc al-Muq‘ad 10, Et une flèche pareille à un brasier ardent, Quand les flèches rapides sont lancées, je ne tremble pas, Et un bouclier en cuir de taureau solide et lisse 11, Et un croyant en ce que Muhammad a apporté. » ‘Âsim ibn Thâbit dit encore : « Abû Sulaymân, et moi qui suis un tireur, Et mon peuple était une noble tribu. » ‘Âsim ibn Thâbit était surnommé Abû Sulaymân. Puis il combattit ces gens jusqu’à ce qu’il fût tué, ainsi que ses deux compagnons. (Récit de la protection du corps de ‘Âsim par les abeilles) Lorsque ‘Âsim fut tué, les Hudhayl voulurent prendre sa tête pour la vendre à Sulâfa bint Sa‘d ibn Shuhayd, qui avait fait le vœu, lorsque ses deux fils furent tués le jour d’Uhud, que si elle pouvait avoir la tête de ‘Âsim, elle boirait du vin dans son crâne. Mais les abeilles 12 l’en empêchèrent. Quand elles 13 s’interposèrent entre lui et eux, ils dirent : « Laissez-le jusqu’au soir, elles s’en iront, puis nous le prendrons. » Mais Allâh envoya un torrent qui emporta ‘Âsim et le fit disparaître. Or ‘Âsim avait fait à Allâh la promesse qu’aucun associateur ne le toucherait, et qu’il ne toucherait jamais un associateur, par souci de pureté. ‘Umar ibn al-Khattâb — qu’Allâh l’agrée — disait, lorsqu’il apprit que les abeilles l’avaient protégé : « Allâh préserve Son serviteur croyant. ‘Âsim avait promis qu’aucun associateur ne le toucherait et qu’il ne toucherait jamais un associateur de son vivant ; Allâv l’a donc protégé après sa mort comme il s’en était abstenu de son vivant. » (Meurtre d’Ibn Târiq et vente de Khubayb et d’Ibn ad-Dathinna) Quant à Zayd ibn ad-Dathinna, Khubayb ibn ‘Adî et ‘Abd Allâh ibn Târiq, ils se montrèrent faibles, cédèrent et désirèrent la vie ; ils se rendirent donc et furent faits prisonniers. Ensuite, ils partirent pour la Mecque pour les y vendre. Lorsqu’ils furent à az-Zahrân 14, ‘Abd Allâh ibn Târiq dégagea sa main de la corde 15, prit son épée et s’écarta du groupe. Ceux-ci le lapidèrent jusqu’à le tuer. Sa tombe — qu’Allâh lui fasse miséricorde — se trouve à az-Zahrân. Quant à Khubayb ibn ‘Adî et Zayd ibn ad-Dathinna, ils les amenèrent à la Mecque. Ibn Hishâm dit : Ils les vendirent à Quraysh en échange de deux prisonniers de Hudhayl qui se trouvaient à la Mecque. Ibn Ishâq dit : Khubayb fut acheté par Hujayr ibn Abî Ihâb at-Tamîmî, allié des Banû Nawfal, pour ‘Uqba ibn al-Hârith ibn ‘Âmir ibn Nawfal, car Abû Ihâb était le frère utérin d’al-Hârith ibn ‘Âmir, en raison du meurtre de son père. Ibn Hishâm dit : Al-Hârith ibn ‘Âmir était l’oncle maternel d’Abû Ihâb. Abû Ihâb était l’un des Banû Usayyid ibn ‘Amr ibn Tamîm ; on dit aussi l’un des Banû ‘Udas ibn Zayd ibn ‘Abd Allâh ibn Dârim, des Banû Tamîm. (Meurtre d’Ibn ad-Dathinna et exemple de sa loyauté envers le Messager) Ibn Ishâq dit : Quant à Zayd ibn ad-Dathinna, il fut acheté par Safwân ibn Umayya pour le tuer en représailles de son père Umayya ibn Khalaf. Safwân ibn Umayya l’envoya avec un de ses affranchis nommé Nistâs à at-Tan‘îm 16 ; ils le firent sortir du sanctuaire pour le tuer. Un groupe de Quraysh se rassembla, parmi lesquels Abû Sufyân ibn Harb. Lorsqu’on l’amena pour être exécuté, Abû Sufyân lui dit : « Je t’adjure par Allâh, ô Zayd, aimerais-tu que Muhammad soit maintenant à notre place, que nous lui tranchions la nuque, et que tu sois dans ta famille ? » Il répondit : « Par Allâh, je n’aimerais pas que Muhammad soit maintenant à l’endroit où il se trouve, qu’une épine le blesse, pendant que je serais assis dans ma famille. » Abû Sufyân dit : « Je n’ai jamais vu parmi les gens quelqu’un aimer quelqu’un comme les compagnons de Muhammad aiment Muhammad. » Ensuite, Nistâs le tua — qu’Allâh lui fasse miséricorde. (Meurtre de Khubayb et récit de son invocation) Quant à Khubayb ibn ‘Adî, ‘Abd Allâh ibn Abî Najîh m’a rapporté qu’on lui a raconté d’après Mâwiya 17, l’affranchie de Hujayr ibn Abî Ihâb, qui s’était convertie à l’islam. Elle dit : « Khubayb était chez moi, retenu prisonnier dans ma maison. Un jour, je l’ai vu, et il avait dans la main une grappe de raisin grosse comme une tête d’homme, dont il mangeait, alors que je ne savais pas qu’il y eût du raisin comestible sur la terre d’Allâh. » Ibn Ishâq dit : ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâda et ‘Abd Allâh ibn Abî Najîh m’ont tous deux rapporté qu’elle dit : « Lorsque vint le moment de son exécution, il me dit : “Envoie-moi un outil en fer pour que je me purifie en vue de la mort.” Elle dit : Je donnai un rasoir à un jeune garçon de la tribu et lui dis : “Entre avec cela auprès de cet homme dans la maison.” Elle dit : Par Allâh, à peine le garçon s’était-il tourné vers lui que je me dis : “Qu’ai-je fait ! Par Allâl, cet homme va se venger en tuant ce garçon, et ce sera un homme pour un homme !” Lorsqu’il lui tendit le rasoir, il le prit de sa main, puis dit : “Par ta vie, ta mère n’a pas craint ma trahison quand elle t’a envoyé vers moi avec ce rasoir !” Puis il le relâcha. » Ibn Hishâm dit : On dit que le garçon était son fils 18. Ibn Ishâq dit : ‘Âsim dit : Ensuite, ils emmenèrent Khubayb jusqu’à at-Tan‘îm pour le crucifier. Il leur dit : « Si vous voulez me laisser faire deux rak‘a, faites-le. » Ils dirent : « Fais donc. » Il fit deux rak‘a, les accomplissant parfaitement et avec soin. Puis il se tourna vers les gens et dit :
Par Allah ! Si je ne craignais que vous ne pensiez que j’allonge [la prière] par peur de la mort, j’aurais multiplié les prières. Il dit : Ce fut donc Khubayb ibn ‘Adiyy qui, le premier parmi les musulmans, institua ces deux rak‘as 19 au moment de la mise à mort. Il dit : Puis ils le hissèrent sur un bois. Lorsqu’ils l’eurent ligoté, il dit : « Ô Allah ! Nous avons transmis le message de Ton messager ; informe-le donc ce matin de ce que l’on nous fait. » Puis il dit : « Ô Allah ! Compte-les exactement, tue-les un par un 20, et n’en épargne aucun. » Puis ils le tuèrent – qu’Allah lui fasse miséricorde. Mu‘awiya ibn Abi Sufyan disait : « Ce jour-là, j’étais présent parmi ceux qui l’accompagnaient avec Abi Sufyan. J’ai bien vu qu’il me jetait à terre, saisi de peur à cause de l’invocation de Khubayb. » Et ils disaient : « Lorsqu’on invoque contre un homme et qu’il se couche sur le côté, l’invocation s’éloigne de lui. » Ibn Ishaq dit : Yahya ibn ‘Abbad ibn ‘Abd Allah ibn al-Zubayr m’a raconté, d’après son père ‘Abbad, d’après ‘Uqba ibn al-Harith, qui disait : « Par Allah, ce n’est pas moi qui ai tué Khubayb, car j’étais trop jeune pour cela. Mais Abu Maysara, frère des Banu ‘Abd al-Dar, prit la lance, la mit dans ma main, puis prit ma main avec la lance et le frappa jusqu’à le tuer. » Ibn Ishaq dit : Un de nos compagnons m’a raconté : ‘Umar ibn al-Khattab – qu’Allah l’agrée – avait nommé Sa‘id ibn ‘Amir ibn Hidhyam al-Jumahi gouverneur d’une partie du Sham. Il était sujet à des évanouissements en public. On en parla à ‘Umar ibn al-Khattab, et on dit : « Cet homme est atteint [d’un mal]. » ‘Umar l’interrogea lors d’un voyage qu’il fit chez lui : « Ô Sa‘id, qu’est-ce qui t’arrive ? » Il répondit : « Par Allah, ô Commandeur des croyants, je n’ai aucun mal. Mais j’étais parmi ceux qui assistèrent au meurtre de Khubayb ibn ‘Adiyy, et j’entendis son invocation. Par Allah, chaque fois qu’elle me traverse l’esprit, où que je sois, je m’évanouis. » Cela accrut sa valeur aux yeux de ‘Umar. Ibn Hisham dit : Khubayb resta entre leurs mains jusqu’à la fin des mois sacrés 21, puis ils le tuèrent. (Ce qui fut révélé du Coran à propos de l’expédition d’al-Raji‘ 22) : Il dit : Ibn Ishaq dit : Parmi ce qui fut révélé du Coran à propos de cette expédition, comme me l’a raconté un affranchi de la famille de Zayd ibn Thabit, d’après ‘Ikrima, affranchi d’Ibn ‘Abbas, ou d’après Sa‘id ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbas. Il dit : Ibn ‘Abbas dit : Lorsque l’expédition où se trouvaient Marthad et ‘Asim à al-Raji‘ fut frappée, des hommes parmi les hypocrites dirent : « Malheur à ces égarés qui ont péri ainsi ! Ils ne sont pas restés auprès de leurs familles, ni n’ont transmis le message de leur compagnon ! » Allah – exalté soit-Il – révéla alors à propos de ce que disaient les hypocrites et du bien qu’avaient obtenu ces hommes par ce qui les avait frappés. Il dit – gloire à Lui : « Et parmi les hommes, il en est dont la parole te plaît dans la vie d’ici-bas » [2:204] – c’est-à-dire pour ce qu’il montre de l’islam par sa langue – « et il prend Allah à témoin de ce qui est dans son cœur » [2:204], alors qu’il contredit ce qu’il dit par sa langue – « et il est le plus acharné des disputeurs » [2:204] – c’est-à-dire très argumentateur quand il te parle et te répond. (Explication par Ibn Hisham de certains termes rares) : Ibn Hisham dit : al-aladd 23 : celui qui s’agite, dont la dispute est violente ; son pluriel : ludd. Dans le Livre d’Allah – puissant et majestueux : « et pour avertir par lui un peuple luddan » [19:97]. Al-Muhalhil ibn Rabi‘a al-Taghlibi – son nom est Imru’ al-Qays, et on dit ‘Adiyy ibn Rabi‘a – a dit : « Sous les pierres il y a dureté et souplesse, / Et un adversaire acharné, doté d’une éloquence mordante 24. » Et on rapporte « dhi mighlaq 25 », selon Ibn Hisham. Ce vers fait partie d’un poème de lui. C’est al-alandad 26. Al-Tirimmah ibn Hakim al-Ta’i a dit, décrivant le caméléon : « Il se dresse sur le tronc du palmier, comme / Un adversaire qui domine les autres, acharné 27. » Ce vers fait partie d’un poème de lui. Ibn Ishaq dit : Allah – exalté soit-Il – a dit : « Et quand il tourne le dos » [2:205] – c’est-à-dire quand il s’éloigne de toi – « il s’efforce sur terre d’y semer la corruption et de détruire les récoltes et la progéniture. Et Allah n’aime pas la corruption » [2:205] – c’est-à-dire qu’Il n’aime pas son œuvre et ne l’agrée pas. « Et quand on lui dit : “Crains Allah”, l’orgueil le saisit pour le péché. L’Enfer lui suffira ; et quel mauvais lit ! » [2:206]. « Et parmi les hommes, il en est qui se vendent 28 en recherchant l’agrément d’Allah. Et Allah est Compatissant envers Ses serviteurs » [2:207] – c’est-à-dire qu’ils se sont vendus à Allah par le combat dans Son chemin et l’accomplissement de Son droit, jusqu’à ce qu’ils meurent ainsi – il veut dire cette expédition. (Explication par Ibn Hisham de certains termes rares) : Ibn Hisham dit : yashri nafsahu 29 : il vend son âme. Wa sharaw : ils ont vendu. Yazid ibn Rabi‘a ibn Mufarrigh al-Himyari a dit : « J’ai vendu un vêtement 30 ; plût au ciel / Qu’après ce vêtement j’eusse été la tête 31 ! » Burdd 32 : un esclave à lui qu’il a vendu. Ce vers fait partie d’un poème de lui. Shara signifie aussi : il a acheté. Le poète a dit : « Je lui dis : “Ne t’afflige pas, ô mère de Malik, / Pour tes deux fils : un esclave vil les a achetés.” » (Poème de Khubayb au moment où l’on voulait le crucifier) : Ibn Ishaq dit : Parmi ce qui fut dit à ce sujet en poésie, il y a les vers de Khubayb ibn ‘Adiyy lorsqu’il apprit que les gens s’étaient rassemblés pour le crucifier. Ibn Hisham dit : Certains spécialistes de la poésie les lui attribuent. « Les coalisés se sont rassemblés autour de moi et ont incité / Leurs tribus ; ils se sont réunis en toute assemblée. Et tous montrent ouvertement l’hostilité, s’efforçant / Contre moi, parce que je suis enchaîné à Masya‘ 33. Ils ont rassemblé leurs fils et leurs femmes, / Et j’ai été approché d’un tronc long et élevé. Vers Allah je me plains de mon exil, puis de mon angoisse, / Et de ce que les coalisés me réservent près de mon lieu de mort. Ô Toi qui es sur le Trône, donne-moi la patience face à ce qu’on veut de moi, / Car ils ont déchiré ma chair, et mon espoir a désespéré. Tout cela est pour la cause d’Allah ; et s’Il veut, / Il bénira les membres d’un corps déchiqueté. Ils m’ont offert l’incroyance, mais la mort est préférable ; / Mes yeux ont versé des larmes sans faiblesse. Je n’ai pas peur de la mort, car je mourrai, / Mais je crains le feu de l’Enfer enveloppant. Par Allah, je n’espère pas, si je meurs musulman, / Quel que soit le côté où je tombe pour Allah. Je ne montrerai à l’ennemi ni humilité / Ni peur ; car c’est vers Allah que je retourne. » (Poème de Hassan pleurant Khubayb) : Hassan ibn Thabit dit, pleurant Khubayb : « Qu’a ton œil à ne pas retenir ses larmes, / Coulant sur la poitrine comme des perles détachées, Sur Khubayb, le meilleur des jeunes gens, on le sait, / Ni lâche quand tu le rencontres, ni emporté. Va-t’en, Khubayb ! Qu’Allah te récompense par un bien pur, / Et le Paradis éternel, auprès des houris, dans les demeures élevées. Que direz-vous quand le Prophète vous demandera, / Au moment où les anges purs sont à l’horizon : “Pourquoi avez-vous tué le martyr d’Allah, à cause d’un homme / Tyrannique, qui semait le désordre dans les pays et les compagnies ?” » Ibn Hisham dit : On rapporte aussi « al-turuq 34 ». Nous avons laissé le reste de ce poème, car il contient des injures. Ibn Ishaq dit : Hassan ibn Thabit dit aussi, pleurant Khubayb : « Ô œil, répands des larmes abondantes, / Et pleure Khubayb, parmi les jeunes gens, qui n’est pas revenu. Un faucon, dont le rang est au milieu des Ansar, / Au caractère généreux, pur, sans mélange. Il a ému mon œil, malgré ses larmes habituelles, / Quand on dit : “Il a été hissé sur un tronc de bois.” Ô voyageur qui pars pour ton voyage, / Transmets de ma part un avertissement qui n’est pas mensonger : Aux Banu Kuhayba 35 : la guerre est devenue féconde ; / Son lait est le coloquinte 36 quand on le trait pour le traire. En elle, les lions des Banu al-Najjar, précédés / De lances brillantes, dans une mêlée tumultueuse. » Ibn Hisham dit : Ce poème est semblable au précédent. Certains spécialistes de la poésie les attribuent à Hassan. Nous avons laissé certaines choses qu’il a dites au sujet de Khubayb, pour la raison mentionnée. Ibn Ishaq dit : Hassan ibn Thabit dit aussi : « Si dans la demeure il y avait un homme noble, vaillant, / Habile parmi le peuple, un faucon dont l’oncle maternel est Anas 37… »
Tu as donc trouvé pour Hubayb un vaste espace... et la prison et les gardes ne t'ont pas été imposés. Et ne t'ont pas conduit à Tan'im 38 des bandes 39 de tribus, parmi lesquelles ceux que 'Adas 40 a chassés. Ils t'ont livré traîtreusement, alors qu'ils étaient, en cela, des gens de perfidie, et toi, tu es, dans la demeure, retenu injustement. Ibn Hisham a dit : Anas al-Asamm as-Sulami est l'oncle maternel de Mut'im ibn 'Adi ibn Nawfal ibn 'Abd Manaf. Et son dire : « de Nafth 'Adas » signifie Hujayr ibn Abi Ihab, et on dit aussi al-A'sha ibn Zurara ibn an-Nabbash al-Asadi, qui était un allié des Banu Nawfal ibn 'Abd Manaf. (Ceux qui se sont rassemblés pour tuer Hubayb) Ibn Ishaq a dit : Ceux qui ont poussé 41 à la mort de Hubayb, lorsqu'il fut tué, parmi les Qurayshites, étaient : 'Ikrima ibn Abi Jahl, Sa'id ibn 'Abd Allah ibn Abi Qays ibn 'Abd Wudd, al-Akhnas ibn Shariq ath-Thaqafi, allié des Banu Zuhra, 'Ubayda ibn Hakim ibn Umayya ibn Haritha ibn al-Awqas as-Sulami, allié des Banu Umayya ibn 'Abd Shams, Umayya ibn Abi 'Utba, et les Banu al-Hadrami. (Poème de Hassan en invective contre Hudhayl pour avoir tué Hubayb) Hassan a également dit, en invectivant Hudhayl pour ce qu'ils ont fait à Hubayb ibn 'Adi : Fais savoir aux Banu 'Amr que leur frère... a été vendu pour une affaire, et il était toujours attaché à la trahison. Zuhayr ibn al-Agharr et Jami' l'ont vendu... et tous deux enfreignaient les interdits. Vous avez accordé protection, puis, quand vous l'avez fait, vous avez trahi... et vous étiez, aux abords d'ar-Raji' 42, des déchiqueteurs. Plût à Dieu que Hubayb n'eût pas été trahi par une promesse... et plût à Dieu que Hubayb eût connu le peuple ! Ibn Hisham a dit : Zuhayr ibn al-Agharr et Jami' sont les deux Hudhaliens qui ont vendu Hubayb. Ibn Ishaq a dit : Hassan ibn Thabit a également dit : Si la trahison pure, sans mélange, te plaît... va à ar-Raji' et interroge sur la demeure de Lihyan 43. Un peuple qui se recommande mutuellement de manger le voisin 44 entre eux... le chien, le singe et l'homme sont pareils. Si le bouc parlait un jour, il se lèverait pour leur faire un sermon... et il aurait chez eux honneur et rang. Ibn Hisham a dit : Abu Zayd al-Ansari m'a récité son dire : « Si le bouc parlait un jour, il se lèverait pour leur faire un sermon... et il aurait chez eux honneur et rang. » Ibn Ishaq a dit : Hassan ibn Thabit a également dit, en invectivant Hudhayl : Hudhayl a demandé au Messager de Dieu une chose obscène... Hudhayl s'est égaré par ce qu'elle a demandé et n'a pas atteint le but. Ils ont demandé à leur Messager ce qu'il ne leur donnerait pas... jusqu'à la mort, et ils étaient la honte des Arabes. Tu ne verras jamais pour Hudhayl un prédicateur... appelant à une noble action, loin du lieu de la guerre. Ils ont voulu, malheur à eux, les voies de l'obscénité... et rendre licite ce qui était interdit dans les Écritures. Et Hassan ibn Thabit a également dit, en invectivant Hudhayl : Par ma vie, Hudhayl ibn Mudrik a été déshonorée... par des récits qui eurent lieu à propos de Hubayb et de 'Asim 45. Des récits de Lihyan, qui ont subi le châtiment de leur laideur... et Lihyan sont des accumulateurs des pires forfaits. Des gens qui sont, de leur propre peuple, en leur sein... à la manière du petit doigt derrière les doigts de devant 46. Ils ont trahi le jour d'ar-Raji' et leur promesse a livré... un homme chaste et généreux. Le messager du Messager de Dieu, par trahison, et Hudhayl n'a pas... évité les actes abominables interdits. Ils verront bientôt la victoire un jour contre eux... par le meurtre de celui qu'ils protègent au détriment des femmes 47. Des abeilles 48 nombreuses, exposées au soleil, autour de sa chair... ont protégé la chair d'un homme vaillant aux grandes batailles. Peut-être Hudhayl verra-t-elle, par leurs malheurs... des lieux de chute de tués ou un lieu de deuil. Et nous ferons tomber sur eux une attaque redoutable... que les voyageurs rapporteront aux gens des foires 49. Par l'ordre du Messager de Dieu, car Son Messager... a vu l'avis d'un homme résolu, connaisseur de Lihyan. Une petite tribu à qui la loyauté n'importe pas... et si on leur fait du tort, ils ne repoussent pas la main de l'oppresseur. Quand les gens s'installent dans l'espace vide, tu les vois... au cours du lit du torrent entre les défilés. Leur demeure est la maison de la perdition, et leur avis... quand une affaire les frappe, est comme l'avis des bêtes. Et Hassan ibn Thabit a dit, en invectivant Hudhayl : Que Dieu maudisse Lihyan ! Leur sang n'est pas... pour nous, pour deux tués par traîtrise, une compensation. Ce sont eux qui ont tué, le jour d'ar-Raji', le fils de Hurra 50... un frère sûr dans son amitié et sa pureté. Si tous avaient été tués le jour d'ar-Raji'... à Dhu ad-Dabr 51, ils n'auraient pas été son équivalent. Un tué que les abeilles ont protégé au milieu de leurs maisons... chez des gens de mécréance manifeste et d'hostilité. Lihyan a donc tué le plus noble d'entre eux... et a vendu Hubayb, malheur à eux, pour une chose vile. Fi donc de Lihyan en toute circonstance !... que leur mention soit dans le souvenir, toute effacée. Une petite tribu qui se vante de bassesse et de trahison... et dont la bassesse ne reste pas cachée. Si on les tuait, leur sang ne compenserait pas le sien... oui, tuer ses meurtriers est ma guérison. Si je ne meurs pas, je ferai fuir Hudhayl par une razzia... comme le nuage matinal qui se lève avec pluie. Par l'ordre du Messager de Dieu, et l'ordre est Son ordre... l'ignominie passera la nuit à la porte de Lihyan. Il surprendra un matin un peuple à ar-Raji', comme s'ils étaient... des chevreaux d'hiver passant la nuit sans abri. Et Hassan ibn Thabit a également dit, en invectivant Hudhayl : Non, par Dieu, Hudhayl ne sait pas... si l'eau de Zamzam est pure ou mélangée. Et ils n'ont, quand ils font la 'Umra 52 et le Hajj 53... ni du Hijr 54 ni du Sa'y 55 une part. Mais ar-Raji' est pour eux une demeure... où se trouvent la bassesse évidente et les défauts. Ils sont comme, auprès des femmes, originellement... des boucs au Hijaz 56 qui bêlent.
- hâ' : Lettre de l'alphabet arabe, ici avec la voyelle 'u' (damma).
- sitta : Six, nombre des compagnons envoyés.
- ‘Amr : Prénom masculin, à ne pas confondre avec ‘Umar.
- al-Ghanawî : Gentilé de la tribu de Ghani.
- al-Had'a : Nom d'un lieu ou d'une montagne.
- istaskharû : Ils appelèrent à l'aide.
- nâbil : Bon tireur à l'arc.
- bâtil : Vaine, éphémère.
- hamma : A décrété, prédestiné.
- al-Muq'ad : Surnom d'un arc ou d'un homme.
- mujna' : Bouclier en cuir.
- dabr : Abeilles, ou frelons.
- ad-dabr : Les abeilles.
- az-Zahrân : Lieu près de la Mecque.
- al-qirân : Corde ou lien utilisé pour attacher les prisonniers.
- at-Tan'îm : Lieu en dehors du sanctuaire de la Mecque.
- Mâwiya : Prénom féminin.
- ibnuhâ : Son fils (à elle).
- rak‘a : Unité de prière rituelle islamique, comprenant des inclinaisons et des prosternations.
- baddan : Un par un, en les dispersant ; signifie aussi 'en les tuant séparément'.
- al-ashhur al-hurum : Les mois sacrés : Muharram, Rajab, Dhu al-Qa‘da et Dhu al-Hijja, durant lesquels les combats étaient interdits avant l'islam.
- al-Raji‘ : Lieu où eut lieu l'expédition de Bi'r Ma‘una, où des musulmans furent tués.
- al-aladd : Celui qui est très disputeur, obstiné dans la querelle.
- dhi mi‘laq : Doté d'une éloquence mordante ; littéralement 'possesseur d'une langue acérée'.
- dhi mighlaq : Variante : 'possesseur d'un verrou' (sens figuré : obstiné).
- al-alandad : Forme intensive de aladd, très disputeur.
- al-andad : Variante de alandad, très disputeur.
- yashri nafsahu : Il vend son âme, c'est-à-dire se sacrifie.
- yashri : Verbe signifiant à la fois 'vendre' et 'acheter' selon le contexte.
- burd : Vêtement rayé du Yémen ; ici, nom d'un esclave.
- hama : Tête ; signifie 'mort' ou 'disparu'.
- burdd : Esclave nommé Burdd.
- Masya‘ : Lieu où Khubayb fut retenu captif.
- al-turuq : Pluriel de tariq, 'chemins' ; variante de 'al-rufaq' (compagnies).
- Banu Kuhayba : Tribu ou clan mentionné dans le poème.
- al-sab : Coloquinte, plante amère ; métaphore pour le lait de la guerre, amer.
- Anas : Probablement Anas ibn Nadr, oncle maternel de Hassan.
- Tan'im : Lieu situé à environ 6 km de La Mecque, dans la zone sacrée, où les pèlerins peuvent entrer en état de sacralisation (ihram) pour la 'Umra.
- Z'i'nifa : Bande ou groupe de personnes, souvent utilisé pour désigner une troupe ou une faction.
- 'Adas : Personnage mentionné dans le contexte, probablement un individu ayant chassé ou repoussé certaines personnes.
- Ajlabū : Ils ont poussé ou incité, ici dans le sens de rassembler ou d'exciter contre quelqu'un.
- ar-Raji' : Lieu situé entre La Mecque et Ta'if, où eurent lieu des événements tragiques impliquant des musulmans.
- Lihyan : Tribu arabe, branche de Hudhayl, impliquée dans la trahison et le meurtre de Hubayb.
- Akl al-jār : Expression métaphorique signifiant trahir ou nuire à son voisin ou allié.
- 'Asim : 'Asim ibn Thabit, un compagnon du Prophète, tué avec Hubayb lors de l'expédition d'ar-Raji'.
- az-Zam'ān dubr al-qawādim : Métaphore désignant une position inférieure ou subalterne, comme le petit doigt derrière les doigts principaux.
- al-Ḥarā'im : Femmes ou choses sacrées et inviolables, ici les femmes de la tribu.
- Abābīl dabr : Essaims d'abeilles, utilisés métaphoriquement pour décrire une multitude protégeant quelque chose.
- al-Mawāsim : Les saisons ou les lieux de rassemblement, comme les foires ou les pèlerinages.
- Ibn Ḥurra : Fils de Hurra, surnom de Hubayb ibn 'Adi, dont la mère s'appelait Hurra.
- Dhū ad-Dabr : Lieu où les abeilles ont protégé le corps de Hubayb après son exécution.
- 'Umra : Pèlerinage mineur à La Mecque, pouvant être effectué à tout moment de l'année.
- Ḥajj : Pèlerinage majeur à La Mecque, obligatoire pour tout musulman capable.
- al-Ḥijr : Partie de la Ka'ba, espace semi-circulaire adjacent, lieu de prière.
- as-Sa'y : Course rituelle entre les collines de Safa et Marwa lors du pèlerinage.
- al-Ḥijāz : Région de l'ouest de l'Arabie, incluant La Mecque et Médine.
Le récit du puits de Ma‘ûna en safar de l’an quatre [1].
Ils ont trahi leur pacte en livrant Khubayb 1... Quel mauvais pacte que leur pacte mensonger ! Ibn Hishâm dit : Le dernier vers est d'après Abû Zayd al-Ansârî. (Poème de Hassân pleurant Khubayb et ses compagnons) : Ibn Ishâq dit : Hassân ibn Thâbit dit en pleurant Khubayb et ses compagnons : Que Dieu prie sur ceux qui se sont succédé 2 / Au jour d'ar-Rajî' 3, ils furent honorés et récompensés. Le chef de l'expédition était Murthad, leur commandant, / Et Ibn al-Bukayr leur imam, et Khubayb. Et un fils de Târiq, et Ibn Dathna parmi eux, / Son terme écrit l'atteignit là. Et al-Âsim, tué à leur Rajî', / Acquit les hauts faits, certes il est acquéreur. Il empêcha qu'on atteigne son dos / Jusqu'à ce qu'il combatte, certes il est noble. Ibn Hishâm dit : On rapporte aussi : « Jusqu'à ce qu'il soit terrassé, certes il est noble. » Ibn Hishâm dit : La plupart des spécialistes de poésie nient que ces vers soient de Hassân. Récit du Puits de Ma'ûna 4 en Safar de l'an quatre. (Expédition du Puits de Ma'ûna) : Ibn Ishâq dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — demeura le reste de Shawwâl, Dhu l-Qa'da, Dhu l-Hijja — et cette année-là, les associateurs accomplirent le pèlerinage — et Muharram. Puis le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya les compagnons du Puits de Ma'ûna en Safar, quatre mois après Uhud. (Cause de son envoi) : Leur récit, selon ce que m'a rapporté mon père Ishâq ibn Yasâr, d'après al-Mughîra ibn Abd ar-Rahmân ibn al-Hârith ibn Hishâm, et Abd Allah ibn Abî Bakr ibn Muhammad ibn Amr ibn Hazm, et d'autres gens de science, est le suivant : Abû Barâ' 5 Âmir ibn Mâlik ibn Ja'far, surnommé Mulâ'ib al-Asinna 6, vint à Médine auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui présenta l'islam et l'y invita, mais il n'embrassa pas l'islam, sans toutefois s'en éloigner. Il dit : « Ô Muhammad, si tu envoyais des hommes de tes compagnons aux gens du Najd 7 pour les inviter à ta cause, j'espère qu'ils te répondraient. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Je crains pour eux les gens du Najd. » Abû Barâ' dit : « Je leur servirai de protecteur 8. Envoie-les donc qu'ils invitent les gens à ta cause. » (Les hommes de l'expédition) : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya donc al-Mundhir ibn Amr, frère des Banû Sâ'ida, surnommé al-Mu'niq li-Yamût 9, avec quarante hommes de ses compagnons, parmi l'élite des musulmans, dont : al-Hârith ibn as-Simma, Harâm ibn Milhân, frère des Banû Adî ibn an-Najjâr, Urwa ibn Asmâ' ibn as-Salt as-Sulamî, Nâfi' ibn Budayl ibn Warqâ' al-Khuzâ'î, et Âmir ibn Fuhayra, affranchi d'Abû Bakr as-Siddîq, ainsi que d'autres hommes nommés, parmi l'élite des musulmans. Ils partirent jusqu'à descendre au Puits de Ma'ûna, situé entre le territoire des Banû Âmir et la Harra 10 des Banû Sulaym, les deux régions en étant proches, mais plus près de la Harra des Banû Sulaym. (Trahison de Âmir à leur égard) : Lorsqu'ils y descendirent, ils envoyèrent Harâm ibn Milhân avec la lettre du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — à l'ennemi de Dieu, Âmir ibn at-Tufayl. Quand il vint à lui, il ne regarda même pas sa lettre, mais se jeta sur l'homme et le tua. Puis il appela les Banû Âmir à l'aide contre eux, mais ils refusèrent de répondre à son appel, disant : « Nous ne violerons pas la protection 11 d'Abû Barâ', qui leur a accordé un pacte et une sauvegarde. » Alors il appela à l'aide contre eux des tribus des Banû Sulaym : Usayya, Ri'l et Dhakwân, qui répondirent à son appel. Ils sortirent et enveloppèrent le groupe, les cernant dans leurs campements. Quand ceux-ci les virent, ils prirent leurs épées, puis les combattirent jusqu'à ce qu'ils fussent tous tués, que Dieu leur fasse miséricorde, sauf Ka'b ibn Zayd, frère des Banû Dînâr ibn an-Najjâr, qu'ils laissèrent agonisant ; il fut retiré 12 d'entre les morts, et vécut jusqu'à être tué au jour du Fossé 13 en martyr, que Dieu lui fasse miséricorde. (Ibn Umayya et al-Mundhir, et leur attitude envers le groupe après avoir appris le massacre de leurs compagnons) : Parmi les gardiens des troupeaux du groupe se trouvaient Amr ibn Umayya ad-Damrî et un homme des Ansâr, l'un des Banû Amr ibn Awf. Ibn Hishâm dit : C'est al-Mundhir ibn Muhammad ibn Uqba ibn Uhayha ibn al-Julâh. Ibn Ishâq dit : Rien ne les informa du désastre de leurs compagnons, sinon les oiseaux tournoyant au-dessus du camp. Ils dirent : « Par Dieu, ces oiseaux ont une signification. » Ils s'avancèrent pour voir, et voilà le groupe baignant dans leur sang, et les cavaliers qui les avaient frappés étaient arrêtés. L'Ansârite dit à Amr ibn Umayya : « Que penses-tu ? » Il dit : « Je pense que nous devrions rejoindre le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et l'informer de la nouvelle. » L'Ansârite dit : « Quant à moi, je ne voudrais pas m'épargner un lieu où al-Mundhir ibn Amr a été tué, et je ne voudrais pas que les hommes m'informent de son sort. » Puis il combattit le groupe jusqu'à être tué. Ils prirent Amr ibn Umayya comme prisonnier. Quand il leur apprit qu'il était de Mudar 14, Âmir ibn at-Tufayl le relâcha, lui rasa le toupet 15 et l'affranchit pour une âme qu'il prétendait devoir à sa mère. (Meurtre des deux Âmirites) : Amr ibn Umayya partit, et quand il fut à al-Qarqara 16, au début de Qanât 17, deux hommes des Banû Âmir vinrent à lui. Ibn Hishâm dit : (Puis) des Banû Kilâb, et Abû Amr al-Madanî mentionne qu'ils étaient des Banû Sulaym. Ibn Ishâq dit : Ils descendirent avec lui à l'ombre où il se trouvait. Les deux Âmirites avaient un pacte et une sauvegarde du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, ce dont Amr ibn Umayya n'avait pas connaissance. Quand ils descendirent, il leur demanda : « De qui êtes-vous ? » Ils dirent : « Des Banû Âmir. » Il les laissa tranquilles, puis, quand ils s'endormirent, il se jeta sur eux et les tua, pensant avoir ainsi tiré vengeance 18 des Banû Âmir pour ce qu'ils avaient fait aux compagnons du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Quand Amr ibn Umayya arriva auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et l'informa de la nouvelle, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Tu as tué deux hommes dont je devrai payer le prix du sang ! » (Chagrin du Messager à cause de l'action d'Abû Barâ') : Puis le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Voilà l'œuvre d'Abû Barâ'. J'étais pour cela réticent et craintif. » Cela parvint à Abû Barâ', qui fut peiné de la violation de sa protection par Âmir et de ce qui était arrivé aux compagnons du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — à cause de lui et de sa sauvegarde. Parmi ceux qui furent tués se trouvait Âmir ibn Fuhayra. (Le cas d'Ibn Fuhayra après sa mort) : Ibn Ishâq dit : Hishâm ibn Urwa m'a rapporté d'après son père que Âmir ibn at-Tufayl disait : « Quel est cet homme parmi eux qui, après avoir été tué, a été élevé entre ciel et terre, jusqu'à ce que je voie le ciel au-dessous de lui ? » Ils dirent : « C'est Âmir ibn Fuhayra. » (Cause de la conversion à l'islam d'Ibn Salmâ) : Ibn Ishâq dit : Certains des Banû Jabbâr ibn Salmâ ibn Mâlik ibn Ja'far m'ont raconté — et Jabbâr était parmi ceux qui étaient présents ce jour-là avec Âmir, puis il embrassa l'islam — qu'il disait : « Ce qui m'a poussé à l'islam, c'est que, ce jour-là, je frappai un de leurs hommes avec une lance entre les omoplates, et je vis la pointe de la lance sortir de sa poitrine, et je l'entendis dire : "J'ai réussi, par Dieu !" Je me dis en moi-même : "Qu'a-t-il réussi ? Ne l'ai-je pas tué ?" Jusqu'à ce que, plus tard, je m'enquière de sa parole, et ils dirent : "Il voulait dire le martyre." Alors je dis : "Il a réussi, par la vie de Dieu !" » (Poème de Hassân incitant les Banû Abî Barâ' contre Âmir) : Ibn Ishâq dit : Hassân ibn Thâbit dit, incitant les Banû Abî Barâ' contre Âmir ibn at-Tufayl : Ô Banû Umm al-Banîn 19, ne vous a-t-il pas frappés, / Vous qui êtes parmi les nobles du Najd, La raillerie d'Âmir envers Abû Barâ', / Pour violer sa protection ? L'erreur n'est pas comme l'intention. Ne fais pas savoir à Rabî'a 20, l'homme aux hauts faits, / Ce que tu as innové dans les événements après moi. »
Ton père est Abū l-Ḥurūb, Abū Barā’... Et ton oncle maternel est le généreux Ḥakam b. Sa‘d. (Généalogie de Ḥakam et Umm al-Banīn) Ibn Hishām a dit : Ḥakam b. Sa‘d est des Qayn b. Jasr, et Umm al-Banīn est la fille de ‘Amr 21 b. ‘Āmir b. Rabī‘a b. ‘Āmir b. Ṣa‘ṣa‘a ; elle est la mère d’Abū Barā’. (Coup de lance de Rabī‘a contre ‘Āmir) Ibn Isḥāq a dit : Rabī‘a 22 b. ‘Āmir b. Mālik chargea contre ‘Āmir b. al-Ṭufayl, le frappa de sa lance, qui s’enfonça dans sa cuisse, le blessant grièvement 23, et il tomba de son cheval. Il dit alors : « Voilà l’œuvre d’Abū Barā’ ! Si je meurs, que mon sang soit pour mon oncle, qu’on ne le poursuive pas ; et si je vis, je verrai ce que je déciderai de ce qui m’a été fait. » (Meurtre d’Ibn Warqā’ et thrène d’Ibn Rawāḥa) Anas b. ‘Abbās al-Sulamī, qui était l’oncle maternel de Ṭu‘ayma b. ‘Adī b. Nawfal, et qui tua ce jour-là Nāfi‘ b. Budayl b. Warqā’ al-Khuzā‘ī, dit : « J’ai laissé Ibn Warqā’ al-Khuzā‘ī gisant sur le champ de bataille, que les vents soulèvent la poussière sur lui 24. Je me suis souvenu d’Abū l-Rayyān quand je l’ai vu 25, et j’ai su qu’alors je me vengerais 26. » Abū l-Rayyān : Ṭu‘ayma b. ‘Adī. ‘Abd Allāh b. Rawāḥa dit, pleurant Nāfi‘ b. Budayl b. Warqā’ : « Que Dieu fasse miséricorde à Nāfi‘ b. Budayl, de la miséricorde de celui qui recherche la récompense du combat ! Patient, véridique, loyal, quand les gens parlent beaucoup, il dit la parole juste. » (Poème de Ḥassān pleurant les morts de Bi’r Ma‘ūna) Ḥassān b. Thābit dit, pleurant les morts de Bi’r Ma‘ūna, et en particulier al-Mundhir b. ‘Amr : « Sur les morts de Ma‘ūna, pleure abondamment, d’un torrent de larmes non parcimonieux 27 ! Sur les cavaliers du Messager, quand ils rencontrèrent leurs destins, et que ceux-ci les rencontrèrent par décret 28. La mort les frappa à cause de l’engagement d’un peuple dont la corde fut traîtreusement rompue 29. Hélas ! pour Mundhir, quand il partit et s’élança vers sa mort avec patience 30 ! Combien furent frappés ce jour-là, de nobles hommes blancs, de la descendance de ‘Amr 31 ! » Ibn Hishām a dit : Abū Zayd al-Anṣārī m’a récité le dernier vers. (Poème de Ka‘b sur le jour de Bi’r Ma‘ūna) Il m’a récité de Ka‘b b. Mālik, au sujet du jour de Bi’r Ma‘ūna, blâmant les Banū Ja‘far b. Kilāb : « Vous avez abandonné votre voisin aux Banū Sulaym, par peur de leur combat, par lâcheté et humiliation 32. Si une corde de ‘Uqayl s’était tendue, il aurait tendu pour elle une corde solide 33. Ou bien al-Quraṭā’ ne l’ont pas livré, et depuis longtemps ils tiennent leurs promesses, alors que vous, vous ne les tenez pas. » (Généalogie d’al-Quraṭā’) Ibn Hishām a dit : al-Quraṭā’ est une tribu de Hawāzin. On rapporte aussi « de Nufayl » au lieu de « de ‘Uqayl », et c’est correct, car al-Quraṭā’ est proche de Nufayl 34.
- Khubayb : Khubayb ibn 'Adî, un compagnon du Prophète, tué par les Qurayshites après la bataille d'Uhud.
- se sont succédé : Référence aux compagnons morts en martyrs lors de l'expédition d'ar-Rajî'.
- ar-Rajî' : Lieu où une expédition de compagnons fut massacrée par trahison.
- Puits de Ma'ûna : Lieu où une autre expédition de compagnons fut massacrée.
- Abû Barâ' : Surnom de 'Âmir ibn Mâlik, chef des Banû 'Âmir, qui avait promis protection.
- Mulâ'ib al-Asinna : Surnom signifiant 'Celui qui joue avec les lances', célèbre guerrier.
- Najd : Région du centre de l'Arabie.
- protecteur : Jâr : celui qui accorde protection et asile.
- al-Mu'niq li-Yamût : Surnom signifiant 'Celui qui se hâte vers la mort'.
- Harra : Plaine volcanique, terrain rocheux.
- violeront la protection : Ikhfâr : rompre un pacte de protection.
- retiré : Irtithâth : être retiré vivant d'entre les morts.
- Fossé : Bataille du Fossé (al-Khandaq) en l'an 5 de l'Hégire.
- Mudar : Grande tribu arabe du nord.
- rasa le toupet : Acte symbolique de libération d'un esclave ou d'un captif.
- al-Qarqara : Lieu-dit.
- Qanât : Vallée ou cours d'eau.
- tiré vengeance : Tha'ra : vengeance pour un meurtre.
- Umm al-Banîn : Mère des fils, surnom de la mère des Banû 'Âmir.
- Rabî'a : Surnom de 'Âmir ibn at-Tufayl, signifiant 'printemps'.
- ‘Amr : Nom propre, fils de ‘Āmir.
- Rabī‘a : Rabī‘a b. ‘Āmir b. Mālik, un des chefs.
- ashwāhu : Le blessa grièvement, le rendant infirme ou le faisant souffrir.
- a‘āṣir : Vents violents qui soulèvent la poussière.
- Abū l-Rayyān : Surnom de Ṭu‘ayma b. ‘Adī.
- thā’ir : Vengeur, celui qui exerce la vengeance.
- sahḥan ghayra nazr : En versant abondamment, sans parcimonie.
- bi-qadr : Par décret divin, par destin.
- tukhuwwina ‘aqdu ḥablihim bi-ghadr : La corde de leur pacte fut traîtreusement rompue.
- a‘naqa fī maniyyatihi bi-ṣabr : S’élança vers sa mort avec patience.
- min sirri ‘Amr : De la descendance ou de la lignée de ‘Amr.
- ‘ajzan wa hūna : Par lâcheté et humiliation.
- ḥablan matīnā : Une corde solide.
- al-Quraṭā’ : Tribu de Hawāzin, proche de Nufayl.
L'ordre d'expulsion des Banû al-Nadîr eut lieu en l'an quatre [1].
L’affaire de l’expulsion des Banû al-Nadîr en l’an quatre (Sortie du Messager vers les Banû al-Nadîr pour leur demander son aide concernant le prix du sang des tués des Banû ‘Âmir, et leur intention de le trahir) : Ibn Ishâq a dit : Ensuite, le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – se rendit chez les Banû al-Nadîr 1 pour leur demander son aide concernant le prix du sang des deux tués des Banû ‘Âmir, que ‘Amr ibn Umayya al-Damrî avait tués, en raison de la protection que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – avait accordée aux deux, comme me l’a rapporté Yazîd ibn Rûmân. Or, il y avait un pacte et une alliance entre les Banû al-Nadîr et les Banû ‘Âmir. Lorsque le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – vint à eux pour leur demander son aide concernant le prix du sang des deux tués, ils dirent : « Oui, ô Abû al-Qâsim, nous t’aiderons pour ce que tu désires, pour lequel tu as sollicité notre aide. » Puis ils se concertèrent en secret et dirent : « Vous ne trouverez jamais cet homme dans une situation semblable à celle-ci » – et le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – était assis près d’un mur de leurs maisons. « Qui est l’homme qui montera sur cette maison et lancera une pierre sur lui, nous débarrassant ainsi de lui ? » ‘Amr ibn Jihâsh ibn Ka‘b, l’un d’eux, se porta volontaire et dit : « Je m’en charge. » Il monta donc pour lancer une pierre sur lui, comme il l’avait dit, tandis que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – se trouvait avec un groupe de ses Compagnons, parmi lesquels Abû Bakr, ‘Umar et ‘Alî – que Dieu les agrée. (Découverte de leur intention par le Messager et sa préparation à leur combat) : La nouvelle de ce que le peuple avait l’intention de faire parvint au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – depuis le ciel. Il se leva et repartit vers Médine. Lorsque ses Compagnons constatèrent l’absence prolongée du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – ils se levèrent à sa recherche. Ils rencontrèrent un homme venant de Médine et l’interrogèrent à son sujet. Il dit : « Je l’ai vu entrer dans Médine. » Les Compagnons du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – revinrent donc jusqu’à le rejoindre – que Dieu prie sur lui et le salue. Il leur raconta ce qui s’était passé, à savoir la trahison que les Juifs avaient projetée contre lui. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – ordonna de se préparer à leur combat et de marcher contre eux. Ibn Hishâm 2 a dit : Il nomma Ibn Umm Maktûm comme gouverneur de Médine. Ibn Ishâq a dit : Ensuite, il marcha avec les gens 3 jusqu’à ce qu’il campe près d’eux. Ibn Hishâm a dit : Cela eut lieu au mois de Rabî‘ al-Awwal. Il les assiégea pendant six nuits, et c’est alors que fut révélée l’interdiction du vin. (Siège du Messager contre eux et coupe de leurs palmiers) : Ibn Ishâq a dit : Ils se retranchèrent dans leurs forteresses. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – ordonna alors de couper les palmiers et de les brûler. Ils lui crièrent : « Ô Muhammad, tu interdisais la corruption et tu la blâmais chez ceux qui la commettaient. Qu’en est-il donc de la coupe et de l’incendie des palmiers 4 ? » (Incitations du groupe en leur faveur, puis leur tentative de paix) : Un groupe des Banû ‘Awf ibn al-Khazraj, parmi lesquels (l’ennemi de Dieu 5) ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl, (et 6) Wadî‘a, Mâlik ibn Abî Qawqal, Suwayd et Dâ‘is, avaient envoyé dire aux Banû al-Nadîr : « Tenez bon et défendez-vous, car nous ne vous livrerons pas. Si vous êtes combattus 7, nous combattrons avec vous ; et si vous êtes expulsés, nous partirons avec vous. » Ils attendirent donc ce soutien de leur part, mais ils ne le firent pas. Dieu jeta la terreur dans leurs cœurs. Ils demandèrent alors au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – de les expulser et d’épargner leur sang, à condition qu’ils emportent ce que les chameaux pouvaient transporter de leurs biens, excepté les armes 8. Il accepta. Ils emportèrent donc de leurs biens ce que les chameaux pouvaient porter. L’un d’eux démolissait sa maison jusqu’aux linteaux 9 de sa porte, les chargeait sur le dos de son chameau et partait avec. Ils se dirigèrent vers Khaybar, et certains d’entre eux partirent vers la Syrie. (Ceux d’entre eux qui émigrèrent à Khaybar) : Parmi leurs notables qui partirent 10 vers Khaybar se trouvaient : Sallâm ibn Abî al-Huqayq, Kinâna ibn al-Rabî‘ ibn Abî al-Huqayq, et Huyayy ibn Akhtab. Lorsqu’ils s’y installèrent, ses habitants leur obéirent. Ibn Ishâq a dit : ‘Abd Allâh ibn Abî Bakr m’a raconté qu’on lui avait rapporté qu’ils étaient partis avec femmes, enfants et biens, emportant tambourins et flûtes, et des chanteuses qui jouaient derrière eux. Parmi eux se trouvait Umm ‘Amr, la compagne de ‘Urwa ibn al-Ward al-‘Absî, qu’ils avaient achetée à lui ; c’était l’une des femmes des Banû Ghifâr 11, avec une pompe 12 et une fierté telles qu’on n’avait jamais vu pareille chose de la part d’aucune tribu à leur époque. (Répartition par le Messager de leurs biens entre les Émigrés) : Ils abandonnèrent les biens au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. Ceux-ci furent donc la propriété exclusive du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – qui en disposait comme il voulait. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – les répartit entre les premiers Émigrés, à l’exclusion des Auxiliaires. Cependant, Sahl ibn Hunayf et Abû Dujâna Simâk ibn Kharasha firent état de leur pauvreté, et le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – leur en donna 13. (Ceux des Banû al-Nadîr qui embrassèrent l’Islam) : Seuls deux hommes des Banû al-Nadîr embrassèrent l’Islam : Yâmîn ibn ‘Umayr, Abû 14 Ka‘b ibn ‘Amr ibn Jihâsh, et Abû Sa‘d ibn Wahb. Ils embrassèrent l’Islam en conservant leurs biens. (Incitation de Yâmîn à tuer Ibn Jihâsh) : Ibn Ishâq a dit – et certains membres de la famille de Yâmîn m’ont raconté – que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit à Yâmîn : « N’as-tu pas vu ce que j’ai subi de la part de ton cousin, et ce qu’ils projetaient contre moi ? » Yâmîn ibn ‘Umayr promit alors une récompense à un homme pour qu’il tue ‘Amr ibn Jihâsh, et il le tua, selon ce qu’ils prétendent. (Ce qui fut révélé du Coran au sujet des Banû al-Nadîr) : La sourate al-Hashr tout entière fut révélée au sujet des Banû al-Nadîr. Dieu y mentionne le châtiment dont Il les frappa, ce qu’Il donna comme pouvoir à Son Messager – que Dieu prie sur lui et le salue – sur eux, et ce qu’Il fit à leur égard. Il dit – exalté soit-Il : « C’est Lui qui a fait sortir de leurs demeures ceux qui ont mécru parmi les gens du Livre, lors du premier exode 15. Vous ne pensiez pas qu’ils sortiraient, et ils pensaient que leurs forteresses les protégeraient de Dieu. Mais Dieu vint à eux par où ils ne s’attendaient pas, et Il jeta la terreur dans leurs cœurs. Ils démolissaient leurs maisons de leurs propres mains et des mains des croyants » (59:2). Cela fait référence à la démolition de leurs maisons jusqu’aux linteaux de leurs portes lorsqu’ils les emportaient. « Tirez-en donc une leçon, ô vous qui êtes doués de clairvoyance ! Et si Dieu n’avait pas prescrit pour eux l’exil » (59:2-3) – et ils subirent de la part de Dieu un châtiment – « Il les aurait châtiés dans ce monde » (59:3), c’est-à-dire par l’épée, « et dans l’au-delà, ils auront le châtiment du Feu » (59:3) en plus de cela. « Tout palmier que vous avez coupé ou que vous avez laissé debout sur ses racines » (59:5). Al-Lîna 16 désigne les palmiers autres que les ‘ajwa. « C’est par la permission de Dieu » (59:5), c’est-à-dire par l’ordre de Dieu qu’ils furent coupés ; ce n’était pas une corruption, mais un châtiment de Dieu, « et pour humilier les pervers » (59:5). (Explication par Ibn Hishâm de certains termes rares) : Ibn Hishâm a dit : Al-Lîna vient de al-alwân ; ce sont les palmiers qui ne sont ni barnî ni ‘ajwa, selon ce que nous a rapporté Abû ‘Ubayda 17. Dhû al-Rumma a dit : « Comme si mes selles, sur elle, étaient le nid d’un oiseau / Sur un palmier lînâ élevé, dont les flancs s’inclinent 18 » Ce vers fait partie d’un poème de lui. « Ce que Dieu a accordé comme butin à Son Messager de leur part » (59:6) – Ibn Ishâq a dit : c’est-à-dire des Banû al-Nadîr – « vous n’y avez engagé ni chevaux ni chameaux, mais Dieu donne pouvoir à Ses messagers sur qui Il veut, et Dieu est Omnipotent » (59:6) : c’est-à-dire qu’il Lui appartient en propre. (Explication par Ibn Hishâm de certains termes rares) : Ibn Hishâm a dit : Awjaftum : vous avez mis en mouvement et fatigué dans la marche. Tamîm ibn Ubayy ibn Muqbil, l’un des Banû ‘Âmir ibn Sa‘sa‘a, a dit : « Des épées aux lames fraîchement polies / Repoussant parfois la troupe, quand la troupe presse l’allure 19 » Ce vers fait partie d’un poème de lui, et c’est al-wajîf. (Et 20) Abû Zubayd 21 al-Tâ’î, dont le nom est Harmala ibn al-Mundhir, a dit :
Des chamelles 22 comme si elles étaient des lances indiennes... à force de trotter rapide 23, leurs mamelles sont desséchées 24. (21) Et ce vers est dans un poème de lui. Ibn Hichâm a dit : « As-sinâf 25 : c'est la sous-ventrière. » Al-wajîf 26 (aussi) : le battement du cœur et du foie, c'est-à-dire la pulsation. Qays ibn al-Khatîm az-Zafarî a dit : « Certes, même s'ils ont présenté ce qu'ils savent 27... nos foies, derrière eux, palpitent 28. » Et ce vers est dans un poème de lui. « Ce qu'Allah a accordé comme butin 29 à Son messager des habitants des cités appartient à Allah et au messager [59:7] » - Ibn Ishâq a dit : « Ce sur quoi les musulmans n'ont fait ni trotter les chevaux ni les montures 30, et qui a été conquis par la force 31 par la guerre, appartient à Allah et au messager, et aux proches parents, aux orphelins, aux pauvres et au voyageur, afin que cela ne soit pas un bien circulant entre les riches d'entre vous. Prenez ce que le messager vous donne, et abstenez-vous de ce qu'il vous interdit [59:7]. » Il dit : « Ceci est une autre part dans ce qui a été pris par la guerre 32 entre les musulmans, selon ce qu'Allah a établi. » Puis Allah Très-Haut a dit : « N'as-tu pas vu ceux qui ont pratiqué l'hypocrisie [59:11] ? » - c'est-à-dire 'Abd Allah ibn Ubayy et ses compagnons, et ceux qui étaient dans leur situation - « ils disent à leurs frères qui ont mécru parmi les gens du Livre [59:11] » - c'est-à-dire les Banû an-Nadîr - jusqu'à Sa parole : « Tel l'exemple de ceux qui, peu avant eux, ont goûté la conséquence de leur comportement ; et ils auront un châtiment douloureux [59:15] » - c'est-à-dire les Banû Qaynuqâ'. Puis l'histoire... Jusqu'à Sa parole : « Tel l'exemple du Diable quand il dit à l'homme : 'Sois mécréant'. Puis quand il a mécru, il dit : 'Je te désavoue, car je crains Allah, Seigneur des mondes'. Leur fin à tous deux sera qu'ils seront dans le Feu, y demeurant éternellement. Telle est la rétribution des injustes [59:16-17]. » (Ce qui a été dit en poésie au sujet des Banû an-Nadîr) : Parmi ce qui a été dit en poésie au sujet des Banû an-Nadîr, il y a la parole d'Ibn Luqaym al-'Absî, et on dit : elle a été dite par Qays ibn Bahr ibn Tarîf. Ibn Hichâm a dit : Qays ibn Bahr al-Ashja'î - et il a dit : « Que ma famille soit la rançon d'un homme qui n'est pas perdu... qui a installé les Juifs à al-Hasî al-Muzannam 33. Ils font la sieste dans les braises du ghada 34 et ont échangé... un bois d'uhaydib 35 contre le saule 36 couvert de bourgeons 37. Si ma conjecture est vraie au sujet de Muhammad... vous verrez ses chevaux entre as-Salâ et Yaramram 38. Il les mène contre 'Amr ibn Buhtha 39 ; ce sont des ennemis, et aucun clan ami n'est comme un criminel. Sur elles 40 des héros, des braises 41 dans la mêlée... ils brandissent les extrémités des lances 42 bien droites. Et chaque [sabre] aux deux tranchants aiguisés, indien 43... hérités des temps de 'Âd et de Jurhum. Qui transmettra de ma part aux Quraysh un message ?... Y a-t-il après eux, dans la gloire, quelqu'un qui se distingue ? Que votre frère, sachez-le bien, Muhammad... est le possesseur 44 de la générosité entre al-Hajûn et Zamzam 45. Soumettez-vous donc à lui en vérité, vos affaires deviendront solides... et vous vous élèverez de ce bas monde vers tout ce qui est grand. Un Prophète que la miséricorde d'Allah a rencontré... et ne lui demandez pas une affaire de l'Invisible conjecturée 46. Il y a eu à Badr, par ma vie, une leçon... pour vous, ô Quraysh, et le puits comblé 47. Le jour où il vint avec les Khazraj 48, se dirigeant... vers vous, obéissant au Grand, l'Honnoré. Assisté par l'Esprit Saint 49, son ennemi est vaincu... un messager du Tout-Miséricordieux, véritablement, avec un signe 50. Un messager du Tout-Miséricordieux qui récite Son Livre... et quand la vérité a brillé, il n'a pas hésité 51. Je vois son affaire augmenter en tout lieu... en élévation, pour une affaire qu'Allah a décrétée, inéluctable 52. » Ibn Hichâm a dit : « 'Amr ibn Buhtha, de Ghatafân. Et sa parole 'à al-Hasî al-Muzannam' vient d'autre qu'Ibn Ishâq. » Ibn Ishâq a dit : « Et 'Alî ibn Abî Tâlib a dit, évoquant l'expulsion des Banû an-Nadîr et le meurtre de Ka'b ibn al-Ashraf. » Ibn Hichâm a dit : « Ces vers ont été dits par un homme parmi les musulmans autre que 'Alî ibn Abî Tâlib, d'après ce que m'a rapporté un des savants en poésie, et je n'ai vu personne parmi eux les attribuer à 'Alî : « J'ai reconnu - et celui qui est équitable reconnaît -... et j'ai cru fermement, sans me détourner 53 Aux paroles 54 fermes 55 qui viennent... d'auprès d'Allah, au Clément, le Plus Clément. Des messages 56 qu'on étudie 57 parmi les croyants... par lesquels Il a élu Ahmad l'Élu. Ahmad est devenu parmi nous puissant... puissant de séjour et de position 58. Ô vous qui le menacez sottement... alors qu'il n'a commis ni injustice ni violence 59 ! Ne craignez-vous pas le moindre châtiment ?... Et celui qui est en sécurité avec Allah n'est pas comme celui qui craint. Et que vous soyez renversés sous ses épées... comme fut renversé Ka'b Abû al-Ashraf, Le jour où Allah vit sa tyrannie... et il se détourna comme un chameau rétif 60. Alors Il fit descendre Gabriel pour le tuer... par une révélation à Son serviteur, douce 61. Le messager envoya un messager de sa part... avec un [sabre] blanc, tranchant, aiguisé 62. Alors des yeux [de femmes] pleurèrent sur lui, en gémissant... quand Ka'b est annoncé, elles versent des larmes 63. Elles dirent à Ahmad : 'Laisse-nous un peu... car nous ne sommes pas rassasiées des lamentations.' Il les laissa, puis dit : 'Partez... chassés, malgré les nez 64.' Et il expulsa an-Nadîr vers l'exil... alors qu'ils étaient dans une demeure ornée 65. Vers Adhru'ât 66, en exil, et ils sont... sur toute bête galeuse 67 et chétive 68. » Alors Samâk 69 le Juif lui répondit, et dit : « Si vous vous vantez, c'est une gloire pour vous... par le meurtre de Ka'b Abû al-Ashraf, Le jour où vous êtes allés à sa perte... alors qu'il n'avait commis ni trahison ni manqué à sa parole. Puissent les nuits et le cours des jours... faire tourner 70 en faveur de l'équitable et du juste 71 Par le meurtre d'an-Nadîr et de leurs alliés... et la coupe des palmiers sans qu'ils soient cueillis 72. Si je ne meurs pas, je viendrai à vous avec les lances... et tout sabre tranchant, aiguisé, Dans la main d'un brave 73 qui s'en protège... quand il rencontre un adversaire, il le fait périr. Avec le peuple, Sakhr 74 et ses partisans... quand ils attaquent un peuple, ils ne faiblissent pas, Comme un lion à Tarij 75 qui défend son fourré... un habitant de la forêt, féroce 76, au ventre creux 77. » (Poème de Ka'b sur l'expulsion des Banû an-Nadîr et le meurtre d'Ibn al-Ashraf) : Ibn Ishâq a dit : « Et Ka'b ibn Mâlik a dit, évoquant l'expulsion des Banû an-Nadîr et le meurtre de Ka'b ibn al-Ashraf : « Les rabbins 78 ont été couverts de honte par leur traîtrise... ainsi le temps, aux vicissitudes, tourne. Car ils ont mécru en un Seigneur... dont l'ordre est un ordre grand. Ils avaient reçu ensemble intelligence et science... et l'avertisseur d'Allah leur est venu. Un avertisseur véridique qui a apporté un Livre... et des signes évidents qui illuminent. Ils dirent : 'Tu n'es pas venu avec une parole de vérité... et tu mérites de notre part une chose blâmable 79.' Il dit : 'Si, j'ai apporté une vérité... que confirme l'homme intelligent et averti.' Quiconque le suit est guidé vers toute droiture... et quiconque mécroit en lui sera rétribué comme un ingrat. Quand ils furent imprégnés de traîtrise et de mécréance... et que la répulsion les détourna de la vérité 80, Allah inspira au Prophète une opinion juste... et Allah juge sans injustice. Il le soutint et lui donna autorité sur eux... et quel bon soutien que Son soutien ! Ka'b, parmi eux, fut laissé à terre, étendu... et après sa chute, an-Nadîr fut humilié. Sur les deux mains, là, et il était couvert... par nos [sabres] dégainés, mâles 81. Sur ordre de Muhammad, quand il envoya 82 de nuit... vers Ka'b, un frère de Ka'b qui marchait. Il ne le détesta pas 83, alors il le fit descendre par ruse... et Mahmûd 84 est un homme de confiance, audacieux. Voilà les Banû an-Nadîr dans une demeure de malheur... que l'Exterminateur 85 a fait périr pour leurs méfaits. Le jour où il vint à eux dans l'assaut, calmement 86... le messager d'Allah, qui les voyait clairement. Et Ghassân 87, les protecteurs, étaient ses alliés... contre les ennemis, et il était pour eux un soutien. Il dit : 'La paix 88 ! Malheur à vous ! Soumettez-vous !'... mais leur affaire fut mêlée de mensonge et de fausseté 89. Ils goûtèrent la mauvaise conséquence de leur conduite... pour chaque trois d'entre eux, un chameau 90. Et ils furent expulsés, se dirigeant vers Qaynuqâ'... et il resta d'eux des palmiers et des maisons 91. » (Poème de Samâk en réponse à Ka'b) : Alors Samâk le Juif lui répondit, et dit : « J'ai veillé, et un grand souci m'a visité... dans une nuit dont la pareille est une nuit courte 92. Je vois les rabbins le renier tous... alors que chacun d'eux en a une science avertie. Ils étaient les étudiants 93 de toute science... par laquelle la Torah et les Psaumes parlent. Vous avez tué le seigneur des rabbins, Ka'b... alors que nul ne pouvait protéger celui qu'il protégeait. Il descendit vers Mahmûd, son frère... et Mahmûd, son secret 94 est la dépravation. Il le laissa, comme si du sang frais 95... coulait sur ses vêtements, du musc 96. »
Par votre père et mon père, il a été perdu... La tribu d'al-Nadîr a été frappée lorsqu'il a été frappé. Si nous vous épargnons, nous laisserons des hommes... autour de Ka'b, des oiseaux tournoyant. Ils sont comme des offrandes le jour de la fête... qu'on égorge sans que personne ne proteste. Avec des épées blanches qui ne laissent aucun os intact... au tranchant pur, dont la plupart sont des mâles. Comme vous avez subi la violence de Sakhr... à Uhud, où vous n'aviez aucun secoureur. (Poème d'Ibn Mirdâs louant les hommes des Banû al-Nadîr) ' Abbâs ibn Mirdâs, frère des Banû Sulaym, dit en louant les hommes des Banû al-Nadîr : Si les habitants de la demeure ne s'étaient pas dispersés... tu aurais vu dans la demeure un lieu de divertissement et de jeu. Par ma vie, te montrerai-je nos femmes en palanquin... qui ont suivi la crête d'al-Shâtâ' puis Tay'ab ? Elles ont des yeux de gazelles de Tabâla... ou des êtres humains qui font succomber l'homme prudent et expérimenté. Quand un quémandeur de bien vient, elles disent soudainement... avec des visages comme des dinars : "Bienvenue !" "Et sois le bienvenu ! Le bien que tu cherches n'est pas refusé... et tu ne crains pas chez nous d'être réprimandé." Ne pense pas que je sois l'allié d'Ibn Mishkam... Salâm, ni l'allié de Huyayy ibn Akhtab. (Poème de Khawwât en réponse à Ibn Mirdâs) Khawwât ibn Jubayr, frère des Banû 'Amr ibn 'Awf, lui répondit : Tu pleures sur les morts juifs, alors que tu vois... dans la tristesse, si tu pleurais, des êtres plus chers et plus proches. Pourquoi n'as-tu pas pleuré sur les morts dans la vallée d'Urayniq... sans te lamenter avec excès dans la tristesse ? Quand la paix tourne autour d'un ami, tu la repousses... et dans la religion tu es un obstacle, dans la guerre un renard. Tu t'es tourné vers une mesure pour ton peuple, cherchant... pour eux une ressemblance, afin d'être puissant et victorieux. Quand tu t'es entiché de te vanter... en louant celui dont la louange est un défaut et un mensonge, Tu as entrepris une affaire dont tu étais digne... et tu n'as trouvé chez eux personne pour te dire "Bienvenue". Pourquoi n'as-tu pas loué un peuple de rois... qui ont hérité d'une gloire ancienne une haute position ? Vers une communauté devenue rois et honorée... et où le quémandeur de bien n'a pas trouvé la stérilité. Ceux-là sont plus dignes de louange que les Juifs... nous les voyons, et en eux la gloire est établie. (Poème d'Ibn Mirdâs en réponse à Khawwât) ' Abbâs ibn Mirdâs al-Sulamî lui répondit : Tu as insulté la pure descendance des deux prêtres 97, alors que chez vous... ils ont des bienfaits qui, avec le temps, sont devenus établis. Ceux-là sont plus dignes que tu ne pleures sur eux... et ton peuple, s'ils rendaient le dû de la vérité, De reconnaissance, car la reconnaissance est meilleure en fin de compte... et plus conforme à l'action la plus juste. Tu es comme celui qui se coupe la tête... pour atteindre une gloire qui y était fixée. Pleure donc sur les fils de Hârûn 98 et rappelle leurs actions... et leur meurtre de la faim quand tu étais stérile. Ô Khawwât, fais couler les larmes avec les larmes et pleure-les... et détourne-toi de ce qui est répréhensible chez eux, et écarte-toi. Car si tu les rencontrais dans leurs demeures... tu serais trouvé détourné de ce que tu dis. Ils sont prompts à la hauteur, généreux dans la mêlée... on dit au quémandeur de bien : "Bienvenue et sois le bienvenu !" (Poème de Ka'b ou d'Ibn Rawâha en réponse à Ibn Mirdâs) Ka'b ibn Mâlik, ou 'Abd Allâh ibn Rawâha, selon Ibn Hishâm, répondit : Par ma vie, la meule de la guerre a tourné après avoir... dispersé Quraysh 99 auparavant à l'est et à l'ouest. Le reste de la famille des deux prêtres et sa puissance... est devenu humilié après avoir été victorieux. Salâm et Ibn Sa'ya sont tombés par la force... et Ibn Akhtab a été traîné humblement vers les destins.
- Banū al-Naḍīr : Tribu juive de Médine, alliée des Banū ‘Āmir.
- Ibn Hishām : Abū Muḥammad ‘Abd al-Malik ibn Hishām, célèbre biographe du Prophète (m. 218/833).
- al-nās : Les gens, désignant ici les musulmans.
- qaṭ‘ al-nakhl wa-taḥrīqihā : Action de couper et brûler les palmiers, mesure de guerre autorisée par Dieu dans ce contexte.
- ‘adūw Allāh : Expression désignant un ennemi de Dieu, ici ‘Abd Allāh ibn Ubayy, chef des hypocrites.
- wa : Conjonction de coordination signifiant « et ».
- in qūtiltum : Conditionnel : « si vous êtes combattus ».
- al-ḥalqa : Les armes, notamment les cottes de mailles et les armures.
- nijāf : Pluriel de najaf, désignant les linteaux ou les montants de porte.
- man sāra minhum : Ceux d’entre eux qui partirent.
- Banū Ghifār : Tribu arabe, alliée des Quraysh.
- zuhā’ : Pompe, apparat, démonstration de richesse.
- fa-a‘ṭāhumā : Il leur donna à tous deux.
- Abū : Père de, surnom.
- li-awwal al-ḥashr : Pour le premier exode, expression coranique désignant la première expulsion des juifs.
- al-līna : Palmier d’une variété autre que la ‘ajwa (datte de Médine).
- Abū ‘Ubayda : Abū ‘Ubayda Ma‘mar ibn al-Muthannā, philologue et historien (m. 209/824).
- ka’anna qutūdī fawqahā ‘ushshu ṭā’irin... : Vers de Dhū al-Rumma (poète omeyyade) décrivant une chamelle.
- madhāwīdu bi-l-bīḍi l-ḥadīthi ṣiqāluhā... : Vers de Tamīm ibn Ubayy ibn Muqbil décrivant des épées.
- wa : Conjonction de coordination signifiant « et ».
- Abū Zubayd : Poète chrétien de la tribu des Ṭayyi’.
- musnifāt : Chamelles dont les mamelles sont desséchées par la soif ou la fatigue.
- al-wajīf : Trot rapide et cadencé d'une monture.
- jadb al-marūd : Mamelles desséchées, sans lait.
- as-sināf : Sous-ventrière, courroie passant sous le ventre de la monture.
- al-wajīf : Battement, pulsation du cœur ou du foie.
- allatī 'alimū : Ce qu'ils savent, allusion à leur savoir ou à leurs actes passés.
- tajifu : Palpitent, battent violemment.
- mā afā'a Llāhu : Butin accordé par Allah sans combat, fay'.
- yūjifu 'alayhi : Faire trotter les chevaux et les montures pour le combat.
- 'anwatan : De force, par conquête militaire.
- mā uṣība bi-l-ḥarb : Ce qui a été pris par la guerre, butin de guerre.
- al-Ḥasī al-Muzannam : Lieu près de Médine où les Banû an-Nadîr furent exilés.
- al-ghaḍā : Arbre du désert, utilisé comme combustible.
- uhayḍib : Bois d'un arbre, peut-être le tamaris.
- al-wadī : Saule, arbre des cours d'eau.
- al-mukammam : Couvert de bourgeons ou de feuilles.
- aṣ-Ṣalā wa Yaramram : Deux montagnes ou lieux près de Médine.
- 'Amr ibn Buhtha : Chef de la tribu de Ghatafân, allié des Juifs.
- 'alayhinna : Sur elles, c'est-à-dire sur les montures.
- masā'īr : Braises, hommes ardents au combat.
- al-washīj : Lance faite de bois flexible.
- muhannad : Sabre indien, de bonne qualité.
- talīd : Possesseur, détenteur de quelque chose de manière innée.
- al-Ḥajūn wa Zamzam : Lieux à La Mecque : al-Ḥajūn est une montagne, Zamzam le puits sacré.
- murajjim : Conjecturé, basé sur des suppositions.
- al-qalīb al-mulammam : Le puits comblé, allusion au puits de Badr où furent jetés les corps des polythéistes.
- al-Khazrajiyya : Les Khazraj, tribu de Médine alliée du Prophète.
- Rūḥ al-Qudus : L'Esprit Saint, c'est-à-dire l'ange Gabriel.
- bi-ma'lam : Avec un signe, une marque distinctive.
- yatala'tham : Hésiter, balbutier.
- ḥammahu Llāhu muḥkam : Qu'Allah a décrétée, inéluctable.
- aṣdif : Me détourner, m'écarter.
- al-kalim : Paroles, ici les versets du Coran.
- al-muḥkam : Ferme, clair, sans ambiguïté.
- rasā'il : Messages, révélations.
- tudrasu : Sont étudiées, récitées.
- al-muqāma wa-l-mawqif : La demeure et la position, c'est-à-dire la puissance et le rang.
- ya'nu f : Faire preuve de violence ou de dureté.
- al-ajnaf : Chameau rétif, qui se détourne de la direction.
- mulṭaf : Doux, bienveillant, ici la révélation.
- muhraf : Aiguisé, tranchant.
- tadhruf : Verser des larmes abondamment.
- duḥūran 'alā ragmi l-ānuf : Chassés, humiliés, malgré leur orgueil.
- zukhruf : Ornement, décoration, luxe.
- Adhru'āt : Ville de Syrie, lieu d'exil des Banû an-Nadîr.
- dabar : Gale, maladie de peau.
- a'jaf : Chétif, maigre.
- Sammāk : Poète juif contemporain du Prophète.
- yudīlu : Faire tourner, changer le sort en faveur de.
- al-'ādil al-munṣif : L'équitable, le juste.
- lam tuqṭaf : Sans être cueillis, c'est-à-dire avant maturité.
- kamī : Brave, guerrier couvert d'armure.
- Ṣakhr : Sakhr, surnom de Suhayl ibn 'Amr ou autre chef.
- Tarij : Lieu, peut-être une vallée ou une région.
- hāṣir : Féroce, qui étreint sa proie.
- ajwaf : Au ventre creux, affamé.
- al-ḥubūr : Pluriel de ḥibr, rabbin, savant juif.
- jadīr : Digne, méritant.
- ḥāda bihim : Les détourna, les écarta.
- mushahhara : Dégainé, tiré du fourreau.
- dassa : Envoya secrètement, de nuit.
- mā kariha : Il ne le détesta pas, c'est-à-dire qu'il accepta la mission.
- Maḥmūd : Mahmûd, nom du compagnon qui tua Ka'b.
- al-mubīr : L'Exterminateur, celui qui fait périr.
- rahwan : Calmement, sans hâte.
- Ghassān : Tribu arabe chrétienne alliée des musulmans.
- as-silam : La paix, la soumission.
- ḥālafa : Mêler, entremêler.
- ba'īr : Chameau, ici comme moyen de transport pour l'exil.
- nakhilun wa dūr : Palmiers et maisons, laissés sur place.
- ghayruhu laylun qaṣīr : Dont la pareille est une nuit courte, c'est-à-dire une nuit d'insomnie.
- ad-dārisīn : Ceux qui étudient, les savants.
- sarīra : Secret, intention cachée.
- najī' : Sang frais, encore chaud.
- 'abīr : Musc, parfum, ici pour décrire la couleur du sang.
- al-kāhinayn : Les deux prêtres : désigne les chefs des Banû al-Nadîr, Salâm ibn Mishkam et Huyayy ibn Akhtab, qualifiés de devins ou prêtres.
- Banī Hārūn : Fils de Hârûn : référence aux Banû al-Nadîr, se réclamant de la descendance d'Aaron, frère de Moïse.
- Lu'ayyan : L'expression 'Lu'ayyan' désigne la tribu de Quraysh, descendant de Lu'ayy ibn Ghâlib.
L'expédition de Dhât ar-Riqâ‘[1] eut lieu en l'an quatre[2].
Il a fait retentir 1 cherchant la gloire, mais l'humiliation est cherchée par celui qui cherche... contrairement à ses deux mains, ce qu'il a commis lorsqu'il a fait retentir. Tel celui qui délaisse la plaine et la difficulté est son souci, alors qu'il était parmi les gens plus stérile et plus dur 2. Et Sha's 3 et 'Uzzal 4 ont brûlé par elle, et ils n'ont pas été absents de cela parmi ceux qui se sont absentés. Et 'Awf ibn Salma et Ibn 'Awf tous deux, et Ka'b 5 chef du peuple a péri et a été déçu 6. Qu'ils soient loin et anéantis, an-Nadir 7 et son semblable, si une conquête succède ou si Dieu accorde le succès 8. Ibn Hisham a dit : Abu 'Amr al-Madani a dit : Ensuite, l'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - a mené une expédition après les Banu an-Nadir contre les Banu al-Mustaliq. Je mentionnerai leur récit, si Dieu le veut, à l'endroit où Ibn Ishaq l'a mentionné. Expédition de Dhat ar-Riqa' 9 en l'an quatre. (Préparation pour elle) : Ibn Ishaq a dit : Ensuite, l'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - resta à Médine après l'expédition des Banu an-Nadir pendant le mois de Rabi' al-Akhir et une partie de Jumada 10, puis il partit en expédition vers Najd 11 visant les Banu Muharib et les Banu Tha'laba de Ghatafan 12, et il nomma comme gouverneur de Médine Abu Dharr al-Ghifari 13, et on dit : 'Uthman ibn 'Affan, selon ce qu'a dit Ibn Hisham. (Cause de son nom Dhat ar-Riqa') : Ibn Ishaq a dit : jusqu'à ce qu'il descende à Nakhl 14, et c'est l'expédition de Dhat ar-Riqa'. Ibn Hisham a dit : On l'a appelée expédition de Dhat ar-Riqa' parce qu'ils y ont rapiécé leurs étendards, et on dit : Dhat ar-Riqa' est un arbre à cet endroit, appelé Dhat ar-Riqa' 15. Ibn Ishaq a dit : Il y rencontra une grande multitude 16 de Ghatafan, les gens se rapprochèrent, et il n'y eut pas de combat entre eux, mais les gens se craignirent mutuellement, jusqu'à ce que l'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - prie avec les gens la prière de la crainte 17, puis il repartit avec les gens. (Prière de la crainte) : Ibn Hisham a dit : 'Abd al-Warith ibn Sa'id at-Tannuri - qui était surnommé Abu 'Ubayda 18 - nous a raconté, disant : Yunus ibn 'Ubayd nous a raconté, d'après al-Hasan ibn Abi al-Hasan, d'après Jabir ibn 'Abd Allah, au sujet de la prière de la crainte, il a dit : L'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - pria 19 avec un groupe deux rak'as 20 puis il salua, tandis qu'un autre groupe faisait face à l'ennemi. Il dit : Puis ils vinrent et il pria avec eux deux autres rak'as, puis il salua. Ibn Hisham a dit : 'Abd al-Warith nous a raconté, disant : Ayyub nous a raconté, d'après Abu az-Zubayr, d'après Jabir, il a dit : L'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - nous aligna en deux rangs, puis il s'inclina avec nous tous ensemble, puis l'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - se prosterna, et le premier rang se prosterna, et quand ils se relevèrent, ceux qui étaient derrière eux se prosternèrent par eux-mêmes, puis le premier rang recula et l'autre rang avança jusqu'à se tenir à leur place, puis le Prophète - que Dieu le bénisse et le salue - s'inclina avec eux tous ensemble, puis le Prophète - que Dieu le bénisse et le salue - se prosterna et ceux qui étaient derrière lui se prosternèrent avec lui, et quand ils relevèrent leurs têtes, les autres se prosternèrent par eux-mêmes, puis le Prophète - que Dieu le bénisse et le salue - s'inclina avec eux tous ensemble, et chacun des deux groupes accomplit deux prosternations par lui-même. Ibn Hisham a dit 21 : 'Abd al-Warith ibn Sa'id at-Tannuri nous a raconté, disant : Ayyub nous a raconté, d'après Nafi', d'après Ibn 'Umar, il a dit : L'imam se tient debout et un groupe se tient avec lui, tandis qu'un autre groupe fait face à leur ennemi, puis l'imam s'incline et se prosterne avec eux, puis ils reculent et se placent face à l'ennemi, et les autres avancent, puis l'imam s'incline avec eux une rak'a et se prosterne avec eux, puis chaque groupe prie par lui-même une rak'a, ainsi ils ont avec l'imam une rak'a chacun, et ils prient par eux-mêmes une rak'a chacun. (Ghawrath 22 et ce qu'il projeta de tuer l'Envoyé) : Ibn Ishaq a dit : 'Amr ibn 'Ubayd m'a raconté, d'après al-Hasan, d'après Jabir ibn 'Abd Allah : Un homme des Banu Muharib, appelé Ghawrath, dit à son peuple de Ghatafan et Muharib : Ne tuerai-je pas Muhammad pour vous ? Ils dirent : Oui, et comment le tueras-tu ? Il dit : Je le frapperai par traîtrise. Il dit : Il vint vers l'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - alors qu'il était assis, et l'épée de l'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - était sur ses genoux, et il dit : Ô Muhammad, puis-je regarder cette épée ? Il dit : Oui - et elle était ornée d'argent, selon ce qu'a dit Ibn Hisham - il dit : Il la prit et la dégaina, puis il se mit à la brandir, et il projeta, mais Dieu le retint 23, puis il dit : Ô Muhammad, ne me crains-tu pas ? Il dit : Non, pourquoi te craindrais-je ? Il dit : Ne me crains-tu pas alors que j'ai l'épée en main ? Il dit : Non, Dieu me protège 24 de toi. Puis il alla vers l'épée de l'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - et la lui rendit. Il dit : Alors Dieu révéla : "Ô vous qui croyez, rappelez-vous le bienfait de Dieu sur vous, quand un peuple voulut porter la main sur vous, et qu'Il retint leurs mains de vous. Craignez Dieu, et que les croyants s'en remettent à Dieu" (Coran 5:11). Ibn Ishaq a dit : Yazid ibn Ruman m'a raconté que cela fut révélé au sujet de 'Amr ibn Jihash, frère des Banu an-Nadir, et de ce qu'il projeta. Dieu sait lequel des deux fut. (Jabir et son histoire avec son chameau et l'Envoyé) : Ibn Ishaq a dit : Wahb ibn Kaysan m'a raconté, d'après Jabir ibn 'Abd Allah, il a dit : Je sortis avec l'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - pour l'expédition de Dhat ar-Riqa' depuis Nakhl, sur un chameau faible à moi. Quand l'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - revint, il dit : Les caravanes 25 partirent, et je commençai à prendre du retard, jusqu'à ce que l'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - me rattrape, et il dit : Qu'as-tu, ô Jabir ? Il dit : Je dis : Ô Envoyé de Dieu, mon chameau m'a retardé. Il dit : Fais-le s'agenouiller. Il dit : Je le fis s'agenouiller, et l'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - s'agenouilla, puis il dit : Donne-moi ce bâton de ta main, ou coupe-moi un bâton d'un arbre. Il dit : Je le fis. Il dit : L'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - le prit et le piqua avec quelques piqûres, puis il dit : Monte. Je montai, et il partit, par Celui qui l'a envoyé avec la vérité, en allant de pair 26 avec sa chamelle. Il dit : Et je parlai avec l'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - et il me dit : Me vends-tu ce chameau, ô Jabir ? Il dit : Je dis : Ô Envoyé de Dieu, plutôt je te le donne. Il dit : Non, mais vends-le-moi. Il dit : Je dis : Fixe-m'en le prix, ô Envoyé de Dieu. Il dit : Je l'ai pris pour un dirham 27. Il dit : Je dis : Non, alors tu me tromperais, ô Envoyé de Dieu ! Il dit : Alors pour deux dirhams. Il dit : Je dis : Non. Il dit : L'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - ne cessa d'augmenter le prix pour moi jusqu'à ce qu'il atteigne l'uqiyya 28. Il dit : Je dis : Es-tu satisfait, ô Envoyé de Dieu ? Il dit : Oui. Je dis : Il est à toi. Il dit : Je l'ai pris. Il dit : Puis il dit : Ô Jabir, t'es-tu marié depuis ? Il dit : Je dis : Oui, ô Envoyé de Dieu. Il dit : Une veuve ou une vierge ? Il dit : Je dis : Non, mais une veuve. Il dit : N'as-tu pas pris une jeune fille avec qui tu joues et qui joue avec toi ? Il dit : Je dis : Ô Envoyé de Dieu, mon père a été tué le jour d'Uhud 29 et a laissé sept filles, alors j'ai épousé une femme rassembleuse, qui rassemble leurs têtes et s'occupe d'elles. Il dit : Tu as bien fait, si Dieu le veut. Sache que quand nous arriverons à Sirar 30, nous ordonnerons qu'une chamelle soit sacrifiée, et nous passerons cette journée avec elle, et elle (ta femme) entendra parler de nous, alors elle secouera ses coussins 31. Il dit : Je dis : Par Dieu, ô Envoyé de Dieu, nous n'avons pas de coussins. Il dit : Ils viendront. Quand tu arriveras, agis avec intelligence. Il dit : Quand nous arrivâmes à Sirar, l'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - ordonna qu'une chamelle soit sacrifiée, et nous passâmes cette journée avec elle. Quand le soir vint, l'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - entra et nous entrâmes. Il dit : Je racontai à la femme l'histoire et ce que l'Envoyé de Dieu - que Dieu le bénisse et le salue - m'avait dit. Elle dit : À toi, écoute et obéissance 32.
Il dit : « Quand vint le matin, je pris la tête du chameau et l'amenai jusqu'à ce que je le fasse agenouiller à la porte du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. » Il dit : « Puis je m'assis dans la mosquée près de lui. » Il dit : « Le Messager d'Allah sortit, vit le chameau et dit : 'Qu'est-ce que c'est ?' Ils dirent : 'Ô Messager d'Allah, c'est un chameau que Jâbir a amené.' Il dit : 'Où est Jâbir ?' Il dit : 'On m'appela auprès de lui.' Il dit : 'Il dit : Ô fils de mon frère, prends la tête de ton chameau, il est à toi.' Et il appela Bilâl et lui dit : 'Va avec Jâbir et donne-lui une ûqiyya 33.' Il dit : 'Je partis avec lui, il me donna une ûqiyya et m'ajouta un peu.' Il dit : 'Par Allah, il n'a cessé de croître chez moi et de voir sa place dans notre maison, jusqu'à ce qu'il soit touché hier dans ce qui a été touché pour nous, c'est-à-dire le jour de la Harra 34.' » (Ibn Yâsir et Ibn Bishr, leur station pour la garde de l'armée du Messager, et ce qui les a touchés) : Ibn Ishâq dit : Mon oncle Sadaqa 35 ibn Yasâr m'a raconté, d'après 'Uqayl ibn Jâbir, d'après Jâbir ibn 'Abd Allah al-Ansârî, qui dit : « Nous sortîmes avec le Messager d'Allah lors de l'expédition de Dhât ar-Riqâ' depuis Nakhla. Un homme atteignit la femme d'un homme parmi les associateurs. Quand le Messager d'Allah revint, son mari, qui était absent, arriva. Lorsqu'il fut informé de la nouvelle, il jura de ne pas s'arrêter avant d'avoir versé du sang parmi les compagnons de Muhammad. Il partit donc à la poursuite du Messager d'Allah. Le Messager d'Allah descendit dans un lieu et dit : 'Qui est l'homme qui nous gardera 36 cette nuit ?' Il dit : 'Deux hommes se levèrent, l'un des Émigrés et l'autre des Auxiliaires, et dirent : Nous, ô Messager d'Allah.' Il dit : 'Soyez à l'entrée du défilé.' Il dit : 'Le Messager d'Allah et ses compagnons étaient descendus dans un défilé de la vallée. Ces deux étaient 'Ammâr ibn Yâsir et 'Abbâd ibn Bishr, selon ce qu'a dit Ibn Hishâm.' Ibn Ishâq dit : « Quand les deux hommes sortirent vers l'entrée du défilé, l'Auxiliaire dit à l'Émigré : 'Quelle partie de la nuit veux-tu que je te suffise ? Le début ou la fin ?' Il dit : 'Suffis-moi le début.' Il dit : 'L'Émigré s'allongea et dormit, et l'Auxiliaire se leva pour prier.' Il dit : 'L'homme vint. Quand il vit la silhouette de l'homme, il sut que c'était la sentinelle 37 du groupe.' Il dit : 'Il tira une flèche et le toucha.' Il dit : 'Il l'arracha et la posa, et resta debout.' Il dit : 'Puis il tira une autre flèche et le toucha.' Il dit : 'Il l'arracha et la posa, et resta debout. Puis il revint avec une troisième et le toucha.' Il dit : 'Il l'arracha et la posa, puis s'inclina et se prosterna, puis réveilla 38 son compagnon et dit : Assieds-toi, car j'ai été touché 39.' Il dit : 'Il bondit.'
- ajlaba : Il a fait retentir, il a poussé des cris ou des hennissements, ou il a rassemblé des troupes.
- akda wa as'aba : Plus stérile et plus dur : se dit d'un sol ou d'une situation difficile.
- Sha's : Nom d'un homme ou d'une tribu, peut-être un chef.
- 'Uzzal : Nom d'un homme ou d'une tribu.
- Ka'b : Ka'b ibn al-Ashraf, chef des Banu an-Nadir, tué après la bataille de Badr.
- hana wa khuyyiba : Il a péri et a été déçu : expression signifiant la mort et l'échec.
- an-Nadir : Les Banu an-Nadir, tribu juive de Médine, expulsée après une trahison.
- a'qaba : Il a accordé le succès ou la victoire.
- Dhat ar-Riqa' : Nom d'une expédition, signifiant 'celle des pièces rapiécées' ou 'celle des haillons'.
- Jumada : Mois du calendrier lunaire, Jumada al-Akhira.
- Najd : Région du centre de l'Arabie.
- Ghatafan : Tribu arabe du Najd.
- Abu Dharr al-Ghifari : Compagnon du Prophète, connu pour son ascétisme.
- Nakhl : Lieu-dit près de Médine, ou vallée.
- Dhat ar-Riqa' : Arbre épineux ou lieu nommé d'après un arbre.
- jam'an 'aziman : Une grande multitude, une armée nombreuse.
- salat al-khawf : Prière de la crainte, prière en temps de danger.
- Abu 'Ubayda : Surnom de 'Abd al-Warith ibn Sa'id.
- salla : Il a prié, accompli la prière rituelle.
- rak'a : Unité de prière comprenant inclinaison et prosternations.
- Ibn Hisham : Abu Muhammad 'Abd al-Malik ibn Hisham, compilateur de la Sira.
- Ghawrath : Nom d'un homme des Banu Muharib.
- yakbituhu Allah : Dieu le retint, l'empêcha d'agir.
- yamanani Allah : Dieu me protège, me préserve.
- ar-riqaq : Caravanes, groupes de voyageurs.
- yuwahiqu : Aller de pair, marcher au même pas.
- dirham : Monnaie d'argent.
- uqiyya : Unité de poids, environ 40 dirhams.
- Uhud : Montagne près de Médine, site d'une bataille.
- Sirar : Lieu près de Médine.
- namariq : Coussins, tapis de siège.
- sam'un wa ta'a : Écoute et obéissance, formule de soumission.
- ûqiyya : Unité de poids valant environ 40 dirhams (environ 120 grammes d'argent).
- yawm al-Harra : Jour de la Harra, bataille de 683 entre les troupes omeyyades et les Médinois, marquée par des destructions.
- Sadaqa : Nom propre, oncle d'Ibn Ishâq.
- yakla'unâ : Nous garder, monter la garde.
- rabî'a : Sentinelle, garde.
- ahabb : Réveilla, fit lever.
- athbattu : J'ai été touché (par une flèche), atteint.
L'expédition de Badr la seconde [1] au mois de Sha'ban [2] de l'an quatre [3].
Lorsque l'homme les vit, il sut qu'ils l'avaient prévenu 1 à son sujet, et il s'enfuit. [Le narrateur] dit : Lorsque le Muhâjir 2 vit le sang sur l'Ansârî 3, il dit : « Gloire à Allah ! Ne m'as-tu pas éveillé dès qu'il t'a visé ? » Il répondit : « J'étais en train de réciter une sourate et je ne voulais pas l'interrompre avant de l'avoir achevée. Lorsqu'il a continué à tirer sur moi, je me suis incliné et je t'ai averti. Par Allah, si je n'avais pas craint de négliger un poste 4 que le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) m'avait ordonné de garder, je l'aurais tué avant qu'il ne me tue ou avant que je n'achève ma récitation. » (Retour du Messager) : Ibn Hishâm dit : On dit aussi : « avant que je ne l'achève. » Ibn Ishâq dit : Lorsque le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) arriva à Médine après l'expédition de Dhât ar-Riqâ‘, il y resta le reste de Jumâdâ al-Ûlâ, Jumâdâ al-Âkhira et Rajab. Expédition de Badr la dernière 5 en Sha‘bân de l'an quatre. (Sortie du Messager) : Ibn Ishâq dit : Puis il sortit en Sha‘bân pour Badr, au rendez-vous fixé avec Abû Sufyân, jusqu'à ce qu'il y campe. (Il nomma Ibn Ubayy comme gouverneur de Médine) : Ibn Hishâm dit : Il nomma comme gouverneur de Médine ‘Abd Allah ibn ‘Abd Allah ibn Ubayy ibn Salûl al-Ansârî. (Retour d'Abû Sufyân avec ses hommes) : Ibn Ishâq dit : Il resta là huit nuits à attendre Abû Sufyân. Abû Sufyân sortit avec les gens de La Mecque jusqu'à camper à Majanna, du côté d'az-Zahrân ; certains disent qu'il atteignit ‘Usfân. Puis il décida de rebrousser chemin et dit : « Ô gens de Quraysh, seule une année fertile où vous pourrez paître les arbres et boire du lait vous convient. Or cette année est une année de sécheresse. Je retourne, retournez donc. » Les gens retournèrent. Les Mecquois les appelèrent « l'armée du Sawîq 6 », disant : « Vous n'êtes sortis que pour boire du sawîq. » (Le Messager et Makhshî ad-Damrî) : Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) resta à Badr à attendre Abû Sufyân pour son rendez-vous. Makhshî ibn ‘Amr ad-Damrî, qui avait conclu un pacte avec lui au sujet des Banû Damra lors de l'expédition de Waddân, vint à lui et dit : « Ô Muhammad, es-tu venu pour rencontrer Quraysh à cette eau ? » Il répondit : « Oui, ô frère des Banû Damra. Et si tu veux, nous te rendrons ce qui était entre nous et toi, puis nous te combattrons jusqu'à ce qu'Allah juge entre nous et toi. » Il dit : « Non, par Allah, ô Muhammad, nous n'avons nul besoin de cela de ta part. » (Ma‘bad et son poème sur une chamelle du Messager qui s'emballait) : Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) resta à attendre Abû Sufyân. Ma‘bad ibn Abî Ma‘bad al-Khuzâ‘î passa par lui et, voyant la place 7 du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) et sa chamelle qui s'emballait 8 avec lui, dit : « Elle a pris peur des deux compagnons de Muhammad, / Et d'une datte de Yathrib 9 comme du ‘anjad 10, Elle s'emballe sur la religion de son père l'ancien, / Elle a fait de l'eau de Qudayd 11 mon rendez-vous, Et de l'eau de Dajnân 12 pour elle au matin du lendemain. » (Poème d'Ibn Rawâha ou de Ka‘b sur Badr) : ‘Abd Allah ibn Rawâha dit à ce sujet – Ibn Hishâm dit : Abû Zayd al-Ansârî me l'a récité comme étant de Ka‘b ibn Mâlik : « Nous avions promis à Abû Sufyân Badr, mais nous n'avons trouvé / À son rendez-vous ni sincérité, et il ne fut pas fidèle. Je jure que si tu étais venu à nous et nous avais rencontrés, / Tu serais retourné blâmé et aurais perdu les alliés 13. Nous y avons laissé les articulations de ‘Utba et son fils, / Et ‘Amr Abû Jahl, nous l'avons laissé gisant 14. Vous avez désobéi au Messager d'Allah ; fi de votre religion / Et de votre mauvais ordre qui était égaré 15 ! Moi, même si vous me blâmez, je dis : / Que ma famille et mes biens soient la rançon du Messager d'Allah 16 ! Nous lui avons obéi, nous ne l'avons égalé à personne d'autre parmi nous, / Flambeau pour nous, guide dans l'obscurité de la nuit 17. » (Poème de Hassân sur Badr) : Hassân ibn Thâbit dit à ce sujet : « Laissez les plaines du Shâm 18 ; entre elles et vous se dresse / Un homme robuste comme les gueules des chamelles qui broutent 19, Aux mains d'hommes qui ont émigré vers leur Seigneur / Et de Ses partisans, en vérité, et aux mains des anges. Si tu empruntes pour le Ghawr 20 depuis le fond de ‘Âlij 21, / Dis-lui : « Ce n'est pas le chemin pour toi 22. » Nous avons campé sur ar-Rass an-Nazû‘ 23 huit jours, / Avec une troupe nombreuse, traînante, aux larges baraquements 24, Avec chaque cheval bai dont la moitié de sa taille est le garrot, / Et des chamelles au dos long, aux garrots élevés 25. Tu vois le ‘arfaj 26 annuel dont les racines sont dispersées / Par les sabots des pattes des chamelles qui vont et viennent 27. Si nous rencontrons dans nos tournées et nos recherches / Furât ibn Hayyân, il sera en otage de la perdition. Et si tu rencontres Qays ibn Imri’ al-Qays après lui, / Il sera ajouté à une noirceur dont la couleur est d'un noir profond 28. Annonce donc à Abû Sufyân de ma part un message : / Car tu es parmi les hommes nobles et pauvres 29. » (Poème d'Abû Sufyân en réponse à Hassân) : Abû Sufyân ibn al-Hârith ibn ‘Abd al-Muttalib lui répondit : « Ô Hassân, nous, ô fils de la mangeuse de faghâ 30, / Par ton grand-père, nous surprenons les jeunes filles ainsi 31. Nous sommes sortis, et les gazelles ne peuvent s'échapper entre nous, / Même si elles se réfugient par une fuite rapide et pressante 32. Quand nous nous élançons d'un campement, tu le croirais / Habité par les gens du Mawsim 33 en foule 34. Tu as campé sur ar-Rass an-Nazû‘, nous voulant, / Et tu nous laisses parmi les palmiers près des points d'eau 35. Sur les cultures marchent nos chevaux et nos montures, / Et ce qu'elles foulent, elles le collent aux mottes 36. Nous avons campé trois jours entre Sal‘ 37 et Fâri‘ 38, / Avec des chevaux rapides et des chamelles qui vont et viennent 39. Vous avez cru que le combat des gens près de leurs tentes / Était comme votre prise à l'œil de livres de plomb 40. N'envoie donc pas les chevaux rapides, et dis-leur : / « Sur le modèle de la parole de l'homme préservé et ferme 41. » »
- nadhara : Avertir, prévenir. Ici, les deux hommes avaient averti l'ennemi de leur présence.
- Muhâjir : Émigré : compagnon ayant émigré de La Mecque à Médine.
- Ansârî : Auxiliaire : compagnon médinois ayant accueilli les émigrés.
- thaghr : Poste frontière, point stratégique à défendre.
- Badr al-Âkhira : La dernière expédition de Badr, aussi appelée Badr al-Maw‘id (Badr du rendez-vous).
- Sawîq : Farine de blé ou d'orge torréfiée, mélangée à de l'eau ou du lait.
- makân : Place, emplacement ; ici, le lieu où se tenait le Prophète.
- tahwâ : S'emballer, s'emporter (en parlant d'une monture).
- Yathrib : Ancien nom de Médine.
- ‘anjad : Sorte de datte ou de fruit ; peut-être une variété de datte.
- Qudayd : Lieu-dit entre La Mecque et Médine.
- Dajnân : Lieu-dit près de La Mecque.
- mawâliyâ : Alliés, clients ; ici, les soutiens d'Abû Sufyân.
- thâwiyâ : Gisant, étendu (mort).
- ghâwiyâ : Égaré, perdu.
- fidâ’ : Rançon ; expression de dévouement total.
- hâdiyâ : Guide.
- Shâm : Syrie/Grande Syrie.
- makhâd al-awârik : Chamelles qui broutent ; métaphore pour des guerriers robustes.
- Ghawr : Dépression, basse terre ; région de la vallée du Jourdain.
- ‘Âlij : Lieu-dit dans le désert d'Arabie.
- laysa aṭ-ṭarîq laka : Ce n'est pas le chemin pour toi ; expression signifiant que l'accès est interdit.
- ar-Rass an-Nazû‘ : Nom d'un lieu ; peut-être un puits ou une vallée.
- mabârik : Baraquements, lieux de campement.
- hawârik : Garrots (partie du dos des animaux).
- ‘arfaj : Plante du désert (espèce d'armoise).
- rawâtik : Qui vont et viennent, qui marchent régulièrement.
- hâlik : Noir profond ; métaphore pour la honte ou la défaite.
- ṣa‘âlik : Pauvres, hommes sans ressources ; ici, peut-être 'hommes libres et fiers'.
- faghâ : Plante malodorante ; insulte désignant une personne de basse extraction.
- naghtâl al-khurûq : Nous surprenons les jeunes filles ; métaphore pour attaquer par surprise.
- madârik : Pressant, rapide.
- Mawsim : Saison du pèlerinage ; grande foire.
- muta‘ârik : En foule, en conflit.
- madârik : Points d'eau, abreuvoirs.
- dakâdik : Mottes de terre.
- Sal‘ : Montagne près de Médine.
- Fâri‘ : Lieu près de Médine.
- rawâtik : Qui vont et viennent.
- arṭâl ânuk : Livres de plomb ; métaphore pour quelque chose de facile à prendre.
- al-mu‘ṣim al-mutamâsik : L'homme préservé et ferme ; peut-être une référence à un chef sage.
L'expédition de Dûmat al-Jandal au mois de Rabî‘ al-Awwal de l'an cinq [1].
Vous avez été heureux par elle, tandis que d'autres en étaient les véritables gens 1 ... Des cavaliers issus des fils de Fihr ibn Malik. Car tu n'es, ni dans l'émigration 2 si tu la mentionnes, ni dans les sacralités de la religion, un homme pieux. Ibn Hishâm dit : Il en reste des vers que nous avons laissés, en raison de la laideur de la divergence de leurs rimes. Abû Zayd al-Ansârî m'a récité ce vers : « Nous sommes sortis, et les gazelles 3 ne pouvaient s'échapper entre nous », ainsi que le vers suivant de Hassân ibn Thâbit dans son poème : « Laissez les plaines du Shâm 4, car un obstacle s'est dressé devant elles ». Et il m'a récité de lui, à ce sujet, son vers : « Transmets à Abû Sufyân ». Expédition de Dûmat al-Jandal 5 au mois de Rabî' al-Awwal de l'an cinq. (Sa date) : Ibn Ishâq dit : Ensuite, l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – retourna à Médine. Il séjourna, depuis son arrivée à Médine, plusieurs mois jusqu'à ce que dhû al-Hijja 6 fût passé, et cette année-là, les associateurs accomplirent le pèlerinage – c'était l'an quatre. Puis l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – entreprit l'expédition de Dûmat al-Jandal. (Nomination d'Ibn 'Urfuta sur Médine) : Ibn Hishâm dit : Au mois de Rabî' al-Awwal, il nomma sur Médine Sibâ' ibn 'Urfuta al-Ghifârî. (Retour de l'Envoyé) : Ibn Ishâq dit : Ensuite, l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – revint avant d'y parvenir, sans rencontrer de mal, et il demeura à Médine le reste de son année.
- ahluhâ : Les 'gens' ou 'habitants' de la chose, ici au sens de ceux qui en sont dignes ou qui la méritent.
- hijra : L'émigration, en particulier celle des premiers musulmans de La Mecque à Médine.
- al-ya'âfîr : Gazelles, symbole de rapidité et de fuite.
- falajât al-Shâm : Les plaines ou vallées de la Syrie (Shâm).
- Dûmat al-Jandal : Oasis située dans le nord de l'Arabie, à la frontière de la Syrie.
- dhû al-Hijja : Le douzième mois du calendrier lunaire musulman, mois du pèlerinage.
L'expédition du Fossé [1] au mois de Shawwal de l'an cinq.
L'expédition du Fossé 1 eut lieu au mois de Shawwâl de l'an cinq de l'Hégire. (Sa date) : Abû Muhammad 'Abd al-Malik ibn Hishâm nous a rapporté, d'après Ziyâd ibn 'Abd Allâh al-Bakkâ'î, d'après Muhammad ibn Ishâq al-Muttalibî, qui a dit : Ensuite eut lieu l'expédition du Fossé au mois de Shawwâl de l'an cinq 2. (Incitation des Juifs contre Quraysh et ce qui fut révélé à leur sujet) : Yazîd ibn Rûmân, affranchi de la famille d'al-Zubayr ibn 'Urwa ibn al-Zubayr, ainsi que d'autres personnes dignes de foi, m'ont rapporté, d'après 'Abd Allâh ibn Ka'b ibn Mâlik, Muhammad ibn Ka'b al-Qurazî, al-Zuhrî, 'Âsim ibn 'Umar ibn Qatâda, 'Abd Allâh ibn Abî Bakr et d'autres de nos savants, dont les récits se rejoignent au sujet du Fossé, certains rapportant ce que d'autres ne rapportent pas 3, ils dirent : Voici ce qui concerne l'histoire du Fossé : Un groupe de Juifs, parmi lesquels : Sallâm ibn Abî al-Huqayq al-Nadrî 4, Huyayy ibn Akhtab al-Nadrî, Kinâna 5 ibn Abî al-Huqayq al-Nadrî, Hawdha ibn Qays al-Wâ'ilî, Abû 'Ammâr al-Wâ'ilî, ainsi que d'autres des Banû al-Nadîr et des Banû Wâ'il, ceux-là mêmes qui coalisèrent les partis contre le Messager d'Allâh, paix et salut sur lui, partirent jusqu'à arriver à La Mecque auprès de Quraysh. Ils les appelèrent à combattre le Messager d'Allâh, paix et salut sur lui, et dirent : Nous serons avec vous contre lui, jusqu'à l'exterminer. Quraysh leur dit : « Ô communauté juive, vous êtes les gens du Livre premier et vous avez la science de ce sur quoi nous différons, nous et Muhammad. Notre religion est-elle meilleure ou la sienne ? » Ils répondirent : « Votre religion est meilleure que la sienne, et vous êtes plus en droit de détenir la vérité 6. » Ce sont eux au sujet desquels Allâh Très-Haut révéla : « N'as-tu pas vu ceux qui ont reçu une part du Livre ? Ils croient au Jibt et au Tâghoût 7, et disent à ceux qui ont mécru : “Ceux-là sont mieux guidés dans la voie que ceux qui ont cru.” Ce sont ceux qu'Allâh a maudits ; et quiconque Allâh maudit, tu ne trouveras pour lui aucun secoureur » (4:51-52) jusqu'à Sa parole : « Ou bien envient-ils aux gens ce qu'Allâh leur a donné de Sa grâce ? » (4:54), c'est-à-dire la prophétie 8, « Or, Nous avons donné à la famille d'Abraham le Livre et la Sagesse, et Nous leur avons donné un royaume immense. Parmi eux, certains ont cru en lui, d'autres s'en sont détournés. Et l'Enfer suffit comme brasier » (4:54-55). (Incitation des Juifs contre Ghatafân) : Il dit 3 : Lorsqu'ils eurent dit cela à Quraysh, ceux-ci en furent ravis et s'animèrent pour ce à quoi ils les appelaient, c'est-à-dire la guerre contre le Messager d'Allâh, paix et salut sur lui. Ils se rassemblèrent pour cela et se donnèrent rendez-vous. Ensuite, ce groupe de Juifs partit jusqu'à arriver chez Ghatafân, de la tribu de Qays 'Aylân, et les appelèrent à combattre le Messager d'Allâh, paix et salut sur lui, les informant qu'ils seraient avec eux contre lui et que Quraysh les avait suivis dans cette affaire. Ils se joignirent donc à eux. (Sortie des coalisés parmi les associateurs) : Ibn Ishâq dit : Quraysh sortit, avec à leur tête Abû Sufyân ibn Harb ; Ghatafân sortit, avec à leur tête 'Uyayna ibn Hisn ibn Hudhayfa ibn Badr 9 à la tête des Banû Fazâra, al-Hârith ibn 'Awf ibn Abî Hâritha al-Murrî à la tête des Banû Murra, et Mis'ar ibn Rukhayla ibn Nuwayra ibn Tarîf ibn Suhma ibn 'Abd Allâh ibn Hilâl ibn Khalâwa ibn Ashja' ibn Rayth ibn Ghatafân, avec ceux de son peuple qui le suivirent parmi Ashja'. (Creusement du Fossé, lâcheté des hypocrites et zèle des croyants) : Lorsque le Messager d'Allâh, paix et salut sur lui, apprit leur venue et ce qu'ils avaient décidé contre lui, il fit creuser le Fossé autour de Médine. Le Messager d'Allâh, paix et salut sur lui, y travailla lui-même pour encourager les musulmans à la récompense, et les musulmans travaillèrent avec lui. Ils s'y activèrent, lui et eux. Mais certains hommes parmi les hypocrites se montrèrent lents à travailler avec le Messager d'Allâh, paix et salut sur lui, et les musulmans ; ils feignaient 10 la faiblesse au travail et s'esquivaient discrètement vers leurs familles, sans que le Messager d'Allâh, paix et salut sur lui, le sache ni sans permission. Quant au musulman, lorsqu'un besoin impérieux survenait, il en informait le Messager d'Allâh, paix et salut sur lui, et lui demandait la permission de s'absenter pour son besoin ; il la lui accordait, et une fois son besoin satisfait, il revenait à son travail, par désir du bien et en espérant la récompense. (Ce qui fut révélé au sujet des travailleurs du Fossé, croyants et hypocrites) : Allâh Très-Haut révéla au sujet de ces croyants : « Les vrais croyants sont ceux qui croient en Allâh et en Son Messager, et qui, lorsqu'ils sont avec lui pour une affaire commune, ne s'en vont pas avant de lui avoir demandé la permission. Ceux qui te demandent la permission sont ceux qui croient en Allâh et en Son Messager. Si donc ils te demandent la permission pour quelque affaire personnelle, accorde-la à qui tu veux d'entre eux, et implore le pardon d'Allâh pour eux. Allâh est Pardonneur et Miséricordieux » (24:62). Ce verset fut révélé au sujet des musulmans qui espéraient la récompense, désiraient le bien et obéissaient à Allâh et à Son Messager, paix et salut sur lui. Puis Allâh Très-Haut dit, au sujet des hypocrites qui s'esquivaient du travail et partaient sans permission du Prophète, paix et salut sur lui : « Ne considérez pas l'appel du Messager comme un appel entre vous les uns aux autres. Allâh connaît ceux d'entre vous qui s'esquivent furtivement. Que ceux qui transgressent Son ordre prennent garde qu'une épreuve ne les frappe, ou qu'un châtiment douloureux ne les frappe » (24:63). (Explication par Ibn Hishâm de certains termes rares) : Ibn Hishâm dit : Al-Liwâdh 10 signifie se cacher derrière quelque chose lors de la fuite. Hassân ibn Thâbit a dit : « Et Quraysh fuit de nous en se cachant, / Incapables de tenir, leurs esprits s'étant affaiblis. » Ce verset fait partie d'un poème que j'ai mentionné dans les poèmes du jour d'Uhud. « Certes, à Allâh appartient ce qui est dans les cieux et sur la terre. Il sait ce que vous êtes » (24:64). Ibn Ishâq dit : « de vérité ou de mensonge. » « Et le jour où ils seront ramenés vers Lui, Il les informera de ce qu'ils ont fait. Et Allâh est Omniscient » (24:64). (Chants rythmés des musulmans en creusant le Fossé) : Ibn Ishâq dit : Les musulmans travaillèrent jusqu'à l'achever, et ils chantèrent en rythme au sujet d'un homme parmi eux appelé Ju'ayl, que le Messager d'Allâh, paix et salut sur lui, avait nommé 'Amr. Ils dirent : « Il l'a nommé, après Ju'ayl, 'Amr, / Et il était pour le misérable, un jour, un soutien 11. » Lorsqu'ils passaient 12 par « 'Amr », le Messager d'Allâh, paix et salut sur lui, disait : « 'Amr », et lorsqu'ils passaient par « soutien », il disait : « soutien 13. » (Ce qui apparut comme miracles) : Ibn Ishâq dit : Il y eut, lors du creusement du Fossé, des récits qui me sont parvenus, contenant de la part d'Allâh Très-Haut une leçon pour confirmer la vérité du Messager d'Allâh, paix et salut sur lui, et établir sa prophétie, que les musulmans virent de leurs propres yeux. (Miracle de la roche dure) : Parmi ce qui m'est parvenu, Jâbir ibn 'Abd Allâh racontait : Une roche dure leur causa une grande difficulté dans une partie du Fossé ; ils s'en plaignirent au Messager d'Allâh, paix et salut sur lui. Il demanda un récipient d'eau, cracha dedans, puis invoqua Allâh comme Il voulut qu'il invoquât, puis aspergea cette eau sur la roche dure. Ceux qui étaient présents dirent : Par Celui qui l'a envoyé en vérité comme prophète, elle ne s'effrita pas 14 jusqu'à devenir comme une dune de sable, ne retenant ni pioche ni pelle. (Bénédiction dans les dattes de la fille de Bashîr) :
Ibn Isḥāq a dit : Sa‘īd ibn Mīnā m’a raconté qu’on lui a rapporté qu’une fille de Bashīr ibn Sa‘d, sœur d’al-Nu‘mān ibn Bashīr, a dit : Ma mère ‘Amra bint Rawāḥa m’a appelée, m’a donné une poignée de dattes dans mon vêtement, puis a dit : « Ma petite fille, va porter le déjeuner à ton père et à ton oncle maternel ‘Abd Allāh ibn Rawāḥa. » Elle dit : Je les ai prises et je suis partie avec. Je passai par l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – alors que je cherchais mon père et mon oncle. Il dit : « Viens, ma petite fille, qu’as-tu avec toi ? » Elle dit : Je répondis : « Ô Envoyé d’Allāh, ce sont des dattes que ma mère m’a envoyées à mon père Bashīr ibn Sa‘d et à mon oncle ‘Abd Allāh ibn Rawāḥa pour qu’ils déjeunent. » Il dit : « Donne-les moi. » Elle dit : Je les versai dans les paumes de l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – et elles ne les remplirent pas. Puis il ordonna qu’on étende un vêtement pour lui, puis il poussa les dattes dessus, et elles se dispersèrent sur le vêtement. Puis il dit à un homme qui était auprès de lui : « Crie parmi les gens du Fossé : Venez au déjeuner ! » Les gens du Fossé se rassemblèrent autour de lui et se mirent à en manger, et cela ne cessait d’augmenter, jusqu’à ce que les gens du Fossé s’en aillent, alors qu’il en tombait encore des bords du vêtement. (La bénédiction dans la nourriture de Jābir) Ibn Isḥāq a dit : Sa‘īd ibn Mīnā m’a raconté, d’après Jābir ibn ‘Abd Allāh, qui a dit : Nous travaillions avec l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – au Fossé, et j’avais une petite brebis qui n’était pas très grasse 15. Il dit : Je me dis : « Par Allāh, si nous la préparions pour l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue. » Il dit : J’ordonnai à ma femme, et elle moudit pour nous un peu d’orge, en fit du pain, et égorgea cette brebis, et nous la rôtîmes pour l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue. Il dit : Quand vint le soir et que l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – voulut quitter le Fossé – et nous y travaillions le jour, et le soir nous retournions chez nos familles –, je dis : « Ô Envoyé d’Allāh, j’ai préparé pour toi une petite brebis que nous avions, et nous avons fait avec un peu de pain de cette orge ; j’aimerais que tu viennes avec moi chez moi. » Je voulais seulement que l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – vienne seul avec moi. Il dit : Quand je lui eus dit cela, il dit : « Oui. » Puis il ordonna à un crieur de crier : « Partez avec l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – chez Jābir ibn ‘Abd Allāh. » Je dis : « Nous sommes à Allāh et à Lui nous retournons [2:156] ! » Il dit : L’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – vint, et les gens vinrent avec lui. Il dit : Il s’assit, et nous sortîmes la nourriture pour lui. Il dit : Il la bénit et prononça le nom d’Allāh 16, puis il mangea, et les gens se succédèrent ; chaque fois qu’un groupe avait fini, ils se levaient et d’autres venaient, jusqu’à ce que les gens du Fossé s’en aillent après en avoir mangé. (Ce qu’Allāh montra à Son Envoyé comme conquêtes) Ibn Isḥāq a dit : On m’a raconté d’après Salmān al-Fārisī qu’il a dit : Je frappais dans une partie du Fossé, et un rocher me résista, alors que l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – était près de moi. Quand il me vit frapper et vit la difficulté de l’endroit pour moi, il descendit, prit la pioche de ma main, et frappa un coup : un éclair brilla sous la pioche. Puis il frappa un second coup : un autre éclair brilla dessous. Puis il frappa un troisième coup : un autre éclair brilla dessous. Je dis : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés, ô Envoyé d’Allāh ! Qu’est-ce que cet éclair que j’ai vu briller sous la pioche quand tu frappais ? » Il dit : « As-tu donc vu cela, ô Salmān ? » Je dis : « Oui. » Il dit : « Quant au premier, Allāh m’a ouvert par lui le Yémen ; quant au second, Allāh m’a ouvert par lui la Syrie et le Maghreb ; quant au troisième, Allāh m’a ouvert par lui l’Orient. » Ibn Isḥāq a dit : Un homme que je ne soupçonne pas m’a raconté d’après Abū Hurayra que celui-ci disait, lorsque ces provinces furent conquises au temps de ‘Umar, au temps de ‘Uthmān et après : « Conquérez ce qu’il vous plaît ! Par Celui qui tient l’âme d’Abū Hurayra dans Sa main, vous n’avez conquis aucune ville et vous n’en conquérirez aucune jusqu’au Jour de la Résurrection sans qu’Allāh – gloire à Lui – n’en ait donné les clefs à Muḥammad – qu’Allāh prie sur lui et le salue – avant cela. » (L’installation de Quraysh à Médine) Ibn Isḥāq a dit : Quand l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – eut fini le Fossé, Quraysh arriva et s’installa au confluent des torrents de Rūma, entre al-Jurf et Zaghāba 17, avec dix mille hommes de leurs alliés et de ceux qui les avaient suivis parmi les Banū Kināna et les gens de Tihāma. Ghaṭafān arriva avec ceux qui les avaient suivis parmi les gens du Najd, et ils s’installèrent à Dhanab Naqmā, du côté d’Uḥud. L’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – sortit avec les musulmans, jusqu’à ce qu’ils aient le dos tourné vers Sal‘ 18, au nombre de trois mille musulmans. Il planta son camp, le Fossé étant entre lui et les gens. (La nomination d’Ibn Umm Maktūm sur Médine) Ibn Hishām a dit : Il nomma sur Médine Ibn Umm Maktūm. Ibn Isḥāq a dit : Il ordonna de placer les enfants et les femmes dans les forteresses 19. (La pression de Ḥuyayy sur Ka‘b pour rompre son pacte avec l’Envoyé) Il dit : L’ennemi d’Allāh, Ḥuyayy ibn Akhṭab al-Naḍrī, sortit jusqu’à ce qu’il vînt trouver Ka‘b ibn Asad al-Quraẓī, le responsable du pacte et de l’alliance des Banū Qurayẓa. Celui-ci avait fait la paix avec l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – pour son peuple, et il avait conclu un pacte et une alliance avec lui à ce sujet. Quand Ka‘b entendit parler de Ḥuyayy ibn Akhṭab, il ferma la porte de sa forteresse devant lui. Ḥuyayy demanda la permission d’entrer, mais il refusa de lui ouvrir. Ḥuyayy l’appela : « Malheur à toi, ô Ka‘b ! Ouvre-moi ! » Il dit : « Malheur à toi, ô Ḥuyayy ! Tu es un homme funeste. J’ai fait un pacte avec Muḥammad, et je ne romprai pas ce qui est entre lui et moi ; je n’ai vu de lui que loyauté et sincérité. » Il dit : « Malheur à toi, ouvre-moi, que je te parle. » Il dit : « Je ne le ferai pas. » Il dit : « Par Allāh, tu n’as fermé devant moi qu’à cause de ta bouillie 20 de peur que je n’en mange avec toi 21. » Alors l’homme 22 se mit en colère et lui ouvrit. Il dit : « Malheur à toi, ô Ka‘b ! Je t’apporte la gloire du temps et une mer débordante 23 ; je t’apporte Quraysh avec leurs chefs et leurs nobles, que j’ai fait camper au confluent des torrents de Rūma, et Ghaṭafān avec leurs chefs et leurs nobles, que j’ai fait camper à Dhanab Naqmā, du côté d’Uḥud. Ils ont fait un pacte et une alliance avec moi de ne pas partir avant d’avoir exterminé Muḥammad et ceux qui sont avec lui. » Ka‘b lui dit : « Par Allāh, tu m’apportes l’humiliation du temps et un nuage 24 qui a déversé son eau, qui tonne et qui éclaire, sans rien dedans. Malheur à toi, ô Ḥuyayy ! Laisse-moi avec ce que j’ai, car je n’ai vu de Muḥammad que sincérité et loyauté. » Ḥuyayy ne cessa de tordre Ka‘b par la crinière et le garrot 25 jusqu’à ce qu’il cède, à condition que Ḥuyayy lui donne une garantie 26 et un engagement solennel : si Quraysh et Ghaṭafān repartaient sans avoir atteint Muḥammad, il entrerait avec lui dans sa forteresse jusqu’à ce que l’atteigne ce qui l’atteindrait. Alors Ka‘b ibn Asad rompit son pacte et se délia de ce qui était entre lui et l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue. (La vérification par l’Envoyé de la rupture de Ka‘b) Quand la nouvelle parvint à l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – et aux musulmans, l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – envoya Sa‘d ibn Mu‘ādh ibn al-Nu‘mān – qui était alors le chef des Aws –, Sa‘d ibn ‘Ubāda ibn Dulaym – l’un des Banū Sā‘ida ibn Ka‘b ibn al-Khazraj, qui était alors le chef des Khazraj –, avec eux ‘Abd Allāh ibn Rawāḥa – frère des Banū al-Ḥārith ibn al-Khazraj 27 – et Khawwāt ibn Jubayr – frère des Banū ‘Amr ibn ‘Awf –, et il dit : « Allez voir si ce qui nous est parvenu à leur sujet est vrai. »
les gens ou non ? Si c'est vrai, faites-moi un signe 28 que je reconnaisse, et ne brisez pas les reins des gens 29. Et s'ils sont fidèles à ce qui est entre nous et eux, alors proclamez-le publiquement." Il dit : Ils sortirent donc jusqu'à les rejoindre, et ils les trouvèrent dans le pire état qu'on leur avait rapporté, (dans ce) 30 qu'ils avaient proféré contre le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et ils dirent : "Qui est le Messager de Dieu ? Il n'y a ni pacte ni engagement entre nous et Muhammad." Alors Sa'd ibn Mu'âdh les insulta et ils l'insultèrent, car c'était un homme emporté. Sa'd ibn 'Ubâda lui dit : "Laisse leurs insultes, car entre nous et eux il n'y a rien de plus 31 que l'insulte." Puis Sa'd et Sa'd et ceux qui étaient avec eux se rendirent auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — le saluèrent, puis dirent : "'Adal et al-Qârra", c'est-à-dire comme la trahison de 'Adal et al-Qârra envers les compagnons d'al-Rajî', Khubayb et ses compagnons. Alors le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : "Dieu est plus grand ! Réjouissez-vous, ô communauté des musulmans." (Ce qui frappa les musulmans de peur et l'apparition de l'hypocrisie des hypocrites) : (Il dit) 32 : L'épreuve devint alors grande, la peur intense, et leur ennemi vint à eux d'au-dessus d'eux et d'en dessous d'eux, au point que les croyants conçurent toutes sortes de pensées, et l'hypocrisie apparut chez certains hypocrites, jusqu'à ce que Mu'attib ibn Qushayr, frère des Banû 'Amr ibn 'Awf, dise : "Muhammad nous promettait que nous mangerions les trésors de Kisrâ et de César, alors qu'aujourd'hui l'un de nous ne peut même pas aller aux toilettes en sécurité." (Opinion d'Ibn Hishâm sur l'hypocrisie de Mu'attib) : Ibn Hishâm dit : Un homme de science en qui j'ai confiance m'a informé que Mu'attib ibn Qushayr n'était pas parmi les hypocrites, et il argumenta qu'il était parmi les gens de Badr. Ibn Ishâq dit : Et jusqu'à ce qu'Aws ibn Qayzî, l'un des Banû Hâritha ibn al-Hârith, dise : "Ô Messager de Dieu, nos maisons sont exposées 33 à l'ennemi" — et cela en présence d'hommes de son peuple — "Permets-nous de sortir et de retourner chez nous, car elles sont en dehors de Médine." Alors le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — resta, et les associateurs restèrent sur lui pendant vingt-trois nuits, près d'un mois, sans qu'il y ait de combat entre eux, sauf le tir à l'arc 34 et le siège. Ibn Hishâm dit : On dit "al-ramyâ". (Le Prophète envisagea de conclure une trêve entre lui et Ghatafân, puis y renonça) : Lorsque l'épreuve devint dure pour les gens, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya, comme me l'ont rapporté 'Âsim ibn 'Umar ibn Qatâda et d'autres que je ne soupçonne pas, d'après Muhammad ibn Muslim ibn 'Ubayd 35 Allâh ibn Shihâb al-Zuhrî, à 'Uyayna ibn Hisn ibn Hudhayfa ibn Badr et à al-Hârith ibn 'Awf ibn Abî Hâritha al-Murrî, qui étaient les deux chefs de Ghatafân, et il leur donna un tiers des fruits de Médine à condition qu'ils repartent avec ceux qui étaient avec eux, loin de lui et de ses compagnons. La trêve fut négociée entre lui et eux, au point qu'ils écrivirent le document, mais ni le témoignage ni la décision ferme de la trêve n'eurent lieu, seulement la négociation à ce sujet. Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — voulut agir, il envoya chercher Sa'd ibn Mu'âdh et Sa'd ibn 'Ubâda, leur exposa cela et les consulta à ce sujet. Ils lui dirent : "Ô Messager de Dieu, est-ce une affaire que nous aimons et que nous faisons, ou une chose que Dieu t'a ordonnée et que nous devons accomplir, ou une chose que tu fais pour nous ?" Il dit : "C'est une chose que je fais pour vous. Par Dieu, je ne fais cela que parce que j'ai vu les Arabes vous viser d'un seul arc et vous assaillir 36 de tous côtés, et j'ai voulu briser pour vous une partie de leur force jusqu'à un certain point." Alors Sa'd ibn Mu'âdh lui dit : "Ô Messager de Dieu, nous étions, nous et ces gens, dans l'association à Dieu et l'adoration des idoles, sans adorer Dieu ni Le connaître, et ils n'espéraient manger une datte de ces fruits que comme hospitalité 37 ou achat. Maintenant que Dieu nous a honorés par l'islam, nous a guidés vers lui et nous a rendus puissants par toi et par lui, allons-nous leur donner nos biens ? (Par Dieu) 38 Nous n'avons nul besoin de cela. Par Dieu, nous ne leur donnerons que l'épée jusqu'à ce que Dieu juge entre nous et eux." Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : "Alors, c'est toi qui décides." Sa'd ibn Mu'âdh prit alors le parchemin et effaça ce qui y était écrit, puis dit : "Qu'ils s'épuisent contre nous." (Le passage de quelques associateurs à travers le fossé) : Ibn Ishâq dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et les musulmans restèrent, tandis que leur ennemi les assiégeait, sans qu'il y ait de combat entre eux, sauf que des cavaliers de Quraysh, parmi lesquels 'Amr ibn 'Abd Wudd ibn Abî Qays, frère des Banû 'Âmir ibn Lu'ayy — Ibn Hishâm dit : On dit 'Amr ibn 'Abd ibn Abî Qays — Ibn Ishâq dit : et 'Ikrima ibn Abî Jahl, Hubayra ibn Abî Wahb al-Makhzûmiyân, et Dirâr ibn al-Khattâb le poète 39 ibn Mirdâs, frère des Banû Muhârib ibn Fihr, se préparèrent au combat, puis sortirent sur leurs chevaux jusqu'à passer par les demeures des Banû Kinâna, et dirent : "Préparez-vous, ô Banû Kinâna, à la guerre 40, vous saurez aujourd'hui qui sont les cavaliers." Puis ils s'avancèrent, leurs chevaux galopant 41 avec eux, jusqu'à s'arrêter devant le fossé. Quand ils le virent, ils dirent : "Par Dieu, voilà une ruse que les Arabes n'avaient jamais employée." (Salmân et sa suggestion de creuser le fossé) : Ibn Hishâm dit : On dit que c'est Salmân le Perse qui le suggéra au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Et certains gens de science m'ont rapporté 42 que les Émigrés, le jour du Fossé, dirent : "Salmân est des nôtres", et les Auxiliaires dirent : "Salmân est des nôtres." Alors le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : "Salmân est des nôtres, la famille de la maison." (Le meurtre de 'Amr ibn 'Abd Wudd par 'Alî et son poème à ce sujet) : Ibn Ishâq dit : Puis ils se dirigèrent vers un endroit étroit du fossé, frappèrent leurs chevaux et les firent sauter par-dessus, et ils galopèrent avec eux dans la plaine salée entre le fossé et Sal'. 'Alî ibn Abî Tâlib — sur lui la paix — sortit avec un groupe de musulmans, jusqu'à ce qu'ils prennent la brèche 43 par laquelle ils avaient fait entrer leurs chevaux. Les cavaliers s'avancèrent au galop vers eux. 'Amr ibn 'Abd Wudd avait combattu le jour de Badr jusqu'à ce que les blessures le clouent au sol, et il n'avait pas assisté au jour d'Uhud. Le jour du Fossé, il sortit en se faisant reconnaître 44 pour montrer sa place. Lorsqu'il s'arrêta avec son cheval, il dit : "Qui veut se battre en duel ?" Alors 'Alî ibn Abî Tâlib s'avança vers lui et lui dit : "Ô 'Amr, tu as fait une promesse à Dieu : qu'aucun homme de Quraysh ne t'inviterait à l'une des deux choses sans que tu l'acceptes de lui." Il lui dit : "Certes." 'Alî lui dit : "Je t'invite à Dieu, à Son Messager et à l'islam." Il dit : "Je n'en ai pas besoin." 'Alî dit : "Alors je t'invite au combat singulier." Il lui dit : "Pourquoi, ô fils de mon frère ? Par Dieu, je n'aimerais pas te tuer." 'Alî lui dit : "Mais moi, par Dieu, j'aimerais te tuer." Alors 'Amr se mit en colère 45 à ce moment, sauta de son cheval, le blessa et frappa son visage, puis se tourna vers 'Alî. Ils descendirent de cheval et s'affrontèrent, et 'Alî — que Dieu l'agrée 46 — le tua. Leurs cavaliers s'enfuirent en déroute, jusqu'à sauter par-dessus le fossé en fuyant. Ibn Ishâq dit : 'Alî ibn Abî Tâlib — que Dieu l'agrée — dit à ce sujet : "Il a secouru les pierres par la sottise de son avis, / Et j'ai secouru le Seigneur de Muhammad par ma droiture 47. Je l'ai repoussé quand je l'ai laissé étendu / Comme un tronc entre des tertres et des collines 48. Et j'ai été chaste envers ses vêtements, et si j'avais été / Un dépouilleur, ses vêtements m'auraient dépouillé 49. Ne pensez pas que Dieu abandonne Sa religion / Et Son Prophète, ô parti des coalisés !" Ibn Hishâm dit : La plupart des spécialistes de la poésie doutent que ces vers soient de 'Alî ibn Abî Tâlib. (Poème de Hassân sur la fuite de 'Ikrima) :
Ibn Isḥāq a dit : Ce jour-là, ‘Ikrima ibn Abī Jahl jeta sa lance alors qu’il fuyait devant ‘Amr. Ḥassān ibn Thābit dit à ce sujet : « Tu as fui et tu nous as jeté ta lance… Peut-être, ‘Ikrima, ne l’as-tu pas fait ? Et tu t’es détourné, courant comme court l’autruche mâle, sans dévier du chemin droit. Tu n’as pas offert ton dos en te mettant à l’abri, comme si ta nuque était celle d’un petit de hyène. » Ibn Hishām a dit : Al-fur‘ul est le petit des hyènes. Ces vers font partie d’un poème plus long. (Devise des musulmans le jour du Fossé) La devise des compagnons de l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – le jour du Fossé et (de l’expédition) contre les Banū Qurayẓa était : « Ḥā Mīm, ils ne seront pas secourus. » (L’affaire de Sa‘d ibn Mu‘ādh) Ibn Isḥāq a dit : Abū Laylā ‘Abd Allāh ibn Sahl ibn ‘Abd al-Raḥmān ibn Sahl al-Anṣārī, frère des Banū Ḥāritha, m’a raconté que ‘Ā’isha, la Mère des croyants, se trouvait le jour du Fossé dans la forteresse des Banū Ḥāritha, qui était l’une des plus solides de Médine. Il dit : La mère de Sa‘d ibn Mu‘ādh était avec elle dans la forteresse. ‘Ā’isha dit – et cela avant que le voile ne nous fût imposé – : Sa‘d passa, portant une cotte de mailles trop courte, d’où son bras sortait entièrement, tenant dans sa main sa lance, il allait d’un pas rapide 50 en disant : « Attends un peu, que le chameau assiste à la mêlée ! Il n’y a pas de mal à la mort quand le terme est venu. » (Le narrateur) dit : Sa mère lui dit : « Vite, mon fils, car par Allāh tu t’es attardé. » ‘Ā’isha dit : Je lui dis : « Ô mère de Sa‘d, par Allāh, j’aurais aimé que la cotte de Sa‘d fût plus longue qu’elle n’est. » Elle dit : « Tu as craint pour lui là où la flèche l’a atteint. » Sa‘d ibn Mu‘ādh fut touché par une flèche qui lui sectionna la veine médiane 51. Celui qui le visa, comme me l’a raconté ‘Āṣim ibn ‘Umar ibn Qatāda, fut Ḥibbān ibn Qays ibn al-‘Ariqa, l’un des Banū ‘Āmir ibn Lu’ayy. Lorsqu’il l’eut atteint, il dit : « Prends-la de ma part, moi, fils d’al-‘Ariqa ! » Sa‘d lui dit : « Qu’Allāh rende ton visage purulent dans le Feu ! Seigneur, si Tu as laissé quelque chose de la guerre contre Quraysh, laisse-moi vivre pour elle, car il n’est point de peuple que j’aime plus combattre que ceux qui ont offensé Ton Envoyé, l’ont traité de menteur et l’ont expulsé. Seigneur, et si Tu as mis fin à la guerre entre nous et eux, fais que cela me soit une martyre, et ne me fais pas mourir avant que Tu n’aies réjoui mes yeux (par le châtiment) des Banū Qurayẓa. » (Poème d’Usāma indiquant qu’il est le meurtrier de Sa‘d) Ibn Isḥāq a dit : Une personne digne de confiance m’a raconté d’après ‘Abd Allāh ibn Ka‘b ibn Mālik qu’il disait : « Ce jour-là, seul Abū Usāma al-Jushamī, allié des Banū Makhzūm, a touché Sa‘d. » Abū Usāma a dit à ce sujet un poème adressé à ‘Ikrima ibn Abī Jahl : « Ô ‘Ikrima, ne m’aurais-tu pas blâmé quand tu me disais : “Que Khālid te serve de rançon avec les tours de Médine ?” Ne suis-je pas celui qui a fiché dans Sa‘d une flèche trempée 52, qui, entre les jointures des coudes, a une veine rebelle 53 ? Par elle, Sa‘īd a accompli son destin 54, et sur lui ont pleuré, avec les femmes aux cheveux gris, les vierges et les jeunes filles 55. Et c’est toi qui l’as défendu quand ‘Ubayda a appelé une troupe d’entre eux, alors qu’il peinait, Au moment où certains déviaient de leur chemin, et d’autres, effrayés, s’écartaient de la direction droite. » (Allāh sait lequel de ces récits est vrai.) (Le meurtrier de Sa‘d selon Ibn Hishām) Ibn Hishām a dit : On dit que celui qui a visé Sa‘d est Khafāja ibn ‘Āṣim ibn Ḥibbān. (Ṣafiyya et Ḥassān, et ce qu’elle rapporte de sa lâcheté) Ibn Isḥāq a dit : Yaḥyā ibn ‘Abbād ibn ‘Abd Allāh ibn al-Zubayr m’a raconté d’après son père ‘Abbād : Ṣafiyya bint ‘Abd al-Muṭṭalib se trouvait dans Fāri‘, la forteresse de Ḥassān ibn Thābit. Elle dit : Ḥassān ibn Thābit était avec nous, avec les femmes et les enfants. Ṣafiyya dit : Un homme juif passa près de nous et se mit à tourner autour de la forteresse. Or les Banū Qurayẓa avaient rompu la trêve et coupé les liens avec l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue –, et il n’y avait personne entre nous et eux pour nous défendre, tandis que l’Envoyé d’Allāh et les musulmans faisaient face à leurs ennemis, ne pouvant se détourner d’eux pour venir à nous si quelqu’un nous attaquait. Elle dit : Je dis : « Ô Ḥassān, ce Juif, comme tu le vois, tourne autour de la forteresse. Par Allāh, je ne suis pas sûr qu’il ne révèle pas notre point faible aux Juifs qui sont derrière nous, alors que l’Envoyé d’Allāh et ses compagnons sont occupés loin de nous. Descends donc et tue-le. » Il dit : « Qu’Allāh te pardonne, ô fille de ‘Abd al-Muṭṭalib ! Par Allāh, tu sais bien que je ne suis pas l’homme pour cela. » Elle dit : Quand il m’eut dit cela et que je ne vis rien (de sa part), je ceignis ma taille 56, puis je pris un pieu, descendis de la forteresse vers lui, et le frappai avec le pieu jusqu’à le tuer. Elle dit : Quand j’eus fini avec lui, je revins à la forteresse et dis : « Ô Ḥassān, descends le dépouiller, car seule la pudeur (parce que c’est un homme) m’a empêchée de le faire. » Il dit : « Je n’ai nul besoin de ses dépouilles, ô fille de ‘Abd al-Muṭṭalib. » (L’affaire de Nu‘aym dans la dissuasion des associateurs contre les musulmans) Ibn Isḥāq a dit : L’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – et ses compagnons demeurèrent, dans la peur et la détresse qu’Allāh a décrites, à cause de la coalition de leurs ennemis contre eux, et de leur venue d’au-dessus et d’au-dessous d’eux. (Le narrateur) dit : Puis Nu‘aym ibn Mas‘ūd ibn ‘Āmir ibn Unayf ibn Tha‘laba ibn Qunfudh ibn Hilāl ibn Khalāwa ibn Ashja‘ ibn Rayth ibn Ghatafān vint trouver l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – et dit : « Ô Envoyé d’Allāh, j’ai embrassé l’islam, mais mon peuple ne sait pas que je suis musulman. Ordonne-moi ce que tu veux. » L’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – dit : « Tu n’es pour nous qu’un seul homme. Décourage-les donc de nous combattre 57 si tu le peux, car la guerre est ruse. » Nu‘aym ibn Mas‘ūd partit donc jusqu’à ce qu’il vînt aux Banū Qurayẓa – il était leur compagnon de beuverie à l’époque préislamique – et dit : « Ô Banū Qurayẓa, vous connaissez mon affection pour vous et le lien particulier qui m’unit à vous. » Ils dirent : « Tu dis vrai, tu n’es pas suspect à nos yeux. » Il leur dit : « Quraysh et Ghatafān ne sont pas comme vous. Le pays est votre pays, vos biens, vos enfants et vos femmes y sont ; vous ne pouvez pas le quitter pour un autre. Quraysh et Ghatafān sont venus pour combattre Muḥammad et ses compagnons, et vous les avez aidés contre lui, mais leur pays, leurs biens et leurs femmes sont ailleurs ; ils ne sont donc pas comme vous. S’ils voient une occasion 58, ils la saisiront ; sinon, ils regagneront leurs terres et vous laisseront seuls avec l’homme dans votre pays, et vous n’aurez pas la force de lui résister s’il est seul contre vous. Ne combattez donc pas avec ces gens avant d’avoir pris d’eux des otages parmi leurs chefs, qui seront entre vos mains comme une garantie que vous combattrez avec eux Muḥammad jusqu’à l’affrontement. » Ils lui dirent : « Tu as donné un bon conseil. » Puis il partit jusqu’à ce qu’il vînt à Quraysh, et dit à Abū Sufyān ibn Ḥarb et aux hommes de Quraysh qui étaient avec lui : « Vous connaissez mon affection pour vous et ma rupture avec Muḥammad. Une information m’est parvenue que j’ai estimé devoir vous communiquer, par loyauté envers vous. Gardez-la secrète de ma part. » Ils dirent : « Nous le ferons. » Il dit : « Sachez que la communauté des Juifs a regretté ce qu’elle a fait dans ses relations avec Muḥammad, et elle lui a envoyé (un message) : “Nous regrettons ce que nous avons fait. Serais-tu satisfait que nous prenions pour toi, des deux tribus, Quraysh et Ghatafān, des hommes parmi leurs chefs, que nous te livrions, que tu leur tranches la tête, et qu’ensuite nous soyons avec toi contre ceux qui restent d’eux jusqu’à les exterminer ?” Il leur a répondu : “Oui.” Si donc les Juifs vous envoient (une demande) pour obtenir des otages parmi vos hommes, ne leur livrez pas un seul homme. »
Puis il sortit jusqu'à arriver chez Ghatafân et dit : « Ô assemblée de Ghatafân, vous êtes ma souche et ma tribu, les gens les plus aimés de moi, et je ne pense pas que vous me soupçonniez. » Ils dirent : « Tu as dit vrai, tu n'es pas suspect auprès de nous. » Il dit : « Gardez donc le secret sur moi. » Ils dirent : « Nous le ferons. Quel est ton ordre ? » 59 Puis il leur dit la même chose qu'à Quraych et les mit en garde contre ce dont il les avait mis en garde. (La dissension semée entre les associateurs) : Quand vint la nuit du samedi de Chawwâl de l'an cinq, et qu'il fut du dessein de Dieu pour Son Messager – que Dieu prie sur lui et le salue – qu'Abû Sufyân ibn Harb et les chefs de Ghatafân envoyèrent à Banû Qurayza 'Ikrima ibn Abî Jahl, avec un groupe de Quraych et de Ghatafân, et ils leur dirent : « Nous ne sommes pas dans un lieu de séjour ; les chameaux et les chevaux ont péri 60. Levez-vous donc pour le combat afin que nous en décousions avec Muhammad et que nous en finissions avec ce qui est entre nous et lui. » Ils leur firent dire : « Aujourd'hui est le jour du samedi, et c'est un jour où nous ne faisons rien ; et l'un des nôtres y a commis une infraction et a subi ce qui ne vous a pas échappé. Et malgré cela, nous ne sommes pas de ceux qui combattront avec vous contre Muhammad jusqu'à ce que vous nous donniez des otages de vos hommes, qui soient entre nos mains comme gage de sécurité pour nous, jusqu'à ce que nous en décousions avec Muhammad. Car nous craignons que, si la guerre vous écorche 61 et que le combat s'intensifie contre vous, vous ne vous débandiez 62 vers vos pays et nous abandonniez, nous et l'homme, dans notre pays, alors que nous n'avons pas la force de lui résister. » Quand les messagers revinrent vers eux avec ce qu'avaient dit Banû Qurayza, Quraych et Ghatafân dirent : « Par Dieu, ce que Nu'aym ibn Mas'ûd vous a rapporté est vrai. » Et ils firent dire à Banû Qurayza : « Par Dieu, nous ne vous remettrons pas un seul de nos hommes. Si vous voulez combattre, sortez et combattez. » Alors Banû Qurayza, quand les messagers leur parvinrent avec cela, dirent : « Ce que Nu'aym ibn Mas'ûd vous a mentionné est vrai : ces gens ne veulent que combattre ; s'ils voient une occasion, ils la saisiront, et si c'est autre chose, ils se replieront vers leurs pays et vous laisseront seuls avec l'homme dans votre pays. » Et ils firent dire à Quraych et Ghatafân : « Par Dieu, nous ne combattrons pas avec vous contre Muhammad 63 jusqu'à ce que vous nous donniez des otages. » Mais ils refusèrent, et Dieu sema la désunion entre eux. Dieu envoya sur eux le vent, dans des nuits hivernales, froides et d'un froid intense, qui renversait leurs marmites 64 et emportait leurs tentes 65. (Le Prophète envoya Hudhayfa pour s'informer de ce qui était arrivé aux associateurs) : 66 Quand parvint au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – ce qui s'était passé de divergence entre eux et ce par quoi Dieu avait divisé leur assemblée, il appela Hudhayfa ibn al-Yamân et l'envoya vers eux pour voir, de nuit, ce que faisaient ces gens. Ibn Ishâq dit : Yazîd ibn Ziyâd me raconta, d'après Muhammad ibn Ka'b al-Qurazî, qui dit : Un homme de Kûfa dit à Hudhayfa ibn al-Yamân : « Ô Abâ 'Abdillâh, avez-vous vu le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et l'avez-vous accompagné ? » Il dit : « Oui, ô fils de mon frère. » Il dit : « Comment faisiez-vous ? » Il dit : « Par Dieu, nous peinions dur. » Alors il dit : « Par Dieu, si nous l'avions rencontré, nous ne l'aurions pas laissé marcher sur terre et nous l'aurions porté sur nos cous. » Alors Hudhayfa dit : « Ô fils de mon frère, par Dieu, je nous ai vus avec le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – au Fossé, alors que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – avait prié une partie 67 de la nuit, puis il se tourna vers nous et dit : « Quel homme se lèvera pour voir pour nous ce que font ces gens, puis reviendra – le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lui posant comme condition le retour – et je demanderai à Dieu Très-Haut qu'il soit mon compagnon au Paradis ? » Mais personne parmi les gens ne se leva, à cause de l'intensité de la peur, de la faim et du froid. Quand personne ne se leva, le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – m'appela, et je ne pus faire autrement que de me lever quand il m'appela. Il dit : « Ô Hudhayfa, va, entre dans le groupe des gens, et regarde ce qu'ils font 68, et ne provoque rien jusqu'à ce que tu reviennes vers nous. » Il dit : « J'y allai et j'entrai parmi les gens, alors que le vent et les armées de Dieu faisaient d'eux ce qu'elles faisaient, ne laissant en place ni marmite, ni feu, ni tente. Abû Sufyân se leva et dit : « Ô assemblée de Quraych, que chacun regarde qui est son voisin. » Hudhayfa dit : « Je pris la main de l'homme qui était à côté de moi et dis : « Qui es-tu ? » Il dit : « Un tel, fils d'Un tel. » 69 (L'appel d'Abû Sufyân parmi eux au départ) : Puis Abû Sufyân dit : « Ô assemblée de Quraych, par Dieu, vous n'êtes pas en un lieu de séjour ; les chevaux 70 et les chameaux ont péri, Banû Qurayza nous ont trahis, et nous est parvenu d'eux ce que nous détestons ; et nous avons subi de la violence du vent ce que vous voyez : aucune marmite ne tient pour nous, aucun feu ne se maintient pour nous, aucune tente ne reste dressée pour nous. Partez donc, car je pars. » Puis il se dirigea vers son chameau, qui était entravé, s'assit sur lui, puis le frappa, et il bondit sur trois pattes. Par Dieu, il ne détacha son entrave qu'une fois debout. Et sans l'ordre du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – de ne rien provoquer jusqu'à mon retour, j'aurais pu le tuer d'une flèche. »
- Ghazwat al-Khandaq : Expédition du Fossé, aussi appelée Bataille des Coalisés (al-Ahzâb), survenue en l'an 5 de l'Hégire (627 ap. J.-C.).
- Shawwâl : Dixième mois du calendrier lunaire islamique.
- ba'duhum yuhaddithu mâ lâ yuhaddithu bihi ba'd : Certains rapportent des détails que d'autres ne mentionnent pas, indiquant la complémentarité des sources.
- al-Nadrî : De la tribu juive des Banû al-Nadîr.
- Kinâna : Nom propre, probablement Kinâna ibn Abî al-Huqayq.
- minhu : Le texte porte 'minhu' (de lui), peut-être une répétition ou une glose.
- al-Jibt wa al-Tâghoût : Termes coraniques désignant les fausses divinités, la sorcellerie ou toute forme d'idolâtrie et de rébellion contre Allâh.
- al-nubuwwa : La prophétie, don exclusif d'Allâh à Ses messagers.
- Badr : Badr, ancêtre de 'Uyayna, à ne pas confondre avec la bataille de Badr.
- yuwarrûn : Ils feignent, dissimulent leur véritable état.
- zahrâ : Soutien, protecteur.
- fa-idhâ : Lorsque, chaque fois que.
- zahrâ : Le Prophète reprenait le mot 'zahrâ' (soutien) pour confirmer le sens.
- lâ nahâlat : Elle ne s'effrita pas, ne se désagrégea pas.
- shuwayha : Diminutif de shāh (brebis), désignant une petite brebis.
- sammā : Il prononça le nom d’Allāh (bismillāh) avant de manger.
- Rūma, al-Jurf, Zaghāba : Lieux près de Médine ; Rūma est un puits, al-Jurf et Zaghāba sont des localités.
- Sal‘ : Montagne à Médine, près de laquelle le camp musulman fut établi.
- āṭām : Pluriel de uṭum, forteresse ou tour fortifiée à Médine.
- jashīsha : Bouillie faite de grains concassés, mets simple.
- minhā : « de peur que je n’en mange avec toi » : ironie de Ḥuyayy pour piquer Ka‘b.
- al-rajul : « l’homme » : désigne Ka‘b ibn Asad.
- bahr ṭāmin : « mer débordante » : métaphore pour une armée nombreuse et puissante.
- jahām : Nuage sans pluie, symbole de vanité et d’impuissance.
- yaftiluhu fī al-dhurwa wa al-ghārib : Expression idiomatique : « le tordre par la crinière et le garrot », c’est-à-dire le manipuler de toutes les manières.
- ‘ahd min Allāh : « une garantie de la part d’Allāh » : serment solennel.
- akhū Banī al-Ḥārith ibn al-Khazraj : « frère des Banū al-Ḥārith ibn al-Khazraj » : signifie qu’il était de cette tribu.
- لَحْنًا : Signe ou allusion indirecte pour faire comprendre quelque chose sans le dire explicitement.
- لَا تَفُتُّوا فِي أَعْضَادِ النَّاسِ : Expression signifiant 'ne brisez pas les reins des gens', c'est-à-dire ne les affaiblissez pas ou ne les découragez pas.
- فِيمَا : Dans ce qui ; ici, référence à ce qu'ils avaient proféré contre le Prophète.
- أَرْبَى : Plus que ; ici, 'il n'y a rien de plus que l'insulte'.
- قَالَ : Il dit ; référence à Ibn Ishâq, l'auteur de la Sîra.
- عَوْرَةٌ : Exposée, vulnérable ; maisons sans défense face à l'ennemi.
- الرَّمِّيا : Tir à l'arc ; forme rare, variante de الرَّمْي.
- عُبَيْد : Diminutif de 'Abd ; nom propre.
- كَالَبُوكُمْ : Ils vous ont assaillis de tous côtés, comme des chiens qui attaquent.
- قِرًى : Hospitalité ; ici, le fait de recevoir des dattes en tant qu'hôte.
- وَاَللَّهِ : Par Dieu ; serment.
- الشَّاعِرُ : Le poète ; épithète de Dirâr ibn al-Khattâb.
- لِلْحَرْبِ : À la guerre ; préparez-vous au combat.
- تُعْنِقُ : Galoper rapidement ; les chevaux courent à vive allure.
- وَحَدَّثَنِي : Et m'a rapporté ; référence à Ibn Hishâm.
- الثَّغْرَةَ : La brèche ; l'endroit par où les cavaliers ennemis avaient franchi le fossé.
- مُعْلِمًا : Se faisant reconnaître ; portant un signe distinctif pour être identifié.
- فَحَمَى : Se mit en colère ; s'emporta.
- رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ : Que Dieu l'agrée ; formule de bénédiction pour un compagnon.
- بِصَوَابِي : Par ma droiture ; ma rectitude dans la foi.
- دكادك وروابي : Tertres et collines ; petites éminences de terrain.
- بَزَّنِى أَثْوَابِي : M'aurait dépouillé de mes vêtements ; m'aurait pris mes habits comme butin.
- yarqudu : Marche rapide, presque une course légère, ou balancement en marchant.
- al-akḥal : Veine médiane du bras, la veine basilique, dont la section est souvent mortelle.
- murishsha : Flèche trempée (dans du poison ou de l'eau) pour la rendre plus pénétrante.
- ‘ānid : Veine rebelle, qui refuse de se laisser guérir ou qui saigne abondamment.
- qaḍā naḥbahu : A accompli son destin, a rempli sa promesse, souvent en parlant du martyre.
- al-shumṭ al-‘adhārā al-nawāhid : Les femmes aux cheveux gris (shumṭ), les vierges (‘adhārā) et les jeunes filles à la poitrine naissante (nawāhid).
- iḥtazamtu : J'ai ceint ma taille, c'est-à-dire j'ai serré ma robe autour de ma taille pour être libre de mes mouvements.
- khaddhil ‘annā : Décourage-les de nous combattre, sème la discorde parmi eux pour les dissuader.
- nuhza : Occasion, opportunité, ici une occasion de butin ou de victoire.
- فَمَا أَمْرُكَ؟ : Littéralement : « Quel est ton ordre ? » ; signifie ici : « Que nous ordonnes-tu ? » ou « Quelle est ta demande ? »
- هَلَكَ الْخُفُّ وَالْحَافِرُ : Expression signifiant que les montures (chameaux pour le khuff, chevaux pour le hâfir) ont péri, indiquant l'épuisement des ressources.
- ضَرَّسَتْكُمْ : Verbe signifiant « vous écorcher » ou « vous mordre » ; métaphore pour les difficultés de la guerre.
- أَن تنشروا : Le texte a « an tanshurû » ; signifie « que vous vous dispersiez » ou « que vous vous débandiez ».
- لَا نُقَاتِلُ مَعَكُمْ مُحَمَّدًا : Littéralement : « nous ne combattons pas avec vous Muhammad » ; sous-entendu : « nous ne combattons pas avec vous contre Muhammad ».
- تَكْفَأُ قُدُورَهُمْ : Renversait leurs marmites ; le vent était si fort qu'il faisait basculer les ustensiles de cuisine.
- تَطْرَحُ أَبْنِيَتَهُمْ : Emportait leurs tentes ; le vent démolissait leurs constructions temporaires.
- قَالَ : Ici, « il dit » renvoie à Ibn Ishâq, l'auteur de la Sîra, qui reprend le récit.
- هُوِيًّا : Une partie de la nuit ; signifie un certain temps, une portion de la nuit.
- مَاذَا يَصْنَعُونَ : Ce qu'ils font ; ici au présent de narration.
- فُلَانُ بْنُ فُلَانٍ : Un tel, fils d'Un tel ; formule pour taire le nom réel.
- الْكُرَاعُ : Les chevaux ; littéralement « les pattes » (des chevaux), par métonymie les montures.
L'expédition contre les Banû Qurayza en l'an cinq [1].
Le retour de Hudhayfa auprès du Messager, [l'informant] de la lâcheté des associateurs et de leur départ : Hudhayfa dit : Je revins donc auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) alors qu'il était debout en prière, enveloppé dans un manteau 1 appartenant à l'une de ses épouses, fait de marâjil 2. Ibn Hishâm dit : Les marâjil sont une sorte de tissu rayé du Yémen. Lorsqu'il me vit, il me fit entrer sous ses jambes et jeta sur moi un pan du manteau, puis il s'inclina et se prosterna, tandis que j'étais dedans. Quand il eut salué [la fin de la prière], je l'informai de la nouvelle. Les Ghatafân, ayant appris ce qu'avaient fait les Quraysh, repartirent vers leurs terres. Le départ du Messager du fossé : Ibn Ishâq dit : Lorsque vint le matin, le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) quitta le fossé pour retourner à Médine 3 avec les musulmans, et ils déposèrent les armes. L'expédition contre les Banû Qurayza en l'an cinq [de l'Hégire] Ordre d'Allah à Son Messager par la langue de Gabriel de combattre les Banû Qurayza : À midi, Gabriel vint trouver le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) – comme me l'a rapporté az-Zuhrî – portant un turban 4 de brocart 5, monté sur une mule dont la selle 6 était recouverte d'un tapis de soie. Il dit : « As-tu déjà déposé les armes, ô Messager d'Allah ? » Il répondit : « Oui. » Gabriel dit alors : « Les anges n'ont pas encore déposé les armes, et ils ne reviennent que de la poursuite de ces gens. Allah – Puissant et Majestueux – t'ordonne, ô Muhammad, de marcher contre les Banû Qurayza ; quant à moi, je vais me diriger vers eux pour les ébranler. » L'appel du Messager aux musulmans au combat : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ordonna alors à un muezzin de proclamer parmi les gens : « Que celui qui entend et obéit ne prie la prière de l'Asr qu'après être arrivé chez les Banû Qurayza. » Nomination d'Ibn Umm Maktûm comme gouverneur de Médine : Il nomma Ibn Umm Maktûm comme gouverneur de Médine, selon ce que dit Ibn Hishâm. Avancée de 'Alî et son rapport au Messager de ce qu'il avait entendu de leurs insensés : Ibn Ishâq dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) envoya 'Alî ibn Abî Tâlib en avant avec son étendard vers les Banû Qurayza, et les gens s'élancèrent à sa suite. 'Alî ibn Abî Tâlib marcha jusqu'à ce qu'il s'approche des forteresses ; il y entendit des propos injurieux envers le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Il revint alors et rencontra le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) en chemin, et dit : « Ô Messager d'Allah, il n'y a pas de mal à ce que tu ne t'approches pas de ces vils individus. » Il demanda : « Pourquoi ? Je pense que tu as entendu de leur part des propos qui me blessent ? » Il répondit : « Oui, ô Messager d'Allah. » Il dit : « S'ils me voyaient, ils ne diraient rien de tel. » Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) s'approcha de leurs forteresses, il dit : « Ô frères des singes ! Allah vous a-t-il humiliés et a-t-il fait descendre sur vous Son châtiment ? » Ils répondirent : « Ô Abû al-Qâsim, tu n'as pas été ignorant. » Le Messager demanda qui était passé près d'eux ; on lui dit : Dihya, et il reconnut que c'était Gabriel : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) passa près d'un groupe de ses compagnons aux deux rochers 7 avant d'arriver chez les Banû Qurayza, et il demanda : « Quelqu'un est-il passé près de vous ? » Ils dirent : « Ô Messager d'Allah, Dihya ibn Khalîfa al-Kalbî est passé près de nous, monté sur une mule blanche avec une selle recouverte d'un tapis de soie. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit alors : « C'était Gabriel, envoyé aux Banû Qurayza pour ébranler leurs forteresses et jeter la terreur dans leurs cœurs. » Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) arriva chez les Banû Qurayza, il descendit près d'un de leurs puits, du côté de leurs biens, appelé le puits d'Anâ 8. Ibn Hishâm dit : Le puits d'Annâ. Ralliement des musulmans au Messager : Ibn Ishâq dit : Les gens le rejoignirent ; certains hommes arrivèrent après la prière du 'Ichâ' sans avoir prié l'Asr, à cause de la parole du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : « Que personne ne prie l'Asr sauf chez les Banû Qurayza. » Ce qui était inévitable dans leur combat les en empêcha, et ils refusèrent de prier avant d'arriver chez les Banû Qurayza, conformément à la parole du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Ils prièrent donc l'Asr chez eux après la prière du 'Ichâ', et Allah ne leur en fit pas reproche dans Son Livre, et le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ne les blâma pas pour cela 9. Ce hadith m'a été rapporté par Abû Ishâq ibn Yasâr, d'après Ma'bad ibn Ka'b ibn Mâlik al-Ansârî. Leur siège et le discours de Ka'b ibn Asad : Il dit 10 : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) les assiégea pendant vingt-cinq 11 nuits, jusqu'à ce que le siège les éprouve durement et qu'Allah jette la terreur dans leurs cœurs. Huyayy ibn Akhtab était entré avec les Banû Qurayza dans leur forteresse, lorsque les Quraysh et les Ghatafân s'étaient retirés d'eux, par fidélité à l'engagement qu'il avait pris envers Ka'b ibn Asad. Lorsqu'ils furent certains que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ne s'éloignerait pas d'eux sans les combattre, Ka'b ibn Asad leur dit : « Ô communauté des Juifs ! Vous voyez ce qui vous arrive. Je vous propose trois options ; choisissez celle que vous voulez. » Ils dirent : « Lesquelles ? » Il dit : « Suivons cet homme et croyons en lui. Par Allah, il vous est apparu clairement qu'il est un prophète envoyé, et qu'il est celui que vous trouvez mentionné dans votre Livre. Ainsi vous serez en sécurité pour vos vies, vos biens, vos enfants et vos femmes 12. » Ils dirent : « Nous n'abandonnerons jamais le jugement de la Torah et n'y substituerons rien d'autre. » Il dit : « Puisque vous refusez cette option, alors tuons nos enfants et nos femmes, puis sortons vers Muhammad et ses compagnons, l'épée dégainée, sans laisser derrière nous de charge ; qu'Allah juge entre nous et Muhammad. Si nous périssons, nous périssons sans laisser de descendance que nous craignions pour elle ; et si nous triomphons, par ma vie, nous retrouverons 13 les femmes et les enfants. » Ils dirent : « Tuer ces pauvres innocents ! Quel bien y a-t-il à vivre après eux ? » Il dit : « Puisque vous refusez cette option, alors cette nuit est celle du samedi, et il se peut que Muhammad et ses compagnons nous aient laissés tranquilles 14 ce jour-là. Descendez donc, peut-être pourrons-nous surprendre Muhammad et ses compagnons. » Ils dirent : « Nous profanerions notre sabbat et y introduirions ce que nul avant nous n'a fait, sauf ceux que tu sais, et ils furent frappés de ce qui ne t'est pas inconnu : la métamorphose ! » Il dit : « Aucun homme parmi vous, depuis que sa mère l'a enfanté, n'a passé une seule nuit de sa vie en étant avisé. » Abû Lubâba et son repentir : Il dit 15 : Ensuite, ils envoyèrent dire au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : « Envoie-nous Abû Lubâba 16 ibn 'Abd al-Mundhir, le frère des Banû 'Amr ibn 'Awf » – car ils étaient alliés des Aws – « pour que nous le consultions sur notre affaire. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) l'envoya donc vers eux. Lorsqu'ils le virent, les hommes se levèrent vers lui, et les femmes et les enfants se précipitèrent 17 vers lui en pleurant devant lui. Il eut pitié d'eux, et ils lui dirent : « Ô Abû Lubâba ! Penses-tu que nous devrions nous rendre au jugement de Muhammad 18 ? » Il dit : « Oui », et il fit un geste de la main vers sa gorge, [signifiant] que c'était l'égorgement 19. Abû Lubâba dit : « Par Allah, mes pieds n'avaient pas bougé de leur place que je sus que j'avais trahi Allah et Son Messager (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). » Puis Abû Lubâba partit sans se rendre auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) jusqu'à ce qu'il s'attache à un pilier de la mosquée, et dit : « Je ne quitterai pas cet endroit jusqu'à ce qu'Allah accepte mon repentir pour ce que j'ai fait. » Il fit le pacte avec Allah de ne jamais fouler le territoire des Banû Qurayza et de ne jamais être vu dans un pays où il avait trahi Allah et Son Messager. Ce qui fut révélé au sujet de la trahison d'Abû Lubâba : Ibn Hishâm dit : Allah – Très-Haut – révéla au sujet d'Abû Lubâba, selon ce que rapporta Sufyân ibn 'Uyayna d'après Ismâ'îl ibn Abî Khâlid d'après 'Abd Allah ibn Abî Qatâda : « Ô vous qui avez cru ! Ne trahissez pas Allah et le Messager, et ne trahissez pas sciemment les dépôts qui vous sont confiés. » (Coran 8:27)
La position du Messager envers Abû Lubâba et le repentir d'Allah sur lui : Ibn Ishâq dit : Lorsque la nouvelle de son acte parvint au Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, et qu'il avait tardé à revenir, il dit : « S'il était venu à moi, j'aurais imploré le pardon pour lui. Mais puisqu'il a fait ce qu'il a fait, je ne le libérerai pas de son lieu jusqu'à ce qu'Allah accepte son repentir. » Ibn Ishâq dit : Yazîd ibn ‘Abd Allah ibn Qusayt m'a rapporté que le repentir d'Abû Lubâba fut révélé au Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, à l'aube 20, alors qu'il se trouvait dans la maison de Umm Salama. Umm Salama 21 dit : J'ai entendu le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, rire à l'aube. Je dis : « Qu'est-ce qui te fait rire, ô Messager d'Allah ? Qu'Allah fasse sourire tes dents ! » Il dit : « Le repentir d'Abû Lubâba a été accepté. » Je dis : « Ne devrais-je pas lui annoncer la bonne nouvelle, ô Messager d'Allah ? » Il dit : « Oui, si tu veux. » Elle se tint à la porte de sa chambre, avant que le voile ne leur soit imposé, et dit : « Ô Abû Lubâba, réjouis-toi ! Allah a accepté ton repentir. » Elle dit : Les gens se précipitèrent vers lui pour le libérer, mais il dit : « Non, par Allah, jusqu'à ce que le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, me libère de sa propre main. » Lorsque le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, passa près de lui en sortant pour la prière de l'aube, il le libéra. Ce qui fut révélé au sujet du repentir d'Abû Lubâba : Ibn Hishâm dit : Abû Lubâba resta attaché au tronc pendant six nuits. Sa femme venait à chaque heure de prière, le détachait pour la prière, puis il retournait s'attacher au tronc, selon ce que m'a rapporté un savant. Le verset 22 qui fut révélé au sujet de son repentir est la parole d'Allah, Puissant et Majestueux : « Et d'autres ont avoué leurs péchés ; ils ont mêlé une bonne œuvre à une autre mauvaise. Il se peut qu'Allah accueille leur repentir. Car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (Coran 9:102) La conversion de quelques hommes des Banû Hudhal : Ibn Ishâq dit : Ensuite, Tha‘laba ibn Sa‘ya, Usayd ibn Sa‘ya et Asad ibn ‘Ubayd, qui étaient des hommes des Banû Hudhal, non des Banû Qurayza ni des Banû al-Nadîr, leur lignée étant au-dessus de cela, ils étaient les cousins du peuple, embrassèrent l'Islam cette nuit-là où les Banû Qurayza se rendirent au jugement du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui. L'affaire de ‘Amr ibn Su‘dâ : Cette nuit-là, ‘Amr ibn Su‘dâ al-Qurazî sortit et passa devant la garde du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, qui était sous le commandement de Muhammad ibn Maslama cette nuit-là. Lorsque celui-ci le vit, il dit : « Qui est-ce ? » Il répondit : « Je suis ‘Amr ibn Su‘dâ. » Or ‘Amr avait refusé de se joindre aux Banû Qurayza dans leur trahison envers le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, et avait dit : « Je ne trahirai jamais Muhammad. » Muhammad ibn Maslama, lorsqu'il le reconnut 23, dit : « Ô Allah, ne me prive pas de pardonner les faux pas des nobles ! » Puis il le laissa partir. Il partit donc jusqu'à atteindre 24 la porte de la mosquée du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, à Médine cette nuit-là, puis il disparut et on ne sut où il était allé sur terre jusqu'à ce jour. On rapporta son cas au Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, qui dit : « C'est un homme qu'Allah a sauvé grâce à sa loyauté. » Certains prétendent qu'il avait été attaché avec une corde 25 parmi ceux qui furent attachés des Banû Qurayza, lorsqu'ils se rendirent au jugement du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, et que le matin, sa corde fut trouvée jetée, sans qu'on sache où il était allé. Le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, prononça alors cette parole à son sujet. Allah sait ce qu'il en fut. La reddition des Banû Qurayza au jugement du Messager et l'arbitrage de Sa‘d : 26 Lorsque le matin vint, ils se rendirent au jugement du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui. Les Aws s'agitèrent et dirent : « Ô Messager d'Allah, ils 27 sont nos alliés, en dehors des Khazraj, et tu as fait hier pour les alliés de nos frères ce que tu sais. » Or le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, avant les Banû Qurayza, avait assiégé les Banû Qaynuqâ‘, qui étaient les alliés des Khazraj, et ils s'étaient rendus à son jugement. ‘Abd Allah ibn Ubayy ibn Salûl les lui avait demandés, et il les lui avait donnés. Lorsque les Aws lui parlèrent, le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, dit : « Ô communauté des Aws, ne seriez-vous pas satisfaits qu'un homme parmi vous juge à leur sujet ? » Ils dirent : « Si. » Le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, dit : « Alors cela revient à Sa‘d ibn Mu‘âdh. » Or le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, avait installé Sa‘d ibn Mu‘âdh dans une tente appartenant à une femme d'Aslam 28, appelée Rufayda, dans sa mosquée ; elle soignait les blessés et se consacrait au service des musulmans qui étaient dans le besoin. Le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, avait dit à son peuple, lorsqu'il fut touché par la flèche au Fossé : « Installez-le dans la tente de Rufayda, afin que je lui rende visite bientôt. » Lorsque le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, le désigna comme arbitre pour les Banû Qurayza, son peuple vint à lui et le porta sur un âne sur lequel ils avaient placé un coussin de cuir ; c'était un homme corpulent et beau. Puis ils vinrent avec lui auprès du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, en disant : « Ô Abû ‘Amr, sois bon envers tes alliés, car le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, ne t'a confié cela que pour que tu sois bon envers eux. » Lorsqu'ils insistèrent, il dit : « Il est temps pour Sa‘d de ne craindre, en Allah, le blâme d'aucun blâmeur. » Certains de ceux qui étaient avec lui, de son peuple, retournèrent à la demeure des Banû ‘Abd al-Ashhal et annoncèrent la mort des hommes des Banû Qurayza, avant que Sa‘d n'arrive auprès d'eux, à cause de la parole qu'ils avaient entendue de lui. Lorsque Sa‘d arriva auprès du Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, et des musulmans, le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, dit : « Levez-vous pour votre maître. » Quant aux émigrés de Quraysh, ils disent : « Le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, ne visait que les Ansâr. » Quant aux Ansâr, ils disent : « Le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, a généralisé cette parole. » Ils se levèrent donc vers lui et dirent : « Ô Abû ‘Amr, le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, t'a confié l'affaire de tes alliés pour que tu juges à leur sujet. » Sa‘d ibn Mu‘âdh dit : « Vous engagez-vous par le pacte d'Allah et son alliance à ce que le jugement à leur sujet soit ce que je jugerai ? » Ils dirent : « Oui. » « Et ceux qui sont ici ? » dit-il, en se tournant vers le côté où se trouvait le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, tout en se détournant de lui par respect. Le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, dit : « Oui. » Sa‘d dit : « Alors je juge que les hommes soient tués, les biens partagés, et les enfants et les femmes capturés. » La satisfaction du Messager quant au jugement de Sa‘d : Ibn Ishâq dit : ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâda m'a rapporté, d'après ‘Abd al-Rahmân ibn ‘Amr ibn Sa‘d ibn Mu‘âdh, d'après ‘Alqama ibn Waqqâs al-Laythî, que le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, dit à Sa‘d : « Tu as jugé à leur sujet selon le jugement d'Allah, au-dessus des sept cieux 29. » La raison pour laquelle les Banû Qurayza se rendirent au jugement de Sa‘d, selon l'avis d'Ibn Hishâm : Ibn Hishâm dit : Un savant digne de confiance m'a rapporté que ‘Alî ibn Abî Tâlib cria, alors qu'ils assiégeaient les Banû Qurayza : « Ô bataillons de la foi ! » et il s'avança, ainsi qu'al-Zubayr ibn al-‘Awwâm, et dit : « Par Allah, je goûterai ce qu'a goûté Hamza, ou je conquerrai leur forteresse. » Alors ils dirent : « Ô Muhammad, nous nous rendons au jugement de Sa‘d ibn Mu‘âdh. » Le massacre des Banû Qurayza : Ibn Ishâq dit : Ensuite, ils descendirent [de leur forteresse] et le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, les emprisonna à Médine dans la maison de Bint al-Hârith 30, une femme des Banû al-Najjâr. Puis le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, sortit.
Il les emmena au marché de Médine, qui est son marché aujourd'hui, y creusa des tranchées, puis envoya quelqu'un les chercher et leur fit trancher la tête dans ces tranchées, on les amenait à lui par groupes 31. Parmi eux se trouvaient l'ennemi d'Allah, Huyayy ibn Akhtab, et Ka'b ibn Asad, le chef du peuple. Ils étaient six cents ou sept cents, et certains disent même qu'ils étaient entre huit cents et neuf cents. On dit à Ka'b ibn Asad, alors qu'on les emmenait par groupes vers le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) : « Ô Ka'b, que penses-tu qu'il va nous faire ? » Il répondit : « En toute circonstance, ne comprenez-vous donc pas ? Ne voyez-vous pas que l'appelant ne cesse pas, et que celui qu'on emmène parmi vous ne revient pas ? Par Allah, c'est la mort ! » Et cela continua ainsi jusqu'à ce que le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) en eût fini avec eux. (Meurtre d'Ibn Akhtab et poème d'Ibn Jawwal à ce sujet) : On amena Huyayy ibn Akhtab, l'ennemi d'Allah, vêtu d'une tunique fagghāhiyya 32 – Ibn Hisham dit : fagghāhiyya : une sorte de tissu rayé – qu'il avait fendue de tous côtés de la largeur d'une phalange 33 pour qu'on ne la lui enlève pas, les mains liées au cou par une corde. Lorsqu'il vit le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui), il dit : « Par Allah, je ne me blâme pas pour mon inimitié envers toi, mais celui qu'Allah abandonne est abandonné. » Puis il se tourna vers les gens et dit : « Ô gens, il n'y a pas de mal à l'ordre d'Allah : c'est un Livre, un décret et une bataille qu'Allah a prescrite 34 aux fils d'Israël. » Puis il s'assit et on lui trancha la tête. Jabal ibn Jawwal ath-Tha'labi 35 dit : « Par ta vie, Ibn Akhtab ne s'est pas blâmé lui-même, / Mais celui qu'Allah abandonne est abandonné. / Il a combattu jusqu'à ce que son âme ait atteint son excuse, / Et il s'est agité, cherchant la gloire par toute agitation 36. » (Il ne tua qu'une seule femme parmi elles) : Ibn Ishaq dit : Muhammad ibn Ja'far ibn az-Zubayr m'a rapporté, d'après 'Urwa ibn az-Zubayr, d'après 'A'isha, la Mère des croyants, qu'elle a dit : « On ne tua parmi leurs femmes qu'une seule femme. » Elle dit : « Par Allah, elle était chez moi, parlant avec moi et riant à gorge déployée, tandis que le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) tuait ses hommes sur le marché, quand un héraut l'appela par son nom : 'Où est une telle ?' Elle répondit : 'Me voici, par Allah.' Elle dit : Je lui dis : 'Malheur à toi, qu'as-tu ?' Elle dit : 'Je vais être tuée.' Je dis : 'Pourquoi ?' Elle dit : 'Pour un incident que j'ai causé.' Elle dit : On l'emmena et on lui trancha la tête 37. 'A'isha disait : 'Par Allah, je n'oublie pas mon étonnement à son sujet : sa bonne humeur et ses grands rires, alors qu'elle savait qu'elle allait être tuée.' » Ibn Hisham dit : C'est elle qui avait jeté la meule sur Khallad ibn Suwayd et l'avait tué. (Histoire d'az-Zubayr ibn Bata) : Ibn Ishaq dit : Thabit ibn Qays ibn ash-Shammas, comme me l'a rapporté Ibn Shihab az-Zuhri, vint trouver az-Zubayr 38 ibn Bata al-Quradhi, surnommé Abu 'Abd ar-Rahman – et az-Zubayr avait fait une faveur à Thabit ibn Qays ibn Shammas à l'époque préislamique 39. Certains descendants d'az-Zubayr m'ont rapporté qu'il lui avait fait une faveur le jour de Bu'ath : il l'avait capturé, lui avait rasé le toupet, puis l'avait relâché. Thabit vint le trouver alors qu'il était un vieillard, et dit : « Ô Abu 'Abd ar-Rahman, me reconnais-tu ? » Il dit : « Comment quelqu'un comme moi ignorerait-il quelqu'un comme toi ? » Il dit : « J'ai voulu te récompenser pour la faveur que tu m'as faite. » Il dit : « Le généreux récompense le généreux. » Puis Thabit ibn Qays vint trouver le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) et dit : « Ô Messager d'Allah, az-Zubayr m'a fait une faveur, et j'aimerais la lui rendre ; accorde-moi donc sa vie. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) dit : « Il est à toi. » Il vint donc le trouver et dit : « Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) m'a accordé ta vie ; elle est à toi. » Il dit : « Un vieillard sans famille ni enfant, que ferait-il de la vie ? » Thabit vint alors trouver le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) et dit : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés, ô Messager d'Allah, accorde-moi 40 sa femme et son enfant. » Il dit : « Ils sont à toi. » Il vint donc le trouver et dit : « Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) m'a accordé ta famille et ton enfant ; ils sont à toi. » Il dit : « Une famille au Hijaz sans biens, comment survivraient-ils ainsi ? » Thabit vint alors trouver le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) et dit : « Ô Messager d'Allah, et ses biens ? » Il dit : « Ils sont à toi. » Thabit vint donc le trouver et dit : « Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) m'a donné tes biens ; ils sont à toi. » Il dit : « Ô Thabit, qu'a fait celui dont le visage était comme un miroir chinois dans lequel se miraient les jeunes filles de la tribu, Ka'b ibn Asad ? » Il dit : « Il a été tué. » Il dit : « Qu'a fait le seigneur du présent et de l'absent, Huyayy ibn Akhtab ? » Il dit : « Il a été tué. » Il dit : « Qu'a fait notre avant-garde quand nous chargions, et notre protecteur quand nous fuyions, 'Azzal ibn Samaw'al ? » Il dit : « Il a été tué. » Il dit : « Qu'ont fait les deux assemblées ? » – c'est-à-dire les Banu Ka'b ibn Qurayza et les Banu 'Amr ibn Qurayza – Il dit : « Ils sont partis, tués. » Il dit : « Alors je te demande, ô Thabit, par la faveur que je t'ai faite, de me rejoindre au peuple. Par Allah, il n'y a aucun bien dans la vie après ceux-là ; je ne supporterai pas d'Allah même le temps de puiser un seau d'eau 41 jusqu'à ce que je rejoigne les bien-aimés. » Thabit le fit donc avancer et on lui trancha la tête. Lorsque la parole « je rejoigne les bien-aimés » parvint à Abu Bakr as-Siddiq, il dit : « Il les rejoindra, par Allah, dans le feu de l'Enfer, y demeurant éternellement 42. » Ibn Hisham dit : « qiblata dalwin nādih 43 ». Zuhayr ibn Abi Sulma dit dans un poème à propos de « qibla » : « Et un receveur qui chante chaque fois que ses mains / Saisissent les anses, debout, versant 44. » Ce vers fait partie d'un poème de lui. Ibn Hisham dit : On rapporte aussi : « wa qābilun yutalaqqā », c'est-à-dire le receveur du seau qui le prend 45. (Histoire de 'Atiyya et Rifā'a) : Ibn Ishaq dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) avait ordonné de tuer tout homme pubère parmi eux. Ibn Ishaq dit : Shu'ba ibn al-Hajjaj m'a rapporté, d'après 'Abd al-Malik ibn 'Umayr, d'après 'Atiyya al-Quradhi, qui dit : « Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) avait ordonné de tuer tout pubère parmi les Banu Qurayza. J'étais un garçon, et ils constatèrent que je n'étais pas encore pubère, alors ils me laissèrent partir. » (Ibn Ishaq) 46 dit : Ayyub ibn 'Abd ar-Rahman ibn 'Abd Allah ibn Abi Sa'sa'a, frère des Banu 'Adi ibn an-Najjar, m'a rapporté que Salma bint Qays, Umm al-Mundhir, sœur de Sulayt ibn Qays – et elle était l'une des tantes maternelles du Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui), avait prié avec lui les deux qiblas 47 et lui avait prêté le serment des femmes – lui demanda de lui accorder Rifā'a ibn Samaw'al al-Quradhi, qui était un homme pubère et s'était réfugié auprès d'elle, car il les connaissait auparavant. Elle dit : « Ô Prophète d'Allah, que mon père et ma mère te soient sacrifiés, accorde-moi Rifā'a, car il prétend qu'il priera et mangera de la viande de chameau. » Il dit : Il le lui accorda, et elle le garda en vie. (Partage du butin des Banu Qurayza) : Ibn Ishaq dit : Ensuite, le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) partagea les biens des Banu Qurayza, leurs femmes et leurs enfants entre les musulmans. Ce jour-là, il établit les parts des cavaliers et celles des fantassins, et en préleva le quint 48. Le cavalier reçut trois parts : deux pour le cheval et une pour le cavalier ; le fantassin, qui n'avait pas de cheval, reçut une part. Les chevaux le jour des Banu Qurayza étaient au nombre de trente-six. Ce fut le premier butin pour lequel les parts furent établies et le quint prélevé. C'est sur cette base et selon ce que le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) avait fait que les partages eurent lieu, et la sunna 49 fut établie pour les expéditions militaires. Ensuite, le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) envoya Sa'd ibn Zayd al-Ansari, frère des Banu 'Abd al-Ashhal, avec des captives parmi les captives des Banu Qurayza au Najd, et il acheta pour eux des chevaux et des armes. (Histoire de Rayhāna) :
Il [le Prophète] avait choisi pour lui-même parmi leurs femmes Rayḥāna bint ‘Amr ibn Ḫunāfa 50, l’une des femmes des Banū ‘Amr ibn Qurayẓa 51. Elle resta chez le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – jusqu’à ce qu’il meure, alors qu’elle était sous sa possession 52. Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lui avait proposé de l’épouser et de lui imposer le voile 53, mais elle dit : « Ô Messager de Dieu, laisse-moi plutôt sous ta possession, cela est plus léger pour moi et pour toi. » Il la laissa donc. Or, lorsqu’elle avait été capturée, elle s’était montrée rétive à l’islam et n’avait accepté que le judaïsme ; le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – l’avait alors écartée, et il en avait ressenti de la peine. Alors qu’il était avec ses Compagnons, il entendit le bruit de deux sandales derrière lui et dit : « Ceci est Ṯa‘laba ibn Sa‘ya 54 qui m’annonce la bonne nouvelle de l’islam de Rayḥāna. » Celui-ci vint et dit : « Ô Messager de Dieu, Rayḥāna s’est convertie à l’islam. » Cela le réjouit à son sujet. (Ce qui fut révélé au sujet du Fossé et des Banū Qurayẓa) Ibn Isḥāq 55 dit : Dieu – qu’Il soit exalté – révéla dans le Coran, au sujet du Fossé et des Banū Qurayẓa, l’histoire dans la sourate des Coalisés, mentionnant ce qui fut révélé comme épreuve, Sa grâce envers eux et comment Il les en préserva, après les paroles de ceux qui, parmi les hypocrites, dirent : « Ô vous qui croyez, rappelez-vous le bienfait de Dieu sur vous, quand des troupes sont venues contre vous et que Nous avons envoyé contre elles un vent et des troupes que vous n’avez pas vues. Et Dieu voit parfaitement ce que vous faites » (33:9). Les troupes étaient Qurayš, Ġaṭafān et les Banū Qurayẓa. Les troupes que Dieu envoya contre elles, avec le vent, étaient les anges. Dieu – qu’Il soit exalté – dit : « Quand ils vinrent contre vous d’en haut et d’en bas, que les regards furent troubles et que les cœurs remontèrent aux gorges, et que vous formâtes sur Dieu des pensées diverses » (33:10). Ceux qui vinrent d’en haut étaient les Banū Qurayẓa, et ceux qui vinrent d’en bas étaient Qurayš et Ġaṭafān. Dieu – béni et exalté soit-Il – dit : « Là, les croyants furent éprouvés et secoués d’une violente secousse. Et quand les hypocrites et ceux qui ont une maladie au cœur dirent : “Dieu et Son Messager ne nous ont promis que tromperie” » (33:11-12), à cause des paroles de Mu‘attib ibn Qušayr 56 lorsqu’il dit ce qu’il dit. « Et quand une partie d’entre eux dit : “Ô gens de Yaṯrib 57, vous n’avez pas de place ici, retournez !” Et une fraction d’entre eux demanda au Prophète la permission de partir en disant : “Nos maisons sont exposées [à l’ennemi]” alors qu’elles ne l’étaient pas ; ils ne voulaient que fuir » (33:13), à cause des paroles d’Aws ibn Qayẓī 58 et de ceux de son peuple qui partageaient son avis. « Et si l’on était entré chez eux par ses côtés 59 », c’est-à-dire de Médine. (Explication par Ibn Hišām de certains termes rares) Ibn Hišām 60 dit : « Les côtés (al-aqṭār) : les flancs ; leur singulier est quṭr ; ce sont aussi les aqtār, dont le singulier est qatr. Al-Farazdaq 61 a dit : « Combien de richesses Dieu leur a-t-Il ouvertes, / Alors que les chevaux étaient accroupis sur les côtés (al-aqṭār) ? » On rapporte aussi : « sur les aqtār ». Ce vers est dans une de ses poésies. « Puis ils furent invités à la sédition 62 » (33:14) : c’est-à-dire le retour au polythéisme ; « ils y seraient venus et n’y auraient tardé que peu. » « Et pourtant ils avaient pris envers Dieu l’engagement de ne pas tourner le dos. Et l’engagement envers Dieu sera demandé » (33:14-15). Ce sont les Banū Ḥāriṯa 63 ; ce sont ceux qui, le jour d’Uḥud, faillirent fléchir avec les Banū Salima 64 lorsque les deux [tribus] faillirent fléchir le jour d’Uḥud ; puis ils prirent envers Dieu l’engagement de ne jamais recommencer. Il leur rappela donc ce qu’ils avaient donné d’eux-mêmes. Puis Dieu – qu’Il soit exalté – dit : « Dis : “La fuite ne vous sera d’aucune utilité si vous fuyez la mort ou le meurtre ; et alors vous ne jouirez [de la vie] que peu.” Dis : “Qui vous protégera de Dieu s’Il veut vous faire du mal ou s’Il veut vous faire miséricorde ?” Et ils ne trouveront pour eux, en dehors de Dieu, ni allié ni secoureur. Dieu connaît bien ceux d’entre vous qui entravent [les autres] » (33:16-18) : c’est-à-dire les hypocrites, « et ceux qui disent à leurs frères : “Venez à nous !” et ils ne viennent au combat que rarement » (33:18) : c’est-à-dire seulement pour se défendre et s’excuser 65. « Avides à votre égard » (33:19) : à cause de la rancune qui est dans leurs cœurs. « Quand la peur vient, tu les vois te regarder, leurs yeux tournent comme ceux de quelqu’un qui s’évanouit de mort » (33:19) : c’est-à-dire par crainte et effroi de celle-ci. « Puis quand la peur s’en va, ils vous lacèrent 66 avec des langues acérées » (33:19) : c’est-à-dire dans leurs paroles, en disant ce que vous n’aimez pas, car ils n’espèrent pas l’au-delà et aucun espoir de récompense ne les retient 67 ; ils craignent donc la mort comme celui qui n’espère rien après elle. (Explication par Ibn Hišām de certains termes rares) Ibn Hišām dit : « Ils vous lacèrent (salaqūkum) : ils exagèrent contre vous en paroles, vous brûlent et vous blessent. Les Arabes disent : “un orateur lacérant (ḫaṭīb sallāq)”, et “un orateur musliq et mislāq”. Al-A‘šā des Banū Qays ibn Ṯa‘laba 68 a dit : « En eux sont la gloire, la générosité et le courage, / En eux, et l’orateur lacérant (al-sallāq). » Ce vers est dans une de ses poésies. « Ils pensent que les coalisés ne sont pas partis » (33:20) : Qurayš et Ġaṭafān. « Et si les coalisés revenaient, ils souhaiteraient être des bédouins parmi les nomades, s’informant de vos nouvelles ; et s’ils étaient parmi vous, ils ne combattraient que peu » (33:20). Puis Il s’adressa aux croyants et dit : « Vous avez dans le Messager de Dieu un bel exemple pour celui qui espère Dieu et le Jour dernier » (33:21) : c’est-à-dire pour qu’ils ne préfèrent pas leurs propres personnes à la sienne, ni un lieu où il se trouve. Puis Il mentionna les croyants, leur sincérité et leur foi en ce que Dieu leur avait promis comme épreuve pour les éprouver 69, et dit : « Et quand les croyants virent les coalisés 70, ils dirent : “Voilà ce que Dieu et Son Messager nous avaient promis ; Dieu et Son Messager ont dit vrai.” Et cela ne fit qu’accroître leur foi et leur soumission » (33:22) : c’est-à-dire leur patience dans l’épreuve, leur soumission au décret, et leur foi en la vérité, lorsque Dieu – qu’Il soit exalté – et Son Messager – que Dieu prie sur lui et le salue – le leur avaient promis 71. Puis Il dit : « Parmi les croyants, il y a des hommes qui ont été sincères dans l’engagement qu’ils ont pris envers Dieu. Certains d’entre eux ont accompli leur vœu 72 » (33:23) : c’est-à-dire ont achevé leur œuvre et sont retournés à leur Seigneur, comme ceux qui furent martyrisés à Badr et à Uḥud. (Explication par Ibn Hišām de certains termes rares) Ibn Hišām dit : « Il a accompli son vœu (qaḍā naḥbah) : il est mort. Al-naḥb : l’âme, d’après ce que m’a rapporté Abū ‘Ubayda 73 ; son pluriel est nuḥūb. Ḏū al-Rumma 74 a dit : « Le soir où les Ḥāriṯiyyūn 75 s’enfuirent, après que / Hubar 76 eut accompli son vœu dans le lieu de rencontre des chevaux. » Ce vers est dans une de ses poésies. Hubar est l’un des Banū al-Ḥāriṯ ibn Ka‘b ; il veut dire Yazīd ibn Hubar. Al-naḥb (aussi) : le vœu. Ğarīr ibn al-Ḫaṭafī 77 a dit : « À Ṭiḫfa 78, nous avons combattu les rois, et nos chevaux, / Le soir de Bisṭām 79, coururent pour un vœu. » Il dit : pour un vœu qu’elles avaient fait de le tuer, et elles le tuèrent. Ce vers est dans une de ses poésies. Bisṭām : Bisṭām ibn Qays ibn Mas‘ūd al-Šaybānī, fils de Ḏī al-Ğaddayn. Abū ‘Ubayda m’a rapporté qu’il était le cavalier de Rabī‘a ibn Nizār. Ṭiḫfa : un lieu sur la route de Baṣra 80. Al-naḥb (aussi) : le pari (al-ḫiṭār), c’est-à-dire l’enjeu. Al-Farazdaq a dit : « Et quand Kalb 81 a parié contre les gens : lequel d’entre nous / Donne le plus pour le pari (al-naḥb) et est le plus généreux ? » Al-naḥb (aussi) : les pleurs. De là vient l’expression yuntaḥab 82. Al-naḥb (aussi) : le besoin et la préoccupation ; on dit : « Je n’ai aucun besoin (naḥb) auprès d’eux. » Mālik ibn Nuwayra al-Yarbū‘ī 83 a dit : « Je n’ai aucun besoin (naḥb) auprès d’eux, sinon que / Je cherche ce que tu cherches parmi les arbres du šadan 84. » Et Nuhār ibn Tawsī‘a 85, l’un des Banū Taym al-Lāt ibn Ṯa‘laba ibn ‘Ukāba ibn Ṣa‘b ibn ‘Alī ibn Bakr ibn Wā’il, a dit : Ibn Hišām dit : Ce sont des alliés des Banū Ḥanīfa 86 : « Et Yūsuf al-Ṯaqafī 87 fut sauvé par une course / Rapide, après que l’étendard fut tombé. / Si nous l’avions atteint, nous aurions accompli un vœu (naḥb) / En lui, et toute erreur a une compensation. » Al-naḥb (aussi) : la marche rapide et légère.
Ibn Isḥāq a dit : « Parmi eux, il en est qui attendent 88 33:23 », c'est-à-dire ce qu'Allah a promis comme secours, et l'attestation de ce sur quoi ses compagnons sont passés. Allah Très-Haut dit : « et ils n'ont rien changé 89 33:23 », c'est-à-dire qu'ils n'ont pas douté ni hésité dans leur religion, et ne l'ont pas échangé contre autre chose. « Afin qu'Allah récompense les véridiques pour leur véracité, et châtie les hypocrites, s'Il le veut, ou accepte leur repentir. Car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. Et Allah a repoussé ceux qui ont mécru avec leur rage 90 33:24-25 », c'est-à-dire Quraysh et Ghatafān, sans qu'ils n'obtiennent aucun bien. Allah a suffi aux croyants pour le combat, et Allah est Fort et Puissant. « Et Il a fait descendre de leurs forteresses 91 33:25-26 ceux des gens du Livre qui les avaient soutenus », c'est-à-dire les Banū Qurayẓa, « de leurs ṣayāṣī 92 33:26 », et les ṣayāṣī sont les forteresses et les tours où ils se trouvaient. Ibn Hishām a dit : Suḥaym, esclave des Banū al-Ḥisḥās (et les Banū al-Ḥisḥās sont des Banū Asad ibn Khuzayma), a dit : « Et les taureaux sont devenus gisants, et les femmes de Tamīm se sont précipitées vers les ṣayāṣī 93. » Ce vers fait partie d'un poème de lui. Les ṣayāṣī sont aussi les cornes. Al-Nābigha al-Ja‘dī a dit : « La couche de mon clan, jusqu'à ce que je reste seul, comme la ṣayṣiya 94 du borgne. » Il dit : la mort a frappé les nobles de mon clan. Ce vers fait partie d'un poème de lui. Abū Dāwūd al-Iyādī a dit : « Nous avons effrayé les noires ṣayāṣī 95 avec leurs mains, une aspersion de kohl et de poix. » Ce vers fait partie d'un poème de lui. Les ṣayāṣī sont aussi les pointes des tisserands, d'après ce que m'a rapporté Abū ‘Ubayda. Et il m'a récité de Durayd ibn al-Ṣimma al-Jushamī (Jusham ibn Mu‘āwiya ibn Bakr ibn Hawāzin) : « Je l'ai regardé, tandis que les lances 96 l'atteignaient 97, comme le choc des ṣayāṣī sur le tissu tendu. » Ce vers fait partie d'un poème de lui. Les ṣayāṣī sont aussi ce qui se trouve aux pattes des coqs, saillant comme de petites cornes. Les ṣayāṣī sont aussi les racines. Abū ‘Ubayda m'a rapporté que les Arabes disent : « Qu'Allah coupe sa ṣīṣiya », c'est-à-dire sa racine. Ibn Isḥāq a dit : « Et Il jeta la terreur dans leurs cœurs : un groupe vous tuez, et un groupe vous faites prisonniers 98 33:26 », c'est-à-dire tuer les hommes et capturer les enfants et les femmes. « Et Il vous a fait hériter de leur terre, de leurs demeures et de leurs biens, ainsi que d'une terre que vous n'aviez pas foulée 99 33:27 », c'est-à-dire Khaybar. « Et Allah est Omnipotent 100 33:27. » (Mort de Sa‘d ibn Mu‘ādh et ce qui apparut à cette occasion) : Ibn Isḥāq a dit : Lorsque l'affaire des Banū Qurayẓa fut terminée, la blessure de Sa‘d ibn Mu‘ādh se rouvrit, et il en mourut en martyr. Ibn Isḥāq 101 a dit : Mu‘ādh ibn Rifā‘a al-Zuraqī m'a raconté, d'après des hommes de mon clan que je voulais : Gabriel, sur lui la paix, vint au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, lorsque Sa‘d ibn Mu‘ādh mourut, au milieu de la nuit, enveloppé d'un turban de brocart, et dit : « Ô Muhammad, qui est ce mort pour lequel les portes du ciel se sont ouvertes et le Trône a tremblé 102 ? » Il dit : Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, se leva rapidement, traînant son vêtement, vers Sa‘d, et le trouva mort. Ibn Isḥāq 103 a dit : ‘Abd Allah ibn Abī Bakr m'a raconté, d'après ‘Amra bint ‘Abd al-Raḥmān, qui a dit : ‘Ā’isha revenait de La Mecque, avec elle Usayd ibn Ḥuḍayr. La mort de sa femme le frappa, et il en fut quelque peu attristé. ‘Ā’isha 104 lui dit : « Qu'Allah te pardonne, ô Abū Yaḥyā ! T'attristes-tu pour une femme, alors que tu as été frappé par la perte de ton cousin, et que le Trône a tremblé pour lui ? » Ibn Isḥāq a dit : Un homme que je ne soupçonne pas m'a raconté, d'après al-Ḥasan al-Baṣrī, qui a dit : Sa‘d était un homme corpulent. Lorsque les gens le portèrent, ils le trouvèrent léger. Des hommes parmi les hypocrites 105 dirent : « Par Allah, il était corpulent, et nous n'avons jamais porté de cercueil plus léger que le sien. » Cela parvint au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, qui dit : « Il a des porteurs autres que vous. Par Celui qui tient mon âme en Sa main, les anges se sont réjouis de l'esprit de Sa‘d, et le Trône a tremblé pour lui. » Ibn Isḥāq a dit : Mu‘ādh ibn Rifā‘a m'a raconté, d'après Maḥmūd ibn ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Amr ibn al-Jamūḥ, d'après Jābir ibn ‘Abd Allah, qui a dit : Lorsque Sa‘d fut enterré, alors que nous étions avec le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, le Messager d'Allah glorifia Allah, et les gens glorifièrent avec lui, puis il prononça le takbīr, et les gens prononcèrent le takbīr avec lui. Ils dirent : « Ô Messager d'Allah, pourquoi as-tu glorifié ? » Il dit : « La tombe de ce serviteur pieux s'est resserrée sur lui, jusqu'à ce qu'Allah l'élargisse pour lui. » Ibn Hishām a dit : Le sens de ce hadith est la parole de ‘Ā’isha : Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, a dit : « La tombe a une pression ; si quelqu'un devait en être sauvé, ce serait Sa‘d ibn Mu‘ādh. » Ibn Isḥāq a dit : Et c'est de Sa‘d qu'un homme des Ansār a dit : « Le Trône d'Allah n'a tremblé pour la mort d'aucun mort que nous ayons entendu, sauf pour Sa‘d, Abū ‘Amr. » Et la mère de Sa‘d, lorsque son brancard fut porté, en le pleurant – Ibn Hishām a dit : elle est Kubaysha bint Rāfi‘ ibn Mu‘āwiya ibn ‘Ubayd ibn Tha‘laba ibn ‘Abd ibn al-Abjar 106, et il est Khudra 107 ibn ‘Awf ibn al-Ḥārith ibn al-Khazraj – a dit : « Malheur à la mère de Sa‘d, Sa‘d 108 ! Pour sa fermeté et sa hardiesse 109, sa générosité et sa gloire, et son cavalier aguerri, il a comblé un vide, fendant les crânes 110. » Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, a dit : « Toute pleureuse ment, sauf la pleureuse 111 de Sa‘d ibn Mu‘ādh. » (Martyrs du jour du Fossé) : Ibn Isḥāq a dit : Il n'y eut de martyrs parmi les musulmans le jour du Fossé que six hommes. (Des Banū ‘Abd al-Ashhal) : Des Banū ‘Abd al-Ashhal : Sa‘d ibn Mu‘ādh, Anas ibn Aws ibn ‘Atīk ibn ‘Amr, et ‘Abd Allah ibn Sahl. Trois hommes. (Des Banū Jusham) : Des Banū Jusham ibn al-Khazraj, puis des Banū Salima : al-Ṭufayl ibn al-Nu‘mān et Tha‘laba ibn Ghanma. Deux hommes. (Des Banū al-Najjār) : Des Banū al-Najjār, puis des Banū Dīnār : Ka‘b ibn Zayd, atteint par une flèche perdue 112, qui le tua. (Explication d'Ibn Hishām pour certains termes rares) : Ibn Hishām a dit : « Flèche perdue » se dit « sahm gharab » ou « sahm gharab », avec ou sans annexion, et c'est celle dont on ne sait d'où elle vient ni qui l'a tirée 113. (Morts des associateurs) : Il y eut trois morts parmi les associateurs. (Des Banū ‘Abd al-Dār) : Des Banū ‘Abd al-Dār ibn Quṣayy : Munabbih ibn ‘Uthmān ibn ‘Ubayd ibn al-Sabbāq ibn ‘Abd al-Dār, atteint par une flèche, dont il mourut à La Mecque. Ibn Hishām a dit : C'est ‘Uthmān ibn Umayya ibn Munabbih ibn ‘Ubayd ibn al-Sabbāq. (Proposition des associateurs au Messager d'acheter le corps de Nawfal) : Ibn Isḥāq a dit : Des Banū Makhzūm ibn Yaqaẓa : Nawfal ibn ‘Abd Allah ibn al-Mughīra. Ils demandèrent au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, de leur vendre son corps. Il avait sauté dans le fossé, s'y était embourbé 114 et avait été tué. Les musulmans s'étaient emparés de son corps. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit : « Nous n'avons besoin ni de son corps ni de son prix. » Il les laissa donc faire. Ibn Hishām a dit : Ils offrirent au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, pour son corps dix mille dirhams, d'après ce qui m'est parvenu d'al-Zuhrī. (Des Banū ‘Āmir) : Ibn Isḥāq a dit : Des Banū ‘Āmir ibn Lu’ayy, puis des Banū Mālik ibn Ḥisl : ‘Amr ibn ‘Abd Wudd, tué par ‘Alī ibn Abī Ṭālib, qu'Allah l'agrée. Ibn Hishām a dit : Un homme digne de confiance m'a raconté, d'après Ibn Shihāb al-Zuhrī, qu'il a dit : ‘Alī ibn Abī Ṭālib tua ce jour-là ‘Amr ibn ‘Abd Wudd et son fils Ḥisl ibn ‘Amr.
- mirṭ : Manteau ou vêtement de laine, souvent rayé, porté en Arabie.
- marājil : Pluriel de mirjal ; tissu rayé du Yémen, souvent de couleur.
- al-Madīna : Médine, ville du Prophète, anciennement Yathrib.
- muʿtajiran : Qui porte un turban (ʿimāma) enroulé autour de la tête.
- istabraq : Brocart, étoffe de soie épaisse et richement décorée.
- riḥāla : Selle de chameau ou de mule, souvent ornée.
- aṣ-Ṣawrayn : Les deux rochers ; lieu-dit près de Médine.
- Biʾr Anā : Puits appelé 'Anā' ou 'Annā', situé dans la région des Banû Qurayza.
- lā ʿannafahum : Il ne les réprimanda pas ; indique que leur action était tolérée.
- qāla : Il dit ; référence à Ibn Ishâq, l'auteur de la Sîra.
- khamsan wa ʿishrīna : Vingt-cinq nuits ; durée du siège des Banû Qurayza.
- taʾmanūna ʿalā dimāʾikum : Vous serez en sécurité pour vos vies ; promesse de protection.
- la-najidanna : Nous retrouverons ; expression de certitude.
- ammanūnā : Ils nous ont laissés tranquilles ; trêve implicite le jour du sabbat.
- qāla : Il dit ; retour à Ibn Ishâq.
- Abū Lubāba : Compagnon du Prophète, nommé Bashîr ibn 'Abd al-Mundhir.
- jahasha : Se précipitèrent avec empressement et émotion.
- ḥukm Muḥammad : Jugement ou décision de Muhammad ; se soumettre à son arbitrage.
- adh-dhabḥ : Égorgement ; geste indiquant que la reddition mènerait à l'exécution.
- السَّحَر : Dernier tiers de la nuit, avant l'aube.
- أُمُّ سَلَمَةَ : Umm Salama, épouse du Prophète.
- الْآيَة : Verset coranique.
- عَرَفَهُ : Il le reconnut.
- أَتَى : Il arriva à.
- رُمَّة : Corde usée ou lien.
- قَالَ : Ibn Ishâq dit.
- إنَّهُمْ : Les Banû Qurayza.
- أَسْلَمَ : Tribu d'Aslam.
- سَبْعَةِ أَرْقِعَةٍ : Sept cieux, expression pour dire le Trône d'Allah.
- بِنْتِ الْحَارِثِ : Fille d'al-Hârith, une femme des Banû al-Najjâr.
- arsālan : Par groupes, par fournées.
- fagghāhiyya : Tunique rayée ou ornée de motifs, peut-être de couleur jaune (comme le coquelicot).
- unmula : Phalange du doigt, mesure de longueur.
- malḥama : Bataille sanglante, combat acharné.
- Jabal ibn Jawwal ath-Tha'labī : Poète arabe de l'époque préislamique et du début de l'islam.
- muqalqal : Agité, remuant ; ici, qui cherche la gloire par tous les moyens.
- ḍuribat 'unuquhā : On lui trancha la tête, littéralement 'on frappa son cou'.
- az-Zubayr ibn Bāṭā : Chef juif des Banu Qurayza, connu pour sa générosité.
- al-jāhiliyya : Période préislamique, littéralement 'l'ignorance'.
- hab : Accorde, donne (impératif de wahaba).
- fatla dalwin nāḍiḥ : Le temps de puiser un seau d'eau, expression pour un laps de temps très court.
- khālidan fīhā mukhalladan : Y demeurant éternellement, insistant sur l'éternité.
- qiblata dalwin nāḍiḥ : Variante de 'fatla dalwin nāḍiḥ' ; 'qibla' signifie ici 'le temps de puiser'.
- al-'arāqī : Anses du seau.
- yutalaqqā : Il reçoit, il prend (le seau).
- Ibn Ishaq : Muhammad ibn Ishaq, historien et biographe du Prophète.
- al-qiblatayn : Les deux directions de prière : Jérusalem puis La Mecque.
- al-khumus : Le quint, cinquième du butin prélevé pour le Trésor public.
- as-sunna : La tradition prophétique, ici la règle établie.
- Rayḥāna bint ‘Amr ibn Ḫunāfa : Rayḥāna, fille de ‘Amr ibn Ḫunāfa, une femme juive des Banū Qurayẓa, captive de guerre, que le Prophète épousa ou prit comme concubine.
- Banū ‘Amr ibn Qurayẓa : Une branche de la tribu juive des Banū Qurayẓa.
- sous sa possession : C'est-à-dire comme captive de guerre (concubine), non comme épouse libre.
- le voile : Le ḥijāb, signe du mariage légitime pour les femmes libres.
- Ṯa‘laba ibn Sa‘ya : Un compagnon du Prophète, de la tribu des Banū Qurayẓa, qui se convertit à l'islam.
- Ibn Isḥāq : Muhammad ibn Isḥāq (mort en 767), célèbre biographe du Prophète, auteur de la Sīra.
- Mu‘attib ibn Qušayr : Un hypocrite (munāfiq) de Médine qui douta de la promesse divine.
- Yaṯrib : Ancien nom de Médine avant l'islam.
- Aws ibn Qayẓī : Un hypocrite de Médine, de la tribu des Banū Ḥāriṯa.
- ses côtés : Les quartiers de Médine.
- Ibn Hišām : ‘Abd al-Malik ibn Hišām (mort en 833), éditeur et commentateur de la Sīra d'Ibn Isḥāq.
- Al-Farazdaq : Célèbre poète arabe de l'époque omeyyade (mort vers 728).
- la sédition : La fitna, ici le retour au polythéisme.
- Banū Ḥāriṯa : Une tribu de Médine, dont certains membres faillirent déserter à Uḥud.
- Banū Salima : Une autre tribu de Médine qui faillit fléchir à Uḥud.
- s'excuser : Al-ta‘ḏīr : le fait de se donner des excuses pour ne pas combattre.
- ils vous lacèrent : Salaqūkum : ils vous blessent par leurs paroles acerbes.
- aucun espoir de récompense ne les retient : Ḥisba : l'espoir d'une récompense divine.
- Al-A‘šā des Banū Qays ibn Ṯa‘laba : Poète arabe préislamique (mort vers 629).
- pour les éprouver : Yaḫtabiruhum : pour les tester.
- les coalisés : Al-aḥzāb : les tribus coalisées contre Médine.
- le leur avaient promis : Allusion à la promesse divine de victoire après l'épreuve.
- accompli leur vœu : Qaḍā naḥbah : a réalisé son vœu, c'est-à-dire est mort en martyr.
- Abū ‘Ubayda : Abū ‘Ubayda Ma‘mar ibn al-Muṯannā (mort vers 824), philologue et historien arabe.
- Ḏū al-Rumma : Poète arabe de l'époque omeyyade (mort vers 735).
- Ḥāriṯiyyūn : Les Banū al-Ḥāriṯ ibn Ka‘b, une tribu.
- Hubar : Yazīd ibn Hubar, un guerrier.
- Ğarīr ibn al-Ḫaṭafī : Célèbre poète arabe de l'époque omeyyade (mort vers 728).
- Ṭiḫfa : Un lieu-dit sur la route de Bassora.
- Bisṭām : Bisṭām ibn Qays, un héros de la tribu des Banū Šaybān.
- Baṣra : Ville d'Irak, fondée au VIIe siècle.
- Kalb : Tribu arabe.
- yuntaḥab : On pleure sur quelqu'un.
- Mālik ibn Nuwayra al-Yarbū‘ī : Poète et compagnon du Prophète, tué après la mort de Muhammad.
- šadan : Arbre ou arbuste, peut-être un type de bois.
- Nuhār ibn Tawsī‘a : Poète arabe de la tribu des Banū Taym al-Lāt.
- Banū Ḥanīfa : Tribu arabe de la Yamāma.
- Yūsuf al-Ṯaqafī : Personnage non identifié, peut-être un guerrier.
- yantaẓirūna : Ils attendent, en référence à l'attente de la réalisation de la promesse divine.
- mā baddalū tabdīlan : Ils n'ont pas changé, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas altéré leur engagement.
- bi-ghayẓihim : Avec leur rage, c'est-à-dire dans leur état de colère et de déception.
- min ṣayāṣīhim : De leurs forteresses ; ṣayāṣī est le pluriel de ṣīṣiya, signifiant forteresse ou tour fortifiée.
- al-ṣayāṣī : Pluriel de ṣīṣiya, désignant les forteresses ou les tours.
- al-ṣayāṣī : Ici, les ṣayāṣī désignent les forteresses ou les lieux fortifiés.
- ka-ṣayṣiyat al-a‘ḍab : Comme la corne du borgne ; ṣayṣiya désigne ici une corne unique ou une excroissance.
- suḥm al-ṣayāṣī : Les noires ṣayāṣī ; ṣayāṣī désigne ici les pointes ou les lances.
- al-rimāḥ : Les lances.
- tanūshuhu : L'atteignent, le frappent.
- farīqan taqtulūna wa ta’sirūna farīqan : Un groupe vous tuez et un groupe vous faites prisonniers.
- arḍan lam taṭa’ūhā : Une terre que vous n'aviez pas foulée, en référence à Khaybar.
- kāna Allāhu ‘alā kulli shay’in qadīran : Allah est Omnipotent, c'est-à-dire capable de toute chose.
- qāla ibn Isḥāq : Ibn Isḥāq a dit, introduisant une narration.
- ihtazza lahu al-‘arsh : Le Trône a tremblé pour lui, signe de l'importance de Sa‘d ibn Mu‘ādh.
- qāla ibn Isḥāq : Ibn Isḥāq a dit, introduisant une autre narration.
- qālat lahu ‘Ā’isha : ‘Ā’isha lui dit, en s'adressant à Usayd ibn Ḥuḍayr.
- al-munāfiqīn : Les hypocrites, ceux qui feignent la foi mais cachent l'incroyance.
- ibn al-abjar : Fils d'al-Abjar, nom propre.
- khudra : Khudra, nom d'une tribu ou d'un clan.
- waylu ummi sa‘din sa‘dan : Malheur à la mère de Sa‘d, Sa‘d ! Exclamation de lamentation.
- ṣarāmatan wa ḥaddā : Fermeté et hardiesse, qualités de Sa‘d.
- yaquddu hāman qaddā : Il fend les crânes, en parlant de Sa‘d comme guerrier.
- nā’iḥata : Pleureuse, femme qui pleure un mort en public.
- sahm gharab : Flèche perdue, dont l'origine est inconnue.
- sahm gharab : Flèche perdue, explication du terme.
- tawarraqa : S'embourber, tomber dans un piège ou un fossé.
Ce qui a été dit de poésie à propos de l'affaire du fossé [1] et de la tribu de Qurayza [2].
Ibn Hichâm a dit : On dit également 'Amr ibn 'Abd Wudd, et on dit : 'Amr ibn 'Abd. (Les martyrs musulmans le jour de la tribu de Qurayza) : Ibn Ishâq a dit : Furent martyrisés le jour de la tribu de Qurayza parmi les musulmans, puis parmi les Banû al-Hârith ibn al-Khazraj : Khallâd ibn Suwayd ibn Tha'laba ibn 'Amr. Une meule de moulin fut jetée sur lui et l'écrasa d'un écrasement violent. Et ils rapportent que l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Il aura certes la récompense de deux martyrs. » Et Abû Sinân ibn Muhsin ibn Harthân, frère des Banû Asad ibn Khuzayma, mourut alors que l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – assiégeait les Banû Qurayza. Il fut enterré dans le cimetière des Banû Qurayza, celui-là même où ils enterrent aujourd'hui, et c'est vers lui qu'ils enterrèrent leurs morts en Islam. (L'Envoyé annonça aux musulmans l'expédition contre Quraysh) : Et lorsque les gens du Fossé s'en retournèrent du Fossé, l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – dit, selon ce qui m'est parvenu : « Quraysh ne vous attaquera plus après cette année-ci, mais c'est vous qui les attaquerez. » Et Quraysh ne les attaqua plus après cela, et ce fut lui qui les attaqua, jusqu'à ce qu'Allah lui accorde la conquête de La Mecque. Ce qui fut dit comme poésie au sujet de l'affaire du Fossé et des Banû Qurayza (Poésie de Dirâr) : Et Dirâr ibn al-Khattâb ibn Mirdâs, frère des Banû Muhârib ibn Fihr, dit, au jour du Fossé : « Une femme pleine d'inquiétude conçoit de nous des soupçons, Alors que nous avons mené des (chevaux) rapides et broyants (charandasa tahûnâ) (1) Leur multitude ressemble à 'Uhud lorsque Ses flancs apparaissent aux regards (2) Tu vois les corps (des cavaliers) revêtus de cottes de mailles (musbaghât) Sur les héros, et de solides cuirasses (yalab hasînâ) (3) Et des (chevaux) efflanqués (jurud), pareils à des flèches, marqués (musawwamât), Par lesquels nous visons les égarés et les pécheurs (4) On dirait, lorsqu'ils chargent et que nous chargeons, À la porte des deux Fossés, qu'ils nous serrent la main (5) Des gens en qui nous ne voyons aucun homme sensé, Bien qu'ils aient dit : "Ne sommes-nous pas des gens sensés ?" Nous les avons assiégés un mois entier (kharîtâ) Et nous étions au-dessus d'eux, comme des dominateurs (6) Nous les assaillions tour à tour et nous venions chaque jour Contre eux, en armes, couverts de nos armures (mudajjajînâ) (7) Dans nos mains, des sabres aiguisés (sawârim murhafât) Par lesquels nous tranchons les jointures du crâne et les tempes (8) Leur éclat, lorsqu'ils sont dégainés (mu'arriyât), Quand ils brillent dans les mains de ceux qui les dégainent (muslitînâ) (9) Est comme l'éclat d'un éclair (aqîqa) qui a brillé dans la nuit, Tu vois en lui les éclairs distinctement (10) Sans le Fossé qui était devant eux, Nous les aurions anéantis tous ensemble Mais il s'est dressé entre eux, et ils étaient Par lui, à cause de notre peur, protégés (muta'awwidhînâ) Si nous partons, nous avons certes laissé Auprès de vos demeures, Sa'd en otage (rahînâ) Quand la nuit tombe, tu entends nos lamentations Sur Sa'd, qui répètent les gémissements (11) Et nous vous visiterons bientôt, Comme nous vous avons visités, en nous entraidant (mutawâzirînâ) (12) Avec une multitude de Kinâna, non dépourvus d'armes, Tels des lions de la forêt qui défendent leur tanière (13) » (Poésie de Ka'b en réponse à Dirâr) : Ka'b ibn Mâlik, frère des Banû Salima, lui répondit et dit : « Une femme qui interroge demande ce que nous avons subi, Mais si elle avait été témoin, elle nous aurait vus patients Nous avons patienté, ne voyant pour Allah nul égal, Confiant en Lui dans ce qui nous frappait Nous avions le Prophète comme un excellent soutien (wazîr sidq) Par lui nous surpassons toute la création Nous combattons des gens qui ont été injustes et ont désobéi, Et qui étaient, dans l'hostilité, aux aguets (mursidînâ) (14) Nous les hâtons, lorsqu'ils s'élèvent contre nous, Par une frappe qui devance les plus pressés Tu nous vois dans des cottes de mailles amples (fadâfid sâbighât) Comme des bassins d'eau (ghudrân) dans la plaine (malâ), revêtus (15) Et dans nos mains, des sabres blancs et légers (bîd khifâf) Par lesquels nous guérissons l'ardeur des rebelles (shâghibînâ) (16) À la porte des deux Fossés, comme si des lions, Leurs mâchoires (shawâbikuhunna) défendaient la tanière (17) Nos cavaliers, lorsqu'ils se lèvent tôt et reviennent le soir, Contre les ennemis, farouches (shûsâ) et marqués (mu'lamînâ) (18) Pour secourir Ahmad et Allah, jusqu'à Ce que nous soyons des serviteurs sincères et véridiques Et pour que les gens de La Mecque sachent, quand ils sont partis, Ainsi que les coalisés (ahzâb) qui sont venus en troupes (mutahazzibînâ) Qu'Allah n'a point d'associé, Et qu'Allah est le Protecteur (mawlâ) des croyants Si vous tuez Sa'd par sottise (safâhâ), Allah est le meilleur des Puissants (qâdirînâ) Il le fera entrer dans des jardins délicieux (jinanân tayyibât) Qui seront une demeure pour les justes De même qu'Il vous a repoussés, mis en déroute et dispersés (fallan sharîdâ), Dans votre rage, humiliés et déçus (khazâyâ khâ'ibînâ) (19) Humiliés, sans avoir obtenu aucun bien là-bas, Et vous avez failli être anéantis (dâmirînâ) (20) Par un vent violent (rîh 'âsif) qui s'est déchaîné contre vous, Et vous étiez, sous lui, comme frappés de stupeur (mutakammihînâ) (21) » (Poésie d'Ibn az-Ziba'râ) : Et 'Abd Allah ibn az-Ziba'râ as-Sahmî dit, au jour du Fossé : « Jusqu'aux demeures, dont la longue désolation (bulâ) et la succession des saisons (tarâwuh al-ahqâb) Ont effacé les traces reconnaissables (ma'ârif rasmihâ) (22) On dirait que les Juifs ont tracé leurs vestiges, Sauf l'auvent (kanîf) et le lieu d'attache des cordes (ma'qid al-atnâb) (23) Désertes (qafran), comme si tu n'avais pas joui en elles D'un bien-être avec de jeunes filles (awânis) du même âge (atrâb) (24) Laisse donc le souvenir du temps passé d'une vie agréable Et d'une demeure (mahalla) au séjour usé (khaliq al-maqâm), déserte (yabâb) (25) Et rappelle-toi le mérite (balâ') de certains hommes et remercie-les : Ils sont partis tous ensemble depuis les pierres dressées (ansâb) (26) Les pierres dressées de La Mecque, se dirigeant vers Yathrib, Dans une troupe nombreuse (dhî ghayâtil), une armée compacte (jahfal jabjâb) (27) Qui laisse les collines (huzûn) comme des routes connues (manâhij ma'lûma) À travers chaque plateau (nashr) apparent et chaque défilé (shi'âb) (28) Parmi eux, les chevaux de race (jiyâd), maigres (shawâzib), amenés du sud (majnûba), Au ventre creux (qubb al-butûn), aux flancs serrés (lawâhiq al-aqrâb) (29) De chaque (cavale) longue et élancée (salahba) et de chaque (cheval) robuste et long (ajrad salahb), Tel le lion (sayd) qui a devancé l'inattention des gardiens (ruqqâb) (30) L'armée de 'Uyayna, se dirigeant avec son étendard (liwâ'), Et en elle, Sakhr, le guide des coalisés (ahzâb) Deux nobles (qarmân), tels deux pleines lunes (badrayn), en qui se trouvaient La pluie du pauvre (ghayth al-faqîr) et le refuge des fuyards (ma'qil al-hurrâb) (31) Jusqu'à ce qu'ils arrivèrent à Médine et se ceignirent (irtadaw) Pour la mort de tout (sabre) éprouvé, tranchant (qaddâb) (32) Un mois et dix jours, dominant Muhammad Et ses Compagnons – dans la guerre, les meilleurs des compagnons – Ils crièrent leur départ au matin, et vous dîtes : "Nous avons failli être, par elle, parmi les perdants (khiyyâb)" Sans les fossés (khanâdiq), ils auraient laissé de leur multitude Des morts pour les oiseaux affamés (sughghab) (33) et les loups » (Poésie de Hassân) : Hassân ibn Thâbit al-Ansârî lui répondit et dit : « Est-ce qu'un vestige (rasm) d'une demeure usée (dârisa al-maqâm), déserte (yabâb) (34) Parle à un interlocuteur (li-muhâwir) (35) par une réponse ? Déserts (qafran), les nuages (sahâb) ont effacé leurs traces ('afârahum rusûmah) Ainsi que le souffle de tout nuage chargé de pluie (mutilla mirbâb) (36) Et j'y ai vu certes les jeunes gens (hâwil) qui les ornaient, Aux visages blancs (bîd al-wujûh), aux noblesses éclatantes (thawâqib al-ahsâb) (37) Laisse donc les demeures et le souvenir de toute vierge (kharîda) Blanche, à la conversation agréable (ânisa al-hadîth), à la beauté parfaite (ka'âb) (38) Et confie les soucis à Allah, ainsi que ce que tu vois De gens qui ont traité injustement l'Envoyé, pleins de colère (ghidâb) Ils sont partis tous ensemble vers lui, et ils ont ameuté (allabû) Les habitants des villages (qurâ) et les Bédouins des déserts (bawâdî al-a'râb) (39) L'armée de 'Uyayna et Ibn Harb parmi eux, Furieux (mutakhammitûn), avec la troupe des coalisés (halaba al-ahzâb) (40) Jusqu'à ce qu'ils arrivèrent à Médine et espérèrent (irtajaw) Les morts de l'Envoyé et le butin des dépouilles (maghnam al-aslâb) Et ils vinrent à nous, puissants (qâdirîn) avec leurs mains, Ils furent repoussés, dans leur rage, sur leurs talons (a'qâb) (41) Par le souffle d'un vent violent (mu'sifa) qui dispersa leur multitude, Et par les armées de ton Seigneur, le Maître des seigneurs (sayyid al-arbâb) (42) Allah suffit aux croyants pour les combattre, Et Il les récompensa en rétribution de la meilleure récompense Après qu'ils eurent désespéré (qanatû), Il dispersa leur multitude, Par la révélation d'un secours (tanzîl nasr) de notre Roi, le Donateur (wahhâb) Et Il réjouit l'œil de Muhammad et de ses Compagnons, Et Il humilia tout menteur plein de doute (murtâb) Au cœur rebelle ('âtî al-fu'âd), marqué (muwaqqa'), plein de suspicion (dhî rîba) Dans la mécréance, non pur de ses vêtements (athwâb) (43) Le malheur (shaqâ') s'est attaché à son cœur, et son cœur Est dans la mécréance jusqu'à la fin de ces temps (ahqâb) » (Poésie de Ka'b) : Et Ka'b ibn Mâlik lui répondit également, et dit : « Il nous a laissé, l'événement des guerres (hadath al-hurûb), un reste (baqiyya) De la meilleure donation (nihla) de notre Seigneur, le Donateur (wahhâb) (44) Des chamelles blanches (baydâ'), aux bosses élevées (mushrifa adh-dhurâ), et des lieux de pâture (ma'âtin) Aux troncs brûlants (humm al-judhû'), aux pis abondants (ghazîra al-ahlâb) (45) Comme le lupin (lûb) dont on prodigue l'abondance (jammuhâ) et le lait abondant (hafîluhâ) Au voisin, au cousin et au visiteur (muntâb) (46) Et des chamelles importées (nazâ'i'), pareilles aux outres (sarâh), qu'a nourries Le fourrage d'orge ('alaf ash-sha'îr) et la tonte de la luzerne (jizza al-miqdâb) (47) Dépourvues de poils aux jambes ('ariya ash-shawâ), et la chair (nahd) de leurs flancs est épaisse, Aux dos décharnés (jurud al-mutûn) et au reste des membres (ârâb) (48) Dociles (qûdan), elles s'élancent au cri (suyâh) lorsqu'elles partent tôt, À la manière des chiens de chasse (dirâ') qui s'élancent vers le dresseur (kallâb) (49) Elles protègent le troupeau (sâ'ima) des demeures, et parfois Elles abattent les ennemis et reviennent avec les dépouilles (aslâb) (50) Sauvages (hûsh al-wuhûsh), lancées (mutâra) au combat (wagha), Au visage sombre ('ubs al-liqâ'), à la race illustre (mubayyana al-injâb) (51) Elles ont été attachées (tallaqat) au repos (da'a), puis sont devenues grasses (buddan), À la chair épaisse (dukhs al-badî'), aux côtes légères (khafîfa al-aqsâb) (52) Elles partent tôt avec les cottes de mailles (zaghh) doublées (mudâ'af), en armure (shakka), Et avec des (lances) bien ajustées (mutrasât) dans le polissoir (thiqâf), qui atteignent leur but (siyâb) (53) Et des sabres (sawârim) dont les polisseurs (sayâqil) ont enlevé la rudesse (ghulbahâ), Et avec tout (cavalier) noble (arwa'), au lignage glorieux (mâjid al-ansâb) (54) »
Il joint la droite à un marn 1 rapproché... Sa chute fut confiée à Khabbâb 2 (55) Et un blanc 3 azuré dans la lance, comme s'il était, dans l'obscurité de la nuit, la lumière d'un météore (56) Et une troupe dont le bruit des armures repousse l'affrontement et repousse le tranchant des pointes de flèches (57) Rouge sombre 4, compacte, comme si ses lances (58) étaient, dans chaque rassemblement, un brasier de forêt (59) Elle se réfugie à l'ombre de l'étendard, comme si elle était, sur la hampe de khattî 5, l'ombre d'un aigle (60) Elle a épuisé Abû Karb 6 et a épuisé Tubba' 7, et sa bravoure a défié les Arabes des tentes (61) Et des exhortations de notre Seigneur, par lesquelles nous sommes guidés, par la langue d'un Azhar 8 aux vêtements purs (62) Elles nous furent présentées, et nous désirâmes leur mention, après qu'elles eurent été présentées aux factions (63) Des sagesses que les criminels, selon leur prétention, voient comme une gêne, et que comprennent les doués d'intelligence (64) Sakhîna 9 est venue pour défier son Seigneur, mais sera vaincu celui qui défie le Victorieux (65) Ibn Hishâm a dit : m'a raconté quelqu'un en qui j'ai confiance, il a dit : m'a raconté 'Abd al-Malik ibn Yahyâ ibn 'Abbâd ibn 'Abd Allâh ibn al-Zubayr, il a dit : lorsque Ka'b ibn Mâlik a dit : "Sakhîna est venue pour défier son Seigneur, mais sera vaincu celui qui défie le Victorieux" Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lui a dit : "Dieu t'a remercié, ô Ka'b, pour cette parole." Ibn Ishâq a dit : et Ka'b ibn Mâlik a dit le jour du Fossé 10 : Que celui qui est heureux d'un coup dont une partie se mêle à l'autre comme le crépitement des arbres secs brûlés (66) Vienne à une place de lions où sont aiguisées les épées (67), entre al-Madâd 11 et la vallée du Fossé (68) Ils sont habitués à frapper les guerriers marqués 12 et ont livré les âmes de leurs personnes au Seigneur de l'Orient (69) Dans un groupe par lequel Dieu a secouru Son Prophète, et Il était envers Son serviteur plein de bienveillance (70) Dans chaque cotte de mailles longue dont les pans tracent (71) comme un torrent dont le vent ondoyant s'est levé (72) Blanche, solide, comme si ses clous de mailles étaient les yeux de sauterelles, à la trame serrée et solide (73) Forte 13, que soutient le fourreau d'un sabre indien 14, au fer pur, tranchant et brillant (74) Voilà, avec la piété, notre vêtement le jour du combat et à chaque heure de vérité Nous joignons les épées, quand elles sont trop courtes, par notre pas en avant, et nous les faisons atteindre quand elles n'atteignent pas Tu vois les crânes, leurs sommets exposés, sans parler des mains, comme si elles n'avaient pas été créées (75) Nous rencontrons l'ennemi avec une masse compacte (76) qui repousse les troupes comme la saignée de la tête de l'Orient 15 (77) Et nous préparons pour les ennemis tout cheval élancé 16, alezan, aux paturons blancs et pie (78) Ils portent des cavaliers comme si leurs guerriers, au jour du combat, étaient des lions d'une pluie abondante 17 (79) Véridiques, ils offrent aux guerriers leurs morts sous la poussière 18 avec des lances de bois qui font périr (80) Dieu a ordonné de les attacher 19 pour Son ennemi dans la guerre, car Dieu est le meilleur pour accorder le succès Pour qu'ils soient une rage pour l'ennemi et une protection pour la demeure, si les chevaux des impétueux 20 s'avancent (81) Et Dieu le Puissant nous aide par une force de Lui et par la sincérité de la patience à l'heure de la rencontre Et nous obéissons à l'ordre de notre Prophète et nous lui répondons, et quand il appelle à une chose redoutable, nous ne sommes pas devancés Et quand il appelle aux difficultés, nous y venons, et quand nous voyons les zones de mort 21, nous y galopons (82) Celui qui suit la parole du Prophète, il est parmi nous obéi en son ordre, vraiment digne de foi C'est ainsi qu'Il nous secourt et manifeste notre puissance, et nous obtenons de cela une part de bienfait Ceux qui traitent Muhammad de menteur ont mécru et se sont égarés du chemin des pieux Ibn Hishâm a dit : m'a récité son vers : "Voilà, avec la piété, notre vêtement" Et son vers : "Celui qui suit la parole du Prophète" Abû Zayd. Et il m'a récité : "Elle repousse les troupes comme la tête de Quds 22 de l'Orient" (83) Ibn Ishâq a dit : et Ka'b ibn Mâlik a dit le jour du Fossé : Les coalisés ont su, quand ils se sont ligués contre nous et ont voulu notre religion, que nous ne pactisons pas (84) Des groupes de Qays ibn 'Aylân 23 rassemblés, et Khindif 24 ne savaient pas ce qui allait arriver (85) Ils nous repoussent de notre religion et nous les repoussons de la mécréance, et le Miséricordieux voit et entend (86) Quand ils nous provoquent dans une station, un secours vaste de Dieu nous aide contre leur provocation Et cela est la protection de Dieu sur nous et Sa grâce, et celui que Dieu ne protège pas est perdu Il nous a guidés vers la religion de la vérité et l'a choisie pour nous, et à Dieu appartiennent, au-dessus des artisans, les œuvres Ibn Hishâm a dit : ces vers font partie d'un poème de lui. Ibn Ishâq a dit : et Ka'b ibn Mâlik a dit le jour du Fossé : N'informe pas Quraysh que Sal' 25 et ce qui est entre al-'Urayd 26 et al-Simâd 27 (87) Sont des chamelles porteuses d'eau 28 dans les guerres, exercées, et des lances creusées depuis le temps de 'Âd 29 (88) Stables, où le murrâr 30 bouillonne, et elles ne sont ni des réservoirs ni des sources peu abondantes (89) Comme si la forêt et le papyrus 31 y étaient un rugissement 32 quand il se tache 33 pour la moisson (90) Et nous n'avons pas fait de notre commerce l'achat d'ânes pour la terre de Daws 34 ou de Murâd 35 (91) Un pays que nous n'avons soulevé que pour que nous combattions, si vous êtes désireux du combat (92) Nous avons soulevé la voie des Nabatéens 36 en lui, et tu n'as pas vu son pareil dans les vallées de Jalahât 37 (93) Nous avons retenu tout cheval rapide et de haute taille sur les butées, puissant et généreux (94) Répondez-nous à ce que nous vous demandons comme parole claire et juste (95) Sinon, patientez pour le combat d'un jour, de notre part, jusqu'à la moitié d'al-Madâd (96) Nous vous attaquerons au matin avec tout homme de guerre et tout cheval vigoureux (97) au licou docile Et toute jument rapide 38 au ventre léger, qui court comme le vol (98) des sauterelles jaunes (99) Et tout cheval aux articulations fines 39, à la poitrine large, parfait de corps, de la croupe et du garrot (100) Des chevaux qui ne sont pas négligés quand les chevaux des gens sont négligés pendant l'année de sécheresse (101) Ils tirent sur les rênes, inclinant les oreilles, quand l'appelant appelle à la panique (102) Quand les avertissements nous disent : "Préparez-vous", nous nous confions au Seigneur des serviteurs Et nous disons : ne dissipera ce que nous rencontrons que le coup des casques et le combat (103) Tu n'as pas vu de groupe, parmi ceux que nous avons rencontrés des peuples, sédentaire ou nomade (104) Plus ferme que nous dans la bravoure, quand nous le voulons, et plus doux dans l'amitié (105) Quand nous avons attaché sur elles (106) les chevaux de la lutte (107) dans les liens solides (108) Nous avons jeté dans les cottes de mailles tout faucon noble, dont la pierre à feu n'est pas lente à s'enflammer (109) Au nez aquilin (110), comme s'il était un lion au visage sévère, au matin où il apparaît (111) dans le fond de la vallée, partant tôt (112) Il couvre le sommet du héros aguerri de la lame du sabre, au fourreau relâché (113) Pour manifester Ta religion, ô Dieu, car nous sommes dans Ta main, guide-nous sur les chemins de la droiture Ibn Hishâm a dit : son vers : "Nous avons retenu tout cheval rapide et de haute taille" Et le vers qui le suit, et le troisième, et le quatrième, et son vers : "Au nez aquilin, comme s'il était un lion au visage sévère" Et le vers qui le suit, d'après Abû Zayd al-Ansârî. (Poème de Musâfi' 40 pleurant 'Amr) Ibn Ishâq a dit : et Musâfi' ibn 'Abd Manâf ibn Wahb ibn Hudhâfa ibn Jumah a dit, pleurant 'Amr ibn 'Abd Wudd 41 et mentionnant le meurtre de lui par 'Alî ibn Abî Tâlib : 'Amr ibn 'Abd était le premier cavalier à traverser al-Madâd, et il était le cavalier de Yalyal 42 (114) Généreux de caractère, noble, doué de force, cherchant le combat avec une armure, sans reculer (115) Et vous avez su, quand ils ont tourné le dos loin de vous, qu'Ibn 'Abd parmi eux n'a pas été pressé Jusqu'à ce que les guerriers l'entourent, et tous cherchaient ses points mortels, sans ménager leur peine (116) Et les lances ont entouré un cavalier au sud de Sal', non pas un lâche ni un penchant (117) Tu m'as enlevé, par la descente 43, le cavalier de Ghâlib 44, au sud de Sal' ; plût au ciel qu'il ne fût pas descendu Va donc, car je n'ai jamais obtenu par orgueil son pareil, ni rencontré un tel cas difficile (118) Que ma vie soit la rançon d'un cavalier de Ghâlib qui a rencontré la mort fatale sans vaciller (119) Je veux dire celui qui a traversé al-Madâd avec son poulain, cherchant la vengeance de gens qui n'ont pas été abandonnés (Poème de Musâfi' blâmant les cavaliers qui étaient avec 'Amr) Et Musâfi' a dit aussi, blâmant les cavaliers de 'Amr qui étaient avec lui, et qui ont fui loin de lui et l'ont laissé : 'Amr ibn 'Abd, et les chevaux qu'il conduit, des chevaux qu'on mène pour lui et des chevaux qu'on ferre (120)
Ses cavaliers ont mis en fuite et sa troupe a laissé... un pilier immense qui était en elle le premier 45. Étonnant, et si je m'étonne, je l'ai pourtant vu... Quoi que tu m'imposes, 'Amr descend 46. Ne t'éloigne pas, car j'ai été frappé par sa mort... Et j'ai rencontré avant la mort une chose pesante. Et Hubayra le dépouillé s'en est allé fuyant... Au combat, par peur d'être tué. Et Dirar, comme si la bravoure était présente en lui... S'en est allé comme s'en va le lâche désarmé 47. Ibn Hisham dit : Certains spécialistes de la poésie contestent qu'elle soit de lui. Et son dire : « 'Amr descend » vient d'autre qu'Ibn Ishaq. (Poème de Hubayra pleurant 'Amr et s'excusant de sa fuite) : Ibn Ishaq dit : Hubayra ibn Abi Wahb dit, s'excusant de sa fuite, pleurant 'Amr et mentionnant le meurtre de celui-ci par 'Ali : Par ma vie, je n'ai pas tourné le dos à Muhammad... Et à ses compagnons par lâcheté ni par peur de la mort. Mais j'ai retourné mon affaire et n'ai pas trouvé... Pour mon épée d'utilité si je frappais, ni pour mes flèches. Je me suis arrêté, et quand je n'ai pas trouvé d'avancée... Je me suis détourné comme un lion féroce père de lionceau 48. Il a détourné son cou de son adversaire quand il n'a pas trouvé... De retour, et cela était de mon fait 49. Ne t'éloigne pas, ô 'Amr, vivant ou mort... Et il est juste pour la beauté de l'éloge qu'un tel comme toi vienne d'un tel comme moi. Ne t'éloigne pas, ô 'Amr, vivant ou mort... Car tu es parti, loué dans tes louanges, noble d'origine 50. Qui donc pour la course des chevaux frappés par les lances... Et pour la gloire un jour près du hennissement des chamelles 51 ? Là, si le fils d'Abd avait été, il l'aurait visitée... Et soulagée vraiment, un jeune homme non vil 52. De ta part, sur moi, je ne vois pas de pareille position... Où je me suis tenu sur la hauteur de l'avancée comme un étalon 53. Tes deux mains n'ont pas obtenu en gloire son pareil... Par lui je suis à l'abri, tant que je vis, du glissement du pied. (Autre poème de Hubayra pleurant 'Amr) : Hubayra ibn Abi Wahb dit, pleurant 'Amr ibn 'Abd Wudd et mentionnant le meurtre de celui-ci par 'Ali : J'ai su, ô haute de Lu'ayy ibn Ghalib... Que son cavalier est 'Amr quand survient un malheur. Son cavalier est 'Amr quand le sommeille... 'Ali, et certes le lion est inévitablement recherché 54. Le soir où 'Ali l'appelle, et lui... Est son cavalier quand les bataillons reculent devant lui 55. Hélas mon âme ! J'ai laissé 'Amr... À Yathrib, que les malheurs n'y cessent jamais ! (Poème de Hassan se vantant du meurtre de 'Amr) : Hassan ibn Thabit dit, se vantant du meurtre de 'Amr ibn 'Abd Wudd : Votre reste, 'Amr, nous l'avons offert aux lances... À Yathrib, nous protégeons, et les protecteurs sont peu nombreux. Et nous vous avons tués avec chaque épée indienne... Et nous sommes les gouverneurs de la guerre quand nous attaquons. Et nous vous avons tués à Badr, et ainsi sont devenus... Vos assemblées parmi les périssants errant. Ibn Hisham dit : Certains spécialistes de la poésie contestent qu'elle soit de Hassan. Ibn Ishaq dit : Hassan ibn Thabit dit aussi à propos de 'Amr ibn 'Abd Wudd : Le jeune homme 'Amr ibn 'Abd est devenu au soir, cherchant... Au sud de Yathrib sa vengeance, sans être attendu 56. Tu as trouvé nos épées dégainées... Et tu as trouvé nos coursiers non raccourcis 57. Et tu as rencontré le matin de Badr une troupe... Qui t'a frappé d'un coup, non d'un coup de fatigue 58. Tu es devenu, on ne t'appelle plus pour un jour de grande affaire... Ô 'Amr, ni pour une chose grave et réprouvée. Ibn Hisham dit : Certains spécialistes de la poésie contestent qu'elle soit de Hassan 59. Ibn Ishaq dit : Hassan ibn Thabit dit aussi : N'annonce pas à Abi Hidm un message... Porté de loin, que les montures parcourent rapidement 60. Étais-je votre allié dans toute contrainte... Et autre que moi dans l'aisance est l'allié ? Et parmi vous un témoin, et certes il m'a vu... Soulever pour lui comme on porte un enfant. Ibn Hisham dit : Ces vers sont attribués à Rabi'a ibn Umayya al-Dili, et on en rapporte la fin : Tu as renversé le Khazrajite sur ses mains... Et le remède de mon âme était le Khazrajite. Et ils sont aussi attribués à Abi Usama al-Jushami. (Poème de Hassan le jour des Banu Qurayza et pleurant Ibn Mu'adh) : Ibn Ishaq dit : Hassan ibn Thabit dit le jour des Banu Qurayza, pleurant Sa'd ibn Mu'adh et mentionnant son jugement sur eux : Une larme a coulé de l'œil de mes yeux... Et il est juste que mon œil pleure sur Sa'd 61. Un tué qui repose dans un champ de bataille, affligés par lui... Des yeux aux larmes coulantes, au chagrin permanent 62. Sur la religion du Miséricordieux, héritier d'un jardin... Avec les martyrs, dont la délégation est la plus noble des délégations. Si tu nous as dit adieu et nous as laissés... Et tu es devenu dans une tombe sombre et obscure 63. Tu es celui, ô Sa'd, qui es revenu avec un témoignage... Généreux et des vêtements de générosité et de louange. Par ton jugement sur les deux clans de Qurayza, par ce que... Dieu a décrété sur eux, ce que tu as décrété délibérément. Et le jugement de Dieu a concordé avec ton jugement sur eux... Et tu n'as pas pardonné quand on a mentionné ce qui était du pacte. Si le sort du temps t'a emporté parmi ceux qui... Ont vendu cette vie pour leurs jardins éternels. Quelle belle destinée pour les véridiques quand ils sont appelés... Vers Dieu un jour pour la dignité et l'intention. (Poème de Hassan pleurant Ibn Mu'adh et d'autres) : Hassan ibn Thabit dit aussi, pleurant Sa'd ibn Mu'adh et des hommes parmi les compagnons du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, parmi les martyrs, et les mentionnant pour le bien qui était en eux : Hélas, ô mon peuple, y a-t-il un repousseur pour ce qui est décrété... Et ce qui est passé de la bonne vie revient-il 64 ? Je me suis rappelé un temps passé, et ont coulé... Les larmes des yeux, et ont débordé de moi les pleurs 65. Ardeur 66 de passion m'a rappelé des bien-aimés 67... Et des tués passés 68 parmi lesquels Tufayl 69 et Rafi'. Et Sa'd, et ils sont devenus dans les jardins, et ont été désolées... Leurs demeures, et la terre d'eux est déserte 70. Ils ont tenu parole le jour de Badr envers le Messager, et au-dessus d'eux... Les ombres des destins et les épées étincelantes. Il a appelé, et ils lui ont répondu avec vérité, et tous... Lui obéissant en toute affaire et écoutant. Ils n'ont pas faibli 71 jusqu'à ce qu'ils s'en aillent en groupe... Et ne coupent les termes que les combats 72. Car ils espèrent de lui une intercession... Quand il n'y aura que les prophètes intercesseurs. Voilà, ô meilleur des serviteurs, notre épreuve 73... Notre réponse à Dieu, et la mort est inéluctable 74. À nous le premier pas vers toi, et derrière nous 75... Pour notre premier dans la religion 76 de Dieu, un suivant. Et nous savons que la royauté est à Dieu seul... Et que le décret de Dieu est inévitablement advenu. (Poème de Hassan le jour des Banu Qurayza) : Hassan ibn Thabit dit aussi le jour des Banu Qurayza 77 : Qurayza a rencontré ce qui l'a rendue triste... Et elle n'a trouvé pour l'humiliation aucun secoureur 78. Un malheur les a frappés, dans lequel il y avait... Autre que ce qui a frappé les Banu al-Nadir. Le matin où vint à eux, volant vers eux... Le Messager de Dieu, comme la lune lumineuse. Il a des chevaux alignés qui se succèdent... Avec des cavaliers sur eux comme des faucons 79. Nous les avons laissés, et ils n'ont rien obtenu... Leurs sangs sur eux comme une mare 80. Ils sont gisants, les oiseaux tournoyant 81 autour d'eux... Ainsi est rétribué 82 l'entêté pervers 83. Avertis donc de la même manière, par conseil, Quraysh... De la part du Miséricordieux, si elle accepte mon avertissement 84. Et Hassan ibn Thabit dit au sujet des Banu Qurayza : Qurayza a rencontré ce qui l'a rendue triste... Et une humiliation vile s'est abattue sur leur forteresse. Et Sa'd les avait avertis par conseil... Que votre Dieu est un Seigneur majestueux. Ils n'ont cessé de violer le pacte jusqu'à ce que... Le Messager les ait frappés dans leur pays 85. Des rangs des nôtres ont encerclé leur forteresse... D'où vient, de la chaleur de leur choc, un cliquetis 86. Et Hassan ibn Thabit dit aussi le jour des Banu Qurayza : Ont disparu des gens qui ont secouru Quraysh... Et ils n'ont pas, dans leur pays, de secoureur 87. Ils ont reçu le Livre et l'ont perdu... Et ils sont aveugles de la Torah, vils 88. Vous avez mécru au Coran, alors que vous êtes venus... Avec la confirmation de ce qu'a dit l'avertisseur. Il a été facile pour les nobles des Banu Lu'ayy... Un incendie à al-Buwayra qui s'est propagé 89. (Poème d'Abu Sufyan en réponse à Hassan) : Abu Sufyan ibn al-Harith ibn 'Abd al-Muttalib lui répondit : Que Dieu perpétue cet acte... Et qu'Il brûle dans ses voies le feu ardent 90.
Tu sauras bientôt lequel de nous est exempt de cela 91 ... Et tu sauras quelle de nos terres tu vas endommager 92. Si les palmiers y avaient été des montures, ils auraient dit : « Nul séjour pour vous, partez donc ! » (Poème d'Ibn Jawwāl en réponse à Hassān) : Et Jabal ibn Jawwāl ath-Tha'labī lui répondit également, pleurant an-Nadīr 93 et Qurayẓa 94, et dit : Hélas, ô Sa'd, Sa'd des Banū Mu'ādh 95, pour ce que subirent Qurayẓa et an-Nadīr ! Par ta vie ! Certes, Sa'd des Banū Mu'ādh, au matin où ils furent emportés, est le patient 96. Quant au Khazrajī 97, Abū Ḥubāb 98, il dit à Qaynuqā' 99 : « Ne partez pas ! »
- mārin : Partie antérieure du nez, ou extrémité de l'épaule ; ici, peut-être une métaphore pour une partie du corps ou de l'arme.
- Khabbāb : Khabbāb ibn al-Aratt, compagnon du Prophète, connu pour sa patience face aux persécutions.
- aġarr : Blanc, éclatant ; souvent utilisé pour décrire un cheval ou une épée.
- ja'wā : Rouge sombre, couleur de la terre ou du sang séché.
- khaṭṭī : Lance en bois de khatt, région d'Oman réputée pour ses lances.
- Abū Karb : Roi himyarite, probablement Abū Karb As'ad, connu pour ses expéditions.
- Tubba' : Titre des rois himyarites du Yémen.
- Azhar : Lumineux, éclatant ; peut désigner le Prophète ou un homme vertueux.
- Sakhīna : Surnom de Quraysh, signifiant 'la chaude' ou 'la brûlante', en référence à leur orgueil.
- Yawm al-Khandaq : Bataille du Fossé (5 H.), où les musulmans creusèrent un fossé pour défendre Médine.
- al-Madād : Lieu près de Médine, peut-être une vallée ou un point d'eau.
- al-mu'limīn : Guerriers marqués par des blessures ou des signes de bravoure.
- jadlā' : Forte, solide ; qualifie une cotte de mailles bien tissée.
- muhannad : Sabre indien, réputé pour sa qualité.
- ra's al-mashriq : Littéralement 'tête de l'Orient' ; peut désigner un lieu ou une métaphore pour une saignée décisive.
- muqallaṣ : Cheval élancé, aux membres fins.
- ṭall multhiq : Pluie abondante qui rend le sol glissant ; métaphore pour la force et l'agilité.
- taḥta al-'imāya : Sous la poussière soulevée par la bataille.
- rabṭihā : Attacher les chevaux, les préparer pour le combat.
- nuzzaq : Impétueux, emportés ; qualifie des chevaux ou des guerriers.
- al-ḥawmāt : Zones de mort, endroits dangereux de la bataille.
- Quds : Jérusalem ; ici, peut-être une métaphore pour une hauteur ou un lieu sacré.
- Qays ibn 'Aylān : Grande tribu arabe du nord.
- Khindif : Ancêtre éponyme d'une branche des Mudar.
- Sal' : Montagne près de Médine.
- al-'Urayḍ : Vallée ou lieu-dit près de Médine.
- al-Ṣimād : Lieu près de Médine, peut-être une région.
- nawāḍiḥ : Chamelles porteuses d'eau ; métaphore pour les guerriers ou les armes.
- 'Ād : Ancien peuple arabe, réputé pour sa force et sa longévité.
- murrār : Plante amère ; peut désigner une eau saumâtre.
- al-bardī : Papyrus, plante des marais.
- ajašsh : Rugissement, bruit sourd.
- tabaqqa'a : Se tacher, se couvrir de taches ; peut-être en référence à la couleur des plantes.
- Daws : Tribu arabe du Yémen.
- Murād : Tribu arabe du Yémen.
- sikkat al-anbāṭ : Voie des Nabatéens, route commerciale ou militaire.
- Jalahāt : Vallées ou lieux-dits ; peut-être des régions de l'Arabie.
- ṭimirra : Jument rapide, légère.
- muqallaṣ al-ārāb : Aux articulations fines, élancé.
- Musāfi' : Poète de Quraysh, probablement un adversaire des musulmans.
- 'Amr ibn 'Abd Wudd : Cavalier célèbre de Quraysh, tué par 'Alî à la bataille du Fossé.
- Yalyal : Lieu ou montagne ; peut-être un point d'eau.
- al-nizāl : Descente de cheval pour le combat singulier.
- Ghālib : Tribu ou clan ; peut-être les Banû Ghâlib.
- ajlat fawārisuhu wa ghādara rahṭuhu... ruknan ʿaẓīman kāna fīhā awwalu : Vers de poésie décrivant la perte d'un grand pilier (personnage important) lors d'un combat.
- ʿamran yanzilu : Expression signifiant que 'Amr (le héros) descend (au combat ou dans la tombe).
- al-aʿzalu : Le lâche, celui qui n'a pas d'arme ou de force.
- ḍirghāmi hizabin abī shibli : Lion féroce, père de lionceau ; métaphore pour un guerrier courageux.
- thana ʿiṭfahu ʿan qirnihi : Il a détourné son cou de son adversaire, signifiant qu'il a fui.
- mājida al-aṣli : Noble d'origine, de race pure.
- qarqarata al-bazli : Hennissement des chamelles ; métaphore pour le tumulte du combat.
- ibnu ʿabdin : Fils d'Abd (serviteur) ; désigne un homme libre ou un héros.
- najdi al-muqaddami : Hauteur de l'avancée ; lieu élevé d'où l'on domine le combat.
- yasūmuhu ʿaliyyun : 'Ali le sommeille ou le provoque ; sens : 'Ali le défie.
- khāma ʿanhu al-katā'ibu : Les bataillons reculent devant lui.
- lam yunẓar : Sans être attendu ; sens : il n'a pas eu de répit.
- lam tuqṣar : Non raccourcis ; sens : les chevaux n'ont pas été retenus.
- ḍarba ghayra ḍarbi al-ḥussari : Coup non de fatigue ; sens : un coup mortel, pas un coup faible.
- yunkirahu li-ḥassān : Conteste qu'elle soit de Hassan ; certains doutent de l'attribution.
- mughalghalatan takhubbu bihā al-maṭiyyu : Message porté de loin que les montures parcourent rapidement.
- sajamat min damʿi ʿaynī ʿabratun : Une larme a coulé de mon œil ; expression poétique pour pleurer.
- dhawārī al-damʿi dā'imatu al-wajdi : Aux larmes coulantes, au chagrin permanent.
- ghabrā'a muẓlimati al-laḥdi : Tombe sombre et obscure.
- ḥumma : Décrété ; ce qui est inévitable.
- banātu al-ḥashā : Les larmes des yeux ; littéralement 'filles de l'entraille'.
- ṣabābatu : Ardeur, passion intense.
- aḥibbatan : Bien-aimés ; pluriel de ḥabīb.
- qatlā maḍā : Tués passés ; les martyrs morts.
- ṭufaylun : Tufayl ; nom d'un compagnon martyr.
- balāqiʿu : Désertes, vides ; pluriel de balqaʿ.
- mā nakalū : Ils n'ont pas faibli ; ils n'ont pas reculé.
- al-maṣāriʿu : Les combats, les lieux de mort.
- balā'unā : Notre épreuve ; ici, notre action méritoire.
- al-mawtu nāqiʿun : La mort est inéluctable ; littéralement 'buvant'.
- al-qadamu al-ūlā ilayka : Le premier pas vers toi ; priorité dans l'islam.
- millati : Religion ; ici, la religion de Dieu.
- yawmi banī qurayẓata : Le jour des Banu Qurayza ; expédition contre la tribu juive.
- mā sāhā : Ce qui l'a rendue triste ; ce qu'elle a détesté.
- ka-l-ṣuqūri : Comme des faucons ; métaphore pour la rapidité et la force.
- ka-l-ghadīri : Comme une mare ; le sang coule abondamment.
- taḥūmu : Tournoient ; les oiseaux charognards.
- yudānu : Est rétribué ; reçoit son châtiment.
- al-ʿanadi al-fajūri : L'entêté pervers ; celui qui persiste dans l'erreur.
- nadhīrī : Mon avertissement ; la prédication.
- falāhum : Les a frappés ; les a vaincus.
- ṣalīlun : Cliquetis ; bruit des épées.
- tafāqada maʿsharun : Ont disparu des gens ; ont péri.
- būru : Vils, perdus ; pluriel de bā'ir.
- ḥarīqun bi-l-buwayrati mustaṭīrun : Incendie à al-Buwayra qui s'est propagé ; allusion à un événement.
- saʿīrun : Feu ardent ; châtiment divin.
- nuzh : Exemption, éloignement (de tout blâme ou défaut).
- taḍīr : Endommager, nuire (en parlant de la terre).
- an-Naḍīr : Tribu juive de Médine, expulsée après la bataille de la Tranchée.
- Qurayẓa : Tribu juive de Médine, dont les hommes furent exécutés après la bataille de la Tranchée.
- Sa'd ibn Mu'ādh : Chef des Aws, arbitre dans l'affaire de Qurayẓa.
- aṣ-Ṣabūr : Le très patient, attribut divin ou qualificatif de Sa'd.
- al-Khazrajī : Membre de la tribu des Khazraj, rivale des Aws.
- Abū Ḥubāb : Surnom de 'Abdallāh ibn Ubayy, chef des hypocrites de Médine.
- Qaynuqā' : Tribu juive de Médine, expulsée après la bataille de Badr.
Le meurtre de Sallâm ibn Abî al-Huqayq [1]
Les maîtres de Ḥuḍayr ont été remplacés par Usayd, et les vicissitudes tournent (1). Al-Buwayra est devenue déserte de Salām, de Sa‘ya et d’Ibn Akhṭab ; elle est en ruine. Ils étaient, dans leur cité, pesants comme pèsent les rochers sur Mīṭān (2). Si Abū Ḥakam Salām périt, il n’était ni d’armes usées ni méprisable (3). Et tous deux, les devins, étaient parmi eux, avec la douceur, les puissants faucons (4). Nous avons trouvé la gloire sur laquelle ils se sont établis, une gloire que les pleines lunes ne voilent pas (5). Levez-vous, ô nobles des Aws, en elle, comme si vous étiez, par honte, aveugles (6). Vous avez laissé votre chaudron vide de toute chose, tandis que le chaudron du peuple bouillonne et bout. **Meurtre de Sallām ibn Abī al-Ḥuqayq** **(Demande d’autorisation des Khazraj au Prophète pour tuer Ibn Abī al-Ḥaqīq)** Ibn Isḥāq dit : Lorsque l’affaire du Fossé et celle des Banū Qurayẓa furent achevées, Sallām ibn Abī al-Ḥuqayq – qui est Abū Rāfi‘ – faisait partie de ceux qui avaient coalisé les partis contre le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui). Or, avant Uḥud, les Aws avaient tué Ka‘b ibn al-Ashraf en raison de son hostilité envers le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) et de ses incitations contre lui. Les Khazraj demandèrent alors au Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) l’autorisation de tuer Sallām ibn Abī al-Ḥuqayq, qui se trouvait à Khaybar, et il la leur accorda. Ibn Isḥāq dit : Muḥammad ibn Muslim ibn Shihāb al-Zuhrī m’a rapporté d’après ‘Abd Allāh ibn Ka‘b ibn Mālik, qui dit : Parmi ce qu’Allāh fit pour Son Messager (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui), il y eut que ces deux clans des Anṣār – les Aws et les Khazraj – rivalisaient avec le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) comme deux étalons qui s’affrontent. Les Aws ne faisaient rien pour le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) qui fût d’un mérite éclatant sans que les Khazraj ne disent : « Par Allāh, vous n’obtiendrez pas cela comme une supériorité sur nous auprès du Messager d’Allāh et dans l’Islam. » Il dit : Ils ne cessaient pas jusqu’à ce qu’ils accomplissent un acte similaire. Et lorsque les Khazraj faisaient quelque chose, les Aws disaient de même. Lorsque les Aws eurent tué Ka‘b ibn al-Ashraf en raison de son hostilité envers le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui), les Khazraj dirent : « Par Allāh, vous n’obtiendrez jamais cela comme une supériorité sur nous. » Il dit : Ils se consultèrent : « Quel homme est, pour le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui), dans l’hostilité, comparable à Ibn al-Ashraf ? » Ils mentionnèrent Ibn Abī al-Ḥuqayq, qui se trouvait à Khaybar. Ils demandèrent donc au Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) l’autorisation de le tuer, et il la leur accorda. **(Le groupe qui partit pour tuer Ibn Abī al-Ḥuqayq et leur récit)** Cinq hommes des Khazraj, des Banū Salima, partirent vers lui : ‘Abd Allāh ibn ‘Atīk, Mas‘ūd ibn Sinān, ‘Abd Allāh ibn Unays, Abū Qatāda al-Ḥārith ibn Rib‘ī, et Khuzā‘ī ibn Aswad, un allié d’Aslam. Ils partirent, et le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) nomma ‘Abd Allāh ibn ‘Atīk comme leur commandant, et leur interdit de tuer un enfant ou une femme. Ils partirent jusqu’à ce qu’ils arrivèrent à Khaybar. Ils vinrent de nuit à la demeure d’Ibn Abī al-Ḥuqayq, et ils ne laissèrent aucune maison dans la demeure sans en fermer la porte sur ses occupants. Il dit : Il se trouvait dans une chambre haute à laquelle on accédait par un escalier. Il dit : Ils montèrent par cet escalier jusqu’à se tenir à sa porte. Ils demandèrent à entrer chez lui. Sa femme sortit vers eux et dit : « Qui êtes-vous ? » Ils dirent : « Des gens des Arabes qui cherchent des provisions. » Elle dit : « Voici votre homme, entrez chez lui. » Il dit : Lorsque nous fûmes entrés chez lui, nous fermâmes la chambre sur nous et sur elle, par crainte qu’une altercation n’ait lieu avec lui qui nous séparât de lui. Elle cria alors, nous signalant, et nous nous précipitâmes sur lui – il était sur son lit – avec nos épées. Par Allāh, dans l’obscurité de la nuit, seule sa blancheur nous guidait vers lui, comme un vêtement qibṭī (lin d’Égypte) étendu. Il dit : Lorsque sa femme cria contre nous, l’un de nous levait son épée contre elle, puis se rappelait l’interdiction du Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) et retenait sa main. Sans cela, nous en aurions fini avec elle cette nuit-là. Il dit : Lorsque nous l’eûmes frappé de nos épées, ‘Abd Allāh ibn Unays appuya son épée sur son ventre jusqu’à le transpercer, tandis qu’il disait : « Qaṭnī, qaṭnī » – c’est-à-dire : « Cela me suffit, cela me suffit. » Il dit : Nous sortîmes. Or, ‘Abd Allāh ibn ‘Atīk était un homme à la vue faible. Il dit : Il tomba de l’escalier et se foula la main – ou, selon Ibn Hishām, le pied – d’une entorse sévère. Nous le portâmes jusqu’à ce que nous l’amenions à un réservoir d’eau de leurs sources, où nous entrâmes. Il dit : Ils allumèrent des feux et se répandirent dans toutes les directions à notre recherche. Il dit : Lorsqu’ils désespérèrent, ils retournèrent auprès de leur compagnon et l’entourèrent, tandis qu’il rendait l’âme parmi eux. Il dit : Nous dîmes : « Comment saurons-nous que l’ennemi d’Allāh est mort ? » Il dit : L’un de nous dit : « Je vais aller voir pour vous. » Il partit jusqu’à ce qu’il se mêlât à la foule. Il dit : Je trouvai sa femme et des hommes juifs autour de lui ; elle tenait une lampe, regardait son visage, et leur disait : « Par Allāh, j’ai bien entendu la voix d’Ibn ‘Atīk, puis j’ai douté de moi-même et me suis dit : Comment Ibn ‘Atīk serait-il dans ce pays ? » Puis elle se pencha sur lui, regarda son visage, et dit : « Il est mort, par le Dieu des Juifs ! » Je n’ai jamais entendu de parole qui me fût plus agréable que celle-là. Il dit : Puis la nouvelle nous parvint. Nous prîmes notre compagnon et revînmes auprès du Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui). Nous l’informâmes du meurtre de l’ennemi d’Allāh, et nous nous disputâmes devant lui à propos de son meurtre, chacun de nous le revendiquant. Il dit : Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit : « Apportez vos épées. » Il dit : Nous les lui apportâmes. Il les examina et dit, à propos de l’épée de ‘Abd Allāh ibn Unays : « C’est celle-ci qui l’a tué ; j’y vois la trace de la nourriture. »
L'islam de 'Amr ibn al-'As et de Khalid ibn al-Walid
Poème de Hassân sur le meurtre d'Ibn al-Ashraf et d'Ibn Abî al-Huqayq : Ibn Ishâq a dit : Hassân ibn Thâbit a dit, évoquant le meurtre de Ka'b ibn al-Ashraf et de Sallâm ibn Abî al-Huqayq : « Que Dieu bénisse une troupe que tu as rencontrée, ô Ibn al-Huqayq, et toi, ô Ibn al-Ashraf 1 ! Ils marchèrent vers vous avec les sabres légers, joyeux comme des lions dans un repaire redoutable 2, Jusqu'à ce qu'ils vous atteignent dans le lieu même de votre pays, et vous firent boire la mort avec des sabres tranchants 3, Clairvoyants 4 pour soutenir la religion de leur Prophète, méprisant toute affaire injuste 5. » Ibn Hishâm a dit : Son mot « dhufaf » 3 vient d'autre qu'Ibn Ishâq. Conversion de 'Amr ibn al-'Âs et Khâlid ibn al-Walîd (Départ de 'Amr avec d'autres vers le Negus) : Ibn Ishâq a dit : Yazîd ibn Abî Habîb m'a raconté, d'après Râshid, affranchi de Habîb ibn Abî Aws ath-Thaqafî, d'après Habîb ibn Abî Aws ath-Thaqafî, qui a dit : 'Amr ibn al-'Âs m'a raconté de sa propre bouche : « Lorsque nous revînmes avec les coalisés 6 du fossé, je rassemblai des hommes de Quraysh qui partageaient mon avis et m'écoutaient, et je leur dis : "Savez-vous, par Dieu, que je vois l'affaire de Muhammad s'élever de façon extraordinaire ? J'ai une idée ; qu'en pensez-vous ?" Ils dirent : "Qu'as-tu vu ?" Je dis : "J'ai vu que nous devrions rejoindre le Negus et rester auprès de lui. Si Muhammad triomphe de notre peuple, nous serons chez le Negus ; car être sous son autorité nous est préférable à être sous celle de Muhammad. Et si notre peuple triomphe, nous sommes ceux qu'ils connaissent, et ils ne nous apporteront que du bien." Ils dirent : "Voilà une bonne idée 7." Je dis : "Rassemblons donc pour lui un cadeau." Ce qu'on aimait le plus lui offrir de notre pays était le cuir 8. Nous rassemblâmes donc beaucoup de cuir, puis nous partîmes jusqu'à arriver chez lui." (Question de 'Amr au Negus concernant le meurtre de 'Amr ad-Damrî et réponse du Negus) : « Par Dieu, nous étions chez lui quand arriva 'Amr ibn Umayya ad-Damrî, que l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) avait envoyé à lui au sujet de Ja'far et de ses compagnons. Il entra chez lui puis sortit. Je dis à mes compagnons : "Voici 'Amr ibn Umayya ad-Damrî. Si j'entrais chez le Negus et lui demandais de me le livrer, il me le donnerait, et je lui trancherais la tête. Si je fais cela, Quraysh verra que je les ai vengés 9 en tuant le messager de Muhammad." J'entrai donc chez lui et me prosternai devant lui comme j'avais l'habitude de faire. Il dit : "Bienvenue à mon ami ! As-tu apporté quelque chose de ton pays ?" Je dis : "Oui, ô roi, je t'ai apporté beaucoup de cuir." Puis je le lui présentai ; il l'apprécia et le désira. Ensuite je lui dis : "Ô roi, j'ai vu un homme sortir de chez toi ; c'est le messager d'un homme qui est notre ennemi. Donne-le-moi pour que je le tue, car il a atteint nos nobles et nos meilleurs." Il se fâcha, puis tendit la main et me frappa le nez d'un coup que je crus lui avoir cassé. Si la terre s'était fendue pour moi, je m'y serais enfoui par peur de lui. Puis je lui dis : "Ô roi, par Dieu, si j'avais su que tu détestais cela, je ne te l'aurais pas demandé." Il dit : "Me demandes-tu de te livrer le messager d'un homme que visite le Grand Namûs 10 qui visitait Moïse, pour que tu le tues ?" Je dis : "Ô roi, est-ce donc ainsi ?" Il dit : "Malheur à toi, ô 'Amr ! Obéis-moi et suis-le ! Car, par Dieu, il est dans le vrai, et il triomphera de ceux qui s'opposent à lui, comme Moïse triompha de Pharaon et de ses troupes." Je dis : "M'allies-tu à lui pour l'islam ?" Il dit : "Oui." Il tendit la main, et je lui fis allégeance pour l'islam. Puis je sortis vers mes compagnons, mon opinion ayant changé de ce qu'elle était, et je cachai mon islam à mes compagnons." (Rencontre de 'Amr et Khâlid pour l'islam) : « Puis je partis, me dirigeant vers l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) pour me convertir. Je rencontrai Khâlid ibn al-Walîd, peu avant la conquête [de La Mecque], alors qu'il venait de La Mecque. Je dis : "Où vas-tu, ô Abâ Sulaymân ?" Il dit : "Par Dieu, le chemin est devenu droit 11, et cet homme est vraiment un prophète. Par Dieu, je vais me convertir. Jusqu'à quand ?" Je dis : "Par Dieu, je ne suis venu que pour me convertir." Nous arrivâmes donc à Médine chez l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). Khâlid ibn al-Walîd s'avança, se convertit et fit allégeance. Puis je m'approchai et dis : "Ô Envoyé de Dieu, je te fais allégeance à condition que mes péchés passés me soient pardonnés, sans mentionner les futurs." L'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dit : "Ô 'Amr, fais allégeance, car l'islam efface 12 ce qui l'a précédé, et l'émigration efface ce qui l'a précédée." Je lui fis donc allégeance, puis je repartis." Ibn Hishâm a dit : On dit aussi : "l'islam abroge 13 ce qui l'a précédé, et l'émigration abroge ce qui l'a précédée." (Conversion d'Ibn Talha) : Ibn Ishâq a dit : Quelqu'un que je ne soupçonne pas m'a raconté que 'Uthmân ibn Talha ibn Abî Talha était avec eux deux lorsqu'ils se convertirent. (Poème d'as-Sahmî sur la conversion d'Ibn Talha et Khâlid) : Ibn Ishâq a dit : Ibn az-Ziba'râ as-Sahmî a dit : « J'invoque par notre alliance 14 'Uthmân ibn Talha, et par le lieu où l'on dépose les sandales des gens près de la Pierre Noire 15, Et par tous les pactes conclus par les pères, et Khâlid n'est pas, par de tels liens, à délier. Cherches-tu une clé pour une maison autre que la tienne ? Et que cherche-t-on de la gloire d'une maison ancienne 16 ? Ne te fie donc pas à Khâlid après cela, et 'Uthmân est venu avec l'énorme calamité 17. »
- Allah darru : Expression arabe signifiant 'Que Dieu bénisse' ou 'Que Dieu agrée', utilisée pour louer un groupe.
- gharif : Repaire ou tanière de lion ; 'mugrif' signifie redoutable, effrayant.
- dhufaf : Pluriel de dhafif, signifiant 'tranchant' ou 'aiguisé' ; ici, sabres tranchants.
- mustabsirin : Clairvoyants, perspicaces, ayant une vision claire de la vérité.
- mujhif : Injuste, oppressif, qui cause un préjudice grave.
- al-ahzab : Les coalisés ; désigne les tribus qui se sont alliées contre Médine lors de la bataille du Fossé (5 AH).
- ra'y : Avis, opinion, conseil ; ici, 'bonne idée'.
- adam : Cuir, peaux tannées ; produit de valeur en Arabie.
- ajza'tu 'anha : J'ai suffi à leur place, je les ai vengés.
- al-namus al-akbar : Le Grand Namûs ; désigne l'ange Gabriel, qui apporte la révélation divine, comme à Moïse.
- istaqama al-mansim : Le chemin est devenu droit ; expression signifiant que la vérité est devenue claire.
- yajubbu : Il efface, il coupe ; l'islam efface les péchés antérieurs.
- yahuttu : Il abroge, il enlève ; variante de yajubbu.
- hilf : Alliance, pacte ; ici, lien tribal ou engagement mutuel.
- al-muqabbal : Lieu où l'on embrasse la Pierre Noire (al-Hajar al-Aswad) lors du pèlerinage ; symbole de la Kaaba.
- mu'aththal : Ancien, établi, de longue date ; maison de gloire ancestrale.
- al-duhaym al-mu'addal : L'énorme calamité ; 'duhaym' est un nom propre pour un malheur, 'mu'addal' signifie difficile, compliqué.
L'expédition de Banu Lahyan [1]
La conquête des Banû Qurayza eut lieu au mois de Dhû-l-Qa‘da et au début de Dhû-l-Hijja, et les polythéistes accomplirent ce pèlerinage 1. Expédition des Banû Lihyân (Sortie du Messager vers les Banû Lihyân) : Ibn Ishâq 2 dit : Ensuite, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — demeura à Médine durant Dhû-l-Hijja, Muharram, Safar et les deux mois de Rabî‘, puis il sortit au mois de Jumâdâ-l-Ûlâ, six mois après la conquête de Qurayza, vers les Banû Lihyân, pour venger les compagnons d’ar-Rajî‘ : Khubayb ibn ‘Adî et ses compagnons. Il fit semblant de vouloir aller en Syrie, afin de surprendre l’ennemi 3. (Il établit Ibn Umm Maktûm comme gouverneur de Médine) : Il sortit de Médine — que Dieu prie sur lui et le salue — et établit Ibn Umm Maktûm comme gouverneur de Médine, selon ce que dit Ibn Hishâm. (Son chemin vers eux, puis son retour) : Ibn Ishâq dit : Il prit le chemin par Ghurâb, une montagne dans la région de Médine sur la route de Syrie, puis par Mahîs 4, puis par al-Batrâ’, puis il obliqua 5 sur la gauche et sortit par Bayn 6, puis par les petites roches d’al-Yamâm 7, puis la route le mena tout droit sur la grand-route de La Mecque. Il accéléra 8 la marche rapidement, jusqu’à ce qu’il descendît à Ghurân, qui est le territoire des Banû Lihyân. Ghurân est une vallée entre Amajj et ‘Usfân, jusqu’à un lieu appelé Sâya. Il les trouva sur leurs gardes et retranchés au sommet des montagnes. Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — y descendit et qu’il manqua la surprise qu’il espérait, il dit : « Si nous descendions à ‘Usfân, les gens de La Mecque penseraient que nous sommes venus à La Mecque. » Il sortit donc avec deux cents cavaliers de ses compagnons jusqu’à ce qu’il descendît à ‘Usfân, puis il envoya deux cavaliers de ses compagnons jusqu’à ce qu’ils atteignissent Kurâ‘ al-Ghamîm 9, puis il revint et le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — repartit en retournant 10. (Parole du Messager lors de son retour) : Jâbir ibn ‘Abd Allâh disait : J’ai entendu le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dire, lorsqu’il se retournait : « Nous revenons, repentants, si Dieu le veut, louant notre Seigneur. Je cherche refuge auprès de Dieu contre les difficultés 11 du voyage, la tristesse 12 du retour, et la mauvaise apparence dans la famille et les biens. » (Poème de Ka‘b dans l’expédition des Banû Lihyân) : Le récit de l’expédition des Banû Lihyân vient de ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâda et de ‘Abd Allâh ibn Abî Bakr, d’après ‘Abd Allâh ibn Ka‘b ibn Mâlik. Ka‘b ibn Mâlik dit dans l’expédition des Banû Lihyân : « Si les Banû Lihyân s’étaient affrontés, ils auraient rencontré des troupes dans leur demeure, pleines de sincérité 13. Ils auraient rencontré une avant-garde dont l’effroi remplit le chemin, devant un torrent écrasant, pareil à la Voie lactée, un bataillon 14. »
- al-ḥijja : Le mois du pèlerinage (Dhû-l-Hijja) ; ici, les polythéistes accomplirent le pèlerinage cette année-là.
- Ibn Isḥāq : Muhammad ibn Ishâq, célèbre historien et biographe du Prophète (m. 150 H).
- ghirra : Surprise, inattention ; il voulait les prendre à l’improviste.
- Maḥīṣ : Nom d’un lieu sur la route de Syrie.
- ṣaffaqa : Il obliqua, tourna sur le côté.
- Bayn : Nom d’un lieu.
- Ṣukhayrāt al-Yamām : Les petites roches d’al-Yamâm, un lieu.
- aġaddha : Il accéléra, hâta la marche.
- Kurā‘ al-Ghamīm : Un lieu près de La Mecque.
- qāfilan : Revenant, retournant (de l’expédition).
- wa‘thā’ : Difficulté, fatigue, pénibilité.
- ka’āba : Tristesse, abattement.
- dhāt maṣdaq : Qui tient ses promesses, sincère ; ici, des troupes vaillantes.
- ṭaḥūn : Torrent écrasant ; métaphore pour une armée puissante.
L'expédition de Dhî Qarad [1]
Mais ils étaient une calamité, ils suivirent... les vallées du Hedjaz sans aucun refuge. Expédition de Dhû Qarad (Raide d'Ibn Hisn contre les chamelles laitières du Messager) : Ensuite, le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) arriva à Médine, et il n'y resta que quelques nuits, jusqu'à ce que 'Uyayna ibn Hisn ibn Hudhayfa ibn Badr al-Fazârî 1 attaqua, avec une cavalerie de Ghatafân, les chamelles laitières 2 du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à al-Ghâba 3. Il y avait là un homme des Banû Ghifâr 4 et sa femme. Ils tuèrent l'homme et emmenèrent la femme avec les chamelles. (Exploit d'Ibn al-Akwa' dans cette expédition) : Ibn Ishâq dit : 'Âsim ibn 'Umar ibn Qatâda, 'Abd Allah ibn Abî Bakr, et d'autres que je ne soupçonne pas, m'ont rapporté d'après 'Abd Allah ibn Ka'b ibn Mâlik, chacun ayant rapporté une partie du récit concernant l'expédition de Dhû Qarad 5 : Le premier à les apercevoir fut Salama ibn 'Amr ibn al-Akwa' al-Aslamî. Il partit tôt le matin vers al-Ghâba, portant son arc et ses flèches, accompagné d'un esclave de Talha ibn 'Ubayd Allah qui menait un cheval. Lorsqu'il atteignit la colline d'al-Wadâ', il vit certains de leurs cavaliers. Il monta sur le versant de Sala', puis cria : « Ô malheur matinal ! » Ensuite, il se mit à courir rapidement sur leurs traces, tel un fauve, jusqu'à les rattraper. Il se mit à les repousser avec ses flèches en disant chaque fois qu'il tirait : « Prends-la, je suis le fils d'al-Akwa', aujourd'hui est le jour des nourrissons 6 ! » Quand la cavalerie se dirigeait vers lui, il s'enfuyait, puis les prenait de côté, et quand il pouvait tirer, il tirait, puis disait : « Prends-la, je suis le fils d'al-Akwa', aujourd'hui est le jour des nourrissons ! » L'un d'eux disait : « Notre malheur, c'est lui, dès le début du jour. » (Cri du Messager et course des cavaliers vers lui) : Il dit : Le cri de Salama ibn al-Akwa' parvint au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), qui s'écria à Médine : « Alerte ! Alerte ! » Les cavaliers accoururent vers le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Le premier cavalier à arriver auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) fut al-Miqdâd ibn 'Amr, surnommé al-Miqdâd ibn al-Aswad, allié des Banû Zuhra. Ensuite, le premier cavalier des Ansâr à se tenir devant le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) après al-Miqdâd fut 'Abbâd ibn Bishr ibn Waqsh ibn Zughba ibn Za'ûrâ', l'un des Banû 'Abd al-Ashhal, puis Sa'd ibn Zayd, l'un des Banû Ka'b ibn 'Abd al-Ashhal, puis Usayd ibn Zuhayr, frère des Banû Hâritha ibn al-Hârith (on doute de lui), puis 'Ukâsha ibn Mihsan, frère des Banû Asad ibn Khuzayma, puis Muhriz ibn Nadla, frère des Banû Asad ibn Khuzayma, puis Abû Qatâda al-Hârith ibn Rib'î, frère des Banû Salima, puis Abû 'Ayyâsh, qui est 'Ubayd ibn Zayd ibn al-Sâmit, frère des Banû Zurayq. Lorsqu'ils se rassemblèrent auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), il nomma Sa'd ibn Zayd comme leur commandant, selon ce qui m'est parvenu, puis dit : « Pars à la poursuite de ces gens, jusqu'à ce que je te rejoigne avec les hommes. » (Le Messager et son conseil à Abû 'Ayyâsh d'abandonner son cheval) : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit, d'après ce qui m'est parvenu de certains hommes des Banû Zurayq, à Abû 'Ayyâsh : « Ô Abû 'Ayyâsh, si tu donnais ce cheval à un homme plus cavalier que toi, il rattraperait ces gens ? » Abû 'Ayyâsh dit : Je répondis : « Ô Messager d'Allah, je suis le plus cavalier des hommes. » Puis je frappai le cheval, et par Allah, il ne parcourut pas cinquante coudées avec moi avant de me jeter à terre. Je fus étonné que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dise : « Si tu le donnais à un plus cavalier que toi », alors que je disais : « Je suis le plus cavalier des hommes. » Certains hommes des Banû Zurayq prétendirent que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) donna le cheval d'Abû 'Ayyâsh à Mu'âdh ibn Mâ'is, ou à 'Â'idh ibn Mâ'is ibn Qays ibn Khalada, qui était le huitième. Certains comptent Salama ibn 'Amr ibn al-Akwa' parmi les huit et excluent Usayd ibn Zuhayr, frère des Banû Hâritha. Allah sait ce qu'il en fut. Salama n'était pas cavalier ce jour-là, mais il fut le premier à rattraper les gens à pied. Les cavaliers partirent à la poursuite des gens jusqu'à ce qu'ils les rejoignent. (La course de Muhriz vers les gens et sa mort) : Ibn Ishâq dit : 'Âsim ibn 'Umar ibn Qatâda m'a rapporté que le premier cavalier à rattraper les gens fut Muhriz ibn Nadla, frère des Banû Asad ibn Khuzayma – on appelait Muhriz al-Akhram 7, et on l'appelait aussi Qumayr 8 – et que lorsque l'alarme eut lieu, un cheval appartenant à Mahmûd ibn Maslama s'élança dans le jardin, ayant entendu les hennissements des chevaux ; c'était un cheval dressé 9 et vigoureux. Des femmes des Banû 'Abd al-Ashhal, voyant le cheval s'élancer dans le jardin avec une palme à laquelle il était attaché, dirent : « Ô Qumayr, veux-tu monter ce cheval ? Il est comme tu vois, puis tu rejoindras le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et les musulmans ? » Il dit : « Oui. » Elles le lui donnèrent. Il partit, et peu de temps après, il distança les chevaux par sa vigueur, jusqu'à rattraper les gens. Il se tint devant eux et dit : « Arrêtez-vous, ô bande de fils de la vile 10 ! Que ceux qui sont derrière vous, parmi les Muhâjirûn et les Ansâr, vous rejoignent. » Un homme parmi eux chargea contre lui et le tua. Le cheval s'élança, et ils ne purent le maîtriser jusqu'à ce qu'il s'arrête à l'étable 11 des Banû 'Abd al-Ashhal. Personne d'autre parmi les musulmans ne fut tué. (Avis d'Ibn Hishâm sur ceux qui furent tués avec Muhriz) : Ibn Hishâm dit : Ce jour-là, avec Muhriz, fut tué Waqqâs ibn Mujazziz 12 al-Mudlijî, selon ce qu'ont rapporté plusieurs savants. (Noms des chevaux des musulmans) : Ibn Ishâq dit : Le nom du cheval de Mahmûd était Dhû al-Limma. Ibn Hishâm dit : Le nom du cheval de Sa'd ibn Zayd était Lâhiq ; celui d'al-Miqdâd, Ba'zaja 13, et on dit Subha 14 ; celui de 'Ukâsha ibn Mihsan, Dhû al-Limma ; celui d'Abû Qatâda, Hazwa 15 ; celui de 'Abbâd ibn Bishr, Lammâ' ; celui d'Usayd ibn Zuhayr, Masnûn ; celui d'Abû 'Ayyâsh, Julwa. Ibn Ishâq dit : Certains que je ne soupçonne pas m'ont rapporté d'après 'Abd Allah ibn Ka'b ibn Mâlik que Mujazziz montait un cheval de 'Ukâsha ibn Mihsan appelé al-Janâh ; Mujazziz fut tué et al-Janâh fut pris. (Les morts parmi les associateurs) : Lorsque les cavaliers se rejoignirent, Abû Qatâda al-Hârith ibn Rib'î, frère des Banû Salima, tua Habîb ibn 'Uyayna ibn Hisn et le recouvrit de son manteau, puis rejoignit les gens. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) arriva avec les musulmans. (Nomination d'Ibn Umm Maktûm sur Médine) : Ibn Hishâm dit : Il nomma Ibn Umm Maktûm sur Médine. Ibn Ishâq dit : Lorsqu'ils virent Habîb recouvert 16 du manteau d'Abû Qatâda, les gens dirent : « Inna lillâhi wa innâ ilayhi râji'ûn 17 ! Abû Qatâda a été tué ! » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Ce n'est pas Abû Qatâda, mais c'est un tué par Abû Qatâda ; il a mis son manteau sur lui pour que vous sachiez que c'est sa victime. » 'Ukâsha ibn Mihsan rattrapa Awbâr 18 et son fils 'Amr ibn Awbâr, qui étaient sur un même chameau ; il les transperça tous deux avec sa lance, les tuant ensemble. Ils récupérèrent une partie des chamelles. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) marcha jusqu'à camper à la montagne de Dhû Qarad. Les gens le rejoignirent. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) y campa un jour et une nuit. Salama ibn al-Akwa' lui dit : « Ô Messager d'Allah, si tu m'envoyais avec cent hommes, je récupérerais le reste du bétail et prendrais les gens par le cou ? » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui répondit, selon ce qui m'est parvenu : « Ils sont maintenant en train de prendre leur repas du soir 19 chez Ghatafân. » (Partage du butin entre les musulmans) :
Le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, distribua parmi ses compagnons une chamelle pour chaque centaine d'hommes, et ils s'en occupèrent. Puis le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, retourna en caravane jusqu'à son arrivée à Médine. (La femme du Ghifârite et ce qu'elle avait voué avec le Messager) : La femme du Ghifârite 20 arriva montée sur une chamelle 21 parmi les chamelles du Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, jusqu'à ce qu'elle vienne à lui et l'informe de la nouvelle. Quand elle eut fini, elle dit : « Ô Messager de Dieu, j'ai voué à Dieu de l'égorger s'Il me sauvait grâce à elle. » Il dit : alors le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, sourit, puis dit : « Quelle mauvaise récompense que la tienne : Dieu t'a portée sur elle et t'a sauvée par elle, puis tu l'égorgerais ! Il n'y a pas de vœu dans la désobéissance à Dieu, ni dans ce que tu ne possèdes pas. Ce n'est qu'une chamelle parmi mes chamelles. Retourne donc auprès de ta famille avec la bénédiction de Dieu. » Et le récit concernant la femme du Ghifârite, ce qu'elle dit et ce que lui dit le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, d'après Abû az-Zubayr al-Makkî, d'après al-Hasan ibn Abî al-Hasan al-Basrî : (Poème de Hassân à Dhû Qarad) : Parmi ce qui fut dit comme poème au jour de Dhû Qarad, il y a la parole de Hassân ibn Thâbit : « Sans ce qu'elles rencontrèrent et ce qui toucha leurs vautours 22 au sud de Sâya, hier, dans la razzia 23, Nous vous aurions rencontrés, portant tout guerrier cuirassé 24, protecteur de la vérité, noble d'ancêtres 25. Et les fils d'al-Laqîta 26 auraient été heureux que nous soyons en paix, au matin des cavaliers d'al-Miqdâd 27. Nous étions huit, et ils étaient une multitude 28 rassemblée, et ils furent percés par les lances, un par un 29. Nous étions du groupe qui les suivait, et qui avançait la bride de tout coursier. Non, par le Seigneur des trotteuses 30 vers Minâ, qui traversent le flanc des défilés des montagnes 31, Jusqu'à ce que nous abreuvions 32 les chevaux dans vos enclos, et que nous revenions avec les reines et les enfants 33. Tranquillement, avec tout cheval à la queue coupée 34 et toute jument rapide 35, dans chaque champ de bataille où elles ont tourné et où elles ont couru 36. Leurs dos 37 ont été usés, et leurs reins 38 sont apparus, un jour où elles sont menées, et un jour de combat 39. Ainsi en est-il : nos coursiers sont abreuvés de lait 40, et la guerre est allumée par un vent matinal 41. Et nos épées, blanches de fer 42, déchirent les boucliers de fer et le sommet de la tête du chercheur 43. Dieu a pris sur eux pour Son interdit 44 et pour la puissance du Miséricordieux, par les soutiens 45. Ils étaient dans une demeure, jouissant de bienfaits, puis ils furent changés, aux jours de Dhû Qarad, en visages d'esclaves 46. » (La colère de Sa'd contre Hassân et la tentative de Hassân de l'apaiser) : Ibn Hishâm dit : Lorsque Hassân dit cela, Sa'd ibn Zayd se fâcha contre lui et jura de ne plus jamais lui parler. Il dit : « Il est allé à mes chevaux et à mes cavaliers, et il les a attribués à al-Miqdâd ! » Hassân s'excusa auprès de lui et dit : « Par Dieu, ce n'est pas ce que j'ai voulu, mais la rime a coïncidé avec le nom d'al-Miqdâd. » Et il dit des vers pour apaiser Sa'd : « Si vous voulez le plus fort, le robuste 47, ou celui qui a de la ressource, alors comptez sur Sa'd, Sa'd ibn Zayd, qui n'est pas ébranlé 48. » Mais Sa'd n'accepta pas de lui et cela ne servit à rien. (Autre poème de Hassân au jour de Dhû Qarad) : Hassân ibn Thâbit dit au jour de Dhû Qarad : « 'Uyayna 49 a-t-il pensé, quand il l'a visitée 50, qu'il allait y détruire des palais ? Tu as été démenti dans ce que tu croyais vrai, et vous avez dit : “Nous allons gagner une grande affaire.” Tu as fui Médine quand tu l'as visitée, et tu as entendu le rugissement des lions en elle. Ils tournèrent le dos rapidement, comme la fuite de l'autruche, et ils ne découvrirent pas un tapis étendu 51. Un émir sur nous, le Messager du Roi 52 ; qu'il est aimable pour nous, cet émir ! Un Messager, nous croyons en ce qui lui est venu, et il récite un Livre lumineux et éclairant. » (Poème de Ka'b à Dhû Qarad) : Ka'b ibn Mâlik dit au jour de Dhû Qarad, à propos des cavaliers : « Les fils d'al-Laqîta pensent-ils que nous, à cheval, ne sommes pas comme eux parmi les cavaliers ? Nous sommes des gens qui ne considèrent pas la mort comme une honte, et nous ne nous détournons pas devant les lances qui frappent 53. Nous honorons l'hôte avec la tête des sommets 54, et nous frappons la tête du glorieux arrogant 55. Nous repoussons les héros des enseignes 56 quand ils défient, par une frappe qui apaise l'orgueil du lâche 57. Avec tout jeune homme protecteur de la vérité, noble, généreux comme le loup des taillis 58, rusé 59. Ils défendent leurs honneurs et leurs biens hérités avec des épées blanches qui fendent les crânes sous les casques 60. Demandez donc aux fils de Badr 61, quand vous les rencontrerez, ce qu'ont fait les frères au jour de la lutte 62. Quand vous sortez, dites la vérité 63 à qui vous rencontrez, et ne cachez pas vos nouvelles dans les assemblées. Et dites : “Nous avons glissé des griffes d'un lion tapi 64, avec une chaleur dans la poitrine, tant qu'il n'a pas combattu 65.” » Ibn Hishâm dit : Abû Zayd m'a récité son vers : « Nous honorons l'hôte... » (Poème de Shaddâd pour 'Uyayna) : Ibn Ishâq dit : Shaddâd ibn 'Ârid al-Jushamî dit au jour de Dhû Qarad, à propos de 'Uyayna ibn Hisn – et 'Uyayna ibn Hisn était surnommé Abû Mâlik : « Que n'as-tu chargé, Abû Mâlik, alors que tes chevaux, en fuite, étaient tués ? Tu as évoqué le retour à 'Asjar 66, mais hélas ! le retour est loin 67. Tu as calmé 68 ton âme, celle-ci, pleine de fougue 69, comme un faucon lancé dans l'espace 70. »
- al-Fazârî : De la tribu de Fazâra, branche de Ghatafân.
- liqâh : Chamelles laitières, souvent utilisées pour le lait et la reproduction.
- al-Ghâba : Forêt ou zone boisée près de Médine, pâturage des chamelles du Prophète.
- Banû Ghifâr : Tribu arabe alliée des musulmans.
- Dhû Qarad : Lieu situé à environ 80 km au nord-est de Médine, site de l'expédition.
- yawm al-rudda' : Jour des nourrissons, cri de guerre évoquant la vengeance pour les enfants tués.
- al-Akhram : Surnom signifiant 'celui au nez coupé' ou 'au visage marqué'.
- Qumayr : Diminutif de 'qamar' (lune), surnom affectueux.
- sanî' : Cheval dressé, entraîné pour la guerre.
- Banû al-Lakî'a : Expression insultante signifiant 'fils de la femme vile'.
- ârî : Étable ou enclos pour les chevaux.
- Mujazziz : Surnom signifiant 'celui qui coupe' ou 'tranche'.
- Ba'zaja : Nom de cheval, peut-être dérivé de 'ba'z' (force).
- Subha : Nom de cheval, signifiant 'gloire' ou 'louange'.
- Hazwa : Nom de cheval, peut-être lié à 'hazw' (bonne augure).
- musajjâ : Recouvert d'un vêtement, ici le manteau.
- Innâ lillâhi wa innâ ilayhi râji'ûn : Formule coranique de résignation : 'Nous sommes à Allah et à Lui nous retournons'.
- Awbâr : Nom propre, peut-être un chef ennemi.
- yughbaqûn : Ils prennent le repas du soir (ghabûq), indiquant qu'ils sont arrivés chez eux.
- al-Ghifārī : Nom d'une tribu arabe, les Ghifârites.
- nāqa : Chamelle, femelle du chameau.
- nusūruhā : Vautours ; peut-être une métaphore pour les cavaliers rapides.
- at-taqwād : Razzia, expédition de pillage.
- mudajjaj : Guerrier revêtu d'une cotte de mailles.
- mājid al-ajdād : Noble par ses ancêtres.
- awlād al-Laqīṭa : Les fils d'al-Laqîta, surnom désignant les ennemis.
- al-Miqdād : Al-Miqdâd ibn 'Amr, célèbre compagnon du Prophète.
- jaḥfal : Foule nombreuse, armée.
- badād : Un par un, séparément.
- ar-rāqiṣāt : Les trotteuses, désignant les chamelles.
- maẖārim al-aṭwād : Défilés ou cols des montagnes.
- nubīl : Abreuver ; ici, faire boire les chevaux.
- al-malakāt wa-l-awlād : Les reines et les enfants, butin.
- muqallaṣ : Cheval à la queue coupée, signe de race.
- ṭimarra : Jument rapide.
- wādā : Courir, galoper.
- dawābiruhā : Dos des chevaux.
- mutūnahā : Reins, partie du dos.
- ṭirād : Combat, joute.
- malbūna : Abreuvées de lait ; métaphore pour être nourries.
- ġawād : Vent matinal.
- bīḍ al-ḥadā'id : Blanches de fer, épées brillantes.
- al-murtād : Celui qui cherche, le guerrier.
- li-ḥarāmih : Pour Son interdit, ce qu'Il a interdit.
- al-asdād : Les soutiens, peut-être les anges ou les alliés.
- wujūh 'ibād : Visages d'esclaves, humiliés.
- al-ashadd al-jaldā : Le plus fort et robuste.
- lā yuhadd haddā : N'est pas ébranlé, inébranlable.
- 'Uyayna : 'Uyayna ibn Hisn, chef de tribu.
- zārahā : Il l'a visitée, se référant à Médine.
- mulitṭ ḥaṣīr : Tapis étendu ; métaphore pour une couverture.
- al-Malik : Le Roi, Dieu.
- al-madā'is : Lances qui frappent, qui poussent.
- qama' adh-dhurā : Tête des sommets, meilleure partie.
- al-ablaẖ al-mutashāwis : Le glorieux arrogant.
- al-mu'allamīn : Ceux qui portent des enseignes, guerriers.
- al-mutaqā'is : Le lâche, celui qui recule.
- sirḥān al-ġaḍā : Loup des taillis, loup féroce.
- muẖālis : Rusé, habile.
- al-qawānis : Casques, heaumes.
- Banū Badr : Les fils de Badr, tribu ennemie.
- at-tamārus : Lutte, combat.
- fa-ṣduqū : Dites la vérité, soyez véridiques.
- ẖādir : Lion tapi dans son repaire.
- lam yumāris : N'a pas combattu, n'a pas affronté.
- 'Asjar : Nom d'un lieu.
- al-muqfal : Le retour, le lieu de retour.
- ṭamman : Calmer, apaiser.
- dhā may'a : Pleine de fougue, impétueuse.
- yursal : Lancé, comme un faucon.
L'expédition contre les Banû al-Mustaliq [1]
Lorsque le vent du nord la saisit, elle bouillonne comme une marmite qui bout. 1 Quand vous avez reconnu les serviteurs de Dieu, le premier ne regarde plus l'autre. 2 Vous avez reconnu des cavaliers habitués à la charge des héros quand ils se lancent. 3 Quand ils poussent les chevaux, ceux-ci peinent sous eux, ruisselants ; et s'ils sont poursuivis, ils mettent pied à terre. 4 Ils se retranchent au cœur de la bataille avec les sabres que le polisseur a rendus les plus purs. 5 Expédition des Banû l-Mustaliq 6 (Date) : Ibn Ishâq dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — demeura à Médine une partie de Jumâdâ l-Akhira et de Rajab, puis il partit en expédition contre les Banû l-Mustaliq de Khuzâ‘a, au mois de Sha‘bân de l'an six. 7 (Nomination d'Abû Dharr sur Médine) : Ibn Hishâm dit : Il nomma sur Médine Abû Dharr al-Ghifârî ; on dit aussi : Numayla ibn ‘Abd Allâh al-Laythî. (Cause de l'expédition du Prophète contre eux) : Ibn Ishâq dit : ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâda, ‘Abd Allâh ibn Abî Bakr et Muhammad ibn Yahyâ ibn Hibbân m'ont raconté, chacun m'ayant rapporté une partie du récit des Banû l-Mustaliq, disant : Il parvint au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — que les Banû l-Mustaliq se rassemblaient contre lui, leur chef étant al-Hârith ibn Abî Dirâr, père de Juwayriyya bint al-Hârith, épouse du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Quand le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — apprit cela, il sortit contre eux, jusqu'à les rencontrer à une de leurs sources 8 appelée al-Muraysî‘, du côté de Qudayd vers la côte. Les gens s'affrontèrent et combattirent. Dieu mit en déroute les Banû l-Mustaliq ; ceux d'entre eux qui furent tués le furent, et le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — donna en butin leurs enfants, leurs femmes et leurs biens, qu'Il fit revenir à lui. (Mort d'Ibn Subâba) : Un homme des musulmans, des Banû Kalb ibn ‘Awf ibn ‘Âmir ibn Layth ibn Bakr, nommé Hishâm ibn Subâba, fut tué. Un homme des Ansâr, du clan de ‘Ubâda ibn al-Sâmit, l'atteignit, le prenant pour un ennemi, et le tua par erreur. (Jahjâh, Sinân et ce qui advint d'Ibn Ubayy) : Alors que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se trouvait à cette source, les gens vinrent pour abreuver leurs montures. Avec ‘Umar ibn al-Khattâb se trouvait un ouvrier des Banû Ghifâr, nommé Jahjâh ibn Mas‘ûd, qui tenait la bride de son cheval. Jahjâh et Sinân ibn Wabar 9 al-Juhanî, allié des Banû ‘Awf ibn al-Khazraj, se bousculèrent à l'eau et se battirent. Al-Juhanî cria : « Ô Ansâr ! » et Jahjâh cria : « Ô Muhâjirîn ! » 10 ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl se fâcha, alors qu'avec lui se trouvaient des gens de son peuple, parmi lesquels Zayd ibn Arqam, un jeune garçon. Il dit : « Ont-ils donc fait cela ? Ils nous ont défiés et surpassés en nombre dans notre pays. Par Dieu, nous et les manteaux 11 de Quraysh ne sommes comparables qu'à ce que dit l'ancien : 'Engraisse ton chien, il te dévorera.' Par Dieu, si nous retournons à Médine, le plus puissant en chassera le plus faible. » Puis il se tourna vers ceux de son peuple qui étaient présents et leur dit : « Voilà ce que vous avez fait à vous-mêmes : vous les avez installés dans votre pays et vous avez partagé vos biens avec eux. Par Dieu, si vous aviez retenu ce que vous avez entre les mains, ils seraient partis vers une autre demeure que la vôtre. » Zayd ibn Arqam entendit cela, alla le rapporter au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — alors que celui-ci venait de terminer avec son ennemi, et l'informa de la chose. ‘Umar ibn al-Khattâb était auprès de lui et dit : « Ordonne à ‘Abbâd ibn Bishr de le tuer. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui dit : « Qu'en sera-t-il, ô ‘Umar, quand les gens diront que Muhammad tue ses compagnons ? Non, mais annonce le départ. » Cela se passait à une heure où le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — n'avait pas l'habitude de partir. Les gens partirent. (Excuses d'Ibn Ubayy auprès du Prophète) : ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl vint au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — quand il apprit que Zayd ibn Arqam lui avait rapporté ce qu'il avait entendu de lui, et jura par Dieu qu'il n'avait pas dit ce qu'on lui attribuait ni prononcé ces paroles. — Il était noble et grand dans son peuple. — Ceux des Ansâr, parmi ses compagnons, qui étaient présents auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dirent : « Ô Messager de Dieu, peut-être que le garçon s'est trompé dans son récit et n'a pas bien retenu ce que l'homme a dit », par égard pour Ibn Ubayy ibn Salûl et pour le défendre. (Le Prophète, Usayd et la parole d'Ibn Ubayy) : Ibn Ishâq dit : Quand le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se mit en route et partit, Usayd ibn Hudayr le rencontra, le salua par la salutation de la prophétie et lui dit : « Ô Prophète de Dieu, par Dieu, tu es parti à une heure indue, à laquelle tu n'avais pas l'habitude de partir. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui dit : « N'as-tu pas appris ce qu'a dit votre compagnon ? » Il dit : « Quel compagnon, ô Messager de Dieu ? » Il dit : « ‘Abd Allâh ibn Ubayy. » Il dit : « Qu'a-t-il dit ? » Il dit : « Il a prétendu que s'il retournait à Médine, le plus puissant en chasserait le plus faible. » Il dit : « C'est toi, ô Messager de Dieu, par Dieu, qui l'en feras sortir si tu veux. C'est lui, par Dieu, le faible, et toi le puissant. » Puis il dit : « Ô Messager de Dieu, sois indulgent avec lui. Par Dieu, Dieu t'a envoyé à nous alors que son peuple lui enfilait des perles pour le couronner, et il voit que tu lui as ravi un royaume. » (Marche du Prophète avec les gens pour les distraire de la discorde) : Puis le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — marcha 12 avec les gens ce jour-là jusqu'au soir, et leur nuit jusqu'au matin, et le début de ce jour jusqu'à ce que le soleil les incommodât. Puis il fit halte avec les gens ; ils ne tardèrent pas à sentir la terre et s'endormirent. Il fit cela pour distraire les gens du propos qui avait eu lieu la veille, à savoir le propos de ‘Abd Allâh ibn Ubayy. (Annonce par le Prophète de la mort de Rifâ‘a) : Puis le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — repartit avec les gens, emprunta le Hijâz jusqu'à ce qu'il s'arrêtât à une source dans le Hijâz, au-dessus d'al-Naqî‘, appelée Baq‘â’. Quand le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — repartit, un vent violent s'éleva contre les gens, les incommodant et leur faisant peur. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Ne le craignez pas ; il ne s'est levé que pour la mort d'un grand parmi les grands mécréants. » Quand ils arrivèrent à Médine, ils trouvèrent que Rifâ‘a ibn Zayd ibn al-Tâbût, l'un des Banû Qaynuqâ‘, qui était un grand parmi les grands juifs et un refuge pour les hypocrites, était mort ce jour-là. (Ce qui fut révélé du Coran au sujet d'Ibn Ubayy) : La sourate dans laquelle Dieu mentionne les hypocrites fut révélée au sujet d'Ibn Ubayy et de ceux qui étaient dans la même situation. Quand elle fut révélée, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — prit l'oreille de Zayd ibn Arqam et dit : « Voici celui dont Dieu a honoré l'oreille. » Et ‘Abd Allâh ibn ‘Abd Allâh ibn Ubayy apprit ce qui était arrivé à son père. (Demande de ‘Abd Allâh ibn ‘Abd Allâh ibn Ubayy de tuer lui-même son père et pardon du Prophète) : Ibn Ishâq dit : ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâda m'a raconté que ‘Abd Allâh vint au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et dit : « Ô Messager de Dieu, il m'est parvenu que tu veux tuer ‘Abd Allâh ibn Ubayy à cause de ce que tu as appris de lui. Si tu dois absolument le faire, ordonne-le moi, et je t'apporterai sa tête. Par Dieu, les Khazraj savent qu'il n'y a pas d'homme plus pieux envers son père que moi. Je crains que tu ordonnes à un autre de le tuer, et alors mon âme ne me laissera pas voir le meurtrier de ‘Abd Allâh ibn Ubayy marcher parmi les gens sans que je le tue, et je tuerai un croyant 13 pour un mécréant, et j'entrerai en Enfer. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Mais nous agissons avec douceur envers lui et nous restons en bons termes avec lui tant qu'il est avec nous. »
(La délégation du peuple d'Ibn Ubayy pour le juger) : Après cela, lorsqu'il commettait une faute, c'était son peuple qui le réprimandait, le saisissait et le blâmait. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit à 'Umar ibn al-Khattâb, lorsqu'il apprit cela de leur part : « Que penses-tu, ô 'Umar ? Par Allah, si je l'avais tué le jour où tu m'as dit de le tuer, des nez 14 auraient tremblé pour lui ; si je leur ordonnais aujourd'hui de le tuer, je le tuerais. » 'Umar dit : « Par Allah, j'ai su que l'affaire du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, est d'une bénédiction plus grande que la mienne. » (Miqyas ibn Subâba et sa ruse pour venger son frère, et ses vers à ce sujet) : Ibn Ishâq dit : Miqyas ibn Subâba vint de La Mecque, se déclarant musulman en apparence, et dit : « Ô Messager d'Allah, je suis venu à toi en musulman, et je suis venu te demander le prix du sang de mon frère, tué par erreur. » Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, ordonna qu'on lui donne le prix du sang de son frère Hishâm ibn Subâba. Il resta auprès du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, peu de temps, puis il attaqua le meurtrier de son frère et le tua. Ensuite, il partit pour La Mecque en apostat, et dit dans des vers qu'il composa : « Mon âme est guérie, car il est mort, étendu dans la plaine, / Ses deux vêtements teints du sang des artères carotides 15. Les soucis de l'âme, avant son meurtre, / M'assaillaient et me privaient du repos de la couche. J'ai assouvi par lui ma vengeance et atteint mon but, / Et je suis le premier à retourner aux idoles. Je me suis vengé par lui de Fihr 16, et j'ai chargé de son prix du sang / Les nobles des Banû an-Najjâr, maîtres de Fâri' 17. » Miqyas ibn Subâba dit aussi : « Je l'ai frappé d'un coup dont la main 18 s'est desséchée, / D'un sang caillé 19 au fond de la gorge, qui monte et se rompt. Je dis, alors que la mort l'enveloppait de ses voiles : / Ne vous fiez jamais aux Banû Bakr 20 lorsqu'ils sont opprimés. » (Le cri de ralliement des musulmans) : Ibn Hishâm dit : Le cri de ralliement des musulmans, le jour des Banû al-Mustaliq, était : « Ô vainqueur, fais mourir, fais mourir ! » (Les tués des Banû al-Mustaliq) : Ibn Ishâq dit : Ce jour-là, des gens des Banû al-Mustaliq furent tués. 'Alî ibn Abî Tâlib tua deux d'entre eux : Mâlik et son fils. 'Abd ar-Rahmân ibn 'Awf tua un de leurs cavaliers, appelé Ahmar ou Uhaymir 21. (L'affaire de Juwayriyya bint al-Hârith) : Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, avait fait parmi eux un grand nombre de captifs, dont le partage fut réparti parmi les musulmans. Parmi les captives de ce jour-là se trouvait Juwayriyya bint al-Hârith ibn Abî Dirâr, l'épouse du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue. Ibn Ishâq dit : Muhammad ibn Ja'far ibn az-Zubayr m'a rapporté, d'après 'Urwa ibn az-Zubayr, d'après 'Â'isha, qui dit : Lorsque le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, partagea les captives des Banû al-Mustaliq, Juwayriyya bint al-Hârith échut dans le lot de Thâbit ibn Qays ibn ash-Shammâs, ou d'un cousin de celui-ci. Elle conclut avec lui un contrat d'affranchissement 22 pour elle-même. C'était une femme douce et charmante 23 ; quiconque la voyait était séduit. Elle vint donc auprès du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, pour lui demander de l'aide pour son contrat. 'Â'isha dit : Par Allah, dès que je la vis à la porte de ma chambre, je la détestai, car je sus qu'il verrait en elle ce que j'avais vu. Elle entra chez lui et dit : « Ô Messager d'Allah, je suis Juwayriyya bint al-Hârith ibn Abî Dirâr, le chef de son peuple. J'ai subi un malheur qui ne t'a pas échappé. J'ai échu dans le lot de Thâbit ibn Qays ibn ash-Shammâs, ou d'un cousin de celui-ci, et j'ai conclu avec lui un contrat d'affranchissement. Je suis venue te demander de m'aider à honorer ce contrat. » Il dit : « Que dirais-tu de quelque chose de mieux que cela ? » Elle dit : « Quoi donc, ô Messager d'Allah ? » Il dit : « Je paie ton contrat pour toi et je t'épouse. » Elle dit : « Oui, ô Messager d'Allah. » Il dit : « C'est fait. » 'Â'isha dit : La nouvelle se répandit parmi les gens que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, avait épousé Juwayriyya bint al-Hârith ibn Abî Dirâr. Les gens dirent : « Les alliés par mariage du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue ! » et ils relâchèrent ce qu'ils détenaient. 'Â'isha dit : Par son mariage avec elle, cent familles des Banû al-Mustaliq furent affranchies. Je ne connais aucune femme qui ait été d'une plus grande bénédiction pour son peuple qu'elle 24. Ibn Hishâm dit 25 : On raconte que lorsque le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, revint de l'expédition des Banû al-Mustaliq, ayant avec lui Juwayriyya bint al-Hârith, alors qu'il était à Dhât al-Jaysh 26, il confia Juwayriyya en dépôt à un homme des Ansâr 27 et lui ordonna de veiller sur elle. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, arriva à Médine. Son père al-Hârith ibn Abî Dirâr vint avec la rançon de sa fille. Lorsqu'il fut à al-'Aqîq 28, il regarda les chameaux qu'il avait amenés pour la rançon, en convoita deux, les cacha dans un ravin d'al-'Aqîq, puis vint auprès du Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, et dit : « Ô Muhammad, vous avez pris ma fille, et voici sa rançon. » Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit : « Où sont les deux chameaux que tu as cachés à al-'Aqîq, dans tel et tel ravin ? » Al-Hârith dit : « J'atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que tu es Muhammad, le Messager d'Allah. Par Allah, nul autre qu'Allah n'a eu connaissance de cela. » Al-Hârith se convertit à l'islam, et avec lui deux de ses fils et des gens de son peuple. Il envoya chercher les deux chameaux et les amena. Il remit les chameaux au Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, et sa fille Juwayriyya lui fut rendue. Elle se convertit à l'islam et son islam fut excellent. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, la demanda en mariage à son père, qui la lui donna en mariage, et il lui constitua une dot de quatre cents dirhams. (Al-Walîd ibn 'Uqba et les Banû al-Mustaliq, et ce qui fut révélé à ce sujet dans le Coran) : Ibn Ishâq dit : Yazîd ibn Rûmân m'a rapporté que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, envoya vers eux, après leur conversion à l'islam, al-Walîd ibn 'Uqba ibn Abî Mu'ayt. Lorsqu'ils entendirent parler de lui, ils montèrent à sa rencontre. Quand il les entendit, il les craignit, retourna auprès du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et l'informa que ces gens avaient voulu le tuer et l'avaient empêché de percevoir leur aumône 29. Les musulmans parlèrent beaucoup de les attaquer, au point que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, faillit les attaquer. Alors qu'ils étaient dans cette situation, leur délégation arriva auprès du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et dit : « Ô Messager d'Allah, nous avons appris l'arrivée de ton envoyé lorsque tu nous l'as envoyé. Nous sommes sortis à sa rencontre pour l'honorer et lui remettre l'aumône que nous devions, mais il a rebroussé chemin 30. Nous avons appris qu'il a prétendu devant le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, que nous étions sortis pour le tuer. Par Allah, nous n'étions pas sortis pour cela. » Allah, exalté soit-Il, révéla alors à son sujet et à leur sujet : « Ô vous qui avez cru, si un pervers vous apporte une nouvelle, vérifiez 31, de peur que vous ne frappiez un peuple par ignorance, et que vous ne regrettiez ensuite ce que vous avez fait. Et sachez que parmi vous se trouve le Messager d'Allah. S'il vous obéissait dans beaucoup de choses, vous seriez en difficulté... » [Coran 49:6-7] jusqu'à la fin du verset. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, était revenu de ce voyage, comme me l'a rapporté une personne digne de confiance, d'après az-Zuhrî, d'après 'Urwa, d'après 'Â'isha, qu'Allah l'agrée : lorsqu'il fut près de Médine, alors que 'Â'isha était avec lui dans ce voyage, les gens du mensonge 32 dirent d'elle ce qu'ils dirent.
- al-mirjal : Chaudron, marmite.
- ‘ibād al-ilāh : Serviteurs de Dieu, désignant ici les croyants.
- al-kumāt : Héros, guerriers courageux.
- fidāḥan : Ruisselants de sueur ou d'écume.
- al-bīḍ : Les sabres, littéralement 'les blanches'.
- Banū l-Muṣṭaliq : Tribu arabe de Khuzā‘a.
- sanat sitt : An six de l'Hégire.
- mā’ : Point d'eau, source.
- Sinān ibn Wabar : Nom d'un homme de Juhayna.
- Muhājirūn : Émigrants, ceux qui ont émigré de La Mecque à Médine.
- jalābīb : Manteaux, pluriel de jilbāb ; désigne ici les Muhājirūn.
- mashā : Marcha, se mit en route.
- rajulan : Homme, ici un croyant.
- anuf : Nez : métaphore pour désigner les personnes orgueilleuses ou influentes.
- akhâdi' : Artères carotides : veines du cou, symbole de la vie.
- Fihr : Fihr : ancêtre de la tribu de Quraysh, désigne ici les Qurayshites.
- Fâri' : Fâri' : lieu ou forteresse des Banû an-Najjâr.
- washal : Main desséchée : allusion à une main paralysée ou coupée.
- nâqi' al-jawf : Sang caillé au fond de la gorge : sang épais et coagulé.
- Banû Bakr : Banû Bakr : tribu arabe, ennemie des Quraysh.
- Ahmar ou Uhaymir : Ahmar ou Uhaymir : nom d'un cavalier, signifiant 'rouge' ou 'rougeâtre'.
- kitâba : Contrat d'affranchissement : accord par lequel un esclave rachète sa liberté en versant une somme convenue.
- hulwa mulâha : Douce et charmante : qualificatif de beauté et de grâce.
- baraka : Bénédiction : faveur divine apportant bienfaits et prospérité.
- Ibn Hishâm : Ibn Hishâm : compilateur de la Sîra (biographie du Prophète).
- Dhât al-Jaysh : Dhât al-Jaysh : lieu-dit près de Médine.
- Ansâr : Ansâr : 'les Auxiliaires', habitants de Médine ayant accueilli le Prophète.
- al-'Aqîq : Al-'Aqîq : vallée près de Médine.
- sadaqa : Aumône légale (zakât) ou aumône volontaire.
- inshamara : Rebrousser chemin : faire demi-tour précipitamment.
- fatabayyanû : Vérifiez : dans le Coran, ordre de s'assurer de la véracité d'une information.
- ahl al-ifk : Gens du mensonge : ceux qui propagèrent la calomnie contre 'Â'isha (l'affaire de l'Ifk).
L'histoire de l'Ifk [1] lors de l'expédition de Banu al-Mustaliq (an 6 de l'Hégire).
Le récit de la calomnie 1 lors de l'expédition de Banû al-Mustaliq (an 6 de l'Hégire) Ibn Ishâq a dit : Al-Zuhrî nous a rapporté, d'après 'Alqama ibn Waqqâs, Sa'îd ibn Jubayr, 'Urwa ibn al-Zubayr et 'Ubayd Allâh ibn 'Abd Allâh ibn 'Utba, qui a dit : Chacun d'eux m'a rapporté une partie de ce récit, et certains étaient plus complets que d'autres ; je t'ai rassemblé ce que ces gens m'ont rapporté. (La conduite du Messager avec ses épouses lors de son voyage) : Muhammad ibn Ishâq a dit : Yahyâ ibn 'Abbâd ibn 'Abd Allâh ibn al-Zubayr m'a rapporté, d'après son père, d'après 'Â'isha, et 'Abd Allâh ibn Abî Bakr, d'après 'Amra bint 'Abd al-Rahmân, d'après 'Â'isha elle-même, lorsque les gens de la calomnie dirent ce qu'ils dirent à son sujet. Chacun a contribué à son récit, certains rapportant ce que d'autres n'avaient pas rapporté, et tous étaient dignes de confiance ; chacun rapporta d'elle ce qu'il avait entendu. Elle dit : Lorsque le Messager d'Allâh (sur lui la paix et le salut) voulait entreprendre un voyage, il tirait au sort entre ses épouses ; celle dont le sort sortait, il l'emmenait avec lui. Lors de l'expédition de Banû al-Mustaliq, il tira au sort entre ses épouses, comme il le faisait habituellement, et mon sort sortit pour l'accompagner. Le Messager d'Allâh (sur lui la paix et le salut) m'emmena donc. (La chute du collier de 'Â'isha et son retard pour le chercher) : Elle dit : À cette époque, les femmes ne mangeaient que des dattes séchées 2 ; la viande ne les alourdissait pas. Lorsqu'on chargeait ma chamelle, je m'asseyais dans ma litière 3, puis les hommes qui devaient la charger venaient, prenaient la litière par le bas, la soulevaient, la plaçaient sur le dos de la chamelle, l'attachaient avec ses cordes, puis prenaient la tête de la chamelle et partaient. Elle dit : Lorsque le Messager d'Allâh (sur lui la paix et le salut) eut terminé ce voyage et prit le chemin du retour, alors qu'il était près de Médine, il fit halte pour la nuit. Il passa une partie de la nuit, puis ordonna le départ. Les gens se mirent en route. J'étais sortie pour un besoin, et j'avais au cou un collier en cornaline du Yémen 4. Lorsque j'eus fini, il glissa de mon cou sans que je m'en aperçoive. En revenant à ma monture, je cherchai mon collier à mon cou, mais ne le trouvai pas. Les gens étaient déjà en route. Je retournai à l'endroit où j'étais allée, le cherchai jusqu'à ce que je le trouve. Pendant ce temps, les hommes qui devaient charger ma chamelle étaient venus, avaient fini de la charger, avaient pris la litière, pensant que j'étais dedans comme d'habitude, l'avaient soulevée et attachée sur la chamelle, sans douter que j'y étais, puis avaient pris la tête de la chamelle et étaient partis. Je revins au campement, mais il n'y avait plus personne, ni appelant ni répondant ; les gens étaient partis. (Le passage d'Ibn al-Mu'attal et son transport sur sa chamelle) : Elle dit : Je m'enveloppai dans mon voile, puis m'allongeai à ma place, sachant que si l'on s'apercevait de mon absence, on reviendrait me chercher. Elle dit : Par Allâh, j'étais allongée lorsque Safwân ibn al-Mu'attal al-Sulamî passa près de moi. Il s'était attardé derrière l'armée pour un besoin 5 et n'avait pas passé la nuit avec les gens. Il vit ma silhouette noire, s'approcha jusqu'à s'arrêter près de moi. Il m'avait vue avant que le voile 6 ne nous soit imposé. Lorsqu'il me vit, il dit : « Nous sommes à Allâh et à Lui nous retournons ! L'épouse du Messager d'Allâh ! » J'étais enveloppée dans mes vêtements. Il dit : « Qu'est-ce qui t'a retenue ? Qu'Allâh te fasse miséricorde ! » Elle dit : Je ne lui répondis pas. Puis il fit approcher sa chamelle et dit : « Monte ! » et il s'écarta de moi. Elle dit : Je montai, et il prit la tête de la chamelle et partit rapidement, cherchant les gens. Par Allâh, nous ne rattrapâmes les gens que le matin, lorsqu'ils s'arrêtèrent. Lorsqu'ils furent installés, l'homme arriva, me conduisant. Alors les gens de la calomnie dirent ce qu'ils dirent : le camp s'agita 7, mais par Allâh, je n'en savais rien. (Le détournement du Messager d'elle) : Puis nous arrivâmes à Médine. Peu après, je tombai gravement malade, sans rien apprendre de tout cela. La nouvelle était parvenue au Messager d'Allâh (sur lui la paix et le salut) et à mes parents, mais ils ne m'en disaient rien, ni peu ni beaucoup. Cependant, je remarquai un changement dans la bonté du Messager d'Allâh envers moi : d'habitude, quand j'étais malade, il me plaignait et était doux avec moi, mais cette fois-ci, il ne le fit pas. Je m'en étonnai. Lorsqu'il entrait chez moi, alors que ma mère me soignait – Ibn Hishâm dit : c'était Umm Rûmân, nommée Zaynab bint 'Abd Duhmân, de la tribu de Banû Firâs ibn Ghanam ibn Mâlik ibn Kinâna – il disait : « Comment va celle-ci ? » sans ajouter plus. (Son transfert chez son père et sa connaissance de ce qui se disait sur elle) : Ibn Ishâq dit : Elle dit : Je finis par m'impatienter et dis : « Ô Messager d'Allâh, puisque je vois ta froideur, me permets-tu d'aller chez ma mère pour qu'elle me soigne ? » Il dit : « Il n'y a pas de mal. » Elle dit : Je partis donc chez ma mère, ignorant tout de ce qui se passait, jusqu'à ce que je guérisse de ma maladie, après une vingtaine de nuits. Nous étions des Arabes, nous n'avions pas dans nos maisons ces latrines que les non-Arabes utilisent ; nous les répugnions et les détestions. Nous allions dans les espaces libres de Médine. Les femmes sortaient chaque nuit pour leurs besoins. Une nuit, je sortis pour un besoin, accompagnée d'Umm Mistah bint Abî Ruhm ibn al-Muttalib ibn 'Abd Manâf. Sa mère était la fille de Sakhr ibn 'Âmir ibn Ka'b ibn Sa'd ibn Taym, la tante d'Abû Bakr al-Siddîq (qu'Allâh l'agrée). Elle dit : Par Allâh, alors qu'elle marchait avec moi, elle trébucha sur son manteau 8 et dit : « Que Mistah périsse ! » – Mistah était un surnom, son vrai nom étant 'Awf. Elle dit : Je dis : « Par Allâh, tu dis du mal d'un homme des Émigrés 9 qui a assisté à Badr ! » Elle dit : « N'as-tu pas appris la nouvelle, ô fille d'Abû Bakr ? » Je dis : « Quelle nouvelle ? » Elle m'informa alors de ce qu'avaient dit les gens de la calomnie. Je dis : « Cela s'est vraiment produit ? » Elle dit : « Oui, par Allâh, cela s'est produit. » Elle dit : Par Allâh, je ne pus même pas satisfaire mon besoin ; je revins et, par Allâh, je ne cessai de pleurer jusqu'à croire que les pleurs allaient fendre mon foie 10. Elle dit : Je dis à ma mère : « Qu'Allâh te pardonne ! Les gens racontent ce qu'ils racontent, et tu ne m'en dis rien ! » Elle dit : « Ma fille, calme-toi 11 ! Par Allâh, il est rare qu'une belle femme, aimée de son mari et ayant des coépouses, ne soit pas la cible de leurs propos et de ceux des gens. » (Le discours du Messager aux gens, rappelant le tort qu'on lui fait dans son honneur) : Elle dit : Le Messager d'Allâh (sur lui la paix et le salut) se leva pour faire un discours aux gens, sans que je le sache. Il loua Allâh et Le glorifia, puis dit : « Ô gens ! Qu'ont donc certains hommes à me causer du tort dans ma famille, en disant sur eux des mensonges ? Par Allâh, je ne connais d'eux que du bien ! Et ils disent cela à propos d'un homme dont, par Allâh, je ne connais que du bien, et qui n'entre dans aucune de mes maisons sans que je sois avec lui. » (Le rôle d'Ibn Ubayy et de Hamna dans la propagation de cette histoire) : Elle dit : Cette affaire prit de l'ampleur 12 auprès de 'Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl et de certains hommes des Khazraj, ainsi que de Mistah et Hamna bint Jahsh. En effet, sa sœur Zaynab bint Jahsh était l'épouse du Messager d'Allâh (sur lui la paix et le salut), et aucune de ses épouses ne me rivalisait 13 en rang auprès de lui, sauf elle. Quant à Zaynab, Allâh la préserva par sa religion, et elle ne dit que du bien. Quant à Hamna bint Jahsh, elle propagea ce qu'elle propagea, par hostilité envers moi à cause de sa sœur, et elle fut malheureuse à cause de cela. (Ce qui se passa entre les musulmans après le discours du Messager) : Lorsque le Messager d'Allâh (sur lui la paix et le salut) eut prononcé ces paroles, Usayd ibn Hudayr dit :
Ô Messager d'Allah, s'ils sont des Aws, nous t'en débarrasserons ; s'ils sont de nos frères parmi les Khazraj, ordonne-nous ce que tu veux. Par Allah, ils méritent que leurs têtes soient tranchées." Elle dit : Sa'd ibn 'Ubâda se leva, alors qu'avant cela il était considéré comme un homme pieux, et dit : "Tu as menti, par Allah ! Nous ne trancherons pas leurs têtes. Par Allah, tu n'as dit cela que parce que tu sais qu'ils sont des Khazraj ; s'ils étaient de ton clan, tu n'aurais pas dit cela." Usayd dit : "Tu as menti, par Allah ! Mais tu es un hypocrite qui défends les hypocrites." Elle dit : Les gens s'agitèrent, au point qu'une querelle faillit éclater entre ces deux clans, les Aws et les Khazraj. Le Messager d'Allah descendit et entra chez moi. (Consultation du Prophète avec 'Alî et Usâma) Elle dit : Il appela 'Alî ibn Abî Tâlib et Usâma ibn Zayd, et les consulta. Quant à Usâma, il parla en bien de moi et dit : "Ô Messager d'Allah, ce sont les tiens, et nous ne connaissons d'eux que le bien. Ce ne sont que mensonges et faussetés." Quant à 'Alî, il dit : "Ô Messager d'Allah, les femmes sont nombreuses, et tu peux en prendre une autre. Interroge la servante, elle te dira la vérité." Le Messager d'Allah appela Barîra pour l'interroger. Elle dit : 'Alî ibn Abî Tâlib se leva et la frappa violemment en disant : "Dis la vérité au Messager d'Allah !" Elle dit : Elle répondit : "Par Allah, je ne connais que du bien. Je ne reproche rien à 'Â'isha, si ce n'est que je pétrissais ma pâte et lui demandais de la surveiller, mais elle s'endormait et la brebis venait la manger." (Révélation du Coran innocentant 'Â'isha) Elle dit : Puis le Messager d'Allah entra chez moi alors que mes parents étaient avec moi, ainsi qu'une femme des Ansâr. Je pleurais, et elle pleurait avec moi. Il s'assit, loua Allah et Le glorifia, puis dit : "Ô 'Â'isha, tu as entendu ce que les gens disent. Crains Allah. Si tu as commis une mauvaise action 14 comme le disent les gens, repens-toi à Allah, car Allah accepte le repentir de Ses serviteurs." Elle dit : Par Allah, dès qu'il m'eut dit cela, mes larmes se tarirent au point que je n'en sentis plus aucune. J'attendis que mes parents répondent pour moi au Messager d'Allah, mais ils ne parlèrent pas. Elle dit : Par Allah, je me considérais trop insignifiante et trop peu importante pour qu'Allah révèle à mon sujet un Coran récité dans les mosquées et prié avec. Mais j'espérais que le Messager d'Allah verrait en songe quelque chose par lequel Allah démentirait ces accusations, car Il connaissait mon innocence, ou qu'Il m'informerait d'une nouvelle. Quant à une révélation coranique à mon sujet, par Allah, je me considérais encore plus insignifiante que cela. Elle dit : Quand je vis que mes parents ne parlaient pas, je leur dis : "Ne répondez-vous pas au Messager d'Allah ?" Ils dirent : "Par Allah, nous ne savons que lui répondre." Elle dit : Par Allah, je ne connais aucune famille qui ait subi ce que subit la famille d'Abû Bakr en ces jours. Elle dit : Lorsqu'ils restèrent sans voix, je pleurai amèrement, puis je dis : "Par Allah, je ne me repentirai jamais à Allah de ce que vous avez mentionné. Par Allah, je sais que si j'avoue ce que les gens disent – alors qu'Allah sait que je suis innocente – je dirais ce qui n'est pas ; et si je nie ce qu'ils disent, vous ne me croirez pas." Elle dit : Puis je cherchai le nom de Jacob 15 mais je ne m'en souvins pas, alors je dis : "Mais je dirai comme dit Abû Yûsuf 16 : 'Patience est belle ! Et c'est Allah qu'il faut appeler au secours contre ce que vous décrivez.'" Elle dit : Par Allah, le Messager d'Allah ne quitta pas son siège avant d'être enveloppé par ce qui l'enveloppait d'Allah. On le couvrit d'un vêtement et on plaça sous sa tête un coussin de cuir. Quant à moi, quand je vis cela, par Allah, je ne fus ni effrayée ni inquiète, car je savais que j'étais innocente et qu'Allah ne me ferait pas d'injustice. Quant à mes parents, par Celui qui tient l'âme de 'Â'isha en Sa main, ils ne furent soulagés qu'après que le Messager d'Allah eut repris ses esprits, au point que je craignis qu'ils ne meurent de peur qu'Allah ne confirme ce que les gens disaient. Elle dit : Puis le Messager d'Allah reprit ses esprits, s'assit, et il dégouttait comme des perles 17 par un jour d'hiver. Il essuya la sueur de son front et dit : "Réjouis-toi, 'Â'isha ! Allah a révélé ton innocence." Elle dit : Je dis : "Louange à Allah !" Puis il sortit vers les gens, leur fit un sermon et leur récita ce qu'Allah avait révélé du Coran à ce sujet. Puis il ordonna que Mistah ibn Uthâtha, Hassân ibn Thâbit et Hamna bint Jahsh – qui étaient parmi ceux qui avaient divulgué l'infamie – reçoivent leur peine légale. (Abû Ayyûb et sa mention de la pureté de 'Â'isha à sa femme) Ibn Ishâq dit : Mon père Ishâq ibn Yasâr m'a raconté d'après un homme des Banû an-Najjâr : Abû Ayyûb Khâlid ibn Zayd, sa femme Umm Ayyûb lui dit : "Ô Abû Ayyûb, n'entends-tu pas ce que les gens disent de 'Â'isha ?" Il dit : "Oui, mais ce sont des mensonges. Ô Umm Ayyûb, ferais-tu une telle chose ?" Elle dit : "Non, par Allah, je ne la ferais pas." Il dit : "'Â'isha, par Allah, est meilleure que toi." (Ce qui fut révélé du Coran à ce sujet) Elle dit : Lorsque le Coran fut révélé mentionnant ceux qui avaient proféré l'infamie parmi les gens du mensonge 18, Allah dit : "Ceux qui sont venus avec le mensonge sont une faction parmi vous. Ne le considérez pas comme un mal pour vous, mais c'est un bien pour vous. À chaque homme d'entre eux ce qu'il a acquis comme péché, et celui d'entre eux qui s'est chargé de la plus grande part aura un châtiment terrible" (24:11). Il s'agit de Hassân ibn Thâbit et de ses compagnons qui ont dit ce qu'ils ont dit. Ibn Hishâm dit : On dit aussi qu'il s'agit de 'Abd Allah ibn Ubayy et de ses compagnons. Ibn Hishâm dit : Celui qui s'est chargé de la plus grande part est 'Abd Allah ibn Ubayy, et Ibn Ishâq l'a mentionné dans ce hadith plus haut. Puis Allah dit : "Si seulement, lorsque vous l'avez entendu, les croyants et les croyantes avaient eu une bonne opinion d'eux-mêmes" (24:12), c'est-à-dire qu'ils auraient dit comme Abû Ayyûb et sa femme. Puis Il dit : "Quand vous le recueilliez avec vos langues et disiez de vos bouches ce dont vous n'aviez aucune science, et vous le considériez comme une chose légère, alors qu'auprès d'Allah c'est énorme" (24:15). (Le projet d'Abû Bakr de cesser de subvenir aux besoins de Mistah, puis son revirement) Lorsque cela fut révélé au sujet de 'Â'isha et de ceux qui avaient dit ce qu'ils avaient dit, Abû Bakr – qui subvenait aux besoins de Mistah en raison de leur parenté et de son besoin – dit : "Par Allah, je ne dépenserai plus jamais rien pour Mistah, et je ne lui ferai plus jamais aucun bien après ce qu'il a dit de 'Â'isha et ce qu'il nous a causé." Elle dit : Alors Allah révéla à ce sujet : "Et que les détenteurs de mérite et d'aisance parmi vous ne jurent pas de ne plus donner aux proches, aux pauvres et à ceux qui émigrent dans le chemin d'Allah. Qu'ils pardonnent et qu'ils passent outre. N'aimez-vous pas qu'Allah vous pardonne ? Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux" (24:22). (Explication par Ibn Hishâm de certains termes rares) Ibn Hishâm dit : On dit "kibruhu" et "kubruhu" dans la narration, mais dans le Coran c'est "kibruhu" (avec un i) 19. Ibn Hishâm dit : "Wa lâ ya'tali ulû al-fadli minkum" (24:22) signifie "wa lâ ya'lu ulû al-fadli minkum". Imru' al-Qays ibn Hujr al-Kindî a dit : "Combien de fois, ô toi, ai-je repoussé un adversaire obstiné, Loyal malgré ses reproches, non négligent 20." Ce vers est dans un de ses poèmes. On dit aussi : "Wa lâ ya'tali ulû al-fadli" (24:22) signifie "wa lâ yahlifu ulû al-fadli" (que les détenteurs de mérite ne jurent pas), et c'est l'avis de Hasan ibn Abî al-Hasan al-Basrî, selon ce qui nous est parvenu de lui. Dans le Livre d'Allah : "Pour ceux qui jurent de s'abstenir de leurs femmes" (2:226), cela vient de "al-aliya" (le serment). Hassân ibn Thâbit a dit :
J'ai juré, en m'efforçant parmi tous les hommes, un serment de piété sans égarement 21. Ce vers fait partie d'un poème dont je parlerai, si Dieu le veut, en son lieu. Le sens de « qu'ils soient amenés » dans cette doctrine est « qu'ils ne soient pas amenés ». Dans le Livre de Dieu, Il dit : « Dieu vous expose [les choses] de peur que vous ne vous égariez » 22 (4:176), voulant dire « de peur que vous ne vous égariez pas ». Et « Il retient le ciel de tomber sur la terre » (22:65), voulant dire « de ne pas tomber sur la terre ». Ibn Mufarri' al-Himyari a dit : Je n'effraie pas les troupeaux à l'aube, en attaquant, et je ne suis pas appelé Yazid, Le jour où l'on m'inflige une humiliation par crainte de la mort, alors que les destins m'épient pour que je ne fuie pas 23, voulant dire « pour que je ne fuie pas ». Ces deux vers font partie d'un poème. Ibn Ishaq a dit : [Aïcha] a dit : Abou Bakr a dit : « Si, par Dieu, j'aime que Dieu me pardonne. » Il rendit à Mistah la pension qu'il lui versait, et dit : « Par Dieu, je ne la lui retirerai jamais. » (Intentions d'Ibn al-Mu'attal de tuer Hassan) Ibn Ishaq a dit : Ensuite, Safwan ibn al-Mu'attal attaqua Hassan ibn Thabit avec l'épée, lorsqu'il apprit ce que celui-ci disait à son sujet. Hassan avait composé des vers où il faisait allusion à Ibn al-Mu'attal et à ceux des Arabes de Mudar qui avaient embrassé l'Islam. Il dit : Les porteurs de jilbabs 24 sont devenus puissants et nombreux, et Ibn al-Furay'a 25 est devenu l'œuf du pays 26. Que sa mère perde celui dont tu étais le compagnon, ou qui s'accrochait à la griffe du lion. Ma victime, que je vais prendre le matin, n'a droit ni à une diya 27 ni à un qawad 28. La mer, quand souffle le vent du nord, s'agite et jette sur la rive l'écume, N'est pas plus violente que moi quand tu me vois, furieux, fendant comme fend le nuage de grêle. Quant à Quraysh, je ne ferai pas la paix avec eux jusqu'à ce qu'ils reviennent de l'égarement à la droiture, Qu'ils abandonnent al-Lat et al-'Uzza 29 dans un lieu écarté, et se prosternent tous devant l'Unique, l'Éternel, Et qu'ils témoignent que ce que le Messager leur a dit est vrai, et qu'ils tiennent le pacte de Dieu et les engagements. Safwan ibn al-Mu'attal l'attaqua donc et le frappa de l'épée, puis dit, comme me l'a rapporté Ya'qub ibn 'Utba : « Le tranchant de l'épée m'a évité, car je suis un garçon, quand il est venu, je ne suis pas poète. » Ibn Ishaq a dit : Muhammad ibn Ibrahim ibn al-Harith at-Taymi m'a raconté que Thabit ibn Qays ibn Shammas sauta sur Safwan ibn al-Mu'attal, quand il frappa Hassan, lui lia les mains au cou avec une corde, puis l'emmena à la maison des Banu al-Harith ibn al-Khazraj. 'Abdullah ibn Rawaha le rencontra et dit : « Qu'est-ce que cela ? » Il répondit : « N'es-tu pas étonné qu'il ait frappé Hassan avec l'épée ? Par Dieu, je pense qu'il l'a tué. » 'Abdullah ibn Rawaha lui dit : « Le Messager de Dieu est-il au courant de ce que tu as fait ? » Il dit : « Non, par Dieu. » Il dit : « Tu as été audacieux. Relâche l'homme. » Il le relâcha. Puis ils allèrent trouver le Messager de Dieu et lui racontèrent cela. Il fit venir Hassan et Safwan ibn al-Mu'attal. Ibn al-Mu'attal dit : « Ô Messager de Dieu, il m'a offensé et m'a satirisé, la colère m'a emporté et je l'ai frappé. » Le Messager de Dieu dit à Hassan : « Améliore-toi, ô Hassan 30. As-tu défiguré 31 mon peuple après que Dieu les a guidés à l'Islam ? » Puis il dit : « Améliore-toi, ô Hassan, dans ce qui t'est arrivé. » Il dit : « C'est à toi, ô Messager de Dieu. » Ibn Hisham a dit : On dit : « Après que Dieu vous a guidés à l'Islam. » Ibn Ishaq a dit : Muhammad ibn Ibrahim m'a raconté que le Messager de Dieu lui donna en compensation Bayruha' 32, qui est aujourd'hui le château des Banu Hudayla à Médine. C'était un bien d'Abou Talha ibn Sahl, qu'il avait donné en aumône à la famille du Messager de Dieu. Le Messager de Dieu le donna à Hassan pour sa blessure, et lui donna également Sirin, une esclave copte, qui lui enfanta 'Abd al-Rahman ibn Hassan. [Aïcha] dit : 'Aïcha disait : « On s'est renseigné sur Ibn al-Mu'attal, et on l'a trouvé être un homme chaste 33, qui n'approchait pas les femmes. Puis il fut tué plus tard en martyr. » Hassan ibn Thabit dit, en s'excusant de ce qu'il avait dit au sujet de 'Aïcha : Chaste, posée, on ne la soupçonne d'aucun vice, et elle se lève affamée des chairs des insouciantes 34. Noble d'un clan de Lu'ayy ibn Ghalib, aux nobles actions, dont la gloire n'est pas éphémère. Pure, Dieu a embelli son naturel et l'a purifiée de tout mal et de toute fausseté. Si j'ai dit ce que vous prétendez, que mes doigts ne lèvent plus mon fouet vers moi. Comment cela, alors que mon affection, tant que je vivrai, et mon soutien vont à la famille du Messager de Dieu, parure des assemblées. Il a un rang élevé au-dessus de tous les hommes, que l'élan du présomptueux ne peut atteindre. Ce qui a été dit n'est pas vrai, mais c'est la parole d'un homme qui me calomnie 35. Ibn Hisham a dit : Son vers est : « Noble d'un clan » et ce qui suit, et son vers : « Il a un rang élevé » d'après Abou Zayd al-Ansari. Ibn Hisham a dit : Abou 'Ubayda m'a raconté qu'une femme fit l'éloge de la fille de Hassan ibn Thabit devant 'Aïcha, en disant : « Chaste, posée, on ne la soupçonne d'aucun vice, et elle se lève affamée des chairs des insouciantes. » 'Aïcha dit : « Mais son père [l'est] 36. » (Poème satirique contre Hassan et Mistah) Ibn Ishaq a dit : Un des musulmans dit, au sujet de la frappe de Hassan et de ses compagnons pour leur calomnie contre 'Aïcha – Ibn Hisham dit : au sujet de la frappe de Hassan et de ses deux compagnons : Hassan a goûté ce qu'il méritait, ainsi que Hamna quand ils dirent des mensonges, et Mistah. Ils se sont attaqués, par des conjectures invisibles, à l'épouse de leur Prophète, et ont encouru la colère du Maître du Trône généreux, et ont été précipités. Ils ont offensé le Messager de Dieu à son sujet, et ont été couverts de hontes qui demeurent, ils en ont été coiffés et déshonorés. Et il a été déversé sur eux des [coups] solides 37 comme des averses de pluie du sommet des nuages qui se répandent.
- al-ifk : La calomnie, mensonge grave ; terme coranique désignant l'accusation portée contre 'Â'isha.
- al-'ulaq : Dattes séchées de première qualité, nourriture légère.
- hawdaj : Litière fermée placée sur le dos d'une chamelle pour transporter les femmes.
- jaz'u Zifâr : Cornaline du Yémen, pierre précieuse utilisée en bijouterie.
- li-ba'di hâjatihi : Pour un besoin naturel, euphémisme pour satisfaire un besoin physiologique.
- al-hijâb : Le voile imposé aux épouses du Prophète après le verset du voile (Coran 33:53).
- irta'aja : S'agita, fut en émoi ; désigne la rumeur qui se répand dans le camp.
- mirT : Manteau ample porté par les femmes, souvent traînant.
- al-muhâjirîn : Les Émigrés, musulmans de La Mecque ayant émigré à Médine.
- yasad'a'u kabadî : Fendre mon foie ; expression arabe pour une douleur intense.
- khaffidî 'alayki al-sha'n : Calme-toi, prends la chose à la légère.
- kabura dhâlika : Prit de l'ampleur, devint grave.
- tunâsînî : Me rivaliser, me disputer le rang auprès du Prophète.
- qârafat sû'an : Expression signifiant 'commettre une mauvaise action', souvent interprétée comme une faute morale ou un péché.
- ism Ya'qûb : Référence au prophète Jacob, dont le nom est mentionné dans le Coran comme exemple de patience.
- Abû Yûsuf : Surnom du prophète Joseph (Yûsuf) dans le Coran, qui a dit : 'Patience est belle ! Et c'est Allah qu'il faut appeler au secours contre ce que vous décrivez' (Coran 12:18).
- al-jumân : Perles, faisant référence à la sueur qui perlait sur le front du Prophète lors de la révélation.
- ahl al-ifk : Les gens du mensonge, désignant ceux qui ont propagé la calomnie contre 'Â'isha.
- kibruhu/kubruhu : Variantes de lecture du mot 'kibr' (la plus grande part) dans le verset 24:11, avec kasra (i) ou damma (u) sur le kâf.
- ghayru mu'tali : Expression signifiant 'non négligent' ou 'non manquant', utilisée pour expliquer le sens de 'lâ ya'tali' (ne pas jurer ou ne pas manquer).
- ālaytu : J'ai juré, serment solennel.
- an taḍillū : Construction où 'an' signifie 'de peur que... ne pas', équivalent à 'lā an taḍillū'.
- an aḥīda : Pour que je ne fuie pas ; 'an' avec sens négatif.
- al-jalābīb : Pluriel de jilbab, vêtement ample ; désigne ici les non-Arabes ou les clients.
- Ibn al-Furay'a : Surnom de Safwan ibn al-Mu'attal, faisant référence à sa mère.
- bayḍat al-balad : L'œuf du pays, métaphore pour quelqu'un de précieux ou de protégé.
- diya : Prix du sang, compensation légale pour un meurtre.
- qawad : Représailles, loi du talion.
- al-Lāt wa al-'Uzzā : Deux divinités païennes préislamiques.
- aḥsin : Améliore-toi, ou fais le bien ; ici, cesse de médire.
- tashawwahta : Tu as défiguré, rendu laid ; métaphore pour avoir insulté.
- Bayruḥā' : Nom d'un jardin ou d'une propriété à Médine.
- ḥaṣūr : Chaste, qui s'abstient des femmes.
- ghawāfil : Pluriel de ghāfila, femme insouciante ou négligente ; allusion à l'absence de médisance.
- māḥil : Calomniateur, qui cherche à nuire.
- lākin abūhā : Réponse ironique de 'Aïcha : 'Mais son père l'est', sous-entendant que la fille n'est pas ainsi.
- muḥṣadāt : Coups solides, ou paroles acérées ; peut-être des flèches ou des coups d'épée.
L'affaire de al-Hudaybiyya [1] eut lieu à la fin de l'an 6. Il y est mentionné le serment d'agrément [2] et la trêve conclue entre le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et Suhayl ibn 'Amr.
L'affaire de Hudaybiyya 1 à la fin de l'année six, et le récit du serment d'agrément 2 et de la trêve entre le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et Suhayl ibn 'Amr. (Sortie du Messager) : Ibn Ishaq dit : Ensuite, le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, demeura à Médine durant le mois de Ramadan et Shawwal, puis partit au mois de Dhu al-Qa'da pour une 'umra 3, sans intention de guerre. (Numayla à Médine) : Ibn Hisham dit : Il nomma Numayla ibn 'Abd Allah al-Laythi comme gouverneur de Médine. (Mobilisation des gens par le Messager) : Ibn Ishaq dit : Il mobilisa les Arabes et les Bédouins des alentours pour qu'ils sortent avec lui, craignant que les Qurayshites ne lui fassent obstacle par la guerre ou ne l'empêchent d'atteindre la Maison 4. Beaucoup de Bédouins tardèrent à répondre, mais le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, partit avec ceux qui l'accompagnaient parmi les émigrés 5 et les auxiliaires 6, ainsi que les Arabes qui l'avaient rejoint. Il mena avec lui les offrandes 7 et se mit en état de sacralisation 8 pour la 'umra, afin que les gens soient en sécurité de sa guerre et sachent qu'il n'était sorti que pour visiter cette Maison et la vénérer. (Nombre d'hommes) : Ibn Ishaq dit : Muhammad ibn Muslim ibn Shihab al-Zuhri m'a rapporté, d'après 'Urwa ibn al-Zubayr, d'après Miswar ibn Makhrama et Marwan ibn al-Hakam, qui lui ont dit : Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, sortit l'année de Hudaybiyya, voulant visiter la Maison, sans intention de combat. Il mena avec lui soixante-dix bêtes sacrificielles 9, et les hommes étaient sept cents, chaque bête étant pour dix personnes. Quant à Jabir ibn 'Abd Allah, selon ce qui m'est parvenu, il disait : Nous, les compagnons de Hudaybiyya, étions quatorze cents. (Le Messager et Bishr ibn Sufyan) : Al-Zuhri dit : Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, partit jusqu'à ce que, parvenu à 'Usfan 10, il rencontra Bishr ibn Sufyan al-Ka'bi – Ibn Hisham dit : on dit aussi Busr – qui lui dit : Ô Messager d'Allah, voici les Qurayshites : ils ont appris ta marche et sont sortis avec leurs chamelles allaitant leurs petits 11, revêtus de peaux de léopards, et ils ont campé à Dhi Tuwa 12, faisant serment à Allah que tu n'y entreras jamais contre leur gré. Voici Khalid ibn al-Walid à la tête de leur cavalerie, qu'ils ont envoyée en avant jusqu'à Kura' al-Ghamim 13. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit : Malheur aux Qurayshites ! La guerre les a dévorés. Que leur coûterait-il de me laisser faire avec le reste des Arabes ? S'ils ont raison de moi, ils auront ce qu'ils veulent ; si Allah me donne la victoire sur eux, ils entreront dans l'islam en masse ; sinon, ils combattront, mais ils ont de la force. Que pensent donc les Qurayshites ? Par Allah, je ne cesserai de lutter pour ce pour quoi Allah m'a envoyé jusqu'à ce qu'Allah le fasse triompher ou que cette nuque 14 se brise. Puis il dit : Quel homme nous guidera par un chemin autre que celui où ils se trouvent ? (Évitement par le Messager de la rencontre avec les Qurayshites) : Ibn Ishaq dit : 'Abd Allah ibn Abi Bakr m'a raconté qu'un homme d'Aslam dit : Moi, ô Messager d'Allah. Il les guida donc par un chemin rocailleux et difficile 15 entre des ravins. Lorsqu'ils en sortirent, après que cela eut été pénible pour les musulmans, et qu'ils parvinrent à une terre plane à l'extrémité de la vallée, le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit aux gens : Dites : Nous implorons le pardon d'Allah et nous nous repentons à Lui. Ils le dirent, et il dit : Par Allah, c'est la Hitta 16 qui fut proposée aux Enfants d'Israël, mais ils ne la dirent pas. Ibn Shihab dit : Alors le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, ordonna aux gens : Prenez à droite, derrière al-Hamsh, sur un chemin qui vous mène à la colline d'al-Murar, à la descente de Hudaybiyya, en contrebas de La Mecque. L'armée prit ce chemin. Lorsque la cavalerie des Qurayshites vit la poussière 17 de l'armée qui avait dévié de leur route, ils retournèrent au galop vers les Qurayshites. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, continua jusqu'à ce que, lorsqu'il s'engagea sur la colline d'al-Murar, sa chamelle s'agenouilla. Les gens dirent : La chamelle a regimbé 18 ! Il dit : Elle n'a pas regimbé, et ce n'est pas dans sa nature, mais celui qui retint l'éléphant 19 l'a retenue de La Mecque. Aujourd'hui, les Qurayshites ne me demanderont aucune mesure où ils solliciteront de moi le maintien des liens de parenté sans que je ne l'accorde. Puis il dit aux gens : Descendez ! On lui dit : Ô Messager d'Allah, il n'y a pas d'eau dans la vallée pour que nous y descendions. Il sortit une flèche de son carquois, la donna à un de ses compagnons, qui descendit avec elle dans un puits 20 parmi ces puits, la planta dans son fond, et l'eau jaillit abondamment 21 jusqu'à ce que les gens en puisèrent pour leurs bêtes 22. (Celui qui descendit avec la flèche du Messager pour chercher l'eau) : Ibn Ishaq dit : Un des gens de science m'a rapporté, d'après des hommes d'Aslam, que celui qui descendit dans le puits avec la flèche du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, était Nâjiya ibn Jundub ibn 'Umayr ibn Ya'mur ibn Darim ibn 'Amr ibn Wa'ila ibn Sahm ibn Mazin ibn Salamân ibn Aslam ibn Afsa ibn Abi Hâritha, et il était le conducteur des bêtes sacrificielles du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue. Ibn Hisham dit : Afsa ibn Hâritha. Ibn Ishaq dit : Certains gens de science m'ont prétendu que al-Barâ' ibn 'Azib disait : C'est moi qui suis descendu avec la flèche du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue. Allah sait lequel des deux fut. (Poème de Nâjiya attestant qu'il porta la flèche du Messager) : Aslam a récité des vers de poésie composés par Nâjiya, et nous avons pensé que c'était lui qui était descendu avec la flèche. Aslam prétend qu'une jeune fille des Ansâr 23 s'avança avec son seau, tandis que Nâjiya était dans le puits puisant 24 pour les gens, et elle dit : « Ô toi qui puises, prends mon seau ! Je vois les gens te louer, Ils disent du bien et te glorifient. » Ibn Hisham dit : On rapporte aussi : « Je vois les gens te louanger. » Ibn Ishaq dit : Nâjiya, alors qu'il était dans le puits puisant pour les gens, répondit : « La jeune fille yéménite sait bien Que je suis le puiseur et mon nom est Nâjiya, Et une blessure jaillissante et béante Que j'ai infligée à la poitrine des agresseurs 25. » (Budayl et les hommes de Khuza'a entre le Messager et les Qurayshites) : Al-Zuhri dit dans son récit : Lorsque le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, se fut installé, Budayl ibn Warqâ' al-Khuza'i vint à lui avec des hommes de Khuza'a. Ils lui parlèrent et lui demandèrent ce qui l'avait amené. Il leur apprit qu'il n'était pas venu pour la guerre, mais seulement pour visiter la Maison et vénérer son caractère sacré. Puis il leur tint un discours semblable à celui qu'il avait tenu à Bishr ibn Sufyan. Ils retournèrent donc vers les Qurayshites et dirent : Ô assemblée des Qurayshites, vous vous précipitez contre Muhammad. Muhammad n'est pas venu pour combattre, mais seulement pour visiter cette Maison. Mais ils les traitèrent de menteurs et les repoussèrent 26, disant : Même s'il est venu sans intention de combat, par Allah, il n'y entrera jamais contre notre gré, et les Arabes ne rapporteront pas cela de nous. Al-Zuhri dit : Khuza'a était le confident sincère 27 du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, tant ses musulmans que ses polythéistes, et ils ne lui cachaient rien de ce qui se passait à La Mecque. (Mikraz, envoyé des Qurayshites au Messager) : Il dit : Puis ils lui envoyèrent Mikraz ibn Hafs ibn al-Akhyaf, frère des Banu 'Amir ibn Lu'ayy. Lorsque le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, le vit arriver, il dit : Voici un homme perfide. Lorsqu'il parvint au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et lui parla, le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, lui tint un discours semblable à celui qu'il avait tenu à Budayl et ses compagnons. Il retourna donc vers les Qurayshites et leur rapporta ce que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, lui avait dit. (Al-Hulays, envoyé des Qurayshites au Messager) :
Puis ils envoyèrent vers lui al-Ḥulays ibn ʿAlqama ou ibn Zabbān, qui était alors le chef des Aḥābīsh 28, et il était l'un des Banū al-Ḥārith ibn ʿAbd Manāt ibn Kināna. Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le vit, il dit : « Celui-ci est d'un peuple qui vénère Allah 29. Envoyez donc les offrandes 30 sur son chemin afin qu'il les voie. » Lorsqu'il vit les offrandes couler vers lui depuis le flanc 31 de la vallée, avec leurs guirlandes 32, et que leurs poils avaient été mangés à cause du long délai avant leur lieu de sacrifice 33, il retourna vers Quraysh sans parvenir jusqu'au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), par vénération pour ce qu'il avait vu. Il leur rapporta cela. Ils lui dirent : « Assieds-toi, tu n'es qu'un bédouin sans savoir. » Ibn Isḥāq dit : ʿAbd Allah ibn Abī Bakr m'a raconté qu'al-Ḥulays se fâcha alors et dit : « Ô assemblée de Quraysh ! Par Allah, ce n'est pas sur cela que nous avons fait alliance avec vous, ni sur cela que nous avons conclu un pacte avec vous. Empêcherait-on d'accéder à la Maison d'Allah celui qui vient pour la vénérer ? Par Celui qui tient l'âme d'al-Ḥulays en Sa main, ou bien vous laisserez passer Muḥammad vers ce pour quoi il est venu, ou bien je m'enfuirai avec les Aḥābīsh d'une seule fuite. » Ils lui dirent : « Doucement, cesse, ô Ḥulays, jusqu'à ce que nous obtenions ce qui nous satisfait. » (ʿUrwa ibn Masʿūd, envoyé de Quraysh au Messager) : Al-Zuhrī dit dans son récit : Puis ils envoyèrent au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ʿUrwa ibn Masʿūd al-Thaqafī. Il dit : « Ô assemblée de Quraysh, j'ai vu ce que subissent de votre part ceux que vous envoyez à Muḥammad, en fait de rudesse et de mauvais propos. Vous savez que vous êtes le père 34 et que je suis le fils » – et ʿUrwa était de Subayʿa bint ʿAbd Shams – « et j'ai entendu ce qui vous a frappés. J'ai rassemblé ceux de mon peuple qui m'ont obéi, puis je suis venu à vous jusqu'à ce que je vous assiste 35 de ma personne. » Ils dirent : « Tu as dit vrai, tu n'es pas suspect auprès de nous. » Il partit donc jusqu'à arriver au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Il s'assit devant lui, puis dit : « Ô Muḥammad, as-tu rassemblé la masse 36 ou la lie 37 des gens, puis es-tu venu avec eux à ton nid 38 pour le briser 39 ? Voici Quraysh qui est sortie avec les chamelles allaitantes et leurs petits 40. Ils ont revêtu des peaux de léopards, jurant par Allah que tu n'y entreras jamais par la force. Par Allah, on dirait que ceux-ci [tes compagnons] se déroberont de toi demain. » Abū Bakr al-Ṣiddīq était assis derrière le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Il dit : « Suce le clitoris d'al-Lāt 41 ! Est-ce nous qui nous déroberons de lui ? » ʿUrwa dit : « Qui est-ce, ô Muḥammad ? » Il dit : « C'est le fils d'Abī Quḥāfa. » Il dit : « Par Allah, si ce n'était une faveur que tu as envers moi, je te l'aurais rendue, mais celle-ci est pour celle-là. » Puis il se mit à saisir la barbe du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) tandis qu'il lui parlait. Al-Mughīra ibn Shuʿba se tenait debout à la tête du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), portant une armure 42. Il se mit à frapper sa main chaque fois qu'il saisissait la barbe du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), en disant : « Retire ta main du visage du Messager d'Allah avant qu'elle ne t'atteigne ! » ʿUrwa disait : « Malheur à toi ! Comme tu es rude et grossier ! » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) sourit. ʿUrwa lui dit : « Qui est-ce, ô Muḥammad ? » Il dit : « C'est le fils de ton frère, al-Mughīra ibn Shuʿba. » Il dit : « Ô traître ! N'ai-je lavé ta honte 43 qu'hier ? » – Ibn Hishām dit : ʿUrwa voulait dire par là qu'avant son islam, al-Mughīra ibn Shuʿba avait tué treize hommes des Banū Mālik, de Thaqīf, et les deux clans de Thaqīf s'étaient affrontés : les Banū Mālik, clan des tués, et les Aḥlāf 44, clan d'al-Mughīra. ʿUrwa avait payé le prix du sang des treize tués, soit treize diyāt 45, et avait réglé cette affaire. Ibn Isḥāq dit : Al-Zuhrī dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui parla de la même manière qu'il avait parlé à ses compagnons, et l'informa qu'il n'était pas venu pour faire la guerre. Il se leva d'auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), ayant vu ce que ses compagnons faisaient pour lui : il ne faisait pas ses ablutions sans qu'ils se précipitent sur son eau d'ablution, il ne crachait pas sans qu'ils se précipitent sur son crachat, et il ne tombait pas un de ses cheveux sans qu'ils le prennent. Il retourna donc vers Quraysh et dit : « Ô assemblée de Quraysh, je suis allé chez Kisrā 46 dans son royaume, chez Qayṣar 47 dans son royaume, et chez le Negus 48 dans son royaume. Par Allah, je n'ai jamais vu un roi parmi son peuple comme Muḥammad parmi ses compagnons. J'ai vu un peuple qui ne le livrera jamais pour quoi que ce soit. Voyez donc votre avis. » (Khirāsh, envoyé du Messager à Quraysh) : Ibn Isḥāq dit : Un des gens de science m'a raconté que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) appela Khirāsh ibn Umayya al-Khuzāʿī et l'envoya à Quraysh à La Mecque, monté sur un chameau à lui appelé al-Thaʿlab 49, pour transmettre à leurs notables ce pour quoi il était venu. Ils blessèrent le chameau du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et voulurent le tuer, mais les Aḥābīsh l'en empêchèrent et le laissèrent partir, jusqu'à ce qu'il rejoigne le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). (Les hommes de Quraysh que Quraysh avait envoyés pour agresser, puis que le Messager gracia) : Ibn Isḥāq dit : Quelqu'un que je ne soupçonne pas m'a raconté d'après ʿIkrima, affranchi d'Ibn ʿAbbās, d'après Ibn ʿAbbās, que Quraysh avait envoyé quarante ou cinquante hommes et leur avait ordonné de faire le tour du camp du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) pour capturer quelqu'un de ses compagnons. Ils furent capturés et amenés au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), qui les gracia et les libéra, alors qu'ils avaient lancé des pierres et des flèches sur le camp du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui).
- al-Ḥudaybiyya : Localité située à environ 22 km au nord-ouest de La Mecque, où eut lieu la trêve entre le Prophète et les Qurayshites en l'an 6 de l'Hégire.
- bayʿat al-riḍwān : Serment d'allégeance prêté par les compagnons au Prophète sous un arbre à Hudaybiyya, appelé ainsi car Allah fut satisfait d'eux (Coran 48:18).
- ʿumra : Pèlerinage mineur à La Mecque, pouvant être effectué à tout moment de l'année, contrairement au hajj.
- al-bayt : La Kaaba, la Maison sacrée d'Allah à La Mecque.
- al-muhājirūn : Les émigrés : les premiers musulmans ayant émigré de La Mecque à Médine.
- al-anṣār : Les auxiliaires : les habitants de Médine qui accueillirent et soutinrent le Prophète et les émigrés.
- al-hady : Les offrandes animales destinées à être sacrifiées dans l'enceinte sacrée de La Mecque.
- iḥrām : État de sacralisation rituelle pour le pèlerinage, impliquant des interdits et le port d'un vêtement spécifique.
- badana : Chameau ou vache destiné au sacrifice, souvent offert comme offrande.
- ʿUsfān : Localité située à environ 80 km au nord-ouest de La Mecque.
- al-ʿūdh al-maṭāfīl : Expression désignant des chamelles allaitant leurs petits, symbolisant la détermination des Qurayshites à se défendre.
- Dhī Ṭuwā : Vallée proche de La Mecque, lieu de campement traditionnel.
- Kurāʿ al-Ghamīm : Lieu situé entre La Mecque et Médine, près de 'Usfan.
- al-sālifa : La nuque ; expression signifiant 'jusqu'à ce que cette nuque se brise', c'est-à-dire jusqu'à la mort.
- ajral : Chemin rocailleux et difficile, parsemé de pierres.
- al-ḥiṭṭa : Mot signifiant 'rémission' ou 'pardon', faisant référence à l'ordre donné aux Enfants d'Israël d'entrer à Jérusalem en disant 'ḥiṭṭa' (Coran 2:58).
- qatara : Poussière soulevée par l'armée en marche.
- khala'at : Action de la chamelle qui s'agenouille et refuse d'avancer, par entêtement.
- ḥābis al-fīl : Allusion à l'éléphant d'Abraha qui fut arrêté par Allah lors de l'année de l'Éléphant (Coran 105).
- qalīb : Puits, souvent à sec dans le désert.
- jāsha bi-l-rawā' : L'eau jaillit abondamment, débordant du puits.
- ʿaṭan : Abreuvoir ou lieu où les bêtes boivent.
- al-anṣār : Voir note 6.
- yamīḥ : Puiser de l'eau et la distribuer aux gens.
- al-ʿādiya : Les agresseurs, les ennemis en guerre.
- jabahūhum : Les repousser avec rudesse, les traiter avec mépris.
- ʿaybat nuṣḥ : Confident sincère, personne de confiance à qui l'on confie ses secrets.
- Aḥābīsh : Tribus alliées à Quraysh, originaires du Yémen et installées autour de La Mecque.
- yata'allahu : Ils pratiquent la dévotion (ta'alluh), c'est-à-dire qu'ils vénèrent Allah d'une manière particulière, peut-être en offrant des sacrifices.
- al-hady : Offrandes sacrificielles (généralement des animaux) destinées à être immolées dans l'enceinte sacrée de La Mecque.
- ʿurḍ : Flanc ou côté de la vallée.
- qalā'id : Guirlandes ou colliers placés sur les animaux destinés au sacrifice pour les identifier comme offrandes.
- maḥill : Lieu où il est permis d'immoler les offrandes, c'est-à-dire l'enceinte sacrée de La Mecque.
- wālid : Père ; ici, ʿUrwa signifie que les Qurayshites sont comme des pères pour lui, et lui un fils, en raison de liens familiaux.
- āsātu : Assister, secourir ; ici, partager le sort de quelqu'un.
- ajmaʿt : La masse, la multitude ; peut-être une faute de copiste pour 'ajmaʿ' (la totalité).
- shāb : La lie, le rebut ; ou bien 'ashāb' (compagnons) selon une autre lecture.
- bayḍa : Nid ; métaphore pour La Mecque, considérée comme le nid de Quraysh.
- tafuḍḍahā : Briser, disperser ; ici, détruire la cohésion de Quraysh.
- al-ʿūdh al-maṭāfīl : Les chamelles allaitantes avec leurs petits ; métaphore pour les femmes et les enfants emmenés pour montrer la détermination.
- al-Lāt : Divinité préislamique vénérée par les Arabes, notamment à Ṭā'if.
- al-ḥadīd : Le fer ; ici, l'armure ou les armes en fer.
- saw'a : Honte, mauvaise action ; allusion au meurtre commis par al-Mughīra avant l'islam.
- Aḥlāf : Alliés ; clan de Thaqīf auquel appartenait al-Mughīra.
- diya : Prix du sang, compensation légale pour un meurtre.
- Kisrā : Titre du roi sassanide de Perse.
- Qayṣar : César, titre de l'empereur byzantin.
- al-Najāshī : Titre du roi d'Abyssinie (Éthiopie).
- al-Thaʿlab : Nom d'un chameau, signifiant 'le renard'.
Le serment d'allégeance d'al-Ridwân [1]
‘Uthmān, envoyé de Muḥammad aux Qurayš 1 : Puis il appela ‘Umar ibn al-Ḫaṭṭāb pour l’envoyer à La Mecque, afin qu’il transmette de sa part aux nobles Qurayš ce pour quoi il était venu. Il dit : « Ô Envoyé d’Allāh, je crains les Qurayš pour ma vie, et il n’y a à La Mecque personne des Banū ‘Adī ibn Ka‘b pour me protéger. Les Qurayš connaissent mon hostilité envers eux et ma dureté à leur égard. Mais je t’indique un homme plus considéré qu’eux que moi : ‘Uthmān ibn ‘Affān. » L’Envoyé d’Allāh (ṣallā llāhu ‘alayhi wa sallam) appela donc ‘Uthmān ibn ‘Affān et l’envoya auprès d’Abū Sufyān et des nobles Qurayš, pour leur annoncer qu’il n’était pas venu pour la guerre, mais seulement en visiteur de cette Demeure 2 et pour en magnifier le caractère sacré. (Rumeur du meurtre de ‘Uthmān) : Ibn Isḥāq dit : ‘Uthmān partit donc pour La Mecque. Abān ibn Sa‘īd ibn al-‘Āṣ le rencontra, soit à son entrée à La Mecque, soit avant, le prit en croupe, puis lui accorda sa protection jusqu’à ce qu’il eût délivré le message de l’Envoyé d’Allāh (ṣallā llāhu ‘alayhi wa sallam). ‘Uthmān alla donc trouver Abū Sufyān et les grands des Qurayš, et leur transmit ce que l’Envoyé d’Allāh (ṣallā llāhu ‘alayhi wa sallam) l’avait chargé de leur dire. Ils dirent à ‘Uthmān, lorsqu’il eut fini de leur communiquer le message de l’Envoyé d’Allāh (ṣallā llāhu ‘alayhi wa sallam) : « Si tu veux faire les circumambulations 3 autour de la Demeure, fais-les. » Il répondit : « Je ne le ferai pas avant que l’Envoyé d’Allāh (ṣallā llāhu ‘alayhi wa sallam) ne les fasse. » Les Qurayš le retinrent auprès d’eux. Parvint alors à l’Envoyé d’Allāh (ṣallā llāhu ‘alayhi wa sallam) et aux musulmans la nouvelle que ‘Uthmān ibn ‘Affān avait été tué. Le Serment d’agrément 4 (Le serment du Prophète aux gens sur la guerre et l’absence d’al-Ǧadd 5) : Ibn Isḥāq dit : ‘Abd Allāh ibn Abī Bakr m’a raconté que l’Envoyé d’Allāh (ṣallā llāhu ‘alayhi wa sallam), lorsqu’il apprit que ‘Uthmān avait été tué, dit : « Nous ne bougerons pas d’ici avant d’en découdre avec ces gens. » L’Envoyé d’Allāh (ṣallā llāhu ‘alayhi wa sallam) appela donc les gens au serment. Ce fut le Serment d’agrément sous l’arbre. Les gens disaient : « L’Envoyé d’Allāh (ṣallā llāhu ‘alayhi wa sallam) leur a fait prêter serment de mourir. » Mais Ǧābir ibn ‘Abd Allāh disait : « L’Envoyé d’Allāh (ṣallā llāhu ‘alayhi wa sallam) ne nous a pas fait prêter serment de mourir, mais il nous a fait prêter serment de ne pas fuir. »
- Qurayš : Tribu arabe dominante de La Mecque à l’époque préislamique et au début de l’islam.
- Demeure : Désigne la Ka‘ba, sanctuaire sacré de La Mecque.
- circumambulations : Rite consistant à tourner autour de la Ka‘ba, appelé ṭawāf en arabe.
- Serment d’agrément : Bay‘at ar-Riḍwān, serment prêté par les musulmans au Prophète sous un arbre à Hudaybiyya, marquant leur engagement à ne pas fuir le combat.
- al-Ǧadd : Surnom de Ǧadd ibn Qays, un compagnon qui se serait abstenu de prêter serment.
L'ordre de la trêve [1]
Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — reçut donc l'allégeance des gens, et aucun des musulmans présents ne refusa de la lui donner, excepté al-Jadd ibn Qays, frère des Banū Salima. Jābir ibn ‘Abd Allāh disait : « Par Allah, c'est comme si je le voyais encore, collé au flanc de sa chamelle, se blottissant 1 contre elle pour se cacher des gens. » Puis l'on apprit au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — que ce qui avait été rapporté au sujet de ‘Uthmān était faux. (Le premier à prêter serment) : Ibn Hishām dit : Wakī‘ rapporte d'après Ismā‘īl ibn Abī Khālid, d'après al-Sha‘bī, que le premier à prêter serment d'allégeance au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — lors du serment de la Satisfaction 2 fut Abū Sinān 3 al-Asadī. Ibn Hishām dit : Et m'a raconté une personne digne de confiance, d'après celui qui le lui a raconté avec sa chaîne de transmission, d'après Ibn Abī Mulayka, d'après Ibn Abī ‘Umar, que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — prêta serment pour ‘Uthmān, et frappa une main sur l'autre. L'affaire de la trêve (L'envoi de Suhayl par Quraysh au Prophète pour la paix) : Ibn Ishāq dit : Al-Zuhrī dit : Puis Quraysh envoya Suhayl ibn ‘Amr, frère des Banū ‘Āmir ibn Lu’ayy, au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et ils lui dirent : « Va trouver Muhammad et fais la paix avec lui, et que cette paix n'implique rien d'autre que son départ de chez nous cette année. Car par Allah, les Arabes ne diront jamais qu'il est entré chez nous par la force. » Suhayl ibn ‘Amr vint donc à lui. Lorsque le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — le vit arriver, il dit : « Les gens ont voulu la paix puisqu'ils ont envoyé cet homme. » Quand Suhayl ibn ‘Amr parvint au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — il parla longuement, ils échangèrent, puis la paix fut conclue entre eux. (‘Umar désapprouve la paix du Prophète) : Lorsque l'affaire fut réglée et qu'il ne restait plus que l'écrit, ‘Umar ibn al-Khattāb bondit et vint trouver Abū Bakr, disant : « Ô Abū Bakr, n'est-il pas le Messager d'Allah ? » Il dit : « Si. » Il dit : « Ne sommes-nous pas les musulmans ? » Il dit : « Si. » Il dit : « Ne sont-ils pas les associateurs ? » Il dit : « Si. » Il dit : « Pourquoi donc acceptons-nous l'humiliation 4 dans notre religion ? » Abū Bakr dit : « Ô ‘Umar, tiens-toi à son étrier 5, car j'atteste qu'il est le Messager d'Allah. » ‘Umar dit : « Et j'atteste qu'il est le Messager d'Allah. » Puis il vint au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et dit : « Ô Messager d'Allah, n'es-tu pas le Messager d'Allah ? » Il dit : « Si. » Il dit : « Ne sommes-nous pas les musulmans ? » Il dit : « Si. » Il dit : « Ne sont-ils pas les associateurs ? » Il dit : « Si. » Il dit : « Pourquoi donc acceptons-nous l'humiliation dans notre religion ? » Il dit : « Je suis le serviteur d'Allah et Son Messager, je ne désobéirai pas à Son ordre, et Il ne me laissera pas périr ! » ‘Umar disait : « Je n'ai cessé de faire l'aumône, de jeûner, de prier et d'affranchir des esclaves, à cause de ce que j'avais fait ce jour-là, par crainte de la parole que j'avais prononcée, jusqu'à ce que j'espère qu'elle fût bonne. » (‘Alī écrit les clauses de la paix) : Il dit : Puis le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — appela ‘Alī ibn Abī Tālib — que l'agrément d'Allah soit sur lui — et dit : « Écris : 'Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.' » Suhayl dit : « Je ne connais pas cela, mais écris : 'Par Ton nom, ô Allah.' » Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « Écris : 'Par Ton nom, ô Allah.' » Il l'écrivit. Puis il dit : « Écris : 'Voici ce sur quoi Muhammad, le Messager d'Allah, a conclu la paix avec Suhayl ibn ‘Amr.' » Suhayl dit : « Si j'attestais que tu es le Messager d'Allah, je ne t'aurais pas combattu. Mais écris ton nom et le nom de ton père. » Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « Écris : 'Voici ce sur quoi Muhammad ibn ‘Abd Allāh a conclu la paix avec Suhayl ibn ‘Amr.' Ils sont convenus de déposer les armes entre les gens pendant dix ans, durant lesquels les gens seront en sécurité et s'abstiendront mutuellement de s'attaquer, à condition que quiconque viendra à Muhammad de Quraysh sans l'autorisation de son tuteur, il le leur rendra ; et que quiconque viendra à Quraysh parmi ceux qui sont avec Muhammad, ils ne le lui rendront pas. Et qu'entre nous il y aura une trêve sincère 6, sans traîtrise ni perfidie 7. Et que quiconque désire entrer dans l'alliance et le pacte de Muhammad, y entre ; et que quiconque désire entrer dans l'alliance et le pacte de Quraysh, y entre. » (L'entrée de Khuzā‘a dans le pacte de Muhammad et des Banū Bakr dans le pacte de Quraysh) : Alors Khuzā‘a s'élança et dit : « Nous sommes dans l'alliance et le pacte de Muhammad. » Et les Banū Bakr s'élancèrent et dirent : « Nous sommes dans l'alliance et le pacte de Quraysh. » Et que tu t'en retournes de chez nous cette année, sans entrer dans La Mecque ; et que l'année prochaine, nous sortirons pour toi et tu y entreras avec tes compagnons, et tu y séjourneras trois jours, avec l'arme du voyageur : les épées dans les fourreaux, sans rien d'autre. (Ce qui préoccupa les gens au sujet de la paix et l'arrivée d'Abū Jandal) : Pendant que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — écrivait le document avec Suhayl ibn ‘Amr, voici qu'arriva Abū Jandal ibn Suhayl ibn ‘Amr, marchant péniblement dans ses chaînes, s'étant échappé pour rejoindre le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. Or les compagnons du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — étaient partis sans douter de la victoire, à cause d'un songe qu'avait eu le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. Lorsqu'ils virent ce qu'ils virent de la paix et du retour, et ce que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — endura en lui-même, une grande affliction s'empara des gens, au point qu'ils faillirent périr. Quand Suhayl vit Abū Jandal, il se leva, le frappa au visage, le saisit par le col, puis dit : « Ô Muhammad, l'affaire était déjà conclue entre toi et moi avant que celui-ci ne vienne à toi. » Il dit : « Tu as raison. » Il se mit à le tirer par le col et à le traîner pour le ramener à Quraysh, tandis qu'Abū Jandal criait de toute sa voix : « Ô communauté des musulmans, vais-je être rendu aux associateurs pour qu'ils m'éprouvent dans ma religion ? » Cela accrut encore ce que les gens ressentaient. Alors le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « Ô Abū Jandal, sois patient et espère la récompense 8, car Allah va vous ménager, à toi et à ceux qui sont avec toi parmi les opprimés, une issue et un soulagement. Nous avons conclu une paix entre nous et ces gens, nous leur avons donné notre parole là-dessus, et ils nous ont donné le pacte d'Allah, et nous ne trahirons pas envers eux. » ‘Umar ibn al-Khattāb bondit alors et marcha aux côtés d'Abū Jandal en disant : « Sois patient, ô Abū Jandal, car ce ne sont que des associateurs ; le sang de chacun d'eux est comme le sang d'un chien. » Et il approchait la garde de son épée de lui. ‘Umar disait : « J'espérais qu'il prendrait l'épée et frapperait son père. » Mais l'homme épargna son père, et l'affaire fut conclue. (Ceux qui furent témoins de la paix) : Lorsque le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — eut fini d'écrire, il prit à témoin de la paix des hommes parmi les musulmans et des hommes parmi les associateurs : Abū Bakr al-Siddīq, ‘Umar ibn al-Khattāb, ‘Abd al-Rahmān ibn ‘Awf, ‘Abd Allāh ibn Suhayl ibn ‘Amr, Sa‘d ibn Abī Waqqās, Mahmūd ibn Maslama, Mikraz ibn Hafs — qui était alors associateur — et ‘Alī ibn Abī Tālib, qui écrivit et fut le scribe du document. (Le Prophète immola sa bête et se rasa, et les gens l'imitèrent) : Ibn Ishāq dit : Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — était en état de sacralisation 9 et priait dans l'enceinte sacrée. Lorsqu'il eut fini la paix, il se dirigea vers sa bête sacrificielle et l'immola, puis s'assit et se rasa la tête. Celui qui le rasa ce jour-là, d'après ce qui m'est parvenu, fut Khirāsh ibn Umayya ibn al-Fadl al-Khuzā‘ī. Quand les gens virent que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — avait immolé et s'était rasé, ils se précipitèrent pour immoler et se raser. (Invocation du Prophète pour ceux qui se rasent, puis pour ceux qui raccourcissent) :
Ibn Isḥāq a dit : ʿAbd Allāh ibn Abī Najīḥ m’a raconté, d’après Mujāhid, d’après Ibn ʿAbbās, qui a dit : Le jour de al-Ḥudaybiyya, certains se rasèrent la tête 10 et d’autres se coupèrent les cheveux 11. Alors le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Que Dieu fasse miséricorde à ceux qui se rasent la tête ! » Ils dirent : « Et à ceux qui se coupent les cheveux, ô Messager de Dieu ? » Il dit : « Que Dieu fasse miséricorde à ceux qui se rasent la tête ! » Ils dirent : « Et à ceux qui se coupent les cheveux, ô Messager de Dieu ? » Il dit : « Que Dieu fasse miséricorde à ceux qui se rasent la tête ! » Ils dirent : « Et à ceux qui se coupent les cheveux, ô Messager de Dieu ? » Il dit : « Et à ceux qui se coupent les cheveux. » Ils dirent : « Ô Messager de Dieu, pourquoi as-tu multiplié 12 la demande de miséricorde pour ceux qui se rasent la tête plutôt que pour ceux qui se coupent les cheveux ? » Il dit : « Parce qu’ils n’ont pas douté. » (Le Messager offrit un chameau portant une bague en argent 13) Et ʿAbd Allāh ibn Abī Najīḥ a dit : Mujāhid m’a raconté, d’après Ibn ʿAbbās : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — offrit, l’année de al-Ḥudaybiyya, parmi ses offrandes, un chameau qui avait appartenu à Abū Jahl, portant à la tête une bague en argent, pour irriter les associateurs. (Révélation de la sourate al-Fatḥ 14) Al-Zuhrī a dit dans son récit : Puis le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — revint de ce voyage, et lorsqu’il fut entre La Mecque et Médine, la sourate al-Fatḥ fut révélée : « En vérité, Nous t’avons accordé une victoire éclatante, afin que Dieu te pardonne tes péchés passés et à venir, qu’Il parachève Sa grâce sur toi et te guide dans une voie droite » (48:1-2). (Mention de l’allégeance 15) Puis il y eut le récit à son sujet et au sujet de ses compagnons, jusqu’à ce qu’il parvienne à la mention de l’allégeance. Alors Dieu — que Sa louange soit exaltée — dit : « Ceux qui te prêtent allégeance ne font que prêter allégeance à Dieu. La main de Dieu est au-dessus de leurs mains. Quiconque viole son serment ne le viole qu’à son propre détriment ; et quiconque est fidèle à ce qu’il a engagé envers Dieu, Il lui accordera une immense récompense » (48:10). (Mention de ceux qui restèrent en arrière 16) Puis Il mentionna ceux qui, parmi les Bédouins, étaient restés en arrière. Ensuite Il dit, lorsqu’Il les pressa de partir avec Lui et qu’ils tardèrent : « Ceux qui, parmi les Bédouins, sont restés en arrière te diront : “Nos biens et nos familles nous ont retenus” » (48:11). Puis le récit à leur sujet, jusqu’à Sa parole : « Ceux qui sont restés en arrière diront, quand vous vous serez mis en route vers un butin pour le prendre : “Laissez-nous vous suivre.” Ils veulent changer la parole de Dieu. Dis : “Vous ne nous suivrez pas ; ainsi Dieu a déjà dit auparavant” » (48:15). Puis le récit à leur sujet et ce qui leur fut proposé comme combat contre un peuple d’une grande vaillance 17. Ibn Isḥāq a dit : ʿAbd Allāh ibn Abī Najīḥ m’a raconté, d’après ʿAṭāʾ ibn Abī Rabāḥ, d’après Ibn ʿAbbās, qui a dit : « Les Perses. » Ibn Isḥāq a dit : Et quelqu’un que je ne soupçonne pas m’a raconté, d’après al-Zuhrī, qu’il a dit : « Le peuple d’une grande vaillance, ce sont les Banū Ḥanīfa avec le menteur 18. » Puis Dieu — qu’Il soit exalté — dit : « Dieu a été satisfait des croyants quand ils te prêtaient allégeance sous l’arbre. Il savait ce qu’il y avait dans leurs cœurs ; Il fit descendre sur eux la sérénité 19 et les récompensa par une victoire prochaine, ainsi qu’un butin abondant qu’ils prendront. Dieu est Puissant et Sage. Dieu vous a promis un butin abondant que vous prendrez ; Il a hâté pour vous celui-ci, et a retenu les mains des gens de vous atteindre, afin que cela soit un signe pour les croyants et qu’Il vous guide dans une voie droite. Et Il vous promet autre chose que vous ne pouvez prendre, mais que Dieu a déjà cernée ; Dieu est Omnipotent » (48:18-21). (Mention du fait que le Messager retint ses hommes du combat) Puis Il mentionna qu’Il l’avait retenu et empêché de combattre, après qu’Il lui eut donné la victoire sur eux — c’est-à-dire le groupe qu’il avait atteint et qu’Il avait retenu de l’atteindre. Puis Dieu — qu’Il soit exalté — dit : « C’est Lui qui a retenu leurs mains de vous atteindre et vos mains de les atteindre, dans la vallée de La Mecque, après vous avoir donné la victoire sur eux. Dieu voit parfaitement ce que vous faites » (48:24). Puis Dieu — qu’Il soit exalté — dit : « Ce sont eux qui ont mécru et vous ont repoussés de la Mosquée sacrée, et ont empêché les offrandes 20 d’atteindre leur lieu de sacrifice » (48:25). (Explication par Ibn Hishām de certains termes rares) Ibn Hishām a dit : « al-Maʿkūf » signifie « retenu ». Al-Aʿshā des Banū Qays ibn Thaʿlaba a dit : « Et comme les colliers que le fil retient 21 sur les deux côtés du cou d’une gazelle, mère d’un faon. » Ce vers fait partie d’un poème de lui. Ibn Isḥāq a dit : « Si ce n’étaient des hommes croyants et des femmes croyantes que vous ne connaissez pas, et que vous auriez pu piétiner, et qu’ainsi un grief 22 vous aurait atteints sans le savoir » (48:25). « al-Maʿarra » signifie « la compensation », c’est-à-dire que vous auriez dû payer le prix du sang. Quant au péché, Il ne les en a pas menacés. Ibn Hishām a dit : Il m’est parvenu de Mujāhid qu’il a dit : Ce verset a été révélé au sujet d’al-Walīd ibn al-Walīd ibn al-Mughīra, de Salama ibn Hishām, de ʿAyyāsh ibn Abī Rabīʿa, d’Abū Jandal ibn Suhayl, et de leurs semblables. Ibn Isḥāq a dit : Puis Dieu — béni et exalté soit-Il — dit : « Quand ceux qui ont mécru mirent dans leurs cœurs la fureur, la fureur de l’ignorance 23 » (48:26) — c’est-à-dire Suhayl ibn ʿAmr, lorsqu’il s’emporta au sujet de l’écriture de « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux » et de « Muḥammad est le Messager de Dieu ». Puis Dieu — qu’Il soit exalté — dit : « Alors Dieu fit descendre Sa sérénité sur Son Messager et sur les croyants, et leur imposa la parole de piété 24 » (48:26) — c’est-à-dire l’unicité divine, l’attestation qu’il n’y a de dieu que Dieu et que Muḥammad est Son serviteur et Son Messager. Puis Dieu — qu’Il soit exalté — dit : « Dieu a réalisé la vision de Son Messager en toute vérité : vous entrerez dans la Mosquée sacrée, si Dieu le veut, en sécurité, la tête rasée ou les cheveux coupés, sans crainte. Il savait ce que vous ne saviez pas » (48:27) — c’est-à-dire la vision du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dans laquelle il avait vu qu’il entrerait à La Mecque en sécurité, sans crainte. Il dit : « la tête rasée ou les cheveux coupés, sans crainte. Il savait ce que vous ne saviez pas. » Il plaça donc avant cela une victoire prochaine : le traité de al-Ḥudaybiyya. Al-Zuhrī dit : Il n’y eut pas, dans l’islam, de victoire plus grande que celle-ci avant elle. En effet, le combat n’avait lieu que là où les gens se rencontraient. Mais quand vint la trêve, que la guerre cessa, que les gens se firent mutuellement confiance et se rencontrèrent pour discuter et débattre, quiconque parlait de l’islam avec intelligence y entrait. Et en ces deux années, il entra dans l’islam autant de personnes qu’il y en avait eu avant, ou même plus. Ibn Hishām a dit : La preuve de la parole d’al-Zuhrī est que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — partit pour al-Ḥudaybiyya avec mille quatre cents hommes, selon le dire de Jābir ibn ʿAbd Allāh. Puis il partit, deux ans après, pour la conquête de La Mecque avec dix mille hommes.
- ضَبَأَ : Se blottir, se tapir contre quelque chose pour se cacher.
- بَيْعَةَ الرِّضْوَانِ : Serment de la Satisfaction, prêté sous un arbre à Hudaybiyya, où les compagnons jurèrent de ne pas fuir.
- أَبُو سِنَانٍ : Abū Sinān, compagnon dont le nom complet est ‘Abd Allāh ibn Sinān al-Asadī.
- الدَّنِيَّةَ : L'humiliation, la bassesse ; ici, les conditions jugées défavorables de la trêve.
- الْزَمْ غَرْزَهُ : Tiens-toi à son étrier, c'est-à-dire suis-le et obéis-lui.
- عَيْبَةً مَكْفُوفَةً : Une trêve sincère et sans arrière-pensée ; littéralement 'une besace retenue'.
- لَا إسْلَالَ وَلَا إغْلَالَ : Ni traîtrise ni perfidie ; l'islāl est le vol clandestin, l'ighlāl la trahison.
- احْتَسِبْ : Espère la récompense divine en supportant l'épreuve avec patience.
- مُضْطَرَبًا فِي الْحِلِّ : En état de sacralisation (ihrām) pour la ‘umra ; al-hill désigne la zone hors du sanctuaire.
- muḥalliqīn : Ceux qui se rasent entièrement la tête, marque de la fin du pèlerinage ou de la ʿumra.
- muqaṣṣirīn : Ceux qui se coupent seulement une partie des cheveux, pratique également valide.
- ẓāhart : Tu as répété ou insisté sur la demande de miséricorde pour les premiers.
- barra : Anneau ou bague en métal précieux, ici en argent, ornant la tête de l’animal.
- Sūrat al-Fatḥ : Sourate 48 du Coran, intitulée « La Victoire éclatante ».
- bayʿa : Serment d’allégeance prêté au Prophète, ici sous l’arbre à al-Ḥudaybiyya.
- takhallafa : Rester en arrière, ne pas participer à l’expédition.
- ūlū l-baʾs al-shadīd : Expression coranique désignant un peuple d’une grande force combative.
- al-kadhdhāb : « Le menteur », surnom donné à Musaylima, faux prophète des Banū Ḥanīfa.
- sakīna : Sérénité ou tranquillité divine descendue sur les croyants.
- al-hady : Animaux offerts en sacrifice dans le cadre du pèlerinage.
- ʿakkafahu : Il l’a retenu, empêché de se défaire.
- maʿarra : Grief, préjudice, ou ici compensation financière (dīya).
- ḥamiyyat al-jāhiliyya : Fureur ou orgueil propre à l’époque préislamique, opposé à la soumission à Dieu.
- kalimat al-taqwā : « Parole de piété », interprétée comme la profession de foi islamique.
Ce qui est advenu de la situation d'un peuple parmi les opprimés après la réconciliation [1]
Voici ce qui advint d'un groupe de faibles après la trêve 1. (Arrivée d'Abû Basîr à Médine et demande des Quraychites à son sujet) : Ibn Ishâq dit : Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — arriva à Médine, Abû Basîr 'Utba 2 ibn Usayd ibn Jâriya vint à lui ; il était parmi ceux qui avaient été retenus à La Mecque. Quand le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — arriva, Azhar ibn 'Abd 'Awf ibn 'Abd ibn al-Hârith ibn Zuhra et al-Akhnas ibn Sharîq ibn 'Amr ibn Wahb ath-Thaqafî écrivirent à son sujet au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et envoyèrent un homme des Banû 'Âmir ibn Lu'ayy, accompagné d'un affranchi 3 à eux. Ils vinrent donc trouver le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avec la lettre d'Azhar et d'al-Akhnas. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Ô Abû Basîr, nous avons donné à ces gens ce que tu sais, et la trahison ne convient pas à notre religion. Dieu va ménager pour toi et pour les faibles qui sont avec toi une issue et une délivrance. Retourne donc vers ton peuple. » Il dit : « Ô Messager de Dieu, me renvoies-tu aux associateurs 4 pour qu'ils m'éprouvent dans ma religion ? » Il dit : « Ô Abû Basîr, va, car Dieu Très-Haut va ménager pour toi et pour les faibles qui sont avec toi une issue et une délivrance. » (Meurtre du 'Âmirî par Abû Basîr et parole du Messager à ce sujet) : Il partit donc avec eux deux, jusqu'à ce qu'étant à Dhû l-Hulayfa 5, il s'assit contre un mur, et ses deux compagnons s'assirent avec lui. Abû Basîr dit : « Cette épée est-elle bien affûtée, ô frère des Banû 'Âmir ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Puis-je la regarder ? » Il dit : « Regarde, si tu veux. » Alors Abû Basîr la dégaina, puis l'abattit sur lui jusqu'à le tuer. L'affranchi s'enfuit rapidement et vint au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — alors qu'il était assis dans la mosquée. Quand le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — le vit arriver, il dit : « Cet homme a vu quelque chose d'effrayant. » Lorsqu'il parvint au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, il dit : « Malheur à toi ! Qu'as-tu ? » Il dit : « Votre compagnon a tué mon compagnon. » Par Dieu, il n'avait pas fini de parler qu'Abû Basîr arriva, l'épée en bandoulière, jusqu'à se tenir devant le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et dit : « Ô Messager de Dieu, ton engagement est rempli, et Dieu t'a déchargé. Tu m'as livré aux mains de ces gens, alors que je défendais ma religion pour ne pas être éprouvé en elle ni qu'on se joue de moi 6. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit alors : « Malheur à sa mère ! Quel foyer de guerre 7 si seulement il avait des hommes ! » (Rassemblement des retenus auprès d'Abû Basîr, leurs méfaits contre Quraych et l'accueil du Messager) : Puis Abû Basîr partit et s'installa à al-'Îs, du côté de Dhû l-Marwa, sur la côte de la mer, sur la route que les Quraychites empruntaient pour aller en Syrie. Les musulmans qui avaient été retenus à La Mecque apprirent la parole du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — à Abû Basîr : « Malheur à sa mère ! Quel foyer de guerre si seulement il avait des hommes ! » Alors ils sortirent vers Abû Basîr à al-'Îs, et près de soixante-dix hommes se rassemblèrent auprès de lui. Ils mirent les Quraychites dans une grande gêne : ils ne trouvaient aucun d'eux sans le tuer, et aucune caravane ne passait près d'eux sans qu'ils ne la pillent. Finalement, les Quraychites écrivirent au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — en le suppliant par leurs liens de parenté de bien vouloir les accueillir, disant qu'ils n'avaient plus besoin d'eux. Alors le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — les accueillit, et ils vinrent à lui à Médine. Ibn Hishâm dit : Abû Basîr était Thaqafite. (Suhayl voulut faire payer le prix du sang d'Abû Basîr et poème de Mawhib à ce sujet) : Ibn Ishâq dit : Lorsque Suhayl ibn 'Amr apprit le meurtre de leur compagnon le 'Âmirî par Abû Basîr, il appuya son dos contre la Ka'ba et dit : « Par Dieu, je n'éloignerai pas mon dos de la Ka'ba avant que cet homme n'ait payé le prix du sang. » Abû Sufyân ibn Harb dit : « Par Dieu, c'est bien là de la sottise ! Par Dieu, il ne paiera pas (trois fois). » Mawhib ibn Riyâh Abû Unays, allié des Banû Zuhra, dit à ce sujet : - Ibn Hishâm dit : Abû Unays était Ash'arite - « Il m'est venu de Suhayl une parole insensée 8 ... qui m'a réveillé alors que je n'étais pas endormi. Si tu veux me faire des reproches, ... reproche-moi, car tu n'es pas loin de moi. »
- ṣulḥ : Trêve, paix ; ici, le traité de Hudaybiyya conclu entre les musulmans et les Quraychites en l'an 6 de l'Hégire.
- ʿUtba : Nom propre ; Abû Basîr s'appelait 'Utba ibn Usayd.
- mawlā : Affranchi, client ; personne liée par un pacte de clientèle à une tribu.
- mushrikūn : Associateurs, polythéistes ; ceux qui associent d'autres divinités à Dieu.
- Dhū l-Ḥulayfa : Lieu situé à environ 10 km au sud-ouest de Médine, point de miqat pour le pèlerinage.
- yuʿbathu bī : Littéralement 'qu'on se joue de moi' ; sens : qu'on me tourmente ou qu'on m'humilie.
- miḥašš ḥarb : Littéralement 'foyer de guerre' ; expression désignant quelqu'un qui attise la guerre, un guerrier redoutable.
- dharʾu qawl : Parole insensée, propos futile ou déraisonnable.
Il ordonna aux femmes émigrées [1] après la trêve [2].
Me menaces-tu, alors que les Banū ‘Abd Manāf sont autour de moi ... par les Banū Makhzūm ? Hélas ! Qui donc est ton adversaire 1 ? Si tu veux éprouver ma force, tu ne me trouveras pas ... faible de constitution dans les épreuves les plus dures. Je rivalise avec les plus nobles par ma lignée, grâce à mon peuple ... lorsque le faible, foulé aux pieds, cherche secours auprès d'eux 2. Ce sont eux qui ont protégé les apparences, sans aucun doute ... jusqu'à ce que les réalités cachées et les coutumes 3 soient établies. Avec chaque cheval rapide et chaque monture vigoureuse ... des coursiers maigres, usés par les courses 4. Ils ont, à al-Khayf 5, comme le sait Ma‘add 6 ... un pavillon de gloire élevé sur des piliers 7. (Poème d'Ibn al-Ziba‘rā en réponse à Mawhib) ‘Abd Allāh ibn al-Ziba‘rā lui répondit : Et Mawhib est devenu comme un âne de malheur ... qui traverse une contrée où l'on crie 8. Car un esclave comme toi ne peut rivaliser avec ... Suhayl 9 ; ton effort est perdu, qui donc est ton adversaire 1 ? Cesse donc, ô fils de la mauvaise Qayn 10, de l'attaquer ... et éloigne-toi de ces propos dans les pays 11. Ne mentionne pas le reproche d'Abū Yazīd 12 ... car les mers sont bien loin des mares 13. L'affaire des femmes émigrantes après la trêve (Émigration d'Umm Kulthūm vers le Prophète et son refus de la renvoyer) (Ibn Isḥāq 14 dit :) Durant cette période, Umm Kulthūm bint ‘Uqba ibn Abī Mu‘ayṭ émigra vers le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui). Ses deux frères, ‘Umāra et al-Walīd, fils de ‘Uqba, partirent et vinrent auprès du Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) pour lui demander de la leur renvoyer, conformément au pacte qui le liait à Quraysh à al-Ḥudaybiyya. Mais il ne le fit pas ; Allāh refusa cela. (Question d'Ibn Hunayda à ‘Urwa au sujet du verset des émigrantes et sa réponse) Ibn Isḥāq dit : Al-Zuhrī 15 me rapporta d'après ‘Urwa ibn al-Zubayr 16 : J'entrai chez lui alors qu'il écrivait une lettre à Ibn Abī Hunayda, le secrétaire d'al-Walīd ibn ‘Abd al-Malik 17. Il lui écrivait pour l'interroger au sujet de la parole d'Allāh Très-Haut : « Ô vous qui avez cru, quand les croyantes viennent à vous en émigrantes, éprouvez-les. Allāh connaît mieux leur foi. Si vous les reconnaissez comme croyantes, ne les renvoyez pas aux mécréants : elles ne leur sont pas licites, et ils ne leur sont pas licites. Donnez-leur ce qu'ils ont dépensé. Il ne vous sera pas fait grief de les épouser quand vous leur aurez donné leur dot. Et ne gardez pas les liens du mariage avec les mécréantes 18 » (Coran 60:10). (Explication d'Ibn Hishām de certains termes rares) - Ibn Hishām 19 dit : Le singulier de ‘iṣam 18 est ‘iṣma, qui signifie le lien et la cause. Al-A‘shā des Banū Qays ibn Tha‘laba 20 a dit : « Vers l'homme Qays nous prolongeons la marche nocturne ... et nous prenons de chaque tribu des liens 21. » Ce vers fait partie d'un poème de lui. « Et réclamez ce que vous avez dépensé, et qu'ils réclament ce qu'ils ont dépensé. Tel est le jugement d'Allāh qui juge entre vous. Et Allāh est Omniscient, Sage » (Coran 60:10). (Retour à la réponse de ‘Urwa) Il dit : ‘Urwa ibn al-Zubayr lui écrivit : Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) avait conclu un pacte avec Quraysh le jour d'al-Ḥudaybiyya, selon lequel il devait leur renvoyer quiconque viendrait sans l'autorisation de son tuteur. Lorsque les femmes émigrèrent vers le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) et vers l'islam, Allāh refusa qu'elles soient renvoyées aux associateurs, après qu'elles eurent été éprouvées par l'épreuve de l'islam, et qu'on eut reconnu qu'elles étaient venues par désir de l'islam. Il ordonna de leur restituer leurs dots 22 si elles étaient retenues loin d'eux, à condition qu'ils restituent aux musulmans la dot de celles de leurs femmes qu'ils retenaient. « Tel est le jugement d'Allāh qui juge entre vous. Et Allāh est Omniscient, Sage. » Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) retint donc les femmes et renvoya les hommes, et il demanda ce qu'Allāh lui avait ordonné de demander, à savoir les dots des femmes de ceux qui étaient retenus loin d'elles, et qu'ils leur restituent l'équivalent de ce qu'ils restituaient, s'ils le faisaient. Sans le jugement qu'Allāh avait prononcé à ce sujet, le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) aurait renvoyé les femmes comme il avait renvoyé les hommes. Sans la trêve et le pacte qui le liait à Quraysh le jour d'al-Ḥudaybiyya, il aurait retenu les femmes et n'aurait restitué aucune dot pour elles. Et c'est ainsi qu'il agissait envers les musulmanes qui venaient à lui avant le pacte. (Question d'Ibn Isḥāq à al-Zuhrī au sujet du verset des émigrantes) Ibn Isḥāq dit : J'interrogeai al-Zuhrī au sujet de ce verset et de la parole d'Allāh Puissant et Majestueux qui s'y trouve : « Et si quelque chose de vos épouses vous échappe au profit des mécréants, et que vous ripostiez 23, alors donnez à ceux dont les épouses sont parties l'équivalent de ce qu'ils ont dépensé. Et craignez Allāh en qui vous croyez » (Coran 60:11). Il dit : Cela signifie : si l'un de vous perd sa femme au profit des mécréants, et qu'aucune femme ne vous vienne pour que vous preniez l'équivalent de ce qu'ils prennent de vous, alors compensez-les à partir d'un butin que vous auriez obtenu. Lorsque ce verset fut révélé : « Ô vous qui avez cru, quand les croyantes viennent à vous en émigrantes... » jusqu'à la parole d'Allāh Puissant et Majestueux : « Et ne gardez pas les liens du mariage avec les mécréantes » (Coran 60:10), parmi ceux qui divorcèrent, il y eut ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb 24 : il divorça de sa femme Qurayba bint Abī Umayya ibn al-Mughīra, que Mu‘āwiya ibn Abī Sufyān 25 épousa ensuite, alors qu'ils étaient encore dans leur polythéisme à La Mecque ; et Umm Kulthūm bint Jarwal, mère de ‘Ubayd Allāh ibn ‘Umar al-Khuzā‘ī 26, que Abū Jahm ibn Ḥudhayfa ibn Ghānim, un homme de son peuple, épousa, alors qu'ils étaient encore dans leur polythéisme. (Annonce de la conquête de La Mecque et hâte de certains musulmans) Ibn Hishām dit : Abū ‘Ubayda 27 nous rapporta que certains de ceux qui étaient avec le Messager d'Allāh (que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui) lui dirent, lorsqu'il arriva à Médine : N'as-tu pas dit, ô Messager d'Allāh, que tu entrerais à La Mecque en sécurité ? Il dit : Si, mais vous ai-je dit que ce serait cette année ? Ils dirent : Non. Il dit : Alors, il en sera comme Jibrīl (que la paix soit sur lui) me l'a dit 28.
- man tu‘ādā : Expression signifiant 'qui est ton adversaire ?' ou 'qui attaques-tu ?'
- urādā : Forme passive signifiant 'cherché' ou 'voulu', ici 'secouru'.
- al-ẓawāhir... al-bawāṭin... al-‘awādī : Termes désignant les aspects extérieurs (apparences) et intérieurs (réalités cachées), ainsi que les coutumes ou habitudes.
- ṭimurra... nuhd... sawāhim... ṭirād : Termes décrivant des chevaux rapides (ṭimurra), vigoureux (nuhd), maigres et endurcis par la course (sawāhim), et les courses elles-mêmes (ṭirād).
- al-Khayf : Lieu à La Mecque, près de Mina, où se tenaient des marchés et des rassemblements.
- Ma‘add : Ancêtre éponyme des Arabes du Nord, souvent utilisé pour désigner les tribus arabes.
- riwāq al-majd rufi‘a bi-l-‘imād : Métaphore : un pavillon de gloire élevé sur des piliers, symbole de noblesse et de puissance.
- ka-ḥimār saw’... yunādā : Proverbe : 'comme un âne de malheur qui traverse une contrée où l'on crie', désignant quelqu'un de stupide et perdu.
- Suhayl : Suhayl ibn ‘Amr, un notable de Quraysh, adversaire des musulmans, puis converti.
- ibn Qayn al-sū’ : Fils de la mauvaise Qayn : insulte désignant une personne de basse extraction.
- ‘adda ‘an al-maqāla fī l-bilād : Éloigne-toi de ces propos dans les pays, c'est-à-dire cesse de répandre ces paroles.
- Abū Yazīd : Surnom de Mawhib, le poète auquel Ibn al-Ziba‘rā répond.
- al-buḥūr min al-thimād : Proverbe : 'les mers sont bien loin des mares', signifiant une grande différence de rang.
- Ibn Isḥāq : Muhammad ibn Isḥāq, célèbre historien et biographe du Prophète (m. 767).
- al-Zuhrī : Muhammad ibn Muslim ibn ‘Ubayd Allāh ibn Shihāb al-Zuhrī, grand traditionniste (m. 741).
- ‘Urwa ibn al-Zubayr : Compagnon et savant, fils d'al-Zubayr ibn al-‘Awwām (m. 713).
- al-Walīd ibn ‘Abd al-Malik : Calife omeyyade (r. 705-715).
- ‘iṣam al-kawāfir : Les liens du mariage avec les mécréantes ; ‘iṣam (pl. de ‘iṣma) signifie les liens, les attaches.
- Ibn Hishām : ‘Abd al-Malik ibn Hishām, grammairien et biographe du Prophète (m. 833), éditeur de la Sīra d'Ibn Isḥāq.
- Al-A‘shā des Banū Qays ibn Tha‘laba : Poète préislamique célèbre, Maymūn ibn Qays (m. 629).
- ‘iṣam : Ici, 'liens' au sens figuré de 'garanties' ou 'alliances'.
- ṣaduqāt : Dots ou cadeaux de mariage donnés par le mari à la femme.
- fa‘āqabtum : Si vous ripostez, c'est-à-dire si vous prenez un butin ou une compensation.
- ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb : Second calife bien guidé (r. 634-644).
- Mu‘āwiya ibn Abī Sufyān : Fondateur de la dynastie omeyyade, calife (r. 661-680).
- Umm Kulthūm bint Jarwal... ‘Ubayd Allāh ibn ‘Umar al-Khuzā‘ī : Femme de ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb, mère de son fils ‘Ubayd Allāh.
- Abū ‘Ubayda : Abū ‘Ubayda Ma‘mar ibn al-Muthannā, philologue et historien (m. 824).
- Jibrīl : L'ange Gabriel, qui apportait la révélation au Prophète.
Il mentionne la marche vers Khaybar au mois de Muharram de l'an sept [1].
Récit de la marche vers Khaybar en Muharram de l'an 7. (Le départ pour Khaybar) : Muhammad ibn Ishaq 1 a dit : Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, resta à Médine après son retour de Hudaybiyya durant le mois de Dhu al-Hijja et une partie de Muharram, tandis que les polythéistes accomplissaient ce pèlerinage. Puis il partit à la fin de Muharram pour Khaybar. (Nomination de Numayla comme gouverneur de Médine) : Ibn Hisham a dit : Il nomma Numayla ibn Abd Allah al-Laythi comme gouverneur de Médine, et confia l'étendard à Ali ibn Abi Talib, que Dieu l'agrée ; cet étendard était blanc. (Le radjaz 2 d'Ibn al-Akwa', l'invocation du Prophète en sa faveur et son martyre) : Ibn Ishaq a dit : Muhammad ibn Ibrahim ibn al-Harith at-Taymi m'a rapporté d'après Abu al-Haytham ibn Nasr ibn Dahr al-Aslami que son père lui a raconté : Il entendit le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, dire durant sa marche vers Khaybar à Amir ibn al-Akwa', qui était l'oncle de Salama ibn Amr ibn al-Akwa' (le nom d'al-Akwa' était Sinan) : « Descends, ô fils d'al-Akwa', et prends pour nous de tes [chants] 3. » Il dit : Il descendit et improvisa un radjaz pour le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, disant : « Par Dieu, sans Dieu nous n'aurions pas été guidés, Ni n'aurions fait l'aumône ni prié. Nous sommes, quand un peuple nous agresse, Et s'ils veulent la discorde, nous refusons. Fais donc descendre sur nous la sérénité 4, Et affermis nos pas si nous rencontrons [l'ennemi]. » Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, dit : « Que Dieu te fasse miséricorde. » Omar ibn al-Khattab dit : « Par Dieu, elle est acquise, ô Messager de Dieu ! Si seulement tu nous avais permis de jouir de lui plus longtemps ! » Il fut tué le jour de Khaybar en martyr. Selon ce qui m'est parvenu, la cause de sa mort fut que son épée se retourna contre lui alors qu'il combattait, lui infligeant une grave blessure dont il mourut. Les musulmans doutèrent de lui et dirent : « C'est son arme qui l'a tué. » Jusqu'à ce que son neveu Salama ibn Amr ibn al-Akwa' interroge le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, à ce sujet et l'informe des paroles des gens. Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, dit : « Il est vraiment martyr », et il pria sur lui ; les musulmans prièrent donc sur lui. (Invocation du Prophète lorsqu'il domina Khaybar) : Ibn Ishaq a dit : Quelqu'un que je ne soupçonne pas m'a rapporté d'après Ata' ibn Abi Marwan al-Aslami, d'après son père, d'après Abu Mu'attib ibn Amr : Lorsque le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, domina Khaybar, il dit à ses compagnons, dont je faisais partie : « Arrêtez-vous. » Puis il dit : « Ô Dieu, Seigneur des cieux et de ce qu'ils couvrent, Seigneur des terres et de ce qu'elles portent, Seigneur des démons et de ce qu'ils égarent, Seigneur des vents et de ce qu'ils dispersent, nous Te demandons le bien de cette cité, le bien de ses habitants et le bien de ce qui s'y trouve, et nous cherchons refuge auprès de Toi contre son mal, le mal de ses habitants et le mal de ce qui s'y trouve. Avancez au nom de Dieu. » Il dit : Le Prophète, sur lui la paix, prononçait cette invocation pour toute cité où il entrait. (La fuite des habitants de Khaybar en voyant le Prophète) : Ibn Ishaq a dit : Quelqu'un que je ne soupçonne pas m'a rapporté d'après Anas ibn Malik, qui a dit : Lorsque le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, attaquait un peuple, il ne les surprenait pas avant l'aube. S'il entendait l'appel à la prière 5, il s'abstenait ; sinon, il attaquait. Nous arrivâmes à Khaybar de nuit, et le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, passa la nuit. Quand vint l'aube, il n'entendit pas d'appel à la prière. Il monta donc en selle et nous montâmes avec lui. Je montai derrière Abu Talha, et mon pied touchait le pied du Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Nous rencontrâmes les travailleurs de Khaybar qui sortaient tôt le matin avec leurs pelles et leurs paniers 6. Lorsqu'ils virent le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, et l'armée, ils dirent : « Muhammad et l'armée 7 avec lui ! » Ils s'enfuirent en courant. Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, dit : « Dieu est plus grand ! Khaybar est ruinée ! Quand nous descendons dans la cour d'un peuple, mauvais est le matin de ceux qui ont été avertis. » Ibn Ishaq a dit : Harun nous a rapporté d'après Humayd, d'après Anas, un récit similaire. (Les étapes du Prophète sur la route de Khaybar) : Ibn Ishaq a dit : Lorsque le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, sortit de Médine pour Khaybar, il passa par 'Asr 8, où l'on construisit pour lui une mosquée, puis par as-Sahba' 9. Ensuite, le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, se dirigea avec son armée jusqu'à ce qu'il campe dans une vallée appelée ar-Raji', s'installant entre eux et Ghatafan pour les empêcher de porter secours aux habitants de Khaybar, car ils étaient leurs alliés contre le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. (Ghatafan et leur tentative d'aider Khaybar, puis leur retrait) : Il m'est parvenu que lorsque Ghatafan apprit que le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, campait près de Khaybar, ils se rassemblèrent pour lui, puis sortirent pour soutenir 10 les Juifs contre lui. Mais après avoir parcouru une étape 11, ils entendirent derrière eux, dans leurs biens et leurs familles, un bruit ; ils crurent que l'ennemi les avait attaqués, et ils firent demi-tour, restant auprès de leurs familles et de leurs biens, laissant le champ libre entre le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, et Khaybar. (La conquête des forteresses par le Messager de Dieu) : Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, s'empara des biens, les prenant un par un, et conquit les forteresses une par une. La première de leurs forteresses à être conquise fut la forteresse de Na'im, où Mahmud ibn Maslama fut tué : une meule de moulin lui fut jetée d'en haut et le tua. Puis [vint] al-Qamus, la forteresse des Banu Abi al-Huqayq. Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, y fit des prisonnières, parmi lesquelles Safiyya bint Huyayy ibn Akhtab, qui était chez Kinana ibn ar-Rabi' ibn Abi al-Huqayq, ainsi que deux de ses cousines. Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, choisit Safiyya pour lui-même. Dihya ibn Khalifa al-Kalbi avait demandé Safiyya au Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Lorsque le Prophète la réserva pour lui-même, il donna à Dihya les deux cousines de Safiyya. Les prisonnières de Khaybar furent réparties parmi les musulmans. (Interdictions du Prophète le jour de Khaybar) : Les musulmans mangèrent de la viande d'ânes domestiques [provenant] de leurs ânes. Alors le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, se leva et interdit aux gens certaines choses qu'il leur énuméra. Ibn Ishaq a dit : Abd Allah ibn Amr ibn Damra al-Fazari m'a rapporté d'après Abd Allah ibn Abi Salit, d'après son père, qui a dit : L'interdiction du Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, de manger de la viande d'ânes domestiques nous parvint alors que les marmites bouillonnaient de cette viande ; nous les renversâmes. Ibn Ishaq a dit : Abd Allah ibn Abi Najih m'a rapporté d'après Makhul : Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, leur interdit ce jour-là quatre choses : d'avoir des relations avec les prisonnières enceintes, de manger de l'âne domestique, de manger tout fauve à canine, et de vendre le butin avant qu'il ne soit partagé. Ibn Ishaq a dit : Sallam ibn Kirkira m'a rapporté d'après Amr ibn Dinar, d'après Jabir ibn Abd Allah al-Ansari (Jabir n'avait pas assisté à Khaybar) : Lorsque le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, interdit aux gens de manger de la viande d'âne, il les autorisa à manger de la viande de cheval. Ibn Ishaq a dit : Yazid ibn Abi Habib m'a rapporté d'après Abu Marzuq, affranchi de Tujib, d'après Hanish as-San'ani, qui a dit : Nous fîmes campagne avec Ruwayfi' ibn Thabit al-Ansari au Maghreb ; il conquit un village du Maghreb appelé Jirba 12. Il se leva parmi nous en sermonneur et dit : « Ô gens, je ne vous dis que ce que j'ai entendu le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, nous dire le jour de Khaybar. Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, se leva parmi nous et dit : "Il n'est pas permis à un homme qui croit en Dieu et au Jour dernier d'arroser avec son eau la plantation d'autrui", c'est-à-dire d'avoir des relations avec les prisonnières enceintes ; et il n'est pas permis à un homme qui croit en Dieu et au Jour dernier de s'asseoir à une table où l'on boit du vin. »
Il ne sied pas à un homme qui croit en Dieu et au Jour dernier d'avoir un rapport avec une femme captive avant de l'avoir purifiée 13. Il ne sied pas à un homme qui croit en Dieu et au Jour dernier de vendre un butin avant qu'il ne soit partagé. Il ne sied pas à un homme qui croit en Dieu et au Jour dernier de monter une monture provenant du fay' 14 des musulmans jusqu'à ce que, lorsqu'il l'a épuisée, il la rende au trésor. Il ne sied pas à un homme qui croit en Dieu et au Jour dernier de porter un vêtement provenant du fay' des musulmans jusqu'à ce que, lorsqu'il l'a usé, il le rende au trésor. Ibn Ishaq dit : Yazid ibn 'Abd Allah ibn Qusayt m'a rapporté, d'après ce qu'on lui a rapporté de 'Ubada ibn as-Samit, qui a dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, nous a interdits le jour de Khaybar de vendre ou d'acheter de l'or brut contre de l'or monnayé, et de l'argent brut contre de l'argent monnayé. Il a dit : Achetez de l'or brut contre de l'argent monnayé, et de l'argent brut contre de l'or monnayé. Ibn Ishaq dit : Ensuite, le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, s'approcha des forteresses et des biens. (L'affaire des Banu Sahm al-Aslamiyyin) 'Abd Allah ibn Abi Bakr m'a rapporté que quelqu'un des Aslam lui a rapporté que les Banu Sahm, des Aslam, vinrent au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et dirent : Par Dieu, ô Messager de Dieu, nous avons souffert et nous n'avons rien en main. Ils ne trouvèrent rien auprès du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, à leur donner. Il dit : Ô Dieu, Tu connais leur état, qu'ils n'ont aucune force, et que je n'ai rien en main à leur donner. Ouvre donc pour eux la plus grande de ses forteresses en richesse, la plus abondante en nourriture et en graisse. Les gens partirent au matin, et Dieu, Puissant et Majestueux, ouvrit la forteresse de as-Sa'b ibn Mu'adh, et il n'y avait à Khaybar de forteresse plus abondante en nourriture et en graisse que celle-ci. (Meurtre de Marhab le Juif) Ibn Ishaq dit : Lorsque le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, eut ouvert ce qu'il avait ouvert de leurs forteresses et pris ce qu'il avait pris de biens, ils arrivèrent à leurs deux forteresses al-Watih et as-Sulalim, qui furent les dernières forteresses des habitants de Khaybar à être ouvertes. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, les assiégea pendant une dizaine de nuits. Ibn Hisham dit : Le mot d'ordre des compagnons du Messager, que Dieu prie sur lui et le salue, le jour de Khaybar était : Ô vainqueur, tue, tue. Ibn Ishaq dit : 'Abd Allah ibn Sahl ibn 'Abd ar-Rahman ibn Sahl, frère des Banu Haritha, m'a rapporté d'après Jabir ibn 'Abd Allah, qui a dit : Marhab le Juif sortit de leur forteresse, ayant rassemblé ses armes, scandant des vers 15 et disant : "Khaybar sait que je suis Marhab, Porteur d'armes, héros éprouvé, Je frappe parfois, parfois je frappe, Quand les lions s'avancent en combat, Ma protection est une protection qu'on n'approche pas." Et il disait : Qui veut se battre en duel ? Ka'b ibn Malik lui répondit et dit : "Khaybar sait que je suis Ka'b, Dissipateur des angoisses, courageux et ferme, Quand la guerre s'allume, la guerre la suit, J'ai une épée comme une agate tranchante, Nous vous piétinerons jusqu'à ce que le difficile s'humilie, Nous donnons la compensation ou le butin revient, Avec la main d'un homme accompli sans reproche." Ibn Hisham dit : Abu Zayd al-Ansari m'a récité : "Khaybar sait que je suis Ka'b, Et que moi, quand la guerre s'allume, Je suis ferme face à l'horreur, courageux et dur, J'ai une épée comme une agate tranchante, Avec la main d'un homme accompli sans reproche, Nous vous écraserons jusqu'à ce que le difficile s'humilie." Ibn Hisham dit : Marhab était de Himyar. Ibn Ishaq dit : 'Abd Allah ibn Sahl m'a rapporté d'après Jabir ibn 'Abd Allah al-Ansari, qui a dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : Qui se charge de celui-ci ? Muhammad ibn Maslama dit : Moi pour lui, ô Messager de Dieu. Par Dieu, je suis celui qui a perdu un frère et qui cherche vengeance, mon frère a été tué hier. Il dit : Lève-toi contre lui, Ô Dieu, aide-le contre lui. Lorsque l'un d'eux s'approcha de son adversaire, un arbre très vieux 16 de l'espèce 'ushar 17 s'interposa entre eux. L'un d'eux se mit à s'abriter derrière lui de son adversaire ; chaque fois qu'il s'abritait derrière lui, son adversaire coupait avec son épée ce qui se trouvait entre eux, jusqu'à ce que chacun d'eux se retrouve face à son adversaire, et l'arbre devint comme un homme debout, sans aucune branche. Puis Marhab chargea Muhammad ibn Maslama et le frappa ; il se protégea avec le bouclier, son épée s'y enfonça, le bouclier la mordit et la retint, et Muhammad ibn Maslama le frappa jusqu'à le tuer. (Meurtre de Yasir, frère de Marhab) Ibn Ishaq dit : Puis, après Marhab, son frère Yasir sortit en disant : Qui veut se battre en duel ? Hisham ibn 'Urwa prétend que az-Zubayr ibn al-'Awwam sortit contre Yasir. Sa mère Safiyya bint 'Abd al-Muttalib dit : Mon fils va être tué, ô Messager de Dieu ! Il dit : Au contraire, ton fils le tuera, si Dieu le veut. Az-Zubayr sortit, ils se rencontrèrent, et az-Zubayr le tua. Ibn Ishaq dit : Hisham ibn 'Urwa m'a rapporté que lorsqu'on disait à az-Zubayr : Par Dieu, ton épée ce jour-là était bien tranchante, il disait : Par Dieu, elle n'était pas tranchante, mais je l'ai forcée. (L'affaire de 'Ali le jour de Khaybar) Ibn Ishaq dit : Burayda ibn Sufyan ibn Farwa al-Aslami m'a rapporté d'après son père Sufyan, d'après Salama ibn 'Amr ibn al-Akwa', qui a dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, envoya Abu Bakr as-Siddiq, que Dieu l'agrée, avec son étendard — qui était blanc, selon Ibn Hisham — vers l'une des forteresses de Khaybar. Il combattit, puis revint sans avoir conquis, et il avait peiné. Puis le lendemain, il envoya 'Umar ibn al-Khattab, qui combattit, puis revint sans avoir conquis, et il avait peiné. Alors le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : Je donnerai certainement l'étendard demain à un homme qui aime Dieu et Son Messager, par les mains duquel Dieu ouvrira (la forteresse), et qui n'est pas un fuyard. Salama dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, appela 'Ali, que l'agrément de Dieu soit sur lui, qui avait une ophtalmie 18. Il cracha dans son œil, puis dit : Prends cet étendard et va avec lui jusqu'à ce que Dieu t'accorde la victoire. Salama dit : Par Dieu, il sortit avec lui en haletant 19, trottant, et nous étions derrière lui, suivant ses traces, jusqu'à ce qu'il plante son étendard dans un tas de pierres 20 sous la forteresse. Un Juif du haut de la forteresse l'aperçut et dit : Qui es-tu ? Il dit : Je suis 'Ali ibn Abi Talib. Le Juif dit : Vous avez vaincu, par ce qui a été révélé à Moïse — ou quelque chose d'approchant. Il ne revint pas avant que Dieu n'ait ouvert (la forteresse) par ses mains. Ibn Ishaq dit : 'Abd Allah ibn al-Hasan m'a rapporté d'après certains de sa famille, d'après Abu Rafi', affranchi du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, qui a dit : Nous sortîmes avec 'Ali ibn Abi Talib, que Dieu Très-Haut l'agrée, lorsque le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, l'envoya avec son étendard. Lorsqu'il s'approcha de la forteresse, ses habitants sortirent contre lui et il les combattit. Un homme parmi les Juifs le frappa, et son bouclier tomba de sa main. 'Ali, que la paix soit sur lui, saisit une porte qui se trouvait près de la forteresse et s'en protégea. Il ne cessa de la tenir en combattant jusqu'à ce que Dieu lui accorde la victoire, puis il la jeta de sa main lorsqu'il eut fini. Je me suis vu avec un groupe de sept personnes, dont j'étais le huitième, nous peinions à retourner cette porte, mais nous ne pouvions pas la retourner. (L'affaire d'Abu al-Yusr Ka'b ibn 'Amr)
Ibn Isḥāq a dit : Burayda ibn Sufyān al-Aslamī m’a rapporté, d’après certains hommes des Banū Salima, d’après Abū l-Yusr Ka‘b ibn ‘Amr, qui a dit : « Par Dieu, nous étions avec le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — à Khaybar un soir, quand un troupeau de moutons appartenant à un homme juif arriva, se dirigeant vers leur forteresse, alors que nous les assiégions. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : “Quel homme va nous donner à manger de ces moutons ?” Abū l-Yusr dit : Je répondis : “Moi, ô Messager de Dieu.” Il dit : “Fais-le donc.” Il dit : Je sortis en courant comme une autruche 21. Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — me vit m’éloigner, il dit : “Ô Dieu, fais-nous jouir de lui 22.” Il dit : Je rattrapai le troupeau alors que les premières bêtes étaient déjà entrées dans la forteresse. Je saisis deux brebis parmi les dernières, les serrai sous mes bras, puis revins en courant, comme si je ne portais rien, jusqu’à ce que je les dépose devant lui. »
- Muhammad ibn Ishaq : Célèbre historien et biographe du Prophète (m. 150 H/767).
- radjaz : Poème improvisé en mètre rajaz, souvent utilisé pour encourager les troupes au combat.
- de tes [chants] : Le texte arabe 'min hanatik' fait référence aux chants ou poèmes improvisés.
- sérénité : Le terme arabe 'sakina' désigne la tranquillité et la présence divine.
- appel à la prière : L'adhan, signe que les habitants sont musulmans.
- pelles et leurs paniers : Outils agricoles, indiquant qu'ils sortaient pour travailler.
- l'armée : Le terme 'al-khamis' désigne une armée complète, divisée en cinq corps.
- 'Asr : Localité située à environ 8 km au nord-ouest de Médine.
- as-Sahba' : Vallée ou lieu-dit sur la route de Khaybar.
- soutenir : Le verbe 'yuzahirū' signifie apporter un soutien militaire.
- une étape : Le terme 'manqala' désigne la distance parcourue en une journée de marche.
- Jirba : Localité du Maghreb, peut-être en Égypte ou en Libye.
- istibra' : Période d'attente légale pour une captive avant d'avoir un rapport avec elle, afin de s'assurer qu'elle n'est pas enceinte.
- fay' : Butin pris à l'ennemi sans combat, ou biens des non-musulmans acquis pacifiquement, géré par l'État islamique.
- rajaz : Vers de mètre simple, souvent scandés en combat pour provoquer ou se vanter.
- shajara 'umriyya : Arbre très vieux, littéralement 'arbre d'âge'.
- 'ushar : Arbre de l'espèce Calotropis procera, à bois tendre et à latex.
- armad : Qui souffre d'ophtalmie, inflammation de l'œil.
- ya'nih : Il haletait, soufflait sous l'effort.
- radm : Tas de pierres, amas rocheux.
- ka-l-ẓalīm : L'autruche mâle, réputée pour sa course rapide.
- amti‘nā bihī : Expression signifiant 'fais que nous profitions de lui' ou 'fais-le vivre longtemps pour notre bénéfice'.
Le reste de l'affaire de Khaybar [1]
chez le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Ils les égorgèrent et les mangèrent. Abou al-Yousr fut l'un des derniers compagnons du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, à mourir. Lorsqu'il rapportait ce hadith, il pleurait, puis disait : « Jouissez de moi, par ma vie, jusqu'à ce que je sois l'un des derniers d'entre eux à mourir. » (L'affaire de Safiyya, Mère des croyants) Ibn Ishaq dit : Lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, eut conquis al-Qamous, la forteresse des Banu Abi al-Huqayq, on amena au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, Safiyya bint Houyayy ibn Akhtab, ainsi qu'une autre femme avec elle. Bilal passa près d'elles, c'est lui qui les avait amenées, alors qu'elles se trouvaient près des cadavres de Juifs tués. Lorsque celle qui accompagnait Safiyya les vit, elle poussa un cri, se frappa le visage et jeta de la poussière sur sa tête. Quand le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, la vit, il dit : « Éloignez de moi cette démoniaque 1 », et il ordonna que Safiyya soit mise derrière lui, et il jeta son manteau sur elle. Les musulmans comprirent alors que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, l'avait choisie pour lui-même. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit à Bilal, d'après ce qui m'est parvenu, lorsqu'il vit ce qu'il vit de cette Juive : « La miséricorde t'a-t-elle été enlevée, ô Bilal, lorsque tu passes près de deux femmes devant les cadavres de leurs hommes ? » Or Safiyya avait vu en rêve, alors qu'elle était mariée à Kinana ibn al-Rabi' ibn Abi al-Huqayq, qu'une lune tombait dans son giron. Elle raconta son rêve à son mari, qui dit : « Ce n'est rien d'autre que tu désires le roi du Hedjaz, Muhammad. » Il lui donna alors une gifle qui lui fit une marque verte à l'œil. Lorsqu'elle fut amenée au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, il vit cette marque et lui demanda ce que c'était. Elle lui raconta cette histoire. Suite de l'affaire de Khaybar (Châtiment de Kinana ibn al-Rabi') On amena au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, Kinana ibn al-Rabi', qui détenait le trésor des Banu al-Nadir. Il l'interrogea à son sujet, mais Kinana nia connaître son emplacement. Un homme parmi les Juifs vint alors au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et dit : « J'ai vu Kinana tourner autour de cette ruine chaque matin. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit à Kinana : « Que penses-tu si nous le trouvons chez toi, te tuerai-je ? » Il répondit : « Oui. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, ordonna alors de creuser la ruine, et on en sortit une partie de leur trésor. Puis il l'interrogea sur ce qui restait, mais il refusa de le livrer. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, ordonna alors à al-Zubayr ibn al-'Awwam : « Torture-le jusqu'à ce que tu extirpes ce qu'il détient. » Al-Zubayr frotta alors un briquet 2 sur sa poitrine jusqu'à ce qu'il soit près de mourir. Ensuite, le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, le remit à Muhammad ibn Maslama, qui lui trancha la tête en représailles de son frère Mahmoud ibn Maslama. (Traité du Messager avec les habitants de Khaybar) Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, assiégea les habitants de Khaybar dans leurs deux forteresses, al-Watih et al-Sulalim, jusqu'à ce que, certains de leur perte, ils lui demandèrent de les laisser partir 3 et de leur accorder la vie sauve. Il le fit. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, avait déjà pris possession de tous les biens : al-Shaqq, Nata, al-Katiba et toutes leurs forteresses, à l'exception de ces deux-là. Lorsque les habitants de Fadak apprirent ce qu'ils avaient fait, ils envoyèrent au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, pour lui demander de les laisser partir, de leur accorder la vie sauve et de lui abandonner les biens. Il le fit. Parmi ceux qui intercédèrent entre le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et eux dans cette affaire, il y avait Muhayyisa ibn Mas'ud, frère des Banu Haritha. Lorsque les habitants de Khaybar se rendirent à ces conditions, ils demandèrent au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, de les traiter pour les biens à moitié, disant : « Nous les connaissons mieux que vous et nous les cultivons mieux. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, conclut donc un pacte avec eux sur la moitié, à condition que, si nous voulions vous expulser, nous vous expulserions. Les habitants de Fadak conclurent un pacte similaire. Ainsi, Khaybar devint un butin 4 pour les musulmans, tandis que Fadak fut une propriété exclusive du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, car ils n'avaient engagé ni chevaux ni chameaux pour l'attaquer. (L'affaire de la brebis empoisonnée) Lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, fut rassuré, Zaynab bint al-Harith, femme de Sallam ibn Mishkam, lui offrit une brebis rôtie 5. Elle avait demandé quelle partie de la brebis le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, préférait. On lui dit : « L'épaule. » Elle y mit beaucoup de poison, puis empoisonna le reste de la brebis. Ensuite, elle l'apporta. Lorsqu'elle la posa devant le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, il prit l'épaule, en mâcha un morceau, mais ne put l'avaler. Avec lui se trouvait Bishr ibn al-Bara' ibn Ma'rur, qui en avait pris comme le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Quant à Bishr, il l'avala, mais le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, le recracha, puis dit : « Cet os m'informe qu'il est empoisonné. » Puis il la fit appeler, et elle avoua. Il dit : « Qu'est-ce qui t'a poussée à faire cela ? » Elle répondit : « Tu as infligé à mon peuple ce qui ne t'est pas caché. J'ai dit : s'il est roi, je serai débarrassée de lui ; s'il est prophète, il en sera informé. » Il dit : Alors le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui pardonna. Bishr mourut de ce qu'il avait mangé. Ibn Ishaq dit : Marwan ibn 'Uthman ibn Abi Sa'id ibn al-Mu'alla m'a raconté : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, avait dit dans sa maladie dont il mourut, alors qu'Oumm Bishr bint al-Bara' ibn Ma'rur était venue lui rendre visite : « Ô Oumm Bishr, c'est maintenant que je ressens la rupture de mon aorte 6 à cause du morceau que j'ai mangé avec ton frère à Khaybar. » Il dit : Les musulmans considéraient que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, était mort en martyr, en plus de ce dont Allah l'avait honoré par la prophétie. (Retour du Messager à Médine) Ibn Ishaq dit : Lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, eut terminé avec Khaybar, il se dirigea vers Wadi al-Qura, en assiégea les habitants pendant quelques nuits, puis repartit vers Médine. (Meurtre du jeune esclave de Rifa'a offert au Messager) Ibn Ishaq dit : Thawr ibn Zayd m'a raconté, d'après Salim, affranchi de 'Abdullah ibn Muti', d'après Abou Hourayra, qui dit : Lorsque nous revînmes avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, de Khaybar à Wadi al-Qura, nous y campâmes en fin d'après-midi, au coucher du soleil. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, avait avec lui un jeune esclave 7 que lui avait offert Rifa'a ibn Zayd al-Judhami, puis al-Dhabini 8. Ibn Hisham dit : Judham est le frère de Lakhm. Il dit : Par Allah, alors qu'il déchargeait la monture du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, une flèche perdue 9 l'atteignit et le tua. Nous dîmes : « Qu'il lui soit agréable le Paradis ! » Mais le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Non, par Celui qui tient l'âme de Muhammad dans Sa main, son manteau 10 brûle maintenant sur lui dans le Feu, car il l'a détourné 11 du butin des musulmans le jour de Khaybar. » Il dit : Un homme parmi les compagnons du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, l'entendit, vint à lui et dit : « Ô Messager d'Allah, j'ai pris deux lacets pour mes sandales. » Il dit : Alors il dit : « On te taillera 12 deux semblables dans le Feu. » (Ibn Mughaffal et le sac de graisse qu'il avait pris) Ibn Ishaq dit : Quelqu'un que je ne soupçonne pas m'a raconté, d'après 'Abdullah ibn Mughaffal al-Muzani, qui dit : J'ai pris du butin de Khaybar un sac 13 de graisse, je le chargeai sur mon épaule et l'emportai vers ma monture et mes compagnons.
Il dit : « Alors, le responsable du butin 14 qui en avait été chargé me rencontra, me saisit par le côté et dit : “Allons, partageons ceci entre les musulmans.” Je répondis : “Non, par Allah, je ne te le donnerai pas.” Il se mit alors à tirer le sac avec moi. Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) nous vit en train de faire cela. » Il dit : « Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) sourit en riant, puis dit au responsable du butin : “Que ton père perde 15 ! Laisse-le et lui.” Il le lâcha donc, et je partis avec le sac vers ma monture et mes compagnons, et nous le mangeâmes. » (Le mariage du Prophète avec Safiyya et la garde de la tente par Abû Ayyûb) Ibn Ishâq dit : « Lorsque le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) consomma son mariage avec Safiyya, à Khaybar ou en chemin, celle qui l'avait parée et coiffée pour le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) et avait arrangé ses affaires 16 était Umm Sulaym 17 bint Milhân, la mère d'Anas ibn Mâlik. Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) passa la nuit avec elle dans une tente qui lui appartenait, et Abû Ayyûb Khâlid ibn Zayd, frère des Banû al-Najjâr, passa la nuit l'épée ceinte, gardant le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) et tournant autour de la tente, jusqu'au matin où le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) se leva. Quand il vit sa position, il dit : “Qu'as-tu, ô Abû Ayyûb ?” Il répondit : “Ô Messager d'Allah, j'ai craint pour toi à cause de cette femme. Elle était une femme dont tu avais tué le père, le mari et le peuple, et elle était récemment sortie de la mécréance 18, j'ai donc craint pour toi à cause d'elle.” Ils rapportent que le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit : “Ô Allah, protège Abû Ayyûb comme il a passé la nuit à me protéger.” » (La garde volontaire de Bilâl et la victoire du sommeil sur lui) Ibn Ishâq dit : « Al-Zuhrî m'a raconté d'après Sa'îd ibn al-Musayyib : “Lorsque le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) revint de Khaybar et se trouvait en chemin, à la fin de la nuit, il dit : “Quel homme veillera sur nous pour l'aube 19 ? Peut-être dormirons-nous.” Bilâl dit : “Moi, ô Messager d'Allah, je veillerai sur elle pour toi.” Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) descendit, les gens descendirent et dormirent, et Bilâl se leva pour prier. Il pria autant qu'Allah (Puissant et Majestueux) voulut qu'il prie. Puis il s'appuya contre son chameau, faisant face à l'aube qu'il observait, mais le sommeil le vainquit et il s'endormit. Rien ne les réveilla sauf la chaleur du soleil. Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) fut le premier de ses compagnons à se lever, et il dit : “Qu'as-tu fait de nous, ô Bilâl ?” Il répondit : “Ô Messager d'Allah, ce qui a pris mon âme a pris la tienne.” Il dit : “Tu as dit vrai.” Puis le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) fit avancer son chameau 20 un peu, puis le fit s'agenouiller, fit ses ablutions, et les gens firent leurs ablutions. Puis il ordonna à Bilâl qui fit l'appel à la prière 21, et le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) pria avec les gens. Lorsqu'il eut salué 22, il se tourna vers les gens et dit : “Si vous oubliez la prière, priez-la lorsque vous vous en souvenez, car Allah (béni et élevé soit-Il) dit : ‘Accomplis la prière pour Mon souvenir’ [20:14].” » (Poème d'Ibn Luqaym sur la conquête de Khaybar) Ibn Ishâq dit : « Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue), selon ce qui m'est parvenu, avait donné à Ibn Luqaym al-'Absî, lorsqu'il conquit Khaybar, ce qu'elle contenait comme poule ou animal domestique 23. La conquête de Khaybar eut lieu au mois de Safar. Ibn Luqaym al-'Absî 24 dit à propos de Khaybar : “Nâtâ 25 fut frappée par l'Envoyé d'une armée 26 / Grise, aux épaules et aux vertèbres 27. Elle se soumit à l'humiliation quand elle fut dispersée / Avec les hommes d'Aslam et de Ghifâr au milieu d'elle 28. Ils attaquèrent les Banû 'Amr ibn Zur'a au matin / Et le ravin 29 dont les habitants étaient dans l'obscurité en plein jour 30. Ils traînèrent les pans de leurs vêtements 31 dans son lit 32 et ne laissèrent / Que les poules criant à l'aube 33. Chaque forteresse avait un assaillant de leurs cavaliers / Parmi les 'Abd al-Ashhal ou les Banû al-Najjâr 34. Et des émigrés 35 dont on connaissait la marque 36 / Au-dessus des casques 37, qui n'envisageaient pas la fuite 38. J'ai su que Muhammad vaincra / Et qu'il y séjournera jusqu'aux sifflements 39. Ils découvrirent 40, les Juifs ce jour-là dans la mêlée / Sous la poussière, les nuages 41 des regards.” » (Explication par Ibn Hishâm de certains termes rares) Ibn Hishâm dit : « “Ils découvrirent” : ils dévoilèrent, comme la bête dévoile ses dents en retroussant les lèvres. Il veut dire : ils dévoilèrent les nuages des regards des paupières des yeux, voulant dire les Ansâr 42. » (Présence des femmes à Khaybar et récit de la femme ghifâriyya) Ibn Ishâq dit : « Des femmes musulmanes assistèrent à Khaybar avec le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue). Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) leur accorda une part 43 du butin 44, mais ne leur attribua pas de part entière 45. » Ibn Ishâq dit : « Sulaymân ibn Suhaym m'a raconté d'après Umayya ibn Abî al-Salt, d'après une femme des Banû Ghifâr qu'il m'a nommée, qui dit : “Je vins trouver le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) avec des femmes des Banû Ghifâr, et nous dîmes : ‘Ô Messager d'Allah, nous voulons sortir avec toi pour cette expédition-ci’ — il se dirigeait vers Khaybar — ‘pour soigner les blessés et aider les musulmans de notre mieux.’ Il dit : ‘Avec la bénédiction d'Allah.’ Elle dit : ‘Nous sortîmes donc avec lui. J'étais une jeune fille, et le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) me fit monter en croupe derrière lui sur la sacoche de sa selle 46.’ Elle dit : ‘Par Allah, lorsque le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) descendit pour l'aube et fit agenouiller sa monture, je descendis de la sacoche de sa selle, et voilà qu'il y avait du sang de moi. C'était la première menstruation que j'avais.’ Elle dit : ‘Je me recroquevillai contre la chamelle, honteuse. Quand le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) vit mon état et vit le sang, il dit : “Qu'as-tu ? Peut-être as-tu tes règles 47 ?” Elle dit : ‘Je répondis : “Oui.” Il dit : “Alors, arrange-toi 48, puis prends un récipient d'eau, mets-y du sel, lave avec ce qui a touché la sacoche comme sang, puis retourne à ta monture.”’ Elle dit : ‘Lorsque le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) conquit Khaybar, il nous accorda une part du butin, et il prit ce collier que tu vois à mon cou et me le donna, le mettant de sa main à mon cou. Par Allah, il ne me quittera jamais.’ Elle dit : ‘Il resta à son cou jusqu'à sa mort, puis elle recommanda qu'il soit enterré avec elle.’ Elle dit : ‘Elle ne se purifiait d'une menstruation sans mettre du sel dans sa purification, et elle recommanda qu'on en mette dans son bain mortuaire quand elle mourut.’ » (Les martyrs de Khaybar parmi les Banû Umayya) Ibn Ishâq dit : « Voici la liste de ceux qui furent martyrisés à Khaybar parmi les musulmans : des Quraysh, puis des Banû Umayya ibn 'Abd Shams, puis de leurs alliés : Rabî'a ibn Aktham ibn Sakhabara 49 ibn 'Amr ibn Bukayr 50 ibn 'Âmir ibn Ghanm ibn Dûdân ibn Asad, et Thaqîf ibn 'Amr, et Rifâ'a ibn Masrûh. (Parmi les Banû Asad) Et parmi les Banû Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ : 'Abd Allah ibn al-Hubayb, et on dit : ibn al-Habîb, selon Ibn Hishâm, ibn Uhayb ibn Suhaym ibn Ghîra, des Banû Sa'd ibn Layth, allié des Banû Asad, et leur neveu maternel. (Parmi les Ansâr) Et parmi les Ansâr, puis des Banû Salima : Bishr ibn al-Barâ' ibn Ma'rûr, mort à cause de la brebis qui avait été empoisonnée pour le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) ; et Fudayl ibn al-Nu'mân. Deux hommes. (Parmi les Banû Zurayq) Et parmi les Banû Zurayq : Mas'ûd ibn Sa'd ibn Qays ibn Khalada ibn 'Âmir ibn Zurayq. (Parmi les Aws) Et parmi les Aws, puis des Banû 'Abd al-Ashhal : Mahmûd ibn Maslama ibn Khâlid ibn 'Adî ibn Majda'a ibn Hâritha ibn al-Hârith, allié à eux des Banû Hâritha. »
- shayṭāna : terme désignant une femme possédée par Satan ou agissant comme un démon
- zand : briquet à silex utilisé pour allumer le feu
- sayyarahum : les laisser partir, les expulser
- fay' : butin pris sans combat, considéré comme bien commun des musulmans
- maṣliyya : rôtie, cuite au four ou à la broche
- abhari : aorte, artère principale du cœur
- ghulām : jeune esclave ou serviteur
- al-Ḍabīnī : relatif à la tribu de Ḍabīna, sous-tribu de Judhām
- sahm gharib : flèche perdue, dont on ne connaît pas le tireur
- shamlata : manteau ou vêtement de dessus
- ghallahā : il l'a détournée illicitement, il a commis un ghulūl (détournement de butin)
- yuqaddu : on taillera, on découpera
- jirāb : sac en cuir ou en tissu pour transporter des provisions
- صَاحِبُ الْمَغَانِمِ : Responsable du butin, celui qui est chargé de sa répartition.
- لَا أَبَا لَكَ : Expression arabe signifiant littéralement 'que tu n'aies pas de père', utilisée pour réprimander ou exprimer l'étonnement, sans sens littéral injurieux.
- أَصْلَحَتْ مِنْ أَمْرِهَا : Expression signifiant qu'elle a arrangé ses affaires, c'est-à-dire l'a préparée et parée.
- أُمُّ سُلَيْمٍ : Umm Sulaym, une célèbre compagne du Prophète, mère d'Anas ibn Mâlik.
- حَدِيثَةَ عَهْدٍ بِكُفْرٍ : Récemment sortie de la mécréance, c'est-à-dire qu'elle venait d'embrasser l'islam.
- الْفَجْرَ : L'aube, ici la prière de l'aube (Fajr).
- اقْتَادَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَعِيرَهُ : Le Prophète fit avancer son chameau en le menant par la bride.
- أَقَامَ الصَّلَاةَ : Faire l'appel à la prière (iqâma) qui annonce le début de la prière en groupe.
- سَلَّمَ : Saluer, c'est-à-dire terminer la prière par les salutations finales.
- دَاجِنٍ : Animal domestique, généralement une brebis ou une chèvre.
- ابْنُ لُقَيْمٍ الْعَبْسِيُّ : Ibn Luqaym al-'Absî, un poète arabe contemporain du Prophète.
- نَطَاةٌ : Nâtâ, une localité ou forteresse de Khaybar.
- فَيْلَقٍ : Armée nombreuse, bataillon.
- شَهْبَاءَ ذَاتِ مَنَاكِبَ وَفَقَارِ : Description de l'armée : grise (à cause des armes), avec des épaules et des vertèbres (métaphore pour la force et l'organisation).
- وَاسْتَيْقَنَتْ بِالذُّلِّ لَمَا شُيِّعَتْ ... وَرِجَالُ أَسْلَمَ وَسْطَهَا وَغِفَارِ : Elle (Nâtâ) se soumit à l'humiliation quand elle fut dispersée, avec les hommes d'Aslam et de Ghifâr au milieu d'elle (parmi les assiégeants).
- الشَّقُّ : Le ravin, une localité de Khaybar.
- أَظْلَمَ أَهْلُهُ بِنَهَارِ : Ses habitants étaient dans l'obscurité en plein jour, à cause de la poussière et de la peur.
- جَرَّتْ بِأَبْطَحِهَا الذُّيُولُ : Elles (les armées) traînèrent les pans de leurs vêtements dans son lit (le lit du ravin), signe de domination.
- أَبْطَحِهَا : Son lit (d'une vallée), le fond plat.
- تَصِيحُ فِي الْأَسْحَارِ : Criant à l'aube, les poules étant le seul bruit restant.
- مِنْ عَبْدِ أَشْهَلَ أَوْ بَنِي النَّجَّارِ : Parmi les 'Abd al-Ashhal ou les Banû al-Najjâr, deux tribus des Ansâr.
- مُهَاجِرِينَ : Les émigrés (Muhâjirûn), ceux qui ont émigré de La Mecque à Médine.
- سِيمَاهُمْ : Leur marque distinctive, peut-être un signe sur leurs vêtements ou armures.
- المغافر : Les casques (pluriel de mighfar).
- لَمْ يَنْوِ الْفِرَار : Ils n'envisageaient pas la fuite.
- أَصْفَارِ : Sifflements, peut-être des sifflements de vent ou de serpents, indiquant une longue durée.
- فَرَّتْ : Ils découvrirent (les dents), métaphore pour montrer les dents ou dévoiler.
- غَمَائِمَ : Nuages, ici métaphore pour la poussière ou les voiles.
- الْأَنْصَارَ : Les Ansâr, les Médinois qui ont aidé le Prophète.
- رَضَخَ لَهُنَّ : Il leur accorda une part (moindre) du butin, sans part entière.
- الْفَيْءِ : Le butin pris sans combat, ou les biens des ennemis.
- لَمْ يَضْرِبْ لَهُنَّ بِسَهْمٍ : Il ne leur attribua pas de part entière (un lot complet).
- حَقِيبَةِ رَحْله : La sacoche de la selle, une poche ou un sac attaché à la selle.
- نُفِسْتُ : Avoir ses règles (menstrues).
- فَأَصْلِحِي مِنْ نَفْسِكَ : Arranges-toi, c'est-à-dire nettoie-toi et prends soin de toi.
- سَخْبَرَةَ : Sakhabara, nom propre.
- بُكَيْرِ : Bukayr, nom propre.
L'ordre du Noir [1] au berger dans le hadith de Khaybar [2].
Parmi les Banū ‘Amr ibn ‘Awf : Abū Ḍiyāḥ 1 ibn Thābit ibn al-Nu‘mān ibn Umayya ibn Imri’ al-Qays ibn Tha‘laba ibn ‘Amr ibn ‘Awf, al-Ḥārith ibn Ḥāṭib, ‘Urwa ibn Murra ibn Surāqa, Aws ibn al-Qā’id, Unayf ibn Ḥabīb, Thābit ibn Athala, et Ṭalḥa 2. Parmi les Banū Ghifār : ‘Imāra ibn ‘Uqba, qui fut frappé par une flèche. Parmi les Aslam : ‘Āmir ibn al-Akwa‘, et al-Aswad al-Rā‘ī 3, dont le nom était Aslam. Ibn Hishām dit : al-Aswad al-Rā‘ī était originaire de Khaybar. Parmi les Banū Zuhra : parmi ceux qui furent martyrisés à Khaybar, selon ce qu’a rapporté Ibn Shihāb al-Zuhrī, des Banū Zuhra : Mas‘ūd ibn Rabī‘a, allié 4 à eux, de la tribu des Qāra. Parmi les Anṣār 5 des Banū ‘Amr ibn ‘Awf : Aws ibn Qatāda. L’affaire d’al-Aswad al-Rā‘ī dans le récit de Khaybar (son embrassement de l’islam et son martyre) : Ibn Isḥāq dit : Il m’est parvenu, au sujet d’al-Aswad al-Rā‘ī, qu’il vint auprès du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — alors qu’il assiégeait l’une des forteresses de Khaybar, avec ses moutons, pour lesquels il était employé 6 chez un homme des Juifs. Il dit : « Ô Messager d’Allāh, présente-moi l’islam. » Il le lui présenta, et il embrassa l’islam — et le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — ne méprisait personne au point de ne pas l’appeler à l’islam et de le lui présenter. Lorsqu’il eut embrassé l’islam, il dit : « Ô Messager d’Allāh, j’étais un employé chez le propriétaire de ces moutons. »
- Abū Ḍiyāḥ : Surnom (kunya) signifiant 'père de Ḍiyāḥ'.
- Ṭalḥa : Nom propre, probablement Ṭalḥa ibn ‘Ubayd Allāh, compagnon célèbre.
- al-Aswad al-Rā‘ī : Surnom signifiant 'le Noir, le Berger'.
- ḥalīf : Allié par serment, non lié par le sang.
- Anṣār : Les 'Auxiliaires' médinois ayant accueilli et soutenu le Prophète.
- ajīr : Employé salarié, ouvrier agricole.
L'ordre de al-Ḥajjāj ibn ‘Ilāṭ al-Sulamī [1]
Ces brebis sont un dépôt 1 chez moi. Que dois-je en faire ? » Il dit : « Frappe leurs visages, car elles retourneront vers leur Seigneur » — ou comme il a dit. Alors al-Aswad prit une poignée de cailloux, les lança sur leurs visages et dit : « Retournez vers votre propriétaire. Par Allah, je ne t'accompagnerai jamais. » Elles partirent rassemblées, comme si un conducteur les menait, jusqu'à entrer dans la forteresse. Puis il s'avança vers cette forteresse pour combattre avec les musulmans. Une pierre le frappa et le tua, alors qu'il n'avait jamais prié Allah une seule prière. On l'apporta à l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et on le déposa derrière lui, recouvert d'un manteau qu'il portait. L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — se tourna vers lui, accompagné d'un groupe de ses Compagnons, puis il se détourna de lui. Ils dirent : « Ô Envoyé d'Allah, pourquoi t'es-tu détourné de lui ? » Il dit : « Il a maintenant avec lui ses deux épouses parmi les Houris aux grands yeux 2. » Ibn Ishaq dit : « Abd Allah ibn Abi Najih m'a rapporté qu'on a mentionné que lorsque le martyr est frappé, ses deux épouses parmi les Houris aux grands yeux descendent vers lui, secouant la poussière de son visage et disant : 'Qu'Allah couvre de poussière le visage de celui qui t'a couvert de poussière, et qu'Il tue celui qui t'a tué.' » L'affaire d'al-Hajjaj ibn 'Ilat as-Sulami (sa ruse pour rassembler ses biens de La Mecque) : Ibn Ishaq dit : « Lorsque Khaybar fut conquise, al-Hajjaj ibn 'Ilat as-Sulami, puis al-Bahzi, parla à l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et dit : 'Ô Envoyé d'Allah, j'ai des biens à La Mecque chez ma femme Umm Shayba bint Abi Talha — elle était chez lui, et il avait d'elle Mu'rid ibn al-Hajjaj — et des biens dispersés chez les commerçants de La Mecque. Permets-moi, ô Envoyé d'Allah.' Il le lui permit. Il dit : 'Il m'est nécessaire, ô Envoyé d'Allah, de dire quelque chose.' Il dit : 'Dis.' Al-Hajjaj dit : 'Je partis jusqu'à ce que j'arrive à La Mecque. Je trouvai à Thaniyyat al-Bayda' 3 des hommes de Quraysh qui écoutaient les nouvelles et s'informaient de la situation de l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. Ils avaient appris qu'il était parti vers Khaybar, et ils savaient que c'était une localité du Hijaz fertile, fortifiée et peuplée d'hommes. Ils cherchaient donc à obtenir des nouvelles et interrogeaient les voyageurs. Lorsqu'ils me virent, ils dirent : « Al-Hajjaj ibn 'Ilat ! » — et ils ne savaient pas que j'étais musulman, et à Allah la science — « Informe-nous, ô Abu Muhammad, car nous avons appris que le Coupeur 4 est parti vers Khaybar, qui est le pays des Juifs et la région fertile du Hijaz. » Je dis : « J'ai appris cela, et j'ai une nouvelle qui vous réjouira. » Ils se pressèrent alors contre les flancs de ma chamelle en disant : « Raconte, ô Hajjaj ! » Je dis : « Il a subi une défaite comme vous n'en avez jamais entendu de pareille, ses compagnons ont été tués d'une manière que vous n'avez jamais entendue, et Muhammad a été fait prisonnier. Ils ont dit : « Nous ne le tuerons pas avant de l'envoyer aux gens de La Mecque, afin qu'ils le tuent au milieu d'eux, en représailles de ceux de leurs hommes qu'il a tués. » Ils se levèrent et crièrent dans La Mecque : « La nouvelle vous est parvenue ! Voici Muhammad, vous n'attendez que son arrivée parmi vous pour qu'il soit tué au milieu de vous. » Je dis : « Aidez-moi à rassembler mes biens à La Mecque et à recouvrer mes créances, car je veux partir pour Khaybar et obtenir une part du butin 5 de Muhammad et de ses compagnons avant que les commerçants ne me devancent vers ce qui vous appartient. » » Ibn Hisham dit : « On dit : du butin 6 de Muhammad. » (Al-'Abbas s'assure de la nouvelle d'al-Hajjaj et surprend Quraysh) : Ibn Ishaq dit : « Ils se levèrent et rassemblèrent mes biens en un rassemblement plus rapide que je n'en avais jamais vu. Je vins chez ma femme et dis : « Mes biens ! » — j'avais chez elle des biens déposés — « Peut-être que je rejoindrai Khaybar et obtiendrai des occasions de vente avant que les commerçants ne me devancent. » Lorsque al-'Abbas ibn 'Abd al-Muttalib entendit la nouvelle et qu'elle lui parvint de moi, il vint jusqu'à se tenir à côté de moi alors que j'étais dans une tente de commerçants. Il dit : « Ô Hajjaj, quelle est cette nouvelle que tu as apportée ? » Je dis : « As-tu conservé ce que j'ai déposé chez toi ? » Il dit : « Oui. » Je dis : « Éloigne-toi de moi jusqu'à ce que je te rencontre en privé, car je suis en train de rassembler mes biens comme tu vois. Éloigne-toi de moi jusqu'à ce que j'aie fini. » Lorsque j'eus fini de rassembler tout ce que j'avais à La Mecque et que je décidai de partir, je rencontrai al-'Abbas et dis : « Garde mon récit pour moi, ô Abu al-Fadl, car je crains d'être poursuivi pendant trois jours. Ensuite, dis ce que tu veux. » Il dit : « Je le ferai. » Je dis : « Par Allah, j'ai laissé le fils de ton frère comme un époux sur la fille de leur roi — c'est-à-dire Safiyya bint Huyayy — et il a conquis Khaybar, a pris tout ce qui s'y trouvait, et cela est devenu sien et à ses compagnons. » Il dit : « Que dis-tu, ô Hajjaj ? » Je dis : « Oui, par Allah. Garde cela secret pour moi. Je me suis converti à l'islam et je ne suis venu que pour prendre mes biens, par crainte d'en être privé. Lorsque trois jours seront passés, révèle ton affaire, car, par Allah, elle est comme tu l'aimes. » Lorsque ce fut le troisième jour, al-'Abbas revêtit un habit de cérémonie, se parfuma 7, prit son bâton, puis sortit jusqu'à la Ka'ba, fit les circumambulations autour d'elle. Lorsqu'ils le virent, ils dirent : « Ô Abu al-Fadl, voilà par Allah la fermeté face à la chaleur du malheur ! » Il dit : « Non, par Allah par qui vous avez juré ! Muhammad a conquis Khaybar, il a été laissé comme un époux sur la fille de leur roi, il a pris possession de leurs biens et de tout ce qui s'y trouve, et cela est devenu sien et à ses compagnons. » Ils dirent : « Qui t'a apporté cette nouvelle ? » Il dit : « Celui qui vous a apporté ce qu'il vous a apporté. Il est entré chez vous en musulman, a pris ses biens, puis est parti pour rejoindre Muhammad et ses compagnons et être avec lui. » Ils dirent : « Ô serviteurs d'Allah ! L'ennemi d'Allah s'est échappé ! Par Allah, si nous l'avions su, nous aurions eu une affaire avec lui ! » Et ils ne tardèrent pas 8 à recevoir la nouvelle de cela. (Poème de Hassan le jour de Khaybar) : Ibn Ishaq dit : « Parmi ce qui fut dit en poésie le jour de Khaybar, il y a la parole de Hassan ibn Thabit : « Quel mauvais combat ont livré les Khaybariens, pour ce qu'ils avaient rassemblé de champs et de palmiers ! Ils ont détesté la mort, alors leur sanctuaire a été violé, et ils ont accepté l'acte du vil et de l'humilié. Est-ce de la mort qu'ils fuient ? Car la mort, la mort de l'émaciation, n'est pas belle. » (Poème de Hassan pour excuser Ayman de son absence à Khaybar) : Hassan ibn Thabit dit aussi, excusant Ayman ibn Umm Ayman ibn 'Ubayd — qui était des Banu 'Awf ibn al-Khazraj, et sa mère était Umm Ayman, la servante de l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et elle était la mère d'Usama ibn Zayd, donc il était le frère d'Usama par sa mère : « Au moment où sa mère dit à Ayman : « Tu as été lâche et tu n'as pas assisté aux cavaliers de Khaybar ! » Or Ayman n'a pas été lâche, mais son poulain a été affecté par la boisson de mélasse fermentée 9. Et n'eût été ce qui est arrivé à son poulain, il aurait combattu parmi eux en cavalier non gaucher 10. Mais l'action de son poulain l'a détourné, et ce qui est venu de lui à son sujet n'a été que plus facile 11. » Ibn Hisham dit : « Abu Zayd m'a récité ces vers comme étant de Ka'b ibn Malik, et il m'a récité : « Mais l'affaire de son poulain l'a détourné, et il n'était pas, sans cela, un négligent. » (Poème de Najiya le jour de Khaybar) : Ibn Ishaq dit : « Najiya ibn Jundub al-Aslami dit : « Ô serviteurs d'Allah, pourquoi désirer ? Ce n'est que nourriture et boisson, Et un Paradis où il y a une jouissance merveilleuse ! » Et Najiya ibn Jundub al-Aslami dit aussi : « Je suis celui qui me reconnaît, moi, Ibn Jundub. Que d'adversaires dans ma charge j'ai renversés 12 ! Il est tombé au lieu de rassemblement des vautours et des renards 13. » Ibn Hisham dit : « Certains transmetteurs de poésie m'ont récité sa parole : « dans ma charge » et « il est tombé au lieu de rassemblement ». » (Poème de Ka'b le jour de Khaybar) : Ka'b ibn Malik dit le jour de Khaybar, selon ce qu'Ibn Hisham a mentionné d'après Abu Zayd al-Ansari :
- amāna : Dépôt confié, notion de responsabilité morale et religieuse.
- ḥūr ʿīn : Houris aux grands yeux, épouses paradisiaques des croyants.
- Thaniyyat al-Bayḍā' : Nom d'un col ou d'un défilé près de La Mecque.
- al-qāṭiʿ : Surnom donné à Muhammad par les polythéistes, signifiant 'le Coupeur' (de liens familiaux).
- fall : Butin, dépouilles, ici avec une nuance de reste ou de part.
- fay' : Butin pris sans combat, ou bien butin en général.
- takhalluq : Se parfumer avec du khaluq, un mélange de parfums.
- lam yanshabū : Ils ne tardèrent pas, ils ne restèrent pas longtemps.
- al-madīd al-mukhamar : Boisson fermentée à base de dattes ou de raisins, ici mélasse fermentée.
- ghayr aʿsar : Non gaucher, c'est-à-dire habile au combat.
- ghayr aysar : Plus facile, moins grave.
- ankab : Renversé, abattu.
- maghdā ansur wa thaʿlab : Lieu de rassemblement des vautours et des renards, c'est-à-dire champ de bataille où les charognards se nourrissent.
Il mentionna les parts de Khaybar [1] et ses biens.
Nous sommes arrivés à Khaybar et à ses plaines... avec tout jeune homme aux doigts dénudés, au poignard effilé 1. Impétueux vers les buts, sans faiblesse dans la force, hardi contre les ennemis en toute occasion. Grand par la cendre de son chaudron en tout hiver, frappant avec la lame de l'épée indienne bien aiguisée. Il voit la mort comme un éloge s'il atteint le martyre, espérant de Dieu et la victoire par Ahmad 2. Il repousse et protège l'honneur de Muhammad, et le défend par la langue et par la main. Il le secourt contre toute affaire qui le trouble, sacrifiant une âme pour l'âme de Muhammad. Il croit aux annonces de l'invisible avec sincérité, voulant par là la victoire et la gloire pour demain. Récit du partage de Khaybar et de ses biens. (Al-Shiqq, Nata et al-Katiba) : Ibn Ishaq dit : Les parts furent réparties sur les biens de Khaybar, sur al-Shiqq, Nata et al-Katiba. Al-Shiqq et Nata furent dans les lots des musulmans, et al-Katiba fut le quint de Dieu 3, la part du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue), la part des proches parents, des orphelins et des pauvres, la subsistance des épouses du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue), et la subsistance d'hommes qui avaient servi d'intermédiaires entre l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) et les gens de Fadak pour la paix, parmi eux Muhayyisa ibn Mas'ud, à qui l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) donna trente wasq 4 d'orge et trente wasq de dattes. Khaybar fut partagée entre les gens d'al-Hudaybiyya, ceux qui assistèrent à Khaybar et ceux qui en furent absents ; seul Jabir ibn Abd Allah ibn Amr ibn Haram en fut absent, et l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) lui attribua une part comme celle de ceux qui y assistèrent. Ses deux vallées étaient le Wadi al-Surayra et le Wadi Khass 5, ce sont les deux sur lesquelles Khaybar fut partagée. Nata et al-Shiqq comptaient dix-huit parts : Nata en comptait cinq, et al-Shiqq treize. Al-Shiqq et Nata furent partagées en mille huit cents parts. (Nombre de ceux entre qui Khaybar fut partagée) : Le nombre de ceux entre qui Khaybar fut partagée parmi les compagnons de l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) était de mille huit cents parts, avec leurs hommes et leurs chevaux : les hommes étaient quatorze cents, et les chevaux deux cents cavaliers. Chaque cheval avait deux parts, et son cavalier une part ; chaque piéton avait une part. Chaque part avait un chef, auquel étaient réunis cent hommes ; ainsi furent réunies dix-huit parts. Ibn Hisham dit : Le jour de Khaybar, l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) distingua le pur-sang arabe parmi les chevaux et métissa le croisement. (Répartition des parts entre leurs propriétaires) : Ibn Ishaq dit : Ali ibn Abi Talib était un chef, ainsi qu'al-Zubayr ibn al-Awwam, Talha ibn Ubayd Allah, Umar ibn al-Khattab, Abd al-Rahman ibn Awf, Asim ibn Adi (frère des Banu al-Ajlan), Usayd ibn Hudayr, la part d'al-Harith ibn al-Khazraj, la part de Na'im, la part des Banu Bayada, la part des Banu Ubayd 6, la part des Banu Haram des Banu Salima, et Ubayd al-Siham. Ibn Hisham dit : On l'appela Ubayd al-Siham parce qu'il acheta des parts le jour de Khaybar ; c'est Ubayd ibn Aws, un des Banu Haritha ibn al-Harith ibn al-Khazraj ibn Amr ibn Malik ibn al-Aws. Ibn Ishaq dit : La part de Sa'ida, la part de Ghifar et Aslam, la part d'al-Najjar, la part de Haritha, et la part d'Aws. La première part sortie de Khaybar à Nata fut la part d'al-Zubayr ibn al-Awwam, c'est al-Khaw' 7, suivie d'al-Surayr. Puis la deuxième fut la part de Bayada, puis la troisième la part d'Usayd, puis la quatrième la part des Banu al-Harith ibn al-Khazraj, puis la cinquième la part de Na'im pour les Banu Awf ibn al-Khazraj, Muzayna et leurs associés ; c'est là que fut tué Mahmud ibn Maslama. Voilà pour Nata. Puis ils descendirent à al-Shiqq ; la première part qui en sortit fut la part d'Asim ibn Adi, frère des Banu al-Ajlan, et avec elle se trouvait la part de l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). Puis la part d'Abd al-Rahman ibn Awf, puis la part de Sa'ida, puis la part d'al-Najjar, puis la part d'Ali ibn Abi Talib (que Dieu l'agrée), puis la part de Talha ibn Ubayd Allah, puis la part de Ghifar et Aslam, puis la part d'Umar ibn al-Khattab, puis les deux parts de Salama ibn Ubayd et des Banu Haram, puis la part de Haritha, puis la part d'Ubayd al-Siham, puis la part d'Aws, qui est la part d'al-Lafif 8, à laquelle furent réunis Juhayna et tous les Arabes présents à Khaybar ; elle était équivalente 9 à la part de l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) qui lui était échue dans la part d'Asim ibn Adi. Puis l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) partagea al-Katiba, qui est le Wadi Khass 10, entre ses proches, ses femmes, des hommes musulmans et des femmes auxquels il en donna. L'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) donna à sa fille Fatima deux cents wasq, à Ali ibn Abi Talib cent wasq, à Usama ibn Zayd deux cents wasq et cinquante wasq de noyaux, à Aïcha, mère des croyants, deux cents wasq, à Abu Bakr ibn Abi Quhafa cent wasq, à Aqil ibn Abi Talib cent quarante wasq, aux enfants de Ja'far cinquante wasq, à Rabi'a ibn al-Harith cent wasq, à al-Salt ibn Makhrama et ses deux fils cent wasq (dont quarante pour al-Salt), à Abu Nabqa 11 cinquante wasq, à Rukana ibn Abd Yazid cinquante wasq, à Qays ibn Makhrama trente wasq, à Abu al-Qasim ibn Makhrama quarante wasq, aux filles d'Ubayda ibn al-Harith et à la fille d'al-Husayn ibn al-Harith cent wasq, aux Banu Ubayd 12 ibn Abd Yazid soixante wasq, au fils d'Aws ibn Makhrama trente wasq, à Mistah ibn Uthatha et au fils d'Ilyas cinquante wasq, à Umm Rumaytha quarante wasq, à Nu'aym ibn Hind trente wasq, à Buhayna bint al-Harith trente wasq, à Ujayr ibn Abd Yazid trente wasq, à Umm Hakim 13 (bint al-Zubayn ibn Abd al-Muttalib 14) trente wasq, à Jumana bint Abi Talib trente wasq, à Ibn 15 al-Arqam cinquante wasq, à Abd al-Rahman ibn Abi Bakr quarante wasq, à Hamna bint Jahsh trente wasq, à Umm al-Zubayr quarante wasq, à Duba'a bint al-Zubayr quarante wasq, à Ibn Abi Khunays trente wasq, à Umm Talib quarante wasq, à Abu Basra 16 vingt wasq, à Numayla al-Kalbi cinquante wasq, à Abd Allah ibn Wahb et ses deux filles quatre-vingt-dix wasq (dont quarante pour ses deux filles), à Umm Habib bint Jahsh trente wasq, à Malku ibn Abada trente wasq, et à ses femmes (que Dieu le bénisse et le salue) sept cents wasq. Ibn Hisham dit 17 : Blé, orge, dattes, noyaux et autres, il les répartit selon leurs besoins ; le besoin était plus grand chez les Banu Abd al-Muttalib, c'est pourquoi il leur donna davantage. Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. (Engagement du Prophète envers ses femmes pour leur part du butin) : Récit de ce que Muhammad, l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), donna à ses femmes du blé de Khaybar 18 : Il leur attribua 19 cent quatre-vingts wasq, et à Fatima, fille de l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), ...
- al-ashājiʿ : Pluriel de ushjuʿ, désignant les doigts ; l'expression 'ārī al-ashājiʿ' signifie 'aux doigts dénudés', c'est-à-dire sans gants, prêt au combat.
- Aḥmad : Un des noms du Prophète Muhammad, signifiant 'le plus loué'.
- khumus Allāh : Le quint de Dieu, c'est-à-dire la part du butin réservée à Dieu et à son Prophète, conformément au Coran (8:41).
- wasq : Mesure de capacité pour les grains, équivalant à environ 60 ṣāʿ (soit environ 130 kg selon les estimations).
- Wādī Khāṣṣ : Nom d'une vallée à Khaybar ; 'khāṣṣ' signifie 'spécial' ou 'privé'.
- Banū ʿUbayd : Tribu ou clan ; Ubayd est un nom propre.
- al-Khawʿ : Nom d'un lieu ou d'une part à Khaybar.
- al-Lafīf : Terme désignant un groupe hétéroclite rassemblé ; ici, la part d'Aws regroupait diverses tribus arabes.
- ḥadhwuhu : Signifie 'équivalent', 'pareil' ; la part d'Aws était égale à celle du Prophète.
- Wādī Khāṣṣ : Même que note 5 ; vallée de Khaybar.
- Abū Nabqa : Nom d'un compagnon ; Nabqa est un nom d'arbre.
- Banū ʿUbayd : Même que note 6.
- Umm Ḥakīm : Nom d'une femme ; 'mère de Hakim'.
- al-Zubayn ibn ʿAbd al-Muṭṭalib : Nom d'un homme ; Zubayn est un diminutif de Zubayr.
- Ibn al-Arqam : Fils d'al-Arqam ; al-Arqam est un nom propre.
- Abū Baṣra : Nom d'un compagnon ; 'père de Basra'.
- Ibn Hishām : Célèbre biographe du Prophète, auteur de la Sīra.
- qamḥ Khaybar : Blé de Khaybar, réputé pour sa qualité.
- qasama : Il partagea ; le verbe est au passé.
L'affaire de Fadak [1] dans le récit de Khaybar [2].
Quatre-vingt-cinq wasqs 1, pour Usāma ibn Zayd quarante wasqs, pour al-Miqdād ibn al-Aswad quinze wasqs, et pour Umm Rumaytha 2 cinq wasqs. ‘Uthmān ibn ‘Affān et ‘Abbās en furent témoins et écrivirent. (Ce que le Messager légua à sa mort) : Ibn Isḥāq dit : Ṣāliḥ ibn Kaysān m’a rapporté, d’après Ibn Shihāb al-Zuhrī, d’après ‘Ubayd Allāh ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Utba ibn Mas‘ūd, qui dit : Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) ne légua à sa mort que trois choses 3 : il légua aux Rahāwiyyīn 4 un jardin de cent wasqs de Khaybar, aux Dāriyyīn 5 un jardin de cent wasqs de Khaybar, aux Sabā’iyyīn 6 et aux Ash‘ariyyīn 7 un jardin de cent wasqs de Khaybar. Et il légua l’exécution 8 de l’expédition d’Usāma ibn Zayd ibn Ḥāritha, et qu’il ne soit pas laissé deux religions dans la péninsule arabique. L’affaire de Fadak dans le récit de Khaybar (La paix conclue par le Messager avec les gens de Fadak) : Ibn Isḥāq dit : Lorsque le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) eut terminé avec Khaybar, Allāh jeta la terreur dans les cœurs des gens de Fadak, lorsqu’ils apprirent ce qu’Allāh Très-Haut avait infligé aux gens de Khaybar. Ils envoyèrent donc au Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) pour faire la paix avec lui sur la moitié de Fadak. Leurs émissaires vinrent le trouver à Khaybar, ou à Ṭā’if 9, ou après son arrivée à Médine, et il accepta cela d’eux. Ainsi Fadak appartint exclusivement au Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui), car on n’y avait lancé ni cheval ni chameau 10.
- wasq : Mesure de capacité pour les grains, équivalant à environ 60 ṣā‘ (soit environ 130 kg selon les estimations).
- Umm Rumaytha : Femme de la tribu des Banū ‘Āmir, mentionnée dans les récits de donations prophétiques.
- trois choses : Il s'agit des trois legs principaux : les terres de Khaybar pour certains groupes, l'expédition d'Usāma, et l'interdiction de deux religions en Arabie.
- Rahāwiyyīn : Tribu yéménite, les Banū Rahā’.
- Dāriyyīn : Tribu yéménite, les Banū Dār.
- Sabā’iyyīn : Tribu yéménite, les Banū Sabā’.
- Ash‘ariyyīn : Tribu yéménite, les Banū Ash‘ar.
- exécution : Le terme arabe tanfīdh signifie mise en œuvre, exécution d'un ordre.
- Ṭā’if : Ville située au sud-est de La Mecque.
- lancé ni cheval ni chameau : Expression signifiant que la conquête s'est faite sans combat, par reddition pacifique, ce qui rend le butin propriété exclusive du Prophète selon les règles islamiques.
La désignation des gens de Dâr [1] à qui le Messager d'Allah, sur lui la paix et le salut, a légué une part de Khaybar [2].
Dénomination du groupe des Dâriyûn 1 auxquels le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, légua une part de Khaybar. (Leur généalogie) : Ce sont les Banû al-Dâr ibn Hâni' ibn Habîb ibn Numâra ibn Lahm, qui vinrent du Shâm 2 auprès du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue : Tamîm ibn Aws, Nu'aym ibn Aws son frère, Yazîd ibn Qays, et 'Arafa ibn Mâlik – que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, nomma 'Abd al-Rahmân. - Ibn Hishâm dit : on dit aussi 'Azza ibn Mâlik, et son frère Murrân 3 ibn Mâlik. Ibn Hishâm dit : Marwân ibn Mâlik. Ibn Ishâq dit : et Fâkih ibn Nu'mân, Jabala ibn Mâlik, Abû Hind ibn Barr, et son frère al-Tayyib ibn Barr – que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, nomma 'Abd Allâh. (Estimation 4 d'Ibn Rawâha puis de Jabbâr pour les habitants de Khaybar) : Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, comme me l'a rapporté 'Abd Allâh ibn Abî Bakr, envoyait aux habitants de Khaybar 'Abd Allâh ibn Rawâha comme estimateur entre les musulmans et les juifs ; il estimait pour eux. Quand ils disaient : « Tu as été excessif envers nous », il répondait : « Si vous voulez, c'est pour vous ; si vous voulez, c'est pour nous. » Alors les juifs disaient : « C'est par cela que les cieux et la terre tiennent debout. » 'Abd Allâh ibn Rawâha n'estima pour eux qu'une seule année, puis il fut tué à Mu'ta 5 – qu'Allah lui fasse miséricorde. Ce fut Jabbâr ibn Sakhr ibn Umayya ibn Khansâ', frère des Banû Salima, qui estima pour eux après 'Abd Allâh ibn Rawâha. (Meurtre d'Ibn Sahl et versement du prix du sang 6 par le Messager à sa famille) : Les juifs demeurèrent en cet état, sans que les musulmans ne voient de mal à les fréquenter, jusqu'à ce qu'ils agressent, du vivant du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, 'Abd Allâh ibn Sahl, frère des Banû Hâritha, et le tuent. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et les musulmans les soupçonnèrent. Ibn Ishâq dit : Al-Zuhrî me rapporta d'après Sahl ibn Abî Hathma, et également Bushayr ibn Yasâr, mawlâ 7 des Banû Hâritha, d'après Sahl ibn Abî Hathma, qui dit : 'Abd Allâh ibn Sahl fut tué à Khaybar ; il s'y était rendu avec des compagnons pour s'approvisionner en dattes. On le trouva dans un puits, le cou brisé, puis jeté dedans. Il dit : ils le prirent et le cachèrent, puis vinrent auprès du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et lui racontèrent son affaire. Son frère 'Abd al-Rahmân ibn Sahl se présenta, avec les deux fils de son oncle paternel, Huwayyisa et Muhayyisa, fils de Mas'ûd. 'Abd al-Rahmân était le plus jeune d'entre eux, et il était le parent de la victime 8 ; il avait de l'influence parmi les gens. Lorsqu'il parla avant ses deux cousins, le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit : « Le plus âgé, le plus âgé 9 ! » Ibn Hishâm dit : on dit aussi « kabbar kabbar » 10 – selon ce que rapporta Mâlik ibn Anas. Alors il se tut, Huwayyisa et Muhayyisa parlèrent, puis il parla après eux. Ils exposèrent au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, le meurtre de leur compagnon. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit : « Désignez-vous votre meurtrier, puis jureriez-vous contre lui cinquante serments, et nous vous le livrerions ? » Ils dirent : « Ô Messager d'Allah, nous ne jurerions pas sur ce que nous ne savons pas. » Il dit : « Alors jureront-ils par Allah cinquante serments qu'ils ne l'ont pas tué et qu'ils ne connaissent pas son meurtrier, puis seront-ils quittes de son sang ? » Ils dirent : « Ô Messager d'Allah, nous n'accepterions pas les serments des juifs ; il n'y a en eux rien de plus grand que l'incroyance 11 pour qu'ils jurent sur un péché. » Il dit : Alors le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, versa de son propre chef cent chamelles 12. Sahl dit : Par Allah, je n'oublie pas une chamelle rousse parmi elles qui me frappa alors que je les conduisais. Ibn Ishâq dit : Muhammad ibn Ibrâhîm ibn al-Hârith al-Taymî me rapporta d'après 'Abd al-Rahmân ibn Bujayd ibn Qayzî, frère des Banû Hâritha. Muhammad ibn Ibrâhîm dit : Par Allah, Sahl n'était pas plus savant que lui, mais il était plus âgé que lui. Il lui dit : Par Allah, ce n'est pas ainsi que les choses se sont passées ! Mais Sahl s'est trompé. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, n'a pas dit : « Jurez sur ce que vous ne savez pas. » Mais il écrivit aux juifs de Khaybar, lorsque les Ansâr 13 lui en parlèrent : « On a trouvé un mort parmi vos maisons ; versez son prix du sang. » Ils lui écrivirent en jurant par Allah qu'ils ne l'avaient pas tué et qu'ils ne connaissaient pas son meurtrier. Alors le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, versa le prix du sang de son propre chef. Ibn Ishâq dit : 'Amr ibn Shu'ayb me rapporta un récit semblable à celui de 'Abd al-Rahmân ibn Bujayd, sauf qu'il dit dans son récit : « Versez le prix du sang ou déclarez la guerre. » Alors ils écrivirent en jurant par Allah qu'ils ne l'avaient pas tué et qu'ils ne connaissaient pas son meurtrier. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, versa le prix du sang de son propre chef. (Expulsion des juifs de Khaybar à l'époque de 'Umar) : Ibn Ishâq dit : Je demandai à Ibn Shihâb al-Zuhrî : Comment se fit le don par le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, de leurs palmiers aux juifs de Khaybar, lorsqu'il leur donna les palmiers contre leur production ? Était-ce une donation définitive jusqu'à sa mort, ou bien la leur donna-t-il par nécessité sans cela ? Ibn Shihâb m'informa que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, conquit Khaybar de force après combat, et Khaybar faisait partie de ce qu'Allah, Puissant et Majestueux, accorda comme butin 14 à Son Messager. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, en préleva le quint 15 et le partagea entre les musulmans. Ceux de ses habitants qui restèrent acceptèrent l'exil après le combat. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, les appela et dit : « Si vous voulez, je vous remets ces biens à condition que vous les cultiviez, que leurs fruits soient entre nous et vous, et je vous maintiendrai tant qu'Allah vous maintiendra. » Ils acceptèrent, et ils les cultivèrent ainsi. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, envoyait 'Abd Allâh ibn Rawâha qui partageait leurs fruits et était équitable envers eux dans l'estimation. Lorsqu'Allah rappela Son Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, Abû Bakr – qu'Allah Très-Haut l'agrée – les maintint après le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dans leurs mains, selon le même contrat que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, avait conclu avec eux, jusqu'à sa mort. Puis 'Umar – qu'Allah l'agrée – les maintint au début de son califat. Ensuite, 'Umar apprit que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, avait dit dans sa maladie dont Allah le rappela : « Il ne doit pas y avoir deux religions dans la péninsule arabique 16. » 'Umar enquêta là-dessus jusqu'à en avoir la certitude. Alors il envoya dire aux juifs : « Allah, Puissant et Majestueux, a autorisé votre expulsion. J'ai appris que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, a dit : "Il ne doit pas y avoir deux religions dans la péninsule arabique." Que celui d'entre les juifs qui a un pacte du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, vienne me le présenter, je l'exécuterai pour lui. Et que celui qui n'a pas de pacte du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, se prépare à l'exil. » 'Umar expulsa donc ceux d'entre eux qui n'avaient pas de pacte du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue. Ibn Ishâq dit : Nâfi', mawlâ de 'Abd Allâh ibn 'Umar, me rapporta d'après 'Abd Allâh ibn 'Umar, qui dit : Je sortis avec al-Zubayr et al-Miqdâd ibn al-Aswad vers nos biens à Khaybar pour les inspecter. Quand nous arrivâmes, nous nous séparâmes dans nos biens. Il dit : On m'attaqua de nuit, alors que je dormais sur ma couche, et mes deux bras furent disloqués au niveau des coudes 17. Au matin, mes deux compagnons appelèrent au secours pour moi, vinrent me trouver et m'interrogèrent.
Qui t'a fait cela ? Je répondis : Je ne sais pas. Ils me soignèrent les mains, puis je me rendis chez 'Umar, que Dieu l'agrée, qui dit : C'est l'œuvre des Juifs. Puis il se leva pour faire un discours aux gens et dit : Ô gens ! Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, avait conclu un accord avec les Juifs de Khaybar 18 selon lequel nous pouvions les expulser quand nous le voudrions. Or ils ont agressé 'Abdullah ibn 'Umar et lui ont brisé les mains, comme vous l'avez appris, en plus de leur agression contre l'Ansârî 19 avant lui. Nous ne doutons pas qu'ils sont les auteurs de ces actes ; nous n'avons là-bas d'autre ennemi qu'eux. Que celui qui a des biens à Khaybar les rejoigne, car je vais expulser les Juifs. Et il les expulsa. (Le partage par 'Umar de Wâdî al-Qurâ 20 entre les musulmans) Ibn Ishâq dit : 'Abdullah ibn Abî Bakr m'a rapporté, d'après 'Abdullah ibn Maknaf, frère des Banû Hâritha 21 : Lorsque 'Umar expulsa les Juifs de Khaybar, il monta en compagnie des Muhâjirûn 22 et des Ansâr 23, et avec lui sortirent Jabbâr ibn Sakhr ibn Umayya ibn Khansâ', frère des Banû Salama 24, qui était l'estimateur 25 et le comptable des gens de Médine, ainsi que Yazîd ibn Thâbit. Ils partagèrent Khaybar entre ses habitants, sur la base de l'ensemble des parts qui étaient en vigueur. Ce que 'Umar ibn al-Khattâb partagea de Wâdî al-Qurâ fut : pour 'Uthmân ibn 'Affân une part 26, pour 'Abd al-Rahmân ibn 'Awf une part, pour 'Umar ibn Abî Salama une part, pour 'Âmir ibn Abî Rabî'a une part, pour 'Amr ibn Surâqa une part, pour Ushaym une part. Ibn Hishâm dit : On dit aussi : pour Aslam et pour les Banû Ja'far une part, pour Mu'ayqîb une part, pour 'Abdullah ibn al-Arqam une part, pour 'Abdullah et 'Ubaydullah deux parts, pour Ibn 'Abdullah ibn Jahsh une part, pour Ibn al-Bukayr une part, pour Mu'tamir une part 27, pour Zayd ibn Thâbit une part, pour Ubayy ibn Ka'b une part, pour Mu'âdh ibn 'Afrâ' une part, pour Abû Talha et Hasan une part, pour Jabbâr ibn Sakhr une part, pour Jâbir ibn 'Abdullah ibn Ri'âb une part, pour Mâlik ibn Sa'sa'a et Jâbir ibn 'Abdullah ibn 'Amr une part, pour Ibn Hudayr une part, pour Ibn Sa'd ibn Mu'âdh une part, pour Salâma ibn Salâma une part, pour 'Abd al-Rahmân ibn Thâbit et Abû Sharîk une part, pour Abû 'Abs ibn Jabr une part, pour Muhammad ibn Maslama une part, pour 'Ubâda ibn Târiq une part. Ibn Hishâm dit : On dit aussi : pour Qatâda. Ibn Ishâq dit : Pour Jabr ibn 'Atîk une demi-part, pour les deux fils d'al-Hârith ibn Qays une demi-part, pour Ibn Hazama et al-Dahhâk une part. Voilà ce qui nous est parvenu concernant l'affaire de Khaybar, de Wâdî al-Qurâ et de leurs partages. Ibn Hishâm dit : Al-khatar 26 signifie la part. On dit : untel m'a attribué une part.
- al-Dāriyyūn : Groupe de personnes originaires de Dār, une localité ou tribu, probablement en Syrie.
- al-Shām : Région historique correspondant à la Grande Syrie (actuels Syrie, Liban, Jordanie, Palestine).
- Murrān : Nom propre ; Ibn Hishām le corrige en Marwān.
- kharṣ : Estimation de la récolte sur pied pour déterminer la part due.
- Mu'ta : Bataille de Mu'ta (629 ap. J.-C.) où les musulmans affrontèrent les Byzantins.
- diya : Compensation financière versée pour un homicide involontaire ou un meurtre.
- mawlā : Affranchi ou client, souvent un non-Arabe converti lié à une tribu arabe.
- ṣāḥib al-dam : Le parent le plus proche de la victime, chargé de réclamer le prix du sang.
- al-kubr al-kubr : Expression signifiant que le plus âgé doit parler en premier.
- kabbar kabbar : Variante de l'expression précédente, signifiant 'fais parler le plus âgé'.
- kufr : Incroyance, mécréance ; ici, les juifs sont accusés de pouvoir jurer faussement.
- mi'a nāqa : Cent chamelles, montant du prix du sang versé par le Prophète.
- al-Anṣār : Les 'Auxiliaires' de Médine qui accueillirent le Prophète et les émigrés mecquois.
- fay' : Butin obtenu sans combat, ou bien biens des non-musulmans soumis, gérés par l'État islamique.
- khums : Le quint, soit un cinquième du butin prélevé pour le Trésor public.
- Jazīrat al-'Arab : La péninsule arabique, considérée comme terre d'islam exclusif.
- fudi'at : Disloquées ou fracturées ; ici, les bras ont été luxés au niveau des coudes.
- Khaybar : Oasis au nord de Médine, peuplée de tribus juives, conquise par les musulmans en l'an 7 de l'Hégire.
- Ansârî : Habitant de Médine ayant accueilli et soutenu le Prophète après l'Hégire ; pluriel Ansâr.
- Wâdî al-Qurâ : Vallée au nord de Médine, comprenant des terres agricoles et des villages, conquise après Khaybar.
- Banû Hâritha : Tribu arabe de Médine, faisant partie des Ansâr.
- Muhâjirûn : Les émigrés de La Mecque à Médine avec le Prophète.
- Ansâr : Les auxiliaires médinois qui ont accueilli et soutenu le Prophète et les Muhâjirûn.
- Banû Salama : Tribu arabe de Médine, faisant partie des Ansâr.
- Khâris : Estimateur des récoltes, chargé d'évaluer les dîmes et les parts.
- Khatar : Part, lot attribué dans un partage de terres ou de butin.
- Mu'tamir : Nom propre ; peut-être Mu'tamir ibn Sulaymân ou un autre compagnon.
Il est mentionné l'arrivée de Ja'far ibn Abi Talib [1] depuis l'Abyssinie et le récit des émigrants [2] vers l'Abyssinie.
Mention de l'arrivée de Ja'far ibn Abi Talib depuis l'Abyssinie et récit des émigrants vers l'Abyssinie (Joie du Messager à l'arrivée de Ja'far) : Ibn Hisham a dit : Sufyan ibn 'Uyayna a rapporté d'après al-Ajlah, d'après al-Sha'bi : Ja'far ibn Abi Talib, que Dieu l'agrée, arriva auprès du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, le jour de la conquête de Khaybar. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, embrassa alors son front, le serra contre lui et dit : « Je ne sais par lequel des deux je suis le plus réjoui : par la conquête de Khaybar ou par l'arrivée de Ja'far. » (L'émigration des Abyssins que 'Amr ibn Umayya ramena) : Ibn Ishaq a dit : Parmi les compagnons du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, qui demeurèrent en terre d'Abyssinie jusqu'à ce que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, envoyât vers le Négus 1 'Amr ibn Umayya al-Damri, celui-ci les transporta dans deux bateaux et les lui amena alors qu'il se trouvait à Khaybar après al-Hudaybiyya. (De la tribu des Banu Hashim) : De la tribu des Banu Hashim ibn 'Abd Manaf : Ja'far ibn Abi Talib ibn 'Abd al-Muttalib, avec lui son épouse Asma' bint 'Umays al-Khath'amiyya et son fils 'Abdullah ibn Ja'far, qu'elle avait enfanté en terre d'Abyssinie. Ja'far fut tué à Mu'ta 2 en terre de Syrie, en tant qu'émir 3 du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Un homme. (De la tribu des Banu 'Abd Shams) : De la tribu des Banu 'Abd Shams ibn 'Abd Manaf : Khalid ibn Sa'id ibn al-'As ibn Umayya ibn 'Abd Shams, avec lui son épouse Amina bint Khalaf ibn As'ad – Ibn Hisham dit : on dit aussi Humayna bint Khalaf – et ses deux fils Sa'id ibn Khalid et Ummu bint Khalid, qu'elle avait enfantés en terre d'Abyssinie. Khalid fut tué à Marj al-Suffar 4 sous le califat d'Abu Bakr al-Siddiq en terre de Syrie. Et son frère 'Amr ibn Sa'id ibn al-'As, avec lui son épouse Fatima bint Safwan ibn Umayya ibn Muharith al-Kinani, qui mourut en terre d'Abyssinie. 'Amr fut tué à Ajnadayn 5 en terre de Syrie sous le califat d'Abu Bakr, que Dieu l'agrée. (Poème de Sa'id ibn al-'As pour son fils 'Amr) : ' Amr ibn Sa'id a pour père Sa'id ibn al-'As ibn Umayya Abu Uhayha, qui dit : « Hélas ! Si seulement je pouvais m'enquérir de toi, ô 'Amr, quand il grandira et que ses mains et ses armes deviendront fortes 6. Abandonneras-tu la conduite du peuple alors que des troubles la secouent, dissipant une rancune qui était enfouie dans la poitrine 7 ? » (Poème d'Aban ibn al-'As pour ses deux frères Khalid et Sa'id, et réponse de Khalid) : ' Amr et Khalid ont pour frère Aban ibn Sa'id ibn al-'As, qui dit, lorsqu'ils embrassèrent l'islam – leur père Sa'id ibn al-'As était mort à al-Zurayba, dans la région d'al-Ta'if, alors qu'il s'occupait de ses biens là-bas : « Hélas ! Si seulement un mort à al-Zurayba pouvait être témoin de ce que 'Amr et Khalid inventent 8 en matière de religion. Ils ont obéi, à notre détriment, à l'ordre des femmes, et sont devenus les auxiliaires, parmi nos ennemis, de ceux que nous combattons 9. » Khalid ibn Sa'id lui répondit : « Mon frère, mon frère ! Je ne suis pas un insulteur de son honneur, et il n'est pas, par de mauvais propos, un homme défaillant. Il dit, quand ses affaires deviennent difficiles 10 : "Hélas ! Si seulement un mort à al-Zurayba pouvait ressusciter !" Laisse donc ce mort qui a suivi sa voie, et occupe-toi du plus proche, qui est plus nécessiteux. » Et Mu'ayqib ibn Abi Fatima, trésorier de 'Umar ibn al-Khattab pour le Trésor public des musulmans, était allié à la famille de Sa'id ibn al-'As. Et Abu Musa al-Ash'ari, 'Abdullah ibn Qays, allié de la famille de 'Utba ibn Rabi'a ibn 'Abd Shams. Quatre hommes. (De la tribu des Banu Asad) : De la tribu des Banu Asad ibn 'Abd al-'Uzza ibn Qusayy : al-Aswad ibn Nawfal ibn Khuwaylid. Un homme. (De la tribu des Banu 'Abd al-Dar) : De la tribu des Banu 'Abd al-Dar ibn Qusayy : Jahm ibn Qays ibn 'Abd Shurahbil, avec lui ses deux fils 'Amr ibn Jahm et Khuzayma ibn Jahm, et avec lui son épouse Umm Harmala bint 'Abd al-Aswad, qui mourut en terre d'Abyssinie, ainsi que ses deux fils nés d'elle. Un homme. (De la tribu des Banu Zuhra) : De la tribu des Banu Zuhra ibn Kilab : 'Amir ibn Abi Waqqas, et 'Utba ibn Mas'ud, un allié à eux de la tribu de Hudhayl. Deux hommes. (De la tribu des Banu Taym) : De la tribu des Banu Taym ibn Murra ibn Ka'b : al-Harith ibn Khalid ibn Sakhr, et avec lui son épouse Rayta bint al-Harith ibn Jubayla, qui mourut en terre d'Abyssinie. Un homme. (De la tribu des Banu Jumah) : De la tribu des Banu Jumah ibn 'Amr ibn Husays ibn Ka'b : 'Uthman ibn Rabi'a ibn Uhban. Un homme. (De la tribu des Banu Sahm) : De la tribu des Banu Sahm ibn 'Amr ibn Husays ibn Ka'b : Mahmiyya ibn al-Jaz' 11, un allié à eux de la tribu de Zubayd. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, l'avait nommé préposé au quint 12 des musulmans. Un homme. (De la tribu des Banu 'Adi) : De la tribu des Banu 'Adi ibn Ka'b ibn Lu'ayy : Ma'mar ibn 'Abdullah ibn Nadla. Un homme. (De la tribu des Banu 'Amir) : De la tribu des Banu 'Amir ibn Lu'ayy ibn Ghalib : Abu Hatib ibn 'Amr ibn 'Abd Shams, et Malik ibn Rabi'a ibn Qays ibn 'Abd Shams, avec lui son épouse 'Amra bint al-Sa'di ibn Waqdan ibn 'Abd Shams. Deux hommes. (De la tribu des Banu al-Harith) : De la tribu des Banu al-Harith ibn Fihr ibn Malik : al-Harith ibn 'Abd Qays ibn Laqit. Un homme. Et furent transportés avec eux dans les deux bateaux des femmes parmi les épouses de ceux qui étaient morts parmi les musulmans. (Nombre de ceux que 'Amr ibn Umayya transporta) : Voilà ceux que le Négus transporta avec 'Amr ibn Umayya al-Damri dans les deux bateaux. Le total de ceux qui arrivèrent dans les deux bateaux auprès du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, fut de seize hommes. (Le reste des émigrants vers l'Abyssinie) : Parmi ceux qui émigrèrent en terre d'Abyssinie, mais n'arrivèrent qu'après Badr, et que le Négus ne transporta pas dans les deux bateaux auprès du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et parmi ceux qui arrivèrent après cela, et ceux qui moururent en terre d'Abyssinie, parmi les émigrants vers l'Abyssinie : (De la tribu des Banu Umayya) : De la tribu des Banu Umayya ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Manaf : 'Ubaydullah ibn Jahsh ibn Ri'ab al-Asadi, des Asad de Khuzayma, allié des Banu Umayya ibn 'Abd Shams, avec lui son épouse Umm Habiba bint Abi Sufyan, et sa fille Habiba bint 'Ubaydullah – c'est d'après elle que Umm Habiba bint Abi Sufyan était surnommée, et son nom était Ramla. (Apostasie d'Ibn Jahsh en Abyssinie et mariage du Messager avec son épouse) : Il partit avec les musulmans en émigrant, mais lorsqu'il arriva en terre d'Abyssinie, il se fit chrétien, abandonna l'islam et mourut chrétien. Alors le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, épousa après lui son épouse Umm Habiba bint Abi Sufyan ibn Harb. Ibn Ishaq a dit : Muhammad ibn Ja'far ibn al-Zubayr m'a raconté d'après 'Urwa : 'Ubaydullah ibn Jahsh partit avec les musulmans en tant que musulman, mais lorsqu'il arriva en terre d'Abyssinie, il se fit chrétien. Il disait, lorsqu'il passait devant les musulmans parmi les compagnons du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue : « Nous avons ouvert les yeux, tandis que vous clignez des yeux 13 », c'est-à-dire : nous avons vu, tandis que vous cherchez à voir sans avoir encore vu. En effet, le petit du chien, quand il veut ouvrir les yeux pour regarder, cligne d'abord des yeux. Il leur donna cela comme parabole : nous avons ouvert les yeux et vu, tandis que vous n'avez pas ouvert les yeux pour voir, et vous cherchez encore à le faire. Ibn Ishaq a dit : Et Qays ibn 'Abdullah, un homme des Banu Asad ibn Khuzayma, qui est le père d'Umm Qays 14 qui était avec Umm Habiba, et son épouse Baraka bint Yasar, affranchie d'Abu Sufyan ibn Harb. Toutes deux étaient nourrices 15 de 'Ubaydullah ibn Jahsh et d'Umm Habiba bint Abi Sufyan. Elles partirent avec eux lorsqu'ils émigrèrent en terre d'Abyssinie. Deux hommes 16. (De la tribu des Banu Asad) :
Parmi les Banū Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā ibn Quṣayy : Yazīd ibn Zam‘a ibn al-Aswad ibn al-Muṭṭalib ibn Asad, tué le jour de Ḥunayn 17 avec l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — en martyr ; et ‘Amr ibn Umayya ibn al-Ḥārith ibn Asad, mort en terre d’Abyssinie. Deux hommes. (Parmi les Banū ‘Abd al-Dār :) Et parmi les Banū ‘Abd al-Dār ibn Quṣayy : Abū al-Rūm ibn ‘Umayr ibn Hāshim ibn ‘Abd Manāf ibn ‘Abd al-Dār, et Firās ibn al-Naḍr ibn al-Ḥārith ibn Kalada ibn ‘Alqama ibn ‘Abd Manāf ibn ‘Abd al-Dār. Deux hommes. (Parmi les Banū Zuhra :) Et parmi les Banū Zuhra ibn Kilāb ibn Murra : al-Muṭṭalib ibn Azhar ibn ‘Abd ‘Awf ibn ‘Abd (ibn) 18 al-Ḥārith ibn Zuhra, avec lui son épouse Ramla bint Abī ‘Awf ibn Ḍubayra ibn Su‘ayd ibn Sa‘d ibn Sahm, mort en terre d’Abyssinie ; elle lui donna là-bas ‘Abd Allāh ibn al-Muṭṭalib, et l’on disait : « Il fut le premier homme à hériter de son père en Islam. » Un homme. (Parmi les Banū Taym :) Et parmi les Banū Taym ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu’ayy : ‘Amr ibn ‘Uthmān ibn ‘Amr ibn Ka‘b ibn Sa‘d ibn Taym, tué à al-Qādisiyya 19 avec Sa‘d ibn Abī Waqqāṣ. Un homme. (Parmi les Banū Makhzūm :) Et parmi les Banū Makhzūm ibn Yaqaẓa ibn Murra ibn Ka‘b : Habbār ibn Sufyān ibn ‘Abd al-Asad, tué à Ajnādayn 20 en terre de Syrie, sous le califat d’Abū Bakr — que Dieu l’agrée — ; et son frère ‘Abd Allāh ibn Sufyān, tué l’année d’al-Yarmūk 21 en Syrie, sous le califat de ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb — que Dieu l’agrée — ; on doute s’il y fut tué ou non ; et Hishām 22 ibn Abī Ḥudhayfa ibn al-Mughīra. Trois hommes. (Parmi les Banū Jumaḥ :) Et parmi les Banū Jumaḥ ibn ‘Amr ibn Huṣayṣ ibn Ka‘b : Ḥāṭib ibn al-Ḥārith ibn Ma‘mar ibn Ḥabīb ibn Wahb ibn Ḥudhāfa ibn Jumaḥ, et ses deux fils Muḥammad et al-Ḥārith, avec lui son épouse Fāṭima bint al-Mujallil 23. Ḥāṭib mourut là-bas musulman ; son épouse et ses deux fils — elle est leur mère — arrivèrent dans l’un des deux bateaux ; et son frère Ḥaṭṭāb ibn al-Ḥārith, avec lui son épouse Fukayha bint Yasār, mourut là-bas musulman ; son épouse Fukayha arriva dans l’un des deux bateaux ; et Sufyān ibn Ma‘mar ibn Ḥabīb, et ses deux fils Junāda et Jābir, et leur mère avec lui Ḥasana 24, et leur frère utérin Shuraḥbīl ibn Ḥasana ; Sufyān mourut et ses deux fils Junāda et Jābir moururent sous le califat de ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb — que Dieu l’agrée —. Six personnes. (Parmi les Banū Sahm :) Et parmi les Banū Sahm ibn ‘Amr ibn Huṣayṣ ibn Ka‘b : ‘Abd Allāh ibn al-Ḥārith ibn Qays ibn ‘Adī ibn Sa‘d 25 ibn Sahm le poète, mort en terre d’Abyssinie ; et Qays ibn Ḥudhāfa ibn Qays ibn ‘Adī ibn Sa‘d ibn Sahm ; et Abū Qays ibn al-Ḥārith ibn Qays ibn ‘Adī ibn Sa‘d ibn Sahm, tué le jour d’al-Yamāma 26 sous le califat d’Abū Bakr al-Ṣiddīq — que Dieu l’agrée — ; et ‘Abd Allāh ibn Ḥudhāfa ibn Qays ibn ‘Adī ibn Sa‘d ibn Sahm, qui fut l’Envoyé de l’Envoyé de Dieu 27 — que Dieu prie sur lui et le salue — auprès de Kisrā 28 ; et al-Ḥārith ibn al-Ḥārith ibn Qays ibn ‘Adī ; et Ma‘mar ibn al-Ḥārith ibn Qays ibn ‘Adī ; et Bishr ibn al-Ḥārith ibn Qays ibn ‘Adī ; et un frère utérin de lui, des Banū Tamīm, nommé Sa‘īd ibn ‘Amr, tué à Ajnādayn sous le califat d’Abū Bakr — que Dieu l’agrée — ; et Sa‘īd ibn al-Ḥārith ibn Qays, tué l’année d’al-Yarmūk sous le califat de ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb — que Dieu l’agrée — ; et al-Sā’ib ibn al-Ḥārith ibn Qays, blessé à al-Ṭā’if 29 avec l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, et tué le jour de Fiḥl 30 sous le califat de ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb — que Dieu l’agrée — ; et l’on dit : tué le jour de Khaybar 31, on en doute ; et ‘Umayr ibn Ri’āb ibn Ḥudhayfa ibn Mihsham ibn Sa‘d ibn Sahm, tué à ‘Ayn al-Tamr 32 avec Khālid ibn al-Walīd, à son retour d’al-Yamāma, sous le califat d’Abū Bakr — que Dieu l’agrée —. Onze hommes. (Parmi les Banū ‘Adī :) Et parmi les Banū ‘Adī ibn Ka‘b ibn Lu’ayy : ‘Urwa ibn ‘Abd al-‘Uzzā ibn Ḥurthān ibn ‘Awf ibn ‘Ubayd ibn ‘Uwayj ibn ‘Adī ibn Ka‘b, mort en terre d’Abyssinie ; et ‘Adī ibn Naḍla ibn ‘Abd al-‘Uzzā ibn Ḥurthān, mort en terre d’Abyssinie. Deux hommes. (Nomination de ‘Umar de al-Nu‘mān sur Maysān puis sa destitution :) Et avec ‘Adī se trouvait son fils al-Nu‘mān ibn ‘Adī ; al-Nu‘mān arriva avec ceux des musulmans qui arrivèrent de terre d’Abyssinie, et il resta jusqu’au califat de ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb, qui le nomma gouverneur de Maysān 33, en terre de Basra. Il dit des vers de poésie, les voici : « N’est-il pas parvenu à la belle que son époux / À Maysān est abreuvé dans du verre et de la cruche 34 ? Quand je veux, me chantent les dihqāns 35 d’un village / Et une danseuse 36 qui s’agenouille sur chaque sabot 37. Si je suis ton commensal, alors verse-moi dans le grand / Et ne me verse pas dans le petit ébréché. Peut-être le Commandeur des croyants sera-t-il peiné / De notre beuverie dans le palais en ruine 38. » Quand ses vers parvinrent à ‘Umar, il dit : « Oui, par Dieu, cela me peine vraiment. Que celui qui le rencontre l’informe que je l’ai destitué. » Et il le destitua. Quand il vint à lui, il s’excusa auprès de lui et dit : « Par Dieu, ô Commandeur des croyants, je n’ai jamais rien fait de ce qui t’est parvenu que j’aurais dit, mais j’étais un poète, j’ai trouvé un surplus de parole, et j’ai dit ce que les poètes disent. » ‘Umar lui dit : « Non, par Dieu, tu ne travailleras pour moi à aucune charge tant que je vivrai, et tu as dit ce que tu as dit 39. » (Parmi les Banū ‘Āmir :) Et parmi les Banū ‘Āmir ibn Lu’ayy ibn Ghālib ibn Fihr : Salīṭ ibn ‘Amr ibn ‘Abd Shams ibn ‘Abd Wadd ibn Naṣr ibn Mālik ibn Ḥisl ibn ‘Āmir ; il fut l’Envoyé de l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — auprès de Hawdha ibn ‘Alī al-Ḥanafī 40 à al-Yamāma. Un homme. (Parmi les Banū al-Ḥārith :) Et parmi les Banū al-Ḥārith ibn Fihr ibn Mālik : ‘Uthmān ibn ‘Abd Ghamm ibn Zuhayr ibn Abī Shaddād ; et Sa‘d ibn ‘Abd Qays ibn Laqīṭ ibn ‘Āmir ibn Umayya ibn Ẓarb ibn al-Ḥārith ibn Fihr ; et ‘Iyāḍ ibn Zuhayr ibn Abī Shaddād. Trois personnes. Total de ceux qui restèrent en arrière de Badr 41 et ne vinrent pas auprès de l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — à La Mecque, et de ceux qui vinrent après cela, et de ceux que le Negus 42 n’embarqua pas dans les deux bateaux : trente-quatre hommes. (Ceux d’entre eux qui moururent :) Et voici la liste de l’ensemble 43 de ceux qui moururent parmi eux et parmi leurs fils en terre d’Abyssinie : (Parmi les Banū ‘Abd Shams :) Parmi les Banū ‘Abd Shams ibn ‘Abd Manāf : ‘Ubayd Allāh ibn Jaḥsh ibn Ri’āb, allié des Banū Umayya, y mourut chrétien. (Parmi les Banū Asad :) Et parmi les Banū Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā ibn Quṣayy : ‘Amr ibn Umayya ibn al-Ḥārith ibn Asad. (Parmi les Banū Jumaḥ :) Et parmi les Banū Jumaḥ : Ḥāṭib ibn al-Ḥārith, et son frère Ḥaṭṭāb ibn al-Ḥārith. (Parmi les Banū Sahm :) Et parmi les Banū Sahm ibn ‘Amr ibn Huṣayṣ ibn Ka‘b : ‘Abd Allāh ibn al-Ḥārith ibn Qays. (Parmi les Banū ‘Adī :) Et parmi les Banū ‘Adī ibn Ka‘b ibn Lu’ayy : ‘Urwa ibn ‘Abd al-‘Uzzā ibn Ḥurthān ibn ‘Awf, et ‘Adī ibn Naḍla. Sept personnes. (Parmi les fils :) Et parmi leurs fils, des Banū Taym ibn Murra : Mūsā ibn al-Ḥārith ibn Khālid ibn Ṣakhr ibn ‘Āmir. Un homme. (Émigrantes d’Abyssinie :) Et total de celles qui émigrèrent en terre d’Abyssinie parmi les femmes, celles qui arrivèrent et celles qui moururent là-bas : seize femmes, sans compter leurs filles qui y naquirent, celles qui arrivèrent et celles qui moururent là-bas, et celles qui sortirent avec elles quand elles sortirent : (Parmi Quraysh :) Parmi Quraysh, des Banū Hāshim : Ruqayya bint l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —. (Parmi les Banū Umayya :)
Parmi les Banū Umayya 44 : Umm Ḥabība bint Abī Sufyān, avec sa fille Ḥabība, qu'elle emmena de La Mecque et ramena avec elle. (Parmi les Banū Makhzūm 45) : Parmi les Banū Makhzūm : Umm Salama bint Abī Umayya, qui vint avec sa fille Zaynab, née d'Abū Salama, qu'elle avait enfantée pour toi. (Parmi les Banū Taym 46) : Parmi les Banū Taym ibn Murra : Rayṭa bint al-Ḥārith ibn Jubayla, qui périt en chemin, ainsi que deux filles qu'elle avait eues là-bas : ‘Ā’isha bint al-Ḥārith et Zaynab bint al-Ḥārith, toutes mortes, et leur frère Mūsā ibn al-Ḥārith, à cause d'une eau qu'ils burent en route. Une fille qu'elle avait eue là-bas survécut, seule de sa descendance, nommée Fāṭima. (Parmi les Banū Sahm 47) : Parmi les Banū Sahm ibn ‘Amr : Ramla bint Abī ‘Awf ibn Ḍubayra. (Parmi les Banū ‘Adī 48) : Parmi les Banū ‘Adī ibn Ka‘b : Laylā bint Abī Ḥathma ibn Ghānim. (Parmi les Banū ‘Āmir 49) : Parmi les Banū ‘Āmir ibn Lu’ayy : Sawda bint Zam‘a ibn Qays, Sahla bint Suhayl ibn ‘Amr, la fille d’al-Mujallil 50, ‘Amra bint al-Sa‘dī ibn Waqdān, et Umm Kulthūm bint Suhayl ibn ‘Amr. (Parmi les femmes arabes étrangères 51) : Parmi les femmes arabes étrangères : Asmā’ bint ‘Umays ibn al-Nu‘mān al-Khath‘amiyya, Fāṭima bint Ṣafwān ibn Umayya ibn Muḥarrith al-Kināniyya, Fukayha bint Yasār, Baraka bint Yasār, et Ḥasana, mère de Shuraḥbīl ibn Ḥasana. (Leurs enfants en Abyssinie) : Voici la liste de ceux qui naquirent parmi leurs enfants en terre d'Abyssinie. (Parmi les Banū Hāshim 52) : Parmi les Banū Hāshim : ‘Abd Allāh ibn Ja‘far ibn Abī Ṭālib. (Parmi les Banū ‘Abd Shams 53) : Parmi les Banū ‘Abd Shams : Muḥammad ibn Abī Ḥudhayfa, Sa‘īd ibn Khālid ibn Sa‘īd, et sa sœur Āma bint Khālid. (Parmi les Banū Makhzūm) : Parmi les Banū Makhzūm : Zaynab bint Abī Salama ibn al-Asad. (Parmi les Banū Zuhra 54) : Parmi les Banū Zuhra : ‘Abd Allāh ibn al-Muṭṭalib ibn Azhar. (Parmi les Banū Taym) : Parmi les Banū Taym : Mūsā ibn al-Ḥārith ibn Khālid, et ses sœurs ‘Ā’isha bint al-Ḥārith, Fāṭima bint al-Ḥārith, et Zaynab bint al-Ḥārith. (Les mâles parmi eux) : Les hommes parmi eux sont cinq : ‘Abd Allāh ibn Ja‘far, Muḥammad ibn Abī Ḥudhayfa, Sa‘īd ibn Khālid, ‘Abd Allāh ibn al-Muṭṭalib, et Mūsā ibn al-Ḥārith.
- al-Najāshī : Titre du souverain d'Abyssinie à l'époque du Prophète, nommé Ashama ibn Abjar.
- Mu'ta : Localité en Syrie (actuelle Jordanie) où eut lieu une bataille en 629 ap. J.-C.
- amīr : Commandant militaire ou gouverneur.
- Marj al-Ṣuffar : Plaine en Syrie, près de Damas, lieu d'une bataille.
- Ajnādayn : Localité en Palestine, lieu d'une bataille en 634 ap. J.-C.
- sullaḥā : Armes ; le vers signifie quand il deviendra fort et maniera les armes.
- mūjaḥā : Rancune enfouie ; sens : des troubles dissiperont la rancune.
- yaftarī : Invente, forge (des mensonges).
- nukāyid : Nous combattons ou nous trompons.
- ishtaddat : Deviennent difficiles ou graves.
- al-Jaz' : Nom propre ; lecture possible : al-Jaz' ou al-Jazā'.
- khumus : Le quint, part du butin revenant à l'État islamique.
- ṣa'ṣa'tum : Vous clignez des yeux ; métaphore pour chercher à voir sans y parvenir.
- Umm Qays : Fille de Qays ; nom de la femme mentionnée.
- ẓi'rayn : Nourrices ; au duel, désignant deux femmes.
- rajulān : Deux hommes ; ici, Qays et un autre, mais le texte mentionne deux personnes.
- Ḥunayn : Bataille de Ḥunayn, en l’an 8 de l’Hégire (630), où les musulmans vainquirent les tribus de Hawāzin et Thaqīf.
- ibn : Mot signifiant « fils de », ici entre parenthèses dans le texte original, peut-être une incertitude dans la généalogie.
- al-Qādisiyya : Bataille d’al-Qādisiyya (636), victoire décisive des musulmans contre les Sassanides.
- Ajnādayn : Bataille d’Ajnādayn (634), première grande confrontation entre musulmans et Byzantins en Palestine.
- al-Yarmūk : Bataille du Yarmouk (636), victoire musulmane décisive contre les Byzantins.
- Hishām : Nom propre, peut-être une variante de Hāshim ou un nom distinct.
- al-Mujallil : Surnom ou nom propre, peut-être « celui qui est couvert » ou un nom de personne.
- Ḥasana : Nom propre féminin, signifiant « la bonne ».
- Sa‘d : Nom propre, ancêtre de la tribu.
- al-Yamāma : Bataille d’al-Yamāma (632), contre les apostats de la tribu des Banū Ḥanīfa.
- Envoyé de l’Envoyé de Dieu : Expression redondante dans le texte original, signifiant « messager de l’Envoyé de Dieu ».
- Kisrā : Titre des rois sassanides, ici le roi Khosro II.
- al-Ṭā’if : Siège de Ṭā’if (630), où les musulmans assiégèrent la ville sans la prendre.
- Fiḥl : Bataille de Fiḥl (635), aussi appelée bataille de Pella, en Jordanie.
- Khaybar : Bataille de Khaybar (628), contre les juifs de l’oasis de Khaybar.
- ‘Ayn al-Tamr : Bataille de ‘Ayn al-Tamr (633), en Irak, contre les Perses.
- Maysān : Région de l’Irak méridional, près de Basra.
- zujāj wa ḥantam : Zujāj : verre (récipient) ; ḥantam : cruche en terre cuite.
- dihqāns : Pluriel de dihqān, terme persan désignant les chefs de villages ou propriétaires terriens sous les Sassanides.
- raqqāṣa : Danseuse, féminin de raqqāṣ.
- mansim : Sabot d’un animal, ici peut-être métaphore pour la main ou le pied.
- al-jawsaq al-mutahaddim : Jawsaq : palais ou forteresse ; mutahaddim : en ruine.
- wa qad qulta mā qulta : Expression signifiant « tu as dit ce que tu as dit », indiquant que ‘Umar ne retire pas sa décision.
- Hawdha ibn ‘Alī al-Ḥanafī : Chef des Banū Ḥanīfa à al-Yamāma, à qui le Prophète envoya une lettre.
- Badr : Bataille de Badr (624), première grande bataille de l’Islam.
- Negus : Titre du roi d’Abyssinie (Éthiopie), ici Ashama ibn Abjar.
- jumla : Mot signifiant « totalité », ici entre parenthèses dans le texte original.
- Banū Umayya : Clan de Quraysh, branche des Omeyyades.
- Banū Makhzūm : Clan important de Quraysh.
- Banū Taym : Clan de Quraysh, dont Abū Bakr.
- Banū Sahm : Clan de Quraysh.
- Banū ‘Adī : Clan de Quraysh, dont ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb.
- Banū ‘Āmir : Clan de Quraysh.
- al-Mujallil : Surnom d'un homme de Quraysh.
- Gharā’ib al-‘Arab : Femmes arabes non quraychites, étrangères à la tribu.
- Banū Hāshim : Clan de Quraysh, dont le Prophète.
- Banū ‘Abd Shams : Clan de Quraysh, dont les Omeyyades.
- Banū Zuhra : Clan de Quraysh, dont Āmina, mère du Prophète.
La 'Umra de compensation [1] eut lieu au mois de Dhul-Qa'da [2] en l'an 7 de l'Hégire [3].
(Les femmes parmi eux) : Parmi les femmes, il y en a cinq : Ummu bint Khâlid, Zaynab bint Abî Salama, ‘Â’isha, Zaynab et Fâtima, filles d’al-Hârith b. Khâlid b. Sakhr. La ‘Umra de compensation 1 en Dhû l-Qa‘da 2 de l’an sept (Sortie du Messager en ‘Umra en Dhû l-Qa‘da) : Ibn Ishâq dit : Lorsque le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – revint à Médine depuis Khaybar, il y demeura les deux mois de Rabî‘, les deux Jumâdâ, Rajab, Sha‘bân, Ramadân et Shawwâl, envoyant entre-temps ses expéditions et ses détachements – que Dieu prie sur lui et le salue. Puis il sortit en Dhû l-Qa‘da, le mois où les associateurs l’avaient empêché, pour accomplir la ‘Umra de compensation, en lieu et place de la ‘Umra dont ils l’avaient empêché. (Ibn al-Adbat 3 à Médine) : Ibn Hishâm dit : Il nomma gouverneur de Médine ‘Uwayf b. al-Adbat al-Dîlî 1. (Cause de son nom de ‘Umra de rétorsion 4) : On l’appelle aussi ‘Umra de rétorsion, car ils avaient empêché le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – en Dhû l-Qa‘da, au mois sacré, de l’an six ; le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – exerça donc des représailles contre eux, et entra à La Mecque en Dhû l-Qa‘da, au mois sacré où ils l’avaient empêché, de l’an sept 2. Et il nous est parvenu d’Ibn ‘Abbâs qu’il dit : Dieu révéla à ce sujet : « Les choses sacrées sont soumises à la rétorsion » [Coran 2:194]. (Sortie des musulmans qui avaient été empêchés d’abord avec lui) : Ibn Ishâq dit : Les musulmans qui avaient été empêchés avec lui lors de cette ‘Umra 3 sortirent avec lui, et c’était en l’an sept. Lorsque les habitants de La Mecque apprirent son arrivée, ils sortirent de la ville, et les Quraysh dirent entre eux que Muhammad et ses compagnons étaient dans la gêne, la peine et la difficulté. (Cause de la course rapide 5 entre Safâ et Marwa) : Ibn Ishâq dit : Un homme digne de confiance m’a rapporté d’après Ibn ‘Abbâs, qui dit : Ils se rangèrent pour lui près de Dâr al-Nadwa 6 pour le regarder, lui et ses compagnons. Lorsque le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – entra dans la Mosquée, il découvrit son épaule droite 7 avec son manteau, puis dit : « Que Dieu fasse miséricorde à un homme qui leur montre aujourd’hui de sa force ! » Puis il toucha la Pierre noire 8 et sortit en courant rapidement 9, et ses compagnons couraient rapidement avec lui, jusqu’à ce que la Ka‘ba les cache à leur vue ; puis il toucha le Pilier yéménite 10, marcha jusqu’à toucher la Pierre noire, puis courut rapidement ainsi pendant trois tours, et marcha le reste. Ibn ‘Abbâs disait : Les gens pensaient que cela n’était pas obligatoire pour eux. Et cela parce que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – n’avait fait cela que pour cette tribu de Quraysh, à cause de ce qu’il avait appris d’eux, jusqu’à ce qu’il accomplît le Pèlerinage d’adieu 11 et s’y tint, et la Sunna 12 s’établit ainsi. (Récitation rythmée 13 d’Ibn Rawâha tenant la chamelle du Messager) : Ibn Ishâq dit : ‘Abd Allâh b. Abî Bakr m’a rapporté que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lorsqu’il entra à La Mecque lors de cette ‘Umra, y entra tandis que ‘Abd Allâh b. Rawâha tenait la bride 14 de sa chamelle et disait : « Laissez, fils des mécréants, son chemin, Laissez, car tout bien est en son Messager. Seigneur, je crois en sa parole 15, Je reconnais le droit de Dieu en l’acceptant. Nous vous avons tués pour son interprétation 16, Comme nous vous avons tués pour sa révélation 17. Une frappe qui enlève la tête de son lieu de repos, Et fait oublier l’ami à son ami. » Ibn Hishâm dit : « Nous vous avons tués pour son interprétation » jusqu’à la fin des vers, sont de ‘Ammâr b. Yâsir en un autre jour que celui-ci 10 ; la preuve en est qu’Ibn Rawâha visait les associateurs, et les associateurs n’ont pas reconnu la révélation ; on ne tue pour l’interprétation 11 que celui qui a reconnu la révélation. (Mariage du Messager avec Maymûna) : Ibn Ishâq dit : Abân b. Sâlih et ‘Abd Allâh b. Abî Najîh m’ont rapporté d’après ‘Atâ’ b. Abî Rabâh et Mujâhid Abû l-Hajjâj, d’après Ibn ‘Abbâs : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – épousa Maymûna bint al-Hârith lors de ce voyage, alors qu’il était en état de sacralisation 18 ; et celui qui le maria à elle fut al-‘Abbâs b. ‘Abd al-Muttalib. Ibn Hishâm dit : Elle avait confié son affaire à sa sœur Umm al-Fadl, et Umm al-Fadl était l’épouse d’al-‘Abbâs ; Umm al-Fadl confia donc son affaire à al-‘Abbâs, et il la maria au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – à La Mecque 12, et il lui constitua une dot 19 de quatre cents dirhams 20 de la part du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. (Envoi par Quraysh de Huwaytib au Messager pour lui demander de sortir de La Mecque) : Ibn Ishâq dit : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – demeura à La Mecque trois jours ; alors Huwaytib b. ‘Abd al-‘Uzzâ b. Abî Qays b. ‘Abd Wudd b. Nasr b. Mâlik b. Hisl vint à lui, avec un groupe de Quraysh, le troisième jour – car Quraysh l’avait chargé de faire sortir le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – de La Mecque. Ils lui dirent : Ton terme est écoulé, sors de chez nous. Le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Quel mal y aurait-il si vous me laissiez, que je passe la nuit parmi vous, et que nous préparions pour vous un repas auquel vous assisteriez ? » Ils dirent : Nous n’avons pas besoin de ton repas, sors de chez nous. Alors le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – sortit, et laissa Abû Râfi‘, son affranchi 21, auprès de Maymûna, jusqu’à ce qu’il l’amenât à Sarif 13 ; le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – consomma le mariage 22 avec elle là-bas, puis le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – retourna à Médine en Dhû l-Hijja. (Ce qui fut révélé du Coran au sujet de la ‘Umra de compensation) : Ibn Hishâm dit : Dieu – Puissant et Majestueux – révéla alors sur lui, d’après ce que m’a rapporté Abû ‘Ubayda :
- ‘Umra al-Qadâ’ : La ‘Umra de compensation, accomplie en l’an 7 H. pour remplacer celle dont les musulmans avaient été empêchés en l’an 6 H.
- Dhû l-Qa‘da : Onzième mois du calendrier lunaire musulman, l’un des quatre mois sacrés.
- Ibn al-Adbat : Surnom de ‘Uwayf b. al-Adbat al-Dîlî, compagnon nommé gouverneur de Médine.
- ‘Umra al-Qisâs : La ‘Umra de rétorsion, autre nom de la ‘Umra de compensation, en référence au principe de représailles (qisâs).
- al-harwala : Course rapide entre les deux collines de Safâ et Marwa, pratiquée lors de la ‘Umra et du Hajj.
- Dâr al-Nadwa : Maison de l’assemblée des Quraysh à La Mecque, lieu de réunion pour les décisions importantes.
- idtiba‘ : Action de découvrir l’épaule droite en passant le manteau sous l’aisselle droite, geste rituel lors de la circumambulation.
- al-Rukn : La Pierre noire, située à l’angle est de la Ka‘ba, que l’on touche ou embrasse lors du tawâf.
- yuharwilu : Il court rapidement, forme de marche accélérée entre la marche normale et la course.
- al-Rukn al-Yamânî : Le Pilier yéménite, angle sud de la Ka‘ba orienté vers le Yémen.
- Hajjat al-Wadâ‘ : Le Pèlerinage d’adieu, dernier pèlerinage du Prophète en l’an 10 H.
- al-sunna : La tradition prophétique, ici la pratique établie par le Prophète.
- irtijâz : Récitation de vers en rythme (rajaz), forme poétique utilisée en marche ou au combat.
- khitâm : Bride ou licou de la chamelle, tenu par le guide.
- qîlihi : Sa parole, ici la parole du Prophète ou la révélation.
- ta’wîl : Interprétation allégorique ou exégèse du Coran, par opposition à la révélation littérale.
- tanzîl : Révélation descendue, le texte coranique dans sa lettre.
- harâm : État de sacralisation rituelle (ihrâm) interdisant certains actes, dont le mariage.
- asdaqahâ : Il lui constitua une dot (mahr), somme ou bien donné à l’épouse.
- dirham : Monnaie d’argent, unité de poids et de valeur.
- mawlâ : Affranchi, client, personne liée par un pacte de clientèle.
- banâ bihâ : Il consomma le mariage avec elle, littéralement ‘bâtit avec elle’.
Il mentionne l'expédition de Mu'ta [1] au mois de Jumādā al-Ūlā de l'an huit, et le martyre de Ja'far, de Zayd et de 'Abd Allāh ibn Rawāḥa.
Allah a confirmé par la vérité la vision de Son Messager : vous entrerez dans la Mosquée Sacrée, si Allah le veut, en sécurité, la tête rasée ou les cheveux raccourcis, sans crainte. Il savait ce que vous ne saviez pas, et Il a placé avant cela une victoire proche 1 — c'est-à-dire Khaybar. Récit de l'expédition de Mu'ta 2 au mois de Jumada al-Ula de l'an 8, et le martyre de Ja'far, Zayd et 'Abdullah ibn Rawaha. Ibn Ishaq dit : Il (le Prophète) demeura le reste de Dhu al-Hijja, et les polythéistes accomplirent ce pèlerinage ; puis il demeura Muharram, Safar et les deux mois de Rabi', et il envoya en Jumada al-Ula son expédition vers la Syrie, ceux qui furent tués à Mu'ta. (Envoi du Messager à Mu'ta et choix des commandants) : Ibn Ishaq dit : Muhammad ibn Ja'far ibn al-Zubayr m'a rapporté, d'après 'Urwa ibn al-Zubayr, qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) envoya une expédition à Mu'ta en Jumada al-Ula de l'an 8, et il nomma Zayd ibn Haritha comme commandant, en disant : « Si Zayd est tué, alors Ja'far ibn Abi Talib prendra le commandement ; si Ja'far est tué, alors 'Abdullah ibn Rawaha prendra le commandement. » (Pleurs d'Ibn Rawaha par crainte du Feu et ses vers pour le Messager) : Les gens se préparèrent, puis ils s'apprêtèrent au départ ; ils étaient trois mille. Lorsque vint le moment de leur départ, les gens firent leurs adieux aux commandants du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et les saluèrent. Quand 'Abdullah ibn Rawaha fit ses adieux à ceux des commandants du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) qu'il salua, il pleura. Ils dirent : « Qu'est-ce qui te fait pleurer, ô Ibn Rawaha ? » Il répondit : « Par Allah, ce n'est pas l'amour de ce monde ni l'attachement à vous, mais j'ai entendu le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) réciter un verset du Livre d'Allah (Puissant et Majestueux) où Il mentionne le Feu : "Il n'y a personne parmi vous qui n'y descendra 3 : c'est, pour ton Seigneur, une décision irrévocable" (19:71). Je ne sais pas comment je pourrai en sortir après y être entré. » Les musulmans dirent : « Qu'Allah vous accompagne, vous protège et vous ramène à nous sains et saufs. » Alors 'Abdullah ibn Rawaha dit : « Mais je demande au Tout-Miséricordieux le pardon, / Et un coup qui fait jaillir le sang 4, / Ou une blessure mortelle portée par une main brûlante 5, / Avec une lance qui transperce les entrailles et le foie, / Jusqu'à ce que l'on dise, lorsqu'ils passeront sur ma tombe 6 : / "Qu'Allah le guide, parmi les guerriers, et il a été bien guidé !" » Ibn Ishaq dit : Puis les gens s'apprêtèrent au départ. 'Abdullah ibn Rawaha vint auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) pour lui faire ses adieux, puis il dit : « Qu'Allah affermisse le bien qu'Il t'a donné, / Comme Il affermit Moïse, et un secours tel qu'ils furent secourus 7. / J'ai discerné en toi le bien comme un don supplémentaire 8 ; / Allah sait que ma vue est ferme. / Tu es le Messager : quiconque est privé de ses dons supplémentaires / Et de sa face, le destin l'a rabaissé 9. » Ibn Hisham dit : Un savant en poésie m'a récité ces vers : « Tu es le Messager : quiconque est privé de ses dons supplémentaires / Et de sa face, le destin l'a rabaissé. / Qu'Allah affermisse le bien qu'Il t'a donné / Parmi les messagers, et un secours tel qu'ils furent secourus. / J'ai discerné en toi le bien comme un don supplémentaire, / Un discernement qui contredit, à ton sujet, ce qu'ils ont vu » — il veut dire les polythéistes. Ces vers font partie d'un poème de lui. Ibn Ishaq dit : Puis les gens partirent, et le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) sortit avec eux. Lorsqu'il leur fit ses adieux et s'éloigna d'eux, 'Abdullah ibn Rawaha dit : « Que le salut soit sur un homme que j'ai accompagné / Dans les palmiers, le meilleur compagnon et ami. » (Crainte des gens de rencontrer Héraclius et poème d'Ibn Rawaha les encourageant) : Puis ils continuèrent jusqu'à ce qu'ils campent à Ma'an, en Syrie. On apprit aux gens qu'Héraclius avait campé à Ma'ab, dans la région d'al-Balqa', avec cent mille Romains, et que s'étaient joints à eux des hommes de Lakhm, Judham, al-Qayn, Bahra' et Bali, également cent mille, commandés par un homme de Bali, puis un des Irasha, nommé Malik ibn Zafila. Lorsque cette nouvelle parvint aux musulmans, ils restèrent à Ma'an deux nuits à réfléchir à leur situation, et ils dirent : « Écrivons au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) pour l'informer du nombre de nos ennemis : soit il nous envoie des renforts, soit il nous ordonne ce qu'il veut, et nous exécuterons. » (Encouragement d'Ibn Rawaha au combat) : Il dit : Alors 'Abdullah ibn Rawaha encouragea les gens et dit : « Ô gens ! Par Allah, ce que vous redoutez est précisément ce pour quoi vous êtes sortis : vous cherchez le martyre. Nous ne combattons pas les gens par le nombre, la force ou la multitude ; nous les combattons seulement par cette religion qu'Allah nous a honorés. Allez-y ! Il n'y a que l'une des deux bonnes choses : la victoire ou le martyre. » Il dit : Les gens dirent : « Par Allah, Ibn Rawaha a dit vrai. » Alors les gens avancèrent. 'Abdullah ibn Rawaha dit, lors de cette halte : « Nous avons amené les chevaux d'Aja' et de Far' 10, / Dont les bâts 11 sont remplis d'herbe. / Nous les avons ferrés de silex avec des fers lisses 12, / Dont la surface est comme du cuir. / Elles sont restées deux nuits à Ma'an, / Puis après leur lassitude vint l'ardeur 13. / Nous sommes partis, les coursiers parés 14, / Le vent chaud 15 souffle dans leurs naseaux. / Non, par le père de Ma'ab, nous l'atteindrons, / Même si s'y trouvent Arabes et Romains. / Nous avons disposé leurs rênes, et elles sont venues / Les sourcils froncés, la poussière les entourant 16, / Dans un tumulte où les casques 17, / Quand ils apparaissent, ressemblent aux étoiles. / Une vie agréable, leurs lances l'ont répudiée, / Alors elle se marie ou devient veuve 18. » Ibn Hisham dit : « Et on rapporte : "Nous avons amené les chevaux des marais de Qurh 19" », et son expression « Nous avons disposé leurs rênes » vient d'autre qu'Ibn Ishaq. Ibn Ishaq dit : Puis les gens continuèrent. 'Abdullah ibn Abi Bakr m'a rapporté qu'on lui a rapporté d'après Zayd ibn Arqam, qui a dit : J'étais orphelin sous la tutelle de 'Abdullah ibn Rawaha, et il m'emmena dans ce voyage, me faisant monter sur la croupe 20 de sa monture. Par Allah, alors qu'il voyageait une nuit, je l'entendis réciter ces vers : « Quand tu m'auras porté et chargé ma selle / Pour une marche de quatre jours après l'étable 21, / Alors à toi les pâturages, et que ton blâme soit vain ! / Je ne retournerai pas vers ma famille derrière moi. / Les musulmans sont venus et m'ont laissé / En Syrie, désireux de séjourner. / Tout proche parent te ramènera / Au Tout-Miséricordieux, rompant les liens fraternels. / Là, je ne me soucie ni de la montée d'un palmier mâle 22, / Ni d'un palmier dont le bas est arrosé. » Quand je les entendis de lui, je pleurai. Il me frappa avec le fouet 23 et dit : « Qu'as-tu, ô garnement 24 ? Qu'Allah m'accorde le martyre et que tu retournes entre les deux montants 25 de la selle ! » Il dit : Puis 'Abdullah ibn Rawaha dit pendant une partie de ce voyage, en scandant : « Ô Zayd, Zayd des chamelles rapides et élancées 26 ! / La nuit s'allonge, sois guidé et descends 27 ! » (Rencontre avec les Romains) : Ibn Ishaq dit : Les gens continuèrent jusqu'à ce qu'ils soient aux confins 28 d'al-Balqa', où les armées d'Héraclius, Romains et Arabes, les rencontrèrent dans un village d'al-Balqa' appelé Masharif. Puis l'ennemi s'approcha, et les musulmans se replièrent vers un village appelé Mu'ta. Les gens s'y rencontrèrent. Les musulmans se mirent en ordre de bataille : ils placèrent à leur aile droite un homme des Banu 'Udhra, nommé Qutba ibn Qatada, et à leur aile gauche un homme des Ansar, nommé 'Ubayya ibn Malik. Ibn Hisham dit : On dit aussi 'Ubada ibn Malik. (Martyre d'Ibn Haritha) : Ibn Ishaq dit : Puis les gens se rencontrèrent et combattirent. Zayd ibn Haritha combattit avec l'étendard du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) jusqu'à ce qu'il soit transpercé 29 par les lances des gens. (Commandement de Ja'far et son martyre) : Puis Ja'far le prit et combattit avec. Lorsque le combat devint intense, il sauta de son cheval 30 alezan, le blessa 31, puis combattit les gens jusqu'à ce qu'il soit tué. Ja'far fut le premier homme parmi les musulmans à blesser sa monture en Islam 32.
Et Yahyā ibn ‘Abbād ibn ‘Abd Allāh ibn al-Zubayr m’a raconté, d’après son père ‘Abbād, qui dit : Mon père, qui m’a allaité 33 et qui était l’un des Banū Murra ibn ‘Awf, m’a raconté qu’il était présent lors de cette expédition, l’expédition de Mu’ta 34. Il dit : Par Allāh, il me semble encore voir Ja‘far 35 lorsqu’il sauta de son cheval alezan, puis le blessa à la jambe 36, puis combattit jusqu’à être tué, en disant : « Qu’elle est agréable, le Paradis et son approche ! Sa boisson est douce et fraîche. Les Romains, les Romains, leur châtiment s’est approché, Infidèles, aux lointaines généalogies. Contre moi, quand je les rencontre, leur combat. » Ibn Hishām dit : Un homme de science digne de confiance m’a raconté que Ja‘far ibn Abī Ṭālib prit l’étendard de sa main droite, qui fut coupée, puis le prit de sa main gauche, qui fut coupée, puis il l’étreignit de ses bras jusqu’à ce qu’il fût tué, qu’Allāh l’agrée. Il avait trente-trois ans. Allāh le récompensa en lui donnant deux ailes au Paradis, avec lesquelles il vole où il veut. On dit qu’un homme des Romains le frappa ce jour-là d’un coup qui le coupa en deux. (Commandement d’Ibn Rawāḥa et sa mort) Ibn Isḥāq dit : Et Yahyā ibn ‘Abbād ibn ‘Abd Allāh ibn al-Zubayr m’a raconté, d’après son père ‘Abbād, qui dit : Mon père, qui m’a allaité et qui était l’un des Banū Murra ibn ‘Awf, m’a raconté : Lorsque Ja‘far fut tué, ‘Abd Allāh ibn Rawāḥa 37 prit l’étendard, puis s’avança avec, monté sur son cheval. Il se mit à s’exhorter lui-même, hésitant un peu, puis dit : « J’ai juré, ô mon âme, que tu descendrais, Tu descendras, ou tu y seras contrainte. Si les gens s’assemblent et poussent le cri de guerre, Qu’ai-je à te voir détester le Paradis ? Tu as été longtemps tranquille, N’es-tu qu’une goutte dans une outre ? » Il dit aussi : « Ô mon âme, si tu n’es pas tuée, tu mourras, Voici le terme de la mort que tu as affronté. Ce que tu as souhaité, tu l’as reçu, Si tu fais comme eux deux, tu seras guidé. » Il voulait ses deux compagnons : Zayd et Ja‘far. Puis il descendit. Lorsqu’il fut descendu, un cousin germain lui apporta un os avec de la viande 38 et dit : « Fortifie-toi avec cela, car tu as enduré ce que tu as enduré ces jours-ci. » Il le prit de sa main, puis en prit une bouchée 39, puis il entendit le fracas 40 dans un côté des gens, et dit : « Toi, dans ce monde ! » Puis il le jeta de sa main, prit son épée, s’avança et combattit jusqu’à être tué. (Ibn al-Walīd et son repli avec les gens) Puis Thābit ibn Aqram 41, frère des Banū al-‘Ajlān, prit l’étendard et dit : « Ô assemblée des musulmans, mettez-vous d’accord sur un homme parmi vous. » Ils dirent : « Toi. » Il dit : « Je ne le ferai pas. » Les gens se mirent d’accord sur Khālid ibn al-Walīd 42. Lorsqu’il prit l’étendard, il repoussa l’ennemi, les protégea 43, puis se replia et on se replia avec lui, jusqu’à ce qu’il ramène les gens. (Annonce prophétique de ce qui arriva aux musulmans avec les Romains) Ibn Isḥāq dit : Lorsque les hommes furent frappés, le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, dit, selon ce qui m’est parvenu : « Zayd ibn Ḥāritha 44 prit l’étendard et combattit avec jusqu’à être tué en martyr. Puis Ja‘far le prit et combattit avec jusqu’à être tué en martyr. » Puis le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, se tut jusqu’à ce que les visages des Anṣār 45 changent, et ils pensèrent qu’il y avait eu chez ‘Abd Allāh ibn Rawāḥa quelque chose qu’ils désapprouvaient. Puis il dit : « Puis ‘Abd Allāh ibn Rawāḥa le prit et combattit avec jusqu’à être tué en martyr. » Puis il dit : « Ils m’ont été élevés au Paradis, dans ce que voit le dormeur, sur des lits d’or. J’ai vu dans le lit de ‘Abd Allāh ibn Rawāḥa une inclinaison 46 par rapport aux lits de ses deux compagnons. Je dis : “Pourquoi cela ?” On me dit : “Ils sont allés de l’avant, tandis que ‘Abd Allāh a hésité un peu, puis il est allé.” » (Chagrin du Messager pour Ja‘far et sa recommandation concernant sa famille) Ibn Isḥāq dit : ‘Abd Allāh ibn Abī Bakr m’a raconté, d’après Umm ‘Īsā al-Khuzā‘iyya, d’après Umm Ja‘far bint Muḥammad ibn Ja‘far ibn Abī Ṭālib, d’après sa grand-mère Asmā’ bint ‘Umays 47, qui dit : Lorsque Ja‘far et ses compagnons furent frappés, le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, entra chez moi alors que j’avais tanné quarante peaux 48 – Ibn Hishām dit : on rapporte quarante peaux à tanner –, pétri ma pâte, lavé mes fils, les avais enduits d’huile et nettoyés. Elle dit : Le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, me dit : « Amène-moi les fils de Ja‘far. » Elle dit : Je les lui amenai, il les embrassa et ses yeux versèrent des larmes. Je dis : « Ô Messager d’Allāh, que mes père et mère te soient sacrifiés, qu’est-ce qui te fait pleurer ? T’est-il parvenu quelque chose au sujet de Ja‘far et de ses compagnons ? » Il dit : « Oui, ils ont été frappés aujourd’hui. » Elle dit : Je me levai en criant, et les femmes se rassemblèrent autour de moi. Le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, sortit vers sa famille et dit : « N’oubliez pas la famille de Ja‘far de leur préparer à manger, car ils sont occupés par l’affaire de leur mort. » Et ‘Abd al-Raḥmān ibn al-Qāsim ibn Muḥammad m’a raconté, d’après son père, d’après ‘Ā’isha, épouse du Prophète, qu’Allāh prie sur lui et le salue, qui dit : Lorsque la nouvelle de la mort 49 de Ja‘far arriva, nous reconnûmes la tristesse sur le visage du Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue. Elle dit : Un homme entra chez lui et dit : « Ô Messager d’Allāh, les femmes nous ont importunés et tentés. » Il dit : « Retourne vers elles et fais-les taire. » Elle dit : Il partit, puis revint et lui dit la même chose – elle dit : et parfois la contrainte nuit à sa famille –. Elle dit : Il dit : « Va et fais-les taire ; si elles refusent, jette de la poussière dans leurs bouches 50. » Elle dit : Je dis en moi-même : « Qu’Allāh t’éloigne ! Par Allāh, tu ne t’es pas épargné toi-même, et tu n’obéis pas au Messager d’Allāh. » Elle dit : Et je sus qu’il ne pouvait pas jeter de la poussière dans leurs bouches. Ibn Isḥāq dit : Qutba ibn Qatāda al-‘Udhurī, qui était à l’aile droite des musulmans, avait chargé contre Mālik ibn Zāfila 51 et l’avait tué. Qutba ibn Qatāda dit : « J’ai frappé Ibn Zāfila ibn al-Irāsh 52 D’une lance qui pénétra puis se brisa. Je l’ai frappé sur son cou d’un coup, Et il tomba comme tombe une branche de l’arbre salam 53. Nous avons mené les femmes de ses cousins, Au matin de Raqwaqayn 54, comme on mène les troupeaux. » Ibn Hishām dit : Le mot « ibn al-Irāsh » vient d’autre qu’Ibn Isḥāq. Le troisième vers vient de Khallād 55 ibn Qurra. On dit aussi Mālik ibn Rāfila 56. (La devineresse de Ḥadas et son avertissement à son peuple) Ibn Isḥāq dit : Une devineresse de Ḥadas 57, lorsqu’elle entendit que l’armée du Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, arrivait, avait dit à son peuple de Ḥadas – et son peuple est une fraction appelée Banū Ghanm – : « Je vous avertis d’un peuple aux yeux noirs 58, qui regardent de côté 59, qui mènent les chevaux en files 60, et qui versent du sang en abondance 61. » Ils suivirent sa parole et se retirèrent du milieu de Lakhm 62, et depuis lors, Ḥadas prospéra 63. Ceux qui affrontèrent la guerre ce jour-là furent les Banū Tha‘laba, une fraction de Ḥadas, et ils ne tardèrent pas à disparaître. Lorsque Khālid se replia avec les gens, il revint avec eux. (Retour de l’armée et accueil du Messager, et colère des musulmans) Ibn Isḥāq dit : Muḥammad ibn Ja‘far ibn al-Zubayr m’a raconté, d’après ‘Urwa ibn al-Zubayr, qui dit : Lorsqu’ils approchèrent de la région de Médine, le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, et les musulmans vinrent à leur rencontre.
Il dit : Les enfants accoururent à leur rencontre, tandis que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, s'avançait avec les gens sur une monture. Il dit : « Prenez les enfants et portez-les, et donnez-moi le fils de Ja'far. » On amena 'Abdullah, il le prit et le plaça devant lui. Il dit : Les gens se mirent à jeter de la poussière sur l'armée en disant : « Ô fuyards 64 ! Avez-vous fui dans le chemin d'Allah ? » Il dit : Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit alors : « Ce ne sont pas des fuyards, mais ce sont ceux qui reviennent 65, si Allah Très-Haut le veut. » Ibn Ishaq dit : 'Abdullah ibn Abi Bakr m'a rapporté, d'après 'Amir ibn 'Abdullah ibn az-Zubayr, d'après certains membres de la famille d'al-Harith ibn Hisham — qui sont ses oncles maternels —, d'après Umm Salama, l'épouse du Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, qu'elle a dit à la femme de Salama ibn Hisham ibn al-'As ibn al-Mughira : « Pourquoi ne vois-je pas Salama assister à la prière avec le Messager d'Allah et les musulmans ? » Elle répondit : « Par Allah, il ne peut pas sortir. Chaque fois qu'il sort, les gens lui crient : 'Ô fuyard ! As-tu fui dans le chemin d'Allah ?' jusqu'à ce qu'il reste chez lui et ne sorte plus. » (Poème de Qays pour s'excuser du repli de Khalid) Ibn Ishaq dit : Qays ibn al-Musahhar al-Ya'mari a dit, au sujet de ce qui s'est passé avec les gens et de l'affaire de Khalid, de sa rudesse envers les gens et de son retour avec eux, en s'excusant de ce qu'il avait fait ce jour-là et de ce que les gens avaient fait : « Par Allah, mon âme ne cesse de me blâmer... pour ma position, alors que les chevaux étaient inclinées en avant 66. Je m'y suis arrêté, sans chercher refuge 67 ni être pénétrant... et sans repousser celui pour qui la mort était décrétée. Mais j'ai consolé mon âme par Khalid... Certes, Khalid, parmi les gens, n'a pas d'égal. Mon âme s'est émue vers Ja'far... à Mu'ta, quand les flèches ne servent plus à rien 68. Il a rassemblé pour nous leurs deux pans 69... une troupe d'émigrants 70, ni associateurs ni désarmés. » Qays a ainsi clarifié ce sur quoi les gens divergeaient dans son poème : que les gens ont fait barrage 71 et ont répugné à la mort, et il a confirmé le repli de Khalid avec ceux qui l'accompagnaient. Ibn Hisham dit : Quant à az-Zuhri, il a dit, d'après ce qui nous est parvenu de lui : Les musulmans nommèrent sur eux Khalid ibn al-Walid, et Allah leur accorda la victoire. Il resta leur commandant jusqu'à son retour auprès du Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue. (Poème de Hassan pleurant les morts de Mu'ta) Ibn Ishaq dit : Parmi ce par quoi les compagnons de Mu'ta, parmi les compagnons du Messager d'Allah, furent pleurés, il y a la parole de Hassan ibn Thabit : « Une nuit à Yathrib 72 m'a visité, difficile... et soucieuse, alors que les gens dormaient, elle veille. Pour le souvenir d'un bien-aimé qui a suscité en moi... des larmes abondantes, et les causes des pleurs sont le souvenir. Oui, la perte 73 du bien-aimé est une calamité... et combien de nobles sont éprouvés puis patientent. J'ai vu les meilleurs des croyants se succéder... vers la mort 74, et ceux d'après eux restent en arrière. Qu'Allah n'éloigne pas les tués qui se sont suivis... à Mu'ta, parmi eux, celui aux deux ailes 75, Ja'far. Et Zayd et 'Abdullah, quand ils se sont suivis... tous ensemble, tandis que les causes de la mort passent et repassent 76. Au matin où ils sont partis, guidant les croyants... vers la mort, un homme au bon augure, éclatant 77. Blanc comme la lumière de la pleine lune, issu des Banu Hashim... noble, quand on lui propose l'injustice, il est audacieux 78. Il a combattu à la lance jusqu'à tomber, sans oreiller... dans une mêlée où les lances se brisent. Il est devenu, avec les martyrs, sa récompense... des jardins et des vergers touffus et verts. Nous voyions en Ja'far, de la part de Muhammad... loyauté et un ordre ferme quand il ordonne. Il n'a cessé, dans l'Islam, d'y avoir des Banu Hashim... des piliers de gloire qui ne vacillent pas, et une fierté. Ils sont la montagne de l'Islam, et les gens autour d'eux... des pierres entassées contre une montagne 79 qui domine et subjugue. Parmi eux, il y a Ja'far et le fils de sa mère... 'Ali, et parmi eux Ahmad l'élu 80. Et Hamza et al-'Abbas parmi eux, et parmi eux... 'Aqil, et l'eau du bois 81 d'où elle est extraite. Par eux, les difficultés sont dissipées dans chaque défilé... obscur, quand l'issue se resserre pour les gens. Ils sont les alliés d'Allah ; Il a fait descendre Son jugement... sur eux, et en eux se trouve le Livre purifié. » (Poème de Ka'b pleurant les morts de Mu'ta) Ka'b ibn Malik dit : « Les yeux dorment, tandis que les larmes de ton œil coulent... abondamment, comme suinte le nuage 82 saturé d'eau. Dans une nuit où ses soucis m'ont assailli... tantôt je gémis 83, tantôt je m'agite 84. Une tristesse m'a envahi, et j'ai passé la nuit comme si... j'étais confié aux étoiles 85 et à as-Simak 86. Et c'est comme si, entre les côtes et les entrailles... à cause de ce qui m'a visité, il y avait un tison ardent enfoncé 87. Chagrin pour les hommes qui se sont succédé... un jour à Mu'ta, appuyés 88, non déplacés. Qu'Allah prie sur eux, ces jeunes gens... et qu'Il abreuve leurs os de la pluie abondante 89. Ils ont offert à Mu'ta leurs âmes à Allah... par crainte de la mort et peur de reculer 90. Ils sont partis devant les musulmans, comme s'ils étaient... des cavaliers 91 revêtus de fer complet 92. Quand ils se guidaient par Ja'far et son étendard... devant leur premier rang, quel bon premier rang ! Jusqu'à ce que les rangs s'écartent, et Ja'far... là où le terrain difficile des rangs s'est rencontré, gisant 93. La lune lumineuse s'est obscurcie à sa perte... et le soleil s'est éclipsé, prêt à disparaître 94. Un noble 95 dont l'édifice s'est élevé, issu de Hashim... une branche élevée et une seigneurie qui ne se déplace pas. Un peuple par lequel Allah a préservé Ses serviteurs... et sur lequel le Livre révélé est descendu. Ils ont surpassé les autres en puissance et en générosité... et leur indulgence a couvert celui qui est ignorant. Ils ne déchaînent pas leurs passions pour la sottise... et l'on voit leur orateur trancher avec justice. Blancs de visage, on voit le creux de leurs paumes... humide 96 quand le temps de la sécheresse s'excuse. Par leur guidance, l'agrément d'Allah pour la création... et par leur grand-père 97, le Prophète envoyé a été secouru. » (Poème de Hassan pleurant Ja'far ibn Abi Talib) Hassan ibn Thabit dit, en pleurant Ja'far ibn Abi Talib, qu'Allah l'agrée : « J'ai pleuré, et la perte de Ja'far est grande... l'aimé du Prophète, sur toute la création. Je me suis affligé, et j'ai dit quand on m'a annoncé ta mort :... Qui pour le combat sous l'aigle 98 et son ombre ? Avec les épées 99 quand elles sont tirées de leurs fourreaux... frappant, et abreuvant les lances 100 et les faisant boire 101. Après le fils de Fatima la bénie, Ja'far... le meilleur de toute la création et le plus grand. En calamité, et le plus noble de tous par l'origine... et le plus puissant quand il est opprimé, et le plus pur 102. Pour la vérité, quand elle survient, sans affectation 103... mensongère, et le plus généreux de main 104, et le moins... ... grossier, et le plus abondant quand on sollicite 105... en faveur, et le plus prodigue en dons, et le plus doux 106. En bienfaits, sans Muhammad, nul pareil... vivant parmi toutes les créatures. » (Poème de Hassan pleurant Ibn Haritha et Ibn Rawaha) Hassan ibn Thabit dit, au jour de Mu'ta, en pleurant Zayd ibn Haritha et 'Abdullah ibn Rawaha : « Ô œil, prodigue tes larmes versées 107... et souviens-toi, dans l'aisance, des habitants des tombes. Et souviens-toi de Mu'ta et de ce qui s'y est passé... le jour où ils partirent pour l'attaque du matin 108. Quand ils partirent et laissèrent là Zayd... quel bon refuge pour le nécessiteux et le captif ! L'aimé du meilleur des êtres, tous ensemble... le maître des gens, dont l'amour est dans les poitrines. C'est Ahmad, il n'y a que lui... c'est ma tristesse pour lui, ainsi que ma joie. Certes, Zayd était pour nous d'une importance... non pas l'affaire du menteur trompé. Puis prodigue des larmes pour le Khazraji 109... un seigneur qui était là, non pas un étranger. Il nous est parvenu de leur mort ce qui nous suffit... et nous passons la nuit dans la tristesse, sans joie. » Un poète musulman parmi ceux qui revinrent de l'expédition de Mu'ta dit : « Il suffit comme chagrin que je sois revenu, alors que Ja'far... et Zayd et 'Abdullah sont dans une tombe que j'enterre. Ils ont accompli leur vœu 110 quand ils sont partis sur leur voie... et j'ai été laissé pour l'épreuve avec celui qui change 111. Trois hommes qui ont été présentés et ont avancé... vers une boisson redoutable de la mort rouge. » (Les martyrs de Mu'ta) Voici la liste de ceux qui furent martyrisés le jour de Mu'ta. (Des Banu Hashim :)
Parmi les Quraychites 112, puis parmi les Banû Hâshim 113 : Ja‘far ibn Abî Tâlib 114 - qu'Allah l'agrée - et Zayd ibn Hâritha 115 - qu'Allah l'agrée. (Parmi les Banû ‘Adî 116) : Et parmi les Banû ‘Adî ibn Ka‘b : Mas‘ûd ibn al-Aswad ibn Hâritha ibn Nadla. (Parmi les Banû Mâlik 117) : Et parmi les Banû Mâlik ibn Hisl : Wahb ibn Sa‘d ibn Abî Sarh. (Parmi les Ansâr 118) : Et parmi les Ansâr, puis parmi les Banû al-Hârith ibn al-Khazraj 119 : ‘Abd Allâh ibn Rawâha 120 et ‘Abbâd ibn Qays. Et parmi les Banû Ghannam ibn Mâlik ibn al-Najjâr 121 : al-Hârith ibn al-Nu‘mân ibn Asâf ibn Nadla ibn ‘Abd ibn ‘Awf ibn Ghannam. Et parmi les Banû Mâzin ibn al-Najjâr : Surâqa ibn ‘Amr ibn ‘Atiyya ibn Khansâ’. (Ceux mentionnés par Ibn Hishâm 122) : Ibn Hishâm a dit : Parmi ceux qui furent martyrisés 123 le jour de Mu’ta 124, selon ce qu'a rapporté Ibn Shihâb 125 :
- fatḥan qarīban : Victoire proche : il s'agit de la conquête de Khaybar, qui eut lieu avant la conquête de La Mecque.
- Mu'ta : Mu'ta : localité en Syrie (actuelle Jordanie), lieu d'une expédition militaire en 629 ap. J.-C. (8 H.) où les musulmans affrontèrent les Byzantins.
- wa in minkum illā wāriduhā : Verset 19:71 : « Il n'y a personne parmi vous qui n'y descendra » : allusion à la traversée de l'Enfer (le pont Sirat) que tous devront franchir.
- ḍarbat dhāt fargh taqdhifu al-zabada : Coup qui fait jaillir le sang : littéralement « un coup qui projette l'écume (du sang) ».
- ḥarrān : Brûlante : se dit d'une main qui tient une lance chauffée par le combat.
- jadathī : Ma tombe : littéralement « mon tertre funéraire ».
- tathbīta Mūsā : Affermissement de Moïse : allusion au soutien divin accordé à Moïse contre Pharaon.
- nāfilatan : Don supplémentaire : ici, le discernement (firāsa) est considéré comme une grâce surajoutée.
- azrā bihi al-qadar : Le destin l'a rabaissé : signifie qu'il est privé de la faveur divine.
- Aja' wa Far' : Aja' et Far' : deux montagnes ou régions d'Arabie, célèbres pour leurs chevaux.
- al-'ukūm : Bâts : selles de chameau ou housses de selle.
- sibt : Fers lisses : type de fer à cheval sans crampons.
- jumūm : Ardeur : reprise de vigueur après la fatigue.
- musawwamāt : Parées : chevaux marqués ou ornés de marques distinctives.
- samūm : Vent chaud : vent brûlant du désert.
- barīm : Entourant : littéralement « torsadé », désignant la poussière qui enveloppe les chevaux.
- qawānis : Casques : sommet des heaumes ou des têtes casquées.
- tankihu aw ta'īmu : Se marie ou devient veuve : métaphore pour la vie qui continue ou s'arrête (le guerrier survit ou meurt).
- Ājām Qurḥ : Marais de Qurh : lieu-dit, variante textuelle.
- ḥaqība : Croupe : partie arrière de la selle où l'on place les bagages ou un passager.
- al-ḥisā' : Étable : lieu où l'on abreuve les bêtes.
- ṭal' ba'l : Montée d'un palmier mâle : allusion à la pollinisation des palmiers, symbole de vie sédentaire.
- khafaqanī : Me frappa : littéralement « il me frappa avec le fouet ».
- luka' : Garnement : terme d'affection ou de réprimande, signifiant « petit malin » ou « vaurien ».
- shu'batay al-rah : Les deux montants de la selle : les arcs avant et arrière de la selle de chameau.
- al-ya'malāt al-dhubbal : Chamelles rapides et élancées : qualificatifs pour des chamelles de course.
- taṭāwala al-laylu hudīta fa-nzil : La nuit s'allonge, sois guidé et descends : invitation à faire halte pour la nuit.
- tukhūm : Confins : limites ou frontières d'une région.
- shāṭa : Transpercé : littéralement « il fut mêlé » aux lances, c'est-à-dire atteint de toutes parts.
- iqtaḥama 'an faras : Sauta de son cheval : mit pied à terre pour combattre à pied.
- ʿaqarahā : Blessa sa monture : coupa les jarrets du cheval pour l'empêcher de fuir, geste de bravoure.
- awwala rajul min al-muslimīn ʿaqara fī al-islām : Premier homme parmi les musulmans à blesser sa monture en Islam : Ja'far ibn Abi Talib est le premier à avoir pratiqué cet acte de sacrifice au combat.
- الَّذِي أَرْضَعَنِي : Littéralement 'celui qui m'a allaité' ; il s'agit du père de lait, c'est-à-dire le père nourricier qui a allaité le narrateur.
- مُؤْتَة : Mu'ta : localité en Jordanie actuelle, site de la bataille entre musulmans et Byzantins en 629 ap. J.-C.
- جَعْفَر : Ja‘far ibn Abī Ṭālib, cousin du Prophète et frère d‘Alī, commandant de l'armée musulmane à Mu'ta.
- عَقَرَهَا : Il a blessé sa monture à la jambe pour l'empêcher de fuir, geste de bravoure pour ne pas reculer.
- عَبْدُ اللَّهِ بْنُ رَوَاحَةَ : ‘Abd Allāh ibn Rawāḥa, poète et compagnon, troisième commandant de l'armée à Mu'ta.
- بِعَرْقٍ : Un os avec de la viande, utilisé comme nourriture pour se fortifier.
- انْتَهَسَ : Il a pris une bouchée, en arrachant un morceau avec les dents.
- الْحَطْمَةَ : Le fracas des armes, le bruit du combat.
- ثَابِتُ بْنُ أَقْرَمَ : Thābit ibn Aqram, compagnon qui prit l'étendard après la mort d'Ibn Rawāḥa.
- خَالِدِ بْنِ الْوَلِيدِ : Khālid ibn al-Walīd, célèbre général compagnon, surnommé 'l'Épée d'Allāh'.
- حَاشَى : Il a protégé, mis à l'abri, en formant une arrière-garde.
- زَيْدُ بْنُ حَارِثَةَ : Zayd ibn Ḥāritha, fils adoptif du Prophète et premier commandant à Mu'ta.
- الْأَنْصَار : Les Anṣār, 'les Auxiliaires', musulmans de Médine ayant accueilli le Prophète.
- ازْوِرَارًا : Inclinaison, torsion, indiquant une hésitation ou un défaut dans la droiture.
- أَسْمَاءَ بِنْتِ عُمَيْسٍ : Asmā' bint 'Umays, épouse de Ja‘far ibn Abī Ṭālib, puis d'Abū Bakr, puis d‘Alī.
- مَنًا : Peau à tanner ; pluriel 'manā', unité de mesure pour les peaux.
- نَعْيُ : Annonce de la mort, nouvelle funèbre.
- فَاحْثُ فِي أَفْوَاهِهِنَّ التُّرَابَ : Jette de la poussière dans leurs bouches, geste symbolique pour les faire taire.
- مَالِكِ بْنِ زَافِلَةَ : Mālik ibn Zāfila, chef byzantin ou arabe allié des Byzantins.
- ابْنِ الْإِرَاشِ : Ibn al-Irāsh, nom du père de Mālik, signifiant 'fils de l'Irāsh'.
- السَّلَمْ : Arbre salam, variété d'acacia ou de mimosa.
- رَقَوْقَيْنَ : Raqwaqayn, lieu-dit ou nom de localité.
- خَلَّادِ : Khallād ibn Qurra, transmetteur de poésie.
- مَالِكُ بْنُ رَافِلَةَ : Variante du nom Mālik ibn Rāfila, probablement le même personnage.
- حَدَسٍ : Ḥadas, tribu arabe, branche de Lakhm.
- خُزْرًا : Aux yeux noirs, ou au regard noir, signe de détermination.
- شَزْرًا : Regard de côté, oblique, souvent menaçant.
- تَتْرَى : En files successives, l'une après l'autre.
- عَكْرًا : En abondance, de manière répétée.
- لَخْمٍ : Lakhm, tribu arabe, dont Ḥadas est une branche.
- أَثْرَى : Il a prospéré, s'est enrichi.
- فُرَّار : Pluriel de fārr, 'fuyard', désignant ceux qui fuient le combat.
- كُرَّار : Pluriel de kārr, 'celui qui revient (à l'attaque)', par opposition aux fuyards.
- قَابِعَةٌ قُبْل : Expression signifiant que les chevaux sont inclinées en avant, prêtes à charger.
- مُسْتَجِيرًا : Cherchant refuge ou protection.
- النَّابِلَ النَّبْل : Le tireur de flèches et la flèche elle-même ; l'expression signifie que les flèches sont devenues inutiles.
- حَجْزَتَيْهِمْ : Les deux pans du vêtement, métaphore pour rassembler les gens.
- مُهَاجِرَةٌ : Groupe d'émigrants (muhājirūn), ceux qui ont émigré à Médine.
- حَاجَزُوا : Ils ont fait barrage, se sont retranchés ou ont résisté.
- يَثْرِب : Ancien nom de Médine.
- فِقْدَان : Perte, fait de perdre quelqu'un.
- شَعُوب : Nom de la mort, ou désigne le destin qui sépare.
- ذُو الْجَنَاحَيْنِ : Surnom de Ja'far ibn Abi Talib, 'celui aux deux ailes', car il volera au Paradis.
- تَخْطِرُ : Passent et repassent, ou menacent.
- مَيْمُونُ النَّقِيبَةِ أَزْهَرُ : De bon augure, éclatant de visage.
- مِجْسَر : Audacieux, hardi.
- رِضَامٌ إلَى طَوْدٍ : Pierres entassées contre une montagne, image de soutien.
- أَحْمَدُ الْمُتَخَيَّر : Ahmad l'élu, désignant le Prophète Muhammad.
- مَاءُ الْعُودِ : Sève de l'arbre, métaphore pour l'origine noble.
- الطَّبَابُ : Nuage ou brouillard.
- أَحِنُّ : Gémir, soupirer de nostalgie.
- أَتَمَلْمَلُ : S'agiter, être inquiet.
- بَنَاتِ نَعْشٍ : Les étoiles de la Grande Ourse.
- السِّمَاك : Étoile brillante (Arcturus ou Spica).
- شِهَابٌ مُدْخَل : Tison ardent enfoncé, image de douleur brûlante.
- أُسْنِدُوا : Appuyés (contre quelque chose), ou laissés sur place.
- الْغَمَامُ الْمُسْبِل : Nuage qui laisse tomber une pluie abondante.
- يَنْكُلُوا : Reculer, lâcher prise.
- فُنُق : Pluriel de faniq, cavalier ou guerrier.
- الْمُرْفَل : Armure complète ou vêtement ample.
- مُجَدَّل : Gisant à terre, abattu.
- تَأْفِل : Disparaître, se coucher (pour un astre).
- قَرْم : Noble, chef.
- تَنْدَى : Devenir humide, signe de générosité (mains qui donnent).
- بِجَدِّهِمْ : Par leur grand-père, c'est-à-dire 'Abd al-Muttalib ou le Prophète lui-même.
- الْعُقَاب : Étendard du Prophète, appelé 'aigle'.
- الْبِيض : Les épées blanches.
- إِنْهَالِ الرِّمَاح : Faire boire les lances, c'est-à-dire les plonger dans le sang.
- عَلِّهَا : Les faire boire une seconde fois.
- أَزَلِّهَا : Le plus pur, le plus noble.
- تَنَحُّل : Affectation, prétention mensongère.
- أَنْدَاهَا يَدًا : Le plus généreux de main.
- يُجْتَدَى : On sollicite (sa générosité).
- أَبَلِّهَا : Le plus doux, le plus indulgent.
- الْمَنْزُور : Versées, abondantes.
- التَّغْوِير : Attaque au début du jour, ou départ matinal.
- الْخَزْرَجِي : Relatif à la tribu des Khazraj, dont 'Abdullah ibn Rawaha faisait partie.
- قَضَوْا نَحْبَهُمْ : Ils ont accompli leur vœu, c'est-à-dire sont morts en martyrs.
- الْمُتَغَبِّر : Celui qui change, ou le temps qui passe.
- Quraysh : Tribu arabe de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
- Banû Hâshim : Clan de Quraysh, famille du Prophète.
- Ja‘far ibn Abî Tâlib : Compagnon et cousin du Prophète, commandant à Mu’ta.
- Zayd ibn Hâritha : Compagnon, fils adoptif du Prophète, commandant à Mu’ta.
- Banû ‘Adî : Clan de Quraysh.
- Banû Mâlik : Clan de Quraysh.
- Ansâr : Les 'auxiliaires' de Médine, convertis ayant accueilli le Prophète.
- Banû al-Hârith ibn al-Khazraj : Sous-clan des Ansâr.
- ‘Abd Allâh ibn Rawâha : Compagnon, poète et commandant à Mu’ta.
- Banû Ghannam ibn Mâlik ibn al-Najjâr : Sous-clan des Ansâr.
- Ibn Hishâm : Célèbre biographe du Prophète (m. 833).
- martyrisés : Morts en combattant pour la foi, considérés comme shahîd.
- Mu’ta : Bataille en 629 contre les Byzantins, où plusieurs compagnons furent tués.
- Ibn Shihâb : Célèbre traditionniste (m. 741), source majeure de la Sîra.
Il mentionne les causes qui rendent obligatoire le voyage vers La Mecque et mentionne la conquête de La Mecque au mois de Ramadan de l'an huit [1].
Parmi les Banū Māzin b. al-Najjār : Abū Kulayb et Jābir, les deux fils de ‘Amr b. Zayd b. ‘Awf b. Mabdhūl, et ils sont de même père et mère. Et parmi les Banū Mālik b. Afṣā : ‘Amr et ‘Āmir, les deux fils de Sa‘d b. al-Ḥārith b. ‘Abbād b. Sa‘d b. ‘Āmir b. Tha‘laba b. Mālik b. Afṣā. Ibn Hishām dit : On dit aussi Abū Kilāb et Jābir, les deux fils de ‘Amr 1. Mention des causes qui rendirent nécessaire la marche vers La Mecque et mention de la conquête de La Mecque au mois de Ramadan de l’an huit. (Le combat entre Bakr et Khuzā‘a) : Ibn Isḥāq dit : Ensuite, le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et lui accorde la paix — demeura après son expédition vers Mu’ta durant le mois de Jumādā al-Ākhira et Rajab. Puis les Banū Bakr b. ‘Abd Manāt b. Kināna attaquèrent les Khuzā‘a, alors qu’ils se trouvaient à une source leur appartenant, au bas de La Mecque, appelée al-Watīr. Ce qui déclencha les hostilités entre les Banū Bakr et les Khuzā‘a fut qu’un homme des Banū al-Ḥaḍramī, nommé Mālik b. ‘Abbād — et l’alliance 2 des Ḥaḍramī était alors avec al-Aswad b. Razn 3 — partit en commerce. Lorsqu’il parvint au milieu du territoire des Khuzā‘a, ils l’attaquèrent, le tuèrent et prirent ses biens. Alors les Banū Bakr attaquèrent un homme des Khuzā‘a et le tuèrent. Puis les Khuzā‘a, peu avant l’Islam, attaquèrent les Banū al-Aswad b. Razn al-Dīlī — qui étaient la fine fleur 4 des Banū Kināna et leurs nobles — Salmā, Kulthūm et Dhu’ayb — et les tuèrent à ‘Arafa, près des pierres sacrées 5 du sanctuaire. Ibn Isḥāq dit : Un homme des Banū al-Dīl m’a raconté : Les Banū al-Aswad b. Razn recevaient dans l’époque préislamique deux fois le prix du sang 6, tandis que nous recevions un seul prix du sang, en raison de leur supériorité parmi nous. Ibn Isḥāq dit : Alors que les Banū Bakr et les Khuzā‘a étaient dans cette situation, l’Islam s’interposa entre eux et les gens s’en occupèrent. Lorsque vint la trêve 7 de al-Ḥudaybiya entre le Messager de Dieu — que Dieu le bénisse et lui accorde la paix — et les Quraysh, il fut stipulé dans ce qu’ils imposèrent au Messager de Dieu et ce qu’il leur imposa, comme me l’a rapporté al-Zuhrī, d’après ‘Urwa b. al-Zubayr, d’après al-Miswar b. Makhrama et Marwān b. al-Ḥakam, et d’autres de nos savants : Que celui qui désire entrer dans le pacte 8 et l’alliance du Messager de Dieu, qu’il y entre ; et que celui qui désire entrer dans le pacte et l’alliance des Quraysh, qu’il y entre. Alors les Banū Bakr entrèrent dans le pacte et l’alliance des Quraysh, et les Khuzā‘a entrèrent dans le pacte et l’alliance du Messager de Dieu. Ibn Isḥāq dit : Lorsque vint la trêve, les Banū al-Dīl, des Banū Bakr, en profitèrent contre les Khuzā‘a, voulant tirer vengeance d’eux pour ces hommes qu’ils avaient tués parmi les Banū al-Aswad b. Razn. Alors Nawfal b. Mu‘āwiya al-Dīlī sortit avec les Banū al-Dīl — il était alors leur chef — mais tous les Banū Bakr ne le suivirent pas 9, jusqu’à ce qu’ils attaquèrent de nuit 10 les Khuzā‘a alors qu’ils étaient à al-Watīr, leur source. Ils tuèrent un homme parmi eux, puis ils échangèrent des coups et combattirent. Les Quraysh soutinrent les Banū Bakr avec des armes, et certains Quraysh combattirent avec eux de nuit en secret, jusqu’à ce qu’ils repoussèrent 11 les Khuzā‘a vers le sanctuaire. Lorsqu’ils y parvinrent, les Banū Bakr dirent : Ô Nawfal, nous sommes entrés dans le sanctuaire, ton dieu, ton dieu ! Il répondit par une parole grave : Il n’y a pas de dieu pour lui aujourd’hui. Ô Banū Bakr, obtenez votre vengeance ! Par ma vie, vous commettez des larcins 12 dans le sanctuaire, ne pouvez-vous donc y obtenir votre vengeance ? Ils tuèrent parmi eux, la nuit de leur attaque à al-Watīr, un homme appelé Munabbih. Or Munabbih était un homme au cœur brisé 13 ; il sortit avec un homme de son peuple appelé Tamīm b. Asad. Munabbih lui dit : Ô Tamīm, sauve-toi ! Quant à moi, par Dieu, je vais mourir, qu’ils me tuent ou me laissent, mon cœur est tranché 14. Tamīm partit et s’échappa, tandis qu’ils rattrapèrent Munabbih et le tuèrent. Lorsque les Khuzā‘a entrèrent à La Mecque, ils se réfugièrent dans la maison de Budayl b. Warqā’ et dans la maison d’un de leurs clients 15 appelé Rāfi‘. Alors Tamīm b. Asad dit, s’excusant de sa fuite loin de Munabbih : (Poème de Tamīm s’excusant de sa fuite loin de Munabbih) : Quand je vis les Banū Nufātha s’avancer, / Envahissant toute crête 16 et tout voile 17, Rochers et Razn, sans autre étranger qu’eux, / Poussant chaque cheval rapide et hennissant 18, Et je me rappelai une vieille rancune 19 chez nous, / Dans le passé des âges révolus 20, Je sentis l’odeur de la mort venant d’eux, / Et je craignis le coup d’une épée tranchante 21, Et je sus que celui qu’ils atteignent, ils laissent / De la chair pour la charogne et un membre pour le corbeau 22, Je redressai une jambe sans craindre son faux pas, / Et je jetai mes vêtements sur le sol nu 23, Et je m’enfuis, mais ne s’enfuit comme moi / Un âne sauvage 24, au ventre creux, aux flancs retroussés 25. Tu me blâmes, mais si tu avais été présent, ton blâme / Eût été une urine mouillant les lèvres d’une outre 26. Les gens savent mieux que je n’ai abandonné Munabbih / De bon gré ; demande donc à mes compagnons. Ibn Hishām dit : Ce poème est aussi attribué à Ḥabīb b. ‘Abd Allāh (al-A‘lam 27) al-Hudhalī. Et son vers : « Et je me rappelai une vieille rancune chez nous » d’après Abū ‘Ubayda, et son mot « hennissant » et « un âne sauvage au ventre creux, aux flancs retroussés » d’après lui aussi. (Poème d’al-Akhzar dans la guerre entre Kināna et Khuzā‘a) : Ibn Isḥāq dit : Al-Akhzar b. Lu‘ṭ al-Dīlī dit, à propos de ce qui eut lieu entre Kināna et Khuzā‘a dans cette guerre : N’est-il pas parvenu aux lointains des Aḥābīsh 28 que nous / Avons repoussé les Banū Ka‘b avec une flèche émoussée 29 ? Nous les avons retenus dans l’enclos 30 de ‘Abd Rāfi‘, / Et chez Budayl, une prison sans profit 31, Dans la maison de l’humilié subissant l’injustice, après que / Nous eûmes assouvi nos âmes contre eux avec les épées 32. Nous les avons retenus jusqu’à ce que, leur jour s’étant prolongé, / Nous les frappâmes de chaque col avec une pluie torrentielle 33. Nous les égorgeâmes comme on égorge les boucs, comme si nous / Étions des lions se succédant contre eux avec les sabres 34. Ils nous ont opprimés et ont transgressé dans leur marche, / Et ils furent, près des pierres sacrées, les premiers à tuer. Comme s’ils étaient, dans la vallée 35 quand ils les chassaient, / Avec des coupes 36, une troupe d’autruches effrayées 37. (Poème de Budayl en réponse à al-Akhzar) : Budayl b. ‘Abd Manāt b. Salama b. ‘Amr b. al-Ajabb 38 lui répondit — on l’appelait Budayl b. Umm Aṣram — et il dit : Un peuple se vante, mais nous n’avons laissé / Pour eux aucun seigneur les rassemblant, sinon un défaillant 39. Est-ce par peur du peuple que tu méprises / Que tu traverses al-Watīr, craintif et non sauf 40 ? Chaque jour, nous offrons notre don / Pour le prix du sang, mais on ne nous offre rien dans les compensations 41. Et nous avons abreuvé votre demeure, à al-Talā‘a, / Avec nos épées, devançant le blâme des censeurs 42. Et nous avons protégé, entre Bayḍ et ‘Itwad, / Jusqu’au col de Raḍwā 43, contre la traînée des lances 44. Et le jour d’al-Ghamīm, ‘Ubayṣ s’est enveloppé en hâte, / Nous l’avons affligé par un homme robuste et vaillant 45. Est-ce parce qu’une de vos femmes a fait brûler de l’encens 46 dans sa maison / Avec son âne 47, que vous bondissez, comme si nous n’avions pas combattu ? Vous mentez, par la Maison de Dieu ! Vous n’avez pas tué, / Mais nous avons laissé votre affaire dans la confusion 48. Ibn Hishām dit : Son mot « sinon un défaillant » et son mot « jusqu’au col de Raḍwā » d’après un autre qu’Ibn Isḥāq. (Poème de Ḥassān dans la guerre entre Kināna et Khuzā‘a) : Ibn Hishām dit : Ḥassān b. Thābit dit à ce sujet : Que Dieu maudisse un peuple dont nous n’avons laissé, parmi leurs nobles, / Aucun homme les rassemblant, sinon un déchiré 49 ! Les deux testicules d’un âne mort hier, ô Nawfal, / Quand fus-tu un grand ouvert 50, ennemi des outres 51 ? (Poème de ‘Amr al-Khuzā‘ī au Messager, implorant son secours, et sa réponse) :
Ibn Isḥāq dit : Lorsque les Banū Bakr et les Quraysh se furent ligués contre les Khuzā‘a, qu’ils leur eurent infligé ce qu’ils leur infligèrent, et qu’ils eurent rompu le pacte et l’alliance qui les liaient au Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — en violant l’inviolabilité des Khuzā‘a, qui étaient sous sa protection et son engagement, ‘Amr ibn Sālim al-Khuzā‘ī, puis l’un des Banū Ka‘b, partit jusqu’à arriver auprès du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — à Médine. Cela fut parmi les causes qui déclenchèrent la conquête de La Mecque. Il se tint devant lui alors qu’il était assis dans la mosquée au milieu des gens, et dit : « Ô Seigneur, je prends à témoin Muḥammad, De l’alliance de notre père et de son père, l’antique 52. Vous étiez enfants et nous étions parents, Puis nous nous sommes soumis 53 et n’avons pas retiré notre main. Secours, qu’Allāh te guide, d’un secours préparé, Et appelle les serviteurs d’Allāh, qu’ils viennent en renfort. Parmi eux, le Messager d’Allāh s’est dépouillé 54, Si l’on cherche à l’humilier, son visage s’assombrit. Dans une armée 55 comme la mer qui coule écumante, Car les Quraysh t’ont manqué à leur promesse, Et ont rompu ton pacte renforcé, Et ont placé pour moi des guetteurs à Kadā’ 56. Ils ont prétendu que je n’appelais personne, Alors qu’ils sont plus vils et moins nombreux. Ils nous ont attaqués de nuit à al-Watīr 57 alors que nous veillions, Et nous ont tués inclinés et prosternés 58. » (Il dit : Nous avons été tués alors que nous nous étions soumis 59.) Ibn Hishām dit : On rapporte aussi : « Secours, qu’Allāh te guide, d’un secours puissant 60. » Ibn Hishām dit : On rapporte aussi : « Nous t’avons enfanté, et tu étais un enfant 61. » Ibn Isḥāq dit : Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — dit : « Tu es secouru, ô ‘Amr ibn Sālim 62. » Puis un nuage 63 apparut au Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — venant du ciel, et il dit : « Ce nuage va déverser la victoire pour les Banū Ka‘b. » (Le départ d’Ibn Warqā’ auprès du Messager à Médine en se plaignant, et la prise de connaissance d’Abū Sufyān de son affaire) Puis Budayl ibn Warqā’ partit avec un groupe de Khuzā‘a jusqu’à arriver auprès du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — à Médine. Ils l’informèrent de ce qu’ils avaient subi, et de l’alliance 64 des Quraysh avec les Banū Bakr contre eux. Puis ils repartirent vers La Mecque. Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — avait dit aux gens : « Il me semble qu’Abū Sufyān va venir à vous pour renforcer le pacte et prolonger le délai. » Budayl ibn Warqā’ et ses compagnons poursuivirent leur route jusqu’à rencontrer Abū Sufyān ibn Ḥarb à ‘Usfān 65, que les Quraysh avaient envoyé auprès du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — pour renforcer le pacte et prolonger le délai, car ils craignaient ce qu’ils avaient fait. Lorsqu’Abū Sufyān rencontra Budayl ibn Warqā’, il dit : « D’où viens-tu, ô Budayl ? » Il pensait qu’il était allé auprès du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue. Il répondit : « J’ai voyagé parmi les Khuzā‘a sur cette côte et dans le fond de cette vallée. » Il dit : « N’es-tu pas allé voir Muḥammad ? » Il dit : « Non. » Lorsque Budayl repartit vers La Mecque, Abū Sufyān dit : « Si Budayl est allé à Médine, il y a sûrement mangé des noyaux de dattes 66. » Il vint à l’endroit où sa monture s’était agenouillée, prit de sa crotte, la frotta, et y vit des noyaux de dattes. Il dit : « Je jure par Allāh que Budayl est allé voir Muḥammad. » (Le départ d’Abū Sufyān à Médine pour la paix et son échec) Puis Abū Sufyān partit jusqu’à arriver auprès du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — à Médine. Il entra chez sa fille Umm Ḥabība bint Abī Sufyān. Lorsqu’il voulut s’asseoir sur le lit du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — elle le replia devant lui. Il dit : « Ô ma fille, je ne sais si tu es dégoûtée de moi pour ce lit, ou si tu en es dégoûtée pour moi ? » Elle dit : « C’est le lit du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — et tu es un homme associateur et impur 67. Je n’ai pas aimé que tu t’assoies sur le lit du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue. » Il dit : « Par Allāh, tu as été atteinte après moi d’un mal, ô ma fille. » Puis il sortit jusqu’à venir au Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — et lui parla, mais il ne lui répondit rien. Puis il alla chez Abū Bakr et lui demanda d’intercéder pour lui auprès du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue. Il dit : « Je ne le ferai pas. » Puis il vint chez ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb et lui parla. Il dit : « Moi, intercéder pour vous auprès du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue ? Par Allāh, si je ne trouvais que des fourmis 68, je vous combattrais avec elles. » Puis il sortit et entra chez ‘Alī ibn Abī Ṭālib — qu’Allāh l’agrée — auprès duquel se trouvait Fāṭima, fille du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue et l’agrée — et auprès d’elle se trouvait Ḥasan ibn ‘Alī, un enfant qui rampait devant elle. Il dit : « Ô ‘Alī, tu es le plus proche parent parmi les gens, et je suis venu pour une affaire. Que je ne reparte pas déçu comme je suis venu. Intercède pour moi auprès du Messager d’Allāh. » Il dit : « Malheur à toi, ô Abū Sufyān ! Par Allāh, le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — a pris une décision sur laquelle nous ne pouvons pas lui parler. » Il se tourna vers Fāṭima et dit : « Ô fille de Muḥammad, veux-tu ordonner à ton petit fils ici présent d’accorder la protection 69 entre les gens, afin qu’il soit le seigneur des Arabes jusqu’à la fin des temps ? » Elle dit : « Par Allāh, mon fils n’est pas en âge d’accorder la protection entre les gens, et personne n’accorde protection contre le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue. » Il dit : « Ô Abū al-Ḥasan, je vois que les choses sont devenues difficiles pour moi. Conseille-moi. » Il dit : « Par Allāh, je ne connais rien qui puisse te servir en quoi que ce soit. Mais tu es le seigneur des Banū Kināna. Lève-toi et accorde la protection entre les gens, puis regagne ton pays. » Il dit : « Penses-tu que cela me servira à quelque chose ? » Il dit : « Non, par Allāh, je ne le pense pas, mais je ne trouve rien d’autre pour toi. » Abū Sufyān se leva dans la mosquée et dit : « Ô gens, j’ai accordé la protection entre les gens. » Puis il monta sur son chameau et partit. Lorsqu’il arriva auprès des Quraysh, ils dirent : « Qu’y a-t-il derrière toi ? » Il dit : « Je suis venu voir Muḥammad et je lui ai parlé. Par Allāh, il ne m’a rien répondu. Puis je suis venu voir Ibn Abī Quḥāfa 70 et je n’ai trouvé en lui aucun bien. Puis je suis venu voir Ibn al-Khaṭṭāb et je l’ai trouvé le plus hostile des ennemis. » Ibn Hishām dit : « Le plus hostile des ennemis. » Ibn Isḥāq dit : « Puis je suis venu voir ‘Alī et je l’ai trouvé le plus doux des gens. Il m’a conseillé une chose que j’ai faite. Par Allāh, je ne sais si cela servira à quelque chose ou non. » Ils dirent : « Que t’a-t-il ordonné ? » Il dit : « Il m’a ordonné d’accorder la protection entre les gens, et je l’ai fait. » Ils dirent : « Muḥammad a-t-il approuvé cela ? » Il dit : « Non. » Ils dirent : « Malheur à toi ! Par Allāh, cet homme n’a fait que se jouer de toi. Ce que tu as dit ne te sert à rien. » Il dit : « Non, par Allāh, je n’ai rien trouvé d’autre. » (Préparation du Messager pour la conquête de La Mecque) Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — ordonna les préparatifs et ordonna à sa famille de le préparer. Abū Bakr entra chez sa fille ‘Ā’isha — qu’Allāh l’agrée — alors qu’elle préparait une partie de l’équipement du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue. Il dit : « Ô ma fille, le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — vous a-t-il ordonné de le préparer ? » Elle dit : « Oui, prépare-toi. » Il dit : « Où penses-tu qu’il veuille aller ? » Elle dit : « Non, par Allāh, je ne sais pas. » Puis le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — informa les gens qu’il se dirigeait vers La Mecque, et leur ordonna de faire preuve de sérieux et de se préparer. Il dit : « Ô Allāh, prends les yeux et les nouvelles des Quraysh jusqu’à ce que nous les surprenions 71 dans leur pays. » Les gens se préparèrent. (Poème de Ḥassān incitant les gens) Ḥassān ibn Thābit dit, incitant les gens et mentionnant le massacre des hommes de Khuzā‘a : « Ce qui m’a préoccupé, sans que j’aie été présent dans la plaine de La Mecque, Ce sont les hommes des Banū Ka‘b dont les nuques sont tranchées, Par les mains d’hommes qui n’ont pas dégainé leurs épées, Et de nombreux morts dont les vêtements n’ont pas été cousus 72. Ah ! Si seulement je savais si mon secours atteindra Suhayl ibn ‘Amr, sa lance et son aigle 73, Et Ṣafwān, un vieillard 74 qui gémit de son anus 75, Voici venu le temps de la guerre : serre son lien 76 ! Ne nous crois pas en sécurité, ô fils d’Umm Mujālid 77, Quand le lait pur 78 est trait et que sa dent grince 79. »
Ne vous affligez pas de nous, car nos épées... ont un choc par lequel la porte de la mort s'ouvre. Ibn Hishâm a dit : Le propos de Hassân : « Entre les mains d'hommes qui n'ont pas dégainé leurs épées » fait référence à Quraysh, et « Ibn Umm Mujâlid » fait référence à ‘Ikrima ibn Abî Jahl. (La lettre de Hâtib à Quraysh et la connaissance qu'en eut le Messager) : Ibn Ishâq a dit : Muhammad ibn Ja‘far ibn al-Zubayr m'a raconté, d'après ‘Urwa ibn al-Zubayr et d'autres de nos savants, ils ont dit : Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — eut décidé de marcher sur La Mecque, Hâtib ibn Abî Balta‘a écrivit une lettre à Quraysh pour les informer de ce que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avait décidé concernant la marche contre eux. Puis il la confia à une femme — Muhammad ibn Ja‘far prétend qu'elle était de Muzayna, et un autre m'a prétendu qu'il s'agissait de Sâra, une cliente 80 de certains Banû ‘Abd al-Muttalib — et il lui donna une récompense pour qu'elle la fasse parvenir à Quraysh. Elle la mit dans sa tête, puis tressa ses nattes par-dessus, puis partit avec elle. La nouvelle de ce qu'avait fait Hâtib parvint au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — depuis le ciel. Il envoya donc ‘Alî ibn Abî Tâlib et al-Zubayr ibn al-‘Awwâm — que Dieu les agrée — et leur dit : « Rattrapez une femme avec qui Hâtib ibn Abî Balta‘a a écrit une lettre à Quraysh, les avertissant de ce que nous avons décidé à leur sujet. » Ils partirent donc et la rattrapèrent à al-Khalîqa 81, la Khalîqa des Banû Abî Ahmad. Ils la firent descendre et cherchèrent dans ses bagages, mais ne trouvèrent rien. ‘Alî ibn Abî Tâlib lui dit : « Je jure par Dieu que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — n'a pas menti et nous n'avons pas menti. Tu vas nous sortir cette lettre ou nous te dévêtirons. » Quand elle vit qu'il était sérieux, elle dit : « Détourne-toi. » Il se détourna, elle défit les nattes de sa tête, en sortit la lettre et la lui remit. Il l'apporta au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — fit venir Hâtib et lui dit : « Ô Hâtib, qu'est-ce qui t'a poussé à faire cela ? » Il répondit : « Ô Messager de Dieu, par Dieu, je crois en Dieu et en Son Messager, je n'ai ni changé ni altéré. Mais j'étais un homme qui n'avait ni racine ni clan parmi ce peuple, et j'avais parmi eux un enfant et une famille ; je les ai ménagés à cause d'eux. » ‘Umar ibn al-Khattâb dit alors : « Ô Messager de Dieu, laisse-moi lui trancher la nuque, car cet homme a fait preuve d'hypocrisie. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Qu'en sais-tu, ô ‘Umar ? Peut-être que Dieu a regardé les participants à Badr le jour de Badr et a dit : “Faites ce que vous voulez, Je vous ai pardonné.” » Dieu Très-Haut révéla alors au sujet de Hâtib : « Ô vous qui croyez, ne prenez pas Mon ennemi et le vôtre pour alliés, leur offrant l'amitié... » [Coran 60:1] jusqu'à Sa parole : « Vous avez eu un bel exemple en Abraham et en ceux qui étaient avec lui, quand ils dirent à leur peuple : “Nous vous désavouons, vous et ce que vous adorez en dehors de Dieu. Nous vous renions ; et entre nous et vous, l'inimitié et la haine sont à jamais manifestes, jusqu'à ce que vous croyiez en Dieu seul.” » [Coran 60:4] jusqu'à la fin de l'histoire. (Le départ du Messager en Ramadan et sa nomination d'Abû Ruhm comme lieutenant) : Ibn Ishâq a dit : Muhammad ibn Muslim ibn Shihâb al-Zuhrî m'a raconté, d'après ‘Ubayd Allâh ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Utba ibn Mas‘ûd, d'après ‘Abd Allâh ibn ‘Abbâs, il a dit : Puis le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — poursuivit son voyage et nomma comme lieutenant sur Médine Abû Ruhm, Kulthûm ibn Husayn ibn ‘Utba ibn Khalaf al-Ghifârî. Il partit après dix jours écoulés de Ramadan. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — jeûna, et les gens jeûnèrent avec lui, jusqu'à ce qu'à al-Kudayd, entre ‘Usfân et Amaj, il rompit le jeûne. (Leur descente à Marr al-Zahrân et l'espionnage de Quraysh sur les nouvelles du Messager) : Ibn Ishâq a dit : Puis il poursuivit jusqu'à descendre à Marr al-Zahrân avec dix mille musulmans. Sulaym se décupla 82, et certains disent que Sulaym se rassembla, et Muzayna se rassembla. Dans toutes les tribus, il y avait des contingents et des conversions. Les émigrés et les auxiliaires accompagnèrent en masse le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, et aucun d'eux ne resta en arrière. Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — descendit à Marr al-Zahrân, les nouvelles étaient cachées à Quraysh ; aucune nouvelle du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ne leur parvenait, et ils ne savaient pas ce qu'il allait faire. Ces nuits-là, Abû Sufyân ibn Harb, Hakîm ibn Hizâm et Budayl ibn Warqâ' sortirent pour espionner les nouvelles et voir s'ils trouveraient quelque information ou en entendraient parler. Or, al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib avait rencontré le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — sur une partie du chemin. (L'émigration d'al-‘Abbâs) : Ibn Hishâm a dit : Il le rencontra à al-Juhfa, émigrant avec sa famille. Avant cela, il était resté à La Mecque pour sa charge de l'abreuvement 83, et le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — était satisfait de lui, selon ce qu'a rapporté Ibn Shihâb al-Zuhrî. (La conversion d'Abû Sufyân ibn al-Hârith et de ‘Abd Allâh ibn Umayya) : Ibn Ishâq a dit : Abû Sufyân ibn al-Hârith ibn ‘Abd al-Muttalib et ‘Abd Allâh ibn Abî Umayya ibn al-Mughîra avaient également rencontré le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — à Nîq al-‘Uqâb, entre La Mecque et Médine, et ils cherchèrent à entrer chez lui. Umm Salama parla en leur faveur, disant : « Ô Messager de Dieu, ton cousin, le fils de ta tante et ton beau-frère. » Il dit : « Je n'ai pas besoin d'eux. Quant à mon cousin, il a déchiré mon honneur ; quant au fils de ma tante et mon beau-frère, c'est lui qui m'a dit à La Mecque ce qu'il a dit. » Lorsque la nouvelle leur parvint, Abû Sufyân avait avec lui un jeune fils. Il dit : « Par Dieu, il me laissera entrer, ou je prendrai la main de mon fils et nous irons sur terre jusqu'à mourir de soif et de faim. » Quand cela parvint au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, il eut pitié d'eux, puis leur permit d'entrer. Ils entrèrent chez lui et se convertirent. (Poème d'Abû Sufyân s'excusant de ce qu'il avait fait avant sa conversion) : Abû Sufyân ibn al-Hârith récita ces vers à propos de sa conversion et de ses excuses pour ce qui s'était passé de sa part : Par ta vie ! Le jour où je portais l'étendard... pour que les cavaliers d'al-Lât triomphent des cavaliers de Muhammad 84, J'étais comme l'égaré dans l'obscurité, dont la nuit s'assombrit... Voici venu mon temps, où je suis guidé et je trouve la voie. Un guide autre que moi-même m'a guidé, et m'a atteint... avec Dieu, Celui que j'avais repoussé de toute répulsion. Je me détournais et m'éloignais avec effort de Muhammad... et je suis appelé (même si je ne suis pas de sa parenté) de Muhammad 85. Ils sont ce qu'ils sont : quiconque ne suit pas leurs passions... même s'il a de l'avis, il est blâmé et traité d'insensé 86. Je veux les satisfaire, mais je ne suis pas un flatteur... avec le peuple, tant que je ne suis pas guidé en toute assemblée 87. Dis à Thaqîf : je ne veux pas les combattre... et dis à cette Thaqîf : qu'une autre me menace 88 ! Je n'étais pas dans l'armée qui a frappé ‘Âmir... et ma langue ni ma main n'ont été cause de mal pour Jarrâ 89. Des tribus venues de contrées lointaines... des étrangères venues de Sihâm et de Surdad 90. Ibn Hishâm a dit : On rapporte aussi : « Et m'a indiqué la vérité, Celui que j'avais repoussé de toute répulsion. » Ibn Ishâq a dit : On rapporte que lorsqu'il récita au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — son vers : « Et m'a atteint, avec Dieu, Celui que j'avais repoussé de toute répulsion », le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui frappa la poitrine et dit : « C'est toi qui m'as repoussé de toute répulsion. » (L'histoire de la conversion d'Abû Sufyân par l'intermédiaire d'al-‘Abbâs) : Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — descendit à Marr al-Zahrân, al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib dit : Je me suis dit : « Malheur à Quraysh ! Par Dieu, si le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — entre à La Mecque de force avant qu'ils ne viennent à lui pour demander aman 91, ce sera la perte de Quraysh jusqu'à la fin des temps. »
Je m'assis donc sur la mule blanche du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) et partis sur elle. Il dit : Jusqu'à ce que j'arrivai à l’arâk (arbre d’arak), et je dis : « Peut-être trouverai-je quelque bûcheron, ou un laitier, ou quelqu’un ayant un besoin qui se rende à La Mecque, pour informer les gens de l’endroit où se trouve le Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue), afin qu’ils sortent vers lui et lui demandent protection avant qu’il n’y entre de force contre eux. » Il dit : « Par Allah, alors que je chevauchais sur elle, cherchant ce pour quoi j’étais sorti, voilà que j’entendis la voix d’Abû Sufyân et de Budayl ibn Warqâ’ qui se répondaient l’un l’autre, et Abû Sufyân disait : « Je n’ai jamais vu de feux ni de campement comme cette nuit. » Il dit : Budayl disait : « Ce sont, par Allah, les Khuzâ‘a que la guerre a excités. » Il dit : Abû Sufyân disait : « Les Khuzâ‘a sont trop vils et trop peu nombreux pour que ces feux et ce campement soient les leurs. » Il dit : Je reconnus sa voix, et je dis : « Ô Abâ Hanzala ! » Il reconnut ma voix et dit : « Abû l-Fadl ? » Il dit : Je dis : « Oui. » Il dit : « Qu’as-tu ? Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! » Il dit : Je dis : « Malheur à toi, ô Abâ Sufyân ! Voici le Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) parmi les gens, et par Allah, c’est le matin des Quraysh ! » Il dit : « Quel est le remède ? Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! » Il dit : Je dis : « Par Allah, s’il s’empare de toi, il te frappera le cou. Monte donc à l’arrière de cette mule, jusqu’à ce que je t’amène au Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) et que je lui demande protection pour toi. » Il dit : Il monta derrière moi, et ses deux compagnons retournèrent. Il dit : Je l’amenai ; chaque fois que je passais près d’un feu des feux des musulmans, ils disaient : « Qui est-ce ? » Et lorsqu’ils voyaient la mule du Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) et moi dessus, ils disaient : « L’oncle du Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) sur sa mule », jusqu’à ce que je passai près du feu de ‘Umar ibn al-Khattâb (qu'Allah l’agrée). Il dit : « Qui est-ce ? » Et il se leva vers moi. Lorsqu’il vit Abû Sufyân à l’arrière de la monture, il dit : « Abû Sufyân, l’ennemi d’Allah ! Louange à Allah qui t’a livré sans pacte ni traité ! » Puis il partit en courant vers le Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue), et je piquai la mule ; elle le devança d’autant que la monture rapide devance l’homme lent. Il dit : Je sautai de la mule, entrai chez le Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue), et ‘Umar entra chez lui. Il dit : « Ô Messager d’Allah, voici Abû Sufyân qu’Allah a livré sans pacte ni traité ; laisse-moi lui frapper le cou. » Il dit : Je dis : « Ô Messager d’Allah, je lui ai accordé protection. » Puis je m’assis près du Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue), je saisis sa tête et dis : « Par Allah, nul homme ne s’entretiendra avec lui cette nuit en dehors de moi. » Lorsque ‘Umar parla beaucoup à son sujet, je dis : « Doucement, ô ‘Umar ! Par Allah, s’il était des Banû ‘Adî ibn Ka‘b, tu ne dirais pas cela, mais tu sais qu’il est des hommes des Banû ‘Abd Manâf. » Il dit : « Doucement, ô ‘Abbâs ! Par Allah, ton embrassement de l’islam le jour où tu l’as embrassé m’a été plus cher que l’embrassement de l’islam par al-Khattâb s’il avait embrassé l’islam. Et je n’ai d’autre raison que j’ai su que ton embrassement de l’islam était plus cher au Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) que l’embrassement de l’islam par al-Khattâb s’il avait embrassé l’islam. » Alors le Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit : « Emmène-le, ô ‘Abbâs, à ta tente ; et quand tu te lèveras le matin, amène-le-moi. » Il dit : Je l’emmenai donc à ma tente, et il passa la nuit chez moi. Lorsque vint le matin, je me rendis avec lui au matin chez le Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue). Lorsque le Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) le vit, il dit : « Malheur à toi, ô Abâ Sufyân ! N’est-il pas temps pour toi de savoir qu’il n’y a de divinité qu’Allah ? » Il dit : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! Comme tu es indulgent, généreux et bienfaisant ! Par Allah, j’ai pensé que s’il y avait avec Allah une autre divinité, elle m’aurait déjà été utile en quelque chose. » Il dit : « Malheur à toi, ô Abâ Sufyân ! N’est-il pas temps pour toi de savoir que je suis le Messager d’Allah ? » Il dit : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! Comme tu es indulgent, généreux et bienfaisant ! Quant à cela, par Allah, il y a encore dans l’âme quelque chose à son sujet jusqu’à maintenant. » Alors al-‘Abbâs lui dit : « Malheur à toi ! Embrasse l’islam et atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que Muhammad est le Messager d’Allah, avant qu’on ne te frappe le cou. » Il dit : Il attesta donc le témoignage de vérité et embrassa l’islam. Al-‘Abbâs dit : Je dis : « Ô Messager d’Allah, Abû Sufyân est un homme qui aime cette fierté ; accorde-lui donc quelque chose. » Il dit : « Oui. Que celui qui entre dans la maison d’Abû Sufyân soit en sécurité, que celui qui ferme sa porte soit en sécurité, et que celui qui entre dans la mosquée soit en sécurité. » Lorsqu’il partit pour s’en aller, le Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit : « Ô ‘Abbâs, retiens-le au défilé de la vallée, près du bout de la montagne, jusqu’à ce que les armées d’Allah passent devant lui et qu’il les voie. » Il dit : Je sortis donc et le retins au défilé de la vallée, là où le Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) m’avait ordonné de le retenir. (Présentation des armées du Messager devant Abû Sufyân) Il dit : Les tribus défilèrent avec leurs étendards ; chaque fois qu’une tribu passait, il disait : « Ô ‘Abbâs, qui sont ceux-ci ? » Je disais : « Sulaym. » Il disait : « Que m’importe Sulaym ! » Puis la tribu passait, et il disait : « Ô ‘Abbâs, qui sont ceux-là ? » Je disais : « Muzayna. » Il disait : « Que m’importe Muzayna ! » Jusqu’à ce que les tribus eurent défilé ; aucune tribu ne passait sans qu’il ne m’interrogeât à son sujet, et lorsque je l’informais d’eux, il disait : « Que m’importent les Banû untel ! » Jusqu’à ce que le Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) passa dans sa katîba (bataillon) verte. Ibn Hishâm dit : On l’appela « verte » à cause de l’abondance du fer et de son apparition en elle. Al-Hârith ibn Hilliza al-Yashkurî dit : Puis Hujr, je veux dire le fils d’Umm Qatâm, Et il a une katîba (bataillon) perse verte. Il veut dire le bataillon. Et ce vers est dans un poème de lui. Hassân ibn Thâbit al-Ansârî dit : Quand il vit Badr dont les eaux coulaient, Avec un bataillon vert des Banû l-Khazraj. Et ce vers est dans des vers de lui que nous avons écrits dans les poèmes du jour de Badr. Ibn Ishâq dit : Dans ce bataillon se trouvaient les Muhâjirûn (Émigrés) et les Ansâr (Auxiliaires) (qu'Allah les agrée) ; on n’y voyait d’eux que les yeux à travers le fer. Il dit : « Gloire à Allah ! Ô ‘Abbâs, qui sont ceux-là ? » Il dit : Je dis : « Voici le Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) parmi les Muhâjirûn et les Ansâr. » Il dit : « Nul n’a de force ni de puissance contre ceux-ci. Par Allah, ô Abâ l-Fadl, le royaume de ton neveu est devenu grand ce matin. » Il dit : Je dis : « Ô Abâ Sufyân, c’est la prophétie. » Il dit : « Alors, oui, certes. » (Retour d’Abû Sufyân vers les gens de La Mecque pour les avertir) Il dit : Je dis : « Sauve-toi vers ton peuple. » Jusqu’à ce qu’il vint à eux, il cria de toute sa voix : « Ô assemblée des Quraysh ! Voici Muhammad qui vient à vous avec ce contre quoi vous n’avez aucune force. Que celui qui entre dans la maison d’Abû Sufyân soit en sécurité ! » Hind bint ‘Utba se leva vers lui, saisit ses moustaches et dit : « Tuez ce gras, ce luisant, ce rude ! Qu’il soit maudit comme éclaireur d’un peuple ! » Il dit : « Malheur à vous ! Que celle-ci ne vous trompe pas sur vous-mêmes, car il vous est venu ce contre quoi vous n’avez aucune force. Que celui qui entre dans la maison d’Abû Sufyân soit en sécurité ! » Ils dirent : « Qu’Allah te combatte ! Que nous sert ta maison ? » Il dit : « Et que celui qui ferme sa porte sur lui soit en sécurité, et que celui qui entre dans la mosquée soit en sécurité. » Les gens se dispersèrent alors vers leurs maisons et vers la mosquée. (Arrivée du Prophète à Dhû Tuwâ) Ibn Ishâq dit : ‘Abd Allah ibn Abî Bakr me raconta que le Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue), lorsqu’il arriva à Dhû Tuwâ, s’arrêta sur sa monture, s’enveloppant la tête d’un pan d’un manteau rayé rouge, et que le Messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) baissait la tête par humilité devant Allah, lorsqu’il vit ce dont Allah l’avait honoré par la conquête, au point que sa barbiche manquait presque de toucher le milieu de la selle. (Embrassement de l’islam par Abû Quhâfa)
Ibn Isḥāq dit : Yaḥyā ibn ‘Abbād ibn ‘Abd Allāh ibn al-Zubayr m’a raconté, d’après son père, d’après sa grand-mère Asmā’ bint Abī Bakr, qui a dit : Lorsque le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) s’arrêta à Dhī Ṭuwā, Abū Quḥāfa dit à l’une de ses plus jeunes filles : « Ma petite fille, fais-moi monter sur Abū Qubays 92. » Elle dit : Or il avait perdu la vue. Elle dit : Je le fis donc monter sur la colline. Il dit : « Ma petite fille, que vois-tu ? » Elle dit : « Je vois une masse noire rassemblée. » Il dit : « Ce sont les cavaliers. » Elle dit : « Et je vois un homme qui court devant eux, allant et venant. » Il dit : « Ma petite fille, c’est le wāzi‘ 93 », c’est-à-dire celui qui commande les cavaliers et les précède. Puis elle dit : « Par Allāh, la masse noire s’est dispersée. » Elle dit : Alors il dit : « Par Allāh, les cavaliers ont donc été repoussés. Hâte-toi de me ramener à ma maison. » Elle descendit donc avec lui, et les cavaliers le rencontrèrent avant qu’il n’atteigne sa maison. Elle dit : La fillette avait au cou un collier d’argent 94. Un homme la rencontra et le lui arracha du cou. Elle dit : Lorsque le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) entra à La Mecque et entra dans la Mosquée, Abū Bakr vint avec son père qu’il conduisait. Quand le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) le vit, il dit : « N’aurais-tu pas laissé le vieillard chez lui, afin que je vienne moi-même à lui ? » Abū Bakr dit : « Ô Messager d’Allāh, il est plus digne de marcher vers toi que toi de marcher vers lui. » Elle dit : Il le fit asseoir devant lui, puis lui passa la main sur la poitrine, puis lui dit : « Embrasse l’islam. » Il embrassa donc l’islam. Elle dit : Abū Bakr le fit entrer, et sa tête était comme une fleur de thughām 95. Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dit : « Changez cela de ses cheveux. » Puis Abū Bakr se leva, prit la main de sa sœur et dit : « Je conjure par Allāh et par l’islam (qu’on me rende) le collier de ma sœur. » Mais personne ne lui répondit. Elle dit : Alors il dit : « Ma sœur, considère ton collier comme une perdue 96. Par Allāh, la loyauté est bien rare parmi les gens aujourd’hui. » (Entrée des armées musulmanes à La Mecque) Ibn Isḥāq dit : ‘Abd Allāh ibn Abī Najīḥ m’a raconté que le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui), lorsqu’il répartit son armée depuis Dhī Ṭuwā, ordonna à al-Zubayr ibn al-‘Awwām d’entrer avec une partie des gens par Kudā, et al-Zubayr était à la tête de l’aile gauche ; et il ordonna à Sa‘d ibn ‘Ubāda d’entrer avec une partie des gens par Kadā’ 97. (Crainte des Muhājirūn 98 pour Quraysh à cause de Sa‘d et ce que le Messager ordonna) Ibn Isḥāq dit : Certains gens de science prétendent que Sa‘d, lorsqu’il fut dirigé pour entrer, dit : « Aujourd’hui est le jour de la mélé 99 ; aujourd’hui le sanctuaire est profané. » Un homme parmi les Muhājirūn l’entendit – Ibn Hishām dit : c’était ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb – et dit : « Ô Messager d’Allāh, entends ce qu’a dit Sa‘d ibn ‘Ubāda ; nous ne sommes pas sûrs qu’il n’ait pas un accès de violence contre Quraysh. » Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) se leva et dit à ‘Alī ibn Abī Ṭālib : « Rejoins-le, prends-lui l’étendard, et sois toi-même celui qui entrera avec. » (Itinéraire des musulmans pour entrer à La Mecque) Ibn Isḥāq dit : ‘Abd Allāh ibn Abī Najīḥ m’a raconté dans son récit que le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) ordonna à Khālid ibn al-Walīd d’entrer par al-Līṭ, en bas de La Mecque, avec une partie des gens ; et Khālid était à la tête de l’aile droite, comprenant Aslam, Sulaym, Ghifār, Muzayna, Juhayna et d’autres tribus arabes. Abū ‘Ubayda ibn al-Jarrāḥ vint avec le rang des musulmans, descendant vers La Mecque devant le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui). Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) entra par Adhākhir, jusqu’à ce qu’il campe en haut de La Mecque, et on y dressa sa tente. (Opposition de Ṣafwān avec un groupe aux musulmans) Ibn Isḥāq dit : ‘Abd Allāh ibn Abī Najīḥ et ‘Abd Allāh ibn Abī Bakr m’ont raconté que Ṣafwān ibn Umayya, ‘Ikrima ibn Abī Jahl et Suhayl ibn ‘Amr avaient rassemblé des gens à al-Khandama pour combattre. Ḥimās ibn Qays ibn Khālid, frère des Banū Bakr, préparait des armes avant l’entrée du Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) et les réparait. Sa femme lui dit : « Pourquoi prépares-tu ce que je vois ? » Il dit : « Pour Muḥammad et ses compagnons. » Elle dit : « Par Allāh, je ne pense pas que quoi que ce soit puisse tenir devant Muḥammad et ses compagnons. » Il dit : « Par Allāh, j’espère bien te servir quelques-uns d’entre eux. » Puis il dit : « S’ils viennent aujourd’hui, je n’ai pas d’excuse, Voici des armes complètes et une al-lah 100, Et un poignard à deux tranchants, prompt à dégainer 101. » Puis il assista à al-Khandama avec Ṣafwān, Suhayl et ‘Ikrima. Lorsque les musulmans, compagnons de Khālid ibn al-Walīd, les rencontrèrent, ils échangèrent quelques combats. Kurz ibn Jābir, l’un des Banū Muḥārib ibn Fihr, et Khunays ibn Khālid ibn Rabī‘a ibn Aṣram, allié des Banū Munqidh, furent tués. Ils faisaient partie de la cavalerie de Khālid ibn al-Walīd, mais s’en écartèrent et prirent un autre chemin, et furent tous deux tués. Khunays ibn Khālid fut tué avant Kurz ibn Jābir, qui le plaça entre ses jambes, puis combattit pour lui jusqu’à ce qu’il soit tué, en scandant : « La blanche des Banū Fihr sait bien, Au visage pur, au cœur pur, Qu’aujourd’hui je frapperai pour Abū Ṣakhr 102. » Ibn Hishām dit : Khunays était surnommé Abū Ṣakhr. Ibn Hishām dit : Khunays ibn Khālid était de Khuzā‘a. Ibn Isḥāq dit : ‘Abd Allāh ibn Abī Najīḥ et ‘Abd Allāh ibn Abī Bakr m’ont raconté : Salama ibn al-Maylā’, de Juhayna, de la cavalerie de Khālid ibn al-Walīd, fut tué. Parmi les associateurs, près de douze ou treize hommes furent tués. Puis ils furent mis en déroute. Ḥimās s’enfuit jusqu’à entrer chez lui, puis dit à sa femme : « Ferme ma porte. » Elle dit : « Où sont donc ce que tu disais ? » Alors il dit : « Si tu avais vu le jour d’al-Khandama, Quand Ṣafwān s’enfuit et ‘Ikrima s’enfuit, Et Abū Yazīd 103 debout comme une mère éplorée, Et les musulmans les accueillirent avec les épées, Coupant tout bras et tout crâne, Frappant, on n’entendait que des gémissements, Ils avaient derrière nous des cris et des murmures, Ne dis pas dans le blâme le moindre mot. » Ibn Hishām dit : Un des savants en poésie m’a rapporté son mot « comme une mère éplorée », et il est attribué à al-Ra‘‘āsh 104 al-Hudhalī. (Devise des musulmans le jour de la conquête, de Ḥunayn et d’al-Ṭā’if) La devise des compagnons du Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) le jour de la conquête de La Mecque, de Ḥunayn et d’al-Ṭā’if était : la devise des Muhājirūn : « Ô fils de ‘Abd al-Raḥmān ! » ; la devise des Khazraj : « Ô fils de ‘Abd Allāh ! » ; la devise des Aws : « Ô fils de ‘Ubayd Allāh ! » (Recommandation du Messager à ses commandants et ordre de tuer certaines personnes nommées) Ibn Isḥāq dit : Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) avait recommandé à ses commandants musulmans, lorsqu’il leur ordonna d’entrer à La Mecque, de ne combattre que ceux qui les combattaient, sauf qu’il avait désigné certaines personnes qu’il ordonna de tuer, même si on les trouvait sous les tentures de la Ka‘ba, parmi elles ‘Abd Allāh ibn Sa‘d, frère des Banū ‘Āmir ibn Lu’ayy. (Raison de l’ordre du Messager de tuer Sa‘d et intercession de ‘Uthmān en sa faveur)
Et l'ordre du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) de le tuer était uniquement parce qu'il avait embrassé l'Islam, et qu'il écrivait la Révélation pour le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue), puis il apostasia, retourna à l'association, revint vers Quraysh, et s'enfuit auprès de 'Uthmân ibn 'Affân, qui était son frère de lait. Il le cacha jusqu'à ce qu'il l'amène au Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) après que les gens et les habitants de La Mecque se furent apaisés, et il demanda asile pour lui. Ils rapportent que le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) resta silencieux longtemps, puis dit : « Oui. » Lorsque 'Uthmân s'éloigna de lui, le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit à ceux de ses Compagnons qui l'entouraient : « Je me suis tu afin que l'un d'entre vous se lève et lui tranche la nuque. » Un homme des 'Ansâr (les Auxiliaires) dit : « Que n'as-tu fait signe vers moi, ô Messager d'Allah ? » Il dit : « Le Prophète ne tue pas par signe. » Ibn Hishâm dit : « Puis il embrassa l'Islam par la suite, et 'Umar ibn al-Khattâb lui confia une partie de ses charges, puis 'Uthmân ibn 'Affân lui confia une charge après 'Umar. » Ibn Ishâq et 'Abdullah ibn Khatal, un homme des Banû Taym ibn Ghâlib, dirent : « L'ordre de le tuer fut uniquement parce qu'il était musulman, et le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) l'envoya comme collecteur de l'aumône légale (musaddiqan) (94), et envoya avec lui un homme des 'Ansâr. Il avait avec lui un affranchi (mawlâ) à son service, qui était musulman. Il descendit dans une étape et ordonna à l'affranchi d'égorger pour lui un bouc et de lui préparer un repas. Il s'endormit, puis se réveilla sans que l'affranchi n'ait rien préparé pour lui. Il se jeta sur lui et le tua, puis apostasia et retourna à l'association. » (Noms de ceux dont le Messager ordonna le meurtre et la raison de cela) : Il avait deux chanteuses (qaynatân) : Fartanâ et sa compagne. Elles chantaient en satirisant le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue). Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) ordonna donc de les tuer avec lui. Al-Huwayrith ibn Nuqaydh ibn Wahb ibn 'Abd ibn Qusayy. Il était parmi ceux qui lui causaient du tort à La Mecque. Ibn Hishâm dit : « Al-'Abbâs ibn 'Abd al-Muttalib avait transporté Fâtima et Umm Kulthûm, les deux filles du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue), de La Mecque, voulant les emmener à Médine. Al-Huwayrith ibn Nuqaydh les piqua (avec une épine ou une lance) et les fit tomber à terre. » Ibn Ishâq dit : « Et Miqyas ibn Hubâba (95) : l'ordre du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) de le tuer fut uniquement à cause du meurtre de l'homme des 'Ansâr qu'il avait tué par erreur, alors que son frère (avait été tué), et de son retour vers Quraysh en état d'association. » Et Sârah, une affranchie (mawlât) de certains Banû 'Abd al-Muttalib. Et 'Ikrima ibn Abî Jahl. Sârah était parmi celles qui lui causaient du tort à La Mecque. Quant à 'Ikrima, il s'enfuit au Yémen, et sa femme, Umm Hakîm bint al-Hârith ibn Hishâm, embrassa l'Islam et demanda asile pour lui auprès du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue). Il lui accorda l'asile. Elle partit donc à sa recherche jusqu'au Yémen (96), et l'amena au Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue), et il embrassa l'Islam. Quant à 'Abdullah ibn Khatal, il fut tué par Sa'îd ibn Hurayth al-Makhzûmî et Abû Barza al-Aslamî, qui s'associèrent pour son sang. Quant à Miqyas ibn Hubâba (97), il fut tué par Numayla ibn 'Abdullah, un homme de son peuple. La sœur de Miqyas dit à propos de son meurtre : « Par ma vie, Numayla a couvert de honte sa tribu, Et a affligé les hôtes de l'hiver à cause de Miqyas. Par Allah, que les yeux de celui qui a vu un pareil à Miqyas (soient en admiration), Lorsque la femme en couches, le matin, n'est pas réduite au silence (98). » Quant aux deux chanteuses (qaynatay) d'Ibn Khatal, l'une d'elles fut tuée, et l'autre s'enfuit, jusqu'à ce qu'on demande asile pour elle auprès du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) par la suite, et il lui accorda l'asile. Quant à Sârah, on demanda asile pour elle et il lui accorda l'asile. Puis elle resta jusqu'à ce qu'un homme du peuple la foule aux pieds avec un cheval à al-Abtah, à l'époque de 'Umar ibn al-Khattâb, et la tua. Quant à al-Huwayrith ibn Nuqaydh, il fut tué par 'Alî ibn Abî Tâlib. (Récit des deux hommes auxquels Umm Hâni' accorda l'asile) : Ibn Ishâq dit : Sa'îd ibn Abî Hind me rapporta, d'après Abû Murra, l'affranchi (mawlâ) de 'Aqîl ibn Abî Tâlib, qu'Umm Hâni' bint Abî Tâlib dit : « Lorsque le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) descendit dans la partie haute de La Mecque, deux hommes de mes beaux-parents, des Banû Makhzûm, s'enfuirent vers moi. » Elle était l'épouse de Hubayra ibn Abî Wahb al-Makhzûmî. Elle dit : « Mon frère 'Alî ibn Abî Tâlib entra chez moi et dit : "Par Allah, je vais les tuer tous deux." Je verrouillai donc la porte de ma maison sur eux, puis j'allai trouver le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) alors qu'il était dans la partie haute de La Mecque. Je le trouvai en train de se laver dans une grande jatte (jafna) où il y avait encore des traces de pâte, et sa fille Fâtima le cachait avec son vêtement. Lorsqu'il eut fini de se laver, il prit son vêtement, s'en enveloppa (tawashshaha bihi), puis pria huit rak'as (cycles de prière) de la prière de la matinée (duhâ). Ensuite, il se tourna vers moi et dit : "Bienvenue et sois la bienvenue, ô Umm Hâni' ! Qu'est-ce qui t'amène ?" Je l'informai de l'histoire des deux hommes et de l'histoire de 'Alî. Il dit : "Nous avons accordé protection à ceux à qui tu as accordé protection, et nous avons accordé asile à ceux à qui tu as accordé asile. Qu'il ne les tue donc pas." » Ibn Hishâm dit : « Ce sont al-Hârith ibn Hishâm et Zuhayr ibn Abî Umayya ibn al-Mughîra. » (La circumambulation (tawâf) du Messager autour de la Maison (al-Bayt) et sa parole en cela) : Ibn Ishâq dit : Muhammad ibn Ja'far ibn al-Zubayr me rapporta, d'après 'Ubaydullah ibn 'Abdullah ibn Abî Thawr, d'après Safiyya bint Shayba, que lorsque le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) descendit à La Mecque et que les gens se furent apaisés, il sortit jusqu'à arriver à la Maison (al-Bayt), fit sept circumambulations (tawâf) autour d'elle sur sa monture, touchant la Pierre Noire (al-Rukn) avec un bâton recourbé (mihjan) (99) qu'il tenait à la main. Lorsqu'il eut achevé sa circumambulation (tawâf), il appela 'Uthmân ibn Talha, prit de lui la clé de la Ka'ba, qui lui fut ouverte. Il y entra et y trouva une colombe en bois (hamâma min 'îdân), qu'il brisa de sa main, puis la jeta. Ensuite, il se tint à la porte de la Ka'ba, alors que les gens s'étaient rassemblés autour de lui (ustukiffa lahu) (100) dans la Mosquée (al-Masjid). Ibn Ishâq dit : Un des gens de science me rapporta que le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) se tint à la porte de la Ka'ba et dit : « Il n'y a de divinité qu'Allah, Seul, sans associé. Il a tenu Sa promesse, a secouru Son serviteur et a vaincu les coalisés (al-Ahzâb) tout Seul. Certes, toute prétention de noblesse (ma'thura) (101), tout sang ou tout bien revendiqué est sous mes deux pieds, excepté la garde (sidâna) (102) de la Maison (al-Bayt) et l'abreuvement des pèlerins (siqâyat al-hâjj). Certes, le tué par erreur, qui s'apparente à l'intentionnel (shibh al-'amd), par le fouet et le bâton, sa compensation légale (diya) est aggravée : cent chameaux, dont quarante ayant leurs petits dans le ventre. Ô assemblée de Quraysh ! Allah a fait disparaître de vous l'orgueil de l'époque préislamique (jâhiliyya) et votre glorification par les ancêtres. Les hommes viennent d'Adam, et Adam vient de terre. » Puis il récita ce verset : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus pour que vous vous connaissiez mutuellement. Le plus noble d'entre vous auprès d'Allah est le plus pieux » (49:13)... tout le verset. Puis il dit : « Ô assemblée de Quraysh ! Que pensez-vous que je vais faire de vous ? » Ils dirent : « Du bien. Un frère noble, et un fils de frère noble. » Il dit : « Allez, car vous êtes les affranchis (al-tulaqâ'). » (La confirmation par le Messager d'Ibn Talha dans la garde (sidâna)) : Ensuite, le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) s'assit dans la Mosquée (al-Masjid). 'Alî ibn Abî Tâlib se leva vers lui, la clé de la Ka'ba à la main, et dit : « Ô Messager d'Allah, réunis pour nous la charge de la garde (al-hijâba) avec celle de l'abreuvement (al-siqqâya), qu'Allah prie sur toi. » Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit : « Où est 'Uthmân ibn Talha ? » On l'appela pour lui. Il dit : « Prends ta clé, ô 'Uthmân. Aujourd'hui est un jour de bonté et de loyauté. » Ibn Hishâm dit : Sufyân ibn 'Uyayna mentionna que le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit à 'Alî : « Je ne vous donne que ce qui vous cause une perte, non ce qui vous rapporte un profit (innamâ u'tîkum mâ turza'ûna lâ mâ tarza'ûna) (103). » (L'ordre du Messager d'effacer ce qui se trouvait dans la Maison (al-Bayt) comme images) :
Ibn Hichâm a dit : Un certain savant m’a raconté que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – entra dans la Maison (al-Bayt) le jour de la conquête (de La Mecque). Il y vit des représentations d’anges et d’autres êtres. Il vit Abraham – sur lui la paix – représenté, tenant dans sa main des flèches de divination (al-azlâm) avec lesquelles il pratiquait le tirage au sort divinatoire. Il dit alors : « Qu’Allah les combatte ! Ils ont fait de notre vieillard un devin par les flèches ! » Qu’a donc Abraham à faire avec les flèches de divination ? « Abraham n’était ni juif ni chrétien, mais il était un pur monothéiste (hanîf) soumis (muslim), et il n’était point du nombre des associateurs. » [Coran 3:67] Puis il ordonna que toutes ces images soient effacées. (La prière du Messager dans la Maison et la recherche par Ibn ‘Umar de son emplacement) : Ibn Hichâm a dit : On m’a raconté que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – entra dans la Ka‘ba avec Bilâl. Puis le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – sortit, tandis que Bilâl resta. ‘Abd Allah ibn ‘Umar vint alors trouver Bilâl et lui demanda : « Où le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a-t-il prié ? » Il ne lui demanda pas combien de rak‘a il avait priées. Aussi, lorsque Ibn ‘Umar entrait dans la Maison, il se dirigeait vers l’avant, plaçait la porte derrière lui, jusqu’à ce qu’il y ait entre lui et le mur une distance d’environ trois coudées, puis il priait, recherchant ainsi (yatawakhkhâ) l’endroit que Bilâl lui avait indiqué. (La cause de la conversion à l’islam de ‘Attâb et d’al-Hârith ibn Hichâm) : Ibn Hichâm a dit : On m’a raconté que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – entra dans la Ka‘ba l’année de la conquête avec Bilâl. Il lui ordonna de faire l’appel à la prière (adhân). Abû Sufyân ibn Harb, ‘Attâb ibn Asîd et al-Hârith ibn Hichâm étaient assis dans la cour de la Ka‘ba. ‘Attâb ibn Asîd dit alors : « Allah a honoré Asîd en ne lui faisant pas entendre cela, car il aurait entendu ce qui l’aurait mis en colère. » Al-Hârith ibn Hichâm dit : « Par Allah, si je savais qu’il est dans le vrai, je le suivrais. » Abû Sufyân dit : « Je ne dis rien ; si je parlais, ces cailloux me dénonceraient. » Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – sortit alors vers eux et dit : « J’ai su ce que vous avez dit. » Puis il le leur rapporta. Al-Hârith et ‘Attâb dirent alors : « Nous attestons que tu es le Messager d’Allah. Par Allah, personne qui était avec nous n’a pu voir cela pour te l’apprendre. » (La raison pour laquelle le Messager nomma Hirâsh « le Très-Tueur » (al-qattâl)) : Ibn Ishâq a dit : Sa‘îd ibn Abî Sandar al-Aslamî m’a raconté, d’après un homme de son peuple, qui dit : Il y avait parmi nous un homme appelé Ahmar, d’une grande vaillance (ba’san). C’était un homme courageux. Quand il dormait, il ronflait (ghatta) d’un ronflement si fort et si étrange que son emplacement n’était pas caché. Aussi, quand il passait la nuit dans son clan, il dormait à l’écart (mu‘tanizan). Lorsque le clan était attaqué de nuit (buyyita), ils criaient : « Ô Ahmar ! » Et il se levait tel un lion, rien ne pouvant résister à son passage. Une troupe (ghaziyyun) de Hudhayl vint, voulant attaquer leur campement (hâdirahu). Lorsqu’ils s’approchèrent du campement (al-hâdir), Ibn al-Athwa‘ al-Hudhalî dit : « Ne vous précipitez pas avant que je voie. Si Ahmar est dans le campement, il n’y a aucun moyen de les atteindre, car son ronflement ne peut être caché. » Il dit : Il écouta. Quand il entendit son ronflement, il marcha vers lui jusqu’à placer l’épée sur sa poitrine, puis il appuya dessus jusqu’à le tuer. Ensuite, ils attaquèrent le campement. Ils crièrent : « Ô Ahmar ! » mais ils n’avaient plus d’Ahmar. L’année de la conquête, le lendemain du jour de la conquête, Ibn al-Athwa‘ al-Hudhalî vint et entra à La Mecque pour observer et s’informer de la situation des gens, alors qu’il était encore dans son polythéisme. Les Khuza‘a le virent et le reconnurent. Ils l’encerclèrent alors qu’il était contre un des murs de La Mecque, disant : « Est-ce toi le meurtrier d’Ahmar ? » Il dit : « Oui, c’est moi le meurtrier d’Ahmar. Et alors (fa-mah) ? » Il dit : Alors Hirâsh ibn Umayya arriva, enveloppé dans son épée (mushtamilan ‘alâ as-sayf). Il dit : « Écartez-vous de cet homme ! » Par Allah, nous ne pensions pas qu’il voulait autre chose qu’écarter les gens de lui. Lorsque nous nous fûmes écartés de lui, il chargea contre lui et le frappa de son épée au ventre. Par Allah, c’est comme si je le voyais encore, ses intestins (hishwatahu) coulant de son ventre, ses yeux vacillant (turanqiqâni) dans sa tête, tandis qu’il disait : « Avez-vous donc fait cela, ô assemblée des Khuza‘a ? » jusqu’à ce qu’il s’effondre (inja‘afa) et tombe. Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit alors : « Ô assemblée des Khuza‘a, levez vos mains du meurtre ! Le meurtre a été abondant, si cela sert. Vous avez tué un tué pour lequel je paierai le prix du sang (adiyannahu). » Ibn Ishâq a dit : ‘Abd ar-Rahmân ibn Harmala al-Aslamî m’a raconté, d’après Sa‘îd ibn al-Musayyab, qui dit : Lorsque parvint au Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – ce qu’avait fait Hirâsh ibn Umayya, il dit : « Certes, Hirâsh est un grand tueur (qattâl) ! » le blâmant pour cela. (Ce qui eut lieu entre Abû Shurayh et Ibn Sa‘d lorsqu’il lui rappela le caractère sacré de La Mecque) : Ibn Ishâq a dit : Sa‘îd ibn Abî Sa‘îd al-Maqburî m’a raconté, d’après Abû Shurayh al-Khuza‘î, qui dit : Lorsque ‘Amr ibn az-Zubayr vint à La Mecque pour combattre son frère ‘Abd Allah ibn az-Zubayr, je vins à lui et lui dis : « Ô toi ! Nous étions avec le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – lorsqu’il conquit La Mecque. Le lendemain du jour de la conquête, les Khuza‘a attaquèrent un homme de Hudhayl et le tuèrent, alors qu’il était associateur. Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – se leva parmi nous en orateur et dit : « Ô gens ! Allah a rendu La Mecque sacrée le jour où Il créa les cieux et la terre. Elle est donc sacrée, d’un sacré qui durera jusqu’au Jour de la Résurrection. Il n’est donc pas permis à un homme qui croit en Allah et au Jour Dernier d’y verser le sang, ni d’y couper un arbre. Elle n’a été permise à personne avant moi, et elle ne sera permise à personne après moi. Elle ne m’a été permise que pour cette heure-ci, par colère contre ses habitants. Or, voici qu’elle est redevenue aussi sacrée qu’hier. Que celui qui est présent parmi vous informe celui qui est absent. Si quelqu’un vous dit : “Le Messager d’Allah a combattu en elle”, dites : “Allah l’a permise à Son Messager, mais ne vous l’a pas permise.” Ô assemblée des Khuza‘a, levez vos mains du meurtre ! Le meurtre a été abondant, si cela sert. Vous avez tué un tué pour lequel je paierai le prix du sang. Quiconque sera tué après ce discours que je tiens, sa famille aura le choix entre deux options : si elle veut, le sang de son meurtrier ; si elle veut, son prix du sang (‘aqlahu). » Puis le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – paya le prix du sang (wadâ) de cet homme que les Khuza‘a avaient tué. » ‘Amr dit alors à Abû Shurayh : « Va-t’en, ô vieillard ! Nous connaissons mieux que toi son caractère sacré. Elle n’empêche ni celui qui verse le sang, ni celui qui se rebelle contre l’obéissance, ni celui qui refuse la capitation (jizya). » Abû Shurayh dit : « J’étais présent et tu étais absent. Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – nous a ordonné que celui qui est présent informe celui qui est absent. Je t’ai informé. À toi et à ton affaire ! » (Le premier tué pour lequel le Messager paya le prix du sang le jour de la conquête) : Ibn Hichâm a dit : Il m’est parvenu que le premier tué pour lequel le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – paya le prix du sang le jour de la conquête fut Junaydab ibn al-Akwa‘, tué par les Banû Ka‘b. Il paya pour lui cent chamelles. (La crainte des Ansâr que le Messager ne reste à La Mecque et la tranquillisation que le Messager leur apporta) : Ibn Hichâm a dit : Il m’est parvenu, d’après Yahyâ ibn Sa‘îd, que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue –, lorsqu’il eut conquis La Mecque et y fut entré, se tint sur as-Safâ en invoquant Allah, tandis que les Ansâr l’entouraient. Ils dirent entre eux : « Pensez-vous que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, maintenant qu’Allah lui a ouvert Sa terre et Sa ville, va s’y installer ? » Lorsqu’il eut fini son invocation, il dit : « Qu’avez-vous dit ? » Ils dirent : « Rien, ô Messager d’Allah. » Il ne cessa de les interroger jusqu’à ce qu’ils l’informent. Alors le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit : « Qu’Allah m’en préserve (ma‘âdha Allah) ! La vie est votre vie, et la mort est votre mort. » (La chute des idoles de la Ka‘ba sur un signe du Messager) : Ibn Hichâm a dit : Un homme digne de confiance parmi les gens de la transmission (ar-riwâya) m’a raconté, selon une chaîne de transmission (isnâd) qui remonte à Ibn Chihâb (az-Zuhrî), que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, le jour de la conquête de La Mecque, entra dans la Ka‘ba. Il y avait des idoles (asnâm) fixées avec du plomb. Il les montra du doigt, et elles tombèrent sur leurs faces.
D'après al-Zuhrī 105, d'après 'Ubayd Allāh ibn 'Abd Allāh, d'après Ibn 'Abbās, qui a dit : « Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — entra à La Mecque le jour de la Conquête 106 sur sa monture, fit les circumambulations 107 sur elle, et autour de la Maison 108 il y avait des idoles attachées avec du plomb. Le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — se mit à pointer avec un bâton qu'il tenait à la main vers les idoles en disant : « La Vérité est venue et le Faux a disparu ; certes le Faux est voué à disparaître. » Il ne pointait vers une idole sur son devant qu'elle ne tombât sur sa nuque, et il ne pointait vers sa nuque qu'elle ne tombât sur son devant, jusqu'à ce qu'il ne restât aucune idole sans tomber. » Tamīm ibn Asad al-Khuzā'ī 109 dit à ce sujet : « Dans les idoles il y a une leçon et une science pour qui espère la récompense ou le châtiment. » (Comment Fadāla 110 se soumit) : Ibn Hishām 111 dit : On m'a raconté que Fadāla ibn 'Umayr ibn al-Mulawwah al-Laythī 112 voulut tuer le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — alors qu'il faisait les circumambulations autour de la Maison l'année de la Conquête. Lorsqu'il s'approcha de lui, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Est-ce Fadāla ? » Il répondit : « Oui, Fadāla, ô Messager de Dieu. » Il dit : « Que te disais-tu à toi-même ? » Il répondit : « Rien, je me souvenais de Dieu. » Le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — rit, puis dit : « Demande pardon à Dieu. » Puis il posa sa main sur sa poitrine, et son cœur s'apaisa. Fadāla disait : « Par Dieu, il n'a pas retiré sa main de ma poitrine avant que, parmi les créatures de Dieu, il n'y eût rien de plus aimable à moi que lui. » Fadāla dit : « Je retournai chez les miens, et je passai par une femme avec qui j'avais l'habitude de parler. Elle dit : « Viens à la conversation. » Je dis : « Non. » Et Fadāla se mit à dire : « Elle dit : Viens à la conversation, je dis : Non, Dieu et l'Islam te l'interdisent. Si tu avais vu Muhammad et sa troupe à la Conquête, le jour où les idoles furent brisées, tu aurais vu la religion de Dieu devenue claire, et l'association 113 dont la face est couverte d'obscurité. » (Sauf-conduit du Messager pour Safwān ibn Umayya 114) : Ibn Ishāq 115 dit : Muhammad ibn Ja'far m'a raconté d'après 'Urwa ibn al-Zubayr 116, qui a dit : Safwān ibn Umayya sortit voulant aller à Jeddah 117 pour s'embarquer vers le Yémen. 'Umayr ibn Wahb 118 dit : « Ô Prophète de Dieu, Safwān ibn Umayya est le chef de son peuple, et il est sorti fuyant devant toi pour se jeter dans la mer ; accorde-lui un sauf-conduit, que Dieu prie sur toi. » Il dit : « Il est en sécurité. » Il dit : « Ô Messager de Dieu, donne-moi un signe par lequel il reconnaîtra ton sauf-conduit. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui donna son turban 119 avec lequel il était entré à La Mecque. 'Umayr sortit avec jusqu'à ce qu'il le rattrapât, alors qu'il voulait s'embarquer sur la mer. Il dit : « Ô Safwān, que mon père et ma mère te soient sacrifiés, Dieu, Dieu, pour toi-même, ne la détruis pas ! Voici un sauf-conduit du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — que je t'ai apporté. » Il dit : « Malheur à toi ! Éloigne-toi de moi et ne me parle pas. » Il dit : « Ô Safwān, que mon père et ma mère te soient sacrifiés, le meilleur des hommes, le plus pieux des hommes, le plus clément des hommes, le meilleur des hommes, le fils de ton oncle paternel ; sa puissance est ta puissance, son honneur est ton honneur, sa royauté est ta royauté. » Il dit : « Je le crains pour moi-même. » Il dit : « Il est plus clément et plus généreux que cela. » Il revint avec lui jusqu'à ce qu'il le fît se tenir devant le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Safwān dit : « Celui-ci prétend que tu m'as accordé un sauf-conduit. » Il dit : « Il a dit vrai. » Il dit : « Accorde-moi un délai de deux mois pour choisir. » Il dit : « Tu as un délai de quatre mois pour choisir. » Ibn Hishām dit : Un homme de Quraysh 120 parmi les savants m'a raconté que Safwān dit à 'Umayr : « Malheur à toi ! Éloigne-toi de moi et ne me parle pas, car tu es un menteur », à cause de ce qu'il lui avait fait, et nous l'avons mentionné à la fin du récit du jour de Badr 121. (Soumission de 'Ikrima 122 et de Safwān) : Ibn Ishāq dit : Al-Zuhrī m'a raconté que Umm Hakīm bint al-Hārith ibn Hishām 123 et Fākhita bint al-Walīd 124 — Fākhita était chez Safwān ibn Umayya, et Umm Hakīm chez 'Ikrima ibn Abī Jahl 125 — se soumirent 126. Quant à Umm Hakīm, elle demanda un sauf-conduit du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — pour 'Ikrima, et il le lui accorda. Elle le rejoignit au Yémen et l'amena. Lorsque 'Ikrima et Safwān se soumirent, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — les maintint auprès de leurs épouses sur le premier mariage. (Soumission d'Ibn al-Ziba'rā 127 et son poème à ce sujet) : Ibn Ishāq dit : Sa'īd ibn 'Abd al-Rahmān ibn Hassān ibn Thābit 128 m'a raconté : Hassān 129 lança contre Ibn al-Ziba'rā, alors qu'il était à Najrān 130, un seul vers, sans rien y ajouter : « Ne compte pas un homme dont la haine t'a rendu à Najrān dans une vie vile et méprisable. » Lorsque cela parvint à Ibn al-Ziba'rā, il sortit vers le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et se soumit. Il dit alors qu'il se soumettait : « Ô Messager du Roi, ma langue raccommode ce que j'ai déchiré quand j'étais dans l'erreur, quand je rivalisais avec Satan dans les voies de l'égarement ; et celui qui suit son chemin est perdu. La chair et les os ont cru en mon Seigneur, puis mon cœur témoin : Tu es l'avertisseur. Je suis, après cela, un empêcheur pour tout vivant de Lu'ayy 131, et tous sont abusés. » Ibn Ishāq dit : 'Abd Allāh ibn al-Ziba'rā dit aussi lorsqu'il se soumit : « Des soucis et des chagrins m'ont privé de sommeil, et la nuit est une nuit aux rideaux entremêlés, sombre. À cause de ce qui m'est parvenu, qu'Ahmad 132 m'a blâmé à son sujet, et j'ai passé la nuit comme si j'étais fiévreux. Ô le meilleur de ceux que portent sur leurs articulations des chamelles rapides, aux mains agiles, impétueuses ! Je suis celui qui s'excuse auprès de toi pour ce que j'ai commis quand j'errais dans l'égarement, aux jours où Sahm 133 et Makhzūm 134 m'ordonnaient la plus erronée des conduites. J'étendais les cordes de la perdition, et l'ordre des égarés me guidait, et leur ordre est funeste. Aujourd'hui, mon cœur a cru au Prophète Muhammad, et celui qui manque ceci est privé. L'inimitié est passée, ses causes ont cessé, et des liens entre nous et des clémences ont appelé. Pardonne donc — que mes deux parents te soient sacrifiés — mes fautes, car tu es miséricordieux, objet de miséricorde. Et sur toi, de la science du Roi, un signe : une lumière éclatante et un sceau scellé. Il t'a donné, après amour, Sa preuve, noblesse ; et la preuve de Dieu est grande. J'ai témoigné que ta religion est vraie, juste, et que tu es, parmi les serviteurs, imposant. Dieu témoigne qu'Ahmad est élu, attendu parmi les justes, généreux. Un chef dont l'édifice s'est élevé de Hāshim 135, une branche solidement établie dans les cimes et les racines. » Ibn Hishām dit : Certains savants en poésie contestent ces vers pour lui. (Persistance de Hubayra 136 dans sa mécréance et son poème sur la soumission de son épouse Umm Hāni' 137) : Ibn Ishāq dit : Quant à Hubayra ibn Abī Wahb al-Makhzūmī, il resta chez elle jusqu'à sa mort en mécréant. Umm Hāni' bint Abī Tālib 138 — son nom est Hind — était chez lui. Il dit lorsqu'il apprit la soumission d'Umm Hāni' : « Est-ce que Hind t'a ému, ou t'est parvenue sa question ? Ainsi fait l'éloignement : ses causes et son détournement. Elle m'a tenu éveillé au sommet d'une forteresse imprenable, à Najrān ; son fantôme voyage après la nuit. Une femme qui blâme s'est levée de nuit pour me blâmer, et me blâmer de nuit : son égarement s'est égaré. Elle prétend que si j'obéis à ma tribu, je périrai ; mais qu'est-ce qui me ferait périr sinon leur éloignement ? Je suis d'un peuple qui, quand leur sérieux devient sérieux, quelle que soit la situation où se trouve aujourd'hui leur état, je suis un protecteur derrière ma tribu, quand il y a un champ sous les lances. Les épées sont devenues dans leurs mains comme des fouets d'enfants, et parmi elles leurs ombres. Je hais les envieux et leur action ; sur Dieu est ma subsistance, leur âme et leur famille. La parole de l'homme hors de propos est comme des flèches qui tombent sans pointes. Si tu as suivi la religion de Muhammad et que les liens de parenté ont incliné de toi leurs cordes, sois alors sur une hauteur élevée, sur un plateau compact, gris, dont l'humidité est sèche. » Ibn Ishāq dit : On rapporte aussi : « et que les liens de parenté ont coupé de toi leurs cordes. » (Nombre de ceux qui assistèrent à la Conquête de La Mecque parmi les musulmans)
Ibn Isḥāq a dit : Le nombre total des musulmans qui assistèrent à la conquête de La Mecque était de dix mille. De Banū Sulaym : sept cents. Et certains disent : mille. De Banū Ghifār : quatre cents. D'Aslam : quatre cents. De Muzayna : mille trois hommes. Et le reste était composé de Quraysh, des Anṣār 139, de leurs alliés et de diverses tribus arabes parmi Tamīm, Qays et Asad. (Poème de Ḥassān lors de la conquête de La Mecque) Parmi les poèmes récités le jour de la conquête, il y a celui de Ḥassān ibn Thābit al-Anṣārī 140 : « Les demeures de Dhāt al-Aṣābi‘ 141 et d'al-Jiwā’ 142 jusqu'à ‘Adhrā’ 143 sont désertes, leur demeure est vide. Des maisons des Banū al-Ḥasḥās 144 sont désolées, les pluies et les vents les effacent. Elles étaient jadis habitées, avec des troupeaux et des moutons dans leurs prairies. Laisse cela, mais qui pour une femme gracieuse qui me prive de sommeil quand vient le soir ? Pour Sha‘thā’ 145 qui a captivé son cœur, et son cœur n'en a point de guérison. Comme si une boisson de la maison de Ra’s 146, dont le mélange est miel et eau, Quand un jour on évoque les boissons, elles sont la rançon du vin pur. Nous leur adressons des reproches si nous les goûtons, quand il y a excès ou dispute. Nous les buvons, et elles nous rendent rois et lions que rien n'effraie dans la rencontre. Nous avons perdu nos chevaux si vous ne les voyez pas soulever la poussière, leur rendez-vous est Kadā’ 147 ! Ils tirent sur les rênes, inclinés, portant sur leurs épaules des lances acérées. Nos coursiers restent sous la pluie, les femmes les frappent avec leurs voiles. Si vous vous détournez de nous, nous ferons la ‘umra 148, et ce sera la conquête, et le voile sera levé. Sinon, préparez-vous pour un jour de combat où Dieu aide qui Il veut. Gabriel, l'envoyé de Dieu, est parmi nous, et l'Esprit Saint 149 n'a point d'égal. Dieu a dit : « J'ai envoyé un serviteur qui dit la vérité, si l'épreuve est utile. » J'en ai été témoin, alors levez-vous et croyez en lui, mais vous avez dit : « Nous ne nous levons pas et ne voulons pas. » Dieu a dit : « J'ai mobilisé une armée, ce sont les Anṣār, dont la rencontre est leur offrande. » Chaque jour, nous avons avec Ma‘add 150 des insultes, des combats ou des satires. Nous frappons avec les rimes ceux qui nous insultent, et nous frappons quand le sang se mêle. Oh ! Fais savoir à Abū Sufyān 151 de ma part, en secret, car le voile est levé, Que nos épées t'ont laissé esclave, et que ‘Abd al-Dār 152, leurs maîtres sont des servantes. Tu as insulté Muhammad, et j'ai répondu pour lui ; auprès de Dieu en est la rétribution. Tu l'insultes alors que tu n'es pas son égal : le pire des deux est la rançon du meilleur. Tu as insulté un homme béni, pieux, hanīf 153, le confident de Dieu, dont la nature est la loyauté. Celui qui insulte le Messager de Dieu parmi vous, et celui qui le loue et le soutient, sont-ils égaux ? Car mon père, son père et mon honneur sont pour l'honneur de Muhammad une protection contre vous. Ma langue est une épée sans défaut, et ma mer que les seaux ne troublent pas. » Ibn Hishām a dit : Ḥassān a récité ce poème le jour de la conquête. Et on rapporte : « Ma langue est une épée sans reproche. » Et il m'est parvenu d'az-Zuhrī qu'il a dit : Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) vit les femmes frapper les chevaux avec leurs voiles, il sourit à Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq (que Dieu l'agrée). (Poème d'Anas ibn Zunaym pour s'excuser auprès du Messager de ce qu'avait dit Ibn Sālim) Ibn Isḥāq a dit : Anas ibn Zunaym ad-Dīlī a dit, pour s'excuser auprès du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) de ce qu'avait dit à leur sujet ‘Amr ibn Sālim al-Khuzā‘ī : « Es-tu celui par l'ordre duquel Ma‘add est guidée ? Non, c'est Dieu qui les guide, et Il t'a dit : « Sois témoin. » Il n'y a point de chamelle portant une selle qui soit plus pieuse et plus fidèle à son engagement que Muhammad. Plus incitateur au bien, plus abondant en dons, quand il part, tel une épée polie et bien trempée. Plus généreux pour prêter un manteau neuf avant qu'il ne soit usé, et plus prompt à donner la tête du premier venu intrépide. Sache, ô Messager de Dieu, que tu m'atteindras, et qu'une menace de ta part est comme une prise par la main. Sache, ô Messager de Dieu, que tu es capable de [punir] toute troupe, qu'elle soit dans les vallées ou les montagnes. Sache que la caravane, la caravane de ‘Uwaymir, ce sont les menteurs qui manquent à toute promesse. On a rapporté au Messager de Dieu que je l'avais insulté : que ma main ne porte plus mon fouet si c'est vrai ! Sauf que j'ai dit : « Malheur à la mère d'une troupe de jeunes gens frappés par un sort néfaste, non par un sort favorable et heureux. » Ils ont été frappés par quelqu'un dont le sang n'avait pas de prix ; ma tristesse et mon abattement sont grands. Car tu as violé [ta promesse], si tu es un calomniateur, au sujet de ‘Abd ibn ‘Abdillāh et de la fille de Mahawd 154, Dhu'ayb, Kulthūm et Salmā, ils sont morts tous ensemble ; si l'œil ne pleure pas, qu'il s'obscurcisse. Et Salmā, Salmā, il n'y a point de tribu semblable à lui et à ses frères ; y a-t-il des rois comme des esclaves ? Je n'ai tué personne pour une dette de sang, ni versé de sang ; examine, toi qui connais la vérité, et sois juste. » (Poème de Budayl en réponse à Ibn Zunaym) Budayl ibn ‘Abd Manāf ibn Umm Aṣram lui répondit : « Anas a pleuré sur des morts, et ses pleurs l'ont ému ; pourquoi ne pas avoir pleuré sur ‘Adī 155 quand ils sont frappés et éloignés ? Tu as pleuré sur Abū ‘Abs 156 à cause de la proximité de leurs sangs ; tu serais excusable si personne n'allumait la guerre. Ils ont été frappés au jour d'al-Khanādim 157 par des jeunes gens nobles ; demande : parmi eux Nafīl et Ma‘bad 158. Si tes larmes coulent sur eux, tu n'es pas blâmé ; et si l'œil ne pleure pas, qu'il s'obscurcisse. » Ibn Hishām a dit : Ces vers font partie d'un poème de lui. (Poème de Bujayr le jour de la conquête) Ibn Isḥāq a dit : Bujayr ibn Zuhayr ibn Abī Sulmā a dit le jour de la conquête : « Ils ont chassé les gens d'al-Ḥaballaq 159 de chaque défilé, Muzayna, au matin, et Banū Khufāf 160. Nous les avons frappés à La Mecque, le jour de la conquête du Prophète du bien, avec des épées tranchantes. Nous les avons surpris avec sept cents de Sulaym et mille de Banū ‘Uthmān 161 en nombre suffisant. Nous avons frappé leurs épaules de coups et de blessures, et de flèches empennées et fines. Tu vois entre les rangs leur bruissement, comme le bruit du sevré qui s'échappe des liens. Nous sommes partis, les chevaux tournoyant parmi eux avec des lances bien droites. Nous sommes revenus victorieux, ayant obtenu ce que nous désirions, et ils sont revenus repentants de leur opposition. Et nous avons donné au Messager de Dieu nos engagements sur la sincérité de l'affection. Ils ont entendu notre parole et ont voulu, au jour de la terreur, s'enfuir loin de nous. » (Poème d'Ibn Mirdās lors de la conquête de La Mecque) Ibn Hishām a dit : ‘Abbās ibn Mirdās as-Sulamī a dit lors de la conquête de La Mecque : « De nous, à La Mecque, le jour de la conquête de Muhammad, il y avait mille hommes marqués, par qui les vallées coulaient. Ils ont secouru le Messager et ont été témoins de ses jours ; leur signe distinctif, le jour de la rencontre, était « Muqaddam » 162. Dans un lieu où leurs pieds se sont affermis, étroit, où les crânes étaient comme des jarres. Leurs sabots avaient foulé le Najd 163 avant cela, jusqu'à ce que le Ḥijāz 164 noir leur obéisse. Dieu l'a rendu puissant pour lui et l'a humilié ; le jugement des épées est pour nous, et la fortune est pressante. »
- ‘Amr : Nom propre, ici le père des deux frères.
- ḥilf : Alliance ou pacte de protection entre tribus.
- al-Aswad b. Razn : Chef des Banū al-Dīl, une branche de Kināna.
- mankhar : Littéralement 'narine' ; désigne l'élite ou la fine fleur d'une tribu.
- anṣāb al-ḥaram : Pierres dressées ou autels païens dans le sanctuaire de La Mecque.
- diya : Prix du sang, compensation légale pour un meurtre.
- ṣulḥ al-Ḥudaybiya : Traité de paix signé en 628 entre Muhammad et les Quraysh.
- ‘aqd : Pacte ou alliance formelle.
- tabi‘ahu : Le suivre, ici dans le sens d'obéir ou de se joindre à lui.
- bayyata : Attaquer de nuit, par surprise.
- ḥāzū : Repousser, refouler un ennemi.
- tasriqūn : Commettre des larcins ; ici, métaphore pour une action illicite dans le sanctuaire.
- maf’ūd : Au cœur brisé ou malade ; ici, peut-être atteint d'une maladie cardiaque.
- inbatta : Être tranché, coupé ; ici, le cœur est comme sectionné par la peur.
- mawlā : Client, affranchi ou allié sous protection.
- watīra : Crête ou éminence de terrain ; aussi, peut-être un lieu-dit.
- ḥijāb : Voile, rideau ; ici, peut-être une barrière naturelle ou un lieu.
- muqallaṣ khannāb : Cheval rapide et hennissant ; muqallaṣ signifie 'dont la queue est relevée'.
- dhaḥl : Rancune, vengeance à assouvir.
- sālif al-aḥqāb : Les âges révolus, le temps passé.
- muhannad qaḍḍāb : Épée indienne tranchante.
- shilw ghurāb : Membre ou carcasse pour le corbeau.
- al-matn al-‘arā’ : Le sol nu, la terre découverte.
- aḥqab : Âne sauvage ; aussi, peut-être un type d'âne.
- ‘ilj aqab mushammir al-aqrāb : Âne sauvage au ventre creux et aux flancs retroussés.
- qabqāb : Outre en cuir pour l'eau.
- al-A‘lam : Surnom signifiant 'le savant' ou 'le marqué'.
- Aḥābīsh : Tribus alliées aux Quraysh, souvent mercenaires.
- afwaq nāṣil : Flèche dont la pointe est émoussée ou cassée.
- dāra : Enclos, maison ou territoire.
- ghayr ṭā’il : Sans profit, inutile.
- manāṣil : Pluriel de minṣal, sorte d'épée ou de couteau.
- wābil : Pluie torrentielle ; ici, métaphore pour une attaque violente.
- qawāṣil : Sabres ou épées tranchantes.
- jiz‘ : Vallée ou lit de rivière.
- fāthūr : Coupe ou plat ; peut-être un récipient pour le vin.
- ḥuffān al-ni‘ām al-jawāfil : Troupe d'autruches effrayées.
- al-Ajabb : Surnom signifiant 'le manchot' ou 'le mutilé'.
- nāfil : Défaillant, qui manque à son devoir.
- ā’il : Sauf, en sécurité.
- ma‘āqil : Compensations, prix du sang.
- ‘awādhil : Censeurs, blâmeurs.
- khaif Raḍwā : Col ou vallée de la montagne Raḍwā.
- mijarr al-qanābil : Traînée des lances ; peut-être un lieu ou une action.
- jald ḥulāḥil : Homme robuste et vaillant.
- ajmarat : Faire brûler de l'encens, pratique rituelle.
- ju‘mūs : Âne ; peut-être un objet ou un animal.
- balābil : Confusion, troubles.
- nāqib : Déchiré, perforé ; ici, peut-être 'défaillant'.
- miflāḥ : Grand ouvert, qui s'ouvre facilement.
- ḥaqā’ib : Outres ; peut-être métaphore pour les femmes ou les biens.
- al-atlad : L'antique : l'alliance ancienne et héritée.
- aslamna : Nous nous sommes soumis : nous avons embrassé l'islam.
- tajarrada : S'est dépouillé : s'est dévoué corps et âme, ou a revêtu l'armure.
- faylaq : Armée nombreuse, bataillon.
- Kada' : Nom d'un lieu à La Mecque.
- al-Watir : Nom d'un lieu où les Khuzā‘a furent attaqués.
- rukka'an wa-sujjada : Inclinés et prosternés : en prière.
- aslamna : Nous nous étions soumis : nous étions devenus musulmans.
- ayyada : Puissant : qui affermit et soutient.
- waladan : Enfant : allusion à une parenté ou alliance.
- nusirta : Tu es secouru : formule de bénédiction ou d'annonce de victoire.
- ‘anan : Nuage : signe de pluie ou de bénédiction.
- muzāhara : Alliance, soutien mutuel.
- ‘Usfān : Localité située entre La Mecque et Médine.
- ‘alafa biha al-nawā : Y a mangé des noyaux de dattes : expression signifiant qu'il y a séjourné et s'y est nourri.
- najas : Impur : impureté rituelle des associateurs.
- al-dharr : Fourmis : métaphore pour la moindre chose.
- yujīr : Accorder la protection : donner asile ou sauvegarde.
- Ibn Abī Quḥāfa : Abū Bakr, fils d'Abū Quḥāfa.
- nabghataha : Nous les surprenions : attaque soudaine.
- lam tujann thiyābuhā : Dont les vêtements n'ont pas été cousus : morts sans linceul.
- khazuhā wa-‘uqābuhā : Sa lance et son aigle : attributs guerriers.
- ‘awd : Vieillard : homme âgé.
- min shufri istihi : De son anus : expression crue pour dire qu'il est terrorisé.
- shudd ‘iṣābuhā : Serrer son lien : se préparer au combat.
- Umm Mujālid : Surnom d'un personnage, peut-être un Quraychite.
- ṣarf : Lait pur : métaphore pour la guerre violente.
- a‘ṣala nābuhā : Sa dent grince : expression pour dire que la guerre est féroce.
- mawlâ : Client, affranchi ou allié, souvent non-arabe, lié par un pacte de clientèle à une tribu arabe.
- al-Khalîqa : Lieu-dit près de La Mecque, appartenant aux Banû Abî Ahmad.
- sabba‘at : Se décupler, c'est-à-dire que chaque homme de Sulaym compta pour dix dans l'effectif.
- siqâya : Charge de l'abreuvement des pèlerins à La Mecque, traditionnellement détenue par les Banû Hâshim.
- al-Lât : Divinité préislamique vénérée à La Mecque.
- wa ud‘â (wa in lam antasib) min Muhammad : Je suis appelé (même si je ne suis pas de sa parenté) de Muhammad, c'est-à-dire qu'on me compte parmi les siens.
- yulam wa yufannad : Il est blâmé et traité d'insensé.
- bighayri lâ’it : Sans être flatteur ou hypocrite.
- ghayrî aw‘idî : Qu'une autre me menace, c'est-à-dire adresse-toi à un autre.
- Jarrâ : Nom d'une localité ou d'une tribu.
- Sihâm wa Surdad : Deux localités au Yémen.
- amân : Sauvegarde, protection accordée à un ennemi qui se rend.
- Abū Qubays : Colline située à La Mecque, près de la Ka‘ba.
- wāzi‘ : Celui qui ordonne et dirige les cavaliers, les organisant et les faisant avancer.
- ṭawq min wariq : Collier en argent ; wariq désigne l’argent.
- thughām : Plante blanche et duveteuse ; comparaison pour la blancheur des cheveux du vieillard.
- iḥtasibī ṭawqaki : Expression signifiant « considère ton collier comme perdu pour la cause d’Allāh », en espérant une récompense divine.
- Kudā et Kadā’ : Deux passes ou chemins menant à La Mecque ; Kudā est en haut, Kadā’ en bas.
- Muhājirūn : Les émigrés de La Mecque à Médine, premiers convertis ayant suivi le Prophète.
- yawm al-malḥama : Le jour du combat violent et du massacre ; ici, Sa‘d annonce un jour de guerre sanglante.
- allah : Terme désignant une arme, peut-être une lance ou un javelot ; sens incertain.
- dhū ghirārayn sarī‘ al-sallah : Poignard à deux tranchants, rapide à dégainer.
- Abū Ṣakhr : Surnom de Khunays ibn Khālid, pour lequel Kurz combat.
- Abū Yazīd : Surnom de Ḥimās lui-même, ou d’un autre combattant ; incertain.
- al-Ra‘‘āsh : Poète hudhalī ; le vers lui est attribué par certains.
- al-Zuhrī : Ibn Shihāb al-Zuhrī, célèbre traditionniste médinois (mort en 124/742).
- Conquête : Fath Makka, la conquête de La Mecque par les musulmans en 8/630.
- circumambulations : Tawāf, rite consistant à tourner autour de la Ka'ba.
- Maison : Al-Bayt, désignant la Ka'ba.
- Tamīm ibn Asad al-Khuzā'ī : Poète arabe contemporain du Prophète.
- Fadāla : Fadāla ibn 'Umayr, compagnon qui avait initialement l'intention de tuer le Prophète.
- Ibn Hishām : Abū Muhammad 'Abd al-Malik ibn Hishām, biographe du Prophète (mort en 218/833).
- Fadāla ibn 'Umayr ibn al-Mulawwah al-Laythī : Compagnon, de la tribu de Layth.
- association : Shirk, polythéisme ou association d'autres divinités à Dieu.
- Safwān ibn Umayya : Compagnon, fils d'Umayya, un des notables de Quraysh.
- Ibn Ishāq : Muhammad ibn Ishāq, premier biographe du Prophète (mort en 150/767).
- 'Urwa ibn al-Zubayr : Célèbre traditionniste et juriste médinois (mort en 94/712).
- Jeddah : Port de La Mecque sur la mer Rouge.
- 'Umayr ibn Wahb : Compagnon, ancien adversaire devenu musulman.
- turban : 'Imāma, coiffe enroulée autour de la tête.
- Quraysh : Tribu de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète.
- Badr : Bataille de Badr, première grande bataille entre musulmans et polythéistes en 2/624.
- 'Ikrima : 'Ikrima ibn Abī Jahl, fils d'Abū Jahl, devenu compagnon.
- Umm Hakīm bint al-Hārith ibn Hishām : Compagne, épouse de 'Ikrima.
- Fākhita bint al-Walīd : Compagne, épouse de Safwān.
- Abī Jahl : Surnom de 'Amr ibn Hishām, farouche opposant au Prophète.
- se soumirent : Aslamatā, embrassèrent l'islam.
- Ibn al-Ziba'rā : 'Abd Allāh ibn al-Ziba'rā, poète polythéiste devenu musulman.
- Sa'īd ibn 'Abd al-Rahmān ibn Hassān ibn Thābit : Transmetteur, descendant du poète Hassān.
- Hassān : Hassān ibn Thābit, poète officiel du Prophète.
- Najrān : Ville du Yémen, centre chrétien à l'époque préislamique.
- Lu'ayy : Lu'ayy ibn Ghālib, ancêtre de la tribu de Quraysh.
- Ahmad : Un des noms du Prophète Muhammad.
- Sahm : Clan de Quraysh.
- Makhzūm : Clan de Quraysh, dont faisait partie Abū Jahl.
- Hāshim : Clan de Quraysh, dont descend le Prophète.
- Hubayra : Hubayra ibn Abī Wahb, polythéiste resté sur sa religion.
- Umm Hāni' : Fille d'Abū Tālib, sœur de 'Alī, compagne.
- Abī Tālib : Oncle paternel du Prophète et père de 'Alī.
- Anṣār : Les « Auxiliaires » : habitants de Médine ayant accueilli et soutenu le Prophète Muhammad après l'Hégire.
- Ḥassān ibn Thābit al-Anṣārī : Poète compagnon du Prophète, surnommé le « poète du Prophète ».
- Dhāt al-Aṣābi‘ : Lieu-dit, peut-être une localité ou une source.
- al-Jiwā’ : Lieu-dit, peut-être une vallée ou une région.
- ‘Adhrā’ : Lieu-dit, peut-être une localité.
- Banū al-Ḥasḥās : Tribu arabe ancienne.
- Sha‘thā’ : Nom d'une femme, peut-être une bien-aimée.
- Bayt Ra’s : Littéralement « maison de la tête » ; peut-être une localité ou une métaphore pour une source de boisson.
- Kadā’ : Lieu-dit près de La Mecque, sur la route de la conquête.
- ‘Umra : Pèlerinage mineur à La Mecque, effectué à tout moment de l'année.
- Rūḥ al-Qudus : L'Esprit Saint, identifié à l'ange Gabriel dans la tradition islamique.
- Ma‘add : Ancêtre éponyme de tribus arabes du nord, souvent utilisé pour désigner les Arabes du nord.
- Abū Sufyān : Chef quraychite, père de Mu‘āwiya, initialement opposant à l'islam, converti lors de la conquête de La Mecque.
- ‘Abd al-Dār : Clan quraychite, gardien de la Kaaba avant l'islam.
- Ḥanīf : Monothéiste pur, suivant la religion d'Abraham avant toute altération.
- Ibnat Mahawd : Fille de Mahawd, personnage non identifié.
- ‘Adī : Tribu ou clan, peut-être les Banū ‘Adī.
- Abū ‘Abs : Personnage ou clan non identifié.
- Yawm al-Khanādim : Jour de bataille à un lieu nommé al-Khanādim.
- Nafīl et Ma‘bad : Noms de personnes, probablement des guerriers.
- al-Ḥaballaq : Lieu-dit ou tribu.
- Banū Khufāf : Tribu ou clan.
- Banū ‘Uthmān : Tribu ou clan, peut-être une branche de Quraysh.
- Muqaddam : Signe distinctif, peut-être un cri de guerre ou un étendard.
- Najd : Région du centre de l'Arabie.
- Ḥijāz : Région de l'ouest de l'Arabie, incluant La Mecque et Médine.
L'islam d'Abbas ibn Mirdas [1]
Le trône de la présidence est élevé, son sommet est haut... Il aspire aux brèches des nobles actions, généreux. (1) L'islam d'Abbas ibn Mirdas (Cause de l'islam d'Ibn Mirdas) : Ibn Hisham a dit : L'islam d'Abbas ibn Mirdas, selon ce que m'a rapporté un spécialiste de la poésie, et son récit est qu'il y avait pour son père Mirdas une idole qu'il adorait, une pierre appelée Dimar 1. Lorsque Mirdas fut sur le point de mourir, il dit à Abbas : "Mon fils, adore Dimar, car il te profite et te nuit." Un jour qu'Abbas était auprès de Dimar, il entendit de l'intérieur de Dimar un appelant qui disait : "Dis aux tribus de Sulaym toutes entières : Dimar a péri et les gens de la mosquée 2 vivent. Celui qui a hérité de la prophétie et de la guidance après le fils de Marie, issu de Quraysh, est bien guidé. Dimar a péri, lui qui était adoré autrefois avant le Livre 3 au prophète Muhammad." Alors Abbas brûla Dimar et rejoignit le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) et embrassa l'islam. (Poème de Ja'da le jour de la conquête) : Ibn Hisham a dit : Ja'da ibn Abd Allah al-Khuza'i a dit le jour de la conquête de La Mecque : "Ô Ka'b ibn Amr, un appel non vain, pour une calamité qui, le jour d'al-Hadid 4, était inéluctable (4). Elle lui fut envoyée de sa terre et de son ciel pour le tuer de nuit sans arme. Et nous sommes ceux dont nos chevaux ont barré Ghazal 5, et nous avons barré Lift 6 et Fajj Tilah 7 (5). Nous avons marché derrière les musulmans avec une armée nombreuse, dotée de force par nos chevaux et nos lances (6)."
- Dimar : Nom d'une idole en pierre adorée par la tribu de Sulaym.
- ahl al-masjid : Les gens de la mosquée, désignant les musulmans.
- al-kitab : Le Livre, c'est-à-dire le Coran.
- yawm al-hadid : Le jour du fer, probablement une bataille ou un événement spécifique.
- Ghazal : Nom d'un lieu ou d'une localité.
- Lift : Nom d'un lieu ou d'une localité.
- Fajj Tilah : Nom d'un défilé ou d'une passe montagneuse.
Après la conquête, Khâlid ibn al-Walîd se dirigea vers les Banû Judhayma [1] de Kinâna, et ‘Alî se mit en route pour réparer l’erreur de Khâlid.
Ces vers sont extraits de ses poèmes. (Poème de Bujayd le jour de la conquête) : Bujayd 1 ibn ‘Imrân al-Khuzâ‘î a dit : « Allah a fait naître les nuages pour notre victoire, Amas de nuées lourdes et entassées 2. Notre émigration dans notre terre, nous en avons Un Livre venu du meilleur dictateur et scribe. C’est à cause de nous qu’un interdit a été levé à La Mecque, Pour que nous obtenions vengeance par les sabres tranchants 3. » (Expédition de Khâlid ibn al-Walîd après la conquête chez les Banû Jadhîma 4 de Kinâna, et expédition de ‘Alî pour réparer l’erreur de Khâlid) (Recommandations du Prophète à son sujet et ce qui s’est produit) : Ibn Ishâq a dit : Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — avait envoyé, dans les environs de La Mecque, des détachements appelant à Allah — Puissant et Majestueux — sans leur ordonner de combattre. Parmi ceux qu’il envoya se trouvait Khâlid ibn al-Walîd, à qui il ordonna de marcher dans le bas-Tihâma en tant qu’appelant, sans l’envoyer comme combattant. Mais il piétina les Banû Jadhîma et leur infligea des pertes. Ibn Hishâm a dit : ‘Abbâs ibn Mirdâs as-Sulamî a dit à ce sujet : « Si tu as nommé Khâlid sur le peuple, Et l’as fait avancer, il a bien avancé, Avec une armée qu’Allah a guidée, dont tu es l’émir, Nous frappons par lui, dans le droit, celui qui était le plus injuste. » Ibn Hishâm a dit : Ces deux vers font partie d’un poème de lui sur le récit du jour de Hunayn, que je mentionnerai, si Allah le veut, à sa place. Ibn Ishâq a dit : Hakîm ibn Hakîm ibn ‘Abbâd ibn Hunayf m’a rapporté, d’après Abû Ja‘far Muhammad ibn ‘Alî, qui a dit : Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — envoya Khâlid ibn al-Walîd, après la conquête de La Mecque, comme appelant, sans l’envoyer comme combattant. Avec lui se trouvaient des tribus arabes : Sulaym ibn Mansûr et Mudlij ibn Murra. Ils piétinèrent les Banû Jadhîma ibn ‘Âmir ibn ‘Abd Manât ibn Kinâna. Quand le peuple le vit, ils prirent les armes. Khâlid dit : « Déposez les armes, car les gens ont embrassé l’islam. » Ibn Ishâq a dit : Un de nos compagnons savants, des Banû Jadhîma, m’a rapporté : Quand Khâlid nous ordonna de déposer les armes, un homme parmi nous, nommé Jahdam, dit : « Malheur à vous, ô Banû Jadhîma ! C’est Khâlid, par Allah ! Après le dépôt des armes, il n’y a que la captivité, et après la captivité, que la décapitation. Par Allah, je ne déposerai jamais mes armes. » Des hommes de son peuple le saisirent et dirent : « Ô Jahdam, veux-tu verser notre sang ? Les gens ont embrassé l’islam, ont déposé les armes 5, la guerre a cessé, et les gens sont en sécurité. » Ils ne cessèrent de le presser jusqu’à ce qu’ils lui enlèvent ses armes, et le peuple déposa les armes sur l’ordre de Khâlid. Ibn Ishâq a dit : Hakîm ibn Hakîm m’a rapporté, d’après Abû Ja‘far Muhammad ibn ‘Alî, qui a dit : Quand ils eurent déposé les armes, Khâlid ordonna alors qu’on les ligote, puis il les soumit au sabre et tua ceux qu’il tua parmi eux. Quand la nouvelle parvint au Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — il leva les mains vers le ciel, puis dit : « Ô Allah, je me désavoue auprès de Toi de ce qu’a fait Khâlid ibn al-Walîd. » (Colère du Prophète contre l’acte de Khâlid et envoi de ‘Alî) : Ibn Hishâm a dit : Un savant m’a rapporté, d’après Ibrâhîm ibn Ja‘far al-Mahmûdî, que le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit : « J’ai vu comme si j’avais avalé une bouchée de ḥays 6 et que j’en avais savouré le goût, puis quelque chose s’est logé dans ma gorge au moment de l’avaler, et ‘Alî a introduit sa main et l’a retiré. » Abû Bakr as-Siddîq — qu’Allah l’agrée — dit : « Ô Messager d’Allah, c’est un de tes détachements que tu envoies, et il t’en viendra quelque chose que tu aimes, mais il y aura un obstacle dans une partie, et tu enverras ‘Alî pour l’aplanir. » Ibn Hishâm a dit : On m’a rapporté qu’un homme du peuple s’échappa et vint informer le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — de la nouvelle. Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — dit : « Quelqu’un a-t-il désapprouvé son acte ? » Il répondit : « Oui, un homme blanc de taille moyenne 7 l’a désapprouvé, mais Khâlid l’a rudoyé 8 et il s’est tu ; un autre homme, grand et mince 9, l’a désapprouvé et a répliqué, et leur échange fut vif. » ‘Umar ibn al-Khattâb dit : « Quant au premier, ô Messager d’Allah, c’est mon fils ‘Abdallâh ; quant au second, c’est Sâlim, l’affranchi d’Abû Hudhayfa. » Ibn Ishâq a dit : Hakîm ibn Hakîm m’a rapporté, d’après Abû Ja‘far Muhammad ibn ‘Alî, qui a dit : Ensuite, le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — appela ‘Alî ibn Abî Tâlib — que l’agrément d’Allah soit sur lui — et dit : « Ô ‘Alî, sors vers ce peuple, examine leur affaire, et mets l’affaire de la jâhiliyya sous tes pieds. » ‘Alî partit donc jusqu’à ce qu’il les rejoigne, avec de l’argent que le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — avait envoyé. Il indemnisa les vies et les biens qui avaient été perdus, jusqu’à indemniser même l’écuelle du chien 10. Quand il ne resta plus rien de sang ou de bien sans avoir été indemnisé, il lui resta un reliquat d’argent. ‘Alî — que l’agrément d’Allah soit sur lui — leur dit, après avoir terminé : « Vous reste-t-il quelque sang ou bien non indemnisé ? » Ils dirent : « Non. » Il dit : « Alors je vous donne ce reliquat de cet argent, par précaution pour le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — à cause de ce qu’il sait et que vous ne savez pas. » Il le fit. Puis il retourna vers le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — et l’informa de la nouvelle. Il dit : « Tu as bien agi et bien fait ! » Puis le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — se leva, se tourna vers la qibla, debout, les mains levées, au point qu’on voyait le dessous de ses épaules, et dit : « Ô Allah, je me désavoue auprès de Toi de ce qu’a fait Khâlid ibn al-Walîd », trois fois. (Excuse de Khâlid pour avoir combattu le peuple) : Ibn Ishâq a dit : Certains qui excusent Khâlid ont dit qu’il a déclaré : « Je n’ai combattu qu’après que ‘Abdallâh ibn Hudhâfa as-Sahmî me l’a ordonné, disant que le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — t’a ordonné de les combattre parce qu’ils refusaient l’islam. » Ibn Hishâm a dit : Abû ‘Amr al-Madanî a dit : Quand Khâlid vint à eux, ils dirent : « Nous avons embrassé l’islam, nous avons embrassé l’islam 11. » (Ce qui eut lieu entre Khâlid et ‘Abd ar-Rahmân, et la réprimande du Prophète à Khâlid) : Ibn Ishâq a dit : Jahdam leur avait dit, quand ils déposèrent les armes 12 et qu’il vit ce que Khâlid faisait aux Banû Jadhîma : « Ô Banû Jadhîma, les coups ont été perdus ! Je vous avais prévenus de ce qui vous arrive. » Il y eut, m’a-t-on rapporté, des paroles échangées entre Khâlid et ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Awf à ce sujet. ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Awf lui dit : « Tu as agi selon la coutume de la jâhiliyya dans l’islam. » Il répondit : « J’ai seulement vengé ton père. » ‘Abd ar-Rahmân dit : « Tu mens, j’ai tué le meurtrier de mon père, mais toi, tu as vengé ton oncle al-Fâkih ibn al-Mughîra. » Une querelle s’ensuivit entre eux. La nouvelle parvint au Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — qui dit : « Doucement, ô Khâlid ! Laisse mes compagnons ! Par Allah, si tu possédais l’équivalent du mont Uhud en or et que tu le dépensais dans le chemin d’Allah, tu n’atteindrais pas la valeur d’une matinée ou d’une soirée d’un de mes compagnons. » (Ce qui eut lieu entre Quraysh et les Banû Jadhîma : préparation à la guerre puis paix) :
Al-Fâkih ibn al-Mughîra ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Umar ibn Makhzûm, ‘Awf ibn ‘Abd Manâf ibn ‘Abd al-Hârith ibn Zuhra, et ‘Affân ibn Abî al-‘Âs ibn Umayya ibn ‘Abd Shams étaient partis en commerçants vers le Yémen. Avec ‘Affân se trouvait son fils ‘Uthmân, et avec ‘Awf se trouvait son fils ‘Abd al-Rahmân. Lorsqu'ils revinrent, ils transportèrent les biens d'un homme des Banû Jadhîma ibn ‘Âmir, qui était mort au Yémen, à ses héritiers. Un homme parmi eux, nommé Khâlid ibn Hishâm, les réclama, et les rencontra sur le territoire des Banû Jadhîma avant qu'ils n'arrivent auprès de la famille du défunt. Ils refusèrent de les lui donner, alors il les combattit avec les siens pour s'emparer des biens, et ils le combattirent. ‘Awf ibn ‘Abd ‘Awf et al-Fâkih ibn al-Mughîra furent tués, tandis que ‘Affân ibn Abî al-‘Âs et son fils ‘Uthmân survécurent. Ils prirent les biens d'al-Fâkih ibn al-Mughîra et de ‘Awf ibn ‘Abd ‘Awf et les emportèrent. ‘Abd al-Rahmân ibn ‘Awf tua Khâlid ibn Hishâm, le meurtrier de son père. Les Qurayshites s'apprêtèrent alors à attaquer les Banû Jadhîma, mais les Banû Jadhîma dirent : « Ce qui est arrivé à vos compagnons n'a pas été décidé par nous ; ce sont seulement des gens qui les ont agressés par ignorance, les ont frappés à notre insu. Nous vous verserons donc le prix du sang pour tout ce que vous avez à réclamer de nous, en sang ou en biens. » Les Qurayshites acceptèrent cela et déposèrent les armes. (Poème de Salmâ au sujet de ce qui s'est passé entre Jadhîma et Quraysh) : Un poète des Banû Jadhîma — et certains disent que c'était une femme nommée Salmâ — dit : « Sans la parole du peuple au peuple : "Rendez-vous", / Sulaym aurait rencontré ce jour-là un adversaire coriace. Busr et les compagnons de Jahdam l'auraient écrasé, / ainsi que Murra, jusqu'à ce qu'ils laissent les chameaux aboyant. Que de jeunes hommes vois-tu, au jour d'al-Ghumaysâ', / frappés sans être blessés, alors qu'ils avaient blessé ! Elle s'est obstinée à courtiser les veuves et a divorcé, / ce jour-là, de celles qui étaient mariées. » Ibn Hishâm dit : Son mot « Busr » et « elle s'est obstinée à courtiser » viennent d'autres qu'Ibn Ishâq. (Poème d'Ibn Mirdâs en réponse à Salmâ) : Ibn Ishâq dit : ‘Abbâs ibn Mirdâs lui répondit — et on dit que c'est plutôt al-Jahhâf ibn Hakîm al-Sulamî : « Laisse là les paroles d'égarement ; il nous suffit, / pour le bélier du combat, aujourd'hui et hier, d'avoir heurté. Khâlid mérite plus que vous d'être excusé, / le jour où il a suivi une voie claire dans l'affaire, Soutenu par l'ordre de Dieu, il pousse vers vous / des présages favorables et défavorables qui ne trébuchent pas pour lui. Ils ont annoncé la mort de Mâlik dans la plaine, quand ils l'ont fait descendre, / sombres, dans la poussière épaisse, les visages renfrognés. Si nous t'avons privée de lui, ô Salmâ, pourquoi / avez-vous laissé sur lui des pleureuses et des pleureurs ? » (Poème d'al-Jahhâf en réponse à Salmâ) : Al-Jahhâf ibn Hakîm al-Sulamî dit : « Elles ont assisté avec le Prophète, marquées, / à Hunayn, alors qu'elles étaient sanglantes de paroles, Et à l'expédition de Khâlid, elles y ont assisté et ont traîné / leurs sabots dans le pays sacré. Nous exposons aux coups de lance, quand nous nous rencontrons, / des visages qui ne s'exposent pas aux gifles. Je ne quitte pas mes vêtements, / quand les guerriers brandissent, et je ne lance pas, Mais je fais galoper le poulain sous moi / vers les hauteurs, avec le sabre tranchant. » (Récit d'Ibn Abî Hadrad, le jeune homme jadhmî, le jour de la conquête) : Ibn Ishâq dit : Ya‘qûb ibn ‘Utba ibn al-Mughîra ibn al-Akhnas m'a raconté, d'après al-Zuhrî, d'après Ibn Abî Hadrad al-Aslamî, qui dit : J'étais ce jour-là dans la cavalerie de Khâlid ibn al-Walîd. Un jeune homme des Banû Jadhîma, du même âge que moi, dont les mains étaient liées à son cou avec une corde, et des femmes rassemblées non loin de lui, me dit : « Ô jeune homme ! » Je dis : « Que veux-tu ? » Il dit : « Veux-tu prendre cette corde et me conduire vers ces femmes, afin que je leur dise ce que j'ai à leur dire, puis tu me ramèneras, et vous ferez de moi ce qu'il vous plaira ? » Je dis : « Par Dieu, ce que tu demandes est facile. » Je pris donc sa corde et le conduisis par elle jusqu'à ce qu'il s'arrête devant elles. Il dit : « Salut à toi, Hubaysh, sur un reste de vie : "Ne vois-tu pas que, quand je vous ai réclamées et vous ai trouvées / à Hilya, ou vous ai rencontrées à al-Khawâniq, N'était-il pas digne qu'un amoureux fût gratifié, / lui qui s'est imposé les voyages de nuit et les chaleurs ? Je n'ai pas de tort ; j'ai dit, quand nos familles étaient ensemble : / Récompense par un amour avant l'un des malheurs ! Récompense par un amour avant que l'éloignement ne sépare, / et que l'émir n'éloigne l'ami qui se sépare ! Car je n'ai pas trahi le secret d'un dépôt, / et rien d'agréable après toi n'a charmé mon œil, Sinon que ce qui a frappé la tribu m'occupe / de l'amour, à moins que ce ne soit la tendresse réciproque." » Ibn Hishâm dit : La plupart des spécialistes de la poésie contestent les deux derniers vers de ce poème comme étant de lui. Ibn Ishâq dit : Ya‘qûb ibn ‘Utba ibn al-Mughîra ibn al-Akhnas m'a raconté, d'après al-Zuhrî, d'après Ibn Abî Hadrad al-Aslamî, (qui dit) : Elle dit : « Et toi, tu as été salué sept et vingt, un nombre impair et huit à la suite. » Puis je repartis avec lui, et on lui trancha la tête. Ibn Ishâq dit : Abû Firâs ibn Abî Sunbula al-Aslamî m'a raconté, d'après des cheikhs parmi eux, d'après ceux qui y avaient assisté parmi eux, qui dirent : Elle se leva vers lui quand on lui trancha la tête, se pencha sur lui, et ne cessa de l'embrasser jusqu'à ce qu'elle meure auprès de lui. (Poème d'un homme des Banû Jadhîma le jour de la conquête) : Ibn Ishâq dit : Un homme des Banû Jadhîma dit : « Que Dieu récompense pour nous Mudlij, là où ils sont devenus, / d'une récompense de misère, là où ils ont voyagé et campé ! Ils se sont installés sur nos dépouilles, les partageant, / alors que les lances avaient été abreuvées et désaltérées en nous. Par Dieu, sans la religion de la famille de Muhammad, / leurs chevaux auraient fui et auraient été paralysés ! Et cela ne leur a pas nui de ne pas secourir une troupe / pareille à une nuée de sauterelles lâchée et déployée. S'ils faiblissent ou reviennent à leur affaire, / nous ne les récompensons pas pour ce qu'ils ont égaré. » (Poème de Wahb en réponse) : Wahb, un homme des Banû Layth, lui répondit : « Nous avons appelé à l'Islam et à la vérité, ‘Âmir, / quel est donc notre tort envers ‘Âmir, quand ils se sont détournés ? Et quel est notre tort envers ‘Âmir — qu'ils n'aient pas de père ! — / parce que leurs esprits se sont égarés, puis ils se sont fourvoyés ? » Un homme des Banû Jadhîma dit : « Que les Banû Ka‘b se réjouissent de l'avancée de Khâlid / et de ses compagnons, quand les troupes nous ont assaillis au matin ! Il n'y a ni vengeance poursuivie par Ibn Khuwaylid, / et tu aurais été dispensé, si tu avais été absent ! Ni notre peuple ne retient ses égarés de nous, / ni le mal du jour d'al-Ghumaysâ' ne disparaît. » (Poème d'un jeune jadhmî fuyant devant Khâlid) : Un jeune garçon des Banû Jadhîma dit, tandis qu'il poussait sa mère et deux sœurs, fuyant avec elles devant l'armée de Khâlid : « Laissez traîner les pans des manteaux et allez doucement, / d'une marche de femmes pudiques comme si elles n'avaient pas été effrayées ! Si les femmes sont protégées aujourd'hui, elles seront protégées. » (Rajaz de jeunes garçons des Banû Jadhîma quand ils entendirent parler de Khâlid) : Des jeunes garçons des Banû Jadhîma, appelés les Banû Musâhiq, dirent en rajaz quand ils entendirent parler de Khâlid. L'un d'eux dit : « La jaune à la peau blanche et aux chevilles sait bien, / que possède un propriétaire de petit bétail et un propriétaire de chameaux, Je ferai certes aujourd'hui ce qu'un homme a fait. »
- Bujayd : Nom propre, poète arabe de la tribu Khuzâ‘a.
- rukām siḥāb al-haydab al-mutarakib : Nuages amoncelés et lourds, symbole de la puissance divine.
- al-quwāḍib : Sabres tranchants, métaphore des épées acérées.
- Banū Jadhīma : Tribu arabe de Kinâna, branche des Quraysh.
- waḍa‘ū as-silāḥ : Ils ont déposé les armes, signe de soumission.
- ḥays : Mélange de dattes, de beurre et de farine, mets traditionnel.
- rab‘a : De taille moyenne, ni grand ni petit.
- nahamahu : Il le rudoya, le réprimanda sévèrement.
- muḍṭarib : Grand et mince, de constitution élancée.
- mīlaghat al-kalb : Écuelle du chien, expression pour désigner une chose de peu de valeur.
- ṣaba’nā : Nous avons embrassé l’islam, littéralement 'nous avons changé de religion'.
- waḍa‘ū as-silāḥ : Dépôt des armes, acte de reddition.
La campagne de Khâlid ibn al-Walîd pour la destruction d'al-'Uzzâ [1]
Et l'autre dit : « La jaune 1 qui distrait l'époux a su qu'elle ne remplit pas le poitrail 2 de sa morsure. 1 Aujourd'hui, je frapperai d'un coup violent, comme frappent ceux qui rendent licites 3 les chamelles au dos courbé 4. 2 » Et l'autre dit : « Je jure qu'aucun lion 5 à crinière, aux pattes rugueuses 6, dans une matinée froide, 3 au visage sévère 7, à la crinière 8 rouge, rugissant entre un fourré et un lieu désert, 4 habitué à dévorer les hommes seul, n'est plus véridique ce matin que moi en ma résolution 9 5 » **Marche de Khâlid ibn al-Walîd pour la destruction d'al-'Uzzâ** **(Khâlid et sa destruction d'al-'Uzzâ)** Ensuite, l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — envoya Khâlid ibn al-Walîd vers al-'Uzzâ 10, qui se trouvait à Nakhla 11. C'était une maison 12 que vénéraient cette tribu de Quraysh, Kinâna et tout Mudar. Ses desservants 13 et gardiens 14 étaient les Banû Shaybân des Banû Sulaym, alliés des Banû Hâshim. Lorsque son gardien as-Sulamî 15 apprit la marche de Khâlid vers elle, il suspendit son épée à elle 16 et s'adossa à la montagne où elle se trouvait, en disant :
- ṣafrā' : La 'jaune' : désigne une chamelle de couleur jaune, ou métaphoriquement une femme.
- ḥayzūm : Poitrail : partie antérieure du corps, ici de la chamelle.
- muḥillīn : Ceux qui rendent licite : personnes qui déclarent licite ce qui est interdit, ou qui sortent de l'état de sacralisation (ihrâm) pour chasser.
- qu'ṣ : Au dos courbé : chamelles dont le dos est courbé par l'âge ou la fatigue.
- khādir : Lion : littéralement 'celui qui se cache dans son repaire'.
- shathn al-banān : Aux pattes rugueuses : littéralement 'aux doigts rugueux', désignant les griffes du lion.
- jahm al-muḥayyā : Au visage sévère : au visage sombre ou renfrogné.
- sibāl : Crinière : poils longs autour du cou du lion.
- najda : Résolution : fermeté, courage, ou ici 'secours' (sens possible).
- al-'Uzzā : Al-'Uzzâ : l'une des principales déesses préislamiques, vénérée par les Arabes.
- Nakhla : Nakhla : localité située entre La Mecque et Ta'if.
- bayt : Maison : temple ou sanctuaire dédié à la divinité.
- sadana : Desservants : gardiens et serviteurs du sanctuaire.
- ḥujjāb : Gardiens : littéralement 'ceux qui interdisent l'accès', les gardiens du temple.
- as-Sulamī : As-Sulamî : l'homme de la tribu de Sulaym, gardien d'al-'Uzzâ.
- allaqa 'alayhā sayfah : Suspendit son épée à elle : geste symbolique de défi ou de protection.
L'expédition de Hunayn [1] eut lieu en l'an huit après la conquête [2].
Ô ‘Ozzâ, serre d’une étreinte sans brûlure 1 ! ... Jette le voile sur Khâlid et retrouss-toi. Ô ‘Ozzâ, si tu ne tues pas l’homme Khâlid, alors charge-toi d’un péché immédiat ou embrasse le christianisme 2 ! Lorsque Khâlid parvint à elle, il la démolit, puis retourna auprès du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue. Ibn Ishâq dit : Ibn Shihâb az-Zuhrî m’a rapporté, d’après ‘Ubayd Allah ibn ‘Abd Allah ibn ‘Utba ibn Mas‘ûd, qui dit : Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – demeura à La Mecque après sa conquête quinze nuits, en raccourcissant la prière. Ibn Ishâq dit : La conquête de La Mecque eut lieu dix nuits avant la fin du mois de Ramadan de l’an huit. Expédition de Hunayn en l’an huit, après la conquête. (Rassemblement des Hawâzin) : Ibn Ishâq dit : Lorsque les Hawâzin apprirent la venue du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – et ce qu’Allah lui avait ouvert comme conquête de La Mecque 3, Mâlik ibn ‘Awf an-Nasrî les rassembla. Avec les Hawâzin se joignirent à lui tous les Thaqîf, tous les Nasr et les Jusham, les Sa‘d ibn Bakr, et quelques gens des Banû Hilâl, mais en petit nombre. De Qays ‘Aylân, seuls ceux-ci étaient présents ; des Hawâzin, Ka‘b et Kilâb étaient absents et n’y assistèrent pas, et aucun d’eux de renom n’y participa. Parmi les Banû Jusham se trouvait Durayd ibn as-Simma, un vieillard très âgé, qui n’avait d’autre utilité que d’être un porte-bonheur par son avis et sa connaissance de la guerre ; c’était un vieillard expérimenté. Chez les Thaqîf, il y avait deux de leurs chefs : (et 4) parmi les Ahlâf 5, Qârib ibn al-Aswad ibn Mas‘ûd ibn Mu‘attib ; et parmi les Banû Mâlik, Dhû l-Khimâr Subay‘ ibn al-Hârith ibn Mâlik, et son frère Ahmar ibn al-Hârith. La direction générale des gens revenait à Mâlik ibn ‘Awf an-Nasrî. Lorsqu’il décida de marcher contre le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – il fit descendre avec les gens leurs biens, leurs femmes et leurs enfants. Quand il campa à Awtâs 6, les gens se rassemblèrent autour de lui, parmi eux Durayd ibn as-Simma, dans une litière 7 où on le menait. Lorsqu’il descendit, il dit : « Dans quelle vallée êtes-vous ? » Ils dirent : « À Awtâs. » Il dit : « Quel bon terrain pour la cavalerie ! Ni colline rocailleuse 8, ni plaine sablonneuse 9. Qu’est-ce que j’entends ? Les rugissements des chameaux, les braiments des ânes, les pleurs des petits enfants et les bêlements des moutons 10 ? » Ils dirent : « Mâlik ibn ‘Awf a fait descendre avec les gens leurs biens, leurs femmes et leurs enfants. » Il dit : « Où est Mâlik ? » On dit : « Voici Mâlik. » On l’appela. Il dit : « Ô Mâlik, tu es devenu le chef de ton peuple, et ce jour est un jour qui aura des lendemains. Qu’est-ce que j’entends ? Les rugissements des chameaux, les braiments des ânes, les pleurs des petits enfants et les bêlements des moutons ? » Il dit : « J’ai fait descendre avec les gens leurs biens, leurs enfants et leurs femmes. » Il dit : « Pourquoi cela ? » Il dit : « J’ai voulu placer derrière chaque homme sa famille et ses biens, afin qu’il combatte pour eux. » Il dit alors, en claquant de la langue 11 : « Un berger de moutons, par Allah ! Est-ce que quelque chose peut faire revenir un fuyard ? Si c’est pour toi, seul un homme avec son épée et sa lance te sera utile ; si c’est contre toi, tu seras déshonoré dans ta famille et tes biens. » Puis il dit : « Qu’ont fait Ka‘b et Kilâb ? » Ils dirent : « Aucun d’eux n’a assisté. » Il dit : « Le sérieux 12 et l’effort sont absents. Si c’était un jour de gloire et d’élévation, Ka‘b et Kilâb n’y auraient pas manqué. J’aurais aimé que vous fassiez comme Ka‘b et Kilâb. Qui parmi vous est présent ? » Ils dirent : « ‘Amr ibn ‘Âmir et ‘Awf ibn ‘Âmir. » Il dit : « Ces deux jeunes pousses 13 de ‘Âmir, ils ne servent à rien et ne nuisent à rien. Ô Mâlik, tu n’as rien fait en avançant la masse 14 – la masse des Hawâzin – vers les poitrines des chevaux. Fais-les monter vers les lieux inaccessibles de leur pays et les hauteurs de leur peuple, puis lance les jeunes 15 sur le dos des chevaux. Si c’est pour toi, ceux qui sont derrière te rejoindront ; si c’est contre toi, tu auras mis ta famille et tes biens à l’abri. » Il dit : « Par Allah, je ne ferai pas cela. Tu as vieilli et ton esprit a vieilli. Par Allah, vous m’obéirez, ô gens de Hawâzin, ou je m’appuierai sur cette épée jusqu’à ce qu’elle sorte de mon dos. » Il détestait que Durayd ibn as-Simma eût en cela une mention ou un avis. Ils dirent : « Nous t’avons obéi. » Durayd ibn as-Simma dit alors : « Ce jour, je n’y ai pas assisté et il ne m’a pas échappé : Plût au ciel que j’y fusse jeune ! J’y trotterais et j’y galoperais 16, je mènerais une chamelle aux poils longs et aux jarrets courts 17, comme une brebis tachetée 18. » Ibn Hishâm dit : Plusieurs savants en poésie m’ont récité son dire : « Plût au ciel que j’y fusse jeune ! » (Les anges et les espions de Mâlik ibn ‘Awf) : Ibn Ishâq dit : Puis Mâlik dit aux gens : « Quand vous les verrez, brisez les fourreaux de vos épées, puis chargez d’une charge d’un seul homme. » Il dit : Umayya ibn ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn ‘Uthmân m’a rapporté qu’il a raconté : Mâlik ibn ‘Awf envoya des espions parmi ses hommes ; ils vinrent à lui alors que leurs articulations étaient disloquées. Il dit : « Malheur à vous ! Qu’avez-vous ? » Ils dirent : « Nous avons vu des hommes blancs sur des chevaux pie. Par Allah, nous n’avons pu tenir et ce que tu vois nous a frappés. Par Allah, cela ne l’a pas détourné de son chemin ; il a poursuivi ce qu’il voulait. » (Envoi d’Ibn Abî Hadrad comme espion chez les Hawâzin) : Ibn Ishâq dit : Lorsque le Prophète d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – apprit leur venue, il envoya vers eux ‘Abd Allah ibn Abî Hadrad al-Aslamî, et lui ordonna d’entrer parmi les gens, de rester parmi eux jusqu’à connaître leur situation, puis de lui apporter leur nouvelle. Ibn Abî Hadrad partit donc, entra parmi eux, y resta jusqu’à entendre et savoir ce qu’ils avaient décidé comme guerre contre le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – et entendit de Mâlik et de l’affaire des Hawâzin ce sur quoi ils étaient. Puis il revint jusqu’au Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – et l’informa de la nouvelle. (Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – appela alors ‘Umar ibn al-Khattâb et l’informa de la nouvelle. ‘Umar dit : « Ibn Abî Hadrad a menti. » Ibn Abî Hadrad dit : « Si tu me traites de menteur, il se peut que j’aie menti sur la vérité, ô ‘Umar ; tu as traité de menteur quelqu’un de meilleur que moi. » ‘Umar dit : « Ô Messager d’Allah, n’entends-tu pas ce que dit Ibn Abî Hadrad ? » Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit : « J’étais égaré et Allah t’a guidé, ô ‘Umar. ») 19 (Le Messager demanda à Safwân ses cottes de mailles et ses armes, et il accepta) : Lorsque le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – décida de marcher contre les Hawâzin pour les rencontrer, on lui mentionna que Safwân ibn Umayya 20 possédait des cottes de mailles et des armes. Il lui envoya dire, alors qu’il était encore polythéiste : « Ô Abû Umayya, prête-nous ces armes pour que nous y rencontrions demain notre ennemi. » Safwân dit : « De force, ô Muhammad ? » Il dit : « Non, un prêt et une garantie jusqu’à ce que nous te les rendions. » Il dit : « Il n’y a pas de mal à cela. » Il lui donna donc cent cottes de mailles avec ce qu’il fallait comme armes. Ils prétendent que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – lui demanda 21 de se charger de leur transport, ce qu’il fit. (Sortie du Messager avec son armée vers les Hawâzin) : Il dit : Puis le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – sortit, ayant avec lui deux mille hommes des gens de La Mecque, en plus des dix mille de ses Compagnons qui étaient sortis avec lui, et par lesquels Allah lui avait ouvert La Mecque ; ils étaient donc douze mille. Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – nomma ‘Attâb ibn Asîd ibn Abî l-‘Îs ibn Umayya ibn ‘Abd Shams comme gouverneur de La Mecque, sur ceux qui restaient parmi les gens. Puis le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – poursuivit sa route, voulant rencontrer les Hawâzin. (Poème de ‘Abbâs ibn Mirdâs) : ‘Abbâs ibn Mirdâs as-Sulamî dit : « Cette année, le ghûl 22 de leur peuple a frappé Ri‘l 23, au milieu des maisons, et la couleur du ghûl est multiple. Ô mère de Kilâb 24, quel regret quand les chevaux d’Ibn Hawdha 25 les surprirent de nuit, sans retenue ni humain ! Ne les laissez pas échapper 26 et resserrez le lien de votre pacte : votre cousin Sa‘d et Duhmân 27 sont là. Vous ne les récupérerez pas 28, même si elle est couverte 29, tant qu’il y aura du lait dans les troupeaux pris. »
Shan‘ā’ 29 est couverte par la honte de ses turpitudes... et Dhū Shawghar 30 et Sulwān 31 en ont coulé. Elle n’est pas meilleure que ce que rôtit Ḥadhaf 32 quand il dit : « Tout rôti d’âne est creux. » Et dans Hawāzin 33 il y a un peuple, mais ils ont la maladie du Yéménite 34 : s’ils ne trahissent pas, ils trompent. Parmi eux, un frère : s’ils étaient fidèles ou si leur pacte était bon, et si nous les avions épuisés par les coups de lance, ils auraient cédé. Fais parvenir à Hawāzin, du haut en bas, de ma part un message de conseil où il y a une clarification : Je pense que l’Envoyé d’Allah va vous surprendre avec une armée dont les piliers sont dans l’espace de la terre. Parmi eux, votre frère Sulaym 35 ne vous laissera pas, et les musulmans, serviteurs d’Allah, sont Ghassān 36. À sa droite se tiennent les Banū Asad 37, et les deux galeux 38 : les Banū ‘Abs 39 et Dhubyān 40. La terre tremble presque de peur de lui, et à son avant-garde se trouvent Aws et ‘Uthmān 41. Ibn Isḥāq a dit : Aws et ‘Uthmān sont deux tribus de Muzayna 42. Ibn Hishām a dit : Depuis son dire « Fais parvenir à Hawāzin, du haut en bas » jusqu’à la fin, cela se rapporte à ce jour, et ce qui précède est d’un autre jour ; ce sont deux poèmes séparés, mais Ibn Isḥāq les a réunis en un seul. (L’affaire de Dhāt Anwāṭ 43) Ibn Isḥāq a dit : Ibn Shihāb al-Zuhrī m’a raconté, d’après Sinān ibn Abī Sinān al-Du’alī, d’après Abū Wāqid al-Laythī, que al-Ḥārith ibn Mālik a dit : Nous sortîmes avec l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pour Ḥunayn 44, alors que nous étions encore récemment sortis de l’époque préislamique. Il dit : Nous marchâmes avec lui jusqu’à Ḥunayn. Il dit : Les mécréants de Quraysh 45 et les autres Arabes avaient un grand arbre vert, appelé Dhāt Anwāṭ, où ils venaient chaque année, suspendaient leurs armes, sacrifiaient et y faisaient retraite un jour. Il dit : Nous vîmes, en marchant avec l’Envoyé d’Allah, un grand jujubier vert. Il dit : Nous nous interpellâmes des côtés du chemin : « Ô Envoyé d’Allah, fais-nous une Dhāt Anwāṭ comme ils ont une Dhāt Anwāṭ. » L’Envoyé d’Allah dit : « Allah est plus grand ! Vous avez dit, par Celui qui tient l’âme de Muhammad dans Sa main, comme le peuple de Moïse a dit à Moïse : “Fais-nous une divinité comme ils ont des divinités.” Il dit : “Vous êtes un peuple ignorant.” Ce sont les traditions : vous suivrez certainement les traditions de ceux qui vous ont précédés. » (Rencontre de Hawāzin et fermeté de l’Envoyé) Ibn Isḥāq a dit : ‘Āṣim ibn ‘Umar ibn Qatāda m’a raconté, d’après ‘Abd al-Raḥmān ibn Jābir, d’après son père Jābir ibn ‘Abd Allāh, qui a dit : Lorsque nous arrivâmes face à la vallée de Ḥunayn, nous descendîmes dans une vallée creuse 46 de Tihāma 47, en pente raide 48, nous y descendions rapidement. Il dit : Et c’était dans l’obscurité du matin 49. Les gens nous avaient devancés dans la vallée, et ils s’étaient cachés pour nous dans ses ravins, ses replis 50 et ses défilés. Ils s’étaient rassemblés, préparés et équipés. Par Allah, alors que nous descendions, nous ne fûmes surpris que par les bataillons qui chargèrent contre nous d’une seule charge. Les gens s’enfuirent 51, sans que personne ne se soucie d’un autre. L’Envoyé d’Allah se dirigea vers la droite, puis dit : « Où êtes-vous, ô gens ? Venez à moi, je suis l’Envoyé d’Allah, je suis Muhammad ibn ‘Abd Allāh. » Il dit : Rien 52 ; les chameaux se heurtèrent les uns aux autres, et les gens partirent, sauf qu’un groupe d’émigrés 53, d’auxiliaires 54 et de sa famille resta avec l’Envoyé d’Allah. (Noms de ceux qui restèrent avec l’Envoyé) Parmi ceux qui restèrent avec lui des émigrés : Abū Bakr et ‘Umar ; de sa famille : ‘Alī ibn Abī Ṭālib, al-‘Abbās ibn ‘Abd al-Muṭṭalib, Abū Sufyān ibn al-Ḥārith et son fils, al-Faḍl ibn al-‘Abbās, Rabī‘a ibn al-Ḥārith, Usāma ibn Zayd, et Ayman ibn ‘Ubayd (tué ce jour-là). Ibn Hishām a dit : Le nom du fils d’Abū Sufyān ibn al-Ḥārith est Ja‘far, et le nom d’Abū Sufyān est al-Mughīra. Certains comptent parmi eux Qutham ibn al-‘Abbās, et ne comptent pas le fils d’Abū Sufyān. Ibn Isḥāq a dit : ‘Āṣim ibn ‘Umar ibn Qatāda m’a raconté, d’après ‘Abd al-Raḥmān ibn Jābir, d’après son père Jābir ibn ‘Abd Allāh, qui a dit : Un homme de Hawāzin, monté sur un chameau rouge, tenant un étendard noir au bout d’une longue lance, précédait Hawāzin, et Hawāzin le suivait. Quand il rattrapait quelqu’un, il le frappait de sa lance ; quand il distançait les gens, il levait sa lance pour ceux derrière lui, et ils le suivaient. (Réjouissance d’Abū Sufyān et d’autres contre les musulmans) Ibn Isḥāq a dit : Lorsque les gens furent mis en déroute, et que ceux des rudes Mecquois 55 qui étaient avec l’Envoyé d’Allah virent la déroute, des hommes parmi eux dirent ce qu’ils avaient dans le cœur de rancune 56. Abū Sufyān ibn Ḥarb dit : « Leur déroute ne s’arrêtera pas avant la mer, et les flèches de sort 57 sont avec lui dans son carquois 58. » Jabala ibn al-Ḥanbal (Ibn Hishām dit : Kalada ibn al-Ḥanbal) – qui était avec son frère Ṣafwān ibn Umayya, polythéiste durant le délai que l’Envoyé d’Allah lui avait accordé – cria : « Ah ! La magie a cessé aujourd’hui ! » Ṣafwān lui dit : « Tais-toi, qu’Allah brise ta bouche 59 ! Par Allah, qu’un homme de Quraysh me domine 60 m’est plus cher qu’un homme de Hawāzin ne me domine. » (Poème de Ḥassān contre Kalada) Ibn Hishām a dit : Ḥassān ibn Thābit dit, en satirisant Kalada : « J’ai vu une masse noire de loin, et elle m’a effrayé : Abū Ḥanbal 61 sautant sur Umm Ḥanbal 62. Comme si ce qui le fait sauter sur son ventre était le bras d’une jeune chamelle de la descendance d’Ibn ‘Izhil 63. » Abū Zayd nous a récité ces deux vers, et nous a dit qu’il satirisait par eux Ṣafwān ibn Umayya, qui était le frère utérin de Kalada. (Impuissance de Shayba à tuer l’Envoyé alors qu’il en avait l’intention) Ibn Isḥāq a dit : Shayba ibn ‘Uthmān ibn Abī Ṭalḥa, frère des Banū ‘Abd al-Dār 64, dit : « Je me suis dit : aujourd’hui, j’obtiendrai ma vengeance (de Muhammad) 65 » – son père avait été tué le jour d’Uḥud 66 – « aujourd’hui, je tuerai Muhammad. » Il dit : « Je tournai autour de l’Envoyé d’Allah pour le tuer, mais quelque chose vint qui couvrit mon cœur, et je ne pus le faire ; je sus qu’il était protégé de moi. » Ibn Isḥāq a dit : Certains Mecquois m’ont raconté que l’Envoyé d’Allah, lorsqu’il partit de La Mecque pour Ḥunayn et vit la multitude des soldats d’Allah avec lui, dit : « Nous ne serons pas vaincus aujourd’hui par manque d’effectifs. » Ibn Isḥāq a dit : Certains prétendent qu’un homme des Banū Bakr 67 dit cela. (Retour des gens à l’appel d’al-‘Abbās et victoire après la déroute) Ibn Isḥāq a dit : Al-Zuhrī m’a raconté, d’après Kathīr ibn al-‘Abbās, d’après son père al-‘Abbās ibn ‘Abd al-Muṭṭalib, qui a dit : J’étais avec l’Envoyé d’Allah, tenant la bride de sa mule blanche, que j’avais retenue 68. Il dit : J’étais un homme corpulent à la voix forte. Il dit : L’Envoyé d’Allah disait, voyant ce qu’il voyait des gens : « Où êtes-vous, ô gens ? » Je ne vis personne se retourner. Il dit : « Ô ‘Abbās, crie : “Ô compagnons des auxiliaires ! Ô compagnons de l’arbre 69 !” » Il dit : Ils répondirent : « À tes ordres ! À tes ordres ! » Il dit : L’homme voulait faire faire demi-tour à son chameau, mais n’y parvenait pas ; alors il prenait sa cotte de mailles, la jetait sur son cou, prenait son épée et son bouclier, sautait de son chameau, le laissait aller, et se dirigeait vers la voix, jusqu’à rejoindre l’Envoyé d’Allah. Lorsque cent d’entre eux se furent rassemblés autour de lui, ils firent face aux gens et combattirent. Le cri de ralliement fut d’abord : « Ô auxiliaires ! » Puis finalement : « Ô Khazraj 70 ! » Ils étaient patients au combat. L’Envoyé d’Allah se dressa sur sa monture, regarda le choc des combattants 71 alors qu’ils s’affrontaient, et dit : « Maintenant, la fournaise s’est enflammée 72. » (Exploit de ‘Alī et d’un auxiliaire dans cette guerre)
Ibn Isḥāq dit : ‘Āṣim ibn ‘Umar ibn Qatāda m’a rapporté, d’après ‘Abd ar-Raḥmān ibn Jābir, d’après son père Jābir ibn ‘Abd Allāh, qui a dit : “Alors que cet homme de Hawāzin, le porte-étendard, sur son chameau, faisait ce qu’il faisait, voilà que ‘Alī ibn Abī Ṭālib – qu’Allāh l’agrée – et un homme des Anṣār se dirigèrent vers lui, le visant. ‘Alī ibn Abī Ṭālib vint par derrière et frappa les jarrets du chameau, qui tomba sur son arrière-train ; l’Anṣārī sauta sur l’homme et le frappa d’un coup qui trancha son pied à mi-mollet, et il bascula de sa selle.” Il dit : “Les gens s’affrontèrent. Par Allāh, les fuyards ne revinrent qu’après avoir trouvé les prisonniers ligotés auprès du Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue.” Il dit : “Le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – se tourna vers Abū Sufyān ibn al-Ḥārith ibn ‘Abd al-Muṭṭalib – qui était de ceux qui tinrent bon ce jour-là avec le Messager d’Allāh, et qui était excellent dans son islam après s’être converti – et il tenait la croupière de sa mule. Il dit : ‘Qui est-ce ?’ Il répondit : ‘Je suis le fils de ta mère, ô Messager d’Allāh.’” (L’affaire d’Umm Sulaym) : Ibn Isḥāq dit : ‘Abd Allāh ibn Abī Bakr m’a rapporté que le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – se tourna et vit Umm Sulaym bint Milḥān, qui était avec son mari Abū Ṭalḥa, ceinte d’un manteau, enceinte de ‘Abd Allāh ibn Abī Ṭalḥa, et avec elle le chameau d’Abū Ṭalḥa. Elle craignait que le chameau ne la domine, alors elle approcha sa tête d’elle et mit sa main dans son anneau de nez avec la longe. Le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – lui dit : ‘Umm Sulaym ?’ Elle dit : ‘Oui, que mon père et ma mère te soient sacrifiés, ô Messager d’Allāh. Tue ceux qui fuient loin de toi comme tu tues ceux qui te combattent, car ils le méritent.’ Le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – dit : ‘Ô Umm Sulaym, Allāh ne suffit-Il pas ?’” Il dit : “Elle avait avec elle un poignard. Abū Ṭalḥa lui dit : ‘Qu’est-ce que ce poignard avec toi, ô Umm Sulaym ?’ Elle dit : ‘Un poignard que j’ai pris ; si un polythéiste s’approche de moi, je lui en perce le ventre.’” Il dit : “Abū Ṭalḥa dit : ‘N’entends-tu pas, ô Messager d’Allāh, ce que dit Umm Sulaym ar-Rumayṣā’ ?” (Poème de Mālik ibn ‘Awf sur la déroute des gens) : Ibn Isḥāq dit : Le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – lorsqu’il se dirigea vers Ḥunayn, avait intégré les Banū Sulaym sous le commandement d’aḍ-Ḍaḥḥāk ibn Sufyān al-Kilābī, et ils étaient avec lui. Quand les gens furent mis en déroute, Mālik ibn ‘Awf dit en scandant sur son cheval : “Avance, Muḥāj ! C’est un jour terrible ! / Tel que moi, sur tel que toi, protège et charge ! Quand le rang est abandonné, un jour, et la fuite, / Puis des troupes se pressent, groupe après groupe, Des bataillons où le regard se fatigue, / Je frappe d’une estocade qui fait couler le sang par les armures, Quand le faible qui se terre est blâmé, / Et je frappe la lance large qui hurle et aboie, Dont jaillit du ventre un jet continu, / Elle s’ouvre par moments et parfois éclate, Et le renard de l’ouvrier y est brisé. / Ô Zayd, fils de Hamham, où fuis-tu ? La dent est usée et la vie s’est allongée, / Les femmes blanches aux longs voiles ont su Que je ne suis pas inexpérimenté en pareilles circonstances, / Quand la femme chaste est tirée de derrière les rideaux.” Et Mālik ibn ‘Awf dit aussi : “Avance, Muḥāj ! Ce sont les lions ! / Et ne te laisse pas tromper par un fuyard égaré.” Ibn Hishām dit : “Ces deux vers sont d’un autre que Mālik ibn ‘Awf, en un autre jour que celui-ci.” (L’affaire d’Abū Qatāda et sa dépouille) : Ibn Isḥāq dit : ‘Abd Allāh ibn Abī Bakr m’a rapporté qu’on lui a rapporté d’après Abū Qatāda al-Anṣārī – et il m’a rapporté aussi de quelqu’un que je ne soupçonne pas, d’après Nāfi‘, affranchi des Banū Ghifār, Abū Muḥammad, d’après Abū Qatāda – tous deux dirent : Abū Qatāda dit : “Le jour de Ḥunayn, je vis deux hommes combattre : un musulman et un polythéiste. Et voilà qu’un polythéiste voulait aider son compagnon polythéiste contre le musulman.” Il dit : “Je vins à lui, frappai sa main et la coupai ; il m’enlaça de son autre main. Par Allāh, il ne me lâcha pas jusqu’à ce que je sente l’odeur du sang – et on rapporte : l’odeur de la mort, selon ce que dit Ibn Hishām – et il faillit me tuer. Si le sang ne l’avait pas affaibli, il m’aurait tué. Puis il tomba, je le frappai et le tuai. Le combat m’empêcha de m’occuper de lui, et un homme de la Mecque passa par là et le dépouilla. Quand la guerre eut déposé ses fardeaux et que nous eûmes fini avec les gens, le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – dit : ‘Celui qui a tué un ennemi a droit à sa dépouille.’ Je dis : ‘Ô Messager d’Allāh, par Allāh, j’ai tué un ennemi qui avait une dépouille, mais le combat m’en a empêché, et je ne sais qui l’a prise.’ Un homme de la Mecque dit : ‘Il a dit vrai, ô Messager d’Allāh ; la dépouille de ce tué est chez moi. Indemnise-le de ma part pour sa dépouille.’ Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq – qu’Allāh l’agrée – dit : ‘Non, par Allāh, on ne l’indemnisera pas de cela ! Tu t’en prends à un lion parmi les lions d’Allāh, qui combat pour la religion d’Allāh, et tu lui partages sa dépouille ! Rends-lui la dépouille de son tué.’ Le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – dit : ‘Il a dit vrai ; rends-lui sa dépouille.’” Abū Qatāda dit : “Je la pris de lui, la vendis, et avec son prix j’achetai un verger ; ce fut le premier bien que j’acquis.” Ibn Isḥāq dit : Quelqu’un que je ne soupçonne pas m’a rapporté, d’après Abū Salama, d’après Isḥāq ibn ‘Abd Allāh ibn Abī Ṭalḥa, d’après Anas ibn Mālik, qui dit : “Abū Ṭalḥa, à lui seul, dépouilla vingt hommes le jour de Ḥunayn.” (Le secours des anges) : Ibn Isḥāq dit : Mon père Isḥāq ibn Yasār m’a rapporté qu’on lui a rapporté d’après Jubayr ibn Muṭ‘im, qui dit : “Avant la déroute des gens, alors qu’ils combattaient, je vis comme un tapis noir qui venait du ciel et tomba entre nous et les gens. Je regardai : c’étaient des fourmis noires dispersées, remplissant la vallée. Je ne doutai pas que c’étaient les anges. Puis ce ne fut que la déroute des gens.” (La déroute des polythéistes) : Ibn Isḥāq dit : Quand Allāh eut mis en déroute les polythéistes de Ḥunayn et eut donné au Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – pouvoir sur eux, une femme musulmane dit : “Les cavaliers d’Allāh ont vaincu les cavaliers d’al-Lāt, / Et Allāh est plus digne de la constance.” Ibn Hishām dit : Un spécialiste de la transmission poétique m’a récité : “Les cavaliers d’Allāh ont vaincu les cavaliers d’al-Lāt, / Et Ses cavaliers sont plus dignes de la constance.” Ibn Isḥāq dit : Quand Hawāzin fut mise en déroute, le massacre s’intensifia parmi Thaqīf, chez les Banū Mālik : soixante-dix hommes furent tués sous leur étendard, parmi lesquels ‘Uthmān ibn ‘Abd Allāh ibn Rabī‘a ibn al-Ḥārith ibn Ḥabīb. Leur étendard était avec Dhū l-Khimār ; quand il fut tué, ‘Uthmān ibn ‘Abd Allāh le prit et combattit avec jusqu’à ce qu’il fût tué. Ibn Isḥāq dit : ‘Āmir ibn Wahb ibn al-Aswad m’a informé : Quand la nouvelle de sa mort parvint au Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – il dit : “Qu’Allāh l’éloigne ! Il haïssait Quraysh.” (Le garçon chrétien non circoncis et ce qui faillit arriver à Thaqīf à cause de lui) :
Ibn Isḥāq a dit : Ya‘qūb ibn ‘Utba ibn al-Mughīra ibn al-Akhnas m’a raconté qu’un esclave chrétien non circoncis 73 fut tué avec ‘Uthmān ibn ‘Abd Allāh. Il dit : Alors qu’un homme des Anṣār dépouillait les morts de Thaqīf, il découvrit l’esclave pour le dépouiller et le trouva non circoncis. Il s’écria de toute sa voix : « Ô Arabes ! Dieu sait que Thaqīf sont des incirconcis ! » Al-Mughīra ibn Shu‘ba dit : Je lui saisis la main, craignant que cela ne se répande parmi les Arabes, et je dis : « Ne dis pas cela, que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! Ce n’est qu’un esclave chrétien à nous. » Puis je me mis à découvrir les morts devant lui et à lui dire : « Ne vois-tu pas qu’ils sont circoncis comme tu le vois ? » (La fuite de Qārib et de son peuple, et le poème d’Ibn Mirdās les satirisant) Ibn Isḥāq a dit : L’étendard des Aḥlāf 74 était avec Qārib ibn al-Aswad. Quand les gens furent mis en déroute, il appuya son étendard contre un arbre et s’enfuit avec ses cousins et son peuple des Aḥlāf. Il ne fut tué des Aḥlāf que deux hommes : un homme de Ghīra, nommé Wahb, et un autre des Banū Kubbā 75, nommé al-Julāḥ. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit, lorsqu’on lui rapporta la mort d’al-Julāḥ : « Aujourd’hui a été tué le seigneur des jeunes gens de Thaqīf, sauf ce qu’il en est d’Ibn Hunayda », voulant dire par Ibn Hunayda al-Ḥārith ibn Uways. (Autre poème d’Ibn Mirdās) ‘Abbās ibn Mirdās al-Sulamī dit, évoquant Qārib ibn al-Aswad et sa fuite loin des siens, ainsi que Dhū l-Khimār 76 et le fait qu’il ait retenu son peuple pour la mort : « N’y a-t-il personne pour transmettre de ma part à Ghaylān — et je pense que la nouvelle lui parviendra bientôt 77 — Et à ‘Urwa : je n’offre qu’une réponse et une parole différente de la vôtre, qui est aisée ? Que Muḥammad est un serviteur et un messager d’un Seigneur qui ne s’égare ni n’est injuste. Nous l’avons trouvé prophète semblable à Moïse : tout homme qui le défie est vaincu 78. Quel mauvais sort que celui des Banū Qasī 79 à Wajj 80, quand les affaires furent partagées ! Ils ont perdu leur affaire, alors que tout peuple a un chef, et les vicissitudes tournent. Nous sommes venus à eux, lions des forêts, armées de Dieu marchant à découvert 81. Nous nous dirigeons vers la foule, la foule des Banū Qasī, avec une rage telle que nous sommes sur le point d’exploser 82. Je jure que s’ils étaient restés, nous aurions marché contre eux avec les armées, et ils n’auraient pas disparu 83. Nous étions alors les lions de Liyya 84, jusqu’à ce que nous les ayons anéantis et que les secours aient été livrés 85. Et un jour, avant cela, à Ḥunayn : il s’est éloigné alors que le sang y coulait 86. Parmi les jours, tu n’as pas entendu pareil jour, et aucun peuple mâle n’en a entendu parler. Nous avons tué dans la poussière les Banū Ḥuṭayṭ 87, sous leurs étendards, tandis que les chevaux étaient de travers 88. Et Dhū l-Khimār n’était pas un chef de peuple ayant un sens qui punit ou qui russe. Il les a retenus sur la voie des destins, alors que les choses étaient claires pour qui voyait 89. Ceux qui ont échappé se sont enfuis rapidement 90, et beaucoup d’entre eux ont été tués. Et l’homme hésitant ne sert à rien dans les affaires, ni l’homme colérique, à la nuque raide, qui se retient 91. Il les a fait périr et a péri, et ils lui ont confié leurs affaires, tandis que les faucons se sont échappés 92. Les Banū ‘Awf 93 : des chevaux de race les emportent, pour lesquels on a méprisé la luzerne et l’orge 94. Sans Qārib et les fils de son père, les terres cultivées et les palais auraient été partagés. Mais la présidence, ils l’ont conférée à un homme de bon augure, que le conseiller a désigné 95. Ils ont obéi à Qārib, alors qu’ils ont des chances et des clémences qui mènent à la gloire. S’ils sont guidés vers l’islam, on les trouvera (ayant) les nez des gens (humiliés) tant que dure la veillée 96. Et s’ils ne se soumettent pas, ils sont des ennemis dans la guerre de Dieu, sans secours. Comme les Banū Sa‘d et Ḥarb ont été éprouvés par la troupe des Banū Ghaziyya, (comme) un ‘anqafīr 97. Les Banū Mu‘āwiya ibn Bakr 98 sont comme des brebis qui bêlent vers l’islam. Nous avons dit : « Soumettez-vous ! Nous sommes vos frères, et les poitrines sont guéries des rancunes 99. » Les gens, quand ils sont venus à nous, étaient comme des aveugles de haine après la paix. Ibn Hishām a dit : Ghaylān est Ghaylān ibn Salama al-Thaqafī, et ‘Urwa est ‘Urwa ibn Mas‘ūd al-Thaqafī. (Meurtre de Durayd ibn al-Ṣimma) Ibn Isḥāq a dit : Quand les associateurs furent mis en déroute, ils vinrent à Ṭā’if avec Mālik ibn ‘Awf, et certains campèrent à Awṭās, tandis que d’autres se dirigèrent vers Nakhlā. Parmi ceux qui se dirigèrent vers Nakhlā, il n’y avait que les Banū Ghīra de Thaqīf. La cavalerie du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — poursuivit ceux qui avaient pris le chemin de Nakhlā, mais ne poursuivit pas ceux qui avaient pris les cols. Rabī‘a ibn Rufay‘ ibn Uhābān ibn Tha‘laba ibn Rabī‘a ibn Yarbū‘ ibn Sammāl ibn ‘Awf ibn Imri’ al-Qays — on l’appelait Ibn al-Dughunna, du nom de sa mère, et on dit aussi Ibn Ladha, selon Ibn Hishām — rattrapa Durayd ibn al-Ṣimma. Il saisit la bride de son chameau, pensant que c’était une femme, car il était dans un palanquin 100. Mais c’était un homme. Il fit agenouiller sa monture, et voilà un vieillard : c’était Durayd ibn al-Ṣimma, mais le jeune homme ne le connaissait pas. Durayd lui dit : « Que veux-tu de moi ? » Il répondit : « Te tuer. » Il dit : « Qui es-tu ? » Il dit : « Je suis Rabī‘a ibn Rufay‘ al-Sulamī. » Puis il le frappa de son épée, mais elle ne fit rien. Durayd dit : « Quelle mauvaise arme ta mère t’a donnée ! Prends mon épée, derrière la selle — la selle était dans le palanquin — puis frappe avec, enlevant l’os, évitant la cervelle, car c’est ainsi que je frappais les hommes. Ensuite, quand tu iras chez ta mère, dis-lui que tu as tué Durayd ibn al-Ṣimma. Par Dieu, que de jours j’ai protégé tes femmes ! » Les Banū Sulaym prétendent que lorsque Rabī‘a le frappa et qu’il tomba, son pagne se souleva, et on vit son périnée 101 et l’intérieur de ses cuisses comme du parchemin, à force de monter les chevaux à cru 102. Quand Rabī‘a retourna chez sa mère et lui annonça qu’il l’avait tué, elle dit : « Par Dieu, il a affranchi trois de tes mères. » ‘Amra bint Durayd dit à propos du meurtre de Durayd par Rabī‘a : « Par ta vie, je ne craignais pas pour Durayd, dans le vallon de Sumayra 103, l’armée des ‘Anāq 104. Que Dieu rétribue pour lui les Banū Sulaym, et qu’il les punisse pour ce qu’ils ont fait d’une punition sévère 105 ! Et qu’Il nous abreuve, quand nous les menons, du sang de leurs meilleurs lors de la rencontre. Que de grande calamité tu as repoussée pour eux, alors que leurs âmes étaient montées aux clavicules ! Que de femme noble tu as libérée de chez eux, et d’autre que tu as délivrée des liens ! Que de héraut de chez Sulaym t’appelant, tu as répondu, alors qu’il t’appelait sans délai 106 ! Notre récompense de leur part fut une désobéissance et un chagrin dont la moelle de mon tibia a fondu. Les traces de tes chevaux se sont effacées après un temps, à Dhī Baqar jusqu’à Fayf al-Nihāq 107. » ‘Amra bint Durayd dit aussi : « Ils ont dit : “Nous avons tué Durayd.” J’ai dit : “Ils ont dit vrai.” Alors mes larmes sur la tunique ont coulé. Sans Celui qui a dompté tous les peuples, Sulaym et Ka‘b auraient vu comment délibérer. Alors, ils les auraient attaqués, après un temps et ouvertement, là où leurs demeures se sont fixées, par une armée nombreuse et redoutable 108. » Ibn Hishām a dit : On dit que le nom de celui qui tua Durayd est ‘Abd Allāh ibn Qunay‘ ibn Uhābān ibn Tha‘laba ibn Rabī‘a. (Meurtre d’Abū ‘Āmir al-Ash‘arī) Ibn Isḥāq a dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya Abū ‘Āmir al-Ash‘arī sur les traces de ceux qui s’étaient dirigés vers Awṭās. Il rattrapa une partie des fuyards, qui l’engagèrent dans un combat 109. Abū ‘Āmir fut touché par une flèche et tué. Abū Mūsā al-Ash‘arī, son cousin, prit l’étendard et les combattit. Dieu lui accorda la victoire et les mit en déroute. On prétend que Salama ibn Durayd est celui qui tira la flèche contre Abū ‘Āmir al-Ash‘arī, l’atteignant au genou et le tuant. Il dit : « Si vous me demandez, je suis Salama, fils de Samādīr, pour qui sait discerner 110. Je frappe avec l’épée les têtes des musulmans. » (Invocations du Messager pour les Banū Ri’āb) Samādīr est sa mère.
Le massacre s'intensifia parmi les Banû Nasr contre les Banû Ri'âb. Ils rapportent que 'Abd Allah ibn Qays — surnommé Ibn al-'Awrâ', l'un des Banû Wahb ibn Ri'âb — dit : « Ô Messager d'Allah, les Banû Ri'âb ont péri. » Ils rapportent que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « Ô Allah, répare leur malheur. » (Recommandation de Mâlik ibn 'Awf à son peuple et rencontre d'az-Zubayr avec eux) : Mâlik ibn 'Awf partit lors de la déroute et s'arrêta avec des cavaliers de son peuple sur une colline 111 du chemin. Il dit à ses compagnons : « Arrêtez-vous jusqu'à ce que vos faibles passent et que vos derniers vous rejoignent. » Il s'arrêta là jusqu'à ce que ceux qui les avaient rejoints parmi les fuyards fussent passés. Mâlik ibn 'Awf dit à ce sujet : « Sans deux charges sur Muhâj 112, Le chemin eût été trop étroit pour les lâches 113. Et sans la charge de Duhmân ibn Nasr 114, Près des palmiers, à la poussée du défilé, Ja'far et les Banû Hilâl seraient revenus Honteux, portant des outrages. » Ibn Hishâm dit : Ces vers sont de Mâlik ibn 'Awf en une autre occasion. Ce qui te le prouve, c'est la parole de Durayd ibn as-Simmah au début de ce récit : « Qu'ont fait Ka'b et Kilâb ? » Ils lui répondirent : « Aucun d'eux n'y assista. » Or Ja'far est de Kilâb. Et Mâlik ibn 'Awf dit dans ces vers : « Ja'far et les Banû Hilâl seraient revenus. » Ibn Hishâm dit : Il m'est parvenu que des cavaliers apparurent alors que Mâlik et ses compagnons étaient sur la colline. Il dit à ses compagnons : « Que voyez-vous ? » Ils dirent : « Nous voyons des gens tenant leurs lances entre les oreilles de leurs chevaux, leurs bâts 115 longs. » Il dit : « Ce sont les Banû Sulaym, vous n'avez rien à craindre d'eux. » Quand ils s'approchèrent, ils prirent le fond de la vallée. Puis d'autres cavaliers apparurent à leur suite. Il dit à ses compagnons : « Que voyez-vous ? » Ils dirent : « Nous voyons des gens portant leurs lances en travers 116, sans étriers 117 sur leurs chevaux. » Il dit : « Ce sont les Aws et les Khazraj, vous n'avez rien à craindre d'eux. » Quand ils arrivèrent au pied de la colline, ils prirent le chemin des Banû Sulaym. Puis un cavalier apparut. Il dit à ses compagnons : « Que voyez-vous ? » Ils dirent : « Nous voyons un cavalier au long bât, tenant sa lance sur son épaule 118, la tête enturbannée d'un voile 119 rouge. » Il dit : « C'est az-Zubayr ibn al-'Awwâm. Je jure par al-Lât qu'il va vous attaquer ; tenez bon face à lui. » Quand az-Zubayr arriva au pied de la colline, il vit le groupe et se dirigea vers eux 120. Il ne cessa de les combattre jusqu'à les en déloger 121. (Poème de Salama sur sa fuite) : Ibn Ishâq dit : Salama ibn Durayd dit, en conduisant sa femme jusqu'à les distancer : « Tu m'as fait oublier ce que tu n'étais pas, sans blessure, Et tu as su, au matin du Nakhf al-Adhrib 122, Que je t'ai protégée, bien que monter fût aimé, Et j'ai marché derrière toi comme marche le boiteux 123, Quand tout homme bien peigné, à la chevelure soignée, Fuyait sa mère et son ami sans se retourner 124. » (Suite du récit du meurtre d'Abû 'Âmir) : Ibn Hishâm dit : Un homme de confiance parmi les connaisseurs en poésie m'a raconté — et son récit est : Abû 'Âmir al-Ash'arî rencontra le jour d'Awtâs dix frères parmi les associateurs. L'un d'eux chargea contre lui ; Abû 'Âmir chargea contre lui en l'appelant à l'islam et disant : « Ô Allah, sois témoin contre lui. » Abû 'Âmir le tua. Puis un autre chargea contre lui ; Abû 'Âmir chargea contre lui en l'appelant à l'islam et disant : « Ô Allah, sois témoin contre lui. » Abû 'Âmir le tua. Puis ils continuèrent à charger contre lui un par un, et Abû 'Âmir chargeait en disant cela, jusqu'à ce qu'il en eût tué neuf. Le dixième resta ; il chargea contre Abû 'Âmir, et Abû 'Âmir chargea contre lui en l'appelant à l'islam et disant : « Ô Allah, sois témoin contre moi. » L'homme dit : « Ô Allah, ne sois pas témoin contre moi. » Abû 'Âmir s'écarta de lui, et il s'échappa. Puis il embrassa l'islam par la suite et devint un bon musulman. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue —, quand il le voyait, disait : « C'est le fuyard d'Abû 'Âmir. » Deux frères, al-'Alâ' et Awfâ, fils d'al-Hârith, des Banû Jusham ibn Mu'âwiya, lancèrent des flèches contre Abû 'Âmir ; l'un l'atteignit au cœur, l'autre au genou, et ils le tuèrent. Abû Mûsâ al-Ash'arî prit le commandement des gens, chargea contre eux et les tua. Un homme des Banû Jusham ibn Mu'âwiya dit en les pleurant : « Certes, la calamité est le meurtre d'al-'Alâ' Et d'Awfâ ensemble, sans qu'ils aient été soutenus 125. Ce sont eux qui ont tué Abû 'Âmir, Et il était d'une ardeur 126 impétueuse 127. Ils l'ont laissé sur le champ de bataille, Comme si sur son flanc était un vêtement brodé 128. Tu n'as pas vu dans les gens deux pareils à eux, Moins sujets aux chutes et plus habiles à lancer. » (Interdiction par le Messager de tuer les faibles) : Ibn Ishâq dit : Certains de nos compagnons m'ont raconté que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — passa ce jour-là près d'une femme que Khâlid ibn al-Walîd avait tuée, alors que les gens se pressaient 129 autour d'elle. Il dit : « Qu'est-ce que cela ? » Ils dirent : « Une femme que Khâlid ibn al-Walîd a tuée. » Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit à l'un de ceux qui étaient avec lui : « Rejoins Khâlid et dis-lui : Le Messager d'Allah t'interdit de tuer un enfant, une femme ou un serviteur 130. » (L'affaire de Bijâd et d'ash-Shaymâ') : Ibn Ishâq dit : Certains des Banû Sa'd ibn Bakr m'ont raconté que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit ce jour-là : « Si vous pouvez capturer Bijâd, un homme des Banû Sa'd ibn Bakr, qu'il ne vous échappe pas. » Il avait commis un méfait. Quand les musulmans s'en emparèrent, ils le traînèrent avec sa famille, et traînèrent avec lui ash-Shaymâ', fille d'al-Hârith ibn 'Abd al-'Uzzâ, sœur de lait du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. Ils la maltraitèrent en la traînant. Elle dit aux musulmans : « Sachez, par Allah, que je suis la sœur de lait de votre compagnon. » Ils ne la crurent pas jusqu'à ce qu'ils l'eussent amenée au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. Ibn Ishâq dit : Yazîd ibn 'Ubayd as-Sa'dî m'a raconté : Quand on l'amena au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue —, elle dit : « Ô Messager d'Allah, je suis ta sœur de lait. » Il dit : « Quel en est le signe ? » Elle dit : « Une morsure que tu m'as faite dans le dos alors que j'étais ta porteuse 131. » Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — reconnut le signe, étendit son manteau, l'y fit asseoir, lui donna le choix et dit : « Si tu veux, tu resteras chez moi, aimée et honorée ; si tu veux, je te gratifierai 132 et tu retourneras chez les tiens. » Elle dit : « Plutôt, gratifie-moi et renvoie-moi chez les miens. » Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — la gratifia et la renvoya chez les siens. Les Banû Sa'd prétendent qu'il lui donna un esclave nommé Mak'hûl et une servante ; elle maria l'un à l'autre, et il resta parmi eux une descendance de leur lignée. Ibn Hishâm dit : Allah — Puissant et Majestueux — révéla au sujet du jour de Hunayn : « Allah vous a secourus en de nombreux endroits, et au jour de Hunayn, quand votre nombre vous a émerveillés… » [9:25] jusqu'à Sa parole : « …et voilà la récompense des mécréants. » [9:26] (Dénomination de ceux qui furent martyrisés le jour de Hunayn) : Ibn Ishâq dit : Voici la dénomination de ceux qui furent martyrisés le jour de Hunayn parmi les musulmans : — Parmi les Quraysh, puis les Banû Hâshim : Ayman ibn 'Ubayd. — Parmi les Banû Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ : Yazîd ibn Zam'a ibn al-Aswad ibn al-Muttalib ibn Asad ; son cheval nommé al-Janâh l'emporta et il fut tué. — Parmi les Ansâr : Surâqa ibn al-Hârith ibn 'Adî, des Banû al-'Ajlân. — Parmi les Ash'ariyyûn : Abû 'Âmir al-Ash'arî. (Rassemblement des captives de Hunayn) : Puis on rassembla pour le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — les captives de Hunayn et leurs biens. Mas'ûd ibn 'Amr al-Ghifârî était préposé au butin. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — ordonna que les captives et les biens soient amenés à al-Ji'râna, où ils furent retenus. (Poème de Bujayr le jour de Hunayn) :
Bujayr ibn Zuhayr ibn Abī Sulmā a dit le jour de Hunayn 133 : « Sans Dieu et Son serviteur, vous auriez tourné le dos, quand la peur a saisi tout lâche, Dans la vallée, le jour où nos adversaires se sont avancés vers nous, et les chevaux rapides tombaient sur leurs mentons, Parmi eux, l’un courait, son vêtement à la main, et un autre, couvert de sang, les sabots et la poitrine maculés. Dieu nous a honorés, a fait triompher notre religion et nous a rendus puissants par l’adoration du Tout-Miséricordieux. Dieu les a anéantis, a dispersé leur rassemblement et les a humiliés par l’adoration de Satan. » Ibn Hishām dit : Certains transmetteurs rapportent à ce sujet : « Quand l’oncle de votre Prophète et son allié se leva, appelant : « Ô vous, bataillons de la foi ! Où sont ceux qui ont répondu à leur Seigneur, le jour d’al-ʿUrayḍ 134 et le serment d’al-Riḍwān 135 ? » (Poème de ʿAbbās ibn Mirdās le jour de Hunayn) Ibn Isḥāq dit : ʿAbbās ibn Mirdās a dit le jour de Hunayn : « Par les chevaux rapides le jour du rassemblement à ʿArafāt 136 et par ce que le Messager récite du Livre, J’ai vraiment aimé ce que Thaqīf a subi, au pied du défilé, hier, comme châtiment. Ils sont la tête de l’ennemi parmi les gens du Najd ; leur mort est plus douce que la boisson. Nous avons mis en déroute l’armée, l’armée des Banū Qasī 137, et elle a frotté ses flancs contre les Banū Ri’āb 138. Et un groupe de Hilāl, nous les avons laissés à Awṭās 139, souillés de poussière. S’ils avaient rencontré l’armée des Banū Kilāb, leurs femmes se seraient levées, alors que la poussière s’élevait. Nous avons lancé nos chevaux contre eux, entre Buss 140 et al-Awrāl 141, descendant avec le butin. Avec un bruit de foule, le Messager de Dieu était parmi eux, son bataillon s’exposant aux coups. » Ibn Hishām dit : Son expression « souillés de poussière » vient d’un autre qu’Ibn Isḥāq. (Poème d’Ibn ʿUfayyif en réponse à Ibn Mirdās) ʿAṭiyya ibn ʿUfayyif al-Naṣrī lui répondit, selon ce que nous a rapporté Ibn Hishām : « Rifāʿa se vante-t-il à Hunayn, ainsi que ʿAbbās, fils de celle qui suce les mamelles 142 ? Car toi et l’impiété, vous êtes comme une femme portant une mante 143 pour sa maîtresse, tout en se pavanant dans une peau. » Ibn Isḥāq dit : ʿAṭiyya ibn ʿUfayyif a dit ces deux vers quand ʿAbbās a beaucoup parlé contre Hawāzin le jour de Hunayn. Rifāʿa est de Juhayna. (Autre poème de ʿAbbās ibn Mirdās) Ibn Isḥāq dit : ʿAbbās ibn Mirdās a aussi dit : « Ô sceau des prophètes 144, tu es envoyé avec la vérité ; toute guidance de la voie est ta guidance. Dieu a établi sur toi un amour dans Sa création, et Il t’a nommé Muḥammad. Puis ceux qui ont tenu leur engagement envers toi sont une armée que tu as envoyée contre al-Ḍaḥḥāk 145. Un homme à l’arme tranchante, comme s’il te voyait quand l’ennemi l’encerclait. Il attaque les proches par le sang, mais ne cherche que l’agrément du Tout-Miséricordieux, puis ton agrément. Je t’informe que j’ai vu son assaut sous la poussière, fracassant les associateurs. Tantôt il embrasse de ses deux mains, tantôt il fend les crânes, comme s’il était ton épée tranchante. Il frappe les têtes des guerriers ; si tu voyais ce que j’ai vu, cela te guérirait. Et les Banū Sulaym, s’élançant devant lui, frappant et transperçant l’ennemi sans relâche. Ils marchent sous son étendard, comme des lions du repaire, voulant le combat. Ils n’espèrent de parenté proche que pour l’obéissance à leur Seigneur et pour toi. Voici nos hauts faits, qui nous sont connus, et notre allié est ton Maître. » ʿAbbās ibn Mirdās a aussi dit : « Ô Umm Farwa 146, vois-tu notre cavalerie ? Parmi elle, des chevaux désœuvrés qu’on mène, et des boiteux. Le choc des ennemis a fragilisé leur sang ; elles ont des ouvertures de blessures qui coulent. Que de femmes disant, à notre assaut : « Les guerres sont devenues amères », mais on s’en réjouit, sans peur. Nulle délégation comme celle qui nous a liés par un lien avec la corde de Muḥammad, qui ne sera pas coupée. Délégation : Abū Qaṭan Ḥuzāba en fait partie, ainsi qu’Abū al-Ghuyūth, Wāsiʿ et al-Muqannaʿ. Et le chef des cent, qui a complété neuf cents, faisant mille ; un chef à la tête glabre 147. Les Banū ʿAwf et le clan de Mukhāshin ont rassemblé six, et les trayeurs 148 de Khufāf, quatre. Là, quand le Prophète fut secouru par notre millier, le Prophète noua pour nous un étendard qui brillait. Nous avons gagné sa bannière, et son nœud a légué la gloire de la vie et une seigneurie inamovible. Et le matin où nous étions avec le Prophète, son aile, dans la plaine de La Mecque, tandis que les lances tremblaient. Notre réponse à l’appel de notre Seigneur fut, en vérité, parmi nous, tête nue et casqué. Dans chaque cotte de mailles dont David a choisi le tissage, quand il forgea le fer, ainsi que Tubbaʿ 149. Et nous avons, aux puits de Hunayn, une troupe qui a écrasé l’hypocrisie, et une forteresse inébranlable. Le Prophète fut secouru par nous ; nous étions un peuple qui, dans chaque calamité, nuit et profite. Nous avons repoussé, ce jour-là, Hawāzin avec les lances, tandis que les chevaux étaient submergés par une poussière montante. Quand le Prophète craignit leur assaut, et qu’ils s’appuyèrent sur une foule dont le soleil semblait s’humilier. On y appelait les Banū Jusham, et on y appelait, au milieu, les clans de Naṣr, les lances dressées. Jusqu’à ce que le Messager Muḥammad dit : « Ô Banū Sulaym, vous avez tenu parole, levez-vous. » Nous partîmes ; sans nous, leur violence aurait submergé les croyants, et ils auraient emporté ce qu’ils avaient rassemblé. » ʿAbbās ibn Mirdās a aussi dit le jour de Hunayn : « Majdal 150 s’est effacé, avec ses habitants, ainsi que Mutāliʿ ; Miṭlā Arīk 151 est devenu vide, ainsi que al-Maṣāniʿ 152. Nos demeures, ô Juml 153, quand notre vie était aisée, et que le sort rassemblait la tribu. Bien-aimée que l’éloignement du destin a emportée vers la séparation ; y a-t-il un retour de la vie passée ? Si tu blâmes les mécréants sans être blâmée, je suis le vizir du Prophète et son suivant. Il nous a appelés contre eux, la meilleure délégation que je connaisse : Khuzayma, al-Marrār et Wāsiʿ. Nous sommes venus avec mille hommes de Sulaym, portant une armure de David, magnifique. Nous lui avons prêté serment aux deux Akhshabān 154 ; c’est la main de Dieu entre les deux Akhshabān que nous serrons. Nous avons parcouru avec le Guide 155 La Mecque de force, avec nos épées, la poussière s’élevant et montant. Des épées ʿadaniyya 156, tandis que les chevaux, sur leurs dos, étaient couverts de sang chaud et de sang caillé du cœur. Et le jour de Hunayn, quand Hawāzin marcha vers nous, et que les côtes se serrèrent d’angoisse, Nous avons patienté avec al-Ḍaḥḥāk, sans que nous ébranlent les combats des ennemis et les batailles. Devant le Messager de Dieu, flottait au-dessus de nous un étendard brillant comme une toupie de nuage 157. Le soir où Ḍaḥḥāk ibn Sufyān s’arma de l’épée du Messager de Dieu, tandis que la mort était proche. Nous repoussions notre frère de notre frère, et si nous avions vu une échappatoire, nous aurions été les plus proches à suivre. Mais la religion de Dieu est la religion de Muḥammad ; nous l’avons agréée ; en elle sont la guidance et les lois. Il a établi par elle, après l’égarement, notre affaire ; et nul ne repousse ce que Dieu a décrété. » ʿAbbās ibn Mirdās a aussi dit le jour de Hunayn : « Le reste du lien d’Umm Mu’ammil 158 s’est rompu par la fin ; elle a changé pour une intention contraire. Elle a juré par Dieu qu’elle ne romprait pas les liens ; mais elle n’a pas été véridique, ni n’a tenu son serment. Elle est de Khufāf ; le ventre d’al-ʿAqīq 159 est son estivage, et elle habite, parmi les bédouins, Wajra 160 et al-ʿUrf 161. Si tu suis les mécréants, ô Umm Mu’ammil, tu as rempli mon cœur, malgré son éloignement, d’une passion ardente. L’Informé 162 t’apprendra que nous avons refusé et n’avons cherché d’alliance qu’auprès de notre Seigneur. Et que nous, avec le Guide, le Prophète Muḥammad, nous avons tenu parole, sans qu’un groupe n’ait accompli mille. Avec de jeunes hommes sincères de Sulaym, nobles, obéissants, ne désobéissant à aucun de ses ordres. Khufāf, Dhakwān et ʿAwf ; tu les croirais des lions rugissants, peinant dans leur proie. Comme si les étoffes grises et les épées blanches étaient revêtues sur des lions, se rencontrant dans leurs embuscades, le cou baissé. Par nous, la religion de Dieu a été rendue puissante, sans hypocrisie, et nous avons surpassé la tribu qui était avec lui de beaucoup. À La Mecque, quand nous sommes venus, notre étendard était comme un aigle voulant, après son vol, saisir une proie. Sur les regards levés, tu croirais, quand il tournoyait dans ses mouvements, un son de flûte. Le matin où nous avons foulé les associateurs, sans trouver, pour l’ordre du Messager de Dieu, ni équivalent ni détour. Dans une mêlée où les gens n’entendaient, au milieu, de nous qu’un murmure, sinon l’exhortation et le bruit des os frappés. »
Avec des épées blanches, nous faisons voler les têtes de leurs bases 163 ... et nous cueillons les cous des braves comme on cueille des fruits. (194) Combien de tués ensanglantés avons-nous laissés ... et de veuves implorant Dieu contre leur époux, hélas ! (195) Nous visons l'agrément de Dieu, non celui des hommes ... et à Dieu appartient tout ce qui paraît et tout ce qui est caché. Et 'Abbâs ibn Mirdâs dit aussi : Qu'a donc ton œil, avec cette humeur qui le rend hagard et insomniaque ... pareil au charbon ardent, dont les paupières se ferment à peine ? (196) Un œil que le chagrin visite, lui apportant l'insomnie ... tantôt l'eau le submerge, tantôt elle s'écoule. (197) On dirait un collier de perles chez une femme qui l'enfile ... le fil s'en rompt, et les voilà dispersées. (198) Que la demeure de celui dont tu espères l'amitié est lointaine ... et que séparent de lui le Ṣammân 164 et le Ḥafar 165 ! (199) Laisse ce qui fut jadis au temps de la jeunesse ... la jeunesse s'en est allée, les cheveux blancs et la calvitie sont venus. (200) Rappelle-toi le mérite de Sulaym 166 dans ses combats ... et en Sulaym, pour les gens de gloire, il y a de quoi se vanter. Gens qui ont secouru le Tout-Miséricordieux et suivi ... la religion du Messager, alors que les affaires des hommes étaient confuses. (201) Ils ne plantent pas de jeunes palmiers au milieu d'eux ... et dans leurs pâturages d'hiver, les vaches ne mugissent pas. (202) Mais seulement des chevaux rapides comme des aigles, bien dressés ... dans une plaine entourée de dangers et de poussière. (203) On y appelle Khufâf 167 et 'Awf 168 dans ses parages ... et la tribu de Dhakwân 169, ni déviants ni récalcitrants. (204) Ceux qui frappent les armées de l'association 170 en plein jour ... dans le bas de la Mecque, tandis que les âmes se précipitent. (205) Jusqu'à ce que nous les ayons repoussés, leurs morts gisant ... comme des palmiers déracinés sur le bord de la plaine. (206) Et nous, le jour de Ḥunayn 171, notre présence fut ... pour la religion une gloire, et auprès de Dieu un trésor. Quand nous chevauchions la mort, dont les doublures sont vertes 172 ... et les chevaux déchirent un nuage de poussière. (207) Sous l'étendard, avec al-Ḍaḥḥâk 173 qui nous précédait ... comme marche le lion dans ses fourrés, tapi. (208) Dans un défilé de la guerre, dont la poitrine est si étroite ... que le soleil et la lune manquent d'y disparaître. (209) Nous avons patienté à Awṭâs 174, nos lances prêtes ... pour Dieu nous secourons qui nous voulons et nous sommes secourus. Jusqu'à ce que des gens regagnent leurs demeures ... sans le Roi et sans nous, ils ne seraient pas partis. (210) Tu ne vois aucun groupe, petit ou grand ... sans qu'il y ait de nous une trace parmi eux. Et 'Abbâs ibn Mirdâs dit aussi : Ô toi, l'homme que transporte ... une chamelle au nez fendu, aux sabots brûlés, robuste. (211) Si tu arrives chez le Prophète, dis-lui ... en vérité, il te revient, quand l'assemblée est calme : Ô le meilleur de ceux qui montent les montures et marchent ... sur la terre, quand les âmes sont comptées. Nous avons tenu ce que tu nous avais promis ... alors que les chevaux sont frappés par les braves et broyés. (212) Quand, des confins de Buhtha 175 tout entière, afflue ... une foule dont les cols de montagne tremblent. (213) Jusqu'à ce que nous ayons abreuvé les gens de la Mecque d'une armée ... étincelante, précédée du héros au front sévère. (214) De chaque homme robuste de Sulaym, portant ... un casque blanc bien ajusté et un heaume. (215) Il abreuve la lance quand il ose dans la mêlée ... et tu le prendrais pour un lion quand il fronce les sourcils. Il attaque le bataillon, couvert d'armes, et dans sa main ... une épée tranchante avec laquelle il fend, et une lance flexible qui pousse. (216) Et à Ḥunayn, de notre groupe, a tenu promesse ... un millier d'hommes, renfort pour le Messager, redoutables. (217) Ils étaient devant les croyants, comme un bouclier ... et le soleil, ce jour-là, brillait sur eux. (218) Nous avançons, et Dieu nous garde par Sa protection ... et Dieu ne laisse pas périr celui qu'Il garde. Nous avons été retenus dans les défilés, une halte ... que Dieu a agréée, et quelle bonne halte ! (219) Et au matin d'Awṭâs, nous avons serré les rangs d'une charge ... qui a suffi contre l'ennemi, et l'on a crié : « Arrêtez ! » Hawâzin 176 invoquait la fraternité entre nous ... un sein que Hawâzin tendait, desséché. Jusqu'à ce que nous ayons laissé leur foule, comme ... un âne sauvage que les fauves se disputent, déchiqueté. (220) Ibn Hishâm dit : Khalaf al-Aḥmar m'a récité son vers : « et l'on a crié : Arrêtez ! » Ibn Isḥâq dit : Et 'Abbâs ibn Mirdâs dit aussi : Nous avons secouru le Messager de Dieu, par colère pour lui ... avec mille guerriers dont les cottes de mailles ne se comptent pas. (221) Nous lui avons porté, au bout de la lance, un étendard ... que son défenseur brandit dans le tumulte de la mort. (222) Et nous l'avons teint de sang, telle est sa couleur ... au matin de Ḥunayn, le jour où Ṣafwân 177 était son rival. (223) Nous étions, pour l'Islam, sa droite ... et à nous revenaient le lien de l'étendard et son porteur. Nous étions pour lui, à l'exclusion des autres troupes, ses intimes ... il nous consultait dans ses affaires, et nous le consultions. Il nous appela et nous nomma « le signe distinctif 178 », en avant ... et nous fûmes pour lui un soutien contre qui lui était hostile. (224) Que Dieu récompense en bien Muhammad, le Prophète ... et qu'Il le soutienne par la victoire, car Dieu est son soutien. Ibn Hishâm dit : Des savants en poésie m'ont récité, à partir de son vers : « Nous étions, pour l'Islam... » jusqu'à la fin, mais ils n'ont pas connu le vers qui commence par : « Nous lui avons porté, au bout de la lance, un étendard... » Et après son vers : « et à nous revenaient le lien de l'étendard et son porteur », ils m'ont récité : « Et nous l'avons teint de sang, telle est sa couleur... » Ibn Isḥâq dit : Et 'Abbâs ibn Mirdâs dit aussi : Qui informera les tribus que Muhammad ... le Messager de Dieu, est bien guidé où qu'il aille ? (225) Il invoqua son Seigneur et implora le secours de Dieu seul ... et Dieu lui a accordé et a été bienfaisant. Nous voyageâmes de nuit, et nous donnâmes rendez-vous à Qudayd 179 à Muhammad ... il nous mène vers un ordre de Dieu bien arrêté. Ils doutèrent de nous à l'aube, jusqu'à ce qu'ils distinguent ... avec l'aube, des jeunes gens et une forêt bien ordonnée. (226) Sur les chevaux, nos cuirasses serrées sur nous ... et des fantassins comme les flots d'un torrent impétueux. (227) Car les nobles de la tribu, si tu veux le savoir ... sont Sulaym, et parmi eux, ceux qui se sont soumis. (228) Et un contingent des Ansâr 180 qui ne l'abandonnent pas ... ils obéissent et ne lui désobéissent jamais, quoi qu'il dise. Si tu as nommé Khâlid 181 à la tête du peuple ... et que tu l'as mis en avant, il a déjà précédé. Avec une armée que Dieu a guidée, dont tu es l'émir ... tu frappes, dans la vérité, celui qui était injuste. J'ai prêté un serment pieux à Muhammad ... et je l'ai accompli avec mille chevaux bridés. Et le Prophète des croyants dit : « Avancez ! » ... et il nous est agréable d'être les premiers. Nous passâmes la nuit à Nahy al-Mustadîr 182, sans avoir ... peur, mais seulement par désir et par détermination. Nous t'avons obéi jusqu'à ce que tout le monde se soumette ... et jusqu'à ce que nous ayons abreuvé la foule des gens de Yalamlam 183. (229) Le cheval bai-pie s'y égare ... et le vieillard ne se rassure qu'après avoir été marqué. (230) Nous les avons assaillis comme l'arrivée des outardes, poussées par la chaleur du matin ... et chacun, tu le vois, recule devant son frère. (231) Depuis le matin jusqu'au soir, nous avons laissé ... Ḥunayn, dont les torrents coulaient de sang. (232) Si tu veux, de chaque côté tu vois un cheval rapide ... et son cavalier qui tombe, et une lance brisée. (233) Hawâzin a sauvé son bétail de nous ... et il lui serait agréable que nous échouions et soyons privés. (234) (Poème de Ḍamḍam le jour de Ḥunayn) Ibn Isḥâq dit : Et Ḍamḍam ibn al-Ḥârith ibn Jusham ibn 'Abd ibn Ḥabîb ibn Mâlik ibn 'Awf ibn Yaqaẓa ibn 'Uṣayya as-Sulamî dit, le jour de Ḥunayn, alors que Thaqîf 184 avait blessé Kinâna ibn al-Ḥakam ibn Khâlid ibn ash-Sharîd, et il vengea celui-ci en tuant Miḥjan et un de ses cousins, tous deux de Thaqîf : Nous avons amené les chevaux d'ailleurs ... jusqu'à Jurash 185, des gens de Zayyân 186 et d'al-Famm 187. (235) Ils tuent les lionceaux des lions, et nous cherchons ... des tyrans qui, avant nous, n'avaient pas été détruits. (236) Si vous vous vantez d'ibn ash-Sharîd, moi ... j'ai laissé à Wajj 188 des deuils après des deuils. (237) Je les ai vengés par ibn ash-Sharîd, et il a été trompé par ... votre voisinage, alors qu'il n'était pas blâmable. (238) Nos lances atteignent des hommes de Thaqîf ... et nos épées les blessent de toutes blessures. (239) Et Ḍamḍam ibn al-Ḥârith dit aussi : Fais parvenir, auprès des tiens, aux femmes une nouvelle : ... ne te fie jamais au temps, à cause d'une femme voilée. (240) Après celle qui dit à sa voisine de tente : ... « J'aurais été, si l'expédition était restée à la maison... » (241) Quand elle vit un homme dont la peau était brûlée ... par l'ardeur de l'été, et les os nus. (242) Aux os décharnés, tu le vois à la fin de la nuit ... revêtu de sa cotte de mailles, prêt pour l'incursion. (243) Alors que je ne cesse, sur la selle d'une chamelle vigoureuse ... au poil ras, qui rattache mon pagne aux hauteurs. (244)
Un jour sur la trace du butin et une autre fois... elle fut écrite en combattant avec les Ansâr 189 (247) Et près de chaque bosquet que j'ai anéanti... avec la lenteur que j'y mets, et de chaque terrain marécageux (248) Afin de changer ce qui s'y trouvait de besoin... et elle souhaiterait que je ne revienne pas à Fajâr 190 (249) (Poème d'Abû Khirâsh 191 en élégie d'Ibn al-'Ajwa 192) : Ibn Hishâm 193 dit : Abû 'Ubayda 194 m'a raconté : Zuhayr ibn al-'Ajwa al-Hudhalî 195 fut capturé le jour de Hunayn 196, et on lui lia les mains. Jamîl 197 ibn Ma'mar al-Jumahî le vit et lui dit : « Es-tu celui qui nous marchait sur les talons dans les défilés ? » Puis il lui trancha la tête. Abû Khirâsh al-Hudhalî, qui était son cousin, dit en l'élégie : Jamîl ibn Ma'mar a affamé mes hôtes... à Dhî Fajr 198, où se réfugient les veuves (253) Au long fourreau d'épée 199, non chétif... quand il frémit et que les baudriers se relâchent sur lui (257) Ses mains manquent de laisser tomber son pagne... de générosité, quand les qualités l'ont rendu prodigue (260) Dans sa maison se réfugie le nécessiteux 200 en hiver... et l'implorant 201 aux deux vêtements usés, indigent (263) Il rentre le soir transi 202, et un vent du soir souffle... dont les rafales le fouettent, et il se lamente (266) Qu'ont donc les gens de la maison à ne pas se disperser... alors qu'en a disparu l'homme avisé et magnanime 203 (268) Je jure que si tu l'avais rencontré sans entraves... les hyènes errantes t'auraient ramené au Na'f 204 (269) Et si tu l'avais affronté quand tu l'as rencontré... et que tu l'eusse défié, ou si tu étais de ceux qui défient, Jamîl serait resté le plus mal tombé des gens... mais le fait d'avoir les mains liées dans le dos distrait l'homme (273) Ce n'est plus comme au temps de la demeure, ô Umm Thâbit 205... mais les chaînes ont entouré les cous (275) Et le jeune homme est devenu comme un vieillard qui ne fait... que le bien, et les censeurs se sont reposés (277) Et les frères sincères sont devenus comme si... un éboulement de terre les avait recouverts (278) Ne crois pas que j'ai oublié les nuits... à La Mecque, quand nous ne dépassions pas ce que nous cherchions (279) Quand les gens étaient des gens et le pays dans l'insouciance... et que les entrées n'étaient pas surveillées contre nous (281) (Poème d'Ibn 'Awf 206 en excuse de sa fuite) : Ibn Ishâq 207 dit : Mâlik ibn 'Awf 208 dit ce jour-là en s'excusant de sa fuite : Le sommeil m'a fui, je ne ferme l'œil une heure... à cause de troupeaux, dans les vallons de la route, décimés (282) Demande à Hawâzin 209 si j'ai nui à leur ennemi... et aidé leur débiteur quand il s'endette Et combien de bataillon j'ai affronté à un autre bataillon... deux troupes, l'une sans armure, l'autre cuirassée (283) Et un avant-poste dont les âmes peinent à cause de son étroitesse... je l'ai attaqué, et les témoins de mon peuple le savent (284) Je l'ai abordé et j'ai laissé des frères pour lui... qui abordent son flot, et son flot est du sang (285) Quand ses vagues se dissipent, elles me laissent... la gloire de la vie et la gloire d'un butin à partager Vous m'avez imputé le péché de la famille de Muhammad... et Dieu sait qui est le plus désobéissant et le plus injuste Et vous m'avez abandonné quand je combattais seul... et vous m'avez abandonné quand Khath'am 210 combattait Et quand je bâtis la gloire, certains d'entre vous la détruisent... ne se valent pas celui qui bâtit et un autre qui détruit Et un homme au ventre creux, peu exigeant en hiver, prompt... dans la gloire, qui s'élève vers les hauteurs, généreux (286) J'y ai contraint une lance yazaniyya 211... noire, précédée d'une pointe de lance aiguë (287) Et j'ai laissé son bruit repousser son allié... et dire : « On n'entre pas chez une telle » (288) Et j'ai exposé mon corps aux lances, cuirassé... comme une cible 212 qu'on vise et qu'on fend (289) (Poème d'un Hawâzinî 213 mentionnant l'islam de son peuple) : Ibn Ishâq dit : Un poète de Hawâzin dit aussi, mentionnant leur marche vers le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) avec Mâlik ibn 'Awf après son islam : Souviens-toi de leur marche vers les gens quand ils se rassemblèrent... et Mâlik, au-dessus de lui les étendards flottant Et Mâlik est Mâlik, nul au-dessus de lui... le jour de Hunayn, sur lui la couronne resplendissante (290) Jusqu'à ce qu'ils rencontrassent le malheur quand le malheur les précédait... sur eux les épées, les corps et les boucliers (291) Ils combattirent les gens jusqu'à ne voir personne... autour du Prophète, et jusqu'à ce que l'obscurité les couvrît (292) Puis Gabriel descendit avec leur secours... du ciel, et voilà vaincus et embrassés (293) De nous, et si ce n'était Gabriel qui combat pour nous... nos épées anciennes nous auraient protégés (294) Et 'Umar al-Fârûq 214 nous échappa quand ils furent vaincus... par une blessure dont le sang imbiba sa selle (296) (Poème d'une Jushamiyya 215 en élégie de ses deux frères) : Une femme des Banû Jusham 216 dit en pleurant deux frères tués le jour de Hunayn : Mes deux yeux, pleurez sur Mâlik... ensemble et sur al-'Alâ' 217, et ne soyez pas avares (297) Ce sont eux qui ont tué Abû 'Âmir 218... et il était d'une ardeur impétueuse Ils l'ont laissé sur un sol dur... s'affaissant, perdant son sang, sans oreiller (298) (Poème d'Abû Thawâb 219 en satire de Quraysh 220) : Abû Thawâb Zayd ibn Suhâr, l'un des Banû Sa'd ibn Bakr 221, dit : N'as-tu pas appris que Quraysh a vaincu... Hawâzin, alors que les malheurs leur sont imposés ? Et nous étions, ô Quraysh, quand nous nous fâchions... il venait de la colère du sang vermeil (299) Et nous étions, ô Quraysh, quand nous nous fâchions... comme si nos nez avaient un sternutatoire 222 (300) Et nous sommes devenus, Quraysh nous mène... comme on mène les chameaux, conduits par les Nabatéens 223 (301) Ni je ne refuse si l'on me demande l'humiliation... ni je ne suis joyeux de me montrer doux envers eux (302) Leur chair sera transportée dans chaque vallée... et des marques seront inscrites dans leurs oreilles (303) Et on rapporte « al-khutût » 224, et ce vers est dans la version d'Abû Sa'd 225 (304). Ibn Hishâm dit : On dit aussi Abû Thawâb Ziyâd ibn Thawâb. Et Khalaf al-Ahmar 226 m'a récité son dire : « Il venait de la colère du sang vermeil », et la fin du poème d'après un autre qu'Ibn Ishâq. (Poème d'Ibn Wahb 227 en réponse à Ibn Abî Thawâb) : Ibn Ishâq dit : 'Abd Allâh ibn Wahb, un homme des Banû Tamîm 228, puis des Banû Usayyid 229, lui répondit : Par la condition de Dieu, nous frappons ceux que nous rencontrons... de la meilleure condition que tu aies vue Et nous étions, ô Hawâzin, quand nous rencontrions... nous arrosions les têtes de sang vermeil (305) Avec votre rassemblement et celui des Banû Qasî 230... nous frottions le sol comme des feuilles froissées (306) Nous avons atteint vos nobles et nous avons incliné... par un massacre parmi le séparé et le mêlé (307) Par lui, l'étourdi étend les mains... vomissant la mort comme un jeune chameau haletant (308) Si Qays 'Aylân 231 est en colère... mon sternutatoire ne cesse de les humilier (Poème de Khadîj 232 au sujet du jour de Hunayn) : Khadîj ibn al-'Awjâ' al-Nasrî 233 dit : Quand nous approchâmes de Hunayn et de son eau... nous vîmes une masse noire d'une couleur étrange et tachetée (309) Avec une troupe nombreuse et blanche, s'ils avaient lancé avec elle... des sommets de 'Uzwâ 234, alors elle serait devenue une plaine (312)
- lā shawā la-hā : Expression signifiant 'sans brûlure', c'est-à-dire une étreinte mortelle qui ne laisse pas de trace de brûlure.
- tanasṣarī : Embrasser le christianisme, c'est-à-dire devenir chrétienne.
- mā fataḥa Allāhu ʿalayhi min Makkata : Ce qu'Allah lui avait ouvert comme conquête de La Mecque.
- wa : Conjonction de coordination 'et'.
- al-aḥlāf : Les alliés ; désigne ici un groupe tribal parmi les Thaqîf.
- Awṭās : Nom d'une vallée située entre La Mecque et Tā'if.
- shijār : Litière ou palanquin pour transporter une personne âgée ou infirme.
- ḥazn ḍirs : Terrain rocailleux et accidenté, difficile pour la cavalerie.
- sahl dahs : Plaine sablonneuse et meuble, où les pieds s'enfoncent.
- yuʿār al-shāʾ : Bêlements des moutons.
- anqaḍa bi-hi : Il claqua de la langue en signe de désapprobation ou d'étonnement.
- al-ḥadd : Le sérieux, la détermination ; peut aussi signifier 'la force'.
- al-jadhaʿān : Les deux jeunes pousses ; désigne deux jeunes hommes inexpérimentés.
- al-bayḍa : La masse, le noyau dur de l'armée ; littéralement 'l'œuf'.
- al-ṣubāʾ : Les jeunes hommes, la jeunesse.
- akhubbu fīhā wa-aḍaʿ : Je trotterais et je galoperais ; verbes décrivant l'allure du cheval.
- waṭfāʾ al-zamaʿ : Chamelle aux poils longs et aux jarrets courts, signe de rapidité.
- ṣadaʿ : Brebis tachetée de blanc et de noir.
- Safwān ibn Umayya : Chef mecquois encore polythéiste à cette époque, qui deviendra musulman plus tard.
- sa'alahu : Il lui demanda ; le pronom renvoie à Safwān.
- ghūl : Créature mythologique arabe, sorte de démon femelle qui égare les voyageurs.
- Riʿl : Tribu arabe.
- umm Kilāb : Expression de regret, 'mère de Kilāb' est une interjection.
- Ibn Hawdha : Personnage non identifié, probablement un chef ennemi.
- lā talfiẓūhā : Ne laissez pas échapper l'occasion ou le butin.
- Saʿd wa-Duhmān : Deux tribus ou clans alliés.
- lan tarjiʿūhā : Vous ne les récupérerez pas ; le pronom féminin renvoie aux biens ou au butin.
- mujallila : Couverte, c'est-à-dire abondante ou protégée.
- Shan‘ā’ : Nom d’une femme ou d’une localité, symbole de laideur morale.
- Dhū Shawghar : Nom d’un lieu ou d’une personne, peut-être une montagne.
- Sulwān : Nom d’un lieu ou d’une source.
- Ḥadhaf : Nom d’un homme connu pour sa pingrerie.
- Hawāzin : Grande tribu arabe, ennemie des musulmans à Ḥunayn.
- maladie du Yéménite : Allusion à la trahison, attribuée aux Yéménites.
- Sulaym : Tribu arabe alliée des musulmans.
- Ghassān : Tribu arabe chrétienne, alliée des Byzantins.
- Banū Asad : Tribu arabe.
- les deux galeux : Surnom des tribus ‘Abs et Dhubyān, en raison d’une ancienne guerre.
- Banū ‘Abs : Tribu arabe.
- Dhubyān : Tribu arabe.
- Aws et ‘Uthmān : Deux tribus de Muzayna.
- Muzayna : Tribu arabe alliée des musulmans.
- Dhāt Anwāṭ : Arbre sacré des polythéistes où ils suspendaient leurs armes.
- Ḥunayn : Vallée près de La Mecque, lieu de la bataille en 630 ap. J.-C.
- Quraysh : Tribu de La Mecque, dont le Prophète Muhammad.
- vallée creuse : Vallée encaissée.
- Tihāma : Région côtière de l’Arabie.
- en pente raide : Descente abrupte.
- obscurité du matin : Crépuscule matinal.
- replis : Courbes ou anfractuosités.
- s’enfuirent : Pris de panique.
- Rien : Personne ne répondit.
- émigrés : Musulmans ayant émigré de La Mecque à Médine.
- auxiliaires : Musulmans de Médine ayant accueilli les émigrés.
- rudes Mecquois : Mecquois récemment convertis, peu sincères.
- rancune : Haine cachée.
- flèches de sort : Flèches utilisées pour la divination.
- carquois : Étui à flèches.
- qu’Allah brise ta bouche : Imprécation signifiant « tais-toi ».
- me domine : Me gouverne ou me commande.
- Abū Ḥanbal : Surnom de Kalada, signifiant « père de Ḥanbal ».
- Umm Ḥanbal : Mère de Ḥanbal, probablement une chamelle.
- Ibn ‘Izhil : Personnage connu pour ses chameaux de race.
- Banū ‘Abd al-Dār : Clan de Quraysh, gardiens de la Kaaba.
- ma vengeance (de Muhammad) : Vengeance pour la mort de son père à Uḥud.
- Uḥud : Montagne près de Médine, lieu d’une bataille en 625 ap. J.-C.
- Banū Bakr : Tribu arabe.
- retenue : Tirée en arrière pour la contrôler.
- compagnons de l’arbre : Ceux qui prêtèrent serment sous l’arbre à Hudaybiyya.
- Khazraj : Tribu de Médine, composante des auxiliaires.
- choc des combattants : Mêlée violente.
- la fournaise s’est enflammée : Expression signifiant que le combat est à son comble.
- aghral : Non circoncis ; se dit d'un homme dont le prépuce n'a pas été enlevé.
- Aḥlāf : Les alliés ; désigne un groupe tribal à La Mecque, les confédérés.
- Banū Kubbā : Sous-tribu de Thaqīf.
- Dhū l-Khimār : Surnom de Mālik ibn ‘Awf al-Naṣrī, chef des Hawāzin à Ḥunayn, portant un voile (khimār).
- al-khabīr : La nouvelle, l'information.
- yukhāyiruhu makhīr : Expression signifiant que quiconque le défie est vaincu ; makhīr : vaincu, dominé.
- Banū Qasī : Sous-tribu de Thaqīf.
- Wajj : Vallée de Ṭā’if.
- ḍāḥiya : À découvert, en plein jour.
- naṭīr : Prêt à exploser, sur le point d'éclater de rage.
- yaghūrū : Ils disparaissent, ils se cachent.
- Liyya : Lieu près de La Mecque.
- al-nuṣūr : Les secours, les aides.
- tamūr : Coule abondamment.
- Banū Ḥuṭayṭ : Sous-tribu de Thaqīf.
- zūr : De travers, inclinés.
- sanān al-manāyā : La voie des destins, le chemin de la mort.
- jayḍā : Rapidement, en hâte.
- al-ghaliq al-ṣurayyira al-ḥaṣūr : L'homme colérique, à la nuque raide, qui se retient (par avarice ou par peur).
- al-ṣuqūr : Les faucons ; métaphore pour les hommes courageux.
- Banū ‘Awf : Sous-tribu de Thaqīf.
- al-faṣāfiṣ wa-l-sha‘īr : La luzerne et l'orge ; fourrage pour chevaux.
- al-mushīr : Le conseiller, celui qui donne son avis.
- mā samara al-samīr : Tant que dure la veillée ; expression pour dire 'toujours'.
- ‘anqafīr : Grand malheur, calamité.
- Banū Mu‘āwiya ibn Bakr : Sous-tribu de Hawāzin.
- al-iḥan : Les rancunes, les haines.
- shijār : Palanquin, litière pour femme.
- ‘ijān : Périnée, partie entre les cuisses.
- a‘rā’ : À cru, sans selle.
- Sumayra : Vallon ou lieu-dit.
- al-‘anāq : Jeune femelle de bouquetin ; peut être un nom de lieu ou de tribu.
- ‘aqāq : Punition sévère, châtiment.
- ramāq : Délai, répit.
- Fayf al-Nihāq : Lieu-dit.
- dhafir : Redoutable, terrible.
- nāwashūhu l-qitāl : Ils l'engagèrent dans le combat, ils l'attaquèrent.
- tawassamah : Qui sait discerner, reconnaître.
- thaniyya : Colline ou défilé montagneux.
- Muhâj : Nom d'un lieu ou d'une personne ; peut-être un toponyme.
- al-'adârît : Pluriel de 'udrût, désignant les lâches ou les fuyards.
- Duhmân ibn Nasr : Personnage mentionné dans le poème.
- bawâd : Pluriel de bâd, désignant le bât ou la selle.
- ‘âridî : Portant les lances en travers, signe d'une tribu spécifique.
- aghfâl : Sans étriers, indiquant une manière de monter.
- ‘âtîq : Épaule.
- mulâ'a : Voile ou manteau.
- samada lahum : Se dirigea résolument vers eux.
- azâhahum : Les délogea ou les repoussa.
- Nakhf al-Adhrib : Toponyme ; lieu-dit.
- ankab : Boiteux.
- lam ya‘qib : Sans se retourner ou sans revenir.
- lam yusnadâ : Sans avoir été soutenus ou appuyés.
- habba : Ardeur, élan.
- arbad : Impétueux, rapide.
- mujsad : Vêtement brodé ou tissé.
- mutaqassifûn : Se pressant ou s'attroupant.
- ‘asîf : Serviteur ou ouvrier agricole.
- mutawarrikatuka : Celle qui te porte sur sa hanche.
- umatti‘uka : Je te gratifie ou te donne des biens.
- Hunayn : Nom d'une vallée près de La Mecque, lieu d'une bataille en l'an 8 de l'Hégire.
- al-ʿUrayḍ : Lieu où les Ansârs prêtèrent serment au Prophète avant l'Hégire.
- al-Riḍwān : Serment d'allégeance sous l'arbre à Hudaybiyya, agréé par Dieu.
- yawm jamʿ : Le jour du rassemblement à ʿArafāt pendant le pèlerinage.
- Banū Qasī : Tribu de Hawāzin, aussi appelée Thaqīf.
- Banū Ri’āb : Clan de Hawāzin.
- Awṭās : Vallée près de Hunayn, lieu d'une bataille.
- Buss : Lieu près de La Mecque.
- al-Awrāl : Montagne ou lieu près de Hunayn.
- rāḍiʿat al-lijāb : Expression insultante désignant une femme qui allaite les chamelles, ici métaphore pour une origine basse.
- mirṭ : Manteau ou vêtement ample porté par les femmes.
- khātam al-nubāʾ : Sceau des prophètes, titre de Muḥammad.
- al-Ḍaḥḥāk : Ḍaḥḥāk ibn Sufyān, chef des Banū Sulaym.
- Umm Farwa : Femme de ʿAbbās ibn Mirdās.
- aqraʿ : Qui a le crâne dégarni, signe de noblesse.
- aḥlub : Trayeurs, désignant des chamelles laitières, ici métaphore pour des guerriers.
- Tubbaʿ : Rois himyarites du Yémen, réputés pour leur puissance.
- Majdal : Lieu ou forteresse.
- Miṭlā Arīk : Lieu-dit.
- al-Maṣāniʿ : Lieu-dit.
- Juml : Femme aimée du poète.
- al-Akhshabān : Les deux montagnes de La Mecque, Abū Qubays et al-Akhshab.
- al-Mahdī : Le Guide, ici le Prophète Muḥammad.
- ʿadaniyya : Épées de ʿAdan (Aden), réputées pour leur qualité.
- khudhrūf al-saḥāba : Toupie de nuage, métaphore pour un étendard qui tournoie.
- Umm Mu’ammil : Femme aimée du poète.
- al-ʿAqīq : Vallée près de Médine.
- Wajra : Lieu dans le Najd.
- al-ʿUrf : Lieu-dit.
- al-Khabīr : L'Informé, Dieu.
- الهام : Pluriel de 'هامَة', la tête ou le sommet de la tête.
- الصَّمَّان : Nom d'un lieu-dit ou d'une région désertique.
- الحَفَر : Nom d'un lieu, peut-être une dépression ou un puits.
- سُلَيْم : Tribu arabe, les Banû Sulaym.
- خُفَاف : Nom d'un clan ou d'un groupe au sein de la tribu.
- عَوْف : Nom d'un clan ou d'une branche tribale.
- ذَكْوَان : Nom d'une tribu ou d'un clan.
- الشِّرْك : L'associationnisme, le polythéisme.
- حُنَيْن : Bataille de Ḥunayn, en l'an 8 de l'Hégire.
- مُخْضَرًّا بَطَائِنُهُ : Métaphore : la mort a des doublures vertes, peut-être allusion au sang ou à la jeunesse des guerriers.
- الضَّحَّاك : Surnom d'un chef, peut-être al-Ḍaḥḥâk ibn Sufyân.
- أَوْطَاس : Lieu-dit, site d'une bataille.
- بُهْثَة : Nom d'une tribu ou d'un groupe.
- هَوَازِن : Tribu arabe, les Banû Hawâzin.
- صَفْوَان : Nom d'un lieu ou d'une personne.
- الشِّعَار : Signe distinctif, mot de passe ou cri de ralliement.
- قُدَيْد : Lieu-dit près de la Mecque.
- الأَنْصَار : Les Auxiliaires, habitants de Médine ayant accueilli le Prophète.
- خَالِد : Khâlid ibn al-Walîd, célèbre général.
- نَهْيِ الْمُسْتَدِير : Lieu-dit, peut-être un cours d'eau ou une vallée.
- يَلَمْلَم : Lieu-dit, l'un des miqât pour le pèlerinage.
- ثَقِيف : Tribu arabe de Ṭâ'if.
- جُرَش : Ville du Yémen.
- زَيَّان : Nom d'un lieu ou d'une tribu.
- الفَمّ : Nom d'un lieu, peut-être 'al-Famm'.
- وَجّ : Nom de la vallée de Ṭâ'if.
- al-Ansâr : Les Ansâr, « les Auxiliaires », sont les habitants de Médine qui accueillirent et soutinrent le Prophète Muhammad après l'Hégire.
- Fajâr : Fajâr est un lieu-dit, probablement une vallée ou un défilé.
- Abû Khirâsh : Abû Khirâsh est un poète hudhalî, connu pour son élégie.
- Ibn al-'Ajwa : Ibn al-'Ajwa, Zuhayr ibn al-'Ajwa, est un homme des Hudhayl, tué à Hunayn.
- Ibn Hishâm : Ibn Hishâm est un célèbre biographe du Prophète, auteur de la Sîra.
- Abû 'Ubayda : Abû 'Ubayda Ma'mar ibn al-Muthannâ, philologue et historien arabe.
- al-Hudhalî : Al-Hudhalî, de la tribu des Hudhayl.
- Hunayn : Hunayn est une vallée près de La Mecque, site d'une bataille en 630 ap. J.-C.
- Jamîl : Jamîl ibn Ma'mar, un des chefs de Quraysh, connu pour avoir tué Zuhayr.
- Dhî Fajr : Dhî Fajr, lieu-dit où se réfugient les veuves.
- Nijâd al-sayf : Nijâd al-sayf, le fourreau de l'épée, désigne ici la longueur du fourreau, symbole de stature.
- al-Darîk : Al-Darîk, le nécessiteux, le pauvre.
- Mustanbih : Mustanbih, celui qui implore, qui demande secours.
- Maqrûr : Maqrûr, transi de froid.
- al-Lawdha'î al-Hulâhil : Al-Lawdha'î al-Hulâhil, l'homme avisé, intelligent et magnanime.
- al-Na'f : Al-Na'f, un lieu élevé, une colline.
- Umm Thâbit : Umm Thâbit, une femme, probablement la destinataire du poème.
- Ibn 'Awf : Ibn 'Awf, Mâlik ibn 'Awf, chef de la tribu de Hawâzin à la bataille de Hunayn.
- Ibn Ishâq : Ibn Ishâq, auteur de la première biographie du Prophète Muhammad.
- Mâlik ibn 'Awf : Mâlik ibn 'Awf, chef de Hawâzin, qui se convertit après la bataille.
- Hawâzin : Hawâzin, grande tribu arabe, vaincue à Hunayn.
- Khath'am : Khath'am, tribu arabe alliée de Hawâzin.
- Yazaniyya : Yazaniyya, une lance attribuée à la tribu de Yazan.
- al-Dariyya : Al-Dariyya, une cible ou un mannequin utilisé pour l'entraînement au combat.
- Hawâzinî : Hawâzinî, membre de la tribu de Hawâzin.
- 'Umar al-Fârûq : 'Umar al-Fârûq, le calife 'Umar ibn al-Khattâb, surnommé al-Fârûq (le Distingueur).
- Jushamiyya : Jushamiyya, femme de la tribu de Jusham.
- Banû Jusham : Banû Jusham, sous-tribu de Hawâzin.
- al-'Alâ' : Al-'Alâ', nom propre, frère de Mâlik.
- Abû 'Âmir : Abû 'Âmir, un ennemi du Prophète, tué à Hunayn.
- Abû Thawâb : Abû Thawâb, poète de la tribu de Sa'd ibn Bakr.
- Quraysh : Quraysh, la tribu de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète.
- Banû Sa'd ibn Bakr : Banû Sa'd ibn Bakr, sous-tribu de Hawâzin.
- Sa'ût : Sa'ût, sternutatoire, substance prise par le nez pour provoquer l'éternuement, ici métaphore de l'orgueil.
- Nabît : Nabît, les Nabatéens, peuple arabe du nord de l'Arabie.
- al-Khutût : Al-Khutût, les marques, les lignes (variante de lecture).
- Abû Sa'd : Abû Sa'd, un transmetteur de poésie.
- Khalaf al-Ahmar : Khalaf al-Ahmar, célèbre philologue et transmetteur de poésie arabe.
- Ibn Wahb : Ibn Wahb, 'Abd Allâh ibn Wahb, poète de Tamîm.
- Banû Tamîm : Banû Tamîm, grande tribu arabe.
- Banû Usayyid : Banû Usayyid, sous-tribu de Tamîm.
- Banû Qasî : Banû Qasî, une tribu ou un groupe.
- Qays 'Aylân : Qays 'Aylân, grande confédération tribale arabe.
- Khadîj : Khadîj ibn al-'Awjâ', poète de la tribu de Nasr.
- al-Nasrî : Al-Nasrî, de la tribu de Nasr, sous-tribu de Hawâzin.
- 'Uzwâ : 'Uzwâ, nom d'une montagne ou d'un lieu.
Il mentionne l'expédition d'at-Ta'if [1] après Hunayn [2] en l'an huit.
Si mon peuple m'avait obéi, ses nobles m'auraient suivi... Alors nous n'aurions pas rencontré l'ennemi qui se découvre 1. Alors nous n'aurions pas rencontré l'armée de la famille de Muhammad... quatre-vingt mille hommes, renforcés par Khindif 2. Récit de l'expédition de Ta'if après Hunayn en l'an huit. (Les fuyards de Thaqif 3) Lorsque les fuyards de Thaqif arrivèrent à Ta'if, ils fermèrent sur eux les portes de leur ville et préparèrent des machines de guerre. (Ceux qui s'étaient absentés de Hunayn et de Ta'if) N'avaient assisté ni à Hunayn ni au siège de Ta'if : 'Urwa ibn Mas'ud, ni Ghaydan ibn Salama ; ils étaient à Jurash 4 pour apprendre la fabrication des tortues 5, des mangonneaux 6 et des béliers 7. (Marche du Messager vers Ta'if et poème de Ka'b) Puis le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - marcha vers Ta'if après avoir terminé Hunayn. Ka'b ibn Malik dit alors que le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - décida de marcher vers Ta'if : Nous avons réglé tout doute au Tihama... et à Khaybar, puis nous avons aiguisé nos épées 8. Nous les mettons à l'épreuve, et si elles parlaient, elles diraient... leurs tranchants : « Daws ou Thaqif 9 ! » Je ne suis pas un homme si vous ne voyez pas... dans votre cour des milliers des nôtres 10. Nous arracherons les treilles dans le vallon de Wajj 11... et vos demeures seront vides de vous 12. Vous parviendront nos avant-gardes de cavaliers... qui laissent derrière elles une foule dense 13. Lorsqu'ils descendront dans votre cour, vous entendrez... un grondement à cause de ce qui s'y sera installé 14. Dans leurs mains des sabres affûtés... qui font goûter la mort à ceux qui les manient 15. Semblables aux 'Aqaiq 16, purifiés par... les forgerons de l'Inde, sans être martelés en lames 17. Tu croirais que le sang des héros, au matin de la mêlée, est du henné broyé 18. N'ont-ils donc aucun conseiller... parmi les tribus, qui nous connaît bien 19 ? Qui leur annonce que nous avons rassemblé... des chevaux de race et des chamelles rapides 20. Et que nous sommes venus à eux en masse... entourant le mur de leur forteresse de rangs 21. Leur chef est le Prophète, ferme... au cœur pur, patient et détaché 22. Sage dans ses affaires, doué de jugement et de science... et de clémence, ni emporté ni léger 23. Nous obéissons à notre Prophète et nous obéissons à un Seigneur... qui est le Tout-Miséricordieux, plein de bonté pour nous. Si vous nous offrez la paix, nous l'acceptons... et nous ferons de vous un soutien solide 24. Si vous refusez, nous vous combattrons et nous patienterons... et notre affaire ne sera ni tremblante ni faible 25. Nous lutterons tant que nous vivrons, ou jusqu'à ce que vous reveniez... à l'Islam avec une soumission complète 26. Nous combattons sans nous soucier de qui nous rencontrons... que nous perdions nos biens anciens ou récents 27. Combien de clans se sont ligués contre nous... avec leurs nobles et leurs alliés 28 ! Ils sont venus à nous, ne voyant pour eux aucun égal... et nous avons coupé les oreilles et les nez 29. Avec chaque épée indienne, souple et polie... qui les mène d'une conduite violente 30. Pour l'ordre d'Allah et de l'Islam, jusqu'à... ce que la religion s'établisse, droite et pure 31. Et que soient oubliées al-Lat, al-'Uzza et Wadd 32... et nous les dépouillerons de leurs colliers et pendants 33. Ils sont devenus soumis et rassurés... et celui qui ne résiste pas accepte la perte 34. (Poème de Kinana en réponse à Ka'b) Kinana ibn 'Abd Yalil ibn 'Amr ibn 'Umayr lui répondit : Que celui qui nous cherche pour nous combattre... sache que nous sommes dans une demeure connue, nous ne la quittons pas 35. Nous y avons trouvé nos pères avant ce que tu vois... et nous en avons les vallées et les vignes 36. ' Amr ibn 'Amir nous a déjà éprouvés autrefois... et son sage et son clairvoyant l'ont informé 37. Ils savent, s'ils disent la vérité, que nous... redressons ceux qui ont les joues tordues 38. Nous les redressons jusqu'à ce que leur dureté s'adoucisse... et que l'injuste reconnaisse la vérité évidente 39. Nous avons des cottes de mailles héritées de Muharriq 40... couleur du ciel, ornées de ses étoiles 41. Nous les écartons de nous avec des sabres blancs... qui, dégainés dans la mêlée, ne s'émoussent pas 42. (Poème de Shaddad sur la marche vers Ta'if) Ibn Ishaq dit : Shaddad ibn 'Arid al-Jushami dit à propos de la marche du Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - vers Ta'if : Ne secourez pas al-Lat, car Allah va la détruire... et comment serait secouru celui qui ne se défend pas ? Celle qui fut brûlée dans le barrage 43 et s'enflamma... sans que rien ne soit combattu près de ses pierres 44. Le Messager, dès qu'il descendra dans votre pays... il s'en ira, et il n'y restera plus aucun de ses habitants 45. (La route vers Ta'if) Ibn Ishaq dit : Le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - emprunta la route par Nakhlat al-Yamaniyya, puis par Qarn, puis par al-Mulayh, puis par Buhrat al-Rugha' de Liyya 46. Il y construisit une mosquée et y pria. Ibn Ishaq dit : 'Amr ibn Shu'ayb me raconta que ce jour-là, à Buhrat al-Rugha', lorsqu'il y descendit, il fit exécuter un homme pour un meurtre, et ce fut le premier sang versé en représailles en Islam : un homme des Banu Layth avait tué un homme des Hudhayl, et il le tua en représailles. Le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - ordonna, alors qu'il était à Liyya, de détruire la forteresse de Malik ibn 'Awf, et elle fut démolie. Puis il emprunta un chemin appelé al-Dayqa 47. Lorsque le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - s'y engagea, il demanda son nom : « Quel est le nom de ce chemin ? » On lui dit : « al-Dayqa (l'étroit) ». Il dit : « Non, c'est al-Yusrâ (la facilité) ». Puis il en sortit par Nakhb, jusqu'à ce qu'il campe sous un jujubier appelé al-Sadira, près d'un bien appartenant à un homme de Thaqif. Le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - lui envoya dire : « Ou tu sors, ou nous détruisons ton mur. » Il refusa de sortir, et le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - ordonna de le détruire. Puis le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - continua jusqu'à camper près de Ta'if, et y installa son camp. Des gens de ses Compagnons y furent tués par des flèches, car le camp s'était approché du mur de Ta'if, et les flèches les atteignaient, mais les musulmans ne pouvaient entrer dans leur mur, car ils l'avaient fermé devant eux. Lorsque ces hommes de ses Compagnons furent touchés par les flèches, il installa son camp près de sa mosquée qui est aujourd'hui à Ta'if, et les assiégea pendant vingt-trois nuits. Ibn Hisham dit : On dit aussi dix-sept nuits. Ibn Ishaq dit : Il avait avec lui deux de ses femmes, dont Umm Salama bint Abi Umayya. Il dressa pour elles deux tentes, puis pria entre les deux tentes. Puis il resta. Lorsque Thaqif se convertit à l'Islam, 'Amr ibn Umayya ibn Wahb ibn Mu'attib ibn Malik construisit une mosquée sur le lieu de prière du Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue. Dans cette mosquée, il y avait un pilier, dit-on, sur lequel le soleil ne se levait aucun jour sans qu'on entende un craquement 48. Il les assiégea et les combattit durement, échangeant des flèches. (Le Messager fut le premier à utiliser le mangonneau) Ibn Hisham dit : Le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - les bombarda avec le mangonneau. Quelqu'un de fiable m'a raconté que le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - fut le premier en Islam à utiliser le mangonneau, contre les gens de Ta'if. (Le jour de la Shadkha 49) Ibn Ishaq dit : Lorsque vint le jour de la Shadkha, près du mur de Ta'if, des hommes parmi les Compagnons du Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - entrèrent sous une tortue, puis rampèrent avec elle jusqu'au mur de Ta'if pour le percer. Thaqif lança alors sur eux des barres de fer chauffées au feu, et ils sortirent de dessous. Thaqif les visa avec des flèches et tua plusieurs hommes. Le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - ordonna alors de couper les vignes de Thaqif, et les gens se mirent à les couper. (Les négociations avec Thaqif)
Abû Sufyân ibn Harb et al-Mughîra ibn Shu‘ba s'avancèrent vers al-Tâ’if et appelèrent : « Ô Thaqîf ! Accordez-nous la sécurité 50 afin que nous puissions vous parler. » Ils leur accordèrent la sécurité. Ils appelèrent des femmes de Quraysh et des Banû Kinâna pour qu'elles sortent vers eux, car ils craignaient pour elles la captivité 51, mais elles refusèrent. Parmi elles se trouvait Âmina bint Abî Sufyân, qui était chez ‘Urwa ibn Mas‘ûd, et dont il avait Dâwud ibn ‘Urwa. Ibn Hishâm dit : On dit que la mère de Dâwud était Maymûna bint Abî Sufyân, qui était chez Abû Murra ibn ‘Urwa ibn Mas‘ûd, et elle lui donna Dâwud ibn Abî Murra. Ibn Ishâq dit : Et al-Firâsiyya bint Suwayd ibn ‘Amr ibn Tha‘laba, qui avait ‘Abd al-Rahmân ibn Qârib, et al-Fuqaymiyya Umayma bint al-Nâsi’ Umayya ibn Qal‘. Lorsqu'elles refusèrent, Ibn al-Aswad ibn Mas‘ûd leur dit : « Ô Abû Sufyân et ô Mughîra, voulez-vous que je vous indique quelque chose de meilleur que ce pour quoi vous êtes venus ? Les biens des Banû al-Aswad ibn Mas‘ûd sont là où vous savez, et le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se trouvait entre lui et al-Tâ’if, campant dans une vallée appelée al-‘Aqîq. Il n'y a à al-Tâ’if aucun bien plus éloigné en irrigation 52, plus difficile à entretenir, ni plus éloigné en mise en valeur que les biens des Banû al-Aswad. Si Muhammad les coupe, ils ne seront jamais cultivés. Parlez-lui donc : qu'il les prenne pour lui-même, ou qu'il les laisse pour Dieu et pour les liens du sang 53, car entre nous et lui il y a une parenté qui n'est pas ignorée. » Ils rapportent que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — les leur laissa. (Rêve du Messager et son interprétation par Abû Bakr) Il m'est parvenu que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit à Abû Bakr al-Siddîq alors qu'il assiégeait Thaqîf : « Ô Abû Bakr, j'ai vu qu'on m'offrait une coupe 54 remplie de beurre, et un coq la picora, renversant ce qu'elle contenait. » Abû Bakr dit : « Je ne pense pas que tu obtiendras d'eux aujourd'hui ce que tu désires. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Et moi, je ne vois pas cela. » (Départ des musulmans et raison de celui-ci) Ensuite, Khawla bint Hakîm ibn Umayya ibn Hâritha ibn al-Awqas al-Sulamiyya, qui était l'épouse de ‘Uthmân, dit : « Ô Messager de Dieu, si Dieu t'accorde la conquête d'al-Tâ’if, donne-moi les bijoux de Bâdiya bint Ghaylân ibn Maz‘ûn ibn Salama, ou les bijoux d'al-Fâri‘a bint ‘Uqayl. » Elles étaient parmi les plus belles femmes de Thaqîf. Il m'a été rapporté que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui dit : « Et si je n'ai pas reçu la permission 55 concernant Thaqîf, ô Khawla ? » Khawla sortit et rapporta cela à ‘Umar ibn al-Khattâb. Il entra chez le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et dit : « Ô Messager de Dieu, quelle est cette parole que Khawla m'a rapportée, prétendant que tu l'as dite ? » Il dit : « Je l'ai dite. » Il dit : « N'as-tu pas reçu la permission à leur sujet, ô Messager de Dieu ? » Il dit : « Non. » Il dit : « N'annoncerai-je pas le départ ? » Il dit : « Si. » Alors ‘Umar annonça le départ. (‘Uyayna et ce qu'il cachait de son intention) Lorsque les gens se mirent en route, Sa‘îd ibn ‘Ubayd ibn Usayd ibn Abî ‘Amr ibn ‘Ilâj s'écria : « Sachez que la tribu reste ! » Il dit : ‘Uyayna ibn Hisn dit : « Oui, par Dieu, en gloire et en noblesse ! » Un homme parmi les musulmans lui dit : « Que Dieu te combatte, ô ‘Uyayna ! Loues-tu les associateurs 56 pour leur résistance au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — alors que tu es venu pour secourir le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue ? » Il dit : « Par Dieu, je ne suis pas venu pour combattre Thaqîf avec vous, mais j'ai voulu que Muhammad conquière al-Tâ’if afin d'obtenir une jeune esclave de Thaqîf que je puisse posséder 57, peut-être qu'elle m'enfantera un homme, car Thaqîf est un peuple remarquable 58. » Pendant son séjour, des esclaves de ceux qui assiégeaient al-Tâ’if descendirent vers le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et embrassèrent l'islam. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — les affranchit. (Affranchis de Thaqîf) Ibn Ishâq dit : Un homme digne de confiance m'a rapporté, d'après ‘Abd Allâh ibn Mukaddam, d'après des hommes de Thaqîf, qui dirent : Lorsque les habitants d'al-Tâ’if embrassèrent l'islam, quelques-uns d'entre eux parlèrent de ces esclaves. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Non, ceux-là sont les affranchis de Dieu. » Parmi ceux qui en parlèrent se trouvait al-Hârith ibn Kalada. Ibn Hishâm dit : Ibn Ishâq a nommé ceux de ces esclaves qui étaient descendus. (Libération d'Ubayy ibn Mâlik des mains de Marwân et poème d'al-Dahhâk à ce sujet) Ibn Ishâq dit : Thaqîf avait capturé la famille de Marwân ibn Qays al-Dawsî, qui avait embrassé l'islam et aidé le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — contre Thaqîf. Thaqîf prétend — et c'est par là que Thaqîf se réclame de Qays — que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit à Marwân ibn Qays : « Prends, ô Marwân, ta famille du premier homme de Qays que tu rencontreras. » Il rencontra Ubayy ibn Mâlik al-Qushayrî et le retint jusqu'à ce qu'ils lui rendent sa famille. Al-Dahhâk ibn Sufyân al-Kilâbî intervint alors et parla à Thaqîf jusqu'à ce qu'ils relâchent la famille de Marwân, et ils libérèrent pour eux Ubayy ibn Mâlik. Al-Dahhâk ibn Sufyân dit, à propos d'une affaire qui l'opposait à Ubayy ibn Mâlik : « Oublies-tu mon bienfait, ô Ubayy ibn Mâlik, / Le jour où le Messager, détourné de toi, était farouche 59 ? Marwân ibn Qays te conduisait par sa corde, / Humilié, comme on mène une bête docile domptée 60. Un groupe de Thaqîf revint sur toi ; / Quand ils voient quelqu'un chercher le mal, ils le lui procurent 61. Ce furent eux les alliés ; leurs esprits 62 revinrent / Sur toi, alors que ton âme désespérait presque 63. » Ibn Hishâm dit : « yuqbisû » vient d'autre qu'Ibn Ishâq. (Martyrs musulmans le jour d'al-Tâ’if) Ibn Ishâq dit : Voici la liste de ceux qui furent martyrisés parmi les musulmans avec le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — le jour d'al-Tâ’if. (De Quraysh) De Quraysh, puis des Banû Umayya ibn ‘Abd Shams : Sa‘îd ibn Sa‘îd ibn al-‘Âs ibn Umayya, et ‘Urfuta ibn Jannâb, leur allié, des Asad ibn al-Ghawth. Ibn Hishâm dit : On dit : ibn Hubâb. Ibn Ishâq dit : Des Banû Taym ibn Murra : ‘Abd Allâh ibn Abî Bakr al-Siddîq, frappé par une flèche, dont il mourut à Médine après la mort du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Des Banû Makhzûm : ‘Abd Allâh ibn Abî Umayya ibn al-Mughîra, d'une flèche qu'il reçut ce jour-là. Des Banû ‘Adî ibn Ka‘b : ‘Abd Allâh ibn ‘Âmir ibn Rabî‘a, leur allié. Des Banû Sahm ibn ‘Amr : al-Sâ’ib ibn al-Hârith ibn Qays ibn ‘Adî, et son frère ‘Abd Allâh ibn al-Hârith. Des Banû Sa‘d ibn Layth : Julayha ibn ‘Abd Allâh. (Des Ansâr) Furent martyrisés parmi les Ansâr : des Banû Salima : Thâbit ibn al-Jadha‘. Des Banû Mâzin ibn al-Najjâr : al-Hârith ibn Sahl ibn Abî Sa‘sa‘a. Des Banû Sâ‘ida : al-Mundhir ibn ‘Abd Allâh. Des Aws : Ruqaym ibn Thâbit ibn Tha‘laba ibn Zayd ibn Lawdhân ibn Mu‘âwiya. Le total des martyrs à al-Tâ’if parmi les compagnons du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — fut de douze hommes : sept de Quraysh, quatre des Ansâr, et un homme des Banû Layth. (Poème de Bujayr sur Hunayn et al-Tâ’if) Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — s'éloigna d'al-Tâ’if après le combat et le siège, Bujayr ibn Zuhayr ibn Abî Sulmâ dit, évoquant Hunayn et al-Tâ’if : « Ce fut une gorgée 64 le jour de la vallée de Hunayn, / Et le matin d'Awtâs, et le jour d'al-Abraq 65. Hawâzin rassembla leur multitude par égarement 66, / Et ils se dispersèrent comme l'oiseau déchiqueté. Ils ne nous empêchèrent aucun poste, / Sauf leur mur et le fond du fossé 67. Nous nous sommes exposés pour qu'ils sortent, / Mais ils se retranchèrent derrière une porte verrouillée. »
Tu reviens désespéré vers une armée 68 ... fulgurante 69, étincelante de morts, formidable 70 (53). Compacte, verdoyante 71 : s'ils l'avaient lancée contre Hadan 72, il serait devenu comme s'il n'avait pas été créé (54). À la manière des loups sur les épines 73, comme si nous étions des marmites 74 qui se séparent dans les cordes 75 et se rejoignent (55).
- al-‘āriḍ al-mutakashshif : L'ennemi qui se découvre, faisant référence à une armée qui s'avance à découvert.
- Khindif : Ancêtre éponyme de la tribu de Quraysh, utilisé ici pour désigner les Qurayshites.
- Thaqīf : Tribu arabe de Ta'if.
- Jurash : Ville du Yémen, célèbre pour ses forgerons et ses machines de guerre.
- dabbābāt : Tortues de siège, abris mobiles utilisés pour protéger les assaillants.
- majānīq : Mangonneaux, machines de jet utilisées pour lancer des projectiles.
- ḍubūr : Béliers, machines pour enfoncer les murs.
- ajmamnā al-suyūfā : Nous avons aiguisé nos épées, métaphore pour se préparer au combat.
- Daws ou Thaqīf : Deux tribus : Daws (tribu d'Abu Huraira) et Thaqif.
- li-ḥāḍin : Littéralement 'pour un gardien', expression signifiant 'je ne suis pas un homme si...'.
- Wajj : Vallée de Ta'if, célèbre pour ses vignes.
- khulūfā : Vides, désertes.
- sara‘ān khayl : Avant-gardes de cavaliers.
- rajīf : Grondement, tremblement.
- ḥutūf : Morts.
- al-‘Aqā’iq : Lames d'épées de haute qualité, peut-être une marque.
- quyūn al-Hind : Forgerons de l'Inde, réputés pour la fabrication d'épées.
- jādiyyan madūfā : Henné broyé, couleur rouge du sang.
- ‘arīf : Connaisseur, informé.
- al-nujub al-ṭurūf : Chamelles rapides et de race.
- yaḥīṭu bi-sūr ḥiṣnihim ṣufūfā : Entoure le mur de leur forteresse de rangs.
- ‘azūf : Détaché des biens terrestres.
- naziq : Emporté, impulsif.
- ‘aḍudan warīfā : Soutien solide, littéralement 'bras fort et feuillu'.
- ra‘ishan ḍa‘īfā : Tremblant et faible.
- iḏ‘ānan muḍīfā : Soumission complète.
- al-tilād wa-l-ṭarīf : Biens anciens et récents.
- al-jidhm wa-l-ḥalīf : Les nobles de souche et les alliés.
- jadda‘nā al-masāmi‘a wa-l-anūfā : Nous avons coupé les oreilles et les nez, métaphore pour infliger une défaite humiliante.
- muhannad : Épée indienne, réputée pour sa qualité.
- ḥanīf : Purement monothéiste, incliné vers la vraie religion.
- al-Lāt, al-‘Uzzā, Wadd : Idoles préislamiques adorées par les Arabes.
- qalā’id wa-shunūf : Colliers et pendants, ornements des idoles.
- khusūf : Perte, déchéance.
- dār ma‘lam : Demeure connue, bien défendue.
- aṭwā’ : Vallées, chemins.
- ‘Amr ibn ‘Āmir : Chef légendaire de la tribu de Thaqif.
- ṣu‘r al-khudūd : Joues tordues, métaphore pour les rebelles.
- sharīs : Dureté, âpreté.
- Muharriq : Ancêtre de Thaqif, célèbre pour ses armures.
- dilāṣ : Cottes de mailles.
- lā nashīmuhā : Ne s'émoussent pas.
- al-sudd : Le barrage, peut-être le barrage de Ma'rib.
- hajar : Pierres, peut-être les pierres du sanctuaire d'al-Lat.
- yaẓ‘an : S'en va, émigre.
- Liyya : Localité près de Ta'if.
- al-Ḍayqa : L'étroit, nom d'un chemin.
- naqīḍ : Craquement, bruit.
- Yawm al-Shadkha : Jour de l'écrasement, jour de combat intense.
- أَمَّنُوا : Accorder la sécurité ou un sauf-conduit.
- السِّبَاء : Captivité, fait d'être pris comme butin.
- أَبْعَدُ رِشَاءً : Plus éloigné en irrigation, c'est-à-dire nécessitant des canaux d'irrigation plus longs.
- الرَّحِم : Les liens du sang, la parenté.
- قَعْبَة : Petite coupe ou bol.
- أُذِنَ لِي : Permission divine ou prophétique.
- الْمُشْرِكِينَ : Associateurs, polythéistes.
- أَتَّطِئُهَا : Posséder charnellement une esclave.
- مَنَاكِير : Remarquables, singuliers (sens positif ou négatif selon contexte).
- أَشْوَس : Farouche, orgueilleux, qui détourne la tête.
- الذَّلُولُ الْمُخَيَّس : Bête docile et domptée.
- يُقْبِسُوا : Ils procurent (le mal) ; variante de lecture.
- حُلُوم : Esprits, entendements, clémence.
- تَيْأَس : Désespérer.
- عُلَالَة : Gorgée, petite quantité.
- الأَبْرَق : Lieu-dit, colline de sable et de pierres.
- بِإِغْوَاء : Par égarement, séduction.
- الْخَنْدَق : Fossé, tranchée.
- rajrājah : Troupe nombreuse, armée dense et mouvante.
- shahbā' : Féminin de 'ashhab' (gris-blanc) ; désigne une armée nombreuse et redoutable, souvent associée à la couleur des loups.
- faylaq : Armée immense, division militaire de grande taille.
- khaḍrā' : Verte ; peut évoquer la couleur des lances ou des étendards, ou la vigueur de l'armée.
- Ḥaḍan : Montagne célèbre près de La Mecque, symbole de force et d'inaccessibilité.
- ḍirā' : Loups ; 'al-harās' : arbuste épineux. L'image évoque la prudence et la détermination.
- qudur : Pluriel de 'qidr' : marmite, chaudron ; métaphore pour des guerriers cuirassés ou des troupes compactes.
- qiyād : Cordes, rênes ; ici, les lignes de bataille ou les rangs reliés par des cordes.
Il ordonna au sujet des biens et des captives de Hawazin, et des dons faits aux cœurs à rallier [1] à partir de ceux-ci, ainsi que des largesses du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — en cette matière.
Dans chaque cotte de mailles parfaite, lorsqu'elle est solidement tissée... comme un torrent dont le courant ondoyant s'écoule 1. Des cottes de mailles dont les pans touchent nos sandales, de la fabrication de David et de la famille de Muharriq 2. L'affaire des biens de Hawazin et de leurs captives, et des dons faits à ceux dont les cœurs sont à gagner 3, et la générosité du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, à leur égard. (Invocation du Messager pour Hawazin) : Puis le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, partit lorsqu'il revint de Ta'if, passant par Dahna 4, jusqu'à ce qu'il descendît à Ji'irrana 5 avec ceux qui l'accompagnaient parmi les gens, et il avait avec lui de nombreux captifs de Hawazin. Un homme parmi ses Compagnons lui dit le jour où il quitta Thaqif : « Ô Messager de Dieu, invoque contre eux. » Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : « Ô Dieu, guide Thaqif et amène-les. » (La faveur du Messager envers Hawazin) : Puis la délégation de Hawazin vint à lui à Ji'irrana. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, avait parmi les captifs de Hawazin six mille enfants et femmes, et des chameaux et des moutons en nombre incalculable. Ibn Ishaq dit : 'Amr ibn Shu'ayb m'a raconté, d'après son père, d'après son grand-père 'Abdullah ibn 'Amr : La délégation de Hawazin vint au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, après s'être convertie à l'islam, et ils dirent : « Ô Messager de Dieu, nous sommes ta souche et ta tribu, et nous avons subi un malheur qui ne t'a pas échappé. Accorde-nous donc une faveur, que Dieu t'accorde Sa faveur. » Il dit : Un homme de Hawazin, puis des Banu Sa'd ibn Bakr, nommé Zuhayr, surnommé Abu Surad, se leva et dit : « Ô Messager de Dieu, dans les enclos 6 se trouvent tes tantes, tes sœurs de lait et tes nourrices 7 qui te portaient. Si nous avions été liés par un pacte de sel 8 avec al-Harith ibn Abi Shamr ou avec al-Nu'man ibn al-Mundhir, puis que nous ayons subi ce que tu nous as fait subir, nous aurions espéré leur clémence et leur bienveillance 9 envers nous, et tu es le meilleur de ceux qui ont été portés. » Ibn Hisham dit : On rapporte aussi : « Si nous avions été commensaux 10 d'al-Harith ibn Abi Shamr ou d'al-Nu'man ibn al-Mundhir... » Ibn Ishaq dit : 'Amr ibn Shu'ayb m'a raconté, d'après son père, d'après son grand-père 'Abdullah ibn 'Amr, dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : « Vos enfants et vos femmes vous sont-ils plus chers, ou vos biens ? » Ils dirent : « Ô Messager de Dieu, tu nous as donné le choix entre nos biens et notre honneur. Plutôt, rends-nous nos femmes et nos enfants, cela nous est plus cher. » Il leur dit : « Quant à ce qui est à moi et aux Banu 'Abd al-Muttalib, il est à vous. Et quand j'aurai prié le zuhr 11 avec les gens, levez-vous et dites : 'Nous demandons l'intercession du Messager de Dieu auprès des musulmans, et des musulmans auprès du Messager de Dieu, pour nos enfants et nos femmes.' Alors je vous les donnerai et je demanderai pour vous. » Lorsque le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, eut prié le zuhr avec les gens, ils se levèrent et dirent ce qu'il leur avait ordonné. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : « Quant à ce qui est à moi et aux Banu 'Abd al-Muttalib, il est à vous. » Les Muhajirun 12 dirent : « Ce qui est à nous est au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. » Les Ansar 13 dirent : « Ce qui est à nous est au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. » Al-Aqra' ibn Habis dit : « Quant à moi et aux Banu Tamim, non. » 'Uyayna ibn Hisn dit : « Quant à moi et aux Banu Fazara, non. » 'Abbas ibn Mirdas dit : « Quant à moi et aux Banu Sulaym, non. » Les Banu Sulaym dirent : « Si, ce qui est à nous est au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. » Il dit : 'Abbas ibn Mirdas dit aux Banu Sulaym : « Vous m'avez affaibli 14. » Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : « Quant à celui d'entre vous qui tient à son droit sur ces captifs, il recevra pour chaque personne six parts 15 du premier butin que je prendrai. » Ils rendirent donc aux gens leurs enfants et leurs femmes. Ibn Ishaq dit : Abu Wajza Yazid ibn 'Ubayd al-Sa'di m'a raconté que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, donna à 'Ali ibn Abi Talib, que Dieu l'agrée, une esclave nommée Rayta bint Hilal ibn Hayyan ibn 'Umayra ibn Hilal ibn Nasira ibn Qusayya 16 ibn Nasr ibn Sa'd ibn Bakr ; il donna à 'Uthman ibn 'Affan une esclave nommée Zaynab bint Hayyan ibn 'Amr ibn Hayyan ; et il donna à 'Umar ibn al-Khattab une esclave, qu'il donna à son fils 'Abdullah ibn 'Umar. Ibn Ishaq dit : Nafi', l'affranchi de 'Abdullah ibn 'Umar, m'a raconté d'après 'Abdullah ibn 'Umar, dit : Je l'envoyai à mes oncles maternels des Banu Jumah pour qu'ils la préparent et l'apprêtent pour moi, jusqu'à ce que j'aie accompli la circumambulation autour de la Maison 17, puis je viendrais chez eux, et je voulais la prendre quand je reviendrais vers elle. Il dit : Je sortis de la mosquée après avoir fini, et voilà que les gens couraient. Je dis : « Qu'avez-vous ? » Ils dirent : « Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, nous a rendu nos femmes et nos enfants. » Je dis : « Cette femme-là est chez les Banu Jumah ; allez la prendre. » Ils allèrent et la prirent. Ibn Ishaq dit : Quant à 'Uyayna ibn Hisn, il prit une vieille femme parmi les vieilles de Hawazin et dit en la prenant : « Je vois une vieille ; je pense qu'elle a une parenté dans la tribu, et peut-être sa rançon sera-t-elle importante. » Lorsque le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, rendit les captives contre six parts, il refusa de la rendre. Zuhayr Abu Surad lui dit : « Prends-la de toi ; par Dieu, sa bouche n'est pas fraîche, son sein n'est pas ferme, son ventre n'a pas enfanté, son mari ne la recherche pas 18, et son lait n'est pas abondant 19. » Il la rendit contre six parts lorsque Zuhayr lui eut dit cela. On rapporte que 'Uyayna rencontra al-Aqra' ibn Habis et se plaignit à lui de cela. Il dit : « Par Dieu, tu ne l'as pas prise blanche et jeune 20, ni bien en chair et confortable 21. » (Conversion à l'islam de Malik ibn 'Awf al-Nasri) : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit à la délégation de Hawazin, et leur demanda ce qu'était devenu Malik ibn 'Awf. Ils dirent : « Il est à Ta'if avec Thaqif. » Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : « Annoncez à Malik que s'il vient à moi en musulman, je lui rendrai sa famille et ses biens, et je lui donnerai cent chameaux. » Malik apprit cela et sortit de Ta'if. Malik avait peur que Thaqif, s'ils apprenaient ce que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lui avait dit, ne le retiennent. Il ordonna donc qu'on prépare sa monture, et on la lui prépara ; il ordonna qu'on lui amène son cheval à Ta'if. Il sortit de nuit, monta son cheval, le poussa jusqu'à ce qu'il atteigne sa monture là où il avait ordonné qu'on la tienne prête, la monta, et rejoignit le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, qu'il rattrapa à Ji'irrana ou à La Mecque. Il lui rendit sa famille et ses biens, lui donna cent chameaux, et il se convertit à l'islam et sa conversion fut excellente. Malik ibn 'Awf dit après sa conversion : « Je n'ai vu ni entendu de pareil parmi les hommes, tous, à Muhammad. Plus fidèle et plus généreux dans le don abondant quand on le sollicite, et si tu veux, il t'informe de ce qui sera demain. Et quand la troupe montre les dents avec les lances et les coups de toute épée indienne 22, Il est comme un lion au milieu de ses lionceaux, tapi dans un fourré, à l'affût 23. » Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, le nomma gouverneur sur ceux de son peuple qui s'étaient convertis, et sur ces tribus : Thumala, Salima 24 et Fahm. Il combattait avec eux Thaqif ; chaque fois que leur bétail sortait, il l'attaquait, jusqu'à ce qu'il les mette dans une situation difficile. Abu Mihjan 25 ibn Habib ibn 'Amr ibn 'Umayr al-Thaqafi dit : « Les ennemis ont craint notre côté, puis les Banu Salima nous attaquent. Et Malik est venu avec eux, rompant le pacte et le caractère sacré. Ils sont venus dans nos demeures, alors que nous étions des gens de vengeance. » (Partage du butin) :
Ibn Isḥāq dit : Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — eut fini de rendre les captives de Ḥunayn à leurs familles, il monta (sa monture) et les gens le suivirent en disant : « Ô Messager de Dieu, répartis entre nous notre butin 26 de chameaux et de moutons ! » Ils le pressèrent tant qu’ils l’acculèrent à un arbre, et son manteau lui fut arraché. Il dit : « Rendez-moi mon manteau, ô gens ! Par Dieu, si vous aviez autant de bétail que d’arbres au Tihāma 27, je le répartirais entre vous ; puis vous ne me trouveriez ni avare, ni lâche, ni menteur. » Puis il se leva près d’un chameau, prit un poil de sa bosse, le plaça entre ses doigts, le leva, puis dit : « Ô gens ! Par Dieu, je n’ai de votre butin, pas même ce poil, que le quint 28 ; et le quint vous est rendu. Restituez donc jusqu’à l’aiguille et le fil 29, car la fraude 30 sera pour son auteur honte, feu et opprobre 31 au Jour de la Résurrection. » Il dit : Un homme des Anṣār 32 vint avec une pelote de fils de poil, et dit : « Ô Messager de Dieu, j’ai pris cette pelote pour en faire le bât d’un chameau à moi qui a une plaie au dos. » Il dit : « Quant à ma part, elle est à toi ! » L’homme dit : « Puisqu’il en est ainsi, je n’en ai pas besoin », puis il la jeta de sa main. Ibn Hishām dit : Zayd ibn Aslam a rapporté d’après son père que ‘Uqayl ibn Abī Ṭālib, le jour de Ḥunayn, entra chez sa femme Fāṭima bint Shayba ibn Rabī‘a, son épée tachée de sang. Elle dit : « Je sais que tu as combattu ; qu’as-tu donc pris comme butin des polythéistes ? » Il dit : « Tiens cette aiguille pour coudre tes vêtements », et il la lui donna. Puis il entendit le crieur du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dire : « Que celui qui a pris quelque chose le rende, jusqu’à l’aiguille et le fil. » ‘Uqayl revint et dit : « Je ne vois ton aiguille que perdue », la prit et la jeta dans le butin. (Attribution aux auteurs de conciliation 33) Ibn Isḥāq dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — donna aux auteurs de conciliation, qui étaient des notables parmi les gens, pour les gagner et gagner leurs peuples par eux. Il donna à Abū Sufyān ibn Ḥarb cent chameaux, à son fils Mu‘āwiya cent chameaux, à Ḥakīm ibn Ḥizām cent chameaux, à al-Ḥārith ibn al-Ḥārith ibn Kalada, frère des Banū ‘Abd al-Dār, cent chameaux. Ibn Hishām dit : Naṣīr 34 ibn al-Ḥārith ibn Kalada ; il se peut aussi que son nom soit al-Ḥārith. Ibn Isḥāq dit : Il donna à al-Ḥārith ibn Hishām cent chameaux, à Suhayl ibn ‘Amr cent chameaux, à Ḥuwayṭib ibn ‘Abd al-‘Uzzā ibn Abī Qays cent chameaux, à al-‘Alā’ ibn Jāriya al-Thaqafī, allié des Banū Zuhra, cent chameaux, à ‘Uyayna ibn Ḥiṣn ibn Ḥudhayfa ibn Badr cent chameaux, à al-Aqra‘ ibn Ḥābis al-Tamīmī cent chameaux, à Mālik ibn ‘Awf al-Naṣrī cent chameaux, à Ṣafwān ibn Umayya cent chameaux. Ce sont les possesseurs de centaines. Et il donna moins de cent à des hommes de Quraysh, parmi lesquels Makhrama ibn Nawfal al-Zuhrī, ‘Umayr ibn Wahb al-Jumaḥī, Hishām ibn ‘Amr, frère des Banū ‘Āmir ibn Lu’ayy — je ne me souviens pas de ce qu’il leur donna, mais je sais que c’était moins de cent. Il donna à Sa‘īd ibn Yarbū‘ ibn ‘Ankasha ibn ‘Āmir ibn Makhzūm cinquante chameaux, et au Sahmī 35 cinquante chameaux. Ibn Hishām dit : Son nom est ‘Adī ibn Qays. (Poème d’Ibn Mirdās qui trouve insuffisant ce qu’il a reçu, et satisfaction du Messager) Ibn Isḥāq dit : Il donna à ‘Abbās ibn Mirdās des chamelles, mais celui-ci les trouva insuffisantes et en fit grief au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. ‘Abbās ibn Mirdās dit, en faisant grief au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue : « C’était un butin que j’ai rattrapé / En chargeant sur le poulain dans la pente caillouteuse 36, Et en réveillant les gens pour qu’ils ne dorment pas / Quand les gens sommeillaient, je ne dormais pas. Or voici que mon butin et celui de ‘Ubayd 37 / Sont partagés entre ‘Uyayna et al-Aqra‘. J’étais pourtant, à la guerre, un homme redoutable / Mais je n’ai rien reçu, ni n’ai été privé, Sinon quelques chamelles qu’on m’a données / Au nombre de leurs quatre pattes 38. Ni Ḥiṣn ni Ḥābis 39 / Ne surpassent mon vieux père dans l’assemblée. Je ne suis inférieur à aucun d’eux deux ; / Et celui qu’on abaisse aujourd’hui ne sera pas élevé. » Ibn Hishām dit : Yūnus al-Naḥwī m’a récité : « Ni Ḥiṣn ni Ḥābis / Ne surpassent Mirdās dans l’assemblée. » Ibn Isḥāq dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Allez avec lui et coupez-moi sa langue. » On lui donna jusqu’à ce qu’il fût satisfait ; ce fut là la coupe de sa langue que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avait ordonnée. Ibn Hishām dit : Un savant m’a raconté que ‘Abbās ibn Mirdās vint auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui dit : « Es-tu celui qui a dit : “Or voici que mon butin et celui de ‘Ubayd / Sont entre al-Aqra‘ et ‘Uyayna” ? » Abū Bakr al-Ṣiddīq dit : « Entre ‘Uyayna et al-Aqra‘. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « C’est la même chose. » Abū Bakr dit : « J’atteste que tu es comme Dieu a dit : “Nous ne lui avons pas enseigné la poésie, et cela ne lui convient pas” [36:69]. » (Répartition des butins de Ḥunayn parmi ceux qui avaient prêté serment) Ibn Hishām dit : Un homme de science digne de confiance m’a raconté, avec une chaîne de transmission remontant à Ibn Shihāb al-Zuhrī, d’après ‘Ubayd Allāh ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Utba, d’après Ibn ‘Abbās, qui dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — reçut le serment de Quraysh et d’autres, et leur donna, le jour d’al-Ji‘rāna 40, des butins de Ḥunayn. Parmi les Banū Umayya ibn ‘Abd Shams : Abū Sufyān ibn Ḥarb ibn Umayya, Ṭalīq ibn Sufyān ibn Umayya, Khālid ibn Usayd ibn Abī al-‘Īṣ ibn Umayya. Parmi les Banū ‘Abd al-Dār ibn Quṣayy : Shayba ibn ‘Uthmān ibn Abī Ṭalḥa ibn ‘Abd al-‘Uzzā ibn ‘Uthmān ibn ‘Abd al-Dār, Abū al-Sanābil ibn Ba‘kak ibn al-Ḥārith ibn ‘Umayla ibn al-Sabbāq ibn ‘Abd al-Dār, ‘Ikrima ibn ‘Āmir ibn Hāshim ibn ‘Abd Manāf ibn ‘Abd al-Dār. Parmi les Banū Makhzūm ibn Yaqaẓa : Zuhayr ibn Abī Umayya ibn al-Mughīra, al-Ḥārith ibn Hishām ibn al-Mughīra, Khālid ibn Hishām ibn al-Mughīra, Hishām ibn al-Walīd ibn al-Mughīra, Sufyān ibn ‘Abd al-Asad ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Umar ibn Makhzūm, al-Sā’ib ibn Abī al-Sā’ib ibn ‘Ā’idh ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Amr ibn Makhzūm. Parmi les Banū ‘Adī ibn Ka‘b : Muṭī‘ ibn al-Aswad ibn Ḥāritha ibn Naḍla, Abū Jahm ibn Ḥudhayfa ibn Ghānim. Parmi les Banū Jumaḥ ibn ‘Amr : Ṣafwān ibn Umayya ibn Khalaf, Uḥayḥa ibn Umayya ibn Khalaf, ‘Umayr ibn Wahb ibn Khalaf. Parmi les Banū Sahm : ‘Adī ibn Qays ibn Ḥudhāfa. Parmi les Banū ‘Āmir ibn Lu’ayy : Ḥuwayṭib ibn ‘Abd al-‘Uzzā ibn Abī Qays ibn ‘Abd Wudd, Hishām ibn ‘Amr ibn Rabī‘a ibn al-Ḥārith ibn Ḥubayyib. Parmi les diverses branches des tribus : des Banū Bakr ibn ‘Abd Manāt ibn Kināna : Nawfal ibn Mu‘āwiya ibn ‘Urwa ibn Ṣakhr ibn Razn ibn Ya‘mar ibn Nufātha ibn ‘Adī ibn al-Dīl. Des Banū Qays, puis des Banū ‘Āmir ibn Ṣa‘ṣa‘a, puis des Banū Kilāb ibn Rabī‘a ibn ‘Āmir ibn Ṣa‘ṣa‘a : ‘Alqama ibn ‘Ulātha ibn ‘Awf ibn al-Aḥwaṣ ibn Ja‘far ibn Kilāb, Labīd ibn Rabī‘a ibn Mālik ibn Ja‘far ibn Kilāb. Des Banū ‘Āmir ibn Rabī‘a : Khālid ibn Hawdha ibn Rabī‘a ibn ‘Amr ibn ‘Āmir ibn Rabī‘a ibn ‘Āmir ibn Ṣa‘ṣa‘a, Ḥarmala ibn Hawdha ibn Rabī‘a ibn ‘Amr. Des Banū Naṣr ibn Mu‘āwiya : Mālik ibn ‘Awf ibn Sa‘īd ibn Yarbū‘. Des Banū Sulaym ibn Manṣūr : ‘Abbās ibn Mirdās ibn Abī ‘Āmir, frère des Banū al-Ḥārith ibn Bahsha ibn Sulaym.
Parmi les Banū Ghatafān, puis parmi les Banū Fazāra : ‘Uyayna ibn Ḥiṣn ibn Ḥudhayfa ibn Badr. Et parmi les Banū Tamīm, puis parmi les Banū Ḥanẓala : al-Aqra‘ ibn Ḥābis ibn ‘Iqāl, des Banū Mujāshi‘ ibn Dārim. (On interrogea le Messager sur le fait qu’il n’avait pas donné à Ju‘ayl, et il répondit) : Ibn Isḥāq dit : Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn al-Ḥārith at-Taymī me raconta qu’un homme parmi les Compagnons dit au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — : « Ô Messager de Dieu, tu as donné à ‘Uyayna ibn Ḥiṣn et à al-Aqra‘ ibn Ḥābis cent et cent, et tu as laissé Ju‘ayl ibn Surāqa aḍ-Ḍamrī 41 ! » Alors le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Non, par Celui qui tient l’âme de Muḥammad dans Sa main, Ju‘ayl ibn Surāqa est meilleur que tout ce que la terre contient 42, tous ceux qui sont comme ‘Uyayna ibn Ḥiṣn et al-Aqra‘ ibn Ḥābis ; mais je les ai gagnés par des présents pour qu’ils embrassent l’islam, et j’ai confié Ju‘ayl ibn Surāqa à son islam. » (Intervention de Dhū l-Khuwayṣira at-Tamīmī) : Ibn Isḥāq dit : Abū ‘Ubayda ibn Muḥammad ibn ‘Ammār ibn Yāsir me raconta, d’après Miqsam Abū l-Qāsim, affranchi de ‘Abd Allāh ibn al-Ḥārith ibn Nawfal, qui dit : Je sortis avec Talīd ibn Kilāb al-Laythī, jusqu’à ce que nous arrivions chez ‘Abd Allāh ibn ‘Amr ibn al-‘Āṣ, qui tournait autour de la Maison, ses sandales suspendues à la main. Nous lui dîmes : « As-tu été présent lorsque le Tamīmī parla au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — le jour de Ḥunayn ? » Il dit : « Oui. Un homme des Banū Tamīm, appelé Dhū l-Khuwayṣira, vint et se tint devant lui tandis qu’il donnait aux gens, et dit : “Ô Muḥammad, j’ai vu ce que tu as fait aujourd’hui.” Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : “Oui, et comment as-tu vu ?” Il dit : “Je ne t’ai pas vu agir avec équité.” » Il dit : « Alors le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — se fâcha, puis dit : “Malheur à toi ! Si l’équité n’est pas chez moi, chez qui sera-t-elle ?” ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb dit : “Ô Messager de Dieu, ne le tuerai-je pas ?” Il dit : “Non, laisse-le, car il aura des partisans qui iront en profondeur dans la religion 43 jusqu’à en sortir comme la flèche sort de la proie 44 ; on examine la pointe 45 et on ne trouve rien, puis la hampe 46 et on ne trouve rien, puis l’encoche 47 et on ne trouve rien ; elle a devancé les excréments 48 et le sang.” » Ibn Isḥāq dit : Muḥammad ibn ‘Alī ibn al-Ḥusayn Abū Ja‘far me raconta un récit semblable à celui d’Abū ‘Ubayda, et il le nomma Dhū l-Khuwayṣira. (Poème de Ḥassān sur la privation des Anṣār) : Ibn Isḥāq dit : ‘Abd Allāh ibn Abī Najīḥ me raconta, d’après son père, un récit semblable. Ibn Hishām dit : Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — donna ce qu’il donna aux Quraysh et aux tribus arabes, et ne donna rien aux Anṣār, Ḥassān ibn Thābit dit, le blâmant pour cela : « Les soucis ont augmenté 49, et l’eau de l’œil coule, / Versée abondamment quand une larme la fait déborder 50. Par passion pour Shammā’, quand Shammā’ est une femme bien en chair, / Svelte 51, sans souillure 52 ni faiblesse 53. Laisse là Shammā’, puisque son amitié / Est rare, et le pire des liens d’union est le rare 54. Va au Messager et dis : “Ô meilleur des dépositaires / Pour les croyants, quand les hommes sont comptés 55, Pourquoi appelles-tu Sulaym, alors qu’elle est éloignée, / Devant 56 un peuple qui a accueilli et secouru ? Dieu les a nommés Anṣār pour leur secours / À la religion de la guidance, alors que la guerre ancienne flamboie 57. Ils se sont hâtés dans le chemin de Dieu et ont reconnu / Les malheurs, sans faiblir ni s’impatienter 58. Les gens sont unis 59 contre nous à cause de toi, nous n’avons 60 / Pour appui que les épées et les pointes de lances 61. Nous combattons les gens sans épargner personne, / Et nous ne négligeons pas ce que les sourates révèlent 62. Les calamités de la guerre n’aboient pas dans notre assemblée, / Et nous, quand son feu s’embrase, nous sommes des braises 63. Comme 64 nous avons repoussé à Badr, contre ce qu’ils cherchaient, / Les gens de l’hypocrisie, et chez nous descend la victoire. Nous sommes ton armée le jour d’Uḥud, au col, / Quand Muḍar, par orgueil, avait formé ses partis 6566. Nous n’avons pas faibli, ni fléchi, ni ils n’ont trouvé / En nous de trébuchement, alors que tous les hommes ont trébuché 67. » (Les Anṣār ressentirent leur privation et le Messager les apaisa) : Ibn Hishām dit : Ziyād ibn ‘Abd Allāh me raconta, disant : Ibn Isḥāq nous raconta, disant : ‘Āṣim ibn ‘Umar ibn Qatāda me raconta, d’après Maḥmūd ibn Labīd, d’après Abū Sa‘īd al-Khudrī, qui dit : Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — donna ces dons aux Quraysh et aux tribus arabes, et qu’il n’y eut rien pour les Anṣār, ce clan des Anṣār ressentit en eux-mêmes, au point que les propos 68 se multiplièrent parmi eux, jusqu’à ce que l’un d’eux dise : « Par Dieu, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a rencontré les siens. » Sa‘d ibn ‘Ubāda entra chez lui et dit : « Ô Messager de Dieu, ce clan des Anṣār a ressenti en eux-mêmes contre toi, à cause de ce que tu as fait avec ce butin que tu as obtenu : tu as partagé entre les tiens, et tu as donné de grands dons aux tribus arabes, et il n’y a rien eu pour ce clan des Anṣār. » Il dit : « Et toi, Sa‘d, où te situes-tu par rapport à cela ? » Il dit : « Ô Messager de Dieu, je ne suis que l’un de mon peuple. » Il dit : « Rassemble-moi ton peuple dans cette enceinte 69. » Il dit : Sa‘d sortit et rassembla les Anṣār dans cette enceinte. Il dit : Des hommes des Muhājirūn vinrent, et il les laissa entrer ; d’autres vinrent, et il les repoussa. Lorsqu’ils furent rassemblés pour lui, Sa‘d vint et dit : « Ce clan des Anṣār est rassemblé pour toi. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — vint à eux, loua Dieu et Le glorifia comme Il le mérite, puis dit : « Ô assemblée des Anṣār, quels sont ces propos qui me sont parvenus de vous, et ce ressentiment 70 que vous avez éprouvé en vous-mêmes contre moi ? Ne suis-je pas venu à vous alors que vous étiez égarés, et Dieu vous a guidés ; pauvres 71, et Dieu vous a enrichis ; ennemis, et Dieu a uni vos cœurs ? » Ils dirent : « Oui, Dieu et Son Messager sont les bienfaiteurs 72 et les plus généreux. » Puis il dit : « Ne me répondez-vous pas, ô assemblée des Anṣār ? » Ils dirent : « Par quoi te répondrions-nous, ô Messager de Dieu ? À Dieu et à Son Messager appartiennent la faveur et la générosité. » Il dit — que Dieu prie sur lui et le salue — : « Non, par Dieu, si vous vouliez, vous diriez, et vous seriez véridiques et on vous croirait : “Tu es venu à nous traité de menteur, et nous t’avons cru ; abandonné 73, et nous t’avons secouru ; chassé, et nous t’avons accueilli ; pauvre, et nous t’avons assisté 74.” Avez-vous ressenti, ô assemblée des Anṣār, en vous-mêmes, à cause de quelques broutilles 75 de ce bas monde par lesquelles j’ai gagné des gens pour qu’ils embrassent l’islam, et je vous ai confiés à votre islam ? Ne vous suffit-il pas, ô assemblée des Anṣār, que les gens s’en aillent avec le mouton et le chameau, et que vous reveniez avec le Messager de Dieu dans vos demeures ? Par Celui qui tient l’âme de Muḥammad dans Sa main, sans l’hégire, j’aurais été un homme des Anṣār. Si les gens empruntaient un col 76 et les Anṣār un col, j’emprunterais le col des Anṣār. Ô Dieu, fais miséricorde aux Anṣār, aux fils des Anṣār, et aux fils des fils des Anṣār. »
- al-mutaqarqir : Qui ondule, qui coule en ondulant.
- Muharriq : Surnom d'un roi de la tribu de Kinda, réputé pour ses armures.
- al-mu'allafati qulubuhum : Ceux dont les cœurs sont à gagner : personnes récemment converties ou influentes auxquelles on donne une part du butin pour affermir leur foi ou s'attirer leur soutien.
- Dahna : Nom d'une localité ou d'une région entre Ta'if et La Mecque.
- al-Ji'irrana : Lieu situé entre La Mecque et Ta'if, où le Prophète a partagé le butin de la bataille de Hunayn.
- al-haza'ir : Enclos où l'on garde les captifs.
- hawadin : Nourrices ; femmes qui allaitent un enfant.
- malahna : Avoir un pacte de sel : alliance basée sur le partage du sel, symbole d'hospitalité et de loyauté.
- atifahu wa 'a'idatuhu : Sa clémence et sa bienfaisance.
- malahna : Variante de 'malahna' : être commensaux, partager le sel.
- al-zuhr : La prière de midi.
- al-Muhajirun : Les Émigrés : musulmans de La Mecque ayant émigré à Médine.
- al-Ansar : Les Auxiliaires : musulmans de Médine ayant accueilli le Prophète.
- wahhantumuni : Vous m'avez affaibli, rendu faible.
- sittu fara'id : Six parts : six chameaux ou six parts du butin.
- Qusayya : Nom propre ; variante de Qusayy.
- al-Bayt : La Kaaba, la Maison sacrée de La Mecque.
- wa la zawjuha bi-wajid : Son mari ne la recherche pas, ne la désire pas.
- wa la darruha bi-makid : Son lait n'est pas abondant.
- bayda'a gharira : Blanche et jeune, inexpérimentée.
- nasafan wathira : Bien en chair et confortable, d'une corpulence agréable.
- al-samhari : Lance de la tribu de Samhar, réputée pour sa qualité.
- al-haba'a : Fourré, buisson où se cache le lion.
- Salima : Tribu ; variante de Sulaym.
- Abu Mihjan : Poète et guerrier de Thaqif, connu pour ses vers.
- fay' : Butin pris aux ennemis sans combat, ou bien butin en général ; ici, il s'agit du butin de Ḥunayn.
- Tihāma : Région côtière de l'Arabie, incluant La Mecque et la plaine côtière de la mer Rouge.
- khumus : Le quint, c'est-à-dire le cinquième du butin, qui revient à Dieu, au Prophète, à sa famille, aux orphelins, aux pauvres et aux voyageurs.
- al-khiyāṭ wa al-mikhyāṭ : L'aiguille et le fil ; expression proverbiale pour désigner les objets les plus insignifiants.
- ghulūl : Fraude sur le butin, action de détourner une partie du butin avant le partage.
- shinār : Opprobre, honte infamante.
- Anṣār : Les « Auxiliaires », habitants de Médine qui ont accueilli et soutenu le Prophète après l'hégire.
- mu'allafa qulūbuhum : Ceux dont les cœurs sont à gagner ; nouveaux convertis ou notables qu'on cherche à rallier par des présents.
- Naṣīr : Variante du nom ; Ibn Hishām corrige le nom donné par Ibn Isḥāq.
- al-Sahmī : Surnom désignant un homme de la tribu des Banū Sahm.
- al-ajra‘ : Terrain caillouteux ou pente rocailleuse.
- al-‘Abīd : Nom d'un cheval ou d'un esclave ; ici, il s'agit probablement du cheval du poète.
- ‘adīd qawā'imihā al-arba‘ : Au nombre de leurs quatre pattes, c'est-à-dire très peu de chamelles.
- Ḥiṣn wa Ḥābis : Allusion à ‘Uyayna ibn Ḥiṣn et al-Aqra‘ ibn Ḥābis, deux chefs de tribus.
- al-Ji‘rāna : Localité située entre La Mecque et Ṭā'if, où le Prophète a réparti les butins de Ḥunayn.
- Ju‘ayl ibn Surāqa aḍ-Ḍamrī : Compagnon pauvre et pieux, de la tribu des Ḍamra.
- ṭilā‘ al-arḍ : Expression signifiant 'tout ce que la terre contient' ou 'ce qui remplit la terre'.
- yata‘ammaqūna fī d-dīn : Ils iront en profondeur dans la religion, c'est-à-dire qu'ils seront excessifs et rigoristes.
- ar-ramiyya : La proie ou la cible atteinte par la flèche.
- an-naṣl : La pointe de la flèche.
- al-qidḥ : La hampe ou le bois de la flèche.
- al-fūq : L'encoche de la flèche, où se place la corde.
- al-farth : Les excréments ou le contenu des intestins de la proie.
- humūm : Soucis, chagrins.
- ḥafalat-hu ‘abra durar : Quand une larme le fait déborder abondamment.
- hayfā’ : Svelte, fine de taille.
- danas : Souillure, défaut moral ou physique.
- khuwar : Faiblesse, mollesse.
- nazir : Rare, peu fréquent.
- ‘uddida : Comptés, dénombrés.
- quddām : Devant, en avant.
- ‘awān al-ḥarb tasta‘ir : La guerre ancienne (ou la guerre qui revient) flamboie.
- khāmū wa mā ḍajirū : Ils n'ont pas faibli ni été impatients.
- alb : Unis, rassemblés.
- laysa lanā : Nous n'avons pas.
- wazar : Appui, refuge, soutien.
- tūḥī bihi s-suwar : Ce que les sourates révèlent (les commandements divins).
- sughur : Braises ardentes.
- kamā : Comme, de même que.
- ḥazzabat : A formé des partis, des groupes.
- aḥzābahā : Ses partis, ses troupes.
- ‘atharū : Ils ont trébuché, commis des erreurs.
- al-qāla : Les propos, les paroles (souvent en mal).
- al-ḥaẓīra : Enceinte, enclos (lieu clos).
- wajida : Ressentiment, mécontentement.
- ‘āla : Pauvres, dans le besoin.
- amann : Bienfaiteurs, accordant des faveurs.
- makhdhūl : Abandonné, sans soutien.
- āsā : Assister, secourir, partager.
- lu‘ā‘a : Broutilles, choses insignifiantes.
- shi‘b : Col, chemin de montagne.
La 'Umra [1] du Prophète depuis al-Ji'irrâna [2] et sa nomination de 'Attâb ibn Asîd [3] comme gouverneur de La Mecque, et le pèlerinage de 'Attâb avec les musulmans en l'an huit [4].
Il dit : Alors le peuple pleura jusqu'à mouiller leurs barbes 1, et ils dirent : « Nous agréons le Messager d'Allah comme part et lot. » Puis le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) s'en retourna, et ils se dispersèrent. La 'Umra 2 du Messager depuis al-Ji'rana et sa nomination de 'Attab ibn Asid sur la Mecque, et 'Attab fit le pèlerinage avec les musulmans l'an huit. (La 'Umra du Messager et sa nomination d'Ibn Usayd sur la Mecque) : Ibn Ishaq dit : Puis le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) sortit d'al-Ji'rana pour accomplir la 'Umra, et il ordonna que les restes du butin 3 soient retenus à Majanna, dans la région de Marr adh-Dhahran. Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) eut terminé sa 'Umra, il s'en retourna vers Médine, et il nomma 'Attab ibn Asid sur la Mecque 4, et laissa avec lui Mu'adh ibn Jabal pour enseigner aux gens la religion et leur apprendre le Coran. Et les restes du butin furent apportés au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Ibn Hisham dit : Il m'est parvenu de Zayd ibn Aslam qu'il a dit : Lorsque le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) nomma 'Attab ibn Asid gouverneur de la Mecque, il lui alloua un dirham par jour. Alors il se leva et prononça un discours devant les gens, disant : « Ô gens, qu'Allah affame le foie de celui qui a faim pour un dirham ! Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) m'a alloué un dirham par jour, je n'ai donc besoin de personne. » (Le temps de la 'Umra) : Ibn Ishaq dit : La 'Umra du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) eut lieu au mois de Dhu al-Qa'da. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) arriva à Médine à la fin de Dhu al-Qa'da ou au début de Dhu al-Hijja. Ibn Hisham dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) arriva à Médine alors qu'il restait six nuits de Dhu al-Qa'da, selon ce qu'a rapporté Abu 'Amr al-Madani. Ibn Ishaq dit : Les gens firent le pèlerinage cette année-là comme les Arabes avaient coutume de le faire, et 'Attab ibn Asid fit le pèlerinage avec les musulmans cette année-là, qui était l'an huit. Et les habitants d'at-Ta'if restèrent sur...
- akhḍalū liḥāhum : Ils mouillèrent leurs barbes, c'est-à-dire qu'ils pleurèrent abondamment jusqu'à ce que leurs barbes soient trempées de larmes.
- ‘Umra : Petit pèlerinage à La Mecque, pouvant être accompli à tout moment de l'année, contrairement au Hajj qui a lieu à des dates fixes.
- al-fay’ : Butin pris à l'ennemi sans combat, ou biens des non-musulmans acquis pacifiquement ; ici, il s'agit des restes du butin de Hunayn.
- istakhlafa : Il nomma comme gouverneur ou lieutenant ; le terme implique une délégation d'autorité.
Ka'b ibn Zuhayr reçut l'ordre de quitter al-Ta'if.
leur polythéisme 1 et leur refus, lors de leur séjour à Taïf, entre le mois de Dhou al-Qa‘da 2 où le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — était reparti, jusqu’au mois de Ramadan de l’an neuf. L’affaire de Ka‘b ibn Zouhayr après le retour de Taïf (Crainte de Boujayr pour son frère Ka‘b et son conseil) : Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — fut revenu de son départ de Taïf, Boujayr ibn Zouhayr ibn Abi Soulma écrivit à son frère Ka‘b ibn Zouhayr pour l’informer que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avait tué des hommes à La Mecque, parmi ceux qui l’avaient insulté et lui avaient causé du tort, et que ceux des poètes de Quraych qui restaient, Ibn az-Ziba‘ra et Houbayra ibn Abi Wahb, s’étaient enfuis dans toutes les directions. « Si tu as quelque besoin pour toi-même, vole vers le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — car il ne tue personne qui vienne à lui repentant ; et si tu ne le fais pas, alors sauve-toi vers ton refuge 3 sur terre. » Or Ka‘b ibn Zouhayr avait dit : « N’allez-vous pas transmettre de ma part à Boujayr un message : as-tu, malheur à toi, as-tu part à ce que j’ai dit ? Explique-nous, si tu n’es pas disposé à agir, sur quelle chose autre que cela t’a-t-il guidé ? Sur une nature que je n’ai jamais trouvée chez son père, ni toi chez ton père ? Si tu ne le fais pas, je ne m’affligerai pas, et je ne dirai pas, si tu trébuches : “Malheur à toi !” 4 Que le digne de confiance 5 t’abreuve d’une coupe copieuse, et qu’il te désaltère et t’abreuve abondamment. » Ibn Hicham dit : On rapporte aussi « al-Ma’mour » 6. Et son mot « explique-nous » vient d’autre qu’Ibn Ishaq. Et l’un des savants en poésie et en ses récits m’a récité : « Qui transmettra de ma part à Boujayr un message : as-tu, malheur à toi, as-tu part à ce que j’ai dit à al-Khayf 7 ? Tu as bu avec le digne de confiance une coupe copieuse, et il t’a désaltéré et abreuvé abondamment. Tu as abandonné les voies de la guidance et tu l’as suivi : sur quelle chose, malheur à toi, autre que toi t’a-t-il guidé ? Sur une nature que tu n’as trouvée ni chez une mère ni chez un père, et que tu n’as trouvée chez aucun frère à toi. Si tu ne le fais pas, je ne m’affligerai pas, et je ne dirai pas, si tu trébuches : “Malheur à toi !” » Il dit : Et il l’envoya à Boujayr. Quand elle parvint à Boujayr, il répugna à la cacher au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et il la lui récita. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit, lorsqu’il entendit « Que le digne de confiance t’abreuve » : « Il a dit vrai, et pourtant il est menteur ; je suis le digne de confiance. » Et lorsqu’il entendit : « Sur une nature que tu n’as trouvée ni chez une mère ni chez un père », il dit : « Certes, il n’a trouvé cela ni chez son père ni chez sa mère 8. » Puis Boujayr dit à Ka‘b : « Qui transmettra à Ka‘b : as-tu part à celle qui te fait blâmer en vain, et elle est plus ferme ? Vers Dieu — ni al-‘Ozza ni al-Lat 9 — seul, et tu seras sauvé quand le salut sera possible, et tu seras en sécurité. Au jour où nul ne sera sauvé ni ne réchappera, parmi les hommes, sauf celui qui a le cœur pur et est musulman. Car la religion de Zouhayr — et elle n’est rien — sa religion, et la religion d’Abi Soulma, est sur al-Mouharram 10. » Ibn Ishaq dit : Et Ka‘b ne dit « al-Ma’moun » — et on dit « al-Ma’mour » selon Ibn Hicham — qu’à cause de ce que Quraych disait au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. (Arrivée de Ka‘b auprès du Messager et son poème en lām 11) : Ibn Ishaq dit : Lorsque la lettre parvint à Ka‘b, la terre lui devint étroite, il craignit pour sa vie, et ses ennemis qui étaient dans son voisinage 12 semèrent des rumeurs 13 sur lui, disant : « Il sera tué. » Ne trouvant d’autre issue, il composa son poème dans lequel il loue le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et y mentionne sa peur et les rumeurs des calomniateurs parmi ses ennemis. Puis il partit jusqu’à arriver à Médine. Il descendit chez un homme de Jouhayna 14 avec qui il avait des liens de connaissance, comme on me l’a rapporté. Cet homme l’emmena au matin auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — après qu’il eut prié l’aube. Il pria avec le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — puis il lui indiqua le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et dit : « Voici le Messager de Dieu ; lève-toi et va lui demander asile. » On m’a rapporté qu’il se leva vers le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — jusqu’à s’asseoir près de lui, et il mit sa main dans la sienne. Or le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ne le connaissait pas. Il dit : « Ô Messager de Dieu, Ka‘b ibn Zouhayr est venu pour te demander asile, repentant et musulman. Acceptes-tu de lui si je te l’amène ? » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Oui. » Il dit : « Je suis, ô Messager de Dieu, Ka‘b ibn Zouhayr. » Ibn Ishaq dit : ‘Asim ibn ‘Omar ibn Qatada m’a raconté qu’un homme des Ansâr 15 bondit sur lui et dit : « Ô Messager de Dieu, laisse-moi faire de l’ennemi de Dieu ; je lui trancherai la tête. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Laisse-le, car il est venu repentant, renonçant à ce qu’il faisait 16. » Ka‘b se fâcha contre cette tribu des Ansâr à cause de ce que leur compagnon avait fait, car aucun homme des Mouhâjirîn 17 n’avait parlé de lui que pour dire du bien. Il dit dans son poème qu’il composa à son arrivée auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue : « Sou‘âd 18 est partie, et mon cœur aujourd’hui est épris, captivé par elle, enchaîné sans rançon 19. Et Sou‘âd, au matin de la séparation, quand ils sont partis, n’est qu’une biche 20 au regard doux, aux yeux maquillés 21. Svelte de taille de face, large de hanches de dos, on ne se plaint ni de sa petitesse ni de sa grandeur 22. Elle découvre des incisives 23 ombragées 24 quand elle sourit, comme si c’était du vin pur 25 mêlé d’eau 26. Elle a été mélangée avec de la grêle 27 d’une eau de pluie 28, pure, dans une plaine 29, devenue fraîche le matin 30. Les vents en chassent les impuretés, et son excès 31 vient de l’averse d’un nuage matinal aux traînées blanches 32. Je disais : une amitié, si elle avait été sincère dans sa promesse, ou si le conseil avait été accepté 33 ! Mais c’est une amitié mêlée de son sang : perfidie, passion, manquement et changement 34. Elle ne persévère dans aucun état où elle se trouve, comme se colore le ghoul 35 dans ses vêtements. Et elle ne tient pas l’engagement qu’elle a prétendu, sinon comme les tamis retiennent l’eau. Ne te laisse donc pas tromper par ce qu’elle t’a accordé et promis : les souhaits et les rêves sont source d’égarement 36. Les promesses de ‘Ourqoub 37 étaient pour elle un exemple, et ses promesses ne sont que vanités. J’espère et je souhaite que son amitié se rapproche, mais je ne pense pas que de ta part nous ayons un don 38. Sou‘âd est devenue dans une terre que n’atteignent que les chamelles rapides, nobles, de race 39. Et ne l’atteindront que la chamelle robuste 40, qui, malgré la fatigue, a une allure rapide et lente 41. De toute chamelle dont les ganaches 42 suintent quand elle transpire, dont le flanc 43 est marqué de cicatrices 44, inconnu 45. Elle vise les lointains 46 avec deux yeux d’un [chameau] solitaire, au pelage blanc 47, quand les pierres et les collines 48 s’embrasent. Large de poitrail 49, pleine de chair 50, dans sa constitution une supériorité sur les filles de l’étalon 51. Au cou épais 52, aux joues saillantes 53, massive 54, virile 55, dans son dos 56 ampleur, son avant 57 est long 58. Sa peau est de cuir 59 que ne fait pourrir 60 un arbre desséché 61 sur le flanc de la montagne 62, maigre 63. Chamelle maigre 64 : son frère est son père, issue d’une [femelle] croisée 65, et son oncle paternel est son oncle maternel : rapide 66, vive 67. Le tique marche sur elle, puis glisse : de son poitrail 68 et de ses flancs 69 lisses 70. Chamelle rapide 71, lancée avec vigueur 72 de côté 73 ; son coude 74 est tordu par rapport aux filles du poitrail 75. Comme si, entre ses yeux et son encolure 76, de son nez 77 et de ses mâchoires 78, il y avait un licou 79. Elle passe comme la tige de palmier 80 aux fibres 81, dans un terrain sablonneux 82 que les pluies continues 83 n’ont pas entamé 84. Au cou arqué 85, dans ses deux joues 86, pour qui la voit bien, une noblesse évidente, et dans les deux joues 87 une douceur 88. Elle va vite 89 sur des sabots légers 90, et elle est rapide 91 ; des [jambes] sèches 92 dont le contact avec le sol est un délice 93. Aux articulations brunes 94, elles laissent les cailloux éparpillés 95 ; les sommets des collines 96 ne les protègent pas par des chaussures 97. Comme si le mouvement de ses deux avant-bras 98, quand elle a transpiré et que les nuages 99 ont enveloppé les montagnes 100, Un jour où le lézard 101 reste haletant 102, comme si son dos 103 au soleil était brûlé 104. »
Et il dit aux gens, leur chamelier, alors que j'avais rassemblé... Les sauterelles vertes frappent les cailloux, dites « Reposez-vous » 46. L'ardeur du jour, les bras d'une chamelle longiligne et élancée... Sa stature, et lui répondirent des chamelles stériles et privées de petits 47. Une femme qui se lamente, aux flancs mous, sans... Lorsque les pleureuses annoncèrent la mort de son premier-né, elle n'eut point de consolation 48. Elle déchire sa poitrine avec ses deux mains, et sa tunique... Est déchirée, laissant voir ses clavicules, en lambeaux 49. Les égarés 105 accourent des deux côtés, et leur parole : « Certes, ô fils d'Abi Salma 106, tu es tué ! » 50. Et tout ami que j'espérais dit : « Que je ne te distraie point, car je suis occupé loin de toi » 51. Alors je dis : « Laissez-moi passer, que nul père ne vous reste ! Car tout ce que le Tout-Miséricordieux a décrété sera accompli » 52. Tout fils de femme, même si sa sécurité se prolonge, Un jour, sur une civière 107 bombée, sera porté 53. On m'a appris que l'Envoyé d'Allah m'a menacé... Et le pardon auprès de l'Envoyé d'Allah est espéré 54. Doucement ! Que celui qui t'a donné en surplus 108 te guide... Le Coran, en lui sont des exhortations et des détails 55. Ne me prends pas pour les paroles des calomniateurs, alors que je n'ai pas péché, même si les propos à mon sujet se multiplient 56. Certes, je me tiens en un lieu où, si s'y tenait... Je vois et j'entends ce que, même l'éléphant n'entendrait 57. Il tremblerait, à moins qu'il n'ait... De l'Envoyé, avec la permission d'Allah, un appui 58. Jusqu'à ce que je place ma main droite, sans la disputer, Dans la main de celui dont les paroles sont décisives, aux châtiments 109 59. Il est plus redoutable pour moi, lorsque je lui parle, Et l'on dit : « Tu es désigné et interrogé » 60. Qu'un lion dont la tanière est dans un fourré de la terre, Au fond de 'Aththar 110, un hallier après un hallier 61. Il va le matin et fait s'entre-dévorer deux lions dont la nourriture Est de la chair humaine, en morceaux déchiquetés 62. Quand il assaille un adversaire, il ne lui convient pas De laisser l'adversaire, sinon brisé 63. De lui, les bêtes de proie du ciel 111 s'enfuient effrayées, Et dans sa vallée ne se promènent les hommes 64. Et il ne cesse, dans sa vallée, un homme de confiance, Couvert de sang, ses vêtements et ses cottes de mailles dévorés 65. Certes, l'Envoyé est une lumière par laquelle on s'éclaire, Une épée indienne dégainée parmi les épées d'Allah 66. Parmi un groupe de Quraych 112 dont le chef dit, Dans le vallon de la Mecque, quand ils embrassèrent l'Islam : « Partez ! » 67. Ils partirent, et ils ne furent ni lâches ni fuyards Au moment de la rencontre, ni mauvais, ni abandonnés 68. Nez élevés 113, héros, leurs vêtements Sont des tuniques de David 114 dans la mêlée 69. Blanches, amples, aux anneaux ajustés, Comme les anneaux du qaf'a' 115, bien tressés 70. Ils ne se réjouissent pas si leurs lances atteignent Un peuple, et ils ne se lamentent pas s'ils sont atteints 71. Ils marchent de la marche des chamelles blanches 116, les protège Un coup, quand les noirs 117 vils 118 se détournent 72. La lance ne frappe que leurs poitrines, Et ils n'ont pas de fuite devant les abreuvoirs de la mort 73. Ibn Hicham dit : Ka'b composa ce poème après son arrivée auprès de l'Envoyé d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à Médine. Et son vers : « Une chamelle, dont le frère est son père », et son vers : « Le tique marche », et son vers : « Une chamelle rapide, lancée », et son vers : « Elle fait passer comme la nervure de palmier », et son vers : « Elle déchire la poitrine », et son vers : « Quand il assaille un adversaire », et son vers : « Et il ne cesse, dans sa vallée » : d'après d'autres qu'Ibn Ishaq. (Recherche de Ka'b de l'agrément des Ansar 119 en les louant) Ibn Ishaq dit : 'Asim ibn 'Umar ibn Qatada dit : Lorsque Ka'b dit : « Quand les noirs vils se détournent », et il voulait par là nous, communauté des Ansar, à cause de ce que notre compagnon avait fait à son égard 74, et qu'il avait distingué les émigrés de Quraych parmi les compagnons de l'Envoyé d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) par sa louange, les Ansar se fâchèrent contre lui. Alors, après avoir embrassé l'Islam, il dit, louant les Ansar et mentionnant leur mérite auprès de l'Envoyé d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et leur origine du Yémen : « Que celui que réjouit la noblesse de la vie ne cesse d'être Dans un escadron des pieux Ansar 75. Ils ont hérité des vertus, de père en père ; Certes, les meilleurs sont les fils des meilleurs. Ceux qui contraignent le samhari 120 avec des avant-bras Semblables aux gaines de l'épée indienne, non courts 76. Et ceux qui regardent avec des yeux rougis Comme le feu, non pas avec des yeux faibles. Et ceux qui vendent leurs âmes pour leur Prophète, Pour la mort, au jour de l'étreinte et de l'assaut. Et ceux qui guident 77 les gens loin de leurs religions Avec l'épée machrafi 121 et la lance qui menace 78. Ils se purifient, considérant comme une dévotion, Avec le sang de ceux des mécréants qu'ils ont atteints. Ils se sont habitués, comme se sont habituées, au fond de Khafiyya 122, Les lions noirs à l'encolure puissante, féroces 79. »
- shirk : Polythéisme, association d'autres divinités à Dieu.
- Dhou al-Qa‘da : Onzième mois du calendrier lunaire islamique.
- najā'ik : Refuge, lieu de salut.
- la‘an laka : Expression de malédiction ou de réprimande, signifiant 'malheur à toi'.
- al-ma’mūn : Le digne de confiance ; ici, surnom du Prophète Muhammad.
- al-ma’mūr : Celui qui reçoit un ordre ; variante du surnom.
- al-Khayf : Lieu à La Mecque, près de Mina.
- lam yulfi ‘alayhi abāhu wa-lā ummahu : Il n'a trouvé cela ni chez son père ni chez sa mère.
- al-‘Uzzā wa-l-Lāt : Deux divinités préislamiques adorées par les Arabes.
- al-Mouharram : Premier mois du calendrier lunaire islamique ; ici, peut-être un nom de lieu ou de personne.
- lāmiyya : Poème dont les vers riment en lām (lettre L).
- hādir : Voisinage, lieu de résidence.
- arjafa : Semer des rumeurs, propager des nouvelles alarmantes.
- Juhayna : Tribu arabe.
- Ansār : Les 'Auxiliaires' de Médine, convertis ayant accueilli le Prophète.
- nāzi‘an ‘ammā kāna ‘alayh : Renonçant à ce qu'il faisait auparavant.
- Muhājirūn : Les 'Émigrés' de La Mecque à Médine.
- Su‘ād : Nom féminin, souvent personnification de l'être aimé.
- mutayyam : Captivé, épris, littéralement 'rendu esclave par amour'.
- aghan : Biche ou gazelle, métaphore de la beauté féminine.
- makhūl : Aux yeux maquillés de khôl.
- hayfā’ muqbila ‘ajzā’ mudbira : Svelte de face, large de hanches de dos.
- ‘awāriḍ : Incisives, dents de devant.
- dhī zhalm : Ombre, ici désignant l'ombre des lèvres sur les dents.
- rāḥ : Vin pur.
- ma‘lūl : Mêlé d'eau.
- shiyam : Grêle.
- mā’ maḥniya : Eau de pluie recueillie dans un creux.
- abṭaḥ : Plaine, lit de rivière.
- mashmūl : Devenu frais le matin, refroidi.
- afraṭahu : Son excès, sa surabondance.
- bayḍ ya‘ālīl : Traînées blanches de nuages.
- khulla : Amitié sincère.
- sīṭa min damihā : Mêlé de son sang, c'est-à-dire teinté de perfidie.
- ghūl : Créature légendaire changeant de forme.
- tadlīl : Source d'égarement, tromperie.
- ‘Urqūb : Personnage légendaire connu pour ses promesses non tenues.
- tanwīl : Don, faveur.
- ‘itāq najībāt marāsīl : Chamelles rapides, nobles, de race.
- ‘udhāfira : Chamelle robuste et rapide.
- irqāl wa tabghīl : Allure rapide et lente alternées.
- naddākhat al-dhifrā : Dont les ganaches (côtés de la mâchoire) suintent.
- ‘urḍatuhā : Son flanc, son côté.
- ṭāmis al-a‘lām : Aux marques effacées, cicatrices.
- majhūl : Inconnu, non identifié.
- al-ghuyūb : Les lointains, les horizons.
- mufrid lahaq : Chameau solitaire au pelage blanc.
- al-ḥizzān wa-l-mīl : Pierres et collines.
- muqalladuhā : Son poitrail, la base du cou.
- fa‘m muqayyaduhā : Pleine de chair, bien en chair.
- banāt al-faḥl : Les filles de l'étalon, c'est-à-dire les chamelles de race.
- ghalbā’ : Au cou épais et fort.
- wajnā’ : Aux joues saillantes.
- ‘ulkūm : Massive, de grande taille.
- mudhakkara : Virile, qui a des caractéristiques masculines.
- dafuhā : Son dos, son flanc.
- quddāmuhā : Son avant, le devant du corps.
- mīl : Long, étendu.
- uṭūm : Cuir tanné, peau épaisse.
- yu’ayyisuhu : Le fait pourrir, le détériore.
- ṭilḥ : Arbre desséché, bois mort.
- ḍāḥiyat al-matnayn : Flanc de la montagne, versant.
- mahzūl : Maigre, décharné.
- ḥarf : Chamelle maigre et rapide.
- muhajjana : Femelle croisée, de race mélangée.
- qawdā’ : Rapide, vive.
- shimlīl : Légère, agile.
- labān : Poitrail, partie avant de la poitrine.
- aqrāb : Flancs, parties latérales du ventre.
- zahālīl : Lisses, glissants.
- ‘ayrāna : Chamelle rapide et ardente.
- qudhifat bi-l-naḥḍ : Lancée avec vigueur, poussée.
- ‘an ‘uraḍ : De côté, obliquement.
- mirfaquhā : Son coude.
- banāt al-zawr : Les filles du poitrail, c'est-à-dire les chamelles au poitrail large.
- madbahu : Encolure, partie où l'on égorge.
- khatmuhā : Son nez, son museau.
- laḥyayn : Les deux mâchoires.
- birṭīl : Licou, corde pour mener l'animal.
- ‘asīb al-nakhl : Tige de palmier, branche.
- khuṣal : Fibres, feuilles.
- ghāriz : Terrain sablonneux, sol meuble.
- aḥālīl : Pluies continues, averses.
- lam takhawwanhu : Ne l'ont pas entamé, n'ont pas creusé.
- qanwā’ : Au cou arqué, recourbé.
- ḥurratayhā : Ses deux joues.
- al-khaddayn : Les deux joues.
- tashīl : Douceur, finesse.
- takhdī : Aller vite, courir.
- yasarāt : Sabots légers, rapides.
- lāḥiqa : Rapide, qui suit bien.
- dhawābil : Jambes sèches, fines.
- taḥlīl : Délice, plaisir.
- sumr al-‘ujāyāt : Aux articulations brunes.
- ziyaman : Éparpillés, dispersés.
- ru’ūs al-ukm : Sommets des collines.
- tan‘īl : Chaussures, protection des sabots.
- awb dhirā‘ayhā : Mouvement de ses deux avant-bras.
- ‘asāqīl : Nuages, brume.
- al-qūr : Montagnes, collines.
- ḥirbā’ : Lézard, souvent le lézard des sables.
- muṣṭakhidan : Haletant, se réfugiant à l'ombre.
- ḍāḥīhi : Son dos, sa partie exposée au soleil.
- mamlūl : Brûlé, rôti par le soleil.
- الغواة : Les égarés, ceux qui s'écartent de la vérité.
- ابن أبي سلمى : Fils d'Abi Salma : surnom de Ka'b ibn Zuhayr, le poète.
- آلة حدباء : Civière bombée : désigne le brancard funèbre.
- نافلة : Surcroît, don supplémentaire ; ici, la révélation du Coran.
- ذي نقمات قيله القيل : Celui dont les paroles sont décisives et les châtiments : désigne le Prophète.
- عثر : Nom d'un lieu ou d'une vallée.
- سباع الجو : Les bêtes de proie du ciel : peut-être les oiseaux de proie.
- قريش : Quraych : tribu de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète.
- شم العرانين : Nez élevés : métaphore pour la noblesse et la fierté.
- نسج داود : Tissu de David : allusion aux cottes de mailles, que David aurait inventées.
- القفعاء : Plante épineuse dont les anneaux servent de modèle.
- الجمال الزهر : Chamelles blanches : symbole de beauté et de noblesse.
- السود : Les noirs : peut désigner les ennemis ou les lâches.
- التنابيل : Vils, méprisables.
- الأنصار : Les Ansar : les Médinois qui ont soutenu le Prophète après l'Hégire.
- السَّمْهَرِي : Lance de Samhar, région réputée pour ses lances.
- المشرفي : Épée de Mashraf, région du Yémen réputée pour ses épées.
- خفية : Khafiyya : nom d'un lieu.
L'expédition de Tabuk [1] au mois de Rajab [2] de l'an neuf.
Et lorsque tu seras libéré, ils t'empêcheront d'aller vers eux... Tu deviendras alors auprès des forteresses des terres désolées 1. Ils ont frappé 'Alî le jour de Badr d'un coup... Devant l'impact duquel toute la tribu de Nizâr 2 s'est soumise. Si les gens connaissaient toute ma science à leur sujet... Ceux que je dispute me croiraient. Un peuple qui, lorsque les étoiles disparaissent 3, sont pour les voyageurs nocturnes qui descendent chez eux des hôtes généreux. Parmi les nobles de Ghassân 4, issus de Jurthûma 5, dont les sabots 6 ont épuisé le bec 7. Ibn Hishâm a dit : On rapporte que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lui dit lorsqu'il récita : « Su'âd 8 est partie, et mon cœur aujourd'hui est enchaîné » : « Si tu n'avais pas mentionné les Ansâr 9 en bien, car ils en sont dignes. » Alors Ka'b récita ces vers, qui font partie d'un poème de lui. Ibn Hishâm a dit : On m'a rapporté d'après 'Alî ibn Zayd ibn Jud'ân qu'il a dit : Ka'b ibn Zuhayr récita au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dans la mosquée : « Su'âd est partie, et mon cœur aujourd'hui est enchaîné. » Expédition de Tabûk au mois de Rajab de l'an neuf. (Ordre du Prophète aux gens de se préparer pour Tabûk) : Il dit : Abû Muhammad 'Abd al-Malik ibn Hishâm nous a raconté, d'après Ziyâd ibn 'Abd Allâh al-Bakkâ'î, d'après Muhammad ibn Ishâq al-Muttalibî, qui a dit : Ensuite, le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, resta à Médine entre Dhû al-Hijja et Rajab, puis il ordonna aux gens de se préparer pour l'expédition contre les Romains. Az-Zuhrî, Yazîd ibn Rûmân, 'Abd Allâh ibn Abî Bakr, 'Âsim ibn 'Umar ibn Qatâda, et d'autres de nos savants nous ont rapporté, chacun racontant ce qu'il avait appris sur l'expédition de Tabûk, certains rapportant ce que d'autres ne rapportaient pas : que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, ordonna à ses compagnons de se préparer pour l'expédition contre les Romains, et cela à une époque de gêne pour les gens, de chaleur intense, de sécheresse dans le pays, et au moment où les fruits étaient mûrs ; les gens aimaient rester auprès de leurs fruits et de leurs ombrages, et ils répugnaient à partir dans les conditions climatiques où ils se trouvaient. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, sortait rarement pour une expédition sans la dissimuler et annoncer qu'il visait une autre direction que celle qu'il prenait 10, sauf pour l'expédition de Tabûk, car il la révéla aux gens, en raison de l'éloignement de la distance 11, de la dureté du temps, et du grand nombre d'ennemis qu'il visait, afin que les gens se préparent en conséquence. Il ordonna donc aux gens de se préparer et leur annonça qu'il visait les Romains. (Le cas d'al-Jadd et ce qui fut révélé à son sujet) : Un jour, alors qu'il était en train de se préparer, le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit à al-Jadd ibn Qays, l'un des Banû Salima : « Ô Jadd, veux-tu cette année combattre les Banû al-Asfar 12 ? » Il répondit : « Ô Messager de Dieu, me permets-tu et ne me tente pas ? Par Dieu, mon peuple sait qu'il n'y a pas d'homme plus épris des femmes que moi, et je crains, si tu vois les femmes des Banû al-Asfar, de ne pas pouvoir patienter. » Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, se détourna de lui et dit : « Je t'ai permis. » C'est à propos d'al-Jadd ibn Qays que ce verset fut révélé : « Et parmi eux, il en est qui dit : "Permets-moi et ne me tente pas." Or, c'est dans la tentation qu'ils sont tombés ; et l'Enfer cerne les mécréants. » [Coran 9:49] C'est-à-dire : s'il craignait vraiment la tentation des femmes des Banû al-Asfar, alors qu'il n'en était rien, la tentation dans laquelle il est tombé, en restant en arrière du Messager de Dieu et en préférant sa propre personne à la sienne, est plus grande. Dieu dit : « Et l'Enfer est derrière lui. » (Ce qui fut révélé au sujet des gens qui décourageaient) : Des hypocrites se dirent les uns aux autres : « Ne partez pas en campagne pendant la chaleur », par dédain pour le combat, par doute de la vérité, et pour semer le trouble à propos du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Dieu, béni et exalté soit-Il, révéla à leur sujet : « Ils ont dit : "Ne partez pas en campagne pendant la chaleur." Dis : "Le feu de l'Enfer est plus intense en chaleur." Si seulement ils comprenaient ! Qu'ils rient donc un peu et qu'ils pleurent beaucoup, en récompense de ce qu'ils acquièrent. » [Coran 9:81-82] (Incendie de la maison de Suwaylim et poème d'adh-Dhahhâk à ce sujet) : Ibn Hishâm a dit : Un homme digne de confiance m'a raconté, d'après celui qui le lui a raconté, d'après Muhammad ibn Talha ibn 'Abd ar-Rahmân, d'après Ishâq ibn Ibrâhîm ibn 'Abd Allâh ibn Hâritha, d'après son père, d'après son grand-père, qui a dit : Il parvint au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, que des hypocrites se réunissaient dans la maison de Suwaylim le Juif – sa maison était près de Jâsûm 13 – pour décourager les gens de suivre le Messager de Dieu lors de l'expédition de Tabûk. Le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, envoya alors Talha ibn 'Ubayd Allâh avec un groupe de ses compagnons et lui ordonna d'incendier sur eux la maison de Suwaylim. Talha le fit. Adh-Dhahhâk ibn Khalîfa sauta du toit de la maison et se cassa la jambe ; ses compagnons sautèrent aussi et s'enfuirent. Adh-Dhahhâk dit à ce sujet : « Par la Maison de Dieu, le feu de Muhammad a failli... Consumer adh-Dhahhâk et Ibn Ubayriq 14. Et je suis resté, après avoir mis le feu à la demeure de Suwaylim... M'appuyant sur ma jambe brisée et mon coude. Paix sur vous ! Je ne recommencerai pas une telle chose... Je crains, et celui que le feu enveloppe sera brûlé. » (Exhortation du Prophète à la dépense et affaire de 'Uthmân à ce sujet) : Ibn Ishâq a dit : Ensuite, le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, se mit sérieusement en route, ordonna aux gens de se préparer et de se hâter, et incita les gens aisés à dépenser et à fournir des montures 15 dans le chemin de Dieu. Des hommes aisés fournirent des montures et comptèrent sur la récompense divine 16. 'Uthmân ibn 'Affân fit à cette occasion une dépense considérable, que personne n'égala. Ibn Hishâm a dit : Un homme en qui j'ai confiance m'a raconté que 'Uthmân ibn 'Affân dépensa pour l'armée de la difficulté 17 lors de l'expédition de Tabûk mille dinars. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : « Ô Dieu, sois satisfait de 'Uthmân, car je suis satisfait de lui. » (L'affaire des pleureurs 18) : Ibn Ishâq a dit : Ensuite, des hommes parmi les musulmans vinrent trouver le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue ; c'étaient les pleureurs, au nombre de sept, parmi les Ansâr et d'autres, des Banû 'Amr ibn 'Awf : Sâlim ibn 'Umayr, 'Ulba ibn Zayd, frère des Banû Hâritha, Abû Laylâ 'Abd ar-Rahmân ibn Ka'b, frère des Banû Mâzin ibn an-Najjâr, 'Amr ibn Humâm ibn al-Jamûh, frère des Banû Salima, 'Abd Allâh ibn al-Mughaffal al-Muzanî – certains disent que c'est 'Abd Allâh ibn 'Amr al-Muzanî –, Haramî ibn 'Abd Allâh, frère des Banû Wâqif, et 'Irbâd ibn Sâriya al-Fazârî. Ils demandèrent au Messager de Dieu de leur fournir des montures 19, car ils étaient dans le besoin. Il dit : « Je ne trouve pas de quoi vous monter. » Ils s'en allèrent, les yeux débordant de larmes, tristes de ne pas trouver de quoi dépenser 20. Ibn Ishâq a dit : Il m'est parvenu qu'Ibn Yâmin ibn 'Umayr 21 ibn Ka'b an-Nadrî rencontra Abû Laylâ 'Abd ar-Rahmân ibn Ka'b et 'Abd Allâh ibn Mughaffal, qui pleuraient, et leur dit : « Qu'est-ce qui vous fait pleurer ? » Ils répondirent : « Nous sommes venus voir le Messager de Dieu pour qu'il nous fournisse des montures, mais nous n'avons rien trouvé chez lui pour nous monter, et nous n'avons pas de quoi nous soutenir pour partir avec lui. » Il leur donna alors un chameau 22 à lui, ils le sellèrent, et il leur fournit aussi des dattes comme provision. Ils partirent donc avec le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. (L'affaire de ceux qui s'excusent 23) : Ibn Ishâq a dit : Les bédouins qui s'excusent 24 vinrent à lui et présentèrent leurs excuses, mais Dieu ne les accepta pas. Il m'a été rapporté qu'ils étaient un groupe des Banû Ghifâr. (Le fait que certains restèrent en arrière sans être dans le doute) :
Puis son voyage avec le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — s'affermit 25, et il résolut de marcher. Or, il y avait un groupe de musulmans que l'intention avait retardés auprès du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — au point qu'ils restèrent en arrière de lui, sans doute ni hésitation. Parmi eux : Ka'b ibn Malik ibn Abi Ka'b, frère des Banu Salima ; Murara ibn ar-Rabi', frère des Banu 'Amr ibn 'Awf ; Hilal ibn Umayya, frère des Banu Waqif ; et Abu Khaythama, frère des Banu Salim ibn 'Awf. C'étaient des hommes sincères, dont on ne suspectait pas l'islam. (Sortie du Messager et sa nomination d'un gouverneur sur Médine) Lorsque le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — sortit, il établit son camp à Thaniyyat al-Wada' 26. Ibn Hisham dit : Il nomma Muhammad ibn Maslama al-Ansari comme gouverneur de Médine. 'Abd al-'Aziz ibn Muhammad ad-Darawardi 27 rapporta d'après son père que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — nomma Siba' ibn 'Urfuta comme gouverneur de Médine lors de son départ pour Tabuk. (Retard des hypocrites) Ibn Ishaq dit : 'Abd Allah ibn Ubayy établit son camp à part, en contrebas du sien, près de Dhubab 28. Selon ce qu'ils prétendent, il n'était pas moins nombreux que les deux camps. Quand le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — partit, 'Abd Allah ibn Ubayy resta en arrière, parmi ceux des hypocrites et des gens du doute qui restèrent. (Histoire de 'Ali ibn Abi Talib) Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — laissa 'Ali ibn Abi Talib — que l'agrément d'Allah soit sur lui — auprès de sa famille, et lui ordonna de rester parmi eux. Les hypocrites colportèrent des rumeurs à son sujet, disant : « Il ne l'a laissé que parce qu'il le trouvait pesant et voulait s'alléger de lui. » Quand les hypocrites dirent cela, 'Ali ibn Abi Talib — que l'agrément d'Allah soit sur lui — prit ses armes, puis sortit jusqu'à rejoindre le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — alors qu'il campait à al-Jurf 29. Il dit : « Ô Prophète d'Allah, les hypocrites prétendent que tu m'as laissé parce que tu me trouvais pesant et voulais t'alléger de moi. » Il dit : « Ils mentent. Mais je t'ai laissé pour ce que j'ai laissé derrière moi. Retourne donc et sois mon remplaçant auprès de ma famille et de ta famille. Ne te plaît-il pas, ô 'Ali, d'être pour moi comme Aaron l'était pour Moïse, sauf qu'il n'y a pas de prophète après moi ? » Alors 'Ali retourna à Médine, et le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — poursuivit son voyage. Ibn Ishaq dit : Muhammad ibn Talha ibn Yazid ibn Rukana m'a rapporté, d'après Ibrahim ibn Sa'd ibn Abi Waqqas, d'après son père Sa'd, qu'il a entendu le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dire ces paroles à 'Ali. (Histoire d'Abu Khaythama) Ibn Ishaq dit : Puis 'Ali retourna à Médine, et le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — poursuivit son voyage. Ensuite, Abu Khaythama, après que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — eut marché plusieurs jours, retourna chez lui par une journée chaude. Il trouva ses deux femmes dans deux tonnelles 30 pour elles dans son jardin 31, chacune ayant arrosé sa tonnelle, rafraîchi de l'eau pour lui et préparé de la nourriture. Quand il entra, il se tint à l'entrée de la tonnelle, regarda ses deux femmes et ce qu'elles avaient préparé pour lui, et dit : « Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — est sous le soleil 32, le vent et la chaleur, tandis qu'Abu Khaythama est à l'ombre fraîche, avec de la nourriture préparée et une belle femme, restant dans ses biens. Ce n'est pas juste ! » Puis il dit : « Par Allah, je n'entrerai dans la tonnelle d'aucune de vous deux avant d'avoir rejoint le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. Préparez-moi des provisions. » Elles le firent. Puis il amena son chameau, le chargea, et partit à la recherche du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — jusqu'à ce qu'il le rejoigne lorsqu'il campa à Tabuk. 'Umayr ibn Wahb al-Jumahi avait rejoint Abu Khaythama en chemin, cherchant le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. Ils voyagèrent ensemble jusqu'à ce qu'ils approchent de Tabuk. Abu Khaythama dit à 'Umayr ibn Wahb : « J'ai un péché, donc ne t'inquiète pas de rester en arrière de moi jusqu'à ce que j'arrive auprès du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. » Il le fit. Lorsqu'il approcha du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — alors qu'il campait à Tabuk, les gens dirent : « Voici un cavalier qui arrive sur la route. » Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « Sois Abu Khaythama. » Ils dirent : « Ô Messager d'Allah, c'est bien Abu Khaythama, par Allah. » Quand il fit agenouiller sa monture, il s'avança et salua le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — lui dit : « Malheur à toi 33, ô Abu Khaythama ! » Puis il raconta l'histoire au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — lui dit de bonnes paroles et pria pour lui pour le bien. Ibn Hisham dit : Abu Khaythama composa des vers à ce sujet 34 — son nom est Malik ibn Qays : Quand j'ai vu les gens, dans la religion, pratiquer l'hypocrisie, Je suis venu à celle qui était la plus chaste et la plus généreuse. Et j'ai serré la main droite de Muhammad, Je n'ai pas acquis de péché et n'ai pas commis d'illicite. J'ai laissé une femme teinte 35 dans la tonnelle, et un troupeau De chamelles pures, dont les dattes non mûres avaient rougi 36. Et quand l'hypocrite doutait, mon âme se montrait généreuse Envers la religion, se dirigeant vers elle où qu'elle se tourne 37. (Le Prophète et les musulmans à al-Hijr) Ibn Ishaq dit : Lorsque le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — passa par al-Hijr, il y campa et les gens puisèrent de l'eau de son puits. Quand ils repartirent, le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « Ne buvez rien de son eau, ne vous en servez pas pour les ablutions en vue de la prière, et toute pâte que vous avez pétrie, donnez-la en pâture aux chameaux, n'en mangez rien. Et que personne d'entre vous ne sorte cette nuit sans avoir un compagnon avec lui. » Les gens firent ce que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — leur avait ordonné, sauf que deux hommes des Banu Sa'ida sortirent : l'un pour son besoin, l'autre à la recherche de son chameau. Quant à celui qui était sorti pour son besoin, il fut étouffé à l'endroit où il était allé. Quant à celui qui était parti à la recherche de son chameau, le vent l'emporta jusqu'à le jeter aux montagnes de Tayyi'. On informa le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — de cela, et il dit : « Ne vous avais-je pas interdit que personne d'entre vous ne sorte sans avoir un compagnon avec lui ? » Puis le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — invoqua pour celui qui avait été frappé à l'endroit où il était allé, et il fut guéri. Quant à l'autre, qui était tombé aux montagnes de Tayyi', les Tayyi' le ramenèrent en cadeau au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — lorsqu'il arriva à Médine. Le récit des deux hommes vient de 'Abd Allah ibn Abi Bakr, d'après 'Abbas ibn Sahl ibn Sa'd as-Sa'idi. 'Abd Allah ibn Abi Bakr m'a rapporté que 'Abbas lui avait nommé les deux hommes, mais il les avait confiés à lui, et 'Abd Allah refusa de me les nommer. Ibn Hisham dit : Il m'est parvenu d'az-Zuhri qu'il a dit : Lorsque le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — passa par al-Hijr, il couvrit son visage de son vêtement 38, pressa sa monture 39, puis dit : « N'entrez pas dans les maisons de ceux qui ont été injustes, sauf en pleurant, de peur que ne vous frappe ce qui les a frappés. » Ibn Ishaq dit : Quand le matin vint, les gens n'avaient pas d'eau. Ils s'en plaignirent au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. Alors le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — invoqua, et Allah — gloire à Lui — envoya un nuage qui fit pleuvoir jusqu'à ce que les gens fussent abreuvés et eussent pris leur besoin d'eau.
Ibn Isḥāq dit : ʿĀṣim ibn ʿUmar ibn Qatāda m’a rapporté, d’après Maḥmūd ibn Labīd, d’après des hommes des Banū ʿAbd al-Ashhal, qui dirent : Je dis à Maḥmūd : « Les gens reconnaissaient-ils l’hypocrisie 40 parmi eux ? » Il répondit : « Oui, par Dieu ! L’homme la reconnaissait chez son frère, chez son père, chez son oncle et dans sa tribu, puis ils se couvraient mutuellement à ce sujet. » Puis Maḥmūd dit : « Des hommes de mon peuple m’ont rapporté au sujet d’un homme parmi les hypocrites, dont l’hypocrisie était connue, qui voyageait avec l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – partout où il allait. Lorsque survint ce qui arriva aux gens à al-Ḥijr 41, et que l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – invoqua, Dieu envoya un nuage qui fit pleuvoir jusqu’à ce que les gens fussent désaltérés. Ils dirent : « Malheur à toi ! Y a-t-il quelque chose après cela ? » Il dit : « Un nuage qui passe. » » (La chamelle de l’Envoyé s’égara et l’histoire d’Ibn al-Luṣayt) Ibn Isḥāq dit : Puis l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – poursuivit sa route jusqu’à ce qu’en chemin sa chamelle s’égare. Ses Compagnons partirent à sa recherche, tandis qu’auprès de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – se trouvait un homme de ses Compagnons, nommé ʿUmāra ibn Ḥazm, qui était un des gens de la ʿAqaba 42 et de Badr 43, et qui était des Banū ʿAmr ibn Ḥazm. Dans sa monture se trouvait Zayd ibn al-Luṣayt al-Qaynuqāʿī, qui était un hypocrite. Ibn Hishām dit : On dit aussi Ibn Luṣayb (avec un bāʾ). Ibn Isḥāq dit : ʿĀṣim ibn ʿUmar ibn Qatāda m’a rapporté, d’après Maḥmūd ibn Labīd, d’après des hommes des Banū ʿAbd al-Ashhal, qui dirent : Zayd ibn al-Luṣayt, qui se trouvait dans la monture de ʿUmāra tandis que ʿUmāra était auprès de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, dit : « Muḥammad ne prétend-il pas être un prophète, et vous informe-t-il des nouvelles du ciel, alors qu’il ne sait pas où est sa chamelle ? » L’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, alors que ʿUmāra était auprès de lui, dit : « Un homme a dit : “Voici Muḥammad qui vous informe qu’il est un prophète, et prétend vous informer des affaires du ciel, alors qu’il ne sait pas où est sa chamelle.” Par Dieu, je ne sais que ce que Dieu m’a enseigné. Dieu m’a indiqué où elle se trouve : elle est dans cette vallée, dans tel et tel ravin, un arbre l’a retenue par son licou. Allez donc et ramenez-la-moi. » Ils partirent et la ramenèrent. ʿUmāra ibn Ḥazm retourna à sa monture et dit : « Par Dieu, c’est étonnant de ce que l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – vient de nous rapporter au sujet d’une parole d’un homme dont Dieu l’a informé, telle et telle, à propos de ce qu’a dit Zayd ibn Luṣayt. » Un homme qui se trouvait dans la monture de ʿUmāra et qui n’avait pas assisté à l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Par Dieu, c’est Zayd qui a dit cette parole avant que tu n’arrives. » ʿUmāra se tourna alors vers Zayd, le frappa au cou et dit : « À moi, serviteurs de Dieu ! Il y a dans ma monture un calamiteux sans que je le sache. Sors, ennemi de Dieu, de ma monture, et ne m’accompagne pas. » (L’affaire d’Abū Dharr) Ibn Isḥāq dit : Certains prétendent que Zayd se repentit par la suite, mais d’autres disent qu’il resta suspect de mal jusqu’à sa mort. Puis l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – poursuivit sa route. Les hommes commencèrent à rester en arrière, et on disait : « Ô Envoyé de Dieu, un tel est resté en arrière. » Il disait : « Laissez-le ; s’il y a du bien en lui, Dieu Très-Haut le fera vous rejoindre ; sinon, Dieu vous en a débarrassés. » Jusqu’à ce qu’on dise : « Ô Envoyé de Dieu, Abū Dharr est resté en arrière, sa monture l’a retardé. » Il dit : « Laissez-le ; s’il y a du bien en lui, Dieu le fera vous rejoindre ; sinon, Dieu vous en a débarrassés. » Abū Dharr tarda sur sa chamelle, et comme elle le retardait, il prit ses affaires, les chargea sur son dos, puis partit à pied en suivant la trace de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. L’Envoyé de Dieu descendit dans une de ses étapes. Un observateur parmi les musulmans regarda et dit : « Ô Envoyé de Dieu, voici un homme qui marche seul sur la route. » L’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Sois Abū Dharr 44. » Quand les gens l’examinèrent, ils dirent : « Ô Envoyé de Dieu, par Dieu, c’est Abū Dharr. » L’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Que Dieu fasse miséricorde à Abū Dharr ! Il marche seul, meurt seul et sera ressuscité seul. » Ibn Isḥāq dit : Burayda ibn Sufyān al-Aslamī m’a rapporté, d’après Muḥammad ibn Kaʿb al-Quraẓī, d’après ʿAbd Allāh ibn Masʿūd, qui dit : Lorsque ʿUthmān exila Abū Dharr à al-Rabadha 45 et que son terme l’y atteignit, il n’avait avec lui que sa femme et son serviteur. Il leur recommanda : « Lavez-moi, ensevelissez-moi, puis déposez-moi sur le bord de la route. Le premier groupe de voyageurs qui passera, dites : “Voici Abū Dharr, le compagnon de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, aidez-nous à l’enterrer.” » Quand il mourut, ils firent ainsi. Ils le déposèrent sur le bord de la route. ʿAbd Allāh ibn Masʿūd arriva avec une troupe d’habitants de l’Irak en pèlerinage 46. Ils ne virent rien d’autre que le cadavre sur la route, presque piétiné par les chameaux. Le serviteur s’avança vers eux et dit : « Voici Abū Dharr, le compagnon de l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, aidez-nous à l’enterrer. » ʿAbd Allāh ibn Masʿūd se mit à pleurer et dit : « L’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit vrai : tu marches seul, tu meurs seul et tu seras ressuscité seul. » Puis lui et ses compagnons descendirent, l’enterrèrent, et ʿAbd Allāh ibn Masʿūd leur raconta son histoire et ce que l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lui avait dit lors de son expédition à Tabūk. (Le découragement des hypocrites envers les musulmans et ce qui fut révélé à leur sujet) Ibn Isḥāq dit : Il y avait un groupe d’hypocrites, parmi lesquels Wadīʿa ibn Thābit, frère des Banū ʿAmr ibn ʿAwf, et un homme d’Ashjaʿ, allié des Banū Salima, nommé Mukhasshin ibn Ḥumayyir – Ibn Hishām dit : on dit aussi Makhshī –, qui faisaient des signes à l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – alors qu’il partait pour Tabūk. Les uns disaient aux autres : « Pensez-vous que le combat contre les fils des Jaunes 47 soit comme le combat des Arabes entre eux ? Par Dieu, il me semble que demain vous serez attachés dans des cordes. » C’était pour semer le trouble et effrayer les croyants. Mukhasshin ibn Ḥumayyir dit : « Par Dieu, j’aimerais que l’on me propose de recevoir cent coups de fouet chacun pour que nous soyons délivrés de la révélation d’un Coran 48 à cause de ces paroles. » L’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit – selon ce qui m’est parvenu – à ʿAmmār ibn Yāsir : « Rejoins ces gens, car ils ont brûlé 49. Demande-leur ce qu’ils ont dit. S’ils nient, dis : “Si, vous avez dit ceci et cela.” » ʿAmmār alla donc vers eux et leur dit cela. Ils vinrent alors à l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – pour s’excuser. Wadīʿa ibn Thābit, alors que l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – était arrêté sur sa chamelle, se mit à dire, en tenant la sangle de sa monture : « Ô Envoyé de Dieu, nous ne faisions que plaisanter et jouer. » Dieu – Puissant et Majestueux – révéla alors : « Et si tu les interrogeais, ils diraient : “Nous ne faisions que plaisanter et jouer” » (Coran 9:65). Mukhasshin ibn Ḥumayyir dit : « Ô Envoyé de Dieu, mon nom et celui de mon père m’ont nui. » Il semble que celui qui fut pardonné dans ce verset soit Mukhasshin ibn Ḥumayyir. Il se fit alors appeler ʿAbd al-Raḥmān et demanda à Dieu Très-Haut de le faire mourir en martyr sans que l’on sache où il se trouvait. Il fut tué le jour d’al-Yamāma 50 et on ne retrouva aucune trace de lui. (La paix entre l’Envoyé et Yuḥanna) Lorsque l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – arriva à Tabūk, Yuḥanna ibn Ruʾba, le maître d’Ayla 51, vint à lui. Il fit la paix avec l’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et lui donna la jizya 52. Les gens de Jarbāʾ et d’Adhruḥ 53 vinrent aussi et lui donnèrent la jizya. L’Envoyé de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – leur écrivit un écrit qui est encore chez eux.
(Livre du Prophète à Yuhannah) : Il écrivit à Yuhannah ibn Ru’bah : « Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ceci est un sauf-conduit (amanah) d’Allah et de Muhammad, le Prophète, Messager d’Allah, pour Yuhannah ibn Ru’bah et les habitants d’Aylah, leurs navires et leurs caravanes, sur terre et sur mer. Ils ont la protection (dhimmah) d’Allah et la protection de Muhammad, le Prophète, ainsi que ceux qui sont avec eux parmi les gens du Shâm, les gens du Yémen et les gens de la mer. Quiconque parmi eux commet un délit, ses biens ne le protégeront pas de sa personne. Et ceci est licite (tayyib) pour quiconque le prend parmi les gens. Et il n’est pas permis de leur refuser l’eau qu’ils viennent chercher, ni le chemin qu’ils empruntent, que ce soit sur terre ou sur mer. » (Récit de la capture d’Ukaidir, puis de sa réconciliation) : Ensuite, le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) appela Khâlid ibn al-Walîd et l’envoya à Ukaidir de Dûmah. Or, Ukaidir ibn ‘Abd al-Malik était un homme de Kindah, qui régnait sur cette région, et il était chrétien. Le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) dit à Khâlid : « Tu le trouveras en train de chasser des vaches sauvages (baqar). » Khâlid partit donc, jusqu’à ce qu’il fût à portée de vue de son fort, par une nuit d’été éclairée par la lune. Ukaidir était sur sa terrasse avec sa femme, et les vaches passèrent la nuit à frotter leurs cornes contre la porte du palais. Sa femme lui dit : « As-tu jamais vu pareille chose ? » Il répondit : « Non, par Allah ! » Elle dit : « Qui donc laisserait cela ? » Il dit : « Personne. » Il descendit donc, ordonna que l’on selle son cheval, et monta avec un groupe de sa famille, parmi lesquels un frère nommé Hassân. Il monta, et ils sortirent avec leurs lances. Lorsqu’ils sortirent, la cavalerie du Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) les rencontra, le captura, et tua son frère. Il portait une tunique (qabâ’) de brocart (dîbâj) ornée de fils d’or. Khâlid la lui prit comme butin et l’envoya au Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) avant même de venir lui-même avec le prisonnier. Ibn Ishâq dit : ‘Âsim ibn ‘Amr ibn Qatâdah m’a rapporté, d’après Anas ibn Mâlik, qui a dit : « J’ai vu la tunique d’Ukaidir lorsqu’elle fut apportée au Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue). Les musulmans la touchaient de leurs mains et s’en émerveillaient. Le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) dit alors : « Vous émerveillez-vous de cela ? Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, les mouchoirs de Sa‘d ibn Mu‘âdh au Paradis sont plus beaux que cela. » » Ibn Ishâq dit : Ensuite, Khâlid amena Ukaidir au Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue). Il lui épargna le sang, conclut avec lui un pacte (musâlahah) moyennant la capitation (jizyah), puis le libéra. Il retourna donc à son village. Un homme de Tayyi’, nommé Bujayr ibn Bujrah, dit, évoquant la parole du Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) à Khâlid : « Tu le trouveras en train de chasser des vaches sauvages », et ce que firent ces vaches cette nuit-là jusqu’à le faire sortir, pour confirmer la parole du Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) : « Béni soit le conducteur des vaches ! En vérité, j’ai vu Allah guider tout guide. Que celui qui se détourne de Dhât Tabûk [sache que] nous avons reçu l’ordre du combat sacré (jihâd). » (Retour à Médine) : Le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) demeura à Tabûk une dizaine de nuits, sans la dépasser, puis il repartit en retournant vers Médine. (Récit de la vallée d’al-Mushaqqaq et de son eau) : Sur la route, il y avait une eau qui sortait d’un suintement (washal) (42), suffisant à peine pour abreuver un cavalier, deux ou trois, dans une vallée appelée Wâdî al-Mushaqqaq. Le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) dit : « Que celui qui nous précède dans cette vallée (43) n’en puise rien jusqu’à ce que nous y arrivions. » Il dit : Un groupe d’hypocrites (munâfiqîn) l’y devança et puisa toute l’eau qui s’y trouvait. Lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) y arriva, il s’arrêta et n’y vit rien. Il dit : « Qui nous a précédés à cette eau ? » On lui dit : « Ô Messager d’Allah, untel et untel. » Il dit : « Ne leur avais-je pas interdit d’en puiser quoi que ce soit jusqu’à ce que j’y vienne ? » Ensuite, le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) les maudit et invoqua contre eux. Puis il descendit, mit sa main sous le suintement, et l’eau se mit à couler dans sa main autant qu’Allah voulut qu’elle coulât. Ensuite, il en aspergea l’endroit, le frotta de sa main, et le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) invoqua autant qu’Allah voulut qu’il invoquât. Alors, l’eau jaillit — selon ce que disent ceux qui l’entendirent — avec un bruit semblable à celui du tonnerre. Les gens burent et puisèrent tout ce dont ils avaient besoin. Le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) dit alors : « Si vous survivez, ou si certains d’entre vous survivent, vous entendrez certainement parler de cette vallée, et elle sera la plus fertile de ce qui l’entoure, devant et derrière. » (Mort de Dhû al-Bijâdayn et prière funéraire du Prophète sur lui) : Il dit : Muhammad ibn Ibrâhîm ibn al-Hârith at-Taymî m’a rapporté que ‘Abd Allah ibn Mas‘ûd racontait : « Je me levai au milieu de la nuit, alors que j’étais avec le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) lors de l’expédition de Tabûk. » Il dit : « Je vis une flamme de feu à l’extrémité du camp. » Il dit : « Je la suivis pour la regarder, et voici que c’était le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue), Abû Bakr et ‘Umar, et voici que ‘Abd Allah Dhû al-Bijâdayn al-Muzanî était mort. Ils avaient creusé pour lui, et le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) était dans sa fosse, tandis qu’Abû Bakr et ‘Umar le descendaient vers lui. Il disait : « Approchez-moi votre frère. » Ils le descendirent vers lui. Lorsqu’il l’eut installé sur le côté, il dit : « Ô Allah, je suis le soir satisfait de lui, sois donc satisfait de lui. » » Il dit : ‘Abd Allah ibn Mas‘ûd disait : « Plût à Allah que j’eusse été l’homme de cette fosse ! » (Raison de son surnom Dhû al-Bijâdayn) : Ibn Hishâm dit : Il fut surnommé Dhû al-Bijâdayn (l’homme aux deux manteaux) parce qu’il aspirait à l’islam, mais son peuple l’en empêchait et le contraignait, au point qu’ils le laissèrent avec un seul manteau (bijâd), sans rien d’autre sur lui. Le bijâd est un vêtement grossier et épais. Il s’enfuit donc d’eux vers le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue). Lorsqu’il fut près de lui, il déchira son manteau en deux, se ceignit les reins avec une moitié et s’enveloppa de l’autre, puis il vint au Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue). On l’appela donc Dhû al-Bijâdayn pour cette raison. Le bijâd est aussi une étoffe de poil (mis-h). Ibn Hishâm dit : Imru’ al-Qays a dit : « Comme si Abân, dans les narines (44) de sa pluie, était un grand homme enveloppé dans un manteau (bijâd). » (Question du Prophète à Abû Ruhm au sujet de ceux qui étaient restés en arrière) : Ibn Ishâq dit : Ibn Shihâb az-Zuhrî mentionna, d’après Ibn Ukaymah al-Laythî, d’après le neveu d’Abû Ruhm al-Ghifârî, qu’il entendit Abû Ruhm Kulthûm ibn al-Husayn — qui était parmi les Compagnons du Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) qui avaient prêté serment sous l’arbre — dire : « Je participai à l’expédition de Tabûk avec le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue). Une nuit, je marchais avec lui, alors que nous étions à al-Akhdar, près du Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue). Allah nous envoya le sommeil (45). Je me réveillais par moments, alors que ma monture s’était approchée de celle du Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue). Son approche de lui m’effrayait, de peur de toucher son pied à l’étrier (gharz) (46). Je m’efforçais donc d’éloigner ma monture de lui, jusqu’à ce que le sommeil me vainquît à un moment de la nuit, alors que nous étions en pleine nuit. Ma monture heurta celle du Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue), et son pied était dans l’étrier. Je ne me réveillai que lorsqu’il dit : « Ne fais pas de mal ! » Je dis : « Ô Messager d’Allah, pardonne-moi ! » Il dit : « Laisse ! » Puis il me demanda : « Qui sont ceux qui sont restés en arrière (takhallafa) parmi les gens ? » Je mentionnai les noms de quelques-uns. Il me demanda : « Qu’est-il arrivé à untel ? » Je répondis : « Il a été retenu par son chameau apprivoisé (hâr) (48). » Il me demanda : « Qu’est-il arrivé à untel ? » Je répondis : « Il a été retenu par son manteau (49). » Il dit : « Malheur à lui ! » Puis il ajouta : « Ô Abû Ruhm, celui qui possède deux vêtements, qu’il en donne un à celui qui n’en a pas. » Je dis : « Ô Messager d’Allah, j’en ai deux. » Il dit : « Donne-en un à celui qui n’en a pas. » Je dis : « Ô Messager d’Allah, je suis un homme pauvre. » Il insista, jusqu’à ce que je crusse qu’il allait me prendre l’un des deux. Je dis : « Ô Messager d’Allah, je te les donne tous deux. » Il dit : « Non, mais donne-lui l’un des deux. » Je dis : « Ô Messager d’Allah, je les donne tous deux à celui que tu voudras. » Il dit : « Donne-les donc à untel. » Je les lui donnai. »
- ma'âqil al-a'fâr : Forteresses des terres désolées : métaphore pour des lieux inaccessibles ou des positions défensives.
- Nizâr : Grande tribu arabe, ancêtre de nombreuses tribus du nord de l'Arabie.
- khawat al-nujûm : Littéralement 'les étoiles se sont vidées' : expression poétique pour dire que la nuit est tombée ou que les étoiles ont disparu.
- Ghassân : Tribu arabe chrétienne qui régnait sur une partie de la Syrie avant l'islam.
- Jurthûma : Ancienne tribu arabe, ancêtre des Ghassânides.
- mahâfir : Sabots des chevaux ou des chameaux.
- minqâr : Bec : métaphore pour un outil ou une arme tranchante.
- Su'âd : Nom d'une femme aimée, souvent utilisé dans la poésie arabe classique.
- Ansâr : Les 'auxiliaires' : habitants de Médine qui ont accueilli et soutenu le Prophète Muhammad après l'Hégire.
- yasmidu lahu : Se diriger vers, prendre pour cible.
- shuqqa : Distance longue et difficile à parcourir.
- Banû al-Asfar : Les 'fils du Jaune' : désignation des Romains (Byzantins) dans la tradition arabe.
- Jâsûm : Nom d'un lieu ou d'une localité près de Médine.
- Ibn Ubayriq : Personnage mentionné dans le poème, probablement un hypocrite.
- humlân : Montures ou moyens de transport fournis pour le voyage.
- ihtasabû : Ils ont compté sur la récompense divine, c'est-à-dire qu'ils ont donné sans attendre de retour terrestre.
- jaysh al-'usra : L'armée de la difficulté : surnom donné à l'expédition de Tabûk en raison des conditions difficiles.
- al-bakkâ'ûn : Les 'pleureurs' : groupe de compagnons qui pleurèrent de ne pouvoir participer à l'expédition faute de moyens.
- istaḥmalû : Ils demandèrent des montures (chameaux) pour voyager.
- yunfiqûn : Dépenser pour la cause de Dieu, notamment pour les provisions de voyage.
- Ibn Yâmîn ibn 'Umayr : Personnage mentionné, probablement un compagnon généreux.
- nâḍiḥ : Chameau utilisé pour porter de l'eau ou des charges.
- al-mu'adhdhirûn : Ceux qui présentent des excuses, souvent utilisés pour désigner les hypocrites qui cherchaient à se dispenser de l'expédition.
- a'râb : Bédouins, habitants du désert, souvent opposés aux citadins.
- استتب : S'affermit, se consolida, devint stable.
- ثنية الوداع : Thaniyyat al-Wada' : un col ou une colline près de Médine, lieu de départ des expéditions.
- الدراوردي : Ad-Darawardi : surnom attribué à 'Abd al-'Aziz ibn Muhammad, un transmetteur de hadiths.
- ذباب : Dhubab : un lieu près de Médine, peut-être une montagne ou une vallée.
- الجرف : Al-Jurf : un lieu situé à environ 3 miles de Médine, sur la route de Syrie.
- عريش : Tonnelle, hutte faite de branches et de feuillage, utilisée comme abri.
- حائط : Jardin clos, palmeraie entourée d'un mur.
- الضح : Le soleil, la chaleur du soleil, ou le moment de la matinée où le soleil est haut.
- أولى لك : Expression arabe signifiant 'malheur à toi' ou 'gare à toi', utilisée pour réprimander ou avertir.
- شعر : Poème, vers de poésie.
- خضيب : Femme qui se teint les mains au henné, signe de beauté et de préparation.
- تحمم : Les dattes non mûres (busr) ont rougi, indiquant qu'elles sont presque mûres.
- يمم : Se diriger vers, prendre pour direction.
- سجى ثوبه على وجهه : Il couvrit son visage de son vêtement, par respect ou pour se protéger.
- استحث : Presser, hâter sa monture.
- nifāq : Hypocrisie : fait de professer l’islam tout en cachant l’incrédulité dans le cœur.
- al-Ḥijr : Région rocheuse entre Médine et Syrie, associée au peuple de Thamūd.
- ʿAqaba : Serment d’allégeance à La Mecque avant l’Hégire ; les participants sont dits 'aqabiyyūn.
- Badr : Bataille de Badr (2 H.) ; les participants sont dits badriyyūn.
- kun Abā Dharr : Expression prophétique signifiant 'Sois Abū Dharr' ou 'C’est Abū Dharr'.
- al-Rabadha : Village près de Médine, lieu d’exil et de mort d’Abū Dharr.
- ʿummār : Pluriel de ʿāmir, désignant des pèlerins ou des gens en voyage pieux.
- Banū al-Aṣfar : Les 'Fils des Jaunes', surnom donné aux Byzantins (Rūm) dans la tradition islamique.
- Qurʾān : Révélation coranique ; ici, le fait qu’un verset soit révélé à leur sujet.
- iḥtaraqū : Littéralement 'ils ont brûlé' ; expression signifiant qu’ils ont été démasqués ou sont en danger.
- Yawm al-Yamāma : Bataille d’al-Yamāma (11 H.) contre les apostats, où de nombreux Compagnons tombèrent.
- Ayla : Ville portuaire sur la mer Rouge, actuelle Aqaba en Jordanie.
- jizya : Impôt de capitation payé par les non-musulmans en échange de protection.
- Jarbāʾ et Adhruḥ : Localités du sud de la Jordanie ou du nord de l’Arabie, soumises par traité.
L'ordre concernant la mosquée de la dissension [1] fut donné au retour de l'expédition de Tabuk [2].
Sauf par sa parole : « Il a senti 1 », alors je dis : « Ô Messager d'Allah, implore le pardon pour moi. » Il dit : « Va. » Alors le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) se mit à me demander au sujet de ceux qui étaient restés en arrière parmi les Banu Ghifar, et je l'en informai. Il dit, tout en me questionnant : « Qu'ont fait les hommes rouges, grands, aux cheveux crépus 2 ? » Je lui racontai leur retard. Il dit : « Et qu'ont fait les hommes noirs, trapus, petits ? » Je dis : « Par Allah, je ne connais pas ceux-là parmi nous 3. » Il dit : « Si, ceux qui ont des troupeaux à Shabakat Shadakh 4. » Je me les rappelai alors parmi les Banu Ghifar, mais je ne les mentionnai pas jusqu'à ce que je me souvienne qu'ils avaient une parenté d'Aslam qui étaient alliés chez nous. Je dis : « Ô Messager d'Allah, ceux-là sont une parenté d'Aslam, alliés chez nous. » Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit : « Qu'est-ce qui a empêché l'un d'eux, lorsqu'il est resté en arrière, de charger sur un de ses chameaux un homme énergique dans le sentier d'Allah ? Les plus chers à moi parmi mes gens sont que les émigrés de Quraysh, les Ansar, Ghifar et Aslam ne restent pas en arrière de moi. » Affaire de la mosquée de la Dissension au retour de l'expédition de Tabuk (Leur invitation du Prophète pour y prier) : Ibn Ishaq dit : Puis le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) revint jusqu'à ce qu'il descendît à Dhi Awan 5, un endroit situé à une heure de jour de Médine. Les gens de la mosquée de la Dissension étaient venus à lui alors qu'il se préparait pour Tabuk, et ils dirent : « Ô Messager d'Allah, nous avons construit une mosquée pour celui qui est malade, pour le besoin, pour la nuit pluvieuse et la nuit d'hiver, et nous aimerions que tu viennes à nous et y pries pour nous. » Il dit : « Je suis sur le point de partir et occupé », ou comme il dit (qu'Allah prie sur lui et le salue), « et quand nous serons de retour, si Allah le veut, nous viendrons à vous et prierons pour vous. » (Ordre du Prophète à deux hommes de la détruire) : Lorsqu'il descendit à Dhi Awan, la nouvelle de la mosquée lui parvint. Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) appela Malik ibn al-Dukhshum, frère des Banu Salim ibn Awf, et Ma'n ibn 'Adi, ou son frère 'Asim ibn 'Adi, frère des Banu al-'Ajlan, et dit : « Allez à cette mosquée dont les gens sont injustes, détruisez-la et brûlez-la. » Ils partirent rapidement jusqu'à ce qu'ils arrivassent chez les Banu Salim ibn Awf, qui étaient la parenté de Malik ibn al-Dukhshum. Malik dit à Ma'n : « Attends-moi que je sorte vers toi avec un brandon de ma famille. » Il entra chez les siens, prit des palmes de palmier, y alluma du feu, puis ils sortirent en courant jusqu'à ce qu'ils y entrassent alors qu'elle contenait ses gens, la brûlèrent et la détruisirent, et ils se dispersèrent loin d'elle. Et il descendit à leur sujet du Coran ce qui descendit : « Et ceux qui ont pris une mosquée pour nuire, par mécréance, pour diviser les croyants » (9:107) jusqu'à la fin de l'histoire. (Noms de ses bâtisseurs) : Ceux qui la construisirent étaient douze hommes : Khidham ibn Khalid, des Banu 'Ubayd ibn Zayd, l'un des Banu 'Amr ibn 'Awf, et de sa maison fut sortie la mosquée de la Discorde ; Tha'laba ibn Hatib, des Banu Umayya ibn Zayd ; Mu'attib ibn Qushayr, des Banu Dubay'a ibn Zayd ; Abu Habiba ibn al-Az'ar, des Banu Dubay'a ibn Zayd ; 'Abbad ibn Hunayf, frère de Sahl ibn Hunayf, des Banu 'Amr ibn 'Awf ; Jariya ibn 'Amir et ses deux fils Mujammi' ibn Jariya et Zayd ibn Jariya ; Nabtal ibn al-Harith, des Banu Dubay'a ; Bahzaj, des Banu Dubay'a ; Bijad 6 ibn 'Uthman, des Banu Dubay'a ; et Wadi'a ibn Thabit, qui est des Banu Umayya (ibn Zayd) 7, parenté d'Abu Lubaba ibn 'Abd al-Mundhir. (Mosquées du Prophète entre Médine et Tabuk) : Les mosquées du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) entre Médine et Tabuk étaient connues et nommées : une mosquée à Tabuk, une mosquée à Thaniyyat Midran, une mosquée à Dhat al-Zirab, une mosquée à al-Akhdar, une mosquée à Dhat al-Khitmi, une mosquée à Ala', une mosquée à Taraf al-Batra' de Dhanb Kawakib, une mosquée à al-Shiqq, Shiqq Tara, une mosquée à Dhi al-Jifa, et une mosquée.
- حَسَّ : Verbe signifiant 'sentir' ou 'percevoir', ici peut-être une référence à une sensation ou une intuition.
- الثِّطَاطُ : Pluriel de 'athitt' (أَثِطّ), désignant des cheveux crépus ou une barbe épaisse.
- مِنَّا : Expression signifiant 'parmi nous', indiquant que le narrateur ne reconnaît pas ces hommes comme faisant partie de sa tribu.
- بِشَبَكَةِ شَدَخٍ : Nom d'un lieu ou d'une région, peut-être une vallée ou un pâturage.
- بِذِي أَوَانَ : Nom d'un lieu situé à une heure de Médine, mentionné dans les récits de l'expédition de Tabuk.
- بِجَادُ : Nom propre, probablement 'Bijad' ou 'Bajad'.
- بْنِ زَيْدٍ : Ajouté pour clarifier la lignée, faisant référence à Umayya ibn Zayd.
L'affaire des trois qui furent laissés en arrière [1] et l'affaire des excuseurs [2] lors de l'expédition de Tabuk [3].
Un lieu de prière à Khawdha 1, une mosquée à al-Hijr 2, une mosquée à as-Sa'id 3, une mosquée à al-Wadi, aujourd'hui Wadi al-Qura 4, une mosquée à ar-Raq'ah 5 de la Shiqqa 6, Shiqqa des Banu 'Udhra 7, une mosquée à Dhu al-Marwah 8, une mosquée à al-Fayfa' 9, et une mosquée à Dhu Khushub 10. L'histoire des trois qui furent laissés en arrière 11 et l'histoire de ceux qui s'excusèrent 12 lors de l'expédition de Tabuk 13. (Interdiction du Prophète de parler aux trois laissés en arrière) : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, arriva à Médine, alors qu'un groupe d'hypocrites 14 était resté en arrière, et ces trois hommes parmi les musulmans étaient restés en arrière sans aucun doute ni hypocrisie : Ka'b ibn Malik, Murara ibn ar-Rabi' et Hilal ibn Umayya. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit à ses compagnons : « Ne parlez à aucun de ces trois. » Ceux qui étaient restés en arrière parmi les hypocrites vinrent à lui et se mirent à jurer et à s'excuser, et le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, leur pardonna, mais Dieu et Son Messager ne les excusèrent pas. Les musulmans s'abstinrent de parler à ces trois hommes. (Récit de Ka'b sur son retard) : Ibn Ishaq 15 dit : az-Zuhri 16 Muhammad ibn Muslim ibn Shihab rapporta d'après 'Abd ar-Rahman ibn 'Abd Allah ibn Ka'b ibn Malik que son père 'Abd Allah, qui guidait son père lorsque sa vue fut perdue, dit : J'ai entendu mon père Ka'b ibn Malik raconter son histoire lorsqu'il resta en arrière du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lors de l'expédition de Tabuk, et l'histoire de ses deux compagnons. Il dit : Je ne suis jamais resté en arrière du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dans aucune expédition qu'il a menée, sauf que j'étais resté en arrière lors de l'expédition de Badr 17, et c'était une expédition où Dieu et Son Messager ne blâmèrent personne pour être resté en arrière, car le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, n'était sorti que pour viser la caravane de Quraysh 18, jusqu'à ce que Dieu le réunisse avec son ennemi sans rendez-vous. J'ai certes assisté avec le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, à al-'Aqaba 19, lorsque nous nous sommes engagés sur l'islam, et je n'aimerais pas avoir en échange la participation à Badr, bien que l'expédition de Badr soit plus célèbre parmi les gens que celle-ci. Il dit : Voici mon histoire lorsque je restai en arrière du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lors de l'expédition de Tabuk : je n'avais jamais été plus fort ni plus à l'aise qu'au moment où je restai en arrière lors de cette expédition. Par Dieu, je n'avais jamais eu deux montures à la fois jusqu'à ce que je les aie lors de cette expédition. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, avait l'habitude, lorsqu'il voulait entreprendre une expédition, de la dissimuler par une autre, jusqu'à ce que vienne cette expédition. Il l'entreprit par une chaleur intense, affronta un long voyage et un ennemi nombreux, et il exposa clairement aux gens leur affaire pour qu'ils se préparent en conséquence, et il les informa de sa destination. Les musulmans qui suivirent le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, étaient nombreux, et aucun registre ne les rassemblait, c'est-à-dire le diwan 20. Ka'b dit : Peu d'hommes voulaient s'absenter sans penser que cela leur serait caché, tant qu'une révélation de Dieu ne descendait pas à leur sujet. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, entreprit cette expédition alors que les fruits étaient mûrs et que l'ombre était aimée, et les gens y étaient inclinés 21. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, se prépara, et les musulmans se préparèrent avec lui. Je me mis à aller le matin pour me préparer avec eux, puis je revenais sans avoir accompli ce que je voulais, et je me disais en moi-même : « Je suis capable de le faire quand je veux. » Cela continua ainsi jusqu'à ce que les gens se mettent sérieusement en route. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, partit un matin, et les musulmans avec lui, sans que j'aie rien préparé de mon équipement. Je dis : « Je me préparerai un jour ou deux après lui, puis je les rattraperai. » Je partis le matin après leur départ pour me préparer, puis je revins sans avoir rien fait. Puis je partis le matin et revins sans avoir rien fait. Cela continua ainsi jusqu'à ce qu'ils aient pris de l'avance et que l'expédition fût en retard 22. J'envisageai de partir pour les rattraper, et j'aurais aimé l'avoir fait, mais je ne le fis pas. Lorsque je sortis parmi les gens après le départ du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et que je circulai parmi eux, je fus attristé de ne voir qu'un homme accusé d'hypocrisie 23 ou un homme parmi ceux que Dieu avait excusés parmi les faibles. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, ne me mentionna pas jusqu'à ce qu'il atteignît Tabuk. Il dit, alors qu'il était assis parmi les gens à Tabuk : « Qu'a fait Ka'b ibn Malik ? » Un homme des Banu Salima 24 dit : « Ô Messager de Dieu, ses deux manteaux 25 et le fait de se regarder dans les miroirs 26 l'ont retenu. » Mu'adh ibn Jabal 27 lui dit : « Quelle mauvaise parole tu as dite ! Par Dieu, ô Messager de Dieu, nous ne savons de lui que du bien. » Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, se tut. Lorsque j'appris que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, revenait de Tabuk, mon angoisse 28 m'envahit. Je me mis à penser au mensonge et à dire : « Par quoi sortirai-je demain du courroux du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue ? » Et je demandai conseil à toute personne avisée de ma famille. Lorsqu'on dit que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, était sur le point d'arriver 29, le faux s'éloigna de moi 30 et je sus que je ne serais sauvé de lui que par la vérité. Je décidai donc de lui dire la vérité. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, arriva à Médine un matin. Lorsqu'il revenait d'un voyage, il commençait par la mosquée, y priait deux rak'as 31, puis s'asseyait pour les gens. Lorsqu'il eut fait cela, ceux qui étaient restés en arrière vinrent à lui et se mirent à jurer et à s'excuser. Ils étaient environ quatre-vingts hommes. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, acceptait leurs apparences et leurs serments, demandait pardon pour eux, et confiait leurs secrets à Dieu Très-Haut. Jusqu'à ce que je vienne et le salue. Il sourit du sourire de quelqu'un qui est en colère, puis me dit : « Approche. » Je vins en marchant jusqu'à m'asseoir devant lui. Il me dit : « Qu'est-ce qui t'a retenu ? N'avais-tu pas acheté ta monture ? » Je dis : « Ô Messager de Dieu, par Dieu, si j'étais assis devant quelqu'un d'autre parmi les gens de ce monde, j'aurais pensé que je sortirais de son courroux par une excuse, et j'ai reçu l'art de la dispute. Mais par Dieu, j'ai su que si je te racontais aujourd'hui un mensonge, tu serais satisfait de moi, mais Dieu pourrait bientôt te rendre courroucé contre moi. Et si je te raconte une histoire vraie qui te fâche contre moi, j'espère en Dieu une bonne issue. Par Dieu, je n'avais aucune excuse. Par Dieu, je n'avais jamais été plus fort ni plus à l'aise qu'au moment où je suis resté en arrière de toi. » Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : « Quant à celui-ci, il a dit la vérité. Lève-toi jusqu'à ce que Dieu décide de ton sort. » Je me levai, et des hommes des Banu Salima se levèrent avec moi et me suivirent. Ils me dirent : « Par Dieu, nous ne savions pas que tu avais commis un péché avant cela. Tu as été incapable de ne pas t'excuser auprès du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, comme se sont excusés ceux qui sont restés en arrière. Il t'aurait suffi que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, demande pardon pour ton péché. » Par Dieu, ils n'arrêtèrent pas de me parler jusqu'à ce que je voulusse retourner vers le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et me dédire. Puis je leur dis : « Quelqu'un d'autre a-t-il rencontré cela ? » Ils dirent : « Oui, deux hommes ont dit la même chose que toi, et on leur a dit la même chose qu'à toi. »
Je dis : « Qui sont-ils ? » Ils répondirent : « Murāra b. al-Rabīʿ al-ʿAmrī, des Banū ʿAmr b. ʿAwf, et Hilāl b. (Abī) Umayya al-Wāqifī. » Ils me mentionnèrent deux hommes pieux, en qui il y avait un exemple. Je me tus lorsqu’ils me les mentionnèrent. Et l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — interdit qu’on nous parle, à nous trois, parmi ceux qui étaient restés en arrière de lui. Les gens nous évitèrent et changèrent à notre égard, au point que je devins étranger à moi-même et à la terre : ce n’était plus la terre que je connaissais. Nous demeurâmes ainsi cinquante nuits. Quant à mes deux compagnons, ils s’humilièrent et restèrent assis dans leurs maisons. Quant à moi, j’étais le plus robuste et le plus endurant du groupe : je sortais, assistais aux prières avec les musulmans, parcourais les marchés, mais personne ne me parlait. Je venais auprès de l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et je le saluais alors qu’il était dans son assemblée après la prière. Je me disais en moi-même : « A-t-il remué ses lèvres pour me rendre le salut ou non ? » Puis je priais près de lui, et je le regardais à la dérobée : quand je me tournais vers ma prière, il me regardait ; quand je me tournais vers lui, il détournait son visage de moi. Lorsque cette rudesse des musulmans se prolongea pour moi, je marchai jusqu’à escalader le mur du jardin d’Abū Qatāda — il était mon cousin germain et le plus aimé des gens pour moi. Je le saluai, mais, par Dieu, il ne me rendit pas le salut. Je dis : « Ô Abū Qatāda, je t’adjure par Dieu : sais-tu que j’aime Dieu et Son Envoyé ? » Il se tut. Je recommençai et l’adjurai ; il se tut. Je recommençai et l’adjurai ; il se tut. Je recommençai et l’adjurai ; il dit alors : « Dieu et Son Envoyé savent mieux. » Mes yeux débordèrent de larmes, je bondis, escaladai le mur, puis me rendis au marché. Alors que je marchais au marché, voici qu’un Nabatéen (un des Nabat de Syrie, parmi ceux qui étaient venus avec des denrées alimentaires pour les vendre à Médine) me demanda : « Qui peut m’indiquer Kaʿb b. Mālik ? » Les gens se mirent à me désigner, jusqu’à ce qu’il vienne à moi et me remette une lettre du roi de Ghassān. Il avait écrit une lettre sur un morceau de soie, et voici ce qu’elle contenait : « Ceci dit : il nous est parvenu que ton compagnon t’a traité avec rudesse, mais Dieu ne t’a pas placé dans une demeure d’humiliation ni de perte. Rejoins-nous, nous te traiterons avec égards. » Je dis, en la lisant : « Ceci aussi est une épreuve : j’en suis arrivé au point qu’un homme des associateurs convoite moi. » Je me dirigeai vers un four, et l’y brûlai. Nous demeurâmes ainsi jusqu’à ce que quarante nuits des cinquante se soient écoulées. Voici que le messager de l’Envoyé de Dieu vint à moi et dit : « L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — t’ordonne de t’éloigner de ta femme. » Je dis : « Dois-je la répudier ou quoi ? » Il dit : « Non, mais éloigne-toi d’elle et ne l’approche pas. » Il envoya le même ordre à mes deux compagnons. Je dis à ma femme : « Rejoins ta famille, reste chez eux jusqu’à ce que Dieu décide dans cette affaire ce qu’Il décidera. » La femme de Hilāl b. Umayya vint auprès de l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et dit : « Ô Envoyé de Dieu, Hilāl b. Umayya est un vieillard infirme, sans serviteur. Détestes-tu que je le serve ? » Il dit : « Non, mais qu’il ne t’approche pas. » Elle dit : « Par Dieu, ô Envoyé de Dieu, il n’a aucun mouvement vers moi. Par Dieu, il n’a cessé de pleurer depuis que son affaire a commencé jusqu’à ce jour, et j’ai craint pour sa vue. » Certains des miens me dirent : « Si tu demandais la permission à l’Envoyé de Dieu pour ta femme ? Il a bien permis à la femme de Hilāl b. Umayya de le servir. » Je dis : « Par Dieu, je ne lui demanderai pas la permission à son sujet ; je ne sais ce que l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — me dira à ce sujet si je la lui demande, et je suis un homme jeune. » Nous demeurâmes ensuite dix nuits, et les cinquante nuits s’achevèrent pour nous, depuis que l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avait interdit aux musulmans de nous parler. Puis je priai le Subh (prière de l’aube), à l’aube de la cinquantième nuit, sur le toit d’une de nos maisons, dans l’état que Dieu a mentionné à notre sujet : la terre, malgré son étendue, nous était devenue étroite, et mon âme m’était devenue étroite. J’avais dressé une tente sur le dos de Salʿ, et j’y demeurais. Voici que j’entendis la voix d’un crieur qui, du haut de Salʿ, criait de toute sa voix : « Ô Kaʿb b. Mālik, réjouis-toi ! » Je tombai prosterné, et je sus que le soulagement était venu. (Le repentir de Dieu sur eux) Il dit : L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — annonça aux gens le repentir de Dieu sur nous lorsqu’il eut prié le Fajr (prière de l’aube). Les gens allèrent nous annoncer la bonne nouvelle, et des annonciateurs allèrent vers mes deux compagnons. Un homme d’Aslam courut vers moi à cheval, et un autre courut à pied, jusqu’à ce qu’il atteigne le sommet de la montagne : la voix fut plus rapide que le cheval. Lorsque celui dont j’avais entendu la voix vint m’annoncer la bonne nouvelle, j’ôtai mes deux vêtements et l’en revêtis en récompense de la bonne nouvelle — par Dieu, je ne possédais ce jour-là que ceux-ci — et j’empruntai deux vêtements que je mis. Puis je partis, me dirigeant vers l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Les gens venaient à ma rencontre, m’annonçant la bonne nouvelle du repentir, disant : « Que te soit agréable le repentir de Dieu sur toi ! » jusqu’à ce que j’entre dans la mosquée. L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — était assis, les gens autour de lui. Ṭalḥa b. ʿUbayd Allāh se leva vers moi, me salua et me félicita. Par Dieu, aucun homme des Émigrés ne se leva vers moi en dehors de lui. Kaʿb b. Mālik ne cessa jamais de se souvenir de cela pour Ṭalḥa. Kaʿb dit : Lorsque je saluai l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — il me dit, son visage rayonnant de joie : « Réjouis-toi du meilleur jour qui soit passé sur toi depuis que ta mère t’a enfanté. » Je dis : « Est-ce de ta part, ô Envoyé de Dieu, ou de la part de Dieu ? » Il dit : « Plutôt de la part de Dieu. » L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — quand il était joyeux, son visage était comme un morceau de lune. Nous reconnaissions cela de lui. Il dit : Lorsque je fus assis devant lui, je dis : « Ô Envoyé de Dieu, il fait partie de mon repentir envers Dieu — Puissant et Majestueux — que je me dépouille de mes biens, en aumône pour Dieu et Son Envoyé. » L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Garde pour toi une partie de tes biens : cela est meilleur pour toi. » Je dis : « Je garde ma part à Khaybar. » Et je dis : « Ô Envoyé de Dieu, Dieu m’a sauvé par la véracité, et il fait partie de mon repentir envers Dieu que je ne dise que la vérité tant que je vivrai. Par Dieu, je ne connais personne parmi les gens que Dieu ait éprouvé dans la véracité du discours, depuis que j’ai mentionné cela à l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — de manière plus excellente que ce dont Dieu m’a éprouvé. Par Dieu, je n’ai commis intentionnellement aucun mensonge depuis que j’ai mentionné cela à l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — jusqu’à ce jour, et j’espère que Dieu me préservera dans ce qui reste. » Et Dieu — Très-Haut — révéla : « Dieu a accueilli le repentir du Prophète, des Émigrés et des Auxiliaires qui l’ont suivi à l’heure de la difficulté, après que les cœurs d’une partie d’entre eux avaient failli dévier. Puis Il a accueilli leur repentir : Il est pour eux Compatissant et Miséricordieux. Et (Il a accueilli le repentir) des trois qui ont été laissés en arrière… » (Coran 9:117-118) jusqu’à Sa parole : « … et soyez avec les véridiques » (Coran 9:119).
- Khawdha : Lieu situé entre La Mecque et Médine, mentionné dans les expéditions du Prophète.
- al-Hijr : Région rocheuse, souvent identifiée à Mada'in Salih, ancienne cité des Thamud.
- as-Sa'id : Terme désignant une terre élevée ou un plateau, peut-être un lieu spécifique.
- Wadi al-Qura : Vallée au nord de Médine, fertile et peuplée de communautés juives.
- ar-Raq'ah : Lieu dans la région de la Shiqqa, près de Médine.
- ash-Shiqqa : Nom d'une localité ou d'une vallée, peut-être dans le nord de l'Arabie.
- Banu 'Udhra : Tribu arabe connue pour sa poésie et sa loyauté envers le Prophète.
- Dhu al-Marwah : Lieu près de Médine, mentionné dans les expéditions.
- al-Fayfa' : Lieu désertique, peut-être dans la région de Tabuk.
- Dhu Khushub : Lieu près de Médine, où le Prophète a prié.
- les trois qui furent laissés en arrière : Ka'b ibn Malik, Murara ibn ar-Rabi' et Hilal ibn Umayya, qui ne participèrent pas à l'expédition de Tabuk sans excuse valable.
- ceux qui s'excusèrent : Les hypocrites et autres qui présentèrent des excuses mensongères pour ne pas participer.
- Tabuk : Expédition militaire en l'an 9 de l'Hégire contre les Byzantins, marquée par de grandes difficultés.
- hypocrites : Personnes qui professent l'islam mais cachent l'incrédulité dans leur cœur.
- Ibn Ishaq : Muhammad ibn Ishaq, célèbre historien et biographe du Prophète (m. 150 H).
- az-Zuhri : Muhammad ibn Muslim ibn Shihab az-Zuhri, grand traditionniste (m. 124 H).
- Badr : Première grande bataille de l'islam en l'an 2 H, victoire décisive des musulmans.
- Quraysh : Tribu dominante de La Mecque, opposée au Prophète.
- al-'Aqaba : Lieu près de La Mecque où eurent lieu les deux serments d'allégeance des Ansar au Prophète.
- diwan : Registre officiel recensant les noms des combattants et des bénéficiaires de l'aumône.
- inclinés : Les gens étaient attirés par les fruits et l'ombre, donc réticents à partir en expédition.
- en retard : L'expédition était déjà bien avancée, rendant le rattrapage difficile.
- accusé d'hypocrisie : Personne soupçonnée d'hypocrisie, souvent évitée par les musulmans.
- Banu Salima : Tribu médinoise, branche des Khazraj, à laquelle appartenait Ka'b.
- ses deux manteaux : Expression signifiant que Ka'b était préoccupé par son apparence et ses vêtements.
- se regarder dans les miroirs : Métaphore pour la vanité et l'autosatisfaction.
- Mu'adh ibn Jabal : Compagnon éminent, connu pour sa science et son jugement.
- angoisse : Tristesse et inquiétude intenses face à la situation.
- sur le point d'arriver : L'ombre du Prophète approchait, signe de son retour imminent.
- le faux s'éloigna : Les pensées de mensonge et de tromperie disparurent.
- rak'a : Unité de prière islamique, comprenant des inclinaisons et des prosternations.
La délégation de Thaqîf et son entrée dans l'islam au mois de Ramadan de l'an neuf.
Ka‘b dit : « Par Dieu ! Après que Dieu m’eut guidé à l’islam, Il ne m’a jamais accordé de bienfait plus grand à mes yeux que ma sincérité envers l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) ce jour-là, en ne mentant pas, car j’aurais péri comme périrent ceux qui mentirent. Dieu – béni et exalté soit-Il – dit en effet, à propos de ceux qui l’avaient traité de menteur lorsqu’Il révéla la révélation, ce qu’Il n’a dit de pire à personne : “Ils jureront par Dieu pour vous, quand vous reviendrez vers eux, afin que vous les laissiez. Laissez-les donc : ils sont une souillure ; leur refuge est la Géhenne, en rétribution de ce qu’ils acquéraient. Ils vous jurent pour que vous soyez satisfaits d’eux. Mais si vous êtes satisfaits d’eux, Dieu n’est pas satisfait du peuple pervers” 1 (Coran 9:95-96). » Il dit : « Nous avions été laissés en arrière, nous les trois, contrairement à ceux que l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avait acceptés lorsqu’ils lui jurèrent, les excusant et implorant le pardon pour eux. L’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avait ajourné notre affaire jusqu’à ce que Dieu décrète ce qu’Il décréta. C’est pourquoi Dieu – exalté soit-Il – dit : “Et [Il a pardonné] aux trois qui avaient été laissés en arrière” 2 (Coran 9:118). Ce n’est pas notre absence à l’expédition que Dieu mentionne, mais le fait qu’Il nous avait laissés en arrière, et qu’Il avait ajourné notre affaire par rapport à ceux qui avaient juré et présenté leurs excuses, et qu’Il avait acceptés. » **L’affaire de la délégation de Thaqîf et leur conversion en ramadan de l’an neuf** **Conversion de ‘Urwa ibn Mas‘ûd et son retour vers son peuple** Ibn Ishâq dit : « L’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) arriva à Médine venant de Tabûk en ramadan. Ce même mois arriva auprès de lui la délégation de Thaqîf. Voici leur histoire : lorsque l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) s’éloigna d’eux, ‘Urwa ibn Mas‘ûd ath-Thaqafî suivit sa trace jusqu’à le rattraper avant qu’il n’arrive à Médine. Il se convertit et lui demanda de retourner vers son peuple avec l’islam. L’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui dit – comme son peuple le racontait – : “Ils te combattront”, car l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) savait qu’il y avait en eux l’orgueil de la résistance qu’ils avaient montrée. ‘Urwa dit : “Ô Envoyé de Dieu, je leur suis plus cher que leurs vierges 3.” Ibn Hishâm dit : “On dit : que leurs yeux.” » **Son appel à l’islam et son meurtre** Ibn Ishâq dit : « Il était ainsi aimé et obéi parmi eux. Il partit donc appeler son peuple à l’islam, espérant qu’ils ne lui résisteraient pas, en raison de sa position parmi eux. Lorsqu’il se montra à eux du haut d’une tour 4 qui était sienne, après les avoir appelés à l’islam et leur avoir manifesté sa religion, ils le criblèrent de flèches de tous côtés. Une flèche l’atteignit et le tua. Les Banû Mâlik prétendent que ce fut un homme des leurs, nommé Aws ibn ‘Awf, frère des Banû Sâlim ibn Mâlik, qui le tua ; les Ahlâf 5 prétendent que ce fut un homme des leurs, des Banû ‘Attâb ibn Mâlik, nommé Wahb ibn Jâbir. On dit à ‘Urwa : “Que penses-tu de ton sang ?” Il répondit : “C’est une faveur dont Dieu m’a honoré, et un martyre que Dieu m’a accordé. Je n’ai rien de moins que les martyrs qui ont été tués avec l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avant qu’il ne s’éloigne de vous. Enterrez-moi donc avec eux.” Ils l’enterrèrent avec eux. On rapporte que l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit à son sujet : “Il est, dans son peuple, comme le compagnon de Yâ Sîn 6 dans le sien.” » **Délibération de Thaqîf sur l’envoi d’hommes à l’Envoyé** « Thaqîf resta plusieurs mois après le meurtre de ‘Urwa. Puis ils délibérèrent entre eux et virent qu’ils n’avaient pas la force de combattre les Arabes qui les entouraient, alors que ceux-ci avaient prêté allégeance et s’étaient convertis. » Ya‘qûb ibn ‘Utba ibn al-Mughîra ibn al-Akhnas m’a raconté : « ‘Amr ibn Umayya, frère des Banû ‘Ilâj, était un émigré 7 chez ‘Abd Yâ Lîl ibn ‘Amr, entre lesquels il y avait une vieille inimitié 8. ‘Amr ibn Umayya était l’un des plus rusés des Arabes. Il se rendit chez ‘Abd Yâ Lîl ibn ‘Amr, entra dans sa maison, puis lui envoya dire : “‘Amr ibn Umayya te dit : Sors vers moi.” ‘Abd Yâ Lîl dit au messager : “Malheur à toi ! ‘Amr t’a envoyé vers moi ?” Il dit : “Oui, et le voici debout dans ta maison.” Il dit : “Cette affaire, je ne l’aurais pas crue. Par ma vie, ‘Amr était plus fier que cela.” Il sortit vers lui, et quand il le vit, il lui souhaita la bienvenue. ‘Amr lui dit : “Une affaire nous est survenue, qui ne laisse pas place à l’émigration 9. Il est arrivé de cet homme ce que tu as vu. Tous les Arabes se sont convertis, et vous n’avez pas la force de les combattre. Réfléchissez donc à votre affaire.” Alors Thaqîf délibéra entre eux, et certains dirent à d’autres : “Ne voyez-vous pas que votre sécurité 10 n’est plus assurée, et que quiconque sort d’entre vous sera intercepté ? Délibérez donc.” Ils décidèrent d’envoyer à l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) un homme, comme ils avaient envoyé ‘Urwa. Ils parlèrent à ‘Abd Yâ Lîl ibn ‘Amr ibn ‘Umayr, qui avait l’âge de ‘Urwa ibn Mas‘ûd, et lui proposèrent cela. Il refusa, craignant qu’on ne lui fît, à son retour, ce qu’on avait fait à ‘Urwa. Il dit : “Je ne le ferai pas avant que vous n’envoyiez des hommes avec moi.” Ils décidèrent donc d’envoyer avec lui deux hommes des Ahlâf et trois des Banû Mâlik, soit six en tout. Ils envoyèrent avec ‘Abd Yâ Lîl : al-Hakam ibn ‘Amr ibn Wahb ibn Mu‘attib, et Shurahbîl ibn Ghaylân ibn Salama ibn Mu‘attib ; et des Banû Mâlik : ‘Uthmân ibn Abî l-‘Âs ibn Bishr ibn ‘Abd Duhmân, frère des Banû Yasâr ; Aws ibn ‘Awf, frère des Banû Sâlim ibn ‘Awf ; et Numayr ibn Kharasha ibn Rabî‘a, frère des Banû l-Hârith. ‘Abd Yâ Lîl partit avec eux, étant le chef 11 du groupe et leur responsable ; il ne partit avec eux que par crainte de ce qui était arrivé à ‘Urwa ibn Mas‘ûd, afin que chacun d’eux, à son retour à at-Tâ’if, occupât sa tribu. » **Leur arrivée à Médine et leur demande à l’Envoyé de choses qu’il leur refusa** « Lorsqu’ils approchèrent de Médine et descendirent à Qanât 12, ils y trouvèrent al-Mughîra ibn Shu‘ba, qui, dans son repentir, gardait les montures des compagnons de l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) – leur garde se faisait à tour de rôle parmi ses compagnons (que Dieu prie sur lui et le salue). Quand il les vit, il laissa les montures auprès des Thaqafites et courut 13 à toute vitesse pour annoncer à l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) leur arrivée. Abû Bakr as-Siddîq le rencontra avant qu’il n’entre chez l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et l’informa que la délégation de Thaqîf était arrivée, voulant prêter allégeance et se convertir, à condition que l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) leur accorde certaines clauses, et qu’ils écrivent de la part de l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) un document concernant leur peuple, leur pays et leurs biens. Abû Bakr dit à al-Mughîra : “Je t’adjure par Dieu de ne pas me précéder auprès de l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avant que je ne lui parle.” Al-Mughîra le fit. Abû Bakr entra donc chez l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). »
Il l'informa donc de leur arrivée auprès de lui. Puis al-Mughîra sortit vers ses compagnons, fit rentrer les montures avec eux et leur apprit comment saluer le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — mais ils ne firent que le salut de l'époque préislamique 14. Lorsqu'ils arrivèrent auprès du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — il dressa pour eux une tente dans un coin de sa mosquée, comme ils le prétendent. Khâlid ibn Sa'îd ibn al-'Âs était celui qui faisait la navette entre eux et le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — jusqu'à ce qu'ils eussent rédigé leur document. Khâlid était celui qui écrivit leur document de sa propre main. Ils ne consommaient aucune nourriture venant du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — avant que Khâlid n'en eût mangé, jusqu'à ce qu'ils se fussent convertis à l'islam et eussent achevé leur document. Parmi ce qu'ils demandèrent au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — il y avait de leur laisser la Tâghiya 15, c'est-à-dire al-Lât 16, sans la détruire pendant trois ans. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — refusa cela. Ils ne cessèrent de lui demander année après année, et il refusait, jusqu'à ce qu'ils demandassent un seul mois après leur arrivée, mais il refusa de la leur laisser pour un délai déterminé. Ils voulaient par là, selon ce qu'ils montraient, se prémunir contre leurs insensés, leurs femmes et leurs enfants en la laissant, et ils craignaient d'effrayer leur peuple en la détruisant avant qu'ils n'entrent dans l'islam. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — insista pour envoyer Abû Sufyân ibn Harb et al-Mughîra ibn Shu'ba afin de la détruire. Ils lui avaient aussi demandé, en plus de laisser la Tâghiya, de les dispenser de la prière et de ne pas briser leurs idoles de leurs propres mains. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « Quant à briser vos idoles de vos propres mains, nous vous en dispensons. Quant à la prière, il n'y a aucun bien dans une religion qui n'a pas de prière. » Ils dirent : « Ô Muhammad, nous te l'accorderons, même si c'est une bassesse. » (Nomination de 'Uthmân ibn Abî al-'Âs sur eux) Lorsqu'ils se furent convertis à l'islam et que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — eut écrit leur document, il nomma sur eux 'Uthmân ibn Abî al-'Âs, qui était le plus jeune d'entre eux en âge, car il était le plus désireux d'approfondir sa connaissance de l'islam et d'apprendre le Coran. Abû Bakr dit au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue : « Ô Messager d'Allah, j'ai vu que ce jeune homme parmi eux est l'un des plus désireux d'approfondir sa connaissance de l'islam et d'apprendre le Coran. » (Bilâl et la délégation de Thaqîf pendant le Ramadan) Ibn Ishâq dit : 'Îsâ ibn 'Abd Allah ibn 'Atiyya ibn Sufyân ibn Rabî'a ath-Thaqafî m'a raconté d'après certains membres de leur délégation. Il dit : Bilâl venait à nous, lorsque nous nous fûmes convertis à l'islam et que nous eûmes jeûné avec le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — ce qui restait du Ramadan, avec notre repas de rupture du jeûne 17 et notre repas de l'aube 18 de chez le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. Il nous apportait le repas de l'aube alors que nous disions : « Nous voyons que l'aube s'est levée. » Il disait : « J'ai laissé le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — prendre son repas de l'aube », pour retarder ce repas. Et il nous apportait notre repas de rupture du jeûne alors que nous disions : « Nous ne voyons pas que le soleil soit entièrement couché. » Il disait : « Je ne suis venu à vous qu'après que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — a mangé », puis il mettait sa main dans le plat et en prenait une bouchée. Ibn Hishâm dit : « Avec notre repas de rupture du jeûne et notre repas de l'aube. » (Recommandation du Prophète à Ibn Abî al-'Âs lorsqu'il le nomma sur Thaqîf) Ibn Ishâq dit : Sa'îd ibn Abî Hind m'a raconté d'après Mutarrif ibn 'Abd Allah ibn ash-Shikhkhîr, d'après 'Uthmân ibn Abî al-'Âs, qui dit : Parmi les dernières recommandations que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — me fit lorsqu'il m'envoya sur Thaqîf, il dit : « Ô 'Uthmân, sois indulgent dans la prière et mesure les gens d'après le plus faible d'entre eux, car parmi eux il y a le vieux, le jeune, le faible et celui qui a des besoins. » (Destruction de la Tâghiya) Ibn Ishâq dit : Lorsqu'ils eurent achevé leur affaire et qu'ils se dirigèrent vers leur pays pour revenir, le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — envoya avec eux Abû Sufyân ibn Harb et al-Mughîra ibn Shu'ba pour détruire la Tâghiya. Ils partirent avec le groupe jusqu'à ce qu'ils arrivassent à at-Tâ'if. Al-Mughîra ibn Shu'ba voulut faire précéder Abû Sufyân, mais Abû Sufyân refusa et dit : « Entre toi-même chez ton peuple. » Abû Sufyân resta avec ses biens à Dhî al-Hadm. Lorsque al-Mughîra ibn Shu'ba entra, il la frappa avec la pioche, et son peuple, les Banû Mu'attib, se tint devant lui, craignant qu'il ne fût lapidé ou atteint comme 'Urwa l'avait été. Les femmes de Thaqîf sortirent tête nue 19 en pleurant sur elle et disant : « On pleurera Daffâ' 20, Que l'allaitement a livré, Ils n'ont pas bien combattu. » Ibn Hishâm dit : « On pleurera » d'après un autre qu'Ibn Ishâq. Ibn Ishâq dit : Abû Sufyân disait, tandis qu'al-Mughîra la frappait avec la hache : « Malheur à toi ! Malheur à toi ! 21 » Lorsque al-Mughîra l'eut détruite et eut pris ses biens et ses parures, il envoya à Abû Sufyân ses parures rassemblées, ainsi que ce qu'elle contenait d'or et de cornaline. (Conversion à l'islam d'Abû Mulayh et de Qârib) Abû Mulayh ibn 'Urwa et Qârib ibn al-Aswad étaient venus auprès du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — avant la délégation de Thaqîf, lorsque 'Urwa fut tué, voulant se séparer de Thaqîf et ne plus jamais s'associer à eux en quoi que ce soit. Ils se convertirent à l'islam. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — leur dit : « Prenez pour alliés qui vous voulez. » Ils dirent : « Nous prenons pour alliés Allah et Son Messager. » Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « Et votre oncle maternel Abû Sufyân ibn Harb. » Ils dirent : « Et notre oncle maternel Abû Sufyân ibn Harb. » (Leur demande au Prophète d'acquitter une dette sur les biens de la Tâghiya) Lorsque les habitants de at-Tâ'if se furent convertis à l'islam et que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — eut envoyé Abû Sufyân et al-Mughîra pour détruire la Tâghiya, Abû Mulayh ibn 'Urwa demanda au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — d'acquitter pour son père 'Urwa une dette qu'il avait sur les biens de la Tâghiya. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — lui dit : « Oui. » Qârib ibn al-Aswad lui dit : « Et pour al-Aswad, ô Messager d'Allah, acquitte-la. » Or 'Urwa et al-Aswad étaient frères de père et de mère. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « Al-Aswad est mort en associateur 22. » Qârib dit au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue : « Ô Messager d'Allah, mais tu fais un lien avec un musulman qui est un parent », voulant dire lui-même, « la dette est sur moi, et c'est moi qui suis réclamé pour elle. » Alors le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — ordonna à Abû Sufyân d'acquitter la dette de 'Urwa et d'al-Aswad sur les biens de la Tâghiya. Lorsque al-Mughîra eut rassemblé ses biens, il dit à Abû Sufyân : « Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — t'a ordonné d'acquitter pour 'Urwa et al-Aswad leur dette. » Il l'acquitta donc pour eux. (Le document du Prophète pour Thaqîf) Le document que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — écrivit pour eux était :
- al-qawm al-fāsiqīn : Le peuple pervers, ceux qui sortent de l'obéissance à Dieu.
- khullifū : Laissés en arrière, c'est-à-dire dont le cas a été différé.
- abkārihim : Leurs vierges, métaphore pour ce qu'ils ont de plus cher.
- ‘aliyya : Tour, lieu élevé ou belvédère.
- al-aḥlāf : Les alliés, groupe tribal de Thaqîf.
- ṣāḥib Yāsīn : Le compagnon de Yâ Sîn, c'est-à-dire le croyant de la sourate Yâ Sîn (36:20-27), tué par son peuple.
- muhājir : Émigré, ici quelqu'un qui a quitté sa tribu pour une autre.
- sayyi’ : Mauvais, ici une inimitié ou un différend.
- hijra : Émigration, ici au sens de quitter sa tribu.
- sirb : Sécurité, protection, ou chemin sûr.
- nāb : Chef, notable, celui qui mène le groupe.
- Qanāt : Vallée ou lieu près de Médine.
- ḍabara : Courir rapidement, se hâter.
- al-jâhiliyya : Période préislamique, caractérisée par l'ignorance religieuse et les pratiques païennes.
- aṭ-Ṭâghiya : Terme désignant une idole ou un objet de culte païen, ici al-Lât.
- al-Lât : Une des principales divinités féminines du panthéon préislamique, vénérée à at-Tâ'if.
- fiṭr : Repas de rupture du jeûne, ici le repas du soir pendant le Ramadan.
- saḥûr : Repas pris avant l'aube pendant le jeûne du Ramadan.
- ḥussaran : Tête nue, sans voile, en signe de deuil ou de désolation.
- Daffâ' : Surnom de l'idole al-Lât, peut-être en référence à son emplacement ou à une caractéristique.
- Wâhâ laka! Âhâ laka! : Exclamation de regret ou de défi, difficile à traduire littéralement.
- mushrik : Associateur, polythéiste, celui qui associe d'autres divinités à Allah.
Abou Bakr fit le pèlerinage avec les gens en l'an neuf. Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) distingua Ali ibn Abi Talib (que Dieu l'agrée) en le chargeant de réciter le début de la sourate al-Bara'a [1] en son nom. Et il est fait mention d'al-Bara'a et des récits dans son exégèse.
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De la part de Muhammad le Prophète, Messager d'Allah, aux croyants : Les arbres de Wajj 1 et son gibier ne doivent pas être coupés 2. Quiconque est trouvé en train de faire quoi que ce soit de cela sera fouetté et ses vêtements lui seront enlevés. S'il récidive, il sera saisi et amené au Prophète Muhammad. Et ceci est l'ordre du Prophète Muhammad, Messager d'Allah. Khâlid ibn Sa'îd a écrit : par ordre du Messager Muhammad ibn 'Abd Allah, que nul ne le transgresse, de peur de se faire du tort à lui-même dans ce que Muhammad, Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - a ordonné. Le pèlerinage d'Abû Bakr avec les gens en l'an neuf. La désignation par le Prophète - qu'Allah prie sur lui et le salue - de 'Alî ibn Abî Tâlib - qu'Allah l'agrée - pour transmettre le début de la sourate al-Barâ'a 3 de sa part, et mention de la sourate al-Barâ'a et des récits dans son exégèse. (Nomination d'Abû Bakr comme émir du pèlerinage) : Ibn Ishâq dit : Ensuite, le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - resta le reste du mois de Ramadan, Shawwâl et Dhu l-Qa'da, puis il envoya Abû Bakr comme émir du pèlerinage de l'an neuf, pour diriger le pèlerinage des musulmans, alors que les gens parmi les associateurs étaient encore à leurs places dans leur pèlerinage. Abû Bakr - qu'Allah l'agrée - partit donc avec les musulmans qui l'accompagnaient. (Révélation de la sourate al-Barâ'a concernant la rupture du pacte entre le Messager et les associateurs) : Et la sourate al-Barâ'a fut révélée concernant la rupture du pacte qui existait entre le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - et les associateurs, pacte selon lequel nul ne devait être empêché d'accéder à la Maison 4 et nul ne devait craindre pendant le mois sacré. C'était un pacte général entre lui et les gens parmi les associateurs. Il y avait aussi entre cela des pactes particuliers entre le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - et certaines tribus arabes, pour des durées déterminées. Alors [la sourate] fut révélée à ce sujet, ainsi qu'au sujet de ceux qui, parmi les hypocrites, s'étaient abstenus de l'accompagner à Tabûk, et au sujet des paroles de certains d'entre eux. Allah - exalté soit-Il - y dévoila les secrets de gens qui cachaient autre chose que ce qu'ils montraient. Parmi eux, certains nous ont été nommés, d'autres non. Il dit - Puissant et Majestueux - : « Désaveu 5 de la part d'Allah et de Son Messager à l'égard des associateurs avec qui vous avez conclu un pacte » (Coran 9:1) : c'est-à-dire pour les gens du pacte général parmi les associateurs. « Parcourez la terre pendant quatre mois ; et sachez que vous ne réduirez pas Allah à l'impuissance, et qu'Allah couvrira de honte les mécréants. » (Coran 9:2) « Et proclamation de la part d'Allah et de Son Messager aux gens, au jour du Grand Pèlerinage, qu'Allah et Son Messager désavouent les associateurs. » (Coran 9:3) : c'est-à-dire après ce pèlerinage. « Si vous vous repentez, ce sera mieux pour vous. Mais si vous vous détournez, sachez que vous ne réduirez pas Allah à l'impuissance. Et annonce un châtiment douloureux à ceux qui ne croient pas. » (Coran 9:3) « Excepté ceux des associateurs avec qui vous avez conclu un pacte » (Coran 9:4) : c'est-à-dire le pacte particulier jusqu'au terme fixé, « puis ils ne vous ont manqué en rien et n'ont soutenu personne contre vous : alors respectez pleinement le pacte conclu avec eux jusqu'au terme convenu. Allah aime les pieux. » (Coran 9:4) « Après que les mois sacrés 6 auront expiré » (Coran 9:5) : c'est-à-dire les quatre mois qu'Il leur a fixés comme délai, « tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la prière et acquittent l'aumône, alors laissez-leur la voie libre, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (Coran 9:5) « Et si l'un des associateurs te demande asile » (Coran 9:6) : c'est-à-dire parmi ceux que Je t'ai ordonné de tuer, « accorde-lui asile jusqu'à ce qu'il entende la parole d'Allah, puis conduis-le en lieu sûr. Cela, parce qu'ils sont des gens qui ne savent pas. » (Coran 9:6) Puis Il dit : « Comment y aurait-il pour les associateurs » (Coran 9:7) - ceux qui, avec vous, étaient sur le pacte général, à savoir qu'ils ne vous traiteraient pas injustement et ne vous feraient pas craindre dans le sanctuaire ni pendant le mois sacré - « un pacte auprès d'Allah et auprès de Son Messager ? Sauf ceux avec qui vous avez conclu un pacte près de la Mosquée Sacrée » (Coran 9:7) : ce sont des tribus de Banû Bakr qui étaient entrées dans l'engagement et le pacte de Quraysh le jour de Hudaybiyya, jusqu'au terme fixé entre le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - et Quraysh. Seule cette fraction de Quraysh - à savoir ad-Dîl 7 de Banû Bakr ibn Wâ'il - avait rompu le pacte. Il fut donc ordonné d'achever le pacte pour ceux de Banû Bakr qui ne l'avaient pas rompu jusqu'à son terme. « Tant qu'ils sont droits envers vous, soyez droits envers eux. Allah aime les pieux. » (Coran 9:7) Puis Il dit - exalté soit-Il - : « Comment ? S'ils triomphent de vous » (Coran 9:8) : c'est-à-dire les associateurs qui n'ont pas de pacte à terme parmi les associateurs généraux, « ils ne respecteront à votre égard ni parenté ni pacte. » (Coran 9:8) (Exégèse par Ibn Hishâm de certains termes rares) : Ibn Hishâm dit : al-ill 8 : l'alliance. Aws ibn Hajar, l'un des Banû Usayyid ibn 'Amr ibn Tamîm, a dit : « Sans Banû Mâlik et l'alliance, un poste d'observation... et Mâlik parmi eux a les bienfaits et l'honneur. » Ce vers fait partie d'un poème de lui. Son pluriel est âlâl. Le poète a dit : « Il n'y a ni alliance parmi les alliances entre moi et vous, ne vous lassez donc pas d'efforts. » Adh-dhimma 9 : le pacte. Al-Ajda' ibn Mâlik al-Hamdânî - qui est Abû Masrûq ibn al-Ajda' le juriste - a dit : « Nous avions un pacte que vous dépasseriez, de la terre, ce qui nous est connu et ce qui nous est inconnu. » Ce vers fait partie de trois vers de lui. Leur pluriel est dhimam. « Ils vous plaisent par leurs bouches, tandis que leurs cœurs refusent ; et la plupart d'entre eux sont pervers. » (Coran 9:8) « Ils ont vendu les signes d'Allah à vil prix et ont obstrué Son chemin. Ce qu'ils faisaient est vraiment mauvais. » (Coran 9:9) « Ils ne respectent, à l'égard d'un croyant, ni parenté ni pacte. Et ceux-là sont les transgresseurs. » (Coran 9:10) : c'est-à-dire ils ont transgressé contre vous. « S'ils se repentent, accomplissent la prière et acquittent l'aumône, ils deviennent vos frères dans la religion. Nous exposons clairement les signes pour des gens qui savent. » (Coran 9:11) (Désignation par le Messager de 'Alî pour transmettre la sourate al-Barâ'a de sa part) : Ibn Ishâq dit : Hakîm ibn Hakîm ibn 'Abbâd ibn Hunayf m'a raconté, d'après Abû Ja'far Muhammad ibn 'Alî - qu'Allah l'agrée -, qu'il a dit : Lorsque la sourate al-Barâ'a fut révélée au Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue -, alors qu'il avait déjà envoyé Abû Bakr as-Siddîq pour diriger le pèlerinage des gens, on lui dit : « Ô Messager d'Allah, si tu l'envoyais à Abû Bakr ? » Il répondit : « Ne transmet de ma part qu'un homme de ma famille. » Puis il appela 'Alî ibn Abî Tâlib - qu'Allah l'agrée - et lui dit : « Pars avec ce passage du début de la sourate al-Barâ'a et proclame aux gens, le jour du sacrifice 10 lorsqu'ils se rassembleront à Minâ, que nul mécréant n'entrera au Paradis, qu'aucun associateur n'effectuera le pèlerinage après cette année, que nul nu ne tournera autour de la Maison, et que celui qui a un pacte avec le Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - celui-ci lui est acquis jusqu'à son terme. » Alors 'Alî ibn Abî Tâlib - qu'Allah l'agrée - partit sur la chamelle du Messager d'Allah - qu'Allah prie sur lui et le salue - et rattrapa Abû Bakr en chemin...
la chamelle du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, al-ʿaḍbāʾ 11, jusqu'à ce qu'il rattrape Abou Bakr en chemin. Lorsque Abou Bakr le vit sur la route, il dit : « Es-tu un émir ou un subordonné ? » Il répondit : « Plutôt un subordonné. » Puis ils continuèrent tous deux. Abou Bakr présida donc le pèlerinage pour les gens, alors que les Arabes, cette année-là, étaient encore dans leurs positions du pèlerinage qu'ils avaient à l'époque préislamique. Puis, le jour du sacrifice, ʿAlī ibn Abī Ṭālib, qu'Allah l'agrée, se leva et proclama aux gens ce que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui avait ordonné. Il dit : « Ô gens ! En vérité, aucun mécréant n'entrera au Paradis, aucun associateur n'accomplira le pèlerinage après cette année, nul ne tournera nu autour de la Maison 12. Quiconque a un pacte avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, celui-ci lui est valable jusqu'à son terme. » Et il accorda aux gens un délai de quatre mois à compter du jour où il avait fait cette proclamation, afin que chaque groupe retourne en sécurité chez lui ou dans son pays. Puis : « Il n'y a ni pacte ni protection pour un associateur, sauf pour celui qui a un pacte avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, jusqu'à un terme : celui-ci lui est valable jusqu'à son terme. » Après cette année-là, aucun associateur n'accomplit le pèlerinage et nul ne tourna nu autour de la Maison. Ensuite, ils revinrent tous deux auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Ibn Isḥāq dit : Cela faisait partie de la désaveu 13 concernant ceux qui, parmi les associateurs, avaient un pacte général et ceux qui avaient un pacte à durée déterminée jusqu'au terme fixé. (Ce qui a été révélé au sujet de l'ordre de combattre les associateurs) : Ibn Isḥāq dit : Ensuite, Allah ordonna à Son Messager, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, de combattre les associateurs, parmi ceux qui avaient rompu le pacte particulier, et parmi ceux qui avaient un pacte général, après les quatre mois qu'Il leur avait fixés comme délai, à moins que l'un d'eux n'ait commis une agression pendant cette période, auquel cas il serait tué pour son agression. Il dit : « Ne combattrez-vous pas des gens qui ont violé leurs serments, qui ont projeté d'expulser le Messager, et qui vous ont attaqués les premiers ? Les craignez-vous ? C'est Allah qui mérite le plus que vous Le craigniez, si vous êtes croyants. Combattez-les : Allah les châtiera par vos mains, les couvrira d'ignominie, vous donnera la victoire sur eux, et guérira les poitrines d'un peuple croyant. Il fera disparaître la colère de leurs cœurs. Et Allah accueille le repentir de qui Il veut. Allah est Omniscient et Sage. » (9:13-15) « Ou bien pensez-vous que vous serez laissés... » (9:15-16) « ... sans qu'Allah connaisse ceux d'entre vous qui ont lutté et qui n'ont pas pris d’alliés en dehors d'Allah, de Son Messager et des croyants ? Et Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. » (9:16) (Explication par Ibn Hichām de certains termes rares) : Ibn Hichām dit : « Walīja 14 » signifie un intime ; son pluriel est walāʾij. Il vient de walaja yaliju : il est entré. Et dans le Livre d'Allah, Puissant et Majestueux : « jusqu'à ce que le chameau passe par le trou d'une aiguille » (7:40), c'est-à-dire qu'il entre. Il dit : « Ils n'ont pas pris d'intime en dehors de Lui à qui ils confient autre chose que ce qu'ils montrent, à l'instar des hypocrites qui montrent la foi aux croyants, mais lorsqu'ils sont seuls avec leurs démons, ils disent : “Nous sommes avec vous” » (2:14). Le poète a dit : « Et sache que tu as été pris comme intime, Ils t'ont apporté la mort sans mélange. » 15 (Ce qui a été révélé en réponse aux Quraychites qui prétendaient être les gardiens de la Maison) : Ibn Isḥāq dit : Ensuite, Il mentionna la parole des Quraychites : « Nous sommes les gens du Sanctuaire, les pourvoyeurs des pèlerins et les gardiens de cette Maison ; personne n'est meilleur que nous. » Il dit : « Ne peuplent les mosquées d'Allah que ceux qui croient en Allah et au Jour dernier » (9:18) : c'est-à-dire que votre gardiennage n'est pas cela ; ne peuplent les mosquées d'Allah, c'est-à-dire ceux qui les peuplent comme il se doit, que ceux qui croient en Allah et au Jour dernier, accomplissent la prière, acquittent l'aumône et ne craignent qu'Allah (9:18) : c'est-à-dire 16 ceux-là sont leurs véritables gardiens. « Il se peut que ceux-là soient du nombre des bien-guidés » (9:18). Et « il se peut » venant d'Allah est une certitude. Puis le Très-Haut dit : « Avez-vous fait de la fonction de pourvoyeur des pèlerins et de gardien de la Mosquée sacrée une chose comparable à celui qui croit en Allah et au Jour dernier et lutte dans le sentier d'Allah ? Ils ne sont pas égaux auprès d'Allah » (9:19). (Ce qui a été révélé au sujet de l'ordre de combattre les associateurs) : Puis le récit concernant leur ennemi, jusqu'à ce qu'il arrive à la mention de Ḥunayn 17 et ce qui s'y est passé, leur fuite devant leur ennemi, et ce qu'Allah le Très-Haut leur a accordé comme victoire après leur défaillance. Puis le Très-Haut dit : « Les associateurs ne sont qu'impureté : qu'ils ne s'approchent plus de la Mosquée sacrée après cette année ! Et si vous craignez une pénurie » (9:28). Cela parce que les gens dirent : « Les marchés vont cesser pour nous, le commerce va périr, et ce que nous y gagnions comme profits va disparaître. » Alors Allah, Puissant et Majestueux, dit : « Si vous craignez une pénurie, Allah vous enrichira par Sa grâce » (9:28) : c'est-à-dire d'une autre manière, s'Il le veut. « Certes, Allah est Omniscient et Sage. Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce qu'Allah et Son Messager ont interdit, et qui ne professent pas la religion de la vérité parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils paient la jizya 18 de leurs propres mains, en étant humiliés » (9:28-29) : c'est-à-dire que voilà une compensation à ce que vous craigniez comme interruption des marchés. Allah les a donc dédommagés de ce qu'Il avait supprimé 19 pour eux par l'ordre concernant l'association, par ce qu'Il leur a donné des cous des gens du Livre, à savoir la jizya. (Ce qui a été révélé au sujet des deux communautés du Livre) : Puis Il mentionna les deux communautés du Livre avec ce qu'elles contiennent de mal et de calomnie contre Lui, jusqu'à ce qu'Il arrive à Sa parole : « Nombre de rabbins et de moines dévorent les biens des gens injustement et barrent le sentier d'Allah. À ceux qui thésaurisent l'or et l'argent et ne les dépensent pas dans le sentier d'Allah, annonce un châtiment douloureux » (9:34). (Ce qui a été révélé au sujet du nasīʾ 20) : Puis Il mentionna le nasīʾ et ce que les Arabes y avaient innové. Le nasīʾ est ce qui rend licite ce qu'Allah le Très-Haut a interdit parmi les mois, et rend illicite ce qu'Allah a rendu licite parmi eux. Il dit : « Le nombre de mois, auprès d'Allah, est de douze mois, dans le Livre d'Allah, le jour où Il créa les cieux et la terre. Parmi eux, quatre sont sacrés : telle est la religion droite. Ne faites pas d'injustice envers vous-mêmes pendant ces mois » (9:36) : c'est-à-dire ne rendez pas leur sacré licite, ni leur licite sacré, comme le faisaient les associateurs. « Le nasīʾ n'est qu'un surcroît de mécréance, par lequel les mécréants sont égarés : ils le rendent licite une année et le rendent illicite une autre année, afin d'ajuster le nombre de mois qu'Allah a rendus sacrés, rendant ainsi licite ce qu'Allah a rendu sacré. Leurs mauvaises actions leur ont été embellies. Et Allah ne guide pas les gens mécréants » (9:37). (Ce qui a été révélé au sujet de Tabūk 21) : Puis Il mentionna Tabūk et ce qui s'y est passé : la lourdeur des musulmans à s'y rendre, l'importance qu'ils accordaient à l'expédition contre les Romains lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, les appela à les combattre, l'hypocrisie de ceux qui étaient hypocrites parmi les hypocrites lorsqu'ils furent appelés à ce à quoi ils étaient appelés comme combat, puis ce qu'Il leur reprocha 22 comme innovations dans l'islam. Le Très-Haut dit : « Ô vous qui avez cru ! Qu'avez-vous ? Lorsqu'on vous dit : “Élancez-vous dans le sentier d'Allah”, vous vous appesantissez sur la terre » (9:38). Puis le récit jusqu'à Sa parole : « Il vous châtiera d'un châtiment douloureux et vous remplacera par un autre peuple » (9:39) jusqu'à Sa parole : « Si vous ne le secourez pas, Allah l'a déjà secouru lorsque les mécréants l'ont fait sortir, deuxième de deux, quand ils étaient dans la grotte » (9:40). (Ce qui a été révélé au sujet des hypocrites) : Puis le Très-Haut dit à Son Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, en mentionnant les hypocrites : « S'il s'était agi d'un butin facile ou d'un voyage court, ils t'auraient suivi ; mais la distance leur a paru longue. Et ils jureront par Allah : “Si nous avions pu, nous serions sortis avec vous.” Ils se perdent eux-mêmes, et Allah sait qu'ils sont menteurs » (9:42) : c'est-à-dire qu'ils le peuvent. « Qu'Allah te pardonne ! Pourquoi leur as-tu donné la permission [de rester] avant que ne te soient clairs ceux qui disaient vrai et que tu ne connaisses les menteurs ? » (9:43) ... jusqu'à Sa parole : « S'ils étaient sortis avec vous, ils n'auraient fait qu'ajouter à votre trouble et auraient semé la discorde entre vous, cherchant à vous créer la sédition. Et parmi vous, il y a des gens qui les écoutent » (9:47). (Explication par Ibn Hichām de certains termes rares) :
Ibn Hishâm a dit : « Ils ont mis le pas entre vous 23 : ils ont marché au milieu de vous. Al-Îdâ‘ 24 est une allure plus rapide que la marche. » Al-Ajda‘ ibn Mâlik al-Hamdânî a dit : « Te capture celui qui, seul, se vante de sa supériorité, avec une allure entre la course rapide et l’îdâ‘ 24. » Ce vers fait partie d’un poème de lui. (Retour à ce qui a été révélé au sujet des hypocrites) Ibn Ishâq a dit : Ceux qui lui demandèrent l’autorisation [de rester] parmi les notables, selon ce qui m’est parvenu, étaient : ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl et al-Jadd ibn Qays. Ils étaient des notables dans leur peuple. Allah les retint, sachant ce qu’ils étaient, afin qu’ils ne sortent pas avec lui et ne corrompent pas son armée. Dans son armée se trouvaient des gens qui les aimaient et leur obéissaient en ce qu’ils leur demandaient, en raison de leur rang parmi eux. Allah Très-Haut dit : « Et parmi vous, il y a des gens qui les écoutent 25. Et Allah connaît les injustes. Ils ont déjà cherché la sédition auparavant 26 » (9:47-48) : c’est-à-dire avant qu’ils ne te demandent l’autorisation, « et ils ont retourné les affaires pour toi 27 » (9:48) : c’est-à-dire pour détourner de toi tes compagnons et contrecarrer ton ordre, « jusqu’à ce que vienne la vérité et que l’ordre d’Allah apparaisse, malgré leur répulsion. » « Et parmi eux, il en est qui dit : “Autorise-moi [à rester] et ne me tente pas.” Or, c’est dans la tentation qu’ils sont tombés » (9:48-49). Celui qui dit cela, selon ce qui nous a été rapporté, était al-Jadd ibn Qays, frère des Banû Salima, lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) l’appela à la guerre contre les Romains. Puis l’histoire se poursuit jusqu’à la parole d’Allah Très-Haut : « S’ils trouvaient un refuge, des cavernes ou un souterrain, ils s’y tourneraient en toute hâte 28 » (9:57). « Et parmi eux, il en est qui te critiquent au sujet des aumônes 29. S’ils en reçoivent, ils sont satisfaits ; s’ils n’en reçoivent pas, les voilà qui se fâchent » (9:57-58) : c’est-à-dire que leur intention, leur satisfaction et leur colère ne concernent que leur vie d’ici-bas. (Ce qui a été révélé au sujet des bénéficiaires des aumônes) Puis Il a précisé à qui sont destinées les aumônes et a nommé leurs ayants droit, en disant : « Les aumônes ne sont destinées qu’aux pauvres, aux indigents, à ceux qui y travaillent, à ceux dont les cœurs sont à gagner 30, à l’affranchissement des esclaves, aux endettés, dans le chemin d’Allah et au voyageur de passage. C’est une prescription d’Allah, et Allah est Omniscient et Sage » (9:60). (Ce qui a été révélé au sujet de ceux qui ont offensé le Messager) Puis Il mentionna leur trahison et leur offense envers le Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue), en disant : « Et parmi eux, il en est qui offensent le Prophète et disent : “C’est une oreille 31.” Dis : “Une oreille de bien pour vous : il croit en Allah et fait confiance aux croyants, et il est une miséricorde pour ceux d’entre vous qui croient.” Et ceux qui offensent le Messager d’Allah auront un châtiment douloureux » (9:61). Celui qui tint ce propos, selon ce qui m’est parvenu, était Nabtal ibn al-Hârith, frère des Banû ‘Amr ibn ‘Awf. C’est à son sujet que ce verset fut révélé. En effet, il disait : « Muhammad n’est qu’une oreille : quiconque lui raconte quelque chose, il le croit. » Allah Très-Haut dit : « Dis : “Une oreille de bien pour vous” » (9:61) : c’est-à-dire qu’il entend le bien et y croit. Puis Allah Très-Haut dit : « Ils jurent par Allah pour vous plaire, alors qu’Allah et Son Messager sont plus dignes qu’ils Le satisfassent, s’ils sont croyants » (9:62). Puis Il dit : « Et si tu les interrogeais, ils diraient : “Nous ne faisions que plaisanter et jouer.” Dis : “Est-ce d’Allah, de Ses signes et de Son Messager que vous vous moquiez ?” » (9:65) jusqu’à Sa parole : « Si Nous pardonnons à une partie d’entre vous, Nous en châtierons une autre » (9:66). Celui qui tint ce propos était Wadî‘a ibn Thâbit, frère des Banû Umayya ibn Zayd, des Banû ‘Amr ibn ‘Awf. Celui à qui il fut pardonné, selon ce qui m’est parvenu, était Mukhshin ibn Humayyir al-Ashja‘î, allié des Banû Salima, car il désapprouva une partie de ce qu’il entendit. Puis l’histoire se poursuit à leur sujet jusqu’à la parole d’Allah Très-Haut : « Ô Prophète ! Mène la lutte contre les mécréants et les hypocrites et sois rude envers eux. Leur refuge est l’Enfer, et quelle mauvaise destination ! Ils jurent par Allah qu’ils n’ont pas dit [ce qu’ils ont dit], mais ils ont bien dit la parole de la mécréance et ont mécru après leur soumission 32. Ils ont projeté ce qu’ils n’ont pu atteindre. Et ils n’ont trouvé à redire que parce qu’Allah et Son Messager les ont enrichis de Sa grâce » (9:73-74) jusqu’à Sa parole : « ni allié ni secoureur » (9:74). Celui qui tint ce propos était al-Julâs ibn Suwayd ibn Sâmit. Un homme qui était sous sa tutelle, nommé ‘Umayr ibn Sa‘d, le rapporta [au Prophète]. Il le nia et jura par Allah qu’il ne l’avait pas dit. Lorsque le Coran fut révélé à leur sujet, il se repentit, abandonna [son attitude], et sa situation et son repentir furent bons, selon ce qui m’est parvenu. Puis Allah Très-Haut dit : « Et parmi eux, il en est qui ont fait une alliance avec Allah : “S’Il nous donne de Sa grâce, nous ferons certainement l’aumône et nous serons certainement du nombre des vertueux” » (9:75). Ceux qui firent cette alliance étaient Tha‘laba ibn Hâtib et Mu‘attib ibn Qushayr, tous deux des Banû ‘Amr ibn ‘Awf. Puis Il dit : « Ceux qui critiquent les croyants qui font volontairement des aumônes 33 et ceux qui ne trouvent que leur effort [à offrir], et qui se moquent d’eux : Allah se moquera d’eux, et ils auront un châtiment douloureux » (9:79). Ceux qui faisaient volontairement des aumônes parmi les croyants étaient ‘Abd al-Rahmân ibn ‘Awf et ‘Âsim ibn ‘Adî, frère des Banû al-‘Ajlân. En effet, le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) encouragea à l’aumône et y incita. ‘Abd al-Rahmân ibn ‘Awf se leva et donna en aumône quatre mille dirhams. ‘Âsim ibn ‘Adî se leva et donna en aumône cent wasq 34 de dattes. Ils les critiquèrent et dirent : « Ce n’est que de l’hypocrisie. » Celui qui donna selon son effort était Abû ‘Uqayl, frère des Banû Unayf. Il apporta un sâ‘ 35 de dattes et le versa dans l’aumône. Ils se moquèrent de lui et dirent : « Allah n’a que faire du sâ‘ d’Abû ‘Uqayl. » Puis Il mentionna les propos de certains d’entre eux à d’autres, lorsque le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) ordonna le combat et ordonna de marcher vers Tabûk, malgré la chaleur intense et la sécheresse du pays. Allah Très-Haut dit : « Et ils dirent : “Ne partez pas en campagne pendant la chaleur.” Dis : “Le feu de l’Enfer est plus intense encore en chaleur.” Si seulement ils comprenaient ! Qu’ils rient un peu et qu’ils pleurent beaucoup » (9:81-82) jusqu’à Sa parole : « Que leurs biens et leurs enfants ne t’émerveillent pas » (9:85). (Ce qui a été révélé à cause de la prière du Prophète sur le fils d’Ubayy) Ibn Ishâq a dit : Al-Zuhrî m’a rapporté d’après ‘Ubayd Allâh ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Utba, d’après Ibn ‘Abbâs, qui a dit : J’ai entendu ‘Umar ibn al-Khattâb dire : Lorsque ‘Abd Allâh ibn Ubayy mourut, le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) fut appelé pour prier sur lui. Il se leva pour cela. Lorsqu’il se tint près de lui, voulant prier, je me déplaçai jusqu’à me tenir devant lui et dis : « Ô Messager d’Allah, pries-tu sur l’ennemi d’Allah, ‘Abd Allâh ibn Ubayy ibn Salûl, celui qui a dit telle chose tel jour et telle chose tel jour ? » Je comptais ses [mauvais] jours, tandis que le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) souriait. Lorsque j’eus beaucoup parlé, il dit : « Ô ‘Umar, éloigne-toi de moi. J’ai eu le choix et j’ai choisi. Il m’a été dit : “Que tu demandes pardon pour eux ou non, si tu demandes pardon pour eux soixante-dix fois, Allah ne leur pardonnera jamais” (9:80). Si je savais qu’en dépassant soixante-dix fois il lui serait pardonné, je le ferais. » Puis le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) pria sur lui et marcha avec lui jusqu’à se tenir sur sa tombe, jusqu’à ce qu’il soit enterré. ‘Umar dit : Je fus étonné de mon audace envers le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) – et Allah et Son Messager savent mieux. Par Allah, peu de temps après, ces deux versets furent révélés : « Et ne prie jamais sur aucun d’entre eux qui meurt, et ne te tiens pas sur sa tombe. Ils ont mécru en Allah et en Son Messager et sont morts en pervers » (9:84). Après cela, le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) ne pria plus sur aucun hypocrite jusqu’à ce qu’Allah Très-Haut le rappelle à Lui. (Ce qui a été révélé au sujet de ceux qui demandent l’autorisation) Ibn Ishâq a dit : Puis Allah Très-Haut dit : « Et lorsqu’une sourate est révélée : “Croyez en Allah et luttez avec Son Messager”, ceux d’entre eux qui ont de l’aisance te demandent l’autorisation [de rester] » (9:86). Ibn Ubayy était parmi ceux-là. Allah lui reprocha cela et le mentionna. Puis Allah Très-Haut dit : « Mais le Messager et ceux qui ont cru avec lui ont lutté par leurs biens et leurs personnes. Ceux-là auront les bonnes choses, et ceux-là sont les réussis. Allah a préparé pour eux des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux » (9:88-89).
Sous eux coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Voilà l'immense succès. Et les excusés 36 parmi les Bédouins 37 vinrent pour qu'il leur soit permis [de rester], tandis que ceux qui avaient menti à Allah et à Son Messager restèrent assis. 9:88-90... jusqu'à la fin de l'histoire. Et les excusés, selon ce qui m'est parvenu, étaient un groupe de Banu Ghifar, parmi lesquels Khufaf ibn Ayma' ibn Ruhada. Puis l'histoire des gens ayant une excuse se poursuivit jusqu'à Sa parole : « Ni [faute] non plus sur ceux qui, quand ils vinrent à toi pour que tu les transportes, tu dis : « Je ne trouve pas de quoi vous transporter » ; ils s'en retournèrent, les yeux débordant de larmes, tristes de ne pas trouver de quoi dépenser. » 9:92, et ce sont les Pleureurs 38. Puis Allah, exalté soit-Il, dit : « Il n'y a de voie [de reproche] que contre ceux qui te demandent permission alors qu'ils sont riches. Ils ont accepté d'être avec les laissées-pour-compte 39. Et Allah a scellé leurs cœurs, si bien qu'ils ne savent pas. » 9:93. Et « al-khawalif » : ce sont les femmes. Puis Il mentionna leurs serments envers les musulmans et leurs excuses, et dit : « Détournez-vous d'eux. » 9:95, jusqu'à Sa parole : « Si vous êtes satisfaits d'eux, Allah n'est pas satisfait des gens pervers. » 9:96. (Ce qui a été révélé au sujet de ceux qui ont fait preuve d'hypocrisie parmi les Bédouins) : Puis Il mentionna les Bédouins et ceux d'entre eux qui ont fait preuve d'hypocrisie, et leur attente [de malheur] envers le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et envers les croyants, et dit : « Et parmi les Bédouins, il en est qui considèrent ce qu'ils dépensent 40 » 9:98, c'est-à-dire : aumône ou dépense dans le sentier d'Allah, comme une perte, et ils attendent que les vicissitudes du sort s'abattent sur vous. Sur eux retombera le mauvais sort. Et Allah est Audient et Omniscient. 9:98. Puis Il mentionna les Bédouins sincères et croyants parmi eux, et dit : « Et parmi les Bédouins, il en est qui croient en Allah et au Jour Dernier, et qui considèrent ce qu'ils dépensent comme des moyens de se rapprocher d'Allah et [comme un moyen de recevoir] les prières du Messager. Certes, cela est pour eux un moyen de rapprochement. » 9:99. (Ce qui a été révélé au sujet des premiers [dans l'Islam] parmi les Émigrés 41 et les Auxiliaires 42) : Puis Il mentionna les tout premiers [dans l'Islam] parmi les Émigrés et les Auxiliaires, et leur mérite, et ce qu'Allah leur a promis comme belle récompense, puis Il y joignit ceux qui les ont suivis avec bienfaisance, et dit : « Allah est satisfait d'eux et ils sont satisfaits de Lui. » 9:100. Puis Allah, exalté soit-Il, dit : « Et parmi ceux qui vous entourent, parmi les Bédouins, il y a des hypocrites, et parmi les habitants de Médine, il y en a qui persistent dans l'hypocrisie. » 9:101, c'est-à-dire : ils s'y obstinent et refusent autre chose. « Nous les châtierons deux fois. » 9:101. Et le châtiment dont Allah, exalté soit-Il, les a menacés deux fois, selon...
- Wajj : Vallée près de La Mecque, considérée comme sanctuaire (haram) où la végétation et le gibier sont protégés.
- lā yu'ḍad : Ne doit pas être coupé ou abattu ; interdiction de couper les arbres et de chasser dans le sanctuaire.
- Barā'a : Sourate 9 du Coran, intitulée 'Le Désaveu' ou 'Le Repentir', qui traite de la rupture des pactes avec les associateurs.
- al-Bayt : La Maison sacrée, c'est-à-dire la Ka'ba à La Mecque.
- Barā'a : Désaveu, rupture de lien ; premier mot de la sourate 9.
- al-ashhur al-ḥurum : Les mois sacrés : Muharram, Rajab, Dhu l-Qa'da et Dhu l-Hijja, pendant lesquels les combats étaient interdits.
- ad-Dīl : Tribu de Banû Bakr ibn Wâ'il, ayant rompu le pacte de Hudaybiyya.
- al-ill : Alliance, pacte de protection ou de parenté.
- adh-dhimma : Pacte, engagement, protection accordée à des non-musulmans.
- yawm an-naḥr : Jour du sacrifice, le 10 Dhu l-Hijja, principal jour du pèlerinage.
- al-ʿaḍbāʾ : Nom de la chamelle du Prophète, caractérisée par une oreille fendue ou coupée.
- la Maison : Désigne la Kaaba, la Maison sacrée d'Allah à La Mecque.
- désaveu : Réfère à la sourate 9 (al-Tawba), aussi appelée al-Barāʾa (le désaveu), qui traite de la rupture des pactes avec les associateurs.
- walīja : Intime, confident ; personne à qui l'on confie ses secrets.
- poème : Vers cité par Ibn Hichām pour illustrer le sens de walīja.
- c'est-à-dire : Ajout explicatif d'Ibn Hichām pour clarifier le sens du verset.
- Ḥunayn : Bataille de Ḥunayn, qui eut lieu en l'an 8 de l'Hégire entre les musulmans et les tribus de Hawāzin et Thaqīf.
- jizya : Impôt de capitation imposé aux non-musulmans (gens du Livre) en échange de la protection et de l'exemption du service militaire.
- supprimé : Allusion à la cessation des marchés due à l'interdiction faite aux associateurs d'approcher la Mosquée sacrée.
- nasīʾ : Pratique préislamique consistant à intercaler un mois ou à décaler les mois sacrés pour ajuster le calendrier lunaire.
- Tabūk : Expédition de Tabūk en l'an 9 de l'Hégire, dirigée par le Prophète contre les Byzantins, sans combat effectif.
- reprocha : Allusion aux critiques divines contre les hypocrites qui refusaient de participer à l'expédition.
- awḍa‘ū khilālakum : Expression signifiant littéralement « ils ont mis le pas entre vous », c’est-à-dire ils ont marché au milieu de vous, en référence à une allure rapide.
- al-īḍā‘ : Allure plus rapide que la marche, entre la marche et la course.
- sammā‘ūna lahum : Littéralement « auditeurs pour eux », c’est-à-dire des gens qui écoutent les hypocrites et leur obéissent.
- min qablu : Avant, c’est-à-dire avant qu’ils ne te demandent l’autorisation de rester.
- qallabū laka l-umūr : Ils ont retourné les affaires pour toi, c’est-à-dire ils ont cherché à détourner tes compagnons et à contrecarrer ton ordre.
- yajmaḥūn : Ils s’élancent rapidement, en toute hâte.
- al-ṣadaqāt : Aumônes légales, impôt religieux (zakât) ou aumônes volontaires.
- al-mu’allafati qulūbuhum : Ceux dont les cœurs sont à gagner, c’est-à-dire les nouveaux convertis ou ceux qu’on cherche à attirer à l’islam.
- udhun : Littéralement « oreille », c’est-à-dire quelqu’un qui écoute tout et croit tout ce qu’on lui dit.
- ba‘da islāmihim : Après leur soumission, c’est-à-dire après avoir professé l’islam.
- al-muṭṭawwi‘īn : Ceux qui font volontairement des aumônes supplémentaires, au-delà de l’obligation.
- wasq : Mesure de capacité équivalant à environ 60 sâ‘, soit environ 130 kg de dattes.
- ṣā‘ : Mesure de capacité équivalant à environ 2,5 kg de dattes.
- al-muʿadhdhirūn : Ceux qui présentent des excuses valables pour ne pas participer à l'expédition.
- al-aʿrāb : Bédouins, nomades arabes du désert.
- al-bakkāʾūn : Les Pleureurs, groupe de compagnons pauvres qui pleurèrent de ne pouvoir participer à l'expédition de Tabuk.
- al-khawālif : Les laissées-pour-compte, ici les femmes et les enfants qui restent en arrière.
- yunfiq : Dépenser dans le sentier d'Allah, aumône ou contribution.
- al-muhājirūn : Les Émigrés, ceux qui ont émigré de La Mecque à Médine pour suivre le Prophète.
- al-anṣār : Les Auxiliaires, habitants de Médine qui ont accueilli et soutenu les Émigrés.
Le poème de Hassân [1] dans lequel il énuméra les expéditions militaires [2].
Leur tristesse m'est parvenue à cause de ce qu'ils subissaient dans l'affaire de l'Islam, et de ce qui leur arrivait de rage à ce sujet, sans compter 1 ; puis leur châtiment dans les tombes lorsqu'ils y parviendront ; puis le grand châtiment vers lequel ils retourneront, le châtiment du Feu et l'éternité en lui. Puis Allah Très-Haut dit : « Et d'autres ont reconnu leurs péchés, ils ont mêlé une bonne œuvre et une autre mauvaise. Il se peut qu'Allah accueille leur repentir. Car Allah est Pardonneur et Miséricordieux » (9:102). Puis Allah Très-Haut dit : « Prélève de leurs biens une aumône 2 pour les purifier et les sanctifier » (9:103) jusqu'à la fin de l'histoire. Puis Allah Très-Haut dit : « Et d'autres sont laissés dans l'attente de la décision d'Allah : soit Il les châtie, soit Il leur pardonne » (9:106). Ce sont les trois qui furent laissés en arrière 3, et le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) suspendit leur cas jusqu'à ce que vînt d'Allah leur repentir. Puis Allah Très-Haut dit : « Et ceux qui ont édifié une mosquée pour nuire 4 » (9:107)... etc. l'histoire. Puis Allah Très-Haut dit : « Certes, Allah a acheté des croyants leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis » (9:111). Puis vint l'histoire de l'expédition de Tabuk 5, et ce qui s'y passa jusqu'à la fin de la sourate. La sourate al-Bara'a 6 était appelée, du temps du Prophète (sur lui la paix et le salut) et après lui, al-Muba'thira 7, car elle dévoila les secrets des gens. Et Tabuk fut la dernière expédition que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) mena. Poème de Hassan 8 dans lequel il énumère les expéditions militaires 9 Hassan ibn Thabit dit, énumérant les jours des Ansar 10 avec le Prophète (sur lui la paix et le salut) et mentionnant leurs positions avec lui lors de ses expéditions : Ibn Hisham 11 dit : Et il est rapporté de son fils Abd al-Rahman ibn Hassan : Ne suis-je pas le meilleur de tous les Ma'add 12 en nombre d'hommes et en clan, qu'ils soient comptés ou dénombrés ? (1) Un peuple qui assista en entier à Badr 13 avec le Messager, sans faillir ni lâcher prise. (2) Ils lui prêtèrent serment d'allégeance 14 et nul d'entre eux ne le rompit, et il n'y avait dans leur foi aucune hypocrisie. (3) Et le jour où il les surprit dans le défilé d'Uhud 15, un coup solide comme un feu ardent. (4) Et le jour de Dhu Qarad 16, le jour où il les mobilisa sur les coursiers, sans faiblir ni reculer. (5) Et Dhu al-Ushayra 17 : ils le parcoururent avec leurs chevaux, avec le Messager, portant heaumes et lances. (6) Et le jour de Waddan 18 : ils en chassèrent les habitants en dansant avec les chevaux, jusqu'à ce que la colline et la montagne nous arrêtent. (7) Et une nuit où ils poursuivirent leur ennemi pour Allah, et Allah les récompensera pour leurs œuvres. Et une expédition le jour de Najd 19, puis ils eurent avec le Messager les dépouilles et le butin. Et une nuit à Hunayn 20 : ils combattirent avec lui, alors qu'il les abreuvait de guerre lorsqu'ils étaient assoiffés. (8) Et l'expédition d'al-Qa' 21 : nous y dispersâmes l'ennemi comme sont dispersés les troupeaux loin de l'abreuvoir. (9) Et le jour du serment d'allégeance 22 : ils furent les gens de son serment pour le combat, ils le secoururent et ne dévièrent pas. Et l'expédition de la Conquête 23 : ils furent dans son détachement, en garnison, sans s'égarer ni se hâter. Et le jour de Khaybar 24 : ils furent dans son bataillon, marchant tous, intrépides et vaillants. (10) Avec des épées 25 qui tremblaient dans les mains, nues, se courbant parfois dans la frappe et se redressant. Et le jour où le Messager d'Allah partit, comptant sur la récompense divine, vers Tabuk, et ils furent ses premiers étendards. Et les politiques de la guerre, quand une guerre leur apparaissait, jusqu'à ce que leur apparaissent l'aller et le retour. (11) Ceux-là sont le peuple des Ansar du Prophète, et ils sont mon peuple, vers lequel je me tourne quand je me joins. (12) Ils moururent généreusement, sans que leurs engagements soient rompus, et leur mort fut dans le sentier d'Allah quand ils furent tués. Ibn Hisham dit : Le dernier vers de la fin est d'un autre qu'Ibn Ishaq 26. Ibn Ishaq dit : Et Hassan ibn Thabit dit aussi : Nous étions les rois des gens avant Muhammad, et quand vint l'Islam, nous eûmes le mérite. Et Allah, qui est unique, nous honora par des jours passés sans pareils. (13) Par le secours d'Allah et du Messager (14) et de Sa religion, et Il nous revêtit d'un nom passé sans équivalent. (15) Ceux-là sont mon peuple, le meilleur peuple dans son ensemble ; tout bien compté, mon peuple en est digne. Ils perpétuent le bien connu de ceux qui sont passés, et il n'y a pas de verrou sur leur bien. (16) Quand ils sont éprouvés, ils ne sont pas grossiers dans leur assemblée, et il n'y a pas d'avarice chez eux pour celui qui demande. (17) Et s'ils font la guerre ou la paix, on ne les compare pas : leur guerre est une mort certaine, et leur paix est facile. (18) Et leur voisin est fidèle, sa maison est élevée ; tant qu'il séjourne parmi nous, il a honneur et générosité. (19) Et celui qui se porte garant chez eux est fidèle à toute caution qu'il assume, sans perte ni abandon. (20) Et celui qui parle parmi eux dit la vérité, et leur clémence est abondante, et leur jugement est juste. (21) Et parmi nous se trouve le Commandeur des croyants 27 de son vivant, et celui que les Messagers 28 ont lavé de son impureté. (22) Ibn Hisham dit : Et son dire : « Et Il nous revêtit d'un nom » est d'un autre qu'Ibn Ishaq. Ibn Ishaq dit : Et Hassan ibn Thabit dit aussi : Mon peuple, ceux-là, si tu demandes, sont généreux quand l'hôte, un jour, arrive. (23) Grands sont leurs chaudrons pour leurs généreux 29 ; ils y jettent la chamelle âgée et grasse. (24) Ils secourent leur voisin dans l'aisance et protègent leur allié s'il est opprimé. Ils furent rois dans leur terre, ils appelaient à l'épée pour une affaire grave. (25) Rois sur les gens, ils ne furent pas possédés un seul jour par le temps, comme le partage du sort. (26) Ils anéantirent 'Ad 30 et ses partisans, Thamud 31 et certains vestiges d'Iram 32. (27) À Yathrib 33, ils édifièrent dans les palmeraies des forteresses, et les troupeaux y furent parqués. (28) Des chameaux porteurs d'eau que les Juifs avaient dressés (viens) vers toi, et disant : « Approche ! » (29) Et une bouche désirant du jus de raisin et une vie douce sans souci. (30) Nous marchâmes vers eux avec nos bagages, sur chaque chamelle robuste et rapide. (31) Nous menions avec elles des chevaux de race, qu'ils avaient recouverts de housses en cuir. (32) Quand ils firent halte aux deux côtés de Sirar 34 et serrèrent les selles avec les sangles, Rien ne les surprit sinon le piétinement des chevaux et l'assaut qui les submergea par derrière. (33) Ils s'envolèrent rapidement, effrayés, et nous vînmes à eux comme des lions des fourrés. Sur chaque jument élancée dans la course, qui ne se plaint pas d'une maigreur d'ennui. (34) Et chaque cheval alezan au cœur vif, aux articulations solides, pareil aux pierres à aiguiser. (35) Sur eux, des cavaliers habitués à affronter les héros et à frapper les ténèbres. (36) Des rois, quand ils envahissent les pays, ils ne reculent pas mais avancent. (37) Nous revînmes avec leurs chefs et les femmes, et leurs enfants furent partagés entre eux. (38) Nous héritâmes de leurs demeures après eux, et nous fûmes rois là-bas sans bouger. (39) Quand vint à nous le Messager bien guidé, avec la vérité et la lumière après l'obscurité, Nous dîmes : « Tu as dit vrai, Messager du Roi 35 ; viens à nous, et parmi nous demeure. Afin que nous témoignions que tu es le serviteur d'Allah, envoyé comme lumière avec une religion droite. » (40) Alors nous et nos enfants sommes un bouclier pour te protéger, et dispose de nos biens. Nous sommes ceux-là (41) ; s'ils te traitent de menteur, appelle à haute voix sans gêne. Et proclame ce que tu cachais, une proclamation publique sans dissimulation.
- ghayẓ : Rage, colère intense, souvent mêlée de ressentiment.
- ṣadaqa : Aumône obligatoire ou volontaire, ici l'aumône légale (zakāt) ou une offrande expiatoire.
- khullifū : Les trois compagnons (Ka'b ibn Malik, Murara ibn al-Rabi', Hilal ibn Umayya) qui furent laissés en arrière lors de l'expédition de Tabuk et dont le repentir fut accepté après 50 jours.
- ḍirāran : Pour nuire, par opposition à une mosquée fondée sur la piété. Il s'agit de la mosquée de la dissension (masjid al-ḍirār) construite par les hypocrites.
- Tabūk : Expédition militaire menée par le Prophète en l'an 9 de l'Hégire contre les Byzantins, sans combat effectif.
- Barā'a : Sourate 9 du Coran, aussi appelée al-Tawba (Le Repentir), qui commence par une déclaration de désaveu (barā'a) envers les polythéistes.
- al-Muba'thira : Celle qui dévoile, qui met au jour les secrets et les hypocrisies.
- Ḥassān : Hassan ibn Thabit, poète officiel du Prophète, connu pour ses panégyriques et ses satires contre les ennemis de l'Islam.
- maghāzī : Expéditions militaires menées par le Prophète, genre littéraire historique.
- Anṣār : Les Auxiliaires, habitants de Médine qui accueillirent et soutinrent le Prophète et les émigrants de La Mecque.
- Ibn Hishām : Abu Muhammad Abd al-Malik ibn Hisham, célèbre biographe du Prophète, auteur de la Sira.
- Ma'add : Ancêtre éponyme des Arabes du Nord, désigne ici l'ensemble des tribus arabes.
- Badr : Première grande bataille de l'Islam (an 2 H), victoire décisive des musulmans.
- bay'a : Serment d'allégeance, acte de soumission et d'engagement envers le Prophète.
- Uḥud : Bataille d'Uhud (an 3 H), défaite relative des musulmans due à une désobéissance.
- Dhū Qarad : Expédition contre la tribu de Ghatafan, mentionnée dans les récits de la Sira.
- Dhū al-'Ushayra : Expédition menée par le Prophète en l'an 2 H, sans combat.
- Waddān : Localité près de Médine, site d'une expédition.
- Najd : Région du centre de l'Arabie, théâtre d'expéditions.
- Ḥunayn : Bataille de Hunayn (an 8 H), victoire des musulmans après la conquête de La Mecque.
- al-Qā' : Plaine ou vallée, lieu d'une expédition.
- yawm al-bay'a : Jour du serment d'allégeance, probablement la bay'a de Ridwan (an 6 H) ou celle de la Conquête.
- al-Fatḥ : La Conquête de La Mecque (an 8 H).
- Khaybar : Bataille de Khaybar (an 7 H) contre les Juifs, victoire musulmane.
- al-bīḍ : Épées blanches, luisantes.
- Ibn Isḥāq : Muhammad ibn Ishaq, premier biographe du Prophète, auteur de la Sira.
- Amīr al-mu'minīn : Commandeur des croyants, titre califal. Ici, il s'agit probablement d'Umar ibn al-Khattab ou d'Uthman.
- al-rusul : Les Messagers, ici les anges ou les prophètes. Allusion au lavage du Prophète par les anges après sa mort.
- aysār : Généreux, ceux qui offrent des festins.
- ʿĀd : Ancien peuple arabe anéanti pour son incrédulité, mentionné dans le Coran.
- Thamūd : Ancien peuple arabe anéanti pour son incrédulité, mentionné dans le Coran.
- Iram : Cité légendaire ou peuple ancien, mentionné dans le Coran (sourate 89).
- Yathrib : Ancien nom de Médine avant l'Hégire.
- Ṣirār : Lieu près de Médine, peut-être une vallée.
- al-Malik : Le Roi, nom divin signifiant le Souverain absolu.
Il mentionne l'an neuf, appelé l'année des délégations [1], et la révélation de la sourate al-Fath [2].
Les égarés 1 s'avancèrent avec leurs épées vers lui, pensant qu'il serait anéanti 2. Nous nous dressâmes contre eux avec nos épées, combattant pour lui les rebelles des nations. Avec toute lame polie, au tranchant vif, acérée et coupante 3, qui, lorsqu'elle rencontre la dureté des os, ne dévie pas et ne s'ébrèche pas 4. Voilà ce que nous ont légué les nobles 5 : une gloire ancienne et une puissance élevée. Lorsqu'une descendance passe, sa progéniture suffit, et elle laisse une descendance lorsqu'elle se rompt 6. Il n'est personne parmi les gens qui n'ait sur nous un droit, même s'il a perdu la faveur des bienfaits 7. Ibn Hishâm dit : Abû Zayd al-Ansârî m'a récité son vers : « Ils étaient des rois dans leurs terres, appelant avec colère à un ordre tyrannique. » Et il m'a récité : « À Yathrib 8, ils ont édifié dans les palmeraies des forteresses, et les troupeaux y ont été rassemblés. » Et son vers : « Tout cheval bai au cœur palpitant » : de lui 8. Récit de l'an neuf, appelé l'année des délégations, et la révélation de la sourate al-Fath 9. Ibn Ishâq dit : Lorsque le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, eut conquis La Mecque, achevé l'expédition de Tabûk, et que Thaqîf se fut soumise et eut prêté allégeance, les délégations des Arabes affluèrent vers lui de toutes parts.
- al-ghuwāt : Les égarés, les déviants, ceux qui se sont écartés de la vérité.
- yukhtaram : Être anéanti, périr, être fauché (comme une vie).
- ṣaqīl... mīʿa... raqīq al-dhubāb... ʿaḍūḍ khadhim : Épée polie, au tranchant vif, acérée (qui coupe bien) et qui entaille profondément.
- yanbū... yanshalim : Dévier (en parlant d'une épée) ; s'ébrécher, se fendre.
- al-qurūm : Les nobles, les hommes généreux et de haute naissance, les chefs.
- infasama : Se rompre, se briser ; ici, la descendance se perpétue même après la rupture (mort) de la génération précédente.
- khāsa faḍl al-niʿam : A perdu la faveur des bienfaits ; c'est-à-dire qu'il a été ingrat ou a négligé les bienfaits reçus.
- Yathrib : Ancien nom de Médine, avant l'Hégire.
- sūrat al-fatḥ : La sourate de la Victoire (sourate 48 du Coran), révélée après le traité de Hudaybiyya.
La venue de la délégation des Banû Tamîm et la révélation de la sourate al-Hujurât [1].
Ibn Hishâm a dit : Abû ‘Ubayda m’a raconté que cela eut lieu en l’an neuf, et que cette année fut appelée l’année des délégations 1. (Soumission des Arabes et leur conversion à l’islam) Ibn Ishâq a dit : Les Arabes avaient attendu, concernant l’islam, la situation de cette tribu de Quraysh et celle de l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – car Quraysh était le guide et l’imam 2 des gens, les habitants de la Maison sacrée, la descendance pure d’Ismâ‘îl fils d’Ibrâhîm – sur eux deux la paix – et les chefs des Arabes, sans que ceux-ci ne le contestent. Quraysh était celle qui s’était dressée pour combattre l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – et s’opposer à lui. Lorsque La Mecque fut conquise, que Quraysh se soumit à lui, que l’islam la domina, et que les Arabes surent qu’ils n’avaient aucune force pour combattre l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – ni pour lui être hostiles, ils entrèrent dans la religion d’Allah, comme l’a dit Lui, Puissant et Majestueux, en foules, accourant vers Lui de toutes parts. Allah Très-Haut dit à Son Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue : « Lorsque vient le secours d’Allah et la victoire, et que tu vois les gens entrer dans la religion d’Allah en foules, alors glorifie ton Seigneur par Sa louange et implore Son pardon. Il est Celui qui agrée le repentir 3 » (CX, 1-3) : c’est-à-dire : loue Allah pour ce qu’Il a manifesté de ta religion, et implore Son pardon, car Il est Celui qui agrée le repentir. Arrivée de la délégation des Banû Tamîm et révélation de la sourate al-Hujurât 4 (Les hommes de la délégation) Les délégations des Arabes arrivèrent auprès de l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue. ‘Utârid ibn Hâjib ibn Zurâra ibn ‘Udus at-Tamîmî vint à lui, avec les nobles des Banû Tamîm, parmi lesquels al-Aqra‘ ibn Hâbis at-Tamîmî, az-Zibriqân ibn Badr at-Tamîmî – l’un des Banû Sa‘d –, ‘Amr ibn al-Ahtam, et al-Habhâb ibn Yazîd 5. (Quelque chose au sujet d’al-Hutât) Ibn Hishâm a dit : al-Hutât, c’est celui entre qui et Mu‘âwiya ibn Abî Sufyân l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – établit un lien de fraternité 6. L’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – avait établi un lien de fraternité entre plusieurs de ses Compagnons parmi les Émigrés 7 : entre Abû Bakr et ‘Umar, entre ‘Uthmân ibn ‘Affân et ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Awf, entre Talha ibn ‘Ubayd Allah et az-Zubayr ibn al-‘Awwâm, entre Abû Dharr al-Ghifârî et al-Miqdâd ibn ‘Amr al-Bahrânî, et entre Mu‘âwiya ibn Abî Sufyân et al-Hutât ibn Yazîd al-Mujâshi‘î. Al-Hutât mourut auprès de Mu‘âwiya pendant son califat, et Mu‘âwiya prit ce qu’il avait laissé en héritage en vertu de cette fraternité. Al-Farazdaq 8 dit alors à Mu‘âwiya : « Ton père et mon oncle, ô Mu‘âwiya, ont laissé un héritage, et les proches s’en emparent. Pourquoi donc as-tu pris l’héritage d’al-Hutât, tandis que l’héritage de Harb 9 est figé et que le tien fond ? » Ces deux vers font partie d’un poème de lui. (Le reste des hommes de la délégation) Ibn Ishâq a dit : Dans la délégation des Banû Tamîm se trouvaient Nu‘aym ibn Yazîd, Qays ibn al-Hârith, et Qays ibn ‘Âsim, frère des Banû Sa‘d, avec une grande délégation des Banû Tamîm. Ibn Hishâm a dit : ‘Utârid ibn Hâjib, l’un des Banû Dârim ibn Mâlik ibn Hanzala ibn Mâlik ibn Zayd Manât ibn Tamîm ; al-Aqra‘ ibn Hâbis, l’un des Banû Dârim ibn Mâlik 10 ; al-Hutât ibn Yazîd, l’un des Banû Dârim ibn Mâlik ; az-Zibriqân ibn Badr, l’un des Banû Bahdala ibn ‘Awf ibn Ka‘b ibn Sa‘d ibn Zayd Manât ibn Tamîm ; ‘Amr ibn al-Ahtam, l’un des Banû Minqar ibn ‘Ubayd ibn al-Hârith ibn ‘Amr ibn Ka‘b ibn Sa‘d ibn Zayd Manât ibn Tamîm ; et Qays ibn ‘Âsim, l’un des Banû Minqar ibn ‘Ubayd ibn al-Hârith. Ibn Ishâq a dit : Avec eux se trouvait ‘Uyayna ibn Hisn ibn Hudhayfa ibn Badr al-Fazârî. Al-Aqra‘ ibn Hâbis et ‘Uyayna ibn Hisn avaient assisté avec l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – à la conquête de La Mecque, à Hunayn et à at-Tâ’if. (Leurs cris adressés au Prophète et le discours de ‘Utârid) Lorsque la délégation des Banû Tamîm arriva, ils étaient avec eux. Quand la délégation des Banû Tamîm entra dans la mosquée, ils appelèrent l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – de derrière ses appartements : « Sors vers nous, ô Muhammad ! » Cela peina l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – à cause de leurs cris. Il sortit donc vers eux. Ils dirent : « Ô Muhammad, nous sommes venus pour rivaliser avec toi en gloire 11. Permets à notre poète et à notre orateur. » Il dit : « J’ai permis à votre orateur, qu’il parle. » ‘Utârid ibn Hâjib se leva et dit : « Louange à Allah, à qui appartiennent la faveur et la grâce 12, Lui qui en est digne, qui a fait de nous des rois, nous a accordé de grandes richesses par lesquelles nous faisons le bien, et a fait de nous les plus puissants des gens de l’Orient, les plus nombreux et les mieux pourvus. Qui donc parmi les gens nous ressemble ? Ne sommes-nous pas les chefs des gens et les détenteurs de leur supériorité ? Que celui qui rivalise avec nous énumère donc ce que nous avons énuméré. Si nous voulions, nous multiplierions les paroles, mais nous nous abstenons de trop parler de ce qu’Il nous a donné. Nous sommes reconnus pour cela. Je dis cela pour que vous apportiez quelque chose de semblable à notre propos, ou une affaire meilleure que la nôtre. » Puis il s’assit. (Discours de Thâbit en réponse à ‘Utârid) L’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit à Thâbit ibn Qays ibn ash-Shammâs, frère des Banû al-Hârith ibn al-Khazraj : « Lève-toi et réponds à cet homme dans son discours. » Thâbit se leva et dit : « Louange à Allah, à qui appartiennent les cieux et la terre, Il y a décrété Son ordre, Son Trône 13 embrasse Sa science, et rien n’existe jamais que par Sa grâce. Puis, de Sa puissance, Il a fait de nous des rois, et a choisi, parmi la meilleure de Ses créatures, un Envoyé, le plus noble par sa lignée, le plus véridique dans ses paroles, le plus excellent par son rang. Il lui a révélé Son Livre et l’a établi comme dépositaire sur Ses créatures. Il fut l’élu d’Allah parmi les mondes. Puis il appela les gens à croire en lui. Crurent en l’Envoyé d’Allah les Émigrés de son peuple et de sa parenté, les plus nobles des gens par leur rang, les plus beaux des gens par leurs visages, les meilleurs des gens par leurs actions. Puis les premières créatures à répondre et à répondre à Allah lorsque l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – les appela, ce furent nous. Nous sommes donc les alliés 14 d’Allah et les ministres de Son Envoyé. Nous combattons les gens jusqu’à ce qu’ils croient en Allah. Quiconque croit en Allah et en Son Envoyé voit sa vie et ses biens protégés de notre part ; quiconque mécroit, nous luttons contre lui pour Allah, à jamais, et sa mort nous est facile. Je dis ce que je dis et implore le pardon d’Allah pour moi et pour les croyants et les croyantes. Que la paix soit sur vous. » (Poème d’az-Zibriqân vantant son peuple) Az-Zibriqân ibn Badr se leva et dit : « Nous sommes les nobles, aucune tribu ne nous égale. De nous sont les rois, et chez nous sont dressées les chaires 15. Combien de tribus avons-nous vaincues, toutes, lors du butin, et la supériorité de la gloire est suivie. Nous nourrissons, en temps de disette, notre nourrisseur de viande rôtie, quand on ne voit plus les nuages 16. Tu vois les gens, leurs notables viennent à nous de toute terre, en hâte, puis ils agissent 17. Nous sacrifions les chamelles grosses, entières 18, dans notre demeure, pour les hôtes ; quand ils descendent chez nous, ils sont rassasiés. Tu ne nous vois pas défier une tribu sans qu’ils ne gagnent et ne deviennent la tête qui est coupée. Que celui qui rivalise avec nous en cela, nous le connaissons, et les gens reviennent en écoutant les nouvelles. Nous avons refusé, et personne ne nous refuse ; ainsi, dans la gloire, nous sommes élevés. » Ibn Hishâm a dit : On rapporte aussi : « De nous sont les rois, et chez nous sont partagés les quartiers de butin 19 ». Et on rapporte : « De toute terre, notre désir, puis nous sommes suivis ». Un des Banû Tamîm me l’a rapporté, mais la plupart des spécialistes de la poésie contestent que ces vers soient d’az-Zibriqân. (Poème de Hassân en réponse à az-Zibriqân) Ibn Ishâq a dit : Hassân était absent, alors l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – envoya quelqu’un le chercher. Hassân dit : « Son messager vint à moi et m’informa qu’il m’avait appelé pour que je réponde au poète des Banû Tamîm. Je sortis donc vers l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – en disant : « Nous avons protégé l’Envoyé d’Allah, lorsqu’il s’installa au milieu de nous, malgré le nez 20 satisfait de Ma‘add 21 et malgré les récalcitrants. Nous l’avons protégé, lorsqu’il s’installa entre nos maisons, avec nos épées, contre tout agresseur et tout oppresseur. »
Par une demeure inaccessible, sa gloire et sa richesse... À la citerne du Golan 22, au milieu des non-Arabes 23. La gloire n'est-elle que la seigneurie ancienne et la générosité... L'accès auprès des rois et le support des grandes épreuves ? Il dit : Lorsque je parvins auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, et que le poète du peuple se leva et dit ce qu'il dit, j'intervins dans son propos et dis sur le même ton que lui. Il dit : Lorsque Zibriqân 24 eut terminé, le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, dit à Hassân ibn Thâbit 25 : Lève-toi, ô Hassân, et réponds à l'homme sur ce qu'il a dit. Hassân se leva et dit : Certes, les mèches 26 de Fihr 27 et de leurs frères... Ont établi une tradition 28 pour les gens, à suivre. Satisfait d'eux est quiconque a pour conscience intime... La crainte d'Allah et qui accomplit tout bien. Un peuple qui, lorsqu'ils combattent, nuisent à leur ennemi... Ou cherchent à être utiles à leurs partisans, ils sont utiles. C'est là une nature innée 29 chez eux, non innovée... Certes, les caractères, sache-le, le pire est l'innovation 30. S'il y a parmi les gens des devanciers après eux... Toute avance suit la moindre de leurs avances. Les gens ne raccommodent pas ce que leurs mains ont déchiré... Lors de la défense, et ils ne déchirent pas ce qu'ils ont raccommodé. S'ils devancent les gens un jour, leur avance triomphe... Ou s'ils rivalisent avec des gens de gloire en générosité, ils donnent abondamment. Chastes, leur chasteté est mentionnée dans la Révélation 31... Ils ne se laissent pas marquer 32 et la convoitise ne les perd pas. Ils ne sont pas avares envers un voisin de leur surplus... Et aucune souillure de convoitise ne les touche. Lorsque nous nous dressons contre une tribu, nous ne rampons pas vers eux... Comme rampe vers la bête sauvage le lézard 33. Nous nous élevons quand la guerre nous atteint de ses griffes... Quand les lâches 34 s'humilient devant ses serres. Ils ne se vantent pas lorsqu'ils atteignent leur ennemi... Et s'ils sont frappés, il n'y a ni faiblesse ni panique. Comme s'ils étaient, dans la mêlée alors que la mort se tapit... Des lions avec des anneaux 35 à leurs paturons. Prends d'eux ce qui vient aisément quand ils se fâchent... Et que ton souci ne soit pas ce qu'ils ont refusé. Car dans leur guerre, laisse leur inimitié... Un mal sur lequel on répand le poison et l'euphorbe 36. Honoré soit un peuple dont le Messager d'Allah est le partisan... Quand les passions et les sectes divergent. Je leur offre mon éloge, un cœur soutenu... Par ce que j'aime, une langue habile et experte. Car ils sont les meilleurs de toutes les tribus... Que les gens soient sérieux dans leurs propos ou qu'ils se rassemblent. Ibn Hichâm 37 dit : Abû Zayd 38 m'a récité : « Satisfait d'eux est quiconque a pour conscience intime... La crainte d'Allah et par l'ordre qu'ils ont établi. » (Autre poème de Zibriqân) : Ibn Hichâm dit : Un des savants en poésie des Banû Tamîm 39 m'a raconté que Zibriqân ibn Badr 40, lorsqu'il vint auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, à la tête de la délégation des Banû Tamîm, se leva et dit : Nous sommes venus afin que les gens connaissent notre mérite... Quand ils se rassemblent lors de l'affluence des pèlerinages. Que nous sommes les rameaux des gens en tout lieu... Et qu'il n'y a sur la terre du Hijâz 41 personne comme Dârim 42. Et que nous repoussons les orgueilleux quand ils se vantent... Et nous frappons la tête du tyran arrogant. Et que nous avons le quart du butin 43 dans chaque raid... Que nous menons au Najd 44 ou sur la terre des non-Arabes. (Autre poème de Hassân en réponse à Zibriqân) : Hassân ibn Thâbit se leva et lui répondit, disant : La gloire n'est-elle que la seigneurie ancienne et la générosité... L'accès auprès des rois et le support des grandes épreuves ? Nous avons secouru et abrité le Prophète Muhammad... Malgré le nez de tout satisfait ou récalcitrant parmi Ma'add 45. Par une tribu inaccessible, son origine et sa richesse... À la citerne du Golan, au milieu des non-Arabes. Nous l'avons secouru quand il s'est installé au milieu de nos demeures... Avec nos épées, contre tout agresseur et injuste. Nous avons placé nos fils devant lui et nos filles... Et nous lui avons offert de bon cœur la part des butins. Et nous avons frappé les gens jusqu'à ce qu'ils se convertissent... À sa religion, avec les lames tranchantes. Et nous avons engendré, de Quraysh 46, son grand... Nous avons engendré le Prophète du bien, des Banû Hâchim 47. Ô Banû Dârim, ne vous vantez pas, car votre vantardise... Retourne en malheur lors du rappel des vertus. Vous vous vantez devant nous, alors que vous êtes... Pour nous des serviteurs, entre nourrice et domestique ? Si vous êtes venus pour préserver vos sangs... Et vos biens d'être partagés dans les distributions, Alors n'associez rien à Allah et soumettez-vous... Et ne revêtez pas un habit semblable à celui des non-Arabes.
- sana al-wufūd : Année des délégations : l’an 9 de l’Hégire, où de nombreuses tribus arabes envoyèrent des délégations pour se convertir à l’islam.
- imām : Guide, chef spirituel et temporel ; ici, Quraysh était considérée comme la tribu guide des Arabes.
- tawwāb : Celui qui agrée le repentir, qui revient sans cesse vers le pécheur par Sa miséricorde.
- sūrat al-Ḥujurāt : Sourate 49 du Coran, intitulée « Les Appartements », révélée à Médine, contenant des enseignements sur le respect du Prophète et la fraternité entre croyants.
- al-Ḥabhāb ibn Yazīd : Personnage de la délégation des Banû Tamîm ; son nom est mentionné ici.
- ukhuwwa : Lien de fraternité établi par le Prophète entre certains Compagnons, impliquant des droits d’héritage réciproques.
- Muhājirūn : Émigrés : les premiers musulmans de La Mecque qui émigrèrent à Médine avec le Prophète.
- al-Farazdaq : Célèbre poète arabe de l’époque omeyyade, connu pour ses satires et ses panégyriques.
- Ḥarb : Harb ibn Umayya, ancêtre de Mu‘âwiya ; allusion à un héritage non réclamé.
- Banū Dārim : Sous-tribu des Banû Tamîm, à laquelle appartenaient plusieurs membres de la délégation.
- mufākhara : Compétition oratoire et poétique pour vanter la gloire et les mérites de sa tribu.
- al-ḥamdu li-llāh : Formule de louange à Allah, débutant souvent les discours et les prières.
- kursī : Trône ou siège de la science divine ; mentionné dans le verset du Trône (Coran 2:255).
- anṣār : Alliés, auxiliaires ; désigne les Médinois qui accueillirent et soutinrent le Prophète et les Émigrés.
- al-biya‘ : Pluriel de bī‘a, chaire ou estrade ; ici, symbole de pouvoir et de souveraineté.
- al-qaza‘ : Nuages ; l’expression signifie que la sécheresse est si sévère qu’aucun nuage n’est visible.
- yaṣṭani‘ : Ils agissent, ils font des présents ou des actes de générosité.
- al-kuwam ‘ubṭan : Chamelles grosses, entières, non entamées ; sacrifice généreux pour les hôtes.
- ar-riba‘ : Quartiers de butin ; partage des dépouilles.
- ‘alā anfin rāḍin : Expression idiomatique : malgré le mécontentement ou l’orgueil de certains.
- Ma‘add : Ancêtre éponyme des Arabes du Nord ; désigne ici les tribus arabes en général.
- jābiyat al-Jawlān : Citerne du Golan, lieu-dit en Syrie.
- al-aʿājim : Non-Arabes, souvent les Perses.
- al-Zibriqān : Zibriqân ibn Badr, poète et chef des Banû Tamîm.
- Ḥassān ibn Thābit : Poète du Prophète Muhammad.
- al-dhawāʾib : Mèches de cheveux, métaphore pour les chefs ou les notables.
- Fihr : Ancêtre de Quraysh, tribu du Prophète.
- sunnah : Tradition, voie établie.
- sajiyyah : Nature innée, disposition naturelle.
- bidʿah : Innovation blâmable en religion.
- al-waḥy : Révélation divine, le Coran.
- yanṭabiʿūn : Se laisser marquer, souiller par la convoitise.
- al-dhariʿ : Lézard, animal qui rampe.
- al-zaʿānif : Lâches, peureux.
- ḥilyah : Anneau ou bracelet.
- al-samʿ wa al-salaʿ : Poison et euphorbe, plante toxique.
- Ibn Hishām : Abû Muhammad 'Abd al-Malik ibn Hishâm, biographe du Prophète.
- Abū Zayd : Abû Zayd al-Ansârî, philologue arabe.
- Banū Tamīm : Grande tribu arabe.
- Zibriqān ibn Badr : Chef des Banû Tamîm, poète.
- al-Ḥijāz : Région de l'ouest de l'Arabie incluant La Mecque et Médine.
- Dārim : Clan des Banû Tamîm.
- al-mirbāʿ : Quart du butin réservé au chef.
- Najd : Région du centre de l'Arabie.
- Maʿadd : Ancêtre des Arabes du Nord.
- Quraysh : Tribu de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète.
- Banū Hāshim : Clan de Quraysh, famille du Prophète.
L'histoire de 'Amir ibn al-Tufayl et d'Arbad ibn Qays lors de la délégation des Banu 'Amir.
Leur conversion à l'islam et les présents du Messager : Ibn Isḥāq dit : Lorsque Ḥassān ibn Thābit eut fini de réciter, al-Aqraʿ ibn Ḥābis dit : « Par mon père, cet homme est vraiment doué 1 ; son orateur est plus éloquent que notre orateur, son poète est plus poétique que notre poète, et leurs voix sont plus douces que nos voix. » Quand le groupe eut fini, ils embrassèrent l'islam, et le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) leur fit des présents, et il les combla de ses dons. Poème d'Ibn al-Ahtam pour satiriser Qays qui l'avait rabaissé : ʿAmr ibn al-Ahtam avait été laissé par le groupe à l'arrière 2, car il était le plus jeune d'entre eux. Qays ibn ʿĀṣim, qui haïssait ʿAmr ibn al-Ahtam, dit : « Ô Messager de Dieu, il y avait parmi nous un homme dans nos bagages, un jeune garçon, et on l'a méprisé. » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui donna alors autant qu'aux autres. Lorsque ʿAmr ibn al-Ahtam apprit ce que Qays avait dit, il composa ces vers pour le satiriser : « Tu es resté étendu sur la peau velue 3 à m'injurier Auprès du Messager, sans dire vrai ni atteindre le but. Notre noblesse est une noblesse calme et stable, tandis que la vôtre Montre les dents 4, accroupie sur la queue 5. » Ibn Hishām dit : Il reste un vers que nous avons omis car il y est grossier. Ibn Isḥāq dit : C'est à leur sujet que fut révélé ce verset du Coran : « Ceux qui t'appellent de derrière les appartements, la plupart d'entre eux ne raisonnent pas » (49:4). Histoire de ʿĀmir ibn al-Ṭufayl et Arbad ibn Qays lors de la délégation des Banū ʿĀmir Quelques hommes de la délégation : La délégation des Banū ʿĀmir arriva auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Parmi eux se trouvaient ʿĀmir ibn al-Ṭufayl, Arbad ibn Qays ibn Jazʾ 6 ibn Khālid ibn Jaʿfar, et Jabbār ibn Salmā ibn Mālik ibn Jaʿfar. Ces trois étaient les chefs du peuple et leurs démons. Le stratagème de ʿĀmir pour trahir le Messager : ʿĀmir ibn al-Ṭufayl, l'ennemi de Dieu, arriva auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avec l'intention de le trahir. Son peuple lui avait dit : « Ô ʿĀmir, les gens ont embrassé l'islam, embrasse-le donc. » Il répondit : « Par Dieu, j'avais juré de ne pas m'arrêter avant que les Arabes ne suivent mes traces. Vais-je donc suivre les traces de ce jeune homme de Quraysh ? » Puis il dit à Arbad : « Quand nous arriverons chez cet homme, je vais détourner son visage de toi ; quand je le ferai, frappe-le 7 avec l'épée. » Lorsqu'ils arrivèrent auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), ʿĀmir ibn al-Ṭufayl dit : « Ô Muḥammad, accorde-moi l'intimité 8. » Il répondit : « Non, par Dieu, jusqu'à ce que tu croies en Dieu seul. » Il dit : « Ô Muḥammad, accorde-moi l'intimité. » Et il se mit à lui parler, attendant d'Arbad ce qu'il lui avait ordonné, mais Arbad ne faisait rien. Quand ʿĀmir vit ce que faisait Arbad, il dit : « Ô Muḥammad, accorde-moi l'intimité. » Il répondit : « Non, jusqu'à ce que tu croies en Dieu seul, sans associé. » Comme le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) refusait, il dit : « Eh bien, par Dieu, je vais te remplir [la terre] de cavaliers et de fantassins. » Quand il tourna le dos, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Ô Dieu, épargne-moi ʿĀmir ibn al-Ṭufayl. » Lorsqu'ils sortirent de chez le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), ʿĀmir dit à Arbad : « Malheur à toi, ô Arbad, où est ce que je t'avais ordonné ? Par Dieu, il n'y avait sur terre personne que je craignais plus pour moi-même que toi. Et par Dieu, je ne te craindrai plus jamais après aujourd'hui. » Il répondit : « Que ton père n'ait pas de père ! Ne te hâte pas contre moi. Par Dieu, chaque fois que j'ai voulu faire ce que tu m'as ordonné à son sujet, tu t'es interposé entre moi et l'homme, au point que je ne voyais que toi. Allais-je te frapper avec l'épée ? » Mort de ʿĀmir par l'effet de l'imprécation du Messager contre lui : Ils repartirent vers leur pays. Quand ils furent en chemin, Dieu envoya la peste 9 sur le cou de ʿĀmir ibn al-Ṭufayl, et Dieu le tua dans la maison d'une femme des Banū Salūl. Il se mit à dire : « Ô Banū ʿĀmir, une tumeur 10 comme la tumeur du jeune chameau 11 dans la maison d'une femme des Banū Salūl ! » Ibn Hishām dit : On dit aussi : « Une tumeur comme la tumeur du chameau, et une mort dans la maison d'une Salūlite. » Mort d'Arbad par la foudre et ce qui fut révélé à son sujet et au sujet de ʿĀmir : Ibn Isḥāq dit : Puis ses compagnons partirent, après l'avoir enterré, et arrivèrent au pays des Banū ʿĀmir en hiver. Quand ils arrivèrent, leur peuple vint à eux et dit : « Qu'y a-t-il derrière toi, ô Arbad ? » Il répondit : « Rien, par Dieu. Il nous a appelés à adorer une chose ; j'aurais aimé qu'elle soit maintenant devant moi pour la cribler de flèches jusqu'à la tuer. » Un jour ou deux après avoir dit cela, il sortit avec un chameau qui le suivait 12. Dieu Très-Haut envoya sur lui et sur son chameau la foudre, qui les brûla tous deux. Arbad ibn Qays était le frère utérin de Labīd ibn Rabīʿa. Ibn Hishām dit : Zayd ibn Aslam rapporte d'après ʿAṭāʾ ibn Yasār, d'après Ibn ʿAbbās, que Dieu Très-Haut révéla au sujet de ʿĀmir et d'Arbad : « Dieu sait ce que porte toute femelle, et ce que les matrices diminuent et ce qu'elles augmentent » (13:8) jusqu'à Sa parole : « et ils n'ont en dehors de Lui aucun protecteur » (13:11). Il dit : « Les successeurs 13 sont ceux qui, par ordre de Dieu, protègent Muḥammad. » Puis Il mentionna Arbad et comment Dieu le tua, et dit : « et Il envoie la foudre et en frappe qui Il veut » (13:13) jusqu'à Sa parole : « Il est terrible en Sa force » (13:13). Poème de Labīd pleurant Arbad : Ibn Isḥāq dit : Labīd dit en pleurant Arbad : « La mort n'épargne personne, Ni père tendre, ni enfant. Je craignais pour Arbad les trépas, mais Je ne redoutais ni l'étoile du Bouvier ni celle du Lion. Ô œil, pourquoi n'as-tu pas pleuré Arbad quand Nous nous sommes levés, et les femmes se sont levées dans la peine 14 ? S'ils s'agitent, il ne se soucie de leur agitation, Ou s'ils sont modérés dans le jugement, il est modéré. Doux et rusé, et dans sa douceur, Amer, au foie et aux entrailles délicats 15. Ô œil, pourquoi n'as-tu pas pleuré Arbad quand Les vents d'hiver ont emporté les branches 16 ? Et elles sont devenues fécondes, taillées, Jusqu'à ce que les restes des délais se soient dissipés 17. Plus courageux qu'un lion de fourré, carnassier, Avide de hauts faits et de choix 18. L'œil n'atteint pas toute son avidité, La nuit où les coursiers sont comme des lanières 19. Celui qui suscite les lamentations dans ses deuils, Comme les gazelles vierges sur le sol nu 20. La foudre et les éclairs m'ont affligé à cause du cavalier, Le jour de la mêlée, le vaillant 21. Et le guerrier qui répare le blessé de guerre quand Il arrive en détresse, et s'il promet, il tient 22. Il pardonne dans la gêne et la demande, comme La pluie du printemps, abondante, fait pousser 23. Tout fils d'homme libre a pour destin Peu, même s'il multiplie le nombre 24. S'ils sont enviés, ils descendent [de leur rang], et s'ils sont commandés Un jour, ils sont voués à la perte et à l'épuisement 25. » Ibn Hishām dit : Son vers : « Et le guerrier qui répare le blessé de guerre » est d'après Abū ʿUbayda, et son vers : « Il pardonne dans la gêne » est d'après un autre qu'Ibn Isḥāq. Ibn Isḥāq dit : Labīd dit aussi en pleurant Arbad : « Hélas ! Le gardien et le défenseur est parti, Et celui qui repoussait l'injustice le jour de la dispute 26. J'ai été certain de la séparation le jour où l'on dit : "Les biens d'Arbad ont été partagés par les sorts." Les lots des parts 27 volent, par paires Et impaires, et la préséance [revient] au jeune homme 28. Il a dit adieu en paix à Abū Ḥurayz 29, Et rare est l'adieu d'Arbad en paix. Tu étais notre guide et notre lien, Et le collier est préservé par le fil 30. Arbad est le cavalier de la mêlée quand Les combats s'enfoncent dans la multitude 31. Quand les femmes partent tôt, montées en croupe, Découvertes, sans porter de voiles 32. Alors, celui qui vient à lui trouve refuge, Comme le pèlerin trouve refuge dans l'enceinte sacrée 33. Et la marmite d'Arbad est louée par celui qui s'en approche, Quand les maîtres de la viande sont blâmés 34. Sa voisine, quand elle s'installe chez lui, A un butin et une part de la bosse 35. Si elle reste, elle est honorée et chaste, Et si elle part, elle est douce de parole 36. T'a-t-on parlé de deux frères qui ont duré À travers les temps, sinon les deux fils de Shamām 37 ? Et sinon les deux Gardes 38 et la Grande Ourse 39, Éternels, dont on ne raconte pas la ruine 40. »
Ibn Hishâm a dit : « Et cela se trouve dans un poème de lui. » Ibn Ishâq a dit : « Labîd a également dit, en pleurant Arbad : Pleure le noble pour le noble, Arbad 41 ... Pleure le chef et le doux, le foie 42 Il donne et offre sa richesse pour être loué ... Des gazelles 43 semblables à des taureaux 44 à jamais Le généreux 45 en excès, quand on compte ... Et il remplit l'écuelle 46 d'un plein débordant Doucement 47 quand un nécessiteux 48 arrive et se présente ... Tel celui qui, dans le fourré 49, poursuit les glaces 50 Il augmente en proximité d'eux quand il est menacé ... Tu nous as légué un héritage non malheureux 51 Abondant 52, des biens acquis 53 et des enfants ... Des jeunes 54, des faucons 55, des adolescents et des imberbes 56 » Et Labîd a dit également : « Vous n'épuiserez pas les bienfaits d'Arbad ... Pleurez-le donc jusqu'à ce qu'il revienne Dites : C'est le héros, le défenseur ... Quand ils revêtent le fer 57 Et il repousse de nous les injustes ... Quand nous rencontrons les gens, des lions 58 Mais le Seigneur de la création 59 l'a retenu ... Quand Il a vu qu'il n'y a pas d'éternité 60 Il est mort 61 sans souffrir 62 ni ... être malade 63, et c'est lui le disparu 64 »
- muʾattā lahu : Expression signifiant qu'il est doué d'un talent ou d'une faveur divine.
- fī ẓahrihim : Littéralement 'dans leur dos', c'est-à-dire laissé à l'arrière avec les bagages.
- al-halbāʾ : Peau velue, probablement une peau de bête utilisée comme tapis.
- bādin nawājidhuhu : Qui montre les dents, métaphore de l'agressivité ou de la faiblesse.
- muqʿin ʿalā al-dhanab : Accroupi sur la queue, image de bassesse ou de soumission.
- Jazʾ : Nom propre, probablement une variante de Jazʾ.
- faʿluhu : Impératif de 'faire', ici 'frappe-le'.
- khālinī : Accorde-moi l'intimité, c'est-à-dire laisse-moi te parler en privé.
- al-ṭāʿūn : La peste, ou une maladie épidémique.
- ghudda : Tumeur, glande enflée, souvent au cou.
- al-bakr : Jeune chameau.
- jamalun lahu yatbaʿuhu : Un chameau qui le suivait, peut-être un chameau de bât.
- al-muʿaqqibāt : Les anges qui se relaient pour protéger l'homme.
- fī kabadin : Dans la peine, littéralement 'dans le foie', siège de la douleur.
- laṭīfu al-aḥshāʾi wa al-kabidi : Aux entrailles et au foie délicats, métaphore de la sensibilité.
- al-ʿaḍad : Branches, rameaux.
- ghawābiru al-mudad : Les restes des délais, c'est-à-dire les derniers jours de l'hiver.
- muntaqad : Choix, sélection, ici peut-être 'lieu de choix'.
- al-qidad : Lanières de cuir, métaphore des chevaux rapides.
- al-jarad : Sol nu, terre sans végétation.
- al-najd : Vaillant, courageux.
- al-ḥāribu al-jābiru al-ḥarībi : Le guerrier qui répare le blessé de guerre.
- dhū al-raṣad : Abondant, littéralement 'qui a de l'abondance'.
- qullun : Peu, c'est-à-dire destiné à disparaître.
- al-nafad : Épuisement, extinction.
- al-khiṣām : La dispute, la querelle.
- ʿadāʾid al-ashrāk : Les lots des parts, c'est-à-dire les parts d'héritage.
- al-zamāʿa : La préséance, le commandement.
- Abū Ḥurayz : Surnom d'Arbad, signifiant 'père du petit gardien'.
- al-niẓām : Le fil qui tient les perles du collier, métaphore de l'ordre.
- al-mashājiru bi al-fiʾām : Les combats s'enfoncent dans la multitude, c'est-à-dire la mêlée.
- al-khidām : Voiles, vêtements couvrant le visage.
- al-muḥillu ilā al-ḥarām : Le pèlerin en état de sacralisation qui cherche refuge dans l'enceinte sacrée.
- arbāb al-liḥām : Les maîtres de la viande, c'est-à-dire ceux qui font cuire la viande.
- sanām : La bosse du chameau, mets de choix.
- muḥsinatu al-kalām : Douce de parole, qui parle bien.
- ibnay Shamām : Les deux fils de Shamām, personnages légendaires réputés pour leur constance.
- al-farqadān : Les deux étoiles polaires, symboles de stabilité.
- Āl Naʿsh : La Grande Ourse, constellation.
- inhidām : Ruine, effondrement.
- Arbad : Nom propre, frère de Labîd, pleuré dans ce poème.
- al-kabid : Le foie ; métaphore pour désigner une personne chère ou essentielle.
- udman : Pluriel de adam, gazelles de couleur foncée.
- suwaran : Pluriel de sūr, taureau sauvage.
- al-sābil : Celui qui donne généreusement, le bienfaiteur.
- al-jafna : Grand plat ou écuelle pour servir la nourriture.
- rifhan : Doucement, avec bienveillance.
- darīk : Nécessiteux, pauvre.
- al-ghīl : Fourré, lieu touffu où se cachent les bêtes.
- jumadan : Glace ; peut désigner de l'eau gelée ou une source froide.
- ankadā : Malheureux, pénible ; ici au négatif : non malheureux.
- ghibban : Abondant, copieux.
- tārifan : Bien acquis récemment, par opposition à l'héritage.
- sharkhan : Jeune homme dans la fleur de l'âge.
- suqūran : Pluriel de saqr, faucon ; métaphore pour des hommes courageux.
- amradā : Imberbe, jeune homme sans barbe.
- al-ḥadīdā : Le fer ; désigne les armes ou armures.
- ṣīdā : Pluriel de aṣyad, lion ; métaphore pour des hommes puissants.
- rabbu l-bariyya : Le Seigneur de la création, Dieu.
- khulūdā : Éternité, immortalité.
- thawā : Il est mort, il a séjourné dans la tombe.
- yūja‘ : Souffrir, ressentir de la douleur.
- yūṣab : Être malade, éprouvé par la maladie.
- al-faqīdā : Le disparu, celui dont on ressent l'absence.
La venue de Ḍimām ibn Tha‘laba en délégation des Banū Sa‘d ibn Bakr [1]
Labîd dit également : « Chaque adversaire intraitable 1 me rappelle Arbad, au point que je crois que sa ruse est un malheur 2. Quand ils sont modérés, il est modéré et généreux ; mais s'ils sont injustes, il est du côté du droit, injuste 3. Il guide le peuple, perspicace, quand le guide du peuple s'égare dans le désert. » Ibn Hichâm dit : Le dernier vers est d'un autre qu'Ibn Ishâq. Ibn Ishâq dit : Labîd dit également : « Je suis devenu, après Salmâ ibn Mâlik, après Abû Qays et 'Urwa, comme un homme sans doigts 4. Quand il voit l'ombre du corbeau, il s'agite, par crainte pour ce qui reste de ses os et de ses nerfs 5. » Ibn Hichâm dit : Ces deux vers font partie de ses poèmes. **Arrivée de Dimâm ibn Tha'laba comme délégué des Banû Sa'd ibn Bakr** Ibn Ishâq dit : Les Banû Sa'd ibn Bakr envoyèrent à l'Envoyé d'Allah (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) un homme des leurs, nommé Dimâm ibn Tha'laba. **(Son interrogation du Prophète puis son islam)** Ibn Ishâq dit : Muhammad ibn al-Walîd ibn Nuwayfi' me raconta d'après Kurayb, affranchi d'Abd Allah ibn 'Abbâs, d'après Ibn 'Abbâs, qui dit : Les Banû Sa'd ibn Bakr envoyèrent Dimâm ibn Tha'laba comme délégué auprès de l'Envoyé d'Allah (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui). Il arriva chez lui, fit agenouiller son chameau à la porte de la mosquée, l'entrava, puis entra dans la mosquée alors que l'Envoyé d'Allah (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) était assis parmi ses compagnons. Dimâm était un homme robuste, velu, avec deux tresses 6. Il s'avança jusqu'à se tenir devant l'Envoyé d'Allah (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) parmi ses compagnons, et dit : « Lequel d'entre vous est le fils d'Abd al-Muttalib ? » L'Envoyé d'Allah (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) répondit : « Je suis le fils d'Abd al-Muttalib. » Il dit : « Es-tu Muhammad ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Ô fils d'Abd al-Muttalib, je vais te questionner et je serai rude dans mes questions ; ne m'en veux pas 7. » Il dit : « Je ne t'en voudrai pas ; demande ce qui te vient à l'esprit. » Il dit : « Je t'adjure par Allah, ton Dieu et le Dieu de ceux qui furent avant toi, et le Dieu de ceux qui seront après toi : est-ce Allah qui t'a envoyé vers nous comme messager ? » Il dit : « Ô Allah, oui. » Il dit : « Je t'adjure par Allah, ton Dieu et le Dieu de ceux qui furent avant toi, et le Dieu de ceux qui seront après toi : est-ce Allah qui t'a ordonné de nous ordonner de L'adorer Lui seul, sans rien Lui associer, et de rejeter ces idoles 8 que nos pères adoraient avec Lui ? » Il dit : « Ô Allah, oui. » Il dit : « Je t'adjure par Allah, ton Dieu et le Dieu de ceux qui furent avant toi, et le Dieu de ceux qui seront après toi : est-ce Allah qui t'a ordonné d'accomplir ces cinq prières ? » Il dit : « Ô Allah, oui. » Puis il se mit à énumérer les obligations de l'Islam, une par une : l'aumône légale, le jeûne, le pèlerinage et toutes les lois de l'Islam, l'adjurant à chaque obligation comme il l'avait fait pour la précédente. Quand il eut fini, il dit : « J'atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allah et j'atteste que Muhammad est l'Envoyé d'Allah. Je vais accomplir ces obligations et m'abstenir de ce que tu m'as interdit ; je n'ajouterai ni n'enlèverai rien. » Puis il retourna vers son chameau et s'en alla. L'Envoyé d'Allah (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) dit : « Si l'homme aux deux tresses 9 a dit vrai, il entrera au Paradis. » **(Son appel de son peuple à l'Islam)** Il alla à son chameau, détacha sa longe, puis partit jusqu'à arriver chez son peuple. Ils se rassemblèrent autour de lui. La première parole qu'il prononça fut : « Qu'il est mauvais 10 al-Lât et al-'Uzzâ ! » Ils dirent : « Chut, ô Dimâm ! Crains la lèpre, crains la gale, crains la folie ! » Il dit : « Malheur à vous ! Par Allah, elles ne nuisent ni ne profitent. Allah a envoyé un messager et a fait descendre sur lui un Livre par lequel Il vous sauve de ce dans quoi vous étiez. J'atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allah, l'Unique, sans associé, et que Muhammad est Son serviteur et Son messager. Je vous apporte de sa part ce qu'il vous ordonne et ce qu'il vous interdit. » Par Allah, ce jour-là, il ne resta dans son clan 11 aucun homme ni aucune femme qui ne devînt musulman.
- aladd : Adversaire intraitable, obstiné dans la dispute.
- ḍirār : Malheur, dommage ; ici, ruse nuisible.
- sawā' al-ḥaqq : Du côté du droit ; expression signifiant qu'il se range du côté de la justice même s'il doit être injuste envers les injustes.
- al-ajab : Homme sans doigts ; métaphore pour quelqu'un de faible ou diminué.
- al-sanāsin wa al-'aṣab : Les os (vertèbres) et les nerfs ; désigne le corps affaibli.
- ghadīratayn : Deux tresses de cheveux ; signe de virilité et de force.
- lā tajidanna fī nafsik : Ne m'en veux pas ; littéralement 'ne trouve pas dans ton âme'.
- al-andād : Idoles, divinités associées à Allah.
- dhū al-'uqayṣatayn : L'homme aux deux petites tresses ; surnom de Dimâm.
- bi'isat : Qu'il est mauvais ; exclamation de mépris.
- ḥāḍir : Clan, groupe familial présent.
La venue d'al-Jârûd dans la délégation de 'Abd al-Qays [1]
Il dit : 'Abdullah ibn 'Abbâs dit : Nous n'avons jamais entendu parler d'un émissaire d'un peuple meilleur que Dimâm ibn Tha'laba. Arrivée d'al-Jârûd avec la délégation de 'Abd al-Qays Ibn Ishâq dit : Al-Jârûd ibn 'Amr ibn Hanish, frère de 'Abd al-Qays, arriva auprès du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue. Ibn Hishâm dit : Al-Jârûd ibn Bishr ibn al-Mu'allâ faisait partie de la délégation de 'Abd al-Qays, et il était chrétien. (Le garant du Messager pour sa religion et son islam) Ibn Ishâq dit : Un homme que je ne soupçonne pas m'a rapporté, d'après al-Hasan 1, qui a dit : Lorsqu'il arriva auprès du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, il lui parla. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, lui présenta l'islam, l'y invita et l'encouragea. Il dit : Ô Muhammad, j'avais une religion, et je vais abandonner ma religion pour la tienne. Me garantis-tu ma religion ? Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit : Oui, je suis garant qu'Allah t'a guidé vers ce qui est meilleur qu'elle. Il dit : Alors il embrassa l'islam, et ses compagnons aussi. Puis il demanda au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, des montures. Il dit 2 : Par Allah, je n'ai pas de quoi vous monter. Il dit : Ô Messager d'Allah, entre nous et notre pays, il y a des bêtes égarées 3 appartenant aux gens. Pouvons-nous les utiliser pour atteindre notre pays ? Il dit : Non, garde-t'en ! Ce ne sont que des braises de l'Enfer. (Sa position face à son peuple lors de l'apostasie) Al-Jârûd partit donc de chez lui, retournant vers son peuple. Il était bon musulman, ferme 4 dans sa religion, jusqu'à ce qu'il meure, ayant vécu l'apostasie. Lorsque, parmi son peuple, ceux qui avaient embrassé l'islam retournèrent à leur première religion avec al-Gharûr 5 ibn al-Mundhir ibn al-Nu'mân ibn al-Mundhir, al-Jârûd se leva et parla, prononçant la shahâda 6.
- al-Hasan : Al-Hasan al-Basrî, célèbre successeur et savant musulman.
- qâla : Il dit : ici, le narrateur reprend le fil du récit.
- dawâll : Bêtes égarées, animaux perdus sans propriétaire connu.
- sulban : Ferme, solide, inébranlable dans sa foi.
- al-Gharûr : Surnom signifiant 'le Trompeur', désignant un chef apostat.
- shahâda : Profession de foi islamique : 'Il n'y a de dieu qu'Allah et Muhammad est Son messager'.
L'arrivée de la délégation des Banū Ḥanīfa, accompagnée de Musaylima le menteur [1].
Il prononça le témoignage de vérité 1 et appela à l'islam en disant : « Ô gens, j'atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que Muhammad est Son serviteur et Son messager, et je déclare mécréant 2 quiconque n'atteste pas. » Ibn Hichâm dit : On rapporte aussi : « et je suffis 3 à quiconque n'atteste pas. » (Conversion d'Ibn Sâwâ) Ibn Ishâq dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avait envoyé Al-‘Alâ’ ibn Al-Hadramî avant la conquête de La Mecque à Al-Mundhir ibn Sâwâ Al-‘Abdî, qui embrassa l'islam et le fit avec sincérité. Puis il mourut après le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), avant l'apostasie des gens de Bahreïn, alors qu'Al-‘Alâ’ était auprès de lui comme gouverneur du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) sur Bahreïn. Arrivée de la délégation des Banû Hanîfa avec Musaylima le menteur Une délégation des Banû Hanîfa vint auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), parmi eux se trouvait Musaylima ibn Habîb Al-Hanafî le menteur. Ibn Hichâm dit : Musaylima ibn Thumâma, surnommé Abû Thumâma. (Ce que le Messager fit à Musaylima) Ibn Ishâq dit : Leur logement se trouvait dans la maison de Bint Al-Hârith, une femme des Ansâr, puis des Banû An-Najjâr. Un de nos savants de Médine me raconta que les Banû Hanîfa amenèrent Musaylima au Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) en le cachant sous des vêtements, alors que le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) était assis parmi ses compagnons, tenant une branche de palmier 4 avec des feuilles à son extrémité. Lorsqu'il arriva devant le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), alors qu'ils le cachaient sous les vêtements, il lui parla et l'interrogea. Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) lui dit : « Si tu m'avais demandé cette branche, je ne te l'aurais pas donnée. » Ibn Ishâq dit : Un vieillard des Banû Hanîfa, originaire d'Al-Yamâma, m'a raconté que son histoire était différente. Il prétendit que la délégation des Banû Hanîfa vint auprès du Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) et laissa Musaylima avec leurs bagages. Lorsqu'ils embrassèrent l'islam, ils mentionnèrent sa présence et dirent : « Ô Messager d'Allah, nous avons laissé un compagnon avec nos bagages et nos montures pour les garder. » Il dit : Alors le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) ordonna qu'on lui donne...
- shahādat al-ḥaqq : Le témoignage de vérité, c'est-à-dire la profession de foi islamique (shahāda) prononcée avec sincérité.
- ukaffiru : Je déclare mécréant (kāfir) ; il s'agit d'une déclaration d'excommunication ou de takfīr.
- akfī : Je suffis ; variante signifiant que le témoignage suffit pour celui qui ne l'a pas prononcé, ou que l'on se contente de son état.
- ʿasīb : Branche de palmier dont les feuilles sont encore attachées, utilisée comme éventail ou pour frapper.
La venue de Zayd al-Khayl [1] dans la délégation de Tayyi' [2].
Que la prière et la paix d'Allah soient sur lui (صلى الله عليه وسلم), comme Il l’a ordonné pour le peuple. Et il dit : « Certes, il n’est pas le pire d’entre vous en rang », c’est-à-dire en raison de sa protection des biens de ses compagnons. Et c’est ce que voulait le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم). **(Son apostasie et sa prétention à la prophétie) :** Il dit : Puis ils s’éloignèrent du Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) et lui apportèrent ce qu’il leur avait donné. Lorsqu’ils arrivèrent à al-Yamâma, l’ennemi d’Allah apostasia, prétendit à la prophétie et mentit pour eux. Il dit : « J’ai été associé à l’affaire avec lui. » Et il dit à sa délégation qui était avec lui : « Ne vous a-t-il pas dit, lorsque vous m’avez mentionné devant lui : “Certes, il n’est pas le pire d’entre vous en rang” ? Cela n’est que parce qu’il savait que j’avais été associé à l’affaire avec lui. » Puis il se mit à leur déclamer des sentences rythmées (asâjî‘) (1) et leur disait, parmi ce qu’il disait, en imitation (mudâhâtan) (2) du Coran : « Allah a certes favorisé la femme enceinte, Il a fait sortir d’elle une âme qui se meut, d’entre une membrane (sifâq) (3) et des entrailles. » Et il leur rendit licite le vin et la fornication, et leur supprima la prière, tout en attestant que le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) était un prophète. Alors la tribu de Hanîfa s’accorda (asfaqat) (4) avec lui là-dessus. Allah sait lequel de ces faits était vrai. **Arrivée de Zayd al-Khayl à la tête de la délégation de Tayyi’** **(Son embrassement de l’islam et sa mort) :** Ibn Ishâq dit : La délégation de Tayyi’ arriva auprès du Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم), parmi eux se trouvait Zayd al-Khayl, qui était leur chef. Lorsqu’ils parvinrent à lui, ils lui parlèrent, et le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) leur présenta l’islam. Ils embrassèrent l’islam, et leur embrassement fut excellent. Le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) dit, comme me l’a rapporté quelqu’un que je ne soupçonne pas parmi les hommes de Tayyi’ : « On ne m’a mentionné aucun homme parmi les Arabes pour sa vertu, puis il est venu à moi, sans que je ne le voie inférieur à ce qui se disait de lui, excepté Zayd al-Khayl : il n’a pas atteint tout ce qui était en lui. » Puis le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) le nomma Zayd al-Khayr (Zayd le Bien), et lui attribua Fayd (5) ainsi que des terres avec cela, et il lui écrivit un acte à ce sujet. Il sortit donc de chez le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم).
L'ordre de 'Adī ibn Ḥātim [1]
Revenant vers son peuple, l'Envoyé d'Allah (sur lui la grâce et la paix) dit : « Si Zayd échappe à la fièvre de Médine, car il l'a nommée autrement que fièvre et qu'Umm Meldam 1, il ne la supportera pas. » Lorsqu'il arriva de la région du Najd à une de ses eaux appelée Farada, la fièvre le frappa et il en mourut. Quand Zayd sentit la mort venir, il dit : « Mon peuple partira-t-il au matin vers les contrées orientales, Et moi je resterai dans une maison à Farada, au Najd ? Combien de jours, si j'étais malade, m'auraient visité Des proches qui, n'en étant pas guéris, s'épuisent ! » Quand il mourut, sa femme prit les livres qu'il avait, que l'Envoyé d'Allah (sur lui la grâce et la paix) lui avait donnés, et les brûla au feu. **Affaire de 'Adi ibn Hatim** **(Sa fuite vers le Sham pour échapper à l'Envoyé)** Quant à 'Adi ibn Hatim, il disait, d'après ce qui m'est parvenu : « Il n'y avait parmi les Arabes personne qui détestât plus l'Envoyé d'Allah (sur lui la grâce et la paix) lorsque j'entendis parler de lui que moi. J'étais un homme noble, j'étais chrétien, je prélevais le quart du butin 2 dans mon peuple, j'avais ma propre religion, et j'étais roi dans mon peuple à cause de ce qu'on faisait pour moi. Quand j'entendis parler de l'Envoyé d'Allah (sur lui la grâce et la paix), je le détestai. Je dis à un esclave arabe que j'avais, qui était le gardien de mes chameaux : « Malheur à toi ! Prépare-moi, parmi mes chameaux, des chamelles dociles 3 et grasses, et garde-les près de moi. Si tu entends qu'une armée de Muhammad a foulé ce pays, avertis-moi. » Il le fit. Puis, un matin, il vint me dire : « Ô 'Adi, ce que tu devais faire si les cavaliers de Muhammad t'atteignaient, fais-le maintenant, car j'ai vu des étendards et j'ai demandé à leur sujet : on m'a dit que ce sont les armées de Muhammad. » Je dis : « Amène-moi mes chamelles. » Il les amena, je pris ma famille et mes enfants, puis je dis : « Je vais rejoindre les gens de ma religion, les chrétiens, au Sham. » Je pris la route d'al-Jawshiyya 4 (ou al-Hawshiyya, selon Ibn Hisham), et je laissai une fille de Hatim dans le campement 5. Quand j'arrivai au Sham, je m'y installai. **(Capture de la fille de Hatim par l'Envoyé puis sa libération)** Des cavaliers de l'Envoyé d'Allah (sur lui la grâce et la paix) me rencontrèrent et capturèrent la fille de Hatim parmi les prisonniers. Elle fut amenée à l'Envoyé d'Allah (sur lui la grâce et la paix) parmi les captives de Tayy', alors que ma fuite au Sham lui était parvenue. La fille de Hatim fut placée dans un enclos 6 à la porte de la mosquée, où l'on retenait les captives. L'Envoyé d'Allah (sur lui la grâce et la paix) passa près d'elle ; elle se leva vers lui – c'était une femme énergique – et dit : « Ô Envoyé d'Allah, le père est mort, le protecteur 7 est absent ; fais-moi grâce, qu'Allah te fasse grâce ! » Il dit : « Et qui est ton protecteur ? » Elle dit : « 'Adi ibn Hatim. » Il dit : « Le fuyard d'Allah et de Son Envoyé ? » Puis l'Envoyé d'Allah (sur lui la grâce et la paix) passa son chemin et me laissa. Le lendemain, il passa près de moi ; je lui dis la même chose, et il me répondit comme la veille. Le surlendemain, il passa près de moi alors que j'avais perdu espoir ; un homme derrière lui me fit signe de me lever et de lui parler. Je me levai et dis : « Ô Envoyé d'Allah, le père est mort, le protecteur est absent ; fais-moi grâce, qu'Allah te fasse grâce ! » Il dit (sur lui la grâce et la paix) : « Je l'ai fait. Ne te hâte pas de partir avant d'avoir trouvé, parmi les tiens, quelqu'un de sûr qui te ramène dans ton pays ; puis informe-moi. » Je m'informai de l'homme qui m'avait fait signe de lui parler ; on me dit : « C'est 'Ali ibn Abi Talib – qu'Allah l'agrée. » Je restai jusqu'à l'arrivée d'une caravane de Baliy ou de Quda'a. Je voulais rejoindre mon frère au Sham. Je vins trouver l'Envoyé d'Allah (sur lui la grâce et la paix) et dis : « Ô Envoyé d'Allah, un groupe des miens est arrivé ; j'ai en eux confiance et ils peuvent me conduire. » L'Envoyé d'Allah (sur lui la grâce et la paix) me vêtit, me fit monter (sur une monture) et me donna une provision. Je partis avec eux jusqu'au Sham. **(Conseil de la fille de Hatim à 'Adi d'embrasser l'islam)** 'Adi dit : « Par Allah, j'étais assis parmi les miens quand j'aperçus une litière 8 qui descendait vers moi 9 en direction de notre demeure. Je dis : « C'est la fille de Hatim. » C'était elle. Quand elle s'arrêta devant moi, elle se mit à m'injurier 10 en disant : « Coupeur de liens, injuste ! Tu as emmené ta famille et tes enfants, et tu as laissé la fille de ton père, ta honte ! » Je dis : « Ô ma sœur, ne dis que du bien ! Par Allah, je n'ai pas d'excuse ; j'ai fait ce que tu as dit. » Puis elle descendit et resta chez moi. Je lui dis – c'était une femme avisée – : « Que penses-tu de cet homme ? » Elle dit : « Je pense, par Allah, que tu dois le rejoindre rapidement. Si c'est un prophète, le premier à le rejoindre aura son mérite ; si c'est un roi, tu ne seras pas humilié dans la gloire du Yémen, et tu es qui tu es. » Je dis : « Par Allah, c'est l'avis juste. » **(Arrivée de 'Adi auprès de l'Envoyé et son islam)** Je partis et arrivai à Médine auprès de l'Envoyé d'Allah (sur lui la grâce et la paix). J'entrai chez lui alors qu'il était dans sa mosquée ; je le saluai. Il dit : « Qui est cet homme ? » Je dis : « 'Adi ibn Hatim. » L'Envoyé d'Allah (sur lui la grâce et la paix) se leva et m'emmena chez lui. Par Allah, alors qu'il m'emmenait, une femme faible et âgée le rencontra et l'arrêta ; il s'arrêta longtemps pour elle, l'écoutant au sujet de son besoin. Je me dis en moi-même : « Par Allah, ce n'est pas un roi. » Puis l'Envoyé d'Allah (sur lui la grâce et la paix) continua avec moi jusqu'à ce qu'il m'ait fait entrer chez lui. Il prit un coussin en cuir rembourré de fibres de palmier et me le jeta en disant : « Assieds-toi là-dessus. » Je dis : « Non, assieds-toi plutôt toi. » Il dit : « Non, toi. » Je m'assis dessus, et l'Envoyé d'Allah (sur lui la grâce et la paix) s'assit à même le sol. Je me dis en moi-même : « Par Allah, ce n'est pas le comportement d'un roi. » Puis il dit : « Eh bien, ô 'Adi ibn Hatim ! N'étais-tu pas rakûsî 11 ? » Je dis : « Si. » Il dit : « Ne prélevais-tu pas le quart du butin dans ton peuple ? » Je dis : « Si. » Il dit : « Cela ne t'était pas permis dans ta religion. »
- Umm Meldam : Surnom de la fièvre, signifiant littéralement 'mère des maladies'.
- al-mirbâ‘ : Le quart du butin que le chef prélevait avant le partage, pratique préislamique.
- dhululan : Chamelles dociles, faciles à monter.
- al-Jawshiyya : Nom d'une localité ou d'une route.
- al-hâdir : Campement sédentaire ou village, par opposition aux tentes des nomades.
- hazîra : Enclos ou espace clos où l'on retenait les captifs.
- al-wâfid : Le protecteur ou celui qui vient en aide ; ici, le frère ou le chef de famille.
- za‘îna : Litière montée sur un chameau, utilisée pour transporter les femmes.
- tasûbu ilayya : Descendre vers quelqu'un, se diriger vers lui.
- insahalat : Se mettre à injurier ou à réprimander violemment.
- rakûsî : Terme désignant un chrétien de rite syriaque ou un adepte d'une secte chrétienne.
La venue de Farwa ibn Musayk al-Murādī [1]
Je dis : « Oui, par Allah. » Et il dit : « Et j'ai su qu'il était un prophète envoyé, qui sait ce qui est ignoré. » Puis il dit : « Peut-être, ô 'Adî, que ce qui t'empêche d'entrer dans cette religion est ce que tu vois de leur besoin 1. Par Allah, il est proche que la richesse abonde parmi eux au point qu'on ne trouve personne pour la prendre. Et peut-être que ce qui t'empêche d'y entrer est ce que tu vois de la multitude de leurs ennemis et de la petitesse de leur nombre. Par Allah, il est proche que tu entendes parler d'une femme sortant d'al-Qâdisiyya 2 sur son chameau pour visiter cette Maison 3, sans rien craindre. Et peut-être que ce qui t'empêche d'y entrer est que tu vois que la royauté et l'autorité sont chez d'autres. Par Allah, il est proche que tu entendes parler des palais blancs de la terre de Babylone 4 qui ont été ouverts pour eux. » Il dit : « Alors j'ai embrassé l'Islam. » (Réalisation de ce que le Messager avait promis à 'Adî) : 'Adî disait : « Deux choses sont passées, et la troisième reste. Par Allah, elle arrivera. J'ai vu les palais blancs de la terre de Babylone ouverts, et j'ai vu la femme sortir d'al-Qâdisiyya sur son chameau sans rien craindre jusqu'à ce qu'elle fasse le pèlerinage de cette Maison. Par Allah, la troisième arrivera : la richesse abondera au point qu'on ne trouvera personne pour la prendre. » (Arrivée de Farwa ibn Musayk al-Murâdî) : Ibn Ishâq dit : Farwa ibn Musayk al-Murâdî vint auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), se séparant des rois de Kinda 5 et s'éloignant d'eux pour rejoindre le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). (Le Jour du Raddam 6 entre Murâd et Hamdân) : Peu avant l'Islam, il y eut une bataille entre Murâd et Hamdân, où Hamdân infligea à Murâd ce qu'ils voulaient, jusqu'à les anéantir 7 en un jour appelé le Jour du Raddam. Celui qui mena Hamdân contre Murâd ce jour-là fut al-Ajda' ibn Mâlik. Ibn Hishâm dit : Celui qui mena Hamdân ce jour-là fut Mâlik ibn Harîm al-Hamdânî. (Poème de Farwa sur le Jour du Raddam) : Ibn Ishâq dit : Ce jour-là, Farwa ibn Musayk dit : « Nous passâmes sur des lances 8 qui étaient courbées, luttant contre les rênes, se penchant vers nous. Si nous vainquons, nous sommes depuis longtemps des vainqueurs ; si nous sommes vaincus, nous ne sommes pas des vaincus. Notre nature n'est pas la lâcheté, mais ce sont nos destins et la pâture des autres. Ainsi le temps, son alternance est par tours, ses vicissitudes reviennent tantôt, tantôt. Tantôt nous sommes réjouis par lui et satisfaits, même si sa splendeur nous a vêtus des années, Jusqu'à ce que les retours du temps se renversent, et tu trouves ceux qui étaient enviés broyés. Celui d'entre eux qui est envié par les coups du sort trouve les vicissitudes du temps traîtresses envers lui. Si les rois étaient immortels, nous le serions ; si les nobles demeuraient, nous demeurerions. Cela a anéanti les chefs de mon peuple, comme cela a anéanti les premières générations. » Ibn Hishâm dit : Le premier vers en est, et son dire « Si nous vainquons » vient d'autre qu'Ibn Ishâq. (Arrivée de Farwa auprès du Messager et son Islam) : Ibn Ishâq dit : Lorsque Farwa ibn Musayk se dirigea vers le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), se séparant des rois de Kinda, il dit : « Quand j'ai vu les rois de Kinda se détourner, comme l'homme qui trahit l'homme, la sueur de ses femmes 9, J'ai préparé ma monture, me dirigeant vers Muhammad, espérant ses bienfaits et la bonté de sa richesse. »
- hājatihim : Leur besoin : fait référence à la pauvreté et au dénuement des premiers musulmans.
- al-Qādisiyya : Al-Qâdisiyya : localité en Irak, près de Koufa, célèbre pour la bataille éponyme.
- hādhā l-bayt : Cette Maison : la Kaaba à La Mecque.
- arḍi Bābila : Terre de Babylone : région de l'Irak antique, symbolisant la puissance perse.
- Kinda : Kinda : tribu arabe du Yémen, ayant fondé un royaume.
- Yawm al-Raddam : Jour du Raddam : bataille préislamique entre les tribus de Murâd et Hamdân.
- athkhanūhum : Les anéantir : littéralement, les rendre lourds de blessures, les massacrer.
- lufāt : Lances : pluriel de lafāt, désignant des lances ou des armes.
- ʿaraqa nasāʾihā : La sueur de ses femmes : expression signifiant la honte ou la trahison intime.
La venue d'Amr ibn Ma'dikarib avec un groupe des Banu Zubayd.
Ibn Hichâm a dit : Abû 'Ubayda m'a récité : « J'espère ses faveurs et la beauté de sa louange. » Ibn Ishâq a dit : Lorsqu'il parvint auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui dit, selon ce qui m'est parvenu : « Ô Farwa, es-tu attristé par ce qui a frappé ton peuple le jour d'ar-Radm 1 ? » Il répondit : « Ô Messager d'Allah, qui donc serait frappé dans son peuple comme mon peuple l'a été le jour d'ar-Radm sans en être attristé ? » Alors le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui dit : « Sache que cela n'a fait qu'accroître le bien dans l'islam de ton peuple. » Et le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, le nomma gouverneur sur Murâd, Zubayd et tout Madh'hij 2, et envoya avec lui Khâlid ibn Sa'îd ibn al-'Âs pour la perception de l'aumône légale 3. Il resta avec lui dans son pays jusqu'à ce que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, décède. **Arrivée de 'Amr ibn Ma'dîkarib avec des gens des Banû Zubayd** ' Amr ibn Ma'dîkarib arriva auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, avec des gens des Banû Zubayd, et embrassa l'islam. Or 'Amr avait dit à Qays ibn Makshûh al-Murâdî, lorsque la nouvelle du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, leur parvint : « Ô Qays, tu es le seigneur de ton peuple. On nous a rapporté qu'un homme de Quraysh, nommé Muhammad, est apparu au Hijâz, prétendant être un prophète. Partons donc vers lui pour connaître sa science. S'il est prophète comme il le dit, cela ne te sera pas caché, et lorsque nous le rencontrerons, nous le suivrons. Sinon, nous connaîtrons sa science. » Mais Qays refusa cela et traita son avis de futile. Alors 'Amr ibn Ma'dîkarib monta en selle jusqu'à arriver auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, embrassa l'islam, le crut et eut foi en lui. Lorsque cela parvint à Qays ibn Makshûh, il menaça 'Amr et se mit en colère contre lui, disant : « Il m'a contredit et a délaissé mon avis. » Alors 'Amr ibn Ma'dîkarib dit à ce sujet : « Je t'ai ordonné, le jour de Dhî San'â' 4, d'un ordre dont la droiture était évidente. Je t'ai ordonné la crainte d'Allah et le bien, que tu t'engages à suivre. Je suis sorti de la vie comme un âne sauvage 5 que son pieu a trompé. Tu me vois sur un cheval, assis sur lui comme un lion. Sur moi une cotte de mailles 6 semblable à un étang, dont l'eau pure est rendue claire par les rigoles. Elle repousse la lance, la pointe recourbée, brisée en morceaux. Si tu m'avais rencontré, tu aurais rencontré un lion, au-dessus duquel sa crinière. Tu rencontrerais un homme aux doigts noueux, aux jointures saillantes, au garrot proéminent. Il affronte le héros ; si un héros se dirige vers lui, il le saisit. Il le prend, le soulève, l'abaisse et le frappe à la tête. Il lui écrase la cervelle, le brise, le broie et l'avale. Injuste dans le piège 7 de ce que ses crocs et sa main ont capturé. » Ibn Hichâm a dit : Abû 'Ubayda m'a récité : « Je t'ai ordonné, le jour de Dhî San'â', d'un ordre dont la droiture était claire. Je t'ai ordonné la crainte d'Allah, que tu viennes à Lui et que tu t'y engages. Tu fus comme celui dont l'âne sauvage a été trompé par ce qui lui est arrivé à cause de son pieu. » Et il n'a pas connu le reste. **(Son apostasie et son poème à ce sujet)** Ibn Ishâq a dit : 'Amr ibn Ma'dîkarib resta parmi son peuple des Banû Zubayd, alors que Farwa était leur gouverneur.
- ar-Radm : Nom d'un lieu ou d'une bataille ; peut-être une déformation de 'ar-Radm' signifiant 'la digue' ou 'la muraille'.
- Madh'hij : Grande tribu yéménite, dont Murâd et Zubayd sont des branches.
- aumône légale : La zakât, impôt religieux obligatoire en islam.
- Dhî San'â' : Nom d'un lieu au Yémen, peut-être une vallée ou une localité.
- âne sauvage : Métaphore pour un homme naïf ou trompé ; l'âne sauvage est attiré par un pieu planté pour le capturer.
- cotte de mailles : Armure faite d'anneaux métalliques, appelée 'mufāḍa' en arabe.
- piège : Le mot 'sharak' désigne un filet ou un piège ; ici métaphore pour la gueule du lion.
La venue d'al-Ash'ath ibn Qays [1] dans la délégation de Kinda [2].
Ibn Musayk. Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) mourut, 'Amr ibn Ma'dikarib apostasia et dit lors de son apostasie : « Nous avons trouvé le royaume de Farwa 1 le pire des royaumes, un âne dont les naseaux sont couverts d'un thafr 2. Et quand tu voyais Aba 'Umayr 3, tu voyais la perfidie et la trahison. » Ibn Hisham dit : Son mot « bi-thafr » vient d'Abu 'Ubayda. **Arrivée d'al-Ash'ath ibn Qays avec la délégation de Kinda** (Leur arrivée et leur conversion à l'islam) Ibn Ishaq dit : Al-Ash'ath ibn Qays arriva auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) avec la délégation de Kinda. Al-Zuhri ibn Shihab m'a raconté qu'il arriva auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) avec quatre-vingts cavaliers de Kinda. Ils entrèrent dans la mosquée du Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) alors qu'ils avaient peigné leurs jumam 4, s'étaient mis du khôl, portaient des jubbas 5 de hibra 6 dont ils avaient bordé les bords avec de la soie. Lorsqu'ils entrèrent auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui), il dit : « N'avez-vous pas embrassé l'islam ? » Ils répondirent : « Si. » Il dit : « Qu'est-ce donc que cette soie autour de vos cous ? » Alors ils la déchirèrent et la jetèrent. **Lien de parenté de la délégation avec Akil al-Murar 7** Puis al-Ash'ath ibn Qays lui dit : « Ô Messager d'Allah, nous sommes les fils d'Akil al-Murar, et tu es le fils d'Akil al-Murar. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) sourit et dit : « Attribuez cette parenté à al-'Abbas ibn 'Abd al-Muttalib et à Rabi'a ibn al-Harith. » Or al-'Abbas et Rabi'a étaient deux commerçants ; lorsqu'ils voyageaient chez certains Arabes et qu'on leur demandait de qui ils étaient, ils disaient : « Nous sommes les fils d'Akil al-Murar », cherchant à se glorifier de cela, car les Kinda étaient des rois. Puis il leur dit : « Non, nous sommes les fils d'al-Nadr ibn Kinana ; nous ne suivons pas 8 notre mère et ne renions pas notre père. » Alors al-Ash'ath ibn Qays dit : « Avez-vous fini, ô gens de Kinda ? Par Allah, je n'entendrai personne dire cela sans le frapper de quatre-vingts coups. » **Lien de parenté d'al-Ash'ath avec Akil al-Murar** Ibn Hisham dit : Al-Ash'ath ibn Qays est un descendant d'Akil al-Murar par les femmes. Akil al-Murar est al-Harith ibn 'Amr ibn Hujr ibn 'Amr ibn Mu'awiya ibn al-Harith ibn Mu'awiya ibn Thawr ibn Muratti' ibn Mu'awiya ibn Kindi, et on dit Kinda. Il fut surnommé Akil al-Murar parce que 'Amr ibn al-Habula al-Ghassani les attaqua alors qu'al-Harith était absent ; il butina et fit des prisonniers, et parmi ceux qu'il captura se trouvait Umm Unas bint 'Awf ibn Muhallam al-Shaybani, l'épouse d'al-Harith ibn 'Amr. Elle dit à 'Amr pendant son voyage : « Il me semble qu'un homme très noir 9, aux lèvres semblables à celles d'un chameau mangeant du murar 10, t'a saisi par la nuque », faisant allusion à al-Harith. C'est ainsi qu'il fut surnommé Akil al-Murar ; le murar est un arbre. Puis al-Harith le poursuivit avec les Banu Bakr ibn Wa'il, le rattrapa, le tua, et délivra sa femme et ce qu'il avait pris. Al-Harith ibn Hilliza al-Yashkuri dit à 'Amr ibn al-Mundhir, qui est 'Amr ibn Hind al-Lakhmi : « Nous t'avons vengé, Seigneur de Ghassan, par al-Mundhir, de force, alors que le sang ne se paie pas. » Car al-Mundhir avait tué le père d'al-Harith al-A'raj al-Ghassani. Ce vers fait partie d'un poème de lui. Ce récit est plus long que ce que j'ai mentionné ; ce qui m'empêche de le détailler est ce que j'ai dit de la brièveté. On dit aussi qu'Akil al-Murar est Hujr ibn 'Amr ibn Mu'awiya, et c'est lui le héros de cette histoire ; il fut surnommé Akil al-Murar parce que lui et ses compagnons mangèrent lors de cette expédition un arbre appelé murar.
- Farwa : Nom d'un roi ou d'une tribu, peut-être Farwa ibn 'Amr al-Judhami, un roi chrétien.
- thafr : Plaie ou excroissance au nez d'un âne ; métaphore pour quelque chose de répugnant.
- Aba 'Umayr : Surnom de 'Amr ibn Ma'dikarib lui-même, ou d'une autre personne.
- jumam : Pluriel de jumma, cheveux longs tombant sur les épaules.
- jubbas : Pluriel de jubba, vêtement long et ample, sorte de tunique.
- hibra : Étoffe rayée du Yémen, souvent de qualité.
- Akil al-Murar : Surnom signifiant 'Mangeur de Murar', un arbre amer ; nom d'un roi kindite.
- la naqfu : Nous ne suivons pas ; peut-être une expression pour dire qu'ils ne se réclament pas de leur mère.
- adlam : Très noir, d'une noirceur intense.
- murar : Arbre amer, peut-être une espèce de coloquinte ou d'absinthe.
L'arrivée de Ṣurad ibn ʿAbd Allāh al-Azdī [1]
L'arrivée de Surâd ibn 'Abd Allâh al-Azdî (Son embrassement de l'Islam) : Ibn Ishâq a dit : Surâd ibn 'Abd Allâh al-Azdî arriva auprès du Messager d'Allâh, qu'Allâh prie sur lui et le salue, et embrassa l'Islam, et son Islam fut excellent, avec une délégation des Azd. Le Messager d'Allâh, qu'Allâh prie sur lui et le salue, le nomma gouverneur sur ceux de son peuple qui avaient embrassé l'Islam. Et ils lui ordonnèrent de combattre, avec ceux qui avaient embrassé l'Islam, ceux qui étaient voisins de lui parmi les associateurs 1, du côté du Yémen. (Son combat contre les gens de Jurash 2) : Surâd ibn 'Abd Allâh partit en campagne sur ordre du Messager d'Allâh, qu'Allâh prie sur lui et le salue, jusqu'à ce qu'il campa à Jurash, qui était à cette époque une ville fortifiée 3, et où se trouvaient des tribus parmi les tribus du Yémen, et Khath'am 4 s'était jointe à eux, ils y entrèrent avec eux lorsqu'ils apprirent la marche des musulmans contre eux. Il les assiégea dans la ville pendant près d'un mois, et ils s'y défendirent contre lui. Puis il rebroussa chemin et s'en retourna, jusqu'à ce qu'il fût près d'une montagne leur appartenant appelée Shakr 5. Les gens de Jurash pensèrent qu'il ne s'était détourné d'eux que par déroute, alors ils sortirent à sa poursuite, jusqu'à ce qu'ils l'eussent rejoint ; alors il se retourna contre eux et leur infligea une très sévère défaite. (Information par le Messager des deux délégués de Jurash de ce qui était arrivé à leur peuple) : Or les gens de Jurash avaient envoyé deux hommes des leurs auprès du Messager d'Allâh, qu'Allâh prie sur lui et le salue, à Médine, pour observer et voir. Alors qu'ils étaient chez le Messager d'Allâh, qu'Allâh prie sur lui et le salue, un soir après la prière de l'après-midi 6, le Messager d'Allâh, qu'Allâh prie sur lui et le salue, dit : « Dans quelle contrée d'Allâh se trouve Shakr ? » Les deux Jurashiens se levèrent vers lui et dirent : « Ô Messager d'Allâh, dans notre pays il y a une montagne appelée Kashr 7 », et c'est ainsi que les gens de Jurash la nomment. Il dit : « Ce n'est pas Kashr, mais c'est Shakr. » Ils dirent : « Qu'y a-t-il donc, ô Messager d'Allâh ? » Il dit : « Les bêtes de sacrifice d'Allâh 8 sont en train d'être égorgées auprès d'elle maintenant. » Les deux hommes s'assirent auprès d'Abû Bakr ou auprès de 'Uthmân, qui leur dit : « Malheur à vous deux ! Le Messager d'Allâh, qu'Allâh prie sur lui et le salue, est en train de vous annoncer la mort de votre peuple 9. »
- ahl al-shirk : Les associateurs, c'est-à-dire les polythéistes qui associent d'autres divinités à Dieu.
- Jurash : Ville du Yémen, située dans la région de 'Asir, près de la mer Rouge.
- mudun mu'allaqa : Ville fortifiée, littéralement 'suspendue', faisant référence à une citadelle ou une place forte.
- Khath'am : Tribu arabe du Yémen, alliée aux polythéistes de Jurash.
- Shakr : Montagne située près de Jurash, lieu de la bataille.
- salat al-'asr : La prière de l'après-midi, troisième des cinq prières obligatoires en Islam.
- Kashr : Nom donné par les gens de Jurash à la montagne, que le Prophète corrige en Shakr.
- budn Allah : Les bêtes de sacrifice offertes à Dieu, ici faisant référence aux victimes de la bataille.
- yan'a lakuma qawmakuma : Il vous annonce la mort de votre peuple, c'est-à-dire qu'il leur révèle l'issue fatale de la bataille.
L'arrivée du messager des rois de Himyar avec leur lettre [1]
Alors ils se rendirent auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et lui demandèrent d'invoquer Allah pour qu'Il éloigne [le châtiment] de leurs peuples. Ils se levèrent donc vers lui et lui firent cette demande. Il dit : « Ô Allah, éloigne-le d'eux. » Puis ils sortirent de chez le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, retournant vers leurs peuples. Ils trouvèrent leurs peuples frappés le jour où Ṣurad ibn ʿAbd Allah les avait frappés, le jour même où le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, avait dit ce qu'il avait dit, et à l'heure même où il avait mentionné ce qu'il avait mentionné. (Conversion des gens de Jurash 1) : La délégation de Jurash partit et arriva auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Ils embrassèrent l'Islam, et il leur réserva un pâturage 2 autour de leur village, délimité par des bornes connues, pour les chevaux, les montures et les vaches de labour. Quiconque d'autre y ferait paître ses bêtes, cela lui serait illicite 3. Un homme des Azd 4 dit lors de cette expédition : « Ô expédition que nous avons menée sans déception, / Avec des mulets, des chevaux et des ânes, / Jusqu'à ce que nous arrivions à Ḥumayr 5 dans ses forteresses, / Tandis que le rassemblement de Khathʿam 6 avait été averti par des signes avant-coureurs. / Quand je portais un fardeau, je le supportais, / Et je ne me souciais pas qu'ensuite ils se convertissent ou mécroient. » (Arrivée du messager des rois de Ḥimyar 7 avec leur lettre) : La lettre des rois de Ḥimyar parvint au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, à son retour de Tabūk 8, avec leur messager annonçant leur conversion à l'Islam : al-Ḥārith ibn ʿAbd Kulāl, Nuʿaym ibn ʿAbd Kulāl, et al-Nuʿmān, le qayl 9 de Dhī Ruʿayn, Maʿāfir et Hamdān. Et il envoya vers lui Zurʿa Dhū Yazan Mālik ibn Murra al-Rahāwī 10 pour annoncer leur conversion et leur rejet de l'associationnisme et de ses adeptes. (La lettre du Prophète à eux) : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, leur écrivit : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De la part de Muḥammad, le Messager d'Allah, le Prophète, à al-Ḥārith ibn ʿAbd Kulāl, à Nuʿaym ibn ʿAbd Kulāl, et à al-Nuʿmān, le qayl de Dhī Ruʿayn, Maʿāfir et Hamdān. Ceci étant dit, je loue pour vous Allah, en dehors de qui il n'y a de divinité. Ceci étant dit, votre messager nous a rejoints à notre retour du pays des Romains, et nous a rencontrés à Médine. Il a transmis ce que vous aviez envoyé, nous a informés de ce qui vous précédait, nous a annoncé votre conversion à l'Islam et votre combat contre les associateurs, et qu'Allah vous a guidés par Sa guidance. Si vous vous amendez et obéissez à Allah et à Son Messager, accomplissez la prière, acquittez l'aumône légale 11, donnez sur les butins le quint d'Allah, la part du Messager et son butin choisi 12, et ce qui est prescrit aux croyants comme aumône sur les terres 13 : le dixième de ce qui est irrigué par les sources et par la pluie, et sur ce qui est irrigué par le seau 14, la moitié du dixième. Et que sur les chameaux, pour quarante, une chamelle d'un an 15 ; pour trente chameaux, un chamelon mâle d'un an ; pour chaque cinq chameaux, un mouton ; pour chaque dix chameaux, deux moutons ; pour chaque quarante bovins, une vache ; pour chaque trente bovins, un tābiʿ 16, un jeune mâle ou une jeune femelle ; et pour chaque quarante moutons en pâturage libre 17, un mouton. Telle est l'obligation qu'Allah a imposée aux croyants en matière d'aumône. Quiconque fait plus de bien, cela lui est meilleur. Quiconque s'acquitte de cela, témoigne de sa conversion, et soutient 18 les croyants contre les associateurs, alors il est des croyants : il a les mêmes droits et les mêmes devoirs qu'eux, et il bénéficie de la protection d'Allah et de la protection de Son Messager. Quiconque parmi les Juifs ou les Chrétiens embrasse l'Islam, alors il est des croyants : il a les mêmes droits et les mêmes devoirs qu'eux. Quant à celui qui reste dans son judaïsme ou son christianisme, il n'en sera pas détourné, mais il devra payer la capitation 19 : pour chaque personne, homme ou femme, libre ou esclave, un dīnār complet 20 de la valeur des vêtements de Maʿāfir 21, ou son équivalent en vêtements. Quiconque s'acquitte de cela envers le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, alors il bénéficie de la protection d'Allah et de la protection de Son Messager. Quiconque le refuse, alors il est un ennemi d'Allah et de Son Messager. Ceci étant dit, le Messager d'Allah, Muḥammad le Prophète... »
- Jurash : Jurash : région du Yémen, dont les habitants se convertirent à l'Islam après une délégation auprès du Prophète.
- ḥimā : Pâturage réservé (ḥimā) : zone protégée pour le bétail des musulmans, interdite aux autres.
- suḥt : Suḥt : gain illicite, interdit par la religion.
- Azd : Azd : tribu arabe du Yémen.
- Ḥumayr : Ḥumayr : localité ou forteresse au Yémen.
- Khathʿam : Khathʿam : tribu arabe du sud de l'Arabie.
- Ḥimyar : Ḥimyar : ancien royaume yéménite, dont les rois se convertirent à l'Islam.
- Tabūk : Tabūk : expédition militaire du Prophète en l'an 9 de l'Hégire contre les Byzantins.
- qayl : Qayl : titre de chef ou de roi chez les Himyarites.
- al-Rahāwī : Al-Rahāwī : gentilé de la tribu de Rahā, au Yémen.
- zakāt : Zakāt : aumône légale obligatoire en Islam.
- ṣafī : Ṣafī : butin choisi par le Prophète avant le partage, comme une épée ou un esclave.
- ʿaqār : ʿAqār : terres cultivées, biens immobiliers.
- gharb : Gharb : seau utilisé pour l'irrigation manuelle.
- bint labūn : Bint labūn : chamelle âgée de deux ans entrant dans sa troisième année.
- tābiʿ : Tābiʿ : veau âgé d'un an ou deux, selon les écoles.
- sāʾima : Sāʾima : bétail paissant librement, non nourri à l'étable.
- ẓāhara : Ẓāhara : soutenir, aider, assister.
- jizya : Jizya : capitation imposée aux non-musulmans (dhimmis) en échange de la protection de l'État islamique.
- dīnār wāfin : Dīnār wāfin : dīnār de bon poids, non rogné.
- Maʿāfir : Maʿāfir : région du Yémen réputée pour ses vêtements de qualité.
Lorsque le Prophète envoya Mu‘ādh au Yémen, il lui fit cette recommandation [1].
Il envoya à Zur‘a Dhī Yazan 1 : « Lorsque mes messagers viendront à vous, je vous recommande de bien les traiter : Mu‘ādh ibn Jabal, ‘Abd Allāh ibn Zayd, Mālik ibn ‘Ubāda, ‘Uqba ibn Namir, Mālik ibn Murra et leurs compagnons. Rassemblez ce que vous avez comme aumône 2 et capitation 3 de vos districts 4 et remettez-les à mes messagers. Leur émir est Mu‘ādh ibn Jabal ; qu’il ne reparte que satisfait. Ceci étant dit, Muhammad atteste qu’il n’y a de dieu qu’Allah et qu’il est Son serviteur et Son messager. Ensuite, Mālik ibn Murra ar-Rahāwī m’a informé que tu as embrassé l’islam parmi les premiers de Himyar 5 et que tu as tué les associateurs 6. Réjouis-toi donc d’une bonne nouvelle. Je t’ordonne de bien traiter Himyar : ne trahissez pas et ne vous abandonnez pas mutuellement, car le Messager d’Allah est le protecteur de vos riches et de vos pauvres. L’aumône n’est pas licite pour Muhammad ni pour les gens de sa maison ; c’est une purification 7 par laquelle sont purifiés les pauvres musulmans et le voyageur démuni 8. Mālik a transmis le message et préservé ce qui lui a été confié en mon absence ; je vous recommande de bien le traiter. Je vous ai envoyé des hommes vertueux de ma famille, de ceux qui ont la religion et la science ; je vous ordonne de bien les traiter, car ils sont observés. Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d’Allah soient sur vous. » Recommandation du Messager à Mu‘ādh lorsqu’il l’envoya au Yémen (Envoi du Messager de Mu‘ādh au Yémen et quelques affaires le concernant) : Ibn Ishāq dit : ‘Abd Allāh ibn Abī Bakr m’a raconté qu’on rapporta que le Messager d’Allah, qu’Allah prie sur lui et le salue, lorsqu’il envoya Mu‘ādh, lui fit ses recommandations et lui confia une mission, puis lui dit : « Facilite et ne rends pas difficile, annonce la bonne nouvelle et ne fais pas fuir. Tu vas arriver chez des gens du Livre 9 ; ils te demanderont quelle est la clé du Paradis. Dis : “L’attestation qu’il n’y a de dieu qu’Allah, l’Unique, sans associé.” » Il dit : Mu‘ādh partit, et lorsqu’il arriva au Yémen, il accomplit ce que le Messager d’Allah lui avait ordonné. Une femme du Yémen vint à lui et dit : « Ô compagnon du Messager d’Allah, quel est le droit du mari sur son épouse ? » Il dit : « Malheur à toi ! La femme ne peut s’acquitter du droit de son mari. Efforce-toi donc de t’acquitter de son droit autant que tu le peux. » Elle dit : « Par Allah, si tu es le compagnon du Messager d’Allah… »
- Zur‘a Dhī Yazan : Zur‘a Dhī Yazan : chef yéménite de la tribu de Himyar, contemporain du Prophète.
- aumône : aumône légale (zakāt) : impôt obligatoire sur les biens des musulmans.
- capitation : jizya : impôt de capitation imposé aux non-musulmans (dhimmīs) en terre d’islam.
- districts : makhālīf : circonscriptions administratives du Yémen à l’époque.
- Himyar : Himyar : ancien royaume yéménite, dont la population s’est convertie à l’islam.
- associateurs : mushrikūn : polythéistes, ceux qui associent d’autres divinités à Allah.
- purification : zakāt : signifie littéralement purification ; l’aumône purifie les biens et le donateur.
- voyageur démuni : ibn as-sabīl : le voyageur en rupture de ressources, bénéficiaire de la zakāt.
- gens du Livre : ahl al-kitāb : juifs et chrétiens, détenteurs d’une Écriture révélée.
L'islam de Furwa ibn 'Amr al-Judhāmī [1]
Tu sais bien quel est le droit de l'époux sur la femme. Il dit : « Malheur à toi ! Si je revenais vers lui et que je le trouvais avec ses narines coulant pus et sang, et que je suçais cela jusqu'à le faire disparaître, je n'aurais pas encore acquitté son droit. » Conversion de Farwa ibn 'Amr al-Judhāmī Sa conversion : Ibn Isḥāq dit : Farwa ibn 'Amr an-Nāfira al-Judhāmī, puis an-Nufāthī, envoya un messager à l'Envoyé d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) pour annoncer sa conversion, et lui offrit une mule blanche. Farwa était gouverneur pour les Romains sur les Arabes qui leur étaient voisins ; sa résidence était à Muʿān et dans les environs, en terre de Syrie. Son emprisonnement par les Romains et sa poésie en prison : Lorsque les Romains apprirent sa conversion, ils le poursuivirent jusqu'à le capturer et l'emprisonnèrent chez eux. Il dit alors dans sa prison : « Sulaymā m'a visité au moment où mes compagnons dormaient, / tandis que les Romains étaient entre la porte et al-Qirwān 1. Le cavalier s'est détourné, affligé par ce qu'il a vu, / et j'ai voulu m'assoupir, mais elle m'a fait pleurer. Ne te farde plus les yeux, après moi, de collyre, / ô Sulaymā, et ne te rends plus aux visites 2. Tu sais bien, Abā Kubaysha 3, que je suis / au milieu des nobles, ma langue n'est pas retenue. Si je péris, vous perdrez votre frère, / et si je reste, vous connaîtrez ma place. J'ai rassemblé ce qu'un jeune homme peut rassembler de meilleur : / générosité, bravoure et éloquence. » Lorsque les Romains décidèrent de le crucifier près d'une de leurs sources appelée ʿAfrā' 4 en Palestine, il dit :
- al-Qirwān : Nom d'un lieu ou d'une forteresse en Syrie, peut-être une variante de 'Qinnasrīn'.
- al-ītyān : Les visites ; peut-être une allusion aux visites des amants ou aux rencontres.
- Abā Kubaysha : Surnom donné à un chef ou à une personne influente ; ici, peut-être une référence à un chef romain ou à un notable.
- ʿAfrā' : Nom d'une source ou d'un lieu en Palestine où Farwa fut crucifié.
Les Banū al-Ḥārith ibn Ka‘b embrassèrent l’islam [1] par l’intermédiaire de Khālid ibn al-Walīd lorsqu’il marcha contre eux.
N'est-ce pas que Salmâ a appris que son bien-aimé... se trouve près de l'eau de 'Afrâ, monté sur l'une des chamelles de voyage 1 ? Sur une chamelle dont la mère n'a jamais été saillie par un étalon... aux extrémités taillées à la serpe 2. (Sa mise à mort) : Az-Zuhrî ibn Shihâb a rapporté que lorsqu'ils l'amenèrent pour le tuer, il dit : « Transmets aux notables des musulmans que je suis... en paix avec mon Seigneur, mes os et ma demeure. » Puis ils lui tranchèrent la nuque et le crucifièrent près de cette eau. Que Dieu Très-Haut lui fasse miséricorde. Conversion des Banû al-Hârith ibn Ka'b par l'intermédiaire de Khâlid ibn al-Walîd lorsqu'il marcha contre eux (Appel de Khâlid au peuple à l'islam et leur conversion) : Ibn Ishâq dit : Ensuite, l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya Khâlid ibn al-Walîd, au mois de Rabî' al-Âkhir ou Jumâdâ al-Ûlâ, en l'an dix, vers les Banû al-Hârith ibn Ka'b à Najrân 3, et il lui ordonna de les appeler à l'islam avant de les combattre pendant trois jours ; s'ils répondaient, qu'il les accepte, et s'ils ne le faisaient pas, qu'il les combatte. Khâlid partit donc jusqu'à arriver chez eux ; il envoya des cavaliers parcourir toutes les directions, appelant à l'islam et disant : « Ô gens, embrassez l'islam, vous serez saufs. » Les gens embrassèrent l'islam et entrèrent dans ce à quoi ils étaient appelés. Khâlid demeura parmi eux pour leur enseigner l'islam, le Livre de Dieu et la Sunna 4 de Son Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue —, car tel était l'ordre de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — s'ils embrassaient l'islam sans combattre. (Lettre de Khâlid à l'Envoyé lui demandant son avis sur le fait de rester ou de venir) : Ensuite, Khâlid ibn al-Walîd écrivit à l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — : « De la part de Khâlid ibn al-Walîd. Paix sur toi, ô Envoyé de Dieu, ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions. Je loue pour toi Dieu, en dehors de qui il n'y a de divinité. Ceci dit, ô Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur toi —, tu m'as envoyé vers les Banû al-Hârith ibn Ka'b, et tu m'as ordonné, lorsque je viendrais chez eux, de ne pas les combattre pendant trois jours, de les appeler à l'islam ; s'ils embrassaient l'islam, je resterais parmi eux 4, je les accepterais, et je leur enseignerais les rites de l'islam, le Livre de Dieu et la Sunna de Son Prophète ; et s'ils n'embrassaient pas l'islam, je les combattrais. Je suis venu chez eux, je les ai appelés à l'islam pendant trois jours, comme me l'a ordonné l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, et j'ai envoyé parmi eux des cavaliers qui disaient : “Ô Banû al-Hârith, embrassez l'islam, vous serez saufs.” Ils ont embrassé l'islam et n'ont pas combattu. Je demeure au milieu d'eux, leur ordonnant ce que Dieu leur a ordonné, leur interdisant ce que Dieu leur a interdit, et leur enseignant les rites de l'islam et la Sunna du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — jusqu'à ce que l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — m'écrive. Et paix sur toi, ô Envoyé de Dieu, ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions. » (Lettre de l'Envoyé à Khâlid lui ordonnant de venir) : L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui écrivit : « Au nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. De la part de Muhammad, le Prophète, Envoyé de Dieu, à Khâlid ibn al-Walîd. Paix sur toi. Je loue pour toi Dieu, en dehors de qui il n'y a de divinité. Ceci dit, ta lettre m'est parvenue avec ton messager, m'informant que les Banû al-Hârith ibn Ka'b ont embrassé l'islam avant que tu ne les combattes, et ont répondu à ce à quoi tu les appelais de l'islam, et ont témoigné qu'il n'y a de divinité que Dieu et que Muhammad est le serviteur de Dieu et Son Envoyé, et que Dieu les a guidés par Sa guidance. Annonce-leur la bonne nouvelle et avertis-les, et viens, et que leur délégation vienne avec toi. Et paix sur toi, ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions. » (Arrivée de Khâlid avec leur délégation auprès de l'Envoyé) : Khâlid vint donc auprès de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, et avec lui vint la délégation des Banû al-Hârith ibn Ka'b, parmi lesquels Qays ibn al-Husayn Dhû al-Ghussa 5, Yazîd ibn 'Abd al-Madân, Yazîd ibn al-Muhajjal, 'Abd Allâh ibn Qurâd az-Ziyâdî, Shaddâd ibn 'Abd Allâh al-Qanânî, et 'Amr ibn 'Abd Allâh ad-Dabâbî 6. (Entretien de leur délégation avec l'Envoyé) : Lorsqu'ils arrivèrent auprès de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et qu'il les vit, il dit : « Qui sont ces gens qui ressemblent à des hommes de l'Inde ? » On dit : « Ô Envoyé de Dieu, ce sont les hommes des Banû al-Hârith ibn Ka'b. » Lorsqu'ils se tinrent devant l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, ils le saluèrent et dirent : « Nous témoignons que tu es l'Envoyé de Dieu et qu'il n'y a de divinité que Dieu. » L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Et moi, je témoigne qu'il n'y a de divinité que Dieu et que je suis l'Envoyé de Dieu. » Puis l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Vous êtes ceux qui, lorsqu'on les repousse, avancent. » Ils se turent, et aucun d'eux ne lui répondit. Puis il répéta une deuxième fois, et aucun d'eux ne lui répondit. Puis il répéta une troisième fois, et aucun d'eux ne lui répondit. Puis il répéta une quatrième fois, et Yazîd ibn 'Abd al-Madân dit : « Oui, ô Envoyé de Dieu, nous sommes ceux qui, lorsqu'on les repousse, avancent. » Il le dit quatre fois. Alors l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Si Khâlid ne m'avait pas écrit que vous avez embrassé l'islam sans combattre, j'aurais jeté vos têtes sous vos pieds. » Yazîd ibn 'Abd al-Madân dit : « Par Dieu, nous ne t'avons pas loué, ni n'avons loué Khâlid. » Il dit : « Qui donc avez-vous loué ? » Ils dirent : « Nous avons loué Dieu — Puissant et Majestueux — qui nous a guidés par toi, ô Envoyé de Dieu. » Il dit : « Vous avez dit vrai. » Puis l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Par quoi triomphiez-vous de ceux qui vous combattaient à l'époque préislamique 7 ? » Ils dirent : « Nous ne triomphions de personne. » Il dit : « Si, vous triomphiez de ceux qui vous combattaient. » Ils dirent : « Nous triomphions de ceux qui nous combattaient, ô Envoyé de Dieu, car nous nous rassemblions et ne nous séparions pas, et nous ne commencions personne par une injustice. » Il dit : « Vous avez dit vrai. » Et l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — nomma Qays ibn al-Husayn gouverneur des Banû al-Hârith ibn Ka'b. La délégation des Banû al-Hârith retourna vers leur peuple à la fin de Shawwâl ou au début de Dhû al-Qa'da. Ils ne restèrent après leur retour chez eux que quatre mois, jusqu'à ce que l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue, lui fasse miséricorde et le bénisse, soit satisfait de lui et lui accorde Ses faveurs — décède. (Envoi par l'Envoyé de 'Amr ibn Hazm avec son pacte vers eux) : L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avait envoyé vers eux, après le départ de leur délégation, 'Amr ibn Hazm, pour les instruire dans la religion, leur enseigner la Sunna et les rites de l'islam, et percevoir leurs aumônes 8. Il lui écrivit un écrit dans lequel il lui confia son pacte et lui ordonna ce qu'il devait faire : « Au nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. »
Ceci est une déclaration de Dieu et de Son messager : Ô vous qui avez cru, respectez les engagements. C'est un pacte de Muhammad le Prophète, messager de Dieu, à 'Amr ibn Hazm, lorsqu'il l'envoya au Yémen. Il lui ordonna la crainte de Dieu en toute chose, car Dieu est avec ceux qui Le craignent et qui sont bienfaisants. Il lui ordonna de s'en tenir à la vérité comme Dieu le lui avait ordonné, d'annoncer aux gens les bonnes nouvelles, de leur ordonner le bien, d'enseigner aux gens le Coran, de les instruire dans la religion, et d'interdire aux gens. Que nul ne touche le Coran s'il n'est pur. Qu'il informe les gens de ce qui leur revient et de ce qui leur incombe. Qu'il soit doux avec les gens dans la vérité, et sévère avec eux dans l'injustice, car Dieu a réprouvé l'injustice et l'a interdite. Il a dit : « Que la malédiction de Dieu soit sur les injustes ! » [11:18]. Qu'il annonce aux gens le Paradis et les œuvres qui y mènent, et qu'il les avertisse de l'Enfer et des œuvres qui y mènent. Qu'il gagne les cœurs des gens jusqu'à ce qu'ils soient instruits dans la religion. Qu'il enseigne aux gens les rites du pèlerinage, sa Sunna 9 et ses obligations, et ce que Dieu a ordonné. Le grand pèlerinage est le Hajj 10, et le petit pèlerinage est la 'Umra 11. Qu'il interdise aux gens de prier dans un seul vêtement court, à moins que ce ne soit un vêtement dont on replie les deux extrémités sur les épaules. Qu'il interdise aux gens de s'asseoir en position d'habba 12 dans un seul vêtement, exposant ainsi son sexe au ciel. Qu'il interdise de tresser les cheveux de la tête dans la nuque. Qu'il interdise, en cas de tumulte entre les gens, d'appeler aux tribus et aux clans ; que leur appel soit à Dieu, Puissant et Majestueux, Lui seul, sans associé. Que celui qui n'appelle pas à Dieu, mais appelle aux tribus et aux clans, soit frappé par l'épée, jusqu'à ce que leur appel soit à Dieu seul, sans associé. Qu'il ordonne aux gens de faire parfaitement les ablutions : leurs visages, leurs mains jusqu'aux coudes, leurs pieds jusqu'aux chevilles, et de passer les mains mouillées sur leurs têtes, comme Dieu le leur a ordonné. Il ordonna la prière à son heure, l'accomplissement parfait de l'inclinaison et de la prosternation (7) et de la dévotion. Qu'il fasse la prière de l'aube 13 dans l'obscurité, et qu'il retarde la prière de midi 14 jusqu'à ce que le soleil décline. La prière de l'après-midi 15 alors que le soleil est encore haut dans le ciel, en déclin. La prière du coucher du soleil 16 lorsque la nuit arrive, sans la retarder jusqu'à ce que les étoiles apparaissent dans le ciel. La prière de la nuit 17 au début de la nuit. Il ordonna de se hâter vers la prière du vendredi 18 lorsque l'appel est lancé, et de faire les grandes ablutions 19 lorsqu'on s'y rend. Il lui ordonna de prélever sur les butins le quint de Dieu 20, et ce qui est prescrit aux croyants comme aumône sur les terres : le dixième de ce qui est irrigué par une source ou par la pluie, et sur ce qui est irrigué par un seau, la moitié du dixième. Pour chaque dix chameaux, deux moutons ; pour chaque vingt, quatre moutons ; pour chaque quarante bovins, une vache ; pour chaque trente bovins, un taurillon.
- rawāḥil : Pluriel de rāḥila, chamelle de voyage rapide et endurante.
- manājil : Pluriel de minjal, serpe ou faucille utilisée pour tailler les extrémités des branches.
- Najrān : Région du sud de l'Arabie, actuellement au Yémen, célèbre pour sa communauté chrétienne à l'époque préislamique.
- Sunna : Ensemble des pratiques, paroles et approbations du Prophète Muhammad, constituant la seconde source de la loi islamique après le Coran.
- Dhū al-Ghuṣṣa : Surnom signifiant 'celui qui a une épine dans la gorge', peut-être en référence à une caractéristique physique ou à une qualité.
- aḍ-Ḍabābī : Nisba (nom de relation) indiquant l'appartenance à la tribu de Ḍabāb.
- Jāhiliyya : Terme désignant la période préislamique, littéralement 'temps de l'ignorance' de la révélation divine.
- ṣadaqāt : Pluriel de ṣadaqa, aumône obligatoire (zakāt) ou volontaire, ici l'impôt légal prélevé sur les biens des musulmans.
- Sunna : Tradition prophétique, ensemble des pratiques et enseignements de Muhammad.
- Hajj : Grand pèlerinage à La Mecque, obligatoire une fois dans la vie pour tout musulman capable.
- 'Umra : Petit pèlerinage à La Mecque, non obligatoire mais recommandé.
- habba : Position assise où l'on ramène les genoux contre la poitrine en les entourant des bras.
- prière de l'aube : Salat al-Fajr, prière de l'aube.
- prière de midi : Salat al-Dhuhr, prière de midi.
- prière de l'après-midi : Salat al-'Asr, prière de l'après-midi.
- prière du coucher du soleil : Salat al-Maghrib, prière du coucher du soleil.
- prière de la nuit : Salat al-'Isha', prière de la nuit.
- prière du vendredi : Salat al-Jumu'a, prière collective du vendredi.
- grandes ablutions : Ghusl, bain rituel de purification.
- quint de Dieu : Khums, le cinquième du butin prélevé pour Dieu et la communauté.
L'arrivée de Rifâ‘a ibn Zayd al-Judhâmî
Un jeune chameau mâle ou femelle 1, et pour chaque quarante têtes de petit bétail en libre pâture 2 seul, une brebis ; telle est l'obligation de Dieu qu'Il a imposée aux croyants en matière d'aumône. Celui qui fait davantage de bien, cela lui est meilleur. Et celui qui embrasse l'Islam, parmi les Juifs ou les Chrétiens, d'une conversion sincère et personnelle, et qui pratique la religion de l'Islam, alors il est des croyants : il a les mêmes droits qu'eux et les mêmes devoirs qu'eux. Quant à celui qui persiste dans son christianisme ou son judaïsme, il n'en est pas empêché. Et pour tout pubère 3, homme ou femme, libre ou esclave, un dinar complet 4 ou son équivalent en vêtements. Celui qui s'acquitte de cela, il a la protection de Dieu et la protection de Son Messager ; et celui qui refuse cela, il est un ennemi de Dieu, de Son Messager et de tous les croyants. Que les bénédictions de Dieu soient sur Muhammad, et que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur lui. Arrivée de Rifâ'a ibn Zayd al-Judhâmî (Sa conversion et son port de la lettre du Messager à son peuple) Arriva auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — pendant la trêve d'al-Hudaybiyya, avant Khaybar, Rifâ'a ibn Zayd al-Judhâmî, puis al-Dhubaybî. Il offrit en cadeau au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — un jeune esclave, et il embrassa l'Islam, et son Islam fut excellent. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit pour lui une lettre à son peuple. Dans sa lettre : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ceci est une lettre de Muhammad, le Messager de Dieu, à Rifâ'a ibn Zayd. Je l'ai envoyé à son peuple en général, et à ceux qui se joignent à eux, pour les appeler à Dieu et à Son Messager. Quiconque d'entre eux accepte, il est dans le parti de Dieu et le parti de Son Messager ; et quiconque refuse, il a un sauf-conduit de deux mois. » Lorsque Rifâ'a arriva chez son peuple, ils répondirent et embrassèrent l'Islam, puis ils se dirigèrent vers al-Harra 5, la Harra d'al-Rajlâ', et s'y installèrent. Arrivée de la délégation de Hamdân (Leurs noms et le discours d'Ibn Namat devant le Messager) Ibn Hishâm dit : La délégation de Hamdân arriva auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, selon ce que m'a rapporté une personne digne de confiance, d'après 'Amr ibn 'Abd Allâh ibn Udhayna al-'Abdî, d'après Abû Ishâq al-Sabî'î, qui dit : La délégation de Hamdân arriva auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, parmi eux Mâlik ibn Namat, Abû Thawr — qui est Dhû al-Mish'âr 6 —, Mâlik ibn Ayfa', Damâm ibn Mâlik al-Salmânî, et 'Amîra ibn Mâlik al-Khârifî. Ils rencontrèrent le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — à son retour de Tabûk, portant des vêtements rayés 7 et des turbans d'Adan 8, avec des selles en bois de mes 9 sur des chamelles mahriyya 10 et arhabiyya 11. Mâlik ibn Namat et un autre homme psalmodiaient pour le groupe ; l'un d'eux disait : « Hamdân est meilleur, roturiers et nobles 12 ; Ils n'ont pas d'égaux dans les mondes. Leur demeure est la montagne, et parmi eux les héros ; Ils ont des terres irriguées 13 et des pâturages. » Et l'autre disait : « Vers toi ils ont traversé la noirceur des terres irriguées 14, Dans les chaleurs de l'été et de l'automne, Avec des museaux entravés par des cordes de fibres 15. » Mâlik ibn Namat se tint devant lui et dit : « Ô Messager de Dieu, une élite 16 de Hamdân, de chaque sédentaire et nomade, sont venus à toi sur de jeunes chamelles rapides 17, reliées par les liens de l'Islam, que ne les atteint, pour Dieu, le blâme d'aucun blâmeur, du district 18 de Khârif, de Yâm et de Shâkir 19, gens du sang 20 et de la vengeance 21. Ils ont répondu à l'appel du Messager et ont abandonné les divinités 22 et les pierres dressées 23. Leur pacte ne sera pas rompu tant que demeure La'la' 24 et que court le cerf 25 à Sala' 26. » (La lettre du Messager avec l'interdiction) Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit pour eux une lettre contenant : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ceci est une lettre du Messager de Dieu, Muhammad, pour le district de Khârif et les habitants de Janâb al-Hadb 27 et des dunes de sable 28, avec leur délégué Dhû al-Mish'âr Mâlik ibn Namat, et ceux qui ont embrassé l'Islam parmi son peuple, à condition qu'ils aient leurs hauts plateaux 29 et leurs bas-fonds 30, tant qu'ils accomplissent la prière et acquittent l'aumône légale, qu'ils mangent de leurs plantes 31 et paissent leurs bêtes laissées en liberté 32. Ils ont pour cela le pacte de Dieu et la protection de Son Messager, et leurs témoins sont les Émigrés et les Auxiliaires. » Mâlik ibn Namat dit à ce sujet : « J'ai mentionné le Messager de Dieu dans l'obscurité de la nuit, Alors que nous étions au sommet de Rahrahân et de Saldad 33, Et elles [les chamelles] étaient avec nous, aux yeux enfoncés 34, fatiguées, s'élançant Avec leurs cavaliers sur une route large et étendue 35. »
- jadha' aw jadha'a : Jeune chameau âgé d'environ 4 à 5 ans, entrant dans sa sixième année ; mâle (jadha') ou femelle (jadha'a).
- sā'ima : Bétail laissé en libre pâture, non nourri par le propriétaire, condition pour l'obligation de la zakât.
- hālim : Personne pubère, ayant atteint l'âge de la majorité légale.
- dīnār wāf : Dinar complet, de poids et de pureté conformes à la norme islamique.
- al-Ḥarra : Terrain volcanique, région de lave noire, souvent utilisé comme toponyme.
- Dhū al-Mish'ār : Surnom signifiant 'celui qui a la torche' ou 'celui qui guide', titre honorifique.
- muqaṭṭa'āt al-ḥibārāt : Vêtements rayés ou à motifs, souvent de qualité, importés du Yémen.
- al-'amā'im al-'adaniyya : Turbans provenant d'Aden, réputés pour leur qualité.
- riḥāl al-mays : Selles en bois de mes (bois dur et résistant), utilisées pour les chameaux.
- al-mahriyya : Chamelles de race mahri, réputées pour leur vitesse et leur endurance, originaires du Mahra (Yémen).
- al-arḥabiyya : Chamelles de la tribu d'Arhab, au Yémen, également réputées.
- sūqa wa aqyāl : Sūqa : roturiers, gens du commun ; aqyāl : pluriel de qayl, titre des chefs ou nobles au Yémen.
- īṭābāt : Terres irriguées ou canaux d'irrigation ; peut aussi désigner des pâturages.
- sawād al-rīf : La noirceur des terres irriguées ; désigne les zones cultivées et verdoyantes.
- mukhaṭṭamāt bi-ḥibāl al-līf : Chamelles ayant le museau entravé par des cordes en fibres de palmier, pour les guider.
- naṣṣiya : Élite, groupe choisi ; peut aussi signifier une délégation.
- quluṣ nawāj : Jeunes chamelles rapides ; quluṣ : pluriel de qalūṣ, jeune chamelle ; nawāj : rapides.
- mikhlāf : District ou province au Yémen, subdivision administrative.
- Khārif, Yām, Shākir : Noms de tribus ou de clans de Hamdân.
- al-sūd : Le sang ; peut désigner la vengeance du sang ou la diya (prix du sang).
- al-qawad : La vengeance légale, le talion.
- al-ilāhāt : Divinités, idoles ; pluriel de ilāha.
- al-anṣāb : Pierres dressées, idoles ou autels païens.
- La'la' : Nom d'une montagne ou d'un lieu au Yémen.
- al-ya'fūr : Le cerf ; peut désigner un animal sauvage, symbole de la nature.
- Ṣala' : Nom d'une montagne ou d'un lieu au Yémen.
- Janāb al-Haḍb : Le flanc de la montagne ; désigne une région montagneuse.
- ḥiqāf al-raml : Dunes de sable ; ḥiqāf : pluriel de ḥaqf, dune.
- firā' : Hauts plateaux, terres élevées ; pluriel de far'.
- wihāṭ : Bas-fonds, terres basses ; pluriel de wahṭ.
- ʿilāf : Plantes, pâturages ; peut désigner les herbes ou les cultures.
- ʿāfiya : Bêtes laissées en liberté, sans gardien ; peut aussi désigner les troupeaux.
- Rahraḥān et Ṣaldad : Noms de lieux ou de montagnes.
- khūṣ : Aux yeux enfoncés, signe de fatigue chez les chamelles.
- lāḥib mutamaddad : Route large et étendue, chemin bien tracé.
Il mentionne les imposteurs Musaylima al-Hanafi [1] et al-Aswad al-‘Ansî [2].
Sur toute chamelle aux bras longs et robuste 1 ... qui passe près de nous comme passe le jeune autruche rapide 2 (1) J'ai juré par le Seigneur des chamelles qui dansent vers Minâ 3 ... revenant avec les cavaliers du plateau de Qardad 4 (2) Que le Messager d'Allah est véridique parmi nous ... un Messager venu de la part du Maître du Trône, guidé. Aucune chamelle n'a porté sur sa selle ... un homme plus dur envers ses ennemis que Muhammad. Et il donne quand celui qui cherche le bien vient à lui ... et il est plus incisif que le tranchant de l'épée indienne 5. Mention des deux imposteurs : Musaylima al-Hanafî et al-Aswad al-‘Ansî. Ibn Ishâq a dit : Au temps du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), les deux imposteurs avaient parlé : Musaylima ibn Habîb dans la Yamâma, chez les Banû Hanîfa, et al-Aswad ibn Ka‘b al-‘Ansî à San‘â’. (Songe du Prophète à leur sujet) : Ibn Ishâq a dit : Yazîd ibn ‘Abd Allah ibn Qusayt m'a rapporté, d'après ‘Atâ’ ibn Yasâr ou son frère Sulaymân ibn Yasâr, d'après Abû Sa‘îd al-Khudrî, qui a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) alors qu'il prêchait les gens sur sa chaire, disant : « Ô gens ! J'ai vu la nuit du Destin 6, puis je l'ai oubliée. Et j'ai vu à mes deux bras deux bracelets d'or, et je les ai détestés ; je les ai soufflés et ils se sont envolés. Je les ai interprétés comme ces deux imposteurs : celui du Yémen et celui de la Yamâma. » (Hadith du Prophète sur les imposteurs) : Ibn Ishâq a dit : Et quelqu'un que je ne soupçonne pas m'a rapporté d'après Abû Hurayra qu'il a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dire : « L'Heure ne viendra pas avant que n'apparaissent trente imposteurs 7, chacun prétendant à la prophétie. »
- fatla' al-dhirā'ayn : Expression poétique décrivant une chamelle aux bras (pattes avant) longs et forts, comme tordus.
- al-hujaff al-khufaydid : Jeune autruche rapide ; métaphore de la vitesse.
- al-rāqiṣāt ilā Minā : Les chamelles qui se déplacent rapidement vers Minā, lieu de pèlerinage.
- haḍb Qardad : Plateau ou colline de Qardad, lieu-dit.
- al-mashrafī al-muhannad : Épée indienne de bonne qualité, aiguisée.
- Laylat al-Qadr : La nuit du Destin, nuit bénie du Ramadan où le Coran a été révélé.
- dajjāl : Imposteur, faux prophète ; littéralement 'trompeur'.
La sortie des émirs et des agents sur les aumônes [1]
La sortie des émirs et des agents pour les aumônes légales 1 (Les émirs, les noms des agents et ce dont ils étaient chargés) : Ibn Isḥāq a dit : L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avait envoyé ses émirs et ses agents pour les aumônes légales 1 dans tous les pays que l'islam avait soumis. Il envoya al-Muhājir ibn Abī Umayya ibn al-Mughīra à Ṣan‘ā’ ; mais al-‘Ansī se souleva contre lui alors qu'il s'y trouvait. Il envoya Ziyād ibn Labīd, frère des Banū Bayāḍa al-Anṣārī, à Ḥaḍramawt pour ses aumônes légales 1. Il envoya ‘Adī ibn Ḥātim aux Ṭayyi’ et à leurs aumônes légales 1, ainsi qu'aux Banū Asad. Il envoya Mālik ibn Nuwayra — Ibn Hishām dit : al-Yarbū‘ī — pour les aumônes légales 1 des Banū Ḥanẓala. Il répartit l'aumône légale 1 des Banū Sa‘d entre deux hommes d'entre eux : il envoya al-Zibriqān ibn Badr pour une partie, et Qays ibn ‘Āṣim pour une autre. Il avait envoyé al-‘Alā’ ibn al-Ḥaḍramī à al-Baḥrayn. Il envoya ‘Alī ibn Abī Ṭālib — que Dieu l'agrée — aux gens de Najrān pour recueillir leur aumône légale 1 et lui apporter leur tribut 2. Lettre de Musaylima à l'Envoyé de Dieu et la réponse Or Musaylima ibn Ḥabīb avait écrit à l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue : « De Musaylima, envoyé de Dieu, à Muḥammad, envoyé de Dieu : Paix sur toi. Ensuite, j'ai été associé à l'affaire avec toi. À nous la moitié de la terre, et à Quraysh la moitié de la terre, mais Quraysh est un peuple qui transgresse. » Deux messagers de sa part vinrent à lui avec cette lettre. Ibn Isḥāq a dit : Un vieillard d'Ashja‘ m'a raconté, d'après Salama ibn Nu‘aym ibn Mas‘ūd al-Ashja‘ī, d'après son père Nu‘aym, qui a dit : J'ai entendu l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dire aux deux, lorsqu'il eut lu sa lettre : « Que dites-vous, vous deux ? » Ils répondirent : « Nous disons comme il a dit. » Il dit : « Par Dieu, si ce n'était que les messagers ne sont pas tués, je vous aurais tranché la nuque. » Puis il écrivit à Musaylima : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muḥammad, envoyé de Dieu, à Musaylima. »
- ṣadaqāt : Aumônes légales obligatoires, terme désignant la zakāt ou les impôts religieux prélevés sur les biens des musulmans.
- jizya : Tribut ou capitation imposé aux non-musulmans (dhimmīs) en échange de la protection de l'État islamique.
Le pèlerinage d'adieu [1]
Le menteur : Que la paix soit sur celui qui suit la guidée. Ceci dit, la terre appartient à Dieu ; Il la donne en héritage à qui Il veut parmi Ses serviteurs, et la fin heureuse est pour les pieux. Cela se passait à la fin de l'an dix. Le Pèlerinage d'Adieu 1 (Préparation du Messager et sa nomination d'Abû Dujâna sur Médine) : Ibn Ishâq a dit : Lorsque arriva le mois de Dhû l-Qa‘da 2, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) se prépara pour le pèlerinage et ordonna aux gens de s'y préparer. Ibn Ishâq a dit : ‘Abd ar-Rahmân ibn al-Qâsim m'a rapporté, d'après son père al-Qâsim ibn Muhammad, d'après ‘Â’isha, l'épouse du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), qui a dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) partit pour le pèlerinage alors qu'il restait cinq nuits de Dhû l-Qa‘da. Ibn Hishâm a dit : Il nomma sur Médine Abû Dujâna as-Sâ‘idî ; on dit aussi : Sibâ‘ ibn ‘Urfuta al-Ghifârî. (Ce que le Messager ordonna à ‘Â’isha au sujet de ses menstrues) : Ibn Ishâq a dit : ‘Abd ar-Rahmân ibn al-Qâsim m'a rapporté, d'après son père al-Qâsim ibn Muhammad, d'après ‘Â’isha, qui a dit : On ne parlait que du pèlerinage. Lorsqu'il fut à Sarif 3, alors que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avait amené avec lui les offrandes 4 ainsi que des notables parmi les gens, il ordonna aux gens de se désacraliser 5 par une ‘umra 6, sauf ceux qui avaient amené les offrandes. Elle dit : Ce jour-là, j'eus mes règles. Il entra chez moi alors que je pleurais et dit : « Qu'as-tu, ô ‘Â’isha ? Serait-ce que tu as tes règles ? » Elle dit : Je répondis : « Oui, par Dieu, j'aurais souhaité ne pas être partie avec vous cette année dans ce voyage. » Il dit : « Ne dis pas cela, car tu accompliras tout ce que le pèlerin accomplit, sauf que tu ne feras pas les circumambulations 7 autour de la Maison 8. » Elle dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) entra à La Mecque ; alors, tous ceux qui n'avaient pas d'offrande se désacralisèrent, et ses épouses se désacralisèrent par une ‘umra. Le jour du sacrifice 9, on m'apporta beaucoup de viande de bœuf, qui fut déposée dans ma maison. Je dis :
- Ḥajjat al-Wadā‘ : Le Pèlerinage d'Adieu, dernier pèlerinage du Prophète Muhammad en l'an 10 de l'Hégire.
- Dhū l-Qa‘da : Onzième mois du calendrier lunaire islamique, l'un des mois sacrés.
- Sarif : Localité située à environ 16 km de La Mecque, sur la route de Médine.
- al-hady : Offrandes animales amenées pour être sacrifiées dans le cadre du pèlerinage.
- yuḥillū : Se désacraliser, sortir de l'état de sacralisation (ihrām) en accomplissant les rites de la ‘umra.
- ‘umra : Petit pèlerinage, pouvant être effectué à tout moment de l'année, contrairement au hajj.
- taṭūfīna : Effectuer les circumambulations (ṭawāf) autour de la Kaaba.
- al-Bayt : La Maison, désignant la Kaaba à La Mecque.
- Yawm an-Naḥr : Le jour du sacrifice, 10e jour du mois de Dhū l-Ḥijja, où l'on immole les offrandes.
Il arriva auprès de lui à son retour du Yémen, alors que l'Envoyé de Dieu était en pèlerinage [1].
Qu'est-ce que cela ? Ils dirent : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a sacrifié une vache pour ses épouses. Puis, quand vint la nuit d'al-Hasba 1, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) m'envoya avec mon frère 'Abd al-Rahman ibn Abi Bakr, et il me fit accomplir la 'Umra 2 depuis al-Tan'im 3, en lieu et place de ma 'Umra que j'avais manquée. Ibn Ishaq dit : Nafi', l'affranchi de 'Abd Allah ibn 'Umar, m'a raconté d'après 'Abd Allah ibn 'Umar, d'après Hafsa bint 'Umar, qui dit : Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) ordonna à ses épouses de se désacraliser 4 par une 'Umra, elles dirent : Qu'est-ce qui t'empêche, ô Messager de Dieu, de te désacraliser avec nous ? Il dit : J'ai offert une bête sacrificielle 5 et j'ai enduit ma tête de gomme 6, donc je ne me désacraliserai pas avant d'avoir immolé ma bête sacrificielle. Arrivée de 'Ali à son retour du Yémen auprès du Messager de Dieu pendant le Hajj (Ce que le Messager ordonna à 'Ali concernant les rites du Hajj) : Ibn Ishaq dit : 'Abd Allah ibn Abi Najih m'a raconté que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avait envoyé 'Ali (que Dieu l'agrée) à Najran 7, et il le rencontra à La Mecque alors qu'il était en état de sacralisation 8. Il entra chez Fatima, fille du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue et l'agrée), et la trouva désacralisée et parée. Il dit : Qu'as-tu, ô fille du Messager de Dieu ? Elle dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) nous a ordonné de nous désacraliser par une 'Umra, et nous nous sommes désacralisées. Puis il alla voir le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Lorsqu'il eut fini de raconter son voyage, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui dit : Va, tourne autour de la Maison 9 et désacralise-toi comme tes compagnons l'ont fait. Il dit : Ô Messager de Dieu, j'ai prononcé la talbiya 10 comme tu l'as prononcée. Il dit : Retourne et désacralise-toi comme tes compagnons l'ont fait. Il dit : Ô Messager de Dieu, j'ai dit lorsque je me suis sacralisé : « Ô Dieu, je prononce la talbiya pour ce pour quoi Ton Prophète, Ton serviteur et Ton Messager Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue) a prononcé la talbiya. » Il dit : As-tu une bête sacrificielle avec toi ? Il dit : Non. Alors le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) l'associa à sa bête sacrificielle, et il resta en état de sacralisation avec le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) jusqu'à ce qu'ils aient achevé le Hajj, et le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) immola la bête sacrificielle pour eux deux. (Plainte des soldats de 'Ali auprès du Messager pour avoir repris les vêtements de lin du Yémen) : Ibn Ishaq dit : Yahya ibn 'Abd Allah ibn 'Abd al-Rahman ibn Abi 'Amra m'a raconté d'après Yazid ibn Talha ibn Yazid ibn Rukana, qui dit : Lorsque 'Ali (que Dieu l'agrée) revint du Yémen pour rejoindre le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) à La Mecque, il se hâta vers le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et laissa à la tête de ses soldats un homme de ses compagnons. Cet homme distribua à chaque homme du groupe un vêtement de lin 11 parmi ceux que 'Ali (que Dieu l'agrée) avait avec lui. Lorsque son armée approcha, il sortit à leur rencontre, et voilà qu'ils portaient les vêtements. Il dit : Malheur à toi ! Qu'est-ce que cela ? Il dit : J'ai habillé les gens pour qu'ils se parent en arrivant parmi les gens. Il dit : Malheur à toi ! Reprends-les avant qu'ils n'arrivent auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Il reprit donc les vêtements des gens et les remit dans le lot de lin. L'armée manifesta sa plainte pour ce qui leur avait été fait. Ibn Ishaq dit : 'Abd Allah ibn 'Abd al-Rahman ibn Ma'mar ibn Hazm m'a raconté d'après Sulayman ibn Muhammad ibn Ka'b ibn 'Ujra, d'après sa tante Zaynab bint Ka'b, qui était chez Abu Sa'id al-Khudri, d'après Abu Sa'id al-Khudri, qui dit : Les gens se plaignirent de 'Ali (que Dieu l'agrée). Alors le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) se leva parmi nous en sermonneur, et je l'entendis dire : « Ô gens, ne vous plaignez pas de 'Ali, car par Dieu, il est plus rigoureux dans la cause de Dieu, ou dans le chemin de Dieu, que pour qu'on se plaigne de lui. » (Sermon du Messager lors du Hajj d'adieu) : Ibn Ishaq dit : Puis le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) poursuivit son Hajj, montra aux gens leurs rites, leur enseigna les pratiques de leur Hajj, et prononça devant les gens son sermon dans lequel il exposa ce qu'il exposa. Il loua Dieu et Le glorifia, puis dit : « Ô gens, écoutez ma parole, car je ne sais si je vous rencontrerai après cette année en ce lieu jamais plus. Ô gens, vos sangs et vos biens vous sont sacrés jusqu'à ce que vous rencontriez votre Seigneur, comme est sacré ce jour-ci, comme est sacré ce mois-ci. Et vous rencontrerez votre Seigneur, et Il vous demandera compte de vos œuvres. J'ai transmis. Que celui qui détient un dépôt le rende à celui qui le lui a confié. Tout usure 12 est abolie, mais vous avez vos capitaux : ne lésez pas et ne soyez pas lésés. Dieu a décrété qu'il n'y a point d'usure. L'usure de 'Abbas ibn 'Abd al-Muttalib est entièrement abolie. Tout sang versé à l'époque préislamique 13 est aboli. La première de vos affaires de sang que j'abolis est le sang d'Ibn Rabi'a ibn al-Harith ibn 'Abd al-Muttalib, qui était en nourrice chez les Banu Layth et que Hudhayl a tué : c'est la première dont je commence parmi les affaires de sang de l'époque préislamique. Ensuite, ô gens, Satan a désespéré d'être adoré dans cette terre-ci pour toujours, mais s'il est obéi en ce qui est autre que cela, il s'en contente, parmi ce que vous méprisez de vos œuvres. Méfiez-vous de lui pour votre religion. Ô gens, le nasi' 14 est un surcroît de mécréance, par lequel les mécréants sont égarés : ils le rendent licite une année et illicite une autre, pour s'accorder au nombre de ce que Dieu a rendu sacré, rendant ainsi licite ce que Dieu a rendu sacré, et rendant illicite ce que Dieu a rendu licite. Le temps a tourné comme il était le jour où Dieu créa les cieux et la terre. Le nombre des mois auprès de Dieu est de douze mois, dont quatre sont sacrés : trois consécutifs, et Rajab de Mudar 15, qui est entre Jumada et Sha'ban. Ensuite, ô gens, vous avez un droit sur vos épouses, et elles ont un droit sur vous. Vous avez sur elles qu'elles ne fassent fouler vos lits par personne que vous détestez, et elles ont sur vous que vous ne leur infligiez pas de turpitude manifeste. Si elles le font, Dieu vous a permis de les délaisser dans les lits et de les frapper d'une frappe non violente 16. Si elles cessent, elles ont droit à leur nourriture et à leur vêtement selon l'usage. Recommandez-vous les femmes en bien, car elles sont chez vous comme des captives 17 qui ne possèdent rien pour elles-mêmes. Vous ne les avez prises que par un dépôt de Dieu, et vous avez rendu licite leur intimité par les paroles de Dieu. Comprenez donc, ô gens, ma parole, car j'ai transmis. Je vous ai laissé ce qui, si vous vous y attachez, ne vous égarera jamais : une affaire claire, le Livre de Dieu et la Sunna 18 de Son Prophète. Ô gens, écoutez ma parole et comprenez-la. Sachez que tout musulman est le frère du musulman, et que les musulmans sont frères. Il n'est donc licite à personne de prendre de son frère que ce qu'il lui donne de bon gré. Ne vous lésez donc pas vous-mêmes. Ô Dieu, ai-je transmis ? » Il m'a été rapporté que les gens dirent : « Ô Dieu, oui. » Alors le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Ô Dieu, sois témoin. » (Nom du crieur qui répétait les paroles du Messager et ce qu'il répétait) : Ibn Ishaq dit : Yahya ibn 'Abbad ibn 'Abd Allah ibn al-Zubayr m'a raconté d'après son père 'Abbad, qui dit : L'homme qui criait parmi les gens, répétant ce que disait le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) – et il était connu – était Rabi'a ibn Umayya ibn Khalaf. Il dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui disait : « Dis : Ô gens, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : Ne savez-vous pas quel mois est-ce ? » Il le leur disait, et ils disaient : « Le mois sacré. » Il disait : « Dis-leur : Dieu vous a rendu sacrés vos sangs et vos biens jusqu'à ce que vous rencontriez votre Seigneur, comme est sacré votre mois-ci. » Puis il disait : « Dis : Ô gens, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : Savez-vous quel pays est-ce ? »
Il poussera alors un cri. Ils diront : « Le pays sacré 19. » Il dira : « Dis-leur : Dieu vous a interdit vos sangs et vos biens jusqu'à ce que vous rencontriez votre Seigneur, comme est sacré votre pays que voici. » Puis il dira : « Dis : Ô gens, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : Savez-vous quel jour est-ce ? » Il le leur dira. Ils diront : « Le jour du Grand Pèlerinage 20. » Il dira : « Dis-leur : Dieu vous a interdit vos sangs et vos biens jusqu'à ce que vous rencontriez votre Seigneur, comme est sacré votre jour que voici. » (Récit d'Ibn Khârija d'après ce qu'il entendit du Messager lors du Pèlerinage d'Adieu 21) Ibn Ishâq dit : Layth ibn Abî Sulaym m'a raconté, d'après Shahr ibn Hawshab al-Ash'arî, d'après 'Amr ibn Khârija, qui dit : 'Attâb ibn Asîd m'envoya auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — pour une affaire, alors que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se tenait à 'Arafa 22. Je lui transmis le message, puis je me tins sous la chamelle du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, et son bave 23 tombait sur ma tête. Je l'entendis dire : « Ô gens, Dieu a rendu à tout ayant-droit son droit. Il n'est pas permis de léguer à un héritier. L'enfant appartient au lit 24, et à l'adultère la pierre 25. Quiconque se réclame d'un autre que son père, ou s'allie à d'autres que ses maîtres 26, encourt la malédiction de Dieu, des anges et de tous les hommes ; Dieu n'acceptera de lui ni compensation ni réparation 27. » (Quelques enseignements du Messager lors du Pèlerinage) Ibn Ishâq dit : 'Abd Allâh ibn Abî Najîh m'a raconté que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, lorsqu'il se tint à 'Arafa, dit : « Ce lieu d'arrêt 28 est pour la montagne sur laquelle il se trouve, et tout 'Arafa est un lieu d'arrêt. »
- laylat al-ḥaṣba : Nuit d'al-Hasba : nuit passée à Muhassab, une vallée entre La Mecque et Mina, où les pèlerins séjournent après avoir lapidé les stèles.
- ʿumra : Petit pèlerinage à La Mecque, pouvant être accompli à tout moment de l'année, contrairement au Hajj.
- al-Tanʿīm : Localité proche de La Mecque, point de départ pour la 'Umra.
- taḥallul : Sortie de l'état de sacralisation (ihram) après avoir accompli les rites.
- hady : Bête sacrificielle offerte pendant le pèlerinage.
- talbid : Action d'enduire la tête de gomme ou de parfum pour fixer les cheveux, signe de sacralisation.
- Najrān : Région du Yémen, célèbre pour ses communautés chrétiennes à l'époque préislamique.
- iḥrām : État de sacralisation rituelle pour le pèlerinage, impliquant des interdits spécifiques.
- al-Bayt : La Kaaba, la Maison sacrée à La Mecque.
- talbiya : Formule rituelle prononcée par le pèlerin en état d'ihram : 'Labayk Allahumma labayk...'
- bazz : Étoffe de lin ou de coton de qualité, souvent importée du Yémen.
- ribā : Usure ou intérêt illicite en islam.
- jāhiliyya : Période préislamique, caractérisée par l'ignorance religieuse.
- nasīʾ : Pratique préislamique d'ajouter un mois intercalaire pour manipuler le calendrier lunaire.
- Rajab de Mudar : Rajab, mois sacré, appelé ainsi car la tribu de Mudar le respectait particulièrement.
- ḍarb ghayr mubarraḥ : Frappe non violente, sans laisser de marque ni causer de douleur excessive.
- ʿawān : Captives ou personnes sous tutelle, ici métaphore pour les épouses.
- Sunna : Tradition prophétique, ensemble des paroles, actes et approbations du Prophète.
- al-balad al-ḥarām : Le pays sacré, c'est-à-dire La Mecque et ses environs, sanctuaire inviolable.
- yawm al-ḥajj al-akbar : Le jour du Grand Pèlerinage, généralement identifié au jour du sacrifice (10 dhû l-hijja) ou au jour de 'Arafa.
- ḥajjat al-wadāʿ : Le Pèlerinage d'Adieu, dernier pèlerinage accompli par le Prophète en l'an 10 de l'hégire.
- ʿArafa : Plaine située à l'est de La Mecque, lieu central du pèlerinage où les pèlerins se tiennent en prière le 9 dhû l-hijja.
- lughām : Bave ou écume sortant de la bouche de la chamelle.
- al-walad li-l-firāsh : Principe juridique selon lequel l'enfant né dans le lit conjugal est attribué au mari, même en cas de doute sur la paternité.
- wa li-l-ʿāhir al-ḥajar : L'adultère n'a aucun droit sur l'enfant ; il ne lui reste que la pierre (lapidation) comme châtiment.
- mawālī : Pluriel de mawlâ : alliés, clients ou affranchis ; ici, les protecteurs ou la tribu à laquelle on est lié par alliance ou clientèle.
- ṣarf wa lā ʿadl : Termes techniques : ṣarf désigne une œuvre surérogatoire acceptée en compensation, ʿadl une rançon ou expiation ; l'expression signifie qu'aucune œuvre ni expiation ne sera acceptée.
- mawqif : Lieu d'arrêt ou station rituelle à 'Arafa pendant le pèlerinage.
Il envoya Ousâma ibn Zayd en terre de Palestine.
Un arrêt 1. Et lorsqu'il s'arrêta à Quzah 2 au matin de Muzdalifa, il dit : « Ceci est l'arrêt, et toute la Muzdalifa est un arrêt. » Puis, lorsqu'il immola à l'endroit du sacrifice à Mina, il dit : « Ceci est l'endroit du sacrifice, et toute Mina est un endroit du sacrifice. » Ainsi, le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, accomplit le pèlerinage et leur montra leurs rites, et leur fit savoir ce que Dieu leur avait prescrit dans leur pèlerinage : l'arrêt, le jet des pierres 3, la circumambulation autour de la Maison 4, ce qui leur était permis dans leur pèlerinage et ce qui leur était interdit. Ce fut le pèlerinage de la transmission 5 et le pèlerinage d'adieu, car le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, n'accomplit plus de pèlerinage après cela. L'envoi d'Usâma ibn Zayd vers la terre de Palestine Ibn Ishâq dit : Puis le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, retourna et demeura à Médine le reste de Dhû l-Hijja, Muharram et Safar. Il ordonna une expédition vers la Syrie 6 et nomma à leur tête Usâma ibn Zayd ibn Hâritha, son affranchi, et lui ordonna de faire fouler aux chevaux les confins de la Balqâ' 7 et d'Ad-Dârûm 8 en terre de Palestine. Les gens se préparèrent, et les premiers émigrants 9 partirent en masse avec Usâma ibn Zayd. La sortie du Messager de Dieu vers les rois (Rappel par le Messager à son peuple de ce qui arriva aux apôtres lorsqu'ils divergèrent au sujet de Jésus) Ibn Hishâm dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, avait envoyé aux rois des messagers parmi ses compagnons, et avait écrit avec eux des lettres les appelant à l'islam. Ibn Hishâm dit : Un homme digne de confiance m'a rapporté d'après Abû Bakr al-Hudhalî : Il m'est parvenu que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, sortit un jour vers ses compagnons après sa 'umra 10 dont il avait été empêché le jour d'al-Hudaybiyya 11, et dit : « Ô gens, Dieu m'a envoyé comme miséricorde et à tous 12. Ne divergez pas à mon sujet comme les apôtres divergèrent au sujet de Jésus fils de Marie. » Ses compagnons dirent : « Comment les apôtres divergèrent-ils, ô Messager de Dieu ? » Il dit : « Il les appela à ce à quoi je vous appelle. Quant à celui qu'il envoya en mission proche, il fut satisfait et se soumit ; quant à celui qu'il envoya en mission lointaine, il répugna et se montra réticent. Jésus se plaignit de cela à Dieu, et au matin, les réticents, chacun d'eux parlait la langue de la nation vers laquelle il avait été envoyé. » (Les noms des messagers et ceux à qui ils furent envoyés) Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, envoya des messagers parmi ses compagnons, et écrivit avec eux des lettres aux rois les appelant à l'islam. Il envoya Dihya ibn Khalîfa al-Kalbî à César, roi des Romains ; il envoya 'Abdallâh ibn Hudhâfa as-Sahmî à Kisrâ 13, roi de Perse ; il envoya 'Amr ibn Umayya ad-Damrî au Négus 14, roi d'Abyssinie ; il envoya Hâtib ibn Abî Balta'a au Muqawqis 15, roi d'Alexandrie ; il envoya 'Amr ibn al-'Âs as-Sahmî à Jayfar et 'Ayyâd, les deux fils d'al-Julundâ al-Azdî, rois d'Oman ; il envoya Salît ibn 'Amr, l'un des Banû 'Âmir ibn Lu'ayy, à Thumâma ibn Uthâl et Hawdha ibn 'Alî al-Hanafiyyîn, rois d'al-Yamâma ; il envoya al-'Alâ' ibn al-Hadramî à al-Mundhir ibn Sâwâ al-'Abdî, roi de Bahreïn ; il envoya Shujâ' ibn Wahb al-Asadî à al-Hârith ibn Abî Shamr al-Ghassânî, roi des confins de la Syrie. Ibn Hishâm dit : Il envoya Shujâ' ibn Wahb à Jabala ibn al-Ayham al-Ghassânî, et il envoya al-Muhâjir ibn Abî Umayya al-Makhzûmî à al-Hârith ibn 'Abd Kulâl al-Himyarî, roi du Yémen. Ibn Hishâm dit : J'ai oublié Salît, Thumâma, Hawdha et al-Mundhir. (Rapport d'Ibn Habîb sur l'envoi des messagers par le Prophète) Ibn Ishâq dit : Yazîd ibn Abî Habîb al-Misrî m'a raconté qu'il avait trouvé un écrit contenant la mention de ceux que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, envoya vers les contrées et les rois des Arabes et des non-Arabes, et ce qu'il dit à ses compagnons lorsqu'il les envoya. Il dit : Je l'envoyai à Muhammad ibn Shihâb az-Zuhrî, qui le reconnut. Il y était mentionné que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, sortit vers ses compagnons et leur dit : « Dieu m'a envoyé comme miséricorde et à tous. Transmettez de ma part, que Dieu vous fasse miséricorde, et ne divergez pas à mon sujet comme les apôtres divergèrent au sujet de Jésus fils de Marie. » Ils dirent : « Comment fut leur divergence, ô Messager de Dieu ? » Il dit : « Il les appela à ce à quoi je vous appelle. Quant à celui qu'il rapprocha, il aima et se soumit ; quant à celui dont la pensée s'éloigna, il refusa. Jésus se plaignit d'eux à Dieu, et au matin, chaque homme parmi eux parlait la langue du peuple vers lequel il avait été dirigé. »
- mawqif : Lieu d'arrêt rituel lors du pèlerinage, notamment à 'Arafa et Muzdalifa.
- Quzah : Colline à Muzdalifa où le Prophète s'est arrêté.
- ramy al-jimâr : Rite de lapidation des stèles à Mina.
- tawâf : Circumambulation autour de la Ka'ba.
- hijjat al-balâgh : Pèlerinage de la transmission, car le Prophète y a transmis les rites.
- Shâm : Région historique incluant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban.
- Balqâ' : Région de l'actuelle Jordanie.
- Ad-Dârûm : Localité en Palestine, près de Gaza.
- muhâjirûn : Émigrants de La Mecque à Médine.
- ‘umra : Petit pèlerinage, non obligatoire.
- al-Hudaybiyya : Lieu où le Prophète fut empêché d'entrer à La Mecque en 628.
- kâffa : À tous les hommes, universalité de la mission.
- Kisrâ : Titre des rois sassanides de Perse.
- Négus : Titre du roi d'Abyssinie (actuelle Éthiopie).
- Muqawqis : Titre du gouverneur byzantin d'Égypte.
Il mentionna l'ensemble des expéditions militaires [1].
Noms des apôtres de Jésus : Ibn Ishaq a dit : Parmi ceux que Jésus, fils de Marie, sur lui la paix, a envoyés comme apôtres 1 et disciples 2, qui furent après eux sur terre : Pierre l'apôtre, et avec lui Paul, qui était parmi les disciples et non parmi les apôtres, vers Rome ; André et Matthieu vers la terre dont les habitants mangent les humains ; Thomas vers la terre de Babylone, en terre d'Orient ; Philippe vers la terre de Carthage, qui est l'Afrique ; Jean vers Éphèse, le village des jeunes gens, compagnons de la Caverne 3 ; Jacques vers Jérusalem, qui est Iliya 4, le village de la Maison Sainte 5 ; et Barthélemy vers l'Arabie, qui est la terre du Hedjaz ; Simon vers la terre des Berbères ; et Judas, qui n'était pas parmi les apôtres, fut mis à la place de Judas 6. Récit de l'ensemble des expéditions militaires 7 Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Il dit : Nous a raconté Abou Muhammad Abd al-Malik ibn Hicham, qui dit : Nous a raconté Ziyad ibn Abd Allah al-Bakka'i d'après Muhammad ibn Ishaq al-Muttalibi : Le total des expéditions que l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, mena en personne fut de vingt-sept expéditions : l'expédition de Waddan, qui est l'expédition d'al-Abwa' ; puis l'expédition de Buwat, du côté de Radwa ; puis l'expédition d'al-Ashira, de la vallée de Yanbu' ; puis la première expédition de Badr, à la poursuite de Kurz ibn Jabir ; puis la grande expédition de Badr, dans laquelle Dieu tua les chefs de Quraych ; puis l'expédition des Banu Sulaym, jusqu'à atteindre al-Kudr ; puis l'expédition d'al-Sawiq, à la poursuite d'Abou Sufyan ibn Harb ; puis l'expédition de Ghatafan, qui est l'expédition de Dhu Amarr ; puis l'expédition de Bahran, une mine au Hedjaz ; puis l'expédition d'Uhud ; puis l'expédition de Hamra' al-Asad ; puis l'expédition des Banu al-Nadir ; puis l'expédition de Dhat al-Riqa' de Nakhla ; puis la dernière expédition de Badr ; puis l'expédition de Dawmat al-Jandal ; puis l'expédition du Fossé 8 ; puis l'expédition des Banu Qurayza ; puis l'expédition des Banu Lihyan, de la tribu de Hudhayl ; puis l'expédition de Dhu Qarad ; puis l'expédition des Banu al-Mustaliq, de la tribu de Khuza'a ; puis l'expédition d'al-Hudaybiya.
- ḥawārīyūn : Apôtres, disciples proches de Jésus, littéralement 'ceux qui sont blanchis' (par la pureté) ou 'auxiliaires'.
- atbāʿ : Disciples, suiveurs, au sens large, par opposition aux apôtres.
- aṣḥāb al-kahf : Les gens de la Caverne, mentionnés dans la sourate al-Kahf (18), des jeunes gens qui s'endormirent dans une grotte pendant des siècles.
- Īliyā : Nom arabe de Jérusalem, dérivé du latin Aelia Capitolina.
- bayt al-maqdis : La Maison Sainte, désignant Jérusalem et le Temple.
- Yūdhas : Judas Iscariote, le traître, remplacé par Matthias (ici appelé Judas) selon la tradition chrétienne.
- ghazawāt : Expéditions militaires menées par le Prophète Muhammad, souvent traduit par 'raids' ou 'campagnes'.
- al-khandaq : Le Fossé, désignant la bataille du Fossé (ou des Coalisés) à Médine.
Il mentionna l'ensemble des expéditions et des détachements [1].
Il ne voulait pas combattre, mais les associateurs 1 l'en empêchèrent. Puis vint l'expédition de Khaybar 2, puis la 'Umra du dédommagement 3, puis l'expédition de la Conquête 4, puis l'expédition de Hunayn 5, puis l'expédition d'at-Ta'if 6, puis l'expédition de Tabuk 7. Il combattit personnellement dans neuf expéditions : Badr 8, Uhud 9, al-Khandaq 10, Qurayza 11, al-Mustaliq 12, Khaybar, la Conquête, Hunayn et at-Ta'if. Mention de l'ensemble des expéditions et détachements 13 Ses détachements et expéditions, que Dieu le bénisse et le salue, furent au nombre de trente-huit, entre détachement et expédition : l'expédition de 'Ubayda ibn al-Harith en contrebas du col de Dhu al-Marwa 14, puis l'expédition de Hamza ibn 'Abd al-Muttalib sur la côte maritime, du côté d'al-'Is 15 – certains placent l'expédition de Hamza avant celle de 'Ubayda –, l'expédition de Sa'd ibn Abi Waqqas à al-Kharrar 16, l'expédition de 'Abd Allah ibn Jahsh à Nakhla 17, l'expédition de Zayd ibn Haritha à al-Qarada 18, l'expédition de Muhammad ibn Maslama contre Ka'b ibn al-Ashraf 19, l'expédition de Mirthad ibn Abi Mirthad al-Ghanawi à ar-Raji' 20, l'expédition d'al-Mundhir ibn 'Amr à Bi'r Ma'una 21, l'expédition d'Abu 'Ubayda ibn al-Jarrah à Dhu al-Qassa 22, du côté de la route d'Irak, l'expédition de 'Umar ibn al-Khattab à Turba 23, terre des Banu 'Amir, l'expédition de 'Ali ibn Abi Talib au Yémen 24, l'expédition de Ghâlib ibn 'Abd Allah al-Kalbi, des Kalb de Layth, à al-Kadid 25, où il frappa les Banu al-Mulawwah 26. Récit de l'expédition de Ghâlib ibn 'Abd Allah al-Laythi contre les Banu al-Mulawwah (Histoire d'Ibn al-Barsa' 27) Voici son récit : Ya'qub ibn 'Utba ibn al-Mughira ibn al-Akhnas me rapporta d'après Muslim ibn 'Abd Allah ibn Khubayb al-Juhani, d'après al-Mundhir 28, d'après Jundab ibn Makith al-Juhani, qui dit : L'Envoyé de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, envoya Ghâlib ibn 'Abd Allah al-Kalbi – des Kalb ibn 'Awf ibn Layth – dans une expédition dont je faisais partie, et il lui ordonna de lancer une attaque surprise 29 contre les Banu al-Mulawwah, qui se trouvaient à al-Kadid. Nous partîmes donc, et lorsque nous fûmes à Qudayd 30, nous rencontrâmes al-Harith ibn Malik, qui est Ibn al-Barsa' al-Laythi, et nous le capturâmes. Il dit : « Je suis venu voulant embrasser l'islam ; je ne suis sorti que pour rejoindre l'Envoyé de Dieu. » Nous lui dîmes : « Si tu es musulman, une nuit de captivité ne te nuira pas ; mais si tu es autre chose, nous nous serons assurés de toi. » Nous l'attachâmes solidement, puis nous laissâmes auprès de lui un de nos compagnons, un Noir, et nous lui dîmes : « S'il te résiste 31, tranche-lui la tête. » (Exploit d'Ibn Makith dans cette expédition) Il dit : Puis nous marchâmes jusqu'à arriver à al-Kadid au coucher du soleil. Nous étions dans un côté de la vallée, et mes compagnons m'envoyèrent comme éclaireur 32 pour eux. Je sortis donc jusqu'à atteindre une colline surplombant le campement 33. Je grimpai 34 et montai à son sommet. Je regardai le campement. Par Dieu, j'étais couché à plat ventre sur la colline quand un homme sortit de sa tente et dit à sa femme : « Je vois sur la colline une forme noire que je n'avais pas vue en début de journée. Regarde tes récipients : en manques-tu un ? Peut-être les chiens en ont-ils traîné un. » Elle regarda et dit : « Non, par Dieu, je ne manque de rien. » Il dit : « Passe-moi mon arc et deux flèches. » Elle les lui passa. Il tira une flèche. Par Dieu, elle ne manqua pas mon flanc. Je l'arrachai et la posai, et je restai immobile à ma place. Il tira la seconde, et elle se planta dans mon épaule. Je l'arrachai et la posai, et je restai immobile à ma place. Il dit à sa femme : « Si c'était un éclaireur 35 d'un groupe, il aurait bougé ; mes deux flèches l'ont touché, que ton père ne te perde ! Au matin, cherche-les et prends-les, que les chiens ne les mâchent pas à ma place. » Puis il rentra. (Salut des musulmans avec le bétail) Il dit : Nous les laissâmes jusqu'à ce qu'ils fussent tranquilles et endormis. À l'approche de l'aube, nous lançâmes l'attaque surprise 36 contre eux. Il dit : Nous tuâmes et emmenâmes le bétail. Les cris d'alarme 37 du groupe s'élevèrent, et une foule 38 contre laquelle nous ne pouvions rien arriva. Nous poursuivîmes avec le bétail, et nous passâmes près d'Ibn al-Barsa' et de son gardien ; nous les emmenâmes avec nous. Il dit : Les gens nous poursuivirent jusqu'à ce qu'ils fussent proches de nous. Il n'y avait entre nous et eux que la vallée de Qudayd. Dieu envoya alors un torrent dans la vallée, d'où Il voulut – qu'Il soit béni et exalté – sans que nous voyions de nuage ni de pluie. Il vint avec une chose que personne ne pouvait affronter ni traverser. Ils s'arrêtèrent donc à nous regarder, tandis que nous menions leur bétail, sans qu'aucun d'eux pût passer 39 jusqu'à nous, et nous le poussions 40 rapidement, jusqu'à ce que nous les eussions distancés. Ils ne purent nous poursuivre. (Devise des musulmans dans cette expédition) Il dit : Nous arrivâmes avec le butin auprès de l'Envoyé de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue. Ibn Ishaq dit : Un homme d'Aslam me rapporta d'après un des leurs que la devise 41 des compagnons de l'Envoyé de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, cette nuit-là était : « Tue, tue. » Un poète musulman dit en poussant le bétail : « Abou al-Qasim 42 a refusé que je sois humilié 43... dans une végétation touffue et luxuriante 44, Dont le sommet est jaune comme la couleur de l'or 45. » Ibn Hisham dit : On rapporte aussi : « comme la couleur de l'or. » Fin du récit des combattants ; je reviens à la mention détaillée des expéditions et détachements 46. (Définition du nombre d'expéditions) Ibn Ishaq dit : Et l'expédition de 'Ali ibn Abi Talib, que Dieu l'agrée, contre les Banu 'Abd Allah ibn Sa'd 47.
- mushrikūn : Associateurs : polythéistes qui associent d'autres divinités à Dieu.
- Khaybar : Oasis au nord de Médine, peuplée de juifs, conquise en 628.
- ‘Umrat al-Qaḍā’ : La 'Umra du dédommagement : pèlerinage mineur effectué en 629 pour compenser celui empêché en 628.
- Fatḥ : Conquête de La Mecque en 630.
- Ḥunayn : Bataille contre les tribus Hawāzin et Thaqīf en 630.
- aṭ-Ṭā’if : Siège de la ville de Ṭā’if en 630.
- Tabūk : Expédition vers le nord en 630, sans combat majeur.
- Badr : Bataille de Badr en 624, première grande victoire musulmane.
- Uḥud : Bataille d'Uḥud en 625, défaite musulmane.
- al-Khandaq : Bataille du Fossé en 627.
- Qurayẓa : Expédition contre les Banū Qurayẓa, tribu juive, en 627.
- al-Muṣṭaliq : Expédition contre les Banū al-Muṣṭaliq en 627.
- sarāyā wa bu‘ūth : Expéditions et détachements : petites expéditions militaires menées par des compagnons.
- Dhu al-Marwa : Lieu près de Médine, sur la route de la Mecque.
- al-‘Īṣ : Localité sur la côte de la mer Rouge.
- al-Kharrār : Lieu-dit dans la région de Médine.
- Nakhla : Vallée près de La Mecque.
- al-Qarada : Lieu où se trouvait une caravane des Quraysh.
- Ka‘b ibn al-Ashraf : Poète juif de Médine, hostile à Muhammad, tué sur ordre du Prophète.
- ar-Rajī‘ : Lieu où des musulmans furent tués par trahison.
- Bi’r Ma‘ūna : Puits où des missionnaires musulmans furent massacrés.
- Dhu al-Qaṣṣa : Lieu dans le Najd.
- Turba : Localité dans la région des Banū ‘Āmir.
- al-Yaman : Yémen, où ‘Alī fut envoyé pour propager l'islam.
- al-Kadīd : Lieu entre La Mecque et Médine.
- Banū al-Mulawwaḥ : Tribu arabe alliée aux Quraysh.
- Ibn al-Barṣā’ : Surnom d'al-Ḥārith ibn Mālik, capturé lors de l'expédition.
- al-Mundhir : Probablement al-Mundhir ibn ‘Amr, compagnon.
- yashunn al-ghāra : Lancer une attaque surprise, une razzia.
- Qudayd : Localité près de La Mecque.
- ‘āzzaka : Te résiste, te défie.
- rabī’a : Éclaireur, guetteur.
- al-ḥāḍir : Le campement, le lieu où se trouve la tribu.
- asnada fīhi : Grimpa, s'appuya pour monter.
- rabī’a : Éclaireur (même terme qu'au n°32).
- shananā al-ghāra : Nous lançâmes l'attaque surprise.
- ṣarīkh : Cris d'alarme, appels au secours.
- dahm : Foule nombreuse, grande troupe.
- yujīz : Traverser, passer.
- naḥdūhā : Nous poussions le bétail en chantant.
- shi‘ār : Devise, mot de ralliement.
- Abū al-Qāsim : Surnom du Prophète Muhammad.
- an tu‘azza bī : Que je sois humilié, vaincu.
- khaḍil nabātuhu mughlawlib : Végétation touffue et luxuriante.
- al-madhhab : Or (synonyme de dhahab).
- sarāyā wa bu‘ūth : Expéditions et détachements (répétition du terme).
- Banū ‘Abd Allāh ibn Sa‘d : Tribu arabe visée par une expédition de ‘Alī.
L'expédition de Zayd ibn Hâritha contre les Joudhâm [1]
Parmi les habitants de Fadak 1, et l'expédition d'Abu al-'Awjâ' as-Sulamî dans le territoire des Banû Sulaym, où il fut tué avec tous ses compagnons, et l'expédition de 'Ukâsha ibn Mihsan à al-Ghamra, et l'expédition d'Abu Salama ibn 'Abd al-Asad à Qatan, une source d'eau des Banû Asad, dans la région du Najd 2, où Mas'ûd ibn 'Urwa fut tué, et l'expédition de Muhammad ibn Maslama, frère des Banû Hâritha, contre les Quratâ' 3 de Hawâzin, et l'expédition de Bashîr ibn Sa'd contre les Banû Murra à Fadak, et l'expédition de Bashîr ibn Sa'd dans la région de Khaybar, et l'expédition de Zayd ibn Hâritha à al-Jamûm, dans le territoire des Banû Sulaym, et l'expédition de Zayd ibn Hâritha contre les Judhâm 4, dans le territoire de Khushayn. Ibn Hishâm a dit, d'après lui-même, et ach-Châfi'î d'après 'Amr ibn Habîb d'après Ibn Ishâq : du territoire de Hismâ 5. Expédition de Zayd ibn Hâritha contre les Judhâm (Sa cause) : Ibn Ishâq a dit : Voici son récit, tel que me l'a rapporté une personne digne de confiance, d'après des hommes des Judhâm qui en étaient savants : Lorsque Rifâ'a ibn Zayd al-Judhâmî revint auprès de son peuple, portant le message du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) les appelant à l'islam, et qu'ils répondirent à son appel, il ne tarda pas avant que vienne Dihya ibn Khalîfa al-Kalbî, de retour de chez César, l'empereur des Romains, après que le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) l'eut envoyé à lui, accompagné de marchandises lui appartenant. Lorsqu'ils furent dans une de leurs vallées appelée Shanâr, al-Hunayd ibn 'Uws et son fils 'Uws ibn al-Hunayd, des Dulay' 6, attaquèrent Dihya ibn Khalîfa. (Ad-Dulay' : une branche des Judhâm.) Ils prirent tout ce qu'il avait avec lui. La nouvelle parvint à des gens des Dubayb 7, le clan de Rifâ'a ibn Zayd, parmi ceux qui avaient embrassé l'islam et répondu à l'appel. Ils se rendirent auprès d'al-Hunayd et de son fils, parmi eux an-Nu'mân ibn Abî Ji'âl des Banû ad-Dubayb, jusqu'à ce qu'ils les rencontrent. Ils combattirent, et ce jour-là, Qurra ibn Ashqar ad-Dafâwî, puis ad-Dulay'î, se réclama de sa lignée en disant : "Je suis le fils de Lubnâ", et il lança une flèche contre an-Nu'mân ibn Abî Ji'âl, l'atteignant au genou. Lorsqu'il le frappa, il dit : "Prends-la, je suis le fils de Lubnâ" (il avait une mère appelée Lubnâ). Hassân ibn Mulla ad-Dubaybî avait accompagné Dihya ibn Khalîfa auparavant, et il lui avait appris la Mère du Livre 8. Ibn Hishâm a dit : On dit : Qurra ibn Ashqar ad-Dafârî, et Hayyân ibn Mulla. (Comment les musulmans eurent le dessus sur les mécréants) : Ibn Ishâq a dit : Une personne digne de confiance m'a rapporté, d'après des hommes des Judhâm : Ils reprirent ce qui était entre les mains d'al-Hunayd et de son fils, et le rendirent à Dihya. Dihya partit et arriva auprès du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), l'informa de ce qui s'était passé, et lui demanda le sang d'al-Hunayd et de son fils. Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) envoya alors Zayd ibn Hâritha contre eux ; c'est ce qui déclencha l'expédition de Zayd contre les Judhâm. Il envoya avec lui une armée. Ghatafân 9 des Judhâm, Wâ'il, ceux de Salâmân et Sa'd ibn Hudhaym s'étaient mobilisés, lorsque Rifâ'a ibn Zayd leur apporta le message du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), jusqu'à ce qu'ils campent à al-Harra, la Harra d'ar-Rajlâ' 10, tandis que Rifâ'a ibn Zayd se trouvait à Kurâ' Riba 11, sans le savoir, avec des gens des Banû ad-Dubayb. Le reste des Banû ad-Dubayb se trouvait dans la vallée de Madân, du côté de la Harra, là où l'eau coule vers l'est. L'armée de Zayd ibn Hâritha arriva du côté d'al-Awlâj 12, et attaqua al-Mâqis 13 du côté de la Harra. Ils rassemblèrent tout ce qu'ils trouvèrent comme biens ou personnes, et tuèrent al-Hunayd, son fils, et deux hommes des Banû al-Ajnaf. Ibn Hishâm a dit : des Banû al-Ahnâf. (L'affaire de Hassân et Unayf, fils de Mulla) : Ibn Ishâq a dit dans son récit : Et un homme des Banû al-Khasîb. Lorsque les Banû ad-Dubayb apprirent cela, alors que l'armée se trouvait à Fayfâ' Madân 14, un groupe d'entre eux monta à cheval. Parmi ceux qui montèrent avec eux se trouvaient Hassân ibn Mulla, sur un cheval appartenant à Suwayd ibn Zayd, appelé al-'Ajâja, et Unayf ibn Mulla, sur un cheval appartenant à Mulla, appelé Righâl, et Abu Zayd ibn 'Amr, sur un cheval appelé Shamir. Ils partirent jusqu'à ce qu'ils s'approchent de l'armée. Abu Zayd et Hassân dirent à Unayf ibn Mulla : "Retiens-toi et retourne, car nous craignons ta langue." Il s'arrêta donc loin d'eux. Ils ne s'étaient pas éloignés de lui que son cheval se mit à gratter le sol avec ses sabots et à bondir. Il dit : "Je tiens plus aux deux hommes que toi aux deux chevaux." Il lâcha les rênes jusqu'à les rattraper. Ils lui dirent : "Puisque tu as fait ce que tu as fait, retiens ta langue et ne nous porte pas malheur aujourd'hui." Ils se recommandèrent mutuellement de ne parler que par la bouche de Hassân ibn Mulla. Il y avait entre eux, du temps de la Jâhiliyya 15, un mot qu'ils se reconnaissaient entre eux : quand l'un d'eux voulait frapper de son épée, il disait : "Bûrâ" ou "Thûrâ". Lorsqu'ils se présentèrent devant l'armée, les gens accoururent vers eux. Hassân leur dit : "Nous sommes des gens musulmans." Le premier à les rencontrer fut un homme sur un cheval noir, qui vint les chasser. Unayf dit : "Bûrâ." Hassân dit : "Doucement." Lorsqu'ils s'arrêtèrent devant Zayd ibn Hâritha, Hassân dit : "Nous sommes des gens musulmans." Zayd lui dit : "Récitez donc la Mère du Livre." Hassân la récita. Zayd ibn Hâritha dit : "Proclamez dans l'armée qu'Allah nous a interdit la brèche 16 par laquelle ces gens sont venus, sauf pour celui qui trahit 17." (Leur arrivée auprès du Prophète et le poème d'Abu Ji'âl) : Ibn Ishâq a dit : La sœur de Hassân ibn Mulla, qui était l'épouse d'Abu Wabr ibn 'Adî ibn Umayya ibn ad-Dubayb, se trouvait parmi les captives. Zayd lui dit : "Prends-la." Elle saisit ses hanches 18 et dit Umm al-Fizr ad-Dulay'iyya : "Allez-vous emmener vos filles et abandonner vos mères ?" Un des Banû al-Khasîb dit : "Ce sont les Banû ad-Dubayb, et la magie de leurs langues [durera] le reste de la journée." Un soldat l'entendit et en informa Zayd ibn Hâritha. Il ordonna que la sœur de Hassân soit libérée de son étreinte, et lui dit : "Assieds-toi avec les filles de ton oncle paternel, jusqu'à ce qu'Allah prononce Son jugement sur vous." Ils retournèrent, et il interdit à l'armée de descendre dans la vallée d'où ils étaient venus. Ils passèrent la nuit dans leurs familles, et, à la tombée de la nuit, ils prirent des chamelles laitières 19 appartenant à Suwayd ibn Zayd. Après avoir bu leur lait du soir 20, ils montèrent pour rejoindre Rifâ'a ibn Zayd. Parmi ceux qui montèrent cette nuit-là vers Rifâ'a ibn Zayd se trouvaient Abu Zayd ibn 'Amr, Abu Shimmâs ibn 'Amr, Suwayd ibn Zayd, Ba'ja ibn Zayd, Bardha' ibn Zayd, Tha'laba ibn Zayd, Mukharriba ibn 'Adî, Unayf ibn Mulla, et Hassân ibn Mulla, jusqu'à ce qu'ils arrivent au matin auprès de Rifâ'a ibn Zayd à Kurâ' Riba, derrière la Harra, près d'un puits qui s'y trouvait, de la Harra de Laylâ. Hassân ibn Mulla lui dit : "Tu es assis à traire les chèvres, tandis que les femmes de Judhâm sont captives, trompées par le message que tu as apporté." Rifâ'a ibn Zayd appela son chameau, et se mit à seller sa monture en disant : "Es-tu vivant, ou appelles-tu un vivant ?"
Puis il partit de bon matin, avec eux, auprès d'Umayya ibn Dafāra, frère d'al-Khaṣībī 21 tué, quittant le dos de la Ḥarra 22 ; ils marchèrent jusqu'au creux de la Médina pendant trois nuits. Lorsqu'ils entrèrent dans la ville et arrivèrent à la mosquée, un homme parmi les gens les regarda et dit : « Ne faites pas agenouiller vos chameaux, de peur qu'on ne leur coupe les pattes. » Ils descendirent donc de leurs montures, qui restèrent debout. Quand ils entrèrent chez le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et qu'il les vit, il leur fit signe de la main 23 : « Venez par derrière les gens. » Lorsque Rifā'a ibn Zayd commença à parler, un homme parmi les gens se leva et dit : « Ô Messager de Dieu, ces gens sont des sorciers ! » Il répéta cela deux fois. Alors Rifā'a ibn Zayd dit : « Que Dieu fasse miséricorde à celui qui ne nous attribue aujourd'hui que du bien ! » Puis Rifā'a ibn Zayd remit au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — la lettre qu'il avait écrite pour lui. Il dit : « Prends-la, ô Messager de Dieu : ancienne est sa lettre, récente sa trahison. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Lis-la, ô garçon, et à haute voix. » Quand il eut lu sa lettre, il l'interrogea ; ils lui racontèrent l'histoire. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Que dois-je faire des tués ? » (trois fois). Rifā'a dit : « Tu es plus savant, ô Messager de Dieu ; nous ne déclarons pas illicite ce que tu déclares licite, ni ne déclarons licite ce que tu déclares illicite. » Abū Zayd ibn 'Amr dit : « Relâche pour nous, ô Messager de Dieu, ceux qui sont vivants ; quant à ceux qui ont été tués, ils sont sous mon pied. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui dit : « Abū Zayd a dit vrai. Pars avec eux, ô 'Alī. » 'Alī — que Dieu l'agrée — lui dit : « Zayd ne m'obéira pas, ô Messager de Dieu. » Il dit : « Prends donc mon épée. » Il lui donna son épée. 'Alī dit : « Je n'ai pas de monture pour chevaucher, ô Messager de Dieu. » Ils le firent monter sur un chameau de Tha'laba ibn 'Amr, appelé Mikḥāl 24. Ils sortirent ; voici qu'un messager de Zayd ibn Ḥāritha 25 arriva sur une chamelle des chameaux d'Abū Wabr, appelée al-Shimr 26. Ils le firent descendre de la chamelle. Il dit : « Ô 'Alī, qu'ai-je fait ? » Il dit : « Qu'ont-ils ? Ils l'ont reconnu et l'ont pris. » Puis ils partirent et rencontrèrent l'armée à Fayfā' al-Faḥlatayn 27 ; ils prirent tout ce qu'ils avaient en mains, jusqu'à arracher le pendentif de la femme de dessous la selle. Abū Ji'āl dit, lorsqu'ils eurent fini leur affaire : « Et une blâmeuse qui ne blâmait pas avec science... Sans nous, le feu eût été attisé par elle 28. Elle repousse, au sujet des captifs, avec ses deux filles, et on n'espère pour elle aucune libération facile. Si elle était confiée à des 'Uṣ 29 et des Aws 30, les affaires, pour la libération, la feraient hésiter. Si nos montures avaient été témoins en Égypte, craignant que le voyage ne fût retardé par elle 31, Nous arrivâmes à l'eau de Yathrib 32 par protection du campement ; c'est une approche nuisible 33, Avec tout homme éprouvé, tel un lion, vigoureux, sur des selles de chamelle rapide et endurante. Que tout soldat soit rançon pour Abū Sulaymā 34 à Yathrib, quand les poitrines se heurtèrent, Au matin où tu vois l'homme éprouvé humilié, contrairement au peuple, sa tête tourne. » Ibn Hishām dit : son dire : « et on n'espère pour elle aucune libération facile », et son dire : « les affaires, pour la libération » viennent d'autre qu'Ibn Isḥāq. L'expédition est terminée ; nous revenons au détail du récit des expéditions et des détachements. Ibn Isḥāq dit : Et aussi l'expédition de Zayd ibn Ḥāritha vers al-Ṭaraf 35 du côté de Nakhl 36, par la route de l'Irak.
- Fadak : Oasis au nord de Médine, conquise pacifiquement après Khaybar.
- Najd : Région du centre de l'Arabie.
- Quratâ' : Nom d'une tribu ou d'un groupe de Hawâzin.
- Judhâm : Tribu arabe du nord-ouest de l'Arabie.
- Hismâ : Région montagneuse au nord-ouest de l'Arabie.
- Dulay' : Sous-tribu des Judhâm.
- Dubayb : Sous-tribu des Judhâm.
- Mère du Livre : La sourate al-Fâtiha, première sourate du Coran.
- Ghatafân : Tribu arabe, ici une fraction des Judhâm.
- Harra d'ar-Rajlâ' : Plaine de lave (harra) nommée d'après un lieu.
- Kurâ' Riba : Lieu-dit.
- al-Awlâj : Lieu-dit.
- al-Mâqis : Lieu-dit.
- Fayfâ' Madân : Plaine ou désert de Madân.
- Jâhiliyya : Période préislamique, littéralement 'ignorance'.
- brèche : Le passage par lequel ils étaient venus.
- trahit : Celui qui rompt l'engagement.
- hanches : Elle s'accrocha à sa taille.
- chamelles laitières : Chamelles que l'on trait.
- lait du soir : La traite du soir.
- al-Khaṣībī : Surnom d'un personnage, probablement un chef de tribu ou un compagnon.
- al-Ḥarra : Région volcanique au nord-est de Médine, souvent utilisée comme point de repère.
- alāḥa : Faire signe de la main pour appeler ou indiquer une direction.
- Mikḥāl : Nom d'un chameau, signifiant peut-être 'celui qui est rapide' ou 'qui a une belle allure'.
- Zayd ibn Ḥāritha : Compagnon et fils adoptif du Prophète, souvent envoyé en expédition.
- al-Shimr : Nom d'une chamelle, signifiant 'la rapide' ou 'la vive'.
- Fayfā' al-Faḥlatayn : Lieu-dit, probablement une plaine ou un désert entre deux montagnes.
- ḥushsha bihā al-sa'īr : Expression signifiant 'le feu eût été attisé par elle', métaphore pour une situation enflammée.
- 'Uṣ : Tribu arabe, probablement une branche des Quraysh ou des 'Adnān.
- Aws : Tribu arabe de Médine, alliée des Khazraj.
- yu'alla bihā al-masīr : Expression signifiant 'le voyage fût retardé par elle', indiquant un obstacle.
- Yathrib : Ancien nom de Médine avant l'Hégire.
- qarab ḍarīr : Approche nuisible, peut-être une allusion à une attaque ou à une situation dangereuse.
- Abū Sulaymā : Surnom de Zayd ibn Ḥāritha, signifiant 'père de Sulaymā'.
- al-Ṭaraf : Lieu-dit, probablement une région frontalière ou une colline.
- Nakhl : Région au nord-est de Médine, sur la route de l'Irak.
L'expédition de Zayd ibn Hâritha contre les Banû Fazâra et le martyre d'Umm Qirfa [1].
L'expédition de Zayd ibn Hâritha contre les Banû Fazâra et le martyre d'Umm Qirfa (Certains de ceux qui y furent touchés) : Et aussi l'expédition de Zayd ibn Hâritha à Wâdî al-Qurâ, où il rencontra les Banû Fazâra. Certains de ses compagnons y furent blessés, et Zayd fut ramassé 1 parmi les morts. Dans cette expédition, Ward ibn 'Amr ibn Madâsh fut touché ; il était l'un des Banû Sa'd ibn Hudhayl, et fut atteint par l'un des Banû Badr. Ibn Hishâm dit : Sa'd ibn Hudhaym. (Le retour de Zayd contre eux) : Ibn Ishâq dit : Lorsque Zayd ibn Hâritha revint, il jura de ne pas laver sa tête de l'impureté majeure 2 avant d'attaquer les Banû Fazâra. Quand il fut guéri de sa blessure, l'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) l'envoya contre les Banû Fazâra avec une armée. Il les tua à Wâdî al-Qurâ, fit des prisonniers parmi eux, et tua Qays ibn al-Musahhar al-Ya'murî, Mas'ada ibn Hakama ibn Mâlik ibn Hudhayfa ibn Badr. Umm Qirfa, Fâtima bint Rabî'a ibn Badr, fut capturée ; c'était une vieille femme âgée, chez Mâlik ibn Hudhayfa ibn Badr, ainsi que sa fille et 'Abd Allâh 3 ibn Mas'ada. Zayd ibn Hâritha ordonna à Qays ibn al-Musahhar de tuer Umm Qirfa, et il la tua d'une mort violente. Puis ils revinrent auprès de l'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) avec la fille d'Umm Qirfa et le fils de Mas'ada. (L'histoire d'Umm Qirfa) : La fille d'Umm Qirfa appartenait à Salama ibn 'Amr ibn al-Akwa' ; c'était lui qui l'avait capturée. Elle était d'une famille noble parmi son peuple ; les Arabes disaient : « Si tu étais plus puissant qu'Umm Qirfa, je n'aurais rien ajouté. » Salama la demanda à l'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue), qui la lui donna. Il la fit don à son oncle maternel Hazn ibn Abî Wahb, et elle lui donna 'Abd al-Rahmân ibn Hazn. (Poème d'Ibn al-Musahhar sur le meurtre de Mas'ada) : Qays ibn al-Musahhar dit à propos du meurtre de Mas'ada :
- irtuththa : Terme signifiant qu'il a été retiré du champ de bataille alors qu'il était encore en vie, mais gravement blessé, parmi les morts.
- janâba : État d'impureté rituelle majeure nécessitant une ablution complète (ghusl) avant la prière.
- 'Abd Allâh : Nom propre signifiant 'serviteur d'Allah'.
L'expédition de 'Abd Allah ibn Rawaha pour tuer al-Yusayr ibn Rizam [1].
Je me suis élancé avec une rose 1 comme l'élan du fils de sa mère... et moi, avec une rose dans la vie, je suis un vengeur. J'ai lancé contre lui le poulain quand je l'ai vu... sur un héros de la famille de Badr 2, un guerrier. J'ai alors planté en lui une épée qa'dabiyya 3 comme si elle était... une flèche ardente 4 que l'on attise pour un spectateur 5. Expédition de 'Abd Allah ibn Rawaha pour tuer al-Yasir ibn Rizam Et l'expédition de 'Abd Allah ibn Rawaha contre Khaybar à deux reprises : l'une d'elles est celle où il atteignit al-Yasir ibn Rizam. Ibn Hisham dit : et on dit ibn Razim 6. (Meurtre d'al-Yasir) L'histoire d'al-Yasir ibn Rizam est qu'il était à Khaybar en train de rassembler les Ghatafan pour attaquer le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Alors le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, envoya vers lui 'Abd Allah ibn Rawaha avec un groupe de ses compagnons, parmi lesquels 'Abd Allah ibn Unays, allié des Banu Salima. Lorsqu'ils arrivèrent chez lui, ils lui parlèrent, lui firent des offres et lui dirent : "Si tu te rends auprès du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, il te nommera gouverneur et t'honorera." Ils ne cessèrent de le convaincre jusqu'à ce qu'il sorte avec eux, accompagné d'un groupe de Juifs. 'Abd Allah ibn Unays le chargea sur son chameau, jusqu'à ce qu'ils soient à al-Qarqara 7 de Khaybar, à six milles de là. Al-Yasir ibn Rizam regretta alors d'être venu vers le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. 'Abd Allah ibn Unays s'en aperçut, alors qu'il voulait prendre son épée, il se jeta sur lui, puis le frappa avec l'épée, lui coupant la jambe. Al-Yasir le frappa avec un bâton 8 qu'il tenait en bois de shawhat 9, l'atteignant à la tête 10, et chacun tomba...
- ward : Rose : peut désigner ici une prière ou une invocation, ou métaphoriquement une action pieuse.
- Badr : Badr : lieu de la première grande bataille entre les musulmans et les Qurayshites en 624.
- qa'dabiyya : Épée qa'dabiyya : épée fine et tranchante, attribuée à un forgeron nommé Qa'dab.
- shihāb bi-ma'rāh : Flèche ardente : métaphore pour une épée brillante comme un météore.
- yudhakkā li-nāẓir : Attisée pour un spectateur : allusion à une flamme ou une épée qui brille aux yeux des témoins.
- ibn Rāzim : Ibn Razim : variante du nom al-Yasir ibn Rizam, selon Ibn Hisham.
- al-Qarqara : Al-Qarqara : lieu-dit près de Khaybar, à six milles de distance.
- mikhraš : Bâton : un bâton ou une massue en bois.
- shawḥaṭ : Shawhat : type d'arbre, peut-être un tamaris ou un arbre à bois dur.
- ammahu : L'atteignant à la tête : littéralement 'il le frappa à la tête', causant une blessure grave.
L'expédition de 'Abd Allah ibn Unays pour tuer Khalid ibn Sufyan ibn Nubayh al-Hudhali [1].
Un homme parmi les Compagnons de l'Envoyé d'Allah 1 – qu'Allah prie sur lui et le salue – tua son compagnon juif, sauf un seul homme qui s'enfuit à toutes jambes. Lorsque 'Abd Allah ibn Unays arriva auprès de l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – il cracha 2 sur sa blessure à la tête, et elle ne suppura ni ne lui fit mal. (Expédition d'Ibn 'Atik à Khaybar) : Et l'expédition de 'Abd Allah ibn 'Atik à Khaybar, où il tua Abou Rafi' ibn Abi al-Huqayq. Expédition de 'Abd Allah ibn Unays pour tuer Khalid ibn Sufyan ibn Nubayh al-Hudhali (Meurtre d'Ibn Nubayh) : Et l'expédition de 'Abd Allah ibn Unays contre Khalid ibn Sufyan ibn Nubayh : l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – l'envoya vers lui alors qu'il se trouvait à Nakhlah ou à 'Uranah, rassemblant des gens pour combattre l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – et il le tua. Ibn Ishaq dit : Muhammad ibn Ja'far ibn al-Zubayr m'a raconté, disant : 'Abd Allah ibn Unays a dit : L'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – m'appela et dit : « Il m'est parvenu qu'Ibn Sufyan ibn Nubayh al-Hudhali rassemble des gens contre moi pour m'attaquer, et il est à Nakhlah ou à 'Uranah. Va le trouver et tue-le. » Je dis : « Ô Envoyé d'Allah, décris-le-moi pour que je le reconnaisse. » Il dit : « Quand tu le verras, il te rappellera Satan, et le signe entre toi et lui est que, quand tu le verras, tu ressentiras un frisson 3. » Il dit : Je sortis, mon épée en bandoulière, jusqu'à ce que j'arrive à lui alors qu'il était avec des femmes 4 cherchant un campement pour elles, et c'était l'heure de la prière de l'après-midi ('asr). Quand je le vis, je ressentis ce que l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – m'avait dit, le frisson. Je m'avançai vers lui, craignant qu'un combat entre lui et moi ne me distraie de la prière, alors je priai en marchant vers lui, faisant des signes de la tête. Quand je l'atteignis, il dit : « Qui est l'homme ? » Je dis : « Un homme des Arabes qui a entendu parler de toi et de ton rassemblement contre cet homme, et il est venu pour cela. » Il dit : « Oui, je suis en train de cela 5. » Il dit : Je marchai un peu avec lui, jusqu'à ce que, quand il fut à ma portée, je le frappai de mon épée et le tuai. Puis je partis, laissant ses femmes penchées sur lui. Quand j'arrivai auprès de l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – et qu'il me vit, il dit : « Le visage a réussi. » Je dis : « Je l'ai tué, ô Envoyé d'Allah. » Il dit : « Tu as dit vrai. » (Cadeau de l'Envoyé d'un bâton à Ibn Unays) : Puis il se leva avec moi, me fit entrer dans sa maison, et me donna un bâton en disant : « Garde ce bâton auprès de toi, ô 'Abd Allah ibn Unays. » Il dit : Je sortis avec lui vers les gens, qui dirent : « Qu'est-ce que ce bâton ? » Je dis : « L'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – me l'a donné et m'a ordonné de le garder auprès de moi. » Ils dirent : « Ne retournerais-tu pas vers l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – pour lui demander pourquoi cela ? » Il dit : Je retournai vers l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – et dis : « Ô Envoyé d'Allah, pourquoi m'as-tu donné ce bâton ? » Il dit : « Un signe entre moi et toi au Jour de la Résurrection. Car ce jour-là, les gens qui s'appuient sur un bâton 6 seront les moins nombreux. » Il dit : 'Abd Allah ibn Unays l'attacha à son épée, et il resta avec lui jusqu'à sa mort. Puis il ordonna qu'on le mette dans son linceul, et ils furent enterrés ensemble. (Poème d'Ibn Unays sur le meurtre d'Ibn Nubayh) : Ibn Hisham dit : 'Abd Allah ibn Unays dit à ce sujet : J'ai laissé Ibn Thawr 7 comme un veau, autour de lui Des pleureuses déchirant toute tunique fendue 8. Je l'ai atteint, les femmes derrière moi et derrière lui, Avec une épée blanche, trempée dans l'eau du fer, indienne 9, Tranchante pour les crânes des cuirassés, comme Un tison de bois de ghadâ 10 d'un feu ardent. Je lui dis, tandis que l'épée fendait sa tête : « Je suis Ibn Unays, un cavalier non couard 11. »
- Rasul Allah : L'Envoyé d'Allah, titre donné au prophète Muhammad.
- tafala : Il cracha, action de cracher sur une blessure pour la guérir, considérée comme une bénédiction.
- qush'arīra : Frisson ou chair de poule, signe de peur ou de répulsion.
- ẓu'un : Femmes en voyage, souvent montées sur des chameaux, désignant ici le groupe de femmes accompagnant l'homme.
- innī lafī dhālika : Expression signifiant 'je suis en train de cela', confirmant qu'il rassemblait des gens.
- al-mutakhassirūn : Ceux qui s'appuient sur un bâton, désignant les personnes âgées ou infirmes, ici comme signe de peu de gens au Jour du Jugement.
- Ibn Thawr : Surnom de Khalid ibn Sufyan ibn Nubayh, 'Thawr' signifiant 'taureau'.
- muqaddad : Tunique fendue, déchirée en signe de deuil.
- muhannad : Épée indienne, réputée pour sa qualité.
- ghaḍā : Arbre du désert (Lycium shawii) dont le bois est utilisé comme combustible, produisant des étincelles.
- qu'dud : Couard, lâche ; 'ghayr qu'dud' signifie 'non couard'.
L'expédition de 'Uyayna ibn Hisn contre les Banū al-'Anbar de la tribu des Banū Tamīm [1].
Je suis le fils de celui dont le temps n'a pas abaissé la dignité... à la vaste cour, non avare 1. Et je lui dis : « Prends-la d'un coup de généreux, hanif 2 suivant la religion du prophète Muhammad. » Et lorsque le Prophète voulait [combattre] un mécréant, je le devançais par la langue et par la main. L'expédition s'acheva, et nous revînmes aux nouvelles des détachements 3. (Autres expéditions) : Ibn Ishaq dit : L'expédition de Zayd ibn Haritha, Ja'far ibn Abi Talib et 'Abdullah ibn Rawaha à Mu'ta 4 en Syrie ; ils y furent tous tués. Et l'expédition de Ka'b ibn 'Umayr al-Ghifari à Dhat Atlah 5 en Syrie ; il y fut tué avec tous ses compagnons. Et l'expédition de 'Uyayna ibn Hisn ibn Hudhayfa ibn Badr contre les Banu al-'Anbar 6 des Banu Tamim. Expédition de 'Uyayna ibn Hisn contre les Banu al-'Anbar des Banu Tamim (Promesse du Messager à 'Aïcha de lui donner des captifs parmi eux pour qu'elle les affranchisse) : Voici leur récit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) l'envoya contre eux ; il les attaqua, captura certaines personnes et fit des prisonniers. 'Asim ibn 'Umar ibn Qatada me raconta que 'Aïcha dit au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) : « Ô Messager de Dieu, j'ai [le vœu] d'affranchir un esclave parmi les descendants d'Ismaël. » Il dit : « Voici les captifs des Banu al-'Anbar qui arrivent maintenant ; nous t'en donnerons un que tu affranchiras. » (Quelques-uns des captifs et des tués, et le poème de Salma à ce sujet) : Ibn Ishaq dit : Lorsque leurs captifs furent amenés au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), une délégation des Banu Tamim vint à cheval jusqu'auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), parmi eux Rabi'a ibn Rafi', Sabra ibn 'Amr, al-Qa'qa' ibn Ma'bad, Wardan ibn Muhriz et Qays...
- muzannad : Littéralement 'celui dont la corde est tordue', désignant un avare ou un homme de peu de valeur.
- hanif : Monothéiste pur, suivant la religion primitive d'Abraham, avant toute altération.
- al-bu'uth : Pluriel de ba'th, désignant des détachements militaires envoyés par le Prophète.
- Mu'ta : Localité en Syrie (actuelle Jordanie), site de la célèbre bataille de Mu'ta en 629 ap. J.-C.
- Dhat Atlah : Nom d'un lieu en Syrie où eut lieu une expédition.
- Banu al-'Anbar : Tribu arabe faisant partie des Banu Tamim.
L'expédition de Ghâlib ibn 'Abd Allâh vers la terre des Banû Murra [1]
Ibn 'Āṣim, Mālik ibn 'Amr, al-Aqra' ibn Ḥābis et Firās ibn Ḥābis parlèrent au Messager d'Allah 1 à leur sujet ; il en libéra certains contre rançon et en affranchit d'autres. Parmi ceux qui furent tués ce jour-là des Banū al-'Anbar : 'Abd Allah et ses deux frères, les fils de Wahb, Shaddād ibn Firās et Ḥanẓala ibn Dārim. Parmi les femmes capturées ce jour-là : Asmā' bint Mālik, Kās bint Arī, Najwa bint Nahd, Jumay'a bint Qays et 'Amra bint Maṭar. À ce propos, Salmā bint 'Attāb dit : « Par ma vie, 'Adī ibn Jundub a rencontré du malheur une chute profonde, dure à supporter 2. Les ennemis l'ont encerclé de tous côtés, tandis que sa gloire et sa puissance étaient absentes. » (Le poème d'al-Farazdaq à ce sujet) Ibn Hishām dit : al-Farazdaq dit à ce propos : « Auprès du Messager d'Allah se tint Ibn Ḥābis, avec la résolution d'un homme de bien, aspirant à la gloire 3. Par lui furent libérés les captifs qui étaient dans ses liens, les cous entravés dans les carcans. Cela suffit aux mères des retardataires 4 contre eux, que ce soit par la rançon du rachat ou les flèches du partage. » Ces vers font partie d'un de ses poèmes. 'Adī ibn Jundub est des Banū al-'Anbar, et al-'Anbar est fils d'Amr ibn Tamīm. Expédition de Ghālib ibn 'Abd Allah vers le territoire des Banū Murra (Meurtre de Mirdās) Ibn Isḥāq dit : Et l'expédition de Ghālib ibn 'Abd Allah al-Kalbī – Kalb de Layth – vers le territoire des Banū Murra ; il y atteignit Mirdās ibn Nahīk, un allié à eux des Ḥurqa, de Juhayna, tué par Usāma ibn Zayd et un homme des Anṣār 5.
- Rasūl Allāh : Le Messager d'Allah, titre honorifique du prophète Muhammad.
- mahwāh : Lieu de chute, abîme ; ici métaphore pour une situation désastreuse.
- Sawwār : Homme de bien, chevalier ; peut-être un nom propre ou un qualificatif.
- al-khālifīn : Ceux qui restent en arrière, les retardataires ; ici peut-être les femmes et enfants laissés derrière.
- Anṣār : Les Auxiliaires, habitants de Médine ayant soutenu le prophète Muhammad après l'Hégire.
L'expédition de 'Amr ibn al-'Âs à Dhât as-Salâsil [1]
Ibn Hichâm dit : Al-Hurqa, d'après ce que m'a rapporté Abû 'Ubayda 1. Ibn Ishâq dit : Il y a dans son récit d'après Usâma ibn Zayd, qui a dit : Je l'ai rattrapé, moi et un homme des Ansâr. Lorsque nous avons brandi nos armes contre lui, il a dit : « J'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu. » Il dit : Nous n'avons pas cessé jusqu'à ce que nous l'ayons tué. Quand nous sommes arrivés auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), nous lui avons raconté son histoire. Il a dit : « Ô Usâma, qui te garantira [le pardon] pour « Il n'y a de dieu que Dieu » ? » Il dit : J'ai dit : « Ô Messager de Dieu, il ne l'a dite que pour se protéger de la mort. » Il dit : « Qui te la garantira, ô Usâma ? » Il dit : Par Celui qui l'a envoyé avec la vérité, il n'a cessé de la répéter sur moi jusqu'à ce que j'aurais souhaité que ce qui est passé de mon islam n'ait pas été, et que j'eusse embrassé l'islam ce jour-là, et que je ne l'eusse pas tué. Il dit : J'ai dit : « Accorde-moi un délai, ô Messager de Dieu, je fais alliance avec Dieu de ne jamais tuer un homme qui dit « Il n'y a de dieu que Dieu ». » Il dit : « Tu le diras après moi, ô Usâma ? » Il dit : Je dis : « Après toi. » Expédition de 'Amr ibn al-'Âs à Dhât as-Salâsil 2 (Envoi de 'Amr puis renfort) : Et l'expédition de 'Amr ibn al-'Âs à Dhât as-Salâsil, dans le territoire des Banû 'Udhra. Voici son récit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) l'envoya pour mobiliser les Arabes vers la Syrie. Cela parce que la mère d'al-'Âs ibn Wâ'il était une femme de Balî. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) l'envoya donc vers eux pour les rallier à cela. Lorsqu'il fut près d'une source dans le territoire de Judhâm, appelée as-Salsal, et c'est pourquoi cette expédition fut nommée l'expédition de Dhât as-Salâsil, il eut peur et envoya vers le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) pour lui demander des renforts. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui envoya Abû 'Ubayda ibn al-Jarrâh avec les premiers Muhâjirûn 3, parmi lesquels Abû Bakr et 'Umar. Il dit à Abû 'Ubayda lorsqu'il le dirigea : « Ne divergez pas. » Abû 'Ubayda partit donc. Lorsqu'il arriva auprès de lui, 'Amr lui dit : « Tu n'es venu que comme renfort pour moi. » Abû 'Ubayda dit : « Non, mais je suis sur ce que je suis, et tu es sur ce que tu es. » Or Abû 'Ubayda était un homme doux, facile, pour qui les affaires de ce monde étaient légères. 'Amr lui dit : « Au contraire, tu es un renfort pour moi. » Abû 'Ubayda dit : « Ô 'Amr, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) m'a dit : « Ne divergez pas. » Si tu me désobéis, je t'obéirai. » Il dit : « Alors je suis le commandant sur toi, et tu es mon renfort. » Il dit : « À toi de décider. » 'Amr dirigea donc la prière des gens. (Recommandation d'Abû Bakr à Râfi' ibn Râfi') : Il dit : Il y a dans cette expédition le récit de Râfi' ibn Abî Râfi' at-Tâ'î, qui est Râfi' ibn 'Umayra, qui racontait, d'après ce qui m'est parvenu, ce qui suit : J'étais un homme chrétien, et j'étais nommé Sarjis. J'étais le plus connaisseur et le meilleur guide dans ce désert de sable. En période de jâhiliyya 4, j'enfouissais de l'eau dans des œufs d'autruche dans les régions du désert, puis j'attaquais les chameaux des gens. Quand je les faisais entrer dans le désert, je les maîtrisais, et personne ne pouvait m'y poursuivre, jusqu'à ce que je passe par cette eau que j'avais cachée dans les œufs d'autruche, je l'extrayais et j'en buvais. Quand j'embrassai l'islam, je partis pour cette expédition où le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) envoya 'Amr ibn al-'Âs à Dhât as-Salâsil. Il dit : Je me dis : « Par Dieu, je vais me choisir un compagnon. » Il dit : Je me joignis à Abû Bakr. Il dit : Je fus avec lui dans sa monture. Il dit : Il avait une 'abâ'a 5 de Fadak 6. Quand nous descendions, il l'étendait ; quand nous montions, il la portait, puis il la fixait sur lui avec des chevilles. Il dit : C'est à cause de cela que les gens du Najd 7, lorsqu'ils apostasièrent en mécréants, disaient : « Nous faisons allégeance à celui qui porte la 'abâ'a ! » Il dit : Lorsque nous approchâmes de Médine au retour, je dis : « Ô Abû Bakr, je ne me suis joint à toi que pour que Dieu me fasse profiter de toi. Conseille-moi et enseigne-moi. » Il dit : « Même si tu ne me l'avais pas demandé, je l'aurais fait. » Il dit : « Je t'ordonne d'unifier Dieu et de ne rien Lui associer, d'accomplir la prière, d'acquitter la zakât 8, de jeûner le ramadan, de faire le pèlerinage de cette Maison, de te laver de l'impureté majeure, et de ne jamais commander à un homme parmi les musulmans. » Il dit : Je dis : « Ô Abû Bakr, quant à moi, par Dieu, j'espère ne jamais rien associer à Dieu. Quant à la prière, je ne la délaisserai jamais, si Dieu veut. Quant à la zakât, si j'ai des biens, je l'acquitterai, si Dieu veut. Quant au ramadan, je ne le délaisserai jamais, si Dieu veut. Quant au pèlerinage, si je peux, je le ferai, si Dieu le Très-Haut veut. Quant à l'impureté majeure, je m'en laverai, si Dieu veut. Quant au commandement, j'ai vu les gens, ô Abû Bakr, ne s'élever auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et auprès des gens que par lui. Pourquoi m'interdis-tu cela ? » Il dit : « Tu m'as demandé de faire un effort pour toi, et je vais t'informer à ce sujet. Dieu le Puissant et le Très-Haut a envoyé Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue) avec cette religion. Il a lutté pour elle jusqu'à ce que les gens y entrent de gré ou de force. Quand ils y entrèrent, ils devinrent les protégés de Dieu et Ses voisins, et sous Sa protection. Prends garde de ne pas trahir Dieu envers Ses voisins, car Dieu te fera subir Sa trahison. En effet, l'un de vous est trahi dans son voisin, et ses muscles se gonflent de colère pour son voisin parce qu'une brebis ou un chameau lui a été pris. Or Dieu est plus violent dans Sa colère pour Son voisin. » Il dit : Je le quittai sur cela. Il dit : Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) fut rappelé et qu'Abû Bakr fut placé à la tête des gens, je vins à lui et lui dis : « Ô Abû Bakr, ne m'avais-tu pas interdit de commander à deux hommes parmi les musulmans ? » Il dit : « Si, et maintenant je te l'interdis. » Il dit : Je lui dis : « Qu'est-ce qui t'a poussé à assumer la direction des gens ? » Il dit : « Je n'ai pas trouvé d'autre issue. J'ai craint pour la communauté de Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue) la division. » (Répartition par 'Awf al-Ashja'î de la chamelle entre un groupe) : Ibn Ishâq dit : Yazîd ibn Abî Habîb m'a rapporté qu'on lui a raconté d'après 'Awf ibn Mâlik al-Ashja'î, qui a dit : J'étais dans l'expédition où le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) envoya 'Amr ibn al-'Âs à Dhât as-Salâsil. Il dit : Je me joignis à Abû Bakr et 'Umar. Je passai par des gens qui avaient une chamelle qu'ils avaient sacrifiée et ne pouvaient pas la découper. Il dit : J'étais un homme habile et bon boucher. Il dit : Je dis : « Me donnerez-vous une dixième partie 9 si je la répartis entre vous ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : Je pris les deux couteaux, la découpai sur place, pris ma part, la portai à mes compagnons, nous la fîmes cuire et la mangeâmes. Abû Bakr et 'Umar (que Dieu les agrée) me dirent : « D'où tiens-tu cette viande, ô 'Awf ? » Il dit : Je leur racontai l'histoire. Ils dirent : « Par Dieu, tu n'as pas bien agi en prenant une part pour toi. »
- Abû 'Ubayda : Abû 'Ubayda Ma'mar ibn al-Muthannâ, philologue et historien arabe du IIe/VIIIe siècle, spécialiste des généalogies et des batailles.
- Dhât as-Salâsil : Nom d'une expédition militaire du Prophète Muhammad, signifiant « Celle des chaînes », en référence à une source nommée as-Salsal.
- Muhâjirûn : Les émigrés de La Mecque à Médine, premiers convertis ayant suivi le Prophète dans son exil.
- jâhiliyya : Période préislamique, caractérisée par l'ignorance religieuse et les pratiques païennes.
- 'abâ'a : Manteau ample en laine, vêtement traditionnel arabe.
- Fadak : Oasis au nord de Médine, conquise pacifiquement par le Prophète, dont les produits étaient réputés.
- Najd : Région du centre de l'Arabie, haut plateau désertique.
- zakât : Aumône légale obligatoire, troisième pilier de l'islam, proportionnelle aux biens.
- dixième partie : Récompense d'un dixième de la viande pour le service de découpage.
L'expédition d'Ibn Abī Ḥadrad à Baṭn Iḍam, le meurtre de 'Āmir ibn al-Aḍbaṭ al-Ashja'ī, et l'expédition d'Ibn Abī Ḥadrad et de ses compagnons à Baṭn Iḍam, qui eut lieu avant la conquête [1].
Tu nous as donné à manger cela, puis ils se mirent à vomir ce qui était dans leurs ventres de cela. Il dit : Lorsque les gens revinrent de ce voyage, je fus le premier à arriver auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Il dit : Je vins à lui alors qu'il priait dans sa maison. Il dit : Je dis : « Que la paix soit sur toi, ô Messager d'Allah, ainsi que la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions. » Il dit : « 'Awf ibn Mālik ? » Je dis : « Oui, que mon père et ma mère te soient sacrifiés. » Il dit : « Le compagnon de la chamelle ? » Et le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, ne m'ajouta rien de plus. (1) Expédition d'Ibn Abī Ḥadrad vers Baṭn Iḍam, et meurtre de 'Āmir ibn al-Aḍbaṭ al-Ashja'ī. Et l'expédition d'Ibn Abī Ḥadrad et de ses compagnons vers Baṭn Iḍam, qui eut lieu avant la conquête. (Meurtre d'Ibn al-Aḍbaṭ et ce qui fut révélé à son sujet) : Ibn Isḥāq dit : Yazīd ibn 'Abd Allāh ibn Qusayṭ m'a raconté, d'après al-Qa'qā' ibn 'Abd Allāh ibn Abī Ḥadrad, d'après son père 'Abd Allāh ibn Abī Ḥadrad, qui dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, nous envoya vers Iḍam avec un groupe de musulmans, parmi lesquels Abū Qatāda al-Ḥārith ibn Rib'ī, et Muḥallim ibn Jaththāma ibn Qays. Nous partîmes jusqu'à ce que, lorsque nous fûmes à Baṭn Iḍam, 'Āmir ibn al-Aḍbaṭ al-Ashja'ī passa près de nous, monté sur sa chamelle 1, avec son muletier 2 et une outre de lait 3. Il dit : Lorsqu'il passa près de nous, il nous salua par la salutation de l'islam. Nous nous retînmes de lui, mais Muḥallim ibn Jaththāma l'attaqua et le tua pour une affaire qui existait entre eux, prit son chameau et prit son muletier. Il dit : Lorsque nous arrivâmes auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et que nous l'informâmes de la nouvelle, il fut révélé à notre sujet : « Ô vous qui avez cru ! Quand vous partez dans le chemin d'Allah, soyez clairs, et ne dites pas à celui qui vous adresse la paix : "Tu n'es pas croyant", convoitant les biens de la vie d'ici-bas » (4:94) jusqu'à la fin du verset. Ibn Hishām dit : Abū 'Amr ibn al-'Alā' récitait : « Et ne dites pas à celui qui vous adresse la paix : "Tu n'es pas croyant" » (4:94) à cause de ce hadith. (Ibn Ḥābis et Ibn Ḥiṣn se disputent au sujet du sang d'Ibn al-Aḍbaṭ devant le Messager) : Ibn Isḥāq dit : Muḥammad ibn Ja'far ibn al-Zubayr m'a raconté, disant : J'ai entendu Ziyād ibn Ḍumayra 4 ibn Sa'd al-Sulamī raconter d'après 'Urwa ibn al-Zubayr, d'après son père, d'après son grand-père, qui avaient assisté à Ḥunayn avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Il dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, pria avec nous la prière de midi, puis se dirigea vers l'ombre d'un arbre et s'assit dessous, alors qu'il était à Ḥunayn. Al-Aqra' ibn Ḥābis et 'Uyayna ibn Ḥiṣn ibn Ḥudhayfa ibn Badr se levèrent vers lui, se disputant au sujet de 'Āmir ibn al-Aḍbaṭ al-Ashja'ī : 'Uyayna réclamait le sang de 'Āmir, et il était alors le chef de Ghatafān, tandis qu'al-Aqra' ibn Ḥābis défendait Muḥallim ibn Jaththāma, en raison de sa position parmi Khunduf. Ils échangèrent la dispute auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, tandis que nous écoutions. Nous entendîmes 'Uyayna ibn Ḥiṣn dire : « Par Allah, ô Messager d'Allah, je ne le laisserai pas jusqu'à ce que je fasse goûter à ses femmes de la brûlure 5 comme il a fait goûter à mes femmes. » Et le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, disait : « Mais vous prendrez la compensation [dīya] : cinquante pendant notre voyage-ci, et cinquante quand nous reviendrons. » Mais il refusait. Alors un homme des Banū Layth, appelé Mukaythir, court et trapu — Ibn Hishām dit : Mukaytil — se leva et dit : « Par Allah, ô Messager d'Allah, je n'ai trouvé pour ce tué de semblable dans la primeur de l'islam 6 que comme des moutons qui arrivèrent à l'eau : on tira sur la première, et la dernière s'enfuit. Établis une règle 7 aujourd'hui, et change 8 demain. » Il dit : Alors le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, leva la main. Il dit : « Mais vous prendrez la compensation : cinquante pendant notre voyage-ci, et cinquante quand nous reviendrons. » Il dit : Ils acceptèrent la compensation. Il dit : Puis ils dirent : « Où est votre compagnon, que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, implore le pardon pour lui ? » Il dit : Alors un homme basané, robuste 9, grand, vêtu d'un habit qu'il avait préparé pour la mort, se leva et s'assit devant le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Il lui dit : « Quel est ton nom ? » Il dit : « Je suis Muḥallim ibn Jaththāma. » Il dit : Alors le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, leva la main, puis dit : « Ô Allah, ne pardonne pas à Muḥallim ibn Jaththāma », trois fois. Il dit : Il se leva en essuyant ses larmes avec le bord de son manteau. Il dit : Quant à nous, nous disions entre nous : « Nous espérons que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a imploré le pardon pour lui. » Mais ce qui apparut du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, fut cela. (Mort de Muḥallim et ce qui lui arriva) : Ibn Isḥāq dit : Et quelqu'un que je ne soupçonne pas m'a raconté d'après al-Ḥasan al-Baṣrī, qui dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit lorsqu'il s'assit devant lui : « Tu l'as mis en sécurité par Allah, puis tu l'as tué ! » Puis il lui dit la parole qu'il dit. Il dit : Par Allah, Muḥallim ibn Jaththāma ne resta que sept jours jusqu'à ce qu'il mourût. La terre le rejeta 10. Par Celui qui tient l'âme d'al-Ḥasan dans Sa main, la terre le rejeta. Puis ils recommencèrent, et la terre le rejeta. Lorsque son peuple fut vaincu, ils prirent deux rochers plats 11, l'étendirent entre eux, puis entassèrent 12 des pierres sur lui jusqu'à ce qu'ils le recouvrent. Il dit : La nouvelle de son état parvint au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, qui dit : « Par Allah, la terre recouvre bien quelqu'un de pire que lui, mais Allah a voulu vous donner une leçon sur le caractère sacré de ce qui est entre vous, par ce qu'Il vous a montré de lui. » (Compensation [dīya] d'Ibn al-Aḍbaṭ) : Ibn Isḥāq dit : Sālim Abū al-Naḍr nous a informés qu'on lui a raconté que 'Uyayna ibn Ḥiṣn et Qays, lorsque al-Aqra' ibn Ḥābis dit et s'entretint avec eux : « Ô assemblée de Qays, vous avez empêché le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, d'obtenir un tué par lequel il aurait réconcilié les gens. N'avez-vous pas craint que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, ne vous maudisse, et qu'Allah ne vous maudisse par Sa malédiction, ou qu'il ne se fâche contre vous, et qu'Allah ne se fâche contre vous par Sa colère ? Par Allah, Celui qui tient l'âme d'al-Aqra' dans Sa main, vous le livrerez au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. »
- qa'ūd : Chamelle de selle, monture.
- mutayyi' : Muletier, serviteur ou compagnon de route.
- waṭb : Outre en cuir pour le lait.
- Ḍumayra : Nom propre, variante de Ḍamra.
- ḥurqa : Brûlure, ici au sens figuré de douleur intense ou de deuil.
- ghurrat al-islām : Le début de l'islam, la première période de l'islam.
- usnun : Établis une règle, une norme (impératif de sanna).
- ghayyir : Change, modifie (impératif de ghayyara).
- ḍarb : Robuste, fort, bien bâti.
- lafaẓathu : Elle le rejeta, le vomit (la terre refusa de l'accepter).
- ṣuddayn : Deux rochers plats ou deux dalles de pierre.
- raḍamū : Ils entassèrent, empilèrent des pierres.
L'expédition d'Ibn Abi Hadrad pour tuer Rufa'a ibn Qays al-Jushami [1].
Il fera certainement ce qu'il voudra, ou je ferai venir cinquante hommes des Banū Tamīm qui témoigneront tous par Dieu : « Votre compagnon a été tué en mécréant, il n'a jamais prié », et je ferai certes couler 1 son sang. Lorsqu'ils entendirent cela, ils acceptèrent le prix du sang. Ibn Hishām dit : Muḥallim dans tout ce récit est d'après d'autres qu'Ibn Isḥāq, et c'est Muḥallim b. Jaththāma b. Qays al-Laythī. Ibn Isḥāq dit : Mulajjam, d'après ce que Ziyād nous a rapporté de lui. Expédition d'Ibn Abī Ḥadrad pour tuer Rifāʿa b. Qays al-Jushamī (Sa cause) : Ibn Isḥāq dit : Et l'expédition d'Ibn Abī Ḥadrad al-Aslamī à al-Ghāba. Voici son récit d'après ce qui m'est parvenu, de la part de quelqu'un que je ne soupçonne pas, d'après Ibn Abī Ḥadrad, qui dit : J'épousai une femme de mon peuple, et je lui donnai une dot de deux cents dirhams. Je vins alors auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — pour lui demander de m'aider dans mon mariage. Il dit : « Et combien as-tu donné comme dot ? » Je répondis : « Deux cents dirhams, ô Messager de Dieu. » Il dit : « Gloire à Dieu ! Si vous preniez les dirhams du fond d'une vallée, vous n'auriez pas ajouté. Par Dieu, je n'ai rien pour t'aider. » Je restai quelques jours, puis un homme des Banū Jusham b. Muʿāwiya, nommé Rifāʿa b. Qays — ou Qays b. Rifāʿa — arriva avec une grande troupe 2 des Banū Jusham, et campa avec son peuple et ceux qui l'accompagnaient à al-Ghāba, voulant rassembler Qays pour combattre le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Il avait un nom et un rang chez Jusham. Il dit : Alors le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — m'appela ainsi que deux hommes musulmans avec moi, et dit : « Partez vers cet homme pour m'apporter des nouvelles et des informations sur lui. » Il nous donna une chamelle maigre 3, et l'un de nous monta dessus. Par Dieu, elle ne put se lever à cause de sa faiblesse, jusqu'à ce que les hommes la soutiennent 4 par derrière avec leurs mains, et elle se releva 5 à peine. Puis il dit : « Faites-la monter à tour de rôle 6. » (Victoire des musulmans et part d'Ibn Abī Ḥadrad du butin qu'il utilisa pour le mariage) : Il dit : Nous partîmes avec nos armes : flèches et épées. Quand nous fûmes près du campement, un soir 7 au coucher du soleil, je me cachai dans un endroit, et j'ordonnai à mes deux compagnons de se cacher dans un autre endroit du campement. Je leur dis : « Quand vous m'entendrez dire le takbīr et charger du côté du camp, dites le takbīr et chargez avec moi. » Par Dieu, nous attendions ainsi un moment d'inattention 8 des gens, ou de pouvoir les atteindre. La nuit nous enveloppa jusqu'à ce que l'obscurité 9 de la nuit fût tombée. Ils avaient un berger qui avait lâché les bêtes dans cette région, et il tarda à revenir, au point qu'ils craignirent pour lui. Il dit : Alors leur chef, Rifāʿa b. Qays, se leva, prit son épée, la mit à son cou, puis dit : « Par Dieu, je vais suivre la trace de notre berger ; il lui est arrivé malheur. » Des hommes de son entourage lui dirent : « Par Dieu, ne pars pas, nous te suffisons. » Il dit : « Par Dieu, nul autre que moi n'ira. » Ils dirent : « Nous t'accompagnons. » Il dit : « Par Dieu, que personne ne me suive. » Il sortit et passa près de moi. Quand il fut à ma portée, je le frappai 10 de ma flèche, et je la plaçai dans son cœur. Par Dieu, il ne parla pas. Je bondis sur lui et lui tranchai la tête. Je chargeai du côté du camp, dis le takbīr, et mes deux compagnons chargèrent et dirent le takbīr. Par Dieu, il n'y eut que la fuite de ceux qui s'y trouvaient : « À toi, à toi 11 ! » avec tout ce qu'ils purent emporter de leurs femmes, de leurs enfants et de leurs biens légers. Nous capturâmes un grand nombre de chameaux et beaucoup de moutons, et nous les amenâmes au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. J'apportai sa tête.
- aṭullanna : Verbe signifiant 'faire couler le sang' ou 'rendre vain' le sang, c'est-à-dire le laisser impuni.
- baṭn : Tribu, clan, fraction de tribu.
- shārifan ʿajfāʾ : Chamelle vieille et maigre.
- daʿamahā : Ils la soutinrent, la poussèrent par derrière.
- istaqallat : Elle se releva, se mit debout.
- iʿtaqibūhā : Montez-la à tour de rôle, en vous relayant.
- ʿushayshiyya : Soir, tombée de la nuit.
- ghirra : Moment d'inattention, négligence.
- faḥma : Obscurité profonde, nuit noire.
- nafḥatahu : Il le frappa, le toucha (avec une flèche).
- ʿindaka, ʿindaka : Expression signifiant 'à toi, à toi' ou 'sauve-toi, sauve-toi'.
L'expédition de 'Abd al-Rahman ibn 'Awf à Dumat al-Jandal [1]
Je les emportai avec moi. Il dit : alors le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — m'aida, parmi ces chameaux, avec treize chamelles pour ma dot, et je réunis ma famille auprès de moi. Expédition de 'Abd al-Rahman ibn 'Awf à Dumat al-Jandal (Quelques exhortations du Prophète à son peuple) : Ibn Ishaq dit : et m'a raconté quelqu'un que je ne soupçonne pas, d'après 'Ata' ibn Abi Rabah, qui dit : j'ai entendu un homme de Bassorah interroger 'Abd Allah ibn 'Umar ibn al-Khattab au sujet du fait de laisser pendre le turban 1 derrière l'homme lorsqu'il se coiffe. Il dit : alors 'Abd Allah dit : je vais t'informer, si Dieu le veut, à ce sujet avec science : J'étais le dixième d'un groupe de dix parmi les Compagnons du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dans sa mosquée : Abou Bakr, 'Omar, 'Othman, 'Ali, 'Abd al-Rahman ibn 'Awf, Ibn Mas'oud, Mu'adh ibn Jabal, Hudhayfa ibn al-Yaman, Abou Sa'id al-Khoudri, et moi. Alors que j'étais avec le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — voici qu'un jeune homme des Ansar 2 arriva, salua le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — puis s'assit et dit : Ô Messager de Dieu, que Dieu prie sur toi, quel est le meilleur des croyants ? Il dit : « Le meilleur d'entre eux en caractère. » Il dit : « Et quel est le plus avisé des croyants ? » Il dit : « Celui qui se souvient le plus de la mort et se prépare le mieux pour elle avant qu'elle ne lui advienne ; ceux-là sont les avisés. » Puis le jeune homme se tut, et le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se tourna vers nous et dit : « Ô vous, les émigrés 3 ! Cinq choses : lorsqu'elles adviendront chez vous — et je cherche refuge auprès de Dieu contre le fait que vous les atteigniez — : jamais la turpitude n'apparaît dans un peuple au point qu'ils la divulguent, sans que n'apparaissent parmi eux la peste et les douleurs qui n'existaient pas chez leurs prédécesseurs disparus ; jamais ils ne trichent sur la mesure et le poids sans être frappés par les années de disette 4, la dureté de la vie et l'injustice du souverain ; jamais ils ne retiennent la zakat 5 de leurs biens sans être privés de la pluie du ciel ; sans les bêtes, ils ne seraient pas arrosés ; jamais ils ne violent le pacte de Dieu et le pacte de Son Messager sans que Dieu n'autorise contre eux un ennemi d'un autre peuple, qui prend une partie de ce qui est en leurs mains ; et jamais leurs dirigeants ne jugent d'après le Livre de Dieu et ne se montrent tyranniques 6 envers ce que Dieu a révélé, sans que Dieu ne mette leur violence entre eux. »
- al-'imāma : Turban, coiffe masculine enroulée autour de la tête, dont l'extrémité peut pendre dans le dos.
- al-Anṣār : Les 'Auxiliaires' : habitants de Médine qui accueillirent et soutinrent le Prophète et les émigrés mecquois.
- al-Muhājirūn : Les 'Émigrés' : musulmans ayant quitté La Mecque pour Médine lors de l'Hégire.
- as-sinīn : Années de sécheresse et de disette, châtiment divin.
- az-zakāt : Aumône légale obligatoire, l'un des piliers de l'islam.
- tajabbarū : Ils se montrent tyranniques, orgueilleux, en s'arrogeant un pouvoir excessif.
Expédition d'Abû 'Ubayda ibn al-Jarrâh vers la côte maritime [1]
L'expédition d'Ibn 'Awf et son turban : Ensuite, il ordonna à 'Abd al-Rahman ibn 'Awf de se préparer pour une expédition qu'il lui confia. Le matin venu, il avait mis un turban de coton 1 noir. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) le fit approcher de lui, puis le déroula, le lui remit en turban, laissant pendre derrière lui quatre doigts ou à peu près cela. Puis il dit : « Ainsi, ô Ibn 'Awf, mets ton turban, car c'est plus beau et plus reconnaissable. » Ensuite, il ordonna à Bilal de lui remettre l'étendard. Il le lui remit. Il loua Dieu Très-Haut, pria sur lui-même, puis dit : « Prends-le, ô Ibn 'Awf. Combattez tous ensemble dans le chemin de Dieu. Combattez ceux qui mécroient en Dieu. Ne fraudez pas 2, ne trahissez pas, ne mutilez pas, et ne tuez pas d'enfant. Voici le pacte de Dieu et la conduite de Son Prophète parmi vous. » 'Abd al-Rahman ibn 'Awf prit l'étendard. Ibn Hisham dit : Il partit pour Dumah al-Jandal. L'expédition d'Abu 'Ubayda ibn al-Jarrah vers le rivage de la mer 3 : (Épuisement des vivres et histoire de l'animal marin) : Ibn Ishaq dit : 'Ubada ibn al-Walid ibn 'Ubada ibn al-Samit m'a raconté, d'après son père, d'après son grand-père 'Ubada ibn al-Samit, qui dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) envoya une expédition vers le rivage de la mer, sous le commandement d'Abu 'Ubayda ibn al-Jarrah. Il les approvisionna d'une outre de dattes. Il les leur distribua jusqu'à ce qu'il en vînt à les compter une par une. Puis les dattes s'épuisèrent, au point que chaque homme recevait une datte par jour. Il les répartit un jour entre nous. Il manqua une datte pour un homme, et nous ressentîmes son absence ce jour-là. Lorsque la faim nous accabla, Dieu fit sortir pour nous un animal de la mer. Nous mangeâmes de sa chair et de sa graisse 4, et nous restâmes vingt nuits à en vivre, jusqu'à ce que nous engraissions et nous rassasiions 5. Notre chef prit une de ses côtes, la plaça sur le chemin, puis ordonna...
- karābīs : Tissu de coton blanc et épais, souvent utilisé pour les turbans.
- taghullū : Ne fraudez pas sur le butin ; ne détournez pas une partie du butin avant le partage.
- sayf al-baḥr : Littéralement 'l'épée de la mer' ; désigne le rivage ou la côte.
- wadak : Graisse fondue ou saindoux.
- ibtalalnā : Être rassasié et en bonne santé, littéralement 'nous sommes devenus humides' (par opposition à la sécheresse de la faim).
Amr ibn Umayya al-Damari fut envoyé pour combattre Abû Sufyân ibn Harb, et voici ce qu'il fit en chemin.
Avec le plus gros chameau que nous avions, il chargea dessus le plus grand homme d'entre nous. Il s'assit dessus, puis il sortit de dessous elle sans que sa tête ne la touche. Lorsque nous arrivâmes auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), nous lui racontâmes son histoire et l'interrogeâmes sur ce que nous avions fait en la mangeant. Il dit : « Une subsistance qu'Allah vous a accordée. » Expédition de 'Amr ibn Umayya ad-Damrî pour combattre Abû Sufyân ibn Harb et ce qu'il fit en chemin. (Son arrivée à La Mecque et le fait que les gens le reconnurent) : Ibn Hishâm dit : Parmi les expéditions et les missions 1 du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) qu'Ibn Ishâq n'a pas mentionnées, il y a l'envoi de 'Amr ibn Umayya ad-Damrî. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) l'envoya, d'après ce que m'a rapporté une personne digne de confiance parmi les savants, après le meurtre de Khubayb ibn 'Adî et de ses compagnons, à La Mecque, et lui ordonna de tuer Abû Sufyân ibn Harb. Il envoya avec lui Jabbâr ibn Sakhr al-Ansârî. Ils partirent jusqu'à arriver à La Mecque, et ils attachèrent leurs deux chameaux dans un ravin 2 parmi les ravins de Ya'jaj 3. Puis ils entrèrent à La Mecque de nuit. Jabbâr dit à 'Amr : « Si nous faisions le tour de la Maison et priions deux rak'as ? » 'Amr dit : « Les gens, après avoir dîné, s'assoient dans leurs cours. » Il dit : « Non, si Allah le veut. » 'Amr dit : « Nous fîmes le tour de la Maison et priâmes, puis nous sortîmes cherchant Abû Sufyân. Par Allah, alors que nous marchions à La Mecque, un homme de La Mecque me regarda et me reconnut. Il dit : 'Amr ibn Umayya ! Par Allah, il n'est venu ici que pour un mauvais dessein. » Je dis à mon compagnon : « Sauve-qui-peut ! » Nous sortîmes en courant jusqu'à gravir une montagne, et ils sortirent à notre poursuite. Lorsque nous eûmes atteint le sommet de la montagne, ils désespérèrent de nous attraper et retournèrent. Nous entrâmes dans une grotte dans la montagne et y passâmes la nuit, après avoir pris des pierres et les avoir entassées 4 devant nous. Au matin, un homme de Quraysh vint, menant son cheval et le laissant paître 5. Il passa près de nous alors que nous étions dans la grotte. Je dis : « S'il nous voit, il criera après nous, et nous serons pris et tués. » (Il tue Abû Sufyân et s'enfuit) : Il dit : J'avais avec moi un poignard que j'avais préparé pour Abû Sufyân. Je sortis vers lui et le frappai à la poitrine d'un coup. Il poussa un cri que les habitants de La Mecque entendirent, puis je retournai à ma place. Les gens accoururent vers lui alors qu'il était à l'agonie. Ils dirent : « Qui t'a frappé ? » Il dit : « 'Amr ibn Umayya. » La mort le vainquit et il mourut sur place, sans indiquer notre cachette. Ils l'emportèrent. Je dis à mon compagnon, à la tombée de la nuit : « Sauve-qui-peut ! » Nous sortîmes de nuit de La Mecque en direction de Médine. Nous passâmes près des gardes qui surveillaient le cadavre de Khubayb ibn 'Adî. L'un d'eux dit : « Par Allah, je n'ai jamais vu une démarche ressemblant autant à celle de 'Amr ibn Umayya cette nuit. S'il n'était pas à Médine, j'aurais dit que c'est 'Amr ibn Umayya. » Lorsqu'il fut à hauteur du bois [de la croix], il s'élança dessus, le prit et l'emporta, et ils partirent en courant. Ils sortirent derrière lui, jusqu'à ce qu'il arrive à une falaise dans le lit d'un torrent de Ya'jaj. Il jeta le bois dans la falaise, et Allah le cacha à leurs yeux, si bien qu'ils ne purent l'atteindre. Il dit : Je dis à mon compagnon : « Sauve-qui-peut, sauve-qui-peut, jusqu'à ce que tu arrives à ton chameau et que tu montes dessus, car je vais occuper 6 les gens loin de toi. » Or l'Ansârî n'était pas bon marcheur 7. (Il tue un homme de Bakr dans une grotte) : Il dit : Je poursuivis ma route jusqu'à sortir à Dajnân 8, puis je me réfugiai dans une montagne et entrai dans une grotte. Alors que j'étais à l'intérieur, un vieillard borgne des Banû d-Dîl entra avec un petit troupeau de moutons à lui. Il dit : « Qui est l'homme ? » Je dis : « Des Banû Bakr. Et toi, qui es-tu ? » Il dit : « Des Banû Bakr. » Je dis : « Bienvenue. » Il s'allongea, puis leva la voix et dit : « Je ne suis pas musulman tant que je vivrai, Ni proche de la religion des musulmans. » Je dis en moi-même : « Tu vas voir. » Je patientai jusqu'à ce qu'il s'endorme. Je pris mon arc et mis son extrémité 9...
- bu‘ūth wa sarāyā : Expéditions militaires envoyées par le Prophète, les bu‘ūth étant des missions avec un commandant désigné et les sarāyā des raids sans combat nécessairement.
- shi‘b : Ravin ou gorge étroite entre deux montagnes.
- Ya‘jaj : Nom d'un lieu près de La Mecque.
- raḍamnāhā : Entasser des pierres pour former une barricade.
- yukhallī ‘alayhā : Laisser paître le cheval en liberté.
- sā‘a ashghalu : Occuper ou distraire les gens pour permettre la fuite.
- lā rujlata lahu : Il n'était pas un bon marcheur, incapable de courir longtemps.
- Ḍajnān : Nom d'une montagne ou d'un lieu près de La Mecque.
- siyatahā : L'extrémité recourbée de l'arc.
L'expédition de Zayd ibn Ḥāritha à Madyan [1]
Dans son œil sain, puis je me suis appuyé sur lui jusqu'à atteindre l'os, puis je suis sorti en courant, jusqu'à arriver à al-‘Arj 1, puis j'ai emprunté Rakūba 2, et lorsque je suis descendu à an-Naqī‘ 3, voilà que deux hommes de Qurayš parmi les associateurs, que Qurayš avait envoyés comme espions à Médine pour observer et s'informer, je leur dis : « Rendez-vous ! » Ils refusèrent, alors je lance une flèche sur l'un d'eux et le tue, et l'autre se rend, je l'attache solidement, et je l'amène à Médine. Expédition de Zayd ibn Ḥāritha à Madyan (Son envoi avec Ḍumayra et l'histoire des captifs) : Ibn Hishām 4 a dit : Et l'expédition de Zayd ibn Ḥāritha à Madyan. Cela a été rapporté par ‘Abd Allāh ibn Ḥasan ibn 5 Ḥasan, d'après sa mère Fāṭima bint al-Ḥusayn ibn ‘Alī – que l'agrément de Dieu soit sur eux – que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – envoya Zayd ibn Ḥāritha vers Madyan, avec lui Ḍumayra, l'affranchi de ‘Alī ibn Abī Ṭālib – que l'agrément de Dieu soit sur lui – et un frère de celui-ci. Elle dit : Il captura des gens de Mīnā’ 6, c'est-à-dire les côtes, où se trouvait un rassemblement de gens, et ils furent vendus, et on les sépara. Alors le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – sortit alors qu'ils pleuraient, et dit : « Qu'ont-ils ? » On dit : « Ô Messager de Dieu, on les a séparés. » Alors le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Ne les vendez que tous ensemble. » Ibn Hishām dit : Il voulait dire les mères et les enfants. Expédition de Sālim ibn ‘Umayr pour tuer Abū ‘Afak (Cause de l'hypocrisie d'Abū ‘Afak) : Ibn Isḥāq a dit : Et l'expédition de Sālim ibn ‘Umayr pour tuer Abū 7 ‘Afak, l'un des Banū ‘Amr
- al-‘Arj : Localité située entre La Mecque et Médine.
- Rakūba : Nom d'une voie ou d'un lieu-dit.
- an-Naqī‘ : Lieu-dit près de Médine.
- Ibn Hishām : Célèbre historien et biographe du Prophète, auteur de la Sīra.
- ibn : Fils de ; ici, erreur probable dans le texte : 'Abd Allāh ibn Ḥasan ibn Ḥasan'.
- Mīnā’ : Port ou région côtière ; peut-être une variante de 'Madyan'.
- Abū : Père de ; titre honorifique.
L'expédition de 'Umayr ibn 'Adi al-Khatmi pour tuer 'Asma' bint Marwan [1]
Ibn 'Awf, puis des Banū 'Ubayda. Son hypocrisie 1 avait commencé à se manifester lorsque le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, tua al-Ḥārith b. Suwayd b. Ṣāmit. Il dit alors : « J'ai vécu longtemps sans voir, parmi les gens, une demeure ni une assemblée, plus fidèle aux pactes et plus loyal envers celui qui contracte avec eux, lorsqu'il appelle, que les fils de Qayla 2 dans leur rassemblement ; ils ébranlent les montagnes et ne se soumettent pas. Puis un cavalier vint à eux, les dispersant, rendant licite ce qui était illicite, mêlant le disparate. Si vous aviez cru en la puissance, ou si vous aviez suivi le roi Tubba' 3... » (Meurtre d'Ibn 'Umayr et poème d'al-Muzayriyya) Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit : « Qui me débarrassera de ce vil individu ? » Alors Sālim b. 'Umayr, frère des Banū 'Amr b. 'Awf, l'un des « pleureurs » 4, sortit et le tua. Umāma al-Muzayriyya dit à ce sujet : « Tu mens sur la religion d'Allah et sur l'homme Aḥmad 5 ; par la vie de Celui qui t'a accordé la sécurité, quel mauvais présage que ce que tu présages ! Un ḥanīf 6 t'a gratifié, à la fin de la nuit, d'un coup de lance : ô Abū 'Afak, reçois-le malgré ton grand âge. » Expédition de 'Umayr b. 'Adī al-Khaṭmī pour tuer 'Aṣmā' bint Marwān (Hypocrisie de celle-ci et son poème à ce sujet) Et l'expédition de 'Umayr b. 'Adī al-Khaṭmī contre 'Aṣmā' bint Marwān, qui était des Banū Umayya b. Zayd. Lorsque Abū 'Afak fut tué, elle devint hypocrite. 'Abd Allāh b. al-Ḥārith b. al-Fuḍayl rapporte d'après son père : elle était mariée à un homme des Banū Khaṭma, nommé Yazīd b. Zayd. Elle dit, blâmant l'islam et ses gens : « Au cul des Banū Mālik et des Nabīt, et de 'Awf, et au cul des Banū al-Khazraj ! Vous avez obéi à un étranger 7 venu d'ailleurs, ni de Murād ni de Madhḥij. Vous l'espérez après le meurtre des chefs, comme on espère le bouillon d'une bête cuite à point. N'y a-t-il pas un homme fier qui cherche une occasion pour couper l'espoir de celui qui espère ? » (Poème de Ḥassān en réponse) Il dit : Ḥassān b. Thābit lui répondit : « Les Banū Wā'il et les Banū Wāqif, et Khaṭma sont inférieurs aux Banū al-Khazraj. Chaque fois qu'elle appelle follement, malheur à elle, avec ses lamentations, alors que les destinées arrivent. Elle a ému un jeune homme noble par ses origines, pur de ses entrées et sorties. Il l'a tachée du sang des blessures, après le calme, sans commettre de péché. » (Sortie d'al-Khaṭmī pour la tuer) Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit, lorsqu'il apprit cela : « N'y a-t-il personne pour me venger de la fille de Marwān ? » 'Umayr b. 'Adī al-Khaṭmī, qui était auprès de lui, entendit ces paroles du Messager d'Allah. Quand vint le soir de cette nuit-là, il se rendit chez elle dans sa maison et la tua. Puis, au matin, il vint auprès du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et dit : « Ô Messager d'Allah, je l'ai tuée. » Il dit : « Tu as secouru Allah et Son Messager, ô 'Umayr. » Il dit : « Y a-t-il quelque chose à mon sujet à cause d'elle, ô Messager d'Allah ? » Il dit : « Deux chèvres ne se heurteront pas à cause d'elle 8. »
- nifāq : Hypocrisie, le fait de professer l'islam tout en cachant l'incrédulité.
- Qayla : Ancêtre éponyme des tribus médinoises des Aws et des Khazraj.
- Tubba' : Titre des rois himyarites du Yémen, souvent mentionnés dans la poésie préislamique.
- al-bakkā'ūn : Les « pleureurs », compagnons pauvres qui pleuraient de ne pouvoir participer aux expéditions militaires.
- Aḥmad : Un des noms du Prophète Muhammad, signifiant « le plus loué ».
- ḥanīf : Celui qui suit la religion monothéiste primitive, souvent utilisé pour désigner les musulmans.
- atāwī : Étranger, non arabe, ou personne de basse extraction.
- lā yantaṭiḥu fīhā 'anzān : Expression proverbiale signifiant qu'il n'y aura aucun litige ou dispute à son sujet.
L'histoire de la capture de Thumâma ibn Uthâl al-Hanafî, de son embrassement de l'islam et de l'expédition qui le captura.
L'affaire des Banū Khaṭma : 'Umayr retourna donc vers son peuple. Or, les Banū Khaṭma étaient alors nombreux et agités 1 à cause de l'affaire de la fille de Marwān, qui avait alors cinq fils adultes. Lorsque 'Umayr b. 'Adī vint à eux de chez le Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, il dit : « Ô Banū Khaṭma, c'est moi qui ai tué la fille de Marwān. Manœuvrez donc tous contre moi, puis ne m'accordez aucun répit. » Ce jour-là fut le premier où l'islām fut puissant dans la demeure des Banū Khaṭma ; auparavant, ceux d'entre eux qui s'étaient convertis cachaient leur islām. Les premiers à s'être convertis parmi les Banū Khaṭma furent 'Umayr b. 'Adī – celui qu'on appelle le Qāri' 2 –, 'Abd Allāh b. Aws et Khuzayma b. Thābit. Et le jour où la fille de Marwān fut tuée, des hommes des Banū Khaṭma se convertirent, voyant la puissance de l'islām. La capture de Thumāma b. Uthāl al-Ḥanafī et sa conversion, et l'expédition qui captura Thumāma b. Uthāl al-Ḥanafī : Sa conversion : Il m'est parvenu, d'après Abū Sa'īd al-Maqburī, d'après Abū Hurayra, qu'il a dit : « Un détachement de cavalerie du Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, sortit et captura un homme des Banū Ḥanīfa, sans savoir qui il était, jusqu'à ce qu'ils l'amènent au Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui. Il dit : « Savez-vous qui vous avez capturé ? C'est Thumāma b. Uthāl al-Ḥanafī. Traitez bien son captif. » Puis le Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, retourna auprès de sa famille et dit : « Rassemblez toute la nourriture que vous avez et envoyez-la lui. » Et il ordonna que sa chamelle laitière 3 lui soit amenée matin et soir. Mais cela n'eut aucun effet sur Thumāma. Le Messager d'Allāh, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, venait à lui et disait : « Convertis-toi, ô Thumāma ! » Il répondait : « Laisse-moi, ô Muḥammad ! Si tu tues, tu tues un homme qui a du sang [à venger] ; si tu veux une rançon, demande ce que tu veux. » Il resta ainsi aussi longtemps qu'Allāh voulut. Puis un jour, le Prophète, que la prière et la paix d'Allāh soient sur lui, dit : « Relâchez Thumāma. » Lorsqu'ils l'eurent relâché, il sortit, se rendit à al-Baqī' 4, se purifia et fit une excellente purification.
- mawjuhum : Le terme 'mawjuhum' (موجهم) signifie littéralement 'leur vague' ou 'leur flot', indiquant ici une grande agitation ou effervescence collective.
- al-Qāri' : Surnom signifiant 'le lecteur' ou 'le récitateur', faisant référence à sa connaissance du Coran.
- liqḥatihi : Chamelle laitière, c'est-à-dire une chamelle que l'on trait pour son lait.
- al-Baqī' : Cimetière de Médine, lieu de sépulture de nombreux compagnons et membres de la famille du Prophète.
L'expédition d'Alqama ibn Mujazziz [1]
Il vint et prêta serment d'allégeance au Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) pour l'islam. Quand vint le soir, on lui apporta la nourriture qu'on lui apportait d'habitude, mais il n'en prit que peu, et de la chamelle laitière 1, il ne tira qu'un peu de lait. Les musulmans s'étonnèrent de cela, et le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), lorsqu'il en fut informé, dit : « De quoi vous étonnez-vous ? D'un homme qui a mangé au début du jour dans un ventre de mécréant, et a mangé à la fin du jour dans un ventre de musulman ! Le mécréant mange dans sept intestins, et le musulman mange dans un seul intestin. » (Son départ pour La Mecque et son histoire avec Quraysh) : Ibn Hishâm dit : Il m'est parvenu qu'il partit pour la 'Umra 2, et lorsqu'il fut au creux de La Mecque, il se mit à faire la talbiya 3. Il fut le premier à entrer à La Mecque en faisant la talbiya. Quraysh s'empara de lui et dirent : « Tu as choisi de nous dominer. » Quand ils l'eurent amené pour lui trancher la tête, l'un d'eux dit : « Laissez-le, car vous aurez besoin du Yamâma 4 pour votre nourriture. » Ils le relâchèrent. Al-Hanafî 5 dit à ce sujet : « Parmi nous, celui qui fit la talbiya à La Mecque ouvertement, / Malgré Abû Sufyân, durant les mois sacrés. » Et l'on m'a rapporté qu'il dit au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), lorsqu'il se convertit : « Ton visage était le plus haïssable des visages pour moi, et voici qu'il est devenu le plus aimable des visages pour moi. » Et il dit la même chose de la religion et du pays. Puis il partit pour la 'Umra. Quand il arriva à La Mecque, ils dirent : « As-tu apostasié, ô Thumâma 6 ? » Il répondit : « Non, mais j'ai suivi la meilleure des religions, la religion de Muhammad. Par Dieu, pas un grain du Yamâma ne vous parviendra jusqu'à ce que le Messager de Dieu (sur lui la paix) le permette. » Puis il partit pour le Yamâma et empêcha qu'on transporte quoi que ce soit à La Mecque. Ils écrivirent au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) : « Tu ordonnes de maintenir les liens de parenté, mais tu as rompu nos liens et tué les pères par l'épée et les fils par la faim (1). » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui écrivit de les laisser transporter. Expédition de 'Alqama ibn Mujazziz (Cause de l'envoi de 'Alqama) : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) envoya 'Alqama ibn Mujazziz.
- al-liqḥa : Chamelle laitière, souvent utilisée pour désigner une chamelle qui donne du lait.
- ʿumra : Petit pèlerinage à La Mecque, effectué à tout moment de l'année, contrairement au Hajj qui a lieu à une date fixe.
- talbiya : Formule rituelle prononcée par le pèlerin : 'Labbayka Allāhumma labbayk...' (Me voici à Toi, Seigneur, me voici).
- al-Yamāma : Région d'Arabie, célèbre pour son agriculture et ses dattes, située au centre-est de la péninsule.
- al-Ḥanafī : Surnom de Thumāma ibn Uthāl, chef des Banū Ḥanīfa, tribu du Yamāma.
- Thumāma : Thumāma ibn Uthāl, chef des Banū Ḥanīfa, converti à l'islam après avoir été capturé par les musulmans.
L'expédition de Kurz ibn Jâbir pour tuer les Bajalî qui avaient tué Yasâr [1].
Lorsque Waqqāṣ ibn Mujazziz al-Mudlijī fut tué le jour de Dhī Qarad, 'Alqama ibn Mujazziz demanda au Messager d'Allāh (que la prière et la paix soient sur lui) de l'envoyer sur les traces de ces gens, afin de venger son parent parmi eux. (La plaisanterie d'Ibn Ḥudhāfa avec son armée) : 'Abd al-'Azīz ibn Muḥammad rapporta, d'après Muḥammad ibn 'Amr ibn 'Alqama, d'après 'Amr ibn al-Ḥakam ibn Thawbān, d'après Abū Sa'īd al-Khudrī, qui dit : Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix soient sur lui) envoya 'Alqama ibn Mujazziz — Abū Sa'īd al-Khudrī dit : j'étais parmi eux — jusqu'à ce que, lorsque nous fûmes arrivés à la tête de notre expédition ou que nous fûmes sur une partie du chemin, il permit à un groupe de l'armée de se séparer et mit à leur tête 'Abd Allāh ibn Ḥudhāfa al-Sahmī, qui était parmi les Compagnons du Messager d'Allāh (que la prière et la paix soient sur lui) et qui avait un penchant pour la plaisanterie 1. Lorsqu'ils furent sur une partie du chemin, il alluma un feu, puis dit aux gens : « N'avez-vous pas envers moi l'obéissance et la soumission ? » Ils dirent : « Si. » Il dit : « Ne feriez-vous pas tout ce que je vous ordonne ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : « Alors je vous adjure, par mon droit et mon autorité sur vous, de sauter dans ce feu. » Abū Sa'īd dit : Certains se levèrent, se ceignant 2, jusqu'à ce qu'il pensât qu'ils allaient sauter dedans. Alors il leur dit : « Asseyez-vous, je plaisantais avec vous. » Cela fut rapporté au Messager d'Allāh (que la prière et la paix soient sur lui) après leur retour 3 auprès de lui, et le Messager d'Allāh (que la prière et la paix soient sur lui) dit : « Quiconque parmi eux vous ordonne une désobéissance, ne lui obéissez pas. » Muḥammad ibn Ṭalḥa mentionna que 'Alqama ibn Mujazziz revint avec ses compagnons sans avoir rencontré d'ennemi. L'expédition de Kurz ibn Jābir pour tuer les Bajalīs qui avaient tué Yasār (L'affaire de Yasār) : Un des gens de science me rapporta, d'après quelqu'un qui le lui avait rapporté, d'après Muḥammad ibn Ṭalḥa, d'après 'Uthmān ibn 'Abd al-Raḥmān, qui dit : Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix soient sur lui) fit prisonnier, lors de l'expédition contre Muḥārib et les Banū Tha'laba, un esclave nommé Yasār. Le Messager d'Allāh (que la prière et la paix soient sur lui) le plaça auprès de ses chamelles laitières qui paissaient.
- duʿāba : Plaisanterie, humour ; désigne ici un tempérament enclin à la plaisanterie et aux farces.
- yaḥtazizu : Se ceindre, c'est-à-dire retrousser ses vêtements pour se préparer à une action, ici pour sauter dans le feu.
- qadimū : Ils arrivèrent, ils revinrent ; fait référence au retour de l'expédition.
L'expédition de 'Alî ibn Abî Tâlib au Yémen [1]
Dans la région d'al-Jammā' 1, un groupe de Qays Kubbah 2 de Bajīlah vint auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui. Ils trouvèrent le pays malsain 3 et leurs ventres enflèrent 4. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, leur dit : « Si vous sortiez vers les chamelles laitières et buviez de leur lait et de leur urine ? » Ils sortirent donc vers elles. (Le meurtre des Bajalīs et le châtiment du Messager à leur encontre) : Lorsqu'ils furent guéris et que leurs ventres se furent affaissés 5, ils attaquèrent le berger du Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, Yasār, l'égorgèrent, lui enfoncèrent des épines dans les yeux, et emmenèrent les chamelles laitières. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, envoya Kurz ibn Jābir sur leurs traces ; il les rattrapa et les amena au Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, à son retour de l'expédition de Dhī Qarad. Il leur coupa les mains et les pieds, et leur creva les yeux 6. Expédition de 'Alī ibn Abī Tālib au Yémen Et l'expédition de 'Alī ibn Abī Tālib, qu'Allah l'agrée, au Yémen : il l'envahit deux fois. Ibn Hishām dit : Abū 'Amr al-Madanī a dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, envoya 'Alī ibn Abī Tālib au Yémen, et envoya Khālid ibn al-Walīd avec une autre troupe, en disant : « Si vous vous rencontrez, le commandant est 'Alī ibn Abī Tālib. » Ibn Ishāq a mentionné l'envoi de Khālid ibn al-Walīd dans son récit, mais ne l'a pas compté dans le nombre des expéditions et des missions ; le nombre devrait donc être de trente-neuf selon son dire. Mission d'Usāmah ibn Zayd vers la terre de Palestine, et c'est la dernière des missions Ibn Ishāq dit : Et le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, envoya Usāmah ibn Zayd ibn Hārithah
- al-Jammā' : Nom d'une localité ou d'une région, peut-être une variante de 'al-Jamā' ou 'al-Jammā''.
- Kubbah : Sous-tribu ou clan de Qays appartenant à Bajīlah.
- istawba'ū : Ils trouvèrent le pays malsain, c'est-à-dire qu'ils souffrirent du climat ou de l'eau.
- tahilū : Leurs ventres enflèrent, probablement à cause d'une maladie ou d'une indigestion.
- inṭawat buṭūnihim : Leurs ventres se sont affaissés, signe de guérison après l'enflure.
- samala a'yunahum : Il leur creva les yeux avec un fer chaud ou un instrument pointu, châtiment appliqué en représailles.
Le début de la plainte du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui.
Vers le Shâm 1, et il lui ordonna de faire fouler aux chevaux les confins de la Balqâ’ 2 et d’al-Dârûm 3, en terre de Palestine. Les gens se préparèrent, et les premiers émigrés 4 partirent en masse avec Usâma. Ibn Hishâm dit : C’est la dernière expédition que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya. Début de la maladie du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — (Début de la maladie) : Ibn Ishâq dit : Alors que les gens étaient dans cet état, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — fut atteint de la maladie par laquelle Dieu le rappela à Lui, pour ce qu’Il voulait de Son honneur et de Sa miséricorde, dans les dernières nuits de Safar, ou au début du mois de Rabî‘ al-Awwal. La première manifestation de cela, d’après ce qui m’a été rapporté, fut qu’il sortit au Baqî‘ al-Gharqad 5 au milieu de la nuit, implora le pardon pour eux, puis retourna auprès de sa famille. Quand vint le matin, il fut frappé de son mal dès ce jour. Ibn Ishâq dit : ‘Abd Allâh b. ‘Umar m’a rapporté, d’après ‘Ubayd b. Jubayr, affranchi d’al-Hakam b. Abî al-‘Âs, d’après ‘Abd Allâh b. ‘Amr b. al-‘Âs, d’après Abû Muwayhiba, affranchi du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, qui dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — m’envoya au milieu de la nuit et dit : « Ô Abû Muwayhiba, il m’a été ordonné d’implorer le pardon pour les habitants de ce Baqî‘ ; viens avec moi. » Je partis donc avec lui. Lorsqu’il s’arrêta au milieu d’eux, il dit : « Que la paix soit sur vous, ô habitants des tombes ! Réjouissez-vous de ce en quoi vous êtes, par rapport à ce en quoi sont les gens. Les tentations 6 arrivent comme des morceaux de nuit obscure, la dernière suivant la première, la dernière pire que la première. » Puis il se tourna vers moi et dit : « Ô Abû Muwayhiba, il m’a été donné les clefs des trésors de ce monde et l’immortalité en lui, puis le Paradis ; j’ai eu le choix entre cela et la rencontre de mon Seigneur et le Paradis. » Je dis : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! Prends les clefs des trésors de ce monde et l’immortalité en lui, puis le Paradis. » Il dit : « Non, par Dieu, ô Abû Muwayhiba, j’ai choisi la rencontre de mon Seigneur et le Paradis. » Puis il implora le pardon pour les habitants du Baqî‘, puis s’en retourna. Alors commença la maladie du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — par laquelle Dieu le rappela à Lui. (Soins dans la maison de ‘Â’isha) : Ibn Ishâq dit : Ya‘qûb b. ‘Utba m’a rapporté, d’après Muhammad b. Muslim al-Zuhrî, d’après
- Shâm : Région du Levant, comprenant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban actuels.
- Balqâ’ : Région de l’actuelle Jordanie, au sud d’Amman.
- al-Dârûm : Localité du sud de la Palestine, près de Gaza.
- premiers émigrés : Les Muhâjirûn, ceux qui émigrèrent de La Mecque à Médine avec le Prophète.
- Baqî‘ al-Gharqad : Cimetière principal de Médine, où sont enterrés de nombreux Compagnons.
- tentations : Fitna, épreuves et troubles qui surviendront après la mort du Prophète.
Il mentionna ses épouses, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, les Mères des croyants [1].
‘Ubayd Allāh ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Utba ibn Mas‘ūd rapporte d’après ‘Ā’isha, épouse du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), qui a dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) revint d’al-Baqī‘ 1 et me trouva souffrant d’un mal de tête, et je disais : “Ô ma tête !” Il dit : “Mais moi, par Dieu, ô ‘Ā’isha, ô ma tête !” Elle dit : Puis il dit : “Et quel mal te ferait-il que tu meures avant moi, que je me lève sur toi, te mette en linceul, prie sur toi et t’enterre ?” Elle dit : Je dis : “Par Dieu, il me semble que, si tu faisais cela, tu retournerais à ma maison et y passerais la nuit avec une de tes épouses.” Elle dit : Alors le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) sourit, et sa douleur s’aggrava, tandis qu’il faisait la tournée de ses épouses, jusqu’à ce qu’elle devînt intense 2 alors qu’il était dans la maison de Maymūna. Il convoqua ses épouses et leur demanda la permission d’être soigné dans ma maison, et elles la lui accordèrent. » Mention des épouses du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), les Mères des croyants 3 : (Leurs noms) : Ibn Hishām a dit : Elles étaient neuf : ‘Ā’isha bint Abī Bakr, Ḥafṣa bint ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb, Umm Ḥabība bint Abī Sufyān ibn Ḥarb, Umm Salama bint Abī Umayya ibn al-Mughīra, Sawda bint Zam‘a ibn Qays, Zaynab bint Jaḥsh ibn Ri’āb, Maymūna bint al-Ḥārith ibn Ḥazn, Juwayriyya bint al-Ḥārith ibn Abī Ḍirār, et Ṣafiyya bint Ḥuyayy ibn Akhṭab, selon ce que m’ont rapporté plusieurs gens de science. (Son mariage avec Khadīja) : Le nombre total de celles que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) épousa fut de treize : Khadīja bint Khuwaylid, qui est la première qu’il épousa ; son père Khuwaylid ibn Asad la lui donna en mariage, et l’on dit aussi son frère ‘Amr ibn Khuwaylid. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui donna comme dot vingt jeunes chamelles. Elle enfanta au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) tous ses enfants sauf Ibrāhīm. Avant lui, elle était mariée à Abū Hāla ibn Mālik, l’un des Banū Usayyid ibn ‘Amr ibn Tamīm, allié des Banū ‘Abd al-Dār ; elle lui enfanta Hind ibn Abī Hāla et Zaynab bint Abī Hāla. Avant Abū Hāla, elle était mariée à ‘Utayyīq ibn ‘Ābid ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Umar ibn Makhzūm, et elle lui enfanta ‘Abd Allāh et une fille. Ibn Hishām a dit : « Une fille parmi les filles, que Ṣayfī ibn Abī Rifā‘a épousa 4. » (Son mariage avec ‘Ā’isha) : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) épousa ‘Ā’isha bint Abī Bakr al-Ṣiddīq à La Mecque, alors qu’elle avait sept ans, et il consomma le mariage avec elle à Médine, alors qu’elle avait neuf ou dix ans. Il n’épousa aucune vierge autre qu’elle. Son père Abū Bakr la lui donna en mariage, et le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui donna comme dot quatre cents dirhams. (Son mariage avec Sawda) : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) épousa Sawda bint Zam‘a ibn Qays ibn ‘Abd Shams ibn ‘Abd Wudd ibn Naṣr ibn Mālik ibn Ḥisl ibn ‘Āmir ibn Lu’ayy. Sulayṭ ibn ‘Amr la lui donna en mariage, et l’on dit aussi Abū Ḥāṭib ibn ‘Amr ibn ‘Abd Shams ibn ‘Abd Wudd ibn Naṣr ibn Mālik ibn Ḥisl. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui donna comme dot quatre cents dirhams. Ibn Hishām a dit : « Ibn Isḥāq contredit ce récit, mentionnant que Sulayṭ et Abū Ḥāṭib étaient absents en terre d’Abyssinie à cette époque. » Avant lui, elle était mariée à al-Sakrān ibn ‘Amr ibn ‘Abd Shams ibn ‘Abd Wudd ibn Naṣr ibn Mālik ibn Ḥisl. (Son mariage avec Zaynab bint Jaḥsh) : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) épousa Zaynab bint Jaḥsh ibn Ri’āb al-Asadiyya. Son frère Abū Aḥmad ibn Jaḥsh la lui donna en mariage, et le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui donna comme dot quatre cents dirhams. Avant lui, elle était mariée à Zayd ibn Ḥāritha, l’affranchi du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). C’est à son sujet que Dieu, béni et exalté soit-Il, révéla : « Puis, lorsque Zayd eut accompli son désir d’elle, Nous te la donnâmes pour épouse » (Coran 33:37). (Son mariage avec Umm Salama) : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) épousa Umm Salama bint Abī Umayya ibn al-Mughīra al-Makhzūmiyya ; son nom était Hind. Son fils Salama ibn Abī Salama la lui donna en mariage, et le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui donna comme dot un lit rembourré de fibres de palmier, une coupe, un plat et un mortier 5. Avant lui, elle était mariée à Abū Salama ibn ‘Abd al-Asad, dont le nom était ‘Abd Allāh ; elle lui enfanta Salama, ‘Umar, Zaynab et Ruqayya. (Son mariage avec Ḥafṣa) : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) épousa Ḥafṣa bint ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb. Son père ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb la lui donna en mariage, et le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui donna comme dot quatre cents dirhams. Avant lui, elle était mariée à Khunays ibn Ḥudhāfa al-Sahmī. (Son mariage avec Umm Ḥabība) : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) épousa Umm Ḥabība, dont le nom était Ramla bint Abī Sufyān ibn Ḥarb. Khālid ibn Sa‘īd ibn al-‘Āṣ la lui donna en mariage alors qu’ils étaient en terre d’Abyssinie, et le Negus 6 lui donna comme dot, de la part du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), quatre cents dinars. C’est lui qui la demanda en mariage pour le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Avant lui, elle était mariée à ‘Ubayd Allāh ibn Jaḥsh al-Asadī. (Son mariage avec Juwayriyya) : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) épousa Juwayriyya bint al-Ḥārith ibn Abī Ḍirār al-Khuzā‘iyya. Elle faisait partie des captives des Banū al-Muṣṭaliq de Khuzā‘a ; elle échut dans le lot de Thābit ibn Qays ibn al-Shammās al-Anṣārī, qui lui proposa une rançon 7 pour elle-même. Elle vint donc au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) pour lui demander de l’aide pour sa rançon. Il lui dit : « Que dirais-tu de quelque chose de meilleur que cela ? » Elle dit : « Quoi donc ? » Il dit : « Je paie ta rançon pour toi et je t’épouse. » Elle dit : « Oui. » Alors il l’épousa. Ibn Hishām a dit : « Ce récit nous a été rapporté par Ziyād ibn ‘Abd Allāh al-Bakkā’ī, d’après Muḥammad ibn Isḥāq, d’après Muḥammad ibn Ja‘far ibn al-Zubayr, d’après ‘Urwa, d’après ‘Ā’isha. » Ibn Hishām a dit : « On raconte que lorsque le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) revint de l’expédition des Banū al-Muṣṭaliq, ayant avec lui Juwayriyya bint al-Ḥārith, alors qu’il était à Dhāt al-Jaysh, il confia Juwayriyya en dépôt à un homme des Anṣār et lui ordonna de veiller sur elle. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) arriva à Médine, et son père al-Ḥārith ibn Abī Ḍirār vint avec la rançon de sa fille. Lorsqu’il fut à al-‘Aqīq, il regarda les chameaux qu’il avait apportés pour la rançon, convoita deux de ces chameaux, les cacha dans un ravin des ravins d’al-‘Aqīq, puis vint auprès du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) et dit : “Ô Muḥammad, vous avez capturé ma fille, et voici sa rançon.” Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : “Où sont les deux chameaux que tu as cachés à al-‘Aqīq, dans tel et tel ravin ?” Al-Ḥārith dit : “J’atteste qu’il n’y a de dieu que Dieu et que tu es le Messager de Dieu, que Dieu prie sur toi. Par Dieu, nul autre que Dieu, l’Exalté, n’a eu connaissance de cela.” Alors al-Ḥārith embrassa l’islam, et avec lui embrassèrent l’islam deux de ses fils et des gens de son peuple. Il envoya chercher les deux chameaux, les fit venir, remit les chameaux au Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), et sa fille Juwayriyya lui fut rendue. Elle embrassa l’islam et son islam fut excellent. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) la demanda en mariage à son père, qui la lui donna en mariage, et il lui donna comme dot quatre cents dirhams. Avant le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), elle était mariée à un cousin germain à elle, appelé ‘Abd Allāh. » Ibn Hishām a dit : « On raconte aussi que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) l’acheta à Thābit ibn Qays, l’affranchit et l’épousa, et lui donna comme dot quatre cents dirhams. » (Son mariage avec Ṣafiyya) :
Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, épousa Safiyya bint Huyayy ibn Akhtab, qu'il avait prise comme captive à Khaybar, et il la choisit pour lui-même. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, fit un festin de noces où il n'y avait ni graisse ni viande, seulement du sawiq 8 et des dattes. Avant lui, elle était mariée à Kinana ibn al-Rabi' ibn Abi al-Huqayq. (Son mariage avec Maymuna) : Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, épousa Maymuna bint al-Harith ibn Hazn ibn Bahir ibn Huzam ibn Ruwayba ibn Abd Allah ibn Hilal ibn Amir ibn Sa'sa'a. Al-Abbas ibn Abd al-Muttalib la maria à lui, et al-Abbas lui donna comme dot, de la part du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, quatre cents dirhams. Avant lui, elle était mariée à Abu Ruhm ibn Abd al-Uzza ibn Abi Qays ibn Abd Wudd ibn Nasr ibn Malik ibn Hisl ibn Amir ibn Lu'ayy. On dit que c'est elle qui s'est offerte au Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, car la demande en mariage du Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, lui parvint alors qu'elle était sur sa chamelle, et elle dit : « La chamelle et ce qu'elle porte sont à Allah et à Son Messager. » Allah, béni et exalté soit-Il, révéla : « et une femme croyante, si elle se donne au Prophète » [33:50]. On dit aussi que celle qui s'est offerte au Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, était Zaynab bint Jahsh, et on dit aussi Umm Sharik, Ghaziyya bint Jabir ibn Wahb des Banu Munqidh ibn Amr ibn Ma'is ibn Amir ibn Lu'ayy, et on dit encore que c'était une femme des Banu Sama ibn Lu'ayy, mais le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, la remit à plus tard 9. (Son mariage avec Zaynab bint Khuzayma) : Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, épousa Zaynab bint Khuzayma ibn al-Harith ibn Abd Allah ibn Amr ibn Abd Manaf ibn Hilal ibn Amir ibn Sa'sa'a. Elle était surnommée Umm al-Masakin 10 à cause de sa compassion et de sa tendresse envers les pauvres. Qabisa ibn Amr al-Hilali la maria à lui, et le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, lui donna comme dot quatre cents dirhams. Avant lui, elle était mariée à Ubayda ibn al-Harith ibn Abd al-Muttalib ibn Abd Manaf, et avant Ubayda, elle était mariée à Jahm ibn Amr ibn al-Harith, son cousin. (Leur nombre et la conduite du Messager avec elles) : Celles avec lesquelles le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, a consommé le mariage sont au nombre de onze. Deux d'entre elles moururent avant lui : Khadija bint Khuwaylid et Zaynab bint Khuzayma. Il mourut en laissant neuf épouses, que nous avons mentionnées au début de ce récit. Et deux avec lesquelles il n'a pas consommé le mariage : Asma' bint al-Nu'man al-Kindiyya, qu'il épousa mais trouva en elle une tache blanche 11, alors il lui fit un cadeau 12 et la renvoya à sa famille ; et Amra bint Yazid al-Kilabiyya, qui était récemment sortie de la mécréance. Lorsqu'elle arriva auprès du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, elle chercha refuge auprès d'Allah contre le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue. Alors le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit : « Protégée, celle qui cherche refuge auprès d'Allah », et il la renvoya à sa famille. On dit que celle qui chercha refuge auprès d'Allah contre le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, était une Kindite, cousine d'Asma' bint al-Nu'man. On dit aussi que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, l'invita, mais elle dit : « Nous sommes un peuple que l'on vient voir, nous n'allons pas voir les autres. » Alors le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, la renvoya à sa famille. (Énumération des Qoraychites parmi elles) : Les Qoraychites parmi les épouses du Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, sont au nombre de six : Khadija bint Khuwaylid ibn Asad ibn Abd al-Uzza ibn Qusayy ibn Kilab ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy ; Aïcha bint Abi Bakr ibn Abi Quhafa ibn Amir ibn Amr ibn Ka'b ibn Sa'd ibn Taym ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy ibn Ghalib ; Hafsa bint Umar ibn al-Khattab ibn Nufayl ibn Abd al-Uzza ibn Abd Allah ibn Qurt ibn Riyad ibn Razah ibn Adiyy ibn Ka'b ibn Lu'ayy ; Umm Habiba bint Abi Sufyan ibn Harb ibn Umayya ibn Abd Shams ibn Abd Manaf ibn Qusayy ibn Kilab ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy ; Umm Salama bint Abi Umayya ibn al-Mughira ibn Abd Allah ibn Umar ibn Makhzum ibn Yaqaza ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy ; et Sawda bint Zam'a ibn Qays ibn Abd Shams ibn Abd Wudd ibn Nasr ibn Malik ibn Hisl ibn Amir ibn Lu'ayy. (Énumération des Arabes et des autres) : Les Arabes et les autres sont au nombre de sept : Zaynab bint Jahsh ibn Ri'ab ibn Ya'mur ibn Sabra ibn Murra ibn Kabir ibn Ghanm ibn Dawdan ibn Asad ibn Khuzayma ; Maymuna bint al-Harith ibn Hazn ibn Bahir ibn Huzam ibn Ruwayba ibn Abd Allah ibn Hilal ibn Amir ibn Sa'sa'a ibn Muawiya ibn Bakr ibn Hawazin ibn Mansur ibn Ikrima ibn Khasafa ibn Qays ibn Aylan ; Zaynab bint Khuzayma ibn al-Harith ibn Abd Allah ibn Amr ibn Abd Manaf ibn Hilal ibn Amir ibn Sa'sa'a ibn Muawiya ; Juwayriyya bint al-Harith ibn Abi Dirar al-Khuza'iyya, puis al-Mustaliqiyya ; Asma' bint al-Nu'man al-Kindiyya ; et Amra bint Yazid al-Kilabiyya 13. (Non-Arabes) : Parmi les non-Arabes : Safiyya bint Huyayy ibn Akhtab, des Banu al-Nadir.
- al-Baqī‘ : Cimetière de Médine, où étaient enterrés de nombreux Compagnons.
- ista‘azza bihi : Littéralement : la douleur devint intense et prédominante chez lui.
- Ummahāt al-Mu’minīn : Titre honorifique donné aux épouses du Prophète, signifiant 'Mères des croyants'.
- Ṣayfī ibn Abī Rifā‘a : Personnage mentionné comme ayant épousé la fille de Khadīja issue d’un précédent mariage.
- mijashsha : Ustensile pour moudre ou broyer, probablement un mortier.
- al-Najāshī : Titre du roi d’Abyssinie (Éthiopie) à l’époque du Prophète, qui avait accordé asile aux musulmans émigrés.
- kātabahā : Contrat de rançon par lequel un esclave ou captif s’engage à payer une somme pour obtenir sa liberté.
- sawīq : Farine de blé ou d'orge grillée, souvent mélangée à de l'eau ou du lait, consommée comme un aliment simple.
- arja'ahā : Il la remit à plus tard, c'est-à-dire qu'il ne prit pas de décision immédiate concernant son mariage.
- Umm al-Masākīn : Mère des pauvres, surnom donné à Zaynab bint Khuzayma en raison de sa charité.
- bayāḍ : Lèpre ou vitiligo, une maladie de peau caractérisée par des taches blanches.
- matta'ahā : Il lui fit un cadeau de consolation, généralement des vêtements ou de l'argent, en compensation du divorce avant consommation.
- al-Kilābiyya : Femme de la tribu des Kilab, une branche des Banu Amir.
Les soins prodigués au Messager de Dieu [1] dans la maison de 'Aïcha [2].
Les soins du Messager d'Allah dans la maison de 'Aïcha (Sa venue à la maison de 'Aïcha) : Ibn Ishaq a dit : Ya'qoub ibn 'Utba m'a raconté, d'après Muhammad ibn Muslim az-Zuhri, d'après 'Ubaydullah ibn 'Abdullah ibn 'Utba, d'après 'Aïcha, l'épouse du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) sortit, marchant entre deux hommes de sa famille : l'un d'eux était al-Fadl ibn al-'Abbas, et un autre homme, la tête bandée, ses pieds traînant, jusqu'à ce qu'il entre dans ma maison. 'Ubaydullah dit : J'ai raconté ce hadith à 'Abdullah ibn 'Abbas, qui dit : Sais-tu qui était l'autre homme ? Je répondis : Non. Il dit : 'Ali ibn Abi Talib. (La gravité de la maladie et le versement d'eau sur lui) : Puis le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) fut submergé 1 et sa douleur s'intensifia. Il dit : Versez sur moi sept outres d'eau provenant de puits différents, afin que je sorte vers les gens et leur fasse mes recommandations. Elle dit : Nous l'installâmes dans une bassine 2 appartenant à Hafsa bint 'Umar, puis nous versâmes l'eau sur lui jusqu'à ce qu'il se mit à dire : Cela vous suffit, cela vous suffit. (Parole du Prophète et sa mention spéciale d'Abou Bakr) : Ibn Ishaq a dit : Az-Zuhri a dit : Ayyub ibn Bashir m'a raconté que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) sortit, la tête bandée, jusqu'à s'asseoir sur la chaire. La première chose qu'il dit fut de prier pour les compagnons d'Uhud et de demander pardon pour eux, et il multiplia les prières pour eux. Puis il dit : Un serviteur parmi les serviteurs d'Allah, Allah lui a donné le choix entre la vie d'ici-bas et ce qui est auprès de Lui, et il a choisi ce qui est auprès d'Allah. Il dit : Abou Bakr comprit cela et sut qu'il parlait de lui-même, alors il pleura et dit : Nous te rachèterons plutôt par nos vies et nos enfants. Il dit : Doucement, ô Abou Bakr. Puis il dit : Regardez ces portes qui donnent 3 dans la mosquée, bouchez-les, sauf la porte d'Abou Bakr, car je ne connais personne qui ait été meilleur en compagnie et en bienfait à mes yeux que lui. Ibn Hisham a dit : Et il est rapporté : sauf la porte d'Abou Bakr. Ibn Ishaq a dit : 'Abdurrahman ibn 'Abdullah m'a raconté, d'après certains de la famille d'Abou Sa'id ibn al-Mu'alla, que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit ce jour-là dans son discours : Si j'avais dû prendre un ami intime 4 parmi les hommes, j'aurais pris Abou Bakr comme ami intime, mais c'est une compagnie et une fraternité de foi jusqu'à ce qu'Allah nous réunisse auprès de Lui. (L'ordre du Messager d'exécuter l'expédition d'Usama) : Ibn Ishaq a dit : Muhammad ibn Ja'far ibn az-Zubayr m'a raconté, d'après 'Urwa ibn az-Zubayr et d'autres savants, que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) trouva que les gens tardaient à exécuter l'expédition d'Usama ibn Zayd, alors qu'il était malade. Il sortit, la tête bandée, jusqu'à s'asseoir sur la chaire. Les gens avaient dit au sujet du commandement d'Usama : Il a nommé un jeune garçon pour commander les notables parmi les émigrés et les auxiliaires. Il loua Allah et Le glorifia comme Il le mérite, puis dit : Ô gens, exécutez l'expédition d'Usama. Par ma vie, si vous critiquez son commandement, vous avez déjà critiqué le commandement de son père avant lui. Et il est digne du commandement, tout comme son père en était digne. Il dit : Puis le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) descendit, et les gens se hâtèrent 5 dans leurs préparatifs. La maladie du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) s'aggrava. Usama sortit, et son armée sortit avec lui, jusqu'à ce qu'ils campent à al-Jurf, à un farsakh 6 de Médine. Il y installa son camp, et les gens le rejoignirent. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) s'alourdit 7, alors Usama et les gens restèrent pour voir ce qu'Allah décréterait au sujet de Son Messager (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). (Recommandation du Messager concernant les Ansar) : Ibn Ishaq a dit : Az-Zuhri a dit : 'Abdullah ibn Ka'b ibn Malik m'a raconté que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit le jour où il pria et demanda pardon pour les compagnons d'Uhud, et mentionna leur affaire comme il le fit, en plus de son discours ce jour-là : Ô émigrés, recommandez-vous les uns les autres de bien traiter les Ansar, car les gens augmentent, tandis que les Ansar restent tels qu'ils sont, sans augmenter. Ils étaient mon réceptacle 8 où je me suis réfugié. Soyez bons envers leurs bienfaiteurs et pardonnez à leurs malfaiteurs. 'Abdullah dit : Puis le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) descendit, entra dans sa maison, et sa douleur s'aggrava jusqu'à ce qu'il fût submergé. (L'affaire du ludud 9) : 'Abdullah dit : Des femmes parmi ses épouses se réunirent auprès de lui : Umm Salama, Maymuna, et des femmes parmi les musulmanes, dont Asma' bint 'Umays, et chez lui se trouvait son oncle al-'Abbas. Ils décidèrent de lui administrer le ludud 9. Al-'Abbas dit : Je vais le lui administrer. Il dit : Ils le lui administrèrent. Quand le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) reprit conscience, il dit : Qui a fait cela à moi ? Ils dirent : Ô Messager d'Allah, ton oncle. Il dit : C'est un remède apporté par des femmes venues de cette terre, et il indiqua la terre d'Abyssinie. Il dit : Et pourquoi avez-vous fait cela ? Son oncle al-'Abbas dit : Nous avons craint, ô Messager d'Allah, que tu aies une pleurésie 10. Il dit : C'est une maladie dont Allah, Puissant et Majestueux, ne m'affligerait pas. Que personne dans la maison ne reste sans recevoir le ludud, sauf mon oncle. Maymuna reçut le ludud alors qu'elle jeûnait, à cause du serment du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), comme punition pour ce qu'ils lui avaient fait. (Invocation du Messager pour Usama par signe) : Ibn Ishaq a dit : Sa'id ibn 'Ubayd ibn as-Sabbaq m'a raconté, d'après Muhammad ibn Usama, d'après son père Usama ibn Zayd, qui a dit : Quand le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) s'alourdit, je descendis, et les gens descendirent avec moi à Médine. J'entrai chez le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), et il était devenu muet, ne parlant plus. Il se mit à lever la main vers le ciel, puis à la poser sur moi, et je sus qu'il invoquait pour moi. Ibn Ishaq a dit : Ibn Shihab az-Zuhri a dit : 'Ubayd ibn 'Abdullah ibn 'Utba m'a raconté, d'après 'Aïcha, qui a dit : J'entendais souvent le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dire : Allah ne reprend aucun prophète sans lui donner le choix. Elle dit : Quand le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) fut en agonie, la dernière parole que j'entendis de lui fut : Plutôt le Compagnon Très-Haut 11 du Paradis. Elle dit : Je dis alors : Par Allah, Il ne nous choisira pas, et je sus que c'était ce qu'il nous disait : Aucun prophète n'est repris sans qu'on lui donne le choix. (La prière d'Abou Bakr avec les gens) : Az-Zuhri a dit : Hamza ibn 'Abdullah ibn 'Umar m'a raconté que 'Aïcha a dit : Quand la maladie du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) s'aggrava, il dit : Ordonnez à Abou Bakr de prier avec les gens. Elle dit : Je dis : Ô Prophète d'Allah, Abou Bakr est un homme sensible, à la voix faible, qui pleure beaucoup quand il récite le Coran. Il dit : Ordonnez-lui de prier avec les gens. Elle dit : Je répétai la même chose, et il dit : Vous êtes comme les compagnes de Joseph. Ordonnez-lui de prier avec les gens. Elle dit : Par Allah, je ne dis cela que parce que j'aurais aimé que cela soit éloigné d'Abou Bakr, et je savais que les gens n'aimeraient jamais un homme qui aurait pris sa place, et qu'ils lui attribueraient de mauvais présages pour tout événement à venir. J'aurais donc aimé que cela soit éloigné d'Abou Bakr. Ibn Ishaq a dit : Ibn Shihab a dit : 'Abdul-Malik ibn Abi Bakr ibn 'Abdurrahman ibn al-Harith ibn Hisham m'a raconté, d'après son père, d'après 'Abdullah ibn Zam'a ibn al-Aswad ibn al-Muttalib ibn Asad, qui a dit : Quand la maladie du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) s'aggrava, alors que j'étais chez lui avec un groupe de musulmans, Bilal l'appela à la prière. Il dit : Ordonnez à quelqu'un de prier avec les gens.
Je sortis et voilà que 'Umar se trouvait parmi les gens. Abû Bakr était absent. Je dis : « Lève-toi, ô 'Umar, et dirige la prière des gens. » Il se leva. Lorsqu'il prononça le takbîr 12, l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — entendit sa voix, car 'Umar était un homme à la voix forte 13. L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit alors : « Où donc est Abû Bakr ? Dieu et les musulmans refusent cela, Dieu et les musulmans refusent cela. » On envoya chercher Abû Bakr, qui arriva après que 'Umar eut accompli cette prière, et il dirigea la prière des gens. 'Abd Allah ibn Zam'a dit : 'Umar me dit : « Malheur à toi ! Qu'as-tu fait de moi, ô fils de Zam'a ? Par Dieu, lorsque tu m'as ordonné cela, je n'ai pensé qu'à une chose : que l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — t'avait ordonné cela. Sans cela, je n'aurais pas dirigé la prière des gens. » Je dis : « Par Dieu, l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ne m'a pas ordonné cela. Mais lorsque je n'ai pas vu Abû Bakr, je t'ai considéré comme le plus digne parmi les présents de diriger la prière des gens. » (Le jour où Dieu reprit Son Prophète) Ibn Ishâq dit : Al-Zuhrî dit : Anas ibn Mâlik m'a raconté que le lundi où Dieu reprit Son Envoyé — que Dieu prie sur lui et le salue —, il sortit vers les gens alors qu'ils priaient la prière de l'aube. Il souleva le rideau, ouvrit la porte, et l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — sortit. Il se tint à la porte de 'Â'isha. Les musulmans faillirent être troublés dans leur prière à cause de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lorsqu'ils le virent, par joie de le voir, et ils s'écartèrent. Il leur fit signe de rester fermes dans leur prière. L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — sourit de joie en voyant leur attitude dans la prière. Je n'ai jamais vu l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dans une plus belle apparence qu'à ce moment-là. Puis il retourna [chez lui] et les gens se dispersèrent, pensant que l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avait guéri 14 de sa maladie. Abû Bakr retourna donc chez lui à al-Sunh 15. Ibn Ishâq dit : Muhammad ibn Ibrâhîm ibn al-Hârith m'a raconté, d'après al-Qâsim ibn Muhammad, que l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit, lorsqu'il entendit le takbîr de 'Umar dans la prière : « Où est Abû Bakr ? Dieu et les musulmans refusent cela. » Sans une parole que 'Umar dit au moment de sa mort, les musulmans n'auraient pas douté que l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avait désigné Abû Bakr comme successeur. Mais il dit au moment de sa mort : « Si j'ai désigné un successeur, j'ai été précédé par quelqu'un de meilleur que moi ; si je les ai laissés sans successeur, j'ai été précédé par quelqu'un de meilleur que moi. » Les gens surent alors que l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — n'avait désigné personne comme successeur, et 'Umar n'accusait pas Abû Bakr de mensonge. Ibn Ishâq dit : Abû Bakr ibn 'Abd Allâh ibn Abî Mulayka m'a raconté : Le lundi, l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — sortit, la tête bandée, pour la prière de l'aube, alors qu'Abû Bakr dirigeait la prière des gens. Lorsque l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — sortit, les gens s'écartèrent. Abû Bakr comprit que les gens n'avaient fait cela que pour l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, alors il recula de sa place de prière. L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — le poussa dans le dos et dit : « Dirige la prière des gens. » L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — s'assit à côté de lui et pria assis, à la droite d'Abû Bakr. Lorsqu'il eut terminé la prière, il se tourna vers les gens et leur parla d'une voix forte, au point que sa voix sortit par la porte de la mosquée, disant : « Ô gens ! Le Feu a été attisé, et les tentations 16 arrivent comme des morceaux de nuit obscure. Par Dieu, vous n'avez rien à me reprocher : je n'ai rendu licite que ce que le Coran a rendu licite, et je n'ai rendu illicite que ce que le Coran a rendu illicite. » Lorsque l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — eut terminé son discours, Abû Bakr lui dit : « Ô Prophète de Dieu, je te vois ce matin dans la grâce et la faveur de Dieu, comme nous l'aimons. Aujourd'hui est le jour de la fille de Khârija 17. Dois-je aller chez elle ? » Il dit : « Oui. » Puis l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — entra [dans sa maison], et Abû Bakr sortit vers sa famille à al-Sunh. (L'affaire d'al-'Abbâs et de 'Alî) Ibn Ishâq dit : Al-Zuhrî dit : 'Abd Allâh ibn Ka'b ibn Mâlik m'a raconté, d'après 'Abd Allâh ibn 'Abbâs, que ce jour-là, 'Alî ibn Abî Tâlib — que Dieu l'agrée — sortit de chez l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — vers les gens. Les gens lui dirent : « Ô Abû Hasan, comment est l'Envoyé de Dieu ce matin ? » Il dit : « Grâce à Dieu, il est guéri. » Al-'Abbâs lui prit la main et dit : « Ô 'Alî, par Dieu, tu es l'esclave du bâton 18 après trois jours. Je jure par Dieu que j'ai reconnu la mort sur le visage de l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — comme je la reconnaissais sur les visages des fils de 'Abd al-Muttalib. Viens avec nous chez l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Si cette affaire [du califat] est en nous, nous le saurons ; si elle est en d'autres que nous, nous lui ordonnerons de recommander les gens à notre égard. » 'Alî lui dit : « Par Dieu, je ne le ferai pas. Par Dieu, si on nous en prive, personne après lui ne nous le donnera. » L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — mourut lorsque le matin fut bien avancé ce jour-là. (Le siwâk 19 du Prophète peu avant sa mort) Ibn Ishâq dit : Ya'qûb ibn 'Utba m'a raconté, d'après al-Zuhrî, d'après 'Urwa, d'après 'Â'isha, qui dit : L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — revint vers moi ce jour-là, lorsqu'il entra de la mosquée, et s'allongea sur mes genoux. Un homme de la famille d'Abû Bakr entra chez moi, tenant dans sa main un siwâk vert. L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — le regarda dans sa main d'un regard par lequel je compris qu'il le désirait. Je dis : « Ô Envoyé de Dieu, veux-tu que je te donne ce siwâk ? » Il dit : « Oui. » Je le pris, le mâchai pour lui jusqu'à ce que je l'aie ramolli, puis je le lui donnai. Il se nettoya les dents avec, plus vigoureusement que je ne l'avais jamais vu se nettoyer les dents avec un siwâk. Puis il le posa, et je sentis l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — s'alourdir sur mes genoux. Je regardai son visage : son regard était fixe, et il disait : « Plutôt le Compagnon Très-Haut 20 du Paradis. » Je dis : « Tu as eu le choix et tu as choisi, par Celui qui t'a envoyé avec la vérité. » Et l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — fut rappelé 21. Ibn Ishâq dit : Yahyâ ibn 'Abbâd ibn 'Abd Allâh ibn al-Zubayr m'a raconté, d'après son père 'Abbâd, qui dit : J'ai entendu 'Â'isha dire : L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — est mort entre ma poitrine et mon cou 22, et pendant mon tour 23, sans que j'aie fait tort à personne à ce sujet. Par mon manque de raison et ma jeunesse, l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — fut rappelé alors qu'il était sur mes genoux. Puis je posai sa tête sur un coussin et me mis à me frapper le visage 24 avec les femmes. (La parole de 'Umar après la mort du Prophète) Ibn Ishâq dit : Al-Zuhrî dit : Sa'îd ibn al-Musayyab m'a raconté, d'après Abû Hurayra, qui dit : Lorsque l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — mourut, 'Umar ibn al-Khattâb se leva et dit : « Des hommes parmi les hypocrites prétendent que l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — est mort. Or l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — n'est pas mort, mais il est allé vers son Seigneur comme Moïse ibn 'Imrân est allé : il a disparu de son peuple pendant quarante nuits, puis il est revenu vers eux après qu'on eut dit qu'il était mort. Par Dieu, l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — reviendra comme Moïse est revenu, et il coupera les mains et les pieds de ces hommes qui prétendent que l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — est mort. » (La position d'Abû Bakr après la mort du Prophète)
Il dit : Abou Bakr arriva et descendit à la porte de la mosquée lorsque la nouvelle lui parvint, tandis que 'Omar parlait aux gens. Il ne prêta attention à rien jusqu'à ce qu'il entre auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dans la maison de 'Aïcha. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) était recouvert d'un vêtement 25 dans un coin de la maison, sur lui un manteau rayé du Yémen 26. Il s'avança jusqu'à découvrir le visage du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Il dit : Puis il se tourna.
- ghumira : Submergé par la maladie, c'est-à-dire qu'il perdit connaissance ou fut accablé par la fièvre.
- mikhḍab : Grand récipient ou bassine utilisé pour laver les vêtements ou pour se laver.
- al-lāfiẓa : Qui donnent sur la mosquée, c'est-à-dire les portes qui s'ouvrent vers l'intérieur de la mosquée.
- khalīl : Ami intime, au sens d'un amour exclusif et d'une proximité spirituelle, comme Abraham fut pris comme khalil par Allah.
- inkamasha : Se hâter, s'empresser dans une affaire.
- farsakh : Unité de distance équivalant à environ 5,76 km.
- thaqula : S'alourdir, c'est-à-dire que sa maladie s'aggrava au point qu'il devint lourd et faible.
- ʿaybatī : Mon réceptacle, c'est-à-dire ceux en qui j'avais confiance et à qui je confiais mes secrets, comme un coffre.
- ludūd : Action d'administrer un remède liquide par le côté de la bouche, souvent en versant le liquide dans la gorge du patient.
- dhāt al-janb : Pleurésie, inflammation de la plèvre, considérée comme une maladie grave.
- ar-rafīq al-aʿlā : Le Compagnon Très-Haut, désignant Allah ou la compagnie des prophètes et des élus au Paradis.
- takbîr : Prononciation de 'Allâhu akbar' (Dieu est le plus grand) pour commencer la prière.
- mijhar : Homme à la voix forte et sonore.
- afraqa : Il a guéri, il a été soulagé de sa maladie.
- al-Sunh : Localité près de Médine où se trouvaient les maisons de certains Compagnons.
- fitan : Tentations, épreuves, troubles.
- bint Khârija : Il s'agit de la femme d'Abû Bakr, dont le père s'appelait Khârija.
- 'abd al-'asâ : Expression signifiant 'esclave du bâton', c'est-à-dire soumis à l'autorité, ou désignant celui qui sera frappé par le bâton du pouvoir.
- siwâk : Bâtonnet utilisé pour se nettoyer les dents, traditionnellement à base de bois d'arak.
- al-rafîq al-a'lâ : Le Compagnon Très-Haut, désignant Dieu ou la compagnie des élus au Paradis.
- qubiḍa : Il fut rappelé, c'est-à-dire il mourut.
- bayna saḥrî wa naḥrî : Entre ma poitrine et mon cou, c'est-à-dire sur sa poitrine.
- dawlatî : Mon tour, faisant référence au tour de 'Â'isha parmi les épouses du Prophète.
- altadimu : Se frapper le visage en signe de deuil.
- musajjan : Recouvert d'un vêtement, enveloppé dans un linceul ou une couverture.
- burd hibara : Manteau rayé du Yémen, tissu précieux à rayures.
L'affaire de Saqîfat Banî Sâ'ida [1]
Il l'embrassa, puis dit : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! Quant à la mort que Dieu t'a prescrite, tu l'as goûtée, et après cela, aucune mort ne t'atteindra jamais. » Puis il remit le manteau sur le visage de l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), sortit, et trouva 'Umar en train de parler aux gens. Il dit : « Doucement, ô 'Umar, tais-toi. » Mais 'Umar refusa et continua de parler. Quand Abou Bakr vit qu'il ne se taisait pas, il se tourna vers les gens. Dès que les gens entendirent sa parole, ils se tournèrent vers lui et laissèrent 'Umar. Il loua Dieu, Le glorifia, puis dit : « Ô gens ! Que celui qui adore Muhammad sache que Muhammad est mort ; que celui qui adore Dieu sache que Dieu est Vivant et ne meurt pas. » Puis il récita ce verset : « Muhammad n'est qu'un messager ; des messagers ont passé avant lui. S'il meurt ou s'il est tué, retournerez-vous sur vos talons ? Quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Dieu, et Dieu récompensera les reconnaissants. » [Coran 3:144]. Le narrateur dit : « Par Dieu, les gens n'avaient pas su que ce verset avait été révélé jusqu'à ce qu'Abou Bakr le récite ce jour-là. » Il ajouta : « Les gens le prirent d'Abou Bakr, et il fut dans leurs bouches. » Abou Hourayra dit : « 'Umar dit : 'Par Dieu, dès que j'entendis Abou Bakr le réciter, je fus terrassé 1 et tombai à terre, mes jambes ne me portant plus, et je sus que l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) était mort.' » **L'affaire de la Saqîfa des Banû Sâ'ida** (La division de la communauté) : Ibn Ishâq dit : « Quand l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) mourut, ce clan des Ansâr 2 se rassembla autour de Sa'd ibn 'Ubâda dans la Saqîfa des Banû Sâ'ida. 'Alî ibn Abî Tâlib, al-Zubayr ibn al-'Awwâm et Talha ibn 'Ubayd Allâh se retirèrent dans la maison de Fâtima. Le reste des Muhâjirûn 3 se rassembla autour d'Abou Bakr, et avec eux Usayd ibn Hudayr, des Banû 'Abd al-Ashhal. Un homme vint trouver Abou Bakr et 'Umar et dit : 'Ce clan des Ansâr, avec Sa'd ibn 'Ubâda, s'est rassemblé dans la Saqîfa des Banû Sâ'ida ; si vous avez quelque chose à dire concernant la direction des gens, hâtez-vous avant que leur affaire ne s'aggrave, alors que l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) est encore dans sa maison, sans que son affaire soit réglée, sa famille ayant fermé la porte sur lui.' 'Umar dit : 'Je dis à Abou Bakr : Partons vers nos frères des Ansâr, pour voir ce qu'ils font.' » (Ibn 'Awf et son conseil à 'Umar au sujet de l'allégeance à Abou Bakr) : Ibn Ishâq dit : « Au sujet de la Saqîfa, quand les Ansâr s'y rassemblèrent, 'Abd Allâh ibn Abî Bakr me rapporta d'après Ibn Shihâb al-Zuhrî, d'après 'Ubayd Allâh ibn 'Abd Allâh ibn 'Utba ibn Mas'ûd, d'après 'Abd Allâh ibn 'Abbâs, qui dit : 'Abd al-Rahmân ibn 'Awf m'informa, disant : J'étais dans sa demeure à Minâ, l'attendant, alors qu'il était chez 'Umar à la fin du pèlerinage que 'Umar accomplit. 'Abd al-Rahmân ibn 'Awf revint de chez 'Umar et me trouva dans sa demeure à Minà, l'attendant ; je lui faisais réciter le Coran.' Ibn 'Abbâs dit : 'Abd al-Rahmân ibn 'Awf me dit : 'Si tu avais vu un homme venir chez le Commandeur des croyants et dire : « Ô Commandeur des croyants, que penses-tu d'un tel qui dit : Par Dieu, si 'Umar ibn al-Khattâb mourait, j'aurais déjà prêté allégeance à un tel ; par Dieu, l'allégeance à Abou Bakr ne fut qu'un coup de fortune 4 qui s'est accompli. » 'Umar se fâcha et dit : « Si Dieu le veut, je me lèverai ce soir devant les gens et les mettrai en garde contre ceux qui veulent usurper leur autorité. » 'Abd al-Rahmân dit : « Je dis : Ô Commandeur des croyants, ne fais pas cela, car la saison du pèlerinage rassemble la populace et la racaille 5 ; ce sont eux qui prédomineront autour de toi quand tu te lèveras devant les gens. Je crains que tu ne dises une parole que ceux-là répandront partout, sans la comprendre ni la mettre à sa juste place. Attends donc d'arriver à Médine, car c'est la demeure de la Sunna 6 ; tu t'adresseras aux gens de confiance et aux notables, et tu diras ce que tu as à dire à Médine, en étant établi ; les gens de science comprendront ton discours et le mettront à sa juste place. » 'Umar dit : « Par Dieu, si Dieu le veut, je le ferai lors de la première allocution que je prononcerai à Médine. » » (Le discours de 'Umar au sujet de l'allégeance à Abou Bakr) : Ibn 'Abbâs dit : « Nous arrivâmes à Médine à la fin de Dhû l-Hijja. Le vendredi, je me hâtai de me rendre à la mosquée dès que le soleil eut décliné 7. Je trouvai Sa'îd ibn Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl assis près du coin du minbar ; je m'assis en face de lui, mon genou touchant le sien. Peu après, 'Umar ibn al-Khattâb sortit. Quand je le vis arriver, je dis à Sa'îd ibn Zayd : « Il va certainement prononcer aujourd'hui sur ce minbar un discours qu'il n'a pas prononcé depuis qu'il est devenu calife. » Sa'îd ibn Zayd me désapprouva et dit : « Que pourrait-il dire qu'il n'ait déjà dit ? » 'Umar s'assit sur le minbar. Quand les muezzins se turent, il se leva, loua Dieu comme Il le mérite, puis dit : « Ceci dit, je vais vous dire aujourd'hui une parole qu'il m'a été destiné de dire ; je ne sais si elle précède ma mort. Que celui qui la comprend et la retient la mette en pratique où qu'il se trouve ; que celui qui craint de ne pas la retenir sache qu'il n'est permis à personne de mentir sur moi. Dieu envoya Muhammad et fit descendre sur lui le Livre. Parmi ce qu'Il fit descendre sur lui, il y eut le verset de la lapidation 8. Nous le lûmes, l'apprîmes et le retînmes. L'Envoyé de Dieu lapida et nous lapidâmes après lui. Je crains qu'avec le temps, quelqu'un ne dise : « Par Dieu, nous ne trouvons pas la lapidation dans le Livre de Dieu », et qu'ils ne s'égarent en délaissant une obligation que Dieu a révélée. La lapidation est dans le Livre de Dieu, une vérité pour quiconque fornique, homme ou femme, après avoir été marié, si la preuve est établie, ou s'il y a grossesse, ou aveu. Ensuite, nous lisions parmi ce que nous lisions du Livre de Dieu : « Ne reniez pas vos pères, car c'est une mécréance pour vous de renier vos pères. » Sachez que l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : « Ne me louez pas excessivement comme on a loué Jésus fils de Marie ; dites : Serviteur de Dieu et Son messager. » Ensuite, il m'est parvenu qu'un tel a dit : « Par Dieu, si 'Umar ibn al-Khattâb mourait, j'aurais prêté allégeance à un tel. » Que nul ne se laisse tromper en disant : « L'allégeance à Abou Bakr fut un coup de fortune qui s'est accompli. » Elle le fut, en effet, mais Dieu en a écarté le mal. Il n'y a parmi vous personne à qui les cous se tendent comme Abou Bakr. Quiconque prête allégeance à un homme sans consultation des musulmans, son allégeance n'est valable ni pour lui ni pour celui à qui il a prêté allégeance, de peur qu'ils ne soient tués 9. Voici notre histoire : quand Dieu rappela Son Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), les Ansâr s'opposèrent à nous ; ils se rassemblèrent avec leurs notables dans la Saqîfa des Banû Sâ'ida. 'Alî ibn Abî Tâlib, al-Zubayr ibn al-'Awwâm et ceux qui étaient avec eux se tinrent à l'écart. Les Muhâjirûn se rassemblèrent autour d'Abou Bakr. Je dis à Abou Bakr : « Partons vers nos frères des Ansâr. » Nous partîmes vers eux jusqu'à ce que nous rencontrions deux hommes pieux qui nous informèrent de ce sur quoi le groupe s'était mis d'accord. Ils dirent : « Où allez-vous, ô Muhâjirûn ? » Nous dîmes : « Nous allons vers nos frères des Ansâr. » Ils dirent : « Ne vous approchez pas d'eux, ô Muhâjirûn ; réglez votre affaire. » Je dis : « Par Dieu, nous irons à eux. » Nous partîmes jusqu'à les rejoindre dans la Saqîfa des Banû Sâ'ida. Au milieu d'eux se trouvait un homme emmitouflé 10. Je dis : »
Qui est-ce ? Ils dirent : Sa'd ibn 'Ubada. Je dis : Qu'a-t-il ? Ils dirent : Il est malade. Lorsque nous nous assîmes, leur orateur prononça le tashahhud 11, loua Allah comme Il le mérite, puis dit : « Pour ce qui suit, nous sommes les ansars 12 d'Allah et le bataillon de l'islam, et vous, ô communauté des muhajirun 13, vous êtes un groupe parmi nous. Or, une troupe de votre peuple est arrivée en hâte. » Il dit : Et voilà qu'ils voulaient nous détourner de notre origine et nous usurper le commandement. Lorsqu'il se tut, je voulus parler, et j'avais préparé en moi-même un discours qui me plaisait, que je voulais présenter devant Abu Bakr, car je ménageais en lui une certaine vivacité. Mais Abu Bakr dit : « Doucement, ô 'Umar. » Je détestai le mettre en colère, alors il parla, et il était plus savant et plus posé que moi. Par Allah, il ne laissa aucune parole qui m'avait plu dans ma préparation sans la dire sur-le-champ, ou une semblable, ou meilleure, jusqu'à ce qu'il se taise. Il dit : « Quant au bien que vous avez mentionné en vous, vous en êtes dignes, et les Arabes ne reconnaîtront ce commandement qu'à cette tribu de Quraysh 14 ; ils sont les plus nobles des Arabes en lignée et en demeure. Et j'ai agréé pour vous l'un de ces deux hommes : prêtez serment à celui que vous voudrez. » Et il prit ma main et celle d'Abu 'Ubayda ibn al-Jarrah, qui était assis entre nous. Je ne détestai rien de ce qu'il dit sauf cela. Par Allah, que je sois présenté et qu'on me tranche la tête, sans que cela m'approche d'un péché, m'eût été plus agréable que de commander à un peuple parmi lequel se trouve Abu Bakr. Un homme des ansars dit : « Je suis le petit tronc qu'on polit et le petit arbre qu'on soutient 15 ; de nous un émir, et de vous un émir, ô communauté de Quraysh. » Il dit : Les voix s'élevèrent et le tumulte augmenta, au point que je craignis la discorde. Je dis : « Tends ta main, ô Abu Bakr. » Il tendit sa main, et je lui prêtai serment, puis les muhajirun lui prêtèrent serment, puis les ansars. Et nous sautâmes sur Sa'd ibn 'Ubada, et quelqu'un dit : « Vous avez tué Sa'd ibn 'Ubada. » Je dis : « Qu'Allah tue Sa'd ibn 'Ubada. » (Identification des deux hommes qui rencontrèrent Abu Bakr et 'Umar sur le chemin de la Saqifa 16) : Ibn Ishaq dit : Al-Zuhri m'a rapporté que 'Urwa ibn al-Zubayr l'informa que l'un des deux hommes des ansars qu'ils rencontrèrent en allant à la Saqifa était 'Uwaym ibn Sa'ida, et l'autre Ma'n ibn 'Adi, frère des Banu al-'Ajlan. Quant à 'Uwaym ibn Sa'ida, il nous est parvenu qu'on dit au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue : « Qui sont ceux dont Allah, Puissant et Majestueux, a dit : "Dans lequel se trouvent des hommes qui aiment à se purifier, et Allah aime ceux qui se purifient" [Coran 9:108] ? » Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit : « Quel bon homme parmi eux est 'Uwaym ibn Sa'ida. » Quant à Ma'n ibn 'Adi, il nous est parvenu que les gens pleurèrent sur le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, lorsqu'Allah, Puissant et Majestueux, le rappela à Lui, et dirent : « Par Allah, nous aurions aimé être morts avant lui ; nous craignons d'être tentés après lui. » Ma'n ibn 'Adi dit : « Mais moi, par Allah, je n'aimerais pas être mort avant lui, afin de l'attester mort comme je l'ai attesté vivant. » Ma'n fut tué le jour d'al-Yamama, martyr, sous le califat d'Abu Bakr, le jour de Musaylima le menteur. (Discours de 'Umar avant Abu Bakr lors de la bay'a 17 générale) : Ibn Ishaq dit : Al-Zuhri m'a rapporté, d'après Anas ibn Malik, qui dit : Lorsqu'Abu Bakr eut reçu la bay'a à la Saqifa et que le lendemain fut venu, Abu Bakr s'assit sur le minbar 18. 'Umar se leva et parla avant Abu Bakr. Il loua Allah et Le glorifia comme Il le mérite, puis dit : « Ô gens, hier je vous ai dit une parole que je n'ai trouvée ni dans le Livre d'Allah, ni dans un engagement que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, m'aurait confié. Mais je pensais que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, allait diriger notre affaire, disant : "Il sera le dernier d'entre nous." Or Allah a laissé parmi vous Son Livre par lequel Il a guidé Son Messager, qu'Allah prie sur lui et le salue. Si vous vous y attachez, Allah vous guidera vers ce par quoi Il l'a guidé. Et Allah a réuni votre affaire sur le meilleur d'entre vous, le compagnon du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, le second des deux lorsqu'ils étaient dans la grotte 19. Levez-vous et prêtez-lui serment. » Les gens prêtèrent serment à Abu Bakr, la bay'a générale, après la bay'a de la Saqifa. (Discours d'Abu Bakr) : Abu Bakr parla, loua Allah et Le glorifia comme Il le mérite, puis dit : « Pour ce qui suit, ô gens, j'ai été investi de l'autorité sur vous, alors que je ne suis pas le meilleur d'entre vous. Si je fais le bien, aidez-moi ; si je fais le mal, redressez-moi. La vérité est un dépôt, le mensonge est une trahison. Le faible parmi vous est fort à mes yeux jusqu'à ce que je lui rende son droit, si Allah le veut. Le fort parmi vous est faible à mes yeux jusqu'à ce que je prenne le droit de lui, si Allah le veut. Un peuple n'abandonne pas le jihad 20 dans le chemin d'Allah sans qu'Allah ne le frappe d'humiliation. Et la turpitude ne se répand jamais dans un peuple sans qu'Allah ne l'enveloppe de calamité. Obéissez-moi tant que j'obéis à Allah et à Son Messager ; si je désobéis à Allah et à Son Messager, alors nul devoir de m'obéir. Levez-vous pour votre prière, qu'Allah vous fasse miséricorde. » Ibn Ishaq dit : Husayn ibn 'Abd Allah m'a rapporté, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbas, qui dit : Par Allah, je marchais avec 'Umar durant son califat, alors qu'il se dirigeait vers un besoin, tenant en main son fouet, sans personne d'autre avec moi. Il se parlait à lui-même et frappait le sabot de son pied avec son fouet. Soudain, il se tourna vers moi et dit : « Ô Ibn 'Abbas, sais-tu ce qui m'a poussé à tenir le propos que j'ai tenu à la mort du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue ? » Je dis : « Je ne sais pas, ô Commandeur des croyants ; tu es plus savant. » Il dit : « Par Allah, ce qui m'a poussé à cela n'est rien d'autre que le fait que je récitais ce verset : "Et ainsi Nous avons fait de vous une communauté du juste milieu, afin que vous soyez témoins contre les gens, et que le Messager soit témoin contre vous" [Coran 2:143]. Par Allah, je pensais que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, resterait dans sa communauté jusqu'à témoigner contre elle pour ses dernières actions. C'est cela qui m'a poussé à dire ce que j'ai dit. »
- faʿaqirtu : Signifie 'je fus terrassé' ou 'je restai stupéfait', littéralement 'je devins stérile' (comme une terre qui ne produit rien), indiquant une incapacité à réagir.
- al-Anṣār : Les 'Auxiliaires' : les habitants de Médine qui accueillirent et soutinrent le Prophète Muhammad et les émigrés de La Mecque.
- al-Muhājirūn : Les 'Émigrés' : les premiers musulmans qui quittèrent La Mecque pour Médine avec le Prophète.
- falta : Coup de fortune, événement imprévu et soudain, souvent utilisé pour décrire l'élection d'Abou Bakr comme calife, qui fut précipitée et sans consultation préalable.
- riʿāʿ al-nās wa-ghawghāʾahum : La populace et la racaille, désignant les gens de basse condition sociale et sans discernement.
- dār al-sunna : La 'demeure de la Sunna' : Médine, où la tradition prophétique est préservée et pratiquée.
- zālat al-shams : Le soleil a décliné de son zénith, indiquant l'heure de la prière de midi (zuhr).
- āyat al-rajm : Le 'verset de la lapidation' : un verset coranique qui aurait été révélé mais abrogé dans sa récitation, bien que son jugement (la lapidation des adultères mariés) reste en vigueur selon certains savants.
- taghirratan an yuqtalā : De peur qu'ils ne soient tués : expression signifiant que l'allégeance sans consultation expose à un danger mortel.
- muzammal : Emmitouflé, enveloppé dans un vêtement, indiquant que Sa'd ibn 'Ubāda était malade ou couvert.
- tashahhud : Formule de témoignage de foi prononcée lors des discours ou prières.
- ansars : Les 'auxiliaires' médinois qui accueillirent et soutinrent le Prophète Muhammad après l'Hégire.
- muhajirun : Les 'émigrants' mecquois qui suivirent le Prophète lors de l'Hégire à Médine.
- Quraysh : Tribu mecquoise dominante à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
- Je suis le petit tronc qu'on polit et le petit arbre qu'on soutient : Proverbe arabe signifiant 'je suis un homme d'expérience et de poids, prêt à être consulté et à servir'.
- Saqifa : La 'Saqifa des Banu Sa'ida', lieu où se réunirent les Ansars après la mort du Prophète pour désigner un successeur.
- bay'a : Serment d'allégeance prêté au calife ou au souverain.
- minbar : Chaire dans la mosquée d'où le prédicateur prononce le sermon.
- le second des deux lorsqu'ils étaient dans la grotte : Allusion à la grotte de Thawr où le Prophète et Abu Bakr se cachèrent lors de l'Hégire.
- jihad : Effort ou lutte dans le chemin d'Allah, pouvant inclure le combat armé défensif.
La toilette funéraire du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, et son inhumation.
Les préparatifs funéraires du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et son enterrement. (Qui s'est chargé du lavage du Messager) : Ibn Ishaq a dit : Lorsque Abou Bakr, qu'Allah l'agrée, eut reçu l'allégeance, les gens se consacrèrent aux préparatifs funéraires du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, le mardi. 'Abd Allah ibn Abi Bakr, Husayn ibn 'Abd Allah et d'autres de nos compagnons m'ont rapporté que 'Ali ibn Abi Talib, al-'Abbas ibn 'Abd al-Muttalib, al-Fadl ibn al-'Abbas, Qutham ibn al-'Abbas, Oussama ibn Zayd et Chouqran, l'affranchi du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, furent ceux qui se chargèrent de son lavage. Et que Aws ibn Khawli, l'un des Banu 'Awf ibn al-Khazraj, dit à 'Ali ibn Abi Talib : "Je t'adjure par Allah, ô 'Ali, de nous accorder notre part du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui." Or Aws faisait partie des compagnons du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et des participants à Badr. Il dit : "Entre." Il entra donc, s'assit et assista au lavage du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. 'Ali ibn Abi Talib l'adossa contre sa poitrine, tandis que al-'Abbas, al-Fadl et Qutham le retournaient avec lui. Oussama ibn Zayd et Chouqran, son affranchi, étaient ceux qui versaient l'eau sur lui, et 'Ali le lavait, l'ayant adossé contre sa poitrine, alors qu'il portait sa tunique 1, le massant à travers elle, sans que sa main ne touche directement le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Et 'Ali disait : "Que mon père et ma mère te soient sacrifiés ! Que tu es bon, vivant et mort !" Et l'on ne vit du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, rien de ce que l'on voit d'ordinaire chez un mort. (Comment le Messager fut lavé) : Ibn Ishaq a dit : Yahya ibn 'Abbad ibn 'Abd Allah ibn az-Zubayr m'a rapporté, d'après son père 'Abbad, d'après 'Aïcha, qu'elle a dit : Lorsqu'ils voulurent laver le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, ils divergèrent à ce sujet. Ils dirent : "Par Allah, nous ne savons pas : devons-nous dévêtir le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, de ses vêtements comme nous dévêtons nos morts, ou le laver avec ses vêtements ?" Elle dit : Alors qu'ils étaient en désaccord, Allah leur envoya le sommeil, au point qu'il n'y avait aucun homme dont le menton ne touchât sa poitrine. Puis quelqu'un leur parla depuis un coin de la maison, sans qu'ils sachent qui c'était : "Lavez le Prophète avec ses vêtements." Elle dit : Ils se levèrent alors vers le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et le lavèrent avec sa tunique, versant l'eau par-dessus la tunique et le massant, la tunique étant entre leurs mains. (Linceul du Messager) : Ibn Ishaq a dit : Lorsqu'ils eurent fini de laver le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, il fut enveloppé dans trois vêtements : deux vêtements de Souhar 2 et un manteau rayé du Yémen 3, dans lesquels il fut enveloppé d'une seule pièce, comme me l'a rapporté Ja'far ibn Muhammad ibn 'Ali ibn al-Husayn, d'après son père, d'après son grand-père 'Ali ibn al-Husayn, et az-Zuhri, d'après 'Ali ibn al-Husayn. (Creusement de la tombe) : Ibn Ishaq a dit : Husayn ibn 'Abd Allah m'a rapporté, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbas, qui a dit : Lorsqu'ils voulurent creuser la tombe du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, – or Abou 'Oubayda ibn al-Jarrah creusait à la manière des gens de la Mecque, c'est-à-dire en forme de fosse 4, tandis qu'Abou Talha Zayd ibn Sahl était celui qui creusait pour les gens de Médine, et il creusait en forme de niche 5 – al-'Abbas appela deux hommes et dit à l'un : "Va chez Abou 'Oubayda ibn al-Jarrah", et à l'autre : "Va chez Abou Talha. Ô Allah, choisis pour Ton Messager !" Celui qui était allé chez Abou Talha le trouva et l'amena, et il creusa une niche pour le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. (Enterrement du Messager et prière sur lui) : Lorsqu'ils eurent fini les préparatifs funéraires du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, le mardi, il fut placé sur son lit dans sa maison. Or les musulmans avaient divergé au sujet de son enterrement. Certains dirent : "Enterrons-le dans sa mosquée." D'autres dirent : "Enterrons-le plutôt avec ses compagnons." Abou Bakr dit alors : "J'ai entendu le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dire : 'Aucun prophète n'a été rappelé à Allah sans avoir été enterré là où il est mort.'" On souleva donc la couche du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, sur laquelle il était mort, et on creusa pour lui en dessous. Ensuite, les gens entrèrent auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, pour prier sur lui par groupes successifs 6 : les hommes entrèrent, et lorsqu'ils eurent fini, on fit entrer les femmes ; lorsque les femmes eurent fini, on fit entrer les enfants. Et personne ne dirigea la prière sur le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Puis le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, fut enterré au milieu de la nuit, dans la nuit du mercredi. (Enterrement du Messager) : Ibn Ishaq a dit : 'Abd Allah ibn Abi Bakr m'a rapporté, d'après sa femme Fatima bint 'Umara, d'après 'Amra bint 'Abd ar-Rahman ibn As'ad 7 ibn Zurara, d'après 'Aïcha, qu'Allah l'agrée, (que l'enterrement eut lieu) au cœur de la nuit, dans la nuit du mercredi. (Qui s'est chargé de l'enterrement du Messager) : Ceux qui descendirent dans la tombe du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, furent 'Ali ibn Abi Talib, al-Fadl ibn 'Abbas, Qutham ibn 'Abbas et Chouqran, l'affranchi du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Et Aws ibn Khawli avait dit à 'Ali ibn Abi Talib : "Ô 'Ali, je t'adjure par Allah, (accorde-nous) notre part du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui." Il lui dit : "Descends." Il descendit donc avec les gens. Quant à son affranchi Chouqran, lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, fut placé dans sa fosse et que l'on construisit (la tombe) sur lui, il prit une petite couverture 8 que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, portait et utilisait comme tapis, et l'enterra dans la tombe, en disant : "Par Allah, personne ne la portera après toi, jamais." Il dit : Elle fut donc enterrée avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. (La personne la plus récemment en contact avec le Messager) : Al-Mughira ibn Shu'ba prétendait être la personne la plus récemment en contact avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, disant : "Je pris ma bague et la jetai dans la tombe, et je dis : 'Ma bague m'est tombée.' Mais je l'avais jetée délibérément pour toucher le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et être ainsi la personne la plus récemment en contact avec lui, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui." Ibn Ishaq a dit : Mon père Ishaq ibn Yasar m'a rapporté, d'après Miqsam Abou al-Qasim, l'affranchi de 'Abd Allah ibn al-Harith ibn Nawfal, d'après son maître 'Abd Allah ibn al-Harith, qui a dit : J'accomplis la 'Umra 9 avec 'Ali ibn Abi Talib, que la satisfaction d'Allah soit sur lui, à l'époque de 'Omar ou à l'époque de 'Othman. Il descendit chez sa sœur Oumm Hani' bint Abi Talib. Lorsqu'il eut terminé sa 'Umra, il revint, on lui prépara de l'eau pour le bain, et il se lava. Quand il eut fini de se laver, un groupe d'Irakiens entra chez lui et dit : "Ô Abou Hassan, nous sommes venus te poser une question au sujet de laquelle nous aimerions que tu nous informes." Il dit : "Je pense qu'al-Mughira ibn Shu'ba vous raconte qu'il était la personne la plus récemment en contact avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui." Ils dirent : "Oui, c'est à ce sujet que nous sommes venus te questionner." Il dit : "Il a menti. La personne la plus récemment en contact avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, est Qutham ibn 'Abbas." (La petite couverture du Messager) : Ibn Ishaq a dit : Salih ibn Kaysan m'a rapporté, d'après az-Zuhri, d'après 'Oubayd Allah ibn 'Abd Allah ibn 'Utba, que 'Aïcha lui a raconté, disant : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, portait une petite couverture noire 10 lorsque sa maladie s'aggrava. Elle dit : Il la mettait tantôt sur son visage, tantôt l'en découvrait, et disait : "Qu'Allah maudisse un peuple qui a pris les tombes de leurs prophètes comme lieux de prière", mettant en garde sa communauté contre cela. Ibn Ishaq a dit : Salih ibn Kaysan m'a rapporté, d'après az-Zuhri, d'après 'Oubayd Allah ibn 'Abd Allah ibn 'Utba, d'après 'Aïcha, qui a dit : La dernière recommandation du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, fut : "Qu'il ne reste pas deux religions dans la péninsule arabique."
L'épreuve des musulmans après la mort du Messager : Ibn Isḥāq a dit : Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — mourut, l'épreuve des musulmans fut immense. ʿĀʾisha, selon ce qui m'est parvenu, disait : « Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — mourut, les Arabes apostasièrent, le judaïsme et le christianisme se redressèrent 11, l'hypocrisie apparut 12, et les musulmans devinrent comme des moutons exposés à la pluie dans une nuit d'hiver, à cause de la perte de leur Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — jusqu'à ce que Dieu les rassemble autour d'Abū Bakr. » Ibn Hishām a dit : Abū ʿUbayda et d'autres savants m'ont rapporté que la plupart des habitants de La Mecque, lorsque...
- qamīṣ : Tunique longue, vêtement de dessous porté par les hommes.
- Ṣuḥārī : Tissu de lin blanc provenant de Souhar, ville d'Oman.
- burd ḥabira : Manteau rayé du Yémen, tissu de laine ou de coton à rayures.
- ḍarḥ : Tombe en forme de fosse, sans niche latérale, typique des Mecquois.
- laḥd : Tombe avec une niche latérale creusée dans le côté de la fosse, typique des Médinois.
- arsāl : Groupes successifs, sans imam, chaque groupe priant individuellement.
- As'ad : Nom propre, probablement As'ad ibn Zurara, compagnon.
- qaṭīfa : Petite couverture ou tapis de laine, souvent à poils longs.
- ʿUmra : Pèlerinage mineur à La Mecque, effectué à tout moment de l'année.
- khamīṣa sawdāʾ : Manteau ou couverture noire en laine, souvent à motifs.
- ishra'abbat : Se redressèrent, se relevèrent, reprirent vigueur.
- najama al-nifāq : L'hypocrisie apparut, se manifesta.
شعر حسان بن ثابت في مرثيته الرسول [1]
Lorsque le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — mourut, ils songèrent à revenir sur l'islam et le voulurent, au point que 'Attâb ibn Asîd 1 les craignit et se cacha. Alors Suhayl ibn 'Amr se leva, loua Allah et Le glorifia, puis évoqua la mort du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et dit : « Cela n'a fait qu'ajouter de la force à l'islam. Quiconque nous suspecte, nous lui tranchons le cou. » Alors les gens revinrent sur leur décision et cessèrent ce qu'ils avaient projeté, et 'Attâb ibn Asîd réapparut. Voici donc la situation que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — visait dans sa parole à 'Umar ibn al-Khattâb : « Il se peut qu'il occupe une position où tu ne le blâmeras pas. » Poème de Hassân ibn Thâbit dans son élégie du Messager Et Hassân ibn Thâbit dit, pleurant le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue —, d'après ce que nous a rapporté Ibn Hishâm d'après Abû Zayd al-Ansârî : À Tayba 2 une trace du Messager et un lieu saint, lumineux, alors que les traces s'effacent et disparaissent. Et les signes ne s'effacent pas de la demeure sacrée où se trouve la chaire 3 du Guide qui montait. Des vestiges clairs et des marques qui demeurent, et une cour où il y a un oratoire et une mosquée. Là des chambres 4 au milieu desquelles il descendait, une lumière d'Allah dont on s'éclaire et qui brûle. Des lieux connus dont les signes, malgré le temps, n'ont pas été effacés ; la vétusté les a atteints, mais les signes s'en renouvellent. J'y ai reconnu la trace du Messager et son pacte, et une tombe où l'a enseveli, dans la poussière, un fossoyeur. Je suis resté là à pleurer le Messager, et des yeux m'ont secondé, et d'autres, semblables, des paupières, sont secondés. Ils rappellent les bienfaits du Messager, mais je ne vois personne qui les dénombre pour mon âme, et mon âme s'engourdit. Affligée, que la perte d'Ahmad 5 a consumée, elle reste à énumérer les bienfaits du Messager. Elle n'a atteint, de toute chose, sa mesure, mais pour mon âme, après ce qu'elle a éprouvé de chagrin, elle a prolongé son arrêt, versant des larmes de toutes ses forces sur les vestiges de la tombe où est Ahmad. Sois béni, ô tombe du Messager, et bénie soit la contrée où a séjourné le guide bien dirigé. Et béni soit le caveau qui renferme un être pur, surmonté d'une construction de dalles superposées. Des mains et des yeux y versent la terre, et par cela, les plus heureux 6 ont été comblés. Ils ont enseveli une sagesse, une science et une miséricorde, le soir où ils l'ont élevé sur la terre, sans coussin. Ils sont repartis tristes, sans leur Prophète parmi eux, et leurs dos et leurs bras se sont affaiblis. Ils pleurent Celui que les cieux pleurèrent ce jour-là, et que la terre pleura ; les hommes sont les plus accablés. La calamité d'un mort a-t-elle jamais égalé la calamité du jour où Muhammad mourut ? Le lieu de la révélation 7 s'est interrompu pour eux, alors qu'il était une lumière qui déclinait et montait. Il guide vers le Tout Miséricordieux celui qui le suit, et sauve de l'horreur des humiliations et dirige. Un imam pour eux, qui les guide vers la vérité avec effort, un maître de vérité : s'ils lui obéissent, ils sont heureux. Indulgent pour les fautes, il accepte leurs excuses ; et s'ils font le bien, Allah est plus généreux en bien. Et si une affaire survenait qu'ils ne pouvaient porter, de lui venait la facilitation de ce qui était difficile. Alors qu'ils étaient dans la grâce d'Allah, parmi eux un guide, par qui la voie droite est visée. Il lui était pénible qu'ils s'écartent de la guidée, soucieux qu'ils soient droits et guidés. Tendre envers eux, il ne repliait pas son aile vers un refuge qui les abritait et les préparait. Alors qu'ils étaient dans cette lumière, voilà qu'une flèche de la mort, visant juste, atteignit leur lumière. Et le Loué 8 retourna vers Allah, pleuré par les envoyés véridiques et loué. Et les contrées sacrées devinrent désertes, leurs plaines, par l'absence de ce qu'elles connaissaient de la révélation. Désertes, sauf la tombe habitée qu'a rejointe un être perdu, que pleurent les dalles et les tamaris. Et sa mosquée : les lieux désolés par sa perte sont vides, où il y avait pour lui une station et un siège. Et à la grande Jamra 9, là, se sont désolées des demeures, des espaces, une cour et un lieu de naissance. Pleure donc le Messager d'Allah, ô œil, d'une larme, et que je ne te voie jamais, le temps durant, ta larme se figer. Qu'as-tu à ne pas pleurer Celui de la grâce qui, sur les hommes, est un vêtement ample qui les couvre ? Répands donc sur lui des larmes et lamente-toi pour la perte de celui dont il n'y a pas de pareil dans le temps. Les disparus passés n'ont pas perdu un pareil à Muhammad, et nul pareil à lui ne sera perdu jusqu'à la Résurrection. Plus chaste, plus fidèle à ses engagements, plus proche par son don non avare, et plus prodigue de biens précieux et anciens, quand l'homme généreux est avare de ce qu'il amasse. De plus noble renom dans les tribus, quand on se réclame, et de plus noble aïeul, un Qurayshite 10 devenu seigneur. De plus inaccessible sommets, et de plus solides, dans les hauteurs, des piliers de gloire élevés. De plus solide racine parmi les racines, et de plus noble origine, un rameau nourri par la pluie, et le rameau est flexible. Son Seigneur l'a élevé enfant, et sa perfection s'est accomplie sur les meilleurs des biens, un Seigneur glorifié. La charge des musulmans aboutit à sa main : ni la science n'est retenue, ni l'avis n'est égaré. Je dis — et nul ne trouvera à redire à ma parole, parmi les gens, sauf celui qui a l'esprit absent, éloigné — et mon désir ne me détourne pas de sa louange : peut-être par elle, au jardin de l'éternité, je demeurerai éternellement. Avec l'Élu, j'espère par cela son voisinage, et pour atteindre ce jour, je m'efforce et je peine. Et Hassân ibn Thâbit dit aussi, pleurant le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue : Qu'a donc ton œil à ne pas dormir, comme si ses bords étaient enduits du collyre de l'ophtalmique ? Par chagrin pour le Mahdi 11 qui est devenu gisant : Ô le meilleur de ceux qui foulèrent le gravier, ne t'éloigne pas. Que mon visage te préserve de la poussière ! Hélas, que n'ai-je été enseveli avant toi dans le Baqî' al-Gharqad 12 ! Que mon père et ma mère soient sacrifiés pour celui dont j'ai assisté à la mort, le lundi, le Prophète bien guidé. Je suis resté après sa mort, hébété, errant : Ô que n'ai-je pas été engendré ! Resterai-je après toi à Médine parmi eux ? Ô que n'ai-je été abreuvé du venin du serpent noir ! Ou que l'ordre d'Allah s'accomplisse sur nous promptement, dans une soirée de notre jour ou de demain, pour que notre Heure vienne et que nous rencontrions le Pur, aux qualités pures, au noble lignage. Ô fils unique d'Âmina 13, dont l'unique est béni, elle l'a enfanté, protégée, avec la chance des plus chanceux. Une lumière qui a illuminé toute la création : celui qui est guidé vers la lumière bénie est bien guidé. Ô Seigneur, rassemble-nous ensemble avec notre Prophète dans un jardin dont les yeux des envieux se détournent. Dans le jardin du Firdaws 14, inscris-le pour nous, ô Détenteur de la majesté, de la hauteur et de la seigneurie. Par Allah, tant que je vivrai, je n'entendrai parler d'aucun mort sans pleurer le Prophète Muhammad. Malheur aux Ansâr 15 du Prophète et à sa parenté, après la disparition dans le creux de la tombe. La contrée s'est rétrécie pour les Ansâr, et ils sont devenus au visage noir comme la couleur de l'antimoine. Nous l'avons pourtant enfanté, et sa tombe est parmi nous, et les surplus de sa grâce envers nous, nous ne les avons pas niés. Allah nous a honorés par lui et a guidé par lui ses Ansâr à chaque heure de combat. Qu'Allah prie sur lui, ainsi que ceux qui entourent Son Trône et les purs, sur le béni Ahmad. Ibn Ishâq dit : Et Hassân ibn Thâbit dit, pleurant le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue : Annonce aux pauvres que le bien les a quittés avec le Prophète, parti d'eux à l'aube. Qui a maintenant mon bagage et ma monture, et la subsistance de ma famille, s'ils ne voient pas la pluie ? Ou qui pourrions-nous réprimander sans craindre ses réactions, quand la langue devient insolente dans la parole ou trébuche ? Il était la clarté et la lumière que nous suivions après Allah, et il était l'ouïe et la vue. Plût à Allah que, le jour où ils l'ont mis dans son caveau, l'ont enseveli et ont jeté sur lui la terre, Allah n'eût laissé après lui personne parmi nous, et qu'aucune femelle ni mâle n'eût survécu après lui. Les nuques des Banû al-Najjâr 16 se sont humiliées toutes, et c'était une affaire décrétée par Allah. Le butin 17 a été partagé sans tous les gens, et ils l'ont dispersé ouvertement entre eux, en vain. Et Hassân ibn Thâbit dit aussi, pleurant le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue : J'ai juré — il n'y a personne parmi tous les hommes, en m'efforçant, qui ait fait de ma part un serment pieux sans égarement —
Par Dieu, aucune femme n'a porté ni enfanté... tel le Messager, prophète de la nation, le guide. Et Dieu n'a créé aucune de Ses créatures... plus fidèle à la protection d'un voisin ou à un rendez-vous, Que celui qui était parmi nous une lumière... béni dans ses affaires, juste et guide. Tes femmes ont déserté les maisons, ne... plantant plus de piquets derrière un rideau. Telles des nonnes, elles portent des habits grossiers, ayant... la certitude de la misère après l'opulence passée. Ô le meilleur des hommes ! J'étais dans un fleuve... et me voici comme un assoiffé esseulé.
- ʿAttāb ibn Asīd : Compagnon nommé gouverneur de La Mecque par le Prophète.
- Ṭayba : Surnom de Médine, signifiant 'la bonne'.
- minbar : Chaire de la mosquée du Prophète à Médine.
- ḥujurāt : Chambres des épouses du Prophète attenantes à la mosquée.
- Aḥmad : Un des noms du Prophète Muhammad, signifiant 'le plus loué'.
- asʿad : Allusion aux 'plus heureux' (les croyants) ou à Saʿd ibn ʿUbāda.
- manzil al-waḥy : Lieu de la révélation coranique, désignant le Prophète.
- Maḥmūd : Un des noms du Prophète, signifiant 'loué'.
- al-jamra al-kubrā : La grande stèle de lapidation à Minā, près de La Mecque.
- abṭaḥī : Relatif à al-Baṭḥā', vallée de La Mecque ; désigne un Qurayshite.
- al-Mahdī : Le bien guidé, titre du Prophète Muhammad.
- Baqīʿ al-Gharqad : Cimetière principal de Médine.
- Āmina : Mère du Prophète Muhammad.
- Firdaws : Le plus haut degré du Paradis.
- Anṣār : Les 'auxiliaires' musulmans de Médine ayant accueilli le Prophète.
- Banū al-Najjār : Tribu médinoise à laquelle appartenait le grand-père maternel du Prophète.
- al-fayʾ : Butin pris sans combat, géré par le Prophète.
Les notes et commentaires
Les références auxquelles nous avons recouru dans cette recherche sont : Bughyat al-Wu‘āt d’al-Suyūṭī, Tārīkh d’Ibn Kathīr, Tārīkh Ādāb al-Lugha al-‘Arabiyya de Jurjī Zaydān, Tārīkh Baghdād d’al-Khaṭīb al-Baghdādī, Tahdhīb al-Tahdhīb d’al-‘Asqalānī, Ḥusn al-Muḥāḍara d’al-Suyūṭī, Ḍuḥā al-Islām d’Aḥmad Amīn, al-Ṭabaqāt al-Kubrā d’Ibn Sa‘d, ‘Uyūn al-Athar fī al-Maghāzī wa al-Shamā’il wa al-Siyar d’Ibn Sayyid al-Nās, al-Fihrist d’Ibn al-Nadīm, Kashf al-Ẓunūn de Kātib Çelebi, al-Kamāl fī Ma‘rifat al-Rijāl d’Ibn al-Najjār, Mu‘jam al-Udabā’ et Mu‘jam al-Buldān de Yāqūt, Mu‘jam mā Ista‘jam d’al-Bakrī, al-Wasīṭ d’Aḥmad al-Iskandarī et Muṣṭafā ‘Anānī, Wafayāt al-A‘yān d’Ibn Khallikān. À la Dār al-Kutub al-Miṣriyya 1, il y a deux copies manuscrites de la Sīra d’Ibn Fāris sous les numéros 460 et 494 Tārīkh. Ibn Sayyid al-Nās a son livre « ‘Uyūn al-Athar fī Funūn al-Maghāzī wa al-Shamā’il wa al-Siyar », et à la Dār al-Kutub al-Miṣriyya se trouve une copie manuscrite de son introduction. Il a une « Risāla fī al-Sīra wa al-Mawlid al-Nabawī » à la Dār al-Kutub al-Miṣriyya, manuscrite (sous le numéro 494 Majāmī‘ Tārīkh). Son livre s’intitule « Risāla fī al-Sīra wa al-Mawlid al-Nabawī », inclus dans un recueil manuscrit à la Dār al-Kutub al-Miṣriyya avec la Risāla précédente (sous le numéro 494 Majāmī‘ Tārīkh). Son titre est : « Subul al-Hudā wa al-Rashād fī Sīrat Khayr al-‘Ibād... etc. ». Il en existe à la Dār al-Kutub al-Miṣriyya deux copies manuscrites : l’une en quatre volumes, et l’autre dont seuls deux volumes subsistent, le troisième et le cinquième. Son titre est : « Insān al-‘Uyūn fī Sīrat al-Amīn al-Ma’mūn ‘alayhi al-Ṣalāt wa al-Salām ». Il en existe à la Dār al-Kutub plus d’une copie. Il a intitulé son livre : « al-Mawrid al-‘Adhb al-Hanī fī al-Kalām ‘alā Sīrat ‘Abd al-Ghanī ». C’est le Ḥāfiẓ ‘Alā’ al-Dīn Mughulṭāy, né en 689 H et mort en Sha‘bān 762 H. Il a, dans la Sīra et l’histoire, un livre intitulé « al-Ishāra ilā Sīrat al-Muṣṭafā wa Āthār min Ba‘dihi min al-Khulafā’ », qu’il a achevé jusqu’à la fin du discours sur l’État abbasside en 656 H. Il en existe à la Dār al-Kutub plus d’une copie, toutes manuscrites. On pense qu’il existe, de la copie originale de la riwāya 2 d’Ibn Isḥāq, une copie à la bibliothèque Köprülü à Istanbul. Voir le livre al-Maghāzī al-Ūlā wa Mu’allifūhā de Horovitz, traduction du Dr Ḥusayn Naṣṣār, p. 64 et suivantes. Al-Ṣafadī a dit dans Nakt al-Himyān : « On ne voit Suhayl 3 dans tout le Maghreb que depuis une montagne surplombant ce village ». Voir la deuxième partie de Khizānat al-Adab fī Sharḥ al-Shāhid al-Thānī wa al-Thālathīn ba‘d al-Arba‘imi’a, p. 529 de l’édition de Būlāq. Ce qui est entre parenthèses () est un ajout de A. On dit que le nom de ‘Abd al-Muṭṭalib est ‘Āmir (comme dans al-Ma‘ārif d’Ibn Qutayba et Sharḥ al-Mawāhib al-Laduniyya, vol. 1, p. 71, édition de l’imprimerie al-Azhariyya). Le correct est que son nom est « Shayba », comme l’a indiqué al-Suhaylī dans al-Rawḍ al-Unuf. Il a été ainsi nommé parce qu’il est né avec une mèche blanche [shayba] dans les cheveux. Quant aux autres Arabes qui portent le nom de Shayba, ils l’ont choisi par optimisme. ‘Abd al-Muṭṭalib a vécu cent quarante ans et était contemporain du poète ‘Ubayd ibn al-Abraṣ. Son nom est Quraysh, et c’est à lui que la tribu est attribuée. On dit aussi que Fihr est son nom, et Quraysh est son surnom. Il a été rapporté des généalogistes arabes qu’ils ont dit : « Quiconque dépasse Fihr n’est pas de Quraysh » (voir Sharḥ al-Mawāhib al-Laduniyya, vol. 1, p. 75). Son nom est Qays, et il a été surnommé al-Naḍr à cause de l’éclat [naḍāra] de son visage. Sa mère est Barra bint Murr ibn Tābikha. Son père Kināna l’a épousée après la mort de son père Khuzayma, et elle lui a donné Naḍr, selon la pratique de la Jāhiliyya 4 : quand un homme mourait, son fils aîné (d’une autre mère) épousait sa veuve. Al-Jāḥiẓ a mentionné que c’est une erreur due à une confusion, car Kināna a épousé la veuve de son père, mais elle est morte sans lui donner d’enfant mâle ou femelle ; il a alors épousé la fille de sa sœur, Barra bint Murr ibn Murr ibn Tābikha, qui a donné naissance à al-Naḍr (voir Sharḥ al-Mawāhib al-Laduniyya). C’est ce que dit Ibn Isḥāq ; le correct selon la majorité est que son nom est ‘Amr. Les propos des généalogistes divergent après ‘Adnān, au point qu’ils ne s’accordent presque jamais sur un ancêtre sans diverger sur celui qui est au-dessus. Il a été rapporté du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) que lorsqu’il énumérait sa généalogie, il ne dépassait pas ‘Adnān ibn Udad, puis s’arrêtait en disant : « Les généalogistes mentent ». ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb a dit : « Je remonte ma généalogie jusqu’à Ma‘add ibn ‘Adnān, mais je ne sais pas ce qu’il y a au-delà ». Et Sulaymān ibn Abī Khaythama a dit : « Nous n’avons trouvé, dans la science d’aucun savant ni dans la poésie d’aucun poète, quelqu’un qui connaisse ce qui est au-delà de Ma‘add ibn ‘Adnān et Ya‘rub ibn Qaḥṭān ». Ajout de A. Certains généalogistes pensent que Udad est le fils d’Udad, et qu’ils ne sont pas une seule personne. Ils disent que la mère d’Udad est al-Na‘jā’ bint ‘Amr ibn Tubba‘, et que la mère d’Udad est Ḥayya, qui est de Qaḥṭān (voir Uṣūl al-Aḥsāb wa Fuṣūl al-Ansāb d’al-Jawānī, manuscrit conservé à la Dār al-Kutub al-Miṣriyya sous le numéro 2015 Tārīkh). Ibn Qutayba, dans son livre al-Ma‘ārif, a soutenu que Udad est le fils de Yajthūm ibn Muqawwam, faisant ainsi de Muqawwam un grand-père d’Udad et non son père. Al-Suhaylī, dans son livre al-Rawḍ al-Unuf, l’a vocalisé ainsi : « ... Quant à Muqawwam, avec un kasra 5 sur le wāw », et il semble qu’il soit redoublé [mushaddad] comme cela a été noté au crayon dans al-Ma‘ārif d’Ibn Qutayba. On l’appelle aussi Nabt (voir le livre Ansāb al-‘Arab d’al-Ṣaḥārī, manuscrit conservé à la Dār al-Kutub al-Miṣriyya sous le numéro 2461 Tārīkh). Ainsi dans l’original ici et dans ce qui suit, et dans Murūj al-Dhahab d’al-Mas‘ūdī (vol. 1, p. 20, édition de Būlāq). Dans al-Ṭabarī, al-Ma‘ārif d’Ibn Qutayba, Murūj al-Dhahab (vol. 1, p. 303) et Rawḍat al-Albāb de l’imām Muḥammad al-Zaydī (manuscrit conservé à la Dār al-Kutub al-Miṣriyya sous le numéro 945 Tārīkh) : « Tārīkh » avec un khā’ 6. On dit qu’il est l’oncle d’Abraham, non son père, car s’il avait été son vrai père, le Très-Haut n’aurait pas dit « à son père Āzar » [6:74], car les Arabes n’appellent « mon père » que l’oncle, et non le vrai père (voir Rawḍat al-Albāb). Ainsi dans al-Ṭabarī et Murūj al-Dhahab. Dans al-Ma‘ārif : « Shārūgh », et il y est dit que son nom est aussi « Ashra‘ ». C’est ce qu’a mentionné Ibn Hishām un peu plus loin d’après Qatāda. Dans Rawḍat al-Albāb : « Shārūkh » (avec un khā’). Dans l’original ici : « Sārūḥ » (avec un ḥā’). Ainsi dans l’original ici. Dans ce qui suit un peu plus loin : « Arghū ». Dans al-Ṭabarī et Rawḍat al-Albāb : « Arghuwā ». Dans al-Ma‘ārif d’Ibn Qutayba et Murūj al-Dhahab (vol. 1, p. 303) : « Ar‘ū » avec un ‘ayn. Dans Murūj al-Dhahab (vol. 1, p. 20) : « Ra‘ū ». Ainsi dans l’original ici et dans ce qui suit. Dans al-Ṭabarī, al-Ma‘ārif, Murūj al-Dhahab, Uṣūl al-Aḥsāb, al-Rawḍ al-Unuf, Rawḍat al-Albāb et Ansāb al-‘Arab : « Fāligh » (avec un ghayn). Et c’est « Fālikh », comme il est précisé dans Ansāb al-‘Arab. On dit que son sens est « le répartiteur ». Ainsi dans l’original ici. Dans ce qui suit : « ‘Ābir », et c’est la version de toutes les références que nous avons, sauf Rawḍat al-Albāb, où il est avec un ghayn. Ainsi dans l’original, al-Ma‘ārif, al-Ṭabarī, al-Rawḍ al-Unuf et Rawḍat al-Albāb. Shālikh signifie « le messager » ou « le mandataire ». Dans Murūj al-Dhahab : « Shāliḥ » (avec un ḥā’). Ainsi dans M, Murūj al-Dhahab, al-Rawḍ al-Unuf, Uṣūl al-Aḥsāb et Ansāb al-‘Arab. Arfakhshad signifie « lampe lumineuse ». Dans al-Ṭabarī et al-Ma‘ārif : « Arfakhshad » (avec un dāl). Ainsi dans le commentaire du poème Ḥimyarite (manuscrit conservé à la Dār al-Kutub al-Miṣriyya sous le numéro 1359 Tārīkh), Rawḍat al-Albāb et Murūj al-Dhahab. Il a été vocalisé en marge de ce dernier avec un fatḥa 7 sur le lām et un sukūn 8 sur le mīm. Dans l’original ici et dans ce qui suit : « Lāmik ». Mutawshalikh signifie « le messager est mort » (d’après al-Rawḍ al-Unuf). Dans ce qui suit : « Mahlā’īl », et c’est la version de la plupart des références que nous avons. Ainsi dans l’original ici. Dans ce qui suit : « Qāyin ». Dans al-Ṭabarī et Murūj al-Dhahab : « Qaynān ». C’est Abū Muḥammad Ziyād ibn ‘Abd Allāh ibn al-Ṭufayl al-Bakkā’ī al-Kūfī, attribué à al-Bakkā’ ibn ‘Amr, Rabī‘a ibn Ṣa‘ṣa‘a ibn Mu‘āwiya ibn Bakr ibn Hawāzin. Il est un des compagnons du hadith, et al-Bukhārī et Muslim ont rapporté de lui (d’après Sharḥ al-Sīra et Tahdhīb al-Tahdhīb). C’est Abū Bakr Muḥammad ibn Isḥāq ibn Yasār, mawlā 9 de Qays ibn Makhrama ibn al-Muṭṭalib ibn ‘Abd Manāf. C’est pourquoi on dit dans sa généalogie : al-Muṭṭalibī. Il est un des grands muḥaddithūn 10, surtout dans les Maghāzī 11 et la Sīra. Al-Zuhrī faisait son éloge à cet égard et le préférait aux autres. Il est médinois et mourut à Bagdad en l’an 151 H.
Ainsi dans A. Et dans M : «istaraġa». (Voir la note n° 9 p. 2 de ce volume) 12 Ainsi dans A. Et dans M : «al-faḫšad». (Voir la note n° 3 p. 3 de ce volume) 13 (Voir la note n° 7 p. 3 de ce volume) 14 Ainsi dans A, et on dit aussi : «Qayḏār». (Voir Ansāb al-ʿArab et Uṣūl al-Ansāb). Et dans M : «Qaydar». Et dans al-Ṭabarī et al-Maʿārif : «Qaydār» (avec dāl non pointé dans les deux versions) 15 Dans al-Ṭabarī et Ansāb al-ʿArab : «Adbīl». Et on dit aussi : «Adbāl» 16 Ainsi dans A, al-Ṭabarī et Ansāb al-ʿArab. Et dans M : «Manšā». Et dans Uṣūl al-Ansāb : «Mašā» 17 Dans al-Ṭabarī : «Māsī» avec sīn non pointé 18 Et on dit aussi : «Dumār» (voir Ansāb al-ʿArab) 19 Dans Ansāb al-ʿArab : «Adar» (avec dāl non pointé) 20 Ainsi dans A, et il se prononce avec kasra et fatḥa sur le ṭāʾ non pointé et sukūn sur le yāʾ. Et dans Uṣūl al-Ansāb : «Taymā» (avec fatḥa sur le tāʾ et sukūn sur le yāʾ). Et al-Dāraquṭnī l’a noté : «Ẓamyāʾ» (avec ẓāʾ pointé et mīm en avant, allongé). Et dans al-Ṭabarī : «Ṭamā». Et dans M : «Ẓaymā» 21 Ainsi dans A et Uṣūl al-Ansāb. Et dans M : «Taṭawwarā» (avec tāʿ marbūṭa). Et dans al-Ṭabarī : «Ṭūr». Et dans Ansāb al-ʿArab : «Qaṭūr» 22 Ainsi dans A. Et dans M, R : «Nayš» (avec yāʾ souscrit). Et dans al-Ṭabarī : «Nafīs». Et dans Uṣūl al-Ansāb : «Yāfīš». Et dans Ansāb al-ʿArab : «Fanas» 23 Dans al-Ṭabarī et Ansāb al-ʿArab : «Qaydmān» 24 Ajout d’après A. Ce qui est dans al-Rawḍ al-Unuf est que leur mère s’appelait al-Sayyida, et qu’Ismaël avait une autre femme de Jurhum nommée Juddāʾ bint Saʿd, que son père lui ordonna de répudier, puis il épousa une autre nommée Sāma bint Muhalhil, et on dit ʿĀtika 25 Ajout exigé par le contexte 26 Al-Ḥiǧr (avec kasra puis sukūn et rāʾ) : le ḥiǧr de la Kaʿba est ce que les Qurayš ont laissé de côté dans sa construction des fondations d’Abraham, paix sur lui, et ils ont délimité les endroits pour qu’on sache qu’ils font partie de la Kaʿba, d’où le nom de ḥiǧr, mais il y a un surplus par rapport à ce qui est dans la maison. Ibn al-Zubayr l’avait inclus dans la Kaʿba lorsqu’il la reconstruisit, mais quand al-Ḥaǧǧāǧ démolit son édifice, il le remit à l’état où il était à l’époque préislamique. (Voir Muʿǧam al-Buldān) 27 Ibn Lahīʿa (avec fatḥa sur le lām, kasra sur le hāʾ, sukūn sur le yāʾ souscrit, fatḥa sur le ʿayn non pointé, et après un hāʾ silencieux) : c’est Abū ʿAbd al-Raḥmān ʿAbd Allāh ibn Lahīʿa ibn ʿUqba ibn Lahīʿa al-Ḥaḍramī al-Ġāfiqī al-Miṣrī. Il était très prolifique en hadiths, récits et transmissions. Al-Manṣūr l’avait nommé juge en Égypte au début de l’an 155 H, et il fut le premier juge nommé en Égypte par le calife. Il fut démis de ses fonctions en rabīʿ al-awwal 164 H. Il fut le premier juge à assister à l’observation du croissant lunaire du mois de ramaḍān. Il mourut en Égypte en 170 H, ou dit-on 174 H, à l’âge de 81 ans. Il naquit en 97 H. (Voir Ibn Ḫallikān) 28 C’est Ġufra bint Bilāl – ou dit-on sa sœur –, mawlā d’Abū Bakr al-Ṣiddīq, que Dieu l’agrée. (Voir Šarḥ al-Sīra et al-Rawḍ al-Unuf) 29 Al-mudra (ici) : la ville ; al-suḥm : les noirs, leur singulier est asḥam et saḥmāʾ ; al-ǧuʿād : ceux dont les cheveux sont crépus 30 On dit : tasarrara al-raǧul et tasarrā : lorsqu’il prend une esclave comme concubine 31 Et on dit aussi «Umm al-ʿUrayk», comme on dit qu’elle vient d’un village appelé «Yāq» près d’Umm Dunayn. (Voir Muʿǧam al-Buldān) 32 Al-Faramā ou al-Ṭīna (Pelusium) : une ville d’Égypte à l’est, à environ deux milles de la côte méditerranéenne. Elle avait un port actif, et un bras du Nil appelé de son nom grec (Peluse) y parvenait, c’est-à-dire la boue. Elle était à l’époque pharaonique la forteresse de l’Égypte du côté est, c’est pourquoi plusieurs batailles eurent lieu à toutes les époques de l’histoire égyptienne. Elle est aujourd’hui connue sous le nom de Tall al-Faramā. On dit qu’elle contient la tombe de la mère d’Ismaël fils d’Abraham, paix sur eux, et la tombe de Galien le sage. Y naquit Ptolémée Claude, le célèbre astronome, auteur de l’Almageste, du IIe siècle après J.-C. (Voir Fihrist al-Muʿǧam al-Ǧuġrāfī par Amīn Bey Wāṣif) 33 C’est Māriya bint Šamʿūn (al-māriya avec yāʾ allégé : la jeune vache ; avec accentuation : la lisse, on dit qaṭāt māriya, c’est-à-dire lisse). La raison de son don au Prophète est qu’il envoya à al-Muqawqis (nommé Ǧurayǧ ibn Mīnā) Ḥāṭib ibn Abī Baltaʿa et Ǧabrā, mawlā d’Abū Ruhm al-Ġifārī. Al-Muqawqis se rapprocha de l’islam et leur offrit avec eux sa mule, appelée Duldul, et Māriya, ainsi qu’un verre en cristal, dans lequel le Prophète, que Dieu le bénisse et le salue, buvait. (D’après al-Rawḍ al-Unuf) 34 Ḥufn : un village de la Haute-Égypte, ou dit-on une région d’Égypte. Dans le hadith : al-Muqawqis offrit au Prophète, que Dieu le bénisse et le salue, Māriya de Ḥufn, du district d’Anṣinā. Al-Ḥasan ibn ʿAlī, que Dieu l’agrée, parla à Muʿāwiya en faveur des gens de Ḥufn, et il leur supprima l’impôt foncier 35 Anṣinā (avec fatḥa puis sukūn, kasra sur le ṣād non pointé, et après nūn abrégé) : une ville de la Haute-Égypte sur la rive est du Nil. On dit qu’elle était la ville des magiciens. Beaucoup de savants y sont attribués, dont Abū Ṭāhir al-Ḥusayn ibn Aḥmad ibn Sulaymān ibn Hāšim al-Anṣināwī, connu sous le nom d’al-Ṭabarī 36 Dans A : «ʿĀṯir» 37 Après avoir cité cette chaîne dans son livre al-Maʿārif, en accord avec ce qui est ici sauf sur quelques points, Ibn Qutayba a cité une autre opinion sur la généalogie de ʿAdnān, différente de celle-ci, et aboutissant à Qaydār ibn Ismāʿīl au lieu de Nābit. C’est ce qu’ont adopté al-Ǧawānī dans son livre Uṣūl al-Ansāb et l’imam Muḥammad al-Zaydī dans son livre Rawḍat al-Albāb 38 Et on dit aussi : Zand (avec nūn), comme on dit que c’est al-Humaysaʿ. (Voir al-Rawḍ al-Unuf) 39 Ainsi dans A, et c’est la version sur laquelle s’accordent les références en notre possession. Et dans M : Mahsaʿ, et nous n’avons pas trouvé de référence soutenant cette version. Al-Humaysaʿ avec fatḥa sur le hāʾ, sur le modèle de al-sumaydaʿ. Certains généalogistes le rapportent avec ḍamma, mais le correct est fatḥa. (Voir Uṣūl al-Ansāb) 40 Ce qui est dans Uṣūl al-Ansāb : «Yašǧub ibn ʿUrayb» 41 Ainsi dans A. C’est ce qu’a adopté al-Ǧawānī dans son livre Uṣūl al-Ansāb, et il a mentionné que les fils d’Adad sont : Mālik (Madhḥiǧ), Ašʿar (Nabt), Ṭīn (Ǧalhama) et Murra. Et dans M, R : Ašʿar ibn Nabt, et il semble que le mot «ibn» soit interpolé 42 Dans Uṣūl al-Ansāb : ceci est l’avis des Ṣiḥāḥ, et c’est un avis erroné 43 Ainsi dans Uṣūl al-Ansāb. Et dans l’original : «talʿabū» 44 Feu Amīn Bey Wāṣif a dit dans son livre Fihrist al-Muʿǧam al-Ǧuġrāfī : «Sabaʾ» ou Mārib, ou Mārib sans hamza (et c’est le correct) : une ville près du site de Ṣanʿāʾ au Yémen, construite par ʿAbd Šams ibn Yašǧub, roi de Ḥimyar, qui construisit aussi la grande digue pour stocker les eaux de pluie. Un jour elle se rompit, ce fut le fameux déluge connu sous le nom de Sayl al-ʿArim, et les tribus de Banī Qaḥṭān se dispersèrent, dont les gens d’al-Ḥīra sur l’Euphrate et les gens de Ġassān dans le désert de Syrie. Les vestiges de la digue subsistent encore. Et il dit ailleurs : «Quand les Banī Qaḥṭān se dispersèrent après le Sayl al-ʿArim, les Āl Ǧafna du Yémen et les Azd des Banī Kahlān partirent pour la Syrie, s’installèrent près d’une eau appelée Ġassān, d’où leur nom, demeurèrent dans le désert de Syrie, entrèrent en conflit avec Salīḥ, les vainquirent et les chassèrent de leurs terres. Les Ġassānides restèrent rois en Syrie pendant plus de quatre cents ans. Le premier d’entre eux fut Ǧafna ibn ʿAmr ibn Ṯaʿlaba, et le dernier Ǧabala VI ibn al-Ayham, auteur du fameux récit avec ʿUmar ibn al-Ḫaṭṭāb sur son islamisation, sa christianisation et sa fuite vers les Byzantins. Nous avons rapporté les deux opinions ici en raison du désaccord entre elles 45 Al-Mušallal (avec ḍamma puis fatḥa et fatḥa sur le lām aussi) : une montagne derrière ʿAzūr (une vallée proche de Médine), d’où l’on descend vers Qudayd du côté de la mer. Al-ʿUraǧī a dit : «Ne dis pas à celui qui est devenu résident à La Mecque / et à celui qui est venu de ʿAmq et de Naqb al-Mušallal : Laissez le pèlerinage, ne dépensez pas vos frais / car le pèlerinage de cette année n’est pas accepté par celui qui se fait pardonner.» (Voir Muʿǧam al-Buldān de Yāqūt et Muʿǧam mā istaʿǧam d’al-Bakrī) 46
Al-Juhfa 47 : un village qui était grand, doté d'une chaire 48, sur la route de Médine depuis La Mecque, à quatre étapes. C'est le miqat 49 des habitants d'Égypte et du Levant s'ils ne passent pas par Médine ; s'ils passent par Médine, leur miqat est Dhul-Hulayfa. Son nom était Mahya'a, et on l'a appelée al-Juhfa parce qu'un torrent l'a emportée 50 avec ses habitants une certaine année. Elle est aujourd'hui en ruines. (D'après Mu'jam al-Buldan 51). 48 C'est ainsi dans A. Dans M et R : « ... ils en burent, se divisèrent en factions 52 et furent nommés d'après cela... etc. » Il semble que le mot « se divisèrent en factions » soit interpolé. 49 On dit aussi al-Azd 53. 50 Avant ce vers, il y a : « Ô sœur de la famille de Firas, je suis un homme... d'un peuple qui a, dans la gloire, des édifices. » 51 C'est ce qu'ont dit Ibn Qutayba dans son livre al-Ma'arif 54, Ibn Durayd dans al-Ishtiqaq 55, et al-Jawani dans Usul al-Ahsab 56. 52 C'est ainsi dans A. Al-Jawani l'a également rapporté dans Usul al-Ahsab d'après al-Aftas al-Tarabulsi le généalogiste, après avoir exposé la première opinion. Dans M et R : « 'Adnan » avec un nūn. 53 Dans l'original : « 'Adthan ('Adnan) ibn al-Dayth ibn 'Abd Allah... etc. » Il semble que le mot « ibn al-Dayth » soit interpolé, car tous ceux qui ont traité de 'Akk ibn 'Adnan parmi les généalogistes des Azd n'ont mentionné dans leur généalogie que les deux opinions précédentes. 54 Il n'y a pas de divergence entre les généalogistes sur le fait que Nizar est le fils de Ma'add ; quant aux autres enfants de Ma'add, ils divergent sur leur nombre et leur identité. 55 Al-Bakr 57 : le premier-né d'un homme, et son père est Bakr ; al-Thani 58 : son deuxième enfant, et son père est Thani ; al-Thalith 59 : son troisième enfant ; on ne dit pas pour le père Thalith, de même qu'on ne dit rien après le troisième de ce genre. 56 Dans l'original : « ibn Ya'rub ibn Yashjub ». La correction vient de Sharh al-Sira 60. 57 Les généalogistes divergent – comme tu l'as vu – sur la généalogie de Quda'a. Certains le placent parmi Ma'add, d'autres le rattachent à Malik ibn Himyar. L'auteur a cité la parole d'Ibn Murra comme appui pour la seconde opinion. Parmi les arguments des partisans de la première opinion, il y a le vers de Zuhayr : 58 Il est surnommé Abu Murra, et il fait partie des Compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Il a rapporté de lui deux hadiths : l'un sur les signes de la prophétie, et l'autre : « Quiconque prend en charge les affaires des gens et ferme sa porte aux nécessiteux, aux intimes et aux pauvres, Allah fermera Sa porte à ses besoins, à son intimité et à sa pauvreté au Jour de la Résurrection. » 59 Il est permis, dans « al-Haf », de couper la hamza et de la casser, comme s'il était nommé par le masdar 61 de alhafa ; il est aussi permis que ce soit le nom d'agent 62 de hafiya yahfa 63. 60 Al-Hijan 64 : le noble ; al-Azhar 65 : le célèbre. 61 Le début de ce rajaz 66 : « Ô toi qui appelles, appelle-nous et réjouis-toi... et sois Quda'i et ne sois pas Nizari. » 62 Ce dernier hémistiche est omis dans A. On dit que ces vers sont d'Aflah ibn al-Ya'bud. (Voir al-Rawd al-Unuf 67 d'al-Suhayli). 63 Cela eut lieu lors de la conquête d'al-Mada'in 68, où se trouvaient les trésors de Kisra 69 et ses richesses, qui furent pris. Parmi eux se trouvaient cinq épées sans pareilles, dont celle-ci. (Voir al-Tabari). 64 Sallahahu iyyahu 70 : le lui ceindre, en faire son arme. 65 Al-Ashla' 71 : les restes. La cause de la perte des enfants de Qanas fut que, lorsqu'ils devinrent nombreux et se répandirent dans le Hijaz, une guerre éclata entre eux et leur père, le pays devint trop étroit pour eux et la terre les frappa de sécheresse. Ils partirent alors vers le Sawad 72 d'Irak, à l'époque des Muluk al-Tawa'if 73. Les Ardaniens 74 et certains rois des Tawa'if les combattirent, les chassèrent du Sawad, les tuèrent, sauf quelques restes qui rejoignirent des tribus arabes, s'intégrèrent à elles et s'attribuèrent leur généalogie. 66 On dit qu'al-Nu'man ibn al-Mundhir était un descendant de 'Ajam ibn Qanas, mais les gens ne savaient pas ce qu'était 'Ajam, alors ils mirent Lakhm à sa place et dirent : il est de Lakhm. (Voir al-Tabari). 67 On dit : il est Nasr ibn Malik ibn Sha'udh ibn Malik ibn 'Ajam ibn 'Amr ibn Numara de Lakhm (Voir al-Rawd al-Unuf). 68 Al-Jurdh 75 : le mâle des rats. 69 Al-Sijal 76 : le fait que ceux-ci l'emportent une fois et ceux-là une fois. Son origine vient de la mutualité dans le puisage, où le puiseur retire autant d'eau que son compagnon. 70 Voir ce vers et le commentaire (au début de la page 9 de cette partie). 71 Marr 77 : c'est ce qu'on appelle Marr al-Zahran, ou Marr Zahran, un lieu à une étape de La Mecque. 72 Al-Asma'i a dit : al-Tawd 78 : une montagne qui domine 'Arafa et s'étend jusqu'à San'a', appelée al-Sarat 79. Elle est ainsi nommée à cause de sa hauteur. On dit Sarat Thaqif, puis Sarat Fahm et 'Adwan, puis Sarat al-Azd. (Voir Mu'jam al-Buldan). 73 Cette opinion est celle d'Ibn Durayd dans son livre al-Ishtiqaq. 74 Al-Mu'tasi 80 : celui qui est imité. Al-Usra 81 (avec kasra et damma) : l'imitation. 75 On rapporte aussi : « nafa » 82, qui signifie : il a repoussé. 76 Mawwaruhu 83 (avec damma et fatha sur le mīm) : le clapotement et l'ondulation de son eau. 77 Ayadi 84 : dispersés. 78 Al-Shurb 85 (avec damma) : le fait de boire. (Avec kasra) : la part et la portion d'eau. 79 Ce vers est une preuve que al-'Urim 86 est la digue. 80 On dit : faza'a bi-l-amr 87 (comme 'alima) : quand il lui est pénible. 81 Al-'A'if 88 : celui qui pratique la divination par les oiseaux. 82 On dit : Satih 89 a été ainsi nommé parce qu'il était comme un morceau de chair jeté à terre, comme s'il était étalé 90 dessus. On rapporte de Wahb ibn Munabbih qu'il a dit : on demanda à Satih : d'où tiens-tu cette science ? Il répondit : j'ai un compagnon parmi les djinns qui écoute les nouvelles du ciel depuis le mont Sinaï lorsque Allah, le Très-Haut, y parla à Moïse (que la paix soit sur lui) ; il me transmet de cela ce qu'il transmet. Lui et Shiqq 91 naquirent le jour où mourut Tarifa la devineresse, femme d'Amr ibn 'Amir. 83 On dit qu'il fut ainsi nommé parce qu'il était comme la moitié 92 d'un être humain, comme on dit que Khalid ibn 'Abd Allah al-Qasri était de sa descendance. 84 C'est ainsi dans A. Dans M et R : « Qays ». 85 C'est ainsi dans M et R : c'est l'une des versions d'al-Ma'arif d'Ibn Qutayba. Dans A : « Anmar ibn Arash ». 86 Ajout exigé par le contexte. 87 Ibn Durayd a rapporté cette opinion, mais il n'y a pas mentionné « Lihyan ». 88 C'est ainsi dans A et al-Ishtiqaq d'Ibn Durayd. Dans M et R : « Nayit ». 89 On dit aussi, dans la généalogie de Bajila et Khath'am, qu'ils ne sont pas d'Anmar, mais qu'ils sont deux alliés de son fils. (Voir al-Ma'arif d'Ibn Qutayba). 90 Al-Humama 93 : le charbon ardent ; il voulait dire un charbon avec du feu. 91 Min Zulma 94 : c'est-à-dire de l'obscurité, venant de la mer, voulant dire la sortie de l'armée abyssinienne du pays du Soudan. 92 Al-Tuhma 95 : la terre qui s'abaisse vers la mer. 93 Il a dit « chaque être 96 » parce que l'intention vise l'âme et la personne, et cela inclut tous les êtres animés. (D'après al-Rawd al-Unuf). 94 Al-Harra 97 : une terre contenant des pierres noires brûlées. 95 On dit qu'ils sont les Banu Habash ibn Kush ibn Ham ibn Nuh, et c'est d'eux que l'Abyssinie tire son nom. 96 Abyan 98 (avec fatha sur la première lettre et kasra, on dit aussi Yabiyan ; Sibawayh le mentionne dans les exemples avec kasra sur la hamza, mais les gens du Yémen ne connaissent que la fatha ; Abu Hatim a rapporté : nous avons demandé à Abu 'Ubayda : comment dis-tu : 'Adan Abyan ou Ibyan ? Il répondit : Abyan et Ibyan tous deux) : une région 99 au Yémen dont fait partie 'Adan. On dit qu'elle fut nommée d'après Abyan ibn Zuhayr ibn Ayman. Al-Tabari a dit : 'Adan et Abyan sont deux fils de 'Adnan ibn Udad. Al-Farra' a récité : « Il n'y a pas de gens entre Misr et 'Alij... et Abyan sans que nous leur ayons laissé une vengeance... et nous avons tué les Azd, Azd Shanu'a... ils n'ont plus bu après cela, pour le plaisir, de vin. » 'Imara ibn al-Hasan al-Yamani le poète a dit : Abyan : un lieu dans la montagne de 'Adan. (D'après Mu'jam al-Buldan). 97 Jurash 100 (avec damma puis fatha et shīn pointée) : une région du Yémen du côté de La Mecque ; on dit aussi que c'est une grande ville au Yémen, et une vaste province. Certains auteurs de chroniques ont mentionné que le tubba' 101 As'ad ibn Kili Karib partit du Yémen en expédition guerrière. 98 Ajout exigé par le contexte. 99 Sira d'Ibn Hisham – 1. 100 Satih vécut longtemps après cet événement, jusqu'à atteindre la naissance du Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui), et jusqu'à ce que Kisra Anushirwan vit ce qu'il vit de l'ébranlement de l'Iwan 102 et de l'extinction des feux. Kisra envoya alors 'Abd al-Masih ibn 'Amr – et Satih était de la famille maternelle de 'Abd al-Masih – et 'Abd al-Masih se rendit auprès de Satih, qui était sur le point de mourir. Il eut avec lui un entretien que l'on trouve développé dans les livres d'histoire. 101 Al-Tufla 103 : la femme délicate et tendre. 102 Al-Madani 104 (sous la forme du nom d'agent) : celui qui est négligent dans les affaires ou qui suit ce qui est vil. Ibn al-Athir a dit : « Mazin » 105 de aznantuhu bi-kadha : je l'en ai accusé. 103 Ajout d'après A. 104 C'est ainsi dans A. Dans M, R, T : « ghalabahum » 106, ce qui n'a pas de sens. 105 Tubban As'ad : deux noms réunis en un seul, comme c'est le cas pour Ma'dikarib. Tubban vient de al-tubbaniyya 107, qui est l'intelligence et la perspicacité. 106 C'est ainsi dans toutes les références que nous avons ; dans l'original « Kalikikarb », qui est une altération.
Abū al-Fidā', Ibn Jarīr et Ibn Isḥāq s'accordent sur le fait que Dhū al-Adh‘ār est ‘Amr. Al-Mas‘ūdī les contredit dans son ouvrage *Les Prairies d'Or* en affirmant que son nom est al-‘Abd ibn Abraha, tandis qu'Ibn Durayd, dans son livre *al-Ishtiqāq*, soutient que Dhū al-Adh‘ār est Tubba‘. La divergence ne s'arrête pas là concernant les rois du Yémen, mais s'étend à beaucoup d'autres points que nous avons jugé inutile de mentionner, car cela ne présente aucun intérêt. Il fut surnommé Dhū al-Adh‘ār parce qu'il aurait, selon Ibn al-Kalbī, amené des nasnās 108 au Yémen, semant la terreur parmi les gens. Cette affirmation nécessite un examen approfondi. On dit qu'il fut surnommé Dhū al-Manār 109 parce qu'il entreprit une expédition lointaine et fit ériger des tours (manār) sur son chemin pour s'orienter à son retour. Dans al-Ṭabarī, on trouve « Qays ». Il veut dire que l'opprimé se réfugiait auprès de lui, comptait sur lui, et il le secourait. Le nūn dans ‘uranjij 110 n'est pas une lettre supplémentaire ; il vient de l'expression i‘ranjaja al-rajul fī amrihī, c'est-à-dire lorsqu'il s'y engage sérieusement. Toutes les sources que nous avons sous les yeux partagent cet avis. Ajout d'après A. Ce qui figure dans *Les Prairies d'Or* est que Tubba‘ ibn Ḥassān ibn Kulkārib est l'auteur de cet événement. Al-khabal 111 : la corruption. Ce vers a été attribué à tort à al-A‘shā ; il est en fait d'une vieille femme des Banū Sālim, que l'on dit s'appeler Jamīla, qui le prononça lorsque Malik ibn al-‘Ajlān apporta la nouvelle de Tubba‘. On dit aussi que Tubba‘ n'avait pas l'intention d'attaquer Yathrib, mais plutôt de tuer les Juifs qui s'y trouvaient. En effet, les Aws et les Khazraj s'y étaient installés avec eux après avoir quitté le Yémen, sous certaines conditions et engagements mutuels. Mais les Juifs ne respectèrent pas ces engagements et les opprimèrent, si bien qu'ils appelèrent Tubba‘ à l'aide. C'est alors qu'il vint. On raconte aussi que cette histoire concerne Abū Jubla al-Ghassānī. Ainsi dans A. Dans M, R, Ṭ : « Zuraiq ibn ‘Āmir ibn Zuraiq ibn ‘Abd Ḥāritha ». Al-‘idhq (avec fatḥa sur la ‘ayn) : le palmier. (Avec kasra) : la grappe de dattes avec ses fruits. Yajudduhu : il le coupe. Abarrahu : il le répare. Yaqrūnahu : ils l'hébergent, car il était descendu chez eux. Ainsi dans A ; dans les autres sources : « al-Naḥḥām » avec un ḥā’ non pointé. Il se prononce avec fatḥa sur le hā’ et le dāl, comme s'il s'agissait du masdar de hadala, lorsque sa lèvre se relâche. D'après Ibn Mākūlā, d'après Abū ‘Abda al-Nassāba, il se prononce avec sukūn sur le dāl. Ainsi dans A ; dans les autres sources : « al-Tūmān ». Dans une autre version : « qāhat » avec un tā’ marbūṭa. Ajout d'après al-Ṭabarī. Al-dhikr 112 : pluriel de dhikra (comme ghurfa), qui signifie souvenir, contraire de l'oubli. La version de ce demi-vers dans al-Ṭabarī est : « aṣḥābu ummin intahā dhikruhu ». Il veut dire : « aw ‘aṣruhu » (avec ḍamma). ‘Aṣr (avec fatḥa ou ḍamma sur la ‘ayn) a le même sens, et il a mis la ṣād en ḍamma. Ibn Jinnī dit : il n'y a aucun mot sur le modèle fa‘l (avec sukūn sur la ‘ayn) qui empêche le modèle fu‘l. Il veut dire : elle n'est ni petite ni jeune (jadh‘a), mais au-dessus ; c'est une métaphore pour une guerre de type ‘awān 113, car la guerre ‘awān est plus forte et plus expérimentée que la jeune. On rapporte aussi « ghudūwan » (avec ghayn pointée), qui signifie le matin. C'est-à-dire qu'il les attaqua à l'aube, avant le coucher de Vénus (al-zuhara). La version de ce vers dans al-Ṭabarī est : « faslā ‘Umrāna aw faslā... usudin idh yaghdū ma‘a al-zuhara ». Sabigh : complet. Al-abdān ici : les cottes de mailles. Dhafir : de dhafr, qui est l'émanation d'une odeur, qu'elle soit agréable ou désagréable. Quant à dufr (avec dāl non pointé), il s'emploie pour les odeurs désagréables. Il veut dire les Banū al-Najjār. C'est comme lorsqu'on dit al-Munādhira pour les Banū al-Mundhir. Al-najara : pluriel de nājir, et nājir et najjār ont le même sens. Les Banū al-Najjār sont Taym Allāh ibn Tha‘laba ibn ‘Amr ibn al-Khazraj. Il fut surnommé al-Najjār parce qu'il aurait, selon ce qui est rapporté, frappé le visage d'un homme avec une herminette (qadūm). Al-tira : la demande de vengeance. Il veut dire : nous avons des morts et une demande de vengeance. Il a rendu explicite le pronom sous-entendu. Ce vers est un exemple de l'ellipse du verbe après la conjonction wāw, comme dans « inna Zaydan wa-‘Amran fī al-dāri ». Le sens est : inna Zaydan wa-inna ‘Amran fī al-dāri. La wāw indique ce que l'on veut, mais si l'on a besoin de l'expliciter, on le fait, comme dans ce vers. Sauf si la wāw est collective, comme dans « ikhtaṣama Zaydun wa-‘Amrun », où il n'y a pas d'ellipse, car la wāw tient lieu de la marque du duel. Ainsi, on dit : « ṭala‘a al-shamsu wa-al-qamaru », en faisant prédominer le masculin, comme si l'on disait : « ṭala‘a hādhāni al-nīrāni ». Si l'on considère que la wāw implique l'ellipse du verbe après elle, on dit : « ṭala‘at al-shamsu wa-al-qamaru ». Et dans la négation de la première phrase, on dit : « mā ṭala‘a al-shamsu wa-al-qamaru » ; dans la négation de la seconde, on dit : « mā ṭala‘at al-shamsu wa-lā al-qamaru », en répétant la particule de négation pour nier le verbe sous-entendu. Al-ghubya : une averse de pluie. Al-nathra : la terre qui ne retient pas l'eau. Mallā al-ilāhu qawmahu : il les a fait jouir de lui. Sāmā : égaler. On rapporte aussi « sāma », c'est-à-dire qu'il les a chargés d'être comme lui, mais ils n'ont pas pu. ‘Usfān (avec ḍamma sur la première lettre, sukūn sur la seconde, puis fā’ et nūn à la fin) : fa‘lān de ‘asafta al-mafāza, c'est-à-dire la traverser sans guide ni direction, de même pour toute affaire entreprise sans réflexion. On dit que ‘Usfān fut ainsi nommée à cause de la difficulté à y voyager de nuit, de même que al-Abwā’ fut nommée à cause de l'écoulement des torrents. Abū Manṣūr dit : ‘Usfān est une étape sur la route entre al-Juḥfa et La Mecque. D'autres disent : ‘Usfān se trouve entre les deux mosquées, à deux étapes de La Mecque. On dit aussi que ‘Usfān est un village important. Al-khuṣf : des nattes tissées à partir de feuilles de palmier et de fibres, dont on fait des pièces pour couvrir les tentes des Bédouins. Al-ma‘āfir : des vêtements attribués à une tribu du Yémen. À l'origine, c'est al-ma‘āfirī, puis cela est devenu un nom propre sans suffixe de relation. Al-milā’ : pluriel de milā'a, qui est la couverture. Al-waṣā’il : des vêtements rayés du Yémen, dont les parties sont assemblées. À l'époque préislamique, les Quraysh se partageaient la couverture de la Ka‘ba, jusqu'à ce qu'Abū Rabī‘a ibn al-Mughīra grandisse et dise : « Je couvrirai la Ka‘ba une année tout seul, et tous les Quraysh l'année suivante. » Il continua ainsi jusqu'à sa mort. Ensuite, le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) la couvrit de vêtements yéménites, puis Abū Bakr, ‘Umar, ‘Uthmān et ‘Alī. Elle fut couverte sous le règne d'al-Ma'mūn, d'al-Mutawakkil et d'al-‘Abbās, puis sous le règne d'al-Nāṣir al-‘Abbāsī, elle fut couverte de soie noire. Depuis, elle est couverte chaque année. On dit que le premier à couvrir la Ka‘ba de brocart fut al-Ḥajjāj, mais d'autres disent que ce fut ‘Abd Allāh ibn al-Zubayr. Ainsi dans Ṭ et al-Ṭabarī. Al-mi'lāt : le chiffon des menstrues, pluriel : al-ma'ālī. Dans les autres sources : « muthallathan » avec un thā’ triple pointé, ce qui n'a pas de sens. Il veut probablement dire al-muḥīḍa (singulier de maḥāyiḍ), qui est le chiffon des menstrues, car le contexte exige le singulier. On rapporte de Tubba‘ ces vers lorsqu'il couvrit la Maison : « Nous avons couvert la Maison que Dieu a sacrée / De manteaux et de brocarts superposés / Nous y sommes restés dix jours du mois / Et nous avons mis à Lubāba un collier / Nous avons sacrifié six mille bêtes dans le défilé / Et les gens venaient vers elles en foule / Puis nous sommes partis vers Muhayyil / En élevant notre étendard noué. » Le mot se rapporte aussi avec jīm à la place du ḥā’. Zubayna (avec zāy, bā’ unifiée, puis yā’ et nūn) : fa‘īla de zabn. Le rapport à cette tribu est Zubānī, de manière irrégulière. Si un homme était nommé ainsi, on dirait dans le rapport Zubanī, régulièrement. On dit que la fille d'al-Aḥab a prononcé ces vers lors d'une guerre entre les Banū al-Sabbāq ibn ‘Abd al-Dār et les Banū ‘Alī ibn Sa‘d ibn Taym, lorsqu'ils s'entretuèrent, et qu'un groupe des Banū al-Sabbāq rejoignit ‘Akk et vécut parmi eux. On dit que ce fut la première injustice qui eut lieu parmi les Quraysh. Yabūru : il périt. Al-‘uṣum : les bouquetins, car ils se réfugient dans les montagnes. Thabīr : une montagne à La Mecque. Banaytuhā : il veut dire la Ka‘ba. Al-ḥabīr : une sorte de vêtement yéménite brodé. Al-mahārī : les chameaux arabes de race. Al-raḥīḍ : purifié, clarifié. Ainsi dans le commentaire de la Sīra. Al-khazīr : une nation non arabe, appelée aussi al-khazar. Dans A : « al-jazīr ». Abū Dharr dit : « Il est possible que ce soit le pluriel de jazīra, une région des Arabes. » Dans M, R : « al-khadhīr », ce qui n'a pas de sens. Ainsi dans la plupart des sources. Dans A : « Ibn Hishām dit : Ce vers est muqayyad 114, et al-muqayyad est ce qui n'est ni au nominatif, ni à l'accusatif, ni au génitif. » Dhammarahum : il les incita et les encouragea. On dit : aṣfaqū ‘alā al-amr, lorsqu'ils se sont mis d'accord sur une affaire.
↩ (173) [ص27] بيت رئام : nom du lieu de la miséricorde qu'ils sollicitaient de Lui. Dérivé de l'acte de la femelle qui chérit son petit, lorsqu'elle s'attendrit sur lui et a pitié de lui. ↩ (174) [ص28] Ajout d'après A ↩ (175) [ص28] Ajout exigé par le contexte ↩ (176) [ص28] Ra‘īn : diminutif de ra‘n. Le ra‘n est le nez de la montagne. On dit aussi : Ra‘īn est une montagne au Yémen, à laquelle est attribué ce Dhū Ra‘īn. ↩ (177) [ص28] Dans le vers, il y a une ellipse dont le sens est : « Celui qui achète la veille contre un sommeil non heureux, mais celui qui passe la nuit l'œil serein est l'heureux. » Le prédicat a été supprimé car le début du discours l'indique. ↩ (178) [ص29] Il a voulu dire : « à Allah », et a supprimé la préposition lām et l'autre lām avec l'alif de liaison. Cette suppression est fréquente, mais elle est courante dans ce nom en particulier en raison de sa fréquence sur les langues. ↩ (179) [ص29] Il veut dire les aqyāl, qui sont ceux qui sont en dessous des tabābi‘a 115, leur singulier est qayl (comme sayyid, puis allégé). Abū Dharr a dit : les muqāwīl sont ceux qui remplacent les rois lorsqu'ils sont absents. ↩ (180) [ص29] On dit que c'est un mot persan signifiant « le verrou », et le verrou est le retour. ↩ (181) [ص29] Les ḥuzāt 116 : ceux qui observent les astres et jugent d'après eux, leur singulier est ḥāzin. ↩ (182) [ص29] Les ‘arrāfūn 117 : une sorte de devins qui prétendent connaître de l'invisible ce que les gens ne connaissent pas. ↩ (183) [ص29] Maraja : se mêla et devint confus. Dans A : « haraja » ; dans M, R : « maraja ». ↩ (184) [ص29] Ibn Durayd a dit : le connu à ce sujet est : Lakhni‘a (sans nūn). Dérivé de lakha‘, qui est le relâchement de la chair. ↩ (185) [ص30] Les shanātir : les doigts, en langue ḥimyarite. ↩ (186) [ص30] Al-mashraba, avec fatḥa ou ḍamma du rā' : la chambre élevée. ↩ (187) [ص30] Zur‘a : vient de leur parole : « que Dieu te fasse pousser », c'est-à-dire qu'Il te fasse naître. Ils ont nommé Zāri‘ comme ils ont nommé Nābit, et on a nommé Dhū Nuwās parce qu'il avait deux mèches de cheveux qui nāsat, c'est-à-dire bougeaient et s'agitaient. ↩ (188) [ص30] Wasīman : beau. ↩ (189) [ص30] Waja'ahu : il le frappa. ↩ (190) [ص30] Yabās : sec. ↩ (191) [ص30] Ainsi dans A et le Sharḥ al-Sīra. Al-Suhaylī a attiré l'attention dans son livre « al-Rawḍ al-Unuf » sur le fait que ceci est correct, et on rapporte avec un nūn (ou avec un tā') avec un ḥā' non pointé. C'est sous cette dernière forme qu'il est rapporté dans M, R. ↩ (192) [ص30] On dit que ce mot est persan, et signifie : « le feu l'a pris ». ↩ (193) [ص30] Ainsi cette expression est rapportée dans l'original, et elle n'est pas claire. Son contexte dans al-Aghānī : « Lorsque le garçon sortait de chez Lakhni‘a, après l'avoir touché, ils coupaient les naseaux de sa chamelle et sa queue, et criaient après lui : « Est-ce frais ou sec ? » Quand il sortit... » ↩ (194) [ص31] On dit : Nakhkhāmās : un homme qui était parmi eux puis se repentit, c'est-à-dire qu'il faisait l'œuvre de Lakhni‘a. ↩ (195) [ص31] On dit que ceux qui creusèrent le fossé 118 sont trois : Tubba‘, maître du Yémen ; Constantin fils de Hélène (Hélène sa mère) lorsqu'il détourna les chrétiens du monothéisme vers le culte de la croix ; et Nabuchodonosor, de Babylone, lorsqu'il ordonna aux gens de se prosterner devant lui, mais Daniel et ses compagnons refusèrent, et il les jeta dans le feu. ↩ (196) [ص31] Dans al-Rawḍ al-Unuf : « Faymūn » ; dans al-Ṭabarī : « Qaymūn » avec qāf. On dit que son nom est Yaḥyā, et son père était roi, mais il mourut ; son peuple voulut le faire roi après son père, mais il fuit la royauté et s'adonna à l'errance. ↩ (197) [ص32] Il veut dire par « les têtes » ici : les cornes. (D'après le Sharḥ al-Sīra) ↩ (198) [ص32] ‘Āla ‘awlahu : sa patience fut vaincue. On dit : ‘ālahu al-amr, lorsque cela le domine. ↩ (199) [ص32] Ajout d'après A ↩ (200) [ص32] Ainsi dans M, R, Ṭ, et al-Ṭabarī. Dans A et Mu‘jam al-Buldān de Yāqūt (vol. 4, p. 752, éd. Europe) : « fa'ā jā'ahu ». ↩ (201) [ص33] Ainsi dans al-Ṭabarī. Dans toutes les sources : « min ». ↩ (202) [ص33] Intashata al-thawb : il le découvrit rapidement. ↩ (203) [ص33] Sīrat Ibn Hishām - 1 ↩ (204) [ص33] Ja‘aftuhā : je les ai arrachées et fait tomber. ↩ (205) [ص34] Ajout d'après A et al-Ṭabarī ↩ (206) [ص34] Al-qidḥ : la flèche. ↩ (207) [ص35] Ajout d'après al-Ṭabarī ↩ (208) [ص36] Yuḥīlu lahā : il verse pour elle. On dit : aḥāla al-mā' fī al-ḥawḍ, lorsqu'il le verse. ↩ (209) [ص36] On dit que ‘Abd Allāh ibn al-Thāmir fut tué avant cela, tué par un roi qui était avant Dhū Nuwās, qui est l'origine de cette religion ; et Dhū Nuwās ne tua que ceux qui vinrent après lui parmi les gens de sa religion. (Voir al-Ṭabarī) ↩ (210) [ص36] Ibn Sa‘d a dit : il était fiable, très savant, érudit. Il mourut en 135 H, et on dit en 133 H. Il avait soixante-dix ans. ↩ (211) [ص36] Dans A : « tath‘abat ». Tath‘abat : coula. ↩ (212) [ص37] Parmi cela, ce qui est rapporté que Ḥamza ibn ‘Abd al-Muṭṭalib, que Dieu l'agrée, fut trouvé par Mu‘āwiya lorsqu'il creusa la source, sain et non altéré, et que la hache atteignit son doigt et le fit saigner. De même, ce qui est rapporté d'Abū Jābir ‘Abd Allāh ibn Ḥarām, de ‘Amr ibn al-Jamūḥ, et de Ṭalḥa ibn ‘Ubayd Allāh, que Dieu les agrée. Les exégètes ont abondé à ce sujet en commentant la parole du Très-Haut : « Et ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le chemin de Dieu sont morts » (3:169)... ↩ (213) [ص37] On dit que celui qui s'échappa est Jabbār ibn Fayḍ, de Najrān. Le plus correct est ce que rapporte Ibn Isḥāq (voir al-Ṭabarī). ↩ (214) [ص37] Al-ḍaḥḍāḥ d'eau : celui dont le fond apparaît. ↩ (215) [ص37] Ceci est la version d'Ibn Isḥāq sur le meurtre de Dhū Nuwās et l'entrée des Abyssins au Yémen, rapportée par Ibn Hishām. Quant aux autres... ↩ (216) [ص38] Al-a‘lāq : pluriel de ‘ilq, qui est ce qui est précieux de toute chose : il veut dire ce que Daws apporta en Abyssinie comme secours. ↩ (217) [ص38] Ainsi dans la plupart des sources et al-Ṭabarī. Il veut dire : « Sois indulgente et que cette affaire te soit facile. » Dans A et les Tārīkh Makka d'al-Azraqī : « huwa nukamā lan... etc. » C'est du type de la parole des Arabes à un seul : « if‘alā », ce qui est fréquent dans le Coran et le discours. ↩ (218) [ص38] Il sera mentionné plus loin dans la poésie de Dhū Jadan et Salḥīn : avec fatḥa du sīn chez Yāqūt, et avec kasra chez al-Bakrī. ↩ (219) [ص38] C'est-à-dire : tu ne pourras pas me détourner par le blâme de mon affaire. ↩ (220) [ص38] C'est-à-dire : tu as multiplié le blâme contre moi jusqu'à dessécher ma salive dans ma bouche. La rareté de la salive vient de l'angoisse, son abondance de la force de l'âme et de la fermeté du cœur. ↩ (221) [ص38] Al-raḥīq : le vin pur et limpide. ↩ (222) [ص38] Dans A : « fīhi ». ↩ (223) [ص38] Ainsi dans A et al-Ṭabarī. Al-shifā' (avec kasra) : ce dont on se soigne et qui guérit, en nommant la cause par le nom de l'effet. ↩ (224) [ص39] Al-usṭuwān : pluriel d'usṭuwāna, qui est la colonne. Il veut dire ici l'endroit élevé du moine. ↩ (225) [ص39] Al-anūq : le vautour, qui ne pond que dans les hautes montagnes. ↩ (226) [ص39] Ghumdān : forteresse appartenant à Hawdha ibn ‘Alī, roi d'al-Yamāma. ↩ (227) [ص39] Musammakan : élevé. Al-nīq : le sommet de la montagne. ↩ (228) [ص39] Al-munahhama : lieu des moines. On dit du moine : nuhāmī, comme on dit aussi du charpentier nuhāmī ; ainsi al-munahhama serait aussi le lieu du travail du bois. ↩ (229) [ص39] Ainsi dans la plupart des sources. Al-jurūn : pluriel de jurn, qui est le récipient creusé. Dans A et al-Ṭabarī : « jurūb », les jurūb sont les pierres noires. ↩ (230) [ص39] Al-ḥurr : le pur de toute chose. ↩ (231) [ص39] Al-mawḥil : dérivé de waḥl, qui est l'eau et la boue. On rapporte : « al-mawjal » avec jīm ouvert, ce sont les pierres lisses noires, c'est-à-dire qu'elles sont un des mawājil, qui sont les abreuvoirs. ↩ (232) [ص39] Al-lathiq : ce qui est humide. Al-zalīq : ce sur quoi on glisse. Après ce vers, A a ajouté : « Avec du marbre et son sommet en marbre... qui ne disparaît pas dans les fissures. » ↩ (233) [ص39] Al-salīṭ : l'huile. ↩ (234) [ص39] Yahṣiru : il penche. Al-‘udhūq : pluriel de ‘idhq. Al-‘idhq (avec kasr du ‘ayn) : la grappe de dattes ; (avec fatḥa) : le palmier. Le second sens est plus fort ici. ↩ (235) [ص39] Mustakīnan : humble et soumis. ↩ (236) [ص40] Al-ṣaḥra : l'étendue, tiré du mot ṣaḥrā' (désert). ↩ (237) [ص40] Al-wazar : le refuge. De là est dérivé wazīr (vizir) car le roi se réfugie dans son avis. ↩ (238) [ص40] Dhāt al-‘abar : celle qui a la tristesse. On dit : ‘abira ar-rajul (de la classe de ‘alima), lorsqu'il est triste. On dit : « à lui la mère de l'‘abar », comme on dit : « à lui la mère du thukl ». Dhāt al-‘abar est un nom parmi les noms de la calamité. ↩ (239) [ص40] Al-ḥirāba : les gens des lances. ↩ (240) [ص40] Al-muqarrabāt : les chevaux de race qui ne sont pas lâchés au pâturage, mais gardés près des maisons, prêts pour l'ennemi. ↩ (241) [ص40] Ainsi dans les sources et les Tārīkh Makka d'al-Azraqī. Al-dhafar : l'odeur forte. Il veut dire qu'ils se protègent de ceux qu'ils combattent par leur odeur et leurs souffles ; c'est une exagération dans leur description par leur grand nombre, voire par la puanteur de leurs aisselles et leur mauvaise odeur, car les Noirs ont les aisselles et les odeurs les plus puantes. Dans al-Ṭabarī : « bi-l-zumar », al-zumar : pluriel de zumra, qui est un groupe de gens. ↩ (242) [ص40] Su‘ālī : pluriel de sa‘lāt, qui est une sorte de djinn, ou la sorcière parmi eux. ↩ (243) [ص40] Ma‘dīkarib : signifie en ḥimyarite : « visage de la réussite ». Ma‘dī : visage. Al-karb : la réussite. ↩ (244) [ص40] Il est seulement allié de Murād. Le nom de Murād : Yuḥābir ibn Sa‘d al-‘Ashīra ibn Madhḥij. Sa généalogie est dans Bajīla, puis dans Banī Aḥmas. Son père Mukshūḥ s'appelle : Hubayra ibn Hilāl, et on dit : ‘Abd Yaghūth ibn Hubayra ibn al-Ḥārith ibn ‘Amr ibn ‘Āmir ibn ‘Alī ibn Aslam ibn Aḥmas ibn al-Ghawth ibn Anmār. Anmār est le père de Bajīla et Khath‘am. Son père fut nommé Mukshūḥ car il fut frappé par une épée sur le kashḥ (côté). Il est surnommé Qays Abū Shaddād, et c'est lui qui tua al-Aswad al-‘Ansī l'imposteur. Qays était un héros redoutable ; ‘Alī, que Dieu honore son visage, le tua le jour de Ṣiffīn. ↩ (245) [ص41] Al-maqārif : pluriel de muqrif, qui est, parmi les chevaux, celui dont le père est hongre et la mère de race.
On dit aussi que 'Amr a dit ces vers à 'Umar ibn al-Khattâb lorsqu'il voulut le frapper avec son fouet, dans un long récit rapporté par al-Mas'ûdî dans son livre *Murûj adh-Dhahab* (vol. 1, pp. 329-330). C'est ainsi que l'on trouve dans la plupart des manuscrits et chez at-Tabarî ; dans A, on trouve « Ibn Hishâm », mais la bonne leçon est celle que nous avons établie. Ajout d'après at-Tabarî. *al-Lahîm* : celui qui a beaucoup de chair sur le corps. Ajout d'après at-Tabarî. *al-Hâdir* : le gras et l'épais. Dérivé de *al-'utûda*, qui est la force dans la guerre. *al-Yâfûkh* : le milieu de la tête. *Wadâhu* : il a payé son prix du sang. *al-Qullays* (avec *damma* sur le *qâf*, *tashdîd* sur le *lâm* ouvert, et *sukûn* sur le *yâ'*) : c'est l'église qu'Abraha voulait utiliser pour détourner le pèlerinage des Arabes. Elle fut appelée *al-Qullays* en raison de la hauteur et de l'élévation de sa construction ; de là vient aussi *al-qalânis* (les bonnets), car ils sont sur le sommet des têtes. Abraha humilia les gens du Yémen dans la construction de cette église, leur imposant diverses corvées. Il y fit transporter des marbres précieux et des pierres ornées d'or du palais de Bilqîs, la reine de Salomon (paix sur lui). L'emplacement de cette église s'étendait sur plusieurs parasanges. À cause de sa sévérité envers les ouvriers, si l'un d'eux était surpris par le soleil avant d'avoir commencé son travail, on lui coupait la main. Surnommé Abû ash-Sha'thâ', et appelé al-'Ajjâj à cause de sa parole : « jusqu'à ce que celui qui s'agite s'agite auprès d'elle » ; ainsi dans *ar-Rawd al-Unuf*. (Dîwân, édition de Leipzig, p. 46) *Ath'aba al-manjanûn* : ce qui jaillit de l'eau de ses ramifications. *al-Manjanûn* : l'instrument de puisage. (Dîwân, p. 47) *al-Khalîj* : la montagne ; c'est aussi le bras de mer. Appelé *al-Qalamis* pour sa générosité, car *al-qalamis* est l'un des noms de la mer. Ajout d'après A. Les spécialistes divergent sur le point de savoir si ce Junâda s'est converti à l'islam ou non. Cependant, il existe un récit indiquant sa conversion : il assista au pèlerinage à l'époque de 'Umar, vit les gens se presser pour le pèlerinage, et s'écria : « Ô gens, je vous l'accorde ! » Alors 'Umar le frappa avec son fouet et dit : « Malheur à toi ! Dieu a aboli les pratiques de l'époque préislamique. » *as-Sadr* : le retour de La Mecque. Le *nasî'* était chez eux de deux sortes : l'une est ce qu'a mentionné Ibn Ishâq, à savoir le report du mois de Muharram à Safar pour leur besoin de lancer des raids et de chercher vengeance. L'autre : ils reportaient le pèlerinage de son temps, en suivant l'année solaire ; ils le reportaient chaque année de onze jours ou un peu plus, jusqu'à ce que le cycle revienne après trente-trois ans, et il revenait à son temps. C'est pourquoi le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) a dit lors du pèlerinage d'adieu : « Le temps a retrouvé sa configuration initiale, le jour où Dieu créa les cieux... » 'Umayr fut ainsi appelé pour sa fermeté au combat, comme s'il était un *jidhl* (tronc) d'arbre debout ; on dit aussi parce qu'on cherchait conseil auprès de lui et qu'on trouvait repos auprès de lui, comme la bête galeuse se repose contre le tronc pour se frotter. Abû 'Ubayda a dit : *Jidhl at-Ta'ân* est 'Alqama ibn Firâs ibn Ghanm ibn Tha'laba ibn Mâlik ibn Kinâna. (Voir *ar-Rawd al-Unuf* et le commentaire de la Sîra). C'est-à-dire : des pères généreux et des caractères généreux. *al-Watr* : la recherche de vengeance. *Lam na'lakka lijâman* : nous n'avons pas voulu les retenir et les arrêter comme on retient le cheval par le mors. On dit : *a'laktu al-farasa lijâmahu* quand on le retient de s'emporter, et il mâche le mors par ardeur. On a dit que le premier des mois sacrés est Dhû al-Qa'da, car le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) a commencé par lui en mentionnant les mois sacrés. L'argument de ceux qui disent que c'est Muharram est qu'il est le premier de l'année. Dans *al-qu'ûd* au sens de « s'asseoir sur les tombes », il y a une preuve pour l'avis de Mâlik et d'autres juristes concernant l'interprétation de l'interdiction de s'asseoir sur les tombes. *Khath'am* : nom d'une montagne ; on appela ainsi les Banû 'Afras ibn Khalaf ibn Aftal ibn Anmâr, parce qu'ils s'installèrent près d'elle. On dit aussi parce qu'ils se sont enduits de sang lors d'une alliance qu'ils ont conclue entre eux. (Voir *al-Ishtiqâq* d'Ibn Durayd et *ar-Rawd al-Unuf*). Shahrân et Nâhis : ce sont les Banû 'Afras de Khath'am. On dit aussi que Khath'am se compose de trois tribus : Shahrân, Nâhis et Akla b, mais Akla b – selon les généalogistes – est le fils de Rabî'a ibn Nizâr, mais ils sont entrés dans Khath'am et se sont attribués à eux. Il y a divergence parmi les généalogistes concernant la généalogie de Thaqîf. Certains les rattachent à Iyâd – comme ici –, d'autres à Qays, d'autres encore à Thamûd. Le sujet est développé dans de nombreuses références à notre disposition ; nous nous contentons ici de ce que nous avons établi. Ajout d'après A. Il est connu que cet Iyâd est le fils de Nizâr ibn Sa'd, et non le fils direct de Ma'add, mais il y a... Le nom d'Abû as-Salt : Rabî'a ibn Wahb. *al-Umam* : le proche. *an-Na'am* : les chameaux ; on dit aussi que *an-na'am* désigne tout bétail, dont la plupart sont des chameaux. Il veut dire : s'ils étaient restés au Hijâz, même si leurs troupeaux avaient maigri, parce qu'ils les auraient quittés car le pays était trop étroit pour leurs pâturages, et ils seraient allés vers les terres irriguées d'Irak. *al-Qatt* : ce qui est coupé du papier, du parchemin et autres. L'écriture existait dans ces pays vers lesquels ils se dirigèrent. On dit aux Quraysh : de qui avez-vous appris le *qatt* ? Ils répondirent : nous l'avons appris des gens d'al-Hîra, et les gens d'al-Hîra l'ont appris des gens d'al-Anbâr. *al-Mughammas* (avec *kasra* sur le *mîm*, à la forme du participe actif ; on rapporte aussi avec *fatha*, à la forme du participe passif) : un lieu sur la route d'at-Tâ'if, à deux tiers de parasange de La Mecque. Ainsi dans A, ici et dans ce qui suit, et chez at-Tabarî. Dans les autres manuscrits : *Mafqûd* (avec *fâ'*). C'est al-Aswad ibn Maqsûd ibn al-Hârith ibn Munabbih ibn Mâlik ibn Ka'b ibn al-Hârith ibn Ka'b ibn 'Amr ibn 'Ulla (à la mesure de 'Umar) ibn Khâlid ibn Madh'hij. an-Najâshî l'avait envoyé avec les éléphants et l'armée. Le nombre des éléphants était de treize ; tous périrent sauf l'éléphant d'an-Najâshî, qui s'appelait Mahmûd. Ajout d'après A et at-Tabarî. Ajout d'après at-Tabarî. Ajout d'après A et at-Tabarî. Ajout d'après A et at-Tabarî. Ainsi chez at-Tabarî. Dans les manuscrits : « de lui ». Ainsi chez at-Tabarî ; dans les manuscrits : « son sacré ». Ajout d'après A et at-Tabarî. Ainsi chez at-Tabarî ici et dans ce qui suit. Dans l'original : « 'Ayn ». Ainsi dans A et at-Tabarî. Dans les autres manuscrits : « qu'il te parle ». Sîra d'Ibn Hishâm – 1. Ainsi chez at-Tabarî. Il est avec *damma* sur le *dâl* et *kasra* sur le *hamza* ; dans les manuscrits : « ad-Dayl ». Ce que nous avons établi est ce sur quoi s'accorde la majorité des savants. Cependant, un groupe de grammairiens, dont al-Kisâ'î, disent « ad-Dayl » sans *hamza*, avec *kasra* sur le *dâl*. Il est connu que *ad-Du'ul* (avec *hamza*) sont ceux qui sont chez Kinâna, et aussi chez al-Hawn ibn Khuzayma. Quant à *ad-Dayl* (sans *hamza*), ils sont chez al-Azd, Iyâd, 'Abd al-Qays et Taghlib. Il y a aussi autre que ces deux : *ad-Dawl* (avec *damma* sur le *dâl* et *sukûn* sur le *wâw*). Ceux-ci sont chez Rabî'a ibn Nizâr, 'Anaza, Tha'laba et ar-Ribâb (voir *Lisân al-'Arab*, racine d' l). Ainsi dans A et at-Tabarî. Dans les autres manuscrits : « Wâ'ila » avec *hamza*. *at-Taharruz* : la défense ; on rapporte aussi *at-tahawwuz*, qui est de se retirer dans une direction et de se défendre. *Shi'af al-jibâl* : leurs sommets. *ash-Shi'âb* : les endroits cachés entre les montagnes. *Ma'arrat al-jaysh* : sa violence. *Lâhum* : son origine est *Allâhumma* ; les Arabes en suppriment le *alif* et le *lâm* et se contentent de ce qui reste, comme on dit : *Lâhu abûka*, pour *Li-llâhi abûka*, et comme ils disent aussi : *A-jannaka taf'alu kadhâ wa kadhâ* : est-ce à cause de toi que tu fais ceci et cela ? *al-Hilâl* (avec *kasra*) : pluriel de *hilla*, qui est un groupe de tentes ; il veut dire ici : les gens qui campent. *al-Hilâl* aussi : les biens de la maison ; il est possible que ce second sens soit visé ici. *Ghudû* : *ghadan*, qui est le jour qui vient après ton jour ; on en a supprimé le *lâm*, et il n'est utilisé complètement qu'en poésie. *al-Mihâl* : la force et la violence. Ajout d'après A. As-Suhaylî a ajouté dans *ar-Rawd al-Unuf* : « Et secours contre les gens de la croix... et leurs adorateurs aujourd'hui, Ton peuple. » J'en ai mentionné le reste chez at-Tabarî, et nous nous contentons de ce qui est mentionné ici ; reportez-vous donc à la première partie d'at-Tabarî (pp. 940-941, édition d'Europe). At-Tabarî a mentionné une autre poésie de 'Abd al-Muttalib en plus de celle-ci. *al-Hajma* : le troupeau de chameaux, de quatre-vingt-dix à cent. On dit pour cent : *Hunayda* ; pour deux cents : *Hind* ; pour trois cents : *Umâma* ; d'où le dire du poète : « Avance doucement, ce qu'Umâma a de Hind. » *at-Taqlîd* : il veut dire les colliers à leurs cous. *Hirâ'* et *Thabîr* : deux montagnes. *Akhfarahu* : il a rompu son pacte ; on rapporte aussi avec *hâ'* non pointée, c'est-à-dire rends-le creux, c'est-à-dire craintif et apeuré. *al-A'lâj* : les mécréants non arabes.
On dit 'عبى الجيش' (sans hamza) et 'عبأت المتاع' (avec hamza). On a également rapporté 'عبأت الجيش' (avec hamza), mais c'est rare. 119 On dit qu'il s'agit de Nufayl ibn 'Abd Allah ibn Juz' ibn 'Amir ibn Malik ibn Wahb ibn Julayha ibn Aklab ibn Rabi'a ibn 'Afras ibn Jalf ibn Aftal, et c'est Khath'am (voir al-Rawḍ al-Unuf). 120 Ajout d'après al-Ṭabarī. 121 Peut-être veut-il dire qu'il a fait l'action de s'agenouiller, car il est connu que l'éléphant ne s'agenouille pas. 122 'Aṣ'ada : il est monté ; le plus courant est 'ṣa'ada' dans la montagne, avec un 'ayn redoublé. 123 Ajout d'après al-Ṭabarī. 124 Al-ṭabarzīn : un outil recourbé en fer ; 'ṭabar' en persan signifie 'hache'. 125 Al-maḥājin : pluriel de miḥjan, qui est un bâton recourbé ; on peut mettre du fer à son extrémité. 126 Murāqah : c'est-à-dire le bas de son ventre. 127 Bazaghūhu : ils l'ont incisé. De là vient al-mibzaġ, qui est le scalpel du hijama et autres. 128 Al-khaṭāṭīf : pluriel de khuṭṭāf (comme 'kurmān'). C'est un oiseau noir appelé 'zawwār al-Hind', que le peuple appelle 'usfūr al-jannah' et 'al-balsān', ainsi dans l'original. Dans al-Nihāya d'Ibn al-Athīr (racine b-l-s), dans le commentaire du hadith d'Ibn 'Abbās, 'Abbād ibn Mūsā a dit : 'Je pense que ce sont les zarāzīr'. Abū Dharr al-Khushanī a dit dans son commentaire : 'Les khaṭāṭīf et les balashūn sont deux espèces d'oiseaux.' 129 Cette histoire de l'Éléphant eut lieu au début de Muḥarram de l'an 882 de l'ère de Dhū l-Qarnayn (voir al-Rawḍ al-Unuf). 130 Radīn : diminutif de Radīnah, qui est un nom de femme. 131 Ceci est une invocation : il veut dire 'Ô combien nous jouissons de vous', en rendant le verbe transitif par la suppression de la préposition. 132 Ajout d'après al-Ṭabarī. 133 Dans al-Ṭabarī : 'et tu ne le verras pas' ; dans Mu'jam al-Buldān, à propos d'al-Mughammas : 'et tu ne le verras pas'. 134 Al-Muḥaṣṣab (avec ḍamma puis fatḥa, et ṣād non pointée redoublée, sur le poids du participe passif) : un lieu entre La Mecque et Minā, plus proche de Minā ; c'est la plaine de La Mecque (voir Mu'jam al-Buldān). 135 Dans al-Ṭabarī : 'mon avis'. 136 Bayyinā : source de bāna yabīnu, et c'est un intensif de fāta. 137 Ajout d'après al-Ṭabarī. 138 C'est-à-dire que son corps se désagrège. Al-anmulah : le bout du doigt ; on l'emploie aussi pour autre chose, comme la petite partie d'une chose. 139 Matta yamittu : suinter. 140 Il s'agit de Ya'qūb ibn 'Utbah ibn al-Mughīrah ibn al-Akhnas ibn Shuraiq al-Thaqafī al-Madanī, allié des Banū Zuhrah. Il a vu al-Sā'ib ibn Yazīd, et a rapporté d'après Abān ibn 'Uthmān et d'autres. D'après lui, outre Ibn Isḥāq, 'Abd al-'Azīz ibn al-Mājishūn et d'autres. C'était un juriste, il avait de nombreux hadiths et une connaissance de la Sīra. Il était pieux, musulman, employé pour les aumônes, et les gouverneurs le consultaient. Il mourut en 128 H. (d'après les biographies des hommes qui ont rapporté d'après Ibn Isḥāq). 141 On dit 'shajarah murrah' (arbre amer), et on le met au pluriel en 'marā'ir', irrégulièrement, comme on met 'ḥurrah' au pluriel en 'ḥarā'ir'. 142 Al-ḥarmal : deux espèces : une espèce dont les feuilles ressemblent à celles du saule, et sa fleur à celle du jasmin ; une autre espèce dont les gousses sont longues et arrondies. (La gousse : le réceptacle du fruit). Le harmal n'est mangé par rien sauf par les chèvres ; on fait bouillir ses racines et on les donne à boire au fiévreux quand la fièvre le retient. Sur le fait que le harmal repousse les mangeurs, Ṭarafah a dit, blâmant un peuple : 'Ils sont comme le harmal, qui lasse tout mangeur, même si leurs troupeaux passent la nuit à paître.' (Voir al-Lisān et al-Mufradāt). 143 Al-'ushr (comme 'ṣurad') : un arbre amer qui a de la gomme et du latex ; on traite les peaux avec son latex avant le tannage. 144 Al-abābīl : les groupes. 145 On dit que son singulier est 'abīl', 'abūl' et 'ibālah'. 146 Ainsi dans A. Dans les autres sources : 'il dit'. 147 Ainsi dans A. Dans les autres sources : 'Ibn Hishām nous a raconté, disant : et il m'a informé... etc.' 148 Al-madhānib : pluriel de midhnab, qui est le chenal d'écoulement de l'eau vers le jardin. 149 Ḥudūruhā (avec ḥā non pointée) : c'est-à-dire ce qui en descend. On lit aussi 'judūruhā' : pluriel de jidār, qui sont les digues qui retiennent l'eau. Dans le hadith : 'Retiens l'eau jusqu'à ce qu'elle atteigne les digues, puis relâche-la.' 150 Al-atā : le torrent qui vient d'un pays lointain. 151 Maṭmūm : élevé, dérivé de 'ṭamma al-mā'u' : quand l'eau monte et s'élève. 152 Le propos concerne l'emploi de 'kāf' comme préposition et comme nom signifiant 'semblable' ; ici c'est une préposition, mais elle est surajoutée pour renforcer. 153 Ainsi dans A. Dans les autres sources : 'Ibn Hishām nous a informés, disant : il m'a informé... etc.' 154 Al-admā' des gazelles : celle qui a le dos brun et le ventre blanc. 155 Shu'ā' al-ḍuḥā : l'éclat de sa couleur. Yatawaḍḍaḥu : il devient clair. 156 Taghayyarat : elle a changé par rapport à son habitude de pluie, selon la croyance des Arabes concernant les étoiles. On lit aussi 'taghabbarat' (avec bā unifiée) : c'est-à-dire que sa pluie a diminué, de 'al-ghubr', qui est le reste. 157 Al-mu'ayyam : de 'al-'aymah', qui est le désir du lait. Al-marjal : celui dont les chameaux s'en vont et qui marche à pied. Il veut dire : cette année fait que celui qui possède mille (chamelles) en lait désire le lait, et marche à pied. On lit aussi 'al-muraḥḥal' (avec ḥā non pointée) : celui qui les fait voyager hors de leur pays pour chercher la fertilité. 158 Il s'agit de 'Amrah bint 'Abd al-Raḥmān ibn Sa'd ibn Zurārah al-Anṣāriyyah al-Madaniyyah, la juriste. Elle était sous la tutelle de 'Ā'ishah et a beaucoup retenu d'elle ; elle a aussi rapporté d'autres que 'Ā'ishah, et ont rapporté d'elle ses deux petits-fils Ḥārithah et Mālik, fils d'Abī al-Rijāl, et d'autres. Elle était une autorité. Elle mourut en 98 H., et on dit en 106 H., à l'âge de 77 ans. 159 Ainsi dans la plupart des sources et dans les biographies des hommes de l'édition européenne. Dans A et une des versions d'al-Ṭabarī : 'As'ad'. 160 Dans M, R : 'Adī ibn Sa'īd ibn Sahm' ; dans A : 'Adī ibn Sa'd ibn Sa'īd ibn Sahm' ; les deux sont des altérations de ce que nous avons établi (voir al-Rawḍ al-Unuf). 161 On lit aussi 'tanakkabū'. Dans les deux lectures, il y a une césure dans le vers. 162 Al-Shi'rā : nom de l'étoile ; il y a deux Shi'rā : l'une est al-Ghumayṣā', qui est dans le bras du Lion ; l'autre est celle qui suit al-Jawzā', et elle est plus lumineuse que la lumière. 163 Lam ya'ūbū : ils ne sont pas revenus ; la forme correcte aurait été 'ilā arḍihim', mais la préposition a été supprimée et le verbe rendu transitif. 164 Ainsi dans A. Dans M, R : 'بل لم ... إلخ' ; al-Suhaylī a signalé que 'بل' est une addition de quelqu'un qui a cru à tort que le vers était brisé. En réalité, il y a une césure dans cet hémistiche comme dans le premier vers. 165 On lit aussi 'dānat'. 166 Ainsi dans le commentaire de la Sīra par Abū Dharr ; dans les sources : 'عامر', ce qui est une altération. 167 Razama : il est resté fixé à sa place sans la quitter, le plus souvent par épuisement. 168 Al-maḥājin : pluriel de miḥjan, qui est un bâton recourbé. Al-aqrāb : pluriel de qirb, qui est la taille. Sharramū : ils ont fendu. 169 Al-mughūl : un grand couteau, plus petit que le mishmal (petite épée). On lit aussi 'mi'wal' (avec 'ayn non pointée) : c'est la hache. Kalama : il a blessé. 170 Al-qazam : pluriel de qazam, qui est de petite taille. 171 Tha'aja : il a crié. 172 Ṣallū rabbakum : c'est-à-dire invoquez votre Seigneur. Al-akhāshib : les montagnes de La Mecque et les montagnes de Minā. 173 Ainsi dans A. Dans M, R : 'تمشى'. 174 Al-qādhiqāt : les sommets des montagnes lointaines. Al-manāqib : pluriel de manqabah, qui est le chemin au sommet de la montagne. 175 Al-sāfī (ici) : celui que la poussière a recouvert. Al-ḥāṣib : celui que les pierres ont frappé ; tous deux sont au sens de relation, mais ils peuvent aussi être le participe actif réel du verbe. 176 Ainsi dans M, R. Il veut dire : des Abyssins. Dans A : 'ملجيش'. 177 Al-'aṣā'ib : les groupes. 178 On rapporte que ce Ṭālib était plus âgé que Ja'far de dix ans, comme Ja'far était plus âgé que 'Alī (que Dieu l'agrée) du même nombre. On dit que les djinns ont enlevé Ṭālib, et on ne sait pas s'il a embrassé l'Islam. 179 Dāḥis : nom d'un cheval célèbre ; une guerre eut lieu à cause de lui. 180 Al-shi'b : le chemin dans la montagne. 181 Al-sarb (avec fatḥa du sīn) : les biens en pâture. Al-sirb (avec kasra du sīn) : l'âme, ou on dit le peuple ; de là : 'il est devenu en sécurité dans son sirb', c'est-à-dire dans son âme ou dans son peuple. 182 Dans A : 'باقيات'. 183 Al-mahāh : le soleil ; on l'appelle ainsi à cause de sa pureté ; al-mahā parmi les corps : ce dont l'intérieur est visible de l'extérieur. 184 Ainsi dans A. Al-jirān : la poitrine. Qaṭara : il l'a jeté sur son côté. Al-qaṭr : le côté. Kabkab : nom d'une montagne. Al-maḥdūr : la pierre qui a dévalé jusqu'à atteindre le sol. Il compare l'éléphant, en s'agenouillant et en tombant à terre, à cette pierre qui dévale de la montagne de Kabkab. Et dans... : '... ... مجدور' avec jīm. 185 Malāwīth : très forts. 186 Ibdha'ārū : ils se sont dispersés. 187 Il veut dire par 'al-ḥanīfah' : la communauté ḥanīfah, c'est-à-dire la communauté musulmane qui suit la religion d'Abraham le ḥanīf (que la prière et la paix soient sur lui), parce qu'il s'est détourné (ḥanafa) de ce que suivaient ses pères et son peuple : c'est-à-dire qu'il a dévié. 188 Ainsi dans M, R. Dans A : 'زور'. 189 Ainsi dans A ; cela vient de 'al-ghinā'', au sens de 'se passer de' ; dans les autres sources : 'عنا' avec 'ayn non pointée, ce qui est une altération. 190 Al-qiblah al-bayḍā' : il veut dire la Ka'ba. 191
الهباء 192: ما يظهر في شعاع الشمس إذا دخلت من موضع ضيق. والمطرخم 193: الممتلئ كبرا وغضبا، والطراخم: جمع مطرخم، وهو المتكبر. قال السهيلي في التعليق على هذا البيت: «وقوله: حتى كأنه مرجوم» وهو قد رجم، فكيف شبهه بالمرجوم، وهو مرجوم بالحجارة، وهل يجوز أن يقال في مقتول كأنه مقتول؟ فنقول: لما ذكر استهلال الطير، وجعلها كالسحاب يستهل بالمطر، والمطر ليس برجم، وإنما الرجم بالأكف ونحوها شبهه بالمرجوم الذي يرجمه الآدميون أو من يعقل ويتعمد الرجم من عدو ونحوه، فعند ذلك يكون المقتول بالحجارة مرجوما على الحقيقة، ولما لم يكن جيش الحبشة كذلك، وإنما أمطروا حجارة، فمن ثم قال: «كأنه مرجوم». الفل 194: الجيش المنهزم. زيادة عن الطبري. هو أنوشروان 195. ومعناه مجدد الملك، لأنه جمع ملك فارس الكبير بعد شتات. القنقل 196: المكيال، وقيل هو مكيال يسع ثلاثة وثلاثين منا. (المن: وزن رطلين تقريبا). وهذا التاج قد أتى به عمر بن الخطاب رضي الله عنه حين استلب من يزدجرد بن شهريار- وقد صار إليه من قبل جده أنوشروان المذكور- فلما أتى به عمر رضي الله عنه دعا سراقة بن مالك المدلجي، فحلاه بأسورة كسرى، وجعل التاج على رأسه، وقال له: قل الحمد لله نزع تاج كسرى من ملك الأملاك رأسه، ووضعه على رأس أعرابي من بني مدلج، وذلك بعز الإسلام وبركته لا بقوتنا، وإنما خص عمر سراقة بهذا لأن رسول الله صلى الله عليه وسلم كان قال له: يا سراقة، كيف بك إذا وضع تاج كسرى على رأسك وسواره في يديك؟ لأورط 197: أي لأنتشب في شر. والورطة: الانتشاب في الشر. يقال: وفي الدرهم المثقال، وذلك إذا عدله. كذا في أ. وفي سائر الأصول: «بها». المرازبة 198: وزراء الفرس، واحدهم مرزبان. كذا في أ والطبري، وفي سائر الأصول: «أردته». ويقال إن الجيش بلغ سبعة آلاف وخمسمائة، وانضافت إليهم قبائل من العرب (راجع الروض الأنف). وكان يقال له نوزاد 199. (راجع الطبري). لاثوا به 200: اجتمعوا حوله. كذا في أ. وفي سائر الأصول: «فتغلغلت». وهو تحريف. ويقال: إن صنعاء كان اسمها، قبل أن يدخلها وهرز ويهدم بابها، أوال (بفتح الهمزة وكسرها) وأنها سميت كذلك لقول وهرز حين دخلها: «صنعة صنعة». يريد أن الحبشة أحكمت صنعها. ويقال إنها سميت باسم الذي بناها، وهو صنعاء بن وال بن عيبر بن عابر بن شالخ، فكانت تعرف مرة بصنعاء، وأخرى بأوال. التأما 201: يريد: قد اصطلحا واتفقا. فقم 202: عظم. القيل 203: الملك. المشعشع 204: الشراب الممزوج بالماء. ويفيء: يغنم. سيرة ابن هشام- 1. رواية هذا البيت في الطبري، والشعر والشعراء (طبع ليدن) أتى هرقل وقد شالت نعامتهم ... فلم يجد عنده بعض الذي قالا. في أ: «انتحى». في الشعر والشعراء: «بعد تاسعة». بنو الأحرار 205: الفرس. والقلقال (بالكسر وبالفتح): شدة الحركة. الغلب 206: الشداد. والأساورة: رماة الفرس. وتربب: من التربية. والغيضات: جمع غيضة، وهي الشجر الكثير الملتف. شدف 207: عظام الأشخاص، يعني بها القسي. وغبط: جمع غبيط، وهي عيدان الهودج وأدواته. كذا في أ. والزمخر: القصب اليابس، يعني قصب النشاب. وفي سائر الأصول: «بزمجر» وهو تصحيف. الفلال 208: المنهزمون. غمدان 209 (بضم أوله وسكون ثانيه وآخره نون): قصر بناه يشرح بن يحصب على أربعة أوجه: وجه أبيض، ووجه أحمر، ووجه أصفر، ووجه أخضر. وبنى في داخله قصرا على سبعة سقوف، بين كل سقفين منها أربعون ذراعا، وجعل في أعلاه مجلسا بناه بالرخام الملون، وجعل سقفه رخامة واحدة وصير على كل ركن من أركانه تمثال أسد من شبه كأعظم ما يكون من الأسد، فكانت الريح إذا هبت إلى ناحية تمثال من تلك التماثيل دخلت من دبره، وخرجت من فيه، فيسمع له زئير كزئير السباع. وقيل: إن الذي بناه سليمان بن داود عليهما السلام. وللشعراء شعر كثير في غمدان. وقد هدم في عهد عثمان رضي الله عنه. ومعنى قوله مرتفقا: أي متكئا، كما في لسان العرب. شالت نعامتهم 210: هلكوا. والنعامة: باطن القدم. وشالت: ارتفعت، ومن هلك ارتفعت رجلاه، وانتكس رأسه، فظهرت نعامة قدمه. والعرب تقول: تنعمت: إذا مشيت حافيا. الإسبال 211: إرخاء الثوب، ويريد به هنا الخيلاء والإعجاب. القعبان 212: تثنية قعب، وهو قدح يحلب فيه، وشيبا: مزجا. ومن روى هذا البيت للنابغة جعله من قصيدته إلى مطلعها: إما ترى ظلل الأيام قد حسرت ... عني وشمرت ذيلا كان ذيالا ولقد هجا بهذه القصيدة رجلا من قشير يقال له: ابن الحيا (الحيا أمه). ويعني بهذا البيت (تلك المكارم ... إلخ) أن ابن الحيا فخر عليه بأنهم سقوا رجلا من جعدة أدركوه في سفر، وقد جهد عطشا، لبنا وماء فعاش. (راجع الأغاني ج 5 ص 13- 15 طبع دار الكتب). زيادة عن أسد الغابة (ج 5 ص 2) وخزانة الأدب (ج 1 ص 512) والإصابة (ج 6 ص 218) والاستيعاب (ج 1 ص 320) والأغاني (ج 5 ص 1 طبع دار الكتب). العباد 213: هم من عبد القيس بن أفصى بن دعمي بن جديلة بن أسد بن ربيعة، قيل إنهم انتسلوا من أربعة: عبد المسيح، وعبد كلال، وعبد الله، وعبد يا ليل. وكانوا قدموا على ملك فتسموا له، فقال: أنتم العباد، فسموا بذلك. وذكر الطبري في نسب عدي: أنه ابن زيد بن حماد بن أيوب بن مجروف ابن عامر بن عصية بن امرئ القيس بن زيد مناة بن تميم، وقد دخل بنو امرئ القيس بن زيد مناة في العباد، فلذلك ينسب عدي إليهم. ولاة ملك 214: يريد: الذين يدبرون أمر الناس ويصلحونه. وجزل: كثير. القزع 215: السحاب المتفرق، والمزن: السحاب. والمحارب: الغرف المرتفعة. يريد: دون عرى السماء وأسبابها. والكائد: هو الذي كادهم، وهو الباري سبحانه وتعالى: والغوارب: الأعالي. النهام 216: الذكر من البوم. والقاصب: صاحب الزمارة. كذا في أ، وفي سائر الأصول: «إليه». فوزت المفازة: قطعت. وقوله: توسق بالحتف، أي أن وسق البغال الحتوف. والتوالب: جمع تولب، وهو ولد الحمار. الأقوال 217: الملوك. والمنقل: الطريق المختصر، وهو أيضا: الأرض التي يكثر فيها النقل: أي الحجارة، وقوله: من طرف المنقل، أي من أعالى حصونها. والمنقال: الخرج ينقل إلى الملوك من قرية إلى قرية، فكأن المنقل من هذا. ومخضرة كتائبها: يعني من الحديد، ومنه الكتيبة الخضراء. آل بربر 218: يريد الحبشة. في شعراء النصرانية: «لا يفلتن». الإمة 219 (بكسر الهمزة): النعمة. كذا في شرح السيرة. والفيج 220: المنفرد، أو هو الذي يسير للسلطان بالكتب على رجليه وفي جميع الأصول: «الفيح» بالحاء المهملة. وهو تصحيف. الزرافة 221: الجماعة من الناس. في شرح السيرة لأبي ذر: «خون». وهي جمع خائنة. بنو تبع 222: اليمن. والنخاورة: الكرام. واحدهم: نخوار. زيادة عن أ. زياد عن أ. اللحام 223: جمع لحم. أنى 224: حان. كان إسلام باذان باليمن في سنة عشر، وفيها بعث رسول الله صلى الله عليه وسلم إلى الأبناء يدعوهم إلى الإسلام. كذا في أ، وفي سائر الأصول: بدون «من». سموا بالأخيار 225: لأنهم كانوا أهل دين، كما تقدم في حديث فيميون، وابن الثامر. سموا بالأشرار 226: لما أحدثوا في اليمن من العيث والفساد وإخراب البلاد، حتى هموا بهدم بيت الله الحرام. سموا بالأحرار 227: لأن الملك فيهم متوارث من عهد جيومرت إلى أن جاء الإسلام، لم يدينوا لملك، ولا أدوا الإتاوة لذي سلطان من سواهم، فكانوا أحرارا لذلك. وحكى الكسر عن ابن إسحاق. (راجع الروض الأنف). ذات أشفار 228: زرقاء اليمامة، وكانت العرب تزعم أنها ترى الأشخاص على مسيرة ثلاثة أيام في الصحراء، وخبرها مشهور.
Le Sâṭirûn 229 : son sens en syriaque est « le roi », et le nom du Sâṭirûn est al-Ḍayzan ibn Mu‘âwiya, un Jarmaqânî 230 ; on dit aussi : un Qudâ‘î, parmi les Arabes qui s'établirent dans le Sawâd 231 et y demeurèrent, et furent appelés Tanûkh 232 ; ce sont diverses tribus. Sa mère était Juhbala, par laquelle il était connu ; elle aussi était Qudâ‘î, des Banû Tazîd 233 auxquels sont attribués les vêtements tazîdiyya 234. Le Tigre et le Khâbûr 235 : deux fleuves célèbres. Le marbre 236 : le marbre blanc. La chaux 237 : ce dont on enduit le mur, plâtre et chaux. Il la recouvrit 238 : il l'en revêtit. On rapporte aussi : khalala 239 (avec khâ‘) : c'est-à-dire qu'il mit le plâtre entre pierre et pierre. Ses sommets 240 : ses parties élevées. Des nids 241 : pluriel de wakr, qui est le nid de l'oiseau. Dans A : « il périt » 242. Son nom est Jâriya ibn Ḥajjâj ; on dit aussi : Ḥanẓala ibn Sharqî 243. On dit que son nom est al-Naḍîra 244. On dit qu'elle lui indiqua un large canal par lequel l'eau entrait dans al-Ḥaḍr 245, et il leur coupa l'eau, et ils y entrèrent par là. On dit aussi : elle lui indiqua un talisman qui se trouvait dans al-Ḥaḍr, et la manière de le vaincre. (Voir al-Mas‘ûdî et al-Rawḍ al-Unuf 246). Le myrte 247 : le basilic. Les tresses de sa tête 248 : c'est-à-dire les mèches de ses cheveux. On dit que l'auteur de cette histoire est Sâbûr ibn Ardashîr ibn Bâbak 249 : car Ardashîr est le premier qui réunit le royaume de Perse et humilia les rois des factions, jusqu'à ce que le royaume lui fût soumis ; or al-Ḍayzan était l'un des rois des factions, donc il est peu probable que cette histoire soit de Sâbûr Dhû l-Aktâf 250, qui est Sâbûr ibn Hurmuz, car il vint après Sâbûr le Grand 251 à une époque lointaine, et entre eux il y eut plusieurs rois : Hurmuz ibn Sâbûr, Bahrâm ibn Bahrâm, Bahrâm III, Narsî ibn Bahrâm, et après lui vint son fils Sâbûr Dhû l-Aktâf. Dans A : « N'as-tu pas vu al-Ḥaḍr... etc. » 252. Shâhbûr 253 : son sens est « fils du roi ». Shâh : roi, et bûr : fils. Les pioches 254 : pluriel de qadûm, qui est la hache et autres. Elle frappa 255 : elle tomba et descendit. Violente 256 : forte. Rabiyya 257 : fa‘îla au sens de maf‘ûla, de rabâ ; elle peut aussi avoir le sens de rabw, qui est la croissance et l'augmentation, car elle avait grandi dans le bien-être, et serait alors au sens de fâ‘ila. On dit aussi : elle voulait dire rabî'a 258, avec hamza, et elle adoucit la hamza qui devint yâ', et en fit rabî'a, car elle était une éclaireuse 259 lorsqu'elle regarda jusqu'à voir Sâbûr et ses troupes ; on appelle l'éclaireur, mâle ou femelle : rabî'a. On rapporte aussi : « sa ruse » 260 : c'est-à-dire sa tromperie. C'est-à-dire : il a perdu le poste d'observation qui la surveillait et la gardait ; il est possible que le pronom féminin renvoie à la jeune fille : c'est-à-dire que son gardien l'a perdue. Il lui donna à boire le soir 261 : il lui fit boire le soir. On dit : l'homme a été distrait 262, lorsqu'il veut une chose et que son esprit va ailleurs. Il erre 263 : il est éperdu. Il apparut 264 : il brilla et devint visible. Ses bandes 265 : ses voies. Ainsi dans l'original. Les porte-manteaux 266 : pluriel de mishjab, qui est une tige sur laquelle on suspend les vêtements. On rapporte aussi : « ses colliers » 267 ; les masâḥib 268 sont les colliers au cou, faits de girofle et autres. On dit que Muḍar 269 fut le premier à instituer le chant des chameaux 270, et cela vint, selon ce qu'ils prétendent, de ce qu'il tomba d'un chameau et se foula... Ainsi dans A, et dans les autres manuscrits : « Ḥâritha », ce qui est une altération. (Voir la note n° 2 p. 71 de cette partie). Des jeunes gens 271 : pluriel de fatan, qui est le jeune homme adolescent. La mère des enfants d'Anmâr 272 : Bajîla bint Ṣa‘b ibn Sa‘d al-‘Ashîra ; elle eut de lui, outre d'autres, Aftal, qui est Khath‘am, mais celui-ci ne fut pas attribué à elle. On dit que Bajîla était une Abyssinienne qui éleva les enfants d'Anmâr, mais n'éleva pas Aftal ; aussi ne fut-il pas attribué à elle. (Voir al-Rawḍ al-Unuf). Il dispute 273 : il plaide. Al-Firâfiṣa 274 (avec ḍamma) : le lion. (Avec fatḥa) : nom d'homme ; on a dit : tout Firâfiṣa chez les Arabes est avec ḍamma, sauf al-Firâfiṣa père de Nâ‘ila, beau-père de ‘Uthmân ibn ‘Affân, car il est avec fatḥa. Ajouté d'après A 275. Ainsi dans A : c'est le plus connu. Dans les autres manuscrits : « ton frère » 276. On dit que ce ‘Aylân 277 est Qays lui-même, non son père ; il fut nommé d'après un cheval à lui nommé ‘Aylân ; on dit aussi : ‘Aylân est le nom de son chien. On dit qu'elle n'est pas de Jurhum 278, mais qu'elle est al-Rabâb bint Ḥayda ibn Ma‘add ibn ‘Adnân. (Voir al-Ṭabarî et al-Rawḍ al-Unuf). Son nom est Laylâ 279 ; sa mère est Ḍariyya bint Rabî‘a ibn Nizâr, à laquelle est attribué le Ḥimâ Ḍariyya 280 ; cette Khindif 281 est celle dont on a fait des proverbes à cause de son chagrin pour Ilyâs : elle abandonna ses fils et erra sur terre en le pleurant jusqu'à mourir ; ses enfants ne furent attribués à elle que parce que, lorsqu'elle les abandonna, occupée par son chagrin pour leur père, et qu'ils étaient petits, les gens eurent pitié d'eux et dirent : « Ce sont les enfants de Khindif qui les a abandonnés, petits orphelins. » Ajouté d'après A 282. Le nom de Qum‘a 283 : ‘Umayr ; il fut appelé Qum‘a parce qu'il se cacha et resta assis. Les intestins 284 : les boyaux. On dit que le premier à inciser l'oreille de la Baḥîra 285 fut un homme des Banû Mudlij, qui avait deux chamelles ; il coupa leurs oreilles et interdit leur lait. (Voir al-Rawḍ al-Unuf). Dans les manuscrits : « ils l'adorent » 286. On dit que le début de l'affaire de ce ‘Amr 287 concernant l'adoration des idoles fut que, lorsque Khuzâ‘a eut pris le dessus sur la Maison 288 et chassé Jurhum de La Mecque, les Arabes le firent seigneur 289 : il n'innovait pour eux aucune innovation sans qu'ils ne l'adoptent comme loi, car il nourrissait les gens et les habillait pendant le pèlerinage ; il lui arrivait d'égorger pendant le pèlerinage dix mille bêtes et d'habiller dix mille personnes. Il y avait là un rocher sur lequel un homme de Thaqîf pétrissait la bouillie pour les pèlerins ; on l'appelait le rocher d'al-Lât 290 (c'est-à-dire celui qui pétrit la pâte). Quand cet homme mourut, ‘Amr leur dit : « Il n'est pas mort, mais il est entré dans le rocher », et il leur ordonna de l'adorer et de bâtir sur lui une maison appelée al-Lât. (Voir al-Rawḍ al-Unuf). Il sortit avec eux 291 : il les fit sortir. Les générations 292 : pluriel de khalf (avec fatḥa), qui est la génération après la génération. Ruhâṭ 293 : une région de Yanbu‘ 294. Dûmat al-Jandal 295 (avec ḍamma ou fatḥa sur la première lettre, mais Ibn Durayd a désapprouvé la fatḥa et l'a comptée parmi les erreurs des traditionnistes) : une des dépendances de Médine ; elle fut nommée d'après Dûm ibn Ismâ‘îl ibn Ibrâhîm. (Voir Mu‘jam al-Buldân). Les pendants d'oreilles 296 : pluriel de shanf, qui est la boucle d'oreille que l'on met à l'oreille. Il est connu que Jurash 297 est en Himyar, et que Madhḥij est de Kahlân ibn Saba’. Al-Dâraquṭnî a mentionné que Jurash et Ḥarsh (avec ḥâ‘) sont deux frères, et qu'ils sont les fils de ‘Ulaym ibn Janâb al-Kalbî ; ce sont donc deux tribus de Kalb. (Voir al-Rawḍ al-Unuf p. 63, et Sharḥ al-Sîra p. 29). La phrase d'Ibn al-Kalbî dans al-Aṣnâm est : « Madhḥij et les gens de Jurash adoptèrent... » ; il ne fait donc pas non plus de Jurash une partie de Madhḥij. Jurash 298 (avec ḍamma puis fatḥa et shîn) : un des districts du Yémen du côté de La Mecque. (Voir Mu‘jam al-Buldân). Khaiwân 299 aussi : un village leur appartenant, à deux nuits de Ṣan‘â’ du côté de La Mecque ; c'est là que se trouvait ce Ya‘ûq 300. Ibn al-Kalbî a dit dans son livre al-Aṣnâm : « Je n'ai pas entendu que Hamdân 301 ni aucun autre Arabe se soit nommé par ce nom, et je n'ai entendu pour elle ni pour d'autre à son sujet de poème ; je pense que cela est dû au fait qu'ils se rapprochèrent de Ṣan‘â’ et se mêlèrent à Himyar, et embrassèrent avec eux le judaïsme, à l'époque où Dhû Nuwâs 302 se convertit au judaïsme, et ils se convertirent avec lui. » Ceci contredit ce qu'Ibn Hishâm rapporte ici du poème de Mâlik ibn Numayṭ al-Hamdânî sur Ya‘ûq ; peut-être Ibn al-Kalbî n'en a-t-il pas eu connaissance, ou peut-être veut-il dire que Ya‘ûq était moins important et moins mentionné. Cet endroit de la phrase et du verset et ce qui s'y rapporte se trouve plus loin après : « ... ibn al-Khiyâr ». On dit aussi : « On dit que Hamdân... etc. » Nous avons jugé bon de le placer avant son emplacement pour que le récit sur Hamdân soit continu sans interruption ; peut-être est-ce là sa place originelle. Il est Abû Thawr 303 ; il est surnommé Dhû l-Mi‘shâr 304 ; il est des Banû Khârif ; on dit aussi qu'il est de Yâm ibn Uṣayy ; tous deux sont de Hamdân. (Voir al-Rawḍ al-Unuf). Il empenné et taille 305 : de rashashtu 306 la flèche et baraytu 307 ; puis on l'a employé métaphoriquement pour le bien et le mal. Dans A : « Rabî‘a ibn al-Khiyâr ibn Mâlik... etc. » 308. Ce qui est dans al-Ishtiqâq d'Ibn Durayd : c'est Awsala ibn al-Khiyâr ibn Mâlik ibn Zayd ibn Kahlân 309. Ce qui est dans al-Aṣnâm d'Ibn al-Kalbî : ‘Amr ibn Luḥayy 310 remit ce Nasr 311 à un homme de Dhû Ru‘ayn 312 de Himyar, nommé Ma‘dîkarib 313. Cette idole se trouvait dans une région appelée Balkha‘ 314, un lieu du pays de Saba’ ; les Himyar et leurs alliés ne cessèrent de l'adorer jusqu'à ce que Dhû Nuwâs les convertît au judaïsme. (Voir al-Aṣnâm d'Ibn al-Kalbî, et Mu‘jam al-Buldân de Yâqût, vol. 4, p. 780, édition européenne). Ainsi dans al-Aṣnâm d'Ibn al-Kalbî. Dans la plupart des manuscrits : « Ghamm Anas » 315. Dans ‘Umdat al-Nasab du cheikh Aḥmad al-Badawî al-Shanqîṭî : « ‘Amm Anas » ; le regretté Aḥmad Zakî Pacha a noté qu'il n'a trouvé aucun nom semblable à celui qui figure dans la Sîra dans les dictionnaires. Ainsi dans A. Dans les autres manuscrits : « Barra » 316. La phrase d'al-Aṣnâm : « Il appartenait à Mâlik et Malkân 317, les deux fils de Kinâna 318. »
Chaque "Malkān" 319 chez les Arabes se prononce avec un kasra 320 sur le mīm et un sukūn 321 sur le lām, sauf "Malkān" chez les Qudā‘a et "Malkān" chez les Sukūn, qui se prononcent avec une fatḥa 322 sur le mīm et le lām.
Sindād 323 : les demeures de Layād, en bas du Sawād de Kūfa, au-delà de Najrān de Kūfa. (D'après le Muʿjam al-Buldān) Al-Khawarnaq 324 : un palais construit par al-Nuʿmān al-Akbar, roi de Ḥīra, pour Sābūr, afin que son fils y réside auprès de lui. Il le construisit d'une manière merveilleuse que les Arabes n'avaient jamais vue. Sunnamār le bâtit pour lui, et il y a à ce sujet une histoire célèbre. Le sens d'al-Sadīr (en persan) est : la maison du roi. Les Kaʿbāt 325 : il veut dire la quadrature. Toute construction bâtie en carré est une Kaʿba. Atāmat 326 : elle est venue avec deux (enfants) dans un même ventre. Ajout de A. Ajout de A. Le discours sur al-Baḥīra 327 et ses sœurs est abondant et sujet à divergence. Al-Alūsī en a mentionné la majeure partie. (Voir Bulūgh al-Arab, vol. 3, pp. 34-39) Ainsi dans A. Dans les autres sources : « al-Faṣāʾil ». Al-Sharīf (diminutif) : une eau appartenant à Banū Numayr. On dit que c'est le nombril du Najd, et c'est le lieu le plus élevé du Najd. Abū Ziyād a dit : « Le territoire de Banū Numayr est al-Sharīf, toute leur demeure est à al-Sharīf, sauf une branche à al-Yamāma. » (Voir Muʿjam al-Buldān) Ajout de A ou du Muʿjam al-Buldān et d'al-Iṣāba. Al-Akhraj 328 : l'autruche mâle qui a du blanc et du noir. Il veut dire l'âne sauvage. Ainsi dans les sources. Al-Mirbāʿ 329 : l'étalon qui féconde tôt. On dit aussi d'une chamelle : mirbāʿ si elle met bas tôt. On dit aussi : al-mirbāʿ : celui qui a brouté au printemps. On rapporte aussi : « al-Miryāʿ » avec un yāʾ pointé par deux points en dessous, comme s'il était mifʿāl de rāʿa yarīʿu : c'est-à-dire il est revenu. Al-Qarqara 330 : le roucoulement de l'étalon. Diyāf 331 : (avec kasra sur la première lettre) une ville du Shām. On dit aussi un village de la Jazīra. Al-Hajma 332 : le troupeau de chameaux. Al-Baḥr : pluriel de Baḥīra, qui est celle dont les oreilles sont fendues. Il les appelle Baḥr parce qu'elles sont à l'abri des raids. Il les décrit comme protégées et inviolables, tout comme la Baḥīra est à l'abri d'être égorgée ou sacrifiée. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « amnan ». Takhzaʿ 333 : elle retarde et s'interrompt. Ainsi dans A et le Muʿjam al-Buldān. Dans les autres sources : « ʿAwf ». C'est une altération. Ainsi dans la plupart des sources. Dans A, al-Rawḍ al-Unuf et Sharḥ al-Sīra : « ḥulūl ». Al-Ḥulūl : les nombreuses maisons. Karākir 334 : groupes. On dit que c'est spécifique aux groupes de chevaux. Ainsi dans A et Sharḥ al-Sīra. Al-Akārīs 335 : les groupes de gens. Ce mot est altéré dans les autres sources. Ainsi dans Sharḥ al-Sīra. Shattat 336 : elle a dispersé. Dans A : « sannat », dans les autres sources : « shannat ». Il semble que les deux soient des altérations de ce que nous avons établi. Al-Qanābil 337 : pluriel de qunbula, qui est le groupe de chevaux. Ibn Qutayba n'a pas mentionné dans al-Maʿārif « Asada » comme fils de Khuzayma, et s'est limité à ses trois frères. Al-Ṭabarī a ajouté parmi les fils de Kināna : ʿĀmir, al-Ḥārith, al-Naḍīr, Ghannam, Saʿd, ʿAwf, Jarwal, al-Rijāl et Ghazwān. Al-Muqrifa 338 : la vile. Al-Najjār : l'origine. Al-ʿAqīm : celle qui ne porte pas. Al-Qarm 339 : l'étalon des chameaux. Il l'emploie ici par métaphore pour l'homme noble. Extrait d'une urjūza 340 de lui où il loue al-Ḥārith ibn Sulaym al-Hujaymī (Dīwān, édition Leipzig, pp. 77-79). On dit : al-Khashl (ici) : le maql 341 (c'est le fruit du dūm). Al-Qurūsh : ce qui tombe de ses débris et s'en épluche. Ainsi dans la plupart des sources. Dans A : « Abū Khalada » avec un khāʾ pointé ouvert et un lām silencieux, comme on rapporte aussi : « Ḥalaza ». Al-Hujān 342 : le noble, dérivé de hujna, qui est la blancheur. Al-Azhar : le célèbre. Thiyāb al-ʿAṣb 343 : des vêtements yéménites, parce qu'ils sont teints avec al-ʿaṣb. Al-ʿaṣb et al-wars ne poussent qu'au Yémen. Il veut dire que nos marmites sont parmi leurs marmites, donc la chaîne de nos vêtements est mêlée à la chaîne de leurs vêtements. Al-Ḥaḍramī 344 : les sandales. Al-Mukhaṣara 345 : celle qui est étroite des deux côtés, comme si elle avait les flancs manquants. Al-Fawāʾij 346 : les têtes des vallées. On dit aussi que ce sont des sources spécifiques. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « Il dit : Et celles-ci... etc. » Ainsi dans A. Dans les autres sources : « Zayd ibn Manāt ». On dit que la mère de Luʾayy est ʿĀtika bint Yakhliḍ ibn al-Naḍr ibn Kināna, et elle est la première des ʿAwātik 347 qui ont enfanté le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, parmi Quraysh. (Voir al-Ṭabarī) Al-Adram 348 : celui dont les chevilles sont enfoncées dans la chair. C'est aussi celui qui a le menton courbé. On dit que Taym ibn Ghālib l'était. Ainsi dans les sources. Ibn Hishām a ajouté seul : « Kaʿb » dans la généalogie de Salmā. Ce qu'a mentionné Ibn Isḥāq sans « Kaʿb » concorde avec ce qu'a rapporté al-Ṭabarī en parlant de la mère de Luʾayy et de ses frères. La mère de ʿAwf ibn Luʾayy : al-Bārida bint ʿAwf ibn Ghannam ibn ʿAbd Allāh ibn Ghatafān. On dit que lorsque Luʾayy mourut, elle sortit avec son fils ʿAwf chez son peuple, puis Saʿd ibn Dhubyān ibn Bughayḍ l'épousa, et il adopta ʿAwf. Comme si elle était attribuée à l'eau à cause de sa pureté, après avoir transformé la hamza de l'eau en wāw, alors que la règle aurait été de la transformer en hāʾ. Cette Māwiya aimait Sāma plus que ses frères. Ibn Qutayba dans son livre al-Maʿārif s'accorde avec la Sīra pour mentionner al-Ḥārith comme fils de Luʾayy, mais al-Ṭabarī et Ibn Durayd divergent en ne mentionnant pas de fils de ce nom. Abū al-Faraj a mentionné dans la neuvième partie des Aghānī (pp. 104-105) al-Ḥārith comme fils de Sāma ibn Luʾayy, et a dit que certains généalogistes le nient comme Qurayshite et prétendent qu'il est le fils de Nājiya, femme de Sāma, et non le fils de Sāma. Al-Rawābī 349 : pluriel de rābiya, qui est la colline élevée. Il veut dire ici les nobles parmi les gens et les tribus. On dit qu'ils donnèrent à Jarīr pour ces vers mille chameaux. Ils se réclamaient de Rabīʿa, mais après cela ils ne se réclamèrent plus que de Quraysh. Ḍawr et Shakīs : deux branches de ʿAnaza. Dans al-Ṭabarī : « ... ibn Taghlib ». C'est ce qu'a soutenu Ibn Hishām. Quant à Ibn Jarīr al-Ṭabarī, il a fait de ʿĀʾidha la mère de Khuzayma, et elle est chez lui ʿĀʾidha bint al-Khums ibn Quḥāfa, de Khathʿam. Ibn Jarīr al-Ṭabarī soutient une opinion différente de celle d'Ibn Hishām, et il s'accorde avec Ibn Isḥāq sur le fait que Kaʿb, ʿĀmir et Sāma sont des frères germains, leur mère étant Māwiya. Nous avons déjà rapporté d'Ibn Jarīr son propos sur la mère de ʿAwf, qu'elle est al-Bārida, et que ʿAwf est le frère de ces trois par leur père, de même que Khuzayma, dont la mère est al-ʿĀʾidha, et Saʿd, dont la mère est Bunāna. Ibn Hishām a mentionné que Bunāna était leur nourrice. Abū al-Faraj a rapporté dans les Aghānī (vol. 9, p. 104) l'histoire de ce Sāma, mais il n'est pas d'accord avec Ibn Isḥāq sur le fait que le départ de Sāma était dû à son frère ʿĀmir ; il attribue cela à un différend entre Sāma et son frère Kaʿb, et dit que ces vers sont de Kaʿb pleurant son frère Sāma. Ainsi dans les Aghānī. Dans les sources : « ʿaliqat mā bi-Sāma etc. » Al-ʿAlāqa (ici) : le serpent qui s'est accroché à la chamelle. Kharūs al-sarā 350 : il veut dire une chamelle silencieuse, patiente à la marche nocturne, ne s'en impatientant pas, comme si sa marche était muette. Al-Rudā 351 : celle qui est tombée d'épuisement. De même ar-radhīla avec dhāl pointé. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « ... Dhubyān ibn Thaʿlaba » avec un « ibn » supplémentaire, apparemment interpolé. Alāṭahu 352 : il l'a collé à lui, l'a joint à lui, l'a annexé à sa généalogie. De là : il attachait les enfants de la Jāhiliyya à leurs pères, c'est-à-dire il les collait. Dans al-Ṭabarī : « ʿAraj ». Ainsi dans al-Ṭabarī. Dans les sources : « Mutrak ». C'est Muḥammad ibn Jaʿfar ibn al-Zubayr ibn al-ʿAwwām ibn Khuwaylid al-Asadī al-Madanī. Il a rapporté de son oncle ʿUrwa et de son cousin ʿAbbād ibn ʿUbayd Allāh, et d'autres. Ont rapporté de lui ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Qāsim et ʿUbayd Allāh ibn Abī Jaʿfar, et d'autres. Il était juriste et savant. Al-Nasāʾī l'a jugé digne de confiance. Al-Shaʿr 353 : pluriel de ashaʿr, qui est celui qui a beaucoup de poils longs. Ainsi dans les Aghānī (vol. 10, p. 28). Dans les sources : « banā », c'est une altération. Al-Mukhlif (ici) : celui qui puise l'eau. On dit : il est allé yakhli f 354 pour son peuple, c'est-à-dire il puise pour eux. Antajaʿa al-saḥāba 355 : c'est-à-dire je cherche l'endroit de la pluie comme le font les tribus qui voyagent d'un lieu à un autre. Il veut dire que s'il s'était réclamé de Quraysh, il serait resté avec eux à La Mecque et n'aurait pas été un bédouin cherchant la pluie d'un lieu à un autre. Ainsi dans la plupart des sources. Khashsha 356 : il a réparé. Al-Nājiya : la chamelle rapide. Dans A : « wa ḥassa... etc. » Ḥassa (avec ḥāʾ non pointé) : il a fortifié et répété. Dans les Aghānī : « ... wa hashsha rawāḥata al-jumḥiyyi ». Al-Muʿtalij 357 : l'endroit plat où les gens luttent, c'est-à-dire se battent. Al-Baṭḥāʾ (ici) : la Baṭḥāʾ de La Mecque. Al-Akhāshib 358 : il veut dire al-Akhshabayn : deux montagnes à La Mecque. Il les a mises au pluriel avec ce qui les entoure. Bakīm 359 : muet.
(303) [p.100] Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « Ibn Hishâm a dit ». (304) [p.101] Ajout d'après A. Et il est apparent qu'il s'agit de : « Ibn Nashba ibn Murra », comme dans le Lisân (racine n-sh-b). (305) [p.101] Hâshim ibn Harmala : c'est le grand-père de Manzûr ibn Zabbân ibn Yasâr, dont la fille Zajla était chez Ibn az-Zubayr. Il est donc le grand-père maternel de Manzûr. Son nom à elle est Qahṭum bint Hâshim. Qahṭum aurait porté Manzûr pendant quatre ans – selon ce qu'ils prétendent –, d'où son nom Manzûr (attendu) à cause de la longueur de leur attente : (d'après ar-Rawḍ al-Anuf). (306) [p.101] Il veut dire qu'il a pris sa revanche, comme s'il l'avait ressuscité. (307) [p.101] Yawm al-Hibâ'ât : un jour célèbre parmi les jours des Arabes. Hibâ'a : un lieu, il l'a donc mis au pluriel avec ce qui le suit. (Voir la note n°1 p. 102). (308) [p.101] Yawm al-Ya'mala : un des jours des Arabes. Al-Ya'mala : nom d'un lieu. (309) [p.101] Mugharbala : tuée. On dit : gharbala, lorsqu'il tue les nobles et les meilleurs des gens. On dit aussi : par « gharbala » (criblage), il voulait dire les passer au peigne fin et les poursuivre, comme si cela venait de « gharbaltu aṭ-ṭa'âm » (j'ai criblé la nourriture), lorsque tu l'examines pour en extraire [les impuretés] jusqu'à ce qu'il ne reste que la menue paille. (310) [p.101] Il le décrit comme étant puissant et inexpugnable, et qu'il ne craint aucun souverain qui lui ferait du tort, ni aucune vengeance de la part de demandeurs de vengeance. (311) [p.101] Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « Ibn Hishâm a dit : et m'a raconté... etc. » (312) [p.102] Et on rapporte : « Yawm al-Hibatayn » (le jour des deux dons), par abréviation pour la nécessité [poétique], alors qu'il voulait dire al-Hibâ'atayn (les deux Hibâ'a). Il est fréquent que le lieu apparaisse au duel ou au pluriel dans la poésie arabe, alors qu'on veut dire le singulier. Le jour de al-Hibâ'a fut celui de 'Abs contre Dhubyân. Al-Hibâ'a : un lieu dans le pays de Ghatafân : (voir al-'Iqd al-Farîd, vol. 3, p. 69). (313) [p.102] Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « sunanahum » (leurs traditions/sunnas). (314) [p.102] Al-basl : l'illicite et le licite ; c'est donc un mot aux sens opposés. (315) [p.102] Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « nasî'uhum thamâniya... etc. » (leur mois intercalaire huit...). Le propos n'est pas correct avec cette addition. (316) [p.102] Certains font porter Ilyâs ibn Muḍar sur le prophète Ilyâs (Élie) en ce qui concerne la hamza de son début. Or, le correct pour Ilyâs ibn Muḍar est de considérer l'alif et le lâm comme surnuméraires, comme leur ajout dans al-Faḍl et al-'Abbâs, et qu'ils sont entrés sur le nom d'action qui est al-ya's (le désespoir). Sa deuxième hamza peut être adoucie, et on dit alors Ilyâs. Quant au prophète Ilyâs, il est avec la première hamze coupée, ouverte ou brisée (voir Sharḥ al-Qâmûs, racine '-l-s). (317) [p.103] Dans Mu'jam al-Buldân (vol. 4, p. 506) : « Tarabbus » (attente). (318) [p.103] Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « al-Murûrât » (les passages), avec un tâ' ouvert, comme s'il s'agissait du pluriel de murûrâ, mais il n'existe pas dans la langue une telle construction. C'est plutôt al-Murûrâh avec un hâ', faisant partie des mots où la 'ayn et le lâm sont redoublés ; c'est donc une forme fa'lala, et l'alif y est une transformation d'un wâw originel. Al-Murûrâh : un lieu où eut lieu le jour d'al-Murûrâh. (319) [p.103] Nakhl : un lieu en Najd, dans le pays de Ghatafân. On dit aussi : c'est un lieu appartenant aux Banû Murra ibn 'Awf, à deux nuits de Médine : (voir Mu'jam al-Buldân). (320) [p.103] On dit que la mère de ces trois-là est Makhshiyya. De même, on dit que la mère de Murra et de Huṣayṣ est Makhshiyya bint Shaybân ibn Muḥârib ibn Fihr, et la mère de 'Adiyy est Ruqâsh bint Rakaba ibn Nâ'ila ibn Ka'b ibn Ḥarb ibn Taym ibn Sa'd ibn Fahm ibn 'Amr ibn Qays ibn 'Aylân. (Voir aṭ-Ṭabarî). (321) [p.103] Il est avec la fatḥa sur le qâf. Il est venu dans un poème par lequel on louait Khâlid ibn al-Walîd, avec sa consonne non-voyellée : « Et toi, pour Makhzûm ibn Yaqaza, tu es un jardin... Je ne te nommerai en lui ni un glorieux ni un fils de glorieux. » (322) [p.103] Ajout d'après aṭ-Ṭabarî. (1) [p.104] Ajout d'après aṭ-Ṭabarî. (2) [p.104] On dit que la mère de Taym et de Yaqaza est Asmâ' bint 'Adiyy ibn Ḥâritha ibn 'Amr ibn 'Âmir ibn Bâriq. On dit aussi : Hind bint Ḥâritha al-Bâriqiyya. De même, on dit que Yaqaza est de Hind bint Sarîr, mère de Kilâb. (Voir aṭ-Ṭabarî). (3) [p.104] Indara'û : ils sortirent. (4) [p.104] Al-jumm : les béliers sans cornes. Leur singulier : ajamm. Ils veulent dire qu'ils se battent à coups de tête sans armes et sans faveur, comme les béliers jumm qui n'ont pas de cornes, et ils croient avoir de la force. (5) [p.104] On dit : ils furent nommés Bâriq d'après une montagne près de laquelle ils s'installèrent, nommée Bâriq. (6) [p.104] Le nom de Quṣayy est Zayd. Il fut nommé Quṣayy (le lointain) parce que son père mourut alors qu'il était [jeune], lui et son frère Zuhra. Zuhra était grand et Quṣayy était sevré. Il les laissa à leur mère Fâṭima. Elle épousa Rabî'a ibn Ḥizâm et partit avec lui, emmenant Zayd à cause de son jeune âge. Il fut donc nommé Quṣayy à cause de son éloignement de la demeure de son peuple. (Voir aṭ-Ṭabarî). (7) [p.104] Zuhra : une femme à laquelle ses enfants furent attribués plutôt qu'au père. Ce sont les oncles maternels du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. (8) [p.104] Le nom de Sayl est Khayr ibn Ḥamâla ibn 'Awf ibn Ghanm ibn 'Âmir al-Jâdir ibn 'Amr ibn Ja'thama. (9) [p.104] Ajout d'après A. (10) [p.104] Ainsi dans aṭ-Ṭabarî, al-Ishtiqâq d'Ibn Durayd, et Lisân al-'Arab (racine j-'-th-m). Et dans les manuscrits : « Khath'ama », ce qui est une altération. (11) [p.104] Voir la note (n°1 p. 50 de cette partie). (12) [p.105] Dans l'original : « 'Âmir ibn 'Amr ibn Khuzayma ibn Khath'ama. » Le correct est ce que nous avons établi. (Voir ar-Rawḍ al-Anuf). (13) [p.105] Cela parce que le torrent (as-sayl) entra dans la Ka'ba une fois et fissura sa construction. Quraysh en fut effrayée et craignit son effondrement si un autre torrent survenait, et que leur prestige et leur religion disparaissent. 'Âmir construisit donc un mur pour elle, et fut nommé al-Jâdir (le bâtisseur de mur) pour cela. (14) [p.105] Al-aḍbaṭ : celui qui travaille avec ses deux mains, travaillant de la gauche comme de la droite. Al-'usra : la difficulté. Al-qarn : celui qui tient tête à la guerre. (15) [p.105] Al-ḥurr al-qaṭâmî : il veut dire le faucon. (16) [p.105] Quṣayy disait, selon ce qu'ils prétendent : « Il m'est né quatre [enfants]. J'en ai nommé deux d'après mon idole, un d'après ma demeure, et un d'après moi-même. » (17) [p.106] Ajout d'après aṭ-Ṭabarî. (18) [p.106] aṭ-Ṭabarî n'a pas mentionné Takhmur parmi les enfants de Quṣayy, et s'est limité aux quatre mâles. Az-Zubaydî l'a mentionné dans son livre Îḍâḥ al-Madârik, et a dit : Takhmur, comme tanaṣṣara (il s'est fait chrétien). (19) [p.106] Le premier a été vocalisé avec deux fatḥas, et le second avec une ḍamma. C'est sur ce dernier avis que se trouve az-Zubaydî dans son livre Îḍâḥ al-Madârik, d'après al-'Awâtik ; il y a vocalisé l'expression avec une ḍamma. (20) [p.106] Son nom est 'Amr. On l'appelle Hâshim parce qu'il fut le premier à émietter (hashama) le tharîd (pain trempé de bouillon) pour son peuple. C'est à son sujet que Maṭrûd ibn Ka'b al-Khuzâ'î, et on dit Ibn az-Ziba'râ, dit : « 'Amr, qui émietta le tharîd pour son peuple... alors que les hommes de La Mecque étaient affamés et décharnés. » (Voir aṭ-Ṭabarî). (21) [p.106] 'Abd Shams était le jumeau (tilw) de Hâshim. On dit même : ils étaient jumeaux. Hâshim naquit avec son pied collé au front de 'Abd Shams, et on ne put le détacher sans [faire couler] du sang. Ils disaient donc : « Il y aura du sang entre leurs deux descendants. » Ce sang fut ce qui advint entre les Banû Hâshim et les Banû Umayya ibn 'Abd Shams. (22) [p.106] On dit que 'Âtika a eu, d'un autre que 'Abd Manâf : al-Ḥârith ibn Ḥubash as-Sulamî. Il est donc le frère de Hâshim, 'Abd Shams et al-Muṭṭalib, par leur mère. Et c'est lui qui pleura Hâshim en raison de cette fraternité. (23) [p.106] La mère de 'Abd Manâf est 'Âtika bint Hilâl ibn Fâlij ibn Dhakwân. Selon cela, la mère de 'Abd Manâf serait la tante paternelle de 'Âtika. (24) [p.106] Ainsi dans A et Îḍâḥ al-Madârik 'an al-'Awâtik d'az-Zubaydî. Et dans tous les autres manuscrits : « fa-alhaḥa » (il insista), avec un ḥâ' non pointé, ce qui est une altération. (25) [p.107] Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « Sayb ». (26) [p.107] Et on rapporte : 'Abd Allâh. (27) [p.107] Ainsi dans l'original. Il semble que la forme correcte de l'expression soit : « ... min Sa'd... etc. » Car Sa'd al-'Ashîra ibn Madhḥij est le père des tribus attribuées à Madhḥij, à l'exception des plus petites. Et il ne peut y avoir, à l'époque de Hâshim, quelqu'un qui soit son fils de ses propres reins. (28) [p.107] Ainsi dans les manuscrits. Ibn Hishâm nous a habitués, dans ce qui précède du discours sur la généalogie, à citer Ibn Isḥâq puis à donner son propre avis. Mais ici, il aborde le discours sur les enfants de Hâshim sans citer Ibn Isḥâq. Il en fut de même lorsqu'il parla des enfants de 'Abd al-Muṭṭalib. (29) [p.107] Leur mère est 'Amra bint Ṣakhr al-Mâziniyya. Son fils [à elle] est 'Amr ibn Uḥayḥa ibn al-Julâḥ, et son frère Ma'bad ; elle les enfanta pour Uḥayḥa après Hâshim. (30) [p.107] On dit : c'est Salmâ bint Zayd ibn 'Amr. (Voir aṭ-Ṭabarî). (31) [p.107] Ajout d'après aṭ-Ṭabarî. (32) [p.107] aṭ-Ṭabarî est d'accord avec as-Sîra sur la généalogie de Salmâ jusqu'à Khidâsh, puis il s'en écarte après cela, disant : « Khidâsh ibn Jundub ibn 'Adiyy ibn an-Najjâr. » (33) [p.108] C'est ce qu'a soutenu Ibn Isḥâq. Ce qui est connu chez les généalogistes est que la mère de Ḥayya est Jaḥl bint Ḥabîb ibn al-Ḥârith ibn Mâlik ibn Khuṭayṭ ath-Thaqafiyya, et que cette Ḥayya était sous [l'autorité de] al-Aḥjam ibn Dandana al-Khuzâ'î, et elle lui enfanta Usayd et Fâṭima. (34) [p.108] Az-Zubayr est le plus âgé des oncles paternels du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue. C'est lui qui faisait danser le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – lorsqu'il était enfant, et disait : « Muḥammad ibn 'Abdamm... Vis d'une vie des plus agréables, dans une puissance et un butin... Aussi longtemps que dure l'éternité. » Sa fille Ḍubâ'a était sous [l'autorité de] al-Miqdâd, et son fils 'Abd Allâh est parmi les Compagnons – que Dieu les agrée. Az-Zubayr était surnommé Abû Ṭâhir, à cause de son fils aṭ-Ṭâhir. Il était parmi les plus élégants des jeunes gens de Quraysh. C'est d'après lui que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – nomma son fils aṭ-Ṭâhir. On dit qu'az-Zubayr était parmi ceux qui croyaient en la Résurrection.
Ainsi dans la plupart des manuscrits, al-Rawḍ al-Unuf, al-Ma‘ārif et le Qāmūs, à l’entrée « ḥajal ». Dans A : « jaḥal » avec le jīm avant le ḥā’, ce qui est une altération 360. Le nom d’Abū Lahab était ‘Abd al-‘Uzzā, et il fut surnommé Abū Lahab à cause de l’éclat de son visage 361. Umm Nutila : Umm Ḥujr, ou Umm Kurz bint al-Azb des Banū Bakīl de Hamdān 362. Dans al-Ma‘ārif : « Nutila bint Kulayb ibn Mālik ibn Janāb » 363. ‘Āmir, celui-ci est connu sous le nom d’al-Ḍaḥyān, et il était l’un des rois de Rabī‘a 364. On dit qu’Umm al-Ġaydaq était Man‘a bint ‘Amr al-Ḫuzā‘iyya. (Voir al-Rawḍ al-Unuf et al-Ma‘ārif) 365. Ainsi dans al-Ma‘ārif d’Ibn Qutayba. Dans les manuscrits : « Uhayb ibn ‘Abd Manāf » 366. On dit que les enfants de Fāṭima chez ‘Abd al-Muṭṭalib sont : ‘Abd Allāh, ‘Abd Manāf (Abū Ṭālib), al-Zubayr, ‘Abd al-Ka‘ba, ‘Ātika, Barra et Umayma. (Voir al-Ṭabarī) 367. Dans al-Ma‘ārif : Ṣafiyya bint Jundub, et il y est dit qu’elle eut deux enfants : al-Ḥārith et Arwā 368. Dans al-Ma‘ārif d’Ibn Qutayba : Zuhra serait le nom d’une femme d’où les Banū Zuhra tirent leur nom ? Ceci est une opinion rejetée et inconnue ; c’est en réalité le nom de leur ancêtre, comme l’a dit Ibn Isḥāq 369. Il est connu que toutes les mères du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) d’Āmina à Barra bint ‘Awf étaient quraychites ; quant à celles d’avant, elles n’étaient pas de Qurayš. La mère de Barra bint ‘Awf était Qulāba bint al-Ḥārith ; la mère de Qulāba était Umayma bint Mālik ; la mère d’Umayma était Dubba bint al-Ḥārith ; sa mère était bint Kahf al-Ẓulm, de Ṯaqīf 370. Il est rapporté de lui (sur lui la prière et le salut) qu’il a dit : « Aucune femme adultère ne m’a engendré depuis que je suis dans les reins d’Adam ; les nations n’ont cessé de se disputer ma noblesse, de père en père, jusqu’à ce que je sorte des deux meilleures tribus parmi les Arabes : Hāšim et Zuhra » 371. Ainsi dans A. Dans les autres manuscrits : « Abū Muḥammad ‘Abd al-Malik ibn Hishām a dit : Parmi les récits concernant l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), il y a ce que nous a rapporté Ziyād ibn ‘Abd Allāh al-Bakkā’ī d’après Muḥammad ibn Isḥāq al-Muṭṭalibī, qui a dit... etc. » 372. C’est pourquoi Zamzam est aussi appelée « Hamzat Jibrīl » et « Hazmat Jibrīl ». Al-Mas‘ūdī a dit : elle fut nommée Zamzam parce que les chevaux venaient en pèlerinage vers elle dans les temps anciens et « zamzamaient » dessus ; la zamzama est un son que le cheval émet par ses naseaux en buvant de l’eau. ‘Umar (que Dieu l’agrée) écrivit à ses gouverneurs : « Interdisez aux chevaux la zamzama ». On dit aussi qu’elle fut nommée Zamzam parce qu’elle fut obstruée de terre pour que l’eau ne s’écoule pas à droite et à gauche 373. Yafḥaṣ : découvre 374. Al-Ḥissī : la petite excavation ; on dit aussi que l’origine d’al-ḥissī est ce qui s’infiltre dans le sable, et si on le cherche, il apparaît 375. Jurhum : c’est Qaḥṭān ibn ‘Ābir ibn Shālikh 376. Quṭūrā’ : c’est Quṭūrā’ ibn Kurkur 377. Al-Samayda‘ : c’est al-Samayda‘ ibn Hawthar ibn La’y ibn Quṭūrā’ ibn Kurkur ibn ‘Amlāq ; on dit que al-Zabbā’ est de sa descendance ; elle est la fille de ‘Amr ibn Udhayna ibn Ẓarb ibn Ḥassān ; entre Ḥassān et al-Samayda‘, il y a de nombreux ancêtres 378. Qu‘ayqi‘ān : une montagne à La Mecque, du côté d’al-Ṣafā. (Voir Mu‘jam al-Buldān) 379. Ajyād : un lieu à La Mecque, du côté d’al-Ṣafā (Voir Mu‘jam al-Buldān) 380. On dit : « ‘ashara » untel les gens, « ‘ashran » et « ‘ushūran » : lorsqu’il prélève le dixième de leurs biens 381. Ceci est peu probable : car on ne dit pas « ajyād » pour les chevaux de race ; « ajyād » est le pluriel de « jīd ». Il a été mentionné que Muḍāḍ avait décapité en ce lieu les cous (ajyād) de cent hommes des ‘Amālīq, d’où le nom du lieu 382. Fāḍiḥ : un lieu près de La Mecque, près d’Abū Qubays ; les gens s’y rendaient pour leurs besoins. (Voir Mu‘jam al-Buldān) 383. Dans al-Maṭābiḫ, le poète dit : « Je tourne autour des cuisines chaque jour, de peur que Ḥakīm ne me chasse », voulant dire Ḥakīm ibn Umayya. (Voir Mu‘jam al-Buldān) 384. Iṭtabakha l’homme : il cuisina pour lui-même, ou il prépara un mets cuit ; on dit aussi : iṭtabakha l’homme la viande, c’est-à-dire lorsqu’il la cuit 385. Al-Ḫilāl : les qualités 386. Tout ce qui était offert à la Ka‘ba était jeté dans un puits peu profond, qu’Abraham (sur lui la paix) avait creusé près de la porte de la Ka‘ba. On dit que lorsque la situation des Jurhum se gâta et qu’ils volèrent les biens de la Ka‘ba à plusieurs reprises, un homme d’entre eux descendit dans le puits pour voler les biens de la Ka‘ba ; une pierre tomba du bord du puits sur lui et l’y emprisonna. On rapporte aussi qu’un serpent fut envoyé sur le puits, et qu’il effrayait quiconque s’en approchait 387. Comme elle était aussi appelée al-Nasāsa ; ces deux noms viennent de « nassa » au sens de « sécher » et « être stérile », comme on l’appelle aussi « al-Bāssa », de « bassa » au sens d’« émietter » 388. Tabuk : brise 389. Ainsi dans Lisān al-‘Arab (entrées « akk » et « bakk »). Al-Sharīb : celui qui abreuve ses chameaux en même temps que les tiens. Dans l’original : « al-sharīt », ce qui est une altération 390. Al-Akka : la chaleur intense ; on dit aussi la douleur intense 391. Ajout d’après Mu‘jam al-Buldān 392. La raison de la composition de ces vers : ‘Amr ibn al-Ḥārith était descendu à Qanūnā en terre du Ḥijāz ; il perdit des chameaux, les chercha jusqu’à arriver au Ḥaram ; il voulut y entrer pour prendre ses chameaux, mais ‘Amr ibn Luḥayy proclama : « Quiconque trouve un Jurhumī et ne le tue pas, je lui couperai la main. » ‘Amr ibn al-Ḥārith l’apprit, monta sur une montagne de La Mecque, vit ses chameaux égorgés et leur viande distribuée ; il s’en retourna misérable, craintif et humilié, et s’éloigna dans la terre ; son exil est devenu proverbial ; puis il composa ces vers 393. Al-Ḥajūn : une montagne au-dessus de La Mecque, où se trouvent les sépultures de ses habitants ; on dit aussi : un lieu à un mile et demi de la Maison, ou à un farsakh et un tiers ; il y a une galerie couverte de la famille de Ziyād ibn ‘Abd Allāh al-Ḥārithī, qui fut gouverneur de La Mecque sous al-Saffāḥ et une partie du règne d’al-Manṣūr. Al-Aṣma‘ī a dit : al-Ḥajūn est la montagne qui domine la mosquée de la Bay‘a, sur le ravin des bouchers. (Voir Mu‘jam al-Buldān) 394. Yulajlijuhu : il le fait tourner 395. Al-Judūd : pluriel de jadd, qui est la chance 396. Ce vers fait allusion au fait qu’après la mort de Nābit, dont la mère était Jurhumiyya, et comme les enfants d’Ismaël n’étaient pas nombreux, les Jurhum dominèrent la garde de la Maison 397. Il veut dire : Ismaël (sur lui la paix), car il épousa une femme de Jurhum 398. La variante de ce vers dans al-Ṭabarī : « Et il s’allia par mariage avec les plus nobles des gens par la naissance » 399. Ḥimyar et Yaḥābir : des tribus du Yémen ; on dit que Yaḥābir est Murād 400. Al-Mashā‘ir : les lieux célèbres du pèlerinage où l’on accomplit les rites 401. Il voulait dire : al-‘aṣāfīr (les oiseaux), et il a supprimé le yā’ par nécessité poétique 402. Qaṣrukum : votre limite et votre terme 403. Certains ont ajouté à ces vers : « La réflexion ne sert à rien à son auteur, dans l’instant, pour une science qu’il possède insuffisamment. Interrogez donc sur la conduite des peuples avant vous, comme on distingue un chemin dont la direction est claire. Nous fûmes jadis les rois des hommes avant vous, à Miskin, dans l’enceinte sacrée de Dieu, habitée » 404. On rapporte qu’on trouva dans un puits à al-Yamāma trois pierres. Sur l’une des trois était écrit ces vers ; sur une autre pierre était écrit : « Ô roi, que le temps a secondé dans son règne, tu n’es pas le premier à t’élever et à dominer les affaires des hommes. Arrête-toi, en observateur, car le temps, dont la sécurité est trahie, est humilié. Combien d’hommes hautains, couronnés, redoutables en leur rang, que le temps a secondés, qui vivaient dans l’aisance, autour de qui coulaient les ruisseaux, dont les bassins étaient remplis pour l’armée, une mort soudaine les a frappés, sans que leur cachette les en sauve. Ses armées se sont dispersées, ses chanteuses ont pleuré sur lui. Le temps, quiconque s’y attache, il le broie, carnassier, avec ses meules. Les hommes sont divers dans leurs désirs, comme les doigts d’un homme sont différents. La sincérité est la meilleure qualité, et la langue de l’homme le tue. Le silence est plus heureux pour le jeune homme, et pourtant son éloquence l’honore. » Et sur la troisième pierre on trouva un poème du même style, rempli de sentences et d’exhortations, dont le premier vers est : 405. Al-Ṣurm : les groupes séparés 406. Ainsi dans la plupart des manuscrits. Al-Qur‘a : le choix et l’élite d’une chose. Dans al-Ṭabarī et A : « fur‘a » avec fā’, et fur‘at al-jabal : son sommet. Il veut dire que Qurayš est le sommet des enfants d’Ismaël 407. Dans A : « ibn » 408. La raison de son retour à La Mecque est que, lorsqu’il était jeune garçon — et il était attribué à Rabī‘a car il ne connaissait d’autre père que lui —, il échangea des insultes avec un homme de Quḍā‘a ; celui-ci lui reprocha son attribution et lui dit : « Tu n’es pas des nôtres, tu n’es qu’un intrus parmi nous. » Il entra chez sa mère, attristé par cela ; elle lui dit : « Mon fils, il a dit vrai, tu n’es pas d’eux, mais ta tribu est meilleure que la sienne, tes pères sont plus nobles que les siens ; tu es quraychite, ton frère et tes cousins sont à La Mecque, et ils sont les voisins de la Maison sacrée de Dieu. » Il partit donc avec une caravane jusqu’à La Mecque 409.
On dit aussi, à propos du transfert de la tutelle de la Maison 410 à Qusayy 411, que Halîl 412 donnait les clés de la Maison à sa fille Hubâ 413 lorsqu'il devint vieux et faible ; elles étaient donc en sa possession. Qusayy les prenait parfois, ouvrait la Maison aux gens et la refermait. Lorsque Halîl mourut, il légua la tutelle de la Maison à Qusayy, mais les Khuza'a 414 refusèrent d'exécuter cela pour Qusayy. C'est alors que la guerre éclata entre lui et les Khuza'a. On mentionne aussi que lorsque Halîl devint vieux et ne put plus ouvrir et fermer la porte, il confia les clés à Abû Ghubshân 415 — qui était des Khuza'a, nommé Sulaym ibn 'Amr — et Qusayy les lui acheta pour une outre de vin. On dit : « Plus mauvais marché que celui d'Abû Ghubshân ». L'origine du transfert de la tutelle de la Maison des descendants de Mudar 416 aux Khuza'a est que lorsque le Haram 417 devint trop étroit pour les descendants de Nizar 418 et que les Iyad 419 y proliférèrent, les Banu Mudar ibn Nizar les expulsèrent et les firent sortir de la Mecque. Ils allèrent de nuit à la Pierre Noire 420, l'arrachèrent et la chargèrent sur un chameau ; le chameau s'affaissa sous son poids et tomba à terre. Ils la mirent sur un autre, qui s'affaissa aussi, puis sur un troisième, qui fit de même. Voyant cela, ils l'enterrèrent et partirent. Le matin, les gens de la Mecque ne la virent plus et furent plongés dans une grande angoisse. Une femme des Khuza'a, qui avait vu où elle avait été enterrée, informa son peuple. Alors ils la prirent.
- Dār al-Kutub al-Miṣriyya : La Bibliothèque nationale égyptienne, au Caire.
- riwāya : Transmission orale ou écrite d’un récit, ici la version d’Ibn Isḥāq.
- Suhayl : L’étoile Canopus, visible dans l’hémisphère sud.
- Jāhiliyya : Période préislamique, littéralement « ignorance ».
- kasra : Voyelle brève i en arabe.
- khā’ : Lettre arabe خ, prononcée comme le j espagnol ou le ch allemand.
- fatḥa : Voyelle brève a en arabe.
- sukūn : Absence de voyelle sur une consonne.
- mawlā : Affranchi ou client, souvent d’origine non arabe.
- muḥaddithūn : Spécialistes du hadith (traditions prophétiques).
- Maghāzī : Expéditions militaires du Prophète, genre littéraire historique.
- istaraġa : Variante orthographique non précisée.
- al-faḫšad : Variante orthographique non précisée.
- note n° 7 p. 3 : Référence à une note antérieure non reproduite ici.
- Qayḏār / Qaydār : Nom propre, variante de Qaydār, fils d'Ismaël.
- Adbīl / Adbāl : Nom propre, variantes.
- Manšā / Mašā : Nom propre, variantes.
- Māsī : Nom propre, avec sīn non pointé.
- Dumār : Nom propre, variante.
- Adar : Nom propre, avec dāl non pointé.
- Taymā / Ẓamyāʾ / Ṭamā / Ẓaymā : Nom propre, multiples variantes.
- Taṭawwarā / Ṭūr / Qaṭūr : Nom propre, variantes.
- Nayš / Nafīs / Yāfīš / Fanas : Nom propre, variantes.
- Qaydmān : Nom propre.
- al-Sayyida / Juddāʾ / Sāma / ʿĀtika : Noms des épouses d'Ismaël.
- Ajout exigé par le contexte : Ajout textuel nécessaire à la compréhension.
- al-Ḥiǧr : Espace semi-circulaire adjacent à la Ka'ba, considéré comme en faisant partie.
- Ibn Lahīʿa : Célèbre traditionniste et juge égyptien du IIe siècle H.
- Ġufra bint Bilāl : Femme ayant transmis des hadiths, mawlā d'Abū Bakr.
- al-mudra / al-suḥm / al-ǧuʿād : Termes descriptifs : la ville, les noirs, les crépus.
- tasarrara / tasarrā : Verbe signifiant prendre une esclave comme concubine.
- Umm al-ʿUrayk / Yāq : Noms de lieu.
- al-Faramā / al-Ṭīna : Ancienne ville d'Égypte, Pelusium.
- Māriya bint Šamʿūn : Concubine du Prophète, offerte par al-Muqawqis.
- Ḥufn : Village de Haute-Égypte.
- Anṣinā : Ville de Haute-Égypte.
- ʿĀṯir : Variante orthographique.
- Qaydār ibn Ismāʿīl : Autre généalogie aboutissant à Qaydār au lieu de Nābit.
- Zand : Variante de nom.
- al-Humaysaʿ : Nom propre, avec fatḥa sur le hāʾ.
- Yašǧub ibn ʿUrayb : Variante généalogique.
- Adad : Ancêtre des Arabes adnanites.
- avis des Ṣiḥāḥ : Référence aux dictionnaires arabes classiques.
- talʿabū : Variante orthographique.
- Sabaʾ / Mārib / Sayl al-ʿArim / Ġassān : Royaume de Saba, sa capitale, la grande inondation, et la tribu des Ghassanides.
- al-Mušallal / ʿAzūr / Qudayd : Lieux près de La Mecque.
- al-Juhfa : Localité située entre La Mecque et Médine, servant de miqat (lieu de sacralisation) pour les pèlerins venant d'Égypte et du Levant.
- minbar : Chaire dans une mosquée, symbole de l'autorité religieuse et politique.
- miqat : Lieu fixé pour entrer en état de sacralisation (ihram) pour le pèlerinage.
- ijtahafat : Le verbe 'ijtahafa' signifie emporter violemment, dévaster.
- Mu'jam al-Buldan : Dictionnaire géographique de Yaqut al-Hamawi.
- tahazzabu : Se diviser en factions, former des partis.
- al-Azd : Tribu arabe du Yémen, également appelée al-Azd.
- al-Ma'arif : Livre d'Ibn Qutayba sur les généalogies et l'histoire.
- al-Ishtiqaq : Livre d'Ibn Durayd sur l'étymologie des noms propres.
- Usul al-Ahsab : Livre d'al-Jawani sur les généalogies.
- al-Bakr : Terme désignant le premier-né, et par extension le père de celui-ci.
- al-Thani : Terme désignant le deuxième enfant, et par extension son père.
- al-Thalith : Terme désignant le troisième enfant, mais on ne dit pas 'Thalith' pour le père.
- Sharh al-Sira : Commentaire de la biographie du Prophète, probablement celui d'al-Suhayli.
- masdar : Nom verbal en grammaire arabe.
- ism al-fa'il : Nom d'agent, participe actif.
- hafiya yahfa : Verbe signifiant 'être compatissant, prendre soin'.
- al-Hijan : Le noble, de race pure.
- al-Azhar : Le célèbre, le brillant.
- rajaz : Mètre poétique arabe.
- al-Rawd al-Unuf : Commentaire d'al-Suhayli sur la Sira d'Ibn Hisham.
- al-Mada'in : Ville sassanide, Ctésiphon, capitale de l'empire perse.
- Kisra : Titre des rois sassanides, équivalent de 'César'.
- Sallahahu iyyahu : Expression signifiant 'il le lui ceignit (l'épée)'.
- al-Ashla' : Pluriel de shilw, signifiant 'restes, survivants'.
- al-Sawad : Région fertile de l'Irak, la 'Terre noire'.
- Muluk al-Tawa'if : Rois des factions, période de l'histoire arabe préislamique marquée par la fragmentation politique.
- al-Ardaniyyun : Habitants d'Ard, une région ou tribu.
- al-Jurdh : Rat mâle, ou grand rat.
- al-Sijal : Alternance de victoire, de l'arabe 'sajala' (puiser de l'eau).
- Marr : Localité près de La Mecque, Marr al-Zahran.
- al-Tawd : Montagne, colline élevée.
- al-Sarat : Chaîne de montagnes au Yémen et au Hijaz.
- al-Mu'tasi : Celui qui est imité, suivi comme modèle.
- al-Usra : Exemple, modèle à suivre.
- nafa : Verbe signifiant 'repousser, chasser'.
- Mawwaruhu : Clapotement, agitation de l'eau.
- Ayadi : Pluriel de yad (main), ici au sens de 'dispersés, séparés'.
- al-Shurb : Avec damma : action de boire ; avec kasra : part d'eau.
- al-'Urim : Digue, barrage, mentionné dans le Coran à propos de la digue de Ma'rib.
- faza'a bi-l-amr : Être accablé par une affaire.
- al-'A'if : Devin qui pratique la divination par le vol des oiseaux.
- Satih : Célèbre devin arabe préislamique.
- sutiha : Être étalé, comme une surface plane.
- Shiqq : Autre devin célèbre, contemporain de Satih.
- shiqq : Moitié, partie, d'où le nom Shiqq.
- al-Humama : Charbon ardent, braise.
- min Zulma : De l'obscurité, venant de la mer.
- al-Tuhma : Terrain bas, dépression vers la mer.
- kull dhat : Chaque être, chaque âme.
- al-Harra : Terrain volcanique, coulée de lave.
- Abyan : Région du Yémen près d'Aden.
- mikhlaf : Division administrative au Yémen, province.
- Jurash : Ville et région du Yémen.
- tubba' : Titre des rois himyarites du Yémen.
- Iwan : Grande salle voûtée, palais sassanide.
- al-Tufla : Femme délicate, tendre, au corps souple.
- al-Madani : Nom d'agent, celui qui est négligent ou qui suit les choses viles.
- Mazin : Nom propre, peut-être une variante.
- ghalabahum : Les a vaincus, sens peu clair ici.
- al-tubbaniyya : Intelligence, perspicacité.
- nasnās : Créature légendaire de la mythologie arabe, souvent décrite comme un être mi-homme mi-animal.
- Dhū al-Manār : Surnom signifiant « celui des tours », en référence aux tours (manār) érigées pour s'orienter.
- ‘uranjij : Mot arabe signifiant « sérieux, déterminé », dérivé de la racine ‘-r-n-j.
- al-khabal : La corruption, le désordre.
- al-dhikr : Pluriel de dhikra, signifiant souvenir, mémoire.
- ‘awān : Se dit d'une guerre qui a déjà eu lieu, par opposition à une guerre jeune (fatī'a).
- muqayyad : Terme de grammaire arabe désignant un mot qui n'est pas décliné (ni nominatif, ni accusatif, ni génitif).
- tabābi‘a : Pluriel de tubba‘, titre des rois himyarites du Yémen.
- ḥuzāt : Pluriel de ḥāzin, devins qui observent les astres pour prédire l'avenir.
- ‘arrāfūn : Pluriel de ‘arrāf, devins qui prétendent connaître l'invisible.
- al-ukhdūd : Le fossé, en référence à l'histoire des gens du fossé (ashāb al-ukhdūd) mentionnée dans le Coran (sourate 85).
- عبى : Verbe signifiant 'ranger, disposer' (une armée), sans hamza, tandis que 'عبأ' avec hamza signifie 'préparer, arranger' (des marchandises).
- نفيل بن عبد الله : Nufayl ibn 'Abd Allah, un personnage de la tribu de Khath'am, mentionné dans le contexte de l'expédition de l'Éléphant.
- زيادة عن الطبري : Ajout provenant de l'historien al-Ṭabarī (m. 310 H/923).
- لا يبرك : L'éléphant ne s'agenouille pas (contrairement au chameau).
- أصعد : Verbe signifiant 'monter, gravir', mais la forme plus courante est 'صعد' avec redoublement du 'ayn.
- زيادة عن أوالطبري : Ajout d'après al-Ṭabarī (probablement une erreur de copie pour 'عن الطبري').
- الطبرزين : Outil recourbé en fer ; 'طبر' en persan signifie 'hache'.
- المحاجن : Pluriel de 'محجن' (miḥjan), bâton recourbé utilisé pour guider les animaux.
- مراقة : Partie inférieure du ventre.
- بزغوه : Ils l'ont incisé ; 'مبزغ' (mibzaġ) est le scalpel utilisé pour la saignée.
- الخطاطيف : Pluriel de 'خطاف' (khuṭṭāf), un oiseau noir ; identifié comme 'hirondelle' ou 'martinet'.
- قصة الفيل : L'histoire de l'Éléphant (sourate al-Fīl), datée du début de l'an 882 de l'ère de Dhū l-Qarnayn (Alexandre le Grand).
- ردين : Diminutif de 'ردينة' (Radīnah), nom d'une femme ; désigne une lance attribuée à cette femme.
- نعمنا بكم : Expression signifiant 'nous jouissons de vous' ; le verbe est rendu transitif par suppression de la préposition.
- زيادة عن الطبري : Ajout d'après al-Ṭabarī.
- لم تريه : Variante de lecture : 'tu ne le verras pas' (avec 'lam' de négation).
- المحصب : Lieu entre La Mecque et Minā, près de la plaine de La Mecque.
- رأيي : Variante : 'mon avis' (au lieu de 'ra'y' ?).
- بينا : Infinitif de 'بان يبين' (être clair), utilisé comme intensif de 'فات' (manquer).
- زيادة عن الطبري : Ajout d'après al-Ṭabarī.
- الأنملة : Bout du doigt ; par extension, petite partie d'une chose.
- مث يمث : Verbe signifiant 'suinter, s'écouler'.
- يعقوب بن عتبة : Ya'qūb ibn 'Utbah (m. 128 H), juriste et traditionniste médinois.
- مرائر : Pluriel irrégulier de 'مرة' (murrah, amer), comme 'حرائر' pour 'حرة'.
- الحرمل : Plante amère (Peganum harmala), utilisée en médecine traditionnelle.
- العشر : Arbre amer (Calotropis procera), produisant du latex utilisé pour le tannage.
- الأبابيل : Pluriel de 'إبالة' (ibālah) ou 'أبول' (abūl), signifiant 'groupes, troupes' (d'oiseaux).
- أبيل : Singulier possible de 'أبابيل'.
- يقول : Variante textuelle : 'il dit'.
- حدثنا ابن هشام : Formule de transmission : 'Ibn Hishām nous a raconté'.
- المذانب : Pluriel de 'مذنب' (midhnab), chenal d'irrigation.
- حدورها : Ce qui descend (d'une colline) ; variante 'جدورها' : digues.
- الأتى : Torrent venant de loin.
- مطموم : Élevé, de 'طم' (monter).
- الكاف : Lettre 'kāf' utilisée comme préposition ou comme nom signifiant 'semblable' ; ici préposition surajoutée.
- أخبرنا ابن هشام : Formule : 'Ibn Hishām nous a informés'.
- الأدماء : Gazelle au dos brun et au ventre blanc.
- شعاع الضحى : Éclat du matin ; 'يتوضح' : devenir clair.
- تغيرت : Changement des étoiles par rapport à leur habitude de pluie ; variante 'تغبرت' : diminution de pluie.
- المعيم : De 'عيمة' (désir du lait) ; 'المرجل' : celui qui marche à pied (ses chameaux étant partis).
- عمرة بنت عبد الرحمن : Amrah bint 'Abd al-Raḥmān (m. 98 ou 106 H), juriste médinoise, élève de 'Ā'ishah.
- أسعد : Variante du nom 'Sa'd'.
- عدي بن سعيد : Nom altéré ; la forme correcte est 'عدي بن سعد' (Adī ibn Sa'd).
- تنكبوا : Variante de 'ينكبوا' (ils se détournent) ; le vers présente une césure.
- الشعرى : Étoile Sirius ; deux étoiles : al-Ghumayṣā' et celle qui suit al-Jawzā' (Orion).
- لم يئوبوا : Ils ne sont pas revenus ; construction avec suppression de la préposition 'إلى'.
- بل : Addition superflue selon al-Suhaylī, due à une méprise sur la métrique.
- دانت : Variante de 'دنت' (elle s'est approchée).
- عامر : Altération pour 'عمر' (?) ; le texte correct est selon Abū Dharr.
- رزم : Rester immobile, surtout par épuisement.
- شرموا : Ils ont fendu (les ventres).
- المغول : Grand couteau ; variante 'معول' (hache). 'كلم' : blesser.
- القزم : Pluriel de 'قزم' (qazam), de petite taille.
- ثأج : Crier (pour un animal).
- صلوا ربكم : Invoquez votre Seigneur ; 'الأخاشب' : montagnes de La Mecque et de Minā.
- تمشى : Variante de 'يمشي' (il marche).
- القاذفات : Sommets lointains ; 'المناقب' : chemins au sommet des montagnes.
- السافي : Recouvert de poussière ; 'الحاصب' : frappé par les pierres.
- ملجيش : Variante de 'من الحبش' (des Abyssins).
- العصائب : Groupes (de personnes).
- طالب : Ṭālib ibn Abī Ṭālib, frère de 'Alī et Ja'far ; enlevé par les djinns, on ignore s'il a embrassé l'Islam.
- داحس : Nom d'un cheval célèbre, cause d'une guerre préislamique.
- الشعب : Chemin dans la montagne.
- السرب : Avec fatḥa : biens en pâture ; avec kasra : âme ou peuple.
- باقيات : Variante de 'باقيات' (restantes).
- المهاة : Le soleil, par sa pureté ; 'المها' : corps transparent.
- الجران : Poitrine ; 'قطر' : jeter sur le côté ; 'كبكب' : montagne ; 'المحدور' : pierre dévalée.
- ملاويث : Très forts.
- ابذعروا : Ils se sont dispersés.
- الحنيفة : La communauté musulmane, suivant la religion d'Abraham le ḥanīf (celui qui se détourne du polythéisme).
- زور : Variante de 'زور' (fausseté).
- الغناء : De 'الغناء' (se passer de) ; variante 'عنا' (de nous) est une altération.
- القبلة البيضاء : La Ka'ba, appelée 'la direction de prière blanche'.
- al-habā' : Poussière fine visible dans un rayon de soleil entrant par une ouverture étroite.
- al-muṭarkhim : Qui est rempli d'orgueil et de colère ; pluriel ṭarākhim.
- al-fall : Armée en déroute.
- Anūshirwān : Roi sassanide, surnommé « le Rénovateur du royaume ».
- al-qunqul : Mesure de capacité, équivalant à 33 manns (environ 66 litres).
- la-awraṭu : Je m'empêtre dans un malheur ; al-wirṭa : embarras, piège.
- al-marāziba : Ministres perses ; singulier marzubān.
- Nūzād : Nom d'un chef perse.
- lāthaw bihi : Ils se rassemblèrent autour de lui.
- al-ta'amā : Ils se sont réconciliés et accordés.
- faqumma : Il devint grand, important.
- al-qayl : Roi, chef.
- al-mush'ash' : Boisson mélangée d'eau ; yafī'u : il obtient un butin.
- Banū al-Aḥrār : Les Perses, appelés « hommes libres » car jamais soumis.
- al-ghulub : Les forts ; al-asāwira : archers perses.
- shadaf : Os des personnes, désignant ici les arcs ; ghubaṭ : pièces de litière.
- al-filāl : Les fuyards, vaincus.
- Ghumdān : Célèbre palais-forteresse du Yémen, attribué à Salomon.
- shālat na'āmatuhum : Ils périrent ; expression : la plante du pied se lève (pour un mort).
- al-isbāl : Faire traîner le vêtement par orgueil.
- al-qa'bān : Duel de qa'b, vase à traire ; shaybā : mélangés.
- al-'Ibād : Tribu arabe chrétienne, issue de 'Abd al-Qays.
- wulāt mulk : Ceux qui gouvernent et réforment les affaires du peuple.
- al-qaza' : Nuages épars ; al-muzn : nuages ; al-maḥārib : hautes chambres.
- al-nahām : Hibou mâle ; al-qāṣib : joueur de flûte.
- al-aqwāl : Rois ; al-munqal : chemin raccourci ou terre pierreuse.
- Āl Barbar : Les Abyssins (Éthiopiens).
- al-imma : Bienfait, faveur.
- al-fayj : Messager à pied, courrier.
- al-zirāfa : Groupe de personnes.
- Banū Tubba' : Les Yéménites ; al-nakhāwira : les nobles.
- al-liḥām : Pluriel de laḥm, chair.
- anā : Il est temps, l'heure est venue.
- al-akhyār : Les bons, car ils étaient gens de religion.
- al-ashrār : Les méchants, à cause de leurs méfaits au Yémen.
- al-aḥrār : Les hommes libres, car jamais soumis à un roi étranger.
- Dhāt Ashfār : Zarqā' al-Yamāma, voyante légendaire arabe.
- Sâṭirûn : Terme syriaque signifiant « le roi ».
- Jarmaqânî : Gentilé désignant une personne originaire de Jarmaqân, localité ou tribu.
- Sawâd : Région fertile de l'Irak, correspondant à la Mésopotamie.
- Tanûkh : Confédération de tribus arabes qui s'établirent dans le Sawâd.
- Banû Tazîd : Tribu arabe, branche des Qudâ‘a.
- tazîdiyya : Vêtements attribués aux Banû Tazîd.
- Khâbûr : Rivière de Mésopotamie, affluent de l'Euphrate.
- marbre : Pierre calcaire métamorphique, utilisée en construction.
- chaux : Enduit à base de plâtre ou de chaux.
- Il la recouvrit : Il revêtit la construction de plâtre.
- khalala : Variante de lecture : mettre du plâtre entre les pierres.
- sommets : Parties les plus élevées.
- nids : Pluriel de wakr, nid d'oiseau.
- il périt : Variante textuelle dans le manuscrit A.
- Jâriya ibn Ḥajjâj : Personnage dont le nom est donné avec une variante.
- al-Naḍîra : Nom d'une femme, selon une tradition.
- al-Ḥaḍr : Ville fortifiée de Mésopotamie, capitale du royaume de Hatra.
- al-Rawḍ al-Unuf : Ouvrage de commentaire historique d'al-Suhaylî.
- myrte : Plante aromatique, aussi appelée basilic.
- tresses de sa tête : Mèches de cheveux.
- Sâbûr ibn Ardashîr ibn Bâbak : Roi sassanide, fondateur de la dynastie.
- Sâbûr Dhû l-Aktâf : Sâbûr II, roi sassanide du IVe siècle.
- Sâbûr le Grand : Sâbûr Ier, roi sassanide du IIIe siècle.
- N'as-tu pas vu al-Ḥaḍr... etc. : Citation poétique dans le manuscrit A.
- Shâhbûr : Nom persan signifiant « fils du roi ».
- pioches : Pluriel de qadûm, outil de maçon.
- Elle frappa : Elle tomba, descendit.
- Violente : Forte, intense.
- Rabiyya : Mot pouvant signifier « élevée » ou « éclaireuse ».
- rabî'a : Éclaireur, sentinelle.
- éclaireuse : Personne placée en observation.
- sa ruse : Variante textuelle : « sa tromperie ».
- Il lui donna à boire le soir : Action de faire boire quelqu'un le soir.
- a été distrait : Son esprit s'est égaré vers autre chose.
- Il erre : Il est éperdu, confus.
- Il apparut : Il brilla, devint visible.
- bandes : Voies, chemins.
- porte-manteaux : Pluriel de mishjab, support pour vêtements.
- ses colliers : Variante textuelle : « ses pendentifs ».
- masâḥib : Colliers portés au cou.
- Muḍar : Ancêtre éponyme des Arabes du Nord.
- chant des chameaux : Art de conduire les chameaux en chantant.
- jeunes gens : Pluriel de fatan, adolescent.
- Anmâr : Tribu arabe ancienne.
- Il dispute : Il plaide, conteste.
- Firâfiṣa : Mot pouvant signifier « lion » ou être un nom propre.
- Ajouté d'après A : Supplément textuel provenant du manuscrit A.
- ton frère : Variante textuelle dans les manuscrits.
- ‘Aylân : Nom d'un cheval ou d'un chien, ou surnom de Qays.
- Jurhum : Tribu arabe ancienne de la région de La Mecque.
- Laylâ : Nom de femme, mère de Khindif.
- Ḥimâ Ḍariyya : Réserve naturelle ou territoire attribué à Ḍariyya.
- Khindif : Femme célèbre pour son chagrin, ancêtre des Arabes du Nord.
- Ajouté d'après A : Supplément textuel provenant du manuscrit A.
- Qum‘a : Surnom de ‘Umayr, signifiant « celui qui se cache ».
- intestins : Boyaux, entrailles.
- Baḥîra : Chamelle à l'oreille fendue, marquée pour être sacrifiée.
- ils l'adorent : Variante textuelle dans les manuscrits.
- ‘Amr : ‘Amr ibn Luḥayy, chef de Khuzâ‘a, introducteur de l'idolâtrie.
- Maison : La Kaaba à La Mecque.
- seigneur : Chef, maître.
- al-Lât : Idole préislamique, déesse de la Lune.
- Il sortit avec eux : Il les fit sortir, les emmena.
- générations : Pluriel de khalf, génération successive.
- Ruhâṭ : Localité près de Yanbu‘.
- Yanbu‘ : Ville côtière de l'ouest de l'Arabie saoudite.
- Dûmat al-Jandal : Oasis dans le nord de l'Arabie saoudite.
- pendants d'oreilles : Boucles d'oreilles.
- Jurash : Région du Yémen, ou tribu.
- Jurash : District du Yémen.
- Khaiwân : Village du Yémen.
- Ya‘ûq : Idole préislamique adorée par Hamdân.
- Hamdân : Tribu yéménite.
- Dhû Nuwâs : Roi himyarite qui se convertit au judaïsme.
- Abû Thawr : Surnom d'un personnage de Hamdân.
- Dhû l-Mi‘shâr : Surnom signifiant « celui au rameau ».
- Il empenné et taille : Métaphore pour le bien et le mal.
- rashashtu : Empennage d'une flèche.
- baraytu : Taille d'une flèche.
- Rabî‘a ibn al-Khiyâr : Personnage de Hamdân.
- Awsala ibn al-Khiyâr : Variante généalogique.
- ‘Amr ibn Luḥayy : Chef de Khuzâ‘a, considéré comme l'introducteur de l'idolâtrie.
- Nasr : Idole préislamique en forme d'aigle.
- Dhû Ru‘ayn : Tribu himyarite.
- Ma‘dîkarib : Nom d'homme himyarite.
- Balkha‘ : Lieu au Yémen.
- Ghamm Anas : Nom d'une idole, variante textuelle.
- Barra : Variante textuelle dans les manuscrits.
- Mâlik et Malkân : Deux fils de Kinâna.
- Kinâna : Tribu arabe, ancêtre des Quraysh.
- Malkān : Nom propre, forme de nom de tribu ou de personne.
- kasra : Voyelle brève 'i' en arabe.
- sukūn : Absence de voyelle sur une consonne.
- fatḥa : Voyelle brève 'a' en arabe.
- Sindād : Lieu mentionné dans le Muʿjam al-Buldān, situé dans la région du Sawād de Kūfa.
- Khawarnaq : Palais légendaire construit par le roi al-Nuʿmān pour le roi sassanide Sābūr, célèbre dans la poésie arabe préislamique.
- Kaʿbāt : Pluriel de Kaʿba, désignant toute construction cubique ou carrée, par analogie avec la Kaʿba de La Mecque.
- Atāmat : Verbe signifiant 'elle a mis bas des jumeaux' (deux enfants dans un même ventre).
- Baḥīra : Chamelle dont l'oreille est fendue, marquée comme sacrée dans la Jāhiliyya, ne pouvant être montée ni tuée.
- Akhraj : Autruche mâle au plumage mêlé de blanc et de noir, employé métaphoriquement pour l'âne sauvage.
- Mirbāʿ : Étalon qui féconde tôt au printemps ; peut aussi désigner une chamelle qui met bas tôt.
- Qarqara : Roucoulement ou grondement émis par l'étalon chameau.
- Diyāf : Localité du Shām (Syrie) ou de la Jazīra (Mésopotamie).
- Hajma : Troupeau de chameaux. Al-Baḥr est le pluriel de Baḥīra, désignant les chamelles sacrifiées.
- Takhzaʿ : Verbe signifiant 'elle retarde, s'interrompt'.
- Karākir : Pluriel de kurkira, désignant des groupes, surtout de chevaux.
- Akārīs : Pluriel de ikrīs, signifiant des groupes de gens.
- Shattat : Verbe signifiant 'elle a dispersé'.
- Qanābil : Pluriel de qunbula, désignant un groupe de chevaux.
- Muqrifa : Femme vile, de basse extraction.
- Qarm : Étalon chameau, employé métaphoriquement pour un homme noble et chef.
- Urjūza : Poème en mètre rajaz, souvent utilisé pour la louange ou la satire.
- Maql : Fruit du dūm (palmier) ; al-khashl désigne ici ce fruit.
- Hujān : Noble, pur, dérivé de hujna (blancheur).
- ʿAṣb : Plante tinctoriale du Yémen, utilisée pour teindre les vêtements.
- Ḥaḍramī : Sandale fabriquée au Hadramaout (Yémen).
- Mukhaṣara : Sandale étroite des deux côtés, comme si elle avait les flancs manquants.
- Fawāʾij : Pluriel de fāʾija, désignant les têtes de vallées ou des sources spécifiques.
- ʿAwātik : Pluriel de ʿātika, nom de plusieurs femmes de Quraysh ayant enfanté des ancêtres du Prophète.
- Adram : Homme aux chevilles enfoncées dans la chair ou au menton courbé.
- Rawābī : Pluriel de rābiya, colline ; métaphore pour les nobles.
- Kharūs al-sarā : Chamelle silencieuse et patiente pendant la marche nocturne (sarā).
- Rudā : Chamelle tombée d'épuisement.
- Alāṭahu : Il l'a attaché, annexé à sa généalogie.
- Shaʿr : Pluriel de ashaʿr, homme aux longs poils.
- Yakhli f : Il puise de l'eau pour son peuple.
- Antajaʿa al-saḥāba : Chercher les nuages de pluie, comme les tribus nomades.
- Khashsha : Il a réparé, arrangé.
- Muʿtalij : Endroit plat où l'on lutte, se bat.
- Akhāshib : Pluriel de akhshab, désignant les montagnes de La Mecque (al-Akhshabayn).
- Bakīm : Muet, sans voix.
- taṣḥīf : Altération d’un mot par changement de lettres, souvent due à une erreur de copiste.
- Abū Lahab : Surnom signifiant « père de la flamme », donné à ‘Abd al-‘Uzzā, oncle du Prophète, mentionné dans le Coran (sourate 111).
- Umm Nutila : Mère de Nutila, ancêtre du Prophète.
- al-Ma‘ārif : Ouvrage d’Ibn Qutayba (mort en 889), recueil de notices biographiques et historiques.
- al-Ḍaḥyān : Surnom de ‘Āmir, signifiant « celui qui brille » ou « le lumineux ».
- al-Rawḍ al-Unuf : Commentaire de la Sīra d’Ibn Hishām par al-Suhaylī (mort en 1185).
- Uhayb ibn ‘Abd Manāf : Nom d’un ancêtre, variante textuelle.
- al-Ṭabarī : Historien et exégète (mort en 923), auteur d’une grande chronique universelle.
- Ṣafiyya bint Jundub : Épouse de ‘Abd al-Muṭṭalib, mère de certains de ses enfants.
- Banū Zuhra : Clan quraychite dont descend la mère du Prophète, Āmina.
- Ṯaqīf : Tribu arabe de Ṭā’if.
- Hāšim et Zuhra : Deux clans de Qurayš ; le Prophète appartient aux Hāšim, sa mère aux Zuhra.
- Ziyād ibn ‘Abd Allāh al-Bakkā’ī : Transmetteur de la Sīra d’Ibn Isḥāq.
- Zamzam : Puits sacré à La Mecque, dont l’eau est bue par les pèlerins.
- yafḥaṣ : Verbe signifiant « creuser, fouiller, découvrir ».
- al-ḥissī : Puits peu profond creusé dans le sable, où l’eau apparaît après avoir été cherchée.
- Jurhum : Tribu arabe ancienne, considérée comme descendante de Qaḥṭān.
- Quṭūrā’ : Personnage de la généalogie des tribus arabes.
- al-Samayda‘ : Ancêtre légendaire, dont descendrait la reine Zabbā’ (Zénobie).
- Qu‘ayqi‘ān : Montagne à La Mecque, près de la mosquée sacrée.
- Ajyād : Lieu à La Mecque, près d’al-Ṣafā.
- ‘ashara : Verbe signifiant « prélever le dixième ».
- ‘Amālīq : Peuple légendaire, souvent identifié aux Amalécites bibliques.
- Fāḍiḥ : Lieu près de La Mecque, utilisé pour les besoins.
- al-Maṭābiḫ : Lieu à La Mecque, peut-être un quartier ou un marché.
- iṭtabakha : Verbe signifiant « cuisiner pour soi-même ».
- al-ḫilāl : Pluriel de ḫalīla, « qualité, caractère ».
- Jurhum : Tribu arabe ancienne qui contrôla La Mecque avant Qurayš.
- al-Nasāsa : Nom d’un puits à La Mecque, signifiant « la stérile ».
- tabuk : Verbe signifiant « briser, casser ».
- al-sharīb : Celui qui abreuve ses bêtes en même temps qu’un autre.
- al-akka : Chaleur intense ou douleur aiguë.
- Mu‘jam al-Buldān : Dictionnaire géographique de Yāqūt al-Ḥamawī (mort en 1229).
- ‘Amr ibn Luḥayy : Chef des Jurhum, considéré comme l’introducteur de l’idolâtrie en Arabie.
- al-Ḥajūn : Montagne à La Mecque, lieu de sépulture.
- yulajlijuhu : Verbe signifiant « faire tourner, retourner ».
- al-judūd : Pluriel de jadd, « chance, fortune ».
- Nābit : Fils d’Ismaël, ancêtre des Arabes.
- Ismaël : Fils d’Abraham, considéré comme l’ancêtre des Arabes du Nord.
- al-Ṭabarī : Voir note 8.
- Ḥimyar et Yaḥābir : Tribus yéménites anciennes.
- al-mashā‘ir : Lieux des rites du pèlerinage, comme ‘Arafāt, Muzdalifa, Minā.
- al-‘aṣāfīr : Pluriel de ‘uṣfūr, « moineau, petit oiseau ».
- qaṣrukum : Votre limite, votre portée.
- Miskin : Lieu près de La Mecque, où les Jurhum auraient résidé.
- al-Yamāma : Région du centre de l’Arabie, célèbre pour ses puits.
- al-ṣurm : Pluriel de ṣirma, « groupe, troupeau séparé ».
- al-qur‘a : L’élite, le meilleur d’une chose.
- ibn : Fils de.
- Quḍā‘a : Tribu arabe du nord de l’Arabie.
- al-Bayt : La Maison, désignant la Ka'ba à La Mecque.
- Qusayy : Qusayy ibn Kilab, ancêtre des Quraysh, qui prit le contrôle de la Mecque.
- Halîl : Halîl ibn Habshiyya, un chef khuza'ite, gardien de la Ka'ba avant Qusayy.
- Hubâ : Fille de Halîl, à qui il confia les clés de la Ka'ba.
- Khuza'a : Tribu arabe qui contrôlait la Mecque avant les Quraysh.
- Abû Ghubshân : Surnom de Sulaym ibn 'Amr, un Khuza'ite à qui Halîl confia les clés.
- Mudar : Ancêtre éponyme d'une branche des Arabes 'Adnanites, dont descendent les Quraysh.
- Haram : Le sanctuaire sacré de La Mecque.
- Nizar : Ancêtre éponyme d'une branche des Arabes 'Adnanites, père de Mudar, Rabi'a et Iyad.
- Iyad : Tribu arabe descendant de Nizar, qui fut expulsée de La Mecque.
- al-Hajar al-Aswad : La Pierre Noire, encastrée dans l'angle de la Ka'ba, objet de vénération.
Les notes et commentaires
L'étendard 1 : il s'agit de celui utilisé à la guerre, car chez eux seuls des hommes spécifiques le portaient. Ce qui est connu et le plus correct, c'est que lorsque Quraysh voulut construire, ils dirent à Qusayy : « Comment devons-nous agir avec les arbres du sanctuaire ? » Il les mit en garde contre leur coupe et les effraya par la punition encourue. Ainsi, l'un d'eux contournait l'arbre avec sa construction jusqu'à ce qu'il se trouve dans sa demeure. Le premier à se permettre de couper les arbres du sanctuaire pour la construction fut 'Abd Allah ibn al-Zubayr, lorsqu'il bâtit des maisons à Qayqu'ân, mais il fixa pour chaque arbre une compensation d'une vache. De même, il est rapporté que 'Umar, qu'Allah soit satisfait de lui, coupa un grand arbre qui se trouvait dans la maison d'Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ et dont les branches touchaient les vêtements des circumambulateurs autour de la Ka'ba, et ce avant l'agrandissement de la mosquée. 'Umar le coupa et en paya la compensation par une vache. « Adra'at al-jâriya » 2 : elle a revêtu la cuirasse. Il est mentionné que ces vers sont de Hudhâfa ibn Jumah. Il s'agit d'al-Sâ'ib ibn Khabbâb al-Madanî, Abû Muslim, maître de la maqsûra 3. On dit qu'il est le client de Fâtima bint 'Utba. Nous n'avons trouvé, parmi ceux qui ont rapporté de lui, 'Abd al-Malik ibn Râshid, pas plus que nous ne l'avons trouvé parmi les maîtres d'Ibn Ishâq dont il a rapporté. « Nukmî » 4 : nous nous cachons et nous dissimulons. « Al-Ward » 5 : les arrivantes. « Ashmadân » 6 : deux tribus, ou deux montagnes entre Médine et Khaybar, habitées par Juhayna et Ashja'. « Al-Halba » 7 : un groupe de chevaux. « Al-Sayb » 8 : la marche rapide avec douceur, comme le serpent qui glisse. « Al-Rasîl » 9 : celui qui va doucement. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « 'Asjar », et les deux sont des noms de lieux. « Ashal » 10 : il a atteint un lieu plat. « Warqân » 11 : une montagne noire entre al-'Arj et al-Ruwaytha, à droite de celui qui monte de Médine vers La Mecque. « Al-'Arj » 12 : une vallée dans la région d'al-Tâ'if, à laquelle est attribué le poète al-'Arjî. Ainsi dans une des versions d'al-Rawd al-Unuf et Sharh al-Sîra. « Al-Hilal » 13 : pluriel de « hulla », un arbre épineux, plus petit que le qatâd, appelé par les gens du désert « sharq ». Ibn al-A'râbî a dit : c'est un arbre qui, lorsque les chameaux le mangent, facilite la sortie de leur lait. On dit aussi que c'est un arbre qui pousse au Hijâz, apparaissant de la terre grisâtre, épineux, que les bêtes mangent. Il pousse rapidement sur les terrains durs, les collines et les graviers, mais ne pousse ni en plaine ni en montagne. Abû Hanîfa a dit : al-hulla est un arbre épineux qui pousse sur les terrains durs, plus petit que al-'awsaja, ses feuilles sont petites et il n'a pas de fruit ; c'est un bon pâturage. Dans une deuxième version : « al-Hiyal », qui est l'eau stagnante dans le fond d'une vallée. Dans une troisième version, celle sur laquelle les sources s'accordent : « al-Hulayy ». Al-Suhaylî, dans son commentaire, a estimé qu'il s'agit d'une plante, le fruit du qalqalân. Abû Dharr l'a contredit dans Sharh al-Sîra, disant : « ... c'est une erreur, car le nom de la plante est al-hulayy, avec un yâ' redoublé et un lâm kasra. » C'est ce que confirment les dictionnaires de langue. Abû Dharr a estimé qu'al-Hulayy est un nom de lieu, sans en dire plus. Ce qui figure dans les dictionnaires géographiques : Hulayy est un lieu au Yémen, sur la côte maritime, à un jour de distance d'al-Sarayn, et à huit jours de La Mecque. On dit aussi que c'est une variante de Hilya, et c'est une terre du Yémen, ou dans les environs d'al-Tâ'if. « Al-'Awdh » 14 : pluriel de 'â'idh, la chamelle ou la jument qui a des petits. « Al-Aflâ' » : pluriel de faluww, le poulain âgé d'un an. « Nu'âwiruhum » 15 : nous les faisons alterner tour à tour. « Al-Awb » : le retour. « Nakhbizuhum » 16 : nous les poussons violemment. « Silâb al-nusûr » : les chevaux. « Al-Nusûr » : pluriel de nasr, la chair séchée à l'intérieur du sabot. Ainsi dans A, al-Ishtiqâq et al-Ma'ârif. Hudhaym était un esclave abyssin, et Sa'd lui est attribué. Dans les autres sources : « Sa'd ibn Hudhaym », ce qui est une altération. « Taghâlâ » 17 : elles s'élèvent dans leur marche, de al-mughâlât, l'élévation et l'augmentation de l'allure. « Al-A'râf » 18 : pluriel de 'urf, la dune de sable élevée et allongée. « Al-Jinâb » 19 : un lieu dans la région de Khaybar, Silâh et Wâdî al-Qurâ. On dit aussi que c'est une étape des Banû Mâzin, ou une demeure des Banû Fazâra entre Médine et Fahm. Al-Suhaylî a dit : c'est un lieu dans le pays de Qudâ'a. Il existe un autre Jinâb, mais avec un jîm fatḥa, qui est un lieu dans le pays de Kalb, dans al-Samâwa, entre l'Irak et la Syrie. Le premier semble être celui visé ici. « Al-Ghawr » 20 : la dépression. « Al-Fayfâ' » : le désert. « Al-Qâ' » : la dépression de terre. « Al-Yabâb » : le désert aride. Ainsi dans l'original. « Al-Turâb » 21 : les chamelles qui aspirent à leurs patries et les désirent. On lit aussi « al-Zirâb » (avec zâ' pointé) : pluriel de zirb, la petite montagne, les chamelles y étant comparées. Il veut dire qu'ils protègent les gens et les empêchent, car ils sont les gens de la Maison et du Sanctuaire. On dit : « Ta'aththala fulân bi-l-makân » : lorsqu'il y demeure, s'y installe et ne le quitte pas. Les enfants de Qaydhâr et al-Nabît 22 : il veut dire les enfants d'Ismaël, sur lui la paix. Parmi Qudâ'a, il y a deux 'Udhra : 'Udhra ibn Rufayda, qui fait partie des Banû Kalb ibn Wabra, et 'Udhra ibn Sa'd ibn Sawd ibn Aslam (avec ḍamma sur le lâm) ibn al-Hâf ibn Qudâ'a. Cet Aslam est de la descendance de Hânn ibn Rabî'a, frère de Rizâh ibn Rabî'a. Il est avec ḍamma sur le lâm. Il n'y a en arabe que trois Aslam avec ḍamma sur le lâm : deux chez Qudâ'a, à savoir Aslam ibn al-Hâf et Aslam ibn Tadûl ibn Taym al-Lât ibn Rufayda ibn Thawr ibn Kalb ; le troisième chez 'Akk, à savoir Aslam ibn al-Qiyâta ibn al-Shâhid ibn 'Akk. « Balâ'uhum » 23 : leur bienfait. « Lahâhu » 24 : il l'a blâmé. Ajout de A. « Al-Ribâ' » 25 : les demeures et leurs alentours ; singulier : rab' (avec fatḥa). Il a été mentionné précédemment que Qusayy avait installé chaque groupe de Quraysh dans leurs demeures à La Mecque, telles qu'ils les occupèrent. Dans A : « yu'tawnahâ ». 'Abd Manâf eut un cinquième fils, Abû 'Amr, nommé 'Ubayd, qui mourut jeune et sans descendance. Il veut dire : pour toujours. « Sûf al-bahr » 26 : une chose ayant la forme de la laine animale ; son singulier : sûfa. On dit : « Lâ âtîka mâ balla bahr sûfa » ou « mâ balla al-bahr sûfa », signifiant : je ne viendrai jamais à toi. On dit que celle qui sortit pour eux la grande marmite était Umm Hakîm al-Baydâ' bint 'Abd al-Muttalib, tante du Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, et jumelle de son père. On dit que 'Umar faisait partie des Ahlâf 27, et que le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, et Abû Bakr faisaient partie des Mutayyabîn 28. « Al-Musânada » 29 : la confrontation et l'assistance mutuelle. « Lazza » 30 : il a serré les unes contre les autres. Voir la note n° 2, p. 52. Il veut dire l'engagement mutuel pour le bien et le soutien de la vérité. Par là, ce hadith et un autre hadith du Prophète, que la prière et la paix soient sur lui, se rejoignent.
Ils mentionnent : au sujet de la raison pour laquelle cette alliance fut nommée ainsi, que les Jurhum, dans les temps anciens, avaient précédé Quraysh dans une alliance similaire. Trois d'entre eux, ainsi que ceux qui les suivirent, firent alliance : l'un était al-Faḍl ibn Fuḍāla, le second al-Faḍl ibn Wadā‘a, et le troisième Fuḍayl ibn al-Ḥārith. On dit aussi qu'ils étaient : al-Fuḍayl ibn Sharā‘a, al-Faḍl ibn Wadā‘a, et al-Faḍl ibn Quḍā‘a. Lorsque l'alliance de Quraysh ressembla à celle de ces Jurhumites, elle fut appelée Ḥilf al-Fuḍūl 31. On dit aussi qu'elle fut ainsi nommée parce qu'ils s'allièrent pour restituer les surplus à leurs propriétaires et pour que nul oppresseur n'agresse un opprimé. Cette alliance de Ḥilf al-Fuḍūl eut lieu vingt ans avant la mission [prophétique] 32. Ce fut la plus noble et la plus honorable des alliances. Le premier à en parler et à y appeler fut al-Zubayr ibn ‘Abd al-Muṭṭalib. La cause en fut qu'un homme de Zubayd vint à La Mecque avec des marchandises. Al-‘Āṣī ibn Wā’il les lui acheta ; or il avait du rang et de l'honneur à La Mecque. Il retint son dû. Le Zubaydī demanda l'aide des clans alliés : ‘Abd al-Dār, Makhzūm, Jumaḥ, Sahm et ‘Adī ibn Ka‘b, mais ils refusèrent de l'aider contre al-‘Āṣī et le réprimandèrent. Quand le Zubaydī vit le mal, il monta sur Abū Qubays au lever du soleil, alors que Quraysh étaient dans leurs assemblées autour de la Ka‘ba, et cria à pleine voix : « Ô famille de Fihr ! Pour un opprimé dont la marchandise est retenue dans le ventre de La Mecque, loin de sa demeure et de sa tribu, en état de sacralité, échevelé, n'ayant pas accompli sa ‘umra 33 ! Ô hommes ! Entre la Pierre et le mur ! Le sanctuaire est pour celui dont l'honneur est complet, et il n'y a pas de sacré pour le vêtement du pervers trompeur. » Alors al-Zubayr ibn ‘Abd al-Muṭṭalib se leva et dit : « Il n'y a pas d'abandon pour celui-ci. » Hāshim, Zuhra et Taym ibn Murra se réunirent dans la demeure d'Ibn Jud‘ān 34. Il leur prépara un repas, ils conclurent un pacte, et ce fut Ḥilf al-Fuḍūl. Ensuite, ils firent justice au Zubaydī contre al-‘Āṣī. (D'après al-Rawḍ al-Unuf) 31 Il s'agit de Muḥammad ibn Zayd ibn al-Muhājir ibn Qunfudh al-Taymī al-Jud‘ānī al-Madanī. Il a rapporté de ‘Abd Allāh ibn ‘Umar, de ‘Umayr, affranchi d'Abī al-Laḥm, d'Abī Salama ibn ‘Abd al-Raḥmān et d'autres. Ont rapporté de lui Mālik ibn Anas, Ya‘qūb ibn ‘Abd al-Raḥmān al-Iskandarānī, Bishr ibn al-Mufaḍḍal, Ḥafṣ ibn Ghiyāth, Fuḍayl ibn Sulaymān al-Numayrī, Abū Dāwūd, al-Tirmidhī et Ibn Māja. (Tarājim Rijāl) 33 Ajout de A et Tarājim Rijāl. 34 Il s'agit de ‘Abd Allāh ibn Jud‘ān ibn ‘Amr ibn Ka‘b ibn Sa‘d ibn Taym, surnommé Abū Zuhayr. Il est le cousin de ‘Ā’isha, qu'Allāh l'agrée. C'est pourquoi elle dit au Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue : « Ibn Jud‘ān nourrissait les gens, recevait l'hôte, cela lui sera-t-il utile au Jour de la Résurrection ? » Il répondit : « Non, car il n'a jamais dit un jour : Seigneur, pardonne-moi ma faute au Jour de la Rétribution. » Au début de sa vie, Ibn Jud‘ān était un vagabond aux mains pauvres, et malgré cela, il était audacieux, commettant sans cesse des méfaits que son père et son clan devaient réparer, jusqu'à ce que sa tribu le prenne en haine et que son père le bannisse, jurant de ne jamais l'héberger, à cause des dettes et des compensations qu'il lui imposait. Ensuite, Ibn Jud‘ān s'enrichit en découvrant un serpent d'or aux yeux de rubis. Il devint d'une générosité immense, au point que l'on citait en proverbe l'énormité de son plat, et Umayya ibn Abī al-Ṣalt le loua pour sa générosité. 35 C'est-à-dire : je n'aime pas le rompre, même si l'on me donnait en échange des chameaux rouges. 36 Il s'agit de Yazīd ibn ‘Abd Allāh ibn Usāma ibn al-Hādī al-Laythī al-Madanī, Abū ‘Abd Allāh. Il a rapporté d'Abī Bakr ibn Muḥammad ibn ‘Amr ibn Ḥazm, de Muḥammad ibn Ka‘b al-Quraẓī et d'autres. Ont rapporté de lui Yaḥyā ibn Ayyūb, al-Layth et d'autres. Ibn Sa‘d dit : Il était fiable, très savant en hadith. Il mourut à Médine en l'an 139 de l'Hégire. (Voir Tarājim Rijāl) 8 Dhū al-Marwa : un village du Wādī al-Qurā, ou, dit-on, entre Khushb et Wādī al-Qurā. (Voir Mu‘jam al-Buldān) 9 Parmi ce qui est mentionné à ce sujet : Hāshim, qui sollicitait Quraysh pour nourrir les pèlerins, fut frappé ainsi que son peuple par une grave sécheresse. Il ne voulut pas imposer à Quraysh la charge de la rifāda 37, alors il se rendit en Syrie avec tous ses biens, acheta avec tout cela des galettes, puis vint à la saison du pèlerinage, émietta toutes ces galettes, les broya et en fit pour les pèlerins une nourriture semblable au tharīd 35. (Voir al-Rawḍ al-Unuf) 10 Il s'agit de ‘Abd Allāh ibn al-Ziba‘rā. La raison pour laquelle il loua les Banū ‘Abd Manāf, bien qu'il fût Sahmī, est qu'il avait satirisé Quṣayy dans un poème qu'il avait écrit sur les voiles de la Ka‘ba. Ils se plaignirent de lui aux Banū Sahm, qui le livrèrent à eux. Ils le frappèrent, lui rasèrent les cheveux et l'attachèrent à un rocher. Il appela son peuple à l'aide, mais ils ne le secoururent pas. Alors il se mit à louer Quṣayy et à chercher à les apaiser. Les Banū ‘Abd Manāf le libérèrent et l'honorèrent, et il les loua par ce poème et par de nombreux autres. On dit que ces deux vers font partie des vers de Maṭrūd ibn Ka‘b qui viendront plus loin dans ce livre, dont le premier est : « Ô toi, homme qui détourne sa monture, ne descends-tu pas chez les gens de ‘Abd Manāf ? » 11 Al-musannatūn : ceux qui sont frappés par la sannat 36, c'est-à-dire la famine et la sécheresse. Al-‘ijāf : de al-‘ujf, qui est la maigreur et la faiblesse. Cela parce que son peuple de Quraysh avait été frappé par une calamité et une sécheresse. Il partit donc en Palestine, y acheta de la farine, revint à La Mecque, ordonna qu'on la pétrisse pour lui, égorgea une chamelle, puis prépara pour son peuple un bouillon de tharīd avec ce pain. (Voir al-Ṭabarī) 12 On rapporte aussi : « Et les hommes de La Mecque sont frappés par la sécheresse, maigres. » 13 Ghazza (avec fatḥa sur la première lettre, tashdīd sur la seconde et fatḥa) : une ville à l'extrémité de la Syrie, du côté de l'Égypte, entre elle et ‘Asqalān deux parasanges ou moins. (Voir Mu‘jam al-Buldān) 14 On dit que c'est à cause de cette parenté que Sayf ibn Dhī Yazan, ou son fils Ma‘dīkarib ibn Sayf, roi du Yémen, accueillit chaleureusement ‘Abd al-Muṭṭalib ibn Hāshim lorsqu'il vint en délégation avec un groupe de Quraysh, et lui dit : « Bienvenue au fils de notre sœur ! » Car Salmā était des Khazraj, qui sont du Yémen, de Saba', et Sayf était de Ḥimyar ibn Saba'. 15 On dit que tous ceux parmi les Anṣār qui portent ce nom sont Ḥarīs (avec sīn non pointée), sauf celui-ci, qui est avec shīn pointée. (Voir Sharḥ al-Sīra et al-Rawḍ al-Unuf) 16 Il fut nommé Shayba à cause d'une tache blanche [shayba] qu'il avait sur la tête. Son surnom était Abū al-Ḥārith, du nom de son fils aîné. (Voir al-Ṭabarī) 17 Al-waṣīf (comme qatīl) : le garçon avant la puberté. 18 Radmān (avec fatḥa sur la première lettre) : un lieu au Yémen. (Voir Mu‘jam al-Buldān) 19 Al-muntha‘ib : abondant en écoulement. On dit : insha‘aba al-mā' : quand l'eau coule d'un endroit où elle était retenue. 20 Al-naṣb : la fatigue et la souffrance. 21 Ainsi dans l'original. Al-qasīyāt : les difficultés. On rapporte aussi : al-‘ashīyāt. Al-‘ashīyāt : les ténèbres. 22 Salmān : une source ancienne de l'époque préislamique ; là se trouve la tombe de Nawfal ibn ‘Abd Manāf ; c'était une route vers le Tihāma depuis l'Irak à l'époque préislamique. (Voir Mu‘jam al-Buldān) 23 C'est Ghazza, mais ils donnent à chaque quartier ou à chaque faubourg de la ville le nom de la ville, et disent : Ghazzāt fī Ghazza, comme on dit à Bagdad : Baghādīn, selon le dire de certains modernes. 24 La transmission de ce vers dans Mu‘jam al-Buldān, à propos de Radmān, est : « Et un mort mort près d'al-Ḥajūn, à l'est d'al-Buniyyāt. » Yāqūt dit : « ... Celui qui est près d'al-Ḥajūn est ‘Abd Shams ibn ‘Abd Manāf. » Al-Ḥajūn est une montagne au-dessus de La Mecque, près des cimetières de ses habitants. 25 Al-Buniyyāt : la Ka‘ba. 26 Al-Mughīrāt : les Banū al-Mughīra. 27 Al-sirr : la pureté de la lignée. 28 Isḥanfarī : étends-le. Iḥtafilī : rassemble-le, de iḥtifāl al-ḍar‘, qui est l'accumulation du lait dans la mamelle. 29 Ainsi dans la plupart des manuscrits. Al-khabī'a : la chose cachée. Il veut dire qu'il était sa réserve lors de la descente des difficultés. Dans A : « khabī'āt ». 30 Al-fayyāḍ : très généreux. Ḍakhim al-dasī‘a : très prodigue. Al-jazīlāt : les très nombreuses. 31 Al-ḍarība : la nature. Al-mukhtaliq : à la création parfaite. Al-naḥīza : la nature aussi. Nā'a : se leva avec peine. 32 Al-naks : l'homme vil. Al-wakal : le faible qui se repose sur autrui. 33 Al-baḥbūḥa : le milieu de la chose. Al-sham : la partie élevée. 34 Istakhriṭī : multiplie. Al-jammāt : les rassemblements d'eau ; il l'emploie ici pour les larmes. 35 Voir la note (n° 1 p. 138 de cette partie). 36 Al-mawmā : le désert. 37 Al-udm des chameaux : les blancs nobles. 38 Al-sarāyā : pluriel de sariyya, qui est un détachement de l'armée, au maximum quatre cents hommes, envoyé contre l'ennemi. Ils sont ainsi nommés parce qu'ils sont l'élite et les meilleurs de l'armée. 39 On rapporte aussi : « awrād ». Il veut dire les gens qui désirent la mort, les comparant à ceux qui viennent à l'eau. 40 Al-shajiyyāt : les tristes. Certains philologues contestent le tashdīd du yā' de shajī et disent que le yā' de shajī est léger et celui de khalī est lourd. Ibn Qutayba a critiqué Abū Tammām al-Ṭā'ī pour son vers : « Ô malheur du shajī à cause du khalī ! Car il est... et malheur des larmes à cause de l'une des afflictions », en s'appuyant sur la parole de Ya‘qūb à ce sujet. Al-Ṭā'ī lui répondit : « Qui est plus éloquent selon toi : Ya‘qūb, fils d'al-Jarmaqāniyya, ou Abū al-Aswad al-Du'alī, lorsqu'il dit : « Malheur du shajī à cause du khalī ! Car il est... un amoureux au cœur triste ? » La logique n'empêche pas qu'il y ait shajj et shajī, car cela est dans le sens de triste et triste.
Les biliyyât 38 : pluriel de biliyya, c'est la chamelle que l'on attachait près de la tombe de son propriétaire à sa mort jusqu'à ce qu'elle meure de faim et de soif, et ils disaient : son propriétaire sera ressuscité monté sur elle, et celui qui n'a pas fait cela avec lui sera ressuscité à pied. Ceci selon la doctrine de ceux d'entre eux qui croyaient à la résurrection. Il aurait fallu dire « 'abarât » 39 avec les voyelles brèves, mais il a mis un sukûn pour alléger par nécessité poétique. Al-hadîma 40 : l'humiliation et le déficit. Al-jalîlât : les grandes affaires. As-sajiyya 41 : la nature. Bissâm al-'ashiyyât : il veut dire qu'il sourit lors de la rencontre des hôtes, car les hôtes viennent surtout le soir. Al-hamiyyât 42 : les chamelles que l'on a empêchées d'accéder à l'eau, c'est-à-dire interdites. Al-qurûm 43 : les nobles parmi les gens, à l'origine les étalons parmi les chameaux. Al-'idl : le semblable. Al-khatar : la valeur et l'élévation. Shurwâ : semblable, on dit : ceci est shurwâ de cela, c'est-à-dire son pareil. Al-âliyât 44 : les difficultés à cause desquelles l'homme est retenu, c'est aussi le pluriel de âliyya, qui est le serment. At-tamr 45 : le cheval léger. Sâbih : comme s'il nageait dans sa course, c'est-à-dire qu'il ondoie. Arin : actif. An-nahb : ce qui est pris comme butin. Al-ashṭân 46 : pluriel de shaṭn, qui est la corde. Ar-rakayyât : pluriel de rakiyya, qui est le puits. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « ḥulwan » avec un ḥâ' non pointé. Lâ tarqâ 47 : ne s'arrête pas, à l'origine c'est avec hamza, allégé en poésie. Ar-razayyât 48 : pluriel de raziyya, variante de razi'a, au sens de calamité et d'atteinte par diminution. Il veut dire par « les gens des razayyât » : ceux qui ont été frappés et diminués, et dont la condition est devenue comme décrit. Ce vers est le début d'un poème d'Abû Kharâsh dit à propos du meurtre de Zuhayr ibn al-'Ajwa, frère des Banû 'Amr ibn al-Ḥârith, tué par Jamîl ibn Mu'ammar ibn Ḥabîb ibn Ḥudhâfa ibn Jumaḥ ibn 'Amr ibn Huṣayṣ, le jour de Ḥunayn. Ainsi dans les sources. 'Ajafa : priver de nourriture. Il veut dire : les a affamés. Dans le recueil des poèmes des Hudhayl manuscrit et conservé à la Dâr al-Kutub al-Miṣriyya sous le numéro (6 Adab sh) : « faja'a ». C'est Yazîd ibn Abî Ḥabîb Suwayd Abû Rajâ' al-Asadî al-Miṣrî, savant des gens d'Égypte, client de Sharîk ibn aṭ-Ṭufayl al-Azdî, et on dit que son père était client des Banû Ḥasl, et sa mère cliente de Tujîb. Il a rapporté de 'Abd Allâh ibn al-Ḥârith ibn Juz' az-Zubaydî, d'Ibn aṭ-Ṭufayl al-Kinânî, d'Abû al-Khayr Muthad al-Yazanî et d'autres. (D'après les biographies des hommes). C'est Muthad ibn 'Abd Allâh al-Yazanî (avec fatḥa sur le yâ' et le zây) Abû al-Khayr al-Miṣrî le juriste. Il a rapporté de 'Uqba ibn 'Âmir al-Juhanî, qu'il ne quittait jamais, de 'Amr ibn al-'Âṣ et d'autres. Ont rapporté de lui, outre ce Yazîd, Rabî'a ibn Ja'far, Ka'b ibn 'Alqama, 'Abd ar-Raḥmân ibn Shumâsa et d'autres. Il est mort en l'an 90. (Voir Tahdhîb at-Tahdhîb). C'est 'Abd Allâh ibn Zurayr (diminutif) al-Ghâfiqî al-Miṣrî. Il a rapporté de 'Alî et de 'Umar. De lui ont rapporté Abû al-Khayr Muthad al-Yazanî, Abû al-Fatḥ al-Hamadânî et d'autres. Il est mort sous le califat de 'Abd al-Malik en l'an 81, et on dit en l'an 80 (voir Tahdhîb at-Tahdhîb). On a dit que Zamzam est appelée Ṭayyiba 49 parce qu'elle est pour les bons et les bonnes parmi les descendants d'Abraham. On a dit qu'elle est appelée Barra 50 parce qu'elle a jailli pour les pieux et a tari pour les impies. On a dit qu'elle est appelée Maḍnûna 51 parce qu'on en est avare envers les non-croyants, aucun hypocrite ne s'en abreuve complètement. Lâ tunzaf 52 : son eau ne s'épuise pas et on n'atteint pas son fond. Lâ tudhamm 53 : c'est-à-dire qu'on ne la trouve pas peu abondante en eau ; on dit : adhammat al-bi'r : quand on la trouve peu abondante en eau. Al-a'ṣam 54 parmi les corbeaux : celui qui a du blanc dans ses ailes, et on dit autre chose. Ces trois signes ont été spécifiés en raison du sens de Zamzam et de son eau. Quant au sang et aux excréments, c'est que son eau est nourriture nourrissante et guérison de maladie. Quant au corbeau a'ṣam, il y a une allusion à ce qui a été rapporté du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue : « La Ka'ba sera détruite par Dhû as-Suwayqatayn d'Abyssinie ». Quant à la fourmilière, il y a aussi une similitude et une convenance : Zamzam est la source de La Mecque que les pèlerins et les visiteurs fréquentent de tous côtés, ils y apportent du blé, de l'orge et autres, alors qu'elle n'est ni labourée ni semée ; la fourmilière est de même, elle n'est ni labourée ni ensemencée, et les grains sont apportés à sa fourmilière de tous côtés (voir ar-Rawḍ al-Unuf et ce sur quoi on se base concernant la fourmilière). Aṭ-ṭayy 55 : les pierres avec lesquelles le puits a été maçonné. Ainsi dans A et aṭ-Ṭabarî. Dans les autres sources : Sa'd ibn Hudhaym, ce qui est une altération, car Hudhaym n'était pas son père, mais il l'a pris en charge après son père, donc il lui a été attribué (voir Sharḥ as-Sîra et al-Ma'ârif). Ashrâf ash-Shâm 56 : les hauteurs de sa terre. Ainsi dans la plupart des sources. Dans A : « rawâ' ». Les deux ont le même sens : on dit mâ' rawâ (avec kasr et sans allongement) et rawâ' (avec fatḥa et allongement) : abondant. Al-ḥajîj 57 : pluriel de ḥâjj. Mabar 58 : il veut dire les rites du pèlerinage et les lieux d'obéissance, c'est un maf'al de al-birr. 'Umur 59 : a duré, c'est-à-dire : tant que cette eau durera, elle ne sera pas nuisible et on n'en aura pas peur. Al-ḥâfil 60 : abondant. (10) Sîra d'Ibn Hishâm - 1 Ajout d'après A. On dit : naza'a 'an al-amr nuzû'an (et parfois ils disent : nizâ'an) : quand il a cessé et s'est arrêté. Qala'iyya 61 : relatif à al-Qala'a (avec fatḥa puis sukûn) : on dit une montagne au Shâm. Mas'ûr ibn Muhalhil a dit dans le récit de son voyage en Chine : « ... Puis je suis revenu de Chine à Kalla, qui est la première des terres de l'Inde du côté de la Chine, et c'est là que s'arrêtent les navires sans aller plus loin ; il y a une grande forteresse contenant la mine de plomb qala'î, qui ne se trouve que dans cette forteresse. Dans cette forteresse on forge les épées qala'iyya, qui sont les épées indiennes anciennes. Les habitants de cette forteresse résistent à leur roi quand ils veulent et lui obéissent quand ils veulent. » Il a dit : « Il n'y a dans le monde de mine de plomb qala'î que dans cette forteresse », entre elle et Sandâbil, ville de Chine, il y a trois cents parasanges, et autour d'elle des villes et de vastes districts. Abû ar-Rayḥân a dit : « Le plomb qala'î est importé de Sarandîb, une île dans la mer de l'Inde. » Et en Andalousie il y a la région d'al-Qala'a dans le district de Qabra, et on pense que le plomb qala'î lui est attribué (voir Mu'jam al-Buldân et 'Ajâ'ib al-Hind). An-niṣf 62 : nom dérivé de al-inṣâf. Al-qidâḥ 63 : pluriel de qidḥ (avec kasr du qâf et sukûn du dâl), c'est la flèche avec laquelle ils pratiquaient la divination. Ajout d'après A. Comme il peut être un impératif du verbe trilitère ('alâ ya'lû) : c'est-à-dire : occupe ta position élevée et sublime. On dit que Quṣayy abreuvait les pèlerins dans des abreuvoirs en cuir, et il transportait l'eau de puits situés hors de La Mecque, dont le puits de Maymûn al-Ḥaḍramî. Puis Quṣayy creusa al-'Ajûl dans la maison d'Umm Hâni' bint Abî Ṭâlib, et c'est le premier abreuvoir creusé à La Mecque. Les Arabes, quand ils y puisaient, improvisaient en disant : « Nous nous abreuvons à al-'Ajûl puis nous partons... Quṣayy a tenu promesse et a été véridique. » Al-'Ajûl resta en activité durant la vie de Quṣayy et après sa mort, jusqu'à ce que 'Abd Manâf ibn Quṣayy devînt grand ; un homme des Banû Ju'ayl y tomba, ils abandonnèrent al-'Ajûl et il fut enseveli, et chaque tribu creusa un puits (d'après ar-Rawḍ al-Unuf). Et à propos d'aṭ-Ṭawî, Subay'a bint 'Abd Shams dit : « Aṭ-Ṭawî, quand vous mentionnez son eau, c'est une pluie de nuage, douceur et pureté » (voir Mu'jam al-Buldân). Ajout d'après A. Al-Khandama 64 : une montagne à La Mecque. Yâqût a mentionné, d'après Abû 'Ubayda dans le livre des puits, que Hâshim ibn 'Abd Manâf dit en le creusant : « J'ai fait jaillir Badhrâ avec une eau qullâs, j'ai fait de son eau une provision pour les gens. » Jurâb (avec ḍamma) : nom d'une eau, et on dit : un puits ancien à La Mecque (voir Mu'jam al-Buldân). Malkûm (sur le modèle du participe passif) : nom d'une eau à La Mecque (voir Mu'jam al-Buldân). Al-Ghamr (avec fatḥa sur la première lettre et sukûn sur la seconde) : un puits ancien à La Mecque creusé par les Banû Sahm, et à ce sujet leur poète dit : « Nous avons creusé al-Ghamr pour les pèlerins, il jaillit d'eau abondamment » (voir Mu'jam al-Buldân). L'auteur y reviendra un peu plus tard. On dit que celui qui a creusé Sajala n'est pas Hâshim, mais Quṣayy, et on rapporte de lui qu'il dit en le creusant : « Je suis Quṣayy et j'ai creusé Sajala, elle abreuve les pèlerins par flots successifs. » Ce vers est aussi attribué à Khâlida bint Hâshim avec une différence dans son premier hémistiche : « Nous avons donné à 'Adî Sajala, elle abreuve les pèlerins par flots successifs » (az-zaghla avec ḍamma : la gorgée) (voir ar-Rawḍ al-Unuf et Mu'jam al-Buldân). Yâqût l'a mentionnée en parlant d'al-Ḥafr (avec ḥâ' non pointé), disant : « ... Et le puits des Banû Taym ibn Murra à La Mecque, et al-Ḥâzimî le rapporte avec jîm. » Puis il la mentionne en parlant d'al-Jafr (avec jîm) d'après Abû 'Ubayda, disant : « ... Chaque tribu de Quraysh creusa un puits dans leurs demeures : les Banû Taym ibn Murra creusèrent al-Jafr, qui est le puits de Murra ibn Ka'b, et on dit que c'est Umayya ibn 'Abd Shams qui le creusa et le nomma Jafr Murra ibn Ka'b."
Ainsi dans le Mu'jam al-Buldān, et dans les sources : « Shafiyya ». Yāqūt a dit : « Suqayya » (par le diminutif de Suqayya, et certains l'ont rapporté comme « Shafiyya » avec le shīn pointé et le fā') : c'est un puits ancien qui se trouvait à La Mecque. Abū 'Ubayda a dit : Les Banū Asad ont creusé Shafiyya. Al-Ḥuwayrith b. Asad a dit : « L'eau de Shafiyya est comme la pluie des nuages... et son eau n'est ni stagnante ni trouble. » Al-Zubayr a dit : Mon oncle paternel l'a contredit en disant : « C'est Suqayya (avec le sīn non pointé et le qāf). » Ils rapportent d'Umayya bint 'Umaya b. al-Sabbāq b. 'Abd al-Dār, femme d'al-'Awāmm b. Khuwaylid, lorsqu'elle a creusé Umm Aḥrād : « Nous avons creusé la mer, Umm Aḥrād... elle n'est pas comme le puits des terres stériles et gelées. » Sa co-épouse Ṣafiyya bint 'Abd al-Muṭṭalib, mère d'al-Zubayr b. al-'Awāmm (qu'Allah l'agrée), lui a répondu : « Nous avons creusé Budhār... abreuvant les grands pèlerins, venant et allant... et Umm Aḥrād est un puits maigre, maigre : c'est-à-dire peu abondant et rare. » Ibn Hishām a mentionné « al-Ḥafar » un peu avant cela et l'a attribué à Umayya, et nous avons ensuite ajouté ce qui a été rapporté à son sujet dans les dictionnaires. Peut-être que sa mention ici avec « Ramm » et « Khamm » indique l'avis selon lequel elle fait partie du creusement de Murra b. Ka'b. Ainsi dans les sources, et dans le Mu'jam al-Buldān de Yāqūt, et al-Iṣāba (vol. 4, p. 541) à propos de Laylā bint Abī Ḥathma. Et dans al-Ṭabarī, al-Ishtiqāq d'Ibn Durayd (p. 87, édition européenne) et al-Aghānī (vol. 7, p. 229, édition Dār al-Kutub al-Miṣriyya) : « Ḥudhāfa ». Elles ont recouvert les puits : les ont recouverts et effacés. Musāfir était un seigneur généreux, et il était l'un des « Zād al-Rakb » 65. Ils ont été ainsi nommés parce qu'ils ne laissaient aucun étranger, voyageur ou nécessiteux passer sans l'héberger et prendre soin de lui jusqu'à son départ. Il était l'un des poètes de Quraysh, et il échangeait des satires avec 'Umāra b. al-Walīd. Il a des vers sur Hind bint 'Utba b. Rabī'a, qu'il aimait ; il la courtisa, puis demanda sa main à son père après que son rival al-Fākih b. al-Mughīra l'eut fait, mais elle ne fut pas satisfaite de sa richesse et de ses biens, et Abū Sufyān l'épousa. Musāfir en fut affligé, et son chagrin le mena à mourir à Habāla et y être enterré. Al-Dalāfa : il désigne ici les chamelles qui marchent lentement à cause de leur graisse. On dit : « dalafa al-shaykh » lorsqu'il marche d'une marche faible, au-dessus du dabdaba. Al-Rifd : pluriel de rafūd, qui est celle qui remplit le rafad, un grand vase dans lequel on trait. Rafad : de al-rafd, qui est le don. Lam numlak (à la voix passive) : c'est-à-dire que nous n'avions ni tuteur ni roi. Dans A : « khuludan ». Dans al-Aghānī : « min ». Al-Arūma : la racine. Et on rapporte : « al-Ghamr » : c'est-à-dire celui qui donne abondamment. Comme on rapporte : « al-Qahr » : c'est-à-dire le dominateur, et c'est un attribut par le nom d'action. Ajout de A. Al-'Aql : le prix du sang. On rapporte que lorsqu'ils voulaient agir, ils tiraient trois flèches, sur l'une était écrit : « Mon Seigneur m'a ordonné », sur l'autre : « Mon Seigneur m'a interdit », et la troisième était vierge. Si l'ordre sortait, ils agissaient ; si l'interdiction sortait, ils s'en abstenaient ; si la vierge sortait, ils tiraient à nouveau. Peut-être utilisaient-ils les deux méthodes. Wasīṭan : de pure lignée parmi eux. On dit que le wasīṭ est le noble dans son peuple, car la noble lignée l'entoure de tous côtés, et il est au milieu. Al-Ālūsī a traité en détail des flèches dans son livre Bulūgh al-Arab fī Aḥwāl al-'Arab (vol. 3, pp. 70-75), donc référez-vous y. Il semble qu'il veuille dire que 'Abd Allāh était le plus jeune enfant de son père lorsqu'il voulut l'égorger, ou peut-être la version est « le plus jeune des fils de sa mère ». Sinon, il est connu que Ḥamza était plus jeune que 'Abd Allāh, et al-'Abbās plus jeune que Ḥamza. On rapporte d'al-'Abbās (qu'Allah l'agrée) qu'il a dit : « Je me souviens de la naissance du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) alors que j'avais trois ans ou à peu près ; on m'amena jusqu'à ce que je le voie, et les femmes me disaient : 'Embrasse ton frère, embrasse ton frère', et je l'embrassai. » Cela prouve que 'Abd Allāh n'était pas le plus jeune des enfants de 'Abd al-Muṭṭalib. Cet avis – l'avis d'Ibn Hishām – est le plus correct. Les Zubayriyya ont mentionné que 'Abdā' est le frère de 'Ā'idh b. 'Imrān, et que Bint 'Abdā' est Ṣakhra, femme de 'Amr b. 'Ā'idh. Selon l'avis d'Ibn Isḥāq que 'Ā'idh est le fils de 'Abdā', Ṣakhra serait la tante paternelle de 'Ā'idh ; selon l'avis d'Ibn Hishām, elle serait sa cousine paternelle. Ashwā : il a laissé. On dit : « ashwaytu min al-ṭa'ām » si on en a laissé. Ainsi dans la plupart des sources, Ibn al-Athīr, Wafā' et al-Ṭabarī : « 'Umar ». On dit que le nom de cette devineresse est Quṭba. On dit aussi qu'elle s'appelle Sajāḥ. D'ici, tu vois que le prix du sang était chez eux de dix chameaux, et que 'Abd Allāh – selon cela – est le premier à l'avoir porté à cent chameaux. Il est connu que le premier à avoir payé le prix du sang en chameaux parmi les Arabes fut Zayd b. Bakr b. Hawāzin, lorsque son frère Mu'āwiya, ancêtre des Banū 'Āmir b. Ṣa'ṣa'a, le tua. Dans R : « al-qidḥ ». Le nom de cette femme est Ruqayya bint Nawfal, et elle est surnommée Umm Qitāl. On dit que 'Abd Allāh a dit alors : « Quant à l'interdit, le sanctuaire est en dessous... et le permis n'est pas permis, je ne le distingue pas. Comment faire pour ce que tu veux ? Le noble protège son honneur et sa religion. » On dit aussi que la femme que 'Abd Allāh a croisée avec son père s'appelait Fāṭima bint Murr, et qu'elle était parmi les plus belles et les plus chastes des femmes. Elle avait lu la lumière de la prophétie sur son visage, et l'invita à l'épouser, mais il refusa. Quand il refusa, elle dit des vers, dont : « J'ai vu un nuage se lever... et il a brillé avec les cruches de pluie. Par Allah, quelle fleur a été dépouillée... de toi ce qui a été dépouillé, et tu ne sais pas. » On dit aussi que celle qui s'est offerte à lui est Laylā al-'Adawiyya. Umlikat al-mar'a (à la voix passive) : il l'a épousée. Ajout de A. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « kā'in ». Il a vu Mu'āwiya, et a rapporté de 'Urwa, Miqsam et d'autres. De lui – autre que son fils Muḥammad – Ya'qūb b. Muḥammad b. Ṭaḥlā' a rapporté. Ibn Ma'īn l'a jugé fiable, et Abū Zur'a a dit : « Il est plus fiable que son fils. » On ne connaît parmi les Arabes personne qui se soit appelé de ce nom avant lui (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) sauf trois, dont les pères, ayant entendu la mention de Muḥammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et la proximité de son époque et qu'il serait envoyé au Ḥijāz, espérèrent qu'il serait un fils pour eux. Ce sont : Muḥammad b. Sufyān b. Mujāshi', ancêtre du poète al-Farazdaq ; le second : Muḥammad b. Uḥayḥa b. al-Julāḥ b. al-Ḥarīsh b. Jaḥjabā b. Kalafa b. 'Awf b. 'Amr b. 'Awf b. Mālik b. al-Aws ; et le troisième : Muḥammad b. Ḥimrān b. Rabī'a. Les pères de ces trois avaient rendu visite à un roi qui avait une connaissance du Livre ancien, et il les informa de l'envoi du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et de son nom. Chacun d'eux avait laissé sa femme enceinte. Chacun fit le vœu que si un fils mâle lui naissait, il l'appellerait Muḥammad, et ils le firent. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « Il a dit : Abū Muḥammad b. 'Abd al-Malik b. Hishām nous a raconté. Il a dit : Ziyād b. 'Abd Allāh al-Bakkā'ī nous a raconté d'après Muḥammad b. Isḥāq al-Muṭṭalibī, qui a dit... etc. » La plupart des savants disent que 'Abd Allāh est mort alors que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) était au berceau, âgé de deux mois ou plus. On dit aussi que 'Abd Allāh est mort chez ses oncles maternels, les Banū al-Najjār, alors que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avait vingt-huit mois. On dit qu'il a été enterré dans la maison d'al-Nābigha, dans la petite maison, à gauche en entrant dans la maison. On a divergé sur sa naissance (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). On a mentionné qu'elle eut lieu en Rabī' al-Awwal, ce qui est connu. Al-Zubayr a dit : « Sa naissance eut lieu en Ramaḍān. » Cet avis est conforme à celui qui dit que sa mère le conçut pendant les jours de Tashrīq. Ils mentionnent que l'Éléphant vint à La Mecque en Muḥarram, et qu'il (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) naquit cinquante jours après la venue de l'Éléphant. Sa naissance (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) eut lieu dans le quartier d'al-Shi'b, et on dit dans la maison qui se trouve près d'al-Ṣafā, qui appartenait alors à Muḥammad b. Yūsuf, frère d'al-Ḥajjāj. Ainsi dans A. « Lidān » : duel de lida. Al-lida : le contemporain, le hā' y est en compensation du wāw perdu au début, car il vient de al-wilāda. Dans les autres sources : « lidatān ». Les livres de langue ne le mentionnent pas sans tā'.
Il est Ṣāliḥ ibn Ibrāhīm ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf ibn ʿImrān az-Zuhrī al-Madanī. Il a rapporté de son père, d'Anas, de Maḥmūd ibn Labīd, d'al-Aʿraj et d'autres. Ont rapporté de lui, outre Ibn Isḥāq, son fils Sālim, az-Zuhrī, Yūnus ibn Yaʿqūb al-Mājishūn et un groupe. Il est mort à Médine sous le califat de Hishām ibn ʿAbd al-Malik. (D'après Tarājim ar-Rijāl) (7) [p.159] « Ghulām yafʿa » : fort, dont la taille a grandi, dérivé de yafāʿ, qui est la partie élevée de la terre. (8) [p.159] « al-Uṭum » (avec deux fatḥas) : la forteresse. (9) [p.159] Ajout de A. (10) [p.160] Dans une autre version, ʿAbd al-Muṭṭalib le conjura par un poème de lui : « Louange à Allah qui m'a donné... cet enfant au bon naturel. Il a dominé au berceau sur les enfants. Je le protège par la Maison aux piliers. » (Voir ar-Rawḍ al-Unuf) (11) [p.160] Le connu est que « al-marāḍiʿ » est le pluriel de « murḍiʿ ». Selon cela, la version d'Ibn Isḥāq s'interprète de deux façons : premièrement, l'ellipse du complément, comme s'il disait « dhāt ar-ruḍaʿā' » ; deuxièmement, il aurait voulu par « ar-ruḍaʿā' » les enfants au sens propre du terme, car lorsqu'ils lui trouvent une nourrice qui l'allaite, ils lui ont trouvé un nourrisson qui allaite avec lui. Il n'est donc pas improbable qu'on dise : « ils cherchèrent pour lui un nourrisson », sachant que le nourrisson a nécessairement une nourrice. (Voir ar-Rawḍ al-Unuf) (12) [p.160] Ainsi dans A. « Istardaʿat al-mar'a waladī » : elle demanda qu'elle allaite son enfant. Dans les autres sources : « wa-sturḍiʿa lahu min imra'a ». (13) [p.160] Dans les sources : « Quṣayya » avec qāf. C'est une altération. (Voir ar-Rawḍ al-Unuf, Sharḥ as-Sīra, aṭ-Ṭabaqāt) (14) [p.160] Dans aṭ-Ṭabarī ici et dans ce qui suivra sur la généalogie d'al-Ḥārith : « Quṣayya ibn Saʿd », en omettant « Naṣr ». (15) [p.161] Ainsi dans M ici. Dans les autres sources : « Quṣayya » avec qāf. C'est une altération. (16) [p.161] On dit qu'al-Ḥārith vint auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, à La Mecque lorsque le Coran lui fut révélé. Quraysh lui dit : « N'entends-tu pas, ô Ḥārith, ce que dit ton fils ? » Il dit : « Que dit-il ? » Ils dirent : « Il prétend qu'Allah ressuscite les gens après la mort, qu'Allah a deux demeures où Il châtie ceux qui Lui désobéissent et honore ceux qui Lui obéissent. Il a divisé notre affaire et dispersé notre communauté. » Il vint donc à lui et dit : « Ô mon fils, qu'as-tu à faire avec ton peuple qui se plaint de toi, prétendant que tu dis que les gens seront ressuscités après la mort, puis iront au Paradis ou en Enfer ? » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dit : « Je prétends cela, et si ce jour arrivait, ô père, je te prendrais par la main jusqu'à te faire reconnaître ton discours aujourd'hui. » Al-Ḥārith embrassa l'islam après cela et son islam fut excellent. Il disait après avoir embrassé l'islam : « Si mon fils me prend par la main et me fait reconnaître ce qu'il a dit, il ne me lâchera pas, si Allah le veut, jusqu'à ce qu'il me fasse entrer au Paradis. » (Voir ar-Rawḍ al-Unuf, Sharḥ al-Mawāhib, al-Iṣāba) (17) [p.161] Dans al-Iṣāba : « Khudhāma », avec kasr du khā' muʿjama, comme l'ont signalé as-Suhaylī et Abū Dharr. As-Suhaylī, Abū Dharr et Ibn Ḥajar ont mentionné ce que nous avons établi comme une autre version. Abū Dharr a souligné seul que c'est la correcte. Dans aṭ-Ṭabarī et aṭ-Ṭabaqāt : « Judhāma », et Ibn Saʿd a tranché dans aṭ-Ṭabaqāt pour « Judhāma » avec jīm et dāl muhmala. (18) [p.161] On dit que c'est « ash-Shammā' » sans yā'. (Voir Sharḥ al-Mawāhib) (19) [p.161] Ainsi dans aṭ-Ṭabarī. Dans les sources : « ummuhu ». (20) [p.161] On dit que la première à l'allaiter, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, fut Thuwayba. Elle l'allaita avec le lait d'un fils à elle appelé Mamzūj, pendant quelques jours, avant l'arrivée de Ḥalīma. Elle avait allaité avant lui Ḥamza ibn ʿAbd al-Muṭṭalib al-Makhzūmī, ainsi que ʿAbd Allāh ibn Jaḥsh. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, reconnaissait cela à Thuwayba et lui envoyait des présents de Médine. Lorsqu'il conquit La Mecque, il s'enquit d'elle et de son fils Masrūḥ, et on l'informa qu'ils étaient morts. Il s'enquit de leurs proches, mais n'en trouva aucun vivant. (Sīra d'Ibn Hishām, 11) (21) [p.162] On dit que son nom est ʿAbd Allāh ibn al-Ḥārith. (Voir Sharḥ al-Mawāhib, al-Maʿārif, aṭ-Ṭabaqāt) (22) [p.162] Ainsi dans aṭ-Ṭabarī. Dans A : « wa-fī sanat... ilā ākhirihi ». Dans les autres sources : « wa-hiya fī sanat... ilā ākhirihi ». (23) [p.162] « al-Qumra » (avec ḍamma) : couleur tirant sur le vert, ou blanc avec une teinte terne. On dit : « ḥimār aqmar », « atān qamrā' ». (24) [p.162] « ash-Shārif » : la chamelle âgée. (25) [p.162] « mā tabiḍḍu » : elle ne suinte de rien. (26) [p.162] Ce qu'a mentionné Ibn Hishām est plus complet dans le sens que de se limiter à mentionner le déjeuner sans le dîner. On rapporte : « mā yuʿadhdhibuhu », c'est-à-dire ce qui le rassasie jusqu'à ce qu'il lève la tête et cesse de téter. (27) [p.162] Ainsi dans A. Abū Dharr l'a expliqué ainsi : « fa-laqad adamtu bi-r-rakbi », c'est-à-dire j'ai prolongé pour eux la distance pour les retenir sur elle, dérivé de « ad-dā'im ». Dans les autres sources : « adhamtu ». « Adhamat ar-rikāb » : elles ont été épuisées et sont restées en arrière du groupe des chameaux, sans les rejoindre. Elle veut dire qu'elle a retardé la caravane, c'est-à-dire que la caravane a été retardée à cause d'elle. (28) [p.162] « al-ʿujf » : la maigreur. (29) [p.162] Ils mentionnent, parmi les raisons pour lesquelles Quraysh et d'autres nobles arabes confiaient leurs enfants aux nourrices, l'une d'elles est de libérer les femmes pour leurs maris, comme l'a dit ʿAmmār ibn Yāsir à Umm Salama, qu'Allah l'agrée, qui était sa sœur de lait, lorsqu'il lui prit Zaynab bint Abī Salama de son giron, et dit : « Laisse cette maudite, cette malheureuse, par qui tu as causé du tort au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. » (30) [p.163] Ainsi dans A. Dans les autres sources : « qāla ». La masculinisation du verbe est peut-être sur le sens de « ash-shakhṣ ». (31) [p.163] On dit que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, n'acceptait de téter que d'un seul sein, et on lui présentait l'autre sein mais il le refusait, comme s'il avait été informé, que la prière et la paix soient sur lui, qu'il avait un associé dans son lait. (Voir ar-Rawḍ al-Unuf) (32) [p.163] Ainsi dans la plupart des sources et aṭ-Ṭabarī. Dans ar-Rawḍ al-Unuf : « rawiyā ». (33) [p.163] Ainsi dans les sources. Il veut dire : « iʿlamī ». Dans aṭ-Ṭabarī : « a-taʿlamīna... ilā ākhirihi ». (34) [p.163] Ajout de A. (35) [p.163] Dans A : « ʿalā ». (36) [p.164] « irbaʿī » : arrête-toi et attends. On dit : « rabaʿa fulānun ʿalā fulānin » lorsqu'il s'arrête auprès de lui et l'attend. De là le poète dit : « ʿūdī ʿalaynā wa-rbaʿī yā Fāṭimā ». (37) [p.164] Ainsi dans la plupart des sources. Dans A : « az-ziyāda wa-l-khayra ». Dans aṭ-Ṭabarī : « ziyādat al-khayr ». (38) [p.164] Dans aṭ-Ṭabarī : « sanatān ». (39) [p.164] « al-Jafr » : le gros et fort. (40) [p.164] « al-Waba' » : on le hamze et on le raccourcit (et al-Wabā' avec prolongement) : la peste. (41) [p.164] « al-Bahm » : les petits des moutons, leur singulier : « bahma ». (42) [p.164] « ishtadda fī ʿadwihi » : il accéléra. (43) [p.164] On dit : « sāṭa al-labana aw ad-dama aw ghayrahumā asūṭuhu » : lorsqu'on bat une partie contre l'autre. Le nom du bâton avec lequel on bat : « as-sawṭ ». (44) [p.165] « muntaqiʿan wajhuhu » : c'est-à-dire altéré. On dit : « intaqaʿa wajhuhu wa-mtaqaʿa » (à la forme passive) : lorsqu'il est altéré. (45) [p.165] Ajout de A et aṭ-Ṭabarī. (46) [p.165] « aẓ-Ẓi'r » (avec kasr) : celle qui est affectueuse envers l'enfant d'autrui et l'allaite, chez les humains et autres, c'est plus général que « al-murḍiʿa » car il s'applique au masculin et au féminin. (47) [p.165] Ainsi dans A et aṭ-Ṭabarī. Dans les autres sources : « fa-qultu... naʿam qad balagha... ilā ākhirihi ». (48) [p.165] Ainsi dans aṭ-Ṭabarī. Dans les sources : « ʿalayka ». (49) [p.165] Ainsi dans A et aṭ-Ṭabarī. Dans les autres sources : « aḍā'a lī bihi quṣūr... ilā ākhirihi ». (50) [p.165] Buṣrā (avec ḍamma et sans prolongement) : une des localités de Damas en Syrie, c'est la capitale du district de Ḥawrān, célèbre chez les Arabes anciennement et récemment, et ils ont à son sujet de nombreux poèmes. (Voir Muʿjam al-Buldān) (51) [p.166] C'est Thawr ibn Yazīd al-Kalāʿī, et on dit ar-Raḥbī, Abū Khālid al-Ḥimṣī, l'un des ḥuffāẓ savants. Il a rapporté de ce Khālid, de Ḥabīb ibn ʿUbayd, de Ṣāliḥ ibn Yaḥyā et d'autres. Ont rapporté de lui Ibn al-Mubārak, Yaḥyā al-Qaṭṭān, et beaucoup d'autres. Il était partisan du qadar. Il mourut en l'an 153 H, à l'âge d'environ soixante-trois ans, et on dit en l'an 155 H. (Voir Tarājim ar-Rijāl) (52) [p.166] C'est Khālid ibn Maʿdān ibn Abī Kurayb al-Kalāʿī, Abū ʿAbd Allāh ash-Shāmī al-Ḥimṣī. Il a rapporté de Thawbān, d'Ibn ʿAmr, d'Ibn ʿUmar et d'autres. Ont rapporté de lui Bujayr ibn Saʿīd, Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn al-Ḥārith et d'autres. Il mourut en l'an 103, et on dit en l'an 104, et on dit en l'an 108. (Voir Tahdhīb at-Tahdhīb) (53) [p.166] Ainsi dans la plupart des sources et aṭ-Ṭabarī. Dans A : « daʿwat Ibrāhīm ». (54) [p.166] Ajout de aṭ-Ṭabarī. (55) [p.166] L'interprétation de cette lumière est ce qu'Allah lui a ouvert comme conquêtes de ces pays, jusqu'à ce que le califat y soit pendant la durée des Omeyyades, et que ces pays et d'autres aient été illuminés par sa lumière, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. On raconte que Khālid ibn Saʿīd ibn al-ʿĀṣ vit, peu avant la mission prophétique, une lumière sortir de Zamzam jusqu'à ce que les dattes vertes lui apparaissent dans les palmiers de Yathrib. Il la raconta à son frère ʿAmr, qui lui dit : « C'est la fosse de ʿAbd al-Muṭṭalib, et cette lumière vient d'eux. » Ce fut la raison de sa hâte à embrasser l'islam. (Voir ar-Rawḍ al-Unuf)
Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « Il dit : puis il dit ... etc. » 66 Et al-Ṭabarī ajoute après cela : « Il dit : puis ils me serrèrent contre leur poitrine, embrassèrent ma tête et l'espace entre mes yeux, puis dirent : Ô bien-aimé, n'aie pas peur, si tu savais quel bien t'est destiné, tu aurais les yeux réjouis. » 67 Il est connu que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — garda les moutons chez les Banū Saʿd avec son frère de lait, et qu'il les garda aussi à La Mecque pour des qarārīṭ 68 appartenant aux gens de La Mecque. (Voir al-Rawḍ al-Unuf) On dit que la tombe d'Āmina bint Wahb se trouve dans le ravin d'Abū Dhar à La Mecque. (Voir al-Ṭabarī) Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « ... avec lui sur lui ... etc. » Il s'agit d'al-ʿAbbās ibn ʿAbd Allāh ibn Maʿbad ibn al-ʿAbbās ibn ʿAbd al-Muṭṭalib al-Hāshimī al-Madanī. Il a rapporté de son frère Ibrāhīm, de son père, de ʿIkrima et d'autres. Et ont rapporté de lui Ibn Jurayj, Ibn Isḥāq, Wahīb, Sufyān ibn ʿUyayna et al-Darāwardī. (D'après Tarājim al-Rijāl) Certains disent : ʿAbd al-Muṭṭalib mourut alors que le Messager d'Allah avait dix ans. (Voir al-Ṭabarī) Ainsi dans la plupart des manuscrits. Et dans A : « sauf qu'il le rapporta ... comme nous l'avons écrit » Ainsi dans la plupart des manuscrits. Et dans A : « Alors à ce moment-là les larmes de mes yeux coulèrent » Al-farīd : la perle. Al-waghl : l'homme faible, vil, méprisable, qui manque aux choses. Elle voulait dire « al-khayr » 69 avec tashdīd, puis elle l'a allégé. Et il est possible que « al-khayr » (ici) soit le contraire du mal, elle l'a rendu tout entier bon par hyperbole. Al-naks : l'homme faible en qui il n'y a aucun bien. Al-shakht (avec fatḥa et avec deux voyelles) : l'homme mince et maigre de constitution, non par amaigrissement. Al-sanīd : le faible qui ne peut se suffire à lui-même jusqu'à ce qu'il appuie son opinion sur un autre. Al-shayẓamā : le jeune homme corpulent. Dans A : « dans le temps ». Et le mètre n'est pas correct avec cela. Ainsi dans la plupart des manuscrits. Al-ḥurūd : la chamelle au lait rare, on compare le temps dans sa sécheresse à elle. Et dans A : « al-jurūd ». Al-jurūd : pluriel de jarad, qui est un lieu sans végétation. Al-wuṣūm : pluriel de waṣm, qui est la honte. Al-khaḍārima : pluriel de khuḍārim (comme zuburj). C'est le généreux donateur et le noble qui supporte les charges. Al-malāwitha : pluriel de milwāth, de al-lūtha, qui est la force. De là vient la parole de Qarīṭ ibn Unayf : « Au moment de la colère, si quelqu'un a de la force, c'est moi. » Al-khīm (avec kasra) : le naturel et le caractère. Le sens de « ṭayyib al-muʿtaṣar » : il est généreux quand on lui demande. Al-fajr : le don, la générosité, la largesse, le bien connu, la richesse et son abondance. Lam tushawwihī : elle n'a pas touché les extrémités (shawā) mais a atteint le point mortel. Al-shawā : les extrémités. Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « et il répand la lune », ce qui est une altération. Isḥanfara la pluie et autre : elle tomba abondamment. Al-iltidām : le fait pour les femmes de se frapper le visage dans la lamentation. Istakhraṭa l'homme dans les pleurs : il s'y obstina. Al-kahām : l'homme émoussé et usé. Elle veut dire qu'il n'est pas un naks, c'est-à-dire faible, ni émoussé. Al-jaḥfal : l'homme grand, le noble généreux. Elle a allégé le yā de « wafā » pour que le mètre soit correct. Al-ʿadamalā : le gros. Al-lahām (comme ghurāb) : très généreux. Tabannaka : il s'enracina et s'établit, dérivé de al-bank (avec ḍamma), qui est la racine et l'essence d'une chose. Elle veut dire que sa maison s'enracina dans une hauteur de noblesse. Istahillī : manifeste les pleurs. Wa-bikkī : impératif de bakā (avec tashdīd), signifiant pleure sur lui et fais son élégie. Dans A : « Asʿidinī ». Asʿada : il l'aida à pleurer. Son origine est al-khayr (avec tashdīd), puis elle a allégé le yā. Al-tayyār : le plus gros de l'eau. Al-furāt : l'eau douce. Al-khīm : la nature et le caractère. Al-habrazā : le beau et élégant. On dit aussi : l'habile dans ses affaires. Tashtajiru : elles se mêlent et s'entremêlent. Al-ʿawālī : les lances. Elle veut dire : quand la guerre fait rage. Al-hanāt : pluriel de hina, qui est une périphrase pour désigner une chose laide. Mafzaʿuhā : son refuge. Al-hayj : la guerre, c'est une dénomination par le masdar. Wa-lā tusammā : c'est-à-dire ne te lasse pas, elle a facilité la hamza par transfert puis l'a supprimée. Al-rāʿī al-ʿashīra : le protecteur de sa tribu. Al-faqd : celui qui manque, elle veut dire le généreux donateur. Elle a rapporté cet hémistiche sur elle-même en employant le masculin, au sens de « la personne », comme on a dit : « Elle se leva en pleurant sur sa tombe... Qui pour moi après toi, ô ʿĀmir ? Tu m'as laissée dans la demeure comme une étrangère... Il est humilié celui qui n'a pas de soutien. » (Elle veut dire : une personne étrangère.) Al-sajiyya : la nature. C'est-à-dire des Quraysh al-Biṭāḥ : ce sont ceux qui descendent entre les deux montagnes de La Mecque. Al-kifāʾ : l'égal. Al-shayẓamā : l'éloquent et le clair. Al-aqab : au ventre creux. Al-kashḥ : le flanc. Al-arwaʿ : celui qui te plaît par sa beauté, son apparence et son courage. Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « par lui ». Ainsi dans A. Al-fāṣil : celui qui tranche dans les litiges. Et dans tous les autres manuscrits : « wa-fāḍilahā » avec ḍād, et ce que nous avons établi est plus approprié au contexte. Al-kumāt : les braves, leur singulier : kumayy. Al-rabad (comme ṣarad) : le moiré. Al-khashīb : le poli. Et on rapporte : « al-habāʾ ». Elle veut dire par là ce qui apparaît sur l'épée damasquinée, par analogie avec la poussière. Aṣammata al-ʿalīl : sa langue se paralysa. Ajout de A. Les gens d'Irak ouvrent le yā de « al-Musayyab », et les gens de Médine le ferment. Et on rapporte de Saʿīd, son fils, qu'il disait : « Sayyab Allāh min sayyab abī », et ʿIyāḍ et Ibn al-Madīnī ont rapporté la fermeture. Saʿīd ibn al-Musayyab a rapporté : Le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — voulut changer le nom de mon grand-père et l'appeler Sahl, mais il refusa et dit : « Je ne change pas un nom que mon père m'a donné. » Et cette difficulté (ḥuzūna) n'a cessé d'être parmi nous. (Voir Sharḥ al-Qāmūs, racine ḥ-z-n) On dit que le poème est de Ḥudhāfa ibn Ghānim, qui est le frère de Ḥudhayfa et le père de Khārija ibn Ḥudhāfa. Il dit dans cette qaṣīda : « Fākhārij immā ahlakunna fa-lā tazal » Il est le père d'Abū Jahm ʿUbayd ibn Ḥudhayfa, qui offrit la khumīṣa 5 au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue —, et il regarda son ornement puis la rendit. La mère d'Abū Jahm : Yasīr bint ʿAbd Allāh ibn Adhāt ibn Riyāḥ. Ibn Adhāt est l'oncle maternel d'Abū Quḥāfa. (Voir al-Rawḍ al-Unuf) Al-sabl : la pluie. Kullu shāriq : c'est-à-dire au lever du soleil chaque jour. Wa-lam yushawwihī : il ne l'a pas manqué. Saḥā : il tomba en abondance. Jamā : il s'accumula et abonda. Isjamā : il coula. Ajout de A. Al-ḥafīẓa : la colère accompagnée de fierté. Al-naks des flèches : celle qui a été retournée dans le carquois pour que l'archer la distingue et ne la prenne pas à cause de sa mauvaise qualité ; on dit aussi : celle dont la pointe s'est brisée, on l'a retournée et mise la pointe en bas, elle n'est pas bonne pour le tir. Al-hadhar : celui qui parle beaucoup sans utilité. Al-bahlūl : le noble. Ainsi dans la plupart des manuscrits. Al-luhā : les dons. Et dans A : « wa-l-nadā ». Et dans une autre version : « wa-l-nuhā ». Al-nuhā : pluriel de nuhya, qui est l'intelligence. Al-najr : l'origine. Al-mujḥifāt : celles qui emportent les biens. Al-ghubr : les années de sécheresse. Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « pour le pain ». Ainsi dans les manuscrits. Et dans Sharḥ al-Sīra : « al-qahr » avec qāf. C'est-à-dire celui qui domine les gens, il le décrit par le masdar, comme on dit : un homme juste, ou un homme jeûne, ou un homme rupture du jeûne. Al-ʿānī : le captif. Sarāt : l'élite. Al-naqība : l'âme. Maymūn al-naqība : dont les actions réussissent, dont les demandes sont exaucées. ʿuzul : pluriel de aʿzal. Et on ne forme pas le pluriel de afʿal sur fuʿul, mais cela vient ainsi, car al-aʿzal est en opposition à al-rāmiḥ, et ils peuvent attribuer l'adjectif à son contraire. Il est aussi possible qu'il l'ait fait suivre le modèle de « ḥusur » pluriel de ḥāsir, car il est proche de lui par le sens. Maṣālīt : des braves. Al-radīniyya : les lances. Al-ḥibāʾ : le don. Hujān al-lawn : blanc. Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « pour celui qui ». Lā tabūr : elle ne périt pas. Wa-lā taḥrā : elle ne diminue pas. Al-ijriyā (avec et sans allongement) : la direction que l'on prend et sur laquelle on avance. Elle veut dire ce qui est bas et ce qui est haut.
(71) [p.176] Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « bi-amana ». C’est une altération. As-Suhaylî a dit dans son commentaire sur ce mot : « ... La suppression du yâ’ du pronom suffixe (ḍamîr) est une nécessité poétique, comme l’a cité Sîbawayh : « Sa-ja‘lu ‘aynayhi li-nafsihi miqna‘â » dans de nombreux vers qu’il a rapportés. Ceci concerne la suppression du yâ’ et du wâw tout en conservant la voyelle du hâ’. Si le hâ’ est rendu quiescent après la suppression, c’est encore moins fréquent dans l’usage que ce genre de cas. Et ils ont cité : « Naḍwâya mushtâqâni lahu ariqqâni ». Ce que nous avons mentionné est plus fort selon l’analogie, car cela relève du fait de traiter la liaison (al-waṣl) comme la pause (al-waqf), comme dans le dire du râjiz : « Lammâ ra’â an lâ da‘ata wa lâ shaba‘ ». Et il y en a beaucoup dans la Révélation, comme l’établissement du hâ’ de silence (hâ’ as-sakt) à l’origine, et l’établissement de l’alif de « anâ », et l’établissement de l’alif des fins de versets comme : « Wa taẓunnūna bi-llāhi aẓ-ẓunūnā ». Ce que Sîbawayh a mentionné comme nécessité poétique concernant le hâ’ du pronom caché (ḍamīr) n’a lieu que lorsque ce qui le précède est voyellé, comme « bihî ». Et cela n’a absolument pas lieu pour le hâ’ du féminin, à cause de la légèreté de l’alif. Si ce qui précède le hâ’ est quiescent, comme « fîhi », la suppression est plus belle que le maintien. » (72) [p.176] « Shuyûkh banî ‘Amr » : Il veut dire les Banû Hâshim, car son nom est ‘Amr. (73) [p.176] Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « Banû », ce qui est une déformation. (74) [p.176] Ainsi dans A. « Thabaj » de toute chose : sa majeure partie. Et dans tous les autres manuscrits : « ... thabaj al-bahr » (le dos de la mer). (75) [p.177] Ainsi dans les manuscrits. « Mukhayyasa » : humiliée. Et on rapporte : « muḥabbasa », et « al-muḥabbasa » : celle qui est retenue. (76) [p.177] « Al-Akhâshib » : des montagnes à La Mecque, ce sont deux montagnes, on les met au pluriel en incluant ce qui les entoure. (77) [p.177] « Khumm » et « al-Ḥafr » : noms de deux puits. Le discours à leur sujet a déjà été fait. (78) [p.177] « Al-Hajr » : le discours laid et obscène. (79) [p.177] « Al-Aḥâbîsh » : les tribus fugitives, qui se joignirent aux Banû Layth dans leur combat contre Quraysh. On dit aussi : ils firent alliance avec Quraysh sous une montagne appelée Ḥabashî, et furent ainsi nommés. « Nakkalû » : ils furent repoussés et réprimandés. (80) [p.177] « Maḥqûqa » : ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « maḥfûfa » (avec deux fâ’). (81) [p.177] « Al-Jasr » : celui qui est résolu dans ses affaires et fort pour elles. (82) [p.177] « Sirr » : pureté de lignée. (83) [p.177] « Abû Shammar » : Mâlik. On l’appelle aussi « Malik al-Amlâk ». Son fils Shammar est celui qui a bâti Samarkand. Il est possible qu’il ait voulu dire Abû Shammar al-Ghassânî, père d’al-Ḥârith ibn Abî Shammar. « ‘Amr ibn Mâlik » : il se peut que ce soit ‘Amr Dhû l-Adh‘âr. « Abû l-Jabr » : un roi des rois du Yémen. On dit que Sumayya, mère de Ziyâd, appartenait à ce Abû Jabr, et qu’il la donna à al-Ḥârith ibn Kalada le médecin, pour qu’il la soigne avec son art. (84) [p.177] « As‘ad » : c’est As‘ad Abû Ḥassân ibn As‘ad. Lui et ceux qu’il a mentionnés dans le vers précédent sont parmi les Tabâbi‘a. Il les a présentés comme un sujet de fierté pour Abû Lahab, car sa mère était Khuzâ‘ite, issue de Saba’, et tous les Tabâbi‘a sont de Ḥimyar ibn Saba’. [p.177] (12) Sîrat Ibn Hishâm – 1 (85) [p.178] « Habilak » : que tu sois privé de toi. C’est une formule d’incitation, non d’invocation, comme on dit : « taribat yadâk », « lâ abâ lak », et autres semblables. « Al-Iqrâf » : le fait d’approcher de la bâtardise. Cela signifie : ils t’ont empêché de marier tes filles et tes sœurs à un homme vil, de sorte que le fils soit de naissance mêlée (muqrif) à cause de la bassesse de son père et de la noblesse de sa mère, et qu’une tache t’en atteigne. Quelque chose d’approchant est le dire de Muhalhil : « Ankaḥahâ fa-qaduhâ al-arâqimu fî janab... wa kâna al-ḥibâ’u min âdam » (c’est-à-dire : il la maria pour son éloignement, sans égal, car Muhalhil descendit chez Janab, une tribu vile de Madhḥij, et sa fille fut demandée en mariage ; il ne put l’empêcher et la maria, et sa dot fut de cuir). (86) [p.178] Ajout d’après A. (87) [p.178] « Tanâwaḥat » : elles se firent face. « Ar-Rajjâf » (ici) : la mer. (88) [p.178] « An-Niṭâf » : pluriel de « nuṭfa », qui est la boucle d’oreille suspendue à l’oreille. Ceci selon la lecture de celui qui lit « ‘iqd » avec un kasra sur le ‘ayn. Quant à celui qui le lit avec une fatḥa, il fait de « niṭâf » un pluriel de « nuṭfa », qui est l’eau peu abondante et claire. (89) [p.178] Il veut dire qu’il était pour ses hôtes comme un père. Les Arabes disent de tout homme généreux : « Abû l-Aḍyâf », comme l’a dit Murra ibn Maḥkân : « Ad‘û abâhum wa lam aqrif bi-ummihim... wa qad ‘umirtu wa lam a‘rif lahum nasabâ ». (90) [p.178] Ajout d’après A. (91) [p.178] Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « ‘alayhimâ », ce qui est une déformation. (1) [p.179] Ajout d’après A. (2) [p.179] Yaḥyâ était digne de confiance et très savant en hadith. Il a rapporté d’après son père, son grand-père, son oncle Ḥamza, et le cousin de son père ‘Abdallâh ibn ‘Urwa ibn az-Zubayr. Ont rapporté d’après lui, outre Ibn Isḥâq, le cousin de son père Hishâm ibn ‘Urwa, Mûsâ ibn ‘Uqba, Ḥafṣ ibn ‘Umar ibn Thâbit ibn Zurâra, ‘Abdallâh ibn Abî Bakr ibn Ḥazm, et Yazîd ibn ‘Abdallâh ibn al-Hâd. Il mourut à l’âge de trente-six ans. (Voir Tahdhîb at-Tahdhîb, et les biographies des hommes). (3) [p.179] On dit aussi : c’est Lahab ibn Aḥjan ibn Ka‘b ibn al-Ḥârith ibn Ka‘b ibn ‘Abdallâh ibn Mâlik ibn Naṣr ibn al-Azd. C’est la tribu connue pour la divination par les augures (al-‘iyâfa) et le tirage au sort (az-zajr). Parmi eux se trouve al-Lahabî, celui qui tira un augure lorsque la petite pierre tomba sur le crâne de ‘Umar (que Dieu l’agrée) et le blessa, lors du pèlerinage. Il dit : « Le Commandeur des croyants a été touché, par Dieu il n’accomplira pas le pèlerinage après cette année », et il en fut ainsi. C’est d’eux que Kathîr dit : « Tayammamtu Lahabâ abtaghî l-‘ilma ‘indahum... wa qad rudda ‘ilmu al-‘â’ifîna ilâ Lahab ». (Voir Sharḥ al-Qâmûs, article Lahab, et ar-Rawḍ al-Unuf). (1) [p.180] « Al-‘Â’if » : celui qui scrute la constitution de l’homme et prédit ce à quoi aboutira son état. (2) [p.180] Le nom de Baḥîrâ est Baḥîrâ, avec une fatḥa sur le bâ’, un kasra sur le ḥâ’ non pointé, un sukûn sur le yâ’ souscrit, et se terminant par un râ’ non accentué ; on dit aussi accentué : c’est Jurjîs (avec un kasra sur les deux jîm). On dit aussi : Sarjis, comme on dit Jurjus. Il était un docteur (ḥibr) parmi les docteurs juifs de Taymâ’, selon ce qu’on dit ; il était aussi chrétien de ‘Abd al-Qays, selon ce que pense Ibn Isḥâq ici. On dit aussi qu’il entendit, peu avant l’Islam, un hâtif qui criait : « Certes, le meilleur des habitants de la terre est au nombre de trois : Baḥîrâ, Rabâb ash-Shanâ, et le troisième est l’Attendu ». Le troisième était le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). (Voir al-Ma‘ârif, Murûj adh-Dhahab, al-Iṣâba, ar-Rawḍ, et Sharḥ al-Mawâhib). (3) [p.180] Ainsi dans les manuscrits, aṭ-Ṭabarî, et Sharḥ al-Mawâhib al-Laduniyya (vol. 1, p. 192, édition de l’imprimerie al-Azhariyya). « Ṣabba bihî » : il s’inclina vers lui. Et dans la marge d’aṭ-Ṭabarî et de Sharḥ as-Sîra : « Ḍabba bihî » avec un ḍâd pointé. « Ḍabba bihî » : il s’attacha à lui et s’y cramponna. Dans une autre version, dans la marge d’aṭ-Ṭabarî, ar-Rawḍ, et Sharḥ al-Mawâhib : « Ḍabatha ». « Ḍabatha bihî » : il s’y accrocha. De là le dire du poète : « Ka’anna fu’âdî fî yadi ḍabathat bihî ». (4) [p.180] Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) avait alors neuf ans, dit-on, ou douze ans, ou autre. (Voir aṭ-Ṭabarî, Sharḥ al-Mawâhib, et ar-Rawḍ). (5) [p.180] Buṣrâ : la ville de Ḥawrân, conquise pacifiquement le 25 Rabî‘ al-Awwal de l’an 13 de l’Hégire. C’est la première ville conquise en Syrie. Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) s’y rendit deux fois. (Voir Sharḥ al-Mawâhib). (6) [p.181] « Qaṭṭu » : c’est-à-dire : jamais. (7) [p.181] « Tahasṣarat » : elle s’inclina et pendit. On dit : « hasarta al-ghuṣn », lorsque tu le tires à toi jusqu’à ce qu’il s’incline. (8) [p.181] Ainsi dans aṭ-Ṭabarî. Et dans les manuscrits : « ... descendit de son ermitage, et il avait ordonné que la nourriture soit préparée ; on la fit, puis il envoya... etc. » (9) [p.181] Ainsi dans Sharḥ al-Mawâhib et dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « fa-ta’kulûn », ce qui est une déformation. (10) [p.182] « Iḥtaḍanahu » : il le prit de son giron (ḥiḍn), c’est-à-dire à côté de lui. (11) [p.182] Ajout d’après A. (12) [p.182] On dit qu’il ne l’interrogea par al-Lât et al-‘Uzzâ que pour l’éprouver, et cela est plus juste que ce que dit Ibn Isḥâq. (Voir ash-Shifâ’, et Sharḥ al-Mawâhib al-Laduniyya). (13) [p.182] On dit qu’il fut ainsi nommé parce qu’il fait partie des signes par lesquels les savants des Écritures antérieures le reconnaissent. (Voir Sharḥ al-Mawâhib). (14) [p.182] « Al-Miḥjam » : l’instrument avec lequel on pose les ventouses, c’est-à-dire la trace de la ventouse qui aspire la chair jusqu’à ce qu’elle soit proéminente. Dans le récit, il est dit qu’autour d’elle se trouvaient des grains de beauté (khîlân) avec des poils noirs, et qu’elle était comme une pomme ou un œuf de pigeon, près du cartilage (nughḍ) de son omoplate gauche. Voir (Sharḥ al-Mawâhib, et ar-Rawḍ). (15) [p.182] Ainsi dans A, aṭ-Ṭabarî, et Sharḥ al-Mawâhib. Et dans tous les autres manuscrits : « li-yabghiyannahu », ce qui est une déformation. (16) [p.183] As-Suhaylî a dit dans son commentaire sur cette histoire : « Cette histoire n’est rapportée que dans le hadith authentique au moment de la construction de la Ka‘ba. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) transportait les pierres avec son peuple vers elle. Ils portaient leurs vêtements (uzur) sur leurs épaules pour les protéger des pierres. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) les portait sur son épaule, son vêtement (izâr) étant serré autour de lui. Al-‘Abbâs (que Dieu l’agrée) lui dit : « Ô fils de mon frère, si tu mettais ton vêtement (izâr) sur ton épaule ? » Il le fit, puis tomba évanoui. Ensuite, il dit : « Mon vêtement (izârî) ! Mon vêtement (izârî) ! » Il serra son vêtement (izâr) autour de lui et se leva pour transporter les pierres. »
Le Fijâr 70 (avec un kasra 71) : au sens de « action de commettre un sacrilège », comme « combat » et « action de combattre ». Cela parce que c'était un combat pendant le mois sacré, et ils ont tous commis un sacrilège en ce mois ; on l'a donc appelé « al-Fijâr ». Les Arabes eurent quatre Fijâr, dont le dernier fut celui d'al-Barrâḍ 72. Quant au premier Fijâr, il eut lieu entre Kinâna et Hawâzin. Ce qui le déclencha fut que Badr ibn Ma‘shar, l'un des Banû ‘Iqâl ibn Mulayk de Kinâna, s'était installé au marché de ‘Ukâẓ ; c'était un jeune homme fier et puissant. Puis il se vanta au marché, et al-Uḥaymir ibn Mâzin, l'un des Banû Duhmân, se dressa contre lui. Les deux partis échangèrent alors des propos jusqu'à ce que le sang fût sur le point de couler entre eux. Puis ils se ravisèrent, voyant que l'affaire était mineure. Le deuxième Fijâr eut lieu entre Quraysh et Hawâzin. Ce qui le déclencha fut que des jeunes gens de Quraysh s'en prirent à une femme des Banû ‘Âmir ibn Ṣa‘ṣa‘a, ce qui déclencha la guerre. Il y eut entre eux des combats et quelques effusions de sang, mais Ḥarb ibn Umayya les prit en charge et fit la paix entre eux. Le troisième Fijâr eut lieu entre Kinâna et Hawâzin. Ce qui le déclencha fut qu'un homme de Kinâna devait le prix du sang 73 à un homme des Banû Naṣr ; le Kinânite était insolvable, et le Naṣrite lui en fit le reproche devant son clan au marché de ‘Ukâẓ. Un Kinânite se leva alors et le frappa. Les gens s'excitèrent jusqu'à ce que le sang fût sur le point de couler entre eux, puis ils se ravisèrent. (Voir al-‘Iqd al-Farîd, et al-Aghânî, vol. 19, pp. 74-80, édition de Bûlâq).
Il y a divergence sur la mort d'al-Qâsim à l'époque préislamique. As-Suhaylî rapporte d'après az-Zubayr qu'al-Qâsim mourut en bas âge, et que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) entra chez Khadîja après la mort d'al-Qâsim, alors qu'elle pleurait. Elle dit : « Ô Messager d'Allah, le lait d'al-Qâsim a coulé 74. Si seulement il avait vécu jusqu'à la fin de son allaitement, cela m'aurait été plus doux. » Il dit : « Si tu veux, je te ferai entendre sa voix au Paradis. » Elle dit : « Je préfère croire en Allah et en Son Messager. » Ce que rapporte az-Zubayr prouve qu'al-Qâsim n'est pas mort à l'époque préislamique.
Il est avec damma 75 sur le dāl chez tous sauf Abū 'Ubayda, car chez lui il est avec fatḥa 76, et toute 'adas 77 en arabe est avec fatḥa sur le dāl. (Voir ar-Rawḍ, et Šarḥ as-Sīra d'Abū Ḏarr, et Mu'talif al-Qabā'il wa-Muḫtalifuhā d'Ibn Ḥabīb) Ḏū Nujub 78 : une vallée près de Māwān. (Voir Mā Ya'ūlu 'Alayhi, et Mu'jam al-Buldān) Ainsi dans Ahnā et dans ce qui viendra de tous les manuscrits, et dans les autres manuscrits ici : « Abū Kabša ». Ce vers est attribué dans Mu'jam al-Buldān, au sujet de Ḏī Nujub, à Suḥaym ibn Wathīl ar-Riyāḥī. Qurzul 79 : nom du cheval de Ṭufayl ibn Mālik. Et Ṭufayl était appelé : Fāris Qurzul. La transmission de ce vers dans Mu'jam al-Buldān est : « Et nous avons frappé la tête d'Ibn Ḫuwaylid ... Yazīd, et nous avons taché de sang 'Ubayda ». Umm al-Firāḫ al-Jawāṯim 80 : il veut dire la hāma 81, qui est la chouette, et ils croyaient que lorsqu'un homme était tué, une hāma sortait de sa tête en criant : « Donnez-moi à boire, donnez-moi à boire », jusqu'à ce que son sang soit vengé. Al-Muṣqa' 82 (ici) : dérivé de leur parole ṣaqa'ahu : quand il le frappe sur quelque chose de solide. Al-Aqṭ 83 : une chose faite à partir du petit-lait de brebis. Son pluriel est aqṭān et aqṭ aṭ-ṭa'ām : il l'a préparé avec. Sala'tu as-samn wa-stala'tuhu : quand on le cuit et le traite, et le nom est as-salā' 84. Buyūt al-adam 85 : les tentes faites de cuir. Al-Luqā 86 : la chose jetée, abandonnée, et on dit : oubliée. Son pluriel : alqā'. Al-Mufarraj 87 : fendu par devant ou par derrière. On dit que cette femme est Ḍubā'a bint 'Āmir ibn Ṣa'ṣa'a, puis des Banū Salama ibn Qušayr, et on rapporte que le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, l'a demandée en mariage, mais on lui a mentionné à son sujet un âge avancé, alors il l'a laissée. Et peut-être ce qui l'a empêchée d'être une mère des croyants et une épouse du Messager du Seigneur des mondes, c'est l'honneur qu'Allāh fait à Son Prophète, et Sa connaissance de Sa jalousie, et Allāh est plus jaloux que lui, à cause de sa parole : « Aujourd'hui apparaît une partie ou tout de quelque chose en lui qui a ce qu'il a ». (Voir ar-Rawḍ al-Unuf) Et parmi al-luqā, le récit de Fāḫita Umm Ḥakīm ibn Ḥizām, qui était entrée dans la Ka'ba enceinte de Ḥakīm ibn Ḥizām, et l'accouchement la surprit, elle ne put sortir de la Ka'ba, alors elle y accoucha, elle l'enveloppa dans des morceaux de tissu, elle et son fœtus, et jeta son masbar 88 et ses vêtements qu'elle portait, et on les laissa comme luqā sans les approcher. Et al-masbar, avec fatḥa sur le mīm : l'endroit où l'enfant tombe. Dans A : ... 'alayhi ka'annahu. Ḥarīm 89 : interdit, on ne le prend ni n'en profite. Ce qui est visé par az-zīna 90 dans le verset est le vêtement et l'absence de nudité. Et Sa parole, qu'Il est Exalté : « Mangez et buvez » [2:60] est une allusion à ce que les Ḥums 91 interdisaient de la nourriture du pèlerinage à la nourriture d'un aḥmasī. Ainsi dans A. Et dans les autres manuscrits : « 'an ». Et cela pour qu'il ne manque pas, que la prière d'Allāh sur lui et le salut, la récompense du pèlerinage et de la station à 'Arafa. Et Jubayr a dit lorsqu'il l'a vu debout à 'Arafa avec les gens : « Cet homme est un aḥmasī, pourquoi ne se tient-il pas avec les Ḥums là où ils se tiennent ? » (Voir ar-Rawḍ al-Unuf) Et Qurayš a dit lorsque les tirs d'étoiles se multiplièrent : « L'Heure est arrivée ». Alors 'Utba ibn Rabī'a dit : « Regardez al-'Ayyūq 92 ; s'il a été lancé, alors l'Heure est proche, sinon non ». C'est-à-dire une merveille distincte des autres livres par la beauté de son agencement et la justesse de ses significations. Et al-'ajab 93 : ce qui sort de l'ordinaire, et c'est un infinitif mis à la place de 'ajīb. Al-Jadd 94 : la grandeur. On dit : jadda fulān fī 'aynī : quand il devient grand. Et de là la parole de notre maître 'Umar, qu'Allāh l'agrée : « Quand un homme lisait al-Baqara et Āl 'Imrān, il devenait grand parmi nous » : c'est-à-dire il devenait grand à nos yeux. Ce qui est visé par là est la mécréance. De šaṭṭat ad-dār : quand elle est éloignée. Comme s'ils, en attribuant la compagne et l'enfant à Lui, que Sa gloire est élevée, s'étaient éloignés de la vérité. Ar-Raṣad 95 : l'observateur. C'est-à-dire il trouve un météore qui l'observe. Ou c'est un nom collectif pour les observateurs, au sens : des météores observateurs pour lapider, et ce sont les anges qui les lapident avec les météores et les empêchent d'écouter. Et ainsi était le jet des djinns par les étoiles à l'époque préislamique, mais quand l'Islam est venu, cela s'est intensifié et renforcé. Tastabī 96 : emporte la raison. Et al-hayāma 97 : celle qui a beaucoup de hayam. Et l'origine de hayam : une maladie qui frappe les chameaux, leurs entrailles deviennent très chaudes, et ils ne se désaltèrent pas avec l'eau quand ils boivent. Il veut dire : elles ont remué leurs queues. Et 'Utba a vu ce Sā'ib ibn Yazīd, et il a rapporté d'après Abān ibn 'Uṯmān, 'Urwa, Sulaymān ibn Yasār et az-Zuhrī, et ont rapporté d'après lui autre qu'Ibn Isḥāq : 'Abd al-'Azīz ibn al-Mājišūn et Ibrāhīm ibn Sa'd. Et il était fiable, pieux, musulman, employé pour les aumônes, et les gouverneurs l'utilisaient. Il est mort en l'an 128 de l'hégire. (Voir Tarājim Rijāl) Ainsi dans A. Il veut dire : le plus avisé en opinion, de an-nukr (avec fatḥa sur le nūn), qui est la ruse. Et on transmet avec bā', c'est-à-dire le plus fort à produire une opinion à laquelle on n'a pas précédé, de al-bukūr dans une chose, qui est son début. Et dans les autres manuscrits : « amkarahā ». Ma'ālim an-nujūm 98 : les étoiles célèbres. Et semblable à cela est ce qui arriva aux Banū Lahb lorsqu'ils furent effrayés par le jet d'étoiles, ils se réunirent auprès d'un devin, appelé Ḫaṭar, qui leur expliqua la nouvelle et ce qui s'était passé de l'affaire de la prophétie. (Voir ar-Rawḍ al-Unuf) Il veut dire la spécificité de ce temps. Et ce qui a cessé aujourd'hui et jusqu'au Jour de la Résurrection, c'est que les diables atteignent ce qu'ils atteignaient à l'époque préislamique ignorante, et lorsqu'ils pouvaient écouter les nouvelles du ciel. Et ce qu'on trouve aujourd'hui comme paroles des djinns sur les langues des fous, c'est seulement une information de leur part sur ce qu'ils voient sur terre, que nous ne voyons pas, comme le vol d'un voleur, ou un trésor caché dans un lieu secret, ou quelque chose de semblable. Et s'ils informent de ce qui sera, c'est une conjecture et une supposition ; ils atteignent un peu et se trompent beaucoup, et ce peu qu'ils atteignent fait partie de ce que les anges disent. (Voir ar-Rawḍ al-Unuf) Ainsi dans A, et Tarājim Rijāl, et Tahḏīb at-Tahḏīb, et Taqrīb at-Tahḏīb, et on dit aussi : « Ibn Lubayba » avec fatḥa sur le lām et kasra sur le bā'. Et on dit que Lubayba est sa mère, et Abū Lubayba son père, et son nom est Wardān. Il a rapporté d'après Sa'īd ibn al-Musayyab, 'Abdallāh ibn Abī Sulaymān, al-Qāsim ibn Muḥammad, 'Amr ibn Sa'd ibn Abī Waqqāṣ, 'Abdallāh ibn 'Amr et d'autres. Et d'après lui : le fils de son fils Yaḥyā ibn 'Abd ar-Raḥmān, Yaḥyā ibn Sa'īd al-Anṣārī, Yaḥyā ibn Abī Kaṯīr et d'autres. Et nous n'avons pas trouvé ce 'Amr parmi ses élèves, ni 'Alī parmi ses maîtres dans les références que nous avons. Et dans les autres manuscrits : « ibn Lubayna », ce qui est une corruption. Et dans une transmission : « wa-mā Badr », qui est plus clair que ce qu'Ibn Isḥāq a établi. Inqaḍḍa 99 : tomber. On dit : inqaḍḍa aṭ-ṭā'ir, quand il tombe sur quelque chose. Et on transmet : « anqaḍḍa » : c'est-à-dire il a fait du bruit et parlé d'une voix faible. Tu dis : j'ai entendu le naqīḍ de la porte et le naqīḍ de l'homme, c'est-à-dire sa voix. As-Suhaylī a dit : « Šu'ūb (ici) : je pense qu'il est avec ḍamma sur le šīn, et je ne l'ai pas trouvé déterminé, et il semble qu'il soit le pluriel de ši'b. Et la parole d'Ibn Isḥāq indique cela quand il a dit : « Et il ne sut pas ce qu'elle avait dit jusqu'à ce que furent tués ceux qui furent tués à Badr et à Uḥud dans le ši'b ». Ka'b (ici) : c'est Ka'b ibn Lu'ayy, et ceux qui furent abattus à Badr et Uḥud, les nobles de Qurayš, la plupart d'entre eux sont de Ka'b ibn Lu'ayy. Qayḍan 100 : en échange. Et on dit que al-Ġayṭala 101 : bint Mālik ibn al-Ḥāriṯ ibn 'Amr ibn aṣ-Ṣa'q ibn Šanūq ibn Murra, et Šanūq : le frère de Mudlij. Janb 102 : de Madhḥij. Et ils sont : 'Ayḏ Allāh, Uns Allāh, Zayd Allāh, Aws Allāh, Ju'fī, al-Ḥakam, et Jarwa, fils de Sa'd al-'Ašīra ibn Madhḥij, et Madhḥij : c'est Mālik ibn Adad, et ils furent appelés Janb parce qu'ils se séparèrent de leurs cousins Ṣudā' et Yazīd, fils de Sa'd al-'Ašīra ibn Madhḥij. Yanzū 103 : saute. Ainsi dans A. Et asnada 104 : il a monté et s'est élevé. Et dans les autres manuscrits : « ištadda ». Cet homme est Sawād ibn Qārib, qui était devin à l'époque préislamique puis s'est converti à l'Islam. C'est du chapitre de la suppression de la phrase qui vient après ḫalat et ẓanantu, comme dans leur dicton proverbial : « Qui écoute, imagine », et il n'est pas permis de supprimer l'un des deux compléments en laissant l'autre, car leur statut est celui du sujet et du prédicat ; si on supprime toute la phrase, c'est permis car leur statut est celui du complément, et le complément peut être supprimé, mais il faut un indice qui indique le sens visé. Dans leur parole : « Qui écoute, imagine », il y a une preuve qui indique le complément, c'est « écoute ». Et dans sa parole : « ḫalat fī », il y a aussi une preuve, qui est sa parole « fī ».
Ghofran 105 : mot que les Arabes disent lorsqu'un homme commet une erreur envers un autre. Sa signification est : « Ô Seigneur, pardonne-moi, pardonne ». On raconte que 'Umar plaisanta avec lui et dit : « Qu'as-tu fait de ta divination, ô Sawad ? » Il se fâcha et dit : « Nous étions, toi et moi, dans une situation pire que celle-ci, adorant les idoles et mangeant les bêtes mortes ; nous reproches-tu une chose dont tu t'es repenti ? » Alors 'Umar dit à ce moment : « Ô Seigneur, pardonne ». (Voir ar-Rawḍ al-Anuf). As-Suhaylī a rapporté l'histoire de Sawad avec 'Umar d'après d'autres qu'Ibn Isḥāq, dans un récit excellent et avec des ajouts utiles ; nous nous contentons d'y faire référence, car sa longueur nous empêche de la retranscrire. Shī'ahu 106 : peu après lui. Ablasa 107 : ainsi dans la plupart des sources et chez aṭ-Ṭabarī ; « ablasa » l'homme : lorsqu'il se tait, humilié ou vaincu. Dans A : « wa-islamuhā ». Al-islām : la soumission. Al-iyās 108 : le désespoir. Al-qilāṣ 109 : parmi les chameaux, les jeunes. Al-aḥlās 110 : pluriel de ḥils, qui est une couverture en cuir placée sur le dos du chameau, puis on y met la selle pour le protéger des blessures. « Yā ḥamrā'u dhurīḥiyā » 111 : ainsi dans les sources. C'est probablement une interpellation au veau égorgé, car on dit « aḥmar dhurīḥī », c'est-à-dire très rouge. Cela devient donc une description du veau égorgé à cause du sang. On rapporte aussi : « yā julayḥu », et on dit que Julayḥ est le nom d'un démon. Al-julayḥ (linguistiquement) : ce qui s'envole des têtes des plantes et devient léger, comme le coton et autres ; le singulier est julayḥa. Selon ce sens linguistique, c'est aussi une description du veau, car le veau a été « jalḥ » : c'est-à-dire que la peau en a été retirée. « 'Amr » 112 : ainsi dans les biographies des hommes. Dans les autres sources ici : « 'Amr », c'est une altération. Ajout de A 113. Ajout de A 114. Salamah ibn Salāmah ibn Waqsh 115 : il est Salamah ibn Salāmah ibn Waqsh ibn Zughbah ibn Za'warā' ibn 'Abd al-Ashhal al-Anṣārī ; sa mère est Salmā bint Salamah ibn Khālid ibn 'Adī, une Anṣāriyya Ḥārithiyya ; son surnom est Abū 'Awf. Il assista à la première et à la seconde 'Aqaba, selon tous, puis à Badr et à tous les combats. 'Umar, que Dieu l'agrée, le nomma gouverneur du Yamāma ; il mourut en l'an 45 à Médine, à l'âge de soixante-dix ans (voir al-Istī'āb). Waqsh 116 : avec la fatḥa, et on dit aussi avec le taḥrīk (voir Sharḥ al-Qāmūs, racine WQS). Usayd ibn Sa'yah 117 : As-Suhaylī dit dans ar-Rawḍ, en parlant de la vocalisation de ce Usayd : « Quant à Usayd ibn Sa'yah, Ibrāhīm ibn Sa'd ibn Ibrāhīm ibn 'Abd ar-Raḥmān ibn 'Awf al-Madanī, d'après Ibn Isḥāq – et il est l'un des transmetteurs des Maghāzī – dit : Usayd ibn Sa'yah, avec ḍamma sur l'alif. Yūnus ibn Bukayr, d'après Ibn Isḥāq – et c'est l'avis d'al-Wāqidī et d'autres – dit : Usayd, avec fatḥa. Ad-Dāraquṭnī dit : c'est cela le correct, et ce qu'a dit Ibrāhīm d'après Ibn Isḥāq n'est pas valable. » Sa'yah est leur père, et on l'appelle aussi Ibn al-'Urayḍ. « Ils sont un groupe des Banū Hidal 118 : expression d'aṭ-Ṭabarī et d'al-Istī'āb en parlant d'Asad ibn 'Ubayd al-Quraẓī, et d'Usayd et Tha'laba, fils de Sa'yah : « Ce sont des gens des Banū Hidal, ils ne sont pas des Banū Qurayẓa ni des Banū an-Naḍīr ; leur lignée est au-dessus de cela, ils sont les cousins du peuple. » « Ou Asad ibn Sa'yah » 119 : dans ar-Rawḍ : « ou Asad ibn Sa'yah ». C'est à propos de ceux-ci que Dieu, Puissant et Majestueux, a révélé : « Parmi les gens du Livre, il y a une communauté droite [3:113] » ... le verset. Haybān 120 : c'est l'un des noms donnés par les qualificatifs. On dit : « qaṭun haybān », c'est-à-dire ébouriffé, léger. Dhū ar-Rumma a dit : « Tamujju l-lughāma l-haybāna ka-annahu / janā 'usharin tanfīhi ashdāquhā l-hudulu » (voir al-Lisān et ar-Rawḍ). Atawkafu 121 : j'attends. Uẓillu 122 : je surplombe et m'approche. Il veut dire lorsqu'il a attaqué les Banū Qurayẓa après son retour de la bataille du Fossé 123. Iṣbahān 124 : avec fatḥa sur le hamza (le plus fréquent, et on dit aussi avec kasra) : grande ville célèbre, l'une des plus importantes et des plus renommées ; ils exagèrent dans la description de sa grandeur jusqu'à dépasser les limites de la modération vers l'excès. Iṣbahān est le nom de toute la région ; sa ville était d'abord Jayy, puis elle devint al-Yahūdiyya. On a donné de nombreuses explications sur la raison du nom d'Iṣbahān (voir Mu'jam al-Buldān de Yāqūt). Jayy 125 : ainsi dans A et Mu'jam al-Buldān. Jayy (avec fatḥa puis tashdīd) : ancienne ville de la région d'Iṣbahān. Elle est aujourd'hui en ruines, isolée, et est appelée en persan Shahr-i-stān. Chez les traditionnistes, elle est appelée al-Madīna. Ad-dihqān 126 : le chef du village, connaisseur en agriculture et en ce qui est bon pour la terre ; on a recours à lui pour la connaissance de cela. Qāṭin an-nār 127 : son serviteur qui la sert et l'empêche de s'éteindre, en raison de leur vénération pour elle. Al-usquf 128 : avec tashdīd et aussi avec takhfīf : le savant des chrétiens qui dirige pour eux les affaires de leur religion. « Fīhim » 129 : ainsi dans A. Dans les autres sources : « fīhim », c'est une altération. Ajout de A 130. « Qablahu mithlahu » 131 : ainsi dans A. Dans les autres sources : « ... qablahu mithlahu ». Naṣībīn 132 : avec fatḥa puis kasra puis bā' et le signe du pluriel sain : ville de la région de la Jazīra, sur la route des caravanes de Mossoul vers la Syrie. On y comptait, ainsi que dans ses villages – selon ce qu'en disent ses habitants – quarante mille jardins. Entre elle et Mossoul, il y a six jours de marche. Les Byzantins avaient construit un mur autour d'elle, et Anūshirwān le roi l'acheva lorsqu'il la conquit. 'Ammūriyya 133 : avec fatḥa sur la première lettre et tashdīd sur la seconde : ville en pays byzantin ; al-Mu'taṣim l'attaqua. Elle fut nommée d'après 'Ammūriyya, fille d'ar-Rūm ibn al-Yafiz ibn Sām ibn Nūḥ (voir Mu'jam al-Buldān). Al-ḥarra 134 : toute terre aux pierres noires brûlées, résultant d'une combustion volcanique. « 'Araftuhā » 135 : ainsi dans A. Dans les autres sources : « 'araftuhā ». Al-'idhq 136 : avec fatḥa : le palmier. Al-'idhq (avec kasra) : la grappe de dattes. Qubā' 137 : avec ḍamma, à l'origine nom d'un puits ; le village fut connu par lui. Ce sont les habitations des Banū 'Amr ibn 'Awf des Anṣār. Le village de Qubā' se trouve à deux miles de Médine, sur la gauche de celui qui se dirige vers La Mecque (voir Mu'jam al-Buldān). Al-bahālīl 138 : pluriel de buhlūl, qui est le seigneur. Al-masāmīḥ 139 : les généreux nobles. Yarāḥūna : ils s'agitent. An-naḥb : le vœu, ce que l'homme s'impose. Ajout de A 140. Voir la note (n° 4 p. 218 de cette partie) 141. Baqī' al-Gharqad 142 : cimetière des habitants de Médine, situé à l'intérieur de la ville. Kulthūm ibn al-Hadm 143 : il est Kulthūm ibn al-Hadm ; il fut le premier musulman à mourir après l'arrivée du Prophète, que Dieu le bénisse et le salue, à Médine ; il ne resta que peu de temps avant de mourir (voir aṭ-Ṭabarī, ar-Rawḍ, et Sharḥ as-Sīra). Ajout de A 144. Ash-shamla 145 : le manteau épais dont l'homme se couvre, c'est-à-dire s'en enveloppe. « Ustadīru bihī » 146 : et on rapporte : « astadīru bihī ». « Bi-t-tafqīr » 147 : ainsi dans les sources. C'est-à-dire par le creusement et par la plantation ; on dit : « faqartu al-arḍa » : si je l'ai creusée ; de là, le puits est appelé faqīr. Dans une autre version : « bi-t-tafqīr », infinitif de « faqqara ». Cette version est peut-être plus appropriée. Al-wadiyya 148 : singulier d'al-wadī, qui sont les jeunes palmiers. Fuqur 149 : creuse. On dit que Salmān planta de sa main un seul jeune palmier, et que le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, planta le reste ; tous vécurent, sauf celui que Salmān planta (voir ar-Rawḍ al-Anuf). Al-ma'ādin 150 : pluriel de ma'dan (comme majlis) : ce d'où l'on extrait les joyaux, comme l'or, l'argent, le fer, etc. Al-ghayḍa 151 : la forêt touffue. As-Suhaylī dit en parlant de ce hadith 152 : « La chaîne de transmission de ce hadith est interrompue. Il contient un homme inconnu, et on dit que cet homme est al-Ḥasan ibn 'Umāra, qui est faible selon l'avis unanime. Si le hadith est authentique, il n'y a rien à redire sur son texte. » Puis as-Suhaylī entreprit de le soutenir en supposant son authenticité, citant aṭ-Ṭabarī dans un long discours ; nous nous contentons ici d'y faire référence. « Amr an-nafar al-arba'a al-mutafarriqīn fī 'ibādat al-awthān fī ṭalab al-adyān » 153 : ainsi dans la plupart des sources. Dans A : « amr an-nafar al-arba'a al-mutafarriqīn fī 'ibādat al-awthān fī ṭalab al-adyān ». « Yadūrūna » 154 : dans A : « yadūrūna ». Les deux ont le même sens. An-najī 155 : le groupe qui parle en secret à l'insu des autres ; il s'emploie pour deux ou pour un groupe avec un seul mot. « Dāwadān » 156 : ainsi dans A, al-Qāmūs et son commentaire. Dans les autres sources : « Dāwadān », c'est une altération. Umm Zayd 157 : al-Ḥaydā' bint Khālid al-Fahmiyya ; elle est la femme de son grand-père Nufayl ; elle lui donna al-Khaṭṭāb ; il est donc le frère d'al-Khaṭṭāb par sa mère et le fils de sa sœur ; cela était permis à l'époque préislamique (voir ar-Rawḍ). Ce qui est connu dans la généalogie de 'Umar ibn al-Khaṭṭāb 158 – et il est le cousin de Zayd ibn 'Amr – c'est : 'Umar ibn al-Khaṭṭāb ibn Nufayl ibn Riyāḥ ibn 'Abd Allāh ibn Qurṭ ibn Rizāḥ, avec Riyāḥ avant 'Abd Allāh (voir ar-Rawḍ al-Anuf). Rizāḥ 159 : avec fatḥa sur le rā'. On dit aussi avec kasra, et on dit que celui avec kasra est Rizāḥ ibn Rabī'a, frère de Quṣayy par sa mère (voir ar-Rawḍ al-Anuf). Ajout de A 160. « Li-n-nabī » 161 : ainsi dans A. Dans les autres sources : « li-n-nabī ». Ce qui est connu, c'est que « amlaka » se construit avec deux compléments d'objet.
Ce hadith rapporte que César avait couronné ‘Uthmān et l’avait nommé gouverneur de La Mecque. Lorsqu’il leur apporta cette nouvelle, ils refusèrent de se soumettre à un roi, et al-Aswad ibn Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzā s’écria : « La Mecque est une tribu libre qui ne se soumet à aucun roi. » Son souhait ne se réalisa donc pas. D’autres versions existent. Cet ‘Uthmān était surnommé al-Bitrīq 162 et n’eut pas de descendance. Il mourut en Syrie, empoisonné par ‘Amr ibn Jafna al-Ghassānī, le roi. (Voir al-Rawḍ al-Unuf). Al-Suhaylī dit, après avoir commenté le fait que Zayd refusa de manger ce qui avait été immolé sur les pierres dressées 163 : « Cela soulève une question : comment se fait-il que Dieu ait guidé Zayd à refuser de manger ce qui avait été immolé sur les pierres dressées et sur quoi le nom de Dieu n’avait pas été prononcé, alors que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) était plus digne de cette vertu à l’époque préislamique ? La réponse est double : premièrement, le hadith ne dit pas que lorsque le Prophète le rencontra à Buldaḥ 164 (avant la révélation), on présenta au Prophète un repas, et Zayd refusa d’en manger en disant : « Je ne mange pas de ce qui est immolé sur les pierres dressées, je ne mange que de ce sur quoi le nom de Dieu a été prononcé. » On présenta le repas au Prophète, qui en mangea. Le hadith dit seulement que Zayd dit, lorsque le repas fut présenté : « Je ne mange pas de ce sur quoi le nom de Dieu n’a pas été prononcé. » Deuxièmement, Zayd agit ainsi par sa propre opinion, non en vertu d’une loi antérieure. La loi d’Abraham n’interdisait que la chair morte, non ce qui était immolé pour autre que Dieu ; cette interdiction ne fut révélée qu’en islam. Certains juristes disent que les choses, avant la révélation de la Loi, sont permises. Si nous adoptons cette position et disons que le Messager de Dieu mangeait de ce qui était immolé sur les pierres dressées, alors il faisait une chose permise ; s’il n’en mangeait pas, il n’y a pas de problème. Si nous disons aussi que ces choses ne sont ni permises ni interdites – ce qui est correct – alors les animaux immolés en particulier ont un fondement de licéité dans la Loi antérieure, comme le mouton et le chameau, que Dieu a rendus licites dans la religion de ceux qui nous ont précédés. Cette licéité antérieure n’a pas été annulée par les innovations des païens jusqu’à l’avènement de l’islam, où Dieu a révélé : « Ne mangez pas de ce sur quoi le nom de Dieu n’a pas été prononcé » (Coran 6:121). Ne vois-tu pas comment les sacrifices des Gens du Livre 165 restent pour nous licites en vertu de la Loi antérieure, sans que cette licéité soit annulée par leur mécréance et leur adoration des croix ? De même, ce que les idolâtres immolaient était licite en vertu de la Loi antérieure, jusqu’à ce que le Coran le déclare spécifiquement interdit. On rapporte que Zayd disait à un homme qui voulait tuer sa fille : « Ne la tue pas, je me charge de son entretien. » Il la prenait, puis quand elle grandissait, il disait à son père : « Si tu veux, je te la rends ; si tu veux, je continue à m’en occuper. » Ṣa‘ṣa‘a ibn Mu‘āwiya, l’aïeul d’al-Farazdaq, faisait de même. Lorsqu’il embrassa l’islam, il demanda au Messager de Dieu : « Y aura-t-il pour moi une récompense pour cela ? » Il répondit : « Tu auras sa récompense, puisque Dieu t’a accordé la grâce de l’islam. » Al-Farazdaq dit, en se vantant de Mu‘āwiya : « Parmi nous est celui qui a empêché l’enterrement des filles vivantes et a fait vivre celles qu’on voulait enterrer. » Al-‘Uzzā 166 était un groupe de palmiers. ‘Amr ibn Luḥayy leur avait dit, selon ce qu’on rapporte, que le Seigneur hiverne à Ṭā’if près d’al-Lāt 167 et été à al-‘Uzzā. Ils la vénérèrent donc et lui bâtirent une maison, lui faisant des offrandes comme à la Ka‘ba. C’est elle que le Messager de Dieu envoya Khālid ibn al-Walīd détruire. Le gardien du temple lui dit : « Ô Khālid, prends garde à elle, car elle est redoutable ! » Khālid la détruisit, n’en laissant que la souche et les fondations. Son gardien dit : « Par Dieu, elle reviendra et se vengera de celui qui a fait cela ! » Puis le Messager de Dieu ordonna à Khālid d’en extirper les restes, ce qu’il fit. Dans les sources : il veut dire la tribu de son père. Dans le Livre des Idoles d’Ibn al-Kalbī et Bulūgh al-Arab : « Banū Ghannam ». Dans le Livre des Idoles d’Ibn al-Kalbī, Hubal 168 est une idole qu’ils avaient. On en a déjà parlé. Dans toutes les sources : « et non un mouton ». Nous n’avons pas trouvé parmi les idoles des Arabes une idole portant ce nom. La variante de ce vers dans al-Aghānī : « Ne sais-tu pas que Dieu a anéanti des hommes dont l’affaire était la débauche ? » Dans les sources et Bulūgh al-Arab : « yarbul » (grandir). Dans al-Aghānī : « fayarbū ». Dans la plupart des sources, al-Aghānī et Bulūgh al-Arab : « yaftur » (s’apaiser). Dans une source : « yaftir ». Thāba : revint. Yatarawwaḥ : s’agite, verdit, et fait repousser ses feuilles après leur chute. Dans une source : « al-raṣīn » (ferme, solide). Dans les autres sources : « et une parole : nous sommes satisfaits ». Lā yanī : ne faiblit pas, ne s’affaiblit pas. Al-radā : la perdition, la mort. Il ne s’agit pas de le menacer de la mort, mais de ce que la mort apporte, révèle et dévoile comme rétribution des actes. Ḥanānayka : c’est-à-dire miséricorde après miséricorde, comme s’ils entendaient par là la répétition, non la limitation à deux. Il est possible que le sens soit : miséricorde en ce monde et miséricorde dans l’au-delà. Lorsque cette expression est adressée à une créature, comme dans le vers de Ṭarafa : « Ḥanānayka, un peu de mal est plus facile à supporter qu’un autre », on entend par là miséricorde de repousser le mal et miséricorde d’apporter le bien, car quiconque espère d’un roi ne l’espère que pour repousser un tort ou attirer un bien. Sa parole : « inna al-ḥinn ». Al-Qāmūs dit : « al-ḥinn (avec kasra) : une tribu de djinns, dont les chiens noirs, ou les djinns inférieurs et faibles, ou leurs chiens, ou des créatures entre les djinns et les humains. » Adīnu ilāhan : c’est-à-dire j’adore une divinité, avec ellipse de la préposition, car le verbe a le sens d’adorer. Il veut dire : Ô Dieu. Ajout d’après al-Aghānī. Yā adhhab : avec ellipse de l’apostrophe. Comme s’il disait : « Ô toi, va ! » comme dans la lecture : « alā yā usjudū » (Ô gens, prosternez-vous), et comme dit Ghaylān Dhū al-Rumma : « alā yā aslamī yā dār Mayya ‘alā al-balā ». Il est correct de faire de Hārūn un complément d’objet direct avec le verbe « va », mais c’est laid sans le renforcer par un pronom séparé. Il est préférable de mettre Hārūn à l’accusatif comme complément d’accompagnement. Il veut dire la terre, et il y a fait allusion parce qu’elle est connue. Il veut dire le ciel. Arfaq : verbe d’étonnement. La bā’ dans « bika » est alors redondante, et le sujet est à l’accusatif. Le sens est : j’ai été bon. Rābiyan : apparaissant à la surface de la terre. On rapporte aussi : « et moi, si… » etc. Ajout d’après une source. Il veut dire : je fais plus que cette invocation qui est : « Par Ton nom, notre Seigneur, pardonne-moi », et « illā » est redondant. « Wa law sabbaḥtu » est une incise entre le nom de « inna » et son prédicat. « Al-tasbīḥ » ici signifie la prière : c’est-à-dire, je ne compte, même si je prie, que sur Ton appel et Ton pardon pour mes péchés. Al-sayb : le don. Dans les sources : « ‘ibād ». La correction vient du Sharḥ al-Sīra, al-Rawḍ et al-Istī‘āb. Ajout d’après une source. C’est que la mère de Zayd, Jaydā’ bint Khālid ibn Jābir ibn Abī Ḥabīb ibn Fahm, était mariée à Nufayl ibn ‘Abd al-‘Uzzā, à qui elle donna al-Khaṭṭāb, père de ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb. Puis Nufayl mourut, et son fils ‘Amr l’épousa, et elle lui donna Zayd. C’était un mariage pratiqué par les gens de la Jāhiliyya. (Voir al-Aghānī, vol. 3, p. 133, édition Dār al-Kutub). Al-da’b : l’habitude. Sa hamza est adoucie pour la rime. Al-mushayyi‘ : audacieux, courageux. Al-dhalal : docile, dompté. Al-du‘mūṣ : un petit animal qui plonge dans l’eau à plusieurs reprises ; on compare à lui l’homme qui s’immisce souvent dans les affaires. Il veut dire : il ne ferme pas les portes des rois, et il entre souvent chez eux. Jā’ib : qui coupe. Al-kharq : le désert vaste. Al-aqrān : pluriel de qarn, la corde. Yūhā : se déchire. Ihāb : peau. Le vers a une césure. C’est-à-dire, l’âne dit cela en frappant ses flancs, c’est-à-dire les bâts qu’on met sur lui. Il les attribue à l’âne parce qu’ils sont sa charge. Lā yuwātinī : ne me convient pas. Le vers a une césure. Ajout d’après une source. Dans la marge d’al-Rawḍ al-Unuf : « et certains rapportent ». Al-‘ānī : le captif. Tajaššamanī : me charge. Al-khāl : l’orgueil et la morgue. Al-muhajjir : celui qui voyage à la chaleur de midi, c’est-à-dire la sieste. On dit « qāla » quand on dort pendant la sieste : c’est-à-dire, il n’est pas de ceux qui préfèrent le repos pendant la sieste et le sommeil. Daḥāhā : l’a étendue. Arṣā : l’a fixée et alourdie par elle.
المزن 169: السحاب، وقيل الأبيض منها. السجال 170: جمع سجل، وهي الدلو المملوءة ماء، فاستعارها لكثرة المطر. حراء 171: جبل بينه وبين مكة نحو ثلاثة أميال، على اليسار الذاهب إلى منى. محرم 172: ساكن بالحرم. والحلة: أهل الحل، يقال للواحد والجمع: حلة. الميفعة 173: الأرض المرتفعة. البلقاء 174: كورة من أعمال دمشق بين الشام ووادي القرى قصبتها عمان وفيها قرى كثيرة ومزارع واسعة. شام 175: استخبر، استعاره من الشم. أنعمت 176: أي بالغت في الرشد. الطواغي 177: جمع طاغية، وهو (هنا): ما عبد من دون الله. نصب «سبعين» على الحال، لأنه قد يكون صفة للنكرة، كما قال: فلو كنت في جب ثمانين قامة وما يكون صفة للنكرة يكون حالا من المعرفة وهو هنا حال من «البعد»، كأنه قال: ولو بعدت تحت الأرض سبعين، كما تقول: بعد طويلا، أي بعدا طويلا، وإذا حذفت المصدر وأقمت الصفة مقامه لم تكن إلا حالا. يعزونني 178: يغلبونني، يقال: عز الرجل الرجل: إذا غلبه. وكذلك جاء في الحكمة: يا بن آدم، علم مجانا، كما علمت مجانا: أي بلا ثمن. زيادة عن أ. كذا في أكثر الأصول. والقدس: التطهير. وفي أ: «القسط». والقسط: العدل. كذا في أ. وفي سائر الأصول: «قال حدثنا أبو محمد عبد الملك بن هشام، قال حدثنا زياد ابن عبد الله البكائي عن محمد بن إسحاق المطلبي قال ... إلخ». ويقال إن بعثه صلى الله عليه وسلم كان يوم الاثنين، ويستدلون على ذلك بقوله صلى الله عليه وسلم لبلال: لا يفتك صيام يوم الاثنين، فإني قد ولدت فيه، وبعثت فيه، وأموت فيه. وقيل غير ذلك. واعية 179: حافظا، والتاء فيه للمبالغة. تحسر عنه البيوت: تبعد عنه ويتخلى عنها. الشعاب 180: المواضع الخفية بين الجبال. قال السهيلي: «وهذا التسليم الأظهر فيه أن يكون حقيقة، وأن يكون الله أنطقه إنطاقا كما خلق الحنين في الجذع، ولكن ليس من شرط الكلام الذي هو صوت وحرف، الحياة والعلم والإرادة، لأنه صوت كسائر الأصوات، والصوت عرض في قول الأكثرين، ولم يخالف فيه إلا النظام، فإنه زعم أنه جسم، وجعله الأشعري اصطكاكا في الجواهر بعضها لبعض. وقال أبو بكر: ليس الصوت نفس الاصطكاك، ولكنه معنى زائد عليه..» إلى أن قال: ولو قدرت الكلام صفة قائمة بنفس الحجر والشجر والصوت عبارة عنه، لم يكن بد من اشتراط الحياة والعلم مع الكلام، والله أعلم أي ذلك كان: أكان كلاما مقرونا بحياة وعلم، فيكون الحجر به مؤمنا، أو كان صوتا مجردا غير مقترن بحياة، وفي. هو وهب بن كيسان القرشي مولى آل الزبير أبو نعيم المدني المعلم المكي. روى عن أسماء بنت أبي بكر وابن عباس وابن عمر وابن الزبير وغيرهم. وعنه هشام بن عروة وأيوب وعبد الله بن عمر وغيرهم. توفي سنة سبع وعشرين ومائة، وقيل سنة تسع. يجاور 181: يعتكف. وفي الرد على ابن هشام. قال أبو ذر: « ... والجيد فيه أن يكون فيه التحنث هو الخروج من الحنث: أي الإثم، كما يكون التأثم، الخروج عن الإثم، لأن تفعل قد تستعمل في الخروج من الشيء، وفي الانسلاخ عنه، ولا يحتاج فيه إلى الإبدال الذي ذكره ابن هشام». في هذا الشعر شاهد ورد على ابن جني حيث زعم أن «جدف» بالفاء لا يجمع على أجداف. النمط 182: وعاء كالسفط. قال بعض المفسرين: في قوله تعالى: الم ذلك الكتاب لا ريب فيه ٢: ١- ٢ إنها إشارة إلى الكتاب الذي جاء به جبريل حين قال له: اقرأ. كذا في الأصول والطبري وفي شرح المواهب: «ما أنا بقارئ». يريد أن حكمي كسائر الناس من أن حصول القراءة إنما هو بالتعلم، وعدمها بعدمه. كذا في الأصول والطبري. والغت: حبس النفس. وفي المواهب: «فغطني». وهي بمعنى غت. لعل الحكمة في تكرار: «اقرأ ١٧: ١٤» الإشارة إلى انحصار الإيمان الذي ينشأ عنه الوحي بسببه في ثلاث: القول، والعمل، والنية، وأن الوحي يشتمل على ثلاث: التوحيد. والأحكام. والقصص. قال السهيلي: «قال في الحديث: فأتاني وأنا نائم، وقال في آخره: فهببت من نومي، فكأنما كتبت في قلبي كتابا. وليس ذكر النوم في حديث عائشة ولا غيرها، بل في حديث عروة ما يدل ظاهره على أن نزول جبريل حين نزل بسورة «اقرأ» كان في اليقظة، لأنها قالت في أول الحديث: أول ما بدئ به رسول الله صلى الله عليه وسلم الرؤيا الصادقة، كان لا يرى رؤيا إلا جاءت مثل فلق الصبح، ثم حبب إليه الخلاء ... إلى قولها: حتى جاءه الحق، وهو بغار حراء، فجاءه جبريل. فذكرت في هذا الحديث أن الرؤيا كانت قبل نزول جبريل على النبي عليه الصلاة والسلام بالقرآن، وقد يمكن الجمع بين الحديثين بأن النبي صلى الله عليه وسلم جاءه جبريل في المنام قبل أن يأتيه في اليقظة، توطئة وتيسيرا عليه، ورفقا به، لأن أمر النبوة عظيم، وعبئها ثقيل، والبشر ضعيف». مضيفا 183: ملتصقا، يقال: أضفت إلى الرجل، إذا ملت نحوه ولصقت به، ومنه سمي الضيف ضيفا. قدوس قدوس 184: أي طاهر طاهر، وأصله من التقديس، وهو التطهير. الناموس 185: صاحب سر الرجل في خيره وشره، فعبر عن الملك الذي جاءه بالوحي به. الهاء في هذه الأفعال للسكت. اليافوخ 186: وسط الرأس. هو إسماعيل بن أبي حكيم القرشي. روى عن سعيد بن المسيب والقاسم بن محمد وعبيدة بن شعبان الحضرمي وغيرهم، وعنه مالك وابن إسحاق وإسماعيل بن جعفر وأبو الأسود وغيرهم. وكان عاملا لعمر بن عبد العزيز. وتوفي سنة ١٣٠. هو عبد الله بن حسن بن حسن بن علي بن أبي طالب، وأمه فاطمة بنت الحسين أخت سكينة، واسمها آمنة، وسكينة لقب لها، التي كانت ذات دعابة ومزح. وفي سكينة وأمها الرباب يقول الحسين ابن علي: كأن الليل موصول بليل ... إذا زارت سكينة والرباب (أي زارت قومها، وهم بنو عليم بن جناب بن كلب) وعبد الله بن حسن هو والد الطالبيين القائمين على بني العباس، وهم: محمد ويحيى وإدريس. مات إدريس في إفريقية فارا من الرشيد. هذا حديث مرسل، وقد رواه مسلم متصلا عن هشام بن عروة، عن أبيه، عن عائشة، «قالت: ما غرت على أحد، ما غرت على خديجة، ولقد هلكت قبل أن يتزوجني رسول الله صلى الله عليه وسلم بثلاث سنين، ولقد أمر أن يبشرها ببيت من قصب في الجنة». زيادة عن أ. الموهن 187: ساعة من الليل. والبهيم: الشديد السواد ليس فيه ضياء. زيادة عن أ. الضريك 188: الفقير والضعيف المضطر. والمستنبح: الذي يضل عن الطريق في ظلمة الليل، فينبح نباح الكلاب لتسمعه الكلاب فتجاوره، فيعلم موضع البيوت فيقصدها. والدريس: الثوب الخلق، وثناه لأنه أراد به الإزار والرداء، وهو أقل ما يكون للرجل من اللباس.
Il fait l'éloge de Sa'īd ibn al-ʿĀṣ ibn Umayya par ces vers. Il était alors gouverneur de Médine de la part de Muʿāwiya, que Dieu lui fasse miséricorde. Muʿāwiya le nommait une année, et Marwān l'autre année. Al-Farazdaq récita cette qaṣīda à Sa'īd ibn al-ʿĀṣ en présence de Marwān. Elle contient : « Debout, ils regardent Sa'īd, comme s'ils voyaient en lui la lune nouvelle. » Marwān lui dit : « Plutôt assis, ils regardent. » Il répondit : « Je ne dis que debout, et toi, ô Abū ʿAbd al-Malik, tu es ṣāfin 189 parmi eux. » (Voir al-Rawḍ, Sharḥ al-Sīra d'Abū Dharr al-Khushanī, et al-Aghānī.) 189 Les glorieux 190. Leur origine est les blancs, c'est le pluriel de agharr. Les jahājiḥ 191 : les seigneurs, leur singulier est jiḥjāḥ. Il aurait fallu dire al-jahājīḥ (avec yā'), mais il l'a supprimée pour préserver le mètre poétique. Les ḥadathān 192 : les accidents du temps. 190 Ainsi dans A. Dans les autres sources : « Le début de ce que Dieu, gloire à Lui, le Très-Haut, a imposé au Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, comme prière et ses moments. » 191 Al-Suhaylī a dit : « Al-Muzanī a mentionné que la prière avant le Voyage nocturne était une prière avant le coucher du soleil et une prière avant son lever. Cette parole est attestée par la parole de Dieu, gloire à Lui : "Et glorifie ton Seigneur par les louanges, le soir et au matin" (40:55). Yaḥyā ibn Sallām a dit la même chose, et il a dit : Le Voyage nocturne et l'imposition des cinq prières eurent lieu un an avant l'Hégire. Selon cela, la parole de ʿĀʾisha : "On ajouta à la prière du résident" peut être interprétée comme : on y ajouta lorsqu'elle fut complétée à cinq, de sorte que l'augmentation porta sur les rakʿa et le nombre des prières. Sa parole : "La prière fut imposée à deux rakʿa" signifierait : avant le Voyage nocturne. Un groupe des prédécesseurs a soutenu cela, dont Ibn ʿAbbās. Il est aussi possible que le sens de sa parole : "La prière fut imposée" soit : la nuit du Voyage nocturne, lorsque les cinq furent imposées, elles le furent à deux rakʿa chacune, puis on ajouta à la prière du résident après cela. C'est ce qui est rapporté de certains transmetteurs de ce ḥadīth. » 192 Al-Suhaylī a dit : « Ce ḥadīth est interrompu dans la Sīra, et un tel ḥadīth ne peut servir de base pour les jugements juridiques. Cependant, il a été rapporté avec une chaîne continue remontant à Zayd ibn Ḥāritha, le remontant au Prophète. Mais ce ḥadīth continu repose sur ʿAbd Allāh ibn Lahīʿa, qui a été jugé faible et dont ni Muslim ni al-Bukhārī n'ont rapporté, car on dit que ses livres ont brûlé et qu'il rapportait de mémoire. Mālik ibn Anas avait une bonne opinion de lui. On dit que c'est lui qui a rapporté le ḥadīth de la vente à terme dans al-Muwaṭṭaʾ : Mālik, d'après une personne digne de confiance auprès de lui, d'après ʿAmr ibn Shuʿayb. On dit que cette personne digne de confiance est Ibn Lahīʿa. On dit aussi qu'Ibn Wahb l'a rapporté d'après Ibn Lahīʿa. Ce ḥadīth d'Ibn Lahīʿa nous a été rapporté par Abū Bakr al-Ḥāfiẓ Muḥammad ibn al-ʿArabī, qui a dit : nous a rapporté Abū al-Muṭahhar Saʿd ibn ʿAbd Allāh ibn Abī al-Rajāʾ, d'après Abū Nuʿaym al-Ḥāfiẓ, qui a dit : nous a rapporté Abū Bakr Aḥmad ibn Yūsuf al-ʿAṭṭār, qui a dit : nous a rapporté Ibn... » 189 Al-Suhaylī a dit : « Ce ḥadīth n'aurait pas dû être mentionné à cet endroit, car les auteurs des recueils authentiques s'accordent à dire que cette histoire eut lieu le lendemain de la nuit du Voyage nocturne, et cela cinq ans après qu'il eut reçu la prophétie. On a dit que le Voyage nocturne eut lieu un an et demi avant l'Hégire, ou un an. Ibn Isḥāq l'a mentionné au début de la révélation et des premiers états de la prière. » 190 Ainsi dans A et Tahdhīb al-Tahdhīb. Il s'agit de Mujāhid ibn Jabr al-Makkī, Abū al-Ḥajjāj al-Makhzūmī, le lecteur, client d'al-Sāʾib ibn Abī al-Sāʾib. Il a rapporté d'après ʿAlī, Saʿd ibn Abī Waqqāṣ, les quatre ʿAbd Allāh et d'autres. D'après lui, Ayyūb al-Sakhtiyānī, ʿAṭāʾ, ʿIkrima et d'autres ont rapporté. Il naquit en l'an 21 sous le califat de ʿUmar et mourut en l'an 104. Dans les autres sources : « ... Jabr ibn Abī al-Ḥajjāj ». Le mot « ibn » est interpolé. 191 Al-azma : la dureté, il désigne l'année de sécheresse et de famine. 192 Ainsi dans A. Dans les autres sources : « fa-nakfuhumā ». 5 Parmi les descendants d'Abū Ṭālib, il y avait d'autres que ceux-ci : Jaʿfar. ʿAlī était plus jeune que Jaʿfar de dix ans, Jaʿfar plus jeune que ʿUqayl de dix ans, ʿUqayl plus jeune que Ṭālib de dix ans. Tous embrassèrent l'islam sauf Ṭālib. 189 Lā yukhlaṣu ilayka : on ne parvient pas jusqu'à toi. 190 Ainsi dans A. Dans les autres sources : « Allāh ». 191 Cela parce que la mère de Zayd, Saʿdā bint Thaʿlaba, des Banū Maʿn de Ṭayyiʾ, était sortie avec Zayd pour le faire visiter sa famille, mais la cavalerie des Banū al-Qayn ibn Jasr l'avait capturé et vendu au marché de Ḥubāsha, l'un des marchés arabes. Zayd avait alors huit ans. 192 Ghāla : il a tué. 5 Bujl : au sens de « suffit ». 6 Al-ufūl : le coucher du soleil. L'ufūl est attribué au coucher par extension et métaphore. 7 Al-arwāḥ : pluriel de rīḥ, formé sur la racine originale, car la racine est wāw. Al-wajal : la peur. 8 Al-naṣṣ : la marche la plus rapide. 9 Al-Suhaylī a ajouté après ce vers : « Je recommanderai à Qays et à ʿAmr, tous deux, et je recommanderai à Yazīd, puis je recommanderai à Jabal » (il entend par Yazīd : Kaʿb, qui est le cousin de Zayd et son frère ; et par Jabal : Jabala ibn Ḥāritha, le frère de Zayd, qui était plus âgé que lui). 10 On dit que lorsque la parole de son père parvint à Zayd, il dit : « Je languis après ma famille, bien que je sois éloigné, car je suis un habitué de la Maison auprès des lieux de pèlerinage. » 189 On dit qu'il fut nommé ʿAtīq parce que sa mère n'avait pas d'enfant qui survive ; elle fit le vœu que si elle avait un enfant, elle le nommerait ʿAbd al-Kaʿba et le donnerait en aumône à la Kaʿba. Lorsqu'il vécut et grandit, il fut nommé ʿAtīq, comme s'il avait été libéré de la mort. Il était aussi appelé ʿAbd al-Kaʿba jusqu'à ce qu'il embrasse l'islam ; alors le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, le nomma ʿAbd Allāh. On dit aussi qu'il fut nommé ʿAtīq parce que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lui dit lorsqu'il embrassa l'islam : « Tu es libéré du Feu. » On dit encore que son père avait trois enfants : Muʿtiq, Muʿaytiq et ʿAtīq, ce dernier étant Abū Bakr. 189 La mère d'Abū Bakr : Umm al-Khayr bint Ṣakhr ibn ʿAmr, cousine paternelle d'Abū Quḥāfa ; son nom est Salmā, et elle était parmi celles qui prêtèrent serment. La mère de son père ʿUthmān, Abū Quḥāfa : Qayla bint Udāta ibn Riyāḥ ibn ʿAbd Allāh ibn Qirṭ. L'épouse d'Abū Bakr, mère de son fils ʿAbd Allāh : Qayla bint ʿAbd al-ʿUzzā (nous nous sommes appuyés sur les principales références pour la biographie de chacun de ceux qui seront mentionnés ici parmi ceux qui ont embrassé l'islam, comme al-Istīʿāb, al-Iṣāba, Usd al-ghāba, et al-Tahdhīb. Nous nous contentons ici de renvoyer à ces références, pour éviter de répéter la référence à chaque biographie). 190 Ainsi dans A. Al-maʾlaf : ce que l'homme fréquente. Dans les autres sources : « muʾallafan ». 191 ʿUthmān était surnommé Abū ʿAbd Allāh et Abū ʿAmr, deux surnoms célèbres pour lui, Abū ʿAmr étant le plus célèbre. On dit que Ruqayya, fille du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lui donna un fils qu'il nomma ʿAbd Allāh, et il prit son surnom de lui ; il mourut. Puis il eut un fils nommé ʿAmr, et il prit son surnom de lui jusqu'à sa mort, que Dieu lui fasse miséricorde. On dit aussi qu'il était surnommé Abū Laylā. ʿUthmān naquit en l'an 6 après l'Éléphant. Sa mère était Arwā bint Kurayz ibn Rabīʿa, et sa mère était al-Bayḍāʾ Umm Ḥakīm bint ʿAbd al-Muṭṭalib, tante paternelle du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Il émigra en Abyssinie pour fuir avec sa religion, accompagné de son épouse Ruqayya. Il fut le premier à y partir, puis les autres émigrants le suivirent. Il n'assista pas à Badr car il resta pour soigner son épouse Ruqayya, qui était malade ; le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lui ordonna de rester auprès d'elle. On dit aussi qu'il resta parce qu'il était malade de la variole. Il est l'un des dix à qui le Paradis a été annoncé. 192 Il était surnommé Abū ʿAbd Allāh. Sa mère était Ṣafiyya bint ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim, tante paternelle du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Al-Zubayr embrassa l'islam à l'âge de quinze ans, ou douze ans, comme on dit aussi qu'il embrassa l'islam en même temps que ʿAlī, tous deux âgés de huit ans. Al-Zubayr, ʿAlī, Ṭalḥa et Saʿd ibn Abī Waqqāṣ naquirent la même année. Al-Zubayr ne manqua aucune...
Il est surnommé Abû Muhammad. Son nom à l'époque préislamique était 'Abd 'Amr, et on dit aussi 'Abd al-Ka'ba. L'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut) le nomma 'Abd al-Rahmân. Sa mère était al-Shifâ' bint 'Awf ibn 'Abd ibn al-Hârith ibn Zuhra. Il naquit dix ans après l'Année de l'Éléphant 193 et embrassa l'islam avant que l'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut) n'entre dans la maison d'al-Arqam. Il fut parmi les premiers émigrants 194, ayant accompli les deux émigrations : il émigra en Abyssinie, puis revint avant l'Hégire et émigra à Médine. L'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut) établit un lien de fraternité 195 entre lui et Sa'd ibn al-Rabî'. Il participa à Badr et à toutes les expéditions avec l'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut). L'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut) l'envoya à Dûmat al-Jandal 196 auprès des Banû Kalb, et lui dit : « Si Allah te donne la victoire, épouse la fille de leur chef. » Al-Asbagh ibn Tha'laba al-Kalbî était leur chef, et il épousa sa fille Tumâdir bint al-Asbagh, qui est la mère de son fils Abû Salama le juriste. 'Abd al-Rahmân ibn 'Awf mourut à Médine en l'an 31, et on dit en l'an 32, à l'âge de soixante-quinze ans, et fut enterré à al-Baqî' 197. (6) La mère de Sa'd était Hamdûna bint Sufyân ibn Umayya ibn 'Abd Shams. Il est surnommé Abû Ishâq, et il est l'un des Dix 198. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) pria pour que Allah dirige sa flèche et exauce son invocation ; son invocation était la plus rapide à être exaucée. Dans un hadith, l'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit : « Méfiez-vous de l'invocation de Sa'd. » Sa'd mourut sous le califat de Mu'âwiya. (7) Cet Uhayb est l'oncle paternel d'Âmina bint Wahb, la mère du Prophète (sur lui la paix et le salut). (8) Sa mère était al-Hadramiyya, nommée al-Sa'ba bint 'Abd Allâh ibn 'Imâd ibn Mâlik ibn Rabî'a ibn Akbar ibn Mâlik ibn 'Uwayf ibn Mâlik ibn al-Khazraj. Son père 'Abd Allâh est connu sous le nom d'al-Hadramî. Talha est surnommé Abû Muhammad al-Fayyâd 199. Lorsque Talha arriva à Médine, l'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut) établit un lien de fraternité entre lui et Ka'b ibn Mâlik, lorsqu'il établit la fraternité entre les Émigrants et les Auxiliaires 200. Talha (que Allah lui fasse miséricorde) fut tué à l'âge de soixante ans le jour du Chameau 201. (9) Al-kabwa 202 : le retard et la lenteur de la réponse. Cela vient de leur parole : « kaba al-zand » 203 : lorsqu'il ne produit pas de feu. (10) Inṣâ'a 204 : il s'en alla. (11) La mère d'Abû 'Ubayda était Umayma bint Ghanm ibn Jâbir ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn 'Âmira ibn Wadî'a. Il participa à Badr avec le Prophète (sur lui la paix et le salut) et à toutes les expéditions suivantes. C'est lui qui retira du visage de l'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut) les deux mailles du haubert le jour d'Uhud, et ses deux incisives tombèrent. Il est l'un des Dix à qui l'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut) a attesté le Paradis. Il mourut (que la miséricorde d'Allah soit sur lui) à l'âge de cinquante-huit ans lors de la peste d'Amawâs 205 en l'an 18, en Jordanie en Syrie, et sa tombe s'y trouve. (12) On dit que son nom est 'Abd Allâh ibn 'Âmir. Le correct est que son nom est 'Âmir. (Voir al-Istî'âb 206) (13) Dans al-Istî'âb : « Hilâl ». (14) Sa mère était Barra bint 'Abd al-Muttalib ibn Hâshim. Il fut parmi ceux qui émigrèrent avec sa femme Umm Salama bint Abî Umayya en Abyssinie, puis participa à Badr après avoir accompli les deux émigrations. Il fut blessé à Badr, la blessure se cicatrisa, puis se rouvrit et il en mourut. Cela eut lieu trois jours passés de Jumâdâ al-Âkhira de l'an 3 de l'Hégire. L'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut) épousa sa femme Umm Salama. (15) Il est surnommé Abû 'Abd Allâh. Sa mère était des Banû Sahm ibn 'Amr ibn Husays, nommée Umayma bint 'Abd al-Hârith, et on dit qu'elle s'appelait Tumâdir bint Hudhaym, des Banû Sahm. Il fut parmi les premiers émigrants, ayant embrassé l'islam après dix personnes. C'est dans la maison d'al-Arqam ibn Abî al-Arqam que le Prophète (sur lui la paix et le salut) se cachait des Quraysh à La Mecque, y appelant les gens à l'islam au début de l'islam jusqu'à ce qu'il en sorte. Sa maison était à La Mecque, sur al-Safâ 207. Un grand nombre de personnes y embrassèrent l'islam. Il est l'homme du Pacte des Vertueux 208. L'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut) resta dans la maison d'Abî al-Arqam près d'al-Safâ jusqu'à ce qu'ils soient au nombre de quarante hommes musulmans. Le dernier d'entre eux à embrasser l'islam fut 'Umar ibn al-Khattâb. Lorsqu'ils furent au nombre de quarante hommes, ils sortirent. Al-Arqam mourut le jour de la mort d'Abû Bakr al-Siddîq (que Allah l'agrée), et on dit qu'il mourut en l'an 55 à Médine, à l'âge de plus de quatre-vingts ans. (16) Il est surnommé Abû al-Sâ'ib. Sa mère était Sakhîla bint al-'Anbas ibn Ahbân ibn Hudhâfa ibn Hajhaj. Elle est la mère d'al-Sâ'ib et de 'Abd Allâh. 'Uthmân ibn Maz'ûn embrassa l'islam après treize hommes, accomplit les deux émigrations et participa à Badr. Il fut le premier homme à mourir à Médine parmi les Émigrants après son retour de Badr, et il fut le premier à être enterré à Baqî' al-Gharqad 209. 'Uthmân ibn Maz'ûn fut l'un de ceux qui interdirent le vin à l'époque préislamique, disant : « Je ne boirai pas une boisson qui fait perdre la raison, fait rire de moi celui qui m'est inférieur, et me pousse à marier ma fille noble. » Lorsque le vin fut interdit, il se trouvait à al-'Awâlî 210, et on lui dit : « Ô 'Uthmân, il a été interdit. » Il dit : « Malheur à lui, mon regard à son sujet était perçant. » (Ceci est discutable car l'interdiction du vin, selon la plupart, eut lieu après Uhud.) (17) Il est surnommé Abû al-Hârith, et on dit Abû Mu'âwiya. Il avait dix ans de plus que l'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut). Son islam fut avant l'entrée de l'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut) dans la maison d'al-Arqam. Son émigration à Médine fut avec ses deux frères al-Tufayl et al-Husayn. 'Ubayda ibn al-Hârith avait une position et un rang auprès de l'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut). (18) Il est surnommé Abû al-A'war. Sa mère était Fâtima bint Ba'ja ibn Khalaf al-Khuzâ'iyya. Il est le cousin paternel de 'Umar ibn al-Khattâb et son beau-frère. Il avait pour épouse Fâtima bint al-Khattâb, sœur de 'Umar ibn al-Khattâb, et sa sœur 'Âtika bint Zayd ibn 'Amr était l'épouse de 'Umar ibn al-Khattâb. C'est à cause de l'épouse de Sa'îd que 'Umar ibn al-Khattâb embrassa l'islam. 'Uthmân donna à Sa'îd une terre à Kûfa, où il s'installa et y vécut jusqu'à sa mort. Ses fils s'y installèrent après lui, dont al-Aswad ibn Sa'îd. Il eut d'autres fils : 'Abd Allâh, 'Abd al-Rahmân et Zayd, tous eurent une descendance et des enfants. Sa'îd mourut dans la terre d'al-'Aqîq 211 et fut enterré (que Allah lui fasse miséricorde) à Médine à l'époque de Mu'âwiya, en l'an 50 ou 51, à l'âge de plus de soixante-dix ans. (19) Dans al-Istî'âb : « ... 'Abd al-'Uzzâ ibn Rabâh ibn 'Abd Allâh ibn Qurt. » Le commentaire sur ce point a déjà été fait lors du commentaire sur la généalogie de Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl. (20) La mère d'Asmâ' était Qayla, et on dit Qutayla bint 'Abd al-'Uzzâ ibn 'Abd Asad. Asmâ' était l'épouse d'al-Zubayr ibn al-'Awwâm. Son islam fut ancien à La Mecque. Elle émigra à Médine alors qu'elle était enceinte de 'Abd Allâh ibn al-Zubayr. Asmâ' mourut à La Mecque en Jumâdâ al-Ûlâ de l'an 73, peu après le meurtre de son fils 'Abd Allâh ibn al-Zubayr. Elle était appelée Dhât al-Nitâqayn 212. On dit qu'elle vécut cent ans. (21) Il y a divergence sur la généalogie de Khabbâb comme tu le vois. On dit qu'il est khuzâ'ite, et on dit tamîmite. Le correct est qu'il est tamîmite de naissance. Il fut capturé à l'époque préislamique et acheté par une femme (Umm Anmâr bint Sibâ' al-Khuzâ'iyya) des Khuzâ'a, qui l'affranchit. Elle était alliée des Banû 'Awf ibn 'Abd 'Awf ibn 'Abd al-Hârith ibn Zuhra. Il est donc tamîmite par naissance, khuzâ'ite par clientèle 213, et zuhrite par alliance. Il est Khabbâb ibn al-Aratt ibn Jandala ibn Sa'd ibn Khuzayma ibn Ka'b ibn Sa'd ibn Zayd Manât ibn Tamîm. Il était forgeron, fabriquant des épées à l'époque préislamique. Il participa à Badr et aux expéditions suivantes. Il est surnommé Abû 'Abd Allâh, et on dit Abû Yahyâ, et on dit Abû Muhammad. Il fut un ancien musulman, parmi ceux qui furent torturés pour Allah et endurèrent pour leur religion. Il s'installa à Kûfa et y mourut en l'an 37. Son âge était de soixante-trois ans. On dit aussi qu'il mourut en l'an 19 à Médine. (22) Ce 'Umayr fut tué le jour de Badr. L'Envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut) avait jugé son âge trop jeune ce jour-là et voulut le renvoyer, mais il pleura, puis il l'autorisa après sa mort. Il fut tué ce jour-là à l'âge de seize ans. (Voir al-Istî'âb) (23) Ibn 'Abd al-Barr a rapporté sa généalogie dans al-Istî'âb, et elle diffère de ce qui est ici. Il dit : « 'Abd Allâh ibn Mas'ûd ibn Ghâfil (avec ghayn pointée et fâ') ibn Habîb ibn Shamkh ibn Fâr ibn Makhzûm », puis il concorde avec l'original pour la suite. (24) Il se peut qu'il soit nommé d'après l'action de kâhila yakâhilu 214 : lorsqu'il vieillit et devient fort.
- al-liwâ' : Étendard, drapeau, porté uniquement par des hommes désignés à la guerre.
- adra'at al-jâriya : Expression signifiant que la jeune fille a revêtu une cuirasse (dir').
- al-maqsûra : Partie réservée dans une mosquée, souvent près du mihrab, où se tient le souverain ou l'imam.
- nukmî : Nous nous cachons, nous nous dissimulons (de la racine k-m-y).
- al-ward : Pluriel de wârida, les arrivantes (chamelles ou femmes).
- ashmadân : Deux tribus ou deux montagnes entre Médine et Khaybar, habitées par Juhayna et Ashja'.
- al-halba : Groupe de chevaux, troupe de cavaliers.
- al-sayb : Marche rapide et douce, comme le glissement d'un serpent.
- al-rasîl : Allure modérée, sans hâte.
- ashal : Il a atteint un lieu plat et facile (de la racine s-h-l).
- warqân : Montagne noire située entre al-'Arj et al-Ruwaytha, sur la route de Médine à La Mecque.
- al-'arj : Vallée près d'al-Tâ'if, célèbre pour le poète al-'Arjî.
- al-hilal : Pluriel de hulla, arbre épineux (Ziziphus nummularia) ; aussi nom de lieu.
- al-'awdh : Pluriel de 'â'idh, chamelle ou jument ayant un petit.
- nu'âwiruhum : Nous les faisons alterner, nous les attaquons tour à tour.
- nakhbizuhum : Nous les poussons violemment, nous les chassons rudement.
- taghâlâ : Elles s'élèvent, accélèrent leur allure (de al-mughâlât).
- al-a'râf : Pluriel de 'urf, dunes de sable élevées et allongées.
- al-jinâb : Lieu dans la région de Khaybar ; aussi nom de plusieurs localités.
- al-ghawr : Dépression, basse terre.
- al-turâb : Chamelles qui aspirent à leur patrie (variante : al-zirâb, petites montagnes).
- qaydhâr wa-l-nabît : Fils d'Ismaël, ancêtres des Arabes du Nord.
- balâ'uhum : Leur bienfait, leur faveur.
- lahâhu : Il l'a blâmé, réprimandé.
- al-ribâ' : Pluriel de rab', demeures et leurs alentours.
- sûf al-bahr : Matière ressemblant à de la laine, utilisée dans une expression signifiant 'jamais'.
- al-ahlâf : Les Alliés, groupe de Quraysh ayant conclu un pacte (Hilf al-Ahlâf).
- al-mutayyabîn : Les Parfumés, groupe de Quraysh ayant juré sur du parfum (Hilf al-Mutayyabîn).
- al-musânada : Action de se faire face, de s'entraider.
- lazza : Il a serré, lié solidement.
- Ḥilf al-Fuḍūl : Alliance des Vertueux, pacte conclu à La Mecque avant l'Islam pour défendre les opprimés.
- ba‘th : Mission prophétique, désignant l'envoi de Muhammad comme prophète.
- ‘umra : Petit pèlerinage à La Mecque, pouvant être effectué à tout moment de l'année.
- Ibn Jud‘ān : ‘Abd Allāh ibn Jud‘ān, notable de La Mecque connu pour sa générosité.
- tharīd : Plat de pain émietté trempé dans du bouillon.
- sannat : Année de sécheresse et de famine.
- rifāda : Prestation consistant à nourrir les pèlerins, assurée par Quraysh.
- biliyyât : Pluriel de biliyya, chamelle attachée à la tombe de son propriétaire jusqu'à sa mort, croyance préislamique.
- 'abarât : Pluriel de 'abra, larme ; ici avec sukûn pour des raisons métriques.
- hadîma : Humiliation, déficit.
- sajiyya : Nature, caractère inné.
- hamiyyât : Chamelles interdites d'eau.
- qurûm : Nobles, à l'origine étalons de chameaux.
- âliyât : Difficultés, ou serments.
- tamr : Cheval léger et rapide.
- ashṭân : Pluriel de shaṭn, corde.
- lâ tarqâ : Ne cesse pas, avec hamza allégé.
- razayyât : Pluriel de raziyya, calamité, diminution.
- Ṭayyiba : Nom de Zamzam, signifiant 'bonne'.
- Barra : Nom de Zamzam, signifiant 'pieuse'.
- Maḍnûna : Nom de Zamzam, signifiant 'cachée, précieuse'.
- lâ tunzaf : Ne s'épuise pas.
- lâ tudhamm : N'est pas trouvée peu abondante.
- a'ṣam : Corbeau avec du blanc aux ailes.
- ṭayy : Pierres de maçonnerie d'un puits.
- Ashrâf ash-Shâm : Les hauteurs du Shâm (Syrie).
- ḥajîj : Pluriel de ḥâjj, pèlerins.
- mabar : Lieux de piété, rites du pèlerinage.
- 'umur : A duré, subsisté.
- ḥâfil : Abondant.
- Qala'iyya : Relatif à al-Qala'a, plomb réputé, peut-être de Sarandîb (Sri Lanka) ou d'Andalousie.
- niṣf : Justice, équité.
- qidâḥ : Flèches de divination.
- Khandama : Montagne à La Mecque.
- Zād al-Rakb : Littéralement 'provisions de la caravane'. Surnom donné à des hommes généreux qui prenaient en charge les besoins des voyageurs et des nécessiteux.
- إِلَخ : Abréviation de « إِلَى آخِرِهِ » signifiant « jusqu'à la fin », utilisée pour indiquer une coupure dans une citation.
- قَرَارِيط : Pluriel de قِيرَاط, unité de mesure de poids ou de monnaie. Ici, il s'agit d'une petite rémunération.
- الْخَيْر : Ici, avec tashdīd (الْخَيِّر), signifie « le très bon, l'excellent ». L'auteur note que le poète a allégé la prononciation.
- الْخَمِيصَة : Manteau ou vêtement de laine à rayures ou à motifs, souvent porté par les nobles.
- al-Fijār : Nom donné à des guerres sacrilèges ayant eu lieu pendant les mois sacrés, où les interdits furent violés.
- kasra : Signe diacritique de l'arabe indiquant la voyelle 'i'.
- al-Barrāḍ : Poète et guerrier arabe de la tribu de Kināna, figure centrale du quatrième Fijār.
- dīya : Prix du sang, compensation légale due pour un meurtre ou une blessure.
- al-lubayna : Diminutif de 'lubna', qui désigne un morceau de lait caillé. Ici, il s'agit du lait maternel.
- ḍamma : Signe de vocalisation arabe correspondant à un 'ou' bref.
- fatḥa : Signe de vocalisation arabe correspondant à un 'a' bref.
- 'adas : Lentilles (légumineuse).
- Ḏū Nujub : Nom d'une vallée.
- Qurzul : Nom d'un cheval.
- Umm al-Firāḫ al-Jawāṯim : Expression désignant la 'hāma' (chouette), liée à une croyance préislamique.
- hāma : Chouette ; dans la croyance préislamique, l'âme du mort qui réclame vengeance.
- al-Muṣqa' : Dérivé de 'ṣaqa'a' : frapper sur une chose solide.
- al-Aqṭ : Fromage sec ou lait caillé de brebis.
- as-salā' : Graisse fondue, beurre clarifié.
- Buyūt al-adam : Tentes en cuir.
- al-Luqā : Objet jeté, abandonné.
- al-Mufarraj : Fendu, ouvert.
- masbar : Endroit où l'enfant tombe (lors de l'accouchement).
- Ḥarīm : Interdit, sacré, inviolable.
- az-zīna : Parure, ornement ; ici, vêtement.
- Ḥums : Tribu de Qurayš qui observait des rites particuliers pendant le pèlerinage.
- al-'Ayyūq : Étoile Capella.
- al-'ajab : Merveille, chose étonnante.
- al-Jadd : Grandeur, majesté.
- ar-Raṣad : Observateur, guetteur ; ici, les anges qui surveillent.
- Tastabī : Emporte la raison, rend fou.
- al-hayāma : Folie, égarement ; maladie des chameaux.
- Ma'ālim an-nujūm : Étoiles bien connues servant de repères.
- Inqaḍḍa : Tomber, s'abattre.
- Qayḍan : En échange, en compensation.
- al-Ġayṭala : Nom propre féminin.
- Janb : Tribu de Madhḥij.
- Yanzū : Il saute, bondit.
- asnada : Il a monté, s'est élevé.
- ghufrān : Pardon, indulgence divine.
- shī'ahu : Peu après lui, immédiatement après.
- ablasa : Il se tut, humilié ou vaincu.
- al-iyās : Le désespoir.
- al-qilāṣ : Jeunes chamelles.
- al-aḥlās : Pluriel de ḥils : couverture en cuir sous la selle du chameau.
- yā ḥamrā'u dhurīḥiyā : Interpellation au veau égorgé, signifiant 'ô rouge très rouge' (à cause du sang).
- 'Amr : Nom propre, ici probablement une altération de 'Umar.
- Ziyāda 'an A : Ajout provenant du manuscrit A.
- Ziyāda 'an A : Ajout provenant du manuscrit A.
- Salamah ibn Salāmah ibn Waqsh : Compagnon du Prophète, ayant participé aux deux 'Aqaba et à Badr.
- Waqsh : Nom propre, avec fatḥa ou taḥrīk.
- Usayd ibn Sa'yah : Personnage des Banū Qurayẓa, dont la vocalisation du prénom est discutée.
- Banū Hidal : Tribu dont sont issus Asad, Usayd et Tha'laba, distincte des Banū Qurayẓa et an-Naḍīr.
- Asad ibn Sa'yah : Variante du nom d'Usayd ibn Sa'yah, mentionnée dans ar-Rawḍ.
- haybān : Qualificatif signifiant ébouriffé, léger.
- atawkafu : J'attends.
- uẓillu : Je surplombe, je m'approche.
- ghazwat al-khandaq : Bataille du Fossé (5 H.).
- Iṣbahān : Ispahan, grande ville d'Iran.
- Jayy : Ancienne ville d'Ispahan, aujourd'hui en ruines.
- ad-dihqān : Chef de village, expert en agriculture.
- qāṭin an-nār : Serviteur du feu, gardien du feu sacré.
- al-usquf : Évêque ou chef religieux chrétien.
- fīhim : Parmi eux (altération probable de fīhim).
- Ziyāda 'an A : Ajout provenant du manuscrit A.
- qablahu mithlahu : Avant lui, quelque chose de semblable.
- Naṣībīn : Nisibe, ville de la Jazīra (Mésopotamie).
- 'Ammūriyya : Amorium, ville byzantine en Anatolie.
- al-ḥarra : Terrain volcanique aux pierres noires.
- 'araftuhā : Je l'ai reconnue (variante de 'araftuhā).
- al-'idhq : Palmier (avec fatḥa) ou grappe de dattes (avec kasra).
- Qubā' : Village près de Médine, première étape de l'Hégire.
- al-bahālīl : Pluriel de buhlūl : seigneurs, nobles.
- al-masāmīḥ : Les généreux, les nobles.
- Ziyāda 'an A : Ajout provenant du manuscrit A.
- al-ḥarra : Voir note 30.
- Baqī' al-Gharqad : Cimetière principal de Médine.
- Kulthūm ibn al-Hadm : Premier musulman mort à Médine après l'arrivée du Prophète.
- Ziyāda 'an A : Ajout provenant du manuscrit A.
- ash-shamla : Manteau épais servant de couverture.
- ustadīru bihī : Je tourne autour de lui (variante de astadīru bihī).
- bi-t-tafqīr : Par le creusement (infinitif de faqqara).
- al-wadiyya : Jeune palmier.
- fuqur : Impératif : creuse.
- al-ma'ādin : Mines, lieux d'extraction des minéraux.
- al-ghayḍa : Forêt dense, bosquet touffu.
- al-ḥadīth : Hadith dont la chaîne est interrompue et contient un transmetteur faible.
- amr an-nafar al-arba'a : Histoire des quatre hommes partis en quête de la religion vraie.
- yadūrūna : Ils tournent, ils errent (variante de yadūrūna).
- an-najī : Groupe conversant en secret.
- Dāwadān : Nom propre, probablement altération de Dāwūdān.
- Umm Zayd : Mère de Zayd, al-Ḥaydā' bint Khālid.
- nasab 'Umar : Généalogie de 'Umar ibn al-Khaṭṭāb.
- Rizāḥ : Nom propre, avec fatḥa ou kasra.
- Ziyāda 'an A : Ajout provenant du manuscrit A.
- li-n-nabī : Au Prophète (variante textuelle).
- al-Bitrīq : Titre byzantin (patrice) donné à certains chefs arabes chrétiens.
- al-nuṣub : Pierres dressées sur lesquelles on immolait des sacrifices aux idoles.
- Buldaḥ : Lieu près de La Mecque où le Prophète rencontra Zayd avant la révélation.
- Ahl al-Kitāb : Gens du Livre : juifs et chrétiens.
- al-‘Uzzā : Idole préislamique majeure, vénérée sous forme d'arbres ou de pierres.
- al-Lāt : Idole préislamique féminine, vénérée à Ṭā’if.
- Hubal : Idole préislamique majeure, placée dans la Ka‘ba.
- al-muzn : Nuage, et on dit le blanc d'entre eux.
- al-sijāl : Pluriel de sajl, seau rempli d'eau, utilisé métaphoriquement pour l'abondance de pluie.
- Ḥirā' : Montagne située à environ trois milles de La Mecque, sur la gauche en allant vers Minā.
- muḥrim : Celui qui réside dans le Haram (sanctuaire).
- al-mīfa‘ah : Terre élevée.
- al-Balqā' : District de Damas, entre le Sham et Wādī al-Qurā, dont la capitale est Amman.
- shāma : Il a interrogé, dérivé de 'shamma' (sentir).
- an‘amtu : J'ai excellé dans la droiture.
- al-ṭawāghī : Pluriel de ṭāghiya, ce qui est adoré en dehors d'Allah.
- ya‘izzūnī : Ils me vainquent, de 'azza' (vaincre).
- wā‘iyah : Mémorisateur, avec le tā' pour l'intensité.
- al-shi‘āb : Lieux cachés entre les montagnes.
- yujāwiru : Il fait retraite spirituelle (i‘tikāf).
- al-namaṭ : Récipient comme un panier.
- muḍīfan : Collé, de 'aḍāfa' (s'attacher).
- Quddūs Quddūs : Très Saint, Très Saint, de 'taqdīs' (sanctification).
- al-nāmūs : Confident, utilisé pour l'ange Gabriel.
- al-yāfūkh : Sommet de la tête.
- al-mūhin : Heure de la nuit.
- al-ḍarīk : Pauvre et faible dans le besoin.
- ṣāfin : Se dit du cheval qui se tient sur trois pattes et lève une patte. Se dit aussi de l'homme qui lève un pied et se tient sur l'autre.
- ghurr : Les illustres, les célèbres. Littéralement, les blancs. Pluriel de agharr.
- jahājiḥ : Les seigneurs, les nobles. Singulier : jiḥjāḥ.
- ḥadathān : Les accidents du temps, les événements.
- al-Fîl : L'Année de l'Éléphant, année de la naissance du Prophète Muhammad, marquée par l'attaque avortée d'Abraha contre La Mecque.
- al-Muhâjirûn : Les Émigrants, premiers musulmans ayant émigré de La Mecque à Médine.
- Âkhâ : Établir un lien de fraternité, pratique du Prophète liant un Émigrant à un Auxiliaire.
- Dûmat al-Jandal : Oasis au nord de l'Arabie, actuelle al-Jawf.
- al-Baqî' : Cimetière principal de Médine, lieu de sépulture de nombreux compagnons.
- al-'Ashara : Les Dix compagnons à qui le Paradis a été annoncé de leur vivant.
- al-Fayyâd : Surnom signifiant 'le Généreux' ou 'celui qui donne abondamment'.
- al-Ansâr : Les Auxiliaires, musulmans de Médine ayant accueilli les Émigrants.
- Yawm al-Jamal : Bataille du Chameau (36 H), opposant 'Aïcha, Talha et al-Zubayr à 'Alî.
- al-kabwa : Terme désignant le retard ou la lenteur de réponse, issu de l'image du briquet qui ne produit pas de feu.
- kaba al-zand : Expression : 'le briquet a calé', pour dire qu'il ne produit pas d'étincelle.
- inṣâ'a : Verbe signifiant 's'en aller rapidement'.
- Tâ'ûn 'Amawâs : Peste d'Amawâs, épidémie en Syrie en 18 H ayant tué de nombreux compagnons.
- al-Istî'âb : Ouvrage biographique d'Ibn 'Abd al-Barr sur les compagnons.
- al-Safâ : Colline à La Mecque, lieu du rite du sa'y.
- Hilf al-Fudûl : Pacte des Vertueux, alliance préislamique pour défendre les opprimés.
- Baqî' al-Gharqad : Ancien nom du cimetière al-Baqî', avant qu'il ne soit agrandi.
- al-'Awâlî : Région de Médine, à quelques kilomètres au sud.
- al-'Aqîq : Vallée près de Médine, lieu de résidence de certains compagnons.
- Dhât al-Nitâqayn : Surnom d'Asmâ' bint Abî Bakr, 'celle aux deux ceintures', car elle déchira son voile en deux pour transporter des provisions.
- al-walâ' : Clientèle, lien de dépendance entre un affranchi et son ancien maître.
- kâhila yakâhilu : Verbe signifiant 'vieillir et devenir fort'.
Notes et commentaires
Il est surnommé Abdallah : Abou Abd al-Rahman. La mère d'Abdallah est Oumm Abd bint Abd Woudd ibn Sawa' ibn Qadim ibn Sahila, de la tribu des Hudhayl également. Son islam fut ancien, au début de l'islam, lorsque Sa'id ibn Zayd et son épouse Fatima embrassèrent l'islam. La cause de son islam fut qu'il gardait des moutons appartenant à 'Uqba ibn Abi Mu'ayt. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) passa près de lui et prit une brebis stérile de ce troupeau, et elle donna pour lui un lait abondant. Il assista à Badr et à al-Hudaybiyya. Le Messager (que la prière et la paix soient sur lui) lui témoigna du Paradis. Il mourut à Médine en l'an trente-deux, et fut enterré à al-Baqi'. Il avait, le jour de sa mort, un peu plus de soixante ans. Il est surnommé Abou 'Umayr. Mas'ud embrassa l'islam avant l'entrée du Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) dans la maison d'al-Arqam, et assista à Badr. Il est l'un des alliés des Banu Zuhra. Il mourut en l'an trente, et son âge dépassait soixante ans. Dans al-Isti'ab : « 'Amr ibn 'Abd al-'Uzza ». Ainsi dans A. Dans M : « sab' » (sept). Dans R : « sami' » (auditeur). Al-Qara est une tribu : ce sont 'Adl et al-Daych, fils d'al-Hawn ibn Khuzayma. Ils furent appelés Qara en raison de leur rassemblement, lorsque al-Shaddakh voulut les disperser parmi les Banu Kinana. Leur poète dit : « Laissez-nous, Qara, ne nous effrayez pas... sinon nous nous enfuirons comme s'enfuit l'autruche. » Ajout d'après A. Ceci est un proverbe. On dit qu'il fut prononcé lors d'une guerre entre Quraysh et Bakr ibn 'Abd Manat ibn Kinana, où al-Qara était avec Quraysh, et ils étaient des archers. Quand les deux camps se rencontrèrent, les autres les visèrent avec des flèches. On dit : « Ils les ont traités équitablement », puisqu'ils les égalèrent dans l'action qui était leur spécialité et leur métier. (Voir al-Amthal, Fara'id al-Lu'al, et al-Rawd.) Ils racontent que deux hommes se rencontrèrent, l'un étant un Qari. Le Qari dit : « Si tu veux, je lutte avec toi ; si tu veux, je cours avec toi ; si tu veux, je tire à l'arc avec toi. » L'autre répondit : « J'ai choisi le tir à l'arc. » Le Qari dit : « Tu m'as traité équitablement », et il se mit à dire : « Salma et ceux qui sont avec elle savent... que nous repoussons les chevaux loin de leur désir... nous les repoussons, les tirant à l'arc, leurs flancs... celui qui tire à l'arc sur al-Qara les a traités équitablement... lorsque nous rencontrons une troupe... nous repoussons les premiers sur les derniers. » (Voir al-Amthal et al-Rawd.) Il est le frère de Suhayl ibn 'Amr. Il fut parmi les premiers émigrants. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) l'envoya à Hawdha ibn 'Ali al-Hanafi et à Thumama ibn Uthal al-Hanafi, tous deux chefs d'al-Yamama, et cela en l'an six ou sept. Sulayt fut tué en l'an quatorze. Ajout d'après A. 'Uyyash est surnommé Abou 'Abd al-Rahman, et on dit Abou 'Abd Allah. Il est le frère utérin d'Abu Jahl ibn Hisham, leur mère étant Oumm al-Jallas Asma' bint Makhrama. Et le frère germain d'Abd Allah ibn Abi Rabi'a. Son islam eut lieu avant que le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) n'entre dans la maison d'al-Arqam. 'Uyyash émigra en Abyssinie avec son épouse Asma' bint Salama, et elle lui donna naissance là-bas à son fils 'Abd Allah. Puis il émigra à Médine et mourut à La Mecque. Le nom d'Abu Rabi'a est 'Amr. Elle fut parmi les émigrantes. Elle émigra avec son mari en Abyssinie. Elle lui donna naissance à 'Abd Allah. Puis elle émigra à Médine. Elle est surnommée Oumm al-Jallas. On dit : Asma' bint Salama. Khunays était l'époux de Hafsa, épouse du Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) avant lui. Il fut parmi les premiers émigrants. Il assista à Badr après son émigration en Abyssinie. Puis il assista à Uhud et y reçut une blessure dont il mourut à Médine. Il est le frère d'Abd Allah ibn Hudhafa al-Sahmi. Ainsi dans al-Isti'ab et Sharh al-Sira. Dans les sources : « Sa'id », ce qui est une altération. Al-Suhayli dit : « Chaque fois que la généalogie de 'Adi ibn Sa'd ibn Sahm est répétée, Ibn Ishaq dit : Sa'id. Mais les gens sont en désaccord avec lui : c'est Sa'd... Sa'id ibn Sahm est le frère de Sa'd, et il est le grand-père de la famille de 'Amr ibn al-'As ibn Wa'il ibn Hashim ibn Sa'id ibn Sahm. Et dans Sahm, il y a un autre Sa'id, qui est le fils de Sa'd mentionné, et il est le grand-père d'al-Muttalib ibn Abi Wada'a. Le nom d'Abu Wada'a est 'Awf ibn Jubayra ibn Sa'id ibn Sa'd. » Il y a divergence sur la généalogie de 'Amir. Certains généalogistes le rattachent à 'Anz, d'autres à Madhhij au Yémen, mais ils s'accordent sur le fait qu'il était l'allié d'al-Khattab ibn Nufayl, car celui-ci l'avait adopté. 'Amir embrassa l'islam et émigra en Abyssinie avec son épouse, puis émigra à Médine. Il assista à Badr et à tous les autres combats. Il mourut en l'an trente-trois, et on dit trente-deux, comme on dit trente-cinq. Il était surnommé Abou 'Abd Allah. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « ibn », ce qui est une altération, car entre Rabi'a et 'Anz il y a plus d'un ancêtre. Il est avec un noun silencieux, et on dit avec sa vocalisation, mais le silencieux est plus connu. (Voir al-Rawd.) La mère d'Abd Allah est Umayma bint 'Abd al-Muttalib. 'Abd Allah était l'allié des Banu 'Abd Shams. Il embrassa l'islam avant l'entrée du Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) dans la maison d'al-Arqam. Lui et son frère Abu Ahmad 'Abd ibn Jahsh furent parmi les premiers émigrants, de ceux qui émigrèrent les deux fois. Leur frère 'Ubayd Allah ibn Jahsh se convertit au christianisme en Abyssinie et y mourut chrétien. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) épousa son épouse Omm Habiba. 'Abd Allah assista à Badr et fut martyrisé le jour d'Uhud. Dans al-Isti'ab : « ibn Kathir ». On dit plutôt qu'ils étaient alliés de Harb ibn Umayya. (Voir al-Isti'ab dans la biographie de 'Abd Allah et de son frère Abu Ahmad.) Ja'far était surnommé Abou 'Abd Allah. Il était le plus ressemblant aux gens par sa création et son caractère au Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui). Il avait dix ans de plus que 'Ali, de même que 'Aqil avait dix ans de plus que Ja'far, et Talib avait dix ans de plus que 'Aqil. Ja'far émigra en Abyssinie et en revint auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) lors de la conquête de Khaybar. Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) vint à sa rencontre, l'embrassa et dit : « Je ne sais pour lequel des deux je suis le plus heureux : de l'arrivée de Ja'far ou de la conquête de Khaybar. » Ja'far fut tué lors de l'expédition de Mu'ta. La mère d'Asma' est Hind bint 'Awf ibn Zuhayr. Asma' est la sœur de Maymuna, épouse du Prophète (que la prière et la paix soient sur lui), et la sœur de Lubaba Oumm al-Fadl, épouse d'al-'Abbas. Asma' émigra avec son mari Ja'far en Abyssinie et lui donna naissance là-bas à Muhammad, 'Abd Allah et 'Awn. Puis elle émigra à Médine. Lorsque Ja'far fut tué, Abou Bakr l'épousa et elle lui donna naissance à Muhammad ibn Abi Bakr. Puis il mourut, et 'Ali ibn Abi Talib l'épousa, et elle lui donna naissance à Yahya ibn 'Ali ibn Abi Talib. Dans al-Isti'ab : « 'Umayr ibn Malik ibn al-Nu'man... etc. » On dit dans sa généalogie : elle est Asma' bint 'Umays ibn Sa'd ibn al-Harith ibn Taym ibn Ka'b ibn Malik ibn Quhafa ibn 'Amir ibn Rabi'a ibn 'Amir ibn Mu'awiya ibn Zayd ibn Malik ibn Bishr ibn Wahb ibn Shahran ibn 'Afras ibn Khalaf ibn Aqbal, qui est la totalité de Khath'am ibn Anmar. Hatib mourut en Abyssinie. Il était parti avec son épouse Fatima bint al-Mujallal, émigrant. Fatima lui donna naissance là-bas à ses deux fils : Muhammad ibn Hatib et al-Harith ibn Hatib, et il les amena de là-bas comme deux jeunes garçons. Ainsi dans al-Isti'ab. Dans les sources : « Khitab » avec un kha' pointé, ce qui est une altération. Hittab émigra avec son frère en Abyssinie, mais mourut en chemin. On dit qu'il mourut en chemin lors de son retour. Il est le frère de Hatib et Hittab. Il fait partie de ceux qui embrassèrent l'islam avant l'entrée du Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) dans la maison d'al-Arqam. Il assista à Badr, Uhud et tous les combats. Il mourut sous le califat de 'Umar (qu'Allah l'agrée). Al-Sa'ib émigra avec son père 'Uthman ibn Maz'un et ses deux oncles Qudama et 'Abd Allah en Abyssinie, lors de la seconde émigration. Al-Sa'ib fut tué à l'âge d'un peu plus de trente ans, tué le jour d'al-Yamama en martyr. Il est le frère d'Abd al-Rahman et Talib, fils d'Azhar. Al-Muttalib et Talib faisaient partie des émigrants d'Abyssinie et y moururent. Al-Muttalib partit en Abyssinie avec son épouse Ramla, et elle lui donna naissance en Abyssinie à 'Abd Allah ibn al-Muttalib. Ainsi dans la plupart des sources. Dans A : « Dubayra », avec un dad pointé, qui est une variante. C'est lui qui était un jeune homme beau, portant un vêtement élégant et disant aux gens : « Voyez-vous en moi quelque défaut ? » par admiration pour lui-même. La mort le frappa soudainement. Le poète dit à son sujet : « Qui se croit à l'abri des vicissitudes après... Dubayra le Qurayshite est mort... Sa mort a devancé la vieillesse... comme si sa mort était une mort subite. » Ajout exigé par le contexte. (Voir la note n° page 274.)
On dit que Nu‘aym 1 embrassa l’islam après dix hommes, avant la conversion de ‘Umar ibn al-Khattâb. Il cachait sa foi, et les siens l’empêchèrent d’émigrer en raison de son rang parmi eux, car il dépensait pour les veuves et les orphelins des Banû ‘Adî et subvenait à leurs besoins. Il fut tué en martyr à Ajnâdayn 2 en l’an 13, à la fin du califat d’Abû Bakr. On dit aussi qu’il fut tué en martyr à Yarmûk 3 en rajab de l’an 15, sous le califat de ‘Umar. 2 C’est ainsi dans al-Istî‘âb et Sharh as-Sîra. Dans les sources originales : « … Usayd ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Awf … etc. », ce qui est une altération. 3 Ajout d’après A. 61 Ainsi dans A, T. Dans les autres sources : « ḥasanahu ». 62 Fuhayra était sa mère. Il était esclave d’at-Tufayl ibn al-Ḥârith ibn Sakhabara. ‘Âmir embrassa l’islam avant l’entrée du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) dans la maison d’al-Arqam. Il fut tué par ‘Âmir ibn at-Tufayl le jour de Bi’r Ma‘ûna. 63 Khâlid avait pour kunya Abû Sa‘îd. On dit qu’il embrassa l’islam après Abû Bakr as-Siddîq, étant le troisième ou le quatrième ; on dit aussi le cinquième. Il émigra en Abyssinie avec sa femme al-Khuzâ‘iyya, où lui naquirent son fils Sa‘îd ibn Khâlid et sa fille Umm Khâlid. Son frère ‘Amr ibn Sa‘îd ibn al-‘Âs émigra avec lui en Abyssinie. 64 Dans al-Istî‘âb : « Umayma ». Abû Dharr a précisé que ce que nous avons retenu est correct. 65 Dans les sources : Khath‘ama. Correction d’après Sharh as-Sîra. 66 Dans al-Istî‘âb et les sources : « Humayma ». 67 Il est le frère de Suhayl, Sulayt et as-Sakrân, fils de ‘Amr. Hâtib embrassa l’islam avant l’entrée du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dans la maison d’al-Arqam. Il émigra en Abyssinie lors des deux émigrations, et il fut le premier à arriver en Abyssinie lors de la première émigration. 68 As-Suhaylî dit : Ibn Hishâm a dit : son nom est Mahsham. C’est une erreur selon les généalogistes, car Mahsham est seulement Abû Hudhayfa ibn al-Mughîra, frère de Hâshim et Hishâm, fils d’al-Mughîra ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Umar ibn Makhzûm. Quant à Abû Hudhayfa ibn ‘Utba, son nom est Qays, d’après ce qu’on rapporte. 69 Wâqid embrassa l’islam avant l’entrée du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dans la maison d’al-Arqam. C’est lui qui tua ‘Amr ibn al-Ḥaḍramî. Wâqid assista avec le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) à Badr, Uhud et tous les combats. Il mourut sous le califat de ‘Umar ibn al-Khattâb. 70 Il assista avec ses frères à Badr. Il fut tué le jour d’ar-Rajî‘ en safar de l’an 4 de l’hégire, à l’âge de trente-quatre ans. L’expédition d’ar-Rajî‘ était sous le commandement de ‘Âṣim ibn Thâbit ibn Abî l-Aflaḥ et de Mirthad ibn Abî Mirthad al-Ghanawî. Ils combattirent les Hudhayl, une troupe de ‘Aḍl et al-Fâra jusqu’à ce qu’ils fussent tués avec leurs compagnons. Khubayb ibn ‘Adî fut capturé puis crucifié. Ḥassân dit à son sujet : « Ah ! Si j’avais été là, j’aurais assisté Ibn Târiq, Zayd – que valent les souhaits ? – et Mirthad. J’aurais défendu mes bien-aimés Khubayb et ‘Âṣim, et c’eût été un remède si j’avais secouru Khâlid. » 71 ‘Âmir assista à Badr avec ses frères et aux combats suivants. Il fut tué en martyr le jour d’al-Yamâma. 72 Il assista avec ses frères à Badr et y fut tué par Mâlik ibn Zuhayr al-Khaṭmî, à l’âge de trente-quatre ans. Il s’appelait Ghâfil ; quand il embrassa l’islam, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) le nomma ‘Âqil. Il fut parmi les premiers à embrasser l’islam et à prêter serment au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dans la maison d’al-Arqam. 73 Iyâs assista à Badr, Uhud, al-Khandaq et tous les combats avec le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Sa conversion et celle de son frère ‘Âmir eurent lieu dans la maison d’al-Arqam. Cet Iyâs est le père de Muḥammad ibn Iyâs ibn al-Bukayr, qui rapporte d’après Ibn ‘Abbâs, Ibn ‘Umar et Abû Hurayra, au sujet de celui qui répudie sa femme trois fois avant de l’avoir touchée, qu’elle ne lui est pas licite. 74 Ibn ‘Abd al-Barr dit : « Ce sont les paroles d’Ibn Isḥâq et d’autres. Al-Wâqidî a dit … Abû l-Kabîr. » 75 Ainsi dans A et al-Istî‘âb. Dans les autres sources : « Ghayra des Banû Sa‘d ». 76 Cela parce que ‘Abd Yâlîl s’était allié à l’époque préislamique à Nufayl ibn ‘Abd al-‘Uzzâ, grand-père de ‘Umar ibn al-Khattâb (que Dieu l’agrée). 77 ‘Ammâr et sa mère Sumayya faisaient partie de ceux qui furent torturés pour Dieu. Puis ‘Ammâr leur donna ce qu’ils voulaient par sa langue, tandis que son cœur était rassuré par la foi. À son sujet fut révélé : « Sauf celui qui y est contraint, tandis que son cœur est rassuré par la foi » (16:106). ‘Ammâr émigra en Abyssinie. Il assista à Badr et à tous les combats, et fit preuve d’une belle conduite à Badr. Puis il assista à al-Yamâma et y fit également preuve de bravoure ; ce jour-là, son oreille fut coupée – on dit aussi à Ṣiffîn. Il avait alors plus de quatre-vingt-dix ans. 78 Al-Wâqidî et un groupe de savants en généalogie et en histoire dirent : « Yâsir, père de ‘Ammâr, était ‘Urnî, Qaḥṭânî, Madhḥijî, de ‘Ans en Madhḥij. Cependant, son fils ‘Ammâr était un affranchi des Banû Makhzûm, car son père Yâsir épousa une esclave de certains Banû Makhzûm, qui lui donna ‘Ammâr. En effet, Yâsir, père de ‘Ammâr, vint à La Mecque avec deux frères, l’un nommé al-Ḥârith et l’autre Mâlik, à la recherche d’un quatrième frère. Al-Ḥârith et Mâlik retournèrent au Yémen, tandis que Yâsir resta à La Mecque. Il s’allia à Abû Hudhayfa ibn al-Mughîra ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Umar ibn Makhzûm, qui lui donna en mariage une esclave nommée Sumayya bint Khayyâṭ. Elle lui donna ‘Ammâr, et Abû Hudhayfa l’affranchit. C’est pourquoi ‘Ammâr est un affranchi des Banû Makhzûm … C’est à cause de l’alliance et du patronage entre les Banû Makhzûm et Ibn ‘Ammâr et son père Yâsir que les Banû Makhzûm se rassemblèrent auprès de ‘Uthmân lorsque les esclaves de ‘Uthmân frappèrent ‘Ammâr au point de lui provoquer une hernie au ventre. Les Banû Makhzûm se réunirent et dirent : « Par Dieu, s’il meurt, nous ne tuerons personne d’autre que ‘Uthmân. » 79 Il fait partie de ceux qui assistèrent à Badr avec le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Sa conversion et celle de ‘Ammâr ibn Yâsir eurent lieu le même jour. Ṣuhayb mourut à Médine en shawwâl de l’an 38, à l’âge de soixante-treize ans – on dit quatre-vingt-dix ans – et fut enterré à al-Baqî‘. 80 Cela parce que son père Sinân ibn Mâlik – ou son oncle – était gouverneur de Kisrâ sur al-Ubulla. Leurs demeures se trouvaient dans la région de Mossoul, dans un village sur les rives de l’Euphrate, du côté de la Jazîra et de Mossoul. Les Byzantins attaquèrent cette région et capturèrent Ṣuhayb, encore jeune enfant. Il grandit chez les Byzantins et devint bègue. Une tribu de Kalb l’acheta, puis l’amena à La Mecque, où il fut acheté. 1 As-Suhaylî dit : « Le sens est : “Proclame ce qui t’est ordonné”. Mais comme le verbe est transitif direct, il est bon d’omettre le pronom. L’omission est ici meilleure que sa mention, car “mâ” comporte plus d’indétermination que “alladhî”. Leur dire que “mâ” suivi d’un verbe équivaut à un infinitif revient au sens de “alladhî” si on l’examine. En effet, “alladhî” convient dans tout endroit où convient “mâ” qu’ils appellent “mâ” source. Exemple du poète : “Puisse le temps ramener des gens comme ils étaient”, c’est-à-dire comme ils étaient. Ainsi, la parole de Dieu – qu’Il soit exalté – “Proclame ce qui t’est ordonné” (15:94) : soit son sens est “ce qui t’est ordonné comme message et autres”, soit son sens est “proclame l’ordre que tu ordonnes”, comme on dit : “Je m’étonne du coup que tu frappes”. “Mâ” serait alors l’expression de l’ordre qui est l’ordre de Dieu – qu’Il soit exalté – et la préposition “bi” n’y entre ni n’y est sous-entendue. Selon la première interprétation, “mâ” avec sa proposition relative exprime ce qui est l’action du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue). Le plus apparent est qu’elle exprime, avec sa proposition relative, l’ordre qui est la parole de Dieu et Sa révélation, comme le prouve l’omission du pronom de rappel se rapportant à “mâ”, même si elle a le sens de “alladhî” dans les deux cas. Cependant, si tu veux le sens de l’ordre, tu n’omets que le pronom seul ; si tu veux le sens de ce qui est ordonné, tu omets la préposition et le pronom. Omettre un seul élément est plus aisé que d’en omettre deux. De plus, proclamer et expliciter en rapportant cela à l’ordre de Dieu et à Sa révélation est réel, tandis que le rapporter à l’action ordonnée est métaphorique. Si tu explicites par le mot “alladhî”… » 2 Al-utan : pluriel de atân, qui désigne la femelle de l’âne. 3 Ar-ribâba (avec un kasra sur le râ’) : un morceau de tissu dans lequel on enveloppe les flèches. C’est aussi une peau. Al-yasar : celui qui participe au jeu de hasard. Al-qidâḥ : pluriel de qidḥ, la flèche. 4 Ceci est basé sur le fait qu’ils sont du rajaz haché. 5 Al-liḥâ : l’os qui se trouve sur la cuisse ; chez l’homme, c’est l’os sur lequel pousse la barbe. 6 Shajjah : il l’a blessé à la tête. 7 À l’origine, al-ḥadab désigne la courbure du dos, puis il est employé métaphoriquement pour celui qui se penche sur autrui et se montre compatissant, comme dit an-Nâbigha : « Je me suis penché sur toutes les tribus de Ḍabba, qu’elles soient injustes ou opprimées. » Al-ḥadab peut aussi être employé dans le sens d’opposition lorsqu’il est associé à al-qa‘as, comme dans le vers du poète : « S’ils s’opposent, oppose-toi ; s’ils reculent, pour qu’ils retirent ce qui est derrière ton dos, oppose-toi. » 8 Lâ ya‘tibuhum min shay’ : c’est-à-dire il ne les satisfait pas. On dit : ista‘tabanî fa-a‘tabtuhu : je l’ai satisfait et j’ai éloigné de lui le reproche.
Al-Suhaylī a dit : « Ce qu'a dit Ibn Isḥāq est l'avis d'Ibn al-Kalbī, et ce qu'a dit Ibn Hishām est l'avis d'al-Zubayr ibn Abī Bakr et l'avis de Muṣʿab. C'est ainsi que j'ai trouvé dans la marge du livre du Shaykh Abī Baḥr Sufyān ibn al-ʿĀṣ. »
Abou Dharr a dit : « As-samar 4 fait partie des arbres talh 5 ; la mīm est mise en repos pour alléger, comme on dit 'aḍud (avec sukūn) pour 'aḍud. Celui qui met la sīn en damma a transféré la voyelle de la mīm à celle-ci, puis a mis la mīm en repos. » Al-Suhaylī a dit : « Il est possible qu'il ait voulu désigner as-samar ; on dit à son sujet samar et samar (avec sukūn de la mīm), et il est permis de transférer la damma de la mīm à la lettre qui la précède, c'est-à-dire à la sīn, comme on dit ḥasan pour ḥasan. C'est ainsi qu'il est rapporté dans l'original, avec la sīn en damma, sauf que ce transfert se produit généralement dans ce qui est destiné à la louange ou au blâme, comme ḥasan et qabīḥ, comme on dit : « wa ḥasuna dhā adaban », c'est-à-dire ḥasuna dhā adaban. Il est également possible que as-samar désigne ici le pluriel de asmar et samrā', et qu'il soit une qualification de la végétation et des arbres, comme on qualifie par ad-dumha 6 lorsqu'il est verdoyant. Et dans la Révélation : mudhāmmatān [55:64], c'est-à-dire toutes deux vertes tirant sur le noir. » (26) Ainsi dans les « Ṣifāḥ » 7 : pluriel de ṣafḥ, qui est le flanc de la montagne ; on dit aussi que c'est sa base, là où son eau s'écoule. Dans tous les autres manuscrits : « ar-rimāḥ » 8. (27) As-sarḥ 9 : de grands arbres ; on dit aussi : tout arbre sans épines. (28) Ash-shabraq 10 : une plante dont on appelle la partie sèche al-ḥalī, et la partie humide ash-shabraq. (29) Al-wakhd 11 : la marche rapide. Al-jawāfil 12 : celles qui s'en vont rapidement. (30) C'est ainsi que ce demi-vers est rapporté dans A. Al-‘udī 13 : pluriel de ‘ād, de ‘adā ‘alayhi ya‘dū. Comme on dit : ghāzin et ghuzī, ‘āfin et ‘ufī. Dans tous les autres manuscrits : « yuṭā‘u binā amru l-‘adāwati annanā ». (31) Turk et Kābul 14 : deux peuples. (Voir le commentaire de la Sīra par Abū Dharr). (32) Ainsi dans les manuscrits. Al-balābil 15 : les obsessions des soucis ; leur singulier est balbāl. On rapporte aussi : fī « talātila », c'est-à-dire dans le mouvement et l'agitation. (33) Nubzā Muḥammadan 16 : nous le dépouillons et le dominons. La variante du Lisān et de an-Nihāya : yubzā Muḥammad, c'est-à-dire il est vaincu et dominé ; il voulait dire « lā yubzā », mais il a supprimé « lā » de la réponse du serment, bien qu'elle soit sous-entendue. Wa nunāḍilu 17 : nous tirons à l'arc. (34) Al-ḥalā'il 18 : les épouses ; leur singulier est ḥalīla. (35) Dans A : « fī l-ḥadīd ». (36) Ar-rawāyā 19 : les chameaux qui portent l'eau et les outres ; leur singulier est rāwiya. L'origine de ce pluriel est rawāwī, puis il devient par analogie rawā'ī, comme ḥawā'il, pluriel de ḥā'il. Mais ils ont transformé la kasra en fatḥa après avoir avancé le yā' devant elle, et son schème devient fawā‘il. Ils ne l'ont transformé que par répulsion de la réunion de deux wāw : le wāw de fawā‘il et le wāw qui est la lettre radicale médiane. Une autre explication : la seconde wāw, par analogie, se change en hamza dans le pluriel en raison de la présence de l'alif entre deux wāw ; lorsqu'elle s'est changée en hamza, ils l'ont changée en yā', comme ils l'ont fait dans khaṭāyā et ses semblables, parmi ce où la hamza est intercalée dans le pluriel. Aṣ-ṣalāṣil 20 : les outres qui font un bruit (ṣalṣala) avec l'eau. (37) Aḍ-ḍighn 21 : l'inimitié. Rakiba rad‘ahu 22 : lorsqu'il tombe face contre terre. Al-ankab 23 : celui qui penche d'un côté, celui qui marche de travers. (38) As-sumayda‘ 24 : le maître. Al-bāsil 25 : le courageux. (39) Ḥawlan mujriman 26 : une année complète. On dit : tajarrama l-‘āmu, ash-shitā'u, aṣ-ṣayfu : ils se sont écoulés. Jaramnāhu : nous l'avons coupé, achevé. ‘Āmun mujrimun. Dans les manuscrits : « muḥriman » avec un ḥā' non pointé, ce qui est une altération. (40) Adh-dhimār 27 : ce que tu dois protéger. Adh-dharib (allégé) 28 : celui qui tient des propos obscènes. Al-muwākil 29 : celui qui n'a pas de sérieux, il confie ses affaires à autrui. (41) Thumāl al-yatāmā 30 : celui qui les prend en charge et subvient à leurs besoins. On dit : huwa thumālu mālin : il en prend soin. (42) Ibn Isḥāq va parler des noms propres mentionnés dans ce poème après en avoir fini. (43) Lam yarba‘ 31 : il ne s'est pas arrêté ni n'est revenu. (44) Ainsi dans A. Il veut dire par al-ilqā' 32 : la soumission et l'humilité. Dans tous les autres manuscrits : « yulfiyā » avec un fā'. (45) Ainsi dans A. Ash-shā' 33 : nom collectif. Al-jāmil 34 : nom collectif des chameaux ; de même al-bāqir, nom collectif des bovins. Dans tous les autres manuscrits : « liyuṭghinā ... etc. » (46) Al-khatl 35 : la tromperie et la ruse. (47) Yūlī 36 : il jure et prête serment. (48) Aṭ-ṭala‘a 37 : la hauteur de terre. Akhshab (avec damma du shīn) 38 : pluriel de al-akhshabān, qui sont deux montagnes à La Mecque ; leur pluriel, bien qu'elles soient deux, est formé de manière irrégulière, car la règle serait akhāshib. On rapporte aussi avec fatḥa du shīn au singulier, mais on entend le duel en raison de la célébrité des deux montagnes. Al-majādil 39 : les palais et les forteresses au sommet des montagnes. Comme s'il voulait dire ce qui se trouve entre les montagnes de La Mecque et les palais du Shām et de l'Irak. (49) Ainsi dans A. Dans tous les autres manuscrits : « kāsiḥ » avec un sīn, ce qui est une altération. (50) Ad-daghāwil 40 : les affaires corrompues ; on dit aussi : ad-daghāwil : les calamités. (51) Ainsi dans A. Dans tous les autres manuscrits : « qibal » avec un bā', ce qui est une altération. (52) Ainsi dans les manuscrits. Al-‘ārimāt 41 : les fortes. On rapporte aussi : « ‘āzimāt » avec un zāy, c'est-à-dire celles qui ont résolu de les sauver. (53) Ainsi dans les manuscrits. Ad-dawākhil 42 : les calomnies et les corruptions qu'elles provoquent entre les gens. On rapporte aussi : « adh-dhawāḥil ». Adh-dhawāḥil : les inimitiés, dérivé de adh-dhiḥl, qui est la vengeance. (54) Ainsi dans A. Dans tous les autres manuscrits : « khasam », ce qui est une altération. (55) Dans A : « ashidda ». (56) Ainsi dans les manuscrits. Al-masājil 43 : ceux qui s'opposent à lui dans la dispute et le dominent ; l'origine vient de al-musājala, qui est le fait d'apporter la même chose que son compagnon. On rapporte aussi : « bi-l-masāḥil » avec un ḥā' non pointé. Al-masāḥil : les orateurs éloquents ; leur singulier est misḥāl. (57) Sāwamūka khuṭṭatan 44 : ils t'ont imposé une affaire. Wa lasta bi-wā'ilin 45 : tu n'es pas sauf. On dit : mā wa'ala min kadha : il n'en a pas réchappé. Dans le hadith : fa-lā wa'alat nafsu l-jabāni : qu'elle ne soit pas sauvée. (58) Ainsi dans A. Akhassa 46 : diminuer. Dans tous les autres manuscrits : « lā yakhīsu », qui vient de leur expression : khāsa bi-l-'ahdi, s'il le viole et le corrompt. On rapporte aussi : « yaḥuṣṣu » avec un ṣād, de ḥaṣṣa ash-sha‘ra : s'il le fait disparaître. (59) Al-‘ā'il 47 : celui qui est perplexe. (60) Qayḍan 48 : en échange. Al-ghayāṭil 49 : les Banū Sahm ; on les a ainsi nommés parce qu'un homme d'entre eux a tué un djinn qui avait tourné autour de la Maison sept fois, puis est sorti de la mosquée et l'a tué ; La Mecque s'est assombrie au point qu'ils ont été effrayés par l'intensité de l'obscurité qui les a frappés. Al-ghayṭala : l'obscurité intense. (61) Alabbū 50 : ils se sont rassemblés. Aṭ-ṭiml 51 : l'homme obscène, et aussi le pauvre. (62) Al-wāghil 52 : celui qui entre chez des gens pendant qu'ils boivent sans y être invité. (63) Mukhṭi'un li-l-mafāṣili 53 : c'est-à-dire loin de la voie droite et de la justesse. (64) Ḥaṭab 54 : nom collectif, comme rakab ; ce n'est pas un pluriel, car tu dis à son diminutif : ḥuṭayb. Ḥuṭṭāb 55 : pluriel de ḥāṭib. Al-marājil 56 : les marmites ; leur singulier est mirjal. On dit aussi : ce sont les marmites en cuivre spécifiquement. Le sens du vers : vous étiez unis, vous ne ramassiez du bois que pour une seule marmite ; maintenant vous êtes autrement. (65) Ainsi dans les manuscrits. Wa nata'iru 57 : nous prenons notre vengeance de vous. On rapporte aussi : « nabta'iru », c'est-à-dire nous le mettons en réserve jusqu'à ce que nous obtenions satisfaction de vous. On dit : ibta'artu ash-shay'a : si je l'ai caché et mis en réserve. (66) Al-laqḥa 58 : la chamelle laitière. Al-bāhil 59 : la chamelle qui n'a pas de sārr 60 sur ses trayons, elle est donc libre d'être traite. (67) Al-ḥulāḥil 61 : le maître dans son clan, le courageux, ferme dans son assemblée. Ce vers et le suivant sont omis de ... (68) Al-asā 62 : pluriel de uswa, c'est-à-dire que nous nous imitions les uns les autres dans la défense d'eux. Al-maṭāfil 63 : celles qui ont des enfants en bas âge. (69) Al-Suhaylī a dit : « On dit qawmun burā' (avec fatḥa et avec kasra). Quant à burā' (avec kasra), c'est un pluriel de barī', comme karīm et kirām. Quant à burā' (avec fatḥa), c'est un nom d'action comme salām. La hamza dans celui-ci et dans le précédent est la lettre radicale finale ; on dit : rajulun burā' et rajulāni burā'. Si tu la mets en kasra ou en damma, cela n'est pas permis dans le pluriel. Quant à burā' (avec damma du bā'), l'origine est burā'u comme karamā'u ; ils ont jugé lourd la réunion des deux hamza, ont donc supprimé la première, et son schème est devenu fu‘ā' ; il est déclinable car il ressemble à fu‘āl. L'attribution relative à lui, si on le prend comme nom propre, est burāwī. L'attribution relative aux deux autres est burā'ī et burā'ī. Certains ont prétendu que burā' (avec damma initiale) fait partie du pluriel venu sur le schème fu‘āl. » (70) Ce vers et les six vers suivants ne se trouvent pas dans A. (71) Al-kudā 64 : pluriel de kudya, qui est le rocher plat, dur et solide. Il les compare à cela pour l'utilité et la puissance. Al-kawāhil 65 : pluriel de kāhil, qui est le soutien du peuple et leur garantie. (72) Al-kharādil 66 : les grandes portions. (73) Hindakī (avec kasra du hā' et du dāl) 67 : originaire de l'Inde ; ce n'est pas dérivé de son mot, car le kāf ne fait pas partie des lettres d'augmentation, mais il peut être une marque d'attribution relative dans certains dialectes. (74) Ce vers est omis dans A. (75) Ainsi dans l'original ; peut-être veut-il désigner par elles les grandes affaires. Si ce mot est bien de ce vers, alors ce qu'il y a de plus proche est qu'il est fabriqué. On remarque que les vers que « A » a écartés et n'a pas confirmés portent, pour la plupart, sinon tous, la marque de la faiblesse et de la décadence par rapport au niveau du poème, au point que la conjecture à leur sujet atteint presque qu'ils sont interpolés. Cela est renforcé par le fait qu'al-Suhaylī et Abū Dharr ne les ont pas du tout mentionnés, ce qui indique qu'ils n'en ont trouvé aucun. (76) Ainsi dans A. Dans tous les autres manuscrits : « bisba ». (77) As-sūra (avec damma du sīn) 68 : le rang. As-sawra (avec fatḥa du sīn) : la violence et la force.
حدبت: عطفت ومنعت. والذرا: جمع ذروة، وهي أعلى ظهر البعير. والكلاكل: جمع كلكل، وهو عظم الصدر 69. هذا البيت والبيتان اللذان بعده ساقطة في أ 70. ميل: جمع أميل، وهو الجبان والذي لا يحسن الركوب، أو الذي لا يميل عن الحق 71. الصقب (بوزن فرح) القريب 72. الضواحي: جمع ضاحية، وهي الأرض البراز التي ليس فيها ما يكن من المطر ولا منجاة من للسيول. وقيل: ضاحية كل بلد: خارجة 73. هو من حسن الأدب في الدعاء: لأنها رحمة الله ونعمته المطلوبة منه، فكيف يطلب منه رفع نعمته وكشف رحمته؟ 74. قال السهيلي: «فان قيل كيف قال أبو طالب: وأبيض يستسقى الغمام بوجهه ولم يره قط استسقى وإنما كانت استسقا آته عليه الصلاة والسلام بالمدينة في سفر وحضر وفيها شوهد ما كان من سرعة إجابة الله له؟ فالجواب: أن أبا طالب قد شاهد من ذلك أيضا في حياة عبد المطلب ما دله على ما قال روى أبو سليمان حمد بن محمد بن إبراهيم البستي النيسابورى أن رقيقة بنت أبى صيفي بن هاشم قالت: تتابعت على قريش سنو جدب قد أقحلت الظلف وأرقت العظم، فبينا أنا راقدة للهم أو مهدمة ومعى صنوي. إذا أنا بهاتف صيت يصرخ بصوت صحل يقول: يا معشر قريش: إن هذا النبي المبعوث منكم، هذا إبان نجومه، فحيهلا بالحيا والخصب، ألا فانظروا منكم رجلا طوالا عظاما أبيض أشم العرنين له فخر يكظم عليه، ألا فليخص هو وولده وليدلف إليه من كل بطن رجل فليشنوا من الماء وليمسوا من الطيب وليطوفوا بالبيت سبعا إلا وفيهم الطيب الطاهر لذاته، ألا فليدع الرجل وليؤمن القوم، إلا فغثتم أبدا ما عشتم. قالت: فأصبحت مذعورة قد قف جلدي، ووله عقلي، فاقتصصت رؤياي، فو الحرمة والحرم، إن بقي أبطحي إلا قال هذا شيبة الحمد، وتتامت عنده قريش وانقض إليه الناس من كل بطن رجل فشنوا ومسوا واستلموا وطوفوا، ثم ارتقوا أبا قبيس وطفق القوم يدقون حوله ما إن يدرك سعيهم مهلة حتى قروا بذروة الجبل، واستكفوا جنابيه. فقام عبد المطلب فاعتضد ابن ابنه محمدا صلى الله عليه وسلم فرفعه على عاتقه وهو يومئذ غلام قد أيفع، أو قد كرب ثم قال: اللهم ساد الخلة وكاشف الكربة أنت عالم غير معلم، ومسئول غير مبخل، وهذه عبداؤك وإماؤك بعذرات حرمك يشكون إليك سنتهم فاسمعن اللهم وأمطرن علينا غيثا مريعا مغدقا. فما راموا والبيت حتى انفجرت السماء بمائها وكظ الوادي بثجيجه» 75. واسم الأسلت: عامر 76. المغلغلة. الرسالة. وقال السهيلي: «المغلغلة: الداخلة إلى أقصى ما يراد بلوغه منها» 77. الناصب: المعيى التعب 78. المعرس: المكان ينزل فيه المسافرون في آخر الليل، يقفون فيه وقفة للاستراحة ثم يرتحلون 79. شرجين: نوعين. والأزمل: الصوت المختلط. والمذكى: الذي يوقد النار. والحاطب: الذي يحطب لها. ضرب هذا مثلا لنار الحرب. كما قال الآخر: أرى خلل الرماد وميض نار ... ويوشك أن يكون لها ضرام فإن النار بالعودين تذكى ... وإن الحرب أولها كلام 80. الأشافي: جمع إشفى، وهي المخرز 81. أحرام الظباء: هي التي يحرم صيدها في الحرم. يقال لمن دخل في الشهر الحرام، أو في البلد الحرام محرم. والشوازب: الضامرة البطون. أي إن بلدكم بلد حرام تأمن فيه الظباء الشوازب التي تأتيه من بعد لتأمن فيه، فهي شازبة ضامرة من بعد المسافة، وإذا لم تحلوا بالظباء فيه فأحرى ألا تحلوا بدمائكم 82. المراحب: المواضع المتسعة 83. الغول: الهلاك 84. تبرى: تقطع. والسديف: لحم السنام. والغارب: أعلى الظهر 85. الأتحمية: ثياب رقاق تصنع باليمن. والشليل: درع قصيرة. والأصداء: جمع صدأ: الحديد 86. القتير: حلق الدرع، شبهها بعيون الجراد. وأخذ هذا المعنى التنوخي فقال: كأثواب الأراقم مزقتها ... فخاطتها بأعينها الجراد 87. بينت: اتضحت. وأم صاحب: أي عجوزا كأم صاحب لك، إذ لا يصحب الرجل إلا رجل في سنه 88. لا تشوى: لا تخطئ. وتنتحى: تقصد 89. سيعرض ابن إسحاق للكلام على داحس وحاطب بعد الانتهاء من القصيدة 90. كذا في الأصول. يريد أن مضارب سيوفه غير مذمومة ولا راجعة عليه إلا بالثناء والوصف بالمكارم. ويروى الضرائب. والضرائب: الطباع 91. كذا في الأصول. ويروى: «في الصلال» . والصلال: جمع صلة، وهي الأرض التي لا تمسك الماء 92. أذاعت به: بددته. والجنائب: جمع جنوب. يريد ريح الشمال وريح الجنوب 93. الثواقب: النجوم 94. الذوائب: الأعالي 95. الأحلام: العقول. وعوازب: بعيدة 96. سرة الشيء: خيره وأعلاه. وشم: مرتفعة. والأرانب: جمع أرنبة، وهي التي فيها ثقب الألف 97. غير أشائب: غير مختلطة، يعنى أنها خالصة النسب 98. الجباجب: المنازل. واحدها جبجبة 99. صلوا: ادعوا. والأخاشب: أراد الأخشبين، وهما جبلا مكة، فجمعهما مع ما حولهما 100. القاذفات: أعالى الجبال. والمناقب: الطرق في أعالى الجبالى، واحدها: منقبة 101. السافي: الذي أصابه الغبار. والحاصب الذي أصابته الحصباء، وهو على معنى النسب، كما قالوا: تامر ولابن. وقد يكون السافي: الذي يثير الغبار، والحاصب: الذي يثير الحصباء، أي يقتلعها 102. في أ: «ملجيش» 103. في أ: « ... بن عمرو بن جؤية ... إلخ» 104. الأطهار: جمع طهر. وهو كقول الأخطل: قوم إذا حاربوا شدوا مآزرهم ... دون النساء ولو باتت بأطهار 105. الهباءة: موضع في بلاد غطفان 106. لن ترثوا: من الرثاء. ومن رواه: تربوا، (بضم التاء) فهو من التربية. ومن رواه: تربوا (بفتح التاء) فمعناه تصيرونه ربا عليكم، أي أميرا 107. زيادة عن أ 108. في أ: «والبغي» 109. القصد: جمع قصدة، وهي القطعة المتكسرة. والعوالي: الرماح 110. كذا في أ. وفي سائر الأصول: «زيد» . وهو تحريف. (راجع شرح القاموس مادة: فسحم) 111. كذا في أ. وفي سائر الأصول: «قسحم» بالقاف في الموضعين وهو تصحيف. (راجع شرح القاموس مادة: فسحم) 112. ضبط في شرح: أسماء أهل بدر للجبرتى المخطوط والمحفوظ بدار الكتب المصرية (تحت رقم ١٤٢٠ تاريخ) بضم الميم وفتح الجيم وتشديد الذال المعجمة المفتوحة ثم راء. وذياد: بكسر الذال المعجمة وتخفيف المثناة من تحت بعدها ألف آخره دال مهملة، ويقال فيه ذياد بفتح الذال المعجمة وتشديد المثناة 113. غرة: غفلة 114. زيادة عن أ 115. يورع: يصرف ويرد 116. كذا في أوفي سائر الأصول: «من الحق» 117. المدلي: المرسل الدلو. والنازع: الجاذب لها 118. كذا في أ. وفي سائر الأصول: يوافي الحجر، وهو تحريف 119. غمزوه: طعنوا فيه 120. كذا في أ. والنهاية لابن الأثير (مادة رفأ) . ولعله مجاز عن الهلاك. ومنه في حديث القضاء: من تصدى للقضاء وتولاه، فقد تعرض للذبح فليتحذره. وفي سائر الأصول: «الذبيح» 121. الوصاة: الوصية 122. يرفؤه: يهدئه ويسكنه ويرفق به ويدعو له 123. زيادة عن أ 124. صدعوا: شقوا 125. الفرق: حيث يتفرق الشعر من مقدم الجبهة إلى وسط الرأس 126.
Al-Suhaylī a dit : « Un savant a dit : dans le fait de l’appeler al-Muddaththir 127 en cette circonstance, il y a une douceur et une familiarisation. Il est de coutume chez les Arabes, lorsqu’ils veulent témoigner de la douceur, d’appeler l’interlocuteur par un nom dérivé de l’état dans lequel il se trouve, comme lorsqu’il 128 a dit à Ḥudhayfa : “Lève-toi, ô dormeur !” et à ‘Alī ibn Abī Ṭālib, alors que son côté était couvert de poussière : “Lève-toi, Abū Turāb !” S’Il l’avait appelé par son nom, ou par un ordre dépourvu de cette douceur, alors qu’il était dans cet état d’angoisse, cela l’aurait terrifié. Mais lorsqu’il a été interpellé par “Ô toi, l’enveloppé !”, il s’est rassuré et a su que son Seigneur était satisfait de lui. Ne vois-tu pas comment, lorsqu’il a subi à Ṭā’if une épreuve et une angoisse intenses, il a dit : “Seigneur, si Tu n’es pas en colère contre moi, je ne me soucie de rien”, jusqu’à la fin de l’invocation ? Son seul désir était la satisfaction de son Seigneur, et c’est par elle que les difficultés lui devenaient faciles. » Puis il dit : « Si l’on objecte : comment “Ô toi, l’enveloppé !” (74:1) s’accorde-t-il avec “Lève-toi et avertis !” (74:2) ? Quel est le lien entre les deux sens pour qu’ils s’harmonisent selon les règles de la rhétorique et se correspondent selon les critères de l’éloquence ? Nous répondons : parmi ses qualités 128, il y a celle par laquelle il s’est décrit lui-même en disant : “Je suis l’avertisseur nu.” C’est un proverbe connu chez les Arabes : on dit de celui qui avertit de l’approche de l’ennemi et insiste dans l’avertissement : “C’est l’avertisseur nu.” En effet, l’avertisseur sérieux dépouille son vêtement et l’agite lorsqu’il craint que l’ennemi ne devance sa voix. On a dit que l’origine du proverbe est un homme de Khath‘am, dépouillé de son vêtement par l’ennemi, qui lui coupa la main, et il partit avertir son peuple dans cet état. Sa parole 128 : “Je suis l’avertisseur nu” signifie que mon exemple est celui-là. Or, l’avertisseur vêtu est le contraire de la nudité. Ainsi, dans Sa parole “Ô toi, l’enveloppé !” (74:1) avec Sa parole “Lève-toi et avertis !” (74:2), et le fait que l’avertisseur sérieux soit appelé “le nu”, il y a une correspondance évidente, une harmonie merveilleuse, une cohérence dans le sens et une noblesse dans l’expression. »
Le raisonnement aurait voulu qu'il dise « sana » 129 au lieu de « sinīn » 130. Mais « sinīn » est ici un substitut 131 de ce qui précède et n'est pas en annexion 132. Et dans le fait de délaisser l'annexion pour le substitut, il y a une sagesse immense, car s'il avait dit « sana », le discours aurait semblé être une réponse à une seule catégorie de gens. Or les gens sont de deux catégories : une catégorie qui connaissait la durée de leur séjour mais ignorait le nombre des années, et Il leur a fait savoir qu'elles étaient trois cents ; et une catégorie qui ne connaissait ni la durée de leur séjour ni rien de leur histoire. Lorsqu'Il a dit « trois cents », Il informait les premiers de la durée au sujet de laquelle ils doutaient, et expliquait aux autres que ces trois cents sont des années et non des jours ni des mois. Ainsi, l'explication pour les deux catégories s'est organisée par la mention du nombre, le pluriel du décompté 133, et il est apparu qu'il s'agissait d'un substitut, car le substitut vise à expliciter ce qui le précède. (Voir ar-Rawḍ 134)
↩ (٧) [p322] Ajout d'après A ↩ (٨) [p322] Ainsi dans A. Dans tous les autres manuscrits : « et Ibn Hilâl ». C'est une altération. ↩ (٩) [p322] Ainsi dans A. Dans tous les autres manuscrits : « 'Umar ». C'est une altération. ↩ (١٠) [p322] Ajout d'après A ↩ (١١) [p323] Ajout d'après A ↩ (١٢) [p323] Dans les manuscrits : « Khath'ama ». On a déjà parlé de cela. ↩ (١٣) [p324] Ainsi dans A et le Commentaire de la Sîra. Dans tous les autres manuscrits et al-Istî'âb : « Kathîr ». ↩ (١٤) [p324] Ajout d'après le Commentaire de la Sîra d'Abû Dharr ↩ (١٥) [p325] Ainsi dans A et al-Istî'âb. Dans tous les autres manuscrits : « Suwayt ibn Huraymila ». ↩ (١٦) [p325] Dans les manuscrits : « Khath'ama ». C'est une altération. On a déjà parlé de cela. ↩ (١٧) [p325] Ainsi dans A. Dans tous les autres manuscrits : « Khuzayma bint Jiha ». C'est une altération. ↩ (١٨) [p325] Dans les manuscrits : « Thawr ». La correction vient du Commentaire de la Sîra d'Abû Dharr al-Khushanî (p. 99, éd. Le Caire, 1329 H). ↩ (١٩) [p326] Dans les manuscrits : « ibn Hazl ibn Fâ'ish ». La correction vient du Commentaire de la Sîra. Ibn Hishâm en parlera quelques lignes plus loin. ↩ (٢٠) [p326] Ainsi dans A. Dans tous les autres manuscrits : « Ahwadh » avec le dhâl pointé. ↩ (٢١) [p326] Ainsi dans A. Dans tous les autres manuscrits : « Qâsh ». ↩ (٢٢) [p326] Abû Dharr a dit : « On rapporte aussi : Duhayr (diminutif). On rapporte aussi : Duhayr (avec un yâ' ouvert). La forme correcte est Duhayr, avec la fatḥa sur le dâl et la kasra sur le hâ'. ↩ (٢٣) [p326] Ainsi dans la plupart des manuscrits et al-Istî'âb. Dans A : « ... ibn 'Âmir ibn 'Amr ibn Ka'b... etc. » ↩ (٢٤) [p326] Ainsi dans al-Istî'âb. Dans la plupart des manuscrits : « Jubayla ». Dans A : « Hubayla ». ↩ (٢٥) [p326] Ainsi dans al-Istî'âb. Dans la plupart des manuscrits : « ... ibn 'Abd ibn al-Sharîd ». ↩ (٢٦) [p327] Les shammâs 135 sont les moines. Car ils s'exposent au soleil [yushammisûn] eux-mêmes, voulant par là torturer leurs âmes. ↩ (٢٧) [p327] Ainsi dans A. Dans tous les autres manuscrits : « sa mère ». C'est une altération. ↩ (٢٨) [p328] Dans les manuscrits : « Sa'îd ». C'est une altération. On a déjà parlé de cela dans cette partie. ↩ (٢٩) [p328] Ainsi dans A et al-Istî'âb. Dans tous les autres manuscrits : « ibn Qays ibn Hudhâfa ibn Qays ibn 'Adî... etc. » Il semble y avoir une interpolation dans la généalogie. ↩ (٣٠) [p328] Ainsi dans la plupart des manuscrits, al-Istî'âb et Usd al-ghâba : « al-Juz' ». Dans A : « al-Jazâ' ». Abû Dharr a dit : « Mahmiyya ibn al-Jazâ', et on rapporte aussi ici : ibn al-Jazz, avec fatḥa ou kasra sur le jîm et un zâ' redoublé. La forme correcte est al-Jazz, et Dieu sait mieux. » ↩ (٣١) [p329] L'auteur a mentionné à la page 345 de cette partie ceux qui ont émigré des Banû 'Âmir, et il a mentionné ce Abû Subra. ↩ (٣٢) [p329] Ainsi dans A et al-Istî'âb. Dans tous les autres manuscrits : « Rabî'a ». C'est une altération. ↩ (٣٣) [p329] Ainsi dans A et al-Istî'âb. Dans tous les autres manuscrits ici, et dans ce qui précède de tous les manuscrits : « et Abû Hâtib ». Ce sont deux variantes. (Voir Usd al-ghâba). ↩ (٣٤) [p329] Ajout d'après A ↩ (٣٥) [p330] Ajout d'après A ↩ (٣٦) [p330] Ainsi dans A et al-Istî'âb. Dans tous les autres manuscrits : « 'Amr ». C'est une altération. ↩ (٣٧) [p330] Ainsi dans A et al-Istî'âb. Dans tous les autres manuscrits : « ibn Fihr ibn Laqît ». Il y a une interpolation dans la généalogie. ↩ (٣٨) [p330] Dans les manuscrits : « Sa'îd ». (Voir la note n° 8, p. 256 de cette partie). ↩ (٣٩) [p330] Al-mughalghala 136 : la lettre envoyée d'un pays à un autre. ↩ (٤٠) [p331] 'Âla fî al-mîzân ya'ûlu : il a triché. ↩ (٤١) [p331] Ainsi dans A. Dans tous les autres manuscrits : « parmi les gens ». ↩ (٤٢) [p331] Ainsi dans A. 'Â'idhan est à l'accusatif pour un verbe sous-entendu. Dans tous les autres manuscrits : « et 'Â'idh ». ↩ (٤٣) [p331] Ainsi dans A. Dans tous les autres manuscrits : « yaghlû » (avec ghayn pointé). ↩ (٤٤) [p331] Ya'shabuhu : il le mélange. ↩ (٤٥) [p331] Ḥarra arḍihim : leur terre noble. Al-balâbil : les angoisses des chagrins. ↩ (٤٦) [p331] Lâ yuṭbâ : il n'est pas attiré ni sollicité. Al-ja'â'il : pluriel de ju'âla (avec fatḥa), c'est le pot-de-vin. ↩ (٤٧) [p331] Al-fajr : le don abondant. ↩ (٤٨) [p331] Al-Ḥijr : il veut dire les gens d'al-Ḥijr, c'est-à-dire Thamûd. ↩ (٤٩) [p331] Abraq : j'ai menacé. ↩ (٥٠) [p331] Al-naqr : la recherche d'une chose. On rapporte aussi : « al-nafr » avec fâ'. ↩ (٥١) [p332] Il a voulu dire : « Quelle merveille pour celui qui est venu ! » Les Arabes se contentent de cette lâm dans l'exclamation, comme dans la parole du Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) : « Pour cet esclave abyssin, il est venu de sa terre et de son ciel vers la terre dont il a été créé. » Il l'a dit à propos d'un esclave abyssin enterré à Médine. Et il a dit lors des funérailles de Sa'd ibn Mu'âdh, alors qu'il se tenait sur sa tombe et reculait, puis il a dit : « Gloire à Dieu ! Pour ce serviteur pieux, la tombe s'est resserrée sur lui, puis elle s'est élargie. » ↩ (٥٢) [p332] Abû Dharr a dit : « Al-Sharmân (avec fatḥa) : un lieu. Celui qui le rapporte al-Sharmân (avec kasra du nûn) c'est le duel de sharm, qui est le gouffre de la mer. Al-Barak : l'ensemble des chameaux accroupis, et on dit que c'est un nom de lieu ici, ce qui est plus probable. Sa parole : « et al-Barak akta' » est une variante étrange, car il a renforcé par akta' sans que ajma' ne le précède. » ↩ (٥٣) [p332] Ṣarḥ bayḍâ' : il veut dire la ville d'Abyssinie. À l'origine, al-ṣarḥ : le palais. Il veut dire qu'il habite près du palais du Negus. On rapporte aussi : ṣarḥ bayṭâ' (avec fatḥa ou kasra du bâ'). Al-bayṭâ' : le nom d'un navire. ↩ (٥٤) [p332] Taqdhâ' : elle est détestée, comme si c'était de aqdhadtu al-shay' : quand tu le trouves qadhi'. On dit aussi : qadhatu al-rajul : quand tu l'as insulté. Il veut dire que la terre d'Abyssinie est détestée. On rapporte aussi : « naqda' » avec dâl non pointé, et taqda' : elle repousse. Al-Suhaylî a dit, en substance : « Je pense que 'ṣarḥ bayḍâ' taqdhâ' ' est une altération de 'ṣarḥ bayṭâ' taqda' '. » ↩ (٥٥) [p332] Rîshahâ : celui qui le rapporte avec fatḥa sur le râ', c'est le masdar de râshahu yarîshuhu rîshan : quand il lui a été utile et l'a réparé. Celui qui le rapporte avec kasra sur le râ', c'est le pluriel de rîsha. ↩ (٥٦) [p332] Tafza' : elle secourt et aide. On rapporte aussi : « taqra' » : elle frappe. ↩ (٥٧) [p332] Al-awbâsh : les faibles qui entrent dans le groupe sans en être. ↩ (٥٨) [p332] Ainsi dans A et T. On a appelé Taym ibn 'Amr « Jumah », car son frère Sahm ibn 'Amr, qui s'appelait Zayd, l'a devancé vers un but, et Taym a dévié [jamaha] de celui-ci, donc on l'a appelé Jumah, et Zayd s'est arrêté à lui, donc on a dit : « Zayd a tiré au sort [sahama] », donc on l'a appelé Sahm. Dans tous les autres manuscrits : « et Taym ibn 'Amr, qui était appelé 'Uthmân ibn Jumah ». C'est une altération. ↩ (١) [p333] 'Abd Allâh ibn Abî Rabî'a : son nom était Buḥayrâ, et le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) l'a nommé 'Abd Allâh lorsqu'il s'est converti. Son père : Abû Rabî'a Dhû al-Rumḥayn. À son sujet, Ibn al-Ziba'râ a dit : « Buḥayrâ ibn Dhî al-Rumḥayn, que mon conseil se rapproche... et sa faveur est venue sur nous, et il est gagnant. » Le nom d'Abû Rabî'a : 'Amr, et on dit Ḥudhayfa. La mère de 'Abd Allâh ibn Abî Rabî'a est Asmâ' bint Mukharriba al-Tamîmiyya, et elle est aussi la mère d'Abû Jahl ibn Hishâm. Ce 'Abd Allâh ibn Abî Rabî'a est le père de 'Umar ibn 'Abd Allâh ibn Abî Rabî'a le poète, et le père d'al-Ḥârith, gouverneur de Basra connu sous le nom d'al-Quba' 137. Il fut gouverneur de l'armée sous 'Umar et sous 'Uthmân. Lorsqu'il apprit le siège de 'Uthmân, il vint pour le secourir, mais il tomba de sa monture et mourut. ↩ (٢) [p333] Al-baṭâriqa 138 : pluriel de biṭrîq, qui est le commandant ou l'habile à la guerre. ↩ (٣) [p333] On dit que Quraysh envoya avec Ibn Abî Rabî'a et 'Amr ibn al-'Âṣ, 'Umâra ibn al-Walîd ibn al-Mughîra, que Quraysh avait proposé à Abû Ṭâlib de prendre en échange de la livraison de Muḥammad pour le tuer. Il semble que leur envoi avec 'Amr eut lieu une autre fois. On rapporte à ce sujet que 'Amr voyagea avec sa femme. Lorsqu'ils montèrent en mer, 'Umâra convoitait la femme de 'Amr et elle le convoitait. Ils décidèrent de jeter 'Amr à la mer. Ils le poussèrent, il tomba, puis nagea et appela les gens du navire, qui le prirent et le remontèrent à bord. 'Amr garda cela en lui sans le montrer à 'Umâra. Lorsqu'ils arrivèrent en Abyssinie, 'Amr lui joua un tour, dans une longue histoire rapportée par Abû al-Faraj al-Iṣfahânî dans son livre al-Aghânî. ↩ (٤) [p333] Al-na'y : l'éloignement. ↩ (٥) [p334] Ainsi dans A. Dans tous les autres manuscrits : « a-t-il donc obtenu des actions ? » ↩ (٦) [p334] 'Âqa : il a empêché. Shâghaba : de al-shaghb. On rapporte aussi : shâ'aba (avec 'ayn non pointé). Al-shâ'ib : celui qui sépare. ↩ (٧) [p334] Abayta al-la'na 139 : c'est une salutation dont on saluait les rois à l'époque préislamique. Son sens est : « Puisses-tu refuser de faire ce pour quoi tu serais blâmé. » On dit aussi : « Puisses-tu refuser que soit blâmé celui qui te cherche. » Al-mujânib : celui qui entre dans la protection d'un homme, qui se range à son côté. ↩ (٨) [p334] Lâzib : collant. ↩ (٩) [p334] Al-fayḍ : le généreux. Al-sijâl : les dons ; leur singulier : sijl. À l'origine, al-sijl : le seau rempli, puis il est employé métaphoriquement pour le don. ↩ (١٠) [p334] Al-adam : les peaux ; c'est un nom collectif. ↩ (١١) [p334] Ḍawâ : il a cherché refuge, s'est collé, est venu de nuit. ↩ (١٢) [p335] A'lâ bihim 'aynan : il les a vus, c'est-à-dire que leurs yeux et leurs regards sont au-dessus des yeux des autres. ↩ (١٣) [p335] Al-asâqifa 140 : les savants des chrétiens qui établissent leur religion pour eux ; leur singulier : usquf, et on peut aussi le dire avec redoublement du fâ'. ↩ (١٤) [p336] Ajout d'après A ↩ (١٥) [p336] Ajout d'après A ↩ (١٦) [p336] Ainsi dans la plupart des manuscrits. Wa-khḍalat liḥyatuhu : elle s'est mouillée. Dans A : « ḥattâ akhḍala liḥyatahu » : c'est-à-dire qu'il l'a mouillée. ↩ (١٧) [p336] Dans A : « Mûsâ ».
La lampe 141 : il a dit dans Lisān al-ʿArab : « Dans le hadith du Négus 142 : “Il ne sort que d’une seule lampe.” La lampe est la niche non traversante, et on dit que c’est le crochet auquel on suspend la lanterne. » Il voulait dire que le Coran et l’Évangile sont la parole de Dieu Très-Haut, et qu’ils proviennent d’une seule chose.
Ibn Sinjar a rapporté un supplément concernant la conversion à l'islam de 'Umar. Il a dit : Abū al-Mughīra nous a raconté, d'après Ṣafwān ibn 'Amr, d'après Shurayḥ ibn 'Ubayd, que 'Umar ibn al-Khaṭṭāb a dit : « Je sortis pour me poster sur le chemin du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avant ma conversion à l'islam, mais je le trouvai qui m'avait devancé à la mosquée. Je me tins derrière lui, et il commença à réciter la sourate al-Ḥāqqa 143. Je me mis à m'émerveiller de la composition du Coran. » Il dit : « Je me dis : 'Par Allah, c'est un poète, comme l'ont dit les Qurayshites.' Alors il récita : 'Ceci est la parole d'un noble Messager, et ce n'est point la parole d'un poète ; mais vous croyez peu' (69:40-41). » Il dit : « Je me dis : 'C'est un devin 144 qui sait ce qui est dans mon âme.' Alors il récita : 'Ni la parole d'un devin ; mais vous vous souvenez peu' (69:42) jusqu'à la fin de la sourate. » Il dit : « Alors l'islam s'implanta dans mon cœur de la manière la plus ferme. » Et ils rapportent que 'Umar, lorsqu'il se convertit, dit : « Louange à Allah, le Bienfaiteur, à qui nous devons des bienfaits sans nombre. Nous avons commencé par le démentir, mais il nous a dit la vérité, un Prophète qui détient la science. J'avais opprimé la fille d'al-Khaṭṭāb, puis mon Seigneur me guida, le soir où l'on dit : 'Ṣaba'a 145 'Umar.' Je regrettai ce que j'avais fait par égarement, en l'opprimant, alors que les sourates étaient récitées devant elle. Lorsqu'elle invoqua son Seigneur, le Maître du Trône, avec ferveur, tandis que les larmes coulaient rapidement de ses yeux, je sus que Celui qu'elle invoquait était son Créateur. Les larmes perlées faillirent me devancer. Je dis : 'Je témoigne qu'Allah est notre Créateur, et qu'Aḥmad 146 est aujourd'hui célèbre parmi nous, un Prophète de vérité, venu avec la vérité d'une source sûre, apportant le dépôt, sans faiblesse dans sa résolution.' » (Voir al-Rawḍ al-Unuf.)
الفهر: حجر على مقدار ملء الكف. والمعروف في الفهر التأنيث، إلا أنه وقع هنا مذكرا 147. كذا في أ، وفي سائر الأصول: «فقالت» 148. قلينا: أبغضنا 149. كذا في أ، وفي سائر الأصول: «صرف» 150. اختضعت: تذللت. وتأجج: تتوقد. والشواظ: لهب النار 151. البيت ال 42 من الأرجوزة ال 23 يمدح بها أبان بن الوليد البجلي (ديوانه طبع ليبسج سنة 1903 ص 64) 152. كذا في أ، وفي سائر الأصول: «وأصحابك» 153. في الأصول: «ابن كلدة بن علقمة» وهو تحريف 154. زيادة عن أ 155. كذا في شرح السيرة لأبي ذر. والسنديد (بلغة فارس): طلوع الشمس، وهم ينسبون إليه كل جميل. وفي الأصول: «الشديد» 156. ديوانه طبعة ليبسج سنة 1903 وهو البيت السادس في الأرجوزة 44 يعتذر فيها إلى مولاه، ويلوم حساده 157. كذا في أ، ط. وفي سائر الأصول: «لنا العداة»، وهو تحريف 158. الشكاة: الشدة. وفي اللسان: « لنار الأعادي أن تطير شداتها » 159. المحضأ: العود الذي تحرك به النار لتلتهب 160. كذا في أ، ط. وفي سائر الأصول: «فأبصرت»، ولا يستقيم بها الكلام 161. زيادة عن أ، ط 162. كذا في أ. وفي سائر الأصول: «قوله» 163. زيادة عن أ 164. العديد: من يعد في القوم، وهو الدعي 165. الأكارع: جمع كراع. والكراع من الإنسان: ما دون الركبة إلى الكعب، ومن الدواب: ما دون الكعب 166. زيادة عن أ 167. في الأصول: « ... قال: وجهي ... إلخ» 168. أرفت: تحطم وتكسر 169. أرم: بلى 170. كذا في أ، ط. وفي سائر الأصول: «بيده» 171. العجوة: ضرب من التمر 172. تزقم: ابتلع 173. زيادة عن أ، ط 174. كذا في أكثر الأصول. وفي أ: «إن أدنى ما رأيتم رأون شبها بالمهل لهذا» 175. صهر: ذائب. وقد زادت «م» بعد هذا البيت: وقال عبد الله بن الزبير «بفتح الزاي» الأسدي: فمن عاش منهم عاش عبدا وإن يمت ... ففي النار يسقى مهلها وصديدها وهذا البيت في قصيدة له 176. العلل: الشرب بعد الشرب. والمتون: الظهور. والنهال: جمع نهل، وهو الشرب الأول 177. قال السهيلي: «وسبب ذلك: أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قرأ سورة النجم، فألقى الشيطان في أمنيته: أي في تلاوته، عند ذكر اللات والعزى، وأنهم لهم الغرانقة العلا وأن شفاعتهم لترتجى. فطار ذلك بمكة، فسر المشركون وقالوا: قد ذكر آلهتنا بخير. فسجد رسول الله صلى الله عليه وسلم في آخرها، وسجد المشركون والمسلمون، وأنزل الله تعالى: فينسخ الله ما يلقي الشيطان 22: 52 ... الآية. فمن هاهنا اتصل بهم في أرض الحبشة أن قريشا قد أسلموا. ذكره موسى بن عقبة وابن إسحاق من غير رواية البكائي، وأهل الأصول يدفعون هذا الحديث بالحجة، ومن صححه قال فيه أقوالا، منها أن الشيطان قال ذلك وأذاعه، والرسول عليه الصلاة والسلام لم ينطق به. وهذا جيد لولا أن في حديثهم أن جبريل قال لمحمد: ما أتيتك بهذا! إن النبي صلى الله عليه وسلم قالها من قبل نفسه، وعنى بها الملائكة أن شفاعتهم لترتجى. ومنها: 178. كذا في أكثر الأصول. وفي أ: «من» 179. زيادة عن أ 180. كذا في أ، ط، والاستيعاب، وأسد الغابة، والإصابة. وهو سويبط بن سعد بن حرملة بن مالك بن عميلة بن السباق بن عبد الدار بن قصي بن كلاب القرشي، وأمه امرأة من خزاعة تسمى هنيدة. ولقد شهد سويبط رضى الله عنه بدرا، وكان مزاحا يفرط في الدعابة، وله قصة ظريفة مع نعيمان وأبي بكر للصديق رضى الله عنهم، وهي: أن أبا بكر رضى الله عنه خرج في تجارة إلى بصرى قبل موت النبي صلى الله عليه وسلم بعام، ومعه نعيمان وسويبط، وكانا قد شهدا بدرا، وكان نعيمان على الزاد، فقال له سويبط: أطعمني، فقال: لا، حتى يجيء أبو بكر، فقال: أما والله لأغيظنك، فمروا بقوم فقال لهم سويبط: تشترون مني عبدا؟ فقالوا: نعم: قال: إنه عبد له كلام، وهو قائل لكم إني حر، فان 181. في أ: «طليب بن وهب بن أبي كبير بن عبد». في سائر الأصول والاستيعاب: «طليب بن وهب بن أبي كثير بن عبد». والظاهر أن كليهما محرف عما أثبتناه. قال السهيلي: وذكر فيهم طليبا، وقال في نسبه: ابن أبي كبير بن عبد بن قصي، وزيادة «أبي كبير» في هذا الموضع لا يوافق عليه وكذلك وجدت في حاشية كتاب الشيخ التنبيه على هذا. وذكره أبو عمر، ونسبه كما نسبه ابن إسحاق بزيادة أبي كبير». وقال أبو ذر: «في نسب طليب: ابن وهب بن أبي كبير بن عبد. كذا وقع، وإنما هو ابن عبد بن قصي» ولقد شهد طيب بدرا، وقتل بأجنادين شهيدا ليس له عقب، وقيل: قتل باليرموك. ويقال: إن طليبا لما أسلم في دار الأرقم خرج فدخل على أمه أروى بنت عبد المطلب، فقال: اتبعت محمدا وأسلمت لله عز وجل، فقالت أمه: إن أحق من وازرت وعضدت ابن خالك، والله لو كنا نقدر على ما يقدر عليه الرجال لمنعناه وذببنا عنه 182. زيادة عن أ، ط. والاستيعاب، والإصابة، وأسد الغابة 183. واسم شماس: عامر، وشماس: لقب غلب عليه. وأمه صفية بنت ربيعة بن عبد شمس، ولقد شهد بدرا، وقتل يوم أحد شهيدا، وكان يوم قتل ابن أربع وثلاثين سنة. وكان رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: ما وجدت لشماس شبها إلا الجنة. يعنى مما يقاتل عن رسول الله صلى الله عليه وسلم يومئذ وكان رسول الله صلى الله عليه وسلم لا يرمى ببصره يمينا ولا شمالا إلا رأى شماسا في ذلك الوجه يذب بسيفه، حتى غشي رسول الله صلى الله عليه وسلم فترس بنفسه دونه حتى قتل، فحمل إلى المدينة وبه رمق، فأدخل على عائشة رضى الله عنها، فقالت أم سلمة: ابن عمي يدخل على غيري! فقال رسول الله صلى الله عليه 184. كان سلمة من خيار الصحابة وفضلائهم، وكان أحد إخوة خمسة: أبي جهل والحارث وسلمة والعاص وخالد، فأما أبو جهل والعاص فقتلا ببدر كافرين، وأسر خالد يومئذ، ثم فدى ومات كافرا، وأسلم الحارث وسلمة، وكانا من خيار المسلمين رضى الله عنهما. وكان سلمة قديم الإسلام، واحتبس بمكة، وعذب في الله عز وجل، وكان رسول الله صلى الله عليه وسلم يدعو له في صلاته، وقتل يوم خرج في خلافة عمر، وقيل: بل قتل بأجنادين قبل موت أبي بكر رضى الله عنه بأربع وعشرين ساعة سنة 13 هـ 185. يذكر في ذلك أنهما قالا له حتى خدعاه: إن أمه حلفت ألا يدخل رأسها دهن ولا تغتسل حتى تراه، فرجع معهما، فأوثقاه رباطا، وحبساه بمكة، فكان رسول الله صلى الله عليه وسلم يدعو له 186. كان خنيس بن حذافة على حفصة زوج النبي صلى الله عليه وسلم، وقد شهد بدرا، ثم شهد أحدا، ونالته ثمة جراحة مات منها بالمدينة 187. في نسب عامر هذا خلاف، فمنهم من ينسبه إلى عنز بن وائل، كما ينسبه بعضهم إلى مذحج في اليمن، إلا أنه لا خلاف في أنه حليف للخطاب بن نفيل. ولقد شهد بدرا وسائر المشاهد، وتوفى سنة ثلاث وثلاثين، وقيل: سنة اثنتين وثلاثين، كما قيل سنة خمس وثلاثين، بعد قتل عثمان بأيام 188. يقال: إنها أول ظعينة دخلت المدينة مهاجرة، وقيل: بل تلك أم سلمى 189. زيادة عن الاستيعاب 190. يكنى عبد الله: أبا محمد، وأمه أم نهيك بنت صفوان من بني مالك بن كنانة، ولقد آخى رسول الله صلى الله عليه وسلم بينه وبين فروة بن عمر، ولقد شهد بدرا وسائر المشاهد، واستشهد يوم اليمامة سنة اثنتي عشرة، وهو ابن إحدى وأربعين سنة، ومن ولده: نوفل بن مساحق بن عبد الله بن مخرمة 191.
Il était surnommé Abū Suhayl. Celui qui le retint prisonnier était son père, qui le saisit lorsqu'il revint d'Abyssinie à La Mecque, l'enchaîna chez lui et le tenta dans sa religion. Il assista avec le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — à tous les combats sauf Badr, et il fut parmi les meilleurs Compagnons. Il fut l'un des témoins du traité de Hudaybiyya 192, et c'est lui qui obtint la sauvegarde pour son père le jour de la Conquête 193. Il vint auprès du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — et dit : « Ô Messager d'Allah, accordes-tu la sécurité à mon père ? » Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — répondit : « Oui, il est en sécurité par la sécurité de Dieu, qu'il se montre donc. » Puis le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit à ceux qui l'entouraient : « Que celui qui voit Suhayl ibn 'Amr ne le regarde pas fixement, car par ma vie, Suhayl a de l'intelligence et de l'honneur. » 'Abd Allah fut martyrisé le jour de Yamāma 194 en l'an douze, à l'âge de trente-huit ans. 195 Ceci est le dire d'Ibn Isḥāq et d'al-Wāqidī. Quant à Mūsā ibn 'Uqba et Abū Ma'shar, ils disent que al-Sakrān mourut en Abyssinie. 196 Ainsi dans les sources. Dans al-Istī'āb : « Sa'd ibn Khawlī ». Ibn 'Abd al-Barr dit : « Sa'd ibn Khawlī était parmi les premiers Émigrés. Ibrāhīm ibn Sa'd rapporte d'après Ibn Isḥāq : Parmi ceux qui assistèrent à Badr des Banū 'Āmir ibn Lu'ayy : Sa'd ibn Khawlī, allié à eux, originaire du Yémen. » 197 On dit aussi : 'Āmir ibn al-Ḥārith. Ibn 'Uqba et Abū Ma'shar ne le mentionnèrent pas parmi ceux qui émigrèrent en Abyssinie, mais Ibn 'Uqba le mentionna parmi les combattants de Badr. 198 Suhayl était surnommé Abū Umayya, selon certains. Al-Bayḍā' était sa mère, à laquelle il était attribué ; son nom était Da'd bint al-Jaḥdam. Suhayl vint auprès du Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — et resta avec lui jusqu'à l'Émigration 199, puis mourut à Médine du vivant du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — en l'an neuf de l'Hégire. 200 On dit aussi : Suhayl ibn 'Amr ibn Wahb ibn Rabī'a ibn Hilāl. 201 'Amr était surnommé Abū Sa'īd. Il assista avec son frère Wahb ibn Abī Sarḥ à Badr, et mourut à Médine en l'an trente sous le califat de 'Uthmān. 202 Ainsi dans al-Istī'āb. Dans les autres sources : « Abū Salama ibn 'Abd al-Asad ibn Hilāl al-Makhzūmī ». 203 Sīra d'Ibn Hishām — 1 204 Ajout d'après A 205 Shariya : augmenta et devint grand 206 Ainsi dans A. Dans les autres sources : « fa-khaṣarahā ». C'est une altération. 207 Ajout d'après A 208 Ainsi dans A, Ṭ. Dans les autres sources : « hādhā muni'a... etc. » 209 Ainsi dans A, Ṭ. Dans les autres sources : « tatawāthabūn » 210 Yas'am : est chargé 211 Al-sawād (ici) : la personne 212 Ainsi dans A, Ṭ. Al-niṣf : la justice. Dans les autres sources : « niṣf mā tarā ». Al-mawāsim : lieux de leur rassemblement lors du pèlerinage ou dans les marchés célèbres. 213 Ainsi dans A, Ṭ. Dans les autres sources : « yanāl » 214 Cette expression est omise dans A. Dans Lisān : « yubzā Muḥammad ». Shammar dit : son sens est : il est vaincu et humilié. Il voulait dire : qu'il ne soit pas vaincu. 215 Ajout d'après A 216 Ainsi dans A, Ṭ. Dans les autres sources : « muhājiran ma'ahu ». Le discours n'est pas correct avec cette addition. 217 Le nom d'Ibn al-Dughunna est Mālik. Al-Qasṭallānī l'a fixé avec la fatḥa du dāl, la kasra du ghayn et la fatḥa du nūn allégé, le ghayn avec la ḍamma du dāl et la fatḥa du nūn renforcé. 218 Ajout d'après A 219 On dit qu'ils firent alliance près d'une petite montagne appelée Ḥabashī, d'où ils tirèrent ce nom. 220 Ainsi dans la plupart des sources : c'est-à-dire tu acquiers à autrui ce qui est inexistant chez lui. Ibn Sirāj dit : al-ma'dūm ici signifie le précieux. Dans les autres sources : « wa-taksib al-ma'dim » 221 Dans A : « qāla », c'est une altération. 222 Ce mot est omis dans A 223 Dans les sources : « qāla ». On remarque que le rapporteur du récit est 'Ā'isha. 224 Dans A : « wa-l-'Āṣ ibn Wā'il ». Le discours n'est pas correct avec cela. 225 Ce mot est omis dans A 226 Ainsi dans A, Ṭ, et al-Istī'āb. Dans les autres sources : « Hāshim », c'est une altération. 227 Ainsi dans A, Ṭ, et al-Istī'āb. Dans les autres sources : « Khubayb » avec le khā' pointé. 228 Ajout d'après A 229 Ainsi dans A. Dans les autres sources : « wa-kāna Hāshim li-Banī Hishām », c'est une altération. 230 Ainsi dans A. Dans les autres sources : « barran ». Al-Suhaylī dit : « bazā » (avec le zā' pointé), et dans une autre copie du cheikh Abī Baḥr : « barran », et dans la transmission de Yūnus : « bazā aw barran » sur le doute du rapporteur. 231 Ajout d'après A 232 Ainsi dans A, Ṭ. Dans les autres sources : « ilayka » 233 Ainsi dans A, Ṭ. Dans les autres sources : « la-tajidannahā » 234 Ainsi dans A. Dans les autres sources : « wa-qāla », c'est une altération. 235 Al-Ḥajūn : un lieu en haut de La Mecque. Khaṭmuhu : son devant. 236 Dans A : « wa-ta'āhadū » 237 Dans A : « fī amr al-ṣaḥīfa » 238 Ajout d'après A 239 Al-Suhaylī dit : « Les généalogistes de Quraysh ont deux avis sur le scribe du pacte : l'un dit que le scribe du pacte était Bughayḍ ibn 'Āmir ibn Hāshim ibn 'Abd al-Dār, et le second dit que c'était Manṣūr ibn 'Abd Shuraḥbīl ibn Hāshim des Banū 'Abd al-Dār également, ce qui contredit le dire d'Ibn Isḥāq. Al-Zubayr n'a mentionné pour le scribe du pacte que ces deux avis, et les Zubayriens sont plus savants sur les généalogies de leur peuple. » 240 On rapporte que les croyants souffrirent de l'étroitesse du siège, au point qu'ils mangeaient des feuilles d'arbres et des feuilles de samur, au point que l'un d'eux déféquait comme la brebis. Parmi eux se trouvait Sa'd ibn Abī Waqqāṣ, qui a rapporté : « J'ai eu si faim qu'une nuit j'ai marché sur quelque chose d'humide, je l'ai mis dans ma bouche et avalé, et je ne sais toujours pas ce que c'était. » Lorsque les caravanes arrivaient à La Mecque et que l'un d'eux venait au marché pour acheter de la nourriture pour sa famille, Abū Lahab, l'ennemi de Dieu, se levait et disait : « Ô marchands, renchérissez sur les compagnons de Muḥammad afin qu'ils n'obtiennent rien de vous, vous connaissez ma fortune et la fidélité de ma parole, je garantis que vous ne perdrez rien. » Alors ils augmentaient pour eux le prix de la marchandise plusieurs fois, jusqu'à ce qu'il retourne vers ses enfants qui pleuraient de faim, sans rien dans les mains pour les nourrir. Et les marchands venaient le matin chez Abū Lahab, qui leur faisait gagner sur ce qu'ils avaient acheté comme nourriture et vêtements, jusqu'à ce que les musulmans et ceux qui étaient avec eux souffrent de faim et de nudité. 241 Al-baḥrī (ici) : celui qui avait émigré parmi les musulmans vers l'Abyssinie par la mer. Arwad : plus doux. 242 Al-qarqar : doux et facile. Il veut dire : celui qui n'y est pas humilié. Il est possible qu'il veuille dire : qui n'est pas frivole, car al-qarqara : le rire. 243 Il veut dire sa part de malheur et de mal. Dans la Révélation : « Nous lui avons attaché son augure au cou » (17:13). 244 Al-muqallad : le cou. 245 Al-farā'iṣ : pluriel de farīṣa, qui est un morceau de chair dans le flanc qui tremble quand l'homme a peur. 246 Ainsi dans A, Ṭ. Dans les autres sources : « fīhā » 247 Al-ḥarrāth : l'acquéreur. At'hama : il vint à Tihāma, qui est la partie basse du Ḥijāz jusqu'à la mer. Anjada : il vint à Najd, qui est la partie haute du Ḥijāz vers l'est. 248 Al-Akhshabān : deux montagnes à La Mecque. Al-katība : l'armée. 249 Ḥuduj (avec deux ḍammas) : pluriel de ḥidj (avec kasra), qui est la charge (avec kasra) : c'est-à-dire qu'une flèche, un arc et un murhid tiennent lieu de charge. On dit aussi que c'est de al-ḥadaj au sens de al-ḥasak (chardon), faisant de la flèche et autre comme des chardons. 250 Ainsi dans la plupart des sources. Dans A, Ṭ : « muzhad ». Al-Suhaylī dit : « ... et murhid est ainsi dans l'original avec le rā' et la kasra du mīm, il est possible qu'il vienne de rahada al-thawb : s'il le déchire, et on entend par là une lance ou une épée, et il est possible qu'il vienne de al-rahīd, qui est le doux, c'est-à-dire qu'il rend son possesseur doux par la victoire, ou qu'il est lui-même doux par l'abreuvement de sang. Dans certaines copies (muzhad) avec la fatḥa du mīm et le zā', si la transmission est correcte ainsi, son sens est : qui méprise la vie et convoite la mort. » Abū Dharr dit : « Murhid : une lance souple. Celui qui le rapporte : farhad, son sens est : la lance qui, lorsqu'on frappe avec, élargit la blessure. Celui qui le rapporte : muzhad, avec le zā', c'est faible sans signification, à moins qu'on ne veuille la force par dérivation. » 251 Ainsi dans A, Ṭ. Il voulait dire : yansha', il a supprimé la hamza. Dans les autres sources : « yansā » avec le sīn non pointé. 252 Ainsi dans Ṭ. Dans les autres sources : « fa-lam tanfakk tazdād khayran wa-tuḥmad » 253 Al-mufīḍūn : ceux qui jouent avec les flèches du jeu de hasard. Seul le généreux jouait avec eux au jeu de hasard, et on appelait celui qui n'entrait pas avec eux dans cela : al-barim. Une femme dit à son mari, qui était avare et radin, et elle le vit attacher deux bouchées en mangeant : « A-bariman qarūnā ! » 254 Ainsi dans Ṭ. Dans les autres sources : « tatāba'ū » 255 Al-maqāwila : les rois.
Ainsi dans le manuscrit T. Le « rafraf » 256 du bouclier : ce qui en dépasse. « Aḥrad » 257 : lent à la marche à cause du poids du bouclier qu’il porte. Dans les autres manuscrits : « ... ajrad » (avec un jīm), ce qui est une altération.
Il mourut sous le califat de Mu‘āwiya. C'est lui qui répudia sa femme d'un divorce irrévocable 258, et le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) l'interrogea.
- Nu‘aym : Nu‘aym ibn ‘Abd Allâh an-Naḥḥâm, compagnon de la première période.
- Ajnâdayn : Bataille entre musulmans et Byzantins en Palestine, en l’an 13 de l’hégire.
- Yarmûk : Bataille majeure contre les Byzantins en l’an 15 de l’hégire.
- as-samar : Arbre de la famille des acacias, épineux.
- ṭalḥ : Acacia, arbre épineux.
- ad-dumha : Couleur tirant sur le noir, souvent utilisée pour décrire une végétation très verte.
- aṣ-ṣifāḥ : Pluriel de ṣafḥ, flanc de montagne.
- ar-rimāḥ : Pluriel de rumḥ, lance.
- as-sarḥ : Grands arbres sans épines.
- ash-shabraq : Plante dont la partie sèche est appelée al-ḥalī et la partie humide ash-shabraq.
- al-wakhd : Marche rapide.
- al-jawāfil : Pluriel de jāfila, celles qui s'en vont rapidement.
- al-‘udī : Pluriel de ‘ād, de ‘adā ‘alayhi ya‘dū, attaquer.
- Turk wa Kābul : Deux peuples, les Turcs et les habitants de Kaboul.
- al-balābil : Pluriel de balbāl, obsessions, soucis.
- nubzā Muḥammadan : Nous le dépouillons et le dominons.
- nunāḍilu : Nous tirons à l'arc.
- al-ḥalā'il : Pluriel de ḥalīla, épouses.
- ar-rawāyā : Pluriel de rāwiya, chameaux portant l'eau.
- aṣ-ṣalāṣil : Pluriel de ṣalṣala, outres qui font un bruit avec l'eau.
- aḍ-ḍighn : Inimitié, rancune.
- rakiba rad‘ahu : Tomber face contre terre.
- al-ankab : Celui qui penche d'un côté, qui marche de travers.
- as-sumayda‘ : Le maître, le chef.
- al-bāsil : Le courageux.
- ḥawlan mujriman : Une année complète.
- adh-dhimār : Ce qu'on doit protéger, l'honneur.
- adh-dharib : Celui qui tient des propos obscènes.
- al-muwākil : Celui qui manque de sérieux, qui confie ses affaires à autrui.
- thumāl al-yatāmā : Celui qui prend en charge les orphelins.
- lam yarba‘ : Il ne s'est pas arrêté ni n'est revenu.
- al-ilqā' : Soumission, humilité.
- ash-shā' : Nom collectif pour les moutons.
- al-jāmil : Nom collectif pour les chameaux.
- al-khatl : Tromperie, ruse.
- yūlī : Il jure, prête serment.
- aṭ-ṭala‘a : Hauteur de terre, colline.
- akhshab : Pluriel irrégulier de al-akhshabān, deux montagnes à La Mecque.
- al-majādil : Pluriel de mijdal, palais, forteresse.
- ad-daghāwil : Affaires corrompues, calamités.
- al-‘ārimāt : Les fortes, les violentes.
- ad-dawākhil : Calomnies, corruptions.
- al-masājil : Ceux qui s'opposent dans la dispute.
- sāwamūka khuṭṭatan : Ils t'ont imposé une affaire.
- wā'il : Sauf, réchappé.
- akhassa : Diminuer, réduire.
- al-‘ā'il : Perplexe, égaré.
- qayḍan : En échange, compensation.
- al-ghayāṭil : Les Banū Sahm, ainsi nommés à cause d'un incident.
- alabbū : Ils se sont rassemblés.
- aṭ-ṭiml : Homme obscène ou pauvre.
- al-wāghil : Intrus qui se joint à des buveurs sans invitation.
- mukhṭi'un li-l-mafāṣili : Loin de la voie droite.
- ḥaṭab : Nom collectif pour le bois de chauffage.
- ḥuṭṭāb : Pluriel de ḥāṭib, ceux qui ramassent du bois.
- al-marājil : Pluriel de mirjal, marmites en cuivre.
- nata'iru : Nous prenons notre vengeance.
- al-laqḥa : Chamelle laitière.
- al-bāhil : Chamelle sans sārr, libre d'être traite.
- sārr : Lien ou dispositif pour empêcher la traite.
- al-ḥulāḥil : Le maître courageux et ferme.
- al-asā : Pluriel de uswa, exemple, modèle.
- al-maṭāfil : Pluriel de muṭfil, femme ayant des enfants en bas âge.
- al-kudā : Pluriel de kudya, rocher plat et dur.
- al-kawāhil : Pluriel de kāhil, soutien, garant.
- al-kharādil : Grandes portions, morceaux.
- hindakī : Originaire de l'Inde, attribut relatif.
- as-sūra : Rang, dignité ; as-sawra : violence.
- حدبت : عطفت ومنعت.
- ساقطة : البيت والبيتان اللذان بعده ساقطان في النسخة أ.
- ميل : جمع أميل، وهو الجبان والذي لا يحسن الركوب، أو الذي لا يميل عن الحق.
- الصقب : بوزن فرح، القريب.
- الضواحي : جمع ضاحية، وهي الأرض البراز التي ليس فيها ما يكن من المطر ولا منجاة من السيول. وقيل: ضاحية كل بلد: خارجته.
- حسن الأدب : هو من حسن الأدب في الدعاء: لأنها رحمة الله ونعمته المطلوبة منه، فكيف يطلب منه رفع نعمته وكشف رحمته؟
- السهيلي : قال السهيلي: «فإن قيل كيف قال أبو طالب: وأبيض يستسقى الغمام بوجهه ولم يره قط استسقى وإنما كانت استسقا آته عليه الصلاة والسلام بالمدينة في سفر وحضر وفيها شوهد ما كان من سرعة إجابة الله له؟ فالجواب: أن أبا طالب قد شاهد من ذلك أيضا في حياة عبد المطلب ما دله على ما قال...» (ثم ذكر القصة).
- الأسلت : اسم الأسلت: عامر.
- المغلغلة : الرسالة. وقال السهيلي: «المغلغلة: الداخلة إلى أقصى ما يراد بلوغه منها».
- الناصب : المعيى التعب.
- المعرس : المكان ينزل فيه المسافرون في آخر الليل، يقفون فيه وقفة للاستراحة ثم يرتحلون.
- شرجين : نوعين. والأزمل: الصوت المختلط. والمذكى: الذي يوقد النار. والحاطب: الذي يحطب لها. ضرب هذا مثلا لنار الحرب.
- الأشافي : جمع إشفى، وهي المخرز.
- أحرام الظباء : هي التي يحرم صيدها في الحرم. يقال لمن دخل في الشهر الحرام، أو في البلد الحرام محرم. والشوازب: الضامرة البطون. أي إن بلدكم بلد حرام تأمن فيه الظباء الشوازب التي تأتيه من بعد لتأمن فيه، فهي شازبة ضامرة من بعد المسافة، وإذا لم تحلوا بالظباء فيه فأحرى ألا تحلوا بدمائكم.
- المراحب : المواضع المتسعة.
- الغول : الهلاك.
- تبرى : تقطع. والسديف: لحم السنام. والغارب: أعلى الظهر.
- الأتحمية : ثياب رقاق تصنع باليمن. والشليل: درع قصيرة. والأصداء: جمع صدأ: الحديد.
- القتير : حلق الدرع، شبهها بعيون الجراد. وأخذ هذا المعنى التنوخي فقال: كأثواب الأراقم مزقتها ... فخاطتها بأعينها الجراد.
- بيّنت : اتضحت. وأم صاحب: أي عجوزا كأم صاحب لك، إذ لا يصحب الرجل إلا رجل في سنه.
- لا تشوى : لا تخطئ. وتنتحى: تقصد.
- داحس وحاطب : سيعرض ابن إسحاق للكلام على داحس وحاطب بعد الانتهاء من القصيدة.
- مضارب : كذا في الأصول. يريد أن مضارب سيوفه غير مذمومة ولا راجعة عليه إلا بالثناء والوصف بالمكارم. ويروى الضرائب. والضرائب: الطباع.
- الصلال : كذا في الأصول. ويروى: «في الصلال». والصلال: جمع صلة، وهي الأرض التي لا تمسك الماء.
- أذاعت : أذاعت به: بددته. والجنائب: جمع جنوب. يريد ريح الشمال وريح الجنوب.
- الثواقب : النجوم.
- الذوائب : الأعالي.
- الأحلام : العقول. وعوازب: بعيدة.
- سرة : سرة الشيء: خيره وأعلاه. وشم: مرتفعة. والأرانب: جمع أرنبة، وهي التي فيها ثقب الألف.
- غير أشائب : غير مختلطة، يعني أنها خالصة النسب.
- الجباجب : المنازل. واحدها جبجبة.
- صلوا : ادعوا. والأخاشب: أراد الأخشبين، وهما جبلا مكة، فجمعهما مع ما حولهما.
- القاذفات : أعالى الجبال. والمناقب: الطرق في أعالى الجبال، واحدها: منقبة.
- السافي : الذي أصابه الغبار. والحاصب الذي أصابته الحصباء، وهو على معنى النسب، كما قالوا: تامر ولابن. وقد يكون السافي: الذي يثير الغبار، والحاصب: الذي يثير الحصباء، أي يقتلعها.
- ملجيش : في أ: «ملجيش».
- بن عمرو بن جؤية : في أ: «... بن عمرو بن جؤية ... إلخ».
- الأطهار : جمع طهر. وهو كقول الأخطل: قوم إذا حاربوا شدوا مآزرهم ... دون النساء ولو باتت بأطهار.
- الهباءة : موضع في بلاد غطفان.
- لن ترثوا : من الرثاء. ومن رواه: تربوا، (بضم التاء) فهو من التربية. ومن رواه: تربوا (بفتح التاء) فمعناه تصيرونه ربا عليكم، أي أميرا.
- زيادة عن أ : زيادة عن النسخة أ.
- والبغي : في أ: «والبغي».
- القصد : جمع قصدة، وهي القطعة المتكسرة. والعوالي: الرماح.
- فسحم : كذا في أ. وفي سائر الأصول: «زيد». وهو تحريف. (راجع شرح القاموس مادة: فسحم).
- فسحم : كذا في أ. وفي سائر الأصول: «قسحم» بالقاف في الموضعين وهو تصحيف. (راجع شرح القاموس مادة: فسحم).
- مجدذر : ضبط في شرح: أسماء أهل بدر للجبرتي المخطوط والمحفوظ بدار الكتب المصرية (تحت رقم 1420 تاريخ) بضم الميم وفتح الجيم وتشديد الذال المعجمة المفتوحة ثم راء. وذياد: بكسر الذال المعجمة وتخفيف المثناة من تحته بعدها ألف آخره دال مهملة، ويقال فيه ذياد بفتح الذال المعجمة وتشديد المثناة.
- غرة : غفلة.
- زيادة عن أ : زيادة عن النسخة أ.
- يورع : يصرف ويرد.
- من الحق : كذا في أ وفي سائر الأصول: «من الحق».
- المدلي : المرسل الدلو. والنازع: الجاذب لها.
- يوافي الحجر : كذا في أ. وفي سائر الأصول: يوافي الحجر، وهو تحريف.
- غمزوه : طعنوا فيه.
- الذبح : كذا في أ. والنهاية لابن الأثير (مادة رفأ). ولعله مجاز عن الهلاك. ومنه في حديث القضاء: من تصدى للقضاء وتولاه، فقد تعرض للذبح فليتحذره. وفي سائر الأصول: «الذبيح».
- الوصاة : الوصية.
- يرفؤه : يهدئه ويسكنه ويرفق به ويدعو له.
- زيادة عن أ : زيادة عن النسخة أ.
- صدعوا : شقوا.
- الفرق : حيث يتفرق الشعر من مقدم الجبهة إلى وسط الرأس.
- al-Muddaththir : Littéralement 'l'enveloppé', titre de la sourate 74 du Coran, désignant le Prophète enveloppé dans son manteau.
- il : Référence au Prophète Muhammad, que la paix et la bénédiction soient sur lui.
- sana : Année, au singulier.
- sinīn : Années, pluriel irrégulier de sana.
- badal : Substitut, terme grammatical désignant un nom qui remplace un autre en l'explicitant.
- iḍāfa : Annexion, construction grammaticale où un nom est suivi d'un complément de nom.
- ma‘dūd : Le nom décompté, qui suit un nombre et prend le pluriel ou le singulier selon les règles.
- ar-Rawḍ : Ouvrage de as-Suhaylī intitulé ar-Rawḍ al-Unuf, commentaire de la Sīra d'Ibn Hishām.
- shammās : Moine chrétien ; littéralement 'celui qui s'expose au soleil', en référence à une pratique ascétique.
- mughalghala : Lettre transmise de pays en pays, courrier itinérant.
- al-Quba' : Surnom d'al-Ḥārith ibn 'Abd Allāh ibn Abī Rabī'a, gouverneur de Bassora, signifiant 'celui qui a une protubérance'.
- baṭāriqa : Pluriel de biṭrīq, titre byzantin désignant un commandant militaire ou un chef.
- abayta al-la'na : Formule de salutation aux rois préislamiques signifiant 'Puisses-tu éviter la malédiction' ou 'Puisses-tu refuser toute action blâmable'.
- asāqifa : Pluriel de usquf, évêque ou haut dignitaire chrétien.
- al-mishkāh : Niche ou lampe, terme coranique (Sourate 24:35) désignant une niche où brûle une lampe, symbole de la lumière divine.
- al-Najāshī : Titre du roi d’Abyssinie (Éthiopie) à l’époque du Prophète, connu pour avoir accordé asile aux premiers musulmans.
- سورة الحاقة : Sourate al-Ḥāqqa, la 69e sourate du Coran, qui traite du Jour du Jugement.
- كاهن : Devin, personne prétendant avoir des connaissances occultes, souvent associé à la poésie préislamique.
- صبا : Terme désignant le fait de se convertir à l'islam, littéralement 'devenir ṣābi' (converti).
- أحمد : Un des noms du Prophète Muhammad, signifiant 'le plus loué'.
- الفهر : حجر على مقدار ملء الكف، مؤنث في المعروف، لكنه ورد هنا مذكرًا.
- فقالت : في النسخة أ: «فقالت»، وفي باقي النسخ: «فقالت».
- قلينا : أبغضنا.
- صرف : في النسخة أ: «صرف»، وفي باقي النسخ: «صرف».
- اختضعت : تذللت. وتأجج: تتوقد. والشواظ: لهب النار.
- البيت ال 42 : البيت 42 من الأرجوزة 23 يمدح بها أبان بن الوليد البجلي (ديوانه طبع ليبسج سنة 1903 ص 64).
- وأصحابك : في النسخة أ: «وأصحابك»، وفي باقي النسخ: «وأصحابك».
- ابن كلدة بن علقمة : تحريف، والصواب ما أثبت.
- زيادة عن أ : زيادة من النسخة أ.
- السنديد : بلغة فارس: طلوع الشمس، وينسبون إليه كل جميل. وفي الأصول: «الشديد».
- البيت السادس : البيت السادس في الأرجوزة 44 يعتذر فيها إلى مولاه ويلوم حساده.
- لنا العداة : في النسخة أ وط: «لنا العداة»، وفي باقي النسخ: «لنا العداة» وهو تحريف.
- الشكاة : الشدة. وفي اللسان: « لنار الأعادي أن تطير شداتها ».
- المحضأ : العود الذي تحرك به النار لتلتهب.
- فأبصرت : في النسخة أ وط: «فأبصرت»، وفي باقي النسخ: «فأبصرت» ولا يستقيم بها الكلام.
- زيادة عن أ، ط : زيادة من النسختين أ وط.
- قوله : في النسخة أ: «قوله»، وفي باقي النسخ: «قوله».
- زيادة عن أ : زيادة من النسخة أ.
- العديد : من يعد في القوم، وهو الدعي.
- الأكارع : جمع كراع. والكراع من الإنسان: ما دون الركبة إلى الكعب، ومن الدواب: ما دون الكعب.
- زيادة عن أ : زيادة من النسخة أ.
- قال: وجهي : في الأصول: « ... قال: وجهي ... إلخ».
- أرفت : تحطم وتكسر.
- أرم : بلى.
- بيده : في النسخة أ وط: «بيده»، وفي باقي النسخ: «بيده».
- العجوة : ضرب من التمر.
- تزقم : ابتلع.
- زيادة عن أ، ط : زيادة من النسختين أ وط.
- إن أدنى ما رأيتم : في النسخة أ: «إن أدنى ما رأيتم رأون شبها بالمهل لهذا»، وفي أكثر الأصول: «إن أدنى ما رأيتم رأون شبها بالمهل لهذا».
- صهر : ذائب. وقد زادت «م» بعد هذا البيت: وقال عبد الله بن الزبير «بفتح الزاي» الأسدي: فمن عاش منهم عاش عبدا وإن يمت ... ففي النار يسقى مهلها وصديدها وهذا البيت في قصيدة له.
- العلل : الشرب بعد الشرب. والمتون: الظهور. والنهال: جمع نهل، وهو الشرب الأول.
- قال السهيلي : قال السهيلي: «وسبب ذلك: أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قرأ سورة النجم، فألقى الشيطان في أمنيته: أي في تلاوته، عند ذكر اللات والعزى، وأنهم لهم الغرانقة العلا وأن شفاعتهم لترتجى. فطار ذلك بمكة، فسر المشركون وقالوا: قد ذكر آلهتنا بخير. فسجد رسول الله صلى الله عليه وسلم في آخرها، وسجد المشركون والمسلمون، وأنزل الله تعالى: فينسخ الله ما يلقي الشيطان 22: 52 ... الآية. فمن هاهنا اتصل بهم في أرض الحبشة أن قريشا قد أسلموا. ذكره موسى بن عقبة وابن إسحاق من غير رواية البكائي، وأهل الأصول يدفعون هذا الحديث بالحجة، ومن صححه قال فيه أقوالا، منها أن الشيطان قال ذلك وأذاعه، والرسول عليه الصلاة والسلام لم ينطق به. وهذا جيد لولا أن في حديثهم أن جبريل قال لمحمد: ما أتيتك بهذا! إن النبي صلى الله عليه وسلم قالها من قبل نفسه، وعنى بها الملائكة أن شفاعتهم لترتجى. ومنها:
- من : في النسخة أ: «من»، وفي أكثر الأصول: «من».
- زيادة عن أ : زيادة من النسخة أ.
- سويبط بن سعد : سويبط بن سعد بن حرملة بن مالك بن عميلة بن السباق بن عبد الدار بن قصي بن كلاب القرشي، وأمه امرأة من خزاعة تسمى هنيدة. شهد بدرا، وكان مزاحا. وله قصة مع نعيمان وأبي بكر.
- طليب بن وهب : طليب بن وهب بن أبي كبير بن عبد بن قصي. شهد بدرا، وقتل بأجنادين شهيدا. أسلم في دار الأرقم.
- زيادة عن أ، ط : زيادة من النسختين أ وط والاستيعاب وأسد الغابة والإصابة.
- شماس : اسمه عامر، وشماس لقب. شهد بدرا، وقتل يوم أحد شهيدا. كان رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: ما وجدت لشماس شبها إلا الجنة.
- سلمة : سلمة بن هشام، من خيار الصحابة. كان قديم الإسلام، وعذب في الله. قتل في خلافة عمر أو بأجنادين.
- يذكر في ذلك : يذكر أن رجلين خدعا سلمة بن هشام حتى رجع معهما، فأوثقاه وحبساه بمكة، وكان النبي يدعو له.
- خنيس بن حذافة : كان زوج حفصة قبل النبي. شهد بدرا وأحدا، ومات من جراحة.
- عامر بن ربيعة : في نسبه خلاف، حليف للخطاب بن نفيل. شهد بدرا والمشاهد، توفي سنة 33 أو 32 أو 35.
- أول ظعينة : يقال إنها أول امرأة دخلت المدينة مهاجرة، وقيل بل أم سلمى.
- زيادة عن الاستيعاب : زيادة من كتاب الاستيعاب.
- عبد الله بن مخرمة : كنيته أبو محمد. آخى النبي بينه وبين فروة بن عمر. شهد بدرا والمشاهد، واستشهد يوم اليمامة سنة 12 هـ.
- ṣulḥ al-Ḥudaybiyya : Traité de paix conclu en l'an 6 de l'Hégire entre le Prophète Muhammad et les Qurayshites à Hudaybiyya, près de La Mecque.
- yawm al-fatḥ : Jour de la Conquête de La Mecque par les musulmans en l'an 8 de l'Hégire.
- yawm al-Yamāma : Bataille de Yamama, livrée en l'an 12 de l'Hégire contre les partisans du faux prophète Musaylima.
- al-Sakrān : Compagnon du Prophète, mort en Abyssinie selon certains récits.
- al-Istī'āb : Ouvrage biographique d'Ibn 'Abd al-Barr recensant les Compagnons du Prophète.
- Banū 'Āmir ibn Lu'ayy : Clan de Quraysh auquel appartenait Sa'd ibn Khawlī.
- al-Bayḍā' : Surnom de la mère de Suhayl, signifiant 'la Blanche'.
- al-Hijra : Émigration du Prophète Muhammad de La Mecque à Médine en 622.
- Suhayl ibn 'Amr ibn Wahb ibn Rabī'a ibn Hilāl : Généalogie complète de Suhayl, mentionnée comme variante.
- Wahb ibn Abī Sarḥ : Frère de 'Amr, ayant participé à la bataille de Badr.
- Abū Salama ibn 'Abd al-Asad al-Makhzūmī : Compagnon du Prophète, mentionné comme variante dans certaines sources.
- Sīra d'Ibn Hishām : Biographie du Prophète Muhammad par Ibn Hishām, basée sur l'œuvre d'Ibn Isḥāq.
- A : Sigle désignant une source manuscrite particulière (probablement un manuscrit de référence).
- shariya : Verbe signifiant 'augmenter, devenir grand'.
- fa-khaṣarahā : Expression altérée dans certaines sources ; le sens correct est incertain.
- A : Sigle désignant une source manuscrite particulière.
- hādhā muni'a... : Début d'une phrase altérée dans certaines sources.
- tatawāthabūn : Forme verbale altérée ; le sens correct est 'vous vous précipitez'.
- yas'am : Verbe signifiant 'être chargé, être accablé'.
- al-sawād : Ici, signifie 'la personne, l'individu'.
- al-niṣf : La justice, l'équité.
- yanāl : Verbe signifiant 'atteindre, obtenir'.
- yubzā Muḥammad : Expression signifiant 'Muhammad est vaincu et humilié'.
- A : Sigle désignant une source manuscrite particulière.
- muhājiran ma'ahu : Expression signifiant 'émigrant avec lui' ; considérée comme incorrecte dans ce contexte.
- Ibn al-Dughunna : Personnage dont le nom est Mālik ; la vocalisation est précisée.
- A : Sigle désignant une source manuscrite particulière.
- Ḥabashī : Petite montagne près de laquelle une alliance fut conclue, donnant son nom au groupe.
- wa-taksib al-ma'dūm : Expression signifiant 'tu acquiers ce qui est inexistant' ; variante dans certaines sources.
- qāla : Altération dans le manuscrit A ; le sens attendu est différent.
- A : Sigle désignant une source manuscrite particulière.
- qāla : Indique que le rapporteur du récit est 'Ā'isha.
- wa-l-'Āṣ ibn Wā'il : Variante dans le manuscrit A, considérée comme incorrecte.
- A : Sigle désignant une source manuscrite particulière.
- Hāshim : Altération dans certaines sources ; le nom correct est 'Hishām'.
- Khubayb : Variante avec khā' pointé ; le nom correct est 'Ḥubayb' avec ḥā'.
- A : Sigle désignant une source manuscrite particulière.
- wa-kāna Hāshim li-Banī Hishām : Altération ; le sens correct est 'Hāshim appartenait aux Banū Hishām'.
- barran : Variante dans certaines sources ; le mot correct est 'bazā' (avec zā') signifiant 'il a vaincu'.
- A : Sigle désignant une source manuscrite particulière.
- ilayka : Variante dans certaines sources ; le mot correct est 'ilā'.
- la-tajidannahā : Variante dans certaines sources ; le mot correct est 'la-tajidannahu'.
- wa-qāla : Altération dans le manuscrit A ; le sens attendu est 'wa-qāla' (et il dit).
- al-Ḥajūn : Lieu en haut de La Mecque ; khaṭmuhu signifie son devant.
- wa-ta'āhadū : Variante dans le manuscrit A ; le sens est 'ils se sont engagés mutuellement'.
- fī amr al-ṣaḥīfa : Variante dans le manuscrit A ; le sens est 'au sujet du pacte'.
- A : Sigle désignant une source manuscrite particulière.
- Bughayḍ ibn 'Āmir : Scribe possible du pacte d'ostracisme contre les Banū Hāshim.
- al-khabaṭ : Feuilles d'arbres broyées, utilisées comme nourriture en période de disette.
- al-baḥrī : Celui qui a émigré par mer, en l'occurrence vers l'Abyssinie.
- al-qarqar : Qui est doux et facile ; peut aussi signifier 'qui n'est pas frivole'.
- ṭā'irahu fī 'unuqihī : Référence coranique (17:13) : 'Nous lui avons attaché son augure au cou'.
- al-muqallad : Le cou.
- al-farā'iṣ : Pluriel de farīṣa, morceau de chair dans le flanc qui tremble sous l'effet de la peur.
- fīhā : Variante dans certaines sources ; le mot correct est 'fīhā' (en elle).
- al-ḥarrāth : L'acquéreur, celui qui gagne sa vie.
- al-Akhshabān : Deux montagnes à La Mecque ; al-katība : l'armée.
- ḥuduj : Pluriel de ḥidj, charge ; ici, des objets comme une flèche, un arc et un murhid tiennent lieu de charge.
- murhid : Lance souple ; variante 'muzhad' signifiant 'qui méprise la vie'.
- yansha' : Verbe signifiant 'naître, se lever' ; ici, forme abrégée.
- fa-lam tanfakk tazdād khayran wa-tuḥmad : Expression signifiant 'elle n'a cessé d'augmenter en bien et d'être louée'.
- al-mufīḍūn : Ceux qui jouent avec les flèches du jeu de hasard (maysir).
- tatāba'ū : Variante dans certaines sources ; le sens est 'ils se sont suivis'.
- al-maqāwila : Les rois, les chefs.
- rafraf : Partie du bouclier qui dépasse.
- aḥrad : Lent à la marche, alourdi par le poids du bouclier.
- al-batta : Divorce irrévocable, qui ne laisse aucune possibilité de retour.
Les notes et commentaires
Ainsi dans Ṭ. Et dans tous les autres exemplaires : « ʿan » 1. Ainsi dans A, Ṭ : « wa-afif » : il dit « uff ». Et dans tous les autres exemplaires : « anf » 2. Les machāfir 3 : pluriel de michfar. Le michfar du chameau : sa lèvre. Les afhār 4 : pluriel de fahr, qui est une pierre de la taille d’une poignée. Il a spécifié la famille de Pharaon, car ils sont les plus durement châtiés au Jour de la Résurrection. Allah Très-Haut a dit : « Faites entrer la famille de Pharaon au plus dur châtiment » 40:46. Al-mahyouma 5 : les assoiffées. La règle de cette description voudrait qu’on ne dise pas (mahyouma), comme on ne dit pas maʿṭūsha ; on dit plutôt hāʾim et haymān, et parfois hayūm, et on fait le pluriel hīm. Mais il est venu dans le hadith (mahyouma), comme si c’était une chose qu’on lui a faite, comme majmūma et makhtūna. Al-ghathth 6 : le faible, l’amaigri. C’est Jaʿfar ibn ʿAmr ibn Umayya aḍ-Ḍamrī al-Madanī, et il est le frère de lait de ʿAbd al-Malik ibn Marwān. Il a rapporté d’après son père, Waḥsh ibn Ḥarb et Anas. Et d’après lui : Abū Salama, Abū Qilāba, Sulaymān ibn Yasār, son frère az-Zibriqān et d’autres. Jaʿfar est mort sous le califat d’al-Walīd. (Voir Tahdhīb at-Tahdhīb et les biographies des hommes). Al-ḥarāʾib 7 : pluriel de ḥarība, qui est le bien. Il veut dire que l’enfant, s’il n’est pas de descendance légitime, est attribué à celui qui l’a engendré sur sa couche ; il mange de ses biens étant petit, et il regarde ses filles d’une autre mère, et ses sœurs qui ne sont pas ses tantes paternelles, et sa mère qui n’est pas sa grand-mère ; et c’est une grande corruption. Ainsi dans A, Ṭ. Et dans tous les autres exemplaires : « ibn ». C’est une altération. Ainsi dans A. Et dans tous les autres exemplaires : « huwa ». Al-ʿuthnūn 8 : la barbe. Al-ādam 9 : le noir. Al-aqnā 10 : celui dont le haut du nez est élevé, le milieu bombé et le bout allongé. Al-laʿs 11 dans les lèvres : une rougeur tirant sur le noir. Ajout d’après A. Ainsi dans A. Et dans tous les autres exemplaires : « ou bien il lui envoya… etc. » Ainsi dans A, Ṭ. Et dans tous les autres exemplaires : « J’ai demandé à mon Seigneur d’alléger pour moi et pour ma communauté… etc. » Ainsi dans A. Et dans tous les autres exemplaires : « je suis revenu ». Ainsi dans A, Ṭ. Et dans tous les autres exemplaires : « J’ai demandé à mon Seigneur… etc. » Ainsi dans A. Et dans tous les autres exemplaires : « Retourne vers Lui et demande à ton Seigneur… etc. » C’est une altération. Ajout d’après A. C’est Yazīd ibn Rūmān al-Asadī Abū Rawḥ al-Madanī, affranchi des Āl az-Zubayr. Il a rapporté d’après Ibn az-Zubayr, Anas, ʿUbayd Allāh et Sālim, les deux fils de ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, et d’autres. Et d’après lui : Hishām ibn ʿUrwa, ʿUbayd Allāh ibn ʿUmar, Abū Ḥāzim Salama ibn Dīnār et d’autres. Yazīd est mort en 103 H, et il était un savant, très versé dans le hadith, digne de confiance. (Voir Tahdhīb at-Tahdhīb). C’est ʿUrwa ibn az-Zubayr ibn al-ʿAwwām ibn Khuwaylid ibn Asad. Il a rapporté d’après son père, son frère ʿAbd Allāh, sa mère Asmāʾ et d’autres. Et d’après lui : ses fils ʿAbd Allāh, ʿUthmān, Hishām, Muḥammad, Yaḥyā, et le fils de son fils ʿUmar ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUrwa, et d’autres. Il est mort en 99, et on dit en 101 H, et il avait alors 67 ans. Aṭ-Ṭulāṭila 12 (langue) : la calamité, et c’est le nom de sa mère, a dit cela Abū l-Walīd al-Waqshī, et Ibn Isḥāq l’a rapporté de lui. Ibn al-Kalbī les a contredits sur son nom en disant : c’est al-Ḥārith ibn Qays ibn ʿAdī ibn Saʿd ibn Sahm. Et ce qui est dans as-Sīra ash-Shāmiyya : son nom est Mālik, et aṭ-Ṭulāṭila est son père. Ajout d’après A. Malkān 13 : c’est avec la fatḥa de la mīm et du lām, ou avec la kasra de la mīm et le sukūn du lām. Et on dit : il n’y a pas parmi les gens Malkān (avec fatḥa de la mīm et du lām) sauf Malkān ibn Jarm ibn Rabbān, et Malkān ibn ʿAbbād ibn ʿIyāḍ ; les autres sont Malkān avec kasra de la mīm et sukūn du lām. Et certains ont ajouté Malkān (avec fatḥa de la mīm) chez Khuzāʿa (voir ar-Rawḍ al-Unuf). Ajout d’après A. Ainsi dans la plupart des exemplaires. Al-ḥaban 14 (avec mouvement) : le gonflement du ventre dû à une maladie. Et dans A : « ḥanaban ». Cette phrase est omise dans A. As-sabal 15 : les excédents des vêtements. Intaqaḍa al-jurḥ 16 : quand il se rouvre après avoir guéri. Al-akhmaṣ 17 de l’intérieur du pied : ce qui ne touche pas le sol. Ash-shabāriqa 18 : un arbre élevé. Et dans une édition en marge d’ar-Rawḍ al-Unuf : shabraqa. Ainsi dans A, Ṭ : c’est-à-dire que le pus s’est mis en mouvement dans sa tête et s’est répandu. Et dans tous les autres exemplaires : « fa-mtaḥaḍa » avec le ḥāʾ non pointé, c’est une altération. Ṭulla ad-dam wa-aṭallah 19 : il a été versé sans vengeance. Al-ʿuqr 20 (avec ḍamma de la ʿayn) : le prix du sang pour le viol du vagin. Ainsi dans A. Al-ʿaql 21 : le prix du sang. Et dans tous les autres exemplaires : « al-ʿafl » avec le fāʾ, c’est une altération. Az-zaʿīm 22 (ici) : le garant. Aẓ-Ẓahrān 23 : une vallée près de La Mecque. Al-jazaʿa et al-jazʿ 24 : la majeure partie de la vallée, et on dit : ce qui en fait un coude. Aṭraqā 25 : nom propre de lieu, nommé par l’impératif duel, donc il est invariable. Ṭulla damuhu 26 (à la voix passive) : il a été versé sans vengeance. Ainsi dans A. Et dans tous les autres exemplaires : « yataʿāṭā ». Ainsi ce vers est rapporté dans A. Al-musamman 27 : le gras, et il veut dire ici celui qui est apparent parmi les gens. Al-mashārib 28 : pluriel de mashraba, qui est la chambre haute. Et dans tous les autres exemplaires : « et se hâte parmi vous un musamman auprès d’un musamman… et il ouvre après la mort, par force, ses mashārib » ce qui est une altération évidente. Qasran 29 : par force. Al-khazīr 30 : une sorte de bouillie avec de la viande, ou sans viande, et on dit : c’est un bouillon fait avec de la graisse, ou c’est un jus de son de blé trempé. Il veut dire : que vous soyez amenés, et son sens est : que vous ne soyez pas amenés. Comme il est venu dans la Révélation : « Allah vous expose clairement (les choses) pour que vous ne vous égariez pas » 4:176. Al-balābil 31 : les obsessions des chagrins. Ainsi dans A. Et dans tous les autres exemplaires : « al-Walīd ». Ajout d’après A. Ainsi dans A. Et dans tous les autres exemplaires : « mā ḥadhira ». Ainsi dans A. Et dans tous les autres exemplaires : « kabīr ». Al-muʿallahij 32 : celui dont la filiation est contestée, comme s’il était taillé de deux racines, de « al-ʿilj » car la servante est une ʿilja, et de « al-lahaj » comme si celui qui a engrossé la servante s’y est attaché. Al-muhīr 33 : celui de filiation pure ; il veut dire que sa mère est une femme libre mariée avec une dot. Thabīr 34 : une montagne à La Mecque. Adh-dhuʿāf 35 : le poison, ou le poison instantané. Al-bahīr 36 : celui qui a le souffle coupé, de al-bahar avec ḍamma du bāʾ. Al-muslaḥibb 37 : l’allongé. Al-wajba 38 : la chute. Al-khawr 39 : celle qui a beaucoup de lait. Aqadhaʿa 40 : il a proféré des obscénités dans ses paroles. Ajout d’après A. Al-khafr 41 : la trahison, la rupture du pacte. Rajul munkar 42 : c’est-à-dire un homme habile et sagace. Aḍ-ḍawj 43 : le côté de la vallée et ce qui en fait un coude. Al-Mughammas 44 : un lieu sur la route d’aṭ-Ṭāʾif, où se trouve la tombe d’Abū Righāl, le guide d’Abraha. Al-ʿīr 45 : l’âne. Adh-dhimār 46 : ce qu’il est impératif de protéger. Hind 47 : c’est la fille d’Abū Sufyān. Ce vers est rapporté dans A, Ṭ après le premier vers. Et il est rapporté dans tous les autres exemplaires à la fin des vers. Takhubbu 48 : de al-khabab : une allure de marche. Il veut dire par al-muʿtabaṭ al-ward 49 : le sang frais, qui est le sang pur. Ash-shaʿth 50 : celles dont les cheveux sont poussiéreux. Al-ʿawāṭil 51 : celles qui n’ont pas de parure. Ash-shiʿāb 52 : pluriel de shiʿb, qui est le lit du torrent dans la ḥarra (d’après Abū Dharr). Ainsi dans la plupart des exemplaires. Ash-shirāj 53 : pluriel de shirj, qui est un lit de torrent de la ḥarra vers la plaine. Et dans A : « as-sirāj » avec le sīn non pointé, c’est une altération. Al-qawābil 54 : celles qui se font face mutuellement. Cette phrase, de sa parole : « Ibn Hishām dit » jusqu’à sa parole : « après son islam », est omise dans A. Ainsi dans Ṭ, et dans tous les autres exemplaires : « Abū ». Al-burma 55 : la marmite en pierre. Al-ḥijr 56 : tout ce que tu as enclos d’un mur. Dans M : « Quraysh » c’est une altération. Ibtazzahu amrahu 57 : il le lui a arraché et l’a vaincu. Ajout d’après A. Dans M, R : « yā ʿamm ». Ajout d’après A, Ṭ.
(14) [p.418] Le témoignage d’al-‘Abbās en faveur d’Abū Ṭālib, s’il l’avait rapporté après s’être converti à l’islam, aurait été accepté. Et il n’a pas été rejeté par sa parole : « Je n’ai pas entendu », car lorsque le témoin intègre (‘adl) dit : « J’ai entendu », et que celui qui est plus intègre que lui dit : « Je n’ai pas entendu », on retient la parole de celui qui affirme avoir entendu, car l’absence d’audition peut avoir des causes qui ont empêché le témoin d’entendre. Mais al-‘Abbās a témoigné de cela avant sa conversion à l’islam. De plus, ce qui est authentique (ṣaḥīḥ) parmi les récits (athar) a établi qu’Abū Ṭālib est mort dans la mécréance (kufr) et l’association (shirk), et a établi la révélation de ce verset à son sujet : « Il n’appartient pas au Prophète et à ceux qui ont cru d’implorer le pardon pour les associateurs (mushrikīn) » (9:113). Et il est également établi dans le recueil authentique (al-Ṣaḥīḥ) qu’al-‘Abbās a dit au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Abū Ṭālib te protégeait, te secourait et se mettait en colère pour toi. Cela lui sera-t-il utile ? » Il répondit : « Oui. Je l’ai trouvé dans les profondeurs du Feu, et je l’ai fait sortir vers une zone peu profonde (ḍaḥḍāḥ). » Et dans le recueil authentique (al-Ṣaḥīḥ), le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) entra chez Abū Ṭālib au moment de sa mort, alors qu’étaient présents Abū Jahl et ‘Abd Allah ibn Abī Umayya. Il dit : « Ô mon oncle, dis : “Il n’y a de dieu qu’Allah (Lā ilāha illā Allāh)”, une parole par laquelle je pourrai témoigner pour toi auprès d’Allah. » Alors Abū Jahl et Ibn Abī Umayya dirent : « Détournes-tu de la religion (milla) de ‘Abd al-Muṭṭalib ? » Il répondit : « Je suis sur la religion (milla) de ‘Abd al-Muṭṭalib. » Et l’apparent (ẓāhir) du hadith implique que ‘Abd al-Muṭṭalib est mort dans l’association (shirk). (Voir al-Rawḍ al-Unuf) (1) [p.419] Yamruṭuhu : c’est-à-dire il l’arrache et le jette. (2) [p.419] Yudh’iruhum ‘alayhi : il les excite contre lui et les rend audacieux. (3) [p.420] Dans Ṭ : « wa-taghḍabū » (et vous vous mettez en colère). (4) [p.420] Al-ḥā’iṭ : le jardin (bustān). (5) [p.420] Al-ḥabala : l’arbre de la vigne, ou ses sarments. (6) [p.420] C’est la femme mentionnée comme étant chez l’un des trois hommes de Thaqīf chez qui le Messager descendit. Et al-aḥmā’ : les proches du mari. (7) [p.420] Tajahhamahu : il l’accueillit avec un visage renfrogné. (8) [p.420] Al-wajh (le Visage) : lorsque sa mention apparaît dans le Livre et la Sunna, il se divise en deux contextes : un contexte de rapprochement et de recherche d’agrément par l’action, comme Sa parole (Exalté soit-Il) : « Ils veulent Son Visage (wajhahu) » (6:52), et comme Sa parole : « Sauf la recherche du Visage de son Seigneur (wajhi rabbihi) » (92:20). Ce qui est recherché dans ce contexte est Son agrément (riḍāhu) et Son acceptation de l’action, et Son attention envers le serviteur agissant. Son origine est que celui qui est satisfait de toi se tourne vers toi, et celui qui est en colère contre toi se détourne de toi et ne te montre pas Son Visage. Le second contexte parmi les contextes de la mention du Visage (wajh) vise ce qui apparaît aux cœurs et aux perceptions intérieures (baṣā’ir) des attributs de Sa Majesté et de Sa Gloire, comme Sa parole (Exalté soit-Il) : « Et demeurera le Visage de ton Seigneur (wajhu rabbika) » (55:27). Et al-wajh, linguistiquement, est ce qui apparaît d’une chose, qu’elle soit intelligible ou sensible. Quant à al-nūr (la Lumière), c’est une expression de la manifestation (ẓuhūr) et du dévoilement des réalités divines (ḥaqā’iq ilāhiyya). Et par elle, les ténèbres (ẓulumāt) ont été illuminées, c’est-à-dire leurs lieux ont été illuminés, et ce sont les cœurs qui contenaient les ténèbres de l’ignorance (jahāla) et des doutes (shukūk). (Voir al-Rawḍ al-Unuf) (9) [p.421] Al-raḥim : le lien de parenté (ṣila) et la parenté (qarāba). (10) [p.421] Ajout d’après A, Ṭ. (11) [p.421] Al-Suhaylī a dit : « Et al-Taymī a ajouté dans ce récit : Lorsque ‘Addās l’entendit mentionner Ibn Mattā (Jonas), il dit : “Par Allah, j’en suis sorti – c’est-à-dire de Ninive – et il n’y avait pas dix personnes qui savaient ce qu’est Mattā. D’où connais-tu Mattā, alors que tu es illettré (ummī) et issu d’une communauté illettrée (umma ummiyya) ?” Alors le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : “C’est mon frère”, jusqu’à la fin du récit. » (1) [p.422] Nakhlah : l’une des deux vallées à une nuit de La Mecque. L’une est appelée Nakhlah al-Shāmiyya (la Syrienne), et l’autre Nakhlah al-Yamāniyya (la Yéménite). (2) [p.422] Naṣībīn : la capitale du Diyār Rabī‘a. (3) [p.422] Ajout d’après A. (4) [p.422] Dans A : « lahu » (pour lui). (5) [p.422] C’est Zayd ibn Aslam al-‘Adawī, Abū Usāma. On dit aussi Abū ‘Abd Allah al-Madanī al-Nuqayr, mawlā de ‘Umar. Il a rapporté d’après son père, Ibn ‘Umar, Abū Hurayra, ‘Ā’isha, Jābir, Rabī‘a (celui-ci) et d’autres. Et ont rapporté d’après lui ses trois fils : Usāma, ‘Abd Allah et ‘Abd al-Raḥmān, ou Mālik, Ibn ‘Ajlān et d’autres. (Voir Tahdhīb al-Tahdhīb) (6) [p.423] Ainsi dans Tahdhīb al-Tahdhīb, dans la biographie de Zayd ibn Aslam, et dans Tarājim Rijāl, p. 65. Et dans les sources originales : « al-Du’alī », et c’est une variante chez lui. Et ‘Abbād : avec un kashr sur la lettre importante (al-muhmala) et une légèreté sur la bā’ unifiée (al-muwahhada). (Ainsi dans al-Mawāhib) Et dans Kināna ibn Khuzayma al-Dayl (avec un kasr sur le dāl et un sukūn sur le yā’), fils de Bakr ibn ‘Abd Manāt, clan d’Abū al-Aswad al-Dīlī, dont le nom est Ẓālim ibn ‘Amr. On dit : ils sont trois : al-Dawl ibn Ḥanīfa (avec un sukūn sur le wāw), al-Dayl dans ‘Abd al-Qays (avec un sukūn sur le yā’), et al-Du’l dans Kināna, clan d’Abū al-Aswad (le wāw est hamzé). On dit aussi : dans ‘Abd al-Qays également : al-Dayl ibn ‘Amr ibn Wadī‘a ibn Afṣā, et dans al-Azd : al-Dayl ibn Haddād ibn Zayd Manāt ibn Ḥujr, et dans Taghlib et dans Rabī‘a également. (7) [p.423] Ainsi dans A. Et dans les autres sources : « wa-man » (et celui qui). (8) [p.423] C’est al-Ḥusayn ibn ‘Abd Allah ibn ‘Ubayd Allah ibn al-‘Abbās ibn ‘Abd al-Muṭṭalib, Abū ‘Abd Allah al-Hāshimī al-Madanī. Il a rapporté d’après Rabī‘a (celui-ci) et ‘Ikrima, et ont rapporté d’après lui, outre Ibn Isḥāq, Ibn ‘Ajlān, Ibn Jurayj, Ibn al-Mubārak et d’autres. Et al-Ḥusayn est mort en l’an 141 de l’Hégire. (Voir Tarājim Rijāl) (9) [p.423] Al-ghadīra : la mèche de cheveux (al-dhu’āba). (10) [p.423] À ce clan de djinns, « Banū Uqaysh », sont attribués les chameaux uqayshiyya, qui ne sont pas de race pure (ʿitāq) et qui s’effraient de tout. (11) [p.424] Et on rapporte : « bayna » (entre). (12) [p.424] Al-shan : l’outre usée. Le pluriel : shinān. Il fait allusion au fait qu’on agite cette peau sèche pour effrayer les chameaux. De là vient le proverbe : « Un tel ne se fait pas claquer les outres (lā yuqaʿqaʿu lahu bi-l-shanān) » : c’est-à-dire il ne se laisse ni tromper ni effrayer. (13) [p.424] Et le nom de Ḥanīfa est Athāl ibn Lujaym (au diminutif) ibn Ṣaʿb ibn ʿAlī ibn Bakr ibn Wā’il. Et il a été nommé Ḥanīfa à cause d’une déviation (ḥanaf) qu’il avait dans ses pieds (c’est-à-dire une courbure). On dit aussi : Ḥanīfa était leur mère, elle était la fille de Kāhil ibn Asad, et ils furent connus par elle. Ce sont les gens d’al-Yamāma et les partisans de Musaylima le menteur. (14) [p.424] Ajout d’après A, Ṭ. (15) [p.424] Ainsi dans A. Et dans les autres sources : « tābaʿnāka » (nous t’avons suivi). (16) [p.425] Tahdifu : c’est-à-dire devenir une cible (hadaf) que l’on vise. (17) [p.425] Ceci est un proverbe pour ce qui est passé. Son origine vient de « dhanābā al-ṭā’ir » (la queue de l’oiseau) lorsqu’il s’échappe du piège et qu’on cherche à l’attraper. (18) [p.425] C’est-à-dire aucun des fils d’Ismaël n’a prétendu faussement à la prophétie. (19) [p.425] C’est Suwayd ibn al-Ṣāmit ibn Ḥawṭ ibn Ḥabīb ibn ʿAwf ibn ʿAmr ibn ʿAwf ibn Mālik ibn al-Aws. Sa mère est Laylā bint ʿAmr al-Najjāriyya, sœur de Salmā bint ʿAmr, mère de ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim. Il est donc, selon cela, le cousin germain (ibn khāla) de ʿAbd al-Muṭṭalib. Et la fille de Suwayd est Umm ʿĀtika, sœur de Saʿīd ibn Zayd, épouse de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb. Il est donc son grand-père maternel. Le nom de sa mère est Zaynab, et on dit Julaysa bint Suwayd. (Voir al-Rawḍ al-Unuf) (20) [p.426] Yafrī : il invente (des mensonges). (21) [p.426] Al-ma’thūr : l’épée damasquinée (al-sayf al-mawshī). (22) [p.426] Tubtarā : elle est coupée. Et ʿuqab al-ẓahr (avec un mouvement sur le ẓā’) : son nerf (ʿaṣab). (23) [p.426] Rāshahu : c’est-à-dire il l’a renforcé. Wa-barāhu : c’est-à-dire il l’a affaibli. (24) [p.426] Ainsi dans A, Ṭ. Et dans les autres sources : « wa-khayr » (et meilleur). (25) [p.426] Abū Dharr a dit, en commentant « zaʿb » : « Il est mentionné ici avec les trois variantes : avec la fatḥa sur le zāy, sa ḍamma et sa kasra, la ʿayn est non pointée (muhmala), et zaghb, avec le zāy kasra et le ghayn pointée (muʿjama). Al-Dāraquṭnī l’a noté et a mentionné qu’al-Ṭabarī l’a rapporté ainsi. » (26) [p.426] Ittakhadhā : chacun des deux a pris son compagnon (dans un combat ou autre). (27) [p.426] Yardī : il périt. Wa-yakhtal : il trompe. (28) [p.426] Ainsi dans A. Et dans les autres sources : « bi-ghurra » (par tromperie). (1) [p.427] Al-majalla : le feuillet (ṣaḥīfa). Et dans une variante : ḥikma (sagesse). (2) [p.427] Al-Suhaylī a dit : « Luqmān était un Nubien originaire d’Ayla. C’est Luqmān ibn ʿAnqā’ ibn Surūr, selon ce qu’ils mentionnent. Et son fils mentionné dans le Coran est Thārān, selon ce qu’ont mentionné al-Zajjāj et d’autres. On a dit autre chose sur son nom. Et ce n’est pas Luqmān ibn ʿĀd al-Ḥimyarī. » Et Allah sait mieux. (3) [p.427] Buʿāth (avec la ʿayn non pointée, et on rapporte aussi avec le ghayn pointée) : un lieu où eut lieu une guerre entre al-Aws et al-Khazraj. (1) [p.428] Ainsi dans Ṭ. Dans A : « mimmā ṣanaʿa Allāhu bihi fī al-Islām » (parmi ce qu’Allah a fait avec lui dans l’islam). Et dans les autres sources : « mimmā ṣanaʿa Allāhu lahum bihi fī al-Islām » (parmi ce qu’Allah a fait pour eux par lui dans l’islam). (2) [p.428] Ainsi dans les sources originales. Il est possible que ce soit une altération de « ʿazzawhum » (avec un tashdīd sur le zāy), c’est-à-dire ils les ont vaincus. (3) [p.429] Asʿad était un naqīb (chef de la délégation). Il assista à la première et à la seconde ʿAqaba, et y prêta allégeance. On dit qu’il fut le premier à prêter allégeance au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) le jour de la ʿAqaba. Il mourut avant Badr, frappé par la diphtérie (al-dhubḥa) alors que la mosquée était en construction. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) le cautérisa, et il mourut ces jours-là. (Voir al-Istīʿāb) (4) [p.429] ʿAwf assista à Badr avec ses deux frères, Muʿādh et Muʿawwidh. Lui et Muʿawwidh furent tués en martyrs le jour de Badr. (Voir al-Istīʿāb) (5) [p.429] Ainsi dans la plupart des sources et al-Istīʿāb. Et dans A : « wa-ʿAfrā’ bint ʿUbayd ibn Thaʿlaba ibn Ghanm ». (6) [p.429] Le kunya de Rāfiʿ est Abū Mālik, et on dit Abū Rifāʿa. Il est un naqīb (chef) et un participant à Badr. Il assista à la première et à la seconde ʿAqaba. (7) [p.430] À la place de cette expression dans A, Ṭ : après le mot « al-Khazraj » et avant le mot « Rāfiʿ ». (8) [p.430] Salama : avec un kasr sur le lām, comme l’a mentionné al-Suhaylī. Et le gentilé (nisba) correspondant est Salamī (avec une fatḥa).
(9) [p.430] Ainsi dans A, et dans *ar-Rawḍ al-Unuf* ; et dans tous les manuscrits, selon ce qui va venir, on ne connaît chez les Arabes de Tazīd (avec un tā’) que celui-ci. Et Tazīd ibn al-Ḥāf ibn Quḍā‘a : ce sont ceux à qui l’on attribue les vêtements tazīdiyya. Et dans le reste des manuscrits : « Yazīd » avec un yā’ souscrit, ce qui est une altération. (10) [p.430] On dit : Quṭba ibn ‘Amr. Son surnom est Abū Zayd. Il assista à la première et à la seconde ‘Aqaba, à Badr, à Uḥud et à tous les combats avec le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue. Il portait l’étendard des Banū Salama le jour de la conquête. Il fut blessé le jour d’Uḥud de neuf blessures et mourut à l’époque de ‘Uthmān – qu’Allāh l’agrée. (Voir *al-Istī‘āb*) (11) [p.430] Il a été mentionné précédemment d’après Ibn Isḥāq, dans le développement avant « Quṭba », ce qui confirme ce à quoi tend Ibn Hishām. (12) [p.430] Il assista à la ‘Aqaba et à Badr après avoir assisté à la première ‘Aqaba, puis il assista à Uḥud, où il fut reconnu par un turban vert sur son heaume. Il assista au Fossé et à tous les autres combats. Il fut tué le jour d’al-Yamāma en martyr. (Voir *al-Istī‘āb*) (13) [p.430] Jābir assista à Badr, à Uḥud, au Fossé et à tous les combats avec le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue. Il est le premier des *Anṣār* à avoir embrassé l’Islam, un an avant la première ‘Aqaba. (Voir *al-Istī‘āb*) Ce Jābir n’est pas Jābir ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Amr ibn Ḥarām al-Anṣārī, le Compagnon fils du Compagnon (az-Zurqānī sur *al-Mawāhib*). (1) [p.431] Ajout d’après A. (2) [p.431] Allāh – qu’Il soit exalté – a mentionné l’allégeance des femmes dans le Coran, en disant : *« elles te prêtent serment de n’associer rien à Allāh »* (60:12). Il voulait par l’allégeance des femmes signifier qu’elles ne lui prêtaient pas serment pour le combat. Et sa manière de recevoir l’allégeance des femmes était qu’il prenait sur elles l’engagement et le pacte. Lorsqu’elles confirmaient de leurs langues, il disait : « Je vous ai reçues en allégeance. » (Voir *ar-Rawḍ al-Unuf*) (3) [p.431] Dans A : « et des Banū ‘Āmir ibn Zuraīq ». (4) [p.431] Dans A : « puis des Banū Ghanm ibn ‘Awf ibn al-Khazraj ». (5) [p.431] Ibn Hishām va bientôt exposer l’interprétation du mot « al-Qawāqil ». (6) [p.431] ‘Ubāda a pour surnom : Abū al-Walīd. Sa mère : Qurrat al-‘Ayn bint ‘Ubāda ibn Naḍla ibn Mālik ibn al-‘Ajlān. ‘Ubāda était un *naqīb* (chef de groupe). Il assista à la première, deuxième et troisième ‘Aqaba, à Badr et à tous les combats. Puis ‘Umar l’envoya en Syrie comme juge et enseignant. Il résida à Ḥimṣ, puis se déplaça en Palestine et y mourut. Il fut enterré à Jérusalem, et sa tombe y est encore connue aujourd’hui. Il existe d’autres avis sur sa date de mort. (Voir *al-Istī‘āb*) (7) [p.431] Ainsi dans la plupart des manuscrits et dans *al-Istī‘āb* ; et dans A : « Aḥram ». (8) [p.432] aṭ-Ṭabarī a dit : Khuzama (avec la fatḥa du zāy) selon ce qu’a mentionné ad-Dāraquṭnī. Et Ibn Isḥāq et Ibn al-Kalbī ont dit : Khuzama (avec la sukūn du zāy), et c’est le correct. Abū ‘Umar a dit : Il n’y a pas chez les *Anṣār* de Khuzama, avec la *fatḥa* (d’après *al-Istī‘āb*). (9) [p.432] ‘Umāra : avec la fatḥa du ‘ayn et le tashdīd du mīm. (Voir *al-Istī‘āb*) (10) [p.432] Al-‘Abbās assista à l’allégeance des deux ‘Aqaba. Il demeura avec le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – à La Mecque jusqu’à ce qu’il émigre à Médine. On l’appelait : « l’Émigré *Anṣārī* ». Il fut tué le jour d’Uḥud en martyr, et n’assista pas à Badr. (D’après *al-Istī‘āb*) (11) [p.432] Voir sa notice dans la note (n°6 p.430). (12) [p.432] Voir sa notice dans la note (n°4 p.430). (13) [p.433] Il s’agit de Mālik ibn at-Tayhān ibn Mālik ibn ‘Ubayd ibn ‘Amr ibn ‘Abd al-A‘lam ibn ‘Āmir, Abū al-Haytham al-Balawī, de la tribu de Balī ibn al-Ḥāf ibn Quḍā‘a, allié des Banū ‘Abd al-Ashhal. Il assista à l’allégeance de la première et de la deuxième ‘Aqaba. Il fut l’un des six qui rencontrèrent avant cela le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – à la ‘Aqaba. On dit qu’il est le premier à avoir prêté serment au Prophète – qu’Allāh prie sur lui et le salue – la nuit de la ‘Aqaba. Il assista à Badr, à Uḥud et à tous les combats. Il mourut sous le califat de ‘Umar, en l’an vingt ou vingt et un. On dit aussi qu’il fut tué le jour de Ṣiffīn avec ‘Alī, en l’an trente-sept. On dit encore qu’il survécut et mourut peu après cela. (Voir *ar-Rawḍ al-Unuf* et *al-Istī‘āb*) (14) [p.433] Il s’agit de ‘Uwaym ibn Sā‘ida ibn ‘Ā’ish ibn Qays ibn an-Nu‘mān ibn Zayd ibn Umayya ibn Zayd ibn Mālik ibn ‘Awf ibn ‘Amr ibn ‘Awf. Son surnom est Abū ‘Abd ar-Raḥmān. Ibn Isḥāq disait dans sa généalogie : ‘Uwaym ibn Sā‘ida ibn Ṣalja‘a, et qu’il était de la tribu de Balī ibn ‘Amr ibn al-Ḥāf ibn Quḍā‘a, allié des Banū Umayya ibn Zayd. Nul autre que lui n’a mentionné cela. ‘Uwaym – selon al-Wāqidī – assista aux deux ‘Aqaba, à Badr, à Uḥud et au Fossé. Il mourut du vivant du Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue. On dit aussi qu’il mourut sous le califat de ‘Umar à Médine, à l’âge de soixante-cinq ou soixante-six ans. (D’après *al-Istī‘āb*) (15) [p.433] Ajout d’après A. 28 – Sīra d’Ibn Hishām – 1 (16) [p.434] Ajout d’après A. (17) [p.434] Muṣ‘ab a pour surnom : Abū ‘Abd Allāh. Il fut parmi les éminents et les vertueux Compagnons. Il émigra en Abyssinie parmi les premiers à y émigrer. Puis il assista à Badr. Le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – l’avait envoyé à Médine avant l’Hégire, après la deuxième ‘Aqaba, pour leur enseigner la lecture du Coran et les instruire dans la religion. Muṣ‘ab ibn ‘Umayr était, jeune homme de La Mecque, par sa jeunesse, sa beauté et son orgueil. Le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – se souvenait de lui et disait : « Je n’ai pas vu à La Mecque de plus belle chevelure, de plus fine tunique, ni de plus grande aisance que celle de Muṣ‘ab ibn ‘Umayr. » Muṣ‘ab fut tué le jour d’Uḥud en martyr, tué par Ibn Qumay’a al-Laythī. Les spécialistes des *sīra* ne divergent pas sur le fait que l’étendard du Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – était avec Muṣ‘ab le jour de Badr et d’Uḥud. Puis, lorsqu’il fut tué le jour d’Uḥud, ‘Alī ibn Abī Ṭālib le prit. (Voir *al-Istī‘āb* et *ar-Rawḍ al-Unuf*) (18) [p.434] Dans A : « Hishām ». C’est une altération. (19) [p.434] As-Suhaylī a dit, en commentant : « Et sa demeure était... etc. » : *Manzil* (avec la fatḥa du zāy). De même, tout ce qui apparaît dans ce chapitre comme « *manzil* d’un tel chez un tel », c’est avec la fatḥa, car il veut dire le nom d’action et non le lieu. C’est ainsi que l’a noté le cheikh Abū Baḥr (avec la fatḥa du zāy). (1) [p.435] As-Suhaylī a dit : Hazm an-Nabīt : une montagne à un *barīd* de Médine. Yāqūt a contesté que « Hazm an-Nabīt » soit une montagne, car « al-hazm » en langue signifie : la dépression de terre. Il a approuvé un texte mentionné par certains Maghrébins, en disant : « Si cela est authentique, c’est ce sur quoi on se fonde. » Ce texte est : « Il nous rassembla dans le Hazm des Banū an-Nabīt, de la *ḥarra* des Banū Bayāḍa, dans un *naqī‘* appelé *Naqī‘ al-Khuḍamāt*. » (2) [p.436] Yāqūt a dit dans *Mu‘jam al-Buldān* : « Bi’r Marq : à Médine, mentionné dans le récit de l’Hégire. On le rapporte aussi avec la sukūn du rā’. » (3) [p.436] Ainsi dans A. *Al-Ikhfār* : la rupture du pacte et la trahison. Et dans le reste des manuscrits : « *li-yuḥqirūka* » (pour te mépriser). (4) [p.437] Ajout d’après A, Ṭ. (5) [p.437] Ainsi dans A : « *qāla* » (il dit). Et dans M, R. Et dans Ṭ : « et Son Messager, par Allāh ». (1) [p.438] *Ash-Shukūl* : pluriel de *shakl*. *Shakl* d’une chose (avec la fatḥa) : son semblable. C’est comme s’il voulait dire que la religion des Juifs est une innovation, elle n’a donc pas de *shukūl* : c’est-à-dire qu’elle n’a pas de semblable dans les réalités, ni d’équivalent qui la soutienne parmi les choses connues et acceptées. Aṭ-Ṭā’ī a dit : « J’ai dit : mon frère. Ils dirent : un frère de parenté ? / Je leur dis : les *shukūl* sont les proches. / Mon proche est dans mon opinion, ma religion et ma doctrine / même si les liens de parenté nous éloignent dans les malheurs. » (2) [p.438] Ainsi dans A, Ṭ. *Al-Jalīl* : une montagne bien connue en Syrie. Et dans le reste des manuscrits : « *al-Khalīl* » avec le khā’ pointé, ce qui est une altération. (3) [p.438] *Tarsifu* : marcher d’une marche entravée. *Mudh‘anāt* : soumises. *Al-Julūl* : pluriel de *jull* (avec la ḍamma et la fatḥa), ce dont on revêt la bête pour la protéger. (4) [p.438] Ainsi dans A, Ṭ. Et dans le reste des manuscrits : « *ilā* » (vers), ce qui est une altération. (5) [p.439] Al-Barā’ ibn Ma‘rūr a pour surnom : Abū Bishr, du nom de son fils Bishr. C’est lui qui mangea avec le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – de la brebis empoisonnée, et en mourut. Ma‘rūr : le nom de son père. Son sens : « visé ». On dit : ‘arrahū wa-i‘tarrahū : lorsqu’on le vise. Ce Barā’ fait partie de ceux pour qui le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – a prié sur leur tombe après leur mort. (6) [p.439] *Wajjahnā* : nous nous sommes dirigés. (7) [p.439] Il veut dire Jérusalem. (8) [p.440] Ajout d’après A, Ṭ. (9) [p.440] As-Suhaylī a dit dans son commentaire sur ce hadith : « Sa parole : “Si tu avais patienté sur elle”, il ne lui ordonna pas de refaire ce qu’il avait déjà prié, car il était dans l’interprétation personnelle. Et dans le hadith, il y a une preuve que le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – priait à La Mecque en direction de Jérusalem, et c’est la parole d’Ibn ‘Abbās. Un groupe a dit : Il n’a prié en direction de Jérusalem qu’à partir de son arrivée à Médine, pendant dix-sept ou seize mois. Selon cela, il y aurait eu deux abrogations concernant la direction de la prière : une abrogation d’une *sunna* par une *sunna*, et une abrogation d’une *sunna* par un texte coranique. Le hadith d’Ibn ‘Abbās montre l’origine de la divergence sur cette question. Il est rapporté de lui par des voies authentiques que le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – lorsqu’il priait à La Mecque, faisait face à Jérusalem et plaçait la Ka‘ba entre lui et Jérusalem. Comme il – que la paix soit sur lui – recherchait les deux directions de prière ensemble, son orientation vers Jérusalem n’apparut pas clairement aux gens jusqu’à ce qu’il sorte de La Mecque. »
Et non pas ainsi nous... etc. 58 La phrase « et un noble parmi nos nobles » est omise dans A. C'est la femme de Zayd ibn 'Âsim, elle a assisté au serment d'allégeance d'al-'Aqaba et au serment d'al-Ridwân, ainsi qu'au jour d'al-Yamâma et a combattu elle-même. Elle a participé avec son fils 'Abd Allah au meurtre de Musaylima, et sa main a été coupée. Elle a reçu douze blessures, puis a vécu longtemps après cela. On rapporte qu'elle a dit au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : « Je ne vois tout que pour les hommes, et je ne vois rien pour les femmes ! » Alors Allah Très-Haut a révélé : « Certes, les musulmans et les musulmanes... » 59 verset 33:35. Ajout de A, T. Dans A : « le premier à parler ». Ajout de A, T. « Azrânâ », c'est-à-dire nos femmes. La femme est parfois désignée par le terme « izâr » 60, comme on désigne aussi par « izâr » l'âme, et on fait du vêtement une expression pour celui qui le porte. Le poète a dit : « Ils les ont lancées avec des vêtements légers, on ne voit / pour elles de semblable que l'autruche effarouchée. » Ainsi, il est correct d'interpréter la parole d'al-Barâ' comme visant les deux sens à la fois. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « gens ». « Al-halqa », c'est-à-dire les armes. « Al-tayhân » : se prononce avec le yâ' redoublé ou allégé. Ibn Qutayba a dit : Les Arabes disaient lors de la conclusion d'une alliance ou d'un pacte de voisinage : « Mon sang est ton sang, ma destruction est ta destruction », c'est-à-dire : ce que j'ai détruit comme sang, je le détruis moi-même. On rapporte aussi : « Plutôt al-ladam al-ladam, et al-hadm al-hadm. » Et il a cité : « Puis rejoins ma destruction et mon deuil. » Al-ladam est le pluriel de lâdim, ce sont les gens qui se lamentent sur lui quand il meurt, et cela vient de « ladamat sadrahâ » quand elle frappe sa poitrine. « Al-hadm » (avec la fatḥa) : le nom d'action ; (avec le déplacement) : tout ce qui est détruit. Ajout de A, T. Dans A : « Il dit : Mon honneur est votre honneur, mon sang est votre sang. » Al-Suhaylî a dit : « Ibn Hishâm a désigné l'honneur de l'homme et de sa famille par “al-hadm” 61, car ils étaient des gens de transhumance et de voyage, et ils avaient des tentes qu'ils allégeaient le jour de leur départ. Chaque fois qu'ils partaient, ils les détruisaient. Al-hadm signifie ce qui est détruit. Puis ils ont fait de “al-hadm”, c'est-à-dire la tente détruite, une expression pour ce qu'elle contient. » Ainsi dans la plupart des sources et chez al-Ṭabarî. Dans A : « Taym Allah ibn 'Amr... etc. » Ainsi dans al-Istî'âb. Dans A : « 'Abd Allah ibn Rawâḥa ibn Imri' al-Qays ibn Tha'laba ibn 'Amr ibn Imri' al-Qays ibn Mâlik... etc. », et « ibn Tha'laba » le premier a été omis des autres sources. Ajout d'al-Istî'âb. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « ... ibn 'Âmir ibn Zurayq ibn 'Âmir ibn Zurayq... etc. » Dans les sources et al-Istî'âb : « Khuzayma » avec khâ' pointé et ḍamma, et zâ' fatḥa ; la correction vient d'Abû Dharr, qui l'a noté avec ḥâ' non pointé fatḥa et zâ' kasra. Ibn 'Abd al-Barr y a ajouté une variante : « On dit aussi : ibn Abî Ḥalîma. » Cette phrase : « Ibn Hishâm a dit... Khunays » est omise dans A. Dans M : « Khunayš ». Ainsi dans A, T, et al-Istî'âb. Dans les autres sources : « Zunayr ». Fâl : a échoué. Ainsi dans la plupart des sources. Dans T : « fa-lâ tar'ayn » : c'est-à-dire ne reste pas ; on dit : « mâ ar'â 'alayhi » : je n'ai pas de pitié pour lui. Ainsi dans A, T. Dans les autres sources : « tathâya'û ». Jâdi' : coupant. Al-ikhfâr : rupture du pacte. Al-yâfi' : le lieu élevé. On rapporte aussi : « bâqi' » : c'est-à-dire lointain. Ainsi dans la plupart des sources. Al-khâni' : celui qui avoue en s'humiliant. Dans T : « khâli' ». Ḍarûḥ : c'est-à-dire qui repousse et défend. Cette phrase : « c'est-à-dire les musulmans » est omise dans A. Nahkat al-amwâl : leur diminution. Ajout de A. Ainsi dans A, T. Dans les autres sources : « al-'aql », ce qui est une altération. Ainsi dans T. Dans A : « Ibn Isḥâq a dit : Ma'bad ibn Ka'b m'a raconté dans son récit... etc. » Dans les autres sources : « Ibn Isḥâq a dit : Al-Zuhrî a dit : Ma'bad ibn Ka'b ibn Mâlik m'a raconté, et il m'a raconté dans son récit... etc. » Ce mot est omis dans A, T. Al-manâzil : les demeures de Minâ. L'origine de l'emploi de « al-jabâjib » pour les demeures vient du fait que les récipients en cuir, comme le panier et autres, sont appelés « jubjuba », et on a fait des tentes et des demeures pour leurs occupants comme des récipients. Al-mudhammam : très blâmé. Al-ṣabâh : pluriel de ṣâbî, qui est le ṣâbi' (avec hamza). On disait de l'homme qui embrassait l'Islam à l'époque du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : « ṣâbi' ». Ce mot apparaît altéré dans les sources. Azab al-'Aqaba : nom d'un démon ; on rapporte aussi avec kasra du hamza et sukûn du zâ'. Al-azab signifie aussi le court. En marge de l'original : « Azîb (le premier) : avec fatḥa du hamza, sukûn du zâ' et fatḥa du yâ' ; (le second) : avec ḍamma du hamza, fatḥa du zâ' et sukûn du yâ', comme noté dans certaines copies. » Cependant, cette seconde forme n'est pas mentionnée dans les dictionnaires. Ainsi dans A, T. Dans les autres sources : « isthama'a ». Irfaddû : dispersez-vous. Ainsi dans A, T. Dans les autres sources : « la-tamîlunna » avec tâ' pointé du haut. Ajout de A. Ainsi dans la plupart des sources. Dans A : « jadîdatân ». Al-Suhaylî a dit : « ... Le mot na'l 62 est féminin, mais on ne dit pas “jadîda” dans le langage châtié ; on dit plutôt “milḥafa jadîd”, car il a le sens de “majdûda”, c'est-à-dire coupée, donc il fait partie de la catégorie de “kaff khaḍîb” et “imra'a qatîl”. Sîbawayh a dit : “Celui qui dit ‘jadîda’ veut dire le sens de ‘ḥadîtha’, c'est-à-dire récente.” Sîbawayh voulait dire que “ḥadîtha” a le sens de “ḥâditha”, et tout “fa'îl” au sens de “fâ'il” reçoit le tâ' au féminin. » Aḥfaẓt : tu m'as mis en colère. Dans A : « qâla ». C'est une altération. Ajout de A. Tafût 'alayhi bi-kadhâ : il lui a échappé. Tanaṭṭasa al-qawm al-khabar : c'est-à-dire ils ont beaucoup enquêté à son sujet. Al-tanaṭṭus : l'examen minutieux. Le râjiz a dit : « Et je suis parfois chez elle un naqrîs / habile dans les maladies des femmes, un naṭîs. » Yâqût a dit : « Adhâkhir (avec fatḥa et khâ' pointé kasra). Ibn Isḥâq a dit : Quand le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, arriva à La Mecque l'année de la conquête, il entra par Adhâkhir, jusqu'à ce qu'il campe en haut de La Mecque, et sa tente y fut dressée. » Al-nas' : la courroie avec laquelle on attache la selle. Al-jumma : l'ensemble des cheveux de la tête, c'est plus que la wafra ; le pluriel : jumam. Ainsi dans A. Les autres sources ont ajouté entre les mots « al-rijâl » et « qâla » la phrase suivante : « Ibn Hishâm a dit : al-shu'shâ' : le grand et beau. Ru'ba a dit : “Il l'étire d'un shu'shâ' non mawdin”, c'est-à-dire le cou du chameau non court ; il dit : mawdin al-yad, c'est-à-dire à la main courte. Il l'étire par la marche d'un shu'shâ' doux parmi les hommes. » Ainsi dans la plupart des sources. Al-lakm : le coup avec le poing fermé. Dans A : « laṭamanî ». Awâ lahu : il a eu pitié de lui et s'est attendri. Le poète a dit : « Si je cherchais refuge auprès de lui, il n'aurait pas pitié de moi. » Ainsi dans A, T. Al-tujjâr (avec kasra puis fatḥa, et avec ḍamma du tâ' et tashdîd du jîm et fatḥa) : pluriel de tâjir. Dans les autres sources : « tijâra », ce qui est une altération. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « li-yahif ». Dans A : « laṭama ». Dans A : « aḥad ». Dans A : « Hâshim ». Ḍirâr était le poète et le cavalier de Quraysh, et il n'y avait parmi Quraysh de plus poète que lui, puis Ibn al-Ziba'râ. Le grand-père de Ḍirâr, Mirdâs, était le chef des Banû Muḥârib ibn Fihr à l'époque préislamique, il marchait avec eux en prenant le rub' 63, c'est-à-dire le quart du butin. Son père était le chef des Banû Muḥârib ibn Fihr pendant la guerre d'al-Fijâr. Ḍirâr embrassa l'Islam l'année de la conquête. Dans al-Rawḍ al-Unuf : « 'Amr ». Al-Suhaylî a dit dans son commentaire : « Il veut dire par “'Amr” : 'Amr ibn Khunays, le père d'al-Mundhir. Il dit : Je ne suis pas à lui ni à son fils al-Mundhir, c'est-à-dire tu es moindre que cela. » 'Anwa : par force et contrainte. Il veut dire « al-Mundhir » : al-Mundhir ibn 'Amr, mentionné précédemment avec Sa'd ibn 'Ubâda, et qui a échappé au groupe sans qu'ils ne le rattrapent. Il les blâme d'avoir délivré Sa'd, et souhaite que leur effort eût été pour chercher al-Mundhir et le rattraper, plutôt que de délivrer Sa'd. On dit : « ṭulla damuhu » (à la voix passive et active, la première étant plus courante) : quand son sang est perdu sans vengeance. Dans A : « Et il était blessé que tu sois humilié et perdu. » Ce mot est omis dans A. Yâqût a dit : « Al-Barqâ' dans le désert. Le râjiz a dit : “Il laisse à al-Barqâ' un vieillard affaibli”, c'est-à-dire son corps s'est détérioré et amaigri. Ḥasran : la fatigue les a épuisés. » Al-Anbâṭ : un peuple non arabe. Al-rayṭ : les voiles blancs, le singulier : rayṭa. Al-wasnân : l'endormi. Kisrâ : titre du roi des Perses, Qayṣar : titre du roi des Romains.
La femme qui a perdu son enfant 64. Il fait allusion par ce vers au proverbe ancien concernant celui qui attire le mal sur lui-même : « Comme celui qui cherche la serpe 65 ». Abou Othman Amr ibn Bahr a dit : « Il protégeait les gens de l'épée de Malik, puis il chercha quelqu'un pour le protéger lui-même. Il était comme la mauvaise chèvre qui, de son sabot, soulève la serpe cachée sous la terre 66 ». Dans le Diwan de Hassan, édition d'Europe : « Ne sois pas comme l'égaré... etc. 67 ». Ainsi dans A. Dans les autres sources : « gens 68 ». Il fait allusion par le second hémistiche au proverbe connu : « Comme celui qui fait transporter des dattes à Khaybar 69 ». Khaybar est le pays des dattes. Sur le sens de ce vers, an-Nabigha al-Ja'di dit : « Si un homme t'offre un poème, c'est comme s'il faisait transporter des dattes au pays de Khaybar 70 ». Manat 71 : dérivé de « manaytu » le sang et autre, quand tu le verses, car le sang était versé près d'elle, en signe de rapprochement. De là, les idoles sont appelées « dima 72 ». Ajout d'après A 73. Al-'udhr 74 : pluriel de 'udhra, qui sont les excréments des gens. Ainsi dans A, T. Dans les autres sources : « ghadaw » avec ghayn 75. Ajout d'après A 76. Al-qarn 77 : la corde. Abou Dharr a dit : « Mustadan 78 : humilié, asservi ». As-Suhayli a dit : « Mustadan, de la sidana, qui est le service de la Maison et sa vénération ». Al-ghubn 79 : la sottise. As-Suhayli a dit en commentant ce vers : « Sa parole 'Dayyan ad-din 80', ad-din est le pluriel de dina, qui est la coutume. On l'appelle aussi din. Ibn ath-Thathariyya, dont le nom est Yazid, a dit : 'Je vois sept hommes qui s'efforcent tous d'atteindre l'union ; chacun a auprès de Layla une dina qu'il réclame. J'ai jeté ma flèche parmi eux quand ils se sont rassemblés, et il ne m'est revenu dans le partage que le huitième.' Il est possible qu'il ait voulu par 'ad-din' les religions, c'est-à-dire qu'Il est le Juge des gens des religions, mais il les a mises au pluriel comme 'din', car ce sont des sectes et des croyances, de même qu'on dit pour le pluriel de 'hurra' : 'hara'ir', parce qu'elles sont au sens de nobles et de femmes de qualité, et de même 'mara'ir' pour les arbres, bien que le singulier soit 'murra', mais c'est au sens de 'fa'ila', car elle est amère au goût, difficile à manger et désagréable. » Ce vers est omis dans A, T 81. Ainsi dans A, T. Dans les autres sources : « et il était 82 ». Ajout d'après A, T 83. Dans A : « Amr ibn Amir... etc. », c'est une altération 84. Surnommé Asid : Abou Isa, et on dit autre chose. Il embrassa l'Islam avant Sa'd ibn Mu'adh, sur la main de Mus'ab ibn 'Umayr, et fut blessé 85. C'est Malik ibn at-Tayhan ibn Malik ibn 'Ubayd ibn 'Amr ibn 'Abd al-A'lam, Abou al-Haytham al-Balawi, de Bali ibn al-Haf ibn Quda'a, puis al-Ansari, allié des Banu 'Abd al-Ashhal. Il assista à Badr, Uhud et à tous les combats, et mourut sous le califat d'Umar à Médine en l'an 20 H, et on dit autre chose 86. Ainsi dans A, al-Isti'ab et al-Qamus (racine WQS). Dans les autres sources : « Za'ba » avec 'ayn, c'est une altération 87. Ainsi dans la plupart des sources et al-Isti'ab. Dans A : « Zu'war 88 ». Umm Salama : Salma bint Salama ibn Khalid ibn 'Adi, Ansariyya Harithiyya. Surnommé Salama : Abou 'Awf, il assista à Badr, Uhud et à tous les combats, et fut nommé gouverneur du Yamama par Umar, et mourut en l'an 45 89. C'est l'oncle de Rafi' ibn Khudayj, et le père d'Usayd ibn Zuhayr. Il n'assista pas à Badr, mais assista à Uhud et aux combats suivants, lui et son frère Muzhir ibn Rafi' 90. Ainsi dans la plupart des sources, al-Isti'ab et al-Qamus (racine NYR). Dans M : « Dinar », c'est une altération 91. Dans A : 'Ubayd ibn Kilab ibn Dahman ibn Ghanm ibn Dhuhl ibn Humaym ibn Kahil ibn Dhuhl 92. Ainsi dans al-Isti'ab, et dans les sources : « Kahil 93 ». Ainsi dans A. Dans les autres sources : « Dhuhni 94 ». Hani' assista aussi à tous les autres combats, et mourut en l'an 45, et on dit en l'an 42 95. Ajout d'après A 96. Ajout d'après A, T 97. Ainsi dans A, T. Dans M : « Zunayr ». Dans al-Isti'ab : « Zubayr 98 ». Dans M : « Ibn Abi Umayya 99 ». Ajout d'après A 100. En marge de M : « al-Barak (première) avec damm sur ba et fatha sur ra, (seconde) avec fatha sur ba et sukun sur ra 101 ». Dans A : « al-Hill », c'est une altération 102. On dit aussi : 'Awadh (avec dhâl) 103. Ajout d'après A 104. Dans M : « Zayd Allah 105 ». Aws fut tué à Uhud en martyr, et il est le frère de Hassan ibn Thabit le poète 106. Il est le beau-fils d'Anas ibn Malik, et sa mort eut lieu en l'an 51 107. Ajout d'après A 108. Dans A : « ibn Tha'laba ibn 'Atiyya... etc. 109 ». Ajout d'après al-Isti'ab 110. Ainsi dans al-Isti'ab, et dans la plupart des sources : « Jallas » avec jim. La majeure partie de cette chaîne est omise dans A 111. Bashir assista à Uhud et aux combats suivants, et on dit qu'il fut le premier des Ansar à prêter serment à Abou Bakr as-Siddiq le jour de Saqifa, et on dit qu'il était avec Khalid ibn al-Walid à 'Ayn at-Tamr sous le califat d'Abou Bakr 112. Ainsi dans al-Isti'ab, et dans les sources : 'Abd Rabbih 113. Ajout d'après A 114. Dans M : « ibn al-Khazraj ibn al-Harith 115 ». 'Abd Allah mourut à Médine en l'an 32 116. Ajout d'après al-Isti'ab 117. Jadara, avec fatha ou kasra sur jim, et ad-Daraqutni l'a noté avec kasra sur jim, et on rapporte « Khadara » avec khâ' mu'jama et damm, et il est le frère de Khadara auquel est attribué Abou Sa'id al-Khudri 118. Ajout d'après M 119. Ziyad assista aussi à Uhud, al-Khandaq et à tous les combats, et fut nommé gouverneur du Hadramaout par le Messager d'Allah. Ziyad mourut sous le califat de Mu'awiya 120. Ainsi dans les sources. Dans al-Isti'ab : « Wadafa ». As-Suhayli a dit en commentant « Wadha'a » : « Il a mentionné parmi les Banu Bayada : 'Amr ibn Wadhaqa, avec dhâl mu'jama. Ibn Hisham a dit : Wadfa, avec dâl muhmala, et c'est le plus correct 121 ». Dans al-Isti'ab : « al-Ja'lan 122 ». Surnommé Rafi' : Abou Malik, et il fut tué à Uhud en martyr 123. Dans A : 'Ubada, c'est une altération 124. Ainsi dans A, T. Dans les autres sources : « Khalid 125 ». Ainsi dans A, T et al-Isti'ab. Dans les autres sources : « Khalda 126 ». Ce mot est omis dans A 127. On rapporte d'az-Zuhri et d'Amir ash-Sha'bi qu'ils ont dit à propos de ce hadith du Prophète : « Mais votre maître est 'Amr ibn al-Jamuh ». Le poète des Ansar a dit à ce sujet : « Le Messager d'Allah, et la vérité est sa parole, dit à celui qui parmi nous demanda : Qui comptez-vous comme maître ? Ils lui répondirent : Jad ibn Qays, pour ce que nous lui reprochions d'avarice, mais il n'était pas noir. Il fit alors maître 'Amr ibn al-Jamuh pour sa générosité, et il est juste que 'Amr soit notre maître 128 ». Ajout d'après A 129. On dit aussi : at-Tufayl ibn Malik ibn an-Nu'man... etc. 130. Dans les sources ici : 'Abd (voir al-Isti'ab) 131. Ainsi dans al-Isti'ab. Dans les sources : « Khudham 132 ». En marge de M : « Jabbar (ici) : avec fatha sur jim et tashdid sur ba, et le premier est noté avec damm sur jim et tashdid sur ba 133 ». Peut-être « Khunays » (voir al-Isti'ab) 134. Précédemment, dans le discours sur les Banu Salima, le nom d'at-Tufayl ibn an-Nu'man a été mentionné, et ici il est mentionné sous le nom d'at-Tufayl ibn Malik ibn an-Nu'man. Ibn 'Abd al-Barr a dit qu'ils sont une seule personne 135. Dans M : « ihda », c'est une altération 136. Ka'b n'assista pas à Badr, mais assista à Uhud et à tous les combats sauf Tabuk, et mourut sous le règne de Mu'awiya en l'an 50 H 137. On dit aussi : 'Amr 138. Ibn 'Abd al-Barr a rapporté la généalogie de ce Qutba d'après Ibn Ishaq, disant : il est Qutba ibn 'Amir ibn Hadida ibn 'Amr ibn Sawad ibn Ghanm ibn Ka'b ibn Salama al-Khazraji 139. Ajout d'après A 140. Dans al-Isti'ab : « Ka'b ibn 'Amr ibn 'Abbad ibn 'Amr ibn Sawad 141 ». Ka'b mourut à Médine en l'an 55 H 142. Dans M : 'Abbas, c'est une altération 143. Ainsi dans les sources et Usd al-Ghaba. Dans al-Isti'ab : « Hani' 144 ». Ainsi dans al-Isti'ab. Dans les sources : « Zayd 145 ». Mu'adh mourut sous le califat d'Uthman 146. Ainsi dans A et al-Isti'ab. Dans les autres sources : « Tha'laba ibn Zayd ibn al-Harith 147 ». Khudayj, avec khâ' munqata maftuha et dâl maksura, ainsi l'ont mentionné ad-Daraqutni et d'autres. At-Tabari l'a mentionné et a dit : Il assista à al-'Aqaba mais n'assista pas à Badr. Il a dit : Surnommé Abou Rashid (voir ar-Rawd al-Unuf) 148. Al-Farafir, rapporté avec fa et qaf, noté par ad-Daraqutni seulement (voir Sharh as-Sira d'Abou Dharr) 149. Ainsi dans al-Isti'ab. Dans les sources : « 'A'id ibn 'Adi ibn Ka'b 150 ».
Ainsi dans al-Rawḍ al-Unuf 151, et dans A : « Udhun 152 ». Et dans les autres sources : « Ud », ce qui est une altération. Il a dit : Dans al-Istīʿāb 153 : « Yazīd ». ʿAmawās 154 : une province de Palestine près de Jérusalem. Dans les sources : ici « Addā 155 », et ce que nous avons établi est plus correct, en accord avec ce que nous avons rapporté d'al-Suhaylī dans la première note de cette page. Dans M : « Lahā », ce qui est une altération. Dans M : « Abū ʿAbd al-Raḥmān ibn Yazīd », ce qui est une altération. Khuzama 156, avec sukūn sur le zāy chez Ibn Isḥāq et Ibn al-Kalbī, et avec fatḥa chez al-Ṭabarī, ce qui est correct. ʿUmāra 157, avec fatḥa sur le ʿayn et tashdīd du mīm, et on ne connaît « ʿUmāra » chez les Arabes que celui-ci, de même qu'on ne connaît « ʿImāra » avec kasra sur le ʿayn que Ubbay ibn ʿImāra qui rapporte un hadith sur l'essuyage des chaussures, et on a dit à son sujet : ʿUmāra avec ḍamma. Quant aux autres, c'est ʿUmāra avec ḍamma. Dans A : « ʿUṣayna » avec ʿayn non pointée. Le discours sur al-Qawāqil 158 a déjà été donné dans cette partie. Al-Suhaylī a dit : « Il a mentionné les Banū al-Ḥublā, et l'attribution à eux est Ḥublā, avec ḍamma sur le ḥā et le bā, dit Sībawayh, contrairement à la règle d'attribution, et certains qui ont écrit sur la grammaire ont cru que Sībawayh avait dit Ḥublā avec fatḥa sur le bā parce qu'il l'a mentionné avec Judhamī dans l'attribution à « Judhayma ». Mais Sībawayh ne l'a pas mentionné avec lui parce qu'il est de son poids, mais parce qu'il est irrégulier comme lui dans la règle que nous avons mentionnée d'après Sībawayh, à savoir qu'il est restreint à la ḍamma, mentionné par Abū ʿAlī al-Qālī dans al-Bāriʿ. Et il a dit : C'est ainsi qu'il est consigné dans les copies correctes de Sībawayh, ce qui indique l'erreur de celui qui attribue à Sībawayh qu'il a ouvert le bā. » On dit aussi : Ibn Abī Ḥulayma. Saʿd mourut à Ḥawrān en Syrie deux ans et demi après le début du califat de ʿUmar, et on dit plutôt qu'il mourut sous le califat d'Abū Bakr en l'an onze. Dans al-Istīʿāb : « Ibn Thaʿlaba ibn al-Khazraj ». On dit aussi : « al-Muʿanniq li-l-Mawt 159 ». Voir al-Istīʿāb. Al-Iʿnāq : une allure rapide. Ajout de A. Dans M : « Khubayb » avec khā pointée, c'est une falsification. La phrase de « c'est-à-dire où » jusqu'ici est omise dans A. Arsālan 160 : groupe après groupe. Dans les sources : « Ne sortez-vous pas de ce... etc. » Al-Tanʿīm 161 : un lieu entre La Mecque et Sarif, à deux parasanges de La Mecque. Ajout de Ṭ. Ce mot est omis dans A, Ṭ. ʿUthmān, le jour de son émigration, était avec Umm Salama dans l'incroyance, et il n'embrassa l'islam que lors de la trêve de al-Ḥudaybiyya, et émigra avant la conquête avec Khālid ibn al-Walīd. Ses frères Musāfiʿ, Kilāb, al-Ḥārith et leur père furent tués le jour de Uḥud, et son oncle ʿUthmān ibn Abī Ṭalḥa fut également tué ce jour-là en mécréant, et c'est lui qui détenait les clés de la Kaʿba. L'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) les remit l'année de la conquête à ʿUthmān ibn Ṭalḥa ibn Abī Ṭalḥa et à son oncle Shayba ibn ʿUthmān ibn Abī Ṭalḥa, qui est l'aïeul des Banū Shayba, gardiens de la Kaʿba. Le nom d'Abū Ṭalḥa, leur aïeul, est ʿAbd Allāh ibn ʿAbd al-ʿUzzā. ʿUthmān (que Dieu l'agrée) mourut martyr à Ajnādayn au début du califat de ʿUmar. Ainsi dans Ṭ et al-Istīʿāb. Dans les autres sources : « Kabīr ». Al-Suhaylī a dit à propos des Banū Jaḥsh, autres que ceux mentionnés par Ibn Isḥāq : « Zaynab bint Jaḥsh, Mère des Croyants. Al-Radm 162 : un lieu à La Mecque. Al-Yabāb 163 : le désert. Ajout de A. Arsālan : groupe après groupe. On dit : ils sont venus mūʿibīn 164 : lorsqu'ils ont rassemblé tout ce qu'ils pouvaient. Ainsi dans les sources, et il a été vocalisé dans A la première fois avec ḍamma sur le ḥā et tashdīd du yā kasra, et la seconde fois avec ḍamma sur le ḥā et sukūn du yā et fatḥa sur la deuxième lettre, et dans al-Istīʿāb : « Arbad ibn Ḥumayr ». Ainsi dans A et al-Istīʿāb. Dans les autres sources : « Thaqīf ». Abū Dharr a dit : « Al-Aqshā a dit : correct : Umayma. » Dans A : « Et d'elle elle partit le matin ». Al-Qaṭīn 165 : les gens résidents. Al-Dhimma 166 : le pacte. Yammama 167 : il se dirigea. Tan'ā 168 : elle s'éloigne. Dans A, Ṭ : « Je lui dis : Yathrib est pour nous un lieu d'espoir ». Al-Watr 169 : la vengeance. Dans A : « Son pays ». Milḥab 170 : un chemin clair. Dans A : « al-Nuḥāt ». Awʿabū 171 : ils se rassemblèrent et furent nombreux. Ainsi dans la plupart des sources, et dans A : « Fa-aḥlabū ». Celui qui le rapporte avec jīm, son sens est : ils crièrent. Celui qui le rapporte avec ḥā non pointée, son sens est : ils aidèrent. Al-Fawj 172 : un groupe de gens. Waraʿnā 173 : c'est-à-dire nous sommes revenus. Nammat 174 : nous nous rapprochons. Tazāyalū 175 : ils se séparèrent. Abū Dharr a dit : « al-Tanāḍib », on dit que c'est un nom de lieu, et celui qui le rapporte avec kasra, c'est le pluriel de tanḍib, un arbre, son singulier est tanḍiba, et al-Waqshī l'a consigné : « al-Tanāḍib », avec kasra du ḍād, comme nous l'avons mentionné. Aḍāt Banī Ghifār 176 : à dix milles de La Mecque. Sarif 177 : un lieu à six milles de La Mecque. Dhū Ṭuwā 178 : un lieu au bas de La Mecque. Al-Marwa 179 : la pierre. Ce Khubayb est celui qui épousa la fille de Khārija après Abū Bakr al-Ṣiddīq, et son nom est Ḥabība. Khubayb mourut sous le califat de ʿUthmān, et il est l'aïeul de Khubayb ibn ʿAbd al-Raḥmān dont Mālik rapporte dans son Muwaṭṭa. On dit aussi : Yasāf, avec yā ouverte dans la version du livre. Il est le fils de ʿUtba, et il n'était pas musulman lors de l'installation des émigrants chez lui, mais retarda son islam jusqu'à ce que l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) parte pour Badr. Elle est à ʿAwālī al-Madīna 180, et entre elle et la demeure du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) il y a un mille. M a ajouté avant ce mot : Ibn Hishām a dit : « On dit aussi : Yasāf, d'après ce que m'a rapporté Ibn Isḥāq. » Anasa était un des affranchis de Sarāt, et son surnom était Abū Masrūḥ, et on dit Abū Mashrūḥ. Il assista à Badr et à toutes les expéditions avec l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), et mourut sous le califat d'Abū Bakr. L'origine d'Abū Kabsha est de Perse, et on dit plutôt qu'il est un affranchi de la terre de Daws. Le nom d'Abū Kabsha est Sulaym. Il assista à Badr et à toutes les expéditions avec l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), et mourut sous le califat de ʿUmar le jour où naquit ʿUrwa ibn al-Zubayr. Quant à celui que les mécréants de Quraysh mentionnaient, attribuant le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) à lui et disant : « Le fils d'Abū Kabsha a dit », « Le fils d'Abū Kabsha a fait », on a dit à son sujet plusieurs avis. On a dit que c'est le surnom de son père maternel, Wahb ibn ʿAbd Manāf, et on a dit que c'est le surnom de son père de lait, al-Ḥārith ibn ʿAbd al-ʿUzzā, et on a dit que Salmā, sœur de ʿAbd al-Muṭṭalib, son père était surnommé Abū Kabsha, et c'est ʿAmr ibn Lubayd. Le plus connu de ces avis auprès des gens est qu'ils l'ont comparé à un homme qui adorait Sirius seul, sans les Arabes, et ils l'ont attribué à lui pour sa sortie de la religion de son peuple. Qubā 181 : à une parasange de Médine. Abū Dharr a dit : « Khubbāb, affranchi de ʿUtba, ainsi est-il venu ici avec fatḥa sur le khā pointée et tashdīd du bā, et on a aussi rapporté : Ḥubāb, avec ḥā non pointée ḍamma et bā allégé. Khubbāb, avec khā pointée ouverte et bā tashdīd, consigné par al-Dāraquṭnī. » Sā'iba 182 : c'est-à-dire sans patronage pour personne. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « Nubayta », une autre version. Comme on a dit aussi : ʿAmra, Salmā. On dit aussi : « Bint Taʿār ». Dans les sources : « al-ʿUzzāb ». La correction vient du commentaire de la Sīra par Abū Dharr. Ainsi dans A et le commentaire de la Sīra par Abū Dharr. Dans les autres sources : « Ḥibr », ce qui est une altération. Jalīl 183 : c'est-à-dire beau. On dit : jalla l'homme, jallat la femme : lorsqu'elle est âgée. Le poète a dit : « Et quelle est sa part si on dit : elle est puissante et âgée ? » Dans A : « Batt ». Al-Battala et al-Batt 184 : le vêtement épais.
Al-Suhaylī a dit... Il leur a dit : « Je suis des gens du Najd », selon ce qu'ont rapporté certains auteurs de la Sīra, parce qu'ils avaient dit : « Que personne de Tihāma n'entre avec vous dans la consultation, car leur inclination est avec Muḥammad. » C'est pourquoi il s'est présenté à eux sous la forme d'un vieillard najdien. Il a été mentionné dans le récit de la construction de la Ka'ba qu'il s'est également présenté sous la forme d'un vieillard najdien lorsqu'ils ont jugé que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) devait élever la Pierre 185. Le vieillard najdien s'écria : « Ô assemblée de Quraysh, êtes-vous satisfaits que ce jeune homme s'en occupe à la place de vos nobles et de vos anciens ? » Si ce récit est authentique, c'est pour une autre raison qu'il s'est présenté comme un Najdien : c'est que du Najd émerge la Corne de Satan 186, comme l'a dit le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lorsqu'on lui dit : « Et dans notre Najd, ô Messager d'Allah ? » Il répondit : « Là-bas sont les tremblements de terre et les tentations, et de là émerge la Corne de Satan. » Il ne l'a donc pas bénie comme il a béni le Yémen, le Shām et d'autres. Et son autre hadith : il regarda vers l'Orient et dit : « La tentation est ici, d'où émerge la Corne de Satan. » Dans le hadith d'Ibn 'Umar, lorsqu'il prononça ces paroles, il s'arrêta à la porte de 'Ā'isha et regarda vers l'Orient, puis il les prononça. Son arrêt à la porte de 'Ā'isha, regardant vers l'Orient, mettant en garde contre les tentations et réfléchissant à son départ vers l'Orient lors de la survenue de la tentation, nous le comprenons par l'allusion. Ajoute à cela sa parole (que la prière et la paix soient sur lui) lorsqu'il mentionna la descente des tentations : « Réveillez les habitantes des chambres 187. » (6) [p.481] Celui qui avait cet avis et qui le conseilla était Abū al-Bakhtarī b. Hishām. [p.481] (31) Sīra d'Ibn Hishām - 1 (7) [p.482] Celui qui avait cet avis était Abū al-Aswad Rabī'a b. 'Āmir, l'un des Banū 'Āmir b. Lu'ayy. (8) [p.482] Dans A : « Adīrū » (9) [p.482] Al-Wasīṭ : le noble dans son peuple. (10) [p.482] Tujjā bi-l-thawb : il couvrit son corps et son visage avec le vêtement. (11) [p.483] Al-Suhaylī a dit : « Certains exégètes ont mentionné la raison qui les empêcha de se précipiter sur lui dans la maison malgré la faible hauteur du mur, alors qu'ils étaient venus pour le tuer. Dans le récit, il est rapporté qu'ils voulurent entrer chez lui, mais une femme de la maison poussa un cri. Alors certains dirent à d'autres : 'Par Allah, c'est une honte chez les Arabes que l'on raconte que nous avons escaladé les murs pour atteindre les filles de nos oncles paternels et que nous avons déchiré le voile de notre sanctuaire.' C'est ce qui les retint à la porte. Ils attendirent sa sortie, puis leurs yeux furent aveuglés sur celui qui sortit. » (12) [p.485] Dans le Jāmi' al-Bukhārī : « Ils ne sont que ta famille. » Abū Bakr avait déjà marié 'Ā'isha au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avant cela. (13) [p.486] Al-'Iṣām : la corde ou quelque chose de similaire que l'on attache à l'ouverture de l'outre 188 ou autre pour en préserver le reste, ou pour la suspendre à un piquet ou autre. (14) [p.487] Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) n'accepta la monture de sa part que contre son prix, par désir de sa part (que la prière et la paix soient sur lui) d'atteindre la perfection de la vertu de l'émigration 189, et pour que l'émigration et le combat soient dans leurs états les plus complets. (15) [p.487] On rapporte que Ḥassān b. Thābit, lorsqu'il apprit le poème d'al-Jinnī et ce qu'il avait proclamé à La Mecque, dit des vers dont le début est : « A perdu le peuple qui a vu partir son prophète... Et il s'est réjoui de celui qui est allé vers eux et qui revient le matin. » (16) [p.487] Le nom de Umm Ma'bad était 'Ātika bint Khālid. On raconte que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) passa près de sa tente, lui, Abū Bakr, le serviteur d'Abū Bakr 'Āmir b. Fuhayra et leur guide. Umm Ma'bad était une femme hardie et robuste qui se tenait à l'entrée de la tente, puis... (17) [p.489] La généalogie de Suraqa remonte aux Banū Mudlij, qui sont les Banū Mudlij b. Murra b. Taym b. 'Abd Manāf b. Kināna. (Voir al-Muqtaḍab, al-Ma'ārif, al-Istī'āb et al-Rawḍ) (18) [p.489] Al-Li'ma : la cotte de mailles et les armes. (19) [p.489] « Il ne lui fera pas de mal » : c'est-à-dire la flèche sur laquelle ces mots sont écrits. (20) [p.489] Al-I'ṣār : un vent accompagné de poussière. (21) [p.490] Ajout de A. (22) [p.490] On raconte qu'Abū Jahl blâma Suraqa lorsqu'il revint sans rien. Suraqa dit : « Abū Ḥakam, par Allah, si tu avais été témoin... De l'affaire de mon cheval quand ses pattes s'enfoncèrent, Tu aurais su, sans douter, que Muḥammad est... Un Messager avec une preuve ; qui donc peut lui résister ? Il te faut retenir les gens de lui, car je vois... Son affaire, un jour, ses signes apparaîtront. Par une affaire où les gens souhaiteraient tous... Que tous les gens, en bloc, fassent la paix avec lui. » (Voir al-Rawḍ al-Unuf) (23) [p.490] Al-Ji'irrāna (avec kasra sur la première lettre, et on dit aussi avec kasra sur la 'ayn, et shadda sur le rā') : une source d'eau entre al-Ṭā'if et La Mecque, plus proche de La Mecque. (Voir Mu'jam al-Buldān) (24) [p.490] Al-Gharz pour la selle 190 : équivalent de l'étrier pour la selle 191. (25) [p.491] Yāqūt a dit, après avoir mentionné ces deux versions : « Ce qui est correct selon nous à ce sujet est autre que ce qu'ils ont rapporté. Il est venu dans un poème mentionné par al-Zubayr b. Bakkār, et c'est Mujāḥ, avec fatḥa sur le mīm, puis jīm, et à la fin un ḥā'. Le poème est : 'Qu'Allah maudisse le ventre de Laqf, le chemin... Et Mujāḥ, et ce que j'aime Mujāḥ. Ma chamelle y a rencontré, ainsi qu'à Laqf... Un pays stérile et une terre avare.' » (26) [p.491] Dans les sources : « Kashadd », c'est une altération. (Voir Mu'jam al-Buldān) (27) [p.491] Ta'han : nom d'une source d'eau à trois milles d'al-Suqyā, entre La Mecque et Médine. (28) [p.492] Tawakkaqnā qudūmahu : nous avons pressenti et attendu son arrivée. (29) [p.492] Banū Qayla : ce sont les Anṣār. Qayla est le nom d'une grand-mère qu'ils avaient. (30) [p.492] Rakibahu al-nās : c'est-à-dire ils se pressèrent autour de lui. (31) [p.492] L'arrivée du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à Médine eut lieu le lundi 12 Rabī' al-Awwal. On dit aussi qu'il y arriva le 8 Rabī' al-Awwal. De même, on dit que sa sortie de la grotte 192 eut lieu le lundi, premier jour de Rabī' al-Awwal. (32) [p.493] Il s'agit de Kulthūm b. al-Hadm b. Imri' al-Qays b. al-Ḥārith b. Zayd b. Mālik b. 'Awf b. 'Amr b. 'Awf b. Mālik b. al-Aws. C'était un vieillard âgé. Il mourut peu après l'arrivée du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à Médine. Il fut le premier des Anṣār à mourir après l'arrivée du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), puis As'ad b. Zurāra mourut quelques jours après lui. Kulthūm était surnommé Abū Qays. (Voir al-Istī'āb et al-Rawḍ) (33) [p.493] Dans les sources : « al-'Uzāb », c'est une altération. (34) [p.494] Ya'thiru dhālika : il le raconte. (35) [p.494] Il est mentionné que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) fut le premier à poser une pierre dans sa qibla 193. Puis Abū Bakr vint avec une pierre et la plaça à côté de la pierre du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Ensuite, les gens commencèrent la construction. La mosquée de Qubā' fut la première mosquée construite en Islam. (36) [p.494] Dans une autre version que la Sīra d'Ibn Isḥāq : le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) pria avec eux dans le fond de la vallée, chez les Banū Sālim. (Voir Mu'jam al-Buldān, à l'article sur Rānūnā') (37) [p.495] Al-Mirbad : l'endroit où l'on fait sécher les dattes. (38) [p.495] Al-Suhaylī a dit, en commentant le sens de « taḥalḥalat » : Ibn Qutayba l'a interprété comme « talalḥala », c'est-à-dire : il resta à sa place et ne bougea pas. Il cita : « Des gens qui, quand on dit : 'Partez, vous êtes arrivés', restent sur leurs bagages et s'attardent. » Quant à « taḥalḥala » (avec le ḥā' avant le lām), son sens est : il quitta sa place. Ce qu'il a dit est fort du point de vue de la dérivation, car « talalḥula » ressemble à « laḥḥat 'aynahu » : quand son œil se colla. Quant à « taḥalḥula », sa dérivation vient de « al-ḥall » (la solution) et « al-inḥilāl » (la dissolution) est clair, car c'est le déliement d'une chose d'une autre. Mais la version dans la Sīra d'Ibn... (39) [p.496] Al-Jirān : ce qui touche le sol de la poitrine de la chamelle et de l'intérieur de sa gorge. (40) [p.496] On dit que lorsque la chamelle posa son jirān 194 dans la maison des Banū al-Najjār, un homme des Banū Salama, Jabbār b. Ṣakhr, la piqua dans l'espoir qu'elle se lève et s'agenouille dans la maison des Banū Salama, mais elle ne le fit pas. (41) [p.496] Sahl et Suhayl : ce sont les deux fils de Rāfi' b. 'Amr b. Abī 'Amr b. 'Ubayd b. Tha'laba b. Ghanm b. Mālik b. al-Najjār. Suhayl assista à Badr et à toutes les batailles, et mourut sous le califat de 'Umar. Sahl n'assista pas à Badr mais assista à d'autres batailles, et mourut avant son frère Suhayl. (42) [p.497] Ḥā'idan : incliné. (43) [p.497] Al-Suhaylī a dit : « Ibn Isḥāq a nommé l'homme, mais Ibn Hishām a refusé de le nommer pour ne mentionner aucun des Compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avec une chose désagréable. Il ne faut donc jamais chercher à connaître son nom. » Abū Dharr a dit : « Ibn Isḥāq a nommé l'homme et a dit que cet homme était 'Uthmān b. 'Affān (qu'Allah l'agrée). » Dans al-Mawāhib al-Laduniyya, il est dit que c'était 'Uthmān b. Maẓ'ūn. [p.497] (32) Sīra d'Ibn Hishām - 1 (44) [p.498] Par ce hadith, il désigne la mosquée de Qubā', car 'Ammār est celui qui suggéra au Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) de la construire, et c'est lui qui rassembla les pierres pour cela. Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) en posa les fondations, 'Ammār en acheva la construction. (Voir al-Rawḍ)
Ses demeures, que la prière et le salut soient sur lui, étaient au nombre de neuf. Certaines étaient faites de branches de palmier enduites d'argile, avec un toit de branches de palmier ; d'autres étaient en pierres empilées les unes sur les autres, également couvertes de branches de palmier. Al-Hasan ibn Abi al-Hasan a dit : « J'entrais dans les demeures du Prophète, que la prière et le salut soient sur lui, alors que j'étais un jeune garçon proche de la puberté, et j'atteignais le plafond de la main. » Ses appartements 195, que la prière et le salut soient sur lui, étaient des tentures en poil attachées à du bois de genévrier. Dans l'Histoire d'al-Bukhari : sa porte, que la prière et le salut soient sur lui, était frappée avec les ongles, c'est-à-dire qu'elle n'avait pas de heurtoir. Lorsque ses épouses, que la prière et le salut soient sur lui, moururent, les maisons et les appartements furent intégrés à la mosquée, cela à l'époque de 'Abd al-Malik. Quand sa lettre à ce sujet arriva, les habitants de Médine crièrent et pleurèrent comme le jour de sa mort, que la prière et le salut soient sur lui. Sa couche funèbre 196 était faîte de planches attachées avec des fibres de palmier ; elle fut vendue à l'époque des Omeyyades, et un homme l'acheta pour quatre mille dirhams.
(9) [p.515] *Akhdh* (أخذ), dérivé de *al-ukhdha* (الأخذة), qui est un type de sorcellerie. Al-Suhaylī a dit : « Ce hadith est célèbre parmi les gens et établi auprès des gens du hadith, sauf que je n’ai trouvé dans les livres célèbres combien de temps le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – resta sous l’effet de cette sorcellerie jusqu’à ce qu’il en guérisse. Puis je suis tombé sur l’explication dans le *Jāmi‘* de Ma‘mar ibn Rāshid. Ma‘mar rapporte d’al-Zuhrī qui a dit : “Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – fut ensorcelé pendant un an, au point qu’il lui semblait faire une chose alors qu’il ne la faisait pas.” Les Mu‘tazila et certains groupes de gens de l’innovation ont attaqué ce hadith, disant : “Il n’est pas permis que les prophètes soient ensorcelés ; s’il était permis qu’ils soient ensorcelés, il serait permis qu’ils deviennent fous.” Certains d’entre eux se sont appuyés sur la parole d’Allah – Puissant et Majestueux – : “Et Allah te protégera des gens” (5:67). Or le hadith est établi, rapporté par les gens du *Ṣaḥīḥ*, et il n’y a aucune objection à son encontre, ni du point de vue de la transmission, ni du point de vue de la raison, car l’infaillibilité (*al-‘iṣma*) ne leur est due que dans leurs esprits et leurs religions ; quant à leurs corps, ils y sont éprouvés, et ils peuvent subir blessures, coups, poisons et meurtre. Et *al-ukhdha* (الأخذة) que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – subit de cet art ne concernait que certains de ses membres, et non d’autres. » (1) [p.516] Al-Suhaylī a dit : « *Salām* (سلام) est avec allègement du *lām* (لام). On ne trouve personne portant le nom de *Salām* avec allègement parmi les musulmans, car *al-Salām* (السلام) est l’un des noms d’Allah ; on dit donc ‘Abd al-Salām. On dit aussi *Sallām* (سلام) avec redoublement, et cela est fréquent. Quant à *Salām* (سلام) avec allègement, il se trouve chez les Juifs, et c’est le père de ‘Abd Allāh ibn Salām. » (2) [p.516] *Natawakkaful* (نتوكف) : nous attendons et nous nous attendons. (3) [p.517] Al-Suhaylī a dit : « Ce propos concerne le sens de sa parole – que la prière et le salut soient sur lui – : “Je trouve le souffle de l’Heure entre mes deux omoplates.” Et le sens de sa parole : “Je suis pour vous un avertisseur devant un châtiment sévère.” Or, celui qui se trouve devant son poursuivant a le souffle du poursuivant entre ses deux omoplates. Et il semble que “le souffle” (*al-nafs*) dans ce hadith soit une expression désignant les épreuves (*al-fitan*) qui annoncent la venue de l’Heure. Leur commencement eut lieu lorsqu’il tourna le dos à sa communauté, sortant d’entre eux vers Allah – Très-Haut –. Ne vois-tu pas qu’il dit dans un autre hadith : “Je suis une sécurité pour ma communauté ; lorsque je disparaîtrai, ce qui leur est promis adviendra à ma communauté.” Ainsi, après lui, il y eut l’épreuve (*al-fitna*), puis le massacre (*al-haraj*) continu jusqu’au Jour de la Résurrection. Et quelque chose d’approchant est sa parole – que la prière et le salut soient sur lui – : “J’ai été envoyé, moi et l’Heure, comme ces deux-ci” – désignant l’index et le majeur. » (4) [p.517] *Al-buht* (البهت) : le faux. (1) [p.518] Al-Suhaylī a dit : « *Mukhayrīq* (مخيريق) était musulman. Et il n’est pas permis de dire d’un musulman : “Il est le meilleur des chrétiens” ni “le meilleur des juifs”, car *af‘al min* (أفعل من) – “meilleur que” –, lorsqu’il est ajouté (à un nom), fait partie de ce à quoi il est ajouté. Si l’on dit : “Comment cela est-il permis ?” Nous répondons : Parce qu’il a dit : “*Khayru Yahūd* (خير يهود) – le meilleur des Juifs” – et n’a pas dit : “*Khayru al-Yahūd* (خير اليهود)”. *Yahūd* (يهود) est un nom propre comme *Thamūd* (ثمود) ; on dit qu’ils sont attribués à Yahuḏh (يهوذ) fils de Ya‘qūb, puis le *dhāl* (ذ) a été arabisé en *dāl* (د). Lorsque tu dis *al-Yahūd* (اليهود) avec l’article défini, cela comporte deux sens possibles : l’attribution généalogique et la religion, qui est le judaïsme. Quant à l’attribution généalogique, c’est comme lorsqu’on dit *al-Taym* (التيم) pour les Taymites. Quant à la religion, c’est comme lorsque tu dis : *al-Naṣārā* (النصارى) – les chrétiens – et *al-Majūs* (المجوس) – les mages –, c’est-à-dire que ce sont des attributs, et non une attribution à un père. Et dans le Coran, il y a une troisième forme qui ne peut recevoir qu’un seul sens, à savoir la religion et non l’attribution généalogique : c’est Sa parole – Gloire à Lui – : “Et ils dirent : ‘Soyez *Hūdan* (هودا) ou *Naṣārā* (نصارى)’” (2:135), avec omission du *yā’* (ي), et Il n’a pas dit : “*Yahūd* (يهود)”, car Il voulait dire *al-tahawwud* (التهود), c’est-à-dire l’adoption de leur religion. » (1) [p.520] *Al-shamardalāt* (الشمردلات) (ici) : les grands chameaux. *Al-wahaj* (الوهج) : l’intensité de la chaleur. (2) [p.520] Dans le *Lisān al-‘Arab* (racine *alama*) : « leurs joues (*khudūduhā*) ». (3) [p.521] *Al-adhlam* (الأذلم) : le noir et long ; on dit aussi : celui dont les lèvres sont relâchées. (4) [p.521] *Thā’iru sha‘ri al-ra’si* (ثائر شعر الرأس) : c’est-à-dire dressé et ébouriffé. (5) [p.521] *Al-suf‘a* (السفعة) : une rougeur tirant vers le noir. (6) [p.522] Peut-être est-ce autre que Ḍubay‘a ibn Zayd, qui a été mentionné précédemment. (7) [p.523] Dans M, R : « Ibn Hishām a dit : “Et Bishr et Rāfi‘… etc.” » (8) [p.523] *Al-ḥā’iṭ* (الحائط) : le jardin. (9) [p.524] *‘Asā* (عسا) : il a vieilli et a décliné. (10) [p.524] *Najama* (نجم) : il est apparu. (11) [p.524] Abū Dharr a dit : « Ainsi est-il rapporté ici : *Bushayr* (بشير) avec *fatḥa* sur le *bā’* (باء). Al-Dāraquṭnī a dit : “C’est seulement *Bushayr* (بشير) avec *ḍamma* sur le *bā’* (باء).” » (12) [p.524] L’histoire de cela : Les Banū Ubayriq, qui étaient trois : Bushayr, Mubashshir et Bishr, percèrent un cellier (*mashraba*), ou bien Bishr le perça seul, et ce cellier appartenait à Rifā‘a ibn Zayd, et ils volèrent des cottes de mailles et de la nourriture. Cela fut découvert, et le neveu de celui-ci, Qatāda ibn al-Nu‘mān, vint se plaindre d’eux au Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue. Asīd ibn ‘Urwa ibn Ubayriq vint alors au Messager… (13) [p.525] ‘Āṣim ibn ‘Umar ibn Qatāda ibn al-Nu‘mān al-Ansārī al-Ẓafarī, Abū ‘Amr al-Madanī. Ibn Ma‘īn et Ibn Sa‘d l’ont jugé fiable (*thiqatān*). On dit : « Il avait une connaissance de la *sīra*. Il mourut en l’an 120, ou 127, ou 129. » (14) [p.525] Dans A : « neuf (*tis‘a*) ». (15) [p.525] *Al-rawāhish* (الرواهش) : les nerfs apparents de la main et les veines de l’intérieur de l’avant-bras (d’après *al-Tāj*). (1) [p.527] Ainsi dans A, Ṭ. Dans les autres manuscrits : « Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. Il a dit : Abū Muḥammad ‘Abd al-Malik ibn Hishām nous a rapporté, disant : Ziyād ibn ‘Abd Allāh al-Bakkā’ī nous a rapporté, disant : Muḥammad ibn Isḥāq al-Muṭṭalibī nous a rapporté, disant : » (2) [p.528] *Natarahu* (نتره) : il l’a tiré brusquement. (3) [p.528] Cette phrase, depuis sa parole « Ibn Hishām a dit » jusqu’à la fin du vers, est omise dans A. (4) [p.529] *Balakhdara* (بلخدرة), voulant dire les Banū al-Khadra : Abū Dharr a mentionné à son sujet une autre variante, selon laquelle elle serait dans l’original, et il a dit : « Et un homme de *Balabjara* (بلبجرة) se leva ; la forme correcte est : de *Bala’abjar* (بلأبجر), voulant dire les Banū al-Abjar, avec élision, comme on dit pour les Banū al-Ḥārith : *Balḥārith* (بلحارث). Il est possible aussi que ce qui a été mentionné soit basé sur le transfert de la voyelle. Certains l’ont rapporté comme *Balakhdara* (بلخدرة), voulant dire les Banū al-Khadra. » (5) [p.529] *Affafa minhu* (أفف منه) : c’est-à-dire il lui dit : « Ouf ! (*uff*) ». [p.529] (34) Sīra d’Ibn Hishām – 1 (1) [p.530] Dans M : « *Ju’ba* (جؤبة) », avec *bā’* (باء) unifiée, et c’est une altération. (2) [p.530] *Ḥaṣarū bihi* (حصروا به) : ils l’ont encerclé. *Laḥīm* (لحيم) : c’est-à-dire tué. (3) [p.530] Khālid l’a dite lorsqu’Abū Dhu’ayb l’accusa au sujet de sa femme. Les vers sont : « Ô gens, qu’ai-je et Abū Dhu’ayb ? / Lorsque je venais à lui en son absence / Il flairait mon manteau et palpait mon vêtement / Comme si je lui étais apparu suspect. » (4) [p.532] *Al-mughammar* (المغمر) : celui qui n’a pas fait l’expérience des choses. (5) [p.533] Ajout d’après A, Ṭ. (6) [p.533] Ainsi dans A, Ṭ. Dans les autres manuscrits : « Il dit : “Par Allah, par Allah… etc.” » (7) [p.535] *Al-miyāhu al-sudum* (المياه السدم) : les eaux anciennes de date, qui n’ont pas été visitées, au point qu’elles ont failli être ensevelies. (8) [p.535] *Naja‘a* (نجع) : il a profité. (9) [p.535] La phrase depuis sa parole « et *al-salwā* (والسلوى) » jusqu’à sa parole « dans un poème de lui » est omise dans A. (10) [p.535] Ajout d’après A, Ṭ. (11) [p.536] *Al-asbāṭ* (الأسباط) chez les Banū Isḥāq sont comme les tribus (*al-qabā’il*) chez les Banū Ismā‘īl. (12) [p.536] *Al-shīzā* (الشيزى) : des jattes fabriquées à partir d’un bois appelé *al-shīz* (الشيز), qui est un bois noir. *Al-jawābī* (الجوابى) : pluriel de *jābiya* (جابية), qui sont les bassins où l’eau est recueillie, c’est-à-dire rassemblée. (13) [p.536] Ajout d’après Ṭ. (14) [p.537] Cette phrase est omise dans A. (15) [p.537] Dans M, R : « c’est-à-dire que votre compagnon… etc. » (16) [p.538] Ajout d’après A, Ṭ. (17) [p.538] Ainsi dans A. Cette phrase est rapportée de manière confuse dans les autres manuscrits. (18) [p.538] Dans Ṭ : « Et en vérité, Allah ne châtie les gens… etc. » (19) [p.539] Ajout d’après Ṭ. (20) [p.539] Dans A, Ṭ : « Et dans le hadith ». (21) [p.539] Ainsi dans A, Ṭ. Dans les autres manuscrits : « la terre (*al-arḍ*) ». (22) [p.539] Ajout d’après A, Ṭ. (23) [p.539] Cette phrase est omise dans A. (24) [p.539] Ajout d’après Ṭ. (25) [p.540] Ajout d’après Ṭ. (26) [p.540] *Lafahum* (لفهم) : c’est-à-dire parmi ceux qui sont comptés avec eux. (27) [p.540] Ce mot est omis dans A, Ṭ. (28) [p.540] Dans M : « *Asārahum* (أسارهم) », et c’est une altération. (29) [p.540] Ainsi dans Ṭ. Dans les autres manuscrits : « ce que (*mā*) ». (30) [p.540] *Yuṭillūna* (يطلون) : ils annulent. (31) [p.541] Ainsi dans A, Ṭ. Dans les autres manuscrits : « Il les informa (*anba’ahum*) », et le propos n’est pas correct avec cela. (32) [p.541] Ainsi dans Ṭ. Dans les autres manuscrits : « la position (*waḍ‘*) ». (33) [p.541] Ainsi dans A, Ṭ. Dans les autres manuscrits : « avec la Torah et l’Évangile ». (34) [p.542] *Al-qabīl* (القبيل) : la sage-femme. (35) [p.542] Ajout d’après Ṭ. (36) [p.542] Ainsi dans A. Dans Ṭ : « par toi (*bika*) ». Dans les autres manuscrits : « cela (*fa-dhālika*) ». (37) [p.543] Ajout d’après Ṭ. (38) [p.545] *Al-maḥniya* (المحنية) : ce qui est courbé et recourbé de la vallée. *Al-ḍāl* (الضال) : un arbre ressemblant au jujubier (*sidr*), dont on fait les arcs. (39) [p.545] *Al-qaḍb* (القضب) : la luzerne fraîche. (40) [p.545] Dans A : « comme une tige (*ka-sāq*) ». [p.545] (35) Sīra d’Ibn Hishām – 1 (41) [p.546] *Al-akl* (الأكل) (avec *ḍamma*) : la subsistance et la nourriture. Et il veut dire par « la subsistance de sa communauté » : la longue durée de leur temps. (42) [p.546] Dans A : « soixante (*sittūn*) », et c’est une erreur. (43) [p.546] Dans A : « trente et un (*iḥdā wa-thalāthūn*) », et c’est une erreur fondée sur l’estimation précédente du *ṣād* (صاد). (44) [p.546] Dans A : « et quatre ans (*wa-arba‘ sinīn*) », et c’est aussi une erreur. (45) [p.547] Dans A : « *al-ḍayf* (الضيف) » avec *ḍād* (ضاد) pointée, et ce sont deux variantes à son sujet. (46) [p.548] Dans M, R : « fils (*ibn*) ». (47) [p.548] *Al-mulḥid* (الملحد) : la tombe. (48) [p.551] *‘Āqida* (عاقدة) : il décrit sa chamelle comme ayant noué sa queue entre ses cuisses, et c’est le premier signe de la gestation. *Al-īfād* (الإيفاد) : le fait de s’élever. *Al-ḥaqab* (الحقب) : une corde avec laquelle on attache la selle au ventre du chameau. (49) [p.551] *Al-na‘ūs* (النعوس) : celle qui a beaucoup de sommeil. On rapporte aussi : « *al-‘asīr* (العسير) », qui est la chamelle que l’on monte avant qu’elle ne soit domptée et docile. (50) [p.551] *Mukhāmirahā* (مخامرها) : celle qui la fréquente. *Maḥsūr* (محسور) : c’est-à-dire incapable.
Cette expression est omise dans A 197. Les « aghmar » 198 sont le pluriel de « ghamar », qui désigne celui qui n’a pas l’expérience des choses. Ainsi dans A. « Bayt al-midrās » 199 est la maison des Juifs où ils étudient leur Livre. Dans les autres sources : « Bayt al-madāris ». Dans A : « ḍayf » 200 avec ḍād, et les deux sont des variantes. Cette expression est omise dans A. On a dit que les « rabbāniyyūn » 201 sont ceux qui éduquent les gens par les petites sciences avant les grandes ; on a dit aussi qu’ils sont attribués à la science du Seigneur et à la jurisprudence dans ce qui a été révélé, et on y a ajouté l’alif et le nūn pour amplifier le nom (d’après as-Suhaylī). « Murtahinan » 202 signifie « résidant ». On rapporte aussi « murtaheban » avec bā’ au lieu de nūn, qui vient de la « rahbāniyya », c’est-à-dire le culte des chrétiens. As-Suhaylī a dit : Le sens de cette différence est que « fatanathu » l’a détourné, et il est venu sur le même poids, car le « maftūn » est détourné du vrai ; « aftanathu » signifie « elle l’a égaré et séduit », et il est venu sur le poids de ce qui a le même sens. Quant à « fatantu » le fer dans le feu, c’est sur le poids de « fa‘altu » uniquement, car il a le sens de « je l’ai éprouvé et testé » et autres. « ‘Asā » 203 signifie « il a vieilli et a atteint un âge avancé ». « Mala’u » 204 d’un peuple : leurs nobles ; on a dit aussi : leur assemblée. « Bu‘āth » 205 se rapporte avec ‘ayn non pointue et non avec ghayn. « Al-ḥifāẓ » 206 : la colère. « Raṣīn » : constant et durable. « Al-ghaḍab » 207 : l’épée tranchante. Cette expression, de sa parole « qāla » jusqu’à « shaḥadhahu », est omise dans A. « Radadnāhā l-āna jadha‘atan » 208 : nous avons ramené la fin au début. « An-nazgha » 209 : la corruption entre les gens. « Al-qidḥ » 210 : la flèche. « Al-ghawī » 211 : le corrupteur. Ainsi dans la plupart des sources. « At-tujjār » 212 : pluriel de « tājir », c’est le vendeur de vin ; dans A : « an-najjār » avec nūn. Ce mot est omis dans A. As-Suhaylī a dit : C’est la langue du Coran. Allah Très-Haut a dit : « Ghayra nāẓirīna ināhu » 213 (33:53). Ainsi dans A. « Bayt al-midrās » 214 : la maison où les Juifs étudient leur Livre. Dans les autres sources : « al-madāris ». Dans A : « yatanassaḥūna » 215. Cette expression est omise dans A. Dans certaines sources, ici et dans ce qui suit : « Ṣūrī » 216, et c’est une variante (cf. al-Qāmūs et son commentaire, racine ṣ-w-r). Le nom célèbre d’al-Akhtal 217 est Ghayyāth ibn Ghawth ibn aṣ-Ṣalt. « Shaṭūn » 218 : éloigné. « Al-ḥirbā’ » : un insecte plus grand que le lézard, qui fait face au soleil et tourne avec lui où qu’il tourne. « Yatamalmalu » : il se retourne à cause de la chaleur intense. Dans M, R : « Wa Abū Rāfi‘ » 219. « Intiqāḍuhum » 220 : leur désunion. Dans M, R : « al-madāris ». Ainsi dans Ṭ. Dans les autres sources : « thumma » 221. Dans M, R : « Hādhā min a‘lami man... » 222. « Alaẓẓa bihī » 223 : il insista auprès de lui. « Jana’a ‘alayhā » 224 : il se pencha sur elle. Ajout de A, Ṭ. On rapporte « Sallām » 225 avec un lām redoublé comme on le rapporte avec un lām simple. Celui qui le rapporte avec un lām simple cite comme preuve la parole du poète : « Saqānī fa-arwānī kumaytan mudāmatan... ‘alā ‘ajalin minnī Sallām ibn Mishkam ». Dans A : « aḍ-ḍayf » 226 avec ḍād, et les deux sont des variantes. Dans R : « al-ḥaddād » 227. Dans M, R : « ayna » 228. Dans M, R : « lā tukhbirhum ghayrahum » 229. « Aṣ‘ada fī l-bilād » 230 : il y voyagea, alla et partit. Dans A : « aḍ-ḍayf » 231 avec ḍād, et les deux sont des variantes. Dans A : « qāla Ibn Hishām » 232. « Intaqa‘a lawnuhū » 233 : il changea. « Sāwarahum » 234 : il les attaqua et les frappa. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « Tamīm » 235. « Al-ghariyān » 236 : deux constructions hautes : on dit qu’elles sont les tombes de Mālik et de ‘Uqayl, les deux compagnons de Jadhīma al-Abrash ; on les a appelées « al-ghariyyān » parce qu’an-Nu‘mān ibn al-Mundhir les enduisait du sang de ceux qu’il tuait lors de son jour de malheur (d’après Lisān al-‘Arab). « An-nā‘ī » 237 : celui qui apporte la nouvelle du mort. « Thumāl » 238 d’un peuple : c’est leur origine vers laquelle ils se dirigent, et qui s’occupe de leurs affaires et de leurs besoins. « Al-usquf » 239 (avec fā’ redoublé ou simple) : le grand chef des chrétiens. Ajout de A. Dans les sources : « Kūr » 240, c’est une altération ; ce que nous avons établi est les deux variantes connues dans le nom d’Ibn ‘Alqama (cf. al-Qāmūs, racines k-w-z et k-r-z). Dans M, R : « qāla Ibn Hishām » 241. « Al-ḥibarāt » 242 : des vêtements rayés du Yémen, le singulier : « ḥibara ». Ainsi dans A, Ṭ. Dans les autres sources : « wa kāna » 243. Ce mot est omis dans A. Ajout de A. Ajout de A, Ṭ. Dans Ṭ : « lā yaṣrifanna » 244. Cette expression est omise dans A, Ṭ. Ce mot est omis dans Ṭ. Dans A : « fa-lam takun » 245. Ajout de Ṭ. Ainsi dans A, et dans les autres sources : « fa-ḥamalathu » 246. Dans M : « muḥarrara » 247. Les expressions des livres de langue indiquent que « al-muḥarrar » s’applique à « an-nadhīr » et « an-nadhīra », c’est-à-dire une personne libérée. Dans A : « lahū » 248. Ainsi dans A, et dans les autres sources : « Jarīḥ » 249 avec ḥā’ non pointue. On rapporte aussi : « hazajat » 250 avec zāy pointue, c’est-à-dire elle a crié. Ajout de A. Ainsi dans A, Ṭ. Dans les autres sources : « fī qaṣīda » 251. « At-tibā‘āt » 252 : pluriel de « tibā‘a » (avec kasra), c’est la réclamation et l’injustice. Ajout de Ṭ. Et Zād a ajouté après ce mot : « nabtahil : nataḍarra‘ » 253. Cette expression est omise de A. Ajout de A, Ṭ. As-Suhaylī a dit : « ... Et cela parce que les Anṣār sont des Yéménites, et les rois couronnés du Yémen étaient de la descendance de Qaḥṭān ; le premier d’entre eux à être couronné fut Saba’ ibn Yashjub ibn Ya‘rub ibn Qaḥṭān, et aucun Arabe ne fut couronné sauf un Qaḥṭānite ; ainsi a dit Abū ‘Ubayda : On lui a dit : Hawdha ibn ‘Alī al-Ḥanafī, maître d’al-Yamāma, a été couronné, et al-A‘shā a dit à son sujet : « Man yalqa Hawdhata yasjud ghayra muta’tibin... idhā ta‘ammama fawqa t-tāji aw waḍa‘ā » ; et dans les « kharazāt » 254 qui ont le sens de la couronne, le poète dit : « Ra‘ā kharazāti l-mulki ‘ishrīna ḥijjatan... wa ‘ishrīna ḥattā fāda wa sh-shaybu shāmilu » ; et Abū ‘Ubayda a dit : Ce n’était pas une couronne, mais c’étaient des perles enfilées. Et la cause du couronnement de Hawdha fut qu’il protégea une caravane de Kisrā ; lorsqu’il se rendit chez lui, il le couronna pour cela et le fit roi. » « Ḍighn » 255 : il conçut de l’inimitié. Ainsi dans A, et dans les autres sources : « mā ji’ta » 256. « Ahl al-madar » 257 : il désigne par là ceux qui n’habitent pas les tentes dans le désert mais habitent des maisons construites. On remarque que ce récit est répété, car il a déjà été mentionné. « Al-ḥubb » 258 : le bien-aimé. « Al-ikāf » 259 : la selle avec ses accessoires. « Fadakiyya » 260 : attribuée à Fadak, qui est un village du Ḥijāz, à deux jours de distance entre lui et Médine. « Al-ikhtiṭām » 261 : mettre une corde sur la tête et le nez de la bête pour la tenir. Ajout de A, Ṭ. « Al-uṭum » 262 : la forteresse. As-Suhaylī a dit : « Les āṭām de Médine sont des terrasses, et elles ont des noms, parmi lesquelles : Muzāḥim, et parmi elles : az-Zawrā’, uṭum Banī l-Julāḥ, et parmi elles : Mu‘riḍ : uṭum Banī Sā‘ida... » et il en compta beaucoup d’autres. « Tadhamama » 263 : il eut honte et fut gêné. « Zāma » 264 : silencieux. Ajout de A, Ṭ. « Lā taghtahu » 265 : ne lui pèse pas et ne le fatigue pas ; on dit : « ghattahu bi-l-amr » : s’il le fatigue. Abū Dharr a dit : « Il peut aussi signifier : ne le tourmente pas ; on dit : ghattahumu llāhu bi-‘adhāb, c’est-à-dire il les en a couverts. On rapporte aussi : « fa-lā taghshahu bihī », c’est-à-dire ne viens pas à lui avec cela. » On dit que ces deux vers sont de Khufāf ibn Nadba. Ainsi dans A, Ṭ ; dans les autres sources : « ‘Amr » 266, c’est une altération (cf. Sharḥ as-Sīra et les biographies des hommes). « Al-wa‘k » 267 : l’intensité de la douleur de la maladie. Ce vers et le suivant sont de ‘Amr ibn Māma. « Ar-rawq » 268 : la corne. Ajout de A, Ṭ. Dans Ṭ : « aṭ-ṭawq : al-kulfa ; ar-rawq : al-qarn. Qāla Ru’ba ibn al-‘Ajjāj yasifu th-thawra wa l-kilāb » puis il a cité un témoignage de sa poésie que nous n’avons pas pu corriger, nous l’avons donc négligé. « Rafa‘a ‘uqayratahū » 269 : il éleva la voix. « Fakhkh » 270 (avec khā’ pointue et avec jīm ; Abū Ḥanīfa ad-Dīnawarī a dit : Fakhkh, avec khā’ pointue) : un lieu en dehors de La Mecque. « Al-idhkhir » : une plante à bonne odeur. « Al-jalīl » : le jasmin. « Mujanna » 271 : nom d’un marché des Arabes à l’époque préislamique, situé en bas de La Mecque, à environ un barīd de distance (cf. Mu‘jam al-Buldān). Il désigne la nourriture qui se mesure avec le mudd et avec le ṣā‘. Le mudd : deux raṭls chez les Irakiens, un raṭl et un tiers chez les Ḥijāziens. Le ṣā‘ : quatre mudds chez les Ḥijāziens. On a dit : Muhay‘a 272 : près d’al-Juḥfa. C’est le mīqāt des gens du Shām. « Tajashshama » 273 : il s’est imposé une charge. Ajout de A, Ṭ.
Waddān (avec fatḥa sur le wāw et shadda sur le dāl, puis alif et nūn) : un village important, l'une des métropoles du district d'al-Far'. On dit aussi : une vallée sur la route que traversent les pèlerins de Médine montant vers La Mecque. Al-Abwā' : un village du district d'al-Far', situé à vingt-trois miles de distance d'al-Juḥfa en direction de Médine. Wāda‘ahu : il l'a pacifié et a conclu avec lui un pacte de non-agression. Ajout d'après A et Ṭ. Pour atteindre les mécréants : c'est-à-dire qu'ils ont fait de leur sortie avec les mécréants un moyen d'atteindre les musulmans. On rapporte « Mikraz » avec kasra ou fatḥa sur le mīm, sukūn sur le kāf, fatḥa sur le rā' et zāy, et aussi avec ḍamma sur le mīm et kasra sur le rā'. La forme retenue est avec kasra sur le mīm. (Voir al-Rawḍ al-Unuf, al-Mu'talif wa-l-Mukhtalif et Sharḥ al-Mawāhib al-Ladunniyya). Ce qui renforce l'avis d'Ibn Hishām niant ces vers à Abū Bakr est ce qui a été rapporté du hadith d'al-Zuhrī d'après ‘Urwa d'après ‘Ā'isha — qu'Allah l'agrée — qui a dit : « A menti celui qui vous a informé qu'Abū Bakr a récité un vers de poésie en Islam. » Al-Damā'ith : les sables meubles. Haraw : ils ont bondi comme bondissent les chiens. Al-Mujḥirāt : les chiens qui se sont réfugiés dans leurs tanières. Ainsi dans A et Ṭ. « Mutatnā » : nous nous sommes joints. Dans les autres sources : « munīnā ». Ghayru kārith : c'est-à-dire non affligeant. Balābith : c'est-à-dire qui retarde. Al-Athā'ith : nombreuses et rassemblées. Ūlā : c'est-à-dire je jure et je prête serment. Par « al-rāqiṣāt », il entend les chamelles ; al-raqṣ est une allure de marche. « Ḥarājīj » : longues, au singulier ḥarjūj. On rapporte aussi « ‘anājīj », c'est-à-dire belles. Ainsi dans A et Ṭ. « Tuḥaddā » : on les chasse et on chante pour elles. Dans les autres sources : « takhdā » avec khā' pointée ; khadā du chameau (de la forme ḍaraba) signifie : il accéléra et lança ses pattes. Al-Sarīḥ : des morceaux de cuir attachés aux sabots des chameaux de peur que les pierres ne les blessent. Al-Rathā'ith : usés et vieux. Al-Adam des gazelles : celles au dos brun et au ventre blanc. ‘Akafa : résident. Al-Nabā'ith : pluriel de nabītha, qui est la terre extraite du puits lorsqu'on le nettoie. Al-Ṭawāmith : pluriel de ṭāmith, qui est la femme en période de menstrues. Ta‘ṣibu : se rassembler et entourer. Ibn Ḥārith : ‘Ubayda ibn al-Ḥārith. Tasha‘‘athū : ils ont changé et se sont dispersés. Al-‘Athā'ith : des amas de sable qui ne produisent rien, au singulier ‘ath‘ath. Ghayru lābith : sans s'arrêter. Al-‘Arām : l'abondance et la violence. Al-Hiyāj : la guerre. Al-Sumr : les lances. Rudayna : une femme à qui on attribue les lances. Al-Jurd : les chevaux au poil court, et on dit aussi : rapides. Al-‘Ajāj : la poussière, et il entend par là la guerre à cause de la grande quantité de poussière qu'on y soulève. Al-Bīḍ : les épées. Ainsi dans A. « Al-‘Awā'ith » : celles qui corrompent. Dans les autres sources : « al-‘Awābith ». Al-Iṣ‘ār : l'inclinaison... Al-Dhuḥūl : pluriel de dhiḥl, qui est la recherche de vengeance. Dans Ṭ : « ghayr ». Rā'ith : qui agit avec lenteur dans l'affaire et en mesure les conséquences. Al-Nas' (avec trois prononciations du nūn) : celle dont les règles sont retardées et que l'on soupçonne d'être enceinte. Al-Ṭāmith : la femme en période de menstrues. Ḥafī bihim : c'est-à-dire qui s'enquiert beaucoup d'eux. Al-Ḥuzūna : le terrain accidenté. Ainsi dans A et Ṭ. « Maqāmu mahl » : c'est-à-dire délai et fermeté. Dans les autres sources : « sahl ». Par « Ibn Jahl », il entend ‘Ikrima ibn Abī Jahl, qui était à la tête des mécréants comme cela a été dit précédemment. C'est l'avis d'Ibn ‘Abd al-Barr. Al-Sawām : les chamelles lâchées dans le pâturage. Ainsi dans A et Ṭ. « Tublanāhum » : nous les avons traités en ennemis ; al-tabl est l'inimitié. Dans les autres sources : « nublanāhum wa-lā nubl » avec nūn dans les deux. Dans A : « bi-l-‘iqāb ». Ainsi dans la plupart des sources. On dit : intadabtuhu li-l-amri fa-intadaba huwa lahu, c'est-à-dire je l'ai appelé à cela et il a répondu, verbe à la fois transitif et intransitif. Dans A : « ibtadartu bi-ghāra ». Al-Marājil : pluriel de mirjal, qui est la marmite. On dit aussi : c'est la marmite en cuivre exclusivement. Dans A : « ‘araḍ », c'est une erreur. Madā gharad al-nabl : c'est-à-dire qu'ils ont fait camper leurs montures proches les unes des autres, de sorte que la distance entre eux était à portée de flèche. Fay'ū : revenez. Al-Manhaj : la voie claire. Al-Thukl : la perte et la tristesse. Al-Ḥafīẓa : la colère. Al-Jazl : le grand. Al-Ifk : le mensonge. Al-‘Aṣf : les feuilles de la céréale qui jaunissent sur sa tige. On dit aussi : c'est la paille broyée. Ainsi dans A. « Wa-ra‘anī » : c'est-à-dire retiens-moi, de al-wara‘ ‘an al-maḥārim : s'en abstenir. Dans Ṭ : « fa-rawghanī ». Dans les autres sources : « fa-waza‘anī ». Majdī, c'est Majdī ibn ‘Amr al-Juhanī. Il a déjà été mentionné qu'il a servi d'intermédiaire entre les gens. Al-Ill : le pacte. Ghayru muntakit : non violé. Al-‘Ukūf : celles qui résident et demeurent. Qalaṣat : s'est rétractée et n'a pas avancé. Buwāṭ (avec fatḥa ou ḍamma sur le bā') : une montagne des montagnes de Juhayna, près de Yanbu‘, à quatre étapes de Médine. Al-Suhaylī a dit : « Buwāṭ : deux montagnes, deux sommets d'une même base ; l'une est Jalsā, l'autre Ghawrā. Dans Jalsā se trouvent les Banū Dīnār, attribués à Dīnār, affranchi de ‘Abd al-Malik ibn Marwān. » Yāqūt a dit : « ... ‘Abdallāh ibn Aḥmad ibn Jaḥsh possédait une terre appelée al-Khalā’iq dans les environs de Médine. » Dans A : « li-l-sād ». C'est une altération. Voir Sharḥ al-Sīra. Yalyal (avec répétition du yā' ouvert, et deux lām) : un village près de Wādī al-Ṣafrā', dans la région de Médine ; il contient une grande source appelée al-Buḥayra. Ṣuwar al-nakhl : ses jeunes pousses. Al-Daq‘ā' : la terre meuble. Ahhabnā : nous avons réveillé. Al-Suhaylī a dit : « Ce qui est authentique à ce sujet est ce que Bukhārī a rapporté dans son Jāmi‘, à savoir que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — l'a trouvé dormant dans la mosquée, le côté couvert de terre ; il a alors essuyé la terre de son côté en disant : 'Lève-toi, Abū Turāb.' Il était sorti vers la mosquée en colère contre Fāṭima. Tel est le sens du hadith. Ce qu'Ibn Isḥāq a rapporté du hadith de ‘Ammār est contraire à cela, à moins que le Messager d'Allah ne l'ait surnommé ainsi deux fois : une fois dans la mosquée, et une fois lors de cette expédition. » Ibn Isḥāq a mentionné un peu plus loin une autre raison de ce surnom, proche de ce qu'a dit al-Suhaylī. Uḥaymir Thamūd : c'est celui qui a tué la chamelle de Ṣāliḥ ; son nom est Qudār ibn Sālf, selon ce qui est rapporté. Al-Sarḥ : les chameaux et les bestiaux qui partent paître le matin. Al-Adam : le cuir. Dans M et R : « al-Sukūn ibn al-Mughīra ibn Ashras ». Dans M et R : « Ibn Hishām a dit ». Al-Shafaq : la peur. Al-Qidd : une lanière découpée dans du cuir. ‘Ānid : qui coule de sang sans s'arrêter. Il — qu'Allah prie sur lui et le salue — priait en direction du Rocher de Jérusalem avant que la qibla ne soit changée vers la Ka‘ba (voir Sharḥ al-Mawāhib al-Ladunniyya). Cette phrase est omise dans Ṭ. Badr : nom d'un puits creusé par un homme de Ghifār nommé Badr ; on dit aussi : c'est Badr ibn Quraysh ibn Yakhlud, d'où Quraysh tire son nom. On dit aussi que Badr est le nom d'un homme qui possédait Badr, situé à quatre étapes de Médine (voir al-Rawḍ al-Unuf, Sharḥ al-Mawāhib et Mu‘jam al-Buldān). Al-Taḥassus : le fait de recueillir des informations par soi-même ; quant à al-tajassus (avec jīm), c'est le fait de les rechercher par l'intermédiaire d'autrui. Dans M et R : « ‘an ». Dans M et R : « lanā ». Afaẓa‘atanī : cela m'a été pénible. Dans M et R : « minnī ». Ainsi dans la plupart des sources. Dans A : « yā āl ghadr ». Dans Ṭ : « yā ahl ghadr ». Al-Suhaylī a dit : « C'est avec ḍamma sur le ghayn et le dāl, pluriel de ghadūr ; et la version de celui qui le rapporte avec fatḥa sur le dāl et kasra ou fatḥa sur le rā' n'est pas correcte, car on n'appelle pas un individu, et la lām de l'appel au secours n'entre pas sur une telle forme dans l'appel ; on dit plutôt : yā li-ghadr. » Maththala bihi : il s'est levé avec lui. On dit que cette montagne a été ainsi nommée d'après un homme de Jurhum qui y périt, nommé Qubays ibn Shālikh. Irafaḍḍat : s'est émiettée. C'est-à-dire changement et désapprobation. Dans M et R : « ghayra ». Jada‘a ba‘īrahu : il lui a coupé le nez. Al-Laṭīma : les chameaux qui portent les étoffes et le parfum. On dit : aw‘aba al-qawm : lorsqu'ils sortent tous pour l'expédition. Lāṭa : il s'est attardé et a persisté. Al-Mijmar : le bois avec lequel on se parfume. Al-Waḍī' : le beau. Dans A : « minhu ». Al-Aṣma‘ī a dit : « lahītu ‘an fulān wa-minhu, fa-anā alhā : je l'ai abandonné. » Al-Ashlā' : les restes. Al-Mulḥib : celui dont la chair a disparu. Dans A : « ḥafiẓat ». Al-Ja'sh : l'âme. Al-Kalkal : la poitrine. Shākī al-silāḥ : aiguisé. Al-Dhiḥl : la vengeance. Dans A et Ṭ : « al-ghayhab » avec ghayn pointée. C'est comme « al-‘ayhab », celui qui n'a pas d'intelligence. Cette phrase est omise dans A.
On a dit que sa sortie, que Dieu prie sur lui et le salue, eut lieu la douzième nuit de Ramadan, comme on a dit qu'elle eut lieu un samedi. (Retour au Sharh al-Mawahib) 274 Turban 275 : une maison entre al-Hufayr et Médine. La sakhlah 276 : la petite brebis. Abou Dharr a dit : « Il l'a empruntée ici pour le petit de la chamelle. » Jaz‘ al-wadi 277 : le traverser en largeur. Ajout de A, T 278. Al-Suhayli a dit : « Dans le Musannaf d'Abou Dawud : (Basbasah) au lieu de Basbas, et certains transmetteurs d'Abou Dawud disent : Basbasah (avec damma sur le bâ’). Il en est de même dans le livre de Muslim, et Ibn Ishaq l'a attribué à Juhaynah, tandis que d'autres l'ont attribué à Dhubyan, disant : c'est Basbas ibn ‘Amr ibn Tha‘labah ibn Kharshah ibn ‘Amr ibn Sa‘d ibn Dhubyan. » 279 Ainsi dans A, T. Dans les autres sources : « al-Za‘bâ’ » avec ‘ayn non pointée, ce qui est une altération (voir al-Tabari et al-Isti‘ab) 280. Al-Suhayli a dit : « Ceci ne relève pas de la catégorie de la tiyarah 281 que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a interdite, mais de la catégorie de la désapprobation du nom laid. En effet, il écrivait à ses gouverneurs : 'Quand vous envoyez un courrier, choisissez-le beau de visage et beau de nom.' Et il a dit à propos d'une chamelle laiteuse : 'Qui va traire celle-ci ?' Un homme se leva et dit : 'Moi.' Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, demanda : 'Quel est ton nom ?' Il répondit : 'Murrah 282.' Il dit : 'Assieds-toi.' Jusqu'à ce qu'un autre dit : 'Mon nom est Ya‘ish 283.' Il dit : 'Trait.' ‘Umar se leva et dit : 'Je ne sais si je dois parler ou me taire.' Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : 'Parle.' Il dit : 'Tu nous avais interdits de la tiyarah ?' Il dit : 'Je n'ai pas pratiqué la tiyarah, mais j'ai préféré le beau nom.' » 284 Barak al-Ghimad 285 : un lieu du côté du Yémen, et on dit que c'est la limite extrême de Hadjar. Al-Suhayli (2, 65) a dit : « J'ai trouvé dans certains livres d'exégèse que c'est la ville d'Abyssinie. » Al-râwiyah 286 : les chameaux sur lesquels on puise l'eau. Adhlaqûhumâ 287 : ils les frappèrent avec excès. Al-aflâdh 288 : les morceaux, le singulier est fildhah : un morceau. Al-shan 289 : l'outre usée. Al-hâdir 290 : les gens qui descendent près de l'eau. Al-talâzum 291 : le fait que le créancier s'attache à son débiteur. Al-malzûmah 292 : Médine. Sâhila bihâ 293 : il prit avec elle la direction de la côte. Ajout de A 294. Nadaha 295 : il enduisit. Al-qiyân 296 : les esclaves chanteuses. Dans al-Sirah al-Halabiyyah : « sans utilité » 297. Muhâlif 298 : alliés. Et mahârib 299 : pluriel de mihrab 300 : c'est-à-dire des braves. Al-muqnab 301 : un groupe de cavaliers, environ trois cents ou similaire. D'après Abou Dharr. Al-qulb 302 : pluriel de qalîb, qui est le puits. Al-dahas 303 : tout endroit mou qui n'atteint pas le stade du sable. Dans M, R : « eau » 304. Ainsi dans la plupart des sources : al-taghwîr 305 : l'ensevelissement et l'effacement. Et dans A : « na‘ûr » avec ‘ayn non pointée, et al-ta‘wîr 306 : la corruption. Al-‘arîsh 307 : une sorte de tente sous laquelle on s'abrite. Al-khuyalâ’ 308 : l'orgueil et l'admiration de soi. Tuhâdduk 309 : elle t'ennemie. Ahanahum 310 : il les tua. Ajout de A, T 311. Al-jazâ’ir 312 : les bêtes sacrifiées, le singulier : jazûr. Al-hazr 313 : l'estimation par conjecture et opinion. Al-balâyâ 314 : pluriel de baliyyah, qui est la chamelle ou la monture attachée sur la tombe du mort, qu'on ne nourrit ni n'abreuve jusqu'à ce qu'elle meure. Certains Arabes qui croyaient à la résurrection disaient : « Son propriétaire sera ressuscité sur elle. » Al-nawâdih 315 : les chameaux sur lesquels on puise l'eau. Al-nâqi‘ 316 : le constant et extrême dans l'anéantissement. Yashjaru amr al-nâs 317 : il établit une alliance entre eux, de la mushâjarah, qui est l'opposition et la dispute. Nathala 318 : il sortit. Yuhanni’uhâ 319 : il l'enduit de marc d'huile. Abou Dharr a dit : « Yuhanni’uhâ : il s'en occupe. » Cette phrase est omise dans A 320. Intifâkh al-sahr 321 : métaphore de la lâcheté. Unshud khifârataka 322 : demande aux Qurayshites de respecter leur protection envers toi, c'est-à-dire leur pacte, car il était leur allié et voisin. Haqiba 323 : il devint intense. Istawsaqû 324 : ils se rassemblèrent. Al-Suhayli a dit : « Sa parole : 'au derrière jauni' est une expression qu'‘Utbah n'a pas inventée et dont il n'est pas le premier auteur ; elle a été dite avant lui par Yalqus ibn al-Nu‘man ou Qabus ibn al-Mundhir, car il était choyé et ne participait pas aux guerres. On lui dit : 'Au derrière jauni', voulant dire le jaune du khaluq 325 et du parfum. Qays ibn Zuhayr a dit cette parole à propos de Hudhayfah le jour d'al-Habâ’ah. Personne n'a dit que Hudhayfah était un efféminé. Ainsi, il n'est pas valide de dire, comme certains l'ont dit à propos d'Abou Jahl, à cause de cette parole d'‘Utbah, qu'il était un efféminé. Les notables arabes n'utilisent le khaluq et le parfum que dans le confort et la douceur, et le blâment sévèrement à la guerre. Je pense qu'Abou Jahl, quand la caravane fut sauvée et qu'il voulut égorger les chameaux, boire du vin à Badr, et que les esclaves chanteuses jouent pour lui, utilisa du parfum ou en eut l'intention. C'est pourquoi ‘Utbah lui dit cette parole. Ne vois-tu pas la parole du poète à propos des Banu Makhzum : 'Et parmi vous, Abou Jahl, votre frère... Il a combattu à Badr avec un encensoir et un tawr 326', voulant dire qu'il s'est parfumé et embaumé à la guerre. Sa parole 'au derrière jauni' signifie en fait 'au corps jauni', mais il a visé l'exagération dans le blâme en mentionnant spécifiquement ce qu'il est désagréable de mentionner. » 327 I‘tajara 328 : il se coiffa d'un turban sans mettre de bandeau sous le menton. Atanna 329 : il fit voler. Tashkhabu 330 : elle coule avec un bruit. Ajout de A, T 331. Ce mot est omis dans M 332. Athbata sâhibahu 333 : il le blessa d'une blessure dont il ne se releva pas. Dhaffafâ ‘alayhi 334 : ils hâtèrent sa mise à mort. Ainsi dans la plupart des sources. Et dans A : « fa-nḍakhûhum » avec khâ’ pointée. Al-nadhu et al-nadkh ont le même sens. On dit : nadahahu bi-l-nabl et nadakhahu, quand on le frappe avec. 335 Al-qidh 336 : la flèche. Cette phrase intercalée est omise dans A 337. Abou Dharr a dit : « Al-Daraqutni et ‘Abd al-Ghani l'ont noté avec allègement. » 338 Mustanit 339 : qui s'avance. Mustansil 340 : qui sort. Aqidnî 341 : exerce le talion sur toi-même pour moi. Yunâshidu rabbahu 342 : il L'implore et Le supplie. Khafaqa 343 : il dormit d'un sommeil léger. Al-naq‘ 344 : la poussière. Bakh (avec kasr et sukûn du khâ’) : mot dit dans un contexte d'admiration. 345 On a dit aussi pour « ‘Awf » : ‘Awdh (avec dhâl pointé). Cette opinion est renforcée par le fait que ses deux frères sont Mu‘âdh et Mu‘awwidh (voir al-Rawd al-Unuf). 346 Yudhiku al-rabb 347 : il Le satisfait au plus haut point. Ahanahu 348 : il le tua. Al-mustaftih 349 : celui qui se condamne lui-même par cette invocation. Dans A : « comme si je te voyais » 350. Ajout de A, T 351. Ainsi dans A, et dans les autres sources : « nos frères » 352. La-ulahimannahu 353 : je mêlerai sa chair avec l'épée, et je le pénétrerai avec elle. La-uljimannahu 354 : je le frapperai avec elle au visage. Ajout de A, T 355. Ainsi dans A, T. Dans les autres sources : « Ibn Hisham a dit » 356. Al-zamîl 357 : celui qui monte avec lui sur un même chameau. A a ajouté après ce mot : « et on dit : al-Mujadhdhar ibn Dhi’âb » 358. Des lances attribuées à Dhu Yazan, qui est un roi du Yémen. Al-kabsh 86 : le chef du peuple. Al-sa‘dah 87 : le bois de la lance, puis la lance elle-même fut appelée sa‘dah. A‘bata 88 : il tua. Al-qarn 89 : l'adversaire à la guerre. Al-‘adab 90 : l'épée tranchante. Al-mushrafî 91 : attribué à al-Mashârif, qui sont des villages en Syrie. Arzama 92 : il gémit ; al-irzâm 93 : le rugissement de la chamelle avec tendresse. On dit : farâ yafrî faryan, quand il fait une chose étonnante. 94 On dit aussi : al-mirrî 95 : la chamelle abondante en lait. Ajout de A, T 96. Dans A : « Hâshim » 97. Dans M, R : « des cottes de mailles à moi » 98. Ainsi dans Sharh al-Sirah et al-Rawd. Al-Suhayli a dit : « Hâ 99 : interjection. Dhâ 100 : indication de lui-même. Certains disent que c'est pour le serment, c'est-à-dire : ceci est mon serment. Je pense que c'est une indication de l'objet du serment, et le nom de Dieu est au génitif à cause de la particule du serment sous-entendue, et l'interjection en tient lieu, comme l'interrogation en tient lieu. C'est comme s'il disait : 'Me voici, je jure.' Et il a séparé par le nom par lequel on jure entre 'hâ' et 'dhâ', on sait donc que c'est lui qui jure, et on se passe de 'anâ'. De même la parole d'Abou Bakr : 'Lâ hâ Allâhu dhâ' 101, et la parole de Zuhayr : 'Ta‘lamanna hâ la-‘amru Allâhi dhâ qasaman' 102, il a renforcé par le nom verbal son serment que son expression précédente indiquait. » 103 Ajout de A 104. Dans A : « Sa‘îd ». C'est une altération (voir Tahdhîb al-Tahdhîb et les biographies des hommes). 105 Dans les sources : « d'après ‘Abd al-Rahman ». Il est évident que le mot « d'après » est interpolé. 106 Al-ramdâ’ 107 : le sable chaud à cause du soleil. Dans A, T : « Lâ najawtu in najawtu » avec damma sur la première tâ’ et fath sur la seconde. 108 Ainsi dans A. Dans les autres sources : « Asîrâ » 109.
Dans la même position que le bracelet 359, c'est-à-dire qu'ils nous ont placés dans un cercle comme un bracelet et nous ont encerclés. On dit : « akhlafa 360 l'homme le sabre » lorsqu'il le sort de son fourreau. Dans A : « par lui ». Ils les ont tailladés en morceaux : ils les ont coupés. « ad-dabra 361 » : le cercle. Abou Dharr a dit : « Ibn Sarrâj a dit : 'Aqdim 362 : mot par lequel on excite les chevaux. Hayzoum 363 : nom du cheval de Gabriel, paix sur lui. On dit aussi : en lui il y a un jayzoun 364. » Le nom de cet Abou Dâwûd est 'Amr, et on dit 'Umayr ibn 'Âmir (voir ar-Rawd). « al-harb al-'awân 365 » : celle où l'on a combattu une fois, elle est donc la plus violente des guerres. « al-bâzil 366 » parmi les chameaux : celui dont la canine a poussé, et à cet âge sa force est complète. Abou Dharr a dit : « On dit que ce rajaz 367 n'est pas d'Abou Jahl, mais il l'a récité en le prenant pour exemple. » « ach-chi'âr 368 » : le signe. Dans A : (entre). « samadtu 369 » : j'ai visé. Sa jambe a été emportée : elle a été arrachée. « tatîhu 370 » : elle disparaît. « al-mirdakha 371 » : celle avec laquelle on écrase les noyaux pour le fourrage. « ajhadhanî 372 » : il m'a vaincu et a été dur avec moi. Ainsi dans A, T. Dans les autres sources : « Ibn Hichâm a dit ». As-Suhaylî a dit : « ... et il a mentionné les deux jeunes hommes qui ont tué Abou Jahl, et qu'ils sont Mu'âdh ibn 'Amr ibn al-Jamûh et Mu'awwidh ibn 'Afrâ'. Et dans le Sahîh de Muslim, ils sont Mu'âdh ibn 'Afrâ' et Mu'âdh ibn 'Amr ibn al-Jamûh. 'Afrâ' est la fille de 'Ubayd ibn Tha'laba ibn 'Ubayd ibn Tha'laba ibn Ghanm ibn Mâlik ibn an-Najjâr, connue par ses descendants Banû 'Afrâ'. Leur père est al-Hârith ibn Rifâ'a ibn Sawâd, selon une divergence à ce sujet. Et la transmission d'Ibn Idrîs d'après Ibn Ishâq, comme dans le livre de Muslim : Abou 'Amr a dit : 'Le plus authentique de tout cela est le hadith d'Anas quand le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : Qui m'apportera des nouvelles d'Abou Jahl ? (le hadith) et il y est dit que les deux fils de 'Afrâ' l'ont tué.' » « jahacha 373 » : il a égratigné. On dit : « A'ammadu 374 d'un homme que son peuple a tué. » As-Suhaylî a dit : « C'est-à-dire : y a-t-il au-dessus d'un homme que son peuple a tué ? C'est le sens de l'interprétation d'Ibn Hichâm quand il a dit : c'est-à-dire qu'il n'y a pas de honte sur lui. La première est l'interprétation d'Abou 'Ubayda dans Gharîb al-hadîth. Et il a mentionné un témoin : 'A'ammadu d'un peuple dont le frère les a suffisamment protégés... contre l'assaut des ennemis quand leurs crocs ont été émoussés.' Il a dit : 'Et c'est pour moi de leur parole : 'amida 375 le chameau, quand sa bosse se fend et qu'il périt : c'est-à-dire qu'il a tué un homme que son peuple a tué.' Et Abou Dharr a dit : 'Il veut dire : plus grand qu'un homme que vous avez tué, sur le mode du mépris de sa part pour leur action contre lui.' » Et M a ajouté : « une tribu de Tamîm », voulant dire que al-Barjamî est attribué aux Barâjim, qui sont des clans de Tamîm. Dans A : « à qui le cercle ? » As-Suhaylî a dit : « 'A-llâha 376 (par Dieu) qui n'a de divinité que Lui, est au cas oblique selon Sîbawayh et d'autres, car l'interrogation compense la préposition selon lui. Et quand tu informes, tu dis : Allâha, au cas direct. Al-Mubarrad n'admet que cela. Sîbawayh admet aussi le cas oblique, car c'est un serment, et on sait que celui par qui on jure est au cas oblique par la préposition bâ' ou wâw, et il n'est pas permis de sous-entendre les prépositions sauf dans un tel endroit, ou dans ce qui est très fréquent, comme on rapporte que Ru'ba disait quand on lui demandait : Comment es-tu le matin ? : 'Bien, que Dieu te guérisse.' » Ajout d'après A. « ar-rawq 377 » : la corne. « hadadtu 378 » : j'ai détourné. « al-jadhl 379 » : la souche de l'arbre. « al-adhwâd 380 » : pluriel de dhawd, qui est ce qui est entre trois et dix chameaux. « al-faragh 381 » : que le sang coule sans que l'on en demande vengeance. Hubâl 382 : il est le fils du frère de Tulayha, non son fils comme l'a dit Ibn Hichâm plus tard, et c'est Hubâl ibn Maslama ibn Khuwaylid. Maslama, son père, est celui qui a tué 'Ukâsha ; Maslama l'a étreint, et Tulayha l'a frappé sur un cheval appelé al-Lizâm. Ainsi dans A, T. C'est le nom du cheval de Tulayha. Dans les autres sources : « al-Jâla », qui est une altération. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « il a tué ». « al-kumât 383 » : les braves, leur singulier : kamî. « Nizâl 384 » : nom d'action impératif signifiant : descends. « al-jilâl 385 » : pluriel de jull. Le jull pour la bête est comme le vêtement pour l'homme, par lequel on la protège.
- ʿan : Préposition signifiant « de, d’après ».
- anf : Nez.
- machāfir : Pluriel de michfar, lèvre du chameau.
- afhār : Pluriel de fahr, pierre de la taille d’une poignée.
- mahyouma : Assoiffée, forme passive rare.
- ghathth : Faible, amaigri.
- ḥarāʾib : Pluriel de ḥarība, bien, richesse.
- ʿuthnūn : Barbe.
- ādam : Noir (pour la couleur de peau).
- aqnā : Au nez aquilin.
- laʿs : Rougeur des lèvres tirant sur le noir.
- Ṭulāṭila : Calamité, nom propre.
- Malkān : Nom propre, avec deux prononciations possibles.
- ḥaban : Gonflement du ventre (ascite).
- sabal : Parties traînantes des vêtements.
- intaqaḍa al-jurḥ : La plaie s’est rouverte.
- akhmaṣ : Creux de la plante du pied.
- shabāriqa : Arbre élevé, variante shabraqa.
- ṭulla ad-dam wa-aṭallah : Le sang a été versé sans vengeance.
- ʿuqr : Prix du sang pour viol.
- ʿaql : Prix du sang, compensation.
- zaʿīm : Garant, caution.
- Ẓahrān : Vallée près de La Mecque.
- jazaʿa / jazʿ : Partie principale ou coude d’une vallée.
- Aṭraqā : Nom de lieu invariable (forme verbale figée).
- ṭulla damuhu : Son sang a été versé sans vengeance.
- musamman : Gras, ici : apparent, notable.
- mashārib : Pluriel de mashraba, chambre haute.
- qasran : Par force, contrainte.
- khazīr : Bouillie de viande ou de graisse.
- balābil : Obsessions, angoisses.
- muʿallahij : De filiation contestée (mot composé).
- muhīr : De filiation pure (mère libre mariée avec dot).
- Thabīr : Montagne près de La Mecque.
- dhuʿāf : Poison violent.
- bahīr : Essoufflé, haletant.
- muslaḥibb : Allongé, étendu.
- wajba : Chute, effondrement.
- khawr : Vache laitière abondante.
- aqdhaʿa : Proférer des obscénités.
- khafr : Trahison, rupture de pacte.
- munkar : Homme habile, sagace.
- ḍawj : Côté ou coude d’une vallée.
- Mughammas : Lieu sur la route de Ṭāʾif, tombe d’Abū Righāl.
- ʿīr : Âne.
- dhimār : Ce qu’il faut protéger (honneur, famille).
- Hind : Fille d’Abū Sufyān.
- takhubbu : Allure rapide (trot).
- muʿtabaṭ al-ward : Sang frais, pur.
- shaʿth : Femmes aux cheveux poussiéreux.
- ʿawāṭil : Femmes sans parure.
- shiʿāb : Pluriel de shiʿb, lit de torrent dans la ḥarra.
- shirāj : Pluriel de shirj, lit de torrent de la ḥarra vers la plaine.
- qawābil : Qui se font face.
- burma : Marmite en pierre.
- ḥijr : Enclos, mur.
- ibtazzahu amrahu : Il le lui a arraché et l’a vaincu.
- إلخ : Abréviation de 'إلى آخره' (ilâ âkhirihi), signifiant 'etc.'
- الآية : Le verset coranique 33:35
- الإزار : Vêtement de dessous, pagne ; par métonymie, la femme ou l'épouse
- الهدم : Ce qui est détruit ; par extension, la tente démontée, puis l'honneur et la famille
- النعل : Sandale ; mot féminin
- الرباع : Le quart du butin prélevé par le chef
- ath-thaklā : Femme qui a perdu son enfant.
- al-madiya : Serpe, couteau.
- ka-'anz as-saw' : Proverbe : comme la mauvaise chèvre qui soulève la serpe.
- al-ghāwī : L'égaré, celui qui se fourvoie.
- ahl : Gens, famille.
- mustabḍi' at-tamr ilā Khaybar : Proverbe : celui qui fait transporter des dattes à Khaybar, pays des dattes, pour signifier une action superflue.
- an-Nābigha al-Ja'dī : Poète arabe préislamique.
- Manāt : Idole préislamique, dérivé de 'manā' (verser le sang).
- dimā : Pluriel de dam (sang), désignant les idoles.
- A : Sigle désignant un manuscrit ou une source.
- al-'udhr : Pluriel de 'udhra, excréments.
- ghadaw : Ils partirent tôt le matin.
- A : Sigle désignant un manuscrit ou une source.
- al-qarn : La corde.
- mustadan : Humilié, asservi ; ou de sidāna (service de la Kaaba).
- al-ghubn : Sottise, duperie.
- Dayyān ad-dīn : Juge de la religion ; ad-dīn peut être pluriel de dīna (coutume) ou désigner les religions.
- A, T : Sigles désignant des manuscrits ou sources.
- wa kāna : Et il était.
- A, T : Sigles désignant des manuscrits ou sources.
- taḥrīf : Altération, corruption textuelle.
- Usayd : Compagnon du Prophète, surnommé Abū 'Īsā.
- Mālik ibn at-Tayhān : Compagnon, Abū al-Haytham al-Balawī.
- Waqsh : Nom propre, peut-être une variante.
- Zu'war : Nom propre.
- Salama : Compagnon, Abū 'Awf.
- Zuhayr ibn Rāfi' : Compagnon, oncle de Rāfi' ibn Khudayj.
- Nayr : Nom propre, racine NYR.
- A : Sigle désignant un manuscrit ou une source.
- Kāhil : Nom propre.
- Dhuhnī : Nom propre.
- Hāni' : Compagnon.
- A : Sigle désignant un manuscrit ou une source.
- A, T : Sigles désignant des manuscrits ou sources.
- Zubayr : Nom propre.
- Ibn Abī Umayya : Nom propre.
- A : Sigle désignant un manuscrit ou une source.
- al-Barak : Nom propre, avec deux prononciations.
- al-Ḥill : Altération probable de al-Ḥill (solution).
- 'Awadh : Variante de 'Awadh (avec dhāl).
- A : Sigle désignant un manuscrit ou une source.
- Zayd Allāh : Nom propre.
- Aws : Frère de Hassān ibn Thābit, tué à Uhud.
- Rabīb : Beau-fils.
- A : Sigle désignant un manuscrit ou une source.
- Ibn Tha'laba ibn 'Aṭiyya : Nom propre.
- al-Isti'āb : Ouvrage biographique d'Ibn 'Abd al-Barr.
- Jallās : Nom propre.
- Bashīr : Compagnon, peut-être le premier à prêter serment à Abou Bakr.
- 'Abd Rabbih : Nom propre.
- A : Sigle désignant un manuscrit ou une source.
- Ibn al-Khazraj ibn al-Ḥārith : Nom propre.
- 'Abd Allāh : Compagnon mort en 32 H.
- al-Isti'āb : Ouvrage biographique d'Ibn 'Abd al-Barr.
- Jadara : Nom propre, avec variantes.
- M : Sigle désignant un manuscrit ou une source.
- Ziyād : Compagnon, gouverneur du Hadramaout.
- Wadha'a : Nom propre, avec variantes.
- al-Ja'lān : Nom propre.
- Rāfi' : Compagnon, Abū Mālik, tué à Uhud.
- 'Ubāda : Altération probable de 'Ubāda.
- Khālid : Nom propre.
- Khalda : Nom propre.
- A : Sigle désignant un manuscrit ou une source.
- 'Amr ibn al-Jamūḥ : Compagnon, désigné comme maître par le Prophète.
- A : Sigle désignant un manuscrit ou une source.
- aṭ-Ṭufayl ibn Mālik : Compagnon.
- 'Abd : Nom propre.
- Khudhām : Nom propre.
- Jabbār : Nom propre, avec deux prononciations.
- Khunays : Nom propre probable.
- aṭ-Ṭufayl ibn an-Nu'mān : Compagnon, identique à aṭ-Ṭufayl ibn Mālik.
- iḥdā : Altération de 'une'.
- Ka'b : Compagnon, poète.
- 'Amr : Variante de nom.
- Quṭba ibn 'Āmir : Compagnon.
- A : Sigle désignant un manuscrit ou une source.
- Ka'b ibn 'Amr : Compagnon.
- Ka'b : Compagnon mort en 55 H.
- 'Abbās : Altération probable.
- Hāni' : Nom propre.
- Zayd : Nom propre.
- Mu'ādh : Compagnon mort sous 'Uthmān.
- Tha'laba ibn Zayd : Compagnon.
- Khudayj : Compagnon, Abū Rashīd.
- al-Farāfir : Nom propre.
- 'Ā'id ibn 'Adī : Compagnon.
- al-Rawḍ al-Unuf : Ouvrage de commentaire de la Sīra d'Ibn Hishām par al-Suhaylī.
- Udhun : Nom propre, peut-être une variante de 'Udhun' (oreille) ou un nom de personne.
- al-Istīʿāb : Ouvrage biographique d'Ibn ʿAbd al-Barr sur les Compagnons.
- ʿAmawās : Localité de Palestine près de Jérusalem, aussi appelée Emmaüs.
- Addā : Verbe signifiant 'il a accompli' ou 'il a transmis'.
- Khuzama : Nom propre, avec sukūn ou fatḥa sur le zāy selon les sources.
- ʿUmāra : Nom propre, avec fatḥa sur le ʿayn et tashdīd du mīm.
- al-Qawāqil : Pluriel de qawqal, désignant un type de vêtement ou d'ornement.
- al-Muʿanniq li-l-Mawt : Surnom signifiant 'celui qui se précipite vers la mort'.
- Arsālan : Pluriel de rāsil, signifiant 'groupes successifs'.
- al-Tanʿīm : Lieu à deux parasanges de La Mecque, point de départ pour la ʿumra.
- al-Radm : Lieu à La Mecque, peut-être une digue ou un mur.
- al-Yabāb : Désert aride, terre inculte.
- mūʿibīn : Participe actif de awʿaba, 'rassembler tout ce qu'on peut'.
- al-Qaṭīn : Les résidents, les habitants stables.
- al-Dhimma : Pacte de protection, engagement.
- Yammama : Verbe signifiant 'se diriger vers'.
- Tan'ā : Verbe signifiant 's'éloigner'.
- al-Watr : Vengeance, représailles.
- Milḥab : Chemin clair et bien tracé.
- Awʿabū : Verbe signifiant 'ils se rassemblèrent en grand nombre'.
- al-Fawj : Groupe, troupe de gens.
- Waraʿnā : Verbe signifiant 'nous sommes revenus'.
- Nammat : Verbe signifiant 'nous nous rapprochons' ou 'nous cherchons à gagner les faveurs'.
- Tazāyalū : Verbe signifiant 'ils se séparèrent'.
- Aḍāt Banī Ghifār : Étang ou mare des Banū Ghifār, à dix milles de La Mecque.
- Sarif : Lieu à six milles de La Mecque, sur la route de Médine.
- Dhū Ṭuwā : Lieu au bas de La Mecque, près de la vallée.
- al-Marwa : Pierre, rocher; aussi une des collines du Saʿy.
- ʿAwālī al-Madīna : Les hauteurs de Médine, quartier résidentiel.
- Qubā : Localité à une parasange de Médine, site de la première mosquée.
- Sā'iba : Esclave affranchi sans patronage, libre de toute allégeance.
- Jalīl : Beau, noble, âgé.
- al-Batt : Vêtement épais, manteau grossier.
- al-rukn : La Pierre noire, située dans l'angle de la Ka'ba.
- qarn al-shayṭān : Expression prophétique désignant l'origine des tentations et des maux.
- ṣawāḥib al-ḥujur : Les épouses du Prophète, qui résidaient dans des chambres attenantes à la mosquée.
- al-mazāda : Outre en cuir pour transporter l'eau.
- al-hijra : L'émigration des musulmans de La Mecque à Médine.
- al-riḥl : Selle de chameau.
- al-sarj : Selle de cheval.
- al-ghār : La grotte de Thawr où le Prophète et Abū Bakr se cachèrent lors de l'émigration.
- qibla : Direction de la prière, vers La Mecque.
- jirān : Partie avant du cou et de la poitrine du chameau qui touche le sol lorsqu'il se couche.
- ḥujarāt : Appartements ou chambres des épouses du Prophète.
- sarīr : Lit ou civière funèbre sur laquelle le corps est transporté.
- A : Sigle désignant un manuscrit de référence.
- aghmar : Pluriel de ghamar, désignant celui qui n'a pas d'expérience.
- Bayt al-midrās : Maison d'étude juive.
- ḍayf : Variante orthographique de 'ḍayf' (invité) avec ḍād.
- rabbāniyyūn : Pluriel de rabbānī, désignant les savants religieux juifs ou chrétiens.
- murtahinan : Participe actif de 'rahan', signifiant 'résidant'.
- ‘asā : Verbe signifiant 'vieillir'.
- mala’ : Nobles ou assemblée d'un peuple.
- Bu‘āth : Nom d'un lieu ou d'une bataille.
- al-ḥifāẓ : La colère.
- al-ghaḍab : L'épée tranchante.
- radadnāhā l-āna jadha‘atan : Expression signifiant 'nous avons ramené la fin au début'.
- an-nazgha : La corruption entre les gens.
- al-qidḥ : La flèche.
- al-ghawī : Le corrupteur.
- at-tujjār : Pluriel de tājir, vendeur de vin.
- Ghayra nāẓirīna ināhu : Citation coranique (33:53) signifiant 'sans attendre sa cuisson'.
- Bayt al-midrās : Maison d'étude juive.
- yatanassaḥūna : Variante de 'yatanāṣaḥūna' (se conseiller mutuellement).
- Ṣūrī : Variante orthographique d'un nom propre.
- al-Akhtal : Poète arabe chrétien de l'époque omeyyade.
- shaṭūn : Éloigné.
- Wa Abū Rāfi‘ : Ajout d'un nom propre.
- intiqāḍuhum : Leur désunion.
- thumma : Ensuite.
- Hādhā min a‘lami man... : Phrase signifiant 'Ceci est parmi les plus savants de ceux qui...'.
- alaẓẓa bihī : Il insista auprès de lui.
- jana’a ‘alayhā : Il se pencha sur elle.
- Sallām : Nom propre, avec lām redoublé ou simple.
- aḍ-ḍayf : Variante orthographique de 'aḍ-ḍayf' (invité) avec ḍād.
- al-ḥaddād : Le forgeron.
- ayna : Où.
- lā tukhbirhum ghayrahum : Ne les informe pas d'autres qu'eux.
- aṣ‘ada fī l-bilād : Il voyagea dans le pays.
- aḍ-ḍayf : Variante orthographique de 'aḍ-ḍayf' (invité) avec ḍād.
- qāla Ibn Hishām : Ibn Hishām a dit.
- intaqa‘a lawnuhū : Son teint changea.
- sāwarahum : Il les attaqua.
- Tamīm : Nom de tribu.
- al-ghariyān : Deux constructions hautes, tombes légendaires.
- an-nā‘ī : Le porteur de la nouvelle de la mort.
- thumāl : Soutien, protecteur d'un peuple.
- al-usquf : Évêque ou chef chrétien.
- Kūr : Variante orthographique altérée.
- qāla Ibn Hishām : Ibn Hishām a dit.
- al-ḥibarāt : Vêtements rayés du Yémen.
- wa kāna : Et il était.
- lā yaṣrifanna : Ne détourne pas.
- fa-lam takun : Elle n'était pas.
- fa-ḥamalathu : Elle le porta.
- muḥarrara : Libéré, consacré.
- lahū : À lui.
- Jarīḥ : Nom propre, variante orthographique.
- hazajat : Elle cria.
- fī qaṣīda : Dans un poème.
- at-tibā‘āt : Pluriel de tibā‘a, réclamations.
- nabtahil: nataḍarra‘ : Nous implorons : nous nous humilions.
- kharazāt : Perles, utilisées comme symbole de royauté.
- ḍighn : Inimitié cachée.
- mā ji’ta : Tu n'es pas venu.
- ahl al-madar : Gens des maisons en dur (par opposition aux nomades).
- al-ḥubb : Le bien-aimé.
- al-ikāf : La selle.
- Fadakiyya : Attribuée à Fadak, village du Hijaz.
- al-ikhtiṭām : Action de mettre une corde au nez de l'animal.
- al-uṭum : Forteresse.
- tadhamama : Il eut honte.
- zāma : Silencieux.
- lā taghtahu : Ne le fatigue pas.
- ‘Amr : Nom propre, variante orthographique.
- al-wa‘k : Douleur intense de la maladie.
- ar-rawq : La corne.
- rafa‘a ‘uqayratahū : Il éleva la voix.
- Fakhkh : Lieu près de La Mecque.
- Mujanna : Marché préislamique près de La Mecque.
- Muhay‘a : Lieu proche d'al-Juḥfa, miqat pour le pèlerinage.
- tajashshama : Il s'est imposé une charge.
- Sharh al-Mawahib : Commentaire du livre al-Mawāhib al-Ladunniyya d'al-Qastallānī.
- Turban : Nom d'un lieu entre al-Hufayr et Médine.
- sakhlah : Petite brebis. Ici, métaphore pour le petit de la chamelle.
- Jaz‘ al-wadi : Traverser la vallée en largeur.
- A, T : Sigles désignant des manuscrits ou éditions.
- Basbas : Nom propre d'un compagnon, avec variante Basbasah.
- al-Za‘bâ’ : Variante altérée du nom propre.
- tiyarah : Pratique de tirer des présages du vol des oiseaux, interdite en islam.
- Murrah : Nom signifiant 'amertume' ou 'malheur'.
- Ya‘ish : Nom signifiant 'il vit'.
- Barak al-Ghimad : Lieu au Yémen, ou limite extrême de Hadjar, ou ville d'Abyssinie.
- râwiyah : Chameau utilisé pour transporter l'eau.
- Adhlaqûhumâ : Ils les frappèrent avec excès.
- aflâdh : Morceaux, fragments.
- shan : Outre usée.
- hâdir : Gens campant près de l'eau.
- talâzum : Action du créancier qui s'attache à son débiteur.
- malzûmah : Médine.
- Sâhila bihâ : Il prit avec elle la direction de la côte.
- Nadaha : Il enduisit.
- qiyân : Esclaves chanteuses.
- Muhâlif : Alliés.
- mahârib : Pluriel de mihrab, ici au sens de braves.
- muqnab : Groupe de cavaliers, environ trois cents.
- qulb : Pluriel de qalîb, puits.
- dahas : Tout endroit mou qui n'est pas encore du sable.
- taghwîr : Ensevelissement, effacement.
- ta‘wîr : Corruption.
- ‘arîsh : Sorte de tente pour s'abriter.
- khuyalâ’ : Orgueil, admiration de soi.
- Tuhâdduk : Elle t'ennemie.
- Ahanahum : Il les tua.
- jazâ’ir : Bêtes sacrifiées, singulier jazûr.
- hazr : Estimation par conjecture.
- balâyâ : Pluriel de baliyyah, chamelle attachée sur une tombe.
- nawâdih : Chameaux porteurs d'eau.
- nâqi‘ : Constant et extrême dans l'anéantissement.
- Yashjaru amr al-nâs : Il établit une alliance entre eux.
- Nathala : Il sortit.
- Yuhanni’uhâ : Il l'enduit de marc d'huile ou s'en occupe.
- Intifâkh al-sahr : Métaphore de la lâcheté.
- Unshud khifârataka : Demande aux Qurayshites de respecter leur protection.
- Haqiba : Il devint intense.
- Istawsaqû : Ils se rassemblèrent.
- khaluq : Parfum composé de safran et autres.
- tawr : Récipient pour le feu ou encensoir.
- I‘tajara : Se coiffer d'un turban sans mettre de bandeau sous le menton.
- Atanna : Il fit voler.
- Tashkhabu : Elle coule avec un bruit.
- Athbata sâhibahu : Il le blessa d'une blessure dont il ne se releva pas.
- Dhaffafâ ‘alayhi : Ils hâtèrent sa mise à mort.
- fa-nḍakhûhum : Frappez-les (avec des flèches).
- qidh : Flèche.
- Mustanit : Qui s'avance.
- Mustansil : Qui sort.
- Aqidnî : Exerce le talion sur toi-même pour moi.
- Yunâshidu rabbahu : Il L'implore et Le supplie.
- Khafaqa : Il dormit d'un sommeil léger.
- naq‘ : Poussière.
- Bakh : Mot d'admiration.
- ‘Awf / ‘Awdh : Variante du nom propre.
- Yudhiku al-rabb : Il satisfait Dieu au plus haut point.
- Ahanahu : Il le tua.
- mustaftih : Celui qui se condamne lui-même par une invocation.
- La-ulahimannahu : Je mêlerai sa chair avec l'épée.
- La-uljimannahu : Je le frapperai avec elle au visage.
- zamîl : Celui qui monte avec un autre sur un même chameau.
- al-Mujadhdhar ibn Dhi’âb : Nom d'un compagnon.
- kabsh : Chef du peuple.
- sa‘dah : Bois de lance, puis lance.
- A‘bata : Il tua.
- qarn : Adversaire à la guerre.
- ‘adab : Épée tranchante.
- mushrafî : Épée attribuée aux villages de Syrie, al-Mashârif.
- Arzama : Il gémit.
- irzâm : Rugissement de la chamelle avec tendresse.
- Farâ yafrî faryan : Faire une chose étonnante.
- mirrî : Chamelle abondante en lait.
- Hâ : Interjection d'appel ou d'attention.
- Dhâ : Pronom démonstratif, ici pour désigner soi-même.
- Lâ hâ Allâhu dhâ : Formule de serment : 'Non, par Dieu, ceci...'
- Ta‘lamanna hâ la-‘amru Allâhi dhâ qasaman : Formule de serment poétique.
- ramdâ’ : Sable chaud.
- Lâ najawtu in najawtu : Formule de serment : 'Je ne serai pas sauvé si tu es sauvé.'
- Asîrâ : Duel de 'captif' ou nom propre.
- al-misaka : Bracelet, anneau.
- akhlafa : Il a sorti (le sabre) du fourreau.
- ad-dabra : Le cercle, la défaite.
- Aqdim : Mot pour exciter les chevaux, signifiant 'avance'.
- Hayzoum : Nom du cheval de l'ange Gabriel.
- jayzoun : Variante de Hayzoum, ou peut-être un autre nom.
- al-harb al-'awân : Guerre acharnée, qui a déjà eu lieu.
- al-bâzil : Chameau ayant atteint sa pleine force, dont la canine a poussé.
- rajaz : Mètre poétique, ou vers de ce mètre.
- ach-chi'âr : Signe, marque distinctive.
- samadtu : J'ai visé, j'ai dirigé.
- tatîhu : Elle disparaît, elle s'en va.
- al-mirdakha : Instrument pour écraser les noyaux.
- ajhadhanî : Il m'a vaincu, il a été dur avec moi.
- jahacha : Il a égratigné, il a blessé superficiellement.
- A'ammadu : Plus grand, plus important, ou plus destructeur.
- 'amida : Se dit du chameau dont la bosse se fend, signifiant qu'il périt.
- 'A-llâha : Par Dieu, avec la préposition sous-entendue.
- ar-rawq : Corne.
- hadadtu : J'ai détourné, j'ai écarté.
- al-jadhl : Souche d'arbre.
- al-adhwâd : Pluriel de dhawd, groupe de trois à dix chameaux.
- al-faragh : Situation où le sang coule sans vengeance.
- Hubâl : Nom propre, fils du frère de Tulayha.
- al-kumât : Pluriel de kamî, brave guerrier.
- Nizâl : Impératif signifiant 'descends'.
- al-jilâl : Pluriel de jull, couverture pour protéger la monture.
Les notes et commentaires
ثاويا: مقيما 1 انظر الحاشية (رقم 5 ص 673 من هذا الجزء) بردت الدعوة، أي ثبتت. ويقال: برد لي حق على فلان، أي ثبت 2 الشكة: السلاح. واليعبوب: الفرس الكثير الجري. والصارم: السيف القاطع 3 القليب: البئر 4 في أ: «ليخرجوه» تزايل: تفرق 5 قال السهيلي: «وعائشة لم تحضر، وغيرها ممن حضر أحفظ للفظه عليه الصلاة والسلام» جيفوا، أي صاروا جيفا 6 الكثيب: كدس الرمل. والقشيب: الجديد. قال السهيلي: «ولا معنى له في هذا البيت، لأنهم إذا وصفوا الرسوم وشبهوها بالكتب في الورق، فإنما يصفون الخط حينئذ بالدروس والامحاء، فإن ذلك أدل على عفاء الديار وطموس الآثار، وكثرة ذلك في الشعر تغني عن الاستشهاد عليه. ولكن أراد حسان بالقشيب هنا: الذي خالطه ما يفسده إما من دنس وإما من قدم، يقال: طعام مقشب: إذا كان فيه السم» 7 الوسمي: مطر الخريف 8 يبابا: قفرا 9 حراء بمكة. وجنح الغروب: حين تميل الشمس للغروب 10 وازروه: أعانوه. ولفح الحروب: نارها وحرها. ويروى: «لقح» ومعناه التزيد والنمو، يقال لقحت الحرب. إذا تزيدت 11 الصوارم المرهفات: السيوف القاطعة. والخاظى: المكتنز. والكعوب: عقد القناة 12 الغطارف: السادة، واحدهم غطريف: وحذفت الياء من «الغطاريف» لإقامة وزن الشعر والصليب: الشديد 13 الجبوب: وجه الأرض. وقيل: هو المدر، الواحدة: جبوبة 14 كباكب: جماعات 15 كذا في أ، ط. وفي سائر الأصول: «مسلمين» (41) سيرة ابن هشام- 1 في الأصول: «بني عائذ» وفي الروض: «سيف بني عابد». قال السهيلي: «بنو عابد في مخزوم، وهم بنو عابد بن عبد الله بن عمر بن مخزوم، وأما بنو عائذ (بالياء والذال المعجمة) فهم بنو عائذ بن عمران بن مخزوم، رهط آل المسيب، والأولون رهط آل بني السائب» 16 زيادة عن أ، ط كذا في أ، وفي سائر الأصول: «عمير». قال أبو ذر: «يروى هنا بالغين وبالعين، وغمير بالغين معجمة هو المشهور فيه» في م، ر: «لا تحبس» وهما بمعنى قال السهيلي: «وسلمة هذا بكسر اللام، وهو سلمة بن ملك، أحد بني العجلان، بلوي النسب، أنصاري بالحلف، قتل يوم أحد شهيدا» 17 الحيس: السمن يخلط بالتمر والأقط 18 في م، ر: «سعد» هذه الكلمة ساقطة في أ واسم أبو عزيز: زرارة، وأمه التي أرسلت في فدائه: أم الخناس بنت مالك العامرية، وهي أم أخيه مصعب وأخته هند بنت عمير، وهند: هي أم شيبة بن عثمان حاجب الكعبة، جد بني شيبة. وقد أسلم أبو عزيز هذا. (راجع الروض) 19 زيادة عن أ، ط كبته الله: أذله 20 طنب الحجرة: طرفها 21 زيادة عن أ، ط ما تليق: ما تبقى 22 ثاورته: وثبت إليه 23 فلعت: شقت 24 العدسة: قرحة قاتلة كالطاعون. وقد عدس الرجل: إذا أصابه ذلك 25 حتى تستأنوا بهم، أي تؤخروا فداءهم 26 لا يأرب: لا يشتد 27 البكر: الفتى من الإبل 28 ولا تسمى، أي ولا تسأمي، فنقل حركة الهمزة ثم حذفها. والنديد: الشبيه والمثل 29 الإقواء: اختلاف في حركة الروي 30 قال أبو ذر: «الإكفاء اختلاف الحروف في القوافي» 31 تعقيب ابن هشام على الشعر ساقط في أ، ط في: «لا تجعلوا» وهو تحريف زيادة عن أ يظلم، أي يراد ظلمه 32 ذو الشفر: السيف، والشفر: حده 33 الأعلم: المشقوق الشفة العليا. وأما المشقوق الشفة السفلى فهو الأفطح 34 يدلع: يخرج 35 ثمان، قال أبو ذر: من رواه بكسر الثاء، فهو جمع ثمين بمعنى غال. ومن رواه بفتحها فهو العدد المعروف 36 في م، ر: «عرها» والعر: الشر والأذى 37 كذا في أ، ط. وفي سائر الأصول: «ابنة عمرو». وهو تحريف في م، ر: «أيجتمع» مرية: تصغير (امرأة) 38 كذا في أ، ط. والنقيع: موضع قرب المدينة. وفي م، ر: «بالبقيع» وهو موضع داخل المدينة، وفيه مقبرتها. والأول هو المراد هنا 39 في م، ر: «يكفوا» العضب: السيف القاطع: والصفراء: القوس. والنبع: شجر تصنع منه القسي وتحن: أي يصوت وترها. وأنبضت، أي مد وترها. والإنباض: أن يحرك وتر القوس ويعد. وتحفز النبل، أي تقذف به وترميه 40 في م، ر: «فيكفوا» وقيل: بل الذي أسر أبا العاص هو عبد الله بن جبير 41 قال السهيلي: «كانت رقية بنت رسول الله صلى الله عليه وسلم تحت عتبة بن أبي لهب، وأم كلثوم تحت عتيبة، فطلقاهما بعزم أبيهما عليهما وأمهما حين نزلت: تبت يدا أبي لهب 111: 1. فأما عتيبة، فدعا عليه النبي صلى الله عليه وسلم أن يسلط الله عليه كلبا من كلابه، فافترسه الأسد من بين أصحابه وهم نيام حوله، وأما عتبة ومعتب ابنا أبي لهب فأسلما، ولهما عقب» 42 في الأصول: «إذا» في م، ر «فما» وهو تحريف زيادة عن أ في م، ر: «وأوعد» يأجج: موضع على ثمانية أميال من مكة 43 شيعه: قريب منه 44 لا تضطني: لا تستحيي. وأصله: الهمز، يقال: اضطنأت المرأة، إذا استحيت، فحذف الهمزة تخفيفا. ويروى: «فلا تظطني» (بالظاء المعجمة) وهو من ظننت، بمعنى اتهمت، أي لا تتهميني ولا تستريبي مني 45 في الأصول: «الفهري» بدون واو. والتصويب عن الروض الأنف. قال السهيلي: «قال: وسبق إليها هبار بن الأسود والفهري، ولم يسم ابن إسحاق الفهري، وقال ابن هشام هو نافع بن عبد قيس وفي غير السيرة أنه خالد بن عبد قيس. هكذا ذكره البزار فيما بلغني». وسيذكر ابن هشام اسمه بعد قليل 46 وذكر عن غير ابن إسحاق أن هبارا نخس بها الراحلة فسقطت على صخرة وهي حامل، فهلك جنينها ولم تزل تهريق الدماء حتى ماتت بالمدينة بعد إسلام بعلها أبي العباس. (راجع الاستيعاب والروض) 47 تكركر الناس عنه: رجعوا وانصرفوا 48 الثؤرة: طلب الثأر 49 المأقط: معترك الحرب. وعطر منشم: كناية عن شدة الحرب، وهو مثل، وأصله فيما زعموا، أن منشم كانت امرأة من خزاعة تبيع العطر والطيب، فيشترى منها للموتى، حتى تشاءموا بها لذلك وقيل: إن قوما تحالفوا على الموت فغمسوا أيديهم في طيب منشم المذكورة تأكيدا للحلف، فضرب طيبها مثلا في شدة الحرب وقيل: منشم امرأة من غدانة، وهو بطن من تميم، ثم من بني يربوع بن حنظلة، وأن هذه المرأة هي صاحبة يسار، الذي يقال له: يسار الكواعب، وأنه كان عبدا لها، وأنه راودها عن نفسها، فقالت له: أمهلني حتى أشمك طيب الجزائر. فلما أمكنها من أنفه أنحت عليه بالموسى، حتى أوعبته جدعا، فقيل في المثل: لاقى الذي لاقى يسار الكواعب، فقيل: عطر منشم. (راجع الأمثال وفرائد اللآل، والروض) 50 بذي حلق، يعني الغل. والصلاصل: جمع صلصلة، وهي صوت الحديد 51 في م، ر: «من» الكتائب: العساكر. والسراة: السادة. والخميس: الجيش: واللهام: الكثير. والمسوم: المعلم، من السمة، وهي العلامة 52 كذا في أ. ونزوع قريش الكفر: نسوقهم كما تساق الإبل. وفي سائر الأصول: «نروع» نعلها، أي نستذلهم، ونعيد عليهم الكرة، وبخاطمة، أي بما تخطمهم به. يقال خطمه بالخطام، أي جعله على أنفه، يريد القهر والغلب. والميسم: الحديدة التي توسم بها الإبل 53 الأكناف: النواحي. ونجد: يريد به ما ارتفع من أرض الحجاز. ونخلة: موضع قريب من مكة: وأتهم: إذا أتى تهامة، وهي ما انخفض من الأرض 54 كذا في أ، ط. ويد الدهر، أي أبد الدهر. وفي سائر الأصول: «بدا الدهر» .. وهو تحريف السرب (بالكسر): الطريق. (وبالفتح): المال الذي يرعى. وعاد وجرهم: أمتان قديمتان 55 القار: الزفت 56
La paix (as-silm, avec la fatḥa ou la kasra sur le sīn) : la réconciliation. Al-a‘yār est le pluriel de ‘ayr, qui désigne l’âne. Les femmes al-‘awārik : les menstruées ; on dit ‘arakat al-mar’a lorsqu’elle a ses règles 57. Il entend par « les deux hommes » : Zayd ibn Ḥāritha et l’Anṣārī qui était avec lui. Awbāsh al-qawm : leurs faibles qui s’attachent à eux et les suivent. Ikhrārī : c’est-à-dire la rupture de mon pacte 58. Ainsi dans A, Ṭ. Al-‘adīd : la multitude et le groupe. Dans les autres sources : « fadīduhum ». Al-fadīd : le cri. Ajout d’après A. (42) Sīra d’Ibn Hishām – 1 Aṣ-ṣuffa : l’auvent 59. Ash-shanna : l’outre usée 60. Al-idāwa : un petit récipient en cuir 61. Ash-shuẓāẓ : un morceau de bois recourbé qui s’insère dans les deux anses du sac, pluriel : ashẓa 62. As-Suhaylī a dit : « Ce hadith est contredit par ce qu’a rapporté ‘Amr ibn Shu‘ayb d’après son père, d’après son grand-père, que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) la lui a rendue par un nouveau mariage. Ce hadith est celui sur lequel on agit, bien que le hadith de Dāwūd ibn al-Ḥuṣayn ait une chaîne de transmission plus authentique selon les spécialistes du hadith. Mais aucun juriste, à ma connaissance, ne s’y est conformé, car l’islam avait déjà séparé les deux ; Allah Très-Haut a dit : “Elles ne leur sont pas licites, et ils ne leur sont pas licites” (60:10). Celui qui concilie les deux hadiths dit, à propos du hadith d’Ibn ‘Abbās : le sens de “la lui a rendue” sur le premier mariage, c’est-à-dire sur le modèle du premier mariage en ce qui concerne la dot et les présents, sans y ajouter de condition ni autre chose. » Cette phrase est omise dans A. Ajout d’après A. Dans les sources : « ‘Ā’idh ». La correction vient du commentaire de la Sīra par Abū Dharr. Abū Dharr a dit : « Az-Zubayr ibn Bakkār, d’après ce qu’a rapporté ad-Dāraquṭnī de lui, a dit : Quiconque est issu de la descendance de ‘Umar ibn Makhzūm est ‘Ābid, c’est-à-dire avec un bā’ et un dāl non pointé ; et quiconque est issu de la descendance de ‘Imrān ibn Makhzūm est ‘Ā’idh, c’est-à-dire avec un yā’ hamzé et un dhāl pointé. » Ainsi dans le Dīwān de Ḥassān (édition d’Europe) : « dhimma » ; dans l’original : « amāna ». Al-muẓāhara : l’assistance 63. Bū’it fīnā mubā’a : c’est-à-dire tu as pris résidence parmi nous 64. Ta’awwaba : il est revenu 65. Ḥarasha : il a corrompu 66. Al-ḥazr : l’estimation du nombre par conjecture 67. Mathala : c’est-à-dire il s’est collé au sol et s’est caché ; c’est un mot à double sens, car al-māthil peut être celui qui se tient debout, et al-māthil (aussi) celui qui se colle au sol. Dans A : « thumma ». Tuzjūna : vous êtes poussés d’une poussée douce ; son verbe est zajā yuzajjī (avec redoublement). Al-khamīs : l’armée ; al-‘aramram : la multitude rassemblée 68. Al-qism : la part et la portion 69. Sarāt al-qawm : leurs meilleurs. Ghārū : ils se sont dirigés vers le Ghawr, qui est la partie basse de la terre ; il veut dire : ils se sont dispersés 70. Al-muṭ‘imūn : ceux qui nourrissaient les pèlerins à chaque saison, leur préparant de la nourriture et sacrifiant pour eux des chameaux, les en nourrissant ainsi à l’époque préislamique 71. Dans M, R : « ‘Amr ». C’est une altération. Dans M, R : « Abū ». C’est une altération. Jusqu’ici se termine la neuvième partie de la Sīra d’Ibn Hishām selon sa division. Dans les sources : « as-sayl » avec un yā’ souscrit, c’est une altération. (Voir le commentaire de la Sīra par Abū Dharr, al-Qāmūs et son commentaire.) Cette phrase est omise dans A. Ṭ y a ajouté : « d’après ce que m’a rapporté ‘Umar, client de Ghifara ». Dans M, R : « Il a dit : Abū Muḥammad ‘Abd al-Malik ibn Hishām nous a raconté, disant : Ziyād ibn ‘Abd Allāh al-Bakkā’ī nous a raconté d’après Muḥammad ibn Isḥāq al-Muṭṭalibī, qui a dit : » Dans A, Ṭ : « aṣḥāb ». Dans A : « al-‘aduww ». Isti jlād al-arḍ : sa dureté 72. Dans A, Ṭ : « wāzarū », les deux ont le même sens. At-tibā‘a et at-tabi‘a : la réclamation d’une personne pour ce qu’elle a commis comme injustices 73. Ajout d’après A. Mujaddalan : c’est-à-dire collé à la jadāla, qui est la terre. Al-farīṣa : un morceau de chair à l’endroit où se rejoignent l’omoplate et le bras. Il entend par « al-a‘lam » : le chameau. À l’origine, c’est celui dont la lèvre supérieure est fendue 74. Ṣadā’ : c’est-à-dire sifflement. Ar-rakda : le calme. Al-miṣdān : pluriel de miṣād, qui est le mur. Ibn Shammām : deux collines qui se rattachent au mont Shammām. On dit qu’elles sont deux sommets du mont que les Arabes appellent Abānān. Al-bawā’in : celles qui sont séparées les unes des autres 75. Ainsi dans A, Ṭ. Al-ḥirz : ce qui protège et préserve celui qui s’y réfugie. Dans les autres sources : « al-ḥuzn », qui est peut-être une altération de « al-judur ». (Voir Mu‘jam mā ista‘jam d’al-Bakrī, « Shammām ».) Dans A, Ṭ : « milā’ ». Dans A : « yatakhawwafu ». Cette phrase est omise dans A. Abū Dharr a dit : « On dit que le mot (takhwīf) est avec fatḥa sur le tā’, le khā’ et le wāw ; et on a dit qu’il était (takhawwafat) ; Ibn Hishām l’a corrigé en raison de la laideur du terme appliqué à Allah, Puissant et Majestueux. » Dans A : « wa yadhhabu ḥaddakum », les deux ont le même sens. (43) Sīra d’Ibn Hishām – 1 Al-hālikī : le forgeron et le polisseur d’épées, attribution à al-Hālik ibn Asad, le premier à avoir pratiqué la forge 76. Ajout d’après A. Anāba : il est revenu 77. Ad-dāliḥ : celui qui marche avec sa charge, le pas resserré à cause de son poids 78. Ajout d’après A. Ad-dālij : celui qui marche avec le seau entre le bassin et le puits 79. Dans A : « al-ghanā’im ». Dans A : « masājid ». Al-ithkhān : la pression sur l’ennemi 80. Ajout d’après A. Dans A : « al-muslimīn ». Ajout d’après A. C’est ainsi qu’Ibn ‘Abd al-Barr l’a mentionné. Ainsi dans M, R et al-Istī‘āb. Dans A : « Zufayda » avec un zāy. Ainsi dans M, R. Dans A : « Ḥallān » avec un ḥā’ non pointé. Abū Dharr a dit : « Il est mentionné ici avec un jīm et un ḥā’ non pointé aussi, mais le correct est avec un jīm. » Dans M, R : « ‘Ubayd ». C’est une altération. (Voir aṭ-Ṭabarī et al-Istī‘āb.) Abū Dharr a dit : « Le nom de ce Abū Ḥudhayfa est Qays. Quant à Muhashshim, c’est Abū Ḥudhayfa ibn al-Mughīra ibn ‘Abd Allāh, Abū Muḥammad ibn Makhzūm. » Dans al-Istī‘āb : « Kathīr ». Ajout d’après A, Ṭ, al-Istī‘āb et Usd al-ghāba. Dans M, R : « ‘Ubayd Allāh ». C’est une altération. (Voir al-Istī‘āb.) Ibn ‘Abd al-Barr l’a mentionné dans son livre al-Istī‘āb avec les deux versions. Dans A : « wa Sa‘d ibn Abī Waqqāṣ Mālik ibn Uhayb … etc. » Dans M, R : « min ». Le correct est qu’il est Tamīmī de naissance ; il fut capturé à l’époque préislamique, puis une femme de Khuzā‘a l’acheta et l’affranchit ; elle était alliée des Banū ‘Awf ibn ‘Abd ‘Awf ibn ‘Abd al-Ḥārith ibn Zuhra. Il est donc Tamīmī par ascendance, Khuzā‘ī par clientèle, Zuhrī par alliance. (Voir al-Istī‘āb.) Ajout d’après A, Ṭ. Dans M, R : « wa Abū al-Arqam ». Al-‘ayhama : celle qui a un long cou 81. Ainsi dans al-Istī‘āb et ar-Rawḍ. Dans les sources : « … ibn ‘Abd Allāh ibn Qurṭ ibn Riyāḥ ». Le connu dans la généalogie est de placer Riyāḥ avant ‘Abd Allāh. Ainsi dans M, R. Dans les autres sources et al-Istī‘āb : « Adāt » avec un dāl non pointé. Abū Dharr a dit : « Adāt, ainsi mentionné ici avec un dāl non pointé, et avec un dhāl pointé, Abū ‘Ubayd l’a rapporté d’Ibn al-Kalbī. » Dans les sources : « Sa‘īd », c’est une altération. L’avertissement a déjà été donné dans la première partie. Ainsi dans ar-Rawḍ et al-Istī‘āb. Dans les sources : « ‘Iyāḍ ibn Abī Zuhayr », c’est une altération. Dans la marge de M : « Son dire : “et on dit Za‘warā” est noté dans certaines copies le premier avec fatḥa sur le zāy, ḍamma sur le ‘ayn et sukūn sur le wāw ; le second avec fatḥa sur le zāy, sukūn sur le ‘ayn et fatḥa sur le wāw. » C’est ainsi qu’il est noté dans A au crayon ; et avec cette dernière, al-Qāmūs le note (racine z‘r). Dans M, R, ici et dans ce qui suit : « Za‘ba » avec un ‘ayn non pointé, c’est une altération. (Voir al-Istī‘āb, Asmā’ man shahida Badran, al-Iṣāba et al-Qāmūs.) Dans M, R : « ‘Ubayd », c’est une altération. Dans M, R : « wa min ḥulafā’ihim thumma min Balī ». Ainsi dans les sources et aṭ-Ṭabarī. Dans al-Istī‘āb : « Wahb ». Dans M, R : « wa huwa alladhī … etc. » Ainsi dans A. Dans Ṭ : « takhruju » ; dans les autres sources : « yakhruju ». Ainsi dans A, Ṭ. Dans les autres sources : « ibn Khunas » ; dans al-Istī‘āb : « ibn Khunnās, et on dit ibn Khunsā’ ». Noté au crayon dans certaines copies avec ḍamma et avec fatḥa. Et avec fatḥa puis kasra. Ainsi dans A et al-Istī‘āb. Dans les autres sources : « Arqam ». La raison pour laquelle l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a renvoyé ‘Āṣim est qu’il avait appris quelque chose au sujet des gens de la mosquée de la dissension ; il l’avait nommé gouverneur de Qubā’ et d’al-‘Āliya, et il le renvoya pour examiner cela. (Voir ar-Rawḍ.) Se lit avec fatḥa sur le bā’ et sukūn sur le rā’, et se lit aussi avec ḍamma sur le bā’ et fatḥa sur le rā’.
On dit aussi à son sujet : Abū Ḥayya 82 (avec un yāʾ souscrit), mais le correct (comme dans al-Istīʿāb 83) est avec un bāʾ souscrit, comme l’a dit Ibn Hishām. [p689] (44) Sīra d’Ibn Hishām – 1. [p690] Dans al-Istīʿāb : « Thābit b. Kalafa b. Thaʿlaba ». [p690] Ainsi dans A et al-Qāmūs (racine y-w-m), et dans les autres sources : « Tījān ». [p690] Dans al-Istīʿāb : « ʿUbayla ». [p690] Dans M, R : « Qasmal », c’est une altération. [p690] Se lit avec un rāʾ allégé ou renforcé. [p691] On dit aussi à son sujet : « Jābir » (cf. al-Istīʿāb). [p691] On dit aussi : Ibn ʿĀʾisha (cf. al-Istīʿāb). [p692] ʿUtba, avec un ʿayn kasra et un tāʾ fatḥa, c’est la graphie correcte (cf. Sharḥ al-Sīra d’Abū Dharr). [p692] Cette version est la plus authentique (cf. al-Istīʿāb et Sharḥ al-Sīra d’Abū Dharr). [p692] Al-Istīʿāb : « Ḥadhāra » avec un ḥāʾ pointé. [p693] Dans M, R : « Ḥadara » avec un ḥāʾ non pointé, c’est une falsification (cf. al-Ṭabarī). [p693] Ajout de A. [p693] Al-Suhaylī a dit : « Abū Baḥr a mentionné qu’il l’a noté d’après Abū l-Walīd : “Juzʾ” avec un zāy sukūn, et qu’il ne l’a trouvé chez personne d’autre qu’avec un zāy kasra. » [p693] Ainsi dans A, Ṭ. Dans les autres sources : « Abū Khamīṣa », et ce que nous avons établi d’après (A, Ṭ) est mentionné par Ibn ʿAbd al-Barr dans al-Istīʿāb, puis il a dit : « C’est ainsi qu’Ibrāhīm b. Saʿd a rapporté d’après Ibn Isḥāq : Abū Ḥumayḍa, et d’autres disent à son sujet : Abū Ḥumayṣa. » [p693] Dans M, R : « … ʿAbbād b. Qashʿar b. al-Fadam ». [p693] Dans M, R : « … ʿAbbād b. Qays b. al-Fadam ». [p694] Ainsi dans A, Ṭ et al-Istīʿāb. Il a été ainsi nommé parce que al-Nuʿmān était puissant, et on disait au poursuivant quand il venait : « Qawqil où tu veux, tu es en sécurité. » Dans les autres sources : « Fawqil » avec un fāʾ, c’est une altération. [p694] Dans M, R ici : « Qarbūs ». [p695] Se lit avec un rāʾ allégé ou renforcé ; avec allégement, mentionné par Ibn Durayd. [p695] Dans M, R : « Qishr ». [p695] Dans M, R : « Nārān ». [p695] Dans M, R : « ʿAbbād », c’est une altération. [p695] Ainsi dans la plupart des sources et al-Istīʿāb, et dans A : « Najjāb » avec un jīm, et il y a d’autres versions. [p695] Les sources : « Khazama » avec un khāʾ pointé, c’est une falsification (cf. al-Istīʿāb). [p695] Ainsi dans A. Dans les autres sources : « Nuḥāth ». Les deux versions sont mentionnées par Ibn ʿAbd al-Barr, attribuant la première à Ibn al-Kalbī et la seconde à Ibrāhīm b. Saʿd d’après Ibn Isḥāq, puis il a dit : « Abū ʿAmr a dit : l’avis retenu chez eux est celui d’Ibn al-Kalbī. » [p696] Ajout de A. [p696] Ainsi dans A. Dans les autres sources : « Khunayṣ ». [p696] Dans al-Istīʿāb : « al-Badan ». [p697] Dans A : « ʿUtba », c’est une altération (cf. al-Istīʿāb, al-Ṭabarī et Ibn al-Athīr). [p697] Dans A : « al-Aswad ». [p697] Ajout de M, R. [p697] Ajout de A. [p697] M a ajouté après ce mot cette phrase : « Ibn Hishām a dit : on dit aussi : al-Ṣamma b. ʿAmr b. al-Jamūḥ b. Ḥarām », et cette addition n’a pas de sens. [p697] Abū Dharr a dit après avoir mentionné (Ḥumayr) et l’avoir noté avec la plume : ḍamma puis fatḥa puis yāʾ redoublé kasra : « C’est ainsi qu’il est tombé. » [p698] Ainsi dans la plupart des sources. Dans A : « Yasār », et la première version est plus correcte, sauf qu’elle n’est pas la version d’Ibn Isḥāq et elle a peut-être été corrigée dans l’une des éditions. Abū Dharr a dit : « Sa parole : al-Nuʿmān b. Yasār, c’est ainsi qu’il est tombé ici, et Mūsā b. ʿUqba et Abū ʿAmr b. ʿAbd al-Barr ont dit à son sujet : al-Nuʿmān b. Sinān. » [p698] Dans M, R : « ʿUmar ». [p699] Dans M, R : « ʿUmar ». [p699] Ainsi dans la plupart des sources et al-Istīʿāb. Dans A : « ʿAnama » avec un ʿayn non pointé. [p699] Dans M, R : « Udhn ». Le commentaire a déjà été fait. [p699] Dans A : « ʿAnama » (cf. note 3 p. 356 de cette partie). [p700] Dans M, R : « Khalada », c’est une altération. [p701] Abū Dharr a dit : « Rujayla b. Thaʿlaba, c’est ainsi qu’il est tombé ici avec un jīm, selon Ibn Isḥāq, et avec un khāʾ pointé, selon Ibn Hishām. Rukhayla (avec un khāʾ pointé) a été noté par al-Dāraquṭnī selon Ibn Isḥāq. Ruḥayla (avec un ḥāʾ non pointé) a été noté par Abū ʿAmr selon Ibn Hishām. » Ibn ʿAbd al-Barr l’a mentionné dans « Rujayla » et y a mentionné des avis proches de ceux-ci. [p701] Dans M, R : « ʿAbd b. ʿAwf ». [p701] Dans M, R : « b. Thābit » avec un (b.) ajouté, qui est interpolé. [p701] Ajout de A. [p702] Dans M, R : « ʿAbd b. ʿAwf ». [p702] Se lit avec un fāʾ et avec un qāf, le premier est correct (cf. Sharḥ al-Sīra d’Abū Dharr). [p702] Dans M, R : « ʿĀʾidh ». Il semble que ce soit une altération. [p702] Abū Dharr a dit : « On lit aussi : Sahl b. Rāfiʿ, et ce sont deux frères. Celui qui a assisté à Badr parmi eux est Suhayl. Dit par Abū ʿAmr, que Dieu lui fasse miséricorde. » [p703] Ajout de A. [p703] Dans M : « Ḥudhayla » avec un dhāl pointé, c’est une falsification. [p703] Dans M : « Ḥudhayla » avec un dhāl pointé, c’est une falsification. [p704] Ajout de. [p705] Ainsi dans A ou al-Istīʿāb. Dans les autres sources : « Zaʿūr ». [p705] Dans al-Istīʿāb : le nom d’Abū l-Ḥārith est Kaʿb, et c’est lui le fils d’al-Ḥārith, non al-Ḥārith lui-même, comme l’a dit Ibn Hishām. [p705] (45) Sīra d’Ibn Hishām – 1. [p707] Al-Wāqidī a mentionné que le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) avait renvoyé ce ʿUmayr ce jour-là parce qu’il le jugeait trop jeune ; ʿUmayr pleura, et quand le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) vit ses pleurs, il l’autorisa à partir avec lui. Il fut tué à l’âge de seize ans, tué par al-ʿĀṣ b. Saʿīd (cf. al-Maghāzī d’al-Wāqidī et al-Rawḍ). [p708] Ajout de A. [p708] Il y a divergence sur le fait que ʿAlī ait tué al-ʿĀṣ b. Saʿīd ; on dit que ʿAlī ne l’a pas tué, mais que c’est Saʿd b. Abī Waqqāṣ qui l’a tué, comme certains exégètes disent que c’est Abū l-Yasīr, Kaʿb b. ʿAmr, qui l’a tué (cf. al-Rawḍ). [p708] On dit d’un homme dont les mains et les pieds sont liés, ou qu’un autre homme tient jusqu’à lui trancher la nuque, ou qui est retenu pour être tué jusqu’à ce qu’il soit exécuté : il a été tué ṣabran 84. [p709] Dans M, R : « fa-ka-annamā », c’est une altération. [p710] Al-Athīl : un lieu près de Médine. [p710] Athbatahu : le blesser d’une blessure dont il ne peut se relever. [p710] Dhaffafa ʿalayhi : hâter sa mise à mort. [p711] Dans M, R : « … bihi an yalta-misa » avec un (bihi) ajouté, qui n’a pas de sens. [p711] Ajout de A. [p711] Ainsi dans A. Dans les autres sources ici et dans ce qui suit : « ʿĀʾidh », c’est une altération. Abū Dharr a dit : « Al-Zubayr b. Bakkār a dit, d’après ce qu’al-Dāraquṭnī a rapporté de lui : tous ceux qui sont de la descendance de ʿUmar b. Makhzūm sont ʿĀbid, c’est-à-dire avec un bāʾ et un dāl non pointé, et tous ceux qui sont de la descendance de ʿImrān b. Makhzūm sont ʿĀʾidh, c’est-à-dire avec un yāʾ hamzé et un dhāl pointé. » [p712] Il y a divergence sur l’islam d’al-Sāʾib et sur le fait qu’il ait été tué en tant que polythéiste, ce qu’al-Suhaylī et Ibn ʿAbd al-Barr ont abordé. Al-Suhaylī a mentionné un récit d’Ibn al-Zubayr indiquant l’islam d’al-Sāʾib : Muʿāwiya passa alors qu’il tournait autour de la Kaaba avec ses soldats ; ils bousculèrent al-Sāʾib qui tomba. Muʿāwiya s’arrêta près de lui, alors qu’il était calife, et dit : « Relevez le vieillard. » Quand il se leva, il dit : « Qu’est-ce que cela, ô Muʿāwiya ? Vous nous faites tomber autour de la Maison ! Par Dieu, j’ai voulu épouser ta mère. » Muʿāwiya dit : « J’aurais aimé que tu le fasses, car elle aurait donné naissance à quelqu’un comme Abū l-Sāʾib », c’est-à-dire ʿAbd Allāh b. al-Sāʾib. Cela prouve qu’il a vécu jusqu’à l’islam et qu’il était un des vieillards. Puis al-Suhaylī mentionna le hadith de la société 85 et la divergence sur celui avec qui il était en société, si c’était cet Abū l-Sāʾib ou un autre, dans un long hadith dont nous nous contentons de ce que nous avons mentionné ; tout cela ne sort pas des deux avis qu’Ibn Isḥāq et Ibn Hishām ont abordés sur la mécréance et l’islam d’Abū l-Sāʾib. [p712] Ajout de A. [p713] Dans les sources : « Saʿīd », c’est une altération. [p713] Dans les sources : « Ibn Abī ʿAwf », c’est une altération. Ce ʿAwf est surnommé Abū Wadāʿa (cf. al-Rawḍ al-Unuf). [p713] Dans M, R : « Ṣubayra » avec un ṣād non pointé, ce sont deux versions. [p713] Dans M, R : « Muʿabbir » avec un bāʾ unifié, c’est une altération (cf. al-Ṭabarī et Ibn al-Athīr). [p714] Dans M, R : (Ibn Isḥāq a dit). [p714] Al-ʿAṭan (à l’origine) : le lieu où les chameaux s’agenouillent près de l’eau ; il l’a utilisé ici pour les morts de la bataille de Badr parmi les polythéistes. [p715] Dans A : « ʿAbd Allāh », c’est une altération. [p715] Cette phrase est omise dans A. [p715] Cf. note 2 p. 713 de cette partie. [p715] Dans M, R : « Ṣubayra » avec un ṣād non pointé, ce sont deux langues.
عقيل embrassa l'islam l'année de Hudaybiyya 86 et son islam fut excellent. Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui dit : « Ô Abā Yazīd, je t'aime de deux amours : un amour pour ta parenté avec moi, et un amour pour ce que je sais de l'amour de mon oncle pour toi. » 'Uqayl s'installa à Bassora et mourut au Shām 87 sous le califat de Mu'āwiya. Nawfal embrassa l'islam l'année du Fossé 88 et émigra. On dit aussi qu'il embrassa l'islam lorsqu'il fut capturé, car le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui dit : « Rachète-toi. » Il répondit : « Je n'ai pas de bien pour me racheter ! » Le Prophète dit : « Rachète-toi avec tes lances qui sont à Judda 89. » Il dit : « Par Allah, personne ne savait que j'avais des lances à Judda, excepté Allah. Et j'atteste que tu es le Messager d'Allah. » Il fait partie de ceux qui restèrent fermes avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le jour de Hunayn 90, et il aida le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lors du départ pour cette bataille avec trois mille lances. Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui dit : « Comme si je voyais ces lances briser le dos des associateurs. » Nawfal mourut à Médine en l'an quinze, et 'Umar ibn al-Khattāb (qu'Allah les agrée) pria sur lui. Abū Dharr dit : « Il n'a pas mentionné avec eux deux al-'Abbās ibn 'Abd al-Muttalib, car il avait embrassé l'islam mais le cachait par crainte de son peuple. » Dans M et R : « wa-jarra » 91, c'est une altération. Abū Dharr dit : « Al-Dāraquṭnī l'a ainsi fixé comme l'a dit Ibn Hishām. » Ajout de A. Ce Sā'ib est le frère de Fātima bint Abī Hubaysh al-Mustahāda 92. C'est celui dont 'Umar ibn al-Khattāb a dit : « Cet homme, je ne connais en lui aucun défaut. Et il n'y a personne que je puisse critiquer après le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). » On a dit que cette parole a été dite par 'Umar à propos de son fils 'Abd Allāh ibn al-Sā'ib. (Voir al-Rawḍ al-Unuf 93) Al-Suhaylī dit : « Il l'a mentionné – voulant Khālid – certains parmi les auteurs de cœurs 94. » Ainsi dans Ahnā' et dans ce qui suit, et dans les autres sources : « 'Ā'idh ». Abū Dharr dit : « Tout ce qui est de la descendance de Banū Makhzūm est 'Ābid, c'est-à-dire avec bā' et dāl non pointé, et tout ce qui est de la descendance de 'Imrān ibn Makhzūm est 'Ā'idh, c'est-à-dire avec yā' hamzée et dhāl pointé. » Abū Dharr dit : « On rapporte aussi : al-Mundhir ibn Abī Rifā'a. Et c'est ainsi que Mūsā ibn 'Uqba l'a dit dans al-Maghāzī 95. » Dans A : « 'Abd Allāh ibn al-Sā'ib ». Il semble que ce soit une altération, car il est connu qu'Abū al-Sā'ib est le fils de 'Ā'idh ibn 'Abd Allāh, et qu'il a un fils appelé al-Sā'ib. Al-kulūm : les blessures. Dans M et R : « Subayra » avec ṣād non pointé, ce sont deux variantes. Dans les sources ici et dans ce qui suit dans la généalogie d'al-Hajjāj : « Sa'īd », c'est une altération. La discussion sur ce point a déjà eu lieu dans la première partie de cette édition. Al-Suhaylī dit : « Je pense que la mention d'al-Hajjāj à cet endroit est une erreur, car il fait partie des émigrants vers l'Abyssinie, et il arriva à Médine après Uhud. Comment donc le compter parmi les captifs associateurs le jour de Badr ! » Ce 'Abd Allāh embrassa l'islam le jour de la Conquête 96 et fut tué le jour du Chameau 97. Dans M et R : « Uhayb ». Wahb embrassa l'islam après que son père 'Umayr vint pour sa rançon, et ils embrassèrent tous deux l'islam. Suhayl embrassa l'islam et mourut au Shām en martyr. Il était le khatīb 98 de Quraysh. Il est le frère de Sawda bint Zam'a. Il embrassa l'islam. C'est lui qui eut un litige avec Sa'd ibn Abī Waqqāṣ au sujet de son frère paternel 'Abd al-Raḥmān ibn Zam'a, fils de la walīda 99 de Zam'a. C'est lui au sujet duquel le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Il est à toi, ô 'Abd ibn Zam'a. » (Voir al-Rawḍ al-Unuf et al-Istī'āb dans les biographies de 'Abd ibn Zam'a et de son frère 'Abd al-Raḥmān.) Dans A : « Manshū' ». Dans M et R : 'Ulal. Al-Suhaylī dit : « Le connu à son sujet est 'Ubayd Allāh ibn Ḥumayd. C'est ainsi que l'ont mentionné Ibn Qutayba, Abū 'Amr al-Kalābādhī et Abū Naṣr. Il est le mawlā 100 de Ḥāṭib ibn Abī Balta'a. » Nusṭās embrassa l'islam après Uhud, dit-on. Al-ḥīn : la perdition. Afādahum : il les a fait périr. On dit : fāda ar-rajul : quand il meurt. Et tawāṣā, c'est tafā'ul 101, de la waṣiyya 102, et il est l'agent de l'action (afādahum). Ar-rahūn, pluriel de rahn 103. Ar-rakīya : le puits non maçonné. Mathnawīya : c'est-à-dire retour et détournement. Al-muthaqqafa : les lances redressées. Yakhtalī : il coupe. Al-hām : les têtes. Al-athar (avec ḍamma sur le hamza) : le dessin de l'épée et son eau 104. Thāwiyan : demeurant. Tatajarjam : tombe. Al-ḥufar : le puits large. Tatafar'an : elles s'élèvent. Adh-dhawā'ib : les sommets. Khāsa : il a trahi. Al-qasr : la contrainte et la domination. Tawarrajū : ils tombèrent dans la perdition. Al-musaddama : les étalons de chameaux. Az-zahr : les blancs. Dans A : « manāyā bihim tajrī ». Dans A : « alā yā li-qawm ». Aṣ-ṣabāba : la tendresse du désir. Al-jūd : l'abondant. On dit : jādat as-samā' tajūdu jūdan (avec fatḥa) : quand sa pluie est abondante. Al-farīd : l'or et les perles. Ainsi dans A. Al-ghamr : le large de caractère. On dit : rajul ghamr al-khalq : quand il est large et bon de caractère. Dans les autres sources : « 'Amr », c'est une altération. Thā'ir : qui a une vengeance. Dans A : « thābiran ». Ath-thābir : le perdant. Al-washīẓa : les suivants et ceux qui ne sont pas de la pure lignée. Aṣ-ṣamīm : les purs dans leurs alliés. Dhababū : repoussez et empêchez. Al-awāsī : pluriel de āsiya, ce sur quoi est fondée la construction. Ghālib (ici) : nom d'une tribu, c'est pourquoi il n'est pas décliné. Tawāzarū : ils s'entraidèrent. Tath'arū bi-akhīkum, c'est-à-dire prenez sa vengeance. Bi-muṭarradāt, c'est-à-dire avec des épées vibrantes. Al-wamīḍ : la lueur de l'éclair. Al-hām : les têtes. Adh-dharr : les petites fourmis. Al-khuzr : pluriel de akhzar, celui qui regarde du coin de l'œil par orgueil et vanité. Ablā : c'est-à-dire il a gratifié et favorisé, et lui a fait une belle action. Zuhayr a dit : « Fa-ablā hunā khayra l-balā'i alladhī yablū » 105. Zāghat : elle s'est écartée de la vérité. Al-khabl : la corruption. Bīḍ khifāf, c'est-à-dire les épées. 'Aṣaw bihā : ils frappèrent. On dit : 'aṣayta bi-s-sayf : quand tu frappes avec. Ḥādathūhā : ils en prirent soin. Al-ispāl : l'envoi. On dit : asbala dam'ahu, quand il le fait couler. Ar-rashāsh : la pluie faible. Al-wabl : l'abondante. Il les a empruntées ici pour la faible et l'abondante larme. Il veut par « dhī r-rijl » : le Noir dont Ḥamza a coupé la jambe près du bassin. Al-musallaba : celle qui a revêtu la salāb 106, qui est un tissu noir que porte la femme en deuil. Ḥurā : brûlée de l'intérieur par le chagrin. Ath-thakl : la perte. Dans A : « tarā ». Murammaqa : faible, de ramaq, qui est la chose légère et faible. Ash-shaghb : la discorde. Al-muṣālīt : les braves. Dans A : « min dhu'ābat Ghālib ». Dhu'āba de toute chose : son sommet. Muṭā'īn, pluriel de miṭ'ān, celui qui frappe souvent de la lance dans la guerre. Al-hayjā' (avec allongement, et raccourci pour la poésie) : la guerre. Al-muṭā'īm : pluriel de miṭ'ām, celui qui nourrit souvent. Al-maḥl : la sécheresse et la disette. Biṭāna de l'homme : son entourage intime. Ash-shatīt : dispersé. Al-mu'tarūn : les nécessiteux qui se présentent pour demander. On rapporte : « al-muqṭarūn ». Al-muqṭir : le pauvre. Dhū r-rijl : le Noir dont Ḥamza a coupé la jambe près du bassin. Makkatan : c'est-à-dire La Mecque et at-Tā'if. Al-āṭām : pluriel de uṭum, la forteresse. Dhababū, c'est-à-dire empêchez et repoussez. At-tabl : l'inimitié et la recherche de vengeance. As-sābighāt : les cottes de mailles. Dans M : « al-khaṭīb », c'est une altération. Dans M : « rijālan », c'est une altération. Tardā : se hâter. Al-jurd : les chevaux de race au poil court. Al-'anājīj : pluriel de 'unjūj, le long et rapide. Ath-thā'ir : celui qui cherche vengeance. Az-zawāfir : pluriel de zāfira, les porteuses de fardeau. Ta'aṣṣaba : se rassembler par groupes. Dans M : « lahum », c'est une altération. Dans M : « mimmā ». Mā'ir : qui coule. Al-la'wā' : la difficulté. Natajat : elle a enfanté. Dans M et R : « al-akābir ». Al-ma'qil : le lieu fortifié. On rapporte : « yamīsūn ». Al-mays : la démarche fière et l'orgueil. Al-mādhī : les cottes de mailles blanches et souples. An-naq' : la poussière. Yuzhīhā : la rend légère et la fait bouger. Abadnā : nous avons fait périr. Ainsi dans les sources. Al-'āthir : celui qui tombe. On rapporte : « 'āfir » avec fā', celui qui colle à la poussière. Dans A : « wa mā minhumā ». Talazzā : flamber. Shabba : allumer. Zabar al-ḥadīd (avec fatḥa sur le bā', et sukun pour la poésie) : ses morceaux. Sājir : qui allume. On dit : sajartu at-tannūr : quand tu l'allumes avec du feu. Ḥammahu Allāh : Il l'a décrété. Al-fi'ām : les groupes de gens. Al-fayyāḍ : celui qui donne abondamment. Al-mirra : la force et la vigueur. At-tamīm (ici) : le long. Al-awṣām : les défauts, le singulier : waṣm. Al-mā'āthir : pluriel de ma'thara, ce dont on parle de bien et de belle action. Al-i'wāl : élever la voix en pleurant. Ash-shajw : la tristesse. Dans M : « wa khaṣṣahu ».
تعل: تتكرر. مأخوذ من العلل، وهو الشرب بعد الشرب. والغروب: جمع غرب، وهو مجرى الدمع. والسجام: السائل 107. تتايعوا: أي ألقوا بأنفسهم في التهلكة 108. يولى: يحلف 109. الكهام: الضعيف 110. كذا في الديوان. وفي الأصول: «تشفى» 111. تبلت: أسقمت. والخريدة: الجارية الحسنة الناعمة 112. العاتق: الخمر القديمة. قال أبو ذر: «ومن رواه بالكاف، فهو أيضا الخمر القديمة التي حمرت. والقوس إذا قدمت واحمرت قيل لها: عاتكة، وبه سميت المرأة». والمدام: اسم من أسماء الخمر 113. نفج (بالجيم): مرتفعة. ويروى بالحاء المهملة، ومعناه: متسعة، والأول أحسن. والحقيبة: 114. القطن: ما بين الوركين إلى بعض الظهر. وأجم: ممتلئ باللحم غائب العظام. والمداك: الحجر الذي يسحق عليه الطيب. قال السهيلي: «نصب فضلا على الحال، أي كأن قطنها إذا كانت فضلا، فهو حال من الهاء في كأنه، وإن كان الفضل من صفة المرأة لا من صفة القطن، ولكن لما كان القطن بعضها صار كأنه حال منها، ولا يجوز أن يكون حالا من الضمير في «قعدت»، لاستحالة أن يعمل ما بعد إذا فيما قبلها. والفضل من النساء والرجال: المتوشح في ثوب واحد» 115. سيرة ابن هشام- 2 116. توزعني: تغريني وتولعني 117. وأنساها: لا أنساها. الضريح: شق القبر، يقال: ضرح الأرض: إذا شقها 118. معديكرب: يحزن، من الكرب، وهو الحزن. وعمره: أي مدة عمره. ويروى: «يومه»، كما في ديوان حسان. والمعتكر: الإبل التي ترجع بعضها على بعض، فلا يمكن عدها لكثرتها. والأصرام: جمع صرم (بكسر ففتح)، وصرم: جمع صرمة (بالكسر). وهي القطعة من الإبل 119. الطمرة: الفرس الكثيرة الجري. وزاد الديوان بعد هذا البيت: جرداء تمزع في الغبار كأنها ... سرحان غاب في ظلال غمام 120. العناجيج: جمع عنجوج، وهو الطويل السريع. والدموك: البكرة بآلتها. والمحصد: الحبل الشديد الفتل. والرجام: حجر يربط في الدلو، ليكون أسرع لها عند إرسالها في البئر. قال السهيلي: «والرجام: واحد الرجامين، وهما الخشبتان اللتان تلقى عليهما البكرة» 121. الفرجان (هنا): ما بين يديها وما بين رجليها. وارمدت: أسرعت. وثوى: أقام 122. كذا في أ. ويشب: يوقد. وفي سائر الأصول: «يشيب» 123. الضرام: ما توقد به النار 124. دسنه: وطئنه. والحوامي: جمع حامية، وهي ما عن يمين سنبك الفرس وشماله 125. رواية هذا البيت في الديوان: من كل مأسور يشد صفاده ... صقر إذا لاقى الكتيبة حامي 126. المجدل: الصريع على الأرض. والأعلام: جمع علم، هو الجبل العالي 127. في م، ر: «إذا» 128. الهمام: السيد الذي إذا هم بأمر فعله 129. القصار: الذين قصر سعيهم عن طلب المكارم، ولم يرد بهم قصار القامات. والسميدع: السيد 130. يريد «بالأشقر»: الدم. والمزبد: الذي قد علاه الزبد 131. ينكى: يؤلم ويوجع 132. يريد «بالأحبة» من قتل أو أسر من رهطه وإخوته 133. في الديوان بعد هذا البيت خمسة أبيات لا ثلاثة 134. تشتجر: تختلط وتشتبك. والعوالي: أعالي الرماح. وقد ورد هذا الشعر بين أبيات سبعة للحارث في شرح الحماسة ببعض اختلاف 135. يريد «بمضاعفة الحديد»: الدروع التي ضوعف نسجها 136. فر، قال أبو ذر: من رواه بالقاف، فهو من باب التقريب، وهو فوق المشي، ودون الجري. ومن رواه بالفاء، فهو من الفرار، وهو معلوم. وتخطر: تهتز وتتجرد في المشي إلى لقاء أعدائها 137. جهيزا: سريعا، يقال: أجهز على الجريح، وذلك إذا أسرع قتله. والوريد: عرق في صفحة العنق 138. التليد: القديم 139. عولت: عزمت. والهياج: الحرب 140. تمتطى: تركب. وسرح اليدين: أي سريعة اليدين، ويريد بها فرسا. والنجيبة: العتيقة. ومرطى: سريعة: يقال: هو يعدو المرطى: إذا أسرع. والجراء: الجري. والأقراب: جمع قرب، وهي الخاصرة وما يليها 141. في م، ر: «توى» (بالتاء المثناة). وتوى: هلك 142. القعص: القتل بسرعة. والأسلاب: جمع سلب، وهو ما سلب من سلاح أو ثوب أو غير ذلك 143. الشنار: العيب والعار 144. جاءت هذه القصيدة في ديوان حسان منسوبة إليه من غير اختلاف في ذلك 145. يقال: استشعرت الثوب، وذلك إذا لبسته على جسمك من غير حاجز، ومنه: الشعار، وهو ما ولي الجسم من الثياب. والماذي: الدروع البيض اللينة. والنحيزة: الطبيعة. والرعديد: الجبان 146. كذا في أ. وفي سائر الأصول: «الحق» 147. الرواء (بفتح الراء): التملؤ من الماء. (وبكسر الراء): جمع راو. والتصريد: تقليل الشرب 148. هذا الشطر والشطر الأخير من البيت السابق ساقطان في أ 149. منجذم: منقطع 150. غير محدود: أي غير ممنوع 151. الأماجيد: الأشراف 152. قال أبو ذر: «خابت»، من رواه بالخاء المعجمة، فهو من الخيبة، ومن رواه (حانت) بالحاء المهملة، فهو من الحين، وهو الهلاك 153. الغزى: جماعة القوم الذين يغزون 154. تجدل: صرع على الأرض. واسم الأرض: الجدالة. ومقصعا: أي مقتولا قتلا سريعا. ويريد «بصادقة النجاء»: فرسا سريعة. والنجاء: السرعة. والسبوح: التي تسبح في جريها كأنها تعوم 155. العاند: الذي يجري ولا ينقطع. والمعبط: الدم الطري. والمسفوح: السائل المنصب 156. معفرا: أي لاصقا بالعفر، وهو التراب. وعر: لطخ. ومارن الأنف: ما لان منه 157. شفا كل شيء: حده وطرفه. والرماق: بقية الحياة 158. إبارتنا: أي إهلاكنا، تقول: أبرنا القوم: أي أهلكناهم 159. سراة القوم: سادتهم وخيارهم. ويريد «بقاصمة الظهر»: الداهية التي تقصم الظهور، أي تكسرها فتبينها. يقال: قصم الشيء إذا كسره فأبانه، فإذا لم يبنه قيل: فصمه (بالفاء) 160. يكبو: يسقط 161. في م، ر: «عبد» 162. يريد «بثائرة القتر»: ما ثار من الغبار وارتفع. والقتر: الغبار 163. العاويات: الذئاب والسباع. وينبنهم: أي يأتونهم مرة بعد مرة. ويروى: ينشنهم: أي يتناولنهم 164. قال أبو ذر: «ما حامت، من رواه بالخاء المعجمة، فمعناه: جبنت. ومن رواه بالحاء المهملة، فهو من الحماية، أي الامتناع». وقد ورد هذا الشعر في ديوان حسان طبع أوربة باختلاف كثير في ألفاظه وبعض أبياته عما هاهنا 165. الشد (هنا): الجري. والأعوج: اسم فرس مشهور في الجاهلية 166. الجلاه: ما استقبلك من حروف الوادي، الواحدة: جلهة (بالفتح)، وخضراء: أي سوداء لما يعلوها من الحديد. والعرب تجعل الأسود أخضر، فتقول: ليل أخضر 167. في م، ر: «بقوا» بالباء الموحدة 168. عائدة الطريق: حاشيته. والمنهج: المتسع 169. المنعة: الشدة والامتناع، ويروى: «ميعة» بالياء، وهي النشاط 170. المحرج: المضيق عليه 171. الندى: المجلس، والوغى: الحرب. والأبيض: السيف. والسلجج: الماضي الذي يقطع الضريبة بسهولة 172. في أ: «بحمد» 173. الزحوف: جمع زحف، وهي الجماعة تزحف إلى مثلها، أي تسرع وتسبق 174. ألبوا: جمعوا 175. ما تضعضعنا: أي ما تذلنا ولا تنقص من شجاعتنا. والحتوف: جمع حتف، وهو الموت 176. لقحت: حملت. والكشوف (بفتح الكاف): الناقة التي يضربها الفحل في الوقت الذي لا تشتهي فيه الضراب، فاستعارها (هنا) للحرب. ولقحت الحرب: إذا هاجت بعد سكون 177. المآثر: جمع مأثرة، وهي ما يتحدث به عن الإنسان من خير أو فعل حسن. والمعقل: الممتنع الذي يلجأ إليه 178. جمحت: أي ذهبت على وجهها فلم ترجع. والجد: الحظ والبخت 179. عنوة: أي قهرا وغلبة، وقد تكون العنوة: الطاعة، في لغة هذيل. قال كثير: فما أسلموها عنوة عن مودة ... ولكن بحد المشرفي استقالها 180. يهب: يستيقظ. والنائي: البعيد 181. يريد «ببكر عتبة»: ولده الأول 182. في م، ر: «العلياء من ...» 183.
Les statues 184 : pluriel de statue, c'est-à-dire l'image fabriquée du mieux possible. « Je les ai rendues sincères 185 » signifie : je les ai fabriquées avec soin et perfection, si le pronom renvoie aux statues ; s'il renvoie aux houris, cela signifie : je les ai réservées exclusivement. Abû Dharr a dit : c'est meilleur. Ainsi dans la plupart des manuscrits. « Ta'raqat 186 » (avec qâf) signifie : mélangé ; on dit : « ta'raqa al-sharâb » quand il est mélangé. Dans A : « ta'arrafat ». « Al-manâ'iyâ 187 » : il veut dire les morts. Abû Dharr a dit : « Cette hamza peut être une transformation du yâ' supplémentaire qui se trouve dans 'maniyya'. » C'est-à-dire : il n'est pas vaincu, c'est-à-dire dominé et humilié. (Lisân : baza) « Lâ tunzarî 188 » : c'est-à-dire ne diminue pas les larmes. « Shâkî al-silâh 189 » : c'est-à-dire au tranchant aigu. « Al-nathâ 190 » : ce qui se dit d'un homme en bien et en mal. « Tayyib al-maksar 191 » : c'est-à-dire que si l'on sonde son origine, on le trouve pur. On rapporte aussi : « tayyib al-makshar » (avec shîn), c'est-à-dire de bonne haleine. Il veut dire par « al-mubtir 192 » : l'épée, nom d'instrument dérivé de « al-batr », qui est la coupure. « Al-qisiyy 193 » : pluriel de qaws, qui est bien connu. « Al-za'îm 194 » : le chef et le garant. Il veut dire ici le Prophète, que Dieu le bénisse et le salue. Dans A : « 'izzuhu » avec un hâ' non pointé. « Hadhdhabtuhâ 195 » : je l'ai purifiée. « Al-ârûm 196 » : pluriel de ârûma, qui est la racine. « Al-kalîm 197 » : le blessé. Dans M, R : « li-manhar ». « Dasanâhum 198 » : nous les avons foulés. « Al-sawârim 199 » : les épées tranchantes. « Halafuhâ 200 » : c'est-à-dire celui qui était allié parmi eux sans être des leurs. « Al-samîm 201 » : le pur de la tribu. « Al-intikhâ' 202 » : l'admiration de soi et l'orgueil. « Hâmat 203 » : elle a refusé, de « al-himâya », qui est le refus. « Kadâ' 204 » (avec la fatiha du kâf et le prolongement) : un lieu à La Mecque. « Al-malâ' 205 » : il veut dire « al-mala' », qui sont les nobles et les chefs du peuple. « Ardâhum 206 » : il les a fait périr. « Ijtarahû 207 » : ils ont acquis, d'où la parole du Très-Haut : « Ou bien ceux qui ont commis les mauvaises actions ont-ils pensé... » (45:21). On dit : « huwa li-ghayya 208 » quand il est d'un autre père que le sien, comme on dit : « huwa li-rushda » quand il est de son père. « Al-nukab 209 » : il veut dire les calamités du temps. « Dâhis 210 » : nom d'une jument, à cause de laquelle une guerre eut lieu. « Abû Yaksûm 211 » : un roi des rois d'Abyssinie, dont l'histoire a déjà été mentionnée dans la première partie de ce livre. « Al-sarb 212 » (avec fatiha) : les chameaux qui paissent. « Al-sirb » (avec kasra) : le groupe, et on dit aussi l'âme, d'où le hadith : « Il est devenu en sécurité dans son sirb. » « Al-dharib 213 » : le corrompu. On dit : « dharibat ma'idatuhu » quand elle s'est altérée. « Al-'âfûn 214 » : ceux qui demandent le bien. Ainsi dans M. Dans les autres manuscrits : « ya'ûbûna nahran », c'est-à-dire ils vont et reviennent. « Al-nazûr 215 » : le peu. « Al-sarb 216 » : l'interrompu. « Tamalmalu 217 » : c'est-à-dire elle ne reste pas en place sur sa couche. Ainsi dans A. Dans les autres manuscrits : « ma'a ». « Al-qadhâ 218 » : ce qui tombe dans l'œil, dans la boisson et dans l'eau. « Tansajimu 219 » : elle coule. « Al-nadâ 220 » : l'assemblée. « Al-khawṣâ' 221 » (ici) : le puits étroit. « Al-waghd 222 » : l'homme vil. « Al-barim 223 » : l'avare qui n'entre pas avec les gens dans le jeu de hasard à cause de son avarice. Dans A : « lâ tanhal ». « Ashjâ 224 » : plus triste, de « al-shajw », qui est la tristesse. « Lam yaram 225 » : c'est-à-dire il n'a pas quitté et n'a pas cessé. « Al-khatâ 226 » : les lances. « Al-khadhm 227 » (avec khâ' ou jîm) : la coupe de la viande. « Bîsha 228 » : un lieu auquel sont attribués les lions. « Al-ghalal 229 » (avec ghayn mu'jama) : l'eau courante sous les arbres. « Al-âjâm 230 » : pluriel de âjama, qui sont les arbres touffus, et c'est le lieu des lions. « Al-qamâqima 231 » : les nobles généreux, leur singulier : qamqâm. « Al-buhm 232 » : les braves, le singulier : buhma. « Fa-lam yulam 233 », Abû Dharr a dit : « Celui qui le rapporte avec la kasra du lâm, son sens est : il n'a pas fait ce pour quoi on pourrait le blâmer ; celui qui le rapporte avec la fatiha du lâm, son sens est : il n'a pas été réprimandé, de al-lawm, qui est le reproche. » Il veut dire par « tayyib al-rîh 234 » : la victoire. Le Très-Haut a dit : « et votre vent ne s'en aille pas » (8:46). Ainsi dans le commentaire de la Sîra par Abû Dharr. « Al-fatîl 235 » (avec fâ') : ce qui se trouve dans la fente du noyau, utilisé comme exemple pour une chose infime, d'où la parole du Très-Haut : « ils ne seront lésés en rien, pas même d'un fatîl » (4:49). Dans les autres manuscrits : « qatîl » avec qâf. Ainsi dans la plupart des manuscrits. « Al-jafr 236 » : le puits qui n'a pas de construction. Dans A : « hafr ». « Al-muhîl 237 » : l'ancien altéré. « Ghayru fayl 238 » : c'est-à-dire non corrompu d'avis. On dit : « rajul fayl al-ra'y, fâl al-ra'y, fâ'il al-ra'y » quand il n'est pas bon d'avis. Il veut dire par « daraj al-masîl 239 » : le lieu de l'humiliation et de l'oppression. On dit : « taraktuhu daraj al-masîl » quand on le laisse dans une maison d'humiliation, là où il ne peut se défendre. « Al-'aqd 240 » (ici) : la détermination et l'avis. « Al-qalîb 241 » : le puits. « Al-qaynât 242 » : les jeunes filles esclaves. « Al-shirb 243 » : le groupe de gens qui boivent. « Al-shîzâ 244 » : des jattes fabriquées en bois, il veut dire leurs propriétaires qui y mangent. « Al-sanâm 245 » : la chair du dos du chameau. « Al-tawiyy 246 » : le puits revêtu de pierres. « Al-hawmât 247 » : pluriel de hawmah, qui est un troupeau de chameaux. « Al-musâm 248 » : celui qui est envoyé paître sans gardien. On dit : « asâma iblahu » quand il les envoie paître sans berger. « Al-das' 249 » (ici) : les dons. « Al-thaniyya 250 » : une brèche entre deux montagnes. « Na'âm 251 » : un lieu. « Al-saqb 252 » : le petit de la chamelle quand elle le met bas. « Al-aṣdâ' 253 » : pluriel de ṣadâ, qui est le reste du mort dans sa tombe, et c'est aussi un oiseau, on dit que c'est le mâle du hibou. « Al-hâm 254 » : pluriel de hâma, qui est un oiseau dont les Arabes prétendent qu'il sort de la tête du tué quand il est tué et crie : « donnez-moi à boire, donnez-moi à boire », et il ne cesse de crier ainsi jusqu'à ce que son sang soit vengé, alors il se tait. « Al-ayk 255 » : les arbres touffus, leur singulier : ayka. « Al-jawânih 256 » : les inclinées, on dit : janaha quand il s'incline. « Ḥarâ 257 » : il veut dire celles qui brûlent de chagrin. « Mustakînât 258 » : humiliées. Dans M, R : « min ». « Al-mu'awwilât 259 » : celles qui élèvent la voix en pleurant. « Al-'aqanqal 260 » : la dune de sable compacte. « Al-marâziba 261 » : les chefs, le singulier : marzubân, mot étranger. « Al-jahâjih 262 » : les nobles, le singulier : jahjâh. Il veut dire par « madâfi' al-barqân 263 » : l'endroit où le torrent se précipite. « Al-barqîn 264 » : un lieu. « Al-ḥanân 265 » : la dune de sable. « Al-awâshih 266 » : un lieu. « Al-shamt 267 » : ceux que le poil blanc a mêlés. « Al-bahâlîl 268 » : les nobles, le singulier : bahlûl. « Al-maghâwîr 269 » : pluriel de maghwâr, qui est celui qui fait beaucoup de razzias. « Al-waḥâwiḥ 270 » : pluriel de waḥwâḥ, qui est le vif d'esprit. « Al-baṭrîq 271 » : le chef des Romains. « Al-da'mûṣ 272 » : un petit animal qui plonge dans l'eau. Il veut dire qu'ils entrent beaucoup chez les rois. « Al-jâ'ib 273 » : le coupeur. « Al-kharq 274 » : le désert vaste. Ainsi dans la plupart des manuscrits. « Al-sarâṭima 275 » : pluriel de sarṭam, qui est celui qui a le gosier large. Dans A : « al-sharâẓima ». « Al-khalâjima 276 » : pluriel de khuljum, qui est le gros et long. « Al-malâwitha 277 » : pluriel de milwâth, qui est le seigneur. « Al-manâjih 278 » : ceux qui réussissent dans leur effort et y sont heureux. « Al-anâfih 279 » : pluriel de anfaha, qui est une chose qui sort du ventre du ruminant, jaune à l'intérieur, et on y compare la graisse. « Al-manâḍih 280 » : les abreuvoirs, on compare les jattes à eux par leur grandeur. « Aṣfâr 281 » : pluriel de ṣifr, qui est le récipient vide et autre. « Ya'fû 282 » : il se dirige vers quelqu'un en demandant le bien. Ainsi dans A. « Raḥḥ raḥâriḥ 283 » : c'est-à-dire vaste sans profondeur. Dans les autres manuscrits : « raḥḥ wa ḥâriḥ », ce qui est une altération. Ajout de A. « Al-salâṭih 284 » : les longs et larges. Il veut dire par « al-lawâqih 285 » : les chamelles pleines. « Al-mu'bil 286 » : les nombreux chameaux. « Ṣâdirât 287 » : qui reviennent. « Bilâdiḥ 288 » : un lieu. Dans M, R : « ka-mathâqil ». « Al-qusṭâs 289 » : la grande balance. Dans M, R : « fî aydî ». Ainsi dans le commentaire de la Sîra par Abû Dharr. « Al-mawâ'iḥ 290 » : celles qui se balancent à cause du poids de ce qu'elles portent. Dans A, Ṭ : « al-mawânih ». Dans les autres manuscrits : « al-mawâtih ». Le sens n'est pas correct avec ces deux. Il veut dire par « al-taqaddumiyya 291 » : l'avance, c'est-à-dire ils frappent en avant dans le premier rang de l'armée. « Al-muhannad 292 » : les épées forgées dans le fer de l'Inde, le singulier : muhannad. « Al-ṣafâ'iḥ 293 » : les larges. « 'Annanî 294 » : c'est-à-dire il m'a attristé et m'a pesé. « Al-ayyim 295 » : celui qui ne s'est pas marié. Ainsi dans A, Ṭ. « Tujaḥḥiru 296 » : elle le fait se réfugier dans son terrier. Dans les autres manuscrits : « tujassiru ». « Al-muqarrabât 297 » : les chevaux qui sont rapprochés des maisons à cause de leur noblesse. « Al-mub'idât 298 » : ceux qui s'éloignent dans leur course ou dans la distance de leurs expéditions. « Al-ṭâmiḥât 299 » : celles qui lèvent la tête. « Al-jurd 300 » : les chevaux de race. « Al-mukâliba 301 » : ce sont ceux qui ont une ressemblance avec le chien, c'est-à-dire la rage, il veut dire leur ardeur au combat. « Al-kawâliḥ 302 » : les renfrognées. « Al-qarn 303 » : celui qui tient tête dans un combat ou une difficulté. « Al-badan 304 » : la cotte de mailles. Ce mot « aussi » est omis dans A. « Al-musbalât 305 » : les larmes qui coulent. On dit : « asbala al-dam' » quand il coule, et « asbalahu huwa » quand il le fait couler. « Lâ tadhkharî 306 » : c'est-à-dire ne thésaurise pas.
Ainsi dans la plupart des manuscrits. Et dans A : «al-daq‘a» avec qâf. Abû Dharr a dit : « Celui qui le rapporte (avec fâ’) en fait le pluriel de dâfi‘ ; et celui qui le rapporte (avec qâf) vient de al-daq‘â’ qui est la terre, et il désigne la poussière. Il est possible que « al-daq‘a » soit ici le pluriel de dâqi‘, qui est le pauvre, et il dirait : “Je le pleure pour la guerre et pour la générosité.” » 233 Sîra d’Ibn Hishâm – 2 234 Al-usra : la famille de l’homme. Al-wasîta : la noble. Dharwat al-sanâm : son sommet. Al-qum‘a : la bosse 235 Al-qaza‘a : des nuages épars 236 Dans M, R : (ruhum) 237 Ainsi dans A, le Commentaire de la Sîra et al-Rawḍ. Dans les autres manuscrits : « shâlat ». Al-Suhaylî a dit : « Les Arabes prennent le départ de l’autruche comme proverbe pour la fuite, et disent : “L’autruche du peuple s’est élevée” quand ils fuient et périssent. Al-na‘âma (dans la langue) : la plante du pied ; celui qui meurt, son pied s’est élevé, c’est-à-dire s’est soulevé, et son autruche est apparue. Al-na‘âma (aussi) : l’obscurité ; et ibn al-na‘âma : une veine dans la plante du pied. Il est possible que sa parole : “zâlat na‘âmuhum” soit comme on dit : “son noir a disparu” et “son ombre s’est dissipée” quand il meurt. Il est possible aussi qu’il ait pris l’autruche comme proverbe, et c’est l’apparent dans le vers d’Abû Usâma, car il a dit : “Leur autruche s’est éloignée pour fuir.” Les Arabes disent : “Plus farouche qu’une autruche” et “Plus fuyard qu’une autruche”… Quand on dit : “son autruche s’est éloignée”, cela signifie : son âme, qui est comme l’autruche dans sa fuite, s’est enfuie. » 238 Sarat al-qawm : leurs meilleurs. Al-‘itr : l’idole pour laquelle on égorge 239 Ainsi dans la plupart des manuscrits, et dans A : « himma » avec ḥâ’ non pointé. Abû Dharr a dit : « Celui qui le rapporte avec jîm : son sens est le groupe de gens, et on le dit le plus souvent pour le groupe qui vient demander le prix du sang ; et celui qui le rapporte : himma, avec ḥâ’ non pointé, son sens est : parenté et amis, de al-ḥamîm, qui est le proche. » Al-Suhaylî a dit : « Al-ḥimma : la noirceur, et al-ḥimma : la séparation ; s’il a voulu par al-ḥimma la noirceur du peuple, cela a un sens, et s’il a voulu la séparation d’entre eux, c’est plus pertinent. » 240 Ghayatân baḥr, c’est-à-dire son débordement 241 Al-Suhaylî a dit : « Al-naqr : la critique dans la généalogie ; il dit : si vous critiquez ma généalogie et la blâmez, je montrerai la vérité et je critiquerai vos généalogies, c’est-à-dire je les blâmerai et je rendrai la pareille pour la critique par la critique. Une femme arabe a dit : “Passez avec moi devant les fils de naẓarî” – désignant les jeunes gens qui la regardent – “et ne passez pas avec moi devant les filles de naqrâ”. Désignant les femmes qui critiquent, c’est-à-dire qui blâment. » 242 Al-ghalâṣim : les hauteurs de la généalogie. L’origine de al-ghalṣama est le gosier par lequel passent la nourriture et la boisson 243 Mâl, il veut dire : Mâlik, par apocope, et il a supprimé la particule d’appel au début 244 Dans A : « ‘araḍat » 245 Ufayd, Abû Dharr a dit : « Ufayd (avec fâ’ et qâf) : nom d’un homme. » Al-Suhaylî a dit : « Ufayd : diminutif de wafd, qui sont les premiers de toute chose, gens, chevaux ou chameaux ; c’est un nom collectif comme rakab, et c’est pourquoi son diminutif est permis ; on a dit aussi : Ufayd, nom d’un lieu. » 246 Al-muḍâf : celui qui a peur, contraint, opprimé 247 Banî La’î, il veut dire : Banî Lu’ayy, en le mettant au grand format sur l’original ; Lu’ayy est le diminutif de La’î. (D’après al-Rawḍ al-Unuf) 248 Il veut dire par « al-muwaffaqa » : la hyène, de al-waqf qui est le bracelet de cheville, car à ses pattes il y a des lignes noires. Ajur : pluriel de jarw, qui est son petit 249 Al-taḥmîm : le barbouillage de noir 250 Al-anṣâb : des pierres pour lesquelles ils égorgeaient. Al-jamarât : le lieu des cailloux avec lesquels on lapide. Mughr : pluriel de amghar, qui est le rouge ; il veut dire : elles sont enduites de sang 251 Al-khâdir : le lion qui est dans sa tanière, qui est son fourré. Taraj : une montagne au Ḥijâz avec beaucoup de lions. ‘Anbas : c’est-à-dire au visage renfrogné. Al-ghayl (avec kasra) : les arbres touffus. Majrâ : c’est-à-dire ayant des petits, désignant des lionceaux, c’est-à-dire des enfants 252 Aḥmâ : il l’a rendue ḥimâ 307 qu’on n’approche pas. Al-abâ’a (avec fatḥa sur le hamza) : le fourré du lion. Kulâf, Abû Dharr a dit : « Kulâf (avec fâ’) : nom d’un lieu. » Yâqût l’a mentionné et a dit : c’est une vallée des environs de Médine. Al-Suhaylî a dit : « Peut-être a-t-il voulu dire à cause de l’intensité de son attachement à ce qu’il protège, et il l’a mis sur le poids de fu‘âl, car l’attachement quand il est intense est comme le délire et la soif. Peut-être Kulâf est-il un nom de lieu. Abû Ḥanîfa al-Dînawarî a dit : al-kulâf : nom d’un arbre. » 253 Ainsi dans A, Ṭ. Dans les autres manuscrits : « bi-nafr » avec fâ’ 254 Al-khall : le chemin dans le sable. Al-ḥulfâ’ : les compagnons qui s’entraident. Al-hajhaja : la réprimande ; on dit : hajhajtu bi-l-sabu‘ : quand on le réprimande, en lui disant : haj haj 255 Bi-awshak : plus vite. Al-sawra : la vivacité et l’élan. Ḥabawtu : je me suis approché. Al-qarqara et al-hadr : parmi les sons des chameaux mâles 256 Il veut dire par « al-bayḍ » : les flèches. Al-ẓubâ : leur tranchant, le singulier : ẓuba 257 Wa-aklaf, Abû Dharr a dit : « Celui qui le rapporte avec lâm, il désigne un bouclier noir à l’extérieur ; et celui qui le rapporte avec nûn, c’est aussi le bouclier, tiré de kanafahu, c’est-à-dire sa protection. » Al-mujanna’ : celui qui a une courbure. Il veut dire par « ṣafrâ’ al-barâya » : un arc. Al-barâya : ce qui en vole quand on le taille 258 Il veut dire par « abyad ka-l-ghadîr » : des jambes. ‘Umayr : nom d’un polisseur. Al-madâwis : pluriel de madwas, qui est l’outil avec lequel on polit l’épée 259 Arfal : plus long. Sibṭar : c’est-à-dire long et étendu 260 Al-hady, Abû Dharr a dit : « Al-hady ici : le prisonnier. » Al-Suhaylî a dit : « Al-hady : ce qui est offert à la Maison ; al-hady (aussi) : la mariée offerte à son mari ; la nasb de (hadyan) ici est sur un verbe sous-entendu, comme s’il voulait dire : “offre une offrande.” » 261 Lâ taṭurruhum : ne les approche pas, tiré de ṭawâr al-dâr, qui est ce qui s’étend avec elle de son espace 262 Ka-da’bihim : comme leur habitude. Farwa : nom d’un homme. Al-ḍafr : la corde tressée 263 Al-mughalghala : le message envoyé de pays en pays. Al-laṭîf : le fin et habile dans les affaires 264 Baraqat : elle a brillé 265 Al-ḥadaj : le coloquinte, le singulier : ḥadaja. Al-naqîf : le cassé 266 Al-khaṣîf : le multicolore, et on a dit : l’entassé 267 Al-Abwâ’ : un lieu, et là se trouve la tombe de la mère du Messager d’Allah, qu’Allah prie sur lui et le salue 268 Kirâsh (avec ḍamma sur le kâf et le shîn pointé) : nom d’une montagne de Hudhayl, et on a dit : une eau au Najd des Banî Duhmân. (Voir Mu‘jam al-Buldân). Maklûm : blessé. Nazîf : dont tout le sang s’écoule 269 Mustadîf : refuge pour celui qui est opprimé 270 Al-ghamâ : l’affaire grave. Kalaḥ : il a froncé les sourcils. Al-mashâfir : les lèvres, pour les animaux à sabot, qui sont les chameaux ; il les a empruntées ici pour les humains 271 Ainsi dans la plupart des manuscrits. Dans A, R : « quṭîf ». Abû Dharr a dit : « Celui qui le rapporte avec ṣâd non pointé, son sens est : cassé ; on dit : qaṣaftu al-ghuṣn : quand je le casse. Et celui qui le rapporte « quṭîf » avec ṭâ’ non pointé, c’est celui dont on a pris ce qu’il a de fruits et de feuilles. » 272 Dalafat : elle s’est approchée. Baḥrî : c’est-à-dire par une blessure douloureuse. Musahṣaḥa : abondante en écoulement de sang. Al-‘âmid : la veine dont le sang ne s’arrête pas. Al-ḥafîf : son bruit 273 Ainsi dans A. Dans les autres manuscrits : « ‘arûf ». Abû Dharr a dit : « Celui qui le rapporte avec zâ’, c’est celui dont l’âme répugne aux bassesses. Et celui qui le rapporte avec râ’, son sens est aussi : le patient, ici. » 274 Il veut dire par « al-sinîn » : les années de sécheresse et de disette. Al-ṣarîf : le bruit 275 Janân al-layl : son obscurité. Al-uns : le groupe de gens, al-lafîf : la multitude 276 Al-ṣurra : le groupe, et al-ṣurra (aussi) peut être : l’intensité du froid, et c’est ce qu’il vise, car il mentionne al-shafîf à la fin du vers 277 Ainsi dans le Commentaire de la Sîra. Dans tous les manuscrits : « al-jammâ’ ». Abû Dharr a dit : « Al-jammâ’ (avec jîm) : le nombreux ; et celui qui le rapporte : al-ḥammâ’, avec ḥâ’ non pointé, son sens est : le noir. » 278 Al-shafîf (avec shîn pointé) : le vent très froid 279 Jamîl al-marâ, elle a voulu dire mir’ât al-‘ayn, elle a déplacé la voyelle du hamza sur la lettre quiescente, et le hamza a disparu 280 Dans M, R : « fa-ammâ » 281 Elle veut dire par « Burayy » : al-Barâ’, qui est un homme, elle en a fait le diminutif 282 Dans le Commentaire de la Sîra : « Alâ rubba riz’in qad ruzi’tu marza’an ». Abû Dharr a dit : « Al-marza’ : le généreux que les quémandeurs et les hôtes éprouvent, ou diminuent de ses biens. » 283 Al-ma’lak : pluriel de ma’laka, qui est le message transmis oralement 284 Ḥarb : c’est le père d’Abû Sufyân. Yus‘ir : il excite 285 Dans M, R : « bal rubba » 286 Al-wâ‘iya : les cris 287 Idhâ al-kawâkib khâwiya, il veut dire qu’elles tombent à leur coucher à l’aube, et qu’il n’y a avec elles ni pluie ni ondée, selon la croyance des Arabes qui attribuent cela aux étoiles 288 Mawâmîh, Abû Dharr a dit : « C’est-à-dire : à l’esprit confus. » Al-Suhaylî a dit : « Muwâmiya : c’est-à-dire humiliée. C’est mu’âmiya, avec un hamza, mais il a été adouci et est devenu wâw ; cela vient du mot umma. On dit : ta’ammaytu umma : je l’ai prise comme servante. Il est possible que cela vienne de al-muwâ’ama, qui est l’accord, et alors l’original est muwâmi’a, puis il a été transformé en muwâmiya, sur le poids de mufâ‘ala. Elle veut dire qu’elle s’est humiliée et ne refuse pas, mais accepte l’ennemi malgré elle. » 289 ‘Utba, elle a voulu dire : ‘Utba, (avec sukûn sur le tâ’) sauf qu’elle l’a fait suivre par la voyelle de la ‘ayn 290
La faim et la détresse. 308 Triste et en colère. 309 Et privée de raison. Al-Suhaylī a dit : « Le meilleur pour مستلبة est avec un kasra sur le lām, dérivé de السلاب, qui est le chiffon noir dont se voile la femme en deuil. » 309 Ainsi dans les sources. Et منثعبة : c'est-à-dire coulant rapidement ; on dit انثعب الماء quand il coule. Et on rapporte منشعبة, c'est-à-dire se divisant. 310 Le cheval المقرب est celui qui s'approche des tentes par noblesse. Et السلهبة est la jument longue. 311 Cette expression manque dans A. 312 القذى : ce qui tombe dans l'œil et la boisson. Et العائر : douleur de l'œil ; on dit que c'est un ulcère qui sort sur la paupière. Et حد النهار : la séparation entre la nuit et le jour. Et قرن الشمس : son sommet. Et لم يقد, c'est-à-dire que sa lumière n'a pas été rendue possible. 313 Ainsi dans la plupart des sources. Et السقوب (avec bā') : les piliers de la tente sur lesquels elle repose. Et dans A : « سقوف ». 314 Ainsi dans la plupart des sources. Et dans le commentaire de la Sīra d'Abū Dharr : « قانى », c'est-à-dire rouge, et l'origine était قانئ avec hamza, puis la hamza a été allégée. Tu veux dire que ses larmes étaient mêlées de sang. 315 الغرب : le grand seau. Et الدالج : celui qui marche avec son seau entre le puits et le jardin. 316 الغريف : le repaire du lion, c'est-à-dire la broussaille. 317 غرثان : affamé. 318 ذكران : c'est-à-dire une épée forgée à partir de fer mâle. 319 مزبد, c'est-à-dire du sang ayant de l'écume. Et آن : aigre. 320 الصفراء : un lieu entre La Mecque et Médine. 321 الأشعث : celui qui est changé. Et الجذل (avec jīm et dhāl) : la souche de l'arbre et autre. On le décrit par la stabilité et la force. 322 المحل : la sécheresse. 323 الزفزف des vents : violents et rapides. 324 Ainsi dans A. Et التشبيب : allumer le feu sous la marmite et autres. Et dans les autres sources : « تشتيت ». 325 أزبدت : elle a jeté l'écume. 326 الجزل : épais. 327 المستنبح : l'homme qui s'égare la nuit et se force à aboyer comme un chien pour que les chiens de la tribu, qu'il suppose campée sur son chemin, lui répondent, et il se guide par leurs cris. Et الرسل (avec kasra) : le lait. 328 Dans A, R : « Ibn Hishām a dit ». 329 Al-Suhaylī a dit : « Le correct est qu'elle est la fille d'al-Naḍr, non sa sœur ; ainsi l'ont dit al-Zubayr et d'autres, et c'est ainsi qu'il est rapporté dans le livre des Preuves. » 330 Cette Qutayla était sous al-Ḥārith ibn Abī Umayya al-Aṣghar ; elle est donc la grand-mère de Thurayyā bint 'Abd Allāh ibn al-Ḥārith, dont 'Umar ibn Abī Rabī'a a dit, lorsqu'il l'a demandée en mariage à Suhayl ibn 'Abd al-Raḥmān ibn 'Awf : « Ô celui qui marie Thurayyā à Suhayl, que Dieu te garde, comment peuvent-ils se rencontrer ? Elle est syrienne quand elle se lève, et Suhayl, quand il se lève, est yéménite ! » 331 الأثيل : un lieu près de Médine entre Badr et Wādī al-Ṣafrā'. Et مظنة, c'est-à-dire lieu de conjecture. 332 النجائب : les nobles chamelles. Et تخفق : elles vont vite. 333 الواكف : coulant. 334 الضنء : l'origine. Et la transmission de cet hémistiche dans al-Rawḍ : « أمحمد ها أنت ضئى نجيبة » ; الضىء : l'origine et l'enfant. 335 المعرق : le noble. 336 المحنق : très en colère. 1 Ainsi dans les sources. Et la transmission de ce vers dans al-Aghānī (vol. 1, p. 19, éd. Dār al-Kutub al-Miṣriyya) : « أو كنت قابل فدية فلنأتين ... بأعز ما يغلو لديك وينفق ». 2 تنوشه : elle le prend. Et تشقق : elle se déchire. 3 Dans le commentaire de la Sīra : « قسرا ». Et القسر : la contrainte et la domination. 4 الرسف : la marche lourde, comme la marche du prisonnier et autres. Et العاني : le captif. Ces vers sont rapportés dans al-Aghānī (vol. 1, p. 19, éd. Dār al-Kutub et al-Ḥamāsa, p. 437, éd. Europe) avec des différences dans l'ordre et certains mots. 5 Ajout de A. 6 Jusqu'ici se termine la dixième partie de la Sīra selon la division de l'auteur. 1 الفل : les fuyards. 2 Al-Suhaylī a dit : « Le ghusl de l'impureté majeure était pratiqué à l'époque préislamique comme un reste de la religion d'Abraham et d'Ismaël, comme sont restés avec eux le pèlerinage et le mariage. » 3 Dans M, R : « نييب ». 4 Il veut dire par « الكنز » : les biens qu'ils amassaient pour leurs calamités et ce qui leur arrivait. 5 قراه : c'est-à-dire il lui a préparé le قرى, qui est la nourriture de l'hôte. 6 بطن له, c'est-à-dire il l'a informé de leur secret. 7 الأصوار : pluriel de صور avec fatḥa sur le ṣād, qui est un groupe de palmiers. 8 L'emplacement de cette expression, depuis « واستعمل على المدينة » jusqu'à « فيما قال ابن هشام », est en retard dans A. 9 Jusqu'à la fin de l'histoire : نذر بهم الناس : ils ont eu connaissance d'eux. 10 قرقرة الكدر : un lieu du côté d'al-Ma'din, entre elle et Médine à huit barīd. (Voir Mu'jam al-Buldān). 11 النجاء : la rapidité. 12 السويق : c'est griller le blé ou l'orge ou autre, puis le moudre, puis voyager avec ; on peut le mélanger avec du lait, du miel, du beurre clarifié et le pétrir ; si rien de cela n'est disponible, on le mélange avec de l'eau. 13 المدينة, il voulait : de Médine, il a donc supprimé la préposition. Et لم أتلوم, c'est-à-dire je ne suis pas entré dans ce pour quoi je serais blâmé. 14 الكميت : un des noms du vin. 1 Salām ibn Mishkam, Abū Dharr a dit : « Il voulait dire Salām ibn Mishkam avec un lām redoublé, mais il l'a allégé par nécessité poétique, et al-Dār Quṭnī n'a mentionné Salām avec allégement que pour 'Abd Allāh ibn Salām seul. » Al-Suhaylī a mentionné qu'il est avec allégement et redoublement. 2 لأفرحه, c'est-à-dire pour lui causer de la peine. 3 سر القوم : leur pur, de même que الصريح d'eux. Et الشماطيط : les mêlés. 4 ساعيا, Abū Dharr a dit : « Celui qui le rapporte ساعيا, c'est de السعي, qui est connu. Et celui qui le rapporte ساغبا, الساغب est l'affamé. Et celui qui le rapporte شاعبا, c'est de التفرق. » 5 Ajout de A. 6 الفرع (avec deux ḍammas) : un village du côté de Médine ; on dit que c'est le premier village qui a approvisionné Ismaël et sa mère en dattes à La Mecque. 7 Ajout de A. 1 Dans A : « Il a dit : et Ibn Hishām nous a raconté ». 2 الجلب (avec mouvement du lām) : tout ce qui est apporté aux marchés pour y être vendu. 3 الظلل : pluriel de ظلة, qui est à l'origine le nuage ; il l'a emprunté ici pour le changement du visage vers le noir quand la colère devient intense ; et on rapporte ظلالا, qui a le même sens. 4 الحاسر : celui qui n'a pas de cotte de mailles. 5 الدارع : celui qui porte la cotte de mailles. 6 Ainsi dans A, Ṭ. Et dans les autres sources : « كعبد ». 7 Dans M, R : « وذلك ». 8 Sīra d'Ibn Hishām - 2. 9 Ainsi dans A. Et dans les autres sources : « حبان » avec bā' unifiée. Ce sont deux transmissions, mais ce que nous avons établi est plus célèbre. 10 الفلجات : pluriel de فلجة, qui est la source courante. Et المخاض : les chamelles gestantes. Et الأوارك : celles qui paissent l'arak, un arbre dont on fait des bâtonnets de siwāk. 11 الغور : la dépression de terre. Et عالج : un lieu avec beaucoup de sable. 12 Ajout de A. 13 M, R ont ajouté avant ce mot : « Et Ka'b ibn al-Ashraf a dit ». 14 رحى الحرب : son centre et le lieu du combat. Et تسهل : elle coule de larmes. 15 الضيع : pluriel de ضائع, qui est le pauvre. 16 طلق اليدين, c'est-à-dire très généreux. Et أخلفت : c'est-à-dire qu'elle n'avait pas de pluie, selon ce qu'ils étaient ; les Arabes attribuaient à ces étoiles. Et يربع : c'est-à-dire il prend le quart, c'est-à-dire qu'il était chef, car le chef à l'époque préislamique prenait le quart du butin. 17 التجديع : couper le nez. Il veut dire ici : la disparition de leur honneur. 18 تبع : un roi des rois du Yémen. 19 الأروع : celui qui t'impressionne par sa beauté et sa splendeur. 20 Ainsi dans la plupart des sources. Et dans A : « أبكاه كعبا ». Et dans al-Rawḍ : « بكى كعبا ». Al-Suhaylī a dit : « Il y a l'entrée d'un zehāf sur un zehāf, ce qui est étrange dans le zehāf, car c'est un zehāf facile, et sans le zehāf qui est l'idmār, il n'aurait pas été possible de supprimer la quatrième lettre de متفاعلن. » 21 عل, de العلل, qui est boire après boire ; il veut dire pleurer après pleurer. 22 تسح : elle verse. 23 Ainsi dans les sources. Abū Dharr a dit : « Celui qui le rapporte avec 'ayn non pointée, son sens est : brûlé, enflammé. Et celui qui le rapporte avec ghayn pointée, son sens est : le chagrin a atteint le شغاف de son cœur, et الشغاف est l'enveloppe du cœur. » 24 Nous avons cherché dans la poésie de Ḥassān et n'avons pas trouvé ce poème. 25 Rapporté avec fatḥa ou kasra sur le rā', et le correct est le premier. 26 ضرجوا : ils ont taché. Et الأخاشب : il veut dire الأخشبين, qui sont deux montagnes à La Mecque ; il les a mis au pluriel ici avec ce qui les entoure. 27 Il veut dire par « السفيه » : Maymūna, la récitante du poème précédent ; il l'a mentionné au masculin car il l'a pris au sens de personne, et personne peut être masculin ou féminin. 28 الجباجب : les demeures de La Mecque.
Ainsi dans M, R. « iḥtālat » : a changé. Dans les autres manuscrits « fa-khtālat » avec ḥā’ non pointée, qui vient de l’iḫtiyāl, au sens de l’orgueil. On rapporte aussi : « fa-jtālat » avec jīm, et ijtāla š-šay’ : s’est mis en mouvement. « wujūh aṯ-ṯa‘ālib » est à l’accusatif comme blâme 337. On rapporte qu’il a fait des vers d’amour pour Umm al-Faḍl, épouse d’al-‘Abbās b. ‘Abd al-Muṭṭalib, disant : « Es-tu en partance sans être parti pour une vertu… et laisses-tu Umm al-Faḍl dans le sanctuaire ? » dans des vers de lui. As-Suhaylī a dit : « Dans ceci, il y a de la jurisprudence l’obligation de tuer quiconque insulte le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), même s’il est un protégé, contrairement à Abū Ḥanīfa (que Dieu lui fasse miséricorde), car il n’estime pas qu’on tue le ḏimmī 338 dans un tel cas. » Dans M : « ḥibr » avec ḥā’ non pointée, c’est une altération. (Voir al-Istī‘āb). Il veut par « al-ḥalqa » : toutes les armes ; son origine est dans les cuirasses. Dans R : « ‘alayhi ». Dans M : « in ». C’est une déformation. Dans M, R : « imra’a ». Ši‘b al-‘Ajūz : à l’extérieur de Médine. Šāma yadahu : il l’a introduite. Dans M, R : « ‘alayhim ». Al-mughūl : le couteau qui se trouve dans le fouet. Aṯ-ṯanna : ce qui est entre le nombril et le pubis. Asadnā : nous sommes montés. Al-ḥarra : une terre où il y a des pierres noires. Al-‘Urayḍ : la vallée de Médine. Nazafahu : l’a affaibli par l’abondance de son écoulement. Al-‘arīn : le repaire du lion. Mughrif : aux arbres touffus. Il veut par « al-bīḍ » : les épées. Ḏufaf : rapides à tuer. Ajouté d’après A. Ainsi dans A. Dans les autres manuscrits : « šubayna » ; il est apparent que les deux sont altérés de « šunayna » avec deux nūn (voir ar-Rawḍ al-Unuf). Ṭabaqa : il a coupé et atteint l’articulation. Aḏ-ḏifrā : l’os saillant derrière l’oreille. Al-abyaḍ al-qāḍib : l’épée tranchante. Il veut par « aḥābīšihā » : ceux qui se sont rassemblés aux Arabes et se sont joints à eux parmi d’autres. Ajouté d’après A. Ainsi dans A ; dans les autres manuscrits : « ayā ». Ar-rizām : pluriel de rāzim, qui est celui qui reste fixe et ne quitte pas sa place. Il veut dire qu’ils restent fixes dans la guerre et ne fuient pas. Yā Māl : il a voulu : yā Mālik, il a supprimé le kāf par apocope. Ḏū t-taḏammum : celui qui a un ḏimām 339, c’est-à-dire un pacte. Il veut par « aẓ-ẓa‘n » : les femmes dans les palanquins. Ajouté d’après A. Wa-bihā : mot dont le sens est l’incitation et l’exhortation. Ajouté d’après A. Ce mot est omis dans A. Ḏabba bi-ḏanabihi : il l’a agité pour chasser les oiseaux. Al-kilāb : un clou qui se trouve dans le pommeau de l’épée, et dans lequel se trouve la pendeloque pour l’y suspendre. Peut-être : « kalb sayf » avec fatḥa, car al-kilāb et al-kalb ont le même sens. Ainsi dans la plupart des manuscrits. Wa-lā ya‘tāfu : il ne tire pas de mauvais augure. Dans A : « ya‘tānu » avec nūn. Šumma sayfaka : mets-le au fourreau. Ce verbe fait partie des mots à double sens. Aẓ-ẓahr : les chameaux. Al-kurā‘ : les chevaux. Aṣ-Ṣamġa : une terre près d’Uḥud. Banū Qayla : ce sont al-Aws et al-Ḫazraǧ ; Qayla est une mère parmi les mères des Anṣār 340, ils sont attribués à elle. Unḍuḥ al-ḫayl : repousse-les. Ẓāhir bayna dir‘ayn : il a porté une cotte de mailles par-dessus une autre. Ǧanabūhā : ils l’ont menée à leurs côtés ; ils l’utilisent quand certains de leurs chevaux sont fatigués ou tués. Rāḍaḫahum : il les a lancés. Wayhā : mot dont le sens est l’incitation. Ḥamāt al-adbār : ceux qui protègent les arrières des gens. Al-battār : le tranchant. An-namāriq : pluriel de numruqa, qui est le petit coussin. Al-wāmiq : l’amant. Ce rajaz est de Hind bint Ṭāriq b. Bayāḍa al-Iyādiyya, elle l’a dit dans la guerre des Perses contre Iyād, et Hind bint ‘Utba l’a cité (as-Suhaylī et al-Lisān). Aš-ši‘ār (ici) : un signe par lequel ils s’appellent dans la guerre, pour se reconnaître les uns les autres. Al-kiyūl : le dernier rang dans la guerre. On ne l’a entendu que dans ce hadith, et il est par analogie avec kiyūl az-zindī, qui est la noirceur et la fumée qui en sort à la fin après le frottement quand il n’a pas produit de feu, et cela est une chose sans utilité. Al-kubūl : les chaînes, le singulier : kubl (avec fatḥa, et peut se casser). M, b ont ajouté après ce mot : « c’est-à-dire le dernier rang », qui est l’explication d’al-kiyūl (avec yā’ pointée). Dans M, R : « yaḥmiš » avec ḥā’ non pointée. Cette phrase est omise dans A. Yahidd, Abū Ḏarr a dit : « Celui qui le rapporte avec ḏāl pointée, son sens est : il se hâte de couper les chairs des gens avec son épée. Celui qui le rapporte avec dāl non pointée, son sens est : il les fait périr et les détruit. » Mā yalīqu : ce qui reste. Al-awraq : celui dont la couleur tire sur le gris. Ka’anna mā aḫṭa’a ra’sahu : c’était l’affaire et la chose que sa tête n’a pas manqué ; mā est négative et le nūn dans « ka’anna » est séparé de « mā ». Il est possible que « mā » soit joint à ka’anna, et le sens serait : comme s’il avait manqué sa tête, c’est-à-dire il frappait et coupait rapidement, comme si l’épée ne rencontrait pas ce qu’elle voulait. (Voir le commentaire de la Sīra par Abū Ḏarr). Aṯ-ṯanna : ce qui est entre le bas du ventre et le pubis. Dans A : « ‘Ayyāš ». C’est une déformation. Abū Ḏarr a dit : « Le correct est : Ibn ‘Abbās, avec bā’ et sīn non pointée. » Fa-adrabnā ma‘a n-nās : nous avons traversé les défilés. Aṭ-ṭunfusa (avec trois possibilités pour ṭā’ et fā’, et avec kasra de ṭā’ et fatḥa de fā’, et l’inverse) : un des ṭanāfis, parmi les tapis, les vêtements et les nattes. Dans A : « Ibn Hišām a dit : comme al-buġāṯa, qui est une espèce d’oiseau. » Ḏū Ṭuwā : un lieu à La Mecque. Ainsi dans la plupart des manuscrits. Dans A : « bi-‘araḍika ». Abū Ḏarr a dit : « “Aḫaḏtuka bi-‘araḍatika” : celui qui le rapporte ainsi, al-‘araḍa est la peau dans laquelle se trouve le bébé quand il allaite, et il y est élevé. Celui qui le rapporte “bi-‘arṣatika” avec ṣād non pointée, son sens est qu’il l’a soulevé vers elle avec le vêtement qui était sous lui, et de là vient ‘arṣat ad-dār – ce sur quoi tombe la construction. Celui qui le rapporte “bi-‘araḍayka” son sens est : par tes deux côtés. Et ‘araḍ aš-šay’ (avec ḍamma de ‘ayn) : son côté. » Al-ǧamal al-awraq : celui dont la couleur est entre le gris et le noir ; il l’a ainsi nommé à cause de la poussière qui était sur lui. Yanū’u : il se lève en s’alourdissant. Dans A : fa-kuntu. Dans M, R : šahādat al-ḥaqq. Dans A, Ṭ ici et dans ce qui suit, une variante d’Ibn Hišām : « al-qaṣm » avec qāf, avec une différence dans la vocalisation ; je l’ai noté ici avec fatḥa, et dans la seconde avec ḍamma puis fatḥa. Dans les autres manuscrits ici : « al-qaṣīm », et dans ce qui suit : « al-faṣīm » ; la correction vient d’ar-Rawḍ al-Unuf. As-Suhaylī a choisi de le noter selon les deux variantes avec ḍamma puis fatḥa, comme étant le pluriel de qaṣmā ou faṣmā. Al-qaṣm : une cassure avec séparation. Al-faṣm : une cassure sans séparation, comme la cassure d’une branche humide et autres. ‘Alī (que Dieu l’agrée) a fait cela une autre fois le jour de Ṣiffīn : il a chargé contre Busr b. Arṭāt, et quand Busr a vu qu’il allait être tué, il a découvert sa nudité, alors ‘Alī s’est détourné de lui. On rapporte aussi une chose semblable de ‘Amr b. al-‘Āṣ avec ‘Alī (que Dieu l’agrée) le jour de Ṣiffīn. Dans M, R : « Abā Qāsim ». Ajouté d’après A, Ṭ. As-Suhaylī a dit : « Al-Kaššī l’a rapporté dans son Tafsīr d’après Sa‘d, qui a dit : “Quand ‘Alī s’est abstenu de le frapper dans sa gorge, il a tiré la langue vers moi comme fait le chien, puis il est mort.” » Yuš‘iruhu sahman : il l’atteint avec dans son corps, ainsi cela devient pour lui comme un ši‘ār. Aš-ši‘ār : ce qui touche le corps parmi les vêtements. Aṣ-ṣa‘da : la lance. On dit que celui qui a tué Ḥanẓala est Ǧa‘wana b. Šu‘ūb al-Layṯī, client de Nāfi‘ b. Abī Nu‘aym. (Voir ar-Rawḍ al-Unuf). Dans M, R : « fa-sa’altu ». Al-hātifa : le cri. Al-ḫawr : pluriel de aḫwar, qui est le faible et le lâche. Cette phrase est omise dans A. Aṭ-ṭamra : la jument rapide au saut. Mazǧar al-kalb : il veut dire qu’il ne s’est éloigné d’eux que de la distance de l’endroit où l’on chasse le chien. Et il s’est approché pour le coucher. Al-qarm : le mâle noble parmi les chameaux ; il veut dire ici Ḥamza (que Dieu l’agrée). Al-hiǧā’ : la guerre. Aš-šaǧā : la tristesse. An-nudūb : les traces des blessures, le singulier : nadb. Al-ǧalābīb : pluriel de ǧilbāb, qui est (ici) le pagne grossier. Les polythéistes de La Mecque appelaient ceux qui avaient embrassé l’Islam avec le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) : les ǧalābīb, ils les surnommaient ainsi. Awadā : il a péri. Al-ḫadb : la blessure pénétrant jusqu’au ventre. Al-mu‘ṭib, Abū Ḏarr a dit : c’est celui dont le sang coule. Al-kaṯīb : le triste. On rapporte aussi : kabīb, c’est-à-dire il est tombé sur son visage. Al-ḫiṭṭa (ici) : la qualité élevée. Aḍ-ḍarīb : le semblable. Aqṣadahu : il l’a visé et l’a atteint. Al-‘aḍb : l’épée tranchante. Wa-bi-ḫaḍīb : c’est-à-dire teint de sang. An-na‘f : le bas de la corde. Dans M, R : « an-na‘t », c’est une déformation. Qarqarat : elle a accéléré et s’est allégée pour le manger. Aḍ-ḍarrā’ : celle qui frappe, habituée à chasser ou à manger les chairs des hommes. Kalīb : nom pour un groupe de chiens.
Le cheval qui semble nager dans sa course. La rapidité et l'activité. La jeunesse, c'est-à-dire que le cheval lève ses deux pattes avant ensemble. On rapporte aussi « sabab » avec un sīn non pointé, et « sabab » désigne le crin du toupet du cheval. 341 Il est revenu. Le lâche effrayé. 342 Ils les ont tués et exterminés avec les épées. 343 Dans M, R : « quand ». 344 Nous sommes revenus. 345 Ils se sont rassemblés autour de lui et l'ont entouré. 346 Abū Dharr a dit : « Il veut dire qu'il y avait dans sa langue un défaut de prononciation étrangère, et il a changé le dhāl de 'aʿdhartu' en zāy, parce qu'il était abyssinien. » 347 Son origine est la hamza, et il a été facilité pour la poésie. La terre de couleur entre le rouge et le gris. 348 Dans M, R : « votre peau ». 349 Pluriel de ʿayba, qui est ce dans quoi l'homme met ses affaires. 350 ʿUḍal : nom d'une tribu de Khuzayma. Al-jadāya (avec fatḥa ou kasra du jīm) : le petit des gazelles. Et Shurak : Abū Dharr a dit : avec ḍamma ou kasra du shīn : un lieu, et nous n'avons trouvé dans les dictionnaires sous ce nom que deux endroits, l'un avec fatḥa, qui est une montagne du Ḥijāz, et l'autre avec kasra, qui est une eau derrière le mont Qanān pour les Banū Munqidh ibn Aʿyā, des Asad. 351 Destructeur. Un châtiment exemplaire pour eux et pour d'autres. 352 Ce qui est apporté aux marchés pour y être vendu. 353 Abū Dharr a dit : « Celui qui le rapporte avec un rā' signifie qu'il a été touché par elle. Et celui qui le rapporte (faduththa) avec un dāl non pointé signifie qu'il a été frappé jusqu'à ce qu'une partie de son corps se torde. » 354 Le côté. 355 Il a été frappé d'une blessure à la tête. 356 Il a été blessé (tous deux à la forme passive). 357 Le haut de la joue. 358 Semblable à un anneau de cotte de mailles placé sur la tête pour se protéger à la guerre. 359 Il l'a avalé. 360 Cette phrase est omise dans A. 361 Ce mot est omis dans A. 362 Ainsi dans Ṭ. Et dans A : « et par leur mal ». Et dans les autres sources : « et leur victoire », et il est évident que les deux sont altérés par rapport à ce que nous avons établi. 363 Les épées. 364 Les calamités et les malheurs du temps. 365 Dans M, R : « Zayd ». 366 Le groupe. 367 Sīra d'Ibn Hishām - 2. 368 Il veut dire par « le vent » la victoire. 369 Que Dieu l'humilie. 370 L'extrémité de l'arc. 371 Ajout de A. 372 Sa dent de devant a été brisée. 373 Elles brillent. 374 Ajout de A. 375 Dans A : « c'est-à-dire », et dans les autres sources : « où ». 376 Al-faraq (avec fatḥa ou sukūn du rā') : une mesure qui contient seize mann, ou dit-on douze raṭls. 377 Sarif : un lieu à six milles de La Mecque, ou dit-on sept, neuf et douze ; l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) y épousa Maymūna bint al-Ḥārith, et il y consomma le mariage avec elle, et elle y mourut. (Voir Muʿjam al-Buldān). 378 L'os pourri. 379 Dans A : « si ». 380 Il a péri. Al-habūl : la perte ; on dit : que sa mère le perde, c'est-à-dire qu'elle le perde. 381 Les fuyards. Et on rapporte « qalīl » avec qāf, et c'est connu. 382 L'éloignement et la profondeur. 383 Dans M, R : « sur ». 384 La colère à la guerre. 385 Ajout de A. 386 Abū Dharr a dit : « Abū al-ʿAbbās a dit : al-Mihrās : une eau à Uḥud. Et d'autres ont dit : al-Mihrās : une pierre creusée et placée à côté du puits, et on y verse de l'eau pour que les gens en profitent. » 387 Il l'a détesté. 388 Il a vieilli et faibli. 389 Le Paradis lui est devenu obligatoire. 390 Al-Aʿwaṣ : un lieu près de Médine. 391 Al-Suhaylī a dit : « Il a été nommé Ḥusayl ibn Jābir al-Yamānī parce qu'il descendait de Jarwa ibn Māzin ibn Quṭayʿa ibn ʿAbs ; Jarwa s'était éloigné de sa famille au Yémen pendant longtemps puis était revenu vers eux, et ils l'avaient surnommé al-Yamānī. » 392 Il est surnommé Abū ʿAbd Allāh, et il est allié des Banū ʿAbd al-Ashhal. Sa mère est al-Rabāb bint Kaʿb. (Voir al-Rawḍ). 393 Al-ẓamʾ : la durée entre deux abreuvements. Le plus court des ẓamʾ est celui de l'âne, car il ne peut patienter sans eau ; c'est une métaphore pour la proximité de la mort. 394 Al-hāma : un oiseau qui sort de la tête du tué (prétendent-ils) et ne cesse de crier : « Donnez-moi à boire ! Donnez-moi à boire ! » jusqu'à ce que son sang soit vengé ; les Arabes en ont fait une métaphore pour la mort. 395 On dit que celui qui l'a tué par erreur est ʿUtba ibn Masʿūd, frère de ʿAbd Allāh ibn Masʿūd, et grand-père de ʿAbd Allāh ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUtba ibn Masʿūd le juriste. Et ce ʿUtba est le premier à avoir nommé le Coran « Muṣḥaf ». 396 Dans M, R : « Non, par Dieu ». 397 Al-Suhaylī a dit : « De ḥarmal, il veut dire la terre dans laquelle il a été enterré, et elle produisait du ḥarmal, c'est-à-dire qu'il n'a d'autre jardin que cela. » 398 Étranger. 399 Al-muḍarraj : intensément rouge, comme s'il était teint de sang, c'est-à-dire taché de sang. 400 Dans A : « des Banū ». 401 Al-Suhaylī a dit : « Et d'autres qu'Ibn Isḥāq ont ajouté : lorsqu'il sortit, il dit : 'Ô Dieu, ne me ramène pas', et il fut martyrisé. Ses fils le mirent sur un chameau pour le transporter à Médine, mais le chameau devint rétif ; chaque fois qu'ils le dirigeaient vers une direction, il s'élançait, sauf vers Médine, refusant d'y retourner. Ne pouvant le maîtriser, ils se rappelèrent sa parole : 'Ô Dieu, ne me ramène pas', et ils l'enterrèrent sur le lieu de sa mort. » 402 Ils coupent. 403 Pluriel de khidma, qui est le bracelet de cheville. 404 Elle a été fendue. 405 Elle l'a mâchée. 406 Qu'elle l'avale. 407 Elle l'a rejetée. 408 Al-suʿur (avec deux ḍammas et sukūn pour la poésie) : l'inflammation. 409 Al-ghalīl : la soif, ou la chaleur intérieure. 410 Elle se dégrade et s'effrite. 411 Al-waqqāʿ : celui qui tombe souvent dans les malheurs du monde. 412 « Mlahāshimīyīn », il voulait dire « min al-hāshimīyīn », il a supprimé le nūn de « min » pour éviter la rencontre de deux lettres quiescentes, et cela n'est permis que pour « min » seule en raison de sa fréquence d'usage. Al-zahr : les blanches, le singulier est azhar. 413 Al-ḥusām : l'épée tranchante. Yafrī : il coupe. 414 « Shayb », elle voulait dire « shayba ». Elle l'a abrégé en dehors de l'apostrophe. Ḍawāḥī al-naḥr : ce qui apparaît de la poitrine. 415 Al-ladhaʿa : la douleur du feu, ou ce qui lui ressemble. Al-muʿtamid : celui qui vise et fait souffrir. 416 Al-shuʾbūb : une forte averse. Et « bard », c'est-à-dire froid ; elle a comparé la guerre à cela. 417 Al-ashar : l'insolence. 418 Al-Suhaylī a dit : « Lukāʿ, il en a fait un nom pour elle en dehors du contexte de l'apostrophe, et cela est permis, bien que ce soit plus fréquent dans l'apostrophe, comme 'yā ghaddār' et 'yā fussāq'. Al-lukāʿ : la vile. » 419 « Dhuq ʿuquq », il voulait dire « yā ʿāq », et il l'a transformé en verbe. 420 « Laḥman », c'est-à-dire mort, incapable de se défendre. 421 « Anʿamtu fiʿāl », c'est-à-dire tu as exagéré ; on dit : anʿama fī al-shayʾ, s'il exagère. Abū Dharr a dit : « Anʿamtu (avec fatḥa du tā') s'adresse à lui-même. Et celui qui le rapporte 'anʿamtu' (avec sukūn du tā') signifie la guerre ou le combat. Et sa parole 'fiʿāl', c'est-à-dire élève-toi (à la forme impérative dans les deux cas) ; on dit : aʿil ʿan al-wisāda, et ʿud ʿanhā, c'est-à-dire élève-toi. Il est aussi possible que ce soit une forme dérivée de al-fiʿla, comme ils ont dérivé fujjār de al-fujra, c'est-à-dire tu as exagéré dans cette action, et par 'action' il entend le combat. » 422 Al-sijāl : la réciprocité à la guerre et ailleurs ; son origine est que deux puiseurs à un puits se relaient, l'un remplit un seau et l'autre un seau. Al-sijl : le seau. 423 Hubal : nom d'une idole. 424 « Lā sawāʾ », c'est-à-dire nous ne sommes pas égaux. Al-Suhaylī a dit : « Il n'est pas permis que 'lā' entre sur un nom sujet défini sauf avec répétition, mais cela est permis dans ce passage parce que l'intention est de nier l'action : c'est-à-dire nous ne sommes pas égaux. » 425 Ils ont mené les chevaux à leurs côtés. 426 Et on rapporte : « fazaʿa », c'est-à-dire ils ont eu peur pour eux et ne se sont occupés de rien d'autre qu'eux. 427 Al-Suhaylī a dit : « L'homme est Muḥammad ibn Maslama, al-Wāqidī l'a mentionné, et il a mentionné qu'il appela parmi les morts : 'Ô Saʿd ibn al-Rabīʿ', une fois après l'autre, mais personne ne lui répondit, jusqu'à ce qu'il dise : 'Ô Saʿd, l'Envoyé de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) m'a envoyé pour voir ce que tu as fait', alors il lui répondit d'une voix faible, et il rapporta le hadith. Ceci est contraire à ce qu'a mentionné Abū ʿUmar dans le livre al-Ṣaḥāba, car il y a mentionné par la voie de Rabīḥ ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn Abī Saʿīd al-Khudrī, d'après son père, d'après son grand-père, que l'homme qui chercha Saʿd parmi les morts est Ibn Abī Kaʿb. » 428 On dit : ṭarafa biʿaynihi yaṭrifu : quand il abaisse sa paupière supérieure sur sa paupière inférieure. 429 Il suce sa salive. 430 Son nom est Thuwayba. 431
Al-Suhaylī a dit : « C'est un hadith authentique interdisant la mutilation. Si l'on dit : le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a pourtant mutilé les 'Uraniyyīn 432 en leur coupant les mains et les pieds, en leur crevant les yeux et en les abandonnant dans la Hārra 433 ? Nous répondons : il y a deux réponses à cela. La première : il a agi ainsi par talion, car ils avaient coupé les mains et les pieds des bergers et leur avaient crevé les yeux. On dit aussi que cela s'est produit avant l'interdiction de la mutilation. Si l'on dit : il les a laissés demander à boire sans qu'on leur donne jusqu'à ce qu'ils meurent de soif. Nous répondons : leur soif était une rétribution parce qu'ils avaient assoiffé la famille du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) cette nuit-là. »
Mushrif (avec la fatḥa sur le rā') : un cheval que les gens regardent, c'est-à-dire qu'ils le contemplent pour sa beauté. (Avec la kasra sur le rā') : c'est-à-dire élevé. Al-Sāṭī : celui qui a une longue enjambée lorsqu'il marche. Al-Sabūḥ : celui qui nage dans sa course comme s'il flottait. Yubārīhā : il les rivalise. Il a répété le pronom (hā) en référence aux chevaux, bien qu'ils n'aient pas été mentionnés auparavant, car le contexte les indique.
- ثاوياً : مقيماً
- بردت الدعوة : أي ثبتت. ويقال: برد لي حق على فلان، أي ثبت
- الشكة : السلاح. واليعبوب: الفرس الكثير الجري. والصارم: السيف القاطع
- القليب : البئر
- تزايل : تفرق
- جيفوا : أي صاروا جيفا
- الكثيب : كدس الرمل. والقشيب: الجديد. قال السهيلي: «ولا معنى له في هذا البيت، لأنهم إذا وصفوا الرسوم وشبهوها بالكتب في الورق، فإنما يصفون الخط حينئذ بالدروس والامحاء، فإن ذلك أدل على عفاء الديار وطموس الآثار، وكثرة ذلك في الشعر تغني عن الاستشهاد عليه. ولكن أراد حسان بالقشيب هنا: الذي خالطه ما يفسده إما من دنس وإما من قدم، يقال: طعام مقشب: إذا كان فيه السم»
- الوسمي : مطر الخريف
- يبابا : قفرا
- حراء : بمكة. وجنح الغروب: حين تميل الشمس للغروب
- وازروه : أعانوه. ولفح الحروب: نارها وحرها. ويروى: «لقح» ومعناه التزيد والنمو، يقال لقحت الحرب. إذا تزيدت
- الصوارم المرهفات : السيوف القاطعة. والخاظى: المكتنز. والكعوب: عقد القناة
- الغطارف : السادة، واحدهم غطريف: وحذفت الياء من «الغطاريف» لإقامة وزن الشعر والصليب: الشديد
- الجبوب : وجه الأرض. وقيل: هو المدر، الواحدة: جبوبة
- كباكب : جماعات
- بني عائذ : في الأصول: «بني عائذ» وفي الروض: «سيف بني عابد». قال السهيلي: «بنو عابد في مخزوم، وهم بنو عابد بن عبد الله بن عمر بن مخزوم، وأما بنو عائذ (بالياء والذال المعجمة) فهم بنو عائذ بن عمران بن مخزوم، رهط آل المسيب، والأولون رهط آل بني السائب»
- سلمة : قال السهيلي: «وسلمة هذا بكسر اللام، وهو سلمة بن ملك، أحد بني العجلان، بلوي النسب، أنصاري بالحلف، قتل يوم أحد شهيدا»
- الحيس : السمن يخلط بالتمر والأقط
- أبو عزيز : واسم أبو عزيز: زرارة، وأمه التي أرسلت في فدائه: أم الخناس بنت مالك العامرية، وهي أم أخيه مصعب وأخته هند بنت عمير، وهند: هي أم شيبة بن عثمان حاجب الكعبة، جد بني شيبة. وقد أسلم أبو عزيز هذا. (راجع الروض)
- كبته الله : أذله
- طنب الحجرة : طرفها
- ما تليق : ما تبقى
- ثاورته : وثبت إليه
- فلعت : شقت
- العدسة : قرحة قاتلة كالطاعون. وقد عدس الرجل: إذا أصابه ذلك
- تستأنوا بهم : أي تؤخروا فداءهم
- لا يأرب : لا يشتد
- البكر : الفتى من الإبل
- تسمى : أي ولا تسأمي، فنقل حركة الهمزة ثم حذفها. والنديد: الشبيه والمثل
- الإقواء : اختلاف في حركة الروي
- الإكفاء : اختلاف الحروف في القوافي
- يظلم : أي يراد ظلمه
- ذو الشفر : السيف، والشفر: حده
- الأعلم : المشقوق الشفة العليا. وأما المشقوق الشفة السفلى فهو الأفطح
- يدلع : يخرج
- ثمان : قال أبو ذر: من رواه بكسر الثاء، فهو جمع ثمين بمعنى غال. ومن رواه بفتحها فهو العدد المعروف
- العر : الشر والأذى
- مرية : تصغير (امرأة)
- النقيع : موضع قرب المدينة. وفي م، ر: «بالبقيع» وهو موضع داخل المدينة، وفيه مقبرتها. والأول هو المراد هنا
- العضب : السيف القاطع: والصفراء: القوس. والنبع: شجر تصنع منه القسي وتحن: أي يصوت وترها. وأنبضت، أي مد وترها. والإنباض: أن يحرك وتر القوس ويعد. وتحفز النبل، أي تقذف به وترميه
- الذي أسر أبا العاص : وقيل: بل الذي أسر أبا العاص هو عبد الله بن جبير
- رقية وأم كلثوم : قال السهيلي: «كانت رقية بنت رسول الله صلى الله عليه وسلم تحت عتبة بن أبي لهب، وأم كلثوم تحت عتيبة، فطلقاهما بعزم أبيهما عليهما وأمهما حين نزلت: تبت يدا أبي لهب 111: 1. فأما عتيبة، فدعا عليه النبي صلى الله عليه وسلم أن يسلط الله عليه كلبا من كلابه، فافترسه الأسد من بين أصحابه وهم نيام حوله، وأما عتبة ومعتب ابنا أبي لهب فأسلما، ولهما عقب»
- يأجج : موضع على ثمانية أميال من مكة
- شيعه : قريب منه
- لا تضطني : لا تستحيي. وأصله: الهمز، يقال: اضطنأت المرأة، إذا استحيت، فحذف الهمزة تخفيفا. ويروى: «فلا تظطني» (بالظاء المعجمة) وهو من ظننت، بمعنى اتهمت، أي لا تتهميني ولا تستريبي مني
- الفِهري : في الأصول: «الفِهري» بدون واو. والتصويب عن الروض الأنف. قال السهيلي: «قال: وسبق إليها هبار بن الأسود والفهري، ولم يسم ابن إسحاق الفِهري، وقال ابن هشام هو نافع بن عبد قيس وفي غير السيرة أنه خالد بن عبد قيس. هكذا ذكره البزار فيما بلغني». وسيذكر ابن هشام اسمه بعد قليل
- هبار : وذكر عن غير ابن إسحاق أن هبارا نخس بها الراحلة فسقطت على صخرة وهي حامل، فهلك جنينها ولم تزل تهريق الدماء حتى ماتت بالمدينة بعد إسلام بعلها أبي العباس. (راجع الاستيعاب والروض)
- تكركر الناس عنه : رجعوا وانصرفوا
- الثؤرة : طلب الثأر
- عطر منشم : كناية عن شدة الحرب، وهو مثل، وأصله فيما زعموا، أن منشم كانت امرأة من خزاعة تبيع العطر والطيب، فيشترى منها للموتى، حتى تشاءموا بها لذلك وقيل: إن قوما تحالفوا على الموت فغمسوا أيديهم في طيب منشم المذكورة تأكيدا للحلف، فضرب طيبها مثلا في شدة الحرب وقيل: منشم امرأة من غدانة، وهو بطن من تميم، ثم من بني يربوع بن حنظلة، وأن هذه المرأة هي صاحبة يسار، الذي يقال له: يسار الكواعب، وأنه كان عبدا لها، وأنه راودها عن نفسها، فقالت له: أمهلني حتى أشمك طيب الجزائر. فلما أمكنها من أنفه أنحت عليه بالموسى، حتى أوعبته جدعا، فقيل في المثل: لاقى الذي لاقى يسار الكواعب، فقيل: عطر منشم. (راجع الأمثال وفرائد اللآل، والروض)
- بذي حلق : يعني الغل. والصلاصل: جمع صلصلة، وهي صوت الحديد
- الكتائب : العساكر. والسراة: السادة. والخميس: الجيش: واللهام: الكثير. والمسوم: المعلم، من السمة، وهي العلامة
- نعلها : أي نستذلهم، ونعيد عليهم الكرة، وبخاطمة، أي بما تخطمهم به. يقال خطمه بالخطام، أي جعله على أنفه، يريد القهر والغلب. والميسم: الحديدة التي توسم بها الإبل
- الأكناف : النواحي. ونجد: يريد به ما ارتفع من أرض الحجاز. ونخلة: موضع قريب من مكة: وأتهم: إذا أتى تهامة، وهي ما انخفض من الأرض
- السرب : (بالكسر): الطريق. (وبالفتح): المال الذي يرعى. وعاد وجرهم: أمتان قديمتان
- القار : الزفت
- as-silm : Paix, réconciliation. Le mot peut se lire avec fatḥa ou kasra sur le sīn.
- ikhrārī : Rupture de mon pacte, de la racine kh-f-r signifiant violer un engagement.
- aṣ-ṣuffa : Auvent, abri attenant à la mosquée de Médine où logeaient les Compagnons pauvres (les Gens de la Ṣuffa).
- ash-shanna : Outre usée, vieille peau à eau.
- al-idāwa : Petit récipient en cuir pour l'eau, une sorte de gourde.
- ash-shuẓāẓ : Bâton recourbé passé dans les anses d'un sac pour le porter.
- al-muẓāhara : Assistance, soutien mutuel.
- bū’it fīnā mubā’a : Tu as pris résidence parmi nous, tu t'es installé.
- ta’awwaba : Il est revenu, il a fait retour.
- ḥarasha : Il a corrompu, semé la discorde.
- al-ḥazr : Estimation approximative d'un nombre.
- tuzjūna : Vous êtes poussés doucement, conduits avec ménagement.
- al-qism : La part, la portion, le lot.
- sarāt al-qawm : Les meilleurs, l'élite du peuple.
- al-muṭ‘imūn : Ceux qui nourrissaient les pèlerins à l'époque préislamique.
- istijlād al-arḍ : La dureté, la solidité du sol.
- at-tibā‘a : Réclamation, demande de justice pour une injustice subie.
- mujaddalan : Couché à terre, collé au sol.
- ṣadā’ : Sifflement, bruit strident.
- al-hālikī : Forgeron, attribué à al-Hālik ibn Asad, premier forgeron.
- anāba : Il est revenu, s'est repenti.
- ad-dāliḥ : Qui marche avec peine sous le poids d'une charge.
- ad-dālij : Qui puise l'eau avec un seau, entre le puits et l'abreuvoir.
- al-ithkhān : Pression, action de serrer de près l'ennemi.
- al-‘ayhama : Femme ou chamelle au long cou.
- Abū Ḥayya : Surnom signifiant 'père de la vie', avec un yāʾ souscrit.
- al-Istīʿāb : Ouvrage biographique d'Ibn ʿAbd al-Barr sur les Compagnons.
- ṣabran : Exécution sommaire, souvent par décapitation, d'un prisonnier ligoté.
- hadith de la société : Référence à un récit sur une association commerciale (shirka) entre le Prophète et al-Sāʾib.
- Hudaybiyya : Localité près de La Mecque où eut lieu le traité de Hudaybiyya en l'an 6 de l'Hégire.
- Shām : Région du Levant, comprenant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban actuels.
- Fossé : Bataille du Fossé (al-Khandaq) en l'an 5 de l'Hégire.
- Judda : Port de La Mecque sur la mer Rouge.
- Hunayn : Bataille de Hunayn en l'an 8 de l'Hégire.
- wa-jarra : Variante textuelle signifiant 'et il traîna'.
- al-Mustahāda : Femme souffrant de métrorragies (saignements utérins anormaux).
- al-Rawḍ al-Unuf : Ouvrage de commentaire de la Sīra d'Ibn Hishām par al-Suhaylī.
- auteurs de cœurs : Catégorie de personnes dont les cœurs sont à gagner à l'islam, recevant une part de l'aumône légale.
- al-Maghāzī : Ouvrage sur les expéditions militaires du Prophète.
- Conquête : Conquête de La Mecque en l'an 8 de l'Hégire.
- Chameau : Bataille du Chameau (al-Jamal) en l'an 36 de l'Hégire.
- khatīb : Orateur, celui qui prononce le sermon.
- walīda : Esclave concubine.
- mawlā : Affranchi, client.
- tafā'ul : Forme verbale arabe indiquant une action réciproque ou progressive.
- waṣiyya : Recommandation, testament.
- rahn : Gage, nantissement.
- eau : Éclat, brillance de l'épée.
- Fa-ablā hunā khayra l-balā'i alladhī yablū : Vers de Zuhayr : 'Il fit alors la meilleure épreuve qu'on éprouve'.
- salāb : Tissu noir porté par les femmes en deuil.
- تعل : تتكرر، مأخوذ من العِلَل، وهو الشرب بعد الشرب.
- تتايعوا : ألقوا بأنفسهم في التهلكة.
- يُولى : يحلف.
- الكهام : الضعيف.
- تشفى : رواية أخرى في الأصول.
- تبلت : أسقمت. والخريدة: الجارية الحسنة الناعمة.
- العاتق : الخمر القديمة. والمدام: اسم من أسماء الخمر.
- نفج : مرتفعة. ويروى بالحاء المهملة بمعنى متسعة.
- القطن : ما بين الوركين إلى بعض الظهر. وأجم: ممتلئ باللحم. والمداك: حجر يسحق عليه الطيب.
- سيرة ابن هشام : كتاب السيرة النبوية لابن هشام.
- توزعني : تغريني وتولعني.
- الضريح : شق القبر.
- معديكرب : يحزن. والمعتكر: الإبل الكثيرة المتراكمة. والأصرام: جمع صرمة، وهي القطعة من الإبل.
- الطمرة : الفرس الكثيرة الجري.
- العناجيج : جمع عنجوج، الطويل السريع. والدموك: البكرة. والمحصد: الحبل الشديد. والرجام: حجر يربط في الدلو.
- الفرجان : ما بين يديها ورجليها. وارمدت: أسرعت. وثوى: أقام.
- يشب : يوقد. ورواية أخرى: يشيب.
- الضرام : ما توقد به النار.
- دسنه : وطئنه. والحوامي: جمع حامية، ما عن يمين سنبك الفرس وشماله.
- مأسور : الأسير. والصفاد: القيد.
- المجدل : الصريع على الأرض. والأعلام: الجبال العالية.
- إذا : رواية أخرى في م، ر.
- الهمام : السيد الذي إذا هم بأمر فعله.
- القصار : الذين قصر سعيهم عن المكارم. والسميدع: السيد.
- الأشقر : يريد به الدم. والمزبد: الذي علاه الزبد.
- ينكى : يؤلم ويوجع.
- الأحبة : يريد بهم من قتل أو أسر من رهطه.
- خمسة أبيات : في الديوان خمسة أبيات بعد هذا البيت لا ثلاثة.
- تشتجر : تختلط وتشتبك. والعوالي: أعالي الرماح.
- مضاعفة الحديد : الدروع التي ضوعف نسجها.
- فر : بالقاف: التقريب، وهو فوق المشي. وبالفاء: الفرار. وتخطر: تهتز في المشي.
- جهيزا : سريعا. والوريد: عرق في العنق.
- التليد : القديم.
- عولت : عزمت. والهياج: الحرب.
- تمتطى : تركب. وسرح اليدين: سريعة اليدين. والنجيبة: العتيقة. ومرطى: سريعة. والجراء: الجري. والأقراب: الخاصرة.
- توى : هلك.
- القعص : القتل بسرعة. والأسلاب: جمع سلب، ما سلب من سلاح أو ثوب.
- الشنار : العيب والعار.
- ديوان حسان : ديوان حسان بن ثابت.
- استشعرت : لبست الثوب على الجسد. والشعار: ما يلي الجسم. والماذي: الدروع البيض. والنحيزة: الطبيعة. والرعديد: الجبان.
- الحق : رواية أخرى في سائر الأصول.
- الرواء : بفتح الراء: التملؤ من الماء. وبالكسر: جمع راو. والتصريد: تقليل الشرب.
- ساقطان : الشطران ساقطان في أ.
- منجذم : منقطع.
- غير محدود : غير ممنوع.
- الأماجيد : الأشراف.
- خابت : بالخاء: من الخيبة. وبالحاء: من الحين، وهو الهلاك.
- الغزى : جماعة القوم الذين يغزون.
- تجدل : صرع على الأرض. ومقصعا: مقتولا سريعا. وصادقة النجاء: فرس سريعة. والسبوح: التي تسبح في جريها.
- العاند : الذي يجري ولا ينقطع. والمعبط: الدم الطري. والمسفوح: السائل المنصب.
- معفرا : لاصقا بالتراب. وعر: لطخ. ومارن الأنف: ما لان منه.
- شفا : حد الشيء وطرفه. والرماق: بقية الحياة.
- إبارتنا : إهلاكنا.
- سراة القوم : سادتهم. وقاصمة الظهر: الداهية التي تكسر الظهر.
- يكبو : يسقط.
- عبد : رواية أخرى في م، ر.
- ثائرة القتر : ما ثار من الغبار. والقتر: الغبار.
- العاويات : الذئاب والسباع. وينبنهم: يأتونهم مرة بعد مرة.
- حامت : بالخاء: جبنت. وبالحاء: من الحماية.
- الشد : الجري. والأعوج: اسم فرس مشهور.
- الجلاه : ما استقبلك من حروف الوادي. وخضراء: سوداء.
- بقوا : رواية أخرى في م، ر.
- عائدة الطريق : حاشيته. والمنهج: المتسع.
- المنعة : الشدة والامتناع. ويروى: ميعة، وهي النشاط.
- المحرج : المضيق عليه.
- الندى : المجلس. والوغى: الحرب. والأبيض: السيف. والسلجج: الماضي الذي يقطع بسهولة.
- بحمد : رواية أخرى في أ.
- الزحوف : جمع زحف، الجماعة تزحف إلى مثلها.
- ألبوا : جمعوا.
- تضعضعنا : تذللنا. والحتوف: جمع حتف، الموت.
- لقحت : حملت. والكشوف: الناقة التي تضرب في غير وقتها. ولقحت الحرب: هاجت.
- المآثر : جمع مأثرة، ما يتحدث به من خير. والمعقل: الملجأ الممتنع.
- جمحت : ذهبت على وجهها. والجد: الحظ.
- عنوة : قهرا وغلبة. وقد تكون الطاعة في لغة هذيل.
- يهب : يستيقظ. والنائي: البعيد.
- بكر عتبة : ولده الأول.
- العلياء : رواية أخرى في م، ر.
- tamâthîl : Pluriel de timthâl, statue ou image fabriquée.
- akhlaṣtu : J'ai rendu sincère, ici au sens de fabriquer avec soin et perfection, ou réserver exclusivement.
- ta'raqat : Mélangé, en parlant d'une boisson.
- al-manâ'iyâ : Forme poétique pour al-manâyâ, les morts.
- lâ tunzarî : Ne diminue pas, en parlant des larmes.
- shâkî al-silâh : Au tranchant aigu, en parlant d'une arme.
- al-nathâ : Ce qui se dit d'un homme en bien et en mal.
- tayyib al-maksar : De bonne origine, pur.
- al-mubtir : L'épée, nom d'instrument dérivé de al-batr (coupure).
- al-qisiyy : Pluriel de qaws, l'arc.
- al-za'îm : Le chef et le garant ; ici, le Prophète.
- hadhdhabtuhâ : Je l'ai purifiée.
- al-ârûm : Pluriel de ârûma, la racine ou l'origine.
- al-kalîm : Le blessé.
- dasanâhum : Nous les avons foulés.
- al-sawârim : Les épées tranchantes.
- halafuhâ : L'allié qui n'est pas de la tribu.
- al-samîm : Le pur de la tribu.
- al-intikhâ' : L'admiration de soi et l'orgueil.
- hâmat : Elle a refusé, de al-himâya (protection, refus).
- kadâ' : Lieu à La Mecque.
- al-malâ' : Les nobles et les chefs du peuple.
- ardâhum : Il les a fait périr.
- ijtarahû : Ils ont acquis, commis.
- li-ghayya : Né de père inconnu, illégitime.
- al-nukab : Les calamités du temps.
- dâhis : Nom d'une jument ayant causé une guerre.
- abû yaksûm : Roi d'Abyssinie.
- al-sarb : Les chameaux qui paissent.
- al-dharib : Le corrompu, altéré.
- al-'âfûn : Ceux qui demandent le bien.
- al-nazûr : Le peu.
- al-sarb : L'interrompu.
- tamalmalu : Elle ne reste pas en place sur sa couche.
- al-qadhâ : Ce qui tombe dans l'œil ou dans une boisson.
- tansajimu : Elle coule.
- al-nadâ : L'assemblée.
- al-khawṣâ' : Le puits étroit.
- al-waghd : L'homme vil.
- al-barim : L'avare qui ne participe pas au jeu.
- ashjâ : Plus triste.
- lam yaram : Il n'a pas cessé.
- al-khatâ : Les lances.
- al-khadhm : La coupe de la viande.
- bîsha : Lieu auquel sont attribués les lions.
- al-ghalal : L'eau courante sous les arbres.
- al-âjâm : Pluriel de âjama, les arbres touffus.
- al-qamâqima : Les nobles généreux.
- al-buhm : Les braves.
- fa-lam yulam : Il n'a pas été blâmé ou n'a pas fait de blâmable.
- tayyib al-rîh : La victoire, littéralement 'bon vent'.
- al-fatîl : La pellicule dans la fente du noyau, chose infime.
- al-jafr : Le puits sans construction.
- al-muhîl : L'ancien altéré.
- ghayru fayl : Non corrompu d'avis.
- daraj al-masîl : Le lieu de l'humiliation et de l'oppression.
- al-'aqd : La détermination et l'avis.
- al-qalîb : Le puits.
- al-qaynât : Les jeunes filles esclaves.
- al-shirb : Le groupe de gens qui boivent.
- al-shîzâ : Des jattes en bois.
- al-sanâm : La chair du dos du chameau.
- al-tawiyy : Le puits revêtu de pierres.
- al-hawmât : Pluriel de hawmah, troupeau de chameaux.
- al-musâm : Le chameau envoyé paître sans gardien.
- al-das' : Les dons.
- al-thaniyya : Une brèche entre deux montagnes.
- na'âm : Un lieu.
- al-saqb : Le petit de la chamelle.
- al-aṣdâ' : Pluriel de ṣadâ, reste du mort dans sa tombe.
- al-hâm : Pluriel de hâma, oiseau légendaire sortant de la tête du tué.
- al-ayk : Les arbres touffus.
- al-jawânih : Les inclinées.
- ḥarâ : Celles qui brûlent de chagrin.
- mustakînât : Humiliées.
- al-mu'awwilât : Celles qui élèvent la voix en pleurant.
- al-'aqanqal : La dune de sable compacte.
- al-marâziba : Les chefs, mot d'origine étrangère.
- al-jahâjih : Les nobles.
- madâfi' al-barqân : L'endroit où le torrent se précipite.
- al-barqîn : Un lieu.
- al-ḥanân : La dune de sable.
- al-awâshih : Un lieu.
- al-shamt : Ceux que le poil blanc a mêlés.
- al-bahâlîl : Les nobles.
- al-maghâwîr : Ceux qui font beaucoup de razzias.
- al-waḥâwiḥ : Les vifs d'esprit.
- al-baṭrîq : Le chef des Romains.
- al-da'mûṣ : Un petit animal aquatique.
- al-jâ'ib : Le coupeur.
- al-kharq : Le désert vaste.
- al-sarâṭima : Ceux qui ont le gosier large.
- al-khalâjima : Les gros et longs.
- al-malâwitha : Les seigneurs.
- al-manâjih : Ceux qui réussissent dans leur effort.
- al-anâfih : Pluriel de anfaha, matière jaune du ventre du ruminant.
- al-manâḍih : Les abreuvoirs.
- aṣfâr : Pluriel de ṣifr, récipient vide.
- ya'fû : Il se dirige vers quelqu'un en demandant le bien.
- raḥḥ raḥâriḥ : Vaste sans profondeur.
- al-salâṭih : Les longs et larges.
- al-lawâqih : Les chamelles pleines.
- al-mu'bil : Les nombreux chameaux.
- ṣâdirât : Qui reviennent.
- bilâdiḥ : Un lieu.
- al-qusṭâs : La grande balance.
- al-mawâ'iḥ : Celles qui se balancent sous le poids.
- al-taqaddumiyya : L'avance, le fait d'être en tête.
- al-muhannad : Les épées indiennes.
- al-ṣafâ'iḥ : Les larges (épées).
- 'annanî : Il m'a attristé.
- al-ayyim : Le célibataire.
- tujaḥḥiru : Elle le fait se réfugier dans son terrier.
- al-muqarrabât : Les chevaux nobles rapprochés des maisons.
- al-mub'idât : Ceux qui s'éloignent dans la course.
- al-ṭâmiḥât : Celles qui lèvent la tête.
- al-jurd : Les chevaux de race.
- al-mukâliba : Ceux qui ont l'ardeur du chien au combat.
- al-kawâliḥ : Les renfrognées.
- al-qarn : Celui qui tient tête.
- al-badan : La cotte de mailles.
- al-musbalât : Les larmes qui coulent.
- lâ tadhkharî : Ne thésaurise pas.
- ḥimā : Réserve naturelle ou sanctuaire où il est interdit de chasser ou de couper du bois.
- المسغبة : La faim et la détresse.
- حَرْبَة : Triste et en colère.
- مستلبة : Privée de raison. Selon al-Suhaylī, la meilleure lecture est avec un kasra sur le lām, dérivé de السلاب, le chiffon noir dont se voile la femme en deuil.
- منثعبة : Coulant rapidement ; on dit انثعب الماء quand il coule.
- منشعبة : Se divisant.
- المقرب : Le cheval qui s'approche des tentes par noblesse.
- السلهبة : La jument longue.
- القذى : Ce qui tombe dans l'œil et la boisson.
- العائر : Douleur de l'œil ; ulcère sur la paupière.
- حد النهار : La séparation entre la nuit et le jour.
- قرن الشمس : Le sommet du soleil.
- لم يقد : Sa lumière n'a pas été rendue possible.
- السقوب : Les piliers de la tente.
- قانى : Rouge, origine قانئ avec hamza allégée.
- الغرب : Le grand seau.
- الدالج : Celui qui marche avec son seau entre le puits et le jardin.
- الغريف : Le repaire du lion, la broussaille.
- غرثان : Affamé.
- ذكران : Épée forgée à partir de fer mâle.
- مزبد : Sang ayant de l'écume.
- آن : Aigre.
- الصفراء : Lieu entre La Mecque et Médine.
- الأشعث : Celui qui est changé.
- الجذل : La souche de l'arbre, symbole de stabilité et force.
- المحل : La sécheresse.
- الزفزف : Vents violents et rapides.
- التشبيب : Allumer le feu sous la marmite.
- أزبدت : Elle a jeté l'écume.
- الجزل : Épais.
- ḏamm : Blâme ; ici, l'accusatif est employé pour exprimer le blâme.
- ḏimmī : Non-musulman vivant sous la protection de l'État islamique.
- ḏimām : Pacte, engagement, protection.
- Anṣār : Les 'Auxiliaires' de Médine qui ont accueilli et soutenu le Prophète Muhammad après l'Hégire.
- al-sābiḥ : Le cheval qui semble nager dans sa course.
- al-nakhīb : Le lâche effrayé.
- ḥasawhum bi-l-suyūf : Ils les ont tués et exterminés avec les épées.
- idhā : Quand.
- inkafaʾnā : Nous sommes revenus.
- lāthū bihi : Ils se sont rassemblés autour de lui et l'ont entouré.
- lukna aʿjamiyya : Défaut de prononciation étrangère.
- ʿafr al-turāb : La terre de couleur entre le rouge et le gris.
- jilād : Peau.
- ʿiyāb : Pluriel de ʿayba, sac où l'on met ses affaires.
- ʿuḍal : Nom d'une tribu de Khuzayma.
- mubīr : Destructeur.
- jalāʾib : Ce qui est apporté aux marchés pour être vendu.
- duththa : Frappé jusqu'à ce qu'une partie du corps se torde.
- al-shiqq : Le côté.
- shajja : Blessure à la tête.
- kulima : Blessé.
- al-wajna : Le haut de la joue.
- al-mighfar : Casque en forme d'anneaux de cotte de mailles.
- izdarada : Avaler.
- sāqiṭa : Omise.
- sāqiṭa : Omise.
- bi-ḍarrihim : Par leur mal.
- al-bawāriq : Les épées.
- al-bawāʾiq : Les calamités.
- Zayd : Nom propre.
- al-fiʾa : Le groupe.
- Sīrat Ibn Hishām : Biographie du Prophète par Ibn Hishām.
- al-rīḥ : Le vent, métaphore de la victoire.
- aqmaʾahu Allāh : Que Dieu l'humilie.
- al-siya : L'extrémité de l'arc.
- ziyāda : Ajout.
- humma : Dent de devant brisée.
- tazharān : Elles brillent.
- ziyāda : Ajout.
- ayna : Où.
- al-faraq : Mesure de capacité.
- Sarif : Lieu près de La Mecque.
- al-rumm : L'os pourri.
- in : Si.
- al-habūl : La perte.
- al-falīl : Les fuyards.
- al-suḥq : L'éloignement.
- ʿalā : Sur.
- al-ḥifāẓ : La colère à la guerre.
- ziyāda : Ajout.
- al-Mihrās : Eau à Uḥud ou pierre creusée.
- ʿāfahu : Il l'a détesté.
- badana : Il a vieilli.
- awjaba : Rendre obligatoire le Paradis.
- al-Aʿwaṣ : Lieu près de Médine.
- al-Yamānī : Surnom de Ḥusayl ibn Jābir.
- Ḥudhayfa : Compagnon, allié des Banū ʿAbd al-Ashhal.
- al-ẓamʾ : Durée entre deux abreuvements.
- al-hāma : Oiseau mythique sortant de la tête du tué.
- ʿUtba ibn Masʿūd : Frère de ʿAbd Allāh ibn Masʿūd.
- abā wa-Llāh : Non, par Dieu.
- ḥarmal : Plante, métaphore de la terre.
- atī : Étranger.
- al-muḍarraj : Intensément rouge.
- min Banī : Des Banū.
- lā taruddanī : Ne me ramène pas.
- yajdaʿna : Ils coupent.
- al-khidam : Bracelets de cheville.
- buqirat : Fendue.
- lākat-hā : Elle l'a mâchée.
- an tusīgha-hā : Qu'elle l'avale.
- lafaẓat-hā : Elle l'a rejetée.
- al-suʿur : L'inflammation.
- al-ghalīl : La soif.
- tarimmu : Elle se dégrade.
- al-waqqāʿ : Qui tombe souvent dans les malheurs.
- al-hāshimiyyīn : Les Hāshimites.
- al-ḥusām : L'épée tranchante.
- ḍawāḥī al-naḥr : Ce qui apparaît de la poitrine.
- al-ladhaʿa : La douleur du feu.
- al-shuʾbūb : Forte averse.
- al-ashar : L'insolence.
- lukāʿ : La vile.
- dhuq ʿuquq : Goûte, ô désobéissant.
- laḥman : Mort, incapable de se défendre.
- anʿamtu fiʿāl : Tu as exagéré dans cette action.
- al-sijāl : La réciprocité.
- Hubal : Idole préislamique.
- lā sawāʾ : Nous ne sommes pas égaux.
- janabū al-khayl : Ils ont mené les chevaux à leurs côtés.
- fazaʿa : Ils ont eu peur.
- Muḥammad ibn Maslama : Compagnon.
- ṭarafa bi-ʿaynihi : Il a cligné de l'œil.
- yarushifu-hā : Il suce sa salive.
- Thuwayba : Nom de la nourrice du Prophète.
- العرنيين : Les 'Uraniyyīn : une tribu qui avait trahi et tué des bergers du Prophète.
- الحرة : Al-Hārra : une région volcanique près de Médine.
Les notes et commentaires
الصبا 1: ريح شرقية. والقرة 2: البرد. ويتريع 3: يجيء ويذهب. رحى الحرب 4: معظم موضع القتال فيها. حمه الله 5: قدره. سراتهم 6: خيارهم. والقاع 7: المنخفض من الأرض. ذكانا 8: أي التهابنا في الحرب. وتلفع 9: يشتمل حرها على من دنا منها. موجفين 10: مسرعين. والجهام 11: السحاب الرقيق الذي ليس فيه ماء. بيشة 12: موضع تنسب إليه الأسود. الذمار 13: ما يجب على الرجل أن يحميه. جلاد 14: جمع جليد، وهو الصبور. الشهاب 15: القطعة من النار. ويسفع 16: يحرق ويغير. أضرع 17: ذليل. الفروغ 18: الطعنات المتسعة. وعزالي 19: جمع عزلاء، وهي فم المزادة، ويتهزع 20: يتقطع. الجذم 21: الأصل. المدى 22: الغاية. والقبل 23: المواجهة والمقابلة. خساس 24: حقيرة. والمثري 25: الغني. والمقل 26: الفقير. بنات الدهر 27: حوادثه. الآية 28: العلامة. والغلل 29: جمع غلة، وهي حرارة العطش. الجر 30: أصل الجبل. وأترت 31: قطعت. والرجل 32: الأرجل. السرابيل 33: الدروع. وسريت 34: جردت. والكماة 35: الشجعان. والمنتزل 36: موضع الحرب والنزال. النجدة 37: القوة والشجاعة. والقرم 38: الفحل الكريم. والبارع 39: المبرز على غيره. والملتاث 40: الضعيف. والأسل 41: الرماح. الأقحاف 42: جمع قحف. والهام 43: الرؤوس. البرك 44: الصدر. وبنو عبد الأشل 45: يريد بني عبد الأشهل، فحذف الهاء. الرقص 46: مشي سريع. والحفان 47: صغار النعام. العلل 48: الشرب الثاني. والنهل 49: الشرب الأول. الخطى 50: الرماح، نسبة إلى الخط، وهو موضع. الأضياح 51: جمع ضيح، وهو اللبن المخلوط بالماء. النيب 52: جمع ناب، وهي الناقة المسنة. والعصل 53: نبات تأكله الإبل فيخرج منها أحمر. الرسل 54: الإبل المرسلة بعضها في إثر بعض. فأجأناكم 55: أي ألجأناكم. الخناطيل 56: الجماعات من كل شيء. كأشداف 57: جمع شدف، وهي القطع من الناس. الملا 58: المتسع من الأرض. ويهل 59: يرتاع، من الهول، وهو الفزع. نجزعه 60: نقطعه عرضا. والفرط 61: ما علا من الأرض. والرجل 62: جمع رجلة، وهو المطمئن من الأرض. أيدوا جبريل 63: أيدوا بجبريل، فحذف حرف الجر. الجحجاح 64: السيد. والرفل 65: الذي يجر ثوبه خيلاء. التنابيل القصار 66: اللئام. والقنابل 67: الخيل، الواحدة قنبلة. والهبل 68: الذين ثقلوا لكثرة اللحم عليهم. الهمل 69: الإبل المهملة، وهي التي ترسل في المرعى دون راع. ولد 70: جمع ولد. نشجت 71: بكيت. وتلجج 72: من اللجج، وهو الإقامة على الشيء والتمادي فيه. الأضوج 73: جمع ضوج، وهو جانب الوادي. شايعوا 74: تابعوا. والمنهج 75: الطريق الواضح. الكماة 76: الشجعان. والقسطل 77: الغبار. والمرهج 78: الذي علا في الجو. الدوحة 79: الشجرة الكثيرة الأغصان. والمولج 80: المدخل. حر البلاء 81: خالص الاختبار. بذي هبة 82: يعني سيفا، وهبة السيف: وقوعه بالعظم. والصارم 83: القاطع. وسلجج 84: مرهف. عبد بني نوفل 85: هو وحشي قاتل حمزة. ويبربر 86: يصيح. والجمل الأدعج 87: الأسود. أوجره 88: طعنه في صدره. والشهاب 89: القطعة من النار. والموهج 90: الموقد. لم يحنج 91: لم يصرف عن وجهه الذي أراده من الحق. الزبرج 92: الوشي. الدرك 93: ما كان إلى أسفل. والدرج 94: ما كان إلى فوق. الأشياع 95: الأتباع. العجيج 96: الصياح. والمذكى 97: المسن من الإبل. والصادر 98: الجماعة الصادرة عن الماء. ومحنج 99: مصروف عن وجهه. الروايا 100: الإبل التي تحمل الماء. وغادرنه 101: تركنه. ويعجعج 102: يصوت. وقسرا 103: قهرا. ولم يحدج 104: لم يجعل عليه الحدج، وهو مركب من مراكب النساء. القسطل 105: الغبار. والمرهج 106: المرتفع. السورج 107: المتقد. الأوتار 108: جمع وتر، وهو طلب الثأر. المعرك 109: موضع الحرب. المطرد 110: الذي يهتز، ويعني به رمحا. والمارن 111: اللين. والمخلج 112: الذي يطعن بسرعة. البراح 113: المتسع من الأرض. لم تعنج 114: لم تكف ولم تصرف. المجلحة 115: الماضية المتقدمة. والأجرد 116: الفرس العتيق. والميعة 117: النشاط. دسناهم 118: وطئناهم. والمحرج 119: المضيق عليه. ذرفت 120: سالت. شط 121: بعد. والنوى 122: البعد والفرقة. مجنبنا 123: قودنا. والعناجيج 124: الطوال الحسان. والمتلد 125: الذي ولد عندك. والنزيع 126: الغريب. اللهام 127: الجيش الكثير. الزغف 128: الدروع اللينة. والضوج 129: جانب الوادي. ونقيع 130: مملوء بالماء. الوميض 131: الضوء. والأباء 132: الأجمة الملتفة الأغصان. الذريع 133: الذي يقتل سريعا. عاصبة 134: لاصقة. يعتفين 135: يطلبن الرزق. والنجيع 136: الدم. الشعب 137: الطريق في الجبل. والسمهري 138: الرماح. وشروع 139: ماثلة للطعن. شباة كل شيء 140: حده. ووقيع 141: محدد. يجفن 142: يدخلن جوفه. الكماة 143: الشجعان. وغال 144: أهلك. والأشطان 145: الحبال. والدلاء 146: جمع دلو. والنزوع 147: جذب الدلو وإخراجها من البئر. والنزع 148: المستقى. البلقع 149: القفر الخالي. عفاهن 150: غيرهن ودرسهن. والواكف 151: المطر السائل. ورجاف 152: متحرك مصوت. وهموع 153: سائل. الرواكد 154: الثوابت. وكنوع 155: لاصقة بالأرض. النوى 156: البعد. والمتينات 157: الغليظات الشديدات. ياسخين 158: أراد ياسخينة، فرخم. حمش 159: اشتد. والوغى 160: الحرب. ويردى 161: يهلك. النقع 162: الغبار. وعتبة 163: يعني عثمان بن أبي طلحة. والوشيج 164: الرماح. وشروع 165: مائلة للطعن. العجاجة 166: الغيرة. والنجيع 167: الدم. نقوع 168: جمع نقع، وهو التراب. الضريع 169: نبات أخضر يرميه البحر. الفيفا 170: القفر الذي لا ينبت شيئا. ورضوى 171: اسم جبل. والحبيك 172: الذي فيه طرائق. والمنطق 173: المحزم. سلع 174: اسم جبل في ظاهر المدينة. الكراديس 175: جماعات الخيل. وتمرق 176: تخرج. أحنقوا 177: أغضبوا. البروق 178: نبات له أصول تشبه البصل. السفح 179: جانب الجبل. وتخفق 180: تضطرب وتتحول.
السجية: العادة. والأبرام: اللئام، الواحد: برم. وأصله الذي لا يدخل مع القوم في الميسر للؤمه. ونرتق: نسد ونصلح 181 الحومة: الجمة. والعف: العفيف 182 أفناء القبائل: المختلط منها. والهام: جمع هامة، وهي الرأس 183 الجزع: منعطف الوادي. والقاع: المنخفض من الأرض 184 الهام: جمع هامة. وهي الطائر الذي يزعم العرب أنه يخرج من رأس القتيل فيصيح، وتزاقى تصيح، ورواية هذه الكلمة في أ: «تزفى». وشاعى: أراد شائع، فقلب 185 المفرق: حيث تفرق الشعر فوق الجبهة 186 الفروة «بالفاء»: معروفة، وتروى: كقروة «بالقاف». والقروة: إناء من خشب يحمله الراعي معه 187 منتطق: محتزم. والصارم: السيف القاطع 188 الرحالة: السرج. والملواح: الفرس الشديدة التي ضمر لحمها، ومثابرة: متابعة. والصريخ: المستغيث. وثوب: كرر الدعاء 189 الخور: الضعفاء. والكشف: جمع أكشف، وهو الذي لا ترس له في الحرب. والأوراع جمع ورع. وهو الجبان. ويروى: أوزاع «بالزاي»، أي متفرقون 190 الحبيك: الأبيض طرائقه. وشم: مرتفعة. والعرانين: الأنوف، يصفهم بالعزة 191 البهاليل: السادة، الواحد: بهلول. ومسترخ حمائلهم: يعني حمائل سيوفهم، وفيه إشارة إلى طولهم. والدعداع: الضعيف البطيء 192 سيرة ابن هشام- 193 المشرفيات: سيوف منسوبة إلى المشارف، وهي قرى بالشام 194 تنبى، يريد تنبئ، فخفف وحذف الهمزة، ويروى ثنيا، أي ثانية على أولى، وهزهز (بالبناء للمجهول) أي حرك. ويروى هزهز (بفتح الهاء) أي تحرك 195 الأسلاب: جمع سلب 196 في أ: «خبرت» بالباء الموحدة 197 الوجل: الفزع 198 غمرتهم: جماعتهم، والنجيع: الدم، وعانك: أحمر، ويروى: عاند، أي لا ينقطع. والعلق: من أسماء الدم 199 جسيدهما: لونهما أو صبغهما، ونفح العروق: ما ترمي به من الدم، ويروى: نفخ العروق «بالخاء المعجمة». والورق: الدم المنقطع، ويروى: العرق 200 الحدق: جمع حدقة، وهي سواد العين 201 الزهق: العيب 202 تعاوروا: تداولوا 203 ينزو: يرتفع ويشب. والرضف: الحجارة المحماة بالنار 204 شهباء: أي كتيبة كثيرة السلاح. وتلحو: تقشر وتضعف، تقول: لحوت العود: إذا قشرته 205 العتد: الفرس الشديد. يبذ: يسبق. والرهو: الساكن الين 206 ماؤه: أي عرقه. والعطف: الجانب. والزهو: الإعجاب والتكبر 207 ربذ: سريع. واليعفور: ولد الظبية، والصريمة: الرملة المنقطعة. وراعه: أفزعه. والدحو: الانبساط 208 شنج: منقبض. والنسا: عرق مستبطن الفخذين. وضابط: ممسك. والإرخاء والعدو: ضربان من السير 209 القطو: مشي فيه تبختر كمشي القطاة 210 كبش الكتيبة: رئيسها. وجلته: أبرزته 211 الألباب: العقول 212 سراة القوم: خيارهم. والقيل: القول 213 لقاح الحرب: زيادتها ونموها، وأصدى اللون: لونه بين السواد والحمرة، ومشغول: من الشغل. ويروى: «مشعول» بالعين المهملة، كذا ورد في (أ) أي متقد ملتهب 214 تراح: تفرح وتهتز. والخذم (بضم الخاء): قطع اللحم، (وبفتحها) المصدر. والرعابيل: المنقطعة 215 نمريها: نستدرها. وننتجها: من النتاج. والأضغان: العداوات. والتنكيل: الزجر المؤلم 216 التراقي: عظام الصدر 217 كافحكم: واجهكم. وبشاكلة: أي بطرف. والبطحاء: الأرض السهلة. والترعيل: الضرب السريع 218 الهيجاء: الحرب 219 الجذم: الأصل. وحمائلهم: أي حمائل سيوفهم. والميل: جمع أميل، وهو الذي لا ترس له والمعازيل: الذين لا رماح معهم، مفردة: معزال 220 في أ: «نحو» 221 عمايات القتال: ظلماته. ويروى: غيابات، أي سحابات. والمصاعبة: الفحول من الإبل، واحدها: مصعب. والأدم: الإبل البيض. والمراسيل التي يمشى بعضها إثر بعض 222 كذا في الأصول. وفي شرح السيرة: «الطل» وهو المطر الضعيف 223 ألثقها: بلها. والرذاذ: المطر الضعيف. والجوزاء: اسم لنجم معروف. والمشمول: الذي هبت فيه ريح الشمال 224 السابغة: الدرع الكاملة. والنهى: الغدير من الماء 225 كذا في أوشرح السيرة. وقيامها، أي القائم بأمرها ومعظمها. وفلج: نهر. وفي سائر الأصول «فثامها فلح» 226 البهلول: الأبيض 227 خاسئة: ذليلة 228 سلع: جبل 229 يعفو: يدرس ويتغير. والسلام: الحجارة. ومطلول: أي لم يؤخذ بثأره 230 القنص: الصيد، وشطر المدينة: نحوها وقصدها 231 الميل: الذين لا تراس معهم 232 في أ: «ما يجن لا نجن» 233 أضاف: نزل وزار 234 الوهن: الضعيف، والسئوم: الملول 235 الحولي، الصغير، وأندبتها: أثرت فيها، من الندب، وهو أثر الجرح. والكلوم: الجراحات 236 اللجين: الفضة 237 خالي: يريد به مسلمة بن مخلد بن الصامت. والجابية: الحوض الصغير. والجولان: موضع بالشام 238 مخطوم: مكسور 239 وسطت: توسطت، والذوائب: الأعالي 240 سميحة: بئر بالمدينة، كان عندها احتكام الأوس والخزرج في حروبهم إلى ثابت بن المنذر والد حسان بن ثابت 241 ويروى. غطا «بتخفيف الطاء»، أي علا وارتفع 242 زادت م، ر، بعد هذا البيت: إن دهرا يبور فيه ذوو العلم ... لدهر هو العتو الزنيم 243 السب: هو الذي يقاوم الرجل في السب، ويكون شرفه مثل شرفه 244 نب: صاح. ولحاني: ذكرني عائبا 245 الصميم الخالص النسب 246 الرعاع: الضعفاء 247 العانك: الأحمر 248 شعوب: اسم للمنية 249 لواذا: مستترين. والحلوم: العقول 250 العواتق: جمع عاتق، وهو ما بين الكتف والعنق. والنجوم: المشاهير من الناس 251 هذه العبارة من قوله «قال ابن هشام» إلى هنا ساقطة في أ 252 زيادة عن أ 253 المذبب: الدافع، يقال ذبب عن حرمه: إذا دفع عنها. وابن فاطمة: يريد علي بن أبي طالب رضي الله عنه، وأمه فاطمة بنت أسد بن هاشم، وهي أول هاشمية ولدت لهاشمي، والمعم: الكريم الأعمام والمخول: الكريم الأخوال 254 المجدل: اللاصق بالأرض 255 الباسل: الشجاع. والجر: أصل الجبل. ويهوون: يسقطون. وأخول أخولا: أي واحد بعد واحد 256 الشجو: الحزن، ورواية هذا البيت في أ يا مي قومي فاندبن ... بسحرة شجو النوائح 257 الملحات: الثابتات التي لا تبرح. والدوالح: التي تحمل الثقل 258 المعولات: الباكيات بصوت. والخامشات: الخادشات 259 الأنصاب: حجارة كانوا يذبحون لها، ويطلونها بالدم 260 المسائح: ذوائب الشعر، الواحدة: مسيحة 261 الشمس: النوافر، وهي جمع شموس، والروامح: التي ترمح بأرجلها، أي تدفع عنها 262 كذا في شرح السيرة. ومشرور: مفتول وهو تصحيف، وفي جميع الأصول: «مشرور» بالراء المهملة، من شرى اللحم يشره شرى إذا وضعه على خصفة أو نحوها ليجف 263 يذعذع: يغرق (بالبناء للمجهول) فيهما. والبوارح: الرياح الشديدة 264 مسلبات (بفتح اللام وكسرها) اللائي يلبسن السلاب، ثياب الحزن. ومن رواه بالتخفيف فهو بذلك المعنى. وكدحتهن: أثرت فيهن، والكوادح: نوائب الدهر 265 مجل: أي جرح ندي. وجلب: جمع جلبة، وهي قشرة الجرح التي تكون عند البرء. وقوارح: موجعة 266 أقصد: أصاب. والحدثان: حادث الدهر، ونشايح: نحذر 267 غالهم: أهلكهم: وألم: نزل 268 في شرح السيرة: بوارح (بالباء). والبوارح: الأحزان الشديدة 269 المسالح: القوم الذين يحملون السلاح، ويحمون المراقب لئلا يطرقهم العدو على غفلة، وهو مشتق من لفظ السلاح 270 صر: ربط. واللقائح: جمع لقحة بالكسر، وهي الناقة لها لبن. وقد وردت هذه الكلمة في أ: اللقالح (باللام) وهو تحريف 271 المناخ: المنزل. وتلامح: أي تنظر بعينها نظرا سريعا ثم تغضها 272 اللاقح من الحروب: التي يتزيد شرها 273
↩ (244) [p153] Al-mudarrah : celui qui défend le peuple par sa langue et sa main. Al-musāmih : celui qui défend avec force. On rapporte aussi : al-musāfih (avec fā’). Al-musāfih : celui qui repousse une chose. On dit : untel est venu à moi et je l’ai repoussé de son besoin, c’est-à-dire je l’en ai écarté. ↩ (245) [p153] Al-munāfih : celui qui défend le peuple. Ḥamza défendait le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue. ↩ (246) [p153] Al-jaḥājiḥ : pluriel de juḥjāḥ, qui est le seigneur. ↩ (247) [p153] Al-qamāqim : les seigneurs. Sabṭ al-yadayn : généreux. On dit de l’avare : ja‘d al-yadayn. Agharr : blanc. Wāḍiḥ : lumineux, éclatant. ↩ (248) [p153] Aṭ-ṭā’ish : le léger qui n’a pas de dignité. Al-āniḥ : le chameau qui, lorsqu’on le charge d’un poids, émet de sa poitrine un son comme celui d’une personne oppressée. ↩ (249) [p153] As-sayb : le don. Al-manādiḥ : pluriel de mandaha, qui est l’abondance. On rapporte aussi : manā’iḥ, et al-manā’iḥ : les dons. ↩ (250) [p153] Awda : il a péri. Al-ḥafā’iẓ : pluriel de ḥafīẓa, qui est la colère. Al-marājiḥ : ceux qui surpassent les autres en clémence. ↩ (251) [p153] Mā yuṣaffifuhunna : ce qu’il trait d’elles. An-nāḍiḥ : celui qui boit sans se rassasier. ↩ (252) [p153] Ash-shuṭub : les veines dans l’épée. ↩ (253) [p153] Dhū ḍ-ḍighn : celui qui a de l’inimitié. Al-mukāshiḥ : l’ennemi. ↩ (254) [p154] Shumm : nobles. Baṭāriqa : chefs. Ghāṭārifa : seigneurs. Al-khaḍārima : ceux qui multiplient les dons. Al-musāmiḥ : les généreux. ↩ (255) [p154] Al-jāmizūn : ceux qui bondissent. Lujum : pluriel de lijām, avec ḍamma sur le jīm, et mis au repos pour la poésie. ↩ (256) [p154] Ainsi dans les sources. An-nawāqir : les calamités du temps, qui percent 274 l’homme, c’est-à-dire qui le recherchent. On rapporte aussi : al-bawāqir (avec bā’), et ce sont les malheurs. ↩ (257) [p154] Ar-rikāb : les chameaux. Yarsimna, de ar-rasm, qui est une allure. Aṣ-ṣaḥāṣiḥ : pluriel de ṣaḥṣaḥ, qui est la terre plane et lisse. ↩ (258) [p154] Tubārī : se défier, c’est-à-dire se faire face. Rawāshiḥ : elles suintent de sueur. ↩ (259) [p154] Abū Dharr a dit : « Ta’ūbu : revient. As-safā’iḥ, pluriel de safīḥ, qui est une flèche sans gain, ou as-safā’iḥ : pluriel de safīḥa, qui est comme une besace ou similaire. » Comme dans ar-Rawḍ al-unuf. ↩ (260) [p154] Shadhabahu : il a enlevé ses branches et ses épines. Al-kawāfiḥ : ceux qui le coupent. ↩ (261) [p154] Al-mukawwar : ce qui est superposé. Aṣ-ṣafā’iḥ : les pierres larges. ↩ (262) [p154] Aḍ-ḍarḥ : la fente, et il désigne par là la fente de la tombe. ↩ (263) [p154] Yaḥshūnahu : ils le remplissent. Al-mamāsiḥ : ce avec quoi on essuie la terre et on égalise. ↩ (264) [p154] Al-barḥ : l’affaire pénible. ↩ (265) [p154] Al-jāniḥ : celui qui penche d’un côté. ↩ (266) [p155] An-nawāfiḥ : ceux qui prodiguaient le bien et en étaient larges. ↩ (267) [p155] Al-mā’iḥ : celui qui descend dans le puits et remplit le seau quand son eau est peu abondante. On rapporte aussi : al-mātiḥ (avec tā’), c’est-à-dire celui qui tire le seau. Il en fait une métaphore pour ceux qui viennent à lui et recherchent sa générosité. ↩ (268) [p155] ‘Afā : il a été effacé et a changé. Ar-rasm : la trace. Aṣ-ṣawb : la pluie. Al-musbil : la pluie qui coule. Al-hāṭil : celle qui tombe abondamment. ↩ (269) [p155] Sarādīḥ : pluriel de sirdāḥ, qui est la vallée, ou le lieu spacieux. Admāna : un lieu. Al-madfa‘ : l’endroit où le torrent se précipite. Ar-rawḥā’ : une localité du district d’al-Far‘, à environ quarante milles. Ḥā’il : une vallée dans les monts Ṭayyi’. ↩ (270) [p155] Ista‘jamat : elle n’a pas répondu. Marjū‘atu s-sā’il : le retour de la réponse. ↩ (271) [p155] An-nā’il : le don. ↩ (272) [p155] Ash-shīzā : des jattes en bois. A‘ṣafat : elle a soufflé fort. Al-ghabrā’ : le vent qui soulève la poussière. Ash-shabam : l’eau froide. Il désigne par dhū sh-shibim le temps de grand froid et de sécheresse. Al-māḥil : de al-maḥl, qui est la sécheresse. ↩ (273) [p155] Al-qarn : les positions dans le combat. Dhū l-khurṣ : la lance. Al-khurṣ : sa pointe, son pluriel : khurṣān. Adh-dhābil : la lance fine. ↩ (274) [p156] Ainsi dans le commentaire d’as-Sīra. Dans les sources : aḥjamt (avec ḥā’ antéposé), et les deux ont le même sens. ↩ (275) [p156] Lam yumār : de al-mirā’, qui est la dispute. ↩ (276) [p156] La suppression du tanwīn de Waḥshī est due à la nécessité poétique, car c’est un nom propre, et le nom propre peut souvent ne pas être décliné. ↩ (277) [p156] Ghādara : il a laissé. Al-alla : la lance à longue pointe. Al-maṭrūra : aiguisée. Mārina : souple. Al-‘āmil : le haut de la lance. ↩ (278) [p156] An-nāṣil : ce qui sort du nuage. On dit : naṣala l-qamaru min as-saḥābi : quand il en sort. ↩ (279) [p156] Dhā tadarra’ : c’est-à-dire qui se défend. ↩ (280) [p156] Qaṭṭahu : il l’a coupé. Ar-rahj : la poussière. Al-jā’il : ce qui se meut, allant et venant. Ce mot est rapporté avec un ḥā’ non pointé. ↩ (281) [p156] Kharr : il est tombé. ↩ (282) [p156] Ardāhum : il les a fait périr. Usra : parenté. Al-ḥalaq : les cottes de mailles. Al-fāḍil : ce qui dépasse et traîne sur le sol. ↩ (283) [p157] Musahhad : qui dort peu. Il veut dire : le sommeil est un sommeil de veilleur, il a donc supprimé le complément et mis le complément à sa place. Il est aussi possible qu’il ait qualifié le sommeil de veilleur par métaphore. Salakha : enlevé (au passif pour les deux). Al-ghayd : le tendre. ↩ (284) [p157] Ḍamriyya : relatif à Ḍamra, qui est une tribu. Ghawrī : relatif à al-Ghawr, qui est la dépression de terre. Dans une variante : « wa-ṣaḥbika » au lieu de « wa-ṣaḥwika ». ↩ (285) [p157] Tufannadu : on blâme et on traite de menteur. ↩ (286) [p157] Annā : il est temps. ↩ (287) [p157] Banāt al-jawf : il désigne son cœur et ce qui y est attaché comme le foie et les intestins. Il les a appelées filles du ventre parce que le ventre les contient. ↩ (288) [p157] Ḥirā’ : une montagne, et il l’a féminisé ici en le considérant comme un lieu. Ar-rāsī : le stable. ↩ (289) [p157] Al-qarm : le seigneur noble. Dhu’ābat Hāshim : ses sommets. ↩ (290) [p157] Al-kūm : pluriel de kawmā’, qui est la chamelle à grande bosse. Al-jilād : les fortes. ↩ (291) [p157] Al-kummī : le brave. Mujaddalan : jeté à terre. Yataqaṣṣadu : il se brise. ↩ (292) [p157] Dhū libda : il désigne un lion. Al-libda : le poil sur les épaules du lion. Shathn : rude. Al-barāthin pour les fauves : comme les doigts pour les humains. Al-arbad : le gris mêlé de noir. ↩ (293) [p157] Mu‘allaman : qui se signale par une marque dans la guerre. Al-usra : le clan. ↩ (294) [p158] Ukhāl : je pense (et la kasra sur le hamza est un dialecte de Tamīm). Al-ghuṣṣa : ce qui se présente dans la gorge et étouffe. ↩ (295) [p158] Al-‘aqanqal : la dune de sable. ↩ (296) [p158] Sarātuhum : leurs meilleurs. ↩ (297) [p158] Al-‘aṭan : le lieu où les chameaux s’agenouillent près de l’eau. Al-mu‘aṭṭin : celui qui a l’habitude de prendre un ‘aṭan. ↩ (298) [p158] Al-warīd : une veine sur le côté du cou. Ar-rashāsh al-muzbad : le sang couvert d’écume. ↩ (299) [p158] Al-fill : les fuyards. Tathfinuhum : tu les chasses et suis leurs traces. ↩ (300) [p158] Al-hazza : l’agitation et le tumulte dans la guerre. ↩ (301) [p158] Al-malāḥim : pluriel de malḥama, qui est la guerre où il y a beaucoup de morts. Al-bizza : les armes. ↩ (302) [p158] ‘Umru abīka. Il peut être au nominatif ou à l’accusatif. Si on y fait entrer le lām et qu’on dit : la-‘umru abīka, il ne peut être qu’au nominatif. Yajtadīnā : il demande notre aide. ↩ (303) [p159] Layālī dhāti l-‘iẓām : les nuits de famine où l’on rassemble les os, on les fait bouillir, on en extrait la moelle et on l’utilise comme condiment. Cette moelle s’appelle aṣ-ṣalīb. Le poète a dit : « Et le chef de famille passa la nuit à se chauffer. » Ath-thumāl : le secours. Ya‘tarīnā : il nous visite. ↩ (304) [p159] Ainsi dans la plupart des sources. Al-bujūd : les groupes de gens, le singulier : bijad. Dans (A) et le Dīwān de Ka‘b manuscrit : « an-nujūd » avec fatḥa sur le nūn, et ce sont les femmes affligées. ↩ (305) [p159] Wa-l-adhrā’ : les côtés, le singulier : dharā. Al-azamāt : les difficultés. ↩ (306) [p159] Al-jadwā : le don. Al-wajd (avec ḍamma sur le wāw) : l’abondance de biens. ↩ (307) [p159] Jalamāt al-ḥurūb : de al-jalm, qui est la coupe. On rapporte aussi : jilbāb (avec bā’). Nawāzī : nous égalons. Barīnā : nous avons été créés. L’origine est le hamza, puis il a été adouci. ↩ (308) [p159] Al-ma‘āṭin : les lieux des chameaux près de l’eau. Il désigne ici les chameaux eux-mêmes. Al-fittīn : les terrains volcaniques, qui sont des terres avec des pierres noires, ainsi nommés parce qu’ils ressemblent à ce qui a été brûlé par le feu. ↩ (309) [p159] Takhīsu : elle s’humilie. Aṣ-ṣuḥm : les noires. On rapporte aussi : ṭamḥā (avec ṭā’ et ḥā’ non pointées). Aṭ-ṭuḥm : les nombreuses, comme on rapporte aussi : ṭukhmā (avec khā’ pointée), et ce sont celles qui ont du noir. Ad-dawājin : celles qui restent. Al-jūn : les noires, et elles peuvent aussi être blanches, car c’est un mot à sens opposé. ↩ (310) [p159] Ad-difā‘ : ce qui se précipite du torrent, il compare à cela la multitude d’hommes. Ar-rajl : les piétons. Al-furāt : nom d’un fleuve. Ja’wā’ : une troupe dont la couleur est le noir et le rouge à cause de la multitude d’armes. Al-jawl : la grande troupe. On rapporte aussi : jūnā, c’est-à-dire noire. Aṭ-ṭaḥūn : celle qui détruit tout ce qu’elle rencontre. ↩ (311) [p159] Ar-rajrāja : celle dont une partie ondoie dans l’autre. Tabriqu : elle est stupéfaite et éblouie. ↩ (312) [p160] Qalaṣat : elle s’est élevée et contractée. At-taqliṣ : métaphore de la violence dans la guerre. Al-‘awān : la guerre qui a été livrée une fois après l’autre. Aḍ-ḍarūs : la violente. Al-‘aḍūḍ : celle qui mord beaucoup. Al-ḥajūn : celle aux dents tordues. ↩ (313) [p160] Al-‘iṣāb : ce avec quoi on bande le pis. ↩ (314) [p160] Al-wahaj : la guerre. On rapporte aussi : ar-rahj, qui est la poussière. At-tahāwul : la terreur et la difficulté. Al-arīn : pluriel de irra, qui est le foyer du feu. Il a été traité comme un pluriel masculin sain parce que c’est un féminin à lām élidé. ↩ (315) [p160] Al-awār : la chaleur. Al-qawāḥiz : de al-qaḥz, qui est l’agitation et le manque de stabilité. Al-muqrifūn : les vils. ↩ (316) [p160] Al-kumāt : les braves. Bi-a‘rāḍihi, c’est-à-dire sur ses côtés. Thumālan sukārā, on rapporte aussi : thumālī. Munzifīnā : le vin a emporté leurs esprits. On rapporte aussi : mutrafīnā. Al-mutrafūn, pluriel de mutraf, celui qui est excessif dans le bien-être. ↩ (317) [p160] Ta‘āwaru : ils se relaient. Aẓ-ẓubayn : pluriel de ẓubba, qui est le tranchant de l’épée.
العماية: السحابة، والمعلمون: من يعلمون أنفسهم بعلامة في الحرب يعرفون بها 275 الخرس: التي لا صوت لها، ويعنى بها السيوف، أي ورواء، أي ممتلئة من الدم وبصرية: سيوف منسوبة إلى بصرى، وهي مدينة بالشام. وأجمن: مللن وكرهن. والجفون: الأغماد 276 الكماة: الشجعان. وبالظل: أي ظلال السيوف. ويروى: «بالطل» بالطاء المهملة يريد ما طل من دمهم ولم يؤخذ له بثأر. والهام: جمع هامة، وهي الرأس. والسكون: المقيم الثابت 277 الجلاد: المضاربة بالسيوف. والتلاد: المال القديم. وجل الشيء: معظمه 278 القرن (بفتح القاف): الأمة من الناس. (وبكسر القاف): الذي يقاوم في شدة أو قتال أو علم 279 المنديات: المخزيات يندى منها الجبين والأمور الشنيعة 280 تبجست: نطقت وأكثرت، كما يتبجس الماء، إذا تفجر وسال. ويروى: تنجست (بالنون) أي دخلت في أهل النجس والخبث. والجلف: الجافي 281 الخنا: الكلام الذي فيه فحش 282 السفح: جانب الجبل مما يلي أصله 283 النمر: جمع نمر، وهو معروف 284 حامي الذمار: أي يحمي ما تجب حمايته 285 التبب: الخسران 286 الرجف: التحرك. والرعب: الفزع 287 لم يطبع: لم يخلق 288 جالوا: تحركوا. وفاءوا: رجعوا. ونثفنهم: نتبعهم. ولم نأل: لم نقصر 289 النصب: حجارة كانوا يذبحون لها ويعظمونها 290 أبو يعلى: كنية حمزة رضي الله عنه. والماجد: الشريف 291 الدائلة: الحرب 292 الغليل: حرارة العطش والحزن 293 حائمة: مستديرة، يقال: حام الطائر حول الماء، إذا استدار حوله. وتجول: تجيء وتذهب 294 خرا: سقطا 295 مجلعبا: ممتدا مع الأرض. والحيزوم: أسفل الصدر. واللدن الرمح اللين. والنبيل: العظيم 296 الواهل: الفاقدة. والعبري: الكثيرة الدمع. والهبول: الفاقدة (أيضا) 297 النأى: البعد 298 تحامى: تمنع. والأشبل: جمع شبل، وهو ولد الأسد 299 لم ينكل: لم ينقص 300 عور الكلام: قبيحه والفاحش منه. واحدة: عوراء. ولا تأتلى: لا تقصر 301 أزرى: قصر، يقال أزريت بالرجل، إذا قصرت به، وزريت على الرجل، إذا عبت عليه فعله، والسهد: عدم النوم. والرمد: وجع العين 302 لا جداء: لا منفعة ولا قوة. وتلظت: التهبت 303 قاطبة: جميعا. والنشد: جمع نشدة، وهي اليمين 304 استحصدت: تقوت واستحكمت، مأخوذ من قولك: حبل محصد، إذا كان شديد الفتل محكمه، والحقد: أصله بسكون القاف، وحركه بالكسر للضرورة 305 القوانس: أعالى بيض السلاح. والمحبوكة: الشديدة. والسرد: المنسوجة. يريد: الأدرع 306 الجرد: الخيل العتاق. وشازبة: ضامرة شديدة اللحم. والحدأ: جمع حدأة. وتؤد: ترفق وتمهل 307 صخر: اسم أبي سفيان. وغاب: جمع غابة وهي موضع الأسد. وهاصر: كاسر، أي يكسر فريسته إذا أخذها. وحرد: غاضب 308 مجدلة: صرعى على الأرض. واسم الأرض الجدالة. وأصرده: بالغ في برده. والصرد: البرد. والصردح: المكان الصلب الغليظ 309 وقصد: قطع متكسرة 310 القرم: السيد. وثكلى: حزينة فاقدة. وحز: قطع (بالبناء للمجهول فيهما) 311 يكبو: يسقط. والجدية: طريقة الدم. والعجاج: الغبار. والثعلب (هنا): ما دخل من الرمح في السنان. وجسد: قد يبس عليه الدم 312 الحوار: ولد الناقة. والناب: المسنة من الإبل. والشرد: النافرة 313 مجلحين: مصممين لا يردهم شيء. والعوصاء: عقبة صعبة تعتاص على سالكها. والكؤد جمع كؤود وهي عقبة صعبة المرتقى 314 السالبة (هنا): التي لبست السلاب، وهو ثياب الحزن. وقدد: قطع، يعني أنها مزقت ثيابها 315 الملحمة: الموضع الذي تقع فيه القتلى في الحرب. وتفد: تقدم وتزور 316 قال أبو ذر: «كذا وقع هنا بالنون، وزعبة، بالزاي والعين المهملة والباء المنقوطة بواحدة من أسفلها، كذا قيده الدارقطني» 317 يعدو: يسرع. والهزم (بضم الهاء وفتح الزاي): اسم فرس، ويروى: الهزم (بفتح الهاء وكسر الزاي) وهو الكثير الجري 318 الذمار: ما يحب على المرء أن يحميه 319 الذمة: العهد 320 المهامة: جمع مهمه. وهو القفر. والمدلهمة: الشديدة السواد 321 جمة: كثيرة 322 أرحب هلا: كلمتان لزجر الخيل 323 الجحفل: العظيم 324 النأى: البعد. ولا تصرف: لا ترد، ويريد التحية، ودل على ذلك قوله «حي» 325 يصرف، يغلق فيسمع له صوت 326 عاجوا: عطفوا وأقاموا 327 سراتهم: خيارهم. العزل: الذين لا سلاح لهم. جمع أعزل 328 الصبوح: شرب الغداة. يعني أنهم يسقونهم كأس المنية ومنجلى: منكشف. وفي رواية: «صباحا» 329 الأعجم: الذي لا يفصح 330 الصبا: ريح شرقية. ومسيري: أي غيابي 331 المدرة: الذي يدفع عن القوم. ويذود: يمنع 332 الشلو: البقية. تعتادني: تتعاهدني 333 النعي: يروى بالرفع على أنه فاعل، ومعناه الذي يأتي بخبر الميت، كما يروى بالنصب على أنه مفعول، ومعناه النوح والبكاء بصوت 334 الإبساس: أن تمسح ضرع الناقة لتدر، وتقول لها: بس بس، وقد استعارت هذا المعنى للدمع الفائض بغير تكلف 335 كذا في شرح السيرة لأبي ذر. والأباس: الشديد الذي يغلب غيره. وفي الأصول: «لباس» وهو صيغة مبالغة للذي يلبس أداة الحرب 336 البديهة: أول الرأي والأمر. وميمون النقيبة: مسعود الفعال. والألوية: جمع لواء، وهو العلم 337 أودى: هلك. والمطعم الكاسي: الجواد الذي يطعم الناس ويكسوهم 338 اقنى حياءك: الزمي حياءك 339 يوم الروع: يوم الفزع، وهو يوم البأس والقتال 340 البلابل: الأحزان. وجمة: كثيرة 341 إلى هنا انتهى الجزء الثاني عشر من أجزاء السيرة 342 وعلى هذه الرواية اقتصر الصحاح والقاموس وشرح المواهب 343 قيل: إنهم كانوا عشرة، وهو أصح، ستة من المهاجرين وأربعة من الأنصار. (راجع الروض وشرح ديوان حسان طبع أوربا ص 66، وشرح المواهب اللدنية ج 2 ص 64) 344 في ر: «عامر» 345 قيل إن الرسول صلى الله عليه وسلم أمر عليهم عاصم بن ثابت. (راجع الروض وشرح المواهب) 346 قال ياقوت: «الهدأة، كما ذكره البخاري في قتل عاصم، قال: وهو موضع بين عسفان ومكة، وكذا ضبطه أبو عبيد البكري الأندلسي. وقال أبو حاتم: يقال لموضع بين مكة والطائف: الهدة، بغير ألف، وهو غير الأول، ذكر معه لنفي الوهم» 347 استصرخوا: استنصروا 348 النابل: صاحب النبل. ويروى: «بازل» وهو القوي. وعنابل (بالضم): غليظ شديد 349 المعابل: جمع معبلة، وهو نصل عريض طويل 350 حم الإله: قدره. وآثل: صائر 351 المقعد: رجل كان يريش النبل. والضالة: شجر تصنع منه القسي والسهام، والجمع: ضال ويعني بالضالة (هنا): القوس 352 النواجي: الإبل السريعة. ويروى: «النواحي،» بالحاء المهملة. وافترشت: عمرت، والمجنأ: الترس لا حديد فيه. والأجرد: الأملس 353 الدبر: الزنابير والنحل 354 زيادة عن أ 355 الظهران: واد قرب مكة. (عن معجم البلدان) 356 القران: الحبل يربط به الأسير 357 التنعيم: موضع بمكة في الحل، وهو بين مكة وسرف على فرسخين من مكة، (راجع معجم البلدان) 358 تروى بالراء وبالواو. (راجع الروض والاستيعاب وشرح المواهب) 359 وقيل: هو أبو حسين بن الحارث بن عدي بن نوفل بن عبد مناف. (راجع شرح المواهب) 360 بددا: متفرقين 361 زيادة عن أ 362 هذه العبارة ساقطة في أ 363 في القصيدة ما يرجح أن اسمه عدي، وهو قوله: ضربت صدرها إلى وقالت ... يا عدي لقد وقتك الأواقي 364 يقول إن فيه حدة لأعدائه ولينا لأوليائه، والألد: شديد الخصومة. وذا معلاق: أي أنه يتعلق بحجة خصمه 365 ذا مغلاق: أي أنه يغلق الكلام على خصمه، فلا يقدر أن يتكلم معه 366
يوفى: يشرف. والجذم: القطعة من الشيء، وقد يكون الأصل أيضا. والجذول: الأصول، الواحد: جذل. وأبر: أي زاد وظهر عليهم. ويروى «أبن» بالنون، أي أقام ولم يفهم الخصومة، يقال: أبن فلان بالمكان: إذا أقام به 367. 368 كذا في أ. وفي سائر الأصول: «وإذا تولى سعى في الأرض ٢: ٢٠٥». قال ابن إسحاق حدثني مولى لآل زيد بن ثابت عن عكرمة أو عن سعيد بن جبير عن ابن عباس قال: «أي خرج من عندك سعى في الأرض». 369 هذه الكلمة ساقطة في أ. 370 في أ: «من قبل» وهي رواية فيه. 371 الهامة: طائر كانت العرب تزعم أنه يخرج من رأس القتيل، فلا يزال يقول: اسقوني اسقوني، حتى يؤخذ بثأره 372. 373 ألبوا: جمعوا، يقال: ألبت القوم على فلان: إذا جمعتهم عليه وحضضتهم 374. 375 كذا في أكثر الأصول. وفي أ: «مضيع». 376 أرصد: أعد. 377 في أ: «يرادنى» وهو تصحيف. 378 وبضعوا: قطعوا. وياس: لغة في يئس. 379 الشلو: البقية. والممزع: المقطع. 380 هملت: سال دمعها. 381 كذا في أ. والجحم (بتقديم المعجمة على المهملة): الملتهب المتقد، ومنه سميت الجحيم وفي سائر الأصول: «حجم» (بتقديم المهملة على المعجمة) وهو تحريف. وملفع: مشتمل عام، يقال: تلفع بالثوب، إذا اشتمل به. 382 أرجو، أي أخاف، وهي لغة، وقال بعض المفسرين في قوله تعالى: ما لكم لا ترجون لله وقارا ٧١: ١٣»، أي لا تخافون. 383 في أ: «مضجعي». 384 التخشع: التذلل. 385 كذا في أ، والديوان. وفي سائر الأصول: «عينيك». والصواب ما أثبتناه. ولا ترقا مدامعها: لا تكف، وأصله الهمز فسهله. 386 كذا في أ. والديوان. والقلق: المتحرك الساقط. وفي سائر الأصول: «الفلق» بالفاء، وهو تصحيف. 387 الفشل: الجنان الضعيف القوة. والنزق: السيئ الخلق. ورواية الشطر الأول من هذا البيت في الديوان: على خبيب وفي الرحمن مصرعه. 388 قال أبو ذر: الرفق (بضم الراء والفاء): جمع رفيق. 389 أوعث: اشتد فساده. والرفق (بفتح الفاء) جمع رفقة (بضم الراء وكسرها). 390 وهي رواية الديوان. 391 منسكب: سائل، ولم يؤب: لم يرجع. 392 السجية: الطبيعة. وفي الديوان: «حلو السجية» والمحض: الخالص، وأراد به هنا: خلوص نسبه. والمؤتشب: المختلط. 393 العلات: المشقات. ونص: رفع (بالبناء للمجهول فيهما)، مأخوذ من النص في السير وهو أرفعه. 394 الطية: ما انطوت عليه نيتك. 395 كذا في أكثر الأصول والروض. قال السهيلي: «جعل كهيبة كأنه اسم علم لأمهم، وهذا كما يقال: بنى ضوطرى وبنى القبرة وبنى درزة. قال الشاعر: أولاد درزة أسلموك وطاروا وهذا كله اسم لمن يسب، وعبارة عن السفلة من الناس. وكهيبة: من الكهبة، وهي الغبرة، وهذا كما قالوا: «بنى الغبراء». وفي أ: «كهينة» بالنون. وفي الديوان «فكيهة». 396 لقحت: ازداد شرها. ومحلوبها: لبنها. والصاب: العلقم. وتمرى: تمسح. 397 المعصوصب: الجيش الكثير. واللجب: الكثير الأصوات. 398 القرم: السيد، وأصله الفحل من الإبل. والماجد: الشريف. وألوى، أي شديد الخصومة ورواية هذا البيت في الديوان: لو كان في الدار قوم ذو محافظة ... حامي الحقيقة ماض خاله أنس. 399 الزعنفة: الذين ينتمون إلى القبائل ويكونون أتباعا لهم. وعدس: قبيلة من لقيم. ورواية هذا الشطر الأخير في الديوان: من المعاشر ممن قد نفث عدس. 400 دلوك، أي غروك. ومنه قوله تعالى: «فدلاهما بغرور» ٧: ٢٢. والخلف (بضمتين): الخلف (بضم فسكون)، وضمت لامه في الشعر إتباعا للخاء. والضيم: الذل، والمراد «ذو ضيم» فحذف المضاف وأقام المضاف إليه مقامه. ولم يذكر هذا البيت في الديوان وذكر مكانه: صبرا خبيب فإن القتل مكرمة ... إلى جنان نعيم يرجع النفس. 401 أجلبوا: اجتمعوا وصاحوا. 402 هجا حسان هذيلا، لأنهم إخوة القارة والمشاركون لهم في الغدر بخبيب وأصحابه. وهذيل وخزيمة أبناء مدركة بن إلياس. وعضل والقارة من بني خزيمة. (راجع الروض). 403 شراه: باعه، وهو من الأضداد. 404 لهاذما (بالذال المعجمة): جمع لهذم، وهو القاطع من السيوف. (وبالزاي): الضعفاء والفقراء. وأصل اللهزمتين: مضغتان تكونان في الحنك، واحدتهما: لهزمة، والجمع: لهازم، فشبههم بها لحقارتها. 405 في م: «فليست»، وهو تحريف. 406 لحيان (بكسر اللام وقيل بفتحها): ابن هذيل بن مدركة بن إلياس بن مضر. (راجع شرح المواهب). 407 كذا في أ. وفي سائر الأصول: «ميلان». 408 قال أبو ذر «سالت. أراد: سألت، ثم خفف الهمزة، وقد يقال: سال يسأل (بغير همز) وهي لغة. ويشير حسان إلى ما سألت هذيل رسول الله صلى الله عليه وسلم حين أرادوا الإسلام أن يحل لهم الزنا، فهو يعيرهم ذلك» وقال السهيلي: «وقوله سالت هذيل، ليس على تسهيل الهمزة في سألت، ولكنها لغة، بدليل قولهم تسايل القول، ولو كان تسهيلا لكانت الهمزة بين بين ولم يستقم وزن الشعر بها لأنها كالمتحركة، وقد تقلب ألفا ساكنة كما قالوا المنساة، ولكنه شيء لا يقاس عليه، وإذا كانت سال لغة في سأل فيلزم أن يكون المضارع يسيل، ولكن قد حكى يونس: سلت تسأل، مثل خفت تخاف، وهو عنده من ذوات الواو وقال الزجاج: الرجلان يتسايلان. وقال النحاس والمبرد: يتساولان، وهو مثل ما حكى يونس». 409 الحرب: السلب، يقال: حرب الرجل، إذا سلب (بالبناء للمجهول فيهما). 410 الخلال: الخصال. 411 شانت: عابت. 412 كذا في أ. وصلوا بقبيحها: أي أصابهم شرها. وفي سائر الأصول: «صلوب قبيحها» وهو تحريف. 413 جرامون: كاسبون. 414 صميم القوم: خالصهم في النسب. والزمعان: جمع زمع. وهو الشعر الذي يكون فوق الرسغ من الدابة وغيره. ودبر: خلف. والقوادم (هنا): الأيدي. لأنها تقدم الأرجل. 415 تحميه، يعني عاصم بن الأقلح الذي حتمته النحل، ودون الحرائم: أي دون أن يحبسه أحد من الكفار. 416 الأبابيل: الجماعات، يقال: إن واحدها، إبيل. والدبر: الزنابير، ويقال للنحل أيضا: دبر. والشمس: المدافعة. والملاحم: جمع ملحمة، وهي الحرب. 417 المأتم: جماعة النساء يجتمعن في الخير والشر، وأراد به هنا أنهن يجتمعن في مناحته. وقد سهل همزة «المأتم» لأن القافية هنا موسومة بالألف. 418 كذا في أفي سائر الأصول: «فيها». 419 الصولة: الشدة. 420 المخارم: مسايل الماء التي يجري فيها السيل. 421 البوار: الهلاك. 422 لحي: أضعف وبالغ في أخذهم، وهو من قولهم: لحوت العود، إذا قشرته. 423 يريد «بذي الدبر»: عاصما، وقد تقدم ذكره. 424 اللفاء: الشيء الحقير اليسير. ومنه قولهم: قنع من الوفاء باللفاء. 425 كذا في أوشرح السيرة لأبي ذر. والعفاء: الدروس والتغير. 426 كذا في أكثر الأصول. وتغترى: يغرى بعضها بعضا. وفي أ: «تعتزى» أي تنتسب. 427 في أ: «ولو». 428 أذعر: أفزع. والغادي: المبكر. والجهام: السحاب الرقيق. والإفاء (هنا) الغنيمة. 429 الجداء: جمع جدي. ورواية هذا الشطر الثاني في أ جداء وشتائين غير دفاء. 430 كذا في أ. وفي سائر الأصول: «أتدري». 431 في أ: «هذيلا» وهو تحريف. 432 في ديوان حسان طبع أوربا: «أمحض». 433 المشوب: العكر المختلط بغيره. 434 يعني بالحجرين: حجر الكعبة، فثناه مع ما يليه. ومن رواه «الحجرين» بالتحريك، أراد الحجر الأسود، والحجر الذي فيه مقام إبراهيم عليه السلام. والمسعى: حيث يسعى بين الصفا والمروة. 435 الكنات: جمع كنة، وهي شيء يلصق بالبيت يكن به. وأصل (بضمتين وسكن تخفيفا) جمع أصيل، وهو العشي. والنبيب: الصوت. وقد أسقط الديوان هذا البيت وأثبت بدله: تجوزهم وتدفعهم على ... فقد عاشوا وليس لهم قلوب. 436 أثيبوا: من الثواب.
Il a fait suivre la lettre de rime 437 par un bâ' 438 dont la lettre précédente est ouverte, s'écartant ainsi de tous les autres vers du poème. C'est un défaut de la rime appelé at-tawjîh 439, qui consiste en la variation de la lettre précédant le rawî 437.
Ainsi dans la plupart des sources et dans le commentaire de la Sīra par Abū Dharr. Al-Ahyḍab 440 : le lieu élevé. Dans A : « Ahyṣab » avec un ṣād non pointé. Ainsi dans A. Abū Dharr a dit : « Ghūdā 441 : nom d'un lieu. Quant à celui qui le rapporte : ‘ūdan, cela vient de ‘āda ya‘ūdu, ou bien la bonne leçon est celle de celui qui le rapporte : ‘ūdī. » Et dans les autres sources : « ‘ūrā ». Al-Wadī 442 : les petits palmiers. Al-Mukammam 442 : celui dont la spathe est sortie. Aṣ-Ṣalā et Yarmarm 443 : deux lieux. Masā‘īr 444 : ils attisent la guerre et la provoquent. Al-Washīj 444 : les lances. Talīd 445 : ancien. An-Nadā 445 : la générosité. Al-Ḥajūn 445 : un lieu à La Mecque. Fadaynū 446, c'est-à-dire obéissez. Tatajassam 446 : s'agrandir. Tasmu 446 : s'élever. Al-Marjūm 447 : ce qui est supposé sans certitude. Al-Mulammam 448 : rassemblé. Rūḥ al-Qudus 449 : Gabriel, paix sur lui. Yanakā ‘aduwwahu 449 : il exagère dans son préjudice. Al-Ma‘lam 449 : le lieu élevé et dominant. Lam yatal‘atham 450 : il n'a pas tardé ni hésité. Ḥammuhu 451 : son destin. Lam aṣdif 452 : je n'ai pas détourné. Dans A : « al-Āy ». Al-Maqāma (avec ḍamma sur le mīm) 453 : le lieu de séjour. Al-Maw‘idūhu 454 : ceux qui le menacent. As-Sufāt 454 : les égarés. Wa lam yu‘annif 454 : il n'a pas agi autrement qu'avec douceur. Al-Ajnaf 455 : celui qui penche d'un côté. Bi-abyad 456 : il veut dire une épée. Al-Hība 456 : l'orgueil. Al-Murhaf 456 : tranchant. Mu‘awwilāt 457 : pleurant à voix haute. Yun‘ā 457 : on annonce la nouvelle de sa mort. Tadhruf 457 : couler avec des larmes. Iẓ‘anū 458 : partez. Ad-Duḥūr (avec dāl non pointé) 458 : l'humiliation et l'avilissement. Wa ‘alā raghmi l-ānif 458 : dans l'humiliation ; on dit : arghama Llāhu anfahu, quand Il l'humilie. Al-Ānif 458 : pluriel de anf. Al-Ghurba (avec ḍamma sur le ghayn) 459 : l'exil. (Avec fatḥa sur le ghayn) 459 : l'éloignement. Az-Zukhruf 459 : la parure et l'agrément du bien-être. Adhru‘āt 460 : un lieu en Syrie. Rudāfā fī 460 : c'est-à-dire se suivant les uns les autres, le singulier : rudā fī (comme kusārā et sukārā). On rapporte aussi : rudāfan, avec le même sens. Dhū dabarin a‘jaf 460 : il veut dire un chameau. Dabarin : blessure ; al-a‘jaf : maigre et faible. Ainsi dans A : et dans les autres sources : « simāl », ce qui est une altération. Ainsi dans le commentaire de la Sīra par Abū Dharr. Wa yudīlu 461 : de dawla, c'est-à-dire une part de lui comme ce qui nous a atteint de sa part. Dans A : « yadīnu » ; dans les autres sources : « yadānu ». Et l'auteur veut par « al-‘ādil » le Prophète, que Dieu le bénisse et le salue. Abū Dharr a dit : si l'on dit : comment le Juif a-t-il dit de lui : « le juste équitable », alors qu'il ne croit pas cela ? La réponse est : il se peut que cela soit une parole dont la forme est une louange mais le sens un blâme, comme la parole du Très-Haut : « Goûte ! Toi, tu es le puissant, le généreux » [Coran 44:49], et comme l'a dit un autre : « Ils récompensent l'injustice des injustes par le pardon... et la méchanceté des méchants par la bienfaisance. » Cela, si son apparence est une louange, son sens est un blâme. Al-Aḥlāf 462 : pluriel de ḥalīf, qui est le compagnon. On rapporte aussi : wa ijlā’ihā, c'est-à-dire son expulsion de son pays ; wa lam tuqṭaf (avec fatḥa sur le ṭā’) : son fruit n'a pas été cueilli ; on rapporte aussi avec kasra sur le ṭā’, c'est-à-dire qu'il n'a pas atteint le temps de la cueillette. Al-Ḥusām al-murhaf 463 : l'épée tranchante. Al-Kummī 464 : le brave. Al-Qarn 464 : celui qui te résiste au combat. Ṣakhr 465 : c'est Abū Sufyān ibn Ḥarb. Tarj 466 : une montagne du Ḥijāz à laquelle sont attribués les lions. Al-Ghayl 466 : le repaire du lion. Al-Hāṣir 466 : celui qui brise sa proie quand il la saisit. Al-Ajūf 466 : au grand ventre. Al-Ḥubūr 467 : pluriel de ḥibr, qui est le savant ; on dit aussi dans son pluriel : aḥbār. Et il veut par « al-ḥubūr » : les savants des Juifs. Jadīr 468 : digne et méritant. Ainsi dans le commentaire de la Sīra par Abū Dharr : wa ḥādibuhum, c'est-à-dire il les a inclinés ; et dans toutes les sources : « wa jadda bihim ». Mushahharat dhukūr 469 : des épées dégainées de leurs fourreaux, fortes et tranchantes. Dans A : « dashsh » (avec shīn pointé). Ābārahum 470 : les a détruits. Ijtaramū 470 : ont acquis. Ar-Rahw 471 : marcher calmement. As-Silm (avec fatḥa et kasra sur le sīn) 472 : la paix. Ainsi dans A ou le commentaire de la Sīra : wa ḥālif : compagnon ; et dans les autres sources : « wa khālif » avec khā’ pointé. Al-Wabāl 473 : le châtiment. ‘Āmidīna 474 : se dirigeant vers. Qaynuqā‘ 474 : une tribu des Juifs. Ariqtu 475 : le sommeil m'a fui. Ḍāfanī 475 : est descendu chez moi. An-Najī‘ 476 : le sang frais. Al-Madāri‘ 476 : pluriel de midra‘a, qui est un vêtement que l'on porte. Certains ont dit : la midra‘a n'est faite que de laine. On rapporte aussi : (madhāri‘uhu) avec dhāl pointé ; al-madhāri‘ du chameau et de la monture : leurs pattes ; et il veut dire ici : les mains et les pieds. Al-‘Abīr 476 : le safran. Al-‘Atā’ir 477 : pluriel de ‘atīra, qui est la bête égorgée. Lā talīqu 478 : ne reste pas. Ṣakhr 479 : c'est Abū Sufyān ibn Ḥarb. Lam yataṣadda‘ū 480 : ne se sont pas dispersés. Aẓ-Ẓa‘ā’in 481 : les femmes dans les palanquins. Ainsi dans A ou le commentaire de la Sīra par Abū Dharr. Ash-Shuṭā (avec ṭā’ non pointé) 482 : un lieu. Et dans les autres sources : « ash-shuẓā ». Ta’yab 483 : un lieu. Ainsi dans la plupart des sources. Al-‘Ayn 484 : pluriel de ‘aynā’, qui est la femme aux grands yeux. Dans A : « ‘ayr ». Tabāla 485 : un lieu du Yémen. Yuṣabbīna 485 : font perdre la raison. Al-Mawlā (ici) 486 : l'allié et le compagnon. Ash-Shajw 487 : la tristesse. Urayniq (avec rā’ et zāy) 488 : un lieu. Lam ta‘wil 488 : tu n'as pas élevé la voix en pleurant. Al-Mus’hab 488 : au visage altéré. Aṣ-Ṣaddād 489 : celui qui détourne de la religion et de la vérité. Wa tha‘laban 489 : c'est-à-dire très rusé, c'est-à-dire qu'il n'est pas sincère dans la guerre. Al-Mu’aththal 490 : l'ancien. Mujdib 491 : de jadb, qui est la sécheresse et le manque de biens. Tarattaba (avec ḍamma et fatḥa sur la deuxième tā’) 492 : s'est fixé. La première tā’ y est surajoutée, et il vient de « rataba » selon Sībawayh. Aṣ-Ṣarīḥ 493 : au lignage pur. Al-Kāhinān 493 : deux tribus des Juifs de Médine, qui prétendent descendre d'Aaron, paix sur lui. On rapporte aussi : « al-kāhinīn » pour le pluriel. Khayru maghabba 494 : c'est-à-dire meilleure conséquence par la suite. Nakaba 495 : a dévié d'eux. Al-Aghlab 496 : le fort. Ṭāḥa 497 : est parti et a péri. Al-‘Anwa 497 : la contrainte et l'humiliation. Ainsi dans la plupart des sources. Dans A : « wa aḥlaba ». Abū Dharr a dit : « Celui qui le rapporte avec jīm, son sens est : il a rassemblé et crié ; celui qui le rapporte avec ḥā’ non pointé, son sens est : il a rassemblé (aussi), sauf que celui avec jīm ne se fait qu'avec des cris. » Al-Ḥazn 498 : ce qui est élevé de la terre. Akdā 498 : n'a pas réussi dans son effort ; on dit : akdā ar-rajulu fī ḥājatihi, quand il ne l'obtient pas. Ḥāna 499 : a péri. Inna Llāha a‘qabā 500 : c'est-à-dire Dieu a apporté la victoire sur eux. Az-Zurqānī a dit : « Et chez Ibn Sa‘d et Ibn Ḥibbān, elle eut lieu en Muḥarram de l'an cinq. » Abū Ma‘shar a affirmé qu'elle eut lieu après Banū Qurayẓa. Az-Zurqānī a dit : « Ibn Isḥāq l'a dit, et Ibn ‘Abd al-Barr l'a contesté en disant que c'est contraire à ce que soutient la majorité, et qu'Abū Dharr, quand il embrassa l'Islam à La Mecque, retourna dans son pays et ne vint qu'après al-Khandaq. » Nakhl 501 : un lieu du Najd dans le pays de Ghatafān. (Voir Mu‘jam al-Buldān.) Abū Dharr a dit : « On ne l'a appelée Dhāt ar-Riqā‘ que parce qu'ils descendirent sur une montagne appelée Dhāt ar-Riqā‘. On a dit aussi : on ne l'a appelée ainsi que parce que les pierres blessèrent leurs pieds, et ils bandèrent des chiffons (riqā‘), d'où le nom de Dhāt ar-Riqā‘. » As-Suhaylī a dit après avoir exposé l'avis d'Ibn Hishām : « Et d'autres ont mentionné que c'est une terre où il y a des taches noires et des taches blanches, toutes rapiécées de pièces de différentes couleurs, et elle a été nommée Dhāt ar-Riqā‘ pour cela, et ils y avaient campé lors de cette expédition. Le plus authentique de tous ces avis est ce qu'a rapporté al-Bukhārī par la voie d'Abū Mūsā al-Ash‘arī, qui a dit : Nous sortîmes avec le Prophète, que Dieu le bénisse et le salue, lors d'une expédition, et nous étions six, ayant entre nous un chameau que nous montions à tour de rôle. Nos pieds furent blessés, et mes deux pieds furent blessés et mes ongles tombèrent. Nous enveloppions donc nos pieds de chiffons (khiraq), et cette expédition fut appelée Dhāt ar-Riqā‘ à cause des chiffons que nous bandions sur nos pieds. » Az-Zurqānī a dit dans son commentaire d'al-Mawāhib, après avoir rapporté des propos qui ne sortent pas de ce cadre : « C'est l'expédition de Muḥārib, l'expédition de Banū Tha‘laba, l'expédition de Banū Anmār, l'expédition de la prière de la crainte, parce qu'elle y eut lieu, et l'expédition des merveilles, à cause des choses étonnantes qui s'y produisirent. » Dans A : « ensemble avec Ghatafān ». Cette phrase est omise dans A. Ainsi dans A. Les autres sources ajoutent : « la prière de la crainte, puis il s'en retourna avec les gens. Ibn Hishām a dit : » Cette phrase est omise dans A. Il se conjugue avec fatḥa sur le modèle de Ja‘far, comme il se conjugue avec ḍamma sur la première lettre. Et il est rapporté chez al-Khaṭīb avec kāf à la place du trilitère, et al-Khaṭṭābī a rapporté à son sujet Ghūwayrith, au diminutif (voir Sharḥ al-Mawāhib). Yakbituhu Llāhu 502 : Il l'humilie et le réprime. Ajout d'après A. Dans A : « ar-riqā‘ », ce qui n'a pas de sens. Yuwāhiq nāqatahu 503 : il la talonne dans la piste par sa rapidité. Ṣirār 504 : un lieu à trois milles de Médine. (Voir Mu‘jam al-Buldān.) An-Namāriq 505 : pluriel de numruqa, qui est le petit coussin.
Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « il entendit ». Ainsi dans A : « à la porte de la mosquée ». Il veut dire la bataille de la Harra 506 qui eut lieu à Médine à l'époque de Yazīd ibn Muʿāwiya, menée par Muslim ibn ʿUqba al-Murrī, que les gens de Médine appellent Musrif ibn ʿUqba. Sa cause fut que les gens de Médine destituèrent Yazīd ibn Muʿāwiya, chassèrent Marwān ibn al-Ḥakam et les Banū Umayya, et mirent à leur tête ʿAbd Allāh ibn Ḥanẓala al-Ghasīl, dont les anges lavèrent le père le jour de Uḥud. Aucun des grands Compagnons qui étaient parmi eux n'approuva cette destitution. Voici ce qui arriva à Jābir ce jour-là : il se mit à errer dans les ruelles de Médine, alors que les maisons étaient pillées, lui qui était aveugle, trébuchant sur les cadavres, et disant : « Périsse celui qui a effrayé le Messager d'Allāh — qu'Allāh prie sur lui et le salue — », voulant dire son hadith — qu'Allāh prie sur lui et le salue — : « Quiconque effraie Médine a effrayé ce qui est entre mes côtes. » Ils se précipitèrent sur lui pour le tuer, mais Marwān le protégea et le fit entrer chez lui. (Voir ar-Rawḍ al-Anuf) Ce Ṣadaqa est khuzāʿite, il résidait à La Mecque, et ce n'est pas l'oncle de Muḥammad ibn Isḥāq. Abū Dharr a dit : « Abū Dāwūd l'a rapporté d'après Muḥammad ibn Isḥāq sans mentionner “mon oncle”. » Yaklaʼunā : nous garde. Ajout d'après A. Ar-rabīʼa : l'éclaireur qui garde le groupe. Ahhib : réveille. Ainsi dans la plupart des manuscrits. Et athbata 507 : il fut blessé d'une blessure qui ne permet pas de bouger. Et dans A : « je vins » ; et athbata : il fut touché. Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « que ». Nudhuran bihi : un signe. Sīrat Ibn Hishām — 2 Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « Et le Messager d'Allāh avait... etc. » Tahwī : se hâter. Al-ʿunjud : le raisin sec, et on dit : c'est le raisin noir. Ad-dayn : l'habitude et la coutume. Al-atlad : le plus ancien. Qudayd : un lieu près de La Mecque. Ḍajnān (avec fatḥa et avec tashdīd) : une montagne dans la région de Tihāma, et on dit à un stade de La Mecque. (Voir Muʿjam al-Buldān) Iftaqadtu : j'ai perdu. Al-mawālī : la parenté. Thāwiyan : résidant. As-sayyiʼ (allégé) : le mauvais (avec tashdīd). ʿAnaftumūnī : vous m'avez blâmé. Lam naʿdilhu : nous n'avons vu avec lui personne d'autre. Al-falajāt : pluriel de falaj, qui est l'eau courante, appelé falaj parce qu'il fend la terre et sépare ses deux côtés. Al-makhāḍ : les chamelles gestantes. Al-awārik : celles qui paissent l'arak, un arbre. Al-ghawr : la dépression de terre. ʿĀlij : un lieu avec beaucoup de sable. Ar-rass : le puits. An-nuzūʿ : celles dont l'eau est tirée à la main. Al-arʿan : l'armée nombreuse qui a des suivants et des excès. Al-kumayt : le cheval. Jawzuhu : son milieu, et il veut dire son ventre. Qab : pluriel de aqab, qui est mince. Al-ḥawārik : pluriel de ḥārik, qui est le haut des deux épaules du cheval. Al-ʿarfaj : une plante. Al-ʿāmī : ce sur quoi l'année a passé. Tadharrī uṣūluhu : elles les retiennent et les jettent. Manāsim : pluriel de mansom, qui est l'extrémité de la patte du chameau. Ar-rawātik : rapides. Al-ḥālik : très noir. Al-ghurr : blancs. Aṣ-ṣaʿālik : pluriel de ṣuʿlūk ; l'origine est aṣ-ṣaʿālīk, sa yāʼ a été supprimée pour la mesure, et c'est le pauvre qui n'a pas de bien. Al-faghā : les dattes, et on dit : c'est la poussière qui recouvre les dattes avant qu'elles ne mûrissent. Abū Dharr a dit : « Il veut dire qu'ils sont gens de palmiers et de dattes. » Naghtālu : nous coupons. Al-khurūq : pluriel de kharq, qui est le désert vaste. Al-yaʿāfīr : pluriel de yaʿfūr, qui est le petit de la gazelle ; il veut dire qu'à cause de leur nombre, les gazelles ne peuvent s'échapper avec eux. Waʼalat : elle s'est réfugiée et a cherché asile ; on dit : waʼala ilā l-jabal, c'est-à-dire il s'y est réfugié ; de là : al-mawʼil, qui est le refuge. Ash-shadd : la course. Al-madārik : successif. Al-mudmin : l'endroit où ils descendent et y laissent les admin, c'est-à-dire les traces des bêtes et des chameaux, leurs crottins et leurs excréments. Ahl al-mawsim : le groupe des pèlerins ; tout lieu où les Arabes se rassemblent est un mawsim, si c'est leur habitude en ce lieu, comme le souk de ʿUkāẓ, Dhū l-Majāz et autres. Al-muʿtārik : celui où les gens se pressent. Ar-rass an-nuzūʿ : le puits dont l'eau est tirée à la main. Al-madārik : les lieux proches. Et on rapporte : « al-mubārak ». Ad-dakādik : pluriel de dakkāk, qui est le sable mou. Salaʿ et Fāriʿ : deux montagnes. Ar-rawātik : rapides. Ainsi dans A. Abū Dharr a dit : « Al-ʿayn (ici) : le bien présent. Al-ʿayn (aussi) : les perles ; les deux conviennent ici. » Et dans tous les autres manuscrits : « al-ʿabar ». Abū Dharr a dit : « Et celui qui le rapporte “al-ʿayr”, al-ʿayr : la caravane de chameaux. Al-ānak : le plomb. » Dans A : « ne décris pas ». Al-muʿtaṣam : celui qui se cramponne à quelque chose. As-Suhaylī a dit : « Et dans la marge du cheikh : vous avez été malheureux à cause d'elle, et d'autres sont gens de sa mention. » Ainsi dans la plupart des manuscrits. An-nāsik : celui qui suit les enseignements de sa religion et ses lois. Et on rapporte « nāskī » comme relatif, et le yāʼ a été allégé pour la rime. La lecture du second hémistiche dans A : « et tu n'es pas un dévot des choses sacrées de sa religion. » Dūma (avec ḍamma et peut s'ouvrir) : une région de Médine, entre elles quinze nuits ; nommée d'après Dūmī ibn Ismāʿīl, qui y résida. (Voir ar-Rawḍ, Muʿjam al-Buldān et Sharḥ al-Mawāhib) Par cette expédition commence la quatorzième partie des parties de la Sīra. Az-Zurqānī a dit : « On a divergé sur sa date. Mūsā ibn ʿUqba a dit dans ses Maghāzī, que Mālik et ash-Shāfiʿī ont attesté être les plus correctes des Maghāzī, qu'elle eut lieu en l'an quatre. Al-Ḥāfiẓ a dit : “L'imam Mālik l'a suivi sur cela.” » Ce mot est omis dans A. As-Suhaylī a dit : « Il a attribué un groupe des Banū n-Naḍīr, et a dit à leur sujet : an-Naḍarī ; c'est ainsi qu'il est consigné dans la copie ancienne ; sa mesure est : an-Naḍīrī, à moins que ce ne soit du type de leur dire : Thaqafī et Qurashī, ce qui sort de la mesure. » Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « et Kināna ibn ar-Rabīʿ ibn Abī l-Ḥuqayq an-Naḍarī ». Ajout d'après A. Al-jibt et aṭ-ṭāghūt : tout ce qui est adoré en dehors d'Allāh. Ce mot est omis dans A. Le nom de ʿUyayna ibn Ḥiṣn était Ḥudhayfa ; il fut appelé ʿUyayna à cause d'une taie qu'il avait à l'œil. Il embrassa l'Islam puis apostasia, crut en Ṭulayḥa lorsqu'il prophétisa, et fut fait prisonnier ; on l'amena à Abū Bakr — qu'Allāh l'agrée — qui lui fit grâce ; il ne cessa de montrer l'Islam malgré sa rudesse, son orgueil et sa mentalité bédouine jusqu'à sa mort. C'est lui à propos duquel le Prophète — qu'Allāh prie sur lui et le salue — a dit : « L'idiot obéi », car dix mille lances le suivaient. (Voir ar-Rawḍ et Sharḥ al-Mawāhib) Yūrūn : ils se cachent. Aẓ-ẓahr : la force et l'aide. Le pronom dans « il l'a nommé » et « il était » se rapporte au Prophète — qu'Allāh prie sur lui et le salue. Abū Dharr a dit : « Il peut y avoir un second sens, à savoir que aẓ-ẓahr (ici) : les chameaux ; alors le verset a un autre sens, son estimation étant : et le bien était un jour pour le misérable un soutien ; il a sous-entendu le nom de kāna bien qu'aucun antécédent ne l'explique, car le contexte du discours l'indique, comme ils ont dit : “Quand ce sera demain, viens à moi”, c'est-à-dire quand le jour sera demain. » Il a ajouté après ce verset dans le livre d'Ibn Isḥāq : « ṭahran ». C'est-à-dire qu'un autre a dit avec eux, et ils récitaient cette poésie en cadence, et le Prophète — qu'Allāh prie sur lui et le salue — disait avec eux les fins de ses vers. Inhālat : s'effrita. Ghayru jiddi samīna : pas complètement grasse. Ajout d'après A. Abū Dharr a dit : « C'est ainsi qu'il est venu ici avec zāʼ ouverte. Raghaba avec rāʼ ouverte est le bon, et c'est ainsi que l'a rapporté al-Waqshī. » Salaʿ : une montagne à Médine. Al-āṭām : les forteresses ; le singulier : aṭam. Ajout d'après A. Al-jashīsha : un mets préparé à partir de jashīsh, qui est le blé moulu grossièrement ; c'est ce que le peuple appelle « dashīsh » avec dāl, mais le correct est avec jīm. C'est ainsi que cette expression est venue dans A. Son texte dans tous les autres manuscrits : « Si tu fermes la forteresse contre moi, je craindrai pour ta jashīsha que j'en mange avec toi. » Uḥfiẓuhu : je le mets en colère. Āṭām : élevé, et il veut dire la multitude d'hommes. Al-jahām : le nuage mince qui n'a pas d'eau. Ceci est un proverbe ; son origine vient du chameau qui se montre rétif envers toi ; tu prends alors la tique de son garrot et de la bosse de son dos et tu la tords là, le chameau ressent du plaisir et s'apprivoise alors. On a pris cette parole comme proverbe pour la négociation et la ruse. Ajout d'après A. Dans A : « frère des Banū l-Khazraj ». Al-laḥn : l'énigme, c'est-à-dire que le sens du mot contredit son apparence. On dit : « il a brisé son bras », quand on l'affaiblit et le rend impuissant. Ajout d'après A. Arbā : il a rendu plus grand. Ar-ramyā (avec kasr du rāʼ et du mīm redoublé et allégement du yāʼ) : le fait de lancer. Ainsi dans A. Et dans tous les autres manuscrits : « ʿAbd Allāh ».
(35) [p.223] كالبوكم : Soyez durs envers vous. (36) [p.223] القرى : Ce qui est préparé comme nourriture pour l’hôte. (37) [p.223] Ce mot est omis dans A. (38) [p.224] Ce mot est omis dans A. (39) [p.224] Dans A : « للقتال » (pour le combat). (40) [p.224] تعنق : Aller vite. (41) [p.224] M, R ont ajouté avant ce mot : « قال ابن هشام » (Ibn Hisham a dit). (42) [p.224] الثغرة : La brèche qui se trouvait là dans le fossé. (43) [p.225] المعلم : Celui pour qui l’on a placé un signe par lequel il est reconnu. (44) [p.225] حمى : Sa colère s’intensifia. (45) [p.225] As-Suhaylî a rapporté cette histoire d’après Ibn Ishaq, sans la transmission d’Ibn Hisham d’après al-Bakka’i, avec un ajout par rapport à ce qui se trouve ici ; nous nous contentons d’y faire référence (voir ar-Rawd, vol. 2, p. 191). (46) [p.225] الحجارة (ici) : Les pierres dressées (ansâb) qu’ils adoraient et pour lesquelles ils immolaient. (47) [p.225] متجدلا : Collé au sol, dont le nom est الجدالة. الجذع : La branche du palmier. الدكادك : Pluriel de دكداك, c’est le sable meuble. الروابي : Pluriel de رابية, ce sont les tertres surélevés. (48) [p.225] المقطر : Celui qui a été jeté sur l’un de ses côtés (قطريه), c’est-à-dire sur l’un de ses flancs. القطر : Le côté. On dit : طعنه فقطره, c’est-à-dire il l’a frappé et l’a jeté sur l’un de ses côtés. وبزنى : Il m’a dépouillé et dénudé. [p.225] (15) Sîrat Ibn Hishâm – 2 (49) [p.226] Ainsi dans A. Dans les autres sources : « قال ابن هشام » (Ibn Hisham a dit). (50) [p.226] الظليم : L’autruche mâle. (51) [p.226] Ainsi dans A. Dans les autres sources : « تحور » avec un ح non pointé. (52) [p.226] Ainsi dans A. Dans les autres sources : « ولم تلو ». (53) [p.226] Ce mot est omis dans A. (54) [p.226] مقلصة : Courte, qui s’est élevée. On dit : تقلص الشيء, quand il s’élève et se contracte. (55) [p.226] Ainsi dans A. يرقد : Aller vite. Dans les autres sources : « يرقل ». (56) [p.226] Ainsi dans les sources. Abû Dharr a dit : « جمل : nom d’un homme. Ce rajaz est ancien, Sa‘d l’a pris comme exemple. » Dans ar-Rawd : « حمل » avec un ح non pointé. As-Suhaylî a dit : « C’est un vers pris comme exemple, par lequel il désigne Ḥamal ibn Sa‘dâna ibn al-Ḥârith ibn Ma‘qil ibn Ka‘b ibn ‘Ulaym ibn Janâb al-Kalbî. » (57) [p.227] أسبغ : Accomplir et allonger. (58) [p.227] الأكحل : Une veine dans l’avant-bras. (59) [p.227] As-Suhaylî a dit : « Ḥubbân » est le fils de ‘Abd Manâf ibn Munqidh ibn ‘Amr ibn Mu‘ayṣ ibn ‘Âmir ibn Lu’ayy. (60) [p.227] العرقة : C’est Qulâba bint Sa‘d ibn Sa‘d ibn Sahm, et elle est surnommée Umm Fâtima. Elle a été nommée العرقة à cause de la bonne odeur de son parfum. Elle est la grand-mère de Khadîja, mère de sa mère Hâla. (Voir ar-Rawd) (61) [p.227] Ainsi dans A. Dans les autres sources : « قال لعكرمة ... إلخ » (Il dit à ‘Ikrima... etc.) (62) [p.227] الآطام : Les forteresses et les palais ; le singulier est أطم. (63) [p.227] Ainsi dans A. مرشة : Signifie une blessure qui l’a atteint et a fait jaillir le sang de lui. Dans les autres sources : « مريشة ». (64) [p.227] العاند : La veine d’où le sang ne cesse de couler. (65) [p.227] النحب : L’origine. وأعولت : Elle a pleuré d’une voix élevée. الشمط : Pluriel de شمطاء, c’est celle dont les cheveux sont mêlés de blanc. العذارى : Les vierges. النواهد : Pluriel de ناهد, c’est celle dont la poitrine s’est développée. (66) [p.228] المرعوب : Celui qui est effrayé. Abû Dharr a dit : Celui qui le lit مرغوب, avec un غayn pointé, son sens est : il a renoncé à l’intention, c’est-à-dire il l’a abandonnée, et c’est selon le sens de la relation (nisba) : c’est-à-dire possesseur d’un renoncement. (67) [p.228] Ajout d’après A. (68) [p.228] احتجزت : J’ai serré ma ceinture au milieu. Abû Dharr a dit : « Et celui qui le lit : اعتجرت, son sens est : j’ai serré mon turban (معجرى). » (69) [p.228] As-Suhaylî a dit : « Le résumé de ce récit chez les gens est que Ḥassân était un grand lâche. Certains savants ont réfuté cela et l’ont nié, car c’est un récit à la chaîne de transmission interrompue. Ils ont dit : si cela était authentique, Ḥassân en aurait été couvert de honte, car il était... » (70) [p.229] Ajout d’après A. (71) [p.229] خذل عنا : Il s’est introduit parmi les gens jusqu’à ce qu’ils se trahissent mutuellement. (72) [p.229] النهزة : Saisir la chose et la ravir. (73) [p.230] Cette expression « فما أمرك » (quel est ton ordre ?) est omise dans A. (74) [p.230] Dans A : « أنه ». (75) [p.230] Il veut dire par « الخف » (le chameau) et par « الحافر » (le cheval). (76) [p.230] Ajout d’après A. (77) [p.231] ضرستكم الحرب : La guerre vous a atteints, comme celui qui a des molaires atteint avec ses molaires. (78) [p.231] أن تنشمروا : Que vous vous repliez et vous hâtiez vers vos pays. (79) [p.231] Ce mot « محمدا » (Muhammad) est omis dans A. (80) [p.231] تكفأ قدورهم : Elle les incline et les renverse. (81) [p.231] Ainsi dans A. Dans les autres sources : « آنيتهم » (leurs récipients). (82) [p.231] Ajout d’après A. (83) [p.232] هويا من الليل (avec la prononciation هويا ou هويا) : Une partie de la nuit. (84) [p.232] Ainsi dans A. Dans les autres sources : « قال » (il dit). (85) [p.232] Dans A : « يفعلون » (ils font). (86) [p.232] Dans Sharḥ al-Mawâhib : « J’ai frappé de ma main sur la main de celui qui était à ma droite, et j’ai pris sa main, et j’ai dit : Qui es-tu ? Il a dit : Mu‘âwiya ibn Abî Sufyân. Puis j’ai frappé de ma main sur la main de celui qui était à ma gauche, et j’ai dit : Qui es-tu ? Il a dit : ‘Amr ibn al-‘Âṣ. » (87) [p.232] الكراع : Les chevaux. (1) [p.233] المرط : Le vêtement (kisâ’). (2) [p.233] L’entrée du Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) à Médine eut lieu le mercredi, jour de son retour du Fossé (al-Khandaq), alors qu’il restait sept jours de Dhû al-Qa‘da. (Voir Sharḥ al-Mawâhib) (3) [p.233] الاعتجار : Le fait que l’homme se coiffe d’un turban sans mettre de mentonnière (talḥ), c’est-à-dire qu’il ne place rien sous son menton. (4) [p.233] الإستبرق : Une sorte de brocart épais. (5) [p.233] الرحالة : La selle. (6) [p.234] الصورين : Un lieu près de Médine. (D’après Mu‘jam al-Buldân) (7) [p.234] أنا (prononcé comme كهنا ou كحتى ou avec un nûn redoublé kasra, et rapporté aussi avec un bâ’ à la place du nûn) : L’un des puits des Banû Qurayẓa. (Voir ar-Rawḍ, Sharḥ al-Mawâhib et Mu‘jam al-Buldân) (8) [p.235] Ce mot « منهم » (parmi eux) est omis dans A. (9) [p.235] On tire de cela qu’on ne blâme pas celui qui prend le sens apparent d’un hadith ou d’un verset, ni celui qui déduit du texte un sens qui le spécifie, comme on en tire aussi que tout mujtahid dans les branches (furû‘) est dans le vrai. (Voir ar-Rawḍ et Sharḥ al-Mawâhib) (10) [p.235] Ajout d’après... (11) [p.235] On a dit : quinze nuits, et on a dit : quelques nuits (biḍ‘ ‘ashara). (Voir aṭ-Ṭabaqât et Sharḥ al-Mawâhib) (12) [p.235] Ce mot « ونسائكم » (et vos femmes) est omis dans A. (13) [p.236] Dans A : « لنتخذن » (nous prendrons certainement). (14) [p.236] Ainsi dans A. Dans les autres sources : « أمنوا » (ils ont cru). (15) [p.236] Ajout d’après A. (16) [p.236] C’est Abû Lubâba ibn ‘Abd al-Mundhir al-Anṣârî al-Madanî. On a divergé sur son nom : on a dit Rifâ‘a, on a dit Mubashshir, on a dit Bashîr. Il est l’un des nuqabâ’ (chefs). Il vécut jusqu’au califat de ‘Alî. (Voir al-Istî‘âb, ar-Rawḍ et Sharḥ al-Mawâhib) (17) [p.236] جهش : Il pleura. (18) [p.236] Az-Zurqânî a dit : « Lorsqu’ils furent assiégés jusqu’à être certains de la perdition, ils firent descendre Shâs ibn Qays. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui parla pour qu’ils descendent (se rendent) selon ce sur quoi les Banû an-Naḍîr étaient descendus : l’abandon des biens et des armes, et la sortie avec les femmes et les enfants, et tout ce que les chameaux pouvaient porter, sauf les armes. Mais le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) refusa. Alors ils dirent : Épargne nos vies, et laisse-nous les femmes et les enfants, et nous n’avons pas besoin de ce que les chameaux portent. Mais le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) refusa catégoriquement, exigeant qu’ils descendent (se rendent) à son jugement. Et Shâs retourna vers eux avec cela. » (Voir Sharḥ al-Mawâhib) (19) [p.236] Il semble qu’Abû Lubâba ait compris cela du fait que le Messager n’avait pas répondu à leur demande d’épargner leurs vies, et il sut que le Messager les égorgerait s’ils se rendaient à son jugement. Et c’est à cela qu’il fit signe aux Banû Qurayẓa. (Voir Sharḥ al-Mawâhib) (20) [p.237] Dans A : « أما إن لو كان ... إلخ » (Quant à si c’était... etc.) (21) [p.237] Ce mot « من السحر » (de l’aube) est omis dans A. (22) [p.237] Ajout d’après A. (23) [p.237] Dans M, R : « قال » (il dit). (24) [p.238] Dans A : « الآيات » (les versets). (25) [p.238] Dans M, R : « طرفه » (son regard), ce qui est une altération. (26) [p.238] Dans A : « حتى بات في مسجد ... إلخ » (jusqu’à ce qu’il passe la nuit dans la mosquée... etc.) (27) [p.238] الرمة : La corde usée. (28) [p.239] Ajout d’après A. (29) [p.239] Dans M, R : « إنهم كانوا » (eux, ils étaient). (30) [p.239] On a dit qu’elle était Anṣâriyya. (Voir al-Iṣâba et Sharḥ al-Mawâhib) (31) [p.240] الأرقعة : Les cieux ; le singulier est رقيع. (32) [p.240] As-Suhaylî a dit : « Son nom est Kaysa bint al-Ḥârith ibn Karîz ibn Ḥabîb ibn ‘Abd Shams. Elle était sous (l’autorité de) Musaylima le menteur, puis ‘Abd Allâh ibn ‘Âmir ibn Karîz lui succéda (l’épousa). » Az-Zurqânî a dit : « C’est Ramla bint al-Ḥârith ibn Tha‘laba ibn al-Ḥârith ibn Zayd, épouse de Mu‘âdh ibn al-Ḥârith ibn Rifâ‘a. Elle est mentionnée à plusieurs reprises dans la Sîra. Al-Wâqidî dit : Ramla bint al-Ḥadath (avec un dâl non pointé). Ce n’est pas Kaysa bint al-Ḥârith. » (33) [p.241] أرسالا : C’est-à-dire groupe après groupe. (34) [p.241] فقاحية : Tirant sur le rouge, c’est-à-dire de la couleur de la rose au moment où elle est sur le point de s’épanouir (al-Lisân). (35) [p.241] Ajout d’après A. (36) [p.241] Dans A : « كتبت » (j’ai écrit). (37) [p.241] Ce Ibn Jawâl était des Banû Tha‘laba ibn Sa‘d ibn Dhubyân ibn Bughayḍ ibn Rayth ibn Ghatafân. Il était juif puis embrassa l’Islam. Il fut un Compagnon. (Voir ar-Rawḍ et al-Istî‘âb) (38) [p.241] قلقل : Il s’agita. [p.241] (16) Sîrat Ibn Hishâm – 2 (39) [p.242] Abû Dharr a dit : « C’est la femme d’al-Ḥasan al-Quraẓî. »
Al-Suhaylī a dit : « C'est al-Zubayr, avec la fatḥa sur le zāy et la kasra sur le bā', l'ancêtre d'al-Zubayr ibn 'Abd al-Raḥmān mentionné dans le Muwaṭṭa' dans le Livre du Mariage. On a divergé au sujet d'al-Zubayr ibn 'Abd al-Raḥmān : certains ont dit al-Zubayr, avec la fatḥa sur le zāy et la kasra sur le bā', comme le nom de son grand-père, et d'autres ont dit al-Zubayr. » 508
↩ (٣٦) [ص258] عفا: تغير ودرس. ورهم: جمع رهمة، وهي المطر، ومطلة: مشرقة. ومرباب: دائمة ثابتة ↩ (٣٧) [ص258] الحلول: البيوت المجتمعة. وثواقب: مشرقة، ومنه قوله تعالى: «النجم الثاقب ٨٦: ٣» ↩ (٣٨) [ص258] الخريدة: المرأة الناعمة. والكعاب: التي نهد ثديها في أول ما ينهد ↩ (٣٩) [ص258] ألبوا: جمعوا ↩ (٤٠) [ص258] متخمطون: مختلطون. قال أبو ذر: «ويقال: المتخمط: الشديد الغضب المتكبر». والحلبة جماعة الخيل التي تعد للسباق ↩ (٤١) [ص258] الأيد: القوة ↩ (٤٢) [ص258] المعصفة: الريح الشديدة ↩ (٤٣) [ص259] عاتى الفؤاد: قاسيه. وموقع: ذو هيب، وأصله من التوقيع في ظهر الدابة، وهو انسلاخ يكون فيه ↩ (٤٤) [ص259] النحلة: العطاء ↩ (٤٥) [ص259] الذرى: الأعالي. ويعنى بها: الآطام. ويعني «بالمطاعن»: منابت النخل عند الماء، تشبيها لها بمطاعن الإبل، وهي مباركها حول الماء. وحم: سود. ويريد «بالجذوع»: أعناقها. والأحلاب: ما يحلب منها ↩ (٤٦) [ص259] اللوب: جمع لوبة، وهي الحرة، وهي أرض ذات حجارة سود. وجمها: ما اجتمع من لبنها والمنتاب: القاصد الزائر ↩ (٤٧) [ص259] النزائع: الخيل العربية التي حملت من أرضها إلى أرض أخرى. والسراح: الذئاب، الواحد سرحان. وجزة المقضاب: أي ما يجز لها من النبات فتطعمه، والمقضاب: من القضب، وهو القطع ↩ (٤٨) [ص259] كذا في أكثر الأصول. والشوى: القوائم. والنحض: اللحم. وجرد المتون: ملس الظهور والآراب: جمع إرب، وهو كل عضو مستقل بنفسه. وفي أ «وسار في الآراب» ↩ (٤٩) [ص259] قود: طوال، الواحد: أقود وقوداء. وتراح: تنشط. والضراء: الكلاب الضارية في الصيد والكلاب الصائد صاحب الكلاب، الواحد: كالب ↩ (٥٠) [ص259] السائمة: الماشية المرسلة في المرعى إبلا كانت أو غيرها. وتردى: تهلك. وتئوب: ترجع ↩ (٥١) [ص260] الحوش: النافرة. والمطارة: المستخفة. والوغى: الحرب. والإنجاب: الكرم والعتق ↩ (٥٢) [ص260] البدن: السمان. ودخس: كثيرة اللحم. والبضيع: اللحم. والأقصاب: الأمعاء، الواحد: قصب ↩ (٥٣) [ص260] الزغف: الدروع اللينة: والمترصات. الشديدات وصياب: صائبة ↩ (٥٤) [ص260] صوارم: سيوف قاطعة. وغلبها: خشونتها وما عليها من الصدأ. والأروع: الذي يروع بكماله وجماله. والماجد: الشريف ↩ (٥٥) [ص260] المارن: الرمح اللين. ووقيعته: صنعته وتطريقه وتحديده. وخباب: اسم قين ↩ (٥٦) [ص260] يعني بالأغر الأزرق: سنانا. والطخية: شدة السواد ↩ (٥٧) [ص260] القران: تقارن النبل واجتماعه. والقتير: مسامير حلق الدرع. ويريد الدروع. وقواحز النشاب: النبال التي تصيب الأفخاذ ↩ (٥٨) [ص260] جأوى (الأصل فيه المد وقصر للضرورة): يخالط سوادها خمرة. وململة: مجتمعة ↩ (٥٩) [ص260] كذا في شرح السيرة لأبي ذر. والضريمة: اللهب المتوقد. وفي الأصول: «صريمة» بالصاد المهملة ↩ (٦٠) [ص260] الصعدة: القناة المستوية. والخطى: الرماح. والفيء: الظل ↩ (٦١) [ص260] أبو كرب وتبع: ملكان من ملوك اليمن. وبسالتها: شدتها ↩ (٦٢) [ص260] الأزهر: الأبيض ↩ (٦٣) [ص260] حرجا: حراما. والألباب: العقول ↩ (٦٤) [ص261] سخينة: لقب قريش في الجاهلية. وذكروا أن قصيا كان إذا ذبح ذبيحة أو نحر نحيرة بمكة أتى بعجزها فصنع منه خزيرة- وهو لحم يطبخ ببر- فيطعمه الناس، فسميت قريش بها سخينة. وقيل: إن العرب كانوا إذا أسنتوا أكلوا العلهز. وهو الوبر والدم، وتأكل قريش الخزيرة، فنفست عليهم ذلك، فلقبوهم سخينة. (راجع الروض) ↩ (٦٥) [ص261] المعمعة: صوت التهاب النار وصريفها. والأباء: القصب، ويقال. الأغصان الملتفة ↩ (٦٦) [ص261] المأسدة: موضع الأسود، ويعنى بها هنا موضع الحرب ↩ (٦٧) [ص261] كذا في أ. والمذاد: موضع بالمدينة حيث حفر الخندق، وقيل هو بين سلع وخندق المدينة وفي سائر الأصول: «المزاد» وهو تحريف ↩ (٦٨) [ص261] كذا في أ. والجزع: الجانب. وفي سائر الأصول: «الجذع» وهو تحريف ↩ (٦٩) [ص261] المعلمون الذين: يعلمون أنفسهم في الحرب بعلامة يعرفون بها. والمهجات: الأنفس، الواحدة: مهجة ولرب المشرق: يريد لرب المشرق والمغرب، فحذفه للعلم به ↩ (٧٠) [ص261] العصبة الجماعة: ↩ (٧١) [ص261] في أ: «يحط» بالحاء المهملة ↩ (٧٢) [ص261] السابغة: الدروع الكاملة. وتخط فضولها: ينجر على الأرض ما فضل منها. والنهى: الغدير من الماء. والمترقرق: الذي تصفقه الريح، فيجيء ويذهب ↩ (٧٣) [ص261] القتير: مسامير الدروع. والجنادب: ذكور الجراد. والشك: إحكام السرد ↩ (٧٤) [ص262] الجدلاء: الدرع المحكمة النسج. ويحفزها: يرفعها ويشمرها. والنجاد: حمائل السيف وصارم قاطع. والرونق: اللمعان ↩ (٧٥) [ص262] الجماجم: الرؤوس. وضاحيا: بارزا للشمس. وبله: اسم فعل بمعنى اترك ودع، ويصح نصب «الأكف» به، أو جره على أنه مصدر مضاف له ↩ (٧٦) [ص262] كذا في أكثر الأصول. ويريد «بالفخمة»: الكتيبة. وفي سائر الأصول: «فخمة» بالحاء المهملة ↩ (٧٧) [ص262] الملمومة: المجتمعة، والمشرق: جبل بين الصريف والعصيم من أرض ضبة (راجع معجم البلدان) ↩ (٧٨) [ص262] المقلص: الفرس الخفيف ↩ (٧٩) [ص262] تردى: تسرع. والكماة: الشجعان. والطل: الضعيف من المطر. والملثق: ما يكون عن الطل من زلق وطين، والأسد أجوع ما تكون وأجرأ في ذلك الحين ↩ (٨٠) [ص262] يريد بالعماية: سحابة الغبار وظلمته. والوشيج: الرماح. والمزهق: المذهب للنفوس. وقد وردت هذه الكلمة بالراء المهملة ↩ (٨١) [ص262] حيط: جمع حائط، وهو اسم الفاعل من حاط يحوط. ودلفت: قربت. والنزق: الغاضبون السيئو الخلق، الواحد: نازق ↩ (٨٢) [ص262] الحومات: مواطن: القتال، الواحدة: حومة. ونعنق: نسرع ↩ (٨٣) [ص263] أشار السهيلي إلى أن هذه الرواية أولى وقال: لأن قدس جبل معروف من ناحية المشرق ↩ (٨٤) [ص263] تألبوا: تجمعوا. ونوادع: نصالح ونهادن ↩ (٨٥) [ص263] أضاميم: جماعات انضم بعضها إلى بعض. ويروى: أصاميم. والأصاميم: الخالصون في أنسابهم وأصفقت: اجتمعت وتوافقت على الأمر ↩ (٨٦) [ص263] يذودوننا: يدفعوننا ويمنعوننا ↩ (٨٧) [ص263] سلع: جبل بسوق المدينة. والعريض: واد بالمدينة. قال أبو ذر: «ويحتمل أن يكون تصغير عرض، واحد الأعراض، وهي أودية خارج المدينة فيها النخل والشجر». والصماد (بالفتح والكسر): جبل. قال أبو ذر: «ويمكن أن يكون جمع صمد، وهو المرتفع من الأرض» ↩ (٨٨) [ص264] يعني بالنواضح: حدائق نخل تسقى بالنضح. والخوص: الآبار الضيقة. وثقبت: حفرت ↩ (٨٩) [ص264] رواكد: ثابتة دائمة. ويزخر: يعلو ويرتفع. والمرار: نهر. قال أبو ذر: ومن رواه «المداد» يعني الماء الذي يمدها. والجمام جمع جمة، وهي البئر الكثيرة الماء. والثماد: الماء القليل ورواية الشطر الأول من هذا البيت في أ: « رواكد تزجر المران إلخ» ↩ (٩٠) [ص264] الغاب: الشجر الملتف. والبردي: نبات ينبت في البرك تصنع منه الحصر الغلاظ. وأجش عالى الصوت. وتبقع: صارت فيه بقع صفر ↩ (٩١) [ص264] دوس ومراد: قبيلتان من اليمن ↩ (٩٢) [ص264] لم تثر: لم تحرث ↩ (٩٣) [ص264] السكة: النخل المصطف، والأنباط: قوم من العجم. أي حرثناها وغرسناها كما تفعل الأنباط في أمصارها لا تخاف عليها كيد كائد. وجلهات الوادي: ما استقبلك منه إذا نظرت إليه من الجانب الآخر، الواحد: جلهة. وقال السهيلي: «جلهات الوادي: ما كشفت عنه السيول فأبرزته، وهو من الجله وهو انحسار الشعر عن مقدم الرأس» ↩ (٩٤) [ص264] الحضر: الجري. ويريد «بذي الحضر»: الخيل. ويروى: «خطر» أي قدر ↩ (٩٥) [ص264] نجديكم: نطلب ↩ (٩٦) [ص264] الشطر: الناحية والقصد. والمذاد: موضع بالمدينة حيث حفر الخندق، وقيل هو بين سلع وخندق المدينة ↩ (٩٧) [ص264] كذا في أكثر الأصول. والمطهم: الفرس التام الخلق. وفي أ: «مطهر» ↩ (٩٨) [ص265] كذا في أكثر الأصول، ويقال: دف الطائر: إذا حرك جناحيه ليطير. وفي أ «تذف ذفيف» بالذال المعجمة ↩ (٩٩) [ص265] صفراء الجراد: الخيفانة منها، وهي التي ألقت سرأها، أي بيضها، وهي أخف طيرانا ↩ (١٠٠) [ص265] المقلص: المنشمر الشديد، والآراب: قطع اللحم، الواحدة: أربة (بضم الهمزة). والنهد: الغليظ. والهادي: العنق. يريد أنه تام الخلق من مقدمه ومؤخره ↩ (١٠١) [ص265] السنة الجماد: سنة القحط ↩ (١٠٢) [ص265] مصغيات: مستمعات ↩ (١٠٣) [ص265] القوانس: أعالى بيض الحديد ↩ (١٠٤) [ص265] القاري: من كان من أهل القرى. والبادي: من كان من أهل البادية ↩ (١٠٥) [ص265] البسالة: الشدة والشجاعة ↩ (١٠٦) [ص265] أشرجنا: ربطنا ↩ (١٠٧) [ص265] الجدل: جمع جدلاء، وهي الدرع المحكمة النسج
Ainsi dans la plupart des manuscrits. Al-arb 509 est le pluriel de arba 510, qui désigne un nœud très serré. On lit aussi al-azb 511 avec zāy, qui signifie très étroit. Dans A : « al-adab 512 », qui est une altération. Les sawābigh 513 sont les cottes de mailles complètes. Ictalatha rajulun zandan 514 signifie qu'il a pris un morceau de bois d'un arbre dont on ne sait s'il est tendre ou non, pour décrire sa bonne préparation au combat. Al-ashamm 515 est le puissant, et son origine vient de al-shamam 516, qui est l'élévation de l'arête du nez. Ainsi dans la plupart des manuscrits. Badā 517 signifie « apparut ». Dans A : « nadā 518 », et nadā al-sawt 519 signifie « la voix s'éleva ». Il veut dire : lorsque la voix de celui qui cherche secours s'élève. On lit aussi « yurā 520 ». Al-jaz‘ 521 est le côté de la vallée et ce qui en est courbe. Al-mudhakkā 522 est celui qui a atteint l'extrême en force. Ṣubā al-sayf 523 est le milieu de l'épée. Al-nijād 524 est le baudrier de l'épée. Jaza‘a 525 signifie « couper ». Al-madhād 526 est un lieu (voir note 4 p. 261 de cette partie). Yalīl 527 est une vallée à Badr. Al-mirra 528 est la force et la puissance. Al-shikka 529 est l'armure. Lam yankul 530 signifie « il n'a pas reculé par peur ou crainte ». Takannafahu 531 signifie « l'entoura ». Wa laysa bi-mu’talī 532 signifie « il n'est pas négligent ». Sala‘ 533 est une montagne près du marché de Médine. Al-Azharī a dit : un lieu proche de Médine (voir Mu‘jam al-Buldān). Al-naks 534 est l'homme faible. Al-amyal 535 est celui qui n'a pas de lance, et on dit aussi celui qui n'a pas de bouclier. Al-mu‘ḍil 536 est l'affaire difficile. Lam yataḥalḥal 537 signifie « il n'a pas bougé de sa place ». Tan‘al 538 signifie « elle porte des fers en fer pour se renforcer ». Ajalat 539 signifie « elles se sont dispersées et ont tourné le dos ». Tasūmu 540 signifie « elle demande et impose ». Al-a‘zal 541 est celui qui n'a pas d'armes. Al-ḍirghām 542 est le lion. Al-hazīr 543 est le fort. Al-shibl 544 est le petit du lion. Al-‘aṭf 545 est le côté. Al-qarn 546 est celui qui te résiste dans la force ou le combat. Al-thanā 547 est la bonne renommée. On lit aussi al-nathā 548. Taqda‘u 549 signifie « elle retient ». Al-qarqara 550 est l'un des sons des chameaux mâles. Al-buzl 551 sont les chameaux forts. Il en fait une parabole pour ceux qui se vantent lorsqu'ils élèvent la voix par orgueil. Al-waghl 552 est l'homme corrompu. Fa‘anka 553 est un verbe d'action signifiant « éloigne-toi ». Al-najd 554 est le courageux. Yasūmuhu 555 signifie « il lui impose ». Khāma 556 signifie « il a lâché et reculé ». Lam yunẓar 557 signifie « il n'a pas été accordé de délai ni de répit ». Lam taqṣur 558 signifie « elle n'a pas cessé ». Al-ḥusr 559 est le pluriel de ḥāsir 560, qui est celui qui n'a pas de cotte de mailles. On lit aussi « al-khashr 561 » avec khā’ et shīn, qui sont les faibles parmi les gens, et on lit aussi « al-khasr 562 » avec khā’ et sīn, qui est le pluriel de khāsir 563. Nous avons cherché ces vers dans le Dīwān de Ḥassān et ne les avons pas trouvés. Al-mughalghala 564 est la lettre portée d'un pays à un autre. Takhabbu 565 signifie « elle va vite ». Sajamat 566 signifie « elles ont coulé ». Thawā 567 signifie « il a séjourné ». Al-ma‘rak 568 est le lieu du combat. Dhuwārī al-dam‘ 569 signifie « qui le fait couler ». Al-wajd 570 est la tristesse. Il veut dire par « al-ghabrā’ 571 » : la tombe. Al-laḥd 572 est ce qui est creusé pour le mort sur le côté de la tombe. Ḥumma 573 signifie « il a été décrété » (à la voix passive dans les deux cas). Tahāfatat 574 signifie « elles sont tombées rapidement ». Banāt al-ḥashā 575 sont le cœur et ce qui y est attaché. Inhalla 576 signifie « il a coulé et s'est déversé ». Al-ṣabāba 577 est la tendresse du désir. Ainsi dans son Dīwān. Dans les manuscrits : « ikhwa 578 ». Dans le Dīwān : « maḍaw 579 ». Dans le Dīwān : « nufay‘ 580 ». Il n'a pas été mentionné auparavant. Balāqi‘ 581 : déserts vides. Dans le Dīwān : « fa-mā baddalū ḥattā tawāfū jamā‘a 582 ». Nakalū 583 signifie « ils sont revenus effrayés ». Al-maṣāri‘ 584 signifie les lieux de chute des tués. Dans le Dīwān : « wa-mashhadunā fī Allāh 585 ». Balā’unā 586 : notre épreuve. Nāqi‘ 587 : ferme. Al-qadam al-ūlā 588 : la priorité dans l'islam. Wa-khalafunā 589 : notre postérité. Dans le Dīwān : « fī ṭā‘a 590 ». Cette phrase : « fī yawm banī Qurayẓa 591 » est omise dans A. Mā sā’ahā 592 : il veut dire « mā sā’ahā 593 », avec inversion. Les Arabes font cela dans certains verbes, ils disent ra’ā et rā’a 594 dans le même sens par inversion. Al-khayl al-mujannaba 595 sont celles qui sont menées sans être montées. Tu‘ādī 596 signifie « elles courent et vont vite ». Ainsi dans A. Dans les autres manuscrits : al-‘abīr 597, qui est le safran. Taḥūmu 598 signifie « elles se rassemblent autour d'eux en tournoyant ». Ainsi dans la plupart des manuscrits. Yudānu 599 signifie « il est rétribué ». Dans A : « yadīnu 600 ». Ainsi dans la plupart des manuscrits. Al-‘anad 601 est le fait de s'écarter de la vérité. Dans A : « kadhālika dīnu dhī al-‘anadi al-fakhūr 602 ». Al-nadhīr 603 est l'avertissement. Falāhuhum 604 : les tuer avec les épées. Al-ṣalīl 605 est le bruit. Tafāqada ma‘shar 606 : ils se sont perdus les uns les autres, c'est une imprécation contre eux. Dans A : « ta‘āhada 607 ». Būr 608 : perdition, ou morts. Sarāt al-qawm 609 : leurs meilleurs. Al-buwayra 610 est le lieu des Banū Qurayẓa. Al-ṭarā’iq 611 : les côtés. Al-sa‘īr 612 est le feu ardent. Al-nuzuh 613 : l'éloignement. Ainsi dans la plupart des manuscrits. Taḍīru 614 signifie « elle nuit ». Dans A : « taṣīru 615 », qui signifie « elle fend et coupe ». Al-mawālī 616 : les alliés. Ḥuḍayr et Usayd 617 : deux tribus. Mīṭān 618 : une montagne de Médine en face d'al-Shawrān, avec un puits d'eau (voir Mu‘jam al-Buldān). Al-rathth 619 : l'usé. Al-duthūr 620 : l'effacé et le changé.
- الصبا : ريح شرقية.
- القرة : البرد.
- يتريع : يجيء ويذهب.
- رحى الحرب : معظم موضع القتال فيها.
- حمه الله : قدره.
- سراتهم : خيارهم.
- القاع : المنخفض من الأرض.
- ذكانا : التهابنا في الحرب.
- تلفع : يشتمل حرها على من دنا منها.
- موجفين : مسرعين.
- الجهام : السحاب الرقيق الذي ليس فيه ماء.
- بيشة : موضع تنسب إليه الأسود.
- الذمار : ما يجب على الرجل أن يحميه.
- جلاد : جمع جليد، وهو الصبور.
- الشهاب : القطعة من النار.
- يسفع : يحرق ويغير.
- أضرع : ذليل.
- الفروغ : الطعنات المتسعة.
- عزالي : جمع عزلاء، وهي فم المزادة.
- يتهزع : يتقطع.
- الجذم : الأصل.
- المدى : الغاية.
- القبل : المواجهة والمقابلة.
- خساس : حقيرة.
- المثري : الغني.
- المقل : الفقير.
- بنات الدهر : حوادثه.
- الآية : العلامة.
- الغلل : جمع غلة، وهي حرارة العطش.
- الجر : أصل الجبل.
- أترت : قطعت.
- الرجل : الأرجل.
- السرابيل : الدروع.
- سريت : جردت.
- الكماة : الشجعان.
- المنتزل : موضع الحرب والنزال.
- النجدة : القوة والشجاعة.
- القرم : الفحل الكريم.
- البارع : المبرز على غيره.
- الملتاث : الضعيف.
- الأسل : الرماح.
- الأقحاف : جمع قحف.
- الهام : الرؤوس.
- البرك : الصدر.
- بنو عبد الأشل : يريد بني عبد الأشهل، فحذف الهاء.
- الرقص : مشي سريع.
- الحفان : صغار النعام.
- العلل : الشرب الثاني.
- النهل : الشرب الأول.
- الخطى : الرماح، نسبة إلى الخط، وهو موضع.
- الأضياح : جمع ضيح، وهو اللبن المخلوط بالماء.
- النيب : جمع ناب، وهي الناقة المسنة.
- العصل : نبات تأكله الإبل فيخرج منها أحمر.
- الرسل : الإبل المرسلة بعضها في إثر بعض.
- فأجأناكم : ألجأناكم.
- الخناطيل : الجماعات من كل شيء.
- كأشداف : جمع شدف، وهي القطع من الناس.
- الملا : المتسع من الأرض.
- يهل : يرتاع، من الهول، وهو الفزع.
- نجزعه : نقطعه عرضا.
- الفرط : ما علا من الأرض.
- الرجل : جمع رجلة، وهو المطمئن من الأرض.
- أيدوا جبريل : أيدوا بجبريل، فحذف حرف الجر.
- الجحجاح : السيد.
- الرفل : الذي يجر ثوبه خيلاء.
- التنابيل القصار : اللئام.
- القنابل : الخيل، الواحدة قنبلة.
- الهبل : الذين ثقلوا لكثرة اللحم عليهم.
- الهمل : الإبل المهملة، التي ترسل في المرعى دون راع.
- ولد : جمع ولد.
- نشجت : بكيت.
- تلجج : من اللجج، وهو الإقامة على الشيء والتمادي فيه.
- الأضوج : جمع ضوج، وهو جانب الوادي.
- شايعوا : تابعوا.
- المنهج : الطريق الواضح.
- الكماة : الشجعان.
- القسطل : الغبار.
- المرهج : الذي علا في الجو.
- الدوحة : الشجرة الكثيرة الأغصان.
- المولج : المدخل.
- حر البلاء : خالص الاختبار.
- بذي هبة : يعني سيفا، وهبة السيف: وقوعه بالعظم.
- الصارم : القاطع.
- سلجج : مرهف.
- عبد بني نوفل : هو وحشي قاتل حمزة.
- يبربر : يصيح.
- الجمل الأدعج : الأسود.
- أوجره : طعنه في صدره.
- الشهاب : القطعة من النار.
- الموهج : الموقد.
- لم يحنج : لم يصرف عن وجهه الذي أراده من الحق.
- الزبرج : الوشي.
- الدرك : ما كان إلى أسفل.
- الدرج : ما كان إلى فوق.
- الأشياع : الأتباع.
- العجيج : الصياح.
- المذكى : المسن من الإبل.
- الصادر : الجماعة الصادرة عن الماء.
- محنج : مصروف عن وجهه.
- الروايا : الإبل التي تحمل الماء.
- غادرنه : تركنه.
- يعجعج : يصوت.
- قسرا : قهرا.
- لم يحدج : لم يجعل عليه الحدج، وهو مركب من مراكب النساء.
- القسطل : الغبار.
- المرهج : المرتفع.
- السورج : المتقد.
- الأوتار : جمع وتر، وهو طلب الثأر.
- المعرك : موضع الحرب.
- المطرد : الذي يهتز، ويعني به رمحا.
- المارن : اللين.
- المخلج : الذي يطعن بسرعة.
- البراح : المتسع من الأرض.
- لم تعنج : لم تكف ولم تصرف.
- المجلحة : الماضية المتقدمة.
- الأجرد : الفرس العتيق.
- الميعة : النشاط.
- دسناهم : وطئناهم.
- المحرج : المضيق عليه.
- ذرفت : سالت.
- شط : بعد.
- النوى : البعد والفرقة.
- مجنبنا : قودنا.
- العناجيج : الطوال الحسان.
- المتلد : الذي ولد عندك.
- النزيع : الغريب.
- اللهام : الجيش الكثير.
- الزغف : الدروع اللينة.
- الضوج : جانب الوادي.
- نقيع : مملوء بالماء.
- الوميض : الضوء.
- الأباء : الأجمة الملتفة الأغصان.
- الذريع : الذي يقتل سريعا.
- عاصبة : لاصقة.
- يعتفين : يطلبن الرزق.
- النجيع : الدم.
- الشعب : الطريق في الجبل.
- السمهري : الرماح.
- شروع : ماثلة للطعن.
- شباة كل شيء : حده.
- وقيع : محدد.
- يجفن : يدخلن جوفه.
- الكماة : الشجعان.
- غال : أهلك.
- الأشطان : الحبال.
- الدلاء : جمع دلو.
- النزوع : جذب الدلو وإخراجها من البئر.
- النزع : المستقى.
- البلقع : القفر الخالي.
- عفاهن : غيرهن ودرسهن.
- الواكف : المطر السائل.
- رجاف : متحرك مصوت.
- هموع : سائل.
- الرواكد : الثوابت.
- كنوع : لاصقة بالأرض.
- النوى : البعد.
- المتينات : الغليظات الشديدات.
- ياسخين : أراد ياسخينة، فرخم.
- حمش : اشتد.
- الوغى : الحرب.
- يردى : يهلك.
- النقع : الغبار.
- عتبة : يعني عثمان بن أبي طلحة.
- الوشيج : الرماح.
- شروع : مائلة للطعن.
- العجاجة : الغيرة.
- النجيع : الدم.
- نقوع : جمع نقع، وهو التراب.
- الضريع : نبات أخضر يرميه البحر.
- الفيفا : القفر الذي لا ينبت شيئا.
- رضوى : اسم جبل.
- الحبيك : الذي فيه طرائق.
- المنطق : المحزم.
- سلع : اسم جبل في ظاهر المدينة.
- الكراديس : جماعات الخيل.
- تمرق : تخرج.
- أحنقوا : أغضبوا.
- البروق : نبات له أصول تشبه البصل.
- السفح : جانب الجبل.
- تخفق : تضطرب وتتحول.
- السجية : العادة. والأبرام: اللئام، الواحد: برم. وأصله الذي لا يدخل مع القوم في الميسر للؤمه. ونرتق: نسد ونصلح
- الحومة : الجماعة. والعف: العفيف
- أفناء القبائل : المختلط منها. والهام: جمع هامة، وهي الرأس
- الجزع : منعطف الوادي. والقاع: المنخفض من الأرض
- الهام : جمع هامة. وهي الطائر الذي يزعم العرب أنه يخرج من رأس القتيل فيصيح، وتزاقى تصيح، ورواية هذه الكلمة في أ: «تزفى». وشاعى: أراد شائع، فقلب
- المفرق : حيث تفرق الشعر فوق الجبهة
- الفروة : بالفاء: معروفة، وتروى: كقروة بالقاف. والقروة: إناء من خشب يحمله الراعي معه
- منتطق : محتزم. والصارم: السيف القاطع
- الرحالة : السرج. والملواح: الفرس الشديدة التي ضمر لحمها، ومثابرة: متابعة. والصريخ: المستغيث. وثوب: كرر الدعاء
- الخور : الضعفاء. والكشف: جمع أكشف، وهو الذي لا ترس له في الحرب. والأوراع جمع ورع. وهو الجبان. ويروى: أوزاع بالزاي، أي متفرقون
- الحبيك : الأبيض طرائقه. وشم: مرتفعة. والعرانين: الأنوف، يصفهم بالعزة
- البهاليل : السادة، الواحد: بهلول. ومسترخ حمائلهم: يعني حمائل سيوفهم، وفيه إشارة إلى طولهم. والدعداع: الضعيف البطيء
- سيرة ابن هشام : إشارة إلى المصدر
- المشرفيات : سيوف منسوبة إلى المشارف، وهي قرى بالشام
- تنبى : يريد تنبئ، فخفف وحذف الهمزة، ويروى ثنيا، أي ثانية على أولى، وهزهز (بالبناء للمجهول) أي حرك. ويروى هزهز (بفتح الهاء) أي تحرك
- الأسلاب : جمع سلب
- خبرت : في أ: بالباء الموحدة
- الوجل : الفزع
- غمرتهم : جماعتهم، والنجيع: الدم، وعانك: أحمر، ويروى: عاند، أي لا ينقطع. والعلق: من أسماء الدم
- جسيدهما : لونهما أو صبغهما، ونفح العروق: ما ترمي به من الدم، ويروى: نفخ العروق بالخاء المعجمة. والورق: الدم المنقطع، ويروى: العرق
- الحدق : جمع حدقة، وهي سواد العين
- الزهق : العيب
- تعاوروا : تداولوا
- ينزو : يرتفع ويشب. والرضف: الحجارة المحماة بالنار
- شهباء : أي كتيبة كثيرة السلاح. وتلحو: تقشر وتضعف، تقول: لحوت العود: إذا قشرته
- العتد : الفرس الشديد. يبذ: يسبق. والرهو: الساكن الين
- ماؤه : أي عرقه. والعطف: الجانب. والزهو: الإعجاب والتكبر
- ربذ : سريع. واليعفور: ولد الظبية، والصريمة: الرملة المنقطعة. وراعه: أفزعه. والدحو: الانبساط
- شنج : منقبض. والنسا: عرق مستبطن الفخذين. وضابط: ممسك. والإرخاء والعدو: ضربان من السير
- القطو : مشي فيه تبختر كمشي القطاة
- كبش الكتيبة : رئيسها. وجلته: أبرزته
- الألباب : العقول
- سراة القوم : خيارهم. والقيل: القول
- لقاح الحرب : زيادتها ونموها، وأصدى اللون: لونه بين السواد والحمرة، ومشغول: من الشغل. ويروى: «مشعول» بالعين المهملة، كذا ورد في (أ) أي متقد ملتهب
- تراح : تفرح وتهتز. والخذم (بضم الخاء): قطع اللحم، (وبفتحها) المصدر. والرعابيل: المنقطعة
- نمريها : نستدرها. وننتجها: من النتاج. والأضغان: العداوات. والتنكيل: الزجر المؤلم
- التراقي : عظام الصدر
- كافحكم : واجهكم. وبشاكلة: أي بطرف. والبطحاء: الأرض السهلة. والترعيل: الضرب السريع
- الهيجاء : الحرب
- الجذم : الأصل. وحمائلهم: أي حمائل سيوفهم. والميل: جمع أميل، وهو الذي لا ترس له والمعازيل: الذين لا رماح معهم، مفردة: معزال
- نحو : في أ: «نحو»
- عمايات القتال : ظلماته. ويروى: غيابات، أي سحابات. والمصاعبة: الفحول من الإبل، واحدها: مصعب. والأدم: الإبل البيض. والمراسيل التي يمشى بعضها إثر بعض
- الطل : كذا في الأصول. وفي شرح السيرة: «الطل» وهو المطر الضعيف
- ألثقها : بلها. والرذاذ: المطر الضعيف. والجوزاء: اسم لنجم معروف. والمشمول: الذي هبت فيه ريح الشمال
- السابغة : الدرع الكاملة. والنهى: الغدير من الماء
- قيامها : كذا في أوشرح السيرة. وقيامها، أي القائم بأمرها ومعظمها. وفلج: نهر. وفي سائر الأصول «فثامها فلح»
- البهلول : الأبيض
- خاسئة : ذليلة
- سلع : جبل
- يعفو : يدرس ويتغير. والسلام: الحجارة. ومطلول: أي لم يؤخذ بثأره
- القنص : الصيد، وشطر المدينة: نحوها وقصدها
- الميل : الذين لا تراس معهم
- ما يجن لا نجن : في أ: «ما يجن لا نجن»
- أضاف : نزل وزار
- الوهن : الضعيف، والسئوم: الملول
- الحولي : الصغير، وأندبتها: أثرت فيها، من الندب، وهو أثر الجرح. والكلوم: الجراحات
- اللجين : الفضة
- خالي : يريد به مسلمة بن مخلد بن الصامت. والجابية: الحوض الصغير. والجولان: موضع بالشام
- مخطوم : مكسور
- وسطت : توسطت، والذوائب: الأعالي
- سميحة : بئر بالمدينة، كان عندها احتكام الأوس والخزرج في حروبهم إلى ثابت بن المنذر والد حسان بن ثابت
- غطا : ويروى. غطا «بتخفيف الطاء»، أي علا وارتفع
- زادت م، ر : زادت م، ر، بعد هذا البيت: إن دهرا يبور فيه ذوو العلم ... لدهر هو العتو الزنيم
- السب : هو الذي يقاوم الرجل في السب، ويكون شرفه مثل شرفه
- نب : صاح. ولحاني: ذكرني عائبا
- الصميم : الخالص النسب
- الرعاع : الضعفاء
- العانك : الأحمر
- شعوب : اسم للمنية
- لواذا : مستترين. والحلوم: العقول
- العواتق : جمع عاتق، وهو ما بين الكتف والعنق. والنجوم: المشاهير من الناس
- هذه العبارة : من قوله «قال ابن هشام» إلى هنا ساقطة في أ
- زيادة عن أ : زيادة عن أ
- المذبب : الدافع، يقال ذبب عن حرمه: إذا دفع عنها. وابن فاطمة: يريد علي بن أبي طالب رضي الله عنه، وأمه فاطمة بنت أسد بن هاشم، وهي أول هاشمية ولدت لهاشمي، والمعم: الكريم الأعمام والمخول: الكريم الأخوال
- المجدل : اللاصق بالأرض
- الباسل : الشجاع. والجر: أصل الجبل. ويهوون: يسقطون. وأخول أخولا: أي واحد بعد واحد
- الشجو : الحزن، ورواية هذا البيت في أ يا مي قومي فاندبن ... بسحرة شجو النوائح
- الملحات : الثابتات التي لا تبرح. والدوالح: التي تحمل الثقل
- المعولات : الباكيات بصوت. والخامشات: الخادشات
- الأنصاب : حجارة كانوا يذبحون لها، ويطلونها بالدم
- المسائح : ذوائب الشعر، الواحدة: مسيحة
- الشمس : النوافر، وهي جمع شموس، والروامح: التي ترمح بأرجلها، أي تدفع عنها
- مشرور : كذا في شرح السيرة. ومشرور: مفتول وهو تصحيف، وفي جميع الأصول: «مشرور» بالراء المهملة، من شرى اللحم يشره شرى إذا وضعه على خصفة أو نحوها ليجف
- يذعذع : يغرق (بالبناء للمجهول) فيهما. والبوارح: الرياح الشديدة
- مسلبات : (بفتح اللام وكسرها) اللائي يلبسن السلاب، ثياب الحزن. ومن رواه بالتخفيف فهو بذلك المعنى. وكدحتهن: أثرت فيهن، والكوادح: نوائب الدهر
- مجل : أي جرح ندي. وجلب: جمع جلبة، وهي قشرة الجرح التي تكون عند البرء. وقوارح: موجعة
- أقصد : أصاب. والحدثان: حادث الدهر، ونشايح: نحذر
- غالهم : أهلكهم: وألم: نزل
- بوارح : في شرح السيرة: بوارح (بالباء). والبوارح: الأحزان الشديدة
- المسالح : القوم الذين يحملون السلاح، ويحمون المراقب لئلا يطرقهم العدو على غفلة، وهو مشتق من لفظ السلاح
- صر : ربط. واللقائح: جمع لقحة بالكسر، وهي الناقة لها لبن. وقد وردت هذه الكلمة في أ: اللقالح (باللام) وهو تحريف
- المناخ : المنزل. وتلامح: أي تنظر بعينها نظرا سريعا ثم تغضها
- اللاقح من الحروب : التي يتزيد شرها
- yanqur : Perce, creuse ; ici au sens figuré de 'rechercher'.
- العماية : السحابة
- الخرس : التي لا صوت لها، ويعنى بها السيوف
- الكماة : الشجعان
- الجلاد : المضاربة بالسيوف
- القرن : بفتح القاف: الأمة من الناس. وبكسر القاف: الذي يقاوم في شدة أو قتال أو علم
- المنديات : المخزيات يندى منها الجبين والأمور الشنيعة
- تبجست : نطقت وأكثرت، كما يتبجس الماء، إذا تفجر وسال
- الخنا : الكلام الذي فيه فحش
- السفح : جانب الجبل مما يلي أصله
- النمر : جمع نمر، وهو معروف
- حامي الذمار : أي يحمي ما تجب حمايته
- التبب : الخسران
- الرجف : التحرك. والرعب: الفزع
- لم يطبع : لم يخلق
- جالوا : تحركوا. وفاءوا: رجعوا. ونثفنهم: نتبعهم. ولم نأل: لم نقصر
- النصب : حجارة كانوا يذبحون لها ويعظمونها
- أبو يعلى : كنية حمزة رضي الله عنه. والماجد: الشريف
- الدائلة : الحرب
- الغليل : حرارة العطش والحزن
- حائمة : مستديرة، يقال: حام الطائر حول الماء، إذا استدار حوله
- خرا : سقطا
- مجلعبا : ممتدا مع الأرض. والحيزوم: أسفل الصدر. واللدن الرمح اللين. والنبيل: العظيم
- الواهل : الفاقدة. والعبري: الكثيرة الدمع. والهبول: الفاقدة (أيضا)
- النأى : البعد
- تحامى : تمنع. والأشبل: جمع شبل، وهو ولد الأسد
- لم ينكل : لم ينقص
- عور الكلام : قبيحه والفاحش منه. واحدة: عوراء. ولا تأتلى: لا تقصر
- أزرى : قصر، يقال أزريت بالرجل، إذا قصرت به، وزريت على الرجل، إذا عبت عليه فعله، والسهد: عدم النوم. والرمد: وجع العين
- لا جداء : لا منفعة ولا قوة. وتلظت: التهبت
- قاطبة : جميعا. والنشد: جمع نشدة، وهي اليمين
- استحصدت : تقوت واستحكمت، مأخوذ من قولك: حبل محصد، إذا كان شديد الفتل محكمه
- القوانس : أعالى بيض السلاح. والمحبوكة: الشديدة. والسرد: المنسوجة. يريد: الأدرع
- الجرد : الخيل العتاق. وشازبة: ضامرة شديدة اللحم. والحدأ: جمع حدأة. وتؤد: ترفق وتمهل
- صخر : اسم أبي سفيان. وغاب: جمع غابة وهي موضع الأسد. وهاصر: كاسر، أي يكسر فريسته إذا أخذها. وحرد: غاضب
- مجدلة : صرعى على الأرض. واسم الأرض الجدالة. وأصرده: بالغ في برده. والصرد: البرد. والصردح: المكان الصلب الغليظ
- وقصد : قطع متكسرة
- القرم : السيد. وثكلى: حزينة فاقدة. وحز: قطع (بالبناء للمجهول فيهما)
- يكبو : يسقط. والجدية: طريقة الدم. والعجاج: الغبار. والثعلب (هنا): ما دخل من الرمح في السنان. وجسد: قد يبس عليه الدم
- الحوار : ولد الناقة. والناب: المسنة من الإبل. والشرد: النافرة
- مجلحين : مصممين لا يردهم شيء. والعوصاء: عقبة صعبة تعتاص على سالكها. والكؤد جمع كؤود وهي عقبة صعبة المرتقى
- السالبة : التي لبست السلاب، وهو ثياب الحزن. وقدد: قطع، يعني أنها مزقت ثيابها
- الملحمة : الموضع الذي تقع فيه القتلى في الحرب. وتفد: تقدم وتزور
- زعبة : كذا وقع هنا بالنون، وزعبة، بالزاي والعين المهملة والباء المنقوطة بواحدة من أسفلها، كذا قيده الدارقطني
- يعدو : يسرع. والهزم (بضم الهاء وفتح الزاي): اسم فرس، ويروى: الهزم (بفتح الهاء وكسر الزاي) وهو الكثير الجري
- الذمار : ما يحب على المرء أن يحميه
- الذمة : العهد
- المهامة : جمع مهمه. وهو القفر. والمدلهمة: الشديدة السواد
- جمة : كثيرة
- أرحب هلا : كلمتان لزجر الخيل
- الجحفل : العظيم
- النأى : البعد. ولا تصرف: لا ترد، ويريد التحية، ودل على ذلك قوله «حي»
- يصرف : يغلق فيسمع له صوت
- عاجوا : عطفوا وأقاموا
- سراتهم : خيارهم. العزل: الذين لا سلاح لهم. جمع أعزل
- الصبوح : شرب الغداة. يعني أنهم يسقونهم كأس المنية ومنجلى: منكشف. وفي رواية: «صباحا»
- الأعجم : الذي لا يفصح
- الصبا : ريح شرقية. ومسيري: أي غيابي
- المدرة : الذي يدفع عن القوم. ويذود: يمنع
- الشلو : البقية. تعتادني: تتعاهدني
- النعي : يروى بالرفع على أنه فاعل، ومعناه الذي يأتي بخبر الميت، كما يروى بالنصب على أنه مفعول، ومعناه النوح والبكاء بصوت
- الإبساس : أن تمسح ضرع الناقة لتدر، وتقول لها: بس بس، وقد استعارت هذا المعنى للدمع الفائض بغير تكلف
- الأباس : الشديد الذي يغلب غيره. وفي الأصول: «لباس» وهو صيغة مبالغة للذي يلبس أداة الحرب
- البديهة : أول الرأي والأمر. وميمون النقيبة: مسعود الفعال. والألوية: جمع لواء، وهو العلم
- أودى : هلك. والمطعم الكاسي: الجواد الذي يطعم الناس ويكسوهم
- اقنى حياءك : الزمي حياءك
- يوم الروع : يوم الفزع، وهو يوم البأس والقتال
- البلابل : الأحزان. وجمة: كثيرة
- إلى هنا انتهى الجزء الثاني عشر من أجزاء السيرة : إشارة إلى نهاية جزء من كتاب السيرة النبوية
- وعلى هذه الرواية اقتصر الصحاح والقاموس وشرح المواهب : إشارة إلى كتب معجمية وشرحية
- قيل: إنهم كانوا عشرة : إشارة إلى عدد الصحابة في غزوة الرجيع
- في ر: «عامر» : رواية أخرى لاسم أحد الصحابة
- قيل إن الرسول صلى الله عليه وسلم أمر عليهم عاصم بن ثابت : إشارة إلى أمير سرية الرجيع
- الهدأة : موضع بين عسفان ومكة
- استصرخوا : استنصروا
- النابل : صاحب النبل. ويروى: «بازل» وهو القوي. وعنابل (بالضم): غليظ شديد
- المعابل : جمع معبلة، وهو نصل عريض طويل
- حم الإله : قدره. وآثل: صائر
- المقعد : رجل كان يريش النبل. والضالة: شجر تصنع منه القسي والسهام، والجمع: ضال ويعني بالضالة (هنا): القوس
- النواجي : الإبل السريعة. ويروى: «النواحي،» بالحاء المهملة. وافترشت: عمرت، والمجنأ: الترس لا حديد فيه. والأجرد: الأملس
- الدبر : الزنابير والنحل
- زيادة عن أ : إشارة إلى زيادة في نسخة
- الظهران : واد قرب مكة
- القران : الحبل يربط به الأسير
- التنعيم : موضع بمكة في الحل، وهو بين مكة وسرف على فرسخين من مكة
- تروى بالراء وبالواو : إشارة إلى اختلاف في رواية اسم
- وقيل: هو أبو حسين بن الحارث بن عدي بن نوفل بن عبد مناف : إشارة إلى اسم آخر لأحد الصحابة
- بددا : متفرقين
- زيادة عن أ : إشارة إلى زيادة في نسخة
- هذه العبارة ساقطة في أ : إشارة إلى سقوط عبارة في نسخة
- في القصيدة ما يرجح أن اسمه عدي : إشارة إلى اسم شاعر
- يقول إن فيه حدة لأعدائه ولينا لأوليائه، والألد: شديد الخصومة. وذا معلاق: أي أنه يتعلق بحجة خصمه : شرح لصفات شخص
- ذا مغلاق: أي أنه يغلق الكلام على خصمه، فلا يقدر أن يتكلم معه : شرح لصفة أخرى
- أبن : أقام بالمكان ولم يفهم الخصومة.
- الهامة : طائر تزعم العرب أنه يخرج من رأس القتيل ويطلب السقيا حتى يؤخذ بثأره.
- ألبوا : جمعوا وحضضوا.
- الجحم : الملتهب المتقد، ومنه الجحيم.
- ملفع : مشتمل عام، من تلفع بالثوب أي اشتمل به.
- أرجو : أخاف، لغة في الرجاء بمعنى الخوف.
- التخشع : التذلل.
- القلق : المتحرك الساقط.
- الفشل : الجنان الضعيف القوة.
- النزق : السيئ الخلق.
- الرّفق (بضم الراء والفاء) : جمع رفيق.
- أوعث : اشتد فساده.
- الرّفق (بفتح الفاء) : جمع رفقة (بضم الراء وكسرها).
- منسكب : سائل.
- لم يؤب : لم يرجع.
- السجية : الطبيعة.
- المحض : الخالص، هنا خلوص النسب.
- المؤتشب : المختلط.
- العلات : المشقات.
- نص : رفع (بالبناء للمجهول)، من النص في السير وهو أرفعه.
- الطية : ما انطوت عليه نيتك.
- كهيبة : اسم علم لأمهم، من الكهبة وهي الغبرة، كناية عن السفلة.
- لقحت : ازداد شرها.
- محلوبها : لبنها.
- الصاب : العلقم.
- تمرى : تمسح.
- المعصوصب : الجيش الكثير.
- اللجب : الكثير الأصوات.
- القرم : السيد، وأصله الفحل من الإبل.
- الماجد : الشريف.
- ألوى : شديد الخصومة.
- الزعنفة : الذين ينتمون إلى القبائل ويكونون أتباعا لهم.
- عدس : قبيلة من لقيم.
- دلوك : غروك، من دله بغرور.
- الخلف (بضمتين) : الخلف (بضم فسكون)، ضمت لامه إتباعا.
- الضيم : الذل، والمراد ذو ضيم فحذف المضاف.
- أجلبوا : اجتمعوا وصاحوا.
- شراه : باعه، من الأضداد.
- لهاذما (بالذال) : جمع لهذم، وهو القاطع من السيوف.
- لهاذما (بالزاي) : الضعفاء والفقراء.
- اللهزمتين : مضغتان في الحنك، شبهوا بها لحقارتها.
- لحيان : ابن هذيل بن مدركة بن إلياس بن مضر.
- سالت : لغة في سألت، بتخفيف الهمزة أو لغة مستقلة.
- الحرب : السلب، يقال حرب الرجل إذا سلب.
- الخلال : الخصال.
- شانت : عابت.
- صلوا بقبيحها : أصابهم شرها.
- جرامون : كاسبون.
- صميم القوم : خالصهم في النسب.
- الزمعان : جمع زمع، وهو الشعر فوق الرسغ.
- دبر : خلف.
- القوادم : الأيدي، لأنها تقدم الأرجل.
- الأبابيل : الجماعات، واحدها إبيل.
- الدبر : الزنابير، ويقال للنحل أيضا.
- الشمس : المدافعة.
- الملاحم : جمع ملحمة، وهي الحرب.
- المأتم : جماعة النساء في الخير والشر، هنا في المناحة.
- الصولة : الشدة.
- المخارم : مسايل الماء التي يجري فيها السيل.
- البوار : الهلاك.
- لحي : أضعف وبالغ في أخذهم، من لحوت العود إذا قشرته.
- اللفاء : الشيء الحقير اليسير.
- العفاء : الدروس والتغير.
- تغترى : يغرى بعضها بعضا.
- أذعر : أفزع.
- الغادي : المبكر.
- الجهام : السحاب الرقيق.
- الإفاء : الغنيمة.
- الجداء : جمع جدي.
- المشوب : العكر المختلط بغيره.
- ar-rawī : La lettre de rime, dernière lettre du vers sur laquelle repose la rime.
- bā' : La lettre ب (b) de l'alphabet arabe.
- at-tawjīh : Défaut de rime où la lettre précédant le rawī varie d'un vers à l'autre.
- الأهيضب : Lieu élevé.
- غودى : Nom d'un lieu.
- الودي والمكمم : Al-Wadī : les petits palmiers. Al-Mukammam : celui dont la spathe est sortie.
- الصلا ويرمرم : Deux lieux.
- مساعير والوشيج : Masā‘īr : ils attisent la guerre. Al-Washīj : les lances.
- تليد والندى والحجون : Talīd : ancien. An-Nadā : générosité. Al-Ḥajūn : lieu à La Mecque.
- فدينوا وتجسم وتسمو : Fadaynū : obéissez. Tatajassam : s'agrandir. Tasmu : s'élever.
- المرجم : Ce qui est supposé sans certitude.
- الملمم : Rassemblé.
- روح القدس وينكى عدوه والمعلم : Rūḥ al-Qudus : Gabriel. Yanakā ‘aduwwahu : il exagère dans son préjudice. Al-Ma‘lam : lieu élevé et dominant.
- لم يتلعثم : Il n'a pas tardé ni hésité.
- حمه : Son destin.
- لم أصدف : Je n'ai pas détourné.
- المقامة : Lieu de séjour.
- الموعدوه والسفاة ولم يعنف : Al-Maw‘idūhu : ceux qui le menacent. As-Sufāt : les égarés. Lam yu‘annif : il n'a pas agi autrement qu'avec douceur.
- الأجنف : Celui qui penche d'un côté.
- بأبيض والهبة والمرهف : Bi-abyad : une épée. Al-Hība : l'orgueil. Al-Murhaf : tranchant.
- معولات وينعى وتذرف : Mu‘awwilāt : pleurant à voix haute. Yun‘ā : on annonce la nouvelle de sa mort. Tadhruf : couler avec des larmes.
- اظعنوا والدحور وعلى رغم الآنف : Iẓ‘anū : partez. Ad-Duḥūr : humiliation. ‘Alā raghmi l-ānif : dans l'humiliation. Al-Ānif : pluriel de anf.
- الغربة والزخرف : Al-Ghurba (ḍamma) : exil ; (fatḥa) : éloignement. Az-Zukhruf : parure et agrément.
- أذرعات وردا في وذو دبر أعجف : Adhru‘āt : lieu en Syrie. Rudāfā fī : se suivant. Dhū dabarin a‘jaf : chameau maigre et blessé.
- يديل : De dawla : une part.
- الأحلاف : Pluriel de ḥalīf : compagnon.
- الحسام المرهف : L'épée tranchante.
- الكمي والقرن : Al-Kummī : le brave. Al-Qarn : celui qui te résiste.
- صخر : Abū Sufyān ibn Ḥarb.
- ترج والغيل والهاصر والأجوف : Tarj : montagne du Ḥijāz. Al-Ghayl : repaire du lion. Al-Hāṣir : briseur de proie. Al-Ajūf : au grand ventre.
- الحبور : Pluriel de ḥibr : savants juifs.
- جدير : Digne, méritant.
- مشهرة ذكور : Épées dégainées, fortes et tranchantes.
- أبارهم واجترموا : Ābārahum : les a détruits. Ijtaramū : ont acquis.
- الرهو : Marcher calmement.
- السلم : La paix.
- الوبال : Le châtiment.
- عامدين وقينقاع : ‘Āmidīna : se dirigeant vers. Qaynuqā‘ : tribu juive.
- أرقت وضافني : Ariqtu : le sommeil m'a fui. Ḍāfanī : est descendu chez moi.
- النجيع والمدارع والعبير : An-Najī‘ : sang frais. Al-Madāri‘ : pluriel de midra‘a, vêtement de laine. Al-‘Abīr : safran.
- العتائر : Pluriel de ‘atīra : bête égorgée.
- لا تليق : Ne reste pas.
- صخر : Abū Sufyān ibn Ḥarb.
- لم يتصدعوا : Ne se sont pas dispersés.
- الظعائن : Les femmes dans les palanquins.
- الشطاة : Un lieu.
- تيأب : Un lieu.
- العين : Pluriel de ‘aynā’ : femme aux grands yeux.
- تبالة ويصبين : Tabāla : lieu du Yémen. Yuṣabbīna : font perdre la raison.
- المولى : L'allié et le compagnon.
- الشجو : La tristesse.
- أرينق ولم تعول والمسهب : Urayniq : lieu. Lam ta‘wil : tu n'as pas élevé la voix. Al-Mus’hab : au visage altéré.
- الصداد وثعلبا : Aṣ-Ṣaddād : celui qui détourne. Tha‘laban : très rusé.
- المؤثل : L'ancien.
- مجدب : De jadb : sécheresse.
- ترتب : S'est fixé.
- الصريح والكاهنان : Aṣ-Ṣarīḥ : au lignage pur. Al-Kāhinān : deux tribus juives.
- خير مغبة : Meilleure conséquence.
- نكب : A dévié.
- الأغلب : Le fort.
- طاح والعنوة : Ṭāḥa : a péri. Al-‘Anwa : contrainte.
- الحزن وأكدى : Al-Ḥazn : lieu élevé. Akdā : n'a pas réussi.
- حان : A péri.
- إن الله أعقبا : Dieu a apporté la victoire.
- نخل : Lieu du Najd.
- يكبته الله : Il l'humilie et le réprime.
- يواهق ناقته : Il la talonne.
- صرار : Lieu à trois milles de Médine.
- النمارق : Pluriel de numruqa : petit coussin.
- al-Ḥarra : Bataille de la Ḥarra (63 H/683), affrontement entre les troupes omeyyades de Yazīd Ier et les habitants de Médine qui s'étaient révoltés.
- athbata : Verbe signifiant « il a été atteint, blessé » ; ici, il indique une blessure grave.
- al-Zubayr : Nom propre, avec fatḥa sur le zāy et kasra sur le bā', désignant un ancêtre ou une personne.
- al-arb : Pluriel de arba, nœud très serré.
- arba : Nœud très serré.
- al-azb : Très étroit.
- al-adab : Altération probable de al-arb.
- sawābigh : Pluriel de sābigha, cotte de mailles complète.
- ictalatha rajulun zandan : Il a pris un morceau de bois d'un arbre dont on ne sait s'il est tendre ou non, pour décrire sa bonne préparation au combat.
- al-ashamm : Le puissant, littéralement 'au nez élevé'.
- al-shamam : Élévation de l'arête du nez.
- badā : Apparut.
- nadā : Variante de badā, apparut.
- nadā al-sawt : La voix s'éleva.
- yurā : On voit.
- al-jaz‘ : Côté de la vallée, partie courbe.
- al-mudhakkā : Celui qui a atteint l'extrême en force.
- ṣubā al-sayf : Milieu de l'épée.
- al-nijād : Baudrier de l'épée.
- jaza‘a : Couper.
- al-madhād : Lieu, probablement un toponyme.
- Yalīl : Vallée à Badr.
- al-mirra : Force, puissance.
- al-shikka : Armure.
- lam yankul : Il n'a pas reculé par peur ou crainte.
- takannafahu : L'entoura.
- wa laysa bi-mu’talī : Il n'est pas négligent.
- Sala‘ : Montagne près du marché de Médine.
- al-naks : Homme faible.
- al-amyal : Celui qui n'a pas de lance ou de bouclier.
- al-mu‘ḍil : Affaire difficile.
- lam yataḥalḥal : Il n'a pas bougé de sa place.
- tan‘al : Elle porte des fers en fer pour se renforcer.
- ajalat : Elles se sont dispersées et ont tourné le dos.
- tasūmu : Elle demande et impose.
- al-a‘zal : Celui qui n'a pas d'armes.
- al-ḍirghām : Lion.
- al-hazīr : Fort.
- al-shibl : Petit du lion.
- al-‘aṭf : Côté.
- al-qarn : Celui qui te résiste dans la force ou le combat.
- al-thanā : Bonne renommée.
- al-nathā : Variante de al-thanā.
- taqda‘u : Elle retient.
- al-qarqara : Son des chameaux mâles.
- al-buzl : Chameaux forts.
- al-waghl : Homme corrompu.
- fa‘anka : Verbe d'action signifiant 'éloigne-toi'.
- al-najd : Courageux.
- yasūmuhu : Il lui impose.
- khāma : Il a lâché et reculé.
- lam yunẓar : Il n'a pas été accordé de délai ni de répit.
- lam taqṣur : Elle n'a pas cessé.
- al-ḥusr : Pluriel de ḥāsir, celui qui n'a pas de cotte de mailles.
- ḥāsir : Celui qui n'a pas de cotte de mailles.
- al-khashr : Les faibles parmi les gens.
- al-khasr : Pluriel de khāsir, perdant.
- khāsir : Perdant.
- al-mughalghala : Lettre portée d'un pays à un autre.
- takhabbu : Elle va vite.
- sajamat : Elles ont coulé.
- thawā : Il a séjourné.
- al-ma‘rak : Lieu du combat.
- dhuwārī al-dam‘ : Qui fait couler les larmes.
- al-wajd : Tristesse.
- al-ghabrā’ : La tombe, littéralement 'la terreuse'.
- al-laḥd : Creux latéral dans la tombe pour le mort.
- ḥumma : Il a été décrété (voix passive).
- tahāfatat : Elles sont tombées rapidement.
- banāt al-ḥashā : Le cœur et les organes internes.
- inhalla : Il a coulé et s'est déversé.
- al-ṣabāba : Tendresse du désir.
- ikhwa : Frères.
- maḍaw : Ils sont partis.
- nufay‘ : Nom propre.
- balāqi‘ : Déserts vides.
- fa-mā baddalū ḥattā tawāfū jamā‘a : Ils n'ont pas changé jusqu'à ce qu'ils se rencontrent en groupe.
- nakalū : Ils sont revenus effrayés.
- al-maṣāri‘ : Lieux de chute des tués.
- wa-mashhadunā fī Allāh : Et notre témoignage en Dieu.
- balā’unā : Notre épreuve.
- nāqi‘ : Ferme, constant.
- al-qadam al-ūlā : La priorité, le premier pas.
- khalafunā : Notre postérité.
- fī ṭā‘a : Dans l'obéissance.
- fī yawm banī Qurayẓa : Le jour des Banū Qurayẓa (bataille).
- mā sā’ahā : Ce qui l'a contrariée.
- mā sā’ahā : Forme inversée de mā sā’ahā.
- ra’ā et rā’a : Verbes signifiant 'voir' et 'être mauvais', utilisés par inversion.
- al-khayl al-mujannaba : Les chevaux menés en main.
- tu‘ādī : Elles courent et vont vite.
- al-‘abīr : Safran.
- taḥūmu : Elles se rassemblent en tournoyant.
- yudānu : Il est rétribué.
- yadīnu : Il juge ou il est jugé.
- al-‘anad : S'écarter de la vérité.
- kadhālika dīnu dhī al-‘anadi al-fakhūr : Ainsi est la religion de celui qui s'écarte et se vante.
- al-nadhīr : Avertissement.
- falāhuhum : Les tuer avec les épées.
- al-ṣalīl : Bruit, son.
- tafāqada ma‘shar : Ils se sont perdus les uns les autres (imprécation).
- ta‘āhada : Ils se sont engagés mutuellement.
- būr : Perdition, morts.
- sarāt al-qawm : Les meilleurs du peuple.
- al-buwayra : Lieu des Banū Qurayẓa.
- al-ṭarā’iq : Les côtés.
- al-sa‘īr : Feu ardent.
- al-nuzuh : Éloignement.
- taḍīru : Elle nuit.
- taṣīru : Elle fend et coupe.
- al-mawālī : Les alliés.
- Ḥuḍayr et Usayd : Deux tribus.
- Mīṭān : Montagne de Médine avec un puits.
- al-rathth : Usé.
- al-duthūr : Effacé et changé.
Les notes et commentaires
الكاهنان: حيان. والخضارمة: الأجواد الكرماء، الواحد: خضرم 1. البدور: الشهور والدهور 2. عور: جمع أعور 3. هذه العبارة ساقطة في أ. يتصاولان: يتفاخران، إذا فعل أحدهما شيئا فعل الآخر مثله 4. غناء: منفعة 5. العجلة: جذع النخلة ينقر في موضع منه ويجعل كالسلم فيصعد عليه إلى العلالي والغرف 6. أسندوا فيها: علوا 7. في م، ر: «إليها» وهو تحريف. المجاولة: حركة تكون بينهم وبينه 8. نوهت بنا: رفعت صوتها تشهر بنا. ويروى: فوهت 9. في أ: «البيت». القبطية (بضم القاف وكسرها): ضرب من الثياب البيض تصنع بمصر 10. وثئت: أصاب عظمها شيء ليس بكسر، وقيل: هو أن يصاب اللحم دون العظم 11. المنهر: مدخل الماء من خارج الحصن إلى داخله 12. فاظ: مات 13. العصابة: الجماعة 14. البيض الرقاق: السيوف. ومرحا: نشاطا. والعرين: غابة الأسد. ومغرف: ملتف الأغصان 15. ذفف: سريعة القتل 16. كذا في أوديوان حسان. وفي سائر الأصول: «مستنصرين». مجحف: يذهب بالأموال والأنفس 17. في أ: «تعلموا». في أ: «لرأى». الأدم: الجلد 18. أجزأت عنها: كفتها 19. كذا في شرح السيرة. وفي الأصول: «الميسم». قال أبو ذر: «ومعناه: تبين الطريق ووضح. وأصل المنسم: خف البعير، ومن رواه الميسم، فهو الحديدة التي توسم بها الإبل وغيرها والمنسم (بالنون) هو الصواب» 20. يجب: يقطع 21. يحت: يسقط 22. كذا في أ. وفي سائر الأصول: «خلفنا». يريد «بالمقبل»: موضع تقبيل الحجر الأسود 23. المؤثل: القديم 24. الدهيم: من أسماء الداهية. والمعضل: الشديد 25. إلى هنا ينتهي الجزء الرابع عشر من أجزاء السيرة. كذا في أ، ط. وفي سائر الأصول: «بسم الله الرحمن الرحيم قال حدثنا أبو محمد عبد الملك ابن هشام قال حدثنا زياد بن عبد البكائي عن محمد بن إسحاق المطلبي قال». الغرة: الغفلة 26. كذا في شرح المواهب ومعجم البلدان. وفي الأصول: «مخيض» وهو تصحيف. صفق: عدل 27. بين (بالكسر) كما ضبطه ياقوت في معجمه، وبالفتح أو التحريك، كما ضبطه الزرقاني نقلا عن غيره: واد قرب المدينة 28. صخيرات اليمام: منزل رسول الله صلى الله عليه وسلم إلى بدر. وهو بين السيالة وقريش وقد ذكر في معجم البلدان «صخيرات الثمام، بالثاء، وأشير فيه إلى هذه الرواية. وذكر الزرقاني بالثاء ولم يشر إلى الرواية الثانية» وفي رواية بشرح القاموس: «صحيرات» 29. أغذ: أسرع 30. كراع الغميم: موضع بناحية الحجاز بين مكة والمدينة، وهو واد أمام عسفان بثمانية أميال (عن معجم البلدان) 31. وذكر ابن سعد أنه حين نزل رسول الله صلى الله عليه وسلم عسفان بعث أبا بكر مع عشرة فوارس لتسمع بهم قريش فيذعرهم، فأتوا كراع الغميم ولم يلقوا كيدا. قال الزرقاني: «ويمكن الجمع بأنه بعثهما ثم بعث أبا بكر في العشرة، أو عكسه». وعثاء السفر: مشقته وشدته 32. الكآبة: الحزن 33. تناظروا: انتظروا. والعصب: الجماعات 34. السرعان: أول القوم. والسرب (بفتح السين): الطريق. والسرب (بكسر السين): النفس وكلا المعنيين محتمل. والروع: الفزع. والطحون: الكتيبة تطحن كل ما تمر به. والمجرة: نجوم كثيرة يختلط ضوءها في السماء، والفيلق: الكتيبة الشديدة 35. الوبار: جمع وبر، وهي دويبة على قدر الهرة، تشبه بها العرب الضعيف. والشعاب: جمع شعب، وهو المنخفض من الأرض. وحجاز: أرض مكة وما يليها. ويروى: «حجان» بالنون، أي معوجة، كما روى: «حجار» وهو جمع حجر. وغير ذي متنفق: أي ليس له باب يخرج منه وأصله من النافقاء، وهو أحد أبواب حجرة اليربوع 36. وقيل إن الذي أغار هو عبد الرحمن بن عيينة. اللقاح: الإبل الحوامل ذوات الألبان 37. الغابة: موضع قرب المدينة من ناحية الشام، فيه أموال لأهل المدينة (راجع معجم البلدان) 38. هذا الرجل الغفاري هو ابن أبي ذر، كما صرح بذلك ابن سعد. واسم امرأته ليلى. ذو قرد: ماء على نحو بريد من المدينة مما يلي بلاد غطفان، وقيل على مسافة يوم منها 39. بين رجال السير خلاف في وقت هذه الغزوة عرض له الزرقاني في شرح المواهب، في شيء من التفصيل. نذر: علم 40. الرضع: جمع راضع، وهو اللئيم: والمعنى: اليوم يوم هلاك اللئام 41. كذا في أكثر الأصول والاستيعاب. وفي أ: «الأخزم». في الاستيعاب: «فهيرة». الفرس الصنيع: الذي يخدمه أهله ويقومون عليه 42. اللكيعة: اللئيمة 43. الآرى: الحبل الذي تشد به الدابة، وقد يسمى الموضع الذي تقف فيه الدابة آريا أيضا 44. كذا في أوالاستيعاب والمشتبه والقاموس. وفي سائر الأصول هنا وفيما سيأتي «محرز» وهو تصحيف. قال السهيلي: «البعزجة»: شدة جري في مغالبة، كأنه منحوت من «بعج» إذا شق، و «عز» أي غلب 45. قال السهيلي: «وأما سبحة فمن سبح، إذا علا علوا في اتساع، ومنه: سبحان الله» 46. كذا في أكثر الأصول. قال السهيلي: «وحزوة: من حزوت الطير، إذا زجرتها، أو حزوت الشيء، إذا أظهرته». وفي أ: «حزورة». مسجى: مغطى 47. استرجع الناس: قالوا: إنا لله وإنا إليه راجعون. 2: 156 48. في الطبقات: «أثار» بضم الهمزة. يغبقون: يسقون اللبن بالعشي 49. هي ليلى امرأة ابن أبي ذر، وقد تقدم ذكرهما. اسم هذه الناقة: العضباء. (راجع شرح المواهب) 50. أضمر ذكر الخيل، وإن لم يتقدم لها ذكر، لأن الكلام يدل عليها. والنسور: ما يكون في باطن حافر الدابة، مثل الحصى والنوى. وساية: موضع، وقد تقدم شرحه 51. المدجج (بفتح الجيم وكسرها): الكامل السلاح. والماجد: الشريف 52. أولاد اللقيطة: الملتقطون الذين لا يعرف آباؤهم. والسلم (بفتح السين وكسرها): الصلح 53. الجحفل: الجيش الكثير. واللجب: الكثير الأصوات، ولا يكون إلا عن كثرة عدده، وشكوا: طعنوا. وبداد: من التبدد، وهو التفرق 54. الراقصات: الإبل، والرقص: ضرب من مشيها. والأطواد،: الجبال المرتفعة. والمخارم: الطرق بين الجبال 55. كذا في أكثر الأصول. ونبيل: نجعلها تبول. وفي أ: «نئيل». العرصات: جمع عرصة، وهي وسط الدار. ونئوب: نرجع: والملكات: النساء يسبين في الحرب 56. الرهوب: المشي في سكون. ومقلص: مشمر. وطمرة: فرس وثابة سريعة. والمعترك: موضع الحرب. ورواد، قال أبو ذر: من رواه بفتح الراء فمعناه: سريعات، من ردى الفرس يردي، إذا أسرع، ومن رواه بكسر الراء، فهو من المشي الرويد، وهو الذي فيه فتور 57. دوابرها: أواخرها. ولاح: غير وأضعف. ومتونها: ظهورها، والطراد: مطاردة الأبطال بعضهم بعضا 58. ملبونة: تسقى اللبن. ومشعلة: موقدة 59. تجتلى: تقطع. والجنن: جمع جنة، وهي السلاح. والمرتاد: الطالب للحرب 60. الأسداد: جمع سد، وهو ما يسد به على الإنسان فيمنعه عن وجهه 61. كذا في أ. وعباد: أي عبيد. وفي سائر الأصول: «عناد». زارها، أي المدينة 62. عفت: كرهت. وآنست: أحسست ووجدت 63. الشد: الجري. ولم يكشفوا عن ملط حصيرا، أي لم يصيبوا بعيرا، ولا كشفوا عنه حصيرا ويعنى «بالحصير»: ما يكنف به حول الإبل من عيدان الحظيرة. والملط: من قولهم لطت الناقة وألطت بذنبها: إذا أدخلته بين رجليها 64. المداعس: المطاعن، يقال: دعسه بالرمح، إذا طعنه 65. القمع: جمع قمعة، وهي أعلى سنام البعير. والذرا: الأسنمة، والأبلخ: المتكبر والمتشاوس: الذي ينظر بمؤخر عينه نظر المتكبر 66. افتخوا: تكبروا. والمتقاعس: الذي لا يلين ولا ينقاد 67.
(44) [p.288] **As-Sirḥān** : le loup. **Al-Ghaḍāh** : un arbre, son pluriel est **Ghaḍā**. On dit que les plus malins des loups sont les loups du Ghaḍā. Ce mot apparaît dans « Al-‘Aḍāh ». (45) [p.288] **Yadhūdūn** : ils empêchent et repoussent. **At-Tilād** : les biens anciens. **Taqad** : elle se déchire. **Al-Qawānis** : le haut des casques (litt. le haut des fers), le singulier est **Qawnasah**. (46) [p.288] **At-Tamārus** : le combat corps à corps dans la guerre et l'affrontement. (47) [p.288] Dans A : « Faktaṭimū » (taisez-vous). (48) [p.288] **Khādir** , c'est-à-dire un lion **Khādir**, celui qui reste dans son fourré. **Al-Waḥr** : la rancune. (49) [p.288] **Al-Īyāb** : le retour. **‘Asjar** : un lieu près de La Mecque. **Al-Muqfal** : le retour. (50) [p.288] Dans A : « Wa ḍamintu » (et j'ai garanti). (51) [p.288] **Dhū May‘ah** : un cheval plein d'ardeur. **Al-Massaḥ** : celui qui court beaucoup. **Al-Faḍā’** : l'étendue de terre. (1) [p.289] **Jāsha** : il s'agita et monta. **Iḍṭarama** : il s'enflamma, et on rapporte : « iḍṭaraba » (il s'agita). (2) [p.289] **Lam yanẓur** : il n'attendit pas. (3) [p.289] **Al-Kumāh** : les braves. **Ashalū** : ils descendirent dans la plaine. (4) [p.289] **Al-Faḍḍāḥ** : celle qui déshonore. (5) [p.289] **Akhlāṣahā aṣ-Ṣayqal** : c'est-à-dire qu'il enleva la rouille qui était sur elle. (6) [p.289] Elle est aussi appelée : « Al-Muraysī‘ ». (7) [p.289] Il y a une divergence sur l'époque de cette expédition, mentionnée par Az-Zurqānī, qui a commenté ce qui suit : « Al-Ḥākim a dit dans Al-Iklīl : la parole de ‘Urwah et d'autres, selon laquelle elle eut lieu en l'an cinq, est plus plausible que celle d'Ibn Isḥāq. Je dis : cela est corroboré par ce qui est établi dans le hadith d'Al-Ifk, à savoir que Sa‘d ibn Mu‘ādh et Sa‘d ibn ‘Ubādah se sont disputés au sujet des auteurs de l'Ifk. Si Al-Muraysī‘ avait eu lieu en Sha‘bān de l'an six, et que l'Ifk en faisait partie, alors la mention de Sa‘d ibn Mu‘ādh dans le Ṣaḥīḥ serait une erreur, car il est mort à l'époque de Qurayẓah, qui eut lieu en l'an cinq selon l'avis correct, et si elle avait eu lieu, comme on le dit, en l'an quatre, ce serait une erreur encore plus grave. Il apparaît donc qu'Al-Muraysī‘ eut lieu en l'an cinq, en Sha‘bān, avant Al-Khandaq, car celle-ci eut lieu également en Shawwāl de l'an cinq. Ainsi, Sa‘d ibn Mu‘ādh était présent à Al-Muraysī‘, puis fut touché par une flèche à Al-Khandaq, et mourut de sa blessure à Qurayẓah. » [p.289] (19) Sīrah d'Ibn Hishām – 2 (8) [p.290] Dans A : « min miyāhihim » (de leurs eaux). (9) [p.290] As-Suhaylī a dit : « D'autres ont dit : c'est Sinān ibn Tamīm, de Juhaynah ibn Sawd ibn Aslam, allié des Anṣār. » (10) [p.290] As-Suhaylī a dit : « Il n'a pas mentionné ce que le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit lorsqu'il l'a entendue. Dans le Ṣaḥīḥ, il est rapporté que lorsqu'il l'a entendue de leur part, il a dit : "Laissez-la, car elle est puante", c'est-à-dire que c'est une parole mauvaise, car elle relève des appels de l'époque préislamique. Allah a fait des croyants des frères et un seul parti. L'appel doit donc être adressé aux musulmans. Quant à celui qui, en Islam, lance un appel de l'époque préislamique, les juristes ont trois avis à son sujet : le premier est qu'il doit être fouetté de cinquante coups, à l'instar d'Abū Mūsā al-Ash‘arī qui a infligé cette peine à An-Nābighah al-Ja‘dī lorsqu'il a entendu "Yā li-‘Āmir" et s'est précipité avec son groupe. Le deuxième est qu'il y a... » (11) [p.291] **Jalābīb Quraysh** : surnom donné à ceux qui avaient embrassé l'Islam parmi les Émigrés, par les polythéistes. L'origine de **Jalābīb** : les vêtements épais qu'ils portaient, et ils les ont ainsi surnommés. (12) [p.292] Dans A : « matana » (il les a épuisés), c'est-à-dire qu'il a marché avec eux jusqu'à affaiblir leurs chameaux. On dit : **matana bi-al-ibili** , lorsqu'on les fatigue jusqu'à les affaiblir. (13) [p.293] Ajout de A. (14) [p.293] **Al-Qā‘** : la dépression de terre. **Taḍarraj** : il s'est taché. **Al-Akhādi‘** : les veines de la nuque, il n'y en a que deux (les deux jugulaires), mais on les met au pluriel avec ce qui les entoure. (15) [p.293] **Talammunī** : elle m'assaille et s'abat sur moi. **Taḥmīnanī** : elle me protège. **Wiṭā’ al-maḍāji‘** : leurs parties molles. (16) [p.293] **Al-Watr** : la demande de vengeance. **Ath-Thu’rah** : la vengeance. (17) [p.294] **Al-‘Aql** : le prix du sang. **Surāt Banī an-Najjār** : leurs meilleurs éléments. **Fāri‘** : une forteresse leur appartenant. (18) [p.294] **Jalaltuhā ḍarbah** : je l'en ai frappé violemment. (19) [p.294] Ainsi dans A. **Bā’at** : elle a pris la vengeance, on dit : **bu’tu bi-fulān** , lorsque l'on prend sa vengeance. Dans les autres sources : « bānat » (elle s'est séparée). (20) [p.294] **Washal** : il a coulé goutte à goutte, et il veut dire par **« nāqi‘ al-jawf »** : le sang. **Yanṣarim** : il se coupe. (21) [p.294] **Al-Usrah** : les plis qui se forment sur la peau du visage et du front. (22) [p.294] Cette phrase, de « wa qutila ‘Abd ar-Raḥmān » jusqu'à « aw Uḥaymir », est omise dans A. (23) [p.294] **Al-Malāḥah** : la très grande beauté. (24) [p.295] As-Suhaylī a dit : « Quant au regard du Prophète (sur lui la prière et la paix) sur Juwayriyyah jusqu'à ce qu'il reconnaisse de sa beauté ce qu'il reconnut, cela était dû au fait qu'elle était une femme esclave. Si elle avait été libre, il n'aurait pas posé son regard sur elle, car il n'est pas répréhensible de regarder les esclaves. Il est possible qu'il l'ait regardée parce qu'il voulait l'épouser, comme il regarda la femme qui dit : "Je me suis donnée à toi, ô Messager d'Allah", alors il leva et baissa le regard sur elle, puis la maria à un autre. Il est établi de lui (sur lui la prière et la paix) la permission de regarder la femme lorsqu'on veut l'épouser, et il dit à Al-Mughīrah lorsqu'il le consulta pour épouser une femme : "Si tu la regardais, car cela est plus à même de durer entre vous deux", et il dit la même chose à Muḥammad ibn Maslamah lorsqu'il voulut épouser Buthaynah bint aḍ-Ḍaḥḥāk. » (25) [p.295] Ce hadith est un ajout de A. (26) [p.296] **Inshamara** : il s'est appliqué et a accéléré. (1) [p.297] Ajout de A. (2) [p.297] **Al-‘Alaq** (avec une ḍammah puis une fatḥah) : pluriel de **‘Alqah** , qui est ce qui suffit pour se sustenter jusqu'au moment du déjeuner. (3) [p.297] **At-Tahayyuj** : comme une enflure sur le corps. (4) [p.298] **Al-Jaz‘** : les perles. **Ẓafār** : une ville au Yémen près de Ṣan‘ā’, et on attribue à cette ville les perles ẓafāriyyes. (5) [p.298] Ṣafwān était à l'arrière-garde de l'armée, ramassant ce qui tombait des bagages des musulmans pour le leur rapporter, et c'est pour cela qu'il s'attarda (voir Ar-Rawḍ). (6) [p.298] **Irta‘aja al-‘askar** : l'armée s'agita et fut prise de panique. Dans R : « irtajja » (elle fut secouée). (7) [p.299] **Al-Mirṭ** : le vêtement. (8) [p.299] **Sayaṣda‘u** : il fendra. (9) [p.299] **Ikhfiḍī ‘alayki** : apaise-toi. (10) [p.300] **Al-Kibr** (avec ḍammah et kasrah) : le péché, et la plus grande partie de la chose. (11) [p.300] Ainsi dans Ar-Rawḍ. As-Suhaylī a dit : « La parole de ‘Ā’ishah : "Il n'y avait pas de femme qui rivalisait avec moi en rang auprès de lui autre qu'elle", est ainsi dans l'original "tunāṣibunī", mais la forme connue dans le hadith est "tunāṣīnī", de **al-munāṣāh** qui signifie l'égalité. » (12) [p.300] **Wa tasāwara an-nās** : les gens se sont dressés les uns contre les autres. Dans certaines copies : « tathāwarū » (ils se sont soulevés). (13) [p.301] Ajout de A. (14) [p.301] **Qāraftu sū’an** : j'ai commis un mal. (15) [p.301] **Qalaṣa** : il s'est élevé. (16) [p.302] **Al-Jumān** : des perles d'argent fabriquées comme des perles. (17) [p.303] Cette phrase, de « qāla Ibn Hishām » jusqu'à « bi-al-kasri », est omise dans A. (18) [p.304] **Al-Afnād** : le mensonge. (19) [p.304] **Dhu‘irtu** : j'ai été effrayée. **As-Sawām** : les biens (troupeaux) lâchés dans le pâturage. **Al-Waḍaḥ** : la blancheur. (20) [p.304] **Aḍ-Ḍaym** : l'humiliation. **Uḥaydu** : je me détourne. (21) [p.304] **Al-Jalābīb** : les étrangers. **Bayḍat al-balad** : c'est-à-dire seul, que personne ne l'approche. Abū Dharr a dit : « C'est ici un éloge, mais cela peut être un blâme, lorsqu'on veut dire qu'il est méprisable et sans soutien. » (22) [p.304] **Thakilathu ummuhu** : que sa mère le perde. **Al-Burthun** : la main avec les doigts, la griffe du lion, ou c'est pour le fauve ce que le doigt est pour l'homme. (23) [p.304] **Al-Qawad** : la peine de mort. (24) [p.305] **Yaghta’ilu** : il tournoie et s'agite. **Al-‘Ubar** : la rive du fleuve ou de la mer. (25) [p.305] **Afrā** : il coupe le plus. **Al-‘Āriḍ** : le nuage. **Al-Barad** (avec un kasrah sur le rā’) : celui qui contient de la grêle. (26) [p.305] **Yunībū** : ils reviennent. **Al-Ghiyāt** : pluriel de **Ghiyah** , de **al-ghayy** , qui est l'opposé de la droiture. (27) [p.305] Il veut dire par **« al-wakd »** les pactes confirmés. (28) [p.305] Ainsi dans A. Dans les autres sources : « talḥaqu » (elle rejoint). (29) [p.305] Cette phrase est omise dans A. (30) [p.305] **Atashawwahtu ‘alā qawmī** : j'ai rendu laid cela de leur acte lorsqu'ils m'ont surnommé "Jalābīb" à cause de mon émigration vers Allah et vers Son Messager. [p.305] (20) Sīrah d'Ibn Hishām – 2 (31) [p.306] **Bīr Ḥā’** : avec un kasrah sur le Bā’, et avec l'ajout du puits à Ḥā’, qui est le nom d'un homme. (32) [p.306] **Al-Ḥiṣān** : la vertueuse. **Ar-Razān** : celle qui reste à sa place, qui ne se déplace pas beaucoup. **Mā tuzanu** : elle n'est pas accusée. **Gharthā** : affamée. **Al-Ghawāfil** : pluriel de **Ghāfilah** , et on entend par là celle qui est insouciante du mal, comme Allah (qu'Il soit exalté) a dit : « Ceux qui lancent des accusations contre les femmes vertueuses, insouciantes et croyantes » (24:23). Il les a qualifiées d'insouciantes parce que le mal dont on les accuse ne leur a jamais traversé l'esprit et n'a jamais effleuré leurs cœurs, elles sont donc insouciantes à son égard, et c'est la description la plus forte de la vertu. Par Sa parole « Et tu te réveilles affamée de la chair des insouciantes », elle veut dire : le ventre vide de la chair des gens, c'est-à-dire de leur médisance. (33) [p.306] **Al-‘Uqaylah** : la noble. **Al-Masā‘ī** : pluriel de **Mas‘āh** , ce que l'on recherche en matière de gloire et de nobles actions. (34) [p.306] **Al-Khaym** : la nature. (35) [p.306] **Al-Anāmil** : les doigts. (36) [p.306] **Ar-Rutab** : ce qui est élevé et haut de la terre. Il veut dire ici l'honneur et la gloire. **As-Sawrah** (avec un fatḥah sur le Sīn) : le bond. (Avec un ḍammah sur le Sīn) : le rang. (37) [p.306] **Lā’iṭ** : collant. **Al-Māḥil** : celui qui colporte la calomnie. (38) [p.307] **Ḥiṣān** : de **al-ḥiṣn** et **at-taḥaṣṣun** , qui est le fait de se préserver des hommes en les empêchant de la regarder. Une jeune fille arabe dit à sa mère : « Ô mère, un cavalier m'a vue... marchant sur une route large et unie, je me suis mise à jeter de la poussière sur son visage, me préservant et protégeant le domaine de l'absent. » Sa mère lui dit : « La préservation est plus proche, si tu l'avais adoptée, que de jeter de la poussière sur le cavalier. »
La lourdeur 68 : celle qui est pesante dans ses mouvements. Et affamée 69 de la chair des insouciantes 70 : c'est-à-dire le ventre vide de la chair des gens, c'est-à-dire leur médisance. Il a pris la faim comme exemple, qui est l'absence de nourriture et le vide de l'estomac. Il entend par « insouciantes » les femmes chastes dont les cœurs sont insouciants du mal. (40) [p.307] Abou Dharr a dit : « On rapporte 'son père' et 'son père' 71. Celui qui dit 'son père' (abouha) signifie : mais son père n'était pas ainsi ; celui qui dit 'son père' (abaha) signifie que Hassan a refusé cette vertu. » (41) [p.307] Al-hajir 72 : l'insulte et les paroles obscènes et grossières. (42) [p.307] Ar-rajm 73 : la conjecture. Et 'outrihou' 74 : ils furent attristés, de at-tarah, qui est la tristesse. On rapporte aussi 'fa-abrihou' avec un bâ', qui vient de al-barh, c'est-à-dire la peine et la difficulté. (43) [p.307] Mouhsadates 75 : il désigne des fouets solidement tressés et forts. Ach-cha'âbîb 76 : pluriel de chou'boub, qui est l'ondée de pluie. Ad-dhourâ 77 : les hauteurs. Al-mouzn 78 : les nuages. Tousfah 79 : elle coule. (1) [p.308] Al-Houdaybiya 80 (avec la ḥâ' damma, la dâ' fatḥa, un yâ' sukûn, un bâ' muwaḥḥada kasra et un yâ'. On a divergé à son sujet : certains l'ont allégé, d'autres l'ont alourdi) : un village de taille moyenne, pas grand, nommé d'après un puits qui s'y trouve près de la mosquée de l'arbre sous lequel le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — a reçu le serment d'allégeance. Entre elle et La Mecque, une étape ; entre elle et Médine, neuf étapes (d'après le Mu'jam al-Bouldân). (2) [p.309] 'Asfân 81 : une halte parmi les haltes de la route entre al-Jouḥfa et La Mecque. On dit aussi : elle est entre les deux mosquées, et elle est à deux étapes de La Mecque. D'autres avis existent (voir Mu'jam al-Bouldân). (3) [p.309] Al-'oudh 82 : pluriel de 'â'idh, qui désigne, parmi les chamelles, celle qui vient de mettre bas. Al-maṭâfîl 83 : celles qui ont leurs petits avec elles. Il veut dire qu'ils sont sortis avec les femmes et les enfants, par métaphore. (4) [p.309] Dhû Ṭuwâ 84 (avec le ṭâ' à trois voyelles et nunation) : un lieu près de La Mecque. (5) [p.309] Kurâ' al-Ghamîm 85 : un lieu dans la région du Ḥijâz, entre La Mecque et Médine. C'est une vallée située huit milles devant 'Asfân (d'après le Mu'jam al-Bouldân). (6) [p.309] As-sâlifa 86 : le côté du cou ; il y a deux sâlifa de chaque côté. Il a évoqué son isolement pour désigner la mort. (7) [p.309] Al-ajral 87 : très pierreux. On rapporte aussi 'ajrad', c'est-à-dire sans végétation. (8) [p.310] Al-ḥiṭṭa 88 : il fait référence à la parole d'Allah Très-Haut aux Enfants d'Israël : « Et dites : 'Rémission' [2:58] », ce qui signifie : « Ô Seigneur, décharge-nous de nos péchés. » (9) [p.310] Ajout de A. Dans une autre version : « vous les faites sortir ». (10) [p.310] Qatara al-jaysh 89 : sa poussière. (11) [p.310] Khala'at 90 : elle s'est agenouillée et a refusé d'avancer. Abou Dharr a dit : « Al-khalâ' chez les chameaux est comme al-ḥirân chez les montures. Certains disent qu'on ne le dit que pour la chamelle spécifiquement. » (12) [p.310] Al-qalîb 91 : le puits. (13) [p.310] Jâcha 92 : il monta. (14) [p.310] Ar-rawâ' (avec le râ' fatḥa) 93 : abondant. (15) [p.310] Al-'aṭan 94 : le lieu où les chameaux s'agenouillent autour de l'eau. (16) [p.311] Yamîḥu 'alâ an-nâs 95 : il remplit les seaux. (17) [p.311] Al-wâhiya 96 : relâchée, à la fente large. Al-'âdiya 97 : les gens qui courent, c'est-à-dire qui accélèrent la course. (18) [p.311] Jabahouhoum 98 : ils leur ont adressé des paroles déplaisantes. (19) [p.312] 'Aybatu nuṣḥi ar-rasûl 99 : c'est-à-dire ses intimes et les compagnons de ses secrets. Il n'y a pas de mot « nuṣḥ ». (20) [p.312] Yata'allâhûn 100 : ils adorent et vénèrent l'ordre divin. (21) [p.312] 'Araḍ al-wâdî 101 : son côté. (22) [p.312] Al-qalâ'id 102 : ce qu'on suspend au cou des bêtes de sacrifice pour indiquer qu'elles sont consacrées. (23) [p.312] Maḥalluhu 103 : l'endroit où on l'égorge, dans le sanctuaire. (24) [p.313] Wâlid 104 : c'est-à-dire que chacun de vous est comme un père. On dit aussi : vous êtes un clan qui m'a engendré, car il était de Sufay'a bint 'Abd Shams. (25) [p.313] Âsaytukum 105 : je vous ai aidés. (26) [p.313] Al-awshâb 106 : les gens mêlés. (27) [p.313] Bayḍat ar-rajul 107 : sa famille et sa tribu. (28) [p.313] Tafuḍḍuhâ 108 : tu la brises. (1) [p.316] Ḍaba'a ilayhâ 109 : il s'y colla et se cacha. (2) [p.316] On a divergé sur le nom d'Abû Sinân : on a dit Wahb ibn 'Abd Allâh, 'Abd Allâh ibn Wahb, 'Âmir, ou encore Wahb ibn Muḥṣin ibn Ḥarthân, frère de 'Ukâsha ibn Muḥṣin. Ce dernier avis est le plus juste. Il mourut en l'an 5 de l'Hégire à quarante ans (voir al-Istî'âb). (3) [p.317] Ad-daniyya 110 : l'humiliation et l'affaire vile. (4) [p.317] Ilzam ghurza 111 : c'est-à-dire attache-toi à son ordre. Al-ghurz pour la selle est comme l'étrier pour la selle de cheval. (5) [p.317] C'est-à-dire des poitrines repliées sur ce qu'elles contiennent, ne montrant pas d'hostilité. Il a pris al-'ayba comme métaphore. (6) [p.317] Al-islâl 112 : le vol caché. Al-ighlâl 113 : la trahison. (7) [p.318] Lajjat al-qaḍiyya 114 : l'affaire fut conclue. (8) [p.318] Yanturuhu 115 : il le tire violemment. (9) [p.319] Mouḍṭariban fî al-ḥill 116 : c'est-à-dire que ses tentes étaient dressées dans le territoire non sacré, tandis que sa prière était dans le sanctuaire, car al-Houdaybiya est proche du sanctuaire. (10) [p.319] Ẓâhart at-tarḥîm 117 : c'est-à-dire tu l'as renforcé et confirmé en le répétant. Al-muẓâhara : la force et l'assistance. (11) [p.320] Al-burra 118 : un anneau qu'on met dans le nez du chameau pour le dompter. S'il est en poil, c'est une khizâma ; s'il est en bois, c'est un khichâch. (12) [p.321] As-sumûṭ 119 : pluriel de simṭ, ce qui pend du collier sur la poitrine. As-silk 120 : le fil sur lequel on enfile. Al-jaydâ' 121 : celle qui a un long cou. [p.321] (21) Sîra d'Ibn Hichâm - 2 (1) [p.323] On dit aussi 'Ubayd (voir al-Istî'âb). (2) [p.323] Dhû al-Ḥulayfa 122 : un village situé à six ou sept milles de Médine. C'est le mîqât des gens de Médine. (3) [p.324] Dans M, R : « yab'ath », qui est une altération. (4) [p.324] Maḥash ḥarb 123 : foyer de guerre et son allumeur. On dit : ḥachacht an-nâr, arthaytuhâ, adhkaytuhâ, athqabtuhâ, sa'ʿartuhâ, avec le même sens. Dans le Ṣaḥîḥ : « Malheur à sa mère ! C'est un allumeur de guerre. » (5) [p.324] Ainsi dans Charḥ as-Sîra. Dans les sources : « dharw ». Abou Dharr a dit : « Dhar' qawl, c'est-à-dire une partie de sa parole, avec hamza. On rapporte aussi dharw qawl, avec wâw. Le correct est avec hamza. » (1) [p.325] Ataw'idunî 124 : me menaces-tu ? (2) [p.325] Asâmî 125 : je combats. Arâdî 126 : je lance des flèches. On dit : râdaytuhu, quand on lui lance des flèches. (3) [p.325] Aẓ-ẓawâhir 127 : les hauteurs de La Mecque. Al-bawâṭin 128 : les parties basses. Al-'awâdî 129 : les côtés des vallées. (4) [p.325] Aṭ-ṭamra 130 : la jument bondissante et rapide. An-nahd 131 : robuste. Sawâhim 132 : des chevaux au regard farouche. Ṭawîn 133 : faibles et amaigris. (5) [p.325] Al-khayf 134 : un lieu à Minâ. Ar-rawâq 135 : une sorte de tente. (6) [p.325] Lâ yunâwî 136 : il n'est pas combattu. Il a omis le hamza pour nécessité poétique. (7) [p.325] Al-qayn 137 : le forgeron. (8) [p.325] Ath-thimâd 138 : l'eau en petite quantité. (9) [p.325] Ajout de A. (10) [p.327] Ici se termine la quinzième partie de la Sîra. (1) [p.328] Ainsi dans A. Dans les autres sources : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Il dit : nous a raconté Abû Muḥammad 'Abd al-Malik ibn Hichâm, il dit : nous a raconté Ziyâd ibn 'Abd Allâh al-Bakkâ'î, d'après Muḥammad ibn Isḥâq al-Muṭṭalibî, il dit : ». Et si nous savons que la seizième partie de la Sîra commence par le récit de cette expédition, nous ne contestons pas cette addition que la plupart des sources mettent en tête de chaque partie. (2) [p.328] Hanâtika 139 : c'est-à-dire tes nouvelles, tes affaires et tes poèmes. C'est le pluriel de hana, et on l'emploie pour toute chose dont on ignore le nom, ou qu'on connaît mais qu'on désigne par périphrase. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — voulait les inciter à marcher en chantant, car les chameaux sont stimulés par le chant, et le chant ne se fait qu'avec de la poésie ou du radjaz. (3) [p.329] As-sakîna 140 : la dignité et la sérénité. (4) [p.329] Az-Zurqânî a mentionné ce radjaz, qui diffère de ce qui est ici dans ses termes et y ajoute. (5) [p.329] Al-masâḥî 141 : pluriel de misḥât, qui est une pelle en fer. Al-makâtîl 142 : pluriel de miktal, qui est un grand panier. (6) [p.330] Al-khamîs 143 : l'armée. (7) [p.330] 'Uṣr (avec kasra, et on rapporte aussi avec fatḥa, mais le premier est plus connu et plus fréquent) : une montagne entre Médine et Wâdî al-Far'. (d'après Mu'jam al-Bouldân). (8) [p.330] Aṣ-Ṣahbâ' 144 : un lieu situé à une nuit de marche de Khaybar. (voir Mu'jam al-Bouldân). (9) [p.330] Li-yuẓâhirû 145 : pour s'entraider. (10) [p.330] Munqala 146 : une étape. (11) [p.330] Tadannâ 147 : c'est-à-dire il prit le plus proche puis le plus proche. (12) [p.331] Jirba (avec kasra) 148 : une île au Maghreb, du côté de Qâbis. (d'après Mu'jam al-Bouldân). (13) [p.332] A'jafahâ 149 : il l'a amaigrie et affaiblie. (14) [p.333] Châkî as-silâḥ 150 : aux armes tranchantes. (15) [p.333] Tuḥrab 151 : c'est-à-dire rendue furieuse. (16) [p.333] A a ajouté après ce vers : « il recule devant mes assauts, moi l'expérimenté ». (17) [p.333] Al-ghamâ 152 : l'angoisse et la difficulté. (18) [p.333] Chabbat al-ḥarb 153 : la guerre fut allumée. Al-'aqîq 154 : l'éclat de l'éclair ; il a comparé l'épée à cela. (19) [p.334] 'Umariyya 155 : ancienne. (20) [p.334] Al-'uchr 156 : un arbre lisse, droit, au bois faible. (21) [p.335] Yâniḥ 157 : c'est-à-dire qu'il a une respiration difficile à cause de l'épuisement dans la course. As-Suhaylî a dit : « Cela vient de al-anîḥ, qui est la difficulté à respirer. » (22) [p.335] Ar-raḍm 158 : les pierres entassées. (23) [p.335] Aẓ-ẓalîm 159 : l'autruche mâle. (1) [p.336] A'zibû 160 : éloignez-vous. (2) [p.337] Yusayyiruhum 161 : il les fait partir. (3) [p.337] Muṣalliyya 162 : rôtie. [p.337] (22) Sîra d'Ibn Hichâm - 2 (4) [p.338] Ce mot est omis dans A. (5) [p.338] Al-abhar 163 : une veine qui, si elle est coupée, entraîne la mort. Il y a deux abhar qui partent du cœur, puis se ramifient en toutes les artères (voir Lisân al-'Arab, racine bhr). (6) [p.338] Le nom de ce garçon : Mud'am (voir al-Istî'âb). (7) [p.338] Ainsi dans al-Mushtabih et al-Istî'âb, dans l'une de leurs deux versions ; dans l'autre version : « aḍ-Ḍubaybî ». (8) [p.339] Sahm gharab 164 : c'est la flèche dont on ne sait qui l'a tirée ni d'où elle est venue. (9) [p.339] Abou Dharr a dit : Ach-chamla 165 : un manteau épais dont on se couvre.
Il la déroba 166 du butin. Il coupe 167. Le sac 168. Dans A : « son affaire ». On a divergé sur son nom : on a dit Sahla, Rumayla, Rumaytha, Mulayka, al-Faysā', et al-Rumayṣā' (voir al-Istī'āb). Ce mot est omis dans A. Le dājin 169 : tout ce qui s'habitue aux gens dans leurs maisons, comme la brebis qu'on nourrit et le pigeon. Abū Dharr a dit : « Ibn Luqaym al-'Absī était connu sous le nom de Luqaym al-Dajāj. » Naṭāt 170 : forteresse à Khaybar, et l'on dit une source qui s'y trouve. Al-Faylaq 171 : la troupe. Al-Shahbā' 172 : abondante en armes, où brillent les épées et les lances, et Dhāt Manākib wa Fiqār 173 : c'est-à-dire très forte. Shīya't 174 : divisa. Aslam et Ghifār : deux tribus. Al-Shiqq 175 : l'une des forteresses de Khaybar. Par « l'obscurcissement de ses habitants », il veut dire ce qui les a frappés de dureté et de mauvais état. Al-Abṭaḥ 176 : l'endroit plat. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « les queues ». Dans A : « par les arbres ». 'Abd Ashhal et Banū al-Najjār : parmi les Anṣār. Al-Maghāfir 177 : ce qui est sur la tête comme protection à la guerre ; le singulier : mighfar. Layathwīn 178 : ils resteront certainement. Aṣfār : pluriel de ṣafar, qui est le mois connu. Al-Waghā 179 : la guerre. Al-'Ajāj 180 : la poussière. Ainsi dans la plupart des sources. Abū Dharr a dit : « al-Ghamā'im, avec ghayn, les paupières de l'œil. Ibn Sirāj a dit : il est correct que ce soit 'Amā'im, avec 'ayn, pluriel de 'imāma, et que al-Anṣār soit avec nūn. » C'est avec cette variante qu'il est rapporté dans A. Al-Suhaylī a dit : « C'est un vers difficile, mais dans certaines copies, rares, d'après Ibn Hishām, il a dit : 'Farrat : elle a ouvert, de ton dire : la bête a ouvert la bouche, et ghamā'im al-abṣār sont le complément d'objet de farrat, et ce sont les paupières de leurs yeux. Voilà une opinion. Il est possible aussi que farrat vienne d'al-firār (la fuite), et ghamā'im al-abṣār soit une description d'al-'ajāj. » Ainsi cette expression est rapportée dans la plupart des sources. Elle est dans A comme suit : « Ibn Hishām a dit : 'Farrat, il veut dire : il a découvert les paupières de l'œil, comme la bête découvre ses dents.' » Raḍakha la-hunna 181 : il leur donna une petite donation, qui n'atteignait pas la part de la flèche. Nafisat 182 : elle eut ses menstrues. Ainsi dans A et al-Istī'āb. Dans les autres sources : « Ṣakhbara ». Ainsi dans al-Istī'āb. Dans les sources : « Lukayz ». Dans al-Ṭabarī : « Abū Ḍiyāḥ al-Nu'mān ibn Thābit ibn al-Nu'mān ibn Umayya ibn al-Birk. » Son nom est al-Nu'mān, et l'on dit 'Umayr (voir al-Istī'āb). C'est Ṭalḥa ibn Yaḥyā ibn Mulayl ibn Ḍamra (voir Sharḥ al-Sīra). Dans A : « al-Ḥaṣbā' ». Ajout d'après A. Yāqūt a dit : « Al-Bayḍā' : la colline d'al-Tan'īm à La Mecque, mentionnée dans le livre de la Sīra. » Al-tabaṭṭū bi-janbi nāqatī 183 : ils marchèrent à côté d'elle, l'accompagnant, tournant autour d'elle, comme la marche des boiteux, à cause de leur foule autour d'elle. Al-Fall 184 : le groupe vaincu. Ka-aḥathth 185 : comme le plus rapide. Ce mot « al-khabar » est omis dans A. Intathala 186 : il extirpa. Takhalluqa 187 : elle se parfuma avec du khilūq, qui est une sorte de parfum. Lam yanshabū 188 : ils ne restèrent qu'un peu de temps. Khayābir 189 : pluriel de Khaybar, et il veut dire les habitants de Khaybar. Al-Madīd 190 : Abū Dharr a dit : « C'est la farine mélangée à l'eau, que les chevaux boivent. Al-Mukhammar : celui qu'on a laissé jusqu'à ce qu'il fermente. » Al-Suhaylī a dit : « J'ai trouvé dans une marge du cheikh d'après Ibn Durayd : al-Murīd, avec rā', et al-Marīs aussi, qui est une datte trempée puis pressée. » Al-A'sar 191 : celui qui travaille de la main gauche et ne travaille pas de la droite. Ṣaddahu 192 : il l'empêcha. Al-Aysar : Abū Dharr a dit : « C'est le cheval soigné, regardé », c'est-à-dire celui dont le propriétaire prend soin et qu'il entretient bien. Al-Qarn 193 : celui qui résiste dans un combat ou une difficulté. Al-Makr 194 : l'endroit où les chevaux tournent dans la guerre. Al-Ankab 195 : celui qui penche d'un côté. Ṭāḥa 196 : il partit et périt. Mughaddā 197 : avec dāl, de al-ghudūw (le matin), ou avec dhāl, de al-ghidhā' (la nourriture). Ansar 198 : pluriel de nasr, le rapace connu ; il aurait dû dire « wa tha'ālib » (et des renards), mais il a mis le singulier à la place du pluriel. Al-Furūḍ 199 : les endroits où l'on boit dans les rivières. Al-Ashāji' 200 : les veines du dos de la main. Midhawwad 201 : qui empêche. Al-Wāhin 202 : le faible. Al-Mashrafī 203 : l'épée. Al-Muhannad 204 : celle fabriquée en Inde. Yadhūdu 205 : il empêche et repousse. Al-Dhimār 206 : ce qu'il faut protéger. Al-Wasaq 207 : soixante ṣā', ou la charge d'un chameau. Ainsi dans les sources et le Mu'jam al-Buldān ; al-Suhaylī a estimé que c'est une altération et que la forme correcte est « khalaṣ ». Dans M, R : « 'Ubayda ». Al-Khaw' 208 : un lieu près de Khaybar. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « puis une flèche... etc. » Ḥidhwahu 209 : en face de lui. Voir la note n° 6 p. 349. C'est 'Alqama ibn al-Muṭṭalib, et l'on dit 'Abd Allāh ibn 'Alqama, et d'autres encore. Parmi ses descendants se trouve Abū al-Ḥusayn al-Muṭṭalibī, qui fut imam de la mosquée du Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue (voir al-Rawḍ). Dans M, R : « 'Ubayda ». Ainsi dans al-Rawḍ. Dans les sources : « Umm al-Ḥakam ». Al-Suhaylī a dit : « ... Ce qui est connu d'elle est qu'elle est Umm Ḥakīm, et elle était sous l'autorité de Rabī'a ibn al-Ḥārith. Quant à Umm Ḥakam, c'est la fille d'Abū Sufyān, et elle est parmi les convertis de la conquête ; sans cela, j'aurais dit qu'Ibn Isḥāq la visait, mais elle n'a pas assisté à Khaybar et ne s'était pas encore convertie. » Ajout d'après A. Dans A : « et pour Umm al-Arqam ». Dans M, R : « et pour Abū Naḍra », c'est une altération. Cette expression rapportée d'après Ibn Hishām est omise dans A. Dans M, R : « la conquête de Khaybar ». M, R ont ajouté avant cela cette expression : « Il la divisa selon leurs besoins, et le besoin était particulièrement chez les Banū 'Abd al-Muṭṭalib, c'est pourquoi il leur donna plus. » C'est une répétition de ce qui précède. Al-Suhaylī a dit : « ... Elle n'est connue que par ce récit et sa présence à la conquête de Khaybar. » Dans M, R : « Bist ». Al-Rahāwiyyūn 209 : attribution à Rahāwa (avec ḍamma et avec fatḥa) : une tribu au Yémen. Abū Dharr a dit : « On dit aussi Rahā', et c'est le plus correct. » Al-Dāriyyūn 210 : attribution à al-Dār ibn Hāni', et ils seront mentionnés après le récit de Fadak. Bijād mi'at wasaq 211 : c'est-à-dire ce qu'il trouve de cent wasaq, c'est-à-dire il coupe. Dans A : « bi-tanfīl ». Ainsi dans A. Dans les autres sources : « par la route ». Lam yūjif 212 : il ne se rassembla pas. Dans M, R : « Marwān ». Al-Khāriṣ 213 : celui qui estime ce qui est sur les palmiers et les vignes comme fruit ; cela vient d'al-kharṣ, c'est-à-dire la supposition, car c'est une estimation par conjecture. Yamtāru al-tamr 214 : il l'importe. Al-kabīr al-kabīr 215 : c'est-à-dire faites parler le plus âgé, pour indiquer la bienséance dans la priorité à l'aîné (voir al-Nihāya d'Ibn al-Athīr). Wadāhum 216 : il leur donna leur prix du sang. Ainsi dans les sources, et Sahl ibn Abī Ḥathma est le rapporteur du récit. Quant au propriétaire du prix du sang, c'est 'Abd al-Raḥmān ibn Sahl. Dans M, R : « al-Tamīmī », c'est une altération. Fada'at yadāhu 217 : c'est-à-dire ses articulations furent déplacées de leurs places (al-Nihāya d'Ibn al-Athīr). Dans A : « 'adūwwatahum ». Dans A : « et pour Ibn al-Bukayr et pour Mu'tamir, un danger ». Marj al-Ṣuffar 218 : un lieu à Damas. Sulḥa 219 : il revêtit les armes. Al-Balābil 220 : la confusion et le trouble. Muwajjaḥan 221 : c'est-à-dire couvert. Al-iftirā' 222 : le mensonge ; Abū Dharr a dit : « Celui qui le lit yaqtarī (avec qāf) signifie : il suit. » Dans Mu'jam al-Buldān : « chaque kābid ». Dans Sharḥ al-Sīra d'Abū Dharr : « ishtaddat », c'est-à-dire elle se sépara. Il se lit avec un zā' redoublé, sans hamza, mais le correct est avec hamza. C'est ainsi que l'a noté al-Dāraquṭnī (voir Sharḥ al-Sīra d'Abū Dharr). Dans A : « faqaḥnā » ; on dit : faqaḥa al-jarw : c'est lorsqu'il ouvre les yeux pour la première fois, étant petit. Ainsi dans les sources. Nous n'avons pas trouvé de mention à son sujet dans les références dont nous disposons. Al-Ẓi'r 223 : la femme qui allaite l'enfant d'une autre. La variante de cette expression dans al-Istī'āb, dans la notice de ce Qays, est : « Elle était la nourrice de 'Ubayd Allāh ibn Jaḥsh et d'Umm Ḥabība. » Dans M, R : « homme », c'est une altération. Ajout d'après A et al-Istī'āb.
Ibn 'Abd al-Barr a dit, après avoir rapporté ce qui précède d'après Ibn Isḥāq : « Sauf qu'al-Wāqidī disait : Hāshim ibn Abī Ḥudhayfa, et il disait « Hishām » par erreur parmi ceux qui l'ont dit. Mūsā ibn 'Uqba et Abū Ma'shar ne l'ont pas mentionné parmi ceux qui ont émigré vers le pays d'Abyssinie. » 224 225 Dans A : « ibn Ḥudhayfa », c'est une altération. (Voir al-Istī'āb) 226 Ainsi dans la plupart des sources et dans al-Istī'āb. Dans A : « al-Muḥallal » avec un ḥā' non pointé. 227 Le texte de cette phrase dans al-Istī'āb, rapporté d'après Ibn Isḥāq : « Et avec lui son fils Jābir ibn Sufyān et Junāda ibn Sufyān, et avec lui sa femme Ḥasana, qui est leur mère. » 228 Dans les sources ici et dans ce qui suit : « Sa'īd », c'est une altération. Al-Suhaylī a dit : « Partout où se répète la généalogie des Banū 'Adī ibn Sa'd ibn Sahm, Ibn Isḥāq dit « Sa'īd », mais les gens sont en désaccord avec lui, c'est seulement Sa'd. Sa'īd ibn Sahm est le frère de Sa'd, et il est l'aïeul de la famille de 'Amr ibn al-'Āṣ ibn Wā'il ibn Hāshim ibn Sa'īd ibn Sahm. Et dans Sahm il y a un autre Sa'īd, qui est le fils dudit Sa'īd. » 229 Ajout d'après A 230 Faḥl (avec kasra sur la première lettre et sukūn sur la seconde) : un lieu en Syrie où eut lieu une bataille des musulmans contre les Romains. Le jour de Faḥl eut lieu un an après la conquête de Damas. (Voir Mu'jam al-Buldān) 231 Al-ḥalīl : l'époux. Al-ḥantam : des jarres enduites d'argile verdâtre tirant sur le rouge. 232 Al-dahāqīn : pluriel de dihqān, qui est celui qui connaît les affaires du village, ses avantages et ses inconvénients. 233 On rapporte : « wa-ṣannāja ». Al-ṣannāja : celle qui joue du ṣanj, qui est un instrument de musique. 234 Tajdhū : s'agenouiller sur ses genoux. Il veut dire par al-minsam : l'extrémité de son pied. L'origine de minsam est pour le chameau : c'est l'extrémité de sa patte, il l'a emprunté ici pour l'humain. La transmission de ce dernier hémistiche dans Mu'jam al-Buldān, à propos de « Maysān » : wa-ṣannāja tajthū 'alā ḥarfi minsam 235 Al-jawsaq : la construction élevée, on dit que c'est la forteresse. Ces vers furent écrits par al-Nu'mān à sa femme, alors qu'il voulait qu'elle sorte avec lui à Maysān, mais elle refusa. 236 'Umar n'a jamais confié de gouvernance à quiconque de son peuple, les Banū 'Adī, en dehors de lui, en raison de sa piété. 237 Ajout d'après A 238 Dans A : « al-Muḥallal » 239 Selon al-Wāqidī, celui qui fut nommé gouverneur de Médine est Abū Ruhm. 240 Elle est aussi appelée : 'Umrat al-Qaḍiyya et 'Umrat al-Ṣulḥ. (Voir Sharḥ al-Mawāhib) 241 Le nombre des musulmans était de deux mille, sans compter les femmes et les enfants. 242 Iḍṭaba'a bi-ridā'ihi : il en fit passer une partie sous son aisselle droite et mit l'extrémité sur son épaule gauche. 243 Al-harwala : plus que la marche et moins que la course. 244 Ḥajja : pour une fois, c'est irrégulier car la règle est avec fatḥa (al-Qāmūs al-Muḥīṭ) 245 Al-khiṭām : ce par quoi on mène la chamelle. 246 Qīlahu : sa parole. 247 C'est-à-dire : nous vous combattons pour son interprétation, comme nous vous avons combattus pour le rejet de sa révélation. 248 C'est-à-dire le jour de Ṣiffīn, le jour où 'Ammār ibn Yāsir fut tué. 249 Ainsi dans M, R. Dans A : « 'alā al-tanzīl » 250 Ce mot : « bi-Makka » est omis dans A 251 Sarif (comme katif) : un lieu près d'al-Tan'īm 252 Mu'ta (avec hamza sur le wāw ; on rapporte aussi sans hamza) : un village de la région d'al-Balqā' en Syrie. Elle est aussi appelée la bataille de l'armée des émirs, en raison du grand nombre de l'armée musulmane et de la violence des combats avec les mécréants. (Voir al-Suhaylī, al-Nihāya, Sharḥ Abī Dharr, Sharḥ al-Mawāhib) 253 Al-Zurqānī a ajouté : « S'il est tué, que les musulmans attendent un homme parmi eux qu'ils mettent à leur tête. » 254 Dhāt faraġ : qui a de l'ampleur. Al-zabad ici : l'écume du sang. (D'après Abū Dharr) 255 Mujahhaza : rapide à tuer. Tanfudh al-aḥshā' : elle transperce les entrailles. 256 Al-jadath et al-jadaf : la tombe. 257 Dans Sharḥ al-Mawāhib : « yā arshada Allāh » 258 Ainsi dans M, R. Dans A : « naṣran » 259 Dans ce vers, il y a iqwā'. 260 Nāfila : un don de Dieu et une faveur de Sa part. Al-nawāfil : les dons et les présents. Azrā bihi al-qadr, c'est-à-dire il l'a raccourci. (D'après Abū Dharr) 261 Ajā' : l'une des deux montagnes de Ṭayyi', l'autre étant Salmā. Far' (avec fatḥa) : nom d'un lieu au-delà d'al-Fark. Yāqūt a dit : « al-Far' : la plus longue montagne d'Ajā' et la plus centrale. » Il semble que c'est ce qui est visé ici. Tugharr (avec ġayn pointée) : donner à manger peu à peu. On dit : ġarra al-farkh ġarran wa-ġirāran : il lui a donné la becquée. Al-'ukūm : pluriel de 'ikm (avec fatḥa) qui est le flanc. 262 Abū Dharr a dit : « Ḥadhawṇāhā : nous lui avons mis des ḥidhā', qui est la sandale. Al-ṣuwān : des pierres lisses, leur singulier est ṣuwāna. Al-sibt : les sandales fabriquées à partir de cuirs tannés. Azal, c'est-à-dire lisse, sa surface apparente. Al-adīm : le cuir. » Al-Suhaylī a dit : « C'est-à-dire nous leur avons mis des sandales de fer, qu'Il a fait un sibt pour elles par métaphore, et ṣuwān de ṣāna, qui protège leurs sabots, ou leurs pattes, s'il veut dire les chameaux, car ils leur mettaient des al-sarīḥ, qui est un cuir protégeant leurs pattes. Plus évident que cela est qu'il veuille dire par al-ṣuwān : le sec de la terre, c'est-à-dire qu'elles n'ont d'autre sibt que cela. » 263 Ma'ān (avec fatḥa sur le mīm) : un lieu en Syrie. Al-fatra : la faiblesse et le calme. Al-jamūm : l'accumulation de force et d'activité après le repos. 264 Musawwamāt : envoyées. Al-samūm : le vent chaud. 265 Ma'āb : nom d'une ville à l'extrémité de la Syrie, dans la région d'al-Balqā'. Al-Suhaylī a dit : « Il est permis de le mettre à l'accusatif par un verbe sous-entendu, ou au nominatif comme sujet. » 266 Al-barīm à l'origine : deux fils entrelacés, rouge et blanc, que la femme attache à sa taille ou à son bras. Tout ce qui contient deux couleurs entrelacées est aussi barīm. Il veut dire ce qui la recouvre de poussière, mêlant sa couleur à la sienne. Les larmes mêlées au collyre, ceci est plus proche du sens du vers : c'est-à-dire que les larmes des chevaux se sont mêlées à la poussière, devenant comme un barīm. 267 Dhī lajab : c'est-à-dire une armée. Al-lajab : le mélange des voix et leur abondance. Al-bīḍ : ce qu'on met sur la tête en fer. Al-qawānis : pluriel de qūnis, qui est le sommet du casque. 268 Abū Dharr a dit : « Ta'īm : elle reste sans époux. On dit : āmat al-mar'a si elle ne se marie pas. » 269 Qaraḥ (avec ḍamma) : le souk de Wādī al-Qurā. Selon cette transmission, ce vers est rapporté dans Yāqūt attribué à Ibn Rawāḥa. 270 Al-ḥaqība à l'origine : la croupe. Puis on a appelé ḥaqība ce qui est porté comme bagage sur le cheval derrière le cavalier, par métaphore, car il est porté sur la croupe. (Al-Miṣbāḥ) 271 Al-ḥisā' : pluriel de ḥisī, qui est une eau qui s'infiltre dans le sable jusqu'à trouver une roche, et si on la cherche on la trouve. Il veut dire un endroit où il y a des ḥisā'. 272 Fa-sha'nuka an'am : il veut dire qu'il ne lui imposera plus de voyage après cela, et qu'elle jouira de la liberté, en raison de sa détermination à mourir dans le chemin de Dieu. Wa-lā arji' : Abū Dharr a dit : « C'est à l'apocopé pour le souhait, il a invoqué contre lui-même pour être martyrisé et ne pas revenir à sa famille. » 273 Al-thawā' : la résidence dans un lieu, son verbe : thawā yathwī (de la catégorie ḍaraba) 274 Al-ba'l : ce qui boit par ses racines de la terre. Rawā' (avec kasr sur le hamza) : qualificatif des palmiers. 275 Khafatanī bi-l-durra : c'est-à-dire il m'a frappé avec elle. Al-durra : le fouet. 276 Al-luka' (comme ṣurad) : le vil. 277 Shu'batā al-raḥl : ses deux extrémités, avant et arrière. (D'après Abū Dharr) 278 Al-ya'malāt : pluriel de ya'mala, qui est la chamelle rapide. Al-dhubul : celles que la marche a affaiblies, leur chair a diminué. (D'après Abū Dharr) 279 Al-tukhūm : les limites séparant une terre d'une autre, pluriel de tukhm. (Voir al-Lisān) 280 On dit : shāṭa al-rajul : si son sang coule et qu'il périt. (D'après Abū Dharr) 281 Alḥamahu al-qitāl : il s'y engagea et ne trouva d'issue. Iqtaḥama 'an faras lahu : il se jeta de son cheval. 282 'Aqarahā : il frappa ses pattes alors qu'elle était debout avec l'épée. Dans une transmission d'Ibn 'Uqba, d'al-Wāqidī et d'Ibn Isḥāq aussi : « fa-'arqabahā », c'est-à-dire il coupa son tendon d'Achille, qui est le nerf entre la jambe et le pied. 283 Al-Suhaylī a dit : « Personne ne lui a reproché cela, ce qui indique sa permission quand on craint que l'ennemi ne la prenne et combatte les musulmans avec elle. Cela n'entre pas dans l'interdiction de torturer les animaux et de les tuer sans raison, sauf qu'Abū Dāwūd a dit : Ce hadith n'est pas fort. Et il est venu à ce sujet beaucoup d'interdictions des Compagnons... » Al-Zurqānī a dit en rectifiant : « Il semble qu'il veuille dire : il n'est pas authentique, sinon il est bon, comme l'a affirmé al-Ḥāfiẓ, suivi par l'auteur. » 284 Dans la transmission d'Abū Dharr : « fa-qaṭṭahu », qui signifie il l'a coupé. 285 Ajlaba al-qawm : ils crièrent et se rassemblèrent. Al-ranna : un son modulé semblable aux pleurs. (D'après Abū Dharr) 286 Al-nuṭfa : l'eau claire en petite quantité. Al-shanna : l'outre usée, c'est-à-dire il est sur le point que la nuṭfa se répande ou que l'outre se déchire, il a fait cela comme une parabole de lui-même dans son corps. 287 Al-'irq : l'os sur lequel il y a un peu de viande. (D'après Abū Dharr) 288 Intahasa : il en prit un peu avec sa bouche. (D'après Abū Dharr) 289 Al-ḥaṭama : la bousculade des gens et leur écrasement les uns les autres.
Ainsi dans al-Mawāhib al-laduniyya et al-Isti‘āb. Il s’agit de Thābit ibn Aqram ibn Tha‘laba ibn ‘Adī ibn al-‘Ajlān al-Balawī puis al-Ansārī. Sa mort eut lieu en l’an onze, lors de la guerre de la Ridda 290, et l’on dit en l’an douze. Dans les autres manuscrits : « Aqram », ce qui est une altération. 40 Al-Ṭabarānī rapporte d’après Abū al-Yusr : « C’est moi qui remis l’étendard à Thābit ibn Aqram lorsque Ibn Rawāḥa fut blessé ; il le remit à Khālid et dit : “Tu connais mieux le combat que moi.” » (Voir Sharḥ al-Mawāhib.) 41 Ainsi dans A : et ḥāshā bihim (avec ḥā’ non pointée) : il se retira avec eux, de al-ḥashā, qui signifie le côté. Dans M, R : khāshā (avec khā’ pointée). Al-mukhāshāt : le fait de se séparer, c’est une forme de mufā‘ala dérivée de al-khashya, car il craignait pour les musulmans en raison de leur petit nombre. 42 izwirāran : inclinaison et déviation. 43 Dans les manuscrits : « mun’an ». La correction vient d’Abū Dharr, voici le texte de sa phrase : « al-munā (avec alif bref) : ce avec quoi on pèse. C’est la livre. Il signifie quarante livres de tannage. Celui qui rapporte “munī’a” lui donne le sens de : la peau tant qu’elle est dans le tannage. C’est par cette seconde variante que le hadith est rapporté par l’auteur d’al-Lisān : man’a. » 44 al-na‘ī (avec sukūn sur le ‘ayn) : la nouvelle du mort qui arrive. al-na‘ī (avec kasra sur le ‘ayn et shadda sur le yā’) : l’homme qui apporte la nouvelle de sa mort. 45 On dit : ḥathā l-rajul al-turāba yaḥthūhu jathwan wa-yaḥthīhi ḥathyan, lorsqu’il le prend dans sa main puis le jette. 46 Ainsi dans A : et dans M, R, ici et dans ce qui suit : « rāfila » avec rā’ non pointée. 47 inḥaṭama : se brisa. 48 al-salam : un arbre de la famille des ‘iḍāh, au singulier : salama. 49 Ruqūqayn : nom d’un lieu. On rapporte aussi : « Ruqūfayn » (avec fā’ dans le second), d’après Abū Dharr. 50 Ainsi dans M, R, et dans A : « Khālid ». 51 Ainsi dans A. Et dans M, R : « rāqila » (avec qāf). 52 Ḥadas : une tribu de Lakhm, et Lakhm : une tribu du Yémen. (D’après Abū Dharr.) 53 al-khuzr : pluriel de akhzar, celui qui regarde du coin de l’œil avec l’air orgueilleux. (D’après Abū Dharr.) 54 al-shazr : regard d’hostilité. 55 tatrā : successifs, l’un après l’autre. Dieu a dit : « Puis Nous envoyâmes Nos messagers successivement » (23:44). Celui qui le rapporte « tatrā » en fait un infinitif, de taqūlu : natara al-shay’, lorsqu’on le tire. (D’après Abū Dharr.) 56 al-dhakir : le trouble, il veut dire du sang mêlé. 57 « athrā » : de al-tharwa, qui est l’abondance. C’est-à-dire plus riche en biens et en nombre. 58 Abū Dharr a dit : « “qā’i‘a” : celui qui le rapporte avec hamza lui donne le sens de : bondissante, on dit : qa‘a al-faḥl ‘alā al-nāqa : lorsqu’il bondit sur elle. Celui qui le rapporte “nā’i‘a” avec nūn lui donne le sens de : levant la tête. Celui qui le rapporte “qābi‘a” avec bā’ lui donne le sens de : contractée. On a dit aussi : pluriel de aqbal et qablā’, celui qui incline son œil dans le regard vers l’autre œil. » 59 Ainsi dans (A). Et dans M, R : « mustaḥīzan », qui signifie : se retirant de côté. 60 āsaytu nafsī bi-Khālid : je l’ai pris pour modèle, de al-uswa, qui est l’exemple. 61 jāshat : s’éleva. al-nābil : le possesseur de flèches. 62 ḥajzatayhim : leurs deux côtés, on dit : ba‘īd al-ḥajza, c’est-à-dire un côté. ‘uzul : pluriel de a‘zal, celui qui n’a pas d’armes. 63 ta’awwabanī : me revint et retourna vers moi. a‘sar : difficile. musahhar : qui empêche de dormir. 64 Dans le Dīwān de Ḥassān : thumma. 65 sufūḥ : coulant abondamment. 66 Dans le Dīwān de Ḥassān : (balā’ wa-fuqdan). 67 Abū Dharr a dit : « Celui qui le rapporte avec damma sur le shīn, c’est le pluriel de shi‘b, qui est la tribu, et l’on dit : c’est plus que la tribu. Celui qui le rapporte avec fatḥa sur le shīn, c’est un nom pour la mort, de taqūlu : sha‘abtu al-shay’, lorsque je le sépare. Il est permis de le décliner ou non. khalafan : c’est-à-dire celui qui vient après. La variante de ce dernier hémistiche dans son Dīwān est : “sha‘ūb wa-qad khalafat fīman yu’akhkhar.” » 68 takhṭiru : elle marche avec orgueil et balancement. 69 maymūn al-naqība : heureux augure, azhar : blanc. 70 abā : au côté puissant. suyyima : chargé et porté (à la voix passive pour les deux). al-mujassir : l’audacieux, le hardi. 71 al-mu‘tarak : le lieu du combat. 72 Dans le Dīwān : « fīhi al-qanā yatakassar. » 73 Dans le Dīwān : « ḥawlahu. » 74 al-riḍām : pluriel de riḍma, ce sont des pierres empilées les unes sur les autres. al-ṭawd : la montagne. 75 Dans (A) : yaqhar. 76 al-bahālīl : pluriel de buhlūl : le seigneur au beau visage. 77 al-la’wā’ : la difficulté. al-‘amās : l’obscur. Il veut dire l’obscurité due à l’abondance de la poussière soulevée au moment du combat. 78 hamala al-dam‘u : coula, saḥā : se répandit, wakafa : goutta. 79 Ainsi dans la plupart des manuscrits et dans le commentaire d’Abū Dharr et al-Rawḍ. al-ṭibāb : pluriel de ṭibāba, c’est une lanière entre deux coutures dans l’outre ; lorsqu’elle n’est pas solide, l’eau en suinte. Dans (A) : al-ḍibāb. al-mukhaḍil : le liquide de rosée. 80 Ainsi dans (A) : aḥann (avec ḥā’ non pointée) : de al-ḥanīn. Dans les autres manuscrits : « akhann » (avec khā’ pointée). al-khanīn : un son qui sort du nez lors des pleurs. 81 atamalmalu : je me tourne et me retourne, ennuyé dans ma couche. 82 Il veut dire qu’il passa la nuit à observer les étoiles toute la nuit à cause de la longue insomnie. 83 al-madkhal : ce qui mène à l’intérieur. 84 al-musbil : celui qui fait pleuvoir. 85 ṣabarū nufūsahum : ils les retinrent sur ce qu’ils voulaient. wa-yankilū : ils reculent, effrayés par leur ennemi. 86 al-funuq : les mâles reproducteurs parmi les chameaux, au singulier : fanīq. al-muraffal : celui dont les extrémités traînent sur le sol, il veut dire que leurs cottes de mailles sont longues. 87 wa‘itha al-ṣufūf : leur enchevêtrement au point qu’il devient difficile de s’en dégager, par analogie avec al-wa‘th, qui est le sable où les pieds s’enfoncent et où la marche est difficile. mujaddal : jeté à terre, de al-jadāla, qui est le sol. 88 ta’fulu : disparaît. 89 al-qaram : le seigneur. 90 Ainsi dans les manuscrits. Et dans le commentaire d’Abū Dharr : « mā yanful : celui qui le rapporte avec fā’ lui donne le sens de : il n’empêche pas ; celui qui le rapporte avec qāf est connu. » 91 taghamadtu man yajhalu : j’ai caché l’ignorance des ignorants. 92 iṭlāq al-ḥabwa : métaphore pour le fait de se lever pour secourir. al-ḥabwa (à l’origine) : le fait que l’homme entrelace les doigts de ses mains et les place sur ses genoux lorsqu’il s’assied. On peut aussi s’entourer les genoux avec le baudrier du sabre ou autre. 93 al-mumḥil : celui qui est en proie à une sécheresse intense. 94 Ainsi dans (A). Et dans les autres manuscrits : « bi-ḥaddihim » avec ḥā’ non pointée. Abū Dharr a dit : « Celui qui le rapporte avec ḥā’ non pointée lui donne le sens de : par leur bravoure et leur audace ; celui qui le rapporte “bi-jaddihim” avec jīm kasra est connu. » 95 al-‘uqāb : nom de l’étendard du Messager. 96 al-inhāl : la première boisson, al-‘all : la seconde boisson, il veut dire la blessure après la blessure. 97 Fāṭima : c’est la mère de Ja‘far et de ‘Alī ibn Abī Ṭālib, c’est Fāṭima bint Asad ibn Hāshim, et elle est la première Hāshimite à avoir enfanté un Hāshimite. (D’après Abū Dharr.) 98 al-muḥtad : l’origine. 99 al-tanaḥḥul : le mensonge. 100 Dans son Dīwān : « wa-aghmaruhā nadī. » 101 al-ijtidā’ : la demande de don, al-jadwā, qui est le cadeau. 102 Ainsi dans son Dīwān. Et dans les manuscrits : « wa-andāhā yadan. » 103 Nous avons vu ce vers dans son Dīwān : ‘alā khayr ba‘da Muḥammadin lā shabaha ... bisharrin yu‘addu min al-barīyati julluhā. 104 al-manzūr : le peu, il veut dire qu’il a pleuré au point que ses larmes se sont raréfiées : il ordonne à son œil de donner ce peu en l’état où il est. 105 al-taghwīr : la hâte à fuir. 106 al-ḍarīk : le pauvre. 107 al-Khazrajī : c’est ‘Abd Allāh ibn Rawāḥa. al-nazūr : celui qui donne peu. Ce vers n’est pas mentionné dans le Dīwān. 108 Ainsi dans les manuscrits. al-mutaghabbir : ce qui reste. Abū Dharr a dit : « Celui qui le rapporte “al-muta‘adhdhir” est connu. » 290 Jusqu’ici se termine la seizième partie des parties de la Sīra. 2 Wazn : on rapporte avec kasr du rā’ et sa fatḥa, et sukūn du zāy et sa fatḥa ; al-Dāraquṭnī l’a fixé avec fatḥa du rā’ et sukūn du zāy uniquement. (Voir Sharḥ al-Sīra.) 3 Ainsi dans A. Il veut dire par al-mankhar : les premiers, car le nez est la partie avant du visage. Dans les autres manuscrits : « mafkhar » avec fā’. 4 anṣāb al-ḥaram : des pierres placées comme marques entre le territoire sacré et le territoire profane. 5 Ce mot est omis dans (A). 6 Ainsi dans A. Et dans les autres manuscrits : « bāya‘ahu. » 7 Ainsi dans A. ḥāzawhum : ils les menèrent. Dans les autres manuscrits : « ḥāwazawhum. » 8 Ainsi dans A. Et dans les autres manuscrits : « la-tusrifūn. » 9 maf’ūdan : faible de cœur. 10 anbata : se coupa. 11 Ainsi dans les manuscrits. Et dans Sharḥ al-Sīra : « wathīra » avec thā’ triple pointée. Abū Dharr a dit : « Celui qui le rapporte avec thā’ triple pointée, c’est la terre molle et humide. De là on dit : firāsh wathīr : lorsqu’il est moelleux. Celui qui le rapporte avec tā’ double pointée, il veut dire la terre étendue. » 12 al-ḥijāb : ce qui est bas et caché de la terre.
Il n'y a personne, on dit : il n'y a dans la maison personne, ni proche, ni égorgé, parmi d'autres noms, tous signifient : il n'y a personne. Et ils les poussent : ils les conduisent. Et al-muqallis : le cheval qui se hâte. Et al-khunāb : le cheval aux larges naseaux ; on rapporte aussi : khubāb, c'est-à-dire rapide, de al-khabab, qui est la rapidité dans la marche 291. Ainsi dans la plupart des sources. Et al-dhiḥl : la recherche de vengeance. Et dans A : « dakhilan » 292. Al-aḥqāb : les années 293. Nashā : il a senti. Et al-muhannad al-qaḍḍāb : l'épée tranchante 294. Al-mujriya : la lionne qui a des petits, c'est-à-dire des enfants. Et al-shilw : le reste du corps 295. Al-matn : ce qui est apparent de la terre et élevé. Et al-‘arā’ : l'espace vide où rien ne se cache 296. Najawtu : j'ai accéléré. Et aḥqab : c'est-à-dire un âne sauvage au dos blanc, c'est l'endroit de la besace. Et ‘ilj : épais. Et aqab : au ventre creux. Et mushammar al-aqrāb : aux flancs et à leurs alentours resserrés. Et on rapporte : « muqalliṣ al-aqrāb », qui a le même sens 297. Talḥā : elle blâme. Et al-mashāfir : les côtés et les flancs. Et al-qabqāb : l'un des noms du sexe féminin 298. Ajout de A 299. Quṣwā : le plus éloigné. Et al-aḥābīsh : tous ceux qui ont fait alliance avec Quraysh et sont entrés dans son pacte parmi les tribus. Et il veut dire par « bi-afwaqa nāṣilin » : qu'elle est revenue déçue ; al-afwaq (à l'origine) : la flèche dont l'encoche, c'est-à-dire son extrémité qui touche la corde, est cassée. Et al-nāṣil : celle dont la pointe, c'est-à-dire le fer qui s'y trouve, est partie 300. Al-dāra : la maison 301. Al-ḍaym : l'humiliation. Et al-manāṣil : pluriel de minṣal, qui est l'épée 302. Nafaḥnā : nous avons élargi. Et al-shi‘b : le creux entre deux montagnes. Et al-wābil : la pluie violente, et il veut dire ici la charge de cavalerie 303. Il veut dire par « al-qawāṣil » : les crocs 304. Al-jaz‘ : ce qui est courbé de la vallée 305. Ainsi dans la plupart des sources. Et Fāthūr : un lieu à Najd ; Abū Dharr a dit : « Son apparence est que c'est un nom de lieu ; et celui qui le rapporte : qafā Thawr, Thawr est le nom d'une montagne à La Mecque, et ce poète l'a rendu indéclinable parce qu'il a visé par là le lieu lui-même, et qafāhu : son dos. » Et dans A : « fa‘āthūr » 306. Ḥifān al-na‘ām : leurs petits. Et al-jawāfil : celles qui fuient rapidement 307. Dans A : « al-aḥabb, avec un ḥā non pointé ». Et dans al-Istī‘āb d'Ibn ‘Abd al-Barr : « al-Akhnas ». Et Ibn ‘Abd al-Barr a cité sa généalogie en disant : « Il est l'un de ceux qui sont attribués à leurs mères, et c'est Budayl ibn Salama ibn Khalaf ibn ‘Amr ibn al-Akhnas ibn Miqyās ibn Ḥabtar ibn ‘Adī ibn Sulūl ibn Ka‘b al-Khuzā‘ī » 308. Yandūhum : il les rassemble dans al-nadā, qui est l'assemblée 309. Al-Watīr : nom d'une eau en bas de La Mecque appartenant à Khuzā‘a, et ghayra ā’ilin : qui ne revient pas 310. Naḥbū : nous donnons. Et al-‘aql : le prix du sang 311. Al-Tilā‘a (avec fatḥa et tashdīd allégé) : une eau appartenant à Banī Kināna au Ḥijāz. Et yasbiqna lawm al-‘awādhal : il fait allusion au proverbe connu : « L'épée a devancé le blâme » 312. Bayḍ (avec fatḥa) : l'une des demeures de Banī Kināna au Ḥijāz ; et ‘Atūd (avec kasra de la première lettre, sukūn de la seconde, et fatḥa du wāw ; rapporté aussi avec fatḥa de la première) : une eau appartenant aussi à Kināna. Et al-khayf : ce qui descend de la montagne. Et Raḍwā : une montagne à Médine 313. Ainsi dans A. Et al-qanābil : pluriel de qunbula, qui est le groupe de chevaux 314. Al-Ghamīm : un lieu entre La Mecque et Médine. Et takaffata : il a dévié de son chemin. Et ‘Ubayyis : un homme. Et al-jald : le fort. Et al-ḥulāḥil : le seigneur 315. Al-ja‘mūs : la vierge. Et « ajmart... etc. » : c'est-à-dire elle l'a jeté rapidement, et c'est une métaphore pour un type d'événement dont la description est indécente : il veut dire la peur et le manque de tranquillité 316. Al-balābil : le mélange des soucis et leurs obsessions 317. Surāt al-qawm : leurs nobles et leurs meilleurs. Et yandūhum : il les rassemble dans al-nādī, et Nāqib : un homme (d'après Abū Dharr et al-Lisān) 318. Al-miflāḥ : de al-falāḥ, qui est la persistance du bien, et al-ḥaqā’ib : pluriel de ḥaqība, qui est ce que le cavalier place derrière lui quand il monte (d'après Abū Dharr) 319. Nāshid : demandeur et qui rappelle. Et al-atlad : l'ancien 320. Il veut dire que les Banī ‘Abd Manāf ont pour mère une femme de Khuzā‘a, et de même Quṣayy a pour mère Fāṭima bint Sa‘d al-Khuzā‘iyya. Et al-wuld (avec ḍamma) a le sens de al-walad (avec fatḥa). Et aslamnā : de al-silm. Al-Suhaylī a dit : « Parce qu'ils n'avaient pas encore cru, mais il a dit : « rak‘an wa-sujūdan », ce qui indique que parmi eux il y avait ceux qui priaient pour Dieu et ont été tués » (cf. al-Rawḍ) 321. A‘tad : présent, de al-‘atīd, qui est le présent, et al-madad : le secours 322. Tajarrada : celui qui le rapporte avec un ḥā non pointé, son sens est : il s'est fâché ; et celui qui le rapporte avec un jīm, son sens est : il a retroussé ses manches et s'est préparé à la guerre. Wa-sayyama : il a demandé et chargé. Et al-khasf : l'humiliation, wa-taradda : il a changé vers le noir 323. Al-faylaq : l'armée nombreuse 324. Kadā’ (au poids de saḥāb) : un lieu en haut de La Mecque, wa-rasadun comme rukka‘, pluriel de rāṣid, qui est celui qui cherche une chose en l'observant, et il est possible que ce soit raṣad comme sabab, qui a le même sens 325. Al-Watīr : nom d'une eau en bas de La Mecque appartenant à Khuzā‘a. Et al-hujjad : les dormeurs, et al-hujjad peut aussi être : les éveillés, et c'est un mot aux sens opposés. La transmission de ces vers dans al-Istī‘āb diffère de sa transmission ici par l'ordre, l'ajout et la suppression 326. Ce qui est entre parenthèses est omis dans A 327. Ayadan : fort, de al-ayd, qui est la force 328. Dans al-Istī‘āb : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : « Que Dieu ne me secoure pas si je ne secours pas les Banī Ka‘b » 329. ‘Inān : nuage 330. Al-muẓāhara : l'assistance 331. ‘Usfān : à deux étapes de La Mecque, sur la route de Médine (cf. Mu‘jam al-Buldān) 332. Il est de al-baghta, qui est la soudaineté ; on dit : baghtahu al-amr wa-faja’ahu : quand il est venu sans qu'on le sache 333. ‘Anānī : il m'a préoccupé. Et dans le Dīwān : « Ghubnā fa-lam nashhad bi-baṭḥā’i Makkata... ru‘ātan ilā ākhirihi » 334. Lam tujann thiyābuhā : elle n'a pas été couverte. Il veut dire qu'ils ont été tués et n'ont pas été enterrés. Et la place de ce vers est plus loin dans le Dīwān 335. Ainsi dans le Dīwān 336. Al-‘ūd : le vieux chameau 337. Ainsi dans le Dīwān. Et dans M : « sha‘ru istihi » 338. Al-ṣarf : le lait pur ici. Et a‘ṣal : tordu, al-‘aṣal : la torsion des dents. Et la transmission du Dīwān pour le second hémistiche : « idhā luqiḥat ḥarbun wa-a‘ṣala nābuhā ». Et Ibn Umm Mujālid : c'est ‘Ikrima ibn Abī Jahl 339. Al-Khalīqa : ainsi écrit ici avec ḍamma sur le khā‘ dans les deux. Et al-Khushanī l'a rapporté : « bi-l-khalīqa » avec fatḥa sur le khā‘ dans les deux. Et dans le livre d'Ibn Isḥāq : bi-dhī al-Khalīfa, Khalīfat Banī Aḥmad, avec ḍamma sur le khā‘ et le fā’, et c'est un nom de lieu (d'après Abū Dharr) 340. Sabba‘at Sulaym : c'est-à-dire qu'elle était de sept cents. Wa-alfat : c'est-à-dire qu'elle était de mille 341. Aḥmilu rāyatan : il veut dire : je conduis les gens à la guerre. Et al-Lāt : une idole des Arabes. Et khayl al-Lāt : les armées de la mécréance 342. Al-mudlij : celui qui voyage de nuit 343. Ainsi dans A. Et dans les autres sources : « wa-dallanī ‘alā Allāh » ; et nous avons préféré ce qui est dans A en raison de l'unanimité des sources sur cela après 344. An‘ā : plus éloigné 345. Yufannadu : il est blâmé et traité de menteur 346. Lā’iṭ : collé. On dit : lāṭa ḥubbuhu bi-qalbī, c'est-à-dire il s'y est collé 347. Ainsi dans A, et dans M, R : « ghayrī » 348. Aw‘adī : il m'a menacé 349. ‘An jarā : à cause de 350. Sihām (au poids de saḥāb) et Sardad (au poids de ju’dhar) : deux lieux du pays de ‘Akk (cf. al-Rawḍ) 351. Ḥamashathā al-ḥarb : elle l'a brûlée. Et celui qui dit : ḥamasathā (avec sīn non pointée), son sens est : elle a été dure pour elle, et cela vient de al-ḥamāsa, qui est la dureté et le courage 352. Alam ya’ni : n'est-il pas temps ? On dit : āna al-shay’u ya’īnu, wa-anā ya’nī (comme ramā yarmī) wa-anā ya’nā (du chapitre de fariḥa) tout cela signifie : il est temps 353. Khaṭm al-jabal. Al-khaṭm : le nez de la montagne. C'est quelque chose qui en sort, par lequel la route se rétrécit. Et cela se trouve dans al-Bukhārī à son sujet 354. Al-najā’ : la rapidité. Tu dis : najā yanjū najā’an : quand il accélère 355. Al-ḥamīt : l'outre de graisse, al-dasam : très gras, et al-aḥmas ici : très charnu. Et le sens est basé sur la comparaison de l'homme à l'outre à cause de son poids et de sa graisse 356. Al-ṭalī‘a : celui qui garde le peuple 357. Al-i‘tijār : le fait de se turbanner sans pan, et al-shuqqa : la moitié, et al-ḥibara : un type de vêtement du Yémen 358. Uẓhirī bī : monte et élève-toi. Et Abū Qubays : une montagne à La Mecque 359. Al-wāzi‘ : celui qui organise l'armée, la redresse et la dispose, comme s'il la retenait de la dispersion et de la dissémination 360. Al-ṭawq ici : le collier. Et al-wariq : l'argent 361. Al-thughāma : un brin de thughām, qui est une plante de montagne, et elle est au maximum de sa blancheur quand elle se dessèche ; ils la comparent aux cheveux blancs 362. Kadā’ (comme samā’) : une montagne en haut de La Mecque, c'est la colline qui est près du cimetière, et cette région est appelée al-Ma‘lāt. Et le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, est entré à La Mecque par elle. Et (Kudā, comme Ṣurad) : une montagne en bas de La Mecque, et le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, en est sorti. Et on a dit autre chose (cf. Mu‘jam al-Buldān, al-Qāmūs et son commentaire) 363. Ainsi dans A. Et dans certaines copies : mā arā annahu 364. Al-alla : la lance ayant une longue pointe 365. Dhū ghirārayn : une épée à deux tranchants 366.
(89) [p.408] Ce rajaz est rapporté avec la kasra du hā' dans (fihr) et du dāl dans le premier hémistiche (al-ṣadr), et du khā' dans (ṣakhr), selon la méthode des Arabes dans la pause sur ce dont le milieu est une consonne. En effet, certains d'entre eux transfèrent la voyelle de la lām du mot à sa 'ayn lors de la pause, lorsque le nom est au nominatif ou au génitif, et ils ne font pas cela à l'accusatif (voir al-Rawḍ). (90) [p.408] Abū Yazīd : il a transformé la hamza en un alif silencieux par allègement, en raison de la nécessité poétique. Par Abū Yazīd, on entend Suhayl ibn 'Amr, le khatīb (orateur) de Quraysh. Al-mawtama et al-mawtam sans hamza, et se met au pluriel en mayātim. C'est la femme dont le mari est mort et qui lui a laissé des orphelins. Ibn Isḥāq a dit, dans une autre version que celle-ci : « al-mu'tama » est la colonne (al-usṭuwāna), et c'est une interprétation étrange, mais elle est plus correcte que la première interprétation, car c'est l'interprétation du transmetteur du ḥadīth. Selon cette parole, le mot al-mu'tama vient de leur dire : watama et atama, quand il est stable, car la colonne stabilise ce qui est sur elle. On dit à son sujet, selon cela : mu'tama avec hamza, et se met au pluriel en ma'ātim, et mawtama sans hamza, et se met au pluriel en mawātim. (Voir al-Rawḍ al-Unuf). (91) [p.408] Al-ghamghama : des sons incompréhensibles en raison de leur mélange. (92) [p.408] Al-nahīt : le bruit de la poitrine, et le plus souvent, il est attribué au lion. Al-hamhama : un bruit dans la poitrine également. (93) [p.409] Ainsi dans la plupart des manuscrits. Et dans A : « al-ru'ās ». Abū Dharr a dit : « al-ru'āsh » : il est rapporté ici avec sīn et shīn, et sa forme correcte est avec le shīn pointé, sans autre. (94) [p.410] Muṣaddiqan, avec un dāl redoublé : rassemblant les ṣadaqāt (aumônes légales), c'est-à-dire la zakāt. (95) [p.410] Ainsi dans al-Qāmūs et son commentaire. Et dans A : « ḍabāba », et dans M, R : « ṣabāba ». (96) [p.410] Ce mot (ilā al-Yaman) est omis dans A. (97) [p.410] Voir la note (n° 2 p. 52). (98) [p.411] Lam tukhras : on n'a pas préparé pour elle de nourriture lors de son accouchement. Le nom de cette nourriture est khurs et khurusa (avec ḍamma sur le khā'). Elle voulait par là désigner le temps de la difficulté. (99) [p.411] Al-miḥjan : un bâton au bout recourbé, que le cavalier tient à la main pour le chameau. (100) [p.412] Istakaffa lahu al-nās : ils se sont rassemblés, de al-kāffa, qui est le groupe. Il est possible que « istakaff » signifie ici : ils l'ont regardé et ont fixé leurs regards sur lui, comme celui qui regarde le soleil : de leur dire : istakfaftu al-shay', quand tu mets ta main (kaff) sur tes sourcils et que tu le regardes. Il est aussi possible que « istakaff » signifie ici : il a fait cercle, et de cela vient la parole d'al-Nābigha : « idhā istakaffa qalīlan tara bihi inhadamā » (Quand il fait cercle un peu, tu le vois s'effondrer). (D'après Abū Dharr). Ce qui est dans al-Lisān : « istakaffūhu : ils sont devenus autour de lui, et istakaffa bihi al-nās : quand ils l'entourent. » (101) [p.412] Al-ma'thara : la qualité louable qui se transmet par héritage et dont les gens parlent. (102) [p.412] Sidānat al-bayt : son service (la charge de la Ka'ba). (103) [p.412] Mā tarzamūn lā mā tarzamūn : Abū 'Alī a dit : « Son sens est seulement : je ne vous ai donné que ce que vous désirez, comme la siqāya (charge de l'abreuvement) qui nécessite des dépenses. Quant à la sidāna, les gens y contribuent en envoyant des choses, c'est-à-dire la kiswa (tenture) de la Maison. » (104) [p.413] Al-azlām : leur singulier est zalam, avec ḍamma et fatḥa sur le zāy, ce sont les flèches. Yastaqsimu bihā : il tire au sort avec elles. (105) [p.413] Tumasat : a été changée. (106) [p.413] Yatawakhkhā : il cherche délibérément, il vise. (107) [p.414] Abū Dharr a commenté ce nom en disant que c'est une phrase composée, et il veut peut-être dire que c'est « aḥmar » avec un rā' redoublé, et il serait alors dérivé d'une phrase verbale comme « ta'abbaṭa sharran ». (108) [p.414] Al-ghaṭīṭ : ce qui est entendu du bruit des êtres humains quand ils dorment. (109) [p.414] Mu'tazzan : c'est-à-dire un côté du clan (al-ḥayy). On dit : hādhā bayt mu'tazz : quand il est en dehors des maisons du clan. (110) [p.414] Bayt al-ḥayy : ils ont attaqué de nuit. (111) [p.414] Al-ghuzā : le groupe de gens qui partent en expédition (ghazw). (112) [p.414] Al-ḥāṣir : ceux qui descendent près de l'eau. (113) [p.414] Famāhu : c'est avec la hamza interrogative, son alif a été supprimé et le hā' de silence a été apporté à la pause. Son sens est : dans ce que vous voulez faire ? (114) [p.414] Abū Dharr a dit : « Ainsi : c'est un nom donné à l'action (ism fi'l), et son sens est : écartez-vous de l'homme. La préposition 'an est liée à ce qui est dans 'hākadhā' comme sens de l'action. » On comprend de la parole de Khirāsh « hākadhā » qu'il a fait un geste de la main vers les gens pour qu'ils s'écartent d'Ibn al-Athwa', et il ne veut pas dire que c'est un nom d'action (ism af'āl). (115) [p.415] Al-ḥashwa (avec kasra) : ce que le ventre contient comme intestins et autres. (116) [p.415] Li-tarnuqān : il veut dire qu'elles sont proches de se fermer... On dit : ranqat al-shams, quand elle approche du coucher, et ranqahu al-nu'ās, quand le sommeil le gagne avant que son œil ne se ferme. Le poète a dit : « Wasnān aqṣadahu al-nu'ās fa-ranqat... fī 'aynihi sinatun wa-laysa bi-nā'im » (Un somnolent que le sommeil a atteint, et une somnolence s'est installée dans son œil sans qu'il ne dorme). (117) [p.415] Inja'afa : il est tombé d'une lourde chute. On dit : inja'afat al-thamara, quand ses racines sont arrachées et qu'elle tombe. (118) [p.415] Al-Suhaylī a dit : Ceci est une erreur d'Ibn Hishām. La forme correcte est : c'est 'Amr ibn Sa'īd ibn al-'Āṣ ibn Umayya, et c'est al-Ashdaq... L'erreur n'est venue à Ibn Hishām, ou à al-Bakkā'ī dans sa transmission, que parce que 'Amr ibn al-Zubayr était hostile à son frère 'Abd Allāh et aidait les Banū Umayya. C'est ce qu'a soutenu al-Suhaylī. Ibn Abī al-Ḥadīd a rapporté d'après al-Mas'ūdī dans son commentaire de Nahj al-Balāgha (vol. 4, p. 495) ce qui confirme qu'il y a eu un combat entre 'Amr ibn al-Zubayr et son frère 'Abd Allāh. Il a dit : « Yazīd ibn Mu'āwiya avait nommé al-Walīd ibn 'Utba ibn Abī Sufyān à Médine. Il envoya de là une armée à La Mecque pour combattre 'Abd Allāh ibn al-Zubayr, commandée par 'Amr ibn al-Zubayr, son frère, qui était hostile à 'Abd Allāh. Lorsque les deux camps se firent face, les hommes de 'Amr furent mis en déroute et l'abandonnèrent. 'Abd Allāh s'empara de lui, le fit tenir debout devant les gens à la porte de la mosquée, nu, et ne cessa de le frapper de fouets jusqu'à ce qu'il meure. » (119) [p.416] Lā yu'aḍḍad : on ne le coupe pas. (120) [p.416] Ajout d'après A. (121) [p.416] Ce mot est omis dans A. (122) [p.418] Aḥadh (avec le ḥā' non pointé et le dhāl pointé) : c'est le peu, l'interrompu. Celui qui le rapporte : ajad (avec jīm et dāl non pointé) : son sens est aussi interrompu. Il est possible que son sens soit : dans une vie très vile. (D'après le commentaire d'Abū Dharr). (123) [p.419] Al-rātiq : celui qui raccommode. Tu dis : rataqtu al-shay', quand tu le bouches. Dieu Très-Haut a dit : « kānatā ratqan fa-fataqnāhumā » (Elles étaient jointes et Nous les avons disjointes) (21:30). Et fataqtu : signifie dans la religion, car tout péché est une déchirure et un déchirement, et toute repentance est un raccommodage. C'est pour cela qu'on a dit de la repentance qu'elle est naṣūḥ (sincère), de naṣaḥtu al-thawb (j'ai cousu le vêtement), et al-niṣāḥ (le fil). Et būr : périssant. On dit : rajul būr et bā'ir, et qawm būr. (124) [p.419] Ubārī : je rivalise et je confronte. Al-sanan (avec fatḥa) : le milieu du chemin. Mathbūr : périssant. (125) [p.419] Al-balābil : les pensées confuses et les chagrins. Mu'talij : mêlé, dont une partie chevauche l'autre. Al-bahīm : celui qui n'a pas de lumière. (126) [p.419] 'Īrāna : une chamelle qui ressemble à l'âne sauvage ('īr) par sa force et son activité. Sarḥ al-yadayn : légère des deux mains. Ghashūm : qui ne se détourne pas de sa direction. Il est rapporté : (sa'ūm) qui est forte pour la marche. Il est aussi rapporté : (rasūm) signifiant qu'elle marque la terre et y laisse une trace, à cause de la force de son piétinement. (127) [p.419] Asdaytu : j'ai fait et j'ai imité, c'est-à-dire ce qu'il a dit comme poésie avant son islam. Ahīmu : je vais sur mon visage, égaré. (128) [p.419] Al-radā : la perdition. (129) [p.419] Al-awāṣir : pluriel de āṣira, qui est le lien de parenté utérine entre les gens. (130) [p.420] Mustaqbil : regardé, observé. (131) [p.420] Qarm : seigneur, et son origine est l'étalon des chameaux. Al-dhurā : les hauteurs, pluriel de dharwa. Al-urūm : les racines, pluriel de urūma (avec fatḥa et ḍamma sur la première lettre). (132) [p.420] Ainsi dans M, R. Et dans A : « nā'ak ». Abū Dharr a dit dans son commentaire : « nā'ak » c'est-à-dire qu'il s'est éloigné de toi, et al-na'y : l'éloignement. (133) [p.420] Wa-nfitāluhā : c'est-à-dire son passage d'un état à un autre. Il est rapporté : « wa-ntiqāluhā ». (134) [p.420] Araqat : elle a chassé le sommeil. Najrān : un pays du Yémen. (135) [p.420] Habat : elle s'est réveillée. Ḍalla ḍalāluhā : une imprécation contre elle pour l'égarement. (136) [p.420] Sa-ardā : je vais périr. Wa-ziyāluhā : sa disparition. (137) [p.420] Al-'awālī : les parties hautes des lances. (138) [p.421] Al-makhārīq : pluriel de mikhrāq, ce sont des mouchoirs enroulés que les enfants tiennent dans leurs mains, avec lesquels ils se frappent les uns les autres ; il a comparé les épées à cela. (139) [p.421] Qalāhu (karimahu wa-raḍiyahu, qalan wa-qilā'an wa-maqliya) : il l'a détesté et haï au plus haut point, l'abandonnant, lui, son âme et sa famille : il veut dire lui-même et sa famille. (140) [p.421] Kunhahu : sa réalité. Al-niṣāl : le fer des flèches. (141) [p.421] Al-saḥīq : le lointain. Al-haḍaba : la colline élevée. Al-mulamlama : la ronde. Al-ghabrā' : celle que la poussière a recouverte. Yābis : sèche. (142) [p.421] Ce poème se trouve dans le Dīwān de Ḥassān imprimé en Europe, avec l'ajout de quelques vers et une différence dans l'ordre de certains. (143) [p.421] 'Afat : elles ont changé et ont été effacées. Dhāt al-Aṣābi' et al-Jiwā' : deux endroits en Syrie (al-Shām). À al-Jiwā' se trouvait la demeure d'al-Ḥārith ibn Abī Shammar al-Ghassānī. Ḥassān se rendait souvent chez les rois de Ghassān en Syrie pour les louer, c'est pourquoi il mentionne ces demeures. 'Adhrā' : un village à un barīd de Damas. (144) [p.422] Banū al-Ḥasḥās : une tribu des Banū Asad. L'origine d'al-ḥasḥās est l'homme généreux, et c'est peut-être ce qui est visé ici. Al-rawāmis : les vents qui recouvrent (tarmus) les traces, c'est-à-dire les couvrent. Al-samā' : la pluie. (D'après al-Suhaylī). (145) [p.422] Al-na'am : les biens (māl) du pasteur, c'est un pluriel qui n'a pas de singulier de sa propre racine, et il s'applique le plus souvent aux chameaux. Al-shāt : la brebis, s'applique au mâle et à la femelle, le pluriel est shā' et shiyāh.
Le spectre 367 : l'image de la bien-aimée qui apparaît dans le sommeil. Et « m'empêche de dormir » : me prive de sommeil. Il veut dire que lorsque le spectre s'éloigne de lui, il en ressent une brûlure qui le tient éveillé. 368 : nom d'une femme ; on dit qu'elle est la fille de Salâm ibn Mishkam le Juif, comme dans al-Suhaylî, et on dit qu'elle est une femme de Khuzâ'a, comme dans les Nawâdir d'Ibn al-A'râbî, et d'autres avis encore. 369 : le vin conservé, protégé, jalousement gardé. Et Bayt Ra's : un lieu en Jordanie célèbre pour son bon vin. Après ce vers, dans le Dîwân imprimé en Europe : « Sur ses canines, ou le goût frais / De pommes dont la cueillette est aisée ». Al-Suhaylî a commenté cela en disant : « Ce vers est apocryphe, il ne ressemble ni à la poésie de Hassân ni à son style. » 370 : pluriel de al-ashriba, et al-ashriba est le pluriel de sharâb. Il veut dire que les boissons autres que le vin de Bayt Ra's ne l'égalent pas en plaisir. 371 : nous dirigeons le blâme vers elle. « Si nous méritons le blâme » : si nous faisons ce pour quoi nous méritons d'être blâmés. On dit : alâma l-rajulu, il est mulîm. Et al-maghth : frapper avec la main. Et al-lihâ' : les insultes. 372 : nous réprimande et nous retient. 373 : la poussière. Et Kudâ' (de poids de saḥâb) : une colline en haut de La Mecque (voir la première note p. 406). 374 : pluriel de ‘inân, qui est la bride. Et al-muṣghiyât : celles qui penchent, qui s'inclinent pour la lance. Et al-asal : les lances. Et al-ẓimâ' : les assoiffées. On rapporte aussi : « yubârîna al-asinna » au lieu de « yunâzi‘na al-a‘inna », et « muṣ‘idât » au lieu de « muṣghiyât ». 375 : on dit que cela signifie celles qui sont arrosées par la pluie. On dit aussi : al-mutamaṭṭirât : celles qui se devancent les unes les autres. « Les frappent » : les femmes frappent leurs visages pour les repousser. Et al-khumur : pluriel de khimâr, qui est ce dont la femme se couvre la tête et le visage, c'est-à-dire que les femmes frappaient les visages des chevaux avec leurs voiles le jour de la conquête. Al-Suhaylî a dit : Ibn Durayd a dit dans al-Jamhara : al-Khalîl, que Dieu lui fasse miséricorde, récitait le vers de Hassân : « yaṭlamuhunna bi-l-khumur » et désapprouvait « yalṭamuhunna », lui donnant le sens de : les femmes secouent avec leurs voiles ce qui est sur elles, comme la poussière ou autre. 376 : nous avons accompli les rites de la ‘umra, qui est la visite de la Maison sacrée de Dieu. 377 : le combat à l'épée. On rapporte aussi : « yu‘izzu llâh » au lieu de « yu‘înu llâh ». 378 : semblable. 379 : l'épreuve. 380 : la version du Dîwân est : « wa-qawmî ». 381 : elle a l'habitude de s'exposer à la rencontre, elle y est donc forte. 382 : nous l'empêchons et le retenons ; de là, le juge est appelé ḥâkim, car il empêche les gens de commettre des injustices. 383 : Abû Sufyân : c'est al-Mughîra ibn al-Ḥârith ibn ‘Abd al-Muṭṭalib, cousin du Prophète ; il avait insulté le Prophète avant de se convertir. 384 : une lettre envoyée d'un pays à un autre. La version de ce vers dans le Dîwân est : « N'annoncerais-tu pas de ma part à Abû Sufyân / Que tu es un creux vide et un imbécile ? » Al-mujawwaf : celui qui a le ventre vide, voulant dire le lâche. De même, al-nakhb et al-hawâ'. 385 : il veut dire que les épées des Anṣâr ont fait d'Abû Sufyân un esclave méprisable le jour de la conquête de La Mecque, et que les chefs des Banû ‘Abd al-Dâr sont devenus comme des servantes dans l'humiliation et l'avilissement. 386 : le musulman ; il est appelé ḥanîf parce qu'il s'est détourné du faux pour aller vers le vrai. Et sa nature : son caractère. 387 : une sorte de manteau du Yémen, parmi les vêtements de qualité. Et al-sâbiq (ici) : le cheval. Et al-mutajarrid : celui qui se détache des chevaux et les devance. 388 : sache. Et al-wa‘îd : la menace. 389 : des maisons regroupées. Et mutahammîn : habitant la Tihâma, qui est la partie basse de la terre. Et al-munajjad : celui qui habite le Najd, qui est la partie élevée. 390 : les jours heureux ; on dit : un jour ṭalq lorsqu'il n'y a ni chaleur, ni froid, ni rien de nuisible ; de même, une nuit ṭalq ou ṭalqa (avec sukûn sur le lâm dans les deux cas). 391 : sois perplexe. On rapporte aussi : tajalladî, c'est-à-dire prends patience. 392 : tu as violé le pacte. 393 : de al-kamad, qui est la tristesse. 394 : élever la voix en pleurant. Et tuṭall : son sang est perdu et sa vengeance n'est pas prise. 395 : il voulait dire le jour d'al-Khandama, il a donc regroupé celle-ci avec ce qui l'entoure ; c'est une montagne à La Mecque. 396 : coule. 397 : dans A : fa-akmad (avec kasra du dâl) comme impératif pour le singulier ; avec cette version, il y a un iqwâ' dans le vers. 398 : al-Suhaylî a dit : « al-Ḥablaq » est une terre habitée par des tribus de Muzayna et de Qays. Al-Ḥablaq : les petits moutons. Il veut probablement dire par « les gens d'al-Ḥablaq » les propriétaires de moutons. Et Banû Khufâf : une branche de Sulaym. 399 : c'est-à-dire dhû l-khayr ; il est aussi possible qu'il veuille dire al-khayyir, avec tashdîd du yâ', et l'ait allégé, comme on dit hayyin et hîn (avec tashdîd et allègement). 400 : c'est-à-dire sept cents. Et Banû ‘Uthmân : ce sont Muzayna. 401 : ainsi dans M, R. Et dans A : « aknâfahum » avec nûn. Al-aknâf : les côtés. 402 : il voulait dire naṭa'a, et a allégé la hamza. Al-rashq : le tir rapide. Al-marîsha : les flèches emplumées. 403 : le bruit. Et inṣâ‘a : s'est fendu. Al-fuwâq ici : al-fawq, qui est l'extrémité de la flèche qui touche la corde. Al-riṣâf : pluriel de riṣfa, qui est une ligature enroulée autour du fawq de la flèche. 404 : pluriel de baṭḥâ', qui est une terre plate et étendue. Et musawwam : c'est-à-dire envoyé, ou bien marqué d'un signe. 405 : leur signe de ralliement à la guerre. 406 : étroit. Al-hâm : les têtes. Al-ḥanẓal : le coloquinte. 407 : très pressant ; il veut dire que leur ancêtre est victorieux. 367 : al-‘ûd (ici) : l'homme âgé. Shâmikh : élevé. Al-‘arnân : le bout du nez. Al-khuḍarm : le généreux qui donne beaucoup. 368 : Ḍimâr : il est construit sur la kasra comme Ḥudhâm et Raqqâsh. 369 : awdâ : a péri. Al-masjid (ici) : la mosquée de La Mecque, ou la mosquée du Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue. 370 : al-ḥayn : la perte. Mutâḥ : prédestiné. 371 : al-ulâ : ceux qui. Ghuzâl : nom d'un lieu (déclinable et indéclinable). Lafat : un lieu aussi. Fajj Ṭalâḥ : un lieu. Il est possible que Ṭalâḥ soit le pluriel de ṭalḥ, qui est l'arbre, et le fajj lui est attribué. 372 : khaṭarnâ : nous avons été agités. On rapporte aussi ḥaẓarnâ « avec ḥâ' non pointé et ẓâ' pointé », signifiant : nous avons empêché. Al-jaḥfal : l'armée nombreuse. 367 : ainsi dans A ; dans M, R : « nujayyid » avec nûn au début. Al-Dâraquṭnî l'a noté avec nûn (d'après Abû Dharr). 368 : al-mutakârib : celui dont une partie chevauche l'autre. Al-haydab : ce qui pend jusqu'à terre. Dans M, R : « al-haydam » avec mîm à la fin. 369 : al-qawâḍib : les tranchantes. 370 : cette expédition est connue sous le nom de ghazwat al-Ghumayṣ, qui est le nom d'un point d'eau des Banû Judhayma. 371 : cette phrase : « et ils déposèrent les armes » est omise dans A. 372 : al-ḥays : mélanger le beurre clarifié, les dattes et l'aqṭ, puis le manger. Al-aqṭ : une chose caillée à partir du lait et séchée. 373 : al-rab‘a parmi les hommes : celui qui est entre le grand et le petit. 374 : nahamahu : le réprimander. 375 : muḍṭarib : qui n'est pas de constitution équilibrée. 376 : al-mîlagha : un objet creusé dans du bois, placé pour que le chien y lèche, utilisé par les bergers et les bédouins. 377 : ṣaba'nâ : ils veulent dire : nous sommes entrés dans la religion de Muḥammad ; ils appelaient le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, « al-Ṣâbi' », parce qu'il est sorti de leur religion. On dit : ṣaba'a l-rajulu, quand il sort d'une religion pour une autre ; de là viennent les Ṣâbi'ûn, car leur religion est entre le judaïsme et le christianisme, selon ce qu'ont mentionné certains exégètes. 378 : ainsi dans A. Dans M, R : « silâḥahu ». 379 : ainsi dans M, R. Dans A : « li-ya'khudhahu ». 380 : al-mumâṣa‘a et al-miṣâ‘ : le combat à l'épée. Al-burak : les chameaux agenouillés. 381 : ainsi dans M, R. « Ḍâbiḥan » : c'est-à-dire criant. L'origine de « al-ḍabḥ » est le souffle du cheval et du chameau quand ils sont épuisés. Dans A : « ṣâbiḥan ». 382 : al-Ghumayṣâ' : un lieu. 383 : alaẓẓat : s'est attachée et a fréquenté. Al-ayâmâ : pluriel de ayyim, qui est celle qui n'a pas de mari. 384 : al-kabsh : l'homme noble. 385 : Abû ‘Amr al-Shaybânî a dit : « Ce qui vient de ta droite vers ta gauche, et te présente son côté gauche, qui est son côté intime, c'est le sâniḥ. Ce qui vient de ta gauche vers ta droite, et te présente son côté droit, qui est son côté sauvage, c'est le bâriḥ. » Il a dit : « Le sâniḥ est de meilleur augure pour eux que le bâriḥ. » Lâ takbû : c'est-à-dire ne tombe pas. 386 : kâbî al-ghubâr : élevée. Al-kawâliḥ : celles qui sont renfrognées, dont les lèvres se sont contractées, laissant apparaître leurs dents. 387 : athkalanâk : nous t'avons privé. 388 : musawwamât : il s'agit des chevaux musawwamât, c'est-à-dire envoyés ou marqués d'un signe. Al-kalâm : les blessures, pluriel de kalim. 389 : sanâbikuhunna : le devant de l'extrémité de leurs sabots. 390 : ainsi dans M, R. Dans A : « al-Tihâm », c'est-à-dire La Mecque. 391 : ce vers et le précédent sont omis dans M, R. 392 : al-rumma : la corde usée. 393 : Ḥubaysh : diminutif de Ḥubaysha. 394 : ainsi dans A ; dans M, R : « ‘alâ nafad al-‘aysh ». Il veut dire : sur son achèvement, de l'expression nafada al-shay' quand il est terminé et épuisé. 395 : Ḥilya et al-Khawâniq : deux lieux. 396 : al-idlâj : la marche de nuit. Al-wadâ'iq : pluriel de wadîqa, qui est la chaleur intense de la mi-journée. 397 : al-ṣafâ'iq : les revers du destin et ses calamités ; le singulier : ṣafîqa.
Elle s'éloigne 408. Et l'éloignement 409 est la distance. Et « lā rāqa » 410 : quelle merveille ! Al-tawāmuq 411 : l'amour. Dans ce vers et le précédent, il y a iqwā' 412. Ajout exigé par le contexte 413. Tatrā 414 : successifs. Son origine est watrā, le tā' a été substitué au wāw. Ainsi dans M, R. Et dans A : « elle est morte sur lui » 415. Al-aqdāḍ 416 : pluriel de qadd, et il entend ici les biens accumulés. On dit : « les gens sont venus, qaddahum bi-qadīḍihim » : quand ils viennent tous ensemble. « Nahalat » 417 : de al-nahl, qui est la première boisson. Et « ‘allat » 418 : de al-‘alal, qui est la seconde boisson. « Shallat » 419 : c'est-à-dire chassée. « Rajul jarād » 420 : une multitude de sauterelles. « Ishma‘allat » 421 : s'est dispersée. « Yathūbū » 422 : ils reviennent. « Muqaddim » 423, avec dāl redoublé, c'est-à-dire arrivée. Al-tira 424 : l'inimitié et la vengeance. Ghurātuhum 425 : leurs insensés. Al-murūṭ 426 : pluriel de mirṭ, qui est un vêtement de soie ou autre. « Arba‘an » 427 : on dit « raba‘tu ‘alayhi » quand on demeure auprès de lui. Al-iṭl 428 : le flanc. Al-thilla, avec fath du thā' : le troupeau de moutons. Al-ḥayzūm 429 : le bas des os de la poitrine, là où tombe la ceinture. Al-nahs 430 : manger la chair avec le bout des dents ; il veut dire qu'elles mangent peu. « Wa-‘asan » 431 : rapidement. Al-muḥillūn 432 : ceux qui sont sortis du sanctuaire vers le lieu profane. Al-makhāḍ 433 : les chamelles gestantes. Al-qu‘as 434 : celles qui prennent du retard et refusent de marcher. Al-khādir 435 : le lion entré dans le fourré. Al-khudr 436 : le fourré, qui est le repaire du lion. Al-libda 437 : le poil qui est sur ses omoplates. « Shi’n » 438 : rude. Al-banān 439 : les doigts. « Bariduh » 440 : c'est-à-dire froide. « Jahm » 441 : renfrogné. Al-muḥayyā 442 : le visage. Ainsi dans M, R. Al-sibāl 443 : le poil autour de sa bouche. Et dans A : al-shibāl, qui est le pluriel de shibl. « Yarzim » 444 : il rugit. Al-ayka 445 : l'arbre aux nombreuses branches. Al-jaḥda 446 : celle qui a peu de feuilles et de branches. « Ḍār » 447 : habitué. Al-ta’kāl 448 : le fait de manger. Al-najda 449 : le courage. Nakhla 450 : nom d'un lieu. « Asnada fī l-jabal » 451 : il s'est élevé dans la montagne. Ainsi dans A. Et le sens de « lā shawā lahā » 452 : qu'elle ne laisse rien. Et dans A : « lā thawā lahā ». « Bū’ī » 453 : retourne. Dans le vers, il y a kharam 454. Ainsi dans M, R. Et dans A : « de la conquête de La Mecque » 455. Ajout d'après A 456. Awṭās 457 : une région dans le territoire de Hawāzin où eut lieu la bataille de Ḥunayn, et où le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) dit : Al-shijār 458 : sorte de palanquin, sauf qu'il est découvert en haut (d'après Abū Dharr). Al-ḥazn 459 : le terrain élevé. Al-ḍars 460 : celui qui contient des pierres tranchantes. Al-dahs 461 : le sol meuble et abondant en terre. « Yu‘ār al-shā’ » 462 : leur bêlement. « Anqaḍa bihī » 463 : c'est-à-dire le réprimander. De al-inqāḍ, qui consiste à coller la langue au palais supérieur, puis à émettre un son sur son bord sans lever le bout de sa place. Ou bien c'est le fait de claquer avec le majeur et le pouce comme pour pousser quelque chose, et cela quand on désapprouve une parole ou un acte d'autrui. Sa parole « rā‘ī ḍa’n » 464 : il le méprise ainsi, comme dit le poète : « Je suis devenu méprisable pour un berger de moutons, il m'admire... Que veux-tu de moi, ô berger de moutons ? » « Ghāba l-ḥadd » 465 : il veut dire le courage et la vivacité. Al-jidh‘ān 466 : il veut dire qu'ils sont faibles à la guerre, comme un jidh‘ 467 par son âge. Bayḍat Hawāzin 468 : leur communauté. Al-ṣubā’ 469 : pluriel de ṣābi’, et ce sont les musulmans chez eux ; ils les appelaient ainsi parce qu'ils avaient « ṣaba’ū » de leur religion, c'est-à-dire qu'ils étaient sortis de la religion païenne pour l'islam. Al-jidh‘ 470 : le jeune homme. Al-khabab et al-waḍ‘ 471 : deux sortes d'allures. Al-waṭfā’ 472 : celle aux longs poils. Al-zama‘ 473 : le poil au-dessus de l'attache du licol de la monture. Il veut dire un cheval ainsi décrit, ce qui est louable dans la description des chevaux. Al-shāt ici : le bouquetin. « Ṣada‘ » 474 : un bouquetin entre deux, ni grand ni petit. Ce qui est entre les deux crochets a été omis par la copie A. Il est mentionné dans le commentaire d'al-Zurqānī sur al-Mawāhib d'après la narration d'al-Wāqidī. Il était alors dans la période où le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) lui avait donné le choix. (Voir le commentaire d'al-Mawāhib). Ainsi dans A. Et dans M, R : « il lui demanda de les dispenser... etc. » 475. Ri‘l 476 : une tribu de Sulaym. Al-ghawl 477 : la calamité. Insān 478 : une tribu de Qays, puis de Banī Naṣr. Dit par al-Barqī. On dit aussi qu'ils sont de Banī Jusham ibn Bakr (voir al-Suhaylī). Et Abū Dharr a dit : Insān est ici le nom d'une tribu chez Hawāzin. Sa‘d et Duhmān 479 : les deux fils de Naṣr ibn Mu‘āwiya ibn Bakr, de Hawāzin. Ainsi dans M, R. Et dans A : « ne les ramenez pas » 480. Mujallala 481 : couverte. Ḥaḍn 482 : une montagne au Najd. Dhū Shawghar et Salwān 483 : deux vallées. Ici, il y a omission : nom d'un homme, avec ḥā' non pointé et dhāl pointé. On rapporte aussi Judhaf avec jīm et dāl non pointé, c'est la version d'al-Khashshī. Al-‘ayr 484 : l'âne sauvage. Al-jawfān 485 : son pénis. Il veut dire que tout ce qui est grillé de l'âne sauvage est comme le pénis, immangeable. Nahaknāhum 486 : c'est-à-dire nous les avons humiliés et avons été excessifs dans leur nuisance. « Summiyā l-ajrabayn » 487 : en les comparant aux deux galeux dont les gens fuient. Tihāma 488 : ce qui est bas du territoire du Ḥijāz. Ajwaf 489 : spacieux. Ḥaṭūṭ 490 : en pente. Ainsi dans A. Et dans M, R : « ajwaf dhī khuṭūṭ » 491. ‘Amāyat al-ṣubḥ 492 : l'obscurité avant qu'il ne se distingue. Al-shi‘āb ici : les chemins cachés. Aḥnā’uh 493 : ses côtés. Et la version d'al-Zurqānī : « ajnābuh ». « Inshamara l-nās » 494 : ils se sont dispersés et ont fui. Ainsi dans les sources. Et dans le commentaire d'al-Mawāhib : « fa-li-ayyi shay’ » 495 : il veut dire : pour une chose importante. Al-ḍighn 496 : l'inimitié. Le pronom renvoie à Abū Sufyān. Al-azlām 497 : les flèches avec lesquelles ils tirent au sort. « Faḍḍa Allāhu fāh » 498 : c'est-à-dire qu'il a fait tomber ses dents. « Yurabbinī » 499 : qu'il soit mon seigneur, c'est-à-dire mon maître. D'ici jusqu'à sa parole : « et il était le frère de Kalada par sa mère » 500 est omis dans A. Ajout d'après A 501. « Shajaratuhā bihā » 502 : c'est-à-dire qu'elle l'a placée dans son arbre, qui est la jointure des mâchoires. Mujtald al-qawm 503 : le lieu de leur combat aux épées, là où se déroule la bataille. Voir la note n° 5 p. 437 de cette partie 504. On dit : « hawā lahu » et « ahwā ilayhi » : quand il se penche sur lui. « ‘Ajuzuh » 505 : son arrière-train. « Aṭanna qadamah » 506 : il l'a fait voler, et on a entendu un bourdonnement à son coup, c'est-à-dire un bruit. « Inja‘afa ‘an raḥlih » 507 : il est tombé de sa selle, terrassé. Al-thafar 508 : la sangle à l'arrière de la selle. Sa parole : « anā bnu ummik » 509 : il est en fait ton cousin, mais il a voulu se rapprocher de lui, car la mère qui est la grand-mère peut les réunir dans la parenté. Il y a divergence sur son nom : on dit (Mulayka bint Milḥān) et on dit (Rumayla), et on dit (Suhayla). Elle est connue sous le nom d'al-Ghumayṣā', à cause d'une chassie qu'elle avait dans les yeux. C'est Zayd ibn Sahl ibn al-Aswad ibn Ḥarām. « Ya‘izzuhā » 510 : il la domine. Al-khizāma 511 : un anneau de poil placé dans le nez du chameau. Et dans une version : « Dieu a suffi et a bien agi ». On tire de la réponse du Prophète à Umm Sulaym que la fuite des musulmans le jour de Ḥunayn n'était pas un péché capital, et les savants ne s'accordent pas à compter la fuite parmi les péchés capitaux sauf le jour de Badr, car Dieu dit : « Et quiconque leur tourne le dos ce jour-là » (8:16) ; « ce jour-là » fait référence au jour de Badr. Quant à ceux qui ont fui le jour d'Uḥud, Dieu a révélé à leur sujet : « Dieu leur a pardonné ». Et quant à ceux qui ont fui le jour de Ḥunayn, Dieu a aussi révélé à leur sujet : « Et le jour de Ḥunayn, quand votre grand nombre vous a impressionnés » (9:25) jusqu'à Sa parole : « Pardonneur, Miséricordieux » (9:27). Al-khanjar 512 : le couteau. « Ba‘ajtuh » 513 : on dit « ba‘aja baṭnah » quand il l'a fendu. Muḥāj 514 : nom du cheval de Mālik ibn ‘Awf. « Iḥza’allat » 515 : s'est élevée. « Zumar » 516 : groupes. « Yakallu fīhinna l-baṣar » 517 : il se fatigue à en percevoir la fin à cause de leur grand nombre. Al-sabar 518 : pluriel de subār, qui est la mèche avec laquelle on sonde la plaie. « Taqdā » 519 : on dit « qadhat al-‘ayn taqdī » (du type ramā) « qadhan wa-qadhyānan » : elle a rejeté la chassie et le mucus. Et le sens de « taqdā bi-l-sabar » : elle les rejette à cause de l'abondance de ce qui en jaillit comme sang et autres. Al-mustakīn 520 : l'humilié, le soumis. Al-munjaḥir 521 : celui qui se cache dans son terrier, et on entend par là celui qui se retranche dans un lieu. Al-najlā’ 522 : la blessure large. « Ta‘wā wa-tahirru » 523 : celles dont on entend le sang sortir avec un bruit semblable à des hurlements et des grognements. Al-rashāsh 524 : ce qui sort du sang en gouttelettes. Munhamir 525 : qui coule abondamment. « Tafhaqu » 526 : s'ouvre. « Yanfajiru » 527 : le sang en coule. Al-tha‘lab 528 : ce qui entre de la hampe de la lance dans le fer. Al-‘āmil 529 : le haut de la lance. « Nafida l-ḍirs » 530 : il veut dire qu'il a vieilli au point que ses dents sont tombées, il est donc expérimenté et aguerri. Al-khumur 531 : pluriel de khimār, qui est le voile dont la femme se couvre la tête. Al-ghimr 532 : celui qui n'a pas d'expérience des affaires. Ainsi dans A. Al-ḥāṣin 533 : la femme vertueuse et chaste. Et dans M, R : « al-ḥāḍin » (avec ḍād pointé) : celle qui élève son enfant.
Les Asâwira 534 : pluriel d'Asawâr (avec la hamza au nominatif et au génitif), qui est le commandant du cheval ; on dit aussi qu'il est celui qui lance bien les flèches, et on dit aussi qu'il est celui qui tient bien sur le dos du cheval. Et Nâdira 535 : c'est-à-dire qu'elle est rare, isolée et lointaine. En un autre jour que celui-ci : c'est-à-dire qu'ils ont été dits le jour d'al-Qâdisiyya, non à Hunayn. Ainsi dans A. Ainsi dans M, R ; et dans A : « jusqu'à ce qu'il sentît l'odeur de la mort, et on rapporte l'odeur du sang, selon ce qu'a dit Ibn Hishâm. » Nazafahu al-dam 536 : le sang a coulé de lui jusqu'à l'affaiblir, le faisant approcher de la mort. Ajhasanî 'anhu al-qitâl 537 : il m'a occupé, m'a mis à l'étroit et m'a vaincu. Awzâr al-harb 538 : ses fardeaux et ses instruments. C'est une métaphore. Al-mukharif 539 : un seul palmier ou quelques palmiers, jusqu'à dix ; au-delà, c'est un jardin ou un verger (voir al-Suhaylî). I'taqadtuhu 540 : on dit : j'ai pris de mon bien une 'uqda, comme on dit : une petite quantité ou une partie ; l'origine en est le nœud, car celui qui possède quelque chose y fait un nœud. Ajout de A. Al-bijâd 541 : le manteau. Mabthûth 542 : dispersé, c'est-à-dire qu'il l'a vu descendre du ciel. Ainsi dans M, R ; et dans B, A : « et il n'était pas ». Istaharra 543 : il s'est intensifié. Sîrat Ibn Hishâm - 2 Dhû al-Khimâr 544 : 'Awf ibn al-Rabî'. Al-aghral 545 : celui qui n'est pas circoncis. Al-ghurla est la peau que coupe le circonciseur. Ainsi dans M, R ; et dans A : « kanna » avec un nûn. Abû Dharr a dit : « ... et al-Khushanî l'a rapporté avec un bâ' à un point en dessous, et c'est correct. » Le verbe au futur est ya'tîhi, bien que la particule « sawfa » entre sur « ukhâlu » dans la prononciation, ce qu'il indique du futur concerne le second verbe. C'est comme la parole de Zuhayr : « Et je ne sais pas, et je vais, je pense, savoir. » Yukhâyiruhu 546 : il lui dit : je suis meilleur que toi. Et mukhayyar est un nom d'objet, c'est-à-dire vaincu en bonté. Qusayy 547 : nom de Thaqîf. Et Wajj : nom d'une vallée à al-Tâ'if avant Hunayn. Dâhiya 548 : apparente, qui ne se cache pas. Na'ummu 549 : nous visons. Al-hanaq est la colère. Lam yughawwirû 550 : ils ne sont pas partis. Liya (avec kasra du lâm) : nom d'un lieu proche d'al-Tâ'if. Al-Nusûr : de Hawâzin, ce sont les gens de Mâlik ibn 'Awf al-Nasrî (voir al-Suhaylî). Tamûru 551 : elle coule. Banû Hutayt 552 : rapporté ici avec hâ' et khâ', et avec un point sous la lettre, al-Khushanî l'a rapporté. Zawr : inclinée. Sanan al-manâyâ 553 : leur chemin. Al-jarîd 554 : celui qui étouffe avec sa salive. Al-ghaliq 555 : très blessé, comme si ses affaires se fermaient sur lui. Al-sarîra (avec yâ' redoublée) est le diminutif d'al-sarûra, qui est celui qui n'approche pas les femmes. Al-hasûr ici a le même sens, et il est possible qu'il signifie : le timide qui s'abstient de la chose. Ahânahum 556 : il les a tués. Hâna : il a péri. Tamîhu 557 : elle marche d'une belle marche. Al-fasâfis : pluriel de fasfasa, qui est la plante que mangent les bêtes (le trèfle). ' Amawhâ 558 : ils l'ont attribuée à eux et l'ont présentée. Anuf al-nâs 559 : leurs nobles et leurs chefs. Al-summar : pluriel de sâmir, ceux qui se réunissent pour parler la nuit. Al-'unqufîr 560 : la calamité. Takhûru 561 : elle crie. Ainsi dans M, R. Al-ihan : pluriel de ihna, qui est l'inimitié. Et dans A : « al-tirra », qui a le même sens que al-ihna. 'Ajâna 562 : ce qui est entre ses deux cuisses. A'râ' 563 : pluriel de 'arâ (avec un qaf ouvert), qui est le cheval sans selle. Samîra 564 : une vallée près de Hunayn où fut tué Durayd ibn al-Simma. Al-'unâq 565 : la déception ou la calamité ; les deux conviennent au contexte, car si l'on vise « l'armée de la déception », c'est une insulte à l'armée, et si l'on vise « l'armée de la calamité », c'est une louange de Durayd pour son courage par lequel il vainc une telle armée. 'Uqâq 566 : sur le poids de fu'âl avec kasra du lâm, de al-'uqûq. Al-munawwah 567 : celui qui t'appelle par tes noms les plus célèbres, d'un appel apparent. Al-rumâq (avec fatḥa et kasra du râ') : le reste de la vie. Mâ'a 568 : il a fondu, et tout liquide est mâ'i' (d'après Abû Dharr). 'Afat 569 : elles ont été effacées et ont changé. Dhû Baqar : un lieu, et on rapporte avec nûn et fâ'. Al-fayf : le désert. Al-nihâq ici : un lieu. Ibn Sirâj a dit : Ayna et Dhû Nufar : deux lieux. Al-sirbâl 570 : la chemise. L'origine d'al-ghabb 571 : les chameaux viennent à l'eau un jour et le laissent un jour. Al-dhâhira : ils viennent chaque jour ; il l'a pris ici comme exemple. Al-jahfal : l'armée nombreuse. Dhafer (avec dâl et dhâl ensemble) : d'odeur fétide à cause de la sueur des armes et de la rouille du fer. On dit : les gens se sont tanaûshû dans le combat, quand ils se sont atteints mutuellement avec les lances sans se rapprocher complètement. Tawassamahu 572 : il l'a reconnu et a examiné en lui. Al-thaniyya 573 : un lieu élevé entre deux montagnes. Mihâj 574 : nom de son cheval. Al-'adârît : pluriel de 'udrût (comme 'usfûr), qui est le serviteur pour sa nourriture et le salarié. Il se pluralise aussi en 'adârit et 'adârita. Al-Shadîq 575 : une vallée dans la terre d'al-Tâ'if, un district parmi ses districts ; on rapporte aussi avec dhâl pointé. Muhqibîn 576 : portant derrière eux ceux qui ont fui parmi eux. Abû Dharr a dit : « Celui qui le rapporte muhmiqîn, cela vient de al-humq. On dit : les chevaux d'un homme ont humiqat : quand ils n'ont pas été de race. Et celui qui le rapporte mujlibîn, son sens est : rassemblés. » Et 'alâ shiqâq : c'est-à-dire dans la difficulté. Al-bawâd 577 : pluriel d'al-bâd, qui est l'intérieur de la cuisse. 'Âridî rimâhihim 578 : c'est-à-dire les plaçant de travers, ce qui est une métaphore pour leur indifférence envers leurs ennemis. Aghfâlan 579 : pluriel de ghifl, qui est ce qui n'a pas de marque. Il veut dire qu'ils ne se sont pas marqués d'une chose par laquelle ils seraient reconnus. Al-'âtiq 580 : ce qui est entre l'épaule et le cou. Al-malâ'a 581 : la couverture, qu'elle soit petite ou grande. Samada 582 : il a visé. Azâhahum 'anhâ 583 : il les a éloignés d'elle et les a repoussés. Al-na'f 584 : le bas de la montagne. Al-azrub : un lieu. Il est possible que ce soit le pluriel de zarb, qui est la petite montagne. Al-ankab 585 : celui qui penche d'un côté. Al-muhadhdhab 586 : le pur des défauts ; al-muhadhdhab (aussi) : le rapide, de al-tahdhîb dans la marche, qui est la rapidité. Khalîluhu : son compagnon. Lam yu'aqqib : il n'est pas revenu. Lam yusnadâ 587 : c'est-à-dire qu'ils n'ont pas atteint, alors qu'ils avaient encore un souffle de vie, pour s'appuyer sur quelque chose qui les retienne. Ainsi dans A : et Dhâhiba : c'est-à-dire une épée possédant une hiba, et hiba de l'épée : son oscillation ; dans M, R : « dâhiya ». Al-arbad 588 : celui qui a des rabad, c'est-à-dire des rayures de gemme. Al-ma'rak 589 : le lieu de la guerre. Al-mujassad : le vêtement teint avec al-jisâd, qui est le safran. Muzdahimûn munqasimûn 590. On rapporte aussi : munqasifûn (avec nûn), qui a le même sens. Al-ajîr 591 : l'esclave dont on se sert. Mutawarrithatuka 592 : te portant sur ma hanche. Umti'uka 593 : c'est-à-dire que je te donne ce par quoi il y a jouissance, c'est-à-dire profit. On rapporte : « jinân » ; al-jinân : le cœur. Al-jaz' 594 : ce qui se courbe de la vallée. Khabâ : il s'est présenté. Al-sawâbih : des chevaux comme s'ils nageaient dans leur course, c'est-à-dire qu'ils flottent. Yakbûna : elles tombent. Muqattar 595 : jeté sur son côté, qui est son flanc. Al-sanâbik : pluriel de sunbuk, qui est l'extrémité avant du sabot. Al-libân (avec fatḥa du lâm) : la poitrine. Al-'Urayd 596 : une vallée à Médine. Jam' 597 : c'est Muzdalifa, et c'est aussi al-Mash'ar al-Harâm. Al-barak : la poitrine ; il veut dire par « le frottement de la guerre sur sa poitrine » : la violence de son assaut. Al-sirm 598 : un groupe de tentes séparé de la grande tribu. Awtâs : un lieu. Buss 599 : un lieu dans le pays des Banû Jusham. Al-awrâl : trois montagnes noires, en face d'elles une eau pour les Banû 'Abd Allâh ibn Dârim. Tanhattu 600 : elle exhale son souffle haut. Al-nihâb : pluriel de nihb, ce qui est pillé et butiné. Bi-dhî lajab 601 : avec une armée aux nombreuses voix. Rapporté avec fatḥa du 'ayn et avec damma avec yâ' allégé, et avec damma avec redoublement, al-Dâraquṭnî l'a noté. Al-lijâb 602 : pluriel de lijba, qui est la brebis à peu de lait. On dit : c'est la chèvre spécifiquement. Al-fijâr 603 : la vantardise. Al-mirt : un vêtement non cousu, en soie, laine ou lin. Tarfalu 604 : elle marche avec orgueil. Al-ihâb : la peau, et il veut dire par là le vêtement. Dharab al-silâh 605 : sa tranchant et son efficacité ; de là on dit : untel est dharab al-lisân, s'il est à la langue acérée. Al-'ajâja 606 : la poussière répandue. Yadmaghu 607 : il vainc et humilie, cela vient du coup sur le cerveau. Yafrî 608 : il coupe. On rapporte « yaqrî » avec qâf, c'est-à-dire qu'il offre les crânes en pâture à son épée. Battâk : tranchant. Ce verset est omis dans A. Al-hâm : les têtes. Al-kumât : pluriel de kumî, qui est le brave caché dans ses armes. Mu'anniqûn 609 : rapides. On dit : a'naqa ya'niq : quand il accélère. Dirâk : successif. Al-'arîn 610 : le repaire du lion. Al-'irâk : la lutte dans la guerre. Ainsi dans M, R. Al-dhala' : la boiterie. Et dans A : « dala' » avec dâd, et al-dhala' et al-dala' ont le même sens.
Ou bien : plus faible. Et « damaha » (avec dāl) : la rendre égale par l'alimentation et l'engraissement jusqu'à ce que sa chair soit devenue égale ; on dit : « damamtu al-arḍa » quand on l'a nivelée. On a rapporté « rammaha » (avec rā'), et le sens est le même dans les deux versions. Et « tanba‘u » : elle coule de sang 611. « Azm al-ḥurūb » : leur violence. Et « sirbuhā » : c'est-à-dire elle-même, et on dit : sa famille 612. Ainsi dans M, R. Et dans A : « fathumma » avec le thā' à trois points 613. « Alfun aqra‘u » : c'est-à-dire complet, sans rien en manquer 614. Ainsi dans M, R. Et « aḥlabu » avec le ḥā' non pointé : rassembler. Et dans A : « ajlabu » avec le jīm, qui a le même sens, sauf que « ijlāb » est un rassemblement avec mouvement et bruit 615. « Khifāf » (avec ḍamma sur le khā') : nom d'un homme auquel la tribu est attribuée 616. « Yatahazza‘u » : son sens est : il s'agite et se meut. Et on a rapporté avec le rā', et son sens est : il se hâte vers la lance, de ton dire : « ahra‘tu » quand tu t'es hâté 617. « Al-ḥāsiru » : celui qui n'a pas de cotte de mailles. Et « al-muqanna‘u » : celui qui a un heaume sur la tête 618. « As-sābigha » : la cotte de mailles complète. Et « sarduhā » : son tissage. Et « Tubba‘u » : un roi des rois du Yémen 619. « Damagha an-nifāqa » : il l'a atteint dans son cerveau, et c'est une métaphore ici. Et « al-haḍaba » : la colline ; il décrit son armée comme ferme et forte, ne bougeant pas de sa place 620. Ainsi dans A. Et « dadanā » : nous avons repoussé. Et dans M, R : « ziranā » 621. « Al-‘ajāj » : la poussière ; et « yasṭa‘u » : il s'élève et se disperse 622. « Takhsha‘u » : sa lumière diminue 623. « Al-afnā’ » (avec fā') : un groupe rassemblé de diverses tribus. Et « shura‘u » : inclinés vers la lance 624. « Irfa‘ū » : c'est-à-dire cessez de tuer ; et on rapporte « irba‘ū » (avec bā'), qui a le même sens 625. « Ajḥafa » : il a diminué et nui. Et « aḥrazū mā jama‘ū » : ils l'ont détesté 626. « ‘Afā » : il a été effacé et a changé. Et « Majdal » : un lieu ; l'origine de « majdal » est le palais, et on dit : la forteresse. Et « Mutāli‘ » : une montagne au Najd. Et « al-miṭlā’ » (avec kasra sur le mīm, long ou court) : c'est-à-dire une terre plate et douce qui produit des arbres épineux. Et « Arīk » : un lieu. Et « al-maṣāni‘ » : des endroits construits pour l'eau, comme des citernes 627. « Jamal » : nom d'une femme. Et « jullu al-‘ayshi » : la plus grande partie de la vie. Et « ‘ayshun rakhīyun » : une vie douce. Et « ṣarfu ad-dāri » : le malheur qui la frappe 628. Ainsi dans M, R. C'est le diminutif de « ḥabība », et dans A : « ḥubaybiyya », qui est un diminutif par apocope avec attribution à Banī Ḥabīb. Et « alat bihā » : elle l'a changée. Et « an-nawā » : l'éloignement et la séparation 629. « Rā’i‘un » : admirable 630. « Al-akhshabān » : deux montagnes à La Mecque 631. « Jasannā » : nous avons foulé. Et « al-mahdī » : le Prophète, que Dieu le bénisse et le salue. Et « ‘anwatan » : par force. Et « an-naq‘u » : la poussière. Et « kābun » : élevé, et « sāṭi‘un » : dispersé 632. « Mutūnuhā » : leurs dos. Et « al-ḥamīm » (ici) : la sueur. Et « ānna » : il est chaud. Et « nāfi‘un » : abondant 633. « Lā yastafizzunā » : il ne nous emporte pas 634. « Khudhrūfu as-saḥābati » : son bord. Et il veut dire ici la rapidité du mouvement de cet étendard et son agitation 635. « Mu‘taṣṣun » : frappeur. On dit : « i‘taṣṣū bi-s-suyūfi » : quand ils frappent avec. Et « kāni‘un » : proche ; on dit : « kana‘a minhu al-mawtu » quand il s'est approché 636. « Nadhūdu » : nous repoussons. Et « akhānā ‘an akhīnā » : il veut dire qu'il est des Banū Sulaym, et Sulaym est de Qays, comme Hawāzin est de Qays ; tous deux sont fils de Manṣūr ibn ‘Ikrima ibn Khaṣafa ibn Qays. Le sens du vers est : nous combattons nos frères Hawāzin et les repoussons de nos frères de Sulaym ; et si nous voyions dans le jugement de la religion un répit et une supériorité sur les gens, nous serions avec les plus proches, Hawāzin 637. « Ḥammahu Allāhu » : Il l'a décrété 638. « An-niyya » : ce que l'homme se propose comme direction et intention. Et « khulfan » (avec ḍamma sur le khā') : de manquer à la promesse ; et celui qui le rapporte (avec fatḥa sur le khā') vient de la contradiction. As-Suhaylī a dit : « an-niyya vient de an-nawā, qui est l'éloignement, et khulfan peut être un complément de cause, c'est-à-dire j'ai fait cela à cause du manquement, ou un complément d'objet absolu pour confirmer la substitution, car la substitution est un manquement à ce qu'elle lui avait promis. Et ce vers est renforcé par le vers suivant » 639. « Al-quwā » ici : les brins de la corde ; et « al-ḥablu » (ici) : c'est le pacte. Et « al-ḥilfu » : le serment et le juron 640. « Khifāfiyya » : attribution aux Banī Khifāf, une tribu de Sulaym. Et « al-‘Aqīq » : une vallée au Ḥijāz. Et « Wajara » et « al-‘Arf » : deux lieux 641. Ainsi dans M, R. Et « ash-shaghafu » (avec ghayn pointé) : que l'amour atteigne le « shaghāf » du cœur, qui est son enveloppe ; et dans A : « sha‘afan » avec ‘ayn non pointé, et son sens est que l'amour brûle le cœur avec une volupté que l'amant ressent 642. « Al-ḥilfu » : l'alliance, c'est-à-dire qu'il s'allie avec la tribu pour être une seule main dans la gestion de leurs affaires 643. « Muṣā‘ib » : pluriel de « muṣ‘ab », qui est l'étalon. Et « zāfat » : elle a marché. Et « aṭ-ṭarūqa » : les chamelles que l'étalon couvre. Et « kulfun » : noirs, le singulier : « akulfu » 644. « An-nasīju » : les cottes de mailles. Et « ash-shuhbu » : pluriel de « shahbā’ », qui est celle dont le blanc est mêlé de rouge. Et « marāṣiduhā » : là où certaines guettent les autres. Et « ghuḍfun » : aux oreilles pendantes 645. « Ghayru tunḥalu » : non mensonger 646. « Shakhṣun » : pluriel de « shākhiṣ », qui est celui qui ouvre l'œil sans cligner. Et « al-marāwidu » : pluriel de « mirwad », qui est le pieu ; as-Suhaylī a dit : « il est possible que ce soit le pluriel de murād, qui est l'endroit où les chevaux vont et viennent ». Et « al-‘azfu » : le son et le mouvement 647. « Al-‘adlu » : la rançon ; et « aṣ-ṣarfu » : le repentir 648. « Al-mu‘taraku » : le lieu du combat. Et « zajamahu » : c'est-à-dire un son. Et « at-tadhāmuru » : le fait de s'encourager mutuellement au combat. Et « an-naqfu » : briser les têtes ; de là vient « nāqifu al-ḥanẓala », celui qui la casse et en extrait ce qu'elle contient 649. « Al-hām » : les têtes, le singulier : « hāma ». Et « naqṭifu » : nous coupons 650. « Milḥabun » : endroit où la chair est coupée 651. « Al-‘ā’iru » : tout ce qui affecte l'œil, comme une ophtalmie ou une saleté qui s'introduit dans l'œil comme si elle l'aveuglait ; et « saharun » : de l'insomnie, qui est l'absence de sommeil. Il le qualifie de « sahar », alors que « sahar » est l'homme, parce qu'il ne cesse pas, comme s'il veillait sans dormir ; et « al-ḥumāṭa » (à l'origine) : la paille de maïs quand on la vanne, qui irrite la peau ; il veut dire ce qui en tombe dans l'œil et le salit ; et « aghḍā fawqahā » : il a fermé la paupière sur elle ; et « ash-shafru » (à l'origine avec sukūn sur le fā', et on le met en mouvement avec ḍamma par harmonie) : la racine des cils sur la paupière 652. « Ta'awwabahā » : il est venu à elle avec la nuit. Et « ash-shajw » : la tristesse. Et « al-mā’u » : les larmes. Et « yaghmaruhā » : il la recouvre 653. « As-silku » : le fil sur lequel on enfile ; et « muntathirun » : dispersé 654. « Aṣ-Ṣammān » et « al-Ḥafar » : deux lieux 655. « Az-za‘aru » : la rareté des cheveux 656. « Mushtajirun » : mêlé, de « al-ishtijār », qui est la divergence et l'enchevêtrement des arguments les uns dans les autres 657.
- خضرم : الكريم الجواد.
- بدور : جمع بدر، وهو الشهر أو الدهر.
- عور : جمع أعور، وهو الأعور.
- يتصاولان : يتفاخران، إذا فعل أحدهما شيئا فعل الآخر مثله.
- غناء : منفعة.
- العجلة : جذع النخلة ينقر في موضع منه ويجعل كالسلم فيصعد عليه إلى العلالي والغرف.
- أسندوا فيها : علوا.
- المجاولة : حركة تكون بينهم وبينه.
- نوهت بنا : رفعت صوتها تشهر بنا. ويروى: فوهت.
- القبطية : ضرب من الثياب البيض تصنع بمصر.
- وثئت : أصاب عظمها شيء ليس بكسر، وقيل: هو أن يصاب اللحم دون العظم.
- المنهر : مدخل الماء من خارج الحصن إلى داخله.
- فاظ : مات.
- العصابة : الجماعة.
- البيض الرقاق : السيوف. ومرحا: نشاطا. والعرين: غابة الأسد. ومغرف: ملتف الأغصان.
- ذفف : سريعة القتل.
- مجحف : يذهب بالأموال والأنفس.
- الأدم : الجلد.
- أجزأت عنها : كفتها.
- المنسم : تبين الطريق ووضح. وأصل المنسم: خف البعير.
- يجب : يقطع.
- يحت : يسقط.
- المقبل : موضع تقبيل الحجر الأسود.
- المؤثل : القديم.
- الدهيم : من أسماء الداهية. والمعضل: الشديد.
- الغرة : الغفلة.
- صفق : عدل.
- بين : واد قرب المدينة.
- صخيرات اليمام : منزل رسول الله صلى الله عليه وسلم إلى بدر.
- أغذ : أسرع.
- كراع الغميم : موضع بناحية الحجاز بين مكة والمدينة.
- وعثاء السفر : مشقته وشدته.
- الكآبة : الحزن.
- تناظروا : انتظروا. والعصب: الجماعات.
- السرعان : أول القوم. والسرب (بفتح السين): الطريق. والسرب (بكسر السين): النفس. والروع: الفزع. والطحون: الكتيبة تطحن كل ما تمر به. والمجرة: نجوم كثيرة يختلط ضوءها في السماء. والفيلق: الكتيبة الشديدة.
- الوبار : جمع وبر، وهي دويبة على قدر الهرة. والشعاب: جمع شعب، وهو المنخفض من الأرض. وحجاز: أرض مكة وما يليها. وغير ذي متنفق: أي ليس له باب يخرج منه.
- اللقاح : الإبل الحوامل ذوات الألبان.
- الغابة : موضع قرب المدينة من ناحية الشام.
- ذو قرد : ماء على نحو بريد من المدينة مما يلي بلاد غطفان.
- نذر : علم.
- الرضع : جمع راضع، وهو اللئيم.
- الفرس الصنيع : الذي يخدمه أهله ويقومون عليه.
- اللكيعة : اللئيمة.
- الآرى : الحبل الذي تشد به الدابة.
- البعزجة : شدة جري في مغالبة.
- سبحة : من سبح، إذا علا علوا في اتساع.
- مسجى : مغطى.
- استرجع : قال: إنا لله وإنا إليه راجعون.
- يغبقون : يسقون اللبن بالعشي.
- العضباء : اسم ناقة النبي صلى الله عليه وسلم.
- النسور : ما يكون في باطن حافر الدابة، مثل الحصى والنوى.
- المدجج : الكامل السلاح. والماجد: الشريف.
- أولاد اللقيطة : الملتقطون الذين لا يعرف آباؤهم. والسلم: الصلح.
- الجحفل : الجيش الكثير. واللجب: الكثير الأصوات. وشكوا: طعنوا. وبداد: من التبدد.
- الراقصات : الإبل. والأطواد: الجبال المرتفعة. والمخارم: الطرق بين الجبال.
- العرصات : جمع عرصة، وهي وسط الدار. والملكات: النساء يسبين في الحرب.
- الرهوب : المشي في سكون. ومقلص: مشمر. وطمرة: فرس وثابة سريعة. والمعترك: موضع الحرب. ورواد: سريعات.
- دوابرها : أواخرها. ولاح: غير وأضعف. ومتونها: ظهورها. والطراد: مطاردة الأبطال.
- ملبونة : تسقى اللبن. ومشعلة: موقدة.
- تجتلى : تقطع. والجنن: جمع جنة، وهي السلاح. والمرتاد: الطالب للحرب.
- الأسداد : جمع سد، وهو ما يسد به على الإنسان فيمنعه عن وجهه.
- زارها : أي المدينة.
- عفت : كرهت. وآنست: أحسست ووجدت.
- الشد : الجري. والملط: من قولهم لطت الناقة وألطت بذنبها: إذا أدخلته بين رجليها.
- المداعس : المطاعن.
- القمع : جمع قمعة، وهي أعلى سنام البعير. والذرا: الأسنمة. والأبلخ: المتكبر. والمتشاوس: الذي ينظر بمؤخر عينه نظر المتكبر.
- افتخوا : تكبروا. والمتقاعس: الذي لا يلين ولا ينقاد.
- ar-razân : La lourdeur : celle qui est pesante dans ses mouvements.
- gharthâ : Affamée : ventre vide.
- al-ghawâfil : Les insouciantes : les femmes chastes dont les cœurs sont insouciants du mal.
- abûhâ / abâhâ : Son père : deux lectures possibles ; la première signifie 'son père n'était pas ainsi', la seconde que Hassan a refusé cette vertu.
- al-hajîr : L'insulte et les paroles obscènes.
- ar-rajm : La conjecture.
- utrihû : Ils furent attristés.
- muḥṣadât : Fouets solidement tressés.
- ash-sha'âbîb : Pluriel de shu'bûb : ondée de pluie.
- adh-dhurâ : Les hauteurs.
- al-muzn : Les nuages.
- tusfaḥ : Elle coule.
- al-Ḥudaybiya : Village près de La Mecque, nommé d'après un puits ; lieu du serment d'allégeance sous l'arbre.
- 'Asfân : Halte entre al-Juḥfa et La Mecque.
- al-'ûdh : Pluriel de 'â'idh : chamelle qui vient de mettre bas.
- al-maṭâfîl : Chamelles ayant leurs petits avec elles.
- Dhû Ṭuwâ : Lieu près de La Mecque.
- Kurâ' al-Ghamîm : Vallée entre La Mecque et Médine.
- as-sâlifa : Côté du cou ; son isolement évoque la mort.
- al-ajral : Très pierreux.
- al-ḥiṭṭa : Rémission ; référence au verset 2:58.
- qatara al-jaysh : Poussière de l'armée.
- khala'at : Elle s'est agenouillée et a refusé d'avancer.
- al-qalîb : Le puits.
- jâcha : Il monta.
- ar-rawâ' : Abondant.
- al-'aṭan : Lieu où les chameaux s'agenouillent autour de l'eau.
- yamîḥu 'alâ an-nâs : Il remplit les seaux.
- al-wâhiya : Relâchée, à la fente large.
- al-'âdiya : Les gens qui courent vite.
- jabahûhum : Ils leur ont adressé des paroles déplaisantes.
- 'aybatu nuṣḥi ar-rasûl : Les intimes et compagnons de secrets du Messager.
- yata'allâhûn : Ils adorent et vénèrent l'ordre divin.
- 'araḍ al-wâdî : Le côté de la vallée.
- al-qalâ'id : Ce qu'on suspend au cou des bêtes de sacrifice.
- maḥalluhu : L'endroit où l'on égorge la bête dans le sanctuaire.
- wâlid : Père ; ou clan qui a engendré.
- âsaytukum : Je vous ai aidés.
- al-awshâb : Les gens mêlés.
- bayḍat ar-rajul : Sa famille et sa tribu.
- tafuḍḍuhâ : Tu la brises.
- ḍaba'a ilayhâ : Il s'y colla et se cacha.
- ad-daniyya : L'humiliation et l'affaire vile.
- ilzam ghurza : Attache-toi à son ordre ; al-ghurz est comme l'étrier pour la selle.
- al-islâl : Le vol caché.
- al-ighlâl : La trahison.
- lajjat al-qaḍiyya : L'affaire fut conclue.
- yanturuhu : Il le tire violemment.
- muḍṭariban fî al-ḥill : Ses tentes étaient dans le territoire non sacré.
- ẓâhart at-tarḥîm : Tu l'as renforcé en le répétant.
- al-burra : Anneau dans le nez du chameau pour le dompter.
- as-sumûṭ : Pluriel de simṭ : ce qui pend du collier sur la poitrine.
- as-silk : Le fil sur lequel on enfile.
- al-jaydâ' : Celle qui a un long cou.
- Dhû al-Ḥulayfa : Village près de Médine, mîqât des gens de Médine.
- maḥash ḥarb : Foyer de guerre et son allumeur.
- ataw'idunî : Me menaces-tu ?
- asâmî : Je combats.
- arâdî : Je lance des flèches.
- aẓ-ẓawâhir : Les hauteurs de La Mecque.
- al-bawâṭin : Les parties basses.
- al-'awâdî : Les côtés des vallées.
- aṭ-ṭamra : La jument bondissante et rapide.
- an-nahd : Robuste.
- sawâhim : Chevaux au regard farouche.
- ṭawîn : Faibles et amaigris.
- al-khayf : Lieu à Minâ.
- ar-rawâq : Une sorte de tente.
- lâ yunâwî : Il n'est pas combattu.
- al-qayn : Le forgeron.
- ath-thimâd : Eau en petite quantité.
- hanâtika : Tes nouvelles, affaires, poèmes.
- as-sakîna : La dignité et la sérénité.
- al-masâḥî : Pluriel de misḥât : pelle en fer.
- al-makâtîl : Pluriel de miktal : grand panier.
- al-khamîs : L'armée.
- 'Uṣr : Montagne entre Médine et Wâdî al-Far'.
- aṣ-Ṣahbâ' : Lieu à une nuit de Khaybar.
- li-yuẓâhirû : Pour s'entraider.
- munqala : Une étape.
- tadannâ : Il prit le plus proche.
- Jirba : Île au Maghreb près de Qâbis.
- a'jafahâ : Il l'a amaigrie.
- châkî as-silâḥ : Aux armes tranchantes.
- tuḥrab : Rendue furieuse.
- al-ghamâ : L'angoisse et la difficulté.
- chabbat al-ḥarb : La guerre fut allumée.
- al-'aqîq : L'éclat de l'éclair.
- 'umariyya : Ancienne.
- al-'uchr : Arbre lisse au bois faible.
- yâniḥ : Respiration difficile.
- ar-raḍm : Pierres entassées.
- aẓ-ẓalîm : Autruche mâle.
- a'zibû : Éloignez-vous.
- yusayyiruhum : Il les fait partir.
- muṣalliyya : Rôtie.
- al-abhar : Veine vitale partant du cœur.
- sahm gharab : Flèche dont on ignore l'origine.
- ghallaha : Il la déroba du butin.
- yaqiddu : Il coupe (à la voix passive pour les deux).
- al-jirāb : Le sac (mangeoire).
- al-dājin : Tout animal domestique qui s'habitue aux gens, comme la brebis nourrie à la maison ou le pigeon.
- Naṭāt : Forteresse à Khaybar, ou une source qui s'y trouve.
- al-faylaq : La troupe, la cohorte.
- al-shahbā' : Abondante en armes, où brillent les épées et les lances.
- Dhāt Manākib wa Fiqār : Très forte, littéralement 'qui a des épaules et des vertèbres'.
- shīya't : Divisa, sépara.
- al-shiqq : L'une des forteresses de Khaybar.
- al-abṭaḥ : L'endroit plat, la plaine.
- al-maghāfir : Casques, protection de tête à la guerre ; singulier : mighfar.
- layathwīn : Ils resteront certainement, ils s'installeront.
- al-waghā : La guerre, le combat.
- al-'ajāj : La poussière soulevée.
- raḍakha la-hunna : Il leur donna une petite donation, inférieure à la part de la flèche.
- nafisat : Elle eut ses menstrues.
- al-tabaṭṭū bi-janbi nāqatī : Ils marchèrent à côté de ma chamelle, l'accompagnant et tournant autour d'elle, comme des boiteux à cause de la foule.
- al-fall : Le groupe vaincu, les fuyards.
- ka-aḥathth : Comme le plus rapide.
- intathala : Il extirpa, il sortit.
- takhalluqa : Elle se parfuma avec du khilūq, un parfum composé.
- lam yanshabū : Ils ne restèrent qu'un peu de temps.
- Khayābir : Pluriel de Khaybar, désignant les habitants de Khaybar.
- al-madīd : Farine mélangée à l'eau que boivent les chevaux ; al-mukhammar : laissé à fermenter.
- al-a'sar : Le gaucher, celui qui travaille de la main gauche.
- ṣaddahu : Il l'empêcha, le repoussa.
- al-qarn : Celui qui résiste dans un combat ou une difficulté.
- al-makr : L'endroit où les chevaux tournent dans la guerre.
- al-ankab : Celui qui penche d'un côté.
- ṭāḥa : Il partit, périt, disparut.
- mughaddā : Avec dāl, de al-ghudūw (matin) ; ou avec dhāl, de al-ghidhā' (nourriture).
- ansar : Pluriel de nasr (vautour) ; ici mis pour le pluriel.
- al-furūḍ : Les endroits où l'on boit dans les rivières.
- al-ashāji' : Les veines du dos de la main.
- midhawwad : Qui empêche, qui repousse.
- al-wāhin : Le faible.
- al-mashrafī : Épée de fabrication yéménite.
- al-muhannad : Épée fabriquée en Inde.
- yadhūdu : Il empêche, il repousse.
- al-dhimār : Ce qu'il faut protéger, l'honneur, le bien sacré.
- al-wasaq : Soixante ṣā' (mesure de capacité), ou la charge d'un chameau.
- al-Khaw' : Un lieu près de Khaybar.
- al-Rahāwiyyūn : Attribués à Rahāwa, une tribu du Yémen.
- al-Dāriyyūn : Attribués à al-Dār ibn Hāni'.
- bijād mi'at wasaq : Il trouve cent wasaq, c'est-à-dire il coupe.
- lam yūjif : Il ne se rassembla pas, ne se réunit pas.
- al-khāriṣ : Celui qui estime la récolte sur les palmiers et les vignes.
- yamāru al-tamr : Il importe les dattes.
- al-kabīr al-kabīr : Faites parler le plus âgé, pour respecter la priorité d'âge.
- wadāhum : Il leur donna leur prix du sang.
- fada'at yadāhu : Ses mains furent disloquées, les articulations déplacées.
- Marj al-Ṣuffar : Un lieu à Damas.
- sulḥa : Il revêtit les armes (à la voix passive).
- al-balābil : La confusion, le trouble.
- muwajjaḥan : Couvert, voilé.
- al-iftirā' : Le mensonge, la calomnie.
- al-ẓi'r : La nourrice, la femme qui allaite l'enfant d'autrui.
- al-Wāqidī : Historien et biographe musulman, auteur de nombreux ouvrages sur les expéditions du Prophète.
- al-Istī'āb : Ouvrage d'Ibn 'Abd al-Barr sur les Compagnons du Prophète.
- al-Muḥallal : Nom propre, peut-être une variante de 'al-Muḥallil'.
- al-Suhaylī : Savant andalou, auteur d'un commentaire sur la Sīra d'Ibn Hishām.
- Faḥl : Lieu en Syrie où eut lieu une bataille.
- al-ḥalīl : Époux.
- al-ḥantam : Jarres enduites d'argile verdâtre.
- dihqān : Chef de village ou expert en agriculture.
- ṣannāja : Joueuse de ṣanj, instrument de musique.
- tajdhū : S'agenouiller.
- al-minsam : Extrémité du pied, emprunté au chameau.
- al-jawsaq : Forteresse ou construction élevée.
- al-Nu'mān : Roi lakhmide de Hīra.
- Maysān : Région de l'Irak actuel.
- Abū Ruhm : Compagnon du Prophète, nommé gouverneur de Médine.
- 'Umrat al-Qaḍiyya : La 'Umra de la décision, aussi appelée 'Umra du pacte.
- iḍṭaba'a : Mettre le manteau sous l'aisselle droite et sur l'épaule gauche.
- al-harwala : Marche rapide entre la marche et la course.
- al-khiṭām : Laisse pour mener la chamelle.
- iqwā' : Défaut de rime dans un vers.
- nāfila : Don ou faveur divine.
- azrā bihi al-qadr : Le destin l'a raccourci.
- Ajā' : Montagne de la tribu de Ṭayyi'.
- Far' : Montagne d'Ajā'.
- tugharr : Donner à manger peu à peu.
- 'ukūm : Pluriel de 'ikm, flanc.
- ḥadhawṇāhā : Nous lui avons mis des sandales.
- ṣuwān : Pierres lisses.
- al-sibt : Sandales en cuir tanné.
- azal : Lisse.
- al-adīm : Cuir.
- al-sarīḥ : Cuir protégeant les pattes des chameaux.
- Ma'ān : Ville de Syrie.
- al-fatra : Faiblesse et calme.
- al-jamūm : Accumulation de force après le repos.
- musawwamāt : Envoyées.
- al-samūm : Vent chaud.
- Ma'āb : Ville de Syrie.
- al-barīm : Fil entrelacé de deux couleurs.
- al-lajab : Mélange de voix.
- al-bīḍ : Casques en fer.
- al-qawānis : Sommets des casques.
- ta'īm : Femme sans époux.
- Qaraḥ : Marché de Wādī al-Qurā.
- al-ḥaqība : Bagage porté derrière le cavalier.
- al-ḥisā' : Pluriel de ḥisī, eau dans le sable.
- fa-sha'nuka an'am : Tu n'auras plus de voyage.
- wa-lā arji' : Souhait de ne pas revenir.
- al-thawā' : Résidence.
- al-ba'l : Arbre qui boit par ses racines.
- rawā' : Qualificatif des palmiers.
- al-durra : Fouet.
- al-luka' : Vil.
- shu'batā al-raḥl : Extrémités de la selle.
- al-ya'malāt : Chamelles rapides.
- al-dhubul : Chamelles affaiblies.
- al-tukhūm : Limites entre terres.
- shāṭa : Périr par écoulement de sang.
- alḥamahu al-qitāl : S'engager dans le combat sans issue.
- iqtahama : Se jeter de son cheval.
- 'aqarahā : Couper les pattes de la monture.
- fa-'arqabahā : Couper le tendon d'Achille.
- ajlaba : Crier et se rassembler.
- al-ranna : Son modulé semblable aux pleurs.
- al-nuṭfa : Petite quantité d'eau claire.
- al-shanna : Outre usée.
- Ridda : Guerre de l'apostasie, conflit après la mort du Prophète contre les tribus ayant abandonné l'islam.
- al-muqalliṣ : Cheval qui se hâte, rapide.
- al-dhiḥl : Recherche de vengeance.
- al-aḥqāb : Années.
- al-muhannad al-qaḍḍāb : Épée tranchante.
- al-mujriya : Lionne ayant des petits.
- al-matn : Partie apparente et élevée de la terre.
- aḥqab : Âne sauvage au dos blanc.
- al-qabqāb : Nom du sexe féminin.
- A : Sigle désignant une source manuscrite.
- al-aḥābīsh : Tribus alliées à Quraysh.
- al-dāra : Maison.
- al-manāṣil : Pluriel de minṣal, épée.
- al-wābil : Pluie violente, charge de cavalerie.
- al-qawāṣil : Crocs.
- al-jaz‘ : Partie courbée de la vallée.
- Fāthūr : Lieu à Najd.
- al-jawāfil : Autruches fuyant rapidement.
- al-Akhnas : Surnom d'un homme de Khuzā‘a.
- yandūhum : Il les rassemble dans l'assemblée.
- al-Watīr : Eau en bas de La Mecque appartenant à Khuzā‘a.
- al-‘aql : Prix du sang.
- al-Tilā‘a : Eau de Banī Kināna au Ḥijāz.
- Bayḍ : Demeure de Banī Kināna.
- al-qanābil : Groupes de chevaux.
- al-Ghamīm : Lieu entre La Mecque et Médine.
- al-ja‘mūs : Vierge.
- al-balābil : Soucis et obsessions.
- surāt al-qawm : Nobles et meilleurs du peuple.
- al-miflāḥ : De al-falāḥ, persistance du bien.
- al-atlad : Ancien.
- al-wuld : Enfant (avec ḍamma).
- a‘tad : Présent, de al-‘atīd.
- tajarrada : Se fâcher ou se préparer à la guerre.
- al-faylaq : Armée nombreuse.
- Kadā’ : Lieu en haut de La Mecque.
- al-hujjad : Dormeurs ou éveillés (mot aux sens opposés).
- A : Sigle désignant une source manuscrite.
- ayadan : Fort, de al-ayd (force).
- Banī Ka‘b : Tribu de Khuzā‘a.
- ‘inān : Nuage.
- al-muẓāhara : Assistance.
- ‘Usfān : Lieu à deux étapes de La Mecque.
- al-baghta : Soudaineté.
- ‘anānī : Il m'a préoccupé.
- lam tujann thiyābuhā : Elle n'a pas été couverte (métaphore pour non enterrée).
- Dīwān : Recueil de poésie.
- al-‘ūd : Vieux chameau.
- M : Sigle désignant une source manuscrite.
- Ibn Umm Mujālid : Surnom de ‘Ikrima ibn Abī Jahl.
- al-Khalīqa : Nom de lieu.
- sabba‘at : Être de sept cents.
- al-Lāt : Idole arabe.
- al-mudlij : Voyageur de nuit.
- A : Sigle désignant une source manuscrite.
- an‘ā : Plus éloigné.
- yufannadu : Blâmé et traité de menteur.
- lā’iṭ : Collé.
- A, M, R : Sigles désignant des sources manuscrites.
- aw‘adī : Il m'a menacé.
- ‘an jarā : À cause de.
- Sihām, Sardad : Deux lieux du pays de ‘Akk.
- ḥamashathā : Elle l'a brûlée (ou rendue dure).
- alam ya’ni : N'est-il pas temps ?
- khaṭm al-jabal : Nez de la montagne.
- al-najā’ : Rapidité.
- al-ḥamīt : Outre de graisse.
- al-ṭalī‘a : Garde.
- al-i‘tijār : Se turbanner sans pan.
- Abū Qubays : Montagne à La Mecque.
- al-wāzi‘ : Organisateur de l'armée.
- al-ṭawq : Collier.
- al-thughāma : Plante de montagne blanche.
- Kadā’ : Montagne en haut de La Mecque.
- A : Sigle désignant une source manuscrite.
- al-alla : Lance à longue pointe.
- dhū ghirārayn : Épée à deux tranchants.
- al-ṭayf : Le spectre : l'image de la bien-aimée qui apparaît dans le sommeil.
- Sha‘thâ' : Nom d'une femme ; on dit qu'elle est la fille de Salâm ibn Mishkam le Juif, ou une femme de Khuzâ'a, selon différentes sources.
- al-khabî'a : Le vin conservé, protégé, jalousement gardé.
- al-ashrubât : Pluriel de al-ashriba, qui est le pluriel de sharâb (boisson).
- nulîhâ al-malâma : Nous dirigeons le blâme vers elle.
- yanhahunâ : Nous réprimande et nous retient.
- al-naq‘ : La poussière.
- al-a‘inna : Pluriel de ‘inân, la bride.
- al-mutamaṭṭirât : Celles qui sont arrosées par la pluie, ou celles qui se devancent les unes les autres.
- i‘tamarnâ : Nous avons accompli les rites de la ‘umra (visite de la Maison sacrée).
- al-jilâd : Le combat à l'épée.
- kifâ' : Semblable.
- al-balâ' : L'épreuve.
- ‘araḍathâ al-liqâ' : Elle a l'habitude de s'exposer à la rencontre.
- naḥkumuhu : Nous l'empêchons et le retenons.
- Abû Sufyân : Al-Mughîra ibn al-Ḥârith ibn ‘Abd al-Muṭṭalib, cousin du Prophète.
- mughalghala : Une lettre envoyée d'un pays à un autre.
- al-ḥanîf : Le musulman, celui qui s'est détourné du faux pour aller vers le vrai.
- al-khâl : Une sorte de manteau du Yémen, de qualité.
- ta‘lam : Sache.
- ṣaram : Des maisons regroupées.
- al-ṭalq : Les jours heureux, sans chaleur ni froid ni nuisance.
- taballadî : Sois perplexe.
- akhfart : Tu as violé le pacte.
- akmad : De al-kamad, la tristesse.
- al-‘awîl : Élever la voix en pleurant.
- yawm al-khanâdim : Le jour d'al-Khandama, une montagne à La Mecque.
- tasfaḥ : Coule.
- al-ḥablaq : Une terre habitée par des tribus de Muzayna et Qays ; aussi les petits moutons.
- al-khayr : Peut-être dhû l-khayr, ou allègement de al-khayyir.
- bi-sab‘ : C'est-à-dire sept cents.
- naṭâ : Allègement de naṭa'a.
- al-ḥafîf : Le bruit.
- al-biṭâḥ : Pluriel de baṭḥâ', terre plate et étendue.
- shi‘âruhum : Leur signe de ralliement à la guerre.
- ḍank : Étroit.
- muzḥam : Très pressant.
- al-‘ûd : L'homme âgé.
- Ḍimâr : Construit sur la kasra comme Ḥudhâm et Raqqâsh.
- awdâ : A péri.
- al-ḥayn : La perte.
- tashḥaṭ : Elle s'éloigne.
- al-nawā : L'éloignement.
- lā rāqa : Quelle merveille !
- al-tawāmuq : L'amour.
- iqwā' : Défaut de rime dans un vers, où la dernière lettre de la rime change.
- ziyāda : Ajout exigé par le contexte.
- tatrā : Successifs, l'un après l'autre.
- mātat 'alayhi : Elle est morte sur lui.
- al-aqdāḍ : Pluriel de qadd, biens accumulés.
- nahalat : Elle a bu la première fois.
- 'allat : Elle a bu la seconde fois.
- shallat : Chassée.
- rajul jarād : Une multitude de sauterelles.
- ishma'allat : S'est dispersée.
- yathūbū : Ils reviennent.
- muqaddim : Arrivée, avec dāl redoublé.
- al-tira : L'inimitié et la vengeance.
- ghurātuhum : Leurs insensés.
- al-murūṭ : Pluriel de mirṭ, vêtement de soie ou autre.
- arba'an : Ils ont demeuré auprès de lui.
- al-iṭl : Le flanc.
- al-ḥayzūm : Le bas des os de la poitrine.
- al-nahs : Manger la chair avec le bout des dents.
- wa-'asan : Rapidement.
- al-muḥillūn : Ceux qui sont sortis du sanctuaire vers le lieu profane.
- al-makhāḍ : Les chamelles gestantes.
- al-qu'as : Celles qui prennent du retard et refusent de marcher.
- al-khādir : Le lion entré dans le fourré.
- al-khudr : Le fourré, repaire du lion.
- al-libda : Le poil sur les omoplates du lion.
- shi’n : Rude.
- al-banān : Les doigts.
- bariduh : Froide.
- jahm : Renfrogné.
- al-muḥayyā : Le visage.
- al-sibāl : Le poil autour de la bouche.
- yarzim : Il rugit.
- al-ayka : L'arbre aux nombreuses branches.
- al-jaḥda : Celle qui a peu de feuilles et de branches.
- ḍār : Habitué.
- al-ta’kāl : Le fait de manger.
- al-najda : Le courage.
- Nakhla : Nom d'un lieu.
- asnada fī l-jabal : Il s'est élevé dans la montagne.
- lā shawā lahā : Elle ne laisse rien.
- bū’ī : Retourne.
- kharam : Défaut métrique dans un vers, où une lettre est supprimée.
- min fatḥ Makka : De la conquête de La Mecque.
- ziyāda 'an A : Ajout d'après la copie A.
- Awṭās : Région dans le territoire de Hawāzin.
- al-shijār : Sorte de palanquin découvert en haut.
- al-ḥazn : Terrain élevé.
- al-ḍars : Terrain contenant des pierres tranchantes.
- al-dahs : Sol meuble et abondant en terre.
- yu'ār al-shā’ : Le bêlement des moutons.
- anqaḍa bihī : Le réprimander en claquant la langue ou les doigts.
- rā'ī ḍa’n : Berger de moutons, terme de mépris.
- ghāba l-ḥadd : Le courage et la vivacité ont disparu.
- al-jidh'ān : Les jeunes hommes, faibles à la guerre.
- jidh' : Jeune homme.
- bayḍat Hawāzin : La communauté de Hawāzin.
- al-ṣubā’ : Pluriel de ṣābi', les musulmans.
- al-jidh' : Le jeune homme.
- al-khabab wa-l-waḍ' : Deux sortes d'allures du cheval.
- al-waṭfā’ : La jument aux longs poils.
- al-zama' : Le poil au-dessus de l'attache du licol.
- ṣada' : Bouquetin de taille moyenne.
- ṭalaba minhu an yakfiyahum : Il lui demanda de les dispenser.
- Ri'l : Tribu de Sulaym.
- al-ghawl : La calamité.
- Insān : Tribu de Qays, puis de Banī Naṣr.
- Sa'd wa-Duhmān : Deux fils de Naṣr ibn Mu'āwiya ibn Bakr, de Hawāzin.
- lā tarji'ūhā : Ne les ramenez pas.
- mujallala : Couverte.
- Ḥaḍn : Montagne au Najd.
- Dhū Shawghar wa-Salwān : Deux vallées.
- al-'ayr : L'âne sauvage.
- al-jawfān : Le pénis de l'âne sauvage.
- nahaknāhum : Nous les avons humiliés et avons été excessifs dans leur nuisance.
- summiyā l-ajrabayn : Ils furent appelés les deux galeux.
- Tihāma : Partie basse du Ḥijāz.
- ajwaf : Spacieux.
- ḥaṭūṭ : En pente.
- ajwaf dhī khuṭūṭ : Spacieux, avec des lignes.
- 'amāyat al-ṣubḥ : L'obscurité avant l'aube.
- aḥnā’uh : Ses côtés.
- inshamara l-nās : Les gens se sont dispersés et ont fui.
- fa-li-ayyi shay’ : Pour quelle chose importante.
- al-ḍighn : L'inimitié.
- al-azlām : Flèches de divination.
- faḍḍa Allāhu fāh : Que Dieu fasse tomber ses dents.
- yurabbinī : Qu'il soit mon seigneur.
- wa-kāna akhā Kalada li-ummih : Et il était le frère de Kalada par sa mère.
- ziyāda 'an A : Ajout d'après la copie A.
- shajaratuhā bihā : Il l'a placée dans son arbre (la jointure des mâchoires).
- mujtald al-qawm : Le lieu du combat aux épées.
- rāji' al-ḥāshiya raqm 5 ṣ 437 : Voir la note n°5 page 437.
- 'ajuzuh : Son arrière-train.
- aṭanna qadamah : Il a fait voler son pied, avec un bruit de bourdonnement.
- inja'afa 'an raḥlih : Il est tombé de sa selle, terrassé.
- al-thafar : La sangle à l'arrière de la selle.
- anā bnu ummik : Je suis le fils de ta mère, expression pour se rapprocher.
- ya'izzuhā : Il la domine.
- al-khizāma : Anneau de poil dans le nez du chameau.
- al-khanjar : Le couteau.
- ba'ajtuh : Je lui ai fendu le ventre.
- Muḥāj : Nom du cheval de Mālik ibn 'Awf.
- iḥza'allat : S'est élevée.
- zumar : Groupes.
- yakallu fīhinna l-baṣar : Le regard se fatigue à en percevoir la fin.
- al-sabar : Pluriel de subār, mèche pour sonder une plaie.
- taqdā : Elle rejette (la chassie).
- al-mustakīn : L'humilié, le soumis.
- al-munjaḥir : Celui qui se cache dans son terrier.
- al-najlā’ : La blessure large.
- ta'wā wa-tahirru : Elles hurlent et grognent (bruit du sang).
- al-rashāsh : Gouttelettes de sang.
- munhamir : Qui coule abondamment.
- tafhaqu : Elle s'ouvre.
- yanfajiru : Le sang en jaillit.
- al-tha'lab : Partie de la lance entrant dans le fer.
- al-'āmil : Le haut de la lance.
- nafida l-ḍirs : Ses dents sont tombées (vieillesse).
- al-khumur : Pluriel de khimār, voile de tête.
- al-ghimr : Inexpérimenté.
- al-ḥāṣin : La femme vertueuse et chaste.
- Asâwira : Pluriel d'Asawâr, commandant de cavalerie perse, ou archer émérite, ou cavalier expert.
- Nâdira : Rare, isolée, lointaine.
- Nazafahu al-dam : Le sang a coulé de lui jusqu'à l'affaiblir, le faisant approcher de la mort.
- Ajhasanî 'anhu al-qitâl : Le combat m'a occupé, m'a mis à l'étroit et m'a vaincu.
- Awzâr al-harb : Fardeaux et instruments de la guerre.
- Al-mukharif : Un seul palmier ou quelques palmiers (jusqu'à dix).
- I'taqadtuhu : J'ai pris de mon bien une partie, comme un nœud (c'est-à-dire une possession).
- Al-bijâd : Manteau.
- Mabthûth : Dispersé.
- Istaharra : S'est intensifié.
- Dhû al-Khimâr : Surnom de 'Awf ibn al-Rabî'.
- Al-aghral : Non circoncis.
- Yukhâyiruhu : Il lui dit : je suis meilleur que toi.
- Qusayy : Nom de la tribu de Thaqîf.
- Dâhiya : Apparente, qui ne se cache pas.
- Na'ummu : Nous visons.
- Lam yughawwirû : Ils ne sont pas partis.
- Tamûru : Elle coule.
- Banû Hutayt : Tribu, rapporté avec hâ' ou khâ'.
- Sanan al-manâyâ : Le chemin des destins.
- Al-jarîd : Celui qui étouffe avec sa salive.
- Al-ghaliq : Très blessé.
- Ahânahum : Il les a tués.
- Tamîhu : Elle marche d'une belle marche.
- 'Amawhâ : Ils l'ont attribuée à eux.
- Anuf al-nâs : Les nobles et les chefs.
- Al-'unqufîr : La calamité.
- Takhûru : Elle crie.
- 'Ajâna : Ce qui est entre les deux cuisses.
- A'râ' : Pluriel de 'arâ, cheval sans selle.
- Samîra : Vallée près de Hunayn.
- Al-'unâq : Déception ou calamité.
- 'Uqâq : De l'insoumission.
- Al-munawwah : Celui qui t'appelle par tes noms les plus célèbres.
- Mâ'a : Il a fondu.
- 'Afat : Elles ont été effacées et ont changé.
- Al-sirbâl : La chemise.
- Al-ghabb : Abreuvement un jour sur deux.
- Tawassamahu : Il l'a reconnu et a examiné en lui.
- Al-thaniyya : Lieu élevé entre deux montagnes.
- Mihâj : Nom du cheval.
- Al-Shadîq : Vallée dans la terre d'al-Tâ'if.
- Muhqibîn : Portant derrière eux ceux qui ont fui.
- Al-bawâd : Pluriel d'al-bâd, intérieur de la cuisse.
- 'Âridî rimâhihim : Plaçant leurs lances de travers, signe d'indifférence.
- Aghfâlan : Pluriel de ghifl, sans marque.
- Al-'âtiq : Entre l'épaule et le cou.
- Al-malâ'a : Couverture.
- Samada : Il a visé.
- Azâhahum 'anhâ : Il les a éloignés d'elle.
- Al-na'f : Bas de la montagne.
- Al-ankab : Qui penche d'un côté.
- Al-muhadhdhab : Pur des défauts, ou rapide.
- Lam yusnadâ : Ils n'ont pas atteint pour s'appuyer.
- Al-arbad : Qui a des rayures de gemme.
- Al-ma'rak : Lieu de la guerre.
- Munqasimûn : Brisés.
- Al-ajîr : Esclave dont on se sert.
- Mutawarrithatuka : Te portant sur ma hanche.
- Umti'uka : Je te donne de quoi jouir.
- Al-jaz' : Ce qui se courbe de la vallée.
- Muqattar : Jeté sur le côté.
- Al-'Urayd : Vallée à Médine.
- Jam' : Muzdalifa, al-Mash'ar al-Harâm.
- Al-sirm : Groupe de tentes séparé.
- Buss : Lieu dans le pays des Banû Jusham.
- Tanhattu : Elle exhale son souffle haut.
- Bi-dhî lajab : Avec une armée aux nombreuses voix.
- Al-lijâb : Pluriel de lijba, brebis à peu de lait.
- Al-fijâr : La vantardise.
- Tarfalu : Elle marche avec orgueil.
- Dharab al-silâh : Tranchant et efficacité de l'arme.
- Al-'ajâja : Poussière répandue.
- Yadmaghu : Il vainc et humilie.
- Yafrî : Il coupe.
- Mu'anniqûn : Rapides.
- Al-'arîn : Repaire du lion.
- tanba‘u : Elle coule, elle jaillit (en parlant du sang).
- azm al-ḥurūb : La violence des guerres.
- fathumma : Alors, ensuite (variante orthographique).
- alfun aqra‘u : Un nombre complet, sans défaut.
- aḥlabu : Rassembleur, qui réunit.
- Khifāf : Nom d'un homme, ancêtre éponyme de la tribu des Banū Khifāf.
- yatahazza‘u : Il s'agite, il se remue.
- al-ḥāsiru : Celui qui n'a pas de cotte de mailles.
- as-sābigha : La cotte de mailles longue et complète.
- damagha : Il a frappé au cerveau, métaphore pour atteindre le point vital.
- dadannā : Nous avons repoussé, défendu.
- al-‘ajāj : La poussière soulevée.
- takhsha‘u : Elle diminue, s'affaiblit (en parlant de la lumière).
- al-afnā’ : Groupes rassemblés de différentes tribus.
- irfa‘ū : Cessez, arrêtez (de tuer).
- ajḥafa : Il a nui, diminué.
- al-miṭlā’ : Terre plate et douce, propice à la végétation.
- jullu al-‘ayshi : La majeure partie de la vie.
- ḥubaybiyya : Diminutif avec attribution aux Banī Ḥabīb.
- rā’i‘un : Admirable, qui émerveille.
- al-akhshabān : Les deux montagnes (de La Mecque).
- jasannā : Nous avons foulé, piétiné.
- al-ḥamīm : La sueur (ici).
- lā yastafizzunā : Il ne nous emporte pas, ne nous agite pas.
- khudhrūf as-saḥābati : Le bord du nuage ; ici, métaphore pour l'extrémité de l'étendard.
- mu‘taṣṣun : Qui frappe avec l'épée.
- nadhūdu : Nous repoussons, nous défendons.
- ḥammahu Allāhu : Dieu l'a décrété, l'a destiné.
- an-niyya : L'intention, le dessein.
- al-quwā : Les brins de la corde ; ici, métaphore pour les liens du pacte.
- Khifāfiyya : Attribué aux Banū Khifāf.
- ash-shaghafu : L'enveloppe du cœur ; amour profond.
- al-ḥilfu : L'alliance, le pacte.
- muṣā‘ib : Étalons (pluriel de muṣ‘ab).
- an-nasīju : Les cottes de mailles (tissées).
- ghayru tunḥalu : Non attribué faussement, non mensonger.
- shakhṣun : Regard fixe, œil ouvert sans cligner.
- al-‘adlu : La rançon, la compensation.
- al-mu‘taraku : Le champ de bataille.
- al-hām : Les têtes (pluriel de hāma).
- milḥabun : Endroit où l'on coupe la viande.
- al-‘ā’iru : Ce qui affecte l'œil (saleté, infection).
- ta'awwabahā : Il est venu à elle de nuit.
- as-silku : Le fil (pour enfiler).
- aṣ-Ṣammān : Nom d'un lieu (région désertique).
- az-za‘aru : Rareté des cheveux, calvitie partielle.
- mushtajirun : Mêlé, enchevêtré (en parlant d'arguments).
Les notes et commentaires
Le « fasīl » 1 désigne les jeunes palmiers. « Takhāwar » vient de « khuwār », qui sont les beuglements des bovins. Il veut dire qu'ils ne sont pas des gens de culture et d'élevage, mais des gens de guerre et de déplacement. « Sawābiḥ » 2 (ici) : les chevaux qui semblent nager dans leur course. « ‘Uqbān » : pluriel de « ‘uqāb » (aigle). « Muqarraba » (comme...) Khifāf, ‘Awf et Dhakwān 3 : des tribus. « Al-mīl » : pluriel de « amyal », qui est celui qui n'a pas d'armes. « Aḍ-ḍajr » (avec ḍamma sur le ḍād et le jīm) : pluriel de « ḍajūr », venant de « ḍajar » qui est l'étroitesse et la mauvaise tolérance. « Ḍāḥiya » 4 : découverte, apparente sous les rayons du soleil. « Munqa‘ir » 5 : déraciné de sa base. « Sāṭi‘ » 6 : poussière dispersée. « Kadir » : altéré vers le noir. « Al-khadir » 7 : celui qui est entré dans sa tanière. « Al-khadr » (ici) : la forêt du lion. « Ma’ziq » 8 : lieu étroit dans la guerre. « Al-kalkal » : la poitrine. « Ta’ful » : disparaître. « Ta’awwaba » 9 : revenir. « Tahwī bihī » 10 : aller vite. « Al-wajnā’ » : la chamelle énorme, ou celle aux joues épaisses et saillantes, ce qui indique des yeux enfoncés ; ils décrivent les chameaux par l'enfoncement des yeux lors des longs voyages. « Al-mujammara » : celle qui est rassemblée et compacte, ce qui est plus fort pour elle. « Al-manāsim » : pluriel de « minsam », qui est l'extrémité du sabot du chameau. « ‘Armas » : très forte, et l'origine de « ‘armas » est le rocher dur ; on compare à elle la chamelle endurante et forte. « Taqda‘ » 11 : retenir. « Taḍras » : blesser. « Sāla » 12 : s'élever. « Bahtha » : une tribu de Sulaym. « Al-makhārim » : les chemins dans les montagnes. « Tarjas » : s'agiter et se mouvoir. « Ṣabbaḥnā ahl Makkata faylaqā » 13 : nous les avons attaqués avec une armée au matin. « Shahbā’ » : qui a un éclat dû à l'abondance des armes. « Al-humām » : le seigneur. « Al-ashwas » : celui qui regarde avec orgueil. « Al-aghlab » 14 : le très fort et épais. « Muḥkamat ad-dikhāl » : il veut dire la solidité du tissage de la cotte de mailles. « Al-qūnas » : le haut du heaume. « ‘Aḍb » 15 : épée tranchante. « Ladin » : souple, désignant la lance. « Mid‘as » : qui perce. « ‘Arandas » 16 : très fort. « Diriyya » 17 : défense. « Ashmas » : pluriel de « shams » (soleil). Il veut dire l'éclat du soleil sur chaque cotte de mailles, épée, heaume et pointe de lance, comme s'ils étaient des soleils. « Al-manāqib » 18 : nom du chemin de Ṭā’if depuis La Mecque. « Al-‘ayr » 19 : l'âne sauvage. « Mufarras » : blessé à mort, déchiré par les bêtes féroces. « Ḥawāsiruhu » 20 : ses combattants sans cuirasses ; on dit : « rajal ḥāsir » s'il n'a pas de cuirasse. « ‘āmil ar-rumḥ » 21 : ce qui est près de la pointe, en dessous de la « tha‘lab ». « Shājarahū » 22 : c'est-à-dire le mêler avec la lance ; on dit : « shajaratuhū bi-r-rumḥ » s'il le frappe avec ; « shajarat ar-rimāḥ » quand elles s'entremêlent. « Ash-shi‘ār » 23 : ce qui touche le corps des vêtements ; il l'emploie ici pour ses proches et ses intimes. Ce vers 24 a une césure. « Tamāraw binā » 25 : ils ont douté de nous. « Al-ghāb » (ici) : les lances. « Rajulā » 26 : des piétons. « Al-atā » : le torrent qui vient d'un pays à un autre. « Difā‘uhu » : ce qu'il pousse devant lui. « Al-‘armaram » : abondant et violent. « Tasallama » 27 : s'attribuer à Sulaym, comme on dit « taqaysa » pour s'attribuer à Qays. « Yalamlam » ou « Alamlam » 28 : le mīqāt 29 du pèlerin venant du Yémen ; c'est une montagne à deux étapes de La Mecque. « Al-ablaq » 30 : celui qui a du blanc avec du noir. « Al-warad » : teinté de rouge. La réunion de ces couleurs chez le cheval augmente sa visibilité, et pourtant il disparaît dans la foule de cet endroit. « Yashūmu » : il se marque lui-même ou son cheval d'un signe pour être reconnu. « Samawnā lahum » 31 : nous nous sommes levés pour les combattre. « Al-qaṭā » : un oiseau connu ; « zafah aḍ-ḍuḥā » : le matin l'a emporté rapidement et l'a chassé durement. « Aḥjama ‘an akhīhi » : il a été occupé loin de lui. « Dawāfi‘uhu » 32 : les cours d'eau qui s'y déversent. « Ṭamra » 33 : jument rapide et bondissante. « Muḥaṭṭam » : brisé. « As-sarb » (avec fatḥa sur le sīn) 34 : les troupeaux en pâture. « Jurash » 35 : un district du Yémen du côté de La Mecque. Ainsi dans A 36. C'est le nom d'une montagne. Dans M, R : « Rayyān » avec rā’ non pointé. « Al-fam » 37 : un lieu. « Ṭawāghī » 38 : pluriel de « ṭāghiya » ; il désigne ici les maisons où ils adoraient à l'époque préislamique et qu'ils vénéraient en dehors de la Maison sacrée. « Wajj » 39 : un lieu à Ṭā’if. « Al-ma’tam » : un groupe de femmes se réunissant pour le bien ou le mal ; il désigne ici leur réunion dans le deuil. « Aba’tuhumā bi-bni sh-Sharīd » 40 : je les ai rendus équivalents à lui, c'est-à-dire je les ai tués pour lui. « Yukallimūnahum » 41 : ils les blessent. « Al-ḥalā’il » 42 : pluriel de « khalīla », qui est l'épouse. « Āya » : signe. « Al-ghazā » 43 : le groupe de gens qui partent en expédition. « Tasfa‘ lawnahū » 44 : c'est-à-dire le changer en « suf‘a », qui est un noir mêlé de rouge. « Al-waghar » : la chaleur intense. « Al-muṣayyifa » : la terre dont la chaleur est intense. « Mishṭ al-‘iẓām » 45 : peu de chair sur les os. « Li-ghawār » : c'est-à-dire pour l'attaque. « Ar-riḥāla » 46 : ici : la selle. « Nahda » : épaisse, désignant une jument. « Jardā’ » : au poil court. « An-nijād » : les baudriers du sabre. « An-nihāb » 47 : pluriel de « nihb », qui est ce qui est pillé et emporté. « Khamīla » 48 : une dune de sable fertile où poussent des arbres. Il veut dire une terre cultivée et douce. « Al-khabār » : une terre au sol meuble. « Lā ū’ibu » 49 : je ne reviendrai pas. « Fujār » : au sens de « fājira » (débauchée), c'est un dérivé, et il est surtout utilisé dans l'appel. Il 50 n'est pas Jamīl ibn Ma‘mar al-‘Udhrī, l'amant de Buthayna, le poète connu. Son nom 51 est Khuwaylid ibn Murra ; c'était un poète islamique. Il est mort sous le califat de ‘Umar, piqué par un serpent. Ainsi dans les sources 52. « ‘Ajafa » (avec redoublement) : affaiblir et amaigrir. Dans le Dīwān des poètes Hudhayl (manuscrit conservé à la Bibliothèque égyptienne sous le numéro 6 Adab Sh) : « faja‘a ». « Al-fajr » (avec mouvement du jīm) 53 : la générosité et la noblesse. « Al-arāmil » : les nécessiteux, le singulier : « armal » et « armala ». « An-nijād » 54 : les baudriers du sabre. Dans le Dīwān des Hudhayl 55 : « al-bazz » qui est l'arme. Il désigne ici spécialement le sabre. Ainsi dans le Dīwān 56. « Al-jaydar » : le petit. Dans M, R : « bi-ḥaydar » avec ḥā’ non pointé, et dans A : « bi-khaydhar » (avec khā’ et dhāl pointés), ce qui est une altération. « Al-ḥamā’il » 57 : pluriel de « ḥamāla », qui est l'attache du sabre ; on fait allusion par sa longueur à la taille élevée. Dans le Dīwān 58 : « ridā’ahu ». Ainsi dans les sources 59. « Ash-shamā’il » : les vents du nord froids, accompagnés de sécheresse. « Adhlaqathu » : l'épuiser et le rendre stérile ; il le décrit comme généreux malgré la sécheresse, et cela quand les vents du nord soufflent en hiver. Dans le Dīwān : « lammā istaqbalathu ash-shamā’il ». C'est dans le même sens. La place de ce vers dans le Dīwān est après son vers : « tarūḥu maqrūran ». As-Suhaylī 60 a dit : « Il veut dire que par sa générosité, il veut se dépouiller de son pagne pour son mendiant, et le lui remettre. J'ai trouvé dans l'écriture d'Abū l-Walīd al-Waqshī : « al-jūd (ici) », et selon cette variante, et à ce rang : la générosité ; ainsi l'ont interprété al-Aṣma‘ī et aṭ-Ṭūsī. Quant à ce qui se trouve dans le poème hudhalien, il l'a interprété dans al-Gharīb al-muṣannaf comme étant la faim. » Nous n'avons pas trouvé cette variante dans le Dīwān des Hudhayl que nous avons mentionné. Ainsi dans les sources 61. « Aḍ-ḍarīk » : le pauvre. Dans le Dīwān : « al-gharīb ». Ainsi dans les sources 62. « Al-mustanbiḥ » : celui qui frappe la nuit, tombe dans l'égarement et aboie, alors les chiens aboient après lui, et il se dirige vers leur endroit. Dans le Dīwān : « wa-muhtalik » qui a le même sens que « mustanbiḥ ». « Ad-darīsān » 63 : les deux vêtements usés ; il désigne son manteau et son pagne. « Al-‘ā’il » : le pauvre. « Al-maqrūr » 64 : celui qui a été atteint par le froid. Dans le Dīwān 65 : « wa-rāḥat ‘ashiyyatan ». « Al-ḥadab » 66 : l'accumulation du vent dans son souffle, comme l'eau s'accumule dans son cours, cela quand il est violent. As-Suhaylī a dit : « Al-khadab (avec khā’ pointé) est plus approprié au sens du vers, car ils disent : « rīḥ khadbā’ », comme si elle avait un « khadab », qui est la violence. » « Taḥitthuhu » : le pousser rapidement. On rapporte : « tajitthuhu » avec jīm, c'est-à-dire le déraciner de la terre. « Yuwā’ilu » : chercher un refuge. « Lam yataṣadda‘ū » 67 : ils ne se sont pas dispersés. Dans le Dīwān : « lam yataḥammalū ». « At-taḥammul » : le départ. « Al-lawdha‘ī » 68 : celui qui a la langue acérée. « Al-ḥalḥāl » : le seigneur. Ainsi dans les sources 69. « Ābaka » : il est revenu vers toi et t'a visité. « An-na‘f » : le bas de la montagne. « Aḍ-ḍibā‘ » pluriel de « ḍab‘ », qui est un prédateur. « Al-jayā’il » : un des noms des hyènes, le singulier : « jay’al ». La variante de ce vers dans le Dīwān est : « fa-wa-llāhi law lāqaytuhu ghayra mūthaqin... la-ābaka bi-l-jaz‘i ḍ-ḍibā‘u n-nawāhilu ». « Al-jaz‘ » : le coude de la vallée. « An-nawāhil » : celles qui désirent manger comme les chameaux désirent l'eau. Ainsi dans le Dīwān 70, et dans les sources : « aw ». Dans le Dīwān 71 : « uswa ». Ainsi dans les sources 72. « Aṣ-ṣar‘a » (avec kasr du ṣād non pointé) : la manière de terrasser. Dans le Dīwān : « talla », qui est aussi un nom pour la manière, de « tallahu yatulluhu » s'il le terrasse. « Qarn aẓ-ẓahr » 73 : celui qui vient par derrière, d'où il ne le voit pas. As-Suhaylī a dit : « Qarn (avec qāf), son pluriel est aqrān ; on rapporte : (wa-lākin aqrān aẓ-ẓuhūri maqātil). Maqātil : pluriel de maqtal (avec kasr du mīm, comme maḥrab de la guerre), c'est-à-dire celui qui est un adversaire par derrière est un tueur et un vainqueur. » Dans le Dīwān 74 : « yā umma Mālik ».
(275) [p.473] Il veut dire que l'Islam a enserré nos cous, de sorte que nous ne pouvons rien faire. (276) [p.473] Dans le Dīwān : « Comme un vieillard qui ne dit rien. » Il dit : Le jeune homme est revenu de ce qu'il était de sa juvénilité et est devenu comme s'il était un vieillard. (277) [p.473] Al-‘awādhil (العواذل) : les femmes qui blâment. Et « les blâmeuses se sont reposées », car elles ne trouvent à blâmer que la justice (al-‘adl), c'est-à-dire le droit. (278) [p.474] Ahāla (أهال) : il a versé. (279) [p.474] Lam na‘ud (لم نعد) : rien ne nous a empêchés. Et la variante de ce vers dans le Dīwān est : « Et je n'ai pas oublié des jours et des nuits pour nous... à Ḥilya, quand nous y rencontrons celui que nous cherchons. » (280) [p.474] Ainsi dans A. Al-ghurra (الغرة) : l'inattention. Et dans tous les autres manuscrits : « bi-‘izza (بعزة) » (avec puissance). (281) [p.474] Lā tuthnā (لا تثنى) : elle n'est pas inclinée (à la voix passive pour les deux). Et on lit : « lā tubnā (لا تبنى) » (elle n'est pas construite). Ce vers ne se trouve pas dans le Dīwān des poèmes des Hudhaylites. (282) [p.474] An-na‘am (النعم) : les chameaux, ou tout bétail dont la majorité sont des chameaux. Ajzā‘ aṭ-ṭarīq (أجزاع الطريق) : pluriel de jaz‘ (جزع), qui est le coude du chemin. Mukhaḍram (مخضرم) : qualificatif d'an-na‘am, qui est celui dont on a coupé l'oreille, pour que cela soit une marque pour lui. (283) [p.474] Al-katība (الكتيبة) : l'armée rassemblée. Al-ḥāsir (الحاسر) : celui qui n'a pas de cotte de mailles. Al-mulā'am (الملأم) : celui qui a revêtu la lāma (اللامة), qui est la cotte de mailles. (284) [p.474] Muqaddam (مقدم) : il désigne un endroit où seuls les courageux avancent. (285) [p.474] Al-ghamra (الغمرة) : la difficulté, et l'eau abondante qui submerge. (286) [p.474] Al-aqab (الأقب) : celui qui a la taille fine. Al-makhāmiṣ (المخامص) : celui qui a le ventre plat. (287) [p.475] Al-alla (الألة) : la lance courte. Yazaniyya (يزنية) : attribuée à Dhī Yazan, qui est un roi des rois de Ḥimyar. Saḥmā' (سحماء) : noire de bois. Sinān saljam (سنان سلجم) : c'est-à-dire long. (288) [p.475] Ḥinnatuh (حنته) : il veut dire son épouse, appelée ainsi parce qu'elle soupire (taḥinnu) vers lui et il soupire vers elle. (289) [p.475] Al-mudajjaj (المدجج) : celui qui a l'arme complète. Ad-dariyya (الدرية) : l'anneau que l'on dresse pour apprendre à frapper de la lance ; son origine est dari'a (دريئة), la hamza a été allégée, puis le yā' a été assimilé au yā'. Tastaḥillu (تستحل) : vient de al-ḥill (الحل) ; et on lit : tastaḫillu (تستخل) (avec le khā' pointé), qui vient de al-ḫilāl (الخلال), et c'est plus clair pour le sens. Tashramu (تشرم) : elle coupe (voir as-Suhaylī). (290) [p.475] Ya'taliq (يأتلق) : il brille. (291) [p.475] Al-ba's (البأس) : la difficulté et le courage. Al-bīḍ (البيض) : pluriel de bayḍa (بيضة), qui est le heaume. Al-abdān (الأبدان) (ici) : pluriel de badan (بدن), qui est la cotte de mailles. Ad-daraq (الدرق) : pluriel de daraqa (درقة), qui est le bouclier en cuir sans bois ni nerf. (292) [p.475] Jannah (جنه) : il l'a couvert. Al-ghasaq (الغسق) : l'obscurité, il veut dire l'obscurité de la poussière. (293) [p.475) Mu‘taniq (معتنق) : prisonnier. (294) [p.475] Al-‘utq (العتق) (à la mesure de ‘unuq) : pluriel de ‘atīq (عتيق), qui est le précieux. (295) [p.475] Ainsi dans M, R. Et dans A : « wa fātanī (وفاتني) » (et il m'a échappé). (296) [p.475] Al-‘alaq (العلق) (avec mouvement) : le sang. (297) [p.476] Lā tajmadā (لا تجمدا) : ne soyez pas avares de larmes. (298) [p.476] Al-mujassad (المجسد) : celui qui a été teint avec al-jisād (الجساد), qui est le safran ; le sens est que son sang a teint son vêtement de la couleur du safran. Yanū'u (ينوء) : il se lève en s'alourdissant à cause de sa fatigue. An-nazīf (النزيف) : celui dont le sang a coulé jusqu'à l'affaiblir. Ces vers ont déjà été mentionnés avec quelques divergences à la page (457) de cette partie, attribués à un homme de Jutham, non à une femme. (299) [p.476] Ad-dam al-‘abīṭ (الدم العبيط) : le sang frais. (300) [p.476] As-su‘ūṭ (السعوط) (avec la fatḥa sur le sīn) : le remède qu'on met dans le nez et qui l'irrite. Il veut dire : nos nez sont chauffés. (301) [p.476] An-nabīṭ (النبيط) : un peuple qui habitait la campagne d'Irak, puis a été employé pour désigner la populace et le commun des gens (d'après al-Miṣbāḥ). (302) [p.476] Al-khisf (الخسف) : l'humiliation. Āb (آب) : nom d'agent, de abā al-khisf (أبى الخسف) : quand il refuse de l'accepter. (303) [p.476] Al-quṭūṭ (القطوط) : pluriel de qiṭṭ (قط), qui est l'acte, ou le livre dans lequel sont comptées les actions. Ce vers est omis dans (A). (304) [p.476] Cette expression est omise dans A. (305) [p.477] Al-hām (الهام) : les têtes. Al-‘alaq (العلق) : le sang. Al-‘abīṭ (العبيط) : le frais. (306) [p.477] Banū Qasī (بنو قسى) : il veut dire Thaqīf, les gens d'at-Ṭā'if. Al-barak (البرك) : le poitrail du chameau et sa poitrine avec laquelle il broie la chose sous lui ; on dit : ḥakkahu wa kallahu, dākahu yabrukuhu (حكه وكله، داكه يبركه). Ceci est une comparaison de la violence de la guerre avec le frottement de la poitrine du chameau contre ce qui est sous lui. Al-waraq al-khabīṭ (الورق الخبيط) : celui qui est frappé avec un bâton pour tomber, et que le bétail mange. (307) [p.477] Surātukum (سراتكم) : vos nobles ; l'origine de as-sarāt (السراة) est le milieu du peuple en lignage. Al-mubāyin (المباين) : celui qui se sépare, c'est le fuyard. Al-khalīṭ (الخليط) : celui qui ne cesse de se mêler aux adversaires dans la bataille. (308) [p.477] Al-multāth (الملتاث) (ici) : nom d'un homme. Al-bakr (البكر) : le jeune chameau. An-naḥīṭ (النحيط) : celui qui répète la respiration dans sa poitrine jusqu'à ce qu'on entende un bourdonnement. (309) [p.477] Sawādan (سوادا) : il veut dire des silhouettes au loin. Al-akhṣaf (الأخصف) : celui qui a plusieurs couleurs. (310) [p.477] Malmūma (ملمومة) : c'est-à-dire une troupe rassemblée. Shahbā' (شهباء) : grande et abondante en armes. Ash-shamārīkh (الشماريخ) : les sommets des montagnes ; leur singulier : shimrākh (شمراخ). (311) [p.477] Ainsi dans les manuscrits. Abū Dharr a dit : « ‘Urawī (عروى) (ici) est le nom d'un homme ; on le lit avec un dāl et un rā'. » (312) [p.477] Aṣ-ṣafṣaf (الصفصف) : la terre plane. (1) [p.478] Al-‘āriḍ (العارض) (ici) : le nuage. Al-mutakashshif (المتكشف) : l'apparent. (2) [p.478] Khindif (خندف) : une tribu. (3) [p.478] Al-fill (الفل) : le groupe fuyard de l'armée. (4) [p.478] Jurash (جرش) : une des circonscriptions (makhālīf) du Yémen du côté de La Mecque. (5) [p.478] As-Suhaylī a dit : « Ad-dabbāba (الدبابة) : un engin de guerre, dans lequel entrent des hommes qui rampent (yadubbūna) avec elle jusqu'aux murailles pour les percer. » Abū Dharr a dit : « Ad-dabbābāt (الدبابات) : des engins fabriqués en bois, recouverts de peaux, dans lesquels entrent des hommes, et ils se relient au mur de la forteresse. » (6) [p.478] Al-majānīq (المجانيق) : pluriel de manjanīq (منجنيق) (avec fatḥa ou kasra sur le mīm), qui sont des engins de siège avec lesquels on lance de lourdes pierres et autres. (7) [p.478] Aḍ-ḍabūr (الضبور) : semblable à des têtes de coffres, on s'en protège dans la guerre lors de la retraite. Dans le Kitāb al-‘Ayn, aḍ-ḍabūr (الضبور) : des peaux dont on recouvre du bois, on s'y protège dans la guerre (d'après as-Suhaylī). Dans Lisān al-‘Arab : aḍ-ḍabr (الضبر) : il est venu avec du bois bourré dans lequel il y a des hommes, ils s'approchent des forteresses pour combattre leurs habitants. Le pluriel est ḍubūr (ضبور). Il a dit : ce sont les dabbābāt (الدبابات) que l'on approche des forteresses pour creuser en dessous. (8) [p.479] Tihāma (تهامة) : la partie basse de la terre du Ḥijāz. Ar-rayb (الريب) : le doute. Ajmamnā (أجممنا) : c'est-à-dire nous avons reposé. (9) [p.479] Nukhayyiruhā (نخيرها) : nous lui donnons le choix ; si elle parlait, elle choisirait que nous combattions Dawws ou Thaqīf. (10) [p.479] Al-ḥāḍin (الحاضن) : la femme qui allaite son enfant ; ainsi a dit Abū Dharr. Peut-être est-ce : al-ḥāṣin (الحاصن), qui est la femme chaste ; comme s'il disait : « Je ne suis pas un enfant légitime si vous ne la voyez pas... etc. » C'est une menace pour eux. Sāḥat ad-dār (ساحة الدار) : le milieu de la maison, ou sa cour. (11) [p.479] Al-‘urūsh (العروش) (ici) : les toits des maisons. Wajj (وج) : un lieu à aṭ-Ṭā'if, ou c'est l'un de ses noms. Khulūf (خلوف) : il veut dire des maisons dont les habitants sont absents. (12) [p.479] As-sara‘ān (السرعان) : les premiers. Al-kathīf (الكثيف) : le dense. Et on lit : « kashīfan (كشيفا) » avec un shīn à la place du thā', c'est-à-dire apparent. (13) [p.479] « Rajīfan (رجيفا) » se lit avec un rā', désignant un bruit violent accompagné d'agitation, tiré de ar-rajfa (الرجفة). Et on lit : « wajīfan (وجيفا) » avec un wāw à la place du rā', son sens est rapide, on entend le bruit de sa rapidité. (14) [p.479] Al-qawāḍib (القواضب) : les épées tranchantes, pluriel de qāḍib (قاضب). Al-murhafāt (المرهفات) : les coupantes (aussi). Al-muṣṭalūn (المصطلون) : ceux qui les affrontent directement parmi leurs ennemis. Al-ḥutūf (الحتوف) : pluriel de ḥatf (حتف), qui est la mort. (15) [p.479] Al-‘aqā’iq (العقائق) : pluriel de ‘aqīqa (عقيقة), qui est le rayon de l'éclair (ici). Kutayyif (كتيف) : pluriel de kutayyifa (كتيفة), qui sont les plaques de fer que l'on frappe pour les portes et autres. As-Suhaylī a dit : « C'est une petite plaque, et l'origine de al-kutayyif (الكتيف) est l'étroitesse de toute chose. » (16) [p.479] Al-judayya (الجدية) : la traînée de sang. Az-zaḥf (الزحف) : l'approche des combattants les uns des autres. Al-jādī (الجادي) : le safran. Madūf (مدوف) : (nom d'objet de dāfahu yadūfuhu) et son sens est mélangé à autre chose. (17) [p.479] Ajiduhum (أجدهم) : c'est-à-dire que je les trouve ; il est à l'accusatif comme source (maṣdar). ‘Arīfan (عريفا) (ici) : connaisseur. (18) [p.479] ‘Itāq (عتاق) : pluriel de ‘atīq (عتيق). An-najīb (النجيب) : pluriel de najīb (نجيب). Aṭ-ṭurūf (الطروف) : pluriel de ṭirf (طرف) (avec kasra sur le ṭā'), tous signifiant la noble de race parmi les chevaux. (19) [p.480] Zaḥf (زحف) : c'est-à-dire une armée. (20) [p.480] Ainsi dans les manuscrits : al-‘azūf (العزوف) : celui qui se détourne de la chose par dédain tout en l'admirant. Dans le Sharḥ as-Sīra d'Abū Dharr : « ‘arūfan (عروفا) ». Al-‘arūf (العروف) : le patient. (21) [p.480] An-naziq (النزق) : celui qui est très étourdi et léger. (22) [p.480] Ar-rīf (الريف) : les lieux fertiles qui sont sur les eaux ; il veut dire : nous vous prenons comme auxiliaires pour la guerre et nous cherchons secours de votre rīf pour la vie. (23) [p.480] Ra‘ashā (رعشا) : instable, non fixe. (24) [p.480] Nujālid (نجالد) : nous combattons avec les épées. Al-idh‘ān (الإذعان) : la soumission et l'obéissance. Muḍīfan (مضيفا) : contraignant. (25) [p.480] At-tilād (التلاد) : le bien ancien. Aṭ-ṭarīf (الطريف) : le bien nouvellement acquis. (26) [p.480] Alabū ‘alaynā (ألبوا علينا) : ils se sont rassemblés contre nous. Aṣ-ṣamīm (الصميم) : le pur. Al-jidhm (الجذم) : la racine. (27) [p.480] Jada‘nā (جدعنا) : nous avons coupé, et le plus souvent utilisé pour la coupe des nez. (28) [p.480] Layyin (لين) : allégé de layyin (لين) (avec yā' redoublé), comme on dit : hayyin (هين) et hayyin (هين), mayyit (ميت) et mayt (ميت). Al-‘anīf (العنيف) : celui qui n'a pas de douceur. (29) [p.480] Ash-shunūf (الشنوف) : pluriel de shanf (شنف), qui est la boucle d'oreille qui se trouve en haut de l'oreille. (30) [p.480] Ainsi dans M, R. Et dans A : « yuqtal (يقتل) » (il est tué). (31) [p.480] Al-khusūf (الخسوف) : l'humiliation. (32) [p.481] Mu‘allam (معلم) : célèbre. Wa lā narīmuhā (ولا نريمها) : nous ne la quittons pas et n'en descendons pas. Dans le vers, il y a une césure (kharam). (33) [p.481] Al-aṭwā' (الأطواء) : pluriel de ṭawī (طوى), qui est le puits, pluriel irrégulier ; et on lit : « aṭwāduhā (أطوادها) » (avec un dāl), désignant les montagnes.
Et ils nous ont éprouvés avant 'Amr ibn 'Âmir 75 : ceci est une réponse aux Ansâr 76, car ils sont les Banû Hâritha ibn Tha'laba ibn 'Amr ibn 'Âmir. Il n'a pas voulu dire que les Ansâr les avaient éprouvés avant cela, mais plutôt leurs frères, les Khuzâ'a 77, car ils sont les Banû Rabî'a ibn Hâritha ibn 'Amr ibn 'Âmir, et ils les avaient combattus lors de leur installation à La Mecque. Al-Bakrî 78 a dit : il voulait dire les Banû 'Amr ibn 'Âmir ibn Sa'sa'a 79, qui étaient voisins de Thaqîf 80. Thaqîf avait installé les Banû 'Amr ibn 'Âmir sur leurs terres pour qu'ils y travaillent et aient la moitié des récoltes et des fruits. Puis Thaqîf les en empêcha et se retrancha dans le mur qu'ils avaient construit autour de leur campement. Les Banû 'Amr ibn 'Âmir les combattirent, mais n'en obtinrent rien et quittèrent ces terres (voir al-Suhaylî 81).
«لعا لك» 82، «روية» 83، «الخيف» 84، «ويب غيرك» 85، «أمهما واحدة» 86، «أرجف به» 87، «حاضره» 88، «بانت سعاد» 89، «أغن» 90، «هيفاء» 91، «تجلو» 92، «شجت» 93، «القذى» 94، «الخلة» 95، «سيط» 96، «الغول» 97، «لا تمسك» 98، «ما منت» 99، «عرقوب» 100، «التنويل» 101، «العتاق» 102، «العذافرة» 103، «النضاخة» 104، «الغيوب» 105.
Le muqallad 106 : l'endroit du collier sur le cou. Et « fā‘im » 107 : rempli. On rapporte aussi « ‘abil » 108 qui a le même sens. Al-muqayyad 109 : l'endroit du lien, désignant ses pattes. Banāt al-faḥl 110 : les femelles des chameaux attribuées à l'étalon reproducteur. Il décrit la chamelle par la grosseur du cou, ce qui annonce la grosseur de toute sa tête, et par la grandeur des membres, ce qui indique sa force dans la marche et sa capacité à supporter la charge. Et par sa supériorité sur les autres dans la grandeur de la création et la beauté de la constitution. (34) [p.507] Gharbā’ 111 : au cou épais. Wajnā’ 112 : aux grandes joues, ou bien de al-wajīn 113, qui est la terre dure. ‘Alkūm 114 : très forte. Mudhakkira 115 : de grande création, ressemblant aux mâles parmi les chameaux. Wa-fī difihā sa‘a 116 : c'est-à-dire qu'elle a les flancs larges, ce qui est une métaphore de la grande création. Wa-quddāmahā mayl 117 : métaphore de la longueur de son cou, ou de l'ampleur de son pas. (35) [p.507] Al-aṭūm 118 : avec la hamza ouverte, une tortue marine à la peau épaisse ; on dit aussi que c'est la girafe. Yu’yīsuhu 119 : le rend docile, n'a pas d'effet sur lui. Aṭ-ṭal‘ 120 (avec kasra) : la tique, un insecte connu qui s'attache à la bête. Aḍ-ḍāḥiya 121 de toute chose : son côté exposé au soleil. Al-matanān 122 : ce qui encadre son dos à droite et à gauche, fait de nerfs et de chair. Il a spécifié la partie exposée des deux côtés du dos parce que la tique, au soleil, voit sa vigueur augmenter, ses mouvements s'intensifier et sa succion du sang se renforcer. Mahzūl 123 : qualificatif de ṭal‘, c'est-à-dire une tique amaigrie par la faim. Il veut dire que la peau de cette chamelle est d'une extrême douceur et polissure, au point que la tique amaigrie par la faim n'a pas d'effet sur elle, même dans la partie exposée au soleil des deux côtés de son dos, à droite et à gauche. (36) [p.507] Al-ḥarf 124 (à l'origine) : le morceau de rocher qui sort de la montagne ; il compare la chamelle à cela pour la force et la dureté. Al-ḥarf (aussi) : la chamelle amaigrie. Wa-akhūhā abūhā... etc. 125 : il veut dire qu'elle est de lignée mêlée dans la noblesse, aucun étranger n'est entré dans sa lignée. Al-muhajjana 126 : la chamelle noble des deux côtés parentaux. Al-qawdā’ 127 : au dos et au cou longs. C'est l'une des qualités des chameaux pour lesquelles on les loue. Ash-shamlīl 128 : la légère et rapide. (37) [p.507] Yuzliqahu 129 : de al-izlāq, c'est-à-dire le faire tomber. Minhā 130 : c'est-à-dire d'elle. Al-libān 131 (avec fatḥa) : la poitrine, ou son milieu. Al-aqrāb 132 (avec fatḥa) : les flancs ; le pluriel ici désigne le duel. Az-zahālīl 133 : les lisses, pluriel de zuhlūl. Il veut dire que cette chamelle, à cause de son polissage, la tique ne peut s'y fixer. (38) [p.507] Al-‘īrāna 134 : la chamelle comparée à l'âne sauvage pour sa rapidité, son activité et sa dureté ; c'est une qualité appréciée dans les descriptions des chameaux. An-naḥḍ 135 : la chair. ‘An 136 : au sens de « de ». Wa-‘araḍ 137 (avec deux ḍammas, ou un ḍamma et un sukūn) : côté ; on veut ici la généralité. Il veut dire qu'elle est remplie de chair de chaque côté de ses flancs. Al-mirfaq 138 : il veut dire les deux coudes. Az-zawr 139 : la poitrine, ou son milieu. Banāt az-zawr 140 : ce qui s'y rattache comme les côtes et autres. Il veut dire que le coude de cette chamelle est écarté de ce qui entoure la poitrine comme les côtes et autres, de sorte qu'il est préservé de la pression, car son coude est éloigné de ses côtes, et ne les heurte pas à cause de sa légèreté et de son activité. (39) [p.507] Al-khaṭm 141 : le nez et ce qui l'entoure. Al-liḥyān 142 : les deux os sur lesquels poussent les dents inférieures chez l'homme et autres. Al-barṭīl 143 (avec kasra) : une pierre allongée. Il veut dire que son visage, de son nez et de ses deux mâchoires, ressemble à une pierre. (40) [p.508] ‘Asīb an-nakhl 144 : la palme qui n'a pas encore produit de folioles ; si elle en produit, on l'appelle sa‘af. Dhā khuṣal 145 : il veut dire une queue ayant des mèches de poils. Wa-fī ghāriz 146 : c'est-à-dire sur une mamelle. Wa-lam takhunnahu 147 : ne l'a pas diminué. Al-aḥālīl 148 : les sorties du lait, pluriel de iḥlīl (avec kasra). Il veut dire que cette chamelle passe une queue semblable à une palme par l'épaisseur et la longueur, avec beaucoup de poils, sur une mamelle que les sorties du lait n'ont pas diminuée, parce qu'elle n'est pas traite, ce qui la rend plus forte pour la marche. (41) [p.508] Al-qanwā’ 149 : au nez busqué. On rapporte aussi « wajnā’ ». Le poète a compté cela parmi les qualités louables, bien que ce qui est rapporté des Arabes est que le qanā 150 est un défaut chez les chameaux et les chevaux. Al-ḥazatān 151 : les deux oreilles. Al-‘itq 152 (avec kasra) : la noblesse. Al-mubīn 153 : l'évident. Tas-hīl 154 : facilité et douceur, sans rudesse ni aspérité. Il veut dire que cette chamelle a le nez busqué, et que pour le connaisseur en chameaux nobles, une noblesse évidente apparaît dans ses deux oreilles, pour leur beauté et leur longueur, et une noblesse dans ses deux joues : facilité et douceur. Ce vers est venu dans (A) avant les deux vers précédents. (42) [p.508] Takhdī 155 : elle accélère. On rapporte aussi « takhdhī » 156 avec deux lettres pointées, c'est-à-dire elle se relâche ; c'est plus fort dans l'éloge, car malgré son relâchement dans la marche, elle rattrape les chamelles rapides, que serait-ce si elle accélérait. Et dans (A) : « tahwī » 157, qui a le même sens que la première. Al-yasarāt 158 : les membres légers. Wa-hiya lāḥiya 159 : c'est-à-dire alors qu'elle rattrape les chamelles qui la précèdent, ou les demeures lointaines. Et dans (A) : « wa-hiya lāhiya » 160, c'est-à-dire insouciante de la marche, elle accélère sans se soucier ni faire attention, comme si cela était inné chez elle. Ibn Hishām a interprété « al-lāḥiqa » 161 par « amaigrie », de sorte que le pronom « hiya » se rapporte à al-yasarāt. Adh-dhawābil 162 : pluriel de dhābil, qui est la lance dure et sèche ; il compare ses membres à cela pour la dureté et la force. Wa-massuhunna 163 : c'est-à-dire le contact de ces membres légers avec le sol, ou leur impact sur lui. Wa-taḥlīl 164 : c'est-à-dire peu, sans exagération ; il veut dire que cette chamelle est rapide dans la marche avec ses membres, les levant rapidement du sol, comme si elle ne le touchait que par un serment expiatoire 165, elle est donc d'une extrême rapidité dans sa marche. (43) [p.508] Al-‘ajayāt 166 : les nerfs attachés au sabot ; on dit aussi : la chair attachée au nerf descendant du genou du chameau jusqu'au paturon ; il compare ses nerfs ou la chair de ses membres à des lances brunes pour leur force et leur dureté. Wa-zīmā 167 : dispersé. Al-akam 168 : les terrains élevés. At-tan‘īl 169 : le fait de fixer un fer sur le sabot de la bête pour la protéger des pierres. Il veut dire que les nerfs des membres de cette chamelle sont durs comme des lances brunes, et qu'à cause de la force de son piétinement du sol, elle disperse les cailloux, et que, par la dureté de ses sabots, elle n'a pas besoin d'être ferrée pour la protéger des pierres qui se trouvent au sommet des collines, de sorte que son pied ne s'use ni ne s'amincit. (44) [p.508] Al-awb 170 (avec fatḥa) : la rapidité du mouvement et du retour. Wa-‘uriqat 171 : c'est-à-dire au moment de sa transpiration, non due à la fatigue ni à l'épuisement. (45) [p.509] Al-ḥirbā’ 172 (avec kasra) : une espèce de lézard, qui fait face au soleil où qu'il tourne, et se colore des couleurs des lieux où il se trouve. Muṣṭakhidan 173 : brûlé par la chaleur du soleil ; on rapporte aussi « muṣṭakhiman » 174, c'est-à-dire dressé, debout, et aussi « murtabi’an » 175, c'est-à-dire élevé. Ḍāḥīhi 176 : ce qui est exposé au soleil de lui. Mamlūl 177 : endroit dans la cendre chaude. Il veut dire que les petites montagnes se sont enveloppées de mirage en un jour où le ḥirbā’ devient brûlé par le soleil, comme si la partie exposée au soleil dans le mouvement de ce jour de cet animal était un pain cuit dans la cendre chaude. (46) [p.509] Al-ḥādī 178 : le conducteur des chameaux. Al-waraq 179 : pluriel de awraq ou warqā’, qui est le vert tirant sur le noir ; on dit aussi : al-waraqa 180 : une couleur ressemblant à la couleur de la cendre. Al-janādib 181 : pluriel de jundub (avec ḍamma sur le dāl, ou fatḥa), une espèce de sauterelle ; on dit aussi : la petite sauterelle ; cette espèce ne se trouve que dans les déserts désolés à la chaleur intense, loin de l'eau. Wa-yarkuḍna al-ḥaṣā 182 : elles remuent les cailloux avec leurs pattes dans l'intention de se poser, à cause de l'épuisement du vol, dû à la chaleur intense. Wa-qīlū 183 : impératif de qāla yaqīlu qaylūla, qui est le repos au moment de la chaleur intense. On veut dire que ce jour est si chaud que le conducteur, dont le rôle est d'activer les chameaux, a dit aux gens : « Reposez-vous et faites la sieste. » (47) [p.509] Shidd an-nahār 184 : le moment de son élévation, ce qui est une exagération de la chaleur intense. Al-‘ayṭal 185 : la longue. An-niṣf 186 : celle d'âge moyen, c'est-à-dire au moment où elle a atteint sa pleine force et sa maturité, ce qui la rend plus rapide dans le mouvement et plus capable en force. An-nukad 187 : pluriel de nukadā’, qui est celle dont l'enfant ne vit pas. Al-mathākīl 188 : pluriel de mithkāl (avec kasra), qui est celle qui perd fréquemment ses enfants. Dans ce vers et le vers précédent qui commence par « ka’anna » 189, il compare la rapidité du mouvement des deux mains de cette chamelle à la rapidité du mouvement des deux mains d'une femme longue et d'âge moyen : en se frappant le visage à cause de l'intensité de son chagrin pour son enfant, tandis que des femmes dont les enfants ne vivent pas lui répondent, ce qui intensifie son action et renforce le mouvement de ses mains lors de la lamentation, en voyant le chagrin des autres et l'intensité de leurs coups. La variante du premier hémistiche de ce vers dans (A) est : « awba yaday fāqidin shamaṭā’a mu‘wila » 190 ; al-fāqid 191 : celle qui a perdu son enfant. Ash-shamṭā’ 192 : celle dont les cheveux sont mêlés de blanc. Al-mu‘wila 193 : celle qui élève la voix en pleurant. (48) [p.509] An-nawwāḥa 194 : celle qui se lamente beaucoup sur son mort. Rakhwat aḍ-ḍab‘ayn 195 : aux deux avant-bras relâchés. Al-bikr 196 (avec kasra) : (49) [p.510] Tufarrī 197 : elle déchire. Al-libān 198 : la poitrine. Al-mudarra‘ 199 : la chemise. Ra‘ābīl 200 : morceaux épars, pluriel de ra‘būl. Il veut dire que cette femme déchire sa chemise avec ses doigts à cause de la perte de sa raison, de sorte que sa chemise est fendue, laissant voir les os de sa poitrine en nombreux morceaux. Il compare la chamelle à cette femme en ce que toutes deux sont privées de raison, ne sentant ni peine ni difficulté. (50) [p.510] Al-ghuwāt 201 : les corrupteurs, pluriel de ghāw. Janābayhā 202 : autour d'elle, duel de janāb (avec fatḥa sur le jīm). Maqtūl 203 : c'est-à-dire menacé de mort, car le Prophète (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) avait déclaré son sang licite. La variante de ce vers dans (A) est : « tamashshā al-ghuwātu bi-janābayhā wa-qawlihim... » 204 etc.
Amila : j'espère son bien et j'attends son aide dans les moments difficiles. Alahaynak : je t'ai distrait. (Lā) fīhā : négative, et l'emphase est rare avec la négation. Le sens : je ne te distrairai pas de ce dans quoi tu es, la peur et l'effroi, en te le facilitant et en te consolant ; agis donc pour toi-même, car je ne te servirai à rien. Il se peut que le discours soit affirmatif, et le lām y est pour le serment, c'est-à-dire : par Dieu, je te rendrai certainement occupé loin de moi, alors ne demande ni secours ni assistance. Ce vers est également rapporté : « Et tout ami dit... etc. » (52) [p.510] Khallū sabīl : laissez-le. Sa parole : lā abā lakum : blâme à leur encontre, parce qu'ils ne lui ont servi à rien, ou éloge à leur encontre par ironie et moquerie. (53) [p.510] Al-ālah al-ḥadbā' : la civière sur laquelle on porte le mort. Il dit : tout homme est voué à la mort, que sa sécurité soit longue ou courte, que personne ne se réjouisse de ma perte si je péris. (54) [p.510] Nubbi'tu : j'ai été informé. Et on rapporte : « Unbi'tu ». Wa aw'adanī : il m'a menacé de mort. Ma'mūl : espéré et convoité. (55) [p.510] Hadāka : qu'Il t'accroisse en guidance, ou que Dieu te guide au pardon et à l'indulgence envers moi ; ainsi, sur cette base, il aurait invoqué pour lui-même. Al-nāfilah : le surplus, et le Coran est appelé nāfilah car c'est un don supplémentaire à la prophétie. (56) [p.511] Ce vers fait partie de la suite de l'appel à la clémence et de la douceur dans la parole. Ainsi, lā, bien qu'elle soit prohibitive selon son sens premier, son intention ici est la supplication et l'humilité. Le sens : ne rends pas licite mon sang à cause des paroles des calomniateurs qui sèment la discorde entre moi et toi par la corruption, le mensonge et la calomnie. (57) [p.511] Laqad aqūmu : son sens est : par Dieu, je me suis tenu dans une station ; c'est donc la réponse d'un serment omis. Et on rapporte : « Innī aqūmu maqāman », mais la première est plus forte à cause du serment. Al-maqām (ici) : l'assemblée du Prophète. Ce qui est visé par « se tenir » est sa présence, et le sens est au passé : j'ai assisté à une assemblée. (58) [p.511] Yar'adu : il est pris de tremblement, et sa construction au passif est correcte. Al-tanwīl : la sécurisation. Le sens : l'éléphant se mettrait à trembler et à bouger de peur ; il l'a spécifié ainsi parce qu'il voulait la grandeur et la terreur, et l'éléphant est la plus grande des bêtes par son corps et son importance. À moins qu'il n'ait du Messager, par la permission de Dieu, une sécurisation qui apaise son effroi et stabilise son âme. La version de ce vers dans A : « Il resterait à trembler de crainte, ses fanons... si ce n'était du Messager de Dieu une sécurisation. » Al-wajd : l'intensité du chagrin. Al-bawādir : la chair entre le cou et l'épaule. A a ajouté après ce vers : « Je n'ai cessé de traverser le désert, revêtu... dans l'obscurité de la nuit, alors que le vêtement de la nuit était étendu. » (59) [p.511] Ḥattā wada'tu : c'est-à-dire : et j'ai placé. Il a spécifié la droite car les choses nobles se font avec la droite. Wa lā unāzi'uhu : c'est-à-dire : dans l'état où je lui suis soumis, satisfait de son jugement, sans le contester ni lui désobéir. Al-niqamāt (avec fatḥa puis kasra) : pluriel de niqmah, et ce qui est visé par « le possesseur des châtiments » est le Prophète, car il châtiait les mécréants, étant sévère et dur envers eux. Wa qīlahu : sa parole. Ce qui est visé est que sa parole est prise en compte car elle est exécutoire et effective. Il fait allusion par ce vers à sa situation avec le Prophète lorsqu'il vint à lui alors qu'il était dans la mosquée, et qu'il mit sa main dans la sienne pour demander sa protection. (60) [p.511] Akhawf : plus terrifiant et plus effrayant. Mansūb : c'est-à-dire à des choses émanant de toi, comme ta parole à ton frère Bujayr : « Que al-Ma'mūn t'en abreuve... etc. » Mas'ūl : c'est-à-dire interrogé sur sa cause, ou interrogé sur ta lignée ; comme s'il disait : quelle est ta tribu qui te protégera de moi ? Et quel est ton peuple qui te défendra de moi ? Ils se sont désavoués de toi et se sont séparés de toi. Et on rapporte : « li-dhālika ahaybu » et « fa-dhāka ahaybu » et « la-kāna ahaybu » et « fa-lahū akhawfu ». Et on rapporte : « arhabu » à la place de « ahaybu ». (61) [p.512] Ḍaygham : lion. Ḍarā' al-arḍ : la terre où il y a des arbres. Al-mukhdar : la tanière du lion. 'Athar (avec fatḥa sur le 'ayn et tashdīd sur le thā') : nom d'un lieu célèbre pour l'abondance des fauves. Al-ghayl : les arbres nombreux et touffus. Ghayl dūnahu ghayl : c'est-à-dire un fourré suivi d'un autre fourré, dont les lions sont plus sauvages et plus féroces. Il veut dire que le Messager de Dieu est plus redoutable que les lions de 'Athar dans leurs tanières. Et dans une version : « min khādir ». Al-khādir : le lion qui entre dans sa tanière, et il est alors plus fort et plus puissant. (62) [p.512] Yaghdū : il sort au début du jour pour chercher une proie pour ses deux lionceaux. Et dans une version : « yaghdhū » avec dhāl : il nourrit et donne de la viande. Al-ḍirghām : le lion. Et il veut dire par les deux ḍirghām : ses deux lionceaux. Ma'fūr : jeté dans la poussière. Il le décrit ainsi à cause de son abondance et de son indifférence à son égard, car il est rassasié. Kharādīl : petits morceaux. Il décrit ce lion par l'abondance de ses proies et la grandeur de sa chasse. (63) [p.512] Yusāwir : il attaque. Al-qarn (avec kasr sur le qāf) : le rival en bravoure. La mention du qarn indique que ce lion n'attaque pas un faible ni un lâche, mais seulement son rival en bravoure et son égal en force. Al-maflūl : le brisé, le vaincu. (64) [p.512] Al-jaww : nom d'un lieu, ou ce qui est large parmi les vallées, ou ce qui est entre le ciel et la terre. Nāfirah : lointaine, et on rapporte : « ḍāmizah » ; al-ḍāmiz : celui qui retient sa chique dans sa bouche sans ruminer. Et on rapporte : « ḍāmirah » c'est-à-dire affamées, incapables de chasser. Al-arājīl : les groupes d'hommes, pluriel de arjāl, et arjāl est pluriel de rajul, et rajul est un nom collectif pour rājil. Il décrit ce lion par sa force, au point que les fauves et les hommes le craignent. (65) [p.512] Akhū thiqah : le brave confiant en sa bravoure. Mudaẓẓarj : teint de sang. Et on rapporte : « muṭarraḥ » c'est-à-dire jeté. Al-bazz : les armes. Al-dirsān (avec ḍamma sur le dāl) : les vêtements usés, le singulier dirs. Ma'kūl : c'est-à-dire nourriture pour ce lion. Il veut dire qu'il ne passe par la vallée de ce lion un brave sans qu'il le dévore et jette ses vêtements qu'il a déchirés ; il ne s'attaque qu'aux braves et ne prête pas attention aux autres. (66) [p.512] Yustaḍā'u bihī : on se guide par lui vers la vérité. Et on rapporte : « li-sayf » à la place de « li-nūr ». La coutume des Arabes était, lorsqu'ils voulaient convoquer ceux qui les entouraient, de brandir une épée polie, qui brillait, et son éclat apparaissait de loin, alors ils venaient vers lui, guidés par sa lumière, suivant sa direction. Il a comparé le Messager à cela. Al-muhannad : l'épée fabriquée en Inde, et les épées de l'Inde étaient autrefois les meilleures épées. Wa min suyūf Allāh : c'est-à-dire parmi les épées que Dieu a magnifiées en leur accordant la victoire et la vengeance. Al-maslūl : celle qui est sortie de son fourreau. (67) [p.513] Al-'iṣbah : le groupe. Et on rapporte : « fī fityah » pluriel de fatā, qui est le généreux noble. Wa zūlū : verbe impératif de zāla (verbe complet), c'est-à-dire : déplacez-vous et émigrez de La Mecque à Médine. (68) [p.513] Al-ankās : pluriel de nakas (avec kasr), qui est l'homme faible. Al-kushf (avec ḍamma puis sukūn, et on peut le vocaliser pour le vers) : pluriel de akushaf, qui est celui qui n'a pas de bouclier, ou ce sont les braves qui ne sont pas mis en déroute à la guerre, c'est-à-dire qui ne fuient pas. Al-mīl : pluriel de amyal, qui est celui qui n'a pas d'épée, ou celui qui ne sait pas bien monter et penche de la selle. Al-ma'āzīl : ceux qui n'ont pas d'armes, le singulier mi'zāl (avec kasr sur le mīm). (69) [p.513] Shumm, pluriel de asham, qui est celui dont l'arête du nez est haute, avec le dessus égal. Al-'arānīn : pluriel de 'arnīn, qui est le nez. Ils les ont décrits par cette description soit au sens propre, car la hauteur du nez est une qualité louable dans la création de l'homme, soit au sens figuré, voulant la hauteur de leurs rangs et l'élévation de leur statut. Al-labūs : ce qu'on porte comme armes. Wa nasj Dāwūd : c'est-à-dire ce qui est tissé par lui, à savoir les cottes de mailles. Al-hayjā (avec alif raccourci ici) : la guerre. Al-sarābīl : pluriel de sarbāl, qui est la chemise ou la cotte de mailles. Le fait de les décrire comme étant du tissage de David est une preuve de leur solidité. (70) [p.513] Bīḍ : polies, pures, brillantes, car le fer, lorsqu'il est utilisé, ne rouille pas. Al-sawābigh : les longues qui tombent ; la longueur des cottes de mailles implique la force de ceux qui les portent, car les porter avec leur longueur indique la force et la vigueur. Wa shakat : elles ont entrelacé les unes dans les autres, et on rapporte : « sakat » au sens de resserrer. Al-qaf'ā' : une sorte de chardon, une plante épineuse qui s'étend sur la surface de la terre, à laquelle on compare les mailles des cottes de mailles. Majdūl : à la fabrication solide. (71) [p.513] Mafārīḥ : très joyeux. Wa nālū : ils ont obtenu. Majāzī' : très craintifs. Et on rapporte : « lā yafraḥūna... etc. » (72) [p.513] Al-zahr : les blancs. Il les décrit par la taille élancée, la grande stature, la douceur dans la marche, et la blancheur du teint ; cela indique la dignité et la noblesse. Wa ya'ṣimuhum : les protège. 'Arada : il a fui et s'est détourné de son adversaire et s'est enfui de lui. Al-tanābīl : pluriel de tunbāl, qui est le petit de taille. (73) [p.513] Le fait que les coups de lance tombent sur leurs gorges indique qu'ils ne fuient pas jusqu'à ce que les coups tombent sur leurs dos. Ḥiyāḍ al-mawt : les abreuvoirs de la mort, il veut dire les champs de bataille. Tahālul : retard. Et on rapporte : « fa-mā lahum 'an ḥiyāṣ al-mawt » avec ṣād non pointée, pluriel de ḥawṣ, au sens de ses détroits et ses difficultés. (74) [p.514] Ce mot : « mā ṣana'a » est omis dans A. (75) [p.514] Al-muqnab : le groupe de cavaliers. Il veut dire les gens sur le dos de leurs montures rapides. (76) [p.514] Al-samharī : la lance. Sawālif al-hindī : il veut dire les bords des épées, et on peut aussi vouloir dire les lances, car elles sont parfois attribuées à l'Inde. (77) [p.514] Ainsi dans M, R. Abū Dharr l'a expliqué comme étant « al-dhā'idīn » au sens de ceux qui empêchent et repoussent. (78) [p.514] Al-mushrafī : l'épée. Al-qanā : les lances, pluriel de qanāh. Al-khaṭṭār : celui qui vibre. Ce vers est omis dans A.
Entraînez-vous : habituez-vous. Et Khafiyya : nom d’un repaire de lions. Et « ghalb ar-riqâb » : ceux qui ont les cous épais. Et dawârî : habituées à la chasse et à la déchiqueture. 205 Al-ma‘âqil : pluriel de ma‘qil, qui est le lieu fortifié. Et al-a‘fâr : pluriel de ‘afr, qui est le petit du bouquetin ; on cite en proverbe l’inaccessibilité des petits des bouquetins dans les sommets des montagnes. 206 ‘Aliyâ : il veut dire ‘Alî ibn Mas‘ûd ibn Mâzin al-Ghassânî, auquel sont rattachés les Banû Kinâna, car il prit en charge l’enfant de son frère ‘Abd Manâf ibn Kinâna après sa mort, et ils furent donc attribués à lui. 207 Umârî : je dispute. 208 Khawat an-nujûm : c’est-à-dire elles sont tombées sans avoir plu lors de leur lever. Et at-târiqûn : ceux qui viennent de nuit. Et al-maqârî : pluriel de miqrât, qui est la grande jatte dans laquelle on prépare la nourriture pour les hôtes. Il veut dire que lorsque la pluie est retenue, que le temps devient dur et que la sécheresse s’étend, ils sont les possesseurs de grandes jattes pour nourrir les hôtes qui viennent à eux la nuit et descendent chez eux. 209 Ce vers est omis dans (A). 210 Jusqu’ici se termine la dix-septième partie des parties de la Sîra. 211 Yasmid : il se dirige. 212 Ash-shiqqa : l’éloignement du voyage. 213 Banî l-Asfar : il veut dire les Byzantins. 214 Jâsûm : nom d’un lieu. 215 Yashîtu : il brûle. 216 Tabaqtu : j’ai dominé. Et al-kibs (avec un kasra sur le kâf) : la petite maison. 217 Al-hamlân : infinitif de hamala, il porte ; on peut aussi vouloir dire par là : les montures que l’on charge (voir Lisân). 218 Ihtasabû : ils ont donné cela en comptant sur la récompense divine, c’est-à-dire ils ont placé la récompense de ce qu’ils ont dépensé auprès de Dieu. 219 Istahmalûhu : ils lui demandèrent de quoi les monter. 220 Il y a divergence dans la nomination de certains des pleureurs ; qu’on se réfère au commentaire d’az-Zurqânî sur al-Mawâhib al-laduniyya. 221 Dans az-Zurqânî sur al-Mawâhib al-laduniyya : « Il rencontra Yâmîn ibn ‘Amr. » 222 An-nâdih : le chameau sur lequel on puise l’eau. 223 Istatabba : il s’est suivi et a continué. 224 Thaniyyat al-Wadâ‘ : une colline surplombant Médine, que foule celui qui veut aller à La Mecque. 225 Dans (A) : « al-andar aw radâ » ; c’est une variante ; la version célèbre est celle que nous avons établie (voir commentaire d’Abû Dharr). 226 Dhubâb (avec kasra et damm) : montagne de Médine. 227 Al-Jurf (avec damm puis sukûn) : lieu à trois milles de Médine. 228 Al-‘Arîsh : sorte de tente sous laquelle on s’abrite, pour qu’elle soit plus fraîche que les autres tentes et maisons. 229 Al-hâ’it : le jardin. 230 Ad-duh (avec kasra) : le soleil. 231 Awwala laka : parole qui contient un sens de menace. C’est un nom qui tient lieu de verbe, et son sens, selon ce qu’ont dit les exégètes, est : tu t’es approché de la perdition. 232 Ce mot : « shi‘ran » est omis dans (A). 233 Al-khadîb : la teinte. Et as-sirma : un groupe de palmiers. Et safâyâ : très chargées de fruits ; à l’origine, cela se dit des chamelles ; on dit : nâqa safiyy, lorsqu’elle est abondante en lait ; leur pluriel est safâyâ. Et al-busr : les dattes avant qu’elles ne mûrissent. Et tahammamâ : c’est-à-dire qu’elles ont commencé à mûrir et sont devenues noires. 234 Asmahat : elle s’est soumise. Wa shatrahu : son côté et sa direction. 235 Sajâ thawbahu ‘alâ wajhihi : il l’en a couvert. 236 Istahaththa râhilatahu : il l’a pressée. 237 Dans (A) : « min amri l-mâ’i ». Et dans az-Zurqânî : « min amri l-hajari » d’après Ibn Ishâq. 238 Toute cette chaîne de transmission est omise dans (A). 239 Yuja’u fî ‘unuqihi : on le frappe au cou. 240 Talûmu : elle reste et attend. 241 Kun Abâ Dharr : sa forme est celle d’un ordre, mais son sens est celui d’une invocation, c’est-à-dire j’espère de Dieu que tu sois Abû Dharr. 242 Ar-Rabadha : un lieu près de Médine. 243 Ajout d’après (A). 244 Ainsi dans (M) et (R). Wa ihtaraqû : ils ont péri, à cause de ce dans quoi ils s’engageaient. Et dans (A) : « ikhtaraqû ». 245 Al-haqab (à poids de sabab) : une corde que l’on serre sur le ventre du chameau, en plus de la sangle dans laquelle on fixe la selle. 246 Al-washal : une pierre ou une montagne d’où l’eau suinte goutte à goutte ; c’est aussi la petite quantité d’eau. 247 Dans (A) : « dhâlika l-mâ’u ». 248 Dans (A) : « afânîn ». 249 Dans (A) : « wa ulqiya ‘alâ n-na‘âsi ». 250 Al-ghurz ar-rahli : équivaut à l’étrier pour la selle. 251 Ahwaza : plus éloigné. 205 Hass : mot dont le sens est : je souffre, dit par une personne lorsqu’elle est frappée par quelque chose. Al-Asma‘î a dit : il a le sens de awah. 206 Ath-thitât : pluriel de thitt, qui est celui dont la barbe est clairsemée. 207 Dans (A) : « hâ’ulâ’i minnî ». 208 Ainsi dans les sources et le Mu‘jam al-buldân. Wa shabaka shadkh : une eau appartenant à Aslam des Banû Ghifâr. Et dans le Lisân et an-Nihâya d’Ibn al-Athîr (shabaka) : « bi-shabakati jarhin ». Tous deux disent que c’est un lieu au Hijâz dans le territoire de Ghifâr. 209 Abû Dharr a dit : « Ainsi est-il rapporté dans l’original avec une fat-ha sur le hamza, et al-Khushanî le rapporte avec un damm sur le hamza partout où il se trouve. » Et dans le Mu‘jam mâ ista‘jam d’al-Bakrî : qu’il descendit (à Dhî Awrân) : lieu attribué au puits mentionné précédemment, et que le râ’ en est tombé (1 : 206, édition du Caire). 210 Abû Dharr a dit : il est rapporté ici avec un bâ’ et un nûn, et Bijâd (avec un bâ’) a été noté par ad-DâraquTnî. 211 Ajout d’après (A). 205 Su‘r : pluriel de as‘ar, qui est celui qui penche ; de là la parole du Très-Haut : « Et ne détourne pas ton visage des gens » (31:18), c’est-à-dire ne te détourne pas d’eux et n’incline pas ton visage dans une autre direction. 206 Tafarrutu l-ghazwi : c’est-à-dire qu’il a été manqué et devancé. 207 Maghmûsan ‘alayhi : décrié. 208 Buththî : ma tristesse. 209 Azalla : il a dominé et s’est approché. 210 Zâha ‘annî : il est parti et a disparu. 211 Ajout d’après (A). 212 Dans az-Zurqânî, après « sâlihîn » : « ils ont assisté à Badr, j’ai en eux un modèle. » 213 Tasawwartu : je suis monté. 214 An-nabatî : un des Nabatéens, qui sont un peuple de non-Arabes. 215 At-ta‘âm (ici) : le blé. 216 As-saraqa : la pièce de soie. 217 Ibn al-Athîr a dit dans an-Nihâya : « Al-muwâsât : la participation et le partage dans les moyens de subsistance et la nourriture ; son origine est le hamza, qui a été transformé en wâw pour alléger. » 218 Sajaratuhu : elle l’a enflammé. 219 Dans (A) : « mâ baqîtu ». 205 Al-‘illiyya (avec kasr et damm sur le ‘ayn) : la chambre haute. 206 Ainsi dans les sources. Et dans az-Zurqânî sur al-Mawâhib al-laduniyya : « pour quelque chose qui était entre eux deux. » 207 As-sarb : les biens qui paissent ; c’est aussi : le chemin, et l’âme. 208 Nâbu l-qawmi : leur chef, et celui qui les défend. 209 Dabra : il a bondi. 210 Dans le commentaire de la Sîra par Abû Dharr : « bi-futûrinâ ». C’est la version d’Ibn Hishâm plus loin. 211 Hasran : découvertes de tête. 212 Elle a été nommée « Difâ‘ » parce qu’elle les repoussait, et qu’elle était utile et nuisible selon leur prétention. Et ar-ridâ‘ : les vils. 213 Al-misâ‘ : le combat aux épées. 214 Wâhan laka : parole dite dans le sens du regret et de la tristesse. 205 Al-‘adâh : arbre épineux, de plusieurs espèces ; son singulier est ‘ada. Wa Wajj : lieu à at-Tâ’if. 206 Lâ yu‘dadu : on ne le coupe pas. 207 Ainsi dans (A). Et dans les autres sources : « Banû d-Dayl ». 208 Al-âlâ’ : les bienfaits. 209 Dans (A) : « wa bilâdihim ». 210 Dans (A) : « fa-yaqbalu bi-‘adâ’ihi ». 211 Ghayru mashûbin : non mélangé. 212 Dans (A) : « alâ fa-ulâ’ika ». 213 Dans (M) et (R) : « mimmâ ». 214 Na‘â ‘alayhim : il les a blâmés et leur a fait des reproches. 215 Al-wâhid, avec fat-ha et kasra sur le hâ’ : le seul. Il veut dire : un cheval. Abû Dharr a dit : et la bonne version est celle de celui qui rapporte al-wâhid comme les biens rassemblés, et il veut dire par là le taureau sauvage, et il sous-entend dans sa parole « yusṭâdu » un pronom qui renvoie à un cheval mentionné précédemment. Wa sha’uhu : sa course. Ash-sharîj : l’espèce. On dit : humâ sharîjân : c’est-à-dire deux espèces différentes. Ash-shadd : ici, la course. 205 Hassalû : ils ont rassemblé, et il veut dire : « hassalû » avec tashdîd, mais il a allégé. Abû Dharr a dit : « Et celui qui dit : (ʿamû wa in hassalû) avec fat-ha, a attribué l’action à eux, voulant dire : même s’ils se sont aveuglés et rassemblés. » 206 Mâ alaw : ils n’ont pas manqué. Et on rapporte : « mâ âlaw » avec alif, c’est-à-dire ils n’ont pas tardé, comme on rapporte aussi : « mâ allaw » avec tashdîd du lâm, c’est-à-dire ils n’ont pas manqué (aussi), sauf qu’il a été renforcé pour l’emphase. 207 Dakhal : corruption. 208 Rasîn : ferme et solide. 209 Khâmû wa nakalû : ils ont été lâches par crainte et effroi. 210 Jâsûhâ : ils l’ont foulée. Et on rapporte : « dâsûhâ ». Et al-bayd : les épées, et al-asal : les lances. 211 Ar-raqas (avec sukûn et fat-ha sur le qâf) : une sorte de marche, qui est le trot. Et al-hazan : ce qui est élevé du sol. 212 Yu‘alluhum : c’est-à-dire qu’il la répète sur eux. De al-‘ilal, qui est la seconde boisson. Et an-nahl : la première boisson. 213 Ar-rusul : les chameaux. 214 Mustabsil : résigné à la mort. 215 Al-qafl : le retour. 216 Hîna ittasala : lorsque je me suis rattaché par la généalogie. 217 Shakl : semblable. 218 Dans le Dîwân : « wa n-nabiyyu ». 219 Dans le Dîwân : « wa akramnâ bi-smin madâ... etc. » 220 Yarbûna : ils réparent. Et la version du second hémistiche dans le Dîwân : « wa laysa ‘alâ ma‘rûfihim abadan qafl ». 221 Ikhtabatû : ils ont visé dans leur assemblée ; al-mukhtabit : celui qui demande la générosité. Et on rapporte : « ikhtatabû » de al-khutba ; wa nadîhim : leur assemblée. 222 Ce vers vient dans le Dîwân avant le dernier vers du poème.
العلياء: الموضع المرتفع. ورواية الشطر الأول في الديوان: «وجارهم فيهم ... إلخ» وترتيب البيت في الديوان بعد البيت الذي يليه 252. الجمالة: ما يتحمله الإنسان من غرم في دية 253. عود: قديم متكرر. ورواية هذا البيت في الديوان: وقائلهم بالحق أول قائل ... فحكمهم عدل، وقولهم فصل 254. أمير المسلمين: يعني سعد بن معاذ. ومن غسلته: يعني «حنظلة» الذي غسلته الملائكة حين استشهد يوم أحد. والرسل (هنا): الملائكة 255. ألم: نزل. ورواية الشطر الأول في الديوان: « أولئك قومي فإن تسألى » . وفي أ: «إن تسألوا» 256. الأيسار: جمع يسر، وهو الذي يدخل في الميسر. والمسن: الكبير. والسنم: العظيم السنام 257. غشم: من الغسم، وهو أسوأ الظلم. ورواية الشطر الثاني في الديوان: «يبادون غضبا ... » إلخ 258. يريد بحل القسم فترة قصيرة 259. فأنبوا: فأنبئوا، فخفف الهمزة. وإرم: هي عاد الأولى 260. دجن فيها النعم: اتخذت في البيوت. والدواجن: كل ما ألف الناس كالحمام والدجاج ونحو ذلك. والنعم: الإبل والبقر والغنم 261. النواضح: الإبل التي يستقى عليها الماء. وعلى (بفتح العين وسكون اللام): زجر تزجر به الإبل. وهلم: أقبل 262. القطاف: اسم لما يقطف من العنب وغيره. ورواية الشطر الثاني في الديوان: « وعيش رضى على غيرهم » 263. الهجان: الأبيض. وقطم: هائج يشتهي الضراب 264. جنبنا: قدنا. وجللوها: غطوها. والأدم: الجلد. ورواية هذا البيت في الديوان: جياد الخيول بأجنابهم ... وقد جللوها ثخان الأدم 265. معج الخيول. سرعتها ودهم. جاء غفلة على غير استعداد 266. السلهبة: الفرس: الطويلة. والصيان: ما يصان به من الجلال. والسأم: الملل 267. مطار الفؤاد: ذكي الفؤاد: والفصوص: مفاصل العظام، وأمين الفصوص: قويها. والزلم القدح 268. الكماة الشجعان: جمع كمي وهو المستر في سلاحه والبهم جمع بهمة وهو البطل الشجاع 269. غشموا: اشتد ظلمهم. ولا ينكلون: لا يرجعون هائبين: ورواية هذا البيت في الديوان ليوث إذا غضبوا في الحروب .. إلخ 270. أبنا: رجعنا. ورواية هذا البيت في الديوان: فأبنا بسادتهم والنساء ... قسرا وأموالهم تقتسم 271. لم نرم: لم نتحول 272. بدين قيم: لا عوج فيه 273. تقدير المعنى نحن أولئك الذين نصدقك وننصرك. وفي الديوان: «ولاتك» 274. في الديوان: «فطار» 275. يخترم: يهلك 276. له ميعة: أي له صقال يشبه الماء في صفائه. والذباب: حد طرف السيف. وخذم: قاطع وفي الديوان «غموس خذم» 277. لم ينب: لم يكل 278. القروم: السادة. وفي الديوان: «القرون» . والتليد: القديم. والأشم: المرتفع 279. انفصم: انقطع وانقرض. ورواية هذا البيت في الديوان: إذا مر قرن كفى نسله ... وخلف قرنا إذا ما انفصم 280. خاس: غدر 281. إلى هنا ينتهى الجزء الثامن عشر من أجزاء السيرة 282. كذا في الإصابة، وفيما سيأتي في جميع الأصول. وفي م، ر: «زيد» .. وفي أ «وعمرو بن الأهتم الحباب» كأنهما شخص واحد 283. في م، ر: «أحد بنى مالك بن دارم بن مالك» 284. هذه الكلمة: «المن» ساقطة في أ 285. البيع: مواضع الصلوات والعبادات، واحدها بيعة (بكسر الباء) 286. القزع (بالتحريك): السحاب الرقيق. يريد إذا لم تمطرهم السماء، فأجدبت أرضهم 287. هويا: سراعا 288. الكوم: جمع كوماء، وهي العظيمة السنام من النوق. وعبطا: أي عن غير علة. وفي أرومتنا: أي هذا الكرم متأصل فينا 289. وفينا تقسم الربع: أي أننا رؤساء وسادة، وذلك لأن الرئيس كان يأخذ ربع الغنيمة في الجاهلية 290. البيت الحريد: الفريد الذي لا يختلط بغيره لعزته. وجابية الجولان: بلد بالشام. يريد أن النبي 291. السؤدد العود: المجد القديم الذي يتكرر على الزمان. وهذه الأبيات من قصيدة لحسان عدة أبياتها أربعة عشر 292. الذوائب: السادة. وأصله من ذوائب المرأة، وهي غدائرها التي تعلو الرأس 293. رواية الشطر الثاني في الديوان: « تقوى الإله وبالأمر الذي شرعوا » وسيرويه ابن هشام بهذه الرواية بعد قليل 294. السجية: الطبيعة 295. ما أوهت: ما هدمت 296. متعوا: زادوا، يقال: متع النهار، إذا ارتفعت شمسه 297. لا يطبعون: لا يتدنسون 298. الطبع: الدنس 299. نصبنا: أظهرنا العداوة ولم نسرها. والذرع: ولد البقرة الوحشية 300. نسمو: ننهض. والزعانف: أطراف الناس وأتباعهم. وخشعوا: تذللوا 301. الخور: الضعفاء، والهلع (ككتب) الجازعون، الواحد: هلوع 302. مكتنع: دان. وحلية: مأسدة باليمن. والأرساغ: جمع رسغ، وهو موضع القيد من الرجل وفدع: اعوجاج إلى ناحية 303. عفوا: من غير مشقة 304. السلع: نبات مسموم 305. صنع: يحسن القول ويجيده 306. شمعوا: هزلوا. وأصل الشمع: الطرب واللهو، ومنه جارية شموع، إذا كانت كثيرة الطرب 307. في أ: «اختلفوا» 308. المواسم: جمع موسم، وهو الموضع الذي يجتمع فيه الناس مرة في السنة، كاجتماعهم في الحج، واجتماعهم بعكاظ وذي المجاز وأشباههما 309. دارم من بنى تميم 310. المعلمون: الذين يعلمون أنفسهم في الحرب بعلامة يعرفون بها، ويروى: «العالمين» . وانتخوا من النخوة، وهو التكبر والإعجاب. والأصيد: المتكبر الذي لا يلوى عنقه يمينا ولا شمالا. والمتفاقم: المتعاظم، من تفاقم الأمر: إذا عظم واشتد 311. المرباع (بكسر الميم): أخذ الربع من الغنيمة، يريد أنهم رؤساء. والنجد: ما ارتفع من الأرض، ويريد بنجد: بلاد العرب 312. المرهفات الصوارم: السيوف القاطعة 313. يشير بهذا البيت إلى أن أم عبد المطلب جد النبي صلى الله عليه وسلم كانت جارية من الأنصار 314. الوبال: الثقل 315. هبلتم: فقدتم وثكلتم. والظئر: التي ترضع ولد غيرها، وقد تأخذ على ذلك أجرا، وأصله الناقة تعطف على ولد غيرها 316. الند: المثل والشبه 317. لمؤتى له: لموفق له 318. في أ: «أعلى» 319. في ظهرهم: في إبلهم 320. الهلباء: يريد بها دبره، من الهلب، وهو الخشن من الشعر 321. الرهو: المتسع. والنواجذ: الأسنان. ومقع على الذنب: جالس على أليتيه، ضام ساقيه، ممر ذنبه خلفه 322. كذا في الأصول. وقال أبو ذر: «وأربد بن قيس بن جزى، كذا وقع هنا في الأصل، وذكره أبو عبيد عن ابن الكلبي فقال: ابن جزء» 323. اعله بالسيف: اقتله به 324. خالني (بتخفيف اللام): تفرد لي خاليا حتى أتحدث معك. و (بتشديد اللام): اتخذني خليلا وصاحبا، من المخالة، وهي الصداقة 325. الغدة: داء يصيب البعير فيموت منه. وهو شيه بالذبحة التي تصيب الإنسان 326. البكر: الفتى من الإبل. وإنما تأسف عامر أن لم يمت مقتولا، كما يتأسف الشجعان، وتأسف أيضا على موته في بيت امرأة من سلول، لأن بنى سلول قبيل موصوف عندهم باللؤم، وليس ذلك للؤم أصولهم، لأن مكانهم من قومهم مشهور، وإنما هو الشيء غلب عليهم كما غلب على محارب وباهلة 327. في أ: «يبيعه» 328. تعدى: تترك 329. كبد: حزن ومشقة 330. الأريب: العاقل الداهي 331. العضد: الشحر ذهبت الريح بأوراقه. يريد عند الحدب وذبول الأشجار 332. المصرمة: التي لا لبن لها. والغوابر: البقايا. وفي أ: «حين تجلت» 333. اللحم: الكثير أكل اللحم. وذو نهمة: طموح إلى بلوغ الغايات. ويروى: «ذو نهية» أي عقل. ومنتقد: أي بصر بالأمور 334. القدد: جمع قدة، وهي السير يقطع من الجلد، يشبه الخيل بالسير في النحول والضعف 335. النوح: جماعة النساء اللائي ينحن. والمآتم: جماعات النساء يجتمعن في المناحات. والجرد: الأرض التي لا نبات فيها 336. النجد (بفتح النون المشددة، وضم الجيم): الشجاع 337. الحارب: السالب. والحريب: المسلوب. والنكيب: المنكوب المصاب 338.
(22) [p.570] Ya‘fū ‘alā al-jahd : Il donne abondamment et augmente (son don) lors de la difficulté et de la peine. Ar-rasad (avec mouvement) : un pâturage peu abondant. (23) [p.570] Qull (comme qufl) : peu. (24) [p.570] In yughbaṭū : Si leurs états sont jugés beaux. Wa yahbiṭū : Leurs états changent par les accidents. Wa amirū : Ils sont nombreux. An-nafad : La fin d’une chose et sa disparition. (25) [p.571] Aḍ-ḍaym : L’humiliation. (26) [p.571] Al-‘adā’id : Les parts. Al-ashrāk : Les associés. Az-za‘āma : La préséance ; on dit aussi : le meilleur des biens hérités. (27) [p.571] Al-jaza‘ : Les perles du Yémen. (28) [p.571] Al-mashājir : Une sorte de palanquins. Al-fi’ām : Ce qui est étendu dans le palanquin et sur quoi on marche. (29) [p.571] Ḥawāsir : Découvrant leurs visages. On rapporte : « Jawā’ir » c’est-à-dire criardes, de ja’ara : lorsqu’il élève la voix en criant. Wa lā yaji’na : c’est-à-dire qu’elles ne couvrent pas. On rapporte : « lā yajibna » : c’est-à-dire qu’elles ne voilent pas, comme on rapporte : « lā yujanna » c’est-à-dire qu’elles ne sont pas voilées (à la forme passive dans les deux cas). Al-khuddām : pluriel de khidma, qui est la jambe. (30) [p.571] Wa’ala : Il a cherché refuge en un lieu de refuge. (31) [p.571] Al-liḥām : pluriel de laḥm (viande). (32) [p.571] An-nafl : Le don. (33) [p.571] Ḥiṣān : Chaste, à qui l’on n’a pas touché. Wa taẓ‘an : Elle part en voyage. (34) [p.571] Ibnā Shammām : Deux montagnes. (35) [p.571] Al-farqadān wa ālu Na‘sh (banātu Na‘sh) : Parmi les étoiles. (36) [p.572] In‘a : Annonce sa mort. (37) [p.572] Yuḥdhā : Il reçoit un don, de al-ḥidhā’, qui est le don. On rapporte : « yujdā » qui a le même sens. Al-udum (avec sukūn sur le dāl) : les chameaux blancs. Aṣ-ṣawārim (avec ḍamma ou kasra sur le ṣād) : le troupeau de vaches sauvages. Wa abadan : pluriel de ābid, qui est celui qui s’isole et fuit. (38) [p.572] Dans M, R : « as-sā’il » (le mendiant). (39) [p.572] Rafahan : c’est-à-dire qu’il fait cela constamment chaque jour. Aḍ-ḍarīk : Le pauvre. Al-ghīl : Le fourré du lion. Et il veut dire par « celui qui est dans le ghīl » : le lion. Wa bi-qarwi : Il suit à la trace. Abū Dharr a dit : « Et « Jamad » est le nom d’une montagne ; quant à celui qui le rapporte (comme) « jahadan », cela vient de al-jahd qui est la capacité. » (40) [p.572] Yū‘ad : Il menace. At-turāth : L’héritage. Wa ghayru ankad : c’est-à-dire l’héritage d’un homme qui n’est pas dans la gêne. (41) [p.572] Ghubban : Après ta mort. Aṭ-ṭārif : Le bien nouvellement acquis. Wa sharakhan : Jeunesse. Wa ṣuqūran : Comme des faucons. Al-yāfi‘ : Celui qui approche de la puberté. Al-amrad : Celui dont la barbe n’a pas poussé. (42) [p.572] Il veut dire par « al-ḥadīd » : les cottes de mailles. Wa yaksūna al-ḥadīd, c’est-à-dire lorsqu’ils revêtent les cottes de mailles pour la guerre. (43) [p.572] Aṣ-ṣayd : pluriel de aṣyad, celui qui incline le cou par orgueil. (44) [p.572] I‘tāqahu : L’a empêché d’atteindre son espoir. On rapporte : « fa‘tāfahu » : c’est-à-dire qu’il s’est dirigé vers lui. La transmission de ce vers dans A est : « fa‘tāqahu rayb... etc. » (45) [p.572] Lam yūṣab : Il n’a pas été atteint par une maladie, qui est la douleur. (1) [p.573] Aladd : Très querelleur. Aḍ-ḍirār : Le tort. (2) [p.573] Iqtaṣadū : Ils ont été équitables. (3) [p.573] Al-mawmāh : Le désert. Il décrit son frère comme ayant de la clairvoyance dans les affaires. (4) [p.573] Al-ajabb : Le chameau à la bosse coupée. (5) [p.573] Aḍajjahu : De aḍ-ḍajīj qui est le cri. As-sināsin : Les os du dos, ce sont ses vertèbres. (6) [p.573] Al-ghudayra : La mèche de cheveux. (7) [p.574] Ainsi dans... Et dans tous les autres manuscrits : « fa-lā tuḥaddith bihā ‘alā » (8) [p.574] Al-‘uqayṣatān : Les deux nattes de cheveux. (9) [p.574] Ainsi dans Sharḥ al-Mawāhib. Et dans les manuscrits : « bi-isti » (10) [p.574] Al-ḥāḍir : La tribu. (1) [p.575] Dans M, R : « al-Ḥusayn » (2) [p.575] Al-ḥamlān : Les montures qu’ils chevauchent. (3) [p.575] Dans A : « ṣalīban » (4) [p.575] Al-Ghurūr : Son nom est al-Mundhir, nommé ainsi parce qu’il a trompé son peuple le jour de la guerre de la Ridda (As-Suhaylī). (1) [p.576] Al-‘asīb : La branche de palmier. (1) [p.577] Dans A : « as-saja‘āt » (2) [p.577] Muḍāhāh : Ressemblance. (3) [p.577] Aṣ-ṣifāq : Ce qui sort du ventre. (4) [p.577] Aṣfaqū ‘alā dhālika : Ils se sont accordés là-dessus. (5) [p.577] Fayd : Nom d’un lieu à l’est de Salmā, l’une des montagnes de Tayyi’. C’est à lui qu’est attribué le Ḥimā Fayd. (Al-Bakrī) [p.577] (37) Sīrat Ibn Hishām – 2 (1) [p.578] As-Suhaylī a dit dans (Ar-Rawḍ 2 : 342) : Le nom qui a échappé au transmetteur parmi les noms du Ḥimā est : Umm Kalaba (avec ḍamma sur le kāf). On m’a rapporté qu’Abū ‘Ubayda l’a mentionné dans Maqātil al-Fursān, mais je ne l’ai pas vu. (2) [p.578] Munajjid : c’est-à-dire au Najd. (3) [p.578] Yubrā (à la forme passive) : c’est-à-dire que le voyage l’use et l’affaiblit. (4) [p.578] Usīru bi-l-mirbā‘ : c’est-à-dire je prends le quart du butin, car je suis leur chef. (5) [p.578] Dhulul : pluriel de dhalūl, le chameau docile qui a été dompté. (6) [p.579] Al-Jawshiyya : Une montagne des Ḍibāb près de Ḍariyya, dans la région du Najd. (7) [p.579] Cette fille de Ḥātim est : Sufāna, comme l’a jugé préférable As-Suhaylī, car on ne lui connaît pas d’autre fille. Al-ḥāḍir : La tribu. (8) [p.579] Al-ḥaẓīra : Semblable à l’enclos que l’on fait pour les chameaux et les moutons afin de les retenir. (9) [p.579] Al-wāfid : Le visiteur. (10) [p.580] Aẓ-ẓa‘īna : La femme dans son palanquin, et on peut l’appeler ẓa‘īna même si elle n’y est pas. (11) [p.580] Taṣawwabu ilā : Elle se dirige vers et vise. (12) [p.580] Insaḥalat : Elle s’est engagée dans le blâme et y est allée avec insistance. (13) [p.580] Ar-Rukūsī : De ar-Rukūsiyya, un peuple ayant une religion entre le christianisme et le sabéisme. (14) [p.580] Ajout d’après A. (1) [p.581] Ajout d’après A. (2) [p.581] Athkhanūhum : Ils ont multiplié les meurtres et les blessures parmi eux. (3) [p.582] Lafāt (avec ḍamma sur la première lettre, comme dans Mu‘jam al-Buldān) : Une des demeures de Murād. Et dans Mu‘jam mā ista‘jam d’Al-Bakrī : « Elles passèrent près de Lafāt qui sont des Khawṣ » avec kasra, comme s’il s’agissait du pluriel de « laft » avec fatḥa ou kasra : un lieu entre La Mecque et Médine. Khawṣ : aux yeux enfoncés. Wa yantaḥīna : Elles se présentent de côté et se dirigent délibérément. (4) [p.582] Ṭabban : Il a dit dans Lisān al-‘Arab : « Il est possible que son sens soit : quelle est notre habitude, notre affaire et notre coutume, et qu’il signifie notre désir. Et le sens de ces vers : Si Hamdān a prévalu sur nous au jour d’Ar-Radm et nous a vaincus, nous ne sommes pas des vaincus à répétition. Al-mughlab : celui qui est vaincu maintes fois, c’est-à-dire nous n’avons été vaincus qu’une seule fois. » Et la transmission du Lisān est « wa dawlatu ākharīnā ». Ad-dawla (avec fatḥa ou ḍamma sur le dāl) : l’avantage alterné dans les biens et la guerre indifféremment. (5) [p.582] Sijāl : Tantôt pour l’homme, tantôt contre lui. Cela vient de la alternance au puits, celui-ci puise une fois, celui-là une fois. (6) [p.582] Ghaḍārat ash-shay’ : Sa fraîcheur et sa tendreté. (7) [p.582] Ghubiṭū : Leur état a été jugé beau. (8) [p.582] Sarawāt al-qawm : Leurs nobles. (9) [p.582] An-nasā : Un vaisseau situé à l’intérieur de la cuisse, c’est un mot à finale brève, et il est allongé (ici) pour le vers. (1) [p.583] Taḥaṭṭama ‘alayhi : Cela a été dur pour lui. (2) [p.583] Dhū Ṣan‘ā’ : Un lieu. (3) [p.584] Al-mufāḍa : La cotte de mailles large. An-nuhā : Le marécage d’eau. Al-judad : La terre dure. (4) [p.584] Dans A : « muthannā » (5) [p.584] ‘Awā’ir : Volant en éclats. Al-qaṣd : pluriel de qaṣada, ce qui est brisé de la lance. (6) [p.584] Al-libad : pluriel de libda, ce qui est sur les épaules et la tête du lion comme poils. (7) [p.584] Ash-shanabith : Celui qui s’accroche à sa proie et ne la lâche pas. Ash-shathn : Aux doigts épais. Al-barāthin pour les fauves sont comme les doigts pour l’homme. Nāshiz : Élevé. Al-katad : Ce qui est entre les deux épaules. (8) [p.584] Ya‘taḍiduhu : Il le prend sous son aisselle pour le terrasser. (9) [p.584] Yaqtaṣiduhu : Il le tue. (10) [p.584] Yadmughuhu : Il atteint sa cervelle. Wa yuḥaṭṭimuhu : Il le brise. Wa yakhḍamuhu : Il le mange ; et dans A : « yajḍamuhu » qui a le même sens. Wa yazdariduhu : Il l’avale. (1) [p.585] Sāff : Il a senti. Ath-thafr chez les animaux : est comme la matrice chez l’homme. (2) [p.585] Al-ḥawlā’ (avec ḍamma ou kasra sur le ḥā’ et fatḥa sur le wāw) : La membrane dont l’eau est verte, qui sort avec l’enfant et contient des embryons, des veines et des lignes vertes et rouges. L’homme insulté est comparé, à cause de la méchanceté et de la perfidie qu’il contient, à cette ḥawlā’ pour sa bassesse et sa saleté. (3) [p.585] Rajjalū : Ils ont laissé libres et peigné. (4) [p.585] Al-jumam : pluriel de jumma, l’ensemble des cheveux de la mèche qui atteint les épaules. (5) [p.585] Ils lui ont fait un voile de soie. (6) [p.586] Lā naqfū ummanā : Nous ne suivons pas la lignée de notre mère. Or, parmi les aïeules du Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) il y en avait qui étaient de cette tribu, parmi elles Da‘d bint Sarīr ibn Tha‘laba ibn al-Ḥārith al-Kindī mentionné, qui est la mère de Kilāb ibn Murra ; on dit même qu’elle est l’aïeule de Kilāb, mère de sa mère Hind, et Ibn Isḥāq a mentionné cette Hind, et a mentionné qu’elle a enfanté Kilāb (d’après As-Suhaylī). (7) [p.586] Al-adlam : Aux lèvres relâchées. (8) [p.586] Al-murār (avec ḍamma sur le mīm) : Une plante dont les lèvres des chameaux se contractent lorsqu’ils la mangent, à cause de son amertume. (1) [p.587] Jurash (à la mesure de ‘Umar) : Un district (kūra) du Yémen. (2) [p.587] Ḍawat ilayhim : Elle a cherché refuge auprès d’eux. (3) [p.587] C’est-à-dire qu’il vous informe de leur meurtre. (1) [p.588] Ya‘dūna : Ils transgressent. (2) [p.588] Ḥumayr : Diminutif par aphérèse de Ḥimyar. Et dans Az-Zurqānī : « Ataynā Juraythan ». Al-maṣāni‘ : Les villages, les forteresses et les grandes constructions. Shā‘at : S’est répandue et diffusée. Et dans A : « sāghat » c’est-à-dire a été facile. (3) [p.588] Al-ghalīl : La chaleur intérieure, de soif ou autre. Wa dānū : Ils se sont soumis à la religion. (4) [p.588] Al-qayl : Le singulier de al-aqyāl, qui sont les rois inférieurs au roi suprême. (5) [p.589] Aṣ-ṣafī : Ce que le chef choisit pour lui-même du butin avant que les prises ne soient partagées. (6) [p.589] Al-‘iqār : La terre. (7) [p.589] Al-gharb : Le seau. (8) [p.589] Ẓā‘ar : A aidé et renforcé. (9) [p.589] Al-ma‘āfir : Des vêtements du Yémen. (1) [p.590] Dans A : « mawlā » (2) [p.590] Dans A : « fa-innahu » (1) [p.591] Tanthu‘abu minkharāhu : Elles coulent. (2) [p.591] Al-mūhin : Après une heure de la nuit. Al-qirwān : pluriel de qirw (avec kasra), un abreuvoir en bois où l’on abreuve les bêtes et où les chiens lapent. (3) [p.591] Aghfā : Il a dormi d’un sommeil léger. (4) [p.591] Al-ithmid : Une sorte de collyre (antimoine). (5) [p.591] Lā yuḥaṣṣ : Il n’est pas coupé.
Dans le commentaire des Mawâhib d'al-Zurqânî : « 'Afrâ' » avec la lettre 'ayn ouverte, fâ' sans voyelle, puis un alif suivi d'un hamza, ce qui le rend long ; son raccourcissement en poésie est une nécessité. Dans les sources originales : « 'Afrâ » avec un alif court. Al-Khalîl : le mari. Les « rawâhil » désignent à l'origine les chameaux. Par « l'une des rawâhil », il entend la pièce de bois sur laquelle ils l'ont crucifié. Il reviendra sur ce vers plus tard. Al-mushadhdhaba : celle dont les branches ont été enlevées. Najrân : une ville entre le Yémen et Hajar. Cette expression : « aqamtu fîhim » est omise dans A. Il est appelé Dhû al-Ghusa, car lorsqu'il parlait, il était pris comme d'une suffocation. Dibâb (avec un dâd kasra) chez les Banû al-Hârith ibn Ka'b, chez les Quraysh, et chez les Banû 'Âmir ibn Sa'sa'a ; et (avec un dâd fatḥa) dans la généalogie d'al-Nâbigha al-Dhubyânî ; et (avec un dâd ḍamma) chez les Banû Bakr (voir al-Suhaylî). Sîra d'Ibn Hishâm – 2 Ce mot « al-sujûd » est omis dans A. Dans A : « Ibn Isḥâq al-Sabî'î ». C'est une altération. Muqaṭṭa'ât : vêtements cousus. Al-ḥibarât : étoffes yéménites. Al-mays : bois dont on fabrique les selles placées sur le dos des chameaux. Al-mahriyya : les chameaux de race, attribués à Mahra, une tribu du Yémen. Al-arḥabiyya : chameaux attribués à Arḥab. Ce sont soit une tribu de Hamdân, soit un étalon, soit un lieu auquel on attribue les chameaux de race. Al-sûqa : les gens en dessous des rois. Al-aqyâl : les rois en dessous du roi suprême ; leur singulier est qayl. Al-haḍb : ce qui est élevé du sol ; le singulier est haḍba. Il décrit la hauteur de sa demeure. Al-iṭâbât : les biens purs. Al-âkâl : ce que le roi prélève de ses sujets comme impôt. Al-sawâd (ici) : les villages nombreux en arbres et en palmiers. Al-rîf : la terre proche des rivières et des eaux abondantes. Al-habawât : pluriel de habwa, qui est la poussière. Mukhaṭṭamât : on leur a mis un khaṭam, qui sont les cordes attachées aux têtes des chameaux sur leurs naseaux. Al-naṣiyya : l'élite du peuple. Al-quluṣ (comme kutub) : les jeunes chamelles ; le singulier est qalûṣ (comme rasûl). Nawâj : rapides. Al-mikhlâf : la ville, en langue yéménite. Khârif, Yâm, et Shâkir : des tribus du Yémen. Al-sûd : les chameaux. Al-qûd : les chevaux. Al-ilâhât : pluriel de ilâha. Al-anṣâb : des pierres sur lesquelles ils sacrifiaient. Dans A : « al-ilâhât wa al-anṣâb ». La'la' : une montagne. Al-ya'fûr : le faon de la gazelle. Ainsi dans M, R. Ṣala' : nom d'un lieu. Dans Ṭ, A : « biḍil' » c'est-à-dire avec force. Al-ḥiqâf : pluriel de ḥiqf, qui est le sable arrondi. Al-firâ' : les hauteurs de la terre. Al-wihâṭ : les parties basses de la terre. Al-'ulâf : le fruit du ṭalḥ. 'Âfîhâ : sa végétation abondante ; on dit : 'afâ al-nabt wa ghayruhu : quand il abonde. Al-faḥma : le noir. Al-dujâ : pluriel de dujya, qui est l'obscurité. Raḥraḥân et Ṣaladid : deux lieux. Al-khûṣ : celles aux yeux enfoncés ; le singulier est khawṣâ'. Ṭalâ'iḥ : fatiguées. Taghtalî (avec ghayn) : elle va vite dans sa marche. Al-lâḥib : le chemin clair. Al-jasra : la chamelle forte pour la marche. Al-hajaf : le grand mâle de l'autruche. Al-khufaydid, au sens de hajaf. Al-râqiṣât : les chameaux. Al-raqṣ et al-raqaṣân : une sorte d'allure avec mouvement. Ṣawâdir : qui reviennent. Al-qardad : ce qui est élevé du sol. Ce propos est lié à sa parole précédente : « Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, sortit pour le pèlerinage cinq nuits avant la fin de Dhû al-Qa'da ». Labbadat : j'ai mis dans mes cheveux quelque chose de gomme lors de la sacralisation pour qu'ils ne s'emmêlent et ne soient pouilleux ; on ne met de la gomme que celui qui reste longtemps en état de sacralisation (d'après al-Nihâya d'Ibn al-Athîr). Et Rajab Muḍar : il a dit cela parce que Rabî'a sacralisait Ramaḍân et l'appelait Rajab ; il a donc précisé, que la prière et la paix soient sur lui, que c'est le Rajab de Muḍar, non le Rajab de Rabî'a, et que c'est celui qui se trouve entre Jumâdâ et Sha'bân. Ghayr mubarriḥ : pas sévèrement. 'Awân : pluriel de 'âtiya, qui est la captive. Al-lughâm : l'écume qui sort de la bouche du chameau. Quzaḥ (avec ḍamma puis fatḥa) : une montagne à al-Muzdalifa. Aw'aba al-muhâjirûn : ils ont rassemblé tout ce qu'ils ont pu. Dans M, R : « thulâmâlî ». Jusqu'ici se termine la dix-neuvième partie des parties de la Sîra. Dans M, R : « Thaniyyat Dhû al-Marwa » ; c'est une altération. Dans A : « al-Juhanî 'an Jundub ». Sîra d'Ibn Hishâm – 2 'Âzaka : il t'a vaincu. Al-rabî'a : l'éclaireur. Al-ḥâḍir : le groupe campant près de l'eau. Asnadtu : je suis monté. On rapporte : « zâ'ila » c'est-à-dire s'il était de ceux qui s'en vont. Shananâ 'alayhim al-ghâra : nous avons dispersé contre eux la cavalerie attaquante. Ṣarîkh al-qawm : leur secoureur. Al-duham : la foule nombreuse. Dans A : « yajûz ». Naḥdûhâ : nous la conduisons. Al-shi'âr : le signe par lequel ils se reconnaissaient entre eux à la guerre. Ainsi dans les sources. Ta'azzabat al-ibil : elles se sont éloignées dans le pâturage et ne sont pas revenues. On rapporte aussi ta'arrâ (avec râ') c'est-à-dire turadd (au passif) ; on dit : 'arrabtu 'alayhi al-qawl : si tu le lui as répété. Al-khaḍil : la végétation verte et humide. Al-mughlûlib : l'abondant qui domine le bétail quand il le broute. Cette phrase, de son dire « tamma khabar » jusqu'à son dire « wa al-bu'ûth » : omise de A. Dans M, R : « min mâ' ». Dans M, R ici : « al-ukhayf ». Et dans ce qui suit : « al-aḥnaf ». Thughrat al-qawm : leur côté qu'ils protègent. Khatar : rupture du pacte. Biḥaqwayhi : à ses deux flancs. Al-dhawd : ce qui est entre trois et dix chameaux. Ista'tamû dhawdan : ils l'ont attendu jusqu'à la nuit noire. 'Utmatuhum : leur lait qu'ils ont attendu jusqu'à ce moment. Dans M, R : « 'Amr ». Alâḥ : il a fait signe. Ainsi dans les sources. Wa lam yaḥdhunâ : il ne nous a pas donné. On rapporte aussi : « lam yajudnâ » : il ne nous a pas été utile. Dans A : « Mirâr ». Biṭab : avec douceur. Ḥashsh : il a allumé. Ḥâra : il est revenu. Ya'ull : il répète. Al-ḥifẓ : la colère. Al-rub' : le fait que les chameaux reviennent à l'eau après quatre jours. Al-qarab : la marche pour chercher l'eau. Ḍarîr : nuisible. Al-sayyid : le loup. Al-nahd : le robuste. Al-aqtâd : les pièces de la selle. Al-nâjiya : la rapide. Ṣabûr : patiente ; on rapporte aussi « ḍabûr ». Al-ḍabûr : celle à la constitution solide. Al-nuḥûr : les poitrines. Irtathth (au passif) : il a été porté du champ de bataille, blessé et encore en vie. Dans M : « 'Ubayd Allâh ». Thâ'ir : qui prend sa vengeance. Dans ce vers, il y a iqwâ'. Al-mughâwir : celui qui provoque souvent. Qa'ḍabiyyan : une lance attribuée à Qa'ḍab, un homme qui fabriquait des lances. Ainsi dans R, M. Al-ma'râ : l'endroit que rien ne couvre. Dans A : « bi-ma'zâ ». Wa yudhakkî : il allume. Cette phrase est venue dans A après « ibn Rizâm » qui se trouve dans la ligne suivante. Ainsi dans A. Dans M, R : « bi-mikhrâsh ». Al-mikhrash et al-mikhrâsh : le bouclier, c'est aussi un bâton recourbé avec lequel on tire le chameau et autres. Al-shawḥaṭ : un arbre du nab'. Ummahu : il l'a blessé à la tête. Tafala : il a craché légèrement. Qusha'rîra : un frisson. Al-ẓu'n (comme kutub) : les femmes dans la litière ; pluriel de ẓa'îna. Yartâdu lahunna manzilan : il cherche pour elles un lieu. Dans A : « anâ fî dhâlik ». Al-mutakhaṣṣirûn : ceux qui s'appuient sur les khaṣâ'ir, qui sont les bâtons ; leur singulier est mikhṣara. Al-ḥiwâr : le petit du chameau quand il est jeune. Tafrî : elle se déchire. Al-abyaḍ : l'épée. Al-muhannad : celle attribuée à l'Inde. 'Ajûm : qui mord. On dit : 'ajamahu, s'il l'a mordu. Al-hâm : les têtes. Al-shihâb : le morceau de feu. Al-ghaḍâ : un arbre dont le feu s'enflamme fortement. Al-qa'dad : l'avare. Raḥîb : large. Al-muzannad : l'étroit, l'avare. Al-mâjid : le noble. Al-ḥanîf (ici) : celui qui s'est détourné de la religion de l'association vers la religion de l'islam. Cette phrase est omise dans A. Al-mahwâ : un endroit bas entre deux montagnes. Al-ka'ûd : une côte difficile. Al-judûd : pluriel de jadd (avec fatḥa), qui est la chance et la fortune. Al-khiṭṭa : la qualité. Al-suwâr : celui qui grimpe et saute. Abû Dharr a dit : « al-khâlifîn : il veut dire ceux qui sont restés derrière auprès de leurs familles ». Dans A, M, R : « al-khâ'ifîn ». Ainsi dans A. Le contexte de cette phrase dans M, R est perturbé. Il y est venu : « min al-ḥaraqa, qâla Ibn Hishâm : al-ḥaraqa de Juhayna, tué par Usâma ibn Zayd et un homme des Anṣâr, d'après ce que m'a rapporté Abû 'Ubayda ». Al-'abâ'a : le manteau épais ; on dit aussi 'abâya avec yâ'. Al-fadakiyya : celle attribuée à Fadak, qui est une ville de Khaybar. Shakkahâ 'alayhi : il l'a fixée avec le licol qu'il utilisait pour la percer.
Ne trahis pas Dieu : ne romps pas Son pacte 339. Le proéminent 340 : ce qui est élevé et gonflé. Les muscles 340 : pluriel de muscle, qui est un morceau de chair très ferme. Ils les partagent 341 : ils les divisent. L'habile 342 : le doué et délicat dans le travail, et le boucher 342 : celui qui égorge la chamelle. La part 343 : la portion, car la chamelle était divisée en dix parts, chacune étant une part. (D'après Abû Dharr). Sîra d'Ibn Hishâm - 2. Elle ajouta : « Et il ne m'a rien donné de plus que le salut 339. » La monture 340 : le chameau que le berger monte pour tout besoin. Le petit bien 341 : diminutif de bien. L'outre 342 : le récipient à lait. Abû Dharr a dit : « C'est ainsi qu'il est mentionné ici dans l'original avec un mîm, et on le rapporte aussi avec un bâ' : « Dubayra », mais le correct est « Dumayra » avec un mîm. Al-Bukhârî l'a également mentionné ainsi. » Dans A : « de la chaleur 344. » Le début de l'Islam 345 : son commencement. Décide-nous aujourd'hui 346 : juge-nous aujourd'hui concernant le sang dans cette affaire, et juge demain concernant le prix du sang pour qui tu veux. Et ghayr 347 : de la jalousie, et ici c'est le prix du sang, car son meurtre auprès du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) était une erreur, non intentionnel. On rapporte aussi « ghbr » avec un bâ' unifié, c'est-à-dire laisse la décision du prix du sang à un autre moment. (D'après Abû Dharr). Maigre 348 : peu de chair. La terre le rejeta 349 : elle le jeta sur sa face. La montagne 350 (avec damm ou fatḥa sur le ṣād et shadda sur le dāl) : la montagne. Ils entassèrent des pierres sur lui 351 : ils mirent les unes sur les autres. Je ne vengerai pas son sang 339 : on ne prendra pas sa vengeance. Le clan 340 : plus petit que la tribu. La vieille chamelle 341 : la chamelle âgée. La maigre 341 : la très maigre. Les hommes la soutinrent 342 : ils la renforcèrent avec leurs mains. Elle se leva 343 : elle se dressa. Ils la montèrent à tour de rôle 344 : ils la montèrent l'un après l'autre. Petite soirée 345 : diminutif de soirée, irrégulier. L'inattention 346 : la négligence. L'obscurité du souper 347 : le premier noir de la nuit. Je l'ai frappé avec ma flèche 348 : je l'ai visé avec. À toi, à toi 349 : deux mots pour inciter. Ils les divulguent 339 : ils les proclament publiquement. Par les années de sécheresse 340 : la disette. Ainsi dans M, R. Et ils s'enorgueillirent 341 : ils s'estimèrent trop grands pour juger selon ce que Dieu a révélé. Dans A : « et ils furent perplexes ». Les cotonnades 339 : pluriel de karbâs, qui est le coton. Ne soyez pas infidèles 340 : ne trahissez pas dans les butins. Le rivage de la mer 341 : son côté et sa côte. La graisse 342 : la graisse. Nous nous sommes remis 343 : nous avons guéri de la douleur de la faim que nous avions, de l'expression : untel a guéri de sa maladie, et a guéri, et s'est rétabli : quand il commence à se reposer. As-Suhaylî mentionne ici un hadith dans lequel Ibn Hishâm se trompe en ce qu'il prétend qu'Ibn Ishâq a omis certaines expéditions. Il dit : « C'est une erreur de sa part, Ibn Ishâq l'a mentionné d'après Ja'far ibn 'Amr ibn Umayya ibn 'Amr ibn Umayya, dans ce qu'Asad a rapporté d'après Yahyâ ibn Zakariyyâ, d'après Ibn Ishâq. » (Voir ar-Rawḍ al-Unuf, vol. 2, p. 263). Le chemin 340 (avec shīn redoublé et kasra) : le chemin caché entre deux montagnes. Ya'jaj 341 : nom d'un lieu à La Mecque, mentionné dans le Qâmûs sous ajj et yajj. Il est vocalisé comme yasma'u, yanṣuru et yaḍribu. Nous les avons entassées devant nous 342 : nous avons mis des pierres les unes sur les autres pour faire barrière entre nous et ceux qui nous poursuivent. On lui laisse le pâturage 343 : on rassemble pour elle le khalâ, qui est le pâturage de printemps, appelé khalâ parce qu'on le coupe. Dans A : « préoccupant 344 ». Il n'a pas de force pour marcher 345 : il n'a pas de force pour marcher sur ses deux pieds. On dit : untel a de la force pour marcher, s'il est capable de marcher. Ḍajnân (comme sakrân) 346 : nom d'une montagne près de La Mecque. L'extrémité de l'arc 347 : son bout. Al-'Arj 339 : nom d'une étape sur la route de La Mecque, ou une vallée au Hijâz. (Voir le Qâmûs). Rukûba 340 : dit dans le Qâmûs : une colline entre les deux sanctuaires. An-Naqî' 341 : un lieu dans le pays de Muzayna, à deux nuits de Médine. Cette phrase est omise dans A. Dans A : « 'Abd Allâh ibn Ḥusayn ibn Ḥasan 343 », ce qui est une altération. Al-Jimâ' 344 : fait partie des antonymes, il désigne tantôt les réunis, tantôt les séparés, et il veut dire ici des groupes de gens mêlés. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « L'expédition de Sâlim ibn 'Umayr contre Abû 'Afak 345 ». Il apparut 339 : il se manifesta. Qayla 340 : nom d'une femme à laquelle sont attribués les Aws et les Khazraj, les Ansâr du Prophète. Et ils ne se soumirent pas 340 : il veut dire « elles ne se soumettent pas » avec le nūn léger, et quand il s'arrête dessus, il le remplace par un alif. Il les divisa 341 : il les sépara. Tubba' 342 : un des rois du Yémen. Tes rites 343 : tes pratiques cultuelles. Ḥanîf 344 : musulman. Les étrangers 345 : l'étranger. Murâd et Madhḥij 345 : deux tribus du Yémen. Les têtes 346 : les nobles du peuple. Le dédaigneux 347 : celui qui se détourne de la chose. L'inattention 347 : la négligence. La lamentation 348 : l'élévation de la voix en pleurant. Et tajî 348 : forme allégée de tajî'u. Il l'a tachée 349 : il l'a souillée de sang. An-Najî' 349 : le très rouge. Al-Hudû 349 : après une heure de la nuit. Et il n'a pas péché 349 : il n'a pas commis de péché. Dans A : « un 350 ». Deux boucs ne s'y heurtent pas 351 : c'est-à-dire que son affaire est insignifiante, il n'y aura pas de vengeance ni de conflit. Le bruit de leur voix 339 : le mélange de leurs paroles. La chamelle laitière 340 : une chamelle qui a du lait. Assez 341 : cela suffit. L'expression : « Tu as tué les pères par l'épée, et les fils par la faim 339 » est omise de A. La plaisanterie 339 : la raillerie. Il ceint 340 : il serre son vêtement autour de sa taille comme une ceinture. Dans A : « nous sommes arrivés 341 ». Ainsi dans A. Al-Jammâ' 339 : un lieu. Dans les autres sources : « al-Ḥimâ ». Kabbat 340 : une tribu de Bajîla. Ils trouvèrent le pays malsain 341 : de la peste, qui est l'abondance et la généralité des maladies. Ils eurent la rate malade 342 : ils furent atteints de douleur et d'hypertrophie de la rate. Leurs ventres se plissèrent 343 : ils eurent des plis de graisse et des bourrelets. Il creva leurs yeux 344 : il les éborgna. Sîra d'Ibn Hishâm - 2. La maladie s'aggrava 339 : la douleur devint intense et le submergea. L'expression depuis « Ibn Hishâm dit » jusqu'à la fin est omise dans A. La meule 341 : la meule, on dit : j'ai moulu la nourriture dans la meule, quand on la moud grossièrement, d'où le jashîsh et la jashîsha. Il la reporta 342 : il en différa l'affaire. La blancheur 343 : la lèpre. Les Arabes la désignent par la blancheur, par aversion pour elle. Il la fit jouir 344 : il la dota de quelque chose dont elle jouit. As-Suhaylî mentionne parmi les épouses du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) autres que celles citées par Ibn Ishâq : Sharâf bint Khalîfa, sœur de Dihya ibn Khalîfa al-Kalbî, al-'Âliya bint Ẓibyân, et Wusnâ bint aṣ-Ṣalt, et on dit d'elle : Sanâ bint Asmâ' bint aṣ-Ṣalt, et Asmâ' bint an-Nu'mân ibn al-Jawn al-Kindiyya. La maladie l'accabla 339 : il fut atteint de la violence de la maladie, c'est-à-dire sa gravité. Le bassin 340 : un récipient dans lequel on se lave. L'ouverture dans la mosquée 341 : la fenêtre donnant sur elle. Les gens se hâtèrent 342 : ils se dépêchèrent. Mon confident 343 : l'objet de ma confiance et de mon secret. Al-'ayba à l'origine : ce dans quoi on met les vêtements. Qu'ils le fassent boire 344 : c'est-à-dire qu'ils mettent le médicament dans le coin de sa bouche. Il fait allusion à la parole de Dieu : « Ceux-là sont avec ceux que Dieu a comblés de bienfaits parmi les prophètes, les véridiques, les martyrs et les justes, et quels bons compagnons que ceux-là ! » (4:69). À voix haute 346 : à voix forte. Guéri 347 : sain. As-Sanaḥ 348 (au poids de qifl) : un lieu où se trouvait un bien d'Abû Bakr, et il y résidait avec sa famille. Le poumon 349 : le poumon et ce qui y est attaché jusqu'à la gorge. La poitrine 349 : le haut de la poitrine. Je me frappai la poitrine 350 : je me frappai la poitrine. Couvert 351 : recouvert. La ḥibra 352 : une sorte de vêtement du Yémen. Je fus stupéfait 339 : je fus troublé. On dit : untel fut stupéfait quand il fut perplexe et troublé. La populace 340 : la lie du peuple, et l'origine de ghughâ' est les sauterelles, on compare la lie du peuple à elles, à cause de leur grand nombre. Dans A : « ils dévièrent 341 ». Sîra d'Ibn Hishâm - 2. La trahison 342 : de la tromperie, et la phrase est avec un complément elliptique, le sens étant : par crainte de trahison qu'ils ne soient tués. Le sens est que l'allégeance doit être le résultat de la consultation et de l'accord, et si deux hommes agissent seuls sans la communauté, et que l'un prête allégeance à l'autre, c'est de leur part une manifestation de division et de rejet de la communauté. Si une allégeance est conclue pour l'un d'eux, que celui pour qui elle est conclue ne soit pas l'un d'eux, et qu'ils soient exclus du groupe qui s'accorde pour désigner l'imam parmi eux, car s'il était conclu pour l'un d'eux alors qu'ils ont commis cet acte odieux qui a irrité la communauté, en la méprisant et en se passant de son avis, on ne serait pas à l'abri qu'ils soient tués. (Voir Lisân al-'Arab, racine ghrr). Enveloppé 343 : enroulé dans un vêtement ou autre. Le groupe 344 : des gens qui marchent ensemble d'un pas modéré. J'ai arrangé un discours 345 : je l'ai corrigé et embelli. La rudesse 346 : c'est-à-dire que 'Umar avait dans son caractère une rudesse qu'il cachait à Abû Bakr.
Le plus noble des Arabes par la lignée est le plus honorable d'entre eux : « Et ainsi Nous avons fait de vous une communauté du juste milieu 353 » (2:143). Et Dârâ 354 : un pays, c'est La Mecque, car elle est la plus noble des contrées. Al-judhayl 355 : diminutif de jadhl, qui est un morceau de bois placé au milieu de l'aire de repos des chameaux, qu'ils frottent et auprès duquel ils trouvent le repos ; on en fait un proverbe pour l'homme dont on recherche l'avis et auprès duquel on trouve le réconfort. Al-‘udhayq 356 : diminutif de ‘idhq, qui est le palmier lui-même. Al-murajjab : celui pour lequel on construit à côté un pilier de soutien à cause de l'abondance de sa charge, en raison de sa noblesse auprès de sa famille ; on en fait un proverbe pour l'homme noble que son peuple vénère. Le nom du pilier est... Al-laghaṭ 357 : la confusion des voix, les unes se mêlant aux autres. « Nous avons bondi sur Sa‘d 358 » : nous avons sauté sur lui et l'avons piétiné. Al-waḥshî 359 des membres humains : ce qui est tourné vers l'extérieur. Al-insî : ce qui est tourné vers le corps. Ṣuḥâriyyayn 360 : relatif à Ṣuḥâr, qui est une ville du Yémen, ou bien elle se trouve au pays des Banû Tamîm, dans le Yamâma ou ses environs. Yadraḥ 361 : fendre la terre pour la tombe. Arsâlan 362 : groupe après groupe. Ainsi dans A. Dans les autres sources : « As‘ad ». Khamîṣa sawdâ’ 363 : un vêtement de soie ou de laine orné de motifs. Ishra’abbat 364 : s'éleva. Najama 365 : apparut. ‘Attâb ibn Asîd était gouverneur de La Mecque lorsque le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, mourut ; il l'avait nommé sur elle. Ṭayba 366 : nom de la ville du Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue. Ar-rasm : ce qui reste des traces de la demeure. Ta‘fû : s'effacer et changer. Tahmad : se consumer. Tamtaḥî 367 : disparaître. Al-âyât : les signes. Al-ma‘âlim 368 : pluriel de ma‘lam, ce par quoi on reconnaît une chose. Al-ḥujurât 369 : pluriel de ḥujra, désignant ses demeures, que Dieu prie sur lui et le salue. Lam tuṭmas 370 : n'a pas été altérée. Al-mulḥid 371 : celui qui place le mort dans son al- laḥd 372. Tus‘id 373 : aider. Al-âlâ’ 374 : les bienfaits, pluriel de alâ et ilâ. Shafahâ 375 : l'affaiblit. Al-‘ashîr 376 : la dizaine. Tûjadu, de al-wajd, qui est la tristesse. Tadharifu al-‘ayn 377 : couler de larmes. Aṭ-ṭalal : ce qui se dresse des vestiges. Aṣ-ṣafîḥ 378 : les pierres larges. Al-munaḍḍad : celui qui est placé les unes sur les autres. Tahîl 379 : verser. Akmad 380 : attrister. Yaghûru 381 : atteindre le ghawr, qui est la partie basse de la terre. Yanjudu : atteindre le najd, qui est la partie élevée de la terre. Dans A : « min ». Dans A : « wasṭahum ». An-nahj 382 : la voie claire. Al-kanaf 383 : le côté et le bord. Muqṣid 384 : qui atteint la cible ; on dit : aqṣada as-sahm : lorsqu'il atteint. Al-mursalât 385 (ici) : les anges. On rapporte : « janna al-mursalât » désignant les anges cachés aux yeux des humains. Bilâd al-ḥaram 386 : désigne La Mecque et ce qui lui est contigu du territoire sacré. Ḍâfahâ 387 : descendit chez elle. Balâṭ : une surface plane de terre. Al-gharqad : un arbre. ‘Araṣât 388 : cours, la râ’ est rendue muette par nécessité poétique. Sâbigh 389 : abondant et complet. Yughammad 390 : être couvert. A‘walî 391 : élève ta voix en pleurant. Lâ yunakkad 392 : n'est pas gâté par un rappel qui corrompt le don. Aṭ-ṭarîf 393 : les biens récemment acquis. At-tâlid : les biens anciens hérités. Ḍanna : être avare. Yatalladu : acquérir anciennement. Aṣ-ṣît 394 : la bonne renommée. Al-abṭaḥî : celui qui est originaire d'Abṭaḥ de La Mecque, qui est un lieu plat et spacieux. Adh-dharawât 395 : les hauteurs. Shâhiqât : élevées. Dans A : « shâmikhât ». Al-muzn 396 : les nuages. Aghyad : souple et ondulant. Yufannadu 397 : être blâmé. Dans A : « wa lâ yulfâ limâ qultu ». ‘Âzib al-‘aql 398 : dont l'esprit est absent. Al-mâ’âqî 399 : les conduits lacrymaux de l'œil, au singulier ma’qâ. Al-armad : celui qui souffre d'une inflammation de l'œil. La version de ce vers dans le Dîwân de Ḥassân est : « mâ bâlu ‘aynî... ». Baqî‘ al-gharqad 400 : cimetière des habitants de Médine. La version de ce vers dans le Dîwân est : « jambî yaqîka... » etc. Mutaladdid 401 : égaré. Ṣubbiḥat 402 : abreuvée le matin. Al-aswad : une espèce de serpent. Aḍ-ḍarâ’ib 403 : les natures. Al-miḥtad : l'origine. Tuthnâ 404 : être détournée et repoussée. Wa Llâhu asma‘u 405 : par Dieu, je n'entends pas. Sawâ’ al-mulḥad 406 : le milieu de la tombe. Al-ithmid 407 : un collyre noir dont on se farde. Waladnâhu 408 : il fait allusion au fait que les Banû an-Najjâr sont les oncles maternels du Prophète, sur lui la prière et le salut, du côté de ses pères. Ce poème se trouve dans le Dîwân de Ḥassân avec des différences dans certains mots et l'ordre des vers. Nubba 409 : il fut informé et apprit, on le simplifia, puis on le traita comme un verbe défectueux. Lam yu’nisû al-maṭar 410 : ils ne le sentirent pas. Al-janâdi‘ 411 : les débuts du mal. ‘Atâ : augmenta et dépassa les limites. Hadaran 412 : en vain. Al-iliyya 413 : le serment et l'alliance. Al-ifnâd : le blâme. La version du premier hémistiche de ce vers dans le Dîwân est : « âlaytu ḥilfata barri ghayri dhî dakhali ». Al-mabâdhil 414 : pluriel de mibdhal, le vêtement que l'on use. Aṣ-ṣâdî 415 : l'assoiffé. Ce poème se trouve dans le Dîwân avec quelques différences par rapport à ce qui est ici. Dans M, R après cela vient la phrase suivante : On a trouvé à la fin de certaines copies ce texte : Ceci est la fin du livre. Louange à Dieu abondamment, et que Ses prières et Son salut soient sur notre seigneur Muḥammad et sur sa famille bonne et pure, et sur ses Compagnons vertueux et bien guidés. Abû Muḥammad ibn ‘Abd al-Wâḥid m'a rapporté d'après Muḥammad ibn ‘Abd ar-Raḥmân al-Barqî qui a dit : Abû Muḥammad ‘Abd al-Malik ibn Hishâm a complété le livre de la Sîra en présence d'hommes éloquents parmi les Arabes, et il a dit : Le livre est achevé et il est devenu, en termes de nombre de parties... vingt parties, toutes satisfaisantes. Il a été achevé sans faute de langue ni erreur, dans la forme, les points diacritiques et la poésie.
- fasīl : Jeunes palmiers.
- sawābiḥ : Chevaux qui semblent nager dans leur course.
- al-mīl : Pluriel de 'amyāl', celui qui n'a pas d'armes.
- ḍāḥiya : Découverte, apparente sous les rayons du soleil.
- munqa‘ir : Déraciné de sa base.
- sāṭi‘ : Poussière dispersée.
- al-khadir : Celui qui est entré dans sa tanière.
- ma’ziq : Lieu étroit dans la guerre.
- ta’awwaba : Revenir.
- al-wajnā’ : Chamelle énorme ou aux joues épaisses.
- taqda‘ : Retenir.
- sāla : S'élever.
- ṣabbaḥnā ahl Makkata faylaqā : Nous les avons attaqués avec une armée au matin.
- al-aghlab : Très fort et épais.
- ‘aḍb : Épée tranchante.
- ‘arandas : Très fort.
- diriyya : Défense.
- al-manāqib : Nom du chemin de Ṭā’if depuis La Mecque.
- al-‘ayr : Âne sauvage.
- ḥawāsiruhu : Ses combattants sans cuirasses.
- ‘āmil ar-rumḥ : Partie de la lance près de la pointe.
- shājarahū : Le mêler avec la lance.
- ash-shi‘ār : Vêtement touchant le corps ; ici, proches et intimes.
- kharam : Césure dans le vers.
- tamāraw binā : Ils ont douté de nous.
- rajulā : Piétons.
- tasallama : S'attribuer à Sulaym.
- Yalamlam : Mīqāt du pèlerin venant du Yémen.
- mīqāt : Lieu de mise en état de sacralisation pour le pèlerinage.
- al-ablaq : Cheval pie (blanc et noir).
- samawnā lahum : Nous nous sommes levés pour les combattre.
- dawāfi‘uhu : Cours d'eau qui s'y déversent.
- ṭamra : Jument rapide et bondissante.
- as-sarb : Troupeaux en pâture.
- Jurash : District du Yémen du côté de La Mecque.
- al-fam : Un lieu.
- ṭawāghī : Pluriel de 'ṭāghiya', maisons d'adoration préislamiques.
- Wajj : Lieu à Ṭā’if.
- aba’tuhumā bi-bni sh-Sharīd : Je les ai rendus équivalents à lui, tués pour lui.
- yukallimūnahum : Ils les blessent.
- al-ḥalā’il : Pluriel de 'khalīla', épouses.
- al-ghazā : Groupe de gens partant en expédition.
- tasfa‘ lawnahū : Changer sa couleur en 'suf‘a' (noir mêlé de rouge).
- mishṭ al-‘iẓām : Peu de chair sur les os.
- ar-riḥāla : Selle.
- an-nihāb : Pluriel de 'nihb', butin pillé.
- khamīla : Dune de sable fertile avec arbres.
- lā ū’ibu : Je ne reviendrai pas.
- Fujār : Au sens de 'fājira' (débauchée), utilisé dans l'appel.
- Jamīl ibn Ma‘mar al-‘Udhrī : Poète célèbre, amant de Buthayna.
- Khuwaylid ibn Murra : Poète islamique mort sous le califat de ‘Umar.
- ‘ajafa : Affaiblir et amaigrir.
- al-fajr : Générosité et noblesse.
- an-nijād : Baudriers du sabre.
- al-bazz : Arme, ici spécialement le sabre.
- al-jaydar : Le petit.
- al-ḥamā’il : Pluriel de 'ḥamāla', attache du sabre.
- ridā’ahu : Son manteau.
- ash-shamā’il : Vents du nord froids accompagnés de sécheresse.
- as-Suhaylī : Commentateur du poème.
- aḍ-ḍarīk : Le pauvre.
- al-mustanbiḥ : Celui qui frappe la nuit et dont les chiens aboient.
- ad-darīsān : Les deux vêtements usés.
- al-maqrūr : Celui qui a été atteint par le froid.
- rāḥat ‘ashiyyatan : Elle est revenue le soir.
- al-ḥadab : Accumulation du vent dans son souffle.
- lam yataṣadda‘ū : Ils ne se sont pas dispersés.
- al-lawdha‘ī : Celui qui a la langue acérée.
- ābaka : Il est revenu vers toi et t'a visité.
- aw : Ou.
- uswa : Exemple, modèle.
- aṣ-ṣar‘a : Manière de terrasser.
- qarn aẓ-ẓahr : Celui qui vient par derrière.
- yā umma Mālik : Ô mère de Mālik (apostrophe).
- 'Amr ibn 'Âmir : Personnage légendaire arabe, considéré comme l'ancêtre de plusieurs tribus.
- Ansâr : Les 'auxiliaires' médinois qui ont accueilli et soutenu le Prophète Muhammad après l'Hégire.
- Khuzâ'a : Tribu arabe installée à La Mecque avant l'Islam.
- Al-Bakrî : Célèbre géographe et philologue arabe (m. 1094).
- Banû 'Amr ibn 'Âmir ibn Sa'sa'a : Tribu arabe faisant partie des Banû 'Âmir ibn Sa'sa'a.
- Thaqîf : Tribu arabe installée à Ta'if.
- Al-Suhaylî : Savant andalou, auteur d'un commentaire de la Sîra d'Ibn Hishâm (m. 1185).
- لَعًا لَكَ : Mot dit à celui qui trébuche, invocation pour qu'il soit relevé de sa chute.
- رَوِيَّةٌ : Forme (فعيلة) au sens de (مفعلة), c'est-à-dire abreuvée. Le نهل est la première boisson, et le علل la seconde.
- الْخَيْفُ : Le bas de la montagne ; il désigne ici le خيف de Mina.
- وَيْبَ غَيْرِكَ : Que périsse la perte d'un autre que toi. C'est un accusatif avec un verbe sous-entendu.
- أُمُّهُمَا وَاحِدَةٌ : Leur mère est la même, à savoir Kabsha bint 'Ammar as-Suhaymiyya, selon Ibn al-Kalbi.
- أَرْجَفَ بِهِ : Médire de lui en colportant des propos qui lui nuisent et l'effraient.
- حَاضِرُهُ : Serpent.
- بَانَتْ سُعَادُ : Su'ad est partie d'une séparation lointaine. Su'ad est le nom d'une femme, et on dit que c'est sa femme et sa cousine, qu'il a mentionnée en raison de sa longue absence loin d'elle, fuyant le Prophète.
- أَغَنُّ : Ici, le petit de la gazelle dont la voix a une غنة, un son sortant des narines. غضيض الطرف : aux paupières baissées. مكحول : qui a du كحل (noirceur) sur les paupières sans maquillage.
- هَيْفَاءُ : Qualificatif de هيف (ventre plat et taille fine). مقبلة : en s'avançant. عجزاء : aux grandes hanches. لا تشتكي قصر : on ne se plaint pas de sa petitesse.
- تَجْلُو : Elle fait briller et découvre. العوارض : les dents de devant ou les molaires. الظلم : l'éclat et la blancheur des dents. المنهل : abreuvé. الراح : le vin. معلول : qui a bu une seconde fois.
- شُجَّتْ : Mélangée jusqu'à ce que sa force soit brisée, c'est une métaphore. ذو شيم : eau très froide. المحنية : le coude de la vallée. الأبطح : le large lit de torrent. أضحى : au moment du ضحى. المشمول : frappé par le vent du nord.
- الْقَذَى : Ce qui tombe dans l'eau (paille, brindille, etc.) et la trouble. أفرطه : l'a rempli avant. الصوب : la pluie. الغادية : le nuage qui pleut le matin. اليعاليل : les bulles à la surface de l'eau.
- الْخِلَّةُ : L'amie intime. Se dit du masculin, du féminin et du pluriel.
- سِيطَ : Mélangé à sa chair et à son sang. الفجع : l'affliction. الولع : le mensonge. الإخلاف : le manquement à la promesse.
- الْغُولُ : La sorcière des djinns, selon leur croyance. On prétend qu'elle apparaît dans le désert sous différentes couleurs, égare ceux qui la suivent.
- لَا تُمْسِكُ : Elle ne tient pas sa promesse, comme un tamis ne retient pas l'eau.
- مَا مَنَّتْ : Ce qu'elle t'a fait espérer ou ce dont elle t'a menti.
- عُرْقُوبَ : Un homme célèbre chez les Arabes pour avoir manqué à sa promesse, d'où le proverbe.
- التَّنْوِيلُ : Le don ; ici, il s'agit de la relation amoureuse.
- الْعِتَاقُ : Les nobles (chameaux). النجيبات : les fortes et rapides. المراسيل : les rapides.
- الْعُذَافِرَةُ : La chamelle robuste et grande. الأين : la fatigue. الإرقال et التبغيل : deux types d'allure rapide.
- النَّضَّاخَةُ : Celle qui transpire abondamment. الذفرى : le creux derrière l'oreille du chameau. عرضتها : son intention. طامس الأعلام : aux repères effacés.
- الْغُيُوبُ : Les traces de la route dont les repères ont disparu. المفرد : le taureau sauvage solitaire. اللهق : blanc. الحزان : les terrains durs et caillouteux. الميل : les grandes dunes de sable.
- muqallad : Endroit du collier sur le cou.
- fā‘im : Rempli.
- ‘abil : Même sens que fā‘im.
- muqayyad : Endroit du lien, désignant les pattes.
- banāt al-faḥl : Femelles des chameaux attribuées à l'étalon reproducteur.
- gharbā’ : Au cou épais.
- wajnā’ : Aux grandes joues.
- al-wajīn : Terre dure.
- ‘alkūm : Très forte.
- mudhakkira : De grande création, ressemblant aux mâles.
- wa-fī difihā sa‘a : Elle a les flancs larges.
- wa-quddāmahā mayl : Métaphore de la longueur du cou ou de l'ampleur du pas.
- al-aṭūm : Tortue marine à la peau épaisse ; on dit aussi girafe.
- yu’yīsuhu : Le rend docile, n'a pas d'effet sur lui.
- aṭ-ṭal‘ : Tique.
- aḍ-ḍāḥiya : Côté exposé au soleil.
- al-matanān : Les deux côtés du dos, faits de nerfs et de chair.
- mahzūl : Amaigri par la faim.
- al-ḥarf : Morceau de rocher sortant de la montagne ; aussi chamelle amaigrie.
- wa-akhūhā abūhā... : Expression signifiant que la chamelle est de lignée mêlée dans la noblesse.
- al-muhajjana : Chamelle noble des deux côtés parentaux.
- al-qawdā’ : Au dos et au cou longs.
- ash-shamlīl : Légère et rapide.
- yuzliqahu : Le faire tomber.
- minhā : D'elle.
- al-libān : Poitrine ou son milieu.
- al-aqrāb : Flancs.
- az-zahālīl : Lisses, pluriel de zuhlūl.
- al-‘īrāna : Chamelle comparée à l'âne sauvage pour sa rapidité.
- an-naḥḍ : Chair.
- ‘an : Au sens de « de ».
- wa-‘araḍ : Côté.
- al-mirfaq : Coudes.
- az-zawr : Poitrine ou son milieu.
- banāt az-zawr : Ce qui entoure la poitrine comme les côtes.
- al-khaṭm : Nez et ce qui l'entoure.
- al-liḥyān : Les deux os des mâchoires inférieures.
- al-barṭīl : Pierre allongée.
- ‘asīb an-nakhl : Palme sans folioles.
- dhā khuṣal : Queue ayant des mèches de poils.
- wa-fī ghāriz : Sur une mamelle.
- wa-lam takhunnahu : Ne l'a pas diminué.
- al-aḥālīl : Sorties du lait, pluriel de iḥlīl.
- al-qanwā’ : Au nez busqué.
- qanā : Nez busqué, considéré comme un défaut chez les chameaux et chevaux.
- al-ḥazatān : Les deux oreilles.
- al-‘itq : Noblesse.
- al-mubīn : Évident.
- tas-hīl : Facilité et douceur.
- takhdī : Elle accélère.
- takhdhī : Elle se relâche.
- tahwī : Elle accélère (variante).
- al-yasarāt : Les membres légers.
- wa-hiya lāḥiya : Elle rattrape.
- wa-hiya lāhiya : Insouciante.
- al-lāḥiqa : Amaigrie.
- adh-dhawābil : Lances dures et sèches, pluriel de dhābil.
- wa-massuhunna : Le contact des membres avec le sol.
- wa-taḥlīl : Peu, sans exagération.
- taḥlīl al-qasam : Serment expiatoire, ici métaphore pour un contact très léger.
- al-‘ajayāt : Nerfs attachés au sabot ; ou chair attachée au nerf descendant du genou au paturon.
- wa-zīmā : Dispersé.
- al-akam : Terrains élevés.
- at-tan‘īl : Ferrure pour protéger les sabots.
- al-awb : Rapidité du mouvement et du retour.
- wa-‘uriqat : Au moment de sa transpiration.
- al-ḥirbā’ : Espèce de lézard qui suit le soleil.
- muṣṭakhidan : Brûlé par la chaleur du soleil.
- muṣṭakhiman : Dressé, debout (variante).
- murtabi’an : Élevé (variante).
- ḍāḥīhi : Partie exposée au soleil de lui.
- mamlūl : Endroit dans la cendre chaude.
- al-ḥādī : Conducteur des chameaux.
- al-waraq : Pluriel de awraq ou warqā’, vert tirant sur le noir.
- al-waraqa : Couleur ressemblant à la cendre.
- al-janādib : Pluriel de jundub, espèce de sauterelle.
- wa-yarkuḍna al-ḥaṣā : Elles remuent les cailloux avec leurs pattes.
- wa-qīlū : Impératif : reposez-vous et faites la sieste.
- shidd an-nahār : Moment de l'élévation du jour, exagération de la chaleur.
- al-‘ayṭal : Longue.
- an-niṣf : D'âge moyen.
- an-nukad : Pluriel de nukadā’, celle dont l'enfant ne vit pas.
- al-mathākīl : Pluriel de mithkāl, celle qui perd fréquemment ses enfants.
- ka’anna : Comme si.
- awba yaday fāqidin shamaṭā’a mu‘wila : Variante : le mouvement des mains d'une femme qui a perdu son enfant, aux cheveux mêlés de blanc, élevant la voix.
- al-fāqid : Celle qui a perdu son enfant.
- ash-shamṭā’ : Celle dont les cheveux sont mêlés de blanc.
- al-mu‘wila : Celle qui élève la voix en pleurant.
- an-nawwāḥa : Celle qui se lamente beaucoup.
- rakhwat aḍ-ḍab‘ayn : Aux deux avant-bras relâchés.
- al-bikr : Jeune chamelle (mot incomplet dans le texte).
- tufarrī : Elle déchire.
- al-libān : Poitrine.
- al-mudarra‘ : Chemise.
- ra‘ābīl : Morceaux épars, pluriel de ra‘būl.
- al-ghuwāt : Corrupteurs, pluriel de ghāw.
- janābayhā : Autour d'elle, duel de janāb.
- maqtūl : Menacé de mort.
- tamashshā al-ghuwātu bi-janābayhā wa-qawlihim... : Variante : les corrupteurs marchent autour d'elle et leurs paroles...
- al-ma‘âqil : Pluriel de ma‘qil, lieu fortifié, refuge.
- al-a‘fâr : Pluriel de ‘afr, petit du bouquetin, symbole d'inaccessibilité.
- ‘Aliyâ : Surnom de ‘Alî ibn Mas‘ûd al-Ghassânî, ancêtre éponyme des Banû Kinâna.
- umârî : Je dispute, je discute.
- khuwat an-nujûm : Les étoiles sont tombées sans pluie lors de leur lever, signe de sécheresse.
- at-târiqûn : Ceux qui viennent de nuit, les visiteurs nocturnes.
- al-maqârî : Pluriel de miqrât, grande jatte pour préparer la nourriture des hôtes.
- yasmid : Il se dirige, il vise.
- ash-shiqqa : L'éloignement, la distance du voyage.
- Banî l-Asfar : Les fils du Jaune, désignant les Byzantins (Romains).
- Jâsûm : Nom d'un lieu.
- yashîtu : Il brûle, il se consume.
- tabaqtu : J'ai dominé, j'ai surpassé.
- al-kibs : Petite maison, cabane.
- al-hamlân : Action de porter ; aussi les montures de charge.
- ihtasabû : Ils ont donné en comptant sur la récompense divine (ihtisâb).
- istahmalûhu : Ils lui demandèrent de les monter (de leur fournir des montures).
- an-nâdih : Chameau utilisé pour puiser l'eau.
- istatabba : Il s'est suivi, a continué, s'est établi.
- Thaniyyat al-Wadâ‘ : Colline surplombant Médine, point de départ vers La Mecque.
- Dhubâb : Montagne de Médine.
- al-Jurf : Lieu à trois milles de Médine.
- al-‘Arîsh : Sorte de tente ou d'abri, plus frais que les autres.
- al-hâ’it : Le jardin, le mur d'enceinte.
- ad-duh : Le soleil (lumière du jour).
- awwala laka : Expression de menace : tu es proche de la perdition.
- al-khadîb : La teinte, la couleur.
- as-sirma : Groupe de palmiers.
- safâyâ : Pluriel de safiyy, très chargé de fruits (à l'origine pour les chamelles laitières).
- al-busr : Dattes non mûres.
- tahammamâ : Elles ont commencé à mûrir et sont devenues noires.
- asmahat : Elle s'est soumise, a cédé.
- sajâ thawbahu : Il a couvert son visage avec son vêtement.
- istahaththa râhilatahu : Il a pressé sa monture.
- yuja’u fî ‘unuqihi : On le frappe au cou (avec une lance).
- talûmu : Elle reste, elle attend.
- kun Abâ Dharr : Formule d'invocation : puisses-tu être comme Abû Dharr.
- ar-Rabadha : Lieu près de Médine.
- ihtaraqû : Ils ont péri (à cause de leurs actions).
- al-haqab : Corde ventrale du chameau, en plus de la sangle.
- al-washal : Pierre ou montagne d'où l'eau suinte ; petite quantité d'eau.
- al-ghurz : Étrier de la selle de chameau.
- ahwaza : Plus éloigné.
- hass : Exclamation de douleur : hélas, je souffre.
- ath-thitât : Pluriel de thitt, homme à la barbe clairsemée.
- Shabaka Shadkh : Point d'eau des Banû Ghifâr au Hijâz.
- Dhî Awrân : Lieu attribué à un puits, dans le territoire de Ghifâr.
- al-ʿalyāʾ : Lieu élevé.
- al-jamāla : Ce que l'homme supporte comme amende pour le prix du sang.
- ʿawd : Ancien, répété.
- Amīr al-muslimīn : Commandeur des croyants, ici Saʿd ibn Muʿādh. 'Man ġassalathu' fait référence à Ḥanẓala, lavé par les anges. 'Ar-rusul' ici signifie les anges.
- alama : Descendre.
- al-aysār : Pluriel de yasr, celui qui participe au jeu de hasard (maysir). al-musinn : le vieux. as-sanam : au bosse proéminente.
- ġašima : Commettre la pire injustice.
- ḥall al-qism : Courte période.
- fa-anbū : Ils furent informés (allègement de l'hamza). Iram : ʿĀd la première.
- dajana fīhā n-naʿam : Les troupeaux furent installés dans les maisons. ad-dawājin : tout animal domestiqué comme les pigeons, poules, etc. an-naʿam : chameaux, vaches, moutons.
- an-nawāḍiḥ : Chameaux utilisés pour puiser l'eau. ʿalā (avec fatḥa sur ʿayn et sukūn sur lām) : cri pour stimuler les chameaux. halumma : viens.
- al-qiṭāf : Ce qui est cueilli, raisins ou autres.
- al-hijān : Blanc. qaṭim : en rut, désirant l'accouplement.
- janabnā : Nous avons mené. jallalūhā : ils l'ont couverte. al-adam : le cuir.
- maʿaj al-ḫuyūl : Rapidité et impétuosité des chevaux. jāʾa ġaflatan : arriver à l'improviste, sans préparation.
- as-salahba : Jument longue. aṣ-ṣiyān : ce qui protège, comme les caparaçons. as-saʾam : l'ennui.
- miṭār al-fuʾād : Au cœur vif. al-fuṣūṣ : articulations des os. amīn al-fuṣūṣ : solide. az-zulam : flèche.
- al-kumāt : Pluriel de kamī, guerrier courageux caché dans son armure. al-buhm : pluriel de buhma, héros intrépide.
- ġašamū : Ils ont commis une grave injustice. lā yankulūn : ils ne reculent pas par peur.
- abnā : Nous sommes revenus.
- lam naram : Nous n'avons pas changé de place.
- dīn qayyim : Religion droite, sans déviation.
- taqdīr al-maʿnā : Sens estimé : nous sommes ceux qui te croient et te soutiennent.
- fī d-dīwān : Dans le recueil de poésie : « fa-ṭāra ».
- yaḫtarim : Périr.
- lahu mayʿa : Il a un éclat semblable à l'eau par sa pureté. aḏ-ḏubāb : tranchant de l'épée. ḫaḏim : tranchant.
- lam yanib : Il n'a pas faibli.
- al-qurūm : Les maîtres. at-talīd : l'ancien. al-ašamm : élevé.
- infaṣama : Se rompre, s'éteindre.
- ḫāsa : Trahir.
- ilā hunā yantahī : Ici se termine la dix-huitième partie de la Sīra.
- kaḏā fī l-iṣāba : Ainsi dans al-Iṣāba. Dans M, R : « Zayd ». Dans A : « ʿAmr ibn al-Ahtam al-Ḥabāb », comme s'ils étaient une seule personne.
- fī M, R : Dans M, R : « l'un des Banū Mālik ibn Dārim ibn Mālik ».
- hāḏihi l-kalima : Ce mot : « al-mann » est omis dans A.
- al-bīʿ : Lieux de prière et d'adoration, singulier bīʿa (avec kasr du bāʾ).
- al-qazaʿ : Nuages fins. Il veut dire : quand le ciel ne leur donne pas de pluie, leur terre devient aride.
- huwayyā : Rapidement.
- al-kūm : Pluriel de kawmāʾ, chamelle à bosse proéminente. ʿabṭan : sans cause. fī arūmatinā : cette noblesse est enracinée en nous.
- wa-fīnā tuqsam ar-rubʿ : Nous sommes chefs et maîtres, car le chef prenait le quart du butin à l'époque préislamique.
- al-bayt al-ḥarīd : La maison unique, qui ne se mélange pas à d'autres par sa noblesse. Jābiyat al-Jawlān : localité en Syrie. Il veut dire que le Prophète...
- as-suʾdad al-ʿūd : La gloire ancienne qui se répète dans le temps. Ces vers sont d'une qaṣīda de Ḥassān de quatorze vers.
- aḏ-ḏawāʾib : Les chefs. À l'origine, ce sont les mèches de cheveux de la femme qui surmontent la tête.
- riwāyat aš-šaṭr aṯ-ṯānī : La version du second hémistiche dans le Dīwān : « taqwā l-ilāhi wa-bi-l-amri llaḏī šaraʿū ». Ibn Hishām le rapportera ainsi un peu plus loin.
- as-sajiyya : La nature, le caractère inné.
- mā awhat : Ce qu'elle a démoli.
- mataʿū : Ils ont augmenté. On dit : mataʿa n-nahār, quand le soleil monte haut.
- lā yaṭbaʿūn : Ils ne se souillent pas.
- aṭ-ṭabʿ : La souillure.
- naṣabnā : Nous avons manifesté l'hostilité sans la cacher. aḏ-ḏarʿ : le petit de la vache sauvage.
- nasmū : Nous nous élevons. az-zaʿānif : les extrémités du peuple et leurs suivants. ḫašaʿū : ils se sont humiliés.
- al-ḫawr : Les faibles. al-halaʿ (comme kutub) : les impatients, singulier halūʿ.
- muktanīʿ : Proche. Ḥilla : repaire de lions au Yémen. al-arsāġ : pluriel de rusġ, endroit de l'entrave au pied. fadaʿ : torsion vers un côté.
- ʿafwan : Sans difficulté.
- as-salaʿ : Plante vénéneuse.
- ṣanaʿa : Bien dire et bien faire.
- šamaʿū : Ils se sont amusés. L'origine de šamaʿ : la joie et le divertissement. D'où jāriya šamūʿ, une fille très joyeuse.
- fī A : Dans A : « iḫtalafū ».
- al-mawāsim : Pluriel de mawsim, lieu de rassemblement annuel, comme le pèlerinage, ʿUkāẓ, Dhū l-Majāz, etc.
- Dārim : De la tribu des Banū Tamīm.
- al-muʿallimūn : Ceux qui se marquent à la guerre par un signe distinctif. On lit aussi « al-ʿālimīn ». intaḫaw : de an-naḫwa, l'orgueil. al-aṣyad : l'orgueilleux qui ne tourne pas le cou. al-mutafāqim : le prétentieux.
- al-mirbāʿ : Le fait de prendre le quart du butin, indiquant qu'ils sont chefs. an-najd : terrain élevé, désignant le Najd, pays des Arabes.
- al-murhafāt aṣ-ṣawārim : Les épées tranchantes.
- yushīru bi-hāḏā l-bayt : Ce vers fait allusion au fait que la mère de ʿAbd al-Muṭṭalib, grand-père du Prophète, était une esclave des Anṣār.
- al-wabāl : Le poids, la lourdeur.
- habiltum : Vous avez perdu et été privés. aẓ-ẓaʾr : la nourrice qui allaite l'enfant d'autrui, parfois contre rémunération. À l'origine, la chamelle qui s'attache au petit d'une autre.
- an-nidd : Le semblable, l'égal.
- lamuʾtā lahu : À qui il est donné, à qui il est accordé le succès.
- fī A : Dans A : « aʿlā ».
- fī ẓahrihim : Sur leurs chameaux.
- al-halbāʾ : Il désigne son derrière, de al-halb, le poil rude.
- ar-rahw : Large. an-nawājidh : les dents. muqaʿʿ ʿalā dhanab : assis sur ses fesses, les jambes repliées, la queue passée derrière.
- kaḏā fī l-uṣūl : Ainsi dans les sources. Abū Dharr a dit : « Arbad ibn Qays ibn Jazī, ainsi dans l'original. Abū ʿUbayd l'a mentionné d'après Ibn al-Kalbī : ibn Juzʾ ».
- iʿlahu bi-s-sayf : Tue-le avec l'épée.
- ḫālanī : Avec allègement du lām : sois seul avec moi pour que je parle avec toi. Avec redoublement : prends-moi comme ami intime.
- al-ġudda : Maladie qui frappe le chameau et le tue, semblable à l'angine chez l'homme.
- al-bakr : Jeune chameau. ʿĀmir regrettait de ne pas être mort en combattant, comme le regrettent les braves, et aussi de mourir dans la maison d'une femme de Sulūl, car les Banū Sulūl étaient réputés vils, non par leurs origines mais par une réputation qui leur collait.
- fī A : Dans A : « yabīʿuhu ».
- taʿaddā : Laisser, abandonner.
- kabad : Chagrin et difficulté.
- al-arīb : Intelligent et rusé.
- al-ʿaḍud : Arbre dont les feuilles sont emportées par le vent. Il veut dire lors de la sécheresse et du flétrissement des arbres.
- al-muṣarrama : Celle qui n'a pas de lait. al-ġawābir : les restes. Dans A : « ḥīna tajallat ».
- al-laḥm : Grand mangeur de viande. dhū nuhma : ambitieux pour atteindre les buts. On lit aussi « dhū nuhya » : intelligent. muntaqid : perspicace.
- al-qadad : Pluriel de qidda, lanière de cuir. Il compare les chevaux à des lanières par leur maigreur et faiblesse.
- an-nūḥ : Groupe de femmes qui se lamentent. al-maʾātim : rassemblements de femmes lors des deuils. al-jard : terre sans végétation.
- an-najd : Courageux.
- al-ḥārib : Celui qui dépouille. al-ḥarīb : le dépouillé. an-nakīb : le frappé par le malheur.
- lā takhfir Allāh : Ne trahis pas Dieu : ne romps pas Son pacte.
- al-nāti' : Le proéminent : ce qui est élevé et gonflé.
- al-'aḍal : Les muscles : pluriel de 'aḍala, morceau de chair très ferme.
- ya'ḍūnahā : Ils les partagent : ils les divisent.
- al-labq : L'habile : le doué et délicat dans le travail.
- al-jāzir : Le boucher : celui qui égorge la chamelle.
- al-'ashīr : La part : la portion, car la chamelle était divisée en dix parts.
- al-qu'ūd : La monture : le chameau que le berger monte pour tout besoin.
- al-mutayyi' : Le petit bien : diminutif de matā'.
- al-waṭb : L'outre : le récipient à lait.
- ḍubayra / ḍumayra : Nom propre, la forme correcte est Ḍumayra avec mīm.
- ghurrat al-islām : Le début de l'Islam : son commencement.
- usnun al-yawm : Décide-nous aujourd'hui : juge-nous aujourd'hui concernant le sang.
- ghayr : De la jalousie, ici le prix du sang.
- wasatan : Juste milieu, équilibré, choisi.
- Dârâ : Nom propre désignant La Mecque.
- al-judhayl : Diminutif de jadhl, morceau de bois au milieu de l'aire de repos des chameaux.
- al-‘udhayq : Diminutif de ‘idhq, palmier.
- al-laghaṭ : Confusion de voix, brouhaha.
- Sa‘d : Nom propre de personne ou de tribu.
- al-waḥshî : Partie externe d'un membre.
- Ṣuḥâriyyayn : Relatif à Ṣuḥâr, ville du Yémen ou région des Banû Tamîm.
- yadraḥ : Fendre la terre pour creuser une tombe.
- arsâlan : Groupes successifs.
- khamîṣa sawdâ’ : Vêtement de soie ou de laine orné, de couleur noire.
- ishra’abbat : S'éleva, se dressa.
- najama : Apparut, se manifesta.
- Ṭayba : Nom de Médine, la ville du Prophète.
- tamtaḥî : Disparaître, s'effacer.
- al-ma‘âlim : Pluriel de ma‘lam, signes ou repères.
- al-ḥujurât : Pluriel de ḥujra, chambres ou demeures.
- lam tuṭmas : N'a pas été altérée ou effacée.
- al-mulḥid : Celui qui creuse la tombe en forme de laḥd.
- al-laḥd : Cavité latérale dans la tombe pour placer le mort.
- tus‘id : Aider, assister.
- al-âlâ’ : Bienfaits, faveurs.
- shafahâ : L'affaiblit, l'épuisa.
- al-‘ashîr : La dizaine (nombre de dix).
- tadharifu al-‘ayn : L'œil verse des larmes.
- aṣ-ṣafîḥ : Pierre large et plate.
- tahîl : Verser, répandre.
- akmad : Attrister, affliger.
- yaghûru : Atteindre une dépression de terrain.
- an-nahj : Voie claire et droite.
- al-kanaf : Côté, abri, protection.
- muqṣid : Qui atteint juste, qui touche la cible.
- al-mursalât : Les envoyées, ici les anges.
- bilâd al-ḥaram : Le territoire sacré de La Mecque.
- ḍâfahâ : Descendit chez elle, l'atteignit.
- ‘araṣât : Cours, espaces ouverts.
- sâbigh : Abondant, complet, qui couvre bien.
- yughammad : Être couvert, recouvert.
- a‘walî : Élève la voix en pleurant.
- lâ yunakkad : N'est pas gâté par un rappel importun.
- aṭ-ṭarîf : Bien récemment acquis.
- aṣ-ṣît : Renommée, réputation.
- adh-dharawât : Les hauteurs, les sommets.
- al-muzn : Nuages.
- yufannadu : Être blâmé, critiqué.
- ‘âzib al-‘aql : Dont l'esprit est absent, distrait.
- al-mâ’âqî : Les coins des yeux, conduits lacrymaux.
- Baqî‘ al-gharqad : Cimetière de Médine.
- mutaladdid : Égaré, errant.
- ṣubbiḥat : Abreuvée le matin.
- aḍ-ḍarâ’ib : Natures, caractères innés.
- tuthnâ : Être détournée, repoussée.
- wa Llâhu asma‘u : Par Dieu, je n'entends pas (formule de serment).
- sawâ’ al-mulḥad : Le milieu de la tombe.
- al-ithmid : Pierre d'antimoine utilisée comme collyre.
- waladnâhu : Nous l'avons enfanté (allusion aux oncles maternels).
- nubba : Il fut informé, apprit.
- lam yu’nisû al-maṭar : Ils ne sentirent pas la pluie.
- al-janâdi‘ : Les débuts du mal, les prémices.
- hadaran : En vain, inutilement.
- al-iliyya : Le serment, l'alliance.
- al-mabâdhil : Vêtements d'usage quotidien.
- aṣ-ṣâdî : L'assoiffé.