La lampe lumineuse dans le livre du Prophète illettré [1] et ses messages aux rois de la…

La lampe lumineuse dans le livre du Prophète illettré [1] et ses messages aux rois de la terre, Arabes et non-Arabes.

Le flambeau lumineux concernant le Livre du Prophète illettré 1 et ses messages aux rois de la terre, Arabes et non-Arabes. Partie 1. Partie 1. Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, et c'est de Lui que nous cherchons l'aide. Mention de ses noms, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Chapitre sur la raison de son embrassement de l'islam, qu'Allah l'agrée. Exégèse. Chapitre sur l'embrassement de l'islam par son père et sa mère. Explication des termes obscurs contenus dans la poésie. Exégèse des termes obscurs. Chapitre sur son embrassement de l'islam. Exégèse. Exégèse de ce qui est obscur dans ce récit. Exégèse. Exégèse. Exégèse. Chapitre contenant le récit de son embrassement de l'islam et de celui de Hind bint 'Utba, son épouse. Exégèse. Chapitre sur l'embrassement de l'islam par Hind et son allégeance 2 à l'Envoyé d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Exégèse de ses termes obscurs. Exégèse de ses termes obscurs. Chapitre. Chapitre sur son émigration 3 vers Médine. Exégèse. Exégèse. Exégèse. Exégèse. Mots problématiques de ce récit. Quant aux tribus de Quraych. Deuxième section : mention de ses messagers, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et de ceux à qui ils furent envoyés parmi les rois et autres, les appelant à l'islam. Exégèse de ses termes obscurs. Exégèse. Chapitre. Partie 2. Partie 2. Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Chapitre : mention du Livre. Exégèse de ce qui est obscur dans ce Livre. Chapitre sur la mention de ses deux lettres, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, au Négus 4. Le Négus écrivit alors à l'Envoyé d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Chapitre sur le mariage d'Oum Habiba 5 avec l'Envoyé d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, en terre d'Abyssinie. Exégèse. Chapitre sur l'envoi par le Négus de son fils Arha et sa noyade. Chapitre sur le mérite de l'Abyssinie et de ce qui, dans le Coran, concorde avec la langue abyssinienne, et de ce que l'Envoyé d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, entendit de leur langage, qui lui plut et qu'il prononça. Chapitre sur l'envoi par Quraych au Négus de 'Amr ibn al-'As et de 'Umara ibn al-Walid, la deuxième fois après la bataille de Badr. Chapitre sur le récit de 'Umara ibn al-Walid avec 'Amr ibn al-'As et sa sorcellerie jusqu'à ce qu'il meure parmi les bêtes sauvages dans le désert. Chapitre sur la mention du départ de 'Amr ibn al-'As une deuxième fois vers le Négus, de son embrassement de l'islam auprès de lui, de son retour à Médine et de sa rencontre avec Khalid ibn al-Walid et 'Uthman ibn Talha al-Hajabi, et de leur embrassement de l'islam. Chapitre sur la mention de propos échangés entre 'Amr ibn al-'As et 'Abd ibn al-Julanda lorsque l'Envoyé d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, l'envoya vers lui et vers son frère, qui étaient les deux rois d'Oman, en rapport avec le Négus. Exégèse. Exégèse. Chapitre sur la mention de l'entretien de Dihya 6 avec César. Chapitre sur la mention du Messie 7, que la paix soit sur lui, et des apôtres 8. Exégèse. Retour et reprise de ce dont nous parlions. Exégèse. Chapitre. Chapitre sur l'envoi d'Abou Bakr, qu'Allah l'agrée, à Héraclius. Chapitre sur différentes traditions rapportées au sujet de ses lettres, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, à César. Chapitre. Chapitre sur le récit d'al-Mughira ibn Shu'ba avec le Muqawqis 9 et la raison de son embrassement de l'islam. Chapitre. Chapitre sur le mérite de l'Égypte et de ses habitants, et de ce dont Allah, qu'Il soit exalté et magnifié, l'a particulièrement gratifiée. Chapitre sur la mention de Suraqa ibn Malik ibn Ju'shum lors de l'émigration 3 et l'annonce que l'Envoyé d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui fit qu'il porterait les bracelets de Chosroès 10 et sa couronne, et ce qu'il y a là comme prodiges de ses miracles, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Chapitre sur la mention du début de la royauté des Perses au Yémen, de leur embrassement de l'islam, et la mention de la couronne de Chosroès, de son palais d'Iwan 11, et du rêve du Mobedhan 12, qui est le juge dans leur langue. Exégèse de ce qui est obscur. Chapitre sur la venue des délégations arabes auprès de Sayf ibn Dhi Yazan, parmi lesquelles 'Abd al-Muttalib, et l'annonce qui lui fut faite de l'apparition de l'Envoyé d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Exégèse des termes obscurs de ce récit. Nous revenons au récit de Wahriz. Chapitre sur la mention de Satih 13 et du rêve de Chosroès et du Mobedhan. Exégèse de ses termes obscurs. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et à qui il envoya des messagers : l'évêque de Najran, qui était le grand de la vallée de Najran et la référence parmi eux. Chapitre sur le récit de Satih et de Shiqq, et la mention de Najran et du début du christianisme en terre arabe au Yémen. Chapitre sur l'envoi par lui, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, de Khalid ibn al-Walid aux Banu al-Harith ibn Ka'b à Najran, et ses correspondances. Mention du Livre. Mention de sa lettre, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, à Ukaydir de Douma 14. Exégèse de ses termes obscurs. Exégèse de ses termes obscurs. Mention de sa lettre, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, à Asibakht, maître de Hajar. Parmi les rois à qui l'Envoyé d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, envoya des messagers : al-Asbagh ibn 'Amr. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Badhan, maître de Sanaa, parmi les Perses. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, mille ans avant sa naissance : Tubba'. Chapitre sur le récit de la clé de la Kaaba. Mention de son envoi, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, à Jabala ibn al-Ayham al-Ghassani. Exégèse de ce qui est obscur dans la poésie. Exégèse de ce qui est obscur dans ce récit. Mention de ses correspondances, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, avec Jayfar et 'Abd, les deux fils d'al-Julanda, les deux rois d'Oman. Mention de sa lettre, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, pour Junada al-Azdi et son peuple. Parmi eux : Juhayna al-Nahdi. Parmi eux : Juz' ibn 'Amr al-'Udri. Parmi les rois à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : al-Harith ibn Abi Shamr al-Ghassani. Parmi les rois à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : al-Harith ibn 'Abd Kulal. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Khalid ibn Dimad al-Azdi. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Rabi'a al-Hadrami. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Rufa'a ibn Zayd al-Judhami, puis al-Dhubaybi. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Zur'a, l'un des qayls 15 du Hadramaout. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Dhu al-Kala' al-Himyari Sumayfa'. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Sa'id ibn Sufyan al-Ra'li. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Sam'an al-Raqi'. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : 'Abd Yaghuth ibn Wa'la al-Harithi. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : 'Amir ibn al-Aswad al-Ta'i. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Furwa al-Judhami. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : al-Mundhir ibn Sawi, roi de Bahreïn. Entretien d'al-'Ala' avec al-Mundhir. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Mutarrif ibn al-Kahin al-Bahili. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Malik ibn Namat, dans la délégation de Hamdan et les qayls du Yémen. Exégèse de ses termes obscurs. Exégèse des vers obscurs d'Ibn Namat. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Musaylima le menteur, qu'Allah le maudisse. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Ma'di Karib ibn Abraha. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Nahshal. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Nu'aym ibn Aws al-Dari. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Hawdha ibn 'Ali, maître de la Yamama. Exégèse de ses termes obscurs. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : al-Hilal. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Wa'il ibn Hujr et Hamdan. Chapitre sur la raison de son embrassement de l'islam. Exégèse. Exégèse de ses termes obscurs. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Yuhanna ibn Ru'ba, d'Ayla, et les Juifs de Maqna, qui sont près d'Ayla. Exégèse. Exégèse. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Yazid ibn al-Tufayl al-Harithi. Parmi ceux à qui il écrivit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : Yazid ibn al-Muhajjal al-Harithi. Mention de la chaîne de transmission d'al-Bukhari, qu'Allah lui fasse miséricorde. Chaîne de transmission de Sahih Muslim. Chaîne de transmission de Jami' al-Tirmidhi. Chaîne de transmission de la Sira 16 noble d'Ibn Hisham, d'après al-Bakka'i, d'après Ibn Ishaq. Chaîne de transmission d'al-Shifa' bi ta'rif huquq al-Mustafa 17, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, du Qadi 'Iyad, qu'Allah lui fasse miséricorde. Chaîne de transmission d'al-Rawd al-Unuf 18 d'al-Suhayli, qu'Allah lui fasse miséricorde. Chaîne de transmission d'Akhbar Makka 19, qu'Allah l'honore, d'al-Azraqi.


  1. al-nabī al-ummī : Le Prophète illettré, c'est-à-dire qui ne sait ni lire ni écrire, qualificatif de Muhammad.
  2. bay'a : Allégeance, serment de fidélité et d'obéissance au Prophète.
  3. hijra : Émigration, en particulier celle des musulmans de La Mecque à Médine.
  4. al-Najāshī : Titre du roi d'Abyssinie (Éthiopie) à l'époque du Prophète.
  5. Umm Ḥabība : Ramla bint Abi Sufyan, épouse du Prophète, mariée alors qu'elle était en exil en Abyssinie.
  6. Diḥya : Dihya ibn Khalifa al-Kalbi, compagnon envoyé comme messager à l'empereur byzantin Héraclius.
  7. al-Masīḥ : Le Messie, titre de Jésus (Issa) en islam.
  8. al-ḥawāriyyūn : Les apôtres, disciples de Jésus.
  9. al-Muqawqis : Titre du gouverneur copte d'Égypte à l'époque du Prophète.
  10. Kisrā : Chosroès, titre des rois sassanides de Perse.
  11. Īwān : Palais ou salle voûtée, en particulier le palais de Ctésiphon.
  12. al-Mūbadhān : Grand prêtre ou juge zoroastrien en Perse.
  13. Saṭīḥ : Devins légendaires arabes, Satih et Shiqq, connus pour leurs prédictions.
  14. Dūma : Douma, oasis dans le nord de l'Arabie, royaume d'Ukaydir.
  15. qayl : Titre de chef ou de roi chez les Himyarites au Yémen.
  16. Sīra : Biographie du Prophète Muhammad.
  17. al-Shifā' bi ta'rīf ḥuqūq al-Muṣṭafā : Ouvrage du Qadi 'Iyad sur les droits et la vénération du Prophète.
  18. al-Rawḍ al-Unuf : Commentaire d'al-Suhayli sur la Sira d'Ibn Hisham.
  19. Akhbār Makka : Ouvrage historique sur La Mecque par al-Azraqi.

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La lampe lumineuse dans le livre du Prophète illettré [1] et ses messages aux rois de la terre, Arabes et non-Arabes.

La source : https://shamela.ws/book/7233 Date d'extraction : 2026-06-17

La première partie

Voici le livre intitulé « La Lampe Lumineuse concernant le Livre du Prophète illettré et ses Envoyés aux Rois de la Terre, Arabes et non-Arabes ». Auteur : Muhammad (ou ‘Abd Allah) ibn ‘Ali ibn Ahmad ibn ‘Abd ar-Rahman ibn al-Hasan al-Ansari, Abou ‘Abd Allah, Jamal ad-Din Ibn Hudhayda (mort en 783 H). Éditeur : Muhammad ‘Azim ad-Din. Éditeur : ‘Alam al-Kutub – Beyrouth. Année de publication : Nombre de volumes : 2. [La numérotation du livre correspond à l’édition imprimée]. **Sermon du livre** Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, et par Lui nous cherchons secours. Louange à Allah, le Roi, le Juge, le Détenteur de la puissance et de l’autorité, le Vainqueur des tyrans porteurs de couronnes, comme César et Chosroès Anushirwan, Celui qui a envoyé notre Seigneur et Prophète Muhammad avec la plus noble des religions aux hommes rouges et noirs, parmi les humains et les djinns. Ainsi, mille ans avant sa naissance, Tubba‘ le Premier, roi de la terre issu de la descendance de Qahtan, lui répondit et le suivit. Mais Abrawiz 1, le maître de l’Iwan 2, devint tyrannique et orgueilleux ; alors le Prophète (sur lui la paix et le salut) invoqua contre lui, et son royaume fut déchiré et le culte du feu disparut. Qu’Allah prie sur lui, sur sa famille et sur ses Compagnons, hommes de bravoure et de courage, par lesquels Il renforça sa puissance et éleva sa renommée ; ils ont consolidé la religion et ses piliers se sont élevés. Qu’Allah soit satisfait d’eux et de ceux qui les ont suivis avec bienfaisance. **Ce qui suit** : Qu’Allah illumine nos cœurs de la lumière de Sa connaissance et réjouisse nos consciences par les éclats de Sa miséricorde. J’ai examiné ce qui m’est parvenu de ses correspondances (sur lui la paix et le salut) adressées aux rois de la terre, lorsqu’Allah Très-Haut lui ordonna de transmettre Son message. J’ai vu, parmi ce qu’a rapporté le Hafiz Abou Bakr al-Bazzar (qu’Allah lui fasse miséricorde) dans son Musnad 3, l’envoi par le Prophète (sur lui la paix et le salut) de Dihya al-Kalbi (qu’Allah l’agrée) à César, et il l’a rapporté d’après lui. Je l’ai trouvé excellent car il est rapporté d’après l’envoyé lui-même, contrairement à ce qui figure dans les deux Sahih 4 des deux imams et hafiz Abou ‘Abd Allah Muhammad ibn Isma‘il al-Bukhari et Muslim ibn al-Hajjaj al-Qushayri (qu’Allah leur fasse miséricorde à tous deux) : ils ont en effet rapporté l’histoire du livre d’après Ibn ‘Abbas, d’après Abou Sufyan Sakhr ibn Harb. Il m’a donc été inspiré de le consigner et d’y ajouter ce qui se trouve dans les ouvrages des savants (qu’Allah les agrée) concernant ses correspondances (sur lui la paix et le salut), les noms de ceux parmi les Compagnons (qu’Allah les agrée) qui ont écrit pour lui, ainsi que les informations utiles s’y rapportant, comme les dates de décès de certains Compagnons mentionnés, le début de leur embrassement de l’islam, et ce qui nécessite explication en termes de vocabulaire rare ou d’anecdote liée à certaines de ses missives (sur lui la paix et le salut) aux rois de la terre et à d’autres, qu’ils aient cru en lui ou non. Je l’ai extrait de nombreux recueils par diverses voies. Car dans chaque voie se trouve un avantage que l’autre ne contient pas. J’ai donc rassemblé les voies et les ai rapportées pour leur utilité, ainsi que ce qui apparaît de la soumission des rois de la terre envers lui (sur lui la paix et le salut), malgré la grandeur de leur autorité, le nombre de leurs armées et de leurs partisans, leur reconnaissance de sa mission prophétique et leur humilité devant lui, alors qu’à cette époque lui et ses Compagnons étaient peu nombreux, leurs ressources limitées, et qu’ils ne venaient à l’esprit d’aucun roi en raison de leur pauvreté et de leur dénuement. Et sa parole (sur lui la paix et le salut) : « Quand Chosroès aura disparu, il n’y aura plus de Chosroès après lui ; quand César aura disparu, il n’y aura plus de César après lui ; et leurs trésors seront dépensés dans le sentier d’Allah, Puissant et Majestueux », comme cela sera expliqué en détail dans les passages concernés de ce livre, si Allah Très-Haut le veut. J’ai attribué tout ce que j’ai rapporté à celui qui l’a mentionné parmi les savants, auteurs d’ouvrages célèbres parmi les spécialistes de cette discipline, et j’ai supprimé leurs chaînes de transmission par crainte de longueur, sauf lorsque le besoin s’en fait sentir de mentionner le Compagnon ou certains Successeurs 5 d’après qui il est rapporté. Je l’ai intitulé « La Lampe Lumineuse concernant le Livre du Prophète illettré et ses Envoyés aux Rois de la Terre, Arabes et non-Arabes ». Je l’ai divisé en deux parties : la première partie concerne son Livre, et la seconde partie concerne ses Envoyés et ses correspondances avec les rois (sur lui la paix et le salut). J’ai classé les noms des Compagnons par ordre alphabétique après avoir mentionné les quatre Califes 6 (qu’Allah les agrée). J’ai commencé, au début de la première partie, par la définition de sa noble lignée (sur lui la paix et le salut) et son commentaire, en recherchant la bénédiction par elle, car il est le maître de tous et leur guide, et nous aussi, si Allah Très-Haut le veut, vers les Jardins de la Félicité. Ce qui m’a poussé à commencer par sa noble lignée est ce que j’ai trouvé chez Ibn Munir al-Halabi (qu’Allah lui fasse miséricorde) dans son commentaire du « Résumé de la Sira » de ‘Abd al-Ghani al-Maqdisi al-Jamma‘ili 7 (village entre Jérusalem et Naplouse). Il a dit : Un groupe de savants m’a rapporté que la raison de la composition du « Résumé de la Sira » par ‘Abd al-Ghani est qu’il sortit avec certains de ses compagnons jusqu’à ce qu’ils approchent d’un couvent. L’auteur s’assit au bord d’un ruisseau, tandis que son compagnon se dirigea vers le couvent et frappa à sa porte. Un moine sortit vers lui et dit : « Quelle est ta religion ? » Il répondit : « Musulman. » Le moine dit : « Qui suis-tu ? » Il répondit : « Muhammad, le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut). » Le moine dit : « Mentionne-moi sa lignée et son état. » Or, il n’avait pas de connaissance à ce sujet. Le moine dit : « Je ne t’apprendrai rien. » Le compagnon de l’auteur retourna vers lui et lui rapporta ce que le moine avait dit. L’auteur lui dit alors quelque chose de la lignée du Prophète (sur lui la paix et le salut) et de ses états. Il retourna vers le moine et l’en informa. Le moine lui dit : « Ce n’est pas de toi, c’est de ce vieillard assis au bord du ruisseau. » Or, le moine avait vu le vieillard et avait été impressionné par son état. Il vint donc à lui, et celui-ci lui mentionna beaucoup de choses sur les états de notre Seigneur, le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut), et ses miracles. Le moine embrassa l’islam et son islam fut excellent. Alors le vieillard ‘Abd al-Ghani (qu’Allah lui fasse miséricorde) dicta le « Résumé de la noble Sira prophétique ». J’ai médité sur cet événement et sur les leçons qu’il contient : la guidance du moine, l’enseignement du compagnon du vieillard, la composition de sa Sira et de ses états (sur lui la paix et le salut), et le profit qu’on en tire de son vivant et après sa mort – qu’Allah lui fasse miséricorde. C’est pourquoi j’ai commencé par sa noble lignée. C’est d’Allah Très-Haut que j’implore le succès et la guidance vers la voie la plus droite, et qu’Il fasse de cet ouvrage une œuvre sincère pour Sa noble Face. Il est Celui qui entend et qui sait. Je présente à toi, ô lecteur de ce livre, des excuses, comme l’a fait le Châtibi 8 (qu’Allah lui fasse miséricorde) à la fin de son poème intitulé « Hirz al-Amani » 9, lorsqu’il dit : « Mais elle cherche des gens dignes d’elle, Un frère digne de confiance, qui pardonne et ferme les yeux par noblesse. Elle n’a pour elle que les péchés de son auteur, Ô douceur des souffles, interprète-la au mieux. Et dis : Que le Miséricordieux fasse miséricorde, vivant ou mort, À un jeune homme qui fut un refuge pour l’équité et la clémence. Peut-être Allah rapprochera-t-il son effort par son pardon, Même s’il est faux, sans crainte de glissement. Ô Meilleur Pardonneur, ô Meilleur Miséricordieux, Ô Meilleur Espoir, sois généreux et accorde-moi Ta faveur. Pardonne mon faux pas, fais-en profiter ainsi que son intention, Par Ta miséricorde, ô Allah, ô Celui qui élève les hauts rangs. » Et voici le moment de commencer, avec la force et la puissance d’Allah. Il me suffit et Il est le meilleur garant. **Chapitre sur la définition de sa noble lignée (sur lui la paix et le salut) et son commentaire** Nous avons rapporté dans le livre de la Sira, d’après Ibn Hisham, qu’il (sur lui la paix et le salut) est Muhammad ibn ‘Abd Allah. « Muhammad » est un nom propre dérivé d’un attribut : on dit d’un homme « muhammad » 10, c’est-à-dire abondant en qualités louables. En langue, « al-muhammad » est celui qui est loué, louange après louange, fois après fois ; il comporte le sens d’intensité et de répétition, et il a le sens de « mahmud » (loué). Son nom correspond donc à sa signification. Allah Très-Haut l’a nommé ainsi avant qu’il ne soit nommé. C’est donc l’un des signes de sa prophétie, car son nom est véridique à son sujet. Il est (sur lui la paix) loué dans ce monde et dans l’au-delà : dans ce monde pour ce dont il a fait profiter, la science et la sagesse, et dans l’au-delà par son intercession (sur lui la paix et le salut). Ainsi, le sens de la louange se répète. Ensuite, il n’était pas « Muhammad » avant d’être « Ahmad » : il a loué son Seigneur, qui l’a alors prophétisé et honoré. C’est pourquoi le nom « Ahmad » précède « Muhammad ». Jésus (sur lui la paix) l’a mentionné dans sa parole : « Et annonçant un Messager qui viendra après moi, dont le nom sera Ahmad » [Coran 61:6]. C’est par « Ahmad » qu’il a été mentionné avant d’être mentionné par « Muhammad », car sa louange à son Seigneur a précédé la louange des gens à son égard. Lorsqu’il est apparu et a été envoyé, il était effectivement « Muhammad ». De même, dans l’intercession, il louera son Seigneur par les louanges qu’Il lui inspirera, et il sera alors le plus louangeur des hommes envers son Seigneur. Puis il intercédera et sera loué pour son intercession. Observe comment ce dernier nom s’est ordonné dans la mention et l’existence, en ce monde et dans l’au-delà. Ibn ‘Abd al-Barr a rapporté que son grand-père l’a nommé « Muhammad » le septième jour après sa naissance. Il a été rapporté qu’Amina, alors qu’elle était enceinte de lui, reçut l’ordre de le nommer « Ahmad ». Il a été rapporté qu’Adam (sur lui la paix) a dit : « Je suis le maître des humains au Jour de la Résurrection, sauf un homme de ma descendance, un prophète parmi les prophètes, appelé Muhammad, qui m’a surpassé par deux choses : son épouse l’a aidé et a été pour lui un soutien – il veut dire Khadija, et Allah sait mieux – tandis que mon épouse a été pour moi un soutien – et Allah l’a aidé contre son diable, qui a embrassé l’islam, tandis que mon diable a mécru. » Rapporté par ad-Dulabi d’après Yunus. Parmi les merveilles de ce nom, personne avant lui ne s’est appelé ainsi, c’est-à-dire « Ahmad ». Son surnom (sur lui la paix et le salut) est Abou al-Qasim. On dit qu’il a été surnommé ainsi parce qu’il répartira le Paradis entre les créatures au Jour de la Résurrection. On dit aussi qu’il a été surnommé d’après son premier-né de Khadija, qui était al-Qasim. Lorsque lui naquit Ibrahim de Mariya, Gabriel (sur lui la paix) le surnomma Abou Ibrahim. On dit aussi que son surnom dans la Torah est « Abou al-Aramil » 11 (sur lui la paix et le salut). Fils de ‘Abd Allah : le sens de ‘Abd Allah est « serviteur d’Allah ». Son surnom est Abou Qutham, et on dit Abou Muhammad, et on dit Abou Ahmad. ‘Abd Allah n’a eu aucune descendance ; il n’a eu d’autre enfant que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut), ni mâle ni femelle.

Ainsi en est-il d'Âminah. Cela a été dit par Ibn Munîr al-Ḥalabî dans *al-Mawrid al-ʿAdhb al-Hanî fî al-Kalâm ʿalâ al-Sîrah* de ʿAbd al-Ghanî ibn ʿAbd al-Muṭṭalib. Le nom de ʿAbd al-Muṭṭalib est Shaybah ; il fut ainsi nommé parce qu'il naquit avec une mèche blanche (shaybah) dans la tête. Il vécut cent vingt ans. J'ai mentionné son histoire avec Sayf ibn Dhī Yazan et l'annonce qu'il lui fit de la venue du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – dans ce qui viendra de ce livre. Ibn Hâshim. Le nom de Hâshim est ʿAmr. Al-Suhaylî a mentionné, à propos de son étymologie, plusieurs avis, dont celui qu'il est dérivé de *al-ʿumr* (le palmier-dattier), qui est un nom pour un type de palmier appelé *al-sukkar* ; cela a été mentionné par al-ʿAskarî dans *Ajnâs al-Tamr*. C'est ainsi que l'homme fut nommé ʿAmr. Il a dit : « Ibn Abî Laylâ se nettoyait les dents avec une branche de palmier ʿumr. » Ibn ʿAbd Manâf. Son nom est al-Mughîrah, parce qu'il attaquait (yughîru) les ennemis. Il était surnommé « Lune de la Vallée » (Qamar al-Baṭḥâ'). Ibn Quṣayy. Son nom est Zayd. Quṣayy est un diminutif signifiant « éloigné » (baʿîd), parce qu'il s'éloigna de sa tribu dans le pays de Quḍâʿah. Ibn Kilâb. Dérivé du nom d'action (maṣdar) dans le sens de *al-mukâlabah* (l'acharnement), ou de *al-kilâb* (les chiens), pluriel de *kalb*. On dit à un certain Arabe : « Pourquoi nommez-vous vos fils des noms les plus vils, et vos esclaves des noms les plus beaux ? » Il répondit : « Nous nommons nos fils pour nos ennemis, et nos esclaves pour nous-mêmes. » Ibn Murrah. Dérivé de la description de *al-ḥanẓalah* (la coloquinte) et de *al-ʿalaqamah* (une plante amère) ; on les utilise souvent comme noms. Il serait donc dérivé de la description de l'homme par l'amertume (al-marârah). Ibn Kaʿb. Kaʿb est dérivé de *kaʿb al-qadam* (le cou-de-pied), pour sa stabilité. Il fut le premier à rassembler les gens le jour de *al-ʿArûbah* (le vendredi) et à le nommer *al-Jumuʿah*. D'autres avis existent. Les Quraysh se réunissaient auprès de lui ce jour-là ; il les haranguait, leur rappelait l'avènement du Prophète – qu'Allah prie sur lui et le salue –, leur apprenait qu'il serait de sa descendance, leur ordonnait de le suivre et de croire en lui, et récitait des vers, dont ceux-ci : « Plût à Dieu que je fusse présent à son appel, Quand Quraysh, cherchant la vérité, sera abandonnée ! » Ibn Lu'ayy. Diminutif de *al-la'ay* (le taureau sauvage) ; on dit aussi *al-baqarah* (la vache). Dans le hadith, d'après Abû Hurayrah – qu'Allah l'agrée – : « Il m'est plus cher que *shâ' walâ'* », et c'est le taureau. Abû Dharr a dit, dans le commentaire de la Sîrah d'Ibn Hishâm : « C'est le taureau sauvage. » Ibn Ghâlib ibn Fihr. Son nom est Quraysh, et Fihr est un surnom (laqab) ; on dit aussi l'inverse. *Al-fihr* (le silex) est une pierre longue. Abû Dharr a dit : « C'est de la taille d'une poignée. » D'autres avis existent. Ibn Mâlik ibn al-Naḍr. Abû Dharr a dit : « C'est l'or rouge. » Ibn Kinânah ibn Khuzaymah. Diminutif de *khuzmah* (une touffe). *Al-khuzam* (le jonc) est semblable au *dûm* (palmier-doum) ; on fabrique des cordes avec ses fibres. Il a un fruit que mangent les corbeaux. Ibn Mudrikah. Son nom est ʿÂmir. Ibn al-Yâs ; on dit aussi Ilyâs, avec une kasra sur le hamza, en accord avec le nom du prophète Ilyâs (Élie) – sur lui la paix. On dit qu'il fut nommé par opposition à *al-rajâ'* (l'espoir). Le *lâm* y est pour la définition, et le *hamza* est un *hamzat waṣl*. Il est rapporté du Prophète – qu'Allah prie sur lui et le salue – qu'il a dit : « N'insultez pas Ilyâs, car il était croyant. » Il fut le premier à offrir des bêtes de sacrifice (al-budn) à la Maison (sacrée). On entendait, dans ses reins, la talbiyah du Prophète – qu'Allah prie sur lui et le salue. Ibn Muḍar. Muḍar l'Éclatant (al-Abyaḍ) est dérivé de *al-laban al-mâḍir* (le lait aigre) et *al-muḍîrah* (la *madîrah*, un plat à base de lait). On dit qu'il fut le premier à instituer pour les Arabes le chant de route (ḥudâ') pour les chameaux. Il était le plus beau des hommes par la voix. Dans le hadith : « N'insultez ni Muḍar ni Rabîʿah, car ils étaient tous deux croyants. » Rabîʿah est son frère. Ibn Nizâr. *Al-nizâr* (le peu, le rare). Son père, lorsqu'il lui naquit et qu'il vit la lumière entre ses yeux – celle qui devait se transmettre dans les reins jusqu'à Muḥammad – qu'Allah prie sur lui et le salue –, se réjouit extrêmement, immola des bêtes et nourrit les gens, en disant : « Tout ceci n'est qu'une faible chose (nizâr) en regard du droit de ce nouveau-né. » C'est pourquoi il fut nommé Nizâr. Ibn Maʿadd. De *tamaʿdada* (devenir fort) ; *tamaʿdada* signifie « s'éloigner dans sa course ». Cela a été dit par Abû Dharr. On dit aussi qu'il vient de *al-maʿd* (avec un *sukûn* sur le *ʿayn*), qui est la force ; de là est dérivé *al-miʿdah* (l'estomac). Ibn ʿAdnân. Il est tiré de *ʿadana fî al-makân* (séjourner dans un lieu), d'où *Jannâtu ʿAdnin* (Jardins d'Éden), c'est-à-dire des jardins de séjour et d'éternité. Al-Suhaylî a dit : « Quant aux noms après ʿAdnân, ils sont sujets à controverse. Ce qui est authentique du Prophète – qu'Allah prie sur lui et le salue – est que, lorsqu'on remonta jusqu'à ʿAdnân, il dit : "Les généalogistes mentent." » Il est rapporté de ʿUmar – qu'Allah l'agrée – qu'il a dit : « Nous ne faisons remonter notre ascendance que jusqu'à ʿAdnân ; ce qui est au-delà, nous ne savons pas ce que c'est. » La chose la plus authentique rapportée sur ce qui suit est ce qu'al-Dûlâbî a mentionné d'après Umm Salamah – qu'Allah l'agrée – d'après le Prophète – qu'Allah prie sur lui et le salue –, qu'il a dit : « Maʿadd ibn ʿAdnân ibn Udad ibn Zand ibn al-Yarâ ibn Aʿrâq al-Tharâ. » Umm Salamah – qu'Allah l'agrée – a dit : « Zand est al-Hamaysaʿ, al-Yarâ est Nabt, et Aʿrâq al-Tharâ est Ismâʿîl (Ismaël) – sur lui la paix –, car il est le fils d'Ibrâhîm (Abraham) – sur lui la paix –, et Ibrâhîm n'a pas été consumé par le feu, de même que le feu ne consume pas le sol (al-tharâ). » Al-Dâraquṭnî a dit : « Nous ne connaissons pas Zand – avec un *nûn* – sauf dans ce hadith, et Zand ibn al-Jawn, qui est Abû Dulâmah le poète. » Al-Suhaylî a dit : « Ce hadith, à mon avis, ne contredit pas ce qui précède de sa parole : "Les généalogistes mentent", ni la parole de ʿUmar – qu'Allah l'agrée –, car c'est un hadith qui demande interprétation. Il se peut que sa parole "fils d'al-Yarâ ibn Aʿrâq al-Tharâ" soit comme lorsqu'il a dit : "Vous êtes tous fils d'Adam, et Adam est de terre." Il ne veut pas dire qu'al-Hamaysaʿ et ceux en dessous de lui sont fils d'Ismâʿîl de ses propres reins. Cette interprétation, ou une autre, est nécessaire, car les spécialistes des récits ne divergent pas sur la longue durée entre ʿAdnân et Ibrâhîm. Il est impossible, selon la coutume, qu'il y ait entre eux quatre pères, ou sept comme l'a mentionné Ibn Isḥâq, ou dix, ou vingt, car la durée est plus longue que tout cela. En effet, Maʿadd ibn ʿAdnân vivait à l'époque de Nabuchodonosor (Bukht Naṣṣar), à l'âge de douze ans, selon ce qu'a dit al-Ṭabarî. Il a mentionné qu'Allah révéla en ce temps à Irmiyâ (Jérémie) ibn Ḥilqiyâ : "Va vers Nabuchodonosor et informe-le que Je l'ai investi de l'autorité sur les Arabes. Emporte Maʿadd sur le Burâq afin que le châtiment ne l'atteigne pas parmi eux, car Je vais faire sortir de ses reins un noble Prophète par lequel Je scellerai les Envoyés." Il emporta donc Maʿadd sur le Burâq vers la terre de Syrie (al-Shâm). Il grandit parmi les Enfants d'Israël et s'y maria avec une femme nommée Muʿânah bint Jawshan, de la tribu de Dub ibn Jarham. C'est de là que vient, dans les livres des Israélites, la généalogie de Maʿadd, consignée dans ses livres par Rakhyâ, qui est Bûrakh, le scribe de Jérémie. Entre lui et Ibrâhîm, dans cette généalogie, il y a environ quarante ancêtres. Al-Masʿûdî les a mentionnés, avec des variations dans les noms et des altérations dans les termes. C'est pour cela – et Allah sait mieux – que le Prophète – qu'Allah prie sur lui et le salue – s'est abstenu de faire remonter la généalogie de ʿAdnân jusqu'à Ismâʿîl, en raison des altérations et de la difficulté de ces noms. Al-Ṭabarî a mentionné la généalogie de ʿAdnân jusqu'à Ismâʿîl selon plusieurs voies, dont la plupart mentionnent environ quarante pères, avec des différences dans les termes, car elles ont été transmises à partir de livres hébraïques. Il a mentionné, selon une voie solide, que la généalogie de ʿAdnân remonte à Qaydhâr (Kédar) ibn Ismâʿîl. Le retour de Maʿadd en terre du Ḥijâz eut lieu après qu'Allah eut levé son châtiment des Arabes et que leurs survivants, qui étaient dans les hauteurs, furent revenus à leurs demeures et à leurs points d'eau, après que Nabuchodonosor eut parcouru leur pays, détruit les terres habitées et exterminé les habitants de Ḥuḍûr – ce sont ceux qu'Allah – qu'Il soit exalté – a mentionnés dans Sa parole : « Que de cités, injustes, avons-Nous brisées ! » (Coran 21:11) – et cela, pour avoir tué Shuʿayb ibn Dhī Mahdam, un prophète envoyé vers eux. Sa tombe se trouve à Ṣanîn, une montagne au Yémen. Ce n'est pas le premier Shuʿayb, le compagnon de Madyan ; celui-là est Shuʿayb ibn ʿAyfî, que l'on appelle aussi ibn Ṣayfûn. De même, les habitants de ʿAdan tuèrent un prophète qui leur avait été envoyé, nommé Ḥanẓalah ibn Ṣafwân. La puissance d'Allah s'exerça ainsi contre les Arabes pour cela. Nous cherchons refuge auprès d'Allah contre Sa colère et Son châtiment douloureux. Revenons à l'achèvement de la noble généalogie. Ibn Isḥâq a dit : « Ibn Udad ibn Muqawwam ibn Nâḥûr ibn Târiḥ ibn Yaʿrub ibn Yashjub ibn Nâbit ibn Ismâʿîl ibn Ibrâhîm, l'Ami Intime (Khalîl) du Tout-Miséricordieux, ibn Târiḥ – qui est Âzar – ibn Nâḥûr ibn Sârûgh ibn Râʿû ibn Fâligh ibn ʿÂbir ibn Shâligh ibn Arfakhshad ibn Sâm ibn Nûḥ (Noé) ibn Lâmak ibn Mattûshalakh ibn Khanûkh – qui est Idrîs (Hénoch) le Prophète, selon ce qu'ils prétendent, et Allah sait mieux – et il fut le premier prophète à qui furent donnés la prophétie et l'écriture au calame – ibn Yard ibn Mahlîl ibn Qaynân ibn Yânish ibn Shîth (Seth) ibn Adam – qu'Allah prie sur lui et le salue. » C'est ainsi qu'Ibn Isḥâq l'a exposé ; d'autres récits existent à ce sujet. Al-Suhaylî a dit : « Ibrâhîm signifie "père miséricordieux" (ab râḥim). » Ibn ʿAsâkir a dit, dans son *Histoire de Damas* : « Ibrâhîm – sur lui la paix – naquit à al-Ghûṭah, dans un village appelé Barzah. » Il a dit : « Le correct est qu'il naquit à Kûthâ, dans la province de Babylone, en Irak. Kûthâ, avec une ḍammah sur la première lettre et un *thâ'* à trois points, est un nom propre sur le modèle de *Fuʿlâ* ; cela a été dit par al-Bakrî dans *Muʿjam mâ istaʿjam*. Il naquit deux mille ans après la création d'Adam – sur lui la paix. Il y eut dix générations entre Nûḥ et Adam, et dix générations entre Nûḥ et Ibrâhîm. Quant à Âzar, on dit qu'il signifie "ô le tordu" (yâ aʿwaj) ; on dit aussi que c'est le nom d'une idole ; on dit encore que c'est un nom pour son père, qui s'appelait Târiḥ et Âzar. Sa mère était Nûnâ ; on dit aussi que son nom est Layûthî. Les noms après Ibrâhîm sont des noms syriaques, dont la plupart ont été interprétés en arabe par Ibn Hishâm. Il a mentionné que Fâligh signifie "le diviseur" (al-qassâm), et Shâligh signifie "le messager" ou "le mandataire" (al-rasûl ou al-wakîl). Il a mentionné qu'Ismâʿîl signifie "obéissant à Allah" (muṭîʿ Allâh). Al-Ṭabarî a mentionné qu'entre Fâligh et ʿÂbir, il y a un père nommé Qaynân, dont le nom a été omis dans la Torah parce qu'il était magicien. Quant à Arfakhshad, al-Nawawî a dit : avec un *râ'* en repos, puis un *fâ'* ouvert, puis un *khâ'* à un point en repos, puis un *shîn* à trois points. L'Égyptien (al-Miṣrî) l'a mentionné avec une ouverture et un *dhâl* à un point. Sa mère était parmi les filles des rois. Arfakhshad vécut quatre cent trois ans. Il était l'exécuteur testamentaire (waṣiyy) de son père. Son interprétation est "lampe lumineuse" (miṣbâḥ muḍî'). *Shâd*, allégé en syriaque, signifie "la lumière" (al-ḍiyâ') ; de là vient *Jam Shâd*. Il est le quatrième des rois après Jayûmarth (Gayomart). J'ai nommé mon livre d'après lui, en recherchant la bénédiction par lui.

Ibn 'Abd al-Hakam a dit dans ses Conquêtes de l'Égypte que Noé — sur lui la paix — demanda à Dieu Très-Haut de lui accorder une réponse favorable concernant son enfant et sa descendance. Dieu le lui promit. Alors il appela son enfant alors qu'ils dormaient à l'aube. Il appela Sem, qui lui répondit en accourant. Sem appela son enfant, mais seul Arfaxad lui répondit. Il partit avec lui jusqu'à ce qu'ils vinrent à Noé. Noé posa sa main droite sur Sem et sa main gauche sur Arfaxad fils de Sem. Il demanda à Dieu Très-Haut de bénir Sem et de placer la royauté et la prophétie dans la descendance d'Arfaxad. Puis il appela Cham, mais celui-ci ne lui répondit pas, ni lui ni aucun de ses enfants ne se levèrent vers lui. Noé invoqua Dieu Très-Haut pour que Ses enfants soient humiliés et qu'ils soient des serviteurs pour les enfants de Sem. Sem vécut béni jusqu'à sa mort, et son fils Arfaxad fils de Sem vécut béni jusqu'à sa mort. La royauté que Dieu aime, la prophétie et la bénédiction furent dans la descendance d'Arfaxad fils de Sem. L'imam Abou 'Abd Allah Muhammad ibn 'Abd Allah ibn Muhammad ibn Muhammad ibn Abi Bakr ibn Yusuf ibn al-'Attar a dit dans son ouvrage intitulé "Nazm al-Durar fi Nasab Sayyid al-Bashar" : "Quand apparut la lumière du Prophète guide, il salua par sa splendeur, et Arfaxad salua en retour. Sem lui offrit la splendeur, et c'est ainsi qu'un glorifié en offrit à un glorifié. Il le revêtit d'un habit de seigneurie, brodé de l'éclat du Prophète Muhammad. Il le distingua par la gloire parmi les créatures, et Ahmad le gratifia de la louange la plus louable." Et le dernier vers : "De notre part, le salut sur lui, portant son parfum, le vent du matin souffle sur un jardin verdoyant." Le nom de Noé — sur lui la paix — est 'Abd al-Ghaffar. Il fut appelé Noé à cause de ses lamentations. Son frère est Sabi', auquel est attribuée la religion des Sabéens. Et Lamech, certains disent Lamak, fut le premier à fabriquer le luth pour le chant, pour une raison trop longue à mentionner. Il fabriqua aussi des citernes. Mathusalem, certains disent Mathoushalakh, avec la mīm damma, la tā' fatḥa et le wāw sākin, comme l'a dit al-Suhaylī. Son interprétation est "le messager est mort", car son père était un messager, et il est Hénoc, qui est Idrīs — sur lui la paix. Idrīs fils de Yazd, son interprétation est "le contrôleur", fils de Mahalaleel, c'est-à-dire "le loué". À son époque commença l'adoration des idoles. Fils de Kénan, son interprétation est "le droit", fils d'Énos, son interprétation est "le véridique". En arabe, c'est Ānish. Il fut le premier à planter le palmier, à faire une porte à la Ka'ba, à semer la graine. Seth, en syriaque Shāth, son interprétation est "don de Dieu". Adam — sur lui la paix —, on dit que c'est du syriaque, ou bien c'est un superlatif de 'adam (peau brune), ou bien tiré du mot 'adīm (cuir) car il fut créé de la peau de la terre. Cela a été rapporté d'Ibn 'Abbās. Al-Nadr ibn Shumayl a dit : Adam fut nommé ainsi à cause de sa blancheur, d'après leur expression "une gazelle adam" lorsqu'elle a le ventre d'un blanc pur et le dos couleur de musc. Tha'laba ibn Salāma, le généalogiste d'al-Andalus, a mentionné que la taille d'Adam — sur lui la paix — le jour où Dieu le créa était de deux cents coudées, selon sa propre coudée. Lorsque Ève — sur elle la paix — fut créée de lui, elle fut diminuée de cent coudées. Lorsqu'il s'asseyait sur terre, rien des extrémités de celle-ci ne lui était caché, comme rien des extrémités de votre maison ne vous est caché lorsque vous êtes assis au milieu. Ibn 'Asākir a dit dans son Histoire : la taille d'Adam était de soixante coudées, et sa largeur de sept coudées. Il avait une barbe noire d'un empan sur un empan. 'Abd Allah ibn Qutayba a dit dans al-Ma'ārif : il était imberbe, et les barbes n'ont poussé que chez ses enfants après lui. Lorsqu'il fut à l'agonie, il désira des fruits du Paradis. Ses fils partirent pour les lui chercher, mais les anges les rencontrèrent et dirent : "Retournez, on vous en a dispensé." Ils revinrent vers lui, et les anges prirent son âme, le lavèrent, l'embaumèrent, le linceulèrent. Gabriel pria sur lui, les anges derrière Gabriel, et ses fils derrière les anges. Ils l'enterrèrent et dirent : "Telle est votre coutume pour vos morts, ô fils d'Adam." Wahb a dit : on creusa pour lui un endroit à Abū Qubays appelé Ghar al-Kanz. Adam resta dans cette grotte jusqu'au déluge. Noé l'en sortit et le transporta dans un cercueil avec lui dans l'arche. Lorsque l'eau se retira et que la terre apparut aux occupants de l'arche, Noé le ramena à sa place. Il dit : j'ai trouvé dans la Torah qu'il vécut neuf cent trente ans. Wahb dit : mille ans. Al-Suhaylī a dit : nous avons mentionné ces généalogies et en avons parlé selon l'avis de ceux qui les ont approuvées et ne les ont pas réprouvées, comme Ibn Isḥāq, al-Ṭabarī, al-Bukhārī, les Zubayrites et d'autres savants. Sa mère — que la prière et le salut soient sur lui — est Āmina bint Wahb ibn 'Abd Manāf ibn Zuhra ibn Kilāb ibn Murra. Elle n'avait pas de frère qui serait un oncle maternel du Prophète — que la prière et le salut soient sur lui —, mais les Banū Zuhra disent : "Nous sommes ses oncles maternels", car Āmina est des leurs. Il naquit — que la prière et le salut soient sur lui — un lundi du mois de Rabī' al-Awwal de l'année de l'Éléphant. On dit le 12, ou autre. L'arrivée de l'Éléphant eut lieu à la mi-Muḥarram, et ses compagnons périrent un dimanche. Entre l'Éléphant et sa naissance — que la prière et le salut soient sur lui — il y eut cinquante-cinq jours. Sa mère le conçut pendant les jours de Tashrīq, près de la stèle médiane. La nuit de sa naissance, l'ivan de Kisrā se fendit au point qu'on entendit son bruit, quatorze créneaux en tombèrent, le feu des Perses s'éteignit, alors qu'il ne s'était pas éteint depuis mille ans. Son père mourut alors qu'il était encore dans le ventre de sa mère, dit-on à deux mois. Sa mère mourut alors qu'il avait quatre ans. Son grand-père 'Abd al-Muṭṭalib prit soin de lui. Mention de ses noms — que la prière et le salut soient sur lui : Il a dit : "Je suis Muḥammad, je suis Aḥmad, al-Ḥāshir, al-Muqaffī, Nabī al-Raḥma, al-Māḥī, al-Khātam, al-'Āqib, Nabī al-Tawba, Nabī al-Malāḥim, al-Shāhid, al-Mubashshir, al-Nadhīr, al-Ḍaḥūk, al-Qattāl, al-Mutawakkil, al-Fātiḥ, al-Amīn, al-Muṣṭafā, al-Rasūl, al-Nabī, al-Ummī, al-Qutham, al-Muqfā." Al-Ḍaḥūk est son attribut dans la Torah, car il était d'un naturel joyeux et enjoué, et il était le plus généreux des créatures. Il a plusieurs noms mentionnés dans le Livre précieux. Que la prière et le salut de Dieu soient sur lui. Ibn Daḥya a dit dans le livre al-'Ilm al-Mashhūr : ce que j'ai vu de plus étrange est ce qu'a dit Ibn 'Aṭā' : "al-Fajr (l'aube) est Muḥammad — que la prière et le salut soient sur lui — car la foi a jailli de lui." Lorsqu'il eut huit ans, deux mois et dix jours, 'Abd al-Muṭṭalib mourut. Son oncle Abū Ṭālib prit alors soin de lui. Lorsqu'il eut douze ans, deux mois et dix jours, il partit avec son oncle Abū Ṭālib en Syrie. Baḥīrā le vit et le reconnut par ses signes. Il prit sa main et dit : "Celui-ci est le Messager du Seigneur des mondes." Il épousa Khadīja à l'âge de vingt-cinq ans, deux mois et dix jours. Lorsqu'il eut trente-cinq ans, il assista à la reconstruction de la Ka'ba et plaça la Pierre noire de sa propre main, vingt-huit ans avant la mort du Messager de Dieu. Lorsqu'il eut quarante ans et un jour, Dieu l'envoya comme annonciateur et avertisseur. Gabriel vint à lui dans la grotte de Hirā' et lui révéla : "Lis au nom de ton Seigneur qui a créé." Le début de la prophétie fut un lundi, le huitième jour de Rabī' al-Awwal. Il proclama ouvertement l'ordre de Dieu, transmit le message et conseilla la communauté. Puis les gens de La Mecque l'assiégèrent dans le ravin. Il resta assiégé pendant près de trois ans, lui et sa famille. Il sortit du siège à quarante-neuf ans. Huit mois et vingt et un jours après cela, son oncle Abū Ṭālib mourut, et Khadīja mourut trois jours après lui. Lorsqu'il eut cinquante ans et trois mois, les djinns de Naṣībīn vinrent à lui et se convertirent à l'islam. Lorsqu'il eut cinquante ans et neuf mois, il fut transporté de nuit au ciel, douze ans et deux mois avant sa mort. Lorsqu'il eut cinquante-trois ans, il émigra de La Mecque à Médine un lundi, le huitième jour de Rabī' al-Awwal. Il entra à Médine un lundi. Il y demeura dix ans. Il mourut — que la prière et le salut soient sur lui — à l'âge de soixante-trois ans. Sur certaines de ces dates, il y a des divergences bien connues entre les spécialistes des traditions, que nous n'avons pas mentionnées par crainte de longueur. Chapitre sur la mention de ceux qui écrivirent pour lui parmi les Compagnons, et discussion sur son écrit — que la prière et le salut soient sur lui — dans le traité de Hudaybiyya. Nous avons rapporté de l'imam Abū al-Qāsim 'Abd al-Raḥmān ibn 'Abd Allāh al-Khath'amī, puis al-Suhaylī — que Dieu lui fasse miséricorde — dans al-Rawḍ al-Unuf, où il a parlé de l'écrit du Messager de Dieu — que la prière et le salut soient sur lui — dans le traité de Hudaybiyya, et du fait qu'il effaça son nom alors qu'il était "Messager de Dieu" lorsque Suhayl ibn 'Amr lui dit : "Si j'avais témoigné que tu es le Messager de Dieu, je ne t'aurais pas combattu. Mais écris ton nom et le nom de ton père." Alors il écrivit : "Ceci est ce sur quoi Muḥammad ibn 'Abd Allāh a conclu la paix", car tout cela est parole de vérité. Certains pensèrent qu'il écrivit de sa propre main. Or, dans al-Bukhārī, il est dit : "Il écrivit alors qu'il ne savait pas écrire." On imagina donc que Dieu Très-Haut avait libéré sa main pour l'écriture à ce moment précis. On dit : c'est un signe. On lui répond : cela aurait été un signe incontestable, n'eût été qu'il contredit un autre signe, à savoir qu'il était illettré, ne sachant pas écrire. Par son illettrisme au sein d'une communauté illettrée, la preuve fut établie, le négateur fut confondu et le doute fut dissipé. Comment Dieu — Puissant et Majestueux — aurait-il libéré sa main pour écrire afin que ce soit un signe ? Le signe est plutôt qu'il n'écrive pas. Les miracles ne peuvent se contredire mutuellement. Le sens de "il écrivit" est donc : il ordonna d'écrire. Le scribe ce jour-là était 'Alī ibn Abī Ṭālib — que Dieu l'agrée.

Plusieurs de ses Compagnons 12 ont écrit pour lui (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), parmi lesquels les quatre Califes 13, 'Abdullah ibn al-Arqam, Mu'ayqib ibn Abî Fâtima, Khâlid ibn Sa'îd et son frère Abân, Zayd ibn Thâbit, 'Abdullah ibn Ubayy ibn Salûl, Ubayy ibn Ka'b le lecteur 14, Mu'âwiya ibn Abî Sufyân après l'année de la Conquête 15. Ont également écrit pour lui : Az-Zubayr ibn al-'Awwâm, Al-Mughîra ibn Shu'ba, Shuraḥbîl ibn Ḥasana, Khâlid ibn al-Walîd, 'Amr ibn al-'Âṣ, Juḥaym ibn aṣ-Ṣalt, 'Abdullah ibn Rawâḥa, Muḥammad ibn Maslama, 'Abdullah ibn Sa'd ibn Abî Sarḥ, Ḥanẓala ibn ar-Rabî' al-Asadî, Al-'Alâ' ibn al-Ḥaḍramî. 'Umar ibn Shabba les a mentionnés dans son livre « Les Scribes du Prophète » ; ils sont au total vingt-trois. J'ai recensé ceux qu'Ibn Shabba (qu'Allah lui fasse miséricorde) a omis, et j'en ai trouvé environ quarante-quatre scribes, en plus de ceux qu'il a mentionnés. Je les ai extraits des ouvrages des savants de cette discipline ; vous les verrez, si Allah Très-Haut le veut, classés par ordre alphabétique après les quatre Califes (qu'Allah les agrée). 1 - Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq (qu'Allah l'agrée) Son nom à l'époque préislamique était 'Abd al-Ka'ba ; l'Envoyé d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le nomma 'Abdullah ibn Abî Quḥâfa. Son nom (à lui, Abû Quḥâfa) est 'Uthmân ibn 'Âmir ibn 'Amr ibn Ka'b ibn Sa'd ibn Taym ibn Murra, Qurayshite Taymite. Sa mère est Umm al-Khayr bint Ṣakhr ibn 'Âmir ibn Ka'b ibn Sa'd ibn Taym ibn Murra ; son nom est Salmâ. Il émigra avec lui (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) de La Mecque à Médine ; il fut son compagnon dans la grotte 16. Il est le premier homme à avoir embrassé l'islam, selon Ibn 'Abd al-Barr. D'autres disent qu'il naquit la deuxième année après la naissance de l'Envoyé d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Section sur la cause de son islam (qu'Allah l'agrée) Ibn al-Athîr rapporte dans son « Dictionnaire des Compagnons » et Al-Mâlînî dans son « Dictionnaire de ses maîtres » d'après Zayd ibn Wahb al-Juhanî, d'après 'Abdullah ibn Mas'ûd, qui a dit : Abû Bakr a dit : « Je partis pour le Yémen avant que le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ne soit envoyé. Je descendis chez un vieillard des Azd, un savant qui avait lu les Écritures et acquis beaucoup de science parmi les hommes ; il avait quatre cents ans moins dix ans. Quand il me vit, il dit : "Je te crois originaire du Haram 17." Je dis : "Oui." Il dit : "Je te crois Qurayshite." Je dis : "Oui." Il dit : "Je te crois Taymite." Je dis : "Je suis de Taym ibn Murra, je suis 'Abdullah ibn 'Uthmân, de la descendance de Ka'b ibn Sa'd ibn Taym ibn Murra." Il dit : "Il me reste une chose à vérifier chez toi." Je dis : "Laquelle ?" Il dit : "Découvre ton ventre." Je dis : "Je ne le ferai pas, à moins que tu ne m'informes pourquoi." Il dit : "Je trouve dans la science qu'un prophète sera envoyé dans le Haram ; il sera assisté dans sa mission par un jeune homme et un homme d'âge mûr. Quant au jeune homme, il plongera dans les difficultés et repoussera les problèmes ; quant à l'homme d'âge mûr, il sera blanc, mince, avec un grain de beauté sur le ventre et une marque sur la cuisse gauche." Abû Bakr dit : "Je découvris mon ventre, et il vit un grain de beauté noir au-dessus de mon nombril. Il dit : "C'est toi, par le Seigneur de la Ka'ba !" Puis il dit : "Garde-toi de dévier de la guidée, et tiens fermement à la voie médiane." Puis il dit : "Emporte de ma part des vers de poésie que j'ai composés à son sujet." Quand je revins à La Mecque, les notables 18 de Quraysh vinrent à moi. Je dis : "Vous est-il arrivé un malheur, ou un événement s'est-il produit parmi vous ?" Ils dirent : "L'orphelin d'Abû Ṭâlib prétend être un prophète envoyé. Si ce n'était toi, nous n'aurions pas attendu pour agir contre lui." Abû Bakr dit : "Je m'informai à son sujet ; on me dit : "Il est dans la maison de Khadîja." Je vins donc et frappai à la porte. Il sortit. Je dis : "Ô Muḥammad, tu t'es éloigné des demeures de ta famille et tu as abandonné la religion de tes pères et ancêtres ?" Il dit : "Ô Abû Bakr, je suis l'Envoyé d'Allah vers toi et vers tous les hommes. Crois donc en Allah." Je dis : "Quelle est ta preuve pour cela ?" Il dit : "Le vieillard que tu as rencontré au Yémen." Je dis : "Combien de vieillards ai-je rencontrés au Yémen ?" Il dit : "Le vieillard qui t'a parlé et t'a donné les vers." Je dis : "Qui t'a informé de cela, ô mon bien-aimé ?" Il dit : "Le grand Ange qui vient aux prophètes avant moi." Je dis : "Tends ta main, je témoigne qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que tu es l'Envoyé d'Allah." Je repartis, et il n'y avait entre les deux laves 19 personne plus joyeux que l'Envoyé d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) de mon islam." Ibn Isḥâq rapporte que l'Envoyé d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Je n'ai invité personne à l'islam sans qu'il n'y ait eu chez lui un recul, une hésitation et une réflexion, excepté Abû Bakr : il n'a pas hésité. » Explication Sa parole : « les notables 18 de Quraysh ». Al-Jawharî dit : « Aṣ-Ṣindîd : le seigneur courageux ; une pluie ṣindîd : abondante ; aṣ-Ṣanâdîd : les calamités. De là vient la parole d'Al-Ḥasan : « Nous cherchons refuge auprès d'Allah contre les calamités du destin. » Section sur l'islam de son père et de sa mère Ibn Isḥâq dit : Quand l'Envoyé d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) entra à La Mecque l'année de la Conquête 15 et entra dans la Mosquée, Abû Bakr amena son père en le guidant ; il avait perdu la vue. Quand l'Envoyé d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le vit, il dit : « Que n'as-tu laissé le vieillard dans sa maison, afin que je vienne moi-même à lui ? » Abû Bakr dit : « Ô Envoyé d'Allah, il est plus digne de marcher vers toi que toi de marcher vers lui. » Il le fit asseoir devant lui, puis lui frotta la poitrine, puis lui dit : « Embrasse l'islam. » Il embrassa l'islam. 'Abd al-Karîm dit : « Sa mère, c'est-à-dire la mère d'Abû Bakr, est Umm al-Khayr Salmâ. » Muḥammad ibn Sallâm al-Jumaḥî dit : « Je demandai à Ibn Dâb : "Qui est la mère d'Abû Bakr ?" Il dit : "Umm al-Khayr, c'est son nom ; elle est la cousine d'Abû Bakr, et sa mère est de Khuzâ'a." » D'après 'Â'isha, Abû Bakr dit : « Ô Envoyé d'Allah, voici ma mère, et tu es béni ; invoque Allah pour elle et invite-la à l'islam. » L'Envoyé d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) invoqua Allah pour elle, et elle embrassa l'islam. Son islam fut ancien, avec son fils Abû Bakr. Elle mourut après Abû Bakr et avant Abû Quḥâfa, son époux ; tous deux héritèrent d'Abû Bakr et moururent après lui. D'après Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée), il dit : « La mère d'Abû Bakr, la mère de 'Uthmân, la mère de Ṭalḥa, la mère d'Az-Zubayr et la mère de 'Abd ar-Raḥmân ibn 'Awf embrassèrent l'islam anciennement, avec l'islam d'Abû Bakr (qu'Allah les agrée). » Abû Bakr exerça le califat après l'Envoyé d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) pendant deux ans et demi, selon une divergence à ce sujet. Il vécut (qu'Allah l'agrée) soixante-trois ans, l'âge de l'Envoyé d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). 'Abd al-Karîm dit : Ibn Shihâb mentionne qu'Abû Bakr et Al-Ḥârith ibn Kalada mangeaient une ḥarîra 20 offerte à Abû Bakr. Al-Ḥârith, qui était médecin, dit : « Ô Calife de l'Envoyé d'Allah, lève ta main ! Par Allah, elle contient un poison d'un an, et toi et moi mourrons le même jour. » Il retira sa main ; ils restèrent malades jusqu'à ce qu'ils mourussent le même jour, à la fin de l'année. Il est le premier calife dont les deux parents héritèrent (qu'Allah les agrée). Muḥammad ibn Ẓafar mentionne dans son livre « Le Meilleur des hommes » le récit du vieillard azdite avec un ajout. Il dit : 'Abdullah ibn Mas'ûd rapporte d'après Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq (qu'Allah les agrée) qu'il a dit : « Je partis pour le Yémen pour le commerce avant la mission du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Je descendis chez un vieillard des Azd, un savant qui avait lu les Écritures et acquis beaucoup de science ; il avait atteint l'âge de trois cent quatre-vingt-dix ans. Il dit : "Il m'examina et dit : "Je te crois originaire du Haram 17." Je dis : "Oui, je suis des gens du Haram." Il dit : "Je te crois Taymite." Je dis : "Oui, je suis de Taym ibn Murra, je suis 'Abdullah ibn 'Uthmân ibn 'Âmir ibn 'Amr ibn Ka'b ibn Sa'd ibn Taym." Il dit : "Il me reste une chose à vérifier chez toi." Je dis : "Laquelle ?" Il dit : "Découvre-moi ton ventre." Je dis : "Je ne le ferai pas, à moins que tu ne m'informes pourquoi." Il dit : "Je trouve dans la science authentique et véridique qu'un prophète sera envoyé du Haram ; il sera assisté dans sa mission par un jeune homme et un homme d'âge mûr. Quant au jeune homme, il plongera dans les difficultés et dissipera les problèmes ; quant à l'homme d'âge mûr, il sera blanc, mince, avec un grain de beauté sur le ventre et une marque sur la cuisse gauche. Il ne te coûte rien de me montrer ce qui m'est caché." Je découvris donc mon ventre, et il vit un grain de beauté noir au-dessus de mon nombril. Il dit : "C'est toi, par le Seigneur de la Ka'ba ! Je te recommande une chose : prends garde." Je dis : "Quoi donc ?" Il dit : "Garde-toi de dévier de la guidée, et tiens fermement à la voie la meilleure ; crains Allah dans ce qu'Il t'a donné et t'a accordé." Abû Bakr (qu'Allah l'agrée) dit : « Je terminai mes affaires au Yémen, puis je vins chez le vieillard pour lui faire mes adieux. Il dit : "Veux-tu emporter de ma part des vers pour ce prophète ?" Je dis : "Oui." Il se mit à dire : "N'as-tu pas vu que j'ai nommé mes compagnons et moi-même, alors que je suis devenu dans la tribu un vieillard résident ? J'ai vécu, et dans les jours il y a pour l'homme une leçon, trois cents puis quatre-vingt-dix ans en sécurité. J'ai fréquenté des rabbins qui ont illuminé par leur science les ténèbres de l'ignorance que tu vois s'y étendre. Combien de moines solitaires, debout en prière, ai-je rencontrés, sans avoir laissé dans la recherche un devin. Tous, quand j'ai grandi, m'ont dit qu'un prophète, tu le rencontreras, venant. À La Mecque, alors que les idoles y sont puissantes, il les renversera jusqu'à les voir humiliées. Je n'ai cessé d'invoquer Allah en tout lieu où j'ai séjourné, en secret et en public, ouvertement. L'étincelle de ma force s'est éteinte, et je me suis trouvé un vieillard incapable de supporter les chagrins. Toi, par le Seigneur de la Demeure, tu rencontreras Muḥammad cette année-ci ; il a établi les preuves. Plût au ciel que je l'eusse rencontré dans ma jeunesse, j'aurais été pour lui un serviteur, sinon un aide. Sur lui la paix d'Allah, tant que brillera l'aurore ; va donc, léger, d'une lumière légère. Salue donc l'Envoyé d'Allah de ma part, car je vis selon sa religion, bien que je sois faible. Par ce que tissent les deux collines 21 et la plante, et par ce que la montagne élevée et éternelle a créé pour nous." Abû Bakr (qu'Allah l'agrée) dit : « Je retins sa recommandation et sa poésie, et je revins à La Mecque. Shayba, Abû Jahl ibn Hishâm, Abû al-Bukhtarî, 'Uqba ibn Abî Mu'ayṭ et des hommes de Quraysh vinrent me saluer. Je dis : "Un événement est-il arrivé ?" »

Il s'est produit la plus grande des calamités : ce Muhammad, fils de 'Abd Allāh, prétend être un prophète envoyé par Dieu aux hommes. Si ce n'était toi, nous n'aurions pas attendu après lui. Puisque tu es venu, tu es l'objet suprême du désir et le but ultime. » Il dit : « Je manifestai de l'étonnement, je les éconduisis avec douceur et tact, et j'allai m'informer au sujet du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. On me dit : "Il est dans la demeure de Khadīja." Je frappai donc à la porte chez lui. Un homme sortit vers moi. Je dis : "Ô Muhammad, tu as été absent du cercle de ton peuple, ils t'ont accusé d'absence prolongée, et tu as abandonné la religion de tes pères." Il dit : "Ô Abū Bakr, je suis le Messager de Dieu vers toi et vers tous les hommes. Crois donc en Dieu." Je dis : "Et quel est ton signe ?" Il dit : "Le vieillard que tu as rencontré au Yémen." Je dis : "Combien de vieillards ai-je rencontrés, auprès de qui j'ai vendu et acheté, pris et donné ?" Il dit : "Le vieillard qui t'a informé à mon sujet et t'a fait don des vers." Je dis : "Et qui t'a informé de cela, ô mon bien-aimé ?" Il dit : "L'Ange majestueux qui venait aux prophètes avant moi." Je dis : "J'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu et que tu es le Messager de Dieu." » Abū Bakr dit : « Je m'en retournai, et je ne trouvai pas de joie plus intense que celle du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – pour mon embrassement de l'Islam. » Ibn Ẓafar dit : « Ceci, que Dieu te fortifie, est un modèle merveilleux, à l'abondance débordante. Je vous en ai offert la moelle de cette porte. Et c'est Dieu qui guide vers la justesse. » Explication des termes rares contenus dans les vers : Sa parole « rāhinā » : « ar-rāhin » est celui qui demeure sur place. Sa parole « ṭābinā » : « aṭ-ṭābin » est l'homme avisé et sagace. Sa parole « 'afshalīl » : c'est l'homme grossier et lourd. Sa parole « ta'aṭmasat » : « khatam khalqī » (la fin de ma création). Sa parole « dā'inan » : c'est-à-dire obéissant. Sa parole « fārkisahā » : « ar-raks » est le fait de retourner une chose sens dessus dessous. Cela eut lieu le jour de la conquête de La Mecque. Sa parole « kawāminā » : c'est-à-dire cachées ; de là vient « al-kamīn » (l'embuscade) à la guerre. Sa parole « ash-shawājinā » : « ash-shawājin » sont les chemins divergents ; il entend par là les parcours sur ces chemins. Il voulait dire qu'il ne peut supporter la marche sur la terre. « Ar-rahim » (l'utérus) est une « shajna » (une attache), et les branches et les racines s'entrelacent. « Al-wahn » : la faiblesse. Sa parole « 'ajāhinā » : c'est celui dont on se divertit par ses propos et dont on rit. Il était de coutume chez les Arabes qu'à la noce d'une jeune fille vierge, un homme assiste pour la divertir. Lorsque son mari se retrouve seul avec elle, cet homme est ligoté et frappé légèrement ; on s'en prend à lui, il appelle la jeune fille au secours et dit des paroles qui font rire, permettant ainsi à son mari de la posséder et de la déflorer. On le nomme « al-'ajāhin ». Sa parole « fa-alqa » : c'est-à-dire briller. « Al-hifāf » : le mince. « Al-hāfin » : le faible. Sa parole « al-jahlatayn » : les deux côtés de la vallée. Sa parole « al-washīḥa » : les racines des arbres entremêlées et enchevêtrées. Sa parole « aṭ-ṭawdu al-mutāli'u » : avec la mīm en nominatif et le lām en génitif, c'est le nom d'une montagne, selon al-Bakrī et al-Jawharī. On dit aussi « al-mutāli'u » : le haut, d'où « at-tala'u » qui est la longueur du cou. Sa parole « 'ādinā » : c'est-à-dire demeurant ; de là vient « jannātu 'adnin » : les jardins de la demeure éternelle. Ibn Isḥāq a rapporté, d'après le récit de Surāqa b. Mālik, que lorsque le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – sortit pour émigrer et que Surāqa les poursuivit, les jambes de son cheval s'enfoncèrent dans le sol à trois reprises. Il dit alors : « Attendez-moi, que je vous parle. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Dis-lui : "Que veux-tu ?" » Abū Bakr lui parla donc. Il dit : « Écris-moi un document qui soit un signe entre toi et moi. » Abū Bakr lui écrivit un document sur un os, ou sur un morceau de cuir, ou sur un lambeau d'étoffe. Ibn 'Abd al-Barr dit : « Ibn Shabba l'a mentionné dans son Livre de l'Écriture. Je rapporterai le récit de Surāqa de manière plus complète que ceci plus loin dans cet ouvrage. » Muhammad b. Ẓafar a rapporté d'après Abū Hurayra – que Dieu l'agrée – qui a dit : « Les Émigrés et les Auxiliaires se réunirent auprès du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq – que Dieu l'agrée – dit : "Par ta vie, ô Messager de Dieu, je ne me suis jamais prosterné devant une idole." 'Umar b. al-Khaṭṭāb se fâcha et dit : "Tu dis : 'Par ta vie, ô Messager de Dieu, je ne me suis jamais prosterné devant une idole', alors que tu as passé tant et tant d'années dans l'époque préislamique ?" Abū Bakr – que Dieu l'agrée – dit : "Lorsque j'atteignis l'âge de raison, mon père Abū Quḥāfa me prit et m'emmena dans une chambre où se trouvaient les idoles. Il me dit : 'Voici tes divinités, les très hautes ; prosterne-toi devant elles.' Puis il me laissa et s'en alla. Je m'approchai de l'idole et dis : 'J'ai faim, nourris-moi.' Elle ne me répondit pas. Je dis : 'J'ai soif, donne-moi à boire.' Elle ne me répondit pas. Je dis : 'Je suis nu, habille-moi.' Elle ne me répondit pas. Je jetai alors une pierre sur elle et dis : 'Je vais jeter cette pierre sur toi ; si tu es une divinité, protège-toi.' Elle ne me répondit pas. Je jetai donc la pierre sur elle, et elle tomba sur sa face. Mon père revint et dit : 'Qu'est-ce que cela ?' Je dis : 'Ce que tu vois.' Mon père alla trouver ma mère et l'informa. Elle dit : 'C'est celui à qui Dieu a parlé en confidence.' Je dis : 'Ô mère, et que t'a-t-Il dit en confidence ?' Elle dit : 'La nuit où j'eus les douleurs de l'enfantement, je n'avais personne auprès de moi. J'entendis un héraut qui appelait – j'entendais la voix sans voir la personne – disant : "Ô servante de Dieu, en toute certitude, Réjouis-toi de l'enfant affranchi. Son nom dans le ciel est 'aṣ-Ṣiddīq', Compagnon et ami de Muhammad."' » Abū Hurayra – que Dieu l'agrée – dit : « Lorsqu'il eut fini de parler, Gabriel – sur lui la paix – descendit auprès du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, le salua et dit : "Abū Bakr a dit vrai." Il le confirma trois fois. » L'allégeance lui fut prêtée pour le califat le jour même où mourut le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – sous la pergola des Banū Sā'ida. Ibn Daḥya a rapporté d'après 'Abd Allāh b. Mas'ūd qui a dit : « Le retour des Auxiliaires le jour de la Pergola fut dû à une parole prononcée par 'Umar b. al-Khaṭṭāb : "Je vous adjure par Dieu, savez-vous que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – ordonna à Abū Bakr de diriger la prière des gens ?" Ils dirent : "Ô Dieu, oui." Il dit : "Lequel d'entre vous a l'âme assez satisfaite pour l'écarter de la station où l'a placé le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue ?" Ils dirent tous : "Nul n'a l'âme satisfaite ; nous implorons le pardon de Dieu." » Il resta au califat deux ans moins cinq nuits ; on dit aussi autre chose. Il mourut le vendredi, avec sept nuits restantes de Jumādā al-Ākhira de l'an treize, à l'âge de soixante-trois ans, selon une divergence à ce sujet. Ibn Isḥāq a rapporté, à propos de l'expédition de Dhāt as-Salāsil, dont le commandant était 'Amr b. al-'Āṣ et à qui le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – envoya Abū 'Ubayda b. al-Jarrāḥ avec les premiers Émigrés, parmi lesquels se trouvaient Abū Bakr et 'Umar. Il dit : « Il faisait partie du récit de cette expédition que Rāfi' b. Abī Rāfi' aṭ-Ṭā'ī – c'est-à-dire Rāfi' b. 'Umayra, à qui le loup avait parlé – racontait : "J'étais un homme chrétien, et je m'appelais Sarjis. J'étais le plus connaisseur et le plus guide des hommes dans ce désert de sable. J'enfouissais de l'eau dans des œufs d'autruche dans les parages du désert, à l'époque préislamique. Puis j'attaquais les chameaux des gens. Lorsque je les faisais entrer dans le désert, j'en prenais le contrôle, et personne ne pouvait m'y poursuivre, jusqu'à ce que j'aille chercher cette eau que j'avais cachée dans les œufs d'autruche, que je l'extraye et en boive." » Ibn 'Abd al-Barr dit : « On raconte qu'il parcourut la distance entre Kūfa et Damas en cinq nuits, grâce à sa connaissance des déserts. » Il dit : « Lorsque j'embrassai l'Islam, je partis pour cette expédition où le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salve – avait envoyé 'Amr b. al-'Āṣ à Dhāt as-Salāsil. Je dis : "Par Dieu, je vais me choisir un compagnon." Je me joignis donc à Abū Bakr et fus avec lui dans sa monture. » Il dit : « Il portait un manteau de laine de Fadak. Lorsque nous descendions, il l'étendait ; lorsque nous montions, il le revêtait, puis le fixait sur lui avec un cure-dent. » Il dit : « C'est ce que les gens du Najd disaient, lorsqu'ils apostasièrent en mécréants : "Nous prêtons allégeance à celui au manteau." » Il dit : « Lorsque nous approchâmes de Médine, au retour, je dis : "Ô Abū Bakr, je ne t'ai accompagné que pour que Dieu me soit utile par toi. Conseille-moi et enseigne-moi." Il dit : "Même si tu ne me l'avais pas demandé, je l'aurais fait." Il dit : "Je t'ordonne d'unifier Dieu et de ne rien Lui associer, d'accomplir la prière, d'acquitter l'aumône légale, de jeûner le Ramadan, de faire le pèlerinage de cette Maison, de te laver de l'impureté majeure, et de ne jamais chercher à commander à deux musulmans." » Il dit : « Je dis : "Ô Abū Bakr, quant à moi, par Dieu, j'espère ne jamais rien associer à Dieu. Quant à la prière, je ne l'abandonnerai jamais, si Dieu Très-Haut le veut. Quant à l'aumône légale, si j'ai des biens, je l'acquitterai, si Dieu le veut. Quant au Ramadan, je ne le manquerai jamais, si Dieu Très-Haut le veut. Quant au pèlerinage, si je le peux, je le ferai, si Dieu Très-Haut le veut. Quant à l'impureté majeure, je m'en laverai, si Dieu Très-Haut le veut. Quant au commandement, j'ai vu les gens, ô Abū Bakr, n'obtenir de considération auprès du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et auprès des gens que par lui. Pourquoi m'en as-tu interdit ?" Il dit : "Tu ne m'as mis à l'épreuve que pour que je m'efforce pour toi. Je vais t'informer à ce sujet, si Dieu le veut. Sache que Dieu – béni et Très-Haut – a envoyé Muhammad – que Dieu prie sur lui et le salue – avec cette religion. Il a lutté pour elle jusqu'à ce que les gens y entrent, de gré ou de force. Lorsqu'ils y entrèrent, ils devinrent les protégés de Dieu et Ses voisins, sous Sa sauvegarde. Prends garde de ne pas trahir Dieu envers Ses voisins, car Dieu te poursuivrait alors dans Sa trahison. En effet, si l'un de vous trahit son voisin, il passe la journée les muscles gonflés de colère pour son voisin, si l'on touche à un mouton ou à un chameau lui appartenant. Dieu est plus intense encore dans Sa colère pour Son voisin." » Il dit : « Je le quittai sur ces bases. Lorsque le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – fut rappelé et qu'Abū Bakr prit le commandement des gens, je vins à lui et lui dis : "Ô Abū Bakr, ne m'avais-tu pas interdit de chercher à commander à deux musulmans ?" Il dit : "Si, et je te l'interdis maintenant encore." Je dis : "Qu'est-ce donc qui t'a poussé à assumer toi-même le commandement des gens ?" Il dit : "Je n'ai pas trouvé d'autre issue ; j'ai craint pour la communauté de Muhammad – que Dieu prie sur lui et le salue – la division." » Explication des termes rares : Sa parole « 'awādhan » : c'est-à-dire cherchant refuge auprès de Lui – gloire à Lui, Très-Haut –, se réfugiant en Lui. C'est ce qu'a dit le Qāḍī 'Iyāḍ – que Dieu Très-Haut lui fasse miséricorde. Sa parole « lā takhfir Allāh » : avec la tā' en damma. « Akhfartu ar-rajula » signifie que tu n'as pas tenu ton engagement envers lui et que tu l'as trahi. « Khafartuhu » (triple) et « Khafartuhu » signifient que tu l'as protégé. « Al-khafīr » est le protecteur. « Al-khifāra » (avec damma) est la protection, l'engagement. « Al-khifra » et « al-khifr » sont la protection et le pacte.

Sa parole : « Dieu te suivra » 22. On dit : « J'ai suivi un homme pour mon droit, je le suis en suivant, si je le réclame, et je suis pour lui un suiveur 23 ». Dieu Très-Haut a dit : {Puis vous ne trouverez pour vous, contre nous, aucun suiveur} 24, c'est-à-dire aucun réclamant qui suit. Al-Khattâbî a dit : les traditionnistes le rapportent avec une voyelle lourde 25, et c'est une erreur. Sa parole : « Sa chair 26 saillait 27 de colère ». Al-Jawharî a dit : « Al-'adhal 28 est le pluriel de 'adhalât 29 de la jambe, et toute chair rassemblée, abondante dans un nerf, est une 'adhalah 30. On dit : 'adula 31 l'homme, il est 'adil 32 entre les 'adil 33, s'il a beaucoup de chair. Comme s'il voulait, que Dieu l'agrée, que l'homme, quand il se fâche, sa chair enfle. » Ibn Fâris a dit dans son Mujmal 34 : « Nata'a 35 la chose, si elle sort de son endroit sans se détacher ; nata'at 36 l'ulcère, elle a enflé ; nata'a 37 par le mal, c'est-à-dire il s'y est préparé. » 2 - 'Umar ibn al-Khattâb, que Dieu l'agrée Il est Abû Hafs 'Umar ibn al-Khattâb ibn Nufayl ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn Riyâh (avec un yâ' à deux points en dessous) ibn 'Abd Allâh ibn Qurt ibn Rizâh ibn 'Adî ibn Ka'b. Il rencontre le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, chez Ka'b. Ibn 'Abd al-Barr a dit : sa mère est Hantamah bint Hâshim ibn al-Mughîrah ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm. Un groupe a dit : Hantamah bint Hishâm ibn al-Mughîrah. Celui qui a dit cela s'est trompé. Si elle était ainsi, elle serait la sœur d'Abû Jahl ibn Hishâm, mais il n'en est pas ainsi. Elle est seulement sa cousine paternelle, car Hâshim et Hishâm, fils d'al-Mughîrah, sont deux frères. Hâshim est le père de Hantamah, mère de 'Umar, et Hishâm est le père d'Abû Jahl. Hâshim, le grand-père maternel de 'Umar, était appelé Dhû ar-Rumhayn 38. Ibn al-Jawzî a rapporté de lui qu'il a dit : « Le premier à me donner le surnom d'Abû Hafs fut le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. » Al-Jawharî a dit : « Al-Hafs 39 est un panier en cuir, et aussi le petit du lion. Umm Hafsah 40 est la poule. » Il naquit treize ans après l'Année de l'Éléphant. Il était parmi les nobles de Quraysh. Il embrassa l'Islam après trente-neuf hommes. C'est à lui que revenait la mission d'ambassadeur à l'époque préislamique : quand une guerre éclatait entre eux ou entre eux et d'autres, ils l'envoyaient comme ambassadeur ; et si un rival les défiait ou les provoquait, ils l'envoyaient comme rival et provocateur, et ils s'en contentaient. Chapitre sur son embrassement de l'Islam Ibn Ishâq a rapporté d'après 'Abd al-'Azîz ibn 'Abd Allâh ibn 'Âmir ibn Rabî'ah, d'après sa mère Umm 'Abd Allâh bint Abî Hathmah, que Dieu l'agrée, qui a dit : « Nous étions, par Dieu, en train de nous préparer à partir pour le pays d'Abyssinie, alors que 'Âmir était allé pour quelque besoin, quand arriva 'Umar ibn al-Khattâb et s'arrêta devant moi, alors qu'il était encore dans son polythéisme. Elle dit : nous subissions de lui des épreuves, des torts et des duretés. Il dit : "Tu vas donc partir, ô Umm 'Abd Allâh ?" Elle dit : je répondis : "Oui, par Dieu, nous sortirons dans la terre de Dieu, car vous nous avez fait du mal et opprimés, jusqu'à ce que Dieu nous donne une issue." Elle dit : il dit : "Que Dieu vous accompagne." Et je vis en lui une douceur que je ne lui avais jamais vue. Puis il s'en alla, attristé, me semble-t-il, par notre départ. Elle dit : 'Âmir arriva avec ce besoin. Je lui dis : "Ô Abâ 'Abd Allâh, si tu avais vu 'Umar tout à l'heure, sa douceur et sa tristesse pour nous." Il dit : "Aspires-tu à son embrassement de l'Islam ?" Elle dit : je répondis : "Oui." Il dit : "Celui que tu as vu n'embrassera pas l'Islam jusqu'à ce que l'âne d'al-Khattâb l'embrasse." Elle dit : par désespoir à son sujet, à cause de ce qu'il voyait de sa rudesse et de sa dureté envers l'Islam. » Je dis : l'embrassement de l'Islam de 'Umar, que Dieu l'agrée, est rapporté par plusieurs voies, que les savants parmi les traditionnistes et les biographes ont rapportées. Je vais en citer quelques-unes parmi celles qui figurent dans mes transmissions et d'autres. Ibn 'Abd al-Barr a rapporté d'après Zayd ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar, d'après son père, qui a dit : « Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, regarda 'Umar et Abû Jahl qui se parlaient en secret, et dit : "Ô Dieu, rends l'Islam puissant par celui des deux qui T'est le plus aimé." » Ibn Ishâq a dit : son embrassement de l'Islam fut que sa sœur Fâtimah, épouse de Sa'îd ibn Zayd ibn 'Amr ibn Nufayl, avait embrassé l'Islam, elle et son mari Sa'îd, tout en cachant leur embrassement de 'Umar. Nu'aym ibn 'Abd Allâh an-Nahhâm, un homme de son clan, des Banû 'Adî ibn Ka'b, avait embrassé l'Islam et le cachait par peur de son clan. Khabbâb ibn al-Aratt venait souvent chez Fâtimah bint al-Khattâb pour lui enseigner le Coran. Un jour, 'Umar sortit, ceint de son épée, voulant aller vers le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et un groupe de ses Compagnons dont on lui avait dit qu'ils s'étaient réunis dans une maison près d'as-Safâ, au nombre d'environ quarante, hommes et femmes, avec le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, son oncle Hamzah ibn 'Abd al-Muttalib, Abû Bakr et 'Alî, parmi les hommes musulmans, que Dieu les agrée, qui étaient restés avec le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, à La Mecque et n'avaient pas émigré en Abyssinie. Hamzah avait embrassé l'Islam trois jours avant 'Umar. Nu'aym ibn 'Abd Allâh an-Nahhâm le rencontra et dit : "Où veux-tu aller, ô 'Umar ?" Il dit : "Je veux aller vers Muhammad, ce sabéen 41 qui a divisé l'affaire de Quraysh, a traité leurs esprits de légers, a critiqué leur religion et insulté leurs divinités, pour le tuer." Ibn 'Abd al-Barr a dit : il lui dit : "Quel mauvais chemin tu prends !" Il voulait le détourner du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. 'Umar lui dit : "Si je savais que tu es devenu sabéen, je commencerais par toi." Ibn Ishâq a dit : Nu'aym lui dit : "Par Dieu, tu es bien dupe de toi-même, ô 'Umar. Crois-tu que les Banû 'Abd Manâf te laisseront marcher sur terre si tu as tué Muhammad ? Ne retournes-tu pas plutôt à ta famille pour redresser leur affaire ?" Il dit : "Quelle famille ?" Il dit : "Ton beau-frère et ton cousin Sa'îd ibn Zayd et ta sœur Fâtimah bint al-Khattâb : par Dieu, ils ont embrassé l'Islam et ont suivi Muhammad dans sa religion. Occupe-toi d'eux." Il dit : 'Umar retourna, se dirigeant vers sa sœur et son beau-frère. Chez eux se trouvait Khabbâb ibn al-Aratt avec une feuille contenant Tâ Hâ 42, qu'il leur lisait. Quand ils entendirent le bruit de 'Umar, Khabbâb se cacha dans un réduit, et Fâtimah prit la feuille et la mit sous sa cuisse. 'Umar avait entendu, en s'approchant de la maison, la lecture de Khabbâb sur eux. Quand il entra, il dit : "Qu'est-ce que ce murmure que j'ai entendu ?" Ils lui dirent : "Nous n'avons rien entendu." Il dit : "Si, par Dieu, et on m'a informé que vous avez suivi Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue, dans sa religion." Il se jeta sur son beau-frère Sa'îd ibn Zayd. Sa sœur Fâtimah se leva pour l'écarter de son mari, il la frappa et la blessa à la tête. Quand il eut fait cela, sa sœur et son beau-frère lui dirent : "Oui, nous avons embrassé l'Islam et cru en Dieu et en Son Messager. Fais ce qu'il te plaît." Quand 'Umar vit le sang de sa sœur, il regretta ce qu'il avait fait, se calma et dit à sa sœur : "Donne-moi cette feuille que je vous ai entendu lire tout à l'heure, que je voie ce que Muhammad a apporté." 'Umar était scribe. Quand il dit cela, sa sœur lui dit : "Nous avons peur pour elle à cause de toi." Il dit : "N'aie pas peur", et il jura par ses divinités qu'il la lui rendrait après l'avoir lue. Quand il lui dit cela, elle espéra son embrassement de l'Islam et lui dit : "Ô mon frère, tu es impur à cause de ton polythéisme, car seul un pur peut la toucher." 'Umar se leva, se lava, et elle lui donna la feuille contenant Tâ Hâ. Il la lut. Quand il en lut le début, il dit : "Quelle belle parole et quelle noble !" Quand Khabbâb entendit cela, il sortit vers lui et dit : "Ô 'Umar, par Dieu, j'espère que Dieu t'a réservé la prière de Son Prophète. Je l'ai entendu hier dire : 'Ô Dieu, soutiens l'Islam par Abû al-Hakam ibn Hishâm ou par 'Umar ibn al-Khattâb.' Par Dieu, par Dieu, ô 'Umar !" 'Umar lui dit alors : "Indique-moi où est Muhammad, que j'aille à lui et embrasse l'Islam." Khabbâb lui dit : "Il est dans une maison près d'as-Safâ, avec un groupe de ses Compagnons." 'Umar prit son épée, la ceignit, puis se dirigea vers le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et ses Compagnons. Il frappa à la porte. Quand ils entendirent sa voix, un homme parmi les Compagnons du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, se leva et regarda par l'interstice de la porte. Il le vit ceint de l'épée, retourna vers le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, effrayé, et dit : "Ô Messager de Dieu, voici 'Umar ibn al-Khattâb, ceint de l'épée." Hamzah ibn 'Abd al-Muttalib dit : "Laisse-le entrer. S'il vient pour un bien, nous le lui offrirons ; s'il vient pour un mal, nous le tuerons avec son épée." Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : "Laisse-le entrer." L'homme le laissa entrer. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, se leva et alla à sa rencontre dans la chambre, le saisit par le haut de son pagne ou par le col de son manteau, le tira d'une forte secousse et dit : "Qu'est-ce qui t'amène, ô fils d'al-Khattâb ? Par Dieu, je ne pense pas que tu t'arrêteras jusqu'à ce que Dieu fasse descendre sur toi une calamité." Dans une autre version : "Je ne te vois pas t'arrêter jusqu'à ce que Dieu te fasse ce qu'Il a fait à al-Walîd et à untel et untel." Il rit. Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : "Ô Dieu, guide-le." Ibn Ishâq a dit : 'Umar dit : "Ô Messager de Dieu, je suis venu à toi pour croire en Dieu, en Son Messager et en ce qui est venu de Dieu. J'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu et que Muhammad est le Messager de Dieu." Il dit : le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, fit un takbîr 43 que les gens de la maison, parmi les Compagnons du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, surent que 'Umar avait embrassé l'Islam. Dans une autre version : les gens de la maison firent un takbîr que l'on entendit de l'extérieur de la maison. Les Compagnons du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, se dispersèrent de leur lieu, fiers d'eux-mêmes quand 'Umar embrassa l'Islam avec l'embrassement de Hamzah, et ils surent qu'ils protégeraient le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et qu'ils obtiendraient justice contre leur ennemi grâce à eux. 'Umar ibn al-Khattâb, que Dieu l'agrée, dit quand il embrassa l'Islam : « Louange à Dieu, le Bienfaiteur, à qui incombent pour nous des bienfaits sans nombre. Nous avions commencé par le démentir, mais il nous dit : "Le Prophète dit vrai, il détient la nouvelle." J'avais opprimé la fille d'al-Khattâb, puis mon Seigneur me guida le soir où l'on dit : "'Umar est devenu sabéen." J'ai regretté ce qui fut de ma faute en l'opprimant, quand les sourates étaient récitées chez elle. Quand elle invoqua son Seigneur, le Maître du Trône, avec effort, et que les larmes de ses yeux coulaient rapidement, Je sus que Celui qu'elle invoquait était son Créateur, et peu s'en fallut que des perles de larmes ne me devancent. »

Je dis alors : « J’atteste qu’Allah est notre Créateur… et qu’Ahmad 44 est aujourd’hui célèbre parmi nous. » « Un prophète de vérité, venu avec la vérité d’un homme digne de confiance, fidèle à son dépôt, sans faiblesse dans sa résolution. » Puis ‘Umar dit : « Montrons donc ouvertement à La Mecque la religion d’Allah. Si notre peuple nous agresse injustement, nous les combattrons ; s’ils nous traitent avec équité, nous accepterons d’eux. » ‘Umar et les Compagnons sortirent et s’assirent dans la mosquée. Quand Quraysh vit l’islam de Hamza et de ‘Umar, ils furent consternés. Ibn Ishaq rapporte également, avec sa chaîne de transmission, d’après ‘Umar (qu’Allah l’agrée) qu’il a dit : « J’étais très éloigné de l’islam, j’étais un buveur de vin à l’époque préislamique, je l’aimais et en buvais. Nous avions un cercle où se réunissaient des hommes de Quraysh à al-Hazwara 45. » Il dit : « Une nuit, je sortis pour rejoindre mes compagnons de cercle, mais je ne trouvai aucun d’eux. » Il dit : « Je me dis : “Si j’allais chez untel, le marchand de vin – il y avait à La Mecque un vendeur de vin – peut-être trouverais-je chez lui du vin à boire.” J’y allai mais ne le trouvai pas. » Il dit : « Je me dis alors : “Si j’allais à la Kaaba et que j’en faisais sept ou soixante-dix circumambulations ?” Je vins à la mosquée pour faire le tour de la Kaaba, et voilà que l’Envoyé d’Allah (sur lui la paix et le salut) était debout en prière. Quand il priait, il se tournait vers le Sham 46 et plaçait la Kaaba entre lui et le Sham ; son lieu de prière était entre la Pierre noire et le coin yéménite. » Il dit : « En le voyant, je me dis : “Par Allah, si j’écoutais maintenant Muhammad cette nuit, pour entendre ce qu’il dit !” Je me dis : “Si je m’approche de lui, je l’effraierai.” Je vins du côté de la Pierre 47 et entrai sous ses voiles 48, puis je marchai lentement, tandis que l’Envoyé d’Allah (sur lui la paix et le salut) était debout en prière, récitant le Coran, jusqu’à ce que je me tienne face à lui, en direction de sa qibla 49, entre lui et moi il n’y avait que les voiles de la Kaaba. » Il dit : « Quand j’entendis le Coran, mon cœur s’attendrit, je pleurai, et l’islam pénétra en moi. Je restai debout à cet endroit jusqu’à ce que l’Envoyé d’Allah (sur lui la paix et le salut) termine sa prière, puis il partit. Sa demeure se trouvait dans la maison d’ar-Raqta’ 50 qui était entre les mains de Mu‘awiya. » Il dit : « Je le suivis jusqu’à ce qu’il entre dans al-Mas‘a 51 entre la maison d’al-‘Abbas et la maison d’Ibn Azhar ; je le rattrapai. Quand il entendit mon pas, il me reconnut et pensa que je l’avais suivi pour lui faire du mal ; il me réprimanda et dit : “Qu’est-ce qui t’amène, ô fils d’al-Khattab, à cette heure ?” Je dis : “Je suis venu pour croire en Allah et en Son Envoyé, et en ce qui est venu de la part d’Allah Très-Haut.” L’Envoyé d’Allah (sur lui la paix et le salut) loua Allah et dit : “Allah t’a guidé, ô ‘Umar.” Puis il me toucha la poitrine et pria pour que je sois affermi. Ensuite, nous nous séparâmes de l’Envoyé d’Allah (sur lui la paix et le salut) et il entra chez lui. » Ibn Ishaq dit : « Allah sait lequel de ces récits est vrai. » Ibn Zafar mentionne, dans les bonnes nouvelles des djinns 52 concernant l’envoi de Muhammad (sur lui la paix et le salut), ce qui suit : « Parmi cela, ce que contient le hadith d’Ibn ‘Abbas sur la cause de l’islam de ‘Umar (qu’Allah les agrée tous deux) : il s’était dirigé pour mettre à exécution ce qu’il avait promis à Quraysh, à savoir tuer l’Envoyé d’Allah (sur lui la paix et le salut). Il passa par un groupe de Khuza‘a qui s’étaient tournés vers une idole pour qu’elle soit leur arbitre. Ils dirent à ‘Umar : “Entre avec nous pour assister au jugement.” Il entra avec eux. Quand ils se présentèrent devant l’idole, ils entendirent un héraut 53 dire en vers : « Ô hommes, possesseurs de corps, que faites-vous avec des esprits égarés ? Vous qui confiez le jugement aux idoles, vous êtes devenus comme des bêtes paissant. Ne voyez-vous pas ce que je vois devant moi ? Une lumière qui dissipe les ténèbres de la nuit. Elle est apparue au regard depuis Tihama 54, et elle est apparue au regard depuis le Sham. Muhammad, l’homme de bonté et d’honneur, que le Tout-Miséricordieux a honoré comme imam 55. Il est venu après le polythéisme avec l’islam, ordonnant la prière et le jeûne, La bonté et les liens de parenté, et interdisant aux gens les péchés. Hâtez-vous donc vers l’islam, sans paresse ni hésitation. » Il dit : « Les gens se dispersèrent loin de l’idole, et aucun de ceux qui étaient présents ce jour-là ne resta sans se convertir. » Ensuite, ‘Umar vint à la maison de sa sœur, y passa la nuit, puis au matin il s’enquit du Prophète (sur lui la paix et le salut). On lui dit : « Il est dans la maison de son oncle Hamza. » Il sortit, l’épée sur l’épaule, et rencontra des hommes de Sulaym qui étaient allés vers une idole pour qu’elle juge entre eux ; cette idole s’appelait Dhimar 56. Ils invitèrent ‘Umar à entrer pour assister au jugement, ce qu’il fit. Quand ils se tinrent devant l’idole, ils entendirent un héraut dire : « Dhimar a péri, lui qui était adoré autrefois, avant le Livre et avant l’envoi de Muhammad. Celui qui a hérité de la prophétie et de la guidée, après le fils de Marie, est un Qurayshite bien guidé. Celui qui adorait Dhimar et ses semblables dira : “Plût à Dieu que Dhimar et ses semblables n’eussent jamais été adorés !” Réjouis-toi, Aba Hafs 57, d’une religion sincère vers laquelle tu es guidé, et du Livre qui guide. Sois patient, Aba Hafs, un peu ; il te viendra une gloire au-dessus de la gloire des Banu ‘Adi. Ne te hâte pas, car tu es le soutien de Sa religion, en vérité, avec la langue et par la main. » Il dit : « Les gens furent étonnés et se dispersèrent. Allah fit disparaître ce qu’il y avait dans l’âme de ‘Umar comme hostilité, puis il alla se convertir. » Ibn Ishaq dit : « Nafi‘, l’affranchi d’Abdullah ibn ‘Umar, m’a raconté d’après ‘Abdullah : “Quand mon père ‘Umar se convertit, il demanda : ‘Qui est le plus prompt à répandre les nouvelles parmi Quraysh ?’ On lui dit : ‘Jamil ibn Ma‘mar al-Jumahi.’ Il se rendit donc chez lui.” ‘Abdullah dit : « Je suivis ses traces pour voir ce qu’il ferait, étant un garçon qui comprenait tout ce que je voyais, jusqu’à ce qu’il arrive chez lui. Il lui dit : “Sais-tu, ô Jamil, que je me suis converti à l’islam et que j’ai embrassé la religion de Muhammad ?” Par Allah, il ne lui répondit pas avant de se lever en traînant son manteau ; ‘Umar le suivit, et je suivis mon père, jusqu’à ce qu’il se tienne à la porte de la mosquée et crie à pleine voix : “Ô assemblée de Quraysh !” – ils étaient dans leurs cercles autour de la Kaaba – “Sachez qu’Ibn al-Khattab a apostasié !” » Il dit : « ‘Umar dit derrière lui : “Tu mens ! Mais je me suis soumis à Allah et j’atteste qu’il n’y a de dieu qu’Allah et que Muhammad est Son serviteur et Son Envoyé.” Ils se ruèrent sur lui, et il ne cessa de les combattre et ils le combattaient jusqu’à ce que le soleil fût au-dessus de leurs têtes. » Il dit : « Il s’épuisa et s’assit. » Al-Jawhari dit : « “Taliha” 58 le chameau : il s’épuisa ; “talihât” les chameaux : ils eurent mal au ventre. » Il dit : « Ils se tinrent au-dessus de sa tête tandis qu’il disait : “Faites ce qu’il vous plaît. J’atteste par Allah que si nous étions trois cents hommes, nous vous l’aurions laissée, ou vous nous l’auriez laissée.” » Il dit : « Pendant qu’ils étaient ainsi, voilà qu’un vieillard de Quraysh arriva, portant une robe rayée 59 et une chemise brodée, jusqu’à ce qu’il se tienne devant eux. Il dit : “Qu’avez-vous ?” Ils dirent : “Umar a apostasié.” Il dit : “Et alors ? Un homme a choisi pour lui-même une affaire. Que voulez-vous ? Croyez-vous que les Banu ‘Adi ibn Ka‘b vous livreront leur compagnon ainsi ? Laissez cet homme tranquille.” Par Allah, c’était comme s’ils étaient un vêtement qu’on avait retiré de lui. » Il dit : « Je dis à mon père, après qu’il eut émigré à Médine : “Ô père, quel est l’homme qui t’a défendu contre les gens à La Mecque le jour où tu t’es converti, alors qu’ils te combattaient ? Qu’Allah le récompense en bien !” Il dit : “C’est al-‘As ibn Wa’il as-Sahmi. Qu’Allah ne le récompense pas en bien !” » Il est rapporté d’après certains membres de la famille de ‘Umar : « ‘Umar dit : “Quand je me fus converti cette nuit-là, je réfléchis à qui, parmi les habitants de La Mecque, était l’ennemi le plus acharné de l’Envoyé d’Allah (sur lui la paix et le salut), pour aller l’informer de ma conversion.” » Il dit : « Je pensai à Abu Jahl ibn Hisham – ‘Umar était le fils de Hantamah bint Hisham ibn al-Mughirah. » Il dit : « Je me rendis chez lui au matin et frappai à sa porte. Abu Jahl sortit et dit : “Bienvenue et bonjour, fils de ma sœur ! Qu’est-ce qui t’amène ?” Je dis : “Je suis venu t’informer que j’ai cru en Allah et en Son Envoyé Muhammad (sur lui la paix et le salut), et que j’ai attesté la vérité de ce qu’il a apporté.” Il me claqua la porte au nez et dit : “Qu’Allah te maudisse, toi et ce que tu as apporté !” » D’après Ibn Mas‘ud (qu’Allah l’agrée) : « L’islam de ‘Umar fut une conquête, son émigration fut un secours, et son califat fut une miséricorde. Nous avons vu que nous ne pouvions pas prier dans la Maison 60 jusqu’à ce que ‘Umar se convertisse. Quand il se convertit, il les combattit jusqu’à ce qu’ils nous laissent prier. » Il est rapporté que lorsque ‘Umar se convertit, Gabriel descendit et dit : « Les habitants du ciel se réjouissent de l’islam de ‘Umar. » Sa conversion eut lieu la cinquième année de la mission prophétique, et on dit la sixième. Ils s’accordent à le surnommer al-Faruq 61 ; on dit qu’Allah l’a ainsi nommé, et on dit que c’est l’Envoyé d’Allah (sur lui la paix et le salut) qui l’a nommé ainsi. Il est l’un des beaux-frères de l’Envoyé d’Allah (sur lui la paix et le salut) et son scribe, selon Ibn ‘Abd al-Barr et d’autres. Il émigra à Médine ouvertement, et arriva avant l’Envoyé d’Allah (sur lui la paix et le salut) en groupe. Il assista avec lui à toutes les batailles. Il était sévère envers les mécréants et les hypocrites, et il était ascétique dans ce bas monde, malgré ce qui lui parvint des trésors des rois de la terre durant son califat. Nous avons rapporté dans le livre d’at-Tirmidhi, d’après ‘Uqbah ibn ‘Amir (qu’Allah l’agrée) que l’Envoyé d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « S’il devait y avoir après moi un prophète, ce serait ‘Umar. » Al-Aqlishi a rapporté dans les mérites des Compagnons, d’après Abu Sa‘id al-Khudri (qu’Allah l’agrée), que l’Envoyé d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Allah n’a envoyé aucun prophète sans qu’il y ait dans sa communauté un muhaddath 62. S’il y en a un dans ma communauté, c’est ‘Umar. » On dit : « Ô Envoyé d’Allah, comment se fait-il qu’il soit muhaddath ? » Il dit : « Les anges parlent sur sa langue. » C’est pourquoi il est rapporté que ‘Umar, un vendredi, faisait un sermon à Médine et dit dans son sermon : « Ô Sariyah 63 ibn… »

« Zanim al-Jabal 64 ! Le mont, le mont ! » Alors les gens se regardèrent les uns les autres sans comprendre ce qu'il voulait dire. Lorsqu'il eut terminé sa prière, Ali 65 lui dit : « Qu'est-ce que tu viens de dire ? » Il répondit : « L'as-tu entendu ? » Ali dit : « Oui, et tous les gens de la mosquée aussi. » Il dit : « Il m'est venu à l'esprit que les associateurs 66 ont vaincu nos frères et les ont poursuivis, passant près d'une montagne. S'ils se dirigent vers elle, ils combattront ceux qu'ils trouveront et triompheront ; s'ils la dépassent, ils périront. Alors ces paroles sont sorties de moi. » Le messager de bonne nouvelle arriva un mois plus tard, rapportant qu'ils avaient entendu ce jour-là, à cette même heure, lorsqu'ils dépassèrent la montagne, une voix semblable à celle de 'Umar, et qu'ils s'étaient dirigés vers elle, et Dieu leur avait accordé la victoire. Rapporté par Ibn 'Asakir 67 avec une chaîne de transmission dont tous les hommes sont dignes de confiance. Il dit : As-Samantari 68 a dit : « J'ai traversé une terre basse entre des montagnes près de Nahavand 69, et l'un des habitants de cette région m'a montré le lieu du combat. Ils m'ont informé que ce jour-là, les associateurs avaient allumé un feu dans un fossé là-bas – ils m'ont indiqué son emplacement – pour piéger les musulmans en feignant la fuite vers lui, afin qu'ils tombent dans ce feu. Mais Dieu sauva Sariya 70 et ses compagnons par la voix de 'Umar, et leur donna la victoire sur les associateurs, qui tombèrent dans ce feu qu'ils avaient allumé de leurs propres mains et y brûlèrent. Dieu accorda la victoire aux musulmans à Nahavand. Voilà à peu près ce qu'ils m'ont raconté là-bas, selon ce qu'ils ont hérité entre eux. » Ibn Zafar 71 mentionne dans son livre « Khayr al-Bashar » 72 que 'Umar dit à Ka'b 73 : « Ô Ka'b, tu as vécu à l'époque du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – et tu sais que Moïse fils d'Imran souhaita être à son époque, mais tu n'as pas embrassé l'islam par son intermédiaire. Puis tu as vécu à l'époque d'Abou Bakr, qui est meilleur que moi, mais tu n'as pas embrassé l'islam par son intermédiaire. Puis tu as embrassé l'islam à mon époque. » Ka'b dit : « Ne te hâte pas contre moi, ô Commandeur des croyants 74 ! Car j'ai attendu pour voir comment était la chose, et je l'ai trouvée comme elle est dans la Torah. » 'Umar dit : « Et comment est-elle ? » Il dit : « J'ai vu dans la Torah que le maître des créatures et l'élite de la descendance d'Adam, le sceau des prophètes, apparaît des montagnes de Paran 75, du lieu d'origine de l'obligation, de la vallée sacrée. Il fait apparaître l'unicité et la vérité, puis il se rend à Tayba 76, où se déroulent ses guerres et ses jours, puis il y est rappelé et y est enterré. » 'Umar dit : « Et ensuite ? » Ka'b dit : « Puis après lui, le vieillard vertueux 77 prend la direction. » 'Umar dit : « Et ensuite ? » Ka'b dit : « Puis il meurt en suivant [la voie]. » 'Umar dit : « Et ensuite ? » Ka'b dit : « Puis le siècle de fer 78 prend la direction. » 'Umar dit : « Quelle puanteur ! 79 Et ensuite ? » Ka'b dit : « Puis il est tué en martyr. » 'Umar dit : « Et ensuite ? » Ka'b dit : « Puis l'homme de la pudeur et de la générosité 80 prend la direction. » 'Umar dit : « Et ensuite ? » Ka'b dit : « Puis il est tué injustement. » 'Umar dit : « Et ensuite ? » Ka'b dit : « Puis l'homme de la voie claire, de la justice et de l'équité, l'homme de l'honneur parfait et de la science complète 81 prend la direction. » 'Umar dit : « C'est Abou al-Hasan 82. Et ensuite ? » Ka'b dit : « Puis il meurt martyr et heureux. » 'Umar dit : « Et ensuite ? » Ka'b dit : « Puis l'affaire se déplace vers le Sham 83. » 'Umar dit : « Cela suffit, ô Ka'b. » Explication : « Ad-dafar » 84 (avec le dāl non pointé) signifie la puanteur ; le fer est puant. Il visait l'humilité, mentionnant l'odeur du fer et s'abstenant de ses qualités louables comme la force et la coupure. De là, le monde est appelé « Umm Dafar » 85. Il 86 était d'une grande humilité. Il est rapporté qu'il avait deux lignes noires sur le visage à force de pleurer. Son fils 'Abdallah a dit : « J'ai prié derrière lui et j'ai entendu ses sanglots derrière trois rangs. » Dieu lui a accordé la fin en martyr. La cause en fut le coup de poignard d'Abou Lou'Lou'a Fayrouz 87, l'esclave d'al-Mughira ibn Shu'ba 88, alors qu'il se tenait debout pour prier la prière de l'aube, avec un poignard empoisonné à deux lames. Cela eut lieu trois jours avant la fin de Dhou al-Hijja 89 de l'an 23 90, un mercredi. Son califat dura dix ans et six mois, selon une divergence à ce sujet. Il mourut à l'âge de soixante-trois ans, ce qui est l'avis correct. La porte de la discorde 91 s'ouvrit après lui, comme cela est rapporté dans le Sahih 92. Muhammad ibn al-Hasan ash-Sha'ri 93 rapporte dans son livre « al-Malamih wa al-Ma'ariḍ » 94 d'après Abou al-Layth as-Samarqandi 95 à propos de la parole de Dieu Très-Haut : « Et craignez une discorde » 96 : il dit d'après Abou Dhar 97 que 'Umar prit un jour sa main et la serra. Il dit : « Lâche ma main, ô verrou de la discorde ! » 'Umar dit : « Que dis-tu : verrou de la discorde ? » Il dit : « Tu es venu un jour et tu t'es assis au bout des gens, et le Prophète a dit : « Aucune discorde ne vous touchera tant que celui-ci sera parmi vous. » » Ash-Sha'ri rapporte aussi d'après Ali qu'il a dit : « Moi et 'Uthman sommes une discorde pour cette communauté. » L'explication en est dans ce que rapporte Mu'adh ibn Jabal 98 d'après le Prophète : « La porte de la discorde ne cessera d'être fermée sur ma communauté tant que 'Umar ibn al-Khattab vivra parmi eux. Quand il mourra, les discordes se succéderont sur eux. » 3 – 'Uthman ibn 'Affan Ibn 'Abd al-Barr 99 dit : 'Uthman ibn 'Affan ibn Abi al-'As ibn Umayya ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Manaf. Il rencontre le Messager de Dieu au niveau de 'Abd Manaf. Sa mère est Awra bint Kariz ibn Rabi'a ibn Habib ibn 'Abd Shams, et sa mère à elle est Umm Hakim al-Bayda' bint 'Abd al-Muttalib. Son surnom est Abou 'Amr, et on dit Abou 'Abdallah, et on dit Abou Layla. Son embrassement de l'islam fut ancien, avant que le Prophète n'entre dans la maison d'al-Arqam 100. Abou Bakr l'appela à l'islam et il embrassa l'islam. Il émigra les deux émigrations 101 vers l'Abyssinie et Médine. Il épousa les deux filles du Messager de Dieu. Il fut l'un de ses scribes. 'Umar ibn Shabba 102 le mentionne dans son livre. Muhammad ibn Sa'd 103 dit : Le Messager de Dieu écrivit à Nahshal ibn Malik al-Wa'ili de Bahila 104 une lettre écrite par 'Uthman, dont il sera question plus loin dans ce livre, si Dieu Très-Haut le veut. Al-Aqlishi 105 dit : On demanda à al-Muhallab ibn Abi Sufra 106 : « Pourquoi 'Uthman est-il appelé Dhou an-Nourain 107 ? » Il dit : « Parce que nous ne connaissons personne d'autre qui ait tiré le rideau sur deux filles d'un prophète. » Ibn Munir al-Halabi 108 dit dans le commentaire : Il est établi d'après le Messager de Dieu qu'il a dit : « J'ai demandé à mon Seigneur qu'Il ne fasse entrer en Enfer personne qui se soit allié à moi par mariage, ou à qui je me sois allié par mariage. » La chaîne de transmission remonte à Sahl ibn Sa'd 109 qui dit : On demanda au Messager de Dieu : « Y a-t-il de l'éclat au Paradis ? » Il dit : « Oui. 'Uthman se déplace d'une demeure à une autre, et le Paradis brille. » Rapporté par al-Hakim 110 qui l'a authentifié selon les conditions des deux cheikhs 111. D'autres ont ajouté : « deux éclats », c'est pourquoi il fut appelé Dhou an-Nourain. Al-Aqlishi dit : Nous avons rapporté d'après Anas ibn Malik que le Prophète monta sur le mont Uhud 112 avec Abou Bakr, 'Umar et 'Uthman, et il trembla sous eux. Il le frappa du pied et dit : « Sois tranquille, Uhud, car sur toi se trouvent un prophète, un véridique et deux martyrs. » D'après Jabir ibn 'Abdallah 113, le Prophète dit à 'Uthman : « Ô 'Uthman, tu es mon allié dans ce monde et dans l'au-delà. » D'après Oumm Koulthoum bint Thumama 114, elle dit : J'ai interrogé 'Aïcha sur 'Uthman. Elle dit : « J'ai vu le Messager de Dieu posant sa tête sur ma cuisse, 'Uthman à sa droite, et Gabriel lui révélait. » Elle dit : « Et le Messager de Dieu disait : « Écris, 'Uthman. » Dieu n'aurait pas accordé cette position à quelqu'un qui n'était pas noble auprès de Dieu et de Son Messager. » D'après Abou Sa'id al-Khoudri 115, il dit : « J'ai observé le Prophète une nuit, levant les mains du début de la nuit jusqu'à l'aube, priant pour 'Uthman et disant : « Ô Dieu, 'Uthman, Tu t'es satisfait de lui, sois donc satisfait de lui. » » Il dépensa des biens dans l'obéissance à Dieu Très-Haut, et obtint la récompense qu'il obtint. D'après 'Abd ar-Rahman ibn Samura 116, il dit : « 'Uthman vint auprès du Prophète avec mille dinars lorsqu'il équipa l'armée de la difficulté 117, et il les répandit dans son giron. » Il dit : « Je vis le Prophète les retourner dans son giron et dire : « Quoi que fasse 'Uthman après aujourd'hui, cela ne lui nuira pas », deux fois. » D'après az-Zuhri 118, il dit : « 'Uthman ibn 'Affan transporta lors de l'expédition de Tabuk 119 neuf cent quarante chameaux, puis apporta soixante chevaux, complétant ainsi le millier. » D'après Ibn 'Abbas, il dit : « La pluie se fit rare à l'époque d'Abou Bakr as-Siddiq. Les gens se rassemblèrent auprès d'Abou Bakr et dirent : « Le ciel n'a pas plu, la terre n'a pas fait pousser, et les gens sont dans une grande détresse. » Abou Bakr dit : « Retournez et patientez, car vous ne marcherez pas longtemps avant que Dieu le Généreux ne vous soulage. » Peu de temps après, 'Uthman ibn 'Affan arriva du Sham avec cent montures chargées de blé – ou dit-il : de nourriture. Les gens se rassemblèrent à sa porte et frappèrent. 'Uthman sortit vers eux, entouré de gens, et dit : « Que voulez-vous ? » Ils dirent : « Le temps est sec, le ciel n'a pas plu, la terre n'a pas fait pousser, et les gens sont dans une grande détresse. Nous avons appris que tu as de la nourriture ; vends-nous-en pour que nous puissions soulager les pauvres musulmans. » 'Uthman dit : « Avec amour et honneur. Entrez et marchandez. » Les marchands entrèrent, et voilà que la nourriture était disposée dans la maison de 'Uthman. »

Il dit alors : « Ô assemblée des marchands, combien me ferez-vous gagner sur mon achat depuis le Levant ? » Ils répondirent : « Pour dix, douze. » ʿUthmān dit : « On m’a augmenté. » Ils dirent : « Pour dix, quatorze. » ʿUthmān dit : « On m’a augmenté. » Ils dirent : « Pour dix, quinze. » ʿUthmān dit : « On m’a augmenté. » Les marchands dirent : « Ô Abū ʿAmr, il ne reste à Médine d’autres marchands que nous ; qui donc t’a augmenté ? » Il dit : « Allah – Puissant et Majestueux – m’a augmenté, pour chaque dirham, dix 120. Avez-vous une augmentation ? » Ils dirent : « Par Allah, non. » Il dit : « J’atteste Allah que j’ai fait de cette nourriture une aumône pour les pauvres musulmans. » Ibn ʿAbbās – qu’Allah les agrée – dit : « Je vis dans ma nuit le Messager d’Allah – sur lui la paix et le salut – en songe, monté sur un cheval pie 121, vêtu d’une parure de lumière, aux pieds des sandales de lumière, tenant en main une baguette de lumière, et il se hâtait. Je dis : “Ô Messager d’Allah, mon désir pour toi et pour ta parole est intense ; où te diriges-tu si vite ?” Il dit : “Ô Ibn ʿAbbās, ʿUthmān ibn ʿAffān a fait une aumône, et Allah Très-Haut l’a acceptée de lui et lui a marié une épouse au Paradis ; nous avons été invités à ses noces.” » Quelle noblesse pour une richesse qui conduit son possesseur à ce rang et lui fait obtenir cette particularité et cette proximité ! Il a été rapporté de lui – qu’Allah l’agrée – qu’il donnait aux gens la nourriture du commandement 122 et entrait chez lui pour manger du vinaigre et de l’huile. D’après ʿAbd Allāh ibn Shaddād ibn al-Hād : « J’ai vu ʿUthmān ibn ʿAffān – qu’Allah l’agrée – un vendredi sur le minbar, vêtu d’un pagne ʿadanī 123 épais valant quatre ou cinq dirhams, et d’une étoffe kūfienne usée 124. » Al-Jawharī a dit : « Ar-rayṭa 125 est le manteau lorsqu’il est d’une seule pièce et non de deux morceaux cousus. » Al-mumashshaq 126 est le vêtement porté, et on dit aussi teint. D’après Abū Mūsā al-Ashʿarī – qu’Allah l’agrée – il a dit : « Le Messager d’Allah – sur lui la paix et le salut – était dans un jardin ; un homme demanda à entrer. Le Messager d’Allah – sur lui la paix et le salut – dit : “Ouvre-lui et annonce-lui le Paradis.” Et voilà Abū Bakr – qu’Allah l’agrée. Puis un autre demanda à entrer ; il dit : “Ouvre-lui et annonce-lui le Paradis.” Je lui ouvris et lui annonçai le Paradis ; et voilà ʿUmar – qu’Allah l’agrée. Puis un autre demanda à entrer ; il dit : “Ouvre-lui et annonce-lui le Paradis, malgré une épreuve qui l’atteindra.” Je lui ouvris et lui annonçai le Paradis ; et voilà ʿUthmān ibn ʿAffān. Je l’informai de ce qu’il avait dit ; il dit : “C’est Allah dont on implore le secours.” » D’après Jābir ibn ʿAbd Allāh – qu’Allah l’agrée – il a dit : « On apporta au Prophète – sur lui la paix et le salut – le cadavre d’un homme pour qu’il prie sur lui, mais il ne pria pas sur lui. On dit : “Ô Messager d’Allah, nous ne t’avons jamais vu délaisser la prière sur quiconque avant celui-ci.” Il dit : “Il haïssait ʿUthmān ; Allah l’a donc haï.” » D’après al-Ḥasan ibn ʿAlī – qu’Allah les agrée – il a dit : « Je n’aurais pas combattu après un songe que j’ai vu : j’ai vu le Messager d’Allah – sur lui la paix et le salut – s’accrochant au Trône ; j’ai vu Abū Bakr posant sa main sur l’épaule du Prophète – sur lui la paix et le salut – ; j’ai vu ʿUmar posant sa main sur l’épaule d’Abū Bakr ; j’ai vu ʿUthmān posant sa main sur l’épaule de ʿUmar ; et j’ai vu en dessous d’eux du sang. Je dis : “Qu’est-ce que cela ?” On dit : “C’est le sang de ʿUthmān, qu’Allah réclame.” » Al-Uqlīshī – qu’Allah lui fasse miséricorde – a dit en louant ʿUthmān – qu’Allah l’agrée –, y incluant des vers de Ḥassān – qu’Allah l’agrée : « Il a réuni les vertus, le possesseur des deux lumières 127, ʿUthmān, / Quand la lumière et la foi se sont installées dans son cœur. Gendre du Messager pour ses deux filles sanctifiées, / Nul avant lui n’a obtenu pareil honneur. Il est l’allié d’Aḥmad en ce monde et dans l’autre, / Il a piété, foi et bienfaisance. Quant à la pudeur, elle brille sur ses joues, / Et dans son cœur, il y a lumière et preuve. Quant à la générosité, c’est une qualité qui l’accompagnait, / Son visage s’embellit de l’éclat de la largesse. Combien de brèches a-t-il comblées avec ses biens immenses ! / Combien de maux a-t-il guéris ! Allah est le Bienfaiteur. Son califat fut établi dans la justice, / Jusqu’à ce que la tyrannie des pervers se répande. Ils le tuèrent injustement au milieu de sa demeure, / Comme s’il était une offrande pour les scélérats. Ils immolèrent un homme au front marqué par la prosternation, / Sa nuit était louange et Coran. L’esprit du martyr de la Demeure 128 s’en est allé resplendissant, / Et son oncle 129 est dans les hauteurs, esprit et basilic. » Ibn ʿAbd al-Barr a dit : « ʿUthmān – qu’Allah l’agrée – était de taille moyenne, ni petit ni grand, beau visage, peau fine, grande barbe épaisse, de teint brun, cheveux abondants, membres robustes, large d’épaules. » Il reçut le serment d’allégeance pour le califat le samedi, premier jour de Muḥarram de l’an 24, trois jours après l’enterrement de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb – qu’Allah l’agrée –, avec l’accord unanime des gens. Il fut tué à Médine le vendredi, le 18 Dhū al-Ḥijja de l’an 35 de l’Hégire, à l’âge de quatre-vingt-dix ans, et enterré à al-Baqīʿ ; on a dit aussi autre chose. Il exerça le califat pendant douze ans moins dix jours. Il y a des divergences sur ces dates, mentionnées par Ibn ʿAbd al-Barr dans son al-Istīʿāb et par d’autres. **4 – ʿAlī ibn Abī Ṭālib – qu’Allah l’agrée** Cousin germain du Messager d’Allah – sur lui la paix et le salut – ; Abū Ṭālib est le frère de ʿAbd Allāh, père du Messager d’Allah – sur lui la paix et le salut. Qurayshite hashémite, surnommé Abū al-Ḥasan et Abū Turāb. Ibn al-Jawzī mentionne un troisième surnom : Abū Qaṣam. Ibn Daḥya a dit dans son ouvrage *Marj al-Baḥrayn fī Fawāʾid al-Mashriqayn wa al-Maghribayn* : « On appelle ʿAlī Abū al-Qaṣam ; cela fut dit le jour de Uḥud lors de son duel contre Abū Saʿīd ibn Abī Ṭalḥa. » Al-qaṣam est le pluriel de qiṣma, qui est le muscle mortel ; il peut aussi être le pluriel de qaṣmāʾ, qui est la calamité qui brise. Al-Jawharī a dit : « Qaṣam est comme qatham, qui brise tout ce qu’il rencontre. » Ibn Isḥāq a dit : « Un savant m’a rapporté que le Messager d’Allah – sur lui la paix et le salut – n’a appelé ʿAlī “Abū Turāb” que parce que, lorsqu’il se fâchait contre Fāṭima pour quelque chose, il ne la réprimandait pas et ne lui disait rien de déplaisant, mais il prenait de la terre et la mettait sur sa tête. » Il dit : « Quand le Messager d’Allah – sur lui la paix et le salut – voyait la terre sur lui, il savait qu’il était fâché contre Fāṭima et disait : “Qu’as-tu, ô Abū Turāb ?” » Son père l’avait nommé ʿAlī. Al-Ḥākim a rapporté dans *al-Mustadrak* que le nom de ʿAlī est Asad, car sa mère, lorsqu’elle l’enfanta, le nomma Asad d’après le nom de son père, mais Abū Ṭālib refusa et dit : « Nomme-le ʿAlī. » C’est pourquoi il dit le jour de Khaybar : « Je suis celui que ma mère a nommé Ḥaydara 130… » Et il n’a pas dit : « Mon père m’a nommé. » Al-ḥaydara est le lion. Quant à son âge lors de son entrée en Islam, il y a plusieurs avis : il aurait embrassé l’Islam à quinze ans, ou dix ans, selon Ibn Isḥāq. Nous avons rapporté dans le *Jāmiʿ* d’al-Tirmidhī : « Le Messager d’Allah – sur lui la paix et le salut – fut envoyé le lundi, et ʿAlī embrassa l’Islam le mardi. » Ibn Isḥāq a dit : « Ensuite, ʿAlī vint après ce jour – c’est-à-dire après l’Islam de Khadīja et sa prière avec lui – et les trouva en prière. Il dit : “Qu’est-ce que cela ?” Le Messager d’Allah – sur lui la paix et le salut – dit : “C’est la religion d’Allah qu’Il a choisie pour Lui-même et pour laquelle Il a envoyé Ses messagers. Je t’appelle à Allah, à Son adoration, et à mécroire en al-Lāt et al-ʿUzzā.” Il dit : “Attends que je consulte Abū Ṭālib.” Le Messager d’Allah – sur lui la paix et le salut – ne voulut pas divulguer son secret, et dit à ʿAlī : “Si tu n’embrasses pas l’Islam, alors cache [cela].” Puis Allah fit entrer l’Islam dans son cœur ; il vint le matin auprès de lui et embrassa l’Islam. Parmi les bienfaits dont Allah gratifia ʿAlī, il fut élevé dans la maison du Messager d’Allah – sur lui la paix et le salut – étant petit. » Al-Qāḍī ʿIyāḍ a dit : « Al-Ṭaḥāwī a rapporté dans *Mushkil al-Ḥadīth* d’après Asmāʾ bint ʿUmays que le Prophète – sur lui la paix et le salut – recevait la révélation, la tête posée sur les genoux de ʿAlī – qu’Allah l’agrée –, et il n’accomplit pas la prière de l’après-midi jusqu’au coucher du soleil. Le Messager d’Allah – sur lui la paix et le salut – dit : “As-tu prié, ô ʿAlī ?” Il dit : “Non.” Alors le Messager d’Allah – sur lui la paix et le salut – dit : “Ô Allah, il était dans Ton obéissance et dans l’obéissance de Ton Messager ; fais donc revenir pour lui le soleil.” Asmāʾ dit : “Je le vis se coucher, puis je le vis se lever après s’être couché, et s’arrêter sur les montagnes et la terre ; cela eut lieu à al-Ṣahbāʾ, à Khaybar.” » Il dit : « Ce hadith est établi et ses transmetteurs sont dignes de confiance. » Al-Ṭaḥāwī rapporte qu’Aḥmad ibn Ṣāliḥ disait : « Il ne convient pas à celui dont la voie est la science de négliger la mémorisation du hadith d’Asmāʾ, car il fait partie des signes de la prophétie. » Ibn al-Jawzī a mentionné ce hadith parmi les sujets 131 et en a désigné l’auteur, disant : « Il est établi dans le Ṣaḥīḥ 132 d’après lui – sur lui la paix – que le soleil n’a été retenu pour personne sauf pour Josué. » Le cheikh Ḍiyāʾ al-Dīn Abū al-Najīb al-Suhrawardī a mentionné dans son livre *Ādāb al-Murīdīn li-Khidmat Rabb al-ʿĀlamīn* le mariage de ʿAlī avec Fāṭima – qu’Allah les agrée. Il dit : « Il est rapporté que le Prophète – sur lui la paix et le salut –, lorsqu’il voulut marier Fāṭima – qu’Allah l’agrée – à ʿAlī – qu’Allah l’agrée –, lui dit : “Parle pour toi-même en tant que prétendant.” Les émigrés et les auxiliaires s’étant réunis, il dit : “Louange à Allah, une louange qui L’atteint et L’agrée ; que la prière d’Allah soit sur Muḥammad, une prière qui le rapproche et le favorise. Le mariage fait partie de ce qu’Allah a ordonné et agréé ; notre réunion est dans ce qu’Allah a permis et décrété. Voici Muḥammad, le Messager d’Allah – sur lui la paix et le salut –, qui m’a marié sa fille Fāṭima – qu’Allah l’agrée – pour une dot de cinq cents dirhams ; j’ai accepté ; interrogez-le et soyez témoins.” » ʿAlī – qu’Allah l’agrée – a dit : « Nous n’avions pour seule literie que la peau d’un bélier sur laquelle nous dormions la nuit et que nous utilisions le jour pour abreuver la bête de somme. »

Muhammad ibn Zafar a rapporté dans le livre *Anbā' Nujabā' al-Abnā'* qu'Abū Ṭālib ibn ‘Abd al-Muṭṭalib dit à Fāṭima bint Asad, son épouse et mère de ses enfants : « Ô Fāṭima, pourquoi ne vois-je pas ‘Alī assister à notre repas ? » Elle répondit : « Khadīja bint Khuwaylid l’a attiré à elle. » Abū Ṭālib dit alors : « Je n’assisterai pas à un repas dont ‘Alī est absent. » Elle envoya donc son fils Ja‘far ibn Abī Ṭālib (que Dieu l’agrée) et lui dit : « Amène-le-moi, et raconte-lui ce que son père a dit. » Ja‘far se rendit chez Khadīja, l’informa, prit ‘Alī et l’emmena chez les siens, tandis qu’Abū Ṭālib était à son repas. Lorsqu’il le vit, il se réjouit de sa présence, l’assit sur sa cuisse, posa sa main sur sa tête, prit une bouchée dans sa bouche, la mâcha, puis la recracha et pleura. Abū Ṭālib dit : « Ô Fāṭima, prends cet enfant, et vois ce qu’il a. » Sa mère le prit, le cajola, le fit taire et l’interrogea. Il dit : « Me garderas-tu le secret ? » Elle répondit : « Oui. » Il dit : « Ô mère, je trouve dans la main de Muhammad une fraîcheur, et dans sa nourriture une douceur (qadāwa) ; mais dans la main de mon père, je trouve une chaleur, et dans sa nourriture une âcreté et un goût rance (taflan). » Elle lui dit : « Ne divulgue pas cela, et si ton père t’interroge, dis : "J’ai été atteint de maghṣ (maux d’estomac)." » Lorsqu’Abū Ṭālib eut fini son repas, il dit : « Ô Fāṭima, qu’a mon fils ? » Elle répondit : « Il a été atteint de maghṣ. » Il dit : « Non, par Hubal ! Il n’a rien d’autre qu’une préférence pour Muhammad sur nous. Attache-le donc à lui, et ne t’oppose plus à cela, car il se pourrait bientôt que Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue) brise (yahṣiru) par lui les reins de Quraysh. » **Explication des termes rares dans ce récit :** - **Al-Lawk (اللوك)** : la mastication. - **Al-Lafẓ (اللفظ)** : le fait de jeter quelque chose de la bouche. - **Qadāwa (قداوة)** : la bonne odeur de la viande ; *qadiya al-laḥm* signifie que la viande a une odeur agréable. - **Taflan (تفلا)** : le changement et la corruption de l’odeur. - **Maghṣ (مغس)** : une maladie connue (maux d’estomac). - **Sa parole : "Fayūshiku (فيوشك)"** : son sens est "il se hâte" ; *al-washīk* signifie le rapide. - **Sa parole : "Yahṣiru (يهصر)"** : il plie et courbe pour briser. - **Sa parole : "Kallā wa Hubal (كلا وهبل)"** : Hubal était une idole qu’ils vénéraient ; il a juré par elle. Elle se trouvait à l’intérieur de la Ka‘ba. C’est celle qu’Abū Sufyān mentionna lors de la bataille d’Uḥud dans sa parole : « Élève-toi, Hubal ! » Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Ne lui répondez-vous pas ? » Ils dirent : « Que disons-nous ? » Il dit : « Dites : Dieu est plus élevé et plus grand. » Je dis : Certains de nos compagnons mecquois m’ont informé qu’elle existe encore à La Mecque, connue chez eux, et qu’ils urinent près d’elle. Elle fut jetée, ainsi que d’autres idoles qui étaient autour de la Ka‘ba, au nombre d’environ trois cent soixante, qu’Iblīs avait fixées pour eux avec du plomb. Al-Azraqī l’a mentionné dans son *Histoire de La Mecque*, disant : C’est ce que nous avons rapporté de lui avec sa chaîne de transmission, d’après ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd (que Dieu l’agrée), qui dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) entra à La Mecque le jour de la conquête, et autour de la Ka‘ba se trouvaient trois cent soixante idoles. Il se mit à les frapper avec un bâton et à dire : « La vérité est venue et le faux a disparu ; certes, le faux est destiné à disparaître. » (Coran 17:81). D’après Ibn ‘Abbās (que Dieu les agrée), il dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) tenait un bâton à la main, faisant le tour de la Ka‘ba sur sa monture, et il pointait vers elles. Il n’y avait aucune idole vers laquelle il pointait le visage sans qu’elle ne tombe sur le dos, et aucune vers laquelle il pointait le dos sans qu’elle ne tombe sur le visage, jusqu’à ce qu’elles tombent toutes. Il ordonna qu’elles soient rassemblées, puis brûlées au feu et brisées. À ce sujet, Fuḍāla ibn ‘Umayr al-Laythī dit, évoquant le jour de la conquête : « Si tu avais vu Muhammad et ses armées / Le jour de la conquête, quand les idoles furent brisées, Tu aurais vu la lumière de Dieu devenue parmi nous / Et l’association, son visage couvert de ténèbres. » Dieu Très-Haut dit : « En vérité, vous et ce que vous adorez en dehors de Dieu, vous êtes le combustible de la Géhenne. » (Coran 21:98). Al-Baghawī dit : ‘Alī l’a lue : « Bois de la Géhenne. » Retour et digression vers ce dont nous parlions. Sa mère (que Dieu l’agrée) est Fāṭima bint Asad ibn Hāshim ibn ‘Abd Manāf. Elle est la première Hāshimite à avoir enfanté un Hāshimite. Elle embrassa l’islam, émigra à Médine et mourut du vivant du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue). Elle est la mère de ‘Alī, ‘Uqayl, Ja‘far et Ṭālib, les enfants d’Abū Ṭālib. L’auteur d’*al-Mawrid al-‘Adhb* dit : Il est rapporté que le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) lui fit revêtir sa chemise, pria sur elle, prononça soixante-dix *takbīr* sur elle, s’allongea dans sa tombe et la récompensa généreusement. Interrogé à ce sujet, il dit : « Elle était ma mère après ma mère, et après Abū Ṭālib, nul n’a été plus bienfaisant envers moi qu’elle. » ‘Alī (que Dieu l’agrée) était le scribe de ses traités (que Dieu prie sur lui et le salue) lorsqu’il concluait un traité, et de ses accords de paix lorsqu’il faisait la paix. Il reçut le serment d’allégeance pour le califat le vendredi où ‘Uthmān (que Dieu les agrée) fut tué. Son califat dura quatre ans et sept mois, et il fut tué à l’âge de soixante-trois ans ; d’autres avis existent. Il fut tué par le plus misérable des hommes, ‘Abd al-Raḥmān ibn Muljam, avec une épée empoisonnée, dans la nuit du vendredi, puis il mourut à Kūfa dans la nuit du dimanche, le dix-neuvième jour du mois de Ramaḍān de l’an quarante. On dit qu’il fut enterré dans l’esplanade de Kūfa ; on dit aussi sur la route d’al-Ḥīra ; on dit encore qu’il fut transporté à Médine et enterré près de Fāṭima ; on dit enfin qu’il fut transporté dans un cercueil sur un chameau, que le chameau s’égara et tomba dans le pays de Ṭayyi’, et que l’emplacement de sa tombe (que Dieu l’agrée) est inconnu. **5 - Ubayy ibn Ka‘b** Fils de Qays ibn ‘Ubayd ibn Zayd ibn Mu‘āwiya ibn ‘Amr ibn Mālik ibn al-Najjār. Al-Najjār est Taym al-Lāt ibn Tha‘laba ibn ‘Amr ibn al-Khazraj al-Akbar al-Mu‘āwī. Les Banū Mu‘āwiya ibn ‘Amr sont connus comme les Banū Judayla, qui est leur mère. On dit qu’il fut nommé al-Najjār parce qu’il frappa le visage d’un homme avec une hache ; d’autres avis existent. Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) le surnomma Abū al-Mundhir, et ‘Umar le surnomma Abū al-Ṭufayl. Il dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) me dit : « Ô Abū al-Mundhir, quel verset du Livre de Dieu considères-tu comme le plus grand ? » Je répondis : « Dieu, il n’y a de divinité que Lui, le Vivant, l’Éternel. » (Coran 2:255). Il dit : Il frappa ma poitrine et dit : « Que la science te soit une félicité, ô Abū al-Mundhir. » Il assista à la seconde ‘Aqaba et y prêta serment, puis il assista à Badr. Il fut l’un des jurisconsultes (*fuqahā’*) parmi les Compagnons et le plus récitateur du Livre de Dieu (Puissant et Majestueux). Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui récita la sourate *Lam Yakun* (98) et dit : « Dieu m’a ordonné de te la réciter. » Il dit : « Dieu m’a-t-Il nommé pour toi ? » Il dit : « Oui. » Alors Ubayy se mit à pleurer. C’est ce qu’a dit Ibn ‘Abd al-Barr. Il est rapporté d’après Abū Miḥjan al-Thaqafī (que Dieu l’agrée) que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Le plus miséricordieux de ma communauté envers ma communauté est Abū Bakr ; le plus fort dans la religion de Dieu est ‘Umar ; le plus pudique est ‘Uthmān ; le plus savant en jugements est ‘Alī ; le plus récitateur est Ubayy ; le plus connaisseur des parts successorales est Zayd ibn Thābit ; le plus savant en licite et illicite est Mu‘ādh ibn Jabal ; la terre verdoyante n’a pas ombragé, ni la terre poussiéreuse porté, un homme plus véridique de langage qu’Abū Dharr ; et toute communauté a un dépositaire, et le dépositaire de cette communauté est Abū ‘Ubayda ibn al-Jarrāḥ. » Ubayy faisait partie de ceux qui écrivaient la révélation pour le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avant Zayd ibn Thābit, et aussi avec lui. Ibn ‘Abd al-Barr dit : Al-Wāqidī a rapporté d’après ses maîtres : Le premier à écrire pour le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) à son arrivée à Médine fut Ubayy ibn Ka‘b. Il fut le premier à écrire à la fin d’un écrit : « Et untel a écrit. » Il dit : Lorsque Ubayy était absent, le Messager de Dieu appelait Zayd ibn Thābit. Zayd et Ubayy écrivaient la révélation devant le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), écrivaient ses lettres aux gens, ce qu’il décidait, et autres choses. Ubayy mourut sous le califat de ‘Umar, en l’an dix-neuf ; on dit aussi au début du califat de ‘Uthmān, en l’an trente-deux. ‘Alī ibn al-Madīnī dit : Al-‘Abbās, Abū Sufyān ibn Ḥarb et Ubayy ibn Ka‘b moururent à peu près en même temps ; d’autres avis existent. La majorité est d’avis qu’il mourut sous le califat de ‘Umar. Il est compté parmi les habitants de Médine. Ont rapporté de lui : ‘Ubāda ibn al-Ṣāmit, ‘Abd Allāh ibn ‘Abbās, ‘Abd Allāh ibn Khabbāb, son fils al-Ṭufayl ibn Ubayy, et Abū Ayyūb al-Anṣārī (que Dieu les agrée tous). **6 - Abān ibn Sa‘īd** Fils d’al-‘Āṣ ibn Umayya ibn ‘Abd Shams ibn ‘Abd Manāf ibn Quṣayy al-Qurashī al-Umawī. C’est ce qu’a dit Ibn ‘Abd al-Barr. Il dit : Son embrassement de l’islam fut tardif, après celui de ses deux frères Khālid et ‘Amr ; puis il embrassa l’islam et son islam fut bon. Il dit : Ibn Shabba l’a mentionné dans son livre sur le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), et Ibn Sa‘d l’a également mentionné dans les *Ṭabaqāt*. C’est lui qui accorda protection à ‘Uthmān ibn ‘Affān (que Dieu l’agrée) lorsque le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) l’envoya à Quraysh l’année d’al-Ḥudaybiya, le porta sur un cheval jusqu’à ce qu’il entre à La Mecque, et lui dit en vers : « Va et viens, et ne crains personne, / Les Banū Sa‘īd sont les nobles du sanctuaire. » Son embrassement de l’islam eut lieu entre al-Ḥudaybiya et Khaybar. Il dit : Il est rapporté d’après al-Ḥasan qu’il dit : Abān ibn Sa‘īd arriva auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), qui lui dit : « Ô Abān, comment as-tu laissé les gens de La Mecque ? » Il dit : « Je les ai laissés alors qu’ils avaient été arrosés (par la pluie), j’ai laissé l’idhkhir (plante aromatique) qui avait fructifié, le thumām (plante) qui avait séché, et l’eau qui avait coulé. » Il dit : Les yeux du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) s’emplirent de larmes, et il dit : « Je suis le plus éloquent d’entre vous, puis Abān après moi. » Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) le nomma gouverneur d’al-Baḥrayn après avoir destitué al-‘Alā’ ibn al-Ḥaḍramī. Il y resta jusqu’à la mort du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Ce fut lui qui se chargea de dicter le *Muṣḥaf* de ‘Uthmān à Zayd ibn Thābit ; ‘Uthmān leur en avait donné l’ordre. Il dit : Cela a été mentionné par Ibn Shihāb d’après Khārija ibn Zayd ibn Thābit, d’après son père. On a divergé sur l’époque de la mort d’Abān ibn Sa‘īd. Ibn Isḥāq dit : Abān et ‘Amr, les deux fils de Sa‘īd ibn al-‘Āṣ, furent tués le jour d’al-Yarmūk, mais cela n’a pas été suivi. Cela eut lieu le lundi, cinq jours passés de Rajab de l’an quinze, sous le califat de ‘Umar. Mūsā ibn ‘Uqba dit : Ils furent tués le jour d’Ajnādayn, et c’est l’avis de la plupart des savants. On dit aussi le jour de Marj al-Ṣuffar.

La bataille d'Ajnadayn eut lieu en Jumada al-Ula de l'an 13, sous le califat d'Abou Bakr, moins d'un mois avant sa mort. La bataille de Marj al-Suffar eut lieu au début du califat d'Omar, en l'an 14. Qu'Allah les agrée tous. 7 - Al-Arqam ibn Abi al-Arqam Ibn 'Abd al-Barr a dit : Le nom d'Abou al-Arqam est 'Abd Manaf ibn Asad ibn 'Abd Allah ibn 'Amr ibn Makhzum al-Qurashi al-Makhzumi. Sa mère était de la tribu de Sahm ibn 'Amr ibn Hasis ; son nom était Umayma bint 'Abd al-Harith, et on dit aussi Tamadir bint Hudhaym, des Banu Sahm. Il était surnommé Abou 'Abd Allah. Il fut parmi les premiers émigrés 133, ancien dans l'islam ; il était le septième des sept, et on dit qu'il embrassa l'islam après dix personnes. Il est compté parmi les gens de Badr. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, se cachait des Quraysh à La Mecque dans sa maison, sur la colline de Safa. Je dis : C'est celle qu'on appelle de notre temps la maison d'al-Khayzuran. Le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, y appelait les gens à l'islam jusqu'à ce qu'ils atteignent quarante hommes ; le dernier d'entre eux à embrasser l'islam fut 'Omar ibn al-Khattab, qu'Allah les agrée. Les grands Compagnons embrassèrent l'islam dans sa maison. Lorsqu'ils furent au nombre de quarante, ils sortirent. Al-Arqam ibn Abi al-Arqam mourut en l'an 55 à Médine, à l'âge de plus de quatre-vingts ans. Il légua que Sa'd ibn Abi Waqqas priât sur lui ; mais celui-ci était absent à al-'Aqiq, alors son fils 'Ubayd Allah l'attendit jusqu'à son retour, et Sa'd pria sur lui. Son père, Abou al-Arqam, mourut le jour de la mort d'Abou Bakr al-Siddiq, qu'Allah les agrée tous deux. Ibn Sa'd le mentionne parmi ceux qui écrivirent pour le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui ; et la mention de cela viendra dans ses lettres, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, aux rois. L'auteur d'al-Mawrid al-'Adhb al-Hani' 134 dans son commentaire de la Sira de 'Abd al-Ghani a dit qu'Ibn 'Asakir, Ibn 'Abd al-Barr et Ibn 'Abd Rabbih l'ont mentionné dans le livre du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. 8 - Burayda al-Aslami Ibn 'Abd al-Barr a dit : Il est Burayda ibn al-Husayb ibn 'Abd Allah ibn al-Harith ibn al-A'raj ibn Sa'd ibn Rizah ibn 'Adi ibn Sahm ibn Mazin ibn al-Harith ibn Salman ibn Aslam ibn Afsa ibn Haritha ibn 'Amr ibn 'Amir. Il était surnommé Abou 'Abd Allah, et on dit Abou Sahl, Abou al-Husayb, et Abou Sasan. Il embrassa l'islam avant Badr mais n'y assista pas ; il assista à al-Hudaybiya et prêta le serment d'agrément sous l'arbre. Lorsque le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, émigra à Médine et arriva à al-Ghamim, Burayda ibn al-Husayb vint à lui et embrassa l'islam avec ceux qui l'accompagnaient ; ils étaient environ quatre-vingts foyers. Il est rapporté d'après 'Abd Allah ibn Burayda, d'après son père, que le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, ne pratiquait pas le tiyara 135 mais aimait le bon augure. Burayda partit avec soixante-dix cavaliers de sa famille, des Banu Sahm ; le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, vint à sa rencontre et lui dit : « Qui es-tu ? » Il répondit : « Je suis Burayda. » Le Prophète se tourna vers Abou Bakr et dit : « Notre affaire s'est refroidie 136 et arrangée, ô Abou Bakr. » Puis il me dit : « De quelle tribu es-tu ? » Je dis : « D'Aslam. » Il dit à Abou Bakr : « Nous avons été sauvés 137. » Puis il dit : « De quelle branche ? » Je dis : « Des Banu Sahm. » Il dit : « Ta flèche est sortie 138. » Il est rapporté d'après son fils 'Abd Allah : Mon père mourut à Merv et sa tombe est dans la forteresse ; il est le guide des gens de l'Orient et leur lumière, car le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Tout homme de mes Compagnons qui meurt dans une contrée sera leur guide et leur lumière au Jour de la Résurrection. » Ibn Munir al-Halabi a dit : Hilal ibn Suraj ibn Muja'a a rapporté d'après son père que le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, donna une terre au Yémen à Muja'a ibn Murara des Banu Sulaym ; Burayda écrivit pour lui de la part du Prophète : « De Muhammad, le Messager d'Allah, à Muja'a ibn Murara des Banu Sulaym : Je t'ai donné al-Ghawra 139. Que celui qui conteste cela vienne à moi. » Et Burayda écrivit. Ibn 'Abd al-Barr a dit : Muja'a ibn Murara al-Hanafi al-Yamami était l'un des chefs des Banu Hanifa ; il a une histoire dans l'apostasie avec Khalid ibn al-Walid. C'est lui qui fit la paix avec Khalid ibn al-Walid le jour d'al-Yamama, dans une histoire trop longue à rapporter. Entre autres, il était prisonnier avec Khalid ; Khalid vit les compagnons de Musaylima dégainer leurs épées et dit : « Ô Muja'a, tes gens ont failli. » Il répondit : « Non, mais ce sont les épées yéménites 140 ; les lames indiennes 141 ne se plient pas jusqu'à ce que le soleil brille sur elles. » Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, avait donné à Muja'a une terre à al-Yamama et lui avait écrit un document. L'un d'eux dit en poésie : « Muja' d'al-Yamama est venu à nous, nous informant de ce qu'a dit le Messager. Nous avons obéi et suivi la voie droite, et l'homme écoutait ce qu'il disait. » Son fils Suraj a rapporté de lui ; personne d'autre n'a rapporté de lui. Et Allah sait mieux. 9 - Thabit ibn Qays ibn Shammas Ibn Zahir ibn Malik ibn Imru' al-Qays ibn Malik al-Agharr ibn Tha'laba ibn Ka'b ibn al-Khazraj. Sa mère était une femme de Tayy. Il était surnommé Abou Muhammad d'après son fils, et on dit Abou 'Abd al-Rahman. Ses fils Muhammad, Yahya et 'Abd Allah furent tués le jour d'al-Harra. Thabit était le khatib 142 du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et le khatib des Ansar, tout comme Hassan était le poète du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Il assista à Uhud et aux expéditions suivantes. Il fut tué le jour d'al-Yamama, sous le califat d'Abou Bakr, qu'Allah l'agrée. Anas a dit : Lorsque les gens furent mis en déroute le jour d'al-Yamama, je dis à Thabit : « Ne vois-tu pas, ô mon oncle ? » Je le trouvai découvert jusqu'aux cuisses, s'embaumant de henné 143. Il dit : « Ce n'est pas ainsi que nous combattions avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Quel mauvais exemple vous avez donné à vos adversaires ! Quel mauvais exemple vous vous êtes donné à vous-mêmes ! Ô Allah, je me désavoue auprès de Toi de ce que ces gens font. » Puis il combattit jusqu'à être tué. On dit qu'il avait une atteinte de djinn 144. Lorsqu'Allah, le Très-Haut, révéla : « Certes, Allah n'aime pas tout arrogant plein de gloriole » 145, il ferma sa porte et se mit à pleurer. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, ne le vit pas et envoya quelqu'un vers lui. On l'informa et il dit : « Ô Messager d'Allah, j'aime la beauté et j'aime être le chef de mon peuple. » Il dit : « Tu n'es pas de ceux-là ; mais tu vivras loué, tu seras tué en martyr et tu entreras au Paradis. » Le jour d'al-Yamama, il sortit avec Khalid ibn al-Walid contre Musaylima le menteur. Lorsqu'ils se rencontrèrent, ils furent mis en déroute. Thabit et Salim, l'affranchi d'Abou Hudhayfa, dirent : « Ce n'est pas ainsi que nous combattions avec le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. » Puis chacun d'eux creusa une fosse, s'y tint ferme et combattit jusqu'à être tué. Thabit portait ce jour-là une cotte de mailles précieuse. Un musulman passa près de lui et la prit. Pendant qu'un musulman dormait, Thabit lui apparut en songe et lui dit : « Je te recommande une recommandation ; garde-toi de dire que c'est un rêve et de la négliger. Lorsque j'ai été tué hier, un musulman est passé près de moi et a pris ma cotte de mailles. Sa demeure est à l'extrémité du camp, et près de sa tente il y a un cheval qui s'ébroue en longe. Il a posé sur la cotte de mailles une marmite, et sur la marmite, un homme. Va trouver Khalid et ordonne-lui d'envoyer chercher ma cotte de mailles et de la prendre. Et lorsque tu arriveras à Médine auprès du successeur du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, c'est-à-dire Abou Bakr, qu'Allah l'agrée, dis-lui que j'ai telle et telle dette, et que tel esclave est affranchi, et tel autre. » L'homme alla trouver Khalid et l'informa ; il envoya chercher la cotte de mailles et la rapporta. Il raconta le songe à Abou Bakr, qui exécuta son testament. On dit que personne d'autre que Thabit ibn Qays, que la miséricorde d'Allah soit sur lui, n'a vu son testament exécuté après sa mort. Ibn Sa'd l'a mentionné dans le livre, et qu'il écrivit pour la délégation de Thumala et al-Hadan un document de la part du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. 10 - Juhaym ibn al-Salt ibn Makhrama Ibn al-Muttalib ibn 'Abd Manaf al-Qurashi al-Muttalibi. Il embrassa l'islam l'année de Khaybar. Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui donna trente wasq 146 de Khaybar. Ibn 'Abd al-Barr l'a mentionné dans son livre sur le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dans la notice d'Ubayy ibn Ka'b. C'est lui qui eut la vision à al-Juhfa lorsque les Quraysh partirent pour protéger leur caravane et campèrent à al-Juhfa pour se ravitailler en eau la nuit ; le sommeil le vainquit et il vit un cavalier s'arrêter devant lui et lui annoncer la mort de certains nobles des Quraysh. 11 - Jahm ibn Sa'd 'Abd al-Karim a dit dans al-Mawrid al-'Adhb al-Hani', commentaire de la Sira de 'Abd al-Ghani : Jahm ibn Sa'd a été mentionné par Abou 'Abd Allah Muhammad ibn Ahmad ibn Abi Bakr al-Qurtubi dans le livre al-A'lam 147 sur la naissance du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dans le livre du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. 'Abd al-Karim a dit : Je l'ai copié de son écriture. Et il a dit : Al-Quda'i a mentionné qu'al-Zubayr ibn al-'Awwam et Jahm ibn Sa'd écrivaient les biens de l'aumône. Je dis : Ibn 'Abd al-Barr ne l'a pas mentionné dans son chapitre sur les noms des Compagnons. 12 - Hanzala ibn al-Rabi' ibn Sayfi le scribe Al-Usaydi al-Tamimi. Il était surnommé Abou Rab'i. Il est des Banu Usayd ibn 'Amr ibn Tamim, d'une branche appelée Banu Sharif. Les Banu Usayd ibn 'Amr ibn Tamim sont parmi les nobles des Banu Tamim. Usayd se prononce avec un ya' kasra et tashdid. Nafi' ibn al-Aswad al-Tamimi a dit en poésie, se vantant de son peuple : « Mon peuple est Usayd, si tu demandes, et ma lignée ; et j'ai connu les mines des honneurs. » Il est le neveu d'Aktham ibn Sayfi, le sage des Arabes. Il vécut jusqu'à l'époque de la mission du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, alors qu'il avait cent quatre-vingt-dix ans, et n'embrassa pas l'islam. Il avait écrit au Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, lui répondit ; il se réjouit de sa réponse, rassembla son peuple et les exhorta à aller trouver le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et à croire en lui. Son histoire à ce sujet est étonnante. Mais Malik ibn Nuwayra al-Yarbu'i l'intercepta et dispersa l'assemblée du peuple. Aktham envoya alors son fils au Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, avec ceux de son peuple qui lui obéissaient ; mais ils se perdirent en chemin et n'arrivèrent pas. Hanzala est l'un de ceux qui écrivirent pour le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui ; il est connu comme le scribe. Il assista à al-Qadisiyya et s'abstint de soutenir 'Ali, qu'Allah l'agrée, le jour du Chameau.

Lorsqu'il mourut, son épouse fut affligée et ses voisines lui dirent : « Ceci 148 annule ta récompense 149. » Elle répondit : « Le destin s'étonne d'une femme affligée Qui pleure un vieillard au teint blême 150. Si tu m'interroges aujourd'hui sur ce qui m'afflige, Je te dirai une parole, non mensongère : La noirceur de l'œil a été anéantie 151 Par le chagrin pour Ḥanẓala le scribe. » Explication : « al-shāḥib » signifie le mort, et « ūdiya » signifie aussi périr, selon al-Jawharī. Il mourut sous l'émirat de Muʿāwiya, sans descendance, selon Ibn ʿAbd al-Barr dans son Istīʿāb. 13 – Ḥuwayṭib ibn ʿAbd al-ʿUzzā Ibn Abī Qays ibn ʿAbd Wudd ibn Naṣr ibn Mālik ibn Ḥasl. « al-ḥasl » est le petit du lézard lorsqu'il sort de son œuf, selon al-Jawharī, avec la première lettre en kasra et la seconde en sukūn. Ibn ʿĀmir ibn Luʾayy al-Qurashī al-ʿĀmirī. Il faisait partie des « libérés » 152 de la conquête, de ceux dont les cœurs sont à rallier 153. Il embrassa l'islam à soixante ans. On lui donna cent chameaux du butin de Ḥunayn. ʿUmar lui ordonna de renouveler les limites du sanctuaire 154. Il fut parmi ceux qui enterrèrent ʿUthmān. Il vendit à Muʿāwiya une maison à Médine pour quarante mille dinars. Les gens en furent étonnés, mais Muʿāwiya dit : « Que sont quarante mille dinars pour un homme qui a cinq enfants à charge ? » Son surnom était Abū Muḥammad, et on dit aussi Abū al-Aṣbaʿ. Marwān ibn al-Ḥakam ibn al-ʿĀṣ dit un jour à Ḥuwayṭib : « Ton islam a tardé, ô vieillard, au point que les plus jeunes t'ont devancé. » Ḥuwayṭib répondit : « C'est à Dieu que je demande aide. Par Dieu, j'ai eu l'intention d'embrasser l'islam plus d'une fois, mais à chaque fois ton père m'en empêchait et me dissuadait, disant : “Tu abaisses ton rang, tu abandonnes ta religion et celle de tes pères pour une religion nouvelle, et tu deviens un suiveur.” » Marwān se tut, par Dieu, et regretta ce qu'il avait dit. Puis Ḥuwayṭib ajouta : « ʿUthmān ne t'a-t-il pas informé de ce qu'il a subi de la part de ton père lorsqu'il a embrassé l'islam ? » Marwān en fut encore plus affligé. Ḥuwayṭib dit ensuite : « Il n'y avait parmi les notables de Quraysh qui restèrent attachés à la religion de leur peuple jusqu'à la conquête de La Mecque personne qui détestât plus que moi ce qui lui arrivait, mais c'est le destin. » On rapporte de lui qu'il dit : « J'assistai à Badr avec les polythéistes et je vis des prodiges : je vis les anges tuer et capturer entre ciel et terre, mais je n'en parlai à personne. » Il assista avec Suhayl ibn ʿAmr au traité de al-Ḥudaybiyya et à l'histoire de l'écrit, tous deux du côté des polythéistes. Abū Dharr lui accorda la sécurité le jour de la conquête, marcha avec lui et le réunit avec sa famille jusqu'à ce que l'on proclame l'amnistie. Puis il embrassa l'islam le jour de la conquête, assista à Ḥunayn et à al-Ṭāʾif en tant que musulman. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui emprunta quarante mille dirhams, et il les lui prêta. Il mourut à Médine à la fin de l'émirat de Muʿāwiya — que Dieu l'agrée — et on dit en l'an 54, à l'âge de cent vingt ans. ʿAbd al-Karīm al-Ḥalabī le mentionna dans son livre — que Dieu prie sur lui et le salue — Ibn Miskawayh — que Dieu l'agrée.


  1. Abrawiz : Nom persan désignant le roi sassanide Khosro II Parviz (r. 590-628), connu pour sa puissance et son orgueil.
  2. Iwan : Grande salle voûtée ouverte sur un côté, caractéristique de l'architecture persane, souvent associée au palais de Ctésiphon.
  3. Musnad : Recueil de hadiths classés par compagnons, comme le Musnad d'Ahmad ibn Hanbal ou d'al-Bazzar.
  4. Sahih : Recueil de hadiths authentiques, notamment les deux Sahih d'al-Bukhari et de Muslim.
  5. Successeurs : Génération suivant les Compagnons, ayant appris d'eux.
  6. quatre Califes : Abou Bakr, 'Umar, 'Uthman et 'Ali, les premiers califes bien guidés.
  7. al-Jamma'ili : Village entre Jérusalem et Naplouse, lieu d'origine du savant 'Abd al-Ghani.
  8. Châtibi : Surnom d'al-Qasim ibn Firruh ash-Shatibi, célèbre savant andalou en lectures coraniques (mort en 590 H).
  9. Hirz al-Amani : Poème didactique sur les lectures coraniques, aussi appelé ash-Shatibiyya.
  10. muhammad : Adjectif intensif signifiant 'très loué' ou 'loué maintes fois'.
  11. Abou al-Aramil : Surnom signifiant 'père des veuves', indiquant sa sollicitude envers elles.
  12. aṣ-Ṣaḥāba : Compagnons du Prophète Muhammad, ayant vécu à son époque et embrassé l'islam.
  13. al-Khulafā' al-Arba'a : Les quatre califes bien guidés : Abû Bakr, 'Umar, 'Uthmân et 'Alî.
  14. al-Qāri' : Lecteur du Coran, récitateur éminent.
  15. ‘Ām al-Fatḥ : L'année de la conquête de La Mecque (8 H.).
  16. al-Ghār : La grotte de Thawr où le Prophète et Abû Bakr se cachèrent lors de l'émigration.
  17. al-Ḥaram : Le sanctuaire de La Mecque.
  18. Ṣanādīd : Notables, chefs, hommes puissants.
  19. al-Lābatān : Les deux coulées de lave (de La Mecque), désignant la ville.
  20. Ḥarīra : Bouillie de farine et de graisse.
  21. al-Jahlatān : Les deux collines (lieu-dit).
  22. يتبعك الله : Expression signifiant que Dieu te suivra dans le sens de te réclamer ou te poursuivre pour une dette ou un droit.
  23. تبيع : Suiveur, réclamant, celui qui suit quelqu'un pour réclamer un droit.
  24. ثمَّ لَا تَجدوا لكم علينا بِهِ تبيعا : Coran, sourate Al-Isra', verset 69 : 'Puis vous ne trouverez pour vous, contre nous, aucun suiveur' (aucun réclamant).
  25. بالتثقيل : Avec une voyelle lourde, c'est-à-dire en prononçant la consonne avec une voyelle longue ou redoublée, ce qui serait une erreur selon al-Khattâbî.
  26. عضله : Sa chair, ici au pluriel, désignant les muscles.
  27. ناتئا : Saillant, enflé, sortant de son endroit.
  28. العضل : Pluriel de 'adhalât, les muscles de la jambe.
  29. عضلة : Muscle, chair rassemblée et abondante dans un nerf.
  30. عضلة : Muscle, au singulier.
  31. عضل الرجل : L'homme est devenu musclé, a beaucoup de muscles.
  32. عضل : Musclé, entre les musclés.
  33. العضل : Pluriel de 'adil, musclé.
  34. مجمله : Le livre 'Mujmal al-Lughah' d'Ibn Fâris, un dictionnaire de la langue arabe.
  35. نتأ : Sortir de son endroit sans se détacher, faire saillie.
  36. نتأت القرحة : L'ulcère a enflé, a fait saillie.
  37. نتأ بالشر : Se préparer au mal, être prêt à faire le mal.
  38. ذو الرمحين : Surnom signifiant 'l'homme aux deux lances'.
  39. الحفص : Panier en cuir, aussi petit du lion.
  40. أم حفصة : Surnom de la poule, littéralement 'mère de Hafsah'.
  41. الصابيء : Sabéen, terme péjoratif utilisé par les polythéistes pour désigner les musulmans, signifiant 'celui qui a quitté la religion de ses pères'.
  42. طه : Sourate Tâ Hâ, la 20e sourate du Coran.
  43. تكبير : Le fait de dire 'Allâhu Akbar' (Dieu est le plus Grand).
  44. Ahmad : Un des noms du Prophète Muhammad, signifiant 'le plus loué'.
  45. al-Hazwara : Un lieu à La Mecque, près de la Kaaba, où les Qurayshites se réunissaient.
  46. Sham : La région du Levant (Syrie, Palestine, Liban, Jordanie).
  47. la Pierre : La Pierre noire (al-Hajar al-Aswad) encastrée dans le coin est de la Kaaba.
  48. ses voiles : Les tentures qui recouvrent la Kaaba (kiswa).
  49. qibla : Direction de la prière, vers la Kaaba.
  50. ar-Raqta’ : Nom d'une maison à La Mecque, appartenant à l'origine à une femme de Quraysh.
  51. al-Mas‘a : Le lieu du parcours entre Safa et Marwa, ou plus généralement l'espace entre ces deux collines.
  52. djinns : Créatures invisibles, dotées de libre arbitre, mentionnées dans le Coran.
  53. héraut : Voix ou être invisible qui parle, souvent interprété comme un ange ou un djinn.
  54. Tihama : Région côtière de l'Arabie, incluant La Mecque.
  55. imam : Guide, chef spirituel ou modèle.
  56. Dhimar : Nom d'une idole adorée par certaines tribus arabes préislamiques.
  57. Aba Hafs : Surnom de 'Umar ibn al-Khattab, signifiant 'père de Hafs'.
  58. Taliha : Verbe signifiant 'être épuisé' (pour un chameau) ou 'avoir mal au ventre'.
  59. hulla : Vêtement ample, souvent rayé, porté par les notables.
  60. la Maison : La Kaaba, la Maison sacrée d'Allah.
  61. al-Faruq : Surnom de 'Umar signifiant 'celui qui distingue (le vrai du faux)'.
  62. muhaddath : Personne à qui les anges parlent ou inspirent des choses, sans être prophète.
  63. Sariyah : Nom d'un compagnon, commandant d'une expédition militaire à l'époque de 'Umar.
  64. Zanim al-Jabal : Expression signifiant 'le bâtard de la montagne' ou 'l'intrus de la montagne', utilisée par 'Umar pour désigner un lieu ou une situation.
  65. Ali : Ali ibn Abi Talib, cousin et gendre du Prophète, quatrième calife.
  66. associateurs : Terme désignant les polythéistes, ceux qui associent d'autres divinités à Dieu.
  67. Ibn 'Asakir : Célèbre historien et traditionniste damascain (1105-1176).
  68. As-Samantari : Personnage non identifié, peut-être un traditionniste ou historien.
  69. Nahavand : Ville de l'ouest de l'Iran, site d'une bataille décisive entre musulmans et Perses en 642.
  70. Sariya : Sariya ibn Zanim al-Kinani, compagnon et général musulman.
  71. Ibn Zafar : Ibn Zafar al-Makki, historien et traditionniste du IXe siècle.
  72. Khayr al-Bashar : Ouvrage historique sur les califes bien guidés.
  73. Ka'b : Ka'b al-Ahbar, savant juif converti à l'islam, connu pour ses récits bibliques.
  74. Commandeur des croyants : Titre honorifique du calife.
  75. Paran : Montagne mentionnée dans la Bible, identifiée par certains à La Mecque.
  76. Tayba : Surnom de Médine, signifiant 'la bonne'.
  77. vieillard vertueux : Allusion à Abou Bakr, premier calife.
  78. siècle de fer : Allusion à 'Umar, surnommé 'le siècle de fer' pour sa fermeté.
  79. Quelle puanteur ! : Exclamation de 'Umar exprimant son mécontentement ou son humilité.
  80. homme de la pudeur et de la générosité : Allusion à 'Uthman, connu pour sa pudeur et sa générosité.
  81. homme de la voie claire... : Allusion à Ali, connu pour sa sagesse et sa science.
  82. Abou al-Hasan : Surnom d'Ali ibn Abi Talib.
  83. Sham : Région du Levant (Syrie, Palestine, Liban, Jordanie).
  84. Ad-dafar : Mot arabe signifiant 'puanteur'.
  85. Umm Dafar : Surnom du monde, signifiant 'mère de la puanteur'.
  86. Il : Référence à 'Umar.
  87. Abou Lou'Lou'a Fayrouz : Esclave perse qui assassina 'Umar.
  88. al-Mughira ibn Shu'ba : Compagnon et gouverneur de Koufa.
  89. Dhou al-Hijja : Douzième mois du calendrier islamique, mois du pèlerinage.
  90. an 23 : Année 23 de l'Hégire (644 ap. J.-C.).
  91. discorde : Terme technique (fitna) désignant les troubles et guerres civiles dans l'islam.
  92. Sahih : Recueil de hadiths authentiques, notamment ceux d'al-Bukhari et Muslim.
  93. Muhammad ibn al-Hasan ash-Sha'ri : Traditionniste peu connu.
  94. al-Malamih wa al-Ma'ariḍ : Ouvrage sur les signes et les allusions.
  95. Abou al-Layth as-Samarqandi : Célèbre juriste et traditionniste hanafite (mort en 983).
  96. Et craignez une discorde : Référence au verset coranique 8:25.
  97. Abou Dhar : Abou Dhar al-Ghifari, compagnon connu pour son ascétisme.
  98. Mu'adh ibn Jabal : Compagnon, éminent savant du Coran et de la jurisprudence.
  99. Ibn 'Abd al-Barr : Célèbre traditionniste andalou (978-1071).
  100. maison d'al-Arqam : Première maison où le Prophète enseigna secrètement l'islam.
  101. deux émigrations : Émigration vers l'Abyssinie puis vers Médine.
  102. 'Umar ibn Shabba : Historien et traditionniste du IXe siècle.
  103. Muhammad ibn Sa'd : Célèbre historien et biographe (784-845), auteur des 'Tabaqat'.
  104. Nahshal ibn Malik al-Wa'ili de Bahila : Personnage peu connu, probablement un chef de tribu.
  105. Al-Aqlishi : Traditionniste andalou (mort en 1155).
  106. al-Muhallab ibn Abi Sufra : Général et gouverneur omeyyade (mort en 702).
  107. Dhou an-Nourain : Surnom de 'Uthman signifiant 'possesseur des deux lumières'.
  108. Ibn Munir al-Halabi : Savant et commentateur du Coran (mort en 1220).
  109. Sahl ibn Sa'd : Compagnon, dernier des compagnons mort à Médine.
  110. al-Hakim : Al-Hakim al-Nishapuri, traditionniste et auteur du 'Mustadrak' (933-1014).
  111. conditions des deux cheikhs : Critères d'authentification d'al-Bukhari et Muslim.
  112. mont Uhud : Montagne près de Médine, site d'une bataille en 625.
  113. Jabir ibn 'Abdallah : Compagnon, célèbre pour ses nombreux hadiths.
  114. Oumm Koulthoum bint Thumama : Femme de la génération des successeurs, rapporteuse de hadiths.
  115. Abou Sa'id al-Khoudri : Compagnon, rapporteur de nombreux hadiths.
  116. 'Abd ar-Rahman ibn Samura : Compagnon, gouverneur de Sijistan.
  117. armée de la difficulté : Expédition de Tabuk en 630, marquée par des conditions difficiles.
  118. az-Zuhri : Ibn Shihab al-Zuhri, célèbre traditionniste (mort en 742).
  119. Tabuk : Expédition militaire en 630 contre les Byzantins.
  120. bikulli dirham ʿashran : Allusion au verset coranique (Sourate 6, verset 160) : « Quiconque viendra avec une bonne action aura dix fois autant. »
  121. baradhūn ablaq : Cheval de race, de couleur pie (noir et blanc).
  122. ṭaʿām al-imāra : Nourriture digne d’un gouverneur, c’est-à-dire abondante et de qualité.
  123. izār ʿadanī : Pagne fabriqué à Aden, au Yémen, réputé pour sa qualité.
  124. rīṭa kūfiyya mumashshaqa : Étoffe légère de Kūfa, usée par l’usage ou teinte.
  125. ar-rayṭa : Manteau ou voile d’une seule pièce, sans couture.
  126. al-mumashshaq : Vêtement porté longtemps, usé ; ou bien teint.
  127. dhū al-nūrayn : « Possesseur des deux lumières », surnom de ʿUthmān car il épousa successivement deux filles du Prophète : Ruqayya puis Umm Kulthūm.
  128. shahīd al-dār : « Martyr de la Demeure », surnom de ʿUthmān car il fut assassiné chez lui.
  129. ʿammuhu : Son oncle : il s’agit de Ḥamza, oncle du Prophète, ou peut-être d’un autre parent.
  130. ḥaydara : Lion, en arabe ; surnom de ʿAlī donné par sa mère.
  131. al-mawḍūʿāt : Hadiths forgés, inventés ; Ibn al-Jawzī a compilé un ouvrage sur ce sujet.
  132. al-Ṣaḥīḥ : Recueil de hadiths authentiques, notamment celui d’al-Bukhārī ou de Muslim.
  133. al-muhājirūn al-awwalūn : Les premiers émigrés : les premiers musulmans qui ont émigré de La Mecque à Médine.
  134. al-Mawrid al-'Adhb al-Hani' : Ouvrage de commentaire de la Sira, littéralement 'La source douce et agréable'.
  135. tiyara : Pratique de mauvais augure, superstition consistant à tirer des présages négatifs.
  136. barada amrunā : Jeu de mots sur le nom Burayda (diminutif de 'froid') : 'notre affaire s'est refroidie' au sens de 'apaisée'.
  137. salimnā : Jeu de mots sur Aslam : 'nous avons été sauvés' ou 'nous avons embrassé l'islam'.
  138. kharaja sahmuka : Expression signifiant 'tu as gagné' ou 'ton sort est favorable', littéralement 'ta flèche est sortie' (tirée au sort).
  139. al-Ghawra : Nom d'une localité ou d'une terre au Yémen.
  140. al-yamāniyya : Épées yéménites, réputées pour leur qualité.
  141. al-hindawāniyya : Épées indiennes, également réputées.
  142. khaṭīb : Orateur, celui qui prononce le discours (khuṭba) lors des rassemblements.
  143. yataḥannaṭu : S'embaumer de henné ou de parfum, souvent en préparation à la mort.
  144. mas min al-jinn : Atteinte ou possession par les djinns, pouvant causer des troubles mentaux ou physiques.
  145. Inna Allāha lā yuḥibbu kulla mukhtālin fakhūr : Coran, sourate Luqman (31:18) : 'Certes, Allah n'aime pas tout arrogant plein de gloriole'.
  146. wasq : Mesure de capacité pour les grains, équivalant à environ 60 sa' (environ 130 kg).
  147. al-A'lām : Ouvrage biographique, littéralement 'Les Notables'.
  148. hādhā : Ceci : fait référence au deuil excessif et aux lamentations.
  149. ajr : Récompense divine, mérite spirituel.
  150. al-shāḥib : Teint blême, pâle ; ici, signifie le mort.
  151. ūdiya : Anéanti, péri ; synonyme de halka.
  152. Muslimū al-fatḥ : Les « libérés » : ceux qui ont embrassé l'islam après la conquête de La Mecque.
  153. al-muʾallafatu qulūbuhum : Ceux dont les cœurs sont à rallier : catégorie de personnes à qui l'on donne une part de l'aumône légale pour les attirer à l'islam ou affermir leur foi.
  154. al-ḥaram : Le sanctuaire de La Mecque, zone sacrée.

La première partie

14 - Al-Husayn ibn Numayr Ibn 'Abd al-Barr ne l'a pas mentionné dans son chapitre, mais 'Abd al-Karim al-Halabi l'a mentionné dans le commentaire de la Sīra de 'Abd al-Ghanī, et al-Qudā'ī l'a mentionné sans lui attribuer de généalogie. Al-Halabi a dit : Abū 'Abd Allāh al-Qurṭubī l'a mentionné dans son livre sur lui (que la paix soit sur lui), et je l'ai copié de son écriture. Il a dit : Al-Mughīra ibn Shu'ba et al-Husayn ibn Numayr écrivaient les dettes et les transactions. Il semble qu'il l'ait copié du livre d'al-Qudā'ī et d'autres. Abū al-Ḥasan ibn 'Abd al-Barr et Abū 'Alī ibn Miskawayh l'ont mentionné. J'ai dit : Je l'ai trouvé moi-même dans le livre 'Uyūn al-Ma'ārif wa Funūn Akhbār al-Khalā'if d'al-Qudā'ī, comme il l'a rapporté de lui. Louange et grâce à Dieu. 15 - Ḥāṭib ibn 'Amr Ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Wudd ibn Naṣr ibn Mālik ibn Ḥusl ibn 'Āmir ibn Lu'ayy, frère de Suhayl ibn 'Amr. Il a assisté à Badr et a embrassé l'islam avant l'entrée du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dans la maison d'al-Arqam. Il a émigré en Abyssinie pour les deux émigrations. Il fut le premier à arriver en Abyssinie lors de la première émigration, selon Ibn 'Abd al-Barr. 'Abd al-Karīm al-Ḥalabī a dit : Ibn Miskawayh l'a mentionné, lui et Abū Sufyān ibn Ḥarb, dans son livre sur lui (que Dieu prie sur lui et le salue). 16 - Ḥudhayfa ibn al-Yamān Ibn 'Abd al-Barr a dit : Le nom d'al-Yamān est Ḥusayl, Ḥusayl avec la première lettre ouverte et la seconde fermée. Al-Jawharī a dit : al-ḥusayl est le petit de la vache, sans singulier de même forme. Al-Yamān est un surnom qu'il a reçu parce qu'il avait versé du sang parmi son peuple et s'était enfui à Médine, où il s'était allié aux Banū 'Abd al-Ashhal des Anṣār. Son peuple l'appela al-Yamān parce qu'il s'était allié aux Yamanites. Ibn Jābir ibn 'Amr ibn Rabī'a ibn Jarwa ibn al-Ḥārith ibn Māzin ibn Quṭay'a ibn 'Abs al-'Absī al-Quṭay'ī, des Banū 'Abs ibn Baghīḍ ibn Rayth ibn Ghatafān. Sa mère était une femme des Anṣār, des Aws, des Banū 'Abd al-Ashhal, nommée al-Rabāb bint Ka'b ibn 'Adī ibn 'Abd al-Ashhal. Ḥudhayfa, son père Ḥusayl et son frère Ṣafwān assistèrent à Uḥud. Son père fut tué ce jour-là par certains musulmans qui le prenaient pour un polythéiste. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) voulut lui verser le prix du sang, mais Ḥudhayfa en fit aumône aux musulmans, ce qui accrut sa valeur auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Al-Suhaylī rapporte d'après Ibn 'Abbās que celui qui tua Ḥusayl par erreur fut 'Utba ibn Mas'ūd, frère de 'Abd Allāh ibn Mas'ūd, et il fut le premier à appeler le muṣḥaf 1 "muṣḥaf". Ḥudhayfa était parmi les grands compagnons du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). C'est lui qui fut envoyé le jour du Khandaq 2 pour observer Quraysh et rapporta la nouvelle de leur départ. Le Messager de Dieu lui confia les noms des hypocrites, et 'Umar l'interrogeait à leur sujet. Il est connu parmi les compagnons comme le détenteur du secret. Sous le califat de 'Umar, lorsque quelqu'un mourait, 'Umar regardait : si Ḥudhayfa n'assistait pas à ses funérailles, 'Umar n'y assistait pas. Il disait : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) m'a donné le choix entre l'émigration et le soutien, et j'ai choisi le soutien. Il assista à Nihāwand 3 ; lorsque al-Nu'mān ibn Muqarrin fut tué, il prit l'étendard. La conquête de Hamadān, al-Rayy et Dīnawar se fit par son intermédiaire, en l'an 22. Il mourut après l'assassinat de 'Uthmān, au début du califat de 'Alī, en l'an 36, sans avoir assisté à la bataille du Chameau. Ses fils Sa'īd et Ṣafwān furent tués à Ṣiffīn 4 ; ils avaient prêté allégeance à 'Alī sur la recommandation de leur père. On demanda à Ḥudhayfa : Quelle est la plus grande des épreuves ? Il répondit : Que le bien et le mal te soient présentés sans que tu saches lequel choisir. Il dit : L'Heure ne viendra pas avant que chaque communauté ne soit dirigée par ses hypocrites. L'auteur d'al-Mawrid al-'Adhb al-Hanī a dit : Ḥudhayfa ibn al-Yamān a été mentionné dans son livre sur lui (que Dieu prie sur lui et le salue) par Abū al-Ḥasan Muḥammad ibn Aḥmad ibn 'Abd al-Barr, Abū Manṣūr 'Abd al-Malik al-Tha'ālibī dans Laṭā'if al-Ma'ārif, et Abū 'Abd Allāh al-Qurṭubī. Je l'ai copié de son écriture : il écrivait l'estimation des dattiers. 17 - Abū Ayyūb al-Anṣārī Son nom est Khālid ibn Zayd ibn Kulayb ibn Tha'laba ibn 'Abd 'Awf, des Banū Ghanm ibn Mālik ibn al-Najjār. Son surnom a prévalu sur son nom. Sa mère est Hind bint Sa'd ibn 'Amr ibn Imri' al-Qays ibn Mālik ibn Tha'laba ibn Ka'b ibn al-Khazraj ibn al-Ḥārith ibn al-Khazraj al-Akbar. Il assista à la 'Aqaba 5, à Badr et à tous les autres combats. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) descendit chez lui lors de son arrivée à Médine en émigrant. Il resta chez lui jusqu'à ce qu'il construise sa mosquée et ses habitations, puis il déménagea. D'après lui : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) descendit dans notre maison du bas, tandis que j'étais dans la chambre haute. De l'eau se répandit dans la chambre haute ; je me levai, moi et Umm Ayyūb, avec une couverture, suivant l'eau de peur qu'elle n'atteigne le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Je descendis vers lui et dis : Ô Messager de Dieu, il ne convient pas que nous soyons au-dessus de toi ; monte à la chambre haute. Il y monta. Il mourut, que Dieu lui fasse miséricorde, à Constantinople, en terre byzantine, à l'époque de Mu'āwiya. Son expédition était sous l'étendard de Yazīd, qui était leur commandant, en l'an 50 ou 51. Il dit : Lorsque sa maladie s'aggrava, il dit à ses compagnons : Quand je mourrai, portez-moi ; quand vous serez en face de l'ennemi, enterrez-moi sous vos pieds. On dit que Yazīd ordonna que des chevaux passent et repassent sur sa tombe. Les Byzantins dirent aux musulmans le lendemain de l'enterrement d'Abū Ayyūb : Vous avez eu cette nuit une grande affaire. Ils répondirent : C'est un homme parmi les grands compagnons de notre Prophète Muḥammad (que Dieu prie sur lui et le salue), et l'un des plus anciens dans l'islam. Nous l'avons enterré là où vous avez vu. Par Dieu, si vous le déterrez, jamais plus on ne sonnera le nāqūs 6 en terre arabe tant que nous aurons un royaume. Il dit : Lorsqu'ils souffraient de sécheresse, ils découvraient sa tombe et recevaient la pluie. Il est rapporté que lorsqu'il tomba malade lors de cette expédition, Yazīd entra chez lui pour lui rendre visite et lui dit : Fais-moi une recommandation. Il dit : Quand je mourrai, enveloppez-moi dans un linceul, puis faites monter les gens à cheval et qu'ils marchent en terre ennemie jusqu'à ce que vous ne trouviez plus de passage, alors enterrez-moi. Ils firent ainsi. Il dit : Il disait : Dieu Très-Haut a dit : "Allez, légers ou lourds" 7. Je ne me trouve jamais que léger ou lourd. Dit par Ibn 'Abd al-Barr. 'Abd al-Karīm a dit : Il a été mentionné dans son livre sur lui (que Dieu prie sur lui et le salue) par Abū al-Khaṭṭāb ibn Daḥya dans son livre al-Mufāḍala bayn Ahl Ṣiffīn. 18 - Khālid ibn Sa'īd ibn al-'Āṣ Ibn Umayya ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Manāf ibn Quṣayy al-Qurashī al-Umawī, surnommé Abū Sa'īd. Il embrassa l'islam après Abū Bakr. Il fut le premier à écrire pour le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). On dit qu'il fut le premier à écrire "Bismillāh al-Raḥmān al-Raḥīm" 8. Il fut le troisième dans l'islam, ou le quatrième, ou le cinquième. Il émigra en Abyssinie, où son fils Sa'īd lui naquit. Puis il revint alors que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) était à Khaybar, et il assista avec lui à la 'Umra du dédommagement 9 et aux événements suivants. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) le nomma collecteur des aumônes au Yémen, et le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) mourut alors qu'il y était. La cause de son islam fut qu'il vit en rêve qu'il se tenait au bord de l'Enfer, que son père le poussait dedans, et que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) le tenait par les hanches pour l'empêcher d'y tomber. Il se réveilla effrayé et dit : Je jure par Dieu que c'est un rêve vrai. Il rencontra Abū Bakr et lui raconta cela. Abū Bakr lui dit : On te veut du bien. Il rencontra le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) à Ajīyād et embrassa l'islam. Son père l'apprit, le frappa avec une baguette qu'il tenait à la main jusqu'à la briser sur sa tête, puis dit : Tu suis Muḥammad alors que tu vois son peuple s'opposer à lui et à ce qu'il apporte ? Abū Uḥayḥa se fâcha, l'injuria et le maudit, et dit : Va-t'en, ô stupide, où tu veux. Par Dieu, je te priverai de nourriture. Khālid répondit : Si tu me prives, Dieu me nourrira. Il le chassa et dit à ses fils : Que personne parmi vous ne lui parle, sinon je lui ferai ce que je lui ai fait. Khālid se rendit auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), resta avec lui, vécut avec lui, et se cacha de son père dans les quartiers de La Mecque, jusqu'à ce que les compagnons du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) partent en Abyssinie en émigrants. Il fut le premier à partir. Son père tomba malade et dit : Si Dieu me guérit de cette maladie, le dieu d'Ibn Abī Kabsha ne sera jamais adoré à La Mecque. Son fils Khālid dit : Ô Dieu, ne le guéris pas. Il mourut de cette maladie. Khālid fut tué à Ajnādayn le samedi de l'an 13, vingt-quatre nuits avant la mort d'Abū Bakr. On dit aussi à Marj al-Ṣuffar en l'an 14, au début du califat de 'Umar. Il offrit au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) son anneau sur lequel était gravé "Muḥammad, Messager de Dieu". Cet anneau tomba dans le puits d'Arīs de la main de 'Uthmān ibn 'Affān (que Dieu l'agrée) et ne fut pas retrouvé. Khālid ibn Sa'īd écrivit une lettre de la part du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) aux Banū 'Amr dhī Ḥimyar, les invitant à l'islam. Dit par Ibn 'Abd al-Barr. Dieu sait mieux. 19 - Khālid ibn al-Walīd ibn al-Mughīra Ibn 'Abd Allāh ibn 'Umar ibn Makhzūm al-Qurashī al-Makhzūmī, surnommé Abū Sulaymān, ou Abū al-Walīd. Sa mère est Lubāba al-Ṣughrā bint al-Ḥārith ibn Ḥazn al-Hilāliyya, sœur de Maymūna, épouse du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue). Khālid était l'un des nobles de Quraysh à l'époque préislamique ; c'est à lui que revenaient la tente et les rênes à l'époque préislamique. Quant à la tente, ils la dressaient et y rassemblaient ce qu'ils équipaient pour l'armée. Quant aux rênes, il était responsable des chevaux de Quraysh dans les guerres. La nouvelle de son islam et de son émigration viendra lors de la mention du Négus avec 'Amr ibn al-'Āṣ, si Dieu Très-Haut le veut. Depuis son islam, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) le plaçait toujours à la tête des chevaux.

Et le Messager d'Allah 10 l'envoya en l'an neuf à Ukaydir de Dûma. Il était donc scribe et messager, et sa mention viendra avec le messager et avec Ukaydir, maître de Dûmat al-Jandal, plus tard aussi, si Allah Très-Haut le veut. Il est rapporté que le Messager d'Allah mentionna Khâlid ibn al-Walîd et dit : « Quel excellent serviteur d'Allah et frère de la tribu ! Et une épée parmi les épées d'Allah 11 qu'Allah a dégainée contre les mécréants et les hypocrites. » Abû Bakr as-Siddîq 12 le mit à la tête des armées pour combattre les apostats, et l'envoya en Iraq, puis en Syrie. Il ouvrit Damas, et ses positions sont connues et célèbres dans les conquêtes de la Syrie et ailleurs. Ibn 'Abd al-Barr dit : « Quand la mort se présenta à Khâlid, il dit : 'J'ai assisté à cent batailles rangées, ou presque, et il n'y a pas dans mon corps un empan qui n'ait reçu un coup d'épée, une blessure de lance ou une flèche. Puis voici que je meurs sur mon lit comme meurt le 'ayr 13 – c'est-à-dire l'âne sauvage – ; que les yeux des lâches ne dorment donc pas !' Il mourut à Homs en l'an vingt et un et fut enterré dans un village à un mille de là, sous le califat de 'Umar ibn al-Khattâb 14, à qui il avait légué ses biens et qui fut son exécuteur testamentaire. Il dit : 'Umar apprit que des femmes des Banû al-Mughîra pleuraient sur lui ; il dit : 'Qu'ont-elles à pleurer Abû Sulaymân, tant qu'il n'y a ni naq' 15 ni laqlaqa 16 ?' Il voulait par naq' le fait de jeter de la poussière sur leurs têtes lors des malheurs, et par laqlaqa, il entendait la lamentation. Il dit : 'Il ne resta aucune femme des Banû al-Mughîra sans déposer sa lamîma 17 sur la tombe de Khâlid' – c'est-à-dire qu'elle se rasa les cheveux. Ibn Shabba le mentionna dans son livre. C'est ce que dit Ibn 'Abd al-Barr dans la notice biographique d'Ubayy ibn Ka'b. 20 – Zayd ibn Thâbit al-Ansârî 18 an-Najjârî, fils d'ad-Dahhâk ibn Zayd ibn Lawdhân ibn 'Amr ibn 'Abd 'Awf ibn Ghanm ibn Mâlik ibn an-Najjâr. Sa mère était an-Nawwâr bint Mâlik ibn Mu'âwiya ibn 'Adî ibn 'Âmir ibn Ghanm. Il était surnommé Abû Sa'îd, ou Abû 'Abd ar-Rahmân, ou Abû Khârija à cause de son fils Khârija. Il écrivait la Révélation 19 pour le Messager d'Allah ainsi que d'autres choses. Des lettres en syriaque parvenaient au Messager d'Allah ; il ordonna à Zayd de les apprendre, et lui ordonna d'apprendre l'écriture des Juifs, disant : « Je ne suis pas à l'abri qu'ils n'apprennent mon écriture. » Il écrivit pour Abû Bakr et 'Umar. 'Umar le nomma gouverneur de Médine à trois reprises, lors de son pèlerinage et lors de son départ pour la Syrie. Il lui écrivit de Syrie : « De 'Umar ibn al-Khattâb à Zayd ibn Thâbit. » 'Uthmân le nommait gouverneur lorsqu'il partait en pèlerinage. Il fut l'un des juristes 20 parmi les Compagnons. Le Messager d'Allah dit : « Le plus versé dans les lois successorales 21 de ma communauté est Zayd ibn Thâbit. » Zayd dit : « Le premier cadeau qui entra chez le Messager d'Allah fut un cadeau que j'apportai : un bol de tharîd 22 contenant du pain, du beurre et du lait. Je dis : 'Ma mère me l'a envoyé.' Il dit : 'Qu'Allah te bénisse !' et appela ses compagnons, qui mangèrent. Je n'eus pas le temps de refermer la porte qu'entra un bol de Sa'd ibn 'Ubâda, contenant du tharîd et des 'irâq 23. » Al-Qâdî 'Iyâd dit : « Al-Khalîl a dit : 'Al-'irâq est l'os sans viande ; quand il y a de la viande dessus, c'est 'araq.' Le premier avec la 'ayn 24 et le second avec la fatḥa 25 et un sukûn 26 sur le râ' 27. » Zayd dit : « Il ne se passait pas une nuit sans que trois ou quatre personnes ne portent de la nourriture à la porte du Messager d'Allah, jusqu'à ce qu'il déménage de la maison d'Abû Ayyûb, où il avait séjourné sept mois. » Ibn Qudâma dit qu'il arriva à Médine le soir du vendredi de l'an cinquante-trois de l'Année de l'Éléphant 28. Abû Bakr avait ordonné à Zayd de rassembler le Coran dans des feuillets 29, et il l'y écrivit. Puis, lorsque les gens divergèrent sur la lecture à l'époque de 'Uthmân, et que son avis et celui des Compagnons s'accordèrent pour ramener le Coran à une seule lettre 30, le choix se porta sur la lettre de Zayd. Il lui ordonna donc de le dicter à un groupe de Qurayshites qu'il rassembla auprès de lui, et ils l'écrivirent tel qu'il est aujourd'hui entre les mains des gens. Les récits à ce sujet sont mutawâtir 31 quant au sens, bien que leurs formulations diffèrent. Il mourut en l'an quarante-cinq, à l'âge de cinquante-six ans, selon une divergence à ce sujet. Marwân ibn al-Hakam pria sur lui. 21 – Az-Zubayr ibn al-'Awwâm 32 Ibn Khuwaylid ibn Asad ibn 'Abd al-'Uzzâ ibn Qusayy al-Qurashî al-Asadî, surnommé Abû 'Abd Allah. Sa mère était Safiyya bint 'Abd al-Muttalib ibn Hâshim, la tante paternelle du Messager d'Allah. Il embrassa l'Islam en même temps que 'Alî ibn Abî Tâlib, tous deux âgés de huit ans, selon d'autres dires. Il est rapporté du Messager d'Allah qu'il dit : « Az-Zubayr ibn al-'Awwâm est le fils de ma tante et mon hawârî 33 parmi ma communauté. » Ibn 'Abd al-Barr rapporte qu'az-Zubayr fut le premier homme à dégainer son épée dans le sentier d'Allah 34. Cela se produisit lorsqu'une insufflation du Diable eut lieu et que le Messager d'Allah fut pris ; az-Zubayr vint, fendant la foule avec son épée, tandis que le Prophète se trouvait en haut de La Mecque. Le Prophète lui dit : « Qu'as-tu, ô Zubayr ? » Il répondit : « On m'a informé que tu avais été pris. » Il dit alors : « Il pria sur lui et invoqua pour lui et pour son épée. » Abû Ishâq as-Sabî'î dit : « J'ai interrogé une assemblée où se trouvaient plus de vingt hommes parmi les Compagnons du Messager d'Allah : 'Qui est le plus noble des gens auprès du Messager d'Allah ?' Ils dirent : 'Az-Zubayr et 'Alî.' » Il était commerçant et possédait mille esclaves qui lui versaient le kharâj 35, mais il n'en faisait pas entrer un seul dirham dans sa maison, les donnant tous en aumône. Hassân dit à son sujet, le louant et le préférant : « Il resta fidèle à l'alliance du Prophète et à sa guidance, / Son hawârî, et la parole est égalée par l'acte. Il resta sur sa voie et son chemin, / Aimant l'allié du droit, et le droit est plus juste. C'est le cavalier célèbre et le héros / Qui charge quand le jour est marqué. Et tout homme dont Safiyya est la mère, / Et qui est d'Asad dans sa maison, est comblé d'honneurs. Il a du Messager d'Allah une parenté proche, / Et du secours à l'Islam une gloire établie. Que de détresse az-Zubayr a repoussée par son épée / Loin de l'Élu, et Allah donne et prodigue. Quand la guerre découvre sa jambe, il l'attise / Avec une épée blanche, rapide vers la mort, qui se pavane. Nul n'est son pareil parmi eux, ni avant lui, / Et il n'y en aura jamais tant que durera Yadbul 36. » Explication : Al-muraffal 37 : l'honoré, dit al-Jawharî. Al-mihashsha 38 : le tisonnier avec lequel on attise le feu ; de là, on dit d'un homme courageux : « Quel bon attiseur de bataillon ! » Al-abyad 39 : l'épée. Yarful 40 : il se pavane dans sa marche, dit aussi. Yadbul : avec la fatḥa sur la première lettre et le sukûn sur la seconde, suivi d'un bâ' 41 simple, deuxième lettre de l'alphabet ; c'est une montagne dont une extrémité appartient aux Banû 'Amr ibn Kilâb et le reste aux Bâhila, appelée Yadbul al-Jû' 42 car elle est toujours stérile, dit al-Bakrî dans al-Mu'jam. Az-Zubayr assista à la bataille du Chameau 43 et y combattit un moment. 'Alî l'appela et s'entretint seul avec lui, lui rappelant que le Messager d'Allah lui avait dit, alors qu'il les avait trouvés riant l'un avec l'autre : « Certes, tu combattras 'Alî, et tu seras injuste envers lui. » Az-Zubayr se souvint de cela, se retira du combat, repentant, quittant le groupe avec lequel il était sorti et retournant à Médine. Ibn Jarmûz, nommé 'Umayra, le vit et dit : « Il est venu semer la discorde entre les gens, puis les a abandonnés ? Par Allah, je ne le laisserai pas ! » Il le suivit avec Fadâla ibn Hâbis et Nufay', parmi les égarés des Banû Tamîm, et ils montèrent à sa poursuite. Ibn Jarmûz le rattrapa alors qu'il était sur une jument faible, lui porta une légère blessure, et az-Zubayr chargea sur lui, monté sur un cheval appelé Dhû al-Khimâr, jusqu'à ce qu'il pense l'avoir tué ; il appela ses deux compagnons, qui chargèrent sur lui et le tuèrent. Cela eut lieu le jeudi, dix jours passés de Jumâdâ al-Ûlâ de l'an trente-six. Ce jour-là eut lieu la bataille du Chameau. Il avait soixante-sept ans, selon d'autres dires. Il fut enterré dans le Wâdî as-Sibâ' 44. Il dit : « Lorsqu'on apporta à 'Alî l'épée d'az-Zubayr, il dit : 'Combien de temps elle a écarté [le mal] du visage du Messager d'Allah !' et il pleura, puis dit : 'Je me plains à Allah de mon 'ujrî et de mon bajrî 45.' » Al-Jawharî dit : « Al-'ujra, avec la dhamma 46, est le nœud dans les veines du corps ; al-bajr, avec la fatḥa, est la saillie du nombril et son épaisseur. » Il voulait dire : « Je me plains à Allah de mes défauts et de toute ma situation. » Il dit : « Annoncez à celui qui a tué le fils de Safiyya le Feu ! » – c'est-à-dire az-Zubayr. Nous avons rapporté dans le Sahîh d'al-Bukhârî, d'après 'Abd Allah ibn az-Zubayr, qu'il dit : « Quand az-Zubayr s'arrêta le jour du Chameau, il m'appela ; je me tins à ses côtés. Il dit : 'Ô mon fils, aujourd'hui ne sera tué qu'un oppresseur ou un opprimé. Je ne pense pas que je serai tué aujourd'hui autrement qu'opprimé. Et l'une de mes plus grandes préoccupations est ma dette. Penses-tu que notre religion laissera quelque chose de nos biens ?' Puis il dit : 'Ô mon fils, vends nos biens, acquitte ma dette, et lègue le tiers, et le tiers de ce tiers à ses fils' – c'est-à-dire aux fils de 'Abd Allah. Il dit : 'S'il reste quelque chose de nos biens après l'acquittement de la dette, un tiers en revient à ton enfant.' 'Abd Allah ibn az-Zubayr dit : 'Il se mit à me recommander sa dette, disant : 'Ô mon fils, si tu es incapable d'en payer une partie, demande l'aide de mon Mawlâ 47.' Par Allah, je ne compris pas ce qu'il voulait dire jusqu'à ce que je dise : 'Ô père, qui est ton Mawlâ ?' Il dit : 'Allah.' Par Allah, chaque fois que je me trouvais dans une difficulté concernant sa dette, je disais : 'Ô Mawlâ d'az-Zubayr, acquitte sa dette !' et Il l'acquittait.' Il dit : 'Az-Zubayr fut tué sans laisser ni dinar ni dirham, mais seulement des terres : al-Ghâba 48, onze maisons à Médine, deux maisons à Bassora, une maison à Koufa et une maison en Égypte.' Il dit : 'Sa dette provenait du fait qu'un homme venait à lui avec de l'argent en dépôt, et az-Zubayr disait : 'Non, c'est un prêt, car je crains pour lui la perte.' »

Je n'ai jamais été investi d'une quelconque autorité 49, ni de la perception de l'impôt foncier 50, ni du tribut 51, ni de quoi que ce soit, sauf lors d'une expédition militaire avec le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – ou avec Abou Bakr, 'Omar et 'Othman. 'Abdallah ibn az-Zoubayr dit : Je calculai alors ce qu'il devait comme dettes, et je trouvai deux millions deux cent mille [dirhams]. Il dit : Hakim ibn Hizam rencontra 'Abdallah ibn az-Zoubayr et lui dit : Ô fils de mon frère, combien mon frère doit-il comme dettes ? Il dit : Je les lui cachai et dis : Cent mille. Hakim dit : Par Allah, je ne pense pas que vos biens suffisent pour cela. 'Abdallah dit : Que penses-tu si c'était deux millions deux cent mille ? Il dit : Je ne pense pas que vous puissiez supporter cela. Si vous êtes incapables d'en payer une partie, demandez-moi de l'aide. Il dit : Az-Zoubayr avait acheté al-Ghaba 52 pour cent soixante-dix mille [dirhams], et 'Abdallah la vendit pour un million six cent mille [dirhams]. Puis il se leva et dit : Que celui qui a une créance sur az-Zoubayr nous rejoigne à al-Ghaba. Il dit : 'Abdallah ibn Ja'far vint à lui, et il avait une créance de quatre cent mille [dirhams] sur az-Zoubayr. Il dit à 'Abdallah : Si vous voulez, je vous en fais don. 'Abdallah dit : Non. Il dit : Si vous voulez, vous pouvez l'inclure dans ce que vous différerez, si vous différez. 'Abdallah dit : Non. Il dit : Alors attribuez-moi une parcelle. 'Abdallah dit : À toi, d'ici à ici. Il dit : 'Abdallah en vendit une partie, paya sa dette et l'acquitta, et il en resta quatre parts et demie. Il dit : Il vint chez Mou'awiya, auprès de qui se trouvaient 'Amr ibn 'Othman, al-Moundhir ibn az-Zoubayr et Ibn Zam'a. Mou'awiya lui dit : À combien as-tu estimé al-Ghaba ? Il dit : Chaque part cent mille. Il dit : Combien en reste-t-il ? Il dit : Quatre parts et demie. Al-Moundhir ibn az-Zoubayr dit : J'ai pris une part pour cent mille. 'Amr ibn 'Othman dit : J'ai pris une part pour cent mille. Ibn Zam'a dit : J'ai pris une part pour cent mille. Mou'awiya dit : Combien reste-t-il ? Il dit : Une part et demie. Il dit : Je l'ai prise pour cent cinquante mille. Il dit : 'Abdallah ibn Ja'far vendit sa part à Mou'awiya pour six cent mille. Il dit : Lorsque Ibn az-Zoubayr eut fini de payer sa dette, les fils d'az-Zoubayr dirent : Partage entre nous notre héritage. Il dit : Par Allah, je ne partagerai pas entre vous avant d'avoir proclamé pendant quatre saisons du pèlerinage 53 : Que celui qui a une créance sur az-Zoubayr vienne à nous, nous la lui paierons. Il dit : Chaque année, il proclamait pendant la saison du pèlerinage. Lorsque quatre ans furent passés, il partagea entre eux et préleva le tiers 54. Il dit : Az-Zoubayr avait quatre épouses, et chaque épouse reçut un million deux cent mille [dirhams]. Il dit : L'ensemble de ses biens était de cinquante millions deux cent mille [dirhams]. Nous avons également rapporté dans al-Boukhari d'après 'Abdallah ibn az-Zoubayr – qu'Allah les agrée tous deux – qui dit : Je dis à az-Zoubayr : Pourquoi ne t'entends-je pas rapporter des hadiths du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – comme le font untel et untel ? Il dit : Certes, je ne l'ai pas quitté depuis que j'ai embrassé l'islam, mais je l'ai entendu dire : « Quiconque ment délibérément à mon sujet, qu'il prenne sa place en Enfer. » 22 – Sa'id ibn Sa'id ibn al-'As Frère de Khalid et d'Aban, que nous avons mentionnés précédemment. Sa'id ibn Sa'id ibn al-'As tomba en martyr le jour d'at-Ta'if. Son embrassement de l'islam eut lieu peu avant la conquête de La Mecque. Le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – le nomma gouverneur du marché de La Mecque le jour de la conquête. Son père, Sa'id ibn al-'As ibn Umayya, eut huit fils mâles, dont trois moururent dans l'incroyance : Uhayha – et c'est par lui que son père était surnommé – tué le jour d'al-Fidjar 55 ; al-'As et 'Ubayda, tous deux tués à Badr en mécréants : al-'As fut tué par 'Ali, et 'Ubayda par az-Zoubayr ibn al-'Awwam – qu'Allah l'agrée. Il dit : Je rencontrai le jour de Badr 'Ubayda ibn Sa'id ibn al-'As, alors qu'il était bardé de fer 56, ne laissant voir que ses yeux. Il était surnommé Abou Dhat al-Karch 57. Je le frappai à l'œil avec ma lance, et il mourut. Je posai mon pied sur lui, puis je me tirai en arrière, et ce fut avec effort que je l'extirpai ; les deux pointes [de la lance] étaient recourbées. Explication : Al-Jawhari dit : « Bardé de fer » signifie revêtu d'armes ; on dit : « il s'est bardé » dans sa cotte de mailles, c'est-à-dire qu'il est entré dans ses armes comme s'il s'en couvrait. « Le ciel s'est bardé » signifie qu'il s'est couvert de nuages. Quant à son frère al-'As ibn Sa'id ibn al-'As, Ibn 'Abd al-Barr rapporte dans la notice biographique de son fils Sa'id ibn al-'As ibn Sa'id ibn al-'As ibn Umayya, d'après 'Omar ibn al-Khattab – qu'Allah l'agrée – qui dit : Je le vis le jour de Badr creuser la terre comme un lion. 'Ali ibn Abi Talib – qu'Allah l'agrée – se dirigea vers lui et le tua. 'Omar dit un jour à son fils Sa'id : Je n'ai pas tué ton père ; c'est mon oncle maternel al-'As ibn Hicham que j'ai tué. Et je n'ai pas à m'excuser d'avoir tué un associateur. Sa'id ibn al-'As – qu'Allah l'agrée – lui dit : Si tu l'avais tué, tu aurais été dans le vrai et lui dans le faux. 'Omar fut étonné de sa parole et dit : Les Quraychites sont les plus sages des hommes. Ce Sa'id ibn al-'As ibn Sa'id ibn al-'As était l'un des nobles de Quraych, alliant éloquence et générosité. Il fut l'un de ceux qui copièrent le Coran de 'Othman ibn 'Affan – qu'Allah l'agrée. 'Uthman le nomma gouverneur de Koufa, et il mena les gens en expédition contre Tabaristan et conquit Djourdjan à l'époque de 'Uthman – qu'Allah l'agrée – en l'an vingt-neuf. On disait toujours qu'il avait frappé un homme sur la clavicule et que l'épée était ressortie par son coude. Lorsque Mou'awiya devint calife et que son autorité fut affermie, il le nomma gouverneur de Médine, puis le destitua et nomma Marwan. Il alternait entre eux deux dans les charges de Médine. C'est à son sujet que al-Farazdaq dit : « Tu vois les nobles et les chefs de Quraych, Quand l'affaire, dans les vicissitudes, devient redoutable, Debout, regardant vers Sa'id, Comme s'ils voyaient en lui une lune. » Explication : Al-Jahjah : le seigneur. « L'affaire devient redoutable » : elle détruit et prend par surprise, selon al-Jawhari. On l'appelait « le pot de miel » pour sa générosité. Lorsqu'un solliciteur le sollicitait et qu'il n'avait rien à lui donner, il lui écrivait un bon pour ce qu'il voulait lui donner, payable aux jours de son aisance. Il dit : Lorsqu'il fut destitué de Médine, il quitta la mosquée seul et vit un homme qui le suivait. Il lui dit : As-tu besoin de quelque chose ? Il dit : Non, mais je t'ai vu seul, alors je me suis joint à toi pour te soutenir. Il lui dit : Qu'Allah te soutienne, ô mon frère ! Cherche-moi un encrier et une peau, et appelle untel, mon serviteur. On apporta cela, et il écrivit vingt mille dirhams comme dette sur lui, et lui dit : Quand notre revenu arrivera, nous te remettrons cela. Il mourut cette année-là. On apporta le document à son fils 'Amr ibn Sa'id al-Achdaq, qui lui remit vingt mille dirhams. Il mourut sous le califat de Mou'awiya en l'an cinquante-neuf, selon Ibn 'Abd al-Barr. Il est le neveu de Sa'id ibn al-'As ibn Umayya, le sujet de la notice, et l'un des secrétaires du Prophète – qu'Allah prie sur lui et le salue. Je l'ai mentionné par digression pour l'utilité. 'Abd al-Karim dit dans al-Mawrid al-'Adhb al-Hani : La mention de Sa'id ibn Sa'id ibn al-'As ibn Umayya, notre maître Abou Muhammad ad-Dimyati l'a incluse parmi les secrétaires du Prophète – qu'Allah prie sur lui et le salue. 23 – as-Sijill 58 'Abd al-Karim al-Halabi rapporte dans son commentaire de la Sira de 'Abd al-Ghani : as-Sijill était un secrétaire du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue. Ibn Manda et Abou Nou'aym l'ont mentionné. Ibn al-Athir dit : Il est inconnu. Il dit : On rapporte d'après Nafi', d'après Ibn 'Omar, qui dit : Il y avait un secrétaire du Prophète – qu'Allah prie sur lui et le salue – appelé as-Sijill. Allah Très-Haut révéla : {Le jour où Nous plierons le ciel comme on plie le rouleau [as-sijill] pour les livres} 59. Il dit : Ceci est étrange, seul Hamdan ibn Sa'id l'a rapporté d'après Ibn Noumayr, d'après 'Ubaydallah, d'après Nafi'. As-Souhayli dit dans at-Ta'rif wa al-I'lam fi ma Ubhima fi al-Qur'an min al-Asma' wa al-A'lam, et il a commenté ce verset coranique : as-Sijill, selon ce qu'a mentionné Muhammad ibn al-Hasan al-Muqri' d'après un groupe d'exégètes, est un ange dans le troisième ciel, auquel sont élevées les œuvres des serviteurs, élevées par les anges gardiens chargés des créatures, chaque jeudi et lundi. Parmi ses assistants, selon ce qu'ils ont mentionné, se trouvent Harout et Marout. Dans les Sunan d'Abou Dawud, d'après Ibn 'Abbas – qu'Allah les agrée tous deux – as-Sijill était un secrétaire du Prophète – qu'Allah prie sur lui et le salue. Ce nom n'est pas connu parmi les secrétaires du Prophète – qu'Allah prie sur lui et le salue – ni parmi ses Compagnons, et on ne le trouve que dans ce récit. 'Abd al-Karim al-Halabi dit : Ibn Dihya a mentionné qu'un homme des Banou an-Najjar écrivait la Révélation pour le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – puis apostasia. Allah manifesta alors à Son Prophète – qu'Allah prie sur lui et le salue – un miracle à son sujet : lorsqu'il fut enterré, la terre ne le retint pas. Nous avons rapporté dans le Sahih d'al-Boukhari, chapitre des Signes de la Prophétie, d'après Anas – qu'Allah l'agrée – : Il y avait un homme chrétien qui embrassa l'islam, apprit les sourates al-Baqara et Al 'Imran, et écrivait pour le Prophète – qu'Allah prie sur lui et le salue. Puis il retourna au christianisme et disait : Muhammad ne sait que ce que je lui ai écrit. Allah le fit mourir, ils l'enterrèrent, mais le lendemain matin, la terre l'avait rejeté. Ils dirent : C'est l'œuvre de Muhammad et de ses Compagnons : ils ont déterré notre compagnon parce qu'il s'était enfui d'eux, puis l'ont jeté. Ils creusèrent pour lui une tombe plus profonde, mais le lendemain matin, la terre l'avait rejeté. Ils dirent : C'est l'œuvre de Muhammad et de ses Compagnons : ils ont déterré notre compagnon, puis l'ont jeté. Ils creusèrent pour lui aussi profondément qu'ils purent, mais le lendemain matin, la terre l'avait rejeté. Ils surent alors que cela ne venait pas des hommes, et ils le laissèrent. 24 – Chouraḥbīl ibn Ḥasana Elle est sa mère ; son père est 'Abdallah ibn al-Mouta' ibn 'Abdallah, de Kinda, allié des Banou Zouhra. Surnommé Abou 'Abd ar-Rahman, il est attribué à sa mère Ḥasana. On dit qu'elle l'a adopté, mais elle n'est pas sa mère. Il fut le premier à écrire pour le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue. Il faisait partie des émigrants en Abyssinie, compté parmi les notables de Quraych. Il fut gouverneur d'un quart des quatre districts de Syrie.

Ses positions lors de la conquête du Sham sont bien connues et célèbres. Parmi elles, sa rencontre avec 'Amr ibn al-'As face à Qustantin ibn Hiraql, qui sortit contre eux de Césarée du Sham avec quatre-vingt mille hommes armés, parmi les patrices 60 des Romains, leurs héros et leurs rois, qui s'étaient ralliés à lui sur la côte du Sham. Et son duel, que Dieu l'agrée, contre Qaydhumun, le neveu du roi Héraclius. Les musulmans étaient au nombre de cinq mille. Il sortit vers lui, la bannière à la main. 'Amr ibn al-'As lui dit : « Plante la bannière pour qu'elle ne t'occupe pas. » Il la planta, et elle se dressa comme un palmier, s'enfonçant dans la pierre comme si elle y avait été clouée. Il y vit un heureux présage de victoire et partit affronter Qaydhumun, tandis que les musulmans imploraient Dieu et priaient pour qu'Il lui accorde la victoire sur son ennemi. Lorsque le patrice le vit et l'examina, il rit de son apparence. Il parla dans sa langue, et sa voix était comme le tonnerre. C'était un homme immense, vu sur sa selle comme une tour, avec une couronne sur la tête. Quant à Shurahbil, que Dieu l'agrée, il était de corps mince à force de jeûnes et de prières nocturnes. Ils s'affrontèrent. Shurahbil le devança et le frappa de son épée, mais elle ne fit aucun effet et rebondit. Qaydhumun le frappa et lui fendit le crâne. Ils s'élancèrent à cheval, puis tombèrent à terre et se mirent à lutter dans la boue, s'y débattant. La pluie tombait à verse. L'ennemi de Dieu prit le dessus sur Shurahbil, posa la main sur son bas-ventre, le souleva de terre et le jeta sur le dos. Puis il s'assit sur sa poitrine et s'apprêta à l'égorger. Shurahbil invoqua son Seigneur : « Ô Secoureur de ceux qui implorent secours ! » Alors, des rangs des Romains sortit vers lui Tulayha ibn Khuwaylid al-Asadi, qui avait prétendu à la prophétie après la mort de l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Lorsqu'il s'approcha d'eux, Qaydhumun pensa qu'il venait lui donner son cheval. Mais quand il fut près, il mit pied à terre, se jeta sur le patrice, le tira par le pied de la poitrine de Shurahbil et dit : « Lève-toi, serviteur de Dieu ! Le secours t'est venu de la part du Secoureur de ceux qui implorent secours. » Shurahbil se leva, le regardant avec étonnement de ses paroles et de son acte. Et voilà que l'homme était masqué, avait dégainé son épée et frappa le patrice d'un coup qui lui trancha la tête. Il dit : « Serviteur de Dieu, prends ses dépouilles. » Shurahbil dit : « Par Dieu, je n'ai rien vu de plus étonnant que ton affaire ! Car je t'ai vu venir du côté de l'armée des associateurs. Qui es-tu ? » Il dit : « Je suis le malheureux Tulayha, qui a menti sur Dieu et prétendu que la révélation descendait sur moi du ciel. » Puis il se convertit à l'islam. Il a une histoire célèbre rapportée par al-Waqidi, que Dieu lui fasse miséricorde. Ibn 'Abd al-Barr dit : Shurahbil, que Dieu l'agrée, mourut lors de la peste d'Amwas 61 en l'an 18 de l'Hégire, à l'âge de soixante-sept ans. 25. Abu Sufyan Sakhr ibn Harb ibn Umayya ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Manaf al-Qurashi al-Umawi. Sa kunya 62 prédomine sur son nom. Sa mère était Safiyya bint Hazn al-Hilaliyya, tante de Maymuna. Il est le père de Mu'awiya, Yazid, 'Utba et leurs frères. Il naquit dix ans avant l'année de l'Éléphant 63. Il était parmi les nobles de Quraysh à l'époque préislamique. C'était un commerçant qui envoyait les marchands avec ses biens et ceux de Quraysh au Sham et ailleurs en terre perse. Il voyageait parfois lui-même. Il détenait l'étendard des chefs, connu sous le nom d'al-'Uqab 64. Il n'était confié qu'à un chef. Quand la guerre s'embrasait, on le mettait entre les mains du chef. On dit que les trois meilleurs stratèges de Quraysh à l'époque préislamique étaient 'Utba, Abu Jahl et Abu Sufyan. Mais quand Dieu apporta l'islam, ils perdirent leur clairvoyance. Abu Sufyan se convertit le jour de la conquête de La Mecque. Il assista avec l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, à Hunayn. Il reçut du butin cent chameaux et quarante onces d'argent. Bilal les lui remit. Il donna aussi à ses fils Yazid et Mu'awiya. Il était surnommé Abu Hanzala à cause de son fils Hanzala, tué à Badr en tant qu'incroyant, tué par 'Ali. Il perdit un œil à Ta'if, et resta borgne jusqu'à ce qu'il perde l'autre œil à Yarmouk, touché par une pierre qui lui brisa l'orbite, et il devint aveugle. Il mourut en l'an 33 de l'Hégire sous le califat de 'Uthman. Son fils Mu'awiya pria sur lui, et on dit aussi 'Uthman. Il fut enterré à al-Baqi' 65 à l'âge de quatre-vingt-huit ans. Il était de taille moyenne, trapu, avec une grosse tête, selon Ibn 'Abd al-Barr. Chapitre contenant le récit de sa conversion et de celle de Hind bint 'Utba, son épouse. Nous rapportons d'après Ibn Hisham, et j'ai trouvé chez d'autres, qu'il dit : La nuit de la conquête de La Mecque, l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, campa à Marr al-Zahran. Il ordonna à ses compagnons d'allumer dix mille feux. Il plaça 'Umar ibn al-Khattab, que Dieu l'agrée, comme garde. Il dit : L'âme d'al-'Abbas s'attendrit sur les gens de La Mecque. Il dit : Je dis : « Malheur à Quraysh ! Par Dieu, si l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, entre à La Mecque de force avant qu'ils ne viennent à lui pour demander aman 66, ce sera la perte de Quraysh jusqu'à la fin des temps. » Il dit : Je montai la mule blanche de l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Je sortis sur elle jusqu'à arriver à al-Arak 67. Je me dis : Peut-être trouverai-je quelque bûcheron, ou un laitier, ou quelqu'un ayant besoin qui aille à La Mecque pour les informer de l'endroit où se trouve l'Envoyé de Dieu, afin qu'ils sortent vers lui et demandent aman avant qu'il n'entre sur eux de force. Il dit : Par Dieu, alors que je chevauchais, cherchant ce pour quoi j'étais sorti, j'entendis la voix d'Abu Sufyan, Budayl ibn Warqa' et Hakim ibn Hizam, qui se parlaient. Abu Sufyan disait : « Je n'ai jamais vu de feux ni de camp comme cette nuit. » Budayl dit : « Par Dieu, ce sont les Khuza'a 68 que la guerre a excités. » Abu Sufyan dit : « Les Khuza'a sont plus vils et moins nombreux pour que ce soient leurs feux et leur camp. » Il dit : Je reconnus sa voix et dis : « Ô Abu Hanzala ! » Il reconnut ma voix et dit : « Abu al-Fadl ? » Je dis : « Oui. » Il dit : « Qu'as-tu ? Que mon père et ma mère soient ta rançon ! » Je dis : « Malheur à toi, Abu Sufyan ! Voici l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, parmi les gens. Malheur à Quraysh ! Par Dieu ! » Il dit : « Quel est le remède ? Que mon père et ma mère soient ta rançon ! » Je dis : « Convertis-toi à l'islam, que ta mère te perde ! Par Dieu, s'il s'empare de toi, il te fera trancher la tête si tu ne te convertis pas. Monte à l'arrière de cette mule pour que je t'amène à l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et que je demande aman pour toi. » Il monta derrière moi, et ses deux compagnons retournèrent. Il dit : Al-Waqidi mentionne qu'il les amena à l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et ils se convertirent. Al-'Abbas dit : Je l'amenai. Chaque fois que je passais devant un feu des musulmans, ils disaient : « L'oncle de l'Envoyé de Dieu sur sa mule », jusqu'à ce que je passe devant le feu de 'Umar. Il dit : « Qui est-ce ? » et se leva vers moi. Quand il vit Abu Sufyan à l'arrière de la monture, il dit : « Abu Sufyan, l'ennemi de Dieu ! Louange à Dieu qui t'a livré sans pacte ni traité ! » Puis il partit en courant vers l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Je lançai la mule et le devançai d'autant que la bête lente devance l'homme lent. Je sautai de la mule, entrai chez l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et 'Umar entra aussi. Il dit : « Ô Envoyé de Dieu, voici Abu Sufyan. Dieu l'a livré sans pacte ni traité. Laisse-moi lui trancher la tête. » Je dis : « Ô Envoyé de Dieu, je lui ai accordé protection. » Puis je m'assis près de l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et je pris sa tête en disant : « Par Dieu, personne ne s'entretiendra avec lui cette nuit sans moi. » Il dit : Quand 'Umar parla beaucoup à son sujet, je dis : « Doucement, 'Umar ! Par Dieu, s'il était des hommes de 'Adi ibn Ka'b, tu ne dirais pas cela. Mais tu sais qu'il est des hommes de Banu 'Abd Manaf. » Il dit : « Doucement, 'Abbas ! Par Dieu, ta conversion le jour où tu t'es converti m'a été plus chère que la conversion d'al-Khattab s'il s'était converti. Ce n'est pas que je ne sache que ta conversion était plus chère à l'Envoyé de Dieu que la conversion d'al-Khattab. » L'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : « Emmène-le à ta tente, 'Abbas. Au matin, amène-le moi. » Il dit : J'allai à ma tente, et il passa la nuit chez moi. Nous rapportons d'après al-Suhayli, d'après 'Abd ibn Humayd, qu'il dit : Quand al-'Abbas l'emmena avec lui à sa tente, et qu'il passa la nuit chez lui, le matin, il vit les gens se lever pour monter sur leurs montures. Abu Sufyan dit : « Ô Abu al-Fadl, qu'ont les gens ? Ont-ils reçu un ordre à mon sujet ? » Il dit : « Non, mais ils se lèvent pour la prière. » Al-'Abbas lui ordonna de faire ses ablutions, puis l'emmena à l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Quand le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, entra dans la prière, il prononça le takbir 69, et les gens prononcèrent le takbir avec lui. Puis il s'inclina, et ils s'inclinèrent. Puis il se releva, et ils se relevèrent. Abu Sufyan dit : « Je n'ai jamais vu aujourd'hui une obéissance pareille ! Un peuple rassemblé d'ici et de là, ni les Perses, ni les Romains aux cornes 70 ne sont plus obéissants que lui. » Abu al-Khattab ibn Dhi al-Nasabayn Dihya et al-Husayn, dans le livre « Maraj al-Bahrayn » sur les fawa'id 71 des deux Orients et des deux Occidents, disent : « Les Romains aux cornes » a trois interprétations : 1) les cheveux, car ils ont de longues tresses ; 2) les forteresses ; 3) la plus correcte : chaque fois qu'une génération disparaît, une autre la remplace. On mentionne la haute stature d'al-'Abbas : il pouvait embrasser une femme dans son palanquin sur le dos d'un chameau, et il soulevait de terre, dit-on, un chameau chargé lorsqu'il s'agenouillait. Ibn Hisham dit : Au matin, je l'emmenai à l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Quand il le vit, il dit : « Malheur à toi, Abu Sufyan ! N'est-il pas temps pour toi de reconnaître qu'il n'y a de dieu que Dieu ? » Il dit : « Que mon père et ma mère soient ta rançon ! Que tu es indulgent, généreux et bon parent ! Par Dieu, j'ai pensé que s'il y avait un autre dieu avec Dieu, il aurait été utile en quelque chose après cela. » Il dit : « Malheur à toi, Abu Sufyan ! N'est-il pas temps pour toi de reconnaître que je suis l'Envoyé de Dieu ? » Il dit : « Que mon père et ma mère soient ta rançon ! Que tu es indulgent et bon parent ! Quant à cela, par Dieu, j'ai encore un doute dans l'âme. »

Al-Suhaylī rapporte d'après 'Abd ibn Ḥumayd qu'Abū Sufyān dit au Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) : « Que dois-je faire d'al-'Uzzā 72 ? », désignant l'idole qu'il adorait. 'Umar l'entendit de derrière la tente et dit : « Défèque dessus ! » Abū Sufyān lui dit : « Malheur à toi, ô 'Umar, tu es un homme grossier ; laisse-moi avec mon cousin, c'est à lui que je parle. » Il est rapporté d'après Yazīd al-Raqqāshī : Lorsqu'on amena Abū Sufyān au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), il lui proposa l'islam. Abū Sufyān lui dit : « À condition que tu me fasses monter sur ta mule, que tu me vêtisses de ton manteau, que tu prennes Mu'āwiya comme scribe, et je pense qu'il dit : que tu épouses Umm Ḥabība, et que quiconque entre dans la maison d'Abū Sufyān soit en sécurité. » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit à tout cela : « Oui. » Ibn Hishām dit : Al-'Abbās lui dit : « Malheur à toi, embrasse l'islam et atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu et que Muḥammad est le Messager de Dieu avant qu'on ne te tranche la tête. » Il prononça alors l'attestation de vérité et embrassa l'islam. Al-'Abbās dit : « Ô Messager de Dieu, Abū Sufyān est un homme qui aime cette fierté ; accorde-lui donc quelque chose. » Il dit : « Oui : que quiconque entre dans la maison d'Abū Sufyān soit en sécurité, que quiconque ferme sa porte soit en sécurité, et que quiconque entre dans la mosquée soit en sécurité. » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) ordonna à al-'Abbās de retenir Abū Sufyān au défilé de la vallée, près du promontoire de la montagne, jusqu'à ce que les armées de Dieu passent devant lui et qu'il les voie. Il fit ainsi. Al-Qāḍī 'Iyāḍ dit : « Khaṭm 73 » avec un khā' pointu, et « al-jabal » avec un jīm et un bā' suivis d'un lām, c'est son extrémité et son nez saillant, c'est-à-dire le contrefort. On a dit autre chose, mais ceci est plus connu. Ibn Hishām dit : Les tribus défilèrent avec leurs étendards. Chaque fois qu'une tribu passait, il disait : « Ô 'Abbās, qui sont ceux-ci ? » Je disais : « Ce sont les Sulaym. » Il disait : « Que m'importe Sulaym ? » Puis une autre tribu passait, il disait : « Ô 'Abbās, qui sont ceux-ci ? » Je disais : « Les Muzayna. » Il disait : « Que m'importe Muzayna ? » Et ainsi de suite jusqu'à ce que toutes les tribus soient passées ; il n'y avait pas une tribu qui passait sans qu'il ne me questionne à son sujet, jusqu'à ce que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) passe dans sa phalange verte 74, comprenant les Émigrés et les Auxiliaires ; on ne voyait d'eux que les prunelles à cause du fer. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) était sur sa chamelle al-Qaṣwā', entre Abū Bakr et Usayd ibn Ḥuḍayr. La phalange des Auxiliaires était avec Sa'd ibn 'Ubāda, qui portait l'étendard ; l'étendard du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) était avec al-Zubayr. Abū Sufyān dit : « Gloire à Dieu ! Ô 'Abbās, qui sont ceux-ci ? » Je dis : « C'est le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avec les Émigrés et les Auxiliaires. » Il dit : « Personne n'a de force ni de puissance contre ceux-ci. Par Dieu, ô Abū al-Faḍl, le royaume de ton neveu est devenu grand ce matin. » Je dis : « Ô Abū Sufyān, c'est la prophétie. » Il dit : « Alors, c'est bien. » Dans une autre version, il est dit : L'étendard du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) était avec Sa'd ibn 'Ubāda. Lorsqu'il passa devant Abū Sufyān et que celui-ci le vit, il dit : « Aujourd'hui est le jour de la mêlée 75 ; aujourd'hui le sanctuaire sera violé ; aujourd'hui Dieu humilie Quraysh. » Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) arriva à la hauteur d'Abū Sufyān, celui-ci l'appela : « Ô Messager de Dieu, tu as ordonné de tuer ton peuple ? Car Sa'd et ceux qui sont avec lui, lorsqu'ils sont passés devant nous, ont prétendu qu'ils nous tueraient et ont dit : 'Aujourd'hui est le jour de la mêlée ; aujourd'hui le sanctuaire sera violé ; aujourd'hui Dieu humilie Quraysh.' Je te conjure par Dieu au sujet de ton peuple, car tu es le plus pieux des hommes, le plus miséricordieux et le plus attaché aux liens du sang. » 'Uthmān et 'Abd al-Raḥmān ibn 'Awf dirent : « Ô Messager de Dieu, nous ne sommes pas à l'abri que Sa'd ne fasse un coup d'éclat contre Quraysh. » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Ô Abū Sufyān, aujourd'hui est le jour de la miséricorde ; aujourd'hui Dieu honore Quraysh. » Et il ordonna à Sa'd de donner l'étendard à son fils Qays ibn Sa'd, afin qu'il ne lui échappe pas. Ibn Hishām dit : Al-'Abbās dit : Je dis à Abū Sufyān : « Sauve-toi vers ton peuple ! » Lorsqu'il arriva chez eux, il cria à pleine voix : « Ô assemblée de Quraysh, voici Muḥammad qui vient à vous avec ce contre quoi vous n'avez aucune force. Que quiconque entre dans la maison d'Abū Sufyān soit en sécurité ! » Hind bint 'Utba se leva vers lui, saisissant sa moustache, et dit : « Tuez ce gros plein de graisse, cet 'aḥmas 76 ! Maudit soit le guide d'un peuple ! » Al-Suhaylī dit : « Al-ḥamīt 77 » est l'outre, par allusion à la grosseur et à la graisse ; « al-aḥmas » est celui en qui il n'y a aucun bien, d'après leur expression « 'ām aḥmas » pour une année sans pluie. 'Abd ibn Ḥumayd ajouta qu'elle dit : « Ô clan de Ghālib, tuez l'imbécile ! » Abū Sufyān lui dit : « Par Dieu, tu vas embrasser l'islam ou je te tranche la tête ! » Ibn Hishām dit : Abū Sufyān dit : « Malheur à vous ! Que celle-ci ne vous trompe pas sur vous-mêmes ! Il vous est venu ce contre quoi vous n'avez aucune force. Que quiconque entre dans la maison d'Abū Sufyān soit en sécurité ! » Ils dirent : « Que Dieu te maudisse ! Que nous sert ta maison ? » Il dit : « Et que quiconque ferme sa porte sur lui soit en sécurité, et que quiconque entre dans la mosquée soit en sécurité. » Ils se dispersèrent alors vers leurs maisons et vers la mosquée. Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) arriva à Dhū Ṭuwā, il s'arrêta sur sa monture, s'enveloppant la tête d'un pan d'un manteau rayé rouge 78, et il inclinait sa tête par humilité devant Dieu en voyant ce dont Dieu l'avait honoré par la conquête, au point que sa barbiche 79 touchait presque le milieu de la selle. Al-Jawharī dit : « Al-i'tijār » est l'enroulement du turban sur la tête ; « al-'uthnūn » sont les longs poils sous le menton. Nous avons rapporté d'après al-Azraqī dans son Histoire de La Mecque – que Dieu la protège, l'honore et la magnifie – il dit : 'Umar ibn al-Khaṭṭāb monta à al-Ma'lāt 80 pour quelque besoin – c'est-à-dire lorsqu'il était calife – et passa devant Abū Sufyān ibn Ḥarb qui enduisait de goudron un chameau à lui. Il vit des pierres qu'Abū Sufyān avait empilées comme une estrade devant sa maison, sur laquelle il s'asseyait à l'ombre du matin. 'Umar dit : « Je ne reviendrai pas de ce chemin avant que tu ne l'aies démolie et enlevée. » La nouvelle parvint à 'Umar (que Dieu l'agrée) que les Romains arrivaient, et l'estrade était toujours en place. Il dit à Abū Sufyān : « Ne t'ai-je pas dit que je ne reviendrais pas avant que tu ne l'aies démolie ? » Abū Sufyān dit : « J'attendais, ô Commandeur des croyants, que vienne un de nos serviteurs pour la démolir et l'enlever. » 'Umar dit : « Je te somme de la démolir de ta propre main et de transporter les pierres sur ton cou. » Abū Sufyān ne lui répondit pas, jusqu'à ce qu'il la démolisse de sa main et transporte les pierres sur son cou, les jetant dans la maison. Hind bint 'Utba sortit vers lui et dit : « Ô 'Umar, est-ce à quelqu'un comme Abū Sufyān que tu imposes tout cela, et tu le presses au point qu'il ne puisse attendre qu'un de ses serviteurs vienne ? » 'Umar la frappa avec une badine 81 qu'il tenait à la main, sur son voile. Hind dit, en repoussant sa main : « Éloigne-toi de moi, ô fils d'al-Khaṭṭāb ! Si ce n'était en ce jour, tu ferais cela, les montagnes 82 se soulèveraient contre toi. » Lorsqu'Abū Sufyān eut démoli les pierres et les eut transportées, 'Umar se tourna vers la qibla et dit : « Louange à Dieu qui a honoré l'islam et ses gens ! 'Umar ibn al-Khaṭṭāb, un homme de la tribu de 'Adī ibn Ka'b, ordonne à Abū Sufyān ibn Ḥarb, le seigneur des Banū 'Abd Manāf à La Mecque, et il lui obéit. » Puis il s'en alla. Explication : Al-Jawharī dit : « Hana'tu al-ba'īr » signifie que j'ai enduit le chameau de goudron (al-hinā'). « Al-mihna » (avec un mīm ouvert) est le service ; on a aussi rapporté la forme avec un mīm fermé. « Al-māhin » est le serviteur. « Al-mikḥṣara » est comme un fouet, ou tout ce que l'homme tient en main comme bâton ou autre. « Nafaḥathā » signifie qu'il l'a frappée et repoussée. « Al-akhāshib » (pluriel de akhshab) est la montagne rugueuse et énorme ; « al-akhshabān » sont deux montagnes à La Mecque. Je dis : La maison d'Abū Sufyān est aujourd'hui une boucherie où les bouchers abattent à La Mecque, bien connue, sur la gauche en montant vers al-Mu'allā depuis la mosquée. Gloire à Celui qui abaisse et élève, qui honore et humilie ! Il fait ce qu'Il veut et juge ce qu'Il veut. Il n'y a de dieu que Lui. Ibn Munīr al-Ḥalabī dit : Notre maître Abū Muḥammad al-Dumyāṭī a mentionné, dans son livre, que le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) a prié sur Abū Sufyān ibn Ḥarb. Ibn Miskawayh l'a mentionné, et Ibn Sa'd l'a mentionné parmi ceux qui ont témoigné dans le livre du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) pour Najrān et pour les Banū Ju'ayl de Balī. Chapitre sur l'islam de Hind et son allégeance au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) Ibn 'Abd al-Barr dit : Hind bint 'Utba ibn Rabī'a ibn 'Abd Shams ibn 'Abd Manāf embrassa l'islam l'année de la conquête, après l'islam de son mari. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) les maintint dans leur mariage. C'était une femme qui avait de la fierté, de la personnalité et de l'orgueil. Elle assista à la bataille d'Uḥud en tant qu'infidèle avec son mari Abū Sufyān, et elle disait ce jour-là en incitant les polythéistes au combat : « Nous sommes les filles de Tāriq 83 ; nous marchons sur les coussins ; le musc dans les cheveux ; les perles sur les cous. Si vous avancez, nous vous embrassons et étendons les coussins ; si vous fuyez, nous vous quittons, d'une séparation sans amour. » Al-Suhaylī a rapporté à ce sujet, après son vers « nous marchons sur les coussins », il dit : « La marche des outardes agiles 84 » ; « al-nazaq » est la légèreté. Lorsque Ḥamza fut tué, elle se précipita sur lui, le mutila, lui ouvrit le ventre, en sortit son foie, le grilla et en mangea, parce qu'il avait tué son père le jour de Badr. On a dit que c'est une autre qui fit cela. Puis Dieu scella pour elle avec l'islam. Nous avons rapporté d'après Ibn Hishām : 'Utba ibn Rabī'a, le père de Hind, fut tué ; il était le chef de la mécréance et l'un des compagnons du puits 85 à Badr, ainsi que son frère Shayba, al-Walīd ibn 'Utba et Ḥanẓala ibn Abī Sufyān. Ils étaient des ennemis du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Il invoqua Dieu contre eux et annonça leurs lieux de mort le jour de Badr avant la bataille, et aucun d'eux ne manqua son lieu de mort. 'Umar, Ḥamza et Zayd ibn Ḥāritha participèrent à leur mise à mort.

Lorsque survint la bataille d’Uhud, Abû Sufyân rassembla environ trois mille hommes et les mena à Uhud. Hamza — que Dieu l’agrée — fut tué par Wahshî, l’esclave de Jubayr ibn Mut‘im. Les femmes mutilèrent les cadavres en coupant les oreilles et les nez, au point que Hind se fit des bracelets de cheville et des colliers avec les oreilles des hommes ; elle donna ses bracelets, ses colliers et sa boucle d’oreille à Wahshî. Elle ouvrit le ventre de Hamza, en extirpa le foie et tenta de le mâcher, mais ne put l’avaler et le recracha. Puis elle monta sur un rocher surplombant les musulmans et dit : « Nous vous avons rétribué pour le jour de Badr, et la guerre après la guerre est une fournaise ardente 86. Je n’ai eu de patience ni pour ‘Utba, ni pour mon frère, ni pour son oncle, ni pour Bakr. J’ai assouvi mon âme et accompli mon vœu ; Wahshî a apaisé la brûlure de ma poitrine. Que Wahshî me remercie toute ma vie, jusqu’à ce que mes os pourrissent dans ma tombe. » Hind bint Athâtha ibn ‘Abbâd ibn al-Muttalib lui répondit : « Tu as été couverte d’opprobre à Badr et après Badr, ô fille d’un grand mécréant diffamateur 87. Que Dieu te fasse rencontrer, au matin de l’aube, les Hâshimites 88 grands et glorieux, Avec chaque sabre tranchant qui fend, Hamza mon lion et ‘Alî mon faucon. Quand Shayba et ton père ont trahi, ils en ont teint les flancs de la gorge. Et ton mauvais vœu est le pire des vœux. » Hind bint ‘Utba dit aussi : « J’ai assouvi mon âme de Hamza à Uhud, jusqu’à ce que j’aie ouvert son ventre pour le foie. Cela a dissipé ce que je ressentais de la brûlure du chagrin intense et constant. La guerre vous submerge d’une averse de grêle 89 ; nous avançons sur vous comme des lions. » Explication des termes rares : Sa parole « dhât sa‘r » : c’est-à-dire pleine d’agitation ; al-mis‘ar est le bois avec lequel on attise le feu ; de là on dit d’un homme qu’il est mis‘ar ḥarb, celui qui l’enflamme. ‘Utba est son père, son frère est al-Walîd, son oncle est Shayba, et Bakr est Ḥanẓala ; ils furent tués à Badr. Sa parole « ḥattâ tarim » : on dit ramma al-‘aẓmu yarimmu (avec kasra) ramman, c’est-à-dire qu’il s’est usé ; il est donc ramîm. Al-waqqâ‘ : celui qui médit des gens et les diffame. Sa parole « m al-hâshimiyyîn » : avec suppression du nūn de la préposition min à cause de la rencontre de deux lettres quiescentes ; cela n’est permis que pour min seule, en raison de sa fréquence d’usage, dit al-Suhaylî. Al-shu’bûb : la violence de la chute de la pluie. Sa parole « barad » : elle entend par là une abondance de grêle, qui est le grain des nuages. Le poète dit : « wa-l-murhafât al-bawârid », c’est-à-dire les sabres qui tuent ; comme si elle comparait la guerre à une chute de pluie quand elle est abondante en grêle, dit al-Jawharî. Le jour de la conquête de La Mecque, l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avait déclaré son sang licite et ordonné de la tuer. Elle se cacha, puis vint à l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et se couvrit par l’islam. Entre elle et son mari, il n’y eut qu’une seule nuit dans l’islam. Al-Baghawî rapporte dans son commentaire de la parole de Dieu Très-Haut : « Ô Prophète, quand les croyantes viennent te prêter serment d’allégeance qu’elles n’associeront rien à Dieu… » [Coran 60:12] — cela eut lieu le jour de la conquête de La Mecque. Il dit : lorsque l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — eut achevé la bay‘a des hommes, alors qu’il était sur al-Ṣafâ et que ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb était en contrebas, ce dernier faisait prêter serment aux femmes sur ordre de l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et leur transmettait ses paroles. Hind bint ‘Utba, voilée et déguisée, se trouvait parmi les femmes, craignant que l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ne la reconnaisse, à cause de ce qu’elle avait fait à Ḥamza, l’oncle du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — et d’autres choses, comme ses satires et ses incitations contre le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue —, elle et Abû Sufyân, son mari. Le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Je leur prête serment qu’elles n’associeront rien à Dieu. » Elle leva la tête et dit : « Par Dieu, tu nous imposes une chose que nous ne t’avons pas vue imposer aux hommes ; ce jour-là, tu as fait prêter serment aux hommes seulement sur l’islam et le combat. » Le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Et qu’elles ne voleront pas. » Hind dit : « Abû Sufyân est un homme avare ; j’ai pris de ses biens quelques choses 90 — al-han signifie la chose, dit al-Jawharî —, je ne sais donc si cela m’est licite ou non. » Abû Sufyân dit : « Ce que tu as pris de ce qui est passé et de ce qui est révolu 91 t’est licite. » Al-Jawharî dit aussi : « ghabara signifie ce qui est resté, et on l’emploie aussi pour le passé ; c’est un mot aux sens opposés. » L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — rit et la reconnut ; il lui dit : « Et toi, tu es Hind bint ‘Utba ? » Elle dit : « Oui, pardonne ce qui a été fait, que Dieu te pardonne. » Il dit : « Et qu’elles ne commettront pas d’adultère. » Hind dit : « Une femme libre commet-elle l’adultère ? » Il dit : « Et qu’elles ne tueront pas leurs enfants. » Hind dit : « Nous les avons élevés petits, et vous les avez tués grands ; vous et eux êtes plus savants. » Son fils Ḥanẓala ibn Abî Sufyân avait été tué le jour de Badr. ‘Umar rit à en tomber à la renverse, et l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — sourit. Il dit : « Et qu’elles ne viendront pas avec un mensonge qu’elles inventent entre leurs mains et leurs pieds » — c’est-à-dire qu’elle attribue un enfant à son mari qui n’est pas de lui. Hind dit : « Par Dieu, le mensonge est laid, et tu ne nous ordonnes que la droiture et les nobles caractères. » Il dit : « Et qu’elles ne te désobéiront pas en ce qui est convenable. » Hind dit : « Nous ne nous sommes pas assises dans cette assemblée avec l’intention de te désobéir. » Les femmes acceptèrent ce qui leur fut imposé. Nous rapportons dans le Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî — que Dieu lui fasse miséricorde — que ‘Â’isha — que Dieu l’agrée — dit : « Hind bint ‘Utba vint et dit : “Ô Envoyé de Dieu, il n’y avait sur terre personne d’une tente 92 que j’aimais plus voir humilié que les gens de ta tente ; puis aujourd’hui, il n’y a sur terre personne d’une tente que j’aime plus voir honoré que les gens de ta tente.” » Ce hadith est rapporté dans le chapitre des Vertus. Al-Qâḍî ‘Iyâḍ dit : « khibâ’ ou akhbâ’ », avec doute. Ainsi dans le livre de Muslim, dans le livre de la Foi ; il vient de khaba’tu al-arḍ, car on s’y cache. Al-akhbâ’ est le pluriel de khibâ’, qui est une des tentes des Bédouins en poil ou en laine, et non en poil de chèvre ; puis il fut employé pour d’autres demeures et habitations. Al-Wâqidî dit, en mentionnant le jour d’al-Salâsil parmi les jours du Yarmûk et le combat des femmes et leurs réponses en vers : « Hind bint ‘Utba — que Dieu l’agrée — sortit, tenant à la main un mizhar 93 — al-mizhar est un luth que l’on frappe, dit al-Jawharî —, et derrière elle les femmes des émigrées, récitant les vers qu’elle avait dits le jour d’Uhud pour inciter les associateurs : “Nous sommes les filles de Târiq…” 94 — elle entendait par “filles de Târiq” l’étoile Zuhal. Puis elle se tourna vers la cavalerie de l’aile droite des musulmans ; les voyant en déroute, elle cria : “Où fuyez-vous devant Dieu et Son Paradis ? Il vous observe !” Elle vit Abû Sufyân en fuite, frappa la tête de son cheval avec son bâton et dit : “Où vas-tu, ô fils de Ḥarb ? Reviens au combat et offre ta vie pour effacer ce que tu as commis en incitant contre l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue.” » Al-Zubayr ibn al-‘Awwâm dit : « Lorsque j’entendis les paroles de Hind à Abû Sufyân, je me rappelai le jour d’Uhud, alors que nous étions devant l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et qu’elle incitait les associateurs par ces vers à combattre les musulmans. Je m’émerveillai de cela et dis : “À Toi la louange, ô mon Seigneur ! Tu fais ce que Tu veux ; Ta justice a précédé dans Ta création, et nul ne connaît l’inconnaissable à part Toi.” » Il dit : « Abû Sufyân fit alors demi-tour en entendant ses paroles, et les musulmans firent de même avec lui. Je vis les femmes qui les accompagnaient, devançant les musulmans, entre les jambes des chevaux. Je voyais l’une d’elles s’approcher d’un grand homme fort 95 sur son cheval, s’accrocher à lui sans le lâcher jusqu’à le faire tomber de sa monture, puis le tuer, en disant : “Voici la preuve du secours de Dieu.” » Hind mourut le même jour qu’Abû Quḥâfa, père d’Abû Bakr al-Ṣiddîq — que Dieu les agrée —, sous le califat de ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb — que Dieu l’agrée. C’est ce que disent Ibn ‘Abd al-Barr et d’autres. L’imam, le ḥâfiẓ Abû Bakr Muḥammad ibn al-Ḥusayn al-Âjurrî — que Dieu lui fasse miséricorde — dit dans son livre al-Sharî‘a, chapitre sur le mariage d’Abû Sufyân avec Hind, mère de Mu‘âwiya — que Dieu les agrée : « Abû ‘Ubayd ‘Alî ibn al-Ḥusayn ibn Ḥarb al-Qâḍî nous a rapporté : Abû al-Sakîn Zakariyyâ ibn Yaḥyâ ibn ‘Umar ibn Ḥiṣn ibn Ḥumayd ibn Minhab ibn Ḥâritha ibn Khuraym ibn Aws ibn Ḥâritha ibn Lâm al-Kûfî nous a rapporté, disant : mon oncle paternel Zahr ibn Ḥiṣn m’a rapporté d’après son grand-père Ḥumayd ibn Minhab, qui dit : Hind bint ‘Utba était chez al-Fâkih ibn al-Mughîra al-Makhzûmî. Al-Fâkih était un des jeunes gens de Quraysh ; il avait une maison d’hospitalité que les gens fréquentaient sans permission. Un jour, cette maison resta vide ; al-Fâkih et Hind s’y allongèrent à l’heure de la sieste. Puis al-Fâkih sortit pour un besoin. Un homme qui le fréquentait arriva, entra dans la maison ; voyant la femme — c’est-à-dire Hind —, il s’enfuit. Al-Fâkih l’aperçut sortant de la maison ; il alla vers Hind, la frappa du pied et lui dit : “Qui est cet homme qui était chez toi ?” Elle dit : “Je n’ai vu personne et ne me suis réveillée que lorsque tu m’as réveillée.” Il lui dit : “Rejoins ton père.” Les gens parlèrent d’elle. Son père lui dit : “Ma fille, les gens ont beaucoup parlé de toi ; informe-moi de ton affaire. Si cet homme dit vrai à ton sujet, j’enverrai quelqu’un le tuer, et ainsi les commérages cesseront ; s’il ment, je le traduirai devant un devin du Yémen.” Elle jura par ce qu’ils juraient à l’époque préislamique qu’il mentait à son sujet. »

ʿUtba dit à al-Fākih : « Ô toi, tu as accusé ma fille d'une chose grave. Conduis-moi donc devant un devin du Yémen. » Al-Fākih partit avec un groupe des Banū Makhzūm, ʿUtba partit avec un groupe des Banū ʿAbd Manāf, et ils emmenèrent avec eux Hind et des femmes avec elle. Lorsqu'ils approchèrent du pays, ils dirent : « Demain, nous arriverons chez le devin. » L'état de Hind changea et son visage s'altéra. Son père lui dit : « Je vois bien ce qui t'arrive, ce changement d'état ; cela ne peut être que dû à quelque chose de désagréable pour toi. N'aurait-il pas mieux valu que cela se produise avant que les gens ne soient témoins de notre départ ? » Elle dit : « Non, par Dieu, ô mon père, ce n'est pas pour quelque chose de désagréable, mais je sais que vous allez trouver un homme qui se trompe et qui voit juste, et je ne suis pas à l'abri qu'il me donne un sobriquet qui devienne pour moi une honte parmi les Arabes. » Il dit : « Je vais l'éprouver avant qu'il n'examine ton affaire. » Il siffla un cheval jusqu'à ce qu'il baisse son pénis, puis il prit un grain de blé, l'introduisit dans le méat urinaire et le serra avec une lanière. Lorsqu'ils arrivèrent chez le devin, il les honora et leur sacrifia une bête. Après qu'ils eurent déjeuné, ʿUtba lui dit : « Nous sommes venus pour une affaire, et j'ai caché pour toi une chose pour t'éprouver. Regarde ce que c'est. » Il dit : « Une datte dans un prépuce. » Il dit : « Je veux plus clair que cela. » Il dit : « Un grain de blé dans le méat d'un poulain. » Il dit : « Tu as dit vrai. Examine maintenant l'affaire de ces femmes. » Il se mit à s'approcher de chacune d'elles, à lui frapper l'épaule et à dire : « Lève-toi », jusqu'à ce qu'il s'approche de Hind. Il lui frappa l'épaule et dit : « Lève-toi, ni souillée 96 ni adultère, et tu enfanteras un roi appelé Muʿāwiya. » Al-Fākih bondit vers elle et prit sa main, mais elle retira sa main de la sienne et dit : « Éloigne-toi ! Par Dieu, je m'efforcerai que cela vienne d'un autre que toi. » Abū Sufyān l'épousa alors, et elle donna naissance à Muʿāwiya, que Dieu les agrée. Et moi, Abū Muḥammad ibn Nājiya, nous a rapporté Aḥmad ibn ʿUthmān ibn Ḥakīm, nous a rapporté Abū Ghassān Mālik ibn Ismāʿīl al-Nahdī, nous a rapporté ʿUmar ibn Ziyād al-Hilālī, d'après ʿAbd al-Malik ibn Nawfal ibn Musāḥiq al-Madanī, des Banū ʿĀmir ibn Luʾayy, qui a dit : Hind bint ʿUtba ibn Rabīʿa dit à son père : « Ô mon père, je dispose de ma personne. » Il dit : « Cela, au moment où al-Fākih ibn al-Mughīra l'avait quittée. Ne me marie donc à aucun homme sans me le présenter. » Il dit : « Cela t'est accordé. » Il dit : Un jour, il lui dit : « Ô ma fille, deux hommes de ton peuple t'ont demandée en mariage, et je ne te nommerai aucun d'eux avant de te les décrire. Quant au premier, il est dans la noblesse pure 97 et la lignée généreuse ; tu pourrais croire en lui une légèreté 98 due à son insouciance, mais cela est une indulgence 99 de son caractère 100 ; bonne compagnie, prompte réponse ; si tu le suis, il te suivra ; si tu penches avec lui, il sera avec toi ; tu décides sur lui dans sa fortune et tu te suffis de ton avis sans le sien. Quant à l'autre, il est dans la lignée noble et l'avis sagace 101 ; pleine lune de sa souche 102 et puissance de son clan ; il éduque les siens et n'est pas éduqué par eux ; s'ils le suivent, il leur est facile ; s'ils l'évitent, il les traite durement ; très jaloux, prompt à la superstition, difficile d'accès sous sa tente ; s'il se fâche, il n'est pas réprimandé 103 ; s'il est contesté, il n'est pas retenu 104. Je t'ai exposé leur cas à tous deux. » Elle dit : « Quant au premier, c'est un chef obéi, indulgent envers sa noble épouse, qui la suit dans ce qu'elle veut ; si elle n'est pas préservée 105, il se peut qu'elle se sépare après son refus et se perde sous son aile ; si elle lui donne un enfant, elle l'aura rendu stupide ; si elle enfante, c'est par erreur qu'elle enfante. Tais sa mention pour moi, ne me le nomme pas. Quant à l'autre, c'est l'époux de la femme noble et généreuse ; et moi, j'aime 106 les qualités de celui-ci, et je lui suis compatible ; et je prendrai la manière d'être de l'époux, tout en restant sous ma tente et en regardant peu autour ; et l'enfant 107 entre lui et moi est digne d'être le défenseur du sanctuaire de son clan, l'accroisseur de sa troupe, le protecteur de sa colère 108, le gardien de sa souche, ni faible 109 ni lâche 110 devant la dispersion 111 des calamités. » Qui a dit cela ? Abū Sufyān ibn Ḥarb ibn Umayya. Elle dit : « Marie-moi à lui, et ne me livre pas à lui comme on livre celle qui se soumet docilement 112, et ne me propose pas à lui comme on propose une bête rétive 113 ; et demande à Dieu dans le ciel, Il fera descendre pour toi Sa science dans le décret. » Il a été rapporté d'après ʿAbd al-Malik ibn ʿUmayr, qui a dit : Muʿāwiya a dit : « Je n'ai cessé d'espérer le califat depuis que j'ai entendu l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dire : “Ô Muʿāwiya, si tu gouvernes, fais le bien.” » Il a été rapporté d'après Khālid ibn Yazīd ibn Ṣubayḥ, d'après son père, d'après Muʿāwiya, qui a dit : « Un jour, je faisais les ablutions de l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, en versant de l'eau d'un récipient dans ma main. Il me regarda d'un regard intense ; je fus effrayé et le récipient tomba de ma main. Il dit : “Ô Muʿāwiya, si tu es chargé de quelque chose des affaires de ma communauté, crains Dieu et sois juste.” Il dit : “Je n'ai cessé d'espérer cela depuis ce jour, et je demande à Dieu de m'accorder la justice envers vous.” » Il a été rapporté d'après ʿAmr ibn Yaḥyā ibn Saʿīd al-Umawī, d'après son grand-père, qui a dit : « Il y avait une outre que portait Abū Hurayra avec l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, pour ses ablutions. Abū Hurayra tomba malade, et Muʿāwiya la porta. Pendant qu'il faisait les ablutions du Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, avec cette outre, le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, leva la tête et dit : “Ô Muʿāwiya, si tu es chargé de quelque chose des affaires des musulmans, crains Dieu et sois juste.” Je n'ai cessé de penser que je serais éprouvé par cela, à cause de la parole de l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, jusqu'à ce que je sois chargé. » Explication des termes rares : Sa parole : « Livre de la Loi » 114. Al-Jawharī a dit : « La Loi (al-sharīʿa) est ce que Dieu a prescrit à Ses serviteurs comme religion, c'est-à-dire qu'Il a établi ; et al-shāriʿ est le chemin ; et al-shirʿa (avec kasra) est la Loi. De là Sa parole, qu'Il est exalté : {Pour chacun de vous, Nous avons établi une loi et une voie}. » Sa parole : « dans la noblesse pure » : La pureté (al-ṣamīm) d'une chose est son essence. On dit : « Il est dans la pureté de son peuple. » Sa parole : « tu pourrais croire en lui une légèreté » : On dit : khiltu al-shayʾa khaylan wa khīlatan wa makhīlatan wa khuyūlatan, c'est-à-dire je l'ai pensé ; c'est du même type que ẓanantu et ses sœurs, qui entrent sur le sujet et le prédicat. Si tu commences par elles, tu les rends actives ; si tu les intercales ou les places après, tu as le choix entre l'activation et l'annulation. Tu dis au futur : akhālu (avec kasra de l'alif), c'est le plus éloquent ; les Banū Asad disent avec fatḥa de l'alif, qui est la forme régulière. Sa parole : « légèreté » (hawajan) : C'est l'homme grand chez qui il y a de la précipitation et de la sottise ; al-hawjāʾ est la chamelle rapide ; al-hawjāʾ est le vent qui arrache les maisons. C'est pourquoi Hind a dit : « Si elle lui donne un enfant, elle l'aura rendu stupide. » Sa parole : « mais cela est une indulgence de son caractère » : Al-isjāḥ est la bonne indulgence. On dit : « Tu as gouverné, alors indulges » ; et « Si tu demandes, sois indulgent », c'est-à-dire facilite tes paroles et sois doux. Sa parole : « de son caractère » : Al-shīma est la nature. Sa parole : « bonne compagnie, prompte réponse » : Il l'a décrit par la bonne fréquentation et la douceur, malgré la légèreté et le droit mentionnés. Sa parole : « et l'avis sagace » : C'est l'homme intelligent et rusé. Sa parole : « pleine lune de sa souche et puissance de son clan » : Al-arūma (avec fatḥa du hamza) est la racine de l'arbre et la lignée ; c'est une métaphore ici pour son authenticité, car il est des Banū ʿAbd Manāf. Sa parole : « il éduque les siens et n'est pas éduqué par eux » : Il l'a décrit par la dureté et la jalousie quand il est parmi eux, comme elle a dit dans le hadith d'Umm Zarʿ : « S'il entre, il est un guépard ; s'il sort, il est un lion. » Sa parole : « s'il se fâche, il n'est pas réprimandé » : Cela signifie qu'on ne le contredit pas par ce qu'il déteste, à cause de sa gravité et de sa prestance. Sa parole : « s'il est contesté, il n'est pas retenu » : On dit : aqṣara ʿanhu, si tu l'as laissé à sa mesure ; et qaṣara ʿanhu signifie qu'il a faibli ; et toute chose que tu as retenue, tu l'as qaṣarta. Sa parole : « si elle n'est pas préservée » : Le sens de al-ʿiṣma est la protection. On dit : iʿtaṣamtu bi-llāh, si tu t'es abstenu par Sa douceur du péché ; et al-ʿiṣma est aussi l'empêchement ; on dit : ʿaṣamahu al-ṭaʿām, c'est-à-dire qu'il l'a empêché d'avoir faim. Et Abū ʿĀṣim est le surnom du sawīq. Sa parole : « et moi, j'aime les qualités de celui-ci » : Al-miqqa est l'amour, et le hāʾ est en compensation du wāw ; on dit waqahu yamiqahu (avec kasra dans les deux) : il l'aime, donc il est wāmiq. Sa parole : « et l'enfant entre lui et moi » : Elle veut dire l'enfant. Sa parole : « le protecteur de sa colère » : Al-ḥafīẓa est la colère et l'ardeur ; et leur parole : « Et les ardeurs (al-ḥafāʾiẓ) dissolvent les rancunes » signifie que si tu vois ton proche opprimé, tu t'emportes pour lui, même si tu as une rancune contre lui dans ton cœur. Sa parole : « ni faible ni lâche devant la dispersion des calamités » : Al-muwākil est l'impuissant qui confie son affaire à un autre et s'en remet à lui ; de même, la bête qui se fie à son maître pour courir jusqu'à ce qu'il la frappe. Al-zamīl est le lâche et le faible. Al-ṣaʿṣaʿa est la dispersion ; on dit : « Les chameaux sont allés ṣaʿāṣiʿ », c'est-à-dire dispersés. Sa parole : « celle qui se soumet docilement » : Al-sils est le doux et le soumis. Sa parole : « et ne me propose pas à lui comme on propose une bête rétive » : On dit ẓaby ʿāṭis, c'est celui qui vient à toi de devant ; al-ḍaris est une colline rugueuse ; nāqa ḍarūs est de mauvais caractère. Elle a voulu par « proposition » dans le contexte de la demande en mariage qu'elle ne soit ni douce ni dure avec lui dans ce qui sera convenu entre eux concernant la dot et autres choses qu'ils convenaient lors du mariage à l'époque préislamique. 26 - Ṭalḥa ibn ʿUbayd Allāh Ibn ʿUthmān ibn ʿAmr ibn Kaʿb ibn Saʿd ibn Taym ibn Murra ibn Kaʿb ibn Luʾayy al-Qurashī al-Taymī. Sa mère était al-Ḥaḍramiyya, nommée al-Ṣaʿba bint ʿAbd Allāh ibn ʿImād, sœur d'al-ʿAlāʾ ibn al-Ḥaḍramī. Il sera mentionné quelque chose d'elle dans la biographie de son frère. Son surnom était Abū Muḥammad, et il était connu comme Ṭalḥa al-Khayr (le Bien) et Ṭalḥa al-Fayyāḍ (le Généreux). Cela parce qu'il acheta une propriété dans un lieu appelé Baysān. Abū ʿUbayd ʿAbd Allāh ibn ʿAbd al-ʿAzīz al-Bakrī dit dans son livre Muʿjam mā istaʿjama, à la lettre Bāʾ : Baysān, avec fatḥa de la première lettre et sīn non pointée, est deux lieux : l'un en Syrie, l'autre au Ḥijāz, et c'est celui visé dans le hadith. Il dit : Al-Zubayr a mentionné que l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, passa par une eau appelée Baysān lors de l'expédition de Dhī Qarad. Il s'enquit à son sujet, et on lui dit : « Son nom est Baysān, et elle est salée. » Il dit : « Plutôt, elle est Nuʿmān, et elle est bonne. » L'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, changea son nom, et Dieu changea l'eau. Ṭalḥa l'acheta, puis en fit aumône. L'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, en fut informé et dit : « Que n'es-tu, ô Ṭalḥa, sinon Fayyāḍ (le Généreux) ! » C'est ainsi qu'il fut nommé.

Il faisait partie des premiers émigrés 115, l'un des dix à qui le Paradis a été annoncé 116, l'un des huit qui devancèrent les autres dans l'islam 117, l'un des cinq qui embrassèrent l'islam par l'intermédiaire d'Abou Bakr 118, et l'un des six que 'Omar 119 désigna pour la consultation 120. Il rapporta que le Messager d'Allah 121 mourut alors qu'Il était satisfait d'eux. Le Messager d'Allah l'envoya, avant de sortir de Médine pour Badr 122, lui et Sa'id ibn Zayd 123, sur la route du Sham 124 pour espionner les nouvelles, c'est-à-dire les nouvelles de la caravane des gens de la Mecque qu'Abou Sufyan 125 avait amenée. Puis ils revinrent à Médine et y arrivèrent le jour de la bataille de Badr. Le Messager d'Allah lui attribua sa part de butin. Quand il arriva, il dit : « Et ma récompense, ô Messager d'Allah ? » Il dit : « Et ta récompense. » Il assista à Ouhoud 126 et aux batailles suivantes. Le jour d'Ouhoud, il fit preuve d'une belle bravoure, protégea le Messager d'Allah et détourna de Lui les flèches avec sa main jusqu'à ce que son doigt soit paralysé. Il reçut un coup à la tête et porta le Messager d'Allah sur son dos jusqu'à ce qu'Il se tienne debout sur le rocher. Le Messager d'Allah dit : « Aujourd'hui, Talha 127 a mérité [le Paradis]. Ô Abou Bakr ! » Abou Bakr dit : « Le jour d'Ouhoud tout entier est pour Talha. » On rapporte que le Messager d'Allah se leva le jour d'Ouhoud pour monter sur un rocher, alors qu'Il portait deux cottes de mailles superposées. Il ne put se lever, alors Talha ibn 'Oubaydillah 128 le porta et l'aida à se lever jusqu'à ce qu'Il soit dessus. On rapporte aussi qu'Il le regarda et dit : « Que celui qui veut voir un martyr marchant sur la face de la terre regarde Talha. » Puis il assista à la bataille du Chameau 129 en combattant contre 'Ali 130. 'Ali l'appela et lui rappela certaines de ses vertus antérieures et son mérite. Talha se retira alors du combat, comme le fit Az-Zoubayr ibn al-'Awwam 131, et se tint à l'écart dans un rang. Il fut atteint par une flèche qui coupa le nerf sciatique de sa jambe. Son sang ne cessa de couler jusqu'à ce qu'il meure. On dit aussi qu'il fut atteint à la fossette de son cou. Nous l'enterrâmes sur la rive du Kila 132. Un de ses proches le vit en rêve et il dit : « Ne me délivrerez-vous pas de cette eau ? Je me suis noyé trois fois », répétant cela. Il dit : On le déterra et il était vert comme une bette. On évacua l'eau de lui, puis on l'exhuma : la partie de sa barbe et de son visage qui touchait la terre avait été mangée par la terre. On acheta pour lui une maison et on l'y enterra. Il fut tué à l'âge de soixante ans, le jour du Chameau, le dix de Joumada al-Akhira 133 de l'an trente-six 134. On dit aussi autre chose. 'Ali entendit un homme réciter : « Un jeune homme que l'aisance éloignait de son ami, et que la pauvreté en éloignait. » « Comme si les Pléiades étaient suspendues à son front, sur sa joue Sirius, et sur l'autre la pleine lune. » Ce vers fut mentionné par al-Mas'oudi 135 dans Les Prairies d'or 136, et il dit : « C'est Abou Muhammad Talha ibn 'Oubaydillah. » On rapporte que 'Ali dit dans un discours qu'il prononça lorsqu'il se leva pour la bataille du Chameau : « J'ai été éprouvé par quatre personnes : le plus rusé des gens et le plus généreux, Talha ; le plus courageux des gens, Az-Zoubayr ; la plus obéissante des gens envers les gens, 'Aïcha 137 ; et le plus prompt des gens à la discorde, Ya'la ibn Oumayya 138. » On rapporte aussi de lui qu'il dit : « Par Allah, j'espère bien être, moi, 'Outhman 139, Talha et Az-Zoubayr, parmi ceux dont Allah a dit : 'Nous avons arraché toute rancune de leurs poitrines, [ils seront] frères, sur des lits, se faisant face' 140. » Cela a été dit par Ibn 'Abd al-Barr 141. 'Ali dit : « J'ai entendu le Messager d'Allah dire : 'Talha et Az-Zoubayr sont mes deux voisins au Paradis.' » Al-Hakim 142 dit : « Sa chaîne de transmission est authentique. » 'Abd al-Karim al-Halabi 143 le mentionna dans son Commentaire de la Sira 144 de 'Abd al-Ghani 145, et dit : « Quant à ce qui m'est parvenu de ceux à qui il écrivit, Talha est mentionné par 'Ali ibn Muhammad ibn Miskawayh 146 dans son livre Les Expériences des nations 147. » 27. 'Amir ibn Fuhayra 148 Affranchi d'Abou Bakr as-Siddiq 149. Son surnom était Abou 'Amr 150. Il était un des esclaves nés chez les Azd 151, de couleur noire, possédé par at-Toufayl ibn 'Abdillah ibn Sakhbara 152, frère de 'Aïcha du côté de sa mère. Il embrassa l'islam alors qu'il était esclave. Abou Bakr l'acheta à at-Toufayl et l'affranchit. Il faisait partie des premiers à embrasser l'islam : il se convertit avant que le Messager d'Allah n'entre dans la maison d'al-Arqam 153. Il fut torturé pour Allah. Il faisait paître les moutons à Thawr 154, puis les ramenait le soir au Messager d'Allah et à Abou Bakr lorsqu'ils étaient dans la grotte 155. Il assista à Badr et à Ouhoud. Il fut tué le jour du puits de Ma'ouna 156 au mois de Safar 157 de l'an quatre de l'Hégire 158, à l'âge de quarante ans. Il fut tué par 'Amir ibn at-Toufayl 159. On rapporte de 'Amir que, lorsqu'il embrassa l'islam, il dit : « J'ai vu la première blessure que j'ai infligée à 'Amir ibn Fuhayra : une lumière en sortit. » Lorsque 'Amir ibn at-Toufayl vint voir le Messager d'Allah, il Lui dit : « Quel est cet homme que j'ai vu, lorsqu'il fut tué, élevé entre le ciel et la terre jusqu'à ce que je voie le ciel en dessous de lui ? » Le Prophète dit : « C'est 'Amir ibn Fuhayra. » Cela a été dit par Ibn 'Abd al-Barr. Al-Boukhari 160 le mentionna dans l'expédition d'ar-Raji' 161 : on chercha le cadavre parmi les tués, mais on ne le trouva pas. On pense que les anges l'ont élevé. 'Abd al-Karim dit dans son commentaire de la noble Sira : « 'Amir ibn Fuhayra est mentionné par Abou al-Qasim ibn 'Asakir 162 et d'autres. » Ibn Ishaq 163 le mentionna dans le récit de l'Hégire 164 : « La sortie du Messager d'Allah eut lieu quelques nuits après le serment d'allégeance d'al-'Aqaba 165, qui est le serment des Ansar 166. Il sortit de nuit avec Abou Bakr. Ils partirent. Le Messager d'Allah sortit par une porte dérobée au bout de la maison d'Abou Bakr, située chez les Banu Joumah 167. Ils se dirigèrent vers la grotte de Thawr. L'araignée tissa sa toile à l'entrée. Les Qouraych 168 recherchèrent le Messager d'Allah avec la plus grande ardeur, jusqu'à arriver à l'entrée de la grotte. Certains dirent : 'Il y a une toile d'araignée avant la naissance de Mouhammad.' Dans une autre version : 'Allah ordonna à un arbre de pousser devant le Prophète et le cacha. Allah ordonna à deux colombes sauvages de se poser à l'entrée de la grotte. Les jeunes Qouraych arrivèrent jusqu'à être à quarante coudées du Prophète. Ils virent les deux colombes et surent qu'il n'y avait personne à l'intérieur.' Abou Bakr avait un troupeau de chèvres que 'Amir ibn Fuhayra faisait paître. Il venait avec elles la nuit, ils les trayaient. À l'aube, il partait avec les gens. 'Aïcha dit : « Nous les équipâmes en toute hâte. Nous leur préparâmes des provisions dans une outre. Asma' bint Abi Bakr 169 coupa un morceau de sa ceinture et en attacha l'outre. C'est pour cela qu'elle fut appelée 'Celle aux deux ceintures' 170. » Le Messager d'Allah, Abou Bakr et lui restèrent dans la grotte trois nuits. 'Abdullah ibn Abi Bakr 171 passait la nuit chez eux et écoutait les nouvelles pendant la journée. Abou Bakr engagea un homme des Banu ad-Dil 172, un guide expert (al-kharit 173 est celui qui maîtrise la route), nommé 'Abdullah ibn Ouraqit 174. Il était encore mécréant, mais ils lui firent confiance. Ils lui confièrent leurs deux montures et lui donnèrent rendez-vous à la grotte de Thawr après trois nuits. Il leur amena leurs montures au matin du troisième jour. Ils partirent, accompagnés de 'Amir ibn Fuhayra. Ibn Ouraqit les emprunta par la route côtière. Lorsqu'ils quittèrent Qoudayd 175, Souraqa ibn Malik ibn Jou'shoum 176 se présenta à eux, monté sur son cheval. Le Messager d'Allah invoqua contre lui, et les pattes de son cheval s'enfoncèrent [dans le sol]. Il dit : « Ô Mouhammad, invoque Allah pour qu'Il libère mon cheval, et je m'en irai et repousserai ceux qui me suivent. » Il le fit, et le cheval fut libéré. Il retourna et trouva les gens qui cherchaient le Messager d'Allah. Il dit : « Retournez, j'ai exploré pour vous cette région. Vous connaissez ma perspicacité pour les traces. » Ils s'en retournèrent donc. Dans une autre version : Souraqa leur offrit des provisions, des biens et des montures. Ils dirent : « Occupe-toi de toi-même et cache-nous. » Souraqa demanda au Messager d'Allah de lui écrire un sauf-conduit. Il ordonna à Ibn Fuhayra de l'écrire sur un morceau de cuir. Puis le Messager d'Allah poursuivit sa route. Et il mentionna la suite du récit. 28. 'Abdullah ibn al-Arqam 177 Ibn 'Abd al-Barr dit : 'Abdullah ibn al-Arqam ibn 'Abd Yaghouth ibn Wahb ibn 'Abd Manaf ibn Zuhra ibn Kilab al-Qourachi az-Zouhri 178. Il embrassa l'islam l'année de la conquête 179. Il faisait partie de ceux qui étaient assidus à écrire les lettres du Messager d'Allah. Il écrivit pour Abou Bakr. 'Omar le prit comme scribe et le nomma préposé au Trésor public 180, de même que 'Outhman après lui. Il resta à la tête du Trésor public pendant tout le califat de 'Omar et deux ans du califat de 'Outhman, jusqu'à ce qu'il demande à en être déchargé, et il l'en déchargea. Il répondait aux rois de la part du Messager d'Allah. Sa loyauté auprès de Lui était telle qu'Il lui ordonnait d'écrire à certains rois, puis de cacheter la lettre avec de l'argile et d'y apposer le sceau, sans la lire, en raison de sa confiance en sa loyauté. Al-Jawhari 181 dit : « Un tel a cacheté la lettre avec de l'argile » quand il l'a scellée. Il dit : « Quand 'Abdullah était absent, il ordonnait à quelqu'un de présent d'écrire pour lui. » Il dit : Ibn al-Qasim 182 rapporta d'après Malik 183 : « Il m'est parvenu qu'une lettre arriva au Messager d'Allah. Il dit : 'Qui répondra pour moi ?' 'Abdullah ibn al-Arqam dit : 'Moi.' Il répondit pour Lui et Lui apporta la réponse. Cela Lui plut et Il l'envoya. 'Omar était présent et cela lui plut de la part de 'Abdullah ibn al-Arqam. Il garda cela en lui, disant : 'Il a atteint ce que le Messager d'Allah voulait.' Lorsque 'Omar devint calife, il le nomma préposé au Trésor public. » Il dit : Ibn Wahb 184 rapporta d'après Malik que 'Outhman lui fit un don. Il avait droit à trente mille [dirhams] sur le Trésor public, mais il refusa de les prendre. Soufyan ibn 'Ouwayna 185 rapporta d'après 'Amr ibn Dinar 186 que 'Outhman le nomma préposé au Trésor public et lui donna trois cents dirhams, mais 'Abdullah refusa de les prendre et dit : « J'ai travaillé pour Allah, et ma récompense est auprès d'Allah. »

Et Ashhab a rapporté d'après Malik que 'Umar ibn al-Khattab, que Dieu l'agrée, disait : « Je n'ai vu personne plus craignant Dieu que 'Abdullah ibn al-Arqam. » Il lui dit : « Si tu avais une antériorité 187, je n'aurais fait passer personne avant toi. » Et Dieu, qu'Il soit exalté, est plus savant. 29 - 'Abdullah ibn 'Abdullah ibn Ubayy ibn Salul Salul est une femme par laquelle il est connu, et elle est de Khuza'a, mère d'Abu et d'Ubayy ibn Malik ibn Salim ibn Ghanm ibn 'Awf ibn al-Khazraj. Salim est connu sous le nom d'al-Hubla 188 à cause de la grosseur de son ventre. Les Banu al-Hubla ont une noblesse parmi les Ansar. Son nom était al-Hubab, mais le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, le nomma 'Abdullah. Son père, 'Abdullah, était le chef des hypocrites et parmi ceux qui ourdirent la calomnie 189 contre 'A'isha, que Dieu l'agrée. Quant à son fils 'Abdullah, il était parmi les vertueux et les meilleurs Compagnons ; il assista à Badr, à Uhud et à tous les combats avec le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui. Son père était parmi les nobles de Khazraj, et ils s'étaient réunis pour le couronner et lui confier leur autorité avant la mission du Prophète, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui. Lorsque Dieu apporta l'islam, il en conçut de la jalousie envers le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, pour la prophétie, et l'orgueil le saisit ; il n'embrassa donc pas sincèrement l'islam et dissimula l'hypocrisie par envie et rébellion. Il dit lors de l'expédition de Tabuk : « Si nous retournons à Médine, le plus puissant en fera sortir le plus vil. » C'est ainsi que l'a mentionné Ibn 'Abd al-Barr, et il a rapporté le hadith. Ce qu'a mentionné al-Baghawi dans l'exégèse de ce verset. Et nous avons rapporté d'après Ibn Ishaq dans la noble Sira que l'histoire d'Ibn Ubayy et la révélation de ce verset eurent lieu lors de l'expédition des Banu al-Mustaliq, à une de leurs sources appelée al-Muraysi', du côté de Qudayd vers la côte. Al-Baghawi a rapporté – et les termes sont d'Ibn Ishaq – : « Dieu mit en déroute les Banu al-Mustaliq. Alors qu'ils étaient près de cette source, les porteurs d'eau du peuple arrivèrent, et avec 'Umar ibn al-Khattab se trouvait un serviteur des Banu Ghifar nommé Jahjah ibn Sa'id, qui tenait la bride de son cheval. Jahjah et Sinan ibn Wabar al-Juhani, allié des Banu 'Awf ibn al-Khazraj, se bousculèrent pour l'eau et se battirent. Al-Juhani cria : « Ô gens des Ansar ! » et Jahjah cria : « Ô gens des Muhajirun ! » Jahjah fut aidé par un homme des Muhajirun nommé Ji'al, qui était pauvre. » Al-Suhayli dit : « Jahjah mourut après le meurtre de 'Uthman, d'une tumeur au genou sur lequel il avait brisé le bâton du Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, avec lequel il prêchait ; il l'avait pris des mains de 'Uthman et l'avait brisé. » Ibn Ishaq dit : « 'Abdullah ibn Ubayy ibn Salul se fâcha, alors qu'avec lui se trouvaient des gens de son peuple, parmi lesquels Zayd ibn Arqam, un jeune garçon. Il dit : « Vous avez fait cela ? Ils se sont mesurés à nous et nous ont surpassés en nombre dans notre pays. Par Dieu, notre exemple et le leur est comme celui qui a dit : « Engraisse ton chien, il te dévorera. » Par Dieu, si nous retournons à Médine, le plus puissant en fera sortir le plus vil. » Il entendait par « le plus puissant » lui-même, et par « le plus vil » celui qu'il jugeait indigne de cette description – que la prière et la paix de Dieu soient sur lui. Puis il se tourna vers ceux de son peuple qui étaient présents et dit : « Voilà ce que vous avez fait à vous-mêmes : vous les avez installés dans vos pays et vous avez partagé vos biens avec eux. Par Dieu, si vous aviez retenu à Ji'al et à ses semblables le surplus de nourriture, ils n'auraient pas chevauché vos nuques, et ils seraient partis vers d'autres contrées. Ne dépensez donc rien pour eux jusqu'à ce qu'ils se dispersent loin de Muhammad, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui. » Zayd ibn Arqam dit : « C'est toi, par Dieu, le vil, le méprisable, le haï parmi ton peuple, tandis que Muhammad, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, est dans la puissance du Tout-Miséricordieux et l'affection des musulmans. » 'Abdullah ibn Ubayy dit : « Tais-toi ! Je ne faisais que plaisanter. » Zayd ibn Arqam se rendit auprès du Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, après la fin de l'expédition, et l'informa de la nouvelle. 'Umar ibn al-Khattab était auprès de lui et dit : « Laisse-moi lui trancher la tête, ô Messager de Dieu ! » Il dit : « Comment feras-tu, ô 'Umar, quand les gens diront que Muhammad tue ses compagnons ? Ordonne plutôt le départ. » Les gens partirent. Le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, envoya chercher 'Abdullah ibn Ubayy, qui vint. Il lui dit : « Es-tu l'auteur de ces paroles qui me sont parvenues ? » 'Abdullah dit : « Par Celui qui a fait descendre sur toi le Livre, je n'ai rien dit de tel, et Zayd est un menteur. » Or 'Abdullah était noble et important parmi son peuple. Ceux des Ansar qui étaient ses compagnons dirent : « Ô Messager de Dieu, peut-être le garçon s'est-il trompé dans son récit et n'a-t-il pas retenu ce qu'il a dit. » Le Prophète, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, l'excusa. Le blâme se répandit parmi les Ansar contre Zayd, et ils le traitèrent de menteur. Son oncle lui dit – et Zayd était avec lui – : « Qu'as-tu voulu ? Le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, et les gens t'ont démenti, et ils te haïssent. » Zayd accompagnait le Prophète, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, mais après cela, il eut honte de s'approcher de lui. Lorsque le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, se mit en route, Usayd ibn Hudayr le rencontra, le salua par la salutation de la prophétie et lui dit : « Ô Messager de Dieu, tu es parti à une heure indue, à laquelle tu ne partais pas d'habitude. » Le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, lui dit : « Ne t'est-il pas parvenu ce qu'a dit votre compagnon 'Abdullah ibn Ubayy ? » Il dit : « Qu'a-t-il dit ? » Il dit : « Il a prétendu que s'il retournait à Médine, le plus puissant en ferait sortir le plus vil. » Usayd dit : « C'est toi, par Dieu, qui l'en feras sortir si tu veux. C'est lui, par Dieu, le vil, et toi le puissant. » Puis il dit : « Ô Messager de Dieu, sois indulgent avec lui. Par Dieu, Dieu t'a envoyé alors que son peuple lui enfilait les perles pour le couronner, et il voit que tu lui as ravi un royaume. » 'Abdullah ibn 'Abdullah ibn Ubayy apprit ce qui était arrivé à son père. Il vint auprès du Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, et dit : « Ô Messager de Dieu, il m'est parvenu que tu veux tuer 'Abdullah ibn Ubayy à cause de ce que tu as appris de lui. Si tu dois le faire, ordonne-le moi, et je t'apporterai sa tête. Par Dieu, les Khazraj savent qu'il n'y a pas parmi eux d'homme plus pieux envers ses parents que moi. Mais je crains que tu ordonnes à un autre de le tuer, et que mon âme ne me permette pas de voir le meurtrier de 'Abdullah ibn Ubayy marcher parmi les gens sans que je tue un croyant pour un mécréant, et ainsi j'entre en Enfer. » Le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, dit : « Sois plutôt indulgent avec lui et traite-le bien tant qu'il restera avec nous. » Par la suite, chaque fois qu'il commettait une faute, c'étaient les siens qui le réprimandaient et le blâmaient. Le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, dit à 'Umar ibn al-Khattab, lorsqu'il apprit cela de leur attitude : « Que penses-tu, ô 'Umar ? Si je l'avais tué le jour où tu m'as dit de le tuer, aujourd'hui, des nez trembleraient 190 ; si je leur ordonnais de le tuer, ils le tueraient. » 'Umar dit : « J'ai su, par Dieu, que l'affaire du Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, est d'une plus grande bénédiction que la mienne. » [Chapitre] Al-Suhayli dit : Al-Daraqutni a rapporté de manière remontée 191 que le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, passa devant un groupe parmi lequel se trouvait 'Abdullah ibn Ubayy. Il les salua, puis s'en alla. 'Abdullah dit : « Le fils d'Abu Kabsha 192 est devenu insolent dans ce pays. » Son fils 'Abdullah l'entendit et demanda au Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, la permission de lui apporter la tête de son père. Il dit : « Non, mais sois bon envers ton père. » Al-Suhayli dit : « Dans ceci, il y a une grande science et une preuve éclatante parmi les signes de sa prophétie. Car les Arabes étaient les créatures les plus farouchement attachées à l'honneur et au clan. Mais la foi et la lumière de la certitude pénétrèrent leurs cœurs au point que l'un d'eux désirait tuer son père et son fils pour se rapprocher de Dieu Très-Haut et de Son Messager, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, alors que le Messager, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, était le plus éloigné d'eux par la parenté. Si son peuple et ses cousins avaient embrassé l'islam les premiers, on aurait dit : « Un peuple qui a voulu se glorifier d'un des leurs et lui a apporté un soutien tribal. » Mais lorsque les plus éloignés se sont empressés vers lui et ont combattu par amour pour lui ceux qui étaient des leurs ou d'autres, on a su que cela procédait d'une vision sincère et d'une certitude qui avait pénétré leurs cœurs, et d'une crainte de Dieu, Puissant et Majestueux, qui avait effacé une disposition qui s'était incrustée – c'est-à-dire attachée – dans leurs âmes, issue des mœurs de l'époque préislamique, que seul Celui qui les a créés peut enlever. C'est pourquoi l'un d'eux tuait son père, son frère et ses proches par amour pour lui, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui. » Al-Baghawi dit : « Le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, marcha ce jour-là jusqu'au soir, et cette nuit-là jusqu'au matin, et le lendemain jusqu'à ce que le soleil les incommode. Puis il fit halte avec les gens. Aussitôt qu'ils touchèrent le sol, ils s'endormirent. Il agit ainsi pour distraire les gens des propos de la veille concernant 'Abdullah ibn Ubayy. » Lorsque le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, arriva à Médine, Zayd ibn Arqam dit : « Je restai à la maison à cause du chagrin et de la honte que je ressentais. » Alors Dieu Très-Haut révéla la sourate des Hypocrites 193 pour confirmer Zayd et démentir 'Abdullah. Lorsqu'elle fut révélée, le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, prit l'oreille de Zayd et dit : « Ô Zayd, Dieu t'a confirmé, et Il a exaucé 194 ton oreille. »

Voici la traduction du texte fourni : **عبد الله بن أبي (Abdullah ibn Ubayy)** Abdullah ibn Ubayy se trouvait près de Médine. Lorsqu'il voulut y entrer, son fils, Abdullah ibn Abdullah ibn Ubayy, vint à lui et fit s'agenouiller sa monture à l'endroit où la route de Médine se resserre. Quand Abdullah ibn Ubayy arriva, il lui dit : « Recule ! » Il répondit : « Qu'as-tu, malheur à toi ? » Il dit : « Non, par Allah, tu n'y entreras jamais sans la permission de l'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue). Et tu sauras aujourd'hui qui est le plus puissant et qui est le plus méprisable. » Abdullah (ibn Ubayy) se plaignit à l'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) de ce que son fils avait fait. L'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) lui envoya dire : « Laisse-le entrer. » Il dit : « Puisque l'ordre de l'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) est venu, oui. » Il entra, mais ne resta que peu de jours avant de tomber malade et de mourir. Il dit : Lorsque le verset fut révélé et que le mensonge d'Abdullah ibn Ubayy fut manifeste, on lui dit : « Ô Aba Hubab, des versets sévères ont été révélés à ton sujet. Va donc trouver l'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) afin qu'il implore le pardon pour toi. » Il détourna la tête, puis dit : « Vous m'avez ordonné de croire, et j'ai cru. Vous m'avez ordonné de donner l'aumône légale (zakât) de mes biens à Muhammad, et je l'ai donnée. Il ne reste plus qu'à me prosterner devant lui. » Alors Allah Très-Haut révéla : {Et quand on leur dit : "Venez, que l'Envoyé d'Allah implore le pardon pour vous", ils détournent leurs têtes} [Les versets]. Ibn Abd al-Barr dit : Lorsqu'il mourut, l'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) voulut prier sur lui. Mais Omar le tira et dit : « Allah Puissant et Glorieux n'a-t-Il pas interdit que tu pries sur les hypocrites ? » Il dit (qu'Allah prie sur lui et le salue) : « Je suis entre deux choix : {Implore le pardon pour eux ou ne l'implore pas} » (Coran 9:80). Il pria donc sur lui. Alors Allah Très-Haut révéla : {Et ne prie jamais sur aucun d'entre eux qui meurt} (Coran 9:84). L'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) faisait l'éloge de son fils Abdullah. Il fut martyrisé le jour d'al-Yamama, en l'an douze. As-Suhayli le compta dans son livre (qu'Allah prie sur lui et le salue) parmi ce qu'il mentionna d'après Ibn Shabba. Ibn Munir al-Halabi dit : Ibn Abd al-Barr, Ibn al-Athir et Abu Muhammad an-Naysaburi le mentionnèrent également dans leurs livres. **٣٠ - عبد الله بن رواحة (Abdullah ibn Rawaha)** Fils de Tha'laba ibn Imri'l-Qays ibn Amr ibn Imri'l-Qays al-Akbar ibn Malik al-Agharr ibn Tha'laba ibn Ka'b ibn al-Khazraj ibn al-Harith ibn al-Khazraj al-Ansari. As-Suhayli dit : Al-Khazraj signifie le vent froid. Son surnom (kunya) était Abu Muhammad. Il fut l'un des douze chefs (nuqaba'). Il assista à la seconde 'Aqaba, à Badr, à Uhud, au Khandaq, à al-Hudaybiya, à la 'Umra al-Qada' et à tous les combats, sauf la conquête de La Mecque et ce qui suivit, car il fut tué martyr le jour de Mu'ta. Il fut l'un des commandants lors de cette bataille et l'un des poètes accomplis qui repoussaient le tort de l'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue). À son sujet, ainsi qu'à celui de ses deux compagnons Hassan et Ka'b ibn Malik, fut révélé : {Sauf ceux qui ont cru, fait de bonnes œuvres et invoqué beaucoup Allah} (Coran 26:227). L'expédition de Mu'ta, qui fait partie des territoires d'al-Karak, eut lieu en Jumada al-Ula de l'an huit, en terre de Syrie. Abdullah ibn Rawaha y fut martyrisé. Parmi les Compagnons, Ibn Abbas et Abu Hurayra rapportèrent des hadiths de lui. Il fut le premier à sortir pour l'expédition. Les musulmans invoquèrent Allah pour qu'Il le ramène sain et sauf. Il dit alors : « Mais je demande au Tout-Miséricordieux le pardon, Et un coup large qui fait jaillir l'écume, Ou une estocade d'une main ardente, décisive, Avec une lance qui transperce les entrailles et le foie, Jusqu'à ce que l'on dise, lorsqu'ils passeront sur ma tombe : "Qu'Allah guide celui qui a combattu et a été bien guidé." » La « ṭa'na farghā' » (طعنة فرغاء) est une estocade large. Al-Jawhari dit : « al-ḥarrān » (الحران) signifie l'assoiffé, et ici, il désigne l'affligé à cause de ses tués. Lorsqu'il fut au combat, il dit : « Ô âme, si tu n'es pas tuée, tu mourras, Voici la coupe de la mort que tu as rencontrée, Et ce que tu souhaitais, tu l'as reçu, Si tu agis comme eux deux, tu seras guidée. » Il faisait allusion à ses deux compagnons, Zayd et Ja'far. Puis il combattit un moment, puis descendit de sa monture. Un cousin germain vint à lui avec une pièce de viande sur une côte. Il lui dit : « Fortifie-toi le dos avec ceci, car tu as rencontré ce que tu as rencontré durant ces jours-ci. » Il la prit de sa main, en mordit une bouchée, puis entendit le fracas des armes parmi les gens. Il dit : « Et toi, dans la vie d'ici-bas ? » Il la jeta de sa main, puis prit son épée et combattit jusqu'à être tué. Qu'Allah lui fasse miséricorde. Hisham ibn 'Urwa rapporte d'après son père qu'il a dit : « Je n'ai jamais entendu personne plus audacieux ni plus rapide en poésie qu'Abdullah ibn Rawaha. J'ai entendu l'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) lui dire un jour : "Récite de la poésie que tu improvises à l'instant, pendant que je te regarde." Il se mit aussitôt à dire : « J'ai discerné en toi le bien, je le reconnais, Et Allah sait que ma vue ne m'a pas trompé. Tu es le Prophète, et celui qui est privé de son intercession, Au Jour du Jugement, le destin l'a certes rabaissé. Qu'Allah affermisse ce qu'Il t'a donné de bien, Comme l'affermissement de Moïse, et un secours tel qu'ils ont été secourus. » L'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit alors : « Et toi, qu'Allah t'affermisse, ô Ibn Rawaha. » Hisham ibn 'Urwa dit : « Allah l'affermit du meilleur affermissement : il fut tué martyr, le Paradis lui fut ouvert et il y entra. » Dans une version d'Ibn Hisham : « J'ai discerné en toi le bien, comme un don supplémentaire, Un discernement qui a contredit ce qu'ils ont vu. Tu es le Prophète, et celui qui est privé de ses dons supplémentaires, Et de son visage, le destin l'a certes rabaissé. » Son histoire avec sa femme, lorsqu'il eut un rapport avec sa servante, est célèbre. Nous l'avons rapportée par des voies authentiques. Voici : Une nuit, il se rendit chez une de ses servantes et eut un rapport avec elle. Sa femme s'en aperçut et le blâma. Il le nia. Elle avait vu son étreinte. Elle lui dit : « Si tu es sincère, récite le Coran. » Il dit alors : « J'atteste que la promesse d'Allah est vraie, Et que le Feu est la demeure des mécréants, Et que le Trône est au-dessus de l'eau, en vérité, Et au-dessus du Trône est le Seigneur des mondes, Et qu'il est porté par des anges sévères, Des anges de Dieu, marqués. » Sa femme dit alors : « Tu as dit vrai, par Allah, et son œil a menti. » Elle ne connaissait pas le Coran par cœur et ne le récitait pas. Ibn Abd al-Barr dit : Nous avons rapporté d'après un hadith d'Abu ad-Darda' : « Je nous ai vus avec l'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) lors de l'un de ses voyages, par une journée extrêmement chaude, au point que l'homme, à cause de l'intensité de la chaleur, mettait sa main sur sa tête. Et il n'y avait parmi les gens de jeûneur, excepté l'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) et Abdullah ibn Rawaha (qu'Allah soit satisfait de lui). » As-Suhayli dit : Omar ibn Shabba le mentionna dans son livre sur les Compagnons. Abd al-Karim al-Halabi dit : Ibn Abd al-Barr et Ibn al-Athir le mentionnèrent. **٣١ - عبد الله بن سعد بن أبي سرح (Abdullah ibn Sa'd ibn Abi Sarh)** Fils d'al-Harith ibn Habib ibn Judhayma ibn Malik ibn Hasl ibn Amir ibn Lu'ayy al-Qurashi al-Amiri. Son surnom (kunya) était Abu Yahya. C'est ce qu'a dit Ibn Abd al-Barr. Il dit : Muhammad ibn Habib a dit dans sa généalogie : « Habib » avec une shadda (doublement). C'est également ce qu'a dit Abu Ubayda. Ibn al-Kalbi a dit : « Habib ibn Judhayma » avec une légèreté (sans shadda). Il embrassa l'Islam avant la conquête de La Mecque et émigra. Il était l'un des scribes de la Révélation. D'autres ont dit : Il fut le premier des Qurayshites à écrire pour l'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue). Il dit : Puis il apostasia et retourna à La Mecque, disant : « Je faisais dévier Muhammad (qu'Allah prie sur lui et le salue) comme je voulais. Il me dictait "Aziz Hakim" (Puissant, Sage), et je disais "Alim Hakim" (Savant, Sage), et il disait : "Tout est correct." » Il dit : À son sujet fut révélée la parole d'Allah Très-Haut : {Et qui est plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Allah, ou qui dit : "J'ai reçu une révélation", alors qu'il n'a rien reçu} (Coran 6:93). Lors du jour de la conquête de La Mecque, l'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) ordonna de le tuer, même s'il était trouvé sous les tentures de la Ka'ba. Il s'enfuit alors auprès d'Uthman, qui était son frère de lait – la mère d'Uthman l'avait allaité. Uthman le cacha jusqu'à ce qu'il l'amène auprès de l'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) après que les Mecquois se furent apaisés. Il lui demanda asile pour lui. L'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) resta longtemps silencieux, puis dit : « Oui. » Lorsqu'Uthman s'en alla, l'Envoyé d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit à ceux qui l'entouraient : « Je ne suis resté silencieux que pour que l'un d'entre vous se lève et lui tranche la tête. » Un homme des Ansar dit : « Que n'as-tu fait un signe vers moi ? » Il dit : « Il ne convient pas qu'un Prophète ait un regard perfide. » Abdullah embrassa alors l'Islam et son Islam fut excellent. On ne vit rien de répréhensible de sa part après cela. Il fut l'un des nobles, des sages et des généreux parmi les Qurayshites. Ensuite, Uthman le nomma gouverneur de l'Égypte durant son califat, et l'Ifriqiya fut conquise par son intermédiaire. Il était le cavalier des Banu Amir ibn Lu'ayy, compté parmi eux. Il était le commandant de l'aile droite d'Amr ibn al-As lors de la conquête de l'Égypte et dans tous ses combats. Lorsqu'Uthman le nomma gouverneur de l'Égypte et destitua Amr ibn al-As, il fit campagne en Nubie et conclut avec eux une trêve qui subsiste encore aujourd'hui. Il fit campagne contre les mâts (al-Sawari) en terre byzantine en l'an trente-quatre. Puis il se rendit auprès d'Uthman et laissa comme lieutenant en Égypte as-Sa'ib ibn Hisham al-Amiri. Muhammad ibn Abi Hudhayfa ibn Utba ibn Rabi'a se souleva, destitua as-Sa'ib et prit le commandement de l'Égypte. Ibn Abi Sarh revint de Médine, mais Muhammad ibn Abi Hudhayfa l'empêcha d'entrer en Égypte. Il se rendit alors à Ascalon et y demeura jusqu'à ce qu'Uthman soit tué. On dit aussi qu'il demeura à ar-Ramla jusqu'à sa mort, fuyant la discorde. Il invoqua son Seigneur pour que le dernier acte de sa vie soit la prière de l'aube. Il fit ses ablutions, puis pria. Lorsqu'il salua à droite, il voulut saluer à gauche, mais Allah saisit son âme. Tout cela a été rapporté par Yazid ibn Abi Habib, selon Ibn Abd al-Barr. Cela se passa en l'an trente-six ou trente-sept. Il ne prêta allégeance ni à Ali ibn Abi Talib ni à Mu'awiya. Sa mort eut lieu avant que les gens ne se rassemblent autour de Mu'awiya. On dit aussi qu'il mourut en Ifriqiya, mais la première version est plus correcte. As-Suhayli dit : Ibn Shabba le mentionna dans son livre sur les Compagnons (qu'Allah prie sur lui et le salue). **٣٢ - أبو سلمة عبد الله بن عبد الأسد (Abu Salama Abdullah ibn Abd al-Asad)** Fils de Hilal ibn Abdullah ibn Umar ibn Makhzum ibn Yaqaza ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy al-Qurashi. Époux d'Umm Salama. Sa mère était Barra bint Abd al-Muttalib ibn Hashim.

Il embrassa l'Islam après dix personnes et émigra avec son épouse Umm Salama en Abyssinie, étant le premier à y émigrer. Puis il assista à Badr. Il était le frère de lait du Messager d'Allah 195 et le frère de Hamza : Thuwiba, l'affranchie d'Abu Lahab, l'allaita, puis allaita Hamza, puis le Messager d'Allah, puis Abu Salama. Le Messager d'Allah le nomma gouverneur de Médine lorsqu'il partit pour l'expédition d'al-ʿUshayra 196. Le Qadi ʿIyad mentionna au sujet d'al-ʿUshayra plusieurs avis des transmetteurs ; celui qu'il privilégia est qu'il s'agit d'un lieu dans le territoire des Banu Mudlij, et c'est ainsi que le mentionna al-Bakri, et il le fixa dans le Muʿjam 197. L'expédition d'al-ʿUshayra eut lieu en la deuxième année de l'Hégire. Ibn ʿAbd al-Barr dit : Abu Salama émigra les deux émigrations 198. Il fut blessé le jour d'Uhud d'une blessure qui se cicatrisa, puis se rouvrit, et il en mourut. Cela eut lieu trois jours passés de Jumada al-Akhira de l'an trois de l'Hégire. Il fait partie de ceux dont le surnom 199 prédomina. Il dit à sa mort : « Ô Allah, remplace-moi auprès de ma famille par quelqu'un de meilleur. » Alors le Messager d'Allah le remplaça auprès de son épouse, qui devint ainsi Mère des croyants 200, et le Messager d'Allah devint le beau-père de ses enfants : ʿUmar, Salama et Zaynab. ʿAbd al-Karim al-Halabi dit : Abu Muhammad al-Dimyati mentionna dans son livre : Abu Salama ibn ʿAbd al-Asad, et dans l'original : ʿAbd al-Ashhal, mentionné par Ibn Miskawayh. Chapitre sur son émigration à Médine Ibn Ishaq dit : Mon père Ishaq ibn Yasar me raconta, d'après Salama ibn ʿAbd Allah ibn ʿUmar ibn Abi Salama, d'après sa grand-mère Umm Salama, l'épouse du Prophète, qu'elle dit : Lorsqu'Abu Salama décida de partir pour Médine, il sella ma chamelle, me fit monter dessus, prit avec moi mon fils Salama ibn Abi Salama dans mon giron, puis partit avec moi en conduisant sa chamelle. Lorsque les hommes des Banu al-Mughira ibn ʿAbd Allah ibn ʿUmar ibn Makhzum le virent, ils se levèrent vers lui et dirent : « Quant à toi, tu as eu le dessus sur nous, mais cette femme, notre parente, allons-nous te laisser partir avec elle à travers les pays ? » Elle dit : Ils arrachèrent la longe de la chamelle de sa main et me prirent de lui. Elle dit : Alors les Banu ʿAbd al-Asad, la tribu d'Abu Salama, se fâchèrent et dirent : « Non, par Allah, nous ne laisserons pas notre fils chez elle, puisque vous l'avez arrachée à notre compagnon. » Elle dit : Ils se disputèrent mon fils Salama entre eux jusqu'à lui disloquer le bras, et les Banu ʿAbd al-Asad l'emmenèrent. Les Banu al-Mughira me retinrent chez eux, et mon mari Abu Salama partit pour Médine. Elle dit : On me sépara de mon mari et de mon fils. Elle dit : Je sortais chaque matin et m'asseyais à al-Abtah 201, et je ne cessais de pleurer jusqu'au soir, pendant un an ou presque, jusqu'à ce qu'un homme de mes cousins, l'un des Banu al-Mughira, passe près de moi et vit mon état. Il eut pitié de moi et dit aux Banu al-Mughira : « Ne craignez-vous pas Allah au sujet de cette pauvre femme ? Vous l'avez séparée de son mari et de son enfant. » Elle dit : Ils me dirent : « Rejoins ton mari si tu veux. » Elle dit : Alors les Banu ʿAbd al-Asad me rendirent mon fils. Elle dit : Je sellai ma chamelle, pris mon fils et le plaçai dans mon giron, puis je partis voulant rejoindre mon mari à Médine. Elle dit : Je n'avais avec moi personne de la création d'Allah. Elle dit : Je me disais : « Je me ferai accompagner par qui je rencontrerai jusqu'à arriver chez mon mari. » Lorsque je fus à al-Tanʿim 202, je rencontrai ʿUthman ibn Talha ibn Abi Talha, frère des Banu ʿAbd al-Dar. Il dit : « Où vas-tu, ô fille d'Abi Umayya ? » Elle dit : Je dis : « Je veux rejoindre mon mari à Médine. » Il dit : « N'as-tu personne avec toi ? » Elle dit : Je dis : « Non, par Allah, si ce n'est Allah et ce fils. » Il dit : « Par Allah, tu n'as pas d'autre choix. » Il prit la longe de la chamelle et partit avec moi, me faisant avancer rapidement. Par Allah, je n'ai jamais accompagné un homme des Arabes que j'aie vu plus généreux que lui. Lorsqu'il atteignait une étape, il faisait agenouiller ma monture, puis s'éloignait de moi jusqu'à ce que je descende. Ensuite, il s'éloignait de ma chamelle, la déchargeait, l'attachait à un arbre, puis se retirait vers un arbre et se couchait dessous. Quand approchait l'heure du départ, il se levait, allait vers ma chamelle, la faisait avancer, la sellait, puis s'éloignait de moi et disait : « Monte. » Quand j'étais montée et bien installée sur ma chamelle, il venait, prenait sa longe et la conduisait jusqu'à ce qu'il me fasse descendre. Il ne cessa d'agir ainsi avec moi jusqu'à ce qu'il me fasse entrer à Médine. Lorsqu'il aperçut le village des Banu ʿAmr ibn ʿAwf à Quba', il dit : « Ton mari est dans ce village. » Abu Salama y était descendu. « Entre-y avec la bénédiction d'Allah. » Puis il repartit vers La Mecque. Elle disait : « Je ne connais aucune famille en Islam qui ait subi ce qu'a subi la famille d'Abu Salama, et je n'ai jamais vu un compagnon plus généreux que ʿUthman ibn Talha. » Qu'Allah les agrée tous. Et Allah, gloire à Lui, est plus savant. 33 - ʿAbd Allah ibn Zayd Ibn ʿAbd Rabbih ibn Zayd, des Banu al-Harith ibn al-Khazraj al-Ansari al-Khazraji al-Harithi, des Banu al-Harith ibn al-Khazraj. Telle est la version correcte de sa généalogie ; on a dit autre chose, rapporté par Ibn ʿAbd al-Barr. Il assista à al-ʿAqaba 203, à Badr et à tous les autres combats avec le Messager d'Allah. C'est lui qui vit en rêve l'appel à la prière 204, et le Messager d'Allah ordonna à Bilal de le faire, selon ce que rapporta ce ʿAbd Allah ibn Zayd. Sa vision eut lieu en l'an un, après que le Messager d'Allah eut construit sa mosquée. Son surnom était Abu Muhammad. Il portait l'étendard des Banu al-Harith ibn al-Khazraj le jour de la conquête 205. Il mourut en l'an trente-deux, à l'âge de soixante-quatre ans. ʿUthman pria sur lui. Qu'Allah les agrée tous deux. Cela est rapporté par Ibn ʿAbd al-Barr également. ʿAbd al-Karim ibn Munir al-Halabi dit : Ibn ʿAsakir et Muhammad ibn Saʿd mentionnèrent dans leurs Ṭabaqat 206 qu'il écrivit pour le Messager d'Allah une lettre à ceux qui avaient embrassé l'Islam parmi les Ḥadas 207 de Lakhm. 34 - ʿAmr ibn al-ʿAs Il est permis, dans al-ʿAs, de maintenir le yā' ou de le supprimer, dit le Qadi ʿIyad. Ibn Wa'il ibn Hashim ibn Saʿid ibn Sahm ibn ʿAmr ibn Hasis ibn Kaʿb ibn Lu'ayy ibn Ghalib al-Qurashi al-Sahmi. Son surnom était Abu ʿAbd Allah, et on dit Abu Muhammad. Sa mère était al-Nābigha 208, dit Ibn ʿAbd al-Barr. Il dit : On rapporte qu'un homme donna à un autre mille dirhams pour qu'il interroge ʿAmr ibn al-ʿAs au sujet de sa mère alors qu'il était en chaire. Il l'interrogea, et il dit : « Ma mère est Salma bint Harmala, surnommée al-Nābigha, des Banu ʿAnaza. Les lances des Arabes l'atteignirent, elle fut vendue à ʿUkaz 209, al-Fakih ibn al-Mughira l'acheta, puis ʿAbd Allah ibn Judʿan l'acheta de lui, puis elle parvint à al-ʿAs ibn Wa'il, elle enfanta et donna naissance. Si l'on t'a donné quelque chose, prends-le. » Le récit de son embrassement de l'Islam, de sa mort et de son âge viendra à l'évocation du Négus 210. Ibn ʿAbd al-Barr dit : Le Messager d'Allah le nomma gouverneur d'Oman, et il resta en fonction jusqu'à ce que le Messager d'Allah soit rappelé. Il servit sous ʿUmar, ʿUthman et Muʿawiya. ʿUmar ibn al-Khattab l'envoya avec une armée en Égypte, il la conquit et il le nomma gouverneur. Il resta en fonction jusqu'à la mort de ʿUmar. La cause de l'entrée de ʿAmr ibn al-ʿAs en Égypte, selon ce que mentionna Ibn ʿAbd al-Hakam dans ses Conquêtes de l'Égypte, est que ʿAmr vint à Jérusalem avant la mission prophétique, pour le commerce, avec un groupe de Quraysh. Ils rencontrèrent un moine des moines byzantins, originaire d'Alexandrie, venu prier à Jérusalem. Il sortit dans certaines de ses montagnes pour voyager, tandis que ʿAmr gardait ses chameaux et ceux de ses compagnons, la garde des chameaux étant répartie entre eux. Alors que ʿAmr gardait ses chameaux, ce moine passa près de lui, souffrant d'une soif intense par une journée très chaude. Il s'arrêta devant ʿAmr et lui demanda à boire. ʿAmr lui donna à boire de son outre, il but jusqu'à se désaltérer et s'endormit sur place. Près du moine, là où il dormait, il y avait un trou d'où sortit un énorme serpent. ʿAmr l'aperçut, lui décocha une flèche et le tua. Le moine se réveilla, vit le serpent et dit : « Qu'est-ce que c'est ? » ʿAmr l'informa de son histoire. Alors le moine se tourna vers ʿAmr, lui baisa la tête et dit : « Allah m'a rendu la vie par toi deux fois. Qu'est-ce qui t'amène dans ce pays ? » Il dit : « Je suis venu pour le commerce. » Il dit : « Combien espères-tu gagner ? » Il dit : « Mon espoir est de gagner de quoi acheter un chameau. » Le moine lui dit : « Combien est le prix du sang chez vous ? » Il dit : « Cent chameaux. » Le moine dit : « Nous ne sommes pas des gens à chameaux, nous sommes des gens à dinars. » Il dit : « Ce serait mille dinars. » Il dit : « Veux-tu me suivre dans mon pays ? Tu as la promesse et l'alliance d'Allah que je te donnerai deux prix du sang. » Il dit : ʿAmr partit avec lui en Égypte jusqu'à arriver à Alexandrie. ʿAmr la vit et elle lui plut. Cela coïncida avec une fête où se rassemblaient leurs nobles et leurs rois. Ils avaient une pomme d'or incrustée de joyaux qu'ils se lançaient et recevaient dans leurs manches. Celui dans la manche duquel elle tombait et s'arrêtait, sans tomber, régnerait sur eux. Lorsque ʿAmr arriva, le moine l'honora et le vêtit d'un habit de brocart. ʿAmr et le moine s'assirent avec les gens dans cette assemblée où ils se lançaient la pomme et la recevaient dans leurs manches. Un homme la lança, elle vint en volant jusqu'à tomber dans la manche de ʿAmr. Ils en furent étonnés et dirent : « Cette pomme ne nous a jamais menti sauf cette fois. Penses-tu que ce bédouin régnera sur nous ? Cela n'arrivera jamais. » Le moine remit l'argent à ʿAmr et tint sa promesse. C'est ainsi que ʿAmr connut l'entrée et la sortie de l'Égypte. ʿUmar ibn al-Khattab désira sa conquête, il la conquit et en devint le souverain. Ibn Zafar rapporta dans son livre Anba' nujaba' al-abna' 211 que al-ʿAs ibn Wa'il al-Sahmi dit, en faisant danser son fils ʿAmr : « Mon espoir en ʿAmr est qu'il dépasse en clémence, et qu'il brise l'adversaire obstiné malgré lui, et qu'il domine les tribus de Jumah et de Sahm, et qu'il mène l'armée, la faisant avancer en masse, semant la confusion dans les foules ennemies. » Interprétation

Son propos : « ينشق الخصم » : النشق, c'est verser un remède ou autre chose dans le nez. Ce qui est versé dedans est النشوق, avec la fatḥa sur le nūn. Si l'on verse un remède ou autre chose dans la gorge, c'est الوجور. Si on le verse dans un côté de la bouche, c'est اللدود. Son propos : « مجرا دهما » : المجر, c'est le grand ; الدهم, c'est le nombreux. C'est aussi ce qui arrive soudainement ; tout ce qui te surprend soudainement t'a دهم. On dit : جيش دهم, عدد دهم, c'est-à-dire nombreux. Et son propos : « يلهم », c'est-à-dire il avale ; الالتهام, c'est avaler avec abondance. Son propos : « أحشاد » : pluriel de حشد, ce sont les gens rassemblés. Tu dis : حشدت القوم أحشدهم حشدا, et ils sont حشد, avec la fatḥa sur le shīn. Il a dit : Il m'est parvenu qu'Umm 'Amr, qui est al-Nābigha, frappa un jour son fils 'Amr, alors qu'il était tout petit, lorsqu'il se mit à ramper. Il lui dit : « Tu sauras bientôt ! » Puis il alla vers son père, qui était dans le cercle de son peuple 212, s'assit sur ses genoux et urina sur lui. Or son père était un homme difficile, dégoûté 213 par nature, austère ; il s'en irrita 214 et voulut le frapper, mais son peuple l'en empêcha, disant : « C'est un enfant, il n'a pas de raison. » Il se leva donc en colère, entra chez al-Nābigha et la frappa douloureusement, en jurant par ce qu'il vénérait que si elle lui renvoyait l'enfant alors qu'il était dans le cercle de son peuple, il lui rendrait la pareille de manière encore plus sévère. Lorsqu'il sortit de chez elle, 'Amr lui dit : « Ne t'avais-je pas dit ? » Elle lui donna une gifle et cria au malheur. Al-'Āṣ revint vers elle, saisit le fouet. Elle dit : « Doucement, que je t'informe », et elle lui raconta l'histoire. Il dit : « Par la Ka'ba, c'est un homme rusé ! Méfie-toi de lui. » Elle se méfia de lui pendant longtemps, puis elle lui reprocha quelque chose et le frappa. Il la guetta, mais ne trouva d'issue ce jour-là qu'un nuage. Le lendemain, il s'esquiva d'elle et alla vers son père, qui se trouvait dans le Ḥijr 215 avec les notables de Quraysh. Lorsque son père le vit, il le réprimanda. 'Amr dit : « Ma mère t'appelle. » Il répondit : « Tu mens ! » et le chassa. Puis il revint, tenant en main une vieille pièce de tissu 216 et une outre 217 que sa mère utilisait pour le tannage, et se dirigea vers son père par-derrière. Il ne s'en aperçut pas jusqu'à ce qu'il se tienne devant le groupe, déplie la pièce de tissu et dise à son père : « Ta mère te dit : viens, et cette pièce de tissu est le signe 218. » Les gens fixèrent leurs regards sur la pièce de tissu. Al-'Āṣ ibn Wā'il bouillonnait de colère ; il prit la pièce de tissu des mains de son fils, le prit dans ses bras, l'amena chez lui et se mit à frapper la femme. Elle cherchait à l'apitoyer et à l'écouter, mais la colère avait aveuglé ses yeux et ses oreilles. Lorsqu'il l'eut durement frappée et que sa colère se fut calmée, il s'assit, envahi par le remords de ce qu'il avait fait. Elle dit : « Par Dieu, je n'ai aucun tort envers toi, et je ne pense avoir été affligée que par ton fils : je l'ai frappé hier. » Il dit : « Malheur à toi ! Ne l'as-tu pas envoyé vers moi avec la pièce de tissu comme signe ? » Elle dit : « Je ne l'ai pas fait. » Il dit à son fils : « N'as-tu pas dit cela ? » Il répondit : « Elle m'a frappé. » Il dit : « J'atteste que tu es le plus rusé des Arabes ! » Puis il dit à la mère : « Ne t'occupe plus de lui désormais. » Interprétation : Son propos : « نادي قومه » : النادي est le nom de l'assemblée tant que les gens y sont assis. Son propos : « قاذورة » : c'est celui qui est dégoûté. Son propos : « فتأفف » : c'est-à-dire il dit : « Uff, uff ! »


  1. muṣḥaf : Codex, recueil écrit des versets coraniques.
  2. Khandaq : Bataille du Fossé, en l'an 5 de l'Hégire.
  3. Nihāwand : Bataille décisive contre l'empire perse sassanide en l'an 21 de l'Hégire.
  4. Ṣiffīn : Bataille entre les partisans de 'Alī et ceux de Mu'āwiya en l'an 37 de l'Hégire.
  5. al-'Aqaba : Serment d'allégeance à La Mecque avant l'Hégire.
  6. nāqūs : Instrument de bois frappé par les chrétiens pour appeler à la prière.
  7. Coran 9:41 : Verset exhortant au combat, quel que soit l'état.
  8. Bismillāh al-Raḥmān al-Raḥīm : Formule coranique : 'Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux'.
  9. 'Umra du dédommagement : Pèlerinage mineur effectué en l'an 7 de l'Hégire en compensation de celui empêché.
  10. رَسُول الله : Le Messager d'Allah, c'est-à-dire le prophète Muhammad.
  11. سيف من سيوف الله : Littéralement 'une épée parmi les épées d'Allah', titre honorifique donné à Khâlid ibn al-Walîd pour sa bravoure.
  12. أبو بكر الصّديق : Abû Bakr as-Siddîq, premier calife de l'Islam, compagnon et beau-père du Prophète.
  13. العير : L'âne sauvage, symbole de mort sans gloire.
  14. عمر بن الخطاب : 'Umar ibn al-Khattâb, deuxième calife de l'Islam.
  15. النقع : Le fait de jeter de la poussière sur la tête en signe de deuil.
  16. اللقلقة : La lamentation bruyante, les cris de deuil.
  17. اللمة : La mèche de cheveux tombant sur l'épaule ; se raser les cheveux en signe de deuil.
  18. زيد بن ثابت : Zayd ibn Thâbit, compagnon et scribe du Prophète, connu pour avoir compilé le Coran.
  19. الوحي : La Révélation divine, c'est-à-dire le Coran.
  20. فقهاء : Juristes, spécialistes du droit islamique.
  21. أفرض أمتي : Le plus savant en matière de lois successorales (farâ'id).
  22. ثريد : Plat de pain émietté trempé dans du bouillon.
  23. عراق : Os avec ou sans viande ; ici, des os avec de la viande.
  24. العين : La lettre arabe 'ayn, ici avec la voyelle u (dhamma).
  25. الفتحة : La voyelle courte 'a' en arabe.
  26. السكون : L'absence de voyelle sur une lettre.
  27. الراء : La lettre arabe râ'.
  28. عام الفيل : L'Année de l'Éléphant, année de naissance du Prophète (vers 570 ap. J.-C.).
  29. الصحف : Feuillets, les premières compilations écrites du Coran.
  30. حرف : Lettre, ici dialecte ou mode de lecture coranique.
  31. متواترة : Récits transmis par une chaîne de témoins si nombreuse qu'elle exclut toute collusion.
  32. الزبير بن العوام : Az-Zubayr ibn al-'Awwâm, compagnon et cousin du Prophète, l'un des dix promis au Paradis.
  33. حواري : Disciple, apôtre ; terme désignant les compagnons proches.
  34. سبيل الله : Le sentier d'Allah, c'est-à-dire la guerre sainte (jihâd).
  35. الخراج : Impôt foncier perçu sur les terres non-musulmanes.
  36. يذبل : Nom d'une montagne, symbole de durée éternelle.
  37. المرفل : L'honoré, le comblé d'honneurs.
  38. المحشة : Tisonnier ; par extension, homme courageux qui attise le combat.
  39. الأبيض : L'épée, par métonymie de sa couleur.
  40. يرفل : Il se pavane, marche avec orgueil.
  41. باء : La lettre arabe bâ'.
  42. يذبل الجوع : Yadbul de la faim, montagne réputée stérile.
  43. الجمل : La bataille du Chameau (656 ap. J.-C.), opposant 'Aïcha, Talha et az-Zubayr à 'Alî.
  44. وادي السباع : La vallée des fauves, lieu près de Bassora.
  45. عجري وبجري : Expression signifiant 'mes défauts et mes soucis'.
  46. الضمة : La voyelle courte 'u' en arabe.
  47. مولاي : Mon Maître, ici Allah.
  48. الغابة : La forêt, nom d'une terre possédée par az-Zubayr.
  49. imāra : Autorité, commandement, fonction de gouverneur ou d'émir.
  50. jibāya : Perception de l'impôt foncier (kharāj) ou des taxes.
  51. kharāj : Impôt foncier ou tribut perçu sur les terres non musulmanes.
  52. al-Ghāba : Nom d'une localité ou d'une propriété foncière près de Médine.
  53. al-mawsim : La saison du pèlerinage (ḥajj), période où les pèlerins se rassemblent à La Mecque.
  54. rafa'a ath-thuluth : Il préleva le tiers (de la succession) pour lui-même, en tant que tuteur ou exécuteur testamentaire.
  55. yawm al-Fijār : Jour de la guerre sacrilège, une bataille préislamique entre Quraych et les tribus de Qays 'Aylān.
  56. mudajjaj : Bardé de fer, revêtu d'une armure complète.
  57. Abū Dhāt al-Karsh : Surnom signifiant 'père de celle qui a le ventre' ou 'au ventre proéminent'.
  58. as-Sijill : Nom d'un secrétaire du Prophète, également interprété comme un ange ou un rouleau.
  59. as-sijill : Dans le verset coranique 21:104, désigne un rouleau ou un livre, ou un ange scribe.
  60. batāriqa : Pluriel de batrīq, titre byzantin équivalent à patrice, haut dignitaire.
  61. ʿAmwās : Ville de Palestine, lieu d'une peste meurtrière en l'an 18 de l'Hégire.
  62. kunya : Surnom commençant par Abū (père de) ou Umm (mère de), souvent plus utilisé que le nom propre.
  63. ʿām al-fīl : Année de l'Éléphant, année de naissance présumée du Prophète, marquée par l'attaque d'Abraha contre La Mecque.
  64. al-ʿUqāb : L'étendard noir des Qurayshites, symbole de commandement militaire.
  65. al-Baqīʿ : Cimetière principal de Médine, lieu de sépulture de nombreux compagnons.
  66. amān : Sauf-conduit ou protection accordée à un ennemi.
  67. al-Arāk : Lieu-dit près de La Mecque, connu pour ses arbres.
  68. Khuzaʿa : Tribu arabe alliée des Qurayshites, souvent impliquée dans les conflits.
  69. takbīr : Prononciation de 'Allāhu akbar' (Dieu est le plus grand), formule rituelle.
  70. dhāt al-qurūn : Expression désignant les Romains, interprétée comme 'aux cornes' (cheveux longs, forteresses ou générations successives).
  71. fawāʾid : Pluriel de fāʾida, 'bénéfices' ou 'enseignements utiles'.
  72. al-'Uzzā : Une des principales divinités préislamiques, adorée comme une déesse de la fertilité et de la protection.
  73. khaṭm : Promontoire ou extrémité d'une montagne, souvent utilisé comme point de passage stratégique.
  74. al-katība al-khaḍrā' : La 'phalange verte' désigne une unité militaire dont les armes ou les armures brillaient comme du vert, ou portant des étendards verts.
  75. yawm al-malḥama : Le 'jour de la mêlée' ou 'jour du combat sanglant', expression pour désigner une bataille décisive et violente.
  76. aḥmas : Terme désignant une personne avare, sans générosité, ou un homme dur et grossier ; aussi utilisé pour une année sans pluie.
  77. al-ḥamīt : Littéralement 'l'outre', par métaphore pour une personne grosse et grasse.
  78. burd ḥibara : Manteau rayé du Yémen, souvent de couleur rouge, porté comme vêtement d'apparat.
  79. al-'uthnūn : Les poils longs sous le menton, la barbiche.
  80. al-Ma'lāt : Quartier haut de La Mecque, situé sur une colline, où se trouvaient les maisons des notables.
  81. mikḥṣara : Bâton ou canne que l'on tient à la main, parfois utilisé comme symbole d'autorité.
  82. al-akhāshib : Montagnes rugueuses et imposantes ; par extension, les deux montagnes sacrées de La Mecque, al-Ṣafā et al-Marwa.
  83. banāt Ṭāriq : Expression poétique désignant des femmes nobles et fières, 'filles de l'étoile du matin'.
  84. al-qaṭā al-nawāziq : Les outardes agiles, oiseaux au vol rapide, utilisées ici comme métaphore de la démarche élégante.
  85. aṣḥāb al-qalīb : Les 'compagnons du puits' désignent les chefs polythéistes tués à Badr et jetés dans un puits.
  86. dhât sa‘r : Littéralement « qui a de l’ardeur » ; désigne une guerre violente et enflammée.
  87. waqqâ‘ : Celui qui médit et diffame les gens.
  88. m al-hâshimiyyîn : Forme abrégée de « min al-hâshimiyyîn » (parmi les Hâshimites), avec suppression du nūn de min pour éviter la rencontre de deux lettres quiescentes.
  89. shu’bûb barad : Averse violente de grêle ; métaphore pour l’intensité du combat.
  90. hanât : Pluriel de han, qui signifie « chose » ; désigne ici des biens pris sans permission.
  91. ghabara : Verbe signifiant à la fois « ce qui est passé » et « ce qui reste » ; mot aux sens opposés.
  92. khibâ’ : Tente bédouine en poil ou en laine ; par extension, demeure ou habitation.
  93. mizhar : Instrument de musique à cordes, semblable à un luth.
  94. Târiq : Nom d’une étoile, probablement la planète Saturne (Zuhal) ; « filles de Târiq » est une expression poétique.
  95. ‘ilj : Terme désignant un homme fort et robuste, souvent non-arabe ou mécréant.
  96. wasakhāʾ : Souillée, impure ; ici, au sens moral, désignant une femme impudique.
  97. al-sharaf al-ṣamīm : La noblesse pure, l'essence de la noblesse.
  98. hawaj : Légèreté, précipitation mêlée de sottise.
  99. isjāḥ : Indulgence, douceur dans le pardon ou la manière.
  100. shīma : Caractère, nature habituelle.
  101. al-raʾy al-arīb : L'avis sagace, l'intelligence pénétrante et rusée.
  102. arūma : Souche, racine, origine noble.
  103. manzūr : Réprimandé, contredit ; littéralement 'regardé de travers'.
  104. maqṣūr : Retenu, empêché ; ici, on ne le retient pas dans sa colère.
  105. taʿṣim : Préservation divine contre le péché ou l'erreur.
  106. wāmiqa : Celle qui aime profondément.
  107. salīl : Enfant, descendance directe.
  108. ḥafīẓa : Colère, ardeur protectrice, susceptibilité.
  109. muwākil : Faible, qui se repose sur autrui, qui délègue sa responsabilité.
  110. zamīl : Lâche, faible, qui ne tient pas sa place.
  111. ṣaʿṣaʿa : Dispersion, éparpillement.
  112. al-mustaslis al-sils : Celle qui se soumet docilement, sans résistance.
  113. sawm al-muʿāṭis al-ḍaris : Proposition comme on propose une bête rétive ; métaphore pour une offre désavantageuse.
  114. kitāb al-sharīʿa : Le Livre de la Loi religieuse ; référence à un chapitre ou ouvrage.
  115. al-muhājirūn : Les émigrés : les premiers musulmans qui ont émigré de La Mecque à Médine.
  116. al-ʿashara al-mubashsharūn bi-l-janna : Les dix à qui le Paradis a été annoncé : compagnons à qui le Prophète a promis le Paradis de leur vivant.
  117. al-thamāniya al-sābiqūn : Les huit qui devancèrent les autres dans l'islam : les premiers convertis.
  118. Abū Bakr : Abou Bakr as-Siddiq : premier calife de l'islam, beau-père du Prophète.
  119. ʿUmar : Omar ibn al-Khattab : deuxième calife de l'islam.
  120. al-shūrā : La consultation : conseil de six compagnons désignés par Omar pour choisir le calife après lui.
  121. Rasūl Allāh : Le Messager d'Allah : le prophète Mouhammad.
  122. Badr : Bataille de Badr : première grande bataille de l'islam en 624.
  123. Saʿīd ibn Zayd : Compagnon du Prophète, l'un des dix promis au Paradis.
  124. al-Shām : Le Sham : région historique incluant la Syrie, la Palestine, le Liban et la Jordanie.
  125. Abū Sufyān : Abou Sufyan : chef mecquois, père de Mou'awiya, initialement opposé à l'islam.
  126. Uḥud : Bataille d'Ouhoud : bataille en 625 entre musulmans et Mecquois.
  127. Ṭalḥa : Talha ibn 'Oubaydillah : compagnon, l'un des dix promis au Paradis.
  128. Ṭalḥa ibn ʿUbaydillāh : Talha ibn 'Oubaydillah : nom complet du compagnon.
  129. al-Jamal : Bataille du Chameau : bataille en 656 entre 'Ali et 'Aïcha, Talha et Az-Zoubayr.
  130. ʿAlī : Ali ibn Abi Talib : cousin et gendre du Prophète, quatrième calife.
  131. al-Zubayr ibn al-ʿAwwām : Az-Zoubayr ibn al-'Awwam : compagnon, l'un des dix promis au Paradis.
  132. al-Kilā : Le Kila : nom d'un lieu près de Bassora.
  133. Jumādā al-Ākhira : Joumada al-Akhira : sixième mois du calendrier islamique.
  134. sanat sitt wa-thalāthīn : An 36 de l'Hégire (656-657).
  135. al-Masʿūdī : Al-Mas'oudi : historien et géographe arabe du Xe siècle.
  136. Murūj al-dhahab : Les Prairies d'or : ouvrage historique d'al-Mas'oudi.
  137. ʿĀʾisha : Aïcha : épouse du Prophète, fille d'Abou Bakr.
  138. Yaʿlā ibn Umayya : Ya'la ibn Oumayya : compagnon, gouverneur du Yémen.
  139. ʿUthmān : Outhman ibn 'Affan : troisième calife de l'islam.
  140. wa-nazaʿnā mā fī ṣudūrihim min ghill : Coran, sourate al-Hijr (15:47) : 'Nous avons arraché toute rancune de leurs poitrines.'
  141. Ibn ʿAbd al-Barr : Ibn 'Abd al-Barr : savant andalou du XIe siècle, auteur de biographies de compagnons.
  142. al-Ḥākim : Al-Hakim an-Naysabouri : savant du hadith du Xe siècle.
  143. ʿAbd al-Karīm al-Ḥalabī : Abd al-Karim al-Halabi : auteur d'un commentaire de la Sira.
  144. al-Sīra : La Sira : biographie du Prophète Mouhammad.
  145. ʿAbd al-Ghanī : Abd al-Ghani al-Maqdisi : savant hanbalite du XIIIe siècle.
  146. ʿAlī ibn Muḥammad ibn Miskawayh : Ibn Miskawayh : historien et philosophe persan du Xe siècle.
  147. Tajārib al-umam : Les Expériences des nations : ouvrage historique d'Ibn Miskawayh.
  148. ʿĀmir ibn Fuhayra : Amir ibn Fuhayra : compagnon, affranchi d'Abou Bakr.
  149. Abū Bakr al-Ṣiddīq : Abou Bakr as-Siddiq : premier calife.
  150. Abū ʿAmr : Abou 'Amr : surnom (kunya) de 'Amir ibn Fuhayra.
  151. al-Azd : Les Azd : tribu arabe du Yémen.
  152. al-Ṭufayl ibn ʿAbdillāh ibn Sakhbara : At-Toufayl ibn 'Abdillah ibn Sakhbara : compagnon, frère de 'Aïcha par sa mère.
  153. dār al-Arqam : Maison d'al-Arqam : lieu où le Prophète prêchait secrètement au début de l'islam.
  154. Thawr : Mont Thawr : montagne près de La Mecque où se trouve la grotte où le Prophète se cacha.
  155. al-ghār : La grotte : grotte de Thawr où le Prophète et Abou Bakr se cachèrent lors de l'Hégire.
  156. Biʾr Maʿūna : Puits de Ma'ouna : expédition en 625 où des musulmans furent tués.
  157. Ṣafar : Safar : deuxième mois du calendrier islamique.
  158. sanat arbaʿ min al-hijra : An 4 de l'Hégire (625-626).
  159. ʿĀmir ibn al-Ṭufayl : Amir ibn at-Toufayl : chef de tribu arabe, opposant à l'islam.
  160. al-Bukhārī : Al-Boukhari : célèbre compilateur de hadiths du IXe siècle.
  161. al-Rajīʿ : Expédition d'ar-Raji' : expédition en 625 où des musulmans furent tués.
  162. Abū al-Qāsim ibn ʿAsākir : Ibn 'Asakir : historien et traditionniste du XIIe siècle.
  163. Ibn Isḥāq : Ibn Ishaq : biographe du Prophète du VIIIe siècle.
  164. al-Hijra : L'Hégire : émigration du Prophète de La Mecque à Médine en 622.
  165. al-ʿAqaba : Al-'Aqaba : lieu près de La Mecque où les Ansar prêtèrent serment au Prophète.
  166. al-Anṣār : Les Ansar : les musulmans de Médine qui accueillirent le Prophète.
  167. Banū Jumaḥ : Les Banu Joumah : clan mecquois.
  168. Quraysh : Les Qouraych : tribu de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète.
  169. Asmāʾ bint Abī Bakr : Asma' bint Abi Bakr : fille d'Abou Bakr, sœur de 'Aïcha.
  170. Dhāt al-niṭāqayn : Celle aux deux ceintures : surnom d'Asma' car elle coupa sa ceinture en deux pour attacher les provisions.
  171. ʿAbdullāh ibn Abī Bakr : Abdullah ibn Abi Bakr : fils d'Abou Bakr.
  172. Banū al-Dīl : Les Banu ad-Dil : tribu arabe.
  173. al-kharīt : Al-kharit : guide expert connaissant bien les routes.
  174. ʿAbdullāh ibn Urayqiṭ : Abdullah ibn Ouraqit : guide païen engagé par Abou Bakr.
  175. Qudayd : Qoudayd : localité entre La Mecque et Médine.
  176. Surāqa ibn Mālik ibn Juʿshum : Souraqa ibn Malik ibn Jou'shoum : chef mecquois qui poursuivit le Prophète.
  177. ʿAbdullāh ibn al-Arqam : Abdullah ibn al-Arqam : compagnon, scribe du Prophète.
  178. al-Qurashī al-Zuhrī : Al-Qourachi az-Zouhri : de la tribu des Qouraych, clan Zouhra.
  179. ʿām al-fatḥ : Année de la conquête : conquête de La Mecque en 630.
  180. bayt al-māl : Trésor public : caisse de l'État islamique.
  181. al-Jawharī : Al-Jawhari : lexicographe arabe du Xe siècle.
  182. Ibn al-Qāsim : Ibn al-Qasim : juriste malékite du VIIIe siècle.
  183. Mālik : Malik ibn Anas : fondateur de l'école malékite, imam de Médine.
  184. Ibn Wahb : Ibn Wahb : juriste malékite du VIIIe siècle.
  185. Sufyān ibn ʿUyayna : Soufyan ibn 'Ouwayna : savant du hadith du VIIIe siècle.
  186. ʿAmr ibn Dīnār : Amr ibn Dinar : traditionniste mecquois du VIIIe siècle.
  187. sābiqa : Antériorité dans l'islam, mérite acquis par une conversion précoce ou une participation aux premiers événements de l'islam.
  188. al-Ḥublā : Surnom signifiant 'la femme enceinte', donné à Salim à cause de la grosseur de son ventre.
  189. al-ifk : La calomnie, faisant référence à l'incident de la fausse accusation d'adultère contre 'A'isha, mentionné dans la sourate al-Nur.
  190. anf : Littéralement 'nez', expression métaphorique désignant l'orgueil ou la fierté ; 'des nez trembleraient' signifie que des gens auraient été humiliés ou auraient craint.
  191. musnadan : Hadith remonté par une chaîne de transmission complète jusqu'au Prophète.
  192. Ibn Abī Kabsha : Surnom donné par les polythéistes au Prophète Muhammad, faisant référence à un ancêtre lointain ou à une figure mythique.
  193. Sūrat al-Munāfiqūn : La sourate des Hypocrites, la 63e sourate du Coran, qui traite des hypocrites et de leurs comportements.
  194. awfā : Verbe signifiant 'exaucer' ou 'réaliser' ; ici, 'Il a exaucé ton oreille' signifie que Dieu a confirmé la véracité de ce que Zayd avait entendu.
  195. ar-riḍāʿa : Allaitement ; lien de parenté par le lait, considéré comme un lien de parenté légale en Islam.
  196. al-ʿUshayra : Nom d'une expédition militaire du Prophète ; lieu-dit dans le territoire des Banu Mudlij.
  197. al-Muʿjam : Ouvrage lexicographique ou géographique ; probablement le Muʿjam al-buldān de Yāqūt.
  198. al-hijratayn : Les deux émigrations : celle vers l'Abyssinie et celle vers Médine.
  199. kunyah : Surnom commençant par Abū (père de) ou Umm (mère de), souvent plus utilisé que le nom propre.
  200. Umm al-mu'minīn : Mère des croyants ; titre honorifique donné aux épouses du Prophète.
  201. al-Abṭaḥ : Lieu à La Mecque, une vallée ou un espace ouvert entre les montagnes.
  202. al-Tanʿīm : Localité près de La Mecque, point de départ pour la ʿumra (petit pèlerinage).
  203. al-ʿAqaba : Serment d'allégeance à ʿAqaba, près de Mina, où les Ansar ont promis de protéger le Prophète.
  204. al-adhān : Appel à la prière, institué après la vision de ʿAbd Allah ibn Zayd.
  205. yawm al-fatḥ : Jour de la conquête de La Mecque (8 H).
  206. al-Ṭabaqāt : Ouvrage biographique classant les Compagnons par générations ; célèbre celui d'Ibn Saʿd.
  207. Ḥadas : Tribu ou clan arabe, branche de Lakhm.
  208. al-Nābigha : Surnom signifiant 'la célèbre' ou 'la poétesse' ; ici nom de la mère de ʿAmr.
  209. ʿUkāẓ : Célèbre marché et foire annuelle de l'époque préislamique près de La Mecque.
  210. al-Najāshī : Titre du souverain d'Abyssinie ; ici le Négus qui a accueilli les émigrants musulmans.
  211. Anbā' nujabā' al-abnā' : Ouvrage d'Ibn Zafar, titre signifiant 'Les récits des nobles fils'.
  212. النادي : Le cercle ou l'assemblée où les hommes se réunissent pour discuter.
  213. قاذورة : Personne qui a un fort dégoût ou une répulsion pour les choses impures.
  214. تأفف : Dire 'uff' (أف) pour exprimer le dégoût ou l'irritation.
  215. الحجر : Zone près de la Ka'ba, un espace sacré où les Qurayshites se réunissaient.
  216. نقبة : Pièce de tissu usée ou vieux vêtement.
  217. ضرة : Outre en cuir utilisée pour le tannage ou le transport de liquides.
  218. أمارة : Signe ou marque convenue pour se reconnaître.

Partie 1

**ترجمة النص** **وقوله:** "سحابة يومه" أي: جميع يومه. هذا كلام العرب. **Traduction de sa parole :** "سحابة يومه" signifie : la totalité de son jour. C'est là le parler des Arabes. **وقوله:** "جهجه به" أي: نفره وشتته ومنعه الاستقرار. والجهجهة في الأصل حكاية قول القائل: "جه جه". **Traduction de sa parole :** "جهجه به" signifie : il l'a effrayé, dispersé et empêché de se stabiliser. "الجهجهة" est à l'origine l'imitation de la parole de celui qui dit : "جه جه". **وقوله:** "املس منها" أي: ذهب ولم تشعر به. **Traduction de sa parole :** "املس منها" signifie : il est parti sans que tu ne t'en aperçoives. **وقوله:** "النقبة" هي المئزر يخاط طرفاه فيؤتزر به، فهو كالسراويل بغير نيفق ولا ساقين محجوزين. **Traduction de sa parole :** "النقبة" est le pagne (al-mi'zar) dont les deux extrémités sont cousues, et on le porte comme pagne ; il est ainsi comme un pantalon sans ceinture ni deux jambes séparées. **وقوله:** "وضرة" الوضر: وسخ الدهن وما ضاهاه. **Traduction de sa parole :** "وضرة" : "الوضر" est la saleté de la graisse et ce qui lui ressemble. **وقوله:** "تمهن" أي: تخدم. والمهنة: الخدمة. ومنه فيما ذكر من حسن خلقه صلى الله عليه وسلم وتواضعه: إنه كان في البيت يخدم في مهنة أهله ويقطع معهم اللحم. **Traduction de sa parole :** "تمهن" signifie : elle sert. "المهنة" est le service. Et de cela, parmi ce qui a été mentionné de la beauté de son caractère, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et de son humilité : il était dans la maison au service de sa famille et coupait la viande avec eux. **وقوله:** "تميز غضبا" تميز: تقطع. قاله الجوهري. **Traduction de sa parole :** "تميز غضبا" : "تميز" signifie : se déchirer. C'est ce qu'a dit al-Jawhari. **وأنحى:** يعني مال واعتمد يضربها. قال السهيلي: ذكره ابن شبة في كتاب "الكتاب" له، وذكره ابن سعد في "الطبقات". **وأنحى :** signifie : il s'est incliné et s'est appuyé pour la frapper. As-Suhayli a dit : Ibn Shabba l'a mentionné dans son livre "al-Kitab", et Ibn Sa'd l'a mentionné dans "at-Tabaqat". **٣٥ - العلاء بن الحضرمي** واسم الحضرمي: عبد الله بن عماد، ويقال: ابن ضمار بن أكبر بن ربيعة بن مالك بن أكبر بن عويف بن مالك بن الخزرج بن أبي الصدف من حضرموت، حليف بني أمية. ولاه النبي صلى الله عليه وسلم البحرين، وكان بعثه إلى المنذر بن ساوى ملك البحرين ففتحها فولاه عليها. قاله ابن عبد البر. ويأتي ذكره مع رسله صلى الله عليه وسلم فيما يأتي من كتابنا هذا. قال: وأقره أبو بكر على ولايته ثم عمر، ثم ولاه عمر البصرة فمات قبل أن يصل إليها بماء من مياه بني تميم سنة أربع عشرة. وهو أول من بنى مسجدا في أرض الكفر، وأول من ضرب الجزية على الكفار. **35 - al-'Alâ' ibn al-Hadramî** Le nom d'al-Hadramî est : 'Abd Allâh ibn 'Imâd, et l'on dit : ibn Dimâr ibn Akbar ibn Rabî'a ibn Mâlik ibn Akbar ibn 'Uwayf ibn Mâlik ibn al-Khazraj ibn Abî as-Sadaf, originaire du Hadramaout, allié des Banû Umayya. Le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, le nomma gouverneur d'al-Bahrayn, et il l'avait envoyé à al-Mundhir ibn Sâwâ, roi d'al-Bahrayn, et il la conquit, puis il le nomma gouverneur sur elle. C'est ce qu'a dit Ibn 'Abd al-Barr. Sa mention viendra avec les envoyés du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dans la suite de notre présent livre. Il dit : Abû Bakr le maintint dans son gouvernement, puis 'Umar, puis 'Umar le nomma gouverneur d'al-Basra, et il mourut avant d'y arriver, près d'une eau des eaux des Banû Tamîm, en l'an quatorze. Il est le premier à avoir construit une mosquée en terre de mécréance, et le premier à avoir imposé la capitation (jizya) aux mécréants. Le premier à graver le sceau du califat fut [Untel]. Son frère 'Âmir fut tué le jour de Badr en état d'incroyance (kâfir). Leur frère 'Amr fut le premier mort parmi les associateurs (mushrikîn) tué par un musulman. Ses biens furent les premiers à être soumis au quint (khums) ; il fut tué le jour de Nakhlah. Leur sœur as-Sa'bah était sous l'autorité d'Abû Sufyân ibn Harb, qui la répudia ; alors 'Ubayd Allâh ibn 'Uthmân at-Taymî l'épousa après lui, et elle lui enfanta Talhah ibn 'Ubayd Allâh. Al-'Alâ' — qu'Allâh l'agrée — était exaucé dans son invocation. Son frère Maymûn creusa un puits à l'époque préislamique (jâhiliyyah) dans la partie haute de La Mecque, puits bien connu. Et Allâh — qu'Il soit exalté — est le Plus Savant. **36 - Al-'Alâ' ibn 'Uqbah** Ibn 'Abd al-Karîm al-Halabî dit, dans son commentaire de la Sîrah d'Abd al-Ghanî : Abû al-Hasan ibn al-Athîr mentionna, dans la notice biographique d'Al-'Alâ' ibn 'Uqbah, qu'il écrivit pour le Prophète — qu'Allâh prie sur lui et le salue — ; il rapporta sa mention dans le hadith de 'Amr ibn Hazm, et dit : Ja'far le mentionna ; Abû Mûsâ le fit sortir (akhraja). Ibn al-Athîr ne le mentionna pas dans son livre où il énuméra ceux qu'il cita dans la notice d'Ubayy ibn Ka'b et leur nombre. Ibn 'Asâkir le mentionna. Je dis : Ibn 'Abd al-Barr ne le mentionna pas dans les noms des Compagnons (Sahâbah) dans son chapitre. Et Allâh — qu'Il soit exalté — est le Plus Savant. **37 - 'Abd al-'Uzzâ ibn Khatal** On dit aussi que son nom était Hilâl. Il embrassa l'Islam (aslama) et le Prophète — qu'Allâh prie sur lui et le salue — l'envoya comme collecteur de l'aumône légale (musaddiq), et envoya avec lui un homme des Ansâr. Il avait avec lui un affranchi (mawlâ) qui le servait en étant musulman. Il descendit dans une étape et ordonna à l'affranchi d'égorger pour lui un bouc afin de lui préparer un repas. Il s'endormit ; Ibn Khatal se réveilla et [l'affranchi] ne lui avait rien préparé. Il se jeta sur lui et le tua, puis apostasia (irtadda) en retournant à l'association (mushrik). Il écrivait devant le Prophète — qu'Allâh prie sur lui et le salue — ; ainsi, quand descendait {Gafûr Rahîm} (Pardonneur, Miséricordieux), il écrivait "Rahîm Gafûr" ; et quand descendait {Samî' 'Alîm} (Audient, Omniscient), il écrivait "'Alîm Samî'". Le Prophète — qu'Allâh prie sur lui et le salue — lui dit un jour : "Présente-moi ce que je t'ai dicté." Lorsqu'il (le Prophète) lui présenta (le texte), le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui dit : « C'est ainsi que tu as écrit sous ma dictée : "Gafour Rahîm" (Pardonneur, Miséricordieux) et "Rahîm Gafour" (Miséricordieux, Pardonneur) sont une seule et même chose, et "Samî' 'Alîm" (Audient, Omniscient) et " 'Alîm Samî' " (Omniscient, Audient) sont une seule et même chose. » Alors Ibn Khatal dit : « Si Muhammad est (prophète), je n'écrivais pour lui que ce que je voulais. » Puis il mécrut et rejoignit La Mecque. Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit alors : « Celui qui tuera Ibn Khatal sera au Paradis. » Il fut tué le jour de la conquête de La Mecque alors qu'il s'accrochait aux tentures de la Ka'ba. Ceci est rapporté par 'Abd al-Karîm al-Halabî dans son commentaire de la Sîra de 'Abd al-Ghanî. Ibn Ishâq dit : « Il avait deux chanteuses qui chantaient des satires contre le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : Fartanâ et Qarîba. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ordonna de les tuer avec lui. » Al-Hâkim dit : « L'une d'elles fut tuée, et l'autre se cacha jusqu'à ce que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui accorde l'aman (sauf-conduit). » On dit aussi qu'il fut tué par Sa'd ibn Hârith al-Makhzûmî et Abû Barza al-Aslamî alors qu'il s'agrippait aux tentures de la Ka'ba, ou, selon une autre version, entre le Maqâm (d'Ibrahim) et Zamzam. **38 - 'Uqba** Muhammad ibn Sa'd dit dans les Tabaqât : « Ils dirent : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) écrivit (une lettre) pour 'Awsaja ibn Harmala al-Juhanî. La mention de cette lettre viendra dans les biographies des rois. » Et il dit à la fin : « 'Uqba écrivit et fut témoin. » C'est ainsi qu'Ibn Sa'd le mentionna sans lui attribuer de généalogie. Ibn 'Abd al-Barr mentionna dans son ouvrage sur les Compagnons environ dix-huit personnes nommées 'Uqba, sans mentionner parmi elles un scribe ni rien qui l'indique, et je ne sais lequel d'entre eux il est. Et Allah sait mieux. J'ai attiré l'attention sur cela lors de la mention de Shujâ' ibn Wahb, le messager, et de son frère 'Uqba ibn Wahb ; peut-être est-ce lui. Et Allah sait mieux. **39 - Muhammad ibn Maslama** Ibn Salamah ibn Khālid ibn ‘Adī ibn Majda‘ah ibn Ḥārithah ibn al-Ḥārith ibn al-Khazraj ibn ‘Amr ibn Mālik ibn al-Aws, allié (ḥalīf) des Banū al-Ashhal, al-Anṣārī al-Ḥārithī. Sa kunya (surnom) était Abū ‘Abd al-Raḥmān, et l’on dit aussi Abū ‘Abd Allāh. Il assista à Badr et à tous les combats (al-mashāhid). Sa mort eut lieu au mois de Ṣafar de l’an quarante-trois, et l’on dit aussi l’an quarante-six, alors qu’il était âgé de soixante-dix-sept ans. Il était brun, d’un brun très foncé (shadīd al-sumrah), grand, chauve (aṣla‘), et doté d’une forte corpulence (dhū juththah). Il comptait parmi les vertueux (al-fuḍalā’) des Compagnons, et il fut l’un de ceux qui tuèrent Ka‘b ibn al-Ashraf le Juif, sur ordre du Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui). Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) le nomma gouverneur de Médine lors de certaines de ses expéditions (ghazawāt). Il n’assista ni à la bataille du Chameau (al-Jamal) ni à Ṣiffīn, et il se tint à l’écart de la discorde (al-fitnah). Il prit une épée en bois et la plaça dans un fourreau, mentionnant que le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) le lui avait ordonné. C’est ce qu’a dit Ibn ‘Abd al-Barr, et il l’a mentionné dans son livre (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) dans la notice biographique d’Ubayy ibn Ka‘b. ‘Abd al-Karīm al-Ḥalabī a dit : « Il l’a également mentionné dans son livre, ainsi qu’Ibn ‘Asākir et Ibn al-Athīr. » **40 – Mu‘āwiyah ibn Abī Sufyān Ṣakhr** – Nous avons mentionné sa généalogie plus haut, lors de la mention de son père. Sa kunya était Abū ‘Abd al-Raḥmān. Ibn ‘Abd al-Barr a dit : « Lui, son père et son frère faisaient partie des musulmans de la Conquête (Muslimat al-Fatḥ). » Il a été rapporté de Mu‘āwiyah qu’il a dit : « J’ai embrassé l’Islam le jour de la trêve (al-qaḍiyyah), et j’ai rencontré le Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) en tant que musulman. » Il fut l’un de ceux qui écrivirent pour le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui). ‘Abd al-Karīm a dit : « Il a été rapporté avec sa chaîne de transmission (isnād) remontant à ‘Alī (qu’Allāh soit satisfait de lui) qu’il a dit : “Lorsque Ibn Khaṭal fut tué le jour de la Conquête – et il avait écrit pour le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) puis avait apostasié – le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) voulut prendre Mu‘āwiyah comme scribe.” » L'idée que ce qui est arrivé à Ibn Khatal se produise, il consulta Jibril (que la paix soit sur lui), qui dit : « Prends-le comme scribe, car il est digne de confiance. » Ibn al-Jawzi a mentionné ce hadith dans son ouvrage *al-Mawḍū‘āt* (Les Sujets Inventés), lui et le hadith d'Ibn Khatal mentionné dans sa notice biographique à la lettre ‘Ayn, et il dit à son sujet : « Aṣram ibn Ḥawshab, d'après Abū Sinān. » Ibn ‘Abd al-Barr a dit : « ‘Umar (que Dieu l'agrée) dit, lorsqu'il entra au Shām et vit Mu‘āwiya : "Voici le Kisrā des Arabes." Or ‘Umar l'avait nommé gouverneur du Shām après la mort de son frère Yazīd. Lorsqu'il le rencontra dans un cortège imposant, il lui dit : "Es-tu l'homme au cortège imposant ?" Il répondit : "Oui, ô Commandeur des croyants." Il dit : "Malgré ce qui me parvient de la station des gens ayant des besoins à ta porte ?" Il répondit : "Malgré ce qui te parvient de cela." Il dit : "Et pourquoi agis-tu ainsi ?" Il répondit : "Nous sommes dans une terre où les espions de l'ennemi sont nombreux, et nous aimons montrer de la puissance du pouvoir de quoi les effrayer. Si tu m'ordonnes, je le ferai, et si tu m'interdis, je cesserai." Alors ‘Umar (que Dieu l'agrée) dit : "Si ce que tu dis est vrai, c'est une opinion avisée ; et si c'est faux, c'est une ruse d'homme cultivé." Il dit : "Ordonne-moi donc, ô Commandeur des croyants." Il dit : "Je ne t'ordonne ni ne t'interdis." Alors ‘Amr ibn al-‘Āṣ dit : "Ô Commandeur des croyants, qu'il est beau ce que ce jeune homme a fait ressortir de ce dans quoi tu l'as engagé !" Il dit : "Pour la beauté de ses entrées, nous l'avons chargé de ce dont nous l'avons chargé." » Sa signification : « Nous l'avons chargé. » C'est ce qu'a dit al-Jawharī. Il dit : « Mu‘āwiya fut gouverneur du Shām pendant environ vingt ans, et calife pendant environ vingt ans. » Abū Bakr al-Ājurrī a rapporté dans son livre *al-Sharī‘a* d'après ‘Abd al-Malik ibn ‘Umayr, qui dit : « Mu‘āwiya a dit : "Je n'ai cessé d'espérer le califat depuis que j'ai entendu le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dire : 'Ô Mu‘āwiya, si tu gouvernes, agis bien.'" » Il a été rapporté de Khālid ibn Yazīd ibn ᢌubayḥ, d’après son père, d’après Mu‘āwiya, qui a dit : « Un jour, je faisais les ablutions du Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) : je versais de l’eau sur lui depuis un récipient que je tenais en main. Il me regarda d’un regard intense ; je fus saisi de frayeur et le récipient tomba de ma main. Il dit alors : “Ô Mu‘āwiya, si tu es investi d’une quelconque autorité sur les affaires de ma communauté, crains Allāh et sois juste.” » Il (Mu‘āwiya) dit : « Depuis ce jour, je n’ai cessé d’aspirer à cela (cette charge), et je demande à Allāh de m’accorder la justice envers vous. » Il a été rapporté de ‘Amr ibn Yaḥyā ibn Sa‘īd al-Umawī, d’après son grand-père, qui a dit : « Il y avait une petite outre qu’Abū Hurayra portait avec le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) pour ses ablutions. Abū Hurayra tomba malade, et Mu‘āwiya la porta alors. Alors qu’il faisait les ablutions du Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) à l’aide de cette outre, le Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) leva la tête et dit : “Ô Mu‘āwiya, si tu es investi d’une quelconque autorité sur les affaires des musulmans, crains Allāh et sois juste.” » Il (Mu‘āwiya) dit : « Je n’ai cessé de penser que j’allais être éprouvé par cela, à cause de la parole du Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui), jusqu’à ce que j’en sois investi. »

Il a été rapporté d'Abd Allah ibn 'Umar qu'il a dit : « Je n'ai vu personne après le Messager d'Allah (que la prière et la paix soient sur lui) plus _sayyid_ 1 que Mu'awiya. » On lui dit : « Et Abou Bakr, 'Umar, 'Uthman et 'Ali ? » Il répondit : « Par Allah, ils étaient meilleurs et plus vertueux que Mu'awiya, mais Mu'awiya était plus _sayyid_ qu'eux. » Ibn 'Atiyya a dit dans l'exégèse de la parole du Très-Haut {_sayyidan_ 1 et _hasuran_ 2} de la sourate Al 'Imran : « _Sayyidan_ 1 dans la clémence, l'adoration et la piété. » Ibn Jubayr a dit : « _Sayyidan_ 1 : clément. » Al-Dahhak a dit : « Pieux, clément. » Ibn 'Abbas a dit : « Il dit : pieux, clément. » 'Ikrima a dit : « Le _sayyid_ 1 est celui que la colère ne domine pas. » Al-Qadi (c'est-à-dire Ibn 'Atiyya) a dit : « Tous ceux parmi ces savants qui ont interprété la _siyada_ 1 par la clémence ont atteint la plus grande partie du sens de la _siyada_ 1. Quant à celui qui a limité son interprétation à la science, à la piété et autres, il n'a pas interprété selon la parole des Arabes. Or, la science a été obtenue par Yahya (que la paix soit sur lui) par Sa parole – qu'Il soit exalté et magnifié – {confirmateur d'une parole d'Allah}, et la piété a été obtenue par le reste du verset. Allah l'a distingué par la mention de la _siyada_ 1, qui est la confiance dans la satisfaction des gens, de la manière la plus noble, sans tomber dans le faux. Ce terme englobe la _siyada_ 1 et son détail est : la dépense généreuse, l'absence de nuisance, ici la chasteté du sexe, de la main et de la langue, le support des grandes choses, ici la clémence et autres, comme le support des charges, la réparation des brisures, la bienfaisance envers celui qui demande, le sauvetage des périls. Considère que le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) a dit : « Je suis le _sayyid_ 1 des fils d'Adam, sans orgueil », et il a mentionné le hadith de son intercession, et cela est de sa part un effort dans la satisfaction des fils d'Adam ; il est donc leur _sayyid_ 1 par cela. Il se peut que l'on trouve parmi les savants dignes de confiance quelqu'un qui ne se distingue pas dans ces qualités, et il se peut que l'on trouve quelqu'un qui s'y distingue et soit appelé _sayyid_ 1, même s'il manque à beaucoup d'obligations – j'entends les obligations recommandées – et à la lutte pour la vérité et au peu de souci des imams. 'Abd Allah ibn 'Umar (qu'Allah les agrée tous deux) a dit : « Je n'ai vu personne de plus _sayyid_ 1 que Mu'awiya ibn Abi Sufyan. » On lui dit : « Et Abou Bakr et 'Umar ? » Il dit : « Ils sont meilleurs que lui, mais il est plus _sayyid_ 1 qu'eux. » Ceci est une indication que Mu'awiya s'est distingué dans ces qualités sans commettre d'interdit, et qu'Abou Bakr et 'Umar étaient, par leur force dans les obligations et leur poursuite de celles-ci en eux-mêmes, et l'établissement des vérités parmi les gens, meilleurs que Mu'awiya. Et tout en poursuivant les vérités et en menant les gens sur la voie droite, avec peu de souci de leur satisfaction et en pesant avec le juste poids de la Loi, beaucoup de ces qualités qui constituent la _siyada_ 1 sont négligées, l'esprit en étant occupé. La piété, la science et la prise par le plus fort sont plus fermes et plus élevées que la _siyada_ 1. Il convient donc à l'homme pieux et savant de prendre de la _siyada_ 1 tout ce qui ne nuit pas à sa science et à sa piété. C'est ainsi qu'était Yahya (que la paix soit sur lui). Ce qui convient n'est pas une obligation absolue, de même que la poursuite et la rigueur dans la sévérité ne sont pas une obligation absolue. Ce sont deux extrémités du bien que la Loi a entourées : l'un incline vers ceci, l'autre vers cela. L'exemple en est un juge rigide, sévère, dur envers quiconque a le moindre tort, ne s'occupant pas des besoins des gens ; et un autre au visage ouvert, souriant, s'occupant de ce qui est permis, ne poursuivant pas ce qui ne lui est pas soumis, et exécutant le jugement avec douceur envers le condamné. Ce sont deux bonnes voies. Ibn Zafar a dit : « Il m'est parvenu que Hind bint 'Utba, la mère de Mu'awiya, sortit de La Mecque pour se rendre à Ta'if, avec son fils Mu'awiya qu'elle avait placé devant elle dans sa litière. Un vieillard bédouin le vit et dit : « Ô femme en litière, attache fermement tes mains à ce garçon et honore-le, car il est un _sayyid_ 1 généreux, qui maintient les liens de parenté. » Hind dit : « Plutôt un roi magnanime, grand, immense, qui frappe les têtes et répand les bienfaits. » Explication de ses paroles « généreux », « immense » et « grand » : c'est-à-dire généreux, grand, immense, selon le modèle _fa''al_ au sens de _fa'il_. Il dit : « Il m'est parvenu qu'elle sortit alors qu'il était enfant, sa main dans la sienne. Il trébucha, et elle dit : « Lève-toi, que tu ne prospères point ! » Un bédouin l'entendit et dit : « Doucement avec lui, car il dominera son peuple. » Elle dit : « Que je le perde s'il ne domine que son peuple ! » Ibn Zafar a rapporté l'histoire de Mu'awiya, qui contient des propos tenus par lui à un jeune âge, et il en a expliqué les termes rares et ce qui s'y rattache concernant les tribus de Quraysh et les Banu Hashim. Je l'ai rapportée pour compléter l'utilité, comme nous l'avons stipulé au début de ce livre. Il dit : « Il m'est parvenu que 'Abbas ibn 'Abd al-Muttalib (qu'Allah l'agrée) était, à l'époque préislamique, un compagnon de boisson d'Abu Sufyan ibn Harb. Ils s'assirent pour boire chez Abu Sufyan, et Mu'awiya était avec eux, les servant, étant alors petit. Lorsque le vin les eut pris, 'Abbas récita le poème de Matrud ibn Ka'b al-Khuza'i, qui avait émigré chez les Banu Sahm pendant une année de disette, ayant des filles ; ils se lassèrent de lui, ouvertement, et il sortit avec ses filles portant leurs affaires, les quittant. Il dit à ce sujet un poème : « Ô toi qui déplaces ta demeure, pourquoi n'es-tu pas descendu chez les Banu 'Abd Manaf ? Que ta mère te perde ! Si tu étais descendu chez eux, ils t'auraient garanti contre la faim et la maigreur. Ceux qui prennent l'engagement des horizons, et ceux qui partent pour le voyage d'Ilaf 3, Ceux qui unissent leur pauvre à leur riche, jusqu'à ce que leur pauvre devienne comme le riche, Ceux qui donnent des vêtements, et on ne trouve pas de donneur de vêtements, et ceux qui disent : « Venez, pour les hôtes », Ceux qui frappent l'armée dont les épées brillent, et ceux qui empêchent les lances par les épées, Et ils font face au vent chaque soir, jusqu'à ce que le soleil se couche dans la mer. Mes yeux n'ont pas vu leurs pareils, et ce sont eux qui ont acquis les actions des nobles et des chefs. 'Amr al-'Ala 4 a émietté la bouillie pour son peuple, alors que les hommes de La Mecque étaient affamés et maigres. Et lorsque Ma'add 5 a rassemblé leurs généalogies, ils sont, par ta vie, la perle des coquilles. » Il en manque un vers, peut-être oublié, et peut-être est-il après le neuvième vers : « Les deux voyages ont été établis pour lui, tous deux : le voyage d'hiver et le voyage d'été. » Abu Sufyan s'échauffa en entendant le poème, et se mit à énumérer les mérites de Harb ibn Umayya et ses propres mérites, et ils échangèrent des vantardises jusqu'à ce que 'Abbas dise à Abu Sufyan : « Oppose-toi à moi par ton jeune homme, c'est-à-dire Mu'awiya, car il est noble. » Abu Sufyan dit : « Je l'ai fait. » Cela se passa ainsi, et Hind les entendait ; elle saisit l'occasion et dit, s'adressant à son fils Mu'awiya : « Décide, que mon âme te soit sacrifiée, pour les Banu 'Abd Shams, Car ils sont les seigneurs des _Hums_ 6, sur l'antique garde. » Mu'awiya l'interrompit et dit : « Chut, ô fille des nobles, car 'Abd Shams et Hashim Sont, malgré le mécontent, comme deux lames d'une épée tranchante. » Lorsque 'Abbas et Abu Sufyan entendirent les paroles de Mu'awiya, ils se précipitèrent tous deux pour le prendre avant l'autre, et ils se le disputèrent en l'embrassant, le couvrant de baisers et en le sacrifiant, puis ils se séparèrent satisfaits. Explication de mots difficiles de ce récit : Quant à la parole du poète « Que ta mère te perde » : _al-hubl_ 7 est la perte et la destruction. De là, on dit de celui qui est alourdi par la graisse : il est _muhbil_ 7. De même, on dit de celui dont l'esprit est corrompu : _muhbal_ 7. Les Arabes emploient ce mot et ses semblables, qui sont des imprécations de malheur, sans vouloir dire du mal ; ils les traitent comme des paroles vaines dont on ne tient pas compte. Parfois, ils les emploient comme des louanges lorsqu'ils admirent une chose, et parfois comme une incitation et une exhortation à l'action ou à la parole. Parmi leurs semblables, leur parole lorsqu'ils admirent l'action ou la parole de quelqu'un : « Qu'Allah le tue ! » et « Qu'a-t-il ? Que sa mère le perde ! » Le poète a dit : « Que sa mère le perde ! Que peut apporter le matin en se levant, et qu'apporte la nuit lorsqu'elle revient ? » Ceci est une louange et une glorification. De même, la parole de 'Umar ibn 'Abd al-'Aziz (qu'Allah lui fasse miséricorde) : « Malheur à la mère du commandement ! Sans la parole d'Allah – qu'Il soit exalté et magnifié – {Et ceux qui ne jugent pas selon ce qu'Allah a révélé, ceux-là sont les injustes} » 8. Ce mot, il l'a employé pour louer ; le prendre comme blâme est une ignorance des contextes des paroles. De même, la parole d'Imru' al-Qays décrivant un homme par la qualité de son tir : « Sa flèche ne manque pas la cible ; qu'a-t-il ? Qu'il ne soit plus compté parmi ses pairs ! » L'apparence de ceci est qu'il a prié pour qu'il périsse, de sorte qu'il ne soit plus compté parmi son peuple lorsqu'ils sont comptés, mais il ne veut pas cela ; plutôt, il s'émerveille de son tir et le loue. De même, leur parole : « Que untel n'ait pas de père ! » pour s'émerveiller de ce qui vient de lui. Le poète a dit : « Rien ne m'a surpris sinon l'arrivée de celui qui m'embrasse ; quel embrasseur a passé la nuit avec moi, que je n'aie pas de père ! » Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) a prononcé des paroles semblables, comme lorsqu'il a dit à Safiyya : « 'Uqra halqa 9 », c'est-à-dire : qu'Allah la blesse et la coupe. Et sa parole : « Attache-toi à celle qui a la religion, que tes mains soient couvertes de terre 10 », qui est une prière pour la pauvreté. Quant à la parole du poète « de la maigreur » : _al-iqraf_ 11 est ici le changement du corps et son amaigrissement. Sa parole : « Ceux qui prennent l'engagement des horizons » : Sa signification est que Hashim ibn 'Abd Manaf se rendit en Syrie et prit de César, roi des Romains, et des rois de Ghassan, un engagement et une protection pour Quraysh, afin qu'ils viennent en Syrie et y commercent. Son frère 'Abd Shams ibn 'Abd Manaf se rendit au pays d'Abyssinie et prit pour les commerçants de Quraysh un engagement du Négus 12 le Grand. Leur frère al-Muttalib ibn 'Abd Manaf se rendit au Yémen et prit un engagement de ses rois pour les commerçants de Quraysh. Leur frère Nawfal ibn 'Abd Manaf se rendit en Irak et prit des engagements des rois de la dynastie sassanide et des chefs arabes d'Irak. Ainsi, Quraysh se dirigea pour le commerce vers ces quatre directions en sécurité, grâce aux protections que les Banu 'Abd Manaf avaient conclues pour eux. C'est pourquoi les Banu 'Abd Manaf furent appelés _al-mujabbirun_ 13, car Allah – qu'Il soit exalté – a renforcé par eux Quraysh et l'a enrichie par le commerce. La forme originale aurait dû être _al-jabirun_, mais c'est ainsi que cela est venu, indiquant que _jabara_ et _ajbara_ ont le même sens. Le sens courant et fréquent est : j'ai réparé le brisé et le pauvre, donc je suis _jabir_ ; et _ajbartu_ untel sur une chose, c'est-à-dire je l'y ai contraint, donc je suis _mujbir_. Ils ont introduit _af'ala_ dans le domaine de la capacité à agir, disant : _saqaytu_ l'homme de ma main.

Ils dirent : « Je l’ai abreuvé », c’est-à-dire je l’ai mis en mesure d’accéder à l’abreuvoir. « Je l’ai sustenté », c’est-à-dire je lui ai donné une subsistance. « Je l’ai sustenté » signifie : je l’ai mis en mesure d’obtenir ce par quoi il parvient à la subsistance. « J’ai enterré le mort de ma main » et « je l’ai fait enterrer » signifie : je lui ai donné ce dans quoi il est enterré, à savoir la terre. Peut-être que le nom donné aux « Mujabbirûn » 14 vient de là, car ils n’ont pas contraint Quraysh par leurs biens, mais ils les ont mis en mesure d’accomplir ce par quoi ils deviennent puissants. Ce que nous avons mentionné est l’intention du poète. Son dire : « Et ils affrontent le vent » signifie : ils rivalisent avec lui, et ils se mettent à souffler par leur générosité comme il souffle. On rapporte aussi : « Et les nourrisseurs, quand les vents se heurtent », c’est-à-dire s’affrontent dans leur souffle. Son dire : « Le soleil se couche dans le Rajâf » 15 : le Rajâf est la mer, ainsi nommée à cause de son agitation. Son dire : « Aux actions anciennes et nouvelles » : il veut dire les actions anciennes et récentes, c’est-à-dire les nobles qualités héritées (tâlida) et récentes (târifa). C’est le sens figuré des deux termes. Al-Jawharî a dit : « al-fi‘âl » (avec la fatḥa) est un nom d’action, comme « dhahaba » (aller) est un nom d’action, et on dit : « il a accompli une bonne ou une mauvaise action ». Son dire : « ‘Amr al-‘Ulâ 16, Hâshim, a émietté la tharîd pour son peuple » : cela vient du fait que Quraysh fut frappée par une année de sécheresse qui les éprouva. Hâshim ibn ‘Abd Manâf, dont le nom était ‘Amr, partit alors pour le Shâm, chargea ses chameaux de galettes et de miettes de pain, revint à La Mecque, égorgea des chameaux, fit cuire leur viande, puis émietta ces galettes et miettes pour en faire de la tharîd, qu’il donna à manger aux gens jusqu’à ce qu’ils soient ranimés. C’est pourquoi il fut surnommé Hâshim (celui qui émiette). Son dire : « musannatûn » 17 signifie : ils ont été frappés par la sécheresse, c’est-à-dire la famine. Son dire : « Ils se relayaient dans la joute oratoire » : la « munâqala » dans le discours signifie que l’un parle une fois, puis l’autre une fois, et ils se passent la parole entre eux. Quant à son dire : « Il m’a défié devant ton fils », la « munâfara » est le jugement arbitral. On a divergé sur son étymologie : on dit qu’ils se jugeaient dans les joutes d’orgueil en disant au juge : « Lequel de nous est le plus noble en nombre de parents ? » On dit aussi que cela vient de « nafîr » (rassemblement), car ils se rassemblaient auprès des juges. On dit : « J’ai défié untel, et le juge m’a donné la préférence sur lui. » Ils donnaient au juge une partie de leurs biens, appelée « nafâra ». Son dire : « J’ai saisi l’opportunité » signifie : je l’ai saisie et me suis empressé vers elle. Le dire de Hind : « Les nobles des Ḥums 18 » : « surât » est le pluriel de « sarî » ; « surâ » de toute chose signifie son élite (avec un sīn fatḥa). Les Ḥums sont Quraysh, Khuzâ‘a et toute tribu arabe proche de La Mecque ; ils sont appelés Ḥums en raison de leur voisinage avec elle. L’origine du terme est la force, c’est-à-dire la « ḥamâsa » (ardeur). Ils furent nommés Ḥums parce qu’ils étaient rigoureux dans leur religion païenne. Dans certains hadiths, le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) fit une chose, et un homme des Ansâr fit de même. Le Prophète désapprouva l’acte de l’Ansârî et lui dit : « Je suis un Ḥums », voulant dire que ce que j’ai fait est du ressort des Ḥums et non des autres. L’Ansârî répondit : « Et moi aussi je suis un Ḥums », voulant dire : je suis sur ta religion et je te suis. Nous ferons suivre cette explication par la mention des tribus de Quraysh, si Dieu le Très-Haut le veut. Son dire : « Dans l’ancien ḥaras 19 » : le ḥaras est le temps, un nom pour lui, comme l’a dit al-Jawharî. Il a dit : le râjiz a dit : « Dans une grâce, nous avons vécu ainsi un ḥaras… » Il se met au pluriel : aḥrus. Imru’ al-Qays a dit : « Pour qui est ce vestige effacé… qui a vieilli dans le passé des aḥrus ? » On dit : « Untel a séjourné au lieu un ḥaras », voulant dire par tout cela le temps. Ibn Zafar a dit : Son dire : « Chut ! Ô fille des nobles » est une formule signifiant l’ordre de se taire. Son dire : « ‘Abd Shams et Hâshim » veut dire qu’ils sont comme une seule chose, car ils sont deux frères de même père et mère, jumeaux. On dit que l’un d’eux sortit du ventre de sa mère avec son doigt collé au front de son frère ; on écarta le doigt, et des gouttes de sang tombèrent de l’endroit ; ils considérèrent cela comme un mauvais présage et le détestèrent. Le devin parmi eux dit : « Il y aura du sang entre eux. » Ce furent les célèbres batailles entre les Banû Umayya et les Banû Hâshim. Son dire : « Comme les deux tranchants d’un sabre tranchant » : les deux « gharbân » sont les deux tranchants, et « ṣârim » est le sabre coupant. Le sens est : ils sont comme les deux tranchants d’un sabre, sans que l’un ait de supériorité sur l’autre. C’est une très belle expression, et à ma connaissance, personne n’y avait pensé avant. Ne vois-tu pas que s’il avait dit : « Ils sont comme les deux yeux dans la tête » ou « comme les deux mains dans le corps », on aurait pu demander : « Laquelle est la droite ? » Hirm ibn Qutba al-Fazârî s’efforça de faire l’égalité entre ‘Âmir ibn al-Ṭufayl et ‘Alqama ibn ‘Ulâtha lorsqu’ils vinrent à lui pour un jugement, et il dit : « Ils sont comme les deux genoux d’un chameau gris pommelé (ou : brun) qui tombent à terre ensemble. » On lui dit : « Lequel est le droit ? » et il ne répondit pas. Ce dire de Mu‘âwiya, je veux dire « ‘Abd Shams et Hâshim », a été contesté par certains Banû Umayya, à savoir Âdam ibn ‘Abd al-‘Azîz ibn ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz. Il a dit ces trois vers dans un poème adressé au Mahdî. Muhammad ibn Marwân al-Qurashî al-Sa‘îdî, descendant de Sa‘îd ibn al-‘Âṣ, l’a mentionné dans les récits sur Mu‘âwiya ibn Abî Sufyân, et y a ajouté quelque chose qui l’a porté au plus haut degré de beauté et de littérature. En effet, il se présenta sur le chemin d’al-Rashîd (que Dieu lui fasse miséricorde) et lui remit un billet où il avait écrit : « Ô Commandeur des croyants, je suis un diseur / De paroles sincères, de raison et de noblesse. Vous avez la supériorité sur nous, et nous / Avons par vous la supériorité sur tous les Arabes. ‘Abd Shams suivait Hâshim / Et ils sont après tout de même mère et père. La parenté entre nous est telle que / ‘Abd Shams est l’oncle paternel de ‘Abd al-Muṭṭalib. » Al-Rashîd lui ordonna de donner quatre mille dinars, mille pour chaque vers, et dit : « Si tu avais ajouté, nous t’aurions ajouté. » Il suivit ainsi la voie de l’égalisation de façon élégante, tout en faisant preuve de politesse en donnant la préférence à Hâshim. Quant aux tribus de Quraysh : Parmi elles, les Banû Hâshim ibn ‘Abd Manâf ibn Quṣayy : d’eux est le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), et ‘Alî ibn Abî Ṭâlib (que Dieu l’agrée). Parmi elles, les Banû Umayya ibn ‘Abd Shams ibn ‘Abd Manâf ibn Quṣayy : d’eux est ‘Uthmân ibn ‘Affân (que Dieu l’agrée), et Mu‘âwiya ibn Abî Sufyân. Parmi elles, les Banû ‘Abd al-Dâr ibn Quṣayy : d’eux sont les Banû Shayba, gardiens de la Ka‘ba (que Dieu l’honore). Parmi elles, les Banû al-Muṭṭalib ibn Quṣayy : d’eux est al-Zubayr ibn al-‘Awwâm (que Dieu l’agrée), et Khadîja bint Khuwaylid, épouse du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue). Parmi elles, les Banû Zuhra ibn Kilâb ibn Murra, frère de Quṣayy ibn Kilâb : d’eux sont ‘Abd al-Raḥmân ibn ‘Awf et Sa‘d ibn Abî Waqqâṣ (que Dieu les agrée), et Âmina, mère du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue). Parmi elles, les Banû Taym ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu’ayy ibn Ghâlib : d’eux est Abû Bakr al-Ṣiddîq (que Dieu l’agrée), et Ṭalḥa ibn ‘Ubayd Allâh (que Dieu l’agrée). Parmi elles, les Banû ‘Adî ibn Ka‘b ibn Lu’ayy ibn Ghâlib : d’eux est ‘Umar al-Fârûq (que Dieu l’agrée), et Sa‘îd ibn Zayd (que Dieu l’agrée). Parmi elles, les Banû Makhzûm ibn Yaqaza ibn Murra ibn Ka‘b ibn Lu’ayy ibn Ghâlib. Parmi elles, les Banû Sahm et les Banû son frère Jumah, tous deux fils de ‘Amr ibn Huṣayṣ ibn Ka‘b ibn Lu’ayy ibn Ghâlib. Des Banû Sahm est ‘Amr ibn al-‘Âṣ (que Dieu l’agrée). Parmi elles, les Banû Ḥasl ibn ‘Âmir ibn Lu’ayy ibn Ghâlib : d’eux est Suhayl ibn ‘Amr. Parmi elles, les Banû Hilâl ibn Uhayb ibn Ḍabba ibn al-Ḥârith ibn Fihr ibn Mâlik ibn al-Naḍr : d’eux est Abû ‘Ubayda ibn al-Jarrâḥ (que Dieu l’agrée). Ceux-là sont les Quraysh al-Biṭâḥ 20 ; ils furent ainsi nommés parce qu’ils entrèrent dans la plaine (baṭḥâ’) de La Mecque avec Quṣayy et s’y installèrent avec ceux que Quṣayy avait engendrés. Avant lui, personne n’avait osé habiter près de la Ka‘ba jusqu’à ce que Quṣayy ouvre cette voie. Quraysh craignait de lui obéir en cela et redoutait que les Arabes ne leur reprochent d’habiter près de la Ka‘ba. Quand vint le temps du pèlerinage, Quṣayy égorgea des chameaux sur les routes des pèlerins, en égorgea aussi à La Mecque, prépara de la tharîd, et nourrit et abreuva largement les pèlerins. Il fut le premier à nourrir et abreuver les pèlerins. Leur râjiz dit à ce sujet : « Les pèlerins sont revenus, ayant mangé de la graisse, / À la mer abondante, portant du suif. Quṣayy les a largement pourvus de viande, / De lait pur et de pain émietté. » Parmi Quraysh aussi, les Quraysh al-Ẓawâhir 21 : ce sont ceux qui restèrent à l’extérieur du sanctuaire et s’installèrent dans le désert de La Mecque, sans entrer dans sa plaine avec Quṣayy. Parmi eux : les Banû Mu‘ayṣ ibn ‘Âmir ibn Lu’ayy ibn Ghâlib ; les Banû al-Adram ibn Ghâlib (al-Adram est un surnom) : ce sont les Banû Taym, issus de Ghâlib, frère de Lu’ayy ibn Ghâlib ; les Banû Muḥârib et al-Ḥârith, tous deux fils de Fihr ibn Mâlik ibn al-Naḍr, à l’exception des Banû Hilâl ibn Uhayb ibn Ḍabba ibn al-Ḥârith que nous avons mentionnés comme étant entrés dans la plaine et s’y étant installés. Ceux-là sont les Quraysh al-Ẓawâhir. Parmi Quraysh aussi, des tribus qui ne sont ni abṭaḥiyya ni ẓâhiriyya : les Banû Sâma ibn Lu’ayy ibn Ghâlib, qui rejoignirent ‘Umân ; les Banû Khuzayma ibn Lu’ayy ibn Ghâlib, qui rejoignirent les Banû Shaybân ; les Banû Sa‘d ibn Lu’ayy ibn Ghâlib, qui rejoignirent aussi les Banû Shaybân ; les Banû ‘Awf ibn Lu’ayy ibn Ghâlib, qui rejoignirent Ghatafân. Ceux-là ne sont pas des Ḥums. Les Ḥums avaient des pratiques païennes qu’ils avaient instituées pour eux-mêmes et dont ils s’étaient réservé l’exclusivité, par piété. Ce n’est pas le lieu de les mentionner. Il est temps maintenant de revenir à l’objet du livre. Ibn ‘Abd al-Barr a dit : Mu‘âwiya (que Dieu lui fasse miséricorde) mourut à Damas le jeudi 8 rajab de l’an 59, à l’âge de 82 ans. D’autres mentions diffèrent. 41 – Mu‘ayqîb ibn Abî Fâṭima Affranchi de Sa‘îd ibn al-‘Âṣ ; on prétend qu’il était dûsî, allié de la famille de Sa‘îd ibn al-‘Âṣ. Il embrassa l’Islam anciennement à La Mecque, émigra en Abyssinie, et vint auprès du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) à Médine sur les deux bateaux. Il était gardien du sceau du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Abû Bakr et ‘Umar le nommèrent préposé au Trésor public. Il fut atteint de la lèpre ; il fut traité, sur ordre de ‘Umar, avec du coloquinte, mais son état resta stationnaire. Il a peu de hadiths, dit Ibn ‘Abd al-Barr.

Nous avons rapporté de lui, dans les deux Sahîh 22, un seul hadith, et il n'en a pas d'autre dans ces deux recueils, d'après Abû Salama ibn 'Abd ar-Rahmân, d'après Mu'ayqîb, d'après le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) au sujet de l'homme qui égalise la terre là où il se prosterne : « Si tu le fais, que ce soit une seule fois. » Ibn 'Abd al-Barr a rapporté d'après Abû Râshid, affranchi de Mu'ayqîb, qui a dit : « J'ai dit à Mu'ayqîb : "Pourquoi ne t'entends-je pas rapporter des hadiths du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) comme le font les autres ?" Il répondit : "Par Dieu, je suis pourtant parmi les plus anciens compagnons du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), mais beaucoup de silence vaut mieux que beaucoup de paroles." » Il mourut à la fin du califat de 'Uthmân ibn 'Affân (que Dieu l'agrée), et l'on dit aussi qu'il mourut en l'an quarante, à la fin du califat de 'Alî ibn Abî Tâlib (que Dieu l'agrée). As-Suhaylî a dit : 'Umar ibn Shabba l'a mentionné dans son livre « Al-Kitâb ». 'Abd al-Karîm al-Halabî a dit : Mu'ayqîb ibn Abî Fâtima ad-Dawsî, mentionné par Ibn 'Asâkir, Ibn al-Athîr et notre maître ad-Dimyâtî. Et Dieu, qu'Il soit exalté, est plus savant. 42 - Al-Mughîra ibn Shu'ba ath-Thaqafî Ibn Abî 'Âmir ibn Mas'ûd ibn Mu'attib ibn Mâlik ibn Ka'b ibn 'Amr ibn Sa'd ibn 'Awf ibn Qusayy, qui est Thaqîf. Son surnom est Abû 'Abd Allâh, et l'on dit aussi Abû 'Îsâ. Sa mère était une femme de Nasr ibn Mu'âwiya. Il embrassa l'Islam l'année du Khandaq 23 et émigra. On dit aussi que sa première bataille fut celle d'al-Hudaybiya. C'était un homme de haute stature, imposant, borgne, ayant perdu un œil le jour de Yarmûk 24. Ibn 'Abd al-Barr a dit : Mujâlid a rapporté d'après ash-Sha'bî qui a dit : « Les hommes d'esprit 25 des Arabes sont au nombre de quatre : Mu'âwiya ibn Abî Sufyân, 'Amr ibn al-'Âs, al-Mughîra ibn Shu'ba et Ziyâd. Quant à Mu'âwiya, c'est pour la pondération et la clémence ; quant à 'Amr, c'est pour les situations difficiles ; quant à al-Mughîra, c'est pour la promptitude ; quant à Ziyâd, c'est pour le petit et le grand. » Et l'on dit que Qays ibn Sa'd ibn 'Ubâda n'était pas inférieur à ceux-ci en matière d'esprit, malgré la générosité et le mérite qu'il possédait. D'après Nâfi' : Al-Mughîra ibn Shu'ba épousa trois cents femmes en Islam. Ibn Wadhdhâh a dit : et l'on dit mille. 'Umar le nomma gouverneur de Kûfa, et il y resta jusqu'à ce que 'Uthmân le destitue. Il se tint à l'écart de Siffîn 26. Puis, au moment des deux arbitres 27, il rejoignit Mu'âwiya. Lorsque 'Alî fut tué et que Mu'âwiya fit la paix avec al-Hasan, il entra à Kûfa et Mu'âwiya l'en nomma gouverneur. Lorsque 'Uthmân fut tué et que les gens prêtèrent serment à 'Alî (que Dieu les agrée tous deux), al-Mughîra vint le voir et lui dit : « Ô Commandeur des croyants, j'ai pour toi un conseil. » Il dit : « Et quel est-il ? » Il dit : « Si tu veux que l'affaire s'arrange pour toi, nomme Talha ibn 'Ubayd Allâh sur Kûfa, az-Zubayr ibn al-'Awwâm sur Basra, et envoie à Mu'âwiya son pacte pour la Syrie, afin de le contraindre à t'obéir. Une fois le califat bien établi pour toi, dirige-le comme tu voudras par ton avis. » 'Alî (que Dieu l'agrée) dit : « Quant à Talha et az-Zubayr, je verrai mon avis à leur sujet ; quant à Mu'âwiya, non, par Dieu, je ne me verrai jamais l'employer ni le prendre pour aide tant qu'il sera dans son état. Mais je l'appellerai à entrer dans ce dans quoi les musulmans sont entrés. S'il refuse, je le renverrai au jugement de Dieu Très-Haut. » Al-Mughîra s'en alla fâché de ne pas avoir vu son conseil accepté. Le lendemain, il vint et dit : « Ô Commandeur des croyants, j'ai réfléchi à ce que je t'ai dit hier et à ta réponse, et j'ai vu que tu as été guidé vers le bien et la recherche de la vérité. » Puis il sortit de chez lui. Al-Hasan (que Dieu l'agrée) le rencontra en sortant et dit à son père : « Que t'a dit ce borgne ? » Il dit : « Il est venu hier avec telle chose, et aujourd'hui avec telle chose. » Il dit : « Par Dieu, il t'a conseillé hier et il t'a trompé aujourd'hui. » Al-Mughîra a dit à ce sujet : « J'ai conseillé 'Alî au sujet d'Ibn Hind 28 d'un conseil, / Mais il l'a rejeté, et jamais plus il n'en entendra un second. » « Je lui ai dit : Envoie-lui son pacte / Pour la Syrie, afin que Mu'âwiya se stabilise. » « Et que les gens de Syrie sachent que tu l'as fait roi, / Alors le fils de Hind, à ce moment-là, sera conquis. » « Et tu gouverneras sur lui comme tu voudras, car il est / Un homme rusé ; agis avec douceur avec lui, et lui aussi est fils d'un rusé. » « Mais il n'a pas accepté le conseil que je lui ai apporté, / Et ce conseil lui aurait suffi. » Al-Mughîra mourut en l'an cinquante de l'Hégire à Kûfa, alors qu'il en était gouverneur pour Mu'âwiya. Il nomma son fils 'Urwa comme successeur. Masqala ibn Hubayra ash-Shaybânî se tint sur sa tombe et dit : « Sous les pierres se trouvent fermeté, générosité, / Un adversaire tenace et un lutteur acharné, » « Un serpent dans le terrier, rapide ; le venin du serpent ne profite pas à celui qui est mordu. » Puis il dit : « Par Dieu, tu as été d'une grande hostilité envers celui que tu as pris pour ennemi, et d'une grande fraternité envers celui que tu as pris pour frère. » As-Suhaylî a dit : Ibn Shabba l'a mentionné dans son livre « Al-Kitâb », et Ibn Sa'd l'a mentionné dans les « Tabaqât » 29 ainsi que d'autres dans le livre également. 43 - Yazîd ibn Abî Sufyân Sakhr ibn Harb Nous avons mentionné sa généalogie en parlant de son père. Il était le meilleur des fils d'Abî Sufyân. On l'appelait Yazîd al-Khayr 30. Il embrassa l'Islam le jour de la conquête 31 et assista à Hunayn 32. Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui donna du butin de Hunayn cent chameaux et quarante onces, que Bilâl pesa pour lui. Abû Bakr (que Dieu l'agrée) le nomma gouverneur et lui fit ses recommandations, et il partit à pied derrière lui. Lorsque 'Umar (que Dieu l'agrée) devint calife, il le nomma sur la Palestine et sa région. Lorsqu'il mourut de la peste d'Amwâs 33 en l'an dix-huit, il nomma son frère Mu'âwiya comme successeur, et 'Umar (que Dieu l'agrée) le confirma. C'est ce qu'a dit Ibn 'Abd al-Barr. 'Abd al-Karîm al-Halabî, auteur du commentaire de la Sîra 34, a dit : Abû Muhammad ibn Hazm l'a mentionné dans son livre « As-Sîra » dans son livre sur le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) ; Abû al-Qâsim ibn 'Asâkir, Ibn 'Abd al-Barr, Ibn 'Abd Rabbih et Ibn Sa'd l'ont également mentionné. 44 - Un homme des Banû an-Najjâr 'Abd al-Karîm al-Halabî a dit : Ibn Dihya l'a mentionné, disant qu'il s'est converti au christianisme, et Dieu a montré à Son Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) un miracle à son sujet lorsqu'il fut enterré et que la terre le rejeta. Al-Bukhârî l'a mentionné dans son Sahîh. Son histoire a déjà été donnée dans la notice d'as-Sijl 35 à la lettre Sîn. Son auteur – que Dieu lui pardonne – dit : Voici ce à quoi ma science est parvenue concernant ceux qui ont écrit pour lui (que Dieu prie sur lui et le salue), après recherche et examen de ce qu'ont rapporté les savants de cette discipline – que Dieu leur fasse miséricorde – pendant environ quatre ans. Leur total est de quarante-quatre scribes (que Dieu les agrée, qu'Il nous fasse profiter de notre amour pour eux, qu'Il nous ressuscite dans leur groupe, qu'Il fasse de nous des suiveurs de leur Sunna et de la Sunna de leur suivi, le Prophète de la miséricorde et l'intercesseur de la communauté – que Dieu prie sur lui et le salue). Voici venu le moment de commencer par ses messagers et les rois auxquels ils furent envoyés, selon l'ordre précédent. Et ses lettres à ceux qui ont embrassé l'Islam et à ceux qui ne l'ont pas embrassé. Et Dieu, qu'Il soit exalté, est plus savant de ce qui est correct ; à Lui est le retour et le refuge. Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Il me suffit, et quel bon garant ! Deuxième partie : Mention de ses messagers (que Dieu prie sur lui et le salue) et de ceux à qui ils furent envoyés parmi les rois et autres, les appelant à l'Islam. Muhammad ibn Sa'd a rapporté dans les « Tabaqât » que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), lorsqu'il revint d'al-Hudaybiya au mois de Dhû al-Hijja de l'an six, envoya des messagers aux rois pour les appeler à l'Islam et leur écrivit des lettres. On dit : « Ô Messager de Dieu, les rois ne lisent une lettre que si elle est scellée. » Alors le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) se fit ce jour-là un sceau en argent. Son chaton et sa gravure étaient de trois lignes : « Muhammad, Messager de Dieu ». Il scella les lettres avec. Six hommes partirent le même jour, et cela au mois de Muharram de l'an sept. Chacun d'eux se mit à parler la langue du peuple auquel il était envoyé. Le premier d'entre eux fut 'Amr ibn Umayya ad-Damrî (que Dieu l'agrée). Ils sont mentionnés par Hassân dans un de ses poèmes qui viendra dans notre livre, si Dieu Très-Haut le veut. Puis il en envoya d'autres, comme tu le verras clairement par ordre alphabétique, si Dieu Très-Haut le veut. C'est Lui qui donne la force et la puissance. Que Dieu prie sur notre maître Muhammad, sa famille et le salue. 1 - Al-Aqra' ibn 'Abd Allâh al-Himyarî Ibn 'Abd al-Barr a dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) l'envoya à Dhî Murân et à un groupe du Yémen. Sayf ibn 'Umar at-Tamîmî a dit dans son livre « Ar-Ridda » 36 d'après Ibn 'Abbâs (que Dieu les agrée tous deux) : Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) combattit Musaylima, al-Aswad et Tulayha par l'envoi de messagers, et la maladie qu'il avait ne le détourna pas de l'ordre de Dieu Très-Haut. Il envoya al-Aqra' ibn 'Abd Allâh à Dhî Zawd, Sa'îd ibn al-'Âqib, 'Âmir ibn Shahr, Dhî Yanâq Shahr et d'autres que nous mentionnerons dans leur chapitre, si Dieu Très-Haut le veut. 2 et 3 - Ubayy et 'Anbasa Muhammad ibn Sa'd a dit – en mentionnant ses chaînes de transmission remontant à Ibn 'Abbâs, al-'Alâ' ibn al-Hadramî et 'Amr ibn Umayya ad-Damrî, dont les hadiths s'entremêlent – ils ont dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) écrivit à Sa'd Hudhaym de Qudâ'a et à Juthâm une seule lettre, leur enseignant les obligations de l'aumône légale et leur ordonnant de remettre l'aumône à ses deux messagers, Ubayy et 'Anbasa, ou à celui qu'ils enverraient. Il dit : Ils ne nous ont pas été attribués. C'est ainsi qu'a dit Ibn Sa'd dans les « Tabaqât ». Je ne sais donc pas si cet Ubayy est Ubayy ibn Ka'b ou un autre. Ibn 'Abd al-Barr a mentionné dans le chapitre d'Ubayy trois personnes autres qu'Ubayy ibn Ka'b. Dieu sait lequel d'entre eux il est, car il n'a rien mentionné dans leur notice qui indique qu'ils furent envoyés. Et Dieu, qu'Il soit exalté, est plus savant. 4 - Jarîr ibn 'Abd Allâh al-Bajalî Ibn 'Abd al-Barr a dit : Jarîr ibn 'Abd Allâh ibn Jâbir, qui est ash-Shalîl ibn Mâlik ibn Nadr ibn Tha'laba ibn Jusham ibn 'Awf ibn Khuzayma ibn Harb ibn 'Alî ibn Mâlik ibn Sa'd ibn Nadhîr ibn Qasr ibn 'Abqar ibn Anmâr ibn Irâsh ibn 'Amr ibn al-Ghawth al-Bajalî. Son surnom est Abû 'Amr, et l'on dit aussi Abû 'Abd Allâh. Bajîla est leur mère ; ils sont attribués à elle. Elle est Bajîla bint Sa'b ibn 'Alî ibn Sa'd al-'Ashîra.

Il était le chef de sa tribu. Son embrassement de l'islam eut lieu l'année où mourut l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue —, quarante jours avant sa mort. Il est rapporté de lui qu'il a dit : « L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — ne m'a jamais refusé l'accès depuis que j'ai embrassé l'islam, et jamais il ne m'a vu sans sourire et rire. » L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit à son sujet, lorsqu'il arriva en délégation : « Sur lui, il vous apparaît le meilleur de celui qui vient du Yémen, comme si sur son visage il y avait une empreinte d'ange 37. » Et Jarîr se présenta. Ibn Qutayba dit dans al-Ma‘ârif : « Jarîr était peu élevé sur la bosse du chameau à cause de sa grande taille, et son sandale mesurait une coudée. » L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — l'envoya vers Dhû Kalâ‘ et Dhû Ru‘ayn au Yémen. Il dit à son sujet : « Quand vient à vous le noble d'un peuple, honorez-le. » À son propos, le poète dit : « Sans Jarîr, Bajîla aurait péri... Quel excellent jeune homme, et quelle mauvaise tribu ! » ‘Umar ibn al-Khattâb — qu'Allah l'agrée — dit : « N'a pas été loué celui qui a satirisé son peuple. » Et ‘Umar disait : « Jarîr ibn ‘Abd Allah est le Joseph 38 de cette communauté », voulant dire par sa beauté. C'est lui qui dit à ‘Umar, lorsque celui-ci sentit dans son assemblée une odeur venant de l'un de ses assistants : ‘Umar dit : « J'adjure le possesseur de cette odeur de se lever et de faire ses ablutions. » Alors Jarîr dit : « Sur nous tous, ô Commandeur des croyants, adjure donc. » Il dit : « Sur vous tous, j'ai adjuré. » Puis il dit : « Ô Jarîr, tu n'as cessé d'être un chef dans la jâhiliyya 39 et dans l'islam. » Il est rapporté avec sa chaîne de transmission, d'après Jarîr, qu'il a dit : « L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — me dit : “Ne me suffiras-tu pas pour Dhû l-Khalasa 40 ?” Je répondis : “Ô Envoyé d'Allah, je suis un homme qui ne tient pas ferme sur le cheval.” Alors il me frappa la poitrine et dit : “Seigneur, affermis-le et fais de lui un guide bien guidé.” Je partis donc avec cinquante hommes de mon peuple, nous vînmes à elle et la brûlâmes. » Nous rapportons dans le Sahîh d'al-Bukhârî — qu'Allah lui fasse miséricorde — d'après Jarîr ibn ‘Abd Allah, qu'il a dit : « Il y avait à l'époque de la jâhiliyya une maison appelée Dhû l-Khalasa, et on l'appelait la Ka‘ba yéménite et la Ka‘ba syrienne. L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — me dit : “Ne me délivreras-tu pas de Dhû l-Khalasa ?” Il dit : “Je partis donc vers elle avec cent cinquante cavaliers d'Aḥmas 41.” Il dit : “Nous la brisâmes et tuâmes ceux que nous trouvâmes auprès d'elle. Puis nous vînmes à lui et l'en informâmes. Il pria pour nous et pour Aḥmas.” » Le qâdî 42 Abû l-Fadl ‘Iyâd — qu'Allah Très-Haut lui fasse miséricorde — dit dans son Mashâriq : « Al-Aḥmas : avec la damma 43 sur le ḥâ’, le sukûn 44 sur le mîm, et à la fin un sîn non pointé. Muslim l'a expliqué comme “Quraysh et ce qu'elle a enfanté en dehors d'elle”. On a dit aussi : “Quraysh et ce qu'elle a enfanté et ses alliés.” Al-Ḥarbî a dit : “Ils ont été nommés ainsi à cause de la Ka‘ba, car elle est ḥamsâ’ 45 dans sa couleur, c'est-à-dire un blanc tirant sur le noir, et ils sont ses gens.” On a dit aussi : “Ils ont été nommés ainsi à l'époque de la jâhiliyya à cause de leur taḥammus 46 dans leur religion, c'est-à-dire leur rigueur. Al-ḥamâsa et at-taḥammus signifient la rigueur.” On a dit aussi : “À cause de leur bravoure.” Al-Jawharî a dit : « Al-aḥmas : l'endroit dur. » Al-‘Ajjâj a dit : « Que de collines dures nous avons traversées... » Al-aḥmas signifie aussi le rigoureux, le dur dans la religion et le combat. On dit : « ḥamisa » (à la cassure), donc « ḥamis » et « aḥmas », entre al-ḥams et al-ḥamâsa, la bravoure. Al-aḥmas : le brave. Quraysh et Kinâna n'ont été appelés « ḥums » qu'à cause de leur rigueur dans leur religion, car ils ne s'abritaient pas pendant les jours de Minâ, n'entraient pas dans les maisons par leurs portes, n'enduisaient pas le beurre clarifié, et ne ramassaient pas les excréments d'animaux. « ‘Âmun aḥmas » : une année difficile. « Arḍûn aḥâmis » : des terres arides. At-taḥammus : la rigueur. On dit : « taḥammasa ar-rajul » quand il s'obstine. « Ḥammâs » est un nom d'homme. Cette expression a déjà été traitée dans le livre également. Nous rapportons aussi dans al-Bukhârî, d'après Jarîr — qu'Allah l'agrée —, qu'il a dit : « L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — ne m'a jamais refusé l'accès depuis que j'ai embrassé l'islam, et il ne m'a jamais vu sans rire. » Et dans Muslim : « Et il ne m'a jamais vu sans sourire en mon visage. » Ibn ‘Abd al-Barr a dit : « L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — l'envoya vers Dhû Kalâ‘ et Dhû Zulaym au Yémen. » Parmi ce qui a été mentionné de son éloquence et de sa rhétorique : Jarîr vint auprès de ‘Umar ibn al-Khattâb — qu'Allah l'agrée — de chez Sa‘d ibn Abî Waqqâs. Il lui dit : « Comment as-tu laissé Sa‘d dans son gouvernement ? » Il répondit : « Je l'ai laissé comme le plus généreux des hommes par sa capacité, et le meilleur d'entre eux par ses excuses. Il est pour eux comme une mère tendre : il rassemble pour eux comme on rassemble les fourmis, bien qu'il soit béni dans ses actions, favorisé par la victoire, le plus fort des hommes dans le combat, et le plus aimé de Quraysh auprès des gens. » Il dit : « Informe-moi sur les gens. » Il dit : « Ils sont comme les flèches du carquois : parmi elles, il y a la droite bien empennée, et parmi elles, la tordue qui dévie. Et Ibn Abî Waqqâs est leur redresseur 47 : il corrige leur torsion et redresse leur inclinaison. Allah connaît le mieux les secrets, ô ‘Umar. » Il dit : « Informe-moi sur leur embrassement de l'islam. » Il dit : « Ils accomplissent la prière à ses heures et donnent l'obéissance à ceux qui en sont dignes. » Alors ‘Umar ibn al-Khattâb — qu'Allah l'agrée — dit : « Louange à Allah ! Quand la prière est accomplie, la zakât 48 est donnée ; et quand l'obéissance est présente, la communauté est unie. » Et Jarîr est celui qui a dit : « Le mutisme est meilleur que la tromperie, et le bégaiement est meilleur que l'obscénité. » Al-khilâba : la tromperie. Al-badhâ’ : on dit « badhi’ al-lisân » : celui qui a beaucoup de défauts. Cela a été dit par Ibn Fâris. Jarîr fut l'envoyé de ‘Alî auprès de Mu‘âwiya — qu'Allah les agrée tous deux — ; il le retint longtemps, puis le renvoya avec un parchemin scellé mais non écrit, et envoya avec lui quelqu'un pour l'informer de sa rupture avec lui, dans un long récit. Ont rapporté de lui ses fils : ‘Ubayd Allah, al-Mundhir et Ibrâhîm. Jarîr s'installa à Kûfa et y habita, puis il déménagea à Qarqîsiyâ’ et y mourut en l'an cinquante-quatre. On a dit aussi autre chose. Explication des termes rares : Al-Jawharî a dit, à propos de sa parole : « parmi elles, la tordue qui dévie » : on dit d'un homme aux jambes tordues « a‘sal » ; un arbre « ‘asila » : tordu ; des flèches « ‘usul » : tordues. Al-mu‘assal (avec tashdîd) : la flèche qui dévie quand on la lance, et c'est ce qui est visé ici. Sa parole : « leur redresseur » (thiqâfuhâ) : avec le thâ’ à trois points, rapporté avec la kasra 49 du thâ’ et sa fatḥa 50, avec tashdîd du qâf. Al-muthâqafa et ath-thiqâf : ce avec quoi on redresse les lances. De là vient la parole de ‘Amr ibn Kulthûm : « Quand le redresseur la mord, elle se hérisse... ... se retirant de la nuque du redresseur et du front. » Et tathqîfuhâ : son redressement. C'est une parabole qu'il a donnée pour louer Sa‘d ibn Abî Waqqâs — qu'Allah l'agrée — pour sa maîtrise et sa bonne conduite envers ses sujets, car il était l'un des gouverneurs de ‘Umar. Sa parole : « Le mutisme est meilleur que la tromperie » : al-khilâba : la tromperie par la langue. On dit : « khalabahu yakhlibuhu » (à la damma). Dans le proverbe : « Si tu ne peux vaincre, alors trompe », c'est-à-dire : alors use de ruse. Un homme « khallâb » et « khulbûb » : trompeur, menteur. Le poète a dit : « Et le pire des hommes est le traître trompeur. » L'éclair « khalib » : celui qui n'apporte pas de pluie, comme s'il trompait. De même, le nuage qui n'a pas de pluie. Sa parole : « et le bégaiement est meilleur que l'obscénité » : le qâdî Abû l-Fadl ‘Iyâd — qu'Allah lui fasse miséricorde — a dit : c'est l'obscénité dans la parole. « Badhu yabdhu » (à la damma de la deuxième lettre), comme « karuma yakrumu » ; le nom verbal est « badhâ’ » (avec fatḥa des deux premières lettres, allongé), ainsi l'a fixé al-Qaynî. On a dit aussi « badhâ’ » (avec kasra), et « mubâdha’a » et « badhâ’a » ; tout cela est hamzé. Un homme « badhî’ » (hamzé) : obscène dans sa parole. On dit aussi « badhî » (avec tashdîd, non hamzé). De même, pour la mauvaise apparence : « al-badhâdha » également. 5 — Jâbir, affranchi d'Abû Ruhm Ibn ‘Abd al-Barr a dit : Jâbir ibn ‘Abd Allah le Copte, affranchi d'Abû Basra al-Ghifârî, est celui qui vint de chez al-Muqawqis avec Mâriya la Copte, accompagné de Hâtib ibn Abî Balta‘a, auprès de l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. As-Suhaylî a dit : « Affranchi d'Abû Ruhm. » 6 — Hâtib ibn Abî Balta‘a al-Lakhmî Al-Jawharî a dit : « Al-mutabaltic : celui qui fait le charmant et le rusé. » Abû d-Duqaysh al-A‘râbî a dit : « C'est celui qui fait le prétentieux dans sa parole, c'est-à-dire qui fait le bel esprit et le charmant, alors qu'il n'a rien. » Hudba ibn al-Khashram a dit : « N'épouse pas, si le temps nous sépare, Un homme au front bas et au visage non dégarni, Ni un avare, au milieu des hommes, trapu, Quand il marche ou parle, il fait le prétentieux. » Al-qurzul : l'homme vil. Al-junâdif (avec damma) : le court à la corpulence épaisse. Ibn ‘Abd al-Barr a dit : Hâtib ibn Abî Balta‘a est de la descendance de Lakhm ibn ‘Adî ; son kunya 51 est Abû ‘Abd Allah, et on a dit Abû Muhammad. Le nom d'Abî Balta‘a est ‘Amr ibn Râshid ibn Mu‘âdh al-Lakhmî, allié de Quraysh. On a dit qu'il était de Madhḥij. On a dit aussi qu'il était l'allié d'az-Zubayr ibn al-‘Awwâm. On a dit encore qu'il était l'esclave de ‘Ubayd Allah ibn Ḥamîd ibn Zuhayr ibn al-Ḥârith ibn Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzâ ibn Qusayy, qui lui accorda un contrat d'affranchissement le jour de la conquête. Il est originaire du Yémen. Le plus souvent, on dit qu'il était l'allié des Banû Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzâ. Il assista à Badr et à al-Ḥudaybiyya. Il mourut en l'an trente à Médine, à l'âge de soixante-cinq ans. ‘Uthmân — qu'Allah l'agrée — pria sur lui. Allah a témoigné de la foi de Hâtib dans Sa parole : « Ô vous qui avez cru, ne prenez pas Mon ennemi et le vôtre pour alliés » [Coran 60:1] et le verset. Cela parce que Hâtib écrivit aux gens de La Mecque avant le mouvement de l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — vers elle l'année de la conquête, pour les informer d'une partie de ce que l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — voulait leur faire, à savoir l'expédition contre eux. Il envoya sa lettre avec une femme. Gabriel — sur lui la paix — descendit avec cela auprès de l'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — envoya donc à la poursuite de la femme jusqu'à Rawḍat Khâkh. On prit la lettre d'elle et on l'apporta au Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue. Hâtib s'excusa et dit : « Je ne l'ai pas fait par rejet de ma religion. » Alors descendirent à son sujet des versets du début de la sourate al-Mumtaḥana. ‘Umar voulut le tuer, mais le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « Il a assisté à Badr. » Le hadith. Cela a été dit par Ibn ‘Abd al-Barr, et nous le rapportons dans le Sahîh d'al-Bukhârî dans son intégralité. As-Suhaylî a dit : « La femme avec laquelle il envoya la lettre s'appelait Sâra, cliente de Quraysh. » Il a dit : « On a dit que dans la lettre de Hâtib aux gens de La Mecque, il y avait : “L'Envoyé d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — s'est dirigé vers vous avec une armée comme la nuit, avançant comme un torrent. Je jure par Allah que s'il marchait vers vous seul, Allah le ferait triompher de vous, car Il réalisera pour lui ce qu'Il lui a promis à votre sujet. Allah est son allié et son secoureur.” »

Il a dit : Dans ce hadith, il y a une preuve de la mise à mort de l'espion musulman. En effet, 'Umar (qu'Allah l'agrée) voulut le tuer, mais le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui dit : « Il a assisté à Badr. » Il a donc lié l'interdiction de le tuer à la participation à Badr, ce qui indique que celui qui agit comme lui sans être un Badri 52 est tué. Ibn 'Abd al-Barr a rapporté d'Abû Hurayra (qu'Allah l'agrée) : Un esclave de Hâtib vint au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et dit : « Hâtib n'entrera pas au Paradis », car il était sévère avec les esclaves. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Tu mens ! N'entrera pas en Enfer quiconque a assisté à Badr et à al-Hudaybiyya. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) l'envoya en Égypte ; il est l'un des six que Hassân mentionna dans sa poésie. Abû Bakr (qu'Allah l'agrée) l'envoya également durant son califat. La mention de cela viendra dans son chapitre, si Allah Très-Haut le veut. 7 - Hayyân ibn Malla 'Abd al-Karîm al-Halabî a dit dans la biographie de Dihya : Ibn al-Athîr a rapporté d'après Ibn Ishâq que Hayyân ibn Malla, frère d'Unayf al-Yamânî, originaire de Palestine, était un Compagnon. Il accompagna Dihya ibn Khalîfa chez César lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) l'envoya vers lui. Ibn 'Abd al-Barr ne l'a pas mentionné dans son chapitre. Allah, gloire à Lui, Très-Haut, est plus savant. 8 - Al-Hârith ibn 'Umayr al-Azdî De la tribu de Banû Lahab. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) l'envoya avec sa lettre en Syrie, au roi des Romains ; on dit aussi au gouverneur de Busrâ. Shurahbîl ibn 'Amr al-Ghassânî l'intercepta, l'attacha solidement, puis le fit venir et lui trancha la tête avec patience. Aucun autre messager du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ne fut tué. Lorsque la nouvelle de sa mort parvint au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), il envoya à Mu'ta Zayd ibn Hâritha avec environ trois mille hommes. Les Romains les rencontrèrent avec environ cent mille hommes, selon Ibn 'Abd al-Barr. Ibn Sayyid al-Nâs, Fath al-Dîn, le mentionna dans 'Uyûn al-Athar et ajouta : Cela l'affligea profondément lorsqu'il apprit la nouvelle. Ce fut la cause de l'expédition de Mu'ta, qui eut lieu aux confins d'al-Balqâ' en Syrie, au mois de Jumâdâ al-Ûlâ de l'an huit. Sa mention viendra à la lettre Khâ' parmi les messagers. 9 - Hurayth ibn Zayd al-Khayl Ibn Sa'd le mentionna parmi ses messagers auprès de Yuhanna ibn Ru'ba al-Îlî. Il viendra. Il le mentionna dans sa biographie (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Ibn 'Abd al-Barr dit : Son nom est Hurayth, Zayd ibn al-Khayl. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) nomma son père, lorsqu'il embrassa l'Islam, Zayd al-Khayr ibn Muhalhil ibn Zayd ibn Munhib al-Tâ'î. Lui, son père et son frère Muknaf embrassèrent l'Islam. Il assista aux combats de la Ridda 53 avec Khâlid ibn al-Walîd. Il dit : Al-Dâraqutnî le mentionna. 10 - Harmala Ibn Sa'd le mentionna également avec Hurayth comme messager auprès de Yuhanna al-Îlî, sans le nommer. Ibn 'Abd al-Barr mentionna un groupe nommé Harmala, mais je ne sais pas lequel est celui-ci. 11 - Khâlid ibn al-Walîd Nous avons mentionné une partie de son histoire et élevé sa généalogie lors de la mention de sa lettre (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). L'histoire de son embrassement de l'Islam viendra avec 'Amr ibn al-'Âs dans la biographie d'al-Najâshî (qu'Allah les agrée). Il assista à l'expédition de Mu'ta, dans la région de Karak al-Shawbak en Syrie, et y accomplit de belles actions. Ibn Ishâq dit : Il y avait là cent mille Romains et chrétiens arabes, tandis que les compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) étaient trois mille. Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avait donné l'étendard à Zayd ibn Hâritha, qui fut tué ; puis Ja'far le prit et fut tué ; puis 'Abd Allâh ibn Rawâha le prit et fut tué. Al-Hâkim dit dans al-Iklîl : Thâbit ibn Aqram, frère des Banû al-'Ajlân, prit alors l'étendard et dit : « Ô musulmans, mettez-vous d'accord sur un homme parmi vous. » Ils dirent : « Toi. » Il dit : « Non », et leva l'étendard. Ils se mirent d'accord sur Khâlid ibn al-Walîd, et il lui remit l'étendard en disant : « Tu es plus savant que moi en matière de combat. » Le lendemain matin, Khâlid fit de l'avant-garde l'arrière-garde, de l'arrière-garde l'avant-garde, de l'aile droite l'aile gauche et de l'aile gauche l'aile droite. Les polythéistes, ne reconnaissant plus leurs étendards et leur disposition, dirent : « Des renforts leur sont arrivés. » Ils furent terrifiés, se débandèrent en fuite et subirent une défaite sans précédent. Des musulmans furent tués et ils prirent une partie du butin des polythéistes. Parmi ce butin, il y avait une bague qu'un homme apporta au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) en disant : « J'ai tué son propriétaire. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) la lui donna comme butin 54. 'Awf ibn Mâlik al-Ashja'î rapporta : J'avais un compagnon du Yémen. Nous rencontrâmes les troupes romaines à Mu'ta. Parmi eux, il y avait un homme monté sur un cheval alezan, avec une selle dorée et des armes dorées. Le Romain provoquait les musulmans. Le Yéménite se posta derrière un rocher. Le Romain passa près de lui ; il lui trancha les jarrets du cheval, qui s'effondra, puis il le tua et prit ses armes et son équipement. Lorsqu'Allah accorda la victoire aux musulmans, Khâlid envoya quelqu'un chercher le butin et le prit. 'Awf dit : Je vins le voir et dis : « Ô Khâlid, ne sais-tu pas que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a jugé que le butin revient au tueur ? » Il dit : « Si, mais je l'ai estimé trop important. » Je dis : « Rends-le-lui, ou je te dénoncerai au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). » Il refusa de le lui rendre. 'Awf dit : Nous nous réunîmes chez le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et je lui racontai l'histoire du Yéménite et ce qu'avait fait Khâlid. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Ô Khâlid, qu'est-ce qui t'a poussé à agir ainsi ? » Il dit : « Ô Messager d'Allah, je l'ai estimé trop important. » Il dit : « Rends-lui ce que tu lui as pris. » 'Awf dit : Je dis : « À toi, ô Khâlid ! N'ai-je pas dit : Fi de toi ! » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Qu'est-ce que cela ? » Je l'informai. Il se fâcha et dit : « Ô Khâlid, ne le lui rends pas ! Ne me laisserez-vous pas mes commandants ? À vous la fleur de leur affaire, et à eux l'écume 55 ! » Ce hadith est sujet à discussion ; il semble, et Allah sait mieux, abrogé par ce qui arriva à Abû Qatâda lors de l'expédition de Hunayn, car celle-ci est postérieure à Mu'ta. Ibn 'Â'idh dit : Ensuite, lorsque Khâlid prit l'étendard, il les combattit violemment. Puis les deux camps se séparèrent sans déroute. La terre fut élevée pour le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) jusqu'à ce qu'il vît le champ de bataille. Lorsque Khâlid prit l'étendard, le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit, alors qu'il était à Médine : « Maintenant, la fournaise s'est enflammée 56. » Il est rapporté qu'il (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Ensuite, Khâlid ibn al-Walîd prit l'étendard. Quel excellent serviteur d'Allah et frère de la tribu ! Et quelle épée parmi les épées d'Allah ! » D'après Khâlid : Ce jour-là, neuf épées se brisèrent dans ma main, jusqu'à ce qu'il me reste une lame yéménite, et je tins bon. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) pria le zuhr 57 ce jour-là et informa les musulmans de leur sort. Ya'lâ ibn Munabbih vint trouver le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avec des nouvelles des gens de Mu'ta. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Si tu veux, je t'informe de leur sort. » Il dit : « Informe-moi. » Il l'informa de toute leur histoire. Il dit : « Par Celui qui t'a envoyé avec la vérité, tu n'as omis aucune de leurs paroles, pas une seule lettre. » Il dit : « Allah a élevé la terre pour moi jusqu'à ce que je voie leur champ de bataille, alors qu'ils sont en Syrie, et je les ai vus au Paradis sur des lits d'or. Et Allah Très-Haut a donné à Ja'far deux ailes en échange de ses mains, avec lesquelles il vole au Paradis. » Ja'far (qu'Allah l'agrée) avait pris l'étendard, descendit de son cheval alezan, lui trancha les jarrets – ce fut le premier cheval à avoir les jarrets tranchés en Islam – et combattit jusqu'à ce que sa main droite soit coupée. Il prit l'étendard de la main gauche, qui fut coupée. Il serra alors l'étendard contre lui et fut tué ainsi. Un Romain le frappa et le coupa en deux. On trouva dans l'une des deux moitiés plus de quatre-vingts blessures, et sur la partie avant de son corps, soixante-douze coups d'épée et coups de lance. Al-Baghawî dit : Allah Très-Haut révéla au sujet d'al-Walîd ibn al-Mughîra : « Laisse-Moi avec celui que J'ai créé seul, et à qui J'ai donné des biens étendus et des fils témoins 58. » Ils étaient sept : al-Walîd ibn al-Walîd, Khâlid, 'Umâra, Hishâm, al-'Âs, Qays et 'Abd Shams. Trois d'entre eux embrassèrent l'Islam : Khâlid, Hishâm et al-Walîd. Al-Walîd était d'une hostilité farouche envers le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et mourut dans sa mécréance. 12 - Dihya ibn Khalîfa al-Kalbî Ibn 'Abd al-Barr dit : Dihya ibn Khalîfa ibn Farwa ibn Fudâla ibn Zayd ibn Imru' al-Qays ibn al-Khazraj. Al-Khazraj le Grand est Zayd Manât ibn 'Âmir ibn Bakr ibn 'Âmir al-Akbar ibn 'Awf ibn Bakr ibn 'Awf ibn 'Udhra ibn Zayd al-Lât ibn Rufayda ibn Thawr ibn Kalb. Il fut l'un des grands Compagnons. Il embrassa l'Islam anciennement, n'assista pas à Badr, mais assista à Uhud et aux expéditions suivantes. Il s'installa à Damas, au village d'al-Mizza. Il vécut jusqu'au califat de Mu'âwiya. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) l'envoya chez César pendant la trêve, en l'an six de l'Hégire. Il est l'un des six messagers. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le comparait à Jibrîl (que la paix soit sur lui). 'Abd al-Karîm al-Halabî dit : Dihya, dans la langue des Yéménites, signifie le chef. Al-Mutarrizî dit : Al-dahw 59 signifie l'extension, car le chef étend ses compagnons. Ya'qûb dit : Avec la kasra 60 sur le dâl, uniquement. Abû Hâtim dit : Avec la fatha 61, uniquement. Ibn Imru' al-Qays ibn al-Khazraj : avec la fatha sur le khâ' mu'jama 62, le sukûn 63 sur le zây, et la fatha sur le râ', que certains mettent en kasra. En langue, cela signifie le grand. Ibn Qutayba le déforma en disant al-Khazraj. Jibrîl descendait sous l'apparence de Dihya, et il était l'un des plus beaux hommes. Il est rapporté que lorsqu'il revenait de Syrie, il ne restait aucune jeune fille nubile 64 sans sortir pour le regarder. Al-Jawharî dit : al-mu'sir 65 est la jeune fille qui a atteint l'âge des menstrues.

Dihya a dit : Lorsque je revins du Shām 66, j'offris en cadeau au Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) des fruits secs : des pistaches, des amandes, des gâteaux, une tunique en laine et des bottines sans ornements 67. Il les porta jusqu'à ce qu'elles fussent usées. Il me donna une qibtiyya 68 et dit : « Donne à ta compagne de ce vêtement pour qu'elle en fasse un khimār 69, et ordonne-lui de mettre quelque chose en dessous afin que cela ne décrive pas (son corps). » Al-Jawharī a dit : La qibtiyya est un vêtement blanc et fin en lin, fabriqué en Égypte. Abū al-Khaṭṭāb Ibn Dihya, dit « Dhū al-Nasabayn » 70, a dit : Dihya mourut dans le village de Taym, sur une tombe de Nāṣira 71, sous le califat de Mu‘āwiya. Sa tombe se trouve au sommet de la montagne, après qu'il eut invoqué Allah pour qu'Il reprenne son âme, voyant le détournement des gens de la guidée du Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) et de la guidée de ses Compagnons. Il dit : Il n'y a pas de divergence parmi les généalogistes sur le fait que Dihya eut une descendance. Son fils est enterré près du cimetière du Caire 72, un lieu où les invocations sont exaucées. C'est l'émir Abū al-Najm Badr ibn Khalīfa (qu'Allah l'agrée). 13 - Rifā‘a ibn Zayd al-Judhāmī Ibn ‘Abd al-Barr a dit : Rifā‘a ibn Zayd ibn Wahb al-Ḍubaybī, des Banū al-Ḍubayb. C'est l'avis des gens du hadith. Les généalogistes disent : al-Ḍubaynī, avec un nūn avant le dernier yā’, des Banū Ḍubayna de Judhām. Il vint auprès du Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) pendant la trêve de al-Ḥudaybiyya, avec un groupe de son peuple. Ils embrassèrent l'Islam. Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) lui remit un étendard. Il offrit en cadeau au Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) un jeune esclave. Il lui écrivit une lettre pour son peuple, et ils embrassèrent l'Islam. On dit qu'il offrit en cadeau au Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) le jeune esclave noir nommé Mid‘am, tué à Khaybar. Ibn Isḥāq l'a également mentionné dans la Sīra de manière similaire. 14 - Ziyād ibn Ḥanẓala Al-Tamīmī, puis al-‘Umarī. Ibn ‘Abd al-Barr a dit : Il a eu la compagnie (du Prophète), mais je ne lui connais pas de récit. C'est lui que le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) envoya à Qays ibn ‘Āṣim et al-Zibriqān ibn Badr pour qu'ils s'entraident contre Musaylima, Ṭulayḥa et al-Aswad. Il travailla pour le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) et était attaché à ‘Alī (qu'Allah l'agrée). Il assista à tous ses combats. Sayf ibn ‘Umar le mentionna dans le Livre de la Ridda 73. 15 - Sulayṭ ibn ‘Amr Ibn ‘Abd Shams ibn ‘Abd Wudd ibn Naṣr ibn Mālik ibn Ḥasl ibn ‘Āmir ibn Lu’ayy al-Qurashī al-‘Āmirī, frère d'al-Sakrān et Suhayl, tous deux fils de ‘Amr. Il fut parmi les premiers émigrants 74. Il émigra les deux émigrations 75 et assista à Badr. Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) l'envoya à Hawdha et à Thumāma ibn Uthāl al-Ḥanafī, comme cela viendra dans la biographie des rois, si Allah Très-Haut le veut. C'est ce qu'a dit Ibn ‘Abd al-Barr. Al-Ṭabarī a dit : Il fut tué à al-Yamāma en l'an 12 (de l'Hégire). On dit aussi en l'an 14. Il est également l'un des six. 16 - Al-Sā’ib ibn al-‘Awwām Ibn Khuwaylid ibn Asad al-Qurashī al-Asadī, frère d'al-Zubayr. Leur mère était Ṣafiyya bint ‘Abd al-Muṭṭalib. Il assista à Uḥud, au Khandaq 76 et à tous les combats avec le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui). Il fut tué martyr le jour d'al-Yamāma. C'est ce qu'a dit Ibn ‘Abd al-Barr. ‘Abd al-Karīm a dit : Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) l'envoya à Musaylima avec une autre lettre après ‘Amr ibn Umayya al-Ḍamrī. 17 - Shujā‘ ibn Abī Wahb On dit aussi Ibn Wahbān ibn Rabī‘a ibn Asad ibn Ṣuhayb ibn Mālik ibn Kathīr ibn Ghanm ibn Dūdān ibn Asad ibn Khuzayma al-Asadī, allié des Banū ‘Abd Shams. Son surnom était Abū Wahb. Il embrassa l'Islam tôt. Lui et son frère ‘Uqba ibn Abī Wahb assistèrent à Badr et à tous les combats. Il fait partie des émigrants vers l'Abyssinie lors de la deuxième émigration. Il en revint lorsqu'ils apprirent l'Islam des habitants de La Mecque. Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) l'envoya à al-Ḥārith ibn Abī Shamr al-Ghassānī et à Jabala ibn al-Ayham. Il fut martyrisé le jour d'al-Yamāma, à l'âge d'environ quarante-quatre ans. C'est ce qu'a dit Ibn ‘Abd al-Barr. Son auteur (qu'Allah lui pardonne) dit : Peut-être que ‘Uqba, mentionné par Ibn Sa‘d dans le livre sans mention de sa généalogie, est ‘Uqba ibn Wahb, frère de ce Shujā‘. Allah sait mieux. Ibn ‘Asākir a dit que le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) envoya Shujā‘ à Héraclius avec Dihya ibn Khalīfa. ‘Abd al-Karīm al-Ḥalabī mentionna qu'il émigra en Abyssinie lors de la deuxième émigration, retourna à La Mecque, puis émigra à Médine. Il l'envoya en expédition au mois de Rabī‘ al-Awwal de l'an 8. Il est l'un des six qui furent envoyés. 18 - Shuraḥbīl Ibn Sa‘d mentionna parmi les envoyés du Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) à Yuḥanna ibn Ru’ba, maître d'Ayla 77, Shuraḥbīl, comme cela viendra à la lettre Yā’ lors de la mention des rois. Il n'a pas mentionné sa généalogie ni nommé son père par lequel il serait connu. Ibn ‘Abd al-Barr mentionna dans le chapitre de Shuraḥbīl six personnes, dont Shuraḥbīl ibn Ghaylān ibn Salama al-Thaqafī. Il dit : Il était l'un des cinq que Thaqīf envoya avec ‘Abd Yālīl pour annoncer leur embrassement de l'Islam. Je ne sais donc s'il s'agit de celui-ci, ou de Shuraḥbīl ibn Ḥasana le scribe, ou d'un autre. Allah sait mieux. 19 - Ṣalṣal ibn Shuraḥbīl Ibn ‘Abd al-Barr a dit : Je ne connais pas sa généalogie. Il a eu la compagnie (du Prophète), mais je ne lui connais pas de récit. Son histoire est célèbre concernant l'envoi par le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) à Ṣafwān ibn Umayya, Sabra al-‘Anbarī, Wakī‘ al-Dārimī, ‘Amr ibn al-Maḥjūb al-‘Āmirī et ‘Amr ibn al-Khafājī des Banū ‘Āmir. Il est l'un de ses envoyés (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui). Sayf le mentionna dans le Livre de la Ridda. 20 - Ḍirār ibn al-Azwar al-Asadī Ibn ‘Abd al-Barr a dit : Ḍirār ibn al-Azwar ibn Mirdās ibn Ḥabīb ibn ‘Amr ibn Kathīr ibn ‘Amr ibn Shaybān al-Asadī. Son surnom était Abū al-Azwar, et on dit aussi Abū Bilāl. Il était un cavalier courageux, un poète naturel. Il fut martyrisé le jour d'al-Yamāma. Lorsqu'il vint auprès du Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui), il dit : « J'ai abandonné les vins, le jeu de flèches 78, Le divertissement, l'amusement et la dissipation. Ô Seigneur, ne fais pas de mon marché une perte, Car j'ai vendu ma famille et mes biens pour une autre chose. » Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) dit : « Ton marché n'est pas une perte, ô Ḍirār. » Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) l'avait envoyé aux Banū al-Ṣaydā’ et à une partie des Banū al-Du’il. Mūsā ibn ‘Uqba a rapporté d'après Ibn Shihāb : Ḍirār ibn al-Azwar fut tué le jour d'Ajnādayn 79 sous le califat d'Abū Bakr al-Ṣiddīq (qu'Allah l'agrée). D'autres ont dit : Ḍirār ibn al-Azwar mourut à Kūfa sous le califat de ‘Umar. Al-Wāqidī mentionna : Ḍirār ibn al-Azwar combattit violemment le jour d'al-Yamāma, jusqu'à ce que ses deux jambes soient coupées. Il rampait alors sur ses genoux et combattait, tandis que les chevaux le piétinaient, jusqu'à ce que la mort le vainque. On a dit aussi : Ḍirār ibn al-Azwar resta blessé à al-Yamāma, puis mourut un jour avant le départ de Khālid. Il dit : Ceci est plus établi pour moi que l'autre. Fin de ce qu'a dit Ibn ‘Abd al-Barr, en résumé. Sayf ibn ‘Umar al-Tamīmī le mentionna en disant, à propos de la guerre du Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) contre les apostats : Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) les combattit par des envoyés et des lettres. Il dit : Ibn ‘Abbās a dit : Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) combattit al-Aswad, Musaylima, Ṭulayḥa et leurs partisans par des envoyés, et la maladie qui l'affligeait ne le détourna pas de l'ordre d'Allah Puissant et Majestueux et de la défense de Sa religion. Il envoya donc Wabr ibn Yaḥnas à Fayrūz et Jashīsh al-Daylamī, ainsi qu'un groupe que j'ai mentionné, et j'ai mentionné chacun d'eux dans son chapitre des lettres de l'alphabet parmi les envoyés. Puis il dit – c'est-à-dire Sayf ibn ‘Umar – : Il envoya Ḍirār ibn al-Azwar al-Asadī à ‘Awf al-Zurqānī des Banū al-Ṣaydā’, Sinān al-Asadī puis al-Ghanamī, et Quḍā‘ī al-Daylamī. Son auteur (qu'Allah lui pardonne) dit : Al-Wāqidī l'a mentionné dans les Conquêtes du Shām, et mentionna ses positions dans de nombreuses guerres, dont Bayt Lihyā, alors qu'ils assiégeaient Damas, le commandant de l'armée étant Khālid ibn al-Walīd (qu'Allah l'agrée). Il sortit pour combattre, nu, vêtu seulement d'un pagne 80, sur un cheval arabe. Il mentionna sa capture et sa libération par Rāfi‘ ibn ‘Umayra al-Ṭā’ī. Il mentionna aussi qu'Abū ‘Ubayda (qu'Allah l'agrée) l'envoya à la tête d'une armée après la conquête d'Alep, et que Jabala ibn al-Ayham le captura également, avec deux cents Compagnons. Il l'emmena à Antioche auprès du roi Héraclius, et il voulut le tuer, mais Yūqannā, maître d'Alep, l'en empêcha. Yūqannā était alors musulman, cachant son Islam aux Romains pour les combattre. Ḍirār récita des vers s'adressant à Yūqannā et à son cousin, dont : « Ô vous deux personnes, par Allah, transmettez Mon salut aux ruines de La Mecque et de la Pierre 81. Puissiez-vous, tant que vous vivrez, jouir de mille bienfaits, Avec gloire et prospérité qui durent avec la victoire. » Ces vers sont environ trente, dans lesquels il exprime son désir de sa famille et de sa sœur Khawla, qui était une femme virile et accomplie. Ses positions avec son frère Ḍirār sont également mentionnées dans les Conquêtes du Shām. Il le mentionna aussi dans les Conquêtes d'Égypte : les Coptes le capturèrent, lui et sa sœur, sur la côte du Shām, et les amenèrent à Alexandrie sur des bateaux. Khālid les libéra alors qu'ils se dirigeaient avec une armée de Coptes vers le monastère du Verre 82. Ce qui est connu à notre époque est que sa tombe se trouve à l'extérieur de Damas. Allah sait lequel de ces récits est vrai. 21 - Ẓibyān ibn Murthad al-Sadūsī Le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) l'envoya à Bakr ibn Wā’il. Ibn Sa‘d le mentionna dans les Ṭabaqāt 83, mais Ibn ‘Abd al-Barr ne le mentionna pas dans son chapitre. 22 - ‘Abd Allāh ibn Ḥudhāfa al-Sahmī ‘Abd al-Karīm al-Ḥalabī (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : Celui-ci est l'un des six que le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) envoya aux rois, mentionnés par Ibn Sa‘d. C'est ‘Abd Allāh ibn Ḥudhāfa ibn Qays ibn ‘Adī ibn Sa‘d ibn Sahm ibn ‘Amr ibn Huṣayṣ ibn Ka‘b ibn Lu’ayy al-Qurashī, surnommé Abū Ḥudhāfa.

Il embrassa l'islam anciennement et émigra en Abyssinie lors de la seconde émigration 84 avec son frère Khunays, époux de Hafsa bint 'Umar ibn al-Khattab avant le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue). Ibn Yunus mentionna dans son Histoire qu'il assista à Badr et qu'il était originaire d'Égypte, rapportant cela d'Abu Sa'id al-Khudri, et nul autre ne le mentionna. L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) l'envoya auprès de Kisra 85, comme cela viendra, si Dieu Très-Haut le veut. C'est lui qui dit à l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lorsque celui-ci dit : « Interrogez-moi sur ce que vous voulez. » Il dit : « Qui est mon père, ô Envoyé de Dieu ? » Il dit : « Ton père est Hudhafa ibn Qays. » Sa mère lui dit : « Je n'ai jamais entendu parler d'un fils plus désobéissant que toi. As-tu craint que ta mère n'ait commis ce que commettaient les femmes de l'époque préislamique 86, et que tu ne l'exposes ainsi aux yeux des gens ? » Il dit : « Par Dieu, s'il m'avait attribué à un esclave noir, je m'y serais rattaché. » Il avait une plaisanterie bien connue. D'après al-Layth ibn Sa'd : Il m'est parvenu qu'il défit la sangle de la monture de l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lors d'un de ses voyages, au point que l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) faillit tomber. Ibn Wahb dit : Je dis à al-Layth : « Pour le faire rire ? » Il dit : « Oui, il avait une plaisanterie. » 'Abd al-Karim dit : Les Romains le firent prisonnier. Le tyran 87 lui dit : « Deviens chrétien, sinon je te jetterai dans une vache de cuivre. » Il dit : « Je ne le ferai pas. » Il fit alors apporter la vache, la remplit d'huile, la fit bouillir, puis fit venir un homme parmi les prisonniers musulmans et lui proposa le christianisme ; il refusa, et il le jeta dans la vache, et voilà que ses os apparaissaient. Il dit à 'Abd Allah : « Deviens chrétien, sinon je t'y jetterai. » Il dit : « Je ne le ferai pas. » On l'approcha d'elle, et il pleura. Ils dirent : « Il a eu peur. » Il dit : « Je n'ai pas pleuré par peur de ce qu'on me fait, mais j'ai pleuré parce que je n'ai qu'une seule âme à qui l'on fait cela pour Dieu ; j'aurais aimé avoir autant d'âmes que de poils, puis qu'on me fasse cela. » Le tyran l'admira et voulut le libérer. Il dit : « Deviens chrétien, je te marierai à ma fille et je partagerai mon royaume avec toi. » Il dit : « Je ne le ferai pas. » Il dit : « Embrasse ma tête, et je te libérerai, et je libérerai avec toi quatre-vingts prisonniers musulmans. » Il dit : « Quant à cela, oui. » Il embrassa donc sa tête, et il le libéra, et libéra avec lui quatre-vingts prisonniers. Lorsqu'ils arrivèrent auprès de 'Umar, celui-ci se leva vers lui et embrassa sa tête. Les compagnons de l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) plaisantaient avec 'Abd Allah et disaient : « Tu as embrassé la tête du mécréant 88 ! » Il disait : « Dieu a libéré par ce baiser quatre-vingts hommes musulmans. » Parmi ses plaisanteries : L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) le mit à la tête d'une expédition 89. Il ordonna de rassembler du bois et d'allumer un feu. Lorsqu'ils l'eurent allumé, il leur ordonna de s'y jeter. Ils refusèrent. Il leur dit : « L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) ne vous a-t-il pas ordonné de m'obéir ? Et il a dit : 'Celui qui obéit à mon chef m'obéit.' » Ils dirent : « Nous n'avons cru en Dieu et obéi à Son Envoyé que pour échapper au Feu. » L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) approuva leur acte et dit : « Nulle obéissance à une créature dans la désobéissance au Créateur. » C'est un hadith authentique ; al-Bukhari en rapporta le sens. 'Abd Allah mourut sous le califat de 'Uthman en Égypte ; il assista à sa conquête et fut enterré dans son cimetière. D'après Abu Hurayra : 'Abd Allah ibn Hudhafa pria et éleva la voix dans sa prière. L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui dit : « Invoque ton Seigneur par ta récitation, ô Ibn Hudhafa, et ne me fais pas entendre ; fais entendre ton Seigneur. » 'Abd al-Karim dit : On dit que l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) ne l'envoya à Kisra que parce qu'il se rendait souvent chez eux. 23 - Abu Musa al-Ash'ari Son nom est 'Abd Allah ibn Qays ibn Sulaym ibn Haddar ibn Harb ibn 'Amir ibn 'Umayr, et on dit Hunza, et on dit 'Anza ibn Bakr ibn 'Amir ibn 'Udhra ibn Wa'il ibn Najiya ibn al-Jamahir ibn al-Ash'ar, qui est Nabt ibn Udad ibn Zayd ibn Yashjub ibn 'Urayb ibn Kahlan ibn Saba' ibn Yashjub ibn Ya'rub ibn Qahtan. Il y a quelques divergences dans sa généalogie. Sa mère était Tayba bint 'Ik, qui avait embrassé l'islam et mourut à Médine, selon Ibn 'Abd al-Barr. Il dit : al-Waqidi mentionna qu'il vint à La Mecque avec ses frères et un groupe d'Ash'arites, et il s'allia à Sa'id ibn al-'As ibn Umayya, Abu Uhayha. Puis il embrassa l'islam et émigra en Abyssinie. On dit qu'après son arrivée à La Mecque et son alliance avec ceux des Banu 'Abd Shams, il retourna dans son pays jusqu'à ce qu'il vienne avec les Ash'arites, environ cinquante hommes, dans un bateau ; le vent les poussa vers le Négus 90 en Abyssinie. Ils rencontrèrent Ja'far et ses compagnons qui en sortaient, et ils vinrent avec eux. Les deux bateaux arrivèrent ensemble, celui des Ash'arites et celui de Ja'far et ses compagnons, auprès du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) lors de la conquête de Khaybar. C'est pourquoi Ibn Ishaq le mentionna parmi ceux qui émigrèrent en Abyssinie. L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui confia le gouvernement de certaines provinces du Yémen : Zubayd et ses dépendances jusqu'à la côte. 'Umar le nomma gouverneur de Bassora, et il y resta jusqu'au début du califat de 'Uthman. Puis il y eut ce qui arriva le jour des deux arbitres 91. Il mourut à Koufa, et on dit à La Mecque, en l'an 44, et on dit en l'an 50, à l'âge de 63 ans, et d'autres avis existent. Il était parmi les hommes ayant la plus belle voix pour le Coran. L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit à son sujet : « Abu Musa a reçu une flûte 92 parmi les flûtes de la famille de David. » 'Abd al-Karim dit : Abu 'Uthman al-Nahdi dit : « J'ai vécu l'époque préislamique, et je n'ai jamais entendu un son de cymbale 93, de luth 94 ou de flûte plus beau que la voix d'Abu Musa. » Explication : Al-mikhlaf 95 pour les Yéménites est l'un des makhalif, qui sont leurs districts ; chaque mikhlaF a un nom par lequel il est connu, dit al-Jawhari. Sa parole : « une flûte parmi les flûtes de la famille de David » : al-Qadi 'Iyad dit : son origine est la belle voix, et al-zamr 96 est le chant. De là vient le hadith : « Il a reçu une flûte », c'est-à-dire une belle voix. Sa parole : « son de cymbale » : al-Jawhari dit : la cymbale que les Arabes connaissent est celle qui est faite de cuivre et que l'on frappe avec un autre morceau. Quant à la cymbale à cordes, elle est propre aux Perses ; les deux sont des emprunts 97. Il dit : « Dis à Suwar, quand tu viendras à lui, et à Ibn 'Alatha, 'Ubayd Allah a ajouté à la cymbale trois cordes. » [Section] Mentionnons une partie des récits concernant Abu al-Hasan al-Ash'ari, l'imam des gens de la Sunna en matière de croyance — que Dieu lui fasse miséricorde. Il est de la descendance d'Abu Musa (que Dieu l'agrée), le grand savant, le répresseur des gens de l'innovation. Abu Bakr ibn Thabit, le prédicateur de Bagdad — que Dieu lui fasse miséricorde — dit : Il est 'Ali ibn Isma'il ibn Abi Bashar, dont le nom est Ishaq ibn Salim ibn Isma'il ibn 'Abd Allah ibn Musa ibn Bilal ibn Abi Burda ibn Abi Musa, Abu al-Hasan al-Ash'ari, le théologien, auteur de livres et d'ouvrages de réfutation des hérétiques et autres, parmi les mu'tazilites 98, les rafidites 99, les jahmites 100, les kharijites 101 et toutes sortes d'innovateurs. Il était de Bassora, résida à Bagdad et y mourut. Abu al-Hasan naquit en l'an 260 et mourut vers l'an 330. Il a cinquante-cinq ouvrages. Il vivait des revenus d'un domaine que son grand-père Bilal ibn Abi Burda avait constitué en bien de mainmorte 102 pour sa descendance. Sa dépense annuelle était de dix-sept dirhams. Abu Bakr al-Sayrafi dit : Les mu'tazilites avaient levé la tête jusqu'à ce que Dieu fasse apparaître Abu al-Hasan al-Ash'ari, qui les réduisit à se cacher dans les cônes de sésame 103. Muhammad al-Shahrastani dit dans al-Milal wa al-Nihal, en mentionnant Abu al-Hasan al-Ash'ari : Parmi les coïncidences étonnantes, Abu Musa al-Ash'ari — c'est-à-dire son grand-père — établissait exactement ce qu'Abu al-Hasan établit dans sa doctrine. Il y eut une discussion entre 'Amr ibn al-'As et lui. 'Amr dit : « Je ne trouve personne vers qui porter plainte contre mon Seigneur — qu'Il soit glorifié et exalté. » Abu Musa dit : « Je suis celui vers qui on porte plainte. » 'Amr dit : « A-t-Il pouvoir sur moi pour quelque chose, puis me châtie pour cela ? » Il dit : « Oui. » 'Amr dit : « Pourquoi ? » Il dit : « Parce qu'Il ne t'opprime pas. » 'Amr se tut et ne répondit pas. Puis il lui expliqua dans un discours trop long à rapporter. Parmi les éloges qu'on lui fit, voici ceux d'Abu al-Qasim al-Jazari : « Prends ce qui se présente à toi, ou laisse ; les opinions des innovations se sont multipliées. Le Prophète élu a légiféré une religion hanif 104, et le Seigneur Très-Haut l'a agréée pour Ses serviteurs, et Il est élevé. Elle était une religion unique, jusqu'à ce que ce qui s'était rassemblé se désagrège : un peuple que la passion a égaré, et les autres les ont suivis. Dieu a soutenu notre cheikh, et par lui la création a été intercédée : al-Ash'ari, notre imam, le cheikh de la religion et de la piété. Il a exposé la parole par la guidée, et le tranchant de sa preuve a été décisif, jusqu'à ce que l'on s'éclaire de sa lumière ; Dieu a parfait ce qu'Il a fait. Quiconque dit autre chose que sa parole s'écarte de la voie et innove. Ne renie sa parole que l'ignorant grossier. Les gens d'intelligence se sont éveillés ; l'aube s'est fendue à l'horizon. Ils ont attribué au Seigneur Très-Haut ce que Sa parole interdit. Ils ont prétendu que Sa parole est comme la parole qu'on écoute. Je les désavoue ; ils ont commis de hideuses abominations. » Ibn Sa'd dit dans al-Wufud 105 : Les Ash'arites vinrent auprès de l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) ; ils étaient cinquante hommes, parmi lesquels Abu Musa, dans des bateaux, et ils débarquèrent à Jeddah. Lorsqu'ils approchèrent de Médine, ils se mirent à dire : « Demain nous rencontrerons les bien-aimés : Muhammad et son parti (que Dieu prie sur lui et le salue et les agrée). » Puis ils arrivèrent et trouvèrent l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dans son voyage à Khaybar. Ils embrassèrent l'islam, et l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Les Ash'arites sont parmi les gens comme une bourse contenant du musc. » 24 - 'Abd Allah ibn 'Aw saja al-'Urani Ibn Sa'd le mentionna, et que le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) l'envoya avec une lettre à Sam'an al-Raqi' ; sa mention viendra dans la lettre S des correspondances aux rois. Ibn 'Abd al-Barr ne le mentionna pas dans son chapitre. 25 - 'Abd Allah ibn Budayl ibn Warqa' al-Khuza'i Sa mention viendra avec son frère 'Abd al-Rahman. 26 - 'Ubayd Allah ibn 'Abd al-Khaliq

‘Abd al-Karīm a dit dans le commentaire de la Sīra de ‘Abd al-Ghanī, et Abū Isḥāq Ibrāhīm ibn Yaḥyā ibn al-Amīn al-Ṭulayṭulī l’a mentionné dans le livre al-Istidrāk ‘alā Abī ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr fī Asmā’ al-Ṣaḥāba, d’après le hadith d’Ayyūb ibn Nuhayk, d’après ‘Aṭā’, qui a dit : J’ai entendu Ibn ‘Umar dire : J’ai entendu le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — dire : « Qui portera cette lettre mienne au tyran 106 des Romains ? » Il répéta cela trois fois, puis dit : « Qui la portera aura le Paradis. » Un homme des Anṣār 107, nommé ‘Ubayd Allāh ibn ‘Abd al-Khāliq, se leva et dit : « Je la porterai, et j’aurai le Paradis, même si je péris en chemin. » Il dit : « Tu auras le Paradis si tu parviens, et si tu es tué, et si tu péris, Allāh t’a déjà rendu obligatoire le Paradis. » Il partit donc avec la lettre du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — jusqu’à ce qu’il atteigne la porte du tyran. Il dit : « Je suis le messager du Messager du Seigneur des mondes. » On lui permit d’entrer, et il entra chez lui. Le tyran des Romains reconnut qu’il était venu avec la vérité de la part d’un Prophète envoyé. Puis il présenta la lettre du Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — et rassembla les Romains auprès de lui. Il la leur présenta, mais ils répugnèrent à ce qu’elle contenait. Un homme parmi eux crut en lui, et fut tué pour sa foi. Ensuite, l’homme retourna auprès du Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — et l’informa de ce qui s’était passé et du meurtre de l’homme. Le Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — dit : « Cet homme sera ressuscité en tant que communauté à lui seul, pour ce tué. » 27 — al-‘Alā’ ibn al-Ḥaḍramī Nous avons mentionné sa généalogie dans le récit de sa lettre — qu’Allāh prie sur lui et le salue — ; il est donc scribe et messager. Nous mentionnerons maintenant quelque chose de ses prodiges 108 et de sa mort. ‘Abd al-Karīm al-Ḥalabī a dit : Al-Khallāl a mentionné, dans les Prodiges des Saints 109, d’après Abū Hurayra — qu’Allāh l’agrée —, qui a dit : Lorsque le Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — envoya al-‘Alā’ ibn al-Ḥaḍramī à al-Baḥrayn, je vis de lui trois qualités : Nous arrivâmes au bord de la mer, et il dit : « Invoquez le nom d’Allāh — Très-Haut — et plongez. » Nous invoquâmes le nom d’Allāh et plongeâmes, et nous traversâmes ; l’eau n’atteignit même pas le dessous de nos sabots. Nous frappâmes une terre désertique sans eau, et nous nous en plaignîmes à lui. Il pria deux rak‘a 110, puis invoqua Allāh — Très-Haut —, et voilà qu’un nuage pareil à un bouclier nous abreuva, et nous nous abreuvâmes. Il mourut, et nous l’enterrâmes dans le sable. Lorsque nous fûmes partis non loin, nous dîmes : « Un fauve viendra le manger. » Nous retournâmes, mais nous ne le vîmes pas. Sa traversée de la mer fut vers les gens de Dārīn. Il eut un grand rôle dans le combat contre l’apostasie 111. Il mourut en l’an quatorze, et l’on dit en l’an vingt et un, avant d’arriver à Baṣra, à une eau des Banū Tamīm appelée Yamās. Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — l’envoya à al-Mundhir ibn Sāwā, roi d’al-Baḥrayn, comme cela sera expliqué en son lieu dans notre livre, si Allāh — Très-Haut — le veut. 28 — ‘Amr ibn al-‘Āṣ Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — l’envoya aux deux rois de ‘Umān, Jayfar et ‘Abd, fils d’al-Julandā al-Azdī, comme cela viendra en son lieu. Il est scribe et messager. Viendra aussi le récit de sa conversion et de sa mort lors de la mention du Negus 112. 29 — ‘Amr ibn Umayya al-Ḍamrī Ibn Khulayd ibn ‘Abd Allāh ibn Iyās ibn ‘Ubayd ibn Nāshira ibn Ka‘b ibn Judayy — avec un jīm 113 et un dāl 114 — ibn Ḍamra ibn Bakr ibn ‘Abd Manāt ibn ‘Alī ibn Kināna. Son surnom 115 est Abū Umayya, dit Ibn ‘Abd al-Barr. Il dit : Il assista à Badr et à Uḥud avec les associateurs 116, et se convertit lorsque les associateurs revinrent d’Uḥud. Ibn Sa‘d dit : Il se convertit tôt et émigra en Abyssinie, puis émigra à Médine. Sa première bataille fut Bi’r Ma‘ūna. Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — l’envoyait dans ses affaires pour sa bravoure et son audace. Les Banū ‘Āmir le firent prisonnier, et ‘Āmir ibn al-Ṭufayl lui dit : « Il y avait sur ma mère une âme 117 ; va, tu es libre pour elle, et coupe sa mèche de cheveux. » Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — l’envoya au Negus et à Abū Sufyān ibn Ḥarb. Il est compté parmi les gens du Ḥijāz. Il est le premier des six messagers que Ḥassān mentionna, comme cela viendra. Ibn ‘Abd al-Barr dit : Ses deux fils Ja‘far et ‘Abd Allāh, et le fils de son frère al-Zibriqān ibn ‘Abd Allāh ibn Umayya, ont rapporté de lui. Il mourut à Médine sous le califat de Mu‘āwiya. Al-Ḥāfiẓ Sharaf al-Dīn ‘Abd al-Mu’min ibn Khalaf al-Dumyāṭī a dit dans la Sīra al-Sharīfa, mentionnant l’expédition de ‘Amr ibn Umayya et Salama ibn Aslam ibn Ḥarīsh contre Abū Sufyān à La Mecque : Abū Sufyān ibn Ḥarb dit à un groupe de Quraysh : « Personne ne peut-il tromper Muḥammad — qu’Allāh prie sur lui et le salue ? Il marche dans les marchés. » Un bédouin vint à lui et dit : « J’ai trouvé l’homme au cœur le plus résolu, au bras le plus fort, à la course la plus rapide. Si tu me renforces, je sortirai vers lui jusqu’à l’assassiner, avec un poignard pareil à une plume d’aigle ; je le brandirai, puis je prendrai un chameau et devancerai les gens à la course, car je suis un guide expert de la route. » Il dit : « Tu es notre homme. » Il lui donna un chameau et une provision, et dit : « Cache ton affaire. » Il partit de nuit, voyagea sur sa monture pendant cinq jours, et arriva à Ẓahrā’ al-Ḥarra le matin du sixième jour. Puis il se mit à demander où était le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — jusqu’à ce qu’on le lui indique. Il attacha sa monture, puis s’approcha du Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — alors qu’il était dans la mosquée des Banū ‘Abd al-Ashhal. Lorsque le Prophète le vit, il dit : « Celui-ci veut trahir. » Il alla pour attenter au Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — mais Usayd ibn al-Ḥuḍayr le tira par le pan de son vêtement, et voilà le poignard. Il fut saisi de remords et dit : « Mon sang ! Mon sang ! » Usayd le prit par le col et le serra. Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — dit : « Dis-moi la vérité : qui es-tu ? » Il dit : « Suis-je en sécurité ? » Il dit : « Oui. » Il l’informa de son histoire et de ce qu’Abū Sufyān lui avait promis. Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — le relâcha, et envoya ‘Amr ibn Umayya et Salama ibn Aslam contre Abū Sufyān, en disant : « Si vous trouvez une occasion de lui, tuez-le. » Ils entrèrent à La Mecque, et ‘Amr tourna autour de la Maison 118 de nuit. Mu‘āwiya ibn Abī Sufyān le vit et le reconnut ; il informa Quraysh de sa présence. Ils le craignirent et le cherchèrent, car il était un homme redoutable en Jāhiliyya 119. Ils dirent : « ‘Amr n’est pas venu pour du bien. » Les gens de La Mecque se mobilisèrent et se rassemblèrent. ‘Amr et Salama s’enfuirent. ‘Amr rencontra ‘Ubayd Allāh ibn Mālik al-Taymī et le tua, et tua un autre des Banū al-Du’il qu’il entendit chanter : « Je ne suis pas musulman tant que je vivrai, / Et je ne professe pas la religion des musulmans. » Il rencontra deux messagers de Quraysh envoyés pour espionner ; il tua l’un et captura l’autre, et l’amena à Médine. ‘Amr raconta au Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — et le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — riait. Il a — qu’Allāh l’agrée — des récits étonnants sur son espionnage, sa transmission de messages, son entrée dans le camp ennemi et sa sortie sans être remarqué, comme cela est mentionné dans les Conquêtes de la Syrie, les Conquêtes de l’Égypte, et autres. Il était appelé le coursier du Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue —, qu’Allāh l’agrée. Dit l’auteur — qu’Allāh lui pardonne. 30 — ‘Amr ibn Ḥazm Muḥammad ibn Sa‘d a dit dans les Ṭabaqāt 120 : Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — écrivit pour ‘Amr ibn Ḥazm, lorsqu’il l’envoya au Yémen, un document 121 lui enseignant les lois de l’Islam, ses obligations et ses peines légales. Abū a écrit. Ibn ‘Abd al-Barr dit : ‘Amr ibn Ḥazm ibn Zayd ibn Lawdhān al-Khazrajī, des Banū Mālik ibn al-Najjār. Il mentionna des divergences sur sa généalogie. Son surnom est Abū al-Ḍaḥḥāk. Il n’assista pas à Badr ; sa première bataille fut al-Khandaq 122. Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — le nomma gouverneur de Najrān, chez les Banū al-Ḥārith ibn Ka‘b, alors qu’il avait dix-sept ans, pour les instruire dans la religion, leur enseigner le Coran et percevoir leurs aumônes 123. Cela eut lieu en l’an dix, après que Khālid ibn al-Walīd eut été envoyé vers eux et qu’ils se furent convertis. Il lui écrivit un livre contenant les obligations, les traditions 124, les aumônes et les prix du sang 125. Il mourut à Médine en l’an cinquante et un. On dit que ‘Amr ibn Ḥazm mourut sous le califat de ‘Umar — qu’Allāh l’agrée —, mais il y a divergence à ce sujet, mentionné par Ibn ‘Abd al-Barr. Il dit : Ont rapporté de lui son fils Muḥammad, al-Naḍr ibn ‘Abd Allāh al-Sulamī, et Ziyād ibn Nu‘aym al-Ḥaḍramī. 31 — ‘Uqba ibn Nimr Ibn ‘Abd al-Barr dit : Il vint en délégation 126 auprès du Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — dans la délégation de Hamdān. Il n’a pas mentionné sa généalogie. Ibn Isḥāq mentionna dans les Délégations : Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — dit : « Ceci dit : Le Messager d’Allāh, Muḥammad le Prophète, envoie à Zur‘a Dhī Yazan : Lorsque mes messagers viendront à vous, je vous recommande de bien les traiter : Mu‘ādh ibn Jabal, ‘Abd Allāh ibn Zayd, Mālik ibn ‘Ubāda, ‘Uqba ibn Nimr, Mālik ibn Murra, et leurs compagnons. Rassemblez ce que vous avez comme aumône et tribut 127, et remettez-le à mes messagers. Leur chef est Mu‘ādh ibn Jabal ; qu’ils ne repartent que satisfaits. » 32 — Abū Hurayra ‘Abd al-Raḥmān al-Dawsī Il aurait dû être placé après les ‘Abādila 128. Ibn ‘Abd al-Barr dit : Abū Hurayra est ‘Umayr ibn ‘Āmir ibn ‘Abd Dhī al-Sharā ibn Ṭarīf ibn ‘Attāb ibn Abī Ṣa‘b ibn Munabbih ibn Sa‘d ibn Tha‘laba ibn Sulaym ibn Fahm ibn Ghanm ibn Daws. Ibn ‘Abd al-Barr mentionna de nombreuses divergences sur son nom et celui de son père ; en résumé, son nom en Jāhiliyya était ‘Abd Shams, et en Islam ‘Abd Allāh ou ‘Abd al-Raḥmān, mais son surnom prévalut et il fut connu par lui. Il est rapporté de lui qu’il dit : Je portais un chat dans ma manche ; le Prophète — qu’Allāh prie sur lui et le salue — me vit et me dit : « Qu’est-ce que c’est ? » Je dis : « Un chat. » Il dit : « Ô Abū Hurayra ! » Il se convertit — qu’Allāh l’agrée — l’année de Khaybar et y assista avec le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue. Il tournait avec lui où qu’il allât. Il fut l’un des plus mémorisateurs parmi les Compagnons — qu’Allāh les agrée. Le Messager d’Allāh — qu’Allāh prie sur lui et le salue — témoigna qu’il était avide de science et de hadith.

Il dit : « Ô Messager d'Allah, j'ai entendu de toi beaucoup de hadiths et je crains de les oublier. » Il dit : « Étends ton manteau. » Il dit : « Je l'étendis, puis il puisa de sa main dedans, puis il dit : « Serre-le. » Et je n'oubliai rien après cela." Al-Bukhârî dit : « Plus de huit cents personnes, parmi les Compagnons et les Suivants, ont rapporté de lui. » 'Umar le nomma gouverneur du Bahreïn, puis le destitua, puis voulut le réemployer, mais il refusa. Il resta à Médine jusqu'à sa mort en l'an 57, à l'âge de 78 ans. On dit aussi qu'il mourut à al-'Aqîq, et que al-Walîd ibn 'Utba ibn Abî Sufyân, alors gouverneur de Médine, pria sur lui, Marwân étant destitué. Ibn Sa'd dit : « Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) écrivit aux mages de Hajar, leur proposant l'islam ; s'ils refusaient, on prendrait d'eux la jizya. Il envoya Abû Hurayra avec al-'Alâ' ibn al-Hadramî et lui recommanda de bien le traiter. » L'auteur de Zubad al-Fikra dit : « Abû Hurayra (qu'Allah l'agrée) rapporta du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) cinq mille trois cent soixante-quatorze hadiths, alors qu'il ne le fréquenta que quatre ans. » Marwân le nommait son lieutenant à Médine lorsqu'il partait en pèlerinage ou s'absentait. Il montait un âne dont la longe était en fibres, portait du bois sur son dos et traversait le marché, alors qu'il était gouverneur de Médine. Il eut un fils nommé Bilâl, qui rapporta de son père, assista à Siffîn avec Mu'âwiya et vécut jusqu'à l'époque de Sulaymân ibn 'Abd al-Malik. On rapporte de lui qu'il priait derrière 'Alî et mangeait à la table de Mu'âwiya ; quand le combat éclatait, il s'asseyait sur une éminence. On l'interrogea à ce sujet, il dit : « La prière derrière 'Alî est plus parfaite, la table de Mu'âwiya est plus grasse, et s'asseoir sur une éminence est plus sûr. » Al-Humaydî, dans son ouvrage sur les hadiths propres à al-Bukhârî, rapporte d'Abû Hurayra (qu'Allah l'agrée) qu'il disait : « Par Allah en dehors de qui il n'y a pas de divinité, je pressais mon foie contre le sol de faim, et je serrais une pierre sur mon ventre de faim. Un jour, je m'assis sur leur chemin par où ils sortaient. Abû Bakr passa, je l'interrogeai sur un verset du Livre d'Allah, ne l'interrogeant que pour qu'il me rassasie, mais il passa sans le faire. Puis 'Umar passa, je l'interrogeai sur un verset du Livre d'Allah, ne l'interrogeant que pour qu'il me rassasie, mais il passa sans le faire. Puis Abû al-Qâsim (sur lui la paix et le salut) passa ; il sourit en me voyant, sachant ce que j'avais dans l'âme et sur mon visage, puis dit : « Abâ Hirr ! » Je dis : « Me voici, ô Messager d'Allah. » Il dit : « Suis-moi. » Il partit, je le suivis. Il entra, demanda la permission, on la lui accorda, j'entrai. Il trouva du lait dans un bol et dit : « D'où vient ce lait ? » On dit : « Un tel ou une telle te l'a offert. » Il dit : « Abâ Hirr ! » Je dis : « Me voici, ô Messager d'Allah. » Il dit : « Va vers les Gens de la Suffa 129 et appelle-les pour moi. » — Les Gens de la Suffa étaient les hôtes de l'islam, n'ayant ni famille, ni biens, ni personne. Quand une aumône lui parvenait, il l'envoyait vers eux sans en prendre rien ; quand un cadeau lui parvenait, il l'envoyait vers eux, en prenait et les y associait. — Cela me déplut, et je dis : « Qu'est-ce que ce lait pour les Gens de la Suffa ? J'étais plus en droit d'en boire une gorgée pour me fortifier ; quand ils viendront, il m'ordonnera de leur donner, et que me restera-t-il de ce lait ? » Mais il n'y avait pas d'échappatoire à l'obéissance à Allah et à Son Messager. J'allai donc les appeler ; ils vinrent, demandèrent la permission, on la leur accorda, et ils prirent place dans la maison. Il dit : « Ô Abâ Hirr ! » Je dis : « Me voici, ô Messager d'Allah. » Il dit : « Prends et donne-leur. » Je pris le bol et me mis à le donner à un homme qui buvait jusqu'à satiété, puis me rendait le bol ; je le donnais à un autre qui buvait jusqu'à satiété, puis me rendait le bol, jusqu'à ce que j'arrive au Prophète (sur lui la paix et le salut) alors que tous les gens avaient bu. Il prit le bol, le posa sur sa main, me regarda, sourit et dit : « Abâ Hirr ! » Je dis : « Me voici, ô Messager d'Allah. » Il dit : « Il reste toi et moi. » Je dis : « Tu as dit vrai, ô Messager d'Allah. » Il dit : « Assieds-toi et bois. » Je m'assis et bus. Il dit : « Bois. » Je bus, et il ne cessa de dire : « Bois », jusqu'à ce que je dise : « Non, par Celui qui t'a envoyé avec la vérité, je ne trouve plus de place pour lui. » Il dit : « Donne-le-moi. » Je lui donnai le bol ; il loua Allah, prononça le nom d'Allah et but le reste. Nous l'avons rapporté dans le Livre des Riqâq d'al-Bukhârî, et dans le Sahîh de Muslim dans le long hadith d'Abû Qatâda al-Ansârî, avec cette addition : « Je dis : 'Je ne boirai pas jusqu'à ce que tu boives, ô Messager d'Allah.' Il dit : 'Celui qui sert les gens est le dernier d'entre eux.' » Et dans le hadith d'al-Tirmidhî et d'Ibn Mâja : « Le dernier d'entre eux à boire. » Nous avons rapporté dans le Jâmi' d'al-Tirmidhî d'après 'Abd Allâh ibn Râfi' : « Je dis à Abû Hurayra : 'Pourquoi as-tu été surnommé Abû Hurayra ?' Il dit : 'Ne me crains-tu pas ?' Je dis : 'Si, par Allah, je te redoute.' Il dit : 'J'étais berger des moutons de ma famille, et j'avais une petite chatte 130 ; je la mettais la nuit dans un arbre, et le jour je l'emmenais avec moi et jouais avec elle. On me surnomma donc Abû Hurayra.' » Al-Tirmidhî dit : « Hadith étrange. » Nous avons rapporté d'après lui : « Nul n'a rapporté plus de hadiths du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) que moi, sauf 'Abd Allâh ibn 'Amr, car il écrivait, tandis que je n'écrivais pas. » 33 - 'Abd al-Rahmân ibn Warqâ' al-Khuzâ'î Ibn 'Abd al-Barr dit : 'Abd al-Rahmân ibn Badîl ibn Warqâ' al-Khuzâ'î. Al-Kalbî dit : Lui et son frère 'Abd Allâh furent les envoyés du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) au Yémen, et tous deux assistèrent à Siffîn. 'Abd Allâh fut tué à Siffîn. Il était le chef de Khuzâ'a. Il embrassa l'islam avec son père avant la conquête de La Mecque, et assista à Hunayn, al-Tâ'if et Tabûk. Il avait rang et dignité. À Siffîn, il portait deux cottes de mailles et deux épées, et y eut une position éminente. Lui et son frère 'Abd al-Rahmân y furent tués. 34 - 'Ayyâsh ibn Abî Rabî'a Le nom d'Abî Rabî'a est 'Amr ibn al-Mughîra ibn 'Abd Allâh ibn 'Umar ibn Makhzûm. Sa kunya est Abû 'Abd al-Rahmân, et on dit Abû 'Abd Allâh. Il est le frère utérin d'Abû Jahl ibn Hishâm, leur mère étant Umm al-Julâs, nommée Asmâ' bint Makhrama ibn Jandal ibn Ubayr ibn Nahshal ibn Dârim. Il est aussi le frère paternel et maternel de 'Abd Allâh ibn Abî Rabî'a. Son islam fut ancien, avant que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) n'entre dans la maison d'al-Arqam. Il émigra en Abyssinie avec sa femme Asmâ' bint Salama ibn Makhrama, qui lui donna là-bas son fils 'Abd Allâh. Puis il émigra à Médine, réalisant ainsi les deux émigrations. Ibn Ishâq dit dans le récit de l'émigration : « Puis 'Umar ibn al-Khattâb et 'Ayyâsh ibn Abî Rabî'a al-Makhzûmî partirent jusqu'à arriver à Médine. » 'Umar dit : « Nous nous étions donné rendez-vous pour l'émigration, moi, 'Ayyâsh et Hishâm ibn al-'Âs ibn Wâ'il al-Sahmî, à al-Tanâdib 131 près de la mare des Banû Ghifâr. Nous dîmes : 'Celui d'entre nous qui ne se trouvera pas à cet endroit au matin aura été retenu ; que ses deux compagnons partent.' Le matin, moi et 'Ayyâsh ibn Abî Rabî'a étions à al-Tanâdib, mais Hishâm fut retenu. » Al-Suhaylî dit : « Al-Tanâdib, avec un dâd kasra, semble être le pluriel de tanadib, une espèce d'arbre que les lézards fréquentent, dont on fait des arcs et dont la fumée est blanche. » Il dit : « La mare des Banû Ghifâr se trouve à dix milles de La Mecque. Al-adâa est l'étang, comme un renversement de wadâ'a, sur le poids de fa'ala, et son étymologie vient de al-wadâ'a (avec un alif long), qui est la propreté, car l'eau nettoie. Son pluriel est idâ'. » Al-Nâbigha dit : « Et elles sont des étangs aux eaux claires, sans impuretés. » 'Umar dit : « Quand nous arrivâmes à Médine, nous descendîmes chez les Banû 'Amr ibn 'Awf à Qubâ'. Abû Jahl ibn Hishâm et son frère al-Hârith vinrent trouver 'Ayyâsh — il était leur cousin germain et leur frère utérin — jusqu'à ce qu'ils arrivassent chez nous à Médine, alors que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) était à La Mecque. Ils lui parlèrent et lui dirent : 'Ta mère a fait le vœu que ni peigne ne touche sa tête, ni elle ne s'abrite du soleil, jusqu'à ce qu'elle te voie.' Il eut pitié d'elle. Je lui dis : 'Ô 'Ayyâsh, par Allah, ces gens ne veulent que te détourner de ta religion ; méfie-toi d'eux. Par Allah, si les poux incommodaient sa mère, elle se peignerait, et si la chaleur de La Mecque devenait intense, elle s'abriterait.' Il dit : 'Je veux honorer le vœu de ma mère, et j'ai là-bas des biens que je veux prendre.' Je dis : 'Par Allah, tu sais que je suis parmi les plus riches de Quraysh ; prends la moitié de mes biens et ne pars pas avec eux.' Mais il refusa et insista pour partir avec eux. Quand il insista, je dis : 'Puisque tu as fait cela, prends ma chamelle ; c'est une chamelle de race, docile ; monte-la, et si tu soupçonnes quelque chose de ces gens, fuis sur elle.' Il partit donc sur elle avec eux. Quand ils furent en chemin, Abû Jahl lui dit : 'Mon frère, par Allah, ma monture est devenue difficile ; ne veux-tu pas échanger avec moi ta chamelle ?' Il dit : 'Si.' Il fit agenouiller sa monture, et ils firent agenouiller la chamelle pour qu'il monte sur elle. Quand ils furent à terre, ils se jetèrent sur lui, le ligotèrent, puis l'emmenèrent à La Mecque et le tentèrent ; il succomba à la tentation. Ils l'emmenèrent en plein jour, ligoté, puis dirent : 'Ô habitants de La Mecque, faites ainsi de vos insensés comme nous avons fait de notre insensé.' 'Umar dit : « Nous disions : 'Allah n'acceptera ni conversion ni compensation de celui qui a succombé à la tentation, ni repentir, pour des gens qui ont connu Allah puis sont revenus à la mécréance à cause d'une épreuve qui les a frappés.' » Il dit : « Et ils disaient cela d'eux-mêmes. » Quand le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) arriva à Médine, Allah, Puissant et Majestueux, révéla à leur sujet, et à propos de notre parole et de leur parole sur eux-mêmes : « Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah. Allah pardonne tous les péchés... » jusqu'à Sa parole : « ... sans que vous vous en rendiez compte. » 'Umar dit : « Je l'écrivis de ma main sur une feuille et l'envoyai à Hishâm ibn al-'Âs. »

Hichâm dit : « Lorsqu’elle me parvint, je me mis à la réciter à Dhî Tuwâ 132, en montant et descendant, sans la comprendre, jusqu’à ce que je dise : “Ô Dieu, fais-moi la comprendre !” » Il dit : « Alors Dieu jeta dans mon cœur qu’elle n’avait été révélée qu’à notre sujet et au sujet de ce que nous disions en nous-mêmes et de ce qui se disait sur nous. » Il dit : « Je retournai à ma chamelle, m’assis sur elle et rejoignis l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — à Médine. » Quant à ‘Ayyâsh ibn Abî Rabî‘a, l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Qui me débarrassera de ‘Ayyâsh et de Hichâm ? » Al-Walîd ibn al-Walîd ibn al-Mughîra dit : « Je m’en charge pour toi, ô Envoyé de Dieu. » Il partit donc pour La Mecque, y entra en secret, rencontra une femme portant de la nourriture et lui dit : « Où vas-tu, ô servante de Dieu ? » Elle dit : « Je vais vers ces deux prisonniers », les désignant. Il la suivit jusqu’à connaître leur endroit. Ils étaient emprisonnés dans une maison sans toit. Quand vint le soir, il escalada le mur pour les rejoindre, puis prit une pierre de marbre 133, la mit sous leurs chaînes, les frappa de son épée et les coupa. Aussi appelait-on son épée « Dhû l-Marwa » 134 pour cela. Puis il les chargea sur un chameau et les emmena. Il trébucha et son doigt saigna, alors il dit : « Tu n’es qu’un doigt qui a saigné, / Et dans le chemin de Dieu j’ai rencontré [cela]. » Puis il arriva avec eux auprès de l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — à Médine. Cela eut lieu en Muharram 135 des premières années de l’Hégire. Ibn ‘Abd al-Barr dit : « L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — fit le qunût 136 pendant un mois, invoquant Dieu pour les faibles de La Mecque, nommant parmi eux al-Walîd ibn al-Walîd, Salama ibn Hichâm et ‘Ayyâsh ibn Abî Rabî‘a. Ce récit est parmi les plus authentiques des traditions isolées 137. » Il fut tué le jour de Yarmûk 138 ; on dit aussi qu’il mourut à La Mecque. Et Dieu sait mieux. Ibn Sa‘d mentionne dans les « Classes » 139 ‘Ayyâsh ibn Abî Rabî‘a parmi les envoyés de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — auprès d’al-Hârith, Masrûh et Nu‘aym ibn ‘Abd Kulâl de Himyar, comme cela sera expliqué en détail lors de la mention des rois, si Dieu le Très-Haut le veut. 35 — Furât ibn Hayyân Ibn Tha‘laba al-‘Ijlî, des Banû ‘Ijl de Bakr ibn Wâ’il ibn Qâsit, allié des Banû Sahm, émigra vers le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue. Rapporté de lui par Hâritha ibn Mudarrib et Hanzala ibn al-Rabî‘, dit Ibn ‘Abd al-Barr. Il est rapporté de lui que l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — l’envoya vers Thumâma ibn Uthâl pour tuer Musaylima et le combattre. Sayf ibn ‘Umar mentionne dans le Livre de l’Apostasie : « Furât, al-Rahhâl et Abû Hurayra sortirent de chez l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et il dit : “La molaire de l’un d’eux dans le Feu est plus grande que Uhud, et il a avec lui un étendard perfide.” » Furât dit : « Cela nous parvint, et nous ne fûmes pas en sécurité jusqu’à ce que al-Rahhâl fît ce qu’il fit, puis il fut tué » — c’est-à-dire avec les apostats sous le califat d’Abû Bakr al-Siddîq — que Dieu l’agrée. Il dit : « Alors Abû Hurayra et Furât tombèrent prosternés devant Dieu le Puissant et Glorieux. » 36 — Qudâma ibn Maz‘ûn Ibn ‘Abd al-Barr dit : Qudâma ibn Maz‘ûn ibn Habîb ibn Wahb ibn Hudhâfa ibn Jumah al-Qurashî al-Jumahî, surnommé Abû ‘Amr, et on dit Abû ‘Amr, le premier étant plus connu. Sa mère était une femme des Banû Jumah. Il était l’oncle maternel de ‘Abd Allâh et Hafsa, enfants de ‘Umar ibn al-Khattâb — que Dieu les agrée. Il avait sous lui Safiyya bint al-Khattâb, sœur de ‘Umar. Il émigra en Abyssinie avec ses deux frères ‘Uthmân et ‘Abd Allâh. Il assista à Badr et à tous les autres combats avec l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. ‘Umar le nomma gouverneur du Bahrayn, puis le destitua et lui appliqua la peine du fouet pour le vin, pour une raison qui serait longue à exposer — Ibn ‘Abd al-Barr. ‘Umar se fâcha contre lui, puis se réconcilia avec lui à cause d’un rêve que ‘Umar fit lorsqu’il revenait du pèlerinage et descendit à al-Suqyâ : il dormit, et à son réveil il dit : « Hâtez-vous de m’amener Qudâma ! Par Dieu, un visiteur est venu à moi dans mon sommeil et m’a dit : “Réconcilie-toi avec Qudâma, car il est ton frère.” » On se hâta de l’amener, mais il refusa de venir, puis il vint. ‘Umar lui parla et implora le pardon pour lui. Ibn ‘Abd al-Barr dit : « Personne parmi les gens de Badr ne fut fouetté pour le vin, sauf Qudâma ibn Maz‘ûn — que Dieu l’agrée. » Il mourut en l’an 36, à l’âge de 68 ans. Ibn Sa‘d le mentionne parmi les envoyés de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — auprès d’al-Mundhir ibn Sâwâ, lui et Abû Hurayra — que Dieu les agrée — comme cela viendra dans son chapitre, si Dieu le Très-Haut le veut. 37 — Qays ibn Namat al-Arhabî ‘Abd al-Karîm al-Halabî dit : Arhab est une fraction de Hamdân, avec le mîm et le dâl non pointés, et c’est la tribu. ‘Alî — que Dieu l’agrée — dit : « Si j’étais portier à la porte du Paradis, / Je dirais à Hamdân : “Entrez en paix !” » ‘Abd al-Karîm dit dans le Livre des Délégations. Al-Rushâtî mentionne que Qays ibn Namat ibn Qays ibn Mâlik — et on dit Qays ibn Mâlik ibn Namat al-Arhabî — partit en pèlerinage à l’époque préislamique et rencontra le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — qui appelait à l’islam. Il embrassa l’islam et dit : « Ta tribu a-t-elle une force de protection ? » Il répondit : « Nous sommes les plus protecteurs des Arabes, et j’ai laissé dans le clan un cavalier obéi, surnommé Abû Zayd Qays ibn ‘Amr — et on dit Abû Zayd ‘Amr ibn Mâlik. Écris-lui afin que je vienne à toi avec lui. » Il lui écrivit donc. Qays ibn Namat apporta à Abû Zayd la lettre de l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et il embrassa l’islam, ainsi qu’une partie d’Arhab. Ils vinrent en groupe à La Mecque pour emmener l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — au Yémen, cela après deux ou trois ans. Les Ansâr vinrent pendant cette période et firent un pacte avec l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — qui sortit vers eux. Qays ibn Namat partit et laissa ses compagnons à La Mecque. Quand le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — le vit, il dit : « Il y a du bien en cet homme », et informé de son peuple, il dit : « Je t’écrirai un document et te placerai à la tête de ton peuple. » Il lui écrivit donc sur un morceau de cuir. Tout Hamdân embrassa l’islam et ils vinrent auprès de l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — à son retour de Tabûk, au nombre de cent vingt cavaliers. Ibn Sa‘d dit : « La délégation de Hamdân vint auprès de l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — portant des vêtements rayés 140 bordés de brocart. L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : “Quelle bonne tribu que Hamdân ! Comme ils sont prompts à la victoire et patients dans l’effort ! Parmi eux se trouvent les Substituts 141 et en eux sont les Piquets de l’islam 142.” » Ibn ‘Abd al-Barr ne mentionne pas Qays dans son chapitre, c’est-à-dire Qays ibn Namat. 38 — Mu‘âdh ibn Jabal Ibn ‘Amr ibn Aws. Al-Jawharî dit : al-Aws signifie le don, et al-Aws le loup ; c’est de là que l’homme tire son nom. Aws est le père d’une tribu du Yémen, c’est Aws ibn Qayla, frère d’al-Khazraj. Parmi eux se trouvent les Ansâr. Qayla est leur mère, ils sont attribués à elle. Ils sont les deux fils de Hâritha ibn Tha‘laba du Yémen. Al-Khazraj est le vent du sud, non décliné 143, fils de ‘Â’idh ibn ‘Adî ibn Ka‘b ibn ‘Amr ibn Udayy ibn Sa‘d ibn ‘Alî ibn Asad ibn Sârida ibn Yazîd ibn Jusham ibn al-Khazraj al-Ansârî al-Khazrajî al-Jushamî, surnommé Abû ‘Abd al-Rahmân. Certains le rattachent aux Banû Salama ibn Sa‘d ibn ‘Alî. Ibn Ishâq dit : « Il est des Banû Jusham ibn al-Khazraj ; les Banû Salama ne le revendiquent que parce qu’il était le frère utérin de Sahl ibn Muhammad ibn al-Jadd ibn Qays. » Al-Zubayr rapporte d’après Ibn al-Kalbî, d’après son père : « Le clan de Mu‘âdh est les Banû Udayy ibn Sa‘d ibn al-Khazraj. » Il dit : « Il ne reste personne des Banû Udayy. » Ils sont comptés parmi les Banû Salama. Le dernier d’entre eux à survivre fut ‘Abd al-Rahmân ibn Mu‘âdh ibn Jabal, mort en Syrie lors de la peste, et ils s’éteignirent. Il assista à la ‘Aqaba 144, à Badr et à tous les combats. Il avait dix-huit ans lorsqu’il embrassa l’islam. L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — l’envoya au Yémen en général comme appelant à l’islam. La plupart des gens du Yémen, rois et gens du commun, embrassèrent l’islam volontairement, sans combat. Ibn al-Hudhâ’ mentionne dans « La Définition » que l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya Mu‘âdh au Yémen au mois de Rabî‘ al-Awwal de l’an 10, et il arriva sous le califat d’Abû Bakr lors du pèlerinage que ‘Umar accomplit. Al-Hâkim dit dans « La Couronne » : « Il l’envoya, ainsi qu’Abû Mûsâ, au Yémen à son retour de Tabûk en l’an 9. » Dans le Sahîh d’al-Bukhârî, chapitre : « L’envoi d’Abû Mûsâ et de Mu‘âdh au Yémen avant le pèlerinage d’adieu. » Ibn ‘Abd al-Barr dit : « Ibn Ishâq dit que l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya Mu‘âdh à al-Jand 145 au Yémen pour enseigner aux gens le Coran et les lois de l’islam, juger entre eux, et il lui confia la perception des aumônes légales 146 des agents qui étaient au Yémen. L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avait divisé le Yémen entre cinq hommes : Khâlid ibn Sa‘îd sur San‘â’, al-Muhâjir ibn Abî Umayya sur Kinda, Ziyâd ibn Labîd sur… »


  1. sayyid / siyada : Terme arabe désignant le seigneur, le maître, le noble, le chef. La _siyada_ est la seigneurie, la noblesse, le leadership, impliquant des qualités de générosité, clémence, et service.
  2. hasuran : Terme coranique désignant quelqu'un qui se retient des femmes, chaste, ou qui se maîtrise.
  3. Ilaf : Référence à la sourate Quraysh (106) qui mentionne le voyage d'hiver et d'été des Qurayshites, assuré par les Banu 'Abd Manaf.
  4. 'Amr al-'Ala : Surnom de Hashim ibn 'Abd Manaf, ancêtre du Prophète, connu pour avoir institué les voyages commerciaux et nourri les pèlerins.
  5. Ma'add : Ancêtre éponyme des Arabes du Nord, considéré comme le père des tribus arabes adnanites.
  6. Hums : Terme désignant les Qurayshites et leurs alliés qui observaient des rites particuliers pendant le pèlerinage préislamique, se considérant comme les gardiens de la Kaaba.
  7. hubl / muhbil / muhbal : Racine signifiant perte, destruction. _Muhbil_ : alourdi par la graisse ; _muhbal_ : fou, à l'esprit corrompu.
  8. verset : Référence au Coran 5:45 (ou 5:47 selon les versions) : « Et ceux qui ne jugent pas selon ce qu'Allah a révélé, ceux-là sont les injustes. »
  9. 'uqra halqa : Expression prophétique signifiant littéralement « blessure et tonsure », utilisée comme imprécation sans intention malveillante, souvent pour exprimer l'affection.
  10. turbat yadaka : Expression signifiant « que tes mains soient couvertes de terre », c'est-à-dire « que tu sois pauvre », utilisée comme exhortation.
  11. iqraf : Maigreur, amaigrissement, changement du corps dû à la faim ou à la maladie.
  12. Négus : Titre du souverain d'Abyssinie (Éthiopie) à l'époque préislamique et au début de l'islam.
  13. mujabbirun : Pluriel de _mujabbir_, littéralement « ceux qui renforcent, qui réparent », surnom des Banu 'Abd Manaf pour avoir assuré la sécurité commerciale de Quraysh.
  14. Mujabbirûn : Ceux qui contraignent ou rendent puissants ; ici, peut-être une secte ou un groupe, mais le sens exact est discuté.
  15. Rajâf : La mer, ainsi nommée à cause de son agitation (rajf = tremblement).
  16. ‘Amr al-‘Ulâ : Surnom de Hâshim ibn ‘Abd Manâf, signifiant 'celui qui élève' ou 'le très haut'.
  17. Musannatûn : Frappés par la sécheresse (sana = année de disette).
  18. Ḥums : Tribus arabes autour de La Mecque, caractérisées par leur rigueur religieuse préislamique.
  19. Ḥaras : Le temps, la durée ; synonyme de dahr.
  20. Quraysh al-Biṭâḥ : Les Quraysh de la plaine (baṭḥâ’) de La Mecque, installés près de la Ka‘ba.
  21. Quraysh al-Ẓawâhir : Les Quraysh de l'extérieur, ceux qui restèrent dans le désert autour de La Mecque.
  22. Sahîhân : Les deux recueils de hadiths authentiques d'al-Bukhârî et de Muslim.
  23. Khandaq : Bataille du Fossé, en l'an 5 de l'Hégire.
  24. Yarmûk : Bataille du Yarmouk, en l'an 15 de l'Hégire, entre les musulmans et les Byzantins.
  25. Duhât : Hommes d'esprit, rusés, habiles en politique.
  26. Siffîn : Bataille de Siffin, en l'an 37 de l'Hégire, entre 'Alî et Mu'âwiya.
  27. Hakamayn : Les deux arbitres, 'Amr ibn al-'Âs et Abû Mûsâ al-Ash'arî, lors de l'arbitrage après Siffin.
  28. Ibn Hind : Surnom de Mu'âwiya ibn Abî Sufyân, dont la mère s'appelait Hind.
  29. Tabaqât : Ouvrage d'Ibn Sa'd classant les Compagnons par générations.
  30. Yazîd al-Khayr : Surnom signifiant 'Yazîd le Bon'.
  31. Yawm al-Fath : Jour de la conquête de La Mecque, en l'an 8 de l'Hégire.
  32. Hunayn : Bataille de Hunayn, en l'an 8 de l'Hégire.
  33. Tâ'ûn 'Amwâs : Peste d'Amwas, épidémie survenue en l'an 18 de l'Hégire.
  34. Sîra : Biographie du Prophète Muhammad.
  35. as-Sijl : Personnage mentionné précédemment, dont le nom signifie 'le registre'.
  36. Ar-Ridda : Livre sur les guerres d'apostasie après la mort du Prophète.
  37. masḥa malak : Empreinte d'ange : expression désignant une beauté et une noblesse apparentes, comme si un ange avait laissé une marque sur son visage.
  38. Yūsuf : Joseph, fils de Jacob, connu dans la tradition islamique pour sa beauté exceptionnelle.
  39. jāhiliyya : Période préislamique, littéralement 'temps de l'ignorance'.
  40. Dhū l-Khalasa : Idole et sanctuaire préislamique au Yémen, considéré comme une Ka'ba yéménite.
  41. Aḥmas : Tribu ou groupe de Quraysh et de leurs alliés, caractérisés par leur rigueur religieuse et leur bravoure.
  42. qāḍī : Juge musulman, spécialiste du droit islamique.
  43. ḍamma : Signe diacritique de l'arabe indiquant la voyelle 'u'.
  44. sukūn : Signe diacritique indiquant l'absence de voyelle.
  45. ḥamsā’ : Féminin de 'aḥmas', désignant une couleur blanche tirant sur le noir.
  46. taḥammus : Rigueur, intransigeance dans la pratique religieuse.
  47. thiqāf : Instrument pour redresser les lances ; métaphore pour celui qui corrige et redresse les défauts.
  48. zakāt : Aumône légale obligatoire en islam, l'un des cinq piliers.
  49. kasra : Signe diacritique indiquant la voyelle 'i'.
  50. fatḥa : Signe diacritique indiquant la voyelle 'a'.
  51. kunya : Surnom honorifique arabe commençant par 'Abū' (père de) ou 'Umm' (mère de).
  52. Badri : Participant à la bataille de Badr, première grande bataille de l'islam (an 2 de l'Hégire).
  53. Ridda : Apostasie ; guerres de la Ridda menées par Abû Bakr contre les tribus ayant apostasié après la mort du Prophète.
  54. butin : Butin de guerre (ghanîma) ; le Prophète a accordé au tueur le droit de prendre les dépouilles de l'ennemi tué.
  55. écume : Métaphore désignant les aspects difficiles ou désagréables de la charge de commandement.
  56. la fournaise s'est enflammée : Expression prophétique signifiant que la bataille est devenue intense.
  57. zuhr : Prière de midi, l'une des cinq prières obligatoires.
  58. Laisse-Moi avec celui que J'ai créé seul... : Référence au verset coranique 74:11-13, évoquant al-Walîd ibn al-Mughîra.
  59. al-dahw : Mot arabe signifiant 'extension' ou 'étalement'.
  60. kasra : Voyelle brève 'i' en arabe.
  61. fatha : Voyelle brève 'a' en arabe.
  62. khâ' mu'jama : Lettre arabe khâ' (خ) avec un point.
  63. sukûn : Absence de voyelle sur une consonne.
  64. jeune fille nubile : Femme ayant atteint l'âge de la puberté et prête au mariage.
  65. al-mu'sir : Terme désignant une jeune fille qui a eu ses premières menstrues.
  66. Shām : Région historique correspondant à la Grande Syrie (actuelle Syrie, Liban, Jordanie, Palestine).
  67. sādhijayn : Bottines sans ornements ni coutures apparentes, simples.
  68. qibṭiyya : Vêtement fin en lin blanc fabriqué en Égypte, porté par les Coptes.
  69. khimār : Voile couvrant la tête et le cou, laissant le visage découvert.
  70. Dhū al-Nasabayn : Surnom signifiant « celui aux deux lignées », faisant référence à une double ascendance.
  71. Nāṣira : Nazareth, ville de Galilée.
  72. Qarāfa Miṣr : Cimetière historique du Caire, lieu de sépulture de nombreux saints et savants.
  73. Ridda : Apostasie ; désigne les guerres contre les tribus ayant renié l'Islam après la mort du Prophète.
  74. premiers émigrants : Les premiers musulmans ayant émigré de La Mecque à Médine (hijra).
  75. les deux émigrations : Émigration vers l'Abyssinie puis vers Médine.
  76. Khandaq : Bataille du Fossé (ou des Coalisés), en l'an 5 de l'Hégire.
  77. Ayla : Ville portuaire antique sur le golfe d'Aqaba (actuelle Aqaba en Jordanie).
  78. jeu de flèches : Pratique divinatoire préislamique utilisant des flèches sans plumes.
  79. Ajnādayn : Bataille majeure entre musulmans et Byzantins en Palestine (634).
  80. pagne : Vêtement minimal couvrant le bas du corps, souvent porté au combat.
  81. la Pierre : La Pierre noire (al-Ḥajar al-Aswad) dans la Kaaba, ou par métonymie La Mecque.
  82. monastère du Verre : Lieu non identifié avec certitude ; peut-être un monastère copte en Égypte.
  83. Ṭabaqāt : Ouvrage biographique classant les Compagnons par générations (classes).
  84. al-hijra : Émigration des premiers musulmans de La Mecque vers Médine ou l'Abyssinie pour fuir les persécutions.
  85. Kisra : Titre du roi sassanide de Perse, équivalent à 'César' pour les Romains.
  86. al-jahiliyya : Période préislamique, considérée comme un temps d'ignorance religieuse et morale.
  87. al-taghut : Terme désignant toute idole ou autorité tyrannique adorée en dehors de Dieu ; ici, le souverain byzantin.
  88. al-'ilj : Terme péjoratif désignant un mécréant, souvent un non-Arabe, surtout un Byzantin ou un Persan.
  89. sariyya : Expédition militaire menée par un groupe de combattants musulmans, souvent sans la participation du Prophète.
  90. al-Najashi : Titre du souverain chrétien d'Abyssinie (Éthiopie) à l'époque du Prophète.
  91. yawm al-hakamayn : Jour des deux arbitres, faisant référence à l'arbitrage entre 'Ali et Mu'awiya après la bataille de Siffin.
  92. mizmar : Instrument à vent, souvent une flûte ; ici, métaphore pour une belle voix.
  93. sanj : Cymbale, instrument de percussion en cuivre.
  94. barbat : Luth, instrument à cordes pincées d'origine persane.
  95. mikhlaF : District ou province au Yémen, équivalent à kura dans d'autres régions.
  96. al-zamr : Chant ou jeu d'un instrument à vent ; ici, la belle voix.
  97. mu'arraban : Mots d'origine étrangère (souvent persane) arabisés et intégrés dans la langue arabe.
  98. al-mu'tazila : Secte théologique rationaliste de l'islam, opposée à la position ash'arite sur plusieurs points.
  99. al-rafida : Terme péjoratif désignant les chiites duodécimains, qui 'rejettent' la légitimité des premiers califes.
  100. al-jahmiyya : Secte attribuée à Jahm ibn Safwan, niant les attributs divins et prônant un déterminisme absolu.
  101. al-khawarij : Secte dissidente ayant combattu 'Ali, caractérisée par un rigorisme extrême et l'excommunication des pécheurs.
  102. waqf : Bien de mainmorte, donation pieuse inaliénable dont les revenus sont destinés à des œuvres charitables ou à la descendance.
  103. aqma' al-simsism : Cônes de sésame, métaphore pour une cachette insignifiante, signifiant qu'ils furent humiliés et réduits à se cacher.
  104. hanif : Monothéiste pur, suivant la religion d'Abraham avant toute altération ; ici, l'islam.
  105. al-wufud : Les délégations ; titre d'un ouvrage d'Ibn Sa'd sur les délégations venues auprès du Prophète.
  106. ṭāghiya : Tyrant ; désigne ici l'empereur byzantin, Héraclius.
  107. Anṣār : Les Auxiliaires ; habitants de Médine ayant accueilli et soutenu le Prophète après l'Hégire.
  108. karāmāt : Prodiges ou miracles accordés par Dieu à Ses saints (awliyā').
  109. awliyā' : Saints ; amis de Dieu, personnes pieuses proches de Lui.
  110. rak'a : Unité de prière rituelle islamique.
  111. ridda : Apostasie ; désigne les guerres contre les tribus ayant renié l'islam après la mort du Prophète.
  112. al-Najāshī : Titre du souverain chrétien d'Abyssinie (Éthiopie) à l'époque du Prophète.
  113. jīm : Lettre arabe ج, prononcée j.
  114. dāl : Lettre arabe د, prononcée d.
  115. kunya : Surnom commençant par Abū (père de) ou Umm (mère de).
  116. mushrikūn : Associateurs ; polythéistes qui associent d'autres divinités à Dieu.
  117. nasama : Âme ; ici, peut désigner un vœu ou une offrande pour une âme.
  118. al-Bayt : La Maison ; la Kaaba à La Mecque.
  119. Jāhiliyya : Période préislamique caractérisée par l'ignorance religieuse.
  120. Ṭabaqāt : Ouvrage classant les Compagnons par générations ou mérites.
  121. ‘ahd : Document officiel, traité ou lettre de nomination.
  122. al-Khandaq : Bataille du Fossé (5 H.).
  123. ṣadaqāt : Aumônes obligatoires (zakāt) ou volontaires.
  124. sunan : Traditions prophétiques ; pratiques établies par le Prophète.
  125. diyāt : Prix du sang ; compensation légale pour homicide ou blessure.
  126. wafd : Délégation officielle venant rencontrer le Prophète.
  127. jizya : Impôt de capitation payé par les non-musulmans soumis à l'autorité islamique.
  128. ‘Abādila : Pluriel de ‘Abd Allāh ; désigne plusieurs Compagnons nommés ‘Abd Allāh, souvent cités ensemble.
  129. Ahl al-Suffa : Les Gens de la Suffa : compagnons pauvres qui vivaient sous un auvent (suffa) dans la mosquée de Médine, sans famille ni biens.
  130. hurayra : Diminutif de hirra (chatte) ; Abû Hurayra signifie 'père de la petite chatte'.
  131. al-Tanâdib : Lieu-dit près de La Mecque, nommé d'après un arbre (tanadib) dont on fait des arcs.
  132. Dhî Tuwâ : Vallée située à la limite du territoire sacré de La Mecque, où les pèlerins se mettent en état de sacralisation.
  133. merv : Pierre de marbre ou de granit, utilisée ici pour briser les chaînes.
  134. Dhû l-Marwa : Surnom de l'épée, signifiant « celui de la pierre de marbre », en référence à l'acte de briser les chaînes.
  135. Muharram : Premier mois du calendrier lunaire islamique.
  136. qunût : Invocation spéciale prononcée debout dans la prière, souvent en période de détresse.
  137. akhbâr al-âhâd : Traditions isolées, rapportées par un seul ou quelques transmetteurs, considérées comme moins authentiques que les traditions massives.
  138. Yarmûk : Bataille majeure entre les musulmans et l'Empire byzantin en 636 ap. J.-C., près de la rivière Yarmouk.
  139. Tabaqât : Ouvrage biographique classant les compagnons du Prophète par générations.
  140. al-hubra : Vêtement rayé du Yémen, souvent en coton ou en soie.
  141. abdâl : Saints substituts, dans la hiérarchie spirituelle soufie, censés maintenir l'équilibre du monde.
  142. awtâd al-islâm : Les « piquets de l'islam », désignant des saints de haut rang qui soutiennent spirituellement la communauté.
  143. ghayr mujrâ : Terme grammatical signifiant que le mot est indéclinable, c'est-à-dire qu'il ne prend pas de désinences casuelles.
  144. al-‘Aqaba : Serment d'allégeance prêté au Prophète par les Ansâr avant l'Hégire, à un col près de La Mecque.
  145. al-Jand : Ville du Yémen, ancienne capitale de la région de Janad.
  146. sadaqât : Aumônes légales obligatoires, incluant la zakât et les impôts sur les récoltes et le bétail.

Partie 1

Ḥaḍramawt, Muʿādh ibn Jabal sur al-Jund, Abū Mūsā al-Ashʿarī sur Zubayd, Zamʿa, Aden et la côte. Il dit à Muʿādh ibn Jabal, lorsqu'il l'envoya : « Par quoi juges-tu ? » Il répondit : « Par ce qui est dans le Livre d'Allah. » Il dit : « Si tu ne trouves pas ? » Il répondit : « Par ce qui est dans la Sunna du Messager d'Allah. » Il dit : « Si tu ne trouves pas ? » Il répondit : « J'exercerai mon effort personnel 1. » Alors le Messager d'Allah dit : « Louange à Allah qui a accordé le succès au messager du Messager d'Allah dans ce qu'aime le Messager d'Allah. » Al-Bakrī dit dans son dictionnaire : « al-Jund, avec les lettres ouvertes, est un lieu au Yémen. » Le poète dit : « Se déplaçant d'un pays à un autre, Un jour à Ṣanʿā', un jour à al-Jund. » Jund, avec la première lettre ḍamma et la seconde lettre sukun, et avec le dāl non pointé, est une montagne au Yémen également. Il dit : « Zamʿa, avec la première lettre fatḥa, la seconde sukun, et ʿayn non pointée, est une des demeures de Ḥimyar au Yémen. » Il le mentionna. Al-Ḥākim dit : Il a été rapporté que le Messager d'Allah a accompagné Muʿādh avec un groupe d'Émigrés et d'Auxiliaires jusqu'à ce que Muʿādh monte, tandis que le Messager d'Allah marchait et lui faisait ses recommandations. Il était l'un des trois Auxiliaires qui émettaient des avis juridiques 2 à l'époque du Messager d'Allah : Ubayy ibn Kaʿb, Muʿādh ibn Jabal et Zayd ibn Thābit ; et trois des Émigrés : ʿAmr, ʿUthmān et ʿAlī. Le Messager d'Allah a dit : « Le plus savant d'entre eux sur le licite et l'illicite est Muʿādh ibn Jabal. » Il viendra au Jour de la Résurrection devant les savants d'une portée de flèche 3 ou deux, c'est-à-dire la distance d'un jet de flèche ; on dit : d'un mille ; on dit : à perte de vue. Ibn ʿAbd al-Barr dit : Il était un jeune homme beau, parmi les meilleurs jeunes de son peuple, généreux, ne retenant rien. Al-Madāʾinī dit : Muʿādh mourut dans la région du Jourdain lors de la peste d'ʿAmwās 4 en l'an 18, à l'âge de 38 ans. Il dit : Il n'eut jamais d'enfant, comme le dit al-Wāqidī. Abū Ḥātim al-Rāzī mentionna qu'il mourut à 28 ans. Selon Saʿīd ibn al-Musayyab : Muʿādh mourut à 33 ou 34 ans. Zurʿa dit : Aḥmad ibn Ḥanbal me dit : La peste d'ʿAmwās eut lieu en l'an 18, et c'est là que moururent Muʿādh et Abū ʿUbayda. Il dit : La peste eut lieu en l'an 17 et 18. En l'an 17, ʿUmar revint de Sargh 5 avec l'armée des musulmans pour ne pas les exposer à la peste. ʿAmwās est un village entre Ramla et Jérusalem, avec la première et la deuxième lettre fatḥa, puis un wāw et un alif, et un sīn non pointé. Il dit : al-Aṣmaʿī mentionna qu'elle fut ainsi nommée à cause de leur parole : « ʿAmma wa āsā » (il a été général et a consolé). Environ vingt-cinq mille personnes y moururent, dit al-Bakrī. Il dit : Sargh, avec la première lettre fatḥa, la seconde sukun, puis un ghayn pointé, est une ville en Syrie, conquise par Abū ʿUbayda ibn al-Jarrāḥ. Ibn ʿAbd al-Barr rapporte d'après al-Zuhrī : Les gens furent frappés par une peste à al-Jābiya. ʿAmr ibn al-ʿĀṣ dit : « Dispersez-vous loin d'elle, car elle est comme le feu. » Muʿādh ibn Jabal se leva et dit : « Tu étais parmi nous, et tu es plus égaré que l'âne de ta famille. J'ai entendu le Messager d'Allah dire : Elle est une miséricorde pour cette communauté. Ô Allah, mentionne donc Muʿādh et la famille de Muʿādh parmi ceux que Tu mentionnes par cette miséricorde. » Ont rapporté de lui parmi les Compagnons : ʿAbd Allāh ibn ʿAmr ibn al-ʿĀṣ, ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās, ʿAbd Allāh ibn Abī Awfā, Anas ibn Mālik, Abū Umāma al-Bāhilī, et d'autres. ʿAbd Allāh ibn ʿUmar disait : « Rapportez-nous d'après les deux intelligents et savants. » On demanda : « Qui sont-ils ? » Il dit : « Muʿādh et Abū al-Dardāʾ. » D'après Farwa al-Ashjaʿī : J'étais assis avec Ibn Masʿūd, qui dit : « Certes, Muʿādh était une communauté 6, dévoué à Allah, monothéiste pur, et il n'était pas du nombre des associateurs. » Je dis : « Ô Abū ʿAbd al-Raḥmān, Allah a dit : 'Certes, Abraham était une communauté, dévoué à Allah, monothéiste pur.' » Il répéta sa parole : « Certes, Muʿādh... » Quand je le vis répéter, je sus qu'il le faisait délibérément, alors je me tus. Il dit : « Sais-tu ce qu'est la communauté et ce qu'est le dévoué ? » Je dis : « Allah sait mieux. » Il dit : « La communauté est celui qui enseigne le bien, on se fie à lui et on le prend pour modèle. Le dévoué est l'obéissant à Allah. Et ainsi était Muʿādh ibn Jabal : enseignant le bien, obéissant à Allah et à Son Messager. » Son auteur, Abū ʿAbd Allāh Muḥammad — qu'Allah lui pardonne — dit : J'ai visité la tombe de Muʿādh et la tombe de son fils ʿAbd al-Raḥmān à côté, dans la région de Baysān al-Ghawr, sur la rive de la Sharīʿa, qui est le fleuve du Jourdain, à droite de la route montant au pied de la colline d'al-Quṣayr, le court du Ghawr, en l'an 738. J'ai également visité la tombe d'Abū ʿUbayda, en aval de celle-ci, en descendant le long du fleuve de la Sharīʿa, sur sa rive est, à côté d'un village appelé ʿAmmatā, d'où l'on monte vers la ville de ʿAjlūn. Le fleuve Yarmouk se jette dans la Sharīʿa depuis la terre du Yarmouk, entre leurs deux tombes, et la distance entre elles n'est pas grande. Qu'Allah les agrée tous deux. 39 — Mālik ibn Murāra Ibn ʿAbd al-Barr dit : On dit aussi Mālik ibn Fazāra, mais le correct est ibn Murāra. Certains disent al-Rahāwī. ʿAṭāʾ ibn Maysara rapporta d'après une personne digne de confiance, d'après Mālik ibn Murāra : J'ai entendu le Messager d'Allah dire : « N'entrera pas au Paradis celui qui a dans son cœur le poids d'un grain de moutarde d'orgueil. » Muḥammad ibn Saʿd dit : Le Messager d'Allah écrivit aux habitants du Yémen une lettre les informant des lois de l'Islam et des obligations de l'aumône sur les troupeaux et les biens, et leur recommandant ses compagnons et ses messagers. Ses messagers auprès d'eux étaient Muʿādh ibn Jabal et Mālik ibn Murāra, et il les informait de l'arrivée de leur messager auprès de lui et de ce qu'il avait rapporté d'eux. Ibn ʿAbd al-Barr dit : Mālik ibn Murāra n'est pas célèbre parmi les Compagnons. Ibn Saʿd dit : Mālik ibn Murāra était le messager des habitants du Yémen auprès du Prophète pour leur soumission et leur obéissance. Le Messager d'Allah leur écrivit : « Mālik ibn Murāra a transmis la nouvelle et préservé l'invisible. » 40 — Mālik ibn ʿUqba Ibn ʿAbd al-Barr dit : Mālik ibn ʿUqba ou ʿUqba ibn Mālik — ainsi est-il mentionné avec doute — est mentionné parmi les Compagnons. Bishr ibn ʿĀṣim a rapporté de lui. Ibn ʿAbd al-Barr le mentionna sans lui attribuer de généalogie. Ibn Isḥāq le mentionna parmi les délégations avec Muʿādh ibn Jabal, ʿAbd Allāh ibn Zayd, Mālik ibn ʿUbāda et ʿUqba ibn Namir. J'ai déjà mentionné leur envoi dans sa notice à la lettre ʿAyn. 41 — Mālik ibn ʿUbāda Ibn ʿAbd al-Barr dit : Mālik ibn ʿUbāda al-Ghāfiqī. Ghāfiq est fils d'al-ʿĀṣ ibn ʿAmr ibn Māzin ibn al-Azd ibn al-Ghawth. Abū Mūsā, Égyptien, on dit aussi Syrien. Il a eu la compagnie du Prophète. Il mourut en l'an 58. Ibn Isḥāq le mentionna également parmi les messagers du Prophète dans les délégations, comme précédemment. 42 — al-Muhājir ibn Abī Umayya al-Makhzūmī Le nom d'Abū Umayya est Ḥudhayfa ; on dit aussi Sahl ; on dit Hāshim. Le plus connu est Ḥudhayfa ibn al-Mughīra ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUmar ibn Makhzūm al-Qurashī. Il est le frère d'Umm Salama, épouse du Prophète, son frère germain. Son nom était al-Walīd. Quand il arriva, elle dit : « Mon frère al-Walīd est arrivé en émigrant. » Le Messager d'Allah dit : « Il est al-Muhājir. » Umm Salama comprit ce qu'il voulait par le changement de son nom et qu'il le désapprouvait, alors elle dit : « Il est al-Muhājir, ô Messager d'Allah. » C'est un récit long, où il y a un défaut du nom al-Walīd. Le Messager d'Allah l'envoya à al-Ḥārith ibn ʿAbd Kulāl al-Ḥimyarī, l'un des chefs du Yémen, et le nomma collecteur des aumônes de Kinda et al-Ṣadaf. Le Messager d'Allah mourut sans qu'il s'y rende, dit Ibn ʿAbd al-Barr. ʿAbd al-Karīm dit : Abū Bakr l'envoya combattre les apostats au Yémen, où il eut un grand rôle. Il conquit la forteresse d'al-Nujayr 7, une forteresse où se réfugièrent les apostats à l'époque d'Abū Bakr, située à Ḥaḍramawt. Ziyād ibn Labīd al-Anṣārī était avec lui. Ils envoyèrent al-Ashʿath ibn Qays comme prisonnier ; Abū Bakr lui fit grâce et épargna son sang. 43 — Numayr ibn Kharasha Ibn ʿAbd al-Barr dit : Numayr ibn Kharasha ibn Rabīʿa al-Thaqafī, allié des Banū al-Ḥārith ibn Kaʿb. Il fut l'un de ceux qui vinrent avec ʿAbd Yālīl pour annoncer la soumission de Thaqīf. Ibn Saʿd dit dans les Classes : Le Messager d'Allah écrivit pour Thaqīf un document leur accordant la protection d'Allah et la protection de Muḥammad ibn ʿAbd Allah, selon ce qui leur avait été écrit. Khālid ibn Saʿīd écrivit, al-Ḥasan et al-Ḥusayn furent témoins, et le document fut remis à Numayr ibn Kharasha. 44 — Nuʿaym ibn Masʿūd al-Ashjaʿī Ibn ʿAbd al-Barr dit : Son grand-père est ʿĀmir. Il émigra vers le Messager d'Allah au moment du Fossé 8. C'est lui qui sema la discorde parmi les associateurs et les Banū Qurayẓa, jusqu'à ce qu'Allah repousse les associateurs après avoir envoyé contre eux un vent et des armées qu'ils ne virent pas. Son histoire dans la dissension des Banū Qurayẓa et des associateurs dans les Sīra est une histoire étonnante. À son sujet fut révélé : « Ceux à qui les gens dirent... » 9 Il est désigné seul par « les gens ». Nuʿaym s'installa à Médine et mourut sous le califat de ʿUthmān ; on dit qu'il fut tué à la bataille du Chameau avant l'arrivée de ʿAlī. Sayf ibn ʿUmar mentionna dans le Livre de l'Apostasie qu'il était le messager du Messager d'Allah auprès d'Ibn Dhī al-Liḥya et d'Ibn Mushaymiṣa al-Jubayrī. 45 — Wāthila ibn al-Asqaʿ

Ibn 'Abd al-'Uzzā ibn 'Abd Yālīl ibn Nāshib ibn Ghīrah ibn Sa'd ibn Layth ibn Bakr ibn 'Abd Manāt ibn 'Alī ibn Kinānah al-Laythī. Il embrassa l'islam alors que le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) se préparait pour l'expédition de Tabūk. On dit qu'il servit le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) pendant trois ans et qu'il faisait partie des gens de la Ṣuffa 10. Il s'installa à Baṣra, puis résida au Shām, assista aux expéditions militaires à Damas et à Ḥimṣ, puis se rendit à Bayt al-Maqdis 11 où il mourut. On dit aussi qu'il mourut à Damas à la fin du califat de 'Abd al-Malik, en l'an 85 ou 86 de l'Hégire, à l'âge de 98 ans, ou selon d'autres, de 100 ans. Son surnom (kunya) était Abū al-Asqa', et on dit aussi Abū Muḥammad. Ibn Ma'īn dit : Abū Qurṣāfa. Parmi ceux qui rapportent de lui figurent les Syriens, dont Makhūl et d'autres, selon Ibn 'Abd al-Barr. 'Abd al-Karīm al-Ḥalabī a dit dans son ouvrage sur les délégations : Wāthila ibn al-Asqa' se rendit auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) alors qu'il se préparait pour Tabūk. Il embrassa l'islam, prêta allégeance, retourna chez les siens et les informa. Son père lui dit : « Je ne t'adresserai plus jamais la parole. » Sa sœur, ayant entendu ses paroles, embrassa l'islam et le prépara pour le voyage. Il retourna auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) mais le trouva déjà parti pour Tabūk. Il dit : « Qui me portera sur sa monture ? Il aura ma part du butin. » Ka'b ibn 'Ujra le porta jusqu'à ce qu'il rejoigne le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et il participa avec lui à Tabūk. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) l'envoya avec Khālid ibn al-Walīd auprès d'Ukaydir. Il obtint du butin et apporta sa part à Ka'b ibn 'Ujra, mais celui-ci refusa de l'accepter, disant : « Je t'ai porté pour Allah. » 46 - al-Walīd ibn Baḥr al-Jurhumī Il fut envoyé auprès des chefs (aqyāl) du Ḥaḍramawt, selon le qāḍī Abū 'Abd Allāh Muḥammad ibn Salāma al-Quḍā'ī dans son livre 'Uyūn al-Ma'ārif wa Funūn Akhbār al-Khalā'if. Ibn 'Abd al-Barr ne le mentionne pas dans son chapitre. 47 - Wabra On dit aussi Wabr ibn Yaḥnas. Ibn 'Abd al-Barr dit : on dit aussi Ibn Muḥṣin al-Khuzā'ī. Il a la qualité de compagnon (ṣuḥba). C'est lui que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) envoya à Dādhawayh, Fayrūz al-Daylamī et Jushaysh al-Daylamī au Yémen pour tuer al-Aswad al-'Ansī, le faux prophète. Sayf ibn 'Umar a rapporté dans le Livre de l'Apostasie (Kitāb al-Ridda) d'après Ibn 'Abbās (qu'Allah les agrée tous deux) : « Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) combattit Musaylima, al-Aswad et Ṭulayḥa par l'envoi de messagers, et la maladie qui l'affligeait ne le détourna pas de l'ordre d'Allah. Il envoya Wabr ibn Yaḥnas al-Azdī à Fayrūz, Jushaysh al-Daylamī et Dādhawayh al-Iṣṭakhrī. » Cette histoire eut lieu lors de la maladie dont il mourut (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). 48 - Yazīd ibn Shihāb, surnommé Ya'fūr Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) eut un messager étonnant, que je mentionne en raison du miracle extraordinaire qu'il comporte. Il s'agit de Yazīd ibn Shihāb, surnommé Ya'fūr, son âne (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). 'Abd al-Karīm a dit dans son commentaire de la Sīra de 'Abd al-Ghanī : Abū al-Qāsim ibn 'Asākir a mentionné dans son Histoire, avec une chaîne de transmission remontant à Abū Manẓūr : « Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) conquit Khaybar, il fit la capture d'un âne noir. » Il dit : « Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) parla à l'âne, et l'âne lui parla. Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui dit : « Quel est ton nom ? » Il répondit : « Mon nom est Yazīd ibn Shihāb. » Al-Suhaylī dit : « Ziyād 12 : Allah a fait sortir de la descendance de mon grand-père soixante ânes, dont aucun n'a été monté sauf par un prophète. Je t'attendais pour que tu me montes. Il ne reste de la descendance de mon grand-père que moi, et des prophètes que toi. Avant toi, j'appartenais à un homme juif, et je trébuchais volontairement avec lui ; il affamait mon ventre et frappait mon dos. » Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui dit : « Tu es donc Ya'fūr, ô Ya'fūr. Désires-tu les femelles ? » Il répondit : « Non. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le montait pour ses besoins. Quand il en descendait, il l'envoyait à la porte d'un homme ; l'âne venait à la porte et la frappait de sa tête. Lorsque le maître de la maison sortait, il lui faisait signe, et l'homme comprenait que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) l'avait envoyé vers lui. Alors il venait auprès du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) mourut, l'âne vint à un puits qui appartenait à Abū al-Haytham ibn al-Tayyihān, s'y jeta par chagrin pour le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), et ce puits devint sa tombe. Ce hadith est étrange (gharīb) et dans sa chaîne de transmission se trouvent plusieurs inconnus. Al-Suhaylī mentionne qu'Ibn Fūrak a rapporté dans son livre al-Fuṣūl que cet âne faisait partie du butin de Khaybar et qu'il se jeta dans un puits le jour de la mort du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Ibn al-Jawzī dit : ce hadith est forgé (mawḍū'). Ibn Ḥibbān dit : il n'a aucune base, sa chaîne de transmission n'est rien, et il a mentionné qui l'a forgé. Al-Wāqidī et Muḥammad ibn Jarīr al-Ṭabarī disent : Ya'fūr mourut (nafaqa) au retour du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) du Pèlerinage d'Adieu. Ibn 'Abdūs dit : Ya'fūr était vert, dérivé de al-'ufra, qui est la couleur de la terre. On dit aussi qu'il fut nommé ainsi par analogie avec sa course rapide, comme le ya'fūr, qui est le faon de la gazelle, ou le petit de la vache sauvage. Al-'ufr parmi les gazelles sont celles dont le blanc est teinté de rouge. L'auteur (qu'Allah lui pardonne) dit : Ceci est l'un des signes de sa prophétie (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Plût à Allah que je fusse un poil sur la peau de cet âne béni, dont la peau touchait à tout moment la peau du maître des humains, qui l'écoutait, lui obéissait, lui parlait et le comprenait. C'est là un miracle parmi ses miracles (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Question : Quelle est la sagesse dans le fait que le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ait dit : « Ô Ya'fūr, désires-tu les femelles ? » et qu'il ait répondu « non », et qu'il se soit jeté dans le puits le jour de la mort du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ? Il avait d'autres montures qui n'ont pas fait cela ; au contraire, al-Duldul, sa mule blanche, survécut jusqu'au califat de Mu'āwiya, et 'Alī (qu'Allah l'agrée) la monta à Ṣiffīn. Réponse : La sagesse en cela, et Allah sait mieux, est que Ya'fūr avait dit : « Allah a fait sortir de la descendance de mon grand-père soixante ânes, dont aucun n'a été monté sauf par un prophète », puis il dit : « Il ne reste de la descendance de mon grand-père que moi, et des prophètes que toi. » Il se jeta dans le puits et ne désira pas les femelles, afin qu'il n'ait pas de descendance, car il est le dernier d'entre eux, de même que le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) est le dernier des prophètes, comme il l'a dit, afin que personne après lui ne le monte, puisqu'il est la monture des prophètes. Et aussi par chagrin et tristesse pour lui. Il est juste qu'il s'afflige et s'attriste pour lui (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Voilà ce qui est parvenu à ma connaissance concernant ses messagers (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Terminons par les délégations des fauves auprès de lui (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), leur envoi vers lui et sa réponse à eux. [Chapitre] 'Abd al-Karīm a dit dans son commentaire de la Sīra : les fauves vinrent en délégation auprès de lui (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) pour lui demander de leur assigner leur nourriture. Ibn Sa'd rapporte d'après al-Muṭṭalib ibn 'Abd Allāh ibn Ḥanṭab : « Alors que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) était assis à Médine avec ses compagnons, un loup s'approcha, s'arrêta devant le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et hurla. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Ceci est le délégué des fauves auprès de vous. Si vous voulez, assignez-lui une part qu'il ne dépassera pas pour d'autres ; si vous voulez, laissez-le et protégez-vous de lui ; ce qu'il prendra sera sa subsistance. » Ils dirent : « Ô Messager d'Allah, nos âmes ne consentent pas à lui donner quelque chose. » Alors le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) lui fit signe de ses doigts, comme pour dire : « Attrape-les en traître. » Il s'en alla en trottant (yaslān). » Al-Jawharī dit : al-'asalān est le trot rapide. On dit : 'asala al-dhi'b 'asalānan, quand il accélère et va vite. Al-Nābigha al-Ja'dī a dit : « Le trot du loup, le soir venu, / La fraîcheur de la nuit l'a touché, et il s'est enfui. » Al-Bayhaqī rapporte d'après Abū Hurayra (qu'Allah l'agrée) : « Un loup vint auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), puis se mit à remuer la queue. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Ceci est le délégué des loups ; il vient vous demander de lui assigner une part de vos biens. » Ils dirent : ... »


  1. ijtihād : Effort de réflexion personnelle pour déduire une règle juridique à partir des sources.
  2. fatwā : Avis juridique émis par un savant qualifié.
  3. ratwa : Distance d'un jet de flèche, mesure approximative.
  4. ʿAmwās : Village entre Ramla et Jérusalem, lieu d'une célèbre peste en 18 H.
  5. Sargh : Ville de Syrie, conquise par Abū ʿUbayda.
  6. umma : Modèle, guide, communauté exemplaire.
  7. al-Nujayr : Forteresse au Yémen où se réfugièrent les apostats.
  8. al-Khandaq : Bataille du Fossé, à Médine en 5 H.
  9. Coran 3:173 : Allusion au verset : 'Ceux à qui les gens dirent : "Les gens se sont rassemblés contre vous, craignez-les", cela augmenta leur foi.'
  10. Ahl al-Ṣuffa : Les gens de la Ṣuffa : les compagnons pauvres qui vivaient sous l'auvent de la mosquée de Médine, se consacrant à l'étude et au service du Prophète.
  11. Bayt al-Maqdis : Jérusalem, la Ville sainte.
  12. Ziyād : Il s'agit probablement d'une variante du nom de l'âne, ou d'une interpolation dans le texte.

La deuxième partie

Si l'homme n'abandonne pas la nourriture qu'il aime... et ne réfrène pas un cœur égaré où qu'il aille, il assouvit son désir 1 et laisse une honte 2 qui, lorsque ses pareilles se répètent, emplissent la bouche. As-Suhaylî dit : et il ajouta dans ce récit : « Et c'est 'Umâra ibn al-Walîd dont les Quraysh dirent à Abû Tâlib : “Voici 'Umâra, le plus robuste 3 jeune homme des Quraysh et le plus beau ; prends-le à la place de ton neveu Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue, et en échange de lui, et livre-le nous pour que nous le tuions, car il a insulté nos divinités et changé notre religion.” Abû Tâlib leur dit : “Que pensez-vous d'une chamelle qui s'attache 4 à un petit qui n'est pas le sien et l'aime ?” Al-Jawharî dit : “La chamelle aime son petit” quand elle l'aime ; et ar-ra'ûm 5 parmi les brebis est celle qui lèche les vêtements de quiconque passe près d'elle ; quiconque aime une chose et s'y attache, il l'a aimée. “Je ne vous livrerai pas mon fils pour que vous le tuiez, jamais, et je prendrai votre fils pour le prendre en charge et le nourrir.” » Je dis : et 'Umâra est le frère de Khâlid ibn al-Walîd, que Dieu l'agrée. Ibn al-Jawzî dit : « Et 'Umâra avait informé 'Amr que la femme du Negus 6 s'était éprise de lui et l'avait fait entrer chez elle. Lorsque 'Amr désespéra de l'affaire des émigrés 7 auprès du Negus, il se vengea de 'Umâra auprès de lui et l'informa de son histoire et de celle de sa femme. Le Negus lui dit : “Amène-moi...” » Al-Misbâh al-Mudî' 8 Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Chapitre sur ses correspondances, que Dieu prie sur lui et le salue, et ses messages aux rois de la terre, Arabes et non-Arabes et autres, les appelant à l'islam, leurs réponses, ceux qui embrassèrent l'islam, ceux qui reconnurent le message sans se convertir, ceux qui apostasièrent après s'être convertis, ceux qui reconnurent sa prophétie avant sa naissance, crurent en lui sans l'avoir rencontré, ou annoncèrent sa venue, et ce qui s'y rattache comme anecdote survenue, terme linguistique rare, et autres bénéfices. Commençons par la première lettre qu'il écrivit, que Dieu prie sur lui et le salue, lorsqu'il émigra de La Mecque à Médine, et le commentaire à son sujet ; puis nous mentionnerons les rois selon leurs rangs, si Dieu le Très-Haut le veut. [Section] Sur son écrit, que Dieu prie sur lui et le salue, entre les Émigrés 9 et les Auxiliaires 10, et la trêve avec les Juifs lorsqu'il émigra à Médine, et le premier sermon qu'il prononça ; c'est le premier écrit qu'il rédigea à son arrivée à Médine, à ma connaissance. Ibn Ishâq dit : « Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, demeura à Médine, depuis son arrivée au mois de Rabî' al-Awwal jusqu'à Safar de l'année suivante, jusqu'à ce qu'il y eût construit sa mosquée et ses habitations. L'islam de cette tribu des Auxiliaires se consolida pour lui, et il ne resta aucune maison des Auxiliaires dont les habitants n'embrassèrent l'islam, sauf un petit nombre des Aws. Le premier sermon que prononça le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, fut qu'il se leva parmi eux, loua Dieu et Le glorifia comme Il le mérite, puis dit : “Ô gens, faites provision pour vous-mêmes ! Par Dieu, l'un de vous sera frappé de stupeur, puis il laissera son troupeau sans berger, puis son Seigneur lui dira – sans interprète ni gardien qui Le voile – : ‘Mon messager n'est-il pas venu à toi, t'a-t-il transmis, t'ai-Je donné des biens et t'ai-Je favorisé ? Qu'as-tu préparé pour toi-même ?’ Il regardera à droite et à gauche, et ne verra rien ; puis il regardera devant lui, et ne verra que l'Enfer. Que celui qui peut protéger son visage du Feu, ne serait-ce qu'avec un morceau de datte, le fasse ; et que celui qui n'en trouve pas, le fasse avec une bonne parole, car la bonne action est récompensée par dix fois ses semblables jusqu'à sept cents fois. Et que la paix soit sur le Messager de Dieu.” » Mention de l'écrit Il dit : « Et le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, écrivit un écrit entre les Émigrés et les Auxiliaires, dans lequel il fit la paix avec les Juifs, conclut un pacte avec eux, les confirma dans leur religion et leurs biens, leur imposa des conditions et leur en accorda. Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ceci est un écrit de Muhammad le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, entre les croyants et les musulmans de Quraysh et de Yathrib 11, et ceux qui les suivirent, les rejoignirent et luttèrent avec eux : ils forment une seule communauté 12 à l'exclusion des autres hommes. Les Émigrés de Quraysh restent sur leur pacte 13 : ils paient entre eux le prix du sang 14 et ils rachètent leur prisonnier 15 selon la coutume et l'équité entre les croyants. Les Banû 'Awf restent sur leur pacte : ils paient entre eux le prix du sang comme autrefois, et chaque groupe rachète son prisonnier selon la coutume et l'équité entre les croyants. Les Banû Sâ'ida restent sur leur pacte : ils paient entre eux le prix du sang comme autrefois, et chaque groupe rachète son prisonnier selon la coutume et l'équité entre les croyants. Les Banû Jusham restent sur leur pacte : ils paient entre eux le prix du sang comme autrefois, et chaque groupe rachète son prisonnier selon la coutume et l'équité entre les croyants. Les Banû an-Najjâr restent sur leur pacte : ils paient entre eux le prix du sang comme autrefois, et chaque groupe rachète son prisonnier selon la coutume et l'équité entre les croyants. Les Banû 'Amr ibn 'Awf restent sur leur pacte : ils paient entre eux le prix du sang comme autrefois, et chaque groupe rachète son prisonnier selon la coutume et l'équité entre les croyants. Les Banû an-Nabît restent sur leur pacte : ils paient entre eux le prix du sang comme autrefois, et chaque groupe rachète son prisonnier selon la coutume et l'équité entre les croyants. Les Banû al-Aws restent sur leur pacte : ils paient entre eux le prix du sang comme autrefois, et chaque groupe rachète son prisonnier selon la coutume et l'équité entre les croyants. Et les croyants n'abandonnent pas un endetté 16 parmi eux : ils lui donnent selon la coutume pour rançon ou prix du sang. Et nul croyant ne conclut d'alliance avec un allié d'un croyant sans son accord. Et les croyants pieux sont contre quiconque parmi eux commet une injustice, ou cherche à répandre le mal, le péché, l'agression ou la corruption entre les croyants ; leurs mains sont unies contre lui, même s'il est le fils de l'un d'eux. Et un croyant ne tue pas un croyant pour un mécréant, et n'assiste pas un mécréant contre un croyant. Et la protection 17 de Dieu – qu'Il soit exalté et magnifié – est une : le plus humble d'entre eux peut accorder protection. Et les croyants sont alliés les uns des autres à l'exclusion des autres hommes. Et quiconque parmi les Juifs nous suit aura le secours et l'égalité, sans être lésé ni voir ses ennemis secourus contre lui. Et la paix des croyants est une : nul croyant ne fait la paix sans un autre croyant dans un combat dans le chemin de Dieu, sauf sur un pied d'égalité et de justice entre eux. Et toute expédition qui part avec nous se relaie les unes les autres. Et les croyants se garantissent mutuellement le sang versé dans le chemin de Dieu. Et les croyants pieux suivent la meilleure et la plus droite guidance. Et nul associateur 18 ne protège un bien ou une personne des Quraysh, et ne s'interpose entre lui et un croyant. Et quiconque tue un croyant délibérément 19 sans preuve, il est sujet à la peine de mort 20, à moins que le tuteur du tué n'agrée [une compensation]. Et les croyants sont tous contre lui, et il ne leur est permis que de se dresser contre lui. Et il n'est pas permis à un croyant qui a reconnu ce qui est dans ce document et a cru en Dieu et au Jour dernier de secourir un innovateur 21 ni de lui donner asile ; quiconque le secourt ou lui donne asile, la malédiction et la colère de Dieu sont sur lui au Jour de la Résurrection, et on n'accepte de lui ni compensation ni réparation 22. Et tout ce sur quoi vous divergerez, son retour est à Dieu et à Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue. Et les Juifs contribuent aux dépenses avec les croyants tant qu'ils sont en guerre. Et les Juifs des Banû 'Awf forment une communauté avec les croyants : aux Juifs leur religion, aux musulmans leur religion, ainsi qu'à leurs alliés et à eux-mêmes, sauf celui qui commet une injustice ou un péché : il ne nuit qu'à lui-même et à sa famille. Et les Juifs des Banû an-Najjâr ont les mêmes droits que les Juifs des Banû 'Awf. Et les Juifs des Banû al-Hârith ont les mêmes droits que les Juifs des Banû 'Awf. Et les Juifs des Banû Sâ'ida ont les mêmes droits que les Juifs des Banû 'Awf. Et les Juifs des Banû Jusham ont les mêmes droits que les Juifs des Banû 'Awf. Et les Juifs des Banû al-Aws ont les mêmes droits que les Juifs des Banû 'Awf. Et les Juifs des Banû Tha'laba ont les mêmes droits que les Juifs des Banû 'Awf, sauf celui qui commet une injustice ou un péché : il ne nuit qu'à lui-même et à sa famille. Et Jafna, une branche de Tha'laba, est comme eux-mêmes. Et les Banû ash-Shutba ont les mêmes droits que les Juifs des Banû 'Awf. Et la piété 23 est sans péché. Et les alliés de Tha'laba sont comme eux-mêmes. Et les proches 24 des Juifs sont comme eux-mêmes. Et nul d'entre eux ne sort sans la permission de Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue. Et nul n'empêche la vengeance d'une blessure. Et quiconque commet un meurtre 25, c'est contre lui-même, sauf s'il est victime d'une injustice. Et Dieu est le garant de ce qu'il y a de plus pieux dans ce document. Et les Juifs ont leurs dépenses et les musulmans ont leurs dépenses. Et entre eux, le secours contre quiconque combat les gens de ce document. Et entre eux, le conseil et la sincérité, et la piété sans péché. Et nul n'est tenu pour le péché de son allié. Et le secours est pour l'opprimé. Et les Juifs contribuent aux dépenses avec les croyants tant qu'ils sont en guerre. Et Yathrib est sacrée, son enceinte 26 pour les gens de ce document. Et le voisin est comme soi-même, sans nuisance ni péché. Et nulle femme ne donne asile sans la permission de sa famille. Et tout incident ou dispute survenant entre les gens de ce document, dont on craint la corruption, son retour est à Dieu – qu'Il soit exalté et magnifié – et à Muhammad, le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Et Dieu est le garant de ce qu'il y a de plus pieux et de plus vertueux dans ce document. Et nul n'accorde protection aux Quraysh ni à ceux qui les secourent. Et entre eux, le secours contre quiconque attaque Yathrib. Et s'ils sont appelés à une paix qu'ils concluent et respectent, ils la concluent et la respectent. Et s'ils sont appelés à une paix semblable, elle est pour eux sur les croyants, sauf contre ceux qui combattent pour la religion. À chaque groupe sa part de leur côté qui leur fait face. Et les Juifs des Aws, leurs alliés et eux-mêmes, ont les mêmes droits que ce qui est pour les gens de ce document, en toute piété pure de la part des gens de ce document. » Ibn Hishâm dit : « On dit : avec la piété bienfaisante de la part des gens de ce document. » Ibn Ishâq dit : « Et la piété est sans péché : nul n'acquiert [un péché] que contre lui-même. Et Dieu – qu'Il soit exalté et magnifié – est le garant de ce qu'il y a de plus véridique et de plus pieux dans ce document. Et ce document n'empêche pas un injuste ou un pécheur. Et quiconque sort est en sécurité, et quiconque reste est en sécurité à Médine, sauf celui qui commet une injustice ou un péché. Et Dieu est le protecteur de quiconque est pieux et craint Dieu, et Muhammad est le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Explication des termes rares dans ce document. »

Al-Suhaylī a dit : « Sa parole : “sur leur rub‘a” : la rub‘a et la rubā‘a désignent l’état dans lequel l’islam les a trouvés. On dit : “Untel est sur la rubā‘a de son peuple” lorsqu’il est leur chef et leur représentant. » Il a dit : « La kasra du rā’ [dans rub‘a] est la forme analogique pour ce sens, car il s’agit d’une autorité ; si l’on considère rubā‘a comme un infinitif, l’analogie exige la fatḥa du rā’, selon leur coutume et leur habitude concernant les règles des compensations et des sangs, où ils se solidarisaient selon leurs ‘āqila 27 premières. » Sa parole : « mufraḥ ». Ibn Hishām a dit : « Al-mufraḥ est celui qui est abandonné, accablé par les dettes et les charges familiales. » Le poète a dit : « Si tu ne cesses d’acquitter un dépôt et d’en supporter un autre, les dépôts te rendent mufraḥ. » Al-Suhaylī a dit : « Il est possible qu’il s’agisse d’un verbe de privation, c’est-à-dire “il t’a privé de la joie”, comme on dit “aqsaṭa l-rajulu” lorsqu’il est juste, c’est-à-dire “il a éliminé l’injustice”. Il est aussi possible que le fā’ soit une substitution du bā’, venant de barḥ, qui signifie la difficulté ; on dit : “J’ai éprouvé de sa part un barḥ”, c’est-à-dire une grande difficulté. » Il a mentionné une autre variante : « mufraj » avec un jīm, et il a rapporté à son sujet plusieurs avis, dont : « C’est celui qui n’a pas de registre 28 », et : « C’est la personne tuée entre deux villages sans que l’on sache qui l’a tuée », et : « Il a le sens de mufraḥ avec un ḥā’, c’est-à-dire celui qui ne possède rien et que les dettes accablent, et on paie pour lui depuis le Trésor public. » Sa parole : « al-‘ānī », c’est le prisonnier, et « al-makhdhūl », celui que son peuple a abandonné sans lui porter secours. Sa parole : « al-dasī‘a », c’est le don ; c’est ce qui sort de la gorge du chameau quand il blatère ; il l’a emprunté ici pour désigner le don, et il entend par là ce qu’ils subissent comme injustice. Sa parole : « yabī’u ba‘ḍuhum ‘alā ba‘ḍ » : il protège et repousse. Abū Dharr l’a dit. Al-Suhaylī a dit : « Cela vient de al-bawā’, c’est-à-dire l’égalité ; de là vient la parole de Muhalhil lorsqu’il tua les deux fils d’al-Ḥārith ibn ‘Abbād : “Baw’u bi-shi‘ri na‘li Kulayb” 29. » Sa parole : « wa-man i‘tabaṭa mu’minan » : i‘tabaṭahu signifie le tuer sans aucune raison justifiant sa mort. Abū Dharr l’a dit. Sa parole : « fa-innahu lā yūtighu illā nafsahu » : c’est-à-dire il ne détruit et ne fait périr que lui-même. On dit : « watiġa ar-rajulu » et « awtaġahu ġayruhu » : il l’a fait périr. Al-Suhaylī l’a dit. Sa parole : « wa-anna biṭānata yahūd » : la biṭāna d’un homme, ce sont ses intimes et ceux qui partagent ses secrets. Abū Dharr l’a dit. Il a dit : « al-fatk » : le meurtre ; « al-ishtijār » : la divergence. On dit : « ishtajara al-qawmu » lorsqu’ils divergent. Sa parole : « min dahm » : il veut dire : ceux qui les surprennent. On dit : « dahamat-hum al-khaylu tadhamu-hum ». Al-Suhaylī a dit : « Sa parole : “anna al-birra dūna al-ithmi” signifie que la piété et la loyauté doivent être un obstacle au péché. » Sa parole : « anna Allāha ‘alā atqā mā fī hādhihi aṣ-ṣaḥīfati wa-abarrīhi » : c’est-à-dire qu’Allah et Son parti, les croyants, agréent cela. Puis il a dit – c’est-à-dire al-Suhaylī – : « Ceci est le livre du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – entre lui et les Juifs lorsqu’il arriva à Médine. Il leur imposa des conditions et leur accorda la sécurité pour eux-mêmes, leurs familles et leurs biens. La terre de Yathrib leur appartenait avant l’arrivée des Anṣār. Lorsque survint le déluge de ‘Arim 30 et que les Sabéens se dispersèrent, les Aws et les Khazraj s’installèrent sur ordre de Ṭarīfa la devineresse et de ‘Imrān ibn ‘Āmir – car il était devin – et selon ce que chaque tribu de Saba’ avait prophétisé. Ainsi, pour les Banū Ḥāritha ibn Tha‘laba – qui sont les Aws et les Khazraj – il fut prophétisé qu’ils s’installeraient à Yathrib, la palmeraie ; ils s’y installèrent donc avec les Juifs, conclurent des alliances avec eux et demeurèrent avec eux. La demeure était unique. La raison de la présence des Juifs à Médine – qui est au cœur de la terre des Arabes, alors que les Juifs sont originaires du pays de Canaan – est que les Banū Isrā’īl étaient attaqués par les ‘Amālīqa 31 du Ḥijāz, dont les demeures étaient Yathrib, al-Juḥfa et jusqu’à La Mecque. Les Banū Isrā’īl se plaignirent de cela à Moïse – sur lui la paix – qui envoya contre eux une armée en leur ordonnant de les tuer sans en laisser un seul. Ils le firent, mais épargnèrent le fils de leur roi, un beau jeune homme, par compassion pour lui. On dit que le roi s’appelait al-Arqam ibn al-Arqam, selon ce qu’a rapporté al-Zubayr. Puis ils retournèrent au Shām, alors que Moïse – sur lui la paix – était mort. Les Banū Isrā’īl leur dirent : “Vous avez désobéi et transgressé, nous ne vous accueillerons donc pas.” Ils dirent : “Nous retournons dans les pays que nous avons conquis et nous y demeurons.” Ils retournèrent donc à Yathrib, s’y installèrent et s’y multiplièrent jusqu’à ce que les Aws et les Khazraj s’installent parmi eux après le déluge de ‘Arim. On dit aussi qu’un groupe de Banū Isrā’īl gagna le Ḥijāz lorsque Nabuchodonosor le Babylonien ravagea leur pays et parcourut leurs demeures ; ceux qui purent s’enfuir gagnèrent le Ḥijāz, comme les Qurayẓa et les Naḍīr, et s’installèrent à Khaybar et à Médine. Et Allah – qu’Il soit exalté – est plus savant. » Quant à Yathrib, c’est le nom d’un homme des ‘Amālīqa qui s’y installa, et elle fut connue sous son nom. C’est Yathrib ibn Qāyin ibn ‘Ubayl. Les Banū ‘Ubayl sont ceux qui s’installèrent à al-Juḥfa ; les torrents les emportèrent, et c’est pourquoi elle fut nommée al-Juḥfa 32. Lorsque le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – l’occupa, il répugna ce nom à cause de la notion de reproche [tathrīb] qu’il contient, et il la nomma Ṭayba, Ṭāba et al-Madīna. Il a été rapporté de Ka‘b et d’autres qu’elle a onze noms dans la Torah, qu’al-Suhaylī a mentionnés. Il a dit : « Il a été rapporté au sujet de la parole d’Allah – qu’Il soit exalté – {Et dis : “Seigneur, fais-moi entrer par une entrée de vérité”} qu’il s’agit de Médine, {et fais-moi sortir par une sortie de vérité} qu’il s’agit de La Mecque, et {un pouvoir secourable} qu’il s’agit des Anṣār – qu’Allah les agrée. » Abū ‘Ubayd al-Qāsim ibn Sallām a dit : « Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – n’écrivit ce livre qu’avant que la jizya 33 ne fût prescrite, alors que l’islam était faible et que les Juifs avaient alors une part du butin lorsqu’ils combattaient avec les musulmans, comme il leur imposa dans ce livre de contribuer aux dépenses des guerres. » Al-Suhaylī a dit : « Ensuite, le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – établit la fraternité entre ses Compagnons lorsqu’ils s’installèrent à Médine, afin de dissiper leur sentiment d’étrangeté, de les réconforter après la séparation d’avec leurs familles et leurs tribus, et de renforcer leur soutien mutuel. Lorsque l’islam devint fort, que la communauté se rassembla et que l’étrangeté disparut, Allah – qu’Il soit exalté – révéla : {Et les liens de parenté sont plus proches les uns des autres dans le Livre d’Allah} 34, c’est-à-dire pour l’héritage. Puis Il fit de tous les croyants des frères, en disant : {Les croyants ne sont que des frères} 35, c’est-à-dire dans l’affection mutuelle et l’universalité de l’appel. » Chapitre sur la mention du Negus, roi d’Abyssinie, l’histoire de sa conversion, les correspondances qu’il échangea avec lui – qu’Allah prie sur lui et le salue – et ce qui s’y rapporte. Nous avons rapporté d’Anas – qu’Allah l’agrée – que le Prophète d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – écrivit à Chosroès, à César, au Negus et à tout tyran pour les appeler à Allah – qu’Il soit exalté. Cela indique que ces trois-là, qu’il désigna, étaient les plus grands rois de la terre, et que les autres rois étaient leurs subordonnés à son époque – qu’Allah prie sur lui et le salue. C’est pourquoi on appelait Chosroès « Shāhān Shāh », c’est-à-dire « roi des rois ». Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – réprouvait qu’un homme se fasse appeler par ce nom ou par un nom équivalent. J’ai commencé par le Negus – qu’Allah lui fasse miséricorde – en raison de la rapidité de sa réponse à l’appel du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, de sa conversion, de son humilité, de son absence d’hésitation à écouter la Révélation, de sa poursuite de la vérité, du fait qu’il ne craignait aucun blâme dans la voie d’Allah, et parce que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – pria sur lui à Médine, manifestant ainsi un miracle. J’ai rassemblé tout ce qui a été rapporté à ce sujet, dans la mesure du possible. Je dis donc : Ibn Daḥya a dit dans « Faḍl al-Ayyām wa al-Shuhūr » : « Al-Najāshī 36 – avec la fatḥa ou la kasra du nūn – et son nom est Aṣḥama. » Ibn Zubr a dit dans ses « Wafayāt » : « On rapporte aussi Muṣḥama, avec un mīm à la place de la hamza, fils d’Abjar. » Dans le livre « Nawādir al-Tafsīr » de Muqātil ibn Sulaymān al-Balkhī, il est dit : « Le nom du Negus est Makḥūl ibn Ṣaṣṣa. » Tout roi d’Abyssinie est appelé « al-Najāshī », et ce mot vient de al-najsh, qui signifie le fait de découvrir une chose et de l’examiner. Al-Rashāṭī a dit : « Les Abyssins descendent de Ḥabash ibn Kūsh ibn Ḥām, et il est le plus grand roi des Noirs ; tous les royaumes des Noirs obéissent à l’Abyssinie. » Le Negus se convertit et sa conversion fut excellente. Nous avons rapporté d’‘Abd al-Malik ibn Hishām, d’après Ziyād al-Bakkā’ī, d’après Muḥammad ibn Isḥāq, que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, voyant ce que subissaient ses Compagnons comme épreuves de la part des Mecquois et leurs tortures lorsqu’ils professèrent l’islam, leur dit : « Si vous partiez en terre d’Abyssinie, car il s’y trouve un roi puissant auprès duquel nul n’est opprimé, et c’est une terre de vérité, jusqu’à ce qu’Allah vous procure une issue de ce dans quoi vous êtes. » Un groupe partit donc, tandis que les autres cachèrent leur conversion. La terre d’Abyssinie était un lieu de commerce pour les Quraysh. Alors, les Compagnons du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – partirent pour la terre d’Abyssinie, craignant la tentation et fuyant vers Allah avec leur religion. Ce fut la première hijra 37 en islam. Ils étaient onze hommes et quatre femmes, s’éclipsant en secret. Ils trouvèrent à la mer deux bateaux de marchands qui les transportèrent jusqu’en Abyssinie. Leur départ eut lieu en rajab de la cinquième année de la prophétie. Les Quraysh partirent à leur poursuite et les combattirent. Le premier à partir fut ‘Uthmān ibn ‘Affān avec sa femme Ruqayya, fille du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, al-Zubayr ibn al-‘Awwām, ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Awf, Ja‘far ibn Abī Ṭālib, Abū Salama et sa femme Umm Salama – dont le nom est Hind bint Abī Umayya –, et ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd, parmi ceux qui partirent avec eux – qu’Allah les agrée. Ils demeurèrent chez le Negus durant sha‘bān et ramaḍān, puis revinrent en shawwāl. Aucun d’eux n’entra à La Mecque ; leurs clans les molestèrent, et le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – les autorisa à partir une seconde fois. Ils partirent donc en groupe d’hommes et de femmes. Le nombre total de ceux qui gagnèrent la terre d’Abyssinie fut de quatre-vingt-trois hommes et dix-huit femmes, parmi lesquelles Umm Ḥabība Ramla bint Abī Sufyān – qu’Allah l’agrée –, qui était alors mécréante, et elle se convertit plus tard. Leur départ eut lieu en la septième année de la prophétie. Ils demeurèrent en Abyssinie jusqu’à la septième année de l’hégire, puis ils revinrent à Médine auprès du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, après la conquête de Khaybar. Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – leur dit : « Je ne sais lequel de ces deux événements me réjouit le plus : la conquête de Khaybar ou le retour de Ja‘far. »

Les Abyssins 38, hormis ceux qui y naquirent et leurs enfants qu'ils emmenèrent tout petits, étaient au nombre de quatre-vingt-deux hommes et onze femmes. Lorsqu'ils apprirent la migration du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) vers Médine, trente-trois hommes et huit femmes parmi eux revinrent. L'un d'eux mourut à La Mecque, sept furent retenus, et vingt-quatre d'entre eux participèrent à la bataille de Badr. Il est rapporté d'après Oum Salama 39, l'épouse du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), qui dit : « Lorsque nous arrivâmes en terre d'Abyssinie, nous y eûmes un excellent voisin en la personne du Négus 40 ; il nous assura la sécurité pour notre religion, nous adorâmes Allah sans être molestés ni entendre quoi que ce soit de déplaisant. Quand cela parvint aux Quraychites 41, ils tinrent conseil et décidèrent d'envoyer vers le Négus deux hommes énergiques, et de lui offrir des présents parmi les curiosités de La Mecque. Ce qui les surprenait le plus était le cuir ; ils rassemblèrent donc beaucoup de cuir, et n'oublièrent aucun de ses patrices 42 sans lui offrir un présent. Puis ils envoyèrent cela avec Abd Allah ibn Abi Rabi'a 43 et Amr ibn al-As 44, en leur donnant leurs instructions. Ils leur dirent : "Remettez à chaque patrice son présent avant de parler au Négus à leur sujet ; puis présentez vos cadeaux au Négus, et demandez-lui de vous les livrer avant qu'il ne leur parle." Oum Salama dit : « Ils partirent donc et arrivèrent chez le Négus alors que nous étions chez lui dans la meilleure demeure, auprès du meilleur voisin. Ils ne laissèrent aucun patrice sans lui remettre son présent avant de parler au Négus, et dirent à chacun d'eux : "Il s'est réfugié dans le pays du roi 45 des jeunes gens insensés des nôtres, qui ont abandonné la religion de leur peuple sans entrer dans la vôtre, et ont apporté une religion nouvelle que ni nous ni vous ne connaissons. Nous avons été envoyés au roi à leur sujet par les notables de leur peuple pour qu'il les leur rende. Quand nous parlerons au roi à leur sujet, conseillez-lui de nous les livrer sans leur parler, car leur peuple connaît mieux leur situation et sait ce qu'ils leur reprochent." Ils répondirent : "Oui." Ensuite, ils présentèrent leurs cadeaux au Négus, qui les accepta, puis ils lui parlèrent et dirent : "Ô roi, des jeunes gens insensés des nôtres se sont réfugiés dans ton pays ; ils ont abandonné la religion de leur peuple sans entrer dans la tienne, et ont apporté une religion qu'ils ont inventée, que ni nous ni toi ne connaissons. Nous avons été envoyés vers toi à leur sujet par les notables de leur peuple, leurs pères, oncles et clans, pour que tu nous les rendes. Car leur peuple connaît mieux leur situation et sait ce qu'ils leur reprochent et pour quoi ils les blâment." Oum Salama dit : « Il n'y avait rien de plus odieux à Abd Allah ibn Abi Rabi'a et Amr ibn al-As que d'entendre le Négus écouter leur parole. » Elle dit : « Les patrices autour de lui dirent : "Ils disent vrai, ô roi ; leur peuple connaît mieux leur situation et sait ce qu'ils leur reprochent ; livre-les donc à ces deux hommes, qu'ils les ramènent dans leur pays et à leur peuple." » Elle dit : « Le Négus se mit en colère, puis dit : "Non, par Allah, je ne les livrerai pas à eux deux. Il ne se peut pas qu'un peuple qui s'est réfugié chez moi, a établi sa demeure dans mon pays et m'a choisi plutôt qu'un autre, sans que je les convoque et les interroge sur ce que disent ces deux hommes à leur sujet. S'ils sont comme ils disent, je les livrerai à eux deux et les renverrai à leur peuple ; mais s'ils sont autrement, je les protégerai contre eux et leur accorderai une bonne protection tant qu'ils demeureront chez moi." Elle dit : « Puis il envoya chercher les compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et les convoqua. Lorsque son messager vint à eux, ils se réunirent et se dirent les uns aux autres : "Que direz-vous à cet homme quand vous arriverez chez lui ?" Ils répondirent : "Nous dirons, par Allah, ce que nous savons et ce que notre Prophète nous a ordonné, quoi qu'il arrive." Lorsqu'ils arrivèrent, le Négus avait convoqué ses évêques 46 qui avaient déployé leurs livres saints autour de lui. Il les interrogea et leur dit : "Qu'est-ce que cette religion pour laquelle vous avez quitté votre peuple sans entrer dans ma religion ni dans celle d'aucune de ces communautés ?" » Elle dit : « Celui qui lui parla fut Ja'far ibn Abi Talib 47 (qu'Allah l'agrée), qui lui dit : "Ô roi, nous étions un peuple de l'époque préislamique 48, adorant les idoles, mangeant la chair morte, commettant les turpitudes, rompant les liens de parenté, maltraitant le voisin, le fort opprimant le faible. Nous étions ainsi jusqu'à ce qu'Allah (gloire à Lui) nous envoie un Messager issu de nous, dont nous connaissions la lignée, la véracité, la loyauté et la pureté. Il nous appela à Allah pour L'unifier, L'adorer et abandonner ce que nous et nos pères adorions en dehors de Lui, pierres et idoles. Il nous ordonna la sincérité dans la parole, la restitution du dépôt, le maintien des liens de parenté, la bonté envers le voisin, l'abstention des choses illicites et du sang, et nous interdit les turpitudes, les paroles mensongères, la consommation des biens de l'orphelin et la calomnie contre les femmes vertueuses. Il nous ordonna d'adorer Allah sans rien Lui associer, et nous ordonna la prière, l'aumône légale 49 et le jeûne." Elle dit : « Il énuméra ainsi les prescriptions de l'islam. Nous le crûmes, nous eûmes foi en lui, et nous le suivîmes dans ce qu'il apportait d'Allah. Nous adorâmes Allah seul sans rien Lui associer, nous déclarâmes illicite ce qu'Il nous avait interdit et licite ce qu'Il nous avait permis. Alors notre peuple se dressa contre nous, nous torturant et nous éprouvant dans notre religion pour nous ramener à l'adoration des idoles au lieu d'adorer Allah, et pour que nous considérions comme licites les choses abominables que nous considérions auparavant comme licites. Lorsqu'ils nous eurent vaincus, opprimés, réduits à l'étroit et qu'ils nous eurent empêchés de pratiquer notre religion, nous sortîmes vers ton pays, nous te choisîmes plutôt qu'un autre, nous désirâmes ta protection et nous espérâmes ne pas être injustement traités chez toi, ô roi." » Elle dit : « Le Négus dit : "As-tu avec toi quelque chose de ce qu'il a apporté de la part d'Allah ?" Ja'far répondit : "Oui." Le Négus dit : "Récite-le-moi." Alors Ja'far lui récita le début de la sourate Maryam 50. » Elle dit : « Par Allah, le Négus pleura jusqu'à ce que sa barbe soit mouillée, et ses évêques pleurèrent jusqu'à mouiller leurs livres saints lorsqu'ils entendirent ce qu'il leur récitait. » 51 Puis le Négus dit : « Ceci et ce que Moïse a apporté proviennent d'une même source 52. Allez, par Allah, je ne vous livrerai jamais à eux deux, et je ne le ferai pas." Elle dit : « Lorsqu'ils sortirent de chez lui, Amr ibn al-As dit : "Par Allah, j'irai demain chez lui à leur sujet avec une chose qui les anéantira complètement 53." » 54 Elle dit : « Abd Allah ibn Abi Rabi'a, qui était le plus clément des deux envers nous, dit : "Ne fais pas cela, car ils ont des liens de parenté avec nous, même s'ils se sont opposés à nous." Amr dit : "Par Allah, je vais l'informer qu'ils prétendent que Jésus fils de Marie est un serviteur." » Elle dit : « Puis, le lendemain, il se rendit chez le Négus et dit : "Ô roi, ils disent au sujet de Jésus fils de Marie une parole énorme. Envoie-les chercher et interroge-les sur ce qu'ils disent à son sujet." » Elle dit : « Il envoya donc les chercher pour les interroger à ce sujet. » Elle dit : « Jamais pareille épreuve ne nous était arrivée. Les gens se réunirent et se dirent les uns aux autres : "Que direz-vous au sujet de Jésus fils de Marie ?" Ja'far ibn Abi Talib (qu'Allah l'agrée) dit : "Nous dirons à son sujet ce que notre Prophète nous a apporté, quoi qu'il arrive." Lorsqu'ils entrèrent chez lui, il leur dit : "Que dites-vous au sujet de Jésus fils de Marie ?" Ja'far ibn Abi Talib (qu'Allah l'agrée) répondit : "Nous disons à son sujet ce que notre Prophète nous a apporté : nous disons qu'il est le serviteur d'Allah, Son Messager, Son Esprit et Sa Parole qu'Il a projetée vers Marie, la vierge, la pure 55." » 56 Elle dit : « Le Négus frappa le sol de sa main, en ramassa un bâton et dit : "Par Allah, Jésus fils de Marie ne dépasse pas ce que tu as dit de la longueur de ce bâton." » Elle dit : « Ses patrices, autour de lui, reniflèrent 57 lorsqu'il dit cela. Il dit : "Même si vous reniflez, par Allah, allez, vous êtes en sécurité 58 dans mon pays." 59 Puis il dit : "Quiconque vous insulte paiera une amende. Par Allah, je n'aimerais pas avoir une montagne d'or 60." 61 Rendez-leur leurs cadeaux, je n'en ai pas besoin. Par Allah, Allah n'a pas accepté de pot-de-vin de moi lorsqu'Il m'a rendu mon royaume, pour que j'en accepte une en cette affaire ; et les hommes ne m'ont pas obéi pour que je leur obéisse en cela." Elle dit : « Ils sortirent de chez lui honteux, leurs cadeaux leur étant rendus. Nous restâmes chez lui dans la meilleure demeure, auprès du meilleur voisin. » Elle dit : « Par Allah, alors que nous étions ainsi, un homme d'Abyssinie vint contester son royaume. » Elle dit : « Par Allah, nous n'avons jamais connu de chagrin plus grand que celui que nous éprouvâmes alors, craignant que cet homme ne triomphe du Négus et qu'un homme ne vienne qui ne connaîtrait pas nos droits comme le Négus les connaissait. » Elle dit : « Le Négus marcha contre lui, le Nil les séparant. » Elle dit : « Les compagnons du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dirent : "Qui ira assister à la bataille des deux armées et nous apportera des nouvelles ?" Az-Zubayr ibn al-Awwam 62 dit : "Moi." Ils dirent : "C'est toi." Or il était le plus jeune d'entre eux. » Elle dit : « Ils gonflèrent pour lui une outre qu'il mit sur sa poitrine, puis il nagea dessus jusqu'à atteindre la rive du Nil où les deux armées se rencontraient, puis il alla jusqu'à assister à la bataille. » Elle dit : « Nous invoquâmes Allah pour la victoire du Négus sur son ennemi et pour qu'Il l'affermisse dans son pays. » Elle dit : « Par Allah, alors que nous étions ainsi, attendant ce qui allait arriver, voilà qu'Az-Zubayr ibn al-Awwam arriva en courant, agitant son vêtement, et criant : "Réjouissez-vous ! Le Négus a vaincu et Allah a détruit son ennemi !" » Elle dit : « Par Allah, nous n'avons jamais connu une joie pareille. » Elle dit : « Le Négus revint, Allah ayant détruit son ennemi et l'ayant affermi dans son pays ; l'ordre de l'Abyssinie fut consolidé pour lui. Nous restâmes chez lui dans la meilleure demeure jusqu'à ce que nous rejoignions le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à La Mecque. »

Il a dit : Quant à la parole du Négus : « Allah n’a pas accepté de pot-de-vin de ma part lorsqu’Il m’a rendu mon royaume, alors que j’accepterais un pot-de-vin en cela ? », ‘Aïsha (qu’Allah l’agrée) a dit : « Son père était le roi de son peuple et n’avait d’autre enfant que le Négus. Le Négus avait un oncle paternel qui avait douze enfants de ses propres reins, et ils étaient la famille royale d’Abyssinie. Les Abyssins dirent entre eux : “Si nous tuions le père du Négus et que nous faisions roi son frère – car il n’a d’autre enfant que ce garçon, tandis que son frère a douze hommes de ses reins –, ils hériteraient du royaume après lui.” Les Abyssins restèrent ainsi un temps, puis ils attaquèrent le père du Négus, le tuèrent, et firent roi son frère. Ils demeurèrent ainsi quelque temps, et le Négus grandit chez son oncle. Il était intelligent et résolu, et il prit le contrôle des affaires de son oncle, occupant auprès de lui une position éminente. Quand les Abyssins virent sa place auprès de lui, ils dirent entre eux : “Par Allah, ce jeune homme a pris le contrôle des affaires de son oncle, et nous craignons qu’il ne nous domine. S’il devient notre roi, il nous tuera tous, car il sait que c’est nous qui avons tué son père.” Ils allèrent donc voir son oncle et dirent : “Soit tu tues ce jeune homme, soit nous le chassons de parmi nous, car nous le craignons pour nous-mêmes.” Il dit : “Malheur à vous ! Hier vous avez tué son père, et aujourd’hui je le tuerais ? Plutôt, je le chasse de chez vous.” Elle dit : Ils l’emmenèrent donc au marché et le vendirent à un commerçant pour six cents dirhams. Celui-ci le jeta dans son bateau et partit avec lui. Quand vint le soir de ce jour, un nuage d’automne s’éleva, et son oncle sortit pour chercher la pluie en dessous. La foudre le frappa et le tua. Elle dit : Les Abyssins se précipitèrent vers ses enfants, mais ils découvrirent qu’ils étaient stupides, sans valeur parmi eux. Leur affaire devint confuse (maraja) – c’est-à-dire mêlée et troublée, comme l’a dit al-Jawharî. Il dit : Le mot est avec un kasr (maraj) et avec un fath (maraj), son contraire, et de là vient la parole du Très-Haut : {Il a fait maraj les deux mers} (Sourate 55, verset 19), c’est-à-dire Il les a libérées sans qu’elles se mêlent. Elle dit : Quand ils furent dans l’embarras à cause de leur situation, certains dirent à d’autres : “Savez-vous, par Allah, que votre roi, qui seul peut redresser vos affaires, est celui que vous avez vendu ce matin ? Si vous tenez à l’affaire d’Abyssinie, rattrapez-le.” Elle dit : Ils partirent à sa recherche et à la recherche de l’homme à qui ils l’avaient vendu, jusqu’à ce qu’ils le rattrapent. Ils le reprirent à lui, puis vinrent avec lui, lui mirent la couronne sur la tête, l’assirent sur le trône du royaume, et le firent roi. Le commerçant à qui ils l’avaient vendu vint alors et dit : “Soit vous me rendez mon argent, soit je lui en parle.” Ils dirent : “Nous ne te donnerons rien.” Il dit : “Alors, par Allah, je lui en parlerai.” Ils dirent : “À toi de voir.” Il vint donc, s’assit devant lui et dit : “Ô roi, j’ai acheté un jeune homme à des gens au marché pour six cents dirhams. Ils m’ont livré mon jeune homme et ont pris mes dirhams. Puis, alors que je voyageais avec mon jeune homme, ils m’ont rattrapé, ont repris mon jeune homme et m’ont privé de mes dirhams.” Elle dit : Le Négus leur dit : “Rendez-lui ses dirhams, ou bien qu’il mette la main de son jeune homme dans la sienne et qu’il parte avec lui où il veut.” Ils dirent : “Nous lui rendons ses dirhams.” Elle dit : C’est pour cela qu’il a dit : “Allah n’a pas accepté de pot-de-vin de ma part lorsqu’Il m’a rendu mon royaume, alors que j’accepterais un pot-de-vin en cela ?” Elle dit : Ce fut la première chose que l’on connut de sa fermeté dans sa religion et de sa justice dans son jugement. As-Suhaylî a dit : L’apparence du hadith indique qu’ils l’ont repris à lui avant qu’il ne l’emmène dans son pays, selon sa parole : “Ils partirent à sa recherche et le rattrapèrent.” Cependant, un autre hadith précise que son maître était un Arabe et qu’il l’a tenu en esclavage longtemps, ce qu’implique sa parole : “Quand l’affaire des Abyssins devint confuse (maraja) et qu’ils furent dans l’embarras”, ce qui indique la longue durée de son absence parmi eux. Il a été rapporté que la bataille de Badr, lorsque la nouvelle en parvint au Négus (qu’Allah lui fasse miséricorde), il en eut connaissance avant les musulmans qui étaient auprès de lui. Il envoya les chercher, et quand ils entrèrent chez lui, il avait revêtu un vêtement de laine (mish) et s’était assis sur la terre et la cendre. Ils lui dirent : “Qu’est-ce que cela, ô roi ?” Il dit : “Nous trouvons dans l’Évangile que lorsque Allah Très-Haut accorde une grâce à Son serviteur, il incombe au serviteur de faire preuve d’humilité envers Allah. Or Allah nous a accordé, à nous et à vous, une grande grâce : le Prophète Muhammad (qu’Allah prie sur lui et le salue) – il m’est parvenu qu’il a rencontré ses ennemis dans une vallée appelée Badr, où il y a beaucoup d’arak (arbre), où je faisais paître les moutons chez mon maître, qui était des Banû Damra – et qu’Allah Très-Haut y a vaincu ses ennemis et soutenu Sa religion.” Ce récit indique donc la longue durée de son séjour en terre arabe. C’est de là, et Allah sait mieux, qu’il apprit la langue arabe, par laquelle il comprit la sourate Maryam lorsqu’elle fut récitée devant lui, au point qu’il pleura et que sa barbe fut trempée. Il est mentionné que Ja‘far (qu’Allah l’agrée) eut trois enfants en terre d’Abyssinie : Muhammad, ‘Awn et ‘Abdullah. Le Négus eut un enfant le jour où ‘Abdullah naquit, et il envoya demander à Ja‘far : “Comment as-tu nommé ton fils ?” Il dit : “Abdullah.” Alors le Négus nomma son fils ‘Abdullah, et Asmâ’ bint ‘Umays, femme de Ja‘far, l’allaita avec son fils ‘Abdullah. Ils restèrent liés par cette fraternité. As-Suhaylî a dit : D’après une transmission de Yûnus d’après Ibn Ishâq, Abû Nîzir, client (mawlâ) de ‘Alî ibn Abî Tâlib (sur lui la paix), était un fils du Négus lui-même. ‘Alî (sur lui la paix) l’avait trouvé chez un commerçant à La Mecque, l’avait acheté à lui et affranchi, en récompense de ce que son père avait fait pour les musulmans. Il est mentionné que l’affaire des Abyssins devint confuse après la mort du Négus (qu’Allah lui fasse miséricorde), et qu’ils envoyèrent une délégation auprès d’Abû Nîzir, qui était avec ‘Alî (sur lui la paix), pour le faire roi et le couronner, sans divergence entre eux. Mais il refusa et dit : “Je ne chercherais pas le royaume après qu’Allah m’a gratifié de l’Islam.” Il dit : Abû Nîzir était parmi les plus grands en taille et les plus beaux en visage. Il dit : Sa couleur n’était pas celle des Abyssins, mais quand tu le voyais, tu disais : “Un homme des Arabes.” D’après Ja‘far ibn Muhammad, d’après son père, il a dit : Les Abyssins se réunirent et dirent au Négus : “Tu as abandonné notre religion”, et ils se révoltèrent contre lui. Il dit : Il envoya chercher Ja‘far ibn Abî Tâlib et ses compagnons, prépara pour eux des bateaux et dit : “Montez-y et restez comme vous êtes. Si je suis vaincu, partez jusqu’à où vous voudrez ; si je triomphe, restez.” Puis il prit un écrit dans lequel il attestait qu’il n’y a de dieu qu’Allah et que Muhammad est Son serviteur et Son messager, et attestait que ‘Îsâ ibn Maryam est le serviteur d’Allah, Son messager, Son souffle et Sa parole qu’Il a jetée à Maryam. Puis il le mit dans son vêtement (qabâ’), près de l’épaule droite, et sortit vers les Abyssins, qui s’étaient rangés en ligne devant lui. Il dit : “Ô assemblée d’Abyssins, ne suis-je pas le plus digne de vous ?” Ils dirent : “Si.” Il dit : “Comment avez-vous trouvé ma conduite parmi vous ?” Ils dirent : “La meilleure conduite.” Il dit : “Qu’avez-vous donc ?” Ils dirent : “Tu as abandonné notre religion et tu prétends que ‘Îsâ ibn Maryam est un serviteur.” Il dit : “Que dites-vous, vous, au sujet de ‘Îsâ ?” Ils dirent : “Nous disons qu’il est le fils d’Allah.” Alors le Négus, posant sa main sur son vêtement (qabâ’), attesta que ‘Îsâ ibn Maryam n’est rien de plus que cela – voulant dire ce qu’il avait écrit. Ils furent satisfaits et s’en allèrent. La nouvelle parvint au Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue), et lorsqu’il mourut, il pria sur lui et demanda pardon pour lui. D’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée), il a dit : L’Envoyé d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) nous annonça la mort du Négus le jour même où il mourut. Il sortit vers le lieu de prière (musallâ), aligna ses compagnons derrière lui, et fit sur lui quatre takbîr. Il mourut (qu’Allah lui fasse miséricorde) en rajab de l’an neuf de l’Hégire. Dans une autre transmission : Il pria sur lui à al-Baqî‘ ; sa civière fut élevée en Abyssinie jusqu’à ce qu’il la voie depuis Médine, et il pria sur lui. Les hypocrites parlèrent et dirent : “Il prie sur ce barbare (‘ilj) !” Alors Allah Très-Haut révéla : {Et parmi les Gens du Livre, il en est qui croient en Allah et en ce qui a été descendu vers vous et en ce qui a été descendu vers eux, humbles devant Allah, ne vendant pas les versets d’Allah à vil prix. Ceux-là auront leur récompense auprès de leur Seigneur} (Sourate 3, verset 199). Je dis : Il fait partie de ceux qui reçoivent leur récompense deux fois, comme il est rapporté dans le Sahîh : “Un homme des Gens du Livre qui croit en ce que tu as apporté et qui croit aux messagers.” ‘Aïsha (qu’Allah l’agrée) a dit : On racontait qu’on voyait toujours une lumière sur sa tombe – c’est-à-dire le Négus (qu’Allah lui fasse miséricorde). Nous l’avons rapporté d’après Ibn Ishâq. Section mentionnant les deux lettres du Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) au Négus. Ibn Ishâq a dit : Le Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) envoya ‘Amr ibn Umayya ad-Damrî – il fut le premier messager – et lui écrivit deux lettres : dans l’une, il l’appelait à l’Islam ; dans l’autre, il lui ordonnait de lui marier Umm Habîba, Ramla bint Abî Sufyân. Il prit la lettre, la mit sur ses yeux, descendit de son trône par humilité, puis embrassa l’Islam, prononça l’attestation de vérité, fit apporter un coffre d’ivoire, y plaça les deux lettres de l’Envoyé d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue), et dit : “L’Abyssinie ne cessera d’être dans le bien tant que ces deux lettres seront parmi eux.” Mentionné par ‘Abd al-Karîm. Ibn Ishâq a dit : Il écrivit avec ‘Amr ibn Umayya au sujet de Ja‘far et de ses compagnons : “Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. De la part de Muhammad, l’Envoyé d’Allah, au Négus…”

Le Négus, roi d’Abyssinie : « Je loue pour toi Dieu, le Roi, le Saint, la Paix, le Croyant, le Dominateur. Et j’atteste que Jésus, fils de Marie, est l’Esprit de Dieu et Sa Parole qu’Il a projetée vers Marie, la vierge, la bonne, la chaste ; elle a conçu Jésus par Sa création de Son Esprit et de Son souffle, comme Il a créé Adam de Sa Main. Je t’ai informé et conseillé ; accepte donc mon conseil. Et je t’appelle à Dieu seul, sans associé, à l’alliance dans Son obéissance, à ce que tu me suives et croies en ce qui m’est venu, car je suis le Messager de Dieu. Et je t’appelle, toi et tes armées, à Dieu, Puissant et Majestueux. J’ai envoyé vers vous mon cousin Ja‘far, accompagné d’un groupe de musulmans. Et la paix soit sur ceux qui suivent la guidance. » Alors le Négus écrivit au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. À Muhammad, Messager de Dieu, de la part du Négus Ashama. Paix sur toi, ô Messager de Dieu, et miséricorde de Dieu et Ses bénédictions, de la part de Dieu, en dehors de qui il n’y a de dieu que Lui, Celui qui m’a guidé vers l’islam. Ceci dit : Ta lettre m’est parvenue, ô Messager de Dieu, concernant ce que tu as mentionné de l’affaire de Jésus. Par le Seigneur du ciel et de la terre, Jésus — sur lui la paix — ne dépasse en rien ce que tu as mentionné, pas même d’un *thufrūq* (un *thufrūq* — avec un *thā’* — est l’attache entre la spathe et la datte ; on dit aussi que c’est la spathe elle-même, selon al-Jawharī et d’autres). Il est comme tu l’as dit. Nous avons reconnu ce que tu nous as envoyé. Ton cousin est arrivé (dans une version : nous avons accueilli ton cousin). J’ai embrassé l’islam entre ses mains pour Dieu, Seigneur des mondes. Je t’ai envoyé mon fils ; et si tu veux, je viendrai à toi en personne, ô Messager de Dieu. Car j’atteste que ce que tu dis est vrai. Et la paix soit sur toi, ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions. » Puis il envoya son fils, comme nous le mentionnerons plus tard, si Dieu Très-Haut le veut. Abū ‘Ubayd al-Qāsim a dit : « Le Négus embrassa l’islam et envoya au Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — un vêtement. Le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : “Laissez les Abyssins tranquilles tant qu’ils vous laissent tranquilles.” » Il dit : « Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui ordonna de le marier à Umm Ḥabība, de lui renvoyer ceux de ses Compagnons qui étaient auprès de lui, et de les transporter ; il le fit. » ‘Abd al-Karīm al-Ḥalabī rapporte d’après Ibn ‘Abbās — que Dieu les agrée tous deux — qui a dit : « Le Négus offrit au Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — une mule qu’il montait. » Il dit : « Notre maître al-Dumyāṭī a dit : “C’étaient cinq mules.” » D’après Abū Qatāda : « Lorsque la délégation du Négus arriva auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — il les servit lui-même. Ses Compagnons lui dirent : “Nous te suffisons.” Il répondit : “Ils honoraient mes Compagnons, et j’aime les récompenser.” » Il est rapporté que le Négus à qui le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit n’est pas le même que celui sur lequel il pria ; Muslim l’a rapporté, et Anas a rapporté quelque chose de semblable. Al-Suhaylī a dit, à propos de l’adresse de ‘Amr ibn Umayya au Négus : « Il lui dit : “Ô Ashama, à moi la parole et à toi l’écoute. Tu es, dans ta tendresse envers nous, comme l’un des nôtres ; et nous sommes, dans notre confiance en toi, comme si nous étions de toi. Car jamais nous n’avons espéré de toi un bien sans l’obtenir, et jamais nous ne t’avons craint pour une chose sans en être rassurés. Nous avons apporté l’argument contre lui à partir de l’Évangile. Entre toi et nous, il y a un témoin qui ne rejette pas et un juge qui n’est pas injuste. Là se trouve le lieu du bien et l’atteinte de la décision. Sinon, tu es, à propos de ce Prophète illettré, comme les Juifs à propos de Jésus fils de Marie. Le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — a envoyé ses messagers aux gens ; il a espéré en toi ce qu’il n’a pas espéré en eux, et il t’a fait confiance pour ce dont il les a craints, en raison d’un bien passé et d’une récompense attendue.” Le Négus dit : “J’atteste par Dieu qu’il est le Prophète illettré que les Gens du Livre attendent, et que l’annonce de Moïse concernant le cavalier de l’âne est comme l’annonce de Jésus concernant le cavalier du chameau. La vision n’est pas plus apaisante que la nouvelle à son sujet. Mais mes soutiens parmi les Abyssins sont peu nombreux ; accorde-moi un délai jusqu’à ce que j’augmente les soutiens et adoucisse les cœurs.” » Chapitre sur le mariage d’Umm Ḥabība avec le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — en terre d’Abyssinie. Elle avait émigré avec son mari ‘Ubayd Allāh ibn Jaḥsh al-Asadī vers la terre d’Abyssinie. Il s’y convertit au christianisme et mourut. Umm Ḥabība — que Dieu l’agrée — a dit : « J’ai vu en rêve ‘Ubayd Allāh ibn Jaḥsh, mon mari, sous la pire et la plus laide des formes. J’eus peur et je me dis : “Par Dieu, son état a changé.” Or, le matin venu, il dit : “Ô Umm Ḥabība, j’ai examiné les religions et n’ai trouvé de meilleure religion que le christianisme ; je l’avais embrassée, puis je suis entré dans la religion de Muhammad — que Dieu prie sur lui et le salue —, puis je suis revenu au christianisme.” Je dis : “Par Dieu, ce n’est pas un bien pour toi.” Je lui racontai le rêve que j’avais vu, mais il n’y prêta pas attention et s’adonna au vin jusqu’à mourir. Puis je vis en rêve comme si un diseur disait : “Ô Mère des croyants.” J’eus peur et je l’interprétai comme signifiant que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — m’épouserait. » Elle dit : « Il ne s’écoula pas longtemps après la fin de ma période d’attente (*‘idda*) que, sans que je m’en aperçoive, voici que le messager du Négus vint demander la permission en mon nom. C’était une servante à lui appelée Abraha, qui s’occupait de ses vêtements et de son huile parfumée. Elle entra chez moi et dit : “Le roi te dit : ‘Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — m’a écrit de te marier à lui.’” Je dis : “Que Dieu t’annonce une bonne nouvelle.” Elle dit : “Le roi te dit : ‘Désigne quelqu’un pour te marier.’” J’envoyai donc chercher Khālid ibn Sa‘īd, je le désignai comme mandataire, et je donnai à Abraha deux bracelets d’argent, deux chevillières que j’avais aux pieds, et des bagues d’argent à mes orteils, en signe de joie pour la bonne nouvelle qu’elle m’avait annoncée. » Dans une version : « Je lui donnai mes *awḍāḥ* (ornements en dirhams). » Al-Jawharī dit : « Les *awḍāḥ* sont des parures en dirhams. » Le soir venu, le Négus ordonna à Ja‘far ibn Abī Ṭālib et aux musulmans présents de se rassembler. Ils assistèrent (à la cérémonie). Il prononça le sermon de mariage (*khuṭba*) en ces termes : « Louange à Dieu, le Roi, le Saint, la Paix, le Croyant, le Dominateur, le Puissant, le Contraignant. J’atteste qu’il n’y a de dieu que Dieu et que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, et qu’il est celui que Jésus fils de Marie a annoncé — que Dieu prie sur lui et le salue. Ceci dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — m’a écrit de le marier à Umm Ḥabība bint Abī Sufyān. J’ai répondu à ce à quoi le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — m’a appelé. Je lui ai constitué une dot de quatre cents dinars. » Il versa les dinars devant l’assemblée. Alors Khālid ibn Sa‘īd prit la parole et dit : « Louange à Dieu ; je Le loue, Lui demande aide et pardon. J’atteste qu’il n’y a de dieu que Dieu et que Muhammad est Son serviteur et Son Messager. Il l’a envoyé avec la guidance et la religion de vérité pour la faire prévaloir sur toute religion, en dépit de l’aversion des associateurs. Ceci dit : J’ai répondu à ce à quoi le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — m’a appelé, et je l’ai marié à Umm Ḥabība bint Abī Sufyān. Que Dieu bénisse le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. » Puis il remit les dinars à Khālid ibn Sa‘īd, qui les prit. Ensuite, ils voulurent se lever, mais (le Négus) dit : « Asseyez-vous, car la coutume des prophètes, lorsqu’ils se marient, est que l’on serve un repas pour le mariage. » Il fit apporter de la nourriture ; ils mangèrent, puis se dispersèrent. Umm Ḥabība dit : « Lorsque l’argent me parvint, j’envoyai chercher Abraha, celle qui m’avait annoncé la bonne nouvelle, et je lui dis : “Je t’avais donné ce que je t’avais donné ce jour-là, alors que je n’avais pas d’argent en main. Voici cinquante mithqāls ; prends-les et utilise-les.” Elle refusa. Elle sortit un coffret contenant tout ce que je lui avais donné et me le rendit, en disant : “Le roi m’a imposé de ne rien prendre de toi.” » ‘Iyāḍ — que Dieu lui fasse miséricorde — a dit : « *Lā arza’ak* signifie “ne pas diminuer” ; on dit *raza’tuhu* et *razi’tuhu* quand on le diminue. » Dans le hadith : « Je ne prendrai rien de personne après toi », c’est-à-dire je ne prendrai rien de lui. « C’est moi qui m’occupe de ses vêtements et de son huile parfumée. J’ai suivi la religion de Muhammad — que Dieu prie sur lui et le salue — et je me suis soumise à Dieu. Le roi a ordonné à ses femmes de t’envoyer tout le parfum qu’elles possèdent. » Elle dit : « Le lendemain, elle m’apporta du bois odorant, du *wars* (plante tinctoriale), de l’ambre et beaucoup de civette. J’apportai tout cela au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ; il le voyait chez moi et ne le désapprouvait pas. » Puis Abraha dit : « Mon souhait auprès de toi est que tu transmettes au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — le salut de ma part et que tu l’informes que j’ai suivi sa religion. » Elle dit : « C’est elle qui m’équipa. Chaque fois qu’elle entrait chez moi, elle disait : “N’oublie pas mon souhait auprès de toi.” Lorsque j’arrivai auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, je l’informai de comment s’était déroulé le sermon de mariage et de ce qu’avait fait Abraha. Il sourit. Je lui transmis le salut de sa part. Il dit : “Et sur elle la paix, la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions.” Cela eut lieu en l’an sept. » Al-Zuhrī a dit : « Le Négus l’équipa avec Shuraḥbīl ibn Ḥasana. » Ibn al-Jawzī l’a dit dans le livre *Tanwīr al-Ghabash fī Madḥ al-Sūdān wa al-Ḥabash*. Dans une version, elle dit : « Nous partîmes pour Médine, alors que le Messager de Dieu était à Khaybar. Ceux qui devaient partir partirent vers lui, et je restai à Médine jusqu’à son retour. J’entrai chez lui, et il me questionnait au sujet du Négus. » Ibn al-Jawzī a dit : « Lorsque Abū Sufyān apprit le mariage du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avec Umm Ḥabība, il dit : “Ce mâle-là, on ne lui frappe pas le nez (c’est-à-dire : on ne le repousse pas).” » Interprétation : Quelle parole que celle d’Abū Sufyān ! Sa description du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — par la seigneurie et la vertu, alors que les ennemis en témoignent, car il était à ce moment-là l’un des plus grands ennemis du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue —, puis il prononça cette parole. Al-Jawharī a dit : « *Al-qarī‘* est le mâle, car il est choisi (*muqtara‘*) parmi les chameaux, ou bien parce qu’il frappe (*yaqra‘*) la chamelle. » Dhū al-Rumma a dit : « Et déjà, pour le voyageur de nuit, Sirius s’est levé, comme un mâle chamelier blanc, face au troupeau, rude. »

Il a dit : Al-Qurī' 63 est le maître ; on dit : untel est le qurī' de son temps. Al-Qirā' 64 est le fait de frapper. Le chameau mâle frappe la chamelle, il la frappe d'un qar' 65 et d'un qirā'. Untel m'a demandé de lui prêter mon étalon, je le lui ai prêté, c'est-à-dire je le lui ai donné pour qu'il frappe ses chamelles, c'est-à-dire pour qu'il les monte. On dit : la vache a demandé l'étalon, c'est-à-dire qu'elle a voulu le mâle. Al-Maqrū' 66 est celui qui est choisi pour la reproduction. Al-Maqrū' est le maître. Al-Qirā' 67 est le dur, le fort. C'est un exemple que Abū Sufyān a donné pour le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, comme l'étalon parmi les chamelles, lorsqu'il est noble et généreux auprès de ses gens, on ne frappe pas son nez, c'est-à-dire on ne frappe pas son nez. Son auteur — que Dieu lui pardonne — dit : ce qui apparaît comme « yuqra' » avec un rā' est une erreur de transcription ; la forme correcte est « yuqda' » avec un dāl non pointé. Al-Jawharī a dit : j'ai freiné mon cheval, je le freine, d'un qad' 68 : je l'ai bridé et retenu pour qu'il retienne un peu sa course. C'est un étalon qu'on ne freine pas, c'est-à-dire qu'on ne frappe pas son nez, et cela lorsqu'il est noble. On dit : j'ai écarté untel de toi, c'est-à-dire je l'ai retenu. Il a dit : Lorsque Abū Sufyān ibn Ḥarb arriva à Médine, il vint auprès du Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, et lui parla pour qu'il augmente la trêve de Ḥudaybiyya, mais le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, ne l'accepta pas. Il se leva alors et entra chez sa fille Umm Ḥabība. Lorsqu'il voulut s'asseoir sur la couche du Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, elle la plia devant lui. Il dit : « As-tu répugné à cette couche pour moi, ou moi pour elle ? » Elle dit : « C'est la couche du Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, et tu es un homme impur, polythéiste. » Il dit : « Ô ma fille, tu as été atteinte d'un mal après moi. » Un autre a dit : Dieu, Puissant et Majestueux, a révélé : « Il se peut que Dieu établisse entre vous et ceux que vous avez pris pour ennemis une affection » 69 — c'est-à-dire Abū Sufyān — « par le mariage d'Umm Ḥabība. » Ibn al-Jawzī a dit : 'Ā'isha, que Dieu l'agrée, a dit : Umm Ḥabība m'a appelée à sa mort et a dit : « Il y avait entre nous ce qui se passe entre coépouses ; que Dieu me pardonne, ainsi qu'à toi. » J'ai dit : « Que Dieu te pardonne tout cela, qu'Il passe outre et te tienne quitte de cela. » Elle dit : « Tu m'as réjouie, que Dieu te réjouisse. » Elle envoya aussi à Umm Salama et lui dit la même chose. Elle mourut en l'an quarante-quatre, sous le califat de Mu'āwiya. Ibn 'Abd al-Barr a dit : Sa mère était Ṣafiyya bint Abī al-'Āṣ, la tante paternelle de 'Uthmān ibn 'Affān, que Dieu les agrée. Chapitre sur l'envoi par le Negus de son fils Arhā et sa noyade. Al-Suhaylī a dit : Le Negus, après l'arrivée de Ja'far, envoya au Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, Arhā ibn Aṣḥama ibn Abḥar — et dans une autre version, avec un jīm — avec soixante hommes d'Abyssinie, et lui écrivit : « Ô Messager de Dieu, j'atteste que tu es le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur toi, véridique et confirmé. » Ils montèrent sur un bateau à la suite de Ja'far et de ses compagnons, mais lorsqu'ils furent au milieu de la mer, ils se noyèrent. Ja'far et ses compagnons arrivèrent auprès du Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, au nombre de soixante-dix hommes, vêtus de laine ; parmi eux, soixante-deux Abyssins et huit Syriens. Le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, leur récita la sourate Yā Sīn jusqu'à la fin. Ils pleurèrent en entendant le Coran, crurent et dirent : « Ceci ressemble à ce qui descendait sur Jésus, que la paix soit sur lui. » Dieu, Très-Haut, révéla alors : « Tu trouveras que les plus proches en affection de ceux qui ont cru sont ceux qui disent : "Nous sommes chrétiens" » 70 — c'est-à-dire la délégation du Negus qui était venue avec Ja'far ; ils étaient des gens de monastères, que Dieu les agrée. Chapitre sur le mérite des Abyssins. Ibn al-Jawzī a rapporté dans al-Tanwīr, d'après Anas ibn Mālik, que Dieu l'agrée, qui a dit : Lorsque le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, arriva à Médine, les Abyssins jouèrent avec leurs lances pour son arrivée, se réjouissant de cela. Il est rapporté d'après 'Ā'isha, que Dieu l'agrée, qui a dit : Un jour, le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, était chez moi lorsque les Noirs jouèrent avec des boucliers et des lances. Soit je demandai au Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, soit il me dit : « Désires-tu regarder ? » Je dis : « Oui. » Il me fit alors tenir derrière lui, ma joue contre sa joue, et il disait : « Allez-y, fils d'Arfada 71 ! » Lorsque je fus lasse, il dit : « Cela te suffit ? » Je dis : « Oui. » Il dit : « Va-t'en. » D'après elle, elle a dit : Le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, était assis lorsque nous entendîmes du bruit et des cris d'enfants. Il se leva et voilà qu'une Abyssinienne dansait — et dans une autre version : dans la mosquée — et les enfants autour d'elle. Le Prophète, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, dit : « Ô 'Ā'isha, viens regarder. » Je vins et posai mon menton sur l'épaule du Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, et je me mis à la regarder entre ses deux épaules et sa tête. Il me dit : « N'es-tu pas rassasiée ? » Je dis : « Non », pour voir ma place auprès de lui. Il est rapporté d'après Abū Bishr que le Prophète, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, et Abū Bakr passèrent devant des Abyssins qui jouaient et disaient : « Ô hôte qui passe la nuit, si tu n'étais passé par les Banū 'Abd al-Dār, Si tu n'étais passé chez eux cherchant leur hospitalité, ils t'auraient empêché de la peine et du besoin. » Parmi ce qui est venu dans le Coran en accord avec la langue abyssinienne : Ibn al-Jawzī a dit : « Il vous accordera deux fois (kiflayn) de Sa miséricorde » 72 : il a dit : le double, et c'est en langue abyssinienne. Al-Mishkāt 73 est la lucarne dans leur langue, et cela a déjà été mentionné. Sa parole, Très-Haut : « Ṭā Hā » 74 : en langue abyssinienne : « Ô homme ». On a dit : « La prière de la nuit (nāshi'at al-layl) » 75 : en langue abyssinienne, lorsque quelqu'un se lève (nasha'a), il se tient debout. Ibn Mas'ūd a dit : c'est la prière de la nuit en langue abyssinienne. « Certes, Abraham était un homme qui soupire (awwāh) et indulgent » 76 : al-awwāh est le croyant, et c'est en abyssinien. Parmi ce que le Prophète, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, entendit de leur langage, l'admira et le prononça : Sa parole : Sanāh 77 ; al-sanāh est la beauté en langue abyssinienne. Nous l'avons rapporté dans le Ṣaḥīḥ d'al-Bukhārī, et il l'a expliqué. Ibn al-Jawzī a rapporté dans Tanwīr al-Ghabash, d'après Jābir, que Dieu l'agrée, qui a dit : Lorsque les émigrants d'Abyssinie revinrent auprès du Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, il dit : « Ne me raconteriez-vous pas la chose la plus étonnante que vous ayez vue en terre d'Abyssinie ? » Des jeunes gens parmi eux dirent : « Ô Messager de Dieu, alors que nous étions assis, une vieille femme parmi leurs vieilles passa, portant sur sa tête une cruche d'eau. Elle passa près d'un jeune homme parmi eux, qui mit une de ses mains entre ses omoplates, puis la poussa sur ses genoux ; sa cruche se brisa. Lorsqu'elle se releva, elle se tourna vers lui et dit : "Tu sauras bientôt, ô traître, lorsque Dieu installera le Trône 78 et rassemblera les premiers et les derniers, et que les mains et les pieds parleront de ce qu'ils ont acquis, tu sauras mon affaire et la tienne auprès de Lui." » Le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, dit : « Elle a dit vrai. Comment Dieu sanctifierait-Il un peuple dont on ne fait pas justice au faible contre le fort ? » Chapitre sur l'envoi par Quraysh de 'Amr ibn al-'Āṣ et 'Umāra ibn al-Walīd au Negus, la deuxième fois, après la bataille de Badr. Al-Baghawī a mentionné dans l'exégèse de Sa parole, Très-Haut : « Les plus proches des hommes à Abraham sont ceux qui l'ont suivi, ainsi que ce Prophète » 79 — le verset. Il a dit : Lorsque Ja'far ibn Abī Ṭālib et les Compagnons, que Dieu les agrée, émigrèrent en Abyssinie et s'y installèrent, et que le Prophète, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, émigra à Médine, et que ce qui arriva à Badr arriva, Quraysh se réunit dans la maison d'al-Nadwa et dit : « Nous avons, auprès de ceux qui sont chez le Negus, des compagnons de Muḥammad, une vengeance pour ceux d'entre vous qui ont été tués à Badr. Rassemblez des biens et offrez-les au Negus, afin qu'il vous livre ceux de votre peuple qui sont chez lui. Que deux hommes d'entre vous, doués de discernement, se portent volontaires pour cela. » Ils envoyèrent donc 'Amr ibn al-'Āṣ et 'Umāra ibn al-Walīd avec des présents de cuir et autres. Ils prirent la mer et arrivèrent en Abyssinie. Lorsqu'ils entrèrent chez le Negus, ils se prosternèrent devant lui, le saluèrent et lui dirent : « Nos gens te sont sincères, reconnaissants, aiment ta droiture, et ils nous ont envoyés vers toi pour te mettre en garde contre ceux qui sont venus chez toi, car ce sont des gens à qui est venu un homme menteur, qui s'est levé parmi nous en prétendant être le Messager de Dieu. Personne parmi nous ne l'a suivi, sauf les insensés. Nous avions resserré leur situation et les avions contraints à un défilé dans notre terre, où personne n'entrait chez eux et personne n'en sortait ; la faim et la soif les avaient tués. Lorsque la situation devint trop dure pour lui, il envoya chez toi son cousin pour corrompre ta religion, ton royaume et ton peuple. Méfie-toi d'eux et livre-les-nous pour que nous t'en débarrassions. » Ils dirent : « Le signe en est que, lorsqu'ils entreront chez toi, ils ne se prosterneront pas devant toi et ne te salueront pas avec la salutation dont les gens te saluent, par rejet de ta religion et de ta tradition. » Il dit : Le Negus les convoqua. Lorsqu'ils furent présents, Ja'far cria à la porte : « Le parti de Dieu demande à être admis chez toi. » Le Negus dit : « Ordonnez à ce crieur de répéter sa parole. » Ja'far le fit. Le Negus dit : « Oui, qu'ils entrent sous la protection de Dieu et sous sa garantie. » 'Amr ibn al-'Āṣ regarda son compagnon et dit : « N'entends-tu pas comment ils baragouinent à propos du parti de Dieu et comment il leur a répondu ? »

Le Négus en fut affligé. Puis ils entrèrent chez lui sans se prosterner devant lui. 'Amr ibn al-'Âs dit : « Ne vois-tu pas qu'ils refusent par orgueil de se prosterner devant toi ? » Le Négus leur dit : « Qu'est-ce qui vous a empêchés de vous prosterner devant moi et de me saluer par la salutation par laquelle me saluent ceux qui viennent des horizons ? » Ils dirent : « Nous nous prosternons devant Dieu qui t'a créé et t'a donné la royauté. Cette salutation n'était pour nous que lorsque nous adorions les idoles. Mais Dieu a envoyé parmi nous un Prophète véridique et nous a ordonné la salutation qu'Il agrée, qui est la paix (as-salâm), la salutation des gens du Paradis. » Le Négus reconnut que cela était vrai et que cela se trouvait dans la Torah et l'Évangile. Il dit : « Lequel d'entre vous est celui qui a appelé en demandant la permission d'entrer pour vous, parti de Dieu (hizb Allâh) ? » Ja'far dit : « C'est moi. » Il dit : « Parle. » Il dit : « Tu es un roi parmi les rois de la terre et un Gens du Livre. Ni les paroles abondantes ni l'injustice ne conviennent auprès de toi. J'aimerais répondre pour mes compagnons. Ordonne donc à ces deux hommes que l'un d'eux parle et que l'autre écoute, afin que tu entendes notre discussion. » Al-Jawharî dit : « Al-muḥâwara est la réplique. » 'Amr dit à Ja'far : « Parle. » Ja'far dit au Négus : « Interroge ces deux hommes : sommes-nous des esclaves ou des hommes libres ? Si nous sommes des esclaves qui nous sommes enfuis de nos maîtres, alors rends-nous à eux. » Le Négus dit : « Sont-ils des esclaves ou des hommes libres ? » Ils dirent : « Plutôt des hommes libres et nobles. » Le Négus dit : « Ils sont sauvés de l'esclavage. » Puis Ja'far dit : « Interroge-les : avons-nous versé un sang injustement, pour que l'on exerce des représailles contre nous ? » 'Amr dit : « Non, pas même une goutte. » Ja'far dit : « Interroge-les : avons-nous pris les biens des gens injustement, de sorte que nous devrions les rembourser ? » Le Négus dit : « Même s'il s'agissait d'un qinṭâr (grande somme), je le rembourserais. » 'Amr dit : « Non, pas même un qîrâṭ (petite mesure). » Le Négus dit : « Que leur réclamez-vous donc ? » 'Amr dit : « Nous étions, eux et nous, sur une même religion, la religion de nos pères. Ils ont abandonné cela et ont suivi autre chose. Nos gens nous ont envoyés vers toi pour que tu nous les livres. » Le Négus dit : « Quelle était cette religion que vous pratiquiez, et quelle est la religion qu'ils ont suivie ? Dis-moi la vérité. » Ja'far dit : « Quant à ce que nous pratiquions et que nous avons abandonné, c'est la religion du Diable : nous mécroyions en Dieu et adorions les pierres. Quant à ce vers quoi nous nous sommes convertis, c'est la religion de Dieu, l'Islam. Un Messager nous l'a apportée de la part de Dieu, avec un Livre semblable au Livre de fils de Marie, en accord avec lui. » Le Négus dit : « Ô Ja'far, tu as dit une chose grave. Va doucement. » Puis le Négus ordonna que l'on frappe le nâqûs (cloche). Tout prêtre et moine se rassembla auprès de lui. Lorsqu'ils furent réunis, le Négus dit : « Je vous adjure par Dieu, qui a fait descendre l'Évangile sur Jésus, trouvez-vous entre Jésus et le Jour de la Résurrection un Prophète envoyé ? » Ils dirent : « Ô Dieu, oui ! Jésus nous a annoncé la bonne nouvelle à son sujet et a dit : "Quiconque croit en lui a cru en moi, et quiconque mécroit en lui a mécru en moi." » Le Négus dit à Ja'far : « Que vous dit cet homme, que vous ordonne-t-il et que vous interdit-il ? » Il dit : « Il nous récite le Livre de Dieu, ordonne le bien (al-ma'rûf) et interdit le mal (al-munkar). Il nous ordonne la bonne voisinage, le maintien des liens de parenté (ṣilat ar-raḥim) et la bonté envers l'orphelin. Il nous ordonne d'adorer Dieu seul, sans associé. » Il dit : « Récite-moi de ce qu'il vous récite. » Il lui récita la sourate al-'Ankabût (L'Araignée) et ar-Rûm (Les Romains). Les yeux du Négus et de ses compagnons débordèrent de larmes. Ils dirent : « Ajoute-nous, ô Ja'far, de ce beau discours. » Il leur récita la sourate al-Kahf (La Caverne). 'Amr voulut mettre le Négus en colère et dit : « Ils insultent Jésus et sa mère. » Le Négus dit : « Que dites-vous de Jésus et de sa mère ? » Ja'far leur récita la sourate Maryam (Marie). Lorsqu'il arriva à l'évocation de Marie et de Jésus, le Négus leva une petite parcelle de son siwâk (bâtonnet à dents) de la taille de ce qui peut irriter l'œil et dit : « Par Dieu, le Messie n'a pas dépassé ce que vous dites. » Al-Jawharî dit : « An-nufâtha est ce qui reste dans ta bouche du siwâk ; on dit nufâtha, avec la première lettre en damma. » Puis il se tourna vers Ja'far et ses compagnons et dit : « Allez, vous êtes šayûm (en sécurité) dans ma terre », c'est-à-dire : « Vous êtes en sécurité ; quiconque vous insulte ou vous nuit sera passible d'une amende. » Puis il dit : « Réjouissez-vous et n'ayez pas peur. Il n'y a aujourd'hui aucune humiliation pour le parti d'Abraham (hizb Ibrâhîm). » 'Amr dit : « Ô Négus, qui est le parti d'Abraham ? » Il dit : « Ces hommes et leur compagnon auprès duquel ils sont venus, et ceux qui les suivent. » Les associateurs (al-mushrikûn) nièrent cela et revendiquèrent la religion d'Abraham. Puis le Négus rendit à 'Amr et à son compagnon les biens qu'ils avaient apportés et dit : « Votre cadeau pour moi n'était qu'un pot-de-vin (rishwa). Reprenez-le, car Dieu m'a donné la royauté sans que je n'aie accepté de pot-de-vin de personne. » Al-Jawharî dit : « Rishwa, avec un damma ou un kasra sur le râ'. On dit tarashshaytu ar-rajul quand on le flatte, et istrashâ fî ḥukmihi signifie qu'il a sollicité un pot-de-vin pour son jugement. » Ja'far dit : « Nous repartîmes et nous étions dans la meilleure des terres et le plus noble des voisinages. Et Dieu fit descendre ce jour-là sur Son Messager (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) au sujet de leur dispute concernant Abraham, alors qu'il était à Médine, Sa parole – qu'Il soit exalté : « Les hommes les plus proches d'Abraham sont ceux qui l'ont suivi, ainsi que ce Prophète et ceux qui ont cru. Et Dieu est le Protecteur des croyants. » (Coran 3:68) **Chapitre concernant l'histoire de 'Umâra ibn al-Walîd avec 'Amr ibn al-'Âs, et sa sorcellerie jusqu'à ce qu'il meure avec les bêtes sauvages dans le désert.** Ibn al-Jawzî a rapporté avec sa chaîne de transmission dans Tanwîr al-Ghabash, d'après Mus'ab ibn 'Abd Allâh, qui a dit : Lorsque leurs gens les envoyèrent tous deux vers le Négus – c'est-à-dire 'Amr et 'Umâra – 'Umâra correspondit avec une servante de 'Amr qui était avec lui, jusqu'à ce qu'elle penche vers lui. 'Amr ibn al-'Âs prit connaissance de cela et dit : « Sache, 'Umâr, que l'une des pires qualités Pour quelqu'un comme toi est d'être appelé le cousin de quelqu'un qui a un fils. Si tu as deux manteaux et une chevelure bien peignée, Tu ne me verras pas, pour ton cousin, être interdit. » Avec un signe par lequel je pourrais me guider sur ce que tu as mentionné. 'Umâra revint et informa 'Amr de son affaire et de l'affaire de l'épouse du Négus. 'Amr lui dit : « Je n'accepte cela de toi qu'à condition que tu ne te contentes d'elle que si elle te donne de l'huile du roi (duhân al-mulk) dont nul autre ne se parfume. » 'Umâra parla à l'épouse au sujet de l'huile. Elle dit : « Je crains le roi. » Mais il refusa d'être satisfait d'elle jusqu'à ce qu'elle lui donne de cette huile. Elle lui en donna donc. Il la donna à 'Amr. 'Amr vint avec cela chez le Négus, fit venir des sorciers, qui lui jetèrent un sort, soufflèrent dans son urètre (iḥlîl), il partit avec les bêtes sauvages, resta dans le désert, quitta les humains et erra. Il ne cessa d'être sauvage, revenant à une source d'eau dans une île du pays d'Abyssinie, jusqu'à ce que 'Abd Allâh ibn Abî Rabî'a vint à lui avec un groupe de ses compagnons. Il le guetta à l'eau, le saisit. Il se mit à crier : « Laisse-moi, car je vais mourir si tu me retiens ! » Mais il le retint, et il mourut entre ses mains. As-Suhaylî l'a rapporté et y a ajouté ceci : Parmi ceux qui ont mentionné l'histoire de 'Umâra en détail se trouve Abû al-Faraj al-Isfahânî. Il a mentionné que 'Amr ibn al-'Âs voyagea avec sa femme. Lorsqu'ils montèrent en mer, 'Umâra avait désiré la femme de 'Amr, et elle l'avait désiré. Il résolut de jeter 'Amr à la mer, ou bien cela arriva de la part de 'Umâra sans intention. Il tomba à la mer. 'Amr nagea et appela les gens du bateau, qui le prirent et le hissèrent à bord. 'Amr garda cela en lui sans le montrer à 'Umâra. Il dit plutôt à sa femme : « Embrasse ton cousin 'Umâra pour apaiser son esprit. » Lorsqu'ils arrivèrent en Abyssinie, 'Amr lui joua un tour et lui dit : « J'ai écrit aux Banû Sahm pour qu'ils se désolidarisent de mon sang pour toi. Écris donc, toi, aux Banû Makhzûm pour qu'ils se désolidarisent de ton sang pour moi, afin que Quraysh sache que nous nous sommes réconciliés. » Lorsque 'Umâra écrivit aux Banû Makhzûm et qu'ils se désolidarisèrent de son sang pour les Banû Sahm, un vieillard de Quraysh dit : « Par Dieu, 'Umâra a été tué, et il savait que c'était une ruse de 'Amr. » Puis 'Amr se mit à inciter 'Umâra à s'approcher de la femme du Négus et lui dit : « Tu es un bel homme, et les femmes aiment la beauté chez les hommes. Peut-être intercédera-t-elle pour nous auprès du roi pour que notre besoin soit satisfait. » 'Umâra fit ainsi. Lorsque 'Amr vit cela et que 'Umâra revint souvent chez la femme du roi, et qu'il vit qu'elle se tournait vers lui, il vint chez le roi en conseiller et lui apporta un signe que le roi connaissait, que 'Umâra avait divulgué à 'Amr. La jalousie du roi s'empara de lui et il dit : « N'eût été qu'il est mon voisin, je l'aurais tué. Mais je vais lui faire pire que la mort. » Il fit venir les sorcières et leur ordonna de lui jeter un sort. Elles soufflèrent dans son urètre un souffle qui le fit s'envoler, errant à la face du monde, jusqu'à rejoindre les bêtes sauvages dans les montagnes. Il voyait un être humain et fuyait devant lui. Ce fut la dernière nouvelle que l'on eut de lui jusqu'à l'époque de 'Umar ibn al-Khaṭṭâb (que Dieu l'agrée). Son cousin 'Abd Allâh ibn Abî Rabî'a vint chez 'Umar et lui demanda la permission de se rendre vers lui, peut-être le trouverait-il. 'Umar (que Dieu l'agrée) l'y autorisa. 'Abd Allâh se rendit en Abyssinie et fit de nombreuses recherches à son sujet, s'enquérant de son affaire, jusqu'à ce qu'on l'informe qu'il se trouvait dans une montagne, venant avec les bêtes sauvages quand elles venaient à l'eau et repartant avec elles quand elles repartaient. Il se rendit jusqu'à lui et se cacha sur son chemin vers l'eau. Le voilà que ses cheveux le recouvraient, ses ongles avaient poussé, ses vêtements étaient déchirés, comme s'il était un démon. 'Abd Allâh le saisit et se mit à l'invoquer par les liens du sang et à chercher à l'apitoyer, tandis que lui tremblait et disait : « Laisse-moi, ô Buḥayr ! » – car le nom de 'Abd Allâh à l'époque préislamique était Buḥayr, mais le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) l'avait nommé 'Abd Allâh. Il dit : « 'Abd Allâh refusa de le relâcher jusqu'à ce qu'il mourût entre ses mains. » **Chapitre concernant la mention du second départ de 'Amr ibn al-'Âs vers le Négus, son embrassement de l'Islam auprès de lui, son retour à Médine, sa rencontre avec Khâlid ibn al-Walîd et 'Uthmân ibn Ṭalḥa al-Ḥajabî, et leur embrassement de l'Islam.** Al-Wâqidî a dit dans Al-Maghâzî : 'Amr ibn al-'Âs a dit : « J'étais, pour l'Islam,

Je me suis opposé et j'ai résisté. J'ai assisté à Badr avec les associateurs, puis j'ai été sauvé. J'ai ensuite assisté à Uhud, et j'ai été sauvé. Puis j'ai assisté à la Bataille du Fossé (al-Khandaq), et je me suis dit en moi-même : « Combien de fois vais-je être humilié ? Par Allah, Muhammad triomphera des Quraysh. » Je rejoignis alors mes biens à al-Waht. Al-Bakri a dit dans *al-Mu'jam* : « al-Waht » (avec la fatḥa sur la première lettre, le sukūn sur la seconde, suivi d'un ṭā' non pointé) est le lieu bas et affaissé. C'est ainsi que fut nommé le bien de 'Amr ibn al-'Āṣ à aṭ-Ṭā'if. Sufyān a rapporté d'après 'Amr ibn Dīnār, d'après un affranchi (mawlā) de 'Amr ibn al-'Āṣ, que 'Amr fit entrer dans la structure en treillis (ta'rīsh) d'al-Waht un million de bâtons, chaque bâton coûtant un dirham. Mu'āwiya dit alors à 'Amr : « Qui prendra les biens de deux Égyptes (Miṣrayn) pour les placer dans deux al-Waht et prier le feu de deux enfers ? » 'Amr répondit : « Et j'ai échappé », voulant dire « aux gens ». Je n'assistai donc ni à al-Ḥudaybiya ni à son traité de paix. L'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – repartit avec la paix, et les Quraysh retournèrent à La Mecque. Je me mis alors à dire : « Muhammad – qu'Allah prie sur lui et le salue – entrera l'année prochaine à La Mecque avec ses Compagnons. La Mecque n'est pas une demeure, ni aṭ-Ṭā'if. Rien n'est meilleur que de partir. » J'étais encore éloigné de l'Islam. Je pensais : « Même si tous les Quraysh se convertissaient à l'Islam, je ne me convertirais pas. » Je vins donc à La Mecque et rassemblai des hommes de mon peuple qui partageaient mon opinion, m'écoutaient et me donnaient la préséance dans leurs affaires. Je leur dis : « Comment suis-je parmi vous ? » Ils répondirent : « Tu es notre homme de conseil et notre porte-parole (mudarrih) » – *al-mudarrih* est la langue du peuple et celui qui parle en son nom, selon Ibn Fāris – « avec une âme bénie et un commandement béni. » Je dis : « Sachez, par Allah, que je vois la cause de Muhammad – qu'Allah prie sur lui et le salue – comme une cause qui s'élève au-dessus de toutes les causes d'une manière prodigieuse. J'ai une opinion à vous soumettre. » Ils dirent : « Quelle est-elle ? » Je dis : « Rejoignons le Negus (an-Najāshī) et restons auprès de lui. Si Muhammad triomphe, nous serons chez le Negus, et être sous son autorité nous est plus agréable que d'être sous l'autorité de Muhammad – qu'Allah prie sur lui et le salue. Si les Quraysh triomphent, nous sommes ceux qu'ils connaissent. » Ils dirent : « Voilà l'opinion. » Il dit : « Rassemblez donc ce que vous lui offrirez en cadeau. » Ce qu'on aimait le plus lui offrir de notre terre était le cuir (adam). Il dit : « Nous rassemblâmes beaucoup de cuir, puis nous partîmes jusqu'à arriver chez le Negus. Par Allah, alors que nous étions chez lui, arriva 'Amr ibn Umayya aḍ-Ḍamrī, que l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – avait envoyé avec une lettre qu'il lui avait écrite. Il entra chez lui, puis sortit. Je dis à mes compagnons : « Voici 'Amr ibn Umayya. Si j'entrais chez le Negus et qu'il me le livrait, je lui trancherais la nuque. Si je fais cela, j'aurai réjoui les Quraysh et je les aurai satisfaits en tuant le messager de Muhammad – qu'Allah prie sur lui et le salue. » Il dit : « J'entrai chez le Negus et me prosternai devant lui comme j'avais coutume de faire. Il dit : « Sois le bienvenu, mon ami. M'as-tu apporté quelque chose de ton pays ? » Je dis : « Oui, je t'ai offert beaucoup de cuir. » Je le lui présentai, il l'apprécia, en distribua une partie à ses patrices (baṭāriqa), ordonna que le reste soit mis dans un endroit, et ordonna qu'on l'écrive et qu'on le conserve. » Il dit : « Quand je vis sa bonne humeur, je dis : « Ô roi, j'ai vu un homme sortir de chez toi, et c'est le messager d'un homme qui est notre ennemi, qui nous a outragés et a tué nos nobles et nos meilleurs éléments. Livre-le-moi pour que je le tue. » Il leva la main et me frappa le nez d'un coup tel que je crus qu'il me l'avait cassé. Le sang jaillit de mes narines. Je me mis à recueillir le sang avec mes vêtements, et je fus frappé d'une humiliation telle que, si la terre s'était fendue, je m'y serais enfoui par peur de lui. Puis je lui dis : « Ô roi, si j'avais su que cela te déplaisait, je ne te l'aurais pas demandé. » Il eut honte et dit : « Ô 'Amr, tu me demandes de te livrer le messager du Messager d'Allah, celui que visite le Grand Namous (an-Nāmūs al-Akbar) – celui qui visitait Moïse et Jésus, fils de Marie – pour que tu le tues ? » – *an-Nāmūs*, chez les Gens du Livre, est Gabriel, selon al-Jawharī. 'Amr dit : « Allah changea mon cœur de ce qu'il était. Je me dis en moi-même : « Les Arabes et les non-Arabes ont reconnu cette vérité, et toi, tu t'y opposes ? » Puis je dis : « Ô roi, témoignes-tu de cela ? » Il dit : « Oui, j'en témoigne devant Allah. Ô 'Amr, obéis-moi et suis-le. Par Allah, il est dans le vrai, et il triomphera de tous ceux qui s'opposent à lui, comme Moïse triompha de Pharaon et de ses armées. » Je dis : « M'allies-tu donc par le pacte de l'Islam (tubāyi'anī 'alā al-islām) ? » Il dit : « Oui. » Il tendit la main, et je lui fis allégeance pour l'Islam. Il demanda un bassin, lava le sang de moi, me revêtit de vêtements – mes vêtements étaient remplis de sang, je les jetai – puis je sortis vers mes compagnons. Quand ils virent le vêtement du roi, ils s'en réjouirent et dirent : « As-tu obtenu de ton homme ce que tu voulais ? » Je leur dis : « J'ai répugné à lui parler la première fois, et j'ai dit que je reviendrais vers lui. » Ils dirent : « L'avis est celui que tu as. » Je les quittai, comme si je me dirigeais pour un besoin, et me rendis à l'endroit des navires. Je trouvai un navire déjà chargé qui appareillait. Je montai avec eux, ils appareillèrent jusqu'à atteindre ash-Shu'ayba. Je descendis du navire avec une provision, achetai un chameau, et partis en direction de Médine, jusqu'à arriver à Marr aẓ-Ẓahrān. Puis je poursuivis jusqu'à al-Had'a, où je trouvai deux hommes qui m'avaient devancé de peu, se dirigeant vers une demeure. L'un d'eux entra dans une tente, l'autre restait debout tenant les deux montures. Je regardai et voilà Khālid ibn al-Walīd. Je dis : « Abā Sulaymān ? » Il dit : « Oui. » Je dis : « Où vas-tu ? » Il dit : « Vers Muhammad – qu'Allah prie sur lui et le salue. Les gens sont entrés dans l'Islam, et il ne reste personne qui ait un espoir [dans le polythéisme]. Par Allah, si nous étions restés, on nous aurait pris par le cou comme on prend la hyène par le cou dans sa tanière. » Je dis : « Et moi, par Allah, j'ai voulu Muhammad – qu'Allah prie sur lui et le salue – et j'ai voulu l'Islam. » 'Uthmān ibn Ṭalḥa sortit et me souhaita la bienvenue. Nous descendîmes tous ensemble à l'étape, puis voyageâmes ensemble jusqu'à arriver à Médine. Dans une autre version : Je rencontrai Khālid peu avant la Conquête (al-Fatḥ), alors qu'il venait de La Mecque. Je dis : « Où vas-tu, Abā Sulaymān ? » Il dit : « Le chemin (al-mansim) s'est redressé, et cet homme est un prophète. Va, par Allah, et convertis-toi à l'Islam ! Jusqu'à quand ? » – *al-mansim* (avec la fatḥa sur le mīm et le nūn, et la kasra sur le sīn) est l'extrémité du sabot du chameau, et aussi de l'autruche ; on l'emploie métaphoriquement pour la direction que l'on prend. On dit : « D'où est ton mansim ? » c'est-à-dire « D'où viens-tu ? » ; avec la kasra sur le mīm et le yā' finale, c'est la marque, selon al-Jawharī. Ibn 'Abd al-Barr a dit dans la notice biographique d'al-Walīd ibn al-Walīd : Il s'était converti à l'Islam avant son frère Khālid, avait assisté avec l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – à la 'Umra de la Compensation ('Umrat al-Qaḍiyya), et avait écrit à son frère Khālid. Khālid était sorti de La Mecque en fuyant pour ne pas voir l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – et ses Compagnons à La Mecque, par aversion pour l'Islam. L'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – demanda à al-Walīd de ses nouvelles et dit : « S'il était venu à nous, nous l'aurions honoré. Quel homme pareil à lui l'Islam a-t-il frappé dans son intelligence ? » Al-Walīd écrivit cela à son frère Khālid, et l'Islam tomba dans son cœur. Ce fut la cause de son émigration (hijra). Al-Wāqidī a dit : 'Amr ibn al-'Āṣ a dit : Quand nous arrivâmes à Médine, je n'oublie pas la parole d'un homme que nous rencontrâmes au puits d'Abī 'Anaba, criant : « Yā Rabāḥ ! Yā Rabāḥ ! » Nous tirâmes un bon augure de sa parole et nous en réjouîmes. Puis il nous regarda et je l'entendis dire : « La Mecque a livré les rênes après ces deux-là. » Je pensai qu'il voulait dire moi et Khālid ibn al-Walīd. Puis il tourna le dos et se hâta vers la mosquée. Je pensai qu'il allait annoncer à l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – la nouvelle de notre arrivée. Il en fut comme je l'avais pensé. Nous fîmes agenouiller nos montures à al-Ḥarra, revêtîmes nos meilleurs vêtements, et on appela à la prière de l'après-midi (al-'aṣr). Nous partîmes tous ensemble jusqu'à arriver devant lui – que les prières et le salut d'Allah soient sur lui – et son visage rayonnait de joie. Les musulmans autour de lui se réjouissaient de notre conversion à l'Islam. Quand il les vit, il dit : « La Mecque vous a jeté les lobes de son foie (aflādh kabadihā). » Al-Jawharī a dit : *al-flid* est le foie du chameau, le pluriel est *aflādh* ; *al-fildha* est le morceau de foie, de viande, de bien, etc. Khālid ibn al-Walīd s'avança et fit allégeance (bāya'a), puis 'Uthmān ibn Ṭalḥa s'avança et fit allégeance, puis je m'avançai. Par Allah, dès que je fus assis entre ses mains – qu'Allah prie sur lui et le salue – je ne pus lever les yeux vers lui par pudeur (ḥayā') devant lui. Je lui fis allégeance à condition qu'il me pardonne mes péchés passés, et je n'eus pas à l'esprit les péchés à venir. Dans une version d'Abū Bakr al-Khaṭīb, avec une chaîne de transmission remontant [au Prophète], l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Un homme sage va venir à vous cette nuit. » Alors 'Amr ibn al-'Āṣ arriva en émigrant (muhājiran). 'Amr a dit, à propos de son arrivée avec Khālid et 'Uthmān ibn Ṭalḥa : J'étais plus âgé qu'eux deux, et je voulus les duper. Je les fis passer avant moi pour l'allégeance. Ils firent allégeance en stipulant qu'il leur soit pardonné leurs péchés passés. Je gardai en moi-même l'intention de faire allégeance pour le passé et l'avenir. Quand je fis allégeance, je mentionnai le passé et oubliai de dire « et l'avenir ». L'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – dit : « Ô 'Amr, fais allégeance, car l'Islam efface (yajubbu) – et dans une version : *yaḥuttu* – ce qui l'a précédé, et l'émigration (al-hijra) efface ce qui l'a précédée. » Il dit : « Je lui fis donc allégeance, puis je repartis. » Cela eut lieu au mois de Ṣafar de l'an huit de l'Hégire, six mois avant la Conquête (al-Fatḥ). 'Amr – qu'Allah lui fasse miséricorde – mourut le jour de la Fête de la Rupture (Yawm al-Fiṭr) de l'an quarante-trois, à l'âge de quatre-vingt-dix ans. Il fut enterré à al-Muqaṭṭam, et son fils 'Abd Allah pria sur lui. Il était l'un des plus éminents rusés (duhāt) en matière de jugement et de ruse. 'Umar ibn al-Khaṭṭāb – qu'Allah l'agrée – lorsqu'il jugeait un homme faible d'esprit et de jugement, disait : « J'atteste que ton Créateur et le Créateur de 'Amr sont un », voulant dire le Créateur des contraires. **Section mentionnant des paroles échangées entre 'Amr ibn al-'Āṣ et 'Abd ibn al-Julandā lorsque l'Envoyé d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – l'envoya vers lui et vers son frère, qui étaient les deux rois d'Oman, en relation avec le Negus.**

Un serviteur demanda à 'Amr 80 : « Ô 'Amr, tu es le fils du seigneur de ton peuple. Comment ton père a-t-il agi ? Car nous avons en lui un modèle. » 'Amr répondit : « Il est mort sans avoir cru en Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). J'aurais souhaité qu'il se fût soumis et eût cru en lui. Quant à moi, j'étais sur la même opinion que lui jusqu'à ce qu'Allah me guide à l'islam. » L'homme demanda : « Quand l'as-tu suivi ? » 'Amr dit : « Récemment. » Il me demanda alors : « Où as-tu embrassé l'islam ? » Je répondis : « Auprès du Négus 81 », et je l'informai que le Négus s'était converti. Il dit : « Comment son peuple a-t-il agi avec son royaume ? » Je dis : « Ils l'ont maintenu et l'ont suivi. » Il dit : « Les évêques et les moines l'ont-ils suivi ? » Je dis : « Oui. » Il dit : « Ô 'Amr, fais attention à ce que tu dis, car il n'y a pas de trait plus honteux chez un homme que le mensonge. » Je dis : « Je n'ai pas menti, et nous ne le jugeons pas licite dans notre religion. » Puis il dit : « Je ne pense pas qu'Héraclius 82 ait eu connaissance de la conversion du Négus. » Je dis : « Si, il le savait. » Il dit : « Par quoi as-tu su cela ? » Je dis : « Le Négus avait un tribut à lui verser. Lorsqu'il se convertit et crut en Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), il dit : 'Non, par Allah, même s'il me demandait un seul dirham, je ne le lui donnerais pas.' Cette parole parvint à Héraclius, qui dit : 'Niyâq 83, son frère, laisse-t-il son serviteur ne pas lui verser de tribut et adopter une nouvelle religion ?' Héraclius dit : 'Un homme qui désire une religion et la choisit pour lui-même, que puis-je faire de lui ? Par Allah, si ce n'était la crainte de perdre mon royaume, j'aurais fait comme lui.' Il dit : 'Fais attention à ce que tu dis, ô 'Amr.' Je dis : 'Par Allah, je t'ai dit la vérité.' » Puis le serviteur dit : « Informe-moi de ce qu'il ordonne », et il l'interrogea sur l'islam. Cela viendra à sa place dans notre livre, si Allah le Très-Haut le veut. Chapitre mentionnant les correspondances du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avec César 84, roi des Romains, et l'envoi de Dihya ibn Khalîfa al-Kalbî (qu'Allah l'agrée) auprès de lui, et ce qui s'y rapporte. Son nom est Héraclius. Ibn Dihya dit dans son ouvrage « Maraj al-Bahrayn » : Le sens de « César » est « le fendu », car lorsque sa mère ressentit les douleurs de l'enfantement, elle mourut, et on lui ouvrit le ventre pour l'en extraire, et il en sortit vivant. Il se vantait de cela parce qu'il n'était pas sorti par le vagin. Il dit : Le nom « César » dérive dans leur langue de « couper », car les entrailles de sa mère furent coupées jusqu'à ce qu'il en sorte. Il était courageux, tyran et audacieux à la guerre. Nous avons rapporté dans le livre « al-Rawḍ al-Unuf » de l'imam, le ḥâfiẓ 85 Abû l-Qâsim 'Abd al-Raḥmân al-Khath'amî, puis al-Suhaylî (qu'Allah lui fasse miséricorde), qui dit : D'après la transmission d'al-Ḥârith dans son Musnad 86, le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Qui portera cette lettre à César, et il aura le Paradis ? » Ils dirent : « Même s'il n'est pas tué, ô Messager d'Allah ? » Il dit : « Même s'il n'est pas tué. » Un homme, c'est-à-dire Dihya (qu'Allah l'agrée), partit avec elle. Abû Bakr al-Bazzâr dit dans son Musnad : Je l'ai trouvé dans une écriture fiable. Ce hadith 87 est celui par lequel j'ai commencé dans le sermon de cet ouvrage, et c'est lui qui m'a poussé à le compiler. Il dit : Ibrâhîm ibn Ismâ'îl ibn Yaḥyâ ibn Salama ibn Kuhayl nous a rapporté, disant : Mon père m'a rapporté d'après son oncle Muḥammad ibn Salama ibn Kuhayl, d'après 'Abd Allâh ibn Shaddâd ibn al-Hâd, d'après Dihya al-Kalbî, qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) m'envoya avec une lettre à César. J'arrivai auprès de lui et lui remis la lettre. Auprès de lui se trouvait un neveu de sa part, roux, aux yeux bleus, aux cheveux lisses. Lorsqu'il lut la lettre – elle contenait : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De la part de Muhammad, Messager d'Allah, à César, maître des Romains » –, le neveu renâcla et dit : « Qu'on ne la lise pas aujourd'hui ! » César lui dit : « Pourquoi ? » Il dit : « Il a commencé par lui-même et a écrit 'maître des Romains' au lieu d'écrire 'roi des Romains'. » César dit : « Nous la lirons. » Lorsqu'il eut lu la lettre et qu'ils furent sortis de chez lui, il me fit entrer chez lui et envoya chercher l'évêque, qui était leur chef. Il l'informa et lui fit lire la lettre. L'évêque, qui était leur chef, dit : « C'est celui que nous attendions et que Jésus a annoncé. » César dit : « Que m'ordonnes-tu ? » L'évêque lui dit : « Quant à moi, je le crois et le suis. » César lui dit : « Quant à moi, si je fais cela, mon royaume disparaîtra. » Puis nous sortîmes de chez lui. César envoya chercher Abû Sufyân 88, qui se trouvait alors chez lui, et lui dit : « Parle-moi de cet homme qui est apparu dans votre pays. Qu'est-il ? » Il dit : « Un jeune homme. » Il dit : « Quel est son rang ? » Il dit : « Il est d'un rang parmi nous, personne ne le surpasse. » Il dit : « C'est un signe de prophétie. » Il dit : « Comment est sa véracité ? » Il dit : « Il n'a jamais menti. » Il dit : « C'est un signe de prophétie. » Il dit : « Qui le suit ? » Il dit : « Les jeunes et la populace. » Il dit : « C'est un signe de prophétie. » Il dit : « Vois-tu ceux des vôtres qui sont partis vers lui, reviennent-ils vers vous ? » Il dit : « Non. » Il dit : « C'est un signe de prophétie. » Il dit : « Vois-tu ceux de ses compagnons qui viennent vers vous, retournent-ils vers lui ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « C'est un signe de prophétie. » Il dit : « A-t-il jamais manqué à sa parole, parfois, lorsqu'il combat, lui et ses compagnons ? » Il dit : « Un peuple l'a combattu, il les a vaincus et ils l'ont vaincu. » Il dit : « C'est un signe de prophétie. » Il dit : Puis il m'appela et dit : « Transmets à ton maître que je sais qu'il est un prophète, mais je n'abandonne pas mon royaume. » Il dit : Quant à l'évêque, ils avaient l'habitude de se réunir auprès de lui chaque dimanche. Il sortait vers eux, les entretenait et les exhortait. Lorsque vint le dimanche, il ne sortit pas vers eux et resta jusqu'au dimanche suivant. J'entrais chez lui, il me parlait et m'interrogeait. Lorsque vint l'autre dimanche, ils l'attendirent pour qu'il sorte vers eux, mais il ne sortit pas et prétexta la maladie. Il fit ainsi plusieurs fois. Ils se rassemblèrent et lui envoyèrent dire : « Sors vers nous, ou nous entrerons chez toi et te tuerons, car nous t'avons renié depuis que cet Arabe est venu. » L'évêque dit : « Prends cette lettre, va chez ton maître, transmets-lui le salut et informe-le que j'atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que Muhammad est le Messager d'Allah, que j'ai cru en lui, l'ai déclaré véridique et l'ai suivi. Ils m'ont désavoué pour cela, et tu vois ce qui arrive. » Puis il sortit vers eux et ils le tuèrent. Ensuite, Dihya retourna auprès du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Auprès de lui se trouvaient les envoyés des gouverneurs de Kisrâ 89 sur Ṣan'â' 90, qu'il avait envoyés à lui. Il avait écrit au gouverneur de Ṣan'â' en le menaçant : « Débarrasse-moi de cet homme qui est apparu dans ton pays et m'appelle à sa religion, ou paie la jizya 91, ou je te tuerai » – ou il dit : « Je ferai telle chose contre toi. » Le gouverneur de Ṣan'â' envoya au Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) quinze hommes. Dihya les trouva chez le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Lorsqu'il lut la lettre de leur maître, il les laissa quinze nuits. Passées les quinze nuits, ils se présentèrent à lui. Quand il les vit, il les appela et dit : « Allez vers votre maître et dites-lui : 'Mon Seigneur a tué ton Seigneur cette nuit.' » Ils partirent et l'informèrent de ce qui s'était passé. Il leur dit : « Comptez cette nuit. » Ils la comptèrent. Il dit : « Dites-moi comment vous l'avez vu. » Ils dirent : « Nous n'avons pas vu de roi plus majestueux que lui ; il marche parmi eux sans rien craindre, sans garde, et ils n'élèvent pas la voix devant lui. » Dihya dit : Puis la nouvelle arriva que Kisrâ avait été tué cette nuit-là. Al-Bazzâr dit : Dihya n'a rapporté du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) que ce seul hadith. Ibn 'Abd al-Barr mentionna dans la notice biographique de Dihya que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) l'envoya à César. César crut en lui, mais ses patrices 92 refusèrent de croire. Dihya informa le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) de cela, et il dit : « Son royaume est affermi. » C'est dans un long hadith qu'il mentionna. Nous avons rapporté dans le Ṣaḥîḥ 93 de Muslim, d'après 'Abd Allâh ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée tous deux), qu'Abû Sufyân ibn Ḥarb lui a rapporté de bouche à oreille, disant : Je partis pendant la trêve qui était entre moi et le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Alors que j'étais en Syrie, voici qu'on apporta une lettre du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à Héraclius. Dihya al-Kalbî l'avait apportée et remise au gouverneur de Busrâ 94, qui la remit à Héraclius. Héraclius dit : « Y a-t-il ici quelqu'un du peuple de cet homme qui prétend être un prophète ? » On dit : « Oui. » On m'appela, moi et un groupe de Quraysh 95, et nous entrâmes chez Héraclius. Il nous fit asseoir devant lui et dit : « Lequel d'entre vous est le plus proche parent de cet homme qui prétend être un prophète ? » Abû Sufyân dit : Je dis : « Moi. » Ils me firent asseoir devant lui et firent asseoir mes compagnons derrière moi. Puis il appela son interprète et dit : « Dis-leur : Je vais interroger celui-ci au sujet de cet homme qui prétend être un prophète. S'il me ment, démentez-le. » Abû Sufyân dit : Par Allah, sans la crainte qu'on rapporte contre moi un mensonge, j'aurais menti. Puis il dit à son interprète : « Demande-lui : Quel est son rang parmi vous ? » Je dis : « Il est d'un rang parmi nous. » Il dit : « Y avait-il un roi parmi ses ancêtres ? » Je dis : « Non. » Il dit : « L'accusiez-vous de mensonge avant qu'il ne dise ce qu'il a dit ? » Je dis : « Non. » Il dit : « Qui le suit : les nobles ou les faibles ? » Je dis : « Plutôt les faibles. » Il dit : « Augmentent-ils ou diminuent-ils ? » Je dis : « Non, ils augmentent. » Il dit : « Quelqu'un apostasie-t-il de sa religion après y être entré, par mécontentement ? » Je dis : « Non. » Il dit : « L'avez-vous combattu ? » Je dis : « Oui. » Il dit : « Comment était votre combat contre lui ? » Je dis : « La guerre entre nous et lui est alternée. »

Il nous atteint et nous atteignons de lui. Il dit : « Alors, trahit-il ? » Je dis : « Non, et nous sommes avec lui dans un délai 96 ; nous ne savons pas ce qu’il va y faire. » Il dit : « Par Dieu, je n’ai pas trouvé un mot où je puisse introduire quelque chose d’autre que cela. » Il dit : « Quelqu’un avant lui a-t-il dit cette parole ? » Je dis : « Non. » Il dit à son traducteur : « Dis-lui : Je t’ai interrogé sur sa noblesse, et tu as prétendu qu’il a chez vous une haute noblesse ; ainsi les messagers sont envoyés parmi les plus nobles de leur peuple. Je t’ai interrogé pour savoir s’il y avait un roi parmi ses ancêtres, et tu as dit non ; j’ai dit : s’il y avait eu un roi parmi ses ancêtres, j’aurais dit : un homme qui réclame le royaume de ses pères. Je t’ai interrogé sur ses disciples : sont-ils les faibles ou les nobles ? Tu as dit : plutôt les faibles, et ce sont les disciples des messagers. Je t’ai interrogé : l’accusiez-vous de mensonge avant qu’il ne dise ce qu’il a dit ? Tu as prétendu que non ; j’ai su qu’il n’allait pas laisser le mensonge contre les gens pour ensuite aller mentir contre Dieu. Je t’ai interrogé : quelqu’un parmi eux apostasie-t-il de sa religion après y être entré, par mécontentement 97 ? Tu as prétendu que non ; ainsi la foi, lorsqu’elle se mêle à la fraîcheur des cœurs. Je t’ai interrogé : augmentent-ils ou diminuent-ils ? Tu as prétendu qu’ils augmentent ; ainsi la foi, jusqu’à ce qu’elle soit parfaite. Je t’ai interrogé : l’avez-vous combattu ? Tu as prétendu que vous l’avez combattu, et la guerre entre vous et lui est alternée 98 ; il vous atteint et vous l’atteignez ; ainsi les messagers sont éprouvés, puis la fin heureuse leur appartient. Je t’ai interrogé : trahit-il ? Tu as prétendu qu’il ne trahit pas ; ainsi les messagers ne trahissent pas. Je t’ai interrogé : quelqu’un avant lui a-t-il dit cette parole ? Tu as prétendu que non ; j’ai dit : si quelqu’un avant lui avait dit cette parole, j’aurais dit : un homme qui suit une parole dite avant lui. » Puis il dit : « Que vous ordonne-t-il ? » Je dis : « Il nous ordonne la prière, l’aumône, le lien de parenté et la chasteté. » Il dit : « Si ce que tu dis est vrai, alors c’est un prophète. Je savais qu’il devait apparaître, mais je ne pensais pas qu’il serait parmi vous. Si je savais que je pourrais l’atteindre, j’aimerais le rencontrer ; si j’étais auprès de lui, je lui laverais les pieds. Sa royauté atteindra certainement ce qui est sous mes pieds. » Puis il demanda la lettre du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et la lut. Il y avait dedans : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muhammad, Messager de Dieu — et dans une version : serviteur de Dieu et Son messager — à Héraclius, grand souverain des Romains. Paix à celui qui suit la guidance. Ensuite, je t’invite par l’appel de l’islam : embrasse l’islam, tu seras sauf ; embrasse l’islam, Dieu te donnera une double récompense. Si tu te détournes, alors sur toi pèse le péché des Ariyâ’îyîn 99. Et {Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n’adorions que Dieu et ne Lui associons rien} jusqu’à Sa parole {dites : témoignez que nous sommes musulmans}. » Lorsqu’il eut fini de lire la lettre, les voix s’élevèrent autour de lui, le tumulte augmenta, et il ordonna qu’on nous fasse sortir. Je dis à mes compagnons en sortant : « L’affaire d’Ibn Abî Kabsha 100 a pris de l’ampleur ; le roi des Banû al-Asfar 101 le craint. » Je n’ai cessé d’être convaincu que l’affaire du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — triompherait, jusqu’à ce que Dieu m’accorde l’islam — et dans une version : malgré moi.

«مشددة» et «فتح الفاء» sur ce qui n'est pas nommé d'agent 102. Et dans une narration : «سقفا» avec ḍamma sur le sīn et le qāf et tanwīn sur la fā'. Et chez al-Qābisī : «أسقفا» avec ḍamma sur le hamza et sukūn sur le sīn. C'est ce qui est connu dans cette lettre avec le hamza, la fā' étant redoublée. Et certains ont rapporté «أسقف» et «سقف» ensemble. C'est, pour les chrétiens, le chef 103. L'auteur d'al-ʿAyn l'a dit : «سقف قوم» pour cela. D'autres ont dit : il est possible qu'il n'ait été nommé ainsi qu'à cause de son inclinaison et de son humilité pour sa religion chez eux, et qu'il est le gardien de leur Loi, et il est en dessous du juge. Et «الأسقف» est le long avec une inclinaison en arabe, et le nom en est «السقف» et «السقيفي». Al-Dāwudī a dit : c'est le savant. Sa parole : «ابن الناطور». ʿIyāḍ a dit : c'est avec un ṭā' non pointé 104 chez le groupe, et chez al-Ḥamawī avec un ẓā' pointé. Les linguistes disent : on dit «فلان ناطورة بني فلان» et «ناظورهم» avec ẓā' pointé, s'il est celui vers qui l'on regarde parmi eux. Et «الناطور» est le gardien des palmiers, un mot étranger que les Arabes ont utilisé. Al-Aṣmaʿī a dit : c'est avec ẓā' pointé, de «النظر», et les Nabatéens transforment le ẓā' en ṭā'. Parmi ce qu'a rapporté Ibn al-Jawzī dans son livre al-Wafā : «Qaysar 105 se réveilla un jour soucieux à cause de l'apparition du roi de la circoncision 106. Alors le messager du maître de Buṣrā vint à lui avec un homme des Arabes qu'il conduisait, et dit : "Cet homme, des Arabes, raconte une chose étonnante qui est apparue dans son pays." Qaysar l'interrogea, et il dit : "Un homme est sorti parmi nous, prétendant être un prophète. Des gens l'ont suivi, d'autres s'y sont opposés, et il y a eu des combats entre eux. Je les ai laissés dans cet état." Il dit : "Déshabillez-le." Ils le déshabillèrent, et voilà qu'il était circoncis. Héraclius dit : "Par Dieu, c'est celui que j'ai vu. Donnez-lui son vêtement." Puis il appela le chef de sa police et dit : "Parcours la Syrie en long et en large jusqu'à ce que tu m'amènes un homme de ce peuple." Abū Sufyān dit : "J'étais sorti pour le commerce, et le chef de la police nous surprit et dit : "Êtes-vous du peuple de cet homme ?" Nous dîmes : "Oui." Il m'emmena, moi et mes compagnons, jusqu'à ce que nous arrivions à Īliyā' 107. Il nous fit entrer chez lui, et le voilà assis dans son conseil royal, avec la couronne sur la tête, entouré des grands des Romains. Il dit à son interprète : "Demande-leur lequel d'entre eux est le plus proche parent de cet homme qui prétend être un prophète." Abū Sufyān dit : "Je dis : 'Moi.' Il dit : 'Quel est ton lien de parenté ?' Je dis : 'C'est mon cousin.'" Abū Sufyān dit : "Il n'y avait ce jour-là dans la caravane aucun homme des Banū ʿAbd Manāf autre que moi." Qaysar dit : "Approchez-le." Et ils placèrent mes compagnons derrière moi. Et il rapporta le hadith, qui contient : «Et Qaysar, lorsque Dieu l'eut délivré des armées de Perse, marcha de Ḥimṣ sur des tapis déroulés devant lui jusqu'à Īliyā', en remerciement de ce que Dieu lui avait accordé.» Et il est rapporté d'az-Zuhrī qu'il a dit : «Un évêque 108 des chrétiens m'a raconté qu'Héraclius reçut la lettre du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, la mit entre sa cuisse et son flanc, puis écrivit à un homme à Rome qui lisait l'hébreu ce qu'il lisait, et qu'il l'informa de ce qui était arrivé. Alors le maître de Rome lui écrivit : "C'est le prophète attendu, sans aucun doute. Suis-le et crois en lui." Il rassembla ses patrices 109 et dit : "Ô assemblée des Romains, une lettre de cet homme m'est parvenue, m'invitant à sa religion. Par Dieu, c'est le prophète que nous attendions et que nous trouvons dans nos livres. Venez, suivons-le, afin que notre monde et notre au-delà nous soient assurés." Ils rugirent d'un seul rugissement et voulurent le tuer. Il les fit reculer par ce qu'il mentionna. Chapitre sur la mention de l'entretien de Diḥya avec Qaysar. Il est rapporté de lui qu'il a dit : «Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — m'envoya vers le roi des Romains avec sa lettre, alors qu'il était à Tabūk et que lui était à Damas.» As-Suhaylī ajouta : «Je lui dis : "Ô Qaysar, celui qui est meilleur que toi m'a envoyé vers toi, et Celui qui l'a envoyé est meilleur que lui et que toi. Écoute donc avec soumission, puis réponds avec sincérité. Car si tu ne t'humilies pas, tu ne comprendras pas, et si tu n'es pas sincère, tu ne seras pas équitable." Il dit : "Donne." Je dis : "Sais-tu que le Messie priait ?" Il dit : "Oui." Je dis : "Je t'invite vers Celui pour qui le Messie priait, et je t'invite vers Celui qui a organisé la création des cieux et de la terre alors que le Messie était dans le ventre de sa mère, et je t'invite vers ce prophète illettré 110 que Moïse a annoncé et que Jésus, fils de Marie, a annoncé après lui. Tu as de cela une trace de science qui suffit pour la vision et guérit de la rumeur. Si tu réponds, le monde et l'au-delà seront à toi ; sinon, l'au-delà te quittera et tu seras associé dans le monde. Et sache que tu as un Seigneur qui brise les tyrans et change les bienfaits." Alors Qaysar prit la lettre, la mit sur ses yeux et sa tête, l'embrassa, puis dit : "Par Dieu, je n'ai laissé aucun livre sans le lire, ni aucun savant sans l'interroger, et je n'ai vu que du bien. Accorde-moi un délai jusqu'à ce que je voie pour qui le Messie priait. Car je déteste te répondre aujourd'hui par une chose que je verrai demain meilleure et que je reviendrai dessus, ce qui me nuirait et ne me profiterait pas. Reste jusqu'à ce que je voie." Peu après, la mort du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — lui parvint. Et dans une autre narration de lui : «Héraclius ordonna à un crieur de crier : "Voici qu'Héraclius a cru en Muḥammad — que Dieu prie sur lui et le salue — et l'a suivi." Alors les troupes entrèrent avec leurs armes et entourèrent son palais, voulant le tuer. Il les repoussa, et ils se contentèrent de lui. Puis il écrivit une lettre et l'envoya avec Diḥya, disant au Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — : "Je suis musulman, mais je suis dominé dans mon affaire." Et il lui envoya un cadeau. Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lut sa lettre, il dit : "Il a menti, l'ennemi de Dieu. Il n'est pas musulman, mais il est dans son christianisme." Et il accepta son cadeau et le partagea entre les musulmans. Il n'acceptait pas le cadeau d'un polythéiste combattant, mais il accepta celui-ci parce que c'était un butin 111 pour les musulmans, et c'est pourquoi il le partagea entre eux. Si cela lui était venu dans sa maison, cela lui aurait été exclusif, comme le cadeau d'al-Muqawqis lui fut exclusif, et il l'accepta d'al-Muqawqis parce qu'il n'était pas un combattant, mais avait montré une inclination à entrer dans la religion. Ibn al-Jawzī a dit : Diḥya a dit : «Je lui tendis la lettre du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue —. Il baisa son sceau et le mit sous quelque chose sur lequel il était assis. Puis il appela, et les patrices et son peuple se rassemblèrent. Il se tint sur des coussins pliés pour lui — ainsi faisaient les Perses et les Romains, ils n'avaient pas de chaires — puis il harangua ses compagnons et dit : "Ceci est la lettre du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — que le Messie nous a annoncé, de la descendance d'Ismaël, fils d'Abraham." Ils rugirent d'un rugissement. Il fit signe de la main : "Taisez-vous." Puis il dit : "Je vous ai seulement éprouvés pour voir comment vous soutenez le christianisme." Il dit : «Il m'envoya chercher en secret le lendemain et me fit entrer dans une grande maison où il y avait trois cent treize images, et c'étaient les images des prophètes et des messagers. Il dit : "Regarde où est ton compagnon parmi ceux-ci." Je vis l'image du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — comme s'il regardait. Je dis : "C'est celui-ci." Il dit : "Tu as dit vrai." Puis il dit : "Qui est cette image à sa droite ?" Je dis : "Un homme de son peuple, appelé Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq." Il dit : "Et qui est celle à sa gauche ?" Je dis : "Un homme de son peuple, appelé ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb." Il dit : "Nous trouvons dans le Livre que par ces deux compagnons, Dieu parachèvera cette religion." Lorsque je vins auprès du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue —, il dit : "Il a dit vrai. Par Abū Bakr et ʿUmar, Dieu parachèvera cette religion et ouvrira [les conquêtes]." Et il est rapporté qu'il dit à Diḥya : «Par Dieu, je sais que ton compagnon est un prophète envoyé, et qu'il est celui que nous attendions. Mais je crains les Romains pour moi-même. Sans cela, je l'aurais suivi.» Chapitre sur la mention du Messie — sur lui la paix — et des apôtres. As-Suhaylī a dit : «Ce qu'il y a de plus correct sur le sens du Messie, malgré la multitude des opinions à ce sujet, est qu'il est le véridique 112 dans leur langue, puis les Arabes l'ont arabisé. L'envoi du Messie aux apôtres eut lieu après qu'il eut été élevé et que celui qui lui ressemblait eut été crucifié. Marie la véridique — sur elle la paix — et la femme qui était possédée et que le Messie — sur lui la paix — avait guérie vinrent et s'assirent près du bois 113 en pleurant. Sa mère fut frappée d'un chagrin pour lui que seul Dieu connaît. Il descendit vers elles et dit : "Pourquoi pleurez-vous ?" Elles dirent : "Sur toi." Il dit : "Je n'ai pas été tué ni crucifié, mais Dieu m'a élevé et m'a honoré, et il leur a fait illusion à mon sujet. Transmettez de ma part aux apôtres mon ordre de me rencontrer dans tel endroit la nuit." Les apôtres vinrent à cet endroit, et voilà que la montagne s'embrasa de lumière à cause de sa descente. Puis il leur ordonna d'appeler les gens à sa religion et à l'adoration de son Seigneur. Il les envoya vers les nations mentionnées par Ibn Isḥāq et d'autres. Puis il fut revêtu du vêtement des anges et monta avec eux, devenant un être angélique, humain, céleste, terrestre. Al-Qāḍī ʿIyāḍ a dit : «On a dit des compagnons de Jésus — sur lui la paix — qu'ils sont les blanchisseurs 114 parce qu'ils blanchissent les vêtements, et «الحور» est la blancheur. Ils étaient d'abord blanchisseurs. Et on a dit : les pêcheurs.» As-Suhaylī a dit : «Ce qu'il y a de plus correct sur le sens des apôtres 115 est que «الحواري» est le pur, c'est-à-dire le pur et clair de toute chose. Et la parole des exégètes : "c'est le pur" est une expression éloquente. Abū Ḥanīfa a récité : "Mes deux amis, purifiez-moi 116, son amour n'a laissé Dans le cœur que des rameaux élevés que le bétail n'atteint pas." Il a dit : «العوذ» est ce que le bétail n'atteint pas à cause de sa hauteur, comme s'il s'y était réfugié. Al-Quḍāʿī a mentionné dans ʿUyūn al-Maʿārif que Jésus — sur lui la paix — naquit le mercredi 25 décembre, trois cent trois ans après l'avènement d'Alexandre. Marie le conçut à l'âge de treize ans.»

Al-Hasan 117 fut porté pendant neuf heures et accoucha le jour même. Sa naissance eut lieu à Bethléem. Lorsqu'il eut huit jours, il fut circoncis selon la loi de Moïse (sur lui la paix) et ils le nommèrent Jésus 118. Sa mère s'enfuit avec lui en Égypte, où il demeura douze ans. Puis elle revint avec lui à Nazareth, sur le mont de Galilée (sur lui la paix). Lorsqu'il eut trente ans, la révélation lui vint. Sa prophétie dura trois ans. Il parla au berceau à trois reprises, puis ne parla plus jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de la parole. Il annonça notre prophète Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue) en disant dans l'Évangile de Jean : « Gardez mon testament, car le Paraclet 119 viendra à vous, et c'est Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue). » On dit qu'il fut élevé au ciel la nuit du Destin 120 depuis le mont du Temple 121. Sept jours après, il apparut à sa mère et lui dit : « Rien que du bien ne m'a touché », et il lui ordonna d'aller chercher les apôtres. Ils vinrent à lui, il leur fit ses recommandations et les dispersa sur la terre. Wahb 122 dit : « Dieu fit mourir Jésus trois heures du jour, puis l'éleva. Marie vécut six ans après lui. » Son auteur (que Dieu lui pardonne) dit : « La montagne mentionnée par al-Qudâ'î 123 à Jérusalem est aujourd'hui connue sous le nom de mont Tûr 124. Elle domine la mosquée al-Aqsâ 125. À son sommet se trouve une construction ancienne datant de l'époque byzantine, en forme de forteresse. À l'intérieur, au sommet, se trouve l'image d'un temple élégant, de forme carrée, et au-dessus une coupole arrondie. Rien ne fait écran entre ce temple et le ciel. On le visite, et les gens du Tûr disent que c'est le lieu de l'ascension de Jésus (sur lui la paix), selon une tradition transmise entre eux depuis l'époque du sultan Salâh ad-Dîn Yûsuf ibn Ayyûb 126, conquérant de Jérusalem et libérateur des mains des Francs. Dieu sait mieux. » Al-Qudâ'î dit : « Il est rapporté du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) qu'il a dit : 'Dieu fera descendre le Messie, Jésus fils de Marie, comme juge équitable et imam juste. Il brisera la croix, tuera le porc, supprimera la capitation 127, fera abonder les richesses au point que nul ne trouvera qui les accepte, et il empruntera certainement la route d'ar-Rawhâ' 128 comme pèlerin ou comme 'umra 129.' » Ibn Qutayba 130 dit dans al-Ma'ârif 131 : « Entre Jésus (sur lui la paix) et Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue), il y a six cent vingt ans. » Il y a divergence sur ces dates parmi les spécialistes des traditions. Interprétation : ar-Rawhâ' : avec la première lettre ouverte et un hâ' non pointé, allongé : un village important de la tribu de Muzayna, à deux nuits de Médine, la distance étant de quarante et un milles. Cité par al-Bakrî 132 dans son dictionnaire. Il est rapporté d'Abû Hurayra (que Dieu l'agrée) : « J'ai entendu l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dire : 'Par Celui qui tient mon âme en Sa main, le fils de Marie prononcera certainement la talbiya 133 depuis le défilé d'ar-Rawhâ' comme pèlerin ou comme 'umra, ou bien il les accomplira tous deux.' » Il dit : « Plusieurs ont rapporté que l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit, alors qu'il priait dans la mosquée qui se trouve au fond d'ar-Rawhâ', près de 'Irq adh-Dhabya 134 : 'Cette vallée est l'une des vallées du Paradis. Soixante-dix prophètes ont prié dans cette mosquée avant moi. Moïse fils d'Imran y est passé comme pèlerin ou comme 'umra, avec soixante-dix mille fils d'Israël, monté sur une chamelle grise, vêtu de deux manteaux de laine noire, prononçant la talbiya. Les montagnes d'ar-Rawhâ' lui répondaient par leurs échos.' » Cité par al-Jawharî 135. Il dit : « Elle fut nommée ar-Rawhâ' à cause de l'abondance de ses vents. » À ar-Rawhâ' se trouve un édifice qu'ils prétendent être la tombe de Mudar ibn Nizâr 136. Retour et reprise de notre sujet. Ibn Ishâq 137 rapporte d'après Khâlid ibn Sinân 138, d'après un homme parmi les anciens Byzantins : « Lorsque Héraclius 139 voulut quitter la Syrie pour Constantinople, après avoir appris la nouvelle de l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), il rassembla les Byzantins et dit : 'Je vais vous soumettre des affaires, examinez-les.' Ils dirent : 'Lesquelles ?' Il dit : 'Sachez, par Dieu, que cet homme est un prophète envoyé. Nous le trouvons dans nos livres et nous le reconnaissons à sa description. Venez, suivons-le.' Ils dirent : 'Serions-nous sous l'autorité des Arabes ?' Il dit : 'Alors je lui donnerai chaque année la capitation pour briser sa puissance et me reposer de sa guerre.' Ils dirent : 'Donnerions-nous aux Arabes l'humiliation et l'avilissement ? Non, par Dieu !' Il dit : 'Alors je lui donnerai la terre de Syrie, c'est-à-dire la Palestine, la Jordanie, Damas, Homs et ce qui est en deçà du défilé.' Ils dirent : 'Nous ne le ferons pas.' Il dit : 'Eh bien, par Dieu, vous verrez que vous aurez été vaincus lorsque vous vous serez retranchés dans votre ville.' Puis il monta sur sa mule et partit. Lorsqu'il fut arrivé au défilé, il se tourna vers la Syrie et dit : 'Salut à toi, terre de Syrie, salut d'adieu.' Puis il piqua des deux jusqu'à ce qu'il entre à Constantinople.' » Son auteur (que Dieu lui pardonne) dit : « C'est là le sens de la parole du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) : 'Quand César 140 aura disparu, il n'y aura plus de César après lui.' » Et il en fut comme il l'avait dit : sous le califat de 'Umar ibn al-Khattâb (que Dieu l'agrée), leurs trésors furent pris et dépensés dans le chemin de Dieu (Puissant et Majestueux). « Et il ne parle pas sous l'effet de la passion » [Coran 53:3]. Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) avait annoncé cela à la délégation de 'Udhra 141 lorsqu'elle vint à lui au mois de safar de l'an neuf, parmi laquelle se trouvait Hamza ibn an-Nu'mân 142. Ils embrassèrent l'islam, et il leur annonça la conquête de la Syrie et la fuite d'Héraclius vers une place forte de son pays. Ils étaient douze hommes, dont Hamza mentionné. Dans ces hadiths, il y a une démonstration claire et une déclaration suffisante de la mission du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), qui dispense d'une longue réflexion et lui confère la prééminence et l'antériorité. Cela, en raison de ce qui émana de la parole d'Héraclius, l'un des savants des gens du Livre, après son examen, sa persévérance et ses nombreuses investigations sur la situation du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), et sa discussion avec Abû Sufyân 143 malgré la justesse de son regard et la qualité de sa pensée. Il dit : « Si ce que tu dis est vrai, alors c'est un prophète. » Il dit aussi : « Je savais qu'il devait apparaître, mais je ne pensais pas qu'il serait parmi vous. » Il dit encore : « Si je savais que je pourrais l'atteindre, j'aimerais le rencontrer. » Et : « Si j'étais auprès de lui, je lui laverais les pieds. » Dans l'ensemble de ce que nous avons rapporté de lui, il y a l'extrême exagération dans la glorification et la limite de la vénération et de l'honneur. Héraclius est l'un des plus intelligents des gens du Livre, le plus savant et le plus vertueux. S'il n'avait pas su avec certitude la prophétie de Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue) et sa manifestation, et s'il n'avait pas eu connaissance de ce qui était caché et secret de sa science, il n'aurait pas exhorté à le suivre ni ne se serait empressé d'accepter son livre et de l'écouter. Il aurait agi comme Kisrâ 144 lorsqu'il reçut la lettre du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) l'invitant à la foi et à l'islam : il se détourna de l'accepter, la déchira, ne s'y intéressa pas et ne la crut pas, par ignorance et manque de connaissance de ce que Dieu (Très-Haut) avait révélé dans Ses livres concernant l'annonce de sa prophétie (que Dieu prie sur lui et le salue), et parce que son peuple était mazdéen, adorant le feu, et n'avait aucune science des affaires des prophètes (que les prières de Dieu soient sur notre Prophète et sur eux tous). Ensuite, cette reconnaissance de la part d'Héraclius et sa soumission au Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), malgré le grand nombre de ses partisans et de ses soldats, son étendue sur la terre, sa puissance et sa maîtrise des hommes et des richesses, qui lui permettaient d'atteindre ses objectifs et ses espoirs, alors que le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) et ses compagnons étaient alors peu nombreux, leurs ressources limitées, ils ne venaient à l'esprit d'aucun roi et ne traversaient l'imagination de personne, en raison de leur pauvreté dominante et de leur petit nombre, la soumission d'Héraclius à lui dans cet état, sa reconnaissance de sa prophétie, sa préférence pour l'extrême et son exagération dans son honneur, tout cela prouve qu'il avait connaissance de ce qu'il déclara et manifesta après l'avoir caché, et qu'il divulga la prophétie de Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue), sa noblesse et sa générosité. C'est ainsi que l'identification a eu lieu dans le Livre de Dieu, le Glorieux, que « le faux ne peut l'atteindre ni par devant ni par derrière : c'est une révélation émanant d'un Sage, Digne de louange » [Coran 41:42]. Dieu (Très-Haut) dit — et Il est le plus véridique des locuteurs — : « Et Ma miséricorde embrasse toute chose. Je la prescrirai à ceux qui craignent [Dieu], acquittent l'aumône et croient en Nos signes, ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu'ils trouvent écrit chez eux dans la Thora et l'Évangile. Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises, et leur ôte le fardeau et les chaînes qui pesaient sur eux. Ceux qui croient en lui, le soutiennent, le secourent et suivent la lumière descendue avec lui, ceux-là sont les bienheureux. » [Coran 7:156-157] Interprétation : Sa parole (Très-Haut) : « leur fardeau » — on lit aussi « leurs fardeaux » au pluriel. Ibn 'Abbâs 145 dit : « Il s'agit de l'alliance pesante : il avait été pris aux fils d'Israël d'agir selon ce qui est dans la Thora. » Qatâda 146 dit : « Il s'agit de la rigueur qui pesait sur eux dans la religion. » « Les chaînes » : il s'agit des fardeaux qui pesaient sur eux, comme le fait de tuer l'âme dans le repentir, de couper les membres fautifs, de couper la souillure du vêtement avec des ciseaux, l'obligation du talion dans le meurtre, l'interdiction de prendre la compensation, l'abandon du travail le samedi, le fait que leur prière n'était valable que dans les églises, et autres rigueurs. Elles sont comparées à des chaînes qui lient la main au cou. Cité par al-Baghawî 147. [Chapitre] sur ce que dit Dihya 148 à propos de sa venue chez César et de la lettre du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) qu'il écrivit à Héraclius, et qu'elle existe encore chez eux jusqu'à notre époque, et ce que j'en ai rapporté. As-Suhaylî 149 dit : Dihya dit : « N'est-elle pas parvenue, malgré son éloignement, que je suis venu chez César ? Je l'ai jaugé par la prière du Messie, qui était de rubis. Et la gestion de ton Seigneur, l'affaire du ciel et de la terre, il ferma les yeux et ne nia pas. Je dis : 'Reconnais-tu la bonne annonce du Messie ?' Il dit : 'Je vais voir.' Je dis : 'Regarde.' Il faillit reconnaître l'affaire de l'Envoyé, puis il se tourna vers le borgne 150. Il douta, son âme s'agita, et les âmes des fils du Jaune 151 s'agitèrent. Il posa le livre de ses deux mains sur sa tête, son œil et sa narine. César devint, de son affaire, tel un cheval alezan. »

Il a voulu par le cheval alezan 152 un exemple pour les Arabes, qui disent : « Alezan, si tu recules, tu es blessé au jarret ; si tu avances, tu es égorgé. » Il a été rapporté qu'Héraclius 153 a placé le livre du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) dans un étui en or, par vénération pour lui, et qu'ils n'ont cessé de l'hériter de père en fils, dans le plus précieux des écrins et le lieu le plus honoré. Al-Jawhari 154 a dit : « J'ai mis le vêtement dans son étui (ṣiwānuhu) ; ṣiwān, avec la damma et la kasra, est ce dans quoi on le conserve. » Al-Suhaylī 155 a dit : « Jusqu'à ce qu'il fût — il veut dire le livre — chez Adifūnsh 156, qui domina Tolède 157 en terre d'Andalousie ; puis il fut chez le fils de sa fille, connu sous le nom d'al-Sulayṭīn 158. » Il a dit : « Un de nos compagnons m'a raconté que celui qui lui avait demandé de le voir, parmi les chefs des armées musulmanes, connu sous le nom de 'Abd al-Malik ibn Sa'īd 159, a dit : 'Il me le montra ; je pleurai d'émotion et voulus le baiser et le prendre de sa main, mais il m'en empêcha, par souci de le préserver et par avarice à mon égard.' » On dit Hiraql 160 et Hiraql.


  1. watar : Désir, besoin, objet d'un désir assouvi.
  2. subba : Honte, opprobre, chose honteuse.
  3. anhad : Le plus robuste, le plus fort.
  4. ra'imat : La chamelle qui aime son petit ; ici, s'attacher à un petit qui n'est pas le sien.
  5. ra'ūm : Brebis qui lèche les vêtements des passants, par affection.
  6. an-Najāshī : Titre du roi d'Abyssinie (Éthiopie) à l'époque du Prophète.
  7. al-muhājirūn : Les Émigrés : musulmans ayant émigré de La Mecque à Médine.
  8. al-Misbāḥ al-Muḍī' : Titre d'un ouvrage, 'La Lampe Lumineuse'.
  9. al-muhājirūn : Les Émigrés : musulmans ayant quitté La Mecque pour Médine.
  10. al-anṣār : Les Auxiliaires : musulmans de Médine ayant accueilli et soutenu le Prophète.
  11. Yathrib : Ancien nom de Médine avant l'islam.
  12. umma : Communauté, nation, au sens religieux et politique.
  13. rib'a : Pacte, convention, état de droit coutumier.
  14. ta'āqul : Paiement mutuel du prix du sang (diyya) entre clans.
  15. fidā' al-'ānī : Rachat du prisonnier de guerre.
  16. mufriḥ : Personne accablée de dettes ou de charges.
  17. dhimma : Protection, garantie, pacte de sécurité.
  18. mushrik : Associateur, polythéiste.
  19. i'tabaṭa : Tuer délibérément, sans droit.
  20. qawad : Peine de mort par talion.
  21. muḥdith : Innovateur en matière religieuse, hérétique.
  22. ṣarf wa lā 'adl : Compensation ou réparation acceptée en lieu et place de la peine.
  23. al-birr : Piété, bonté, vertu.
  24. biṭāna : Entourage proche, conseillers intimes.
  25. fataka : Commet un meurtre, une agression violente.
  26. jawf : Espace intérieur, enceinte, territoire sacré.
  27. al-‘āqila : Groupe solidaire qui paie la compensation légale (diya) pour le meurtre involontaire commis par l’un de ses membres.
  28. dīwān : Registre officiel où étaient inscrits les noms des combattants et des bénéficiaires du Trésor public.
  29. Baw’u bi-shi‘ri na‘li Kulayb : Expression signifiant « il a égalé par le poil de la sandale de Kulayb », utilisée pour dire que la vengeance est proportionnelle au crime.
  30. sayl al-‘Arim : Déluge provoqué par la rupture de la grande digue de Ma’rib au Yémen, entraînant la dispersion des tribus sabéennes.
  31. al-‘Amālīqa : Peuple légendaire de l’Arabie ancienne, souvent considéré comme des géants ou des tribus puissantes.
  32. al-Juḥfa : Localité près de La Mecque ; son nom viendrait de ‘ajḥafat’ (emporter), car les torrents emportèrent ses habitants.
  33. jizya : Impôt de capitation imposé aux non-musulmans (dhimmis) en échange de la protection de l’État islamique.
  34. wa-ulū l-arḥāmi ba‘ḍuhum awlā bi-ba‘ḍin fī kitābi llāh : Référence au verset 33:6 du Coran, qui établit que les liens du sang priment sur les liens de fraternité adoptive pour l’héritage.
  35. innamā l-mu’minūna ikhwa : Verset 49:10 du Coran, affirmant la fraternité universelle des croyants.
  36. al-Najāshī : Titre donné au souverain d’Abyssinie (Éthiopie) ; le nom propre le plus connu est Aṣḥama.
  37. hijra : Émigration, en particulier celle des premiers musulmans de La Mecque vers Médine ou vers l’Abyssinie pour fuir les persécutions.
  38. al-Ḥabasha : Les Abyssins, habitants de l'Abyssinie (actuelle Éthiopie).
  39. Umm Salama : Oum Salama, épouse du Prophète Muhammad, une des mères des croyants.
  40. al-Najāshī : Le Négus, titre du roi d'Abyssinie à l'époque. Il s'agit d'Ashama ibn Abjar, qui a accordé asile aux premiers musulmans.
  41. Quraysh : Les Quraychites, tribu dominante de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète.
  42. baṭāriqa : Patrices, hauts dignitaires ou chefs religieux chrétiens en Abyssinie.
  43. ʿAbd Allāh ibn Abī Rabīʿa : Compagnon du Prophète, mais à cette époque encore polythéiste, envoyé par les Quraychites.
  44. ʿAmr ibn al-ʿĀṣ : Futur compagnon et conquérant de l'Égypte, alors polythéiste.
  45. ḍawā ilā bilād al-malik : Expression signifiant 's'est réfugié dans le pays du roi'.
  46. asāqifa : Évêques, chefs religieux chrétiens.
  47. Jaʿfar ibn Abī Ṭālib : Cousin du Prophète et chef des émigrants en Abyssinie.
  48. jāhilīya : Période préislamique, littéralement 'temps de l'ignorance'.
  49. zakāt : Aumône légale obligatoire en islam.
  50. sourate Maryam : Sourate 19 du Coran, intitulée 'Marie'.
  51. akhḍala : Mouiller, rendre humide.
  52. mishkāt : Niche, lucarne non traversante ; ici métaphore pour une source commune de lumière divine.
  53. akhḍara'ahum : Leur verdure, c'est-à-dire leur force, leur multitude ; expression pour anéantir complètement.
  54. ghaḍrā'ahum : Leur bien, leur prospérité ; variante de l'expression précédente.
  55. al-ʿadhrā' al-batūl : La vierge, la pure ; 'al-batūl' désigne celle qui se consacre exclusivement à Dieu.
  56. al-batūl : Celle qui se détache du mariage ou se consacre entièrement à Dieu.
  57. tanākharat : Reniflèrent, exprimant désapprobation ou mépris.
  58. shayyūm : En sécurité, protégés ; terme abyssin.
  59. man sabba-kum gharima : Quiconque vous insulte paiera une amende.
  60. dubr : Montagne ; en langue abyssine.
  61. dīr : Variante de 'dubr', signifiant montagne.
  62. al-Zubayr ibn al-ʿAwwām : Compagnon du Prophète, connu pour son courage.
  63. al-qurī' : Le maître, le noble, le chef.
  64. al-qirā' : Le fait de frapper, de cogner.
  65. qar' : Action de frapper, de saillir.
  66. al-maqrū' : Celui qui est choisi pour la reproduction ; aussi le maître.
  67. al-qirā' : Le dur, le fort.
  68. qad' : Action de freiner, de retenir un cheval.
  69. Coran 60:7 : Référence coranique : Sourate al-Mumtaḥana, verset 7.
  70. Coran 5:82 : Référence coranique : Sourate al-Mā'ida, verset 82.
  71. Banū Arfada : Nom d'une tribu abyssinienne, ou désignation des Abyssins.
  72. Coran 57:28 : Référence coranique : Sourate al-Ḥadīd, verset 28.
  73. al-mishkāt : La niche, la lucarne ; mot d'origine abyssinienne.
  74. Coran 20:1 : Référence coranique : Sourate Ṭā Hā, verset 1.
  75. Coran 73:6 : Référence coranique : Sourate al-Muzzammil, verset 6.
  76. Coran 9:114 : Référence coranique : Sourate al-Tawba, verset 114.
  77. sanāh : La beauté ; mot d'origine abyssinienne.
  78. al-kursī : Le Trône, siège divin dans l'au-delà.
  79. Coran 3:68 : Référence coranique : Sourate Āl 'Imrān, verset 68.
  80. عمرو : ‘Amr ibn al-‘Âṣ, compagnon du Prophète, connu pour sa sagesse et son rôle dans la conquête de l'Égypte.
  81. النجاشي : Négus, titre du roi d'Abyssinie (actuelle Éthiopie) à l'époque. Le Négus Ashama ibn Abjar a accueilli les premiers musulmans émigrés et s'est converti à l'islam.
  82. هرقل : Héraclius, empereur byzantin (610-641). Il a reçu une lettre du Prophète l'invitant à l'islam.
  83. نياق : Niyâq, probablement un nom propre ou un titre. Le texte est ambigu ; il pourrait s'agir d'un personnage ou d'une exclamation.
  84. قيصر : César, titre des empereurs romains puis byzantins. Dérivé du latin Caesar.
  85. الحافظ : Al-ḥâfiẓ, titre honorifique désignant un spécialiste du hadith qui maîtrise un grand nombre de textes et de chaînes de transmission.
  86. مسند : Musnad, recueil de hadiths classés par compagnon transmetteur plutôt que par thème.
  87. حديث : Hadith, récit rapportant les paroles, actions ou approbations du Prophète Muhammad.
  88. أبو سفيان : Abû Sufyân ibn Ḥarb, chef des Quraysh à La Mecque, initialement opposé à l'islam, converti plus tard lors de la conquête de La Mecque.
  89. كسرى : Kisrâ, titre des rois sassanides de Perse. Ici, il s'agit de Khosro II.
  90. صنعاء : Ṣan'â', capitale du Yémen, alors sous domination perse.
  91. الجزية : Jizya, impôt de capitation imposé aux non-musulmans (dhimmis) dans l'État islamique en échange de protection.
  92. بطارقة : Patrices (sing. patrice), hauts dignitaires de l'Empire byzantin, souvent gouverneurs militaires.
  93. صحيح : Ṣaḥîḥ, recueil de hadiths considéré comme authentique selon les critères de la science du hadith.
  94. بصرى : Busrâ, ville de Syrie (actuelle Bosra), importante à l'époque byzantine.
  95. قريش : Quraysh, tribu arabe de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
  96. mudda : Période de trêve ou de délai, ici la trêve de Hudaybiyya entre les musulmans et les Qurayshites.
  97. sakhiṭa : Mécontentement ou aversion ; ici, le fait d'apostasier par mécontentement de la religion.
  98. sijāl : Alternance, comme les seaux (sijl) qui montent et descendent dans un puits ; la guerre est tantôt pour un camp, tantôt pour l'autre.
  99. al-Ariyâ’îyîn : Terme interprété diversement : les Ariyâ’îyîn seraient les sujets ou les paysans (al-akara), ou les partisans d'un certain Ariyâ (ou Arîs) qui aurait défié un prophète ; ou encore les rois qui s'opposent à leurs prophètes. Dans le contexte, il s'agit des sujets d'Héraclius, notamment les chrétiens et juifs qui suivent leur souverain dans l'erreur.
  100. Ibn Abî Kabsha : Surnom donné au Prophète Muhammad par les Qurayshites, par analogie avec Abû Kabsha, un homme de Khuzâ‘a qui avait rejeté le culte des idoles pour adorer l'étoile Sirius. Le nom signifie 'fils d'Abû Kabsha'.
  101. Banû al-Asfar : Les Romains (Byzantins). Nommés ainsi d'après leur ancêtre al-Asfar, ou en raison de la couleur jaune (souvent associée aux Romains dans la tradition arabe).
  102. مَا لَمْ يُسَمَّ فَاعِلُهُ : Expression grammaticale désignant la voix passive, littéralement 'ce dont l'agent n'est pas nommé'.
  103. أَسْقُف : Évêque, du grec episkopos, chef religieux chrétien.
  104. طَاء مُهْمَلَة : Lettre ṭā' sans point diacritique, par opposition à ẓā' pointé.
  105. قَيْصَر : César, titre des empereurs romains et byzantins ; ici, Héraclius.
  106. مَلِك الْخِتَان : Le roi de la circoncision, désignant le prophète Mahomet, car la circoncision est un signe distinctif des musulmans.
  107. إِيْلِيَاء : Nom arabe de Jérusalem (Aelia Capitolina).
  108. أَسْقُف : Évêque, chef religieux chrétien.
  109. بَطَارِقَة : Pluriel de 'baṭrīq', patrice, titre de dignitaires byzantins.
  110. النَّبِي الْأُمِّي : Le prophète illettré, qualificatif de Mahomet, signifiant qu'il n'a pas appris à lire ou écrire.
  111. فَيْء : Butin pris à l'ennemi sans combat, considéré comme bien commun des musulmans.
  112. الصِّدِّيق : Le véridique, celui qui est sincère et confirmé dans la vérité.
  113. الْجَذْع : Le bois, désignant la croix ou le poteau de crucifixion.
  114. قَصَّارُون : Blanchisseurs, ceux qui nettoient et blanchissent les vêtements.
  115. حَوَارِيُّون : Apôtres, disciples de Jésus ; le terme dérive de 'ḥawār' (blancheur) ou de 'ḥāwir' (pur).
  116. خَلِّصَانِي : Purifiez-moi, rendez-moi pur ; impératif adressé à deux personnes.
  117. Al-Hasan : Al-Hasan al-Basrî, un célèbre savant musulman, mais ici il s'agit probablement d'une confusion avec Marie (Maryam) dans le texte original.
  118. Jésus : Transcription de 'al-Yasū' (اليَسوع), nom arabe de Jésus.
  119. Paraclet : Terme grec (Paraklētos) signifiant 'consolateur' ou 'avocat', interprété dans l'islam comme une annonce de Muhammad.
  120. nuit du Destin : Laylat al-Qadr, nuit sacrée du mois de Ramadan où le Coran a été révélé.
  121. mont du Temple : Bayt al-Maqdis, Jérusalem, lieu de l'ascension de Jésus selon la tradition islamique.
  122. Wahb : Wahb ibn Munabbih, un savant yéménite des premiers temps de l'islam, connu pour ses récits israélites.
  123. al-Qudâ'î : Al-Qudâ'î, un historien et traditionniste musulman du XIe siècle.
  124. mont Tûr : Mont Tûr, identifié comme le mont des Oliviers ou un lieu proche de Jérusalem.
  125. mosquée al-Aqsâ : La mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, troisième lieu saint de l'islam.
  126. Salâh ad-Dîn Yûsuf ibn Ayyûb : Saladin, sultan ayyoubide qui a reconquis Jérusalem en 1187.
  127. capitation : Jizya, impôt de capitation imposé aux non-musulmans en terre d'islam.
  128. ar-Rawhâ' : Ar-Rawhâ', une localité située à environ 80 km de Médine sur la route de La Mecque.
  129. 'umra : Le petit pèlerinage à La Mecque, effectué à tout moment de l'année.
  130. Ibn Qutayba : Ibn Qutayba (828-889), érudit musulman, auteur de nombreux ouvrages.
  131. al-Ma'ârif : Ouvrage d'Ibn Qutayba traitant de l'histoire et des généalogies.
  132. al-Bakrî : Al-Bakrî (1014-1094), géographe andalou, auteur d'un dictionnaire géographique.
  133. talbiya : Formule rituelle prononcée par le pèlerin : 'Labbayka Allâhumma labbayk...'
  134. 'Irq adh-Dhabya : Lieu-dit près d'ar-Rawhâ', mentionné dans les traditions.
  135. al-Jawharî : Al-Jawharî, lexicographe arabe du Xe siècle, auteur du dictionnaire 'Tâj al-Lugha'.
  136. Mudar ibn Nizâr : Ancêtre légendaire des Arabes du nord, fils de Nizâr.
  137. Ibn Ishâq : Ibn Ishâq (704-767), biographe du Prophète Muhammad, auteur de la Sîra.
  138. Khâlid ibn Sinân : Khâlid ibn Sinân, un prophète préislamique selon certaines traditions.
  139. Héraclius : Empereur byzantin (610-641), contemporain du Prophète Muhammad.
  140. César : Titre des empereurs byzantins, ici Héraclius.
  141. 'Udhra : Tribu arabe, dont une délégation vint à Médine en l'an 9 de l'Hégire.
  142. Hamza ibn an-Nu'mân : Membre de la délégation de 'Udhra, compagnon du Prophète.
  143. Abû Sufyân : Abû Sufyân ibn Harb, chef quraychite, futur compagnon, qui rencontra Héraclius.
  144. Kisrâ : Titre des rois sassanides, ici Khosro II.
  145. Ibn 'Abbâs : Abdullah ibn Abbas, compagnon et cousin du Prophète, célèbre exégète du Coran.
  146. Qatâda : Qatâda ibn Di'âma, savant et exégète du Coran du VIIIe siècle.
  147. al-Baghawî : Al-Baghawî (mort en 1122), exégète et traditionniste musulman.
  148. Dihya : Dihya ibn Khalîfa al-Kalbî, compagnon du Prophète, envoyé comme messager à Héraclius.
  149. as-Suhaylî : As-Suhaylî (1114-1185), savant andalou, auteur d'un commentaire de la Sîra.
  150. borgne : Allusion à un conseiller d'Héraclius, peut-être un ecclésiastique.
  151. fils du Jaune : Expression désignant les Byzantins, en référence à leur teint ou à leur origine.
  152. al-faras al-ashqar : Le cheval alezan, utilisé comme métaphore pour désigner une situation où l'on est pris entre deux maux.
  153. Hiraql : Héraclius, empereur byzantin (610-641), à qui le Prophète Muhammad envoya une lettre l'invitant à l'islam.
  154. al-Jawharī : Abū Naṣr Ismā'īl ibn Ḥammād al-Jawharī, lexicographe arabe du Xe siècle, auteur du dictionnaire al-Ṣiḥāḥ.
  155. al-Suhaylī : Abū al-Qāsim 'Abd al-Raḥmān ibn 'Abd Allāh al-Suhaylī, savant andalou du XIIe siècle, spécialiste de la biographie du Prophète.
  156. Adifūnsh : Alphonse VI, roi de León et de Castille (1065-1109), qui conquit Tolède en 1085.
  157. Ṭulayṭula : Tolède, ville d'Espagne, ancienne capitale du royaume wisigoth et centre culturel important en al-Andalus.
  158. al-Sulayṭīn : Surnom d'un personnage, peut-être un descendant d'Alphonse VI, dont l'identité précise n'est pas claire.
  159. 'Abd al-Malik ibn Sa'īd : Personnage musulman, probablement un chef militaire ou un notable, ayant vu la lettre du Prophète.
  160. Hiraql / Hiraql : Variantes orthographiques du nom d'Héraclius en arabe.

La deuxième partie

Abū ʿAbd Allāh Muḥammad, l’auteur de ce livre – qu’Allāh lui pardonne – dit : Abū Ṭālib ibn Abī Madīn, résident de Bayt al-Maqdis (Jérusalem) et qui y mourut – qu’Allāh lui fasse miséricorde – m’a informé, alors que nous étions à l’école (al-madrasa) al-Sharābīshiyya du Caire (al-Qāhira al-Muʿizziyya), au mois de l’année 760 et quelques [de l’Hégire], et que le juge (qāḍī) de la communauté (al-jamāʿa) de la ville de Fès, demeure royale (dār al-mulk) du pays du Maghreb – dont le nom m’a échappé – l’avait informé, lorsqu’il fut envoyé par le sultan Abū al-Ḥasan al-Marīnī auprès d’Alphonse (Idhfūnsh), roi des Francs (al-ifranj) dans la ville de Cordoue (Qurṭuba) de l’île d’al-Andalus. Il me dit : Il prétend être de la descendance (dhurriyya) d’Héraclius (Hirqil). Il lui demanda de lui envoyer le Livre (kitāb) du Prophète – qu’Allāh prie sur lui et le salue – lorsqu’il apprit qu’il était encore en leur possession, pour en tirer bénédiction (tabarruk) et le leur rendre, accompagné de quarante mille dinars, en remerciement pour sa visite et la bénédiction qu’il en tirerait. Lorsque le juge arriva auprès d’Alphonse et s’acquitta du message, il dit : Il rassembla les prêtres (qissīsīn) et les savants de leur religion, et les consulta en présence du juge. Ils refusèrent cela au roi et dirent : Nous craignons pour lui la perte en chemin lors de son aller et retour, en raison de la distance et de la traversée en mer vers la terre des musulmans. Abū Ṭālib dit : Le juge dit : Je demandai et intercéda auprès du roi pour que je puisse le voir moi-même et le visiter (azūruhu). Il m’accorda cela. Il dit : Je partis avec un messager du roi vers Séville (Ishbīliyya), et le noble Livre (al-kitāb al-karīm) se trouvait dans une église (kanīsa) de cette ville. Le juge dit : Lorsque nous arrivâmes, le messager appela le patriarche (al-baṭrak) et le métropolite (al-muṭrān), chacun d’eux ayant une clé en or. Et voici qu’il était dans un coffre (khizāna) élevé au-dessus du sol. Ils découvrirent leurs têtes et le sortirent d’un coffret (ṣundūq) en or, plié dans de la soie (ḥarīr) blanche doublée de musc (misk). Le juge dit : Je découvris ma tête, ouvris le Livre, l’embrassai, le lus, en tirai bénédiction, et il fut remis à sa place. Je retournai auprès du sultan Abū al-Ḥasan. Lorsqu’il me vit, il pleura – la nouvelle lui était parvenue – et il embrassa mes yeux. Abū Ṭālib dit : Il resta sur le visage du juge un éclat (waḍā’a) qu’il n’avait pas auparavant. **Chapitre sur l’envoi d’Abū Bakr – qu’Allāh l’agrée – à Héraclius** Ibn al-Jawzī dit : Je dis : Abū Bakr – qu’Allāh l’agrée – envoya après l’Envoyé d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – à César (Qayṣar) une seconde fois. Saʿd al-Khayr ibn Muḥammad al-Anṣārī nous a rapporté, d’après Mūsā ibn ʿUqba, que Hishām ibn al-ʿĀṣ, Nuʿaym ibn ʿAbd Allāh et un autre homme qu’il nomma furent envoyés au roi des Romains (malik al-Rūm) à l’époque d’Abū Bakr – qu’Allāh l’agrée. Il dit : Nous entrâmes chez Jabala ibn al-Ayham, alors qu’il était à al-Ghūṭa. Il portait des vêtements noirs, et tout autour de lui était noir. Il dit : J’ai revêtu ceci par vœu (nadhr), et je ne l’enlèverai pas avant de vous avoir fait sortir de toute la Syrie (al-Shām). Nous dîmes : Prends garde (fa’tad) jusqu’à ce que tu protèges ton conseil (majlis). Par Allāh, nous te la prendrons, et le roi du Roi suprême (malik al-mulk al-aʿẓam) – si Allāh le veut – nous en a informés par notre Prophète – qu’Allāh prie sur lui et le salue. ʿIyāḍ dit : L’auteur d’al-ʿAyn dit : « al-tawadda » est la lenteur et la pondération. On dit « ittada » et « tawadda », le tā’ étant substitué au wāw, et « al-tawaddud » vient de « al-tawadda ». Il dit – c’est-à-dire Jabala : Vous êtes donc les « samrā’ » (les bruns). Nous dîmes : Nous sommes les « samrā’ ». Al-Jawharī dit : « al-asmarān » sont l’eau et le blé ; on dit aussi l’eau et le vent ; « al-samrā’ » est le froment (al-ḥinṭa) ; « al-samār » – avec la fatḥa – est le lait clair ; « tasmīr » du lait est son éclaircissement avec de l’eau ; « al-samar » est la conversation nocturne (al-musāmara), c’est-à-dire le récit de nuit. La relation de Jabala à leur égard vient de cette racine, et leur dénomination par cela – et Allāh sait mieux. Puis il dit – c’est-à-dire Jabala : Vous n’êtes pas eux. Nous dîmes : Qui sont-ils ? Il dit : Ce sont ceux qui jeûnent le jour et veillent la nuit. Nous dîmes : Par Allāh, nous sommes eux. Il dit : Comment est votre jeûne ? Nous lui décrivîmes notre jeûne. Il dit : Comment est votre prière ? Nous lui décrivîmes notre prière. Il dit : Par Allāh, il fut envahi par une noirceur (sawād) jusqu’à ce que son visage devînt comme un morceau de « ṭābiq ». Al-Jawharī dit : C’est la grande brique (al-ājurr al-kabīr), un mot persan arabisé. Il dit – c’est-à-dire Jabala : Levez-vous. Il ordonna de nous conduire chez le roi. Nous partîmes et rencontrâmes le messager à la porte de la ville. Il dit : Si vous voulez, on vous amène des mulets (bighāl) ; si vous voulez, on vous amène des chevaux de poste (barādhīn). Nous dîmes : Non, par Allāh, nous n’entrerons chez lui que comme nous sommes. Il dit : Il envoya lui dire qu’ils refusent. Il dit : Il envoya : Laisse-les aller. Nous entrâmes, portant des turbans (muʿtammīn), ceints de nos épées (mutaqallidīn al-suyūf), sur nos montures (al-rawāḥil). Lorsque nous fûmes à la porte du roi, le voici dans une chambre (ghurfa) élevée. Il nous regarda, et nous levâmes nos têtes et dîmes : « Lā ilāha illā Allāh » (Il n’y a de dieu qu’Allāh). Par Allāh, la chambre tout entière trembla (nufiḍat) jusqu’à ce qu’elle fût comme un régime de dattes (ʿidhq) secoué par le vent. Al-Jawharī dit : « al-ʿidhq » – avec la fatḥa – est le palmier avec sa charge ; de là vient la parole d’al-Ḥubāb ibn al-Mundhir le jour d’al-Saqīfa : « Je suis son palmier raboteux (ʿudhayquhā al-murajjab) ». « al-Nafḍ » – avec le fā’ – est le mouvement ; on dit « nafaḍtu al-shajar » quand tu l’agites pour qu’il se secoue, et on le redouble pour l’intensification. « al-Inqāḍ » – avec le qāf – est un son semblable au coup (al-naqr) ; « anqaḍa al-ḥimlu ẓahrahu » signifie qu’il l’a alourdi ; son origine est le son ; « al-naqīḍ » est le son des palanquins (al-maḥāmil) et des selles (al-riḥāl). Il dit : Le roi nous envoya dire : Il ne vous est pas permis d’élever la voix par votre religion devant moi. Et il envoya : Entrez. Nous entrâmes, et voici qu’il était sur une couche (firāsh) jusqu’au plafond, portant des vêtements rouges, et tout ce qui était chez lui était rouge. Auprès de lui se trouvaient les patrices (baṭāriqa) des Romains. Il voulut nous parler par un messager. Nous dîmes : Non, par Allāh, nous ne lui parlerons pas par un messager ; nous avons été envoyés au roi. Si tu veux que nous te parlions, permets-nous de te parler. Lorsque nous entrâmes chez lui, il rit. C’était un homme éloquent (faṣīḥ) qui maîtrisait l’arabe. Nous dîmes : « Lā ilāha illā Allāh ». Par Allāh, le plafond craqua (naqaḍa) jusqu’à ce qu’il levât la tête, lui et ses compagnons. Il dit : Quelle est la grandeur de votre parole chez vous ? Nous dîmes : Cette parole. Il dit : Celle que vous avez dite tout à l’heure ? Nous dîmes : Oui. Il dit : Quand vous la dites dans le pays de votre ennemi, leurs plafonds craquent-ils ? Nous dîmes : Non. Il dit : Quand vous la dites dans votre pays, vos plafonds craquent-ils ? Nous dîmes : Non, et nous n’avons jamais vu qu’elle ait fait cela ; c’est seulement une chose par laquelle tu as été impressionné (ʿabbarta bihi). Il dit : Qu’il est beau, la vérité (al-ṣidq) ! Que dites-vous quand vous ouvrez les villes (al-madā’in) ? Nous dîmes : Nous disons : « Lā ilāha illā Allāh » et « Allāhu akbar » (Allāh est le plus grand). Il dit : Vous dites : « Lā ilāha illā Allāh », rien avec Lui, et « Allāhu akbar », plus grand que toute chose ? Nous dîmes : Oui. Il dit : Qu’est-ce qui vous empêche de me saluer par la salutation de votre Prophète ? Nous dîmes : La salutation de notre Prophète ne t’est pas licite, et ta salutation ne nous est pas licite, pour que nous te saluions par elle. Il dit : Quelle est votre salutation ? Nous dîmes : La salutation des gens du Paradis (ahl al-janna). Il dit : Et par elle saluiez-vous votre Prophète ? Nous dîmes : Oui. Il dit : Et par elle vous salue-t-il ? Nous dîmes : Oui. Qui hérite parmi vous ? Nous dîmes : Celui qui est le plus proche par la parenté (qarāba). Il dit : Et ainsi vos rois ? Nous dîmes : Oui. Il ordonna pour nous une grande hospitalité (nuzul) et une belle demeure (manzil). Nous demeurâmes trois jours. Puis il nous envoya chercher de nuit. Nous entrâmes chez lui, et il n’y avait personne avec lui. Il nous fit répéter notre parole, et nous la répétâmes pour lui. Auprès de lui se trouvait une sorte de grande boîte (rubʿa) dorée. Al-Jawharī dit : « al-rubʿa » est la boîte du parfumeur (jūnat al-ʿaṭṭār). Elle contenait de petites portes (abwāb). Il ouvrit l’une d’elles et en sortit un morceau d’étoffe (khirqa) de soie noire contenant une image (ṣūra) blanche. C’était un homme long, ayant le plus de cheveux parmi les gens. Il dit : Reconnaissez-vous celui-ci ? Nous dîmes : Non. Il dit : C’est Adam. Puis il le remit, ouvrit une autre porte et en sortit une petite pièce de soie (ḥarīra) noire contenant une image. C’était un homme à la tête volumineuse, grand, ayant des cheveux comme les cheveux des Coptes (al-qibṭ), le plus grand des gens par les fesses, aux yeux rouges. Il dit : Reconnaissez-vous celui-ci ? Nous dîmes : Non. Il dit : C’est Noé (Nūḥ). Puis il le remit, ouvrit une autre porte et en sortit un morceau d’étoffe noire contenant une image blanche. Nous dîmes : C’est le Prophète Muḥammad – qu’Allāh prie sur lui et le salue. Il dit : Par Allāh, c’est Muḥammad, l’Envoyé d’Allāh. Il dit : Par Allāh, il se leva puis s’assit. Il dit : Par Allāh, par votre religion, est-ce votre Prophète ? Nous dîmes : Par Allāh, par notre religion, c’est notre Prophète, comme si nous le voyions vivant. Puis il dit : Certes, c’était la dernière des portes, mais je l’ai avancée pour voir ce que vous avez. Puis il le remit, ouvrit une autre porte et en sortit un morceau d’étoffe noire contenant une image blanche. C’était un homme aux lèvres retroussées (muqallaṣ al-shafatayn), aux yeux enfoncés (ghā’ir al-ʿaynayn), aux dents serrées (mutarākim al-asnān), à la barbe épaisse (kathīf al-liḥya), renfrogné (ʿābis). Il dit : Reconnaissez-vous celui-ci ? Nous dîmes : Non. Il dit : C’est Moïse (Mūsā). À côté de lui, un homme qui lui ressemblait, sauf qu’il y avait dans ses yeux une inclinaison (mayl) et dans sa tête une rondeur (istidāra). Il dit : C’est Aaron (Hārūn). Puis il les remit, ouvrit une autre porte et en sortit un morceau d’étoffe noire contenant une image blanche ou rouge. C’était un homme de taille moyenne (marbūʿ). Il dit : Reconnaissez-vous celui-ci ? Nous dîmes : Non. Il dit : C’est David (Dāwūd). Puis il le remit, ouvrit une autre porte et en sortit une pièce de soie ou un morceau d’étoffe noire.

Voici la traduction du texte que vous avez fourni : Soudain, il y avait en elle une image blanche, et voici un homme monté sur un cheval aux longues jambes, tout en lui était une aile que le vent emportait. Il dit : « Reconnaissez-vous celui-ci ? » Nous répondîmes : « Non. » Il dit : « Celui-ci est Daniel. » Puis il le remit en place, ouvrit une autre porte, et en sortit une pièce de soie (ḥarīra) ou un tissu noir (khirqa sawdā') dans lequel se trouvait une image blanche. Et voici l'image d'un jeune homme, d'une pâleur le couvrant, à la belle barbe. Il dit : « Reconnaissez-vous celui-ci ? » Nous répondîmes : « Non. » Il dit : « Celui-ci est Jésus, fils de Marie ('Īsā ibn Maryam). » Puis il le remit en place et ordonna que le coffret (ar-rub'a) soit relevé. Nous dîmes alors : « Voici l'image de notre Prophète, nous l'avons reconnue car nous l'avons vu. Mais cette image que nous n'avons pas vue, comment saurions-nous qu'elle est bien celle-ci ? » Il répondit : « Adam (sur lui la paix) demanda à son Seigneur de lui montrer l'image de chaque prophète. Il fit alors sortir pour lui leurs images dans des tissus de soie du Paradis. Dhul-Qarnayn les trouva dans le trésor d'Adam, au couchant du soleil. Lorsque Daniel vint, il reproduisit ces images, qui sont exactement les mêmes. Par Dieu, si mon âme se satisfaisait de quitter mon royaume, je ne me soucierais pas d'être un esclave pour votre émir, son roi. Mais peut-être mon âme se satisfera-t-elle. » Il dit : « Il nous fit de beaux présents et nous fit sortir. » Et dans une autre version, il mentionna parmi les prophètes : Lot, Isaac, Jacob, Ismaël et Joseph. Lorsque nous arrivâmes auprès d'Abou Bakr, nous lui racontâmes cela. Abou Bakr pleura et dit : « Pauvre homme ! Si Dieu avait voulu pour lui un bien, Il l'aurait fait. » Puis il dit : « Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) nous a informés qu'eux et les Juifs trouvent la description de Muhammad (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Dieu Très-Haut dit : "Ils le trouvent écrit chez eux dans la Torah et l'Évangile." » **Chapitre sur les différentes versions rapportées concernant ses lettres (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) à César.** Abou 'Ubayd al-Qasim ibn Sallam a rapporté dans le Livre des Biens (Kitāb al-Amwāl), d'après 'Abdullah ibn Shaddad, qui a dit : « Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) écrivit à Héraclius : "De Muhammad, Messager de Dieu, au maître des Romains. Je t'invite à l'Islam. Si tu te convertis, tu auras ce qu'ont les musulmans et tu devras ce qu'ils doivent. Si tu n'entres pas dans l'Islam, acquitte la jizya (capitation). Car Dieu, Béni et Très-Haut, dit : 'Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour Dernier, qui n'interdisent pas ce que Dieu et Son Messager ont interdit, et qui ne pratiquent pas la religion de la vérité parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils paient la jizya de leurs propres mains, en état d'humiliation.' Sinon, n'empêche pas les paysans (al-fallāḥīn) et l'Islam de se rencontrer, soit qu'ils y entrent, soit qu'ils paient la jizya." » Il dit : « Sa parole "les paysans" (al-fallāḥīn) ne vise pas spécifiquement les paysans, mais il voulait dire tous les habitants de son royaume. Car les non-Arabes sont appelés "paysans" (fallāḥūn) par les Arabes parce qu'ils sont des gens de culture et de labour. » Et dans une autre version de lui, il dit : « Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) écrivit à Khosro et à César. Quant à César, lorsqu'il lut la lettre, il la plia puis la posa. Cela parvint au Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), qui dit : "Quant à ceux-ci, il leur restera un reste (baqiyya)." » Et dans une autre version de lui, d'après Sa'id ibn al-Musayyab, qui a dit : « Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) écrivit à Khosro, à César et au Négus une seule lettre : "Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muhammad, Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), à Khosro, César et au Négus. Après cela, venez à une parole commune entre nous et vous..." jusqu'à Sa parole : "... dites : soyez témoins que nous sommes musulmans." Quant à Khosro, il déchira sa lettre et n'y regarda pas. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) dit alors : "Il a déchiré, et sa communauté sera déchirée." Quant à César, il dit : "Je n'ai pas vu de lettre commençant par 'Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux' depuis Salomon (sur lui la paix)." Il envoya alors chercher Abou Sufyan et al-Mughira, qui étaient commerçants au Shām, et les interrogea sur le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Il dit : "Par mon père, si j'étais auprès de lui, je laverais ses pieds. Il possédera certainement ce qui est sous mes pieds." Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) dit alors : "Il a un délai (mudda)." » Son auteur (que Dieu lui pardonne) dit : « Cette parole de lui et ce qui lui ressemble, parmi ce qui a précédé de sa parole (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) : "Il a un délai" et "Il leur restera un reste", ainsi que sa parole dans la biographie de Dihya : "Il est affermi (thabata) et son royaume est affermi", font partie de son information (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) sur les choses invisibles et ce qui adviendra jusqu'au Jour de la Résurrection. Car le royaume des chrétiens est établi et affermi dans les orients et les occidents de la terre depuis son époque (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) et ainsi de suite jusqu'à notre époque, environ sept cent soixante-dix ans, tout cela par la bénédiction de leur reconnaissance envers lui (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), qu'ils aient cru ou non. Et leur royaume demeurera jusqu'à la descente de Jésus (sur lui la paix), comme il l'a annoncé (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) et comme les hadiths authentiques l'ont rapporté, mentionnés par les savants dignes de confiance dans leurs ouvrages (que Dieu les agrée). Et dans l'histoire des gens de Najrān et le récit de la Mubāhala (l'invocation mutuelle de malédiction), il y a ce qui t'indique que s'ils avaient maudit, ils auraient été transformés en singes et en porcs, et la vallée se serait embrasée de feu pour eux, et il ne se serait pas écoulé une année avant que tous les chrétiens ne périssent, comme l'a annoncé le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Cela viendra dans notre livre, lors de la mention de sa lettre (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) aux gens de Najrān. Examine-la là-bas, tu verras une merveille. Fin. » Ibn 'Abd al-Hakam a mentionné dans le Livre des Conquêtes de l'Égypte et d'Alexandrie (Futūḥ Miṣr wa-l-Iskandariyya) qu'Héraclius voulut se diriger avec ses armées par la mer vers Alexandrie pour l'empêcher de tomber aux mains de 'Amr ibn al-'Āṣ et des Compagnons, sous le califat de 'Umar ibn al-Khattāb (que Dieu l'agrée), par considération pour elle. Il ordonna qu'aucun Romain ne reste en arrière et dit : « Il n'y a pas de survie pour les Romains après Alexandrie. » Mais Dieu le frappa (rasa'ahu) et il mourut en l'an dix-neuf, et on dit en l'an vingt. **Chapitre sur ses correspondances (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) avec al-Muqawqis, roi d'Égypte et d'Alexandrie, l'envoi d'un messager vers lui, et ce qui s'y rattache comme enseignements.** Nous avons rapporté dans le Livre des Conquêtes de l'Égypte, du Maghreb et des Nouvelles de leurs Habitants (Futūḥ Miṣr wa-l-Maghrib wa-Akhbār Ahlihā) d'Abou al-Qāsim 'Abd ar-Rahmān ibn 'Abdullah ibn 'Abd al-Hakam al-Qurashī al-Miṣrī, compagnon d'ash-Shāfi'ī (que Dieu lui fasse miséricorde), qui a dit : « Lorsque ce fut l'an six de l'Hégire du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) et qu'il revint de al-Hudaybiyya, il envoya des messagers aux rois. Un jour, il se leva sur le minbar, loua Dieu, Le remercia, prononça l'attestation de foi, puis dit : "Après cela, je veux envoyer certains d'entre vous aux rois des non-Arabes. Ne divergez pas à mon sujet comme les Enfants d'Israël ont divergé au sujet de Jésus, fils de Marie (sur lui la paix). Car Dieu Très-Haut révéla à Jésus d'envoyer aux rois de la terre. Il envoya donc les apôtres. Quant à celui qui était proche, il accepta ; quant à celui qui était éloigné, il refusa et dit : 'Je ne maîtrise pas la langue de celui vers qui tu m'envoies.' Jésus dit alors : 'Seigneur, Tu as ordonné aux apôtres ce que Tu m'as ordonné, mais ils ont divergé à mon sujet.' Dieu lui révéla : 'Je vais te suffire.' Le lendemain matin, chaque homme parlait la langue de celui vers qui il avait été envoyé." Les émigrants dirent alors : "Ô Messager de Dieu, par Dieu, nous ne divergerons jamais à ton sujet en quoi que ce soit. Ordonne-nous et envoie-nous." Il envoya donc Hātib ibn Abī Balta'a à al-Muqawqis, maître d'Alexandrie. » « Hātib partit avec la lettre du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Lorsqu'il arriva à Alexandrie, il trouva al-Muqawqis dans un conseil surplombant la mer. Il prit la mer, et lorsqu'il fut en face de son conseil, il montra la lettre du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) entre ses doigts. Lorsqu'il la vit, il ordonna de prendre la lettre et de la lui faire parvenir. Lorsqu'il eut lu la lettre, il dit : "Qu'est-ce qui l'empêche, s'il est prophète, d'invoquer Dieu contre moi pour qu'Il me soumette ?" Hātib lui répondit : "Qu'est-ce qui a empêché Jésus, fils de Marie, d'invoquer Dieu contre celui qui s'est opposé à lui, pour qu'Il fasse à celui-ci telle et telle chose ?" Il resta silencieux un moment, puis il lui demanda de répéter, et Hātib répéta. Il se tut. Hātib lui dit alors : "Il y avait avant toi un homme qui prétendait être le Seigneur Très-Haut" – un autre ajouta : "Dieu le saisit alors comme châtiment de l'au-delà et de ce monde. Il se vengea par lui, puis Il se vengea de lui. Tire donc leçon des autres, et ne fais pas en sorte que d'autres tirent leçon de toi." Il répondit : "Nous avons une religion que nous n'abandonnerons que pour ce qui est meilleur qu'elle." Hātib dit : "Nous t'invitons à la religion de Dieu, qui est l'Islam. Dieu suffit à celui qui l'embrasse, au-delà de tout ce qui n'est pas Lui. Ce Prophète a invité les gens. Les plus durs envers lui furent les Qurayshites, les plus hostiles envers lui furent les Juifs, et les plus proches de lui furent les chrétiens. Par ma vie, l'annonce de Moïse concernant Jésus n'est pas autre chose que l'annonce de Jésus concernant Muhammad (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Et notre invitation à toi au Coran n'est pas autre chose que ton invitation aux gens de la Torah à l'Évangile. Tout prophète qui atteint un peuple, ceux-ci font partie de sa communauté. Il est donc de leur devoir de lui obéir. Tu fais donc partie de ceux qu'a atteints ce Prophète. Nous ne t'interdisons pas la religion du Messie, mais nous t'ordonnons de la suivre." Al-Muqawqis dit alors : "J'ai examiné la situation de ce Prophète. Je l'ai trouvé n'ordonnant rien de méprisable et n'interdisant rien de désirable. Je ne l'ai pas trouvé être un magicien égaré ni un devin menteur. J'ai trouvé avec lui les instruments de la prophétie : la révélation des choses cachées (ikhrāj al-khab') et l'information sur les confidences (al-ikhbār bi-n-najwā). Je vais réfléchir." » As-Suhaylī ajouta : « Et il lui offrit Māriya bint Sham'ūn et sa sœur Sīrīn, mère de 'Abd ar-Rahmān ibn Hassān ibn Thābit, un esclave nommé Mābūr, la mule, un vêtement, et un verre en cristal (qadaḥ min qawārīr) dans lequel le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) buvait. Et il lui écrivit. »

Ibn 'Abd al-Hakam a dit : Puis il lut le livre et il y trouvait : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muhammad, Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et dans une version : 'Abd Allah et Son Messager — au Muqawqis 1, grand chef des Coptes. Paix à celui qui suit la guidée. Ensuite : Je t'appelle par l'appel de l'islam. Embrasse l'islam, tu seras sauf ; embrasse l'islam, Dieu te donnera ta récompense deux fois. » Et dans une version : « Si tu te détournes, alors sur toi pèse le péché des Coptes. Ô gens du Livre ! Venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n'adorions que Dieu, que nous ne Lui associons rien, et que les uns ne prennent pas les autres comme seigneurs en dehors de Dieu. S'ils se détournent, dites : Soyez témoins que nous sommes musulmans. » Puis il le prit, le mit dans un étui d'ivoire, le scella et le remit à une servante à lui. Et dans une version de lui : Al-Muqawqis envoya chercher Hâtib 2 une nuit, et il n'y avait personne chez lui, sauf un interprète. Il dit : « Ne m'informerais-tu pas sur des affaires que je te demande ? Car je sais que ton compagnon t'a choisi lorsqu'il t'a envoyé. » Il dit : « Ne me demande rien sans que je te dise la vérité. » Il dit : « À quoi appelle Muhammad — que Dieu prie sur lui et le salue ? » Il dit : « À adorer Dieu, à ne rien Lui associer, à dépouiller ce qui est en dehors de Lui, et il nous ordonne la prière. » Il dit : « Combien priez-vous ? » Il dit : « Cinq prières par jour et par nuit, le jeûne du mois de Ramadan, le pèlerinage à la Maison, et la fidélité à l'engagement. Et il interdit de manger la chair morte et le sang. » Il dit : « Qui sont ses disciples ? » Il dit : « Les jeunes gens de son peuple et d'autres. » Il dit : « Combat-il son peuple ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Décris-le moi. » Il le décrivit par des traits de sa description que je n'ai pas rapportés. Il dit : « Il reste des choses que je ne t'ai pas vues mentionner : dans ses yeux une rougeur qui le quitte rarement, entre ses épaules le sceau de la prophétie 3, il monte l'âne, porte la chlamyde 4, se contente de dattes et de pain sec, ne se soucie pas de qui il rencontre, oncle ou cousin. » Je dis : « Telle est sa description. » Il dit : « Je savais qu'un prophète restait à venir, et je pensais que sa sortie serait au Shâm 5 ; c'est là que sortaient les prophètes avant lui. Mais je vois qu'il est sorti chez les Arabes, dans une terre de sécheresse et de misère. Les Coptes ne m'obéiront pas pour le suivre, et je n'aime pas qu'on sache que je t'ai entretenu. Il apparaîtra sur les pays, et ses compagnons après lui descendront dans notre cour jusqu'à ce qu'ils dominent ce qui est ici. Je ne dirai pas un mot de cela aux Coptes. Retourne donc vers ton compagnon. » Puis il appela un scribe qui écrivait en arabe, et il écrivit au Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue : « À Muhammad ibn 'Abd Allah » — et un autre ajouta : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De la part d'al-Muqawqis, grand chef des Coptes. Paix sur toi. Ensuite : J'ai lu ton livre, compris ce que tu y as mentionné et ce à quoi tu appelles. J'ai su qu'un prophète restait à venir, et je pensais qu'il sortirait au Shâm. J'ai honoré ton messager, je t'ai envoyé deux servantes qui ont une place chez les grands Coptes, un vêtement, et je t'ai offert une mule pour la monter. Et la paix sur toi. » Il n'ajouta rien à cela et n'embrassa pas l'islam. Les deux servantes étaient Mâriya 6 et Sîrîn 7. La mule était Duldul 8, qui resta jusqu'au temps de Mu'âwiya 9. Et dans une version de lui : Lorsque le livre du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — parvint à al-Muqawqis, il le serra contre sa poitrine et dit : « C'est le temps où sort le prophète dont nous trouvons la description et l'attribut dans le Livre de Dieu. Nous trouvons son attribut : il ne réunit pas deux sœurs dans la possession de la main droite ni dans le mariage ; il accepte le cadeau et n'accepte pas l'aumône ; ses compagnons sont les pauvres ; le sceau de la prophétie est entre ses épaules. » Puis il appela un homme intelligent, puis il n'appela personne de plus beau ni de plus belle en Égypte que Mâriya et sa sœur — elles étaient de la famille de Hafn 10, du district d'Ansina 11. Il les envoya au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et il lui offrit une mule grise, un âne gris, des vêtements de qibti 12 d'Égypte, du miel du miel de Binhâ 13, et il lui envoya de l'argent comme aumône. Il ordonna à son messager de regarder qui étaient ses compagnons et de regarder son dos, pour voir s'il y avait un grand grain de beauté avec des poils. Le messager fit cela. Lorsqu'il arriva auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — il lui présenta les deux sœurs, les deux montures, le miel et les vêtements, et l'informa que tout cela était un cadeau. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — accepta le cadeau ; il ne le refusait à personne. Il dit : Lorsqu'il regarda Mâriya et sa sœur, elles lui plurent, mais il répugna à les réunir toutes deux, car l'une ressemblait à l'autre. Il dit : « Ô Dieu, choisis pour Ton prophète. » Dieu choisit pour lui Mâriya. Cela se fit ainsi : il leur dit une parole : « Attestez qu'il n'y a de dieu que Dieu et que Muhammad est Son serviteur et Son messager. » Mâriya se hâta d'attester et crut avant sa sœur. Sa sœur resta un moment, puis attesta et crut. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — donna sa sœur à Muhammad ibn Maslama al-Ansârî 14. Certains disent : Il la donna à Dihya ibn Khalîfa al-Kalbî 15. Et il est rapporté — c'est-à-dire Ibn 'Abd al-Hakam — d'après 'Abd Allah ibn 'Amr 16 : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — entra chez Oumm Ibrâhîm 17, la mère de son enfant, la Copte. Il trouva chez elle un parent qui était venu avec elle d'Égypte, et il entrait souvent chez elle. Quelque chose lui vint à l'esprit. Il revint et rencontra 'Umar ibn al-Khattâb — que Dieu l'agrée — qui reconnut cela sur son visage. Il l'interrogea et il l'informa. 'Umar prit l'épée, puis entra chez Mâriya et son parent qui était chez elle. Il s'élança sur lui avec l'épée. Lorsqu'il vit cela, il se découvrit : il était châtré, il n'avait rien entre les jambes. Lorsque 'Umar le vit, il retourna vers le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et l'informa. Il dit : « Gabriel est venu à moi et m'a informé que Dieu — qu'Il soit exalté — l'a innocentée, elle et son parent, et que dans son ventre il y a un garçon de moi, et qu'il est la créature la plus ressemblante à moi. Il m'a ordonné de le nommer Ibrâhîm et de me donner le kunya 18 d'Abû Ibrâhîm. » On dit qu'al-Muqawqis envoya avec elle un eunuque, et il se réfugiait auprès d'elle. Il est aussi rapporté d'après Yahyâ ibn 'Abd al-Rahmân ibn Hâtib, d'après son père, d'après son grand-père Hâtib : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — m'envoya vers al-Muqawqis. Il me logea dans une demeure, et je restai chez lui quelques nuits. Puis il m'envoya chercher, alors qu'il avait rassemblé ses patrices 19. Il dit : « Je te parle avec des paroles, et j'aimerais que tu les comprennes de ma part. » Je dis : « Vas-y. » Il dit : « Informe-moi sur ton compagnon : n'est-il pas un prophète ? » Je dis : « Oui, il est le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. » Il dit : « Pourquoi donc, alors qu'il est ainsi, n'a-t-il pas invoqué contre son peuple lorsqu'ils l'ont chassé de son pays vers un autre ? » Je lui dis : « Et Jésus, fils de Marie, tu attestes qu'il est le Messager de Dieu. Pourquoi, lorsque son peuple l'a pris et a voulu le crucifier, n'a-t-il pas invoqué contre eux pour que Dieu les anéantisse, jusqu'à ce que Dieu l'élève à Lui dans le ciel le plus proche ? » Il dit : « Tu es un sage venu de chez un sage. Voici des cadeaux que j'envoie avec toi à Muhammad — que Dieu prie sur lui et le salue. Et j'envoie avec toi des gardes qui t'escorteront jusqu'à ton lieu sûr. » Il dit : Il offrit au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — trois servantes, parmi lesquelles Oumm Ibrâhîm ; une qu'il donna à Abû Jahl ibn Hudhayfa al-'Abdarî 20 ; une qu'il donna à Hassân ibn Thâbit 21. Et il lui envoya des vêtements avec une partie de leurs franges. Mâriya mit au monde Ibrâhîm, qui fut parmi les personnes les plus aimées du Prophète, jusqu'à ce qu'il meure, et il en fut affligé. Il est rapporté d'après Yazîd ibn Abî Habîb 22 : La mule et l'âne étaient les montures les plus aimées du Prophète, et le miel lui plaisait le plus. Il invoqua la bénédiction sur le miel de Binhâ. Ces vêtements restèrent jusqu'à ce qu'il soit enseveli dans une partie d'eux. Il est rapporté d'après Abû Sa'îd al-Khudrî 23 : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — pria sur son fils Ibrâhîm et aspergea d'eau sa tombe. D'après Jâbir 24 : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — prit la main de 'Abd al-Rahmân ibn 'Awf 25 et partit avec lui vers les palmiers où se trouvait son fils Ibrâhîm. Il le trouva rendant l'âme. Il le prit, le posa sur ses genoux, puis pleura. Abû Bakr et 'Umar — que Dieu les agrée — dirent : « Tu es plus en droit de connaître le droit de Dieu — qu'Il soit puissant et glorieux. » Il dit : « L'œil pleure. » 'Abd al-Rahmân dit : « Tu pleures ? Ne nous avais-tu pas interdit les pleurs ? » Il dit : « Non, mais j'ai interdit deux voix insensées et perverses : une voix lors d'un malheur : se griffer le visage, déchirer les cols, et le cri du diable ; et une voix lors d'un air de divertissement et de flûtes du diable. Ceci est une miséricorde. Celui qui n'a pas de miséricorde ne recevra pas de miséricorde. Sans cela, c'est une affaire vraie, une promesse sincère, et c'est une voie inéluctable, nous aurions été plus tristes pour toi que cela. Et certes, pour toi, ô Ibrâhîm, nous sommes tristes : le cœur s'attriste, l'œil pleure, et nous ne disons pas ce qui mécontente le Seigneur. » D'après Ibn 'Abbâs — que Dieu les agrée — : Lorsque Mâriya accoucha, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Son enfant l'a affranchie. » Son âge le jour de sa mort était de seize mois. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Il a une nourrice au Paradis qui achèvera son allaitement. » Le nom de la sœur de Mâriya était Qaysara 26, et on dit Sîrîn. Ibn 'Abd al-Hakam rapporte aussi que al-Hasan ibn 'Alî — que Dieu les agrée — parla à Mu'âwiya pour qu'il supprime l'impôt foncier de tout le village d'Oumm Ibrâhîm, et il le fit, à cause de la parole du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue : « Si Ibrâhîm était resté, je n'aurais laissé aucun Copte sans lui supprimer la capitation 27. » Les habitants du village étaient de sa famille et de ses proches, et ils disparurent, sauf une seule maison dont il reste des gens. Le nom du village est Hafn, du district d'Ansina, avec la lettre hâ' non pointée ouverte et la fâ' non vocalisée, selon al-Suhaylî 28. Sa mort eut lieu au mois de Muharram de l'an quinze, et elle fut enterrée à al-Baqî' 29. 'Umar ibn al-Khattâb — que Dieu l'agrée — pria sur elle. [Chapitre] Ibn 'Abd al-Hakam a dit : Ensuite, Abû Bakr al-Siddîq — que Dieu l'agrée — ...

Après la mort du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), Hâtib ibn Abî Balta'a 30 fut également envoyé auprès d'al-Muqawqis 31 et conclut un pacte avec eux. Il passa par la région des villages de la Sharqiyya, fit la paix avec eux, et ils lui donnèrent des présents. Ils restèrent en cet état jusqu'à ce que 'Amr ibn al-'Âs y entre ; alors ils le combattirent, et ce pacte et cette trêve furent rompus. Il dit : c'est la première trêve qui eut lieu en Égypte, et cela en l'an vingt, sous le califat de 'Umar ibn al-Khattâb (qu'Allah soit satisfait de lui). Il dit : le nom d'Abî Balta'a est 'Amr ibn Hâtib al-Lakhmî. À ce sujet, Hassân ibn Thâbit dit dans des vers où il mentionne les envoyés du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) auprès des rois : « Dis aux envoyés du Prophète, qui appelèrent les gens : Shujâ' 32 et Dihya ibn Khalîfa 33, Et 'Amr, Hâtib, Sulayt 34, Et 'Amr : celui-là est le chef de la lettre 35. » Le premier est 'Amr ibn al-'Âs, le second est 'Amr ibn Umayya ad-Damrî 36, car il fut le premier de ses envoyés, comme cela a été mentionné précédemment à propos du Négus 37. C'est pourquoi, et Allah sait mieux, Hassân a dit : « celui-là est le chef de la lettre ». Ibn al-Jawzî 38 mentionne dans son livre al-Wafâ 39 que lorsque la lettre du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) parvint à al-Muqawqis avec Hâtib, il écrivit dans sa réponse : « J'ai su qu'il reste un prophète ; j'ai honoré ton messager et je lui ai offert quatre esclaves, dont Mâriya 40, un âne appelé 'Ufayr 41, et une mule appelée ad-Duldul 42 », mais il n'embrassa pas l'islam. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Le perfide a été avare de son royaume, et il n'y a pas de pérennité pour son royaume. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) accepta son cadeau, choisit Mâriya pour lui-même, et elle donna naissance à Ibrâhîm 43. L'âne mourut à son retour du pèlerinage d'adieu, et la mule survécut jusqu'à l'époque de Mu'âwiya 44 ; elle était blanche, et il n'y avait à l'époque aucune autre mule blanche chez les Arabes. Son auteur – qu'Allah lui pardonne – dit : « Médite, qu'Allah te fasse miséricorde, sur sa parole (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : « et il n'y a pas de pérennité pour son royaume », contrairement à ce qu'il dit à Héraclius 45 : « Ton royaume est affermi, et il a une durée. » C'est pourquoi il n'y eut plus de royaume pour les Coptes après al-Muqawqis jusqu'à notre époque, sauf que le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) pria pour eux et recommanda qu'on prenne soin d'eux, comme cela sera mentionné dans cet ouvrage, si Allah Très-Haut le veut. Parmi les choses étranges que je rapporte à ce sujet et dont j'ai été témoin oculaire, il y a qu'à l'époque du sultan Hasan ibn Muhammad ibn Qalâwûn 46, un Copte nommé Ibn Zanbûr 47 devint vizir. Il avait acquis une immense puissance dans le royaume d'Égypte. Un jour, je le vis monter dans le mahmal 48, dans une posture imposante, à la manière des rois, tandis qu'un crieur proclamait devant lui : « Shâbâsh 49, ô roi de l'époque et du temps ! » Peu de jours passèrent avant qu'il ne soit arrêté et soumis au pire des supplices jusqu'à sa mort. Je sus alors que cela était lié au sens de sa parole (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : « et il n'y a pas de pérennité pour son royaume », c'est-à-dire chez les Coptes, de même que les Perses n'auront pas de roi, comme il l'a annoncé (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : « et il ne parle pas sous l'effet de la passion » 50. Sa parole « Shâbâsh » : c'est un mot prononcé devant les rois d'Égypte à notre époque lorsqu'ils montent à cheval. Il a une étymologie dans la langue. Al-Jawharî 51 dit : « Ashabtu l-rajul : je l'ai élevé et honoré ; ashabati sh-shajaratu : elle s'est élevée ; ashaba r-rajul : il a eu un enfant intelligent ; ashaba fulânun waladahu : ils lui ressemblent. » Il semble donc que celui qui parle veuille dire : l'élévation du roi et son honneur. Chapitre sur l'histoire d'al-Mughîra ibn Shu'ba 52 avec al-Muqawqis et la raison de son embrassement de l'islam. Ibn al-Jawzî rapporte qu'al-Mughîra ibn Shu'ba se rendit auprès d'al-Muqawqis avant son embrassement de l'islam, avec les Banû Mâlik. Lorsqu'ils entrèrent chez al-Muqawqis, il leur dit : « Comment êtes-vous parvenus jusqu'à moi, alors que Muhammad et ses compagnons se trouvent entre moi et vous ? » Ils répondirent : « Nous avons longé la mer. » Il dit : « Qu'avez-vous fait de ce à quoi il vous appelle ? » Ils dirent : « Pas un seul homme parmi nous ne l'a suivi. » Il dit : « Pourquoi ? » Ils dirent : « Il est venu avec une religion nouvelle, que ni nos pères ni le roi ne professent, et nous restons sur ce qu'étaient nos pères. » Il dit : « Qu'ont fait les siens ? » Ils dirent : « Les jeunes l'ont suivi, et il a rencontré l'opposition de ceux de son peuple et d'autres Arabes en de nombreuses occasions ; tantôt le sort leur est défavorable, tantôt il leur est favorable. » Il dit : « Ne m'informerez-vous pas, en toute sincérité, à quoi il appelle ? » Ils dirent : « Il appelle à adorer Allah seul, sans associé, à renoncer à ce qu'adoraient nos pères, et il appelle à la prière et à l'aumône légale 53. » Il dit : « Qu'est-ce que la prière et l'aumône légale ? Ont-elles un temps déterminé et un nombre fixe ? » Ils dirent : « Ils prient cinq fois par jour et par nuit, toutes à des moments et selon un nombre qu'ils ont nommé, et ils donnent pour chaque bien qui atteint vingt mithqâl 54... » Puis ils l'informèrent de l'aumône sur les biens. Il dit : « Lorsqu'il les prend, où les place-t-il ? » Ils dirent : « Il les rend à leurs pauvres, et il ordonne de maintenir les liens de parenté, de respecter les engagements, d'interdire l'usure, la fornication et le vin, et de ne pas manger ce qui a été immolé pour autre qu'Allah. » Il dit : « C'est un prophète envoyé à toute l'humanité ; si les Coptes et les Romains l'avaient atteint, ils l'auraient suivi. Jésus, fils de Marie, leur a ordonné cela, et ce que vous décrivez de lui est ce pour quoi les prophètes avant lui ont été envoyés. Il aura le dernier mot, au point que personne ne le contestera, et sa religion triomphera jusqu'à l'extrémité du sabot et du fer à cheval, et jusqu'aux confins de la mer. Il se peut que son peuple le pousse à affronter les vents. » Nous dîmes : « Si tous les gens entraient avec lui, nous n'entrerions pas. » Il secoua la tête et dit : « Vous êtes en train de jouer. » Puis il dit : « Quel est son rang parmi son peuple ? » Nous dîmes : « Il est au milieu d'eux par sa lignée. » Il dit : « Ainsi en fut-il du Messie et des prophètes (que la paix soit sur eux) : ils sont envoyés au sein de la meilleure lignée de leur peuple. » Il dit : « Comment son discours est-il véridique ? » Nous dîmes : « On ne l'appelle que l'Honnête 55 à cause de sa véracité. » Il dit : « Examinez votre affaire : pensez-vous qu'il soit véridique entre vous et lui, et qu'il mente sur Allah ? » Il dit : « Qui l'a suivi ? » Nous dîmes : « Les jeunes. » Il dit : « Eux et le Messie sont les disciples des prophètes avant lui. » Il dit : « Qu'ont fait les juifs de Yathrib 56 ? Ce sont les gens de la Torah. » Nous dîmes : « Ils se sont opposés à lui, alors il les a frappés, tués, réduits en captivité, et ils se sont dispersés dans toutes les directions. » Il dit : « Ce sont des gens envieux qui l'ont envié. En vérité, ils connaissent de son affaire ce que nous connaissons. » Al-Mughîra dit : « Nous nous levâmes de chez lui, après avoir entendu des paroles qui nous rendirent humbles et soumis à Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), et nous dîmes : « Les rois des non-Arabes le croient et le craignent, malgré l'éloignement de leurs liens de parenté avec lui, alors que nous sommes ses proches et ses voisins, et nous ne sommes pas entrés avec lui, alors qu'il est venu à nous en nous appelant à nos demeures. » L'auteur d'al-Hudâ 57 mentionne qu'al-Mughîra ibn Shu'ba, lors de la trêve d'al-Hudaybiyya 58, se tenait à la tête du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) après avoir embrassé l'islam, tenant l'épée. 'Urwa ibn Mas'ûd ath-Thaqafî 59 tendit la main vers la barbe du Messager d'Allah, mais il frappa sa main avec le fourreau de l'épée et dit : « Retire ta main de la barbe du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ! » 'Urwa leva la tête et dit : « Qui est-ce ? » Ils dirent : « Al-Mughîra ibn Shu'ba. » Il dit : « Ô traître ! N'ai-je pas cherché à effacer ta traîtrise ? » Lorsque la délégation de Thaqîf vint auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), parmi eux 'Urwa ibn Mas'ûd, en tant que musulmans, al-Mughîra dit : « Ô Messager d'Allah, fais descendre mon peuple chez moi et honore-les, car je suis récemment blessé parmi eux. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Je ne t'empêche pas d'honorer ton peuple. » La blessure d'al-Mughîra parmi son peuple était due au fait qu'il était un mercenaire pour Thaqîf ; ils revenaient d'Égypte, et alors qu'ils étaient en chemin, il se jeta sur eux pendant qu'ils dormaient, les tua, puis vint avec leurs biens auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et embrassa l'islam. Il dit : « Quant à l'islam, je l'accepte ; quant aux biens, je n'en ai rien. » Et il refusa de prélever le quint 60 sur ce qu'il avait. Ce fut la cause de l'embrassement de l'islam par al-Mughîra ibn Shu'ba (qu'Allah soit satisfait de lui). [Chapitre] Al-Wâqidî 61 rapporte avec sa chaîne de transmission, d'après Humayd at-Tawîl 62, remontant à Ibn Ishâq 63, qui dit : Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) émigra de La Mecque à Médine, il écrivit aux rois de la terre, et parmi ceux à qui il écrivit se trouvait al-Muqawqis, roi d'Égypte et d'Alexandrie. Celui qui écrivit la lettre fut Abû Bakr (qu'Allah soit satisfait de lui). En voici la copie : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muhammad, Messager d'Allah, au maître d'Égypte. Après cela, en vérité, Allah m'a envoyé comme messager, a fait descendre sur moi le Coran, et m'a ordonné d'avertir et de mettre en garde, et de combattre les mécréants jusqu'à ce qu'ils professent ma religion et que les gens entrent dans ma communauté. Je t'ai appelé à reconnaître Son unicité. Si tu le fais, tu seras heureux ; si tu refuses, tu seras malheureux. Et paix. » Puis il plia la lettre, la scella de son sceau, puis dit : « Ô gens, qui d'entre vous portera cette lettre au maître d'Égypte ? Sa récompense est auprès d'Allah. » Hâtib ibn Abî Balta'a al-Qurashî se leva et dit : « Moi, ô Messager d'Allah. » Il dit : « Qu'Allah te bénisse, ô Hâtib. » Il dit : « Je pris la lettre, lui fis mes adieux, me rendis chez moi, sellai ma monture, fis mes adieux à ma famille, et pris la route directe vers l'Égypte. » « Lorsque je fus à trois jours de Médine, j'arrivai près d'un point d'eau appartenant aux Banû Badr 64. Je voulus abreuver ma chamelle, quand voici deux hommes montés sur deux chamelles, accompagnés d'un homme sur un cheval noir. Lorsque je les vis, je m'arrêtai. Le cavalier me rattrapa et me dit : « D'où viens-tu et où vas-tu ? » Je dis : « Ô toi, ne demande pas ce qui ne te concerne pas, de peur de tomber dans ce qui t'humilie et te perd. Je suis un voyageur de passage, suivant mon chemin. » Il dit : « Ce n'est pas toi que nous voulons, ni vers toi que nous nous dirigeons. Nous sommes un groupe qui a du sang et une vengeance contre Muhammad ibn 'Abd Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Je suis venu, moi et ces deux hommes, et nous avons juré de ne pas cesser jusqu'à ce que nous le prenions par surprise, peut-être trouverons-nous une occasion de le tuer. » Hâtib dit en lui-même : « Par Allah, si Allah me donne pouvoir sur eux, je ferai de mon combat contre eux un jihad. Je n'ai d'autre recours que la ruse, car j'ai entendu le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dire : « La guerre est ruse. » »

Je lui parlais, quand voilà que les deux cavaliers montés sur les deux chamelles se dirigèrent vers moi et me dirent avec rudesse et dureté : « Serais-tu l’un des compagnons de Muhammad, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui ? » Je leur dis : « Vous avez failli vous égarer loin de la voie de la réalisation 65. Je suis un homme comme vous, je cherche ce que vous cherchez, et je me rends à Yathrib 66. J’ai décidé de vous accompagner pour être avec vous. Mais j’ai entendu en chemin, de quelqu’un en qui j’ai confiance, que Muhammad a envoyé un de ses compagnons en Égypte avec une lettre, et qu’il se trouve peut-être caché dans cette vallée. » Je désignai une vallée éloignée de moi, appelée Wādī al-Arāk 67, où j’avais souvent été. « Mais envoyez avec moi celui d’entre vous qui a le cœur le plus ferme et la lance la plus acérée, afin que nous explorions cette vallée. Si nous tombons sur lui, nous le tuerons. » Le propriétaire du cheval me dit : « Je marcherai avec toi. » Puis il s’avança devant moi, laissant ses deux compagnons arrêtés. Ḥāṭib 68 dit : Lorsque je l’eus éloigné de ses deux compagnons et que nous eûmes disparu à leurs yeux, je me tournai vers lui et lui dis : « Quel est ton nom ? » Il dit : « Mon nom est Sallāb ibn ‘Āṣim al-Hamdānī. » Je lui dis : « Ô Sallāb, sache que nul ne peut entrer à Yathrib s’il n’a une situation, une puissance et un cœur, car s’y trouvent les maîtres de la terre parmi les héros arabes, tels que ‘Umar, ‘Alī, et untel et untel. Mais comment est ton épée ? » Il dit : « Une épée tranchante. » Je dis : « Montre-la-moi. » Il la dégaina de son fourreau et me la remit. Je pris l’épée de sa main, la brandis et lui dis : « C’est une épée tranchante, mais : Des épées aiguisées, ô Banū Lu’ayy ibn Ghālib 69, Dans les combats, mais où est celui qui frappe avec l’épée ? » Il dit : « Que signifie cette parole ? » Je lui dis : « Ô Ibn ‘Āṣim, cette épée est du travail du peuple de ‘Ād 70, de la descendance de Shaddād 71, et les Arabes n’ont jamais possédé de pareille. Mais il m’incombe de t’honorer, et je veux me rapprocher de toi par une ruse que je vais t’apprendre, afin que tu tues ton ennemi. » Il dit : « Par la garantie des Arabes, ne le ferais-je pas ? » Ḥāṭib dit : « Quand tu seras en situation de combat et de lutte, que ton adversaire sera devant toi et que tu voudras le tuer, brandis cette épée jusqu’à ce qu’elle vibre et que ses tranchants s’éveillent, et frappe ton ennemi sur le côté, car cela est plus rapide pour trancher. » Puis je dirigeai l’épée vers son cou, et voilà que sa tête s’envola. Je descendis vers lui et saisis son cheval pour qu’il ne s’enfuit pas et ne donne pas l’alerte contre moi. Je l’attachai à un arbre, puis je me hâtai vers ses deux compagnons. Ils m’attendaient. Quand ils me virent, l’un d’eux s’avança et dit : « Qu’y a-t-il derrière toi ? Où est Sallāb ? » Je dis : « Annonce la bonne nouvelle de la vengeance et de l’effacement de la honte de nos ennemis ! Nous avons trouvé deux hommes parmi les compagnons de Muhammad, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, qui dormaient. Votre compagnon m’a envoyé vers vous pour que l’un de vous marche avec moi afin que nous nous emparions d’eux, tandis que l’autre restera comme guetteur, car cette vallée n’est jamais vide des compagnons de Muhammad, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. » Ils dirent : « Quelle bonne idée ! » Et le second marcha avec moi. Lorsque je l’eus éloigné de son compagnon, je lui dis : « Quel est ton nom ? » Il dit : « Mon nom est ‘Abd al-Lāt 72 ibn Ghwaylim. » Je lui dis : « Sois un homme, et prends garde à la peur. Quand tu nous verras fondre sur ces deux hommes, éveille ton esprit et aiguise ton épée. » Puis je regardai à droite et à gauche. Il dit : « Qu’as-tu ? » Je dis : « Je vois une poussière, et il n’y a pas de doute qu’en dessous se trouvent des gens qui ont apostasié la religion de Muhammad, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. » Ḥāṭib dit : Il se mit à regarder comme un homme éperdu et confus. Je le pris de vitesse d’un coup en traître, et je jetai sa tête à terre. Puis je revins vers le troisième. Quand il me vit seul, il pressentit le mal. Il m’attaqua et je l’attaquai, il me heurta et je le heurtai, jusqu’à ce qu’Allah Très-Haut m’aidât contre lui et que je le tuasse. Je pris les deux chamelles et le cheval, et je laissai le tout chez un homme des Banū ‘Abd Shams 73 qui était un ami intime à moi depuis l’époque de la Jāhiliyya 74. Puis je me dirigeai vers l’Égypte, et je ne cessai jusqu’à ce que j’arrive en Égypte. Quand les Coptes me virent, ils dirent : « D’où viens-tu ? » Je dis : « Je suis un envoyé de votre maître. » Ils dirent : « De qui ? » Je dis : « De la part du Messager d’Allah, Muhammad, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. » Quand ils entendirent cela de moi, ils m’entourèrent de tous côtés et m’amenèrent au Qaṣr al-Shama‘ 75. Ils me firent arrêter à la porte du palais du roi et demandèrent la permission d’entrer chez al-Muqawqis 76. Il ordonna de me faire comparaître devant lui. Ḥāṭib dit : Je descendis de la chamelle, et les chambellans marchèrent devant moi jusqu’à ce que je trouve le roi dans une coupole dont les bords scintillaient de joyaux et dont les angles brillaient de rubis, les chambellans se tenant devant lui. Je fis un signe de salutation islamique et m’assis là où la place me permit. Son compagnon dit : « Ô frère des Arabes, où est la lettre de ton maître ? » Ḥāṭib dit : Je remis la lettre au roi de ma main à la sienne. Il la prit de moi avec respect, la baisa, la passa sur ses yeux et dit : « Bienvenue à la lettre du Prophète arabe ! » Puis il la remit à son vizir al-Yāḥīsh 77 et dit : « Lis-la-moi, car elle vient d’un homme généreux. » Le vizir la lut jusqu’à la fin. Le roi dit à son grand serviteur : « Apporte le coffret que je t’ai confié. » Le serviteur l’apporta. Le roi le prit et l’ouvrit devant lui. Il y avait dans l’étoffe la description d’Adam et des prophètes, que la paix soit sur eux, et à la fin la description du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. Le roi dit à son vizir : « Dis à ce Bédouin de nous décrire son maître, comme si je le voyais. » Le vizir dit : « Le roi dit ceci et cela. » Ḥāṭib dit : « Qui peut décrire un seul de ses membres ? » Il dit : « Il faut absolument que tu répondes à la question du roi. » Ḥāṭib dit : Je me levai debout sur mes pieds et dis : « Mon maître est beau, partagé 78, véridique dans sa parole, au front clair, à la stature moyenne, loin de toute bassesse. Entre ses deux épaules se trouve un grain de beauté qui est pour lui un signe. Il est comme la lune quand elle est pleine. Il est un homme de recueillement, de religion, de chasteté et de pudeur. Il a le nez aquilin, le front large, les joues lisses, les lèvres fines, les dents brillantes. Ses yeux sont larges 79, ses sourcils arqués 80, ses dents espacées 81. Son nez n’a pas de courbure. Sa poitrine est large, son ventre est comme un vêtement plié et brodé. Sa langue est éloquente, son caractère est agréable. » Quand le roi entendit cela, il dit : « Tu as dit vrai, par Allah, ô Arabe ! Telle est sa description. » Pendant qu’il me parlait, les tables furent dressées et l’on apporta la nourriture. Le roi m’ordonna de m’avancer, mais je refusai. Il sourit et dit : « Je sais ce qui vous est licite et ce qui vous est interdit. Je ne t’ai présenté que de la viande d’oiseau. » Je dis : « Je ne mange pas dans ces plats d’or et d’argent, car Allah nous a promis que nous mangerions dedans au Paradis. » Il fit changer ma nourriture dans des plats de terre cuite, et je me mis à manger. Il dit : « Quelle nourriture ton maître préfère-t-il ? » Je dis : « Ad-dubbā’ 82, c’est-à-dire la courge. Quand nous en avons, nous la lui préférons. » Le roi dit : « Ô Arabe, dans quoi buvait-il l’eau ? » Je dis : « Dans une coupe en bois. » Il dit : « Aime-t-il les cadeaux ? » Je dis : « Oui. Il a dit : “Si j’étais invité à un pied de chèvre 83, j’accepterais, et si l’on m’offrait un bras, je l’accepterais.” » Il dit : « Mange-t-il de l’aumône ? » Je dis : « Non. » Al-Muqawqis dit : « Se met-il du collyre ? » Je dis : « Oui. Son collyre était à l’ithmid 84. Il se regardait dans le miroir, peignait ses cheveux et ne se séparait pas de cinq choses en voyage comme à la maison : le miroir, le pot à collyre, le peigne, le madrā 85 et le siwāk 86. » Al-Qāḍī ‘Iyāḍ 87 dit dans son Mashāriq 88 : « Sa parole “madrā” est ce avec quoi il se grattait la tête. On rapporte aussi “yurajjil” 89, c’est comme le peigne. » Al-Jawharī 90 dit : « Al-madrā est la corne, ainsi que al-midrāh. Parfois, la coiffeuse en arrange les tresses des femmes. C’est un objet comme une aiguille qu’elle a avec elle. On dit : “tadarrat al-mar’a”, c’est-à-dire elle a peigné ses cheveux. » Ḥāṭib dit : « Je l’ai vu se parer pour ses compagnons, sans parler de sa parure pour sa famille. Un jour, il dit à ‘Ā’isha, qu’Allah l’agrée, alors qu’elle le regardait se mirant dans une petite outre 91 contenant de l’eau et arrangeant ses cheveux : “Que mon père et ma mère te soient sacrifiés, ô Messager d’Allah ! Tu te regardes dans l’outre et tu arranges tes cheveux, alors que tu es le Messager d’Allah et le meilleur de Sa création ?” Il dit : “Ô ‘Ā’isha, Allah Très-Haut aime que Son serviteur, lorsqu’il sort vers ses frères, se pare et se fasse beau pour eux.” » Al-Muqawqis dit : « Quand il monte avec l’armée arabe, qu’est-ce qui est porté au-dessus de sa tête ? » Je dis : « Un étendard noir et un drapeau blanc. Sur le drapeau est écrit : “Il n’y a de dieu qu’Allah, Muhammad est le Messager d’Allah.” » ‘Ā’isha ajouta que l’étendard du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, était un manteau de laine 92 teint 93 appelé al-‘Uqāb 94. Selon une version de Simāk ibn Ḥarb 95, l’étendard du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, s’appelait al-‘Uqāb, et c’était un manteau de ‘Ā’isha. Al-Muqawqis dit : « A-t-il un trône sur lequel il s’assoit ? » Je dis : « Oui. J’ai vu pour lui une chaire 96 dont j’ai cru que les pieds étaient en fer et le dôme en cuir, pouvant contenir environ quarante hommes. » Il dit : « Quel cheval aime-t-il ? » Je dis : « Le cheval alezan 97, à la lèvre supérieure blanche 98, à la balzane 99, aux quatre pieds marqués de blanc 100, pour la course. J’ai laissé chez lui un cheval appelé al-Murtajiz 101. » Quand il entendit cela, il choisit pour lui un cheval parmi les chevaux réputés d’Égypte, ordonna qu’on le selle, le bride et le prépare comme cadeau pour le Prophète, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. C’était son cheval al-Maymūn 102, un âne appelé Ya‘fūr 103, une mule appelée ad-Duldul 104, une esclave noire nommée Barīra 105, une esclave blanche parmi les plus belles filles des Coptes nommée Māriya 106, un garçon nommé Maḥbūb 107, du parfum, du bois d’aloès, du benjoin, du musc, des turbans et des vêtements coptes 108. Il ordonna à son vizir d’écrire au Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. Il écrivit : « Par Ton nom, ô Allah ! De la part d’al-Muqawqis à Muhammad, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui. Ceci dit : Ta lettre m’est parvenue et je l’ai comprise. Tu dis qu’Allah t’a envoyé comme messager et t’a favorisé d’une faveur éminente, et qu’Il a fait descendre sur toi un Coran explicite. Nous avons enquêté sur ton affaire et nous t’avons trouvé le plus proche de la vérité parmi ceux qui appellent, et le plus véridique parmi ceux qui parlent avec sincérité. Si je n’avais pas possédé un grand royaume, j’aurais été le premier à croire en toi, car je sais que tu es le sceau des prophètes et l’imam des messagers. La paix soit sur toi de ma part jusqu’au Jour de la Rétribution. »

Hâtib dit : « Il accepta le livre et le cadeau, les remit entre mes yeux et dit : “Ô toi, par Dieu, embrasse entre les yeux de Muhammad — que Dieu prie sur lui et le salue — de ma part.” Et il envoya avec moi une armée. Je ne cessai de marcher jusqu’à ce que j’entre dans la péninsule des Arabes 109 et nous trouvâmes une caravane venant du Sham 110 se dirigeant vers Médine. Je renvoyai les compagnons du roi et j’arrivai à Médine. » Al-Jawharî dit : « Quant à la péninsule des Arabes, Abû ‘Ubayda dit : “Ce qui se trouve entre Hafr Abî Mûsâ al-Ash‘arî 111 et l’extrémité du Yémen en longueur, et en largeur entre le sable de Yabrîn 112 et l’extrémité d’al-Samâwa 113.” » Al-Bakrî dit : « Yabrîn — et on dit Yabrûn — est un sable connu dans les demeures des Banû Sa‘d ibn Tamîm. » Il dit : « Hafr Abî Mûsâ se trouve entre Falaj et Fulayj, à cinq étapes de Bassora. Falaj — avec la première lettre ouverte et la seconde muette, suivi de jîm — et Fulayj est le diminutif de Falaj, un lieu proche de lui. » Hâtib dit : « Je me dirigeai vers la mosquée, fis agenouiller la chamelle, entrai, saluai l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et commençai à dire : “Bonjour, ô intercession de la communauté / Qui espère le salut au matin du jour de la station 114. Je suis allé vers celui que tu m’avais envoyé / Parcourant les déserts comme le voyageur pressé. Jusqu’à ce que j’arrive en Égypte auprès du maître de leur royaume / Il se montra à moi avec la parole de l’équitable. Il lut ton livre quand il en brisa le sceau / Il en frémit comme frémit le sabre aiguisé. Les patrices 115 qui s’étaient rassemblés dirent : / “Qu’est-ce qui t’a ému du livre du vénéré ?” Il dit : “Taisez-vous, malheur à vous, et soyez fermes ! / Ceci est le livre d’un prophète de la religion du Mus-haf 116. Ils dirent : “Tu te trompes.” Il dit : “Je ne suis pas trompeur / Mais j’ai lu la clarté de la ligne des lettres. Dans chaque ligne du livre de Muhammad / Une lumière brille pour le regard de qui s’arrête. Ce livre est son livre pour toi, humblement / Ô meilleur des nouveau-nés, par ton droit nous nous suffisons.” » Hâtib dit : « Je remis le livre entre ses mains. Il dit : “Ô ‘Alî, lis-le pour nous.” Quand il le lui eut lu, le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : “Que Dieu bénisse les Coptes 117 dans leur vie d’ici-bas, car ils ont reconnu la vérité et clarifié le discours.” Puis il dit : “Tout être doué d’une âme spéciale m’appartient.” Il choisit donc Mâriya 118 et fixa sa dot comme l’affranchissement de sa personne. Elle lui donna Ibrâhîm — sur lui la paix — qui vécut deux ans ou moins. Quand il mourut, le soleil s’éclipsa. Les musulmans dirent : “Ô Envoyé de Dieu, le soleil ne s’est éclipsé qu’à cause de la mort de ton fils Ibrâhîm.” Il dit : “Le soleil et la lune sont deux signes parmi les signes de Dieu ; ils ne s’éclipsent ni pour la mort de quelqu’un ni pour sa vie. Quand vous voyez cela, hâtez-vous vers la prière.” Puis il prit le garçon, la servante, le cheval et l’âne, puis distribua le reste du cadeau également entre ses compagnons. » Ibn ‘Abd al-Barr dit : « Al-Muqawqis 119 a été mentionné, puis il ordonna de le frapper et dit : “Le plus probable selon moi est qu’il n’a pas embrassé l’islam ; c’est même le correct, si Dieu le Très-Haut veut.” Puis il dit : “Al-Wâqidî a mentionné qu’en l’an sept de l’Hégire, l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit à al-Muqawqis, le grand des Coptes, l’appelant à l’islam, et il embrassa l’islam.” » Al-Dâraquṭnî dit : « Al-Muqawqis, qui était préposé au tribut de l’Égypte et à sa guerre jusqu’à ce que les musulmans la conquièrent, s’appelait Jurayj ibn Mînâ. » Al-Wâqidî rapporte d’après Hudhayfa ibn al-Yamân — que Dieu l’agrée — qu’al-Muqawqis, quand arrivait le mois de Ramadan, ne sortait pas vers son peuple, ne se montrait à personne de son entourage, et on ne savait pas ce qu’il faisait. Son fils Aristûlîs craignit que son père ne livre le royaume aux compagnons de l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — quand ils se dirigèrent pour le combattre en Égypte avec ‘Amr ibn al-‘Âṣ, et qu’il n’embrasse l’islam. Il promit donc une somme d’argent au sommelier et lui ordonna de tuer son père. Il mit du poison dans la boisson du roi et le lui fit boire ; il mourut. Dieu sait ce qu’il en fut. Al-Muqawqis avait un frère consanguin nommé Arjânûs. Quand son frère s’absentait durant le mois de Ramadan, il se rendait à Menf et al-‘Azîziyya et y séjournait jusqu’à ce que son frère sorte de sa retraite. Quand Ramadan fut terminé, il revint vers son frère et apprit que son fils l’avait tué. Il se rendit au palais de son frère et empêcha son neveu d’entrer au palais jusqu’à ce que les compagnons de l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — vinssent. Il fit la paix avec eux sur ce qui se trouvait dans le palais de son frère, embrassa l’islam, et avec lui un groupe de Coptes d’Égypte embrassa l’islam. » Nous rapportons d’après al-Suhaylî que Jibrâ, l’affranchi d’Abû Ruhm al-Ghifârî, était un messager avec Hâtib auprès d’al-Muqawqis, et qu’il faillit embrasser l’islam. Ils offrirent avec eux une mule appelée al-Duldul. Al-Duldul, en langue, signifie le grand hérisson. Et Mâriya bint Sham‘ûn. Al-Mâriya — avec allègement du yâ’ — signifie la jeune vache ; mentionné par al-Muṭarriz. Quant à al-Mâriyya — avec accentuation du yâ’ — c’est la outarde lisse ; on dit “outarde mâriya”, c’est-à-dire lisse ; dit par Abû ‘Ubayd dans al-Gharîb. On dit qu’Héraclius destitua al-Muqawqis quand il vit son inclination vers l’islam. Le sens d’al-Muqawqis est “celui qui allonge la construction”, et al-Qaws 120 est la cellule élevée. Al-Jawharî dit : « La cellule du moine. » Al-Suhaylî dit : « On dit dans le proverbe : “Moi avec le qaws, et toi avec le qarqûs 121 ; quand nous réunirons-nous ?” » Ibn Fâris dit : « Al-Qarqûs est une surface lisse. » Chapitre sur le mérite de l’Égypte et de ses habitants, et ce dont Dieu — qu’Il soit glorifié et exalté — l’a particulièrement dotée. Nous rapportons dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, du livre des Vertus, chapitre sur la mention de l’Égypte et de ses habitants, d’après Abû Dharr — que Dieu l’agrée — qui dit : « L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : “Vous conquérirez l’Égypte, une terre où l’on appelle le qîrâṭ 122. Quand vous la conquérirez, soyez bons envers ses habitants, car ils ont un pacte et un lien de parenté” — ou il dit : “un pacte et une alliance par mariage.” “Quand tu verras deux hommes se disputer pour l’emplacement d’une brique, sors-en.” » Il dit : « Je vis ‘Abd al-Raḥmân ibn Shurayḥabîl ibn Ḥasana et son frère Rabî‘a se disputer pour l’emplacement d’une brique, et j’en sortis. » Telle est la lettre de Muslim. Les commentateurs de Muslim disent : « Dans ce hadith, il y a trois signes parmi les signes de sa prophétie — que Dieu prie sur lui et le salue — qui se sont tous réalisés : le premier, la conquête de l’Égypte ; le second, l’octroi du pacte à ses habitants et leur entrée dans la dhimma 123, car elle fut conquise pacifiquement à l’époque de ‘Umar — que Dieu l’agrée ; le troisième, sa parole — que Dieu prie sur lui et le salue — “Quand tu verras deux hommes se disputer pour l’emplacement d’une brique, sors-en”, et cela eut lieu. » Quant à l’alliance par mariage, le propos a déjà été avancé lors de la mention de Mâriya — que Dieu l’agrée. Quant au lien de parenté, nous rapportons dans la Sîra prophétique d’après Ibn Hishâm, avec sa chaîne, que l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « Quand vous conquérirez l’Égypte, recommandez-vous les uns aux autres le bien envers ses habitants, car ils ont un pacte et un lien de parenté. » Ibn Isḥâq dit : « Je demandai à Muḥammad ibn Muslim al-Zuhrî : “Quel est le lien de parenté que l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a mentionné pour eux ?” Il dit : “Hâjar 124, la mère d’Ismâ‘îl, était des leurs.” » Ibn Hishâm dit : « Tous les Arabes sont de la descendance d’Ismâ‘îl et de Qaḥṭân. Les Arabes disent Hâjar et Âjar, comme ils disent harâqa l-mâ’ et arâqahu. Hâjar était des habitants de l’Égypte, du village d’Umm al-‘Arab, en face d’al-Faramâ. » Nous rapportons dans les Conquêtes de l’Égypte d’Ibn ‘Abd al-Ḥakam que le village de Hâjar Yâq, qui est près d’Umm Dunayn, et Hâjar fut enterrée dans le Ḥijr 125, c’est-à-dire le Ḥijr d’Ismâ‘îl — sur lui la paix. Il dit : « Trois prophètes — que les prières de Dieu soient sur eux — contractèrent une alliance par mariage avec les Coptes : Ibrâhîm — sur lui la paix — prit Hâjar comme concubine ; Yûsuf — sur lui la paix — épousa la fille du maître de ‘Ayn Shams, qui est appelée de notre temps al-Maṭariyya ; et l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — prit Mâriya comme concubine. » Il dit : « L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — tomba malade et s’évanouit, puis reprit connaissance et dit : “Recommandez-vous les uns aux autres le bien envers les hommes bruns aux cheveux crépus.” Puis il s’évanouit une deuxième fois, reprit connaissance et dit la même chose. Puis il s’évanouit une troisième fois et dit la même chose. Les gens dirent : “Si nous demandions à l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — qui sont les hommes bruns aux cheveux crépus ?” Il reprit connaissance et ils le lui demandèrent. Il dit : “Les Coptes d’Égypte, car ils sont des oncles maternels et des beaux-parents, et ils sont vos auxiliaires contre votre ennemi et vos auxiliaires pour votre religion.” Ils dirent : “Comment seront-ils nos auxiliaires pour notre religion, ô Envoyé de Dieu ?” Il dit : “Ils vous suffiront pour les affaires de ce monde, et vous vous consacrerez à l’adoration. Celui qui est satisfait de ce qui leur est apporté est comme celui qui agit, et celui qui répugne à ce qui leur est apporté comme injustice est comme celui qui s’en abstient.” » Et d’après lui : « Les Coptes d’Égypte sont les plus généreux de tous les non-Arabes, les plus prodigues de leurs mains, les meilleurs par leur origine, les plus proches par lien de parenté avec les Arabes en général et avec Quraysh en particulier. Celui qui veut voir le Paradis, qu’il regarde son semblable en ce monde : qu’il regarde la terre d’Égypte quand ses cultures verdissent et que ses fruits mûrissent. » Il dit : « D’après Ka‘b al-Aḥbâr : “Celui qui veut voir un semblable du Paradis, qu’il regarde la terre d’Égypte quand…” »

«Ils ont été égarés, ou bien lorsqu’elle a fleuri, il a dit : Parmi eux se trouvaient les magiciens, ils ont tous cru en une seule heure. Et nous ne connaissons aucun groupe qui ait embrassé l’Islam en une seule heure plus nombreux que le groupe des Coptes. Il a dit : Ils étaient douze magiciens chefs, et sous la main de chaque magicien d’entre eux se trouvaient vingt intendants (ʿarīf), sous la main de chaque intendant mille magiciens. Ainsi, le nombre total des magiciens était de deux cent quarante mille deux cent cinquante-deux personnes, y compris les chefs et les intendants. Lorsqu’ils virent ce qu’ils virent, ils furent convaincus que cela venait du ciel et que la magie ne pouvait résister à l’ordre de Dieu. Alors les douze chefs se prosternèrent, suivis par les intendants, et les intendants furent suivis par le reste, et ils dirent : « Nous croyons au Seigneur des mondes, le Seigneur de Moïse et d’Aaron. » Aucun d’entre eux ne fut tenté parmi ceux qui furent tentés parmi les enfants d’Israël dans l’adoration du veau. Il a dit : Aucun groupe n’a jamais cru en une seule heure comme le groupe des Coptes. Il a dit – c’est-à-dire Ibn ʿAbd al-Ḥakam – et d’après Kaʿb al-Aḥbār : Les Coptes d’Égypte sont semblables à un fourré (al-ghayḍa) : chaque fois qu’on le coupe, il repousse, jusqu’à ce que Dieu, par eux et par leur artisanat, détruise les îles des Romains. Il a dit : L’eau coulait sous les maisons d’Égypte et ses aqueducs ; ils la retenaient comme ils voulaient et la libéraient comme ils voulaient. C’est là la parole de Dieu – qu’Il soit exalté – dans ce qu’Il a rapporté des paroles de Pharaon : « N’ai-je pas la royauté de l’Égypte et ces fleuves qui coulent sous moi ? Ne voyez-vous donc pas ? » (Coran 43:51). Et il n’y avait sur terre, à cette époque, aucun roi plus grand que le roi d’Égypte. Les jardins bordaient les deux rives du Nil, de son début à sa fin, d’Assouan à Rosette, et il y avait mille chaires (minbar). Abū al-Khaṭṭāb ibn Dhī al-Nasabayn a dit dans le livre *Marj al-Baḥrayn* : « Pharaon (Firʿawn), en copte, signifie le crocodile, et dans la langue (arabe), il désigne celui qui mange beaucoup, le menteur, l’excessif et le sceptique. » Ces défauts se sont donc rassemblés en Pharaon. D’après al-Ḥasan al-Baṣrī, il a dit : « La taille de Pharaon n’était que d’une coudée, et sa barbe était plus longue que sa stature. » Ibn ʿAbd al-Ḥakam a rapporté, disant : Ibrāhīm ibn Saʿīd al-Balawī nous a raconté : Lorsque ʿAmr ibn al-ʿĀṣ conquit Alexandrie, il écrivit à ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb – que Dieu l’agrée : « Après cela, j’ai conquis une ville dont je ne peux décrire le contenu, si ce n’est que j’y ai trouvé quatre mille bains publics (munya) avec quatre mille colombiers, quarante mille Juifs soumis à la capitation (jizya), douze mille marchands de légumes verts, deux cent mille Romains, sans compter les femmes et les enfants, et le nombre de prisonniers hommes était de six cent mille, sans compter les femmes et les enfants. Les musulmans voulurent les partager, mais ʿAmr ibn al-ʿĀṣ envoya un message à ʿUmar pour l’informer de l’intention des musulmans. ʿUmar lui écrivit : « Ne les partage pas, laisse-les, que leur tribut (kharāj) soit un butin (fayʾ) pour les musulmans et une force pour eux dans le combat contre leurs ennemis. » ʿAmr les maintint donc, recensa les habitants – c’est-à-dire d’Alexandrie – et leur imposa le tribut foncier (kharāj) et la capitation (jizya). Ainsi, toute l’Égypte fut une terre de reddition (ṣulḥ), à l’exception d’Alexandrie, car ses habitants payaient le tribut foncier et la capitation, car elle avait été conquise de force (ʿanwa). Le Ḥāfiẓ al-Silafī a mentionné dans le livre *Faḍāʾil Miṣr* : « Dieu a favorisé l’Égypte sur tous les autres pays, et a manifesté sa supériorité par des versets du Coran qui en témoignent, par la faveur et la fertilité qu’Il lui a accordées, par les bénédictions qu’Il y a fait descendre, et par ce qu’Il en a fait sortir comme prophètes, savants, califes, sages, élites, rois et merveilles, qu’Il n’a accordés à aucun autre pays ni à aucune autre terre. » Il a dit : « Si quelqu’un objecte en citant les deux sanctuaires (al-Ḥaramayn), leur supériorité n’est pas contestée, et ce dont Dieu les a favorisés n’est pas nié. Mais ce dont Dieu les a favorisés ne diminue en rien la supériorité de l’Égypte. En effet, ses bienfaits dans les deux sanctuaires sont évidents, car elle les approvisionne en nourriture, vêtements et autres commodités. Elle a donc pour cela un grand mérite. De plus, elle nourrit les gens du monde entier parmi ceux qui s’y rendent, comme les pèlerins, pendant tout leur séjour : ils mangent et se ravitaillent de sa nourriture, depuis les extrémités sud et nord de la terre, entre les pays de l’Inde et d’al-Andalus. Nul ne peut nier cela ni le repousser. Cela suffit comme faveur et bénédiction dans la religion et dans le monde. Parmi cela, il y a la parole de Dieu – qu’Il soit exalté : « Et Nous révélâmes à Moïse et à son frère : « Établissez pour votre peuple des maisons en Égypte, et faites de vos maisons une direction de prière (qibla) » (Coran 10:87), et « Il dit : « Entrez en Égypte, si Dieu le veut, en sécurité » (Coran 12:99). » Il a dit : « Et Nous fîmes du fils de Marie et de sa mère un signe, et Nous les abritâmes sur une colline offrant repos et eau vive » (Coran 23:50). Certains exégètes ont dit qu’il s’agit de l’Égypte, d’autres de Damas. Certains savants d’Égypte ont dit qu’il s’agit de Bahnasā. Les Coptes d’Égypte sont unanimes sur le fait que le Messie et sa mère – que la paix soit sur eux – se trouvaient à Bahnasā, puis ils en partirent pour Jérusalem. Pharaon s’est vanté en disant : « N’ai-je pas la royauté de l’Égypte ? » (Coran 43:51) par-dessus tous les rois. Et la parole de Dieu – qu’Il soit glorifié et exalté : « Alors Nous les fîmes sortir des jardins et des sources » (Coran 26:57) – le verset. Sait-on qu’un pays parmi les pays a été loué par le Livre sacré d’une telle louange, ou décrit d’une telle description, ou a témoigné de sa générosité autre que l’Égypte ? Et ce qui a été rapporté du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – sur sa supériorité et sa prière pour eux a déjà été mentionné. Il a été rapporté d’Ibn ʿAbbās – que Dieu les agrée – qu’il a dit : Noé a invoqué son Seigneur pour le fils de son fils, Miṣr ibn Bayṣar ibn Ḥām – et c’est d’après lui que l’Égypte a été nommée, et il est le père des Coptes – en disant : « Ô Dieu, bénis-le ainsi que sa descendance, fais-le habiter la terre bénie qui est la mère des pays et le secours des serviteurs, dont le fleuve est le meilleur des fleuves du monde, place-y les meilleures bénédictions, soumets-lui la terre ainsi qu’à ses enfants, et rends-la docile pour eux. » Il a été rapporté que la Maison sacrée (al-Bayt al-Ḥarām) fut détruite à l’époque préislamique (al-Jāhiliyya), et les Quraysh confièrent sa reconstruction à un homme copte nommé Yāqūm, et l’Islam le surprit alors qu’il était occupé à cette construction. Il a été rapporté d’Abū Hurayra – que Dieu l’agrée – que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : « L’Égypte est la plus pure des terres en sa terre (turāb), et ses non-Arabes (ʿajam) sont les plus nobles des non-Arabes en leurs lignées. » Certains savants ont dit : « Il ne reste aucune nation non-arabe (ʿajam) qui ne se soit mêlée à d’autres, excepté les Coptes d’Égypte. » Quant à ce dont elle a été spécifiquement favorisée et préférée à d’autres, Abū Baṣra al-Ghifārī – que Dieu l’agrée – a rapporté, disant : « L’Égypte est le trésor (khizāna) de toute la terre. » Dieu – qu’Il soit exalté – a dit : « Place-moi à la tête des trésors de la terre, car je suis un gardien savant » (Coran 12:55). Et ces trésors n’étaient pas ailleurs qu’en Égypte. Ainsi, Dieu – qu’Il soit glorifié – l’a mentionnée comme les trésors de la terre. Par l’Égypte et ses trésors, Dieu a secouru tout habitant présent ou nomade dans toutes les terres. Il en a fait le centre du monde, et elle se trouve dans la troisième et la quatrième zone climatique (iqlim). Ainsi, elle a été préservée de la chaleur de la première et de la deuxième zone, et du froid de la sixième et de la cinquième zone. Son air est donc devenu agréable, sa chaleur modérée et son froid léger. Ses habitants ont donc été préservés des hivers des montagnes, des étés d’Oman, des foudres du Tihāma, des furoncles de la Péninsule (arabique), de la gale du Yémen, des pestes du Levant (Shām), de la cherté de l’Irak, de la mousse de Bahreïn, et ils ont été mis à l’abri des raids des Turcs, des armées des Romains et des sécheresses. Saʿīd ibn Abī Hilāl a dit, et il a mentionné que l’Égypte est représentée dans les livres des Anciens, et que toutes les autres villes tendent leurs mains vers elle, lui demandant sa nourriture. ʿAmr ibn al-ʿĀṣ a dit : « Le gouvernorat de l’Égypte est complet, il équivaut au califat. » Les savants et les connaisseurs sont unanimes sur le fait que les gens du monde entier ont besoin de l’Égypte, qu’ils voyagent vers elle et y cherchent leur subsistance. Les savants ont mentionné qu’il est écrit dans la Torah : « Le pays d’Égypte est le trésor de Dieu ; quiconque le veut, Dieu le brise. » Il a dit : Parmi ce qui a été mentionné des merveilles de l’Égypte, il y a le fait que la ville de al-Faramā avait un chemin vers l’île de Chypre par voie terrestre, mais la mer l’a submergé. Parmi ce que la mer a submergé, il y avait la carrière de marbre blanc et bicolore (ablaq). Entre elle et la mer, il y avait près d’un jour de marche, puis la mer monta jusqu’à s’en approcher. Un des ouvriers entreprit d’extraire des pierres de sa porte orientale pour en faire de la chaux. Les habitants d’al-Faramā sortirent et l’en empêchèrent, disant : « Ce sont les portes dont Dieu – qu’Il soit glorifié et exalté – a parlé par la bouche de Jacob : « Et il dit : « Ô mes fils, n’entrez pas par une seule porte, mais entrez par des portes séparées » (Coran 12:67). » Et il s’y trouve le palmier merveilleux qui fructifie lorsque les dattes vertes (busr) et les dattes fraîches (ruṭab) cessent dans toutes les autres terres, et la longueur de sa datte verte est d’environ un empan (fitar). Cela suffit pour ne pas nous faire sortir du but du livre. Et c’est par Dieu qu’est le succès. **Chapitre sur la lettre du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – à Kisrā Abarwīz, roi des Perses, et ce qui s’y rattache comme enseignements** Nous avons rapporté dans la noble biographie prophétique (al-Sīra al-Sharīfa al-Nabawiyya), d’après Muḥammad ibn Isḥāq, qu’il a dit : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – envoya ʿAbd Allāh ibn Ḥudhāfa ibn Qays à Kisrā ibn Hurmuz, roi de Perse. Ibn al-Jawzī a dit dans son livre *al-Wafā*, d’après Ibn ʿAbbās – que Dieu les agrée – qu’il a dit : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – envoya ʿAbd Allāh ibn Ḥudhāfa avec sa lettre au grand chef de Bahreïn, pour qu’il la remette à Kisrā. Lorsqu’il la lut, il la déchira. Alors le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – invoqua contre eux pour qu’ils soient déchirés de toute déchirure. Al-Suhaylī a dit : Quant à Kisrā, son nom est Abarwīz ibn Hurmuz ibn Anūshirwān. Le sens d’Abarwīz est « le victorieux ». C’est lui qui avait vaincu les Romains, et Dieu – qu’Il soit exalté – révéla à son sujet.

Dans leur histoire : « Alif Lâm Mîm. Les Romains ont été vaincus dans la terre la plus proche 126 », et la terre la plus proche est Busrâ, la Palestine et Adhri‘ât 127 en Syrie. Il dit : Lorsque ‘Abd Allâh arriva auprès de Kisrâ 128, il dit : « Ô assemblée des Perses, vous avez vécu par vos intelligences pendant vos jours, sans prophète ni Livre. » Puis, s’adressant au roi : « Tu ne possèdes de la terre que ce qui est entre tes mains, et ce que tu n’en possèdes pas est plus grand. Avant toi, des rois de ce monde et de l’autre ont possédé la terre : ceux de l’autre ont pris leur part de ce monde, tandis que ceux de ce monde ont perdu leur part de l’autre. Ils ont divergé dans la quête de ce monde, mais se sont égalés dans la justice de l’autre. Cette affaire te paraît insignifiante, mais nous sommes venus à toi avec elle. Par Dieu, elle est venue de là où tu craignais, et ton mépris ne la repoussera pas, ni ton démenti ne t’en fera sortir. La bataille de Dhî Qâr 129 en est une preuve. » Il prit la lettre, la déchira, puis dit : « Un royaume agréable, je ne crains pas d’en être vaincu ni d’y être associé. Pharaon a possédé les Enfants d’Israël, et vous n’êtes pas meilleurs qu’eux. Qu’est-ce qui m’empêche de vous posséder, moi qui suis meilleur que lui ? Quant à ce royaume, nous savons qu’il finira aux chiens, et vous êtes ceux-là : vos ventres sont rassasiés, mais vos yeux refusent. Quant à la bataille de Dhî Qâr, elle est comme la bataille de Syrie. » ‘Abd Allâh s’éloigna de lui. Son mot « Dhî Qâr » : Al-Jawharî a dit : « Al-Qâra 130 est la tribu ; ils ont été appelés Qâra à cause de leur rassemblement et de leur enroulement. Al-Qâr 131 désigne les chameaux lorsqu’ils se rassemblent. Ce jour de Dhî Qâr fut un jour pour les Banû Shaybân. Abarwîz 132 leur avait envoyé une armée, et les Banû Shaybân en triomphèrent. Ce fut le premier jour où les Arabes vainquirent les Perses. » Al-Tabarî a dit : « Leur cri de ralliement était : “Ô Muhammad !” et ils furent victorieux. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « C’est par moi qu’ils ont été victorieux. » Il dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — n’a choisi ‘Abd Allâh ibn Hudhâfa pour l’envoyer à Kisrâ que parce qu’il allait souvent chez eux et se rendait dans leurs pays. Parmi les vers de ‘Abd Allâh ibn Hudhâfa au sujet de son message à Kisrâ et de sa venue chez lui : « Dieu a décrété que Kisrâ serait la proie / Du premier appelant en Iraq, Muhammad. » « Il se jette dans l’obscénité de la réponse, méprisant / L’affaire des Arabes qui plongent dans la perdition. » « Je lui dis : “Attends ! Car tu entres / Dès aujourd’hui dans l’épreuve, et demain tu seras pillé.” » « Va et viens où tu veux, car / À nous le royaume ; tends la main pour la paix. » « Sinon, tiens-toi, frappé de remords, / Accepte le tribut ou meurs en monothéiste. » « Tu as agi sottement en déchirant la lettre, et ceci / Suffit à déchirer le royaume des Perses, dispersé. » Ibn al-Jawzî a dit : La lettre était : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muhammad, Messager de Dieu, à Kisrâ, grand roi de Perse. Paix à celui qui suit la guidée, croit en Dieu et en Son Messager. Je t’appelle à l’appel de Dieu — qu’Il soit exalté et magnifié — car je suis le Messager de Dieu à toute l’humanité, pour avertir quiconque est vivant et que la parole s’accomplisse contre les mécréants. Embrasse l’islam, tu seras sauf. Si tu refuses, le péché des mages 133 sera sur toi. » Lorsqu’il lut la lettre du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — il la déchira et dit : « Il m’écrit cette lettre alors qu’il est mon serviteur ! » Il me parvint que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Son royaume a été déchiré. » Ensuite, Kisrâ écrivit à Bâdhân 134, qui était au Yémen : « Envoie à cet homme du Hijâz deux hommes robustes, qu’ils me l’amènent. » Bâdhân envoya son intendant, Bâbawayh 135, qui était scribe et comptable, et avec lui un homme perse. Il leur écrivit une lettre pour le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui ordonnant de partir avec eux vers Kisrâ. Il dit à Bâbawayh : « Malheur à toi ! Regarde cet homme, parle-lui, et apporte-moi de ses nouvelles. » Ils partirent jusqu’à arriver à Tâ’if, où ils s’enquirent de lui. On leur dit : « Il est à Médine. » Les associateurs se réjouirent et dirent : « Kisrâ s’est dressé contre lui, et l’homme vous suffit. » Les deux envoyés se dirigèrent vers Médine. Lorsqu’ils arrivèrent auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — Bâbawayh lui parla et dit : « Shâhân Shâh 136, le roi des rois Kisrâ, a écrit au roi Bâdhân lui ordonnant de t’envoyer quelqu’un pour t’amener à lui. Il m’a envoyé à toi pour que tu partes avec moi. Si tu le fais, il écrira en ta faveur au roi des rois une lettre qui te sera utile et éloignera de toi le mal. Si tu refuses, tu sais ce qu’il en est : il te détruira, toi et ton peuple, et ruinera ton pays. » Ils étaient entrés chez le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — en se rasant la barbe et en laissant pousser leurs moustaches. Il détesta les regarder et dit : « Malheur à vous deux ! Qui vous a ordonné cela ? » Ils dirent : « Notre Seigneur nous l’a ordonné », voulant dire Kisrâ. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Mais mon Seigneur m’a ordonné de laisser pousser ma barbe et de couper ma moustache. » Puis il leur dit : « Retournez, et revenez demain. » Gabriel vint auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et l’informa que Dieu avait donné pouvoir sur Kisrâ à son fils Shîrûyah 137, qui le tua tel mois, tel jour, à telle heure de la nuit. Lorsqu’ils revinrent auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — il leur dit : « Mon Seigneur a tué votre maître telle nuit, tel mois, tel jour, après telle partie de la nuit : Shîrûyah a eu pouvoir sur lui et l’a tué. » Ils dirent : « Sais-tu ce que tu dis ? Nous t’avons déjà reproché des choses plus légères que cela. Devons-nous écrire cela de ta part et en informer le roi ? » Il dit : « Oui, rapportez-lui cela de ma part, et dites-lui : “Ma religion et mon autorité atteindront ce qu’a atteint le royaume de Kisrâ, et s’étendront jusqu’à l’extrémité du sabot et du fer à cheval.” Dites-lui : “Si tu embrasses l’islam, je te donnerai ce qui est sous ton autorité et te ferai roi sur ton peuple, les Abnâ’ 138.” » Puis le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — leur donna une ceinture contenant de l’or et de l’argent, que lui avait offerte un roi. Ils sortirent de chez lui et arrivèrent auprès de Bâdhân, qu’ils informèrent de la nouvelle. Il dit : « Par Dieu, ce n’est pas le langage d’un roi. Je vois que cet homme est un prophète, comme il le dit. Attendons de voir ce qu’il a dit. Si c’est vrai, c’est un prophète envoyé ; sinon, nous aviserons. » Peu après, une lettre de Shîrûyah parvint à Bâdhân : « Après [ce qui suit], j’ai tué mon père Kisrâ, et je ne l’ai tué que par colère pour la Perse, à cause de ce qu’il avait osé faire en tuant leurs nobles et en les envoyant en expéditions. Quand cette lettre te parviendra, prends-moi l’obéissance de ceux qui sont sous ton autorité. Quant à l’homme au sujet duquel Kisrâ t’a écrit, ne le touche pas jusqu’à ce que mon ordre te parvienne à son sujet. » Lorsque la lettre de Shîrûyah parvint à Bâdhân, il dit : « Cet homme est le Messager de Dieu. » Il embrassa l’islam, et les Abnâ’ de Perse qui étaient au Yémen embrassèrent également l’islam. Al-Suhaylî — que Dieu lui fasse miséricorde — a dit : « Kisrâ fut tué la nuit du mardi, le 10 de Jumâdâ al-Ûlâ de l’an 7 de l’Hégire. Bâdhân embrassa l’islam en l’an 10. » D’après al-Maqburî : Fayrûz al-Daylamî 139 vint auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et dit : « Kisrâ a écrit à Bâdhân : “Il m’est parvenu que dans ton pays se trouve un homme qui se prétend prophète. Attache-le et envoie-le moi.” » Il dit : « Mon Seigneur s’est mis en colère contre ton seigneur et l’a tué. Son sang est encore chaud à cette heure. » Il sortit de chez lui, entendit la nouvelle, embrassa l’islam et fit preuve d’un bel islam. Ibn ‘Abd al-Barr a dit : Fayrûz al-Daylamî, surnommé Abû ‘Abd Allâh, est aussi appelé al-Himyarî parce qu’il résidait chez les Himyar. Il faisait partie des Abnâ’ de Perse, des Perses de San‘â’ au Yémen. On dit que les Abnâ’ sont rattachés aux Banû Dabba. Fayrûz est le meurtrier d’al-Aswad al-‘Ansî 140, l’imposteur qui prétendait à la prophétie. Il le tua à San‘â’. La nouvelle en parvint du ciel au Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — durant la maladie dont il mourut. Il sortit pour annoncer la bonne nouvelle aux gens et dit : « Al-Aswad a été tué la nuit dernière, tué par un homme béni, issu d’une famille bénie. » On demanda : « Qui sont-ils, ô Messager de Dieu ? » Il dit : « Fayrûz al-Daylamî. » Cela eut lieu en l’an 11 de l’Hégire. Fayrûz — que Dieu l’agrée — mourut sous le califat de ‘Uthmân — que Dieu l’agrée. Al-Tha‘âlibî a rapporté dans l’exégèse de la sourate al-An‘âm, d’après Ibn ‘Abbâs : Kisrâ offrit une mule au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — qui la monta avec une corde en poil, et fit monter quelqu’un derrière lui. ‘Abd al-Karîm a dit : Al-Dumyâtî a dit : « Ceci est peu probable, car il a déchiré la lettre. » L’auteur — que Dieu lui pardonne — dit : « Si cela est authentique — car al-Baghawî l’a également mentionné dans la sourate al-An‘âm — il est possible que celui qui envoya la mule fût Shîrûyah, son fils, ou son cousin Kisrâ ibn Qubâdh ibn Hurmuz, ou Azdashîr ibn Shîrûyah, ou Jarhân. Tous ceux-là régnèrent après le meurtre d’Abarwîz. Ensuite, Bûrân 141, fille de Kisrâ, régna après eux. La nouvelle de son règne parvint au Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — qui dit : “Ne réussira jamais un peuple qui confie son autorité à une femme.” » Cela a été rapporté par Ibn Qutayba dans al-Ma‘ârif. Dieu sait lequel de ces cas s’est produit. Chapitre mentionnant Surâqa ibn Mâlik ibn Ju‘shum 142 lors de l’Hégire, et l’annonce que lui fit le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — qu’il porterait les bracelets de Kisrâ et sa couronne, et ce qu’il y a là comme prodiges étonnants de ses miracles — que Dieu prie sur lui et le salue. Nous avons rapporté d’après Ibn Ishâq, d’après ‘Abd al-Rahmân ibn Mâlik ibn Ju‘shum...

Al-Mudlajī al-Kinānī a rapporté d'après son père, d'après son oncle Surāqa, qui a dit : Lorsque le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) sortit de La Mecque, émigrant vers Médine, les Qurayshites offrirent cent chamelles à quiconque le leur ramènerait. Il dit : Alors que j'étais assis dans le cercle de mon peuple, un homme des nôtres vint jusqu'à s'arrêter devant nous et dit : « Par Allah, j'ai vu trois cavaliers qui viennent de passer devant moi ; je pense vraiment qu'il s'agit de Muhammad et de ses compagnons. » Il dit : Je lui fis signe de l'œil de se taire, puis je dis : « Ce ne sont que les fils d'Untel, ils cherchent une bête égarée qui leur appartient. » Il dit : « Peut-être. » Puis il se tut. Je restai un peu, puis je me levai, entrai dans ma maison, ordonnai que l'on amène ma jument et qu'on l'attache au fond de la vallée, ordonnai que l'on sorte mes armes de derrière ma chambre, puis je pris mes flèches de divination (qidāḥ) avec lesquelles je consultais le sort. Puis je partis, revêtis ma cotte de mailles, sortis mes flèches et consultai le sort. La flèche que je détestais sortit : « Il ne lui fera pas de mal. » Il dit : Or j'espérais le ramener aux Qurayshites et prendre les cent chamelles. Il dit : Je montai donc à sa poursuite. Alors que ma jument filait à toute allure avec moi, elle trébucha sur moi et je tombai d'elle. Il dit : Je dis : « Qu'est-ce que cela ? » Il dit : Puis je sortis mes flèches et consultai le sort. La flèche que je détestais sortit : « Il ne lui fera pas de mal. » Mais je refusai d'autre chose que de le suivre. Je montai donc à sa poursuite ; tout cela se répéta trois fois. Il dit : Lorsque le groupe m'apparut et que je les vis, ma jument trébucha sur moi, ses deux pattes s'enfoncèrent dans la terre et je tombai d'elle. Il dit : Puis il retira sa patte de la terre, et une fumée semblable à une trombe (iʿṣār) la suivit. Al-Jawharī a dit : « Al-iʿṣār est un vent qui soulève la poussière et s'élève vers le ciel comme une colonne ; de là vient la parole du Très-Haut : {Alors un iʿṣār contenant du feu l'atteignit, et elle brûla} (Coran 2:266). » Surāqa dit : Lorsque je vis cela, je sus qu'il m'était interdit (de l'atteindre) et qu'il triompherait. Il dit : J'appelai le groupe : « Je suis Surāqa ibn Jusham ! Attendez-moi, que je vous parle ! Par Allah, je ne vous nuirai pas et rien de ce que vous détestez ne viendra de moi. » Il dit : Alors le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit à Abū Bakr : « Dis-lui : "Que cherches-tu de nous ?" » Il dit : Abū Bakr me dit cela. Il dit : Je dis : « Écris-moi un écrit qui soit un signe entre toi et moi. » Il dit : « Écris-lui, ô Abū Bakr. » Il dit : Il m'écrivit donc un écrit sur un os, ou sur un morceau de cuir, ou sur un tesson de poterie, puis il me le jeta. Je le pris, le mis dans mon carquois (kinānatī), puis je revins et me tus, sans rien mentionner de ce qui s'était passé. Lorsque vint la conquête de La Mecque par le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) et qu'il eut fini avec Hunayn et aṭ-Ṭā'if, je sortis avec l'écrit pour le rencontrer. Je le rencontrai à al-Jiʿrāna. Il dit : J'entrai dans un escadron de cavaliers des Anṣār ; ils se mirent à me frapper avec leurs lances en disant : « Arrière ! Arrière ! Que veux-tu ? » Il dit : Je m'approchai du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) qui était sur sa chamelle. Par Allah, c'est comme si je voyais sa jambe dans l'étrier, semblable à un tronc de palmier (jumāra). Il dit : Je levai la main avec l'écrit, puis je dis : « Ô Messager d'Allah, voici ton écrit pour moi. Je suis Surāqa ibn Jusham. » Il dit : Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit : « C'est un jour de fidélité et de piété ; approche-toi. » Il dit : Je m'approchai de lui et embrassai l'Islam. Puis je me souvins d'une chose dont je voulais interroger le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue), mais je ne m'en souviens que comme ceci : je dis : « Ô Messager d'Allah, les bêtes égarées parmi les chamelles viennent à mes abreuvoirs, alors que je les ai remplis pour mes propres chamelles. Y a-t-il pour moi une récompense à les abreuver ? » Il dit : « Oui, pour tout être vivant au foie assoiffé (kabad ḥarrā), il y a une récompense. » Il dit : Puis je retournai vers mon peuple et j'envoyai au Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) mon aumône légale (ṣadaqatī). As-Suhaylī a dit : Un autre qu'Ibn Isḥāq a mentionné qu'Abū Jahl le blâma lorsqu'il revint sans rien. Il dit : Or il était poète : « Ô Abā Ḥakam, par Allah, si tu avais été témoin de l'affaire de mon coursier, lorsque ses membres s'enfonçaient, tu aurais su, sans aucun doute, que Muhammad est un Messager, avec une preuve évidente ; qui donc pourrait lui résister ? Retiens le peuple loin de lui, car je vois que son affaire, un jour, ses signes apparaîtront, par une affaire où les gens, tous ensemble, souhaiteraient que tous les hommes, en bloc, soient en paix avec lui. » Al-Wāqidī a rapporté que, sous le califat de 'Umar ibn al-Khaṭṭāb (qu'Allah l'agrée), lorsque Sa'd ibn Abī Waqqāṣ eut conquis les villes de Kisrā (Chosroès) où se trouvaient ses trésors et ses richesses, et qu'il en eut pris le contrôle, Kisrā s'enfuit à Iṣṭakhr, et ses biens, ses objets précieux, sa couronne, ses bracelets, sa ceinture et son tapis furent pris. Ce tapis mesurait soixante coudées sur soixante coudées, incrusté de perles et de joyaux multicolores, semblables aux couleurs des fleurs du printemps ; on l'étendait pour lui dans son iwan (porche) et il buvait dessus lorsque les fleurs venaient à manquer. Quant à sa couronne, elle était ornée de joyaux précieux sans pareils ; elle était suspendue au plafond de l'iwan et il s'asseyait en dessous à cause de son poids. Sa'd ibn Abī Waqqāṣ envoya tout cela à 'Umar ibn al-Khaṭṭāb (qu'Allah l'agrée) avec le cinquième (al-khums) et la fille du roi, dans sa parure et sa beauté. Il ordonna que l'argent soit déversé dans la cour de la mosquée, et ils exposèrent l'ornement et le vêtement de Kisrā. Lorsque 'Umar vit ces biens, ces joyaux et ce tapis, il dit : « Celui qui nous a apporté cela est vraiment digne de confiance (amīn). » As-Suhaylī a dit : 'Umar fit venir Surāqa, qui avait les avant-bras velus (azab adh-dhirāʿayn), le para de la parure de Kisrā et lui dit : « Lève tes mains et dis : "Louange à Allah qui a dépouillé de cela Kisrā, le roi qui prétendait être le seigneur des gens, et en a revêtu un bédouin des Banū Mudlij." » Surāqa dit cela. 'Umar agit ainsi parce que le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) avait annoncé cette bonne nouvelle à Surāqa lorsqu'il avait embrassé l'Islam, et l'avait informé qu'Allah lui ouvrirait les terres de Perse et lui ferait butin du royaume de Kisrā. Surāqa avait trouvé cela invraisemblable en lui-même et avait dit : « Kisrā, le roi des rois ? Sa parure sera mise sur moi ? » Le Prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) l'informa que sa parure serait mise sur lui, en accomplissement de la promesse, même s'il était un bédouin qui urinait sur ses talons (bawwālun ʿalā ʿuqbiyyatihi). Mais Allah, Puissant et Glorieux, honore par l'Islam ceux qui le pratiquent et répand sur Muhammad (qu'Allah prie sur lui et le salue) et sa communauté Sa grâce et Sa faveur. Ibn 'Abd al-Barr a rapporté que Surāqa (qu'Allah l'agrée) avait pour kunya Abū Sufyān. Il a été rapporté d'après al-Ḥasan que le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit à Surāqa ibn Mālik : « Comment seras-tu lorsque tu porteras les bracelets de Kisrā ? » Il dit : Lorsque 'Umar reçut les bracelets de Kisrā, sa ceinture et sa couronne, il fit venir Surāqa, l'en revêtit — il avait les avant-bras très velus — et lui dit : « Lève tes mains. » Il dit : « Allahu Akbar ! Louange à Allah qui a dépouillé de ces deux choses Kisrā ibn Hurmuz, qui disait : "Je suis le seigneur des gens", et en a revêtu Surāqa le bédouin des Banū Mudlij. » 'Umar éleva la voix en disant cela. Surāqa était un poète accompli. Il mourut en l'an 24, au début du califat de 'Uthmān (qu'Allah les agrée tous). Al-Wāqidī a rapporté que 'Umar fit venir Jamil ibn Rawāḥa, qui était à l'époque le plus corpulent des Arabes à Médine, et le revêtit d'un autre vêtement, puis d'un autre vêtement de Kisrā, jusqu'à ce qu'il ait épuisé tous les vêtements. Puis il le revêtit de ses armes et lui ceignit son épée. Les gens le regardèrent, et il ressemblait à Kisrā dans sa royauté. Il divisa le tapis entre les musulmans. 'Alī en reçut un morceau qu'il vendit pour cinquante mille dinars, et ce n'était pas le meilleur de ces morceaux. Il ordonna que la fille du roi Yazdgard soit placée devant lui. Elle portait tant de bijoux, de parures et de joyaux que la langue est impuissante à les décrire. Il ordonna au crieur public de proclamer sa vente aux enchères et dit : « Montrez la gloire de l'Islam et ôtez son voile pour que les musulmans augmentent son prix. » Elle refusa et frappa le crieur à la poitrine. 'Umar se mit en colère et voulut la frapper avec son fouet (dirratihi) tandis qu'elle pleurait. 'Alī (qu'Allah l'agrée) dit : « Doucement, ô Commandeur des Croyants ! J'ai entendu le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dire : "Ayez pitié du noble d'un peuple qui est humilié, et du riche d'un peuple qui est devenu pauvre." » Sa colère s'apaisa, puis il la donna à al-Ḥusayn ibn 'Alī (qu'Allah les agrée tous deux). As-Suhaylī a dit : On prit à Kisrā cinq épées dont on n'avait jamais vu les pareilles : l'épée de Kisrā Abarwīz, l'épée de Kisrā Anūshirwān, l'épée d'an-Nuʿmān ibn al-Mundhir — qu'il lui avait prise lorsqu'il se fâcha contre lui et le jeta aux éléphants qui le piétinèrent avec leurs pattes jusqu'à ce qu'il meure —, l'épée du Khāqān, roi des Turcs, et l'épée d'Héraclius, qui lui échut à l'époque de sa victoire sur les Romains, dans la période mentionnée par Allah Très-Haut dans Sa parole : {Alif Lām Mīm. Les Romains ont été vaincus} (Coran 30:1-2). Telle fut la cause de la transmission de l'épée d'an-Nuʿmān à Kisrā Abarwīz, puis à Kisrā Yazdgard, puis à 'Umar (qu'Allah l'agrée). C'est Abarwīz qui tua an-Nuʿmān. Abarwīz possédait, dit-on, mille éléphants, cinquante mille chevaux et trois mille femmes. L'interprétation d'Anūshirwān est : « Celui qui renouvelle la royauté. » Al-Wāqidī a dit : Lorsque Sa'd ibn Abī Waqqāṣ divisa le butin entre les musulmans à al-Madā'in, après avoir prélevé le cinquième (al-khums), le vêtement de Kisrā, sa couronne et son tapis — l'armée comptait trente mille cavaliers, sans aucun fantassin —, chaque cavalier reçut douze mille dinars. As-Suhaylī a rapporté une partie des récits concernant les rois perses, et mentionna parmi eux Sābūr Dhū l-Aktāf, qui foula la terre des Arabes et leur brisait les épaules (yakhlaʿu aktāfahum), jusqu'à ce qu'il passe par le territoire des Banū Tamīm. Ils s'enfuirent devant lui et laissèrent 'Amr ibn Tamīm, qui avait trois cents ans et ne pouvait fuir ; il était dans une corbeille suspendue à un pilier de la tente à cause de sa vieillesse. Il fut pris et amené au roi. Sābūr l'interrogea et trouva en lui de l'opinion et de la ruse. Il lui dit : « Ô roi, pourquoi fais-tu cela aux Arabes ? » Il dit : « Ils prétendent que notre royaume leur reviendra par l'intermédiaire d'un Prophète qui sera envoyé à la fin des temps. » 'Amr lui dit : « Où sont donc la clémence et la raison des rois ? Si cette affaire est fausse, elle ne te nuira pas ; si elle est vraie, tu les trouveras t'ayant obligé, et ils te récompenseront pour cela et te protégeront, toi et les tiens. » On dit que Sābūr se détourna d'eux, épargna le reste de leur peuple et leur fit du bien par la suite.

Quant à Abarwīz b. Hurmuz — et c’est celui à qui le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, écrivit —, c’est celui qui fut présenté à Allāh en songe, et il lui fut dit : « Remets ce qui est entre tes mains au maître du bâton (ṣāḥib al-harāwa). » Il ne cessa d’être terrifié par cela jusqu’à ce qu’al-Nu‘mān lui écrivît au sujet de l’apparition du Prophète, qu’Allāh prie sur lui et le salue, à Tihāma. Il sut alors que l’affaire lui reviendrait, jusqu’à ce qu’il advînt de lui ce qui advint. Et c’est celui à propos duquel le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, fut interrogé : « Quel est l’argument d’Allāh contre Kisrā (Kisrā) ? » Il dit : « Allāh Très-Haut envoya vers lui un ange qui fit passer sa main à travers le mur de son assemblée jusqu’à ce qu’il la lui fît apparaître, rayonnante de lumière. Kisrā en fut effrayé, et l’ange lui dit : “Ne crains rien, ô Kisrā ! Allāh, Puissant et Majestueux, a envoyé Son messager ; embrasse l’islām et tu seras sauvé.” Il dit : “Je vais y réfléchir.” » Al-Ṭabarī le mentionne parmi de nombreux signes de la prophétie qui furent présentés à Abarwīz ; nous nous abstenons de les développer. Il est aussi appelé Sābūr. Après cela, Sābūr b. Abarwīz, frère de Shīrawīh, régna environ deux mois à l’époque du Prophète, qu’Allāh prie sur lui et le salue. Son frère Shīrawīh régna environ six mois, puis leur sœur Būrān régna un an et périt. Leur affaire se dispersa complètement, puis ils se rassemblèrent autour de Yazdajird b. Shahriyār b. Abarwīz, qui est le dernier des rois des Perses. Les musulmans avaient déjà dominé les confins de leur terre, puis eurent lieu les batailles d’al-Qādisiyya contre eux, jusqu’à ce que l’islām les vainquît et que leur pouvoir fût extirpé — louange à Allāh. C’est à Sābūr que sont attribués les vêtements sābūriyya (al-thiyāb al-sābūriyya), selon al-Khaṭṭābī. Yazdajird fut tué au début du califat de ‘Uthmān, qu’Allāh l’agrée ; il se cachait dans un moulin (raḥā), fut tué et jeté dans le canal du moulin (qanāt al-raḥā), et cela à Marw, en terre de Perse. Abū ‘Ubayd al-Qāsim b. Sallām rapporta d’après Abū al-Bakhtarī qui dit : « Salmān, qu’Allāh l’agrée, assiégea une forteresse parmi les forteresses de Perse et dit : “Jusqu’à ce que je fasse avec eux ce que le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, fit.” Il vint à eux et dit : “Je suis un homme des vôtres ; j’ai embrassé l’islām, et vous voyez l’honneur que les Arabes me rendent. Si vous embrassez l’islām, vous aurez ce qu’ont les musulmans et vous devrez ce qu’ils doivent. Si vous refusez, alors la jizya (jizya) — et khāk bar sar (khāk bar sar) », c’est-à-dire « la poussière sur vos têtes » en persan. « Si vous refusez, nous vous combattrons. » Il dit : « Je ne sais pas, sauf qu’il dit : “Il faisait cela trois fois ; s’ils refusaient, il les combattait.” » Chapitre sur le commencement du royaume des Perses au pays du Yémen, leur embrassement de l’islām, et mention de la couronne de Kisrā (tāj Kisrā), de son īwān (īwān), et du rêve du mūbadhān (mūbadhān) — c’est-à-dire le juge dans leur langue. Ibn Isḥāq dit : Lorsque périt Abraha, roi d’Abyssinie — celui de l’Éléphant, à propos duquel Allāh révéla le Coran, et dont l’histoire est connue —, son fils Yaksūm régna après lui. Quand il périt, son frère Masrūq régna. Lorsque le malheur s’abattit longuement sur les gens du Yémen de la part des rois d’Abyssinie, Sayf b. Dhī Yazan al-Ḥimyarī sortit — et c’est celui qui annonça à ‘Abd al-Muṭṭalib l’apparition du Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue ; je mentionnerai son histoire plus loin en raison de son lien avec ce récit. Il était surnommé Abū Murra. Il se rendit auprès de Qaysar, roi des Romains, et se plaignit à lui de ce qu’il subissait, lui demandant de chasser les Abyssins et d’envoyer contre eux qui il voudrait des Romains, afin qu’il eût le royaume du Yémen. Mais il ne le soulagea pas. Il partit jusqu’à ce qu’il vînt auprès d’al-Nu‘mān b. al-Mundhir, qui était le gouverneur de Kisrā sur al-Ḥīra et ce qui l’entourait des terres d’Irak. Il se plaignit à lui de l’affaire des Abyssins. Al-Nu‘mān lui dit : « J’ai une délégation auprès de Kisrā chaque année ; demeure jusqu’à ce que cela ait lieu. » Il le fit, puis partit avec lui et l’introduisit auprès de Kisrā. Kisrā siégeait dans son īwān (īwān) où se trouvait sa couronne (tāj). Sa couronne était comme un grand qanqal (qanqal), selon ce qu’ils prétendent. Al-Jawharī dit : « Le qanqal (qanqal) est la grande mesure volumineuse. » Elle était ornée de rubis, d’émeraudes et de perles, avec de l’or et de l’argent, suspendue par une chaîne d’or au sommet d’une voûte dans son īwān (īwān). Son cou ne pouvait porter sa couronne ; on le couvrait de vêtements jusqu’à ce qu’il s’assît à cette place, puis il introduisait sa tête dans sa couronne. Quand il était installé dans son siège, on découvrait les vêtements, et nul homme qui ne l’avait pas vu auparavant ne le voyait sans se prosterner par crainte de lui. Lorsque Sayf b. Dhī Yazan entra chez lui, il se prosterna. On dit que Sayf, lorsqu’il entra chez lui, baissa la tête. Le roi dit : « Cet insensé entre chez moi par cette porte haute, puis baisse la tête. » On rapporta cela à Sayf, qui dit : « J’ai fait cela à cause de mon souci, car toute chose devient étroite pour lui. » Puis il lui dit : « Ô roi, les corbeaux (al-aghriba) nous ont dominés dans notre pays. » Kisrā dit : « Quels corbeaux ? Les Abyssins ou les Sind ? » Il dit : « Les Abyssins. Je suis venu à toi pour que tu me secoures, et le royaume de mon pays sera à toi. » Il dit : « Ton pays est lointain, avec peu de bien ; je ne vais pas exposer une armée de Perse en terre d’Arabie. Je n’ai pas besoin de cela. » Puis il lui fit don de dix mille dirhams (dirham) et le revêtit d’un bel habit. Lorsque Sayf eut reçu cela, il sortit et se mit à jeter les dirhams (darāhim) aux gens. Cela parvint au roi, qui dit : « Celui-ci a une affaire importante. » Puis il envoya vers lui et dit : « Tu as pris le don du roi pour le jeter aux gens ? » Il dit : « Que ferais-je de cela ? Les montagnes de ma terre, d’où je suis venu, ne sont qu’or et argent », pour l’y inciter. Kisrā rassembla ses marzubāns (marāzibatahu) et dit : « Que pensez-vous de l’affaire de cet homme et de ce pour quoi il est venu ? » Un orateur dit : « Ô roi, il y a dans tes prisons des hommes que tu as emprisonnés pour les tuer. Si tu les envoyais avec lui : s’ils périssent, ce sera ce que tu voulais d’eux ; et s’ils triomphent, ce sera un royaume que tu auras acquis. » Kisrā envoya avec lui ceux qui étaient dans ses prisons, et ils étaient huit cents hommes. Il nomma sur eux Wahrīz, qui était âgé parmi eux et le meilleur d’entre eux en rang et en lignage. Ils partirent dans huit navires ; deux navires coulèrent, et six navires atteignirent la côte d’Aden. Sayf rassembla auprès de Wahrīz ceux qu’il put de son peuple et lui dit : « Mon pied est avec ton pied, jusqu’à ce que nous mourions ensemble ou que nous triomphions ensemble. » Wahrīz dit : « Tu es équitable. » Masrūq b. Abraha l’Abyssinien, roi du Yémen, sortit contre lui et rassembla ses troupes. Wahrīz envoya contre eux un de ses fils pour les combattre, et le fils de Wahrīz fut tué, ce qui accrut sa rancune contre eux. Lorsque les gens se tinrent en rangs face à face, Wahrīz dit : « Montrez-moi leur roi. » On lui dit : « Vois-tu un homme sur l’éléphant, la couronne fixée sur sa tête, entre ses yeux un rubis rouge ? » Il dit : « Oui. » Ils dirent : « C’est leur roi. » Il dit : « Laissez-le. » Ils s’arrêtèrent longtemps, puis il dit : « Sur quoi est-il maintenant ? » Ils dirent : « Il est passé sur un cheval. » Il dit : « Laissez-le. » Ils s’arrêtèrent longtemps, puis il dit : « Sur quoi est-il maintenant ? » Ils dirent : « Sur une mule. » Wahrīz dit : « Fils de l’ânesse (bint al-ḥimār) : humiliation et humiliation de son royaume. Je vais le viser. Si vous voyez ses compagnons ne pas bouger, restez jusqu’à ce que je vous avertisse, car j’aurai manqué l’homme ; et si vous voyez les gens tourner autour de lui et s’attrouper autour de lui, j’aurai touché l’homme : alors chargez contre eux. » Puis il banda son arc — que nul autre ne pouvait bander à cause de sa force — et ordonna qu’on lui bandât les sourcils. Puis il le visa et frappa le rubis qui était entre ses yeux ; la flèche (nashshāba) pénétra dans sa tête jusqu’à sortir par sa nuque. Il tomba de sa monture, les Abyssins tournèrent autour de lui et s’attroupèrent, et les Perses chargèrent contre eux. Ils furent mis en déroute, tués et s’enfuirent dans toutes les directions. Wahrīz s’avança pour entrer à Ṣan‘ā’. Lorsqu’il arriva à sa porte, il dit : « Ma bannière n’entrera jamais inclinée ; démolissez la porte. » On la démolit, puis il y entra, dressant sa bannière. À ce sujet, Abū al-Ṣalt dit dans une de ses poésies, parmi des vers : « À Allāh appartient le mérite d’un groupe qui sortit — je ne vois pour eux parmi les gens d’exemples — Des marzubāns (marāziba) blancs, robustes, des cavaliers (asāwira), des lions qui élèvent des lionceaux dans les fourrés (al-ghayḍāt). Ils tirent avec des arcs ‘attal (‘attal) comme s’ils étaient des ghubaṭ (ghubaṭ) — avec un zamkhar (zamkhar) qui hâte le tir en le précipitant. Tu as envoyé des lions contre des chiens noirs ; leur dispersé est devenu dans la terre un fuyard éparpillé. Bois donc en paix, la couronne élevée sur ta tête, dans le sommet de Ghumdān (Ghumdān), une demeure de toi, une demeure. Bois donc en paix : leur autruche (na‘āmatahum) s’est levée, et aujourd’hui tu as fait couler sur tes deux manteaux un flot. Ce sont là les nobles actions, non deux coupes de lait — mélangées à de l’eau, devenues après de l’urine. » Explication de ce qui s’y trouve de termes rares. Al-Jawharī dit : « Le marzubān (marzubān) chez les Perses est le dihqān (dihqān), c’est-à-dire le commandant sur ce qui est sous sa main. » Sa parole : « robustes, cavaliers (ghuluban asāwira) » : l’homme al-aghlab est celui au cou épais. Sa parole : « cavaliers (asāwira) » : Abū ‘Ubayd dit : « Ce sont les cavaliers (fursān), et on dit aussi un peuple de non-Arabes à Baṣra qui s’y installèrent anciennement, comme les Aḥāmira à Kūfa. » Sa parole : « dans les fourrés (fī al-ghayḍāt) » : al-ghayḍa est le fourré (al-ajama), c’est un lieu où l’eau s’accumule et où poussent des arbres ; et ghayḍ al-asad est la tanière du lion. Sa parole : « ils tirent avec des arcs ‘attal (‘attal) » : le singulier est ‘attala, ce sont les arcs persans. Sa parole : « comme s’ils étaient des ghubaṭ (ghubaṭ) » : al-ghubayṭ est la selle (al-raḥl), qui est pour les femmes, sur laquelle on fixe le houdaj (hawdaj) ; il compare les arcs persans à leur bois. Sa parole : « avec un zamkhar (zamkhar) » : al-zamkhar est la flèche (al-nashshāb), selon Ibn Fāris. Sa parole : « dans le sommet de Ghumdān (Ghumdān) » : al-Bakrī dit : « Ghumdān, avec la première lettre en damma (ḍamma), la deuxième en sukūn (sukūn), et avec le dāl (dāl) non pointé, est la citadelle de Ṣan‘ā’. Elle avait vingt étages superposés, entre chaque deux étages dix coudées ; ainsi la hauteur de sa construction était de deux cents coudées. Et ‘Amdān, avec le ‘ayn (‘ayn) non pointé, est à Ma’rib, au pays du Yémen également. » Sa parole : « leur autruche s’est levée (shālat na‘āmatahum) » : al-Jawharī dit : « Al-na‘āma est la pièce de bois transversale placée sur les deux zurnūqayn (zurnūqayn). On dit d’un peuple, lorsqu’ils quittent leur point d’eau ou se dispersent : “Leur autruche s’est levée (shālat na‘āmatahum).” Les zurnūqayn (zurnūqayn) sont deux tours que l’on construit au sommet du puits ; on place sur elles la na‘āma, qui est la pièce de bois transversale, puis on y suspend la qāma (qāma), c’est-à-dire la poulie (al-bakara). Si les zurnūqayn sont en bois, ce sont deux piliers. » Sayf b. Dhī Yazan est celui que Satīḥ visait par sa parole : « Iram Dhī Yazan sortira contre eux d’Aden, et ne laissera personne d’entre eux au Yémen. » Et celui que Shaqq visait par sa parole : « Un garçon, ni faible ni vil, sortira contre eux de la maison de Dhī Yazan. »

Chapitre sur les délégations arabes auprès de Sayf ibn Dhī Yazan, parmi lesquelles se trouvait ‘Abd al-Muṭṭalib, et l'annonce qu'il lui fit de l'apparition du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Ibn Ẓafar rapporte dans le livre *Anbā’ Nujabā’ al-Abnā’*, d'après Ibn ‘Abbās, qu'Allah les agrée tous deux, qui dit : Lorsque Sayf ibn Dhī Yazan triompha des Abyssins, les nobles des Arabes, leurs poètes et leurs orateurs vinrent en délégation auprès de lui pour le remercier de ses efforts et de sa vengeance pour son peuple, et pour le féliciter du royaume qui lui était échu. Arriva auprès de lui une délégation de Quraysh, parmi laquelle se trouvaient ‘Abd al-Muṭṭalib ibn Hāshim, Umayya ibn ‘Abd Shams et d'autres. Ils demandèrent la permission d'entrer auprès de lui alors qu'il se trouvait au sommet de Ghumdān, un palais à Ṣan‘ā’. Il leur accorda la permission, et ils entrèrent. Il était alors imprégné de musc, portant deux manteaux, la couronne sur la tête, son épée entre ses mains, et les rois de Ḥimyar à sa droite et à sa gauche. ‘Abd al-Muṭṭalib lui demanda la permission de parler. Il lui dit : « Si tu es de ceux qui parlent devant les rois, nous te le permettons. » ‘Abd al-Muṭṭalib dit : « Allah t'a élevé, ô roi, à une position difficile, élevée, haute et sublime. Il t'a fait pousser d'une pousse dont la racine est bonne, la souche puissante, la base ferme et la branche haute, dans le minerai le plus noble et le lieu le plus pur. Tu es, que je ne sois pas maudit 143, le roi des Arabes auquel on obéit, leur pilier sur lequel on s'appuie, leur guide que l'on suit. Tes prédécesseurs sont les meilleurs prédécesseurs, et tu es pour nous, parmi eux, le meilleur successeur. Celui dont tu es le prédécesseur ne sera pas ignorant, et celui dont tu es le successeur ne périra pas. Nous sommes, ô roi, les gens du sanctuaire d'Allah et les gardiens 144 de Sa Maison. Ce qui nous a poussés à venir vers toi est la joie que nous avons ressentie en voyant comment tu as dissipé l'épreuve qui nous accablait 145. » Le roi lui dit : « Qui es-tu, ô toi qui parles ? » Il dit : « Je suis ‘Abd al-Muṭṭalib ibn Hāshim. » Il dit : « Le fils de notre sœur ? » Il dit : « Oui. » Alors il se tourna vers lui, parmi les gens, et dit : « Bienvenue, sois le bienvenu, et que la chamelle et la selle soient à toi, et un lieu de repos facile, et un roi généreux 146 qui donne des dons abondants 147. Le roi a entendu votre discours et connaît votre parenté. Vous êtes les gens de la nuit et du jour. Vous aurez l'honneur tant que vous resterez, et des présents quand vous partirez. » Puis il ordonna qu'on les conduise à la maison d'hospitalité, leur fit distribuer des provisions, et ils restèrent un mois sans qu'on leur permette d'entrer ni d'arriver jusqu'à lui. Ensuite, il se réveilla pour eux d'un réveil, envoya chercher ‘Abd al-Muṭṭalib en particulier. Il vint, et il s'isola 148 avec lui, puis dit : « Je vais te confier un secret de mon secret et de ma science, une chose que si c'était un autre que toi, je ne lui aurais pas divulguée. Mais je t'ai vu digne de cela et à sa place. Qu'elle reste cachée chez toi jusqu'à ce qu'Allah permette ce qu'Il veut. Je trouve dans le Livre qui parle et la science véridique que nous avons choisie pour nous-mêmes et réservée 149 à nous seuls, une grande nouvelle et un immense danger, contenant l'honneur de la vie et la vertu de la mort pour les gens en général, pour ton peuple en particulier, et pour toi spécialement. » ‘Abd al-Muṭṭalib dit : « Que je ne sois pas maudit, ô roi ! Un délégué n'est jamais revenu avec un bien meilleur que celui-ci. Sans la crainte et le respect du roi, je l'aurais interrogé sur sa bonne annonce pour accroître ma joie. » Le roi dit : « Un prophète, voici son temps où il naîtra. Son nom est Muḥammad. Il aura les mollets charnus 150, les yeux grands 151, une marque dans ses yeux 152, et entre ses épaules un signe 153. Il sera blanc, son visage sera comme un morceau de lune. Son père et sa mère mourront, son grand-père et son oncle le prendront en charge. Nous l'avons enfanté à plusieurs reprises. Par Allah, Il l'enverra ouvertement, et fera de nous ses alliés. Par lui, Il rendra puissants ses alliés et humiliera ses ennemis. Ils frapperont les gens de côté 154 pour lui, et conquérront les terres les plus précieuses. Il brisera les idoles, adorera le Miséricordieux, éteindra les feux 155 et repoussera Satan 156. Sa parole est décisive, son jugement est juste. Il ordonne le bien et le pratique, interdit le mal et l'annule. » ‘Abd al-Muṭṭalib dit : « Que ta gloire soit grande, ton rang élevé, ta vie longue ! Le roi voudrait-il s'expliquer clairement ? Car il m'a déjà éclairé en partie. » Le roi lui dit : « Par la Maison aux voiles et aux signes sur les pierres dressées 157 ! En vérité, ô ‘Abd al-Muṭṭalib, tu es son grand-père, sans mentir. » ‘Abd al-Muṭṭalib tomba prosterné, puis releva la tête. Le roi lui dit : « Que ta poitrine soit rafraîchie 158, ton affaire élevée, et que tu atteignes ton espoir en ta descendance. As-tu ressenti quelque chose de ce que je t'ai mentionné ? » Il dit : « Oui, que je ne sois pas maudit. J'avais un fils que j'aimais tendrement et avec qui j'étais compatissant. Je l'ai marié à une noble parmi les nobles de mon peuple, Āmina bint Wahb ibn ‘Abd Manāf ibn Zuhra. Elle a donné naissance à un garçon que j'ai nommé Muḥammad, aux mollets charnus, aux yeux grands, entre ses épaules un signe, et en lui tout ce que le roi a mentionné comme signe. Son père et sa mère sont morts, et moi et son oncle l'avons pris en charge. » Le roi lui dit : « Ce que je t'ai dit est comme tu l'as dit. Prends soin de ton fils et méfie-toi des Juifs, car ils sont ses ennemis. Allah ne leur donnera aucun moyen sur lui. Allah manifestera sa religion et soutiendra sa Loi. Cache 159 ce que je t'ai mentionné et garde-le secret devant ces gens qui sont avec toi, car je ne suis pas sûr que la jalousie 160 ne les envahisse, que la présidence soit pour toi, et qu'ils ne te tendent des pièges et ne cherchent à lui nuire 161. Ils feront cela, ou leurs fils. Sa gloire est éclatante, et leur part en lui est abondante. Sans la certitude que la mort me faucher 162 avant sa sortie, je serais allé vers lui avec mes cavaliers et mes fantassins, j'aurais fait de Yathrib le siège de mon royaume, là où sera son lieu d'émigration, et j'aurais été son vizir, son frère, son compagnon et son soutien contre quiconque lui serait hostile. Car je trouve dans le Livre préservé et la science cachée qu'à Yathrib se trouvent l'affermissement de son affaire, ses partisans, l'élévation de sa mention et l'emplacement de sa tombe. Sans la petitesse 163 après la grandeur, et la jeunesse, j'aurais manifesté son affaire et soumis les Arabes à son autorité malgré son jeune âge. Mais je te confie cela, sans manquer à toi ni à ceux qui sont avec toi. » Puis il ordonna pour chaque homme du groupe dix esclaves mâles, dix esclaves femelles noires, deux vêtements de soie, dix ratls d'argent, cinq ratls d'or, et une panse remplie d'ambre. Et il ordonna pour ‘Abd al-Muṭṭalib dix fois cela, et dit : « Ô ‘Abd al-Muṭṭalib, quand l'année sera écoulée, viens m'apporter des nouvelles de lui et de ce qui adviendra de son affaire. » Mais le roi mourut avant que l'année ne s'écoule. ‘Abd al-Muṭṭalib disait à ses compagnons : « Que personne parmi vous ne m'envie pour le don du roi, mais qu'il m'envie pour ce qu'il m'a confié en secret. » On lui disait : « Qu'est-ce donc ? » Et il se taisait. Ibn Qutayba dit dans *al-Ma‘ārif* : Sayf ibn Dhī Yazan resta roi sous l'autorité de Kisrā, il correspondait avec lui et agissait selon ses ordres, jusqu'à ce qu'il soit tué. La cause de sa mort fut qu'il prit parmi ces Abyssins des serviteurs. Un jour, ils se trouvèrent seuls avec lui dans un lieu de chasse, le frappèrent avec leurs lances et le tuèrent, puis s'enfuirent dans les montagnes. Ses compagnons les cherchèrent et les tuèrent tous. L'affaire se répandit au Yémen, et ils ne mirent personne à leur tête, mais les gens de chaque région mirent à leur tête un homme de Ḥimyar. Ils furent comme des rois de factions jusqu'à ce qu'Allah apporte l'islam. On dit que le pays resta entre les mains des rois perses, et que le Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, fut envoyé alors que Bādhān, gouverneur d'Abrūyaz, y était, avec deux chefs parmi les chefs d'Abrūyaz, appelés Fayrūz et Dādawayh, et ils embrassèrent l'islam. Explication des termes étranges de ce récit. Muḥammad ibn Ẓafar, qu'Allah lui pardonne, dit : Ce hadith contient des termes linguistiques difficiles. En voici l'explication : - Sa parole « élevée » (shāmikh) et « haut » (bādhikh) : tous deux signifient haut. - « Sa racine est bonne » (ṭābat arūmatuhu) : l'arūma est la racine. De même, sa parole « sa souche » (jurthūmatuhu) : la jurthūma est une métaphore pour la racine ; en réalité, c'est la terre amassée et surélevée qui se trouve au pied des arbres et autres. - Sa parole « a poussé haut » (basaqa) : signifie s'élever et monter. - Sa parole « que je ne sois pas maudit » (abayta al-la‘n) : c'est une formule par laquelle les Arabes saluaient leurs rois à l'époque préislamique. Al-la‘n est l'éloignement. On a dit que le sens est : tu refuses de faire une chose pour laquelle tu serais maudit. Cela me semble éloigné. Je pense que le sens est : tu refuses de maudire ton visiteur ou ton hôte, c'est-à-dire tu refuses de l'éloigner. - Sa parole « les gardiens de Sa Maison » (sadanat baytihi) : c'est-à-dire ses serviteurs et ses portiers. Les gardiens de la Maison sont les Banū Shayba. - Sa parole « qui nous accablait » (fadaḥanā) : signifie nous a alourdis et nous a fait supporter ce que nous ne pouvions supporter, c'est-à-dire la domination des Abyssins sur les pays arabes. - Sa parole « un roi généreux » (malikan rabḥalan) : al-rabḥal est le grand et long. Par là, il fait allusion à la grandeur du rang. - Sa parole « des dons abondants » (aṭā’an jazalan) : al-jazl est le gros et le nombreux de toute chose. - Sa parole « il s'isola avec lui » (akhlāhu) : signifie il resta seul avec lui. - Sa parole « réservée » (iḥtajabnāhu) : c'est-à-dire nous l'avons réservé pour nous-mêmes et gardé des autres. - Sa parole « aux mollets charnus » (khadlij al-sāqayn) : c'est-à-dire remplis. - Sa parole « aux yeux grands » (anjalu al-‘aynayn) : c'est-à-dire larges. - Sa parole « une marque dans ses yeux » : il veut dire al-shukla, qui est une rougeur mêlée au blanc. Il y avait dans les yeux du Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, une shukla. - Sa parole « ils frapperont les gens de côté » (yaḍribūna al-nās ‘an ‘araḍ) : c'est-à-dire ils frapperont quiconque se présente à eux, sans se soucier de qui ils rencontrent et sans craindre personne à cause de cela. ‘Araḍ d'une chose est son côté. - Sa parole « il éteindra les feux » (yukhmidu al-nīrān) : il veut dire les feux de la Perse qu'ils adoraient ; Allah les a éteints par Son Messager, sur lui la paix, et a fait disparaître leur royaume. - Sa parole « repoussera Satan » (yadḥaru al-shayṭān) : signifie l'éloigner. - Sa parole « sur les pierres dressées » (‘alā al-nuṣub) : ce sont des pierres dressées, des monuments, auprès desquelles on offrait des sacrifices à l'époque préislamique, en les enduisant de sang. - Sa parole « cache ce que je t'ai mentionné » (fa-aghḍi ‘alā mā dhakartu laka) : c'est-à-dire cache-le et garde-le secret. L'origine d'al-ighḍā' est le rapprochement des paupières. - Sa parole « que ta poitrine soit rafraîchie » (thalija ṣadruka) : c'est-à-dire qu'elle soit refroidie. C'est une formule par laquelle on fait allusion à l'obtention de la certitude. - Sa parole « la jalousie » (al-nafāsa) : c'est l'envie pour une chose précieuse et de valeur. - Sa parole « les maux » (al-ghawā’il) : ce sont les choses qui font périr. - Sa parole « me faucher » (mujtāḥī) : c'est-à-dire m'emporter par la destruction. - Sa parole « la petitesse » (al-damāma) : c'est la petitesse. Tout corps chétif est damīm, avec un dāl non pointé. - Sa parole « la présidence » (al-siyāda) : c'est la politique et la direction. - Sa parole « m'envie » (yaghbiṭunī) : c'est-à-dire me jalouse. Al-ghabṭ et al-nafāsa, bien qu'ils soient de l'envie, peuvent avoir un aspect que la Loi autorise, mais ce n'est pas le lieu de le mentionner.

Il dit : Lorsque Shayba al-Ḥamd, qui est ‘Abd al-Muṭṭalib, retourna à La Mecque, on étendait pour lui une natte contre le mur de la Ka‘ba, et il s’asseyait dessus à son ombre. Autour de sa natte se tenaient ses fils et d’autres nobles de sa famille avant son arrivée. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), alors qu’il était un petit enfant rampant, venait, et rien ne le détournait de la natte jusqu’à ce qu’il s’y asseye. Ses oncles l’en écartaient, mais il pleurait jusqu’à ce qu’ils le lui rendent. Un jour, ‘Abd al-Muṭṭalib arriva alors qu’ils l’avaient écarté, et il dit : « Rendez mon fils à mon siège, car il se parle à lui-même d’un grand royaume, et il aura une importance. » Un jour, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) vint, alors qu’il était petit et rampait, et ‘Abd al-Muṭṭalib dit : « Faites place à mon fils », et il le fixa du regard jusqu’à ce qu’il s’installe sur la natte. Puis il récita : « Je le protège par l’Unique, du mal de tout envieux. » Puis il dit : « Je suis Abū al-Ḥārith ; je n’ai jamais visé une cible sans l’atteindre », voulant dire : « Ma perspicacité ne se trompe pas, et ce qu’il pressentait à propos du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et qu’il supposait en lui s’est confirmé pour lui par ce que l’ange lui avait annoncé. » Son fils al-Ḥārith lui dit : « Ô seigneur de la Baṭḥā’, tu dis une parole décisive ; si seulement tu l’expliquais ! » Il lui répondit : « Tu sauras, ô Abū Sufyān. » Nous revenons au récit de Wahrīz. Ibn Hishām dit : Ensuite, Wahrīz mourut, et Kisrā nomma son fils al-Marzubān ibn Wahrīz sur le Yémen. Puis al-Marzubān mourut, et Kisrā nomma son fils al-Tīnajān ibn al-Marzubān. Puis il mourut, et Kisrā nomma son fils, puis le destitua et nomma Bādhān. Celui-ci resta en fonction jusqu’à ce que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) soit envoyé. Nous mentionnerons dans sa biographie une partie de son histoire et de son embrassement de l’Islam, si Allah Très-Haut le veut. Chapitre sur la mention de Saṭīḥ, du rêve de Kisrā et du Mūbadhān. Al-Suhaylī dit : Saṭīḥ vécut longtemps, jusqu’à atteindre la naissance du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Les Arabes l’appelaient Saṭīḥ al-Dhi’bī, car il était Saṭīḥ ibn Rabī‘a ibn Mas‘ūd ibn Māzin ibn Dhi’b. Kisrā Anūshirwān ibn Qubādh ibn Fayrūz vit ce qu’il vit : l’ébranlement de l’īwān (iwan), l’extinction des feux – qui ne s’étaient pas éteints depuis mille ans auparavant –, la chute de quatorze créneaux de son palais, et le Mūbadhān – dont le sens est le juge ou le mufti dans leur langue – l’informa qu’il avait vu des chameaux rétifs menant des chevaux arabes, qui se répandirent dans leur pays, et que le lac de Sāwa s’était asséché. Kisrā envoya ‘Abd al-Masīḥ ibn ‘Amr ibn Ḥayyān ibn Nufayla al-Ghassānī auprès de Saṭīḥ. Saṭīḥ était un oncle maternel de ‘Abd al-Masīḥ, et c’est pourquoi Kisrā l’envoya pour l’interroger sur la science de cela et pour lui demander d’interpréter le rêve du Mūbadhān. Il arriva auprès de lui alors qu’il était sur le point de mourir, le salua, mais Saṭīḥ ne lui répondit pas. ‘Abd al-Masīḥ se mit alors à dire : « Est-il sourd, ou entend-il, ô Ġaṭrīf du Yémen ? Ou bien a-t-il expiré, saisi par l’emprise de la mort ? Ô juge de l’affaire, qui a échappé à qui et à quoi ? Le vieillard de la tribu des Banū Shanin est venu à toi, Sa mère est des Banū Dhi’b ibn Ḥajin, Blanc, aux vêtements et au corps amples, Messager du roi des non-Arabes, voyageant pour le sommeil, Il ne craint ni le tonnerre ni les vicissitudes du temps, Parcourant avec moi la terre, une chamelle solide et dure, Des flancs me soulèvent, des flancs me portent vers le bas, Jusqu’à ce que je parvienne à celui dont les clavicules et les lombes sont dénudés, Que le vent enveloppe dans la poussière molle des fumiers, Comme s’il avait été précipité des flancs de Thakan. » Lorsque Saṭīḥ entendit sa poésie, il leva la tête et dit à ‘Abd al-Masīḥ : « Ô ‘Abd al-Masīḥ, un messager du roi des Banū Sāsān est venu à Saṭīḥ alors qu’il touchait au tombeau, à cause de l’ébranlement de l’īwān, de l’extinction des feux, et du rêve du Mūbadhān : il a vu des chameaux rétifs menant des chevaux arabes, qui ont traversé le Tigre et se sont répandus dans leur pays. Ô ‘Abd al-Masīḥ, lorsque la récitation (al-tilāwa) se multipliera, que le maître de la herāwa (al-hirāwa) apparaîtra, que le feu de la Perse s’éteindra, que le lac de Sāwa s’asséchera et que la vallée d’al-Samāwa débordera, alors la Syrie ne sera plus la Syrie pour Saṭīḥ. Des rois et des reines régneront sur eux, selon le nombre des créneaux, et tout ce qui doit arriver arrivera. » Puis Saṭīḥ mourut sur place. Explication de ses termes étranges. Sa parole : « Ġaṭrīf du Yémen » – Ibn Fāris dit : al-ġaṭrīf est le seigneur, et al-ġaṭrafa est l’orgueil. Sa parole : « Ou a-t-il expiré » – Al-Suhaylī dit : « Fāda » signifie « il est mort » ; on dit : « fāda yafūdu ». Sa parole : « fāzalima » – Son sens est « il a été saisi », dit par Tha‘lab. Sa parole : « shā’w al-‘anani » – Il veut dire la mort et ce qui en empêche, dit par al-Khaṭṭābī. Sa parole : « Ô juge » – Al-fāṣil est le juge, dit par al-Jawharī. Sa parole : « al-khiṭṭa » (avec une ḍamma) – C’est l’affaire et l’histoire ; on dit : « il est venu avec une khiṭṭa dans sa tête » quand il vient avec un besoin qu’il a résolu. Dans le hadith de Qayla : « Ilām ibn hādhihi an yafṣila al-khiṭṭa », c’est-à-dire que lorsqu’une affaire difficile lui survient, à laquelle il ne trouve pas d’issue, il ne s’en soucie pas, mais il la tranche jusqu’à la maîtriser et en sortir. Sa parole : « des Banū Shanin » (avec un shīn pointé) – C’est une tribu de ‘Abd al-Qays, à savoir Shan ibn Afṣā, d’où l’expression « ils se sont accordés, Shan et Ṭabaqa », dit par al-Jawharī. Sa parole : « Blanc, aux vêtements et au corps amples » – Al-faḍfaḍa est l’ampleur du vêtement, de la cotte de mailles et de la vie ; on dit : « un vêtement ample (faḍfāḍ) », « une vie ample », « une cotte de mailles ample », c’est-à-dire large, dit par al-Jawharī. Sa parole : « Messager du qīl des non-Arabes » – Al-qīl est le roi des rois de Ḥimyar, son pluriel est aqyāl ; si on le pluralise en aqwāl, le singulier est qīl (avec un yā’ redoublé). Cela a déjà été traité, dit par Ibn Fāris. Al-Jawharī dit : Qīl est le nom d’un homme du peuple de ‘Ād, et Qayla est la mère d’al-Aws et d’al-Khazraj. Sa parole : « Parcourant avec moi la terre » – « J’ai parcouru (jubtu) les pays, je les parcours (ajūbuhā) » quand on les traverse ; on dit : « Une nouvelle pénétrante (jā’iba) vous est-elle parvenue ? », c’est-à-dire une nouvelle qui traverse la terre d’un pays à l’autre, dit par al-Jawharī. Sa parole : « une chamelle solide et dure » – Al-Suhaylī dit : « Une chamelle ‘alindāh » et un chameau ‘alindāh (avec un hā’), et on les pluralise en ‘alānd et ‘alindiyyāt. Al-‘alindāh est la solide, et al-shazan est celle qui est rendue difficile par la fatigue des sabots. Sa parole : « des flancs » – Le pluriel de wajīn. Al-Jawharī dit : Al-wajīn est le côté de la terre qui s’étend et s’élève un peu, et il est dur ; d’où al-wajnā’, qui est la chamelle robuste, comparée à cela pour sa dureté. Sa parole : « les clavicules et les lombes » – Al-Suhaylī dit : Al-jā’ājī’ est l’os de la poitrine, et al-qaṭan est ce qui est entre les deux hanches. Il veut dire que la marche l’a amaigrie, a fait disparaître sa chair et a fait apparaître ses os. Sa parole : « la poussière molle des fumiers » – Al-Jawharī dit : Al-būghā’ est la terre meuble, comme si elle était de la poudre, d’après Abū ‘Ubayda. Il dit : Al-diman est le fumier, et al-dimna sont les traces des gens et ce qu’ils ont noirci ; le pluriel est diman. On dit : « Les gens ont fumé (dammana) la maison » et « les moutons ont fumé l’eau », cela vient du fumier. Dhū al-Rumma a dit : « Une chamelle tachetée, khansā’, non une brebis, qui fume l’intérieur des eaux et leur Qīr. » Al-Waqīr est le mouton. Sa parole : « Comme s’il avait été précipité des flancs de Thakan » – « Ḥuthitha » signifie « il a été précipité rapidement ». « Ḥiḍnī » : al-ḥiḍn est le côté, dit par Ibn Fāris. Thakan est le nom d’une montagne, avec la première lettre ouverte, dit par al-Bakrī dans son dictionnaire. Quant à la parole de Saṭīḥ : « Un messager du roi des Banū Sāsān », ce sont les rois de Perse, attribués à leur ancêtre, qui est Ardashīr ibn Bābak ibn Sāsān. Sa parole : « Lorsque la récitation (al-tilāwa) se multipliera » – C’est la récitation du Coran. « Le maître de la herāwa (al-hirāwa) » – C’est le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Al-hirāwa est le grand bâton. Il semble qu’il ait voulu par al-hirāwa dire qu’il est le maître de l’épée, comme il est venu dans sa description (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ailleurs, et qu’il est le maître du qaḍīb (baguette), et il voulait par al-qaḍīb l’épée. Sa parole : « Et que la vallée d’al-Samāwa débordera » – Al-Samāwa est un désert entre Kūfa et la Syrie, et on dit entre Mossoul et la Syrie ; c’est une terre de Kalb, de faible largeur et longue. Al-Khalīl dit : Al-Samāwa est une eau dans le désert, et elle était la mère d’al-Nu‘mān, nommée d’après elle, donc son nom était Mā’ al-Samāwa, dit par Ibn Fāris. Al-Suhaylī dit : Saṭīḥ était un corps étendu, sans membres, et il ne pouvait s’asseoir que lorsqu’il se mettait en colère, il se gonflait et s’asseyait. Il était fendu en deux : un être humain n’avait qu’une main, un pied et un œil. On rapporte de Wahb ibn Munabbih qu’il a dit : On dit à Saṭīḥ : « D’où te vient cette science ? » Il répondit : « J’ai un compagnon parmi les djinns qui écoute les nouvelles du ciel depuis le mont Sinaï, lorsque Allah y parla à Moïse ; il me transmet de cela ce qu’il transmet. » Saṭīḥ et Shaqq naquirent le jour où mourut Ṭarīfa la devineresse, femme de ‘Amr ibn ‘Āmir al-Ḥimyarī. Elle fit venir Saṭīḥ avant de mourir, on l’amena, elle cracha dans sa bouche et annonça qu’il la remplacerait dans sa science et sa divination. Son visage était dans sa poitrine, et il n’avait ni tête ni cou. Elle fit venir Shaqq et fit avec lui ce qu’elle avait fait avec Saṭīḥ, puis elle mourut. Sa tombe est à al-Juḥfa. Notre discours sur les quatre rois qui étaient les plus grands rois de la terre à son époque (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) est terminé. Nous présentons maintenant les récits du reste d’entre eux, selon ce que nous avons stipulé au début du livre, en les ordonnant selon les lettres de l’alphabet. Et Allah est l’Assistant. Lettre Alif. Parmi ceux à qui le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) écrivit et envoya des messagers se trouve l’Évêque de Najrān. Il était le chef de la vallée de Najrān et la référence parmi eux. L’auteur d’al-Hudā al-Muḥammadī a rapporté avec sa chaîne de transmission, d’après Yūnus ibn Bukayr, d’après Salama ibn ‘Abd Yasū‘, d’après son père, d’après son grand-père – Yūnus dit : Il était chrétien puis embrassa l’Islam – que le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) écrivit aux habitants de Najrān : « Au nom du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Ensuite, je vous appelle à l’adoration d’Allah, loin de l’adoration des serviteurs, et je vous appelle à l’allégeance à Allah, loin de l’allégeance des serviteurs. Si vous refusez, alors la jizya (capitation). Si vous refusez, alors je vous annonce la guerre. Et paix. »

Lorsque l'évêque reçut la lettre, il la lut, en fut convaincu et en fut extrêmement effrayé. Il envoya chercher un homme de Najrân nommé Shuraḥbîl ibn Wadâ‘a, qui était de Hamdân. Personne, ni al-Ayham, ni as-Sayyid, ni al-‘Âqib, n'était appelé avant lui lorsqu'une affaire difficile survenait. L'évêque remit la lettre du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) à Shuraḥbîl, qui la lut. L'évêque dit : « Ô Abâ Maryam, quel est ton avis ? » Shuraḥbîl répondit : « Je sais ce qu'Allah a promis à Abraham concernant la descendance d'Ismaël, à savoir la prophétie. Rien n'empêche que cet homme soit celui-là. Je n'ai pas d'avis sur la prophétie. S'il s'agissait d'une affaire mondaine, je te donnerais mon avis et ferais de mon mieux pour toi. » L'évêque dit : « Éloigne-toi et assieds-toi. » Shuraḥbîl s'écarta et s'assit à l'écart. L'évêque envoya chercher un homme de Najrân nommé ‘Abd Allah ibn Shuraḥbîl, qui était de Dhî Aṣbaḥ de Ḥimyar. Il lui fit lire la lettre et lui demanda son avis. Il lui dit la même chose que Shuraḥbîl. L'évêque lui dit : « Éloigne-toi et assieds-toi. » Il s'assit à l'écart. L'évêque envoya chercher un homme de Najrân nommé Jabbâr ibn Qays, des Banû al-Ḥârith ibn Ka‘b. Il lui fit lire la lettre et lui demanda son avis. Il lui dit la même chose que Shuraḥbîl et ‘Abd Allah. L'évêque lui ordonna de s'écarter. Lorsque tous furent d'accord sur cette parole, l'évêque ordonna de frapper le nâqûs 164 et de hisser les tissus 165 dans les ermitages. C'est ainsi qu'ils faisaient lorsqu'ils étaient effrayés de jour. Et si leur effroi avait lieu de nuit, ils frappaient le nâqûs et allumaient des feux dans les ermitages. Lorsqu'on frappa le nâqûs et qu'on hissa les tissus, les habitants de la vallée, du haut en bas, se rassemblèrent. La vallée s'étendait sur une journée de marche pour un cavalier rapide, et elle comptait soixante-treize villages et cent vingt mille combattants. Il leur lut la lettre du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) et leur demanda leur avis. L'avis des habitants de la vallée fut d'envoyer Shuraḥbîl ibn Wadâ‘a al-Hamdânî, ‘Abd Allah ibn Shuraḥbîl et Jabbâr ibn Qays al-Ḥârithî pour leur rapporter des nouvelles du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue). La délégation partit. Lorsqu'ils arrivèrent à Médine, ils ôtèrent leurs vêtements de voyage et revêtirent des habits somptueux qu'ils traînaient, en soie rayée 166, et des bagues en or. Puis ils allèrent trouver le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) et le saluèrent. Il ne leur rendit pas le salut. Ils tentèrent de lui parler pendant une longue journée, mais il ne leur parla pas, à cause de ces habits et de ces bagues en or. Ils partirent alors à la recherche de ‘Uthmân ibn ‘Affân et de ‘Abd ar-Raḥmân ibn ‘Awf, qu'ils connaissaient, car ils avaient l'habitude, à l'époque préislamique, de se rendre à Najrân pour acheter ses céréales, ses fruits et son maïs. Ils les trouvèrent...


  1. al-Muqawqis : Titre donné au gouverneur byzantin d'Égypte à l'époque de la conquête musulmane, probablement Cyrus d'Alexandrie.
  2. Hâtib : Hâtib ibn Abî Balta'a, compagnon du Prophète, envoyé comme messager au Muqawqis.
  3. sceau de la prophétie : Marque physique entre les épaules du Prophète Muhammad, considérée comme un signe de sa prophétie.
  4. chlamyde : Manteau ou vêtement ample porté par les Arabes.
  5. Shâm : Région historique du Levant, incluant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban.
  6. Mâriya : Mâriya al-Qibtiyya, servante copte offerte au Prophète, mère de son fils Ibrâhîm.
  7. Sîrîn : Sœur de Mâriya, également offerte au Prophète, puis donnée à un compagnon.
  8. Duldul : Nom de la mule offerte au Prophète par le Muqawqis.
  9. Mu'âwiya : Mu'âwiya ibn Abî Sufyân, fondateur de la dynastie omeyyade, calife de 661 à 680.
  10. Hafn : Village d'Égypte, dans le district d'Ansina, lieu d'origine de Mâriya et Sîrîn.
  11. Ansina : District d'Égypte, correspondant à l'ancienne ville d'Antinoé.
  12. qibti : Tissu copte d'Égypte, réputé pour sa qualité.
  13. Binhâ : Localité d'Égypte, réputée pour son miel.
  14. Muhammad ibn Maslama al-Ansârî : Compagnon du Prophète, de Médine.
  15. Dihya ibn Khalîfa al-Kalbî : Compagnon du Prophète, connu pour sa beauté, souvent envoyé comme messager.
  16. 'Abd Allah ibn 'Amr : Compagnon du Prophète, fils de 'Amr ibn al-'Âs, connu pour sa science.
  17. Oumm Ibrâhîm : Surnom de Mâriya, signifiant 'mère d'Ibrâhîm'.
  18. kunya : Surnom honorifique arabe commençant par 'Abû' (père de) ou 'Oumm' (mère de).
  19. patrices : Hauts dignitaires byzantins, gouverneurs ou chefs militaires.
  20. Abû Jahl ibn Hudhayfa al-'Abdarî : Compagnon du Prophète, de la tribu des Quraysh.
  21. Hassân ibn Thâbit : Poète compagnon du Prophète, connu pour ses poèmes en sa faveur.
  22. Yazîd ibn Abî Habîb : Savant égyptien, traditionniste du 8e siècle.
  23. Abû Sa'îd al-Khudrî : Compagnon du Prophète, rapporteur de nombreux hadiths.
  24. Jâbir : Jâbir ibn 'Abd Allah, compagnon du Prophète, rapporteur de nombreux hadiths.
  25. 'Abd al-Rahmân ibn 'Awf : Compagnon du Prophète, l'un des dix promis au Paradis.
  26. Qaysara : Nom de la sœur de Mâriya, aussi appelée Sîrîn.
  27. capitation : Impôt de capitation (jizya) imposé aux non-musulmans en terre d'islam.
  28. al-Suhaylî : Savant andalou du 12e siècle, auteur de commentaires sur la biographie du Prophète.
  29. al-Baqî' : Cimetière principal de Médine, où de nombreux compagnons sont enterrés.
  30. Hâtib ibn Abî Balta'a : Compagnon du Prophète, envoyé comme messager au roi d'Égypte al-Muqawqis.
  31. al-Muqawqis : Titre du gouverneur byzantin d'Égypte à l'époque du Prophète, identifié comme Cyrus d'Alexandrie.
  32. Shujâ' : Probablement Shujâ' ibn Wahb al-Asadî, un compagnon envoyé comme messager.
  33. Dihya ibn Khalîfa : Compagnon célèbre pour sa beauté, envoyé comme messager à Héraclius.
  34. Sulayt : Sulayt ibn 'Amr al-'Âmirî, un compagnon envoyé comme messager.
  35. chef de la lettre : Expression signifiant qu'il était le premier des messagers mentionnés dans le poème.
  36. 'Amr ibn Umayya ad-Damrî : Compagnon envoyé comme messager au Négus d'Abyssinie.
  37. Négus : Titre du roi d'Abyssinie à l'époque du Prophète, qui a accueilli les émigrants musulmans.
  38. Ibn al-Jawzî : Célèbre savant et historien hanbalite du VIe siècle de l'Hégire.
  39. al-Wafâ : Ouvrage d'Ibn al-Jawzî sur la vie du Prophète.
  40. Mâriya : Mâriya al-Qibtiyya, esclave copte offerte au Prophète, mère de son fils Ibrâhîm.
  41. 'Ufayr : Nom de l'âne offert au Prophète par al-Muqawqis.
  42. ad-Duldul : Nom de la mule offerte au Prophète par al-Muqawqis.
  43. Ibrâhîm : Fils du Prophète et de Mâriya, mort en bas âge.
  44. Mu'âwiya : Mu'âwiya ibn Abî Sufyân, fondateur du califat omeyyade.
  45. Héraclius : Empereur byzantin (610-641) à qui le Prophète envoya une lettre.
  46. Hasan ibn Muhammad ibn Qalâwûn : Sultan mamelouk d'Égypte (r. 1347-1351, 1354-1361).
  47. Ibn Zanbûr : Vizir copte sous le sultan Hasan, exécuté pour trahison.
  48. mahmal : Litière ornée portée par un chameau lors du pèlerinage, symbole de souveraineté.
  49. Shâbâsh : Mot d'origine persane signifiant « bravo » ou « vive », utilisé comme acclamation.
  50. et il ne parle pas sous l'effet de la passion : Citation du Coran (Sourate 53, verset 3) affirmant l'inspiration divine du Prophète.
  51. Al-Jawharî : Célèbre lexicographe arabe du IVe siècle de l'Hégire, auteur du dictionnaire as-Sihâh.
  52. al-Mughîra ibn Shu'ba : Compagnon du Prophète, gouverneur de Kufa sous le califat de 'Umar.
  53. aumône légale : La zakât, impôt religieux obligatoire en islam.
  54. mithqâl : Unité de poids équivalant à environ 4,25 grammes d'or.
  55. l'Honnête : Surnom du Prophète avant l'islam, al-Amîn, signifiant « le digne de confiance ».
  56. Yathrib : Ancien nom de Médine avant l'islam.
  57. al-Hudâ : Ouvrage de biographie prophétique, probablement al-Hudâ al-Muhammadî.
  58. trêve d'al-Hudaybiyya : Traité de paix signé en 628 entre le Prophète et les Qurayshites.
  59. 'Urwa ibn Mas'ûd ath-Thaqafî : Chef de Thaqîf, initialement opposé au Prophète, puis converti.
  60. quint : Le khums, impôt du cinquième sur le butin de guerre.
  61. Al-Wâqidî : Historien et biographe du Prophète, mort en 207 H.
  62. Humayd at-Tawîl : Successeur (tâbi'î) et transmetteur de hadiths.
  63. Ibn Ishâq : Célèbre biographe du Prophète, auteur de la Sîra.
  64. Banû Badr : Tribu arabe, probablement une branche des Ghatafân.
  65. taḥqīq : Réalisation spirituelle, vérification de la vérité dans le soufisme.
  66. Yathrib : Ancien nom de Médine avant l’Islam.
  67. Wādī al-Arāk : Vallée où pousse l’arak (Salvadora persica), arbre dont on fait les siwāk.
  68. Ḥāṭib : Ḥāṭib ibn Abī Balta‘a, compagnon du Prophète envoyé avec une lettre au Muqawqis.
  69. Banū Lu’ayy ibn Ghālib : Tribu de Quraysh à laquelle appartenait le Prophète.
  70. ‘Ād : Ancien peuple arabe mentionné dans le Coran, connu pour sa force.
  71. Shaddād : Fils de ‘Ād, constructeur légendaire de la ville d’Iram.
  72. ‘Abd al-Lāt : Nom préislamique signifiant ‘serviteur d’al-Lāt’, déesse arabe.
  73. Banū ‘Abd Shams : Clan de Quraysh, branche des Umayyades.
  74. Jāhiliyya : Période préislamique, ‘l’ignorance’.
  75. Qaṣr al-Shama‘ : Palais du Muqawqis à Babylone d’Égypte (vieux Caire).
  76. al-Muqawqis : Titre du gouverneur copte d’Égypte, probablement Cyrus d’Alexandrie.
  77. al-Yāḥīsh : Nom du vizir d’al-Muqawqis.
  78. qasīm : Beau, au visage partagé (entre beauté et noblesse).
  79. dā‘aj : Yeux très noirs et larges.
  80. zajaj : Sourcils arqués et fins.
  81. falaj : Dents espacées, considéré comme un signe de beauté.
  82. ad-dubbā’ : Courge, légume apprécié du Prophète.
  83. kurā‘ : Pied de chèvre ou de mouton, mets modeste.
  84. ithmid : Pierre d’antimoine utilisée comme collyre.
  85. madrā : Instrument pour peigner ou gratter la tête, souvent en corne.
  86. siwāk : Bâtonnet de bois d’arak utilisé pour nettoyer les dents.
  87. al-Qāḍī ‘Iyāḍ : Célèbre savant malikite andalou (1083-1149), auteur d’ouvrages sur le Prophète.
  88. Mashāriq : Ouvrage d’al-Qāḍī ‘Iyāḍ sur les noms et attributs du Prophète.
  89. yurajjil : Peigner les cheveux.
  90. al-Jawharī : Célèbre lexicographe arabe (mort vers 1003), auteur du ‘Ṣiḥāḥ’.
  91. rakwa : Petite outre en cuir pour l’eau.
  92. mirṭ : Manteau de laine ou de poil.
  93. murajjil : Teint, ou peut-être ‘peigné’ (sens incertain).
  94. al-‘Uqāb : Nom de l’étendard du Prophète, signifiant ‘l’aigle’.
  95. Simāk ibn Ḥarb : Compagnon et traditionniste.
  96. kursī : Chaire ou trône, ici probablement la chaire (minbar) du Prophète.
  97. ashqar : Cheval alezan (robe fauve).
  98. artham : Cheval à la lèvre supérieure blanche.
  99. aqraḥ : Cheval avec une balzane (tache blanche) au front.
  100. muḥajjal : Cheval aux quatre pieds marqués de blanc.
  101. al-Murtajiz : Nom d’un cheval du Prophète, signifiant ‘celui qui hennit’.
  102. al-Maymūn : Nom du cheval offert, signifiant ‘le béni’.
  103. Ya‘fūr : Nom de l’âne du Prophète, offert par le Muqawqis.
  104. ad-Duldul : Nom de la mule du Prophète, offerte par le Muqawqis.
  105. Barīra : Esclave offerte au Prophète, affranchie plus tard.
  106. Māriya : Māriya al-Qibṭiyya, esclave copte offerte au Prophète, mère de son fils Ibrāhīm.
  107. Maḥbūb : Nom du garçon offert, signifiant ‘aimé’.
  108. qibāṭī : Tissu de lin d’Égypte, vêtement copte.
  109. Jazīrat al-‘Arab : Péninsule arabique, littéralement « île des Arabes », désignant la péninsule arabique entourée par la mer Rouge, le golfe Persique et les déserts.
  110. al-Shām : Région historique du Levant, incluant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban actuels.
  111. Ḥafr Abī Mūsā al-Ash‘arī : Lieu-dit dans le désert d’Arabie, creusé par Abū Mūsā al-Ash‘arī, compagnon du Prophète, servant de point de repère géographique.
  112. Yabrīn : Région de sable (désert) dans la péninsule arabique, associée à la tribu des Banū Sa‘d ibn Tamīm.
  113. al-Samāwa : Région désertique située entre l’Irak et la Syrie, souvent mentionnée dans les descriptions géographiques anciennes.
  114. al-Mawqif : Le lieu de la station (au Jour du Jugement), où les créatures attendent le jugement divin.
  115. al-Baṭāriqa : Pluriel de baṭrīq, titre byzantin ou copte désignant un haut dignitaire, un patrice.
  116. al-Muṣḥaf : Le Livre saint, le Coran, désignant ici la religion islamique.
  117. al-Qibṭ : Les Coptes, chrétiens d’Égypte, descendants des anciens Égyptiens.
  118. Māriya : Māriya al-Qibṭiyya, servante copte offerte au Prophète Muhammad, qui devint sa concubine et mère de son fils Ibrāhīm.
  119. al-Muqawqis : Titre du gouverneur copte d’Égypte sous l’autorité byzantine, souvent identifié comme Cyrus d’Alexandrie, mais ici présenté comme un personnage distinct.
  120. al-Qaws : Mot signifiant « arc » ou « cellule de moine », d’où dérive le nom al-Muqawqis (celui qui allonge la construction, ou qui habite une cellule élevée).
  121. al-Qarqūs : Terme rare désignant une surface lisse, utilisé dans un proverbe pour exprimer l’impossibilité de se rencontrer.
  122. al-Qīrāṭ : Unité de mesure de poids ou de monnaie, utilisée en Égypte ; ici, allusion à une particularité locale.
  123. al-Dhimma : Statut de protection accordé aux non-musulmans (gens du Livre) dans l’État islamique, leur garantissant sécurité et liberté de culte en échange du paiement de la jizya.
  124. Hājar : Agar, mère d’Ismaël, figure biblique et coranique, considérée comme d’origine égyptienne.
  125. al-Ḥijr : Espace semi-circulaire adjacent à la Kaaba, associé à Ismaël et à sa mère Agar, où cette dernière aurait été enterrée.
  126. adnā al-arḍ : Expression coranique (Sourate 30, verset 3) signifiant « la terre la plus proche », interprétée comme la région de Syrie/Palestine, proche de l’Arabie.
  127. Buṣrā, Filasṭīn, Adhri‘āt : Busrâ (Bostra) en Syrie du Sud, la Palestine, et Adhri‘ât (Deraa) en Syrie, localités mentionnées comme étant la « terre la plus proche ».
  128. Kisrā : Titre des rois sassanides de Perse, ici désignant Khosro II (Parviz).
  129. Dhī Qār : Lieu-dit en Irak où les Arabes (Banû Shaybân) vainquirent les Perses vers 610-611, considéré comme la première victoire arabe sur les Perses.
  130. al-Qāra : Tribu arabe, nommée ainsi pour leur rassemblement (qara’a = rassembler).
  131. al-Qār : Terme désignant un groupe de chameaux rassemblés.
  132. Abarwīz : Nom persan de Khosro II (Parviz), roi sassanide (590-628).
  133. al-Majūs : Les mages, terme désignant les zoroastriens, religion d’État de l’Empire sassanide.
  134. Bādhān : Gouverneur perse du Yémen sous Kisrâ, qui se convertit à l’islam après la mort de Kisrâ.
  135. Bābawayh : Nom de l’intendant de Bâdhân, envoyé comme émissaire auprès du Prophète.
  136. Shāhān Shāh : Titre perse signifiant « Roi des rois », équivalent de « Shahanshah ».
  137. Shīrūyah : Fils de Kisrâ (Khosro II), qui assassina son père et régna brièvement (Kavadh II).
  138. al-Abnā’ : Les « Fils », descendants de Perses installés au Yémen, servant de garnison sous les Sassanides.
  139. Fayrūz al-Daylamī : Compagnon perse du Prophète, connu pour avoir tué l’imposteur al-Aswad al-‘Ansî au Yémen.
  140. al-Aswad al-‘Ansī : Faux prophète yéménite qui se souleva contre l’islam en 11 H. et fut tué par Fayrûz.
  141. Būrān : Fille de Kisrâ (Khosro II), qui régna brièvement comme reine sassanide (630-631).
  142. Surāqa ibn Mālik ibn Ju‘shum : Compagnon qui poursuivit le Prophète lors de l’Hégire, puis se convertit. Le Prophète lui annonça qu’il porterait les bracelets de Kisrâ, ce qui se réalisa sous ‘Umar.
  143. abayta al-la‘n : Formule de salutation aux rois à l'époque préislamique, signifiant littéralement 'tu refuses la malédiction', c'est-à-dire que tu es au-dessus de tout ce qui mérite d'être maudit.
  144. sadana : Gardiens ou serviteurs d'un sanctuaire, ici de la Kaaba.
  145. fadaḥa : Accabler, alourdir, faire supporter une charge insupportable.
  146. rabḥal : Grand et large, utilisé métaphoriquement pour désigner la générosité et la grandeur.
  147. jazl : Abondant, copieux, en parlant d'un don.
  148. akhlā : S'isoler avec quelqu'un, être en tête-à-tête.
  149. iḥtajaba : Réserver pour soi, garder secret, cacher.
  150. khadlij al-sāqayn : Aux mollets charnus, bien remplis.
  151. anjalu al-‘aynayn : Aux yeux grands et beaux.
  152. shukla : Rougeur mêlée au blanc de l'œil, considérée comme une beauté.
  153. shāma : Grain de beauté ou signe particulier sur le corps.
  154. yaḍribūna al-nās ‘an ‘araḍ : Frapper les gens de côté, c'est-à-dire sans distinction, avec hardiesse.
  155. yukhmidu al-nīrān : Éteindre les feux, en référence aux feux sacrés des Perses.
  156. yadḥaru al-shayṭān : Repousser, chasser Satan.
  157. nuṣub : Pierres dressées, autels païens sur lesquels on offrait des sacrifices.
  158. thalija ṣadruka : Que ta poitrine soit rafraîchie, expression signifiant la satisfaction et la certitude.
  159. aghḍā : Cacher, garder secret, littéralement 'baisser les paupières'.
  160. nafāsa : Jalousie, envie pour une chose précieuse.
  161. ghawā’il : Maux, périls, choses nuisibles.
  162. mujtāḥī : Qui m'emporte, qui me fait périr.
  163. damāma : Petitesse, chétiveté.
  164. nâqûs : Instrument de percussion utilisé par les chrétiens orientaux pour appeler à la prière, similaire à une cloche ou un gong.
  165. tissus (masûḥ) : Étoffes ou bannières hissées dans les ermitages comme signe de détresse ou d'appel au rassemblement.
  166. ḥibra : Étoffe rayée du Yémen, souvent en soie, portée comme vêtement de luxe.

La deuxième partie

Des gens parmi les Émigrés (al-Muhâjirûn) et les Auxiliaires (al-Ansâr) quittèrent une assemblée et dirent : « Ô ‘Uthmân, ô ‘Abd ar-Rahmân, votre Prophète nous a écrit une lettre, et nous sommes venus, répondant à son appel. Nous sommes arrivés chez lui, l’avons salué, mais il n’a pas rendu notre salut. Nous nous sommes tenus prêts à lui parler pendant une longue journée, mais il nous a épuisés en ne nous adressant pas la parole. Quel est votre avis ? Devons-nous revenir ? » Tous deux dirent à ‘Alî ibn Abî Tâlib (que Dieu l’agrée), qui se trouvait parmi le groupe : « Que vois-tu, ô Abû al-Hasan (que Dieu t’agrée), pour ces gens ? » ‘Alî dit à ‘Uthmân et ‘Abd ar-Rahmân : « Je vois qu’ils déposent leurs vêtements d’apparat (ḥulal) et leurs bagues (khawâtîm). » Ils firent ainsi, puis revinrent auprès de l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), le saluèrent, et il rendit leur salut. Ensuite, il les interrogea et ils l’interrogèrent, et les questions ne cessèrent entre lui et eux jusqu’à ce qu’ils lui disent : « Que dis-tu au sujet de Jésus ? Car nous retournons vers notre peuple en étant chrétiens (naṣârâ), et il nous réjouirait, si tu es un prophète, de savoir ce que tu dis à son sujet. » L’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Je n’ai rien à dire à son sujet aujourd’hui. Restez jusqu’à ce que je vous informe de ce qui me sera dit au sujet de Jésus. » Le lendemain matin, Dieu Très-Haut avait révélé : {Certes, l’exemple de Jésus, auprès de Dieu, est comme l’exemple d’Adam : Il le créa de terre, puis Il lui dit : « Sois », et il fut. La vérité vient de ton Seigneur : ne sois donc pas de ceux qui doutent. À ceux qui disputent à son sujet} jusqu’à Sa parole – Puissant et Glorieux – {sur les menteurs}. Mais ils refusèrent d’admettre cela. Lorsque le lendemain matin, après que l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) leur eut rapporté la nouvelle, il arriva, enveloppé dans un manteau de laine (khamîl) – selon ‘Iyâḍ, al-khamîla est un manteau à poils – avec al-Hasan et al-Husayn, tandis que Fâtima marchait derrière lui, pour la malédiction réciproque (mubâhala). Ce jour-là, il avait plusieurs femmes. Alors Shuraḥbîl dit à ses deux compagnons : « Ô ‘Abd Allâh ibn Shuraḥbîl, ô Jabbâr ibn Qays, vous savez que la vallée, lorsque ses parties haute et basse se réunissent, ne revient ni ne part que selon mon avis. Par Dieu, je vois une affaire qui s’avance. Par Dieu, si cet homme est un roi envoyé, nous serions les premiers parmi les Arabes à le frapper dans l’œil et à rejeter son ordre ; la rancune ne quittera ni son cœur ni celui de son peuple jusqu’à ce qu’ils nous frappent d’un désastre. Et je vois que la proximité avec eux est un voisinage protecteur. Mais si cet homme est un prophète envoyé, et que nous le maudissons réciproquement, il ne restera sur la face de la terre, de nous, ni un poil ni un ongle sans périr. » Ses deux compagnons lui dirent : « Quel est donc l’avis ? Les affaires t’ont placé au premier rang ; donne-nous ton opinion. » Il dit : « Mon avis est que je le prenne comme arbitre (ḥakam), car je vois que cet homme ne juge jamais avec injustice. » Ils lui dirent : « À toi de décider. » Alors Shuraḥbîl rencontra l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) et dit : « J’ai vu quelque chose de meilleur que notre malédiction réciproque. » Il dit : « Qu’est-ce donc ? » Shuraḥbîl dit : « Ton jugement aujourd’hui jusqu’à la nuit, et cette nuit jusqu’au matin : tout ce que tu jugeras sur nous sera accepté. » L’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Peut-être y a-t-il derrière toi quelqu’un qui te blâmera ? » Shuraḥbîl dit : « Interroge mes deux compagnons. » Il les interrogea, et ils dirent : « La vallée ne revient ni ne part que selon l’avis de Shuraḥbîl. » L’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) dit : « Un mécréant (kâfir) – ou il dit : un négateur (jâḥid) – a été guidé avec succès (muwaffaq). » L’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) revint et ne les maudit pas réciproquement. Le lendemain, ils vinrent à lui, et il écrivit pour eux ce document : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ceci est ce qu’a écrit Muḥammad, le Prophète, l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), pour Najrân, alors que son jugement s’appliquait sur eux, concernant chaque fruit, chaque bien jaune, blanc et noir, et chaque esclave. Il leur fit grâce et abandonna tout cela, en échange de deux mille vêtements (ḥulla) : mille vêtements au mois de Rajab, et mille vêtements au mois de Ṣafar, ou la valeur de chaque vêtement en onces (awâqî) ; ce qui dépasse le tribut (kharâj) ou ce qui est inférieur aux onces, selon le calcul. Et ce qu’ils auront acquitté en cottes de mailles, chevaux, montures ou biens, sera accepté d’eux selon le calcul. À Najrân incombe l’hébergement (mathwâ) de mes envoyés, et leur subsistance pendant vingt jours, sans dépasser ce délai. Aucun envoyé ne sera retenu au-delà d’un mois. Il leur incombe le prêt (‘âriya) de trente cottes de mailles, trente chevaux et trente chameaux, en cas de guerre au Yémen, avec excuse valable. Ce qui périt parmi ce qu’ils auront prêté à mes envoyés, cottes de mailles, chevaux ou montures, sera garanti par mon envoyé jusqu’à ce qu’il le leur restitue. Pour Najrân et ses dépendances, la protection (jiwâr) de Dieu et la garantie (dhimma) de Muḥammad, le Prophète, sur leurs personnes, leur religion, leur terre, leurs biens, leurs absents et leurs présents, leur clan, leurs églises (biya‘), et qu’ils ne seront pas changés de ce qu’ils étaient, ni ne sera changé aucun de leurs droits, ni leur religion, ni ne sera changé un évêque (usquf) de son épiscopat, ni un moine (râhib) de son monachisme, ni un wâqih de sa wâqihiyya – al-waqh est l’obéissance, selon al-Jawharî – et tout ce qui est entre leurs mains, peu ou beaucoup. Il n’y a pas sur eux de prix du sang (diya) ni de sang de l’époque païenne (jâhiliyya). Ils ne seront pas mobilisés (lâ yuḥsharûn) ni soumis à la dîme (lâ yu‘ashsharûn). Aucune armée ne foulera leur terre. Celui d’entre eux qui réclamera un droit, la justice sera entre eux, sans injustice ni subir d’injustice. Celui qui aura pratiqué l’usure (ribâ) auparavant, ma garantie est dégagée de lui. Aucun homme ne sera pris pour l’injustice d’un autre. Sur ce qui est dans ce document, la protection de Dieu et la garantie de Muḥammad, le Prophète, l’Envoyé de Dieu, jusqu’à ce que Dieu apporte Son ordre, tant qu’ils seront sincères (naṣaḥû) et feront le bien (aṣlaḥû) dans ce qui leur incombe, sans être éprouvés par une injustice. » Ont témoigné : Abû Sufyân ibn Ḥarb, Ghaylân ibn ‘Amr, Mâlik ibn ‘Awf, al-Aqra‘ ibn Ḥâbis al-Ḥanẓalî, et al-Mughîra ibn Shu‘ba. Et il a écrit. Lorsqu’ils eurent reçu leur document et furent partis vers Najrân, l’évêque (usquf) et les notables de Najrân vinrent à leur rencontre à une nuit de marche. Avec l’évêque se trouvait un frère utérin, qui était aussi son cousin paternel, nommé Bishr ibn Mu‘âwiya, surnommé Abû ‘Alqama. La délégation remit le livre de l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) à l’évêque. Pendant qu’il le lisait, avec Abû ‘Alqama à ses côtés, et qu’ils cheminaient, la chamelle de Bishr trébucha (kabat), et Bishr la maudit (ta‘assa), sans toutefois faire allusion à l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). L’évêque lui dit alors : « Par Dieu, tu as maudit un prophète envoyé ! » Bishr dit : « Par Dieu, je ne délierai aucun nœud de sa selle avant de l’avoir rejoint. » Il frappa la tête de sa chamelle en direction de Médine. L’évêque tourna sa chamelle vers lui et lui dit : « Comprends-moi : j’ai dit cela seulement pour que les Arabes rapportent de moi, de peur qu’ils ne disent que nous avons pris un sot ou que nous avons cédé à cet homme comme les Arabes n’ont pas cédé, alors que nous sommes les plus puissants et les plus rassemblés en demeure. » Bishr lui dit : « Non, par Dieu, je ne te pardonnerai jamais ce qui est sorti de ta tête. » Bishr frappa sa monture, tournant le dos à l’évêque, et disant : « Vers toi elle court, le bât (waḍîn) agité, Son fœtus se tordant dans son ventre, Opposant à la religion des chrétiens sa religion. » Al-Jawharî dit : al-waḍîn, pour la litière (hawdaj), est comme le bâṭin pour la selle (qatab) et le ḥizâm pour la selle (sirj) ; son pluriel est wuḍun ; c’est une sangle de lanières tressées les unes sur les autres ; al-waḍn est le tressage. Il arriva auprès du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) et resta avec l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) jusqu’à ce qu’il soit martyrisé par la suite. La délégation entra à Najrân. Le moine (râhib) Ibn Abî Shamir az-Zubaydî vint, alors qu’il était au sommet de son ermitage (ṣawma‘a). On lui dit : « Un prophète a été envoyé à Tihâma, et il a écrit à l’évêque. Les habitants de la vallée ont décidé de partir vers lui : Shuraḥbîl, ‘Abd Allâh et Jabbâr, pour rapporter des nouvelles de lui. » Ils partirent jusqu’à ce qu’ils l’atteignent. Il les appela à la malédiction réciproque (mubâhala), mais ils répugnèrent à le maudire, et Shuraḥbîl arbitra. Il jugea sur eux un jugement et écrivit pour eux un document. Puis la délégation revint avec le document jusqu’à ce qu’elle le remît à l’évêque. Pendant que l’évêque le lisait, avec Bishr à ses côtés, la chamelle de Bishr trébucha et il la maudit. L’évêque témoigna qu’il était un prophète envoyé. Abû ‘Alqama se tourna vers lui, voulant embrasser l’islam. Le moine dit : « Faites-moi descendre, sinon je me jetterai du haut de cet ermitage. » Ils le firent descendre. Le moine partit avec un cadeau pour l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), parmi lequel se trouvait ce vêtement brodé (burd) que portent les califes, la coupe (qa‘b) et le bâton (‘aṣâ). Le moine resta ensuite à écouter comment descendaient la révélation, les traditions (sunan), les prescriptions (farâ’iḍ) et les peines légales (ḥudûd). Mais Dieu refusa au moine l’islam, et il n’embrassa pas l’islam. Il demanda à l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) la permission de retourner vers son peuple, disant : « J’ai une affaire et un retour, si Dieu le veut. » Il retourna vers son peuple et ne revint pas jusqu’à ce que l’Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) fût rappelé. Muḥammad ibn Sa‘d a mentionné dans Les Classes (aṭ-Ṭabaqât) que la délégation de Najrân était composée de quatorze hommes parmi leurs notables, chrétiens, parmi lesquels al-‘Âqib, qui est ‘Abd al-Masîḥ, un homme de Kinda ; Abû al-Ḥârith ibn ‘Alqama, un homme de Rabî‘a, et son frère Karz ; as-Sayyid et Aws, fils d’al-Ḥârith ; Zayd ibn Qays ; Shayba ; Khuwaylid ; Khâlid ; ‘Amr ; ‘Ubayd Allâh. Parmi eux, trois hommes géraient leurs affaires : al-‘Âqib, qui était leur chef (amîr), l’homme de leur consultation, celui dont ils suivaient l’avis ; Abû al-Ḥârith, leur évêque (usquf), leur docteur (ḥabr), leur imam, le maître de leurs écoles ; et as-Sayyid, qui était le responsable de leur voyage. Karz, le frère d’Abû al-Ḥârith, les précéda en disant : « Vers toi elle court, le bât agité, Son fœtus se tordant dans son ventre, Opposant à la religion des chrétiens sa religion. »

Il se présenta au Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), puis la délégation arriva après lui. Ils entrèrent dans la mosquée vêtus de manteaux de soie 1 et de robes bordées de soie, et ils se mirent à prier dans la mosquée en direction de l'Est. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Laissez-les. » Ensuite, ils vinrent au Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), mais il leur tourna le dos et ne leur parla pas. 'Uthmân leur dit : « Cela est à cause de votre tenue. » Ils repartirent ce jour-là, puis revinrent le lendemain vêtus d'habits de moines 2. Ils le saluèrent, il leur rendit le salut et les invita à l'islam, mais ils refusèrent. Les discussions et les arguments se multiplièrent entre eux. Il leur récita le Coran et le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Si vous niez ce que je vous dis, alors venez, que nous procédions à l'imprécation mutuelle 3. » Ils repartirent sur cela. Le lendemain, 'Abd al-Masîh et deux hommes de leurs notables vinrent au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et dirent : « Il nous est apparu que nous ne devions pas procéder à l'imprécation mutuelle. Décide pour nous ce que tu voudras, nous te donnerons et ferons la paix avec toi. » Il fit la paix avec eux pour deux mille manteaux 4 : mille au mois de Rajab et mille au mois de Safar, ou la valeur de chaque manteau en onces 5, et pour le prêt de trente cottes de mailles, trente lances, trente chameaux et trente chevaux, en cas de troubles au Yémen, à Najrân et à leur suite. Ils bénéficient de la protection d'Allah et de la garantie de Muhammad le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) pour eux-mêmes, leur religion, leur terre, leurs biens, leurs absents et leurs présents, ainsi que leurs églises. Aucun évêque ne sera démis de son évêché, aucun moine de son monachisme, et aucun desservant 6 de son office. Il prit comme témoins de cela Abû Sufyân ibn Harb, Al-Aqra' ibn Hâbis et Al-Mughîra ibn Shu'ba. Ils retournèrent dans leur pays. Peu de temps après, le Sayyid 7 et le 'Âqib 8 revinrent auprès du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et embrassèrent l'islam. Il les logea chez Abû Ayyûb al-Ansârî. Les gens de Najrân restèrent sur ce que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) leur avait écrit jusqu'à ce qu'Allah le rappelle à Lui (que les prières, la miséricorde et l'agrément d'Allah soient sur lui). Puis Abû Bakr as-Siddîq (qu'Allah l'agrée) prit la direction et écrivit des recommandations à leur sujet à sa mort. Ensuite, ils subirent une usure 9 et 'Umar ibn al-Khattâb (qu'Allah l'agrée) les fit sortir de leur terre et leur écrivit : « Voici ce qu'a écrit 'Umar, le Commandeur des croyants, pour ceux de Najrân qui en sont partis : ils sont en sécurité sous la protection d'Allah, aucun musulman ne leur fera de tort, en accomplissement de ce que leur a écrit le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et Abû Bakr (qu'Allah l'agrée). » Certains d'entre eux s'installèrent en Irak et habitèrent la Najrâniyya 10 qui se trouve dans la région de Kûfa. Al-Bayhaqî rapporte avec une chaîne de transmission authentique d'après Ibn Mas'ûd que le Sayyid et le 'Âqib vinrent au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et qu'il voulut procéder à l'imprécation mutuelle avec eux. L'un d'eux dit à son compagnon : « Ne procède pas à l'imprécation mutuelle avec lui, car par Allah, s'il est un prophète et que nous procédons à l'imprécation mutuelle, nous ne réussirons ni nous ni notre descendance après nous. » Ils lui dirent : « Nous te donnerons ce que tu demandes. Envoie avec nous un homme digne de confiance, et n'envoie avec nous qu'un homme digne de confiance. » Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Je vais envoyer avec vous un homme digne de confiance, vraiment digne de confiance. » Ses compagnons se tendirent pour cela, mais il dit : « Lève-toi, ô Abû 'Ubayda. » Lorsqu'il se leva, il dit : « Celui-ci est le dépositaire 11 de cette communauté. » Al-Baghawî mentionne dans son commentaire du verset : « Certes, l'exemple de Jésus auprès d'Allah est comme l'exemple d'Adam : Il le créa de terre, puis Il lui dit : 'Sois', et il fut » 12 que ce verset fut révélé à propos de la délégation de Najrân. Ils dirent au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : « Pourquoi insultes-tu notre compagnon ? » Il dit : « Que dis-je ? » Ils dirent : « Tu dis qu'il est un serviteur. » Il dit : « Oui, il est le serviteur d'Allah et Son messager, et Sa parole qu'Il a projetée vers la Vierge pure. » Ils se fâchèrent et dirent : « As-tu jamais vu un homme sans père ? » Alors Allah (Puissant et Majestueux) révéla : « Certes, l'exemple de Jésus auprès d'Allah » dans le fait qu'il a été créé sans père « est comme l'exemple d'Adam » car il a été créé sans père ni mère. « Il le créa de terre, puis Il lui dit » c'est-à-dire à Jésus : « 'Sois', et il fut » c'est-à-dire il fut. Si l'on dit : quel est le sens de Sa parole : « Il le créa de terre, puis Il lui dit : 'Sois', et il fut » ? Car il n'y a pas de création après la création. On répond : le sens est : Il le créa, puis Il vous informe que J'ai dit : « Sois », et il fut, sans ordre dans la création comme cela se produit dans la naissance. C'est comme la parole d'un homme : « Je t'ai donné aujourd'hui un dirham, puis je t'ai donné hier un dirham », c'est-à-dire puis je t'informe que je t'ai donné hier un dirham. Dans ce qui précède de l'exemple sur la permission du raisonnement par analogie 13, il y a une preuve, car le raisonnement par analogie est le rattachement d'une branche à une racine par un certain type de similitude. Allah a rattaché la création de Jésus à Adam par un certain type de similitude. Sa parole : « La vérité vient de ton Seigneur. Ne sois donc pas de ceux qui doutent » 14 s'adresse à lui (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), mais vise sa communauté. Puis Il dit (Exalté soit-Il) : « À ceux qui te contredisent à son sujet » c'est-à-dire qui discutent avec toi au sujet de Jésus « après ce que tu as reçu de science » 15 que Jésus est le serviteur d'Allah et Son messager, « dis : 'Venez, appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nos propres personnes et vos propres personnes, puis implorons [la malédiction d'Allah] et faisons que la malédiction d'Allah tombe sur les menteurs' » 16. Il voulait al-Hasan, al-Husayn, Fâtima et 'Alî (que la paix soit sur eux). Les Arabes appellent le cousin germain de l'homme sa propre personne. On a dit à propos de Sa parole : « implorons » 17 : nous nous humilions ; on a dit : nous nous efforçons et nous intensifions dans l'invocation ; on a dit : nous nous maudissons mutuellement. L'ibthâl 18 est la malédiction mutuelle. « Faisons que la malédiction d'Allah tombe sur les menteurs » d'entre nous et d'entre vous au sujet de Jésus. Lorsqu'il leur récita cela, ils dirent : « Jusqu'à ce que nous retournions et examinions notre affaire, puis nous viendrons à toi demain. » Ils se retirèrent en privé et dirent au 'Âqib, qui était leur conseiller : « Ô 'Abd al-Masîh, que penses-tu ? » Il dit : « Par Allah, vous savez, ô assemblée de chrétiens, que Muhammad est un prophète envoyé. Par Allah, aucun peuple n'a procédé à l'imprécation mutuelle avec un prophète sans que ses vieillards ne périssent et que ses petits ne prospèrent. Si vous faites cela, vous serez anéantis. Si vous refusez de rester sur ce que vous êtes comme parole au sujet de votre compagnon, alors faites la paix avec l'homme et retournez dans votre pays. » Ils vinrent au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) alors qu'il était venu le matin, tenant al-Husayn dans ses bras, prenant al-Hasan par la main, Fâtima marchant derrière lui et 'Alî derrière elle, et il disait : « Quand j'invoquerai, dites 'Amen'. » L'évêque de Najrân dit : « Ô assemblée de chrétiens, je vois des visages tels que s'ils demandaient à Allah de déplacer une montagne de son emplacement, Il la déplacerait. Ne procédez donc pas à l'imprécation mutuelle, car vous périrez et il ne restera pas un seul chrétien sur la face de la terre jusqu'au Jour de la Résurrection. » Ils dirent : « Ô Abû al-Qâsim, nous avons vu qu'il ne fallait pas procéder à l'imprécation mutuelle avec toi, et que nous te laissions sur ta religion et que nous restions sur notre religion. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Si vous refusez l'imprécation mutuelle, alors embrassez l'islam : vous aurez ce qu'ont les musulmans et vous devrez ce qu'ils doivent. » Ils refusèrent. Il dit : « Alors je vous déclare la guerre. » Ils dirent : « Nous n'avons pas la force de faire la guerre aux Arabes, mais nous faisons la paix avec toi à condition que tu ne nous attaques pas, que tu ne nous effraies pas et que tu ne nous détournes pas de notre religion, et que nous te versions chaque année deux mille manteaux : mille en Safar et mille en Rajab. » Il fit la paix avec eux sur cela. Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, le châtiment s'est déjà abattu sur les gens de Najrân. S'ils avaient procédé à l'imprécation mutuelle, ils auraient été transformés en singes et en porcs, la vallée se serait embrasée de feu pour eux, et Allah aurait exterminé Najrân et ses habitants, jusqu'aux oiseaux sur les arbres. Et il ne se serait pas écoulé une année avant que tous les chrétiens ne périssent. » Abû 'Ubayd al-Qâsim ibn Sallâm dit dans le Livre des Biens : « Les gens de Najrân sont des Arabes de la tribu de al-Hârith ibn Ka'b, et ils sont les premiers à avoir donné la jizya 19 parmi les chrétiens. » Je dis : Le cheikh Ahmad ibn Hasan ibn 'Alî al-Harâzî m'a informé que Najrân est un désert dans les régions orientales du Yémen, entre elle et Sa'da, du côté est, à une distance de quatre jours de marche. C'est une vallée avec beaucoup de palmiers. On y attribue les cannes de Najrân 20. La plupart de ses habitants sont musulmans, et il y a des chrétiens, restes de ceux-là. Ce sont des gens du désert qui élèvent surtout des chèvres. Le souverain chez eux à notre époque – l'an 778 de l'Hégire – est l'imam zaydite 'Alî ibn Muhammad l'imam, puis il mourut et son fils Muhammad lui succéda, connu sous le nom de Sayyid Salâh. Chapitre sur le récit de Satîh et Shiqq, et mention de Najrân et du début du christianisme en terre d'Arabie, dans les pays du Yémen. Ibn Hishâm rapporte au début de la noble Sîra que Rabî'a ibn Nasr, roi du Yémen – j'ai mentionné une partie de son histoire précédemment à propos de Kisrâ, Sayf ibn Dhî Yazan et al-Nu'mân ibn al-Mundhir, et qu'il est de la descendance de ce Rabî'a – dit : « Il vit un rêve qui l'effraya et l'inquiéta. Il fit venir Satîh et Shiqq, et commença par Satîh qui l'informa du rêve et de son interprétation, et dit : 'Les Abyssins descendront sur votre terre et domineront ce qui est entre Abyan et Jurash.' Puis Shiqq le mentionna et l'interpréta, et dit : 'Les Noirs descendront sur votre terre et domineront ce qui est entre Abyan et Najrân.' Ils mentionnèrent l'apparition du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à la fin de l'interprétation du rêve, dans un long récit qui se trouve au début de la Sîra en entier, jusqu'à ce qu'il mentionne l'histoire de Zur'a Dhû Nuwâs ibn Tibân As'ad, frère de Hassân, son meurtre de Khunay'a 21 pour le royaume, et sa prise du pouvoir. Les Himyarites et les tribus du Yémen se rassemblèrent autour de lui. Il fut le dernier des rois himyarites et fut appelé Yûsuf. Il resta dans son royaume un certain temps. À Najrân se trouvaient des restes de gens de la religion de Jésus, suivant l'Évangile, des gens de vertu et de droiture parmi les gens de leur religion, ayant un chef appelé 'Abd Allâh ibn al-Thâmir. L'origine de cette religion à Najrân se situait au centre de la terre d'Arabie à cette époque, tandis que tous les autres Arabes étaient des adorateurs d'idoles. Cela vint d'un homme des restes de cette religion appelé Faymiyûn 22 qui s'installa parmi eux et les y amena.

Ils se convertirent donc à sa religion. Faymiyûn était un homme pieux, ascète en ce monde, dont l'invocation était exaucée. C'était un voyageur itinérant : il ne connaissait aucun village sans en partir. Il vivait du travail de ses mains, étant bâtisseur. Il vénérait le dimanche, ne faisant aucun travail ce jour-là, et se rendait dans une terre déserte pour y prier jusqu'au soir. Cela se passait dans un village du Shâm (Syrie), où il accomplissait son œuvre en secret. Un homme du village, nommé Sâlih, découvrit sa situation et l'aima d'un amour intense. Il le suivait partout où il allait, sans que Faymiyûn s'en aperçoive. Un jour de dimanche, Faymiyûn sortit et se mit à prier comme à son habitude, suivi par Sâlih à son insu. Pendant sa prière, un *tinnîn* (dragon, serpent à sept têtes) s'approcha de lui. En le voyant, Faymiyûn invoqua Dieu contre lui, et il mourut. Sâlih le vit mais ne comprit pas ce qui l'avait frappé ; craignant pour Faymiyûn, il cria : « Ô Faymiyûn, le dragon s'approche de toi ! » Mais Faymiyûn ne se retourna pas et poursuivit sa prière jusqu'à la fin. Puis il partit, sachant qu'il avait été découvert. Sâlih, comprenant que Faymiyûn avait vu où il se trouvait, lui dit : « Ô Faymiyûn, par Dieu, je n'ai jamais rien aimé autant que toi. Je désire t'accompagner et rester avec toi où que tu sois. » Faymiyûn répondit : « Fais ce que tu veux ; ma condition est telle que tu la vois. Si tu sais que tu peux la supporter, alors oui. » Sâlih s'attacha donc à lui, alors que les gens du village étaient sur le point de découvrir son secret. Lorsque quelqu'un était frappé d'un mal, Faymiyûn invoquait Dieu pour lui et il guérissait ; si on l'invitait auprès d'un malade, il n'y allait pas, et Sâlih était avec lui. Alors qu'il marchait dans un des jardins du Shâm, il passa près d'un grand arbre. Un homme l'appela de l'arbre : « Ô Faymiyûn, je t'attendais sans cesse, me disant : "Quand viendra-t-il ?" jusqu'à ce que j'entende ta voix et te reconnaisse. Ne t'éloigne pas avant de t'occuper de moi, car je vais mourir maintenant. » Il mourut, et Faymiyûn veilla sur lui jusqu'à l'enterrer, puis il partit, suivi par Sâlih. Ils foulèrent une terre arabe, où on les attaqua, les captura et les vendit à Najrân. Les habitants de Najrân, à cette époque, suivaient la religion des Arabes : ils adoraient un grand palmier qui se dressait parmi eux, avec une fête chaque année. Lors de cette fête, ils suspendaient à l'arbre tous les beaux vêtements qu'ils trouvaient et les parures des femmes, puis sortaient vers lui et s'y consacraient toute la journée. Faymiyûn fut acheté par un homme parmi leurs notables, et Sâlih par un autre. Lorsque Faymiyûn se levait la nuit pour prier dans une maison que son maître lui avait donnée, la maison s'illuminait de lumière jusqu'au matin, sans lampe. Son maître vit cela, en fut émerveillé, et l'interrogea sur sa religion. Faymiyûn l'en informa et lui dit : « Vous êtes dans l'erreur. Ce palmier ne peut ni nuire ni profiter. Si j'invoquais contre lui mon Dieu, que j'adore, Il le détruirait. C'est Dieu, l'Unique, sans associé. » Son maître lui dit : « Fais-le ! Si tu le fais, nous entrerons dans ta religion et abandonnerons ce que nous suivons. » Faymiyûn se leva, se purifia, pria deux *rak'as* (unités de prière), puis invoqua Dieu contre l'arbre. Dieu envoya un vent qui le déracina et le jeta à terre. Alors, les gens de Najrân le suivirent dans sa religion, et il les établit sur la Loi (*sharî'a*) de la religion de Jésus, fils de Marie (que la paix soit sur lui). Puis les innovations (*ahdâth*) qui avaient affecté les gens de leur religion en toute terre pénétrèrent chez eux. C'est de là que vint le christianisme à Najrân, en terre arabe. Ibn Ishâq rapporte autre chose à ce sujet, et relate l'histoire de 'Abd Allâh ibn al-Thâmir avec le sorcier, jusqu'à ce que le roi tue 'Abd Allâh ibn al-Thâmir (que Dieu lui fasse miséricorde). Il suivait ce qu'avait apporté Jésus, fils de Marie (que Dieu prie sur lui et le salue) de l'Évangile et de ses jugements. Puis ils furent frappés par ce qui frappa les gens de leur religion comme innovations. Ce fut l'origine du christianisme à Najrân. Ensuite, Dhû Nuwâs marcha contre eux avec ses armées, les appela au judaïsme et leur donna le choix entre cela et la mort. Ils choisirent la mort. Il creusa pour eux l'*ukhdûd* (fossé), brûla par le feu, tua par l'épée et les mutila, jusqu'à en tuer près de vingt mille. C'est à ce sujet que Dieu révéla à Son Prophète, au sujet de Dhû Nuwâs et de ses soldats, le meurtre des gens du Fossé (*ashâb al-ukhdûd*). L'*ukhdûd* est la fosse allongée dans la terre, comme un fossé. On dit que parmi ceux que le roi Dhû Nuwâs tua se trouvait 'Abd Allâh ibn al-Thâmir, leur chef et imam. Al-Baghawî rapporte qu'une fosse fut creusée à Najrân à l'époque de 'Umar ibn al-Khattâb (que Dieu l'agrée), et on y trouva 'Abd Allâh ibn al-Thâmir (que Dieu lui fasse miséricorde) la main posée sur une blessure à sa tête. Lorsqu'on écartait sa main, le sang jaillissait ; lorsqu'on la laissait, il la remettait et retenait le sang. À sa main se trouvait une bague sur laquelle était écrit : « Mon Seigneur est Dieu. » Cela parvint à 'Umar, qui leur écrivit : « Laissez-le en l'état et rendez-lui la sépulture qu'il avait. » Il dit : Le nom du roi était Yûsuf Dhû Nuwâs ibn Shurâhbîl, l'un des rois de Himyar. Il vécut pendant la période de l'*fatrah* (intervalle entre les prophètes), soixante-dix ans avant la naissance du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue). Abû al-Tufayl rapporte d'après 'Alî (que Dieu l'agrée) : « Les gens du Fossé avaient un prophète abyssin envoyé à son peuple. » Puis 'Alî récita : {Et Nous avons envoyé des messagers avant toi ; parmi eux, certains Nous t'avons raconté, et d'autres non}. Muqâtil dit : « Il y eut trois fossés : un à Najrân au Yémen, un autre au Shâm, et un autre en Perse. Ils furent brûlés par le feu. Quant à celui du Shâm, il s'agit d'Abtâmûs le Romain ; quant à celui de Perse, c'est Nabuchodonosor ; quant à celui de la terre arabe, c'est Yûsuf Dhû Nuwâs. Quant à ceux de Perse et du Shâm, aucun Coran ne fut révélé à leur sujet ; seule la révélation concerna celui de Najrân. » Al-Baghawî rapporte d'après Wahb ibn Munabbih que Dhû Nuwâs brûla douze mille personnes. Puis Aryât domina le Yémen, et Dhû Nuwâs s'enfuit, se jetant à cheval dans la mer, où il se noya. Ibn Ishâq dit : Vingt hommes des chrétiens vinrent auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) alors qu'il était à La Mecque, lorsque leur parvint la nouvelle de lui de la part des Abyssins – et on dit qu'ils étaient de Najrân. Ils le trouvèrent dans la mosquée, s'assirent près de lui, lui parlèrent et l'interrogèrent, tandis que des hommes de Quraysh, parmi lesquels Abû Jahl, étaient autour de la Ka'ba. Lorsqu'ils eurent fini de l'interroger, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) les appela à l'islam et leur récita le Coran. En l'entendant, leurs yeux débordèrent de larmes. Puis ils répondirent à son appel, crurent en lui, le confirmèrent et reconnurent en lui ce qui leur avait été décrit dans leurs Écrits à son sujet. Lorsqu'ils se levèrent de chez lui, Abû Jahl, accompagné d'un groupe de Quraysh, les interpella et leur dit : « Que Dieu vous déçoive ! Votre peuple vous a envoyés pour vous informer de cet homme, et vous n'avez pas même achevé votre séance auprès de lui sans abandonner votre religion et le croire ! Nous ne connaissons pas de troupe plus stupide que vous ! » Ils leur répondirent : « Paix sur vous ! Nous ne discuterons pas avec vous. Nous avons ce que nous suivons, et vous avez ce que vous suivez. Nous n'avons pas manqué de chercher le bien pour nous-mêmes. » C'est à leur sujet que fut révélée la parole de Dieu : {Ceux à qui Nous avons donné le Livre avant lui y croient. Et quand on le leur récite, ils disent : "Nous y croyons. C'est la vérité venant de notre Seigneur. Nous étions déjà soumis avant lui." Ceux-là recevront leur récompense deux fois pour ce qu'ils ont enduré...} jusqu'à Sa parole : {À nous nos œuvres, à vous vos œuvres. Paix sur vous ! Nous ne recherchons pas les ignorants.} **Chapitre sur l'envoi par le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) de Khâlid ibn al-Walîd aux Banû al-Hârith ibn Ka'b à Najrân et ses correspondances** Ibn Ishâq dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) envoya Khâlid ibn al-Walîd au mois de Rabî' al-Awwal ou Jumâdâ al-Ûlâ de l'an dix, aux Banû al-Hârith ibn Ka'b à Najrân, et lui ordonna de les appeler à l'islam. Ils se convertirent et entrèrent dans ce à quoi ils étaient appelés. Khâlid resta parmi eux pour leur enseigner l'islam, le Livre de Dieu et la Sunna de Son Prophète – c'est ce que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui avait ordonné s'ils se convertissaient. Puis Khâlid écrivit au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. À Muhammad le Prophète, Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), de la part de Khâlid ibn al-Walîd. Que la paix soit sur toi, ô Messager de Dieu, ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions. Je loue pour toi Dieu, en dehors de qui il n'y a de divinité. Ceci dit : Ô Messager de Dieu (que Dieu prie sur toi), tu m'as envoyé aux Banû al-Hârith ibn Ka'b et tu m'as ordonné, lorsque je les atteindrais, de ne pas les combattre pendant trois jours et de les appeler à l'islam. S'ils se convertissaient, je devais accepter d'eux, leur enseigner les préceptes de l'islam, le Livre de Dieu et la Sunna de Son Prophète ; s'ils ne se convertissaient pas, je devais les combattre. Je suis arrivé chez eux, je les ai appelés à l'islam pendant trois jours, comme me l'a ordonné le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), et j'ai envoyé parmi eux des cavaliers disant : "Ô Banû al-Hârith, convertissez-vous et vous serez saufs." Ils se sont convertis sans combattre. Je demeure parmi eux, leur ordonnant ce que Dieu leur a ordonné, leur interdisant ce que Dieu leur a interdit, et leur enseignant les préceptes de l'islam et la Sunna du Prophète, jusqu'à ce que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) m'écrive. Que la paix soit sur toi, ô Messager de Dieu, ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions. » Le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) lui écrivit en réponse : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muhammad le Prophète, Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), à Khâlid ibn al-Walîd. Que la paix soit sur toi. Je loue pour toi Dieu, en dehors de qui il n'y a de divinité. Ceci dit :... »

Ensuite : Ta lettre m'est parvenue avec ton messager, m'informant que les Banū al-Ḥārith ibn Ka‘b ont embrassé l'Islam avant que tu ne les combattes, qu'ils ont répondu à ton appel à l'Islam, qu'ils ont témoigné qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que Muḥammad est Son serviteur et Son messager, et qu'Allah – exalté soit-Il – les a guidés par Sa guidance. Annonce-leur la bonne nouvelle, avertis-les, et viens, et que leur délégation vienne avec toi. Que la paix, la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions soient sur toi. Khalid vint donc auprès du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – et avec lui vint la délégation des Banū al-Ḥārith ibn Ka‘b, parmi lesquels Qays ibn al-Ḥuṣayn Dhū al-Ghuṣṣa, Yazīd ibn ‘Abd al-Madān, Yazīd ibn al-Muḥajjal, ‘Abd Allāh ibn Qurād al-Ziyādī, Shaddād ibn ‘Abd Allāh al-Qanānī et ‘Amr ibn ‘Abd Allāh al-Ḍabābī. Lorsqu'ils arrivèrent auprès du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – et qu'il les vit, il dit : « Qui sont ces gens qui ressemblent à des hommes de l'Inde ? » On dit : « Ô Messager d'Allah, ce sont les hommes des Banū al-Ḥārith ibn Ka‘b. » Lorsqu'ils se tinrent devant le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – ils le saluèrent et dirent : « Nous témoignons que tu es le Messager d'Allah et qu'il n'y a de dieu qu'Allah. » Le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – dit : « Et moi, je témoigne qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que je suis le Messager d'Allah. » Puis le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – dit : « Êtes-vous ceux qui, lorsqu'on les pousse, avancent ? » Ils se turent et aucun d'eux ne lui répondit. Puis il répéta une deuxième fois, et aucun d'eux ne lui répondit. Puis il répéta une troisième fois, et aucun d'eux ne lui répondit. Puis il répéta une quatrième fois, et Yazīd ibn ‘Abd al-Madān dit : « Oui, ô Messager d'Allah, nous sommes ceux qui, lorsqu'on les pousse, avancent. » Il le dit quatre fois. Alors le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – dit : « Si Khalid ne m'avait pas écrit que vous avez embrassé l'Islam sans combattre, j'aurais jeté vos têtes sous vos pieds. » Yazīd ibn ‘Abd al-Madān dit : « Par Allah, nous ne t'avons pas loué, ni n'avons loué Khalid. » Il dit : « Qui avez-vous loué ? » Ils dirent : « Nous avons loué Allah qui nous a guidés par toi. » Il dit : « Vous avez dit vrai. » Puis le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – dit : « Par quoi triomphiez-vous de ceux qui vous combattaient à l'époque préislamique 23 ? » Ils dirent : « Nous ne triomphions de personne. » Il dit : « Si, vous triomphiez de ceux qui vous combattaient. » Ils dirent : « Nous triomphions de ceux qui nous combattaient, ô Messager d'Allah. Nous nous rassemblions et ne nous dispersions pas, et nous ne commencions personne par une injustice. » Il dit : « Vous avez dit vrai. » Et le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – nomma Qays ibn al-Ḥuṣayn gouverneur des Banū al-Ḥārith ibn Ka‘b. La délégation des Banū al-Ḥārith retourna vers son peuple à la fin de Shawwāl ou au début de Dhū al-Qa‘da. Ils ne restèrent après leur retour vers leur peuple que quatre mois jusqu'à ce que le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – meure. Or, le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – avait envoyé vers eux, après le départ de leur délégation, ‘Amr ibn Ḥazm pour les instruire dans la religion, percevoir leurs aumônes légales 24, et il lui écrivit un écrit dans lequel il lui confia son engagement et lui ordonna ce qu'il devait faire. Ibn ‘Abd al-Barr dit : ‘Amr ibn Ḥazm ibn Zayd ibn Lawdhān al-Khazrajī al-Najjārī – et il mentionna dans sa généalogie des divergences – son surnom était Abū al-Ḍaḥḥāk, sa mère était des Banū Sā‘ida. Il n'assista pas à Badr, et sa première bataille fut la Tranchée 25. Le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – le nomma gouverneur de Najrān – ce sont les Banū al-Ḥārith ibn Ka‘b – alors qu'il avait dix-sept ans, pour les instruire dans la religion, leur enseigner le Coran et percevoir leurs aumônes légales. Cela eut lieu en l'an 10, après avoir envoyé vers eux Khālid ibn al-Walīd et qu'ils eurent embrassé l'Islam. Il lui écrivit un écrit contenant les prescriptions successorales 26, les pratiques prophétiques 27, les aumônes légales et les compensations légales 28. Il mourut à Médine en l'an 51, et d'autres dates furent mentionnées. Son fils Muḥammad transmit de lui. Mention de l'écrit Ibn Isḥāq dit : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ceci est une déclaration d'Allah et de Son messager. {Ô vous qui avez cru, respectez les engagements} 29. Engagement de Muḥammad le Prophète, Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – pour ‘Amr ibn Ḥazm lorsqu'il l'envoya au Yémen. Il lui ordonna la crainte d'Allah en toute chose, car {Allah est avec ceux qui Le craignent et ceux qui sont bienfaisants} 30. Il lui ordonna de prendre le droit comme Allah le lui a ordonné, d'annoncer aux gens la bonne nouvelle, de leur ordonner le bien, d'enseigner aux gens le Coran et de les instruire, d'interdire aux gens de toucher le Coran sauf en état de pureté, d'informer les gens de ce qui leur revient et de ce qui leur incombe, d'être doux avec les gens dans le droit et sévère avec eux dans l'injustice, car Allah déteste l'injustice et l'a interdite, disant : « Que la malédiction d'Allah soit sur les injustes ! » ; d'annoncer aux gens le Paradis et de les y inciter, d'avertir les gens de l'Enfer et de ses œuvres, de gagner les cœurs jusqu'à ce qu'ils comprennent la religion, d'enseigner aux gens les rites du pèlerinage 31, sa pratique prophétique et son obligation, et ce qu'Allah a ordonné ; le grand pèlerinage est le pèlerinage, et le petit pèlerinage est la ‘umra 32 ; d'interdire aux gens de prier dans un seul vêtement trop court, à moins que ce soit un vêtement dont on rabat les deux extrémités sur les épaules ; d'interdire à quiconque de s'asseoir en position d'embrassade 33 dans un seul vêtement, exposant son sexe au ciel ; d'interdire de tresser les cheveux de la tête dans la nuque ; d'interdire, en cas de tumulte entre les gens, d'appeler aux tribus et aux clans ; que leur appel soit à Allah seul, sans associé ; que quiconque n'appelle pas à Allah mais appelle aux tribus et aux clans, qu'on le frappe par l'épée jusqu'à ce que leur appel soit à Allah seul, sans associé ; d'ordonner aux gens de parfaire les ablutions 34 : leurs visages, leurs mains jusqu'aux coudes, leurs pieds jusqu'aux chevilles, et d'essuyer leurs têtes comme Allah le leur a ordonné ; d'ordonner la prière à son heure, d'accomplir l'inclinaison 35 et la dévotion 36 ; de faire la prière de l'aube 37 dans l'obscurité, de faire la prière de midi 38 à la chaleur accablante, quand le soleil décline, la prière de l'après-midi 39 alors que le soleil est encore haut dans la terre, la prière du coucher du soleil 40 quand la nuit arrive, sans la retarder jusqu'à ce que les étoiles apparaissent dans le ciel, et la prière de la nuit 41 au début de la nuit. Il lui ordonna de se hâter vers la prière du vendredi 42 quand on y appelle, et de se laver en s'y rendant. Il lui ordonna de prélever sur les butins le quint d'Allah 43 et ce qui est prescrit aux croyants comme aumône légale sur les terres : le dixième de ce qu'arrose la source et le ciel, et sur ce qu'arrose le seau, la moitié du dixième ; pour chaque dix chameaux, deux brebis ; pour chaque vingt, quatre brebis ; pour chaque quarante bovins, une vache ; pour chaque trente bovins, un tābi‘ 44 – jeune mâle ou femelle – et pour chaque quarante moutons en pâture 45, une brebis. Telle est l'obligation d'Allah qu'Il a imposée aux croyants en matière d'aumône légale. Que celui qui fait plus de bien, cela est meilleur pour lui. Quiconque embrasse l'Islam parmi les juifs ou les chrétiens, d'un Islam sincère de sa part, et adopte la religion de l'Islam, alors il est des croyants : il a ce qu'ils ont et il lui incombe ce qui leur incombe. Quant à celui qui reste sur sa chrétienté ou son judaïsme, il n'en sera pas détourné. Sur tout pubère 46, homme ou femme, libre ou esclave, un dīnār 47 valable ou son équivalent en vêtements. Quiconque s'acquitte de cela, alors il a la protection d'Allah et la protection de Son messager. Quiconque refuse cela, alors il est l'ennemi d'Allah, de Son messager et de tous les croyants. Que les prières d'Allah soient sur Muḥammad, et que la paix, la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions soient sur lui. Mention de son écrit – qu'Allah prie sur lui et le salue – à Ukaydir de Dūmat al-Jandal Al-Suhaylī dit dans al-Rawḍ al-Unuf : Il mentionna qu'il écrivit à Ukaydir de Dūma un écrit contenant un engagement et une sauvegarde. Abū ‘Ubayd dit : « Je l'ai lu, et voici ce qu'il contenait : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De la part de Muḥammad, Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – à Ukaydir, lorsqu'il répondit à l'Islam, se dépouilla des idoles et des divinités 48, avec Khālid ibn al-Walīd, l'épée d'Allah, à Dūmat al-Jandal et ses alentours : Nous avons les terres découvertes 49 de l'eau peu abondante 50, des terres incultes 51, des terres inconnues 52, des terres sans traces 53, les armures 54, les armes, les chevaux 55 et la forteresse. À vous les palmiers à l'intérieur 56 et l'eau courante des terres cultivées. Vos troupeaux ne seront pas détournés 57, vos bêtes de trait ne seront pas confisquées 58, et la végétation ne vous sera pas interdite 59. Vous accomplissez la prière à son heure, vous acquittez l'aumône légale comme il se doit. Vous avez là-dessus l'engagement d'Allah et l'alliance. Et vous avez pour cela la sincérité et la fidélité. Allah est témoin, ainsi que les musulmans présents. » Explication de ses termes rares Al-Suhaylī dit : al-ḍāḥiya : les extrémités de la terre ; al-ḍaḥl : l'eau peu abondante, c'est le ḍaḥḍāḥ, selon al-Jawharī ; al-ma‘āmī : ses parties inconnues ; aghfāl al-arḍ : ce qui n'a pas de trace de leur part, comme une construction ou autre ; al-ḍāmina min al-nakhl : ce qui est à l'intérieur de leur pays ; wa lā yuḥẓaru ‘alaykum al-nabāt : vous ne serez pas empêchés de paître où vous voulez ; wa lā tu‘dalu sāriḥatukum : vos troupeaux ne seront pas rassemblés pour la dîme 60 ; et on leur prit certaines de ces terres ; al-ḥalaqa (avec la consonne lām muette) : les armures ; al-silāḥ : ce par quoi on se défend de l'ennemi. Muḥammad ibn Sa‘d rapporta cet écrit dans les Ṭabaqāt et y ajouta des éléments. Je vais le mentionner avec ce qu'il y a ajouté. Il dit : « Moi, Muḥammad ibn ‘Umar al-Aslamī, j'ai dit : Un homme de Dūma m'a raconté que le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – écrivit cet écrit à Ukaydir. Je l'ai lu et j'en ai pris une copie : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ceci est un écrit de Muḥammad, Messager d'Allah, à Ukaydir, lorsqu'il répondit à l'Islam, se dépouilla des idoles et des divinités, avec Khālid ibn al-Walīd, l'épée d'Allah, à Dūmat al-Jandal et ses alentours : Il a les terres découvertes de l'eau peu abondante, des terres incultes, des terres inconnues, des terres sans traces, les armures, les armes, les chevaux et la forteresse. À vous les palmiers à l'intérieur et l'eau courante des terres cultivées. Et après le quint 61, vos troupeaux ne seront pas détournés, vos bêtes de trait ne seront pas confisquées, la végétation ne vous sera pas interdite, et on ne prendra de vous que le dixième des fruits 62. Vous accomplissez la prière à son heure, vous acquittez l'aumône légale comme il se doit. Vous avez là-dessus l'engagement et l'alliance. Et vous avez pour cela la sincérité et la fidélité. Allah est témoin, ainsi que les musulmans présents. » Explication de ses termes rares

Muhammad ibn 'Umar al-Dahhal a dit : « L'eau peu abondante 63, les terres vagues 64 et les terres bornées 65 sont ce qui n'a pas de limite ; les terres productives 66 sont ce qui porte des palmiers. Sa parole : « Ne détournez pas votre bétail 67 » signifie : ne l'éloignez pas du pâturage. Al-Farida 68 est ce qui n'est pas soumis à l'aumône légale ; al-Aghfal 69 est ce dont on ne fixe pas la limite parmi les terres ; al-Ma'in 70 est l'eau courante ; al-Thabat 71 sont les vieux palmiers dont les racines se sont enfoncées dans la terre et se sont fixées. » Il a dit : « Les habitants de Douma 72, d'Ayla 73 et de Tayma 74 avaient craint le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) lorsqu'ils virent que les Arabes s'étaient convertis à l'islam. » Al-Suhayli a dit : « Abu 'Ubayd a dit : 'Il n'a pas agi ainsi avec les gens d'al-Ta'if lorsqu'ils vinrent repentants, car ceux-ci [les habitants de Douma, Ayla et Tayma] avaient été vaincus et leur roi avait été fait prisonnier. Mais il leur laissa de leurs biens ce que le document stipulait, car il ne les avait pas combattus jusqu'à les prendre de force 75 comme il avait pris Khaybar. Si l'affaire avait été ainsi, tous leurs biens auraient été pour les musulmans, et il aurait eu le choix concernant leurs personnes 76, comme cela a été mentionné précédemment. Et s'ils étaient venus à lui repentants avant qu'il ne sorte contre eux, comme l'avaient fait Thaqif, il n'aurait rien pris de leurs biens.' » Al-Bakri a dit : « Douma al-Jandal 77 (avec la damma sur le dal) est située entre Bark al-Ghimad 78 et La Mecque ; on dit aussi entre le Hedjaz et la Syrie, et le sens est le même. Elle est à dix étapes de Médine, dix de Koufa, huit de Damas et douze d'Égypte. Elle a été nommée d'après Dumman ibn Isma'il (sur lui la paix) qui y résidait. » Mention de la lettre du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) à Asibakht 79, gouverneur de Hajar 80. Muhammad ibn Sa'd a dit : « Ils ont dit : 'L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) écrivit à Asibakht ibn 'Abd Allah, gouverneur de Hajar : « Il m'est venu al-Aqra' 81 avec ta lettre et ton intercession pour ton peuple. Je t'ai accordé ton intercession et j'ai cru ton messager al-Aqra' au sujet de ton peuple. Réjouis-toi de ce que tu m'as demandé et sollicité, et obtiens ce que tu aimes. Mais j'ai considéré qu'il fallait que je l'informe et que tu viennes à moi. Si tu viens, je t'honorerai ; si tu restes, je t'honorerai. Ceci étant, je ne demande de cadeau à personne ; si tu m'envoies un cadeau, je l'accepterai. Mes gouverneurs ont loué ta conduite. Je te recommande de persévérer dans ce que tu fais de bien : la prière, l'aumône légale et la lecture 82 pour les croyants. J'ai nommé ton peuple les Banu 'Abd Allah 83. Ordonne-leur la prière et la meilleure action. Réjouis-toi. La paix soit sur toi et sur ton peuple croyant. » » Parmi les rois auxquels l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a envoyé [des lettres] figure al-Asbagh ibn 'Amr 84. Al-Bakri a dit, à la lettre dal : « L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) envoya une armée à Douma, mit à leur tête 'Abd al-Rahman ibn 'Awf, le coiffa de son turban de sa propre main, et dit : « Pars au matin au nom de Dieu. Combats dans le chemin de Dieu, combats ceux qui mécroient en Dieu, et invoque-moi abondamment. Peut-être Dieu t'accordera-t-il la victoire. Si tu remportes la victoire, épouse la fille de leur roi. » Al-Asbagh ibn 'Amr ibn Tha'laba ibn Husn ibn Damdam était leur roi. Il [‘Abd al-Rahman] la conquit et épousa sa fille Tumadir bint al-Asbagh. Elle fut la première Kalbite 85 qu'un Qoraychite épousa. Elle lui donna Abu Salama al-Faqih 86. Elle était la sœur utérine d'al-Nu'man ibn al-Mundhir 87. La conquête de Douma se fit par un traité de paix 88. Elle fait partie des territoires de paix qui versèrent la capitation 89 à l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). Il en fut de même pour Adhruh 90, Hajar, al-Bahrayn 91 et Ayla. » Lettre ba' Parmi ceux qui correspondirent avec lui (que Dieu prie sur lui et le salue) figure Badhan 92, gouverneur de Sanaa, d'origine perse. Ibn Hisham a rapporté d'après Ibn Ishaq que Chosroès 93 avait nommé Badhan gouverneur du Yémen. Il resta en fonction jusqu'à ce que le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) fût envoyé. Il a déjà été mentionné dans notre livre le récit de son gouvernement sur le Yémen dans la biographie de Chosroès Abruwiz 94, roi des Perses à Médain 95. Lorsque l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) lui envoya sa lettre par 'Abd Allah ibn Hudhafa al-Sahmi (que Dieu l'agrée), il la déchira et écrivit à Badhan : « Il m'est parvenu qu'un homme de Qoraych s'est levé à La Mecque, prétendant être un prophète. Va le trouver et exige qu'il se rétracte. S'il se rétracte, [bien] ; sinon, envoie-moi sa tête. » Badhan envoya la lettre de Chosroès au Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue). Celui-ci lui écrivit : « Dieu m'a promis qu'il tuera Chosroès tel jour, tel mois. » Lorsque la lettre parvint à Badhan, il attendit pour voir, et dit : « S'il est prophète, ce qu'il dit arrivera. » Dieu tua Chosroès le jour même que l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) avait dit ; son fils Shiruya 96 le tua. Lorsque cela parvint à Badhan, il envoya à l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) l'annonce de sa conversion et de celle des Perses qui étaient avec lui. Les messagers perses dirent à l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) : « À qui appartenons-nous, ô Envoyé de Dieu ? » Il dit : « Vous êtes des nôtres et nous sommes vôtres, gens de la Maison 97. » C'est pourquoi l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : « Salman est des nôtres, gens de la Maison. » Il a dit : « Il y avait à Hajar 98, au Yémen, une inscription ancienne : « À qui possède Dhamar 99, les Himyarites 100 bons ; à qui possède Dhamar, les Abyssins 101 mauvais ; à qui possède Dhamar, les Perses libres ; à qui possède Dhamar, les Qoraychites commerçants. » Dhamar, Sanaa et Sa'da 102 sont des régions proches au Yémen. » Lettre ta' Parmi ceux qui correspondirent avec lui (que Dieu prie sur lui et le salue) mille ans avant sa naissance figure Tubba' 103. À ce sujet, il est question des Tubba' 104, de la construction de la Ka'ba et de l'histoire de sa clé. L'auteur d'al-Hanna' al-Da'im 105 a dit, à propos de la naissance d'Abu al-Qasim (que Dieu prie sur lui et le salue) : « Parmi ceux qui crurent en lui avant sa mission figure Tubba' le Premier, l'un des cinq qui régnèrent sur le monde. Lorsqu'il passa par Yathrib 106, qui était sa résidence, il y avait une source d'eau. Quatre cents savants des gens du Livre 107, qui avaient un savant auquel ils se référaient, l'informèrent que c'était l'emplacement de la tombe du Prophète de la fin des temps, qui sortirait de La Mecque, nommé Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue), l'imam de la vérité, le maître du sceptre, de la chamelle et de la couronne, le maître du Coran, de la direction de la prière et de l'étendard, le maître de la parole « Il n'y a de dieu que Dieu ». Sa naissance est à La Mecque, son émigration à Médine. Bienheureux celui qui l'atteindra et croira en lui ! » Ils lui expliquèrent ce que leurs prédécesseurs leur avaient expliqué. Il crut au Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), construisit pour eux la ville [Médine] de ses biens, donna à chacun d'eux de quoi subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, écrivit une lettre au Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), la scella d'or et la remit à leur chef. Son contenu était : « Ceci étant, ô Muhammad, j'ai cru en toi et en ton Livre que Dieu fera descendre sur toi. Je suis sur ta religion et ta sunna. J'ai cru en ton Seigneur et Seigneur de toute chose, et en tout ce qui est venu de ton Seigneur comme lois de l'islam et de la foi. J'ai accepté cela. Si je t'atteins, tant mieux ; si je ne t'atteins pas, intercède pour moi au Jour de la Résurrection et ne m'oublie pas, car je suis parmi les premiers de ta communauté et ceux qui t'ont suivi avant ta venue et avant que Dieu ne t'envoie. Je suis sur ta religion et sur la religion de ton père Abraham. » Il scella la lettre et y grava : « À Dieu appartient le commandement, avant et après ; et ce jour-là, les croyants se réjouiront du secours de Dieu. » Il écrivit l'adresse de la lettre : « À Muhammad ibn 'Abd Allah (que Dieu prie sur lui et le salue), le sceau des prophètes et des messagers, l'Envoyé du Seigneur des mondes, de la part de Tubba' le Premier, Himyarite. Confié à Dieu entre les mains de quiconque la trouvera jusqu'à ce qu'il la remette à son destinataire. » Il la remit au chef des savants mentionnés. Puis la lettre en question parvint au Prophète de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) par l'intermédiaire d'un des fils du savant mentionné, à qui elle avait été confiée, lorsqu'il émigra (que Dieu prie sur lui et le salue), alors qu'il était entre La Mecque et Médine. Ensuite, Tubba' mourut croyant. Entre le jour de sa mort et la naissance du Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), il y eut mille ans, ni plus ni moins. Parmi ses vers sur le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) : « Et viendra après eux un homme grand, un prophète qui ne permet pas l'illicite. Il sera nommé Ahmad. Plût à Dieu que je vive un an après son envoi ! » Al-Suhayli (que Dieu lui fasse miséricorde) a dit : « Le sens de Tubba' dans la langue du Yémen est le roi suivi 108. » Al-Mas'udi a dit : « On n'appelle un roi Tubba' que lorsqu'il possède le Yémen, al-Shihr 109 et Hadramaout. Le premier des Tubba' est al-Harith al-Ra'ish 110 ibn Humal ibn Dhi Shadad. Il fut appelé al-Ra'ish parce qu'il pourvut 111 les gens en leur donnant largement et en partageant parmi eux le butin. Il fut le premier à partager le butin. Il était croyant et composa des vers annonçant l'envoi de l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue). » Il mentionna ses deux vers et y ajouta d'autres vers sur une rime différente : « La permanence est empêchée par le cours du soleil et son lever d'où il ne se couche pas. Son lever est blanc et lumineux, son coucher jaune comme le wars 112. Il court sur la voûte céleste comme court l'oiseau de la mort dans les âmes. Aujourd'hui, je sais ce qui viendra, et hier est passé avec le jugement de son décret. » On a dit que ces vers sont de Tubba' l'Autre. Dieu sait mieux. Al-Wars est une plante jaune du Yémen utilisée pour teindre. Il a dit : « Quant à al-'Aranjaj 113, dont on a dit qu'il est Himyar ibn Saba', son sens en himyarite est « l'antique ». À l'époque de Tubba' le Moyen, qui est Hassan ibn Tiban As'ad 114 — ce sont deux noms réunis en un seul, comme Ma'dikarib 115 ; Tiban vient de al-tibana 116, qui est l'intelligence et la perspicacité — à son époque eut lieu le départ de 'Amr ibn 'Amir du Yémen à cause de la digue de l'Inondation 117. Il est 'Amr Muzayqiya 118, qui déchirait chaque jour un habit. [Il est] ibn 'Amir Ma' al-Sama' 119 ibn Haritha al-Ghitrif 120 ibn Imru' al-Qays ibn Tha'laba. On l'appelait Tha'laba al-'Anqa' 121. Tous ces rois étaient couronnés. 'Amir Ma' al-Sama' est le père d'al-Aws et d'al-Khazraj 122. Al-Suhayli a dit : « Al-Aws signifie le don ; al-Khazraj, le vent froid. » 'Amir Ma' al-Sama' mourut à Médine après leur combat contre les Romains. »

Leur supériorité sur tous ceux qui les combattirent. Après sa mort, il arriva ce qui arriva au sujet des Juifs et la rupture du pacte qui existait entre eux et les Aws et les Khazraj. Ceux-ci s'étaient installés avec eux lorsqu'ils étaient sortis du Yémen, selon des conditions et des engagements conclus entre eux. Mais les Juifs ne tinrent pas leurs promesses et les opprimèrent. Ils implorèrent donc l'aide de Tubba' 123, qui vint. Al-Qutaybi mentionna qu'il n'avait pas l'intention de conquérir la ville, mais seulement de tuer les Juifs qui s'y trouvaient. On a dit aussi que cette histoire concernait Abū Jubayla al-Ghassānī 124 et que c'était lui que les Aws et les Khazraj avaient appelé à l'aide contre les Juifs. Dieu sait mieux. Ce qu'a privilégié et jugé correct as-Suhaylī 125, c'est l'histoire d'Abū Jubayla al-Ghassānī, car l'histoire de Tubba' est plus ancienne ; on dit qu'il vécut sept cents ans avant l'Islam. Le nom correct d'Abū Jubayla est Jubayla, sans kunya 126, fils d'Amr ibn Jabala ibn Jafna. Jafna est Ghāliba ibn Amr ibn 'Āmir Mā' as-Samā'. Jubayla est l'ancêtre de Jabala ibn al-Ayham, le dernier roi des Banū Jafna. Jubayla al-Ghassānī mourut d'une sangsue qu'il avait bue dans de l'eau, alors qu'il revenait de Médine. On rapporte que Tubba' voulut détruire Médine et exterminer les Juifs. Un homme parmi eux, âgé de deux cent cinquante ans, lui dit : « Ô roi, tu es trop grand pour que l'emportement te fasse perdre la tête ou que la colère te rende léger. Ton affaire est trop importante pour que notre pardon soit refusé à cause d'un manque de clémence. De plus, cette ville est le lieu de l'émigration 127 d'un Prophète qui sera envoyé avec la religion d'Abraham, sur lui la paix. » As-Suhaylī dit : « Ce Juif était l'un des deux rabbins 128 mentionnés par Ibn Isḥāq. L'un des deux rabbins s'appelait Saḥīt et l'autre Munabbih, cité par Qāsim ibn Thābit dans ad-Dalā'il. Dans une version de Yūnus d'après Ibn Isḥāq, il est dit que le rabbin qui parla au roi s'appelait Binyāmīn ou Bilyāmīn, avec un lām. On rapporte qu'une femme nommée Fukayha, des Banū Zurayq, portait de l'eau du puits de Rūma après que les deux rabbins eurent dit ce qu'ils dirent. Il cessa de combattre les habitants de Médine. Ils entrèrent dans son camp. Il donna à Fukayha jusqu'à l'enrichir. Elle et sa tribu restèrent parmi les plus riches des Ansār 129 jusqu'à l'arrivée de l'Islam. Lorsque le roi crut en Muḥammad, que Dieu prie sur lui et le salue, et connut son histoire, il dit : "J'ai témoigné qu'Aḥmad est un Prophète de Dieu, le Créateur des êtres. Si ma vie se prolongeait jusqu'à la sienne, je serais son vizir et son cousin. Je combattrais par l'épée ses ennemis et dissiperais toute peine de son cœur." As-Suhaylī dit : « Abū Isḥāq az-Zajjāj mentionna dans son livre al-Ma'ānī qu'une tombe fut creusée à Ṣan'ā' et qu'on y trouva deux femmes avec une plaque d'argent écrite en or, sur laquelle était écrit : "Ceci est la tombe de Lumays et Ḥubbā, les deux filles de Tubba'. Elles moururent en témoignant qu'il n'y a de dieu que Dieu, l'Unique, sans associé. C'est ainsi que moururent les justes avant elles." Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : "Je ne sais si Tubba' est maudit ou non." On rapporte aussi de lui, que Dieu prie sur lui et le salue, qu'il a dit : "N'insultez pas Tubba', car il était croyant." Si ce dernier hadith est authentique, c'est après qu'il eut appris son état. Nous ne savons pas lequel des Tubba' il visait. Cependant, dans le hadith de Ma'mar d'après Hammām ibn Munabbih d'après Abū Hurayra, que Dieu l'agrée, le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : "N'insultez pas As'ad al-Ḥimyarī, car il fut le premier à vêtir la Ka'ba 130." Ceci est plus authentique que le premier hadith et plus clair, car il mentionne As'ad, qui est Tubba' As'ad mentionné précédemment. » Au sujet des Banū an-Najjār : an-Najjār est Taym Allāh ibn Tha'laba ibn 'Amr ibn al-Khazraj. Il fut surnommé an-Najjār parce qu'il frappa le visage d'un homme avec une doloire 131. Il dit : « Les transmetteurs de récits rapportent que lorsque Tubba' se dirigea vers la Maison 132 pour la détruire, il fut frappé d'une maladie qui fit suppurer sa tête de pus et de sang abondamment, et devint si fétide que personne ne pouvait s'approcher de lui à une portée de lance. Il fit venir les devins et les médecins et les interrogea sur sa maladie. Ce qu'ils virent de lui les effraya, et ils ne trouvèrent aucun remède. Alors les deux rabbins lui dirent : "Peut-être as-tu conçu quelque chose au sujet de cette Maison ?" Il répondit : "Oui, j'ai voulu la détruire." Ils lui dirent : "Repens-toi à Dieu de ce que tu as projeté, car c'est la Maison de Dieu et Son Sanctuaire." Ils lui ordonnèrent de respecter son caractère sacré. Il le fit, guérit de sa maladie et recouvra la santé. Il est plausible que ce récit soit authentique, car Dieu, gloire à Lui, dit : "Et quiconque cherche à y commettre un sacrilège injustement, Nous lui ferons goûter un châtiment douloureux" 133, c'est-à-dire quiconque y projette une injustice. La préposition "bi" dans "bi-ẓulmin" indique le sens correct : celui qui y projette une injustice, même s'il ne la commet pas, sera châtié, en raison de la rigueur à son égard et de la vénération de Son sanctuaire. Comme Dieu fit avec les gens de l'Éléphant 134, qu'Il anéantit avant qu'ils n'atteignent Sa Maison. » Il vêtit la Maison de ḫuṣuf 135 – pluriel de ḫuṣfa, tissé de palmes et de fibres –, on dit aussi de vêtements grossiers, ou des manteaux nagrāniens. Dans le Kitāb al-'Ayn, ḫuṣf est une variante de ḫazaf, et ḫuṣf, avec ḍamma sur le ḫā' et sukūn sur le ṣād, est la noix, selon Abū Ḥanīfa. On rapporte que lorsque Tubba' vêtit la Maison de tissus de poils et de nattes, la Maison se souleva et les rejeta. Il fit de même lorsqu'il la vêtit de ḫuṣuf. Mais lorsqu'il la vêtit de mulā' 136 et de waṣā'il 137, elle les accepta. Les waṣā'il sont des vêtements yéménites ; on dit que ce sont des brocarts rouges avec des rayures vertes. Le singulier est waṣīla. De son poème lorsqu'il vêtit la Maison : "Nous avons vêtu la Maison que Dieu a sanctifiée de mulā' brodé et de brocarts. Nous y avons séjourné dix jours du mois, et nous avons mis à sa porte un collier. Nous avons sacrifié six mille [bêtes] dans le ravin, et les gens les ont vues affluer vers elles. Puis nous sommes partis d'elle, nous dirigeant vers Suhayl, levant notre étendard noué." Al-Qutaybi dit : « L'histoire de Tubba' se situe sept cents ans avant l'Islam. » As-Suhaylī, que Dieu lui fasse miséricorde, dit : « Ibn Isḥāq dit ailleurs que le premier à vêtir la Ka'ba de brocart fut al-Ḥajjāj. Un groupe d'autres personnes, dont ad-Dāraquṭnī, mentionnent que Nutayla bint Janāb, mère d'al-'Abbās ibn 'Abd al-Muṭṭalib, avait perdu al-'Abbās enfant et avait fait vœu, si elle le retrouvait, de vêtir la Ka'ba de brocart. Elle le fit lorsqu'elle le retrouva. Elle était d'une famille royale. Az-Zubayr an-Nassāba dit que le premier à la vêtir de brocart fut 'Abd Allāh ibn az-Zubayr. » As-Suhaylī dit : « Les aqyāl 138 sont les rois inférieurs aux Tubba'. Le singulier est qayl. On a formé à partir de qayl un verbe fāla, d'où qāla 'alaynā fulān, c'est-à-dire il a régné sur nous. Al-qayāla est le commandement. De là vient la parole du Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, dans sa glorification rapportée par at-Tirmidhī : "Gloire à Celui qui a revêtu la puissance et a dit par elle", c'est-à-dire a régné par elle et a dominé. C'est ainsi que l'a interprété al-Harawī dans al-Gharībayn. » Il dit : « La construction de la Ka'ba eut lieu cinq fois dans l'histoire : la première, lorsque Shīth 139 fils d'Adam la construisit ; la deuxième, lorsqu'Abraham la construisit sur les fondations premières ; la troisième, lorsque Quraysh la construisit cinq ans avant l'Islam ; la quatrième, lorsqu'elle brûla à l'époque d'Ibn az-Zubayr à cause d'une étincelle qui vola d'Abū Qubays et tomba sur ses voiles – on dit aussi qu'une femme voulut l'encenser et qu'une étincelle du brûle-parfum vola sur les voiles, qui prirent feu ; il la démolit et la reconstruisit ; la cinquième, à l'époque de 'Abd al-Malik ibn Marwān, lorsque al-Ḥajjāj tua 'Abd Allāh ibn az-Zubayr, il la démolit et la remit dans l'état où elle était à l'époque du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue. Lorsqu'il apprit le hadith de 'Ā'isha, que Dieu l'agrée, où le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, lui dit : "N'as-tu pas vu que ton peuple, lorsqu'il a construit la Ka'ba, s'est limité aux fondations d'Abraham, faute de moyens ?" Puis il dit : "Si ce n'était la proximité de ton peuple avec la jāhiliyya 140, je l'aurais démolie, j'aurais fait une porte arrière, j'aurais collé sa porte au sol et j'aurais inclus le Ḥijr 141 en elle." Conformément au hadith de 'Ā'isha, que Dieu l'agrée, 'Abd Allāh ibn az-Zubayr la construisit comme elle l'avait rapporté. 'Abd al-Malik dit : "J'aurais aimé avoir laissé Ibn az-Zubayr et ce qu'il avait entrepris." Lorsque Abū Ja'far al-Manṣūr devint calife, il voulut la construire comme l'avait fait Ibn az-Zubayr. Mālik ibn Anas lui dit : "Je t'adjure par Dieu de ne pas faire de cette Maison un jouet pour les rois après toi, que chacun veuille la changer à sa guise, car cela ferait perdre sa vénération dans les cœurs." Il l'en dissuada. On dit aussi qu'elle fut construite à l'époque des Jurhum une ou deux fois, car le torrent avait fissuré son mur ; mais ce n'était pas une construction comme nous l'avons mentionné, seulement une réparation de ce qui s'était affaibli et un mur construit entre elle et le torrent. » Il dit : « Avant que Shīth, sur lui la paix, ne la construise, la Ka'ba était une tente de rubis rouge autour de laquelle Adam, sur lui la paix, tournait et trouvait consolation, car elle avait été descendue du Paradis pour lui. » Chapitre sur l'histoire de la clé de la Ka'ba, bien que cela ne fasse pas partie du propos du livre ; je ne l'ai mentionné que pour ce qu'il contient de manifestation de son miracle, que Dieu prie sur lui et le salue. As-Suhaylī dit : « Ibn Sa'd mentionna dans aṭ-Ṭabaqāt d'après 'Uthmān ibn Ṭalḥa al-Ḥajabī : "Nous ouvrions la Ka'ba à l'époque de la jāhiliyya le lundi et le jeudi. Un jour, le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, vint voulant entrer dans la Ka'ba avec les gens. Je me montrai rude envers lui et l'injuriai. Il se montra indulgent envers moi, puis dit : 'Ô 'Uthmān, peut-être verras-tu un jour cette clé dans ma main, je la placerai où je voudrai.' Je lui dis : 'Ce jour-là, Quraysh sera perdue et humiliée.' Il dit : 'Au contraire, elle sera prospère et honorée ce jour-là.' Il entra dans la Ka'ba. Sa parole m'impressionna au point que je pensai ce jour-là que les choses tourneraient comme il l'avait dit. Lors du jour de la conquête de La Mecque, il planta son étendard à al-Ḥajūn, près de la mosquée de la Conquête, et se leva, que Dieu prie sur lui et le salue, entouré des Muhājirūn 142 et des Ansār."

ses deux mains et derrière lui jusqu'à ce qu'il entre dans la mosquée. Il se dirigea vers la Pierre Noire, la toucha, puis tourna autour de la Maison 143 avec un arc à la main. Sa circumambulation se fit sur sa monture, et il n'était pas en état de sacralisation 144 ce jour-là. Il se limita à la circumambulation autour de la Maison, sur laquelle se trouvaient trois cent soixante idoles. Il se mit à les frapper avec l'arc en disant : « La Vérité est venue et l'Erreur a disparu ; l'Erreur est destinée à disparaître 145 », « La Vérité est venue ; l'Erreur ne crée ni ne recrée 146 ». Les idoles tombaient sur leurs faces. Il est rapporté que leurs pieds étaient fixés avec du plomb. L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya chercher les idoles qui étaient autour de la Ka'ba 147 ; elles furent toutes brisées, parmi elles al-Lat, al-'Uzza et Manat, la troisième, l'autre 148. Son crieur proclama à La Mecque : « Que celui qui croit en Dieu et au Jour dernier ne laisse aucune idole dans sa maison sans la briser. » Il raconte : Fadala ibn 'Umayr ibn al-Mulawwah avait l'intention de tuer l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — alors qu'il tournait autour de la Maison. Lorsqu'il s'approcha de lui, l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Fadala ? » Fadala dit : « Oui, ô Envoyé de Dieu. » Il dit : « Que méditais-tu en toi-même ? » Il dit : « Rien, je me souvenais de Dieu. » Le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — rit, puis dit : « Demande pardon à Dieu. » Puis il posa sa main sur sa poitrine, et son cœur s'apaisa. Fadala disait : « Par Dieu, il n'avait pas retiré sa main de ma poitrine que rien de ce que Dieu a créé ne m'était plus cher que lui. » Fadala dit : « Je retournai chez les miens ; je passai près d'une femme à qui je parlais ; elle dit : 'Viens donc parler.' Je dis : 'Non.' » Et Fadala récita : « Elle dit : Viens donc parler ; je dis : Non, Dieu et l'Islam te l'interdisent. Si tu avais vu Muhammad et sa troupe Le jour de la conquête, quand les idoles furent brisées, Tu aurais vu la religion de Dieu devenue claire parmi nous, Tandis que l'association 149 était couverte de ténèbres. » Puis il — que Dieu prie sur lui et le salue — appela 'Uthman ibn Talha et prit de lui la clé de la Ka'ba. Il ordonna qu'elle soit ouverte ; il y entra et vit les images ; il ordonna qu'elles soient effacées. Puis il pria, tourna dans la Maison, proclama la grandeur de Dieu 150 dans ses coins et proclama l'unicité de Dieu. Puis il ouvrit la porte, alors que les Qurayshites 151 avaient rempli la mosquée en rangs, regardant ce qu'il allait faire. Il saisit les deux montants de la porte, alors qu'ils étaient en dessous de lui, et dit : « Il n'y a de dieu que Dieu, Seul, sans associé. Il a tenu Sa promesse, secouru Son serviteur et mis en déroute les coalisés 152 Seul. Certes, tout privilège, tout sang ou bien est sous mes deux pieds, sauf la garde de la Maison et l'abreuvement des pèlerins. » Puis il dit : « Ô assemblée des Qurayshites, Dieu a ôté de vous l'orgueil de l'époque préislamique et sa vénération des ancêtres. Les hommes viennent d'Adam, et Adam vient de terre. » Puis il récita ce verset : « Ô hommes, Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle… 153 » Puis il dit : « Ô assemblée des Qurayshites, que pensez-vous que je vais faire de vous ? » Ils dirent : « Du bien, un frère généreux et le fils d'un frère généreux. » Il dit : « Je vous dis comme Joseph dit à ses frères : 'Aucun reproche sur vous aujourd'hui 154. Allez, vous êtes libres. » Puis 'Ali se leva vers lui — et dans une version, al-'Abbas, avec des hommes des Banu Hashim —, la clé de la Ka'ba à la main, et dit : « Ô Envoyé de Dieu, réunis pour nous la garde avec l'abreuvement, que Dieu prie sur toi. » L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Où est 'Uthman ibn Talha ? » On l'appela, et il lui dit : « Tiens ta clé, ô 'Uthman. Aujourd'hui est un jour de bonté et de fidélité. Prenez-la, éternelle et perpétuelle ; seul un injuste vous l'enlèvera. Ô 'Uthman, Dieu vous a confié Sa Maison ; mangez donc de ce qui vous parvient de cette Maison selon la convenance. » Il dit : « Lorsque je tournai le dos, il m'appela ; je revins vers lui, et il dit : 'N'était-ce pas ce que je t'avais dit ?' » Il se souvint de sa parole, avant l'Hégire 155, à l'époque préislamique : « Peut-être verras-tu cette clé dans ma main, je la place où je veux. » Je dis : « Oui, j'atteste que tu es l'Envoyé de Dieu. » Chapitre du Jim Mention de l'envoi par lui — que Dieu prie sur lui et le salue — à Jabala ibn al-Ayham al-Ghassani Ibn al-Jawzi dit : L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit à Jabala ibn al-Ayham, roi de Ghassan en Syrie, l'appelant à l'islam. Il se convertit et écrivit à l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — pour l'informer de sa conversion, et lui offrit un cadeau. Puis il resta musulman jusqu'au temps de 'Umar ibn al-Khattab — que Dieu l'agrée —. Il fit la circumambulation autour de la Maison ; un homme des Banu Fazara marcha sur son pagne 156, qui se défit. Jabala leva la main et le gifla, lui brisant le nez. Il porta plainte contre lui auprès de 'Umar. 'Umar lui dit : « Ou bien tu satisfais l'homme, ou bien je te fais subir la peine du talion 157. » Les versions divergent à son sujet : on dit qu'il se convertit et offrit un cadeau comme nous l'avons mentionné ; on dit aussi qu'il resta dans sa religion jusqu'au temps de 'Umar, puis Dieu fit entrer l'islam dans son cœur, il se convertit et vint chez 'Umar, puis apostasia. Al-Suhayli dit : Shuja' ibn Wahb vint chez Jabala ibn al-Ayham ibn al-Harith ibn Abi Shamr ; sa taille était de douze empans ; il touchait le sol de ses pieds en montant. Il lui dit : « Ô Jabala, ton peuple a transporté ce Prophète illettré 158 de sa demeure à leur demeure — il voulait dire les Ansar 159 — ; ils l'ont accueilli et protégé. Cette religion que tu pratiques n'est pas celle de tes pères ; mais tu as possédé la Syrie et y as côtoyé les Byzantins ; si tu avais côtoyé Kisra 160, tu aurais adopté la religion des Perses pour posséder l'Irak. Ce Prophète a été reconnu par des gens de ta religion ; si nous le préférons à toi, cela ne te fâche pas ; si nous te préférons à lui, cela ne le satisfait pas. Si tu te convertis, la Syrie t'obéira et les Byzantins te craindront ; s'ils ne le font pas, ils auront le monde et toi l'au-delà ; tu auras échangé les mosquées contre les églises, l'appel à la prière 161 contre le clocher, le rassemblement 162 contre les Rameaux, la direction de la prière 163 contre la croix. Ce qui est auprès de Dieu est meilleur et plus durable. » Jabala lui dit : « Par Dieu, j'aurais aimé que les gens se rassemblent autour de ce Prophète comme ils se rassemblent autour de la création des cieux et de la terre. J'ai été réjoui par le rassemblement de mon peuple pour lui, et j'ai admiré qu'il tue les adorateurs d'idoles et les Juifs, et qu'il épargne les chrétiens. César m'a appelé à combattre ses compagnons le jour de Mu'ta 164, mais j'ai refusé. Alors Malik ibn Nafila des Sa'd al-'Ashira s'est porté volontaire, et Dieu l'a tué. Mais je ne vois pas de vérité qui profite ni d'erreur qui nuise ; ce qui me pousse vers lui est plus fort que ce qui m'en éloigne ; je vais réfléchir. » L'auteur de Zubdat al-Fikra dit : Lorsqu'il se convertit au temps de 'Umar, il lui écrivit pour l'informer de sa conversion et lui demander la permission de venir le voir. 'Umar s'en réjouit et lui permit. Il partit avec deux cent cinquante membres de sa famille ; lorsqu'il approcha de Médine, il fit monter ses compagnons sur des chevaux, les para de colliers d'argent et d'or, les vêtit de brocart de soie, mit sa couronne sur sa tête — elle contenait les boucles d'oreilles de Mariya, sa grand-mère —. Il ne resta ni vierge ni femme sans enfant qui ne sortît pour le regarder, lui et son apparat. Lorsqu'il entra chez 'Umar — que Dieu l'agrée —, celui-ci l'accueillit chaleureusement, le fit asseoir près de lui, et il resta à Médine honoré. Le temps du pèlerinage vint ; 'Umar partit en pèlerinage, et il partit avec lui. Alors qu'il faisait la circumambulation autour de la Maison en état de sacralisation, un homme des Banu Fazara marcha sur son pagne, qui se défit. Jabala leva la main et gifla le Fazari, lui brisant le nez. Il porta plainte contre lui auprès de 'Umar — que Dieu l'agrée —. 'Umar envoya chercher Jabala ; il vint et lui dit : « Pourquoi lui as-tu brisé le nez ? » Il dit : « Ô Commandeur des croyants, il a délibérément défait mon pagne ; sans le caractère sacré de la Ka'ba, je l'aurais frappé au visage avec l'épée. » 'Umar lui dit : « Toi, tu as avoué ; ou bien tu le satisfais, ou bien je te fais subir le talion. » Jabala dit : « Que fera-t-on de moi ? » Il dit : « On te brisera le nez comme tu as fait à lui. » Il dit : « Comment cela, ô Commandeur des croyants ? Lui est un roturier et moi un roi. » Il dit : « L'islam vous a réunis ; tu ne le surpasses que par la piété et la santé. » Jabala dit : « J'ai pensé, ô Commandeur des croyants, que je serais en islam plus puissant que je ne l'étais en époque préislamique. » 'Umar dit : « Laisse cela ; si tu ne satisfais pas l'homme, je te ferai subir le talion. » Il dit : « Alors je me ferai chrétien. » 'Umar dit : « Si tu te fais chrétien, je te trancherai la nuque, car tu t'es converti ; si tu apostasies, je te tuerai. » Lorsque Jabala vit la fermeté de 'Umar, il dit : « Accorde-moi la nuit pour réfléchir. » Le soir venu, 'Umar lui permit de partir. Pendant la nuit, il partit avec ses compagnons, à cheval et à pied, vers la Syrie. Le matin, La Mecque était vide d'eux. Il voyagea par la route côtière. Lorsqu'il arriva en Syrie, il partit avec cinq cents de son peuple jusqu'à Constantinople. Il entra chez Héraclius, et lui et son peuple se firent chrétiens. Héraclius s'en réjouit, pensant que c'était une grande conquête. Il lui donna en fief ce qu'il voulut, lui maria sa fille, partagea son royaume avec lui, le fit de ses intimes, et il y fonda une ville — je pense que c'est Jabala, une ville sur la côte syrienne entre Tripoli et Lattaquié ; on dit qu'elle contient la tombe d'Ibrahim ibn Adham ; je l'ai visitée en l'an 739. Puis 'Umar — que Dieu l'agrée — écrivit une lettre à Héraclius au sujet d'une affaire concernant les musulmans, et l'envoya avec un messager — on dit que son nom était Juthama ibn Musahiq al-Kinani. Lorsque le messager arriva chez Héraclius, il répondit à ce que 'Umar voulait. Lorsque le messager décida de repartir, Héraclius lui dit : « As-tu rencontré ton cousin Jabala ? » Il dit : « Non. » Il dit : « Va le voir. »

Il dit : Je me rendis donc à la porte de Jabala et vis sur elle une splendeur et des serviteurs tels que je n’en avais jamais vu à la porte d’un roi. Je demandai la permission d’entrer auprès de lui, et il me la donna. Lorsque j’entrai, il se leva, m’embrassa et me reprocha de ne pas être descendu chez lui. Or, il se trouvait dans un grand « bahw » (Al-Jawhari dit : « al-bahw » est la pièce située à l’avant, devant les autres pièces), sur un lit d’or, et autour de lui se tenaient des statues dont je ne saurais décrire la beauté. Il était roux, avec de longues moustaches, et avait saupoudré de l’or dans sa barbe. Ensuite, il m’ordonna de m’asseoir sur une chaise d’or, mais je refusai et dis : « L’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – nous a interdits de nous asseoir sur une chose pareille. » Puis il m’interrogea au sujet de ‘Umar – qu’Allah l’agrée – et des musulmans, se montrant doux dans ses questions, insistant dans sa demande, et des marques de tristesse apparurent sur son visage. Je dis : « Qu’est-ce qui t’empêche donc de revenir à l’islam ? » Il répondit : « Hélas ! Hélas ! après ce qui s’est passé. » Je dis : « Certes, Al-Ash‘ath ibn Qays apostasia, les combattit avec l’épée et refusa l’aumône légale (az-zakât), puis il revint à l’islam, et Abû Bakr – qu’Allah l’agrée – lui maria sa sœur. » Il dit : « Laisse cela. » Et il fit signe à un jeune serviteur (waṣîf) qui se tenait près de sa tête ; celui-ci s’en alla et revint. Nous ne nous aperçûmes de rien jusqu’à ce que des coffres fussent apportés par des hommes, et une table d’or fut placée devant nous. Je dis : « Je ne mange pas dessus. » Alors on plaça devant moi une table de bois de « khulanj » (bois d’ébène ou de jujubier ?), et ils nous servirent des mets chauds et froids dans des plats d’or et d’argent. On fit circuler le vin, mais je m’en abstins. Il se lava les mains dans une bassine d’or. Puis il fit signe à un autre jeune serviteur, qui s’en alla. Il ne se passa guère de temps avant que dix jeunes femmes (jawârî) n’arrivent : cinq s’assirent à sa droite et cinq à sa gauche, sur des chaises d’or. Une jeune femme s’avança, tenant dans sa main droite une coupe (jâm) d’or contenant un oiseau blanc, et dans la coupe se trouvaient du musc et de l’ambre réduits en poudre ; dans son autre main, elle tenait une autre coupe comme je n’en avais jamais vu. L’oiseau s’approcha, se roula dans la coupe, puis passa à l’autre coupe, puis s’envola et se posa sur une croix (ṣalîb) dans la couronne (tâj) de Jabala. Ensuite, il agita ses ailes et répandit ce musc sur la tête et la barbe de Jabala. Puis il but quelques coupes, se réjouit et s’égaya. Ensuite, il dit aux jeunes femmes : « Faites-moi divertir (aṭribnanî) ! » Elles frappèrent leurs luths (‘îdân) et se mirent à chanter ces vers : « Que Dieu bénisse une troupe (‘iṣâba) dont j’ai été le compagnon de beuverie, un jour, à Jilliq, dans le temps premier, Les fils de Jafna, autour de la tombe de leur père, la tombe d’Ibn Mâriya, le généreux, l’excellent, Ils abreuvent, avec l’eau de la source du Baradâ, versée sur eux, un vin pur (ar-raḥîq) mêlé (yufallaqu) d’eau douce (as-salsal), Au visage blanc, aux nobles ascendants, au nez haut (shumm al-anûf), de la première lignée (aṭ-ṭirâz al-awwal), Ils accueillent (yaghshûna) jusqu’à ce que leurs chiens n’aboient plus, ils ne s’enquièrent pas de la foule qui arrive (as-sawâd al-muqbil). » Il fut transporté de joie (ṭariba), puis dit : « Sais-tu à qui appartient cette poésie ? » Je répondis : « Non. » Il dit : « À Ḥassân ibn Thâbit. Il l’a composée à notre sujet et au sujet de notre royaume. » Je dis : « Oui, c’est un vieillard très âgé et aveugle. » Puis il dit : « Faites-moi divertir ! » Elles chantèrent : « À qui appartient la demeure devenue déserte à Ma‘ân, entre la source du Yarmûk et al-Khumân ? » (Al-Bakrî dit : « Khumân est une région d’al-Bathaniyya, en terre de Syrie. ») Puis il dit aux jeunes femmes : « Faites-moi pleurer (abkînani) ! » Elles posèrent leurs luths, baissèrent la tête et dirent : « Les nobles se sont faits chrétiens (tanaṣṣarat) par honte d’une gifle, alors qu’il n’y avait en elle, s’ils avaient patienté, aucun dommage. L’obstination et l’orgueil m’ont enveloppé en cette affaire, et j’ai échangé pour elle l’œil sain contre l’œil borgne. Plût à Dieu que ma mère ne m’eût pas enfanté, et plût à Dieu que je fusse revenu à la parole qu’a dite ‘Umar ! Plût à Dieu que je fusse un gardien de chamelles laitières dans un désert, et que je fusse un captif chez Rabî‘a ou Muḍar ! Plût à Dieu que j’eusse en Syrie la plus modeste subsistance, fréquentant mon peuple, sourd et aveugle ! J’aurais pratiqué la loi (adînu bi-mâ dânû bihi) selon leur religion (sharî‘a), car le vieux chameau (‘ûd) peut bien supporter la blessure (ad-dabar). » Les jeunes femmes se retirèrent. Il mit sa manche sur son visage et pleura, au point que je vis ses larmes couler sur ses joues comme des perles humides. Je pleurai avec lui, jusqu’à ce que j’eusse pitié de lui. Il dit : « Ô jeune femme, apporte cinq cents dinars héracliens (dînâr hirqiliyya). » Elle les apporta. Il dit : « Prends-les pour toi, comme présent (ṣila). » Je dis : « Non, par Allah, je n’accepterai jamais un présent d’un homme qui a apostasié l’islam. » Il dit alors : « Transmets de ma part le salut à ‘Umar. » Il dit : Lorsque je revins auprès de ‘Umar – qu’Allah l’agrée –, je lui racontai cela. Il dit : « Qu’Allah le combatte ! Il a vendu ce qui dure (bâqin) pour ce qui est éphémère (fânin). » Explication des termes rares dans la poésie : Sa parole : « ‘iṣâba » – Al-Jawhari dit : « al-‘iṣâba » est un groupe de chevaux, d’hommes et d’oiseaux ; « al-‘uṣba » parmi les hommes est ce qui est entre dix et quarante. Sa parole : « bi-Jilliq » – Al-Bakrî dit : « Jilliq », avec la première et la deuxième lettre en kasra et redoublée, est un lieu connu en Syrie ; on rapporte aussi avec la deuxième lettre en fatḥa. « Mâriya » – Le discours à son sujet a déjà été mentionné à propos d’al-Muqawqis. Sa parole : « al-bariḍ » – Al-Jawhari dit : « at-tabaruḍ » est la recherche de subsistance avec parcimonie ; « tabarraḍtu ash-shay’a » signifie que tu l’as pris en petite quantité ; « al-baraḍ » est la petite quantité ; on dit « mâ’un bariḍ », c’est-à-dire peu abondant. Sa parole : « yufallaqu » – Ibn Fâris dit : « ṣallaqa ash-sharâba » signifie qu’il l’a versé d’un récipient à un autre ; « ṣallaqa al-ibila » signifie qu’il les a transférées d’un pâturage à un autre. Sa parole : « bi-ar-raḥîq » – Al-Jawhari dit : « ar-raḥîq » est le meilleur du vin. Sa parole : « as-salsal » – Al-Jawhari dit : « tasalsala al-mâ’u fî al-ḥawḍi » signifie qu’il a coulé ; « mâ’un salsalun wa salsâlun » est une eau facile à avaler, par sa douceur et sa pureté. Sa parole : « shumm al-anûf » – Al-Jawhari dit : « ash-shamam » est une élévation dans l’arête du nez, avec un sommet plat ; si elle présente une courbure, c’est « al-qanâ » ; un homme est « ashammu al-anfi » ; une montagne est « ashammu », c’est-à-dire haute de sommet, avec « ash-shamam » dans les deux ; Abû ‘Amr dit : « ashamma ar-rajulu yashimmu ishmâman », c’est-à-dire qu’il passe en levant la tête. Sa parole : « min aṭ-ṭirâz al-awwal » – Al-Jawhari dit : « aṭ-ṭirâz » est l’apparence, et il cite en exemple le vers de Ḥassân. Sa parole : « al-Yarmûk » – Al-Bakrî dit : « al-Yarmûk » est l’endroit où se rencontrèrent la grande armée des Byzantins et les musulmans, dont le commandant était Abû ‘Ubayda ; il est connu en Syrie. Sa parole : « fa-ṣ-Ṣammân » – Al-Bakrî dit : « aṣ-Ṣammân », avec la première lettre en fatḥa et la deuxième redoublée, sur le modèle de « fa‘lân », est une montagne sur la route de Bassora pour celui qui se rend à La Mecque, sans grande hauteur ; elle est appelée « aṣ-Ṣammân » à cause de sa dureté. Sa parole : « wa qad yaṣbiru al-‘ûdu » – Al-Jawhari dit : « al-‘ûdu » est le chameau âgé, celui qui a dépassé l’âge de « al-bâzil » et « al-mukhlif » ; son pluriel est « ‘ûda » ; dans le proverbe : « In jarjara al-‘ûdu fa-zidhu thiqalan » (Si le vieux chameau grogne, ajoute-lui du poids) ; on dit aussi : « Zâḥim bi-‘ûdin aw da‘ » (Aide-toi d’un homme âgé ou laisse), c’est-à-dire cherche secours pour ta guerre auprès des gens d’expérience et de savoir, car l’avis du vieillard vaut mieux que la présence du jeune homme ; « al-‘ûdu » désigne aussi le chemin ancien ; et il a dit (un vers) : « ‘ûdun ‘alâ ‘ûdin li-aqwâmin ûli » (un vieux chameau sur un chemin ancien pour des gens de la première époque). D’après ‘Abd Allâh ibn Mas‘ada al-Fazârî, il dit : Mu‘âwiya ibn Abî Sufyân m’envoya auprès du roi des Byzantins. J’entrai chez lui et voici qu’auprès de lui se trouvait un homme sur un lit d’or. Il me parla, et je dis : « Qui es-tu ? » Il répondit : « Un homme que le malheur a vaincu. Je suis Jabala ibn al-Ayham al-Ghassânî. Lorsque tu seras arrivé chez moi, rejoins-moi. » Il dit : Je me rendis donc chez lui. Il dit : « Penses-tu que ton maître me laissera vivre si je retourne auprès de lui ? » Je dis : « Pose les conditions que tu voudras. » Il dit : « Qu’il me donne al-Bathaniyya, car c’étaient nos demeures, et vingt villages du Ghûṭa, qu’il améliore notre voisinage et nos présents, et qu’il assigne une solde à notre groupe. » Al-Bakrî dit : « al-Bathaniyya » est une région connue entre les districts de Damas ; « al-bathna » et « al-bathna » sont la terre molle ; c’est pourquoi la femme a été appelée « Buthayna ». ‘Abd Allâh dit : Lorsque je revins auprès de Mu‘âwiya, je l’informai, et il lui écrivit pour accéder à sa demande. Mais le messager le trouva déjà mort. On dit aussi que le messager que Mu‘âwiya envoya au roi des Byzantins était Tamîm ibn Bishr ibn al-Barâ’ ibn Ma‘rûr al-Anṣârî. D’après Ibn al-Kalbî, d’après son père, il dit : Les musulmans assiégeaient une ville des villes des Byzantins, et Jabala s’y trouvait. Il les regarda et dit : « Y a-t-il parmi vous quelqu’un des gens de Médine, parmi les Anṣâr ? » Un homme répondit : « Oui. » Il dit : « Qu’a fait Ḥassân ibn Thâbit ? » Il répondit : « Je l’ai laissé alors que sa vue avait faibli. » Il jeta alors une bourse contenant mille dinars et dit : « Porte-les-lui ; si tu le trouves vivant, transmets-lui mon salut et donne-les-lui ; s’il est mort, répands-les sur sa tombe. » L’homme arriva à Médine, vint chez Ḥassân et lui dit : « Je sens vraiment sur toi l’odeur de la famille de Jafna. » Il lui raconta l’histoire. Ḥassân dit : « J’aurais aimé que tu m’eusses trouvé mort, pour que tu les eusses répandues sur ma tombe. » Et il lui donna la moitié de la somme. Muhammad ibn Sa‘d dit dans le Livre des Grandes Classes (Kitâb aṭ-Ṭabaqât al-Kabîr) : L’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – écrivit à Jabala ibn al-Ayham, roi de Ghassân, pour l’inviter à l’islam. Il embrassa l’islam et écrivit à l’Envoyé d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – pour l’informer de son islam, et lui offrit un présent. Il resta musulman jusqu’au temps de ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb – qu’Allah l’agrée. Alors qu’il se trouvait au marché de Damas, il marcha sur le pied d’un homme de Muzayna. L’homme de Muzayna bondit et le gifla. On l’emmena auprès d’Abû ‘Ubayda ibn al-Jarrâḥ, et on dit : « Celui-ci a giflé Jabala. » Il dit : « Qu’il le gifle donc. » Ils dirent : « Et s’il le tue ? » Il dit : « Il ne sera pas tué. » Ils dirent : « Alors, on ne lui coupera pas la main ? » Il dit : « Non. Allah Très-Haut n’a ordonné que le talion (al-qawad). » Jabala dit : « Croyez-vous que je vais rendre mon visage égal au visage d’un homme venu de ‘Amaq ? Quel mauvais religion que celle-ci ! » Puis il apostasia et redevint chrétien, et partit avec son peuple jusqu’à entrer en terre byzantine. Cela parvint à ‘Umar – qu’Allah l’agrée –, qui en fut affligé et dit à Ḥassân ibn Thâbit : « Abû al-Walîd, ne sais-tu pas que ton ami Jabala ibn al-Ayham a apostasié et est devenu chrétien ? » Il dit : « Inna li-Llâhi wa inna ilayhi râji‘ûn ! Pourquoi ? » Il dit : « Parce qu’un homme de Muzayna l’a giflé. » Il dit : « Il l’a bien mérité ! » Alors ‘Umar se leva contre lui avec le fouet (ad-durra) et le frappa. Explication de ce qui se trouve dans ce récit.

Sa parole : « nidd ». Al-Jawhari a dit : « an-nidd » (avec kasra) signifie le semblable et le pareil, ainsi que « an-nadīd ». Sa parole : « li-wajhi jaddī ». Al-Jawhari a dit : « al-jady » est le petit de la chèvre, et « al-jādī » est le quémandeur ; « ajdāhu » signifie il lui a donné l’aumône. Sa parole : « jā’a min ‘umq ». Al-‘umq est le piège et la vallée ; al-‘umq et al-‘amiq sont aussi ce qui est éloigné des extrémités des déserts ; al-‘umq (avec dhamma sur la première lettre et fath sur la seconde) est une étape sur la route de La Mecque, et c’est probablement ce qu’il voulait dire. Jabala. Al-Bakrī a dit : « ‘Umayq » (avec fath sur la première lettre et sukūn sur la seconde) est une eau dans le pays de Muzayna, en terre du Hijaz ; il s’y est déroulé certaines guerres entre Bakr et Taghlib, et il a mentionné ses témoignages tirés de la poésie arabe. Il a dit : « al-‘Umq » (avec dhamma sur la première et fath sur la seconde) est une étape sur la route de La Mecque ; et « al-‘Umq » avec l’article défini est ‘Umq d’Antioche, un lieu où se déversent de nombreuses eaux et qui ne sèche qu’en été. Mention de ses correspondances 165 – que Dieu prie sur lui et le salue – à Jayfar et ‘Abd, les deux fils d’al-Julandā, rois d’Oman. L’auteur du livre « al-Hudā al-Muḥammadī » – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : Il écrivit aux deux rois d’Oman et envoya avec ‘Amr ibn al-‘Āṣ : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De la part de Muḥammad ibn ‘Abd Allāh à Jayfar et ‘Abd, les deux fils d’al-Julandā. Paix à celui qui suit la guidance. Ensuite, je vous appelle à l’appel de l’islam : embrassez l’islam et vous serez saufs. Car je suis le Messager de Dieu à toute l’humanité, pour avertir quiconque est vivant et que la parole s’accomplisse contre les mécréants. Si vous reconnaissez l’islam, je vous confierai le pouvoir ; mais si vous refusez de reconnaître l’islam, votre royaume vous sera enlevé, mes cavaliers camperont dans votre cour et ma prophétie se manifestera dans votre royaume. » Et Ubayy ibn Ka‘b écrivit et scella la lettre. ‘Amr dit : Je partis jusqu’à arriver à Oman. Quand j’y fus, je me rendis chez ‘Abd, qui était le plus indulgent et le plus doux des deux hommes, et je dis : « Je suis le messager du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – auprès de toi et de ton frère. » Il dit : « Mon frère est le plus âgé et le roi ; je te ferai parvenir à lui pour qu’il lise ta lettre. » Puis il dit : « À quoi appelles-tu ? » Je dis : « Je t’appelle à Dieu seul, sans associé, à désavouer ce qui est adoré en dehors de Lui, et à témoigner que Muḥammad est Son serviteur et Son messager. » Il dit : « Ô ‘Amr, tu es le fils du maître de ton peuple… » (son discours avec lui a déjà été mentionné à propos du Négus) jusqu’à sa parole : « Informe-moi de ce qu’il ordonne et de ce qu’il interdit. » Je dis : « Il ordonne l’obéissance à Dieu – Puissant et Majestueux – et interdit la désobéissance ; il ordonne la piété et le maintien des liens de parenté, et interdit l’injustice, l’agression, la fornication, la consommation de vin, l’adoration de la pierre, de l’idole et de la croix. » Il dit : « Qu’il est beau ce à quoi il appelle ! Si mon frère me suivait, nous monterions pour croire en Muḥammad et le reconnaître. Mais mon frère tient à son royaume plus qu’à l’abandonner et devenir une queue. » Je dis : « S’il embrasse l’islam, le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lui confiera le pouvoir sur son peuple ; il prélèvera l’aumône 166 sur leurs riches et la redistribuera à leurs pauvres. » Il dit : « Voilà une belle conduite ! Qu’est-ce que l’aumône ? » Je l’informai de ce que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – avait prescrit comme aumônes sur les biens, jusqu’à arriver aux chameaux. Il dit : « Ô ‘Amr, prélève-t-on sur nos troupeaux en liberté qui paissent les arbres et boivent aux points d’eau ? » Je dis : « Oui. » Il dit : « Par Dieu, je ne pense pas que mon peuple, dans l’éloignement de leur demeure et le grand nombre de leurs effectifs, obéisse à cela. » Il dit : Je restai à sa porte plusieurs jours, tandis qu’il allait chez son frère et l’informait de toute mon histoire. Puis un jour il m’appela ; j’entrai chez lui, ses assistants me saisirent par le bras. Il dit : « Laissez-le. » On me relâcha ; je voulus m’asseoir, mais ils m’en empêchèrent. Je le regardai ; il dit : « Parle de ton besoin. » Je lui remis la lettre scellée ; il brisa le sceau, la lut jusqu’à la fin, puis la passa à son frère qui la lut comme lui, sauf que je vis son frère plus doux que lui. Il dit : « Ne m’informes-tu pas de ce qu’ont fait les Quraysh ? » Je dis : « Ils l’ont suivi, soit désireux de la religion, soit contraints par l’épée. » Il dit : « Qui est avec lui ? » Je dis : « Les gens ont désiré l’islam et l’ont choisi sur autre chose ; ils ont reconnu par leurs intelligences, avec la guidance de Dieu, qu’ils étaient dans l’égarement. Je ne sais personne d’autre que toi qui soit resté dans cette région. Si tu n’embrasses pas l’islam aujourd’hui et ne le suis pas, il fera fouler ton pays par les chevaux et anéantira ta verdure. Embrasse donc l’islam et tu seras sauf ; il te nommera gouverneur de ton peuple, et les chevaux et les hommes n’entreront pas chez toi. » Il dit : « Laisse-moi aujourd’hui et reviens demain. » Je retournai chez son frère, qui dit : « Ô ‘Amr, j’espère qu’il embrassera l’islam, à moins qu’il ne tienne à son royaume. » Le lendemain, je vins chez lui, mais il refusa de me recevoir ; je m’en retournai chez son frère et l’informai que je n’avais pu l’atteindre. Il me fit parvenir à lui. Il dit : « J’ai réfléchi à ce à quoi tu m’appelles ; je suis le plus faible des Arabes si je possède un homme qui tient ce qui est en ma main, alors que ses cavaliers n’atteignent pas ce lieu ; et s’ils l’atteignent, je livrerai un combat qui n’est pas comme celui contre qui on rencontre. » Je dis : « Je pars demain. » Quand il fut certain de mon départ, son frère s’isola avec lui et dit : « Que sommes-nous face à ce qui est apparu ? Tous ceux à qui il a envoyé ont répondu. » Le matin, il m’envoya chercher ; il répondit à l’islam, lui et son frère ensemble, ils reconnurent le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – et me laissèrent libre pour l’aumône et le jugement entre eux ; ils furent pour moi une aide contre ceux qui me contredisaient. Ibn Sa‘d a rapporté ce récit et y a ajouté : Je prélevai l’aumône sur leurs riches et la redistribuai à leurs pauvres ; je restai parmi eux jusqu’à ce que nous parvînt la nouvelle de la mort du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue. Ibn Sa‘d dit au début : Il envoya ‘Amr ibn al-‘Āṣ en dhū l-qa‘da de l’an huit. Abū ‘Ubayd a rapporté dans le livre « al-Amwāl » : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – écrivit : « De la part de Muḥammad le Prophète, Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – aux serviteurs de Dieu, les Asbadhiyīn, rois d’Oman, et aux Asad d’Oman, parmi ceux qui sont au Bahreïn : S’ils croient, accomplissent la prière, acquittent l’aumône, obéissent à Dieu et à Son messager, donnent le droit du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – et pratiquent le rite des musulmans, alors ils sont en sécurité. Ils ont ce sur quoi ils ont embrassé l’islam, sauf que le bien de la maison du feu est réservé à Dieu et à Son messager. La dîme des dattes est une aumône, et la moitié de la dîme du blé. Les musulmans doivent leur soutien et leur sincérité ; ils ont sur les musulmans la même chose. Ils ont leurs moulins pour moudre ce qu’ils veulent. » Abū ‘Ubayd dit : Certains le rapportent comme « aux serviteurs de Dieu, les Asadiyīn », voulant un nom étranger auquel ils sont attribués. Il dit : Ils ont été nommés ainsi parce qu’ils sont attribués à ‘Ibāda, un cheval, qui en persan est « asb » ; ils lui sont attribués. Ce sont un peuple de Persans, et selon une version, d’Arabes ; car il y avait là des Arabes. Il est possible que la lettre soit pour ceux-ci et ceux-là. Al-Suhaylī a dit : ‘Amr ibn al-‘Āṣ lui dit : « Ô Julandā, bien que tu sois loin de nous, tu n’es pas loin de Dieu. Celui qui t’a créé seul mérite que tu L’adores seul, sans Lui associer celui qui ne t’a pas associé en Lui. Sache qu’Il te fera mourir, Lui qui t’a fait vivre, et qu’Il te ramènera, Lui qui t’a commencé. Considère ce Prophète illettré 167 qui est venu avec la vie présente et l’au-delà. S’il cherche une récompense, refuse-la-lui ; s’il penche vers une passion, laisse-le. Puis regarde ce qu’il apporte : cela ressemble-t-il à ce que les gens apportent ? Si cela y ressemble, demande-lui des preuves évidentes et interroge-le sur la tradition ; si cela n’y ressemble pas, accepte ce qu’il dit et crains ce qu’il promet. » Al-Julandā dit : « Par Dieu, ce Prophète illettré m’a indiqué qu’il n’ordonne un bien sans être le premier à le pratiquer, et n’interdit un mal sans être le premier à le délaisser ; qu’il vainc sans s’enorgueillir et est vaincu sans s’impatienter ; qu’il tient ses promesses et accomplit ses engagements ; qu’il ne cesse d’avoir un secret qu’il partage également avec les siens. J’atteste qu’il est un prophète. » Mention de sa lettre – que Dieu prie sur lui et le salue – à Junāda al-Azdī et à son peuple. Ibn Sa‘d a dit : Il écrivit une lettre à Junāda al-Azdī et à son peuple, et à ceux qui le suivent, tant qu’ils accomplissent la prière, acquittent l’aumône, obéissent à Dieu et à Son messager, donnent du butin le quint de Dieu et la part du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – et se séparent des associateurs. Ils ont la protection de Dieu et la protection de Muḥammad ibn ‘Abd Allāh. Et Ubayy écrivit. Parmi eux : Jufayna al-Nahdī. Ibn ‘Abd al-Barr a dit : Le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – lui écrivit ; il boucha avec sa lettre le seau, puis vint ensuite musulman. Parmi eux : Juz’ ibn ‘Umar al-‘Udhri. Ibn ‘Abd al-Barr a dit : On dit Jirwa ; il vint auprès du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – qui lui écrivit une lettre. Lettre Ḥā’ Parmi ceux à qui il écrivit – que Dieu prie sur lui et le salue – parmi les rois : al-Ḥārith ibn Abī Shamir al-Ghassānī. Il était à Damas ; il lui écrivit une lettre avec Shujā‘ ibn Wahb, à son retour de Médine : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De la part de Muḥammad, Messager de Dieu, à al-Ḥārith ibn Abī Shamir. Paix à celui qui suit la guidance, y croit et la reconnaît. Je t’appelle à croire en Dieu seul, sans associé ; ton royaume te restera. » Ibn al-Jawzī a dit : Al-Wāqidī a rapporté d’après ses maîtres qu’ils dirent : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – envoya Shujā‘ ibn Wahb al-Asadī à al-Ḥārith ibn Abī Shamir pour l’appeler à l’islam, et il écrivit avec lui une lettre. Shujā‘ dit : J’arrivai chez lui alors qu’il était à Ghūṭa de Damas, occupé à préparer l’hébergement et les présents pour César, qui venait de Homs à…

Élie 168 : je demeurai à sa porte deux ou trois jours, puis je dis à son chambellan : « Je suis le messager du Messager d'Allah 169 — qu'Allah prie sur lui et le salue 170 ! » Il répondit : « Tu ne pourras parvenir jusqu'à lui avant tel jour, à sa sortie. » Son chambellan, qui était Romain, se mit à m'interroger sur le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — ; je lui rapportais ses qualités et ce à quoi il appelait, et il s'attendrissait au point que les pleurs le submergeaient, disant : « J'ai lu l'Évangile et j'y trouve la description et les attributs de ce Prophète ; j'y crois et je le confirme, mais je crains qu'al-Hârith 171 ne me tue. » Il me traitait avec honneur et m'offrait une généreuse hospitalité. Un jour, al-Hârith sortit, s'assit et posa la couronne sur sa tête ; il m'autorisa à entrer auprès de lui. Je lui remis la lettre du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — ; il la lut, puis la jeta en disant : « Qui m'arrachera mon royaume ? Je vais marcher contre lui ! » — Ibn Sa‘d 172 ajoute : « Même s'il était au Yémen, je viendrais à lui avec les hommes. » Il ne cessa de se montrer jusqu'à ce qu'il se levât et ordonnât de ferrer les chevaux. Puis il dit : « Informe ton compagnon de ce que tu vois. » Il écrivit à César 173 pour l'informer de mon affaire et de sa résolution. César lui répondit : « Ne marche pas contre lui ; détourne-t'en et viens me rejoindre à Élie. » Quand la réponse à sa lettre arriva, il m'appela et dit : « Quand veux-tu partir vers ton compagnon ? » Je répondis : « Demain. » Il m'ordonna de me donner cent mithqâl 174 d'or, et son chambellan me pourvut d'une provision et d'un vêtement, et dit : « Transmets au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — le salut de ma part. » Je revins auprès du Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — et l'informai. Il dit : « Son royaume a péri. » Ibn Sa‘d ajoute : « Je lui transmis le salut de Murra 175 — c'est le chambellan — et l'informai de ce qu'il avait dit. » Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — dit : « Il a dit vrai. » Al-Hârith ibn Abî Shamr mourut l'année de la conquête 176. Parmi ceux à qui il écrivit parmi les rois : al-Hârith ibn ‘Abd Kulâl. Muhammad ibn Sa‘d dit dans les Tabaqât 177, d'après az-Zuhrî 178 : Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — écrivit à al-Hârith, Masrûh et Nu‘aym ibn ‘Abd Kulâl de Himyar 179 : « Paix à vous si vous croyez en Allah et en Son Messager. Certes, Allah est Unique, sans associé. Il envoya Moïse avec Ses signes et créa Jésus par Sa parole. Les Juifs disent : '‘Uzayr 180 est fils d'Allah' ; les Nazaréens 181 disent : 'Allah est le troisième de trois 182' et 'Jésus est fils d'Allah'. » Il dit : Il envoya la lettre avec ‘Ayyâsh ibn Abî Rabî‘a al-Makhzûmî 183 et dit : « Quand tu arriveras sur leur terre, n'y entre pas de nuit ; attends le matin, puis purifie-toi par une bonne ablution, accomplis deux rak‘a 184, demande à Allah le succès et l'acceptation, cherche refuge auprès d'Allah, prends ma lettre dans ta main droite et remets-la dans leurs mains droites — car ils sont réceptifs — et récite-leur : {Ceux qui ont mécru parmi les gens du Livre et les associateurs ne cesseront pas} 185 jusqu'à la fin de la sourate. Quand tu auras fini, dis : 'Je crois en Muhammad — qu'Allah prie sur lui et le salue — et je suis le premier des croyants.' Alors aucun argument ne pourra prévaloir contre toi, aucun livre orné ne pourra éclipser sa lumière, et ils te liront. S'ils baragouinent 186, dis : 'Traduisez' et dis : 'Allah me suffit. Je crois en ce qu'Allah a révélé comme Livres. Il m'a été ordonné d'être équitable entre vous. Allah est notre Seigneur et votre Seigneur. À nous nos œuvres, à vous vos œuvres. Il n'y a pas de dispute entre nous et vous. Allah nous rassemblera, et vers Lui est le retour.' S'ils se soumettent 187, demande-leur leurs trois baguettes 188 devant lesquelles ils se prosternent quand ils les présentent — elles sont en tamaris : une baguette marbrée de blanc et de jaune, une baguette noueuse comme du bambou, et une baguette noire comme du bois de sassafras 189. Puis sors-les et brûle-les sur leur marché. » ‘Ayyâsh dit : Je partis faire ce que le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — m'avait ordonné. Quand j'entrai, les gens avaient revêtu leurs parures. Je passai pour les observer jusqu'à parvenir à de grands rideaux sur les portes de trois demeures. J'écartai les rideaux et entrai par la porte du milieu. J'arrivai à un groupe dans la cour de la maison et dis : « Je suis le messager du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue. » Je fis ce qu'il m'avait ordonné, et ils acceptèrent. Il en fut comme il — qu'Allah prie sur lui et le salue — l'avait dit. As-Suhaylî 190 dit : Quant à al-Muhâjir 191 Abû Umayya 192, il se présenta chez al-Hârith ibn ‘Abd Kulâl et lui dit : « Ô Hârith, tu as été le premier à qui le Messager d'Allah s'est présenté, mais tu t'es détourné de lui, alors que tu es le plus grand des rois en dignité. Quand tu considères la domination des rois, regarde le Dominateur des rois. Si ton jour te réjouit, crains ton lendemain. Avant toi, il y eut des rois dont les traces ont disparu et dont les récits ont subsisté ; ils vécurent longtemps, espérèrent longtemps, mais ne se pourvurent que de peu. Certains furent saisis par la mort, d'autres dévorés par les châtiments. Je t'appelle au Seigneur qui, si tu veux la guidance, ne t'en empêche pas, et s'Il te veut, nul ne peut t'en empêcher. Je t'appelle au Prophète illettré 193 qui n'a rien de plus beau que ce qu'il ordonne, ni de plus laid que ce qu'il interdit. Et je sais que tu as un Seigneur qui fait mourir le vivant et fait vivre le mort, et qui connaît la trahison des yeux et ce que cachent les poitrines. » Al-Hârith dit : « Ce Prophète s'est présenté à moi, mais je me suis détourné de lui ; il était un trésor pour qui parvenait à lui. Son affaire était une affaire élevée 194 ; le désespoir l'a atteint et la convoitise l'a quitté. Je n'ai pas de parenté qui me ferait supporter cela, ni de passion à suivre pour lui. Cependant, je vois une affaire que le mensonge n'a pas suggérée et que le faux n'a pas soutenue ; elle a un commencement qui se répand et une fin profitable. Je vais réfléchir. » Son mot « élevée » signifie « haute ». On dit : « untel a surpassé ses compagnons », c'est-à-dire les a dominés. « Al-waswâs » 195 : la parole intérieure, dit al-Jawharî 196. Lettre khâ’ 197 Parmi ceux à qui il écrivit — qu'Allah prie sur lui et le salue — : Khâlid ibn Dimâd al-Azdî 198. Ibn Sa‘d dit dans les Tabaqât : Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — écrivit à Khâlid ibn Dimâd al-Azdî : « Il a ce sur quoi il s'est converti de sa terre, à condition qu'il croie en Allah sans associé, qu'il atteste que Muhammad est Son serviteur et Son messager, qu'il accomplisse la prière, acquitte l'aumône légale 199, jeûne le mois de Ramadan, fasse le pèlerinage de la Maison 200, n'abrite pas un innovateur 201 et ne doute pas, qu'il soit sincère envers Allah et Son Messager, qu'il aime les aimés d'Allah et haïsse les ennemis d'Allah. Et Muhammad le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — a l'obligation de le protéger comme il se protège lui-même, ses biens et sa famille. Et Khâlid al-Azdî a la protection d'Allah et la protection de Muhammad le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — s'il tient cette promesse. » Et il écrivit : « Abû 202... » Lettre râ’ 203 Parmi ceux à qui il écrivit : Rabî‘a al-Hadramî 204. Ibn Sa‘d dit : Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — écrivit à Rabî‘a ibn Dhî Marhab al-Hadramî, à ses frères et à ses oncles : « Ils ont leurs biens, leurs lots 205, leurs esclaves, leurs puits, leurs arbres, leurs eaux, leurs canaux d'irrigation, leurs pâturages et leurs ravins 206 au Hadramawt. » « Ash-sharaj » 207 : l'écoulement de l'eau de la coulée de lave 208 vers la plaine ; le pluriel est shurûj et shuruj ; « sharj al-wâdî » : son élargissement ; le pluriel est ashrâj, dit al-Jawharî. « Et tout bien appartenant à la famille de Dhî Marhab, et toute hypothèque sur leur terre, on compte ses fruits, ses jujubiers et ses fourrages 209 de l'hypothèque dans laquelle il se trouve. » « Al-qadb » 210 : les plantes tendres de luzerne 211, un type de fourrage pour les bêtes, que l'on coupe ; « al-qadb » est la coupe. « Et tout ce qui se trouve dans leurs fruits comme bien, nul ne le leur demandera. Et Allah et Son Messager sont innocents de quiconque [agit mal]. Et le secours de la famille de Dhî Marhab est sur la communauté des musulmans. Et leur terre est exempte d'injustice. Et leurs biens et leurs personnes sont [protégés] par le mur du roi qui coulait vers la famille de Qays. Et Allah et Son Messager sont garants de cela. » Et il écrivit : « Mu‘âwiya 212... » Parmi ceux à qui il écrivit — qu'Allah prie sur lui et le salue — : Rifâ‘a ibn Zayd al-Judhâmî, puis ad-Dubaybî 213. Ibn Ishâq 214 dit : Rifâ‘a ibn Zayd al-Judhâmî, puis ad-Dubaybî, vint auprès du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — pendant la trêve d'al-Hudaybiyya 215, avant Khaybar 216, et offrit en cadeau au Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — un esclave. Ibn al-Barr 217 dit : un esclave noir nommé Mid‘am 218, tué à Khaybar. Rifâ‘a se convertit à l'islam et son islam fut excellent. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — lui écrivit une lettre pour son peuple. Dans sa lettre : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ceci est une lettre de Muhammad, le Messager d'Allah, à Rifâ‘a ibn Zayd. Je l'ai envoyé à son peuple en général, et à ceux qui les rejoignent, pour les appeler à Allah et à Son Messager. Quiconque parmi eux accepte est dans le parti d'Allah et le parti de Son Messager ; quiconque se détourne aura une sécurité de deux mois. » Quand Rifâ‘a arriva chez son peuple, ils répondirent et se convertirent à l'islam. Puis il partit vers la coulée de lave, la coulée de lave d'ar-Rajlâ’ 219, et s'y installa. « Harra ar-Rajlâ’ » : avec la première lettre ouverte et allongée, dans le territoire de Judhâm, dit al-Bakrî 220. Ibn ‘Abd al-Barr 221 dit : Les généalogistes disent « ad-Dînî » 222, de Banû Dîn 223 avec un nûn 224, de Judhâm. Lettre zâ’ 225 Parmi ceux à qui il écrivit — qu'Allah prie sur lui et le salue — : Zur‘a 226, l'un des qayls 227 du Hadramawt. Ibn Sa‘d dit : Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — écrivit aux qayls du Hadramawt et à leurs notables : il écrivit à Zur‘a, Qahd, al-Busâ 228, al-Buhayrî 229, ‘Abd Kulâl, Rabî‘a et Hujr 230. Un poète a loué l'un de leurs qayls en disant : « Certes, le meilleur des hommes, tous, est Qahd, Et ‘Abd Kulâl est le meilleur d'entre eux après. » Un autre dit, louant Zur‘a : « Certes, le meilleur des hommes après Muhammad Est Zur‘a, si al-Buhayrî s'est soumis. » Lettre sîn 231 Parmi ceux à qui il écrivit — qu'Allah prie sur lui et le salue — : Dhû l-Kalâ‘ 232 al-Himyarî, Sumayfa‘ 233. Ibn al-Jawzî 234 dit : Dhû l-Kalâ‘ était l'un des rois de Tâ’if 235 ; son nom était Sumayfa‘ ibn Hawshab. Il s'était élevé contre son Seigneur et avait revendiqué la seigneurie. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — lui écrivit par l'intermédiaire de Jarîr ibn ‘Abd Allâh al-Bajalî 236. Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — mourut avant le retour de Jarîr. Dhû l-Kalâ‘ resta dans son état jusqu'au temps de ‘Umar 237, puis il désira l'islam et se rendit auprès de ‘Umar — qu'Allah l'agrée — avec huit mille esclaves ; il se convertit à l'islam avec tous ses esclaves. Il dit à ‘Umar : « J'ai un péché dont je ne pense pas qu'Allah le pardonne. » ‘Umar dit : « Qu'est-ce ? » Il dit : « Une fois, je me suis caché de ceux qui m'adoraient, puis je me suis montré à eux, et environ cent mille se prosternèrent devant moi. » ‘Umar dit : « Le repentir sincère permet d'espérer le pardon. » Il est rapporté de Dâwûd 238, d'après un homme de son peuple, qui dit : « Mon peuple m'envoya avec un cadeau à... »

Dhū al-Kalā‘ 239 à l’époque préislamique. Je restai une année sans pouvoir l’approcher. Puis, après cela, il apparut au palais : personne ne le voyait sans tomber prosterné devant lui. Ensuite, je le vis après cela, en Islam, ayant acheté de la viande pour un dirham, qu’il suspendit à son cheval, puis il se mit à dire : « Fi de ce monde, quand il est ainsi ! Moi, j’y suis chaque jour dans la peine. « Et pourtant, quand on disait : “Qui est le plus heureux des hommes ?”, on répondait : “Celui-ci.” « Puis j’ai échangé ma vie contre une misère. Qu’elle est bonne, cette misère ! Qu’elle est bonne ! » Ibn Sa‘d dit dans les *Ṭabaqāt* : L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya Jarīr ibn ‘Abd Allāh al-Bajalī à Dhū al-Kalā‘ ibn Nākūr ibn Ḥabīb ibn Mālik ibn Ḥassān ibn Tubba‘, et à Dhū ‘Amr, pour les appeler à l’islam. Ils embrassèrent l’islam, ainsi que Ḍarība bint Abraha ibn al-Ṣabbāḥ, épouse de Dhū al-Kalā‘. L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — mourut alors que Jarīr était chez eux. Dhū ‘Amr l’informa de sa mort — que Dieu prie sur lui et le salue — et Jarīr retourna à Médine. Al-Wāqidī rapporte, dans les *Futūḥ Miṣr*, que Dhū al-Kalā‘ assista avec les Compagnons — que Dieu les agrée — à la conquête d’une forteresse près d’Alexandrie, et qu’il mourut alors qu’ils campaient près d’elle. Il dit : Il était le roi de Ḥimyar. Avant son entrée en Islam, il avait pour monture douze mille esclaves noirs du Soudan. Abū Hurayra — que Dieu l’agrée — dit : Je l’ai vu, après cette pompe, marcher dans le marché de Médine avec une peau de mouton sur l’épaule, lorsqu’il vint du Yémen pour le *jihād* 240 à l’époque d’Abū Bakr al-Ṣiddīq — que Dieu l’agrée. Quand il mourut, son fils Faraj le pleura par ce qu’il avait pleuré pour Ḥimyar à propos de son père Saba’ ibn Yashjub, où il dit : « Je m’étonne de ton jour : qu’a-t-il fait ? Et comment le pouvoir de ta gloire a-t-il disparu ? « Tu as livré ton royaume sans être obéissant, et tu t’es soumis à l’ordre quand il est descendu. « Ne t’éloigne pas, car tout homme sera atteint par les destins, le terme. « Tu as atteint, de la royauté, l’extrême des désirs ; tu as été transporté, et ta gloire n’a pas été transportée. « Tu as accompagné les siècles et tu les as anéantis ; ce que ta course a voulu, elle l’a fait. « Tu as bâti des palais comme des montagnes ; tu es parti, et il n’est resté que la ruine. « Nous avons joui de tes jours bénis ; nous avons bu à ton *sayḥ* 241, à ton *wābil* 242 et à ton *ṭall* 243. « Nous espérions, dans le temps, l’extrême des désirs, sans connaître l’ordre jusqu’à ce qu’il descendît. « Les hautes montagnes ont été ébranlées, par ta vie ! Et ton chagrin n’a pas été Huba 244. » Il dit : Son cousin ‘Ajlān ibn Muḍāḍ al-Ḥimyarī le transporta en Égypte après l’avoir exhorté à la patience et avoir décidé de l’emmener au Yémen. Sa parole : « à ton *sayḥ* » : le *sayḥ* est l’eau courante ; le *wābil* est la pluie abondante ; on dit : « le ciel a *wabila* » ; la terre est *mawbūla* ; le *ṭall* est plus faible que la pluie ; le pluriel est *ṭilāl* ; on dit : « la terre a été *ṭalla* » et « la rosée l’a *ṭalla* », elle est *maṭlūla* ; ainsi dit al-Jawharī. Parmi ceux à qui il — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit : Sa‘īd ibn Sufyān al-Ru‘lī. Ibn Sa‘d dit : L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit à Sa‘īd ibn Sufyān al-Ru‘lī ceci : « Voici ce que l’Envoyé de Dieu a donné à Sa‘īd ibn Sufyān al-Ru‘lī : Il lui a donné le palmier d’al-Sawāriqiyya et son palais ; nul ne le contestera à son sujet, et quiconque le conteste n’a aucun droit ; son droit est un droit. » Écrit par Khālid ibn Sa‘īd. Parmi ceux à qui il — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit : Sam‘ān al-Rāqi‘ 245. Ibn Sa‘d dit : L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit à Sam‘ān ibn ‘Amr ibn Qurayṭ ibn ‘Ubayd ibn Abī Bakr ibn Kilāb, par l’intermédiaire de ‘Abd Allāh ibn ‘Awsaǧa al-‘Uranī. Il rapiéça son seau avec sa lettre ; on les appela les Banū al-Rāqi‘. Puis Sam‘ān embrassa l’islam et vint auprès du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — et dit : « Accorde-moi le pardon, comme j’ai accordé la sécurité à la venue, et je n’ai pas été le pire des pécheurs quand je suis venu à toi de la venue. » Ibn Sa‘d rapporte avec sa chaîne de transmission, d’après Abū Isḥāq al-Hamadānī, que l’‘Uranī apporta le livre de l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et rapiéça son seau avec. Sa fille lui dit : « Je ne vois que tu ne vas être frappé d’un malheur : le livre du seigneur des Arabes t’est parvenu, et tu as rapiécé ton seau avec ! » Une armée de l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — passa par là et s’empara de tout ce qui lui appartenait. Il embrassa l’islam et vint auprès du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — et l’en informa. L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui dit : « Ce que tu as pris comme bien avant que les musulmans ne le partagent, tu y as plus droit. » Ibn ‘Abd al-Barr dit : Sam‘ān ibn ‘Amr al-Aslamī : la chaîne de transmission de son récit n’est pas solide ; je ne sais donc s’il s’agit de celui qu’a mentionné Ibn Sa‘d ou d’un autre. Dieu sait mieux. Lettre ‘Ayn Parmi ceux à qui il — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit : ‘Abd Yaghūth ibn Wa‘ala al-Ḥārithī. Ibn Sa‘d dit : L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit à ‘Abd Yaghūth ibn Wa‘ala al-Ḥārithī : « Il a ce sur quoi il a embrassé l’islam de sa terre et de ses *ashā’* 246 — c’est-à-dire ses palmiers — tant qu’il accomplira la prière, acquittera l’aumône légale, donnera le cinquième du butin lors des expéditions, et qu’il n’y aura ni dîme ni rassemblement ; et quiconque de son peuple le suivra. » Écrit par al-Arqam ibn Abī al-Arqam al-Makhzūmī. Parmi ceux à qui il — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit : ‘Āmir ibn al-Aswad al-Ṭā’ī. Ibn Sa‘d dit : L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit à ‘Āmir ibn al-Aswad ibn ‘Āmir ibn Juwayn al-Ṭā’ī : « Il a, lui et son peuple Ṭayyi’, ce sur quoi ils ont embrassé l’islam de leurs pays et de leurs eaux, tant qu’ils accompliront la prière, acquitteront l’aumône légale et se sépareront des associateurs. » Écrit par al-Mughīra. Lettre Fā’ Parmi ceux à qui il — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit : Farwa al-Judhāmī. Ibn al-Jawzī rapporte d’après Zāmil ibn ‘Amr al-Judhāmī : Farwa ibn ‘Amr ibn al-Nāfira al-Judhāmī, puis al-Nufāthī, était gouverneur chez les Byzantins. Il embrassa l’islam, écrivit à l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — pour l’informer de son islam, et l’envoya avec un homme de son peuple. Il lui envoya une mule blanche, un cheval, un âne, des vêtements et une tunique de *sundus* 247 brodée d’or. L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui écrivit : « De la part de Muḥammad, l’Envoyé de Dieu, à Farwa ibn ‘Amr. Ensuite, ton envoyé est venu à nous, a transmis ce que tu as envoyé, a rapporté ce qui s’est passé chez vous, et nous a apporté la nouvelle de ton islam. Dieu t’a guidé par Sa guidance. » Il ordonna à Bilāl de donner à son envoyé douze *ūqiyya* 248 et un *nashsh* 249. Al-Jawharī dit : Le *nashsh* est vingt dirhams, soit la moitié d’une *ūqiyya*. La nouvelle de l’islam de Farwa parvint au roi des Byzantins, qui l’appela et lui dit : « Reviens de ta religion. » Il répondit : « Je n’abandonne pas la religion de Muḥammad — que Dieu prie sur lui et le salue — et tu sais que Jésus a annoncé sa venue, mais tu es avare de ton royaume. » Il l’emprisonna, puis le fit sortir, le tua et le crucifia. Ibn Isḥāq dit : Farwa était gouverneur des Byzantins sur les Arabes qui relevaient d’eux ; sa résidence était Ma‘ān 250 et ses environs, en Syrie. Quand les Byzantins apprirent son islam, ils décidèrent de le tuer et de le crucifier. Ils le crucifièrent près d’une eau appelée ‘Afrī, en Palestine. Il dit : « Salmā a-t-elle appris que son bien-aimé est sur l’eau d’‘Afrī, sur l’une des montures ? « Sur une chamelle dont la mère n’a pas été saillie par l’étalon, aux extrémités tailladées par les serpes. » Quand ils l’amenèrent pour le tuer, il dit : « Fais parvenir aux notables des musulmans que je suis en paix avec mon Seigneur, mes os et ma station. » Puis ils lui tranchèrent la tête et le crucifièrent sur cette eau. Lettre Mīm Parmi ceux à qui il — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit : al-Mundhir ibn Sāwā, roi de Bahreïn. L’auteur d’al-Hudā al-Muḥammadī rapporte d’après ‘Ikrima : J’ai trouvé ce livre dans les papiers d’Ibn ‘Abbās après sa mort ; je l’ouvris, et voici qu’il contenait : L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya al-‘Alā’ ibn al-Ḥaḍramī à al-Mundhir ibn Sāwā et lui écrivit une lettre l’appelant à l’islam. Al-Mundhir écrivit à l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue : « Ensuite, ô Envoyé de Dieu, j’ai lu ta lettre aux habitants de Bahreïn. Certains ont aimé l’islam, l’ont trouvé beau et y sont entrés ; d’autres l’ont détesté. Dans ma terre, il y a des mages et des juifs. Donne-moi ton ordre à ce sujet. » L’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui écrivit : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De la part de Muḥammad, l’Envoyé de Dieu, à al-Mundhir ibn Sāwā. Paix sur toi. Je loue pour toi Dieu, en dehors de qui il n’y a pas de divinité. J’atteste qu’il n’y a pas de divinité en dehors de Dieu et que Muḥammad est Son serviteur et Son envoyé. Ensuite, je t’exhorte par Dieu — Puissant et Grand — car quiconque donne un conseil sincère ne le donne que pour lui-même. Quiconque obéit à mes envoyés et suit leur ordre m’a obéi ; quiconque leur donne un conseil sincère me l’a donné. Mes envoyés ont fait ton éloge. Je t’ai intercédé pour ton peuple : laisse aux musulmans ce sur quoi ils ont embrassé l’islam ; j’ai pardonné aux coupables, accepte donc d’eux. Tant que tu feras le bien, nous ne te destituerons pas de ta charge. Quant à celui qui persévère dans le judaïsme ou le mazdéisme, la capitation lui incombe. » Entretien d’al-‘Alā’ avec al-Mundhir Al-Suhaylī dit : Al-‘Alā’ ibn al-Ḥaḍramī dit : « Ô Mundhir, tu es d’un grand jugement en ce monde ; ne te rapetisse donc pas pour l’autre monde. Ce mazdéisme est la pire des religions : il n’y a pas d’honneur pour les Arabes, ni de science des Gens du Livre ; ils épousent ce dont le mariage fait honte, mangent ce dont on a honte de manger, et adorent en ce monde un feu qui les consumera au Jour de la Résurrection. Tu n’es pas dépourvu d’intelligence ni d’opinion. Regarde donc s’il convient à quelqu’un… » Ci-dessus : la copie de sa lettre — que Dieu prie sur lui et le salue — à al-Mundhir ibn Sāwā, extraite du recueil *Documents politiques* du Dr Muḥammad Ḥamīd Allāh.

Il ne ment pas, afin que tu ne le croies pas ; et à celui qui ne trahit pas, afin que tu ne le mettes pas en sécurité ; et à celui qui ne manque pas à sa promesse, afin que tu ne te fies pas à lui. Si cela est ainsi, alors c'est ce Prophète illettré 251 — que Dieu prie sur lui et le salue — que, par Dieu, aucun homme doué de raison ne peut dire : « Plût à Dieu que ce qu'il a ordonné, il l'ait interdit, ou que ce qu'il a interdit, il l'ait ordonné », ou « Plût à Dieu qu'il eût augmenté dans son pardon ou diminué dans son châtiment ». Car tout cela de sa part est conforme au souhait des gens de raison et à la réflexion des gens de clairvoyance. Alors al-Mundhir 252 dit : « J'ai examiné ce qui est entre mes mains, et je l'ai trouvé pour ce monde seulement, non pour l'au-delà. Et j'ai examiné votre religion, et je l'ai trouvée pour l'au-delà et pour ce monde. Qu'est-ce qui m'empêche d'accepter une religion qui contient le souhait de la vie et le repos de la mort ? Hier, je m'étonnais de celui qui l'accepte, et aujourd'hui je m'étonne de celui qui la refuse. Et il fait partie de la grandeur de ce qu'il a apporté que l'on magnifie son Messager. Et je vais réfléchir. » Ibn Sa'd 253 dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, à son retour d'al-Ji'irrâna 254, envoya al-'Alâ' ibn al-Hadramî 255 à al-Mundhir ibn Sâwî al-'Abdî 256, qui se trouvait à Bahreïn, pour l'appeler à l'islam. Il lui écrivit une lettre. Al-Mundhir écrivit au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — pour l'informer de son islam et de sa croyance, et dit : « J'ai lu ton livre aux gens de Hajar 257 ; certains ont aimé l'islam, l'ont trouvé beau et y sont entrés, d'autres l'ont détesté. » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit aux mages 258 de Hajar pour leur proposer l'islam ; s'ils refusaient, on prendrait d'eux la jizya 259, et que leurs femmes ne soient pas épousées et leurs sacrifices ne soient pas mangés. Il écrivit les obligations légales concernant les chameaux, les bovins, les ovins, les fruits et les biens. Al-'Alâ' lut son livre au peuple, et ils prélevèrent leurs aumônes légales 260. Il écrivit une autre lettre à al-Mundhir ibn Sâwî : « Après cela, j'ai envoyé vers toi Qudâma 261 et Abû Hurayra 262 ; remets-leur ce que tu as perçu comme jizya de ta terre. Et paix. » Et il écrivit (la lettre) de sa propre main. Parmi ceux à qui il écrivit — que Dieu prie sur lui et le salue — se trouve Mutarrif ibn al-Kâhin al-Bâhilî 263. « Ceci est un écrit de Muhammad, le Messager de Dieu, à Mutarrif ibn al-Kâhin et à ceux qui habitent Bîsha 264 parmi les Bâhila 265 : Quiconque fait revivre une terre morte, blanche, où paissent les troupeaux et qui sert de pâturage, elle lui appartient. Et sur eux, pour chaque trente bovins, un fârid 266 ; pour chaque quarante ovins, un 'atûd 267 ; pour chaque cinq chameaux, une thâghiya 268 âgée. Et le collecteur d'impôts n'a pas le droit de les prélever ailleurs que dans leurs pâturages. Et ils sont en sécurité par la sécurité de Dieu. » Al-fârid : le bovin âgé ; al-thâghiya : la brebis ; al-thughâ' : son cri quand elle bêle. C'est ce qu'a dit al-Jawharî 269. Parmi ceux à qui il écrivit — que Dieu prie sur lui et le salue — se trouve Mâlik ibn Numayt 270 lors de la délégation de Hamdân 271 et des rois du Yémen. Ibn Hishâm 272 dit : La délégation de Hamdân vint auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — ; parmi eux se trouvaient Mâlik ibn Numayt, Abû Thawr — qui est Dhû l-Mish'âr 273 —, Mâlik ibn Ayfa' 274, Damdam ibn Mâlik al-Salmânî 275 (avec un lâm non accentué), et 'Umayra ibn Mâlik al-Khârifî 276. Ils rencontrèrent le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — vêtus de mantiqât 277 de ḥibara 278 et de turbans 'adaniyya 279, montés sur des selles de mays 280 sur des chamelles mahriyya 281 et arhabiyya 282. Mâlik ibn Numayt et un autre homme récitaient des rajaz 283 devant le groupe. L'un d'eux disait : « Hamdân, meilleurs sujets et rois 284, Ils n'ont pas d'égaux parmi les mondes. Leur demeure est la montagne, et d'eux sont les héros, Ils ont des biens purs et des tributs. » Et un autre disait : « Vers toi, ils ont traversé le noir des campagnes 285 Dans les poussières de l'été et de l'automne, Les museaux entravés par des cordes de fibres. » Mâlik ibn Numayt se tint devant lui, puis dit : « Ô Messager de Dieu, une élite 286 de Hamdân, de chaque sédentaire et nomade, sont venus à toi sur de jeunes chamelles rapides, liées par les liens de l'islam. Ne les atteint, pour Dieu, le blâme d'aucun blâmeur, venant de la province 287 de Khârif 288, de Yâm 289 et de Shâkir 290, gens des chameaux et des chevaux. Ils ont répondu à l'appel du Messager et ont abandonné leurs divinités et leurs idoles 291. Leur pacte ne sera pas rompu tant que durera La'la' 292 et que courra le ya'fûr 293 à Sala' 294. » Alors le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — leur écrivit un document contenant : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ceci est un écrit de Muhammad, le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — pour la province de Khârif et les habitants du flanc de la montagne et des dunes de sable, avec son envoyé Dhû l-Mish'âr, pour Mâlik ibn Numayt et pour ceux qui ont embrassé l'islam parmi son peuple : ils ont leurs hautes terres 295 et leurs basses terres 296, tant qu'ils accomplissent la prière et acquittent l'aumône légale. Ils mangent leurs 'alâf 297 et paissent leurs 'âfî 298. Ils ont pour cela le pacte de Dieu et la protection de Son Messager. Et leurs témoins sont les Émigrés 299 et les Auxiliaires 300. » Mâlik ibn Numayt dit à ce sujet : « J'ai mentionné le Messager de Dieu dans l'obscurité de la nuit, Alors que nous étions au sommet de Rahraḥân 301 et de Saldad 302. Et elles étaient des chamelles aux yeux enfoncés, épuisées, avançant rapidement Avec leurs cavaliers sur une route claire et étendue, Sur chaque chamelle aux bras minces, robuste, Passant avec nous comme le passage rapide de l'autruche légère. J'ai juré par le Seigneur des chamelles trottant vers Minâ 303, Revenant avec les voyageurs de la montagne de Qardad 304 : Le Messager de Dieu est parmi nous, véridique, Un Messager venu de la part du Maître du Trône, guidé. Jamais chamelle n'a porté sur sa selle Un homme plus pieux et plus fidèle à sa promesse que Muhammad, Plus généreux quand le demandeur de bien vient à lui, Et plus incisif avec le tranchant de l'épée indienne bien aiguisée. » Explication des termes rares : Al-muqaṭṭa'ât : des vêtements rayés fabriqués au Yémen. Al-ḥibara : des manteaux fabriqués au Yémen également. Al-mahriyya : des chamelles attribuées à Mahra, une tribu du Yémen. Al-arḥabiyya : attribuées à Arḥab, une tribu du Yémen également. Sa parole dans le rajaz : « meilleurs sujets et rois » : al-aqyâl sont les rois, et al-sûqa sont ceux qui sont en dessous d'eux parmi le peuple. Al-hadab : la colline élevée. Sa parole : « aṭâbât » : des biens purs. Et sa parole : « âkâl » : ce que le roi prélève de ses sujets comme impôt pour lui. Sa parole dans l'autre rajaz : « sawâd al-rîf » : al-sawâd désigne ici les villages nombreux en arbres et en palmiers ; al-rîf : la terre proche des rivières et des eaux abondantes. Al-habwât : pluriel de habwa, qui est la poussière. Sa parole : « nuṣiyya min Hamdân » : al-nuṣiyya : l'élite du peuple. Al-quluṣ : les jeunes chamelles. Nawâj : rapides. Al-mikhlâf : la ville, dialecte du Yémen. Khârif, Yâm et Shâkir : des tribus du Yémen. Al-Bakrî 305 a dit que Shâkir est un nom de lieu parmi les provinces du Yémen appartenant à Hamdân. Sa parole : « ahl al-sûd wa l-qûd » : al-sûd désigne ici les chameaux, et al-qûd les chevaux. Âlihât : pluriel de ilâh (divinité). Al-anṣâb : des pierres sur lesquelles ils sacrifiaient ; peut-être est-ce un nom de lieu ; on dit aussi que c'est une montagne. Al-ya'fûr : le petit de la gazelle. Sala' : avec un ṣād non accentué, un nom de lieu. Celui qui le rapporte avec ḍala' (avec un ḍād) signifie « avec force », de l'expression « homme ḍalî' » c'est-à-dire fort. La première version est la plus célèbre. Sa parole : « wa ahl jinâb al-hadab » : al-jinâb et al-janâb sont synonymes, signifiant le côté. Al-hadab : les collines, leur singulier est hadaba. Al-ḥiqâf : un lieu de ḥiqf, qui est la dune de sable arrondie ; son pluriel est aḥqâf. Dieu Très-Haut a dit : « Lorsqu'il avertit son peuple aux Ahqâf » [Coran 46:21]. Sa parole : « firâ'ahâ wa wahâṭahâ » : al-firâ' : la partie haute de la terre ; al-wahâṭ : la partie basse et déprimée de la terre. Sa parole : « 'alâfahâ » : al-'alâf et al-'alf : le fruit du ṭalḥ, qui est un arbre. Sa parole : « 'âfîhâ » : c'est-à-dire sa végétation ; on dit « 'afâ al-nabât » quand il abonde. Explication des termes rares des vers de Ibn Numayt : Sa parole : « faḥmat al-dujâ » : al-faḥma : l'obscurité de la nuit au début ; al-dujâ : les ténèbres. Rahraḥân : une montagne située à deux barîd 306 d'al-Rabadha 307 ; elle est sur la route de Médine ; l'eau la plus proche est al-Kadîd 308. Saldad : avec la première lettre ouverte et la seconde non accentuée, suivi de deux dâl non accentués, le premier ouvert : un lieu en face de Rahraḥân, selon al-Bakrî dans son dictionnaire ; il cite le vers de Ibn Numayt. Khawṣ : aux yeux enfoncés. Ṭalâ'iḥ : fatiguées. Sa parole : « taghtalî » : elle va vite ; avec ghayn non accentuée. Al-lâḥib : le chemin clair et évident, avec ḥâ' non accentuée, selon al-Jawharî. Al-jasra : la chamelle forte pour la marche. Al-hajaf : le mâle de l'autruche. Al-khafîdad : avec khâ' non accentuée, le léger d'entre eux. Al-râqiṣât : les chamelles ; al-raqaṣân : une sorte de marche. Ṣawâdir : revenant. Al-qardad : ce qui est élevé de la terre. Parmi ceux à qui il écrivit — que Dieu prie sur lui et le salue — se trouve Musaylima le menteur 309 — que Dieu le maudisse. Ibn Ishâq 310 dit : À l'époque du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, Musaylima ibn Ḥabîb 311 avait parlé à al-Yamâma 312 parmi les Banû Ḥanîfa 313, ainsi qu'al-Aswad ibn Ka'b al-'Ansî 314 à Ṣan'â' 315. Musaylima écrivit au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — : « De Musaylima, Messager de Dieu, à Muhammad, Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Paix sur toi. Après cela, j'ai été associé à l'affaire avec toi. À nous la moitié de la terre, et à Quraysh 316 la moitié de la terre. Mais Quraysh sont des gens qui transgressent. » Deux messagers vinrent à lui avec cette lettre : Thumâma ibn Uthâl 317 et 'Abd Allâh ibn al-Nawwâḥa 318. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — leur dit, après avoir lu sa lettre : « Que dites-vous, vous deux ? » Ils dirent : « Nous disons comme il a dit. » Il dit : « Par Dieu, si ce n'était que les messagers ne sont pas tués, je vous aurais frappé le cou. » Puis il écrivit à Musaylima : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muhammad, le Messager de Dieu, à Musaylima le menteur. Paix sur celui qui suit la guidée. Après cela, la terre appartient à Dieu ; Il la donne en héritage à qui Il veut parmi Ses serviteurs. Et la fin heureuse est pour les pieux. »


  1. al-ḥibara : Étoffe de soie rayée ou brodée, typique du Yémen.
  2. ziyy ar-ruhbān : Tenue des moines chrétiens, simple et austère.
  3. mubāhala : Imprécation mutuelle où chaque partie invoque la malédiction d'Allah sur le menteur.
  4. ḥulla : Vêtement complet, souvent un manteau de valeur.
  5. ūqiyya : Once, unité de poids pour l'argent (environ 40 dirhams).
  6. wāqif : Desservant ou gardien d'un lieu de culte chrétien.
  7. as-sayyid : Titre donné au chef de la délégation chrétienne de Najrân, signifiant 'seigneur'.
  8. al-ʿāqib : Titre donné au second chef de la délégation, signifiant 'successeur' ou 'chef'.
  9. riban : Usure, intérêt illicite en islam ; ici, peut-être une pratique économique condamnée.
  10. an-najrāniyya : Localité en Irak, près de Kûfa, où s'installèrent les chrétiens de Najrân.
  11. amīn : Digne de confiance, dépositaire ; titre donné à Abû 'Ubayda.
  12. Coran 3:59 : Verset comparant la création de Jésus à celle d'Adam.
  13. qiyās : Raisonnement par analogie, méthode juridique islamique.
  14. Coran 3:60 : Verset affirmant la vérité venant d'Allah.
  15. Coran 3:61 : Verset appelant à l'imprécation mutuelle.
  16. Coran 3:61 : Suite du verset sur l'imprécation.
  17. nabtahil : Nous implorons, nous nous humilions, ou nous nous maudissons mutuellement.
  18. ibtihāl : Imprécation, invocation de malédiction.
  19. jizya : Impôt de capitation payé par les non-musulmans en terre d'islam.
  20. al-qaṣab an-najrānī : Canne de Najrân, peut-être une variété de canne à sucre ou de roseau.
  21. khunayʿa : Nom propre, peut-être un rival ou un titre.
  22. Faymiyūn : Nom d'un missionnaire chrétien qui introduisit le christianisme à Najrân.
  23. al-jāhiliyya : Période préislamique, littéralement 'l'ignorance'.
  24. ṣadaqāt : Aumônes légales obligatoires, souvent synonyme de zakāt.
  25. al-Khandaq : Bataille de la Tranchée (5 H.).
  26. farā’iḍ : Prescriptions successorales, parts fixes dans l'héritage.
  27. sunan : Pratiques prophétiques, coutumes établies par le Prophète.
  28. diyāt : Compensations légales pour homicide ou blessure.
  29. Coran 5:1 : Sourate al-Mā’ida, verset 1.
  30. Coran 16:128 : Sourate al-Naḥl, verset 128.
  31. ḥajj : Pèlerinage à La Mecque.
  32. ‘umra : Petit pèlerinage, non obligatoire.
  33. iḥtibā’ : Position assise avec les genoux relevés et enveloppés dans un vêtement.
  34. wuḍū’ : Ablutions rituelles avant la prière.
  35. rukū‘ : Inclinaison dans la prière.
  36. khushū‘ : Dévotion, humilité dans la prière.
  37. ṣalāt al-ṣubḥ : Prière de l'aube.
  38. ṣalāt al-ẓuhr : Prière de midi.
  39. ṣalāt al-‘aṣr : Prière de l'après-midi.
  40. ṣalāt al-maghrib : Prière du coucher du soleil.
  41. ṣalāt al-‘ishā’ : Prière de la nuit.
  42. ṣalāt al-jumu‘a : Prière du vendredi.
  43. khums : Le quint, part du butin revenant à l'État islamique.
  44. tabī‘ : Jeune bovin d'un an.
  45. sā’ima : Bétail en pâture libre.
  46. ḥālim : Personne pubère, ayant atteint l'âge de raison.
  47. dīnār : Monnaie d'or.
  48. andād : Divinités associées à Allah, idoles.
  49. al-ḍāḥiya : Terres découvertes, extérieures.
  50. al-ḍaḥl : Eau peu abondante, mare.
  51. al-būr : Terres incultes, en friche.
  52. al-ma‘āmī : Terres inconnues, sans propriétaire connu.
  53. aghfāl al-arḍ : Terres sans traces de culture ou d'habitation.
  54. al-ḥalaqa : Armures, cottes de mailles.
  55. al-ḥāfir : Chevaux, littéralement 'sabot'.
  56. al-ḍāmina min al-nakhl : Palmiers situés à l'intérieur de leur territoire.
  57. lā tu‘dalu sāriḥatukum : Vos troupeaux ne seront pas détournés vers le percepteur de la dîme.
  58. lā tu‘adu fāridatukum : Vos bêtes de trait ne seront pas confisquées.
  59. lā yuḥẓaru ‘alaykum al-nabāt : La végétation ne vous sera pas interdite, vous pouvez paître librement.
  60. muṣaddiq : Percepteur de la dîme (zakāt).
  61. al-khums : Le quint, part du butin.
  62. ‘ushr al-thabāt : Dîme sur les fruits, dixième des récoltes.
  63. al-mā' al-qalīl : L'eau peu abondante, c'est-à-dire l'eau qui n'atteint pas le volume requis pour être considérée comme une grande quantité d'eau selon la loi islamique.
  64. al-ma'āmī : Pluriel de ma'man, désignant les terres vagues, sans propriétaire ou non cultivées.
  65. al-a'lām : Pluriel de 'alam, désignant les terres bornées, c'est-à-dire dont les limites sont connues.
  66. al-ḍāmina : Les terres productives, celles qui portent des palmiers et sont fertiles.
  67. sāriḥatukum : Votre bétail qui paît librement.
  68. al-fārida : Ce qui n'est pas soumis à l'aumône légale (zakāt), comme les biens en dessous du seuil imposable.
  69. al-aghfāl : Pluriel de ghifl, désignant les terres dont on ne fixe pas la limite, c'est-à-dire les terres non délimitées.
  70. al-ma'īn : L'eau courante, comme une rivière ou un ruisseau.
  71. al-thabāt : Les vieux palmiers bien enracinés.
  72. Dūma : Douma, oasis située dans le nord de l'Arabie, souvent identifiée à Doumat al-Jandal.
  73. Ayla : Ayla, port antique sur la mer Rouge, aujourd'hui Aqaba en Jordanie.
  74. Taymā' : Tayma, oasis dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite.
  75. 'anwa : Prise de force, par conquête militaire, par opposition à la reddition pacifique.
  76. al-khiyār fī riqābihim : Le choix concernant leurs personnes, c'est-à-dire le droit de les réduire en esclavage ou de les libérer.
  77. Dūmat al-Jandal : Doumat al-Jandal, oasis dans le nord de l'Arabie saoudite, près de la frontière jordanienne.
  78. Bark al-Ghimād : Lieu situé près de La Mecque, mentionné dans les traditions.
  79. Asībakht : Nom d'un gouverneur perse de Hajar, probablement d'origine perse.
  80. Hajar : Hajar, région historique du Bahreïn actuel, ou la ville de Hajar dans la province orientale de l'Arabie saoudite.
  81. al-Aqra' : Al-Aqra', nom d'un messager, peut-être al-Aqra' ibn Habis.
  82. qirāya : Lecture, récitation, probablement du Coran.
  83. Banū 'Abd Allāh : Les fils d'Abd Allah, nouveau nom donné par le Prophète à la tribu.
  84. al-Aṣbagh ibn 'Amr : Al-Asbagh ibn 'Amr, roi de Douma à l'époque du Prophète.
  85. Kalbīya : Femme de la tribu de Kalb, une tribu arabe chrétienne.
  86. Abū Salama al-Faqīh : Abu Salama al-Faqih, fils de 'Abd al-Rahman ibn 'Awf et de Tumadir, juriste célèbre.
  87. al-Nu'mān ibn al-Mundhir : Al-Nu'man ibn al-Mundhir, roi lakhmide de Hira, contemporain du Prophète.
  88. ṣulḥ : Traité de paix, par opposition à la conquête par la force.
  89. jizya : Capitation, impôt de capitation payé par les non-musulmans dans un État islamique.
  90. Adhruḥ : Adhruh, localité située entre la Syrie et le Hedjaz.
  91. al-Baḥrayn : Al-Bahrayn, région historique correspondant à l'est de l'Arabie saoudite et au Bahreïn actuels.
  92. Bādhān : Badhan, gouverneur perse du Yémen sous Chosroès II.
  93. Kisrā : Chosroès, titre des rois sassanides, ici Chosroès II Parviz.
  94. Abruwīz : Abruwiz, nom de Chosroès II Parviz, signifiant « victorieux » en persan.
  95. al-Madā'in : Médain, les capitales sassanides, notamment Ctésiphon.
  96. Shīrūya : Shiruya, fils de Chosroès II, qui l'assassina et régna brièvement.
  97. ahl al-bayt : Gens de la Maison, c'est-à-dire la famille du Prophète.
  98. Ḥajar : Hajar, ville du Yémen, ou peut-être une erreur pour un autre lieu.
  99. Dhamār : Dhamar, ville du Yémen.
  100. Ḥimyar : Himyar, ancien royaume du Yémen.
  101. al-Ḥabasha : Les Abyssins, c'est-à-dire les Éthiopiens.
  102. Ṣa'da : Sa'da, ville du nord du Yémen.
  103. Tubba' : Tubba', titre des rois himyarites du Yémen.
  104. al-tabāb'ia : Les Tubba', dynastie des rois himyarites.
  105. al-Hannā' al-Dā'im : L'auteur de l'ouvrage intitulé al-Hanna' al-Da'im, non identifié.
  106. Yathrib : Yathrib, ancien nom de Médine.
  107. ahl al-kitāb : Gens du Livre, c'est-à-dire juifs et chrétiens.
  108. al-malik al-matbū' : Le roi suivi, c'est-à-dire celui qui est obéi.
  109. al-Shiḥr : Al-Shihr, région côtière du Yémen.
  110. al-Ḥārith al-Rā'ish : Al-Harith al-Ra'ish, roi himyarite, surnommé « le pourvoyeur ».
  111. rāsh : Pourvoir, doter, donner des biens.
  112. al-wars : Plante tinctoriale jaune du Yémen.
  113. al-'aranjaj : Terme himyarite signifiant « l'antique ».
  114. Ḥassān ibn Tibān As'ad : Hassan ibn Tiban As'ad, roi himyarite, Tubba' le Moyen.
  115. Ma'dīkarib : Ma'dikarib, nom composé himyarite signifiant « abondance du dieu Karib ».
  116. al-tibāna : L'intelligence, la perspicacité.
  117. sayl al-'arim : L'inondation de la digue de Ma'rib, mentionnée dans le Coran.
  118. 'Amr Muzayqiyā : Amr Muzayqiya, surnom de 'Amr ibn 'Amir, qui déchirait ses vêtements.
  119. 'Āmir Mā' al-Samā' : Amir Ma' al-Sama', surnom signifiant « pluie du ciel ».
  120. al-Ghiṭrīf : Al-Ghitrif, nom d'un ancêtre.
  121. Tha'laba al-'Anqā' : Tha'laba al-'Anqa', surnom signifiant « le long cou ».
  122. al-Aws wa al-Khazraj : Al-Aws et al-Khazraj, deux tribus arabes de Médine, les Ansar.
  123. Tubba' : Titre des rois himyarites du Yémen antique, souvent utilisé comme nom propre pour désigner un roi en particulier.
  124. Abū Jubayla al-Ghassānī : Personnage de la tribu ghassanide, mentionné dans les récits préislamiques.
  125. as-Suhaylī : Savant andalou du XIIe siècle, auteur de commentaires sur la Sīra d'Ibn Hishām.
  126. kunya : Surnom commençant par 'Abū' (père de) ou 'Umm' (mère de), utilisé dans l'onomastique arabe.
  127. émigration : Référence à l'Hégire, l'émigration du Prophète Muhammad de La Mecque à Médine en 622.
  128. rabbins : Sages juifs, savants religieux.
  129. Ansār : Les 'Auxiliaires' musulmans de Médine qui accueillirent le Prophète Muhammad.
  130. Ka'ba : Sanctuaire cubique à La Mecque, direction de la prière pour les musulmans.
  131. doloire : Outil de charpentier, hache à large lame.
  132. Maison : Désigne la Ka'ba, la Maison de Dieu.
  133. Coran 22:25 : Verset coranique mentionnant le châtiment pour ceux qui cherchent à profaner la Ka'ba.
  134. gens de l'Éléphant : Référence à l'année de l'Éléphant (570 ap. J.-C.) où Abraha tenta de détruire la Ka'ba avec une armée comprenant des éléphants.
  135. ḫuṣuf : Tissu grossier fait de feuilles de palmier ou de fibres, utilisé pour couvrir la Ka'ba.
  136. mulā' : Vêtement ample, manteau ou drapé, souvent de qualité.
  137. waṣā'il : Pluriel de waṣīla, vêtement yéménite rayé, souvent en brocart.
  138. aqyāl : Pluriel de qayl, titre de rois inférieurs au Yémen antique.
  139. Shīth : Seth, fils d'Adam, considéré comme un prophète en Islam.
  140. jāhiliyya : Période préislamique, souvent traduite par 'ignorance'.
  141. Ḥijr : Espace semi-circulaire adjacent à la Ka'ba, considéré comme faisant partie du sanctuaire.
  142. Muhājirūn : Les 'Émigrants' musulmans de La Mecque qui suivirent le Prophète à Médine.
  143. al-Bayt : La Maison, désignant la Ka'ba à La Mecque.
  144. muhrim : Personne en état de sacralisation rituelle pour le pèlerinage ou la 'umra.
  145. Jā'a l-ḥaqq wa zahaqa l-bāṭil inna l-bāṭil kāna zahūqā : Coran 17:81.
  146. Jā'a l-ḥaqq wa mā yubdi'u l-bāṭil wa mā yu'īd : Coran 34:49.
  147. al-Ka'ba : Le sanctuaire cubique à La Mecque, direction de la prière.
  148. al-Lāt, al-'Uzzā, Manāt : Trois divinités préislamiques mentionnées dans le Coran (53:19-20).
  149. al-shirk : Association d'autres divinités à Dieu, polythéisme.
  150. kabbara : Il a dit 'Allāhu akbar' (Dieu est le plus grand).
  151. Quraysh : La tribu dominante de La Mecque à l'époque du Prophète.
  152. al-aḥzāb : Les coalisés, référence à la bataille du Fossé (al-Khandaq).
  153. Yā ayyuhā l-nās innā khalaqnākum min dhakarin wa unthā : Coran 49:13.
  154. Lā tathrība 'alaykum al-yawm : Coran 12:92.
  155. al-Hijra : L'émigration du Prophète de La Mecque à Médine en 622.
  156. izār : Pagne, vêtement inférieur porté en état de sacralisation.
  157. al-qawad : Peine du talion, loi du talion.
  158. al-nabī al-ummī : Le Prophète illettré, désignant Muhammad.
  159. al-Anṣār : Les 'Auxiliaires', habitants de Médine ayant accueilli le Prophète.
  160. Kisrā : Titre du roi sassanide de Perse.
  161. al-adhān : L'appel à la prière musulman.
  162. al-jum'a : La prière du vendredi.
  163. al-qibla : Direction de la prière, vers La Mecque.
  164. Mu'ta : Bataille en 629 entre musulmans et Byzantins.
  165. mukātabāt : Correspondances épistolaires du Prophète Muhammad avec les rois et chefs de tribus, les invitant à l'islam.
  166. ṣadaqa : Aumône légale obligatoire en islam, également appelée zakāt, prélevée sur les biens des musulmans pour être redistribuée aux pauvres.
  167. al-nabī al-ummī : Le Prophète illettré, c'est-à-dire Muhammad, qui ne savait ni lire ni écrire avant la révélation, ce qui est considéré comme un signe de sa prophétie.
  168. Īliyā’ : Nom arabe de Jérusalem (Aelia Capitolina).
  169. Rasūl Allāh : Le Messager d'Allah, titre de Mahomet.
  170. ṣallā Llāhu ‘alayhi wa-sallam : Formule de bénédiction sur le Prophète : « qu'Allah prie sur lui et le salue ».
  171. al-Ḥārith : Al-Hârith ibn Abî Shamr, roi ghassanide vassal de Byzance.
  172. Ibn Sa‘d : Muhammad ibn Sa‘d (784-845), auteur des Ṭabaqāt al-Kubrā, vaste recueil biographique.
  173. Qayṣar : César, titre de l'empereur byzantin (Héraclius à l'époque).
  174. mithqāl : Unité de poids pour l'or (environ 4,25 g).
  175. Murra : Nom du chambellan d'al-Hârith.
  176. ‘ām al-fatḥ : L'année de la conquête de La Mecque (8 H/630).
  177. Ṭabaqāt : Les Ṭabaqāt al-Kubrā d'Ibn Sa‘d.
  178. az-Zuhrī : Ibn Shihāb az-Zuhrī (mort en 742), célèbre traditionniste.
  179. Ḥimyar : Ancien royaume du Yémen.
  180. ‘Uzayr : Esdras, figure biblique que certains juifs auraient divinisé selon le Coran.
  181. Naṣārā : Nazaréens, terme coranique pour les chrétiens.
  182. Allāh thālithu thalātha : Allah est le troisième de trois, allusion à la Trinité.
  183. ‘Ayyāsh ibn Abī Rabī‘a al-Makhzūmī : Compagnon de Mahomet, de la tribu des Quraysh.
  184. rak‘a : Unité de la prière islamique comprenant inclinaison et prosternation.
  185. lam yakuni lladhīna kafarū : Début de la sourate 98 (al-Bayyina).
  186. raṭanū : Parler une langue étrangère ou de façon incompréhensible.
  187. aslamū : Se soumettre, se convertir à l'islam.
  188. quḍub : Baguettes ou bâtons utilisés dans un culte préislamique.
  189. sāsam : Bois de sassafras, essence aromatique.
  190. as-Suhaylī : ‘Abd ar-Raḥmān as-Suhaylī (mort en 1185), commentateur de la Sīra.
  191. al-Muhājir : Surnom d'Abû Umayya, peut-être un émissaire.
  192. Abū Umayya : Compagnon, peut-être Abû Umayya ibn al-Mughīra.
  193. an-nabī al-ummī : Le Prophète illettré, qualificatif de Mahomet.
  194. amran basaq : Affaire élevée, qui dépasse.
  195. al-waswās : La suggestion, la parole intérieure (ici, le doute).
  196. al-Jawharī : Ismā‘īl al-Jawharī (mort en 1003), lexicographe arabe.
  197. ḥarf al-khā’ : Section alphabétique des lettres commençant par khā’.
  198. Khālid ibn Dimād al-Azdī : Chef de la tribu Azd, destinataire d'une lettre de Mahomet.
  199. zakāt : Aumône légale obligatoire en islam.
  200. al-Bayt : La Maison, c'est-à-dire la Kaaba à La Mecque.
  201. muḥdith : Innovateur en matière religieuse, hérétique.
  202. Abū : Père de... ; le texte est incomplet.
  203. ḥarf ar-rā’ : Section alphabétique des lettres commençant par rā’.
  204. Rabī‘a al-Ḥaḍramī : Personnage du Hadramawt, destinataire d'une lettre.
  205. nuḥul : Lots, parts attribuées.
  206. shirāj : Ravins, lits de torrents.
  207. ash-sharaj : Canal d'écoulement, ravin.
  208. ḥarra : Coulée de lave, terrain volcanique.
  209. qaḍb : Fourrage vert, herbe coupée.
  210. al-qaḍb : Plante fourragère, luzerne.
  211. qatt : Luzerne, plante fourragère.
  212. Mu‘āwiya : Mu‘āwiya ibn Abī Sufyān, futur calife omeyyade, alors secrétaire de Mahomet.
  213. ad-Ḍubaybī : Tribu de Rifâ‘a, branche de Judhâm.
  214. Ibn Isḥāq : Muhammad ibn Isḥāq (mort en 767), auteur de la première biographie de Mahomet.
  215. al-Ḥudaybiyya : Localité près de La Mecque, lieu du traité de Hudaybiyya (628).
  216. Khaybar : Oasis juive conquise par les musulmans en 628.
  217. Ibn al-Barr : Peut-être Yûsuf ibn ‘Abd al-Barr (mort en 1071), savant andalou.
  218. Mid‘am : Esclave noir offert à Mahomet, tué à Khaybar.
  219. Ḥarrat ar-Rajlā’ : Coulée de lave dans le territoire de Judhâm.
  220. al-Bakrī : Abû ‘Ubayd al-Bakrī (mort en 1094), géographe andalou.
  221. Ibn ‘Abd al-Barr : Yûsuf ibn ‘Abd al-Barr, savant malikite.
  222. aḍ-Ḍīnī : Variante de ad-Dubaybī, avec nūn.
  223. Banū Ḍīn : Tribu de Judhâm.
  224. nūn : Lettre n de l'alphabet arabe.
  225. ḥarf az-zā’ : Section alphabétique des lettres commençant par zā’.
  226. Zur‘a : Qayl du Hadramawt, destinataire d'une lettre.
  227. qayl : Titre de chef ou de roi au Yémen préislamique.
  228. al-Busā : Nom propre, peut-être un qayl.
  229. al-Buḥayrī : Nom propre, qayl du Hadramawt.
  230. Ḥujr : Nom propre, qayl.
  231. ḥarf as-sīn : Section alphabétique des lettres commençant par sīn.
  232. Dhū l-Kalā‘ : Roi himyarite, nommé Sumayfa‘.
  233. Sumayfa‘ : Nom de Dhū l-Kalā‘.
  234. Ibn al-Jawzī : ‘Abd ar-Raḥmān ibn al-Jawzī (mort en 1201), historien et prédicateur.
  235. Ṭā’if : Ville du Hedjaz, près de La Mecque.
  236. Jarīr ibn ‘Abd Allāh al-Bajalī : Compagnon, chef de la tribu Bajīla.
  237. ‘Umar : ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb, deuxième calife (634-644).
  238. Dāwūd : David, prophète biblique et coranique.
  239. Dhū al-Kalā‘ : Nom d’un chef yéménite préislamique, puis compagnon du Prophète.
  240. jihād : Effort ou combat dans la voie de Dieu, ici au sens militaire.
  241. sayḥ : Eau courante.
  242. wābil : Pluie abondante.
  243. ṭall : Rosée ou pluie fine.
  244. Huba : Nom d’une idole préislamique ; le vers signifie que son chagrin n’a pas été aussi durable que le culte de Huba.
  245. al-Rāqi‘ : Surnom signifiant « celui qui rapièce », car il rapiéça son seau avec la lettre du Prophète.
  246. ashā’ : Pluriel de *ashā* : palmiers.
  247. sundus : Étoffe de soie fine.
  248. ūqiyya : Unité de poids valant environ 40 dirhams.
  249. nashsh : Vingt dirhams, soit la moitié d’une *ūqiyya*.
  250. Ma‘ān : Ville de l’actuelle Jordanie.
  251. al-nabī al-ummī : Le Prophète illettré, c'est-à-dire Muhammad, qui ne savait ni lire ni écrire.
  252. al-Mundhir : Al-Mundhir ibn Sâwî al-'Abdî, gouverneur de Bahreïn à l'époque préislamique, qui se convertit à l'islam.
  253. Ibn Sa'd : Muhammad ibn Sa'd, célèbre historien et biographe musulman (mort en 845).
  254. al-Ji'irrâna : Localité située entre La Mecque et Ta'if, où le Prophète fit halte après la conquête de La Mecque.
  255. al-'Alâ' ibn al-Hadramî : Compagnon du Prophète, envoyé comme gouverneur à Bahreïn.
  256. al-Mundhir ibn Sâwî al-'Abdî : Gouverneur de Bahreïn, se convertit à l'islam après avoir reçu la lettre du Prophète.
  257. Hajar : Ancien nom de la région de Bahreïn, ou de sa capitale.
  258. Majūs : Les mages, adeptes du zoroastrisme, considérés comme gens du Livre et soumis à la jizya.
  259. jizya : Impôt de capitation payé par les non-musulmans en échange de la protection de l'État islamique.
  260. ṣadaqāt : Aumônes légales obligatoires, équivalent de la zakât.
  261. Qudāma : Qudâma ibn Maz'ûn, compagnon du Prophète.
  262. Abū Hurayra : Célèbre compagnon du Prophète, rapporteur de nombreux hadiths.
  263. Mutarrif ibn al-Kâhin al-Bâhilî : Compagnon du Prophète, de la tribu de Bâhila.
  264. Bîsha : Vallée ou région d'Arabie.
  265. Bâhila : Tribu arabe.
  266. fârid : Bovin âgé, terme technique pour l'impôt sur le bétail.
  267. 'atûd : Jeune bouc ou mouton d'un an, terme technique pour l'impôt sur les ovins.
  268. thâghiya : Brebis âgée, terme technique pour l'impôt sur les chameaux.
  269. al-Jawharî : Célèbre lexicographe arabe (mort vers 1002).
  270. Mâlik ibn Numayt : Chef de la délégation de Hamdân, poète et compagnon du Prophète.
  271. Hamdân : Tribu yéménite.
  272. Ibn Hishâm : Célèbre biographe du Prophète (mort en 833).
  273. Dhû l-Mish'âr : Surnom d'Abû Thawr, signifiant 'celui qui a la torche'.
  274. Mâlik ibn Ayfa' : Compagnon du Prophète, de la tribu de Hamdân.
  275. Damdam ibn Mâlik al-Salmânî : Compagnon du Prophète.
  276. 'Umayra ibn Mâlik al-Khârifî : Compagnon du Prophète.
  277. muqaṭṭa'ât : Vêtements rayés de fabrication yéménite.
  278. ḥibara : Manteau rayé yéménite.
  279. 'adaniyya : Turbans d'Aden, ville du Yémen.
  280. mays : Arbre dont le bois servait à fabriquer des selles.
  281. mahriyya : Chamelles de la tribu de Mahra, au Yémen.
  282. arḥabiyya : Chamelles de la tribu d'Arḥab, au Yémen.
  283. rajaz : Mètre poétique arabe, souvent utilisé pour les improvisations.
  284. sûqa wa aqyâl : Sûqa : sujets, peuple ; aqyâl : rois (pluriel de qayl).
  285. sawâd al-rîf : Sawâd : zone cultivée ; rîf : terre fertile près des cours d'eau.
  286. nuṣiyya : Élite, meilleure partie d'un groupe.
  287. mikhlâf : Province, district (terme yéménite).
  288. Khârif : Tribu ou région du Yémen.
  289. Yâm : Tribu yéménite.
  290. Shâkir : Tribu ou lieu du Yémen.
  291. anṣâb : Pierres dressées ou idoles devant lesquelles on sacrifiait.
  292. La'la' : Lieu ou montagne, symbole de durée.
  293. ya'fûr : Petit de la gazelle.
  294. Sala' : Nom de lieu, probablement une montagne.
  295. firâ' : Hautes terres, partie élevée d'un territoire.
  296. wahâṭ : Basses terres, partie basse et fertile.
  297. 'alâf : Fruit de l'arbre ṭalḥ (acacia).
  298. 'âfî : Végétation abondante, pâturage.
  299. Muhâjirûn : Les Émigrés, musulmans de La Mecque ayant émigré à Médine.
  300. Anṣâr : Les Auxiliaires, musulmans de Médine ayant accueilli le Prophète.
  301. Rahraḥân : Montagne située à deux barîd d'al-Rabadha.
  302. Saldad : Lieu en face de Rahraḥân.
  303. Minâ : Vallée près de La Mecque, lieu de rites du pèlerinage.
  304. Qardad : Terrain élevé.
  305. al-Bakrî : Géographe et lexicographe arabe (mort en 1094).
  306. barîd : Unité de distance, environ 12 miles (19 km).
  307. al-Rabadha : Localité près de Médine.
  308. al-Kadîd : Lieu d'eau près de Rahraḥân.
  309. Musaylima al-kadhdhâb : Faux prophète contemporain de Muhammad, tué après la mort du Prophète.
  310. Ibn Ishâq : Célèbre biographe du Prophète (mort en 767).
  311. Musaylima ibn Ḥabîb : Chef des Banû Ḥanîfa, se proclama prophète.
  312. al-Yamâma : Région d'Arabie centrale.
  313. Banû Ḥanîfa : Tribu arabe de la Yamâma.
  314. al-Aswad ibn Ka'b al-'Ansî : Faux prophète yéménite, tué du vivant du Prophète.
  315. Ṣan'â' : Capitale du Yémen.
  316. Quraysh : Tribu de La Mecque à laquelle appartenait le Prophète.
  317. Thumâma ibn Uthâl : Compagnon du Prophète, chef des Banû Ḥanîfa.
  318. 'Abd Allâh ibn al-Nawwâḥa : Compagnon de Musaylima, tué plus tard par les musulmans.

La deuxième partie

Cela eut lieu à la fin de l'an dix. Ibn Sa'd dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lui écrivit et dit : « Maudissez-le, que Dieu le maudisse. » Il lui écrivit : « J'ai reçu ta lettre, mensonge, calomnie et invention contre Dieu. » Il l'envoya avec al-Sâ'ib ibn al-'Awwâm, frère d'al-Zubayr. C'est à lui que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — faisait allusion lorsqu'il prononça un sermon et dit : « J'ai vu dans mes mains deux bracelets d'or ; je les ai trouvés détestables, alors j'ai soufflé dessus et ils se sont envolés. Je les ai interprétés comme le menteur de la Yamâma et le 'Ansî, maître de San'â'. » Quant à Musaylima, il fut tué par Wahshî, le meurtrier de Hamza, et l'armée était sous le commandement de Khâlid ibn al-Walîd — que Dieu l'agrée — qui anéantit son peuple par le meurtre et la captivité sous le califat d'Abû Bakr al-Siddîq — que Dieu l'agrée. Quant à al-Aswad al-'Ansî, on l'appelait Dhû l-Himâr et on le surnommait 'Abhala ; il fut tué par Fayrûz al-Daylamî, Qays ibn Makshûh et Dâdûyah, un homme des Abnâ' 1 — que Dieu les agrée. Ils entrèrent chez lui par un souterrain qu'une femme avait aménagé pour eux ; elle était des Abnâ' et il l'avait vaincue et violée car elle était parmi les plus belles femmes ; elle était musulmane et pieuse, nommée al-Marzubâna — que Dieu l'agrée. Elle lui fit boire du bang 2, et ils le frappèrent de leurs épées en disant : « Un prophète s'est égaré, il est mort ivre. » Quant à 'Abd Allâh ibn al-Nawwâha, l'un des deux envoyés de Musaylima, Qaraza ibn Ka'b lui trancha la tête sur ordre de 'Abd Allâh ibn Mas'ûd, qui lui dit : « J'ai entendu le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dire : "Si ce n'était que tu es un envoyé, je t'aurais tranché la tête." Et maintenant tu n'es plus un envoyé. » Ses signes et miracles — que Dieu le maudisse — étaient tous inversés, c'est-à-dire Musaylima. Il cracha dans un puits d'un peuple qui le lui avait demandé pour en obtenir une bénédiction, et son eau devint salée. Il passa la main sur la tête d'un garçon, et celui-ci devint affreusement chauve. Il invoqua la bénédiction pour un homme au sujet de ses fils ; l'homme retourna chez lui et trouva l'un tombé dans un puits et l'autre dévoré par le loup. Il passa la main sur les yeux d'un homme pour qu'il soit guéri par son attouchement, et ses yeux devinrent blancs. Il fut tué à l'âge de cent cinquante ans, selon Ibn Dihya. Parmi ceux à qui il écrivit — que Dieu prie sur lui et le salue — : Ma'dî Karib ibn Abraha. Ibn Sa'd dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit à Ma'dî Karib ibn Abraha : « Il aura ce sur quoi il a embrassé l'Islam du territoire de Khawlân. » Lettre Nûn Parmi ceux à qui il écrivit — que Dieu prie sur lui et le salue — : Nahshal. Ibn Sa'd dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit à Nahshal ibn Mâlik al-Wâ'ilî, de Bâhila : « Par Ton nom, ô Dieu ! Ceci est un écrit de Muhammad, Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — pour Nahshal ibn Mâlik et ceux qui sont avec lui des Banû Wâ'il, pour quiconque a embrassé l'Islam, accompli la prière, acquitté l'aumône légale, obéi à Dieu et à Son Messager, donné du butin le quint de Dieu et la part du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue —, témoigné de son Islam et s'est séparé des associateurs : il est en sécurité par la sécurité de Dieu, et Muhammad — que Dieu prie sur lui et le salue — le déclare innocent de toute injustice. Ils ont le droit de ne pas être mobilisés 3 et de ne pas payer la dîme 4. Et leur agent est pris parmi eux-mêmes. » 'Uthmân ibn 'Affân — que Dieu l'agrée — écrivit. Parmi ceux à qui il écrivit — que Dieu prie sur lui et le salue — : Nu'aym ibn Aws al-Dârî. Ibn Munîr al-Halabî dit dans son commentaire du Mukhtasar al-Sîra de 'Abd al-Ghanî : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — écrivit à Nu'aym ibn Aws, frère de Tamîm al-Dârî : « Il aura Habrâ et 'Aynûn en Syrie, leur plaine et leur montagne, leur eau et leur culture, et pour sa descendance après lui ; nul ne les lui contestera. Quiconque leur fera injustice ou prendra quelque chose, la malédiction de Dieu, des anges et de tous les hommes sera sur lui. » 'Alî écrivit. Ibn Sa'd ajouta après Habrâ et 'Aynûn en Syrie : « tout son village », et après « leur eau et leur culture » : « et leurs terres irriguées et leurs bovins », et après « nul ne les lui contestera » : « et nul n'entrera chez eux injustement ; quiconque leur fera injustice ou prendra quelque chose d'eux » et il mentionna la suite. Ibn Sa'd dit, à propos des délégations : La délégation des Dâriyyûn arriva auprès du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — à son retour de Tabûk ; ils étaient dix hommes, parmi lesquels Tamîm et Nu'aym, fils d'Aws ibn Khârija, al-Tayyib ibn Dharr, Hânî' ibn Habîb, 'Azîz ibn Mâlik. Ils embrassèrent l'Islam. Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — nomma al-Tayyib 'Abd Allâh et nomma 'Azîz 'Abd al-Rahmân. Hânî' ibn Habîb offrit en cadeau au Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — une outre de vin, des chevaux et un vêtement de soie brodé d'or. Il accepta les chevaux et le vêtement, puis le donna à al-'Abbâs ibn 'Abd al-Muttalib, qui dit : « Qu'en ferai-je ? » Il dit : « Enlève l'or, pare-en tes femmes ou dépense-le, puis vends la soie et prends-en le prix. » Al-'Abbâs le vendit à un homme juif pour huit mille dirhams. Tamîm dit : « Nous avons des voisins byzantins qui possèdent deux villages, appelés l'un Habrâ et l'autre Bayt 'Aynûn. Si Dieu t'accorde la conquête de la Syrie, donne-les-moi. » Il dit : « Ils sont à toi. » Lorsque Abû Bakr prit le pouvoir, il les lui donna et lui en écrivit un acte. La délégation des Dâriyyûn resta jusqu'à la mort du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue —, et il légua pour eux un manteau et cent wasq 5. Ibn Zafar dit : Al-Wâqidî rapporte d'après Khâlid ibn Sa'îd, d'après Tamîm al-Dârî, qu'il a dit : « Je me rendis en Syrie ; la nuit me surprit, et j'arrivai dans une vallée. Je dis : "Je suis sous la protection du maître de cette vallée cette nuit." Lorsque je pris ma couche, voici qu'un héraut disait : "Cherche refuge auprès de l'Unique, car les djinns ne peuvent protéger personne contre Dieu. Un prophète des illettrés est apparu ; nous avons prié derrière lui à al-Hajûn, nous avons embrassé l'Islam, nous l'avons suivi, nous avons cru en lui et nous l'avons déclaré véridique. Embrasse donc l'Islam, tu seras sauvé." Tamîm dit : "Au matin, j'allai au couvent d'Ayyûb et j'interrogeai le moine sur ce que j'avais entendu du héraut. Il dit : "Il a dit vrai : le meilleur des prophètes sortira du Haram, émigrera vers le Haram ; ne le devance donc pas." Je me rendis à la Mecque, je rencontrai le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — alors qu'il se cachait, et je crus en lui." » Tel est le récit, mais il est erroné, car Tamîm al-Dârî a embrassé l'Islam tardivement ; l'erreur porte donc sur le nom. Ibn 'Abd al-Barr dit : Il était chrétien et embrassa l'Islam en l'an neuf de l'Hégire. Il dit : Le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — mentionna l'Antéchrist et dit : « Tamîm al-Dârî m'a raconté » et il rapporta le récit de la Jassâsa 6 et l'histoire de l'Antéchrist. Ceci est plus plausible que ce que les traditionnistes rapportent dans la transmission des grands par les petits. Lettre Hâ' Parmi ceux à qui il écrivit — que Dieu prie sur lui et le salue — : Hawdha ibn 'Alî, maître de la Yamâma. Il lui écrivit — que Dieu prie sur lui et le salue — et l'envoya avec Sulayt ibn 'Amr al-'Âmirî : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muhammad, Messager de Dieu, à Hawdha ibn 'Alî. Paix à celui qui suit la guidée. Sache que ma religion parviendra jusqu'à l'extrémité du sabot et du fer à cheval. Embrasse donc l'Islam, tu seras sauvé, et je te donnerai ce qui est sous ton autorité. » Lorsque Sulayt arriva auprès de lui avec la lettre du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — scellée, il le fit descendre, l'accueillit, lui fit lire la lettre. Il répondit d'une réponse inférieure et écrivit au Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — : « Ce à quoi tu appelles est excellent et beau. Les Arabes redoutent ma position. Accorde-moi donc une part du commandement, je te suivrai. » Il gratifia Sulayt d'un présent et lui donna des vêtements tissés à Hajar. Sulayt revint avec tout cela auprès du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue —, l'informa et le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — lut sa lettre et dit : « S'il m'avait demandé une parcelle de terre, je ne l'aurais pas fait. Il a péri, et ce qui est entre ses mains a péri. » Lorsque le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — revint de la conquête, Gabriel — sur lui la paix — vint à lui l'informant que Hawdha était mort. Le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Certes, de la Yamâma sortira un menteur qui se proclamera prophète et sera tué après moi. » Quelqu'un dit : « Ô Messager de Dieu, qui le tuera ? » Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Toi et tes compagnons. » Et il en fut ainsi. Al-Wâqidî mentionne que l'Arkon de Damas, un grand parmi les grands des chrétiens, était chez Hawdha. Il l'interrogea au sujet du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue —. Il dit : « Sa lettre m'est parvenue, m'appelant à l'Islam, mais je ne lui ai pas répondu. » L'Arkon dit : « Pourquoi ne lui as-tu pas répondu ? » Il dit : « J'ai été avare de ma religion, et je suis le roi de mon peuple ; si je le suis, je ne régnerai plus. » Il dit : « Si, par Dieu, si tu le suis, il te fera régner, et le bien est pour toi à le suivre. C'est lui le prophète arabe dont Jésus fils de Marie a annoncé la bonne nouvelle ; il est écrit chez nous dans l'Évangile : Muhammad, Messager de Dieu. » Al-Suhaylî mentionne que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — n'envoya Sulayt à Hawdha que parce qu'il allait et venait fréquemment chez eux et se rendait dans leur pays. Il dit : Lorsqu'il arriva chez lui — et Chosroès s'était tourné —, il dit : « Ô Hawdha, les plus grands obstacles se sont assombris, et des esprits sont dans le Feu. Le maître est celui qui protège par la foi, puis se munit de piété. Un peuple a été heureux par ton avis ; ne sois donc pas malheureux par lui. Je t'ordonne ce qu'il y a de meilleur à ordonner et te défends ce qu'il y a de pire à défendre. Je t'ordonne l'adoration de Dieu et te défends l'adoration du Diable. Dans l'adoration de Dieu, il y a le Paradis ; dans l'adoration du Diable, l'Enfer. Si tu acceptes, tu obtiendras ce que tu espères et seras en sécurité de ce que tu crains. Si tu refuses, entre nous et toi il y a le dévoilement et l'horreur de la rencontre. » Hawdha dit : « Ô Sulayt, m'a rendu puissant celui qui, s'il t'avait rendu puissant, tu en aurais été honoré. J'avais un avis par lequel j'éprouvais les choses, mais je l'ai perdu ; sa place dans mon cœur est vide. Accorde-moi un délai pour que mon avis me revienne, et je te répondrai, si Dieu le veut. » Ibn 'Abd al-Barr mentionne son envoi à Hawdha, et cela a déjà été traité à la lettre Sîn. Al-Suhaylî dit : Hawdha dit à propos de Sulayt : « Sulayt est venu à moi alors que les événements étaient nombreux, / Je lui dis : "Que dit Sulayt ?" Il dit : "Ce en quoi il y a pour moi humiliation, / Et en quoi il y a espoir de convoitise et désespoir." Je lui dis : "A disparu celui par qui je discernais / Les choses ; la montée est descente." J'avais, par Dieu, pour atteindre son but, / Ô Abû l-Nadr, un cœur ferme dans les affaires. La crainte du prophète Muhammad l'a emporté, / Hawdha est donc parmi les hommes un homme vil. »

J'ai donc rassemblé mon affaire de droite et de gauche... comme si j'étais des flèches de retour pour les flèches lancées 7. Alors, cette opinion s'est dissipée lorsqu'un diseur a dit : « Un messager du Prophète est venu à toi, un homme épuisé 8. Un messager du Messager d'Allah, monté sur un chameau de puisage 9, sur lequel se trouvait une litière 10 en poils de chèvre du Hijaz. J'ai été frappé d'ivresse 11, et un sommeil 12 s'est glissé dans mes tempes, dont le souffle, montant au cœur, était un ronflement 13. Je redoute de lui une violence 14 hachémite, dont les cavaliers, au milieu des hommes, sont des braves qui se jettent dans la mêlée 15. Ne me hâte donc pas, ô Sulayt, car nous nous empressons vers une affaire, et le décret divin 16 enserre tout. »

Et l'enfant : celui qui accomplit la prière est musulman, celui qui donne l'aumône légale 17 est bienfaisant, celui qui atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu est sincère. Pour vous, ô fils de Nahd, les dépôts de l'association 18 et les charges de la royauté : ne fraudez pas dans l'aumône légale, ne déviez pas dans la vie, ne vous montrez pas lourds pour les prières. Il vous a été prescrit dans la fonction l'obligation ; à vous la chamelle âgée 19 et le petit chameau 20, le cheval monté 21 et le poulain indompté 22. Votre bétail ne sera pas empêché, vos acacias 23 ne seront pas coupés, votre lait ne sera pas retenu, tant que vous ne cacherez pas le troupeau 24 et ne mangerez pas les cordes 25. Celui qui accepte aura la fidélité au pacte et la protection ; celui qui refuse subira l'augmentation 26. Et de sa lettre à Wa'il ibn Hujr aux qayls 27 indolents 28 et aux chefs 29 aux cheveux noirs 30 : il y est dit : pour le petit troupeau 31, une brebis, non à la peau déchirée 32 ni trop grasse 33 ; donnez la moyenne 34 ; pour les trésors enfouis 35, le cinquième. Celui qui fornique, parmi les célibataires, frappez-le de cent coups 36 et exilez-le un an ; celui qui fornique, parmi les veufs 37, tachez-le de sang avec des pierres 38 ; point de brisure 39 dans la religion, point d'obscurité 40 dans les obligations de Dieu. Tout enivrant est illicite. Et Wa'il ibn Hujr a préséance sur les qayls.

Jusqu'à ce que je vous combatte, que je capture les petits et tue les grands, car je suis le messager de Dieu en vérité. Je crois en Dieu, en Ses livres, en Ses messagers et au Messie, fils de Marie, qu'il est la Parole de Dieu 41, et je crois qu'il est le messager de Dieu. Venez avant que le mal ne vous touche, car j'ai recommandé mes messagers à votre sujet. Donnez à Harmala trois wasq 42 d'orge. Harmala intercède pour vous. Sans Dieu et cela, je ne vous aurais pas écrit jusqu'à ce que vous voyiez l'armée. Si vous obéissez à mes messagers, Dieu, Muhammad et ceux qui sont de lui seront vos garants. Mes messagers sont Shuraḥbīl, Abī, Ḥarmala et Ḥuraith ibn Zayd aṭ-Ṭā'ī. Quoi qu'ils vous imposent comme accord, je l'agrée. Vous avez la garantie de Dieu et la garantie de Muhammad, le messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – si vous obéissez. Préparez les gens de Maqnā à retourner dans leur terre. Il dit : Le messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – écrivit aux Banū Junba, qui étaient des Juifs à Maqnā, et aux gens de Maqnā – Maqnā est proche d'Ayla 43 : « Après cela, votre messager est descendu chez moi, retournant vers votre village. Quand cette lettre vous parviendra, vous serez en sécurité. Vous avez la garantie de Dieu et la garantie de Son messager. Le messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – vous pardonne vos mauvaises actions et tous vos péchés. Vous avez la garantie de Dieu et la garantie de Son messager : nulle injustice ni agression contre vous. Le messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – est votre protecteur contre ce dont il se protège lui-même. Au messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – reviennent vos vêtements 44, tout esclave parmi vous, les chevaux et les armes 45, sauf ce dont le messager de Dieu ou le messager du messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – fait grâce. Après cela, vous devez le quart de ce que produisent vos palmiers, le quart de ce que pêchent vos filets 46, et le quart de ce que filent vos femmes. Vous êtes alors quittes de toute jizya 47 ou corvée. Si vous entendez et obéissez, il incombe au messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – d'honorer votre noble et de pardonner à votre pécheur. Après cela, à ceux des croyants et des musulmans qui informent les gens de Maqnā d'un bien, cela leur est bon ; à ceux qui les informent d'un mal, cela leur est mauvais. Vous n'avez d'émir que parmi vous-mêmes ou parmi les gens du messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. » Interprétation : Quant à Sa parole « votre messager », il entend leurs messagers. « Au messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – reviennent vos vêtements » : il entend le butin 48 sur lequel ils font la paix dans leur traité. Al-Jawharī dit : « Bazzahu yabuzzuhu bazzan : il le dépouille. Dans le proverbe : 'Man 'azza bazz' 49, c'est-à-dire : celui qui domine prend le butin. Ibtazaztu ash-shay'a : je l'ai dépouillé. Al-bazz désigne les vêtements, les marchandises du marchand de tissus. Al-bazz désigne aussi les armes. » « Et leurs esclaves » : al-Jawharī dit : « Ar-riqq (avec kasra) : la possession, l'esclavage, et aussi la chose mince. On dit de la terre molle : riqq. » « Al-ḥalqa » : ce que la maison rassemble comme armes ou biens. Quant à « vos filets » (ʿurūkukum), al-ʿurūk sont des morceaux de bois jetés dans la mer sur lesquels ils montent et jettent leurs filets pour pêcher le poisson. Al-Jawharī dit : « Al-ʿurruk : les pêcheurs. » Ibn Saʿd rapporte avec sa chaîne de transmission d'après ʿAbd Allāh ibn Jābir, d'après son père, qui dit : « Je vis sur Yuḥanna ibn Ru'ba, le jour où il vint au messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – une croix en or, et il avait le toupet rasé 50. Quand il vit le messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – il mécrut et fit un signe de la tête. Le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – lui fit signe de relever la tête. Il fit la paix avec lui ce jour-là, et le messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – le vêtit d'un manteau yéménite et ordonna de le loger chez Bilāl. » Il dit : « Je vis Ukaydir, quand Khālid ibn al-Walīd l'amena, portant une croix en or et un vêtement de brocart par-dessus. » Muḥammad ibn ʿUmar dit : « Je copiai le traité des gens d'Adhruḥ 51. Il contenait : 'Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ceci est un écrit de Muḥammad le Prophète pour les gens d'Adhruḥ : ils sont en sécurité par la sécurité de Dieu et la sécurité de Muḥammad – que Dieu prie sur lui et le salue. Ils doivent cent dinars 52 chaque Rajab, complets et de bonne qualité. Dieu est garant envers eux de la sincérité et de la bienfaisance envers les musulmans. Quiconque parmi les musulmans se réfugie auprès d'eux par crainte ou pour se protéger, s'ils craignent pour les musulmans, ils sont en sécurité jusqu'à ce que Muḥammad leur fasse savoir avant son départ' – c'est-à-dire quand il veut partir. » Il dit : « Le messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – imposa la jizya aux gens d'Ayla : trois cents dinars chaque année, et ils étaient trois cents hommes. » Il écrivit aussi pour les gens de Jarbā 53. Il écrivit pour les gens de Maqnā : « Ils doivent le quart de leurs filés et le quart de leurs fruits. » Il dit : « Les gens de Maqnā, Jarbā et Adhruḥ sont des Juifs sur la côte de la mer. » Interprétation : Al-Bakrī dit : « Ayla, sur le poids de faʿala, est une ville sur le rivage de la mer, à mi-chemin entre La Mecque et l'Égypte. Elle fut nommée Ayla d'après la fille de Madyan, fils d'Abraham – sur lui la paix. Il est rapporté que c'est le village qui était au bord de la mer. Adhruḥ (avec dhāl pointé et ḥā' non pointé) est une ville en face de Sarāt 54, dans les confins du Shām 55. » Ibn Waḍḍāḥ dit : « Adhruḥ est en Palestine. C'est là que Ḥasan ibn ʿAlī fit allégeance à Muʿāwiya ibn Abī Sufyān – que Dieu les agrée – et Muʿāwiya lui donna cent mille dinars. Adhruḥ fut conquise pacifiquement à l'époque du messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – et elle lui versait la jizya. De même pour Dūmat al-Jandal, Najrān et Hajar. » Al-Bukhārī et Muslim rapportent d'après Ibn ʿUmar – que Dieu les agrée – d'après le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – qui dit : « Devant vous se trouve mon bassin 56 comme entre Jarbā et Adhruḥ. » ʿUbayd Allāh dit : « Je demandai à Ibn ʿUmar, et il dit : Ce sont deux villages du Shām, entre lesquels il y a trois jours de marche. » Jarbā est mentionné avec une longue dans al-Bukhārī, mais le plus connu est avec une brève, comme le dit ʿIyāḍ et d'autres. Parmi ceux à qui le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – écrivit : Yazīd ibn aṭ-Ṭufayl al-Ḥārithī. Ibn Saʿd dit : « Le messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – écrivit à Yazīd ibn aṭ-Ṭufayl al-Ḥārithī : Il a toute la Maḍḍa 57, personne ne le conteste là-dessus, tant qu'il accomplira la prière, donnera l'aumône légale et combattra les associateurs. » Juhaym ibn aṣ-Ṣalt écrivit. Parmi ceux à qui le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – écrivit : Yazīd ibn al-Muḥajjal al-Ḥārithī. Ibn Saʿd dit : « Le messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – écrivit à Yazīd ibn al-Muḥajjal al-Ḥārithī : Ils ont Namira 58 et ses points d'eau, et Wādī ar-Raḥmān 59 depuis sa forêt. Il est imposé à son peuple, les Banū Mālik et sa descendance, de ne pas être attaqués ni rassemblés 60. » Al-Mughīra ibn Shuʿba écrivit. Ibn ʿAbd al-Barr dit : « Yazīd ibn al-Muḥajjal et Yazīd ibn ʿAbd al-Madān, tous deux des Banū al-Ḥārith ibn Kaʿb, vinrent au messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dans la délégation des Banū al-Ḥārith avec Khālid ibn al-Walīd – que Dieu les agrée – et embrassèrent l'islam. Cela eut lieu en l'an 10. » J'ai achevé, par la louange de Dieu – qu'Il soit exalté – et Son assistance, ce que j'ai stipulé au début, selon ma capacité. Je demande à Dieu – qu'Il soit exalté – de le rendre sincère pour Sa noble Face, de ne pas rendre vaine notre peine, de nous en faire profiter, ainsi qu'à celui qui le lit, l'écrit et l'écoute, et de prier sur celui dont ceci est une parcelle de certains de ses miracles, Muḥammad, le Prophète de la miséricorde et l'intercesseur de la communauté – que Dieu prie sur lui, le salue, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons, et leur accorde la paix abondamment, éternellement. Il m'est venu à l'esprit de le conclure par un chapitre où je mentionne mes chaînes de transmission pour ce que j'y ai rapporté, parmi ce que j'ai transmis de mes maîtres – que Dieu leur fasse miséricorde – car la science de la chaîne de transmission est une particularité de cette communauté muḥammadienne ; par elle les preuves sont établies et la voie est clarifiée. Je commence d'abord par la chaîne d'al-Bukhārī – que Dieu – qu'Il soit exalté – lui fasse miséricorde. Chapitre sur les chaînes de transmission Mention de la chaîne d'al-Bukhārī – que Dieu lui fasse miséricorde Voici ce que m'ont rapporté les maîtres éminents, parmi eux le maître, l'imam, le ḥāfiẓ 61 ʿAlā' ad-Dīn ʿAlī ibn Najm ad-Dīn Ayyūb al-Maqdisī, en audition auprès de lui au mois de Ramaḍān sacré de l'an 730 62 dans la mosquée al-Aqṣā à Jérusalem – et de son manuscrit j'ai copié –, avec le droit de son audition intégrale auprès de son maître, l'imam, le savant insigne, le cheikh de l'islam Tāj ad-Dīn Abū Muḥammad ʿAbd ar-Raḥmān ibn Ibrāhīm ibn Sibāʿ ash-Shāfiʿī al-Fazārī (c'est-à-dire al-Furkāḥ) – que Dieu – qu'Il soit exalté – lui fasse miséricorde – et l'imam, le ḥāfiẓ, le savant insigne Sharaf ad-Dīn Abū al-Ḥusayn ʿAlī ibn le cheikh, le juriste, le spirituel Muḥammad al-Yūnīnī al-Ḥanbalī – que Dieu – qu'Il soit exalté – lui fasse miséricorde –, par sa lecture devant eux, séparément. Ils dirent : Nous a rapporté le cheikh Abū ʿAbd Allāh al-Ḥusayn ibn Abī Bakr al-Mubārak ibn Muḥammad ibn Yaḥyā ibn az-Zubaydī al-Baghdādī, qui dit : nous a rapporté Abū al-Waqt ʿAbd al-Awwal ibn ʿĪsā ibn Shuʿayb as-Sijzī aṣ-Ṣūfī, qui dit : nous a rapporté Abū al-Ḥasan ʿAbd ar-Raḥmān ibn Muḥammad ibn al-Muẓaffar ad-Dāwūdī, qui dit : nous a rapporté Abū Muḥammad ʿAbd Allāh ibn Aḥmad ibn Ḥamawayh as-Sarakhsī, qui dit : nous a rapporté Abū ʿAbd Allāh Muḥammad ibn Yūsuf ibn Maṭar ibn al-Firabrī, qui dit : nous a rapporté l'imam, le ḥāfiẓ Abū ʿAbd Allāh Muḥammad ibn Ismāʿīl al-Bukhārī, avec sa chaîne d'après ses maîtres. (Ḥ) 63 Et m'en a aussi informé par une ijāza 64 élevée le cheikh, le musnid 65 Shihāb ad-Dīn Aḥmad ibn Abī Ṭālib ibn Abī an-Niʿam Niʿma ibn Ḥasan ibn ʿAlī ibn Bayān al-Ḥajjār aṣ-Ṣāliḥī, connu sous le nom d'Ibn ash-Shaḥna, à l'exception des triples 66 – car celles-ci furent entendues auprès de lui dans sa demeure au pied du Qāsiyūn 67 à Damas – que Dieu la protège – dans les mois de l'an 728 68. Il dit : nous a rapporté az-Zubaydī. (Ḥ) Et m'en a aussi informé par une ijāza à ce degré.

Correspondance et autorisation transmises à ce sujet de Damas, durant les mois de l’année 721 (de l’Hégire), par le cheikh vénérable, de noble lignée, le musnid (transmetteur de chaînes de transmission) prolifique, le vieillard émérite, le survivant des maîtres, Shams ad-Dîn Abû Nasr Muhammad ibn Muhammad ibn Qâdî al-Qudât (juge des juges) Muhammad ibn Hibat Allah ibn Mumayl ash-Shîrâzî, d’après son grand-père Abû Nasr, juge des juges Muhammad, d’après Abû al-Waqt ‘Abd al-Awwal. — Et il m’en a informé par la voie de Karîma, les deux cheikhs as-Sadr ar-Ra’îs Jamâl ad-Dîn ‘Abd ar-Rahîm ibn Abî al-Makârim ‘Abd Allah ibn Yûsuf ibn Muhammad al-Ansârî, connu sous le nom de Shâhid al-Juyûsh (témoin des armées), en Égypte préservée (Misr al-Mahrûsa), par lecture devant lui tandis que j’écoutais dans sa demeure au quartier de Hârat Zuwayla, au Caire préservé (al-Qâhira al-Mu‘izziyya), durant les mois de l’année 745 (de l’Hégire). Et le cheikh vénérable, le musnid, Najm ad-Dîn Abû at-Tâhir Ismâ‘îl ibn Ibrâhîm ibn Abî Bakr at-Tiflîsî, dans sa demeure en face de la teinturerie d’al-Azraq, près de la mosquée al-Azhar au Caire, durant les mois de l’année 745 également. Tous deux dirent : « Les trois cheikhs nous ont informés : Abû al-‘Abbâs Ahmad ibn Qâdî al-Qudât Abî al-Hasan ‘Alî ibn Yûsuf ad-Dimashqî, Abû ‘Amr ‘Uthmân ibn ‘Abd ar-Rahmân ibn Rashîq ar-Rub‘î, et Abû at-Tâhir Ismâ‘îl ibn ‘Abd al-Qawî ibn Abî al-‘Izz ‘Uzûn al-Ansârî. » Le premier — c’est-à-dire Shâhid al-Juyûsh — dit : « Par lecture devant eux, tandis que j’écoutais, à l’exception de trois lacunes : la première, du chapitre du voyageur, lorsqu’il presse sa marche, il se hâte vers sa famille, à la fin du Livre du Pèlerinage, jusqu’au début du Livre du Jeûne ; la deuxième, du chapitre de ce qui est permis comme conditions dans le contrat d’affranchissement (mukâtaba), jusqu’au chapitre des conditions dans le Jihad ; la troisième, du chapitre de l’abandon par la femme en mer, jusqu’au chapitre de l’invitation du Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — à l’Islam. » Et il dit aussi : « Le hâfiz (mémorisateur) Abû al-Husayn Yahyâ ibn ‘Alî ibn ‘Abd Allah al-Qurashî nous a informés, par une ijâza (autorisation) qu’il m’a écrite de sa main. » Le second — c’est-à-dire at-Tiflîsî — dit : « Par lecture devant eux — c’est-à-dire les trois cheikhs — tandis que j’écoutais, pour les deux premières parties des lacunes de Shâhid al-Juyûsh. » Les quatre cheikhs — ad-Dimashqî, Ibn Rashîq, Ibn ‘Uzûn et Yahyâ al-Qurashî — dirent : « Les deux cheikhs nous ont informés : Abû al-Qâsim Hibat Allah ibn ‘Alî ibn Mas‘ûd ibn Thâbit al-Ansârî al-Abûsîrî et Abû ‘Abd Allah Muhammad ibn Hamd ibn Hâmid al-Artaḥî al-Ansârî, par lecture devant eux tandis que nous écoutions. » Et al-Abûsîrî dit : « Abû ‘Abd Allah Muhammad ibn Barakât ibn Hilâl as-Sa‘dî an-Nahwî (le grammairien) nous a informés, par lecture devant lui tandis que j’écoutais. » Et al-Artaḥî dit : « Abû al-Hasan ‘Alî ibn al-Husayn ibn ‘Umar al-Farrâ’ al-Mawsilî nous a informés, par ijâza. » Tous deux dirent : « Umm al-Kirâm Karîma bint Ahmad ibn Muhammad ibn Hâtim al-Marwaziyya nous a informés. » Ibn Barakât dit : « Par ma lecture devant elle, en l’an 456 (de l’Hégire), à La Mecque — que Dieu Très-Haut la protège. » Et al-Farrâ’ dit : « Par lecture devant elle, tandis que j’écoutais. » — Et le hâfiz Abû al-Husayn dit aussi : « Abû al-Fatḥ Nâsir ibn ‘Abd Allah ibn ‘Abd ar-Rahmân ash-Shâfi‘î al-Misrî al-‘Attâr nous a informés, par lecture devant lui tandis que j’écoutais à La Mecque. » Il dit : « Abû al-Hasan ‘Alî ibn Humayd ibn ‘Ammâr at-Tarâbulusî nous a informés, par lecture devant lui. » Il dit : « Abû Maktûm ‘Îsâ ibn al-Hâfiz Abî Dharr ‘Abd ibn Ahmad ibn Muhammad al-Harawî nous a informés. » Il dit : « Mon père nous a informés. » Tous deux dirent : « Abû al-Haytham Muhammad ibn Makkî ibn Zurâ‘ al-Kushmîhanî nous a informés, par audition (samâ‘an) auprès de lui. » Abû Dharr dit seulement : « Et Abû Muhammad ‘Abd Allah ibn Ahmad ibn Hamawayh al-Hamawî as-Sarakhsî à Harât, et Abû Ishâq Ibrâhîm ibn Ahmad ibn Ibrâhîm ibn Dâwûd al-Mustamlî al-Balkhî à Balkh m’ont également informé. » Tous trois dirent : « Abû ‘Abd Allah Muhammad al-Firabrî nous a informés. » Il dit : « Al-Bukhârî nous a informés. » — J’ai pour cela d’autres chaînes (asânîd) que j’ai omises par crainte de la prolixité. **Chaîne de transmission du Sahîh de Muslim** Et m’a informé de l’intégralité du Jâmi‘ al-Musnad as-Sahîh (Recueil authentique avec chaîne) de l’imam, du hâfiz Muslim ibn al-Hajjâj al-Qushayrî an-Naysâbûrî — que Dieu lui fasse miséricorde — le cheikh, l’imam, le musnid, Zayn ad-Dîn Abû al-Qâsim Muhammad ibn l’imam, du hâfiz Abî ‘Amr Muhammad ibn Muhammad ibn Sayyid an-Nâs al-Ya‘murî — que Dieu lui fasse miséricorde — par ma lecture devant lui en vingt-six séances, dont la dernière eut lieu le dimanche 21 du mois de Ramadan très vénéré de l’an 746 (de l’Hégire), à la mosquée al-Jayshî, à Hukr al-Khâzin, au Caire préservé. Je lui dis : « Le cheikh musnid Zayn ad-Dîn Abû Bakr Muhammad ibn Ismâ‘îl ibn ‘Abd Allah ibn ‘Abd al-Muhsin al-Anmâtî t’a-t-il informé, par lecture devant lui tandis que tu écoutais, du Livre des Funérailles jusqu’au chapitre mentionnant les Harûriyya (Kharijites) et de celui qui s’orne de la religion de l’Islam, et par ijâza pour le reste, si ce n’était pas par audition, durant les mois de l’an 683 (de l’Hégire), à al-Husayniyya au Caire, par son audition du début du livre jusqu’à sa parole : “Livre de la Foi”, et du milieu du Livre de la Prière jusqu’à la fin du livre — c’est-à-dire le livre de Muslim — en tant que présence (hudûran) auprès du qâdî Abî al-Qâsim ‘Abd as-Samad ibn Muhammad ibn Abî al-Fadl al-Ansârî al-Harastânî, et par son ijâza pour la partie déterminée de celui-ci, si ce n’était pas par audition ? » Il dit : « Les deux cheikhs m’ont informé : Abû al-Hasan ‘Alî ibn Sulaymân ibn Ahmad al-Murâdî et Abû al-Qâsim ‘Alî ibn al-Hasan ibn Hibat Allah ibn ‘Asâkir ash-Shâfi‘î, par lecture devant eux, à l’exception de la quatrième partie, de la dix-neuvième, de la vingtième, de la vingt et unième, de la première moitié de la vingt-deuxième, et de la seconde moitié de la vingt-neuvième partie — car il n’a pas entendu cela d’Ibn ‘Asâkir — et par l’ijâza de Zayn ad-Dîn al-Anmâtî d’après Abû al-Hasan al-Mu’ayyad ibn Muhammad ibn ‘Alî at-Tûsî. » Ils dirent : « Abû ‘Abd Allah Muhammad ibn al-Fadl al-Farâwî nous a informés. » — Et al-Harastânî dit : « Et Abû ‘Abd Allah Muhammad ibn al-Fadl al-Farâwî, Abû Muhammad Ismâ‘îl ibn Abî Bakr ibn Abî al-Qâsim al-Qârî, Abû Muhammad ‘Abd al-Jabbâr ibn Muhammad ibn Ahmad al-Khawârî, et Fâtima bint Abî al-Hasan ‘Alî ibn al-Muzaffar ibn Za‘bal al-Baghdâdiyya m’ont informé, par ijâza. » Ils dirent : « Abû al-Husayn ‘Abd al-Ghâfir ibn Muhammad ibn ‘Abd al-Ghâfir ibn Ahmad al-Fârisî nous a informés, par lecture devant lui. » Il dit : « Abû Ahmad Muhammad ibn ‘Îsâ ibn Muhammad ibn ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Amrawayh ibn Mansûr al-Julûdî nous a informés. » Il dit : « Abû Ishâq Ibrâhîm ibn Muhammad ibn Sufyân an-Naysâbûrî nous a raconté. » Il dit : « L’imam, le hâfiz Muslim ibn al-Hajjâj al-Qushayrî nous a raconté, avec sa chaîne de transmission jusqu’à ses maîtres. » **Chaîne de transmission du Jâmi‘ d’at-Tirmidhî** Et m’a informé de l’intégralité du Jâmi‘ al-Musnad (Recueil avec chaîne) et du Livre des Défauts (‘Ilal) jusqu’à sa fin, de l’imam, du hâfiz Abî ‘Îsâ Muhammad ibn ‘Îsâ ibn Sawra at-Tirmidhî, le cheikh, l’imam, le musnid prolifique, Najm ad-Dîn Abû al-Karam ‘Abd al-‘Azîz ibn ‘Abd al-Qâdir ibn Abî al-Karam ibn Abî adh-Dharr ar-Rub‘î al-Baghdâdî, par lecture devant lui tandis que j’écoutais, en douze séances dont la dernière eut lieu le lundi 15 Jumâdâ al-Ûlâ de l’an 745 (de l’Hégire). Et m’ont informé de la dernière séance seulement — et son début est des Mérites de ‘Alî ibn Abî Tâlib — que Dieu l’agrée — jusqu’à la fin du Livre des Défauts — les trois cheikhs : le savant éminent Bahâ’ ad-Dîn Abû ‘Abd Allah Muhammad ibn le qâdî Rukn ad-Dîn Muhammad ibn Muhammad ibn Muhammad ibn Abî al-Qâsim ibn Ahmad ibn Abî Sa‘d ‘Abd as-Samad ibn Hamawayh ash-Shâfi‘î, l’imam savant Fatḥ ad-Dîn Muhammad ibn Muhammad ibn Muhammad al-Qalânisî al-Hanbalî, et le musnid de noble lignée Muhibb ad-Dîn Abû ‘Abd Allah Ahmad ibn le hâfiz Sharaf ad-Dîn ‘Abd al-Mu’min ibn Khalaf ad-Dumyâtî, avec le premier auditeur (al-musmi‘ al-awwal), par audition (samâ‘an) auprès d’eux pour cette partie, et par ijâza pour le reste du livre, avec la lecture et la date mentionnées, à la demeure des cheikhs (sifat al-mashâyikh) du Khânqâh Sa‘îd as-Su‘adâ’ au Caire préservé. Le premier — c’est-à-dire Ibn Abî adh-Dharr — dit : « Les quatre cheikhs m’ont informé : Abû Muhammad ‘Abd Allah ibn Abî al-Qâsim ibn Warakhz al-Baghdâdî, Abû al-Muzaffar Shams ad-Dîn Yûsuf ibn Abî al-Qâsim ibn Masrûr al-Wakîl, Abû al-Barakât ‘Imâd ad-Dîn Ismâ‘îl ibn Abî al-Hasan ‘Alî ibn Ahmad ibn at-Tabbâl, et Abû al-Hasan Fakhr ad-Dîn ‘Alî ibn Ahmad ibn ‘Abd al-Wâhid al-Maqdisî Ibn al-Bukhârî. » Ibn Warakhz dit : « Les quatre cheikhs m’ont informé : Abû Muhammad ‘Abd al-‘Azîz ibn Mahmûd ibn al-Mubârak ibn al-Akhdar al-Bazzâr, Abû al-Fatḥ Ahmad ibn ‘Alî ibn al-Husayn al-Ghaznawî, Abû Ahmad al-Akmal ibn Ahmad ibn Matar al-‘Abbâsî, et Abû al-Ma‘âlî Muhammad ibn Ahmad ibn Sâlih ibn Shâfi‘ al-Jîlî. » Le second — c’est-à-dire Ibn Masrûr al-Wakîl — dit : « Abû Muhammad ‘Abd al-‘Azîz ibn al-Akhdar nous a informés. » Le troisième — c’est-à-dire

Il est le fils d'al-Ṭabbāl. Moi, Abū Ḥafṣ ʿUmar b. Karam al-Dīnawarī, et le quatrième, qui est le fils d'al-Bukhārī, a dit : Moi, Abū Ḥafṣ ʿUmar b. Muḥammad b. Muʿammar b. Ṭabarzad al-Dāriqazzī. Les quatre autres, à savoir le fils d'al-Akhḍar, al-Ghaznawī, le fils de Maṭar al-ʿAbbāsī, et le fils de Shāfiʿ al-Jīlī, et Abū Ḥafṣ al-Dīnawarī, ont dit : Moi, Abū al-Fatḥ ʿAbd al-Malik b. Abī al-Qāsim ʿAbd Allāh b. Abī Sahl al-Karūkhī al-Bazzār. Et le fils de Shāfiʿ a dit aussi : Moi, le fils de Ṭabarzad et Abū al-Faraj ʿAbd al-Munʿim b. ʿAbd al-Wahhāb b. Saʿd b. Ṣadaqa b. Kulayb al-Ḥarrānī, ont dit : Moi, Abū al-ʿAlā' Ṣāʿid b. Sayyār al-Isḥāqī, a dit : Moi, le Qāḍī 69 Abū ʿĀmir Maḥmūd b. al-Qāsim b. Muḥammad al-Azdī. Et al-Karūkhī al-Bazzār a dit : Moi, les quatre shaykhs 70 : le Qāḍī Abū ʿĀmir al-Azdī mentionné, Abū Bakr Aḥmad b. ʿAbd al-Ṣamad al-Ghūrjī, Abū Naṣr ʿAbd al-ʿAzīz b. Muḥammad al-Tiryāqī, et Abū Muḥammad ʿAbd Allāh b. ʿAṭā' b. Yāsīn al-Dahhān al-Baghāwardānī, ont dit : Nous a informés Abū Muḥammad ʿAbd al-Jabbār b. Muḥammad b. ʿAbd Allāh b. Abī al-Jarrāḥ al-Jarrāḥī, a dit : Moi, Abū al-ʿAbbās Muḥammad b. Aḥmad b. Maḥbūb al-Maḥbūbī, a dit : Nous a rapporté le Ḥāfiẓ 71 Abū ʿĪsā al-Tirmidhī, avec sa chaîne de transmission 72 d'après ses shaykhs, à l'exception des chapitres et des titres, car ceux-ci sont de la transmission de ʿAbd Allāh b. ʿAṭā' al-Dahhān d'après al-Jarrāḥī. Et le fils de Ḥamawī, l'un des trois premiers auditeurs 73, a dit : Moi, Shihāb al-Dīn Abū ʿAbd Allāh Muḥammad b. Abī Muḥammad ʿAbd al-Munʿim al-Shāfiʿī, connu comme le fils d'al-Khaymī. Et le deuxième et le troisième, à savoir le fils d'al-Qalānisī et le fils d'al-Dumyāṭī, ont dit : Moi, Abū ʿAbd Allāh Muḥammad b. Ibrāhīm b. Turjum. Le fils de Turjum et le fils d'al-Khaymī ont dit : Moi, Abū al-Ḥasan ʿAlī b. Abī al-Karam Naṣr b. al-Mubārak b. al-Bannā'. Et le fils d'al-Khaymī a dit : Et nous a informés Abū Shujāʿ Zāhir b. Rustam b. Abī al-Barḥā' al-Iṣbahānī. Le fils d'al-Bannā' et le fils de Rustam ont dit : Moi, Abū al-Fatḥ ʿAbd al-Malik al-Karūkhī, avec sa chaîne mentionnée jusqu'à al-Tirmidhī — que Dieu Très-Haut leur fasse miséricorde. Chaîne de transmission de la Sīra 74 noble d'Ibn Hishām, d'après al-Bakkā'ī, d'après Ibn Isḥāq. Et m'a informé de l'intégralité du livre de la Sīra de l'imam savant Abū Marwān ʿAbd al-Malik b. Hishām b. Ayyūb al-Dhuhlī al-Baṣrī, le shaykh, l'imam, le vertueux, le grand dignitaire, le voisin du sanctuaire de Dieu et du sanctuaire de Son Prophète — que Dieu le bénisse et le salue — et de Jérusalem la sainte, Quṭb al-Dīn Abū Bakr b. l'imam savant Jamāl al-Dīn Muḥammad b. Abī al-ʿIzz al-Mukarram al-Anṣārī, en lecture devant lui tandis que j'écoutais sous le dôme d'al-Sharāb 75 en face de la Kaʿba honorée et vénérée, en plusieurs séances dont la dernière eut lieu le samedi 3 Rabīʿ al-Awwal 747 H. 76, de par son audition de son père mentionné, qui a dit : Moi, le shaykh vénérable Abū al-Ḥasan ʿAlī b. Abī ʿAbd Allāh al-Ḥusayn b. ʿAlī b. Manṣūr b. al-Muqayyir al-Najjār al-Baghdādī, moi et Abū al-Faḍl Muḥammad b. Nāṣir b. Muḥammad b. ʿAlī al-Sulamī, moi, le Qāḍī Abū al-Ḥasan ʿAlī b. al-Ḥasan al-Khulʿī, et Abū Isḥāq Ibrāhīm b. Saʿīd b. ʿAbd Allāh al-Ḥabbāl, ont dit : Moi, Abū Muḥammad ʿAbd al-Raḥmān b. ʿUmar b. Muḥammad al-Naḥḥās, et par l'audition d'Ibn al-Ḥabbāl également d'après al-Zaʿfarānī, ont dit : Nous a rapportés Abū Muḥammad ʿAbd Allāh b. Jaʿfar b. al-Ward b. Zanjawayh al-Baghdādī, nous a rapportés Abū Saʿīd ʿAbd al-Raḥīm b. ʿAbd Allāh b. ʿAbd al-Raḥīm b. al-Barqī, nous a rapportés Ibn Hishām le grammairien. Chaîne de transmission d'al-Shifā' 77 bi-taʿrīf ḥuqūq al-Muṣṭafā — que Dieu le bénisse et le salue — du Qāḍī ʿIyāḍ — que Dieu Très-Haut lui fasse miséricorde. Et m'a informé de l'intégralité du livre al-Shifā' bi-taʿrīf ḥuqūq al-Muṣṭafā — que Dieu le bénisse et le salue — de l'imam unique, le très savant Qāḍī Abū al-Faḍl ʿIyāḍ b. Mūsā b. ʿIyāḍ al-Yaḥṣubī al-Sabtī — que Dieu Très-Haut lui fasse miséricorde — les deux shaykhs : l'imam savant, voisin du sanctuaire de Dieu Très-Haut, Sirāj al-Dīn Abū Ḥafṣ ʿUmar b. Muḥammad b. ʿAlī al-Damanhūrī al-Shāfiʿī — que Dieu lui fasse miséricorde — par ma lecture devant lui en face de la Kaʿba vénérée dans la Mosquée sacrée, durant les mois de l'an 748 H. 78, et le musnid 79 authentique Najm al-Dīn Yūsuf b. Muḥammad b. Muḥammad b. Abī al-Fatḥ al-Qurashī, le muezzin de la mosquée de ʿAmr b. al-ʿĀṣ à Fusṭāṭ, connu sous le nom d'al-Dalāṣī, en lecture devant lui tandis que j'écoutais, durant les mois de l'an 745 H. 80. Al-Damanhūrī a dit : M'ont informé les sept shaykhs : le plus éminent des juges Bahā' al-Dīn Aḥmad b. Aḥmad b. l'imam modèle Ṣafī al-Dīn Abī ʿAbd Allāh al-Ḥusayn b. Abī al-Manṣūr al-Azdī al-Anṣārī al-Mālikī, le muḥaddith 81 Kamāl al-Dīn Abū ʿAbd Allāh Muḥammad b. Asʿad b. Karīm al-Thaqafī, l'imam lecteur du Coran 82 Sharaf al-Dīn Abū ʿAbd Allāh al-Zubayr b. ʿAlī b. Sayyid al-Kull al-Muhallabī al-Uswānī, le muḥaddith Shihāb al-Dīn Abū al-ʿAbbās Aḥmad b. Abī Bakr b. Ḥātim b. Jaysh al-Zubayrī, le juste Shams al-Dīn Abū ʿAbd Allāh Muḥammad b. al-Ḥasan al-Jazā'irī al-Raṣadī, le très savant Burhān al-Dīn Ibrāhīm b. Tāj al-Dīn ʿAbd al-Raḥmān b. Ibrāhīm b. Sibāʿ al-Fazārī al-Dimashqī connu sous le nom d'Ibn al-Furkāḥ, et le vénérable Abū al-Nūn Yūnus b. Ibrāhīm b. ʿAbd al-Qawī al-ʿAsqalānī — que Dieu leur fasse miséricorde — en lecture devant le septième et par audition des autres, au Caire, à Fusṭāṭ et à Damas, à des dates différentes, par l'audition des quatre premiers d'après Ibn Tāmītīt, avec son autorisation 83 du Ḥāfiẓ Abī al-Ḥusayn Yaḥyā b. Muḥammad b. ʿAlī al-Anṣārī connu sous le nom d'Ibn al-Ṣā'igh, avec son autorisation de l'auteur, et par l'audition d'al-Thaqafī et d'al-Raṣadī également des deux imams muḥaddiths ʿIlm al-Dīn Muḥammad b. al-Ḥusayn b. ʿAtīq b. Rashīq al-Mālikī et Niẓām al-Dīn Abī ʿAbd Allāh Muḥammad b. al-Ḥusayn al-Khalīlī al-Dārī, et par l'audition d'al-Zubayrī également d'al-Aʿazz Abī ʿAbd Allāh Muḥammad b. Ṭarkhān et d'Ibn Rashīq al-Mālikī, à l'exception de quelques feuillets qui lui ont échappé d'après Ibn Rashīq, donc par son autorisation d'eux deux, et par l'audition d'al-Raṣadī d'Abī ʿAbd Allāh Muḥammad b. Barṭalla al-Azdī, et par l'audition d'al-Fazārī d'Abī Muḥammad ʿAbd al-ʿAzīz b. al-Ḥusayn al-Khalīlī, et par l'autorisation d'al-ʿAsqalānī d'Abī ʿAbd Allāh Muḥammad b. Muḥammad al-Qaysī, par l'audition d'Ibn Rashīq, d'al-Khalīlī, d'Ibn Ṭarkhān et d'al-Dārī d'après Ibn Jubayr al-Kinānī, avec son autorisation d'Abī ʿAbd Allāh Muḥammad al-Tamīmī, avec son autorisation d'Ibn Tāmītīt, et par l'autorisation d'Ibn Barṭalla d'Abī al-Ḥusayn ʿAlī al-Shuqūrī, et par l'audition d'Ibn Muḥārib du khaṭīb 84 Abī Jaʿfar Aḥmad b. ʿAbd al-ʿAzīz al-Qaysī. Al-Tamīmī et al-Qaysī ont dit : Moi, le Qāḍī ʿIyāḍ, en audition devant lui. Et al-Shuqūrī a dit : Par autorisation. Et notre shaykh al-Dalāṣī a dit : M'en a informé Ibn Tāmītīt, en lecture devant lui tandis que j'écoutais à Fusṭāṭ d'Égypte, dans la dernière décade de Dhū al-Ḥijja 675 H. 85. Il a dit : Nous a informés Ibn al-Ṣā'igh, a dit : Nous a informés le Qāḍī Abū al-Faḍl ʿIyāḍ — que Dieu lui fasse miséricorde. Chaîne de transmission d'al-Rawḍ al-unuf 86 d'al-Suhaylī — que Dieu Très-Haut lui fasse miséricorde. Et m'a remis 87 l'intégralité du livre al-Rawḍ al-unuf et al-Mashraʿ al-rawī 88 de l'imam ḥāfiẓ Abī al-Qāsim ʿAbd al-Raḥmān b. ʿAbd Allāh b. Aḥmad al-Khathʿamī al-Suhaylī, le shaykh, l'imam, le savant, le muḥaddith, le grand voyageur Shams al-Dīn Abū ʿAbd Allāh Muḥammad b. Abī Sulṭān Jābir b. Muḥammad b. Ḥassān al-Qaysī Āshī — que Dieu lui fasse miséricorde — et m'a autorisé à le transmettre de lui, avec sa chaîne, par voie de remise et d'autorisation. Il a dit : Nous a informés Abū al-Ḥusayn Yaḥyā b. Ibrāhīm b. al-Ḥajjāj al-Maʿāfirī, a dit : Nous a informés Abū al-Ḥusayn Aḥmad b. Muḥammad b. Aḥmad b. al-Sarrāj al-Ishbīlī, résident à Bijāya, a dit : Nous a informés al-Suhaylī, et cela le mardi 12 Jumādā al-Ūlā 745 H. 89 au couvent 90 al-Sharābīshī du Caire. Chaîne de transmission des Akhbār Makka 91 — que Dieu Très-Haut l'honore — d'al-Azraqī. Et m'a informé de l'intégralité du livre Akhbār Makka al-musharrafa et de ce qui s'y est passé, de l'imam Abī al-Walīd Muḥammad b. ʿAbd Allāh b. Aḥmad b. Muḥammad b. al-Walīd b. ʿUqba b. al-Azraq b. Abī Shammar al-Ghassānī al-Azraqī, le shaykh, l'imam, le savant Shihāb al-Dīn Aḥmad b. le shaykh, l'imam, le très savant, le muḥaddith prolifique Raḍī al-Dīn Abī Isḥāq Ibrāhīm b. l'imam Abī ʿAbd Allāh Muḥammad b. Ibrāhīm b. Abī Bakr b. Muḥammad al-Ṭabarī, imam des gens des horizons 92 à la station d'Abraham — sur lui la paix — dans la Mosquée sacrée, par ma lecture devant lui en face de la Kaʿba vénérée, en plusieurs séances dont la dernière eut lieu le mercredi fin du mois de Ṣafar 747 H. 93, et de son dire « Fierté des deux sanctuaires nobles, La Mecque et Médine » jusqu'à la fin du livre, d'après les sept shaykhs : l'imam savant Ḍiyā' al-Dīn Abī al-Faḍl Muḥammad, appelé Khalīl b. ʿAbd al-Raḥmān b. Muḥammad b. ʿUmar al-Qusṭallānī, imam des mālikites au sanctuaire de Dieu Très-Haut, et le vertueux Fakhr al-Dīn ʿUthmān b. Aḥmad b.

Le premier auditeur (al-musmiʿ al-awwal) et son fils Zayn al-Dīn ʿAbd al-Raḥmān, ainsi que le Sayyid Nūr al-Dīn ʿAlī ibn l’Imām al-ʿĀlim al-Sayyid Abī ʿAbd Allāh Muḥammad ibn Muḥammad al-Ḥasanī al-Fāsī, par sa transmission (riwāya) en tant que présent (ḥuḍūran) à la cinquième année de sa vie ; et l’érudit Ḍiyāʾ al-Dīn ibn ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn Abī al-Makārim al-Ḥamawī ; et le juriste Jamāl al-Dīn Yūsuf ibn Ḥasan ibn ʿAlī al-Ḥanafī ; et le pieux Shams al-Dīn Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Burhān al-Ṭabarī, par leur audition (samāʿan) à tous, auprès du Cheikh Raḍī al-Dīn, père du premier auditeur, à des dates différentes ; et par l’audition de notre cheikh Shihāb al-Dīn auprès du juge suprême (qāḍī al-quḍāt) de La Mecque protégée, Najm al-Dīn Abī ʿAbd Allāh Muḥammad ibn l’Imām al-ʿĀlim Jamāl al-Dīn Muḥammad ibn l’Imām al-ʿAllāma Muḥibb al-Dīn Aḥmad ibn ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn Abī Bakr al-Ṭabarī ; et par son autorisation (ijāza) du Cheikh ʿImād al-Dīn Abī Muḥammad ʿAbd al-Raḥmān ibn Muḥammad ibn ʿAlī ibn al-Ḥusayn al-Ṭabarī. Le Cheikh Raḍī al-Dīn a dit : « Le Cheikh Jamāl al-Dīn Yūsuf ibn l’Imām Najīb al-Dīn Abī Bakr ibn Abī al-Fatḥ al-Ḥanafī nous a informés, par une autorisation par correspondance (ijāzat mukātaba) dans la Mosquée Sacrée (al-Masjid al-Ḥarām), en disant : « Mon père, Najīb al-Dīn, m’a rapporté : « Le Cheikh Ḥāfiẓ Abū Muḥammad al-Mubārak ibn ʿAlī ibn al-Ḥusayn ibn al-Ṭabbākh al-Ḥanbalī al-Baghdādī m’a rapporté : « Abū al-Qāsim Hibat Allāh ibn Aḥmad ibn ʿUmar al-Muqriʾ al-Ḥarīrī m’a rapporté. » » » » Et le Cheikh Raḍī al-Dīn a dit : « Le Cheikh Najm al-Dīn Abū al-Nuʿmān Bashīr ibn Abī Bakr Ḥāmid ibn Sulaymān al-Jaʿfarī al-Tabrīzī, cheikh du Sanctuaire Noble (al-Ḥaram al-Sharīf), me l’a rapporté par autorisation (ijāza), en vertu de son audition auprès du Cheikh Ḍiyāʾ al-Dīn Abī Aḥmad ʿAbd al-Wahhāb ibn ʿAlī ibn ʿAbd Allāh ibn Sakīna, en vertu de son audition auprès du Cheikh Ṣalāḥ al-Dīn Abī Bakr Aḥmad ibn al-Muqarrab ibn al-Ḥusayn ibn Ḥasan al-Ṣūfī al-Karkhī, par son audition auprès d’Abī al-Ḥusayn al-Mubārak ibn ʿAbd al-Jabbār ibn Aḥmad ibn al-Qāsim al-Ṣayrafī, connu sous le nom d’Ibn al-Ṭuyūrī. » » Il a dit : « Et le Cheikh Najm al-Dīn Abū Dāwūd Sulaymān ibn Khalīl al-ʿAsqalānī al-Shāfiʿī nous a également informés de cela par autorisation, par son audition auprès d’Abī Bakr ibn Abī al-Fatḥ ibn ʿUmar al-Sijistānī, imam de la station des Ḥanafites (maqām al-Ḥanafiyya) dans le Sanctuaire Noble, par son audition auprès d’Ibn al-Ṭabbākh al-Baghdādī. » » Et le Cheikh Raḍī al-Dīn a dit : « Et notre cheikh Rukn al-Dīn Abū Muḥammad ʿAbd al-Raḥmān ibn Abī Ḥaramī nous en a informés par une chaîne élevée (ʿāliyan), par autorisation : « Les deux cheikhs, Ibn al-Ṭabbākh, par audition directe (samāʿan) auprès de lui avec sa chaîne (sanad), et le Cheikh Ṣadr al-Dīn Abū Ḥafṣ ʿUmar ibn ʿAbd al-Majīd ibn ʿUmar al-Qurashī al-Miyānashī, par lecture devant lui (qirāʾatan ʿalayhi) tandis que nous écoutions, le neuvième du mois de Shaʿbān de l’année 682 de l’Hégire, en face de la Kaʿba vénérée, m’ont rapporté : « Le juge Abū al-Muẓaffar Muḥammad ibn ʿAlī ibn al-Ḥusayn al-Shaybānī al-Ṭabarī nous a rapporté, d’après son grand-père, le Cheikh Imām al-Ḥusayn, et d’après Abī al-Ḥasan ʿAlī ibn Khalaf al-Shāmī, qui ont dit tous deux : « Abū al-Qāsim Khalaf ibn Hibat Allāh ibn Qāsim al-Shāmī nous a rapportés. » Son fils Abū al-Ḥasan ʿAlī a dit, dans la Mosquée Sacrée en l’an 457 de l’Hégire : « Abū Muḥammad al-Ḥasan ibn Aḥmad ibn Firās nous a rapportés, de sa propre bouche, dans la Mosquée Sacrée en l’an 420 de l’Hégire : « Abū Muḥammad al-Ḥasan ibn Aḥmad ibn Nāfiʿ al-Khuzāʿī et Abū Bakr Aḥmad ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAbd al-Muʾmin nous ont rapportés, disant : « Abū Muḥammad Isḥāq ibn Aḥmad ibn Isḥāq al-Khuzāʿī, qui est l’oncle paternel d’Abī Muḥammad al-Khuzāʿī, nous a rapportés, disant : « Abū al-Walīd al-Azraqī nous a rapportés. » » » » » » Et le juge suprême Najm al-Dīn al-Ṭabarī a dit : « Le Cheikh ʿImād al-Dīn Abū Muḥammad ʿAbd al-Raḥmān al-Ṭabarī, qui a autorisé le premier auditeur, m’en a informé par audition, par son audition auprès de son grand-père maternel, le Cheikh Najm al-Dīn Abī Dāwūd al-ʿAsqalānī, avec sa chaîne susmentionnée, et par son autorisation des deux cheikhs, Najm al-Dīn Abī al-Nuʿmān Bashīr al-Tabrīzī susmentionné, avec sa chaîne, et Abī al-Ḥasan ʿAlī ibn Abī ʿAbd Allāh ibn al-Muqayyar, par son autorisation d’Ibn al-Muqarrab al-Karkhī, par son audition auprès d’al-Mubārak ibn al-Ṭuyūrī, qui a dit : « Abū Ṭālib Muḥammad ibn ʿAlī ibn al-Fatḥ al-Ḥarbī al-ʿUshārī m’a rapporté par audition. » Et Abū al-Qāsim Hibat Allāh ibn al-Muqriʾ al-Ḥarīrī, mentionné précédemment, par autorisation, par son audition auprès du juge sharīf Aḥmad ibn Muḥammad ibn Abī Mūsā al-Hāshimī, par son audition auprès d’Abī Isḥāq Ibrāhīm ibn ʿAbd al-Ṣamad ibn Mūsā al-Hāshimī, par son audition auprès d’al-Azraqī — que Dieu lui fasse miséricorde — avec sa chaîne, d’après ses cheikhs — que la miséricorde de Dieu soit sur eux tous. Et voici ce qui m’a été possible, parmi ce dont la chaîne de transmission (isnād) m’est parvenue, des livres dont j’ai extrait ce que j’ai rassemblé dans mon présent ouvrage, et ce dont j’ai vérifié la chaîne et qui était consigné chez moi. Et j’ai laissé de côté ce que je n’ai pas vérifié de cela. Louange et grâce à Dieu. Que Dieu prie sur notre Seigneur, notre Prophète et notre Bien-Aimé Muḥammad, Prophète de la Miséricorde et Intercesseur de la Communauté, ainsi que sur sa Famille et ses Compagnons, et qu’Il les salue, eux qui ont lutté pour Dieu comme Il le mérite. Et qu’Il nous fasse profiter de leur amour à tous, et qu’Il nous fasse mourir attachés au Livre et à la Sunna, sans les altérer ni les changer. Dieu nous suffit, et Il est le Meilleur Garant. Son auteur, Abū ʿAbd Allāh Muḥammad ibn notre Seigneur le Cheikh Imām ʿĀlim ʿĀmil, cheikh des traditionnistes (muḥaddithīn), le modèle (al-qudwa) — que Dieu étende sa durée, l’assiste dans ce qui Lui agrée, et scelle ses œuvres par les bonnes actions —, ibn notre Seigneur le Cheikh Imām ʿĀlim ʿĀmil Kāmil ʿAlāʾ al-Dīn ʿAlī ibn notre Seigneur le Cheikh Imām défunt Shihāb al-Dīn Abī al-ʿAbbās Aḥmad ibn notre Seigneur l’Imām Zayn al-Dīn ʿAbd al-Raḥmān, connu sous le nom d’Ibn Ḥadīda al-Anṣārī al-Khazrajī al-Maqdisī, puis al-Miṣrī — que Dieu soit bon envers lui et l’assiste dans ce qui Lui agrée —, dit : « J’ai achevé sa composition le matin du vendredi, quatrième jour du mois de Dhū al-Qaʿda béni, de l’année 779 de l’Hégire, dans la khānqāh Ṣalāḥiyya Saʿīd al-Suʿadāʾ — que Dieu fasse miséricorde à son fondateur. » (Le livre est achevé, et notre Seigneur est le Loué, À Lui appartiennent les nobles actions, la hauteur et la générosité. Que Dieu prie sur le Prophète Muḥammad, Tant que verdit le basilic et que reverdit le rameau.) La copie de ce livre béni, intitulé al-Miṣbāḥ al-Muḍīʾ, a été achevée par le serviteur pauvre, reconnaissant son erreur et son insuffisance, espérant le pardon de son Seigneur Doux et Connaisseur, humble en lui-même, noble par son nom, Aḥmad ibn le serviteur pauvre en Dieu Très-Haut, Muḥammad ibn le défunt ʿAṭāʾ Allāh al-Sifṭī al-Mālikī — que Dieu Très-Haut pardonne ses erreurs, délibérées ou non, et le prenne en charge par une miséricorde de Sa part —, le vingt et unième jour du mois de Jumādā al-Ūlā de l’an 921 de l’Hégire, louant Dieu et priant sur Son Prophète Muḥammad, sa Famille et ses Compagnons, et les saluant. Dieu nous suffit, et Il est le Meilleur Garant. Et il l’a copié pour notre Seigneur le serviteur pauvre en Dieu Très-Haut, le Cheikh Imām ʿĀlim ʿAllāma, l’appui, le vérificateur, l’examinateur, le Cheikh Shams al-Dīn al-Dumyāṭī al-Shāfiʿī, lieutenant du Ḥakīm al-ʿAzīz dans les terres égyptiennes et son garant en elles, Aḥmad susmentionné — que Dieu agisse envers lui par Sa faveur cachée, et qu’Il réunisse pour lui les biens de ce monde et de l’Au-delà, ainsi que pour tous les musulmans. Amen, ô Seigneur des mondes.


  1. Abnā' : Les Abnā' sont les descendants des Perses installés au Yémen après la conquête de ce pays par les Sassanides.
  2. bang : Le bang est une substance narcotique, souvent à base de chanvre indien, utilisée pour ses effets soporifiques.
  3. ne pas être mobilisés : Il s'agit de l'exemption de la conscription militaire pour les campagnes.
  4. dîme : La dîme ('ushr) est un impôt prélevé sur les récoltes et les marchandises, ici probablement pour les commerçants.
  5. wasq : Le wasq est une mesure de capacité pour les grains, équivalant à environ 60 sâ' (soit environ 130 kg).
  6. Jassāsa : La Jassāsa est une créature mentionnée dans un hadith sur l'Antéchrist, qui espionne pour lui.
  7. liqīṭ : Flèche de retour ; désigne ici les flèches qui reviennent vers le tireur après avoir été lancées, symbolisant la confusion ou la dispersion.
  8. khabīṭ : Homme épuisé, qui se jette à terre pour dormir ; désigne ici un messager fatigué par le voyage.
  9. nāḍiḥ : Chameau de puisage, utilisé pour tirer l'eau du puits.
  10. ghabīṭ : Litière, sorte de selle ou de palanquin placé sur le dos du chameau.
  11. sukirtu : Être frappé d'ivresse, au sens figuré : être étourdi, stupéfait.
  12. sana : Sommeil, assoupissement.
  13. ghaṭīṭ : Ronflement, bruit du dormeur ou du chameau qui gronde.
  14. sūra : Violence, impétuosité, accès de colère.
  15. ʿabīṭ : Brave qui se jette dans la guerre sans y être contraint, par courage.
  16. al-qaḍāʾ : Le décret divin, la prédestination.
  17. zakāt : Aumône légale obligatoire en Islam, l'un des cinq piliers.
  18. shirk : Association d'autres divinités à Dieu, polythéisme.
  19. fāriḍ : Chamelle âgée, ayant perdu ses dents par vieillesse.
  20. farīsh : Petit chameau, jeune chameau.
  21. dhū al-ʿinān al-rukūb : Cheval monté, celui qui a une bride et sert à la monte.
  22. falū ḍabbīs : Poulain indompté, difficile à dompter.
  23. ṭalḥ : Acacia, arbre épineux dont les feuilles servent de pâture.
  24. rimāq : Troupeau de moutons ou de chèvres.
  25. ribāq : Cordes servant à attacher les agneaux ou chevreaux.
  26. ribwa : Augmentation, surplus imposé au-delà de l'obligation.
  27. qayl : Titre des petits rois ou chefs de tribus au Yémen.
  28. ʿabāhila : Indolents, qui ne sont pas dépossédés de leur royaume.
  29. arwāʿ : Chefs, nobles, hommes remarquables.
  30. mashābīb : Hommes à la peau blanche et aux cheveux noirs, ou intelligents, ou chefs.
  31. tīʿa : Petit troupeau de moutons, seuil à partir duquel la zakāt est due (40 brebis).
  32. muqawwara al-alyāṭ : Dont la peau est déchirée ou coupée.
  33. ḍināk : Trop grasse, obèse.
  34. thabaja : Brebis de qualité moyenne, ni excellente ni mauvaise.
  35. suyūb : Trésors enfouis, richesses cachées de l'époque préislamique.
  36. iṣqaʿūhu : Frappez-le sur la tête, donnez-lui des coups.
  37. thayyib : Personne ayant déjà été mariée, veuve ou divorcée.
  38. aḍāmīm : Pierres rassemblées, cailloux.
  39. tawṣīm : Brisure, cassure (des os) par lapidation.
  40. ghumma : Obscurité, confusion, manque de clarté.
  41. kalimat Allāh : Expression coranique désignant Jésus comme 'Parole de Dieu' (cf. Coran 4:171).
  42. wasq : Mesure de capacité pour les céréales, équivalant à environ 60 ṣāʿ (soit environ 130-150 kg selon les estimations).
  43. Ayla : Ville portuaire sur la mer Rouge, identifiée à l'actuelle Aqaba en Jordanie.
  44. bazz : Terme désignant les vêtements, les biens ou le butin ; ici, il s'agit des biens sur lesquels porte l'accord de paix.
  45. al-ḥalqa : Ensemble des armes et des biens rassemblés dans une maison ; peut aussi désigner la cavalerie ou l'équipement militaire.
  46. ʿurūk : Pluriel de ʿarak, désignant des morceaux de bois utilisés comme radeaux pour la pêche en mer.
  47. jizya : Impôt de capitation imposé aux non-musulmans (dhimmis) en échange de la protection de l'État islamique.
  48. bazz : Ici, le terme est expliqué comme désignant le butin (salab) sur lequel porte l'accord de paix.
  49. Man 'azza bazz : Proverbe arabe signifiant 'Celui qui domine prend le butin'.
  50. maqʿūd an-nāṣiya : Expression signifiant 'ayant le toupet rasé', pratique courante chez certains chrétiens ou comme signe de soumission.
  51. Adhruḥ : Ville de la région du Shām (Syrie/Palestine), identifiée à l'actuelle Adhruh en Jordanie.
  52. dīnār : Monnaie d'or utilisée dans le monde islamique médiéval, d'un poids d'environ 4,25 g d'or.
  53. Jarbā : Village du Shām, souvent mentionné avec Adhruḥ dans les hadiths.
  54. Sarāt : Chaîne de montagnes dans la péninsule Arabique, s'étendant du Yémen au Hedjaz.
  55. Shām : Région historique correspondant à la Grande Syrie (actuels Syrie, Liban, Jordanie, Palestine/Israël).
  56. ḥawḍ : Bassin (citerne) que le Prophète Muhammad possédera au Paradis, où ses fidèles viendront boire avant d'entrer au Paradis.
  57. al-Maḍḍa : Nom d'une localité ou d'une région ; non identifié précisément.
  58. Namira : Nom d'un lieu ou d'une région ; non identifié précisément.
  59. Wādī ar-Raḥmān : Nom d'une vallée ; non identifié précisément.
  60. lā yughzawna wa-lā yuḥsharūna : Expression signifiant qu'ils ne seront ni attaqués militairement ni mobilisés pour une campagne.
  61. ḥāfiẓ : Titre donné à un savant qui maîtrise parfaitement le Coran et les hadiths, capable de les réciter de mémoire.
  62. 730 : Année 730 de l'Hégire, correspondant à 1329-1330 du calendrier grégorien.
  63. : Abréviation utilisée dans les chaînes de transmission pour indiquer un changement de chaîne (taḥwīl).
  64. ijāza : Autorisation donnée par un maître à un élève de transmettre un texte ou un enseignement.
  65. musnid : Savant spécialisé dans la transmission des hadiths avec leurs chaînes de transmission.
  66. thulāthiyyāt : Hadiths dont la chaîne de transmission ne comporte que trois intermédiaires entre le rapporteur et le Prophète.
  67. Qāsiyūn : Montagne située au nord-ouest de Damas, lieu de sépulture de nombreux saints et savants.
  68. 728 : Année 728 de l'Hégire, correspondant à 1327-1328 du calendrier grégorien.
  69. Qāḍī : Juge musulman, magistrat chargé de rendre la justice selon la loi islamique.
  70. Shaykh : Titre honorifique désignant un maître, un savant ou un chef religieux.
  71. Ḥāfiẓ : Titre donné à un savant qui connaît par cœur un grand nombre de hadiths, ou qui a mémorisé le Coran.
  72. Chaîne de transmission (sanad) : La liste des transmetteurs qui garantit l'authenticité d'un hadith ou d'un texte religieux.
  73. Auditeurs (musmiʿūn) : Personnes qui ont entendu la transmission d'un texte directement du maître.
  74. Sīra : Biographie du Prophète Muhammad, notamment celle d'Ibn Hishām basée sur l'œuvre d'Ibn Isḥāq.
  75. Qubbat al-Sharāb : Dôme situé près de la Kaʿba, utilisé pour les séances d'enseignement.
  76. 747 H. : Année 747 de l'Hégire, correspondant à 1346-1347 du calendrier grégorien.
  77. al-Shifā' : Ouvrage célèbre du Qāḍī ʿIyāḍ sur les mérites et les droits du Prophète Muhammad.
  78. 748 H. : Année 748 de l'Hégire, correspondant à 1347-1348 du calendrier grégorien.
  79. Musnid : Transmetteur de hadiths qui possède une chaîne de transmission remontant au Prophète.
  80. 745 H. : Année 745 de l'Hégire, correspondant à 1344-1345 du calendrier grégorien.
  81. Muḥaddith : Spécialiste du hadith, science des traditions prophétiques.
  82. Lecteur du Coran (muqri') : Expert dans les différentes lectures et récitations du Coran.
  83. Autorisation (ijāza) : Permission donnée par un maître à un élève de transmettre un texte ou un enseignement.
  84. Khaṭīb : Prédicateur qui prononce le sermon du vendredi dans une mosquée.
  85. 675 H. : Année 675 de l'Hégire, correspondant à 1276-1277 du calendrier grégorien.
  86. al-Rawḍ al-unuf : Commentaire d'al-Suhaylī sur la Sīra d'Ibn Hishām.
  87. Remise (munāwala) : Méthode de transmission où le maître remet physiquement le texte à l'élève.
  88. al-Mashraʿ al-rawī : Autre ouvrage d'al-Suhaylī, souvent associé à al-Rawḍ al-unuf.
  89. 745 H. : Année 745 de l'Hégire, correspondant à 1344-1345 du calendrier grégorien.
  90. Couvent (khānqāh) : Établissement soufi servant de lieu de retraite et d'enseignement.
  91. Akhbār Makka : Ouvrage historique d'al-Azraqī sur La Mecque.
  92. Imam des gens des horizons : Titre honorifique désignant un savant de renommée universelle.
  93. 747 H. : Année 747 de l'Hégire, correspondant à 1346-1347 du calendrier grégorien.
Al-Miṣbāḥ al-Muḍī fī Kuttāb an-Nabī al-Ummī wa-Rusulih ilā Mulūk al-Arḍ100%