Histoires des Prophètes
Histoires des prophètes. Chapitre sur ce qui a été rapporté concernant la création d'Adam, paix sur lui. Mention de la dispute entre Adam et Moïse, paix sur eux. Mention des hadiths rapportés sur la création d'Adam, paix sur lui. Mention de l'histoire des deux fils d'Adam : Caïn et Abel. Mention de la mort d'Adam et de son testament à son fils Seth, paix sur lui. Mention d'Idris, paix sur lui. Mention de quelques récits de Noé lui-même, paix sur lui. Mention de son pèlerinage, paix sur lui. Mention de son testament à son fils, paix sur lui. Mention du passage du Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, par la vallée d'al-Hijr au pays de Thamoud l'année de Tabuk. Mention de la discussion d'Abraham l'intime. Mention de l'émigration de l'intime, paix sur lui, vers le pays de Syrie. Mention de la naissance d'Ismaël, paix sur lui. Mention de l'émigration d'Abraham avec son fils Ismaël et sa mère Hajar vers les montagnes de Faran. Mention de la naissance d'Isaac, paix sur lui. Mention de la construction de la Maison antique. Mention de l'éloge d'Allah et de Son noble Messager pour Son serviteur et intime Abraham. Mention de son palais au Paradis. Mention de la description d'Abraham, paix sur lui. Mention de la mort d'Abraham l'intime et ce qui a été dit sur son âge. Chapitre sur la mention de la descendance d'Abraham, que la prière et la paix soient sur lui. Mention d'Ismaël, paix sur lui. Mention d'Isaac fils d'Abraham le généreux, fils du généreux, que la prière et la paix soient sur eux 1. Mention de ce qui s'est produit comme événements merveilleux dans la vie d'Israël. Chapitre sur la mention du nom de ceux qui ont été anéantis en masse. Mention du mérite de Jonas, paix sur lui. Mention de l'histoire de Moïse l'interlocuteur, que la prière et la paix soient sur lui. Mention de Moïse et Aaron parmi les gens avec cette belle description. Cela l'effraya, et il vit une chose qui le subjugua, et aveugla sa perspicacité et sa vue. Il y avait en lui ruse, tromperie et fourberie, et un art consommé pour détourner du chemin d'Allah. Il dit, s'adressant aux magiciens en présence des gens : « Avez-vous cru en lui avant que je ne vous le permette ? » c'est-à-dire : Pourquoi ne m'avez-vous pas consulté pour ce que vous avez fait de cette chose terrible en présence de mes sujets ? Puis il menaça, promit, tonna et foudroya, mentit et s'éloigna en disant : Mention de la destruction de Pharaon et de ses armées. Mention d'un autre hadith dans le sens de ce qu'a rapporté Ibn Hibban. Mention du hadith surnommé le hadith des épreuves. Mention de la construction du dôme du temps. Chapitre sur la mention des mérites de Moïse, paix sur lui, de ses qualités, de ses attributs et de sa mort. Mention de son pèlerinage à la Maison antique [et sa description 2]. Mention de sa mort, paix sur lui. Mention de la prophétie de Josué et de sa prise en charge des affaires des enfants d'Israël après Moïse et Aaron, paix sur eux. Mention des histoires d'al-Khidr et d'Élie, paix sur eux. Chapitre sur la mention d'un groupe de prophètes des enfants d'Israël après Moïse, paix sur lui. Puis nous les suivons par la mention de David et Salomon, paix sur eux. Ibn Jarir a dit dans son Histoire : Il n'y a pas de divergence parmi les gens de science des récits des anciens et des affaires des prédécesseurs de notre communauté et des autres sur le fait que celui qui a pris en charge les affaires des enfants d'Israël après Josué est Caleb fils de Younna, c'est-à-dire l'un des compagnons de Moïse, paix sur lui, et il est le mari de sa sœur Marie, et il est l'un des deux hommes qui craignent Allah, et ils sont Josué et Caleb, et ils sont ceux qui ont dit aux enfants d'Israël lorsqu'ils ont refusé le combat : « Entrez par la porte ; si vous y entrez, vous serez vainqueurs. Et placez votre confiance en Allah, si vous êtes croyants. » Mention de la durée de sa vie et de la manière de sa mort. Mention de sa mort et de la durée de son règne et de sa vie. Chapitre sur la mention d'un groupe de prophètes des enfants d'Israël, paix sur eux. Mention de la destruction de Jérusalem. Mention de quelque chose de l'histoire de Daniel, paix sur lui. Mention de la naissance du serviteur et messager Jésus, fils de Marie, la vierge pure. Chapitre sur l'exposé qu'Allah, le Très-Haut, est exempt de tout enfant, exalté soit-Il au-dessus de ce que disent les injustes, d'une grande élévation. Mention de l'origine de Jésus, fils de Marie, paix sur eux. Mention de l'histoire de la table servie. Mention de l'élévation de Jésus, paix sur lui, au ciel. Mention de la description de Jésus, paix sur lui, de ses qualités et de ses mérites.
- al-karīm ibn al-karīm : Le généreux fils du généreux : expression désignant Isaac, fils d'Abraham, tous deux considérés comme généreux dans la tradition islamique.
- wa ṣifatihi : Et sa description : référence à la description du pèlerinage de Moïse, probablement une lacune dans le texte original.
Histoires des Prophètes
La source : https://shamela.ws/book/932 Date d'extraction : 2026-06-17
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah, Seigneur…
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah, Seigneur des mondes, et que la prière et la paix soient sur notre maître Muhammad, ainsi que sur sa famille et ses compagnons. Ceci est l'introduction.
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Préface Louange à Allah, prière et salut sur le Messager d'Allah. Ma réussite ne vient que d'Allah ; en Lui je place ma confiance et vers Lui je me repens. Ceci étant, Voici le livre "Histoires des Prophètes" 1 de l'imam Ibn Kathir 2 que je présente à notre communauté islamique, espérant que sa publication sous cette forme vérifiée facilitera le profit et présentera cet aspect de notre patrimoine islamique sous une forme proche de la perfection, proche de la vérité, précise dans l'exposé, et épurée des récits et traditions. Cette section est la partie des histoires des prophètes du livre "Al-Bidāya wa al-Nihāya" 3 d'Ibn Kathir. J'ai vu qu'il était bon de la publier séparément, après avoir publié auparavant la section de la Sīra Nabawiyya 4 et des qualités du Messager, après avoir constaté, à partir des propos d'Ibn Kathir dans son Tafsīr 5 et des livres de biographies, qu'Ibn Kathir avait une Sīra détaillée, et j'ai estimé qu'il l'avait incluse dans son livre "Al-Bidāya" qu'il a composé à la fin de sa vie. J'ai estimé que les histoires des prophètes sont un sujet digne d'être présenté séparément et de recevoir l'attention qu'a reçue la Sīra Nabawiyya, car l'histoire de la prophétie est constituée de maillons continus qui doivent être complétés et dont l'image doit être claire dans les esprits pour établir la vérité humaine et historique, et pour manifester la sagesse visée par le Noble Coran dans son souci de rapporter ces récits de manière éminente, visant à clarifier la leçon, à donner l'exemple, à résumer le mouvement de l'histoire humaine et à exposer sa loi 6 à travers la présentation des histoires des prophètes. Ibn Kathir a eu, dans les histoires des prophètes, un mérite louable et une méthode sage par laquelle il a pu rapprocher l'image coranique des histoires des prophètes et refléter la conception islamique de l'histoire de la prophétie et de la vie des messagers. Avant de parler du livre et de sa méthode, résumons la vie de son auteur et évoquons quelques-unes de ses informations. Ibn Kathir : 1 Il est Abū al-Fidā' 'Imād al-Dīn Ismā'īl, fils de 'Umar, fils de Kathīr, fils de Ḍaw', fils de Kathīr, fils de Zar', al-Qurashī al-Shāfi'ī. Son origine était de Bassora, mais il grandit à Damas et y fut élevé. Il naquit à Majdal al-Qarya, dans la région de la ville de Busrā, à l'est de Damas, en l'an 700 ou 701. Il mourut après avoir perdu la vue, le jeudi 26 Sha'bān de l'an 774, à l'âge de soixante-quatorze ans. Sa jeunesse : Son père était prédicateur 7 de son village, et quatre ans après la naissance d'Ibn Kathir, son père mourut. Il fut alors élevé par son frère, le cheikh 'Abd al-Wahhāb. C'est auprès de ce frère qu'Ibn Kathir reçut son éducation à ses débuts. Puis il se rendit à Damas en 706, à l'âge de cinq ans. Ses maîtres : Dans ses études, Ibn Kathir était orienté vers le fiqh 8, le hadith 9 et les sciences de la Sunna 10, car c'était la direction dominante à son époque. Ses maîtres dans ce domaine étaient nombreux. Il apprit le fiqh auprès du cheikh Burhān al-Dīn Ibrāhīm ibn 'Abd al-Raḥmān al-Fazārī, connu sous le nom d'Ibn al-Firkāḥ, mort en 729. Il écouta à Damas les enseignements de 'Īsā ibn al-Muṭ'im, d'Aḥmad ibn Abī Ṭālib al-Mu'ammar, connu sous le nom d'Ibn al-Shaḥna, mort en 730, d'al-Qāsim ibn 'Asākir, d'Ibn al-Shīrāzī, d'Ishāq al-Āmidī et de Muḥammad ibn Zarād. Il fut l'assidu du cheikh Jamāl Yūsuf ibn al-Mizzī al-Mizzī, auteur de "Tahdhīb al-Kamāl" 11, mort en 742. Ibn Kathir profita de lui, fut son disciple et épousa sa fille. Il lut également beaucoup auprès du cheikh de l'Islam Taqī al-Dīn Ibn Taymiyya 12, mort en 728, fut son assidu, l'aima et fut influencé par ses opinions. À ce sujet, Ibn al-'Imād dit : "Il avait une relation particulière avec Ibn Taymiyya, luttant pour lui, le suivant dans nombre de ses opinions. Il émettait des avis juridiques conformes à son opinion sur la question du divorce, et fut éprouvé et persécuté à cause de cela." Ibn Ḥajar dit : "Il prit [la science] d'Ibn Taymiyya, fut séduit par son amour et éprouvé à cause de lui." Il lut également auprès du cheikh, du ḥāfiẓ 13 et historien Shams al-Dīn al-Dhahabī 14, Muḥammad ibn Aḥmad ibn Qāymāz, mort en 748. De l'Égypte, lui donnèrent l'autorisation de transmission 15 Abū Mūsā al-Qarāfī, al-Ḥusaynī, Abū al-Fatḥ al-Dabbūsī, 'Alī ibn 'Umar al-Wānī, Mūsā al-Khutanī et d'autres. Ibn Kathir occupa la fonction de directeur 16 de la madrasa 17 Umm al-Ṣāliḥ et de la Tankiziyya après son imām al-Dhahabī, comme le mentionne al-Dhahabī dans le brouillon de son "Ṭabaqāt al-Ḥuffāẓ" 18. Son époque : Ibn Kathir vécut au VIIIe siècle de l'Hégire, de son début jusqu'à sa fin, sous l'ombre de l'État mamelouk qui étendait son autorité sur l'Égypte et le Levant. Son époque connut de graves calamités : les attaques des Francs et des Tatars, la fréquence des épidémies et des famines, et l'instabilité du pouvoir entre les émirs mamelouks, dont certains se révoltaient contre d'autres. Mais cette période fut marquée par une activité scientifique qui se manifesta par la multiplication des écoles, l'expansion de l'enseignement et de la composition. Cela eut des causes mentionnées dans les livres d'histoire : la rivalité des émirs, l'affectation de dotations 19 aux savants et aux étudiants, la connexion des régions islamiques entre elles, etc. Cette activité était cependant confinée dans un cercle étroit de suivisme et d'imitation. Les savants s'intéressèrent aux résumés, aux abrégés, aux commentaires littéraux et aux exposés. De même, l'enseignement se tourna en général vers les sciences religieuses et ce qui s'y rattache. L'influence d'Ibn Kathir par les tendances de son époque apparaît dans son orientation vers les sciences du Coran, de la Sunna, du fiqh, ou les sciences religieuses en général. Dans certaines de ses œuvres, on trouve des abrégés de livres des anciens, des compilations et des commentaires, comme cela apparaîtra en examinant ses livres conservés. Cependant, Ibn Kathir fut un imām rénovateur dans d'autres aspects de sa composition. Dans le Tafsīr, il est un imām et le fondateur d'une école qui se détourne des isrā'īliyyāt 20 et des traditions faibles, qui répugne à la philosophie et à l'intrusion de l'opinion dans le Livre d'Allah, et qui préfère la méthode d'interprétation du Coran par le Coran, puis par le hadith et les traditions 21. Cet aspect de rénovation remonte à sa relation avec Ibn Taymiyya, à son amour pour lui et à son influence par ses opinions. Ibn Kathir, comme son maître Ibn Taymiyya, était éloigné des superstitions, soucieux de revenir à la Sunna, et s'appuyait sur la vérification et l'exactitude par le moyen scientifique qu'il possédait : la critique des chaînes de transmission 22 et l'examen des traditions. Sa position et les opinions des savants à son sujet : Ibn Kathir occupa une haute position dans le fiqh, le Tafsīr, le hadith et la fatwa 23. Al-Dhahabī dit de lui : "L'imām, le muftī, le muḥaddith 24 éminent, juriste et exégète traditionniste, auteur d'ouvrages utiles." Ibn Ḥajar dit de lui : "Il s'adonna au hadith, étudiant ses textes et ses transmetteurs. Il avait une grande mémoire, une conversation agréable. Ses ouvrages se répandirent de son vivant et les gens en profitèrent après sa mort." Ibn Taghrī Birdī dit de lui : "Il s'adonna constamment à l'étude, persévéra, acquit et écrivit. Il excella dans le fiqh, le Tafsīr et le hadith. Il rassembla, composa, enseigna, transmit et écrivit. Il avait une grande connaissance du hadith, du Tafsīr, du fiqh, de la langue arabe et d'autres domaines. Il émit des fatwas et enseigna jusqu'à sa mort." Ibn Kathir fut célèbre pour sa précision, son investigation et son exhaustivité. La présidence dans l'histoire, le hadith et le Tafsīr lui revint à son époque. Ibn Ḥajjī, l'un de ses disciples, dit de lui : "Il est le plus mémorisateur des textes de hadith et de leurs transmetteurs que nous ayons rencontré, le plus connaisseur de leur critique, de leur authenticité et de leur faiblesse. Ses pairs et ses maîtres le reconnaissaient pour cela. Je ne me suis jamais assis avec lui, malgré mes fréquentes visites, sans tirer profit de lui." Ibn al-'Imād al-Ḥanbalī le décrit ainsi : "Il avait une grande mémoire, peu d'oubli, une bonne compréhension. Il participait à la langue arabe et composait des vers de qualité moyenne. Ibn Ḥabīb dit de lui : "Il écouta, rassembla et composa. Il charma les oreilles par la fatwa et orna. Il transmit et fit profiter. Les feuilles de ses fatwas volèrent vers les pays. Il fut célèbre pour sa précision et sa rédaction." Ibn Ḥajar dit de lui : "Il ne suivait pas la voie des muḥaddithīn dans la quête des chaînes élevées 25 et la distinction entre la chaîne élevée et la chaîne basse, et autres de leurs arts. Il était plutôt un muḥaddith parmi les juristes." Mais al-Suyūṭī répond aux propos d'Ibn Ḥajar en disant : "L'essentiel dans la science du hadith est la connaissance du hadith authentique et du hadith faible, de ses défauts, de la divergence de ses voies, et de ses transmetteurs en termes de critique et de recommandation. Quant à la chaîne élevée ou basse et autres, ce sont des choses secondaires, non des principes importants." Sa poésie et son style : Ibn Kathir participait à la langue arabe et, comme le dit Ibn al-'Imād, composait des vers de qualité moyenne. On ne mentionne de lui que peu de poésie, comme ce vers : "Les jours passent sur nous en succession, et pourtant nous sommes menés vers les échéances, tandis que l'œil regarde. Ni ce jeune homme passé ne revient, ni cette vieillesse assombrie ne disparaît." En tout cas, il ne s'adonna pas à la poésie. Sa culture littéraire était bonne, pour un juriste, exégète et traditionniste comme lui. Dans son style, il suivait les exigences de son époque, préférant les rimes et inclinant vers les figures de style. Son style dans le Tafsīr est fort et équilibré. Ses livres : Ibn Kathir s'adonna à la composition et à la rédaction. La plupart de ses livres portent sur le hadith et ses sciences. Ses œuvres sont comptées, et les plus importantes sont : 1. Le Tafsīr du Noble Coran, dont al-Suyūṭī dit : "Aucun ouvrage de ce genre n'a été composé." Il s'appuie sur l'interprétation par la tradition : il interprète le Coran par le Coran, puis par les hadiths célèbres qu'il cite avec leurs chaînes de transmission, puis critique les chaînes et porte un jugement sur elles, puis mentionne les traditions rapportées des Compagnons et des Successeurs. Il est imprimé et célèbre. 2. Al-Bidāya wa al-Nihāya dans l'histoire.
Il est également un ouvrage imprimé célèbre, bien que son édition ne soit ni fiable ni corrigée. C’est une référence précise sur laquelle on s’appuie encore. Ibn Taghrī Birdī a dit à son sujet : « Il est d’une qualité extrême. » 3 - *Ikhtiṣār ‘Ulūm al-Ḥadīth* (Abrégé des sciences du hadith) d’Ibn al-Ṣalāḥ. C’est un livre utile dans lequel Ibn Kathīr a ajouté de nombreux bénéfices, l’a ordonné et abrégé. Il est imprimé avec des annotations du regretté cheikh Aḥmad Shākir sous le titre *Al-Bā‘ith al-Ḥathīth*. 4 - *Mukhtaṣar Kitāb al-Madkhal ilā Kitāb al-Sunan* (Abrégé du livre d’introduction au Livre des Sunans) d’Al-Bayhaqī, mentionné dans l’introduction de l’*Ikhtiṣār ‘Ulūm al-Ḥadīth*. Il est manuscrit. 5 - *Risālah fī al-Jihād* (Épître sur le jihad). Imprimée. 6 - *Al-Takmīl fī Ma‘rifat al-Thiqāt wa al-Ḍu‘afā’ wa al-Majāhīl* (Le complément sur la connaissance des fiables, des faibles et des inconnus). Il y a réuni les deux livres *Tahdhīb al-Kamāl* d’Al-Mizzī et *Mīzān al-I‘tidāl* d’Al-Dhahabī, et y a ajouté des ajouts utiles sur la *jarḥ* (critique) et la *ta‘dīl* (certification). Il est manuscrit. 7 - *Al-Hudā wa al-Sunan fī Aḥādīth al-Masānīd wa al-Sunan* (La guidance et les traditions dans les hadiths des musnads et des sunans), connu sous le nom de *Jāmi‘ al-Masānīd* (Recueil des musnads). Il y a réuni le *Musnad* d’Aḥmad, d’Al-Bazzār, d’Abū Ya‘lā, d’Ibn Abī Shayba avec les six livres : les deux *Ṣaḥīḥ* (authentiques) et les quatre *Sunan* (recueils de traditions), et l’a ordonné par chapitres. Il est manuscrit. 8 - *Musnad al-Shaykhayn Abī Bakr wa ‘Umar* (Musnad des deux cheikhs Abū Bakr et ‘Umar). Il y a – comme l’a dit Ibn Kathīr – mentionné la manière dont Abū Bakr a embrassé l’Islam, exposé ses vertus et ses qualités, suivi de la biographie d’Al-Fārūq (que Dieu l’agrée), et rapporté ce que chacun d’eux a transmis du Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) comme hadiths, ainsi que ce qui a été rapporté de lui comme traditions, jugements et fatwas, le tout atteignant trois volumes. Il est manuscrit, et nous ne savons pas où il se trouve ! 9 - *Al-Sīrah al-Nabawiyyah* (La biographie prophétique), longue et abrégée, mentionnée dans l’exégèse de la sourate *Al-Aḥzāb*, dans le récit de l’expédition du fossé. 10 - *Ṭabaqāt al-Shāfi‘iyyah* (Les classes des shafiites). Un volume de taille moyenne. Et avec lui, les mérites d’al-Shāfi‘ī. Manuscrit 11 – Takhrīj des hadiths des preuves d’al-Tanbīh dans le fiqh shāfi‘ite. 12 – Et il a effectué le takhrīj des hadiths du Mukhtaṣar d’Ibn al-Ḥājib. 13 – Le livre des préliminaires (al-Muqaddimāt), qu’il mentionne dans l’abrégé de la Muqaddima d’Ibn al-Ṣalāḥ et auquel il renvoie. 14 – Et Ibn Ḥajar a mentionné qu’Ibn Kathīr avait entrepris un commentaire d’al-Bukhārī sans l’achever. 15 – Et il a commenté un grand ouvrage sur les jugements (al-Aḥkām) sans le terminer, y parvenant jusqu’au pèlerinage (al-Ḥajj). Dans ces ouvrages qui nous sont connus de l’héritage d’Ibn Kathīr, apparaît son orientation dans son intérêt pour la Sunna et ses sciences ; l’esprit de son époque prédomine dans ses abrégés et ses commentaires, et son innovation se manifeste dans son exégèse du Noble Coran ainsi que dans sa méthode dans son histoire exceptionnelle : « al-Bidāya wa al-Nihāya ». L’usage s’est répandu de la faible partie des livres de cet imam qui a trouvé son chemin vers les gens, tandis qu’une grande partie en est restée, dont on ne connaît ni l’emplacement ni la voie pour parvenir entre les mains des gens. Il nous incombait d’accorder aux livres de ce grand imam l’attention qu’ils méritent et de faciliter aux gens leur usage, afin d’accomplir notre devoir envers notre héritage et notre histoire, de relier notre passé à notre présent, et de ne pas laisser les lampes de la guidance s’éteindre alors que notre communauté a le plus grand besoin de la lumière qu’elles contiennent. **Les récits des prophètes (Qaṣaṣ al-Anbiyā’)** : Et ce livre que nous présentons est la partie des « Récits des prophètes » tirée d’al-Bidāya wa al-Nihāya d’Ibn Kathīr. J’ai préféré le publier de manière critique (muḥaqqaqan), en raison de son indépendance thématique et du besoin qu’en ont les masses populaires. Or, le sujet des récits des prophètes fait partie des thèmes que les savants ont traités de manière indépendante dans leurs écrits depuis l’époque de la codification (tadwīn). Le premier à lui avoir consacré un ouvrage indépendant fut Muhammad ibn Isḥāq ibn Yasār, mort en l’an 150 de l’Hégire. Il composa son livre *Al-Mubtada’* (ou *Al-Mabda’*) et les *Récits des Prophètes*. Ibn Hishām négligea cette section lorsqu’il résuma la *Sīra* prophétique d’Ibn Isḥāq, et il ne subsiste de cet ouvrage que des citations rapportées par al-Ṭabarī dans son *Histoire* et son *Exégèse*, ainsi que par al-Azraqī. Puis Abū Rifā‘a ‘Umāra ibn Wathīma ibn Mūsā ibn al-Furāt al-Fārisī, mort en l’an 289, écrivit son livre *Le Commencement de la Création et les Récits des Prophètes* ; la dernière partie s’en trouve au Vatican, sous la cote 265, 28. L’ouverture des livres d’histoire générale par les *Récits des Prophètes* et le *Commencement de la Création* devint une méthode suivie, depuis qu’Abū Ja‘far Muḥammad ibn Jarīr al-Ṭabarī, né en l’an 234 à Ṭabaristān, composa son *Histoire complète* et y traita de l’histoire du monde depuis le commencement de la création jusqu’à son époque. Et après lui, Abū al-Ḥasan ‘Alī ibn al-Ḥusayn al-Mas‘ūdī, mort en l’an 345, dans son histoire *Les Prairies d’Or*. Cela signifie que le sujet des *Récits des Prophètes* fut l’objet de l’attention des auteurs de *Sīra* et des historiens musulmans, depuis l’époque de la codification jusqu’à l’époque d’Ibn Kathīr. Il nous incombe maintenant d’examiner la méthode d’Ibn Kathīr dans les *Récits des Prophètes*, afin de voir ce qu’il a apporté de nouveau et ce par quoi il s’est distingué comme caractéristiques, constituant un renouvellement dans cet aspect de l’histoire. Cela exige que nous examinions les sources d’Ibn Kathīr dans les *Récits des Prophètes* et que nous les classions selon le degré de sa confiance en elles. La première chose qui nous apparaît clairement est qu’Ibn Kathīr a fait du Noble Coran sa source première dans l’histoire des Prophètes ; il s’en est remis à sa méthode et s’est tenu à ses récits. Il tranche catégoriquement que toute parole des Gens du Livre qui contredit cela est mensonge et calomnie. Telle est la vérité que tout musulman affirme avec certitude. Ibn Kathîr commence chaque récit parmi les récits des prophètes en rassemblant les versets coraniques qui s’y rapportent, avec exhaustivité, depuis toutes les sourates du Coran, selon l’ordre des sourates. Puis il s’oriente vers l’exégèse (tafsîr), extrayant les enseignements des versets nobles selon sa méthode célèbre, à partir de l’explication du Coran, puis par la Sunna et les traditions (athar). Ensuite, Ibn Kathîr rassemble les hadiths rapportés concernant les récits des prophètes, avec leurs chaînes de transmission (asânîd), issus des recueils authentiques (sihâh) et des musnads ; il ne manque pas d’examiner ces hadiths et de nous indiquer leur degré de fiabilité (thubût). Puis Ibn Kathîr se tourne vers les récits des historiens et des spécialistes de la Sîra (sciences biographiques), choisissant parmi eux ce qui est en accord avec les réalités du Coran, de la Sunna et les avis des exégètes. Les plus éminents parmi ceux dont il rapporte sont : Muhammad ibn Ishâq dans son livre *Al-Mubtada’*, Ibn Jarîr (al-Tabarî) dans son *Târîkh* et son *Tafsîr*, et Ibn ‘Asâkir dans son *Târîkh*. Ces récits ne constituent ni la trame ni la chaîne du livre ; ils ne sont qu’un appui aux traditions islamiques ou un détail de celles-ci, lorsque l’imagination tend à l’exhaustivité et à relier les anneaux entre eux. La plupart de ces récits sont transmis des savants des Gens du Livre, et Ibn Kathîr commente souvent en disant qu’ils sont étranges (gharîb). Il reste ensuite, parmi les sources d’Ibn Kathîr dans les récits des prophètes, les traditions des Gens du Livre (isrâ’îliyyât), reçues de la Torah qui est entre leurs mains. Ibn Kathîr a adopté face à cette source une position équitable : il ne l’a pas totalement négligée, tant qu’il y a quelqu’un qui s’y intéresse et qui en rapporte. Ainsi, Ibn Kathîr a mentionné une petite partie des traditions des Gens du Livre, accompagnée de l’exposé de son avis à leur sujet. Il considère que si la Torah contredit la vérité que nous détenons du Livre (le Coran) et de la Sunna, elle est alors fausse et doit être rejetée. Ainsi, lorsqu'il mentionne, à propos de la Torah, que c'est le serpent qui a incité Ève à manger de l'arbre, et qu'il était parmi les plus belles et les plus grandes créatures, il ajoute : « Ce qui se trouve dans cette Torah qui est entre leurs mains est une erreur de leur part, une altération et une faute dans la traduction, car le transfert d'une parole d'une langue à une autre n'est pas à la portée de tout un chacun, surtout de celui qui ne connaît guère bien la langue arabe et ne maîtrise pas non plus la compréhension de son propre Livre. C'est pourquoi il y a, dans leur traduction, de nombreuses erreurs de mots et de sens. Or, le noble Coran a indiqué qu'ils (Adam et Ève) portaient un vêtement, dans Sa parole : "Il leur retire leur vêtement pour leur montrer leur nudité" (Coran 7:27). Ceci ne saurait donc être contredit par d'autres paroles. » (29). Ibn Kathīr lisait la Torah et voyait ce qu'elle contenait comme altérations, et il l'a signalé à plusieurs endroits de son ouvrage. Ainsi, à propos de Caïn, il dit : « Ce que j'ai vu dans le livre qui est entre les mains des gens du Livre, qu'ils prétendent être la Torah, c'est que Dieu – qu'Il soit exalté et magnifié – lui a accordé un délai et un répit, et qu'il a habité la terre de Nod, à l'est d'Éden. » Après avoir mentionné les récits des gens du Livre sur la descendance de Caïn, il dit : « Tel est le contenu explicite de leur livre. Quant à savoir si ces chronologies sont préservées telles qu'elles ont été révélées du ciel, cela est sujet à discussion, comme l'ont mentionné plusieurs savants qui les ont critiquées. Il semble plutôt qu'elles y aient été insérées, que certains les aient ajoutées à titre d'explication et de commentaire, et qu'elles contiennent de nombreuses erreurs. » (30). Et ailleurs, il dit : « Comment pourrait-on délaisser cela et s'en détourner ? » L'on en vient aux paroles mensongères des mécréants parmi les gens du Livre (ahl al-kitāb), ceux qui ont altéré les livres de Dieu révélés, les ont déformés, les ont interprétés de travers et les ont placés en d'autres lieux que les leurs. 31. C'est ainsi qu'Ibn Kathīr a remis les récits des gens du Livre à leur juste place : il s'en inspire lorsqu'ils concordent avec la vérité que nous détenons, et il signale leur altération (taḥrīf) et leur mensonge lorsqu'ils s'y opposent. Si aucun indice ne les confirme dans nos récits et qu'ils peuvent être véridiques, il les rapporte en suspendant son jugement. Or, il nous a été ordonné de ne ni croire les gens du Livre, ni les traiter de menteurs.
C'est ainsi qu'Ibn Kathîr échappa à ce dans quoi étaient tombés les historiens avant lui, à savoir l'excès dans la transmission des isrâ'îliyyât 32 et la confiance en elles, et il conserva son image islamique rayonnante, rendant son lecteur rassuré quant à ses sources et capable d'en discerner la valeur. Si nous voulons discerner les caractéristiques d'Ibn Kathîr dans les récits des prophètes, le plus important qui retienne notre attention est : (1) l'exhaustivité dans les informations et l'exhaustivité dans leur transmission par leurs voies, ce qui fait de lui la référence la plus complète dans ces récits. Cela lui fut facilité par son époque tardive, car il vécut au VIIIe siècle 33, ce qui lui permit d'embrasser du regard l'héritage passé. (2) La vérification scientifique dans la présentation des informations : il ne mentionne aucune opinion sans sa preuve, ni aucune tradition sans en clarifier l'état, qu'elle soit authentique ou faible. Et bien qu'il ait été indulgent dans la présentation de certaines traditions faibles, il s'en est déchargé en portant un jugement sur elles conformément aux principes de la transmission. 3 - L'attention portée aux visées du Noble Coran dans la mise en évidence de l'exhortation et la clarification de la leçon dans ces récits. Et puisque Ibn Kathîr était un exégète accompli, il a pu attirer l'attention sur de nombreux lieux de leçon dans les versets des prophètes, et faire de l'exposé de leurs récits un moyen d'établir de nombreux jugements et bonnes manières. 4 - Ibn Kathîr s'est attaché à repousser les doutes soulevés par nombre d'exégètes et de récepteurs des Gens du Livre, et il a pu, par sa compétence en exégèse et sa force dans l'argumentation, clarifier le côté de la vérité et réfuter nombre d'opinions corrompues qui ne s'accordent pas avec la dignité des prophètes. Il a été bien guidé dans l'interprétation des versets autour desquels le désaccord s'est élevé et les avis se sont multipliés, comme sa position sur l'interprétation de la parole de Dieu, exalté soit-Il, sur la langue de Lot : « Voici mes filles, elles sont plus pures pour vous » 34, et Sa parole sur Joseph : « Elle le désira, et il l'aurait désirée » 35, ainsi que son explication de la parole d'Abraham, sur lui la paix : « C'est plutôt le plus grand d'entre eux qui l'a fait » 36, et de même son exposé dans la controverse entre Moïse et Adam, sur eux la paix, et autres. C'est un aspect dont aucun historien avant lui ne s'était occupé ; ce qui poussa Ibn Kathîr vers cela, c'est son imamat dans l'exégèse et son souci des visées de la guidance dans les récits des prophètes. Ainsi, nous pouvons dire que le traitement d'Ibn Kathîr des récits des prophètes est considéré comme nouveau dans sa méthode, car nous y percevons d'autres éléments que l'histoire, comme l'exégèse, le hadith, l'exhortation et l'orientation, et parfois la langue et la littérature. Ibn Kathîr a mêlé ces éléments et a donné la prééminence à la conception coranique des récits des prophètes. Il est donc à juste titre une expression sincère de la vision islamique de ce sujet, exempt de remplissage, d'affectation et de goût pour les choses étranges, conforme à la méthode de la raison et de la science, et éloigné des superstitions et des faussetés. C'est ce qui m'a fait voir dans la publication de ce livre une nécessité pour notre époque et notre patrimoine à la fois. Méthode de vérification : Pour la vérification de ce livre, je me suis appuyé sur deux copies d'al-Bidâya wa an-Nihâya 37 : 1 - La copie microfilmée de la bibliothèque de Walî ad-Dîn à Istanbul, conservée à la Dâr al-Kutub al-Misriyya sous le numéro 1110 Târîkh. C'est une bonne copie, n'eût été les lacunes dans certains passages. Elle est désignée par la lettre (a). 2 - La copie imprimée à l'imprimerie as-Sa'âda en 1351 H 38, qui a été collationnée sur une copie conservée à l'école al-Ahmadiyya à Alep. Elle est désignée par la lettre (t). Mon effort a porté sur la correction du texte original et la collation des deux copies pour en extraire le correct. J'ai constaté dans la copie imprimée de nombreuses lacunes que j'ai signalées dans les notes marginales, ainsi que des altérations fréquentes que j'ai corrigées en recourant au manuscrit et aux références dont Ibn Kathîr a tiré ses informations, et j'ai signalé certaines de ces erreurs dans les notes en bas de pages. Après cela, il était nécessaire d'expliquer les termes, d'établir les variantes des copies, d'identifier certaines personnes, de commenter ce qui n'inspire pas confiance parmi les traditions, et autres choses requises par la correction du livre et sa présentation sous une forme proche de l'exactitude et de la justesse. J'espère qu'en publiant ce livre parmi les ouvrages d'Ibn Kathîr, j'aurai accompli mon devoir envers notre communauté islamique en facilitant l'accès à cette référence authentique pour cet aspect important des aspects de la culture islamique, voire humaine, à savoir les récits des prophètes, qui sont les héros du sacrifice pur de toute souillure, et les exemples de la perfection humaine que l'humanité prend pour guides en tout temps. C'est à Dieu que je demande de nous guider dans nos affaires et de nous soutenir par Son aide et Sa force. Quel bon Maître et quel bon Soutien ! Moustafa 'Abd al-Wâhid Le Caire, Safar 1388 H / Mai 1968
- Qaṣaṣ al-Anbiyā' : Histoires des Prophètes, genre littéraire islamique relatant la vie des prophètes.
- Ibn Kathīr : Célèbre historien, exégète et traditionniste du VIIIe siècle de l'Hégire (XIVe siècle).
- Al-Bidāya wa al-Nihāya : Le Commencement et la Fin, vaste chronique universelle d'Ibn Kathir.
- Sīra Nabawiyya : Biographie du Prophète Muhammad.
- Tafsīr : Exégèse coranique.
- Sunna : Loi divine ou coutume prophétique ; ici, la loi historique de Dieu.
- Khaṭīb : Prédicateur, celui qui prononce le sermon du vendredi.
- Fiqh : Jurisprudence islamique.
- Ḥadīth : Parole, acte ou approbation attribués au Prophète Muhammad.
- Sunna : Tradition prophétique, ensemble des pratiques et enseignements du Prophète.
- Tahdhīb al-Kamāl : Ouvrage de biographie des transmetteurs de hadith par al-Mizzī.
- Ibn Taymiyya : Célèbre théologien et juriste hanbalite (1263-1328).
- Ḥāfiẓ : Titre donné à un spécialiste du hadith ayant mémorisé des milliers de hadiths et leurs chaînes.
- Al-Dhahabī : Célèbre historien et traditionniste (1274-1348).
- Ijāza : Autorisation de transmettre un savoir, délivrée par un maître à son élève.
- Mashyakha : Fonction de directeur ou de professeur principal dans une madrasa.
- Madrasa : École religieuse islamique.
- Ṭabaqāt al-Ḥuffāẓ : Ouvrage classant les grands spécialistes du hadith par générations.
- Waqf : Dotation pieuse, bien immobilier ou argent affecté à une œuvre charitable.
- Isrā'īliyyāt : Récits d'origine juive ou chrétienne intégrés dans la tradition islamique, souvent considérés comme peu fiables.
- Athar : Tradition, généralement rapport des Compagnons ou des Successeurs.
- Sanad : Chaîne de transmission d'un hadith, liste des transmetteurs successifs.
- Fatwa : Avis juridique émis par un savant qualifié.
- Muḥaddith : Spécialiste du hadith.
- al-'Ālī : Chaîne de transmission élevée, c'est-à-dire courte, considérée comme plus prestigieuse.
- ابن كثير : الحافظ المؤرخ المفسر إسماعيل بن عمر بن كثير الدمشقي (ت 774 هـ).
- غزوة الخندق : غزوة الأحزاب التي وقعت في السنة الخامسة للهجرة.
- الفاتيكان ثالث 265 : رقم المخطوطة في مكتبة الفاتيكان.
- ينزع عنهما لباسهما ليريهما سوآتهما : الآية 27 من سورة الأعراف.
- غلط كثير : أي خطأ وتحريف في التوراة.
- بدلوا كتب الله المنزلة وحرفوها : إشارة إلى تحريف أهل الكتاب للتوراة والإنجيل.
- isrâ'îliyyât : Récits et traditions d'origine juive ou chrétienne, souvent rapportés sans chaîne de transmission fiable, intégrés dans les commentaires coraniques et les récits historiques islamiques.
- VIIIe siècle : Il s'agit du VIIIe siècle de l'hégire, correspondant au XIVe siècle de l'ère chrétienne.
- « Voici mes filles, elles sont plus pures pour vous » : Référence au verset coranique 11:78, où le prophète Lot propose ses filles en mariage aux hommes de Sodome pour les détourner de leurs mauvaises actions.
- « Elle le désira, et il l'aurait désirée » : Référence au verset coranique 12:24, évoquant la tentation de Joseph par la femme de Potiphar.
- « C'est plutôt le plus grand d'entre eux qui l'a fait » : Référence au verset coranique 21:63, où Abraham attribue la destruction des idoles à la plus grande d'entre elles, pour prouver leur impuissance.
- al-Bidâya wa an-Nihâya : Ouvrage historique majeur d'Ibn Kathîr, couvrant l'histoire depuis la création jusqu'à la fin des temps.
- 1351 H : Année de l'hégire correspondant à 1932-1933 de l'ère chrétienne.
Chapitre sur ce qui a été rapporté au sujet de la création d'Adam, sur lui la paix [1].
Chapitre sur ce qui est rapporté au sujet de la création d’Adam, sur lui la paix. Allah, exalté soit-Il, dit : « Et lorsque ton Seigneur dit aux Anges : “Je vais établir sur la terre un vicaire 1.” Ils dirent : “Vas-Tu y établir quelqu’un qui y sèmera le désordre et répandra le sang, alors que nous célébrons Tes louanges et Te sanctifions ?” Il dit : “En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas.” * Et Il apprit à Adam tous les noms 2. Ensuite, Il les présenta aux Anges et dit : “Informez-Moi des noms de ceux-ci, si vous êtes véridiques.” * Ils dirent : “Gloire à Toi ! Nous n’avons de science que ce que Tu nous as enseigné. C’est Toi, certes, l’Omniscient, le Sage.” * Il dit : “Ô Adam, informe-les de leurs noms.” Puis quand celui-ci les eut informés de leurs noms, Il dit : “Ne vous ai-Je pas dit que Je connais les mystères des cieux et de la terre, et que Je sais ce que vous divulguez et ce que vous cachez ?” * Et lorsque Nous dîmes aux Anges : “Prosternez-vous devant Adam 3.” Ils se prosternèrent, excepté Iblis 4 qui refusa, s’enfla d’orgueil et fut parmi les mécréants. * Et Nous dîmes : “Ô Adam, habite le Paradis, toi et ton épouse, et mangez-en tous deux à votre guise, et n’approchez pas l’arbre que voici, sinon vous seriez du nombre des injustes.” * Mais le Diable les fit glisser de là et les fit sortir du lieu où ils étaient. Et Nous dîmes : “Descendez 5 ! Ennemis les uns des autres. Et vous aurez sur terre un séjour et une jouissance pour un temps.” * Puis Adam reçut de son Seigneur des paroles 6, et Allah agréa son repentir. Car c’est Lui l’Accueillant au repentir, le Miséricordieux. * Nous dîmes : “Descendez d’ici, tous ! Et si jamais un guide vous vient de Ma part, ceux qui suivront Mon guide n’auront rien à craindre et ne seront pas affligés.” * Et ceux qui ne croient pas et traitent de mensonges Nos signes, ceux-là sont les gens du Feu : ils y demeureront éternellement. » (1) Et Il dit, exalté soit-Il : « L’exemple de Jésus, auprès d’Allah, est comparable à celui d’Adam : Il le créa de terre, puis Il lui dit : “Sois”, et il fut. » (2) Et Il dit, exalté soit-Il : « Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux-là a fait répandre beaucoup d’hommes et de femmes. Et craignez Allah au nom duquel vous vous implorez mutuellement, et (craignez) les liens de parenté. Certes Allah vous observe parfaitement. » (3) De même qu’Il dit : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. Certes Allah est Omniscient et Parfaitement Connaisseur. » (2) Et Il dit, exalté soit-Il : « C’est Lui qui vous a créés d’un seul être et a tiré de celui-ci son épouse, pour qu’il trouve la sérénité auprès d’elle... » le verset (2). Et Il dit, exalté soit-Il : « Et Nous vous avons créés, puis Nous vous avons donné une forme, puis Nous dîmes aux Anges : “Prosternez-vous devant Adam.” Ils se prosternèrent, excepté Iblis, qui ne fut pas de ceux qui se prosternent. * (Allah) dit : “Qu’est-ce qui t’a empêché de te prosterner quand Je te l’ai ordonné ?” Il répondit : “Je suis meilleur que lui : Tu m’as créé de feu, et Tu l’as créé d’argile.” * (Allah) dit : “Descends d’ici ! Tu n’as pas à t’enorgueillir ici. Sors donc, tu es parmi les humiliés.” * (Iblis) dit : “Accorde-moi un délai jusqu’au jour où ils seront ressuscités.” * (Allah) dit : “Tu es de ceux à qui délai est accordé.” * (Iblis) dit : “Par la raison que Tu m’as égaré, je me tiendrai en embuscade sur Ton droit chemin. * Puis je les assaillirai par-devant, par-derrière, par leur droite et par leur gauche. Et Tu ne trouveras pas la plupart d’entre eux reconnaissants.” * (Allah) dit : “Sors de là, méprisé et banni ! Quiconque te suivra parmi eux, de vous tous, Je remplirai l’Enfer.” * “Et toi, Adam, habite le Paradis, toi et ton épouse, et mangez-en où vous voudrez, et n’approchez pas l’arbre que voici, sinon vous seriez du nombre des injustes.” * Puis le Diable leur suggéra 7 pour leur rendre visible ce qui leur était caché de leur nudité, et dit : “Votre Seigneur ne vous a interdit cet arbre que pour vous empêcher de devenir des anges ou d’être immortels.” * Et il leur jura : “Vraiment, je suis pour vous un conseiller sincère.” * Il les fit donc descendre par tromperie. Puis, quand ils eurent goûté de l’arbre, leur nudité leur apparut, et ils se mirent à se couvrir avec des feuilles du Paradis. Et leur Seigneur les appela : “Ne vous avais-Je pas interdit cet arbre ? Et ne vous avais-Je pas dit que le Diable est pour vous un ennemi déclaré ?” * Ils dirent : “Notre Seigneur, nous avons fait du tort à nous-mêmes. Et si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serons très certainement du nombre des perdants.” * (Allah) dit : “Descendez ! Ennemis les uns des autres. Et vous aurez sur terre un séjour et une jouissance pour un temps.” * Il dit : “Là vous vivrez, là vous mourrez, et de là vous serez sortis.” » (3) De même qu’Il dit dans un autre verset : « D’elle [la terre] Nous vous avons créés, et en elle Nous vous ferons retourner, et d’elle Nous vous ferons sortir une fois encore. » (2) Et Il dit, exalté soit-Il : « Et Nous créâmes l’homme d’une argile sonnante, extraite d’une boue malléable. * Et les djinns 8, Nous les avions créés auparavant d’un feu d’une chaleur ardente. * Et lorsque ton Seigneur dit aux Anges : “Je vais créer un homme d’une argile sonnante, extraite d’une boue malléable. * Quand Je l’aurai bien formé et lui aurai insufflé de Mon Esprit 9, alors prosternez-vous devant lui.” * Alors les Anges se prosternèrent tous ensemble, * excepté Iblis qui refusa d’être avec les prosternés. * (Allah) dit : “Ô Iblis, pourquoi n’es-tu pas avec les prosternés ?” * Il dit : “Je ne puis me prosterner devant un homme que Tu as créé d’une argile sonnante, extraite d’une boue malléable.” * (Allah) dit : “Sors d’ici, car te voilà maudit 10 ! * Et malédiction sur toi jusqu’au Jour de la Rétribution !” * Il dit : “Seigneur, accorde-moi un délai jusqu’au jour où ils seront ressuscités.” * (Allah) dit : “Tu es de ceux à qui délai est accordé, * jusqu’au jour de l’instant connu.” * Il dit : “Seigneur, par la raison que Tu m’as égaré, je leur embellirai la vie sur terre et les égarerai tous, * sauf Tes serviteurs parmi eux, les élus 11.” * (Allah) dit : “Voici une voie droite qui mène à Moi. * Sur Mes serviteurs, tu n’auras aucune autorité, excepté sur ceux qui te suivent parmi les égarés. * Et l’Enfer est le lieu de rendez-vous pour eux tous. * Il a sept portes, et chaque porte en a une part déterminée.” » (3) Et Il dit, exalté soit-Il : « Et lorsque Nous dîmes aux Anges : “Prosternez-vous devant Adam.” Ils se prosternèrent, excepté Iblis. Il dit : “Me prosternerai-je devant celui que Tu as créé d’argile ?” * Il dit : “Vois-Tu celui que Tu as honoré au-dessus de moi ? Si Tu me renvoies jusqu’au Jour de la Résurrection, je dominerai sa descendance, excepté un petit nombre.” * (Allah) dit : “Va-t’en ! Quiconque te suivra parmi eux, alors l’Enfer sera votre récompense, une récompense abondante. * Excite, par ta voix, ceux que tu pourras parmi eux ; rassemble contre eux ta cavalerie et ton infanterie ; associe-toi à eux dans les biens et les enfants ; et fais-leur des promesses.” Or, le Diable ne leur fait que des promesses trompeuses. * Quant à Mes serviteurs, tu n’auras aucune autorité sur eux. Et ton Seigneur suffit comme protecteur. » (4) Et Il dit, exalté soit-Il : « Et lorsque Nous dîmes aux Anges : “Prosternez-vous devant Adam.” Ils se prosternèrent, excepté Iblis. Il était du nombre des djinns, et il transgressa l’ordre de son Seigneur. Allez-vous le prendre, lui et sa descendance, pour alliés en dehors de Moi, alors qu’ils sont vos ennemis ? Quel mauvais échange pour les injustes ! » (2) Et Il dit, exalté soit-Il : « Et Nous avions auparavant fait une recommandation à Adam, mais il oublia, et Nous ne trouvâmes pas chez lui de résolution ferme. * Et lorsque Nous dîmes aux Anges : “Prosternez-vous devant Adam.” Ils se prosternèrent, excepté Iblis qui refusa. * Alors Nous dîmes : “Ô Adam, celui-ci est un ennemi pour toi et pour ton épouse. Qu’il ne vous fasse pas sortir du Paradis, sinon tu seras malheureux. * Car tu n’y auras pas faim, ni ne seras nu, * et tu n’y auras pas soif, ni ne seras exposé au soleil.” * Mais le Diable lui suggéra 7 en disant : “Ô Adam, t’indiquerai-je l’arbre de l’immortalité et un royaume impérissable ?” * Ils en mangèrent tous deux, et leur nudité leur apparut, et ils se mirent à se couvrir avec des feuilles du Paradis. Adam désobéit à son Seigneur et s’égara. * Puis son Seigneur l’élut, agréa son repentir et le guida. * Il dit : “Descendez d’ici, tous ! Ennemis les uns des autres. Et si jamais un guide vous vient de Ma part, celui qui suivra Mon guide ne s’égarera ni ne sera malheureux. * Et celui qui se détourne de Mon Rappel 12 mènera une vie difficile, et au Jour de la Résurrection, Nous le ressusciterons aveugle.” * Il dira : “Seigneur, pourquoi m’as-Tu ressuscité aveugle alors qu’auparavant je voyais ?” * (Allah) dira : “De même que Nos signes te sont parvenus et que tu les as oubliés, ainsi aujourd’hui tu es oublié.” » (3) Et Il dit, exalté soit-Il : « Dis : “C’est une nouvelle capitale. * Vous vous en détournez. * Je n’avais aucune science de la cohorte sublime 13 lorsqu’ils se disputaient. * Il ne m’est révélé que ceci : je ne suis qu’un avertisseur explicite.” * Lorsque ton Seigneur dit aux Anges : “Je vais créer un homme d’argile. * Quand Je l’aurai bien formé et lui aurai insufflé de Mon Esprit, alors prosternez-vous devant lui.” * Alors les Anges se prosternèrent tous ensemble, * excepté Iblis qui s’enfla d’orgueil et fut parmi les mécréants. * (Allah) dit : “Ô Iblis, qu’est-ce qui t’a empêché de te prosterner devant ce que J’ai créé de Mes mains ? T’es-tu enflé d’orgueil ou es-tu parmi les hautains ?” * Il dit : “Je suis meilleur que lui : Tu m’as créé de feu, et Tu l’as créé d’argile.” * (Allah) dit : “Sors d’ici, car te voilà maudit ! * Et malédiction sur toi jusqu’au Jour de la Rétribution.” * Il dit : “Seigneur, accorde-moi un délai jusqu’au jour où ils seront ressuscités.” * (Allah) dit : “Tu es de ceux à qui délai est accordé, * jusqu’au jour de l’instant connu.” * Il dit : “Par Ta puissance, je les égarerai tous, * sauf Tes serviteurs parmi eux, les élus.” * (Allah) dit : “La vérité est, et c’est la vérité que Je dis : * Je remplirai l’Enfer de toi et de ceux qui te suivront parmi eux, tous ensemble.” » (3)
Car tu es maudit (rajīm). Et sur toi sera Ma malédiction jusqu’au Jour de la Rétribution. » Il dit : « Seigneur, accorde-moi donc un délai jusqu’au jour où ils seront ressuscités. » Il dit : « Tu es de ceux à qui un délai est accordé, jusqu’au jour de l’instant connu. » Il dit : « Par Ta puissance, je les égarerai tous, sauf, parmi eux, Tes serviteurs élus (mukhlisīn). » Il dit : « La vérité est, et c’est la vérité que Je dis : Je remplirai certainement la Géhenne de toi et de ceux qui te suivront, parmi eux, tous ensemble. » Dis : « Je ne vous demande pour cela aucune récompense, et je ne suis pas de ceux qui s’imposent (al-mutakallifīn). Ce n’est qu’un Rappel (dhikr) pour les mondes. Et vous apprendrez certainement sa nouvelle après un certain temps. » * * * Voici le récit de cette histoire, tiré de passages dispersés du Coran. Nous avons déjà traité de tout cela dans l’exégèse (tafsīr). Mentionnons ici la substance de ce qu’indiquent ces versets nobles, ainsi que les hadiths qui s’y rapportent, rapportés du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – et c’est d’Allah que nous implorons l’aide. Allah – exalté soit-Il – a informé qu’Il s’adressa aux anges en leur disant : « Je vais établir sur terre un vicaire (khalīfa) », leur faisant connaître ce qu’Il voulait créer, à savoir Adam et sa descendance, qui se succèdent les uns aux autres, comme Il dit : « Et c’est Lui qui fait de vous des vicaires (khalā’if) de la terre » et « Il fait de vous des vicaires (khulafā’) de la terre ». Il les en informa donc, en manière d’exaltation de la création d’Adam et de sa descendance, comme on annonce une affaire grandiose avant qu’elle n’advienne. Les anges dirent alors, en interrogeant par manière de recherche et de demande de connaissance de la sagesse, non par objection ou dénigrement envers les fils d’Adam, ni par jalousie envers eux, comme certains ignorants parmi les exégètes pourraient le supposer : « Vas-Tu y établir quelqu’un qui y fera le mal et y répandra le sang ? » Il est dit qu’ils surent que cela adviendrait, d’après ce qu’ils virent de ceux qui étaient avant Adam, parmi les djinns et les fils (al-bann). C’est ce que dit Qatāda. ‘Abd Allāh ibn ‘Umar dit : « Les djinns étaient avant Adam de deux mille ans ; ils répandirent le sang, alors Allah envoya contre eux une armée d’anges qui les chassèrent vers les îles des mers. » D’après Ibn ‘Abbās, une parole similaire. D’après al-Hasan, ils en furent inspirés. Il est dit aussi : parce qu’ils avaient vu la Table préservée (al-lawḥ al-maḥfūẓ) ; on rapporte que Hārūt et Mārūt les en informèrent, d’après un ange au-dessus d’eux, nommé as-Sijill. Ceci est rapporté par Ibn Abī Ḥātim d’après Abū Ja‘far al-Bāqir. Il est dit encore : parce qu’ils savaient que la terre ne produit que ceux qui sont, pour la plupart, de cette nature. « Et nous Te glorifions par Ta louange et nous Te sanctifions (nuqaddisu lak) », c’est-à-dire : nous T’adorons constamment, aucun d’entre nous ne Te désobéit. Si donc le but de la création de ceux-ci est qu’ils T’adorent, nous voici, nous ne nous relâchons ni nuit ni jour. Il dit : « Je sais ce que vous ne savez pas », c’est-à-dire : Je connais, dans la création de ceux-ci, un avantage prépondérant que vous ne savez pas, à savoir qu’il surgira d’eux les prophètes, les messagers, les véridiques, les martyrs et les saints. Puis Il leur montra la supériorité d’Adam sur eux dans la science, en disant : « Et Il enseigna à Adam tous les noms. » Ibn ‘Abbās dit : « Ce sont ces noms par lesquels les gens se connaissent mutuellement : homme, animal, terre, plaine, mer, montagne, chameau, âne, et autres choses semblables parmi les nations et autres. » Dans une autre version : « Il lui enseigna le nom de l’écuelle, du chaudron, jusqu’à la vesse et le pet. » Mujāhid dit : « Il lui enseigna le nom de tout animal, de tout oiseau et de toute chose. » De même dirent Sa‘īd ibn Jubayr, Qatāda et d’autres. Ar-Rabī‘ dit : « Il lui enseigna les noms des anges. » ‘Abd ar-Raḥmān ibn Zayd dit : « Il lui enseigna les noms de sa descendance. » Ce qui est correct est qu’Il lui enseigna les noms des êtres et de leurs actions, au masculin et au diminutif, comme l’a indiqué Ibn ‘Abbās – qu’Allah les agrée tous deux. Al-Bukhārī mentionne ici ce qu’il a rapporté, ainsi que Muslim, par la voie de Sa‘īd et Hishām, d’après Qatāda, d’après Anas ibn Mālik, d’après le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – qui dit : « Les croyants se rassembleront au Jour de la Résurrection et diront : “Si seulement nous cherchions intercession auprès de notre Seigneur !” Ils viendront alors à Adam et diront : “Tu es le père des hommes ; Allah t’a créé de Sa main, a fait prosterner devant toi Ses anges et t’a enseigné les noms de toute chose.” » Et il mentionna la suite du hadith. « Puis Il les présenta aux anges et dit : “Informez-Moi des noms de ceux-ci, si vous êtes véridiques.” » Al-Ḥasan al-Baṣrī dit : « Lorsqu’Allah voulut créer Adam, les anges dirent : “Notre Seigneur ne crée aucune créature sans que nous en soyons plus savants qu’elle.” Ils furent alors éprouvés par cela. » Et c’est le sens de Sa parole : « si vous êtes véridiques ». D’autres explications ont été données, comme nous l’avons développé dans l’exégèse. Ils dirent : « Gloire à Toi ! Nous n’avons de science que ce que Tu nous as enseigné. C’est Toi, certes, le Savant, le Sage », c’est-à-dire : Gloire à Toi ! Il n’appartient à personne de cerner quoi que ce soit de Ta science sans que Tu l’enseignes, comme Il dit : « Et ils ne cernent rien de Sa science, sauf ce qu’Il veut. » Il dit : « Ô Adam, informe-les de leurs noms. » Puis, lorsqu’il les eut informés de leurs noms, Il dit : « Ne vous ai-Je pas dit que Je connais l’Invisible des cieux et de la terre, et que Je sais ce que vous divulguez et ce que vous cachiez ? » C’est-à-dire : Je connais le secret comme Je connais le manifeste. Il est dit que le sens de Sa parole : « Je sais ce que vous divulguez » est ce qu’ils dirent : « Vas-Tu y établir quelqu’un qui y fera le mal ? », et que Sa parole : « et ce que vous cachiez » vise la parole d’Iblīs lorsqu’il cacha en lui l’orgueil et la jalousie envers Adam – sur lui la paix. C’est ce qu’ont dit Sa‘īd ibn Jubayr, Mujāhid, as-Suddī, aḍ-Ḍaḥḥāk, ath-Thawrī, et Ibn Jarīr l’a choisi. Abū al-‘Āliya, ar-Rabī‘, al-Ḥasan et Qatāda dirent : « “et ce que vous cachiez” est leur parole : “Notre Seigneur ne créera aucune créature sans que nous en soyons plus savants et plus honorés que lui.” » Et Sa parole : « Et lorsque Nous dîmes aux anges : “Prosternez-vous devant Adam”, ils se prosternèrent, excepté Iblīs ; il refusa et s’enfla d’orgueil. » Ceci est un grand honneur d’Allah – exalté soit-Il – envers Adam, lorsqu’Il le créa de Sa main, insuffla en lui de Son Esprit, comme Il dit : « Lorsque Je l’aurai façonné et insufflé en lui de Mon Esprit, tombez prosternés devant lui. » Ce sont là quatre honneurs : Sa création de lui par Sa main généreuse, Son insufflation en lui de Son Esprit, Son ordre aux anges de se prosterner devant lui, et Son enseignement à lui des noms des choses. C’est pourquoi Moïse, l’Interlocuteur (al-Kalīm), lui dit lorsqu’ils se rencontrèrent dans l’Assemblée suprême et discutèrent, comme cela viendra : « Tu es Adam, le père des hommes, qu’Allah a créé de Sa main, en qui Il a insufflé de Son Esprit, devant qui Il a fait prosterner Ses anges, et à qui Il a enseigné les noms de toute chose. » Et c’est ainsi que les gens du Rassemblement lui diront au Jour de la Résurrection, comme cela a précédé et comme cela viendra, si Allah – exalté soit-Il – le veut. Et Il dit dans un autre verset : « Nous vous avons créés, puis Nous vous avons formés, puis Nous avons dit aux anges : “Prosternez-vous devant Adam.” Ils se prosternèrent, excepté Iblīs ; il ne fut pas de ceux qui se prosternent. Il dit : “Qu’est-ce qui t’a empêché de te prosterner lorsque Je te l’ai ordonné ?” Il dit : “Je suis meilleur que lui : Tu m’as créé de feu et Tu l’as créé d’argile.” » Al-Ḥasan al-Baṣrī dit : « Iblīs fit un raisonnement par analogie (qāsa), et il fut le premier à le faire. » Muḥammad ibn Sīrīn dit : « Le premier à faire un raisonnement par analogie fut Iblīs, et le soleil et la lune ne furent adorés que par des raisonnements par analogie. » Ces deux paroles sont rapportées par Ibn Jarīr. Le sens est qu’il considéra sa propre personne par voie de comparaison entre lui et Adam, et il vit sa personne comme plus noble qu’Adam ; il refusa donc de se prosterner devant lui, malgré l’ordre qui lui avait été donné, ainsi qu’à tous les anges, de se prosterner. Or, le raisonnement par analogie, lorsqu’il s’oppose au texte (naṣṣ), est invalide dans son fondement. De plus, il est en lui-même erroné, car l’argile est plus utile et meilleure que le feu : l’argile possède la pondération, la clémence, la patience et la croissance, tandis que le feu possède la légèreté, l’impétuosité, la rapidité et la brûlure. Ensuite, Adam fut honoré par Allah par Sa création de lui de Sa main et Son insufflation en lui de Son Esprit ; c’est pourquoi Il ordonna aux anges de se prosterner devant lui, comme Il dit : « Et lorsque ton Seigneur dit aux anges : “Je vais créer un mortel d’argile sonnante, tirée d’une boue noire et malléable. Lorsque Je l’aurai façonné et insufflé en lui de Mon Esprit, tombez prosternés devant lui.” Les anges se prosternèrent tous, ensemble, excepté Iblīs ; il refusa d’être avec ceux qui se prosternent. Il dit : “Ô Iblīs, qu’as-tu à ne pas être avec ceux qui se prosternent ?” Il dit : “Je ne saurais me prosterner devant un mortel que Tu as créé d’argile sonnante, tirée d’une boue noire et malléable.” Il dit : “Sors d’ici, car tu es maudit (rajīm). Et sur toi sera la malédiction jusqu’au Jour de la Rétribution.” » Il mérita cela d’Allah – exalté soit-Il – parce qu’il impliquait le mépris d’Adam, son rabaissement, sa supériorité sur lui, la désobéissance à l’ordre divin, et l’opposition à la vérité dans le texte (naṣṣ) désignant Adam nommément.
Et il se mit à s'excuser par ce qui ne lui servait à rien, et son excuse était plus grave que son péché, comme Allah a dit dans la sourate Subhân 14 : « Et lorsque Nous dîmes aux Anges : Prosternez-vous devant Adam ! Ils se prosternèrent, excepté Iblîs 15 qui dit : Me prosternerai-je devant celui que Tu as créé d'argile ? Il dit : Vois-Tu celui que Tu as honoré au-dessus de moi ? Si Tu me renvoies jusqu'au Jour de la Résurrection, je séduirai sa descendance, sauf un petit nombre. Il dit : Va ! Quiconque d'entre eux te suivra, alors la Géhenne sera votre récompense, une récompense surabondante. Excite, par ta voix, ceux que tu pourras parmi eux ; mobilise contre eux ta cavalerie et ton infanterie ; associe-toi à eux dans les biens et les enfants ; et fais-leur des promesses. Mais le Diable ne leur promet que tromperie. Quant à Mes serviteurs, tu n'as aucun pouvoir sur eux. Et ton Seigneur suffit pour les protéger. » Et Il a dit dans la sourate al-Kahf 16 : « Et lorsque Nous dîmes aux Anges : Prosternez-vous devant Adam ! Ils se prosternèrent, excepté Iblîs qui était parmi les djinns 17 ; il désobéit à l'ordre de son Seigneur. Allez-vous donc le prendre, lui et sa descendance, pour alliés en dehors de Moi ? » C'est-à-dire qu'il sortit de l'obéissance à Allah délibérément, par obstination et par orgueil, refusant d'exécuter Son ordre. Cela n'arriva que parce que sa nature et sa matière vile le trahirent au moment où il en avait le plus besoin, car il fut créé de feu, comme il est dit, et comme cela est rapporté dans le Sahîh Muslim 18 d'après 'Aïcha, d'après le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) qui a dit : « Les Anges furent créés de lumière, les djinns furent créés d'un feu sans fumée, et Adam fut créé de ce qui vous a été décrit. » Al-Hasan al-Basrî 19 a dit : Iblîs ne fut jamais un Ange, pas même un clin d'œil. Et Shahr ibn Hawshab 20 a dit : Il était parmi les djinns. Lorsqu'ils semèrent la corruption sur terre, Allah envoya contre eux une armée d'Anges qui les tuèrent et les exilèrent dans les îles des mers. Iblîs fut parmi ceux qui furent capturés ; ils l'emmenèrent avec eux au ciel, et il y resta. Lorsque les Anges reçurent l'ordre de se prosterner, Iblîs refusa. Ibn Mas'ûd, Ibn 'Abbâs, un groupe de Compagnons, Sa'îd ibn al-Musayyab 21 et d'autres dirent : Iblîs était le chef des Anges du ciel le plus bas. Ibn 'Abbâs dit : Son nom était 'Azâzîl 22 ; et selon une autre version de lui : al-Hârith 23. Al-Naqqâsh 24 dit : Son surnom était Abû Kurdûs 25. Ibn 'Abbâs dit : Il était d'une tribu d'Anges appelée les djinns, et ils étaient les gardiens du Paradis. Il était parmi les plus nobles et les plus savants et les plus adorateurs, et il était parmi ceux qui avaient quatre ailes. Allah le transforma alors en un diable maudit. Et Il a dit dans la sourate Sâd 26 : « Et lorsque ton Seigneur dit aux Anges : Je vais créer un être humain d'argile. Quand Je l'aurai façonné et insufflé en lui de Mon Esprit, prosternez-vous devant lui. Alors les Anges se prosternèrent tous ensemble, excepté Iblîs qui s'enfla d'orgueil et fut parmi les mécréants. Il dit : Ô Iblîs, qu'est-ce qui t'empêche de te prosterner devant ce que J'ai créé de Mes Mains ? T'enfles-tu d'orgueil ou es-tu parmi les plus élevés ? Il dit : Je suis meilleur que lui : Tu m'as créé de feu et Tu l'as créé d'argile. Il dit : Sors d'ici, car tu es maudit. Et sur toi sera Ma malédiction jusqu'au Jour de la Rétribution. Il dit : Seigneur, accorde-moi un délai jusqu'au jour où ils seront ressuscités. Il dit : Tu es de ceux à qui un délai est accordé, jusqu'au jour de l'instant connu. Il dit : Par Ta puissance, je les séduirai tous, sauf Tes serviteurs élus parmi eux. Il dit : La vérité est, et c'est la vérité que Je dis : Je remplirai la Géhenne de toi et de tous ceux qui te suivront. » Et Il a dit dans la sourate al-A'râf 27 : « Il dit : Parce que Tu m'as égaré, je me tiendrai en embuscade sur Ton droit chemin. Puis je les assaillirai par-devant, par-derrière, par leur droite et par leur gauche. Et Tu ne trouveras pas la plupart d'entre eux reconnaissants. » C'est-à-dire : à cause de Ton égarement de moi, je me tiendrai pour eux à chaque guet-apens, et je les assaillirai de tous côtés. Heureux celui qui lui résiste, malheureux celui qui le suit. L'imam Ahmad 28 a dit : Hâshim ibn al-Qâsim nous a rapporté, Abû 'Uqîl (c'est 'Abd Allah ibn 'Uqayl al-Thaqafî) nous a rapporté, Mûsâ ibn al-Musayyab nous a rapporté, d'après Sâlim ibn Abî al-Ja'd, d'après Sabra ibn Abî al-Fâkih, qui a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dire : « Le Diable s'est posté sur les chemins du fils d'Adam », et il mentionna le hadith. Les exégètes ont divergé au sujet des Anges à qui il fut ordonné de se prosterner devant Adam : s'agissait-il de tous les Anges, comme l'indique le sens général des versets ? C'est l'avis de la majorité. Ou bien s'agissait-il seulement des Anges de la terre ? Comme l'a rapporté Ibn Jarîr 29 par la voie d'al-Dahhâk, d'après Ibn 'Abbâs, mais cette chaîne est interrompue et le contexte présente des anomalies, bien que certains exégètes récents l'aient préférée. Cependant, le plus apparent d'après les contextes est le premier avis, et il est appuyé par le hadith : « Et Il fit prosterner Ses Anges devant lui », ce qui est également général. Et Allah sait mieux. Sa parole au sujet d'Iblîs : « Descends d'ici » et « Sors d'ici » prouve qu'il était au ciel et qu'il reçut l'ordre d'en descendre et de sortir de la position et du rang qu'il avait obtenus par son adoration et son imitation des Anges dans l'obéissance et l'adoration. Puis il en fut dépouillé à cause de son orgueil, de son envie et de sa désobéissance à son Seigneur. Il fut donc descendu sur terre, honni et banni. Et Allah ordonna à Adam (que la paix soit sur lui) d'habiter le Paradis avec son épouse. Il dit : « Et Nous dîmes : Ô Adam, habite le Paradis, toi et ton épouse, et mangez-en tous deux à votre guise, partout où vous voudrez, mais n'approchez pas de cet arbre, sinon vous seriez du nombre des injustes. » Et Il dit dans al-A'râf : « Il dit : Sors d'ici, honni et banni. Quiconque parmi eux te suivra, Je remplirai la Géhenne de vous tous. Et Ô Adam, habite le Paradis, toi et ton épouse, et mangez d'où vous voudrez, mais n'approchez pas de cet arbre, sinon vous seriez du nombre des injustes. » Et Allah a dit : « Et lorsque Nous dîmes aux Anges : Prosternez-vous devant Adam ! Ils se prosternèrent, excepté Iblîs qui refusa. Alors Nous dîmes : Ô Adam, celui-ci est un ennemi pour toi et pour ton épouse. Qu'il ne vous fasse pas sortir du Paradis, sinon tu seras malheureux. Car tu n'y auras pas faim, ni ne seras nu ; tu n'y auras pas soif, ni ne seras exposé au soleil. » Le contexte de ces versets implique que la création d'Ève eut lieu avant l'entrée d'Adam au Paradis, en raison de Sa parole : « Ô Adam, habite le Paradis, toi et ton épouse. » Cela a été explicitement affirmé par Ishâq ibn Yasâr 30, et c'est apparent dans ces versets. Mais al-Suddî 31 a rapporté d'après Abû Sâlih et Abû Mâlik, d'après Ibn 'Abbâs, et d'après Murra, d'après Ibn Mas'ûd, et d'après certains Compagnons, qu'ils ont dit : Iblîs fut expulsé du Paradis, et Adam y fut installé. Il s'y promenait seul, sans épouse auprès de laquelle trouver la quiétude. Il s'endormit, et à son réveil, il trouva à sa tête une femme assise, qu'Allah avait créée de sa côte. Il lui demanda : « Qui es-tu ? » Elle répondit : « Une femme. » Il dit : « Pourquoi as-tu été créée ? » Elle dit : « Pour que tu trouves la quiétude auprès de moi. » Les Anges, observant l'étendue de sa science, lui dirent : « Quel est son nom, ô Adam ? » Il dit : « Ève. » Ils dirent : « Pourquoi Ève ? » Il dit : « Parce qu'elle a été créée d'une chose vivante. » Muhammad ibn Ishâq 32 a rapporté d'après Ibn 'Abbâs qu'elle fut créée de sa côte la plus courte, la gauche, pendant qu'il dormait, et qu'Allah combla l'emplacement de chair. La confirmation de cela se trouve dans la parole d'Allah : « Ô hommes, craignez votre Seigneur qui vous a créés d'un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et a fait naître de ces deux-là beaucoup d'hommes et de femmes... » et dans Sa parole : « C'est Lui qui vous a créés d'un seul être, et a tiré de lui son épouse, pour qu'il trouve la quiétude auprès d'elle. Lorsqu'il l'a couverte, elle porta une charge légère et se déplaça avec... » Nous en parlerons plus tard, si Allah le veut. Et dans les deux Sahîh 33, d'après le hadith de Zâ'ida, d'après Maysara al-Ashja'î, d'après Abû Hâzim, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) qui a dit : « Soyez bons envers les femmes, car la femme a été créée d'une côte, et la partie la plus courbe de la côte est la plus haute. Si tu essaies de la redresser, tu la briseras ; si tu la laisses, elle restera courbe. Soyez donc bons envers les femmes. » Texte de Bukhârî.
Les exégètes ont divergé au sujet de la parole de Dieu : « N'approchez pas de cet arbre » 34. On a dit que c'était la vigne, rapporté d'après Ibn 'Abbâs, Sa'îd ibn Jubayr, al-Sha'bî, Ja'da ibn Hubayra, Muhammad ibn Qays et al-Suddî dans une version d'après Ibn 'Abbâs et Ibn Mas'ûd et un groupe de Compagnons. Il a dit : « Les Juifs prétendent que c'est le blé. » Cela est rapporté d'après Ibn 'Abbâs, al-Hasan al-Basrî, Wahb ibn Munabbih, 'Atiyya al-'Awfî, Abû Mâlik, Muhârib ibn Dithâr et 'Abd al-Rahmân ibn Abî Laylâ. Wahb a dit : « Le grain en est plus tendre que l'écume et plus doux que le miel. » Al-Thawrî a rapporté d'après Abû Husayn, d'après Abû Mâlik : « N'approchez pas de cet arbre » : c'est le palmier. Ibn Jurayj a rapporté d'après Mujâhid : c'est le figuier, et c'est aussi l'avis de Qatâda et Ibn Jurayj. Abû al-'Âliya a dit : « C'était un arbre dont quiconque mangeait produisait un besoin, et il n'y a pas de besoin au Paradis. » Cette divergence est mineure. Dieu a laissé son nom et sa nature dans le vague ; si leur mention avait comporté un intérêt pour nous, Il les aurait précisés comme Il le fait pour d'autres choses laissées dans le vague dans le Coran. La divergence qui mérite d'être tranchée et dont il faut sortir est celle concernant ce Paradis où Adam fut introduit : est-il dans le ciel ou sur terre ? La majorité est d'avis qu'il s'agit de celui du ciel, le Jannat al-Ma'wâ 35, en raison du sens apparent des versets et des hadiths, comme Sa parole : « Nous dîmes : Ô Adam, habite, toi et ton épouse, le Paradis » ; l'article défini n'est ni générique ni anaphorique textuel, mais renvoie à un connu mental, à savoir le lieu de séjour éternel établi par la Révélation, le Jannat al-Ma'wâ. Et comme la parole de Moïse à Adam : « Pourquoi nous as-tu fait sortir, toi et toi-même, du Paradis ? » hadith dont nous parlerons plus tard. Muslim a rapporté dans son Sahîh d'après Abû Mâlik al-Ashja'î (nommé Sa'd ibn Târiq), d'après Abû Hâzim Salama ibn Dînâr, d'après Abû Hurayra, et Abû Mâlik d'après Rib'î, d'après Hudhayfa, qu'ils ont dit : Le Messager de Dieu a dit : « Dieu rassemblera les gens, et les croyants se lèveront quand le Paradis s'approchera d'eux. Ils viendront à Adam et diront : Ô notre père, demande pour nous l'ouverture du Paradis. Il répondra : Qu'est-ce qui vous a fait sortir du Paradis sinon la faute de votre père ? » et il mentionna le hadith en entier. Ce hadith constitue un argument fort et évident en faveur de l'idée qu'il s'agit du Jannat al-Ma'wâ, bien qu'il ne soit pas exempt de considérations. D'autres ont dit : le Paradis où Adam fut installé n'était pas le Paradis de l'éternité, car il y fut chargé de ne pas manger de cet arbre, il y dormit, en fut expulsé, et Iblîs y entra, ce qui est incompatible avec le Jannat al-Ma'wâ. Cet avis est rapporté d'après Ubayy ibn Ka'b, 'Abd Allâh ibn 'Abbâs, Wahb ibn Munabbih et Sufyân ibn 'Uyayna, et a été choisi par Ibn Qutayba dans al-Ma'ârif, par le juge Mundhir ibn Sa'îd al-Ballûtî dans son Tafsîr, qui lui a consacré un ouvrage séparé. Il est rapporté d'après Abû Hanîfa l'imam et ses compagnons. Abû 'Abd Allâh Muhammad ibn 'Umar al-Râzî, Ibn Khatîb al-Rayy, l'a rapporté dans son Tafsîr d'après Abû al-Qâsim al-Balkhî et Abû Muslim al-Isfahânî. Al-Qurtubî l'a rapporté dans son Tafsîr d'après les Mu'tazilites et les Qadarites 36. Cet avis est le texte de la Torah en possession des Gens du Livre. Parmi ceux qui ont rapporté la divergence sur cette question : Abû Muhammad ibn Hazm dans al-Milal wa al-Nihal, Abû Muhammad ibn 'Atiyya dans son Tafsîr, Abû 'Îsâ al-Rummânî dans son Tafsîr, qui a rapporté le premier avis comme celui de la majorité, et Abû al-Qâsim al-Râghib et le juge al-Mâwardî dans son Tafsîr, qui a dit : « On a divergé au sujet du Paradis où furent installés Adam et Ève, selon deux avis : l'un, que c'est le Paradis de l'éternité ; le second, que c'est un Paradis que Dieu leur a préparé et dont Il a fait une demeure d'épreuve, et non le Paradis de l'éternité qu'Il a fait demeure de rétribution. Ceux qui tiennent ce second avis divergent à leur tour sur deux points : l'un, qu'il est dans le ciel, car Il les en fit descendre – c'est l'avis d'al-Hasan ; l'autre, qu'il est sur terre, car Il les y éprouva par l'interdiction de l'arbre, à l'exclusion des autres fruits – c'est l'avis d'Ibn Yahyâ. Cela eut lieu après qu'Il eut ordonné à Iblîs de se prosterner devant Adam. Dieu sait ce qui est juste. » Son propos contient donc trois avis, et il semble s'abstenir de trancher. C'est pourquoi Abû 'Abd Allâh al-Râzî a rapporté dans son Tafsîr quatre avis sur cette question : ces trois-là, et le quatrième est la suspension du jugement. Il a rapporté l'avis qu'il est dans le ciel sans être le Jannat al-Ma'wâ d'après Abû 'Alî al-Jubbâ'î. Les partisans du second avis ont soulevé une question qui appelle une réponse : ils ont dit : « Il ne fait aucun doute que Dieu a chassé Iblîs, lorsqu'il refusa de se prosterner, de la Présence divine, et lui ordonna d'en sortir et d'en descendre. Cet ordre n'est pas un ordre légal qu'on pourrait enfreindre, mais un ordre décrété, inévitable et irrésistible. C'est pourquoi Il dit : « Sors de là, couvert d'opprobre et banni » et « Descends de là ; il ne t'appartient pas de t'y enorgueillir » et « Sors de là, car tu es maudit. » Le pronom renvoie au Paradis, au ciel ou au rang. Quoi qu'il en soit, il est établi qu'il ne peut, par décret, se trouver dans le lieu d'où il a été chassé et éloigné, ni pour y demeurer ni pour y passer. » Ils ont dit : « Il est clair d'après le sens apparent des contextes coraniques qu'il a suggéré à Adam et s'est adressé à lui en disant : « Veux-tu que je t'indique l'arbre de l'éternité et d'un royaume impérissable ? » et « Votre Seigneur ne vous a interdit cet arbre que pour que vous ne deveniez pas des anges ou des immortels. » Et il leur jura : « Je suis pour vous un conseiller sincère. » Il les fit donc descendre par tromperie. » Ceci montre clairement qu'il était avec eux dans leur Paradis. On leur a répondu qu'il n'est pas impossible qu'il les ait rencontrés dans le Paradis en y passant, sans y demeurer, et qu'il leur a suggéré alors qu'il se tenait à la porte du Paradis ou sous le ciel. Ces trois réponses sont sujettes à examen. Dieu sait mieux. Parmi les arguments des partisans de cette thèse, il y a ce qu'a rapporté 'Abd Allâh ibn al-Imâm Ahmad dans al-Ziyâdât d'après Hudba ibn Khâlid, d'après Hammâd ibn Salama, d'après Humayd, d'après al-Hasan al-Basrî, d'après Yahyâ ibn Damra al-Sa'dî, d'après Ubayy ibn Ka'b, qui a dit : « Quand Adam fut à l'agonie, il désira une grappe de raisin du Paradis. Ses fils partirent pour la lui chercher. Les anges les rencontrèrent et dirent : « Où allez-vous, fils d'Adam ? » Ils répondirent : « Notre père désire une grappe de raisin du Paradis. » Les anges leur dirent : « Retournez, on vous en a dispensés. » Ils arrivèrent auprès de lui, et ils recueillirent son âme, le lavèrent, l'embaumèrent, l'enveloppèrent, et Gabriel pria sur lui, suivi des anges, et l'ensevelirent, en disant : « Telle est votre tradition pour vos morts. » Le hadith viendra avec sa chaîne et son texte complet lors du récit de la mort d'Adam. Ils dirent : « Si l'accès au Paradis où se trouvait Adam et d'où il désirait la grappe n'avait pas été possible, ils ne seraient pas partis la chercher. Cela indique donc qu'il est sur terre, non dans le ciel. Dieu sait mieux. »
Ils dirent : L'argument selon lequel l'article défini (alif et lām) dans Sa parole : « Ô Adam, habite, toi et ton épouse, le Paradis » 37 n'est pas précédé d'une mention antérieure à laquelle il renvoie, donc il s'agit du connu mental 38, est valide. Mais il s'agit de ce que le contexte du discours indique : Adam a été créé de la terre et il n'est pas rapporté qu'il ait été élevé au ciel ; il a été créé pour être sur terre, et c'est ainsi que le Seigneur en informa les anges lorsqu'Il dit : « Je vais établir sur terre un vicaire » 39. Ils dirent : Ceci est comparable à Sa parole : « Nous les avons éprouvés comme Nous avons éprouvé les gens du jardin » 40 ; le lām n'est pas générique, il n'y a pas de mention antérieure explicite, mais il s'agit du connu mental que l'article défini indique par le contexte, à savoir le verger. Ils dirent : La mention de la descente (hubūṭ) n'implique pas une descente du ciel. Allah dit : « Il fut dit : Ô Noé, descends avec la paix de Notre part et des bénédictions sur toi et sur les communautés issues de ceux qui sont avec toi » 41. Or, il était dans l'arche 42 lorsque celle-ci se posa sur le Jūdī et que l'eau se retira de la surface de la terre ; il reçut l'ordre de descendre vers elle, lui et ceux qui étaient avec lui, avec bénédiction sur lui et sur eux. Allah dit aussi : « Descendez en une cité, vous y aurez ce que vous demandez » 43, et Il dit : « Il en est parmi elles qui descendent par crainte d'Allah » 44. Dans les hadiths et la langue, il y a beaucoup d'exemples de cela. Ils dirent : Rien n'empêche – et c'est même ce qui s'est produit – que le Paradis où Adam fut installé était élevé au-dessus 45 du reste des régions de la terre, avec des arbres, des fruits, des ombrages, des délices, de la fraîcheur et de la joie, comme Allah dit : « Tu n'y auras pas faim ni ne seras nu » 46, c'est-à-dire que ton intérieur ne sera pas humilié par la faim ni ton extérieur par la nudité ; « et tu n'y auras pas soif ni ne souffriras de la chaleur » 47, c'est-à-dire que ton intérieur ne sera pas touché par l'ardeur de la soif ni ton extérieur par la chaleur du soleil. C'est pourquoi Il a associé ceci à cela, et ceci à cela, en raison de l'harmonie entre eux. Lorsque ce qui devait arriver arriva, à savoir qu'il mangea de l'arbre qui lui était interdit, il fut descendu vers la terre de la misère, de la fatigue, de la peine, des soucis, de l'effort, de l'adversité, de l'épreuve, de l'examen, de la diversité des habitants en religion, mœurs, actions, intentions, volontés, paroles et actes, comme Allah dit : « Vous aurez sur terre un lieu d'établissement et une jouissance pour un temps » 48. Il n'en découle pas nécessairement qu'ils étaient au ciel, comme Il dit : « Et après cela, Nous dîmes aux Enfants d'Israël : Habitez la terre ; puis, lorsque viendra la promesse de l'au-delà, Nous vous amènerons en foule » 49, et il est connu qu'ils y étaient et n'étaient pas au ciel. Ils dirent : Cette parole n'est pas une conséquence de la parole de ceux qui nient l'existence actuelle du Paradis et de l'Enfer 50 ; il n'y a pas de lien nécessaire entre les deux. En effet, tous ceux qui rapportent cette parole parmi les prédécesseurs et la plupart des successeurs 51 sont de ceux qui affirment l'existence actuelle du Paradis et de l'Enfer, comme l'indiquent les versets et les hadiths authentiques. Et Allah, gloire à Lui, le Très-Haut, sait mieux ce qui est correct. * * * Sa parole : « Le Diable les fit glisser de là 52 », c'est-à-dire du Paradis, « et les fit sortir de ce où ils étaient » 53, c'est-à-dire des délices, de la fraîcheur et de la joie, vers la demeure de la fatigue, de la peine et de l'adversité, et cela par ce qu'il leur insinua et embellit dans leurs cœurs, comme Allah dit : « Le Diable leur suggéra afin de leur dévoiler ce qui leur était caché de leurs nudités, et il dit : Votre Seigneur ne vous a interdit cet arbre que pour que vous ne deveniez pas des anges ou des immortels » 54 – il dit : Il ne vous a interdit de manger de cet arbre que pour que vous ne deveniez pas des anges ou des immortels, c'est-à-dire que si vous en mangez, vous deviendrez ainsi. « Et il leur jura » 55, c'est-à-dire il jura pour eux cela : « Je suis pour vous un conseiller sincère » 56, comme Il dit dans un autre verset : « Le Diable lui suggéra, disant : Ô Adam, t'indiquerai-je l'arbre de l'éternité et un royaume qui ne périt pas ? » 57 : c'est-à-dire t'indiquerai-je l'arbre qui, si tu en manges, te fera obtenir l'éternité dans le délice où tu te trouves, et te fera persister dans un royaume qui ne s'évanouit ni ne s'achève ? Ceci est de la tromperie, du mensonge et une information contraire à la réalité. Ce qui est visé est que Sa parole « l'arbre de l'éternité » 58 est celui dont si tu manges, tu seras éternel. Il se peut que ce soit l'arbre dont l'imam Ahmad a dit : 'Abd ar-Rahman ibn Mahdi nous a raconté, Shu'ba nous a raconté, d'après Abu ad-Dahhak, j'ai entendu Abu Hurayra dire : Le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, a dit : « Il y a au Paradis un arbre sous l'ombre duquel un cavalier voyage pendant cent ans sans la traverser : c'est l'arbre de l'éternité. » De même, il a été rapporté par Ghandar et Hajjaj, d'après Shu'ba, et Abu Dawud at-Tayalisi l'a rapporté dans son Musnad d'après Shu'ba également. Ghandar dit : J'ai dit à Shu'ba : Est-ce l'arbre de l'éternité ? Il dit : Il n'y a pas « c'est » dans ce hadith. Il est exclusif à l'imam Ahmad. Sa parole : « Il les fit descendre par tromperie. Puis, quand ils eurent goûté de l'arbre, leurs nudités leur apparurent et ils se mirent à se couvrir avec des feuilles du Paradis » 59, comme Il dit dans Tā Hā : « Ils en mangèrent, alors leurs nudités leur apparurent et ils se mirent à se couvrir avec des feuilles du Paradis » 60. Ève avait mangé de l'arbre avant Adam, et c'est elle qui l'incita à en manger. Allah sait mieux. C'est à cela que se rapporte le hadith rapporté par al-Bukhārī : Bishr ibn Muhammad nous a raconté, 'Abdullah nous a raconté, Ma'mar nous a informé, d'après Hammām ibn Munabbih, d'après Abu Hurayra, d'après le Prophète, paix et bénédiction sur lui, un hadith similaire : « Sans les Enfants d'Israël, la viande n'aurait pas pourri ; et sans Ève, aucune femme n'aurait trahi son mari. » 61 Il est exclusif à cette voie, et les deux [al-Bukhārī et Muslim] l'ont rapporté dans les deux Sahīh d'après le hadith de 'Abd ar-Razzāq, d'après Ma'mar, d'après Hammām, d'après Abu Hurayra ; et Ahmad et Muslim l'ont rapporté d'après Hārūn ibn Ma'rūf, d'après Abu Wahb, d'après 'Amr ibn al-Hārith, d'après Abu Yūnus, d'après Abu Hurayra. Dans le livre de la Torah qui est entre les mains des gens du Livre 62, il est dit que celle qui incita Ève à manger de l'arbre fut le serpent, qui était de la plus belle et de la plus grande forme. Ève mangea sur sa parole et fit manger Adam, paix sur lui. Il n'y est pas fait mention d'Iblīs. Alors leurs yeux s'ouvrirent et ils surent qu'ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des ceintures. Il y est dit qu'ils étaient nus. De même, Wahb ibn Munabbih a dit : Leur vêtement était une lumière sur leurs parties intimes. Ce qui se trouve dans cette Torah qui est entre leurs mains est une erreur de leur part, une falsification et une faute dans la traduction arabe. En effet, le transfert d'une langue à une autre n'est pas à la portée de tout le monde, surtout de ceux qui ne maîtrisent pas bien la langue arabe et ne connaissent pas parfaitement la compréhension de leur propre livre. C'est pourquoi il y a dans leur traduction arabe beaucoup d'erreurs de forme et de sens. Le noble Coran indique qu'ils avaient un vêtement dans Sa parole : « Il arrache leur vêtement pour leur montrer leurs nudités » 63. Ceci n'est pas contredit par d'autres paroles. Et Allah, le Très-Haut, sait mieux. Ibn Abī Hātim a dit : 'Alī ibn al-Hasan ibn Askāb nous a raconté, 'Alī ibn 'Āsim nous a raconté, d'après Sa'īd ibn Abī 'Arūba, d'après Qatāda, d'après al-Hasan, d'après Ubayy ibn Ka'b, qui a dit : Le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, a dit : « Allah créa Adam comme un homme de haute taille, avec beaucoup de cheveux sur la tête, semblable à un palmier élevé 64. Lorsqu'il goûta de l'arbre, son vêtement tomba ; la première chose qui apparut de lui fut sa nudité. Lorsqu'il regarda sa nudité, il se mit à courir dans le Paradis ; un arbre attrapa ses cheveux et il tira dessus. Alors le Tout-Miséricordieux, Puissant et Majestueux, l'appela : Ô Adam, fuis-tu de Moi ? Lorsqu'il entendit la parole du Tout-Miséricordieux, il dit : Ô Seigneur, non, mais par pudeur. » Et ath-Thawrī a dit, d'après Ibn Abī Laylā, d'après al-Minhāl ibn 'Amr, d'après Sa'īd ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbās : « Et ils se mirent à se couvrir avec des feuilles du Paradis » 65 : des feuilles de figuier.
Cette chaîne de transmission 66 est authentique jusqu'à lui, et il semble qu'elle soit tirée des Gens du Livre 67. Le sens apparent du verset implique quelque chose de plus général que cela, et même si on admet cette interprétation, cela ne nuit pas. Et Allah sait mieux. Le ḥāfiẓ 68 Ibn ʿAsākir a rapporté, d'après la voie de Muḥammad ibn Isḥāq, d'après al-Ḥasan ibn Dhakwān, d'après al-Ḥasan al-Baṣrī, d'après Ubayy ibn Kaʿb, que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Votre père Adam était comme un palmier élancé, de soixante coudées, abondamment poilu, cachant sa nudité. Lorsqu'il commit la faute au Paradis, sa nudité lui apparut, et il sortit du Paradis. Un arbre le rencontra et le saisit par le toupet 69. Son Seigneur l'appela : “Fuis-tu loin de Moi, ô Adam ?” Il dit : “Non, par pudeur envers Toi 70, ô mon Seigneur, à cause de ce que j'ai fait.” » Puis il le rapporta par la voie de Saʿīd ibn Abī ʿArūba, d'après Qatāda, d'après al-Ḥasan, d'après Yaḥyā ibn Ḍamra, d'après Ubayy ibn Kaʿb, d'après le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), quelque chose de similaire. Ceci est plus correct, car al-Ḥasan n'a pas rencontré Ubayy. Puis il le cita également par la voie de Khaythama ibn Sulaymān al-Aṭrābulusī, d'après Muḥammad ibn ʿAbd al-Wahhāb Abī Marṣāfa al-ʿAsqalānī, d'après Ādam ibn Abī Iyās, d'après Sinān, d'après Qatāda, d'après Anas, remontant au Prophète, quelque chose de similaire. « Et leur Seigneur les appela : “Ne vous avais-Je pas interdit cet arbre ? Et ne vous avais-Je pas dit que Satan est pour vous un ennemi déclaré ?” Ils dirent : “Notre Seigneur, nous avons fait du tort à nous-mêmes. Et si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serons très certainement du nombre des perdants.” » 71 Ceci est un aveu et un retour vers le repentir, une humilité, une soumission et une dépendance envers Lui – exalté soit-Il – à l'heure présente. Ce secret, dès qu'il pénètre en un descendant d'Adam, sa conséquence est bonne dans ce monde et dans l'autre. « Il dit : “Descendez, ennemis les uns des autres. Et vous aurez sur terre un lieu de séjour et une jouissance pour un temps.” » 72 Ceci est un discours adressé à Adam, Ève et Iblīs. On a dit que le serpent était avec eux. Ils reçurent l'ordre de descendre du Paradis en état d'inimitié et de guerre les uns contre les autres. On peut citer comme preuve de la mention du serpent avec eux ce qui est établi dans le hadith du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : il ordonna de tuer les serpents et dit : « Nous n'avons pas fait la paix avec elles depuis qu'elles nous ont combattus. » Et Sa parole dans la sourate Ṭā Hā : « Il dit : “Descendez tous deux 73 d'ici, ennemis les uns des autres” » 74 est un ordre pour Adam et Iblīs, et Adam entraîna Ève, et Iblīs entraîna le serpent. On a dit que c'est un ordre pour eux sous la forme du duel, comme dans Sa parole – exalté soit-Il : « Et David et Salomon, lorsqu'ils rendirent un jugement au sujet du champ, quand le petit bétail du peuple y avait paît la nuit. Et Nous étions témoins de leur jugement. » 75 [Le correct est que, comme le juge ne juge qu'entre deux parties, un plaignant et un défendeur, Il dit : « Et Nous étions témoins de leur jugement. »] Quant à la répétition de la descente dans la sourate al-Baqara, dans Sa parole : « Et Nous dîmes : “Descendez tous d'ici, ennemis les uns des autres. Et vous aurez sur terre un lieu de séjour et une jouissance pour un temps.” Puis Adam reçut de son Seigneur des paroles, et Il agréa son repentir, car c'est Lui l'Accueillant au repentir, le Miséricordieux. Nous dîmes : “Descendez tous d'ici. Puis, si jamais une guidance vous vient de Moi, alors ceux qui suivront Ma guidance n'auront rien à craindre et ne seront pas affligés. Et ceux qui mécroient et traitent de mensonge Nos signes, ceux-là sont les gens du Feu, où ils demeureront éternellement.” » 76 Certains exégètes ont dit : la première descente signifie la descente du Paradis vers le ciel le plus proche, et la seconde, du ciel le plus proche vers la terre. Ceci est faible, à cause de Sa parole dans la première : « Nous dîmes : “Descendez tous d'ici, ennemis les uns des autres. Et vous aurez sur terre un lieu de séjour et une jouissance pour un temps.” » Cela indique qu'ils furent descendus sur terre par la première descente. Et Allah sait mieux. Le correct est qu'Il l'a répété en termes, bien qu'il s'agisse d'une seule descente, et Il a attaché à chaque fois un jugement différent : Il attacha à la première leur inimitié mutuelle, et à la seconde la condition que quiconque suivrait Sa guidance qu'Il ferait descendre sur eux après cela serait heureux, et que quiconque s'y opposerait serait malheureux. Ce style de discours a des analogues dans le Coran. Le ḥāfiẓ Ibn ʿAsākir a rapporté d'après Mujāhid qu'il a dit : Allah ordonna à deux anges de faire sortir Adam et Ève de Son voisinage. Gabriel ôta la couronne de sa tête, et Michel enleva le diadème de son front. Une branche s'accrocha à lui, et Adam pensa qu'il avait été puni immédiatement. Il baissa la tête en disant : « Le pardon, le pardon ! » Alors Allah dit : « Fuis-tu loin de Moi ? » Il dit : « Non, par pudeur envers Toi, ô mon Maître ! » Al-Awzāʿī a rapporté d'après Ḥassān – c'est-à-dire Ibn ʿAṭiyya – qu'Adam demeura au Paradis cent ans – et dans une autre version, soixante ans – et pleura sur le Paradis soixante-dix ans, sur sa faute soixante-dix ans, et sur son fils lorsqu'il fut tué quarante ans. Rapporté par Ibn ʿAsākir. Ibn Abī Ḥātim a dit : Abū Zurʿa nous a raconté, ʿUthmān ibn Abī Shayba nous a raconté, Jarīr nous a raconté, d'après Saʿīd, d'après Ibn ʿAbbās, qu'il a dit : Adam – que la paix soit sur lui – fut descendu sur une terre appelée « Daḥnā », entre La Mecque et Ṭāʾif. D'après al-Ḥasan, il a dit : Adam fut descendu en Inde, Ève à Jeddah, Iblīs à Dashtumiyān 77, à quelques miles de Bassora, et le serpent fut descendu à Ispahan. Rapporté par Ibn Abī Ḥātim également. Al-Suddī a dit : Adam descendit en Inde, et avec lui descendirent la Pierre noire et une poignée de feuilles du Paradis. Il les répandit en Inde, et l'arbre du musc y poussa. D'après Ibn ʿUmar, il a dit : Adam descendit sur al-Ṣafā, et Ève sur al-Marwa. Rapporté par Ibn Abī Ḥātim également. ʿAbd al-Razzāq a dit : Maʿmar m'a rapporté, ʿAwf m'a rapporté, d'après Qasāma ibn Zuhayr, d'après Abū Mūsā al-Ashʿarī, qu'il a dit : Lorsqu'Allah fit descendre Adam du Paradis sur la terre, Il lui apprit la fabrication de toute chose, et le pourvut des fruits du Paradis. Ainsi, vos fruits d'aujourd'hui proviennent des fruits du Paradis, sauf que ceux-ci changent, tandis que ceux-là ne changent pas. Al-Ḥākim a dit dans son Mustadrak : Abū Bakr ibn Bālūya nous a informés, d'après Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Naḍr, d'après Muʿāwiya ibn ʿAmr, d'après Zāʾida, d'après ʿAmmār ibn Abī Muʿāwiya al-Bajalī, d'après Saʿīd ibn Jubayr, d'après Ibn ʿAbbās, qu'il a dit : Adam n'habita le Paradis que de la prière de l'après-midi au coucher du soleil. Puis il dit : Authentique selon les conditions des deux shaykhs 78, mais ils ne l'ont pas rapporté. Dans le Ṣaḥīḥ de Muslim, d'après le hadith d'al-Zuhrī, d'après al-Aʿraj, d'après Abū Hurayra, le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Le meilleur jour où le soleil s'est levé est le vendredi : en ce jour, Adam fut créé, en ce jour il entra au Paradis, et en ce jour il en sortit. » Et dans le Ṣaḥīḥ, par une autre voie : « Et en ce jour, l'Heure se lèvera. » Aḥmad a dit : Muḥammad ibn Muṣʿab nous a raconté, al-Awzāʿī nous a raconté, d'après Abū ʿAmmār, d'après ʿAbd Allāh ibn Farrūkh, d'après Abū Hurayra, d'après le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), qu'il a dit : « Le meilleur jour où le soleil s'est levé est le vendredi : en ce jour, Adam fut créé, en ce jour il entra au Paradis, en ce jour il en sortit, et en ce jour l'Heure se lèvera. » Selon les conditions de Muslim.
Quant au hadith rapporté par Ibn 'Asākir 79 via Abū al-Qāsim al-Baghawī 80 : Muḥammad ibn Ja'far al-Warkānī nous a raconté, Sa'īd ibn Maysara 81 nous a raconté, d'après Anas 82 qui a dit : Le Messager d'Allāh 83 — qu'Allāh prie sur lui et le salue 84 — a dit : « Adam et Ève descendirent nus tous deux, couverts de feuilles du Paradis. La chaleur les frappa, au point qu'Adam s'assit en pleurant et lui dit : 'Ô Ève, la chaleur m'a fait souffrir.' Alors Gabriel 85 vint à lui avec du coton, lui ordonna de filer et l'enseigna, et ordonna à Adam de tisser et lui apprit à tisser 86. » Et il dit : « Adam n'avait pas approché sa femme au Paradis, jusqu'à ce qu'il en descendît à cause de la faute qui les avait frappés 87 pour avoir mangé de l'arbre. » Il dit : « Chacun d'eux dormait séparément, l'un dormait dans la plaine et l'autre dans un autre endroit, jusqu'à ce que Gabriel vînt à lui et lui ordonnât d'aller vers sa femme. » Il dit : « Et il lui apprit comment l'approcher. Lorsqu'il l'eut approchée, Gabriel vint à lui et dit : 'Comment as-tu trouvé ta femme ?' Il dit : 'Vertueuse.' » Or ce hadith est étrange 88 et son élévation 89 est très répréhensible 90. Il pourrait provenir des paroles de certains prédécesseurs 91. Quant à Sa'īd ibn Maysara, c'est Abū 'Imrān al-Bakrī al-Baṣrī. Al-Bukhārī 92 a dit à son sujet : « Hadith répréhensible. » Ibn Ḥibbān 93 a dit : « Il rapporte des récits inventés. » Ibn 'Adī 94 a dit : « Son affaire est obscure. » * * * Quant à Sa parole : « Adam reçut de son Seigneur des paroles, et Il agréa son repentir. C'est Lui l'Accueillant au repentir, le Miséricordieux 95 », on a dit qu'il s'agit de sa parole : « Seigneur, nous avons fait du tort à nous-mêmes. Si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serons certes parmi les perdants 96. » Ceci a été rapporté de Mujāhid 97, Sa'īd ibn Jubayr 98, Abū al-'Āliya 99, al-Rabī' ibn Anas 100, al-Ḥasan 101, Qatāda 102, Muḥammad ibn Ka'b 103, Khālid ibn Ma'dān 104, 'Aṭā' al-Khurāsānī 105 et 'Abd al-Raḥmān ibn Zayd ibn Aslam 106. Ibn Abī Ḥātim 107 a dit : 'Alī ibn al-Ḥasan ibn Askāb nous a raconté, 'Alī ibn 'Āṣim nous a raconté, d'après Sa'īd ibn Abī 'Arūba 108, d'après Qatāda, d'après al-Ḥasan, d'après Ubayy ibn Ka'b 109, qui a dit : Le Messager d'Allāh — qu'Allāh prie sur lui et le salue — a dit : « Adam — sur lui la paix 110 — dit : 'Vois-Tu, ô Seigneur, si je me repens et reviens, me feras-Tu revenir au Paradis ?' Il dit : 'Oui.' » C'est là Sa parole : « Adam reçut de son Seigneur des paroles, et Il agréa son repentir. » Ceci est étrange de cette voie, et il y a une interruption 111. Ibn Abī Najīḥ 112 a dit, d'après Mujāhid : Les paroles sont : « Ô Allāh, nulle divinité 113 sinon Toi, gloire à Toi et louange à Toi. Seigneur, j'ai fait du tort à moi-même, pardonne-moi, car Tu es le Meilleur des miséricordieux. Ô Allāh, nulle divinité sinon Toi, gloire à Toi et louange à Toi. Seigneur, j'ai fait du tort à moi-même, agrée mon repentir, car Tu es l'Accueillant au repentir, le Miséricordieux. » Al-Ḥākim 114 a rapporté dans son Mustadrak 115 via Sa'īd ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbās 116 : « Adam reçut de son Seigneur des paroles, et Il agréa son repentir. » Il dit : Adam dit : « Ô Seigneur, ne m'as-Tu pas créé de Ta main ? » Il lui fut dit : « Oui. » « Et n'as-Tu pas insufflé en moi de Ton Esprit ? » Il lui fut dit : « Oui. » « Et n'ai-je pas éternué, et Tu as dit : 'Qu'Allāh te fasse miséricorde', et Ta miséricorde a précédé Ta colère ? » Il lui fut dit : « Oui. » « Et n'as-Tu pas écrit sur moi que je ferais cela ? » Il lui fut dit : « Oui. » Il dit : « Vois-Tu, si je me repens, me feras-Tu revenir au Paradis ? » Il dit : « Oui. » Puis al-Ḥākim dit : « Chaîne de transmission authentique 117, mais ils ne l'ont pas rapporté 118. » Al-Ḥākim, al-Bayhaqī 119 et Ibn 'Asākir ont également rapporté via 'Abd al-Raḥmān ibn Zayd ibn Aslam, d'après son père, d'après son grand-père, d'après 'Umar ibn al-Khaṭṭāb 120 qui a dit : Le Messager d'Allāh — qu'Allāh prie sur lui et le salue — a dit : « Lorsqu'Adam commit la faute, il dit : 'Ô Seigneur, je Te demande par le droit de Muḥammad 121 de me pardonner.' » Allāh dit : « Comment as-tu connu Muḥammad alors que Je ne l'ai pas encore créé ? » Il dit : « Ô Seigneur, parce que lorsque Tu m'as créé de Ta main et insufflé en moi de Ton Esprit, j'ai levé la tête et j'ai vu écrit sur les piliers du Trône 122 : 'Nulle divinité sinon Allāh, Muḥammad est le Messager d'Allāh.' J'ai donc su que Tu n'ajoutes à Ton Nom que la créature la plus aimée de Toi. » Allāh dit : « Tu as dit vrai, ô Adam. Il est certes la créature la plus aimée de Moi. Puisque tu M'as demandé par son droit, Je t'ai pardonné. Sans Muḥammad, Je ne t'aurais pas créé. » Al-Bayhaqī dit : « 'Abd al-Raḥmān ibn Zayd ibn Aslam est seul à le rapporter de cette voie, et il est faible 123. » Et Allāh sait mieux. Ce verset est comme Sa parole — qu'Il est Exalté 124 : « Adam désobéit à son Seigneur et s'égara. Puis son Seigneur l'élut, agréa son repentir et le guida 125. »
- khalīfa : Vicaire, lieutenant, successeur sur terre, chargé de la gérer selon les lois divines.
- al-asmā’ : Les noms de toutes choses, ou les noms des êtres et des attributs divins, selon les exégètes.
- sujūd : Prosternation d’hommage et de respect, non d’adoration, car celle-ci n’est due qu’à Allah.
- Iblīs : Nom du Diable, un djinn désobéissant, père des démons.
- ihbiṭū : Descendez ; ordre de quitter le Paradis pour la terre, marquant le début de la vie terrestre.
- kalimāt : Paroles d’invocation et de repentir qu’Adam reçut d’Allah pour se repentir.
- waswasa : Suggestion insidieuse, murmure diabolique qui pousse au péché.
- jānn : Les djinns, créatures invisibles créées de feu, dont Iblis fait partie.
- rūḥ : Esprit ; souffle de vie insufflé par Allah, conférant à l’homme une âme et une dignité spéciale.
- rajīm : Maudit, lapidé, chassé de la miséricorde divine.
- mukhlaṣīn : Les serviteurs sincères et élus, préservés de l’égarement par la grâce divine.
- dhikrī : Mon Rappel ; le Coran, la révélation, ou la remémoration d’Allah.
- al-mala’ al-a‘lā : La cohorte sublime ; les anges les plus élevés, ou l’assemblée céleste.
- Sourate Subhân : Sourate al-Isrâ', chapitre 17 du Coran, également appelée Subhân d'après son premier mot.
- Iblîs : Nom du Diable dans la tradition islamique, souvent identifié à Satan.
- Sourate al-Kahf : Sourate 18 du Coran, 'La Caverne'.
- djinns : Créatures invisibles créées de feu, dotées de libre arbitre, mentionnées dans le Coran.
- Sahîh Muslim : Recueil de hadiths authentiques compilé par l'imam Muslim.
- Al-Hasan al-Basrî : Célèbre savant et ascète musulman du premier siècle de l'Hégire.
- Shahr ibn Hawshab : Un des successeurs (tâbi'î) et transmetteur de hadiths.
- Sa'îd ibn al-Musayyab : Éminent savant et juriste de Médine parmi les successeurs.
- 'Azâzîl : Nom attribué à Iblîs avant sa chute, d'origine hébraïque ou araméenne.
- al-Hârith : Autre nom donné à Iblîs, signifiant 'le laboureur' ou 'le cultivateur'.
- Al-Naqqâsh : Exégète et savant musulman, auteur d'un commentaire coranique.
- Abû Kurdûs : Surnom (kunya) attribué à Iblîs, de signification incertaine.
- Sourate Sâd : Sourate 38 du Coran.
- Sourate al-A'râf : Sourate 7 du Coran, 'Les Murailles'.
- Imam Ahmad : Ahmad ibn Hanbal, fondateur de l'école hanbalite et compilateur du Musnad.
- Ibn Jarîr : Muhammad ibn Jarîr al-Tabarî, célèbre historien et exégète.
- Ishâq ibn Yasâr : Un des successeurs, connu pour ses récits sur les prophètes.
- Al-Suddî : Exégète et transmetteur de hadiths, connu pour ses commentaires coraniques.
- Muhammad ibn Ishâq : Célèbre historien et biographe du Prophète, auteur de la Sîra.
- les deux Sahîh : Les recueils de hadiths authentiques de Bukhârî et Muslim.
- الشَّجَرَة : L'arbre défendu, dont la nature précise n'est pas spécifiée dans le Coran ; les exégètes ont proposé diverses identifications (vigne, blé, palmier, figuier, etc.).
- جَنَّةُ الْمَأْوَى : Le Jardin du Refuge, nom du Paradis dans l'au-delà, demeure éternelle des croyants.
- الْقَدَرِيَّة : Les Qadarites, courant théologique affirmant le libre arbitre humain, opposé au prédestinatianisme.
- al-janna : Le Paradis, le Jardin d'Éden.
- al-ma'hūd adh-dhihnī : Le connu mental : notion désignant un référent connu par l'esprit plutôt que par une mention antérieure explicite.
- khalīfa : Vicaire, lieutenant, successeur sur terre.
- ashāb al-janna : Les gens du jardin : allusion à la parabole coranique des propriétaires d'un verger (Sourate 68).
- ihbiṭ : Descends, impératif du verbe habata, qui peut signifier descendre du ciel ou simplement descendre d'un lieu élevé.
- as-safīna : L'arche de Noé.
- ihbiṭū miṣran : Descendez en une cité (Égypte) : verset 2:61.
- yahbiṭu min khashyati llāh : Descend par crainte d'Allah : allusion à des montagnes ou rochers (Sourate 2:74).
- murtafi'a 'an : Élevée au-dessus, supérieure en altitude.
- lā tajū'u fīhā wa lā ta'rā : Tu n'y auras pas faim ni ne seras nu : verset 20:118.
- lā tazma'u fīhā wa lā taḍḥā : Tu n'y auras pas soif ni ne souffriras de la chaleur du soleil : verset 20:119.
- mustaqarrun wa matā'un ilā ḥīn : Un lieu d'établissement et une jouissance pour un temps : verset 2:36.
- uskunū l-arḍa : Habitez la terre : verset 17:104.
- al-janna wa n-nār : Le Paradis et l'Enfer, créés actuellement selon la croyance sunnite.
- as-salaf wa l-khalaf : Les prédécesseurs (premières générations) et les successeurs (générations suivantes).
- fa-azallahumā sh-shayṭānu 'anhā : Le Diable les fit glisser de là : verset 2:36.
- fa-akhrajahumā mimmā kānā fīhi : Et les fit sortir de ce où ils étaient : verset 2:36.
- mā nahākumā rabbukumā 'an hādhihi sh-shajarati illā an takūnā malakayni aw takūnā mina l-khālidīna : Votre Seigneur ne vous a interdit cet arbre que pour que vous ne deveniez pas des anges ou des immortels : verset 7:20.
- wa qāsamahumā : Et il leur jura : verset 7:21.
- innī lakumā la-mina n-nāṣiḥīna : Je suis pour vous un conseiller sincère : verset 7:21.
- shajarati l-khuldi wa mulkin lā yablā : L'arbre de l'éternité et un royaume qui ne périt pas : verset 20:120.
- shajarati l-khuld : L'arbre de l'éternité.
- fa-dallāhumā bi-ghurūrin : Il les fit descendre par tromperie : verset 7:22.
- fa-akalā minhā fa-badat lahumā saw'ātuhumā : Ils en mangèrent, alors leurs nudités leur apparurent : verset 20:121.
- lawlā ḥawwā'u lam takhun unthā zawjahā : Sans Ève, aucune femme n'aurait trahi son mari : hadith rapporté par al-Bukhārī.
- ahl al-kitāb : Gens du Livre : juifs et chrétiens.
- yanzi'u 'anhumā libāsahumā li-yuriyahumā saw'ātihimā : Il arrache leur vêtement pour leur montrer leurs nudités : verset 7:27.
- sahūq : Palmier élevé, très grand.
- wa ṭafiqā yakhṣifāni 'alayhimā min waraqi l-janna : Et ils se mirent à se couvrir avec des feuilles du Paradis : verset 7:22.
- isnād : Chaîne de transmission d'un hadith, liste des rapporteurs successifs.
- Ahl al-Kitāb : Les Gens du Livre, désignant généralement les juifs et les chrétiens.
- ḥāfiẓ : Titre honorifique donné à un spécialiste du hadith qui maîtrise un grand nombre de textes et de chaînes de transmission.
- nāṣiya : Le toupet, mèche de cheveux sur le front ; par extension, le devant de la tête.
- ḥayāʾ : Pudeur, honte, sentiment de retenue morale, souvent lié à la crainte révérencielle envers Dieu.
- Coran 7:22-23 : Référence aux versets coraniques cités.
- Coran 2:36 : Référence au verset coranique cité.
- ihbiṭā : Forme du duel impératif signifiant 'descendez tous deux'.
- Coran 20:123 : Référence au verset coranique cité.
- Coran 21:78 : Référence au verset coranique cité.
- Coran 2:36-39 : Référence aux versets coraniques cités.
- Dashtumiyān : Nom d'un lieu, probablement une localité près de Bassora en Irak.
- shaykhayn : Les deux shaykhs, désignant al-Bukhārī et Muslim, les deux plus célèbres compilateurs de hadiths authentiques.
- Ibn 'Asākir : Célèbre historien et traditionniste damascain (m. 571 H/1176 J.-C.), auteur de l'Histoire de Damas.
- Abū al-Qāsim al-Baghawī : Savant traditionniste du IIIe siècle de l'Hégire (m. 317 H/929 J.-C.), auteur du recueil de hadiths 'Mu'jam al-Ṣaḥāba'.
- Sa'īd ibn Maysara : Transmetteur jugé faible par les critiques de hadiths.
- Anas : Anas ibn Mālik, célèbre compagnon du Prophète et serviteur.
- Allāh : Nom de Dieu en arabe, désignant le Dieu unique en islam.
- qu'Allāh prie sur lui et le salue : Formule de bénédiction et de salutation sur le Prophète Muḥammad, traditionnellement récitée après mention de son nom.
- Gabriel : Ange Gabriel (Jibrīl en arabe), chargé de transmettre la révélation aux prophètes.
- tisser : Action de tisser, ici enseignée à Adam par Gabriel.
- la faute qui les avait frappés : Référence au péché d'Adam et Ève ayant mangé de l'arbre interdit au Paradis.
- étrange : Terme technique de critique de hadith (gharīb) désignant un hadith dont la chaîne de transmission comporte un transmetteur unique à un niveau donné.
- son élévation : Le fait que le hadith soit attribué au Prophète (marfū').
- répréhensible : Terme technique (munkar) désignant un hadith contredit par des sources plus fiables ou transmis par un transmetteur faible.
- prédécesseurs : Les pieux prédécesseurs (salaf), première génération de l'islam.
- Al-Bukhārī : Célèbre traditionniste (m. 256 H/870 J.-C.), auteur du recueil de hadiths authentiques 'Ṣaḥīḥ al-Bukhārī'.
- Ibn Ḥibbān : Savant traditionniste (m. 354 H/965 J.-C.), auteur du 'Ṣaḥīḥ Ibn Ḥibbān'.
- Ibn 'Adī : Critique de hadiths (m. 365 H/976 J.-C.), auteur du 'Kāmil fī Ḍu'afā' al-Rijāl'.
- Adam reçut de son Seigneur des paroles... : Coran, sourate al-Baqara (2:37).
- Seigneur, nous avons fait du tort... : Coran, sourate al-A'rāf (7:23).
- Mujāhid : Célèbre exégète et traditionniste (m. 104 H/722 J.-C.), disciple d'Ibn 'Abbās.
- Sa'īd ibn Jubayr : Savant et exégète (m. 95 H/714 J.-C.), connu pour sa piété.
- Abū al-'Āliya : Savant et exégète (m. 90 H/709 J.-C.), de la génération des successeurs.
- al-Rabī' ibn Anas : Savant et exégète (m. 139 H/756 J.-C.), connu pour ses commentaires coraniques.
- al-Ḥasan : Al-Ḥasan al-Baṣrī, célèbre savant et ascète (m. 110 H/728 J.-C.).
- Qatāda : Savant et exégète (m. 117 H/735 J.-C.), connu pour sa mémoire.
- Muḥammad ibn Ka'b : Savant et exégète (m. 108 H/726 J.-C.), connu pour ses récits bibliques.
- Khālid ibn Ma'dān : Savant et traditionniste (m. 104 H/722 J.-C.), connu pour sa piété.
- 'Aṭā' al-Khurāsānī : Savant et exégète (m. 135 H/752 J.-C.), originaire du Khorasan.
- 'Abd al-Raḥmān ibn Zayd ibn Aslam : Savant et traditionniste (m. 182 H/798 J.-C.), jugé faible par certains critiques.
- Ibn Abī Ḥātim : Célèbre critique de hadiths et exégète (m. 327 H/939 J.-C.), auteur du 'Tafsīr' et du 'Jarḥ wa al-Ta'dīl'.
- Sa'īd ibn Abī 'Arūba : Savant traditionniste (m. 156 H/773 J.-C.), connu pour sa mémoire.
- Ubayy ibn Ka'b : Compagnon du Prophète, célèbre récitateur du Coran.
- sur lui la paix : Formule de bénédiction sur les prophètes, traditionnellement récitée après mention de leur nom.
- interruption : Terme technique (inqiṭā') désignant une rupture dans la chaîne de transmission du hadith.
- Ibn Abī Najīḥ : Savant et traditionniste (m. 131 H/749 J.-C.), connu pour ses transmissions de Mujāhid.
- nulle divinité : Traduction de 'lā ilāha', signifiant 'aucune divinité digne d'adoration'.
- Al-Ḥākim : Al-Ḥākim al-Naysābūrī, célèbre traditionniste (m. 405 H/1014 J.-C.), auteur du 'Mustadrak'.
- Mustadrak : Ouvrage d'al-Ḥākim visant à compléter les recueils de hadiths authentiques de Bukhārī et Muslim.
- Ibn 'Abbās : Compagnon du Prophète, célèbre exégète du Coran (m. 68 H/687 J.-C.).
- chaîne de transmission authentique : Terme technique (ṣaḥīḥ al-isnād) indiquant que la chaîne de transmetteurs est fiable.
- ils ne l'ont pas rapporté : Référence au fait que Bukhārī et Muslim n'ont pas inclus ce hadith dans leurs recueils.
- al-Bayhaqī : Célèbre traditionniste et juriste (m. 458 H/1066 J.-C.), auteur de nombreux ouvrages.
- 'Umar ibn al-Khaṭṭāb : Deuxième calife de l'islam, compagnon du Prophète (m. 23 H/644 J.-C.).
- par le droit de Muḥammad : Expression signifiant 'par la considération de Muḥammad' ou 'par son mérite'.
- piliers du Trône : Référence aux supports du Trône divin ('Arsh), mentionnés dans certaines traditions.
- faible : Terme technique (ḍa'īf) désignant un hadith dont la chaîne de transmission ou le texte présente une faiblesse.
- qu'Il est Exalté : Formule de glorification de Dieu (ta'ālā).
- Adam désobéit... : Coran, sourate Ṭā Hā (20:121-122).
Il est rapporté l'argumentation entre Adam et Moïse, que la paix soit sur eux.
Mention de la dispute entre Adam et Moïse, sur eux la paix. Al-Bukhârî a dit : Quṭayba nous a raconté, Ayyûb ibn an-Najjâr nous a raconté, d'après Yaḥyâ ibn Abî Kathîr, d'après Abû Salama, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, qui a dit : « Moïse a disputé avec Adam, sur eux la paix, et lui a dit : "Tu es celui qui, par ton péché, a fait sortir les gens du Paradis et les a rendus malheureux." Adam dit : "Ô Moïse, tu es celui que Dieu a élu par Ses messages et par Sa parole. Me blâmes-tu pour une chose que Dieu a écrite sur moi avant qu'Il ne me crée, ou qu'Il a décrétée sur moi avant qu'Il ne me crée ?" Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : "Adam a donc eu le dessus sur Moïse." » Muslim l'a rapporté d'après 'Amr an-Nâqid, et an-Nasâ'î d'après Muḥammad ibn 'Abd Allâh ibn Yazîd, d'après Ayyûb ibn an-Najjâr. Abû Mas'ûd ad-Dimashqî a dit : Ils n'ont rapporté de lui dans les deux Ṣaḥîḥ que celui-ci. Aḥmad l'a rapporté d'après 'Abd ar-Razzâq, d'après Ma'mar, d'après Hammâm, d'après Abû Hurayra. Muslim l'a rapporté d'après Muḥammad ibn Râfi', d'après 'Abd ar-Razzâq. L'imam Aḥmad a dit : Abû Kâmil nous a raconté, Ibrâhîm nous a raconté, Abû Shihâb nous a raconté, d'après Ḥumayd ibn 'Abd ar-Raḥmân, d'après Abû Hurayra, qui a dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : « Adam et Moïse ont disputé. Moïse lui dit : "Tu es Adam que ton péché a fait sortir du Paradis ?" Adam lui dit : "Et toi, tu es Moïse que Dieu a élu par Ses messages et par Sa parole. Me blâmes-tu pour une chose qui a été décrétée sur moi avant que je sois créé ?" Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : "Adam a eu le dessus sur Moïse" deux fois. » Je dis : Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith d'après az-Zuhrî, d'après Ḥumayd ibn 'Abd ar-Raḥmân, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, de manière similaire. L'imam Aḥmad a dit : Mu'âwiya ibn 'Amr nous a raconté, Zâ'ida nous a raconté, d'après al-A'mash, d'après Abû Ṣâliḥ, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, qui a dit : « Adam et Moïse ont disputé. Moïse dit : "Ô Adam, tu es celui que Dieu a créé de Sa main, a insufflé en toi de Son esprit. Tu as égaré les gens et les as fait sortir du Paradis." Adam dit : "Et toi, Moïse, que Dieu a élu par Sa parole. Me blâmes-tu pour une action que j'ai faite, que Dieu a écrite sur moi avant qu'Il ne crée les cieux et la terre ?" Il dit : "Adam a eu le dessus sur Moïse." » At-Tirmidhî et an-Nasâ'î l'ont rapporté tous deux d'après Yaḥyâ ibn Ḥabîb ibn 'Adî, d'après Mu'ammar ibn Sulaymân, d'après son père, d'après al-A'mash. At-Tirmidhî a dit : Il est étrange 1 du hadith de Sulaymân at-Taymî d'après al-A'mash. Il a dit : Certains l'ont rapporté d'après al-A'mash, d'après Abû Ṣâliḥ, d'après Abû Sa'îd. Je dis : C'est ainsi que le ḥâfiẓ Abû Bakr al-Bazzâr l'a rapporté dans son Musnad, d'après Muḥammad ibn al-Muthannâ, d'après Mu'âdh ibn Asad, d'après al-Faḍl ibn Mûsâ, d'après al-A'mash, d'après Abû Ṣâliḥ, d'après Abû Sa'îd. Al-Bazzâr l'a aussi rapporté : 'Amr ibn 'Alî al-Fallâs nous a raconté, Abû Mu'âwiya nous a raconté, d'après al-A'mash, d'après Abû Ṣâliḥ, d'après Abû Hurayra ou Abû Sa'îd, d'après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, et il a mentionné quelque chose de similaire. Aḥmad a dit : Sufyân nous a raconté, d'après 'Amr, qui a entendu Ṭâwûs, qui a entendu Abû Hurayra dire : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : « Adam et Moïse ont disputé. Moïse dit : "Ô Adam, tu es notre père. Tu nous as déçus et tu nous as fait sortir du Paradis." Adam lui dit : "Ô Moïse, tu es celui que Dieu a élu par Sa parole" – et une fois il a dit : "par Son message" – "et a tracé pour toi de Sa main. Me blâmes-tu pour une chose que Dieu a décrétée sur moi avant qu'Il ne me crée de quarante ans ?" Il dit : "Adam a eu le dessus sur Moïse, Adam a eu le dessus sur Moïse, Adam a eu le dessus sur Moïse." » C'est ainsi qu'al-Bukhârî l'a rapporté d'après 'Alî ibn al-Madînî, d'après Sufyân, qui a dit : Nous l'avons retenu de 'Amr, d'après Ṭâwûs, qui a dit : J'ai entendu Abû Hurayra, d'après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, qui a dit : « Adam et Moïse ont disputé. Moïse dit : "Ô Adam, tu es notre père. Tu nous as déçus et tu nous as fait sortir du Paradis." Adam lui dit : "Ô Moïse, Dieu t'a élu par Sa parole et a tracé pour toi de Sa main. Me blâmes-tu pour une chose que Dieu a décrétée sur moi avant qu'Il ne me crée de quarante ans ?" Adam a eu le dessus sur Moïse, Adam a eu le dessus sur Moïse, Adam a eu le dessus sur Moïse." Ainsi trois fois. Sufyân a dit : Abû az-Zinâd nous a raconté, d'après al-A'raj, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, quelque chose de semblable. Le groupe [des traditionnistes] sauf Ibn Mâja l'a rapporté par dix voies, d'après Sufyân ibn 'Uyayna, d'après 'Amr ibn Dînâr, d'après 'Abd Allâh ibn Ṭâwûs, d'après son père, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, de manière similaire. Aḥmad a dit : 'Abd ar-Raḥmân nous a raconté, Ḥammâd nous a raconté, d'après 'Ammâr, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, qui a dit : « Adam a rencontré Moïse. Il dit : "Tu es Adam que Dieu a créé de Sa main, a fait prosterner devant toi Ses anges, t'a fait habiter le Paradis, puis tu as fait ce que tu as fait ?" Il dit : "Tu es Moïse à qui Dieu a parlé et qu'Il a élu par Son message, et à qui Il a fait descendre la Torah. Suis-je plus ancien ou le Rappel 2 ?" Il dit : "Plutôt le Rappel." Adam a donc eu le dessus sur Moïse." Aḥmad a dit : 'Affân nous a raconté, Ḥammâd nous a raconté, d'après 'Ammâr ibn Abî 'Ammâr, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, et Ḥumayd d'après al-Ḥasan, d'après un homme – Ḥammâd a dit : Je pense que c'est Jundub ibn 'Abd Allâh al-Bajalî – d'après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, qui a dit : « Adam a rencontré Moïse » et il a mentionné son sens. Aḥmad l'a rapporté exclusivement par cette voie. Aḥmad a dit : Ḥusayn nous a raconté, Jarîr – c'est-à-dire Ibn Ḥâzim – nous a raconté, d'après Muḥammad – c'est-à-dire Ibn Sîrîn – d'après Abû Hurayra, qui a dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : « Adam a rencontré Moïse. Il dit : "Tu es Adam que Dieu a créé de Sa main, t'a fait habiter Son Paradis, a fait prosterner devant toi Ses anges, puis tu as fait ce que tu as fait ?" Adam dit à Moïse : "Tu es celui à qui Dieu a parlé et à qui Il a fait descendre la Torah ?" Il dit : "Oui." Il dit : "La trouves-tu écrite sur moi avant que je sois créé ?" Il dit : "Oui." Il dit : "Adam a donc eu le dessus sur Moïse, Adam a eu le dessus sur Moïse." » C'est ainsi que Ḥammâd ibn Zayd l'a rapporté d'après Ayyûb et Hishâm, d'après Muḥammad ibn Sîrîn, d'après Abû Hurayra, en le remontant [au Prophète]. C'est ainsi que 'Alî ibn 'Âṣim l'a rapporté d'après Khâlid et Hishâm, d'après Muḥammad ibn Sîrîn. Ceci est conforme à leur condition [d'authenticité] par ces voies. Ibn Abî Ḥâtim a dit : Yûnus ibn 'Abd al-A'lâ nous a raconté, Ibn Wahb nous a informés, Anas ibn 'Iyâḍ m'a informé, d'après al-Ḥârith ibn Abî Diyâb, d'après Yazîd ibn Hurmuz, j'ai entendu Abû Hurayra dire : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : « Adam et Moïse ont disputé auprès de leur Seigneur, et Adam a eu le dessus sur Moïse. Moïse dit : "Tu es celui que Dieu a créé de Sa main, a insufflé en toi de Son esprit, a fait prosterner devant toi Ses anges, t'a fait habiter Son Paradis, puis tu as fait descendre les gens sur terre par ton péché ?" Adam dit : "Tu es Moïse que Dieu a élu par Son message et Sa parole, t'a donné les Tables 3 dans lesquelles se trouve l'explication de toute chose, et t'a rapproché comme confident. En combien de temps as-tu trouvé que Dieu a écrit la Torah ?" Moïse dit : "En quarante ans." Adam dit : "As-tu trouvé en elle : 'Adam désobéit à son Seigneur et s'égara' ?" Il dit : "Oui." Il dit : "Me blâmes-tu donc pour avoir fait une action que Dieu a écrite sur moi que je la fasse avant qu'Il ne me crée de quarante ans ?" Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : "Adam a eu le dessus sur Moïse." » Al-Ḥârith a dit : 'Abd ar-Raḥmân ibn Hurmuz m'a raconté cela, d'après Abû Hurayra, d'après le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue.
Muslim l'a rapporté d'après Isḥāq ibn Mūsā al-Anṣārī, d'après Anas ibn ʿIyāḍ, d'après al-Ḥārith ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn Abī Dhubāb, d'après Yazīd ibn Hurmuz et al-Aʿraj, tous deux d'après Abū Hurayra, d'après le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) un récit similaire. Aḥmad a dit : ʿAbd ar-Razzāq nous a raconté, Maʿmar nous a informés, d'après az-Zuhrī, d'après Abū Salama, d'après Abū Hurayra, qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : "Adam et Moïse se sont disputés. Moïse dit à Adam : 'Ô Adam, tu es celui qui a fait entrer ta descendance dans le Feu.' Adam répondit : 'Ô Moïse, Allah t'a élu par Ses messages et par Sa parole, et t'a révélé la Torah. As-tu trouvé que j'allais être descendu ?' Il dit : 'Oui.' Adam dit : 'Alors Adam l'a emporté sur Moïse.'" Ceci est conforme aux conditions des deux 4, mais ils ne l'ont pas rapporté par cette voie. Et dans sa parole "tu as fait entrer ta descendance dans le Feu", il y a une anomalie. Voici les voies de ce hadith d'après Abū Hurayra : l'ont rapporté d'après lui Ḥumayd ibn ʿAbd ar-Raḥmān, Dhakwān Abū Ṣāliḥ as-Sammān, Ṭāwūs ibn Kaysān, ʿAbd ar-Raḥmān ibn Hurmuz al-Aʿraj, ʿAmmār ibn Abī ʿAmmār, Muḥammad ibn Sīrīn, Hammām ibn Munabbih, Yazīd ibn Hurmuz, et Abū Salama ibn ʿAbd ar-Raḥmān. * * * Le ḥāfiẓ 5 Abū Yaʿlā al-Mawṣilī l'a rapporté dans son Musnad d'après le hadith du Commandeur des croyants ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb (qu'Allah soit satisfait de lui), disant : al-Ḥārith ibn Miskīn al-Miṣrī nous a raconté, ʿAbd Allāh ibn Wahb nous a raconté, Hishām ibn Saʿd m'a informé, d'après Zayd ibn Aslam, d'après son père, d'après ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, d'après le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) qui a dit : "Moïse (sur lui la paix) dit : 'Seigneur, montre-nous Adam, celui qui nous a fait sortir, lui et nous-mêmes, du Paradis.' Alors Il lui montra Adam (sur lui la paix). Il dit : 'Es-tu Adam ?' Adam lui répondit : 'Oui.' Il dit : 'Es-tu celui en qui Allah a insufflé de Son Esprit, devant qui Il a fait prosterner Ses anges, et à qui Il a enseigné tous les noms ?' Il dit : 'Oui.' Il dit : 'Qu'est-ce qui t'a poussé à nous faire sortir, toi et nous-mêmes, du Paradis ?' Adam lui dit : 'Qui es-tu ?' Il dit : 'Je suis Moïse.' Adam dit : 'Es-tu Moïse, fils de ʿImrān 6 ? Es-tu celui à qui Allah a parlé de derrière un voile, sans envoyer de messager parmi Ses créatures entre toi et Lui ?' Il dit : 'Oui.' Adam dit : 'Me blâmes-tu pour une chose que le décret d'Allah Puissant et Majestueux avait déjà décrétée auparavant ?!' Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : 'Adam l'a emporté sur Moïse, Adam l'a emporté sur Moïse.'" Abū Dāwūd l'a rapporté d'après Aḥmad ibn Ṣāliḥ al-Miṣrī, d'après Ibn Wahb, de même. Abū Yaʿlā a dit : Muḥammad ibn al-Muthannā nous a raconté, ʿAbd al-Malik ibn aṣ-Ṣabbāḥ al-Mismaʿī nous a raconté, ʿImrān nous a raconté, d'après ar-Rudaynī, d'après Abū Mijlaz, d'après Yaḥyā ibn Yaʿmur, d'après Ibn ʿUmar, d'après ʿUmar — Abū Muḥammad a dit : "Mon plus grand soupçon est qu'il l'a élevé [au Prophète]" — il a dit : "Adam et Moïse se sont rencontrés. Moïse dit à Adam : 'Tu es le père de l'humanité ; Allah t'a installé dans Son Paradis et a fait prosterner Ses anges devant toi.' Adam dit : 'Ô Moïse, ne trouves-tu pas cela écrit contre moi ?' Il dit : 'Adam l'a emporté sur Moïse, Adam l'a emporté sur Moïse.'" Cette chaîne de transmission est également acceptable. Et Allah sait mieux. La transmission d'al-Faḍl ibn Mūsā pour ce hadith a déjà été mentionnée, d'après al-Aʿmash, d'après Abū Ṣāliḥ, d'après Abū Saʿīd, ainsi que la transmission de l'imam Aḥmad, d'après ʿAffān, d'après Ḥammād ibn Salama, d'après Ḥumayd, d'après al-Ḥasan, d'après un homme — Ḥammād a dit : "Je pense qu'il s'agit de Jundub ibn ʿAbd Allāh al-Bajalī" — d'après le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : "Adam a rencontré Moïse" et il a mentionné le sens. * * * Les gens ont divergé dans leurs approches de ce hadith. Un groupe de Qadarites 7 l'a rejeté en raison de ce qu'il implique quant à l'affirmation du décret antérieur. Un groupe de Jabrites 8 l'a utilisé comme argument, et il leur paraît évident à première vue, lorsqu'il dit : "Adam l'a emporté sur Moïse", car il a argumenté contre lui par l'antériorité de l'écrit. La réponse à cela viendra. D'autres ont dit : Il l'a emporté sur lui seulement parce que Moïse le blâmait pour un péché dont il s'était repenti, et celui qui se repent d'un péché est comme celui qui n'a pas de péché. On a dit : Il l'a emporté sur lui seulement parce qu'il est plus âgé et plus ancien. On a dit : Parce qu'il est son père. On a dit : Parce qu'ils étaient sous deux lois différentes. On a dit : Parce qu'ils étaient dans le Barzakh 9 et que l'obligation religieuse avait cessé, selon ce qu'ils prétendent. La vérité est que ce hadith a été rapporté sous de nombreuses formes, dont certaines sont rapportées par le sens, et cela mérite examen. La plupart de ces formes, dans les deux Ṣaḥīḥ 10 et ailleurs, tournent autour du fait que Moïse blâmait Adam pour avoir fait sortir lui-même et sa descendance du Paradis. Adam lui dit : "Je ne vous ai pas fait sortir ; Celui qui a fait sortir est Celui qui a ordonné la sortie en conséquence de mon fait de manger de l'arbre. Et Celui qui a ordonné cela, l'a décrété et l'a écrit avant que je sois créé, c'est Allah Puissant et Majestueux. Tu me blâmes donc pour une chose qui n'a de rapport avec moi que le fait que j'ai été interdit de manger de l'arbre et que j'en ai mangé. Quant au fait que la sortie en soit la conséquence, cela ne relève pas de mon acte. Je ne vous ai donc pas fait sortir, ni moi-même, du Paradis ; cela relève du décret et de l'action d'Allah, et la sagesse en cela Lui appartient." C'est pourquoi Adam l'a emporté sur Moïse. Quiconque rejette ce hadith est un obstiné, car il est mutawātir 11 d'après Abū Hurayra (qu'Allah soit satisfait de lui), et il suffit de mentionner son intégrité, sa mémoire et sa précision. Ensuite, il est rapporté d'autres Compagnons, comme nous l'avons mentionné. Quant à celui qui l'interprète par les interprétations mentionnées plus haut, cela est éloigné du texte et du sens. Parmi eux, aucun n'a une approche plus forte que celle des Jabrites. Ce qu'ils ont dit est sujet à discussion sous plusieurs aspects : Premièrement : Moïse (sur lui la paix) ne blâme pas pour une chose dont son auteur s'est repenti. Deuxièmement : Il a tué une âme sans en avoir reçu l'ordre, et il a demandé pardon à Allah à ce sujet en disant : "Seigneur, j'ai fait du tort à moi-même, pardonne-moi", et Il lui a pardonné 12. Troisièmement : Si la réponse au blâme pour un péché était le décret antérieur écrit sur le serviteur, cela ouvrirait la porte à quiconque est blâmé pour une chose qu'il a faite, de se prévaloir du décret antérieur, et ainsi la porte du talion et des peines légales serait fermée. Si le décret était un argument, tout le monde l'utiliserait pour les choses qu'il commet, grandes ou petites, ce qui mènerait à des conséquences terribles. C'est pourquoi certains savants ont dit que la réponse d'Adam était une argumentation par le décret concernant le malheur, non le péché. Et Allah Très-Haut sait mieux.
- gharīb : Terme technique de la science du hadith désignant un hadith dont la chaîne de transmission comporte un transmetteur unique à un certain niveau.
- adh-dhikr : Le Rappel ; désigne ici le Livre éternel (la Table préservée) ou la connaissance divine préexistante.
- al-alwāḥ : Les Tables ; fait référence aux Tables de la Loi (la Torah) données à Moïse.
- sharṭuhumā : Les conditions des deux cheikhs (al-Bukhārī et Muslim) pour l'authenticité des hadiths.
- ḥāfiẓ : Titre honorifique désignant un spécialiste du hadith ayant une grande mémoire et une connaissance approfondie.
- ʿImrān : Nom du père de Moïse, Aaron et Marie (selon la tradition islamique).
- Qadarites : Secte théologique qui affirme le libre arbitre humain et nie la prédestination absolue.
- Jabrites : Secte théologique qui affirme la prédestination absolue et nie le libre arbitre humain.
- Barzakh : État intermédiaire entre la mort et la Résurrection, où les âmes attendent le Jugement.
- Ṣaḥīḥ : Recueils de hadiths authentiques, notamment ceux d'al-Bukhārī et Muslim.
- mutawātir : Hadith rapporté par un nombre suffisant de chaînes de transmission à chaque niveau, rendant impossible une collusion pour mentir.
- Coran 28:16 : Référence au verset où Moïse demande pardon après avoir tué un Égyptien.
Il mentionne les hadiths rapportés concernant la création d'Adam, paix sur lui.
Rapport des hadiths relatifs à la création d'Adam, sur lui la paix. L'imam Ahmad a dit : Yahyâ et Muhammad ibn Ja‘far nous ont raconté, ‘Awf nous a raconté, Qasâma ibn Zuhayr nous a raconté, d'après Abû Mûsâ, d'après le Prophète, sur lui la prière et la paix, qui a dit : « Certes, Allah a créé Adam d'une poignée qu'Il a prise de toute la terre ; les fils d'Adam sont donc venus à la mesure de la terre : il en est venu le blanc, le rouge, le noir et entre cela, le mauvais et le bon, le facile et le difficile et entre cela. » Il l'a également rapporté d'après Hawdha, d'après ‘Awf, d'après Qasâma ibn Zuhayr : j'ai entendu al-Ash‘arî dire : le Messager d'Allah, sur lui la prière et la paix, a dit : « Certes, Allah a créé Adam d'une poignée qu'Il a prise de toute la terre ; les fils d'Adam sont donc venus à la mesure de la terre : il en est venu le blanc, le rouge, le noir et entre cela, le facile et le difficile et entre cela, le mauvais et le bon et entre cela. » De même l'ont rapporté Abû Dâwûd, al-Tirmidhî et Ibn Hibbân dans son Sahîh, d'après le hadith de ‘Awf ibn Abî Jamîla al-A‘râbî, d'après Qasâma ibn Zuhayr al-Mâzinî al-Basrî, d'après Abû Mûsâ ‘Abd Allâh ibn Qays al-Ash‘arî, d'après le Prophète, sur lui la prière et la paix, quelque chose d'approchant. Al-Tirmidhî a dit : « Hasan 1 sahîh. » Al-Suddî a mentionné, d'après Abû Mâlik et Abû Sâlih, d'après Ibn ‘Abbâs, et d'après Murra, d'après Ibn Mas‘ûd, et d'après des gens parmi les Compagnons du Messager d'Allah, sur lui la prière et la paix, qui ont dit : « Allah, Puissant et Majestueux, envoya Jibrîl sur terre pour Lui apporter de l'argile de celle-ci. La terre dit : “Je cherche refuge auprès d'Allah contre toi, de peur que tu ne diminues de moi ou ne me déshonores.” Il revint sans avoir pris, et dit : “Seigneur, elle a cherché refuge auprès de Toi, et je l'ai protégée.” Il envoya Mîkâ‘îl ; elle chercha refuge auprès de lui, et il la protégea. Il revint et dit comme Jibrîl avait dit. Il envoya l'Ange de la mort ; elle chercha refuge auprès de lui. Il dit : “Et moi, je cherche refuge auprès d'Allah de revenir sans avoir exécuté Son ordre.” Il prit donc de la surface de la terre, et mélangea 2, et ne prit pas d'un seul endroit ; il prit de la terre blanche, rouge et noire. C'est pourquoi les fils d'Adam sont sortis différents. Il monta avec elle, puis mouilla la terre jusqu'à ce qu'elle devienne une argile gluante 3. Al-Lâzib : c'est celle qui colle les unes aux autres. Puis Il dit aux anges : “Je vais créer un être humain d'argile. Quand Je l'aurai façonné et insufflé en lui de Mon Esprit, prosternez-vous devant lui.” Allah le créa de Sa Main, afin qu'Iblîs ne s'enorgueillisse pas devant lui. Il le créa être humain, et il fut un corps d'argile pendant quarante ans, de la durée d'un vendredi. Les anges passaient près de lui et en étaient effrayés quand ils le voyaient ; le plus effrayé d'entre eux était Iblîs. Il passait près de lui, le frappait, et le corps résonnait comme résonne la poterie, produisant un tintement. C'est là ce que dit [le verset] : “D'une argile sonore comme la poterie” 4. Et il disait : “C'est pour une affaire que tu as été créé.” Il entra par sa bouche et sortit par son derrière, et dit aux anges : “Ne craignez pas celui-ci, car votre Seigneur est le Samad 5, et celui-ci est creux. Si je reçois pouvoir sur lui, je le détruirai.” Quand vint le moment où Allah, Puissant et Majestueux, voulut insuffler en lui l'esprit, Il dit aux anges : “Quand J'aurai insufflé en lui de Mon Esprit, prosternez-vous devant lui.” Lorsqu'Il insuffla en lui l'esprit, et que l'esprit entra dans sa tête, il éternua. Les anges dirent : “Dis : Louange à Allah.” Il dit : “Louange à Allah.” Allah lui dit : “Que ton Seigneur te fasse miséricorde.” Quand l'esprit entra dans ses yeux, il regarda les fruits du Paradis. Quand l'esprit entra dans son intérieur, il désira la nourriture ; il bondit, avant que l'esprit n'atteigne ses jambes, en hâte vers les fruits du Paradis. C'est là ce que dit Allah, Très-Haut : “L'homme a été créé de hâte” 6. Alors les anges se prosternèrent, tous ensemble, sauf Iblîs qui refusa d'être avec les prosternés. » Et il mentionna la suite de l'histoire. Une partie de ce contexte a un témoin dans les hadiths, bien qu'une grande partie en soit tirée des isrâ'îliyyât 7. L'imam Ahmad a dit : ‘Abd al-Samad nous a raconté, Hammâd nous a raconté, d'après Thâbit, d'après Anas, que le Prophète, sur lui la prière et la paix, a dit : « Quand Allah créa Adam, Il le laissa aussi longtemps qu'Il voulut le laisser. Iblîs se mit à tourner autour de lui. Quand il le vit creux, il sut que c'était une créature qui ne se maîtriserait pas. » Ibn Hibbân a dit dans son Sahîh : al-Husayn ibn Sufyân nous a raconté, Hudba ibn Khâlid nous a raconté, Hammâd ibn Salama nous a raconté, d'après Thâbit, d'après Anas ibn Mâlik, que le Messager d'Allah, sur lui la prière et la paix, a dit : « Quand l'esprit fut insufflé dans Adam et atteignit sa tête, il éternua et dit : “Louange à Allah, Seigneur des mondes.” Allah, Béni et Très-Haut, lui dit : “Qu'Allah te fasse miséricorde.” » Le hâfiz 8 Abû Bakr al-Bazzâr a dit : Yahyâ ibn Muhammad ibn al-Sakan nous a raconté, Habbân ibn Hilâl nous a raconté, Mubârak ibn Fadâla nous a raconté, d'après ‘Ubayd Allâh, d'après Habîb, d'après Hafs — c'est-à-dire Ibn ‘Âsim ibn ‘Ubayd Allâh ibn ‘Umar ibn al-Khattâb — d'après Abû Hurayra, remontant [au Prophète], qui a dit : « Quand Allah créa Adam, il éternua et dit : “Louange à Allah.” Son Seigneur lui dit : “Que ton Seigneur te fasse miséricorde, ô Adam.” » Cette chaîne de transmission n'est pas problématique, mais ils ne l'ont pas rapportée [dans les recueils canoniques]. ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz a dit : « Quand les anges reçurent l'ordre de se prosterner, le premier d'entre eux à se prosterner fut Isrâfîl. Allah lui donna que le Coran fût écrit sur son front. » Rapporté par Ibn ‘Asâkir. Le hâfiz Abû Ya‘lâ a dit : ‘Uqba ibn Mukram nous a raconté, ‘Amr ibn Muhammad nous a raconté, d'après Ismâ‘îl ibn Râfi‘, d'après al-Maqburî, d'après Abû Hurayra, que le Messager d'Allah, sur lui la prière et la paix, a dit : « Certes, Allah créa Adam de terre, puis le fit argile, puis le laissa. Quand il fut une boue noire et odorante 9, Allah le créa et le forma, puis le laissa. Quand il fut une argile sonore comme la poterie, Iblîs passait près de lui et disait : “Tu as été créé pour une chose grandiose.” Puis Allah insuffla en lui de Son Esprit. La première chose où l'esprit coula fut sa vue et ses narines. Il éternua, et Allah lui inspira la miséricorde. Allah dit : “Que ton Seigneur te fasse miséricorde.” Puis Allah dit : “Ô Adam, va vers ce groupe et dis-leur ceci, et regarde ce qu'ils répondent.” Il vint et les salua. Ils dirent : “Et sur toi la paix, la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions.” Il dit : “Ô Adam, ceci est ta salutation et la salutation de ta descendance.” Il dit : “Ô Seigneur, et quelle est ma descendance ?” Il dit : “Choisis de Mes deux Mains, ô Adam.” Il dit : “Je choisis la Droite de mon Seigneur — et les deux Mains de mon Seigneur sont droites.” Il étendit Sa paume, et voilà que ceux qui devaient exister de sa descendance étaient dans la paume du Tout-Miséricordieux. Il y avait des hommes dont les bouches étaient de lumière, et un homme dont la lumière émerveilla Adam. Il dit : “Ô Seigneur, qui est celui-ci ?” Il dit : “C'est ton fils Dâwûd.” Il dit : “Ô Seigneur, quel âge lui as-Tu fixé ?” Il dit : “Je lui ai fixé soixante ans.” Il dit : “Ô Seigneur, complète-le de ma vie jusqu'à ce que sa vie soit de cent ans.” Il fit cela, et en prit témoignage. Quand la vie d'Adam s'acheva, Allah envoya l'Ange de la mort. Adam dit : “Ne reste-t-il pas de ma vie quarante ans ?” L'ange lui dit : “Ne les as-tu pas donnés à ton fils Dâwûd ?” Il le nia, et sa descendance nia ; il oublia, et sa descendance oublia ! » Ce hadith a été rapporté par le hâfiz Abû Bakr al-Bazzâr, al-Tirmidhî et al-Nasâ'î dans “al-Yawm wa al-Layla”, d'après le hadith de Safwân ibn ‘Îsâ, d'après al-Hârith ibn ‘Abd al-Rahmân ibn Abî Dhubâb, d'après Sa‘îd al-Maqburî, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète, sur lui la prière et la paix. Al-Tirmidhî a dit : « Hadith 10 hasan gharîb 11 sous cet aspect. » Al-Nasâ'î a dit : « Ce hadith est munkar 12. » Muhammad ibn ‘Ajlân l'a rapporté d'après son père, d'après Abû Sa‘îd al-Maqburî 13, d'après ‘Abd Allâh ibn Salâm, [parole de lui] 14.
Al-Tirmidhī a dit : 'Abd ibn Ḥumayd nous a raconté, Abū Nu‘aym nous a raconté, Hishām ibn Sa‘d nous a raconté, d'après Zayd ibn Aslam, d'après Abū Ṣāliḥ, d'après Abū Hurayra, qui a dit : Le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, a dit : "Lorsqu'Allāh créa Adam, Il lui massa le dos, et il tomba de son dos chaque âme 15 qu'Il allait créer parmi sa descendance jusqu'au Jour de la Résurrection, et Il plaça entre les yeux de chaque être humain parmi eux une lueur 16 de lumière. Puis Il les présenta à Adam, qui dit : 'Ô Seigneur, qui sont ceux-ci ?' Il dit : 'Ceux-ci sont ta descendance.' Il vit alors un homme dont la lueur entre les yeux lui plut, et il dit : 'Ô Seigneur, qui est celui-ci ?' Il dit : 'C'est un homme des dernières nations parmi ta descendance, appelé David.' Il dit : 'Seigneur, quel âge lui as-Tu fixé ?' Il dit : 'Soixante ans.' Il dit : 'Ô Seigneur, ajoute à son âge quarante ans du mien.' Lorsque la vie d'Adam arriva à son terme, l'Ange de la mort vint à lui. Il dit : 'Ne reste-t-il pas de ma vie quarante ans ?' Il dit : 'Ne les as-tu pas donnés à ton fils David ?' Il dit : 'Alors il nia, et sa descendance nia ; Adam oublia, et sa descendance oublia ; Adam commit une erreur, et sa descendance commit une erreur." Puis al-Tirmidhī a dit : 'Ḥasan ṣaḥīḥ 17.' Et il a été rapporté par d'autres voies d'après Abū Hurayra, d'après le Prophète, qu'Allāh prie sur lui et le salue. Al-Ḥākim l'a rapporté dans son Mustadrak d'après le hadith d'Abū Nu‘aym al-Faḍl ibn Dukayn, et il a dit : 'Ṣaḥīḥ selon la condition de Muslim, mais ils ne l'ont pas rapporté.' Ibn Abī Ḥātim a rapporté d'après le hadith de ‘Abd al-Raḥmān ibn Zayd ibn Aslam, d'après son père, d'après ‘Aṭā’ ibn Yasār, d'après Abū Hurayra, remontant au Prophète, et il l'a mentionné, et il contient : 'Puis Il les présenta à Adam et dit : « Ô Adam, ceux-ci sont ta descendance. » Et parmi eux se trouvaient le lépreux, l'albinos, l'aveugle et toutes sortes de maladies. Adam dit : « Ô Seigneur, pourquoi as-Tu fait cela à ma descendance ? » Il dit : « Afin que tu remercies Ma grâce. »' Puis il mentionna l'histoire de David. Et elle viendra également d'après la transmission d'Ibn ‘Abbās. L'imam Aḥmad a dit dans son Musnad : Al-Haytham [ibn Khārija] nous a raconté, Abū al-Rabī‘ 18 nous a raconté, d'après Yūnus ibn Maysara, d'après Abū Idrīs, d'après Abū al-Dardā’, d'après le Prophète, qu'Allāh prie sur lui et le salue, qui a dit : 'Allāh créa Adam lorsqu'Il le créa, puis Il frappa son épaule droite et en fit sortir une descendance blanche comme des perles, et Il frappa son épaule gauche et en fit sortir une descendance noire comme des charbons 19. Il dit à ceux qui étaient à Sa droite : « Au Paradis, et Je ne Me soucie pas », et Il dit à ceux qui étaient à Son épaule gauche : « Au Feu, et Je ne Me soucie pas. »' Ibn Abī al-Dunyā a dit : Khalaf ibn Hishām nous a raconté, al-Ḥakam ibn Sinān nous a raconté, d'après Ḥawshab, d'après al-Ḥasan, qui a dit : 'Allāh créa Adam lorsqu'Il le créa, puis Il fit sortir les gens du Paradis de son côté droit, et Il fit sortir les gens du Feu de son côté gauche, et ils furent jetés sur la face de la terre : parmi eux l'aveugle, le sourd et l'éprouvé. Adam dit : « Ô Seigneur, n'as-Tu pas rendu mes enfants égaux ? » Il dit : « Ô Adam, J'ai voulu être remercié. »' Et c'est ainsi que ‘Abd al-Razzāq a rapporté d'après Ma‘mar, d'après Qatāda, d'après al-Ḥasan, quelque chose de similaire. Abū Ḥātim et Ibn Ḥibbān l'ont rapporté dans leur Ṣaḥīḥ : Muḥammad ibn Isḥāq ibn Khuzayma nous a raconté, Muḥammad ibn Bashshār nous a raconté, Ṣafwān ibn ‘Īsā nous a raconté, al-Ḥārith ibn ‘Abd al-Raḥmān ibn Abī Dhubāb nous a raconté, d'après Sa‘īd al-Maqburī, d'après Abū Hurayra, qui a dit : Le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, a dit : 'Lorsqu'Allāh créa Adam et insuffla en lui l'esprit, il éternua et dit : « Louange à Allāh. » Il loua donc Allāh par la permission d'Allāh. Son Seigneur lui dit : « Que ton Seigneur te fasse miséricorde, ô Adam. Va vers ces anges, vers un groupe d'entre eux assis, et salue-les. » Il dit : « Que la paix soit sur vous. » Ils dirent : « Et sur toi la paix et la miséricorde d'Allāh. » Puis il retourna vers son Seigneur, qui dit : « Ceci est ta salutation et la salutation de tes fils entre eux. » Et Allāh, Ses deux mains étant fermées, dit : « Choisis ce que tu veux. » Il dit : « Je choisis la droite de mon Seigneur, et les deux mains de mon Seigneur sont une droite bénie. » Puis Il les ouvrit, et voilà qu'en elles se trouvaient Adam et sa descendance. Il dit : « Ô Seigneur, qui sont ceux-ci ? » Il dit : « Ceux-ci sont ta descendance. » Et voilà que chaque être humain parmi eux avait sa durée de vie écrite entre ses yeux, et parmi eux se trouvait un homme, le plus lumineux d'entre eux – ou parmi les plus lumineux – pour qui n'était écrit que quarante ans. Il dit : « Ô Seigneur, qui est celui-ci ? » Il dit : « Ceci est ton fils David. » Et Allāh avait écrit sa durée de vie à quarante ans. Il dit : « Ô Seigneur, ajoute à sa durée de vie. » Il dit : « C'est ce qui lui a été écrit. » Il dit : « Alors je lui ai donné soixante ans de ma vie. » Il dit : « Toi et cela. Habite le Paradis. » Il habita donc le Paradis aussi longtemps qu'Allāh le voulut, puis il en descendit. Et Adam comptait pour lui-même. L'Ange de la mort vint à lui, et Adam lui dit : « Tu t'es pressé. Il m'a été écrit mille ans. » Il dit : « Oui, mais tu as donné à ton fils David soixante ans de cela. » Alors Adam nia, et sa descendance nia ; il oublia, et sa descendance oublia. C'est ce jour-là que furent ordonnés l'écrit et les témoins.' Ceci est son texte. Al-Bukhārī a dit : ‘Abd Allāh ibn Muḥammad nous a raconté, ‘Abd al-Razzāq nous a raconté, d'après Ma‘mar, d'après Hammām ibn Munabbih, d'après Abū Hurayra, d'après le Prophète, qu'Allāh prie sur lui et le salue, qui a dit : 'Allāh créa Adam, sa taille étant de soixante coudées. Puis Il dit : « Va et salue ces [personnes] 20 parmi les anges, et écoute ce qu'ils te répondent, car c'est ta salutation et la salutation de ta descendance. » Il dit : « Que la paix soit sur vous. » Ils dirent : « Que la paix soit sur toi et la miséricorde d'Allāh. » Ils ajoutèrent « et la miséricorde d'Allāh ». Ainsi, quiconque entre au Paradis aura la forme d'Adam. Et la création n'a cessé de diminuer jusqu'à maintenant.' C'est ainsi que l'ont rapporté al-Bukhārī dans le Livre de la Demande de permission 21, d'après Yaḥyā ibn Ja‘far, et Muslim, d'après Muḥammad ibn Rāfi‘, tous deux d'après ‘Abd al-Razzāq. L'imam Aḥmad a dit : Rawḥ nous a raconté, Ḥammād ibn Salama nous a raconté, d'après ‘Alī ibn Zayd, d'après Sa‘īd ibn al-Musayyab, d'après Abū Hurayra, que le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, a dit : 'La taille d'Adam était de soixante coudées sur sept coudées de largeur.' Aḥmad est le seul à l'avoir rapporté. L'imam Aḥmad a dit : ‘Affān nous a raconté, Ḥammād ibn Salama nous a raconté, d'après ‘Alī ibn Zayd, d'après Yūsuf ibn Mihrān, d'après Ibn ‘Abbās, qui a dit : Lorsque le verset de la dette 22 fut révélé, le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, dit : 'Le premier à avoir nié est Adam, le premier à avoir nié est Adam, le premier à avoir nié est Adam. Lorsqu'Allāh créa Adam, Il massa son dos et en fit sortir ce qu'Il allait créer jusqu'au Jour de la Résurrection. Il se mit à présenter sa descendance devant lui, et il vit parmi eux un homme qui rayonnait. Il dit : « Ô Seigneur, qui est celui-ci ? » Il dit : « Ceci est ton fils David. » Il dit : « Ô Seigneur, quel est son âge ? » Il dit : « Soixante ans. » Il dit : « Ô Seigneur, ajoute à son âge. » Il dit : « Non, à moins que tu n'ajoutes toi-même de ton âge. » Or l'âge d'Adam était de mille ans, et il lui ajouta quarante ans. Allāh écrivit cela comme un document et prit les anges comme témoins. Lorsque Adam fut à l'agonie, les anges vinrent pour le saisir. Il dit : « Il reste de ma vie quarante ans. » On lui dit : « Tu les as donnés à ton fils David. » Il dit : « Je ne l'ai pas fait. » Alors Allāh produisit le document et les anges témoignèrent contre lui.' Aḥmad a dit : Aswad ibn ‘Āmir nous a raconté, Ḥammād ibn Salama nous a raconté, d'après ‘Alī ibn Zayd, d'après Yūsuf ibn Mihrān, d'après Ibn ‘Abbās, qui a dit : Le Messager d'Allāh, qu'Allāh prie sur lui et le salue, a dit : 'Le premier à avoir nié est Adam.' Il le répéta trois fois. 'Lorsqu'Allāh, Puissant et Majestueux, le créa, Il massa son dos et fit sortir sa descendance, puis Il la lui présenta. Il vit parmi eux un homme qui rayonnait, et il dit : « Ô Seigneur, ajoute à son âge. » Il dit : « Non, à moins que tu n'ajoutes toi-même de ton âge. » Il lui ajouta donc quarante ans de sa vie. Allāh, Très-Haut, écrivit cela comme un document et prit les anges comme témoins. Lorsqu'Il voulut saisir son âme, il dit : « Il reste de mon terme quarante ans. » On lui dit : « Tu les as donnés à ton fils David. »'
Il dit : « Alors il nia. » Il dit : « Alors Allah fit sortir le Livre et établit la preuve contre lui, et Il compléta pour David cent ans, et Il compléta pour Adam sa vie à mille ans. » Ahmad et Ali ibn Zayd sont les seuls à rapporter ce hadith, et dans son hadith il y a un caractère blâmable. Al-Tabarani l'a rapporté d'après Ali ibn Abd al-Aziz, d'après Hajjaj ibn Minhal, d'après Hammad ibn Salama, d'après Ali ibn Zayd, d'après Yusuf ibn Mihran, d'après Ibn Abbas et d'autres, d'après al-Hasan qui a dit : « Lorsque le verset de la dette 23 fut révélé, le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) dit : “Le premier à avoir nié est Adam, trois fois.” » Et il le mentionna. L'imam Malik ibn Anas a dit dans son Muwatta' 24, d'après Zayd ibn Abi Unaysa, que Abd al-Hamid ibn Abd al-Rahman ibn Zayd ibn al-Khattab l'informa d'après Muslim ibn Yasar al-Juhani que Umar ibn al-Khattab fut interrogé au sujet de ce verset : « Et quand ton Seigneur tira des reins des fils d'Adam leur descendance et les fit témoigner contre eux-mêmes : “Ne suis-Je pas votre Seigneur ?” Ils dirent : “Mais si, nous en témoignons…” 25 » le verset. Alors Umar ibn al-Khattab dit : « J'ai entendu le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) interrogé à son sujet, et il dit : “Allah créa Adam (sur lui la paix), puis Il passa Sa main droite sur son dos et en fit sortir une descendance. Il dit : ‘J'ai créé ceux-ci pour le Paradis, et ils agiront par les œuvres des gens du Paradis.’ Puis Il passa Sa main sur son dos et en fit sortir une descendance. Il dit : ‘J'ai créé ceux-ci pour l'Enfer, et ils agiront par les œuvres des gens de l'Enfer.’” Un homme dit : “Ô Messager d'Allah, à quoi bon alors les œuvres ?” Le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) dit : “Quand Allah crée le serviteur pour le Paradis, Il l'emploie à faire les œuvres des gens du Paradis, jusqu'à ce qu'il meure en accomplissant une œuvre parmi les œuvres des gens du Paradis, et par elle Il le fait entrer au Paradis. Et quand Allah crée le serviteur pour l'Enfer, Il l'emploie à faire les œuvres des gens de l'Enfer, jusqu'à ce qu'il meure en accomplissant une œuvre parmi les œuvres des gens de l'Enfer, et par elle Il le fait entrer en Enfer.” » C'est ainsi que l'ont rapporté l'imam Ahmad, Abu Dawud, al-Tirmidhi, al-Nasa'i, Ibn Jarir, Ibn Abi Hatim, et Abu Hatim ibn Hibban dans son Sahih 26, par plusieurs voies, d'après l'imam Malik. Al-Tirmidhi a dit : « Ce hadith est hasan 27, et Muslim ibn Yasar n'a pas entendu Umar. » C'est aussi ce qu'ont dit Abu Hatim et Abu Zur'a ; Abu Hatim a ajouté : « Entre eux deux se trouve Nu'aym ibn Rabi'a. » Abu Dawud l'a rapporté d'après Muhammad ibn Musaffa, d'après Baqiyya, d'après Umar ibn Juth'um, d'après Zayd ibn Abi Unaysa, d'après Abd al-Hamid ibn Abd al-Rahman ibn Zayd ibn al-Khattab, d'après Muslim ibn Yasar, d'après Nu'aym ibn Rabi'a, qui a dit : « J'étais auprès de Umar ibn al-Khattab lorsqu'il fut interrogé au sujet de ce verset, et il mentionna le hadith. » Al-Hafiz al-Daraqutni a dit : « Umar ibn Juth'um a été suivi par Abu Farwa Yazid ibn Sinan al-Rahawi, d'après Zayd ibn Abi Unaysa. » Il a dit : « Leur dire est plus juste que celui de Malik (qu'Allah lui fasse miséricorde). » Tous ces hadiths indiquent qu'Allah (exalté soit-Il) a extrait la descendance d'Adam de son dos comme des atomes, et les a divisés en deux groupes : les gens de la droite et les gens de la gauche, et Il a dit : « Ceux-ci sont pour le Paradis, et Je ne m'en soucie pas ; ceux-ci sont pour l'Enfer, et Je ne m'en soucie pas. » Quant au fait de les faire témoigner et de les faire parler pour qu'ils reconnaissent l'Unicité, cela n'apparaît pas dans les hadiths établis. L'interprétation du verset qui se trouve dans la sourate al-A'raf 28 et son application à cela sont sujettes à discussion, comme nous l'avons expliqué ailleurs, et nous avons mentionné les hadiths et les traditions de manière exhaustive avec leurs chaînes de transmission et les textes de leurs contenus. Que celui qui veut en avoir une version définitive s'y réfère. Et Allah sait mieux. * * * Quant au hadith rapporté par Ahmad : « Husayn ibn Muhammad nous a raconté, Jarir – c'est-à-dire ibn Hazim – nous a raconté d'après Kulthum ibn Jabr, d'après Sa'id ibn Jubayr, d'après Ibn Abbas, d'après le Prophète (paix et salut sur lui) qui a dit : “Allah prit l'engagement de la descendance d'Adam (sur lui la paix) à Na'man 29, le jour de Arafa. Il fit sortir de ses reins toute la descendance qu'Il avait créée, la répandit devant Lui, puis leur parla face à face : ‘Ne suis-Je pas votre Seigneur ?’ Ils dirent : ‘Mais si, nous en témoignons, afin que vous ne disiez pas au Jour de la Résurrection : “Nous étions inattentifs à cela.” Ou que vous ne disiez : “Nos ancêtres étaient polythéistes avant nous, et nous sommes une descendance après eux. Vas-Tu nous faire périr pour ce qu'ont fait les imposteurs ?”’” » Ce hadith a une chaîne de transmission bonne et forte selon les critères de Muslim. Il a été rapporté par al-Nasa'i, Ibn Jarir et al-Hakim dans son Mustadrak 30 d'après le hadith de Husayn ibn Muhammad al-Marwazi. Al-Hakim a dit : « Sa chaîne de transmission est sahih 31, mais ils ne l'ont pas rapporté. » Cependant, il y a divergence à son sujet concernant Kulthum ibn Jabr : il a été rapporté de lui de manière marfu' 32 et mawquf 33. De même, il a été rapporté de Sa'id ibn Jubayr d'après Ibn Abbas de manière mawquf. C'est ainsi que l'ont rapporté al-Awfi, al-Walibi, al-Dahhak et Abu Jamra, d'après Ibn Abbas comme étant sa parole. Et ceci est plus fréquent et plus établi. Et Allah sait mieux. De même, il a été rapporté d'Abd Allah ibn Umar de manière mawquf et marfu', et le mawquf est plus authentique. * * * Ceux qui soutiennent cette opinion – à savoir la prise de l'engagement sur la descendance, et ils sont la majorité – s'appuient sur ce qu'a dit l'imam Ahmad : « Hajjaj nous a raconté, Shu'ba m'a raconté d'après Abu Imran al-Jawni, d'après Anas ibn Malik, d'après le Prophète (paix et salut sur lui) qui a dit : “Il sera dit à l'homme parmi les gens de l'Enfer au Jour de la Résurrection : ‘Si tu avais tout ce qui est sur terre, le donnerais-tu en rançon ?’ Il dira : ‘Oui.’ Alors il sera dit : ‘J'ai voulu de toi quelque chose de plus facile que cela : J'ai pris sur toi un engagement dans le dos d'Adam de ne rien associer à Moi, mais tu as refusé et tu as associé.’” » Les deux 34 l'ont rapporté d'après le hadith de Shu'ba. Abu Ja'far al-Razi a dit, d'après al-Rabi' ibn Anas, d'après Abu al-Aliya, d'après Ubayy ibn Ka'b, au sujet de la parole d'Allah (exalté soit-Il) : « Et quand ton Seigneur tira des reins des fils d'Adam leur descendance… » le verset et celui qui le suit. Il dit : « Il les rassembla tous pour Lui ce jour-là, tout ce qui devait exister de lui jusqu'au Jour de la Résurrection. Il les créa, puis les forma, puis leur parla et ils parlèrent, et Il prit d'eux l'engagement et le pacte, et les fit témoigner contre eux-mêmes : “Ne suis-Je pas votre Seigneur ?” Ils dirent : “Mais si…” le verset. Il dit : “Je prends à témoin contre vous les sept cieux et les sept terres, et Je prends à témoin contre vous votre père Adam, afin que vous ne disiez pas au Jour de la Résurrection : ‘Nous n'en savions rien.’ Sachez qu'il n'y a de dieu que Moi, et pas de seigneur autre que Moi. Ne M'associez rien. Et J'enverrai vers vous des messagers pour vous rappeler Mon engagement et Mon pacte, et Je ferai descendre sur vous Mon Livre.” Ils dirent : “Nous témoignons que Tu es notre Seigneur et notre Dieu ; nous n'avons pas d'autre seigneur que Toi, et pas d'autre dieu que Toi.” Ils reconnurent donc ce jour-là l'obéissance. Et Il éleva leur père Adam, qui les regarda. Il vit parmi eux le riche et le pauvre, le beau et le moins beau. Il dit : “Ô Seigneur, si Tu égalais Tes serviteurs ?” Il dit : “J'ai aimé être remercié.” Et il vit parmi eux les prophètes, semblables à des lampes, la lumière sur eux, et ils furent distingués par un autre pacte de mission et de prophétie. C'est ce que dit Allah (exalté soit-Il) : “Et quand Nous prîmes des prophètes leur engagement, et de toi, de Noé, d'Abraham, de Moïse et de Jésus fils de Marie. Et Nous prîmes d'eux un engagement solennel 35.” Et c'est ce qu'Il dit : “Dirige donc ton visage vers la religion, en pur monothéiste, selon la nature primordiale 36 qu'Allah a donnée aux hommes en les créant. Il n'y a pas de changement dans la création d'Allah 37.” Et à ce sujet Il dit : “Ceci est un avertisseur parmi les premiers avertisseurs 38.” Et à ce sujet Il dit : “Et Nous n'avons trouvé chez la plupart d'entre eux aucune fidélité à l'engagement ; mais Nous avons trouvé la plupart d'entre eux pervers 39.” » Ceci a été rapporté par les imams : Abd Allah ibn Ahmad, Ibn Abi Hatim, Ibn Jarir et Ibn Mardawayh, dans leurs exégèses, par la voie d'Abu Ja'far. Et il a été rapporté de Mujahid, Ikrima, Sa'id ibn Jubayr, al-Hasan al-Basri, Qatada, al-Suddi, et plusieurs autres parmi les savants des prédécesseurs, avec des contextes qui concordent avec ces hadiths.
Il a été mentionné précédemment que lorsque Dieu Très-Haut ordonna aux anges de se prosterner devant Adam, ils obéirent tous à l'ordre divin, à l'exception d'Iblis qui refusa de se prosterner par envie et hostilité envers lui. Dieu le chassa donc, l'éloigna, le fit sortir de la Présence divine 40, l'exila, et le fit descendre sur terre, maudit, réprouvé, diable lapidé 41. L'imam Ahmad a rapporté : Waki', Ya'la et Muhammad, fils de 'Ubayd, nous ont raconté, disant : al-A'mash nous a raconté, d'après Abu Salih, d'après Abu Hurayra, qui a dit : le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : "Lorsque le fils d'Adam récite la prosternation 42 et se prosterne, le diable s'écarte en pleurant et dit : 'Malheur à moi ! Le fils d'Adam a reçu l'ordre de se prosterner et il s'est prosterné, donc le Paradis lui revient ; tandis que j'ai reçu l'ordre de me prosterner et j'ai désobéi, donc l'Enfer me revient.'" Muslim l'a rapporté d'après le hadith de Waki' et Abu Mu'awiya, d'après al-A'mash. Ensuite, lorsqu'Adam s'installa dans le Jardin 43 où il fut installé – que ce fût au ciel ou sur terre, selon la divergence déjà mentionnée – il y demeura avec son épouse Hawwa' 44, que la paix soit sur eux, mangeant de ses fruits abondamment où ils voulaient. Mais lorsqu'ils mangèrent de l'arbre qui leur avait été interdit, ils furent dépouillés de leur vêtement et descendirent sur terre. Nous avons déjà mentionné la divergence concernant les lieux de leur descente. Ils divergèrent aussi sur la durée de leur séjour dans le Jardin : certains dirent une partie d'un jour terrestre. Nous avons déjà rapporté ce que Muslim a rapporté d'après Abu Hurayra, remontant au Prophète : "Adam fut créé à la dernière heure des heures du vendredi." Et nous avons aussi rapporté son hadith selon lequel c'est ce jour-là – le vendredi – qu'Adam fut créé et qu'il en fut expulsé. Si le jour de sa création est celui de son expulsion – et si nous disons que les six jours sont comme ces jours-ci – alors il serait resté une partie d'un de ces jours. Mais cela demande réflexion. Si son expulsion eut lieu un autre jour que celui de sa création, ou si nous disons que ces jours équivalent à six mille ans, comme cela a été rapporté d'après Ibn 'Abbas, Mujahid et al-Dahhak, et choisi par Ibn Jarir, alors il serait resté là-bas une longue période. Ibn Jarir a dit : Il est connu qu'il fut créé à la dernière heure du vendredi, et cette heure équivaut à quatre-vingt-trois ans et quatre mois. Il resta façonné en argile avant que l'âme ne soit insufflée en lui pendant quarante ans, et il demeura dans le Jardin avant de descendre pendant quarante-trois ans et quatre mois. Dieu Très-Haut sait mieux. 'Abd al-Razzaq a rapporté, d'après Hisham b. Hassan, d'après Sawwar, le récit de 'Ata' b. Abi Rabah : lorsqu'il descendit, ses pieds étaient sur terre et sa tête dans le ciel, puis Dieu le réduisit à soixante coudées. Une chose similaire a été rapportée d'après Ibn 'Abbas. Mais cela demande réflexion, en raison du hadith dont l'authenticité est unanimement reconnue, d'après Abu Hurayra, que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : "Dieu créa Adam d'une hauteur de soixante coudées, et la création n'a cessé de diminuer jusqu'à aujourd'hui." Cela implique qu'il fut créé ainsi, pas plus grand que soixante coudées, et que sa descendance n'a cessé de diminuer en taille jusqu'à aujourd'hui. Ibn Jarir a mentionné d'après Ibn 'Abbas : Dieu dit : "Ô Adam, J'ai un sanctuaire 45 en face de Mon Trône. Va et bâtis-Moi une maison en ce lieu, et tourne autour comme Mes anges tournent autour de Mon Trône." Dieu envoya alors un ange qui lui montra l'endroit et lui enseigna les rites 46. Il est mentionné que chaque pas qu'Adam fit devint une offrande par la suite. D'après lui encore : La première nourriture qu'Adam mangea sur terre fut que Gabriel lui apporta sept grains de blé. Adam demanda : "Qu'est-ce que c'est ?" Gabriel répondit : "C'est de l'arbre qui t'a été interdit et dont tu as mangé." Adam dit : "Que dois-je en faire ?" Gabriel dit : "Sème-le dans la terre." Il le sema donc. Chaque grain pesait plus de cent mille [unités]. Il poussa, il le moissonna, le battit, le vanna, le moulut, le pétrit, le cuisit, puis le mangea après un grand effort, une fatigue et une peine. C'est le sens de la parole de Dieu Très-Haut : "Ne les fais pas sortir du Jardin, sinon tu seras malheureux." 47 Leur premier vêtement fut en laine de mouton : ils la tondirent, la filèrent, puis Adam tissa pour lui une tunique, et pour Hawwa' une robe et un voile. Ils divergèrent : eurent-ils des enfants dans le Jardin ? Certains dirent qu'ils n'eurent d'enfants que sur terre ; d'autres dirent qu'ils en eurent dans le Jardin, et que Caïn et sa sœur étaient parmi ceux qui y naquirent. Dieu sait mieux. Ils mentionnèrent qu'il lui naissait à chaque grossesse un garçon et une fille, et il lui fut ordonné de marier chaque fils avec la sœur de son frère 48 née avec lui, et l'autre avec l'autre sœur, et ainsi de suite. Il n'était pas permis à une sœur d'épouser son frère germain.
- ḥasan : Hadith jugé 'bon' dans la classification des hadiths, de qualité inférieure au sahîh (authentique) mais acceptable.
- khalata : Il mélangea les différentes terres prélevées.
- ṭīnan lāziban : Argile gluante ou collante, qui adhère à elle-même.
- min ṣalṣālin ka-l-fakhkhār : Référence au verset coranique 55:14 : 'Il a créé l'homme d'une argile sonore comme la poterie'.
- al-Ṣamad : Nom divin signifiant 'Le Seul à être imploré pour les besoins', 'L'Éternel', 'Celui qui n'a besoin de rien'.
- khuliqa l-insānu min ‘ajal : Référence au verset coranique 21:37 : 'L'homme a été créé de hâte'.
- isrā'īliyyāt : Récits issus de la tradition juive (Israélites) rapportés dans les sources islamiques, souvent non authentifiés par le Coran ou la Sunna.
- ḥāfiẓ : Titre honorifique désignant un spécialiste du hadith ayant une grande mémoire et une connaissance approfondie des chaînes de transmission.
- ḥama'an masnūnan : Boue noire et odorante, argile putride ; référence au verset coranique 15:26.
- ḥadīth : Mot arabe signifiant 'récit', 'parole' ; désigne les traditions rapportées du Prophète Muhammad.
- ḥasan gharīb : Hadith 'bon' mais 'étrange', c'est-à-dire dont la chaîne de transmission comporte un transmetteur unique à un certain niveau.
- munkar : Hadith 'réprouvé' ou 'dénigré', dont la chaîne ou le texte contient une anomalie ou un transmetteur faible.
- Abū Sa‘īd al-Maqburī : Il s'agit probablement de Sa‘īd al-Maqburī, mais le texte mentionne 'Abū Sa‘īd al-Maqburī' ; peut-être une erreur de copie.
- qawluhu : Indique que ce qui suit est une parole de ‘Abd Allâh ibn Salâm, non du Prophète.
- nasama : Âme, être vivant ; désigne ici toute âme humaine destinée à être créée.
- wabīṣ : Lueur, éclat lumineux ; signe distinctif placé entre les yeux.
- ḥasan ṣaḥīḥ : Terme technique de la science du hadith : 'bon et authentique', indiquant un degré de fiabilité élevé.
- Abū al-Rabī‘ : Surnom (kunya) d'un transmetteur ; son identité précise n'est pas donnée ici.
- ḥamam : Charbons ardents, cendres ; désigne ici une couleur noire intense.
- nafar : Groupe de personnes ; terme utilisé pour désigner un petit nombre d'individus.
- Kitāb al-Isti’dhān : Le Livre de la Demande de permission, chapitre du recueil de hadith d'al-Bukhārī.
- āyat al-dayn : Le verset de la dette (Coran 2:282), le plus long verset du Coran, traitant des transactions et des témoignages.
- āyat al-dayn : Le verset de la dette, c'est-à-dire le verset 282 de la sourate al-Baqara, qui traite des transactions à crédit.
- Muwaṭṭaʾ : Recueil de hadiths et de jurisprudence de l'imam Malik ibn Anas, l'une des premières compilations de hadiths.
- Sourate al-Aʿrāf, verset 172 : Le verset évoque le pacte primordial entre Dieu et l'humanité.
- Ṣaḥīḥ : Recueil de hadiths authentiques, ici celui d'Ibn Hibban.
- ḥasan : Hadith considéré comme bon, d'une authenticité moindre que le ṣaḥīḥ mais acceptable.
- Sourate al-Aʿrāf : La septième sourate du Coran, qui contient le verset 172 sur le pacte primordial.
- Naʿmān : Lieu situé près de Arafa, où le pacte aurait été pris selon ce hadith.
- Mustadrak : Ouvrage d'al-Hakim al-Naysaburi qui compile des hadiths répondant aux critères d'authenticité de Bukhari et Muslim mais non inclus par eux.
- ṣaḥīḥ : Hadith authentique, répondant aux critères de fiabilité les plus stricts.
- marfūʿ : Hadith remontant jusqu'au Prophète Muhammad.
- mawqūf : Hadith s'arrêtant à un Compagnon, sans remonter jusqu'au Prophète.
- al-šayḫān : Les deux imams, c'est-à-dire al-Bukhari et Muslim, auteurs des deux recueils de hadiths les plus authentiques.
- Sourate al-Aḥzāb, verset 7 : Verset mentionnant l'engagement solennel pris avec les prophètes.
- fiṭra : Nature primordiale, disposition innée de l'homme à reconnaître l'unicité de Dieu.
- Sourate al-Rūm, verset 30 : Verset qui ordonne de suivre la religion du monothéisme pur, conforme à la fiṭra.
- Sourate al-Najm, verset 56 : Verset indiquant que Muhammad est un avertisseur semblable aux premiers prophètes.
- Sourate al-Aʿrāf, verset 102 : Verset constatant que la plupart des hommes ne respectent pas leur engagement envers Dieu.
- al-ḥaḍra al-ilāhiyya : La Présence divine, le lieu de la proximité et de l'intimité avec Dieu.
- rajīm : Lapidé, maudit, chassé de la miséricorde divine.
- sajda : Prosternation, acte d'adoration consistant à poser le front sur le sol.
- al-janna : Le Jardin, désignant le Paradis ou le jardin d'Éden.
- Ḥawwā' : Ève, l'épouse d'Adam.
- ḥaram : Sanctuaire, lieu sacré et inviolable.
- manāsik : Rites du pèlerinage (ḥajj) ou actes cultuels.
- fa-tashqā : Tu seras malheureux, faisant référence à la peine et à la fatigue terrestres.
- ukht akhīhi : La sœur de son frère, c'est-à-dire la sœur jumelle née avec un autre frère.
Récit des deux fils d'Adam : Caïn et Abel [1]
Récit des deux fils d'Adam : Caïn et Abel Allah le Très-Haut a dit : « Raconte-leur en toute vérité l'histoire des deux fils d'Adam, lorsqu'ils offrirent un sacrifice 1 : il fut accepté de l'un d'eux, mais non de l'autre. Celui-ci dit : "Je te tuerai sûrement." L'autre répondit : "Allah n'accepte que de la part des pieux 2. Si tu étends ta main vers moi pour me tuer, je n'étendrai pas la mienne vers toi pour te tuer, car je crains Allah, Seigneur des mondes. Je veux que tu portes mon péché et ton péché, et que tu sois parmi les gens du Feu. Telle est la rétribution des injustes." Son âme l'incita à tuer son frère, il le tua et devint ainsi du nombre des perdants. Puis Allah envoya un corbeau qui gratta la terre pour lui montrer comment ensevelir le cadavre de son frère. Il dit : "Malheur à moi ! Suis-je incapable d'être comme ce corbeau et d'ensevelir le cadavre de mon frère ?" Et il devint du nombre des repentants 3. » Nous avons déjà commenté cette histoire dans la sourate al-Mâ'ida, dans l'exégèse, de manière suffisante. Louange à Allah. Je vais mentionner ici un résumé de ce qu'ont rapporté les imams des prédécesseurs 4 à ce sujet. As-Suddî a rapporté d'après Abû Mâlik et Abû Sâlih, d'après Ibn 'Abbâs, et d'après Murra, d'après Ibn Mas'ûd, et d'après plusieurs Compagnons, qu'Adam mariait le mâle de chaque ventrée avec la femelle de l'autre 5. Abel voulut épouser la sœur de Caïn, qui était plus âgé qu'Abel, tandis que la sœur d'Abel était plus belle. Caïn voulut donc la garder pour lui au détriment de son frère. Adam, sur lui la paix, lui ordonna de la lui donner en mariage, mais il refusa. Adam leur ordonna alors d'offrir un sacrifice, puis partit pour le pèlerinage à La Mecque. Il demanda aux cieux de veiller sur ses fils, mais ils refusèrent ; il demanda à la terre et aux montagnes, mais elles refusèrent. Caïn accepta alors cette charge. Lorsqu'Adam fut parti, ils offrirent leurs sacrifices : Abel offrit une brebis grasse (il était berger), et Caïn offrit une gerbe de ses plus mauvaises récoltes. Un feu descendit et consuma le sacrifice d'Abel, mais laissa celui de Caïn. Caïn se mit en colère et dit : "Je te tuerai pour que tu n'épouses pas ma sœur." Abel répondit : "Allah n'accepte que de la part des pieux." Ceci est également rapporté d'Ibn 'Abbâs par d'autres voies, ainsi que de 'Abd Allah ibn 'Amr. 'Abd Allah ibn 'Amr a dit : "Par Allah, la victime était le plus fort des deux, mais sa piété l'empêcha de porter la main sur son frère." Abû Ja'far al-Bâqir a mentionné qu'Adam était présent lorsqu'ils offrirent leurs sacrifices, et que le sacrifice d'Abel fut accepté, mais non celui de Caïn. Caïn dit alors à Adam : "Il n'a été accepté que parce que tu as prié pour lui et non pour moi." Et il menaça son frère en secret. Une nuit, Abel tarda à revenir du pâturage. Adam envoya Caïn pour voir ce qui le retenait. Lorsqu'il le trouva, il lui dit : "Ton sacrifice a été accepté, mais le mien ne l'a pas été." Abel répondit : "Allah n'accepte que de la part des pieux." Caïn se mit en colère et le frappa avec un morceau de fer qu'il avait, le tuant. On dit aussi qu'il le tua avec une pierre qu'il lui jeta sur la tête pendant qu'il dormait, l'écrasant. On dit encore qu'il l'étrangla violemment et le mordit comme le font les bêtes sauvages, jusqu'à ce qu'il meure. Allah sait mieux. Sa parole, lorsqu'il le menaça de mort : « Si tu étends ta main vers moi pour me tuer, je n'étendrai pas la mienne vers toi pour te tuer, car je crains Allah, Seigneur des mondes », montre un noble caractère, une crainte d'Allah le Très-Haut, une piété qui l'empêcha de répondre au mal par le mal. C'est pourquoi il est établi dans les deux Sahîh 6 que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Quand deux musulmans se font face avec leurs épées, le tueur et la victime sont tous deux en Enfer. » On dit : "Ô Messager d'Allah, voilà pour le tueur, mais qu'en est-il de la victime ?" Il répondit : « Il était désireux de tuer son compagnon. » Sa parole : « Je veux que tu portes mon péché et ton péché, et que tu sois parmi les gens du Feu. Telle est la rétribution des injustes » signifie : Je veux m'abstenir de te combattre, bien que je sois plus fort que toi, puisque tu as décidé ce que tu as décidé, afin que tu portes mon péché et ton péché, c'est-à-dire que tu assumes le péché de mon meurtre en plus de tes péchés antérieurs. C'est ce qu'ont dit Mujâhid, as-Suddî, Ibn Jarîr et d'autres. Il ne s'agit pas de dire que les péchés de la victime sont transférés au meurtrier par le seul fait de l'avoir tué, comme certains l'ont imaginé ; car Ibn Jarîr a rapporté le consensus sur le contraire. Quant au hadith que certains ignorants attribuent au Prophète (sur lui la paix et le salut) : « Le meurtrier n'a laissé aucun péché à la victime », il est sans fondement et n'est connu dans aucun livre de hadith avec une chaîne de transmission authentique, bonne ou même faible. Cependant, il peut arriver au Jour de la Résurrection que la victime réclame son dû au meurtrier, et que les bonnes actions du meurtrier ne suffisent pas à compenser cette injustice, de sorte que les mauvaises actions de la victime soient transférées au meurtrier, comme l'établit le hadith authentique concernant toutes les injustices. Le meurtre est l'une des plus graves. Allah sait mieux. Nous avons traité tout cela en détail dans l'exégèse. Louange à Allah. L'imam Ahmad, Abû Dâwud et at-Tirmidhî ont rapporté d'après Sa'd ibn Abî Waqqâs qu'il a dit, lors de la sédition de 'Uthmân ibn 'Affân : "J'atteste que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : 'Il y aura une sédition : celui qui reste assis est meilleur que celui qui est debout, celui qui est debout est meilleur que celui qui marche, et celui qui marche est meilleur que celui qui court.'" On dit : "Que penses-tu si quelqu'un entre chez moi et étend la main pour me tuer ?" Il répondit : « Sois comme le fils d'Adam. » Ibn Mardawayh l'a rapporté d'après Hudhayfa ibn al-Yamân comme un hadith élevé 7, avec les mots : « Sois comme le meilleur des deux fils d'Adam. » Muslim et les auteurs des Sunan 8 sauf an-Nasâ'î ont rapporté d'après Abû Dharr quelque chose de similaire. Quant à l'autre [fils], l'imam Ahmad a dit : Abû Mu'âwiya et Wakî' nous ont rapporté que al-A'mash a rapporté d'après 'Abd Allah ibn Murra, d'après Masrûq, d'après Ibn Mas'ûd, que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Aucune âme n'est tuée injustement sans qu'une part de son sang ne pèse sur le premier fils d'Adam, car il a été le premier à instaurer le meurtre. » Les auteurs des recueils 9 sauf Abû Dâwud l'ont rapporté d'après le hadith d'al-A'mash. De même, il est rapporté de 'Abd Allah ibn 'Amr ibn al-'Âs et d'Ibrâhîm an-Nakha'î qu'ils ont dit exactement la même chose. Au mont Qâsiyûn, au nord de Damas, se trouve une grotte appelée la grotte du sang, célèbre pour être l'endroit où Caïn tua son frère Abel. Cela provient des traditions des Gens du Livre ; Allah sait mieux si c'est authentique. Le hâfiz 10 Ibn 'Asâkir a mentionné, dans la notice biographique d'Ahmad ibn Kathîr (qu'il disait être un homme pieux), qu'il a vu le Prophète (sur lui la paix et le salut), Abû Bakr, 'Umar et Abel, et qu'il a fait jurer Abel que ce sang était le sien, et qu'il a juré. Il a mentionné qu'il a demandé à Allah le Très-Haut de faire de cet endroit un lieu où les invocations sont exaucées, et qu'Il l'a exaucé. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) l'a confirmé et a dit que lui, Abû Bakr et 'Umar visitent cet endroit chaque jeudi. Ceci est un songe ; même s'il était authentique d'Ahmad ibn Kathîr, il n'en découlerait aucune règle religieuse. Allah sait mieux. Sa parole : « Puis Allah envoya un corbeau qui gratta la terre pour lui montrer comment ensevelir le cadavre de son frère. Il dit : "Malheur à moi ! Suis-je incapable d'être comme ce corbeau et d'ensevelir le cadavre de mon frère ?" Et il devint du nombre des repentants. » Certains ont dit qu'après l'avoir tué, il le porta sur son dos pendant un an ; d'autres disent cent ans. Il resta ainsi jusqu'à ce qu'Allah envoie deux corbeaux...
Al-Suddî, d'après sa chaîne de transmission remontant aux Compagnons 11 : (Ils étaient) deux frères ; ils se battirent et l'un tua l'autre. Lorsqu'il l'eut tué, il se mit à creuser la terre pour lui, puis il le jeta, l'enterra et le recouvrit. Quand il vit cela, il dit : « Malheur à moi ! Suis-je incapable d'être comme ce corbeau, pour cacher la nudité 12 de mon frère ? » Il fit donc comme le corbeau, le recouvrit et l'enterra. Les historiens et les biographes mentionnent qu'Adam fut profondément affligé par la mort de son fils Abel, et qu'il composa à ce sujet des vers, selon ce qu'Ibn Jarîr rapporte d'Ibn Humayd : « Les contrées et ceux qui s'y trouvent ont changé, / La face de la terre est devenue sombre et laide. / Tout ce qui avait couleur et saveur s'est altéré, / Et la gaieté du visage agréable a diminué. » Adam reçut alors cette réponse : « Ô père de Caïn, tous deux ont été tués, / Et le vivant est devenu comme la bête égorgée. / Il est venu avec une bonne nouvelle 13 dont il avait peur, / Et il est venu en criant. » Ces vers sont sujets à caution. Il se peut qu'Adam, sur lui la paix, ait prononcé des paroles de lamentation dans sa langue, et que quelqu'un les ait ensuite adaptées en cette forme. Il y a plusieurs avis à ce sujet, et Dieu sait mieux. Mujâhid a rapporté que Caïn fut puni immédiatement le jour où il tua son frère : sa jambe fut attachée à sa cuisse, et son visage fut tourné vers le soleil, où qu'il aille, comme châtiment et punition immédiate pour son péché, son injustice et sa jalousie envers son frère germain 14. Il est rapporté dans un hadith du Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, qu'il a dit : « Il n'est pas de péché plus digne que Dieu en hâte la punition en ce bas monde, en plus de ce qu'Il réserve à son auteur dans l'au-delà, que l'injustice et la rupture des liens de parenté. » Ce que j'ai vu dans le livre que détiennent les gens du Livre, qu'ils prétendent être la Torah, c'est que Dieu, Puissant et Glorieux, lui accorda un délai et le laissa vivre. Il habita au pays de Nod 15, à l'est d'Éden, qu'ils appellent Qatnîn 16. Il lui naquit Hénoc 17 ; à Hénoc naquit Irad 18 ; à Irad naquit Mehujael 19 ; à Mehujael naquit Metushael 20 ; à Metushael naquit Lamech 21. Celui-ci épousa deux femmes : Ada et Tsilla 22. Ada enfanta un fils nommé Jabal 23 : il fut le premier à habiter sous des tentes et à posséder des troupeaux. Elle enfanta aussi Jubal 24 : il fut le premier à jouer de la harpe et du chalumeau 25. Tsilla enfanta un fils nommé Tubal-Caïn 26 : il fut le premier à travailler le cuivre et le fer ; et une fille nommée Naama 27. Il y est aussi mentionné qu'Adam s'approcha de sa femme, qui enfanta un garçon qu'elle nomma Seth 28, disant : « Parce qu'il m'a été donné comme descendance en place d'Abel, que Caïn a tué. » À Seth naquit Enosh 29. Ils disent : Adam avait cent trente ans lorsque Seth lui naquit ; il vécut ensuite huit cents ans. Seth avait cent cinq ans lorsque Enosh lui naquit ; il vécut ensuite huit cent sept ans. Il eut d'autres fils et filles qu'Enosh. À Enosh naquit Kénan 30 ; il avait quatre-vingt-dix ans, et vécut ensuite huit cent quinze ans ; il eut des fils et des filles. Lorsque Kénan eut soixante-dix ans, il lui naquit Mahalaleel 31 ; il vécut ensuite huit cent quarante ans ; il eut des fils et des filles. Lorsque Mahalaleel eut soixante-cinq ans, il lui naquit Jéred 32 ; il vécut ensuite huit cent trente ans ; il eut des fils et des filles. Lorsque Jéred eut cent soixante-deux ans, il lui naquit Hénoc ; il vécut ensuite huit cents ans ; il eut des fils et des filles. Lorsque Hénoc eut soixante-cinq ans, il lui naquit Metushael 33 ; il vécut ensuite huit cents ans ; il eut des fils et des filles. Lorsque Metushael eut cent quatre-vingt-sept ans, il lui naquit Lamech ; il vécut ensuite sept cent quatre-vingt-deux ans ; il eut des fils et des filles. Lorsque Lamech eut cent quatre-vingt-deux ans, il lui naquit Noé 34 ; il vécut ensuite cinq cent quatre-vingt-quinze ans ; il eut des fils et des filles. Lorsque Noé eut cinq cents ans, il lui naquit des fils : Sem, Cham et Japhet 35. Tel est le contenu explicite de leur livre. Le fait que ces chronologies soient conservées dans ce qui est descendu du ciel est sujet à caution, comme l'ont mentionné plusieurs savants qui les ont critiquées à cet égard. Il semble qu'elles y aient été insérées, rapportées par certains comme ajouts et interprétations. Elles contiennent de nombreuses erreurs, comme nous le mentionnerons dans les passages appropriés, si Dieu Très-Haut le veut. L'imam Abû Ja'far Ibn Jarîr a rapporté dans son Histoire, d'après certains, qu'Ève enfanta à Adam quarante enfants en vingt portées. Ibn Ishâq les a nommés. Dieu Très-Haut sait mieux. On a dit aussi cent vingt portées, chaque fois un garçon et une fille, le premier étant Caïn et sa sœur Qalîmâ 36, et le dernier 'Abd al-Mughîth et sa sœur Umm al-Mughîth. Ensuite, les gens se répandirent, se multiplièrent, s'étendirent sur la terre et crûrent, comme Dieu Très-Haut dit : « Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et a disséminé d'eux deux beaucoup d'hommes et de femmes... » 37 jusqu'à la fin du verset. Les historiens ont mentionné qu'Adam, sur lui la paix, ne mourut qu'après avoir vu de sa descendance, de ses enfants et petits-enfants, quatre cent mille âmes. Dieu sait mieux. Dieu Très-Haut dit : « C'est Lui qui vous a créés d'un seul être, et a tiré de lui son épouse, pour qu'il trouve auprès d'elle la sérénité. Lorsqu'il l'eut couverte, elle conçut une charge légère, et elle s'en acquitta. Puis, lorsqu'elle devint lourde, tous deux invoquèrent Dieu, leur Seigneur : "Si Tu nous donnes un (enfant) sain, nous serons certes du nombre des reconnaissants." Puis, lorsqu'Il leur eut donné un (enfant) sain, ils Lui attribuèrent des associés dans ce qu'Il leur avait donné. Mais Dieu est bien au-dessus de ce qu'ils Lui associent. » 38 jusqu'aux versets. Ceci est d'abord une mention d'Adam, puis une extension au genre, comme dans la parole de Dieu Très-Haut : « Nous avons certes créé l'homme d'un extrait d'argile, puis Nous en avons fait une goutte de sperme dans un réceptacle sûr... » 39 Et Dieu Très-Haut dit : « Nous avons certes paré le ciel le plus proche de lampes, et Nous en avons fait des projectiles contre les diables... » 40 Or il est connu que les projectiles contre les diables ne sont pas les lampes célestes elles-mêmes ; c'est une extension de leur individualité à leur genre. Quant au hadith rapporté par l'imam Ahmad : 'Abd al-Samad nous a raconté, 'Umar ibn Ibrâhîm nous a raconté, Qatâda nous a raconté d'après al-Hasan, d'après Samura, d'après le Prophète, que Dieu le bénisse et le salue, qui a dit : « Lorsqu'Ève enfanta, Iblîs 41 tourna autour d'elle – et aucun de ses enfants ne vivait – et dit : "Nomme-le 'Abd al-Hârith 42, car il vivra." Elle le nomma donc 'Abd al-Hârith, et il vécut. Cela venait de l'inspiration et de l'ordre du diable. » Ainsi l'ont rapporté al-Tirmidhî, Ibn Jarîr, Ibn Abî Hâtim et Ibn Mardawayh dans leurs exégèses à propos de ce verset. Al-Hâkim l'a également rapporté dans son Mustadrak, tous d'après le hadith de 'Abd al-Samad ibn 'Abd al-Wârith. Al-Hâkim a dit : « Sa chaîne de transmission est authentique, mais ils ne l'ont pas rapporté. » Al-Tirmidhî a dit : « Bon et étrange, nous ne le connaissons que par le hadith de 'Umar ibn Ibrâhîm. » Certains l'ont rapporté d'après 'Abd al-Samad sans le remonter jusqu'au Prophète. Ceci constitue un défaut rédhibitoire dans le hadith : il a été rapporté comme une parole du Compagnon, ce qui est plus vraisemblable. Il semble qu'il provienne des israélites 43. De même, il a été rapporté comme une parole d'Ibn 'Abbâs. Il semble que cela provienne de Ka'b al-Ahbâr et de ses semblables. Dieu sait mieux. Al-Hasan al-Basrî a interprété ces versets différemment. S'il avait connu ce hadith remontant au Prophète, il ne s'en serait pas écarté. Dieu sait mieux. De plus, Dieu Très-Haut a créé Adam et Ève pour qu'ils soient l'origine des humains et pour disséminer d'eux deux beaucoup d'hommes et de femmes. Comment se pourrait-il qu'Ève n'ait eu aucun enfant vivant, comme mentionné dans ce hadith, s'il est authentique ? Il est présumé, voire certain, que le fait de le remonter au Prophète, que Dieu le bénisse et le salue, est une erreur. Le correct est de le considérer comme une parole du Compagnon. Dieu sait mieux.
Nous avons déjà traité cela dans notre livre d'exégèse, et à Dieu la louange. Ensuite, Adam et Ève étaient plus pieux envers Dieu que ce qui a été rapporté à leur sujet ; car Adam est le père de l'humanité, que Dieu a créé de Sa main, a insufflé en lui de Son Esprit, a fait prosterner les anges devant lui, lui a enseigné les noms de toutes choses et l'a installé dans Son Paradis. Ibn Hibbân a rapporté dans son recueil authentique d'après Abû Dharr : J'ai dit : « Ô Messager de Dieu, combien y a-t-il de prophètes ? » Il dit : « Cent mille et vingt-quatre mille. » Je dis : « Ô Messager de Dieu, combien d'entre eux sont des messagers ? » Il dit : « Trois cent treize, une foule nombreuse. » Je dis : « Ô Messager de Dieu, qui fut le premier d'entre eux ? » Il dit : « Adam. » Je dis : « Ô Messager de Dieu, était-il un prophète envoyé ? » Il dit : « Oui, Dieu l'a créé de Sa main, puis a insufflé en lui de Son Esprit, puis l'a formé parfaitement. » Al-Tabarânî a dit : Ibrâhîm ibn Nâ’ila al-Asbahânî nous a raconté, Shaybân ibn Farrûkh nous a raconté, Nâfi‘ ibn Hurmuz nous a raconté d'après ‘Atâ’ ibn Abî Rabâh, d'après Ibn ‘Abbâs, que le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) a dit : « Ne vous informerais-je pas du meilleur des anges : Gabriel ; du meilleur des prophètes : Adam ; du meilleur des jours : le vendredi ; du meilleur des mois : le mois de Ramadan ; de la meilleure des nuits : la nuit du Destin ; et de la meilleure des femmes : Marie, fille de ‘Imrân ? » Cette chaîne de transmission est faible, car Nâfi‘ Abû Hurmuz a été traité de menteur par Ibn Ma‘în, et jugé faible par Ahmad, Abû Zur‘a, Abû Hâtim, Ibn Hibbân et d'autres. Et Dieu sait mieux. Ka‘b al-Ahbâr a dit : Nul au Paradis n'a de barbe sauf Adam ; sa barbe est noire jusqu'à son nombril. Et nul n'a de surnom au Paradis sauf Adam ; son surnom ici-bas est « père de l'humanité », et au Paradis « père de Muhammad ». Ibn ‘Adî a rapporté par la voie d'un cheikh d'Ibn Abî Khâlid, d'après Hammâd ibn Salama, d'après ‘Amr ibn Dînâr, d'après Jâbir ibn ‘Abd Allâh, remontant au Prophète : « Les gens du Paradis seront appelés par leurs noms, sauf Adam, car il sera appelé par son surnom : Abû Muhammad. » Ibn ‘Adî l'a également rapporté d'après ‘Alî ibn Abî Tâlib, mais il est faible de tous côtés. Et Dieu sait mieux. Dans le récit de l'ascension nocturne 44 qui se trouve dans les deux recueils authentiques 45 : lorsque le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) passa près d'Adam alors qu'il était dans le ciel le plus proche, il lui dit : « Bienvenue au fils pieux et au prophète pieux. » Il dit : « Et voilà qu'à sa droite il y avait des ombres 46 et à sa gauche des ombres ; quand il regardait à droite, il riait, et quand il regardait à gauche, il pleurait. » Je dis : « Ô Gabriel, qu'est-ce que cela ? » Il dit : « C'est Adam, et voici les âmes 47 de ses enfants ; quand il regarde du côté des gens de droite – ce sont les gens du Paradis – il rit, et quand il regarde du côté des gens de gauche – ce sont les gens de l'Enfer – il pleure. » Tel est le sens du hadith. Abû Bakr al-Bazzâr a dit : Muhammad ibn al-Muthannâ nous a raconté, Yazîd ibn Hârûn nous a raconté, Hishâm ibn Hassân nous a informé d'après al-Hasan : « L'intellect d'Adam était égal à l'intellect de tous ses enfants réunis. » Certains savants ont dit, à propos de la parole du Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) : « Je suis passé près de Joseph, et voilà qu'il avait reçu la moitié de la beauté » : ils ont dit que cela signifie qu'il possédait la moitié de la beauté d'Adam (sur lui la paix). Cela est approprié, car Dieu a créé Adam et l'a formé de Sa main généreuse, et a insufflé en lui de Son Esprit ; Il ne pouvait donc créer que la plus belle des formes. Nous avons rapporté d'après ‘Abd Allâh ibn ‘Umar, également en version suspendue 48 et remontant au Prophète : « Lorsque Dieu Très-Haut eut créé le Paradis, les anges dirent : “Seigneur, attribue-nous ceci, car Tu as créé pour les fils d'Adam le monde d'ici-bas, où ils mangent et boivent.” Dieu Très-Haut dit alors : “Par Ma puissance et Ma majesté, Je ne ferai pas entrer la descendance vertueuse de celui que J'ai créé de Mes Mains comme celui à qui J'ai dit : ‘Sois’, et il fut.” » Le hadith rapporté dans les deux recueils authentiques et autres par plusieurs voies : le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) a dit : « Dieu a créé Adam à Son image 49. » Les savants ont commenté ce hadith et ont mentionné à son sujet de nombreuses approches, dont le développement n'est pas de mise ici. Et Dieu sait mieux.
- qurbân : Sacrifice offert à Allah pour se rapprocher de Lui.
- muttaqîn : Ceux qui craignent Allah et se préservent du péché.
- nâdimîn : Ceux qui éprouvent un profond regret et se repentent.
- salaf : Les pieux prédécesseurs des premières générations de l'islam.
- kulli batnin bi-unthâ l-âkhar : Chaque garçon né d'une grossesse était marié à la fille née de la grossesse suivante.
- Sahîhayn : Les deux recueils de hadiths authentiques d'al-Bukhârî et de Muslim.
- marfû' : Hadith remontant jusqu'au Prophète.
- Sunan : Recueils de hadiths classés par chapitres juridiques.
- Jamâ'a : Les auteurs des six recueils de hadiths de référence.
- hâfiz : Savant spécialiste de la mémorisation et de la critique des hadiths.
- aṣ-Ṣaḥāba : Compagnons du Prophète Muhammad.
- saw'a : Nudité, parties intimes ; ici, le corps du défunt.
- bushrā : Bonne nouvelle, annonce joyeuse.
- li-abawayhi : Pour ses deux parents ; frère germain, de même père et mère.
- Nūd : Nod, terre d'exil de Caïn selon la Genèse.
- Qatnīn : Transcription arabe probable de Qayin (Caïn) ou d'un nom de lieu.
- Khanūkh : Hénoc, fils de Caïn.
- ‘Irad : Irad, fils d'Hénoc.
- Mahwā’īl : Mehujael, fils d'Irad.
- Mattūshīl : Metushael, fils de Mehujael.
- Lāmak : Lamech, fils de Metushael.
- ‘Adda wa Ṣalā : Ada et Tsilla, femmes de Lamech.
- Abul : Jabal, fils d'Ada.
- Nūbil : Jubal, fils d'Ada.
- al-wanaj wa-ṣ-ṣunḥ : La harpe et le chalumeau (instruments de musique).
- Tūbalqīn : Tubal-Caïn, fils de Tsilla.
- Nu‘mā : Naama, fille de Tsilla.
- Shīth : Seth, troisième fils d'Adam.
- Anūsh : Enosh, fils de Seth.
- Qaynān : Kénan, fils d'Enosh.
- Mahlāyīl : Mahalaleel, fils de Kénan.
- Yard : Jéred, fils de Mahalaleel.
- Mattūshalakh : Metushael (variante de Metushael), fils d'Hénoc.
- Nūḥ : Noé, fils de Lamech.
- Sām, Ḥām, Yāfith : Sem, Cham et Japhet, fils de Noé.
- Qalīmā : Nom de la sœur jumelle de Caïn selon certaines traditions.
- Coran 4:1 : Sourate an-Nisâ', verset 1.
- Coran 7:189-190 : Sourate al-A'râf, versets 189-190.
- Coran 23:12-13 : Sourate al-Mu'minûn, versets 12-13.
- Coran 67:5 : Sourate al-Mulk, verset 5.
- Iblīs : Nom du diable en islam, équivalent de Satan.
- ‘Abd al-Ḥārith : Signifie 'serviteur du laboureur' ; nom donné par suggestion diabolique.
- isrā’īliyyāt : Récits issus de sources juives ou chrétiennes, souvent non authentifiés.
- al-isrâ' : Voyage nocturne du Prophète Muhammad de La Mecque à Jérusalem, puis son ascension aux cieux.
- al-ṣaḥīḥayn : Les deux recueils de hadiths considérés comme les plus authentiques : celui d'al-Bukhârî et celui de Muslim.
- aswida : Pluriel de sawâd, signifiant ici des formes sombres ou des silhouettes représentant les âmes des descendants d'Adam.
- nasam : Pluriel de nasama, désignant les âmes ou les esprits des créatures.
- mawqūf : Hadith dont la chaîne de transmission s'arrête à un Compagnon, sans remonter jusqu'au Prophète.
- ‘alā ṣūratih : Expression signifiant que Dieu a créé Adam selon une forme qu'Il a choisie, et non à l'image de Dieu au sens littéral, car Dieu n'a pas de forme.
Il est mentionné la mort d'Adam et son testament à son fils Seth, sur eux la paix [1].
Récit de la mort d'Adam et de son testament à son fils Seth, sur lui la paix. Le sens de Seth est : don de Dieu ; ils l'ont ainsi nommé parce qu'ils l'ont reçu après le meurtre d'Abel. Abou Dharr a dit dans son hadith d'après le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue : « Dieu a fait descendre cent feuillets et quatre livres ; sur Seth, cinquante feuillets. » Muhammad ibn Ishaq a dit : Lorsque la mort se présenta à Adam, il fit son testament à son fils Seth, lui enseigna les heures de la nuit et du jour, lui enseigna les adorations de ces heures, et l'informa de la survenue du Déluge après cela. Il dit : On rapporte que toutes les généalogies des fils d'Adam aujourd'hui remontent à Seth ; les autres enfants d'Adam, hormis lui, ont disparu et se sont éteints. Et Dieu sait mieux. Lorsqu'Adam, sur lui la paix, mourut – et ce fut un vendredi – les anges vinrent à lui avec un embaumement et un linceul venant de Dieu, Puissant et Majestueux, du Paradis, et ils présentèrent leurs condoléances à son fils et exécuteur testamentaire Seth, sur lui la paix. Ibn Ishaq dit : Le soleil et la lune s'éclipsèrent pendant sept jours et nuits. Abdullah ibn al-Imam Ahmad a dit : Hudba ibn Khalid nous a raconté, Hammad ibn Salama nous a raconté, d'après Humayd, d'après al-Hasan, d'après Yahya – c'est Ibn Damra as-Sa'di – qui a dit : J'ai vu un vieillard à Médine parler ; je me suis renseigné sur lui, et on m'a dit : C'est Ubayy ibn Ka'b. Il a dit : Lorsque la mort se présenta à Adam, il dit à ses fils : « Ô mes fils ! Je désire des fruits du Paradis. » Il dit : Ils partirent pour les lui chercher ; les anges les rencontrèrent, portant son linceul et son embaumement, ainsi que des pioches, des pelles et des paniers. Ils leur dirent : « Ô fils d'Adam ! Que voulez-vous et que cherchez-vous ? » Ils répondirent : « Notre père est malade et désire des fruits du Paradis. » Les anges leur dirent : « Retournez, car votre père a été rappelé. » Ils revinrent ; lorsque Eve les vit, elle les reconnut et se réfugia auprès d'Adam. Il dit : « Éloigne-toi de moi, car c'est à cause de toi que j'ai été éprouvé. Laisse-moi avec les anges de mon Seigneur, Puissant et Majestueux. » Ils recueillirent son âme, le lavèrent, l'ensevelirent, l'embaumèrent, creusèrent pour lui une tombe, lui firent une niche, prièrent sur lui, puis le firent entrer dans sa tombe, le déposèrent, jetèrent de la terre sur lui, puis dirent : « Ô fils d'Adam ! Voici votre tradition. » Cette chaîne de transmission est authentique jusqu'à lui. Ibn Asakir a rapporté par la voie de Shayban ibn Farrukh, d'après Muhammad ibn Ziyad, d'après Maymun ibn Mihran, d'après Ibn Abbas, que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : « Les anges ont prononcé quatre takbirs 1 sur Adam ; Abou Bakr a prononcé quatre takbirs sur Fatima ; Omar a prononcé quatre takbirs sur Abou Bakr ; Suhayb a prononcé quatre takbirs sur Omar. » Ibn Asakir a dit : Un autre l'a rapporté d'après Maymun, qui a dit : d'après Ibn Omar. Ils ont divergé sur le lieu de son enterrement : le plus connu est qu'il fut enterré près de la montagne où il descendit 2 en Inde ; on a dit aussi sur le mont Abou Qubays à La Mecque. On rapporte que Noé, sur lui la paix, lors du Déluge, le transporta avec Eve dans un cercueil et les enterra à Jérusalem. Cela a été rapporté par Ibn Jarir. Ibn Asakir a rapporté d'après certains qu'ils ont dit : Sa tête se trouve près de la mosquée d'Abraham et ses pieds près du Rocher de Jérusalem. Eve mourut un an après lui. On a divergé sur la durée de sa vie, sur lui la paix : nous avons déjà mentionné dans le hadith d'après Ibn Abbas et Abou Hourayra, remontant au Prophète, que sa durée de vie fut inscrite dans la Table Préservée comme mille ans. Cela ne contredit pas ce qui est dans la Torah, à savoir qu'il vécut neuf cent trente ans, car leur parole est contestée et rejetée lorsqu'elle contredit la vérité que nous détenons, qui est préservée de l'Infaillible. De plus, leur parole peut être conciliée avec ce qui est dans le hadith : ce qui est dans la Torah, si préservé, est interprété comme la durée de son séjour sur terre après la descente, soit neuf cent trente années solaires, ce qui équivaut à neuf cent cinquante-sept années lunaires ; on y ajoute quarante-trois années pour son séjour au Paradis avant la descente, selon ce qu'a mentionné Ibn Jarir et d'autres, ce qui fait un total de mille ans. Ata al-Khurasani a dit : Lorsqu'Adam mourut, les créatures pleurèrent sur lui pendant sept jours. Rapporté par Ibn Asakir. Lorsqu'Adam, sur lui la paix, mourut, son fils Seth, sur lui la paix, prit en charge les affaires après lui ; il était prophète selon le texte du hadith rapporté par Ibn Hibban dans son Sahih, d'après Abou Dharr remontant au Prophète, selon lequel cinquante feuillets furent descendus sur lui. Lorsque sa mort approcha, il fit son testament à son fils Anoush 3, qui prit en charge les affaires après lui ; puis après lui, son fils Qaynan 4 ; puis après lui, son fils Mahlaïl – c'est celui dont les Persans non arabes prétendent qu'il régna sur les sept climats, qu'il fut le premier à couper les arbres, à bâtir les villes et les grandes forteresses, qu'il construisit la ville de Babylone et la ville de Suse la lointaine, qu'il vainquit Iblis et ses troupes, les dispersa de la terre vers ses extrémités et les gorges de ses montagnes, qu'il tua nombre de djinns rebelles et de goules, qu'il eut une grande couronne, qu'il harangua les gens, et que son règne dura quarante ans. Lorsqu'il mourut, son fils Yared prit en charge les affaires après lui. Lorsque la mort se présenta à lui, il fit son testament à son fils Khanoukh, qui est Idris, sur lui la paix, selon l'avis le plus connu.
- takbīr : Prononciation de 'Allāhu akbar' (Dieu est le plus grand) lors de la prière funéraire.
- al-jabal alladhī uhbiṭa fīhi : La montagne où Adam descendit sur terre après avoir été chassé du Paradis.
- Anūsh : Fils de Seth, ancêtre d'Idris (Énoch).
- Qaynan : Fils d'Anoush, ancêtre de Mahlaïl.
Mention d'Idrîs, sur lui la paix [1].
Mention d'Idrîs (sur lui la paix) Allah Très-Haut a dit : « Et mentionne, dans le Livre, Idrîs. Il était véridique (siddîq) et prophète (nabiyy). Et Nous l'élevâmes à une place élevée (makânan 'aliyyan). » (1) Idrîs (sur lui la paix) a donc été loué par Allah, qui l'a décrit par la prophétie (nubuwwa) et la véridicité (siddîqiyya). C'est lui Hénok (Khanûkh). Il figure dans la lignée généalogique ('amûd nasab) du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), comme l'ont mentionné plusieurs savants en généalogie. Il fut le premier des fils d'Adam à recevoir la prophétie après Adam et Seth (sur eux la paix). Ibn Ishâq a mentionné qu'il fut le premier à écrire avec le calame (qalam). Il vécut trois cent huit ans de la vie d'Adam. Un groupe de gens a dit qu'il est celui visé dans le hadith de Mu'âwiya ibn al-Hakam as-Sulamî, lorsqu'il interrogea le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) au sujet de la divination par le tracé sur le sable (khatt bi r-raml). Il répondit : « Il y avait un prophète qui traçait ainsi ; celui dont le tracé correspond au sien, c'est cela. » Beaucoup de commentateurs (mufassirûn) et de juristes (ahl al-ahkâm) prétendent qu'il fut le premier à parler de cela ; ils le nomment Hermès des Hermès (Hirmis al-Harâmisa). Ils inventent contre lui beaucoup de choses, comme ils en ont inventé contre d'autres prophètes, savants, sages et saints. Sa parole Très-Haut : « Et Nous l'élevâmes à une place élevée » est comme il est établi dans les deux Sahîh, dans le hadith de l'Isrâ' : le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) passa près de lui alors qu'il se trouvait dans le quatrième ciel. Ibn Jarîr a rapporté, d'après Yûnus, d'après 'Abd al-A'lâ, d'après Ibn Wahb, d'après Jarîr ibn Hâzim, d'après al-A'mash, d'après Shimr ibn 'Atiyya, d'après Hilâl ibn Yasâf, qui a dit : Ibn 'Abbâs interrogea Ka'b, alors que j'étais présent, et lui dit : « Que signifie la parole d'Allah Très-Haut concernant Idrîs : "Et Nous l'élevâmes à une place élevée" ? » Ka'b répondit : « Quant à Idrîs, Allah lui révéla : "Je t'élève chaque jour l'équivalent de toutes les œuvres des fils d'Adam" – peut-être des gens de son époque. Il désira alors accroître ses œuvres. Un ami parmi les anges vint à lui et il lui dit : "Allah m'a révélé telle et telle chose ; parle donc à l'Ange [de la Mort] (2) afin que j'accroisse mes œuvres." L'ange le porta entre ses ailes, puis monta avec lui au ciel. Lorsqu'il fut dans le quatrième ciel, l'Ange de la Mort le rencontra, descendant. Idrîs parla à l'Ange de la Mort de ce dont il lui avait parlé. Il dit : "Où est Idrîs ?" Il répondit : "Le voici sur mon dos." L'Ange de la Mort dit : "Ô merveille ! (3) J'ai été envoyé et il m'a été dit : 'Saisis l'âme d'Idrîs dans le quatrième ciel.' Je me suis dit : 'Comment pourrais-je saisir son âme dans le quatrième ciel alors qu'il est sur terre ?!'" Il saisit donc son âme là-bas. » Telle est l'interprétation de la parole d'Allah Puissant et Majestueux : « Et Nous l'élevâmes à une place élevée. » Ibn Abî Hâtim l'a rapporté dans son commentaire de ce verset. Selon sa version, il dit à cet ange : « Demande pour moi à l'Ange de la Mort combien il me reste à vivre. » Il l'interrogea, alors qu'il était avec lui : « Combien lui reste-t-il à vivre ? » Il répondit : « Je ne sais pas, jusqu'à ce que je regarde. » Il regarda et dit : « Tu m'interroges au sujet d'un homme dont il ne reste à vivre qu'un clin d'œil. » L'ange regarda sous son aile vers Idrîs, et voici que son âme avait été saisie sans qu'il s'en rende compte. Ceci fait partie des récits israélites (isrâ'îliyyât), et il y a en cela quelque chose de blâmable. La parole d'Ibn Abî Najîh, d'après Mujâhid, concernant Sa parole : « Et Nous l'élevâmes à une place élevée » : il dit : « Idrîs fut élevé et ne mourut pas, comme Jésus fut élevé. » S'il veut dire qu'il n'est pas mort jusqu'à maintenant, cela est sujet à discussion. S'il veut dire qu'il fut élevé vivant au ciel, puis que son âme y fut saisie, cela ne contredit pas ce qui précède de Ka'b al-Ahbâr. Et Allah sait mieux. Al-'Awfî a rapporté d'après Ibn 'Abbâs, concernant Sa parole : « Et Nous l'élevâmes à une place élevée » : « Il fut élevé au sixième ciel et y mourut. » C'est également ce qu'a dit ad-Dahhâk. Le hadith unanimement reconnu (muttafaq 'alayhi) selon lequel il se trouve dans le quatrième ciel est plus authentique. C'est l'avis de Mujâhid et de plusieurs autres. Al-Hasan al-Basrî a dit : « "Et Nous l'élevâmes à une place élevée" : au Paradis (Janna). » D'autres ont dit : « Il fut élevé du vivant de son père Yârid ibn Mahlâ'îl. » Et Allah sait mieux. Certains ont prétendu qu'Idrîs n'a pas vécu avant Noé, mais à l'époque des Enfants d'Israël. Al-Bukhârî a dit : « On rapporte d'après Ibn Mas'ûd et Ibn 'Abbâs qu'Élie (Ilyâs) est Idrîs. » Ils s'appuient pour cela sur ce qui est venu dans le hadith d'az-Zuhrî, d'après Anas, concernant l'Isrâ' : lorsque le Prophète (sur lui la paix) passa près de lui, il lui dit : « Bienvenue au frère vertueux et au prophète vertueux », et il ne dit pas comme il le dit à Adam et Abraham : « Bienvenue au prophète vertueux et au fils vertueux. » Ils disent : « S'il avait été dans sa lignée généalogique, il lui aurait dit comme ils lui ont dit (4). » Cela n'est pas une preuve absolue, car il se peut que le rapporteur ne l'ait pas bien mémorisé, ou peut-être l'a-t-il dit par humilité et modestie, sans se présenter dans une position de paternité comme le fit Adam, père de l'humanité, et Abraham, l'ami intime du Tout-Miséricordieux (Khalîl ar-Rahmân) et le plus grand des prophètes doués de fermeté ('ulû al-'azm) après Muhammad. Que les prières d'Allah soient sur eux tous. **L'histoire de Noé (sur lui la paix)** Il est Noé (Nûh), fils de Lamech (Lâmak), fils de Mathusalem (Mattûshalakh), fils d'Hénok (Khanûkh) – qui est Idrîs –, fils de Yârid, fils de Mahalaleel (Mahlâ'îl), fils de Kénan (Qaynan), fils d'Énos (Anûsh), fils de Seth (Shîth), fils d'Adam, père de l'humanité (sur lui la paix). Sa naissance eut lieu cent vingt-six ans après la mort d'Adam, selon ce qu'ont mentionné Ibn Jarîr et d'autres. Selon la chronologie antérieure des Gens du Livre (ahl al-kitâb), il y aurait cent quarante-six ans entre la naissance de Noé et la mort d'Adam. Il y eut entre eux dix générations (qurûn), comme l'a dit le hâfiz Abû Hâtim Ibn Hibbân dans son Sahîh : « Muhammad ibn 'Umar ibn Yûsuf nous a rapporté, Muhammad ibn 'Abd al-Malik ibn Zanjawayh nous a rapporté, Abû Tawba nous a rapporté, Mu'âwiya ibn Sallâm nous a rapporté, d'après son frère Zayd ibn Sallâm, j'ai entendu Abû Sallâm, j'ai entendu Abû Umâma : Un homme dit : "Ô Messager d'Allah, Adam était-il un prophète ?" Il dit : "Oui, un prophète interlocuteur (mukallam)." Il dit : "Combien de temps y eut-il entre lui et Noé ?" Il dit : "Dix générations (qurûn)." » Je dis : Ceci est selon les critères de Muslim, mais il ne l'a pas rapporté. Dans le Sahîh d'al-Bukhârî, d'après Ibn 'Abbâs, il dit : « Il y eut entre Adam et Noé dix générations, tous étaient sur l'Islam (al-islâm). » Si l'on entend par « génération » (qarn) cent ans – comme c'est l'idée courante chez beaucoup de gens –, il y aurait donc entre eux mille ans inévitablement. Mais cela n'exclut pas qu'il y en ait eu davantage, compte tenu de la restriction d'Ibn 'Abbâs à l'Islam, car il pourrait y avoir eu entre eux d'autres générations postérieures qui n'étaient pas sur l'Islam. Cependant, le hadith d'Abû Umâma indique une limitation à dix générations, et Ibn 'Abbâs ajoute qu'ils étaient tous sur l'Islam. Cela réfute la parole de ceux, parmi les historiens et autres Gens du Livre, qui prétendent que Caïn et ses fils adoraient le feu. Et Allah sait mieux. Si l'on entend par « génération » (qarn) une époque de gens, comme dans Sa parole Très-Haut : « Et combien de générations avons-Nous fait périr après Noé » et Sa parole : « Puis Nous fîmes naître après eux une autre génération », et Il dit Très-Haut : « Et des générations nombreuses entre cela », et Il dit : « Et combien avons-Nous fait périr avant eux de générations », et comme la parole du Prophète (sur lui la paix) : « Le meilleur des siècles (qurûn) est mon siècle... » le hadith, alors la génération avant Noé vivait de longues durées. Selon cela, il y aurait entre Adam et Noé des milliers d'années. Et Allah sait mieux. En résumé, Noé (sur lui la paix) ne fut envoyé par Allah Très-Haut que lorsque les idoles et les tyrans (tawâghît) furent adorés, et que les gens s'engagèrent dans l'égarement et la mécréance. Allah l'envoya donc comme une miséricorde pour les serviteurs, et il fut le premier messager (rasûl) envoyé aux habitants de la terre, comme le diront les gens du lieu de rassemblement (mawqif) le Jour de la Résurrection. Son peuple était appelé les Banû Râsib, selon ce qu'ont mentionné Ibn Jubayr et d'autres. Ils ont divergé sur l'âge qu'il avait le jour où il fut envoyé. On a dit : il avait cinquante ans ; on a dit : trois cent cinquante ans ; on a dit : quatre cent quatre-vingts ans, rapporté par Ibn Jarîr, qui attribue la troisième opinion à Ibn 'Abbâs.
Dieu a mentionné son histoire, ce qu'il advint de son peuple, le châtiment qu'Il infligea à ceux qui mécrurent en lui par le déluge, et comment Il le sauva, lui et les occupants de l'arche, en de nombreux endroits de Son Livre précieux : dans al-A'râf 1, Yûnus 2, Hûd 3, al-Anbiyâ' 4, al-Mu'minûn 5, al-Shu'arâ' 6, al-'Ankabût 7, al-Sâffât 8 et Iqtarabat 9 ; et Il y révéla une sourate complète. Il dit dans la sourate al-A'râf : « Nous avons envoyé Noé à son peuple : "Ô mon peuple, adorez Dieu ! Pour vous, pas d'autre divinité que Lui. Je crains pour vous le châtiment d'un jour terrible." Les notables de son peuple dirent : "Nous te voyons dans un égarement manifeste." Il dit : "Ô mon peuple, il n'y a en moi nul égarement, mais je suis un Messager du Seigneur de l'univers. Je vous transmets les messages de mon Seigneur et je vous donne un conseil sincère ; et je sais de Dieu ce que vous ne savez pas. Ou bien vous étonnez-vous qu'un rappel de votre Seigneur vous soit venu par un homme d'entre vous, pour vous avertir, afin que vous deveniez pieux et que vous obteniez miséricorde ?" Ils le traitèrent de menteur. Nous le sauvâmes, lui et ceux qui étaient avec lui dans l'arche, et Nous noyâmes ceux qui traitaient Nos signes de mensonges ; c'étaient des gens aveugles." 5 Et le Très-Haut dit dans la sourate Yûnus : « Récite-leur l'histoire de Noé, quand il dit à son peuple : "Ô mon peuple, si ma présence et mon rappel des signes de Dieu vous pèsent, c'est en Dieu que je place ma confiance. Rassemblez donc votre affaire et vos associés, puis que votre affaire ne vous cause pas d'incertitude ; ensuite, décidez de moi et ne me donnez pas de répit. Si vous vous détournez, je ne vous ai demandé aucune récompense ; ma récompense n'incombe qu'à Dieu ; et il m'a été ordonné d'être parmi les soumis." Ils le traitèrent de menteur. Nous le sauvâmes, lui et ceux qui étaient avec lui dans l'arche, et Nous fîmes d'eux des successeurs ; et Nous noyâmes ceux qui traitaient Nos signes de mensonges. Regarde donc quelle fut la fin de ceux qui avaient été avertis !" 6 Et le Très-Haut dit dans la sourate Hûd : « Nous avons envoyé Noé à son peuple : "Je suis pour vous un avertisseur explicite : n'adorez que Dieu. Je crains pour vous le châtiment d'un jour douloureux." Les notables de son peuple qui avaient mécru dirent : "Nous ne voyons en toi qu'un homme comme nous, et nous ne voyons que les vils d'entre nous qui t'ont suivi sans réfléchir ; et nous ne voyons en vous aucune supériorité sur nous ; bien plus, nous pensons que vous êtes des menteurs." Il dit : "Ô mon peuple, que dites-vous si je me fonde sur une preuve évidente de mon Seigneur et qu'Il m'a accordé une miséricorde de Sa part, mais qu'elle vous est rendue obscure ? Vous y contraindrons-nous alors que vous la répugnez ? Ô mon peuple, je ne vous demande pour cela aucun salaire ; mon salaire n'incombe qu'à Dieu. Je ne repousserai pas ceux qui ont cru : ils rencontreront leur Seigneur ; mais je vois que vous êtes un peuple ignorant. Ô mon peuple, qui me secourra contre Dieu si je les repousse ? Ne réfléchissez-vous donc pas ? Je ne vous dis pas que je détiens les trésors de Dieu, ni que je connais l'Inconnaissable, ni que je suis un ange ; et je ne dis pas à ceux que vos yeux méprisent que Dieu ne leur accordera aucun bien ; Dieu sait mieux ce qu'il y a dans leurs âmes ; je serais alors du nombre des injustes." Ils dirent : "Ô Noé, tu as disputé avec nous et tu as multiplié les disputes ; apporte-nous donc ce dont tu nous menaces, si tu es du nombre des véridiques." Il dit : "C'est Dieu qui vous l'apportera, s'Il veut, et vous ne pourrez pas réduire [Son pouvoir] à l'impuissance. Mon conseil ne vous profitera pas, si je veux vous conseiller, si Dieu veut vous égarer. Il est votre Seigneur, et c'est vers Lui que vous serez ramenés." Ou bien disent-ils : "Il l'a inventé ?" Dis : "Si je l'ai inventé, que mon crime retombe sur moi ; et je suis innocent de vos crimes." Il fut révélé à Noé : "Personne de ton peuple ne croira, sauf celui qui a déjà cru. Ne t'afflige donc pas de ce qu'ils faisaient. Construis l'arche sous Nos yeux et selon Notre révélation ; et ne M'interpelle pas au sujet de ceux qui ont injuste ; ils seront noyés." Il construisait l'arche ; et chaque fois que des notables de son peuple passaient près de lui, ils se moquaient de lui. Il dit : "Si vous vous moquez de nous, nous nous moquerons de vous comme vous vous moquez. Vous saurez bientôt sur qui s'abattra un châtiment qui l'humiliera et sur qui se déchaînera un châtiment permanent." Lorsque Notre ordre vint et que le four 10 se mit à bouillonner, Nous dîmes : "Charge [dans l'arche] un couple de chaque espèce, ainsi que ta famille, sauf ceux contre qui le décret a déjà été prononcé, et ceux qui ont cru." Mais ceux qui avaient cru avec lui n'étaient qu'un petit nombre. Il dit : "Montez-y ! Qu'elle vogue et qu'elle accoste au nom de Dieu ! Mon Seigneur est Pardonneur et Miséricordieux." Et elle voguait avec eux au milieu de vagues comme des montagnes. Noé appela son fils, qui était resté à l'écart : "Ô mon fils, monte avec nous et ne reste pas avec les mécréants." Il dit : "Je vais me réfugier sur une montagne qui me protégera de l'eau." Noé dit : "Aujourd'hui, nul protecteur contre l'ordre de Dieu, sauf celui à qui Il fait miséricorde." Et la vague s'interposa entre eux, et il fut du nombre des noyés. Il fut dit : "Ô terre, absorbe ton eau ! Ô ciel, cesse !" L'eau baissa, l'ordre fut accompli, et [l'arche] s'immobilisa sur le Jûdî 11. Et il fut dit : "Que disparaissent les gens injustes !" Noé invoqua son Seigneur : "Seigneur, mon fils est de ma famille ; Ta promesse est vérité, et Tu es le plus juste des juges." Dieu dit : "Ô Noé, il n'est pas de ta famille ; c'est une œuvre non pieuse. Ne Me demande pas ce dont tu n'as pas connaissance. Je t'exhorte à ne pas être du nombre des ignorants." Noé dit : "Seigneur, je me réfugie auprès de Toi contre le fait de Te demander ce dont je n'ai pas connaissance. Si Tu ne me pardonnes pas et ne me fais pas miséricorde, je serai du nombre des perdants." Il fut dit : "Ô Noé, descends avec une paix de Notre part et des bénédictions sur toi et sur des communautés issues de ceux qui sont avec toi. Et il y aura des communautés auxquelles Nous accorderons une jouissance, puis un châtiment douloureux de Notre part les touchera." Voilà des récits de l'Inconnaissable que Nous te révélons ; tu ne les connaissais pas, ni toi ni ton peuple, avant cela. Sois patient ! La fin heureuse est pour les pieux." 7 Et le Très-Haut dit dans la sourate al-Anbiyâ' : « Et Noé, quand il Nous invoqua auparavant ; Nous l'exauçâmes et le sauvâmes, lui et sa famille, de la grande angoisse. Et Nous le secourûmes contre le peuple qui traitait Nos signes de mensonges ; c'étaient des gens mauvais ; Nous les noyâmes tous." 8 Et le Très-Haut dit dans la sourate Qad aflaha al-mu'minûn : « Nous avons envoyé Noé à son peuple : "Ô mon peuple, adorez Dieu ! Pour vous, pas d'autre divinité que Lui. Ne Le craignez-vous donc pas ?" Les notables de son peuple qui avaient mécru dirent : "Ce n'est qu'un homme comme vous, qui veut s'imposer à vous. Si Dieu avait voulu, Il aurait fait descendre des anges. Nous n'avons jamais entendu cela chez nos ancêtres les plus anciens. Ce n'est qu'un homme possédé ; attendez donc pour lui un certain temps." Il dit : "Seigneur, secours-moi, car ils me traitent de menteur !" Nous lui révélâmes : "Construis l'arche sous Nos yeux et selon Notre révélation. Puis, quand Notre ordre viendra et que le four bouillonnera, introduis-y un couple de chaque espèce, ainsi que ta famille, sauf ceux contre qui le décret a déjà été prononcé ; et ne M'interpelle pas au sujet de ceux qui ont injuste ; ils seront noyés. Lorsque toi et ceux qui sont avec vous serez installés dans l'arche, dis : "Louange à Dieu qui nous a sauvés du peuple injuste !" Et dis : "Seigneur, fais-moi descendre en un lieu béni, car Tu es le meilleur de ceux qui font descendre." Il y a là des signes ; et Nous sommes certes Celui qui éprouve." 9 Et le Très-Haut dit dans la sourate al-Shu'arâ' : « Le peuple de Noé traita les messagers de menteurs. Quand leur frère Noé leur dit : "Ne craignez-vous pas [Dieu] ? Je suis pour vous un messager digne de confiance. Craignez donc Dieu et obéissez-moi. Je ne vous demande pour cela aucun salaire ; mon salaire n'incombe qu'au Seigneur de l'univers. Craignez donc Dieu et obéissez-moi." Ils dirent : "Croirons-nous en toi, alors que ce sont les vils qui t'ont suivi ?" Il dit : "Je n'ai pas connaissance de ce qu'ils faisaient. Leur compte n'incombe qu'à mon Seigneur, si seulement vous en aviez conscience. Je ne repousserai pas les croyants. Je ne suis qu'un avertisseur explicite." Ils dirent : "Si tu ne cesses pas, ô Noé, tu seras certainement lapidé." Il dit : "Seigneur, mon peuple m'a traité de menteur. Prononce donc un jugement entre moi et eux, et sauve-moi, ainsi que ceux des croyants qui sont avec moi." Nous le sauvâmes, lui et ceux qui étaient avec lui, dans l'arche pleine. Puis, après cela, Nous noyâmes les autres. Il y a là un signe ; mais la plupart d'entre eux n'étaient pas croyants. Et ton Seigneur, c'est Lui le Puissant, le Miséricordieux." 10 Et le Très-Haut dit dans la sourate al-'Ankabût : « Nous avons envoyé Noé à son peuple ; il demeura parmi eux mille ans moins cinquante ans. Puis le déluge les saisit, alors qu'ils étaient injustes. Nous le sauvâmes, lui et les occupants de l'arche, et Nous en fîmes un signe pour l'univers." 11
Et Il a dit, exalté soit-Il, dans la sourate As-Saffat 12 : « Nous l'avons certes appelé, et Nous sommes le Meilleur des Répondeurs. * Et Nous le sauvâmes, lui et sa famille, de la grande angoisse. * Et Nous fîmes de sa descendance les seuls survivants. * Et Nous perpétuâmes son souvenir dans la postérité. * Paix sur Noé dans les mondes ! * Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants. * Il était, certes, parmi Nos serviteurs croyants. * Puis Nous noyâmes les autres. » Et Il a dit, exalté soit-Il, dans la sourate Iqtarabat 13 : « Avant eux, le peuple de Noé avait crié au mensonge. Ils traitèrent Notre serviteur de menteur et dirent : "C'est un possédé !" et il fut repoussé. * Il invoqua son Seigneur : "Je suis vaincu, secours-moi !" * Alors Nous ouvrîmes les portes du ciel avec une eau torrentielle, * et fîmes jaillir la terre en sources. Les eaux se rencontrèrent selon un décret déjà fixé. * Et Nous le portâmes sur un [navire] fait de planches et de clous, * voguant sous Nos yeux : récompense pour celui qu'on avait renié. * Et Nous laissâmes cela comme un signe. Y a-t-il quelqu'un pour en tirer leçon ? * Quels furent Mon châtiment et Mes avertissements ! * Et Nous avons facilité le Coran pour l'exhortation. Y a-t-il quelqu'un pour en tirer leçon ? » Et Il a dit, exalté soit-Il : « Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. * Nous avons envoyé Noé à son peuple : "Avertis ton peuple avant que ne vienne sur eux un châtiment douloureux." * Il dit : "Ô mon peuple, je suis pour vous un avertisseur explicite, * afin que vous adoriez Allah, Le craigniez et m'obéissiez. * Il vous pardonnera vos péchés et vous accordera un délai jusqu'à un terme fixé. Quand vient le terme d'Allah, il ne peut être différé, si vous saviez !" * Il dit : "Seigneur, j'ai appelé mon peuple nuit et jour, mais mon appel n'a fait qu'accroître leur fuite. * Et chaque fois que je les ai appelés pour que Tu leur pardonnes, ils ont mis leurs doigts dans leurs oreilles, se sont enveloppés de leurs vêtements, se sont obstinés et se sont montrés extrêmement orgueilleux. * Puis je les ai appelés ouvertement. * Puis je leur ai parlé en public et en secret. * J'ai dit : "Implorez le pardon de votre Seigneur, car Il est Grand Pardonneur. * Il enverra sur vous du ciel une pluie abondante, * vous accordera richesses et enfants, * vous donnera des jardins et vous donnera des rivières. * Qu'avez-vous à ne pas espérer d'Allah avec dignité ? * Alors qu'Il vous a créés par étapes successives. * N'avez-vous pas vu comment Allah a créé sept cieux superposés, * y a fait de la lune une lumière et du soleil un flambeau ? * Et Allah vous a fait croître de la terre comme des plantes, * puis Il vous y fera retourner et vous en fera sortir véritablement. * Et Allah vous a fait de la terre un tapis, * pour que vous y empruntiez des chemins spacieux." * Noé dit : "Seigneur, ils m'ont désobéi et ont suivi celui dont les biens et les enfants n'ont fait qu'accroître la perte. * Ils ont ourdi une immense ruse, * et ont dit : "N'abandonnez jamais vos divinités, n'abandonnez jamais Wadd, Suwa', Yaghuth, Ya'uq et Nasr." * Ils ont égaré beaucoup de gens. Ne fais croître les injustes qu'en égarement." * À cause de leurs fautes, ils furent noyés, puis introduits dans un Feu, et ils ne trouvèrent pas, en dehors d'Allah, de secoureurs. * Et Noé dit : "Seigneur, ne laisse sur la terre aucun infidèle. * Si Tu les laisses, ils égareront Tes serviteurs et n'engendreront que des pervers et des mécréants. * Seigneur, pardonne-moi, à mes parents, à celui qui entre dans ma maison en croyant, ainsi qu'aux croyants et aux croyantes. Et n'accrois les injustes qu'en ruine." » Nous avons déjà commenté chacun de ces passages dans l'exégèse. Nous allons maintenant exposer le contenu de l'histoire, rassemblé à partir de ces passages dispersés et de ce qu'indiquent les hadiths et les traditions. Son nom est également mentionné dans divers endroits du Coran où il est loué et où ses opposants sont blâmés. Ainsi, Il a dit, exalté soit-Il, dans la sourate An-Nisa' 14 : « Nous t'avons fait une révélation comme Nous fîmes à Noé et aux prophètes après lui. Et Nous fîmes révélation à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, aux Tribus, à Jésus, Job, Jonas, Aaron et Salomon. Et Nous donnâmes à David les Psaumes. * Des messagers dont Nous t'avons raconté l'histoire précédemment, et des messagers dont Nous ne t'avons pas raconté l'histoire. Et Allah parla à Moïse de vive voix. * Des messagers annonciateurs et avertisseurs, afin qu'après la venue des messagers les gens n'aient point d'argument contre Allah. Allah est Puissant et Sage. » Et Il dit dans la sourate Al-An'am 15 : « Tel est Notre argument que Nous donnâmes à Abraham contre son peuple. Nous élevons en degrés qui Nous voulons. Ton Seigneur est Sage et Omniscient. * Et Nous lui donnâmes Isaac et Jacob, et Nous les guidâmes tous. Et Noé, Nous l'avions guidé auparavant. Et parmi sa descendance, David, Salomon, Job, Joseph, Moïse et Aaron. Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants. * Et Zacharie, Jean, Jésus et Élie, tous étaient du nombre des justes. * Et Ismaël, Élisée, Jonas et Lot. Et Nous les préférâmes tous aux mondes. * Et parmi leurs pères, leurs descendants et leurs frères, Nous les élûmes et les guidâmes vers un chemin droit. » Son histoire a déjà été mentionnée dans Al-A'raf 16. Et Il dit dans la sourate Bara'a 17 : « Ne leur est-il pas parvenu l'histoire de ceux qui les ont précédés : le peuple de Noé, des 'Ad, des Thamoud, le peuple d'Abraham, les gens de Madyan et les cités renversées ? Leurs messagers leur apportèrent des preuves évidentes. Ce n'est pas Allah qui leur a fait du tort, mais ils se sont fait du tort à eux-mêmes. » Son histoire a déjà été mentionnée dans Yunus et Hud. Et Il dit dans la sourate Ibrahim 18 : « Ne vous est-il pas parvenu l'histoire de ceux qui vous ont précédés : le peuple de Noé, des 'Ad, des Thamoud, et ceux qui vinrent après eux, que seul Allah connaît ? Leurs messagers leur apportèrent des preuves évidentes, mais ils mirent leurs mains dans leurs bouches et dirent : "Nous ne croyons pas à ce avec quoi vous avez été envoyés, et nous sommes dans un doute troublant sur ce à quoi vous nous appelez." » Et Il dit dans la sourate Subhan 19 : « Ô descendance de ceux que Nous avons transportés avec Noé ! Il était un serviteur très reconnaissant. » Et Il dit aussi dans la même sourate : « Que de générations avons-Nous fait périr après Noé ! Et ton Seigneur suffit, pour connaître et voir les péchés de Ses serviteurs. » Son histoire a déjà été mentionnée dans Al-Anbiya', Al-Mu'minun, Ash-Shu'ara' et Al-'Ankabut. Et Il dit dans la sourate Al-Ahzab 20 : « Et lorsque Nous prîmes l'engagement des prophètes, de toi, de Noé, d'Abraham, de Moïse et de Jésus fils de Marie, et Nous prîmes d'eux un engagement solennel. » Et Il dit dans la sourate Sad 21 : « Avant eux, le peuple de Noé, les 'Ad et Pharaon aux pieux 22 avaient crié au mensonge. * Et les Thamoud, le peuple de Lot et les gens d'Al-Ayka 23 : voilà les coalisés. * Tous, sans exception, traitèrent les messagers de menteurs. Ainsi Mon châtiment se réalisa. » Et Il dit dans la sourate Ghafir 24 : « Avant eux, le peuple de Noé et les coalisés après eux avaient crié au mensonge. Chaque communauté méditait de s'emparer de son messager. Ils disputèrent avec le faux pour anéantir le vrai. Alors Je les saisis. Quel fut Mon châtiment ! * Ainsi s'est réalisée la parole de ton Seigneur contre ceux qui ont mécru : ils sont les gens du Feu. » Et Il dit dans la sourate Ash-Shura 25 : « Il vous a prescrit en matière de religion ce qu'Il avait enjoint à Noé, ce que Nous t'avons révélé, et ce que Nous avions enjoint à Abraham, Moïse et Jésus : "Établissez la religion et ne vous divisez pas." Ce à quoi tu appelles les associateurs leur paraît énorme. Allah élit vers Lui qui Il veut et guide vers Lui celui qui se repent. » Et Il dit, exalté soit-Il, dans la sourate Qaf 26 : « Avant eux, le peuple de Noé, les gens d'Ar-Rass 27 et les Thamoud avaient crié au mensonge. * Et les 'Ad, Pharaon et les frères de Lot, * et les gens d'Al-Ayka et le peuple de Tubba' 28 : tous traitèrent les messagers de menteurs. Ainsi Ma menace se réalisa. » Et Il dit dans Adh-Dhariyat 29 : « Et le peuple de Noé avant eux, car ils étaient un peuple pervers. » Et Il dit dans An-Najm 30 : « Et le peuple de Noé avant eux, car ils étaient plus injustes et plus rebelles. » Son histoire a déjà été mentionnée dans la sourate Iqtarabat As-Sa'a 31. Et Il dit, exalté soit-Il, dans la sourate Al-Hadid 32 : « Nous avons envoyé Noé et Abraham, et Nous avons placé dans leur descendance la prophétie et le Livre. Certains d'entre eux sont bien guidés, mais beaucoup d'entre eux sont pervers. » Et Il dit, exalté soit-Il, dans la sourate At-Tahrim 33 : « Allah a donné en exemple aux mécréants la femme de Noé et la femme de Lot. Elles étaient sous l'autorité de deux de Nos serviteurs vertueux, mais elles les trahirent. Elles ne leur furent d'aucune utilité contre Allah, et il leur fut dit : "Entrez au Feu avec ceux qui y entrent." » * * * Quant au contenu de ce qui lui arriva avec son peuple, tiré du Livre, de la Sunna et des traditions, nous avons déjà rapporté d'après Ibn 'Abbas qu'entre Adam et Noé il y eut dix siècles 34 où tous étaient sur l'islam 35. Rapporté par Al-Bukhari. Et nous avons mentionné que le mot "siècle" désigne une génération ou une période, comme cela a été dit précédemment. Puis, après ces siècles vertueux, survinrent des événements qui firent que les gens de cette époque en vinrent à adorer les idoles. La cause en est ce qu'a rapporté Al-Bukhari d'après Ibn Jurayj, d'après 'Ata', d'après Ibn 'Abbas, lors de l'exégèse de la parole d'Allah : « Et ils dirent : "N'abandonnez jamais vos divinités, n'abandonnez jamais Wadd, Suwa', Yaghuth, Ya'uq et Nasr." »
Wadd, Suwā‘, Yaghūth, Ya‘ūq et Nasr 36. Il dit : Ce sont les noms d’hommes pieux du peuple de Noé. Lorsqu’ils moururent, Satan inspira à leur peuple : « Dressez des monuments dans leurs assemblées où ils siégeaient, et nommez-les de leurs noms. » Ils le firent, mais ils ne furent pas adorés jusqu’à ce que cette génération disparût et que la science fût oubliée ; alors ils furent adorés. Ibn ‘Abbâs dit : Ces idoles qui étaient chez le peuple de Noé passèrent ensuite chez les Arabes. C’est aussi ce que dirent ‘Ikrima, al-Dahhâk, Qatâda et Muhammad ibn Ishâq. Ibn Jarîr dit dans son commentaire : Ibn Humayd nous a raconté, d’après Mihrân, d’après Sufyân, d’après Mûsâ, d’après Muhammad ibn Qays : C’étaient des gens pieux entre Adam et Noé, et ils avaient des disciples qui les imitaient. Quand ils moururent, leurs compagnons qui les imitaient dirent : « Si nous faisions leurs statues, cela nous inciterait davantage à l’adoration lorsque nous nous souviendrions d’eux. » Ils les sculptèrent donc. Lorsque ceux-ci moururent et que d’autres vinrent, Iblîs 37 s’insinua chez eux et dit : « En vérité, ils les adoraient et par eux ils obtenaient la pluie. » Alors ils les adorèrent. Ibn Abî Hâtim rapporte d’après ‘Urwa ibn al-Zubayr qu’il a dit : Wadd, Yaghūth, Ya‘ūq, Suwā‘ et Nasr sont les premiers fils d’Adam. Wadd était le plus âgé et le plus pieux d’entre eux. Ibn Abî Hâtim dit : Ahmad ibn Mansûr nous a raconté, d’après al-Hasan ibn Mûsâ, d’après Ya‘qûb, d’après Abû al-Mutahhar : On mentionna Yazîd ibn al-Muhallab devant Abû Ja‘far [al-Bâqir] alors qu’il priait debout. Lorsqu’il eut terminé sa prière, il dit : « Vous avez mentionné Yazîd ibn al-Muhallab. Sachez qu’il a été tué dans la première terre où l’on adora autre qu’Allah. » Il mentionna Wadd et dit : C’était un homme pieux, aimé de son peuple. Quand il mourut, ils s’attroupèrent autour de sa tombe dans la terre de Babel 38 et s’affligèrent sur lui. Lorsque Iblîs vit leur affliction, il prit la forme d’un homme puis dit : « Je vois votre affliction pour cet homme. Voulez-vous que je vous sculpte une statue semblable à lui, qui sera dans votre assemblée et vous le rappellera ? » Ils dirent : Oui. Il leur sculpta donc une statue semblable. Il dit : Ils la placèrent dans leur assemblée et se mirent à s’en souvenir. Lorsqu’il vit leur attachement à son souvenir, il dit : « Voulez-vous que je place dans la maison de chacun de vous une statue semblable, afin qu’elle soit dans sa demeure et que vous vous souveniez de lui ? » Ils dirent : Oui. Il sculpta donc pour chaque famille une statue semblable. Ils se mirent à s’en souvenir. Il dit : Leurs enfants grandirent et virent ce qu’ils faisaient. Il dit : Ils se succédèrent et le souvenir de leur commémoration s’effaça jusqu’à ce qu’ils en fassent une divinité adorée en dehors d’Allah, les enfants de leurs enfants. Ainsi, la première chose adorée en dehors d’Allah fut Wadd, l’idole qu’ils nommèrent Wadd. Ce récit implique que chaque idole de ces noms fut adorée par une faction de gens. Il mentionne qu’avec le temps, ils firent de ces images des statues en ronde-bosse pour les rendre plus durables, puis elles furent adorées après cela en dehors d’Allah, le Puissant et Majestueux. Ils ont de nombreuses voies dans leur adoration, que nous avons mentionnées dans leurs lieux dans notre livre de commentaire. À Allah la louange et la grâce. Il est établi dans les deux Sahîh 39 d’après le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) que lorsque Umm Salama et Umm Habîba mentionnèrent devant lui l’église qu’elles avaient vue en Abyssinie, appelée Mâriya, et qu’elles décrivirent sa beauté et les images qui s’y trouvaient, il dit : « Ceux-là, lorsqu’un homme pieux mourait parmi eux, ils construisaient un lieu de prière sur sa tombe, puis y plaçaient ces images. Ce sont les pires des créatures auprès d’Allah, le Puissant et Majestueux. » * * * Le but est que lorsque la corruption se répandit sur terre et que le mal s’étendit par l’adoration des idoles, Allah envoya Son serviteur et Messager Noé (sur lui la paix) pour appeler à l’adoration d’Allah seul, sans associé, et pour interdire l’adoration de ce qui est autre que Lui. Il fut le premier Messager qu’Allah envoya aux habitants de la terre, comme il est établi dans les deux Sahîh d’après le hadith d’Abû Hayyân, d’après Abû Zur‘a ibn ‘Amr ibn Jarîr, d’après Abû Hurayra, d’après le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dans le hadith de l’intercession : « Ils viendront à Adam et diront : “Ô Adam, tu es le père de l’humanité ; Allah t’a créé de Sa main, a insufflé en toi de Son Esprit, a ordonné aux anges de se prosterner devant toi et t’a fait habiter le Paradis. N’intercéderas-tu pas pour nous auprès de ton Seigneur ? Ne vois-tu pas dans quelle situation nous sommes et ce que nous avons atteint ?” Il dira : “Mon Seigneur s’est mis en colère d’une colère violente, comme Il ne s’est jamais mis en colère auparavant et comme Il ne se mettra jamais en colère après. Il m’a interdit l’arbre et j’ai désobéi. Moi, moi ! Allez vers un autre, allez vers Noé.” Ils viendront à Noé et diront : “Ô Noé, tu es le premier des Messagers aux habitants de la terre, et Allah t’a nommé serviteur reconnaissant. Ne vois-tu pas dans quelle situation nous sommes ? Ne vois-tu pas ce que nous avons atteint ? N’intercéderas-tu pas pour nous auprès de ton Seigneur, le Puissant et Majestueux ?” Il dira : “Mon Seigneur s’est mis en colère aujourd’hui d’une colère comme Il ne s’est jamais mis en colère auparavant et comme Il ne se mettra jamais en colère après. Moi, moi !” » Et il mentionna la fin du hadith dans sa longueur, comme l’a rapporté al-Bukhârî dans l’histoire de Noé. Lorsqu’Allah envoya Noé (sur lui la paix), il les appela à l’unicité de l’adoration d’Allah seul, sans associé, et à ne pas adorer avec Lui une idole, une statue ou un Tâghût 40, et à reconnaître Son unicité, qu’il n’y a de divinité que Lui et de seigneur que Lui, comme Allah Très-Haut l’a ordonné aux Messagers après lui, qui sont tous de sa descendance, comme Allah Très-Haut dit : « Et Nous fîmes de sa descendance les seuls survivants 41. » Et Il dit à son sujet et au sujet d’Abraham : « Et Nous plaçâmes dans leur descendance la prophétie et l’Écriture », c’est-à-dire que tout prophète après Noé est de sa descendance, et de même pour Abraham. Allah Très-Haut dit : « Et Nous avons envoyé dans chaque communauté un Messager : “Adorez Allah et évitez le Tâghût.” » Et Il dit : « Et interroge ceux que Nous avons envoyés avant toi parmi Nos Messagers : Avons-Nous établi, en dehors du Tout Miséricordieux, des divinités à adorer ? » Et Il dit : « Et Nous n’avons envoyé avant toi aucun Messager sans lui révéler qu’il n’y a de divinité que Moi, adorez-Moi donc. » C’est pourquoi Noé dit à son peuple : « Adorez Allah, vous n’avez d’autre divinité que Lui. Je crains pour vous le châtiment d’un jour terrible. » Et il dit : « N’adorez qu’Allah, je crains pour vous le châtiment d’un jour douloureux. » Et il dit : « Ô mon peuple, adorez Allah, vous n’avez d’autre divinité que Lui. Ne craignez-vous donc pas ? » Et il dit : « Ô mon peuple, je suis pour vous un avertisseur explicite : adorez Allah, craignez-Le et obéissez-moi », jusqu’à : « Il vous a créés par étapes », les versets nobles. Il mentionna qu’il les appela à Allah par divers types d’appel, de nuit et de jour, en secret et en public, tantôt par l’incitation, tantôt par l’intimidation. Tout cela ne réussit pas parmi eux ; au contraire, la plupart d’entre eux persistèrent dans l’égarement, la tyrannie et l’adoration des idoles et des statues. Ils lui manifestèrent de l’hostilité à tout moment, le rabaissèrent ainsi que ceux qui avaient cru en lui, les menacèrent de lapidation et d’expulsion, et leur infligèrent des maux. « Les notables de son peuple dirent » : les grands et les nobles parmi eux : « Nous te voyons dans un égarement évident. » « Il dit : Ô mon peuple, il n’y a en moi aucun égarement, mais je suis un Messager du Seigneur de l’univers », c’est-à-dire : je ne suis pas comme vous le prétendez, égaré, mais je suis sur la voie droite, un Messager du Seigneur de l’univers, Celui qui dit à une chose « Sois ! » et elle est. « Je vous transmets les messages de mon Seigneur, je vous suis un conseiller sincère, et je sais d’Allah ce que vous ne savez pas. » Telle est la qualité du Messager : il doit être éloquent, sincère et le plus savant des gens au sujet d’Allah, le Puissant et Majestueux. Ils lui dirent entre autres : « Nous ne voyons en toi qu’un homme comme nous, et nous ne voyons que les plus vils d’entre nous t’avoir suivi sans réflexion. Et nous ne voyons en vous aucune supériorité sur nous ; bien plutôt, nous pensons que vous êtes des menteurs. » Ils s’étonnèrent qu’un homme fût un Messager, et ils méprisèrent ceux qui l’avaient suivi, les considérant comme les plus vils d’entre eux. On a dit qu’ils étaient des gens de basse condition, les faibles d’entre eux, comme le dit Héraclius : « Ce sont les disciples des Messagers », et cela parce qu’ils n’avaient aucun obstacle à suivre la vérité.
Et leur parole : « sur le premier abord » 42, c'est-à-dire dès que tu les as appelés, ils ont répondu à toi sans réflexion ni délibération. Et ce dont ils les accusaient est précisément ce pour quoi ils sont loués, qu'Allah soit satisfait d'eux : car la vérité évidente n'a besoin ni de délibération, ni de réflexion, ni d'examen, mais il faut la suivre et s'y soumettre dès qu'elle apparaît. C'est pourquoi le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, a dit en louant le Véridique 43 : « Je n'ai appelé personne à l'islam sans qu'il n'ait hésité, sauf Abou Bakr, car il n'a pas balancé. » Et c'est pourquoi son serment d'allégeance le jour de la Saqîfa 44 fut également rapide, sans examen ni délibération : car sa supériorité sur les autres était évidente et claire aux yeux des Compagnons, qu'Allah soit satisfait d'eux. Et c'est pourquoi le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, lorsqu'il voulut écrire le document dans lequel il voulait désigner son successeur, puis l'abandonna, dit : « Allah et les croyants refusent autre qu'Abou Bakr, qu'Allah soit satisfait de lui. » Et la parole des mécréants du peuple de Noé à lui et à ceux qui avaient cru avec lui : « Et nous ne voyons en vous aucune supériorité sur nous » 45, c'est-à-dire : il n'est pas apparu pour vous, après votre qualification par la foi, une chose qui nous oblige à vous suivre, « mais nous pensons que vous êtes des menteurs. Il dit : Ô mon peuple, voyez-vous si je suis sur une preuve évidente de mon Seigneur et qu'Il m'a accordé une miséricorde de Sa part, mais qu'elle vous a été cachée, vous l'imposerions-nous alors que vous la répugnez ? » 46 Et ceci est une douceur dans le discours avec eux, et une bienveillance envers eux dans l'appel à la vérité, comme Allah Très-Haut a dit : « Dites-lui une parole douce, peut-être se rappellera-t-il ou craindra-t-Il. » 47 Et Il a dit : « Appelle à la voie de ton Seigneur par la sagesse et la bonne exhortation, et discute avec eux de la meilleure façon. » 48 Et ceci en fait partie. Il leur dit : « Voyez-vous si je suis sur une preuve évidente de mon Seigneur et qu'Il m'a accordé une miséricorde de Sa part » c'est-à-dire la prophétie et le message, « mais qu'elle vous a été cachée » c'est-à-dire vous ne l'avez pas comprise et vous n'y avez pas été guidés, « vous l'imposerions-nous » c'est-à-dire vous y contraindrions-nous et vous y forcerions-nous ? « alors que vous la répugnez » c'est-à-dire je n'ai aucun moyen avec vous dans cet état. « Ô mon peuple, je ne vous demande pas de salaire pour cela ; ma récompense n'incombe qu'à Allah » 49 c'est-à-dire je ne veux pas de vous de salaire pour vous avoir transmis ce qui vous est utile dans votre vie présente et dans l'au-delà ; je ne demande cela qu'à Allah, dont la récompense est meilleure pour moi et plus durable que ce que vous me donneriez. Et Sa parole : « Et je ne suis pas celui qui chasse ceux qui ont cru ; ils rencontreront leur Seigneur ; mais je vous vois un peuple ignorant » 50 : il semble qu'ils lui aient demandé d'éloigner ceux-là de lui, et ils lui promirent de se réunir avec lui s'il faisait cela, mais il refusa cela et dit : « Ils rencontreront leur Seigneur » c'est-à-dire je crains, si je les chasse, que vous ne vous souveniez pas. Et c'est pourquoi, lorsque les mécréants de Quraych demandèrent au Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, de chasser de lui les faibles croyants, comme 'Ammâr, Suhayb, Bilâl, Khabbâb et leurs semblables, Allah lui interdit cela, comme nous l'avons expliqué dans les sourates al-An'âm et al-Kahf. « Et je ne vous dis pas que je détiens les trésors d'Allah, ni que je connais l'Invisible, ni que je suis un ange » 51 c'est-à-dire je suis un serviteur et un messager ; je ne connais de la science d'Allah que ce qu'Il m'en a fait connaître, et je ne peux que ce qu'Il m'a donné le pouvoir de faire, et je ne possède pour moi-même ni bien ni mal, sauf ce qu'Allah veut. « Et je ne dis pas à ceux que vos yeux méprisent » 52 c'est-à-dire parmi ses suiveurs « qu'Allah ne leur accordera aucun bien ; Allah sait mieux ce qui est dans leurs âmes ; je serais alors du nombre des injustes » c'est-à-dire je ne témoigne pas contre eux qu'il n'y a pour eux aucun bien auprès d'Allah au Jour de la Résurrection ; Allah sait mieux à leur sujet et Il les rétribuera pour ce qui est dans leurs âmes : si c'est un bien, alors un bien, et si c'est un mal, alors un mal, comme ils ont dit dans d'autres passages : « Croirons-nous en toi alors que ce sont les vils qui te suivent ? Il dit : Je n'ai aucune science de ce qu'ils faisaient ; leur compte n'incombe qu'à mon Seigneur, si seulement vous saviez ; et je ne suis pas celui qui chasse les croyants ; je ne suis qu'un avertisseur explicite. » 53 Et le temps s'est prolongé, ainsi que la dispute entre lui et eux, comme Allah Très-Haut a dit : « Il demeura parmi eux mille ans moins cinquante ans ; puis le Déluge les saisit alors qu'ils étaient injustes. » 54 c'est-à-dire malgré cette longue durée, seuls quelques-uns d'entre eux crurent en lui. Et chaque fois qu'une génération disparaissait, ils recommandaient à ceux qui venaient après de ne pas croire en lui, de le combattre et de lui désobéir. Et le père, lorsque son enfant atteignait l'âge de raison et comprenait sa parole, lui recommandait en privé de ne jamais croire en Noé, tant qu'il vivrait et pour toujours. Et leurs natures refusaient la foi et le suivre de la vérité ; c'est pourquoi Il dit : « Ils n'engendreront que des pervers et des mécréants. » 55 Et c'est pourquoi : « Ils dirent : Ô Noé, tu as disputé avec nous et multiplié les disputes ; apporte-nous donc ce dont tu nous menaces, si tu es du nombre des véridiques. Il dit : Ce n'est qu'Allah qui vous l'apportera, s'Il veut ; et vous ne saurez pas réduire [Sa puissance]. » 56 c'est-à-dire seul Allah, Puissant et Majestueux, peut cela ; car Lui, rien ne Le rend impuissant et aucune affaire ne L'embarrasse, mais Il dit à la chose : « Sois », et elle est. « Et mon conseil ne vous profiterait pas, même si je voulais vous conseiller, si Allah veut vous égarer ; Il est votre Seigneur, et c'est vers Lui que vous serez ramenés. » 57 c'est-à-dire celui qu'Allah veut éprouver, personne ne peut le guider ; c'est Lui qui guide qui Il veut et égare qui Il veut, et Il fait ce qu'Il veut, et Il est le Puissant, le Sage, le Savant de celui qui mérite la guidance et de celui qui mérite l'égarement ; à Lui appartient la sagesse parfaite et l'argument irréfutable. « Et il fut révélé à Noé : Il ne croira plus de ton peuple que celui qui a déjà cru » 58 : consolation pour lui de ce qu'ils lui avaient fait, « ne t'afflige donc pas de ce qu'ils faisaient » 59 : c'est une consolation pour Noé, sur lui la paix, au sujet de son peuple : il ne croira plus d'eux que celui qui a déjà cru, c'est-à-dire que ce qui est arrivé ne t'attriste pas, car le secours est proche et la nouvelle est étonnante. « Et construis l'arche sous Nos yeux et selon Notre révélation ; et ne M'interpelle pas au sujet de ceux qui ont injuste ; ils seront noyés. » 60 Cela, parce que Noé, sur lui la paix, lorsqu'il désespéra de leur réforme et de leur salut, et vit qu'il n'y avait en eux aucun bien, et qu'ils étaient parvenus à lui nuire, à lui désobéir et à le traiter de menteur par tous les moyens, en actes et en paroles, il invoqua contre eux une invocation de colère [d'Allah contre eux] ; Allah exauça son invocation et répondit à sa demande. Allah Très-Haut a dit : « Et Noé Nous a appelé ; et Nous sommes le meilleur des exauceurs ; et Nous le sauvâmes, lui et sa famille, de la grande angoisse. » 61 Et Il a dit : « Et Noé, lorsqu'il Nous appela auparavant ; Nous l'exauçâmes et le sauvâmes, lui et sa famille, de la grande angoisse. » 62 Et Il a dit : « Il dit : Seigneur, mon peuple m'a traité de menteur ; prononce donc un jugement entre moi et eux, et sauve-moi ainsi que ceux des croyants qui sont avec moi. » 63 Et Il a dit : « Il invoqua son Seigneur : Je suis vaincu, alors secours-moi. » 64 Et Il a dit : « Il dit : Seigneur, secours-moi parce qu'ils me traitent de menteur. » 65 Et Il a dit : « À cause de leurs fautes, ils furent noyés, puis introduits dans un Feu ; et ils ne trouvèrent pas, en dehors d'Allah, de secoureurs. Et Noé dit : Seigneur, ne laisse sur la terre aucun des mécréants ; car si Tu les laisses, ils égareront Tes serviteurs et n'engendreront que des pervers et des mécréants. » 66 Ainsi s'accumulèrent sur eux leurs fautes : leur mécréance, leur perversité et l'invocation de leur prophète contre eux. Alors, Allah Très-Haut lui ordonna de construire l'arche, qui est l'immense vaisseau qui n'eut pas de pareil avant lui et n'aura pas de semblable après lui. Et Allah lui signifia à l'avance que lorsque Son ordre viendrait et que Son châtiment, qui ne peut être repoussé du peuple criminel, s'abattrait sur eux, il ne reviendrait pas vers eux et ne L'interpellerait pas à leur sujet ; car peut-être la pitié pour son peuple le saisirait-il à la vue du châtiment descendant sur eux, car la nouvelle n'est pas comme la vision directe. C'est pourquoi Il dit : « Et ne M'interpelle pas au sujet de ceux qui ont injuste ; ils seront noyés. » « Et il construisait l'arche, et chaque fois que des notables de son peuple passaient près de lui, ils se moquaient de lui » 67 c'est-à-dire ils se raillaient de lui, jugeant impossible la réalisation de ce dont il les menaçait. « Il dit : Si vous vous moquez de nous, eh bien, nous nous moquons de vous comme vous vous moquez » 68 c'est-à-dire c'est nous qui nous moquons de vous et nous étonnons de vous, de votre persistance dans votre mécréance et votre obstination qui entraîne la descente du châtiment sur vous et son arrivée.
« Alors vous saurez qui subira un châtiment qui l’humiliera et sur qui s’abattra un châtiment permanent. » Leur caractère dans l’ici-bas était l’incrédulité grossière et l’obstination extrême, et il en sera de même dans l’au-delà : ils nieront aussi qu’un messager soit venu à eux. Comme l’a rapporté al-Bukhārī : Mūsā ibn Ismā‘īl nous a raconté, ‘Abd al-Wāḥid ibn Ziyād nous a raconté, al-A‘mash nous a raconté, d’après Abū Ṣāliḥ, d’après Abū Sa‘īd, qui a dit : Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) a dit : « Noé (sur lui la paix) viendra avec sa communauté, et Allāh – Puissant et Majestueux – dira : “As-tu transmis ?” Il répondra : “Oui, ô mon Seigneur.” Alors Il dira à sa communauté : “Vous a-t-il transmis ?” Ils répondront : “Non, aucun prophète n’est venu à nous.” Il dira à Noé : “Qui témoignera pour toi ?” Il répondra : “Muḥammad et sa communauté.” Alors ils témoigneront qu’il a bien transmis. » Et c’est la parole du Très-Haut : « Et ainsi Nous avons fait de vous une communauté du juste milieu 69, afin que vous soyez témoins pour les gens, et que le Messager soit témoin pour vous. » Le « juste milieu » signifie la justice. Cette communauté témoigne donc, sur la base du témoignage de son Prophète véridique et confirmé, qu’Allāh a envoyé Noé avec la vérité, lui a révélé la vérité, lui a ordonné de la transmettre, et qu’il l’a transmise à sa communauté de la manière la plus complète et parfaite, sans rien omettre de ce qui pouvait leur être utile dans leur religion, sans rien leur ordonner, et sans rien de ce qui pouvait leur nuire sans les en avoir interdits et mis en garde. Tel est le cas de tous les messagers, au point qu’il a mis son peuple en garde contre le Faux Messie 70, bien que sa sortie ne fût pas attendue à leur époque, par sollicitude, compassion et miséricorde envers eux. Comme l’a rapporté al-Bukhārī : ‘Abdān nous a raconté, ‘Abd Allāh nous a raconté, d’après Yūnus, d’après al-Zuhrī, Sālim a dit qu’Ibn ‘Umar a dit : Le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) se leva devant les gens, loua Allāh comme Il le mérite, puis mentionna le Faux Messie et dit : « Je vous mets en garde contre lui. Il n’y a pas un prophète qui n’ait mis son peuple en garde contre lui. Noé a mis son peuple en garde contre lui, et je vais vous dire à son sujet une parole qu’aucun prophète n’a dite à son peuple : sachez qu’il est borgne, et qu’Allāh n’est pas borgne. » Ce hadith se trouve également dans les deux Ṣaḥīḥ 71 d’après le récit de Shaybān ibn ‘Abd al-Raḥmān, d’après Yaḥyā ibn Abī Kathīr, d’après Abū Salama ibn ‘Abd al-Raḥmān, d’après Abū Hurayra, d’après le Prophète (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) qui a dit : « Ne vous raconterai-je pas au sujet du Faux Messie un récit qu’aucun prophète n’a raconté à son peuple ? Il est borgne, et il viendra avec une image du Paradis et de l’Enfer, mais ce qu’il appellera Paradis est en réalité l’Enfer. Et je vous mets en garde comme Noé a mis son peuple en garde contre lui. » Ce sont les termes d’al-Bukhārī. Certains savants des prédécesseurs 72 ont dit : Lorsqu’Allāh exauça sa prière, Il lui ordonna de planter un arbre pour en faire le navire. Il le planta et l’attendit cent ans, puis le façonna pendant cent autres années. On a aussi dit quarante ans. Et Allāh sait mieux. Muḥammad ibn Isḥāq a rapporté d’après al-Thawrī : Il était en bois de teck. On a aussi dit en pin, ce qui est le texte de la Torah. Al-Thawrī a dit : Il lui ordonna de lui donner une longueur de quatre-vingts coudées, d’enduire l’extérieur et l’intérieur de poix, et de lui faire une proue 73 oblique pour fendre l’eau. Qatāda a dit : Sa longueur était de trois cents coudées et sa largeur de cinquante coudées. C’est ce qui se trouve dans la Torah, d’après ce que j’ai vu. Al-Ḥasan al-Baṣrī a dit : Six cents coudées de long sur trois cents de large. D’après Ibn ‘Abbās : Mille deux cents coudées de long sur six cents de large. On a aussi dit : Sa longueur était de deux mille coudées et sa largeur de cent coudées. Ils ont tous dit : Sa hauteur était de trente coudées, et elle comportait trois étages, chacun de dix coudées : l’étage inférieur pour les animaux domestiques et sauvages, celui du milieu pour les humains, et le supérieur pour les oiseaux. Sa porte était sur le côté, et elle avait un couvercle au-dessus qui la fermait. * * * Allāh le Très-Haut a dit : « Il dit : “Seigneur, secours-moi, car ils me traitent de menteur.” Nous lui révélâmes alors : “Construis l’arche sous Nos yeux et selon Notre révélation 74.” » C’est-à-dire sur Notre ordre pour toi, et sous Notre regard pour sa construction, afin que Nous te guidions vers la justesse dans sa fabrication. « Puis, quand Notre ordre viendra et que le four 75 bouillonnera, embarque à bord un couple de chaque espèce, ainsi que ta famille, sauf ceux contre qui la parole a déjà été prononcée. Et ne M’intercède pas en faveur des injustes, car ils seront noyés. » Il lui ordonna donc, par Son ordre sublime et élevé, que lorsque Son ordre viendrait et que Son châtiment s’abattrait, il embarque dans ce navire un couple de chaque espèce animale, ainsi que tout ce qui a une âme parmi les animaux comestibles et autres, pour préserver leur descendance, et qu’il embarque avec lui sa famille, c’est-à-dire les gens de sa maison, sauf ceux contre qui la parole avait déjà été prononcée, c’est-à-dire sauf ceux qui étaient mécréants, car la sentence irrévocable avait été exécutée contre eux, et le châtiment inéluctable devait s’abattre sur eux. Et il lui ordonna de ne pas L’interpeller à leur sujet lorsque ce qu’ils subiraient comme terrible châtiment, que Celui qui fait ce qu’Il veut avait décrété contre eux, s’abattrait sur eux, comme nous l’avons expliqué précédemment. Le « four » désigne, selon la majorité des exégètes, la surface de la terre, c’est-à-dire que la terre jaillit de toutes parts, au point que les fours, qui sont les endroits où l’on fait du feu, se mirent à bouillonner. D’après Ibn ‘Abbās : Le four est une source en Inde. D’après al-Sha‘bī : à Koufa. D’après Qatāda : en Mésopotamie. ‘Alī ibn Abī Ṭālib a dit : Le « four » désigne la fente de l’aube et l’illumination du matin, c’est-à-dire son éclat et sa lumière. C’est-à-dire : à ce moment-là, embarque à bord un couple de chaque espèce. C’est une opinion étrange. Et la parole du Très-Haut : « Jusqu’à ce que, lorsque Notre ordre vint et que le four bouillonna, Nous dîmes : “Embarque à bord un couple de chaque espèce, ainsi que ta famille, sauf ceux contre qui la parole a déjà été prononcée, et ceux qui ont cru.” Mais ceux qui avaient cru avec lui étaient peu nombreux. » C’est un ordre qu’au moment où le châtiment s’abattrait sur eux, il embarque à bord un couple de chaque espèce. Dans le Livre des Gens du Livre, il est dit qu’il lui fut ordonné d’embarquer sept couples de ce qui se mange, et un couple (mâle et femelle) de ce qui ne se mange pas. Ceci diffère du sens apparent de la parole du Très-Haut dans notre Livre de vérité : « deux », si nous considérons que c’est le complément d’objet direct. Mais si nous le considérons comme une emphase de « couple » et que le complément d’objet direct est sous-entendu, alors il n’y a pas de contradiction. Et Allāh sait mieux. Certains ont mentionné – et cela est rapporté d’Ibn ‘Abbās : Le premier oiseau à entrer fut le paon 76, et le dernier animal à entrer fut l’âne. Iblīs 77 entra accroché à la queue de l’âne. Ibn Abī Ḥātim a dit : Mon père nous a raconté, ‘Abd Allāh ibn Ṣāliḥ nous a raconté, al-Layth m’a raconté, Hishām ibn Sa‘d m’a raconté, d’après Zayd ibn Aslam, d’après son père, que le Messager d’Allāh (que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui) a dit : « Lorsque Noé embarqua dans l’arche un couple de chaque espèce, ses compagnons dirent : “Comment pourrons-nous être tranquilles ? Ou comment le bétail pourra-t-il être tranquille alors que le lion est avec nous ?” Alors Allāh envoya contre le lion la fièvre, qui fut la première fièvre à descendre sur terre. Puis ils se plaignirent de la souris, disant : “Ce petit animal nuisible gâte notre nourriture et nos biens.” Alors Allāh inspira au lion d’éternuer, et le chat sortit de son nez, et la souris se cacha devant lui. » Ce hadith est mursal 78. Et Sa parole : « ainsi que ta famille, sauf ceux contre qui la parole a déjà été prononcée » signifie : sauf ceux pour qui l’invocation irrévocable a été exaucée parmi ceux qui ont mécru, et parmi eux se trouvait son fils « Yām » qui se noya, comme cela sera expliqué plus loin. « et ceux qui ont cru » c’est-à-dire : et embarque ceux de ta communauté qui ont cru en toi. Allāh le Très-Haut a dit : « Mais ceux qui avaient cru avec lui étaient peu nombreux. » Ceci, malgré la longue durée de sa présence parmi eux et ses appels pressants, nuit et jour, par toutes sortes de paroles et d’artifices de douceur, de menaces et d’avertissements, tantôt par l’incitation, tantôt par la menace. Les savants ont divergé sur le nombre de ceux qui étaient avec lui dans l’arche. D’après Ibn ‘Abbās : Ils étaient quatre-vingts personnes, avec leurs femmes. D’après Ka‘b al-Aḥbār : Ils étaient soixante-douze personnes. On a aussi dit : Ils étaient dix.
Et il a été dit qu'ils n'étaient que Noé, ses trois fils, et ses quatre belles-filles, avec la femme de Yam 79, celui qui s'est retiré et isolé, et a suivi 80 une voie autre que celle du salut, et n'a pas été droit lorsqu'il a dévié. Cette parole contredit le sens apparent du verset, car celui-ci est explicite sur le fait qu'une partie de ceux qui n'étaient pas de sa famille monta avec lui, parmi ceux qui avaient cru en lui, comme Il dit : « Et sauve-moi, ainsi que ceux des croyants qui sont avec moi. » Et il a été dit qu'ils étaient sept. Quant à la femme de Noé, qui était la mère de tous ses enfants – à savoir Cham, Sem, Japhet, Yam (que les gens du Livre appellent Canaan, et c'est celui qui s'est noyé), et 'Aber – elle mourut avant le Déluge, et il a été dit qu'elle se noya avec ceux qui se noyèrent, et qu'elle était de ceux sur qui la parole fut prononcée à cause de sa mécréance. Selon les gens du Livre, elle était dans l'arche ; il est donc possible qu'elle ait mécru après cela, ou qu'elle ait été ajournée jusqu'au Jour de la Résurrection. La première hypothèse est la plus apparente, en raison de Sa parole : « Et il ne resta sur la terre aucun des mécréants, pas une seule maison. » * * * Allah – exalté soit-Il – dit : « Et lorsque toi et ceux qui sont avec vous serez installés sur l'arche, dis : "Louange à Allah qui nous a sauvés du peuple injuste !" Et dis : "Seigneur, fais-moi descendre en un lieu béni, car Tu es le meilleur de ceux qui font descendre." » Il lui ordonna de louer son Seigneur pour ce qu'Il lui avait facilité comme arche, par laquelle Il le sauva et trancha entre lui et son peuple, et réjouit son œil de ceux qui s'opposaient à lui et le traitaient de menteur, comme Allah – exalté soit-Il – dit : « Et Celui qui a créé tous les couples, et vous a assigné des vaisseaux et des bestiaux sur lesquels vous montez, afin que vous vous installiez sur leurs dos, puis que vous vous rappeliez le bienfait de votre Seigneur lorsque vous y serez installés, et que vous disiez : "Gloire à Celui qui nous a soumis cela, alors que nous n'étions pas capables de le dominer ! Et c'est vers notre Seigneur que nous retournerons." » 81 Ainsi, il est ordonné, au début des choses, d'invoquer pour qu'elles soient dans le bien et la bénédiction, et que leur fin soit louable, comme Allah – exalté soit-Il – dit à Son Messager – qu'Allah prie sur lui et le salue – lorsqu'il émigra : « Et dis : "Seigneur, fais-moi entrer par une entrée de vérité, et fais-moi sortir par une sortie de vérité, et accorde-moi de Ta part un pouvoir secourable." » 82 Noé – sur lui la paix – se conforma à cette recommandation et dit : « Montez-y ! Au nom d'Allah, sa course et son ancrage. Mon Seigneur est certes Pardonneur et Miséricordieux. » 83 c'est-à-dire : au nom d'Allah, le début de sa course et sa fin. « Mon Seigneur est certes Pardonneur et Miséricordieux », c'est-à-dire qu'Il est aussi doté d'un châtiment douloureux, tout en étant Pardonneur et Miséricordieux ; Sa rigueur n'est pas repoussée du peuple criminel, comme Il l'infligea aux habitants de la terre qui mécrurent en Lui et adorèrent autre que Lui. Allah – exalté soit-Il – dit : « Et elle voguait avec eux au milieu de vagues comme des montagnes. » Cela, parce qu'Allah – exalté soit-Il – envoya du ciel une pluie que la terre n'avait jamais connue auparavant et qu'elle ne connut plus après, semblable à la gueule des outres, et Il ordonna à la terre de jaillir de toutes ses fissures et de tous ses côtés, comme Allah – exalté soit-Il – dit : « Il invoqua son Seigneur : "Je suis vaincu, secours-moi !" Alors Nous ouvrîmes les portes du ciel avec une eau torrentielle, et Nous fîmes jaillir la terre en sources, et les eaux se rencontrèrent selon un ordre déjà décrété. Et Nous le portâmes sur un vaisseau fait de planches et de clous. » 84 Les « clous » sont les chevilles. « Voguant sous Nos yeux » 85, c'est-à-dire sous Notre protection, Notre garde, Notre surveillance et Notre vision directe, « comme récompense pour celui qui avait été mécréant ». Ibn Jarir et d'autres ont mentionné que le Déluge eut lieu le treizième jour du mois d'Ab, selon le comput copte. Allah – exalté soit-Il – dit : « Quand l'eau déborda, Nous vous portâmes dans l'arche, afin d'en faire pour vous un rappel, et qu'une oreille attentive la retienne. » 86 Un groupe d'exégètes a dit : l'eau s'éleva au-dessus de la plus haute montagne de la terre 87 de quinze coudées, selon ce que rapportent les gens du Livre. Et il a été dit : de quatre-vingts coudées. Elle recouvrit toute la terre, en longueur et en largeur, plaine et montagne, monts, déserts et sables, et il ne resta sur la face de la terre, parmi les êtres vivants qui s'y trouvaient, aucun œil qui cligne, ni petit ni grand. L'imam Malik a rapporté d'après Zayd ibn Aslam : « Les gens de cette époque avaient rempli la plaine et la montagne. » 'Abd ar-Rahman ibn Zayd ibn Aslam a dit : « Il n'y avait pas un seul endroit sur terre qui n'eût un propriétaire et un occupant. » Ces deux récits sont rapportés par Ibn Abi Hatim. « Et Noé appela son fils, qui se tenait à l'écart : "Ô mon fils, monte avec nous et ne sois pas avec les mécréants !" Il dit : "Je vais me réfugier sur une montagne qui me protégera de l'eau." Noé dit : "Aujourd'hui, nul protecteur contre l'ordre d'Allah, sauf celui à qui Il fait miséricorde." Et la vague s'interposa entre eux, et il fut du nombre des noyés. » Ce fils est Yam, le frère de Sem, Cham et Japhet ; et il a été dit que son nom est Canaan. Il était mécréant, accomplissant une œuvre non vertueuse, et il s'opposa à son père dans sa religion et sa doctrine, et périt avec ceux qui périrent. Cependant, des étrangers au lignage furent sauvés avec son père, parce qu'ils étaient en accord avec lui dans la religion et la doctrine. « Et il fut dit : "Ô terre, absorbe ton eau ! Ô ciel, cesse !" L'eau baissa, l'ordre fut accompli, et [l'arche] s'installa sur le Joudi 88. Et il fut dit : "Que disparaissent les gens injustes !" » C'est-à-dire : lorsqu'Il eut fini avec les habitants de la terre, et qu'il ne resta plus personne qui adorait autre qu'Allah – Puissant et Majestueux –, Allah ordonna à la terre d'absorber son eau, et au ciel de cesser, c'est-à-dire de retenir la pluie. « Et l'eau baissa », c'est-à-dire diminua par rapport à ce qu'elle était. « Et l'ordre fut accompli », c'est-à-dire que ce qui avait été décrété dans Sa science et Sa prédestination s'abattit sur eux : Il leur infligea ce qu'Il leur infligea. « Et il fut dit : "Que disparaissent les gens injustes !" », c'est-à-dire qu'il fut proclamé contre eux par la langue de la Toute-Puissance : « Qu'ils soient éloignés de la miséricorde et du pardon ! » Comme Allah – exalté soit-Il – dit : « Ils le traitèrent de menteur. Nous le sauvâmes, ainsi que ceux qui étaient avec lui dans l'arche, et Nous noyâmes ceux qui traitaient Nos signes de mensonges. Ils étaient vraiment un peuple aveugle. » 89 Et Allah – exalté soit-Il – dit : « Ils le traitèrent de menteur. Nous le sauvâmes, ainsi que ceux qui étaient avec lui dans l'arche, et Nous en fîmes des successeurs. Et Nous noyâmes ceux qui traitaient Nos signes de mensonges. Regarde donc quelle fut la fin de ceux qui avaient été avertis ! » 90 Et Allah – exalté soit-Il – dit : « Et Nous le secourûmes contre le peuple qui traitait Nos signes de mensonges. Ils étaient vraiment un peuple mauvais. Nous les noyâmes tous. » 91 Et Allah – exalté soit-Il – dit : « Nous le sauvâmes, ainsi que ceux qui étaient avec lui dans l'arche pleine. Puis, après cela, Nous noyâmes les autres. Il y a là un signe, mais la plupart d'entre eux ne sont pas croyants. Et ton Seigneur, c'est Lui le Puissant, le Sage. » 92 Et Allah – exalté soit-Il – dit : « Nous le sauvâmes, ainsi que les compagnons de l'arche, et Nous en fîmes un signe pour les mondes. » Et Il dit : « Puis Nous noyâmes les autres. » Et Il dit : « Et Nous l'avons laissée comme un signe. Y a-t-il quelqu'un pour s'en souvenir ? Quel fut donc Mon châtiment et Mes avertissements ? Et Nous avons facilité le Coran pour la méditation. Y a-t-il quelqu'un pour s'en souvenir ? » 93 Et Allah – exalté soit-Il – dit : « À cause de leurs péchés, ils furent noyés, puis introduits dans un Feu, et ils ne trouvèrent pas, en dehors d'Allah, de secoureurs. Et Noé dit : "Seigneur, ne laisse sur la terre aucun des mécréants, pas un seul habitant ! Car si Tu les laisses, ils égareront Tes serviteurs et n'engendreront que des pervers et des mécréants." » 94 Allah – exalté soit-Il – exauça sa prière – à Lui la louange et la grâce – et il n'en resta pas un seul œil qui cligne. Les deux imams Abou Ja'far ibn Jarir et Abou Muhammad ibn Abi Hatim ont rapporté dans leurs exégèses, d'après Ya'qub ibn Muhammad az-Zuhri, d'après Qayd, affranchi de 'Abd Allah ibn Abi Rafi', qu'Ibrahim ibn 'Abd ar-Rahman ibn Abi Rabi'a l'informa que 'Aïcha, la Mère des croyants, l'informa que le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Si Allah avait dû faire miséricorde à quelqu'un du peuple de Noé, Il aurait fait miséricorde à la mère du petit garçon ! » Le Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Noé – sur lui la paix – resta parmi son peuple mille ans – c'est-à-dire moins cinquante ans – et il planta des arbres pendant cent ans ; ils devinrent grands et s'étendirent dans toutes les directions. Puis il les coupa et en fit une arche. Les gens passaient devant lui et se moquaient de lui, disant : "Tu fabriques une arche sur la terre ferme ? Comment va-t-elle voguer ?" Il dit : "Vous saurez bientôt." Lorsqu'il eut terminé, que l'eau jaillit et que les rues devinrent des torrents, la mère du petit garçon craignit pour lui – elle l'aimait d'un amour intense –, elle sortit avec lui vers la montagne jusqu'à en atteindre le tiers. Quand l'eau l'atteignit, elle monta avec lui jusqu'au sommet de la montagne. Lorsque l'eau atteignit son cou, elle le souleva de ses mains, et ils se noyèrent tous deux. Si Allah avait dû faire miséricorde à quelqu'un d'entre eux, Il aurait fait miséricorde à la mère du petit garçon ! » Ce hadith est étrange. Des récits similaires à cette histoire ont été rapportés d'après Ka'b al-Ahbar, Mujahid et plusieurs autres. Il est plus probable que ce hadith soit une tradition suspendue 95, reçue de quelqu'un comme Ka'b al-Ahbar.
Et Dieu sait mieux. * * * Le propos est que Dieu n'a laissé aucun habitant 96 parmi les mécréants. Comment donc certains exégètes prétendent-ils que 'Ūj ibn 'Unuq 97 — et l'on dit aussi ibn 'Ināq — existait depuis avant Noé jusqu'à l'époque de Moïse ? Ils disent qu'il était un mécréant rebelle, tyrannique et obstiné. Ils disent qu'il était né de la fornication, sa mère, fille d'Adam, l'ayant conçu dans le péché, et qu'il attrapait de sa hauteur les poissons du fond des mers et les faisait griller sous le soleil, et qu'il disait à Noé, alors que celui-ci était dans l'arche : « Qu'est-ce que cette écuelle que tu as ? » et se moquait de lui. Ils mentionnent que sa taille était de trois mille trois cent trente-trois coudées et un tiers, et d'autres divagations encore qui, si elles n'étaient consignées dans nombre de livres d'exégèse et autres chroniques et récits des peuples 98, nous ne nous serions pas attardés à les rapporter, tant elles sont futiles et ineptes. De plus, elles contredisent la raison et la tradition. Quant à la raison : comment se peut-il que Dieu ait noyé le fils de Noé pour sa mécréance, alors que son père était le prophète de la communauté et le chef des croyants, et qu'Il n'ait pas fait périr 'Ūj ibn 'Unuq — ou 'Anāq — qui était, selon ce qu'ils rapportent, plus injuste et plus tyrannique ? Comment Dieu n'aurait-Il épargné personne parmi eux, ni la mère de l'enfant ni l'enfant, et aurait-Il laissé ce prétentieux 99 tyran obstiné, pervers, mécréant endurci, démon rebelle, selon ce qu'ils disent ? Quant à la tradition, Dieu Très-Haut a dit : « Puis Nous noyâmes les autres » 100, et Il a dit : « Seigneur, ne laisse sur terre aucun habitant 96 parmi les mécréants » 101. De plus, cette taille qu'ils mentionnent contredit ce qui est rapporté dans les deux Sahîh 102 d'après le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — qui a dit : « Dieu créa Adam d'une taille de soixante coudées, puis la création n'a cessé de diminuer jusqu'à maintenant » 103. Voilà le texte du Véridique, du Confirmé, de l'Infaillible, qui ne parle pas sous l'effet de la passion : « Ce n'est rien d'autre qu'une révélation inspirée » 104 : la création n'a cessé de diminuer jusqu'à maintenant, c'est-à-dire que les hommes n'ont cessé de décroître en taille depuis Adam jusqu'au jour où il a rapporté cela, et ainsi de suite jusqu'au Jour de la Résurrection. Cela implique qu'il n'a jamais existé parmi la descendance d'Adam quelqu'un de plus grand que lui. Comment donc négliger cela et l'oublier, pour s'en remettre aux paroles des menteurs mécréants parmi les Gens du Livre, qui ont altéré les Livres révélés de Dieu, les ont déformés, interprétés et placés hors de leur contexte ? Que penses-tu donc de ce qu'ils rapportent seuls ou dont ils sont les dépositaires, alors qu'ils sont des traîtres et des menteurs — sur eux les malédictions de Dieu qui se succèdent jusqu'au Jour de la Résurrection 105 ? Et je ne pense pas que ce récit sur 'Ūj ibn 'Anāq soit autre chose qu'une invention de certains de leurs zindîqs 106 et de leurs pervers, qui étaient les ennemis des prophètes. Et Dieu sait mieux. * * * Puis Dieu Très-Haut mentionna l'appel pressant de Noé à son Seigneur au sujet de son fils, et sa question à Son sujet, sur le mode de l'interrogation et de la recherche de clarification. Le sens de la question : Tu m'as promis le salut de ma famille avec moi, et il en fait partie, et pourtant il s'est noyé ? Il lui fut répondu : « Il n'est pas de ta famille », c'est-à-dire ceux à qui le salut a été promis. C'est-à-dire : Nous t'avons dit : « Et ta famille, sauf celui contre qui la parole a déjà été prononcée parmi eux » 107 ; celui-ci était donc de ceux contre qui la parole avait été prononcée, à savoir qu'il serait noyé à cause de sa mécréance. C'est pourquoi les décrets l'ont conduit à se séparer de la sphère des croyants, et il fut noyé avec son parti, les gens de la mécréance et de la tyrannie. Puis Dieu Très-Haut dit : « Il fut dit : "Ô Noé, descends avec une paix de Notre part et des bénédictions sur toi et sur des communautés issues de ceux qui sont avec toi. Et il y aura des communautés auxquelles Nous donnerons jouissance, puis un châtiment douloureux venant de Nous les touchera" » 108. C'est un ordre à Noé — sur lui la paix — lorsque l'eau se fut retirée de la surface de la terre et qu'il fut possible d'y marcher et de s'y installer, de descendre de l'arche qui s'était arrêtée, après son immense voyage, sur le mont Jûdî 109, une montagne célèbre en terre de Mésopotamie, « avec une paix de Notre part et des bénédictions », c'est-à-dire : descends sain et sauf, béni, toi et les communautés issues de ceux qui naîtront après, c'est-à-dire de tes enfants. Car Dieu n'a donné à aucun de ceux qui étaient avec lui parmi les croyants de descendance ni de postérité, sauf à Noé — sur lui la paix. Dieu Très-Haut dit : « Et Nous fîmes de sa descendance les seuls survivants » 110. Ainsi, tous ceux qui sont aujourd'hui sur la face de la terre, parmi toutes les races des fils d'Adam, se rattachent aux trois fils de Noé : Sem, Cham et Japhet. L'imam Ahmad a dit : 'Abd al-Wahhâb nous a rapporté d'après Sa'îd, d'après Qatâda, d'après al-Hasan, d'après Samura, que le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « Sem est le père des Arabes, Cham le père des Abyssins, et Japhet le père des Romains » 111. At-Tirmidhî l'a rapporté d'après Bishr ibn Mu'âdh al-'Aqadî, d'après Yazîd ibn Zuray', d'après Sa'îd ibn Abî 'Arûba, d'après Qatâda, d'après al-Hasan, d'après Samura, remontant au Prophète, de manière similaire. Le cheikh Abû 'Umar ibn 'Abd al-Barr a dit : Il a été rapporté de 'Imrân ibn Husayn, d'après le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — quelque chose de semblable. Il a dit : On entend par « Romains » ici les premiers Romains, c'est-à-dire les Grecs, qui descendent de Rûmî ibn Labtî ibn Yûnân ibn Yâfith ibn Nûh — sur lui la paix. Puis il a été rapporté d'après Ismâ'îl ibn 'Ayyâsh, d'après Yahyâ ibn Sa'îd, d'après Sa'îd ibn al-Musayyab, qu'il a dit : Les fils de Noé sont trois : Sem, Japhet et Cham. Chacun de ces trois eut des enfants. Sem engendra les Arabes, les Perses et les Romains. Japhet engendra les Turcs, les Slaves, Gog et Magog. Cham engendra les Coptes, les Noirs et les Berbères. Je dis : Le hâfiz Abû Bakr al-Bazzâr a dit dans son Musnad : Ibrâhîm ibn Hâni' et Ahmad ibn Husayn ibn 'Abbâd Abû al-'Abbâs nous ont dit : Muhammad ibn Yazîd ibn Sinân ar-Rahâwî nous a rapporté, mon père m'a rapporté d'après Yahyâ ibn Sa'îd, d'après Sa'îd ibn al-Musayyab, d'après Abû Hurayra, qui a dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « Il naquit à Noé : Sem, Cham et Japhet. Il naquit à Sem : les Arabes, les Perses, les Romains, et le bien est en eux. Il naquit à Japhet : Gog et Magog, les Turcs et les Slaves, et il n'y a pas de bien en eux. Il naquit à Cham : les Coptes, les Berbères et les Noirs » 112. Puis il dit : Nous ne savons pas que cela soit rapporté remontant au Prophète autrement que par cette voie. Muhammad ibn Yazîd ibn Sinân est le seul à le rapporter d'après son père. Un groupe de savants a rapporté d'après lui et a toléré son hadith. D'autres l'ont rapporté d'après Yahyâ ibn Sa'îd de manière interrompue, sans le remonter au Prophète, et en ont fait une parole de Sa'îd. Je dis : Ce qu'a mentionné Abû 'Umar est ce qui est conservé comme parole de Sa'îd. C'est ainsi qu'il a été rapporté de Wahb ibn Munabbih quelque chose de semblable. Et Dieu sait mieux. Yazîd ibn Sinân Abû Farwa ar-Rahâwî est très faible, on ne se fie pas à lui. On a dit que Noé — sur lui la paix — n'eut ces trois fils qu'après le Déluge ; avant l'arche, il eut Canaan, qui se noya, et 'Âbir, qui mourut avant le Déluge. Le correct est que les trois fils étaient avec lui dans l'arche, eux, leurs femmes et leur mère, et c'est le texte de la Torah. Il a été mentionné que Cham eut des relations avec sa femme dans l'arche, et Noé invoqua contre lui pour que la forme de sa semence soit altérée ; il lui naquit un enfant noir, qui est Canaan fils de Cham, l'ancêtre des Noirs. On dit aussi qu'il vit son père endormi, ses parties intimes découvertes, et il ne les cacha pas, tandis que ses deux frères les cachèrent ; c'est pourquoi Noé invoqua contre lui pour que sa semence soit changée et que ses enfants soient esclaves de ses frères 113. L'imam Abû Ja'far ibn Jarîr a rapporté, par la voie de 'Alî ibn Zayd ibn Jud'ân, d'après Yûsuf ibn Mihrân, d'après Ibn 'Abbâs, que celui-ci a dit : Les apôtres dirent à Jésus fils de Marie : « Si seulement tu nous envoyais un homme qui ait été témoin de l'arche pour nous en parler. » Il dit : Il partit avec eux jusqu'à une colline de terre, prit une poignée de cette terre dans sa main et dit : « Savez-vous ce que c'est ? » Ils dirent : « Dieu et Son messager le savent mieux. » Il dit : « C'est l'os du talon de Cham fils de Noé. »
Il dit : Il frappa la dune avec son bâton et dit : « Lève-toi, par la permission d’Allah. » Et voilà qu’il se dressa, secouant la terre de sa tête, les cheveux blanchis. Jésus, sur lui la paix, lui dit : « Étais-tu ainsi lorsque tu es mort ? » Il répondit : « Non, mais je suis mort jeune ; seulement, j’ai cru que c’était l’Heure 114, et c’est pourquoi j’ai blanchi. » Il dit : « Raconte-nous au sujet de l’arche de Noé. » Il dit : « Sa longueur était de mille coudées et deux cents coudées, sa largeur de six cents coudées. Elle avait trois étages : un étage pour les animaux domestiques et les bêtes sauvages, un étage pour les humains, et un étage pour les oiseaux. Lorsque les excréments des animaux devinrent abondants, Allah, Puissant et Majestueux, révéla à Noé, sur lui la paix : « Presse la queue de l’éléphant. » Il la pressa, et il en tomba un porc et une truie, qui se mirent à manger les excréments. Et lorsque la souris apparut, rongeant l’arche, Allah, Puissant et Majestueux, révéla à Noé, sur lui la paix : « Frappe entre les yeux du lion. » Il sortit de ses narines un chat et une chatte, qui se mirent à s’attaquer à la souris. » Jésus lui dit : « Comment Noé, sur lui la paix, sut-il que la terre avait été submergée ? » Il dit : « Il envoya le corbeau pour lui apporter la nouvelle, mais celui-ci trouva une charogne et s’y posa. Alors Noé invoqua contre lui la peur, et c’est pourquoi il ne s’habitue pas aux maisons. » Il dit : « Puis il envoya la colombe, et elle revint avec une feuille d’olivier dans son bec et de la boue à ses pattes. Il sut alors que la terre avait été submergée. Il lui mit le collier vert 115 qu’elle a au cou, et pria pour qu’elle soit dans la familiarité et la sécurité. C’est pourquoi elle s’habitue aux maisons. » Il dit : « Ils dirent : Ô Messager d’Allah, ne l’emmènerions-nous pas chez nous, pour qu’il reste avec nous et nous raconte ? » Il dit : « Comment vous suivrait celui qui n’a pas de subsistance ? » Puis il lui dit : « Retourne, par la permission d’Allah. » Et il redevint poussière. Ce récit est très étrange 116. ‘Ilbâ’ ibn Aḥmar a rapporté d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs, qui a dit : « Avec Noé, dans l’arche, se trouvaient quatre-vingts hommes avec leurs familles. Ils restèrent dans l’arche cent cinquante jours. Allah dirigea l’arche vers La Mecque, et elle tourna autour de la Maison 117 pendant quarante jours. Puis Il la dirigea vers le Jûdî 118, où elle s’arrêta. Noé, sur lui la paix, envoya le corbeau pour lui apporter des nouvelles de la terre. Il partit, se posa sur des charognes et tarda à revenir. Alors il envoya la colombe, qui lui apporta une feuille d’olivier et souilla ses pattes de boue. Noé sut que l’eau avait baissé. Il descendit au pied du Jûdî, construisit un village et le nomma « Thamânîn » 119. Un jour, ils se retrouvèrent avec leurs langues confondues en quatre-vingts langues, dont l’arabe. Certains ne comprenaient pas le langage des autres, et Noé, sur lui la paix, leur servait d’interprète. » Qatâda et d’autres ont dit : « Ils montèrent dans l’arche le dixième jour du mois de Rajab 120, naviguèrent cent cinquante jours, et s’arrêtèrent sur le Jûdî pendant un mois. Leur sortie de l’arche eut lieu le jour de ‘Âshûrâ’ 121 du mois de Muḥarram. » Ibn Jarîr a rapporté un hadith remontant au Prophète qui confirme cela, et qu’ils jeûnèrent ce jour-là. L’imam Aḥmad a dit : Abû Ja‘far nous a raconté, d’après ‘Abd aṣ-Ṣamad ibn Ḥabîb al-Azdî, d’après son père Ḥabîb ibn ‘Abd Allah, d’après Shibl, d’après Abû Hurayra, qui a dit : « Le Prophète, sur lui la prière et la paix, passa près de certains Juifs qui jeûnaient le jour de ‘Âshûrâ’. Il dit : « Quel est ce jeûne ? » Ils répondirent : « C’est le jour où Allah sauva Moïse et les Enfants d’Israël de la noyade, et où Pharaon fut noyé. C’est aussi le jour où l’arche s’arrêta sur le Jûdî. Noé et Moïse, sur eux la paix, jeûnèrent ce jour-là par gratitude envers Allah, Puissant et Majestueux. » Le Prophète, sur lui la prière et la paix, dit : « Je suis plus en droit de suivre Moïse et plus en droit de jeûner ce jour. » Il dit à ses Compagnons : « Que celui d’entre vous qui a commencé la journée en jeûnant achève son jeûne, et que celui qui a déjà mangé quelque chose de sa famille achève le reste de sa journée. » » Ce hadith a un témoin dans le Ṣaḥîḥ 122 sous une autre forme, et l’étonnant est la mention de Noé également. Et Allah sait mieux. Quant à ce que mentionnent beaucoup d’ignorants, à savoir qu’ils mangèrent des restes de leurs provisions et des graines qu’ils avaient emportées, qu’ils moulurent ces graines ce jour-là, et qu’ils se mirent du collyre 123 pour fortifier leur vue après qu’elle eut faibli à cause de la lumière après avoir été dans l’obscurité de l’arche, tout cela n’est authentique en rien. On ne rapporte à ce sujet que des récits interrompus 124 provenant des Enfants d’Israël, sur lesquels on ne peut se fier ni se modeler. Et Allah sait mieux. Muḥammad ibn Isḥâq a dit : « Lorsqu’Allah voulut faire cesser le Déluge, Il envoya un vent sur la face de la terre, l’eau se calma, les sources de la terre furent bouchées, et l’eau commença à diminuer, à baisser et à se retirer. L’arrêt de l’arche sur le Jûdî 125, selon ce que prétendent les gens de la Torah, eut lieu au septième mois, le dix-septième jour de ce mois. Le premier jour du dixième mois, les sommets des montagnes apparurent. Quarante jours plus tard, Noé ouvrit la fenêtre qu’il avait faite dans l’arche, puis envoya le corbeau pour voir ce qu’il en était de l’eau. Il ne revint pas. Alors il envoya la colombe, qui revint vers lui sans trouver de place pour ses pattes. Il tendit la main, la prit et la fit entrer. Sept jours passèrent, puis il l’envoya pour voir ce qu’il en était de l’eau. Elle ne revint pas, mais revint le soir avec une feuille d’olivier dans son bec. Noé sut que l’eau avait diminué sur la face de la terre. Il attendit encore sept jours, puis l’envoya, et elle ne revint pas. Noé sut que la terre était apparue. Lorsque l’année fut accomplie entre l’envoi du Déluge par Allah et l’envoi de la colombe par Noé, et qu’un jour du premier mois de la deuxième année fut entré, la face de la terre apparut, la terre ferme se montra, et Noé découvrit le toit de l’arche. » Ce qu’a mentionné Ibn Isḥâq est exactement le contenu du récit de la Torah qui est entre les mains des Gens du Livre. Ibn Isḥâq a dit : « Au deuxième mois de la deuxième année, le vingt-sixième jour de ce mois, il fut dit : « Ô Noé, descends avec une paix de Notre part et des bénédictions sur toi et sur des communautés issues de ceux qui sont avec toi. Et il y aura des communautés auxquelles Nous donnerons jouissance, puis un châtiment douloureux les atteindra de Notre part. » » D’après ce qu’ont mentionné les Gens du Livre, Allah parla à Noé en lui disant : « Sors de l’arche, toi, ta femme, tes fils et les femmes de tes fils avec toi, ainsi que tous les animaux qui sont avec toi. Qu’ils croissent et se multiplient sur la terre. » Ils sortirent, et Noé bâtit un autel à Allah, Puissant et Majestueux. Il prit de tous les animaux purs et des oiseaux purs, et les offrit en holocauste à Allah, Puissant et Majestueux. Allah fit alliance avec lui de ne plus jamais envoyer le Déluge sur les habitants de la terre. Et Il établit comme mémorial de Son alliance avec lui l’arc qui est dans la nuée, c’est-à-dire l’arc-en-ciel, dont il est rapporté…
- al-A'râf : Sourate 7 du Coran, dont le titre signifie 'Les Murailles' ou 'Les Limbes'.
- Yûnus : Sourate 10 du Coran, nommée d'après le prophète Jonas.
- Hûd : Sourate 11 du Coran, nommée d'après le prophète Hûd.
- al-Anbiyâ' : Sourate 21 du Coran, signifiant 'Les Prophètes'.
- al-Mu'minûn : Sourate 23 du Coran, signifiant 'Les Croyants'.
- al-Shu'arâ' : Sourate 26 du Coran, signifiant 'Les Poètes'.
- al-'Ankabût : Sourate 29 du Coran, signifiant 'L'Araignée'.
- al-Sâffât : Sourate 37 du Coran, signifiant 'Les Rangés'.
- Iqtarabat : Sourate 54 du Coran, dont le premier mot est 'Iqtarabat' (L'Heure approche).
- four (al-tannûr) : Le four (tannûr) est interprété comme le point d'ébullition de l'eau, signe du début du déluge.
- Jûdî : Montagne où l'arche de Noé s'est immobilisée, traditionnellement identifiée au mont Ararat ou à une montagne en Mésopotamie.
- Sourate As-Saffat : Sourate 37 du Coran, intitulée 'Ceux qui sont rangés en rangs'.
- Sourate Iqtarabat : Sourate 54 du Coran, intitulée 'La Lune' (Al-Qamar).
- Sourate An-Nisa' : Sourate 4 du Coran, intitulée 'Les Femmes'.
- Sourate Al-An'am : Sourate 6 du Coran, intitulée 'Les Bestiaux'.
- Al-A'raf : Sourate 7 du Coran, intitulée 'Les Murailles'.
- Sourate Bara'a : Sourate 9 du Coran, intitulée 'Le Repentir' (At-Tawba).
- Sourate Ibrahim : Sourate 14 du Coran, intitulée 'Abraham'.
- Sourate Subhan : Sourate 17 du Coran, intitulée 'Le Voyage nocturne' (Al-Isra').
- Sourate Al-Ahzab : Sourate 33 du Coran, intitulée 'Les Coalisés'.
- Sourate Sad : Sourate 38 du Coran, intitulée 'Sad'.
- Pharaon aux pieux : Expression coranique désignant Pharaon, faisant allusion à sa puissance et à ses constructions.
- Al-Ayka : Nom d'une forêt ou d'un lieu boisé, associé au peuple de Shu'ayb (Jéthro).
- Sourate Ghafir : Sourate 40 du Coran, intitulée 'Le Pardonneur'.
- Sourate Ash-Shura : Sourate 42 du Coran, intitulée 'La Consultation'.
- Sourate Qaf : Sourate 50 du Coran, intitulée 'Qaf'.
- Ar-Rass : Nom d'un puits ou d'une localité, peuple mentionné dans le Coran.
- Tubba' : Titre des rois himyarites du Yémen, mentionné dans le Coran.
- Adh-Dhariyat : Sourate 51 du Coran, intitulée 'Les Vents qui éparpillent'.
- An-Najm : Sourate 53 du Coran, intitulée 'L'Étoile'.
- Iqtarabat As-Sa'a : Sourate 54 du Coran, intitulée 'La Lune' (Al-Qamar).
- Sourate Al-Hadid : Sourate 57 du Coran, intitulée 'Le Fer'.
- Sourate At-Tahrim : Sourate 66 du Coran, intitulée 'L'Interdiction'.
- dix siècles : Le terme 'qarn' (siècle) peut désigner une génération (environ 100 ans) ou une période indéterminée.
- islam : Ici, 'islam' signifie la soumission à Dieu, la religion originelle des prophètes.
- Wadd, Suwā‘, Yaghūth, Ya‘ūq, Nasr : Noms d’idoles mentionnées dans le Coran (71:23). Selon la tradition, ce sont des noms d’hommes pieux de l’époque de Noé, divinisés après leur mort.
- Iblîs : Nom de Satan dans l’islam, désignant le diable rebelle.
- Babel : Babylone, région de l’Irak actuel, souvent associée dans la tradition islamique à l’origine de l’idolâtrie.
- les deux Sahîh : Les deux recueils de hadiths authentiques d’al-Bukhârî et de Muslim.
- Tâghût : Terme coranique désignant toute fausse divinité ou toute chose adorée en dehors d’Allah, incluant les idoles, les tyrans, etc.
- Et Nous fîmes de sa descendance les seuls survivants : Allusion au verset 37:77 : « Et Nous fîmes de sa descendance les seuls survivants », parlant de Noé après le déluge.
- bādī al-ra'y : Expression signifiant « au premier abord », « sans réflexion préalable ».
- al-Ṣiddīq : Surnom d'Abou Bakr, signifiant « le Véridique », premier calife de l'islam.
- al-Saqīfa : La Saqîfa des Banû Sâ'ida, lieu où les Ansâr se réunirent après la mort du Prophète pour désigner un successeur, et où Abou Bakr fut élu calife.
- wa mā narā lakum 'alaynā min faḍl : Citation du Coran (11:27), paroles des mécréants du peuple de Noé.
- qāla yā qawmi ara'aytum in kuntu 'alā bayyina... : Citation du Coran (11:28), réponse de Noé à son peuple.
- faqūlā lahu qawlan layyinan : Citation du Coran (20:44), ordre à Moïse et Aaron de parler doucement à Pharaon.
- ud'u ilā sabīli rabbika bil-ḥikma... : Citation du Coran (16:125), enjoignant d'appeler à la voie d'Allah avec sagesse et bonne exhortation.
- wa yā qawmi lā as'alukum 'alayhi mālan : Citation du Coran (11:29), paroles de Noé.
- wa mā ana biṭāridi alladhīna āmanū : Citation du Coran (11:29), suite des paroles de Noé.
- wa lā aqūlu lakum 'indī khazā'inu llāh... : Citation du Coran (11:31), paroles de Noé.
- wa lā aqūlu lilladhīna tazdarī a'yunukum : Citation du Coran (11:31), suite des paroles de Noé.
- anu'minu laka wa ittaba'aka l-ardhalūn... : Citation du Coran (26:111-115), paroles des mécréants et réponse de Noé.
- fa labitha fīhim alfa sanatin illā khamsīna 'āman : Citation du Coran (29:14), durée de la mission de Noé.
- wa lā yalidū illā fājiran kaffārā : Citation du Coran (71:27), invocation de Noé contre son peuple.
- qālū yā nūḥu qad jādaltanā fa aktharta jidālanā... : Citation du Coran (11:32-33), défi des mécréants et réponse de Noé.
- wa lā yanfa'ukum nuṣḥī in aradtu an anṣaḥa lakum... : Citation du Coran (11:34), paroles de Noé.
- wa ūḥiya ilā nūḥin annahu lan yu'mina min qawmika... : Citation du Coran (11:36), révélation à Noé.
- fa lā tabta'is bimā kānū yaf'alūn : Citation du Coran (11:36), suite de la révélation.
- wa iṣna'i l-fulka bi-a'yuninā wa waḥyinā... : Citation du Coran (11:37), ordre de construire l'arche.
- wa laqad nādānā nūḥun fala ni'ma l-mujībūn : Citation du Coran (37:75), exaucement de l'invocation de Noé.
- wa nūḥan idh nādā min qablu fastajabnā lahu : Citation du Coran (21:76), exaucement de l'invocation de Noé.
- qāla rabbi inna qawmī kadhdhabūn... : Citation du Coran (26:117-118), invocation de Noé.
- fa da'ā rabbahu annī maghlūbun fantaṣir : Citation du Coran (54:10), invocation de Noé.
- qāla rabbi unṣurnī bimā kadhdhabūn : Citation du Coran (23:26), invocation de Noé.
- mimmā khaṭī'ātihim ughriqū fa udkhilū nāran... : Citation du Coran (71:25-27), châtiment du peuple de Noé et invocation.
- wa yaṣna'u l-fulka wa kullamā marra 'alayhi mala'un min qawmihi sakhirū minhu : Citation du Coran (11:38), moquerie des notables pendant la construction de l'arche.
- qāla in taskharū minnā fa innā naskharu minkum kamā taskharūn : Citation du Coran (11:38), réponse de Noé aux moqueurs.
- ummatan wasaṭan : Littéralement « communauté du milieu » ou « juste milieu », désignant la communauté islamique comme équilibrée et juste, apte à témoigner.
- al-Masīḥ al-Dajjāl : Le Faux Messie, figure eschatologique de l’islam, un imposteur borgne qui apparaîtra avant la fin des temps.
- al-Ṣaḥīḥayn : Les deux recueils de hadiths considérés comme les plus authentiques : le Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī et le Ṣaḥīḥ de Muslim.
- salaf : Les prédécesseurs pieux, les premières générations de musulmans (Compagnons, Suivants et leurs successeurs).
- ju’ju’ : La proue ou l’avant du navire.
- bi-a‘yuninā wa-waḥyinā : Expression signifiant « sous Notre surveillance et selon Notre révélation », indiquant la guidance divine.
- al-tannūr : Le four ; interprété comme le point d’ébullition de l’eau sur la terre, signe du début du déluge.
- al-durra : Le paon, selon cette tradition.
- Iblīs : Satan, le diable dans la tradition islamique.
- mursal : Hadith où le Suivant (tābi‘ī) rapporte directement du Prophète sans mentionner le Compagnon intermédiaire ; considéré comme moins fort.
- Yam : Nom du fils de Noé qui s'est noyé, également appelé Canaan dans la tradition biblique.
- sulaka : Verbe signifiant 'suivre une voie' ; ici, il indique qu'il a suivi une voie autre que celle du salut.
- Sourate az-Zukhruf 43:12-14 : Référence coranique : versets 12 à 14 de la sourate 43.
- Sourate al-Isra' 17:80 : Référence coranique : verset 80 de la sourate 17.
- Sourate Hud 11:41 : Référence coranique : verset 41 de la sourate 11.
- Sourate al-Qamar 54:10-13 : Référence coranique : versets 10 à 13 de la sourate 54.
- Sourate al-Qamar 54:14 : Référence coranique : verset 14 de la sourate 54.
- Sourate al-Haqqah 69:11-12 : Référence coranique : versets 11 et 12 de la sourate 69.
- a'la jabin fi al-ard : Expression signifiant 'la plus haute montagne de la terre'.
- al-Joudi : Nom d'une montagne où l'arche de Noé s'est arrêtée, traditionnellement identifiée au mont Ararat ou à une montagne en Mésopotamie.
- Sourate al-A'raf 7:64 : Référence coranique : verset 64 de la sourate 7.
- Sourate Yunus 10:73 : Référence coranique : verset 73 de la sourate 10.
- Sourate al-Anbiya' 21:77 : Référence coranique : verset 77 de la sourate 21.
- Sourate ash-Shu'ara' 26:119-122 : Référence coranique : versets 119 à 122 de la sourate 26.
- Sourate al-Qamar 54:15-17 : Référence coranique : versets 15 à 17 de la sourate 54.
- Sourate Nuh 71:25-27 : Référence coranique : versets 25 à 27 de la sourate 71.
- mawquf : Terme technique de la science du hadith désignant une tradition attribuée à un Compagnon, non au Prophète.
- diyār : Littéralement 'demeure' ou 'habitant'. Dans le verset coranique, il signifie 'aucun habitant' ou 'aucune maison habitée'.
- 'Ūj ibn 'Unuq : Personnage légendaire mentionné dans certains récits islamiques comme un géant mécréant contemporain de Noé et Moïse. Son nom varie : 'Ūj ibn 'Unuq ou 'Anāq.
- ayyām al-nās : Expression désignant les 'jours des hommes', c'est-à-dire les récits historiques ou légendaires des peuples anciens.
- da'ī : Prétentieux, imposteur ; celui qui revendique faussement une ascendance ou un statut.
- Coran 37:82 : Référence au verset : 'Puis Nous noyâmes les autres.'
- Coran 71:26 : Parole de Noé : 'Seigneur, ne laisse sur terre aucun habitant parmi les mécréants.'
- al-Ṣaḥīḥayn : Les deux recueils de hadiths authentiques : le Ṣaḥīḥ d'al-Bukhārī et le Ṣaḥīḥ de Muslim.
- Hadith : Rapporté par al-Bukhārī et Muslim : 'Dieu créa Adam d'une taille de soixante coudées, puis la création n'a cessé de diminuer jusqu'à maintenant.'
- Coran 53:3-4 : Référence au verset : 'Il ne parle pas sous l'effet de la passion ; ce n'est rien d'autre qu'une révélation inspirée.'
- laʿnāt Allāh al-tābiʿa ilā yawm al-qiyāma : Malédictions de Dieu qui se succèdent jusqu'au Jour de la Résurrection.
- zanādiqa : Pluriel de zindīq, terme désignant un hérétique, un manichéen ou un libre-penseur, souvent utilisé pour les mécréants ou les apostats.
- Coran 11:40 : Référence au verset : 'Et ta famille, sauf celui contre qui la parole a déjà été prononcée parmi eux.'
- Coran 11:48 : Référence au verset : 'Il fut dit : "Ô Noé, descends avec une paix de Notre part..."'
- Jabal al-Jūdī : Montagne située dans la région de la Mésopotamie (actuel sud-est de la Turquie), traditionnellement identifiée comme le lieu où l'arche de Noé s'est arrêtée.
- Coran 37:77 : Référence au verset : 'Et Nous fîmes de sa descendance les seuls survivants.'
- Hadith : Rapporté par Ahmad et at-Tirmidhī : 'Sem est le père des Arabes, Cham le père des Abyssins, et Japhet le père des Romains.'
- Hadith : Rapporté par al-Bazzār : 'Il naquit à Noé : Sem, Cham et Japhet...'
- Récit : Référence à l'histoire biblique de Noé et de ses fils (Genèse 9:20-27), où Cham voit la nudité de son père et est maudit.
- as-Sâ‘a : L'Heure : le Jour de la Résurrection, la fin du monde.
- ṭawwaqahâ al-khuḍra : Il lui mit le collier vert : référence à la coloration verte que la colombe porte autour du cou, considérée comme une marque distinctive.
- athar gharîb jiddan : Ce récit est très étrange : l'auteur souligne le caractère extraordinaire de ce hadith, sans nécessairement l'authentifier.
- al-Bayt : La Maison : la Kaaba à La Mecque, le sanctuaire sacré de l'islam.
- al-Jûdî : Le Jûdî : une montagne située dans la région de l'actuelle Turquie ou de l'Irak, où l'arche de Noé se serait arrêtée selon la tradition islamique.
- Thamânîn : Thamânîn : littéralement « quatre-vingts », nom donné au village construit par Noé, en référence au nombre de personnes ou de langues.
- Rajab : Rajab : le septième mois du calendrier lunaire islamique, considéré comme sacré.
- ‘Âshûrâ’ : ‘Âshûrâ’ : le dixième jour du mois de Muḥarram, jour de jeûne recommandé dans l'islam, commémorant le salut de Moïse et, selon ce récit, la sortie de l'arche de Noé.
- aṣ-Ṣaḥîḥ : Le Ṣaḥîḥ : recueil de hadiths authentiques, notamment celui d'al-Bukhârî ou de Muslim.
- al-ithmid : Le collyre (ithmid) : une pierre noire utilisée en poudre comme remède pour les yeux, souvent appliquée comme khôl.
- âthâr munqaṭi‘a : Récits interrompus (munqaṭi‘) : traditions dont la chaîne de transmission est incomplète, donc non authentiques selon les critères de la science du hadith.
- al-Jûdî : Le Jûdî : voir note [5].
Il mentionne quelque chose des récits concernant Noé lui-même, que la paix soit sur lui.
Ibn 'Abbâs 1 a dit qu'il était à l'abri de la noyade. Certains ont dit : cela indique qu'il s'agit d'un arc sans corde, c'est-à-dire que cette nuée ne produira pas de déluge comme la première fois. Un groupe d'ignorants parmi les Perses et les Hindous a nié le déluge, tandis que d'autres parmi eux l'ont reconnu et ont dit : il n'a eu lieu qu'en Babylonie et ne nous a pas atteints. Ils ont dit : nous n'avons cessé d'hériter du pouvoir de père en fils, depuis Kayumars 2 - qu'ils nomment Adam - jusqu'à notre époque. Cela a été dit par ceux qui l'ont dit parmi les zindîqs 3 des mages, adorateurs du feu et partisans de Satan. C'est de leur part un sophisme, une mécréance abominable, une ignorance profonde, une obstination contre les évidences sensibles et un démenti au Seigneur de la terre et des cieux. Les gens des religions, qui rapportent des messagers du Tout-Miséricordieux, sont unanimes, avec ce qui s'est transmis de façon continue chez les hommes à travers les âges, sur la réalité du déluge, qu'il a englobé toutes les contrées, et qu'Allah n'a épargné aucun des mécréants parmi les serviteurs, en réponse à l'invocation de Son prophète soutenu et infaillible, et en exécution de ce qui avait été décrété dans le destin inéluctable. Mention de quelques récits concernant Noûh 4 lui-même, sur lui la paix. Allah Très-Haut a dit : « Il était un serviteur reconnaissant. » 5 On a dit : il louait Allah pour sa nourriture, sa boisson, son vêtement et toute sa condition. L'imam Ahmad a dit : Abû Usâma nous a raconté, Zakariyyâ ibn Abî Zâ'ida nous a raconté, d'après Sa'îd ibn Abî Burda, d'après Anas ibn Mâlik, qui a dit : le Messager d'Allah, sur lui la grâce et la paix, a dit : « Allah est satisfait du serviteur qui mange un morceau et Le loue pour cela, ou boit une gorgée et Le loue pour cela. » 6 De même, Muslim, at-Tirmidhî et an-Nasâ'î l'ont rapporté d'après le hadith d'Abû Usâma. Il apparaît que « reconnaissant » est celui qui accomplit toutes les obéissances du cœur, de la parole et de l'action ; car la gratitude se fait par ceci et par cela, comme l'a dit le poète : « La grâce m'a apporté de vous trois choses : ma main, ma langue et la conscience voilée. » Mention de son jeûne, sur lui la paix. Ibn Mâja a dit : chapitre sur le jeûne de Noûh, sur lui la paix : Sahl ibn Abî Sahl nous a raconté, Sa'îd ibn Abî Maryam nous a raconté, d'après Ibn Lahî'a, d'après Ja'far ibn Rabî'a, d'après Abû Firâs, qu'il a entendu 'Abd Allah ibn 'Amr dire : j'ai entendu le Messager d'Allah, sur lui la grâce et la paix, dire : « Noûh a jeûné tout le temps sauf le jour de la Fête de la Rupture et le jour de la Fête du Sacrifice. » 7 C'est ainsi que l'a rapporté Ibn Mâja par la voie de 'Abd Allah ibn Lahî'a avec sa chaîne et son texte. At-Tabarânî a dit : Abû az-Zinbâ' Rawh ibn Faraj nous a raconté, 'Umar ibn Khâlid al-Harrânî nous a raconté, Ibn Lahî'a nous a raconté, d'après Abû Qatâda, d'après Yazîd ibn Rabâh Abî Firâs, qu'il a entendu 'Abd Allah ibn 'Amr dire : j'ai entendu le Messager d'Allah, sur lui la grâce et la paix, dire : « Noûh a jeûné tout le temps sauf le jour de la Fête de la Rupture et le jour de la Fête du Sacrifice ; Dâwûd 8 a jeûné la moitié du temps ; Ibrâhîm 9 a jeûné trois jours par mois ; il a jeûné tout le temps et rompu tout le temps. »
- Ibn 'Abbâs : Compagnon du Prophète, célèbre exégète du Coran.
- Kayumars : Premier roi de la mythologie perse, considéré comme l'ancêtre de l'humanité.
- zindîqs : Terme désignant les hérétiques ou les dualistes, souvent utilisé pour les manichéens.
- Noûh : Noé en arabe, prophète de l'islam.
- Coran 17:3 : Référence coranique : Sourate al-Isrâ', verset 3.
- Hadith : Rapporté par Ahmad, Muslim, at-Tirmidhî et an-Nasâ'î.
- Fête de la Rupture et Fête du Sacrifice : Aïd al-Fitr et Aïd al-Adha, les deux grandes fêtes musulmanes.
- Dâwûd : David en arabe, prophète de l'islam.
- Ibrâhîm : Abraham en arabe, prophète de l'islam.
Il mentionna son argument [1] — que la paix soit sur lui.
Mention de son pèlerinage, sur lui la paix. Al-Hâfiz Abû Ya‘lâ a dit : Sufyân ibn Wakî‘ nous a rapporté, d’après son père, d’après Zam‘a – c’est-à-dire Ibn Abî Sâlih – d’après Salama ibn Dahrân 1, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs, qui a dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, fit le pèlerinage. Lorsqu’il arriva à la vallée de ‘Usfân, il dit : « Ô Abû Bakr, quelle est cette vallée ? » Il répondit : « C’est la vallée de ‘Usfân. » Il dit : « Noé, Hûd et Abraham sont passés par ici, montés sur des chamelles rousses 2 dont les licous étaient en fibres, leurs vêtements de dessous en manteaux de laine et leurs manteaux de dessus en peaux de léopard 3, faisant le pèlerinage de la Maison antique. » Ce récit est étrange. Mention de son testament à son fils, sur lui la paix. L’imam Ahmad a dit : Sulaymân ibn Harb nous a rapporté, d’après Hammâd ibn Zayd, d’après as-Saq‘ab ibn Zuhayr, d’après Zayd ibn Aslam – Hammâd a dit : je pense que c’est d’après ‘Atâ’ ibn Yasâr, d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Amr, qui a dit : Nous étions auprès du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lorsqu’un homme du désert arriva, portant une tunique de soie 4 boutonnée avec du brocart. Il dit : « Voici que votre compagnon a abaissé tout cavalier fils de cavalier », ou il dit : « veut abaisser tout cavalier fils de cavalier, et élever tout berger fils de berger. » Il dit : Alors le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, saisit les pans de sa tunique et dit : « Ne vois-je pas sur toi le vêtement de celui qui n’a pas de raison ! » Puis il dit : « Le prophète de Dieu, Noé, sur lui la paix, lorsque la mort se présenta à lui, dit à son fils : Je vais te dicter un testament 5 ; je t’ordonne deux choses et t’interdis deux choses : je t’ordonne “Il n’y a de dieu que Dieu”, car si les sept cieux et les sept terres étaient placés dans un plateau et “Il n’y a de dieu que Dieu” dans l’autre plateau, “Il n’y a de dieu que Dieu” les emporterait. Et si les sept cieux et les sept terres étaient un anneau fermé 6, “Il n’y a de dieu que Dieu” les briserait, ainsi que “Gloire à Dieu et par Sa louange”. Car c’est par elle que prie toute chose, et c’est par elle que les créatures sont nourries. Et je t’interdis l’association et l’orgueil. » Il dit : On dit – ou il fut dit – : Ô Messager de Dieu, l’association, nous l’avons reconnue. Quant à l’orgueil, est-ce que l’un de nous a deux belles sandales avec de belles lanières ? Il dit : « Non. » Il dit : Est-ce que l’un de nous a un habit qu’il porte ? Il dit : « Non. » Il dit : Est-ce que l’un de nous a une monture qu’il monte ? Il dit : « Non. » Il dit : Est-ce que l’un de nous a des compagnons qui s’assoient avec lui ? Il dit : « Non. » Je dis – ou il fut dit – : Ô Messager de Dieu, qu’est-ce donc que l’orgueil ? Il dit : « Le rejet de la vérité et le mépris des gens 7. » Cette chaîne de transmission est authentique, mais ils ne l’ont pas rapporté. Abû l-Qâsim at-Tabarânî l’a rapporté d’après ‘Abd ar-Rahîm ibn Sulaymân, d’après Muhammad ibn Ishâq, d’après ‘Amr ibn Dînâr, d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Amr, que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : « Il y avait dans le testament de Noé à son fils : Je te recommande deux qualités et t’interdis deux qualités », et il mentionna quelque chose de semblable. Abû Bakr al-Bazzâr l’a rapporté d’après Ibrâhîm ibn Sa‘îd, d’après Abû Mu‘âwiya ad-Darîr, d’après Muhammad ibn Ishâq, d’après ‘Amr ibn Dînâr, d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Umar ibn al-Khattâb, d’après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, quelque chose de semblable. L’apparence est que c’est d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Amr ibn al-‘Âs, comme l’ont rapporté Ahmad et at-Tabarânî. Et Dieu sait mieux. Les gens du Livre prétendent que Noé, sur lui la paix, lorsqu’il monta dans l’arche 8, avait six cents ans. Nous avons déjà mentionné d’après Ibn ‘Abbâs quelque chose de semblable, et il ajouta : Il vécut après cela trois cent cinquante ans. Cette opinion est discutable. Ensuite, s’il n’est pas possible de concilier cela avec l’indication du Coran, c’est une pure erreur. Car le Coran implique que Noé resta parmi son peuple après l’envoi et avant le déluge mille ans moins cinquante ans ; puis le déluge les saisit alors qu’ils étaient injustes. Ensuite, Dieu sait mieux combien de temps il vécut après cela. Si ce qui a été mentionné d’après Ibn ‘Abbâs – qu’il fut envoyé à l’âge de quatre cent quatre-vingts ans et qu’il vécut après le déluge trois cent cinquante ans – est préservé, alors il aurait vécu mille sept cent quatre-vingts ans. Quant à sa tombe, sur lui la paix : Ibn Jarîr et al-Azraqî ont rapporté d’après ‘Abd ar-Rahmân ibn Sâbit ou un autre parmi les successeurs, de manière interrompue, que la tombe de Noé, sur lui la paix, se trouve dans la Mosquée sacrée. Ceci est plus fort et plus établi que ce que mentionnent beaucoup de contemporains, à savoir qu’elle se trouve dans une localité de la Biqâ‘ connue aujourd’hui sous le nom de Kark Nûh 9, et qu’il y a là une mosquée construite à cause de cela, d’après ce qu’on rapporte. Et Dieu sait mieux. L’histoire de Hûd, sur lui la paix. Il est Hûd fils de Shâlakh fils d’Arfakhshad fils de Sâm fils de Noé, sur lui la paix. On dit aussi que Hûd est ‘Âbir fils de Shâlakh fils d’Arfakhshad fils de Sâm fils de Noé. On dit aussi : Hûd fils de ‘Abd Allâh fils de Rabâh al-Jârûd fils de ‘Âd fils de ‘Awç fils d’Iram fils de Sâm fils de Noé, sur lui la paix. Mentionné par Ibn Jarîr. Il était d’une tribu appelée ‘Âd fils de ‘Awç fils de Sâm fils de Noé. Ils étaient des Arabes habitant al-Ahqâf – ce sont les montagnes de sable – qui se trouvaient au Yémen, entre ‘Umân et Hadramawt, dans une terre donnant sur la mer appelée ash-Shihr, et le nom de leur vallée était Mughîth. Ils habitaient souvent des tentes aux grandes colonnes, comme Dieu Très-Haut a dit : « N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi avec ‘Âd, Iram aux colonnes ? » 10 c’est-à-dire ‘Âd Iram, qui sont les premiers ‘Âd. Quant aux seconds ‘Âd, ils sont postérieurs, comme cela sera expliqué en son lieu. Quant aux premiers ‘Âd, ce sont ‘Âd « Iram aux colonnes, dont il n’a été créé de pareil dans les pays » 11, c’est-à-dire pareil à la tribu, et on a dit pareil aux colonnes. Le correct est le premier, comme nous l’avons expliqué dans l’exégèse. Quant à la prétention qu’Iram serait une ville qui parcourt la terre, tantôt en Syrie, tantôt au Yémen, tantôt au Hijâz, tantôt ailleurs, elle s’est éloignée de la vérité, a dit ce dont il n’y a pas de preuve, ni d’argument sur lequel s’appuyer, ni de fondement auquel se référer. Dans le Sahîh d’Ibn Hibbân, d’après Abû Dharr, dans son long hadith mentionnant les prophètes et les envoyés, il dit : « Parmi eux, quatre sont des Arabes : Hûd, Sâlih, Shu‘ayb et ton prophète, ô Abû Dharr. » On dit que Hûd, sur lui la paix, fut le premier à parler arabe. Wahb ibn Munabbih a prétendu que son père fut le premier à le parler. D’autres ont dit : Le premier à le parler fut Noé. On a dit : Adam, ce qui est le plus probable. Et d’autres avis encore. Et Dieu sait mieux. On appelle les Arabes qui étaient avant Ismaël, sur lui la paix, les Arabes ‘âriba 12. Ils sont de nombreuses tribus : parmi eux ‘Âd, Thamûd, Jurhum, Tasam, Jadîs, Amîm, Madyan, ‘Amlâq, ‘Abîl, Jâsim, Qahtân, Banû Yaqtan, et d’autres. Quant aux Arabes musta‘riba 13, ils sont de la descendance d’Ismaël fils d’Abraham l’Ami intime. Ismaël fils d’Abraham, sur eux la paix, fut le premier à parler l’arabe éloquent et pur, et il avait appris la langue des Arabes des Jurhum qui s’étaient installés auprès de sa mère Hâjar dans le sanctuaire, comme cela sera expliqué en son lieu, si Dieu Très-Haut le veut. Mais Dieu le fit parler avec une éloquence et une clarté parfaites. Et c’est ainsi que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, s’exprimait. Ce qui importe, c’est que ‘Âd – les premiers ‘Âd – furent les premiers à adorer les idoles après le déluge. Leurs idoles étaient au nombre de trois : Saddâ, Samûdâ et Harâ. Dieu envoya parmi eux leur frère Hûd, sur lui la paix, qui les appela à Dieu, comme Dieu Très-Haut a dit après avoir mentionné le peuple de Noé et ce qui leur arriva dans la sourate al-A‘râf : « Et vers ‘Âd, leur frère Hûd. Il dit : Ô mon peuple, adorez Dieu, vous n’avez d’autre dieu que Lui. Ne craignez-vous donc pas ? Les notables qui avaient mécru parmi son peuple dirent : Nous te voyons dans une sottise, et nous te tenons pour un menteur. »
Nous pensons que tu es du nombre des menteurs. * Il dit : « Ô mon peuple, il n'y a point de sottise en moi, mais je suis un messager du Seigneur des mondes. * Je vous transmets les messages de mon Seigneur, et je suis pour vous un conseiller digne de confiance. * Vous étonnez-vous qu'un rappel vous soit venu de votre Seigneur par l'intermédiaire d'un homme d'entre vous, pour vous avertir ? Et rappelez-vous quand Il vous a faits successeurs après le peuple de Noé, et qu'Il vous a accru en stature de façon prodigieuse. Souvenez-vous donc des bienfaits d'Allah, afin que vous réussissiez. * Ils dirent : « Es-tu venu à nous pour que nous adorions Allah seul, et que nous délaissions ce qu'adoraient nos ancêtres ? Fais donc venir ce dont tu nous menaces, si tu es du nombre des véridiques. * Il dit : « La souillure et la colère de votre Seigneur ont déjà fondu sur vous. Disputez-vous avec moi au sujet de noms que vous avez inventés, vous et vos ancêtres, sans qu'Allah n'ait fait descendre aucune autorité à leur sujet ? Attendez donc, je suis avec vous parmi ceux qui attendent. * Nous le sauvâmes donc, ainsi que ceux qui étaient avec lui, par une miséricorde de Notre part, et Nous exterminâmes jusqu'au dernier ceux qui traitaient Nos signes de mensonges et qui n'étaient pas croyants. » (6) Et Allah, exalté soit-Il, dit après avoir mentionné l'histoire de Noé dans la sourate Hûd : « Et aux 'Âd, leur frère Hûd. Il dit : « Ô mon peuple, adorez Allah ! Vous n'avez point de divinité en dehors de Lui. Vous n'êtes que des inventeurs de mensonges. Ô mon peuple, je ne vous demande point de salaire pour cela ; mon salaire n'incombe qu'à Celui qui m'a créé. Ne raisonnez-vous donc pas ? * Ô mon peuple, implorez le pardon de votre Seigneur et repentez-vous à Lui. Il enverra sur vous du ciel des pluies abondantes, et Il ajoutera force à votre force. Et ne vous détournez pas en devenant criminels. * Ils dirent : « Ô Hûd, tu ne nous as apporté aucune preuve, et nous ne délaisserons point nos divinités sur ta parole, et nous n'avons point foi en toi. * Nous disons seulement qu'une de nos divinités t'a frappé d'un mal. » Il dit : « Je prends Allah à témoin, et soyez témoins que je désavoue ce que vous associez * en dehors de Lui. Rusez donc tous contre moi, et ne me donnez point de répit. * Je place ma confiance en Allah, mon Seigneur et le vôtre. Il n'y a point d'être vivant qu'Il ne tienne par le toupet. Mon Seigneur est sur un droit chemin. * Si vous vous détournez, je vous ai transmis le message avec lequel j'ai été envoyé vers vous. Mon Seigneur vous remplacera par un autre peuple, et vous ne Lui nuirez en rien. Mon Seigneur est Gardien de toute chose. * Et quand vint Notre ordre, Nous sauvâmes Hûd et ceux qui avaient cru avec lui, par une miséricorde de Notre part. Nous les sauvâmes d'un châtiment terrible. * Voilà les 'Âd. Ils nièrent les signes de leur Seigneur, désobéirent à Ses messagers et suivirent l'ordre de tout tyran obstiné. * Ils furent poursuivis par une malédiction dans ce monde, et au Jour de la Résurrection. En vérité, les 'Âd ont mécru en leur Seigneur. Que périssent les 'Âd, peuple de Hûd ! » (7) Et Allah, exalté soit-Il, dit dans la sourate « Heureux les croyants » après l'histoire du peuple de Noé : « Puis, après eux, Nous créâmes une autre génération. * Nous envoyâmes parmi eux un messager issu d'eux : « Adorez Allah ! Vous n'avez point de divinité en dehors de Lui. Ne craignez-vous donc pas ? * Les notables de son peuple qui avaient mécru et traité de mensonge la rencontre de l'au-delà, et que Nous avions comblés de bien-être dans la vie présente, dirent : « Ce n'est là qu'un être humain comme vous, mangeant de ce que vous mangez, et buvant de ce que vous buvez. * Si vous obéissez à un être humain comme vous, vous serez alors perdants. * Vous promet-il que, lorsque vous serez morts et devenus poussière et ossements, vous serez sortis [de vos tombes] ? * Loin, loin, ce qui vous est promis ! * Ce n'est là que notre vie présente : nous mourons et nous vivons, et nous ne serons point ressuscités. * Ce n'est qu'un homme qui invente un mensonge contre Allah, et nous n'avons point foi en lui. * Il dit : « Seigneur, secours-moi, car ils me traitent de menteur. * Il dit : « Dans peu de temps, ils deviendront certes regretteurs. * Le Cri les saisit donc en toute justice ; Nous les rendîmes semblables à des débris. Que périssent les gens injustes ! » (8) Et Allah, exalté soit-Il, dit dans la sourate des Poètes, également après l'histoire du peuple de Noé : « Les 'Âd traitèrent les messagers de menteurs. * Quand leur frère Hûd leur dit : « Ne craindrez-vous pas [Allah] ? * Je suis pour vous un messager digne de confiance. * Craignez donc Allah et obéissez-moi. * Et je ne vous demande point de salaire pour cela ; mon salaire n'incombe qu'au Seigneur des mondes. * Bâtissez-vous par frivolité sur chaque colline un monument ? * Et édifiez-vous des forteresses, espérant que vous vivrez éternellement ? * Et quand vous sévissez, vous sévissez en tyrans. * Craignez donc Allah et obéissez-moi. * Craignez Celui qui vous a pourvus de ce que vous savez. * Il vous a pourvus de bestiaux et d'enfants, * de jardins et de sources. * Je crains pour vous le châtiment d'un jour terrible. * Ils dirent : « C'est égal pour nous, que tu exhortes ou que tu ne sois pas du nombre des exhortateurs. * Ce ne sont là que des légendes des anciens. * Et nous ne serons point châtiés. * Ils le traitèrent donc de menteur ; alors Nous les fîmes périr. Voilà bien là un signe, mais la plupart d'entre eux ne sont pas croyants. * Et ton Seigneur, c'est Lui le Tout-Puissant, le Très Miséricordieux. » (9) Et Allah, exalté soit-Il, dit dans la sourate Hâ Mîm as-Sajda : « Quant aux 'Âd, ils s'enflèrent d'orgueil sur terre injustement, et dirent : « Qui est plus fort que nous ? » N'ont-ils pas vu qu'Allah qui les a créés est plus fort qu'eux ? Et ils reniaient Nos signes. * Nous envoyâmes contre eux un vent glacial en des jours néfastes, pour leur faire goûter le châtiment de l'humiliation dans la vie présente. Et le châtiment de l'au-delà est plus humiliant encore, et ils ne seront point secourus. » (2) Et Allah, exalté soit-Il, dit dans la sourate al-Ahqâf : « Et rappelle-toi le frère des 'Âd, quand il avertit son peuple à al-Ahqâf 14 – alors qu'avant et après lui, des avertisseurs sont passés – : « N'adorez qu'Allah. Je crains pour vous le châtiment d'un jour terrible. * Ils dirent : « Es-tu venu à nous pour nous détourner de nos divinités ? Fais donc venir ce dont tu nous menaces, si tu es du nombre des véridiques. * Il dit : « La science n'est qu'auprès d'Allah. Je vous transmets le message avec lequel j'ai été envoyé, mais je vois que vous êtes un peuple ignorant. * Puis, quand ils virent un nuage se dirigeant vers leurs vallées, ils dirent : « Voici un nuage qui nous apporte de la pluie. » Au contraire, c'est ce que vous cherchiez à hâter : un vent qui contient un châtiment douloureux, * détruisant tout, par ordre de son Seigneur. Le lendemain matin, on ne voyait plus que leurs demeures. Ainsi rétribuons-Nous les gens criminels. » (10) Et Allah, exalté soit-Il, dit dans adh-Dhâriyât : « Et dans les 'Âd, quand Nous envoyâmes contre eux le vent stérile * qui ne laissait rien sur son passage sans le réduire en poussière. » Et Allah, exalté soit-Il, dit dans an-Najm : « Et que c'est Lui qui a fait périr les premiers 'Âd, * et les Thamûd, sans rien laisser subsister, * et le peuple de Noé avant eux, car ils étaient encore plus injustes et plus rebelles, * et la cité renversée 15, Il la fit tomber, * puis la recouvrit de ce dont Il la recouvrit. * Lequel donc des bienfaits de ton Seigneur mets-tu en doute ? » Et Allah, exalté soit-Il, dit dans la sourate « L'Heure approche » : « Les 'Âd ont traité de menteurs. Comment furent Mon châtiment et Mes avertissements ? * Nous envoyâmes contre eux un vent glacial, en un jour néfaste et continu, * qui arrachait les gens comme des souches de palmiers déracinés. * Comment furent Mon châtiment et Mes avertissements ? * Et Nous avons rendu le Coran facile à méditer. Y a-t-il quelqu'un pour en tirer leçon ? » Et Il dit dans al-Hâqqa : « Quant aux 'Âd, ils furent détruits par un vent glacial et violent, * qu'Il déchaîna contre eux pendant sept nuits et huit jours consécutifs ; tu voyais alors les gens renversés comme des souches de palmiers creuses. * En vois-tu un seul qui ait survécu ? » Et Il dit dans la sourate al-Fajr : « N'as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi avec les 'Âd, * à Iram 16, la cité aux colonnes, * dont jamais pareille ne fut construite dans les pays, * et avec les Thamûd qui taillaient le roc dans la vallée, * et avec Pharaon, l'homme aux épieux 17, * tous ceux qui transgressèrent dans les pays, * et y multiplièrent le désordre. * Ton Seigneur déversa donc sur eux le fouet du châtiment. * Car ton Seigneur est aux aguets. » Nous avons déjà commenté chacune de ces histoires dans les passages correspondants de notre livre d'exégèse. À Allah la louange et la grâce. Les 'Âd sont également mentionnés dans les sourates al-Barâ'a, Ibrâhîm, al-Furqân, al-'Ankabût, Sâd et Qâf. * * * Résumons maintenant l'histoire dans son ensemble à partir de ces contextes, en y ajoutant les récits. Nous avons déjà mentionné qu'ils furent les premiers peuples à adorer les idoles après le Déluge. Cela est évident dans Sa parole : « Et rappelez-vous quand Il vous a faits successeurs après le peuple de Noé, et qu'Il vous a accru en stature de façon prodigieuse », c'est-à-dire qu'Il les rendit les plus forts de leur époque en constitution, en vigueur et en puissance. Et Il dit dans al-Mu'minûn : « Puis, après eux, Nous créâmes une autre génération », et ce sont le peuple de Hûd, selon l'avis correct. D'autres ont prétendu qu'il s'agit des Thamûd, en raison de Sa parole : « Le Cri les saisit donc en toute justice ; Nous les rendîmes semblables à des débris. » Ils disent : « Le peuple de Sâlih est celui qui fut détruit par le Cri, tandis que les 'Âd furent détruits par un vent glacial et violent. » Ce qu'ils disent n'empêche pas que le Cri et le vent violent aient pu se conjuguer contre eux, comme cela viendra dans l'histoire des gens de Madyan, les compagnons d'al-Ayka 18, où plusieurs types de châtiments se sont abattus sur eux. Ensuite, il n'y a pas de doute que les 'Âd ont précédé les Thamûd.
Le propos est que les 'Âd étaient des gens rudes et mécréants, des rebelles obstinés dans l'adoration des idoles. Allah envoya parmi eux un homme issu d'eux pour les appeler à Allah, à Lui vouer un culte exclusif et à Lui être sincères. Mais ils le traitèrent de menteur, s'opposèrent à lui et le rabaissèrent. Alors Allah les saisit d'une prise de Tout-Puissant, de Dominateur. Lorsqu'il leur ordonna d'adorer Allah, les incita à Lui obéir et à implorer Son pardon, leur promettant pour cela le bien de ce monde et de l'au-delà, et les menaça, en cas d'opposition, du châtiment ici-bas et dans l'au-delà, "les notables qui avaient mécru parmi son peuple dirent : 'Nous te voyons certes dans une sottise' 19" c'est-à-dire : cette affaire à laquelle tu nous appelles est une sottise par rapport à ce sur quoi nous sommes, à savoir l'adoration de ces idoles dont on espère le secours et la subsistance. Et en plus, nous pensons que tu mens dans ta prétention qu'Allah t'a envoyé. "Il dit : 'Ô mon peuple, il n'y a point de sottise en moi, mais je suis un Messager du Seigneur de l'univers'" c'est-à-dire : l'affaire n'est pas comme vous le pensez ni comme vous le croyez. "Je vous transmets les messages de mon Seigneur, et je suis pour vous un conseiller digne de confiance." La transmission implique l'absence de mensonge dans le fond du message transmis, l'absence d'ajout ou de retranchement, et implique de le transmettre avec une expression éloquente, concise, complète et précise, sans ambiguïté, sans contradiction ni trouble. Et en plus de cette transmission, il est d'une parfaite sincérité envers son peuple, d'une grande compassion pour eux et d'un vif désir de les guider. Il ne cherche auprès d'eux ni salaire ni récompense ; il est sincère envers Allah dans l'appel à Lui et dans le conseil à Ses créatures. Il n'attend sa récompense que de Celui qui l'a envoyé, car le bien de ce monde et de l'au-delà est tout entier entre Ses mains et Son ordre Lui appartient. C'est pourquoi il dit : "Ô mon peuple, je ne vous demande pas de salaire pour cela ; ma récompense n'incombe qu'à Celui qui m'a créé. Ne raisonnez-vous donc pas ?" C'est-à-dire : n'avez-vous donc pas d'intelligence pour discerner et comprendre que je vous appelle à la vérité évidente, que vos natures originelles 20 attestent, et qui est la religion de vérité qu'Allah a envoyée avec Noé et pour laquelle Il a anéanti ceux qui s'y sont opposés parmi les créatures ? Me voici vous y appelant sans vous demander de salaire, mais je recherche cela auprès d'Allah, le Maître du mal et du bien. C'est pourquoi le croyant de Yâ Sîn 21 dit : "Suivez ceux qui ne vous demandent aucun salaire et qui sont bien guidés. Et qu'aurais-je à ne pas adorer Celui qui m'a créé et vers qui vous serez ramenés ?" Et le peuple de Hûd lui dit : "Ô Hûd, tu ne nous as apporté aucune preuve évidente, et nous ne sommes pas prêts à abandonner nos divinités sur ta parole, et nous n'avons pas foi en toi. Nous disons seulement qu'une de nos divinités t'a frappé d'un mal" 22. Ils disent : tu ne nous as apporté aucun prodige qui témoigne de la vérité de ce que tu apportes, et nous ne sommes pas de ceux qui abandonnent l'adoration de nos idoles sur ta simple parole, sans preuve que tu aies établie ni argument que tu aies dressé. Nous ne pensons qu'une chose : c'est que tu es fou dans ce que tu prétends. Et selon nous, cela t'est arrivé parce qu'une de nos divinités s'est fâchée contre toi et t'a frappé dans ton esprit, te rendant fou pour cette raison. C'est le sens de leur parole : "Nous disons seulement qu'une de nos divinités t'a frappé d'un mal." "Il dit : 'Je prends Allah à témoin et soyez témoins que je désavoue ce que vous associez à Lui. Menez donc tous contre moi votre stratagème, puis ne me donnez aucun répit'" 23. C'est un défi de sa part, un désaveu de leurs divinités et un rabaissement de celles-ci, montrant qu'elles ne peuvent ni nuire ni profiter, qu'elles sont inertes, leur sort étant le même que le sien, leur action la même que la sienne. Si elles étaient comme vous le prétendez, capables de secourir, de profiter et de nuire, me voici, je les désavoue sans m'en soucier. "Menez donc contre moi votre stratagème, puis ne me donnez aucun répit", vous tous, avec tout ce que vous pouvez atteindre et sur quoi vous avez pouvoir, et ne m'accordez pas une heure, pas même un clin d'œil, car je ne me soucie pas de vous, je ne pense pas à vous, je ne vous regarde pas. "Je place ma confiance en Allah, mon Seigneur et votre Seigneur. Il n'est pas d'être vivant qu'Il ne tienne par le toupet 24. Mon Seigneur est sur un droit chemin" 25. C'est-à-dire : je me confie à Allah et je me fortifie par Lui, j'ai confiance en Sa Majesté qui ne laisse pas périr celui qui se réfugie auprès d'Elle et s'appuie sur Elle. Je ne me soucie d'aucune créature en dehors de Lui. Je ne me confie qu'en Lui et je n'adore que Lui. Ceci est à lui seul une preuve décisive que Hûd est le serviteur d'Allah et Son Messager, et qu'ils sont dans l'ignorance et l'égarement en adorant autre qu'Allah, car ils n'ont pu lui causer aucun mal ni atteindre rien de désagréable. Cela prouve donc la véracité de ce qu'il leur a apporté, la fausseté de ce sur quoi ils sont et la corruption de ce à quoi ils s'adonnent. Cette même preuve a été utilisée par Noé avant lui dans sa parole : "Ô mon peuple, si mon séjour [parmi vous] et mon rappel des signes d'Allah vous pèsent, alors je place ma confiance en Allah. Rassemblez donc votre affaire et vos associés, puis que votre affaire ne vous cause pas d'incertitude. Ensuite, exécutez votre décision contre moi et ne me donnez aucun répit" 26. Et ainsi dit le Khalîl 27 : "Et je ne crains pas ce que vous Lui associez, sauf si mon Seigneur veut quelque chose. Mon Seigneur embrasse toute chose par Sa science. Ne vous souvenez-vous donc pas ? Et comment craindrais-je ce que vous avez associé [à Allah], alors que vous ne craignez pas d'avoir associé à Allah ce pour quoi Il n'a fait descendre sur vous aucune autorité ? Lequel des deux partis a le plus droit à la sécurité ? [Dites-le] si vous le savez. Ceux qui ont cru et n'ont point entaché leur foi d'injustice, ceux-là ont la sécurité et ils sont bien guidés. Et telle est Notre preuve que Nous donnâmes à Abraham contre son peuple. Nous élevons en degrés qui Nous voulons. Ton Seigneur est Sage et Omniscient" 28. "Et les notables de son peuple qui avaient mécru, traité de mensonge la rencontre de l'au-delà et que Nous avions comblés de bien-être dans la vie présente, dirent : 'Ce n'est là qu'un être humain comme vous, qui mange de ce que vous mangez et boit de ce que vous buvez. Et si vous obéissez à un être humain comme vous, vous serez alors perdants. Vous promet-il que, lorsque vous serez morts et devenus poussière et ossements, vous serez sortis [de vos tombes] ?'" 29. Ils trouvèrent étrange qu'Allah envoie un messager humain. Cette objection a été avancée par beaucoup d'ignorants parmi les mécréants, anciens et modernes, comme Allah dit : "Est-ce une merveille pour les gens que Nous ayons révélé à un homme d'entre eux : 'Avertis les gens'" 30. Et Il dit : "Et rien n'empêcha les gens de croire, quand la guidée leur vint, sinon qu'ils disaient : 'Allah a-t-Il envoyé un être humain comme Messager ?' Dis : 'S'il y avait sur terre des anges marchant tranquillement, Nous aurions fait descendre sur eux du ciel un ange comme Messager'" 31. C'est pourquoi Hûd leur dit : "Est-ce que vous vous étonnez qu'un rappel vous soit venu de votre Seigneur à travers un homme d'entre vous pour vous avertir ?" C'est-à-dire : cela n'a rien d'étonnant, car Allah sait mieux où placer Son message. Et Sa parole : "Vous promet-il que, lorsque vous serez morts et devenus poussière et ossements, vous serez sortis ? Loin, loin ce qu'on vous promet ! Il n'y a que notre vie présente : nous mourons et nous vivons, et nous ne serons pas ressuscités. Ce n'est qu'un homme qui invente un mensonge contre Allah, et nous ne croyons pas en lui. Il dit : 'Seigneur, secours-moi contre ce qu'ils me traitent de menteur'" 32. Ils trouvèrent la promesse lointaine et nièrent la résurrection des corps après qu'ils soient devenus poussière et ossements, disant : "Loin, loin !" c'est-à-dire : bien loin, bien loin cette promesse. "Il n'y a que notre vie présente : nous mourons et nous vivons, et nous ne serons pas ressuscités." C'est-à-dire : un groupe meurt et un autre vit. C'est la croyance des matérialistes 33, comme disent certains ignorants parmi les zindîqs 34 : "Des matrices poussent et la terre engloutit." Quant aux partisans de la métempsycose 35, ce sont ceux qui croient qu'ils reviennent dans cette demeure tous les trente-six mille ans. Tout cela est mensonge, mécréance, ignorance, égarement, paroles fausses et illusions vaines, sans preuve ni argument, qui séduisent l'esprit des scélérats mécréants parmi les fils d'Adam, qui ne raisonnent pas et ne se guident pas, comme Allah dit : "Et pour que les cœurs de ceux qui ne croient pas en l'au-delà penchent vers cela, qu'ils s'en contentent et qu'ils commettent ce qu'ils commettent" 36. Et il leur dit dans ses exhortations : "Bâtissez-vous sur chaque colline un monument par dérision ? Et édifiez-vous des forteresses 37 comme si vous deviez demeurer éternellement ?"
Il leur dit : « Construisez-vous sur toute hauteur un édifice immense et imposant, comme des palais et autres, vous jouant à les bâtir alors que vous n'en avez nul besoin ? » Cela parce qu'ils habitaient sous des tentes, comme Allah a dit : « N'as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi avec les 'Âd, Iram aux colonnes 38, dont nulle pareille ne fut créée dans les contrées ? » Les 'Âd d'Iram sont les premiers 'Âd qui habitaient sous des colonnes soutenant les tentes. Quant à celui qui prétend qu'« Iram » est une cité d'or et d'argent qui se déplace dans les contrées, il s'est trompé et a commis une erreur, disant ce dont il n'a aucune preuve. Et Sa parole : « Et vous édifiez des citernes 39 » — on a dit : ce sont les palais ; on a dit : les pigeonniers ; on a dit : les réservoirs d'eau — « espérant que vous immortaliserez 40 », c'est-à-dire dans l'espoir de vivre de longues vies en cette demeure. « Et quand vous sévissez, vous sévissez en tyrans. Craignez donc Allah et obéissez-moi ! Et craignez Celui qui vous a pourvus de ce que vous savez : Il vous a pourvus de bestiaux et d'enfants, de jardins et de sources. Je crains pour vous le châtiment d'un jour terrible. » Et ils lui dirent, parmi ce qu'ils dirent : « Es-tu venu à nous pour que nous adorions Allah seul et que nous délaissions ce qu'adoraient nos pères ? Fais donc venir ce dont tu nous menaces, si tu es du nombre des véridiques ! » C'est-à-dire : Es-tu venu à nous pour que nous adorions Allah seul, et que nous nous opposions à nos pères, nos ancêtres et ce qu'ils pratiquaient ? Si tu es véridique dans ce que tu apportes, fais donc venir ce dont tu nous menaces comme châtiment et supplice, car nous ne croyons pas en toi, ne te suivons pas et ne te croyons pas. Comme ils dirent : « C'est égal pour nous que tu exhortes ou que tu ne sois pas du nombre des exhortateurs. Ceci n'est que la légende des Anciens 41, et nous ne serons pas châtiés. » Quant à la lecture avec la fatḥa 42 sur le khā', il s'agit de l'invention des Anciens, c'est-à-dire que ce que tu apportes n'est qu'une invention de ta part, que tu as prise des livres des Anciens. C'est ainsi que l'ont interprété plusieurs Compagnons et Suivants. Quant à la lecture avec la ḍamma 43 sur le khā' et le lām, il s'agit de la religion ; c'est-à-dire : cette religion que nous pratiquons n'est que la religion des premiers 44, des pères et des ancêtres, et nous n'en changerons pas, ne nous en écarterons pas, et nous y resterons attachés. Les deux lectures, première et seconde, conviennent à leur parole : « Et nous ne serons pas châtiés. » Il dit : « Il est tombé sur vous de la part de votre Seigneur souillure et colère. Allez-vous disputer avec moi sur des noms que vous avez inventés, vous et vos pères, sans qu'Allah n'ait fait descendre aucune autorité pour cela ? Attendez donc, je suis avec vous parmi ceux qui attendent ! » C'est-à-dire : Vous avez mérité, par cette parole, la souillure et la colère d'Allah. Allez-vous opposer à l'adoration d'Allah seul, sans associé, l'adoration d'idoles que vous avez sculptées et nommées dieux de votre propre chef, sur lesquelles vous vous êtes accordés, vous et vos pères, sans qu'Allah n'ait fait descendre aucune autorité pour cela ? C'est-à-dire : Il n'a fait descendre ni preuve ni argument en faveur de ce que vous prétendez. Et puisque vous refusez d'accepter la vérité et persistez dans l'erreur, et qu'il vous est égal que je vous avertisse ou non de ce dans quoi vous êtes, attendez donc maintenant le châtiment d'Allah qui va s'abattre sur vous, Sa violence irrépressible et Son supplice inévitable. * * * Et Allah a dit : « Il dit : “Seigneur, secours-moi parce qu'ils me traitent de menteur !” Il dit : “Sous peu, ils deviendront certes des regretteurs.” Alors le Cri les saisit en toute justice, et Nous les fîmes devenir des débris. Que disparaissent les gens injustes ! » Et Allah a dit : « Ils dirent : “Es-tu venu à nous pour nous détourner de nos divinités ? Fais donc venir ce dont tu nous menaces, si tu es du nombre des véridiques !” Il dit : “La science est seulement auprès d'Allah. Et je vous transmets ce avec quoi j'ai été envoyé, mais je vois que vous êtes un peuple ignorant.” Puis, lorsqu'ils virent un nuage 45 s'avançant vers leurs vallées, ils dirent : “Voici un nuage qui nous apporte de la pluie.” Au contraire ! C'est ce dont vous réclamiez la hâte : un vent qui contient un châtiment douloureux, qui détruit toute chose par ordre de son Seigneur. Et le lendemain, on ne voyait plus que leurs demeures. Ainsi rétribuons-Nous les gens criminels. » Allah a mentionné l'histoire de leur destruction dans plus d'un verset, de manière résumée et détaillée, comme Sa parole : « Nous le sauvâmes donc, ainsi que ceux qui étaient avec lui, par une miséricorde de Notre part, et Nous coupâmes la racine de ceux qui traitaient Nos signes de mensonges et n'étaient pas croyants. » Et comme Sa parole : « Et quand vint Notre ordre, Nous sauvâmes Hûd et ceux qui avaient cru avec lui, par une miséricorde de Notre part, et Nous les sauvâmes d'un châtiment terrible. Voilà les 'Âd : ils nièrent les signes de leur Seigneur, désobéirent à Ses messagers et suivirent l'ordre de tout tyran obstiné. Ils furent poursuivis par une malédiction dans ce monde et au Jour de la Résurrection. En vérité, les 'Âd ont mécru en leur Seigneur. Que périssent les 'Âd, peuple de Hûd ! » Et comme Sa parole : « Alors le Cri les saisit en toute justice, et Nous les fîmes devenir des débris. Que disparaissent les gens injustes ! » Et Allah a dit : « Ils le traitèrent de menteur, et Nous les fîmes périr. Il y a là un signe, mais la plupart d'entre eux ne sont pas croyants. Et ton Seigneur, c'est Lui le Puissant, le Très Miséricordieux. » Quant au détail de leur destruction, c'est comme Allah a dit : « Puis, lorsqu'ils virent un nuage s'avançant vers leurs vallées, ils dirent : “Voici un nuage qui nous apporte de la pluie.” Au contraire ! C'est ce dont vous réclamiez la hâte : un vent qui contient un châtiment douloureux. » [Ce fut le début du châtiment qui les frappa : ils étaient en proie à la sécheresse et à la disette, et ils demandèrent la pluie. Ils virent un nuage dans le ciel et crurent qu'il apportait une pluie de miséricorde, mais c'était une pluie de châtiment. C'est pourquoi Allah dit : « Au contraire ! C'est ce dont vous réclamiez la hâte », c'est-à-dire la venue du châtiment.] Et c'est leur parole : « Fais donc venir ce dont tu nous menaces, si tu es du nombre des véridiques ! » Et un verset similaire se trouve dans la sourate al-A'râf. Les exégètes et d'autres ont mentionné ici le récit rapporté par l'imam Muḥammad ibn Isḥâq ibn Yasâr 46 : Lorsqu'ils refusèrent tout sauf la mécréance en Allah, la pluie cessa sur eux pendant trois ans, jusqu'à ce qu'ils en souffrent. Il dit : Les gens, à cette époque, lorsqu'ils étaient éprouvés par une affaire et demandaient à Allah d'en être soulagés, ne le faisaient qu'auprès de Son Sanctuaire et de l'emplacement de Sa Maison. C'était connu chez les gens de cette époque, et les Amalécites y résidaient, issus de la descendance de 'Imliq ibn Lâwadh ibn Sâm ibn Nûḥ. Leur chef était alors un homme appelé Mu'âwiya ibn Bakr, dont la mère était du peuple de 'Âd, nommée Jalhada bint al-Khaybarî. Il dit : Les 'Âd envoyèrent une délégation d'environ soixante-dix hommes pour demander la pluie pour eux auprès du Sanctuaire. Ils passèrent par Mu'âwiya ibn Bakr, à la périphérie de La Mecque, et descendirent chez lui. Ils restèrent chez lui un mois, buvant du vin et écoutant le chant des deux chanteuses 47, deux esclaves musiciennes de Mu'âwiya. Ils étaient arrivés chez lui en un mois. Lorsque leur séjour chez lui se prolongea, et qu'il fut pris de compassion pour son peuple, tout en ayant honte de leur ordonner de partir, il composa des vers pour leur suggérer le départ et ordonna aux deux chanteuses de les chanter pour eux. Il dit : « Hélas ! Ô Qayl 48, malheur à toi ! Lève-toi et va doucement, peut-être qu'Allah nous enverra un nuage pour arroser la terre de 'Âd. Car les 'Âd, le soir, ne peuvent plus parler à cause de la soif intense. Aussi n'espérons-nous plus, par elle, ni le vieillard ni le jeune homme. Leurs femmes, qui étaient dans l'aisance, sont devenues veuves. Les bêtes sauvages viennent à eux ouvertement et ne craignent plus les flèches des 'Âdites. Et vous, ici, vous jouissez de ce que vous désirez, jour et nuit, pleinement. Que votre délégation soit donc maudite, délégation d'un peuple, et qu'elle ne reçoive ni salutation ni paix ! » Il dit : Alors les gens se rappelèrent pourquoi ils étaient venus, et ils se rendirent au Sanctuaire et invoquèrent pour leur peuple. Leur suppliant, Qayl ibn 'Anaz, invoqua, et Allah créa trois nuages : blanc, rouge et noir. Puis un héraut l'appela du ciel : « Choisis pour toi-même ou pour ton peuple parmi ces nuages. » Il dit : « Je choisis le nuage noir, car c'est le plus chargé d'eau. » Le héraut l'appela : « Tu as choisi une cendre ardente qui ne laissera personne des 'Âd, ni père ni enfant, sans le réduire en poussière, sauf les Banû al-Luwidhiyya al-Hamadâ 49. » Il dit : Ceux-ci étaient une fraction des 'Âd qui résidaient à La Mecque, et ils ne furent pas atteints par ce qui frappa leur peuple. Il dit : Ceux qui restèrent de leur descendance et de leur postérité sont les 'Âd postérieurs.
Il dit : Allah dirigea le nuage noir que Qayl ibn 'Anaz avait choisi, avec ce qu'il contenait comme châtiment, vers 'Âd, jusqu'à ce qu'il sorte sur eux d'une vallée appelée al-Mughîth. Quand ils le virent, ils se réjouirent et dirent : « Ceci est un nuage qui nous apporte la pluie. » Allah Très-Haut dit : « Bien au contraire, c'est ce que vous avez hâté : un vent qui contient un châtiment douloureux, qui détruit toute chose par ordre de son Seigneur » 50, c'est-à-dire qu'il anéantit toute chose qu'il lui a été ordonné de détruire. Le premier à voir ce qu'il contenait et à reconnaître que c'était un vent, selon ce qu'ils rapportent, fut une femme de 'Âd appelée Mahd. Quand elle distingua ce qu'il y avait dedans, elle poussa un cri puis s'évanouit. Lorsqu'elle revint à elle, ils dirent : « Qu'as-tu vu, ô Mahd ? » Elle dit : « J'ai vu un vent dans lequel il y avait comme du feu, précédé d'hommes qui le conduisaient. » Allah l'asservit contre eux pendant sept nuits et huit jours consécutifs 51 ; al-ḥusūm signifie le continu. Il n'épargna personne de 'Âd sans le faire périr. Il dit : Hûd, sur lui la paix, se retira – selon ce qui m'a été rapporté – dans un enclos, lui et les croyants qui étaient avec lui ; ils ne subissaient que ce qui adoucissait la peau et réjouissait les âmes. Et ce vent transportait les dattes au-dessus de 'Âd entre ciel et terre, et les lapidait avec des pierres. Il mentionna la fin de l'histoire. L'imam Ahmad a rapporté dans son Musnad un hadith qui ressemble à cette histoire. Il dit : Zayd ibn al-Ḥubâb nous a raconté, Abû al-Mundhir Salâm ibn Sulaymân al-Naḥwî m'a raconté, 'Âṣim ibn Abî al-Najûd nous a raconté, d'après Abû Wâ'il, d'après al-Ḥârith – et il s'agit d'Ibn Ḥassân, et on dit Ibn Yazîd al-Bakrî – qui dit : Je sortis pour me plaindre d'al-'Alâ' ibn al-Ḥaḍramî auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Je passai par al-Rabadha, où je trouvai une vieille femme des Banû Tamîm, abandonnée. Elle me dit : « Ô serviteur d'Allah, j'ai un besoin auprès du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Peux-tu me faire parvenir à lui ? » Il dit : Je la portai et vins à Médine. Le mosquée était bondée de gens, un étendard noir flottait, et Bilâl, l'épée ceinte, se tenait devant le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Je dis : « Qu'ont les gens ? » Ils dirent : « Il veut envoyer 'Amr ibn al-'Âṣ en expédition. » Il dit : Je m'assis. Il entra dans sa maison – ou dit-il, sa demeure – et je demandai la permission d'entrer. Il me la donna. J'entrai, saluai, et il dit : « Y a-t-il eu quelque chose entre vous et les Banû Tamîm ? » Je dis : « Oui. Nous avons eu le dessus sur eux. Et je suis passé par une vieille femme des Banû Tamîm, abandonnée ; elle m'a demandé de la porter jusqu'à toi, et elle est à la porte. » Il lui permit d'entrer, et elle entra. Je dis : « Ô Messager d'Allah, si tu vois bon de mettre une barrière entre nous et les Banû Tamîm, mets al-Dahnâ' 52, car elle était à nous. » La vieille s'échauffa, se redressa et dit : « Ô Messager d'Allah, où donc ton obligé sera-t-il contraint ? » Je dis : « Mon cas est comme celui du premier qui a dit : 'Une chèvre a porté sa perte.' J'ai porté cette femme sans savoir qu'elle serait mon adversaire. Je cherche refuge auprès d'Allah et de Son Messager d'être comme l'envoyé de 'Âd. » Il dit : « Eh bien ! 53 Et qu'est-ce que l'envoyé de 'Âd ? » – alors qu'il connaissait mieux l'histoire que moi, mais il voulait que je lui en parle. Je dis : « 'Âd souffrit de sécheresse. Ils envoyèrent un délégué appelé Qayl. Il passa par Mu'âwiya ibn Bakr et resta chez lui un mois, à boire du vin et à écouter deux chanteuses appelées al-Jarâdatân. Quand le mois fut écoulé, il sortit vers les montagnes de Tihâma 54 et dit : 'Ô Allah, Tu sais que je ne suis venu ni pour soigner un malade, ni pour rançonner un prisonnier. Ô Allah, donne à 'Âd ce que Tu leur donnes.' Des nuages noirs passèrent devant lui, et on l'appela : 'Choisis parmi eux.' Il désigna un nuage noir, et on l'appela : 'Prends-le : cendre fine, qui ne laissera personne de 'Âd.' » Il dit : « Il ne m'est pas parvenu qu'il envoya sur eux du vent, sinon l'équivalent de ce qui passe dans cette bague-ci, jusqu'à ce qu'ils périssent. » Abû Wâ'il dit : Il a dit vrai. Et quand les gens envoyaient un délégué, ils disaient : « Ne sois pas comme l'envoyé de 'Âd. » C'est ainsi que l'a rapporté al-Tirmidhî d'après 'Abd ibn Ḥumayd, d'après Zayd ibn al-Ḥubâb. Al-Nasâ'î l'a rapporté d'après le hadith de Salâm Abû al-Mundhir, d'après 'Âṣim ibn Bahdala, et par cette voie Ibn Mâjah l'a rapporté. C'est ainsi que plusieurs exégètes, comme Ibn Jarîr et d'autres, ont rapporté ce hadith et cette histoire lors de l'exégèse de ce récit. Il se peut que ce contexte concerne la destruction de la seconde 'Âd ; car ce qu'Ibn Isḥâq et d'autres ont mentionné fait référence à La Mecque, qui n'a été bâtie qu'après Abraham le Bien-Aimé, lorsqu'il y installa Hâjar et son fils Ismaël, et que les Jurhum s'installèrent auprès d'eux, comme cela viendra. Or la première 'Âd est antérieure à Abraham. Et dans ce récit, il est question de Mu'âwiya ibn Bakr et de sa poésie, qui est une poésie tardive par rapport à l'époque de la première 'Âd, et ne ressemble pas au langage des anciens. De plus, dans ce nuage, il y avait des étincelles de feu, alors que la première 'Âd fut détruite par un vent glacial et violent. Ibn Mas'ûd, Ibn 'Abbâs et plusieurs autres imams des successeurs ont dit : c'est le vent froid, violent et impétueux. « Il l'asservit contre eux pendant sept nuits et huit jours consécutifs », c'est-à-dire complets et successifs. On dit que le premier fut un vendredi, ou un mercredi. « Tu vois les gens, en ce jour, gisants, comme des troncs de palmiers évidés. » Il les compare à des troncs de palmiers sans têtes, car le vent prenait l'un d'eux, le soulevait en l'air, puis le renversait sur sa tête et l'écrasait, si bien qu'il restait un corps sans tête, comme Il dit : « Nous avons envoyé contre eux un vent glacial en un jour néfaste et continu », c'est-à-dire un jour de malheur pour eux, dont le châtiment se prolongea sur eux. « Il arrachait les gens comme s'ils étaient des troncs de palmiers déracinés. » Quant à celui qui dit que le jour néfaste et continu est le mercredi et le considère comme un mauvais présage à cause de cette compréhension, il s'est trompé et a contredit le Coran ; car Il dit dans un autre verset : « Nous avons envoyé contre eux un vent glacial en des jours néfastes. » Or il est connu que ces jours furent huit jours successifs. Si ces jours étaient néfastes en eux-mêmes, alors tous les sept jours qui y sont inclus seraient funestes, ce que personne ne dit. Il s'agit plutôt de jours néfastes pour eux. Allah Très-Haut dit : « Et dans 'Âd, quand Nous avons envoyé contre eux le vent stérile », c'est-à-dire qui ne produit aucun bien, car le vent seul ne soulève pas de nuages et ne féconde pas les arbres ; il est stérile, sans aucun bien. C'est pourquoi Il dit : « Il ne laisse rien de ce qu'il atteint sans le réduire en poussière », c'est-à-dire comme une chose usée et anéantie, dont on ne tire aucun profit. Il est établi dans les deux Sahîh, d'après le hadith de Shu'ba, d'après al-Ḥakam, d'après Mujâhid, d'après Ibn 'Abbâs, d'après le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, qu'il a dit : « J'ai été secouru par le vent d'est, et 'Âd a été détruite par le vent d'ouest. » Quant à Sa parole Très-Haute : « Et mentionne le frère de 'Âd, quand il avertit son peuple dans les dunes de sable, alors que les avertisseurs étaient passés avant lui et après lui : 'N'adorez qu'Allah, je crains pour vous le châtiment d'un jour terrible' », il semble que ce 'Âd soit la première 'Âd ; car son contexte ressemble à celui du peuple de Hûd, qui est la première. Il est possible que ceux qui sont mentionnés dans ce récit soient la seconde 'Âd. Ce que nous avons mentionné et ce qui viendra du hadith de 'Â'isha, qu'Allah l'agrée, l'indique. Quant à Sa parole : « Quand ils virent un nuage se dirigeant vers leurs vallées, ils dirent : 'Ceci est un nuage qui nous apporte la pluie' », 'Âd, voyant ce nuage – c'est-à-dire ce qui s'élève dans le ciel comme un nuage – crurent que c'était un nuage de pluie, mais c'était un nuage de châtiment. Ils le prirent pour une miséricorde, et c'était une calamité. Ils en espérèrent le bien, et ils en obtinrent le pire. Allah Très-Haut dit : « Bien au contraire, c'est ce que vous avez hâté », c'est-à-dire le châtiment, puis Il l'explique par Sa parole : « Un vent qui contient un châtiment douloureux. »
douloureux. Il est possible que ce châtiment soit ce qui les a frappés : le vent violent, glacial, impétueux et très froid, qui a soufflé sur eux pendant sept nuits et huit jours, sans épargner personne, mais les a poursuivis jusqu'à pénétrer dans les cavernes des montagnes et les grottes, les enveloppant, les faisant sortir et les anéantissant, et détruisant sur eux les maisons solides et les palais fortifiés. De même qu'ils s'étaient vantés de leur force et de leur puissance 38 en disant : « Qui est plus fort que nous ? », Dieu a envoyé contre eux ce qui est plus fort qu'eux et plus capable de les dominer : le vent stérile. Il est possible aussi que ce vent ait finalement soulevé un nuage que ceux qui restaient ont cru être un nuage porteur de miséricorde et de pluie pour eux, mais Dieu l'a envoyé sur eux comme des étincelles et du feu. [Comme l'ont mentionné plusieurs exégètes. Et cela 55 ] est semblable à ce qui est arrivé aux gens de la Nuée 56 parmi le peuple de Madyan 57, où Dieu a réuni pour eux le vent froid et le châtiment du feu, ce qui est le plus intense des châtiments par des choses diverses et opposées, en plus du Cri 58 qu'Il a mentionné dans la sourate « Les Croyants ont réussi » 59. Et Dieu sait mieux. Ibn Abi Hatim a dit : Mon père nous a raconté, Muhammad ibn Yahya [ibn] ad-Darîs nous a raconté, Ibn Fudayl nous a raconté d'après Muslim, d'après Mujâhid, d'après Ibn 'Umar, qui a dit : Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) a dit : « Dieu n'a ouvert sur 'Âd 60 du vent par lequel ils ont été anéantis que l'équivalent de l'emplacement d'une bague. Il a alors emporté les gens du désert avec leurs troupeaux et leurs biens entre le ciel et la terre. Lorsque les sédentaires de 'Âd ont vu le vent et ce qu'il contenait, ils ont dit : "Ceci est un nuage qui nous apportera la pluie." Alors [le vent] a jeté les gens du désert et leurs troupeaux sur les sédentaires. » At-Tabarânî l'a rapporté d'après 'Abdân ibn Ahmad, d'après Ismâ'îl ibn Zakariyyâ al-Kûfî, d'après Abû Mâlik, d'après Muslim al-Mulâ'î, d'après Mujâhid et Sa'îd ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbâs, qui a dit : Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) a dit : « Dieu n'a ouvert sur 'Âd du vent que l'équivalent de l'emplacement d'une bague. Puis Il l'a envoyé sur eux, des nomades vers les sédentaires. Lorsque les sédentaires l'ont vu, ils ont dit : "Ceci est un nuage qui nous apportera la pluie, venant vers nos vallées." Les gens du désert étaient dedans, et les gens du désert furent jetés sur les sédentaires jusqu'à ce qu'ils périssent. » Il a dit : [Le vent] a été violent contre ses barrières 39 jusqu'à sortir à travers les portes. Je dis : Un autre a dit : Il est sorti sans mesure. [Et le but est que ce hadith, dans son élévation [au Prophète], est sujet à examen. Ensuite, il y a divergence à son sujet de la part de Muslim al-Mulâ'î, et il contient une certaine confusion 56 ] Et Dieu sait mieux. Le sens apparent du verset est qu'ils ont vu un nuage, et ce qui est compris linguistiquement est le nuage, comme l'indique le hadith d'al-Hârith ibn Hassân al-Bakrî, si nous le considérons comme une explication de cette histoire. Plus explicite encore à cet égard est ce que Muslim a rapporté dans son Sahîh, où il a dit : Abû [Bakr 56 ] at-Tâhir nous a raconté, Ibn Wahb nous a raconté, il a dit : J'ai entendu Ibn Jurayj nous raconter d'après 'Atâ' ibn Abî Rabâh, d'après 'Â'isha (que Dieu soit satisfait d'elle) qui a dit : Lorsque le vent soufflait violemment, le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) disait : « Ô Dieu, je Te demande son bien, le bien de ce qu'il contient et le bien de ce avec quoi il a été envoyé, et je cherche refuge auprès de Toi contre son mal, le mal de ce qu'il contient et le mal de ce avec quoi il a été envoyé. » Elle a dit : « Et quand le ciel se couvrait, son visage changeait, il sortait et entrait, allait et venait. Quand il pleuvait, il était soulagé. 'Â'isha a remarqué cela et l'a interrogé, et il a dit : "Peut-être, ô 'Â'isha, comme l'ont dit le peuple de 'Âd : 'Quand ils ont vu un nuage venant vers leurs vallées, ils ont dit : Ceci est un nuage qui nous apportera la pluie.'" » At-Tirmidhî, an-Nasâ'î et Ibn Mâjah l'ont rapporté d'après le hadith d'Ibn Jurayj. Autre voie : L'imam Ahmad a dit : Hârûn ibn Ma'rûf nous a raconté, 'Abd Allâh ibn Wahb nous a informés, 'Amr - [c'est-à-dire 40 ] ibn al-Hârith - nous a informés qu'Abû an-Nadr lui a raconté d'après Sulaymân ibn Yasâr, d'après 'Â'isha, qu'elle a dit : Je n'ai jamais vu le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) rire à gorge déployée au point de voir sa luette 41 ; il souriait seulement. Et elle a dit : Quand il voyait un nuage ou du vent, cela se reconnaissait sur son visage. Elle a dit : Ô Messager de Dieu, les gens, quand ils voient un nuage, se réjouissent dans l'espoir qu'il contienne de la pluie, mais je te vois, quand tu le vois, la contrariété se lit sur ton visage. Il a dit : « Ô 'Â'isha, qu'est-ce qui me met à l'abri du fait qu'il contienne un châtiment ? Le peuple de Nûh 61 a été châtié par le vent, et un peuple a vu le châtiment et a dit : "Ceci est un nuage qui nous apportera la pluie." » [Ce hadith est donc presque explicite sur la différence entre les deux histoires, comme nous l'avons indiqué au début. Ainsi, selon cela, l'histoire mentionnée dans la sourate al-Ahqâf 62 serait une information sur le second peuple de 'Âd, et les autres contextes dans le Coran seraient une information sur le premier peuple de 'Âd. Et Dieu sait mieux ce qui est correct 55 .] Et c'est ainsi que Muslim l'a rapporté d'après Hârûn ibn Ma'rûf, et al-Bukhârî et Abû Dâwûd l'ont extrait du hadith d'Ibn Wahb. Nous avons déjà mentionné le pèlerinage de Hûd (que la paix soit sur lui) lors du récit du pèlerinage de Nûh (que la paix soit sur lui). Il a été rapporté d'après le Commandeur des croyants 'Alî ibn Abî Tâlib qu'il a décrit la tombe de Hûd (que la paix soit sur lui) au Yémen. D'autres ont mentionné qu'elle se trouve à Damas, et dans sa mosquée, il y a un endroit dans son mur qiblî 63 que certaines personnes prétendent être la tombe de Hûd (que la paix soit sur lui). Et Dieu sait mieux. L'histoire de Sâlih (que la paix soit sur lui), prophète de Thamûd 64, qui est une tribu célèbre, appelée Thamûd du nom de leur ancêtre Thamûd, frère de Jadîs, tous deux fils de 'Âthir ibn Iram ibn Sâm ibn Nûh. Ils étaient des Arabes arabisants 65 qui vivaient dans al-Hijr 66, entre le Hijâz et Tabûk. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) est passé par là en se rendant à Tabûk avec les musulmans qui l'accompagnaient. Ils vivaient après le peuple de 'Âd, et ils adoraient les idoles comme ceux-là. Dieu a envoyé parmi eux un homme des leurs, qui était le serviteur de Dieu et Son messager : Sâlih ibn 'Ubayd ibn Mâsih ibn 'Ubayd ibn Hâdir ibn Thamûd ibn 'Âthir ibn Iram ibn Nûh. Il les a appelés à adorer Dieu seul, sans associé, et à abandonner les idoles et les rivaux, et à ne rien associer à Lui. Un groupe d'entre eux a cru en lui, mais la majorité a mécru, et ils l'ont offensé par la parole et par l'action, ont voulu le tuer, et ont tué la chamelle que Dieu avait établie comme preuve contre eux. Alors Dieu les a saisis d'une prise d'un Puissant, Très Fort. Comme Dieu Très-Haut a dit dans la sourate al-A'râf 67 : « Et vers Thamûd, leur frère Sâlih. Il dit : "Ô mon peuple, adorez Dieu ! Vous n'avez pas d'autre divinité que Lui. Une preuve vous est venue de votre Seigneur : voici la chamelle de Dieu, un signe pour vous. Laissez-la paître sur la terre de Dieu et ne lui faites aucun mal, sinon un châtiment douloureux vous saisira. Et rappelez-vous quand Il vous a fait succéder à 'Âd et vous a établis sur la terre, vous construisant des palais dans ses plaines et taillant des maisons dans les montagnes. Rappelez-vous donc les bienfaits de Dieu et ne commettez pas de désordre sur la terre en corrompant." Les notables de son peuple qui s'enflaient d'orgueil dirent à ceux qu'ils méprisaient, à ceux qui avaient cru parmi eux : "Savez-vous que Sâlih est envoyé par son Seigneur ?" Ils dirent : "Nous croyons en ce avec quoi il a été envoyé." Ceux qui s'enflaient d'orgueil dirent : "Nous, nous ne croyons pas en ce que vous croyez." Ils tuèrent la chamelle, désobéirent au commandement de leur Seigneur et dirent : "Ô Sâlih, apporte-nous ce dont tu nous menaces, si tu es du nombre des envoyés." Le tremblement les saisit, et le matin, ils gisaient dans leurs demeures, morts. Il se détourna d'eux et dit : "Ô mon peuple, je vous ai transmis le message de mon Seigneur et je vous ai donné un conseil sincère, mais vous n'aimez pas les conseillers sincères." 42
Il dit, exalté soit-Il, dans la sourate Hûd : « Et aux Thamûd, leur frère Sâlih 68 : "Ô mon peuple, adorez Allah ! Vous n'avez d'autre divinité que Lui. C'est Lui qui vous a créés de la terre et vous y a établis 69. Implorez donc Son pardon, puis repentez-vous à Lui. Mon Seigneur est proche et répond." Ils dirent : "Ô Sâlih, tu étais avant cela un espoir parmi nous. Nous interdirais-tu d'adorer ce qu'adoraient nos pères ? Nous sommes dans un doute troublant sur ce à quoi tu nous appelles." Il dit : "Ô mon peuple, que dites-vous si je me fonde sur une preuve évidente de mon Seigneur et qu'Il m'a accordé une miséricorde de Sa part ? Qui me secourrait contre Allah si je Lui désobéissais ? Vous ne feriez qu'accroître ma perte. Ô mon peuple, voici la chamelle d'Allah 70 : un signe pour vous. Laissez-la paître sur la terre d'Allah et ne lui causez aucun mal, sinon un châtiment proche vous saisira." Mais ils la tuèrent. Il dit : "Jouissez dans vos demeures pendant trois jours. Voilà une promesse qui ne sera pas démentie." Puis, quand vint Notre ordre, Nous sauvâmes Sâlih et ceux qui avaient cru avec lui, par une miséricorde de Notre part, et de l'ignominie de ce jour-là. Ton Seigneur est le Fort, le Puissant. Et le Cri saisit les injustes, et ils devinrent, dans leurs demeures, gisants sur le sol, comme s'ils n'y avaient jamais prospéré. En vérité, les Thamûd ont mécru en leur Seigneur. Que périssent les Thamûd ! » (43) Et Il dit, exalté soit-Il, dans la sourate Al-Hijr : « Les gens d'Al-Hijr 71 ont traité les messagers de menteurs. Nous leur avions apporté Nos signes, mais ils s'en détournaient. Ils taillaient des maisons dans les montagnes, en sécurité. Le Cri les saisit au matin. Ce qu'ils avaient acquis ne leur servit à rien. » (2) Et Il dit, gloire à Lui, exalté soit-Il, dans la sourate Subhân 72 : « Rien ne Nous empêche d'envoyer des signes, si ce n'est que les Anciens les ont traités de mensonges. Nous avons donné aux Thamûd la chamelle, comme une preuve évidente, mais ils lui ont fait du tort. Et Nous n'envoyons des signes que pour effrayer. » (3) Et Il dit, exalté soit-Il, dans la sourate Ash-Shu'arâ' : « Les Thamûd ont traité les messagers de menteurs. Quand leur frère Sâlih leur dit : "Ne craindrez-vous pas [Allah] ? Je suis pour vous un messager digne de confiance. Craignez donc Allah et obéissez-moi. Je ne vous demande pas de salaire pour cela ; mon salaire n'incombe qu'au Seigneur de l'univers. Vous laissera-t-on en sécurité dans ce qui est ici, parmi des jardins et des sources, des cultures et des palmiers aux régimes bien formés ? Et vous taillez des maisons dans les montagnes, avec habileté. Craignez donc Allah et obéissez-moi. N'obéissez pas aux ordres des outranciers, qui sèment la corruption sur la terre et n'y font rien de bon." Ils dirent : "Tu n'es que parmi les ensorcelés. Tu n'es qu'un homme comme nous. Apporte donc un signe, si tu es véridique." Il dit : "Voici une chamelle : à elle de boire un jour, et à vous de boire un jour déterminé. Ne lui causez aucun mal, sinon un grand châtiment vous saisira." Mais ils la tuèrent, et ils devinrent repentants. Le châtiment les saisit. Il y a là un signe, mais la plupart d'entre eux ne sont pas croyants. Et ton Seigneur est le Puissant, le Très Miséricordieux. » (4) Et Il dit, exalté soit-Il, dans la sourate An-Naml : « Nous avons envoyé aux Thamûd leur frère Sâlih : "Adorez Allah." Et voilà qu'ils se divisèrent en deux groupes qui se disputaient. Il dit : "Ô mon peuple, pourquoi hâtez-vous le mal avant le bien ? Si seulement vous imploriez le pardon d'Allah, peut-être vous serait-il fait miséricorde." Ils dirent : "Nous voyons en toi et en ceux qui sont avec toi un mauvais présage." Il dit : "Votre présage est auprès d'Allah. Mais vous êtes un peuple soumis à l'épreuve." Il y avait dans la ville neuf notables qui semaient la corruption sur la terre et n'y faisaient rien de bon. Ils dirent : "Jurez-vous par Allah que nous attaquerons de nuit lui et sa famille, puis nous dirons à son héritier : Nous n'avons pas assisté à la destruction de sa famille, et nous sommes véridiques." Ils tramèrent un stratagème, et Nous tramâmes un stratagème, sans qu'ils s'en rendent compte. Regarde donc quelle fut la fin de leur stratagème : Nous les anéantîmes, eux et tout leur peuple. Voilà leurs maisons vides, à cause de leur injustice. Il y a là un signe pour des gens qui savent. Et Nous sauvâmes ceux qui avaient cru et qui craignaient [Allah]. » (44) Et Il dit, exalté soit-Il, dans la sourate Hâ' Mîm As-Sajda 73 : « Quant aux Thamûd, Nous les guidâmes, mais ils préférèrent l'aveuglement à la guidée. Le châtiment humiliant du tonnerre les saisit pour ce qu'ils avaient acquis. Et Nous sauvâmes ceux qui avaient cru et qui craignaient [Allah]. » (2) Et Il dit, exalté soit-Il, dans la sourate Iqtarabat 74 : « Les Thamûd ont traité les avertissements de mensonges. Ils dirent : "Suivrons-nous un seul homme d'entre nous ? Nous serions alors dans l'égarement et la folie. Est-ce que le Rappel 75 a été envoyé sur lui, parmi nous ? C'est plutôt un menteur insolent." Ils sauront demain qui est le menteur insolent. Nous allons envoyer la chamelle comme épreuve pour eux. Observe-les donc et sois patient. Annonce-leur que l'eau est partagée entre eux : chaque part de boisson sera présente [à son tour]. Ils appelèrent leur compagnon, qui prit [son épée] et la tua. Quel fut Mon châtiment et Mes avertissements ! Nous envoyâmes sur eux un seul Cri, et ils devinrent comme la paille sèche de l'enclos. Et Nous avons facilité le Coran pour le Rappel. Y a-t-il quelqu'un qui se souvienne ? » (3) Et Il dit : « Les Thamûd ont traité de mensonge, par leur transgression, quand le plus misérable d'entre eux se leva. Le messager d'Allah leur dit : "[Prenez soin de] la chamelle d'Allah et de son droit à boire." Mais ils le traitèrent de menteur et la tuèrent. Leur Seigneur les anéantit pour leur péché, et Il rasa [leurs demeures]. Et Il ne craint pas les conséquences. » (45) Allah associe souvent dans Son Livre la mention de 'Âd et des Thamûd, comme dans les sourates Barâ'a 76, Ibrâhîm, Al-Furqân, Sâd, Qâf, An-Najm et Al-Fajr. On dit que ces deux nations ne sont pas connues des gens du Livre, et qu'elles ne sont pas mentionnées dans leur Livre, la Torah. Mais le Coran indique que Moïse a informé à leur sujet, comme Il dit, exalté soit-Il, dans la sourate Ibrâhîm : « Moïse dit : "Si vous mécroyez, vous et tous ceux qui sont sur la terre, [sachez qu']Allah se suffit à Lui-même et est digne de louange. Ne vous est-il pas parvenu le récit de ceux qui vous ont précédés : le peuple de Noé, de 'Âd et de Thamûd, et ceux qui vinrent après eux, que seul Allah connaît ? Leurs messagers leur apportèrent des preuves évidentes..." » (3) Il semble que cela fasse partie du discours de Moïse à son peuple. Mais comme ces deux nations étaient arabes, ils n'ont pas bien conservé leur histoire, ni veillé à la préserver, bien que leur histoire fût célèbre à l'époque de Moïse, sur lui la paix. Nous avons traité de tout cela en détail dans le Tafsîr 77. À Allah la louange et la grâce. * * * Ce que nous visons maintenant est de mentionner leur histoire, ce qu'il advint d'eux, comment Allah sauva Son prophète Sâlih, sur lui la paix, et ceux qui crurent en lui, et comment Il anéantit le peuple injuste par leur mécréance, leur insolence et leur opposition à leur messager, sur lui la paix. [Nous avons déjà mentionné qu'ils étaient Arabes, qu'ils vinrent après 'Âd et qu'ils ne tirèrent pas leçon de ce qui leur était arrivé. C'est pourquoi leur prophète, sur lui la paix, leur dit] (46) : « Adorez Allah ! Vous n'avez d'autre divinité que Lui. Une preuve évidente vous est venue de votre Seigneur : voici la chamelle d'Allah, un signe pour vous. Laissez-la paître sur la terre d'Allah et ne lui causez aucun mal, sinon un châtiment douloureux vous saisira. Et souvenez-vous quand Il vous a faits successeurs après 'Âd et vous a établis sur la terre : vous construisez des palais dans ses plaines et vous taillez des maisons dans les montagnes. Souvenez-vous donc des bienfaits d'Allah et ne commettez pas de désordre sur la terre en semant la corruption. » C'est-à-dire : Il vous a faits successeurs après eux pour que vous tiriez leçon de ce qui leur est arrivé et que vous agissiez contrairement à leurs actes. Il vous a permis cette terre : vous construisez des palais dans ses plaines, « et vous taillez des maisons dans les montagnes, avec habileté », c'est-à-dire experts dans leur fabrication, leur perfection et leur solidité. Répondez donc à la grâce d'Allah par la gratitude, l'œuvre pie et l'adoration de Lui seul, sans associé. Évitez de Lui désobéir et de vous détourner de Son obéissance, car la conséquence en est funeste. C'est pourquoi il les exhorta en disant : « Vous laissera-t-on en sécurité dans ce qui est ici, parmi des jardins et des sources, des cultures et des palmiers aux régimes bien formés », c'est-à-dire entassés, nombreux, beaux, magnifiques et mûrs. « Et vous taillez des maisons dans les montagnes, avec habileté. Craignez donc Allah et obéissez-moi. N'obéissez pas aux ordres des outranciers, qui sèment la corruption sur la terre et n'y font rien de bon. » Il leur dit aussi : « Ô mon peuple, adorez Allah ! Vous n'avez d'autre divinité que Lui. C'est Lui qui vous a créés de la terre et vous y a établis », c'est-à-dire : C'est Lui qui vous a créés, vous a fait naître de la terre, et vous en a faits les habitants, c'est-à-dire qu'Il vous l'a donnée avec ses cultures et ses fruits. Il est le Créateur, le Pourvoyeur, et c'est Lui qui mérite l'adoration seule, sans [rien] (47) d'autre.
« Implorez donc Son pardon, puis repentez-vous à Lui » : c'est-à-dire : renoncez à ce dans quoi vous êtes et tournez-vous vers Son adoration, car Il vous accepte et vous pardonne. « En vérité, mon Seigneur est Proche et Répondant. » « Ils dirent : Ô Sâlih ! Tu étais pour nous un espoir avant cela » : c'est-à-dire : nous espérions que ton esprit serait parfait avant ce discours, qui est ton appel à l'adoration exclusive et à l'abandon des idoles que nous adorions, et à t'écarter de la religion des pères et des ancêtres. C'est pourquoi ils dirent : « Nous interdis-tu d'adorer ce qu'adoraient nos pères ? Et nous sommes dans un doute troublant sur ce à quoi tu nous appelles. » « Il dit : Ô mon peuple ! Que pensez-vous si je me fonde sur une preuve évidente de mon Seigneur et qu'Il m'a accordé une miséricorde de Sa part ? Qui me secourra contre Allah si je Lui désobéis ? Vous ne ferez qu'accroître ma perte. » Ceci est une douceur de sa part envers eux dans l'expression, une souplesse et une belle manière de les inviter au bien. C'est-à-dire : que pensez-vous de celui dont l'affaire est comme je vous le dis et vous y appelle ? Quelle sera votre excuse auprès d'Allah ? Et qu'est-ce qui vous sauvera devant Lui alors que vous me demandez d'abandonner mon appel à Son obéissance ? Cela m'est impossible, car c'est un devoir pour moi, et si je l'abandonnais, nul d'entre vous ni d'autres ne pourrait me protéger de Lui ni me secourir. Je ne cesserai donc de vous appeler à Allah seul, sans associé, jusqu'à ce qu'Allah juge entre moi et vous. Ils lui dirent aussi : « Tu n'es que l'un des ensorcelés 78 », c'est-à-dire : l'un des possédés, voulant dire que tu es ensorcelé et ne sais ce que tu dis en nous appelant à l'adoration exclusive d'Allah seul et à l'abandon des idoles en dehors de Lui. Cette parole est celle de la majorité, et c'est que « musahharîn » signifie « ensorcelés ». On a dit aussi : « musahharîn » : c'est-à-dire ceux qui ont un poumon 79 – comme s'ils disaient : tu n'es qu'un humain qui a un poumon. La première interprétation est plus évidente à cause de leur parole après cela : « Tu n'es qu'un humain comme nous » et leur parole : « Apporte donc un signe si tu es du nombre des véridiques. » Ils lui demandèrent d'apporter un prodige prouvant la véracité de ce qu'il leur apportait. « Il dit : Voici une chamelle : à elle un jour de boisson, et à vous un jour de boisson déterminé. Ne lui faites aucun mal, sinon un grand châtiment vous saisira. » Comme Il dit : « Une preuve évidente de votre Seigneur vous est venue : voici la chamelle d'Allah, un signe pour vous. Laissez-la donc paître sur la terre d'Allah et ne lui faites aucun mal, sinon un châtiment douloureux vous saisira. » Et le Très-Haut dit : « Et Nous donnâmes aux Thamûd la chamelle comme une preuve évidente, mais ils lui firent du tort. » Les exégètes ont mentionné que les Thamûd s'étaient réunis un jour dans leur assemblée. Le prophète Sâlih vint à eux, les appela à Allah, les rappela, les avertit, les exhorta et leur ordonna. Ils lui dirent : « Si tu fais sortir pour nous de ce rocher – et ils indiquèrent un rocher qui s'y trouvait – une chamelle de telle et telle description [et ils mentionnèrent des descriptions, la décrivirent et exigèrent des conditions], et qu'elle soit pleine, grande, de telle et telle description. » Le prophète Sâlih (sur lui la paix) leur dit : « Que pensez-vous si je vous accorde ce que vous demandez selon la manière que vous avez exigée, croirez-vous en ce que je vous apporte et me croirez-vous dans ce pour quoi j'ai été envoyé ? » Ils dirent : « Oui. » Il prit donc leurs engagements et leurs pactes sur cela. Puis il se rendit à son lieu de prière, pria Allah – Puissant et Majestueux – autant qu'il le put, puis invoqua son Seigneur – Puissant et Majestueux – de leur accorder ce qu'ils demandaient. Allah – Puissant et Majestueux – ordonna alors à ce rocher de se fendre pour faire sortir une grande chamelle pleine, selon la manière demandée ou la description qu'ils avaient décrite. Lorsqu'ils la virent ainsi, ils virent une chose et un spectacle terrifiant, une puissance éclatante, une preuve décisive et une évidence éclatante. Beaucoup d'entre eux crurent, mais la plupart persistèrent dans leur mécréance, leur égarement et leur obstination. C'est pourquoi Il dit : « Ils lui firent du tort » c'est-à-dire : ils la nièrent et ne suivirent pas la vérité à cause d'elle, c'est-à-dire la plupart d'entre eux. Le chef de ceux qui crurent était Jundu' ibn 'Amr ibn Muhallât ibn Labîd ibn Jawwâs. Il était parmi leurs chefs. Et ils étaient le reste des nobles qui embrassèrent l'islam. Mais Dhû'âb ibn 'Amr ibn Labîd, al-Hubâb le gardien de leurs idoles, et Rabâb ibn Sa'r ibn Jalmis les en détournèrent. Jundu' appela son cousin Shihâb ibn Khalîfa, qui était parmi leurs nobles, et il fut sur le point d'embrasser l'islam, mais ceux-ci l'en empêchèrent. Un homme parmi les musulmans, nommé Mihrash ibn Ghanama ibn adh-Dhumayl (qu'Allah lui fasse miséricorde), dit à ce sujet : « Un groupe de la famille de 'Amr appela Shihâb à la religion du Prophète, le puissant des Thamûd, tous ensemble, et il fut sur le point de répondre ; s'il avait répondu, Sâlih aurait été puissant parmi nous, et ils n'auraient pas préféré leur compagnon Dhû'âb. Mais les égarés de la famille de Hujr se tournèrent vers la mouche après leur droiture. » C'est pourquoi Sâlih (sur lui la paix) leur dit : « Voici la chamelle d'Allah » – Il l'attribua à Allah – Gloire à Lui, le Très-Haut – par une attribution d'honneur et de glorification, comme Sa parole : « la Maison d'Allah » et « le serviteur d'Allah » – « un signe pour vous » c'est-à-dire une preuve de la véracité de ce que je vous apporte. « Laissez-la donc paître sur la terre d'Allah et ne lui faites aucun mal, sinon un châtiment proche vous saisira. » Il fut convenu que cette chamelle resterait parmi eux, paissant où elle voulait sur leur terre, et venant à l'eau un jour sur deux. Lorsqu'elle venait à l'eau, elle buvait l'eau du puits ce jour-là, et ils prélevaient leur besoin en eau ce jour-là pour le lendemain. On dit aussi qu'ils buvaient de son lait à suffisance. C'est pourquoi Il dit : « À elle un jour de boisson, et à vous un jour de boisson déterminé. » C'est pourquoi le Très-Haut dit : « Nous allons envoyer la chamelle comme une épreuve pour eux » c'est-à-dire une mise à l'épreuve : croiront-ils en elle ou mécroiront-ils ? Et Allah sait ce qu'ils font. « Observe-les donc » c'est-à-dire attends ce qu'il adviendra d'eux « et sois patient » face à leur nuisance, car la nouvelle te parviendra clairement. « Et annonce-leur que l'eau est partagée entre eux : chaque part de boisson est présente. » Lorsque cette situation se prolongea pour eux, ils se réunirent et s'accordèrent pour tuer cette chamelle, afin d'être débarrassés d'elle et que leur eau leur revienne en abondance. Satan embellit leurs actions à leurs yeux. Allah le Très-Haut dit : « Ils tuèrent la chamelle, désobéirent à l'ordre de leur Seigneur, et dirent : Ô Sâlih ! Apporte-nous ce dont tu nous menaces, si tu es du nombre des envoyés. » Celui qui se chargea de la tuer parmi eux était leur chef Qudâr ibn Sâlif ibn Jundu'. Il était roux, aux yeux bleus, au teint jaune-roux. On disait qu'il était l'enfant d'une adultère, né sur le lit de Sâlif, alors qu'il était le fils d'un homme nommé Saybân. Son acte fut accompli avec l'accord de tous, c'est pourquoi l'action est attribuée à eux tous. Ibn Jarîr et d'autres savants exégètes ont mentionné que deux femmes de Thamûd – l'une nommée Sadûq bint al-Muhayyâ ibn Zuhayr ibn al-Mukhtâr, qui était de rang et de fortune, et qui était mariée à un homme d'Aslam puis divorça – appela son cousin nommé Misra' ibn Mahraj ibn al-Muhayyâ, et lui offrit sa main s'il tuait la chamelle. L'autre femme était 'Unayza bint Ghanîm ibn Mujalliz, surnommée Umm Ghanama, une vieille mécréante qui avait des filles de son mari Dhû'âb ibn 'Amr, l'un des chefs. Elle offrit ses quatre filles à Qudâr ibn Sâlif, s'il tuait la chamelle, il aurait celle de ses filles qu'il voudrait. Ces deux jeunes gens se portèrent volontaires pour la tuer et incitèrent leur peuple à cela. Sept autres répondirent à leur appel, et ils furent neuf. Ce sont ceux mentionnés dans la parole du Très-Haut : « Il y avait dans la ville neuf individus qui semaient la corruption sur terre et ne faisaient pas le bien. » Ils incitèrent le reste de la tribu et leur embellirent le fait de la tuer, et ils leur obéirent et les suivirent dans cela. Ils partirent donc guetter la chamelle. Lorsqu'elle revint de son abreuvoir, Misra' se cacha pour elle et la frappa d'une flèche qui transperça l'os de sa jambe. Les femmes vinrent encourager la tribu à la tuer, et elles découvrirent leurs visages pour les inciter. Qudâr ibn Sâlif se précipita, l'attaqua avec l'épée, trancha son jarret, et elle tomba à terre.
Elle poussa un seul grand cri pour avertir son petit, puis il frappa son poitrail et l'égorgea. Son petit, c'est-à-dire son chamelon, s'enfuit, gravit une montagne inaccessible et poussa trois cris 80. 'Abd ar-Razzâq rapporte, d'après Ma'mar, d'après quelqu'un qui a entendu al-Hasan dire : « Seigneur, où est ma mère ? » Puis il entra dans un rocher et y disparut. On dit aussi : ils le poursuivirent et l'égorgèrent également. Allah Très-Haut dit : « Ils appelèrent leur compagnon, qui prit [l'épée] et l'égorgea. Quel fut donc Mon châtiment et Mes avertissements ! » 81 Et Allah Très-Haut dit : « Quand le plus misérable d'entre eux se leva. Le Messager d'Allah leur dit : "[Prenez soin de] la chamelle d'Allah et de son droit à boire !" » 82 c'est-à-dire : méfiez-vous d'elle. « Mais ils le traitèrent de menteur et l'égorgèrent. Leur Seigneur les anéantit donc pour leur péché et la rasa [la ville]. Et Il ne craint pas les conséquences. » 83 L'imam Ahmad dit : 'Abd Allah ibn Numayr nous a raconté, d'après Hishâm 84 Abû 'Urwa, d'après son père, d'après 'Abd Allah ibn Zam'a, qui a dit : Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) fit un sermon, mentionna la chamelle et celui qui l'avait égorgée, et dit : « Quand le plus misérable d'entre eux se leva : se leva pour elle un homme audacieux, puissant et influent dans son clan, semblable à Abû Zam'a. » 85 Les deux [Bukhârî et Muslim] l'ont rapporté d'après le hadith de Hishâm. 'Ârim : c'est-à-dire courageux. 'Azîz : c'est-à-dire chef. Manî' : c'est-à-dire obéi dans son peuple. Et Muhammad ibn Ishâq dit : Yazîd ibn Muhammad ibn Khushaym m'a raconté, d'après Muhammad ibn Ka'b, d'après Muhammad ibn Khuthaym ibn Yazîd, d'après 'Ammâr ibn Yâsir, qui a dit : Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit à 'Alî : « Ne t'informerai-je pas des deux hommes les plus misérables ? » Il dit : « Certes. » Il dit : « Deux hommes : l'un est le rouquin de Thamûd qui a égorgé la chamelle, et l'autre est celui qui te frappera, ô 'Alî, sur ceci – désignant sa tête – jusqu'à ce que ceci en soit imbibé – désignant sa barbe. » 86 Rapporté par Ibn Abî Hâtim. Et Très-Haut dit : « Ils égorgèrent la chamelle, désobéirent au commandement de leur Seigneur et dirent : "Ô Sâlih ! Fais donc venir ce dont tu nous menaces, si tu es du nombre des Envoyés !" » 87 Ils réunirent dans cette parole une mécréance grave sous plusieurs aspects : parmi eux : ils désobéirent à Allah et à Son Messager en commettant l'interdiction formelle d'égorger la chamelle qu'Allah avait placée pour eux comme signe. Et parmi eux : ils hâtèrent la venue du châtiment sur eux, le méritant ainsi de deux manières : l'une est la condition posée sur eux dans Sa parole : « Ne lui faites aucun mal, sinon un châtiment proche vous saisira » 88 et dans un verset « grand » 89 et dans un autre « douloureux » 90 – tout est vrai. Et la seconde est leur empressement à cela. Et parmi eux : ils traitèrent de menteur le Messager dont la preuve irréfutable de sa prophétie et de sa véracité était établie, alors qu'ils le savaient avec une certitude absolue, mais la mécréance, l'égarement et l'obstination les poussèrent à considérer comme improbable la vérité et la venue du châtiment sur eux. Allah Très-Haut dit : « Ils l'égorgèrent. Il dit alors : "Jouissez de vos demeures pendant trois jours ! Voilà une promesse qui ne sera pas démentie." » 91 Et ils rapportent que lorsqu'ils eurent égorgé la chamelle, le premier à s'élancer sur elle fut Qudâr ibn Sâlif – qu'Allah le maudisse ! Il lui trancha les jarrets, elle tomba à terre, puis ils se précipitèrent sur elle avec leurs épées pour la dépecer. Lorsque son petit – c'est-à-dire son chamelon – vit cela, il s'enfuit d'eux, monta au sommet de la montagne et poussa trois cris 92. C'est pourquoi Sâlih leur dit : « Jouissez de vos demeures pendant trois jours » 93 c'est-à-dire sans compter ce jour-là. Mais ils ne le crurent pas non plus dans cette promesse formelle. Bien plus, le soir venu, ils projetèrent de le tuer et voulurent – selon ce qu'ils prétendaient – le faire rejoindre la chamelle. « Ils dirent : "Jurez-vous par Allah que nous attaquerons [Sâlih] et sa famille pendant la nuit !" » 94 c'est-à-dire nous fondrons sur lui dans sa demeure avec sa famille pour le tuer, puis nous nierons son meurtre et le renierons si ses proches réclament son sang. C'est pourquoi ils dirent : « Puis nous dirons à son héritier : "Nous n'avons pas assisté à la destruction de sa famille, et nous sommes véridiques." » 95 Allah Très-Haut dit : « Ils tramèrent un complot, et Nous tramâmes un complot, sans qu'ils s'en rendent compte. Regarde donc quelle fut la fin de leur complot : Nous les anéantîmes, eux et leur peuple, tous ensemble. Voilà leurs maisons vides, à cause de leur injustice. Il y a là un signe pour des gens qui savent. Et Nous sauvâmes ceux qui avaient cru et qui craignaient [Allah]. » 96 C'est qu'Allah Très-Haut envoya sur ces hommes qui avaient projeté de tuer Sâlih des pierres qui les écrasèrent et les firent périr en avant-première et en hâte, avant leur peuple. Et le matin du jeudi – qui est le premier jour du délai – les Thamûd se réveillèrent le visage jaune, comme Sâlih (sur lui la paix) les en avait avertis. Le soir venu, ils s'écrièrent tous : « Voilà qu'un jour du terme est passé ! » Puis ils se réveillèrent le deuxième jour du délai – le vendredi – le visage rouge. Le soir venu, ils s'écrièrent : « Voilà que deux jours du terme sont passés ! » Puis ils se réveillèrent le troisième jour de la jouissance – le samedi – le visage noir. Le soir venu, ils s'écrièrent : « Voilà que le terme est passé ! » Le matin du dimanche, ils s'embaumèrent, se préparèrent et s'assirent en attendant ce qui allait leur arriver comme châtiment, supplice et vengeance, ne sachant comment ils seraient traités ni de quel côté leur viendrait le châtiment. Quand le soleil se leva, un Cri du ciel vint d'au-dessus d'eux, et un tremblement de terre d'en dessous d'eux : les esprits s'exhalèrent, les âmes s'envolèrent, les mouvements cessèrent, les voix s'éteignirent, les réalités s'accomplirent. Ils se retrouvèrent dans leurs demeures gisants, corps sans âme et sans mouvement. Ils dirent : Il ne resta d'eux personne, sauf une fille paralytique nommée Kalba bint as-Salq – on l'appelle aussi adh-Dharî'a – qui était d'une grande mécréance et hostilité envers Sâlih (sur lui la paix). Quand elle vit le châtiment, ses jambes furent déliées, elle se leva et courut aussi vite que possible. Elle vint chez une tribu arabe, leur raconta ce qu'elle avait vu et ce qui était arrivé à son peuple, et leur demanda de l'eau. Quand elle but, elle mourut. Allah Très-Haut dit : « Comme s'ils n'y avaient jamais prospéré » 97 c'est-à-dire n'y avaient jamais vécu dans l'aisance, la subsistance et la prospérité. « En vérité, les Thamûd ont mécru en leur Seigneur. Que les Thamûd périssent ! » 98 c'est-à-dire que la langue du décret les a ainsi maudits. L'imam Ahmad dit : 'Abd ar-Razzâq nous a raconté, d'après Ma'mar, d'après 'Abd Allah ibn 'Ayn ibn Khuthaym, d'après Abû az-Zubayr, d'après Jâbir, qui a dit : Lorsque le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) passa par al-Hijr 99, il dit : « Ne demandez pas de signes, car le peuple de Sâlih en a demandé. Et elle – c'est-à-dire la chamelle – venait boire par ce défilé et repartait par ce défilé. Ils désobéirent à l'ordre de leur Seigneur et l'égorgèrent. Elle buvait leur eau un jour et ils buvaient son lait un jour. Ils l'égorgèrent, alors un Cri les saisit, par lequel Allah fit périr tous ceux qui étaient sous la voûte céleste parmi eux, sauf un homme qui se trouvait dans le sanctuaire d'Allah. » Ils dirent : « Qui est-il, ô Messager d'Allah ? » Il dit : « C'est Abû Righâl. Quand il sortit du sanctuaire, ce qui avait frappé son peuple le frappa. » 100 Ce hadith est selon la condition de Muslim, mais il ne se trouve dans aucun des six recueils. Et Allah Très-Haut sait mieux. 'Abd ar-Razzâq dit aussi : Ma'mar a dit : Ismâ'îl ibn Umayya m'a informé que le Prophète (sur lui la paix et le salut) passa par la tombe d'Abû Righâl et dit : « Savez-vous qui est-ce ? » Ils dirent : « Allah et Son Messager savent mieux. » Il dit : « C'est la tombe d'Abû Righâl, un homme de Thamûd qui était dans le sanctuaire d'Allah ; le sanctuaire d'Allah le protégea du châtiment d'Allah. Quand il sortit, ce qui avait frappé son peuple le frappa, et il fut enterré ici. Avec lui fut enterrée une branche d'or. Les gens descendirent, se précipitèrent sur lui avec leurs épées, creusèrent et l'exhumèrent, et retirèrent la branche. » 'Abd ar-Razzâq dit : Ma'mar a dit : az-Zuhrî a dit : Abû Righâl est le père de Thaqîf. Ceci est mursal 101 de cette chaîne.
Et il est venu par une autre voie, avec une chaîne continue, comme l'a mentionné Muḥammad ibn Isḥāq dans la Sīra, d'après Ismāʿīl ibn Umayya, d'après Bujayr ibn Abī Bujayr, qui a dit : J'ai entendu ʿAbd Allāh ibn ʿUmar dire : J'ai entendu le Messager d'Allāh (صلى الله عليه وسلم) lorsque nous sortîmes avec lui vers Ṭāʾif, et nous passâmes devant une tombe. Il dit : "Ceci est la tombe d'Abī Righāl, et il est le père de Thaqīf. Il était de Thamūd, et il était dans ce sanctuaire 102 qui le protégeait. Lorsqu'il en sortit, le châtiment qui avait frappé son peuple le frappa en cet endroit, et il y fut enterré. Le signe de cela est qu'une branche d'or a été enterrée avec lui ; si vous fouillez sa tombe, vous la trouverez avec lui." Alors les gens se précipitèrent et en retirèrent la branche." C'est ainsi que l'a rapporté Abū Dāwūd par la voie de Muḥammad ibn Isḥāq. Notre maître, le ḥāfiẓ 103 Abū al-Ḥajjāj al-Mizzī (qu'Allāh lui fasse miséricorde) a dit : Ce hadith est ḥasan 104 ʿazīz 105. Je dis : Ce Bujayr ibn Abī Bujayr est le seul à l'avoir rapporté, et il n'est connu que par ce hadith, et seul Ismāʿīl ibn Umayya l'a rapporté de lui. Notre maître a dit : Il est possible qu'il se soit trompé en le remontant [au Prophète], et que ce soit en réalité une parole de ʿAbd Allāh ibn ʿAmr, tirée de ses deux rouleaux 106. Et Allāh sait mieux. Je dis : Cependant, dans le mursal 107 précédent et dans le hadith de Jābir, il y a un témoignage en sa faveur. Et Allāh sait mieux. * * * Et Sa parole (Exalté soit-Il) : "Alors il se détourna d'eux et dit : Ô mon peuple, je vous ai bien transmis le message de mon Seigneur et je vous ai donné un conseil sincère, mais vous n'aimez pas les conseillers sincères." C'est une information concernant Ṣāliḥ (sur lui la paix), qu'il s'adressa à son peuple après leur destruction, alors qu'il s'apprêtait à quitter leur demeure pour une autre, en leur disant : "Ô mon peuple, je vous ai bien transmis le message de mon Seigneur et je vous ai donné un conseil sincère", c'est-à-dire : je me suis efforcé de vous guider par tous les moyens possibles, et j'y ai aspiré par mes paroles, mes actes et mon intention. "Mais vous n'aimez pas les conseillers sincères", c'est-à-dire : vos natures n'acceptaient pas la vérité et ne la désiraient pas ; c'est pourquoi vous êtes arrivés à ce que vous subissez comme châtiment douloureux, permanent et éternel. Je n'ai aucun moyen de vous aider ni de vous défendre. Ce qui m'incombait, à savoir la transmission du message et le conseil sincère, je l'ai fait et je vous l'ai offert. Mais Allāh fait ce qu'Il veut. C'est ainsi que le Prophète (صلى الله عليه وسلم) s'adressa aux habitants du puits de Badr après trois nuits : il se tint près d'eux, monté sur sa monture, et ordonna le départ à la fin de la nuit, et dit : "Ô habitants du puits ! Avez-vous trouvé ce que votre Seigneur vous avait promis comme étant vrai ? Car j'ai trouvé ce que mon Seigneur m'a promis comme étant vrai." Et il leur dit entre autres : "Quel mauvais clan de prophète vous avez été pour votre prophète ! Vous m'avez traité de menteur alors que les gens m'ont cru, vous m'avez expulsé alors que les gens m'ont accueilli, vous m'avez combattu alors que les gens m'ont secouru. Quel mauvais clan de prophète vous avez été pour votre prophète !" ʿUmar lui dit : "Ô Messager d'Allāh, t'adresses-tu à des gens qui sont déjà devenus des cadavres ?" Il répondit : "Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, vous n'entendez pas mieux que ce que j'ai dit qu'eux, mais ils ne peuvent pas répondre." Et l'on dit que Ṣāliḥ (sur lui la paix) se rendit au sanctuaire d'Allāh 108 et y demeura jusqu'à sa mort. L'imām Aḥmad a dit : Wakīʿ nous a raconté, d'après Zamʿa ibn Ṣāliḥ, d'après Salama ibn Wahrām, d'après ʿIkrima, d'après Ibn ʿAbbās, qui a dit : Lorsque le Prophète (صلى الله عليه وسلم) passa par le wādī de ʿUsfān [lors de son pèlerinage], il dit : "Ô Abū Bakr, quelle vallée est-ce ?" Il répondit :
- Salama ibn Dahrān : Transmetteur dont le nom est parfois orthographié Salama ibn Dahrān ou Salama ibn Dahrān.
- bukrān : Pluriel de bakr, jeune chamelle. Ici, il s'agit de chamelles rousses.
- an-nimār : Pluriel de namir, vêtement rayé ou en peau de léopard.
- jubbat sayḥān : Tunique de soie, le mot sayḥān désignant un type de soie.
- waṣiyya : Testament, recommandations faites avant la mort.
- ḥalqat mubhama : Anneau fermé, sans ouverture, symbole de ce qui est impossible à briser.
- safah al-ḥaqq wa ghamṭ an-nās : Le rejet de la vérité et le mépris des gens ; ghamṭ signifie mépriser, dédaigner.
- rakiba fī as-safīna : Monta dans l'arche ; le texte arabe a une préposition supplémentaire fī.
- Kark Nūḥ : Localité dans la plaine de la Biqā‘ (Liban), censée abriter le tombeau de Noé.
- Iram dhāt al-‘imād : Expression coranique (sourate 89, versets 6-7) désignant la tribu de ‘Âd, dite aux colonnes (tentes ou édifices).
- allatī lam yukhlaq mithluhā fī l-bilād : Dont il n'a été créé de pareil dans les pays (Coran 89:8).
- al-‘arab al-‘āriba : Les Arabes purs, anciens, considérés comme les premiers Arabes.
- al-‘arab al-musta‘riba : Les Arabes arabisés, descendants d'Ismaël, qui ont appris l'arabe des tribus originelles.
- al-Ahqâf : Nom d'une région de dunes de sable dans le sud de l'Arabie, où vivaient les 'Âd.
- la cité renversée : Allusion aux villes du peuple de Lot, Sodome et Gomorrhe, qui furent renversées.
- Iram : Nom de la tribu des 'Âd ou de leur cité légendaire, réputée pour sa puissance et sa richesse.
- l'homme aux épieux : Pharaon est ainsi décrit en raison de son pouvoir et de ses supplices, ou des épieux utilisés pour torturer.
- al-Ayka : Nom d'un lieu boisé ou d'une forêt, associé au peuple de Shu'ayb.
- safâha : Sottise, légèreté d'esprit, manque de raison.
- fitra : Nature originelle, disposition innée que Dieu a donnée à l'homme pour reconnaître l'unicité divine.
- Yâ Sîn : Sourate 36 du Coran ; le croyant mentionné est un homme de la cité qui appelle son peuple à suivre les messagers.
- a'âraka ba'du âlihatinâ bi-sû' : Litt. 'une de nos divinités t'a frappé d'un mal' ; ils attribuent sa folie présumée à la colère de leurs idoles.
- fa-kîdûnî jamî'an thumma lâ tunzirûn : Défi : 'Menez contre moi tout votre stratagème, puis ne m'accordez aucun répit'.
- âkhidhun bi-nâsiyatihâ : Expression coranique signifiant que Dieu tient toute créature par le toupet, c'est-à-dire qu'Il en a le contrôle absolu.
- alâ sirâtin mustaqîm : Sur un droit chemin ; signifie que Dieu agit avec justice et perfection.
- fa-ajmi'û amrakum wa shurakâ'akum : Rassemblez votre affaire et vos associés ; défi similaire de Noé à son peuple.
- al-Khalîl : Surnom d'Abraham, 'l'Ami intime' de Dieu.
- sultân : Autorité, preuve évidente ; ici, argument divin.
- mukhrajûn : Sortis [des tombes] ; la résurrection des corps.
- an andhir an-nâs : Pour avertir les gens ; référence à la sourate 10:2.
- malak : Ange ; si les hommes étaient des anges, Dieu aurait envoyé un ange messager.
- rabbî unsurnî bimâ kadhdhabûn : Seigneur, secours-moi contre ce qu'ils me traitent de menteur ; invocation de Hûd.
- ad-dahriyya : Matérialistes, ceux qui nient l'au-delà et croient que la vie se limite à ce monde.
- zanâdiqa : Pluriel de zindîq, désignant les hérétiques ou athées, souvent manichéens.
- ad-dawriyya : Partisans de la métempsycose ou de la réincarnation cyclique.
- wa li-tasghâ ilayhi af'idatu alladhîna lâ yu'minûna bi-l-âkhira : Et pour que les cœurs de ceux qui ne croient pas en l'au-delà penchent vers cela ; sourate 6:113.
- masâni' : Forteresses, châteaux ou réservoirs d'eau ; constructions du peuple de 'Âd.
- Iram dhāt al-‘imād : Iram aux colonnes : expression coranique désignant le peuple de 'Âd, dont les constructions étaient soutenues par des colonnes ou piliers, ou bien une tribu spécifique.
- maṣāni‘ : Citernes : constructions pour l'eau, ou palais, ou pigeonniers selon les interprétations.
- takhalludūn : Vous immortaliserez : espoir de vivre éternellement ou très longtemps dans ce monde.
- khuluq al-awwalīn : Légende des Anciens : invention ou religion des prédécesseurs.
- fatḥa : Voyelle courte 'a' sur la lettre khā', donnant le sens d'invention.
- ḍamma : Voyelle courte 'ou' sur le khā' et le lām, donnant le sens de religion.
- dīn al-awwalīn : Religion des premiers : la tradition ancestrale.
- ‘āriḍ : Nuage : ici, un nuage porteur de châtiment, interprété à tort comme un nuage de pluie.
- Muḥammad ibn Isḥāq ibn Yasār : Célèbre historien et biographe du Prophète (m. 150 H).
- al-jarādatān : Les deux chanteuses : deux esclaves musiciennes de Mu'âwiya ibn Bakr.
- Qayl : Titre des rois du Yémen, ou nom propre du suppliant.
- Banū al-Luwidhiyya al-Hamadā : Fraction des 'Âd épargnée, résidant à La Mecque.
- رِيحٌ فِيهَا عَذَابٌ أَلِيمٌ : Verset coranique (Sourate al-Ahqâf, 46:24) : 'un vent qui contient un châtiment douloureux'.
- حسوما : Pluriel de ḥasūm, signifiant 'continu, successif, ininterrompu'.
- الدهناء : Al-Dahnâ' : une région désertique entre le Najd et le Yamama, souvent utilisée comme frontière naturelle.
- هِيهِ : Interjection signifiant 'eh bien !', 'raconte !' pour encourager à parler.
- جبال تهامة : Montagnes de Tihâma : région côtière de l'ouest de l'Arabie, incluant La Mecque.
- hādhā : Ceci, faisant référence à ce qui précède.
- aṣḥāb al-ẓulla : Les gens de la Nuée, un peuple mentionné dans le Coran (sourate 26, verset 189) qui a été châtié par un nuage de feu.
- Madyan : Madian, région et peuple auxquels le prophète Shu'ayb a été envoyé.
- al-ṣayḥa : Le Cri, un châtiment divin consistant en un cri puissant qui a anéanti certains peuples.
- sūrat qad aflaḥ al-mu'minūn : La sourate 23 du Coran, intitulée 'Les Croyants'.
- ʿĀd : Peuple antique mentionné dans le Coran, auquel le prophète Hûd a été envoyé.
- Nūḥ : Noé, prophète mentionné dans le Coran.
- sūrat al-Aḥqāf : La sourate 46 du Coran, intitulée 'Les Dunes'.
- al-qiblī : Le mur orienté vers la qibla (direction de La Mecque).
- Thamūd : Peuple antique mentionné dans le Coran, auquel le prophète Sâlih a été envoyé.
- al-ʿāriba : Arabes arabisants, c'est-à-dire des Arabes d'origine pure, par opposition aux Arabes arabisés.
- al-Ḥijr : Région située entre le Hijâz et Tabûk, actuellement en Arabie Saoudite, connue pour les ruines de Thamûd.
- sūrat al-Aʿrāf : La sourate 7 du Coran, intitulée 'Les Murailles'.
- Ṣāliḥ : Prophète envoyé au peuple de Thamûd, mentionné dans le Coran.
- istaʿmarakum fīhā : Il vous a établis comme habitants et constructeurs sur la terre.
- nāqat Allāh : La chamelle d'Allah, un signe miraculeux envoyé aux Thamûd.
- Aṣḥāb al-Ḥijr : Les gens d'Al-Hijr, une région rocheuse, identifiée au peuple de Thamûd.
- Sūrat Subḥān : Sourate Al-Isrâ', également appelée Subḥān.
- Sūrat Ḥā' Mīm As-Sajda : Sourate Fussilat, dont les versets commencent par Ḥā' Mīm et contient une prosternation.
- Sūrat Iqtarabat : Sourate Al-Qamar, dont le premier verset est 'Iqtarabat as-sāʿa' (L'Heure approche).
- al-Dhikr : Le Rappel, désignant le Coran ou la révélation divine.
- Sūrat Barā'a : Sourate At-Tawba, également appelée Barā'a (désaveu).
- Tafsīr : Exégèse coranique, commentaire du Coran.
- musahharîn : Pluriel de musahhar, littéralement 'ensorcelé' ou 'frappé de sorcellerie'. Dans ce contexte, les Thamûd accusent Sâlih d'être sous l'emprise d'un sort, ce qui expliquerait son appel à l'adoration exclusive d'Allah.
- sahr : Le mot 'sahr' (poumon) est ici interprété comme une métaphore pour désigner un être humain ordinaire, sujet aux mêmes besoins physiologiques. Certains exégètes ont compris 'musahharîn' comme 'ceux qui ont un poumon', c'est-à-dire des humains comme les autres.
- رَغَا : Pousser un cri (en parlant du chameau).
- فَنَادَوْا صَاحِبَهُمْ فَتَعَاطَى فَعَقَرَ : Référence au Coran, sourate al-Qamar (54), verset 29.
- إِذِ انْبَعَثَ أَشْقَاهَا : Référence au Coran, sourate ash-Shams (91), verset 12.
- فَدَمْدَمَ عَلَيْهِمْ رَبُّهُمْ بِذَنْبِهِمْ فَسَوَّاهَا : Référence au Coran, sourate ash-Shams (91), verset 14.
- هِشَامٌ : Il s'agit de Hishâm ibn 'Urwa, un célèbre traditionniste.
- أَخْرَجَاهُ : Les deux imams al-Bukhârî et Muslim l'ont rapporté.
- أُحَيْمِرُ ثَمُودَ : Le rouquin de Thamûd, surnom donné à Qudâr ibn Sâlif, l'égorgeur de la chamelle.
- فَعَقَرُوا النَّاقَةَ وَعَتَوْا عَنْ أَمْرِ رَبِّهِمْ : Référence au Coran, sourate al-A'râf (7), verset 77.
- وَلَا تَمَسُّوهَا بِسُوءٍ فَيَأْخُذَكُمْ عَذَابٌ قَرِيبٌ : Référence au Coran, sourate Hûd (11), verset 64.
- عَظِيمٌ : Référence au Coran, sourate ash-Shu'arâ' (26), verset 156.
- أَلِيمٌ : Référence au Coran, sourate al-A'râf (7), verset 73.
- فَعَقَرُوهَا فَقَالَ تَمَتَّعُوا فِي دَارِكُمْ ثَلَاثَةَ أَيَّامٍ : Référence au Coran, sourate Hûd (11), verset 65.
- رَغَا ثَلَاثَ مَرَّاتٍ : Il poussa trois cris.
- تَمَتَّعُوا فِي دَارِكُمْ ثَلَاثَةَ أَيَّامٍ : Référence au Coran, sourate Hûd (11), verset 65.
- قَالُوا تَقَاسَمُوا بِاللَّهِ لَنُبَيِّتَنَّهُ وَأَهْلَهُ : Référence au Coran, sourate an-Naml (27), verset 49.
- ثُمَّ لَنَقُولَنَّ لِوَلِيِّهِ مَا شَهِدْنَا مَهْلِكَ أَهْلِهِ وَإِنَّا لَصَادِقُونَ : Référence au Coran, sourate an-Naml (27), verset 49.
- وَمَكَرُوا مَكْرًا وَمَكَرْنَا مَكْرًا وَهُمْ لَا يَشْعُرُونَ : Référence au Coran, sourate an-Naml (27), verset 50.
- كَأَنْ لَمْ يَغْنَوْا فِيهَا : Référence au Coran, sourate Hûd (11), verset 68.
- أَلَا إِنَّ ثَمُودَ كَفَرُوا رَبَّهُمْ أَلَا بُعْدًا لِثَمُودَ : Référence au Coran, sourate Hûd (11), verset 68.
- الْحِجْر : Al-Hijr, région rocheuse au nord-ouest de l'Arabie, patrie des Thamûd.
- أَبُو رِغَالٍ : Abû Righâl, personnage thamûdite épargné temporairement car dans le sanctuaire sacré.
- مُرْسَل : Hadith mursal : rapporté par un successeur directement du Prophète, sans mentionner le compagnon.
- ḥaram : Sanctuaire sacré, ici probablement le territoire sacré de La Mecque.
- ḥāfiẓ : Titre donné à un spécialiste du hadith qui maîtrise parfaitement les textes et les chaînes de transmission.
- ḥasan : Hadith de catégorie 'bon', d'une authenticité moindre que le ṣaḥīḥ (authentique) mais acceptable.
- ʿazīz : Hadith rapporté par au moins deux compagnons à chaque niveau de la chaîne de transmission.
- zāmitatayn : Les deux rouleaux (ou sacoches) de ʿAbd Allāh ibn ʿAmr, dans lesquels il consignait des traditions du Prophète.
- mursal : Hadith où le successeur (tābiʿī) rapporte directement du Prophète sans mentionner le compagnon intermédiaire.
- ḥaram Allāh : Le sanctuaire d'Allāh, c'est-à-dire La Mecque et ses environs sacrés.
Il est mentionné que le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, passa…
Il est mentionné que le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, passa par le Wādī al-Ḥijr [1] dans la terre de Thamūd [2] lors de l'année de Tabūk [3].
La vallée d'Usfân 1. Il dit : « Hûd et Sâlih, paix sur eux, y sont passés montés sur des chamelles aux museaux tressés de fibres, leurs manteaux étaient des 'abâ' 2 et leurs vêtements de dessus des vêtements rayés, faisant la talbiya 3 et accomplissant le pèlerinage à la Demeure Antique 4. » Chaîne de transmission bonne. Cela a déjà été mentionné dans l'histoire de Noé, paix sur lui, d'après la narration d'at-Tabarânî, et il y figure Noé, Hûd et Abraham. Mention du passage du Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, par la vallée d'al-Hijr 5 au pays de Thamûd l'année de Tabûk. L'imam Ahmad a dit : 'Abd as-Samad nous a raconté, de Sakhr ibn Juwayriya, de Nâfi', d'Ibn 'Umar, qui a dit : Lorsque le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, campa avec les gens à Tabûk, il campa avec eux à al-Hijr près des maisons de Thamûd. Les gens puisèrent de l'eau des puits où buvaient les Thamûd, pétriront la farine avec cette eau et installèrent les marmites. Le Messager de Dieu leur ordonna de jeter l'eau des marmites et de donner la pâte aux chameaux. Puis il partit avec eux jusqu'à camper près du puits où la chamelle 6 buvait, et il leur interdit d'entrer chez le peuple qui avait été châtié. Il dit : « Je crains que vous ne subissiez le même sort qu'eux ; n'entrez donc pas chez eux. » Ahmad a aussi dit : 'Affân nous a raconté, de 'Abd al-'Azîz ibn Muslim, de 'Abd Allâh ibn Dînâr, de 'Abd Allâh ibn 'Umar, qui a dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit alors qu'il était à al-Hijr : « N'entrez pas chez ces gens qui ont été châtiés, à moins que vous ne pleuriez ; si vous ne pleurez pas, n'entrez pas chez eux, de peur que vous ne subissiez le même sort qu'eux. » Les deux 7 l'ont rapporté dans les deux Sahîh 8 par plusieurs voies. Dans certaines versions : Lorsqu'il passa par leurs demeures, il couvrit sa tête et pressa sa monture, et il interdit d'entrer dans leurs demeures sauf en pleurant. Dans une version : « Si vous ne pleurez pas, faites semblant de pleurer, de peur que vous ne subissiez le même sort qu'eux. » Que les prières et les salutations de Dieu soient sur lui. L'imam Ahmad a dit : Yazîd ibn Hârûn nous a raconté, d'al-Mas'ûdî, d'Ismâ'îl ibn Awsat, de Muhammad ibn Abî Kabsha al-Anbârî, de son père - nommé 'Amr ibn Sa'd, et on dit 'Âmir ibn Sa'd - que Dieu l'agrée, qui a dit : Lors de l'expédition de Tabûk, les gens se précipitèrent vers les habitants d'al-Hijr pour entrer chez eux. La nouvelle parvint au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, et il appela à la prière en commun. Il dit : Je vins auprès du Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, alors qu'il tenait son chameau et disait : « Pourquoi entrez-vous chez un peuple que Dieu a châtié ? » Un homme lui cria : Nous les admirons, ô Messager de Dieu ! Il dit : « Ne vous annoncerai-je pas quelque chose de plus étonnant ? Un homme issu de vous-mêmes vous informe de ce qui fut avant vous et de ce qui sera après vous. Soyez droits et justes, car Dieu ne se soucie guère de votre châtiment. Et viendra un peuple qui ne pourra rien se défendre. » Chaîne de transmission bonne, mais ils ne l'ont pas rapporté. * * * Il a été mentionné que le peuple de Sâlih avait une longue vie ; ils construisaient des maisons en briques crues qui s'effondraient avant la mort de l'un d'eux, alors ils se taillèrent des maisons dans les montagnes. Ils mentionnent que lorsque Sâlih, paix sur lui, leur demanda un signe, Dieu fit sortir pour eux la chamelle du rocher. Il leur ordonna de la respecter ainsi que le petit qui était dans son ventre, et les avertit du châtiment de Dieu s'ils lui faisaient du mal. Il leur annonça qu'ils la tueraient et que cela serait la cause de leur perte. Il leur décrivit celui qui la tuerait : un homme roux, aux yeux bleus, au teint jaune. Ils envoyèrent des sages-femmes dans le pays pour tuer tout nouveau-né présentant ces caractéristiques. Ils agirent ainsi pendant longtemps. Une génération disparut et une autre vint. À une certaine époque, un chef parmi eux demanda pour son fils la main de la fille d'un autre chef de même rang, et il la lui donna. De cette union naquit le tueur de la chamelle, Qudâr ibn Sâlif. Les sages-femmes ne purent le tuer à cause de la noblesse de ses parents et de ses grands-pères. Il grandit rapidement : en une semaine, il se développait comme un autre en un mois, jusqu'à devenir un chef obéi. Son âme lui suggéra de tuer la chamelle, et huit de leurs notables le suivirent ; ce sont les neuf qui voulurent tuer Sâlih, paix sur lui. Lorsque ce qui devait arriver arriva, le meurtre de la chamelle, et que la nouvelle en parvint à Sâlih, paix sur lui, il vint à eux en pleurant pour elle. Ils vinrent à lui en s'excusant, disant : « Cela n'a pas été fait par nos notables, mais par ces jeunes parmi nous. » On dit qu'il leur ordonna de rattraper son petit pour lui faire du bien en compensation. Ils partirent derrière lui, mais il grimpa sur une montagne ; lorsqu'ils grimpèrent après lui, la montagne s'éleva jusqu'à ce que les oiseaux ne puissent l'atteindre. Le petit pleura jusqu'à ce que ses larmes coulent. Puis il se tourna vers Sâlih, paix sur lui, et beugla trois fois. Alors Sâlih dit : « Jouissez dans vos demeures pendant trois jours : c'est une promesse qui ne sera pas démentie. » Il leur annonça qu'au matin du lendemain leurs visages deviendraient jaunes, puis rouges le deuxième jour, et noirs le troisième. Le quatrième jour, un cri vint à eux, contenant le son de chaque foudre, et les saisit ; ils se retrouvèrent gisants dans leurs demeures. Cette narration comporte des points discutables et contredit ce qui ressort apparemment du Coran à leur sujet et de leur histoire, comme nous l'avons déjà mentionné. Dieu, gloire à Lui, le Très-Haut, sait mieux ce qui est correct. Histoire d'Abraham l'Ami intime 9. Il est Abraham fils de Târakh 10 (250 ans) fils de Nâhûr (148 ans) fils de Sârûgh (230 ans) fils de Râghû (239 ans) fils de Fâligh (439 ans) fils de 'Âbir (464 ans) fils de Shâlih (433 ans) fils d'Arfakhshad (438 ans) fils de Sâm (600 ans) fils de Noé, paix sur lui. C'est le texte des Gens du Livre dans leur Livre. J'ai indiqué leurs âges sous leurs noms en chiffres indiens comme ils les ont mentionnés. Nous avons déjà parlé de l'âge de Noé, paix sur lui, ce qui dispense de le répéter. Le hâfiz 11 Ibn 'Asâkir a rapporté dans sa biographie d'Abraham l'Ami intime, dans son Histoire, d'après Ishâq ibn Bishr al-Kâhilî, auteur du Livre des Commencements, que le nom de la mère d'Abraham était 'Umayla. Puis il a rapporté de lui un long récit sur sa naissance. Al-Kalbî a dit : son nom était Bûnâ, fille de Karbatâ ibn Kurthî, des descendants d'Arfakhshad ibn Sâm ibn Noé. Ibn 'Asâkir a rapporté par plusieurs voies d'après 'Ikrima qu'il a dit : Abraham, paix sur lui, était surnommé « Abâ ad-Dayfân » 12. Ils dirent : Lorsque Târakh eut soixante-quinze ans, lui naquirent Abraham, paix sur lui, Nâhûr et Hârân. Et de Hârân naquit Lot. Selon eux, Abraham, paix sur lui, est le cadet, et Hârân mourut du vivant de son père dans son pays natal, le pays des Chaldéens, c'est-à-dire le pays de Babylone. C'est ce qui est correct et bien connu chez les spécialistes des biographies, des chroniques et des récits. Le hâfiz Ibn 'Asâkir l'a jugé correct après avoir rapporté par la voie de Hishâm ibn 'Ammâr, d'al-Walîd, de Sa'îd ibn 'Abd al-'Azîz, de Makhûl, d'Ibn 'Abbâs, qui a dit : Abraham naquit à Ghûta de Damas, dans un village appelé Barza, sur une montagne appelée Qâsiyûn. Puis il dit : Le correct est qu'il naquit à Babylone. Ce lieu ne lui est attribué que parce qu'il y pria lorsqu'il vint en aide à Lot, paix sur lui. Ils dirent : Abraham épousa Sara, et Nâhûr épousa Milka, fille de Hârân, c'est-à-dire la fille de son frère. Ils dirent : Sara était stérile, elle n'enfantait pas. Ils dirent : Târakh partit avec son fils Abraham, son épouse Sara et son neveu Lot ibn Hârân, et les emmena du pays des Chaldéens au pays des Cananéens. Ils s'arrêtèrent à Harrân, où Târakh mourut à l'âge de deux cent cinquante ans.
Cela indique qu'il n'est pas né à Ḥarrān, mais que son lieu de naissance est le pays des Chaldéens, c'est-à-dire le pays de Babylone et ses environs. Puis ils partirent en direction du pays des Cananéens, qui est la région de Bayt al-Maqdis 13. Ils s'installèrent à Ḥarrān, qui était à cette époque le pays des Kashdāniyyīn 14, ainsi que la région d'al-Jazīra 15 et du Shām 16. Ils adoraient les sept planètes 17. Ceux qui bâtirent la ville de Damas suivaient cette religion : ils se tournaient vers le pôle nord 18 et adoraient les sept planètes par divers actes et paroles. C'est pourquoi à chacune des sept portes antiques de Damas se trouvait un temple 19 dédié à l'une de ces planètes, et ils célébraient pour elles des fêtes et offraient des sacrifices. De même, les habitants de Ḥarrān adoraient les planètes et les idoles. Tous les habitants de la terre étaient mécréants, à l'exception d'Abraham l'Ami intime 20, de son épouse et de son neveu Loth – que la paix soit sur eux. C'est l'Ami intime – que la paix soit sur lui – par qui Dieu dissipa ces maux et abolit cet égarement. Car Dieu – gloire à Lui, le Très-Haut – lui accorda la droiture dès son jeune âge, l'envoya comme messager et le prit pour ami intime dans sa maturité. Dieu le Très-Haut dit : « Et Nous avions donné à Abraham sa droiture auparavant, et Nous le connaissions bien 21. » (Coran 21:51) C'est-à-dire qu'il en était digne. Et le Très-Haut dit : « Et Abraham, quand il dit à son peuple : "Adorez Dieu et craignez-Le ! Cela vous est meilleur, si vous saviez ! Vous n'adorez en dehors de Dieu que des idoles et vous forgez un mensonge. Ceux que vous adorez en dehors de Dieu ne possèdent aucune subsistance pour vous. Recherchez donc la subsistance auprès de Dieu, adorez-Le et remerciez-Le. C'est vers Lui que vous serez ramenés. Et si vous traitez de menteur, d'autres nations avant vous ont traité de menteur. Il n'incombe au Messager que la transmission claire. N'ont-ils pas vu comment Dieu commence la création puis la refait ? Cela est facile pour Dieu. Dis : "Parcourez la terre et voyez comment Il a commencé la création. Puis Dieu créera la création ultime. Dieu est Omnipotent." Il châtie qui Il veut et fait miséricorde à qui Il veut. Et c'est vers Lui que vous serez retournés. Et vous ne pouvez réduire à l'impuissance ni sur terre ni dans le ciel. Et vous n'avez en dehors de Dieu ni allié ni secoureur. Ceux qui ont mécru aux signes de Dieu et à Sa rencontre, ceux-là désespèrent de Ma miséricorde, et ceux-là auront un châtiment douloureux." La réponse de son peuple ne fut que de dire : "Tuez-le ou brûlez-le !" Mais Dieu le sauva du feu. Il y a là des signes pour des gens qui croient. Et il dit : "Vous n'avez pris en dehors de Dieu que des idoles, par affection entre vous dans la vie présente. Ensuite, au Jour de la Résurrection, vous vous renier les uns les autres et vous vous maudirez les uns les autres. Votre refuge sera le Feu, et vous n'aurez pas de secoureurs." Loth crut en lui et dit : "Je suis émigrant vers mon Seigneur. C'est Lui le Puissant, le Sage." Et Nous lui fîmes don d'Isaac et de Jacob, et Nous plaçâmes dans sa descendance la prophétie et l'Écriture. Et Nous lui donnâmes sa récompense en ce monde, et dans l'au-delà il est parmi les justes. » (Coran 29:16-27) Ensuite, le Très-Haut mentionna sa discussion avec son père et son peuple, comme nous le rapporterons, si Dieu le Très-Haut le veut. * * * Sa première prédication fut adressée à son père. Son père était de ceux qui adoraient les idoles, car il était le plus digne de recevoir un conseil sincère 22, comme le dit le Très-Haut : « Et mentionne dans le Livre Abraham. C'était un véridique et un prophète. Quand il dit à son père : "Ô mon père, pourquoi adores-tu ce qui n'entend ni ne voit, et ne te profite en rien ? Ô mon père, il m'est venu de la science ce qui ne t'est pas venu. Suis-moi donc, je te guiderai sur une voie droite. Ô mon père, n'adore pas le Diable, car le Diable est rebelle au Tout Miséricordieux. Ô mon père, je crains qu'un châtiment du Tout Miséricordieux ne te touche, et que tu ne deviennes un allié du Diable." Il dit : "Ô Abraham, aurais-tu en horreur mes divinités ? Si tu ne cesses pas, je te lapiderai. Éloigne-toi de moi pour un long moment." Il dit : "Paix sur toi ! Je demanderai pardon pour toi à mon Seigneur, car Il est bienveillant envers moi. Et je me sépare de vous et de ce que vous invoquez en dehors de Dieu. Et j'invoquerai mon Seigneur. Peut-être ne serai-je pas malheureux en invoquant mon Seigneur." » (Coran 19:41-48) Le Très-Haut mentionna donc ce qui eut lieu entre lui et son père comme dialogue et discussion, et comment il appela son père à la vérité avec les expressions les plus douces et les allusions les plus belles. Il lui montra la fausseté de ce qu'il pratiquait : l'adoration des idoles qui n'entendent pas l'invocation de leur adorateur, ne voient pas son lieu, et ne peuvent donc lui être d'aucune utilité ni lui apporter aucun bien, que ce soit en subsistance ou en secours. Puis il lui dit, attirant son attention sur la guidance et la science utile que Dieu lui avait accordées, bien qu'il fût plus jeune que son père : « Ô mon père, il m'est venu de la science ce qui ne t'est pas venu. Suis-moi donc, je te guiderai sur une voie droite », c'est-à-dire une voie droite, claire, facile, pure, qui te mène au bien en ce monde et dans l'au-delà. Lorsqu'il lui présenta cette droiture et lui offrit ce conseil, il ne l'accepta pas de lui ni ne le reçut de lui. Au contraire, il le menaça et l'intimida, disant : « Ô Abraham, aurais-tu en horreur mes divinités ? Si tu ne cesses pas, je te lapiderai. » Certains disent par la parole, d'autres par l'acte. « Et éloigne-toi de moi pour un long moment », c'est-à-dire coupe-moi et prolonge ton éloignement de moi. Alors Abraham lui dit : « Paix sur toi ! », c'est-à-dire qu'aucun mal ne viendra de moi vers toi, aucun tort ne t'atteindra de ma part ; tu es en sécurité de mon côté. Et il ajouta en bien : « Je demanderai pardon pour toi à mon Seigneur, car Il est bienveillant envers moi. » Ibn 'Abbās et d'autres dirent : c'est-à-dire doux, en ce qu'Il m'a guidé à Son adoration et à la sincérité envers Lui. C'est pourquoi il dit : « Et je me sépare de vous et de ce que vous invoquez en dehors de Dieu. Et j'invoquerai mon Seigneur. Peut-être ne serai-je pas malheureux en invoquant mon Seigneur. » Abraham – que la paix soit sur lui – demanda pardon pour lui comme il le lui avait promis dans ses invocations. Mais lorsqu'il lui apparut clairement qu'il était un ennemi de Dieu, il se désavoua de lui, comme le dit le Très-Haut : « Et la demande de pardon d'Abraham pour son père n'était que suite à une promesse qu'il lui avait faite. Mais quand il lui apparut clairement qu'il était un ennemi de Dieu, il se désavoua de lui. » (Coran 9:114) « Abraham était plein de sollicitude et indulgent. » (Coran 9:114) Al-Bukhārī dit : Ismā'īl ibn 'Abd Allāh nous a raconté, mon frère 'Abd al-Ḥamīd m'a raconté, d'après Ibn Abī Dhi'b, d'après Sa'īd al-Maqburī, d'après Abū Hurayra, d'après le Prophète – que Dieu le bénisse et lui accorde la paix – qui a dit : « Abraham rencontrera son père Āzar le Jour de la Résurrection, et sur le visage d'Āzar il y aura de la poussière et de la suie. Abraham lui dira : "Ne t'avais-je pas dit de ne pas me désobéir ?" Son père lui répondra : "Aujourd'hui, je ne te désobéis pas." Abraham dira : "Seigneur, Tu m'as promis de ne pas me couvrir de honte le jour où ils seront ressuscités. Quelle honte plus grande que celle de mon père l'éloigné ?" Dieu dira : "J'ai interdit le Paradis aux mécréants." Puis on dira : "Ô Abraham, qu'y a-t-il sous tes pieds ?" Il regardera et verra un bouc souillé. On le prendra par les pattes et on le jettera dans le Feu. » Ainsi rapporté par al-Bukhārī dans l'histoire d'Abraham, seul. Et dans le Tafsīr, il dit : Ibrāhīm ibn Ṭahmān a dit, d'après Ibn Abī Dhi'b, d'après Sa'īd al-Maqburī, d'après son père, d'après Abū Hurayra. Et ainsi rapporté par al-Nasā'ī d'après Aḥmad ibn Ḥafṣ ibn 'Abd Allāh, d'après son père, d'après Ibrāhīm ibn Ṭahmān. Al-Bazzār l'a rapporté d'après le hadith de Ḥammād ibn Salama, d'après Ayyūb, d'après Muḥammad ibn Sīrīn, d'après Abū Hurayra, d'après le Prophète – que Dieu le bénisse et lui accorde la paix – de manière similaire, avec une étrangeté dans son contexte. Il l'a aussi rapporté d'après le hadith de Qatāda, d'après 'Uqba ibn 'Abd al-Ghāfir, d'après Abū Sa'īd, d'après le Prophète – que Dieu le bénisse et lui accorde la paix – de manière similaire. Et le Très-Haut dit : « Et quand Abraham dit à son père Āzar : "Prends-tu des idoles pour divinités ? Je te vois, toi et ton peuple, dans un égarement manifeste." » (Coran 6:74) Cela indique que le nom du père d'Abraham est Āzar. La majorité des généalogistes, dont Ibn 'Abbās, disent que le nom de son père est Tāraḥ. Les Gens du Livre disent Tārakh avec un khā' pointé. Certains disent qu'il fut surnommé d'après une idole qu'il adorait, nommée Āzar. Ibn Jarīr dit : le correct est que son nom est Āzar.
Il se peut qu'il ait deux noms propres, ou que l'un d'eux soit un surnom et l'autre un nom propre. Ce qu'il a dit est plausible. Et Dieu sait mieux. * * * Puis Dieu Très-Haut a dit : « Et c'est ainsi que Nous montrâmes à Abraham le royaume des cieux et de la terre, afin qu'il fût de ceux qui croient avec certitude. * Quand la nuit l'enveloppa, il vit une étoile et dit : « Voici mon Seigneur ! » Puis, lorsqu'elle disparut, il dit : « Je n'aime pas ceux qui disparaissent. » * Puis, lorsqu'il vit la lune se lever, il dit : « Voici mon Seigneur ! » Puis, lorsqu'elle disparut, il dit : « Si mon Seigneur ne me guide pas, je serai certes du nombre des gens égarés. » * Puis, lorsqu'il vit le soleil se lever, il dit : « Voici mon Seigneur ! Celui-ci est plus grand. » Puis, lorsqu'il disparut, il dit : « Ô mon peuple, je désavoue ce que vous associez [à Dieu]. * Je tourne mon visage exclusivement vers Celui qui a créé les cieux et la terre, étant pur [de toute association], et je ne suis point du nombre des associateurs. » * Son peuple disputa avec lui ; il dit : « Disputez-vous avec moi au sujet de Dieu, alors qu'Il m'a guidé ? Je ne crains pas ce que vous Lui associez, sauf si mon Seigneur veut quelque chose. Mon Seigneur embrasse toute chose par Sa science. Ne vous souvenez-vous donc pas ? * Et comment craindrais-je ce que vous avez associé [à Dieu], alors que vous ne craignez pas d'avoir associé à Dieu ce qu'Il n'a fait descendre sur vous aucune autorité ? Lequel des deux partis a le plus droit à la sécurité ? [Dites-le] si vous le savez. * Ceux qui ont cru et n'ont point entaché leur foi d'injustice, ceux-là ont la sécurité, et ils sont bien guidés. * Tel est Notre argument que Nous donnâmes à Abraham contre son peuple. Nous élevons en degrés qui Nous voulons. Ton Seigneur est Sage et Omniscient. » (14) Cette position est une position de discussion avec son peuple, et une explication pour eux que ces corps célestes observés, parmi les astres lumineux, ne sont pas aptes à la divinité, ni à être adorés avec Dieu Puissant et Majestueux, car ils sont créés, assujettis, fabriqués, dirigés, soumis, apparaissant parfois et disparaissant d'autres fois, s'absentant de ce monde, alors que le Seigneur Très-Haut, rien ne Lui échappe et aucun secret ne Lui est caché, mais Il est l'Éternel, le Permanent sans disparition. Il n'y a de dieu que Lui et nul seigneur autre que Lui. Il leur montra d'abord l'inaptitude des astres à cela 23 [on dit que c'est Vénus], puis il passa de là à la lune qui est plus lumineuse qu'elle et plus éclatante en beauté, puis il passa au soleil qui est le plus intense des corps célestes observés en lumière, éclat et splendeur, et il montra qu'il est soumis, dirigé, déterminé, assujetti, comme Dieu Très-Haut a dit : « Et parmi Ses signes, la nuit et le jour, le soleil et la lune. Ne vous prosternez ni devant le soleil ni devant la lune, mais prosternez-vous devant Dieu qui les a créés, si c'est Lui que vous adorez. » (3) C'est pourquoi Il dit : « Puis, lorsqu'il vit le soleil se lever », c'est-à-dire se levant, « il dit : « Voici mon Seigneur ! Celui-ci est plus grand. » Puis, lorsqu'il disparut, il dit : « Ô mon peuple, je désavoue ce que vous associez [à Dieu]. * Je tourne mon visage exclusivement vers Celui qui a créé les cieux et la terre, étant pur [de toute association], et je ne suis point du nombre des associateurs. » « Et son peuple disputa avec lui ; il dit : « Disputez-vous avec moi au sujet de Dieu, alors qu'Il m'a guidé ? Je ne crains pas ce que vous Lui associez, sauf si mon Seigneur veut quelque chose. » C'est-à-dire : je ne me soucie pas de ces divinités que vous adorez en dehors de Dieu, car elles ne profitent en rien, n'entendent ni ne comprennent, mais elles sont assujetties, soumises comme les astres et autres, ou fabriquées, sculptées, taillées. Et l'apparent est que cette exhortation concernant les astres s'adressait aux habitants de Harrân 24, car ils les adoraient. Cela réfute la parole de celui qui a prétendu qu'il a dit cela lorsqu'il est sorti du souterrain 25 alors qu'il était petit, comme l'a mentionné Ibn Ishaq et d'autres, et cela repose sur des récits israélites 26 auxquels on ne se fie pas, surtout lorsqu'ils contredisent la vérité. * * * Quant aux habitants de Babylone, ils adoraient les idoles, et ce sont eux qu'il a disputés au sujet de leur adoration, les a brisées contre eux, les a humiliées et a montré leur fausseté, comme Dieu Très-Haut a dit : « Et il dit : « Vous n'avez pris en dehors de Dieu que des idoles pour créer entre vous une affection dans la vie présente. Ensuite, au Jour de la Résurrection, les uns renieront les autres et les uns maudiront les autres, et votre refuge sera le Feu, et vous n'aurez point de secoureurs. » » Et Il dit dans la sourate des Prophètes : « Et Nous avions donné à Abraham sa droiture auparavant, et Nous le connaissions bien. * Lorsqu'il dit à son père et à son peuple : « Que sont ces statues auxquelles vous vous consacrez ? » * Ils dirent : « Nous avons trouvé nos pères les adorant. » * Il dit : « Certes, vous et vos pères êtes dans un égarement évident. » * Ils dirent : « Es-tu venu à nous avec la vérité, ou es-tu de ceux qui plaisantent ? » * Il dit : « Mais votre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre, qui les a créés, et je suis de ceux qui en témoignent. * Et par Dieu, je ruserai contre vos idoles après que vous vous serez détournés. » * Il les réduisit en morceaux, sauf le plus grand d'entre eux, afin qu'ils reviennent vers lui. * Ils dirent : « Qui a fait cela à nos divinités ? Il est certes parmi les injustes. » * Ils dirent : « Nous avons entendu un jeune homme les mentionner, on l'appelle Abraham. » * Ils dirent : « Amenez-le sous les yeux des gens, afin qu'ils témoignent. » * Ils dirent : « Est-ce toi qui as fait cela à nos divinités, ô Abraham ? » * Il dit : « Mais c'est le plus grand d'entre eux qui l'a fait. Demandez-leur donc, s'ils peuvent parler. » * Ils revinrent à eux-mêmes et dirent : « C'est vous qui êtes les injustes. » * Puis ils firent volte-face [et dirent] : « Tu sais bien que ceux-ci ne parlent pas. » * Il dit : « Adorez-vous donc en dehors de Dieu ce qui ne vous profite en rien et ne vous nuit en rien ? * Fi de vous et de ce que vous adorez en dehors de Dieu ! Ne raisonnez-vous donc pas ? » * Ils dirent : « Brûlez-le et secourez vos divinités, si vous voulez agir. » * Nous dîmes : « Ô feu, sois fraîcheur et paix sur Abraham. » * Ils voulurent lui faire du mal, mais Nous les fîmes les plus grands perdants. » (15) Et Il dit dans la sourate des Poètes : « Et récite-leur l'histoire d'Abraham. * Lorsqu'il dit à son père et à son peuple : « Qu'adorez-vous ? » * Ils dirent : « Nous adorons des idoles et nous leur restons attachés. » * Il dit : « Vous entendent-elles quand vous les invoquez ? * Ou vous profitent-elles ou vous nuisent-elles ? » * Ils dirent : « Mais nous avons trouvé nos pères faisant ainsi. » * Il dit : « Que dites-vous donc de ce que vous adoriez, * vous et vos ancêtres les plus anciens ? * Ils sont tous pour moi des ennemis, sauf le Seigneur des mondes, * Celui qui m'a créé, et c'est Lui qui me guide, * et c'est Lui qui me nourrit et me donne à boire, * et quand je suis malade, c'est Lui qui me guérit, * et c'est Lui qui me fait mourir, puis me fait revivre, * et c'est Lui dont j'espère qu'Il me pardonnera ma faute au Jour de la Rétribution. * Seigneur, donne-moi la sagesse et fais-moi rejoindre les justes. » (2) Et Dieu Très-Haut a dit dans la sourate des Rangées : « Et parmi ses partisans, il y avait Abraham, * quand il vint à son Seigneur avec un cœur sain, * quand il dit à son père et à son peuple : « Qu'adorez-vous ? * Voulez-vous, par mensonge, des divinités en dehors de Dieu ? * Que pensez-vous donc du Seigneur des mondes ? » * Puis il jeta un regard vers les étoiles, * et dit : « Je suis malade. » * Ils s'éloignèrent de lui en tournant le dos. * Il se dirigea vers leurs divinités et dit : « Ne mangez-vous pas ? * Qu'avez-vous à ne pas parler ? » * Puis il se tourna vers elles en les frappant de la main droite. * Ils accoururent vers lui. * Il dit : « Adorez-vous ce que vous sculptez, * alors que Dieu vous a créés, vous et ce que vous faites ? » * Ils dirent : « Bâtissez pour lui un édifice et jetez-le dans la fournaise. » * Ils voulurent lui faire du mal, mais Nous les fîmes les plus bas. » (16) Dieu Très-Haut informe au sujet d'Abraham, Son ami, que la paix soit sur lui, qu'il a désapprouvé l'adoration des idoles par son peuple, les a rabaissées à leurs yeux, les a minimisées et dépréciées, en disant : « Que sont ces statues auxquelles vous vous consacrez ? » c'est-à-dire : vous vous consacrez à elles et vous vous humiliez devant elles. Ils dirent : « Nous avons trouvé nos pères les adorant. » Leur seul argument était la pratique des pères et des ancêtres, et ce sur quoi ils étaient, à savoir l'adoration des rivaux [de Dieu]. Il dit : « Certes, vous et vos pères êtes dans un égarement évident », comme Dieu Très-Haut a dit : « Quand il dit à son père et à son peuple : « Qu'adorez-vous ? * Voulez-vous, par mensonge, des divinités en dehors de Dieu ? * Que pensez-vous donc du Seigneur des mondes ? » » Qatada 27 a dit : « Que pensez-vous qu'Il vous fera quand vous Le rencontrerez, alors que vous avez adoré autre que Lui ? » Et il leur dit : « Vous entendent-elles quand vous les invoquez, ou vous profitent-elles ou vous nuisent-elles ? » Ils dirent : « Mais nous avons trouvé nos pères faisant ainsi. » Ils lui concédèrent qu'elles n'entendent aucun appelant, ne profitent ni ne nuisent en rien, et que ce qui les poussait à les adorer était l'imitation de leurs prédécesseurs et de ceux qui, comme eux, étaient dans l'égarement parmi les pères ignorants. C'est pourquoi il leur dit : « Que dites-vous donc de ce que vous adoriez, * vous et vos ancêtres les plus anciens ? * Ils sont tous pour moi des ennemis, sauf le Seigneur des mondes. »
Et ceci est une preuve tranchante de la fausseté de la divinité de ce qu'ils prétendaient parmi les idoles, car il s'en est désavoué et les a rabaissées. Si elles avaient nui, elles lui auraient nui, ou si elles avaient eu un effet, elles auraient agi sur lui. « Ils dirent : Es-tu venu à nous avec la vérité ou es-tu de ceux qui plaisantent ? » 28 Et ils disent : « Cette parole que tu nous dis et par laquelle tu rabaisses nos divinités et critiques nos pères, la dis-tu sérieusement et sincèrement ou bien en t'amusant ? » Il dit : « Mais votre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre, qui les a créées, et je suis de ceux qui en témoignent. » 29 C'est-à-dire : je vous dis cela sérieusement et sincèrement. Votre Dieu est Allah, il n'y a de dieu que Lui, votre Seigneur et le Seigneur de toute chose, le Créateur des cieux et de la terre, qui les a créées sans modèle préexistant. Il est donc Celui qui mérite l'adoration seul, sans associé, et je suis de ceux qui en témoignent. Et Sa parole : « Et par Allah, je ruserai contre vos idoles après que vous aurez tourné le dos » 30 Il a juré de ruser contre ces idoles qu'ils adoraient après qu'ils se seront détournés pour aller à leur fête. On dit qu'il a dit cela en secret en lui-même. Ibn Mas'ud a dit : Certains d'entre eux l'ont entendu. Ils avaient une fête à laquelle ils se rendaient une fois par an en dehors de la ville. Son père l'invita à y assister, mais il dit : « Je suis malade. » Comme Allah a dit : « Il jeta un regard vers les étoiles, puis dit : Je suis malade. » 31 Il leur fit une allusion dans ses paroles pour parvenir à son but : humilier leurs idoles, soutenir la religion d'Allah, la vérité, et montrer la fausseté de ce sur quoi ils étaient, l'adoration des idoles qui méritaient d'être brisées et humiliées au plus haut point. Lorsqu'ils sortirent pour leur fête et qu'il resta dans leur ville, « il se dirigea en cachette vers leurs divinités » 32 c'est-à-dire qu'il alla vers elles rapidement et secrètement. Il les trouva dans un grand hall, et ils avaient placé devant elles toutes sortes de nourritures en offrande. Il leur dit, par moquerie et mépris : « Ne mangez-vous pas ? Qu'avez-vous à ne pas parler ? » 33 Puis « il se tourna vers elles en les frappant de la main droite » 34 car elle est plus forte, plus violente, plus rapide et plus dominante. Il les brisa avec une hache qu'il tenait, comme Allah a dit : « Il les réduisit en morceaux » 35 c'est-à-dire en débris, il les brisa toutes « sauf une grande qu'ils avaient, afin qu'ils reviennent vers elle. » 36 On dit qu'il mit la hache dans la main de la grande idole, indiquant qu'elle était jalouse d'être adorée avec ces petites ! Quand ils revinrent de leur fête et virent ce qui était arrivé à leurs divinités, « ils dirent : Qui a fait cela à nos divinités ? Il est vraiment parmi les injustes. » 37 Ceci est une preuve évidente pour eux, s'ils avaient raisonné : ce qui était arrivé à leurs divinités qu'ils adoraient. Si elles avaient été des divinités, elles auraient repoussé celui qui voulait leur faire du mal. Mais ils dirent, par ignorance, manque d'intelligence, grand égarement et trouble : « Qui a fait cela à nos divinités ? Il est vraiment parmi les injustes. » « Ils dirent : Nous avons entendu un jeune homme qui les mentionne [en mal], on l'appelle Abraham. » 38 C'est-à-dire qu'il les mentionnait par le blâme, le rabaissement et le mépris. C'est donc lui qui s'est dressé contre elles et les a brisées. Selon Ibn Mas'ud, il les mentionnait par sa parole : « Et par Allah, je ruserai contre vos idoles après que vous aurez tourné le dos. » « Ils dirent : Amenez-le devant les gens, afin qu'ils témoignent. » 39 C'est-à-dire dans la grande assemblée, en public, afin qu'ils témoignent de son discours, entendent ses paroles et voient ce qui lui arrivera comme châtiment. C'était le plus grand objectif d'Abraham, que tous les gens se rassemblent et qu'il établisse contre tous les adorateurs d'idoles la preuve de la fausseté de ce sur quoi ils étaient, comme Moïse dit à Pharaon : « Votre rendez-vous est le jour de la fête, et que les gens soient rassemblés au matin. » 40 Lorsqu'ils se rassemblèrent et l'amenèrent comme ils l'avaient dit, « ils dirent : Est-ce toi qui as fait cela à nos divinités, ô Abraham ? Il dit : C'est plutôt la plus grande d'entre elles qui l'a fait. » 41 On dit que le sens est : c'est elle qui m'a poussé à les briser. Il leur fit une allusion dans sa parole : « Interrogez-les donc, si elles peuvent parler. » 42 Il voulait par cette parole qu'ils se hâtent de dire que ces idoles ne parlent pas, et qu'ils reconnaissent ainsi qu'elles sont inertes comme toutes les autres choses inertes. « Alors ils revinrent à eux-mêmes et dirent : C'est vous qui êtes les injustes. » 43 C'est-à-dire qu'ils se tournèrent vers eux-mêmes en se blâmant, disant : « C'est vous qui êtes les injustes », c'est-à-dire en les laissant sans gardien ni protecteur. « Puis ils firent volte-face sur leurs têtes. » 44 As-Suddi a dit : c'est-à-dire qu'ils revinrent à la tentation. Selon cela, sa parole « C'est vous qui êtes les injustes » signifie dans leur adoration. Qatada a dit : Un mauvais égarement saisit le peuple, c'est-à-dire qu'ils baissèrent la tête, puis dirent : « Tu sais bien que ceux-ci ne parlent pas. » 45 C'est-à-dire : tu sais, ô Abraham, que ces idoles ne parlent pas, comment alors nous ordonnes-tu de les interroger ? Alors Abraham leur dit : « Adorez-vous donc, en dehors d'Allah, ce qui ne vous profite en rien et ne vous nuit en rien ? Honte à vous et à ce que vous adorez en dehors d'Allah ! Ne raisonnez-vous donc pas ? » 46 Comme Il a dit : « Alors ils se tournèrent vers lui, courant. » 47 Mujahid a dit : ils se hâtèrent. Il dit : « Adorez-vous ce que vous sculptez ? » 48 c'est-à-dire comment adorez-vous des idoles que vous sculptez vous-mêmes dans le bois et la pierre, et que vous façonnez et formez comme vous voulez ? « Alors qu'Allah vous a créés, vous et ce que vous faites. » 49 Que « mā » soit une particule infinitive ou signifiant « ce que », le sens est que vous êtes créés et ces idoles sont créées. Comment donc une créature peut-elle adorer une autre créature semblable à elle ? Car votre adoration pour elles n'est pas plus justifiée que leur adoration pour vous. Ceci est faux, donc l'autre est faux par nécessité, car l'adoration n'est valable et n'est due qu'au Créateur seul, sans associé. « Ils dirent : Construisez pour lui un édifice et jetez-le dans la fournaise. Ils voulurent lui faire du mal, mais Nous les fîmes devenir les plus bas. » 50 Ils abandonnèrent la discussion et la controverse, une fois vaincus et dominés, n'ayant plus ni preuve ni argument, pour recourir à leur force et à leur pouvoir, afin de soutenir ce sur quoi ils étaient, par leur sottise et leur tyrannie. Mais le Seigneur, gloire à Lui, les trompa et éleva Sa parole, Sa religion et Sa preuve. Comme Allah a dit : « Ils dirent : Brûlez-le et secourez vos divinités, si vous voulez agir. Nous dîmes : Ô feu, sois fraîcheur et paix sur Abraham. Ils voulurent lui faire du mal, mais Nous les fîmes devenir les plus perdants. » 51 En effet, ils se mirent à rassembler du bois de tous les endroits possibles. Ils passèrent du temps à en rassembler pour lui, au point que la femme malade parmi eux faisait le vœu, si elle guérissait, de porter du bois pour le bûcher d'Abraham. Puis ils creusèrent une grande fosse, y placèrent ce bois et y mirent le feu. Le feu s'agita, flamba, s'enflamma et produisit une étincelle jamais vue auparavant. Ensuite, ils placèrent Abraham dans le plateau d'une catapulte 52 fabriquée pour eux par un homme des Kurdes nommé « Hizan ». Il fut le premier à fabriquer des catapultes. Allah fit engloutir la terre sous lui, et il s'agite dedans jusqu'au Jour de la Résurrection. Puis ils se mirent à l'enchaîner et à lui lier les mains, tandis qu'il disait : « Il n'y a de dieu que Toi, gloire à Toi, Seigneur des mondes. À Toi la louange et à Toi la royauté, nul associé à Toi. » Lorsque Abraham fut placé dans le plateau de la catapulte, enchaîné et les mains liées, puis qu'ils le lancèrent dans le feu, il dit : « Allah nous suffit et Il est le meilleur garant. » 53 Comme l'a rapporté al-Bukhari d'après Ibn Abbas, il a dit : « Allah nous suffit et Il est le meilleur garant. » Abraham l'a dit lorsqu'il fut jeté dans le feu, et Muhammad l'a dit lorsqu'on lui dit : « Les gens se sont rassemblés contre vous, craignez-les. Cela augmenta leur foi, et ils dirent : Allah nous suffit et Il est le meilleur garant. Ils revinrent donc avec un bienfait d'Allah et une grâce, aucun mal ne les avait touchés. » 54 Abu Ya'la a dit : Abu Hisham ar-Rifa'i nous a raconté, Ishaq ibn Sulayman nous a raconté, d'après Abu Ja'far ar-Razi, d'après 'Asim ibn Abi an-Najud, d'après Abu Salih, d'après Abu Hurayra, qui a dit : Le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Lorsqu'Abraham fut jeté dans le feu, il dit : Ô Allah, Tu es dans le ciel, Unique, et je suis sur terre, unique, T'adorant ! »
Un des pieux prédécesseurs 55 a mentionné que Gabriel se présenta à lui dans les airs et dit : « Ô Abraham, as-tu besoin de quelque chose ? » Il répondit : « Quant à toi, non ! » Et il est rapporté d’Ibn ‘Abbâs et de Sa‘îd ibn Jubayr qu’il dit : « L’Ange de la pluie ne cessait de dire : “Quand recevrai-je l’ordre d’envoyer la pluie ?” Mais l’ordre d’Allah fut plus rapide. » « Nous dîmes : “Ô feu, sois fraîcheur et paix sur Abraham.” » ‘Alî ibn Abî Tâlib dit : « C’est-à-dire : ne lui nuis pas. » Ibn ‘Abbâs et Abû al-‘Âliya dirent : « Si Allah n’avait pas dit “et paix sur Abraham”, la fraîcheur du feu aurait nui à Abraham. » Ka‘b al-Ahbâr dit : « Ce jour-là, les habitants de la terre ne tirèrent aucun profit du feu, et il ne brûla de lui que ses liens. » Al-Dahhâk dit : « Il est rapporté que Gabriel, que la paix soit sur lui, était avec lui, essuyant la sueur de son visage, et rien d’autre du feu ne l’atteignit. » Al-Suddî dit : « L’Ange de l’ombre était aussi avec lui, et Abraham, que la paix soit sur lui, se trouva au milieu d’une fosse 56, le feu autour de lui, tandis qu’il était dans un jardin verdoyant, et les gens le regardaient sans pouvoir l’atteindre, et lui ne sortait pas vers eux. » D’après Abû Hurayra, il dit : « La plus belle parole que le père d’Abraham prononça, lorsqu’il vit son fils dans cet état, fut : “Quel excellent Seigneur que ton Seigneur, ô Abraham !” » Ibn ‘Asâkir rapporte d’après ‘Ikrima que la mère d’Abraham regarda son fils, que la paix soit sur lui, et l’appela : « Ô mon fils, je veux venir vers toi ; invoque Allah pour qu’Il me sauve de la chaleur du feu autour de toi. » Il dit : « Oui. » Elle vint alors vers lui, sans que rien de la chaleur du feu ne la touchât, et quand elle l’eut rejoint, elle l’embrassa et le couvrit de baisers, puis retourna. D’après al-Minhâl ibn ‘Amr, il dit : « On m’a rapporté qu’Abraham resta là quarante ou cinquante jours, et qu’il dit : “Je n’ai jamais eu de jours et de nuits plus agréables que ceux que j’y ai passés, et j’aurais souhaité que toute ma vie et mon existence fussent semblables à ceux que j’y ai vécus.” Que les prières et la paix d’Allah soient sur lui. » Ils voulurent donc triompher, mais furent abandonnés ; ils voulurent s’élever, mais furent abaissés ; ils voulurent vaincre, mais furent vaincus. Allah, le Très-Haut, dit : « Ils voulaient lui faire du mal, mais Nous fîmes d’eux les plus grands perdants », et dans un autre verset : « les plus bas ». Ils obtinrent donc la perte et l’abaissement en ce monde. Quant à l’au-delà, leur feu ne sera pour eux ni fraîcheur ni paix, et ils n’y recevront ni salutation ni paix, mais il sera comme Allah dit : « Quel mauvais lieu de séjour et de demeure ! » Al-Bukhârî dit : ‘Abdallâh ibn Mûsâ – ou Ibn Sallâm d’après lui – nous a rapporté : Ibn Jurayj nous a informés, d’après ‘Abd al-Hamîd ibn Jubayr, d’après Sa‘îd ibn al-Musayyab, d’après Umm Sharîk, que le Messager d’Allah, qu’Allah prie sur lui et le salue, ordonna de tuer le gecko 57 et dit : « Il soufflait 58 sur Abraham. » Muslim l’a rapporté d’après Ibn Jurayj. Al-Nasâ’î et Ibn Mâjah l’ont rapporté d’après Sufyân ibn ‘Uyayna, tous deux d’après ‘Abd al-Hamîd ibn Jubayr ibn Shayba. Ahmad dit : Muhammad ibn Bakr nous a rapporté : Ibn Jurayj nous a rapporté : ‘Abdallâh ibn ‘Abd al-Rahmân ibn Abî Umayya m’a informé que Nâfi‘, l’affranchi d’Ibn ‘Umar, l’informa que ‘Â’isha l’informa que le Messager d’Allah, qu’Allah prie sur lui et le salue, dit : « Tuez le gecko, car il soufflait le feu sur Abraham. » Elle dit : « ‘Â’isha les tuait. » Ahmad dit : Ismâ‘îl nous a rapporté : Ayyûb nous a rapporté d’après Nâfi‘ qu’une femme entra chez ‘Â’isha et vit une lance dressée ; elle dit : « Qu’est-ce que cette lance ? » Elle répondit : « Nous tuons les geckos avec. » Puis elle rapporta du Messager d’Allah, qu’Allah prie sur lui et le salue : « Quand Abraham fut jeté dans le feu, tous les animaux éteignaient le feu autour de lui, sauf le gecko, qui soufflait dessus. » Ahmad est le seul à l’avoir rapporté par ces deux voies. Ahmad dit : ‘Affân nous a rapporta : Jarîr nous a rapporté : Nâfi‘ nous a rapporté : Sumâma, l’affranchie d’al-Fâkih ibn al-Mughîra, m’a raconté : J’entrai chez ‘Â’isha et vis une lance posée dans sa maison ; je dis : « Ô Mère des croyants, que fais-tu avec cette lance ? » Elle dit : « C’est pour ces geckos, nous les tuons avec, car le Messager d’Allah, qu’Allah prie sur lui et le salue, nous a raconté que lorsque Abraham fut jeté dans le feu, il n’y avait sur terre aucune bête qui n’éteignît le feu autour de lui, sauf le gecko, qui soufflait sur lui 59 ; le Messager d’Allah, qu’Allah prie sur lui et le salue, nous a donc ordonné de le tuer. » Ibn Mâjah l’a rapporté d’après Abû Bakr ibn Abî Shayba, d’après Yûnus ibn Muhammad, d’après Jarîr ibn Hâzim.
- Wâdî 'Usfân : Vallée située entre La Mecque et Médine, mentionnée dans les récits prophétiques.
- 'abâ' : Manteau ample porté par les Arabes, souvent en laine.
- talbiya : Formule rituelle prononcée par le pèlerin : 'Labbayka Allâhumma labbayk...' (Me voici, ô Dieu, me voici...).
- al-Bayt al-'Atîq : La Demeure Antique, c'est-à-dire la Ka'ba à La Mecque.
- al-Hijr : Région rocheuse au nord-ouest de l'Arabie, correspondant au pays de Thamûd.
- nâqa : Chamelle, la femelle du chameau. Ici, il s'agit de la chamelle miraculeuse envoyée au prophète Sâlih.
- al-akhrajâhu : Les deux : al-Bukhârî et Muslim, auteurs des deux recueils de hadiths les plus authentiques.
- Sahîhayn : Les deux Sahîh, c'est-à-dire les recueils de hadiths authentiques d'al-Bukhârî et de Muslim.
- al-Khalîl : L'Ami intime, titre donné à Abraham en raison de son amitié particulière avec Dieu.
- Târakh : Nom du père d'Abraham, connu dans la Bible sous le nom de Térah.
- hâfiz : Titre honorifique désignant un savant spécialiste du hadith, ayant mémorisé un grand nombre de textes.
- Abâ ad-Dayfân : Surnom d'Abraham signifiant 'Père des hôtes', en raison de sa générosité envers les voyageurs.
- Bayt al-Maqdis : Jérusalem, littéralement 'la Demeure Sainte'.
- Kashdāniyyīn : Les Chaldéens, peuple de Mésopotamie.
- al-Jazīra : La Haute-Mésopotamie, région entre le Tigre et l'Euphrate.
- Shām : La Grande Syrie, incluant la Syrie, le Liban, la Palestine et la Jordanie actuels.
- les sept planètes : Dans l'astronomie antique, les sept astres mobiles visibles à l'œil nu : Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter, Saturne.
- pôle nord : L'étoile polaire, utilisée comme point de repère pour l'orientation.
- temple : Lieu de culte païen dédié à une divinité.
- Ami intime : Traduction de 'Khalīl', titre donné à Abraham dans la tradition islamique, signifiant 'ami intime de Dieu'.
- Et Nous le connaissions bien : Coran 21:51, signifiant que Dieu savait qu'Abraham était digne de la guidance.
- conseil sincère : Le texte arabe a 'al-naṣīḥa', conseil sincère et bienveillant.
- الكواكب : Les astres, les étoiles et planètes.
- حران : Harrân, ville de Mésopotamie, centre du culte des astres.
- السرب : Le souterrain ou la grotte où Abraham aurait été caché enfant.
- إسرائيلية : Récits israélites, traditions juives non authentifiées.
- قتادة : Qatada ibn Di'ama, célèbre exégète et traditionniste du premier siècle de l'Hégire.
- اللاعبين : Ceux qui s'amusent, qui plaisantent, par opposition à ceux qui parlent sérieusement.
- فَطَرَهُنَّ : Il les a créées (les cieux et la terre) à partir de rien, selon un modèle original.
- لأكيدن أصنامكم : Je ruserai contre vos idoles, c'est-à-dire je leur ferai un mauvais tour en les brisant.
- إني سقيم : Je suis malade. Abraham a dit cela pour ne pas aller à la fête, sans mentir explicitement, car il était spirituellement malade de voir l'idolâtrie.
- راغ إلى آلهتهم : Il se dirigea vers leurs divinités en cachette, furtivement.
- ألا تأكلون * مالكم لا تنطقون : Paroles d'Abraham aux idoles, par moquerie, leur demandant pourquoi elles ne mangent pas et ne parlent pas.
- فراغ عليهم ضربا باليمين : Il se tourna vers elles en les frappant de la main droite, avec force.
- جُذَاذًا : Morceaux, débris, fragments.
- لَعَلَّهُم إِلَيْهِ يرجعُونَ : Afin qu'ils reviennent vers elle (la grande idole), c'est-à-dire pour qu'ils l'interrogent et réalisent son impuissance.
- إِنَّه لمن الظَّالِمين : Il est vraiment parmi les injustes, c'est-à-dire celui qui a fait cela est un transgresseur.
- يذكرهم : Il les mentionne (en mal), il parle d'elles en les critiquant.
- عَلَى أَعْيُنِ النَّاسِ : Devant les yeux des gens, publiquement.
- يَوْمُ الزِّينَةِ : Le jour de la fête, où les gens se parent.
- بل فعله كَبِيرهمْ هَذَا : C'est plutôt la plus grande d'entre elles qui l'a fait. Parole ironique d'Abraham.
- فَاسْأَلُوهُمْ إِنْ كَانُوا ينطقون : Interrogez-les donc, si elles peuvent parler.
- فَرَجَعُوا إِلَى أَنْفُسِهِمْ فَقَالُوا إِنَّكُمْ أَنْتُمُ الظَّالِمُونَ : Ils revinrent à eux-mêmes et dirent : C'est vous qui êtes les injustes. Ils se blâmèrent mutuellement.
- ثمَّ نكسوا على رؤوسهم : Puis ils firent volte-face sur leurs têtes, c'est-à-dire qu'ils revinrent à leur égarement.
- لَقَدْ علمت مَا هَؤُلَاءِ ينطقون : Tu sais bien que ceux-ci ne parlent pas.
- أفتعبدون من دون الله ... أَفلا تعقلون؟ : Adorez-vous donc en dehors d'Allah... Ne raisonnez-vous donc pas ?
- يَزِفُّونَ : Ils courent, ils se hâtent.
- أَتَعْبُدُونَ مَا تَنْحِتُونَ : Adorez-vous ce que vous sculptez de vos propres mains ?
- وَاللَّهُ خَلقكُم وَمَا تَعْمَلُونَ : Alors qu'Allah vous a créés, vous et ce que vous faites.
- ابْنُوا لَهُ بُنْيَانًا فَأَلْقُوهُ فِي الْجَحِيمِ : Construisez pour lui un édifice (une structure) et jetez-le dans la fournaise.
- قَالُوا حَرِّقُوهُ وَانْصُرُوا آلِهَتَكُمْ ... فَجَعَلْنَاهُمُ الْأَخْسَرِينَ : Ils dirent : Brûlez-le et secourez vos divinités... Nous les fîmes devenir les plus perdants.
- مَنْجَنِيقٍ : Catapulte, machine de guerre utilisée pour lancer des projectiles.
- حَسْبُنَا اللَّهُ وَنِعْمَ الْوَكِيلُ : Allah nous suffit et Il est le meilleur garant.
- فَانْقَلَبُوا بِنِعْمَةٍ مِنَ اللَّهِ وَفَضْلٍ لَمْ يَمْسَسْهُمْ سُوءٌ : Ils revinrent avec un bienfait d'Allah et une grâce, aucun mal ne les avait touchés.
- salaf : Pieux prédécesseurs : les premières générations de musulmans, considérées comme modèles.
- jawba : Fosse ou creux dans le sol, ici désignant l'endroit où Abraham fut jeté dans le feu.
- wazagh : Gecko ou lézard, animal considéré comme nuisible en Islam.
- yanfukh : Souffler : le gecko soufflait sur le feu pour attiser les flammes contre Abraham.
- yanfukh 'alayhi : Soufflait sur lui : le gecko attisait le feu en soufflant.
Récit de la controverse d'Abraham l'Intime [1]
Récit de la discussion d'Abraham l'Ami intime 1 avec celui qui voulut contester le Très Grand, le Très Glorieux, au sujet du pagne 2 de la Grandeur et du manteau de la Majesté, et qui prétendit à la Seigneurie, alors qu'il n'était qu'un des faibles serviteurs. Dieu Très-Haut dit : « N'as-tu pas vu celui qui disputa avec Abraham au sujet de son Seigneur, parce que Dieu lui avait donné la royauté ? Quand Abraham dit : « Mon Seigneur est Celui qui donne la vie et la mort », il dit : « Moi aussi, je donne la vie et la mort. » Abraham dit : « Dieu fait venir le soleil de l'Orient ; fais-le donc venir de l'Occident. » Alors celui qui avait mécru resta confondu. Et Dieu ne guide pas les gens injustes. » (Coran 2:258) Dieu Très-Haut mentionne la discussion de Son ami intime avec ce roi tyran et rebelle, qui prétendit à la Seigneurie pour lui-même. L'ami intime, sur lui la paix, réfuta son argument, montra l'ampleur de son ignorance et la faiblesse de son intelligence, le réduisit au silence par la preuve et lui clarifia la voie de la vérité. Les exégètes et autres savants de la généalogie et des récits disent : Ce roi est le roi de Babylone, son nom est Nimrod 3 fils de Canaan fils de Koush fils de Sem fils de Noé. C'est ce qu'a dit Mujâhid. D'autres ont dit : Nimrod fils de Falih fils d'Éber fils de Salah fils d'Arpakshad fils de Sem fils de Noé. Mujâhid et d'autres ont dit : Il fut l'un des rois du monde ; en effet, il a possédé le monde, selon ce qu'ils ont rapporté, quatre [rois] : deux croyants et deux mécréants. Les croyants : Dhul-Qarnayn 4 et Salomon. Les mécréants : Nimrod et Nabuchodonosor 5. Ils ont rapporté que ce Nimrod persista dans son royaume pendant quatre cents ans. Il fut tyrannique, injuste, arrogant et rebelle, et préféra la vie d'ici-bas. Lorsque Abraham l'Ami intime l'appela à adorer Dieu Seul, sans associé, l'ignorance, l'égarement et la longueur des espoirs le poussèrent à nier le Créateur. Il discuta donc avec Abraham l'Ami intime à ce sujet et prétendit à la Seigneurie pour lui-même. Quand l'Ami intime dit : « Mon Seigneur est Celui qui donne la vie et la mort », il dit : « Moi aussi, je donne la vie et la mort. » Qatâda, As-Suddî et Muhammad ibn Ishaq dirent : Il voulait dire que, lorsqu'on lui amenait deux hommes dont la mort était décrétée, s'il ordonnait la mort de l'un et graciait l'autre, c'était comme s'il donnait la vie à celui-ci et la mort à celui-là. Ceci n'est pas une objection à l'Ami intime, mais c'est un discours hors du cadre de la discussion, ce n'est ni une réfutation ni une objection, c'est une pure diversion, et c'est en réalité une défaite. Car l'Ami intime avait argumenté de l'existence du Créateur par l'apparition de ces phénomènes observés – la vie et la mort des êtres – pour prouver l'existence d'un Agent, auquel ils doivent nécessairement se référer, étant donné qu'ils ne peuvent subsister par eux-mêmes. Il faut nécessairement un Agent pour ces événements observés : leur création, leur assujettissement, la course des astres, des vents, des nuages, de la pluie, la création de ces êtres vivants que l'on voit, puis leur mort. C'est pourquoi Abraham dit : « Mon Seigneur est Celui qui donne la vie et la mort. » La parole de ce roi ignorant : « Moi aussi, je donne la vie et la mort » – s'il entendait qu'il est l'Agent de ces phénomènes observés, alors il a fait preuve d'obstination et d'entêtement. Et s'il entendait ce qu'ont mentionné Qatâda, As-Suddî et Muhammad ibn Ishaq, alors il n'a rien dit qui se rapporte à la parole de l'Ami intime, car il n'a ni réfuté une prémisse ni objecté à l'argument. Et comme la défaite de ce roi dans la discussion pouvait échapper à beaucoup de gens, parmi ceux qui l'entouraient et d'autres, il mentionna un autre argument qui montra l'existence du Créateur et la fausseté de ce que prétendait Nimrod, ainsi que sa défaite publique : « Il dit : Dieu fait venir le soleil de l'Orient ; fais-le donc venir de l'Occident. » C'est-à-dire : ce soleil est assujetti chaque jour, il se lève à l'Orient comme l'a assujetti son Créateur, son Conducteur et son Dominateur, Lui qui est le Dieu unique, le Créateur de toute chose. Si tu es, comme tu le prétends, celui qui donne la vie et la mort, alors fais venir ce soleil de l'Occident. Car Celui qui donne la vie et la mort est Celui qui fait ce qu'Il veut, sans être empêché ni vaincu, mais Il a dominé toute chose et toute chose Lui est soumise. Si tu es comme tu le prétends, fais cela. Si tu ne le fais pas, tu n'es pas comme tu le prétends. Or tu sais, et tout le monde sait, que tu n'es capable de rien de tel ; tu es même plus faible et plus impuissant que de créer un moustique ou de te défendre contre lui. Il montra ainsi son égarement, son ignorance, son mensonge dans ce qu'il prétendait, la fausseté de sa conduite et de ce dont il se vantait devant les ignorants de son peuple. Il ne lui resta plus aucune parole pour répondre à l'Ami intime ; au contraire, il fut réduit au silence et se tut. C'est pourquoi Dieu dit : « Alors celui qui avait mécru resta confondu. Et Dieu ne guide pas les gens injustes. » As-Suddî a mentionné que cette discussion eut lieu entre Abraham et Nimrod le jour où il sortit du feu, et qu'il ne l'avait pas rencontré auparavant. Cette discussion eut donc lieu entre eux. `Abd ar-Razzâq a rapporté d'après Ma`mar, d'après Zayd ibn Aslam, que Nimrod avait de la nourriture, et les gens venaient à lui pour s'approvisionner. Abraham vint parmi ceux qui venaient s'approvisionner, et il ne l'avait rencontré que ce jour-là. Cette discussion eut donc lieu entre eux. Abraham ne reçut pas de nourriture comme les autres ; au contraire, il sortit sans rien avoir de nourriture. Quand il approcha de sa famille, il prit un peu de poussière, en remplit ses deux sacoches et dit : « Je distrairai ma famille quand j'arriverai chez eux. » Quand il arriva, il posa ses bagages, vint, s'appuya et s'endormit. Sa femme Sara se leva, alla aux deux sacoches et les trouva remplies d'une bonne nourriture. Elle en prépara un repas. Quand Abraham se réveilla, il trouva ce qu'ils avaient préparé et dit : « D'où vous vient ceci ? » Elle dit : « De ce que tu as apporté. » Il sut alors que c'était une subsistance que Dieu leur avait accordée, à Lui la puissance et la gloire. Zayd ibn Aslam dit : Dieu envoya à ce roi tyran un ange pour lui ordonner de croire en Dieu, mais il refusa. Puis Il l'appela une deuxième fois, et il refusa. Puis Il l'appela une troisième fois, et il refusa, et dit : « Rassemble tes troupes, et je rassemblerai les miennes. » Nimrod rassembla son armée au moment du lever du soleil. Dieu envoya contre lui des mouches, des moustiques, au point qu'ils ne virent plus le disque du soleil. Dieu les lâcha contre eux, ils dévorèrent leurs chairs et leurs sangs, et les laissèrent comme des ossements apparents. L'un d'eux entra dans la narine du roi et y resta quatre cents ans ! Dieu le châtia par elle. Il se frappait la tête avec des marteaux pendant toute cette période, jusqu'à ce que Dieu, à Lui la puissance et la gloire, le fasse périr par elle.
- al-Khalīl : L'Ami intime, titre honorifique d'Abraham (Ibrāhīm) dans la tradition islamique, signifiant qu'il est l'ami particulier de Dieu.
- izār : Pagne ou vêtement de dessous ; ici métaphore pour la Grandeur divine, comme le pagne couvre le bas du corps, la Grandeur couvre Dieu.
- Numrūd : Nimrod, roi légendaire de Babylone, connu dans la tradition islamique pour avoir disputé avec Abraham et prétendu à la divinité.
- Dhū l-Qarnayn : « Celui aux deux cornes », figure coranique souvent identifiée à Alexandre le Grand ou à un roi juste ayant voyagé jusqu'aux extrémités du monde.
- Bukhtanassar : Nabuchodonosor II, roi de Babylone, connu pour la destruction du Temple de Jérusalem ; dans la tradition islamique, il est considéré comme un roi mécréant.
Il est fait mention de la migration d'al-Khalil [1], sur lui la paix, vers le Bilad…
Il est fait mention de la migration d'al-Khalil [1], sur lui la paix, vers le Bilad al-Sham [2].
Il est question de l’émigration 1 d’al-Khalîl 2 – sur lui la paix – vers le pays de Shâm 3, de son entrée en terre égyptienne et de son établissement dans la terre sainte. Dieu dit : « Lot crut en lui. Et [Abraham] dit : “Moi, j’émigre vers mon Seigneur, car c’est Lui le Puissant, le Sage.” * Et Nous lui fîmes don d’Isaac et de Jacob, et Nous plaçâmes dans sa descendance la prophétie et l’Écriture. Nous lui donnâmes sa récompense en ce monde, et dans l’au-delà il sera parmi les justes. » (Coran 29:26-27) Et le Très-Haut dit : « Et Nous le sauvâmes, ainsi que Lot, vers la terre que Nous avons bénie pour les mondes. * Et Nous lui fîmes don d’Isaac et, en surplus, de Jacob. Et Nous fîmes d’eux tous des justes. * Et Nous les fîmes des guides 4 qui dirigent par Notre ordre. Et Nous leur révélâmes de faire le bien, d’accomplir la prière 5 et d’acquitter l’aumône 6. Et ils étaient Nos adorateurs. » (Coran 21:71-73) Lorsqu’il émigra de son peuple pour Dieu, et qu’il partit d’entre eux – alors que sa femme était stérile, ne lui enfantant pas, et qu’il n’avait aucun enfant, mais seulement son neveu Lot, fils de Hârân, fils d’Âzar – Dieu le Très-Haut lui donna ensuite des enfants vertueux, et plaça dans sa descendance la prophétie et l’Écriture. Ainsi, tout prophète envoyé après lui est de sa descendance, et toute Écriture descendue du ciel sur un prophète parmi les prophètes après lui est sur un de sa lignée et de sa postérité, comme un vêtement d’honneur 7 de Dieu et une faveur pour lui, lorsqu’il quitta son pays, sa famille et ses proches, et émigra vers un pays où il pouvait adorer son Seigneur – qu’Il soit exalté et magnifié – et appeler les créatures à Lui. La terre qu’il visa par l’émigration est la terre de Shâm, et c’est celle dont Dieu – qu’Il soit exalté et magnifié – dit : « vers la terre que Nous avons bénie pour les mondes. » C’est ce qu’ont dit Ubayy ibn Ka‘b, Abû al-‘Âliya, Qatâda et d’autres. Al-‘Awfî rapporte d’Ibn ‘Abbâs son dire : « vers la terre que Nous avons bénie pour les mondes » : c’est La Mecque. N’as-tu pas entendu Sa parole : « La première Maison 8 qui fut édifiée pour les gens est celle de Bakka 9, bénie et guidée pour les mondes » (Coran 3:96) ? Et Ka‘b al-Ahbâr prétendit que c’est Harrân 10. Nous avons déjà mentionné, d’après la transmission des gens du Livre, qu’il sortit de la terre de Babel 11, lui et son neveu Lot, son frère Nâhûr 12, la femme d’Abraham, Sara, et la femme de son frère, Milka 13, et ils s’installèrent à Harrân. Târah 14, le père d’Abraham, y mourut. As-Suddî dit : Abraham et Lot partirent vers le Shâm. Abraham rencontra Sara – elle était la fille du roi de Harrân – et elle avait critiqué son peuple pour leur religion. Il l’épousa à condition qu’il ne la change pas. Rapporté par Ibn Jarîr, et c’est étrange. Le plus connu est qu’elle est la fille de son oncle Hârân, à qui Harrân est attribué. Quant à celui qui prétend qu’elle est la fille de son frère Hârân, sœur de Lot, comme l’a rapporté as-Suhaylî d’après al-Qutaybî et an-Naqqâsh, il s’est éloigné du but et a parlé sans science. Et celui qui prétend que le mariage avec la fille du frère était alors licite n’a aucune preuve pour cela. Même si l’on suppose que cela était licite à une époque – comme cela est rapporté des rabbins juifs – les prophètes ne le pratiquent pas. Et Dieu sait mieux. Ensuite, le plus connu est qu’Abraham – sur lui la paix – lorsqu’il émigra de Babel, sortit avec Sara, émigrant de son pays, comme cela a été dit. Et Dieu sait mieux. Les gens du Livre mentionnent que lorsqu’il arriva au Shâm, Dieu lui révéla : « Je vais faire de cette terre pour ta descendance après toi. » Alors Abraham bâtit un autel 15 pour Dieu, en remerciement pour cette grâce, et dressa sa tente à l’est de Bayt al-Maqdis 16. Puis il partit en voyage vers le Yémen 17. Et il y eut une famine, c’est-à-dire une sécheresse, une dureté et une cherté, alors ils partirent vers l’Égypte. Ils rapportent l’histoire de Sara avec son roi, et qu’Abraham lui dit : « Dis que je suis sa sœur. » Ils rapportent que le roi lui donna Hâjar 18 comme servante. Puis il les fit sortir d’Égypte, et ils retournèrent au pays du Yémen, c’est-à-dire la terre de Bayt al-Maqdis et ses alentours, et il avait avec lui des montures, des esclaves et des biens. Al-Bukhârî dit : Muhammad ibn Mahbûb nous a raconté, Hammâd ibn Zayd nous a raconté, d’après Ayyûb, d’après Muhammad, d’après Abû Hurayra, qui a dit : Abraham n’a menti que trois mensonges : deux d’entre eux concernant Dieu : sa parole : « Je suis malade » (Coran 37:89) et sa parole : « C’est le plus grand d’entre eux qui a fait cela » (Coran 21:63). Et il dit : Un jour, alors qu’il était avec Sara, il passa près d’un tyran parmi les tyrans. On dit à celui-ci : « Il y a ici un homme avec une femme parmi les plus belles des gens. » Il envoya vers lui et l’interrogea à son sujet. Il dit : « Qui est celle-ci ? » Il répondit : « Ma sœur. » Puis il vint à Sara et dit : « Ô Sara, il n’y a sur terre de croyant que moi et toi. Celui-ci m’a interrogé et je lui ai dit que tu es ma sœur, ne me démentis pas. » Il l’envoya chercher. Lorsqu’elle entra chez lui, il voulut la toucher de sa main, mais il fut saisi. Il dit : « Invoque Dieu pour moi, je ne te ferai pas de mal. » Elle invoqua Dieu et il fut libéré. Puis il la toucha une deuxième fois, pareil ou plus fort, et dit : « Invoque Dieu pour moi, je ne te ferai pas de mal. » Elle invoqua et il fut libéré. Alors il appela un de ses chambellans et dit : « Vous ne m’avez pas amené un être humain, vous m’avez amené un démon ! » Et il lui donna Hâjar comme servante. Elle vint à lui alors qu’il était debout en prière. Il fit un signe de la main : « Qu’y a-t-il ? » Elle dit : « Dieu a retourné la ruse du mécréant – ou du pervers – contre lui-même, et il a donné Hâjar comme servante. » Abû Hurayra dit : « C’est votre mère, ô fils de l’eau du ciel 19 ! » Ce hadith est rapporté uniquement par cette voie, sous forme de récit suspendu 20. Al-Hâfiz Abû Bakr al-Bazzâr l’a rapporté d’après ‘Amr ibn ‘Alî al-Fallâs, d’après ‘Abd al-Wahhâb ath-Thaqafî, d’après Hishâm ibn Hassân, d’après Muhammad ibn Sîrîn, d’après Abû Hurayra, d’après le Prophète – que Dieu le bénisse et le salue – qui a dit : « Abraham n’a jamais menti, sauf trois mensonges, tous concernant Dieu : sa parole : “Je suis malade”, sa parole : “C’est le plus grand d’entre eux qui a fait cela”, et alors qu’il voyageait dans la terre d’un tyran parmi les tyrans, il descendit dans un lieu. On vint au tyran et on lui dit : “Un homme est descendu ici avec une femme parmi les plus belles des gens.” Il envoya vers lui et l’interrogea à son sujet. Il dit : “C’est ma sœur.” Lorsqu’il revint vers elle, il dit : “Celui-ci m’a interrogé à ton sujet et j’ai dit que tu es ma sœur. Aujourd’hui, il n’y a de musulman que moi et toi, et tu es ma sœur, ne me démentis pas chez lui.” On l’emmena. Lorsqu’il voulut la toucher, il fut saisi. Il dit : “Invoque Dieu pour moi, je ne te ferai pas de mal.” Elle invoqua pour lui et il fut relâché. Puis il voulut la toucher et fut saisi pareillement ou plus fort. Il dit : “Invoque Dieu pour moi, je ne te ferai pas de mal.” Elle invoqua et il fut relâché. Trois fois. Alors il appela le plus proche de ses serviteurs et dit : “Tu ne m’as pas amené un être humain, mais tu m’as amené un démon ! Fais-la sortir et donne-lui Hâjar.” Elle vint, et Abraham était debout en prière. Lorsqu’il la sentit, il se retourna et dit : “Qu’y a-t-il ?” Elle dit : “Dieu a suffi contre la ruse de l’injuste, et il m’a donné Hâjar comme servante.” » Les deux [Bukhârî et Muslim] l’ont rapporté d’après le hadith de Hishâm. Puis al-Bazzâr dit : On ne connaît pas de chaîne remontant au Prophète, d’après Muhammad, d’après Abû Hurayra, sauf celle de Hishâm. D’autres l’ont rapporté sous forme suspendue. L’imam Ahmad dit : ‘Alî ibn Hafs nous a raconté, d’après Warqâ’ – c’est Abû ‘Umar al-Yashkurî – d’après Abû az-Zinâd, d’après al-A‘raj, d’après Abû Hurayra, qui a dit : Le Messager de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – a dit : « Abraham n’a menti que trois mensonges : sa parole lorsqu’il fut invité à leurs divinités : “Je suis malade”, sa parole : “C’est le plus grand d’entre eux qui a fait cela”, et sa parole à Sara : “C’est ma sœur.” » Il dit : « Abraham entra dans un village où se trouvait un roi parmi les rois, ou un tyran parmi les tyrans. On dit : “Abraham est entré cette nuit avec une femme parmi les plus belles des gens.” Le roi – ou le tyran – envoya vers lui : “Qui est celle-ci avec toi ?” Il dit : “Ma sœur.” [Il dit : “Envoie-la-moi.”] Il l’envoya vers lui, et dit : “Ne démentis pas ma parole, car je lui ai dit que tu es ma sœur. Il n’y a sur terre de croyant que moi et toi.” Lorsqu’elle entra chez lui, il se leva vers elle. Elle se mit à faire ses ablutions et à prier, et disait : “Ô Dieu, si Tu sais que j’ai cru en Toi et en Ton Messager, et que j’ai préservé mon sexe sauf pour mon époux, alors ne donne pas pouvoir sur moi au mécréant.” Il dit : “Alors il fut couvert [d’une sueur] jusqu’à ce qu’il frappât du pied.” »
Abū al-Zinād a dit : Abū Salama ibn ‘Abd al-Raḥmān a rapporté d’après Abū Hurayra qu’elle [Sāra] a dit : « Ô Allah, s’il meurt, on dira que c’est moi qui l’ai tué. » Il dit : Alors il [le roi] fut relâché. [Il dit : Puis il s’approcha d’elle. Il dit : Alors elle se leva pour faire ses ablutions et prier, et elle disait : « Ô Allah, si Tu sais que j’ai cru en Toi et en Ton Messager, et que j’ai préservé mon sexe sauf pour mon mari, alors ne donne pas pouvoir sur moi au mécréant. » Il dit : Alors il [le roi] s’évanouit au point de donner des coups de pied. Abū al-Zinād a dit : Et Abū Salama a rapporté d’après Abū Hurayra qu’elle a dit : « Ô Allah, s’il meurt, on dira que c’est moi qui l’ai tué. » Il dit : Alors il fut relâché (6).] Il dit : Alors il [le roi] dit à la troisième ou à la quatrième [fois] : « Vous ne m’avez envoyé qu’un démon. Ramenez-la à Ibrāhīm et donnez-lui Hājar. » Il dit : Elle revint donc et dit à Ibrāhīm : « Sais-tu qu’Allah a repoussé la ruse des mécréants et m’a donné une servante ! » Aḥmad a rapporté ce récit de manière exclusive par cette chaîne, et il est conforme aux conditions du Ṣaḥīḥ. Al-Bukhārī l’a rapporté de manière abrégée d’après Abū al-Yamān, d’après Shu‘ayb ibn Abī Ḥamza, d’après Abū al-Zinād, d’après al-A‘raj, d’après Abū Hurayra, d’après le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Ibn Abī Ḥātim a dit : Mon père nous a raconté, d’après Sufyān, d’après ‘Alī ibn Zayd ibn Jud‘ān, d’après Abū Naḍra, d’après Abū Sa‘īd, qui a dit : Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit au sujet des trois paroles d’Ibrāhīm qu’il a prononcées : « Il n’y en a pas une qu’il n’ait dite pour préserver sa religion 21 : il a dit : “Je suis malade”, il a dit : “C’est plutôt le plus grand d’entre eux qui a fait cela”, et il a dit au roi lorsqu’il voulut sa femme : “Elle est ma sœur”. » Sa parole dans le hadith : « Elle est ma sœur » signifie : en religion. Et sa parole à elle : « Il n’y a sur terre aucun croyant autre que moi et toi » signifie : aucun couple croyant autre que moi et toi. Il est nécessaire de l’interpréter ainsi car Lūṭ était avec eux et il était un prophète (sur lui la paix). Et sa parole à elle lorsqu’elle revint vers lui : « Mahyam ? » signifie : « Quelle est la nouvelle ? » Elle dit : « Allah a repoussé la ruse des mécréants. » Dans une autre version : « du pervers », c’est-à-dire le roi, « et m’a donné une servante. » Ibrāhīm (sur lui la paix), depuis le moment où elle fut emmenée chez le roi, se leva pour prier Allah (Puissant et Majestueux) et Lui demanda de protéger sa famille et de repousser le mal de celui qui voulait du mal à sa famille. Et elle fit de même. Lorsque l’ennemi d’Allah voulut abuser d’elle, elle se leva pour ses ablutions et sa prière, et invoqua Allah (Puissant et Majestueux) avec la grande invocation mentionnée précédemment. C’est pourquoi Allah dit : « Cherchez secours dans la patience et la prière 22 ». Allah la protégea et la préserva pour la protection de Son serviteur, Messager, Bien-aimé et Ami intime Ibrāhīm (sur lui la paix). Certains savants ont soutenu la prophétie de trois femmes : Sāra, la mère de Mūsā et Maryam (sur elles la paix). Mais l’avis de la majorité est qu’elles étaient des ṣiddīqāt 23 (que Allah soit satisfait d’elles et les agrée). J’ai vu dans certains récits qu’Allah (Puissant et Majestueux) a levé le voile entre Ibrāhīm (sur lui la paix) et elle, et il n’a cessé de la voir depuis qu’elle était partie de chez lui jusqu’à son retour. Il la voyait chez le roi et comment Allah la protégeait de lui, afin que cela soit plus réjouissant pour son cœur, plus apaisant pour ses yeux et plus rassurant pour lui, car il l’aimait d’un amour intense, pour sa religion, sa parenté avec lui et sa beauté éclatante. On a dit qu’il n’y eut aucune femme après Ḥawwā’ jusqu’à son époque plus belle qu’elle (que Allah soit satisfait d’elle). À Allah la louange et la grâce. Certains historiens 24 ont mentionné que ce Pharaon d’Égypte était le frère de al-Ḍaḥḥāk, le roi célèbre pour son injustice, et qu’il était le gouverneur de son frère en Égypte. On dit que son nom était Sinān ibn ‘Alwān ibn ‘Ubayd ibn ‘Uwayj ibn ‘Amlāq ibn Lāwadh ibn Sām ibn Nūḥ. Ibn Hishām a mentionné dans al-Tījān que celui qui voulut abuser d’elle était ‘Amr ibn Imri’ al-Qays ibn Māylūn ibn Saba’, et il était gouverneur d’Égypte. Cela a été rapporté par al-Suhaylī. Et Allah sait mieux. * * * Ensuite, le Khalīl (sur lui la paix) retourna du pays d’Égypte vers la terre du Yémen, qui est la terre sainte où il se trouvait, avec des troupeaux, des esclaves et des biens abondants, et Hājar la Copte égyptienne les accompagna. Puis Lūṭ (sur lui la paix) émigra avec ses biens considérables, sur ordre du Khalīl, vers la terre du Ghawr, connue sous le nom de Ghawr Zughar. Il s’installa dans la ville de Sodome 25, qui était la métropole de cette région à cette époque. Ses habitants étaient mauvais, mécréants et pervers. Allah révéla à Ibrāhīm le Khalīl et lui ordonna de porter son regard vers le nord, le sud, l’est et l’ouest, et lui annonça que toute cette terre, Il la donnerait à lui et à sa descendance jusqu’à la fin des temps, et qu’Il multiplierait sa descendance au point qu’ils deviendraient aussi nombreux que la poussière de la terre. Cette annonce s’est perpétuée jusqu’à cette communauté, mais elle n’a été pleinement réalisée et n’a été plus grande que dans cette communauté muḥammadienne. Cela est appuyé par la parole du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Allah a rassemblé 26 pour moi la terre, et j’ai vu ses levants et ses couchants, et la royauté de ma communauté atteindra ce qui m’en a été rassemblé. » Ensuite, un groupe de tyrans s’empara de Lūṭ (sur lui la paix), le fit prisonnier, prit ses biens et emmena ses troupeaux. Lorsque la nouvelle parvint à Ibrāhīm le Khalīl, il marcha contre eux avec trois cent dix-huit hommes, délivra Lūṭ (sur lui la paix) et récupéra 27 ses biens, tua un grand nombre d’ennemis d’Allah et de Son Messager, les mit en déroute et les poursuivit jusqu’à atteindre le nord 28 de Damas, où il campa à l’extérieur, près de Barza. Je pense que le Maqām Ibrāhīm 29 a été ainsi nommé parce que c’était le lieu où se tenait l’armée du Khalīl. Et Allah sait mieux. Puis il retourna, soutenu et victorieux, dans son pays, et les rois du pays de Jérusalem vinrent à sa rencontre, le glorifiant, l’honorant et se soumettant, et il s’établit dans son pays. Que les prières et la paix d’Allah soient sur lui.
- hijra : Émigration, en particulier pour la cause de Dieu.
- al-Khalîl : L’Ami intime (d’Allah), surnom d’Abraham.
- Shâm : Région du Levant, incluant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban.
- guides : Imams, chefs spirituels.
- prière : La prière rituelle islamique (salât).
- aumône : L’aumône légale (zakât).
- vêtement d’honneur : Métaphore pour une faveur ou un honneur accordé par Dieu.
- Maison : La Kaaba à La Mecque.
- Bakka : Ancien nom de La Mecque.
- Harrân : Ville antique située dans le sud-est de la Turquie actuelle.
- Babel : Babylone, en Mésopotamie.
- Nâhûr : Nahor, frère d’Abraham.
- Milka : Milka, femme de Nahor.
- Târah : Térah, père d’Abraham.
- autel : Lieu de sacrifice ou d’adoration.
- Bayt al-Maqdis : Jérusalem, la Maison sainte.
- Yémen : Région du sud de l’Arabie, mais ici peut-être une erreur pour le Néguev ou le sud de la Palestine.
- Hâjar : Agar, mère d’Ismaël.
- fils de l’eau du ciel : Expression désignant les Arabes, descendants d’Ismaël.
- suspendu : Hadith dont la chaîne de transmission s’arrête à un compagnon sans remonter au Prophète.
- mā ḥalla : Il n'a rien dit qui ne fût pour préserver sa religion, c'est-à-dire qu'il a utilisé des stratagèmes licites pour se protéger.
- wa-sta‘īnū bi-l-ṣabri wa-l-ṣalāh : Coran, Sourate al-Baqara (2:45) : 'Et cherchez secours dans la patience et la prière.'
- ṣiddīqāt : Pluriel de ṣiddīqa, féminin de ṣiddīq : véridique, très véridique, désignant une personne d'une foi et d'une véracité éminentes, sans être prophète.
- ahl al-tawārīkh : Les historiens, spécialistes des récits historiques.
- Sadūm : Sodome, la ville du peuple de Lot, située dans la région de la mer Morte.
- zawā : Il a rassemblé, plié, contracté ; ici, Allah a rassemblé pour le Prophète la vision de la terre.
- istarja‘a : Il a récupéré, recouvré (ses biens).
- shamālī : Nord, partie septentrionale.
- Maqām Ibrāhīm : La station d'Abraham, lieu à Damas ou ailleurs associé à Abraham.
Il est fait mention de la naissance d'Ismaël, sur lui la paix.
Mention de la naissance d'Ismaël, sur lui la paix, de Hâjar. Les Gens du Livre disent qu'Abraham, sur lui la paix, demanda à Dieu une descendance pieuse, et que Dieu lui en fit l'annonce. Lorsqu'Abraham eut passé vingt ans dans le pays de Jérusalem, Sara dit à Abraham, sur lui la paix : « Mon Seigneur m'a privée d'enfant ; va donc vers cette servante, peut-être que Dieu me donnera un enfant d'elle. » Lorsqu'elle la lui eut donnée, Abraham, sur lui la paix, alla vers elle, et dès qu'il alla vers elle, elle conçut de lui. Ils dirent : Lorsqu'elle fut enceinte, son âme s'éleva et elle devint orgueilleuse envers sa maîtresse ; Sara en fut jalouse 1 et s'en plaignit à Abraham. Il lui dit : « Fais d'elle ce que tu veux. » Hâjar eut peur, s'enfuit et s'arrêta près d'une source qui s'y trouvait. Un ange parmi les anges lui dit : « N'aie pas peur, car Dieu va faire sortir un bien de ce garçon que tu portes 2 », et il lui ordonna de revenir, et lui annonça qu'elle enfanterait un fils et le nommerait Ismaël ; il serait un âne sauvage parmi les hommes, sa main sur tous, et la main de tous sur lui, et il posséderait tout le pays de ses frères. Elle remercia Dieu, Puissant et Majestueux, pour cela 3. Cette annonce ne s'est appliquée qu'à son descendant Muhammad, les prières et le salut de Dieu sur lui ; car c'est par lui 4 que les Arabes ont dominé et possédé tous les pays, à l'ouest et à l'est, et Dieu leur a donné de la science utile et de l'œuvre pie ce qu'aucune nation avant eux n'avait reçu ; cela n'est dû qu'à l'honneur de leur Messager sur tous les autres messagers, à la bénédiction de son message et à la félicité de sa mission 5, à sa perfection dans ce qu'il a apporté, et à l'universalité de son envoi à tous les habitants de la terre. Lorsque Hâjar fut revenue, elle mit au monde Ismaël, sur lui la paix. Ils dirent : Elle l'enfanta alors qu'Abraham avait quatre-vingt-six ans, treize ans avant la naissance d'Isaac. Lorsque Ismaël naquit, Dieu révéla à Abraham pour lui annoncer Isaac de Sara ; il se prosterna devant Dieu et Dieu lui dit : « J'ai exaucé ta prière pour Ismaël, je l'ai béni, je l'ai multiplié et accru 6 abondamment 7 ; il engendrera douze grands [chefs], et je ferai de lui le chef d'un grand peuple. » Ceci est aussi une annonce de cette grande communauté, et ces douze grands [chefs] sont les douze califes 8 annoncés dans le hadith de 'Abd al-Malik ibn 'Umayr, d'après Jâbir ibn Samura, d'après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue : « Il y aura douze émirs. » Puis il dit une parole que je n'ai pas comprise ; j'ai demandé à mon père ce qu'il avait dit. Il répondit : « Tous issus de Quraysh. » Les deux [imams] l'ont rapporté dans les deux Sahîh. Dans une autre version : « Cette affaire ne cessera d'être établie », et dans une autre : « puissante, jusqu'à ce qu'il y ait douze califes, tous issus de Quraysh. » Parmi eux se trouvent les quatre [imams] 9 : Abû Bakr, 'Umar, 'Uthmân et 'Alî ; parmi eux se trouve aussi 'Umar ibn 'Abd al-'Azîz ; et parmi eux se trouvent certains des Banû al-'Abbâs. On n'entend pas par là qu'ils se succéderaient en douze règnes consécutifs, mais qu'ils doivent exister. On n'entend pas non plus les douze imams que croient les Râfidites 10, dont le premier est 'Alî ibn Abî Tâlib et le dernier est l'Attendu dans la cave de Sâmarrâ' – c'est Muhammad ibn al-Hasan al-'Askarî, selon leurs prétentions 11 – car parmi ceux-là, il n'y en a pas de plus utile que 'Alî et son fils al-Hasan ibn 'Alî, lorsqu'il abandonna le combat, remit l'affaire à Mu'âwiya, éteignit le feu de la discorde et apaisa la guerre 12 entre les musulmans ; les autres faisaient partie des sujets et n'avaient aucune autorité sur la communauté en quoi que ce soit. Quant à ce qu'ils croient au sujet de la cave de Sâmarrâ', c'est une illusion dans les têtes et un délire dans les âmes, sans réalité, sans substance et sans trace. * * * Le but est que lorsque Hâjar, sur elle la paix, eut enfanté Ismaël, la jalousie de Sara envers elle s'intensifia, et elle demanda à l'Ami [d'Allah] d'éloigner son visage d'elle ; il partit donc avec elle et son enfant, et marcha avec eux jusqu'à les déposer là où se trouve aujourd'hui la Mecque. On dit que son enfant était alors nourrisson. Lorsqu'il les laissa là et leur tourna le dos, Hâjar se leva, s'accrocha à ses vêtements et dit : « Ô Abraham, où vas-tu, nous laissant ici sans rien qui nous suffise ? » Il ne lui répondit pas. Lorsqu'elle insista et qu'il ne répondait pas, elle lui dit : « Est-ce Dieu qui t'a ordonné cela ? » Il dit : « Oui. » Elle dit : « Alors Il ne nous abandonnera pas ! » Le cheikh Abû Muhammad ibn Abî Zayd, que Dieu lui fasse miséricorde, a mentionné dans le livre al-Nawâdir que Sara se fâcha contre Hâjar et jura de lui couper trois membres. L'Ami [d'Allah] lui ordonna de lui percer les oreilles et de l'exciser 13 ; ainsi son serment fut accompli. Al-Suhaylî dit : Elle fut la première des femmes à être excisée, la première à se faire percer les oreilles, et la première à allonger sa traîne.
- ghārat minhā : Elle fut jalouse d'elle, littéralement 'elle en fut jalouse'.
- khayran : Un bien, ici une descendance bénie.
- shakarat Allāh : Elle remercia Dieu.
- alladhī bihi : Par lequel, c'est-à-dire par Muhammad.
- sifāratihi : Sa mission de messager.
- nammaytuhu : Je l'ai accru, fait croître.
- kathīran : Abondamment, beaucoup.
- al-khulafā' al-rāshidūn : Les califes bien guidés, traditionnellement les quatre premiers califes.
- al-a'imma al-arba'a : Les quatre imams, ici les quatre premiers califes.
- al-Rāfiḍa : Les Râfidites, terme péjoratif désignant les chiites duodécimains.
- fīmā yaz'umūn : Selon leurs prétentions, marque de désaccord.
- sakana raḥā al-ḥarb : Il apaisa la guerre, littéralement 'il calma la meule de la guerre'.
- takḥfiḍahā : L'exciser, c'est-à-dire pratiquer l'excision.
Il est mentionné de l'émigration d'Abraham avec son fils Ismaël et sa mère Agar vers les…
Il est mentionné de l'émigration d'Abraham avec son fils Ismaël et sa mère Agar vers les montagnes de Faran [1].
Récit de l'émigration d'Abraham avec son fils Ismaël et sa mère Agar vers les montagnes de Fârân 1, qui est la terre de la Mecque, et de sa construction de la Demeure Antique 2. Al-Bukhârî a dit : 'Abd Allâh b. Muhammad — c'est Abû Bakr b. Abî Shayba — nous a raconté : 'Abd al-Razzâq nous a raconté, d'après Ma'mar, d'après Ayyûb al-Sakhtiyânî et Kathîr b. Kathîr b. al-Muttalib b. Abî Wadâ'a, l'un complétant l'autre, d'après Sa'îd b. Jubayr, d'après Ibn 'Abbâs, qui a dit : La première chose que les femmes prirent comme ceinture fut à cause de la mère d'Ismaël ; elle prit une ceinture pour cacher ses traces à Sara. Puis Abraham vint avec elle et son fils Ismaël, qu'elle allaitait, jusqu'à ce qu'il les déposât près de la Demeure, près d'un arbre touffu au-dessus de Zamzam 3, dans la partie haute de la Mosquée. Il n'y avait alors à la Mecque personne, et il n'y avait pas d'eau. Il les déposa là, et mit près d'eux une outre contenant des dattes et une gourde contenant de l'eau. Puis Abraham s'en retourna, s'éloignant. La mère d'Ismaël le suivit et dit : « Ô Abraham, où vas-tu, nous laissant dans cette vallée où il n'y a personne ni rien ? » Elle lui dit cela à plusieurs reprises, mais il ne se retournait pas vers elle. Elle lui dit alors : « Est-ce Dieu qui t'a ordonné cela ? » Il dit : « Oui. » Elle dit : « Alors Il ne nous abandonnera pas. » Puis elle revint. Abraham s'en alla, et quand il fut au col où ils ne pouvaient plus le voir, il se tourna vers la Demeure, puis fit ces invocations, levant les mains : « Seigneur, j'ai établi une partie de ma descendance dans une vallée sans culture, près de Ta Demeure Sacrée. Seigneur, afin qu'ils accomplissent la prière, fais que les cœurs de certains hommes penchent vers eux, et accorde-leur des fruits, peut-être seront-ils reconnaissants. » 4 La mère d'Ismaël allaitait Ismaël et buvait de cette eau, jusqu'à ce que l'eau de la gourde fût épuisée ; elle eut soif, et son fils aussi. Elle le regardait se tordre 5 — ou dit-il : se débattre 6 —. Elle partit, ne voulant pas le voir, et trouva que al-Safâ 7 était la montagne la plus proche qui la dominait ; elle s'y tint, puis regarda la vallée pour voir si elle voyait quelqu'un, mais elle ne vit personne. Elle descendit de al-Safâ, et quand elle atteignit le fond 8 de la vallée, elle releva le bord de sa robe, puis courut de la course d'une personne épuisée jusqu'à ce qu'elle traversât la vallée. Puis elle vint à al-Marwa 9 et s'y tint, regardant si elle voyait quelqu'un, mais elle ne vit personne. Elle fit cela sept fois. Ibn 'Abbâs a dit : Le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « C'est pour cela que les gens courent entre les deux. » Quand elle fut arrivée à al-Marwa, elle entendit une voix et dit : « Chut ! » se parlant à elle-même. Puis elle écouta et entendit encore, et dit : « Tu m'as fait entendre, si tu as un secours. » Et voilà qu'elle vit l'Ange 10 près de l'emplacement de Zamzam ; il creusa avec son talon — ou dit-il : avec son aile — jusqu'à ce que l'eau apparût. Elle se mit à la retenir et à dire de sa main ainsi, et elle puisa de l'eau dans sa gourde, tandis qu'elle jaillissait après qu'elle eût puisé. Ibn 'Abbâs a dit : Le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « Que Dieu fasse miséricorde à la mère d'Ismaël ! Si elle avait laissé Zamzam — ou dit-il : si elle n'avait pas puisé de l'eau — Zamzam serait devenue une source abondante. » 11 Il dit : Elle but et allaita son enfant. L'Ange lui dit : « Ne crains pas la perte, car ici se trouve une Demeure de Dieu 12 que ce garçon et son père construiront, et Dieu n'abandonne pas les siens. » La Demeure était élevée de terre comme une colline ; les torrents venaient et prenaient à sa droite et à sa gauche. Il en fut ainsi jusqu'à ce qu'une caravane de Jurhum 13, ou une famille de Jurhum, passât par eux, venant par la route de Kadâ' 14. Ils descendirent dans la partie basse de la Mecque et virent un oiseau tournoyant. Ils dirent : « Cet oiseau tourne sûrement autour d'eau ; nous connaissions cette vallée sans eau. » Ils envoyèrent un messager 15 — ou deux messagers — et voilà qu'ils trouvèrent l'eau. Ils revinrent et les informèrent de l'eau, et ils vinrent. Il dit : La mère d'Ismaël était près de l'eau. Ils dirent : « Nous permets-tu de descendre près de toi ? » Elle dit : « Oui, mais vous n'avez aucun droit sur l'eau chez nous 16. » Ils dirent : « Oui. » 'Abd Allâh b. 'Abbâs a dit : Le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « La mère d'Ismaël trouva cela agréable, car elle aimait la compagnie. » Ils descendirent et envoyèrent chercher leurs familles, et ils descendirent avec eux, jusqu'à ce qu'il y eût chez elle des familles d'entre eux. Le garçon grandit et apprit l'arabe d'eux ; ils le tinrent en haute estime et l'admirèrent quand il grandit. Quand il eut atteint l'âge adulte, ils le marièrent à une femme d'entre eux. La mère d'Ismaël mourut. Abraham vint après qu'Ismaël se fût marié, pour voir ce qu'il avait laissé, mais il ne trouva pas Ismaël. Il interrogea sa femme à son sujet ; elle dit : « Il est sorti chercher pour nous. » Puis il l'interrogea sur leur vie et leur état ; elle dit : « Nous sommes dans le malheur, nous 17 sommes dans la gêne et la difficulté », et elle se plaignit 18 à lui. Il dit : « Quand ton mari viendra, transmets-lui le salut et dis-lui de changer le seuil de sa porte. » Quand Ismaël vint, comme s'il avait senti quelque chose, il dit : « Quelqu'un est-il venu à vous ? » Elle dit : « Oui, un vieillard de telle et telle manière est venu à nous, il m'a interrogé sur toi et je l'ai informé, et il m'a demandé comment était notre vie ; je l'ai informé que nous étions dans la peine et la difficulté. » Il dit : « T'a-t-il recommandé quelque chose ? » Elle dit : « Oui, il m'a ordonné de te transmettre le salut et de te dire : change le seuil de ta porte. » Il dit : « C'est mon père, et il m'a ordonné de me séparer de toi. Rejoins donc ta famille. » Il la répudia et épousa une autre d'entre eux. Abraham resta loin d'eux aussi longtemps que Dieu voulut. Puis il vint à eux après cela, mais ne le trouva pas. Il entra chez sa femme et l'interrogea à son sujet ; elle dit : « Il est sorti chercher pour nous. » Il dit : « Comment allez-vous ? » et l'interrogea sur leur vie et leur état. Elle dit : « Nous sommes bien et dans l'aisance », et elle loua Dieu — Puissant et Majestueux. Il dit : « Quelle est votre nourriture ? » Elle dit : « La viande. » Il dit : « Quelle est votre boisson ? » Elle dit : « L'eau. » Il dit : « Ô Dieu, bénis pour eux la viande et l'eau. » Le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « Ils n'avaient alors pas de grain 19 ; s'ils avaient eu du grain 20, il aurait invoqué pour eux en sa faveur. » 21 Il dit : « Ces deux choses 22 ne conviennent à personne en dehors de la Mecque sans qu'elles ne lui soient contraires. » Il dit : « Quand ton mari viendra, transmets-lui le salut et ordonne-lui de consolider le seuil de sa porte. » Quand Ismaël vint, il dit : « Quelqu'un est-il venu à vous ? » Elle dit : « Oui, un vieillard de belle apparence est venu à nous » — et elle fit son éloge — « il m'a interrogé sur toi et je l'ai informé, il m'a demandé comment était notre vie, et je l'ai informé que nous étions bien. » Il dit : « T'a-t-il recommandé quelque chose ? » Elle dit : « Oui, il te transmet le salut et t'ordonne de consolider le seuil de ta porte. » Il dit : « C'est mon père, et toi tu es le seuil ; il m'a ordonné de te garder. » Puis Abraham resta loin d'eux aussi longtemps que Dieu voulut. Ensuite il vint après cela, alors qu'Ismaël aiguisait ses flèches sous un arbre touffu près de Zamzam. Quand il le vit, il se leva vers lui, et ils firent comme fait un fils avec son père et un père avec son fils 23. Puis il dit : « Ô Ismaël, Dieu m'a ordonné une chose. » Il dit : « Fais ce que ton Seigneur t'a ordonné. » Il dit : « M'aideras-tu ? » Il dit : « Je t'aiderai. » Il dit : « Dieu m'a ordonné de bâtir ici une Demeure. » Et il montra une colline 24 autour d'elle. Il dit : « Alors ils élevèrent les fondations de la Demeure. Ismaël apportait les pierres et Abraham bâtissait, jusqu'à ce que la construction s'élevât. Il apporta cette pierre 25 et la plaça pour lui. Il se tint dessus et bâtissait, tandis qu'Ismaël lui passait les pierres, et ils disaient : « Seigneur, accepte de nous, car c'est Toi l'Audient, l'Omniscient. » 26 Il dit : « Ils bâtirent ainsi jusqu'à ce qu'ils fissent le tour de la Demeure, disant : « Seigneur, accepte de nous, car c'est Toi l'Audient, l'Omniscient. » Puis il dit : 'Abd Allâh b. Muhammad nous a raconté : Abû 'Âmir 'Abd al-Malik b. 'Amr nous a raconté : Ibrâhîm b. Nâfi' nous a raconté, d'après Kathîr b. Kathîr, d'après Sa'îd b. Jubayr, d'après Ibn 'Abbâs, qui a dit : Quand il y eut ce qu'il y eut entre Abraham et sa famille, il sortit avec Ismaël et la mère d'Ismaël, et avec eux une outre 27 contenant de l'eau. Et il mentionna la suite de manière similaire à ce qui précède. Ce hadith est du discours d'Ibn 'Abbâs, agrémenté de certaines parties remontant au Prophète ; certaines parties sont étranges, et il semble être de ce qu'Ibn 'Abbâs a reçu des Israélites 28. Il y est dit qu'Ismaël était alors un nourrisson.
Selon les gens de la Torah, Dieu ordonna à Abraham de circoncire son fils Ismaël et tous ceux qui étaient avec lui, esclaves et autres, et il les circoncit. Cela eut lieu après qu'il eut atteint quatre-vingt-dix-neuf ans, et Ismaël avait alors treize ans. Ce fut une obéissance à l'ordre de Dieu, ce qui indique qu'il le fit par obligation. C'est pourquoi l'avis correct parmi les savants est que la circoncision est obligatoire pour les hommes, comme cela est établi ailleurs. Il est rapporté dans le hadith authentique rapporté par al-Bukhārī : Qutayba ibn Sa‘īd nous a raconté, d'après Mughīra ibn ‘Abd ar-Raḥmān al-Qurashī, d'après Abū az-Zinād, d'après al-A‘raj, d'après Abū Hurayra, que le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) a dit : « Abraham, le Prophète (sur lui la paix), s'est circoncis à l'âge de quatre-vingts ans avec la qadūm 29. » ‘Abd ar-Raḥmān ibn Isḥāq l'a rapporté d'après Abū az-Zinād, et ‘Ajlān l'a rapporté d'après Abū Hurayra. Muḥammad ibn ‘Amr l'a rapporté d'après Abū Salama, d'après Abū Hurayra. Muslim l'a également rapporté d'après Qutayba. Dans certaines versions : « Abraham s'est circoncis après avoir atteint quatre-vingts ans, et il s'est circoncis avec la qadūm. » La qadūm est l'outil, et on dit aussi que c'est un lieu. Cette formulation n'exclut pas un âge supérieur à quatre-vingts ans. Dieu sait mieux, car viendra plus tard le hadith, lors du récit de sa mort, d'après Abū Hurayra, d'après le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui), qui a dit : « Abraham s'est circoncis à l'âge de cent vingt ans, et il vécut encore quatre-vingts ans après cela. » Rapporté par Ibn Ḥibbān dans son Ṣaḥīḥ. Dans ce récit, il n'est pas fait mention de l'histoire du sacrifice ni du fait qu'il s'agissait d'Ismaël. Il n'est mentionné qu'Abraham (sur lui la paix) ne visita Ismaël que trois fois : la première après qu'Ismaël se fut marié après la mort de Hājar, et comment il les laissa depuis l'enfance de l'enfant – selon ce qui a été rapporté – jusqu'à son mariage sans se soucier de leur sort, alors qu'il est rapporté que la terre était pliée pour lui. On dit aussi qu'il montait al-Burāq 30 lorsqu'il se rendait chez eux. Comment aurait-il pu négliger de s'informer de leur état alors qu'ils étaient dans une nécessité extrême et un besoin pressant ? Il semble qu'une partie de ce récit soit tirée des isrā'īliyyāt 31 et agrémentée de quelques traditions marfū‘ 32. Il n'y est pas mentionné l'histoire du sacrifice. Nous avons montré que le sacrifié est Ismaël, selon l'avis correct, dans la sourate aṣ-Ṣāffāt. L'histoire du sacrifice : Dieu Très-Haut a dit : « Et il dit : “Je vais vers mon Seigneur, Il me guidera. Seigneur, accorde-moi un [fils] parmi les justes.” Nous lui annonçâmes donc un garçon doux. Puis, quand il eut atteint l'âge de l'accompagner dans ses efforts, il dit : “Ô mon fils, je vois en songe que je t'immole. Vois donc ce que tu en penses.” Il dit : “Ô mon père, fais ce qui t'est ordonné ; tu me trouveras, si Dieu le veut, parmi les endurants.” Puis, quand tous deux se furent soumis [à la volonté de Dieu] et qu'il l'eut jeté sur le front, Nous l'appelâmes : “Ô Abraham, tu as réalisé la vision. C'est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants. Ce fut là l'épreuve manifeste.” Et Nous le rançonnâmes d'une immolation magnifique. Et Nous perpétuâmes son souvenir dans la postérité. “Paix sur Abraham !” Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants. Il était de Nos serviteurs croyants. Et Nous lui annonçâmes Isaac, prophète parmi les justes. Et Nous le bénîmes, lui et Isaac. Et parmi leur descendance, il y a du bienfaiteur et de l'injuste envers lui-même, de façon manifeste. » Dieu Très-Haut mentionne que Son ami Abraham, lorsqu'il émigra du pays de son peuple, demanda à son Seigneur de lui accorder un fils vertueux. Dieu lui annonça alors un garçon doux, à savoir Ismaël (sur lui la paix), car il fut le premier enfant qui lui naquit, à l'âge de quatre-vingt-six ans. C'est un point sur lequel il n'y a pas de divergence entre les gens des religions, car il est son premier-né et son aîné. Sa parole : « Quand il eut atteint l'âge de l'accompagner dans ses efforts » signifie qu'il grandit et se mit à s'occuper de ses affaires comme son père. Mujāhid a dit : « Quand il eut atteint l'âge de l'accompagner dans ses efforts » signifie qu'il grandit, voyagea et fut capable de faire ce que faisait son père en matière d'effort et de travail. Lorsque cela arriva, Abraham (sur lui la paix) vit en songe qu'il lui était ordonné d'immoler son fils. Dans le hadith remontant au Prophète, d'après Ibn ‘Abbās : « Les rêves des prophètes sont une révélation. » ‘Ubayd ibn ‘Umayr a dit la même chose. Ce fut une épreuve de la part de Dieu pour Son ami : qu'il immole cet enfant précieux qui lui était venu sur le tard, après qu'il eut atteint un âge avancé, après qu'il lui eut été ordonné de l'installer, lui et sa mère, dans une terre aride, une vallée sans bruit, sans compagnie, sans culture ni bétail. Il obéit à l'ordre de Dieu en cela, les laissant là, confiant en Dieu et s'en remettant à Lui. Dieu leur accorda alors une issue et une sortie, et les pourvut de subsistance d'où ils ne s'y attendaient pas. Puis, après tout cela, lorsqu'il lui fut ordonné d'immoler ce fils qu'il avait consacré à l'ordre de son Seigneur, son premier-né et son unique, il répondit à son Seigneur, obéit à Son ordre et se hâta vers Son obéissance. Il soumit ensuite cela à son fils, afin que son cœur soit plus apaisé et que cela lui soit plus facile que de le prendre de force et de l'immoler par contrainte : « Il dit : “Ô mon fils, je vois en songe que je t'immole. Vois donc ce que tu en penses.” » Le garçon doux se hâta de réjouir son père, l'ami intime Abraham, et dit : « Ô mon père, fais ce qui t'est ordonné ; tu me trouveras, si Dieu le veut, parmi les endurants. » Cette réponse est d'une parfaite rectitude et obéissance envers le père et le Seigneur des serviteurs. Dieu Très-Haut dit : « Puis, quand tous deux se furent soumis [à la volonté de Dieu] et qu'il l'eut jeté sur le front. » On a dit : « se soumirent » signifie qu'ils se livrèrent à l'ordre de Dieu et s'y résolurent. On a dit aussi que c'est une antéposition et une postposition, et le sens est : « il le jeta sur le front », c'est-à-dire qu'il le coucha sur le visage. On a dit qu'il voulait l'immoler par la nuque pour qu'il ne le voie pas pendant l'immolation, selon Ibn ‘Abbās, Mujāhid, Sa‘īd ibn Jubayr, Qatāda et aḍ-Ḍaḥḥāk. On a dit aussi qu'il l'allongea comme on allonge les bêtes à immoler, tandis que le côté de son front touchait le sol. « Et tous deux se soumirent » signifie qu'Abraham prononça la basmala 33 et le takbīr 34, et que l'enfant témoigna de la mort. As-Suddī et d'autres ont dit : Il passa le couteau sur sa gorge, mais il ne coupa rien. On dit qu'une plaque de cuivre fut placée entre le couteau et sa gorge. Dieu sait mieux. Alors, il fut appelé de la part de Dieu : « Ô Abraham, tu as réalisé la vision », c'est-à-dire que le but de ton épreuve et de ton obéissance a été atteint, ainsi que ta hâte à exécuter l'ordre de ton Seigneur et ton offrande de ton fils en sacrifice, comme tu as offert ton corps au feu et comme tes biens sont offerts aux hôtes ! C'est pourquoi Dieu dit : « Ce fut là l'épreuve manifeste », c'est-à-dire l'épreuve évidente et claire. Sa parole : « Et Nous le rançonnâmes d'une immolation magnifique » signifie que Nous fîmes en sorte que ce qui fut facile pour lui de la part de Dieu soit la rançon de l'immolation de son fils. Ce qui est bien connu de la majorité est que c'était un bélier blanc, aux yeux noirs, aux cornes 35, qu'il vit attaché à un arbre de samura 36 à Thabīr 37. Ath-Thawrī a rapporté d'après ‘Abd Allāh ibn ‘Uthmān ibn Khuthaym, d'après Sa‘īd ibn Jubayr, d'après Ibn ‘Abbās, qui a dit : Un bélier qui avait brouté au Paradis pendant quarante automnes. Sa‘īd ibn Jubayr a dit : Il paissait au Paradis jusqu'à ce que Thabīr se fendît pour lui, et il portait une laine rouge. D'après Ibn ‘Abbās : Un bélier aux yeux noirs, aux cornes, descendit sur lui depuis Thabīr en bêlant, et il l'immola. C'est le bélier que le fils d'Adam avait offert et qui avait été accepté de lui. Rapporté par Ibn Abī Ḥātim. Mujāhid a dit : Il l'immola à Minā. ‘Ubayd ibn ‘Umayr a dit : Il l'immola au Maqām 38. Quant à ce qui a été rapporté d'Ibn ‘Abbās, que c'était un bouquetin, et d'al-Ḥasan, que c'était un chamois nommé Jarīr, cela n'est guère authentique de leur part. La plupart de ces récits sont tirés des isrā'īliyyāt. Le Coran suffit pour ce qui s'est passé de cet événement grandiose et de cette épreuve éclatante, et qu'il fut rançonné par une immolation magnifique. Il est rapporté dans le hadith que c'était un bélier.
L'imam Ahmad a dit : Sufyan nous a rapporté, d'après Mansur, d'après son oncle maternel Nafi', d'après Safiyya bint Shayba, qui a dit : Une femme des Banu Sulaym, qui avait accouché la plupart des gens de notre maison, m'a raconté : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) envoya chercher 'Uthman ibn Talha. Et elle dit une fois : Elle demanda à 'Uthman : Pourquoi le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) t'a-t-il appelé ? Il dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) m'a dit : « J'ai vu les cornes du bélier lorsque je suis entré dans la Maison 39, et j'ai oublié de t'ordonner de les recouvrir 40. Recouvre-les donc, car il ne convient pas qu'il y ait dans la Maison quelque chose qui distrait le fidèle en prière. » Sufyan a dit : Les cornes du bélier sont restées suspendues 41 dans la Maison jusqu'à ce que la Maison brûle et qu'elles soient consumées. De même, il est rapporté d'après Ibn 'Abbas que la tête du bélier est restée suspendue près de la gouttière de la Ka'ba, desséchée. Ceci seul est une preuve que le sacrifié est Ismaël, car c'est lui qui résidait à La Mecque, alors qu'on ne sait pas qu'Isaac y soit venu dans son enfance. Et Allah sait mieux. C'est ce qui est apparent dans le Coran, bien plus, c'est comme un texte indiquant que le sacrifié est Ismaël, car Il mentionne l'histoire du sacrifice 42, puis dit après : « Et Nous lui annonçâmes la bonne nouvelle d'Isaac, prophète parmi les vertueux. » Quant à celui qui le considère comme un état 43, il s'est forcé, et son fondement est que ce serait Isaac, ce ne sont que des israélites 44. Leur Livre contient des altérations, surtout ici, sans aucun doute possible. Car chez eux, Allah ordonna à Abraham de sacrifier son fils unique 45. Dans certaines copies du texte arabisé, il est dit « son fils unique Isaac ». Le mot « Isaac » ici est interpolé, mensonger et fabriqué, car il n'est ni l'unique ni le premier-né 46 ; celui-là est Ismaël. Ce qui les a poussés à cela, c'est l'envie des Arabes. Car Ismaël est le père des Arabes qui habitent le Hedjaz, parmi lesquels se trouve le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Quant à Isaac, il est le père de Jacob – qui est Israël – auquel ils se rattachent. Ils ont donc voulu attirer cet honneur vers eux, et ont altéré la parole d'Allah et y ont ajouté, alors qu'ils sont un peuple calomniateur, et ils n'ont pas reconnu que la grâce est dans la main d'Allah : Il la donne à qui Il veut. Un grand nombre de prédécesseurs 47 et d'autres ont dit qu'il s'agissait d'Isaac. Mais ils l'ont pris – et Allah sait mieux – de Ka'b al-Ahbar 48 ou des feuillets 49 des gens du Livre. Il n'y a là-dessus aucun hadith authentique de l'Infaillible 50 pour lequel nous abandonnerions le sens apparent du Livre précieux, et cela ne se comprend pas du Coran. Au contraire, ce qui est compris, voire énoncé, voire textuel après réflexion, c'est qu'il s'agit d'Ismaël. Quelle belle argumentation qu'a utilisée Ibn Ka'b al-Qurazi 51 pour prouver qu'il s'agit d'Ismaël et non d'Isaac, à partir de Sa parole : « Nous lui annonçâmes la bonne nouvelle d'Isaac, et après Isaac, Jacob. » 52 Il dit : Comment la bonne nouvelle d'Isaac et du fait qu'il aura Jacob pourrait-elle être donnée, puis il serait ordonné de sacrifier Isaac alors qu'il est jeune, avant qu'il ait un enfant ? Cela ne peut être, car cela contredit la bonne nouvelle précédente. Et Allah sait mieux. As-Suhayli 53 a objecté à cette argumentation, en substance : Sa parole « Nous lui annonçâmes la bonne nouvelle d'Isaac » est une phrase complète, et Sa parole « et après Isaac, Jacob » est une autre phrase qui n'est pas dans le cadre de l'annonce. Il dit : Car il n'est pas permis, du point de vue de la grammaire arabe, qu'il soit au génitif à moins que la préposition ne soit répétée. On ne peut pas dire « Je suis passé par Yazid et après lui 'Amr » sans dire « et après lui par 'Amr ». Il dit : Sa parole « et après Isaac, Jacob » est à l'accusatif par un verbe sous-entendu, dont l'estimation est : « Et Nous donnâmes à Isaac Jacob. » Ce qu'il a dit est discutable. Il a préféré que ce soit Isaac, et a argumenté par Sa parole : « Puis quand il eut atteint l'âge de l'accompagner dans l'effort 54 », disant : Ismaël n'était pas auprès de lui ; il était, dans son enfance, avec sa mère dans les montagnes de La Mecque. Comment aurait-il pu atteindre l'âge de l'accompagner dans l'effort ? Ceci est également discutable, car il est rapporté que le Khalil 55 se rendait souvent, monté sur al-Buraq 56, à La Mecque pour voir son enfant et son fils, puis revenait. Et Allah Très-Haut sait mieux. Parmi ceux qui ont rapporté que c'est Isaac, il y a Ka'b al-Ahbar. Et cela a été rapporté de 'Umar, al-'Abbas, 'Ali, Ibn Mas'ud, Masruq, 'Ikrima, Sa'id ibn Jubayr, Mujahid, 'Ata', ash-Sha'bi, Muqatil, 'Ubayd ibn 'Umayr, Abu Maymuna, Zayd ibn Aslam, 'Abdullah ibn Shaqiq, az-Zuhri, al-Qasim, Ibn Abi Burda, Makhul, 'Uthman ibn Hadir, as-Suddi, al-Hasan, Qatada, Abu l-Hudhayl et Ibn Sabit. C'est le choix d'Ibn Jarir 57, ce qui est étonnant de sa part, et c'est l'une des deux versions rapportées d'Ibn 'Abbas. Mais ce qui est authentique de lui – et de la plupart de ceux-ci – c'est qu'il s'agit d'Ismaël (sur lui la paix). Mujahid, Sa'id, ash-Sha'bi, Yusuf ibn Mihran, 'Ata' et plusieurs autres ont rapporté d'Ibn 'Abbas : C'est Ismaël (sur lui la paix). Ibn Jarir a dit : Yunus m'a raconté ; Ibn Wahb nous a informés ; 'Amr ibn Qays m'a informé, d'après 'Ata' ibn Abi Rabah, d'après Ibn 'Abbas, qu'il a dit : Le racheté 58 est Ismaël. Les Juifs prétendent que c'est Isaac, mais les Juifs ont menti. 'Abdullah, fils de l'imam Ahmad, a rapporté de son père : C'est Ismaël. Ibn Abi Hatim a dit : J'ai interrogé mon père au sujet du sacrifié, et il a dit : Ce qui est authentique, c'est que c'est Ismaël (sur lui la paix). Ibn Abi Hatim a dit : Il a été rapporté de 'Ali, Ibn 'Umar, Abu Hurayra, Abu t-Tufayl, Sa'id ibn al-Musayyab, Sa'id ibn Jubayr, al-Hasan, Mujahid, ash-Sha'bi, Muhammad ibn Ka'b, Abu Ja'far Muhammad ibn 'Ali et Abu Salih qu'ils ont dit : Le sacrifié est Ismaël (sur lui la paix). Al-Baghawi 59 l'a également rapporté d'après ar-Rabi' ibn Anas, al-Kalbi et Abu 'Amr ibn al-'Ala'. Je dis : Et cela a été rapporté de Mu'awiya, et il est venu de lui qu'un homme dit au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : Ô fils des deux sacrifiés 60 ! Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) rit. C'est l'avis de 'Umar ibn 'Abd al-'Aziz et de Muhammad ibn Ishaq ibn Yasar. Al-Hasan al-Basri disait : Il n'y a aucun doute là-dessus. Muhammad ibn Ishaq a rapporté d'après Burayda, d'après Sufyan ibn Farwa al-Aslami, d'après Muhammad ibn Ka'b, qu'il leur a raconté qu'il avait mentionné cela à 'Umar ibn 'Abd al-'Aziz alors qu'il était calife et qu'il était avec lui en Syrie – c'est-à-dire son argumentation par Sa parole après l'immunité 61 : « Nous lui annonçâmes la bonne nouvelle d'Isaac, et après Isaac, Jacob » – et 'Umar lui dit : C'est une chose à laquelle je n'avais pas réfléchi, et je vois que c'est comme tu l'as dit. Puis il envoya chercher un homme qui était auprès de lui en Syrie, qui avait été juif puis avait embrassé l'islam et dont l'islam était bon, et on le considérait comme l'un de leurs savants. Il dit : 'Umar ibn 'Abd al-'Aziz lui demanda : Lequel des deux fils d'Abraham a reçu l'ordre d'être sacrifié ? Il répondit : Ismaël, par Allah, ô Commandeur des croyants ! Les Juifs le savent bien, mais ils vous envient, vous les Arabes, que votre père soit celui à qui il est arrivé ce qu'Allah a ordonné et la faveur qu'Allah a mentionnée à son sujet pour sa patience face à ce qui lui a été ordonné. Ils nient cela et prétendent que c'est Isaac, car Isaac est leur père. Nous avons traité cette question de manière exhaustive avec ses preuves et ses traditions dans notre livre d'exégèse 62. À Allah la louange et la grâce.
- Fârân : Nom biblique du désert du Sinaï, identifié ici à la région de la Mecque.
- al-Bayt al-'Atîq : La Demeure Antique, nom donné à la Ka'ba.
- Zamzam : Puits sacré situé dans la Mosquée de la Mecque.
- Coran 14:37 : Paraphrase du verset coranique.
- yatalawwâ : Se tordre de douleur ou de soif.
- yatalabbat : Se débattre, se rouler par terre.
- al-Safâ : Colline sacrée à la Mecque, lieu du rite du sa'y.
- batn al-wâdî : Le fond de la vallée.
- al-Marwa : Colline sacrée à la Mecque, lieu du rite du sa'y.
- al-malak : L'ange, identifié traditionnellement à Gabriel.
- qâla : Il dit, indiquant une interpolation dans le récit.
- bayt Allâh : Maison de Dieu, la Ka'ba.
- Jurhum : Tribu arabe ancienne, considérée comme les premiers habitants de la Mecque.
- Kadâ' : Route ou col menant à la Mecque.
- jariy : Messager, éclaireur.
- lâ haqqa lakum fî al-mâ'i 'indanâ : Vous n'avez aucun droit sur l'eau chez nous.
- nahnu : Nous, inclusif.
- shakat : Elle se plaignit.
- habb : Grain, céréale.
- habb : Grain, céréale.
- qâla : Il dit, indiquant une interpolation.
- humâ : Les deux, c'est-à-dire la viande et l'eau.
- kamâ yasna'u bi-l-waladi l-wâlidu wa bi-l-wâlidi li-l-waladi : Comme fait un père avec son fils et un fils avec son père.
- akama : Colline, tertre.
- hâdhâ al-hajar : Cette pierre, probablement la Pierre Noire.
- Coran 2:127 : Paraphrase du verset coranique.
- shanna : Outre en cuir.
- al-Isrâ'îliyyât : Récits issus de traditions juives ou bibliques.
- qadūm : Outil utilisé pour la circoncision, ou nom d'un lieu selon certaines interprétations.
- al-Burāq : Monture céleste, souvent décrite comme un animal blanc plus grand qu'un âne mais plus petit qu'une mule, qui transporta le Prophète lors du voyage nocturne (Isrā').
- isrā'īliyyāt : Récits d'origine juive ou chrétienne rapportés dans les sources islamiques, souvent non authentifiés.
- marfū‘ : Hadith remontant jusqu'au Prophète Muhammad.
- basmala : Formule 'Bismillāh' (Au nom de Dieu).
- takbīr : Formule 'Allāhu Akbar' (Dieu est le plus grand).
- bélier blanc, aux yeux noirs, aux cornes : Description traditionnelle du bélier substitué à Ismaël.
- samura : Arbre du désert, souvent identifié comme un acacia ou un tamaris.
- Thabīr : Montagne située près de La Mecque.
- Maqām : La station d'Abraham, lieu près de la Kaaba où Abraham se tenait lors de la construction.
- al-Bayt : La Maison, c'est-à-dire la Ka'ba.
- tukhammir : Recouvrir, cacher, voiler.
- mu'allaqayn : Suspendus, accrochés.
- qissat al-dhabih : L'histoire du sacrifice, faisant référence au récit coranique (Sourate 37, versets 100-111).
- hal : Un état (circonstanciel) en grammaire arabe, ici signifiant que la phrase « et Nous lui annonçâmes... » serait un état et non une suite temporelle.
- isra'iliyyat : Récits israélites, traditions provenant de sources juives.
- ibnihi wahidihi : Son fils unique. Dans la Bible, Isaac est appelé fils unique d'Abraham (Genèse 22:2).
- al-bikr : Le premier-né.
- salaf : Les prédécesseurs, les premières générations de musulmans.
- Ka'b al-Ahbar : Un savant juif yéménite converti à l'islam, connu pour transmettre des traditions israélites.
- suhuf : Feuillets, écrits, faisant référence aux Écritures antérieures.
- al-ma'sum : L'Infaillible, c'est-à-dire le Prophète Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui).
- Ibn Ka'b al-Qurazi : Un savant musulman d'origine juive de la tribu de Qurayza.
- wa min wara'i Ishaqa Ya'qub : Coran 11:71 : « et après Isaac, Jacob. »
- as-Suhayli : Un érudit andalou du 12e siècle, auteur d'ouvrages de grammaire et de commentaire coranique.
- sa'y : L'effort, le travail ; ici, l'âge de pouvoir accompagner son père dans ses déplacements et ses travaux.
- al-Khalil : L'Ami intime, surnom d'Abraham (Coran 4:125).
- al-Buraq : La monture céleste qui transporta le Prophète lors du Voyage nocturne.
- Ibn Jarir : Muhammad ibn Jarir al-Tabari, célèbre historien et exégète du Coran.
- al-mafdi : Le racheté, celui qui a été racheté par le sacrifice du bélier.
- al-Baghawi : Un exégète et traditionniste du 12e siècle.
- ibn al-dhabihayn : Fils des deux sacrifiés, faisant référence à Ismaël et à son père Abraham (ou à Ismaël et à son frère Isaac, selon une autre interprétation).
- al-'isma : L'immunité, la protection ; ici, peut-être une référence à un verset ou à un concept spécifique.
- tafsir : Exégèse coranique.
Il est fait mention de la naissance d'Isaac, sur lui la paix [1].
Il est mentionné la naissance d'Isaac, sur lui la paix. Allah Très-Haut a dit : « Et nous lui annonçâmes la bonne nouvelle d'Isaac, prophète parmi les vertueux. Et nous le bénîmes, ainsi qu'Isaac. Et parmi leur descendance, il y a du bienfaiteur et de l'injuste envers lui-même, de façon manifeste. » 1 L'annonce de sa naissance fut faite par les anges à Abraham et Sara lorsqu'ils passèrent chez eux en se rendant aux cités du peuple de Lot, pour les détruire en raison de leur mécréance et de leur perversité, comme cela sera expliqué en son lieu, si Allah Très-Haut le veut. Allah Très-Haut a dit : « Et nos messagers sont venus à Abraham avec la bonne nouvelle ; ils dirent : « Paix ! » Il dit : « Paix ! » Et il ne tarda pas à apporter un veau rôti. Puis, lorsqu'il vit que leurs mains ne l'atteignaient pas, il les trouva étranges et conçut de la peur d'eux. Ils dirent : « N'aie pas peur ! Nous sommes envoyés au peuple de Lot. » Et sa femme, debout, rit. Alors nous lui annonçâmes la bonne nouvelle d'Isaac, et après Isaac, Jacob. Elle dit : « Malheur à moi ! Enfanterai-je alors que je suis vieille et que celui-ci, mon mari, est un vieillard ? C'est vraiment une chose étonnante ! » Ils dirent : « T'étonnes-tu de l'ordre d'Allah ? Que la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions soient sur vous, gens de la maison ! Il est vraiment Digne de louange et Glorieux. » 2 Et Il a dit : « Et informe-les au sujet des hôtes d'Abraham, quand ils entrèrent chez lui et dirent : « Paix ! » Il dit : « Nous avons peur de vous. » Ils dirent : « N'aie pas peur ! Nous t'annonçons la bonne nouvelle d'un garçon savant. » Il dit : « M'annoncez-vous [cela] alors que la vieillesse m'a touché ? De quoi m'annoncez-vous la bonne nouvelle ? » Ils dirent : « Nous t'annonçons la vérité ; ne sois donc pas de ceux qui désespèrent. » Il dit : « Et qui désespère de la miséricorde de son Seigneur, sinon les égarés ? » 3 Et Il a dit : « T'est-il parvenu le récit des hôtes honorés d'Abraham ? Quand ils entrèrent chez lui et dirent : « Paix ! » Il dit : « Paix ! [Vous êtes] des gens inconnus. » Puis il se dirigea discrètement vers sa famille et apporta un veau gras. Il le leur présenta et dit : « Ne mangez-vous pas ? » Il conçut alors de la peur d'eux. Ils dirent : « N'aie pas peur ! » Et ils lui annoncèrent la bonne nouvelle d'un garçon savant. Alors sa femme s'avança en criant, se frappa le visage et dit : « [Moi], vieille et stérile ? » Ils dirent : « Ainsi a dit ton Seigneur : c'est Lui le Sage, l'Omniscient. » 4 Allah Très-Haut mentionne que les anges – ils étaient trois : Gabriel, Michel et Israfil – lorsqu'ils arrivèrent chez l'Ami intime 5, il les prit d'abord pour des hôtes, les traita comme tels, et rôtit pour eux un veau gras de son meilleur bétail. Lorsqu'il le leur présenta et le leur offrit, il ne vit chez eux aucune envie de manger, car les anges n'ont pas le besoin de nourriture. « Alors il les trouva étranges et conçut de la peur d'eux. Ils dirent : « N'aie pas peur ! Nous sommes envoyés au peuple de Lot », c'est-à-dire pour les détruire. À ce moment, Sara se réjouit, par colère pour Allah contre eux, et elle se tenait debout au-dessus des hôtes, comme c'était la coutume des gens, Arabes et autres. Lorsqu'elle rit de joie à cause de cela, Allah Très-Haut dit : « Alors nous lui annonçâmes la bonne nouvelle d'Isaac, et après Isaac, Jacob », c'est-à-dire que les anges lui annoncèrent cela. « Alors sa femme s'avança en criant, se frappa le visage » – comme le font les femmes en signe d'étonnement – et dit : « Malheur à moi ! Enfanterai-je alors que je suis vieille et que celui-ci, mon mari, est un vieillard ? » C'est-à-dire : comment pourrais-je enfanter, moi qui suis âgée et stérile, et que mon mari est un vieillard ? Elle s'étonna de la possibilité d'avoir un enfant dans ces conditions. C'est pourquoi elle dit : « C'est vraiment une chose étonnante ! » Ils dirent : « T'étonnes-tu de l'ordre d'Allah ? Que la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions soient sur vous, gens de la maison ! Il est vraiment Digne de louange et Glorieux. » De même, Abraham, sur lui la paix, s'étonna, se réjouissant de cette bonne nouvelle, la confirmant et s'en réjouissant. Il dit : « M'annoncez-vous [cela] alors que la vieillesse m'a touché ? De quoi m'annoncez-vous la bonne nouvelle ? » Ils dirent : « Nous t'annonçons la vérité ; ne sois donc pas de ceux qui désespèrent. » Ils confirmèrent la nouvelle par cette annonce et l'établirent pour lui. Ils leur annoncèrent donc « un garçon savant » ; c'est Isaac, le frère d'Ismaël. Un garçon savant, approprié à sa position et à sa patience. C'est ainsi que son Seigneur le décrivit comme véridique dans la promesse et patient. Et dans l'autre verset : « Alors nous lui annonçâmes la bonne nouvelle d'Isaac, et après Isaac, Jacob. » C'est ce dont Muhammad ibn Ka'b al-Qurazi et d'autres ont tiré argument pour dire que le sacrifié est Ismaël, et qu'Isaac ne peut pas avoir reçu l'ordre d'être sacrifié après que la bonne nouvelle de son existence et de celle de son fils Jacob – dont le nom dérive de « al-'aqib » (la descendance) – a été donnée. Selon les Gens du Livre 6, il apporta avec le veau rôti un pain de la Mecque contenant trois mesures, du beurre clarifié et du lait. Et selon eux, ils mangèrent. C'est une pure erreur. On a dit : ils voyaient qu'ils mangeaient, mais la nourriture se dissipait dans l'air. Selon eux, Allah Très-Haut dit à Abraham : « Quant à Sara, ta femme, son nom ne sera plus appelé Sara, mais son nom sera Sarah. Je la bénirai et te donnerai d'elle un fils ; je le bénirai, et il deviendra des peuples et des rois de peuples. » Alors Abraham tomba sur son visage – c'est-à-dire en prosternation – et rit, disant en lui-même : « Après cent ans, un enfant me naîtra ? Ou Sara enfantera-t-elle alors qu'elle a quatre-vingt-dix ans ? » Et Abraham dit à Allah Très-Haut : « Pourvu qu'Ismaël vive devant Toi ! » Allah dit à Abraham : « En vérité, ta femme Sara t'enfantera un fils, et tu l'appelleras Isaac, à pareille époque l'année prochaine. Et j'établirai mon alliance avec lui pour toujours et avec sa descendance après lui. J'ai exaucé ta prière pour Ismaël : je l'ai béni, je l'ai multiplié et fait croître abondamment ; il engendrera douze chefs, et je ferai de lui une grande nation. » Nous avons déjà parlé de cela précédemment. Et Allah sait mieux. Sa parole Très-Haut : « Alors nous lui annonçâmes la bonne nouvelle d'Isaac, et après Isaac, Jacob » indique qu'elle jouira de l'existence de son fils Isaac, puis après lui naîtra son fils Jacob, c'est-à-dire qu'il naîtra de leur vivant pour que leurs yeux se réjouissent de lui comme ils se sont réjouis de leur fils. Si cela n'était pas voulu, la mention de Jacob et sa spécification parmi toute la descendance d'Isaac n'aurait pas d'utilité. Et comme il a été spécifiquement mentionné, cela indique qu'ils jouiront de lui et se réjouiront de son fils comme ils se sont réjouis de la naissance de son père avant lui. Et Il a dit Très-Haut : « Et Nous lui donnâmes Isaac et Jacob ; tous, Nous les guidâmes. » 7 Et Il a dit Très-Haut : « Puis lorsqu'il se sépara d'eux et de ce qu'ils adoraient en dehors d'Allah, Nous lui donnâmes Isaac et Jacob. » 8 Ceci, si Allah le veut, est clair et fort. Et cela est appuyé par ce qui est établi dans les deux Sahih 9 d'après le hadith de Sulayman ibn Mihran al-A'mash, d'après Ibrahim ibn Yazid at-Taymi, d'après son père, d'après Abu Dharr, qui a dit : « J'ai dit : Ô Messager d'Allah, quelle mosquée a été construite la première ? Il dit : La Mosquée Sacrée. Je dis : Puis laquelle ? Il dit : La Mosquée la Plus Lointaine. Je dis : Quel intervalle entre elles ? Il dit : Quarante ans. Je dis : Puis laquelle ? Il dit : Puis là où la prière te surprend, prie, car toute la terre est une mosquée. » Selon les Gens du Livre, Jacob, sur lui la paix, est celui qui a fondé la Mosquée la Plus Lointaine, c'est-à-dire la mosquée d'Élie 10, Jérusalem – qu'Allah l'honore. Ceci est plausible. Et en témoigne ce que nous avons mentionné du hadith. Ainsi, la construction par Jacob, sur lui la paix – qui est Israël – eut lieu quarante ans exactement après la construction par l'Ami intime et son fils Ismaël de la Mosquée Sacrée. Et leur construction eut lieu après l'existence d'Isaac, car Abraham, sur lui la paix, lorsqu'il invoqua, dit dans son invocation comme Allah Très-Haut l'a dit : « Et quand Abraham dit : Seigneur, fais de ce pays un lieu sûr, et éloigne-moi, ainsi que mes fils, de l'adoration des idoles. Seigneur, elles ont égaré beaucoup de gens. Quiconque me suit est des miens, et quiconque me désobéit, alors Tu es Pardonneur et Miséricordieux. Notre Seigneur, j'ai établi une partie de ma descendance dans une vallée sans culture, auprès de Ta Maison Sacrée, notre Seigneur, afin qu'ils accomplissent la prière. Fais donc que les cœurs de certains hommes se tournent vers eux, et nourris-les de fruits, peut-être seront-ils reconnaissants. Notre Seigneur, Tu sais ce que nous cachons et ce que nous divulguons ; et rien n'échappe à Allah sur terre ni dans le ciel. Louange à Allah qui m'a donné, malgré ma vieillesse, Ismaël et Isaac. Mon Seigneur est vraiment Celui qui entend l'invocation. Seigneur, fais de moi un homme qui accomplis la prière, ainsi qu'une partie de ma descendance ; notre Seigneur, agrée mon invocation. Notre Seigneur, pardonne-moi, ainsi qu'à mes parents et aux croyants, le Jour où le compte sera dressé. » 11 Et ce qui est rapporté dans le hadith selon lequel Salomon, fils de David, sur eux la paix, lorsqu'il construisit...
Le Temple sacré 12 demanda à Allah trois choses, comme nous l'avons mentionné à propos de Sa parole : « Seigneur, pardonne-moi et accorde-moi un royaume tel qu'aucun après moi ne le mérite » 13, et comme nous le rapporterons dans son récit. Ce qu'il faut entendre par là, et Allah sait mieux, c'est qu'il en a renouvelé la construction, comme il a été dit précédemment qu'entre les deux il y a quarante ans. Et personne n'a dit qu'entre Salomon et Abraham il y a quarante ans, sauf Ibn Hibban dans ses divisions et ses catégories. Et cette parole n'a été ni approuvée ni précédée.
- Saffat 37:112-113 : Référence coranique : Sourate 37, versets 112-113.
- Hud 11:69-73 : Référence coranique : Sourate 11, versets 69-73.
- Hijr 15:51-56 : Référence coranique : Sourate 15, versets 51-56.
- Dhariat 51:24-30 : Référence coranique : Sourate 51, versets 24-30.
- al-Khalil : Surnom d'Abraham, signifiant « l'Ami intime » d'Allah.
- Ahl al-Kitab : Les Gens du Livre, c'est-à-dire les Juifs et les Chrétiens.
- An'am 6:84 : Référence coranique : Sourate 6, verset 84.
- Maryam 19:49 : Référence coranique : Sourate 19, verset 49.
- Sahihayn : Les deux recueils de hadiths authentiques : Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim.
- Iliya : Nom ancien de Jérusalem, également appelé Aelia Capitolina.
- Ibrahim 14:35-41 : Référence coranique : Sourate 14, versets 35-41.
- Bayt al-Maqdis : Le Temple de Jérusalem, lieu saint de l'islam, souvent associé à la mosquée al-Aqsa.
- Rabbi ighfir li wa hab li mulkan la yanbaghi li ahadin min ba'di : Citation coranique (Sourate Sad, verset 35) : prière de Salomon demandant un royaume unique après lui.
Il mentionna la construction de la Demeure Antique [1].
Il mentionne la construction de la Demeure Antique 1. Allah le Très-Haut a dit : « Et quand Nous avons assigné à Abraham le lieu de la Demeure [en lui disant] : "Ne M'associe rien, et purifie Ma Demeure pour ceux qui tournent autour, pour ceux qui s'y tiennent debout et pour ceux qui s'inclinent et se prosternent. Et proclame le pèlerinage parmi les gens : ils viendront à toi, à pied et sur toute monture efflanquée, venant de tout chemin profond." » (Coran 22:26-27) Et Il a dit : « La première Demeure qui ait été établie pour les gens est celle de Bakka 2, bénie et guide pour les mondes. Elle contient des signes évidents, parmi lesquels la Station d'Abraham 3. Et quiconque y entre est en sécurité. Et c'est un devoir envers Allah pour les gens qui en ont les moyens, de faire le pèlerinage de la Demeure. Et quiconque mécroit, alors Allah Se passe de tous les mondes. » (Coran 3:96-97) Et Il a dit : « Et quand son Seigneur éprouva Abraham par des paroles, et qu'il les eut accomplies, Il dit : "Je vais faire de toi un guide pour les gens." Il dit : "Et de ma descendance ?" Il dit : "Mon alliance ne comprend pas les injustes." Et quand Nous fîmes de la Demeure un lieu de retour et de sécurité pour les gens, et prenez la Station d'Abraham comme lieu de prière. Et Nous confiâmes à Abraham et à Ismaël : "Purifiez Ma Demeure pour ceux qui tournent autour, pour ceux qui s'y tiennent debout et pour ceux qui s'inclinent et se prosternent." Et quand Abraham dit : "Seigneur, fais de ce pays un lieu sûr, et attribue à ses habitants des fruits, à ceux d'entre eux qui croient en Allah et au Jour dernier." Il dit : "Et quiconque mécroit, Je lui donnerai une brève jouissance, puis Je le contraindrai au châtiment du Feu. Et quelle mauvaise destination !" Et quand Abraham et Ismaël élevaient les fondations de la Demeure [en disant] : "Notre Seigneur, accepte ceci de notre part ! Car c'est Toi l'Audient, l'Omniscient. Notre Seigneur, fais de nous deux des Soumis 4 à Toi, et de notre descendance une communauté soumise à Toi. Et montre-nous nos rites de culte, et pardonne-nous ! Car c'est Toi le Pardonneur, le Très Miséricordieux. Notre Seigneur, envoie parmi eux un messager issu d'eux, qui leur récitera Tes versets, leur enseignera le Livre et la Sagesse, et les purifiera. Car c'est Toi le Puissant, le Sage." » (Coran 2:124-129) Il mentionne, au sujet de Son serviteur, messager, élu et ami intime 5, l'imam des hanifes 6 et père des prophètes, Abraham (sur lui la paix), qu'il a construit la Demeure Antique, qui est la première mosquée établie pour l'ensemble des gens, afin qu'ils y adorent Allah. Et Allah lui en assigna le lieu, c'est-à-dire qu'Il le guida vers lui et l'en informa. Nous avons rapporté d'après le Commandeur des croyants Ali ibn Abi Talib et d'autres qu'il y fut guidé par une révélation d'Allah, Puissant et Majestueux. Nous avons mentionné, dans la description de la création des cieux, que la Ka'ba 7 est en face de la Demeure peuplée 8, de sorte que si elle tombait, elle tomberait sur elle, et de même pour les lieux de culte des sept cieux, comme l'a dit un prédécesseur 9 : « Dans chaque ciel, il y a une demeure où les habitants de ce ciel adorent Allah, et elle y est comme la Ka'ba pour les habitants de la terre. » Allah le Très-Haut ordonna donc à Abraham (sur lui la paix) de Lui construire une demeure qui soit pour les habitants de la terre comme ces lieux de culte pour les anges des cieux, et Allah le guida vers l'emplacement de la Demeure, préparé pour cela et désigné à cet effet depuis la création des cieux et de la terre, comme il est établi dans les deux Sahih 10 : « Ce pays, Allah l'a sacré le jour où Il créa les cieux et la terre ; il est donc sacré par la sacralité d'Allah jusqu'au Jour de la Résurrection. » Aucun récit authentique émanant d'un infaillible 11 ne rapporte que la Demeure ait été construite avant l'Ami intime (sur lui la paix). Et celui qui s'accroche à ce sujet à Sa parole : « le lieu de la Demeure » n'a pas d'argument solide ni évident, car ce qui est visé est son emplacement déterminé dans la science d'Allah, établi dans Son décret, dont le lieu est vénéré auprès des prophètes depuis Adam jusqu'à l'époque d'Abraham. Nous avons mentionné qu'Adam y dressa une coupole, que les anges lui dirent : « Nous avons tourné autour de cette Demeure avant toi », et que l'arche tourna autour d'elle pendant quarante jours ou quelque chose d'approchant. Mais tous ces récits proviennent des Enfants d'Israël 12. Nous avons établi qu'ils ne sont ni confirmés ni démentis, donc on ne peut les utiliser comme preuve. Cependant, si la vérité les contredit, ils sont rejetés. Allah a dit : « La première Demeure qui ait été établie pour les gens est celle de Bakka, bénie et guide pour les mondes. » C'est-à-dire la première demeure établie pour l'ensemble des gens, pour la bénédiction et la guidance, est la demeure qui se trouve à Bakka. Et il a été dit : l'emplacement de la Ka'ba. « Elle contient des signes évidents », c'est-à-dire qu'elle prouve qu'elle est la construction de l'Ami intime, père des prophètes après lui et imam des hanifes parmi sa descendance, qui le suivent et s'attachent à sa Sunna 13. C'est pourquoi Il a dit : « la Station d'Abraham », c'est-à-dire la pierre sur laquelle il se tenait debout lorsque la construction dépassa sa taille ; son fils lui plaça alors cette pierre célèbre pour qu'il s'élève dessus lorsque la construction devint haute et l'édifice grand. Comme cela est mentionné dans le long hadith d'Ibn Abbas 14. Cette pierre était collée au mur de la Ka'ba, comme elle l'était depuis les temps anciens, jusqu'à l'époque de 'Umar ibn al-Khattab (qu'Allah l'agrée) ; il la recula un peu de la Demeure, afin que ceux qui prient près d'elle ne gênent pas les circumambulateurs autour de la Demeure. Et 'Umar ibn al-Khattab (qu'Allah l'agrée) suivit en cela, car son Seigneur l'avait approuvé dans plusieurs choses : parmi elles, sa parole à Son Messager (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : « Si nous prenions la Station d'Abraham comme lieu de prière ? » Alors Allah révéla : « Et prenez la Station d'Abraham comme lieu de prière. » Les traces des deux pieds de l'Ami intime étaient encore visibles dans le rocher au début de l'islam. Abu Talib a dit dans son célèbre poème en lam 15 : « Par Thawr 16 et Celui qui a fixé Thabir 17 à sa place, Et par celui qui monte pour gravir à Hira' 18 et qui descend, Et par la Demeure, le droit de la Demeure au cœur de la Mecque, Et par Allah, certes Allah n'est pas inattentif, Et par la Pierre Noire 19 lorsqu'ils la frottent, Lorsqu'ils l'entourent au matin et aux soirs, Et l'empreinte d'Abraham dans le rocher, humide, Sur ses deux pieds, nu-pieds, sans chaussures. » Il veut dire que son noble pied s'enfonça dans le rocher, prenant la forme de son pied nu, non chaussé. C'est pourquoi le Très-Haut a dit : « Et quand Abraham et Ismaël élevaient les fondations de la Demeure », c'est-à-dire en disant : « Notre Seigneur, accepte ceci de notre part ! Car c'est Toi l'Audient, l'Omniscient. » Ils étaient au summum de la sincérité et de l'obéissance à Allah, Puissant et Majestueux, et ils demandaient à Allah, l'Audient, l'Omniscient, d'accepter d'eux cette obéissance grandiose et cet effort louable : « Notre Seigneur, fais de nous deux des Soumis à Toi, et de notre descendance une communauté soumise à Toi. Et montre-nous nos rites de culte, et pardonne-nous ! Car c'est Toi le Pardonneur, le Très Miséricordieux. » * * * Le but est que l'Ami intime a construit la plus noble des mosquées dans la plus noble des contrées, dans une vallée sans culture, et a invoqué pour ses habitants la bénédiction et qu'ils soient pourvus de fruits, malgré la rareté des eaux et l'absence d'arbres, de cultures et de fruits, et qu'Il en fasse un sanctuaire sacré et une sécurité absolue. Allah exauça sa demande, répondit à son invocation et lui accorda sa requête. Il dit : « N'ont-ils pas vu que Nous avons fait un sanctuaire sûr, tandis que les gens sont enlevés autour d'eux ? » (Coran 29:67) Et Il dit : « Ne leur avons-Nous pas établi un sanctuaire sûr, où sont apportés des fruits de toute espèce comme subsistance de Notre part ? » (Coran 28:57) Et il demanda à Allah d'envoyer parmi eux un messager issu d'eux, c'est-à-dire de leur race, parlant leur langue éloquente, persuasive et conseillère, afin que les deux grâces, temporelle et religieuse, soient parfaites pour eux : le bonheur de l'ici-bas et de l'au-delà. Allah exauça sa prière : Il envoya parmi eux un messager, et quel messager ! Il scella par lui Ses prophètes et Ses messagers, paracheva pour lui la religion comme Il ne l'avait accordée à personne avant lui, et rendit universelle son appel aux habitants de la terre, malgré la diversité de leurs races, langues et conditions, dans toutes les régions, contrées et époques jusqu'au Jour de la Résurrection. Ce fut l'un de ses privilèges parmi tous les prophètes, en raison de sa noblesse personnelle, de la perfection de son message, de la noblesse de son lieu, de l'éloquence de sa langue, de sa compassion parfaite pour sa communauté, de sa douceur et de sa miséricorde, de sa noble origine, de sa grande naissance, et de la pureté de sa source et de son aboutissement.
C'est pourquoi Abraham l'Intime 20 — sur lui la paix —, puisqu'il fut le bâtisseur de la Ka'ba pour les habitants de la terre, mérita que sa fonction, sa place et sa position dans les demeures célestes et les hauts degrés fût auprès de la Demeure peuplée 21, qui est la Ka'ba des habitants du septième ciel, bénie et agréée, où entrent chaque jour soixante-dix mille anges qui y adorent Dieu, puis n'y reviennent plus jusqu'au Jour de la Résurrection et du Rassemblement. Nous avons mentionné dans l'exégèse de la sourate al-Baqara la description de sa construction du Temple 22 et ce qui est rapporté à ce sujet comme traditions et récits, de manière suffisante. Que celui qui le souhaite s'y réfère. Louange à Dieu. Parmi cela, ce qu'a dit al-Suddî : Lorsque Dieu ordonna à Abraham et Ismaël de construire le Temple, ils ne savaient pas où était son emplacement, jusqu'à ce que Dieu envoie un vent appelé al-Khajûj 23, qui avait deux ailes et une tête en forme de serpent ; il balaya pour eux ce qui entourait la Ka'ba, dégageant les fondations du premier Temple, et ils le suivirent avec des pioches, creusant jusqu'à ce qu'ils posent les fondations. C'est alors que Dieu dit : « Et quand Nous avons assigné à Abraham l'emplacement du Temple 24. » Lorsqu'ils atteignirent les bases et construisirent le coin, Abraham dit à Ismaël : « Mon fils, cherche-moi une belle pierre que je place ici. » Il dit : « Ô mon père, je suis paresseux et fatigué. » Il dit : « Je m'en charge. » Il partit, et Gabriel lui apporta la Pierre noire 25 de l'Inde ; elle était blanche, un rubis blanc comme la plante thaghâma 26. Adam l'avait descendue du Paradis, puis elle noircit à cause des péchés des hommes. Ismaël vint avec une pierre et la trouva près du coin. Il dit : « Ô mon père, qui t'a apporté celle-ci ? » Il dit : « Celui qui est plus actif que toi me l'a apportée. » Ils construisirent en invoquant Dieu : « Seigneur, accepte de nous ! C'est Toi l'Audient, l'Omniscient 27. » Ibn Abî Hâtim mentionna qu'il le construisit à partir de cinq montagnes, et que Dhû l-Qarnayn 28 — qui était alors roi de la terre — passa près d'eux pendant qu'ils le construisaient et dit : « Qui vous a ordonné cela ? » Abraham dit : « Dieu nous l'a ordonné. » Il dit : « Comment puis-je savoir ce que tu dis ? » Cinq béliers témoignèrent que Dieu le lui avait ordonné, alors il crut et confirma. Al-Azraqî mentionna qu'il fit le tour avec l'Intime autour du Temple. La Ka'ba resta sur la construction de l'Intime pendant une longue période. Puis, après cela, Quraysh la reconstruisit, mais ils la raccourcirent par rapport aux fondations d'Abraham du côté nord, vers la Syrie, comme elle est aujourd'hui. Dans les deux Sahîh 29, d'après le hadith de Mâlik, d'après Ibn Shihâb, d'après Sâlim : 'Abd Allâh ibn Muhammad ibn Abî Bakr rapporta d'après Ibn 'Umar, d'après 'Â'isha que l'Envoyé de Dieu — sur lui la bénédiction et la paix — dit : « N'as-tu pas vu que ton peuple, lorsqu'il a construit la Ka'ba, s'est limité aux fondations d'Abraham ? » Je dis : « Ô Envoyé de Dieu, ne la remets-tu pas sur les fondations d'Abraham ? » Il dit : « Sans la proximité de ton peuple avec la mécréance 30, je l'aurais fait. » Dans une autre version : « Sans le fait que ton peuple a récemment quitté l'époque de l'ignorance, ou dit : la mécréance, j'aurais dépensé le trésor de la Ka'ba dans le chemin de Dieu, j'aurais mis sa porte au niveau du sol, et j'aurais inclus le Hijr 31 à l'intérieur. » Ibn al-Zubayr — que Dieu lui fasse miséricorde — la reconstruisit à son époque selon ce que l'Envoyé de Dieu — sur lui la bénédiction et la paix — avait indiqué, comme sa tante 'Â'isha, Mère des croyants, le lui avait rapporté de lui. Lorsque al-Hajjâj le tua en l'an 73, il écrivit à 'Abd al-Malik ibn Marwân, le calife de l'époque. Ils pensèrent qu'Ibn al-Zubayr avait agi de son propre chef. Il ordonna donc de la remettre dans son état antérieur. Ils démolirent le mur nord, en sortirent le Hijr, puis rebouchèrent le mur et remirent les pierres à l'intérieur de la Ka'ba ; ils surélevèrent sa porte orientale et bouchèrent complètement la porte occidentale, comme on le voit aujourd'hui. Puis, lorsqu'ils apprirent qu'Ibn al-Zubayr n'avait agi ainsi qu'après que 'Â'isha, Mère des croyants, l'eut informé, ils regrettèrent ce qu'ils avaient fait et déplorèrent de ne pas l'avoir laissé faire ce qu'il avait entrepris. Ensuite, à l'époque d'al-Mahdî ibn al-Mansûr, il consulta l'imam Mâlik ibn Anas pour la remettre dans l'état où Ibn al-Zubayr l'avait construite. Il lui dit : « Je crains que les rois n'en fassent un jouet », c'est-à-dire que chaque roi la reconstruise selon son désir. La situation resta donc comme elle est aujourd'hui.
- al-bayt al-ʿatīq : La Demeure Antique, désignant la Ka'ba à La Mecque, appelée ainsi en raison de son ancienneté ou de sa libération (de l'esclavage du monde).
- Bakka : Ancien nom de La Mecque, signifiant peut-être 'lieu de pleurs' ou 'vallée'. Désigne la ville sainte où se trouve la Ka'ba.
- Maqām Ibrāhīm : La Station d'Abraham : la pierre sur laquelle Abraham se tenait lors de la construction de la Ka'ba, et où l'on prie lors du pèlerinage.
- muslimayn : Soumis (à Allah) ; pluriel de muslim, désignant ceux qui se soumettent entièrement à la volonté divine.
- khalīl : Ami intime ; titre donné à Abraham en raison de son amour exclusif pour Allah.
- ḥanīf : Monothéiste pur, incliné vers la vraie religion, se détournant de toute idolâtrie. Abraham est considéré comme le prototype du hanif.
- Kaʿba : Le sanctuaire cubique à La Mecque, direction de la prière (qibla) et lieu central du pèlerinage.
- al-bayt al-maʿmūr : La Demeure peuplée : un sanctuaire céleste situé dans le septième ciel, autour duquel les anges tournent en adoration, analogue terrestre de la Ka'ba.
- salaf : Prédécesseurs pieux : les premières générations de musulmans, notamment les Compagnons et les Suivants, considérés comme modèles.
- Ṣaḥīḥayn : Les deux recueils de hadiths authentiques : le Sahih d'al-Bukhari et le Sahih de Muslim.
- maʿṣūm : Infaillible ; terme désignant les prophètes et, dans le chiisme, les Imams, protégés de l'erreur et du péché.
- Banū Isrāʾīl : Les Enfants d'Israël : terme désignant les descendants de Jacob (Israël), souvent utilisé pour les récits bibliques et israélites transmis dans la tradition islamique.
- Sunna : La tradition prophétique : les paroles, actions et approbations du prophète Muhammad, constituant une source de loi et de guidance.
- Ibn ʿAbbās : Abdullah ibn Abbas, cousin du Prophète et célèbre exégète du Coran, connu pour sa connaissance approfondie.
- Lāmiyya : Poème dont les vers se terminent par la lettre lām (ل). Célèbre poème d'Abu Talib, oncle du Prophète.
- Thawr : Montagne près de La Mecque, où se trouve la grotte dans laquelle le Prophète se cacha lors de l'Hégire.
- Thabīr : Montagne à La Mecque, lieu de rites du pèlerinage.
- Ḥirāʾ : Montagne près de La Mecque où le Prophète Muhammad reçut la première révélation dans la grotte de Hira.
- al-ḥajar al-aswad : La Pierre Noire : pierre sacrée incrustée dans l'angle est de la Ka'ba, embrassée ou touchée lors de la circumambulation.
- al-Khalîl : Surnom d'Abraham, signifiant 'l'Intime' ou 'l'Ami' de Dieu.
- al-Bayt al-Ma'mûr : La Demeure peuplée, sanctuaire céleste situé au septième ciel, visité par les anges.
- al-Bayt : Le Temple, désignant ici la Ka'ba.
- al-Khajûj : Nom d'un vent envoyé par Dieu pour dégager l'emplacement de la Ka'ba.
- Coran 22:26 : Référence coranique : 'Et quand Nous avons assigné à Abraham l'emplacement du Temple...'
- al-Hajar al-Aswad : La Pierre noire, située dans l'angle est de la Ka'ba, descendue du Paradis.
- thaghâma : Plante blanche et parfumée, utilisée comme comparaison pour la blancheur de la pierre.
- Coran 2:127 : Référence coranique : 'Seigneur, accepte de nous ! C'est Toi l'Audient, l'Omniscient.'
- Dhû l-Qarnayn : Personnage coranique, souvent identifié à Alexandre le Grand ou à un roi juste.
- al-Sahîhayn : Les deux recueils de hadiths authentiques, ceux d'al-Bukhârî et de Muslim.
- kufr : Mécréance, incroyance.
- al-Hijr : Espace semi-circulaire adjacent à la Ka'ba, considéré comme faisant partie de son enceinte.
Il est fait mention de l'éloge que Dieu et Son noble Messager ont adressé à leur…
Il est fait mention de l'éloge que Dieu et Son noble Messager ont adressé à leur serviteur et ami intime [1] Abraham.
Mention de la louange de Dieu et de Son noble Messager envers Son serviteur et ami intime Abraham. Dieu Très-Haut a dit : "Et lorsque son Seigneur éprouva Abraham par certaines paroles, et qu'il les eut accomplies, Il dit : 'Je vais faire de toi un guide 1 pour les gens.' Il dit : 'Et de ma descendance ?' Il dit : 'Mon alliance ne parvient pas aux injustes.'" Lorsqu'il eut accompli ce que son Seigneur lui avait ordonné parmi les grandes obligations, Il fit de lui un guide pour les gens, afin qu'ils le suivent et se conforment à sa direction. Il demanda à Dieu que cet imamat 1 soit lié à sa cause, demeure dans sa lignée et reste éternel dans sa postérité. Il fut exaucé dans sa demande, l'imamat lui fut remis avec les rênes, et les injustes en furent exclus ; seuls les savants agissants parmi sa descendance en furent distingués. Comme Dieu Très-Haut a dit : "Et Nous lui donnâmes Isaac et Jacob, et Nous plaçâmes dans sa descendance la prophétie et le Livre. Nous lui accordâmes sa récompense en ce monde, et dans l'au-delà il est parmi les justes 2." Et Dieu Très-Haut a dit : "Et Nous lui donnâmes Isaac et Jacob ; chacun d'eux, Nous le guidâmes. Et Noé, Nous le guidâmes avant cela. Et parmi sa descendance : David, Salomon, Job, Joseph, Moïse et Aaron. Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants. Et Zacharie, Jean, Jésus et Élie, tous étaient parmi les justes. Et Ismaël, Élisée, Jonas et Lot. Et chacun d'eux, Nous l'avons favorisé par-dessus les mondes. Et parmi leurs pères, leurs descendants et leurs frères, Nous les avons élus et guidés vers un chemin droit 3." Le pronom dans Sa parole "et parmi sa descendance" renvoie à Abraham selon l'avis le plus connu. Quant à Lot, bien qu'il fût le fils de son frère, il est inclus dans la descendance par prédominance. C'est ce qui a conduit l'autre auteur à dire que le pronom renvoie à Noé, comme nous l'avons mentionné dans son récit. [Et Dieu sait mieux 4.] Et Dieu Très-Haut a dit : "Et Nous avons envoyé Noé et Abraham, et Nous avons placé dans leur descendance la prophétie et le Livre 5." Ainsi, tout Livre descendu du ciel sur un prophète parmi les prophètes après Abraham l'ami intime provient de sa descendance et de sa suite. C'est une robe d'honneur éminente [incomparable, et un rang élevé 4] qui ne peut être égalé. Cela parce qu'il naquit de ses reins [deux] fils mâles immenses : Ismaël de Hajar, puis Isaac 6 de Sara. Et il naquit de lui Jacob — qui est Israël — auquel se rattachent tous leurs descendants. La prophétie fut parmi eux, et ils devinrent très nombreux, au point que nul ne connaît leur nombre excepté Celui qui les envoya et les distingua par la mission et la prophétie, jusqu'à ce qu'ils fussent scellés par Jésus fils de Marie, parmi les enfants d'Israël. Quant à Ismaël — sur lui la paix —, de lui vinrent les Arabes, selon la diversité de leurs tribus, comme nous l'expliquerons plus tard, si Dieu Très-Haut le veut. Et il n'est apparu de sa descendance parmi les prophètes que le Sceau d'entre eux absolument et leur Maître, et la fierté des fils d'Adam en ce monde et dans l'au-delà : Muhammad fils d'Abdallah fils d'Abd al-Muttalib fils de Hachim, le Quraychite, le Mecquois puis le Médinois. Que les prières et la paix de Dieu soient sur lui. Ainsi, de cette noble branche et de cette haute ramification n'est apparu que cette perle éclatante, cette gemme resplendissante, ce centre du collier magnifique. C'est le Maître dont se glorifient les gens du rassemblement, et que les premiers et les derniers envient au Jour de la Résurrection. Il est établi de lui, dans le Sahih de Muslim comme nous le rapporterons, qu'il a dit : "Je me tiendrai dans une station où tous les hommes aspireront, jusqu'à Abraham." Il fit donc l'éloge d'Abraham, son père, d'un éloge immense dans ce contexte, et ses paroles indiquent qu'il est la meilleure des créatures après lui auprès du Créateur, dans cette vie d'ici-bas et au Jour où le voile sera levé. Al-Bukhari a dit : 'Uthman ibn Abi Shayba nous a rapporté : Jarir nous a rapporté, d'après Mansur, d'après al-Minhal, d'après Sa'id ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbas, qui a dit : "Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — cherchait protection pour al-Hasan et al-Husayn et disait : 'Votre père [Abraham] cherchait protection par elles pour Ismaël et Isaac : Je cherche protection par les paroles parfaites de Dieu contre tout démon et toute bête nuisible, et contre tout œil envieux.'" Les gens des Sunan l'ont rapporté d'après le hadith de Mansur. Et Dieu Très-Haut a dit : "Et quand Abraham dit : 'Seigneur, montre-moi comment Tu rends la vie aux morts.' Il dit : 'Ne crois-tu pas ?' Il dit : 'Si, mais pour que mon cœur soit rassuré.' Il dit : 'Prends donc quatre oiseaux, et incline-les vers toi 7. Ensuite, place sur chaque montagne une partie d'eux, puis appelle-les : elles viendront à toi en courant. Et sache que Dieu est Puissant et Sage.'" 8 Les exégètes ont mentionné pour cette [question 4] des causes que nous avons développées dans l'exégèse et exposées de la manière la plus complète. En résumé : Dieu — qu'Il soit exalté et magnifié — exauça sa demande et lui ordonna de prendre quatre oiseaux. Ils divergèrent sur leur identification selon plusieurs avis, mais le but est atteint dans tous les cas. Il lui ordonna de déchiqueter leurs chairs et leurs plumes, de les mélanger, puis de les diviser en parts et de placer sur chaque montagne une partie. Il fit ce qui lui fut ordonné. Ensuite, il lui fut ordonné de les appeler, par la permission de leur Seigneur. Lorsqu'il les appela, chaque membre vola vers son compagnon, chaque plume rejoignit sa sœur, jusqu'à ce que le corps de chaque oiseau se reconstituât comme il était, tandis qu'il observait la puissance de Celui qui dit à une chose : "Sois", et elle est. Elles vinrent à lui en courant, pour que ce fût plus clair et plus évident pour lui à observer que si elles étaient venues en volant. On dit qu'il lui fut ordonné de prendre leurs têtes dans sa main, et chaque oiseau vint, jeta sa tête 9 et se recomposa comme il était. Il n'y a de dieu que Dieu. Abraham — sur lui la paix — connaissait la puissance de Dieu Très-Haut pour ressusciter les morts d'une science certaine qui n'admet pas de contraire, mais il souhaita voir cela de ses propres yeux, et s'élever de la science certaine à la vision certaine ! Dieu exauça donc sa demande et lui accorda le comble de son espoir. Et Dieu Très-Haut a dit : "Ô gens du Livre, pourquoi disputez-vous au sujet d'Abraham, alors que la Torah et l'Évangile ne furent révélés qu'après lui ? Ne raisonnez-vous donc pas ? Voilà que vous avez disputé au sujet de ce dont vous avez connaissance ; pourquoi disputez-vous au sujet de ce dont vous n'avez pas connaissance ? Dieu sait, et vous ne savez pas. Abraham n'était ni juif ni chrétien, mais il était un pur monothéiste 10 soumis 11, et il n'était point du nombre des associateurs. Les plus proches d'Abraham sont ceux qui l'ont suivi, ainsi que ce Prophète et ceux qui ont cru. Et Dieu est le protecteur des croyants." 12 Dieu Très-Haut réprimande les gens du Livre, juifs et chrétiens, pour la prétention de chaque groupe que l'ami intime [Abraham] était de leur religion et de leur voie 13. Dieu le disculpe d'eux et montre l'ampleur de leur ignorance et la faiblesse de leur raison dans Sa parole : "Et la Torah et l'Évangile ne furent révélés qu'après lui", c'est-à-dire : comment pourrait-il être de votre religion alors que ce qui vous a été prescrit ne l'a été qu'après lui, après de longues périodes ? C'est pourquoi Il dit : "Ne raisonnez-vous donc pas ?" jusqu'à ce qu'Il dise : "Abraham n'était ni juif ni chrétien, mais il était un pur monothéiste soumis, et il n'était point du nombre des associateurs." Il montre ainsi qu'il était sur la religion de Dieu, le pur monothéisme 10, qui est la tendance vers la sincérité et le détournement délibéré du faux vers le vrai, contraire au judaïsme, au christianisme et à l'association.
Comme Allah a dit : « Et qui donc se détourne de la religion d'Abraham, sinon celui qui fait preuve de sottise envers lui-même ? Nous l'avons certes élu dans ce monde, et dans l'au-delà il sera parmi les justes. * Quand son Seigneur lui dit : « Soumets-toi », il répondit : « Je me soumets au Seigneur de l'univers. » * Abraham recommanda ceci à ses fils, ainsi que Jacob : « Ô mes fils, certes Allah a choisi pour vous la religion : ne mourez donc qu'en étant soumis [à Lui]. » * Étiez-vous témoins quand la mort se présenta à Jacob ? Il dit à ses fils : « Qu'adorerez-vous après moi ? » Ils répondirent : « Nous adorerons ton Dieu et le Dieu de tes pères, Abraham, Ismaël et Isaac, un Dieu unique, et nous Lui sommes soumis. » * Voilà une génération révolue. À elle ce qu'elle a acquis, et à vous ce que vous avez acquis. Vous ne serez pas interrogés sur ce qu'ils faisaient. * Ils dirent : « Soyez juifs ou chrétiens, vous serez bien guidés. » Dis : « Non, plutôt la religion d'Abraham, le pur monothéiste 14 ; et il n'était point parmi les associateurs. » * Dites : « Nous croyons en Allah, en ce qui nous a été révélé, en ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus 15, en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, et en ce qui a été donné aux prophètes de la part de leur Seigneur. Nous ne faisons aucune distinction entre eux, et nous Lui sommes soumis. » * S'ils croient à ce à quoi vous croyez, ils seront bien guidés ; s'ils s'en détournent, ils seront dans la dissension. Allah te suffira contre eux, et Il est l'Audient, l'Omniscient. * « La teinture d'Allah 16 ! Et qui est meilleur qu'Allah pour teindre ? Et nous sommes Ses adorateurs. » * Dis : « Disputez-vous avec nous au sujet d'Allah, alors qu'Il est notre Seigneur et le vôtre ? À nous nos œuvres, à vous les vôtres, et nous Lui sommes sincères. » * Ou bien dites-vous qu'Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus étaient juifs ou chrétiens ? Dis : « Êtes-vous plus savants qu'Allah ? » Et qui est plus injuste que celui qui cache un témoignage qu'il tient d'Allah ? Et Allah n'est pas inattentif à ce que vous faites. * Voilà une génération révolue. À elle ce qu'elle a acquis, et à vous ce que vous avez acquis. Vous ne serez pas interrogés sur ce qu'ils faisaient. » (Coran 2:130-141) Allah, exalté soit-Il, a donc innocenté Son ami 17 — sur lui la paix — d'avoir été juif ou chrétien, et a montré qu'il était plutôt un pur monothéiste soumis, et non point parmi les associateurs. C'est pourquoi Allah a dit : « Les hommes les plus proches d'Abraham sont ceux qui l'ont suivi » (Coran 3:68), c'est-à-dire ceux qui étaient sur sa religion parmi ses disciples en son temps, et ceux qui se sont attachés à sa religion après eux. « Ainsi que ce Prophète » (Coran 3:68), c'est-à-dire Muhammad — qu'Allah prie sur lui et le salue. Car Allah a légiféré pour lui la religion du pur monothéisme qu'Il avait légiférée pour l'ami intime 17, et Il l'a parachevée pour lui, lui donnant ce qu'Il n'avait donné à aucun prophète ni messager avant lui, comme Allah a dit : « Dis : « Certes, mon Seigneur m'a guidé vers un chemin droit, une religion droite, la religion d'Abraham, le pur monothéiste ; et il n'était point parmi les associateurs. * Dis : « En vérité, ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l'univers. * Nul associé à Lui. Voilà ce qui m'a été ordonné, et je suis le premier des soumis. » » (Coran 6:161-163) Et Il a dit : « Abraham était une communauté 18 dévouée à Allah, pur monothéiste ; il n'était point parmi les associateurs. * Reconnaissant pour Ses bienfaits, Il l'élut et le guida vers un chemin droit. * Nous lui avons donné une belle part en ce monde, et dans l'au-delà il sera parmi les justes. * Puis Nous t'avons révélé : « Suis la religion d'Abraham, le pur monothéiste ; et il n'était point parmi les associateurs. » » (Coran 16:120-123) Al-Bukhari a dit : Ibrahim ibn Musa nous a raconté, Hisham nous a raconté d'après Ma'mar, d'après Ayyub, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbas, que le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue —, lorsqu'il vit les images dans la Maison 19, n'y entra pas avant d'avoir ordonné qu'elles soient effacées. Et il vit Abraham et Ismaël tenant en leurs mains des flèches de divination 20, et il dit : « Qu'Allah les combatte ! Par Allah, ils n'ont jamais tiré au sort avec des flèches de divination ! » Muslim ne l'a pas rapporté. Et dans une autre version d'al-Bukhari : « Qu'Allah les combatte ! Ils savaient bien que notre ancêtre n'a jamais tiré au sort avec elles. » Sa parole : « une communauté » signifie un modèle, un imam bien guidé, appelant au bien, que l'on prend pour guide. « Dévouée à Allah » signifie humble devant Lui dans toutes ses situations, ses mouvements et ses repos. « Pur monothéiste » signifie sincère avec clairvoyance. « Il n'était point parmi les associateurs. * Reconnaissant pour Ses bienfaits » signifie qu'il s'acquittait de la gratitude envers son Seigneur par tous ses membres, son cœur, sa langue et ses œuvres. « Il l'élut » signifie qu'Allah le choisit pour Lui-même et le préféra pour Sa mission. Il le prit pour ami intime 17, et Il réunit pour lui les biens de ce monde et de l'au-delà. Et Allah a dit : « Et qui est meilleur en religion que celui qui soumet son visage à Allah tout en faisant le bien, et qui suit la religion d'Abraham, le pur monothéiste ? Et Allah a pris Abraham pour ami intime 17. » (Coran 4:125) Allah encourage ainsi à suivre Abraham — sur lui la paix — car il était sur la religion droite et le chemin droit, et il s'acquitta de tout ce que son Seigneur lui ordonna. Allah le loua en disant : « Et Abraham qui a parfaitement rempli [ses engagements] » (Coran 53:37). C'est pourquoi Allah le prit pour ami intime 17. L'amitié intime 21 est le degré suprême de l'amour, comme l'a dit l'un d'eux : « Tu as pénétré le chemin de l'esprit en moi, / Et c'est ainsi que l'ami intime 21 est nommé. » C'est ainsi que ce rang fut atteint par le sceau des prophètes et le seigneur des messagers, Muhammad — que les prières et le salut d'Allah soient sur lui —, comme il est établi dans les deux Sahih 22 et autres, d'après le hadith de Jundab al-Bajali, 'Abdullah ibn 'Amr et Ibn Mas'ud, d'après le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — qu'il a dit : « Ô gens, Allah m'a pris pour ami intime 17. » Et il a dit aussi à la fin d'un sermon qu'il prononça : « Ô gens, si je devais prendre un ami intime 17 parmi les habitants de la terre, j'aurais pris Abou Bakr comme ami intime 17, mais votre compagnon est l'ami intime 17 d'Allah. » Les deux [Bukhari et Muslim] l'ont rapporté d'après le hadith d'Abou Sa'id. Et il est également établi d'après le hadith de 'Abdullah ibn al-Zubayr, Ibn 'Abbas et Ibn Mas'ud. Al-Bukhari a rapporté dans son Sahih : Sulayman ibn Harb nous a raconté, Shu'ba nous a raconté d'après Habib ibn Abi Thabit, d'après Sa'id ibn Jubayr, d'après 'Amr ibn Maymun, qui a dit : Lorsque Mu'adh arriva au Yémen, il pria avec eux la prière du matin et récita : « Et Allah a pris Abraham pour ami intime 17. » Un homme de l'assistance dit : « L'œil de la mère d'Abraham s'est réjoui ! » Ibn Mardawayh a dit : 'Abd al-Rahim ibn Muhammad ibn Muslim nous a raconté, Isma'il ibn Ahmad ibn Usayd nous a raconté, Ibrahim ibn Ya'qub al-Juzjani nous a raconté à La Mecque, 'Abdullah al-Hanafi nous a raconté, Zam'a ibn Salih nous a raconté d'après Salama ibn Wahram, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbas, qui a dit : Des gens parmi les compagnons du Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — s'assirent en l'attendant. Il sortit et, lorsqu'il s'approcha d'eux, il les entendit discuter. Il entendit leur conversation : l'un d'eux disait : « Il est étonnant qu'Allah ait pris un ami intime 17 parmi Ses créatures ! Abraham est Son ami intime 17. » Un autre dit : « Quoi de plus étonnant qu'Allah ait parlé à Moïse de vive voix ? » Un autre dit : « Jésus est l'Esprit d'Allah et Sa Parole. » Un autre dit : « Adam, Allah l'a élu. » Il sortit alors vers eux, les salua et dit : « J'ai entendu vos paroles et votre étonnement qu'Abraham soit l'ami intime 17 d'Allah — il en est ainsi —, que Moïse soit l'interlocuteur 23 d'Allah — il en est ainsi —, que Jésus soit Son Esprit et Sa Parole — il en est ainsi —, et qu'Adam, Allah l'ait élu — il en est ainsi. Sachez que je suis le bien-aimé 24 d'Allah, sans vantardise ; sachez que je suis le premier intercesseur et le premier dont l'intercession est agréée, sans vantardise ; et je suis le premier à faire bouger l'anneau de la porte du Paradis, qu'Allah ouvrira et m'y fera entrer avec les pauvres croyants ; et je suis le plus noble des premiers et des derniers au Jour de la Résurrection, sans vantardise. » Ce hadith est étrange par cette voie, mais il a des témoins par d'autres voies. Et Allah sait mieux. Al-Hakim a rapporté dans son Mustadrak d'après le hadith de Qatada, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbas, qui a dit : « Niez-vous que l'amitié intime 21 soit pour Abraham, la parole pour Moïse, et la vision pour Muhammad ? » Que les prières et le salut d'Allah soient sur eux tous.
Ibn Abī Ḥātim a dit : Mon père nous a raconté, Maḥmūd ibn Khālid al-Sulamī nous a raconté, al-Walīd nous a raconté, d’après Isḥāq ibn Yasār, qui a dit : Lorsque Dieu prit Abraham pour ami intime (khalīl), Il jeta dans son cœur une telle crainte que les battements de son cœur s’entendaient de loin, comme on entend le battement d’un oiseau dans l’air. ‘Ubayd ibn ‘Umayr a dit : Abraham (sur lui la paix) avait l’habitude d’héberger les gens. Un jour, il sortit chercher quelqu’un à héberger, mais ne trouva personne. Il retourna chez lui et y trouva un homme debout. Il dit : « Ô serviteur de Dieu, qui t’a fait entrer dans ma maison sans ma permission ? » Il répondit : « J’y suis entré avec la permission de son Seigneur. » Il dit : « Et qui es-tu ? » Il répondit : « Je suis l’Ange de la mort. Mon Seigneur m’a envoyé vers un de Ses serviteurs pour lui annoncer la bonne nouvelle que Dieu l’a pris pour ami intime (khalīl). » Il dit : « Qui est-ce ? Par Dieu, si tu me l’indiques, même s’il se trouve aux confins des terres, j’irai à lui, et je ne cesserai d’être son voisin jusqu’à ce que la mort nous sépare. » Il dit : « Ce serviteur, c’est toi. » Il dit : « Moi ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Par quoi mon Seigneur m’a-t-Il pris pour ami intime (khalīl) ? » Il dit : « Parce que tu donnes aux gens et ne leur demandes rien. » Ceci a été rapporté par Ibn Abī Ḥātim. Dieu Très-Haut l’a mentionné abondamment dans le Coran, en de nombreux endroits, en faisant son éloge et sa louange. On dit qu’il est mentionné en trente-cinq endroits, dont quinze dans la seule sourate al-Baqara. Il est l’un des cinq Prophètes doués de fermeté (ulū al-‘azm) dont les noms sont spécifiquement mentionnés parmi tous les Prophètes dans les deux versets d’al-Aḥzāb et d’al-Shūrā. Ce sont les paroles du Très-Haut : « Et lorsque Nous prîmes l’engagement des Prophètes, et de toi, et de Noé, et d’Abraham, et de Moïse, et de Jésus fils de Marie – et Nous prîmes d’eux un engagement solennel » (Coran 33:7), et Sa parole : « Il vous a prescrit en matière de religion ce qu’Il avait ordonné à Noé, ce que Nous t’avons révélé, et ce que Nous avons ordonné à Abraham, à Moïse et à Jésus : "Établissez la religion et ne vous divisez pas à son sujet" » (Coran 42:13). Ensuite, il est le plus noble des Prophètes doués de fermeté (ulū al-‘azm) après Muḥammad (que Dieu prie sur lui et le salue). C’est lui que le Prophète (sur lui la paix) a trouvé au septième ciel, adossé à la Demeure peuplée (al-bayt al-ma‘mūr), dans laquelle entrent chaque jour soixante-dix mille anges qui n’y reviennent jamais jusqu’à la fin de leur mission. Ce qui est rapporté dans le ḥadīth de Sharīk ibn Abī Namir, d’après Anas, dans le récit du Voyage nocturne (al-isrā’), à savoir qu’Abraham se trouve au sixième ciel et Moïse au septième, fait partie des critiques adressées à Sharīk dans ce ḥadīth. La version correcte est la première. Aḥmad a dit : Muḥammad ibn Bishr nous a raconté, Muḥammad ibn ‘Amr nous a raconté, Abū Salama nous a raconté, d’après Abū Hurayra, qui a dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : « Le noble, fils du noble, fils du noble, fils du noble : Joseph, fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham, l’ami intime du Tout-Miséricordieux (khalīl al-Raḥmān). » Ceci est rapporté uniquement par Aḥmad. Parmi ce qui indique qu’Abraham est supérieur à Moïse, il y a le ḥadīth dans lequel il (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : « J’ai réservé la troisième (invocation) pour le jour où toute la création aspirera à moi, jusqu’à Abraham. » Ceci a été rapporté par Muslim d’après le ḥadīth d’Ubayy ibn Ka‘b (que Dieu l’agrée). C’est la Station digne de louange (al-maqām al-maḥmūd) dont il a informé, que les prières et les saluts de Dieu soient sur lui, par sa parole : « Je suis le maître des fils d’Adam au Jour de la Résurrection, et ce n’est pas de l’orgueil. » Puis il mentionna l’intercession des gens par Adam, puis par Noé, puis par Abraham, puis par Moïse, puis par Jésus, et tous s’en détournent jusqu’à ce qu’ils viennent à Muḥammad (que Dieu prie sur lui et le salue), qui dit : « Je m’en charge, je m’en charge », jusqu’à la fin du ḥadīth. Al-Bukhārī a dit : ‘Alī ibn ‘Abd Allāh nous a raconté, Yaḥyā ibn Sa‘īd nous a raconté, ‘Ubayd Allāh nous a raconté, Sa‘īd m’a raconté, d’après son père, d’après Abū Hurayra, qui a dit : On demanda : « Ô Messager de Dieu, qui est la personne la plus noble ? » Il dit : « La plus noble d’entre eux est la plus pieuse. » Ils dirent : « Ce n’est pas de cela que nous te demandons. » Il dit : « Alors la personne la plus noble est Joseph, le Prophète de Dieu, fils du Prophète de Dieu, fils du Prophète de Dieu, fils de l’ami intime de Dieu (khalīl Allāh). » Ils dirent : « Ce n’est pas de cela que nous te demandons. » Il dit : « Est-ce donc au sujet des origines des Arabes que vous me questionnez ? » [Ils dirent : « Oui. » Il dit :] « Les meilleurs d’entre eux dans la période préislamique sont les meilleurs d’entre eux dans l’Islam, lorsqu’ils acquièrent la compréhension religieuse (fiqh). » C’est ainsi que l’ont rapporté al-Bukhārī en d’autres endroits, ainsi que Muslim et al-Nasā’ī, par plusieurs voies, d’après Yaḥyā ibn Sa‘īd al-Qaṭṭān, d’après ‘Ubayd Allāh – qui est Ibn ‘Umar – al-‘Umarī. Puis al-Bukhārī a dit : Abū Usāma et Mu‘tamir ont dit, d’après ‘Ubayd Allāh, d’après Sa‘īd, d’après Abū Hurayra, d’après le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue). Je dis : Il l’a également rapporté avec une chaîne complète (musnad) en un autre endroit, d’après leur ḥadīth et celui de ‘Abda ibn Sulaymān. Al-Nasā’ī l’a rapporté d’après le ḥadīth de Muḥammad ibn Bishr – tous les quatre d’après ‘Ubayd Allāh ibn ‘Umar, d’après Sa‘īd, d’après Abū Hurayra, d’après le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) [et ils n’ont pas mentionné son père]. Aḥmad a dit : Muḥammad ibn Bishr nous a raconté, Muḥammad ibn ‘Amr nous a raconté, Abū Salama nous a raconté, d’après Abū Hurayra, qui a dit : Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : « Le noble, fils du noble, fils du noble, fils du noble : Joseph, fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham, l’ami intime de Dieu (khalīl Allāh). » Ceci est rapporté uniquement par Aḥmad. Al-Bukhārī a dit : ‘Abda nous a raconté, ‘Abd al-Ṣamad ibn ‘Abd al-Raḥmān nous a raconté, d’après son père, d’après Ibn ‘Umar, d’après le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue), qui a dit : « Le noble, fils du noble, fils du noble, fils du noble : Joseph, fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham. » Ceci est rapporté uniquement par la voie de ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Abd Allāh ibn Dīnār, d’après son père, d’après Ibn ‘Umar. Quant au ḥadīth rapporté par l’imam Aḥmad : Yaḥyā nous a raconté, d’après Sufyān, Mughīra ibn al-Nu‘mān m’a raconté, d’après Sa‘īd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbās, d’après le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) : « Les gens seront rassemblés nus et incirconcis, et le premier à être vêtu sera Abraham (sur lui la paix) », puis il récita : « Comme Nous avons commencé la première création, Nous la recommencerons » (Coran 21:104). Les deux (al-Bukhārī et Muslim) l’ont rapporté dans les deux recueils authentiques (Ṣaḥīḥayn) d’après le ḥadīth de Sufyān al-Thawrī et Shu‘ba ibn al-Ḥajjāj, tous deux d’après Mughīra ibn al-Nu‘mān al-Nakha‘ī al-Kūfī, d’après Sa‘īd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbās. Cette vertu spécifique n’implique pas une supériorité absolue par rapport à ce qui lui correspond et qui est établi pour le détenteur de la Station digne de louange (al-maqām al-maḥmūd), que les premiers et les derniers lui envient. Quant à l’autre ḥadīth, où l’imam Aḥmad a dit : Wakī‘ et Abū Nu‘aym nous ont raconté, Sufyān – c’est al-Thawrī – nous a raconté, d’après Mukhtār [ibn Mukhtār] ibn Fulful, d’après Anas ibn Mālik, qui a dit : Un homme dit au Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) : « Ô le meilleur des créatures ! » Il répondit : « Cela est Abraham. » Muslim l’a rapporté d’après le ḥadīth d’al-Thawrī, ‘Abd Allāh ibn Idrīs, ‘Alī ibn Mushir et Muḥammad ibn Fuḍayl – tous les quatre d’après al-Mukhtār ibn Fulful. Al-Tirmidhī a dit : « Ḥasan ṣaḥīḥ. » Ceci relève de l’humilité et de la modestie envers son père l’ami intime (al-khalīl) (sur lui la paix), comme il a dit : « Ne me préférez pas aux Prophètes » et « Ne me préférez pas à Moïse, car les gens seront frappés d’évanouissement au Jour de la Résurrection, et je serai le premier à reprendre conscience, et je trouverai Moïse agrippé au pied du Trône ; je ne sais s’il a repris conscience avant moi ou s’il a été récompensé par l’évanouissement du Mont Sinaï. » Tout cela ne contredit pas ce qui est établi de manière mutawātir d’après lui (que les prières et les saluts de Dieu soient sur lui), à savoir qu’il est le maître des fils d’Adam au Jour de la Résurrection. De même, le ḥadīth d’Abū (Ubayy) ibn Ka‘b dans le Ṣaḥīḥ de Muslim : « J’ai réservé la troisième (invocation) pour le jour où toute la création aspirera à moi, jusqu’à Abraham. »
Et comme Abraham, sur lui la paix, était le meilleur des messagers et des Prophètes résolus 25 après Muhammad, que les prières et la paix de Dieu soient sur eux tous, le fidèle en prière a reçu l'ordre de dire dans son tashahhud 26 ce qui est établi dans les deux Sahih 27 d'après le hadith de Ka'b ibn 'Ujra et d'autres : il dit : « Nous avons dit : Ô Messager de Dieu, ce salut sur toi, nous le connaissons ; mais comment prier sur toi ? » Il dit : « Dites : Ô Dieu, prie sur Muhammad et sur la famille de Muhammad 28 comme Tu as prié sur Abraham et sur la famille d'Abraham ; et bénis Muhammad et la famille de Muhammad comme Tu as béni Abraham et la famille d'Abraham ; Tu es le Loué, le Glorieux. » Et Dieu Très-Haut dit : « Et Abraham qui a parfaitement accompli 29 ». Ils dirent : Il a parfaitement accompli tout ce qui lui a été ordonné, et il s'est acquitté de toutes les qualités de la foi et de ses branches ; le souci de la grande affaire ne l'empêchait pas de s'occuper de la petite affaire, et l'accomplissement des charges des grands intérêts ne lui faisait pas oublier les petits. 'Abd ar-Razzaq dit : Ma'mar nous a rapporté d'après Ibn Tawus d'après son père, d'après Ibn 'Abbas au sujet de Sa parole Très-Haut : « Et quand son Seigneur éprouva Abraham par des paroles, et il les accomplit parfaitement » 30 : Il dit : Dieu l'éprouva par la purification : cinq choses concernant la tête, et cinq concernant le corps. Concernant la tête : la coupe de la moustache, le rinçage de la bouche, le siwak 31, le rinçage du nez, et le fait de se faire la raie 32. Et concernant le corps : la coupe des ongles, le rasage du pubis, la circoncision, l'épilation des aisselles, et le lavage des traces des selles et de l'urine avec de l'eau. Ibn Abi Hatim l'a rapporté. Et il dit : Et il a été rapporté de Sa'id ibn al-Musayyab, Mujahid, ash-Sha'bi, an-Nakha'i, Abu Salih et Abu al-Jald quelque chose de semblable. Je dis : Et dans les deux Sahih, d'après Abu Hurayra, d'après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, il dit : « La fitra 33 est au nombre de cinq : la circoncision, le rasage du pubis, la coupe de la moustache, la coupe des ongles et l'épilation des aisselles. » Et dans le Sahih de Muslim et les auteurs des Sunan 34, d'après le hadith de Waki', d'après Zakariyya ibn Abi Za'ida, d'après Mus'ab ibn Shayba al-'Abdari al-Makki al-Hajabi, d'après Talq ibn Habib al-'Anzi, d'après 'Abdullah ibn az-Zubayr, d'après 'Aïsha, elle dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : « Dix choses relèvent de la fitra : la coupe de la moustache, le fait de laisser pousser la barbe, le siwak, le rinçage du nez avec de l'eau, la coupe des ongles, le lavage des articulations 35, l'épilation des aisselles, le rasage du pubis, et l'istinja' 36 avec de l'eau. » Et il viendra [dans le récit de la durée de sa vie et le discours sur la circoncision]. Et le but est que lui, sur lui la prière et la paix, le fait de s'adonner à la sincérité pour Dieu Puissant et Majesté et à l'humilité de la grande adoration ne l'empêchait pas de veiller à l'intérêt de son corps, et de donner à chaque membre ce qu'il mérite comme réforme et embellissement, et d'éliminer ce qui le déshonore : excès de poils ou d'ongles, ou présence de tartre 37 ou de saleté. Cela fait partie de Sa parole Très-Haut à son sujet, parmi les éloges immenses : « Et Abraham qui a parfaitement accompli. »
- imām : Guide spirituel et temporel, modèle à suivre.
- min aṣ-ṣāliḥīn : Parmi les justes, les vertueux.
- ṣirāṭ mustaqīm : Chemin droit, voie de la rectitude.
- Allāhu a‘lam : Dieu sait mieux (formule de réserve).
- an-nubuwwa wa l-kitāb : La prophétie et le Livre (révélé).
- Isḥāq : Isaac, fils d'Abraham et de Sara.
- fa-ṣurhunna ilayka : Incline-les vers toi, ou : tourne-les vers toi (sens exégétique discuté).
- ‘azīz ḥakīm : Puissant et Sage (deux attributs divins).
- fa-yulqī ra’sahu : Il jette sa tête (pour la replacer sur son corps).
- ḥanīf : Monothéiste pur, incliné vers la vraie religion, éloigné de toute association.
- muslim : Soumis à Dieu, croyant en Son unicité.
- waliyy al-mu’minīn : Protecteur des croyants.
- milla wa ṭarīqa : Religion et voie (manière de vivre et de croire).
- ḥanīf : Pur monothéiste, celui qui se tourne exclusivement vers Allah en rejetant toute forme d'association.
- al-asbāṭ : Les Tribus, désignant les douze fils de Jacob et leurs descendants, considérés comme des prophètes ou des guides.
- ṣibghat Allāh : La teinture d'Allah, métaphore de la religion naturelle et pure qu'Allah a imprimée dans la nature humaine.
- khalīl : Ami intime, terme désignant Abraham en raison de l'amour exclusif et de l'intimité spirituelle avec Allah.
- umma : Communauté, mais ici au sens de modèle ou guide exemplaire.
- al-bayt : La Maison, c'est-à-dire la Kaaba à La Mecque.
- azlām : Flèches de divination utilisées par les polythéistes pour consulter le sort.
- khulla : Amitié intime, degré suprême d'amour et de proximité spirituelle.
- al-Ṣaḥīḥayn : Les deux recueils de hadiths authentiques d'al-Bukhari et de Muslim.
- kalīm : Interlocuteur, celui à qui Allah a parlé directement, attribut de Moïse.
- ḥabīb : Bien-aimé, titre donné à Muhammad en raison de l'amour spécial d'Allah pour lui.
- Ūlū al-‘Azm : Les Prophètes résolus, ceux qui ont enduré les plus grandes épreuves dans la prédication, au nombre de cinq selon la tradition : Noé, Abraham, Moïse, Jésus et Muhammad.
- Tashahhud : La profession de foi récitée lors de la position assise dans la prière rituelle, comprenant les salutations à Dieu, au Prophète et aux croyants.
- Sahihayn : Les deux recueils de hadiths considérés comme les plus authentiques : le Sahih d'al-Bukhari et le Sahih de Muslim.
- Āl : La famille ou les proches du Prophète, incluant ses descendants et ses épouses, selon les interprétations.
- Wafā : Accomplir parfaitement, remplir entièrement ses obligations ; ici, Abraham a parfaitement exécuté tout ce qui lui a été ordonné.
- Kalimāt : Paroles ou commandements par lesquels Dieu a éprouvé Abraham ; interprétés comme les rites de purification mentionnés ensuite.
- Siwāk : Bâtonnet utilisé pour nettoyer les dents, recommandé dans la tradition islamique comme pratique de purification.
- Farq ar-ra’s : Le fait de se faire une raie dans les cheveux, considéré comme une pratique de propreté et de beauté.
- Fiṭra : La nature originelle ou la disposition innée de l'homme, incluant des pratiques de purification physique et spirituelle.
- Sunan : Les recueils de hadiths des quatre auteurs des Sunan : Abu Dawud, at-Tirmidhi, an-Nasa'i et Ibn Maja.
- Barājim : Les articulations des doigts ; les laver fait partie des pratiques de propreté recommandées.
- Istinjā’ : Le nettoyage des parties intimes après avoir satisfait les besoins naturels, généralement avec de l'eau.
- Qalaḥ : Le tartre ou la saleté qui s'accumule sur les dents ; son élimination est recommandée pour la propreté.
Il mentionna son palais au Paradis [1].
Mention de son palais au Paradis Al-Hâfiz Abû Bakr al-Bazzâr a dit : Ahmad ibn Sinân al-Qattân al-Wâsitî et Muhammad ibn Mûsâ al-Qattân nous ont rapporté : Yazîd ibn Hârûn nous a rapporté, de Hammâd ibn Salama, de Simâk, d'‘Ikrima, d'Abû Hurayra, qui a dit : Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, a dit : « Il y a au Paradis un palais – je pense qu'il a dit : de perle – sans fissure ni brèche, qu'Allah a préparé comme demeure pour Son ami intime 1 Ibrâhîm, sur lui la paix. » Al-Bazzâr a dit : Et Ahmad ibn Jamîl al-Marwazî nous a rapporté, d'al-Nadr ibn Shumayl, de Hammâd ibn Salama, de Simâk, d'‘Ikrima, d'Abû Hurayra, du Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, un récit similaire. Puis il a dit : Ce hadith, nous ne connaissons personne qui l'ait rapporté de Hammâd ibn Salama en le remontant [au Prophète] 2 si ce n'est Yazîd ibn Hârûn et al-Nadr ibn Shumayl ; d'autres le rapportent comme une parole arrêtée [à un Compagnon] 3. Je dis : Sans cette faiblesse, il serait selon les conditions du hadith authentique 4. Ils ne l'ont pas recueilli [dans leurs recueils canoniques]. Mention de la description d'Ibrâhîm, sur lui la paix L'imam Ahmad a dit : Yûnus et Hujayn nous ont rapporté, tous deux disant : Al-Layth nous a rapporté, d'Abû al-Zubayr, de Jâbir, du Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, qu'il a dit : « Les prophètes m'ont été présentés, et voici que Mûsâ était un homme robuste, comme un homme de Shanû'a 5 ; j'ai vu ‘Îsâ ibn Maryam, et voici qu'il ressemblait le plus à ‘Urwa ibn Mas‘ûd ; j'ai vu Ibrâhîm, et voici que celui qui lui ressemble le plus est Dihya 6. » L'imam Ahmad est le seul à l'avoir rapporté par cette chaîne et avec cette formulation. Et Ahmad a dit : Aswad ibn ‘Âmir nous a rapporté, Isrâ'îl nous a rapporté, de ‘Uthmân – c'est-à-dire Ibn al-Mughîra – de Mujâhid, d'Ibn ‘Abbâs, qui a dit : Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, a dit : « J'ai vu ‘Îsâ ibn Maryam, Mûsâ et Ibrâhîm. Quant à ‘Îsâ, il était roux, aux cheveux crépus, large de poitrine ; quant à Mûsâ, il était brun et corpulent. » Ils lui dirent : Et Ibrâhîm ? Il dit : « Regardez votre compagnon » – c'est-à-dire lui-même. Et al-Bukhârî a dit : Bunân ibn ‘Amr nous a rapporté, al-Nadr nous a rapporté, Ibn ‘Awn nous a informé, de Mujâhid, qu'il a entendu Ibn ‘Abbâs – et ils lui mentionnèrent le Dajjâl [et qu'entre ses yeux était écrit] 7 « kâfir » ou « k f r » –, il dit : Je ne l'ai pas entendu, mais il a dit : Le Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, a dit : « Quant à Ibrâhîm, regardez votre compagnon ; quant à Mûsâ, il était aux cheveux crépus, brun, monté sur un chameau roux, muselé avec une corde de fibres 8 ; comme si je le voyais descendre dans la vallée. » Al-Bukhârî et Muslim l'ont également rapporté, d'après Muhammad ibn al-Muthannâ, d'Ibn Abî ‘Adî, de ‘Abd Allâh ibn ‘Awn, par la même chaîne. Et c'est ainsi que l'ont rapporté al-Bukhârî également dans le Livre du Pèlerinage et dans le Livre du Vêtement, et Muslim, tous d'après Muhammad ibn al-Muthannâ, d'Ibn Abî ‘Adî, de ‘Abd Allâh ibn ‘Awn, par la même chaîne.
- khalîl : Ami intime, titre spécifique donné à Abraham dans la tradition islamique, indiquant une relation d'amour et d'élection divine.
- asnada : Remonter la chaîne de transmission jusqu'au Prophète, rendant le hadith 'marfû‘' (élevé).
- mawqûf : Hadith dont la chaîne s'arrête à un Compagnon, sans remonter jusqu'au Prophète.
- shart al-sahîh : Conditions de validité du hadith authentique selon les critères des grands traditionnistes comme al-Bukhârî et Muslim.
- Shanû'a : Tribu yéménite réputée pour la force et la robustesse de ses hommes.
- Dihya : Dihya al-Kalbî, Compagnon du Prophète, connu pour sa beauté.
- kâfir : Mécréant ; lettres 'kâf', 'fâ'', 'râ'' écrites entre les yeux du Dajjâl (l'Antéchrist).
- khulba : Fibre végétale, ou corde faite de cette fibre, utilisée pour museler un animal.
On mentionne la mort d'Abraham, l'ami intime [1], et ce qui a été dit sur son âge.
Mention de la mort d'Abraham l'Ami intime 1 et ce qui a été dit sur son âge. Ibn Jarîr a mentionné dans son Histoire que sa naissance eut lieu à l'époque de Namrûd 2 fils de Kan‘ân, lequel est – selon ce qui a été dit – le célèbre roi Dahhâk, dont on dit qu'il régna mille ans et qu'il était d'une extrême tyrannie et injustice. Certains ont mentionné qu'il était issu des Banû Râsib, vers qui Noé – sur lui la paix – fut envoyé, et qu'il était alors le roi du monde. Ils ont rapporté qu'une étoile apparut, éclipsant la lumière du soleil et de la lune, ce qui effraya les gens de ce temps et terrifia Namrûd. Il rassembla les prêtres et les astrologues et les interrogea à ce sujet. Ils dirent : « Il naîtra dans ton royaume un enfant par qui ton règne prendra fin. » Alors il ordonna d'empêcher les hommes d'approcher les femmes et de tuer les nouveau-nés à partir de ce moment. La naissance d'Abraham l'Ami intime eut lieu à cette époque, mais Allah – Puissant et Majestueux – le protégea et le préserva de la ruse des scélérats. Il grandit d'une jeunesse éclatante et Allah le fit croître d'une belle croissance, jusqu'à ce qu'il advienne ce qui a été rapporté précédemment. Sa naissance eut lieu à Sûs 3 ; on dit aussi à Bâbil 4 ; on dit encore à Sawâd 5 dans la région de Kûthâ 6. Il a été rapporté d'après Ibn ‘Abbâs qu'il naquit à Barzah 7, à l'est de Damas. Lorsqu'Allah eut fait périr Namrûd par sa main, il émigra vers Harrân 8, puis vers la terre de Syrie 9, et il séjourna dans la région d'Îliyâ 10, comme nous l'avons mentionné. Il lui naquit Ismaël et Isaac. Sârah mourut avant lui dans le village de Hébron 11, qui se trouve en terre de Canaan, à l'âge de cent vingt-sept ans, selon ce que rapportent les Gens du Livre 12. Abraham – sur lui la paix – en fut affligé, il la pleura – qu'Allah lui fasse miséricorde – et il acheta une grotte à un homme des Banû Hît 13, nommé ‘Afrôn 14 fils de Sakhri, pour quatre cents mithqâls 15, et il y enterra Sârah. Ils dirent : Ensuite, Abraham demanda pour son fils Isaac la main de Rifqâ 16, fille de Bétouël 17 fils de Nâhôr 18 fils de Târah 19, et il envoya son serviteur la chercher de son pays, avec sa nourrice et ses servantes, sur des chameaux. Ils dirent : Puis Abraham – sur lui la paix – épousa Qantûrâ 20, qui lui enfanta : Zamrân 21, Yaqshân 22, Mâdân 23, Madyan 24, Shiyâq 25 et Shûh 26. Ils mentionnèrent ce qu'engendra chacun de ces fils de Qantûrâ. Ibn ‘Asâkir a rapporté d'après plusieurs prédécesseurs 27, d'après les récits des Gens du Livre, de nombreux récits concernant la venue de l'Ange de la mort 28 à Abraham – sur lui la paix – dont Allah seul connaît l'authenticité. Il a été dit qu'il mourut subitement, ainsi que David et Salomon. Mais ce qu'ont rapporté les Gens du Livre et d'autres contredit cela. Ils dirent : Ensuite, Abraham – sur lui la paix – tomba malade et mourut à cent soixante-quinze ans, selon certains, ou cent quatre-vingt-dix ans, et il fut enterré dans la grotte mentionnée, qui se trouvait à Hébron, chez les Hittites 29, auprès de son épouse Sârah, dans le champ d‘Afrôn le Hittite. Ismaël et Isaac – que les prières et la paix d'Allah soient sur eux tous – s'occupèrent de son enterrement. Il est rapporté ce qui indique qu'il vécut deux cents ans, comme l'a dit Ibn al-Kalbî 30. Abû Hâtim Ibn Hibbân a dit dans son recueil authentique : Al-Mufaddal ibn Muhammad al-Jundî nous a informés à La Mecque, ‘Alî ibn Ziyâd al-Lakhmî nous a raconté, Abû Qurra nous a raconté d'après Ibn Jurayj, d'après Yahyâ ibn Sa‘îd, d'après Sa‘îd ibn al-Musayyab, d'après Abû Hurayra, que le Prophète – sur lui la paix et le salut – a dit : « Abraham s'est circoncis avec le Qadûm 31 à l'âge de cent vingt ans, et il vécut après cela quatre-vingts ans. » Le Hâfiz 32 Ibn ‘Asâkir l'a rapporté par la voie de ‘Ikrima ibn Ibrâhîm et Ja‘far ibn ‘Awn al-‘Amrî, d'après Yahyâ ibn Sa‘îd, d'après Sa‘îd, d'après Abû Hurayra, comme une parole suspendue 33. Puis Ibn Hibbân a dit : Mention du récit qui réfute la prétention de ceux qui soutiennent que l'élévation [de ce hadith] est une erreur : Muhammad ibn ‘Abd Allâh ibn al-Junayd nous a informés, Qutayba ibn Sa‘îd nous a raconté, al-Layth nous a raconté d'après Ibn ‘Ajlân, d'après son père, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète – sur lui la paix et le salut – qui a dit : « Abraham s'est circoncis lorsqu'il eut cent vingt ans, et il vécut après cela quatre-vingts ans, et il se circoncit avec un Qadûm. » Le Hâfiz Ibn ‘Asâkir l'a rapporté par la voie de Yahyâ ibn Sa‘îd, d'après Ibn ‘Ajlân, d'après son père, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète – sur lui la paix et le salut. Puis Ibn Hibbân a rapporté d'après ‘Abd ar-Razzâq qu'il a dit : Al-Qadûm est le nom du village. Je dis : Ce qui est dans le recueil authentique, c'est qu'il se circoncit alors qu'il avait quatre-vingts ans. Et dans une version : alors qu'il était âgé de quatre-vingts ans, et dans ces deux versions il n'est pas question de ce qu'il vécut après cela. Et Allah sait mieux. Muhammad ibn Ismâ‘îl al-Hânî al-Wâsitî a ajouté dans l'exégèse de Wakî‘ d'après lui, parmi les additions qu'il a mentionnées : Abû Mu‘âwiya nous a raconté, d'après Yahyâ ibn Sa‘îd, d'après Sa‘îd ibn al-Musayyab, d'après Abû Hurayra, qui a dit : Abraham fut le premier à porter le pantalon 34, le premier à se faire la raie 35, le premier à se raser le pubis 36, le premier à se circoncire avec le Qadûm, à l'âge de cent vingt ans, et il vécut après cela quatre-vingts ans, le premier à honorer l'hôte, et le premier à avoir des cheveux blancs. Ainsi rapporté comme parole suspendue. Et cela ressemble plus à une parole élevée 37, contrairement à l'avis d'Ibn Hibbân. Et Allah sait mieux. Mâlik a dit d'après Yahyâ ibn Sa‘îd ibn al-Musayyab : Abraham fut le premier à recevoir l'hôte, le premier parmi les hommes à tailler sa moustache, et le premier à voir des cheveux blancs. Il dit : « Seigneur, qu'est-ce que cela ? » Allah dit : « C'est la dignité. » Il dit : « Seigneur, augmente-moi en dignité. » D'autres ont ajouté : le premier à tailler sa moustache, le premier à se raser le pubis, et le premier à porter le pantalon. Sa tombe, celle de son fils Isaac, et celle du fils de son fils Jacob, se trouvent dans l'enceinte 38 que Salomon fils de David – sur lui la paix – construisit dans la ville de Hébron, qui est la ville connue aujourd'hui sous le nom d'al-Khalîl 39. Ceci est reçu par transmission successive 40 de génération en génération, depuis l'époque des Enfants d'Israël jusqu'à notre époque, que sa tombe se trouve dans l'enceinte, de manière certaine. Quant à la déterminer précisément, il n'y a pas de rapport authentique émanant d'un infaillible 41. Il convient donc de respecter ce lieu et de le vénérer comme il se doit, de l'honorer et de le considérer comme sacré, au point de ne pas y jeter d'ordures, de peur que la tombe de l'Ami intime ou l'un de ses fils prophètes – sur eux la paix – ne se trouve en dessous. Ibn ‘Asâkir a rapporté avec sa chaîne de transmission jusqu'à Wahb ibn Munabbih, qui a dit : On trouva près de la tombe d'Abraham l'Ami intime, sur une pierre, une inscription gravée : « L'espoir a distrait l'ignorant ; meurt celui dont le terme est venu. Et celui qui approche de sa mort, ses ruses ne lui servent à rien. Comment pourrait subsister le dernier, alors que le premier est mort avant lui ? L'homme n'a pour compagnon dans la tombe que son œuvre. » Mention des enfants d'Abraham l'Ami intime. Le premier qui lui naquit fut Ismaël, de Hâjar 42 l'Égyptienne copte. Puis lui naquit Isaac, de Sârah, fille de l'oncle paternel de l'Ami intime. Ensuite, après elle, il épousa Qantûrâ, fille de Yaqtân 43 la Cananéenne, qui lui enfanta six fils : Madyan, Zamrân, Saraj 44, Yaqshân, Nashaq 45, et le sixième n'est pas nommé. Puis, après elle, il épousa Hajûn 46, fille d'Amîn 47, qui lui enfanta cinq fils : Kaysân 48, Sûraj 49, Amîm 50, Lûtân 51 et Nâfas 52. C'est ainsi que l'a mentionné Abû al-Qâsim as-Suhaylî dans son livre « at-Ta‘rîf wa al-A‘lâm ». Histoire de Loth – sur lui la paix. Parmi les événements majeurs survenus durant la vie d'Abraham l'Ami intime, il y a l'histoire du peuple de Loth – sur lui la paix – et le châtiment universel qui s'abattit sur eux. En effet, Loth fils de Hârân 53 fils de Târah – lequel est Âzar 54, comme cela a été dit – Loth est le neveu d'Abraham l'Ami intime. Abraham, Hârân et Nâhôr sont frères, comme nous l'avons dit. On dit que ce Hârân est celui qui bâtit Harrân. Ceci est faible, car cela contredit ce qui est dans les mains des Gens du Livre. Et Allah Très-Haut sait mieux.
Lot avait quitté le campement de son oncle al-Khalîl 55 — paix sur eux — sur son ordre et avec sa permission, et s'était installé dans la ville de Sodome, dans la région du Ghor de Zoar 56. Cette ville était la métropole de cette contrée, avec ses terres, ses cultures et ses villages qui en dépendaient. Ses habitants étaient parmi les plus pervers, les plus mécréants et les plus mauvais de cœur, les plus vils dans leur for intérieur et leur conduite : ils coupaient les routes, commettaient des actes répréhensibles dans leurs assemblées et ne s'interdisaient pas mutuellement le mal qu'ils faisaient. Quelle mauvaise action était la leur ! Ils avaient inventé une abomination que nul parmi les fils d'Adam n'avait commise avant eux : approcher les mâles parmi les humains 57 et délaisser ce qu'Allah a créé pour Ses serviteurs vertueux, à savoir les femmes. Lot les appela à adorer Allah seul, sans associé, et leur interdit de commettre ces actes illicites, ces turpitudes et ces actions abominables. Mais ils persistèrent dans leur égarement et leur tyrannie, s'obstinant dans leur perversité et leur mécréance. Allah fit alors descendre sur eux un châtiment irrésistible, qu'ils n'avaient ni imaginé ni prévu, et fit d'eux un exemple pour les mondes et une leçon pour les sages parmi les hommes. C'est pourquoi Allah le Très-Haut a mentionné leur histoire en de nombreux endroits de Son Livre explicite. Il a dit dans la sourate al-A‘râf : « Et Lot, quand il dit à son peuple : “Commettrez-vous cette turpitude que nul avant vous n'a commise parmi les mondes ? Vous venez aux hommes avec désir, plutôt qu'aux femmes. Vous êtes un peuple outrancier.” Et la réponse de son peuple ne fut que : “Expulsez la famille de Lot de votre cité : ce sont des gens qui se veulent purs.” Nous le sauvâmes donc, lui et sa famille, sauf sa femme : elle fut parmi les anéantis. Et Nous fîmes pleuvoir sur eux une pluie. Regarde donc quelle fut la fin des criminels. » 58 Et Il a dit dans la sourate Hûd : « Nos messagers vinrent à Abraham avec la bonne nouvelle. Ils dirent : “Paix !” Il dit : “Paix !” Et il ne tarda pas à apporter un veau rôti. Quand il vit que leurs mains ne l'atteignaient pas, il les trouva étranges et conçut de la crainte à leur égard. Ils dirent : “Ne crains rien, nous sommes envoyés au peuple de Lot.” Sa femme était debout et elle rit. Nous lui annonçâmes donc Isaac, et après Isaac, Jacob. Elle dit : “Malheur à moi ! Enfanterai-je alors que je suis vieille et que mon mari est un vieillard ? C'est vraiment une chose étonnante !” Ils dirent : “T'étonnes-tu de l'ordre d'Allah ? Que la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions soient sur vous, gens de la maison ! Il est digne de louange et de gloire.” Quand la frayeur d'Abraham se fut dissipée et que la bonne nouvelle lui fut venue, il discuta avec Nous au sujet du peuple de Lot. Abraham était, certes, indulgent, implorant et repentant. “Ô Abraham, écarte-toi de cela ! L'ordre de ton Seigneur est venu, et un châtiment inéluctable va les atteindre.” Quand Nos messagers vinrent à Lot, il fut affligé pour eux et se sentit impuissant à les protéger. Il dit : “Voici un jour terrible.” Son peuple vint à lui en courant, et auparavant ils commettaient de mauvaises actions. Il dit : “Ô mon peuple, voici mes filles : elles sont plus pures pour vous. Craignez Allah et ne me déshonorez pas dans mes hôtes. N'y a-t-il pas parmi vous un homme sensé ?” Ils dirent : “Tu sais bien que nous n'avons aucun droit sur tes filles, et tu sais ce que nous voulons.” Il dit : “Si seulement j'avais de la force contre vous, ou si je pouvais trouver un appui solide !” Ils dirent : “Ô Lot, nous sommes les messagers de ton Seigneur. Ils ne pourront pas t'atteindre. Pars avec ta famille pendant la nuit, et que nul d'entre vous ne se retourne, excepté ta femme : elle sera atteinte par ce qui les atteindra. Leur rendez-vous est au matin. Le matin n'est-il pas proche ?” Quand vint Notre ordre, Nous renversâmes [la cité] de fond en comble et fîmes pleuvoir sur elle des pierres d'argile cuite 59, disposées en couches, marquées auprès de ton Seigneur. Et elles ne sont pas loin des injustes. » 60 Et Il a dit dans la sourate al-Hijr : « Informe-les des hôtes d'Abraham. Quand ils entrèrent chez lui et dirent : “Paix !” Il dit : “Nous avons peur de vous.” Ils dirent : “N'aie pas peur, nous t'annonçons la bonne nouvelle d'un garçon savant.” Il dit : “M'annoncez-vous cela alors que la vieillesse m'a touché ? De quoi m'annoncez-vous donc la bonne nouvelle ?” Ils dirent : “Nous t'annonçons la vérité. Ne sois donc pas de ceux qui désespèrent.” Il dit : “Et qui désespère de la miséricorde de son Seigneur, sinon les égarés ?” Il dit : “Quelle est donc votre affaire, ô envoyés ?” Ils dirent : “Nous sommes envoyés à un peuple criminel, excepté la famille de Lot : nous les sauverons tous, sauf sa femme : Nous avons décrété qu'elle sera parmi les anéantis.” Quand les envoyés vinrent à la famille de Lot, il dit : “Vous êtes un peuple inconnu.” Ils dirent : “Nous t'avons apporté ce dont ils doutaient. Nous t'avons apporté la vérité, et nous sommes véridiques. Pars avec ta famille pendant la nuit, suis leurs traces, et que nul d'entre vous ne se retourne. Allez là où on vous ordonne.” Nous lui révélâmes cet ordre : “Ces gens seront anéantis au matin.” Les habitants de la ville vinrent, se réjouissant. Il dit : “Voici mes hôtes, ne me déshonorez pas. Craignez Allah et ne me couvrez pas de honte.” Ils dirent : “Ne t'avons-nous pas interdit de [recevoir] les gens ?” Il dit : “Voici mes filles, si vous voulez agir.” Par ta vie ! Ils étaient dans leur ivresse, errant aveuglément. Le Cri les saisit au lever du soleil. Nous renversâmes [la cité] de fond en comble et fîmes pleuvoir sur eux des pierres d'argile cuite. Il y a là des signes pour ceux qui savent observer. Et elle [la cité] est sur un chemin qui subsiste. Il y a là un signe pour les croyants. » 61 Et Il a dit dans la sourate ach-Chu‘arâ’ : « Le peuple de Lot traita les messagers de menteurs. Quand leur frère Lot leur dit : “Ne craindrez-vous pas [Allah] ? Je suis pour vous un messager digne de confiance. Craignez Allah et obéissez-moi. Je ne vous demande pas de salaire pour cela ; mon salaire n'incombe qu'au Seigneur des mondes. Vous approchez-vous des mâles parmi les humains, et délaissez-vous ce que votre Seigneur a créé pour vous, vos épouses ? Vous êtes un peuple transgresseur.” Ils dirent : “Si tu ne cesses pas, ô Lot, tu seras certainement expulsé.” Il dit : “Je répugne à votre action. Seigneur, sauve-moi ainsi que ma famille de ce qu'ils font.” Nous le sauvâmes donc, lui et toute sa famille, excepté une vieille femme parmi les anéantis. Puis Nous anéantîmes les autres. Nous fîmes pleuvoir sur eux une pluie. Quelle mauvaise pluie pour ceux qui avaient été avertis ! Il y a là un signe, mais la plupart d'entre eux n'étaient pas croyants. Et ton Seigneur, c'est Lui le Puissant, le Miséricordieux. » 62 Et Il a dit dans la sourate an-Naml : « Et Lot, quand il dit à son peuple : “Commettrez-vous cette turpitude alors que vous voyez clair ? Vous venez aux hommes avec désir, plutôt qu'aux femmes. Vous êtes un peuple ignorant.” La réponse de son peuple ne fut que : “Expulsez la famille de Lot de votre cité : ce sont des gens qui se veulent purs.” Nous le sauvâmes donc, lui et sa famille, excepté sa femme : Nous avions décrété qu'elle serait parmi les anéantis. Et Nous fîmes pleuvoir sur eux une pluie. Quelle mauvaise pluie pour ceux qui avaient été avertis ! » 63 Et Il a dit dans la sourate al-‘Ankabût : « Et Lot, quand il dit à son peuple : “Vous commettez cette turpitude que nul avant vous n'a commise parmi les mondes. Vous venez aux hommes, vous coupez les routes et vous commettez des actes répréhensibles dans vos assemblées.” La réponse de son peuple ne fut que : “Fais venir sur nous le châtiment d'Allah, si tu es véridique.” Il dit : “Seigneur, secours-moi contre le peuple corrupteur.” Quand Nos messagers vinrent à Abraham avec la bonne nouvelle, ils dirent : “Nous allons anéantir les habitants de cette cité, car ses habitants sont injustes.” Il dit : “Mais Lot s'y trouve.” Ils dirent : “Nous savons mieux qui s'y trouve. Nous le sauverons, lui et sa famille, excepté sa femme : elle sera parmi les anéantis.” Quand Nos messagers vinrent à Lot, il fut affligé pour eux et se sentit impuissant à les protéger. Ils dirent : “N'aie pas peur et ne t'afflige pas. Nous te sauverons, toi et ta famille, excepté ta femme : elle sera parmi les anéantis. Nous ferons descendre sur les habitants de cette cité un châtiment du ciel, à cause de leur perversité.” Et Nous avons laissé de cette cité un signe évident pour des gens qui raisonnent. » 64 Et Il a dit dans la sourate as-Sâffât : « Et Lot était certes parmi les messagers. Quand Nous le sauvâmes, lui et toute sa famille, excepté une vieille femme parmi les anéantis. Puis Nous anéantîmes les autres. Et vous passez près d'eux le matin et la nuit. Ne raisonnez-vous donc pas ? » 65 Et Il a dit dans la sourate adh-Dhâriyât, après l'histoire des hôtes d'Abraham et leur annonce d'un garçon savant : « Il dit : “Quelle est donc votre affaire, ô envoyés ?” Ils dirent : “Nous sommes envoyés à un peuple criminel.” » 66
un peuple criminel * pour lancer sur eux des pierres d'argile * marquées auprès de ton Seigneur pour les outranciers * Nous fîmes sortir de là ceux qui étaient croyants * mais Nous n'y trouvâmes qu'une seule maison de soumis * et Nous y laissâmes un signe pour ceux qui craignent le châtiment douloureux" (13). Et Il dit dans la sourate al-Qamar (2) : "Le peuple de Lot traita les avertissements de mensonge * Nous envoyâmes sur eux une tempête de pierres, excepté la famille de Lot que Nous sauvâmes à l'aube * comme une faveur de Notre part ; ainsi récompensons-Nous celui qui est reconnaissant * et il les avait pourtant avertis de Notre rigueur, mais ils mirent en doute les avertissements * ils voulaient séduire ses hôtes, mais Nous effaçâmes leurs yeux : 'Goûtez donc Mon châtiment et Mes avertissements !' * et au matin, un châtiment permanent les surprit * 'Goûtez donc Mon châtiment et Mes avertissements !' * et Nous avons facilité le Coran pour l'exhortation : y a-t-il quelqu'un pour s'exhorter ?" (3). Nous avons déjà parlé de ces récits à leurs places dans ces sourates, dans l'exégèse. Et Dieu a mentionné Lot et son peuple en d'autres endroits du Coran ; leur mention a précédé avec Noé, 'Âd et Thamûd. * * * Le but maintenant est d'exposer ce qui advint d'eux, et ce que Dieu leur infligea, rassemblé à partir des versets et des traditions. Et c'est Dieu dont l'aide est implorée. Cela est : lorsque Lot, sur lui la paix, les appela à adorer Dieu seul sans associé, et leur interdit de commettre ce que Dieu a mentionné à leur sujet comme turpitudes, ils ne lui répondirent pas et ne crurent pas en lui, pas même un seul homme parmi eux, et ils n'abandonnèrent pas ce qui leur était interdit. Au contraire, ils persistèrent dans leur état, ne se détournèrent pas de leur égarement et de leur erreur, et ils voulurent expulser leur messager du milieu d'eux. Et la seule réponse qu'ils donnèrent à son discours - car ils étaient dépourvus de raison - fut : "Expulsez la famille de Lot de votre cité : ce sont des gens qui se prétendent purs !" Ils firent ainsi de l'éloge un blâme justifiant l'expulsion ! Rien ne les poussa à cette parole sinon l'entêtement et l'obstination. Dieu le purifia donc, lui et sa famille, sauf sa femme, et les fit sortir de là de la meilleure façon, et les laissa dans leur demeure éternellement, mais après l'avoir transformée pour eux en une mer nauséabonde aux vagues, mais qui, en réalité, était pour eux un feu ardent, une chaleur brûlante, et dont l'eau était salée et amère. Et ils ne répondirent ainsi que lorsqu'il leur interdit de commettre la calamité suprême, l'infamie majeure, que nul parmi les habitants du monde ne les avait précédés à commettre. C'est pourquoi ils devinrent un exemple et une leçon pour ceux qui viendraient après eux. Et en plus de cela, ils coupaient les routes, trahissaient les compagnons de voyage, et commettaient dans leur assemblée - leur lieu de réunion, de conversation et de veillée - le mal sous toutes ses formes, en paroles et en actes. On dit même qu'ils pétaient dans leurs assemblées sans honte envers leurs compagnons, et qu'il leur arrivait de commettre l'acte infâme en public sans en être gênés, sans se laisser toucher par l'avertissement d'un prédicateur ni par le conseil d'un sage. Ils étaient, en cela et en d'autres choses, comme des bestiaux, mais plus égarés encore ; ils ne cessaient pas ce qu'ils faisaient dans le présent, ne se repentaient pas du passé, et ne cherchaient pas à changer à l'avenir. Dieu les saisit donc d'une saisie douloureuse. Et ils lui dirent, entre autres : "Fais venir sur nous le châtiment de Dieu, si tu es du nombre des véridiques !" Ils demandèrent ainsi que se réalise ce dont il les avait avertis, le châtiment douloureux et l'arrivée du grand malheur. Alors, leur noble prophète invoqua contre eux, demandant au Seigneur des mondes et au Dieu des messagers de le secourir contre le peuple corrompu. Dieu se mit en colère pour sa colère, s'irrita pour son irritation, exauça son invocation, répondit à sa demande, et envoya Ses nobles messagers et Ses grands anges. Ils passèrent par Abraham l'ami intime, lui annoncèrent la bonne nouvelle d'un garçon savant, et l'informèrent de ce pour quoi ils étaient venus : l'affaire immense et le grave événement : "Il dit : 'Quelle est donc votre affaire, ô envoyés ?' * Ils dirent : 'Nous avons été envoyés à un peuple criminel * pour lancer sur eux des pierres d'argile * marquées auprès de ton Seigneur pour les outranciers'" Et Il dit : "Et lorsque Nos messagers vinrent à Abraham avec la bonne nouvelle, ils dirent : 'Nous allons anéantir les habitants de cette cité, car ses habitants sont injustes.' * Il dit : 'Mais Lot s'y trouve !' Ils dirent : 'Nous savons bien qui s'y trouve. Nous le sauverons, lui et sa famille, excepté sa femme : elle sera du nombre des disparus.'" Et Dieu, exalté soit-Il, dit : "Et lorsque la frayeur d'Abraham se fut dissipée et que la bonne nouvelle lui fut venue, il discuta avec Nous au sujet du peuple de Lot." C'est qu'il espérait qu'ils répondraient, se repentiraient, se soumettraient, cesseraient et reviendraient. C'est pourquoi Dieu dit : "Abraham était indulgent, implorant, repentant. * Ô Abraham, détourne-toi de cela ! Car l'ordre de ton Seigneur est venu, et un châtiment irréversible va les atteindre." C'est-à-dire : détourne-toi de cela et parle d'autre chose, car leur sort est scellé, leur châtiment, leur destruction et leur anéantissement sont inéluctables. "Car l'ordre de ton Seigneur est venu" : Il a ordonné ce que nul ne peut repousser, et Sa rigueur ne peut être détournée, et nul ne peut modifier Son jugement. "Et un châtiment irréversible va les atteindre." Sa'îd ibn Jubayr, al-Suddî, Qatâda et Muhammad ibn Ishâq ont rapporté qu'Abraham, sur lui la paix, disait : "Allez-vous anéantir une cité où se trouvent trois cents croyants ?" Ils dirent : "Non." Il dit : "Deux cents croyants ?" Ils dirent : "Non." Il dit : "Quarante croyants ?" Ils dirent : "Non." Il dit : "Quatorze croyants ?" Ils dirent : "Non." Ibn Ishâq dit : jusqu'à ce qu'il dise : "Que pensez-vous s'il s'y trouve un seul croyant ?" Ils dirent : "Non." "Il dit : 'Mais Lot s'y trouve !' Ils dirent : 'Nous savons bien qui s'y trouve.'" le verset. Et selon les Gens du Livre, il dit : "Seigneur, vas-Tu les anéantir alors qu'il s'y trouve cinquante hommes vertueux ?" Dieu dit : "Je ne les anéantirai pas s'il s'y trouve cinquante vertueux." Puis il descendit jusqu'à dix, et Dieu dit : "Je ne les anéantirai pas s'il s'y trouve dix vertueux." Dieu, exalté soit-Il, dit : "Et lorsque Nos messagers vinrent à Lot, il fut affligé pour eux, et se sentit impuissant à les protéger, et dit : 'Voici un jour terrible.'" Les exégètes disent : lorsque les anges partirent d'auprès d'Abraham - ils étaient Gabriel, Michel et Israfîl - ils se dirigèrent vers la terre de Sodome, sous l'apparence de beaux jeunes hommes, comme une épreuve de Dieu pour le peuple de Lot et pour établir la preuve contre eux. Ils demandèrent l'hospitalité à Lot, sur lui la paix, au coucher du soleil. Il craignit que s'il ne les hébergeait pas, d'autres ne le fassent, et il les prit pour des humains. "Il fut affligé pour eux, et se sentit impuissant à les protéger, et dit : 'Voici un jour terrible.'" Ibn 'Abbâs, Mujâhid, Qatâda et Muhammad ibn Ishâq dirent : d'une grande épreuve. Cela, parce qu'il savait qu'il devrait les défendre cette nuit-là, comme il le faisait pour d'autres, mais ils lui avaient imposé de n'héberger personne. Cependant, il vit qu'il ne pouvait se dérober. Qatâda rapporta qu'ils vinrent à lui alors qu'il travaillait dans son champ. Ils demandèrent l'hospitalité ; il eut honte d'eux, marcha devant eux, et commença à leur faire des allusions dans son discours, espérant qu'ils se détourneraient de cette cité et descendraient ailleurs. Il leur dit notamment : "Par Dieu, ô gens, je ne connais sur terre d'habitants plus mauvais que ceux-ci." Puis il marcha un peu, puis répéta cela jusqu'à quatre fois. Il dit : "Ils avaient reçu l'ordre de ne les anéantir qu'après que leur prophète en eût témoigné contre eux." Al-Suddî dit : les anges partirent d'auprès d'Abraham vers la cité de Lot, et y arrivèrent à midi. Lorsqu'ils atteignirent le fleuve de Sodome, ils rencontrèrent la fille de Lot qui puisait de l'eau pour sa famille. Il avait deux filles : l'aînée s'appelait Raythâ, et la cadette Zughurtâ. Ils lui dirent : "Ô jeune fille, y a-t-il un logis ?" Elle leur dit : "Oui, restez ici, n'entrez pas avant que je vienne à vous." Par compassion pour eux de la part de son peuple. Elle vint à son père et dit : "Ô père, des jeunes gens sont à la porte de la ville ; je n'ai jamais vu de visages plus beaux que les leurs ; que ton peuple ne les prenne pas et ne les déshonore pas." Or son peuple lui avait interdit d'héberger quiconque. [Ils dirent : "Laisse-nous, nous allons héberger les hommes."]
Il les amena donc, et personne ne le sut, sauf les gens de la maison 67. Sa femme sortit et informa son peuple, disant : « Il y a dans la maison de Lot des hommes dont je n’ai jamais vu les visages pareils. » Son peuple vint donc à lui en courant. Et Sa parole : « Et avant cela, ils commettaient les mauvaises actions » 68, c’est-à-dire cela, en plus des péchés énormes, grands et nombreux qu’ils avaient commis auparavant. « Il dit : Ô mon peuple, voici mes filles, elles sont plus pures pour vous » 69 : il les orientait vers le commerce avec leurs femmes, qui sont ses filles au sens religieux, car le Prophète est pour la communauté comme un père, comme cela est rapporté dans le hadith, et comme Allah dit : « Le Prophète a plus de droit sur les croyants qu’ils n’en ont sur eux-mêmes, et ses épouses sont leurs mères » 70. Et selon certains Compagnons et prédécesseurs : il est un père pour eux. Cela est comme Sa parole : « Vous venez aux mâles parmi les mondes, et vous délaissez ce que votre Seigneur a créé pour vous de vos épouses ? Vous êtes plutôt un peuple transgresseur » 71. C’est ce qu’ont affirmé Mujâhid, Sa‘îd ibn Jubayr, ar-Rabî‘ ibn Anas, Qatâda, as-Suddî et Muhammad ibn Ishâq, et c’est la vérité. L’autre avis est une erreur tirée des Gens du Livre, et ils l’ont déformé comme ils se sont trompés en disant que les anges étaient deux et qu’ils ont dîné chez lui. Les Gens du Livre ont énormément confondu cette histoire. Et Sa parole : « Craignez donc Allah et ne me déshonorez pas dans mes hôtes. N’y a-t-il pas parmi vous un homme raisonnable ? » 72 : Il leur interdisait de commettre ce qui ne convient pas comme turpitude, et témoignait contre eux qu’il n’y avait parmi eux aucun homme ayant une once de raison ni de bien, mais qu’ils étaient tous des insensés, des pervers puissants, des mécréants stupides. Cela faisait partie de ce que les anges voulaient entendre de lui avant même de l’interroger. Alors son peuple – que la malédiction d’Allah, le Loué, le Glorieux, soit sur eux – répondit à leur prophète, concernant ce qu’il leur ordonnait comme ordre droit : « Tu sais bien que nous n’avons aucun droit sur tes filles, et tu sais bien ce que nous voulons » 73. Ils disaient – que les malédictions d’Allah soient sur eux – : « Tu sais bien, ô Lot, que nous n’avons aucun besoin de nos femmes, et tu sais bien notre désir et notre intention. » Ils affrontèrent leur noble messager avec ces paroles laides, sans craindre la puissance du Très Grand, au châtiment douloureux. C’est pourquoi il dit – que la paix soit sur lui – : « Si seulement j’avais contre vous quelque force, ou si je pouvais trouver refuge auprès d’un soutien solide » 74. Il aurait souhaité avoir une force contre eux, ou un appui et un clan qui le soutiendraient contre eux, pour leur infliger le châtiment qu’ils méritaient pour cette parole. Az-Zuhrî a rapporté d’après Sa‘îd ibn al-Musayyab et Abû Salama, d’après Abû Hurayra, remontant au Prophète : « Nous sommes plus en droit d’avoir des doutes qu’Abraham, et qu’Allah fasse miséricorde à Lot ! Il cherchait refuge auprès d’un soutien solide. Et si j’étais resté en prison aussi longtemps que Joseph, j’aurais répondu à l’appelant. » 75 Abû az-Zinâd l’a rapporté d’après al-A‘raj, d’après Abû Hurayra. Muhammad ibn ‘Amr ibn ‘Alqama a rapporté d’après Abû Salama, d’après Abû Hurayra, que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Qu’Allah fasse miséricorde à Lot ! Il cherchait refuge auprès d’un soutien solide – c’est-à-dire Allah, Puissant et Majestueux – et Allah n’a envoyé après lui aucun prophète sans qu’il soit dans la prospérité de son peuple. » 76 Et Il dit – exalté soit-Il – : « Et les gens de la ville vinrent, se réjouissant. Il dit : “Voici mes hôtes, ne me déshonorez donc pas. Et craignez Allah et ne me couvrez pas de honte.” Ils dirent : “Ne t’avions-nous pas interdit de [recevoir] les mondes ?” Il dit : “Voici mes filles, si vous voulez agir.” » 77 Il leur ordonna donc de s’approcher de leurs femmes, et les mit en garde contre la persistance dans leur voie et leurs mauvaises actions. Cependant, ils ne cessaient pas et ne revenaient pas, mais plus il les réprimandait, plus ils insistaient pour obtenir ces hôtes et les convoitaient, sans savoir ce que le destin leur réservait et vers quoi ils se dirigeaient au matin de cette nuit. C’est pourquoi Allah – exalté soit-Il – a juré par la vie de Son prophète Muhammad – que les prières et le salut d’Allah soient sur lui – : « Par ta vie ! Ils étaient dans leur ivresse, errant aveuglément » 78. Et Il dit : « Et Nous les avions pourtant avertis de Notre rigueur, mais ils doutèrent des avertissements. Et ils tentèrent de le détourner de ses hôtes, alors Nous effaçâmes leurs yeux : “Goûtez donc Mon châtiment et Mes avertissements !” Et au matin, un châtiment permanent les saisit. » 79 Les exégètes et d’autres ont mentionné que le prophète d’Allah, Lot – que la paix soit sur lui – se mit à empêcher son peuple d’entrer et à les repousser, la porte étant fermée, tandis qu’ils tentaient de l’ouvrir et d’entrer, et il les exhortait et les interdisait de derrière la porte, mais ils ne faisaient que s’acharner et insister. Quand la situation devint difficile et critique, il dit ce qu’il dit : « Si seulement j’avais contre vous quelque force, ou si je pouvais trouver refuge auprès d’un soutien solide », j’aurais fait tomber sur vous le châtiment. Les anges dirent : « Ô Lot, nous sommes les messagers de ton Seigneur, ils ne t’atteindront pas. » Et ils mentionnèrent que Gabriel – que la paix soit sur lui – sortit vers eux, frappa leurs visages d’un coup du bout de son aile, et leurs yeux furent effacés, au point qu’on dit qu’ils disparurent complètement, ne laissant ni place, ni œil, ni trace. Ils revinrent donc en tâtonnant le long des murs, menaçant le messager du Tout Miséricordieux, disant : « Demain, nous aurons une affaire avec lui ! » Allah – exalté soit-Il – dit : « Et ils tentèrent de le détourner de ses hôtes, alors Nous effaçâmes leurs yeux : “Goûtez donc Mon châtiment et Mes avertissements !” Et au matin, un châtiment permanent les saisit. » C’est ainsi que les anges ordonnèrent à Lot – que la paix soit sur lui – de partir avec sa famille à la fin de la nuit. « Et que nul d’entre vous ne se retourne » 80, c’est-à-dire en entendant le bruit du châtiment lorsqu’il s’abattra sur son peuple. Et ils lui ordonnèrent d’être en queue de la caravane. Et Sa parole : « sauf ta femme » 81 – selon la lecture au cas direct – peut être une exception de « Pars avec ta famille », comme s’il disait : « Sauf ta femme, ne l’emmène pas », ou bien une exception de « Que nul d’entre vous ne se retourne, sauf ta femme », c’est-à-dire qu’elle se retournera et sera frappée par ce qui les frappera. La lecture au nominatif renforce cette possibilité, mais la première est plus claire dans le sens. Et Allah sait mieux. As-Suhaylî a dit : Le nom de la femme de Lot était « Wâliha », et celui de la femme de Noé était « Wâligha ». Et ils lui dirent, en lui annonçant la destruction de ces rebelles insolents, maudits, semblables et pareils, qu’Allah a fait un précédent pour tout traître suspect : « Leur rendez-vous est au matin. Le matin n’est-il pas proche ? » 82 Lorsque Lot – que la paix soit sur lui – sortit avec sa famille – ses deux filles – aucun homme ne le suivit. On dit que sa femme sortit avec lui. Allah sait mieux. Quand ils eurent quitté leur pays et que le soleil se leva – au moment de son lever –, l’ordre d’Allah vint sur eux, irrésistible, et le châtiment terrible, impossible à repousser. Selon les Gens du Livre, les anges lui ordonnèrent de monter au sommet de la montagne qui s’y trouvait, mais il trouva cela difficile et leur demanda d’aller dans un village voisin. Ils dirent : « Va, nous t’attendrons jusqu’à ce que tu y arrives et t’y installes, puis nous ferons descendre le châtiment sur eux. » Ils mentionnèrent qu’il alla au village de « Su‘ar » 83, que les gens appellent « Ghawr Zughar ». Quand le soleil se leva, le châtiment s’abattit sur eux. Allah – exalté soit-Il – dit : « Lorsque Notre ordre vint, Nous renversâmes [la cité] de fond en comble, et Nous fîmes pleuvoir sur eux des pierres d’argile cuite, superposées, marquées auprès de ton Seigneur. Et elles ne sont pas loin des injustes. » 84 Ils dirent : Gabriel les arracha du sol avec le bout de son aile – elles étaient sept villes – avec tous leurs habitants, on dit quatre cents personnes, ou quatre mille, avec les animaux et ce qui suivait ces villes comme terres, lieux et exploitations. Il les souleva toutes jusqu’à atteindre la nuée du ciel, au point que les anges entendirent les cris de leurs coqs et les aboiements de leurs chiens, puis il les retourna sur elles, renversant le haut en bas. Mujâhid dit : Les premières choses qui tombèrent furent leurs créneaux. « Et Nous fîmes pleuvoir sur eux des pierres d’argile cuite. »
Le mot « sijjîl » 85 est un mot persan arabisé. Il désigne la pierre dure et solide. « manḍûd » 86 signifie qui se suivent les unes après les autres dans leur descente du ciel sur eux. « musawwama » 87 signifie marquées : sur chaque pierre était écrit le nom de celui sur qui elle devait tomber et lui fracasser la tête, comme Il a dit : « marquées auprès de ton Seigneur pour les outranciers » 88. Et comme Allah a dit : « Nous fîmes pleuvoir sur eux une pluie. Quelle mauvaise pluie que celle des avertis ! » 89. Et Il a dit : « Et la cité renversée, Il la précipita, puis l'enveloppa de ce qui l'enveloppa. Lequel des bienfaits de ton Seigneur mets-tu en doute ? » 90 Il la retourna, la précipita sens dessus dessous, et l'enveloppa d'une pluie de pierres de sijjîl, se succédant, marquées, numérotées : sur chaque pierre le nom de celui sur qui elle tombait, parmi les présents dans leur pays et les absents voyageurs, exilés ou égarés. On dit que la femme de Lot resta avec son peuple ; on dit aussi qu'elle sortit avec son mari et ses deux filles, mais lorsqu'elle entendit le Cri et la chute de la cité, elle se tourna vers son peuple, désobéissant à l'ordre de son Seigneur, ancien et récent, et dit : « Ô mon peuple ! » Alors une pierre tomba sur elle, lui fracassa la tête et la rejoignit à son peuple, car elle était de leur religion et était un espion pour eux contre les hôtes qui venaient chez Lot. Comme Allah a dit : « Allah a donné en exemple pour ceux qui ont mécru la femme de Noé et la femme de Lot. Elles étaient sous deux de Nos serviteurs vertueux, mais elles les trahirent, et ils ne leur furent d'aucune aide contre Allah. Et il leur fut dit : Entrez au Feu avec ceux qui entrent. » 91 C'est-à-dire qu'elles les trahirent dans la religion, ne les suivant pas. Il ne s'agit pas qu'elles aient commis une turpitude – loin de là ! Car Allah n'a jamais permis qu'une femme de prophète soit adultère, comme l'ont dit Ibn Abbas et d'autres imams du salaf et du khalaf : jamais une femme de prophète n'a commis d'adultère. Quiconque dit le contraire commet une grave erreur. Allah a dit dans l'histoire du calomniateur, lorsqu'Il révéla l'innocence de la mère des croyants Aïcha, fille d'Abou Bakr, épouse du Messager d'Allah, que les gens du calomniateur dirent ce qu'ils dirent, et Allah réprimanda les croyants, les blâma, les avertit et les mit en garde, disant : « Quand vous l'accueilliez avec vos langues et disiez de vos bouches ce dont vous n'aviez aucune science, et vous le preniez pour une chose légère, alors qu'auprès d'Allah cela est énorme. Et si, lorsque vous l'avez entendu, vous aviez dit : Il ne nous convient pas d'en parler. Gloire à Toi ! C'est une grande calomnie ! » 92 C'est-à-dire : Gloire à Toi que l'épouse de Ton prophète soit dans une telle situation. Et Sa parole ici : « Et elle n'est pas loin des injustes » 93 signifie : ce châtiment n'est pas loin de ceux qui leur ressemblent dans leur action. C'est pourquoi certains savants ont estimé que le sodomite doit être lapidé, qu'il soit marié ou non. C'est l'avis de Shafi'i, Ahmad ibn Hanbal et un grand nombre d'imams. Ils se sont appuyés aussi sur le hadith rapporté par Ahmad et les auteurs des Sunan, d'après Amr ibn Abi Amr, d'après Ikrima, d'après Ibn Abbas, que le Messager d'Allah a dit : « Celui que vous trouvez commettant l'acte du peuple de Lot, tuez l'actif et le passif. » Abou Hanifa a estimé que le sodomite doit être jeté du haut d'une montagne et lapidé, comme il fut fait au peuple de Lot, en raison de la parole d'Allah : « Et elle n'est pas loin des injustes. » Et Allah a transformé ces contrées en une mer puante, dont l'eau et les terres environnantes sont inutiles, à cause de leur vilenie et bassesse, devenant ainsi une leçon, un exemple, une exhortation et un signe de la puissance d'Allah, de Sa grandeur, de Sa force dans Sa vengeance contre ceux qui désobéissent à Son ordre, traitent Ses messagers de menteurs, suivent leurs passions et désobéissent à leur Seigneur, et une preuve de Sa miséricorde envers Ses serviteurs croyants en les sauvant des périls et en les faisant passer des ténèbres à la lumière, comme Allah a dit : « Il y a là un signe, mais la plupart d'entre eux ne sont pas croyants. Et ton Seigneur, c'est Lui le Puissant, le Sage. » 94 Et Allah a dit : « Le Cri les saisit au lever du soleil. Nous renversâmes [la cité] de fond en comble et fîmes pleuvoir sur eux des pierres de sijjîl. Il y a là des signes pour ceux qui savent observer. Et elle est sur un chemin qui existe encore. Il y a là un signe pour les croyants. » 95 C'est-à-dire pour ceux qui regardent avec l'œil de la perspicacité et de l'observation, comment Allah a transformé ces contrées et leurs habitants, et comment Il les a rendues, après avoir été peuplées et prospères, désolées et ruinées. Comme l'a rapporté Tirmidhi et d'autres, en remontant au Prophète : « Craignez la perspicacité du croyant, car il voit avec la lumière d'Allah », puis il récita : « Il y a là des signes pour ceux qui savent observer. » Et Sa parole : « Et elle est sur un chemin qui existe encore » signifie qu'elle est sur une route bien tracée, empruntée jusqu'à présent. Comme Il a dit : « Vous passez près d'eux le matin et la nuit. Ne raisonnez-vous donc pas ? » 96 Et Il a dit : « Nous l'avons laissée comme un signe évident pour des gens qui raisonnent. » 97 Et Il a dit : « Nous fîmes sortir ceux qui étaient croyants. Nous n'y trouvâmes qu'une seule maison de musulmans. Et Nous y laissâmes un signe pour ceux qui craignent le châtiment douloureux. » 98 C'est-à-dire que Nous l'avons laissée comme une leçon et une exhortation pour ceux qui craignent le châtiment de l'au-delà, qui redoutent le Tout-Miséricordieux dans l'invisible, qui craignent la station devant leur Seigneur et qui réfrènent leur âme des passions, s'abstenant ainsi des interdits d'Allah, abandonnant Ses désobéissances, et craignant de ressembler au peuple de Lot. Et celui qui ressemble à un peuple est des leurs, même s'il n'est pas de tous points semblable, il l'est par certains aspects. Comme l'a dit quelqu'un : « Si vous n'êtes pas le peuple de Lot en personne, le peuple de Lot n'est pas loin de vous. » Le sage intelligent qui craint son Seigneur exécute ce qu'Allah lui ordonne, accepte ce que le Messager d'Allah lui a indiqué concernant l'accès aux épouses légitimes et aux esclaves belles, et se garde de suivre tout démon rebelle, afin que la menace ne s'accomplisse pas sur lui et qu'il n'entre pas dans la parole d'Allah : « Et elle n'est pas loin des injustes. »
Il dit également dans la sourate Hûd, après l'histoire du peuple de Lot : « Et vers Madyan, leur frère Shu‘ayb 99. Il dit : "Ô mon peuple, adorez Allah ! Vous n'avez d'autre divinité que Lui. Ne diminuez pas la mesure et le poids. Je vous vois dans l'aisance, mais je crains pour vous le châtiment d'un jour qui enveloppera tout. Ô mon peuple, donnez pleine mesure et plein poids en toute équité, ne fraudez pas les gens dans leurs biens et ne commettez pas de désordre sur la terre en semant la corruption. Ce qui reste auprès d'Allah 100 est meilleur pour vous, si vous êtes croyants. Et je ne suis pas un gardien sur vous." Ils dirent : "Ô Shu‘ayb ! Est-ce que ta prière t'ordonne de laisser ce qu'adoraient nos pères, ou de ne pas faire de nos biens ce que nous voulons ? Tu es pourtant le clément, le bien-guidé !" Il dit : "Ô mon peuple ! Que pensez-vous si je me fonde sur une preuve évidente de mon Seigneur, et qu'Il m'a accordé une belle subsistance de Sa part ? Je ne veux pas vous contredire en vous interdisant ce que je vous interdis. Je ne veux que la réforme, autant que je le puis. Ma réussite ne vient que d'Allah. En Lui je place ma confiance et vers Lui je me repens. Ô mon peuple ! Que votre hostilité à mon égard ne vous entraîne pas à subir le même sort que le peuple de Noé, ou le peuple de Hûd, ou le peuple de Sâlih. Et le peuple de Lot n'est pas loin de vous. Implorez le pardon de votre Seigneur, puis repentez-vous à Lui. Mon Seigneur est Très Miséricordieux et plein d'amour." Ils dirent : "Ô Shu‘ayb ! Nous ne comprenons pas grand-chose à ce que tu dis. Et nous te voyons faible parmi nous. Sans ton clan, nous t'aurions lapidé. Et tu n'es pas puissant contre nous." Il dit : "Ô mon peuple ! Mon clan est-il plus puissant pour vous qu'Allah ? Vous L'avez pris derrière vous, comme une chose négligée. Mon Seigneur cerne ce que vous faites. Ô mon peuple ! Agissez selon votre position, moi aussi j'agis. Vous saurez bientôt sur qui s'abattra un châtiment qui l'humiliera, et qui est menteur. Attendez, moi aussi je suis avec vous parmi ceux qui attendent." Et quand vint Notre ordre, Nous sauvâmes Shu‘ayb et ceux qui avaient cru avec lui, par une miséricorde de Notre part. Et le Cri saisit les injustes, et ils se retrouvèrent gisants dans leurs demeures, comme s'ils n'y avaient jamais prospéré. Que Madyan soit anéanti ! Comme Thamûd a été anéanti !" » (38). Il dit également dans al-Ḥijr 101, après l'histoire du peuple de Lot : « Et les habitants d'al-Ayka 102 étaient vraiment injustes. Nous nous sommes vengés d'eux. Ces deux [cités] sont sur une voie manifeste. » (2). Et Allah, exalté soit-Il, dit dans ash-Shu‘arâ' 103, après leur histoire : « Les habitants d'al-Ayka traitèrent les messagers de menteurs. Quand Shu‘ayb leur dit : "Ne craignez-vous pas [Allah] ? Je suis pour vous un messager digne de confiance. Craignez donc Allah et obéissez-moi. Je ne vous demande pas de salaire pour cela ; mon salaire n'incombe qu'au Seigneur de l'univers. Donnez la pleine mesure et ne soyez pas parmi ceux qui causent des pertes. Pesez avec une balance exacte. Ne fraudez pas les gens dans leurs biens et ne commettez pas de désordre sur la terre en semant la corruption. Craignez Celui qui vous a créés, vous et les générations anciennes." Ils dirent : "Tu n'es que l'un des ensorcelés. Tu n'es qu'un homme comme nous. Et nous pensons que tu es du nombre des menteurs. Fais donc tomber sur nous des morceaux du ciel, si tu es du nombre des véridiques." Il dit : "Mon Seigneur sait mieux ce que vous faites." Ils le traitèrent de menteur. Alors le châtiment du jour de l'Ombre 104 les saisit. Ce fut le châtiment d'un jour terrible. Il y a là un signe, mais la plupart d'entre eux ne sont pas croyants. Et ton Seigneur, c'est Lui le Puissant, le Très Miséricordieux. » (3). Les gens de Madyan étaient un peuple arabe qui habitait leur ville « Madyan », située près de la terre de Ma‘ân 105, aux confins du Shâm 106, du côté du Ḥijâz 107, près du lac du peuple de Lot. Ils vécurent peu de temps après eux. Madyan est une tribu connue sous ce nom (39). Ils sont issus de Banî Madyan ibn Madyân ibn Ibrâhîm al-Khalîl 108. Shu‘ayb, leur prophète, est le fils de Mîkâ’îl (40) ibn Yashjan, selon Ibn Isḥâq. Il dit : On l'appelle en syriaque Yatrûn, mais cela est discutable. On dit aussi Shu‘ayb ibn Yashkhar ibn Lâwî ibn Ya‘qûb. On dit Shu‘ayb ibn Nuwayb ibn ‘Aythâ (41) ibn Madyan ibn Ibrâhîm. On dit Shu‘ayb ibn Ṣayfûr ibn ‘Aythâ ibn Thâbit ibn Madyan ibn Ibrâhîm. D'autres généalogies sont également rapportées. Ibn ‘Asâkir dit : On dit que sa grand-mère, ou sa mère, était la fille de Lot. Il faisait partie de ceux qui crurent en Ibrâhîm, émigrèrent avec lui et entrèrent avec lui à Damas. Wahb ibn Munabbih rapporte que Shu‘ayb et Malgham 109 faisaient partie de ceux qui crurent en Ibrâhîm le jour où il fut jeté au feu, et ils émigrèrent avec lui au Shâm. Ibrâhîm les maria aux deux filles de Lot, paix sur lui. Ibn Qutayba le mentionne. Tout cela est sujet à discussion. Et Allah, exalté soit-Il, est plus savant. Abû ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr mentionne dans al-Istî‘âb 110, dans la notice de Salama ibn Sa‘d (42) al-‘Anazî, que celui-ci vint auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), embrassa l'islam et se rattacha à la tribu de ‘Anaza. Le Prophète dit alors : « Quelle bonne tribu que ‘Anaza ! Ils sont visés [par l'ennemi] mais secourus. C'est le clan (44) de Shu‘ayb et les beaux-parents (7) de Moïse. » Si ce hadith est authentique, il indiquerait que Shu‘ayb était le beau-père (45) de Moïse et qu'il appartenait à une tribu arabe ancienne appelée ‘Anaza, et non à la tribu de ‘Anaza ibn Asad ibn Rabî‘a ibn Nizâr ibn Ma‘add ibn ‘Adnân, car ceux-ci vécurent bien après lui. Allah est plus savant. Dans le hadith d'Abû Dharr rapporté dans le Ṣaḥîḥ d'Ibn Ḥibbân, où il est question des prophètes et des messagers, il est dit : « Quatre sont arabes : Hûd, Sâlih, Shu‘ayb et ton prophète, ô Abû Dharr. » Certains pieux prédécesseurs appelaient Shu‘ayb le « prédicateur des prophètes », en raison de son éloquence, de la noblesse de son expression et de sa rhétorique dans l'appel de son peuple à croire en son message. Ibn Isḥâq ibn Bishr rapporte d'après Juwaybir et Muqâtil, d'après al-Ḍaḥḥâk, d'après Ibn ‘Abbâs : Lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) mentionnait Shu‘ayb, il disait : « Celui-ci est le prédicateur des prophètes. » Les gens de Madyan étaient des mécréants qui coupaient les routes, effrayaient les passants et adoraient al-Ayka, un arbre de la forêt dense qui l'entourait. Ils étaient parmi les pires des gens en matière de transactions : ils fraudaient sur la mesure et le poids, les diminuaient, prenaient le surplus et donnaient le manque. Allah envoya parmi eux un homme issu d'eux-mêmes, le Messager d'Allah Shu‘ayb (paix sur lui). Il les appela à adorer Allah seul, sans associé, et leur interdit ces mauvaises actions : frauder les gens dans leurs biens et les effrayer sur leurs chemins et leurs routes. Certains crurent en lui, mais la majorité mécrut, jusqu'à ce qu'Allah fasse descendre sur eux le châtiment sévère. Il est le Protecteur, le Digne de louanges. Comme Allah, exalté soit-Il, dit : « Et vers Madyan, leur frère Shu‘ayb. Il dit : "Ô mon peuple, adorez Allah ! Vous n'avez d'autre divinité que Lui. Une preuve évidente vous est venue de votre Seigneur" », c'est-à-dire un signe clair, une preuve évidente et un argument décisif de la vérité de ce que je vous apporte et de ce qu'Il m'a envoyé. Il s'agit des miracles qu'Allah a opérés par ses mains, dont les détails ne nous sont pas parvenus (46), bien que ce terme les indique de manière globale. « Donnez pleine mesure et plein poids en toute équité, ne fraudez pas les gens dans leurs biens et ne semez pas la corruption sur la terre après qu'elle a été réformée. » Il leur ordonna la justice et leur interdit l'injustice, et les menaça du contraire en disant : « Cela est meilleur pour vous, si vous êtes croyants. Et ne vous asseyez pas sur tout chemin [c'est-à-dire toute route (47)] menaçant [c'est-à-dire en menaçant les gens de prendre leurs biens par des taxes et autres, et en effrayant les voyageurs]. » As-Suddî dit dans son exégèse d'après les Compagnons : « Et ne vous asseyez pas sur tout chemin menaçant » signifie qu'ils prélevaient la dîme sur les biens des passants. Ishâq ibn Bishr rapporte d'après Juwaybir, d'après al-Ḍaḥḥâk, d'après Ibn ‘Abbâs : C'étaient des gens tyranniques et injustes qui s'asseyaient sur la route, fraudant les gens, c'est-à-dire leur prélevant la dîme. Ils furent les premiers à instituer cette pratique. « Et vous détournez du chemin d'Allah ceux qui croient en Lui, et vous cherchez à le rendre tortueux. » Il leur interdit (3) à la fois le brigandage matériel et terrestre, et la déviation spirituelle et religieuse. « Et rappelez-vous quand vous étiez peu nombreux et qu'Il vous a multipliés. Et regardez quelle fut la fin des corrupteurs. » Il leur rappela la grâce d'Allah sur eux en les multipliant après la rareté, et les mit en garde contre le châtiment d'Allah s'ils (48) contredisaient ce à quoi Il les guidait et les orientait.
Comme Il leur a dit dans l'autre récit : « Ne diminuez pas la mesure et le poids, je vous vois dans l'aisance, et je crains pour vous le châtiment d'un jour qui enveloppera 111 » c'est-à-dire : ne persistez pas dans ce que vous faites et ne continuez pas ainsi, de peur qu'Allah n'anéantisse la bénédiction de ce que vous possédez, ne vous appauvrisse et ne fasse disparaître ce par quoi Il vous enrichit. Et cela s'ajoute au châtiment de l'au-delà : celui pour qui ces deux choses sont réunies a vraiment fait un marché perdant ! Il leur a donc d'abord interdit de pratiquer ce qui est inconvenant, à savoir la fraude sur les mesures, et les a avertis qu'Allah leur retirerait Sa grâce en ce monde et leur infligerait un châtiment douloureux dans l'au-delà. Il les a sévèrement réprimandés, puis leur a dit, en ordonnant après avoir interdit avec force : « Ô mon peuple, donnez pleine mesure et plein poids en toute équité, ne spoliez pas les gens de leurs biens et ne commettez pas de désordre sur terre en semant la corruption. Ce qui reste d'Allah 112 est meilleur pour vous, si vous êtes croyants. Et je ne suis pas un gardien sur vous. » Ibn 'Abbâs et al-Hasan al-Basrî ont dit : « Ce qui reste d'Allah est meilleur pour vous » signifie : la subsistance qu'Allah vous accorde est meilleure pour vous que de prendre les biens des gens. Ibn Jarîr a dit : le profit qui vous reste après avoir rempli la mesure et le poids est meilleur pour vous que de prendre les biens des gens par la fraude. Il a dit : cela a été rapporté d'Ibn 'Abbâs. Ce qu'il a dit et rapporté est bon, et cela ressemble à la parole d'Allah : « Dis : le mauvais et le bon ne sont pas égaux, même si l'abondance du mauvais te plaît. » Cela signifie que le peu de licite est meilleur pour vous que l'abondance d'illicite, car le licite est béni même s'il est peu, tandis que l'illicite est anéanti même s'il est abondant. Comme Allah a dit : « Allah anéantit l'intérêt usuraire et fait fructifier les aumônes. » Et le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, a dit : « L'intérêt usuraire, même s'il est abondant, aboutit à la pénurie. » Rapporté par Ahmad, c'est-à-dire à la rareté. Et le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, a dit : « Les deux vendeurs ont le choix tant qu'ils ne se sont pas séparés ; s'ils sont sincères et transparents, leur vente est bénie ; s'ils cachent et mentent, la bénédiction de leur vente est anéantie. » Le but est que le profit licite est béni même s'il est peu, tandis que l'illicite ne profite pas même s'il est abondant. C'est pourquoi le prophète d'Allah Shu'ayb a dit : « Ce qui reste d'Allah est meilleur pour vous, si vous êtes croyants. » Et Sa parole : « Et je ne suis pas un gardien sur vous » signifie : faites ce que je vous ordonne en recherchant la face d'Allah et en espérant Sa récompense, non pour que moi ou d'autres vous voient. Ils dirent : « Ô Shu'ayb, est-ce que ta prière t'ordonne de laisser ce qu'adoraient nos pères, ou de ne faire dans nos biens que ce que nous voulons ? Tu es vraiment le doux, le bien-guidé 113 ! » Ils disent cela par moquerie, dénigrement et raillerie : « Est-ce que cette prière que tu fais t'ordonne de nous imposer de n'adorer que ton dieu et de laisser ce qu'adoraient nos pères anciens et nos ancêtres premiers ? Ou de ne traiter que selon la manière que tu approuves, et de laisser les transactions que tu réprouves, même si nous les approuvons ? Tu es vraiment le doux, le bien-guidé ! » Ibn 'Abbâs, Maymûn ibn Mihrân, Ibn Jurayj, Zayd ibn Aslam et Ibn Jarîr ont dit : les ennemis d'Allah disent cela par moquerie. Il dit : « Ô mon peuple, voyez-vous si je suis sur une preuve évidente de mon Seigneur et qu'Il m'a accordé de Lui un bon don 114 ? Je ne veux pas vous contredire en faisant ce que je vous interdis. Je ne veux que la réforme, autant que je le puis. Et ma réussite ne vient que d'Allah. En Lui je place ma confiance et vers Lui je me repens. » Ceci est une douceur dans l'expression et un appel à la vérité par la plus claire indication. Il leur dit : « Voyez-vous, ô vous qui démentez, si je suis sur une preuve évidente de mon Seigneur – c'est-à-dire sur un ordre clair d'Allah qu'Il m'a envoyé à vous – et qu'Il m'a accordé de Lui un bon don – c'est-à-dire la prophétie et la mission – et que vous en avez été privés, quelle serait ma ruse avec vous ? » C'est comme ce qui a été dit précédemment de Noé, sur lui la paix, à son peuple. Et Sa parole : « Je ne veux pas vous contredire en faisant ce que je vous interdis » signifie : je ne vous ordonne une chose qu'en étant le premier à la faire, et si je vous interdis une chose, je suis le premier à la délaisser. C'est là la qualité louable et grande, et son contraire est la qualité réprouvée et blâmable, comme s'en sont revêtus les savants des fils d'Israël à la fin de leur temps et leurs prédicateurs ignorants. Allah a dit : « Ordonnez-vous aux gens la bonté et vous oubliez vous-mêmes, alors que vous récitez le Livre ? Ne raisonnez-vous donc pas ? » Et nous avons mentionné à ce propos dans le Sahîh d'après le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, qu'il a dit : « On amènera un homme et on le jettera dans le Feu ; ses intestins se déverseront de son ventre, et il tournera avec comme tourne l'âne autour de sa meule. Les gens du Feu se rassembleront et diront : Ô untel, qu'as-tu ? N'ordonnais-tu pas le bien et n'interdisais-tu pas le mal ? Il dira : Si, j'ordonnais le bien mais je ne le faisais pas, et j'interdisais le mal mais je le faisais. » Telle est la description de ceux qui contredisent les prophètes parmi les scélérats et les malheureux. Quant aux nobles et aux savants intelligents qui craignent leur Seigneur en secret, leur état est comme l'a dit le prophète d'Allah Shu'ayb : « Je ne veux pas vous contredire en faisant ce que je vous interdis. Je ne veux que la réforme, autant que je le puis. » C'est-à-dire : je ne veux en toute ma conduite que la réforme dans les actes et les paroles, selon mon effort et ma capacité. « Et ma réussite ne vient que d'Allah. En Lui je place ma confiance et vers Lui je me repens. » C'est-à-dire : en Lui je me confie dans toutes les affaires, et vers Lui est mon retour et ma destinée en toute chose. C'est là un rang d'incitation. Puis il passa à un type d'intimidation en disant : « Ô mon peuple, que mon opposition ne vous pousse pas à subir le même sort que le peuple de Noé, ou le peuple de Hûd, ou le peuple de Sâlih ; et le peuple de Lot n'est pas loin de vous 115. » C'est-à-dire : que votre hostilité envers moi et votre haine de ce que je vous ai apporté ne vous poussent pas à persister dans votre égarement, votre ignorance et votre opposition, de sorte qu'Allah fasse descendre sur vous un châtiment et un châtiment exemplaire semblable à ce qu'Il a infligé à vos semblables, parmi le peuple de Noé, le peuple de Hûd et le peuple de Sâlih, qui étaient des démenteurs et des opposants. Et Sa parole : « Et le peuple de Lot n'est pas loin de vous » – on a dit que cela signifie dans le temps : il n'y a pas longtemps que ce qui leur est arrivé à cause de leur mécréance et de leur insolence vous est parvenu. On a dit aussi que cela signifie : ils ne sont pas loin de vous en demeure et en lieu. On a dit encore : dans les qualités et les actes répréhensibles, comme le brigandage, la prise des biens des gens ouvertement et en cachette par toutes sortes de ruses et de faux-semblants. Il est possible de combiner ces dires : car ils n'étaient pas loin d'eux ni en temps, ni en lieu, ni en qualités. Puis il mêla l'intimidation à l'incitation en disant : « Implorez le pardon de votre Seigneur, puis repentez-vous à Lui. Mon Seigneur est certes Miséricordieux et Aimant 116. » C'est-à-dire : cessez ce dans quoi vous êtes, et repentez-vous à votre Seigneur, le Miséricordieux, l'Aimant, car quiconque se repent à Lui, Il accepte son repentir. Il est Miséricordieux envers Ses serviteurs, plus miséricordieux qu'une mère envers son enfant, et « Aimant », c'est-à-dire qu'Il aime Son serviteur après le repentir, même pour les péchés les plus graves. Ils dirent : « Ô Shu'ayb, nous ne comprenons pas grand-chose de ce que tu dis, et nous te voyons faible parmi nous 117. » Il a été rapporté d'Ibn 'Abbâs, Sa'îd ibn Jubayr et al-Thawrî qu'ils ont dit : il était aveugle. Et il a été rapporté dans un hadith élevé qu'il pleura par amour pour Allah jusqu'à devenir aveugle, puis Allah lui rendit la vue et dit : « Ô Shu'ayb, pleures-tu par crainte du Feu ou par désir du Paradis ? » Il dit : « Non, par amour pour Toi ; quand je Te vois, je ne me soucie plus de ce qu'on fait de moi. » Alors Allah lui révéla : « Félicitations à toi, ô Shu'ayb, pour Ma rencontre ; c'est pourquoi Je t'ai fait servir Moïse fils d'Imrân, Mon interlocuteur. »
Al-Wāḥidī l’a rapporté d’après Abū al-Fatḥ Muḥammad ibn ‘Alī al-Kūfī, d’après ‘Alī ibn al-Ḥasan ibn Bundār, d’après ‘Abd Allāh Muḥammad ibn Isḥāq al-Ramlī, d’après Hishām ibn ‘Ammār, d’après Ismā‘īl ibn ‘Abbās, d’après Yaḥyā ibn Sa‘īd, d’après Shaddād ibn Aws 118, d’après le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) quelque chose de similaire. Ce hadith est très étrange 119, et al-Khaṭīb al-Baghdādī l’a déclaré faible 120. * * * Leur parole : « Si ce n’était ton clan, nous t’aurions lapidé, et tu n’es pas puissant parmi nous » 121 est de leur mécréance flagrante et de leur obstination hideuse, lorsqu’ils dirent : « Nous ne comprenons pas grand-chose de ce que tu dis », c’est-à-dire nous ne le saisissons pas et ne le raisonnons pas, car nous ne l’aimons pas et ne le voulons pas, et nous n’avons ni aspiration vers lui ni inclination pour lui. C’est comme ce que dirent les mécréants de Quraysh au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Ils dirent : Nos cœurs sont voilés 122 de ce à quoi tu nous appelles, et dans nos oreilles il y a une lourdeur, et entre nous et toi il y a un voile ; agis donc, nous agissons aussi. » Et leur parole : « Nous te voyons faible parmi nous » 123, c’est-à-dire opprimé et délaissé. « Si ce n’était ton clan », c’est-à-dire ta tribu et ta parenté parmi nous, « nous t’aurions lapidé, et tu n’es pas puissant parmi nous. » « Il dit : Ô mon peuple ! Mon clan est-il plus puissant pour vous qu’Allah ? » 124, c’est-à-dire craignez-vous ma tribu et ma parenté et me ménagez-vous à cause d’eux, et ne craignez-vous pas le châtiment d’Allah ? Et ne me ménagez-vous pas parce que je suis le Messager d’Allah ? Ainsi mon clan est devenu plus puissant pour vous qu’Allah. « Et vous l’avez pris derrière vous, comme chose délaissée 125 », c’est-à-dire vous avez mis le côté d’Allah derrière vos dos. « Certes, mon Seigneur embrasse 126 ce que vous faites », c’est-à-dire Il est savant de ce que vous faites et de ce que vous accomplissez, Il embrasse tout cela, et Il vous rétribuera pour cela le jour où vous serez ramenés à Lui. « Ô mon peuple ! Agissez selon votre position 127, moi j’agis. Vous saurez bientôt sur qui s’abattra un châtiment qui l’humiliera, et qui est menteur. Et attendez, moi aussi je suis avec vous parmi ceux qui attendent. » Ceci est un ordre de menace sévère et d’avertissement ferme, pour qu’ils persistent dans leur voie, leur méthode et leur manière ; vous saurez bientôt à qui appartient l’issue finale de la demeure, et sur qui s’abattra la perdition et la ruine. « Sur qui s’abattra un châtiment qui l’humiliera », c’est-à-dire dans cette vie d’ici-bas, « et sur qui s’abattra un châtiment permanent », c’est-à-dire dans l’au-delà. « Et qui est menteur », c’est-à-dire parmi moi et parmi vous, dans ce qu’il a annoncé, promis et averti. « Et attendez, moi aussi je suis avec vous parmi ceux qui attendent. » Ceci est comme Sa parole : « Et si une partie d’entre vous a cru au message avec lequel j’ai été envoyé, et une partie n’a pas cru, patientez donc jusqu’à ce qu’Allah juge entre nous, et Il est le meilleur des juges. » * * * « Les notables 128 de son peuple qui étaient orgueilleux dirent : Nous t’expulserons, ô Shu‘ayb, toi et ceux qui ont cru avec toi, de notre cité, à moins que vous ne reveniez à notre religion. Il dit : Même si nous sommes réticents ? Nous aurions forgé un mensonge contre Allah si nous revenions à votre religion après qu’Allah nous en a sauvés. Il ne nous appartient pas d’y revenir, à moins qu’Allah, notre Seigneur, ne le veuille. Notre Seigneur embrasse toute chose par Sa science. C’est en Allah que nous plaçons notre confiance. Notre Seigneur ! Tranche 129 entre nous et notre peuple en toute vérité, et Tu es le meilleur des juges. » Ils demandèrent, selon leur prétention, de faire revenir ceux d’entre eux qui avaient cru à leur religion. Shu‘ayb se dressa pour argumenter en faveur de son peuple et dit : « Même si nous sommes réticents ? », c’est-à-dire ceux-ci ne reviendront pas à vous volontairement ; s’ils reviennent, ce ne sera que contraints et forcés. Car lorsque la foi a pénétré les cœurs avec sa joie, personne ne la déteste, personne n’en apostasie, et personne ne peut y échapper. C’est pourquoi il dit : « Nous aurions forgé un mensonge contre Allah si nous revenions à votre religion après qu’Allah nous en a sauvés. Il ne nous appartient pas d’y revenir, à moins qu’Allah, notre Seigneur, ne le veuille. Notre Seigneur embrasse toute chose par Sa science. C’est en Allah que nous plaçons notre confiance », c’est-à-dire Il nous suffit, Il est notre protecteur, et vers Lui est notre refuge en toute notre affaire. Puis il implora la victoire contre son peuple et demanda l’aide de son Seigneur contre eux pour hâter ce qu’ils méritaient, disant : « Notre Seigneur ! Tranche entre nous et notre peuple en toute vérité, et Tu es le meilleur des juges », c’est-à-dire des arbitres. Il invoqua donc contre eux, et Allah ne repousse pas l’invocation de Ses messagers lorsqu’ils implorent Son secours contre ceux qui les ont niés et mécrus, et qui ont désobéi à Son messager. Malgré cela, ils persistèrent dans ce à quoi ils s’accrochaient et dont ils étaient revêtus : « Les notables de son peuple qui avaient mécru dirent : Si vous suivez Shu‘ayb, vous serez alors perdants. » Allah Très-Haut dit : « Alors le tremblement 130 les saisit, et ils devinrent, dans leurs demeures, gisants 131. » Il est mentionné dans la sourate al-A‘rāf qu’ils furent saisis par un tremblement, c’est-à-dire que leur terre trembla sous eux et fut secouée d’un violent séisme qui arracha leurs âmes de leurs corps, transforma les êtres vivants de leur terre en choses inertes, et leurs cadavres devinrent prostrés, sans âme, sans mouvement, sans sens. Allah réunit contre eux diverses sortes de châtiments, des variétés de fléaux et des formes d’épreuves, en raison des vilaines qualités dont ils étaient dotés. Allah déchaîna contre eux un violent tremblement qui immobilisa les mouvements, un grand Cri 132 qui étouffa les voix, et une Nuée 133 d’où Il envoya sur eux des étincelles de feu de toutes parts et directions. Mais Il Très-Haut a rapporté à leur sujet dans chaque sourate ce qui convient à son contexte et correspond à sa structure. Dans le contexte du récit d’al-A‘rāf, ils avaient ébranlé 134 le Prophète d’Allah et ses compagnons, et les avaient menacés d’expulsion de leur cité ou de retour à leur religion. Allah dit donc : « Alors le tremblement les saisit, et ils devinrent, dans leurs demeures, gisants », répondant à l’ébranlement par le tremblement, et à l’effroi par la frayeur. Ceci est approprié à ce contexte et lié à ce qui le précède. Quant à la sourate Hūd, Il mentionna qu’ils furent saisis par le Cri, et ils devinrent, dans leurs demeures, gisants. Cela parce qu’ils dirent au Prophète d’Allah, par moquerie, raillerie et dénigrement : « Est-ce que ta prière t’ordonne de laisser ce qu’adoraient nos pères, ou de ne pas faire dans nos biens ce que nous voulons ? Tu es vraiment le clément, le bien-guidé ! » Il convenait donc de mentionner le Cri, qui est comme une réprimande pour avoir proféré ces paroles hideuses avec lesquelles ils affrontèrent ce noble, digne de confiance et éloquent messager. Alors vint à eux un Cri qui les réduisit au silence, accompagné d’un tremblement qui les immobilisa. Quant à la sourate ash-Shu‘arā’, Il mentionna qu’ils furent saisis par le châtiment du Jour de l’Ombre 135. Cela fut en réponse à ce qu’ils avaient demandé, en accord avec ce qu’ils souhaitaient, car ils dirent : « Tu n’es qu’un ensorcelé 136 ! Tu n’es qu’un homme comme nous, et nous pensons que tu es du nombre des menteurs. Fais donc tomber sur nous des fragments du ciel, si tu es du nombre des véridiques. Il dit : Mon Seigneur sait mieux ce que vous faites. » Allah Très-Haut, l’Audient, l’Omniscient, dit : « Ils le traitèrent de menteur ; alors le châtiment du Jour de l’Ombre les saisit. Ce fut vraiment le châtiment d’un jour terrible. » Quant à ceux parmi les exégètes, comme Qatāda et autres, qui prétendent que les gens d’al-Ayka 137 sont une autre communauté que les gens de Madyan, leur parole est faible. Leur argument repose sur deux choses : premièrement, Il dit : « Les gens d’al-Ayka traitèrent les messagers de menteurs, quand Shu‘ayb leur dit », et Il n’a pas dit « leur frère » comme Il a dit : « Et vers Madyan, leur frère Shu‘ayb. » Deuxièmement, Il mentionna leur châtiment par le Jour de l’Ombre, tandis que pour les autres Il mentionna le tremblement ou le Cri. La réponse à la première objection est qu’Il n’a pas mentionné la fraternité après « Les gens d’al-Ayka traitèrent les messagers de menteurs », parce qu’Il les a décrits par l’adoration d’al-Ayka, et la mention de la fraternité n’est pas appropriée ici. Lorsqu’Il les a attribués à la tribu, il était convenable de mentionner Shu‘ayb comme leur frère. Cette distinction est parmi les subtilités précieuses, rares et nobles. Quant à leur argument par le Jour de l’Ombre, si cela était une preuve en soi qu’il s’agit d’une autre communauté, alors la mention du châtiment par le tremblement et le Cri serait aussi une preuve qu’il s’agit de deux autres communautés. Or, personne qui comprend quoi que ce soit de cette science ne dirait cela.
Quant au hadith que le ḥāfiẓ 138 Ibn ‘Asākir a rapporté dans la biographie du prophète Shu‘ayb (sur lui la paix), par la voie de Muḥammad b. ‘Uthmān b. Abī Shayba, d’après son père, d’après Mu‘āwiya b. Hishām, d’après Hishām b. Sa‘d, d’après Shafīq b. Abī Hilāl, d’après Rabī‘a b. Sayf, d’après ‘Abd Allāh b. ‘Amr, remontant au Prophète : « Les gens de Madyan et les compagnons d’al-Ayka 139 sont deux communautés auxquelles Allāh a envoyé Shu‘ayb le prophète (sur lui la paix) » : c’est un hadith gharīb 140. Parmi ses transmetteurs, il y a quelqu’un dont on a parlé [en mal]. Le plus probable est qu’il s’agit des paroles de ‘Abd Allāh b. ‘Amr, tirées de ce qu’il a obtenu le jour d’al-Yarmūk 141 des deux outres 142 contenant des récits des fils d’Isrā’īl. Et Allāh sait mieux. (2) Ensuite, Allāh a mentionné au sujet des gens d’al-Ayka le blâme qu’Il a mentionné au sujet des gens de Madyan concernant la fraude dans la mesure et le poids, ce qui indique qu’ils sont une seule communauté, anéantie par diverses sortes de châtiment. Et Il a mentionné dans chaque passage ce qui convenait comme discours. Quant à Sa parole : « Alors le châtiment du jour de l’ombre les saisit. Ce fut vraiment le châtiment d’un jour terrible » 143, ils ont mentionné qu’une chaleur intense les frappa, et Allāh retint le souffle de l’air loin d’eux pendant sept jours, de sorte que ni l’eau ni l’ombre ne leur furent d’aucun secours, ni même le fait d’entrer dans les souterrains. Ils s’enfuirent donc de leur campement vers le désert, et un nuage les couvrit d’ombre ; ils se rassemblèrent dessous pour s’abriter à son ombre. Lorsqu’ils furent tous réunis, Allāh lâcha sur eux le nuage qui les criblait d’étincelles et de flammèches, la terre trembla sous eux, et un cri vint du ciel qui leur ôta la vie et détruisit leurs corps. « Ils devinrent, dans leurs demeures, gisants sur le sol. Ceux qui traitaient Shu‘ayb de menteur (disparurent) comme s’ils n’y avaient jamais prospéré. Ceux qui traitaient Shu‘ayb de menteur furent eux les perdants » 144. Et Allāh sauva Shu‘ayb et ceux qui avec lui étaient croyants, comme dit le Très-Haut, Lui le plus véridique des locuteurs : « Et quand vint Notre ordre, Nous sauvâmes Shu‘ayb et ceux qui avaient cru avec lui, par une miséricorde de Notre part, et le Cri saisit ceux qui avaient été injustes : ils devinrent, dans leurs demeures, gisants sur le sol, comme s’ils n’y avaient jamais prospéré. Que les Madyan soient emportés loin, comme les Thamūd furent emportés loin ! » 145 Et le Très-Haut dit : « Et les notables qui avaient mécru parmi son peuple dirent : “Si vous suivez Shu‘ayb, vous serez alors perdants.” Alors le tremblement les saisit, et ils devinrent, dans leurs demeures, gisants sur le sol, ceux qui traitaient Shu‘ayb de menteur, comme s’ils n’y avaient jamais prospéré. Ceux qui traitaient Shu‘ayb de menteur furent eux les perdants » 146. Et cela en réponse à leur parole : « Si vous suivez Shu‘ayb, vous serez alors perdants. » * * * Ensuite, le Très-Haut rapporte de leur prophète qu’il les a déplorés en les blâmant, réprimandant et fustigeant. Le Très-Haut dit : « Il se détourna d’eux et dit : “Ô mon peuple, je vous ai bien transmis les messages de mon Seigneur et je vous ai donné un conseil sincère. Comment donc m’affligerais-je sur un peuple mécréant ?” » 147 C’est-à-dire qu’il s’éloigna d’eux, tournant le dos à leur campement après leur destruction, disant : « Ô mon peuple, je vous ai bien transmis les messages de mon Seigneur et je vous ai donné un conseil sincère », c’est-à-dire : j’ai accompli ce qui m’incombait comme devoir de transmission parfaite et de conseil complet, et j’ai désiré votre guidée par tout ce que je pouvais et parvenais à faire, mais cela ne vous a pas profité, car Allāh ne guide pas ceux qu’Il égare, et ils n’ont point de secoureurs. Je ne m’afflige donc pas après cela sur vous, car vous n’acceptiez pas le conseil et ne craigniez pas le jour de la honte. C’est pourquoi Il dit : « Comment donc m’affligerais-je sur un peuple mécréant ? », c’est-à-dire qui n’accepte pas la vérité, n’y revient pas et n’y prête pas attention. Alors s’abattit sur eux la rigueur d’Allāh, qui ne peut être repoussée, ni empêchée, et dont nul ne peut s’écarter s’il est visé, ni trouver d’issue. [Le ḥāfiẓ Ibn ‘Asākir a mentionné dans son Histoire, d’après Ibn ‘Abbās, que Shu‘ayb (sur lui la paix) vécut après Joseph (sur lui la paix). Et d’après Wahb b. Munabbih, que Shu‘ayb (sur lui la paix) mourut à La Mecque avec les croyants qui étaient avec lui, et que leurs tombes se trouvent à l’ouest de la Ka‘ba, entre Dār an-Nadwa 148 et Dār Banī Sahm 149.]
- al-Khalîl : L'Ami intime, titre donné à Abraham dans la tradition islamique, en référence à Coran 4:125.
- Namrûd : Nimrod, roi légendaire de Mésopotamie, connu pour son opposition à Abraham.
- Sûs : Suse, ancienne ville d'Élam (actuel sud-ouest de l'Iran).
- Bâbil : Babylone, ancienne ville de Mésopotamie.
- Sawâd : Région fertile de l'Irak, souvent appelée 'le Sawad'.
- Kûthâ : Kutha, ancienne ville de Mésopotamie, près de Babylone.
- Barzah : Localité près de Damas, en Syrie.
- Harrân : Harran, ancienne ville de Haute-Mésopotamie (sud-est de la Turquie actuelle).
- arḍ al-Shâm : La terre de Syrie, incluant historiquement la Syrie, le Liban, la Palestine et la Jordanie.
- Îliyâ : Nom arabe de Jérusalem, dérivé du latin Aelia Capitolina.
- Ḥabrûn : Hébron, ville de Cisjordanie, lieu du tombeau des Patriarches.
- Ahl al-Kitâb : Gens du Livre, désignant les juifs et les chrétiens.
- Banû Ḥît : Les Hittites, peuple mentionné dans la Bible.
- ‘Afrôn : Éphron, personnage biblique, fils de Sohar (Genèse 23:8).
- mithqâl : Unité de poids, environ 4,25 grammes d'or ou d'argent.
- Rifqâ : Rébecca, épouse d'Isaac dans la Bible.
- Bétouël : Béthuel, père de Rébecca (Genèse 22:22-23).
- Nâhôr : Nahor, frère d'Abraham (Genèse 11:26).
- Târah : Térah, père d'Abraham (Genèse 11:26).
- Qantûrâ : Ketourah, épouse d'Abraham après Sara (Genèse 25:1).
- Zamrân : Zimran, fils d'Abraham et Ketourah (Genèse 25:2).
- Yaqshân : Jokshan, fils d'Abraham et Ketourah (Genèse 25:2).
- Mâdân : Medan, fils d'Abraham et Ketourah (Genèse 25:2).
- Madyan : Madian, fils d'Abraham et Ketourah (Genèse 25:2).
- Shiyâq : Shuah, fils d'Abraham et Ketourah (Genèse 25:2).
- Shûḥ : Shuah, variante orthographique.
- salaf : Prédécesseurs pieux, les premières générations de l'islam.
- Malak al-Mawt : Ange de la mort, Azraël dans la tradition islamique.
- Ḥithî : Hittite, relatif au peuple hittite.
- Ibn al-Kalbî : Hishâm ibn al-Kalbî, historien et généalogiste arabe du VIIIe siècle.
- al-Qadûm : Soit une hache (instrument de circoncision), soit un toponyme (village).
- Ḥâfiẓ : Titre donné à un spécialiste du hadith qui maîtrise des milliers de textes.
- mawqûf : Hadith dont la chaîne de transmission s'arrête à un Compagnon, sans remonter au Prophète.
- sirwâl : Pantalon ample, vêtement traditionnel.
- faraqa : Se faire la raie dans les cheveux.
- istaḥadda : Se raser le pubis, pratique de purification.
- marfû‘ : Hadith dont la chaîne remonte au Prophète.
- al-marba‘a : L'enceinte ou le sanctuaire, désignant le Tombeau des Patriarches à Hébron.
- al-Khalîl : Nom arabe d'Hébron, signifiant 'l'Ami' en référence à Abraham.
- tawâtur : Transmission par un grand nombre de témoins, considérée comme certaine.
- ma‘ṣûm : Infaillible, terme désignant les prophètes et, dans le chiisme, les imams.
- Hâjar : Agar, servante égyptienne de Sara, mère d'Ismaël.
- Yaqṭân : Joktan, personnage biblique (Genèse 10:25).
- Saraj : Nom non biblique, variante possible de Serug.
- Nashaq : Nom non biblique, peut-être une variante.
- Ḥajûn : Nom d'une épouse d'Abraham, non mentionné dans la Bible.
- Amîn : Nom du père de Hajûn, non biblique.
- Kaysân : Nom non biblique.
- Sûraj : Nom non biblique.
- Amîm : Nom non biblique.
- Lûṭân : Nom non biblique, peut-être lié à Loth.
- Nâfas : Nom non biblique.
- Hârân : Haran, frère d'Abraham, père de Loth (Genèse 11:27).
- Âzar : Nom donné au père d'Abraham dans le Coran (6:74), identifié à Térah.
- al-Khalîl : Surnom d'Abraham (Ibrahim), signifiant 'l'Ami intime' (d'Allah).
- Ghor de Zoar : Région de la vallée du Jourdain, près de la mer Morte, où se trouvait la ville de Zoar (Sughar).
- les mâles parmi les humains : Référence à la pratique homosexuelle, condamnée comme abomination dans le récit coranique.
- Sourate al-A‘râf : Sourate 7, versets 80-84.
- pierres d'argile cuite : Traduction de 'sijjîl', pierres d'argile durcie ou cuite, mentionnées dans le châtiment de Sodome.
- Sourate Hûd : Sourate 11, versets 69-83.
- Sourate al-Hijr : Sourate 15, versets 51-77.
- Sourate ach-Chu‘arâ’ : Sourate 26, versets 160-175.
- Sourate an-Naml : Sourate 27, versets 54-58.
- Sourate al-‘Ankabût : Sourate 29, versets 28-35.
- Sourate as-Sâffât : Sourate 37, versets 133-138.
- Sourate adh-Dhâriyât : Sourate 51, versets 31-32.
- Ahl al-Bayt : Les gens de la maison, c'est-à-dire la famille du prophète Lot.
- as-sayyi'ât : Les mauvaises actions, les péchés.
- hâ'ulâ'i banâtî hunna atharu lakum : Voici mes filles, elles sont plus pures pour vous : Lot propose le mariage avec ses filles, considérées comme ses filles au sens religieux.
- an-nabiyyu awlâ bi-l-mu'minîna min anfusihim wa azwâjuhu ummahâtuhum : Le Prophète a plus de droit sur les croyants qu'ils n'en ont sur eux-mêmes, et ses épouses sont leurs mères (Coran 33:6).
- a ta'tûna dh-dhukrâna mina l-'âlamîna wa tadharûna mâ khalaqa lakum rabbukum min azwâjikum bal antum qawmun 'âdûn : Vous venez aux mâles parmi les mondes, et vous délaissez ce que votre Seigneur a créé pour vous de vos épouses ? Vous êtes plutôt un peuple transgresseur (Coran 26:165-166).
- fattaqû llâha wa lâ tukhzûnî fî dayfî alaysa minkum rajulun rashîd : Craignez donc Allah et ne me déshonorez pas dans mes hôtes. N'y a-t-il pas parmi vous un homme raisonnable ? (Coran 11:78).
- laqad 'alimta mâ lanâ fî banâtika min haqqin wa innaka lata'lamu mâ nurîd : Tu sais bien que nous n'avons aucun droit sur tes filles, et tu sais bien ce que nous voulons (Coran 11:79).
- law anna lî bikum quwwatan aw âwî ilâ ruknin shadîd : Si seulement j'avais contre vous quelque force, ou si je pouvais trouver refuge auprès d'un soutien solide (Coran 11:80).
- hadîth : Hadith rapporté par al-Bukhârî et Muslim, où le Prophète Muhammad commente l'attitude de Lot.
- tharwa : Prospérité, abondance ; ici, le Prophète est envoyé dans un contexte de force et de soutien de son peuple.
- wa jâ'a ahlu l-madînati yastabshirûn... : Et les gens de la ville vinrent, se réjouissant... (Coran 15:67-71).
- la'amruka innahum lafî sakratihim ya'mahûn : Par ta vie ! Ils étaient dans leur ivresse, errant aveuglément (Coran 15:72).
- wa laqad andharnâhum batshatanâ fatamâraw bi-n-nudhuri... : Et Nous les avions pourtant avertis de Notre rigueur, mais ils doutèrent des avertissements... (Coran 54:36-38).
- wa lâ yaltafit minkum ahad : Et que nul d'entre vous ne se retourne (Coran 11:81).
- illâ imra'ataka : Sauf ta femme (Coran 11:81).
- inna maw'idahumu s-subhu alaysa s-subhu bi-qarîb : Leur rendez-vous est au matin. Le matin n'est-il pas proche ? (Coran 11:81).
- Su'ar : Village mentionné dans les traditions, identifié à Zoar (ou Bela), où Lot se réfugia.
- sijjîl : Pierres d'argile cuite, mentionnées dans le Coran (11:82) pour décrire le châtiment du peuple de Lot.
- sijjîl : Mot persan arabisé désignant une pierre dure et solide, ou de l'argile durcie au feu.
- manḍûd : Participe passif signifiant 'disposées en rangées' ou 'se succédant'.
- musawwama : Marquées, portant une marque distinctive.
- Sourate 51:34 : Référence coranique.
- Sourate 26:173 : Référence coranique.
- Sourate 53:53-55 : Référence coranique.
- Sourate 66:10 : Référence coranique.
- Sourate 24:15-16 : Référence coranique.
- Sourate 11:83 : Référence coranique.
- Sourate 26:190-191 : Référence coranique.
- Sourate 15:73-77 : Référence coranique.
- Sourate 37:137-138 : Référence coranique.
- Sourate 29:35 : Référence coranique.
- Sourate 51:35-37 : Référence coranique.
- Shu‘ayb : Prophète envoyé au peuple de Madyan, identifié par certaines traditions bibliques comme Jéthro, beau-père de Moïse.
- Ce qui reste auprès d'Allah : Expression désignant la récompense divine, la subsistance licite et bénie qu'Allah accorde, par opposition aux gains frauduleux.
- al-Ḥijr : Sourate 15 du Coran, nommée d'après la région rocheuse du peuple de Thamûd.
- al-Ayka : Forêt dense ou bosquet d'arbres ; désigne le lieu où vivaient les gens de Shu‘ayb, souvent identifié à Madyan.
- ash-Shu‘arâ' : Sourate 26 du Coran, intitulée « Les Poètes ».
- jour de l'Ombre : Châtiment infligé au peuple de Shu‘ayb : un nuage brûlant ou une ombre étouffante qui les anéantit.
- Ma‘ân : Ville du sud de la Jordanie actuelle, proche de la frontière avec l'Arabie saoudite.
- Shâm : Région historique du Levant, comprenant la Syrie, le Liban, la Jordanie, la Palestine et Israël.
- Ḥijâz : Région de l'ouest de l'Arabie saoudite, comprenant La Mecque et Médine.
- Ibrâhîm al-Khalîl : Abraham, le prophète, surnommé al-Khalîl (l'Ami intime d'Allah).
- Malgham : Personnage mentionné par Wahb ibn Munabbih, peut-être un autre croyant contemporain d'Abraham.
- al-Istî‘âb : Ouvrage biographique d'Ibn ‘Abd al-Barr sur les Compagnons du Prophète.
- yawm muḥīṭ : Jour qui enveloppe : expression coranique désignant le Jour du Jugement, qui enveloppe les créatures de terreur et de châtiment.
- baqiyyat Allāh : Ce qui reste d'Allah : interprété comme la subsistance licite qu'Allah accorde, ou le profit après avoir donné la mesure exacte.
- al-ḥalīm al- rashīd : Le doux, le bien-guidé : paroles ironiques des mécréants envers Shu'ayb, feignant de le louer pour se moquer.
- rizqan ḥasanan : Un bon don : interprété ici comme la prophétie et la mission divine.
- wa mā qawmu Lūṭ minkum bi-baʿīd : Le peuple de Lot n'est pas loin de vous : peut signifier dans le temps, le lieu ou les mœurs corrompues.
- Rabbī raḥīmun wadūd : Mon Seigneur est Miséricordieux et Aimant : deux attributs divins, raḥīm (très miséricordieux) et wadūd (aimant, qui aime Ses serviteurs repentants).
- ḍaʿīfan : Faible : certains exégètes disent qu'il était aveugle, d'autres qu'il était physiquement faible ou sans soutien tribal.
- Shaddād ibn Aws : Compagnon du Prophète, connu pour sa piété et sa science.
- gharīb jiddan : Hadith très étrange, c'est-à-dire dont la chaîne de transmission comporte une singularité ou une faiblesse.
- ḍaʿʿafahu : Il l'a déclaré faible, c'est-à-dire que le hadith ne remplit pas les conditions d'authenticité.
- rahṭuka : Ton clan, ta tribu, ta parenté.
- akinnah : Pluriel de kinān, enveloppes ou voiles qui empêchent la compréhension.
- ḍaʿīfan : Faible, ici au sens d'opprimé, sans soutien.
- a-rahṭī aʿazzu ʿalaykum min Allāh : Mon clan est-il plus puissant pour vous qu'Allah ? Réprimande pour avoir craint les hommes plutôt que Dieu.
- ẓihriyyan : Derrière le dos, chose délaissée, négligée.
- muḥīṭ : Qui embrasse, qui cerne, ici au sens de science exhaustive.
- makānatikum : Votre position, votre état, votre manière d'agir.
- al-malaʾ : Les notables, les chefs, l'élite d'un peuple.
- iftaḥ : Tranche, juge, décide (entre nous et notre peuple).
- al-rajfah : Le tremblement, le séisme.
- jāthimīn : Gisants, prostrés, morts sans mouvement.
- al-ṣayḥah : Le Cri, un châtiment sonore violent.
- al-ẓullah : La Nuée, un nuage de feu ou de châtiment.
- arjafū : Ils ont ébranlé, semé le trouble, menacé.
- yawm al-ẓullah : Le Jour de l'Ombre, un châtiment sous forme de nuée obscure.
- al-musaḥḥarīn : Les ensorcelés, ceux qui ont perdu la raison par magie.
- aṣḥāb al-aykah : Les gens d'al-Ayka, un peuple associé à un arbre ou une forêt, souvent identifié aux Madianites.
- ḥāfiẓ : Titre honorifique donné aux grands spécialistes du hadith, maîtrisant parfaitement les textes et les chaînes de transmission.
- al-Ayka : Nom désignant un lieu boisé ou une forêt d'arbres touffus ; les 'Compagnons d'al-Ayka' sont un peuple mentionné dans le Coran, souvent identifié aux Madianites.
- gharīb : Hadith dont la chaîne de transmission comporte un transmetteur unique à un certain niveau, ou dont le texte est peu connu.
- al-Yarmūk : Rivière en Syrie, site d'une célèbre bataille entre musulmans et Byzantins en 636.
- outres : Récipients en peau contenant des livres ou des écrits ; allusion à des rouleaux de la tradition israélite.
- Coran 26:189 : Sourate ash-Shu‘arā', verset 189.
- Coran 7:91-92 : Sourate al-A‘rāf, versets 91-92.
- Coran 11:94-95 : Sourate Hūd, versets 94-95.
- Coran 7:90-92 : Sourate al-A‘rāf, versets 90-92.
- Coran 7:93 : Sourate al-A‘rāf, verset 93.
- Dār an-Nadwa : Maison de l'Assemblée, bâtiment important de La Mecque préislamique où se réunissaient les notables Qurayshites.
- Dār Banī Sahm : Maison du clan Banī Sahm, une tribu qurayshite.
Chapitre mentionnant la descendance d'Abraham, sur lui la prière et la paix [1].
Chapitre mentionnant la descendance d'Abraham, sur lui la prière et la paix. Nous avons déjà présenté son histoire avec son peuple, ce qu'il advint d'eux, et ce à quoi aboutit son affaire, sur lui la prière, la paix, la salutation et l'honneur. Et nous avons mentionné ce qui se produisit à son époque de l'histoire du peuple de Lot, et nous avons fait suivre cela par l'histoire de Madyan, le peuple de Shu'ayb, sur lui la paix, car elle est son pendant dans le Livre de Dieu, Puissant et Majestueux, en de nombreux endroits. Ainsi, le Très-Haut mentionna après l'histoire du peuple de Lot, l'histoire de Madyan, qui sont les gens d'al-Ayka 1 selon l'avis correct, comme nous l'avons déjà exposé. Nous l'avons donc mentionnée à sa suite, en suivant l'exemple du noble Coran. Maintenant, nous allons commencer à parler en détail de la descendance d'Abraham, sur lui la paix, car Dieu a placé dans sa descendance la prophétie et l'Écriture. Tout prophète envoyé après lui est donc de sa descendance.
- al-Ayka : Nom d'une forêt ou d'un bosquet touffu ; désigne le peuple de Shu'ayb, souvent identifié aux Madianites.
Il est fait mention d'Ismaël, sur lui la paix [1].
Mention d'Ismaël, sur lui la paix. Le Khalil 1 eut des fils, comme nous l'avons mentionné, mais les plus célèbres sont les deux frères, les deux grands prophètes et messagers. Le plus âgé et le plus noble d'entre eux, celui qui est le sacrifié selon l'avis correct, est Ismaël, le premier-né d'Ibrahim le Khalil, issu de Hâjar la Copte égyptienne, sur elle la paix, qui était d'une grande noblesse. Quant à ceux qui disent que le sacrifié est Isaac, ils tiennent cela des transmetteurs des fils d'Israël qui ont altéré, déformé et interprété la Torah et l'Évangile, et contredit ce qui est dans leurs propres Écritures à ce sujet. Car Ibrahim reçut l'ordre de sacrifier son fils premier-né, et selon une version, son fils unique. Quoi qu'il en soit, c'est Ismaël, par la preuve textuelle. En effet, dans le texte de leur Livre, il est dit qu'Ismaël naquit alors qu'Ibrahim avait quatre-vingt-six ans. Quant à Isaac, il naquit seulement après qu'Ibrahim eut atteint cent ans. Ismaël est donc incontestablement le premier-né, et il est l'unique en apparence et en sens, en toute circonstance. Quant à l'apparence, il fut son fils unique pendant plus de treize ans. Quant au sens, il est unique car c'est lui avec qui son père émigra, accompagné de sa mère Hâjar, alors qu'il était petit, encore nourrisson, dit-on. Il les installa dans les vallées des montagnes de Fârân 2, qui sont les montagnes autour de La Mecque, quel excellent lieu de séjour ! Et il les laissa là avec peu de provisions et d'eau, par confiance en Dieu et en s'en remettant à Lui. Dieu Très-Haut les entoura de Sa sollicitude et de Sa suffisance. Quel excellent Protecteur, Suffisant, Garant et Caution ! Voilà donc l'enfant unique en apparence et en sens. Mais où est celui qui perçoit ce secret ? Où est celui qui atteint ce rang ? Le sens n'est saisi et embrassé dans sa science que par tout homme perspicace et noble ! Dieu Très-Haut a fait son éloge et l'a décrit comme indulgent 3, patient, fidèle à sa promesse, assidu à la prière et ordonnant à sa famille de la pratiquer pour les préserver du châtiment, en plus de ce à quoi il appelait : l'adoration du Seigneur des seigneurs. Dieu Très-Haut dit : "Nous lui annonçâmes un garçon indulgent. Puis quand celui-ci fut en âge de l'accompagner [dans ses efforts], il dit : Ô mon fils, je me vois en songe en train de t'immoler ; regarde ce que tu en penses. Il dit : Ô mon père, fais ce qui t'est ordonné ; tu me trouveras, si Dieu le veut, parmi les patients." 4 Il obéit donc à son père dans ce à quoi il l'appelait, et lui promit qu'il serait patient ; il tint sa promesse et patienta en cela. Et Dieu Très-Haut dit : "Et mentionne, dans le Livre, Ismaël ; il était fidèle à sa promesse et était un messager, un prophète. Et il ordonnait à sa famille la prière et l'aumône, et il était agréé auprès de son Seigneur." 5 Et Dieu Très-Haut dit : "Et mentionne Nos serviteurs Abraham, Isaac et Jacob, doués de force et de clairvoyance. Nous les avons purifiés par une qualité particulière : la pensée de la Demeure [dernière]. Et ils sont auprès de Nous parmi les élus, les meilleurs. Et mentionne Ismaël, Élisée et Dhul-Kifl ; chacun est parmi les meilleurs." 6 Et Dieu Très-Haut dit : "Et Ismaël, Idris et Dhul-Kifl ; chacun était parmi les patients. Et Nous les fîmes entrer dans Notre miséricorde ; ils étaient parmi les vertueux." 7 Et Dieu Très-Haut dit : "Nous t'avons fait une révélation comme Nous fîmes à Noé et aux prophètes après lui. Et Nous fîmes une révélation à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus..." 8 Et Dieu Très-Haut dit : "Dites : Nous croyons en Dieu et en ce qui nous a été révélé, et en ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus..." 9 Et un verset similaire dans une autre sourate 10. Et Dieu Très-Haut dit : "Ou bien dites-vous qu'Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus étaient juifs ou chrétiens ? Dis : Êtes-vous plus savants ou Dieu ?" 11 Dieu a donc mentionné de lui toute belle qualité, a fait de lui Son prophète et messager, l'a innocenté de tout ce que les ignorants lui attribuent, et a ordonné à Ses serviteurs croyants de croire en ce qui lui a été révélé. Les savants en généalogie et en histoire des peuples mentionnent qu'il fut le premier à monter à cheval ; auparavant, les chevaux étaient des bêtes sauvages, il les apprivoisa et les monta. Sa'îd ibn Yahyâ al-Umawî a dit dans ses Maghâzî : Un cheikh de Quraysh nous a raconté, d'après 'Abd al-Malik ibn 'Abd al-'Azîz, d'après 'Abd Allâh ibn 'Umar, que le Messager de Dieu, sur lui la grâce et la paix, a dit : "Prenez les chevaux et gardez-les 12, car ils sont l'héritage de votre père Ismaël." Ces chevaux arabes étaient sauvages 13 ; il fit pour eux une invocation qu'il avait reçue, et ils lui répondirent. Il fut aussi le premier à parler l'arabe éloquent et pur. Il l'apprit des Arabes 'âriba 14 qui s'étaient installés près d'eux à La Mecque, parmi les Jurhum, les Amalécites et les gens du Yémen, parmi les nations arabes antérieures au Khalil. Al-Umawî dit : 'Alî ibn al-Mughîra nous a raconté, d'après Abû 'Ubayda, d'après Masma' ibn Mâlik, d'après Muhammad ibn 'Alî ibn al-Husayn, d'après ses pères, d'après le Prophète, sur lui la grâce et la paix, qu'il a dit : "Le premier dont la langue s'est ouverte à l'arabe clair est Ismaël, alors qu'il avait quatorze ans." Yûnus lui dit : "Tu as dit vrai, ô Abû Sayyâr 15 ; c'est ainsi que Abû Jurayy m'a raconté." Nous avons déjà mentionné qu'à l'âge adulte, il épousa une femme des Amalécites, et que son père lui ordonna de la quitter, ce qu'il fit. Al-Umawî dit : Elle était 'Umâra bint Sa'd ibn Usâma ibn Akîl al-'Amâliqî. Puis il en épousa une autre, et son père lui ordonna de la garder, ce qu'il fit. C'était al-Sayyida bint Mudâd ibn 'Amr al-Jurhumî ; on dit que c'était la troisième. Elle lui donna douze fils. Muhammad ibn Ishâq, que Dieu lui fasse miséricorde, les a nommés : Nâbit, Qaydhar, Azbal, Mîshâ, Masma', Mâsh, Dawsâ, Arrar, Yâtûr, Nabash, Tîmâ et Qaydhumâ. C'est ainsi que les gens du Livre les mentionnent dans leur Livre. Et selon eux, ce sont les douze grands [chefs] annoncés, dont la mention a précédé. Mais ils mentent dans leur interprétation de cela. Ismaël, sur lui la paix, était un messager adressé aux habitants de cette région et de ses alentours : les tribus de Jurhum, les Amalécites et les gens du Yémen. Que les prières et la paix de Dieu soient sur lui. Lorsque sa mort approcha, il légua à son frère Isaac, et maria sa fille "Nasama" au fils de son frère, al-'Îs 16 ibn Ishâq. Elle lui donna les Romains, qu'on appelle aussi Banû al-Asfar, à cause d'une jaunisse qui était chez al-'Îs. Elle lui donna aussi les Grecs, selon une opinion. Et de la descendance d'al-'Îs viennent aussi les Ashbân 17, dit-on. Ibn Jarîr, que Dieu lui fasse miséricorde, s'est abstenu de trancher. Le prophète de Dieu, Ismaël, fut enterré dans le Hijr 18 avec sa mère Hâjar. Il avait cent trente-sept ans à sa mort. Il est rapporté de 'Umar ibn 'Abd al-'Azîz qu'il a dit : Ismaël, sur lui la paix, se plaignit à son Seigneur, Puissant et Majestueux, de la chaleur de La Mecque. Dieu lui révéla : "Je vais t'ouvrir une porte vers le Paradis, à l'endroit où tu seras enterré ; son souffle viendra sur toi jusqu'au Jour de la Résurrection." Les Arabes du Hedjaz descendent tous de ses deux fils : Nâbit et Qaydhar.
- al-Khalîl : L'ami intime de Dieu, surnom d'Abraham.
- Fârân : Nom biblique et coranique d'une région montagneuse autour de La Mecque.
- halîm : Indulgent, clément, doux ; qualificatif d'Ismaël dans le Coran.
- Coran 37:101-102 : Versets évoquant le sacrifice d'Ismaël.
- Coran 19:54-55 : Versets louant Ismaël.
- Coran 38:45-48 : Versets mentionnant Ismaël parmi les élus.
- Coran 21:85-86 : Versets mentionnant Ismaël parmi les patients.
- Coran 4:163 : Verset sur la révélation aux prophètes.
- Coran 2:136 : Verset sur la foi aux prophètes.
- Coran 3:84 : Verset similaire à 2:136.
- Coran 2:140 : Verset sur l'ignorance des gens du Livre.
- i'taqibûhâ : Gardez-les, retenez-les ; sens de les posséder et de les soigner.
- al-'irâb : Chevaux arabes de race pure.
- al-'Arab al-'âriba : Arabes autochtones, les premiers Arabes.
- Abû Sayyâr : Surnom de Masma' ibn Mâlik, un transmetteur.
- al-'Îs : Fils d'Isaac, ancêtre des Romains selon certaines traditions.
- al-Ashbân : Peuple ou tribu, peut-être les Espagnols ou une autre nation.
- al-Hijr : Espace semi-circulaire adjacent à la Kaaba, lieu de sépulture d'Ismaël et Hâjar.
Ishaq ibn Ibrahim al-Karim ibn al-Karim, sur eux la prière et la paix [1].
Ishâq 1, le généreux fils du généreux, sur eux la prière et la paix. Nous avons déjà mentionné qu'il naquit alors que son père avait cent ans, quatorze ans après son frère Ismâ‘îl. Sa mère Sârah avait quatre-vingt-dix ans lorsqu'elle reçut l'annonce de sa naissance. Allah Très-Haut dit : « Et Nous lui annonçâmes la bonne nouvelle d'Ishâq, prophète parmi les justes. Et Nous le bénîmes, lui et Ishâq. Et parmi leur descendance, il y a le bienfaiteur et celui qui est manifestement injuste envers lui-même. » Allah Très-Haut l'a loué dans plusieurs versets de Son Livre précieux. Nous avons déjà mentionné dans le hadith d'Abû Hurayra d'après le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) : « Le généreux, fils du généreux, fils du généreux, fils du généreux : Yûsuf, fils de Ya‘qûb, fils d'Ishâq, fils d'Ibrâhîm. » Les Gens du Livre rapportent qu'Ishâq épousa Rifqâ 2, fille de Batou‘îl, du vivant de son père, alors qu'il avait quarante ans. Elle était stérile ; il invoqua Allah pour elle, elle conçut et donna naissance à deux jumeaux : le premier nommé ‘Îsû 3, que les Arabes appellent al-‘Îs, et qui est le père des Romains ; le second sortit en tenant le talon de son frère, et ils le nommèrent Ya‘qûb, qui est Isrâ‘îl, auquel se rattachent les Enfants d'Israël. Ils disent qu'Ishâq aimait ‘Îsû plus que Ya‘qûb, car il était son aîné. Leur mère Rifqâ aimait davantage Ya‘qûb, car il était le plus jeune. Lorsque Ishâq vieillit et que sa vue s'affaiblit, il désira un plat de son fils al-‘Îs, et lui ordonna d'aller chasser du gibier et de le lui cuisiner, afin de le bénir et de prier pour lui. Al-‘Îs était un chasseur ; il partit donc chercher cela. Rifqâ ordonna à son fils Ya‘qûb d'égorger deux chevreaux parmi les meilleurs de son troupeau, d'en préparer un plat comme son père le désirait, et de le lui apporter avant son frère, afin qu'il prie pour lui. Elle se leva, lui fit revêtir les vêtements de son frère, et mit sur ses bras et son cou de la peau des chevreaux, car ‘Îsû avait le corps velu, contrairement à Ya‘qûb. Lorsqu'il apporta le plat et le présenta à son père, celui-ci dit : « Qui es-tu ? » Il répondit : « Ton fils. » Il le serra contre lui, le palpa et dit : « Quant à la voix, c'est la voix de Ya‘qûb, mais quant au toucher et aux vêtements, c'est ‘Îsû. » Après avoir mangé et terminé, il pria pour qu'il soit le plus grand de ses frères en rang, que sa parole prévale sur eux et sur les peuples après lui, et que sa subsistance et sa descendance soient abondantes. Lorsqu'il sortit de chez lui, son frère al-‘Îs arriva avec ce que son père lui avait ordonné et le lui présenta. Il lui dit : « Qu'est-ce que cela, mon fils ? » Il répondit : « Le plat que tu as désiré. » Il dit : « Ne m'as-tu pas apporté cela tout à l'heure ? J'en ai mangé et j'ai prié pour toi ? » Il dit : « Non, par Allah ! » Et il sut que son frère l'avait devancé. Il en conçut une grande rancune contre lui. Ils rapportent qu'il le menaça de le tuer après la mort de leur père. Il demanda à son père une autre prière, et celui-ci pria pour que sa descendance possède la colère de la terre, et que leurs subsistances et leurs fruits soient abondants. Lorsque leur mère entendit les menaces de ‘Îsû contre son frère Ya‘qûb, elle ordonna à son fils Ya‘qûb d'aller chez son frère Lâbân 4, qui se trouvait en terre de Harrân, et de rester chez lui jusqu'à ce que la colère de son frère s'apaise, et d'épouser une de ses filles. Elle dit à son mari Ishâq de lui ordonner cela, de lui faire ses recommandations et de prier pour lui. Il le fit. Ya‘qûb (paix sur lui) partit de chez eux à la fin de ce jour. Le soir le surprit dans un lieu où il dormit. Il prit une pierre, la mit sous sa tête et s'endormit. Dans son sommeil, il vit une échelle dressée du ciel à la terre, et des anges qui montaient et descendaient. Le Seigneur (béni et exalté soit-Il) lui parla et lui dit : « Je vais te bénir, multiplier ta descendance, et te donner cette terre, ainsi qu'à ta postérité après toi. » À son réveil, il se réjouit de ce qu'il avait vu, et fit le vœu à Allah, s'il revenait sain et sauf auprès de sa famille, de bâtir en ce lieu un temple pour Allah (puissant et majestueux), et que tout ce qu'Il lui accorderait comme bien, le dixième serait pour Allah. Puis il prit cette pierre, y versa de l'huile pour la reconnaître, et nomma ce lieu « Bayt Îl », c'est-à-dire « Maison d'Allah ». C'est l'emplacement actuel de Bayt al-Maqdis 5, que Ya‘qûb bâtit par la suite, comme cela viendra. Ils disent : Lorsque Ya‘qûb arriva chez son oncle en terre de Harrân, celui-ci avait deux filles : l'aînée s'appelait Lîyâ, et la cadette Râhîl. Celle-ci était la plus belle et la plus jolie. Il accepta [de l'épouser] à condition qu'il fasse paître ses moutons pendant sept ans. Lorsque la période fut écoulée, son oncle Lâbân prépara un repas, rassembla les gens, et lui donna en mariage, de nuit, sa fille aînée Lîyâ, qui avait les yeux faibles et était laide. Au matin, Ya‘qûb se retrouva avec Lîyâ. Il dit à son oncle : « Pourquoi m'as-tu trompé ? Je t'avais demandé Râhîl. » Il répondit : « Il n'est pas dans notre coutume de marier la cadette avant l'aînée. Si tu désires sa sœur, travaille encore sept ans, et je te la donnerai en mariage. » Il travailla sept ans et l'épousa en même temps que sa sœur. Cela était licite dans leur religion, puis fut abrogé dans la Loi de la Torah. Ce seul argument suffit à prouver l'abrogation, car l'acte de Ya‘qûb (paix sur lui) prouve la permission de cela, étant donné qu'il était infaillible. Lâbân donna à chacune de ses filles une servante : à Lîyâ, une servante nommée Zulfâ, et à Râhîl, une servante nommée Bilhâ. Allah Très-Haut compensa la faiblesse de Lîyâ en lui accordant des enfants. Le premier qu'elle enfanta à Ya‘qûb fut Rûbîl, puis Sham‘ûn, puis Lâwî, puis Yahûdhâ. Râhîl en fut jalouse, car elle ne concevait pas. Elle donna à Ya‘qûb sa servante Bilhâ ; il cohabita avec elle, elle conçut et lui donna un fils qu'elle nomma Dân, puis conçut et donna un autre fils qu'elle nomma Niftâlî. Alors Lîyâ donna sa servante Zulfâ à Ya‘qûb (paix sur lui), et elle lui enfanta Jâd et Ashîr, deux garçons. Puis Lîyâ conçut de nouveau et donna naissance à un cinquième fils qu'elle nomma Aysâkhar, puis conçut et donna naissance à un sixième fils qu'elle nomma Zâbilûn. Puis elle conçut et donna naissance à une fille qu'elle nomma Dînâr. Elle eut donc sept enfants de Ya‘qûb. Ensuite, Râhîl invoqua Allah Très-Haut et Lui demanda de lui accorder un fils de Ya‘qûb. Allah entendit sa prière et exauça sa demande. Elle conçut du prophète d'Allah Ya‘qûb et lui donna un fils noble, beau et gracieux, qu'elle nomma Yûsuf. Tout cela se passa alors qu'ils séjournaient en terre de Harrân, et il faisait paître les moutons de son oncle pendant six autres années après son mariage avec les deux filles. La durée totale de son séjour fut de vingt ans. Ya‘qûb demanda à son oncle Lâbân de le laisser partir pour rejoindre sa famille. Son oncle lui dit : « J'ai été béni grâce à toi ; demande-moi ce que tu veux de mes biens. » Il répondit : « Donne-moi tout agneau qui naîtra cette année de ton troupeau, tacheté, tout agneau bigarré blanc et noir, tout agneau blanc tacheté de blanc, et tout chevreau blanc chauve parmi les chèvres. » Il dit : « Oui. » Alors ses fils mirent à part, du troupeau de leur père, les boucs qui présentaient ces caractéristiques, afin qu'aucun agneau ne naisse avec ces couleurs. Ils les emmenèrent à trois jours de marche du troupeau de leur père. Ils disent : Ya‘qûb (paix sur lui) prit des branches vertes et blanches d'amandier et de peuplier, les écorça en bandes, et les plaça dans les abreuvoirs des moutons, devant l'eau, afin que les brebis les voient, s'effraient, et que leurs petits dans leurs ventres s'agitent, devenant ainsi de ces couleurs. Cela relève des prodiges et s'inscrit dans le registre des miracles. Ya‘qûb (paix sur lui) posséda ainsi de nombreux moutons, bestiaux et serviteurs. Le visage de son oncle et de ses fils changea à son égard, comme s'ils se sentaient gênés par lui.
Et Allah Très-Haut révéla à Jacob de retourner au pays de son père et de son peuple, et Il lui promit d'être avec lui. Il en informa sa famille, et ils lui répondirent en se hâtant de lui obéir. Il emmena donc sa famille et ses biens, et Rachel vola les idoles de son père. Lorsqu'ils eurent dépassé [les frontières] et se furent éloignés de leur pays, Laban et son peuple les rattrapèrent. Quand Laban rencontra Jacob, il lui reprocha d'être parti sans l'en informer, disant : « Pourquoi ne m'as-tu pas averti 6 ? Je t'aurais reconduit avec joie, au son des tambourins et des lyres, et j'aurais embrassé mes filles et leurs enfants. Et pourquoi avez-vous emporté mes idoles avec vous ? » Jacob n'avait aucune connaissance de ses idoles, et il nia qu'ils aient pris des idoles. Il entra dans les tentes de ses filles et de leurs servantes pour fouiller, mais ne trouva rien. Rachel avait placé les idoles dans la selle du chameau 7 et elle était assise dessus. Elle ne se leva pas, prétextant qu'elle avait ses règles. Il ne put donc pas les trouver. Alors ils firent une alliance sur une colline appelée Galaad, stipulant que Jacob n'humilierait pas ses filles, ne prendrait pas d'autres épouses, et qu'ils ne franchiraient pas cette colline pour entrer dans le pays de l'autre, ni Laban ni Jacob. Ils préparèrent un repas, et le peuple mangea avec eux. Puis ils se dirent adieu et retournèrent chacun dans leur pays. Lorsque Jacob approcha du pays de Séir, les anges vinrent à sa rencontre pour lui annoncer son arrivée 8. Jacob envoya des messagers à son frère Ésaü, se montrant humble et conciliant envers lui. Les messagers revinrent et informèrent Jacob qu'Ésaü venait à sa rencontre avec quatre cents hommes. Jacob en eut peur, invoqua Allah Puissant et Majestueux, pria, implora, s'humilia devant Lui, et Le supplia de tenir Sa promesse et Son alliance. Il Lui demanda de le protéger du mal de son frère Ésaü. Il prépara pour son frère un grand présent : deux cents chèvres, vingt boucs [et deux cents brebis, vingt béliers, trente chamelles allaitantes 9, quarante vaches, dix taureaux 10, vingt ânesses et dix ânes]. Il ordonna à ses serviteurs de conduire chaque troupeau séparément, avec un espace entre chaque troupeau. Si Ésaü rencontrait le premier et demandait : « À qui es-tu ? À qui appartient ce troupeau ? » il devait répondre : « À ton serviteur Jacob. C'est un présent pour mon seigneur Ésaü. » Et ainsi de suite pour les suivants 11, chacun ajoutant : « Et lui-même vient derrière nous. » Jacob resta en arrière avec ses deux épouses, ses deux servantes et ses onze fils, à deux nuits de distance, voyageant de nuit et se cachant le jour. À l'aube de la deuxième nuit, un ange apparut sous la forme d'un homme. Jacob le prit pour un homme et lutta avec lui 12. Jacob semblait avoir le dessus, mais l'ange toucha sa hanche, et Jacob boita. À l'aube, l'ange dit : « Quel est ton nom ? » Il répondit : « Jacob. » L'ange dit : « Désormais, tu ne seras plus appelé que Israël. » Jacob demanda : « Qui es-tu ? Quel est ton nom ? » Mais l'ange disparut. Jacob sut alors que c'était un ange. Il se leva en boitant. C'est pourquoi les enfants d'Israël ne mangent pas le nerf sciatique ! Jacob leva les yeux et vit son frère Ésaü qui arrivait avec quatre cents hommes. Il s'avança devant sa famille. Quand il vit son frère Ésaü, il se prosterna sept fois devant lui. C'était leur salutation à cette époque, et cela leur était permis, comme les anges s'étaient prosternés devant Adam en signe de salut 13, et comme les frères de Joseph et ses parents se prosterneraient devant lui, comme cela viendra. Quand Ésaü le vit, il s'avança, l'embrassa, le serra dans ses bras, et pleura. Ésaü leva les yeux, vit les femmes et les enfants, et demanda : « Qui sont ceux-ci pour toi ? » Jacob répondit : « Ce sont ceux qu'Allah a donnés à ton serviteur. » Les deux servantes s'approchèrent avec leurs enfants et se prosternèrent. Léa s'approcha avec ses enfants et se prosterna. Rachel s'approcha avec son fils Joseph et ils se prosternèrent. Jacob offrit son présent à Ésaü, insista, et Ésaü l'accepta. Ésaü repartit en avant, et Jacob le suivit avec sa famille, ses troupeaux et ses serviteurs, se dirigeant vers les monts de Séir. Passant par Sakhour, il y bâtit une maison, mais ils s'y égarèrent. Puis il passa par Jérusalem, le village de Sichem, et campa devant le village 14. Il acheta le champ de Sichem, fils de Hamor, pour cent agneaux. Il y dressa sa tente et y bâtit un autel qu'il nomma « El, Dieu d'Israël ». Allah lui ordonna de le construire pour qu'il s'y manifeste à lui. C'est l'actuelle Maison Sainte, que Salomon, fils de David (sur eux la paix), reconstruisit plus tard. C'est l'emplacement du Rocher, qu'il avait oint d'huile auparavant, comme nous l'avons mentionné au début. Les Gens du Livre rapportent ici l'histoire de Dina, fille de Jacob et de Léa, et ce qui lui arriva avec Sichem, fils de Hamor, qui la viola et l'emmena chez lui. Puis il la demanda en mariage à son père et à ses frères. Ses frères dirent : « À condition que vous vous circoncisiez tous, alors nous nous allierons par mariage avec vous. Car nous ne nous allions pas avec des incirconcis. » Ils acceptèrent et se circoncisèrent tous. Le troisième jour, alors que la douleur de la circoncision était intense, les fils de Jacob se jetèrent sur eux et les tuèrent tous, y compris Sichem et son père Hamor, à cause de leur abominable action, en plus de leur mécréance et de leur adoration des idoles. C'est pourquoi les fils de Jacob les tuèrent et prirent leurs biens comme butin. Ensuite, Rachel devint enceinte et donna naissance à un garçon, Benjamin. Mais elle souffrit beaucoup pendant l'accouchement 15 16 et en mourut. Jacob l'enterra à Éphrata, c'est-à-dire Bethléem. Il dressa une pierre sur sa tombe, et ces pierres sont encore connues aujourd'hui comme le tombeau de Rachel. Les fils de Jacob étaient au nombre de douze. De Léa : Ruben, Siméon, Lévi, Juda, Issacar 9 et Zabulon. De Rachel : Joseph et Benjamin. De la servante de Rachel : Dan et Nephthali. De la servante de Léa : Gad 12 et Aser. Sur eux la paix. Jacob arriva chez son père Isaac et demeura avec lui à Hébron, dans le pays de Canaan, où Abraham avait habité. Puis Isaac tomba malade et mourut à l'âge de cent quatre-vingts ans. Ses deux fils, Ésaü et Jacob, l'enterrèrent avec son père Abraham, l'ami intime, dans la caverne qu'il avait achetée 11, comme nous l'avons déjà mentionné.
- Ishâq : Isaac, fils d'Abraham et père de Jacob, prophète dans l'islam.
- Rifqâ : Rébecca, épouse d'Isaac et mère de Jacob et Ésaü.
- ‘Îsû : Ésaü, fils aîné d'Isaac, ancêtre des Édomites.
- Lâbân : Laban, frère de Rébecca, oncle de Jacob.
- Bayt al-Maqdis : Jérusalem, la ville sainte.
- هلا أعلمه : Expression signifiant 'pourquoi ne m'as-tu pas informé'.
- برذعة : Selle de chameau.
- بالقدوم : De l'arrivée.
- أيساخر : Issacar.
- ثيران : Taureaux.
- اشتراها : Il l'avait achetée.
- جاد : Gad.
- له : À lui.
- قبل : Devant, en face de.
- به : De lui.
- شديدا : Intense, sévère.
Rapport de ce qui est advenu comme choses merveilleuses dans la vie d'Israël [1].
Récit des événements merveilleux survenus dans la vie d'Israël 1. Parmi ceux-ci : l'histoire de Joseph, fils de Rachel. Dieu – qu'Il soit exalté – a révélé à son sujet et au sujet de ce qui lui est arrivé une sourate du Coran sublime, afin que l'on médite les sagesses, les exhortations, les enseignements et l'ordre plein de sagesse qu'elle contient. Je cherche refuge auprès de Dieu contre Satan le maudit. "Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Alif, Lâm, Râ. Voici les versets du Livre clair. Nous l'avons fait descendre un Coran arabe, afin que vous raisonniez. Nous te racontons le plus beau des récits, grâce à ce que Nous t'avons révélé de ce Coran, même si tu étais auparavant parmi les insouciants." Nous avons déjà parlé des lettres isolées 2 au début de l'exégèse de la sourate al-Baqara. Que celui qui veut en vérifier le sens s'y reporte. Nous en avons traité de manière exhaustive dans l'exégèse de cette sourate. Nous mentionnons ici, de façon concise et rapide, quelques extraits de ce qui s'y trouve. En résumé, à ce propos : Dieu – qu'Il soit exalté – loue Son Livre sublime qu'Il a fait descendre sur Son serviteur et noble Messager, en une langue arabe éloquente, claire, évidente, que tout être intelligent et pur comprend. C'est le Livre le plus noble descendu du ciel, révélé par le plus noble des anges au plus noble des créatures 3, dans le temps et le lieu les plus nobles, dans la langue la plus éloquente et l'exposé le plus clair. S'il s'agit d'annonces passées ou futures, Il en mentionne les plus belles et les plus claires, Il expose la vérité sur ce sur quoi les gens divergent, Il réfute le faux, le dénonce et le repousse. S'il s'agit d'ordres et d'interdits, [Il contient] la plus juste des lois, la plus claire des voies, le jugement le plus évident et la décision la plus équitable. Il en est comme Dieu – qu'Il soit exalté – a dit : "Et la parole de ton Seigneur s'est accomplie en toute vérité et justice" 4, c'est-à-dire vérité dans les annonces, justice dans les ordres et les interdits. C'est pourquoi Dieu – qu'Il soit exalté – a dit : "Nous te racontons le plus beau des récits, grâce à ce que Nous t'avons révélé de ce Coran, même si tu étais auparavant parmi les insouciants", c'est-à-dire par rapport à ce qui t'a été révélé en lui. Comme Dieu – qu'Il soit exalté – a dit : "Et ainsi Nous t'avons révélé un esprit 5 venant de Notre ordre. Tu ne savais pas ce qu'étaient le Livre ni la foi ; mais Nous en avons fait une lumière par laquelle Nous guidons qui Nous voulons parmi Nos serviteurs. Et tu guides, certes, vers un chemin droit, le chemin de Dieu, à qui appartient ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre. Certes, c'est vers Dieu que tout retourne" 6. Et Dieu – qu'Il soit exalté – a dit : "Ainsi te racontons-nous des récits de ce qui s'est passé. Et Nous t'avons donné de Notre part un Rappel 7. Quiconque s'en détourne portera au Jour de la Résurrection un lourd fardeau, éternellement en celui-ci. Quel mauvais fardeau pour eux au Jour de la Résurrection !" 8 C'est-à-dire : quiconque se détourne de ce Coran et suit d'autres livres, cette menace l'atteindra. Comme il est dit dans le hadith rapporté dans le Musnad 9 et chez at-Tirmidhî 10, d'après le Commandeur des croyants 'Alî 11, en remontant au Prophète et en s'arrêtant à 'Alî : "Quiconque cherche la guidance ailleurs qu'en lui, Dieu l'égare." L'imam Ahmad 12 a dit : Suraij ibn an-Nu'mân nous a raconté, Hishâm nous a raconté, Khâlid nous a informé d'après ash-Sha'bî, d'après Jâbir : 'Umar ibn al-Khattâb vint trouver le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – avec un livre qu'il avait obtenu de certains gens du Livre 13 et le lut au Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue. Il se mit en colère et dit : "Vous y êtes confus 14, ô fils d'al-Khattâb ? Par Celui qui tient mon âme en Sa main, je vous ai apporté [la religion] blanche et pure. Ne les interrogez sur rien, car ils vous informeraient d'une vérité que vous démentiriez, ou d'un faux que vous croiriez. Par Celui qui tient mon âme en Sa main, si Moïse était vivant, il n'aurait d'autre choix que de me suivre." Sa chaîne de transmission est authentique. Ahmad l'a rapporté par une autre voie d'après 'Umar, où il est dit : "Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : 'Par Celui qui tient mon âme en Sa main, si Moïse était parmi vous, puis vous le suiviez et me délaissiez, vous seriez égarés. Vous êtes ma part des communautés, et je suis votre part des prophètes.'" J'ai mentionné les voies de ce hadith et ses formulations au début de la sourate Yûsuf. Dans certaines d'entre elles : le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – fit un sermon aux gens et dit dans son sermon : "Ô gens, il m'a été donné les paroles globales et leurs conclusions, et [la religion] m'a été résumée de façon concise. Je vous l'ai apportée blanche et pure. Ne soyez donc pas confus, et que les confus ne vous trompent pas." Puis il ordonna que ce feuillet soit effacé lettre par lettre. "Quand Joseph dit à son père : 'Ô mon père, j'ai vu onze étoiles, le soleil et la lune ; je les ai vus prosternés devant moi.' Il dit : 'Ô mon fils, ne raconte pas ta vision à tes frères, car ils trameraient contre toi une ruse. Satan est pour l'homme un ennemi déclaré. Ainsi ton Seigneur te choisira et t'enseignera l'interprétation des récits 15, et Il accomplira Sa grâce sur toi et sur la famille de Jacob, comme Il l'a accomplie auparavant sur tes deux pères, Abraham et Isaac. Ton Seigneur est Omniscient et Sage.'" Nous avons déjà mentionné que Jacob avait douze fils mâles, et nous les avons nommés. C'est à eux que se rattachent toutes les tribus des Enfants d'Israël. Le plus noble, le plus éminent et le plus grand d'entre eux était Joseph – que la paix soit sur lui. Un groupe de savants a estimé qu'il n'y avait parmi eux d'autre prophète que lui, et que ses autres frères n'ont pas reçu de révélation. Ce qui est apparent de leurs actes et de leurs paroles dans cette histoire indique cette opinion. Quant à celui qui argumente de leur prophétie par la parole [divine] : "Dites : 'Nous croyons en Dieu, à ce qui nous a été révélé, à ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et aux Tribus'" 16, et prétend que ces "Tribus" sont eux, son argument n'est pas solide, car par "Tribus" on entend les peuples des Enfants d'Israël et les prophètes qui se trouvaient parmi eux et qui recevaient la révélation du ciel. Dieu sait mieux. Ce qui confirme que Joseph – que la paix soit sur lui – est le seul parmi ses frères à avoir été choisi pour la mission et la prophétie, c'est qu'aucun de ses frères n'est mentionné nommément à côté de lui. Cela indique ce que nous avons dit. On peut appuyer cela par ce qu'a dit l'imam Ahmad : 'Abd as-Samad nous a raconté, 'Abd ar-Rahmân nous a raconté, d'après 'Abd Allâh ibn Dînâr, d'après son père, d'après Ibn 'Umar, que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : "Le noble, fils du noble, fils du noble, fils du noble : Joseph, fils de Jacob, fils d'Isaac, fils d'Abraham." Al-Bukhârî l'a rapporté seul. Il l'a rapporté d'après 'Abd Allâh ibn Muhammad et 'Abda, d'après 'Abd as-Samad ibn 'Abd al-Wârith. Nous avons mentionné ses voies dans l'histoire d'Abraham, ce qui dispense de le répéter ici. Louange et grâce à Dieu. Les exégètes et d'autres ont dit : Joseph – que la paix soit sur lui – vit, alors qu'il était jeune, avant d'avoir atteint la puberté, comme si onze étoiles – qui sont une allusion à ses frères restants –, le soleil et la lune – qui sont une figure de ses parents – se prosternaient devant lui. Cela l'effraya. Quand il se réveilla, il raconta [la vision] à son père. Son père comprit qu'il obtiendrait un rang élevé et une grande dignité dans ce monde et dans l'autre, au point que ses parents et ses frères s'humilieraient devant lui. Il lui ordonna donc de la cacher et de ne pas la raconter à ses frères, de peur qu'ils ne l'envient, ne lui tendent des pièges et ne rusent contre lui par toutes sortes de stratagèmes. Cela indique ce que nous avons mentionné. C'est pourquoi il est rapporté dans certains récits : "Aidez-vous pour accomplir vos besoins en les cachant, car tout bénéficiaire d'une faveur est envié." Selon les Gens du Livre, il la raconta à son père et à ses frères ensemble. C'est une erreur de leur part. "Ainsi ton Seigneur te choisira" : de même qu'Il t'a montré cette grande vision, si tu la caches, "ton Seigneur te choisira", c'est-à-dire qu'Il te distinguera par toutes sortes de bonté et de miséricorde, et "t'enseignera l'interprétation des récits", c'est-à-dire qu'Il te fera comprendre des significations des paroles et de l'interprétation des songes ce que nul autre ne comprend. "Et Il accomplira Sa grâce sur toi" par la révélation, "et sur la famille de Jacob", c'est-à-dire grâce à toi, et ils obtiendront par toi le bien de ce monde et de l'autre.
« comme Il l’a accomplie auparavant sur tes deux ancêtres, Abraham et Isaac » 17 : c’est-à-dire qu’Il te comble de bienfaits et te favorise par la prophétie, comme Il l’a accordée à ton père Jacob, à ton grand-père Isaac et au père de ton grand-père Abraham l’intime 18. « Certes, ton Seigneur est Omniscient et Sage » 19, comme Il dit : « Dieu sait mieux où placer Son message » 20. C’est pourquoi le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lorsqu’on lui demanda : « Qui est le plus noble des hommes ? » répondit : « Joseph, le prophète de Dieu, fils du prophète de Dieu, fils du prophète de Dieu, fils de l’intime de Dieu » 21. Ibn Jarîr, Ibn Abî Hâtim dans leurs exégèses, Abû Ya‘lâ et al-Bazzâr dans leurs recueils de hadiths ont rapporté, d’après le hadith d’al-Hakam ibn Zuhayr – que les imams ont jugé faible – d’après as-Suddî, d’après ‘Abd ar-Rahmân ibn Sâbit, d’après Jâbir, que : Un homme juif nommé Bustâna le Juif vint trouver le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, et dit : « Ô Muhammad, informe-moi au sujet des astres que Joseph vit se prosterner devant lui : quels sont leurs noms ? » Le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, garda le silence et ne lui répondit rien. Alors Gabriel, sur lui la paix, descendit avec leurs noms. Le Messager de Dieu envoya quelqu’un vers lui et dit : « Croiras-tu si je t’informe de leurs noms ? » Il répondit : « Oui. » Il dit : « Ce sont : Jaryân, at-Târiq, adh-Dhayyâl, Dhû l-Katfân, Qâbis, Waththâb, ‘Amûdân 22, al-Faylaq, al-Musbih, ad-Darûh, Dhû l-Far‘, ad-Diyâ’ et an-Nûr. » Le Juif dit : « Oui, par Dieu, ce sont bien leurs noms. » Et chez Abû Ya‘lâ : Lorsqu’il les raconta à son père, celui-ci dit : « Ceci est une affaire dispersée que Dieu rassemblera ; le soleil est son père et la lune sa mère. » * * * « Il y avait certes, en Joseph et ses frères, des signes pour ceux qui interrogent. * Quand ils dirent : “Joseph et son frère sont plus aimés de notre père que nous, alors que nous sommes un groupe 23 ; notre père est vraiment dans un égarement évident. * Tuez Joseph ou jetez-le en quelque terre, afin que le visage de votre père se tourne vers vous, et vous serez après cela des gens vertueux.” * L’un d’eux dit : “Ne tuez pas Joseph, mais jetez-le au fond du puits 24 ; quelque voyageur le recueillera, si vous voulez faire quelque chose.” » 25 Dieu – qu’Il soit exalté – attire l’attention sur ce que contient cette histoire comme signes, sagesses, preuves, exhortations et évidences. Ensuite, Il mentionne la jalousie des frères de Joseph envers lui, à cause de l’amour que leur père lui portait, ainsi qu’à son frère – ils veulent dire son frère germain 26 Benjamin – plus qu’à eux, alors qu’ils étaient un groupe, c’est-à-dire une troupe. Ils disaient : « Nous sommes plus dignes d’amour que ces deux-là. “Notre père est vraiment dans un égarement évident”, c’est-à-dire en préférant leur amour à nous. » Puis ils se consultèrent entre eux pour tuer Joseph ou l’éloigner vers une terre d’où il ne reviendrait pas, afin que le visage de leur père se tourne vers eux, c’est-à-dire que son amour soit exclusif pour eux et se concentre sur eux, et ils envisagèrent le repentir après cela. Lorsqu’ils se furent concertés et accordés là-dessus, « l’un d’eux dit » : Mujâhid dit : c’est Sim‘ôn ; as-Suddî dit : c’est Yahûdhâ ; Qatâda et Muhammad ibn Ishâq dirent : c’est l’aîné, Rubîl : « Ne tuez pas Joseph, mais jetez-le au fond du puits ; quelque voyageur le recueillera, si vous voulez faire quelque chose », c’est-à-dire les passagers parmi les voyageurs. « Si vous voulez faire quelque chose » : si vous devez absolument agir, que ce soit ce que je vous dis, car c’est plus proche que de le tuer ou de l’exiler et le bannir. Ils arrêtèrent donc leur avis là-dessus. Alors : « Ils dirent : “Ô notre père, pourquoi ne nous confies-tu pas Joseph ? Nous sommes pour lui de bons conseillers. * Envoie-le avec nous demain, il se divertira et jouera, et nous veillerons sur lui.” * Il dit : “Je suis peiné que vous l’emmeniez, et je crains que le loup ne le dévore alors que vous êtes distraits.” * Ils dirent : “Si le loup le dévore alors que nous sommes un groupe, nous serions alors des perdants.” » 27 Ils demandèrent à leur père d’envoyer avec eux leur frère Joseph, et ils lui firent croire qu’ils voulaient qu’il paisse avec eux, qu’il joue et se détende, alors qu’ils avaient pour lui des intentions que Dieu savait. Le vieillard leur répondit – que la meilleure prière et le meilleur salut de Dieu soient sur lui : « Ô mes fils, il m’est pénible de me séparer de lui ne serait-ce qu’une heure de la journée, et de plus je crains que vous ne vous occupiez de vos jeux et de ce que vous faites, et que le loup vienne et le dévore, et il ne pourra pas le repousser à cause de son jeune âge et de votre distraction. » « Ils dirent : “Si le loup le dévore alors que nous sommes un groupe, nous serions alors des perdants”, c’est-à-dire si le loup s’attaque à lui et le dévore parmi nous, ou si nous nous occupons de lui jusqu’à ce que cela arrive alors que nous sommes une troupe, nous serions alors des perdants, c’est-à-dire impuissants et anéantis. » Chez les Gens du Livre, il est dit qu’il l’envoya derrière eux pour les suivre, mais il s’égara du chemin jusqu’à ce qu’un homme le guide vers eux. Ceci est aussi une de leurs erreurs et de leurs fautes dans la falsification ; car Jacob, sur lui la paix, était plus soucieux de lui que de l’envoyer avec eux, comment donc l’aurait-il envoyé seul ? « Quand ils l’eurent emmené et se furent mis d’accord pour le jeter au fond du puits, Nous lui révélâmes : “Tu les informeras de leur affaire que voici, sans qu’ils en aient conscience.” * Et ils vinrent à leur père, le soir, en pleurant. * Ils dirent : “Ô notre père, nous étions partis pour faire une course, et nous avions laissé Joseph près de nos affaires ; le loup l’a dévoré. Mais tu ne nous croiras pas, même si nous disions la vérité.” * Et ils apportèrent sa tunique avec un sang mensonger. Il dit : “Mais vos âmes vous ont suggéré quelque chose ; une belle patience 28 ! Et c’est Dieu qu’il faut appeler au secours contre ce que vous racontez.” » 29 Ils n’eurent de cesse avec leur père jusqu’à ce qu’il l’envoyât avec eux. Dès qu’ils eurent disparu de sa vue, ils se mirent à l’insulter et à l’humilier en actes et en paroles, et ils décidèrent de le jeter au fond du puits, c’est-à-dire dans son tréfonds, sur sa « râ‘ûfa » 30, qui est le rocher au milieu du puits sur lequel se tient le puiseur 31 – celui qui descend pour remplir les seaux quand l’eau est rare – tandis que celui qui remonte avec la corde s’appelle le « mâtih » 32. Lorsqu’ils l’eurent jeté, Dieu lui révéla : « Il y aura pour toi, inévitablement, une délivrance et une issue de cette détresse où tu te trouves, et tu informeras tes frères de leur forfait que voici, dans une situation où tu seras puissant et eux auront besoin de toi et te craindront, “sans qu’ils en aient conscience”. » Mujâhid et Qatâda dirent : « Sans qu’ils aient conscience de la révélation de Dieu à lui à ce sujet. » D’après Ibn ‘Abbâs : « “Sans qu’ils en aient conscience” signifie : tu les informeras de leur affaire que voici dans une situation où ils ne te reconnaîtront pas. » Rapporté par Ibn Jarîr d’après lui. Lorsqu’ils l’eurent déposé dans le puits et s’en furent éloignés, ils prirent sa tunique, la tachèrent d’un peu de sang, et revinrent vers leur père le soir en pleurant, c’est-à-dire sur leur frère. C’est pourquoi un prédécesseur a dit : « Que ne te trompe pas les larmes de celui qui se plaint d’une injustice ; combien d’oppresseurs pleurent ! » Et il mentionna les pleurs des frères de Joseph : « Ils vinrent à leur père, le soir, en pleurant », c’est-à-dire dans l’obscurité de la nuit, pour que leur traîtrise fût plus facile à faire passer, non leur excuse. « Ils dirent : “Ô notre père, nous étions partis pour faire une course, et nous avions laissé Joseph près de nos affaires” », c’est-à-dire nos vêtements, « “le loup l’a dévoré” », c’est-à-dire pendant notre absence due à la course. Et leur parole : « “Mais tu ne nous croiras pas, même si nous disions la vérité” », c’est-à-dire : tu ne nous croiras pas dans ce que nous t’annonçons de la dévoration du loup, même si nous n’étions pas suspects à tes yeux. Comment donc, alors que tu nous soupçonnes dans cette affaire ? Car tu as craint que le loup ne le dévore, et nous t’avons garanti qu’il ne le dévorerait pas à cause de notre nombre autour de lui ; ainsi nous sommes devenus non crédibles auprès de toi, et tu es excusable de ne pas nous croire dans ces conditions. « Et ils apportèrent sa tunique avec un sang mensonger », c’est-à-dire un sang faux et fabriqué ; car ils prirent un agneau, l’égorgèrent, en recueillirent le sang et le mirent sur sa tunique, pour lui faire croire que le loup l’avait dévoré. On dit : ils oublièrent de la déchirer, et le défaut du mensonge est l’oubli ! Lorsque les signes de suspicion apparurent sur eux, leur manœuvre ne trompa pas leur père ; car il comprenait leur hostilité envers lui et leur jalousie envers lui à cause de son amour pour lui plus que pour eux, en raison de ce qu’il percevait en lui de majesté et de crainte révérencielle qui l’entouraient dans son jeune âge, pour ce que Dieu voulait lui accorder comme prophétie. Et lorsqu’ils l’eurent sollicité pour le prendre, dès qu’ils l’eurent pris, ils le firent disparaître et le cachèrent à ses yeux, et ils vinrent en feignant de pleurer, en se concertant sur ce qu’ils avaient comploté.
C'est pourquoi Il dit : « Non, vos âmes vous ont suggéré quelque chose. Patience donc, belle patience ! Et c'est Allah que j'appelle au secours contre ce que vous racontez. » 33 Chez les Gens du Livre 34, il est rapporté que Ruben 35 avait suggéré de le jeter dans le puits pour le reprendre à leur insu et le rendre à son père, mais ils le trompèrent et le vendirent à la caravane. Lorsque Ruben vint à la fin du jour pour faire sortir Joseph, il ne le trouva pas. Il cria et déchira ses vêtements. Ces gens-là prirent un chevreau, l'égorgèrent, et tachèrent de son sang la tunique de Joseph. Quand Jacob l'apprit, il déchira ses vêtements, revêtit un pagne noir et s'affligea pour son fils de longs jours. Cette faiblesse [dans le récit] provient de leur erreur dans l'expression et la représentation. * * * « Et une caravane vint. Ils envoyèrent leur puiseur d'eau, qui fit descendre son seau. Il dit : "Bonne nouvelle ! Voici un garçon !" Et ils le dissimulèrent comme une marchandise. Mais Allah savait parfaitement ce qu'ils faisaient. * Et ils le vendirent à vil prix, quelques dirhams comptés, et ils n'y portaient aucun intérêt. * Et celui qui l'acheta, d'Égypte, dit à sa femme : "Accorde-lui une généreuse hospitalité. Il se peut qu'il nous soit utile ou que nous l'adoptions comme enfant." Ainsi avons-nous établi Joseph dans le pays, afin de lui enseigner l'interprétation des récits 36. Et Allah est souverain en Son commandement, mais la plupart des gens ne savent pas. * Et quand il eut atteint sa maturité 37, Nous lui donnâmes sagesse et science. Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants. » Il rapporte, qu'Allah soit exalté, l'histoire de Joseph lorsqu'il fut placé dans le puits : il demeurait, attendant le secours d'Allah et Sa bienveillance. Une caravane vint, c'est-à-dire des voyageurs. Les Gens du Livre disent : leur marchandise était de la pistache, de la pomme de pin et du térébinthe 38, se dirigeant vers l'Égypte depuis la Syrie. Ils envoyèrent l'un d'eux pour puiser de l'eau de ce puits. Lorsque l'un d'eux fit descendre son seau, Joseph s'y accrocha. Quand cet homme le vit, il dit : « Bonne nouvelle ! Voici un garçon ! » « Et ils le dissimulèrent comme une marchandise », c'est-à-dire qu'ils firent croire qu'il était avec eux, un garçon faisant partie de leur négoce. « Mais Allah savait parfaitement ce qu'ils faisaient », c'est-à-dire qu'Il savait ce sur quoi ses frères s'étaient concertés, et ce que ceux qui l'avaient trouvé dissimulaient, à savoir qu'il était leur marchandise. Malgré cela, Allah ne changea rien, en raison de la sagesse immense qu'Il avait en cela, du décret antérieur et de la miséricorde envers les habitants de l'Égypte, par ce qu'Allah allait accomplir par les mains de ce garçon qui entrait chez eux sous l'apparence d'un captif esclave, puis après cela, Il lui confierait les rênes des affaires et Allah les ferait bénéficier par lui, dans leur vie présente et future, d'une manière incommensurable et indescriptible. Lorsque les frères de Joseph eurent vent que la caravane l'avait pris, ils vinrent réclamer leurs droits et dirent : « Ce garçon est notre esclave fugitif. » Ils le leur achetèrent donc à vil prix, c'est-à-dire peu et mesquin, et l'on dit que c'était de la fausse monnaie : « quelques dirhams comptés, et ils n'y portaient aucun intérêt ». Ibn Mas'ûd, Ibn 'Abbâs, Nawf al-Bikâlî 39, al-Suddî, Qatâda et 'Atiyya al-'Awfî dirent : ils le vendirent pour vingt dirhams, qu'ils se partagèrent à deux dirhams chacun. Mujâhid dit : vingt-deux dirhams. 'Ikrima et Muhammad ibn Ishâq dirent : quarante dirhams. Allah sait mieux. « Et celui qui l'acheta, d'Égypte, dit à sa femme : "Accorde-lui une généreuse hospitalité [c'est-à-dire sois bonne envers lui] 40. Il se peut qu'il nous soit utile ou que nous l'adoptions comme enfant." » Ceci est une faveur d'Allah envers lui, Sa miséricorde et Sa bienfaisance, par ce qu'Il voulait le préparer pour Lui et lui donner des biens de ce monde et de l'au-delà. Ils dirent : celui qui l'acheta parmi les Égyptiens était leur 'Azîz 41, c'est-à-dire le vizir du pays, à qui les trésors étaient confiés. Ibn Ishâq dit : son nom était Itfîr 42 ibn Rûhîb. Il dit : le roi d'Égypte à cette époque était al-Rayyân 43 ibn al-Walîd, un homme des 'Amâliqa 44. Il dit : le nom de la femme de l'Azîz était Râ'îl 45 bint Ru'âyîl. D'autres dirent : son nom était Zulaykhâ 46, et il semble que ce soit son surnom. On dit aussi : Fikâ bint Yânûs 47, rapporté par al-Tha'labî d'après Ibn Hishâm al-Rifâ'î. Muhammad ibn Ishâq, d'après Muhammad ibn al-Sâ'ib, d'après Abû Sâlih, d'après Ibn 'Abbâs, dit : le nom de celui qui le vendit en Égypte – c'est-à-dire celui qui l'y amena – était Mâlik ibn Dhu'ur 48 ibn Nuwîb ibn 'Afqâ ibn Madyan ibn Ibrâhîm. Allah sait mieux. Ibn Ishâq, d'après Abû 'Ubayda, d'après Ibn Mas'ûd, dit : les trois hommes les plus perspicaces furent : l'Azîz d'Égypte lorsqu'il dit à sa femme : « Accorde-lui une généreuse hospitalité » ; la femme qui dit à son père au sujet de Moïse : « Ô mon père, engage-le [comme berger] ! Car le meilleur à engager est le fort, le digne de confiance » 49 ; et Abû Bakr al-Siddîq lorsqu'il désigna 'Umar ibn al-Khattâb comme calife, qu'Allah les agrée. Ensuite, on dit : l'Azîz l'acheta pour vingt dinars, et on dit : pour son poids en musc, son poids en soie, et son poids en argent. Allah sait mieux. Sa parole : « Ainsi avons-Nous établi Joseph dans le pays », c'est-à-dire : de même que Nous avons suscité cet Azîz et sa femme pour qu'ils soient bons envers lui et prennent soin de lui, Nous l'avons établi dans le pays d'Égypte, « afin de lui enseigner l'interprétation des récits », c'est-à-dire leur compréhension, et l'interprétation des rêves en fait partie. « Et Allah est souverain en Son commandement », c'est-à-dire : quand Il veut une chose, Il en suscite les causes et les moyens que les serviteurs ne peuvent discerner. C'est pourquoi Il dit : « mais la plupart des gens ne savent pas. » « Et quand il eut atteint sa maturité, Nous lui donnâmes sagesse et science. Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants. » Cela indique que tout cela eut lieu avant qu'il n'atteigne sa maturité, c'est-à-dire l'âge de quarante ans, âge auquel Allah révèle à Ses serviteurs prophètes, que la prière et la paix d'Allah soient sur eux, de la part du Seigneur des mondes. Ils ont divergé sur la durée de la vie qui constitue la maturité : Mâlik, Rabî'a, Zayd ibn Aslam et al-Sha'bî dirent : c'est la puberté. Sa'îd ibn Jubayr dit : dix-huit ans. Al-Dahhâk dit : vingt ans. 'Ikrima dit : vingt-cinq ans. Al-Suddî dit : trente ans. Ibn 'Abbâs, Mujâhid et Qatâda dirent : trente-trois ans. Al-Hasan dit : quarante ans, et ceci est attesté par Sa parole : « jusqu'à ce qu'il ait atteint sa maturité et atteint quarante ans » 50. * * * « Et celle chez qui il était [dans sa maison] le sollicita 51. Elle ferma les portes et dit : "Viens !" 52 Il dit : "Qu'Allah me préserve ! 53 C'est mon maître qui m'a accordé une généreuse hospitalité. Les injustes ne réussiront pas." * Et elle le désira, et il l'aurait désirée s'il n'avait vu la preuve de son Seigneur. Ainsi [fîmes-Nous] pour écarter de lui le mal et l'infamie. Il était l'un de Nos serviteurs élus 54. * Et tous deux coururent vers la porte, et elle déchira sa tunique par derrière, et ils trouvèrent son maître à la porte. Elle dit : "Quelle est la rétribution de celui qui a voulu du mal à ta famille, sinon la prison ou un châtiment douloureux ?" * Il dit : "C'est elle qui m'a sollicité." Et un témoin de sa famille 55 témoigna : "Si sa tunique est déchirée par devant, alors elle dit vrai et il est du nombre des menteurs. * Mais si sa tunique est déchirée par derrière, alors elle ment et il est du nombre des véridiques." * Lorsqu'il vit sa tunique déchirée par derrière, il dit : "C'est de votre ruse [à vous les femmes] ! Votre ruse est vraiment grande ! * Joseph, détourne-toi de cela ! Et toi, implore le pardon pour ton péché, car tu es du nombre des pécheresses." » Il rapporte, qu'Allah soit exalté, ce qui advint de la sollicitation de la femme de l'Azîz envers Joseph, sur lui la paix, pour sa personne, et sa demande de ce qui ne convenait pas à sa condition et à sa dignité, alors qu'elle était d'une beauté, d'une richesse, d'un rang et d'une jeunesse extrêmes. Et comment elle ferma les portes sur elle et sur lui, se prépara pour lui, se para, revêtit ses plus beaux et plus somptueux vêtements, et ce, malgré tout, elle était l'épouse du vizir. Ibn Ishâq dit : et elle était la nièce [du roi] al-Rayyân ibn al-Walîd, souverain d'Égypte.
Tout cela, alors que Joseph — sur lui la paix — était un jeune homme d'une beauté et d'un éclat merveilleux, mais il était un prophète issu de la lignée des prophètes ; son Seigneur le préserva de l'immoralité et le protégea de la ruse des femmes. Il est le maître des maîtres nobles, les sept pieux mentionnés dans les deux Sahih 56 d'après le Sceau des prophètes 57 — sur lui la prière et la paix de la part du Seigneur de la terre et des cieux — dans sa parole : « Sept personnes que Dieu ombragera de Son ombre le jour où il n'y aura d'ombre que la Sienne : un imam juste, un homme qui évoque Dieu en secret et dont les yeux débordent de larmes, un homme dont le cœur est attaché à la mosquée, lorsqu'il en sort jusqu'à ce qu'il y retourne, deux hommes qui s'aiment pour Dieu, se réunissant pour Lui et se séparant pour Lui, un homme qui fait l'aumône en secret au point que sa main gauche ignore ce que dépense sa main droite, un jeune homme qui grandit dans l'adoration de Dieu, et un homme qu'une femme de rang et de beauté invite [au péché] et qui dit : « Je crains Dieu »." Le propos est qu'elle l'invita à elle et s'y employa avec la plus grande ardeur. Il dit : « Que Dieu m'en préserve ! C'est mon maître 58 » — c'est-à-dire son époux, le propriétaire de la demeure, mon seigneur — « qui a bien traité mon séjour 59 », c'est-à-dire qui a été bon envers moi et a honoré ma résidence auprès de lui. « En vérité, les injustes ne réussissent pas. » Nous avons déjà commenté la parole du Très-Haut : « Elle le désira, et il l'aurait désirée, n'eût-il vu la preuve de son Seigneur 60 » de manière suffisante et convaincante dans l'exégèse. La plupart des avis des exégètes ici sont tirés des livres des Gens du Livre 61 ; il est donc préférable de les écarter. Ce qu'il faut croire, c'est que Dieu — exalté soit-Il — l'a préservé, innocenté, purifié de l'immoralité, protégé et gardé d'elle. C'est pourquoi le Très-Haut dit : « Ainsi, pour écarter de lui le mal et l'immoralité ; il était de Nos serviteurs élus 62. » « Et ils coururent tous deux vers la porte 63 », c'est-à-dire qu'il fuit devant elle, cherchant la porte pour sortir, la fuyant ; elle le suivit sur ses traces. « Et ils trouvèrent » — c'est-à-dire rencontrèrent — « son maître » — c'est-à-dire son époux — « près de la porte. Elle prit les devants en paroles et l'excita contre lui : « Quelle est la rétribution de celui qui a voulu du mal à ta famille, sinon la prison ou un châtiment douloureux ? » Elle l'accusa, alors qu'elle était l'accusée, et innocenta son honneur et purifia sa personne. C'est pourquoi Joseph — sur lui la paix — dit : « C'est elle qui a tenté de me séduire 64 » ; il eut besoin de dire la vérité en cas de nécessité. « Et un témoin de sa famille témoigna 65 ». On dit que c'était un enfant au berceau. C'est ce qu'ont dit Ibn Abbas, et cela a été rapporté d'Abou Hourayra, Hilal ibn Yasaf, al-Hasan al-Basri, Saïd ibn Jubayr et al-Dahhak. Ibn Jarir a choisi cette opinion et a rapporté à ce sujet un hadith élevé 66 d'après Ibn Abbas, mais d'autres l'ont arrêté 67 à lui. On a dit aussi que c'était un homme proche de Qitfir 68, son mari, ou proche d'elle. Parmi ceux qui ont dit que c'était un homme : Ibn Abbas, Ikrima, Mujahid, al-Hasan, Qatada, al-Suddi, Muhammad ibn Ishaq et Zayd ibn Aslam. Il dit : « Si sa tunique est déchirée par-devant, alors elle dit vrai et il est du nombre des menteurs » — car il l'aurait sollicitée et elle se serait défendue jusqu'à déchirer le devant de sa tunique. « Et si sa tunique est déchirée par-derrière, alors elle ment et il est du nombre des véridiques » — car il aurait fui devant elle, elle l'aurait poursuivi et se serait accrochée à lui, déchirant ainsi sa tunique. Et c'est ce qui arriva. C'est pourquoi le Très-Haut dit : « Lorsqu'il vit sa tunique déchirée par-derrière, il dit : « Voilà bien l'une de vos ruses ! Vos ruses sont immenses ! » » C'est-à-dire : ce qui s'est produit provient de votre ruse ; c'est toi qui as tenté de le séduire, puis tu l'as accusé à tort. Puis son mari passa outre et dit : « Joseph, ne pense plus à cela ! » c'est-à-dire n'en parle à personne, car taire de telles affaires est plus convenable et meilleur. Et il ordonna à sa femme de demander pardon pour son péché et de se repentir à son Seigneur, car lorsque le serviteur se repent à Dieu, Dieu accepte son repentir. Les gens d'Égypte, bien qu'ils adorassent les idoles, savaient que Celui qui pardonne les péchés et en tient rigueur est Dieu seul, sans associé en cela. C'est pourquoi son mari lui dit, en l'excusant en partie — car elle avait vu ce à quoi elle ne pouvait résister — mais il était chaste, pur, innocent et intègre : « Implore le pardon pour ton péché, car tu as été du nombre des pécheurs. » « Et des femmes dirent dans la ville : « La femme d'al-'Aziz 69 tente de séduire son jeune serviteur ! Il l'a rendue folle d'amour. Nous la voyons dans un égarement manifeste. » Lorsqu'elle entendit leur ruse, elle leur envoya une invitation et prépara pour elles un banquet 70 ; elle donna à chacune un couteau et dit : « Sors devant elles ! » Lorsqu'elles le virent, elles le trouvèrent si beau qu'elles se coupèrent les mains et dirent : « À Dieu ne plaise ! Ce n'est pas un être humain ! Ce n'est qu'un ange noble ! » Elle dit : « Voilà celui à propos duquel vous m'avez blâmée ! J'ai bien tenté de le séduire, mais il s'est préservé. S'il ne fait pas ce que je lui ordonne, il sera emprisonné et sera parmi les humiliés. » Il dit : « Seigneur ! La prison m'est plus chère que ce à quoi elles m'invitent. Et si Tu n'écartes pas de moi leur ruse, je pencherai vers elles et je serai du nombre des ignorants. » Son Seigneur l'exauça et écarta de lui leur ruse. C'est Lui l'Audient, l'Omniscient. » Le Très-Haut mentionne ce qui vint de la part des femmes de la ville — femmes des princes et filles des grands — qui critiquaient la femme d'al-'Aziz, la blâmaient et la diffamaient pour avoir tenté de séduire son jeune serviteur et pour son amour intense pour lui, alors qu'il ne méritait pas cela, car il était un esclave parmi les esclaves et non leur égal. C'est pourquoi elles dirent : « Nous la voyons dans un égarement manifeste », c'est-à-dire dans le fait de placer une chose hors de sa place. « Lorsqu'elle entendit leur ruse », c'est-à-dire leurs critiques, leurs dénigrements et leurs allusions à son encontre, la blâmant et la condamnant pour avoir aimé son esclave et s'être éprise de son jeune serviteur — elles montraient du blâme alors qu'elle était excusable en réalité —, elle voulut donc justifier sa conduite devant elles et leur montrer que ce jeune homme n'était pas comme elles le pensaient, ni de leur catégorie. Elle leur envoya donc un message, les réunit chez elle, leur prépara un repas digne d'elles, et fit apporter, entre autres, quelque chose à couper avec des couteaux, comme des cédrats et autres. Elle donna à chacune un couteau. Elle avait préparé Joseph — sur lui la paix —, l'avait vêtu de ses plus beaux habits, alors qu'il était dans la fleur de la jeunesse, et lui ordonna de sortir devant elles en cet état. Il sortit, plus beau que la pleine lune, sans aucun doute. « Lorsqu'elles le virent, elles le trouvèrent si grand 71 », c'est-à-dire elles le magnifièrent, le vénérèrent et furent saisies de crainte ; elles n'avaient pas imaginé qu'il pût exister un tel être parmi les fils d'Adam. Sa beauté les éblouit au point qu'elles s'oublièrent elles-mêmes et se mirent à se couper les mains avec ces couteaux sans sentir les blessures, et dirent : « À Dieu ne plaise ! Ce n'est pas un être humain ! Ce n'est qu'un ange noble ! » Il est rapporté dans le hadith de l'Isra' 72 : « Je passai auprès de Joseph, et voici qu'il avait reçu la moitié de la beauté. » Al-Suhayli et d'autres imams ont dit : Cela signifie qu'il possédait la moitié de la beauté d'Adam — sur lui la paix — car Dieu — exalté soit-Il — créa Adam de Sa main et insuffla en lui de Son Esprit ; il était donc au summum de la beauté humaine. C'est pourquoi les gens du Paradis y entreront avec la taille et la beauté d'Adam. Joseph possédait la moitié de la beauté d'Adam. Il n'y eut entre eux deux personne de plus beau qu'eux, de même qu'après Ève, il n'y eut aucune femme qui lui ressemblât plus que Sara, l'épouse d'Abraham — sur lui la paix. Ibn Mas'ud a dit : Le visage de Joseph était comme l'éclair ; lorsqu'une femme venait à lui pour un besoin, il se couvrait le visage. D'autres ont dit : Il était généralement voilé pour que les gens ne le voient pas. C'est pourquoi, lorsque les femmes furent excusées 73 — la femme d'al-'Aziz dans son amour pour cette raison mentionnée, et ce qui leur arriva et arriva sur elles, comme de se couper les mains avec les couteaux, et la crainte et la stupeur qui les saisirent à sa vue et à sa contemplation.
Elle dit : « Voilà donc celui à cause duquel vous m'avez blâmée ! » Puis elle le loua pour sa chasteté 74 parfaite en disant : « J'ai essayé de le séduire, mais il s'est préservé 75 », c'est-à-dire qu'il s'est abstenu. « Et s'il ne fait pas ce que je lui ordonne, il sera emprisonné et sera parmi les humiliés. » Les autres femmes l'avaient incité à obéir à sa maîtresse, mais il refusa catégoriquement et s'éloigna, car il était de la descendance des prophètes. Il invoqua son Seigneur en disant : « Seigneur, la prison m'est plus chère que ce à quoi elles m'invitent. Et si Tu n'écartes pas de moi leur ruse, je pencherai vers elles et serai du nombre des ignorants. » Il voulait dire : si Tu me livres à moi-même, je n'ai de moi-même qu'impuissance et faiblesse, et je ne possède pour moi ni bienfait ni mal, sauf ce que Dieu veut. Je suis faible, sauf si Tu me fortifies, me préserves et me gardes, et si Tu m'entoures de Ta force et de Ta puissance. C'est pourquoi Dieu dit : « Son Seigneur l'exauça donc et écarta de lui leur ruse. C'est Lui, vraiment, l'Audient, l'Omniscient. » Puis, après avoir vu les preuves, il leur apparut qu'ils devaient l'emprisonner pour un temps. Et deux jeunes gens entrèrent en prison avec lui. L'un dit : « Je me voyais pressant du vin. » L'autre dit : « Je me voyais portant du pain sur ma tête, dont les oiseaux mangeaient. Informe-nous de son interprétation, car nous te voyons parmi les bienfaisants. » Il dit : « Il ne vous parviendra aucune nourriture qui vous est attribuée sans que je vous en donne l'interprétation avant qu'elle ne vous parvienne. Cela fait partie de ce que mon Seigneur m'a enseigné. J'ai abandonné la religion d'un peuple qui ne croit pas en Dieu et qui nie l'au-delà. Et j'ai suivi la religion de mes pères, Abraham, Isaac et Jacob. Il ne nous convient pas d'associer quoi que ce soit à Dieu. Cela est une faveur de Dieu sur nous et sur les hommes, mais la plupart des hommes ne sont pas reconnaissants. Ô mes deux compagnons de prison ! Des seigneurs multiples sont-ils meilleurs, ou Dieu l'Unique, le Dominateur suprême ? Vous n'adorez en dehors de Lui que des noms que vous avez inventés, vous et vos ancêtres, sans que Dieu ait fait descendre aucune autorité à leur sujet. Le jugement n'appartient qu'à Dieu. Il a ordonné que vous n'adoriez que Lui. Telle est la religion droite, mais la plupart des hommes ne savent pas. Ô mes deux compagnons de prison ! L'un de vous donnera à boire du vin à son maître ; quant à l'autre, il sera crucifié et les oiseaux mangeront de sa tête. La chose sur laquelle vous me demandez avis est décidée. » Dieu mentionne que le gouverneur et sa femme, après avoir connu l'innocence de Joseph, décidèrent de l'emprisonner pour un temps, afin de réduire les paroles des gens sur cette affaire et de préserver leur honneur, et pour faire croire que c'était lui qui avait tenté de séduire sa femme. Ils l'emprisonnèrent donc injustement et tyranniquement. Cela faisait partie de ce que Dieu avait décrété pour lui, et de ce par quoi Il le préservait, car cela l'éloignait de leur compagnie et de leur fréquentation. C'est de là que certains soufis 76 ont tiré ce que rapporte d'eux al-Shâfi'î : « Faire partie de la préservation 77 est de ne pas trouver [de secours] ! » Dieu dit : « Et deux jeunes gens entrèrent en prison avec lui. » On dit que l'un était l'échanson du roi, nommé, dit-on, Nabwa, et l'autre son boulanger, c'est-à-dire celui qui s'occupait de sa nourriture, que les Turcs appellent al-jâshankîr, et son nom était, dit-on, Majlath. Le roi les avait soupçonnés dans certaines affaires et les avait emprisonnés. Lorsqu'ils virent Joseph en prison, ils furent impressionnés par son aspect 78, sa conduite, sa bienséance, sa voie, ses paroles et ses actes, son abondante adoration de son Seigneur et sa bienfaisance envers les créatures. Chacun d'eux vit un rêve qui lui correspondait. Les exégètes disent : ils virent [leurs rêves] la même nuit. Quant à l'échanson, il vit comme si trois branches de vigne 79 avaient verdoyé et produit des grappes de raisin mûr ; il les prit, les pressa dans la coupe du roi et lui donna à boire. Le boulanger vit sur sa tête trois paniers de pain, et des oiseaux de proie mangeaient du panier supérieur. Ils les racontèrent à Joseph et lui demandèrent de les interpréter, en disant : « Nous te voyons parmi les bienfaisants. » Il leur annonça qu'il était savant de leur interprétation et expert en leur affaire : « Il ne vous parviendra aucune nourriture qui vous est attribuée sans que je vous en donne l'interprétation avant qu'elle ne vous parvienne. » On dit que cela signifie : quel que soit le rêve que vous voyez, je vous l'interpréterai avant qu'il ne se réalise, et il en sera comme je dis. On dit aussi que cela signifie : je vous informerai de la nourriture qui vous parviendra avant qu'elle n'arrive, qu'elle soit douce ou acide, comme Jésus a dit : « Et je vous annonce ce que vous mangez et ce que vous thésaurisez dans vos maisons. » Il leur dit : « Cela fait partie de ce que mon Seigneur m'a enseigné, car je crois en Lui, je L'unifie, et je suis la religion de mes nobles pères : Abraham l'ami intime, Isaac et Jacob. Il ne nous convient pas d'associer quoi que ce soit à Dieu. Cela est une faveur de Dieu sur nous », c'est-à-dire en nous guidant vers cela, « et sur les hommes », c'est-à-dire en nous ordonnant de les y appeler, de les guider et de les diriger. Cela est enfoncé dans leurs natures et implanté dans leurs constitutions, « mais la plupart des hommes ne sont pas reconnaissants. » Puis il les appela à l'unicité 80, blâma l'adoration de ce qui est en dehors de Dieu, rabaissa l'importance des idoles, les méprisa et affaiblit leur affaire, en disant : « Ô mes deux compagnons de prison ! Des seigneurs multiples sont-ils meilleurs, ou Dieu l'Unique, le Dominateur suprême ? Vous n'adorez en dehors de Lui que des noms que vous avez inventés, vous et vos ancêtres, sans que Dieu ait fait descendre aucune autorité à leur sujet. Le jugement n'appartient qu'à Dieu », c'est-à-dire Celui qui dispose de Sa création, qui fait ce qu'Il veut, qui guide qui Il veut et égare qui Il veut, « Il a ordonné que vous n'adoriez que Lui », c'est-à-dire Lui seul sans associé, « Telle est la religion droite », c'est-à-dire la voie droite et le chemin rectiligne, « mais la plupart des hommes ne savent pas », c'est-à-dire qu'ils ne sont pas guidés vers elle, malgré sa clarté et son évidence. Son appel à eux en cette circonstance était d'une perfection extrême, car leurs âmes le vénéraient et étaient disposées à recevoir ce qu'il disait avec acceptation. Il convenait donc qu'il les appelle à ce qui leur était le plus bénéfique, plutôt que de répondre à leur demande. Puis, après avoir accompli son devoir et les avoir guidés, il dit : « Ô mes deux compagnons de prison ! L'un de vous donnera à boire du vin à son maître », on dit que c'est l'échanson, « quant à l'autre, il sera crucifié et les oiseaux mangeront de sa tête », on dit que c'est le boulanger, « la chose sur laquelle vous me demandez avis est décidée », c'est-à-dire que cela arrivera inévitablement et doit se produire en toute circonstance. C'est pourquoi il est dit dans le hadith 81 : « Le rêve est sur la patte d'un oiseau tant qu'il n'est pas interprété ; lorsqu'il est interprété, il se réalise. » Il a été rapporté d'Ibn Mas'ûd, Mujâhid et 'Abd al-Rahmân ibn Zayd ibn Aslam qu'ils ont dit : lorsqu'ils ne virent rien, il leur dit : « La chose sur laquelle vous me demandez avis est décidée. » « Et il dit à celui des deux dont il pensait qu'il serait sauvé : « Mentionne-moi auprès de ton maître. » Mais Satan lui fit oublier de mentionner [Joseph] à son maître, et il resta en prison quelques années. » Dieu informe que Joseph dit à celui dont il pensait qu'il serait sauvé, à savoir l'échanson : « Mentionne-moi auprès de ton maître », c'est-à-dire mentionne mon affaire et ce dans quoi je suis, emprisonné sans crime, auprès du roi. Ceci indique la permission de recourir aux causes 82, sans que cela contredise la confiance en Dieu. Sa parole : « Mais Satan lui fit oublier de mentionner [Joseph] à son maître » signifie que Satan fit oublier à celui qui fut sauvé de mentionner ce que Joseph lui avait recommandé. C'est ce qu'ont dit Mujâhid, Muhammad ibn Ishâq et d'autres. C'est la vérité, et c'est le texte des Gens du Livre. « Joseph resta en prison quelques années. » Le terme « quelques » (bid') désigne un nombre entre trois et neuf, ou jusqu'à sept, ou jusqu'à cinq, ou moins de dix, selon al-Tha'labî. On dit « bid'u niswa » (quelques femmes) et « bid'atu rijâl » (quelques hommes). Al-Farrâ' a interdit l'usage de bid' pour ce qui est en dessous de dix, disant qu'on dit plutôt « nayyif ». Mais Dieu dit : « Il resta en prison quelques années » et « dans quelques années », ce qui réfute sa parole. Al-Farrâ' dit : on dit « bid'ata 'ashar » (une dizaine) et « bid'atun wa 'ishrûn » (une vingtaine) jusqu'à quatre-vingt-dix, mais on ne dit pas « bid'un wa mi'a » (une centaine) ni « bid'un wa alf » (un millier).
Al-Jawhari a divergé concernant ce qui dépasse "bida‘ata ‘ashar" 83, interdisant de dire "bida‘atun wa ‘ishrūn" jusqu'à "tis‘ūn". Dans le Sahih 84 : "La foi comporte soixante et quelques branches, et dans une autre version soixante-dix branches, dont la plus élevée est la parole 'Lā ilāha illā Allāh' 85 et la plus basse est d'enlever les nuisances du chemin." Celui qui dit que le pronom dans Sa parole : "alors Satan lui fit oublier le rappel de son Seigneur" 86 renvoie à Joseph a dit une chose faible, même si cela a été rapporté d'Ibn ‘Abbās et ‘Ikrima. Le hadith qu'Ibn Jarīr a rapporté à cet endroit est faible sous tous rapports. Seul Ibrāhīm ibn Yazīd al-Khūrī al-Makkī, qui est abandonné 87, l'a transmis avec sa chaîne. Le mursal 88 d'al-Hasan et Qatāda n'est pas accepté, et ici il l'est encore moins. Et Allah sait mieux. Quant à la parole d'Ibn Hibbān dans son Sahih, lorsqu'il mentionne la raison pour laquelle Joseph est resté en prison aussi longtemps : "Al-Faḍl ibn al-Ḥubāb al-Jumaḥī nous a informés, [Musaddad ibn Musarhad nous a rapportés, Khālid ibn ‘Abd Allāh nous a rapportés, Muḥammad ibn ‘Amr nous a rapportés, d'après Abū Salama, d'après Abū Hurayra, qui a dit : le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : 'Qu'Allah fasse miséricorde à Joseph ! Sans la parole qu'il a dite : "Souviens-toi de moi auprès de ton maître", il ne serait pas resté en prison aussi longtemps. Et qu'Allah fasse miséricorde à Lot ! Il se réfugiait auprès d'un soutien solide lorsqu'il dit à son peuple : "Si seulement j'avais de la force contre vous, ou si je pouvais trouver un soutien solide." Il dit : 'Allah n'a pas envoyé de prophète après lui sans qu'il soit dans l'aisance parmi son peuple.'"" Ce hadith est munkar 89 sous ce rapport. Muḥammad ibn ‘Amr ibn ‘Alqama a des choses qu'il rapporte seul et qui comportent de la désapprobation. Cette formulation est parmi les plus désapprouvées et les plus graves. Ce qui se trouve dans les deux Sahih 90 témoigne de son erreur. Et Allah sait mieux. * * * "Et le roi dit : 'Je vois sept vaches grasses mangées par sept maigres, et sept épis verts et d'autres secs. Ô notables ! Donnez-moi une interprétation de mon rêve, si vous savez interpréter les rêves.' Ils dirent : 'Ce sont des rêves confus, et nous ne savons pas interpréter les rêves.' Et celui des deux qui avait été sauvé et qui s'était souvenu après une longue période dit : 'Je vous en donnerai l'interprétation. Envoyez-moi donc.' 'Joseph, ô véridique ! Donne-nous une interprétation de sept vaches grasses mangées par sept maigres, et de sept épis verts et d'autres secs. Peut-être retournerai-je vers les gens, afin qu'ils sachent.' Il dit : 'Vous sèmerez pendant sept années consécutives. Ce que vous aurez moissonné, laissez-le dans l'épi, sauf un peu que vous mangerez. Puis viendront après cela sept années dures qui consommeront ce que vous aurez préparé pour elles, sauf un peu que vous aurez réservé. Puis viendra après cela une année où les gens seront secourus et où ils presseront.'" Ceci faisait partie des raisons de la sortie de Joseph (que la paix soit sur lui) de prison avec honneur et respect. En effet, le roi d'Égypte, qui était al-Rayyān ibn al-Walīd 91 ibn Tharwān ibn Arāsha ibn Fārān ibn ‘Amr ibn ‘Imliq ibn Lāwadh ibn Sām ibn Nūḥ, vit ce rêve. Les Gens du Livre disent : Il vit comme s'il était au bord d'un fleuve, et comme si sept vaches grasses en sortaient, paissant dans un pré. Puis sept vaches maigres et chétives sortirent du fleuve, paissant avec elles, puis se jetèrent sur elles et les dévorèrent. Il se réveilla effrayé. Puis il dormit et vit sept épis verts sur une même tige, et sept autres secs qui les dévoraient. Il se réveilla effrayé. Lorsqu'il raconta cela à ses notables et à son peuple, personne parmi eux ne sut bien l'interpréter. Au contraire, ils dirent : "Ce sont des rêves confus", c'est-à-dire des rêves mêlés de la nuit, peut-être n'ont-ils pas d'interprétation. Et malgré cela, nous n'avons pas de connaissance en la matière. C'est pourquoi ils dirent : "Et nous ne savons pas interpréter les rêves." Alors, celui des deux qui avait été sauvé, à qui Joseph avait recommandé de se souvenir de lui auprès de son maître, mais qui avait oublié jusqu'à ce moment, se souvint. Cela faisait partie du décret d'Allah, le Puissant et Majestueux, et Sa sagesse en cela. Lorsqu'il entendit le rêve du roi et vit l'incapacité des gens à l'interpréter, il se souvint de l'affaire de Joseph et de ce qu'il lui avait recommandé comme souvenir. C'est pourquoi Allah dit : "Et celui des deux qui avait été sauvé et qui s'était souvenu après une longue période" 92, c'est-à-dire après un certain temps, quelques années. Certains ont lu, comme rapporté d'Ibn ‘Abbās, ‘Ikrima et al-Ḍaḥḥāk : "wa-dakkara ba‘da amahin" 93, c'est-à-dire après un oubli. Mujāhid a lu : "ba‘da amhin" avec la mīm en sukūn 94, qui signifie aussi l'oubli. On dit : "amiha ar-rajulu ya'mahu amahan wa-amhan" lorsqu'il oublie. Le poète a dit : J'ai oublié, alors que je n'oubliais pas un récit, Ainsi le temps fait tourner les esprits. Il dit à son peuple et au roi : "Je vous en donnerai l'interprétation. Envoyez-moi donc." C'est-à-dire : envoyez-moi à Joseph. Il vint à lui et dit : "Joseph, ô véridique ! Donne-nous une interprétation de sept vaches grasses mangées par sept maigres, et de sept épis verts et d'autres secs. Peut-être retournerai-je vers les gens, afin qu'ils sachent." Selon les Gens du Livre, lorsque le roi lui en parla, l'échanson le fit venir en sa présence, lui raconta ce qu'il avait vu, et il l'interpréta pour lui. Ceci est une erreur. La vérité est ce qu'Allah a raconté dans Son Livre, le Coran, et non ce que ces ignorants stupides ont déformé comme mensonges et divagations 95. Joseph (que la paix soit sur lui) donna alors ce qu'il avait de science sans retard ni condition, et ne demanda pas à sortir rapidement. Au contraire, il répondit à leur demande, interpréta le rêve du roi, qui indiquait la venue de sept années d'abondance suivies de sept années de disette, "puis viendra après cela une année où les gens seront secourus", c'est-à-dire où la pluie, l'abondance et l'aisance leur viendront, "et où ils presseront", c'est-à-dire ce qu'ils presseront des cannes à sucre, des raisins, des olives, du sésame et autres. Il leur interpréta, les guida vers le bien, et les orienta vers ce qu'ils devaient faire pendant leurs années d'abondance et de disette, et ce qu'ils devaient faire en stockant les grains des années d'abondance dans leurs épis pendant les sept premières années, sauf ce qui était réservé pour la nourriture, et en réduisant les semences pendant les années de disette des sept années suivantes, car il est probable que la semence ne rende pas du champ. Cela montre la perfection de la science, de l'opinion et de la compréhension. * * * "Et le roi dit : 'Amenez-le moi.' Quand l'émissaire vint à lui, il dit : 'Retourne vers ton maître et demande-lui : Quel était le cas des femmes qui se sont coupé les mains ? Mon Seigneur connaît parfaitement leur ruse.' Il dit : 'Quelle était votre affaire quand vous avez tenté de séduire Joseph ?' Elles dirent : 'À Allah ne plaise ! Nous ne connaissons rien de mal sur lui.' La femme d'al-‘Azīz 96 dit : 'Maintenant la vérité s'est manifestée. C'est moi qui ai tenté de le séduire, et il est du nombre des véridiques. Cela afin qu'il sache que je ne l'ai pas trahi en son absence, et qu'Allah ne guide pas la ruse des traîtres. Et je ne m'innocente pas, car l'âme est très incitatrice au mal, sauf si mon Seigneur fait miséricorde. Mon Seigneur est Pardonneur et Miséricordieux.'" Lorsque le roi eut pleinement connaissance de la perfection de la science de Joseph (que la prière et la paix soient sur lui), de la plénitude de son intelligence, de son opinion judicieuse et de sa compréhension, il ordonna de le faire venir en sa présence pour qu'il fasse partie de ses proches. Quand l'émissaire vint à lui avec cela, il voulut ne sortir qu'après qu'il soit clair pour tous qu'il avait été emprisonné injustement et par agression, et qu'il était innocent de ce qu'on lui avait attribué comme calomnie. Il dit : "Retourne vers ton maître", c'est-à-dire le roi, "et demande-lui : Quel était le cas des femmes qui se sont coupé les mains ? Mon Seigneur connaît parfaitement leur ruse." On a dit que cela signifie : Mon maître al-‘Azīz connaît mon innocence de ce qui m'a été attribué. Ordonne donc au roi de les interroger : comment fut ma forte résistance lorsqu'elles me sollicitaient et m'incitaient à une chose ni droite ni saine ? Lorsqu'elles furent interrogées à ce sujet, elles reconnurent ce qui s'était passé et ce qu'il avait fait de louable, et dirent : "À Allah ne plaise ! Nous ne connaissons rien de mal sur lui." Alors, la femme d'al-‘Azīz, qui est Zulaykha, dit : "Maintenant la vérité s'est manifestée", c'est-à-dire qu'elle est apparue, s'est clarifiée et s'est montrée, et la vérité mérite d'être suivie. "C'est moi qui ai tenté de le séduire, et il est du nombre des véridiques", c'est-à-dire dans ce qu'il dit, et qu'il est innocent, qu'il ne m'a pas sollicitée, et qu'il a été emprisonné injustement et par agression, mensonge et calomnie.
Et Sa parole : « Cela, afin qu'il sache que je ne l'ai pas trahi en son absence, et qu'Allah ne guide pas la ruse des traîtres. » On a dit que cela fait partie des paroles de Joseph, c'est-à-dire : je n'ai demandé la vérification de cela que pour que l'Aziz 97 sache que je ne l'ai pas trahi en son absence. Et on a dit que cela fait partie des paroles de Zulikha 98, c'est-à-dire : je n'ai avoué cela que pour que mon mari sache que je ne l'ai pas trahi dans la réalité, et qu'il n'y a eu qu'une tentative de séduction sans qu'un acte obscène ne soit commis. Et cette opinion est celle qu'a soutenue un grand nombre de savants parmi les imams des générations récentes et autres. Ibn Jarir 99 et Ibn Abi Hatim 100 n'ont rapporté que la première opinion. « Et je ne m'innocente pas, car l'âme est fortement incitatrice au mal, sauf si mon Seigneur fait miséricorde. Mon Seigneur est Pardonneur et Miséricordieux. » On a dit que cela fait partie des paroles de Joseph, et on a dit que cela fait partie des paroles de Zulikha, et cela dépend des deux premières opinions. Et le fait que cela fasse partie des paroles de Zulikha est plus apparent, plus approprié et plus fort. Et Allah sait mieux. * * * « Et le roi dit : Amenez-le moi, je me le réserve exclusivement. Puis, lorsqu'il lui eut parlé, il dit : Aujourd'hui tu es auprès de nous établi et digne de confiance. Il dit : Établis-moi sur les greniers du pays, car je suis un gardien savant. Et ainsi avons-Nous établi Joseph dans le pays, pour qu'il s'y installe là où il veut. Nous touchons de Notre miséricorde qui Nous voulons, et Nous ne faisons pas perdre la récompense des bienfaisants. Et la récompense de l'au-delà est meilleure pour ceux qui ont cru et qui craignaient Allah. » Lorsque fut apparue au roi l'innocence de sa situation et la pureté de sa personne de ce qu'ils avaient divulgué à son sujet et de ce dont ils l'avaient accusé, « il dit : Amenez-le moi, je me le réserve exclusivement », c'est-à-dire : je le prends comme mon intime, parmi les grands de mon royaume et les notables de ma cour. Puis, lorsqu'il lui eut parlé, entendu ses paroles et discerné sa situation, « il dit : Aujourd'hui tu es auprès de nous établi et digne de confiance », c'est-à-dire : tu as une position et tu es digne de confiance. « Il dit : Établis-moi sur les greniers du pays, car je suis un gardien savant. » Il demanda à être chargé de la supervision de ce qui concerne les greniers, en raison de ce qu'il anticipait comme perturbation après les sept années d'abondance, afin d'y veiller d'une manière agréée d'Allah envers Ses créatures, en prenant soin d'eux et en étant bienveillant envers eux. Et il informa le roi qu'il était un gardien, c'est-à-dire fort pour préserver ce qui est sous sa responsabilité, digne de confiance à cet égard, et savant pour gérer les affaires et les intérêts des greniers. Et cela prouve la permission de demander une charge pour celui qui connaît en lui-même la loyauté et la compétence. Et selon les Gens du Livre 101, Pharaon 102 honora grandement Joseph, paix sur lui, le plaça sur toute la terre d'Égypte, lui mit son anneau, le vêtit de soie, lui mit un collier d'or, le fit monter sur son second char, et on proclama devant lui : Tu es le maître et le souverain. Et il lui dit : Je ne suis pas plus grand que toi, sauf par le trône. Ils dirent : Joseph avait alors trente ans, et il le maria à une femme de haut rang. Et al-Tha'labi 103 a rapporté qu'il destitua Qitfir 104 de sa fonction et la confia à Joseph. Et on a dit que lorsqu'il mourut, il lui maria sa femme Zulikha, et il la trouva vierge, car son mari n'approchait pas les femmes. Elle enfanta à Joseph, paix sur lui, deux fils : Ephraïm et Manassé. Il dit : Et le royaume d'Égypte fut consolidé pour Joseph, et il agit envers eux avec justice, et les hommes et les femmes l'aimèrent. Et il a été rapporté que Joseph, le jour où il entra chez le roi, avait trente ans, et que le roi lui parla en soixante-dix langues, et à chaque fois il lui répondait dans cette langue, ce qui l'émerveilla, malgré son jeune âge. Allah sait mieux. Allah, exalté soit-Il, dit : « Et ainsi avons-Nous établi Joseph dans le pays, pour qu'il s'y installe là où il veut », c'est-à-dire après la prison, l'étroitesse et la contrainte, il devint libre de ses mouvements dans les contrées d'Égypte, « il s'y installe là où il veut », c'est-à-dire où il voulait, il s'installait, honoré, envié et glorifié. « Nous touchons de Notre miséricorde qui Nous voulons, et Nous ne faisons pas perdre la récompense des bienfaisants. » Tout cela fait partie de la rétribution et de la récompense d'Allah pour le croyant, en plus de ce qu'Il lui réserve dans l'au-delà comme bien immense et récompense magnifique. C'est pourquoi Il dit : « Et la récompense de l'au-delà est meilleure pour ceux qui ont cru et qui craignaient Allah. » Et on dit que Qitfir, le mari de Zulikha, était mort, et le roi le nomma à sa place et le maria à sa femme Zulikha, et il fut un vizir intègre. Et Muhammad ibn Ishaq 105 a mentionné que le maître d'Égypte, al-Walid ibn al-Rayyan 106, embrassa l'Islam sur les mains de Joseph, paix sur lui. Allah sait mieux. Et certains ont dit : Derrière le défilé de la peur se trouve le vaste espace de la sécurité, et la première chose dont on se réjouit est l'extrême de la tristesse. Ne désespère donc pas, car Allah a donné à Joseph la royauté sur Ses trésors après la délivrance de la prison. * * * « Et les frères de Joseph vinrent et entrèrent auprès de lui. Il les reconnut, mais ils ne le reconnurent pas. Et lorsqu'il les eut approvisionnés en vivres, il dit : Amenez-moi un frère que vous avez de votre père. Ne voyez-vous pas que je donne pleine mesure et que je suis le meilleur des hôtes ? Si vous ne me l'amenez pas, il n'y aura plus de mesure pour vous chez moi, et vous ne vous approcherez pas de moi. Ils dirent : Nous allons le réclamer à son père, et nous le ferons. Et il dit à ses serviteurs : Mettez leur marchandise dans leurs bagages, peut-être la reconnaîtront-ils quand ils retourneront à leur famille, peut-être reviendront-ils. » Allah, exalté soit-Il, informe de l'arrivée des frères de Joseph, paix sur lui, en terre d'Égypte pour se procurer de la nourriture, et cela après la venue des années de sécheresse et leur généralisation sur tous les serviteurs et les pays. Joseph, paix sur lui, était alors le gouverneur des affaires de l'Égypte, religieuses et temporelles. Lorsqu'ils entrèrent chez lui, il les reconnut, mais ils ne le reconnurent pas, car ils n'avaient pas imaginé ce qu'était devenu Joseph, paix sur lui, en termes de rang et de grandeur. C'est pourquoi il les reconnut, mais ils ne le reconnurent pas. Et selon les Gens du Livre, lorsqu'ils arrivèrent chez lui, ils se prosternèrent devant lui, et il les reconnut. Il voulut ne pas être reconnu, alors il leur parla durement et dit : Vous êtes des espions, vous êtes venus pour prendre le bien de mon pays. Ils dirent : Qu'Allah nous en préserve ! Nous sommes seulement venus nous approvisionner pour notre peuple, à cause de la détresse et de la faim qui nous ont frappés, et nous sommes les fils d'un même père, de Canaan, et nous sommes douze hommes, dont l'un a disparu, et notre plus jeune est chez notre père. Il dit : Il faut que je vérifie votre affaire. Et selon eux, il les retint trois jours, puis les fit sortir, et retint Siméon chez lui jusqu'à ce qu'ils lui amènent l'autre frère. Certains de ces récits sont sujets à discussion. Allah, exalté soit-Il, dit : « Lorsqu'il les eut approvisionnés en vivres », c'est-à-dire qu'il leur donna de la nourriture selon la coutume, en donnant à chaque personne une charge de chameau, sans plus, « il dit : Amenez-moi un frère que vous avez de votre père. » Il leur avait demandé lors de leur situation : Combien êtes-vous ? Ils dirent : Nous étions douze hommes, l'un a disparu et son frère germain est resté chez notre père. Il dit : Quand vous reviendrez l'année prochaine, amenez-le avec vous. « Ne voyez-vous pas que je donne pleine mesure et que je suis le meilleur des hôtes ? » C'est-à-dire : j'ai bien traité votre séjour et votre hospitalité, il les incita donc à l'amener. Puis il les menaça s'ils ne l'amenaient pas, en disant : « Si vous ne me l'amenez pas, il n'y aura plus de mesure pour vous chez moi, et vous ne vous approcherez pas de moi », c'est-à-dire : je ne vous donnerai plus de nourriture, et je ne vous approcherai plus du tout, contrairement à ce que j'ai fait d'abord. Il s'efforça donc de le faire venir avec eux pour étancher son désir de lui, par l'incitation et la menace. « Ils dirent : Nous allons le réclamer à son père », c'est-à-dire : nous allons nous efforcer de le faire venir avec nous et de te l'amener par tous les moyens possibles. « Et nous le ferons », c'est-à-dire : nous sommes capables de l'obtenir. Puis il ordonna à ses serviteurs de mettre leur marchandise, c'est-à-dire ce qu'ils avaient apporté pour payer la nourriture, dans leurs bagages, à leur insu, « peut-être la reconnaîtront-ils quand ils retourneront à leur famille, peut-être reviendront-ils. » On a dit qu'il voulait qu'ils la rendent lorsqu'ils la trouveraient dans leur pays, et on a dit qu'il craignait qu'ils n'aient pas de quoi revenir une seconde fois, et on a dit qu'il répugnait à prendre d'eux une compensation pour la nourriture. Les exégètes ont divergé sur la nature de leur marchandise, et cela sera mentionné plus tard. Et selon les Gens du Livre, c'étaient des bourses d'argent, ce qui est plus vraisemblable. Allah sait mieux.
Lorsqu'ils furent de retour auprès de leur père, ils dirent : "Ô notre père, la mesure nous a été refusée. Envoie donc avec nous notre frère, afin que nous puissions obtenir la mesure, et nous veillerons sur lui." Il dit : "Puis-je vous le confier autrement que je ne vous ai confié son frère auparavant ? Mais Allah est le meilleur gardien, et Il est le Plus Miséricordieux des miséricordieux." Lorsqu'ils ouvrirent leurs bagages, ils trouvèrent que leur marchandise leur avait été rendue. Ils dirent : "Ô notre père, que désirons-nous de plus ? Voici notre marchandise qui nous est rendue. Nous approvisionnerons notre famille, nous veillerons sur notre frère et nous ajouterons une charge de chameau. C'est une mesure facile." Il dit : "Je ne l'enverrai point avec vous avant que vous ne m'ayez donné une promesse solennelle au nom d'Allah que vous me le ramènerez, à moins que vous ne soyez cernés." Lorsqu'ils lui eurent donné leur promesse, il dit : "Allah est témoin de ce que nous disons." Et il dit : "Ô mes fils, n'entrez pas par une seule porte, mais entrez par des portes séparées. Je ne vous serai d'aucune utilité contre le décret d'Allah. La décision n'appartient qu'à Allah. En Lui je place ma confiance, et que ceux qui placent leur confiance s'en remettent à Lui." Lorsqu'ils entrèrent par où leur père leur avait ordonné, cela ne leur servit à rien contre le décret d'Allah, si ce n'est un besoin que Jacob avait dans son âme et qu'il satisfit. Il possédait une science que Nous lui avions enseignée, mais la plupart des gens ne savent pas. Il mentionne, qu'Il soit exalté, ce qu'il advint d'eux après leur retour [auprès de leur père] 107 et leur parole : "La mesure nous a été refusée" [c'est-à-dire après cette année-ci 108] si tu n'envoies pas avec nous notre frère. Car si tu l'envoies avec nous, elle ne nous sera pas refusée. "Lorsqu'ils ouvrirent leurs bagages, ils trouvèrent que leur marchandise leur avait été rendue. Ils dirent : "Ô notre père, que désirons-nous de plus ?" C'est-à-dire : que voulons-nous de plus, alors que notre marchandise nous a été rendue ? "Nous approvisionnerons notre famille", c'est-à-dire nous leur apporterons des provisions et ce qui leur est nécessaire pour leur année et leur séjour, "et nous veillerons sur notre frère et nous ajouterons", grâce à lui, "une charge de chameau". Allah, qu'Il soit exalté, dit : "C'est une mesure facile", c'est-à-dire en échange de la perte de son autre enfant. Jacob, sur lui la paix, était très attaché à son enfant Benjamin, car il sentait en lui l'odeur de son frère, se consolait par lui de sa perte et le compensait par lui. C'est pourquoi il dit : "Je ne l'enverrai point avec vous avant que vous ne m'ayez donné une promesse solennelle au nom d'Allah que vous me le ramènerez, à moins que vous ne soyez cernés", c'est-à-dire à moins que vous ne soyez tous vaincus et incapables de le ramener. "Lorsqu'ils lui eurent donné leur promesse, il dit : "Allah est témoin de ce que nous disons." Il renforça les engagements, confirma les pactes et se prémunit pour lui-même concernant son enfant. Mais aucune précaution ne peut prévenir le destin ! Sans son besoin et celui de son peuple de provisions, il n'aurait pas envoyé l'enfant précieux. Mais les décrets ont leurs lois, et le Seigneur, qu'Il soit exalté, décrète ce qu'Il veut, choisit ce qu'Il désire et juge ce qu'Il veut, et Il est le Sage, l'Omniscient. Puis il leur ordonna de ne pas entrer dans la ville par une seule porte, mais par des portes séparées. On dit : il voulait éviter qu'ils ne soient frappés par le mauvais œil, car ils étaient beaux et de belle apparence. C'est ce qu'ont dit Ibn Abbas, Mujâhid, Muhammad ibn Ka'b, Qatâda, As-Suddî et Ad-Dahhâk. On dit aussi : il voulait qu'ils se dispersent, peut-être trouveraient-ils des nouvelles de Joseph ou en parleraient-ils. C'est ce qu'a dit Ibrahim An-Nakha'î. La première opinion est plus évidente. C'est pourquoi il dit : "Je ne vous serai d'aucune utilité contre le décret d'Allah." Et Il dit, qu'Il soit exalté : "Lorsqu'ils entrèrent par où leur père leur avait ordonné, cela ne leur servit à rien contre le décret d'Allah, si ce n'est un besoin que Jacob avait dans son âme et qu'il satisfit. Il possédait une science que Nous lui avions enseignée, mais la plupart des gens ne savent pas." Selon les Gens du Livre, il envoya avec eux un cadeau pour le gouverneur, composé de pistaches, d'amandes, de pignons, de térébinthe, de miel, et ils prirent les premiers dirhams et une autre marchandise. "Lorsqu'ils entrèrent auprès de Joseph, il accueillit son frère et dit : "Je suis ton frère. Ne t'afflige pas de ce qu'ils faisaient." Puis, lorsqu'il les eut pourvus de leurs provisions, il mit la coupe dans le bagage de son frère. Ensuite, un crieur annonça : "Ô caravaniers, vous êtes des voleurs !" Ils dirent, se tournant vers eux : "Que cherchez-vous ?" Ils dirent : "Nous cherchons la coupe du roi. À qui la rapportera, une charge de chameau, et je m'en porte garant." Ils dirent : "Par Allah, vous savez que nous ne sommes pas venus pour semer la corruption sur terre et que nous ne sommes pas des voleurs." Ils dirent : "Quelle serait donc la sanction si vous mentez ?" Ils dirent : "La sanction : celui dans le bagage duquel elle sera trouvée sera lui-même la sanction. Ainsi punissons-nous les injustes." Il commença par leurs sacs avant celui de son frère, puis il la sortit du sac de son frère. Ainsi avons-Nous suggéré cette ruse à Joseph. Il ne pouvait pas prendre son frère selon la loi du roi, à moins qu'Allah ne le veuille. Nous élevons en rang qui Nous voulons. Et au-dessus de tout homme détenant la science, il y a un Savant." Ils dirent : "S'il a volé, un frère à lui a déjà volé auparavant." Joseph cacha cela en lui-même et ne le leur révéla pas. Il dit : "Vous êtes dans une pire situation, et Allah sait mieux ce que vous décrivez." Ils dirent : "Ô Gouverneur, il a un père très âgé. Prends donc l'un de nous à sa place. Nous voyons que tu es parmi les bienfaisants." Il dit : "Qu'Allah nous garde de prendre un autre que celui chez qui nous avons trouvé notre bien ! Nous serions alors injustes." Il mentionne, qu'Il soit exalté, ce qu'il advint d'eux lorsqu'ils entrèrent avec leur frère Benjamin auprès de son frère germain Joseph, qu'il l'accueillit, l'informa en secret, à l'insu des autres, qu'il était son frère, et lui ordonna de le cacher. Il le consola de ce qu'ils lui avaient fait de mal. Puis il usa d'une ruse pour le prendre d'eux et le garder auprès de lui sans eux. Il ordonna à ses serviteurs de placer sa coupe, qui lui servait à boire et à mesurer le grain pour les gens, discrètement dans les bagages de Benjamin. Puis il les informa qu'ils avaient volé la coupe du roi, et leur promit une récompense pour sa restitution : une charge de chameau, et le crieur s'en porta garant pour eux. Ils se tournèrent alors vers celui qui les accusait, le réprimandèrent et le blâmèrent pour ce qu'il leur avait dit : "Ils dirent : "Par Allah, vous savez que nous ne sommes pas venus pour semer la corruption sur terre et que nous ne sommes pas des voleurs." Ils disent : vous savez que nous sommes le contraire de ce dont vous nous accusez, le vol. "Ils dirent : "Quelle serait donc la sanction si vous mentez ?" Ils dirent : "La sanction : celui dans le bagage duquel elle sera trouvée sera lui-même la sanction. Ainsi punissons-nous les injustes." [C'était leur loi : le voleur était livré à la personne volée. C'est pourquoi ils dirent : "Ainsi punissons-nous les injustes."] Allah, qu'Il soit exalté, dit : "Il commença par leurs sacs avant celui de son frère, puis il la sortit du sac de son frère", afin que cela éloigne les soupçons et rende la ruse plus efficace. [Puis] Allah, qu'Il soit exalté, dit : "Ainsi avons-Nous suggéré cette ruse à Joseph. Il ne pouvait pas prendre son frère selon la loi du roi", c'est-à-dire sans leur aveu que la sanction était que celui chez qui on trouverait la coupe serait livré, il n'aurait pas pu le prendre d'eux selon la politique du roi d'Égypte, "à moins qu'Allah ne le veuille. Nous élevons en rang qui Nous voulons", c'est-à-dire en science, "et au-dessus de tout homme détenant la science, il y a un Savant." Car Joseph était plus savant qu'eux, plus avisé, plus ferme et plus résolu. Il n'a agi ainsi que sur ordre d'Allah, car de cette affaire découlait un grand bien par la suite : la venue de son père et de son peuple auprès de lui. Lorsqu'ils virent la coupe sortir du bagage de Benjamin, "ils dirent : "S'il a volé, un frère à lui a déjà volé auparavant", faisant allusion à Joseph. On dit qu'il avait volé l'idole de son grand-père maternel et l'avait brisée. On dit aussi que sa tante avait accroché à lui, alors qu'il était petit, une ceinture qui appartenait à Isaac, puis ils la sortirent de ses vêtements sans qu'il sache ce qu'elle avait fait, car elle voulait le garder chez elle et l'élever par amour pour lui. On dit encore qu'il prenait de la nourriture de la maison et la donnait aux pauvres. D'autres récits existent.
C'est pourquoi : « Ils dirent : "S'il vole, un frère à lui a déjà volé auparavant." Joseph garda cela secret en lui-même » 109, et c'est sa parole qui suit. Et Sa parole : « Vous êtes dans une pire situation, et Dieu sait mieux ce que vous décrivez » 110 : Il leur répondit en secret, non publiquement, par clémence, générosité, indulgence et pardon. Alors ils entrèrent avec lui dans la douceur et la compassion, disant : « Ô al-ʿAzîz 111, il a un père très âgé ; prends donc l'un de nous à sa place. Nous te voyons parmi les bienfaisants. » Il dit : « Que Dieu nous garde de prendre un autre que celui chez qui nous avons trouvé notre bien ! Nous serions alors injustes. » C'est-à-dire : si nous relâchions l'accusé et prenions l'innocent, cela, nous ne le ferions pas et ne le permettrions pas ; nous ne prenons que celui chez qui nous avons trouvé notre bien. Selon les Gens du Livre 112, Joseph se fit alors reconnaître d'eux. Ceci est une erreur de leur part, car ils ne l'ont pas bien compris 113. « Quand ils eurent perdu tout espoir de lui, ils se retirèrent pour se concerter en secret. Le plus âgé d'entre eux dit : "Ne savez-vous pas que votre père a pris de vous un engagement solennel devant Dieu, et qu'auparavant vous avez manqué à votre devoir envers Joseph ? Je ne quitterai donc pas cette terre jusqu'à ce que mon père me le permette, ou que Dieu prononce pour moi, et Il est le meilleur des juges. Retournez à votre père et dites : Ô notre père, ton fils a volé ; nous n'attestons que ce que nous savons, et nous n'étions pas gardiens de l'invisible. Interroge la cité où nous étions, et la caravane avec laquelle nous sommes venus ; nous sommes véridiques." Il dit : "Mais vos âmes vous ont suggéré quelque chose 114. Patience donc, belle patience ! Peut-être Dieu me les ramènera-t-Il tous ensemble. Il est l'Omniscient, le Sage." Et il se détourna d'eux et dit : "Ô mon chagrin pour Joseph !" Et ses yeux blanchirent de tristesse, et il était plein d'une douleur contenue. Ils dirent : "Par Dieu ! Tu ne cesseras de te souvenir de Joseph jusqu'à ce que tu deviennes mourant ou que tu périsses." Il dit : "Je ne me plains de mon affliction et de ma tristesse qu'à Dieu, et je sais de Dieu ce que vous ne savez pas. Ô mes fils, allez et enquêtez sur Joseph et son frère, et ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu ; seuls les gens mécréants désespèrent de la miséricorde de Dieu." » Dieu – qu'Il soit exalté – rapporte à leur sujet que, lorsqu'ils eurent perdu tout espoir de le reprendre, ils se retirèrent pour se concerter entre eux. Le plus âgé, qui était Ruben, dit : « Ne savez-vous pas que votre père a pris de vous un engagement solennel devant Dieu, pour que vous me le rameniez, à moins que vous ne soyez cernés ? Vous avez manqué à votre promesse et vous avez failli envers lui comme vous avez failli envers son frère Joseph auparavant. Il ne me reste plus de raison de l'affronter. Je ne quitterai donc pas cette terre, c'est-à-dire je resterai ici, jusqu'à ce que mon père me permette de revenir vers lui, ou que Dieu prononce pour moi en me donnant la capacité de ramener mon frère à mon père, et Il est le meilleur des juges. « Retournez à votre père et dites : Ô notre père, ton fils a volé », c'est-à-dire informez-le de ce que vous avez vu en apparence, « nous n'attestons que ce que nous savons, et nous n'étions pas gardiens de l'invisible. Interroge la cité où nous étions et la caravane avec laquelle nous sommes venus », car ce que nous t'avons rapporté – qu'ils ont pris notre frère parce qu'il a volé – est une affaire connue en Égypte et que la caravane avec laquelle nous étions a su, « et nous sommes véridiques. » Il dit : « Mais vos âmes vous ont suggéré quelque chose. Patience donc, belle patience ! » C'est-à-dire : l'affaire n'est pas comme vous l'avez dit ; il n'a pas volé, car ce n'est ni sa nature ni son caractère. Mais « vos âmes vous ont suggéré quelque chose. Patience donc, belle patience ! » Ibn Isḥâq 115 et d'autres dirent : Comme leur manquement envers Benjamin découlait de leur acte envers Joseph, il leur dit ce qu'il leur dit. C'est comme l'a dit un prédécesseur 116 : La punition d'une mauvaise action est une autre mauvaise action qui la suit ! Puis il dit : « Peut-être Dieu me les ramènera-t-Il tous ensemble », c'est-à-dire Joseph, Benjamin et Ruben, « Il est l'Omniscient », c'est-à-dire connaissant ma situation et ce que j'endure de la séparation des êtres chers, « le Sage » dans ce qu'Il décrète et fait ; à Lui appartient la sagesse parfaite et l'argument décisif. « Et il se détourna d'eux », c'est-à-dire il s'éloigna de ses fils, « et dit : Ô mon chagrin pour Joseph ! » Sa tristesse nouvelle lui rappela l'ancienne, et ce qui était caché se réveilla, comme l'a dit quelqu'un : « Déplace ton cœur où tu veux dans l'amour ; l'amour n'est que pour le premier bien-aimé. » Un autre dit : « Mon compagnon m'a blâmé près des tombes pour mes pleurs, à cause des larmes qui coulent. Il dit : Pleures-tu chaque tombe que tu vois ? Pour une tombe située entre al-Liwâ 117 et al-Dakâdik 118. Je lui dis : La tristesse engendre la tristesse ; laisse-moi, car tout ceci est la tombe de Mâlik 119. » Sa parole : « Et ses yeux blanchirent de tristesse », c'est-à-dire à force de pleurer, « et il était plein d'une douleur contenue », c'est-à-dire oppressé par l'excès de son chagrin, de son affliction et de son désir de Joseph. Quand ses fils virent ce qu'il endurait de tourment et de douleur de la séparation, ils lui dirent, par compassion pour lui, par pitié et par souci de lui : « Par Dieu ! Tu ne cesseras de te souvenir de Joseph jusqu'à ce que tu deviennes mourant ou que tu périsses. » Ils disent : Tu ne cesses de te souvenir de lui jusqu'à ce que ton corps s'épuise et que ta force faiblisse ; si tu prenais soin de toi, ce serait mieux pour toi. Il dit : « Je ne me plains de mon affliction et de ma tristesse qu'à Dieu, et je sais de Dieu ce que vous ne savez pas. » Il dit à ses fils : Je ne me plains pas à vous ni à personne des gens de ce que j'endure ; je ne m'en plains qu'à Dieu – qu'Il soit glorifié et exalté – et je sais que Dieu me donnera une issue et une sortie de ma situation, et je sais que le rêve de Joseph doit se réaliser, et que je me prosternerai devant lui, moi et vous, comme il l'a vu. C'est pourquoi il dit : « et je sais de Dieu ce que vous ne savez pas. » Puis il leur dit, les incitant à rechercher Joseph et son frère, et à s'enquérir de leur affaire : « Ô mes fils, allez et enquêtez sur Joseph et son frère, et ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu ; seuls les gens mécréants désespèrent de la miséricorde de Dieu. » C'est-à-dire : Ne désespérez pas du soulagement après la difficulté, car seuls les mécréants désespèrent de la miséricorde de Dieu, de Son secours et de ce qu'Il décrète comme issue dans les détresses. * * * « Quand ils entrèrent chez lui, ils dirent : "Ô al-ʿAzîz, le malheur nous a touchés, nous et notre famille, et nous sommes venus avec une marchandise de peu de valeur ; donne-nous donc pleine mesure et fais-nous la charité ; Dieu récompense les charitables." Il dit : "Savez-vous ce que vous avez fait à Joseph et à son frère, alors que vous étiez ignorants ?" Ils dirent : "Es-tu vraiment Joseph ?" Il dit : "Je suis Joseph, et voici mon frère ; Dieu nous a comblés de Sa grâce. Quiconque craint Dieu et patiente, Dieu ne laisse pas perdre la récompense des bienfaisants." Ils dirent : "Par Dieu ! Dieu t'a préféré à nous, et nous étions fautifs." Il dit : "Pas de reproche aujourd'hui ; que Dieu vous pardonne, et Il est le Plus Miséricordieux des miséricordieux. Allez avec ma tunique que voici, jetez-la sur le visage de mon père, il recouvrera la vue ; et amenez-moi toute votre famille." » Dieu – qu'Il soit exalté – rapporte le retour des frères de Joseph vers lui, leur venue auprès de lui, leur désir de ce qu'il avait comme provisions, et leur demande de charité en leur rendant leur frère Benjamin : « Quand ils entrèrent chez lui, ils dirent : Ô al-ʿAzîz, le malheur nous a touchés, nous et notre famille », c'est-à-dire par la sécheresse, la gêne et la charge de famille, « et nous sommes venus avec une marchandise de peu de valeur », c'est-à-dire de faible qualité, dont l'équivalent n'est accepté de nous que si tu passes outre. On dit que c'étaient de mauvaises pièces de monnaie, ou peu nombreuses, ou des graines de pin, des graines de térébinthe 120 et autres. D'après Ibn ʿAbbâs 121 : c'étaient de vieilles toiles, des cordes et autres. « Donne-nous donc pleine mesure et fais-nous la charité ; Dieu récompense les charitables. » On dit : en acceptant notre marchandise, selon al-Suddî 122. On dit : en nous rendant notre frère, selon Ibn Jurayj 123. Sufyân ibn ʿUyayna 124 dit : C'est par ce verset que l'aumône a été interdite à notre Prophète Muhammad – que Dieu prie sur lui et le salue – [et il l'a déduit]. Rapporté par Ibn Jarîr 125.
Lorsqu'il vit leur état et ce qu'ils avaient apporté comme maigres biens, ne possédant plus que cela, il se fit reconnaître d'eux et se montra compatissant, leur disant, par ordre de son Seigneur et de leur Seigneur, tout en découvrant pour eux son noble front et l'état qu'ils connaissaient : « Savez-vous ce que vous avez fait à Joseph et à son frère, alors que vous étiez ignorants ? » Ils dirent, saisis d'étonnement, après être venus à lui maintes fois sans le reconnaître : « Es-tu vraiment Joseph ? » Il dit : « Je suis Joseph, et voici mon frère. » Il entendait par là : Je suis Joseph, celui à qui vous avez fait ce que vous avez fait, et dont vous avez négligé le sort. Et sa parole : « Et voici mon frère » est une confirmation de ce qu'il disait et un rappel de la jalousie qu'ils avaient conçue contre eux deux et des ruses qu'ils avaient ourdies contre eux. C'est pourquoi il dit : « Dieu nous a comblés de faveurs », c'est-à-dire par Sa bonté envers nous, Sa générosité, Son refuge et le renforcement de notre puissance, grâce à notre obéissance à notre Seigneur, à notre patience envers ce que vous nous avez fait, à notre obéissance et à notre piété envers notre père, à son amour intense pour nous et à sa sollicitude. « Quiconque craint Dieu et patiente, Dieu ne laisse pas perdre la récompense des bienfaisants. » Ils dirent : « Par Dieu ! Dieu t'a préféré à nous », c'est-à-dire Il t'a favorisé et t'a donné ce qu'Il ne nous a pas donné, « et nous étions fautifs », c'est-à-dire dans ce que nous t'avons fait, et nous voici devant toi. Il dit : « Pas de reproche sur vous aujourd'hui », c'est-à-dire je ne vous blâmerai pas pour ce que vous avez fait après ce jour. Puis il ajouta : « Que Dieu vous pardonne, car Il est le plus Miséricordieux des miséricordieux. » Celui qui prétend que l'arrêt est sur « Pas de reproche sur vous » et qu'il commence par « Aujourd'hui, que Dieu vous pardonne » a une opinion faible ; la première est correcte. Puis il leur ordonna d'emporter sa tunique, celle qui touchait son corps, et de la poser sur les yeux de son père, car elle lui rendrait la vue après qu'elle eût disparu, par la permission de Dieu. Cela fait partie des prodiges, des preuves de la prophétie et des plus grands miracles. Puis il leur ordonna de se mettre en route avec leurs familles toutes entières vers les terres d'Égypte, vers le bien, le repos et la réunion après la séparation, de la manière la plus parfaite et la plus élevée. « Quand la caravane fut partie, leur père dit : Je sens l'odeur de Joseph, si vous ne me traitez pas de radoteur. Ils dirent : Par Dieu ! te voilà dans ton ancien égarement. Puis, quand arriva le porteur de bonne nouvelle, il la jeta sur son visage, et il recouvra la vue. Il dit : Ne vous ai-je pas dit que je sais de Dieu ce que vous ne savez pas ? Ils dirent : Ô notre père, implore pour nous le pardon de nos péchés, car nous étions fautifs. Il dit : J'implorerai pour vous le pardon de mon Seigneur, car c'est Lui le Pardonneur, le Miséricordieux. » Abd ar-Razzaq a dit : Israïl nous a informés, d'après Abi Sinan, d'après Abd Allah ibn Abi al-Hudhayl : J'ai entendu Ibn Abbas dire : « Quand la caravane fut partie », il dit : Quand la caravane sortit, un vent se leva et apporta à Jacob l'odeur de la tunique de Joseph, et il dit : « Je sens l'odeur de Joseph, si vous ne me traitez pas de radoteur. » Il dit : Il sentit son odeur à une distance de trois jours. Ainsi l'ont rapporté ath-Thawri, Shu'ba et d'autres d'après Abi Sinan. Al-Hasan al-Basri et Ibn Jurayj al-Makki ont dit : Il y avait entre eux une distance de quatre-vingts parasanges, et il était séparé de lui depuis quatre-vingts ans. Sa parole : « Si vous ne me traitez pas de radoteur », c'est-à-dire vous dites que j'ai dit cela par radotage, qui est la sénilité et la vieillesse. Ibn Abbas, Ata, Mujahid, Sa'id ibn Jubayr et Qatada ont dit : « Vous me traitez de radoteur » signifie vous me rabaissez. Mujahid et al-Hasan ont dit aussi : vous me faites passer pour un vieillard. Ils dirent : « Par Dieu ! te voilà dans ton ancien égarement. » Qatada et as-Suddi ont dit : Ils lui dirent une parole dure. Dieu Très-Haut dit : « Puis, quand arriva le porteur de bonne nouvelle, il la jeta sur son visage, et il recouvra la vue », c'est-à-dire dès qu'il arriva, il jeta la tunique sur le visage de Jacob, et celui-ci recouvra immédiatement la vue après avoir été aveugle. Et il dit à ses fils à ce moment-là : « Ne vous ai-je pas dit que je sais de Dieu ce que vous ne savez pas ? », c'est-à-dire je sais que Dieu réunira ma famille avec Joseph, que mes yeux se réjouiront de lui, et qu'Il me montrera en lui et par lui ce qui me réjouira. Alors ils dirent : « Ô notre père, implore pour nous le pardon de nos péchés, car nous étions fautifs. » Ils lui demandèrent d'implorer le pardon de Dieu pour ce qu'ils avaient fait et ce dont ils avaient accablé lui et son fils, et ce qu'ils avaient résolu. Et comme leur repentir avait précédé l'acte, Dieu les aida à demander pardon au moment où cela se produisit. Leur père répondit à leur demande et à ce sur quoi ils comptaient, en disant : « J'implorerai pour vous le pardon de mon Seigneur, car c'est Lui le Pardonneur, le Miséricordieux. » Ibn Mas'ud, Ibrahim at-Taymi, Amr ibn Qays, Ibn Jurayj et d'autres ont dit : Il les renvoya à l'heure de l'aube. Ibn Jarir a dit : Abou as-Sa'ib m'a raconté, d'après Ibn Idris, j'ai entendu Abd ar-Rahman ibn Ishaq mentionner d'après Muharib ibn Dithar : Omar venait à la mosquée et entendit quelqu'un dire : « Ô Dieu, Tu m'as appelé et j'ai répondu, Tu m'as ordonné et j'ai obéi, et voici l'aube, pardonne-moi. » Il écouta la voix et s'aperçut qu'elle venait de la maison d'Abd Allah ibn Mas'ud. Il interrogea Abd Allah à ce sujet, et celui-ci dit : Jacob a renvoyé ses fils à l'aube par sa parole : « J'implorerai pour vous le pardon de mon Seigneur. » Et Dieu Très-Haut a dit : « Et ceux qui implorent pardon avant l'aube. » Il est établi dans les deux Sahih d'après le Messager de Dieu que Dieu descend chaque nuit au ciel de ce monde et dit : « Y a-t-il un repenti à qui Je pardonnerai ? Y a-t-il un demandeur à qui Je donnerai ? Y a-t-il un implorant pardon à qui Je pardonnerai ? » Et il est rapporté dans un hadith que Jacob renvoya ses fils à la nuit du vendredi. Ibn Jarir a dit : al-Muthanna m'a raconté, d'après Sulayman ibn Abd ar-Rahman Abu Ayyub ad-Dimashqi, d'après al-Walid, d'après Ibn Jurayj, d'après Ata et Ikrima, d'après Ibn Abbas, d'après le Messager de Dieu : « J'implorerai pour vous le pardon de mon Seigneur », il dit : « Jusqu'à la nuit du vendredi », et c'est la parole de Jacob à ses fils. Ceci est étrange de cette chaîne, et son élévation est discutable. Il est plus probable qu'il soit arrêté à Ibn Abbas. « Quand ils entrèrent chez Joseph, il accueillit ses parents et dit : Entrez en Égypte, si Dieu le veut, en sécurité. Et il éleva ses parents sur le trône, et ils tombèrent prosternés devant lui. Il dit : Ô mon père, voici l'interprétation de mon rêve d'autrefois ; mon Seigneur l'a réalisé. Il a été bon envers moi en me faisant sortir de prison et en vous faisant venir du désert, après que Satan eut semé la discorde entre moi et mes frères. Mon Seigneur est doux envers ce qu'Il veut. Il est le Savant, le Sage. Seigneur, Tu m'as donné du pouvoir et m'as enseigné l'interprétation des récits. Créateur des cieux et de la terre, Tu es mon Protecteur en ce monde et dans l'au-delà. Fais-moi mourir musulman et rejoins-moi aux justes. » Ceci est un récit de la réunion des aimés après une longue séparation, dont on dit qu'elle a duré quatre-vingts ans, ou quatre-vingt-trois ans, selon deux versions d'al-Hasan, ou trente-cinq ans, selon Qatada. Muhammad ibn Ishaq a dit : On rapporte qu'il fut absent de lui dix-huit ans. Il dit : Les gens du Livre prétendent qu'il fut absent de lui quarante ans. Le contexte apparent de l'histoire suggère une estimation approximative de la durée : la femme l'a séduit alors qu'il était un jeune homme de dix-sept ans, selon plusieurs, et il refusa. Il resta en prison quelques années, sept selon Ikrima et d'autres. Puis il sortit, et ce furent les sept années d'abondance, puis, quand les gens souffrirent de la famine pendant les sept années restantes, ses frères vinrent chercher des provisions la première année seuls, la deuxième année avec leur frère Benjamin, et la troisième année il se fit reconnaître d'eux et leur ordonna d'amener toutes leurs familles, et ils vinrent tous.
Lorsqu'ils entrèrent auprès de Joseph, il accueillit ses parents 126 et les réunit en privé, à l'écart de ses frères, et dit : « Entrez en Égypte, si Allah le veut, en sécurité. » Certains disent que ce verset est un cas d'antéposition et de postposition ; le sens serait : « Il dit : Entrez en Égypte », et il accueillit ses parents. Ibn Jarîr a jugé cette interprétation faible, et il est excusable. D'autres disent qu'il les accueillit et les hébergea dans une tente, puis, lorsqu'ils approchèrent de la porte de l'Égypte, il dit : « Entrez en Égypte, si Allah le veut, en sécurité. » C'est ce que rapporte as-Suddî. On pourrait aussi dire que cela n'est pas nécessaire, et que le verbe « entrez » a le sens de « habitez » ou « demeurez en Égypte », « si Allah le veut, en sécurité », ce qui serait correct et élégant. Selon les Gens du Livre 127, lorsque Jacob arriva dans la terre de Gâshir 128 – qui est la terre de Bilbays – Joseph sortit à sa rencontre. Jacob avait envoyé son fils Juda devant lui pour annoncer son arrivée. Selon eux, le roi leur donna la terre de Gâshir pour qu'ils y habitent, eux, leurs enfants et leurs troupeaux. Plusieurs exégètes ont mentionné que, lorsque l'arrivée du prophète d'Allah Jacob – qui est Israël – approcha, Joseph voulut sortir à sa rencontre. Le roi et ses soldats l'accompagnèrent, par respect pour Joseph et pour honorer le prophète d'Allah Israël. Il pria pour le roi, et Allah éloigna des Égyptiens le reste des années de sécheresse grâce à la bénédiction de son arrivée parmi eux. Allah sait mieux. Le nombre total de ceux qui vinrent avec Jacob, ses fils et leurs enfants – selon Abû Ishâq as-Sabî‘î, d'après Abû ‘Ubayda, d'après Ibn Mas‘ûd – était de soixante-trois personnes. Mûsâ ibn ‘Ubayda, d'après Muhammad ibn Ka‘b, d'après ‘Abd Allah ibn Shaddâd, dit qu'ils étaient quatre-vingt-trois personnes. Abû Ishâq, d'après Masrûq, dit qu'ils entrèrent au nombre de trois cent quatre-vingt-dix personnes. Ils disent qu'ils sortirent avec Moïse au nombre de plus de six cent mille combattants. Selon le texte des Gens du Livre, ils étaient soixante-dix personnes, et ils les nomment. Allah dit : « Et il éleva ses parents sur le trône. » Certains disent que sa mère était morte, comme le savent les savants de la Torah. Certains exégètes disent qu'Allah la ressuscita. D'autres disent qu'il s'agissait de sa tante Léa, et la tante est comme une mère. Ibn Jarîr et d'autres disent que le sens apparent du Coran implique que sa mère était encore vivante à ce moment-là, et qu'il ne faut pas se fier au récit des Gens du Livre lorsqu'il le contredit. Cette opinion est forte, et Allah sait mieux. Il les éleva sur le trône, c'est-à-dire qu'il les fit asseoir avec lui sur son lit. « Et ils tombèrent prosternés devant lui » : les parents et les onze frères se prosternèrent devant lui, par vénération et honneur. Cela était permis dans leur loi, et cela resta en vigueur dans toutes les législations jusqu'à ce que cela soit interdit dans notre religion. « Et il dit : Ô mon père, voici l'interprétation de mon rêve d'autrefois » : c'est-à-dire la réalisation de ce que je t'avais raconté de mon rêve : j'avais vu onze étoiles, le soleil et la lune se prosterner devant moi, et tu m'avais ordonné de le cacher, et tu m'avais promis ce que tu m'avais promis alors. « Mon Seigneur l'a rendue vérité. Il a été bon envers moi quand Il m'a fait sortir de la prison » : après l'angoisse et l'étroitesse, Il m'a fait un souverain dont la parole est exécutoire dans le pays d'Égypte, où je veux. « Et Il vous a fait venir du désert » : c'est-à-dire de la steppe. Ils habitaient la terre des Arabes, dans le pays de Khaïl. « Après que Satan ait semé la discorde entre moi et mes frères » : à cause de ce qu'ils m'avaient fait, comme cela a été mentionné précédemment. Puis il dit : « Mon Seigneur est plein de douceur pour ce qu'Il veut » : quand Il veut une chose, Il en prépare les causes, les facilite et les rend aisés par des voies que les serviteurs ne peuvent discerner, mais Il les décrète et les facilite par Sa douceur et Sa grande puissance. « Il est l'Omniscient » : de toutes choses, « le Sage » dans Sa création, Sa législation et Son décret. Selon les Gens du Livre, Joseph vendit aux Égyptiens et aux autres la nourriture qu'il détenait, contre tous leurs biens : or, argent, terres, meubles, tout ce qu'ils possédaient, jusqu'à ce qu'il les vende eux-mêmes, et ils devinrent esclaves. Puis il leur rendit leurs terres et les affranchit, à condition qu'ils travaillent et qu'un cinquième de leurs récoltes et fruits revienne au roi. Cela devint une coutume chez les Égyptiens après lui. Ath-Tha‘labî rapporte qu'il ne se rassasiait pas pendant ces années, pour ne pas oublier les affamés, et qu'il ne mangeait qu'un seul repas à midi. Il dit : c'est pourquoi on a pris modèle sur lui.
- Isrā'īl : Israël, nom du prophète Jacob (Ya‘qūb) en hébreu, signifiant 'serviteur de Dieu' ou 'celui qui lutte avec Dieu'.
- al-ḥurūf al-muqaṭṭa‘a : Les lettres isolées ou lettres mystérieuses qui ouvrent certaines sourates du Coran, comme Alif, Lām, Rā (الر). Leur signification précise est connue de Dieu seul.
- ashraf al-khalq : La plus noble des créatures, c'est-à-dire le Prophète Muhammad (que la paix et la bénédiction soient sur lui).
- ṣidqan wa ‘adlan : En toute vérité et justice. Référence au verset 6:115 du Coran.
- rūḥan min amrinā : Un esprit venant de Notre ordre. Il s'agit de la révélation coranique, appelée 'esprit' car elle vivifie les cœurs.
- ṣirāṭ Allāh : Le chemin de Dieu, c'est-à-dire l'Islam, la voie droite menant à Dieu.
- dhikr : Rappel, mention. Désigne le Coran lui-même, qui rappelle aux hommes les enseignements divins.
- wizr : Fardeau, péché. Ici, le châtiment lourd porté au Jour de la Résurrection par ceux qui se détournent du Coran.
- al-Musnad : Le Musnad, recueil de hadiths compilé par l'imam Ahmad ibn Hanbal, contenant des traditions prophétiques avec leurs chaînes de transmission.
- at-Tirmidhī : Muhammad ibn ‘Īsā at-Tirmidhī, célèbre traditionniste et auteur du recueil de hadiths 'Sunan at-Tirmidhī'.
- ‘Alī : ‘Alī ibn Abī Tālib, cousin et gendre du Prophète Muhammad, quatrième calife bien guidé, considéré comme une autorité en matière de hadith.
- al-imām Aḥmad : Ahmad ibn Hanbal, fondateur de l'école hanbalite, célèbre pour son recueil de hadiths 'al-Musnad'.
- ahl al-kitāb : Gens du Livre, terme désignant les communautés juives et chrétiennes qui ont reçu des Écritures révélées.
- tatahawwakūn : Vous êtes confus, vous vous égarez. Verbe dérivé de 'hawk', signifiant confusion ou égarement dans la religion.
- ta’wīl al-aḥādīth : Interprétation des récits ou des songes. Désigne la capacité donnée à Joseph d'expliquer le sens caché des rêves et des événements.
- al-asbāṭ : Les Tribus. Dans le Coran, ce terme désigne les douze tribus des Enfants d'Israël, issues des douze fils de Jacob.
- إبراهيم وإسحاق : Abraham et Isaac, patriarches bibliques et coraniques, ancêtres de Joseph.
- الخليل : Al-Khalîl, 'l'intime' ou 'l'ami' de Dieu, titre donné à Abraham.
- عليم حكيم : 'Alîm et Hakîm, deux des Noms divins : Omniscient et Sage.
- اللَّهُ أَعْلَمُ حَيْثُ يَجْعَلُ رسَالَته : Citation du Coran (6:124) : 'Dieu sait mieux où placer Son message'.
- يُوسُفُ نَبِيُّ اللَّهِ ابْنُ نَبِيِّ اللَّهِ ابْنِ نَبِيِّ اللَّهِ ابْنِ خَلِيلِ اللَّهِ : Hadith : 'Joseph, prophète de Dieu, fils du prophète de Dieu, fils du prophète de Dieu, fils de l'intime de Dieu'.
- عَمُودَان : ‘Amûdân, nom d'un astre dans la tradition islamique, signifiant 'deux colonnes'.
- عُصْبَة : ‘Usba, groupe ou troupe d'hommes, ici les frères de Joseph.
- غَيَابَةِ الْجُبِّ : Ghayâbat al-jubb, le fond obscur du puits.
- إِن كُنْتُم فاعلين : Expression coranique : 'si vous voulez faire quelque chose'.
- شقيقه لامه : Frère germain, de même mère, ici Benjamin.
- لخاسرون : Khâsirûn, perdants, ceux qui subissent une perte.
- صَبْرٌ جَمِيلٌ : Sabr jamîl, 'belle patience', expression coranique désignant une patience sans plainte.
- وَاللَّهُ الْمُسْتَعَانُ عَلَى مَا تَصِفُونَ : Et c'est Dieu qu'il faut appeler au secours contre ce que vous racontez.
- رَاعُوفَة : Râ‘ûfa, rocher ou saillie au milieu du puits servant de support au puiseur.
- الْمَائِح : Al-mâ’ih, celui qui descend dans le puits pour remplir les seaux.
- الْمَاتِح : Al-mâtih, celui qui remonte les seaux avec la corde.
- Souffle de l'âme : Le terme arabe 'سَوَّلَتْ' (sawwalat) évoque l'idée que l'âme embellit et suggère quelque chose de mauvais, une tentation intérieure.
- Gens du Livre : Désigne les Juifs et les Chrétiens, qui possèdent des Écritures révélées.
- Ruben : Fils aîné de Jacob, frère de Joseph.
- Interprétation des récits : Le terme arabe 'تَأْوِيلِ الْأَحَادِيثِ' (ta'wīl al-ahādīth) désigne l'interprétation des rêves et des événements, une science donnée par Dieu.
- Maturité : Le terme arabe 'أَشُدَّهُ' (ashuddahu) désigne l'âge de la pleine force et de la maturité physique et intellectuelle.
- Térébinthe : Arbre résineux de la famille des pistachiers, dont le fruit est comestible.
- Nawf al-Bikâlî : Un savant musulman de la génération des successeurs (tâbi'în), connu pour ses connaissances sur les récits bibliques.
- Généreuse hospitalité : Le terme arabe 'أَكْرِمِي مَثْوَاهُ' (akrimī mathwāhu) signifie littéralement 'honore son lieu de séjour', c'est-à-dire traite-le avec bienveillance et respect.
- Azîz : Titre honorifique signifiant 'puissant', 'noble', désignant le vizir ou haut dignitaire en Égypte.
- Itfîr : Nom traditionnellement donné au mari de Zulaykhâ, le grand chambellan d'Égypte.
- Al-Rayyân : Nom du roi d'Égypte à l'époque de Joseph, selon certaines sources islamiques.
- Amâliqa : Peuple ancien mentionné dans la Bible et le Coran, souvent associé aux géants ou aux peuples pré-israélites de Canaan.
- Râ'îl : Nom donné à la femme de l'Azîz dans certaines traditions, signifiant 'amie de Dieu'.
- Zulaykhâ : Nom le plus connu de la femme de l'Azîz, souvent utilisé dans la littérature islamique.
- Fikâ bint Yânûs : Autre nom rapporté pour la femme de l'Azîz, d'origine incertaine.
- Mâlik ibn Dhu'ur : Personnage mentionné comme celui qui vendit Joseph en Égypte, selon une tradition.
- Le fort, le digne de confiance : Référence au verset coranique 28:26, où la fille de Shu'ayb (Jethro) recommande Moïse comme berger.
- Jusqu'à ce qu'il ait atteint sa maturité et atteint quarante ans : Référence au verset coranique 46:15, qui fixe l'âge de la maturité à quarante ans.
- Sollicita : Le terme arabe 'رَاوَدَتْهُ' (rāwadat-hu) signifie 'elle le sollicita', avec une connotation de séduction et de tentative de le pousser au péché.
- Viens ! : Le terme arabe 'هَيْتَ لَكَ' (hayta laka) est une expression impérative signifiant 'viens à moi', 'hâte-toi vers moi', utilisée dans un contexte de séduction.
- Qu'Allah me préserve ! : Le terme arabe 'مَعَاذَ اللَّهِ' (ma'ādha Allāh) est une formule de refuge et de protection divine contre le mal.
- Serviteurs élus : Le terme arabe 'الْمُخْلَصِينَ' (al-mukhlasīn) désigne ceux qui sont sincèrement dévoués à Dieu et préservés du péché.
- Témoin de sa famille : Selon les exégètes, il s'agit d'un enfant en bas âge ou d'un sage de la famille, qui a indiqué la vérité par un signe.
- al-Ṣaḥīḥayn : Les deux recueils de hadiths authentiques d'al-Bukhārī et de Muslim.
- Khātam al-anbiyā' : Le Sceau des prophètes, c'est-à-dire le prophète Muḥammad.
- rabbī : Mon maître ; ici, Joseph désigne son maître, l'époux de la femme.
- aḥsana mathwāya : Il a bien traité mon séjour ; expression signifiant qu'il a été bon et généreux envers moi.
- burhān rabbih : La preuve de son Seigneur ; signe divin qui détourna Joseph du péché.
- Ahl al-Kitāb : Les Gens du Livre, c'est-à-dire les Juifs et les Chrétiens, dont les écrits contiennent des récits bibliques.
- al-mukhlaṣīn : Les élus, les serviteurs sincères et purifiés par Dieu.
- istabaqā al-bāb : Ils coururent tous deux vers la porte ; Joseph fuyant, la femme poursuivant.
- rāwadatnī 'an nafsī : Elle a tenté de me séduire ; littéralement, elle m'a sollicité pour moi-même.
- shahida shāhidun min ahlihā : Un témoin de sa famille témoigna ; ce témoin est traditionnellement identifié à un enfant au berceau ou à un homme.
- marfū' : Hadith élevé, c'est-à-dire remontant jusqu'au Prophète.
- mawqūf : Hadith arrêté, c'est-à-dire rapporté seulement jusqu'à un Compagnon, sans remonter au Prophète.
- Qitfīr : Nom traditionnellement donné au mari de la femme de l'Aziz, le maître de Joseph en Égypte.
- al-'Azīz : Titre du haut fonctionnaire égyptien, maître de Joseph ; souvent identifié à Potiphar.
- muttaka'an : Un banquet, un lieu où l'on s'appuie pour manger ; ici, un repas préparé avec soin.
- akbarnahu : Elles le trouvèrent grand, immense ; elles furent frappées par sa beauté majestueuse.
- al-Isrā' : Le voyage nocturne du Prophète Muḥammad de La Mecque à Jérusalem.
- qāma 'udhruh : Leur excuse fut établie ; les femmes furent excusées d'avoir critiqué la femme de l'Aziz après avoir vu Joseph.
- al-‘iffa : Chasteté, pureté morale, abstinence du péché.
- ista‘ṣama : Il s'est préservé, il a résisté, il s'est abstenu (de la faute).
- al-ṣūfiyya : Les soufis, mystiques musulmans.
- al-‘iṣma : Préservation divine, protection contre le péché.
- samtu-hu : Son aspect, sa contenance, sa dignité.
- ḥabala : Branche de vigne, sarment.
- al-tawḥīd : L'unicité de Dieu, le monothéisme islamique.
- al-ḥadīth : Parole prophétique, tradition rapportée du Prophète Muhammad.
- al-asbāb : Les causes, les moyens matériels ; recourir aux causes est permis tout en ayant confiance en Dieu.
- bida‘ata ‘ashar : Expression arabe signifiant 'quelques-uns' ou 'un nombre indéterminé entre trois et neuf', utilisée pour les nombres de 11 à 19.
- Sahih : Recueil de hadiths authentiques, notamment ceux d'al-Bukhārī et Muslim.
- Lā ilāha illā Allāh : Formule de l'unicité divine : 'Il n'y a de dieu qu'Allah'.
- alors Satan lui fit oublier le rappel de son Seigneur : Référence au verset 42 de la sourate Yūsuf, où Joseph demande à l'échanson de se souvenir de lui, mais Satan lui fait oublier.
- abandonné : Terme technique (matrūk) désignant un transmetteur de hadith dont les récits sont rejetés en raison de sa faiblesse ou de son manque de fiabilité.
- mursal : Hadith où le Compagnon est omis, le Successeur rapportant directement du Prophète ; considéré comme faible par certains savants.
- munkar : Hadith jugé 'désapprouvé' ou 'étrange' en raison d'un transmetteur faible contredisant des rapports plus fiables.
- les deux Sahih : Les recueils de hadiths authentiques d'al-Bukhārī et Muslim.
- al-Rayyān ibn al-Walīd : Nom du roi d'Égypte contemporain de Joseph selon certaines sources islamiques.
- après une longue période : Traduction de 'ba‘da ummatin' signifiant après un certain temps, ici interprété comme plusieurs années.
- wa-dakkara ba‘da amahin : Lecture coranique variante signifiant 'et il se souvint après un oubli'.
- sukūn : Signe diacritique indiquant l'absence de voyelle sur une lettre.
- fari wa-hadhyān : Termes arabes signifiant 'mensonges et divagations', utilisés pour critiquer des récits non fondés.
- al-‘Azīz : Titre du haut fonctionnaire égyptien chez qui Joseph servait, souvent traduit par 'le Puissant' ou 'le Grand'.
- al-ʿAzīz : Titre donné au haut dignitaire égyptien, souvent traduit par 'le Puissant' ou 'le Grand'. Dans le récit de Joseph, il s'agit du maître de Joseph en Égypte.
- Zulīkhā : Nom traditionnellement donné à la femme de l'Aziz (le maître de Joseph) dans les récits islamiques. Elle est celle qui a tenté de séduire Joseph.
- Ibn Jarīr : Abū Jaʿfar Muḥammad ibn Jarīr al-Ṭabarī (839-923), célèbre historien et exégète du Coran, auteur du Tafsīr al-Ṭabarī.
- Ibn Abī Ḥātim : Abū Muḥammad ʿAbd al-Raḥmān ibn Abī Ḥātim al-Rāzī (854-938), éminent exégète et traditionniste.
- Ahl al-Kitāb : Les 'Gens du Livre', terme coranique désignant les communautés juives et chrétiennes qui ont reçu des Écritures révélées.
- Firʿawn : Pharaon, titre des souverains de l'Égypte ancienne. Dans le Coran, il est souvent mentionné comme un tyran. Ici, il s'agit du roi contemporain de Joseph.
- al-Thaʿlabī : Abū Isḥāq Aḥmad ibn Muḥammad al-Thaʿlabī (mort en 1035), exégète et conteur, auteur du Tafsīr al-Thaʿlabī et de Qisas al-Anbiyā' (Histoires des prophètes).
- Qiṭfīr : Nom traditionnellement donné au mari de Zulikha, le maître de Joseph en Égypte. Dans la Bible, il est appelé Potiphar.
- Muḥammad ibn Isḥāq : Ibn Isḥāq (704-767), historien et biographe, auteur de la première biographie complète du Prophète Muhammad (Sīra).
- al-Walīd ibn al-Rayyān : Nom donné par certaines sources islamiques au roi d'Égypte contemporain de Joseph. Il serait le même que le Pharaon mentionné dans le Coran.
- rajūʿihim : Leur retour
- ʿāminā hādhā : Cette année-ci
- فَأَسَرَّهَا يُوسُفُ فِي نَفسه : Joseph garda cette parole secrète en lui-même, sans la révéler.
- أَنْتُمْ شَرٌّ مَكَانًا وَالله أعلم بِمَا تصفون : Vous êtes dans une pire situation, et Dieu sait mieux ce que vous décrivez (Coran 12:77).
- العَزِيز : Titre donné à Joseph en Égypte, signifiant 'le Puissant' ou 'le Noble', équivalent de gouverneur ou ministre.
- أَهْلِ الْكِتَابِ : Les Gens du Livre, c'est-à-dire les Juifs et les Chrétiens, détenteurs des Écritures antérieures.
- غَلِطُوا فِيهِ وَلَمْ يَفْهَمُوهُ جَيِّدًا : Ils se sont trompés à ce sujet et ne l'ont pas bien compris.
- سَوَّلَتْ لَكُمْ أَنْفُسُكُمْ أَمْرًا : Vos âmes vous ont suggéré quelque chose, c'est-à-dire vous ont embelli une affaire.
- ابْن إِسْحَق : Muhammad ibn Isḥâq, célèbre historien et biographe du Prophète (mort en 767).
- السَّلَف : Les prédécesseurs pieux, les premières générations de l'islam.
- اللِّوَى : Lieu-dit, une dune ou un terrain sablonneux.
- الدَّكَادِك : Pluriel de dakkâd, petites collines ou monticules de terre.
- مَالِك : Nom propre, probablement un être cher.
- حَبَّ الْبُطْم : Graines de térébinthe (Pistacia terebinthus), utilisées comme monnaie de faible valeur.
- ابْنِ عَبَّاسٍ : ʿAbd Allâh ibn ʿAbbâs, cousin du Prophète et éminent exégète du Coran (mort en 687).
- السُّدِّيُّ : Ismâʿîl al-Suddî, exégète et traditionniste (mort en 745).
- ابْنُ جُرَيْجٍ : ʿAbd al-Malik ibn Jurayj, traditionniste et exégète mecquois (mort en 767).
- سُفْيَانُ بْنُ عُيَيْنَة : Sufyân ibn ʿUyayna, célèbre traditionniste et juriste (mort en 814).
- ابْنُ جَرِيرٍ : Muhammad ibn Jarîr al-Ṭabarî, historien et exégète (mort en 923), auteur du Tafsîr.
- abawayhi : Ses deux parents : son père Jacob et sa mère (ou sa tante maternelle, selon les interprétations).
- Ahl al-Kitâb : Les Gens du Livre : désigne les Juifs et les Chrétiens, détenteurs des Écritures révélées avant le Coran.
- Gâshir : Région d'Égypte, identifiée à la terre de Bilbays, dans le delta du Nil.
Rapport de ce qui est advenu de choses merveilleuses dans la vie d'Israël [1].
Les rois en cela. Je dis : Le Commandeur des croyants, 'Umar ibn al-Khattâb, qu'Allâh l'agrée, ne se rassasiait pas pendant l'année de la cendre 1 jusqu'à ce que la sécheresse disparaisse et que l'abondance revienne. Al-Shâfi'î a dit : Un bédouin dit à 'Umar après la fin de l'année de la cendre : « Elle s'est dissipée de toi, et tu es vraiment fils d'une femme libre ! » Puis, lorsque Joseph, sur lui la paix, vit sa grâce accomplie et sa famille réunie, il sut que cette demeure n'est pas un lieu de stabilité, et que toute chose en elle et sur elle est périssable, et qu'après l'accomplissement il n'y a que la diminution. Alors, il loua son Seigneur comme Il le mérite, reconnut Son immense bienfait et Sa faveur, et Lui demanda – et Il est le meilleur de ceux que l'on implore – de le rappeler à Lui, c'est-à-dire au moment de sa mort, en état d'islam, et de le joindre à Ses serviteurs vertueux. Ainsi, comme on dit dans l'invocation : « Ô Allâh, fais-nous vivre musulmans et fais-nous mourir musulmans », c'est-à-dire au moment où Tu nous fais mourir. Il est possible qu'il ait demandé cela à l'agonie 2, comme le Prophète, sur lui la paix et le salut, demanda à l'agonie que son âme soit élevée vers l'Assemblée suprême et les compagnons vertueux parmi les prophètes et les messagers, comme il dit : « Ô Allâh, dans la Compagnie très haute », trois fois. Puis il mourut. Il est possible que Joseph, sur lui la paix, ait demandé la mort en état d'islam de manière immédiate, en pleine santé et intégrité corporelle, et que cela était permis dans leur religion et leur loi, comme il est rapporté d'Ibn 'Abbâs qu'il a dit : « Aucun prophète n'a jamais souhaité la mort avant Joseph. » Quant à notre loi, il est interdit d'invoquer la mort sauf en cas de tentations 3, comme dans le hadith de Mu'âdh dans l'invocation rapportée par Ahmad : « Et si Tu veux éprouver un peuple par une tentation, fais-nous mourir auprès de Toi sans être éprouvés. » Et dans un autre hadith : « Fils d'Adam, la mort est meilleure pour toi que la tentation. » Et Marie, sur elle la paix, dit : « Que je fusse morte avant cela, et oubliée, totalement oubliée ! » Et 'Alî ibn Abî Tâlib souhaita la mort lorsque les affaires s'aggravèrent, les tentations devinrent grandes, le combat s'intensifia, et les paroles et les rumeurs se multiplièrent. Et al-Bukhârî, l'auteur du Sahîh, souhaita cela lorsque la situation devint difficile pour lui et qu'il subit les terreurs de ses opposants. Quant à l'état d'aisance, al-Bukhârî et Muslim ont rapporté dans leurs deux Sahîh, d'après Anas ibn Mâlik, que le Messager d'Allâh, sur lui la paix et le salut, a dit : « Que nul d'entre vous ne souhaite la mort à cause d'un mal qui l'a frappé. S'il est bienfaisant, peut-être augmentera-t-il [en bien], et s'il est malfaisant, peut-être cherchera-t-il à être agréé. Mais qu'il dise : « Ô Allâh, fais-moi vivre tant que la vie est meilleure pour moi, et fais-moi mourir lorsque la mort est meilleure pour moi. » » Le mal visé ici est ce qui touche le serviteur dans son corps, comme une maladie ou autre, non dans sa religion. Il semble que le prophète d'Allâh Joseph, sur lui la paix, ait demandé cela, soit à son agonie, soit si cela devait être ainsi. Ibn Ishâq a rapporté des Gens du Livre que Jacob demeura en Égypte auprès de Joseph pendant dix-sept ans, puis il mourut, sur lui la paix. Il avait légué à Joseph, sur lui la paix, de l'enterrer auprès de ses deux parents, Abraham et Isaac. Al-Suddî a dit : Il l'embauma et le transporta au pays de Syrie, et l'enterra dans la grotte 4 auprès de son père Isaac et de son grand-père al-Khalîl, sur eux la paix. Selon les Gens du Livre, l'âge de Jacob lorsqu'il entra en Égypte était de cent trente ans. Et selon eux, il demeura en terre d'Égypte dix-sept ans. Malgré cela, ils disent : la totalité de sa vie fut de cent quarante ans. Ceci est le texte de leur Livre, et c'est une erreur : soit dans la copie, soit de leur part, ou bien ils ont omis la fraction, mais ce n'est pas leur habitude pour des choses plus grandes que cela, alors comment utiliseraient-ils cette méthode ici 5 ? Allâh, exalté soit-Il, a dit dans Son Livre précieux : « Êtes-vous témoins quand la mort se présenta à Jacob, quand il dit à ses fils : « Qu'adorerez-vous après moi ? » Ils dirent : « Nous adorerons ton Dieu et le Dieu de tes pères, Abraham, Ismaël et Isaac, un Dieu unique, et nous Lui sommes soumis. » » Il recommanda à ses fils la sincérité, qui est la religion de l'islam par laquelle Allâh a envoyé les prophètes, sur eux la paix. Les Gens du Livre ont mentionné qu'il recommanda à ses fils un par un, les informa de ce qui leur arriverait, et annonça à Juda la venue d'un grand prophète de sa descendance, que les peuples lui obéiraient, et c'est Jésus fils de Marie. Et Allâh sait mieux. Ils ont mentionné que lorsque Jacob mourut, les Égyptiens le pleurèrent soixante-dix jours, et Joseph ordonna aux médecins de l'embaumer avec des parfums, et il resta ainsi quarante jours. Puis Joseph demanda au roi d'Égypte la permission de partir avec son père pour l'enterrer auprès de sa famille, et il le lui permit. Les notables et les anciens d'Égypte sortirent avec lui. Lorsqu'ils arrivèrent à Hébron, ils l'enterrèrent 6 dans la grotte qu'Abraham al-Khalîl avait achetée d'Ephrôn fils de Sohar le Hittite, et ils firent pour lui une période de deuil de sept jours. Ils dirent : Puis ils retournèrent dans leur pays, et les frères de Joseph consolèrent Joseph pour leur père, et ils se montrèrent tendres envers lui, alors il les honora et leur fit un bon accueil. Ils demeurèrent en terre d'Égypte. Puis la mort se présenta à Joseph, sur lui la paix, et il recommanda qu'on le transporte avec eux lorsqu'ils sortiraient d'Égypte et qu'on l'enterre auprès de ses pères. Ils l'embaumèrent et le placèrent dans un cercueil, et il resta en Égypte jusqu'à ce que Moïse, sur lui la paix, l'emportât avec lui et l'enterra auprès de ses pères, comme cela viendra. Ils dirent : Il mourut à l'âge de cent dix ans. Ceci est leur texte dans ce que j'ai vu et ce qu'a rapporté Ibn Jarîr également. Mubârak ibn Fadâla a rapporté d'al-Hasan : Joseph fut jeté dans le puits à l'âge de dix-sept ans, il resta absent de son père quatre-vingts ans, vécut après cela vingt-trois ans, et mourut à l'âge de cent vingt ans 7. Un autre a dit : Il légua à son frère Juda, paix et salut sur lui 8. Histoire de Job, sur lui la paix. Ibn Ishâq a dit : C'était un homme des Romains. Il est Job fils de Maws fils de Râzâh fils d'al-'Îs fils d'Isaac fils d'Abraham al-Khalîl. Un autre a dit : Il est Job fils de Maws fils de Ra'wîl fils d'al-'Îs fils d'Isaac fils de Jacob. Et d'autres choses ont été dites sur sa généalogie. Ibn 'Asâkir a rapporté que sa mère était la fille de Lot, sur lui la paix. Et il a été dit que son père était de ceux qui crurent en Abraham, sur lui la paix, le jour où il fut jeté dans le feu et ne brûla pas. Le plus connu est le premier, car il est de la descendance d'Abraham, comme nous l'avons établi à propos de la parole d'Allâh : « Et parmi sa descendance, David, Salomon, Job, Joseph, Moïse et Aaron » – les versets – que le plus correct est que le pronom renvoie à Abraham, non à Noé, sur eux la paix. Il fait partie des prophètes dont la révélation est mentionnée dans la sourate des Femmes, dans la parole d'Allâh : « Nous t'avons révélé comme Nous avons révélé à Noé et aux prophètes après lui, et Nous avons révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, les Tribus, Jésus et Job » – le verset. Le plus correct est qu'il est de la descendance d'al-'Îs fils d'Isaac. Sa femme : on a dit qu'elle s'appelait Liyâ, fille de Jacob ; on a dit Rahma fille d'Afrâthîm 9 ; on a dit Liyâ bint 10 Mansâ 11 fils de Joseph fils de Jacob. Ce dernier est plus connu, c'est pourquoi nous l'avons mentionné ici. Puis nous nous tournerons vers la mention des prophètes des Enfants d'Israël après le récit de son histoire, si Allâh le veut. En Lui est la confiance et sur Lui est la dépendance.
Dieu Très-Haut a dit : « Et Job, lorsqu'il invoqua son Seigneur : « Le malheur m'a touché, et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux. » Nous l'exauçâmes, dissipâmes ce qu'il avait de malheur, et lui rendîmes sa famille et autant avec elle, par miséricorde de Notre part et comme rappel pour les adorateurs. » 12 Et Il dit dans la sourate Ṣād : « Et rappelle-toi Notre serviteur Job, lorsqu'il invoqua son Seigneur : « Le Diable m'a infligé peine et tourment. » « Frappe du pied ! Voici une eau fraîche pour te laver et boire. » Et Nous lui rendîmes sa famille et autant avec elle, par miséricorde de Notre part et comme rappel pour les doués d'intelligence. « Prends dans ta main un faisceau [de brindilles] et frappe avec, et ne viole pas ton serment. » Nous l'avons trouvé endurant. Quel excellent serviteur ! Il était plein de repentir. » 13 Ibn 'Asākir a rapporté d'après al-Kalbī qu'il a dit : « Le premier prophète envoyé fut Idrīs, puis Noé, puis Abraham, puis Ismaël, puis Isaac, puis Jacob, puis Joseph, puis Lot, puis Hūd, puis Ṣāliḥ, puis Shu'ayb, puis Moïse et Aaron, puis Élie, puis Élisée, puis 'Urfī 14 fils de Suwaylakh 15 fils d'Afrāthīm 16 fils de Joseph fils de Jacob, puis Jonas fils de Mattā 17 des fils de Jacob, puis Job fils de Zārāḥ 18 fils d'Āmūṣ 19 fils de Līfaraz 20 fils d'al-'Īṣ 21 fils d'Isaac fils d'Abraham. » Cette ordonnance est discutable : car Hūd et Ṣāliḥ sont, selon ce qui est connu, après Noé, et on dit après Abraham. Dieu sait mieux. 22 Les exégètes, historiens et autres ont dit : Job était un homme très riche en toutes sortes de biens : troupeaux, esclaves, bétail et vastes terres dans la région de Thaniyya 23 au pays de Hawrān. Ibn 'Asākir rapporte que tout cela lui appartenait. Il avait beaucoup d'enfants et de famille. Tout cela lui fut enlevé, et il fut éprouvé dans son corps par toutes sortes d'afflictions, au point qu'il ne lui resta de sain que son cœur et sa langue, par lesquels il se souvenait de Dieu. Durant tout cela, il était patient, comptant sur Dieu, se souvenant de Lui nuit et jour, matin et soir. Sa maladie dura si longtemps que ses compagnons le fuirent, ses proches l'évitèrent, il fut chassé de sa ville et jeté sur un tas d'ordures à l'extérieur. Les gens l'abandonnèrent, et seule son épouse resta pour prendre soin de lui, reconnaissante pour sa bonté passée et sa compassion. Elle venait à lui, s'occupait de lui, l'aidait à satisfaire ses besoins et veillait à ses affaires. Sa condition s'affaiblit, ses biens diminuèrent, au point qu'elle servait les gens pour un salaire afin de le nourrir et subvenir à ses besoins. Qu'Allah l'agrée ! Elle était patiente avec lui face à la perte des biens et des enfants, et à l'épreuve qui lui était propre : la maladie de son mari, la pauvreté et le service des gens, après avoir connu le bonheur, l'aisance, le service et l'honneur. « Nous sommes à Dieu et à Lui nous retournons ! » Il est établi dans le Ṣaḥīḥ 24 que le Messager de Dieu a dit : « Les gens les plus éprouvés sont les prophètes, puis les vertueux, puis les meilleurs après eux. » Et il a dit : « L'homme est éprouvé selon sa religion ; si sa religion est solide, son épreuve est accrue. » Tout cela n'augmenta chez Job que patience, espérance de la récompense, louange et gratitude, au point que sa patience est devenue proverbiale, de même que les types d'épreuves qu'il subit. Wahb ibn Munabbih et d'autres savants des Enfants d'Israël ont rapporté un long récit sur la manière dont ses biens et ses enfants lui furent enlevés, et sur l'épreuve de son corps. Dieu sait mieux sa véracité. Mujāhid a dit : Job fut le premier à être atteint de la variole. Ils ont divergé sur la durée de son épreuve : Wahb prétend qu'il fut éprouvé trois ans exactement. Anas a dit : il fut éprouvé sept ans et quelques mois, jeté sur un tas d'ordures des Enfants d'Israël, les bêtes rampant sur son corps, jusqu'à ce que Dieu le soulage, lui accordât une grande récompense et fît de lui un bel éloge. Humayd a dit : il resta dans son épreuve dix-huit ans. Al-Suddī a dit : sa chair tomba jusqu'à ce qu'il ne reste que les os et les nerfs ; sa femme lui apportait de la cendre qu'elle étendait sous lui. Quand cela devint long pour elle, elle dit : « Ô Job, si tu invoquais ton Seigneur, Il te soulagerait. » Il répondit : « J'ai vécu soixante-dix ans en bonne santé ; serait-ce trop peu pour Dieu que je patiente pour Lui soixante-dix ans ? » Elle fut bouleversée par ces paroles. Elle servait les gens pour un salaire et nourrissait Job. Puis les gens cessèrent de l'employer, sachant qu'elle était la femme de Job, craignant d'être atteints par son mal ou contaminés par son contact. Ne trouvant personne pour l'employer, elle vendit l'une de ses deux nattes 25 à une fille de notable pour une grande quantité de bonne nourriture, qu'elle apporta à Job. Il demanda : « D'où tiens-tu cela ? » et le désapprouva. Elle dit : « J'ai servi des gens pour cela. » Le lendemain, ne trouvant personne, elle vendit l'autre natte pour de la nourriture et la lui apporta. Il le désapprouva de nouveau et jura de ne pas manger avant qu'elle ne lui dise d'où venait cette nourriture. Elle découvrit sa tête de son voile ; quand il vit sa tête rasée, il dit dans son invocation : « Seigneur, le malheur m'a touché, et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux. » Ibn Abī Ḥātim a rapporté : mon père nous a raconté, Abū Salama nous a raconté, Jarīr ibn Ḥāzim nous a raconté, d'après 'Abd Allāh ibn 'Ubayd ibn 'Umayr, qui a dit : Job avait deux frères. Un jour, ils vinrent mais ne purent s'approcher de lui à cause de son odeur ; ils se tinrent à distance. L'un dit à l'autre : « Si Dieu savait du bien en Job, Il ne l'aurait pas éprouvé ainsi. » Job fut plus affligé par leurs paroles que par tout autre chose. Il dit : « Ô Dieu, si Tu sais que jamais je n'ai passé une nuit rassasié alors que je connaissais un affamé, alors atteste-le. » Et il fut attesté du ciel, et ils l'entendirent. Puis il dit : « Ô Dieu, si Tu sais que jamais je n'ai eu deux tuniques alors que je connaissais un nu, alors atteste-le. » Et il fut attesté du ciel, et ils l'entendirent. Puis il dit : « Ô Dieu, par Ta puissance ! » et il se prosterna, disant : « Ô Dieu, par Ta puissance, je ne lèverai jamais la tête jusqu'à ce que Tu me soulages. » Et il ne leva la tête qu'après avoir été soulagé. Ibn Abī Ḥātim et Ibn Jarīr ont tous deux rapporté : Yūnus ibn 'Abd al-A'lā nous a raconté, Ibn Wahb nous a informés, Nāfi' ibn Yazīd m'a informé, d'après 'Uqayl, d'après al-Zuhrī, d'après Anas ibn Mālik, que le Prophète a dit : « Le prophète de Dieu, Job, resta dans son épreuve dix-huit ans, rejeté par tous, proches et lointains, sauf deux de ses frères les plus intimes, qui venaient le matin et le soir. L'un dit à l'autre : « Par Dieu, Job a commis un péché que personne au monde n'a commis. » L'autre demanda : « Lequel ? » Il répondit : « Depuis dix-huit ans, son Seigneur n'a pas eu pitié de lui pour le soulager. » Quand ils revinrent vers lui, l'homme ne put se retenir et lui rapporta cela. Job dit : « Je ne sais ce que tu dis, mais Dieu sait que lorsque je passais près de deux hommes qui se disputaient et mentionnaient Dieu, je rentrais chez moi et expiais pour eux, car je détestais que Dieu soit mentionné autrement qu'en vérité. » Il sortait pour ses besoins ; quand il les avait satisfaits, sa femme lui prenait la main jusqu'à ce qu'il rentre. Un jour, elle tarda à revenir, et Dieu révéla à Job sur place : « Frappe du pied ! Voici une eau fraîche pour te laver et boire. » Elle le chercha, puis le rencontra, regardant ; il s'avança vers elle, Dieu ayant ôté son épreuve, et il était dans la plus belle apparence. Quand elle le vit, elle dit : « Que Dieu te bénisse ! As-tu vu le prophète de Dieu, l'éprouvé ? Par Dieu, je jure que je n'ai vu personne lui ressembler plus que toi quand il était en bonne santé. »
Il dit : « Alors moi, je suis Lui. » Il avait deux greniers 26 : un grenier pour le blé et un grenier pour l'orge. Allah envoya deux nuages ; lorsque l'un d'eux fut au-dessus du grenier de blé, il y déversa de l'or jusqu'à ce qu'il déborde, et l'autre déversa de l'argent dans le grenier d'orge jusqu'à ce qu'il déborde." Telle est la formulation d'Ibn Jarîr. C'est ainsi que l'a rapporté intégralement Ibn Hibbân dans son Sahîh, d'après Muhammad ibn al-Hasan ibn Qutayba, d'après Harmala, d'après Ibn Wahb. Cette élévation 27 est très étrange, et il est plus vraisemblable qu'elle soit suspendue 28. Ibn Abî Hâtim a dit : Mon père nous a raconté, d'après Ibn Ismâ'îl, d'après Hammâd, d'après 'Alî ibn Zayd, d'après Yûsuf ibn Mihrân, d'après Ibn 'Abbâs, qui a dit : « Allah le revêtit d'un habit du Paradis. Job s'écarta et s'assit dans un coin. Sa femme vint et ne le reconnut pas. Elle dit : "Ô serviteur d'Allah, où est allé cet éprouvé qui était ici ? Les chiens ou les loups l'ont peut-être emporté." Elle lui parla un moment, puis il dit : "Malheur à toi ! Je suis Job !" Elle dit : "Te moques-tu de moi, ô serviteur d'Allah ?" Il dit : "Malheur à toi ! Je suis Job. Allah a rendu mon corps." » Ibn 'Abbâs a dit : « Et Allah lui rendit ses biens et ses enfants en personne, et avec eux d'autres semblables. » Wahb ibn Munabbih a dit : « Allah lui révéla : "Je t'ai rendu ta famille et tes biens, et avec eux d'autres semblables. Lave-toi avec cette eau, car elle contient ta guérison, offre un sacrifice pour tes compagnons et implore le pardon pour eux, car ils ont désobéi à Mon sujet à ton égard." » Rapporté par Ibn Abî Hâtim. Ibn Abî Hâtim a dit : Abû Zur'a nous a raconté, d'après 'Amr ibn Marzûq, d'après Hammâm, d'après Qatâda, d'après al-Nadr ibn Anas, d'après Bashîr 29 ibn Nahîk, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), qui a dit : « Lorsqu'Allah guérit Job (sur lui la paix), Il fit pleuvoir sur lui des sauterelles d'or. Il se mit à les prendre 30 dans sa main et à les mettre dans son vêtement. On lui dit : "Ô Job, n'es-tu pas rassasié 31 ?" Il dit : "Ô Seigneur, qui peut se rassasier de Ta miséricorde ?" » C'est ainsi que l'a rapporté l'imam Ahmad d'après Abû Dâwûd al-Tayâlisî et 'Abd al-Samad d'après Hammâm, d'après Qatâda. Et Ibn Hibbân l'a rapporté dans son Sahîh d'après 'Abd Allâh ibn Muhammad al-Azdî, d'après Ishâq ibn Râhawayh, d'après 'Abd al-Samad. Aucun des auteurs des recueils canoniques ne l'a rapporté, mais il répond aux conditions du Sahîh 32. L'imam Ahmad a dit : Sufyân nous a raconté, d'après Abû al-Zinâd, d'après al-A'raj, d'après Abû Hurayra : « Il fut envoyé sur Job une nuée 33 de sauterelles d'or. Il se mit à les recueillir dans son vêtement. On lui dit : "Ô Job, ce que Nous t'avons donné ne te suffit-il pas ?" Il dit : "Ô Seigneur, qui peut se passer de Ta grâce ?" » Ceci est suspendu 28. Il a également été rapporté d'Abû Hurayra par une autre voie, élevé 27. L'imam Ahmad a dit : 'Abd al-Razzâq nous a raconté, d'après Ma'mar, d'après Hammâm ibn Munabbih, qui a dit : « Voici ce que nous a raconté Abû Hurayra : le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : "Alors que Job se lavait nu, une nuée 33 de sauterelles d'or tomba sur lui. Job se mit à en ramasser 34 dans son vêtement. Son Seigneur, Puissant et Majestueux, l'appela : "Ô Job, ne t'ai-Je pas enrichi au point de te passer de ce que tu vois ?" Il dit : "Si, ô Seigneur, mais je n'ai pas de richesse qui me dispense de Ta bénédiction." » Rapporté par al-Bukhârî d'après le hadith de 'Abd al-Razzâq. Sa parole : « Frappe du pied 35 » signifie : frappe la terre de ton pied. Il exécuta ce qui lui fut ordonné. Allah fit alors jaillir pour lui une source d'eau froide, et il lui fut ordonné de s'y laver et d'en boire. Allah fit disparaître de lui la douleur, la souffrance, la maladie et le mal qui étaient dans son corps, apparents et cachés, et lui donna après tout cela une santé apparente et cachée, une beauté parfaite et des biens abondants, au point qu'Il fit pleuvoir sur lui des biens en abondance, une grande pluie de sauterelles d'or. Et Allah lui rendit sa famille, comme Il dit : « Et Nous lui rendîmes sa famille et avec eux d'autres semblables. » On a dit : Allah les ressuscita en personne ; on a dit : Il lui accorda une récompense pour ceux qui étaient passés, et le compensa dans ce monde par d'autres, et Il réunira toute sa famille dans la Demeure dernière. Sa parole : « par une miséricorde de Notre part 36 » signifie : Nous avons levé de lui son épreuve et dissipé ce qu'il avait de mal, par une miséricorde de Notre part, une compassion et une bienfaisance. « Et un rappel pour les adorateurs 37 » : une exhortation pour quiconque est éprouvé dans son corps, ses biens ou ses enfants, afin qu'il prenne pour modèle le prophète d'Allah Job, lorsqu'Allah l'éprouva par ce qui est plus grand que cela, et qu'il patienta et espéra la récompense jusqu'à ce qu'Allah le soulage. Celui qui comprend de cela que le nom de sa femme est « Rahma » 38 à partir de ce verset s'est éloigné du but et a exagéré. Al-Dahhâk a rapporté d'après Ibn 'Abbâs : « Allah lui rendit sa jeunesse et l'augmenta, au point qu'elle lui enfanta vingt-six enfants mâles. Job vécut après cela soixante-dix ans en terre de Rûm 39 sur la religion de la Hanîfiyya 40, puis ils changèrent après lui la religion d'Abraham. » Sa parole : « Prends dans ta main un faisceau 41 et frappe avec, et ne viole pas ton serment. Nous l'avons trouvé endurant. Quel bon serviteur ! Il était plein de repentir 42. » C'est une permission d'Allah Très-Haut pour Son serviteur et messager Job (sur lui la paix), concernant le serment qu'il avait fait de frapper sa femme de cent coups de fouet. On a dit que ce serment était dû à la vente de ses tresses ; on a dit aussi que c'est parce que Satan se présenta à elle sous la forme d'un médecin lui prescrivant un remède pour Job ; elle vint l'en informer, et il reconnut que c'était Satan, et jura de la frapper de cent coups. Lorsqu'Allah, Puissant et Majestueux, l'eut guéri, Il lui donna l'avis de prendre un faisceau, semblable à une grappe qui réunit les épis, de les rassembler tous et de la frapper d'un seul coup, ce qui équivaut à cent coups de fouet, et ainsi il accomplirait son serment sans le violer. C'est là un soulagement et une issue pour quiconque craint Allah et Lui obéit, surtout en ce qui concerne sa femme patiente, espérant la récompense, endurante, véridique, pieuse et bien guidée – qu'Allah l'agrée. C'est pourquoi Allah a fait suivre la permission de cette justification : « Nous l'avons trouvé endurant. Quel bon serviteur ! Il était plein de repentir. » Beaucoup de juristes ont appliqué cette permission dans le chapitre des serments et des vœux ; d'autres l'ont étendue au point d'écrire un livre des stratagèmes 43 pour se libérer des serments, qu'ils ont commencé par ce verset noble, et y ont inclus des choses étonnantes et étranges. Nous en mentionnerons une partie dans le Livre des jugements, lorsque nous y parviendrons, si Allah Très-Haut le veut. Ibn Jarîr et d'autres historiens ont mentionné que Job (sur lui la paix), lorsqu'il mourut, avait quatre-vingt-treize ans ; on a dit aussi qu'il vécut plus longtemps. Layth a rapporté d'après Mujâhid un sens selon lequel Allah argumentera au Jour de la Résurrection par Salomon (sur lui la paix) contre les riches, par Joseph (sur lui la paix) contre les esclaves, et par Job (sur lui la paix) contre les éprouvés. Rapporté par Ibn 'Asâkir dans ce sens. Il légua à son fils « Hawmal » ; après lui, son fils « Bishr » 44 fils de Job prit en charge l'affaire ; c'est celui que beaucoup de gens prétendent être « Dhû al-Kifl » 45 – Allah sait mieux. Ce fils mourut, et il était prophète, selon ce qu'ils prétendent ; il vécut soixante-quinze ans. Mentionnons ici l'histoire de Dhû al-Kifl, car certains ont dit qu'il était le fils de Job (sur eux deux la paix). [Voici] l'histoire de Dhû al-Kifl, que certains ont prétendu être le fils de Job. Allah Très-Haut a dit après l'histoire de Job dans la sourate des Prophètes : « Et Ismaël, Idrîs et Dhû al-Kifl, tous étaient parmi les endurants. Et Nous les fîmes entrer dans Notre miséricorde, car ils étaient parmi les vertueux. »
Et Il a dit — exalté soit-Il — après l'histoire de Job également dans la sourate Ṣād : « Et mentionne Nos serviteurs Abraham, Isaac et Jacob, doués de force et de clairvoyance. 46 Nous les avons purifiés par une qualité pure : le souvenir de la Demeure 47. Et ils sont auprès de Nous parmi les élus, les meilleurs. Et mentionne Ismaël, Élisée et Dhū l-Kifl 48 : tous sont parmi les meilleurs. » Ce qui apparaît de sa mention dans le noble Coran, loué et associé à ces maîtres prophètes, est qu'il était un prophète — que la prière et le salut de son Seigneur soient sur lui. Et c'est ce qui est célèbre. D'autres ont prétendu qu'il n'était pas un prophète, mais seulement un homme vertueux et un juge équitable 49. Ibn Jarīr 50 a suspendu son jugement à ce sujet, et Dieu sait mieux. Ibn Jarīr et Abū Najīḥ ont rapporté d'après Mujāhid 51 qu'il n'était pas un prophète, mais seulement un homme vertueux. Il s'était porté garant pour les gens de son peuple de leur prendre en charge leurs affaires et de juger entre eux avec équité, et il le fit ; c'est pourquoi il fut appelé Dhū l-Kifl 52. Ibn Jarīr et Ibn Abī Ḥātim ont rapporté, par la voie de Dāwūd ibn Abī Hind, d'après Mujāhid, qu'il a dit : « Quand Élisée vieillit, il dit : "Si seulement je pouvais désigner un successeur pour les gens, qui agirait parmi eux de mon vivant, afin que je voie comment il agit." Il rassembla les gens et dit : "Qui accepte de ma part trois conditions, je le désignerai comme successeur : jeûner le jour, veiller la nuit, et ne pas se mettre en colère." Un homme que l'œil méprisait se leva et dit : "Moi." Il dit : "Toi ? Tu jeûneras le jour, veilleras la nuit et ne te mettras pas en colère ?" Il dit : "Oui." Il le repoussa ce jour-là, et dit la même chose le lendemain. Les gens se turent, et cet homme se leva et dit : "Moi." Il le désigna donc comme successeur. Iblīs 53 dit aux démons : "Occupez-vous d'untel !" Mais ils n'y parvinrent pas. Il dit : "Laissez-moi faire avec lui." Il vint à lui sous la forme d'un vieillard pauvre, alors qu'il s'était couché pour la sieste — car il ne dormait ni le jour ni la nuit sauf à ce moment-là. Il frappa à la porte. Il dit : "Qui est-ce ?" Il dit : "Un vieillard opprimé." Il se leva, ouvrit la porte, et le vieillard se mit à lui raconter son histoire : "Il y a une dispute entre moi et mon peuple, ils m'ont opprimé, ils m'ont fait ceci et cela." Il allongea le récit jusqu'à ce que vienne l'heure de la prière de l'après-midi et que la sieste fût passée. Il dit : "Quand je sortirai, je te ferai obtenir ton droit." Il partit, sortit, et siégea. Il regarda s'il voyait le vieillard, mais il ne le vit pas. Il se leva pour le chercher. Le lendemain, il jugea entre les gens en l'attendant, mais il ne le vit pas. Quand il retourna pour la sieste et s'allongea, le vieillard vint et frappa à la porte. Il dit : "Qui est-ce ?" Il dit : "Le vieillard opprimé." Il ouvrit et dit : "Ne t'ai-je pas dit : quand je siégerai, viens à moi ?" Il dit : "Ils sont les pires gens : quand ils savent que tu sièges, ils disent : 'Nous te donnerons ton droit', et quand tu te lèves, ils me renient." Il dit : "Va, et quand je sortirai, viens à moi." La sieste lui échappa. Il sortit et l'attendit, mais ne le vit pas. Le sommeil lui pesa, et il dit à un de ses proches : "Ne laisse personne s'approcher de cette porte jusqu'à ce que je dorme, car le sommeil m'a pesé." À cette heure-là, le vieillard vint. L'homme lui dit : "Arrière, arrière !" Il dit : "Je suis venu hier et lui ai raconté mon affaire." Il dit : "Non, par Dieu, il nous a ordonné de ne laisser personne s'approcher de lui." Quand il fut désespéré, il regarda et vit une lucarne dans la maison ; il y grimpa, se retrouva dans la maison, et frappa à la porte de l'intérieur. L'homme se réveilla et dit : "Untel, ne t'ai-je pas ordonné ?" Il dit : "Quant à moi, par Dieu, on n'est pas venu par mon côté ; regarde par où on est venu." Il se leva vers la porte : elle était fermée comme il l'avait fermée, et l'homme était avec lui dans la maison. Il le reconnut et dit : "Ennemi de Dieu ?" Il dit : "Oui. Tu m'as épuisé en toute chose ; j'ai fait tout ce que tu vois pour te mettre en colère." Dieu l'appela Dhū l-Kifl, parce qu'il s'était porté garant d'une affaire et l'avait accomplie." Ibn Abī Ḥātim a également rapporté d'après Ibn ʿAbbās 54 un récit proche de celui-ci. Et il a été rapporté de ʿAbd Allāh ibn al-Ḥārith, Muḥammad ibn Qays, Ibn Ḥujayra al-Akbar, et d'autres parmi les prédécesseurs, quelque chose de semblable. Ibn Abī Ḥātim a dit : Mon père nous a raconté, Abū l-Jamāhir nous a raconté, Saʿīd ibn Bashīr nous a informés, Qatāda nous a raconté d'après Kināna ibn al-Akhnas, qui a dit : J'ai entendu al-Ashʿarī — c'est-à-dire Abū Mūsā, que Dieu l'agrée — dire sur cette chaire : "Dhū l-Kifl n'était pas un prophète, mais c'était un homme vertueux qui priait cent prières chaque jour. Dhū l-Kifl se porta garant pour lui après lui, et il pria cent prières chaque jour ; c'est pourquoi il fut appelé Dhū l-Kifl." Ibn Jarīr l'a rapporté par la voie de ʿAbd al-Razzāq, d'après Maʿmar, d'après Qatāda, qui a dit : Abū Mūsā al-Ashʿarī a dit cela, mais c'est interrompu. Quant au hadith rapporté par l'imam Aḥmad : Asbāṭ ibn Muḥammad nous a raconté, al-Aʿmash nous a raconté d'après ʿAbd Allāh ibn ʿAbd Allāh, d'après Saʿd, affranchi de Ṭalḥa, d'après Ibn ʿUmar, qui a dit : J'ai entendu du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — un hadith que, si je ne l'avais entendu qu'une ou deux fois — jusqu'à compter sept fois — je ne l'aurais pas rapporté, mais je l'ai entendu plus que cela. Il a dit : "Il y avait un homme, al-Kifl 55, parmi les fils d'Israël, qui ne s'abstenait d'aucun péché qu'il commettait. Une femme vint à lui, et il lui donna soixante dinars pour coucher avec elle. Quand il s'assit entre elle comme un homme s'assied avec sa femme, elle trembla et pleura. Il lui dit : 'Qu'est-ce qui te fait pleurer ? T'ai-je contrainte ?' Elle dit : 'Non, mais c'est un acte que je n'ai jamais fait ; seule la nécessité m'y a poussée.' Il dit : 'Tu fais cela alors que tu ne l'as jamais fait ?' Puis il descendit et dit : 'Va, les dinars sont pour toi.' Puis il dit : 'Par Dieu, al-Kifl ne désobéira jamais à Dieu.' Il mourut cette nuit-là, et au matin, il était écrit sur sa porte : 'Dieu a pardonné à al-Kifl.'" Al-Tirmidhī l'a rapporté d'après al-Aʿmash et l'a jugé bon, et a mentionné que certains l'ont rapporté en le faisant remonter à Ibn ʿUmar. C'est un hadith très étrange, et sa chaîne de transmission est discutable, car ce Saʿd, Abū Ḥātim a dit : "Je ne le connais que par un seul hadith." Ibn Ḥibbān l'a jugé fiable, et seul ʿAbd Allāh ibn ʿAbd Allāh al-Rāzī a rapporté de lui. Dieu sait mieux. Et s'il est préservé, ce n'est pas Dhū l-Kifl ; le hadith dit "al-Kifl" sans ajout, c'est donc un autre homme que celui mentionné dans le Coran. Dieu — exalté soit-Il — sait mieux.
- عام الرمادة : Année de la cendre : année de grande sécheresse et de famine sous le califat de 'Umar.
- عند احتضاره : À son agonie, au moment de la mort.
- الفتن : Tentations, épreuves, troubles (pluriel de fitna).
- المغارة : La grotte (de Machpélah) à Hébron, lieu de sépulture des patriarches.
- هاهنا : Ici, dans ce contexte.
- دفنوه : Ils l'enterrèrent.
- سنة : An.
- يهوذا : Juda, fils de Jacob.
- أفراثيم : Ephraïm, fils de Joseph.
- ليا بنت : Léa, fille de.
- منسا : Manassé, fils de Joseph.
- Sourate al-Anbiyā' : Coran, 21:83-84.
- Sourate Ṣād : Coran, 38:41-44.
- 'Urfī : Nom d'un prophète, parfois identifié à Jérémie ou à un autre.
- Suwaylakh : Nom propre, variante de Suwaylakh.
- Afrāthīm : Nom propre, peut-être Éphraïm.
- Mattā : Nom du père de Jonas, souvent identifié à Amittaï.
- Zārāḥ : Nom propre, variante de Zérah.
- Āmūṣ : Nom propre, peut-être Amos.
- Līfaraz : Nom propre, variante de Liphraz ou autre.
- al-'Īṣ : Nom propre, Ésaü.
- Allāhu a'lam : Dieu sait mieux.
- Thaniyya : Nom d'une localité en Syrie.
- Ṣaḥīḥ : Recueil de hadiths authentiques.
- ḍafīra : Natte de cheveux tressée.
- andarân : Dual de 'andar', grenier ou aire de battage.
- raf'uhu : Élévation du hadith, c'est-à-dire le fait de le rapporter comme parole du Prophète.
- mawqûf : Hadith suspendu, rapporté seulement jusqu'à un Compagnon, sans remonter au Prophète.
- Bashîr : Nom propre, peut-être une variante de 'Bushayr'.
- ya'khudh [minhu] : Il prenait [de cela] ; le texte a une lacune comblée par 'minhu'.
- a-mâ tashba'u : N'es-tu pas rassasié ?
- fa-llâhu a'lam : Allah sait mieux ; formule de précaution.
- rijlun : Nuée, essaim ; littéralement 'une patte' ou 'une bande'.
- yahthî : Il ramassait à pleines mains.
- urkud bi-rijlik : Frappe du pied ; impératif adressé à Job.
- rahma min 'indinâ : Une miséricorde de Notre part ; référence coranique.
- dhikrâ li-l-'âbidîn : Un rappel pour les adorateurs ; référence coranique.
- Rahma : Nom propre signifiant 'miséricorde' ; certains l'attribuent à l'épouse de Job.
- arḍ al-Rûm : Terre des Romains, c'est-à-dire l'Empire byzantin.
- al-ḥanîfiyya : Religion monothéiste pure, celle d'Abraham.
- dighthan : Faisceau, poignée de brindilles ou d'épis.
- awwâb : Qui revient sans cesse à Allah, plein de repentir.
- kitâb al-ḥiyal : Livre des stratagèmes juridiques pour contourner les serments.
- Bishr : Nom propre, peut-être une variante de 'Bushr'.
- Dhû al-Kifl : Personnage coranique, souvent identifié à Ézéchiel ou à un fils de Job.
- Ūlī l-aydī wa l-abṣār : Expression coranique signifiant « doués de force et de clairvoyance », interprétée comme la force dans l'adoration et la perspicacité spirituelle.
- Dhikrā l-dār : Le souvenir de la Demeure de l'au-delà, c'est-à-dire la préoccupation constante pour la vie future.
- Dhū l-Kifl : Personnage coranique mentionné dans la sourate Ṣād (38:48) et al-Anbiyā' (21:85). Son nom signifie « celui qui a une double part » ou « celui qui s'est porté garant ». Les avis divergent sur son statut prophétique.
- Ḥakaman muqsiṭan : Juge équitable, qui rend la justice avec équité.
- Ibn Jarīr : Il s'agit d'Abū Jaʿfar Muḥammad ibn Jarīr al-Ṭabarī (mort en 310/923), célèbre exégète et historien.
- Mujāhid : Mujāhid ibn Jabr (mort en 104/722), éminent successeur et exégète mecquois.
- Dhū l-Kifl : Voir note [3]. Ici, l'étymologie est liée à sa garantie (kafāla) envers son peuple.
- Iblīs : Nom propre de Satan dans la tradition islamique, le diable.
- Ibn ʿAbbās : ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās (mort en 68/687), cousin du Prophète et autorité majeure en exégèse coranique.
- al-Kifl : Personnage différent de Dhū l-Kifl, mentionné dans un hadith comme un homme pécheur pardonné. Le terme signifie « garantie » ou « double part ».
Chapitre mentionnant le nom de ceux qui furent anéantis en masse [1]
Chapitre mentionnant le nom de ceux qui furent anéantis par un châtiment général. Cela eut lieu avant la révélation de la Torah, comme le prouve la parole d'Allah Très-Haut : « Et Nous avons certes donné le Livre à Moïse après avoir anéanti les premières générations... » 1. Comme l'ont rapporté Ibn Jarîr, Ibn Abî Hâtim et Al-Bazzâr d'après le hadith de 'Awf Al-A'râbî, remontant à Abû Nadra, d'après Abû Sa'îd Al-Khudrî, qui a dit : « Allah n'a anéanti aucun peuple par un châtiment venant du ciel ou de la terre, après que la Torah eut été descendue sur la terre, si ce n'est le village dont les habitants furent transformés en singes. Ne vois-tu pas qu'Allah Très-Haut dit : "Et Nous avons certes donné le Livre à Moïse après avoir anéanti les premières générations" ? » Al-Bazzâr l'a élevé [au rang de hadith prophétique] dans une de ses versions. Mais l'avis le plus probable, et Allah sait mieux, est qu'il est suspendu [à un Compagnon]. Cela indique donc que toute communauté anéantie par un châtiment général le fut avant Moïse, sur lui la paix. Parmi elles : les gens d'Ar-Rass 2. Allah Très-Haut dit dans la sourate Al-Furqân : « Et les 'Âd, les Thamûd, les gens d'Ar-Rass, et de nombreuses générations entre eux. Et à chacun Nous avons donné des exemples, et chacun Nous avons anéanti complètement. » Et Il dit dans la sourate Qâf : « Avant eux, le peuple de Noé, les gens d'Ar-Rass, les Thamûd, les 'Âd, Pharaon, les frères de Loth, les gens d'Al-Aykah 3 et le peuple de Tubba' 4 avaient crié au mensonge. Tous ont traité les messagers de menteurs ; ainsi Ma menace s'est réalisée. » Ce contexte, ainsi que le précédent, indique qu'ils furent anéantis, détruits et exterminés, ce qui est la perdition. Cela réfute le choix d'Ibn Jarîr selon lequel ils seraient les gens du fossé 5 mentionnés dans la sourate Al-Burûj, car ceux-là, selon Ibn Ishâq et un groupe, vécurent après le Messie, sur lui la paix. Et cela est aussi sujet à discussion. Ibn Jarîr a rapporté qu'Ibn 'Abbâs a dit : « Les gens d'Ar-Rass sont les habitants d'un village parmi les villages de Thamûd. » Le grand mémorisateur Abû Al-Qâsim Ibn 'Asâkir a mentionné, au début de son Histoire, à propos de la construction de Damas, d'après l'Histoire d'Abû Al-Qâsim 'Abd Allah ibn 'Abd Allah ibn Jurdâd et d'autres, que les gens d'Ar-Rass se trouvaient à Hadûr 6. Allah leur envoya un prophète nommé Hanzala ibn Safwân, mais ils le traitèrent de menteur et le tuèrent. Alors 'Âd ibn 'Awş ibn Iram ibn Sâm ibn Nûh et ses enfants partirent d'Ar-Rass et s'installèrent à Al-Ahqâf 7. Allah anéantit les gens d'Ar-Rass, et ils se dispersèrent dans tout le Yémen, et se répandirent aussi dans toute la terre, jusqu'à ce que Jayrûn ibn Sa'd ibn 'Âd ibn 'Awş ibn Iram ibn Sâm ibn Nûh s'installe à Damas, en construisit la ville et l'appela Jayrûn, qui est Iram aux colonnes 8. Il n'y a pas plus de colonnes de pierre nulle part qu'à Damas. Allah envoya alors Hûd ibn 'Abd Allah ibn Rabâh ibn Khâlid ibn Al-Hulûd ibn 'Âd aux 'Âd, c'est-à-dire aux enfants de 'Âd à Al-Ahqâf, mais ils le traitèrent de menteur, et Allah les anéantit. Cela implique donc que les gens d'Ar-Rass vécurent avant les 'Âd, pendant des époques très longues. Allah sait mieux. Ibn Abî Hâtim a rapporté d'après Abû Bakr ibn Abî 'Âşim, d'après son père, d'après Shabîb ibn Bishr, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbâs, qui a dit : « Ar-Rass est un puits en Azerbaïdjan. » Al-Thawrî a dit, d'après Abû Bakr, d'après 'Ikrima : « Ar-Rass est un puits dans lequel ils ont enseveli leur prophète, c'est-à-dire l'ont enterré. » Ibn Jurayj a dit : « 'Ikrima a dit : "Les gens d'Ar-Rass sont à Falaj 9, et ce sont les gens de Yâ Sîn 10." » Qatâda a dit : « Falaj est un village de la Yamâma. » Je dis : S'ils sont les gens de Yâ Sîn, comme le prétend 'Ikrima, alors ils ont été anéantis par un châtiment général. Allah Très-Haut dit dans leur histoire : « Ce ne fut qu'un seul Cri, et les voilà éteints. » Leur histoire viendra après celle-ci. S'ils sont autres, ce qui est l'apparence, ils ont aussi été anéantis et exterminés. Dans tous les cas, cela contredit ce qu'a mentionné Ibn Jarîr. Abû Bakr Muhammad ibn Al-Hasan An-Naqqâsh a mentionné que les gens d'Ar-Rass avaient un puits qui les abreuvait et suffisait à toute leur terre. Ils avaient un roi juste et de bonne conduite. Quand il mourut, ils en éprouvèrent une grande affliction. Quelques jours plus tard, Satan leur apparut sous sa forme et dit : « Je ne suis pas mort, mais je me suis absenté de vous pour voir ce que vous faisiez. » Ils en furent extrêmement joyeux. Il ordonna de dresser un voile entre eux et lui, et leur annonça qu'il ne mourrait jamais. La plupart d'entre eux crurent en lui, furent séduits et l'adorèrent. Allah envoya alors un prophète parmi eux, qui les informa que c'était Satan qui leur parlait de derrière le voile, les interdit de l'adorer et leur ordonna d'adorer Allah Seul, sans associé. As-Suhaylî a dit : « Il recevait la révélation en songe, et son nom était Hanzala ibn Safwân. » Ils se jetèrent sur lui, le tuèrent et le jetèrent dans le puits. L'eau du puits tarit, et après avoir été abreuvés, ils eurent soif ; leurs arbres se desséchèrent, leurs fruits disparurent, leurs maisons furent ruinées. Après l'intimité, ils connurent la solitude ; après l'union, la séparation ; ils périrent jusqu'au dernier. Les djinns et les bêtes sauvages habitèrent leurs demeures. On n'entend plus dans leurs régions que le sifflement des djinns, le rugissement des lions et le cri des hyènes. Quant à ce qu'a rapporté Ibn Jarîr d'après Muhammad ibn Humayd, d'après Salama, d'après Ibn Ishâq, d'après Muhammad ibn Ka'b Al-Qurazî, qui a dit : « Le Messager d'Allah, sur lui la grâce et la paix, a dit : "Le premier des hommes à entrer au Paradis le Jour de la Résurrection sera l'esclave noir." Cela parce qu'Allah Très-Haut envoya un prophète aux habitants d'un village, et seul cet esclave noir crut en lui. Ensuite, les habitants du village se jetèrent sur le prophète, creusèrent pour lui un puits, l'y jetèrent, puis le recouvrirent d'une grosse pierre. Cet esclave allait chercher du bois sur son dos, puis venait avec son bois, le vendait, achetait de la nourriture et de la boisson, puis venait à ce puits, soulevait le rocher – Allah l'aidait pour cela – et lui faisait descendre sa nourriture et sa boisson, puis remettait le rocher comme avant. Il fit ainsi aussi longtemps qu'Allah voulut. Un jour, il alla chercher du bois comme d'habitude, rassembla son bois, en fit une botte et termina. Quand il voulut la charger, il ressentit une somnolence, s'allongea et dormit. Allah le fit dormir pendant sept ans. Puis il se réveilla, s'étira, se tourna sur l'autre côté, s'allongea et Allah le fit dormir encore sept autres années. Puis il se réveilla, chargea sa botte, pensant n'avoir dormi qu'une heure du jour. Il vint au village, vendit sa botte, puis acheta de la nourriture et de la boisson comme d'habitude. Puis il alla à l'endroit où se trouvait le puits, le chercha mais ne le trouva pas. Or, ses gens avaient changé d'avis à son sujet, l'avaient sorti, avaient cru en lui et l'avaient déclaré véridique. Leur prophète leur demandait ce qu'était devenu cet esclave noir, et ils répondaient : "Nous ne savons pas." Jusqu'à ce qu'Allah rappelle le prophète, et que l'esclave se réveille de son sommeil après cela. Alors le Messager d'Allah, sur lui la grâce et la paix, dit : "Cet esclave noir sera le premier à entrer au Paradis." » Ce hadith est interrompu 11 et un tel récit est sujet à discussion. Peut-être le développement de son histoire provient-il des paroles de Muhammad ibn Ka'b Al-Qurazî. Allah sait mieux. De plus, Ibn Jarîr lui-même l'a réfuté, disant : « Il n'est pas permis de considérer ceux-ci comme les gens d'Ar-Rass mentionnés dans le Coran, car Allah a informé qu'Il a anéanti les gens d'Ar-Rass, alors que ceux-ci ont changé d'avis et ont cru en leur prophète. » À moins qu'il ne soit survenu des événements après l'anéantissement de leurs ancêtres, et qu'ils aient cru au prophète. Allah sait mieux. Ensuite, il a choisi qu'ils sont les gens du fossé, mais c'est faible, pour ce qui a été dit précédemment, et parce que dans l'histoire des gens du fossé, ils sont menacés du châtiment dans l'au-delà s'ils ne se repentent pas, et il n'est pas mentionné qu'ils aient été anéantis, alors que l'anéantissement des gens d'Ar-Rass est clairement affirmé. Et Allah Très-Haut sait mieux.
L'histoire du peuple de Yā Sīn 12 (verset 13) : les habitants de la cité, les compagnons de Yā Sīn. Allah Très-Haut a dit : "Et donne-leur comme exemple les habitants de la cité, quand vinrent à elle les envoyés. Quand Nous leur envoyâmes deux [envoyés] et qu'ils les traitèrent de menteurs, Nous les renforçâmes d'un troisième, et ils dirent : 'Nous sommes envoyés à vous.' Ils dirent : 'Vous n'êtes que des humains comme nous, et le Tout Miséricordieux n'a rien fait descendre ; vous ne faites que mentir.' Ils dirent : 'Notre Seigneur sait que nous sommes vraiment envoyés à vous. Et il ne nous incombe que la transmission claire.' Ils dirent : 'Nous voyons en vous un mauvais augure. Si vous ne cessez pas, nous vous lapiderons et un châtiment douloureux vous touchera de notre part.' Ils dirent : 'Votre augure est avec vous. Est-ce parce qu'on vous rappelle [la vérité] ? Mais vous êtes un peuple outrancier.' Et vint du bout de la ville un homme courant, il dit : 'Ô mon peuple, suivez les envoyés. Suivez ceux qui ne vous demandent aucun salaire et qui sont bien guidés. Et qu'aurais-je à ne pas adorer Celui qui m'a créé et vers qui vous serez ramenés ? Prendrais-je en dehors de Lui des divinités ? Si le Tout Miséricordieux me veut du mal, leur intercession ne me servira à rien et ils ne me sauveront pas. Je serais alors dans un égarement manifeste. J'ai cru en votre Seigneur, écoutez-moi donc.' Il fut dit : 'Entre au Paradis.' Il dit : 'Ah ! Si seulement mon peuple savait ce pour quoi mon Seigneur m'a pardonné et m'a mis au nombre des honorés.' Et après lui, Nous ne fîmes descendre du ciel aucune armée contre son peuple ; et Nous n'avions pas à en faire descendre. Ce ne fut qu'un seul Cri, et les voilà éteints." 13 Il est bien connu chez beaucoup de prédécesseurs et de successeurs que cette cité est Antioche. Ibn Isḥāq l'a rapporté d'après ce qui lui est parvenu d'Ibn 'Abbās, de Ka'b [al-Aḥbār 14] et de Wahb [ibn Munabbih ; de même, il a été rapporté par Burayda ibn al-Ḥuṣayb, 'Ikrima, Qatāda, al-Zuhrī et d'autres]. Ibn Isḥāq a dit, d'après ce qui lui est parvenu d'Ibn 'Abbās, de Ka'b et de Wahb, qu'ils ont dit : "Elle avait un roi nommé Anṭīkhos 15 ibn Anṭīkhos, qui adorait les idoles." Allah envoya vers lui trois envoyés : Ṣādiq, Maṣdūq et Shalūm 16, mais ils les traitèrent de menteurs. Ceci montre clairement qu'ils étaient des envoyés d'Allah, Puissant et Majestueux. Qatāda a prétendu qu'ils étaient des envoyés du Messie 17. De même, Ibn Jarīr a dit, d'après Wahb, d'après Ibn Sulaymān, d'après Shu'ayb al-Jubā'ī : "Les noms des deux premiers envoyés étaient Sham'ūn 18 et Yūḥannā 19, et le troisième s'appelait Būlus 20, et la cité était Antioche." Cette opinion est très faible, car les habitants d'Antioche, lorsque le Messie leur envoya trois apôtres, furent la première ville à croire au Messie à cette époque. C'est pourquoi elle fut l'une des quatre villes où se trouvaient les patriarches des chrétiens : Antioche, Jérusalem, Alexandrie et Rome. Puis après cela, Constantinople [fut ajoutée]. Et ils ne furent pas anéantis. Or, les habitants de cette cité mentionnée dans le Coran furent anéantis, comme Il dit à la fin de leur histoire après le meurtre de l'ami des envoyés : "Ce ne fut qu'un seul Cri, et les voilà éteints." Cependant, si les trois envoyés mentionnés dans le Coran furent envoyés aux habitants d'Antioche anciennement, qu'ils les traitèrent de menteurs et qu'Allah les anéantit, puis qu'elle fut reconstruite après cela, et qu'à l'époque du Messie ils crurent en ses envoyés, cela n'est pas impossible. Et Allah sait mieux. Quant à l'opinion selon laquelle cette histoire mentionnée dans le Coran est celle des compagnons du Messie, elle est faible pour ce qui précède, et parce que le contexte apparent du Coran exige que ces envoyés soient de la part d'Allah. *** Allah Très-Haut a dit : "Et donne-leur comme exemple" c'est-à-dire à ton peuple, ô Muḥammad, "les habitants de la cité" c'est-à-dire la ville, "quand vinrent à elle les envoyés. Quand Nous leur envoyâmes deux [envoyés] et qu'ils les traitèrent de menteurs, Nous les renforçâmes d'un troisième" c'est-à-dire Nous les appuyâmes par un troisième dans la mission, "et ils dirent : 'Nous sommes envoyés à vous.'" Alors ils leur répondirent qu'ils étaient des humains comme eux, comme les nations mécréantes le dirent à leurs envoyés, trouvant étrange qu'Allah envoie un prophète humain. Ils leur répondirent qu'Allah sait qu'ils sont Ses envoyés vers eux, et s'ils avaient menti sur Lui, Il les aurait punis et aurait tiré d'eux la plus sévère vengeance. "Et il ne nous incombe que la transmission claire" c'est-à-dire que notre devoir est seulement de vous transmettre ce pour quoi nous avons été envoyés vers vous, et c'est Allah qui guide qui Il veut et égare qui Il veut. "Ils dirent : 'Nous voyons en vous un mauvais augure'" c'est-à-dire nous voyons un mauvais présage dans ce que vous nous avez apporté, "si vous ne cessez pas, nous vous lapiderons" [certains ont dit] par la parole, et d'autres par l'acte. Ce qui appuie la première interprétation est Sa parole : "et un châtiment douloureux vous touchera de notre part" ; ils les menacèrent de mort et d'humiliation. "Ils dirent : 'Votre augure est avec vous'" c'est-à-dire il vous revient, "est-ce parce qu'on vous rappelle [la vérité] ?" c'est-à-dire est-ce parce que nous vous avons rappelé la guidée et vous y avons invités que vous nous menacez de mort et d'humiliation ? "Mais vous êtes un peuple outrancier" c'est-à-dire vous n'acceptez pas la vérité et ne la voulez pas. Et Sa parole Très-Haute : "Et vint du bout de la ville un homme courant" c'est-à-dire pour soutenir les envoyés et manifester la foi en eux, "il dit : 'Ô mon peuple, suivez les envoyés. Suivez ceux qui ne vous demandent aucun salaire et qui sont bien guidés'" c'est-à-dire ils vous invitent à la vérité pure sans salaire ni récompense. Puis il les invita à adorer Allah seul sans associé, et leur interdit d'adorer autre que Lui, ce qui ne sert à rien ni dans ce monde ni dans l'au-delà. "Je serais alors dans un égarement manifeste" c'est-à-dire si je délaissais l'adoration d'Allah et adorais avec Lui autre que Lui. Puis il dit, s'adressant aux envoyés : "J'ai cru en votre Seigneur, écoutez-moi donc." On a dit : "Écoutez ma parole et soyez témoins pour moi auprès de votre Seigneur", et on a dit : son sens est : "Écoutez, ô mon peuple, ma foi aux envoyés d'Allah à haute voix." Alors ils le tuèrent ; on a dit par lapidation, on a dit par morsure, on a dit ils se jetèrent sur lui d'un seul élan et le tuèrent. Ibn Isḥāq a rapporté d'après certains de ses compagnons d'après Ibn Mas'ūd : "Ils le piétinèrent avec leurs pieds jusqu'à faire sortir ses intestins." Al-Thawrī a rapporté d'après 'Āṣim al-Aḥwal, d'après Abū Mijlaz : "Le nom de cet homme était Ḥabīb ibn Murā 21." Puis on a dit : il était charpentier, on a dit tisserand, on a dit cordonnier, on a dit foulon, on a dit il se consacrait à l'adoration dans une grotte là-bas. Allah sait mieux. Et d'après Ibn 'Abbās : "Ḥabīb le marin, la lèpre s'était rapidement développée chez lui, il était très charitable, et son peuple le tua." C'est pourquoi Allah Très-Haut a dit : "Il fut dit : 'Entre au Paradis'" c'est-à-dire lorsque son peuple le tua, Allah le fit entrer au Paradis. Lorsqu'il y vit la splendeur et la joie, "il dit : 'Ah ! Si seulement mon peuple savait ce pour quoi mon Seigneur m'a pardonné et m'a mis au nombre des honorés'" c'est-à-dire afin qu'ils croient en ce que j'ai cru et qu'ils obtiennent ce que j'ai obtenu. Ibn 'Abbās a dit : "Il conseilla son peuple de son vivant par sa parole : 'Ô mon peuple, suivez les envoyés', et après sa mort [par sa parole] : 'Ah ! Si seulement mon peuple savait ce pour quoi mon Seigneur m'a pardonné et m'a mis au nombre des honorés'" [rapporté par Ibn Abī Ḥātim]. De même, Qatāda a dit : "Le croyant ne rencontre que comme conseiller, il ne rencontre pas comme trompeur ; lorsqu'il vit ce qu'il vit de l'honneur d'Allah, il dit : 'Ah ! Si seulement mon peuple savait ce pour quoi mon Seigneur m'a pardonné et m'a mis au nombre des honorés.' Il souhaita, par Allah, que son peuple sache ce qu'il avait vu de l'honneur d'Allah et ce qu'il obtenait !" Qatāda a dit : "Par Allah, Allah ne blâma pas son peuple après son meurtre : 'Ce ne fut qu'un seul Cri, et les voilà éteints.'" Et Sa parole Très-Haute : "Et après lui, Nous ne fîmes descendre du ciel aucune armée contre son peuple ; et Nous n'avions pas à en faire descendre" c'est-à-dire Nous n'eûmes pas besoin, pour tirer vengeance d'eux, de faire descendre sur eux une armée du ciel. C'est le sens de ce qu'a rapporté Ibn Isḥāq d'après certains de ses compagnons d'après Ibn Mas'ūd. Mujāhid et Qatāda ont dit : "Et Il ne fit pas descendre sur eux d'armée, c'est-à-dire de message [ultérieur]." Ibn Jarīr a dit : "La première interprétation est plus appropriée." Je dis : "Et plus forte." C'est pourquoi Il a dit : "et Nous n'avions pas à en faire descendre" c'est-à-dire Nous n'avions pas besoin de cela pour tirer vengeance, lorsqu'ils traitèrent Nos envoyés de menteurs et tuèrent Notre allié. "Ce ne fut qu'un seul Cri, et les voilà éteints." Les exégètes ont dit : "Allah envoya vers eux Gabriel, paix sur lui, qui saisit les deux montants de la porte de leur ville, puis poussa vers eux un seul cri, et les voilà éteints, c'est-à-dire leurs voix s'éteignirent, leurs mouvements cessèrent, et il ne resta d'eux aucun œil qui cligne."
Tout cela indique que cette ville n'est pas Antioche, car ces gens 22 furent anéantis pour avoir démenti les messagers de Dieu envoyés vers eux, tandis que les habitants d'Antioche crurent et suivirent les apôtres du Messie envoyés vers eux. C'est pourquoi l'on dit qu'Antioche fut la première ville à croire au Messie. Quant au hadith rapporté par al-Ṭabarānī d'après Ḥusayn al-Ashqar 23, d'après Sufyān ibn ʿUyayna, d'après Ibn Abī Najīḥ, d'après Mujāhid, d'après Ibn ʿAbbās, d'après le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) : « Les devanciers sont trois : le devancier de Moïse est Josué fils de Noun, le devancier de Jésus est le compagnon de Yā Sīn 24, et le devancier de Mohammed est ʿAlī ibn Abī Ṭālib », ce hadith n'est pas établi, car ce Ḥusayn est un shīʿite extrémiste abandonné 25, et son isolement dans cette transmission indique sa faiblesse totale. Et Dieu sait mieux. **Histoire de Jonas (sur lui la paix)** Dieu Très-Haut a dit dans la sourate Yūnus : « Si seulement il y avait eu une cité qui avait cru et dont la foi lui aurait profité, excepté le peuple de Jonas ! Quand ils eurent cru, Nous écartâmes d'eux le châtiment de l'ignominie dans la vie présente et Nous leur donnâmes jouissance jusqu'à un certain temps 26. » Et Il a dit dans la sourate al-Anbiyāʾ : « Et Ḏū l-Nūn 27 quand il partit irrité, pensant que Nous n'avions pas de pouvoir sur lui. Puis il appela dans les ténèbres : « Il n'y a de dieu que Toi ! Gloire à Toi ! J'ai été du nombre des injustes. » Nous l'exauçâmes et le sauvâmes de l'angoisse. Et ainsi sauvons-Nous les croyants 28. » Et Il a dit dans la sourate al-Ṣāffāt : « Jonas était certes du nombre des messagers. Quand il s'enfuit vers le bateau comble. Il tira au sort et fut de ceux qui perdirent. Le poisson l'avala alors qu'il était blâmable. S'il n'avait pas été de ceux qui glorifient, il serait demeuré dans son ventre jusqu'au Jour de la Résurrection. Nous le jetâmes sur la terre nue, malade. Et Nous fîmes pousser sur lui un plant de courge. Et Nous l'envoyâmes vers cent mille hommes ou plus. Ils crurent et Nous leur donnâmes jouissance jusqu'à un certain temps 29. » Et Il a dit dans la sourate Nūn : « Supporte donc avec patience le jugement de ton Seigneur et ne sois pas comme le compagnon du poisson quand il appela, alors qu'il était étouffé. Si une grâce de son Seigneur ne l'avait atteint, il aurait été jeté sur la terre nue, blâmé. Mais son Seigneur l'élut et le fit du nombre des justes 30. » Les exégètes ont dit : Dieu envoya Jonas (sur lui la paix) au peuple de Ninive 31, dans la région de Mossoul. Il les appela à Dieu, mais ils le traitèrent de menteur et persistèrent dans leur mécréance et leur obstination. Quand cela lui parut long de leur part, il sortit de parmi eux et leur promit l'arrivée du châtiment après trois jours. Ibn Masʿūd, Mujāhid, Saʿīd ibn Jubayr, Qatāda et plusieurs autres parmi les prédécesseurs et les successeurs dirent : Quand il sortit de parmi eux et qu'ils furent certains de l'arrivée du châtiment, Dieu jeta dans leurs cœurs le repentir et le retour, et ils regrettèrent ce qu'ils avaient fait envers leur prophète. Ils revêtirent des cilices, séparèrent chaque bête de son petit, puis crièrent vers Dieu, implorèrent et se soumirent à Lui. Hommes, femmes, enfants et mères pleurèrent. Les bestiaux, les bêtes et les troupeaux mugirent : les chamelles et leurs petits, les vaches et leurs veaux, les brebis et leurs agneaux. Ce fut une heure terrible et grandiose. Alors Dieu, le Très-Grand, par Sa force, Sa puissance, Sa clémence et Sa miséricorde, écarta d'eux le châtiment dont la cause les avait déjà atteints et qui tournoyait au-dessus de leurs têtes comme des morceaux de nuit obscure. C'est pourquoi Dieu a dit : « Si seulement il y avait eu une cité qui avait cru et dont la foi lui aurait profité », c'est-à-dire : aurait-il pu se trouver, dans les siècles passés, une cité qui crût en son entier ? Cela indique que cela ne s'est pas produit, mais comme Dieu a dit : « Et Nous n'avons envoyé aucun prophète dans une cité sans que ses notables aient dit : « Nous ne croyons pas à ce avec quoi vous avez été envoyés. » » Et Sa parole : « excepté le peuple de Jonas ! Quand ils eurent cru, Nous écartâmes d'eux le châtiment de l'ignominie dans la vie présente et Nous leur donnâmes jouissance jusqu'à un certain temps », signifie qu'ils crurent en leur entier. Les exégètes ont divergé sur le point de savoir si cette foi leur profite dans l'au-delà et les sauve du châtiment ultime comme elle les a sauvés du châtiment terrestre. Il y a deux opinions : la plus apparente d'après le contexte est oui. Et Dieu sait mieux, comme Il a dit : « Quand ils eurent cru » et Il a dit : « Et Nous l'envoyâmes vers cent mille hommes ou plus. Ils crurent et Nous leur donnâmes jouissance jusqu'à un certain temps. » Cette jouissance jusqu'à un certain temps n'exclut pas qu'il y ait autre chose avec elle, comme l'éloignement du châtiment ultime. Et Dieu sait mieux. Ils étaient certainement cent mille. Ils ont divergé sur le surplus : d'après Makḥūl, dix mille. Al-Tirmidhī, Ibn Jarīr et Ibn Abī Ḥātim ont rapporté d'après Zuhayr, d'après quelqu'un qui avait entendu Abū l-ʿĀliya : Ubayy ibn Kaʿb m'a raconté qu'il avait interrogé le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) au sujet de Sa parole : « Et Nous l'envoyâmes vers cent mille hommes ou plus », il dit : « Ils sont plus de vingt mille. » Sans cet homme anonyme, ce hadith aurait été décisif en la matière. D'après Ibn ʿAbbās : ils étaient cent trente mille ; d'après lui : trente et quelques mille ; d'après lui : quarante et quelques mille. Saʿīd ibn Jubayr dit : ils étaient cent soixante-dix mille. Ils ont divergé sur le point de savoir si son envoi vers eux eut lieu avant le poisson ou après, ou s'il s'agit de deux communautés différentes. Il y a trois opinions, développées dans l'exégèse. * * * L'essentiel est que, lorsqu'il partit irrité à cause de son peuple, il monta sur un bateau en mer. Le bateau fut secoué, agité, alourdi par ce qu'il contenait, et ils faillirent se noyer, selon ce qu'ont mentionné les exégètes. Ils dirent : ils se consultèrent et décidèrent de tirer au sort ; celui sur qui le sort tomberait, ils le jetteraient du bateau pour s'alléger. Quand ils tirèrent au sort, le sort tomba sur le prophète de Dieu, Jonas. Ils ne consentirent pas à le jeter, ils recommencèrent une deuxième fois, et le sort tomba encore sur lui. Il se prépara à enlever ses vêtements et à se jeter lui-même, mais ils l'en empêchèrent. Puis ils recommencèrent une troisième fois, et le sort tomba encore sur lui, en raison de ce que Dieu voulait pour lui d'une affaire grandiose. Dieu Très-Haut a dit : « Jonas était certes du nombre des messagers. Quand il s'enfuit vers le bateau comble. Il tira au sort et fut de ceux qui perdirent. Le poisson l'avala alors qu'il était blâmable. » Cela parce que, lorsque le sort tomba sur lui, il fut jeté à la mer, et Dieu envoya un grand poisson de la mer verte qui l'avala. Dieu lui ordonna de ne pas manger sa chair ni de briser ses os : « Il n'est pas pour toi une nourriture. » Le poisson le prit et parcourut toutes les mers avec lui. On dit même qu'un autre poisson plus grand avala ce poisson. Ils dirent : quand il fut installé dans le ventre du poisson, il pensa qu'il était mort. Il bougea ses membres, ils bougèrent, et il était vivant. Il se prosterna devant Dieu et dit : « Seigneur, je me suis prosterné pour Toi dans un lieu où personne ne T'a adoré de la sorte. » Ils ont divergé sur la durée de son séjour dans le ventre. Majālid rapporte d'après al-Shaʿbī : le poisson l'avala le matin et le rejeta le soir. Qatāda dit : il y resta trois jours. Jaʿfar al-Ṣādiq dit : sept jours. Le poème d'Umayya ibn Abī l-Ṣalt en témoigne : « Et Toi, par Ta grâce, Tu sauvas Jonas, alors qu'il avait passé des nuits dans les replis d'un poisson. » Saʿīd ibn Abī l-Ḥasan et Abū Mālik dirent : il resta dans son ventre quarante jours. Et Dieu sait mieux combien de temps il y demeura. * * * L'essentiel est que, lorsque le poisson se mit à tourner avec lui dans les profondeurs des mers et à plonger avec lui dans les vagues salées, il entendit la glorification des poissons au Tout-Miséricordieux, et même la glorification des graviers au Fendeur des grains et des noyaux, Seigneur des sept cieux et des sept terres, de ce qui est entre elles et de ce qui est sous la terre humide.
Alors, à ce moment-là et en ce lieu, il dit ce qu'il dit par la langue de l'état et de la parole, comme l'a rapporté à son sujet le Détenteur de la puissance et de la majesté, Celui qui connaît le secret et la confidence intime, et qui dissipe le malheur et l'épreuve, Celui qui entend les voix même faibles, et qui sait les choses cachées même infimes, et qui exauce les invocations même grandes, lorsqu'Il dit dans Son Livre explicite, révélé à Son Messager fidèle — et Il est le plus véridique des locuteurs, le Seigneur des mondes et le Dieu des envoyés : « Et Dhû an-Nûn 32 quand il partit [c'est-à-dire vers les siens] irrité, et pensa que Nous n'allions pas exercer Notre pouvoir sur lui. Puis il appela dans les ténèbres : « Il n'y a de dieu que Toi ! Gloire à Toi ! J'ai été parmi les injustes. » Nous l'exauçâmes donc et le sauvâmes de l'angoisse. Et c'est ainsi que Nous sauvons les croyants. » « Et pensa que Nous n'allions pas exercer Notre pouvoir sur lui » signifie que Nous allions lui imposer des difficultés. Et on a dit que son sens est : « Nous n'allions pas le contraindre », de la racine qadara, qui est une langue célèbre : qadara et qaddara, comme l'a dit le poète : « Ce temps passé ne reviendra pas ; Tu es béni ; ce que Tu décrètes arrive, et à Toi le commandement. » « Puis il appela dans les ténèbres » : Ibn Mas'ûd, Ibn 'Abbâs, 'Amr ibn Maymûn, Sa'îd ibn Jubayr, Muhammad ibn Ka'b, al-Hasan, Qatâda et al-Dahhâk ont dit : l'obscurité du poisson, l'obscurité de la mer et l'obscurité de la nuit. Sâlim ibn Abî al-Ja'd a dit : un autre poisson avala le poisson, et il y eut ainsi l'obscurité des deux poissons ajoutée à l'obscurité de la mer. Et Sa parole — exalté soit-Il — : « Si ce n'avait été qu'il fut de ceux qui glorifient [Allâh], il serait demeuré dans son ventre jusqu'au Jour où ils seront ressuscités. » On a dit que cela signifie : s'il n'avait pas glorifié Allâh en ce lieu, et dit ce qu'il a dit comme formule d'unicité divine et de glorification, et reconnu à Allâh sa soumission, et s'était repenti et revenu à Lui, il serait demeuré là jusqu'au Jour de la Résurrection, et aurait été ressuscité du ventre de ce poisson. Tel est le sens de ce qui a été rapporté de Sa'îd ibn Jubayr dans l'une des deux traditions de lui. Et on a dit que cela signifie : « Si ce n'avait été qu'il fut » avant que le poisson ne le prenne « de ceux qui glorifient [Allâh] », c'est-à-dire des obéissants, des priants, de ceux qui se souviennent beaucoup d'Allâh. Cela a été dit par al-Dahhâk ibn Qays, Ibn 'Abbâs, Abû al-'Âliya, Wahb ibn Munabbih, Sa'îd ibn Jubayr, al-Dahhâk, al-Suddî, 'Atâ' ibn al-Sâ'ib, al-Hasan al-Basrî, Qatâda et plusieurs autres, et Ibn Jarîr l'a choisi. Ceci est attesté par ce que l'imam Ahmad et certains auteurs des Sunan ont rapporté d'après Ibn 'Abbâs, que le Messager d'Allâh — qu'Allâh prie sur lui et le salue — lui a dit : « Ô jeune homme, je vais t'enseigner des paroles : préserve Allâh, Il te préservera ; préserve Allâh, tu Le trouveras devant toi ; connais Allâh dans l'aisance, Il te connaîtra dans la difficulté. » Ibn Jarîr a rapporté dans son Commentaire, et al-Bazzâr dans son Musnad, d'après le hadith de Muhammad ibn Ishâq, d'après celui qui lui a rapporté, d'après 'Abd Allâh ibn Râfi', client d'Umm Salama, qui a dit : j'ai entendu Abû Hurayra dire : le Messager d'Allâh — qu'Allâh prie sur lui et le salue — a dit : « Quand Allâh voulut retenir Yûnus dans le ventre du poisson, Il révéla au poisson : « Prends-le, ne lui écorche pas la chair et ne lui brise pas d'os. » Lorsqu'il arriva avec lui au fond de la mer, Yûnus entendit un bruit et se dit en lui-même : « Qu'est-ce que cela ? » Allâh lui révéla alors qu'il était dans le ventre du poisson : « C'est la glorification des animaux de la mer. » Il se mit donc à glorifier [Allâh] alors qu'il était dans le ventre du poisson. Les anges entendirent sa glorification et dirent : « Ô notre Seigneur, nous entendons une voix faible dans une terre étrangère ! » Il dit : « C'est Mon serviteur Yûnus ; il M'a désobéi, et Je l'ai retenu dans le ventre du poisson dans la mer. » Ils dirent : « Le serviteur vertueux, dont montait vers Toi chaque jour et chaque nuit une œuvre pie ? » Il dit : « Oui. » Ils intercédèrent alors pour lui, et Il ordonna au poisson de le rejeter sur la rive, comme Allâh a dit : « Et il était malade. » » C'est le texte d'Ibn Jarîr, en chaîne et en contenu. Puis al-Bazzâr a dit : « Nous ne savons pas que cela soit rapporté du Prophète — qu'Allâh prie sur lui et le salue — autrement que par cette voie et cette chaîne. » Il a dit cela. Ibn Abî Hâtim a dit dans son Commentaire : Abû 'Abd Allâh Ahmad ibn 'Abd al-Rahmân, frère de Wahb, nous a raconté, mon oncle m'a raconté, Abû Sakhr m'a raconté que Yazîd al-Raqqâshî a dit : j'ai entendu Anas ibn Mâlik — et je ne pense pas qu'Anas ne l'ait pas élevé jusqu'au Messager d'Allâh — dire : « Quand le prophète Yûnus — sur lui la paix — décida d'invoquer par ces paroles alors qu'il était dans le ventre du poisson, il dit : « Ô Allâh, il n'y a de dieu que Toi ! Gloire à Toi ! J'ai été parmi les injustes. » Cette invocation parvint sous le Trône, et les anges dirent : « Ô Seigneur, une voix faible, connue, venant d'un pays étrange. » Il dit : « Ne la reconnaissez-vous pas ? » Ils dirent : « Non, ô Seigneur, et qui est-ce ? » Il dit : « Mon serviteur Yûnus. » Ils dirent : « Ton serviteur Yûnus, dont l'œuvre agréée et l'invocation exaucée n'ont cessé de s'élever ? » Ils dirent : « Ô notre Seigneur, n'auras-Tu pas pitié de ce qu'il faisait dans l'aisance, pour le sauver de l'épreuve ? » Il dit : « Si. » Alors Il ordonna au poisson de le jeter sur la terre nue. » Ibn Jarîr l'a rapporté d'après Yûnus, d'après Ibn Wahb. Ibn Abî Hâtim a ajouté : Abû Sakhr Humayd ibn Ziyâd a dit : Ibn Qusayt m'a informé, alors que je lui racontais ce hadith, qu'il avait entendu Abû Hurayra dire : « Il fut jeté sur la terre nue, et Allâh fit pousser sur lui la courge. » Nous dîmes : « Ô Abû Hurayra, qu'est-ce que la courge ? » Il dit : « L'arbre de la gourde. » Et Allâh lui prépara une gazelle sauvage qui mangeait des herbes de la terre — ou il dit : des brindilles de la terre — et elle venait à lui et l'abreuvait de son lait chaque soir et matin jusqu'à ce qu'il grandît. Et Umayya ibn Abî al-Salt a dit à ce sujet un vers de son poème : « Et Il fit pousser sur lui une courge par miséricorde de la part d'Allâh ; sans Allâh, il serait devenu maigre. » Ceci est également étrange de cette voie. Yazîd al-Raqqâshî est faible, mais il est renforcé par le hadith précédent d'Abû Hurayra, comme celui-ci est renforcé par celui-là. Et Allâh sait mieux. Allâh — exalté soit-Il — a dit : « Nous le jetâmes » c'est-à-dire Nous le lançâmes « sur la terre nue », qui est un lieu désert où il n'y a rien d'arbres, mais il en est dépourvu, « et il était malade », c'est-à-dire faible de corps. Ibn Mas'ûd a dit : comme un oisillon sans plumes. Ibn 'Abbâs, al-Suddî et Ibn Zayd ont dit : comme un nouveau-né, le nourrisson, sans rien sur lui. « Et Nous fîmes pousser sur lui un arbre de courge. » Ibn Mas'ûd, Ibn 'Abbâs, 'Ikrima, Mujâhid, Sa'îd ibn Jubayr, Wahb ibn Munabbih, Hilâl ibn Yasâf, 'Abd Allâh ibn Tâwûs, al-Suddî, Qatâda, al-Dahhâk, 'Atâ' al-Khurâsânî et plusieurs autres ont dit : c'est la gourde. Certains savants ont dit : dans le fait de faire pousser la gourde sur lui, il y a de nombreuses sagesses ; parmi elles, ses feuilles sont d'une extrême douceur, abondantes et ombrageantes, aucune mouche ne s'en approche, et son fruit se mange depuis son apparition jusqu'à sa fin, cru et cuit, avec sa peau et ses graines aussi. Il y a en elle un grand profit, un renforcement du cerveau, etc. Et le propos d'Abû Hurayra a déjà été mentionné concernant le fait qu'Allâh lui soumit cette gazelle qui l'allaitait de son lait, paissait dans le désert et venait à lui matin et soir. Cela fait partie de la miséricorde d'Allâh envers lui, de Sa grâce et de Sa bienfaisance. C'est pourquoi Allâh — exalté soit-Il — a dit : « Nous l'exauçâmes donc et le sauvâmes de l'angoisse », c'est-à-dire de la détresse et de l'étroitesse dans laquelle il se trouvait, « et c'est ainsi que Nous sauvons les croyants », c'est-à-dire telle est Notre manière d'agir envers quiconque Nous invoque et cherche refuge auprès de Nous. Ibn Jarîr a dit : 'Imrân ibn Bakkâr al-Kalâ'î m'a raconté, Yahyâ ibn Sâlih nous a raconté, Abû Yahyâ ibn 'Abd al-Rahmân nous a raconté, Bishr ibn Mansûr m'a raconté, d'après 'Alî ibn Zayd, d'après Sa'îd ibn al-Musayyab, qui a dit : j'ai entendu Sa'd ibn Mâlik — c'est-à-dire Ibn Abî Waqqâs — dire : j'ai entendu le Messager d'Allâh — qu'Allâh prie sur lui et le salue — dire : « Le nom d'Allâh par lequel... »
Lorsqu'on L'invoque par elle, Il répond ; lorsqu'on Lui demande par elle, Il donne. C'est l'invocation de Yûnus 33 fils de Mattâ 34." Il dit : "Je dis : 'Ô Messager d'Allah, est-elle propre à Yûnus ou à l'ensemble des musulmans ?' Il dit : 'Elle est propre à Yûnus et générale pour les croyants lorsqu'ils invoquent par elle. N'as-tu pas entendu la parole d'Allah Très-Haut : "Alors il appela dans les ténèbres : 'Il n'y a de divinité que Toi, gloire à Toi ! J'ai été parmi les injustes.' Nous l'exauçâmes et le sauvâmes de l'angoisse. Et c'est ainsi que Nous sauvons les croyants." 35 C'est une condition 36 de la part d'Allah pour quiconque L'invoque par elle.'" Ibn Abî Hâtim 37 dit : Abû Sa'îd al-Ashajj 38 nous a raconté, Abû Khâlid al-Ahmar 39 nous a raconté d'après Kathîr ibn Zayd 40, d'après al-Muttalib ibn Hantab 41 — Abû Khâlid dit : je pense que c'est d'après Mus'ab 42 — c'est-à-dire Ibn Sa'd — d'après Sa'd 43 qui dit : Le Messager d'Allah — qu'Allah prie sur lui et le salue — a dit : "Quiconque invoque par l'invocation de Yûnus, il lui sera exaucé." Abû Sa'îd al-Ashajj dit : Il entend par là : "Et c'est ainsi que Nous sauvons les croyants." Ces deux voies 44 remontent à Sa'd. Une troisième, meilleure que les deux : L'imam Ahmad 45 dit : Ismâ'îl ibn 'Umayr 46 nous a raconté, Yûnus ibn Abî Ishâq al-Hamdânî 47 nous a raconté, Ibrâhîm ibn Muhammad ibn Sa'd 48 nous a raconté, mon père Muhammad 49 m'a raconté d'après son père Sa'd — c'est-à-dire Ibn Abî Waqqâs — qu'Allah l'agrée — qui dit : Je passai par 'Uthmân ibn 'Affân 50 dans la mosquée et le saluai ; il me regarda fixement puis ne me rendit pas le salut. [J'allai alors trouver 'Umar ibn al-Khattâb 51 et dis : "Ô Commandeur des croyants, est-il survenu quelque chose dans l'islam ?" Il dit : "Non. Et quoi donc ?" Je dis : "Non, sauf que je suis passé tout à l'heure par 'Uthmân dans la mosquée, je l'ai salué, il m'a regardé fixement puis ne m'a pas rendu le salut."] Il dit : Alors 'Umar envoya chercher 'Uthmân et le fit venir. Il dit : "Qu'est-ce qui t'a empêché de rendre le salut à Sa'd ?"
- الآية : Référence au verset coranique 28:43.
- أصحاب الرس : Les gens d'Ar-Rass : peuple mentionné dans le Coran (25:38, 50:12), anéanti avant l'époque de Moïse. 'Rass' signifie un puits où ils auraient jeté leur prophète.
- أصحاب الأيكة : Les gens d'Al-Aykah : peuple de Shu'ayb, mentionné dans le Coran (15:78, 26:176).
- قوم تبع : Le peuple de Tubba' : ancien peuple du Yémen, mentionné dans le Coran (44:37, 50:14).
- أصحاب الأخدود : Les gens du fossé : mentionnés dans la sourate Al-Burûj (85:4), persécuteurs des croyants brûlés vifs.
- حضور : Hadûr : localité au Yémen, selon certaines sources.
- الأحقاف : Al-Ahqâf : région de dunes de sable dans le sud de l'Arabie, patrie des 'Âd.
- إرم ذات العماد : Iram aux colonnes : cité légendaire mentionnée dans le Coran (89:7), parfois identifiée à Damas ou à une ville du Yémen.
- فلج : Falaj : village de la Yamâma, région d'Arabie centrale.
- أصحاب يس : Les gens de Yâ Sîn : peuple mentionné dans la sourate Yâ Sîn (36:13-29), dont les habitants ont tué les messagers.
- مرسل : Hadith interrompu : hadith dont la chaîne de transmission est incomplète, ne remontant pas jusqu'au Prophète.
- Yā Sīn : Lettres isolées au début de la sourate 36 du Coran, dont le sens est connu d'Allah seul.
- Coran 36:13-29 : Référence aux versets coraniques cités.
- Ka'b al-Aḥbār : Savant juif converti à l'islam, connu pour ses récits israélites.
- Anṭīkhos : Nom d'un roi d'Antioche, probablement Antiochus.
- Ṣādiq, Maṣdūq, Shalūm : Noms des trois envoyés selon certains récits : 'Véridique', 'Crédible' et 'Paix'.
- Messie : Jésus, fils de Marie, considéré comme un prophète en islam.
- Sham'ūn : Siméon, apôtre de Jésus.
- Yūḥannā : Jean, apôtre de Jésus.
- Būlus : Paul, apôtre de Jésus.
- Ḥabīb ibn Murā : Nom du croyant venu du bout de la ville, selon certains récits.
- أُهْلِكُوا : Ils furent anéantis : référence aux habitants de la ville mentionnée, qui furent détruits pour avoir démenti les messagers.
- حُسَيْنٍ الْأَشْقَرِ : Ḥusayn al-Ashqar : un transmetteur de hadith considéré comme faible et shīʿite extrémiste.
- صَاحِبُ يس : Le compagnon de Yā Sīn : désigne le personnage mentionné dans la sourate Yā Sīn (36), souvent identifié comme Ḥabīb al-Najjār, qui crut aux messagers.
- مَتْرُوكٌ : Abandonné : terme technique de critique de hadith indiquant un transmetteur dont les récits sont rejetés.
- إِلَى حِين : Jusqu'à un certain temps : expression coranique signifiant une durée limitée dans cette vie.
- ذَا النُّونِ : Ḏū l-Nūn : littéralement « celui du poisson », surnom de Jonas.
- المومنين : Les croyants : pluriel de mu'min, celui qui a la foi (īmān).
- يَقْطِينٍ : Courge : plante à larges feuilles, souvent identifiée comme une cucurbitacée.
- مَكْظُومٌ : Étouffé : littéralement « rempli de chagrin », désignant l'état de Jonas dans le ventre du poisson.
- نِينَوَى : Ninive : ancienne ville de Mésopotamie, située près de l'actuelle Mossoul en Irak.
- Dhû an-Nûn : Surnom du prophète Jonas (Yûnus), signifiant « l'homme au poisson ».
- Yûnus : Jonas, prophète mentionné dans le Coran et la Bible.
- Mattâ : Père de Jonas, équivalent de 'Amittaï' dans la Bible.
- Coran 21:87-88 : Versets coraniques relatant l'invocation de Jonas dans le ventre de la baleine.
- condition : Engagement ou promesse divine conditionnelle.
- Ibn Abî Hâtim : Célèbre traditionniste et exégète du Coran (m. 327 H).
- Abû Sa'îd al-Ashajj : Transmetteur de hadiths, mort vers 257 H.
- Abû Khâlid al-Ahmar : Sulaymân ibn Hayyân, traditionniste mort en 189 H.
- Kathîr ibn Zayd : Transmetteur médinois, mort vers 158 H.
- al-Muttalib ibn Hantab : Compagnon du Prophète, mort jeune.
- Mus'ab : Probablement Mus'ab ibn Sa'd ibn Abî Waqqâs, traditionniste.
- Sa'd : Sa'd ibn Abî Waqqâs, célèbre compagnon du Prophète.
- voies : Chaînes de transmission du hadith.
- Ahmad : Ahmad ibn Hanbal, fondateur de l'école hanbalite (m. 241 H).
- Ismâ'îl ibn 'Umayr : Transmetteur de hadiths, peu connu.
- Yûnus ibn Abî Ishâq al-Hamdânî : Traditionniste koufien, mort vers 159 H.
- Ibrâhîm ibn Muhammad ibn Sa'd : Petit-fils de Sa'd ibn Abî Waqqâs, traditionniste.
- Muhammad : Muhammad ibn Sa'd ibn Abî Waqqâs, fils de Sa'd.
- 'Uthmân ibn 'Affân : Troisième calife bien guidé, compagnon du Prophète.
- 'Umar ibn al-Khattâb : Deuxième calife bien guidé, compagnon du Prophète.
Il est mentionné le mérite de Yūnus [1], sur lui la paix.
As-tu salué ton frère ? Il dit : Je ne l'ai pas fait. Sa'd dit : Je dis : Si fait, jusqu'à ce qu'il jure et que je jure. Il dit : Puis 'Uthman se rappela et dit : Si fait, et je demande pardon à Allah et je me repens à Lui. Tu es passé près de moi tout à l'heure, alors que je me parlais à moi-même à propos d'une parole que j'ai entendue du Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue). Non, par Allah, je ne me la suis jamais rappelée sans qu'un voile 1 ne couvre ma vue et mon cœur. Sa'd dit : Je vais donc te l'apprendre. Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) nous a mentionné la première invocation 2, puis un bédouin est venu et l'a distrait jusqu'à ce que le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) se lève. Je l'ai suivi, et quand j'ai craint qu'il ne m'échappe pour rentrer chez lui, j'ai frappé le sol de mon pied. Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) se retourna vers moi et dit : « Qui est-ce ? Abou Ishaq ? » Je dis : Oui, ô Messager d'Allah. Il dit : « Quoi ? » Je dis : Non, par Allah, mais tu nous as mentionné la première invocation, puis ce bédouin est venu et t'a distrait. Il dit : « Oui, l'invocation de Dhul-Nun 3 lorsqu'il était dans le ventre du poisson : "Il n'y a de dieu que Toi, gloire à Toi, j'ai été parmi les injustes." 4 Car aucun musulman 5 ne l'a adressée à son Seigneur pour quoi que ce soit sans qu'Il ne l'exauce. » Et at-Tirmidhi et an-Nasa'i l'ont rapporté d'après le hadith d'Ibrahim ibn Muhammad ibn Sa'd. Mention du mérite de Younous (sur lui la paix) Allah Très-Haut dit : « Et Younous était certes parmi les envoyés. » 6 Et Il l'a mentionné parmi les nobles prophètes dans les sourates an-Nisa' et al-An'am. Qu'Allah leur accorde la meilleure prière et la paix. L'imam Ahmad a dit : Waki' nous a raconté, Sufyan nous a raconté, d'après al-A'mash, d'après Abou Wa'il, d'après 'Abdallah, qui a dit : Le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit : « Il ne convient pas à un serviteur de dire : "Je suis meilleur que Younous ibn Matta." » Al-Bukhari l'a rapporté d'après le hadith de Sufyan ath-Thawri. Al-Bukhari a aussi dit : Hafs ibn 'Umar nous a raconté, Shu'ba nous a raconté, d'après Qatada, d'après Ibn 'Abbas, d'après le Prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) qui a dit : « Il ne convient pas à un serviteur de dire : "Je suis meilleur que Younous ibn Matta." » Et il l'a attribué à son père. Ahmad, Muslim et Abou Dawud l'ont rapporté d'après le hadith de Shu'ba. Shu'ba a dit, d'après ce qu'Abou Dawud a rapporté de lui : Qatada n'a entendu d'Abou al-'Aliya que quatre hadiths, dont celui-ci. L'imam Ahmad l'a rapporté d'après 'Affan, d'après Hammad ibn Salama, d'après 'Ali ibn Zayd, d'après Younous ibn Mihran, d'après Ibn 'Abbas, d'après le Prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) qui a dit : « Il ne convient pas à un serviteur de dire : "Je suis meilleur que Younous ibn Matta." » Ahmad est le seul à l'avoir rapporté. Le hafiz Abou al-Qasim at-Tabarani a rapporté : Muhammad ibn al-Hasan ibn Kaysan nous a raconté, 'Abdallah ibn Raja' nous a raconté, Israïl nous a informés, d'après Abou Yahya al-'Attab, d'après Mujahid, d'après Ibn 'Abbas, que le Messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit : « Il ne convient à personne de dire : "Je suis meilleur que Younous ibn Matta auprès d'Allah." » Sa chaîne de transmission est bonne, mais ils ne l'ont pas rapporté. Al-Bukhari a dit : Abou al-Walid nous a raconté, Shu'ba nous a raconté, d'après Sa'd ibn Ibrahim, j'ai entendu Humayd ibn 'Abd ar-Rahman, d'après Abou Hourayra, d'après le Prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) qui a dit : « Il ne convient pas à un serviteur de dire : "Je suis meilleur que Younous ibn Matta." » Et Muslim l'a rapporté de même d'après le hadith de Shu'ba. Dans al-Bukhari et Muslim, d'après le hadith de 'Abdallah ibn al-Fadl, d'après 'Abd ar-Rahman ibn Hurmuz al-A'raj, d'après Abou Hourayra, dans l'histoire du musulman qui a giflé le visage du juif lorsqu'il a dit : « Non, par Celui qui a élu Moïse sur les mondes. » Al-Bukhari a dit à la fin : « Et je ne dis pas que quiconque est meilleur que Younous ibn Matta. » 7 Cette parole renforce l'une des deux interprétations du sens de : « Il ne convient à personne de dire : "Je suis meilleur que Younous ibn Matta." » C'est-à-dire qu'il n'appartient à personne de se préférer à Younous. L'autre interprétation est : « Il ne convient à personne de me préférer à Younous ibn Matta », comme cela est venu dans certains hadiths : « Ne me préférez pas aux prophètes, ni à Younous ibn Matta. » Cela relève de l'humilité et de la modestie de sa part (que les prières et la paix d'Allah soient sur lui, sur tous les prophètes et les envoyés d'Allah). Ici se termine la première partie des "Histoires des prophètes" d'Ibn Kathir. Elle sera suivie de la deuxième partie, dont le début est : "L'histoire de Moïse le Kalim 8" avec l'aide et la réussite d'Allah.
- ghishāwa : Voile, couverture qui obscurcit la vue et le cœur.
- da'wa : Invocation, prière adressée à Dieu.
- Dhū al-Nūn : Surnom de Jonas (Younous) signifiant 'l'homme au poisson'.
- Lā ilāha illā anta subḥānaka innī kuntu min al-ẓālimīn : Il n'y a de dieu que Toi, gloire à Toi, j'ai été parmi les injustes. (Coran 21:87)
- muslim : Musulman, croyant soumis à Dieu.
- Yūnus : Jonas, prophète mentionné dans le Coran.
- Yūnus ibn Mattā : Jonas fils de Matta, nom complet du prophète Jonas.
- al-Kalīm : Celui à qui Dieu a parlé, surnom de Moïse.
Il est fait mention de l'histoire de Moïse l'Interlocuteur [1], sur lui la prière et la…
Il est fait mention de l'histoire de Moïse l'Interlocuteur [1], sur lui la prière et la paix [2].
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Récit de l'histoire de Moïse l'Interlocuteur 1, sur lui la prière et la paix. Il est Moïse fils d'Imrân fils de Qâhith fils d'Âzar fils de Lâwi fils de Jacob fils d'Isaac fils d'Abraham, sur eux la paix. Allah Très-Haut a dit : "Et mentionne, dans le Livre, Moïse. Il était sincère 2 et était un Messager et un Prophète. Et Nous l'appelâmes du côté droit du Mont 3 et Nous le fîmes approcher confident 4. Et Nous lui donnâmes, par Notre miséricorde, son frère Aaron comme Prophète" (Coran 19:51-53). Allah Très-Haut l'a mentionné en de nombreux endroits dispersés du Coran. Et Il a raconté son histoire en plusieurs endroits, de manière détaillée, longue ou abrégée. Nous avons traité de tout cela dans les endroits appropriés de l'exégèse. Nous allons rapporter ici sa biographie, du début à la fin, à partir du Livre, de la Sunna, et des récits transmis des Israélites 5 que les prédécesseurs 6 et d'autres ont mentionnés, si Allah le veut. C'est en Lui que nous plaçons notre confiance et sur Lui que nous nous appuyons. Allah Très-Haut a dit : "Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Tâ Sîn Mîm 7. Voici les versets du Livre explicite. Nous te récitons en vérité des nouvelles de Moïse et de Pharaon, pour des gens qui croient. Pharaon s'éleva dans le pays et divisa ses habitants en factions 8. Il opprimait une partie d'entre eux, égorgeant leurs fils et laissant vivre leurs femmes. Il était parmi les corrupteurs. Et Nous voulions favoriser ceux qui avaient été opprimés sur terre, en faire des guides 9 et en faire les héritiers, et les établir puissamment sur terre, et montrer à Pharaon, à Hâmân 10 et à leurs armées ce qu'ils redoutaient" (Coran 28:1-6). Allah Très-Haut résume l'histoire, puis la détaille après cela. Il mentionne qu'Il récite à Son Prophète le récit de Moïse et de Pharaon en toute vérité, c'est-à-dire avec sincérité, comme si l'auditeur voyait la chose de ses propres yeux. "Pharaon s'éleva dans le pays et divisa ses habitants en factions", c'est-à-dire qu'il devint orgueilleux, tyrannique, outrancier et injuste ; il préféra la vie d'ici-bas et se détourna de l'obéissance au Seigneur Très-Haut. "Et divisa ses habitants en factions", c'est-à-dire qu'il divisa son peuple en groupes, factions et catégories. "Il opprimait une partie d'entre eux", à savoir le peuple des Enfants d'Israël, issus de la descendance du Prophète d'Allah Jacob, fils d'Isaac, fils d'Abraham, l'Intime d'Allah 11. Ils étaient alors les meilleurs habitants de la terre. Ce roi injuste, tyrannique, mécréant et pervers fut imposé sur eux ; il les asservit et les employa aux métiers les plus vils, les plus bas et les plus méprisables. Malgré cela, "il égorgeait leurs fils et laissait vivre leurs femmes. Il était parmi les corrupteurs". Ce qui le poussa à cette conduite odieuse, c'est que les Enfants d'Israël discutaient entre eux de ce qu'ils tenaient d'Abraham, sur lui la paix, à savoir qu'un garçon sortirait de sa descendance, par qui le roi d'Égypte périrait. Cela – et Allah sait mieux – se produisit lorsque le roi d'Égypte avait voulu faire du mal à Sara, l'épouse d'Abraham, mais Allah la protégea. Cette bonne nouvelle était célèbre parmi les Enfants d'Israël ; les Coptes 12 en parlèrent entre eux, et elle parvint à Pharaon. Certains de ses princes et de ses conseillers la lui rapportèrent alors qu'ils veillaient chez lui. Il ordonna alors de tuer les fils des Enfants d'Israël, par crainte de la naissance de ce garçon. Mais la prudence ne sert à rien contre le destin ! As-Suddî 13 rapporte d'après Abû Sâlih et Abû Mâlik, d'après Ibn Abbâs, et d'après Murra, d'après Ibn Mas'ûd, et d'après des gens parmi les Compagnons 14, que Pharaon vit en rêve comme un feu venant de Jérusalem, qui brûlait les maisons d'Égypte et tous les Coptes, sans nuire aux Enfants d'Israël. À son réveil, il en fut terrifié. Il rassembla les prêtres, les devins et les magiciens et les interrogea à ce sujet. Ils dirent : "C'est un garçon qui naîtra de ceux-ci, et il sera la cause de la destruction des Égyptiens par sa main." C'est pourquoi il ordonna de tuer les garçons et d'épargner les filles. C'est pourquoi Allah Très-Haut dit : "Et Nous voulions favoriser ceux qui avaient été opprimés sur terre" – ce sont les Enfants d'Israël – "en faire des guides et en faire les héritiers", c'est-à-dire ceux à qui reviendrait la royauté d'Égypte et ses terres. "Et les établir puissamment sur terre, et montrer à Pharaon, à Hâmân et à leurs armées ce qu'ils redoutaient", c'est-à-dire : Nous ferons que le faible devienne fort, l'opprimé devienne vainqueur, et l'humilié devienne puissant. Tout cela arriva aux Enfants d'Israël, comme Allah Très-Haut dit : "Et Nous fîmes hériter les gens qui étaient opprimés les extrémités orientales et occidentales de la terre que Nous avions bénies. Et la parole de ton Seigneur, la meilleure, s'accomplit pour les Enfants d'Israël, parce qu'ils avaient enduré" (Coran 7:137). Et Il dit : "Ainsi les fîmes-Nous sortir des jardins et des sources, des trésors et d'un lieu honorable. Ainsi en fut-il, et Nous en fîmes hériter les Enfants d'Israël" (Coran 26:57-59). Le détail viendra en son lieu, si Allah le veut. * * * Le but est que Pharaon prit toutes les précautions pour que Moïse ne naisse pas, au point d'envoyer des hommes et des sages-femmes surveiller les femmes enceintes et connaître le moment de leur accouchement. Aucune femme ne mettait au monde un garçon sans que ces bourreaux ne l'égorgent sur-le-champ. Selon les Gens du Livre 15, il ordonnait de tuer les garçons pour affaiblir la puissance des Enfants d'Israël, afin qu'ils ne puissent pas les combattre s'ils les dominaient ou les attaquaient. Mais cela est discutable, voire faux. En réalité, cet ordre de tuer les enfants eut lieu après l'envoi de Moïse, comme Allah Très-Haut dit : "Quand la vérité leur vint de Notre part, ils dirent : 'Tuez les fils de ceux qui ont cru avec lui et laissez vivre leurs femmes'" (Coran 40:25). C'est pourquoi les Enfants d'Israël dirent à Moïse : "Nous avons été persécutés avant que tu ne viennes à nous et après ton arrivée" (Coran 7:129). La version correcte est que Pharaon ordonna de tuer les garçons d'abord, par crainte de la naissance de Moïse. Cependant, le destin dit : "Ô roi tyran, trompé par la multitude de ses soldats, la force de sa puissance et l'étendue de son autorité ! Le Très-Grand, qui ne peut être vaincu ni empêché, et dont les décrets ne peuvent être contredits, a décrété que cet enfant que tu cherches à éviter, et pour lequel tu as tué d'innombrables vies, ne sera élevé que dans ta maison, sur ton lit, ne sera nourri que de ta nourriture et de ta boisson, dans ta demeure. C'est toi qui l'adopteras, l'élèveras et le chériras, sans connaître le secret de sa signification. Puis ta perte en ce monde et dans l'au-delà viendra par sa main, parce que tu auras contredit la vérité claire qu'il t'apportera et démenti ce qui lui a été révélé. Afin que toi et tout le monde sachiez que le Seigneur des cieux et de la terre fait ce qu'Il veut, qu'Il est le Fort, le Puissant, doté d'une force redoutable, de la force et de la puissance, et d'une volonté irrévocable !" Plusieurs exégètes ont mentionné que les Coptes se plaignirent à Pharaon de la diminution du nombre des Enfants d'Israël à cause du meurtre de leurs garçons, craignant que les adultes ne disparaissent avec les enfants, et qu'ils deviennent alors ceux qui accompliraient les travaux que les Enfants d'Israël effectuaient. Pharaon ordonna alors de tuer les enfants une année et de les épargner l'année suivante. Ils mentionnèrent qu'Aaron, sur lui la paix, naquit l'année où l'on épargnait les enfants, et que Moïse, sur lui la paix, naquit l'année où on les tuait. Sa mère en fut très angoissée et se méfia dès qu'elle fut enceinte, mais les signes de grossesse n'apparaissaient pas sur elles. Quand elle accoucha, elle fut inspirée de fabriquer un coffre, qu'elle attacha à une corde. Sa maison était adjacente au Nil. Elle l'allaitait, et quand elle craignait quelqu'un, elle le mettait dans ce coffre, le lançait dans le fleuve, et tenait l'extrémité de la corde chez elle. Quand les gens s'en allaient, elle le ramenait à elle. Allah Très-Haut dit : "Et Nous révélâmes à la mère de Moïse : 'Allaite-le. Et quand tu craindras pour lui, jette-le dans le fleuve. Ne crains rien et ne t'afflige pas. Nous te le rendrons et ferons de lui un Messager.' Les gens de Pharaon le recueillirent, pour qu'il devienne pour eux un ennemi et une source d'affliction. Pharaon, Hâmân et leurs armées étaient fautifs. Et la femme de Pharaon dit : 'Il est une joie pour moi et pour toi. Ne le tuez pas. Peut-être nous sera-t-il utile ou le prendrons-nous pour enfant.' Et ils ne se rendaient pas compte" (Coran 28:7-9).
Cette révélation est une inspiration et une guidance, comme Allah a dit : « Et ton Seigneur révéla aux abeilles : « Prenez des montagnes, des arbres et des treillages pour demeures. Puis, mangez de tous les fruits et suivez les sentiers de votre Seigneur, rendus faciles. » De leurs ventres sort une boisson aux couleurs variées... » 16 Ce n’est pas une révélation de prophétie 17, comme l’a prétendu Ibn Hazm et plusieurs théologiens, mais le correct est le premier avis, comme l’a rapporté Abou al-Hasan al-Ash‘ari des gens de la Sunna et de la communauté. Al-Suhayli a dit : « Le nom de la mère de Moïse était « Ayarkha », et on a dit « Ayadha-kht ». » Le but est qu’elle fut guidée à ce que nous avons mentionné, et il fut jeté dans son cœur et son esprit de ne pas craindre ni s’affliger, car s’il disparaît, Allah le lui rendra, et Allah fera de lui un prophète envoyé, élevant sa parole dans ce monde et dans l’au-delà. Elle faisait donc ce qui lui était ordonné. Un jour, elle l’envoya et oublia d’attacher l’extrémité de la corde chez elle, et il partit avec le Nil, passant devant la maison de Pharaon. « Alors les gens de Pharaon le recueillirent », Allah dit : « pour qu’il devienne pour eux un ennemi et une source d’affliction. » 18 Certains ont dit : « Ce lām est celui de la conséquence, et c’est apparent s’il se rattache à Sa parole « le recueillirent ». Mais s’il est rattaché au sens du discours, à savoir que les gens de Pharaon furent préparés à le recueillir pour qu’il devienne pour eux un ennemi et une source d’affliction, alors le lām devient causatif comme les autres, et Allah sait mieux. » Ce second sens est renforcé par Sa parole : « En vérité, Pharaon, Hâmân 19 et leurs armées 20 étaient fautifs », c’est-à-dire qu’ils étaient contraires à la vérité, méritant ainsi ce châtiment et ce regret. Les exégètes ont mentionné que les servantes le recueillirent de la mer dans un coffre fermé sur lui, et n’osèrent pas l’ouvrir jusqu’à ce qu’elles le placent devant la femme de Pharaon, « Âsiya », fille de Muzâhim ibn ‘Ubayd ibn al-Rayyân ibn al-Walîd, qui était le Pharaon d’Égypte au temps de Joseph. On a dit qu’elle était des Enfants d’Israël, de la tribu de Moïse. On a dit aussi qu’elle était sa tante, rapporté par al-Suhayli. Allah sait mieux. Viendra ensuite son éloge et sa louange dans l’histoire de Marie, fille de ‘Imrân, et qu’elles seront au Jour de la Résurrection parmi les épouses du Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) au Paradis. Lorsqu’elle ouvrit la porte et découvrit le voile, elle vit son visage rayonnant de ces lumières prophétiques et de cette majesté mosaïque. Quand elle le vit et que son regard tomba sur lui, elle l’aima d’un amour intense 21. Quand Pharaon vint, il dit : « Qu’est-ce que cela ? » et ordonna de l’égorger. Elle le demanda en don et le défendit, disant : « Il est la joie de mes yeux et des tiens. » Pharaon lui dit : « Pour toi, oui, mais pour moi, non », c’est-à-dire je n’ai pas besoin de lui. L’épreuve est liée à la parole ! Sa parole : « Il se peut qu’il nous soit utile » : Allah lui accorda ce qu’elle espérait comme utilité : dans ce monde, Allah la guida par lui, et dans l’au-delà, Il la fit habiter Son Paradis à cause de lui. « Ou que nous le prenions pour enfant » : car ils l’avaient adopté, n’ayant pas d’enfant. Allah dit : « Et ils ne s’en rendaient pas compte », c’est-à-dire ils ne savaient pas ce qu’Allah voulait d’eux, qu’Il les avait préparés 22 à le recueillir pour un grand châtiment contre Pharaon et ses armées. 23 Allah dit : « Et le cœur de la mère de Moïse devint vide. Peu s’en fallut qu’elle ne le divulguât, si Nous n’avions pas raffermi son cœur pour qu’elle fût du nombre des croyants. Elle dit à sa sœur : « Suis-le ! » Elle l’aperçut de loin sans qu’ils ne s’en rendent compte. Nous lui avions interdit auparavant les nourrices. Elle dit donc : « Vous indiquerai-je une famille qui le prendra en charge pour vous et qui sera bienveillante à son égard ? » Ainsi Nous le rendîmes à sa mère pour que son œil se réjouisse, qu’elle ne s’afflige pas et qu’elle sache que la promesse d’Allah est vraie. Mais la plupart d’entre eux ne savent pas. » Ibn ‘Abbâs, Mujâhid, ‘Ikrima, Sa‘îd ibn Jubayr, Abû ‘Ubayda, al-Hasan, Qatâda, al-Dahhâk et d’autres ont dit : « Le cœur de la mère de Moïse devint vide », c’est-à-dire de toute chose de ce monde sauf de Moïse. « Peu s’en fallut qu’elle ne le divulguât », c’est-à-dire qu’elle n’eût révélé son affaire et demandé de ses nouvelles ouvertement, « si Nous n’avions pas raffermi son cœur », c’est-à-dire Nous l’avons rendue patiente et ferme, « pour qu’elle fût du nombre des croyants. Elle dit à sa sœur » – qui était sa fille aînée – : « Suis-le », c’est-à-dire suis sa trace et cherche 24 sa nouvelle. « Elle l’aperçut de loin », Mujâhid a dit : de loin. Qatâda a dit : elle le regardait comme si elle ne le voulait pas. C’est pourquoi Il dit : « sans qu’ils ne s’en rendent compte », car lorsque Moïse (paix sur lui) se fut installé dans la maison de Pharaon, ils voulurent le nourrir par allaitement, mais il n’accepta aucun sein ni aucune nourriture. Ils furent perplexes et s’efforcèrent de le nourrir par tous les moyens possibles, mais en vain, comme Allah dit : « Nous lui avions interdit auparavant les nourrices. » Ils l’envoyèrent donc avec les sages-femmes et les femmes au marché, peut-être trouveraient-ils 25 quelqu’un dont l’allaitement lui conviendrait. Alors qu’ils se tenaient avec lui et que les gens étaient rassemblés autour de lui, sa sœur l’aperçut. Elle ne montra pas qu’elle le connaissait, mais dit : « Vous indiquerai-je une famille qui le prendra en charge pour vous et qui sera bienveillante à son égard ? » Ibn ‘Abbâs a dit : Quand elle dit cela, ils lui dirent : « Comment sais-tu qu’ils seront bienveillants et compatissants envers lui ? » Elle répondit : « Par désir de réjouir le roi et espoir de son utilité. » Ils la laissèrent aller et allèrent avec elle à leur maison. Sa mère le prit. Quand elle l’allaita, il prit son sein, le suça et but. Ils en furent extrêmement joyeux. Le messager alla annoncer la nouvelle à Âsiya, qui la fit venir chez elle et lui proposa de rester auprès d’elle et de la combler de bienfaits. Mais elle refusa et dit : « J’ai un mari et des enfants, et je ne peux pas faire cela à moins que tu ne l’envoies avec moi. » Elle l’envoya donc avec elle, lui assigna des pensions, des dépenses, des vêtements et des cadeaux. Elle retourna avec lui, le ramenant dans sa demeure, et Allah réunit sa famille avec elle. Allah dit : « Ainsi Nous le rendîmes à sa mère pour que son œil se réjouisse, qu’elle ne s’afflige pas et qu’elle sache que la promesse d’Allah est vraie », c’est-à-dire comme Nous le lui avions promis 26 de le lui rendre et de sa mission. Voici donc son retour, preuve de la vérité de l’annonce de sa mission. « Mais la plupart d’entre eux ne savent pas. » Allah a rappelé cette grâce à Moïse la nuit où Il lui parla, disant : « Et Nous t’avons déjà favorisé une autre fois, lorsque Nous révélâmes à ta mère ce qui fut révélé : « Jette-le dans le coffre, puis jette-le dans le fleuve. Le fleuve le jettera sur la rive ; un ennemi à Moi et à lui le prendra. Et J’ai répandu sur toi un amour de Ma part 27 – car personne ne le voyait sans l’aimer – et afin que tu sois élevé sous Mon œil. » Qatâda et plusieurs prédécesseurs ont dit : c’est-à-dire que tu sois nourri, choyé et alimenté des meilleurs mets, et que tu portes les plus beaux vêtements, sous Mon regard. Tout cela par Ma protection et Ma garde pour toi dans ce que J’ai fait pour toi et à toi, et que J’ai décrété parmi les choses que nul autre que Moi ne peut accomplir. « Quand ta sœur marchait et disait : « Vous indiquerai-je quelqu’un qui le prendra en charge ? » Alors Nous te rendîmes à ta mère pour que son œil se réjouisse et qu’elle ne s’afflige pas. Tu as tué un homme ; Nous t’avons délivré de l’angoisse et Nous t’avons éprouvé par diverses épreuves. » Nous rapporterons le hadith des épreuves en son lieu après cela, si Allah le Très-Haut veut 28.
Lorsqu'il eut atteint sa maturité et fut devenu adulte 29, Nous lui donnâmes la sagesse et la science. Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants. Il entra dans la ville à un moment d'inattention de ses habitants 30 et y trouva deux hommes qui se battaient : l'un était de son parti 31 et l'autre de ses ennemis. Celui qui était de son parti l'appela au secours contre celui qui était de ses ennemis. Moïse le frappa du poing et le tua. Il dit : « Cela est de l'œuvre du Diable. C'est un ennemi qui égare, manifestement. » Il dit : « Seigneur, j'ai fait du tort à moi-même ; pardonne-moi. » Et Il lui pardonna. Car c'est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux. Il dit : « Seigneur, grâce aux bienfaits dont Tu m'as comblé, je ne serai jamais un soutien pour les criminels. »
Selon les Gens du Livre, elles étaient sept filles, mais c'est également une erreur ; peut-être étaient-elles sept 32, mais seules deux d'entre elles venaient abreuver. Cette pluralité est possible si cela est préservé, sinon l'apparence est qu'il n'avait que deux filles. Il dit : « Quel est votre affaire ? » Elles dirent : « Nous n'abreuvons pas jusqu'à ce que les bergers aient fini, et notre père est un vieillard très âgé », c'est-à-dire que nous ne pouvons accéder à l'eau qu'après le départ des bergers, à cause de notre faiblesse, et la raison pour laquelle nous nous occupons de ce troupeau est la faiblesse et la vieillesse de notre père. Allah Très-Haut dit : « Il abreuva pour elles 33. » Les exégètes disent : Lorsque les bergers avaient fini de faire boire leurs bêtes, ils plaçaient sur la bouche du puits une énorme pierre ; alors ces deux femmes venaient et faisaient boire leurs moutons 34 dans le surplus des troupeaux des gens. Ce jour-là, Moïse vint, souleva cette pierre tout seul, puisa pour elles et abreuva leurs moutons, puis remit la pierre comme elle était. Le Commandeur des croyants 'Umar dit : « Seulement dix hommes pouvaient la soulever, et il puisa un seau unique qui leur suffit. » Puis il se tourna vers l'ombre. Ils dirent : C'était l'ombre d'un arbre de samur 35. Ibn Jarîr rapporte d'après Ibn Mas'ûd qu'il l'a vue verte et frémissante. « Il dit : Seigneur, je suis besoin de tout bien que Tu feras descendre vers moi 36. » Ibn 'Abbâs dit : « Il marcha de l'Égypte à Madyan sans manger autre chose que des herbes et des feuilles d'arbres, et il était nu-pieds 37 ; les semelles de ses pieds tombèrent à cause de la marche pieds nus, et il s'assit à l'ombre 38 – alors qu'il est l'élu d'Allah parmi Ses créatures – et son ventre collait à son dos à cause de la faim, et la verdure des herbes était visible de l'intérieur de son ventre, et il avait besoin d'un morceau de datte. » 'Atâ' ibn as-Sâ'ib dit : Lorsqu'il dit : « [Seigneur] je suis besoin de tout bien que Tu feras descendre vers moi », il le fit entendre à la femme. « Alors l'une des deux vint à lui, marchant avec pudeur, et dit : Mon père t'appelle pour te récompenser du salaire de ce que tu as abreuvé pour nous. Lorsqu'il vint à lui et lui raconta son histoire, il dit : N'aie pas peur, tu as échappé au peuple injuste. L'une des deux dit : Ô mon père, emploie-le, car le meilleur de ceux que tu emploies est le fort et le digne de confiance. Il dit : Je veux te marier à l'une de mes deux filles que voici, à condition que tu me serves huit ans ; si tu accomplis dix, ce sera de toi-même ; je ne veux pas te contraindre ; tu me trouveras, si Allah le veut, parmi les justes. Il dit : Voilà entre moi et toi ; quel que soit des deux termes que j'accomplisse, il n'y aura pas d'hostilité contre moi ; et Allah est garant de ce que nous disons 39. » Lorsque Moïse (sur lui la paix) s'assit à l'ombre et dit : « Seigneur, je suis besoin de tout bien que Tu feras descendre vers moi », les deux femmes l'entendirent, dit-on, et allèrent vers leur père. On dit qu'il s'étonna de la rapidité de leur retour, et elles l'informèrent de ce qui s'était passé 40 avec Moïse (sur lui la paix). Il ordonna à l'une d'elles d'aller vers lui et de l'appeler. « Alors l'une des deux vint à lui, marchant avec pudeur », c'est-à-dire la marche des femmes libres. « Elle dit : Mon père t'appelle pour te récompenser du salaire de ce que tu as abreuvé pour nous. » Elle lui dit cela clairement pour que ses paroles n'éveillent aucun soupçon, et cela fait partie de sa pudeur et de sa chasteté parfaites. Lorsqu'il vint à lui et lui raconta son histoire, et l'informa de son affaire et de ce qui s'était passé lors de sa sortie du pays d'Égypte, fuyant son Pharaon, « il dit » [ce vieillard] 41 : « N'aie pas peur, tu as échappé au peuple injuste », c'est-à-dire tu es sorti de leur autorité, tu n'es plus dans leur royaume. Ils ont divergé sur l'identité de ce vieillard. On dit que c'est Shu'ayb (sur lui la paix). C'est ce qui est célèbre chez beaucoup, et parmi ceux qui l'ont affirmé : al-Hasan al-Basrî, Mâlik ibn Anas, et cela est explicitement mentionné dans un hadith, mais sa chaîne de transmission est discutable. Un groupe a affirmé que Shu'ayb (sur lui la paix) vécut longtemps après la destruction de son peuple, jusqu'à ce que Moïse (sur lui la paix) le rencontre et épouse sa fille. Ibn Abî Hâtim et d'autres rapportent d'après al-Hasan al-Basrî que le compagnon de Moïse (sur lui la paix) s'appelait Shu'ayb, et qu'il était le maître de l'eau, mais pas le prophète de Madyan. On dit aussi que c'était le neveu de Shu'ayb, ou son cousin, ou un homme croyant du peuple de Shu'ayb, ou un homme nommé Yathrûn 42 ; c'est ainsi dans les livres des Gens du Livre : Yathrûn, prêtre de Madyan, c'est-à-dire leur chef et leur savant. Ibn 'Abbâs et Abû 'Ubayda ibn 'Abd Allah disent : son nom est Yathrûn. Abû 'Ubayda ajoute : il est le neveu de Shu'ayb. Ibn 'Abbâs ajoute : le maître de Madyan. L'essentiel est que lorsqu'il l'hébergea et l'honora, et que Moïse lui raconta son histoire, il lui annonça qu'il était sauvé. Alors l'une des deux filles dit à son père : « Ô mon père, emploie-le », c'est-à-dire pour garder tes moutons, puis elle le loua comme fort et digne de confiance. 'Umar, Ibn 'Abbâs, Shurayh le juge, Abû Mâlik, Qatâda, Muhammad ibn Ishâq et plusieurs autres disent : lorsqu'elle dit cela, son père lui demanda : « Comment le sais-tu ? » Elle répondit : « Il a soulevé une pierre que seuls dix hommes pouvaient soulever, et lorsque je suis venue avec lui, j'ai marché devant lui, mais il m'a dit : Sois derrière moi, et si le chemin se divise, jette-moi un caillou pour que je sache quel chemin prendre. » Ibn Mas'ûd dit : « Les plus perspicaces parmi les gens sont trois : le compagnon de Joseph lorsqu'il dit à sa femme : Honore sa demeure ; la compagne de Moïse lorsqu'elle dit : Ô mon père, emploie-le, car le meilleur de ceux que tu emploies est le fort et le digne de confiance ; et Abû Bakr lorsqu'il désigna 'Umar ibn al-Khattâb comme calife. » « Il dit : Je veux te marier à l'une de mes deux filles que voici, à condition que tu me serves huit ans ; si tu accomplis dix, ce sera de toi-même ; je ne veux pas te contraindre ; tu me trouveras, si Allah le veut, parmi les justes. » Un groupe de compagnons d'Abû Hanîfa (qu'Allah lui fasse miséricorde) a utilisé ce verset pour prouver la validité de la vente de l'un de ces deux esclaves ou de ces deux vêtements, etc., en raison de Sa parole : « l'une de mes deux filles que voici ». Mais cela est discutable, car il s'agit d'une négociation, non d'un contrat. Et Allah sait mieux. Les compagnons d'Ahmad ont utilisé ce verset pour prouver la validité du louage 43 contre la nourriture et l'habillement, comme c'est la coutume. Ils se sont appuyés sur le hadith rapporté par Ibn Mâjah dans ses Sunan, dans un chapitre intitulé : « Chapitre du louage d'un ouvrier contre la nourriture de son ventre » : Muhammad ibn al-Mussaffâ al-Himsî nous a raconté, Baqiyya ibn al-Walîd nous a raconté, d'après Maslama ibn 'Alî, d'après Sa'îd ibn Abî Ayyûb, d'après al-Hârith ibn Yazîd, d'après 'Alî ibn Rabâh, qui a dit : j'ai entendu 'Utba 44 ibn an-Nuddar dire : Nous étions chez le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) lorsqu'il récita Tâ Sîn Mîm ; lorsqu'il arriva à l'histoire de Moïse, il dit : « Moïse (sur lui la paix) s'est loué lui-même pour huit ou dix ans, en échange de la chasteté de son sexe et de la nourriture de son ventre. » Ce hadith, sous cette forme, n'est pas authentique, car Maslama ibn 'Alî al-Khushanî ad-Dimashqî al-Balâtî est faible selon les imams, et on ne se base pas sur ses transmissions isolées 45. Mais il a été rapporté par une autre voie : Ibn Abî Hâtim dit : Abû Zur'a nous a raconté, Yahyâ ibn 'Abd Allah ibn Bukayr nous a raconté, Ibn Lahî'a nous a raconté. Et aussi : Abû Zur'a nous a raconté, Safwân nous a raconté, al-Walîd nous a raconté, 'Abd Allah ibn Lahî'a nous a raconté, d'après al-Hârith ibn Yazîd al-Hadramî, d'après 'Alî ibn Rabâh al-Lakhmî, qui a dit : j'ai entendu 'Utba ibn an-Nuddar as-Sulamî, compagnon du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), raconter que le Messager d'Allah a dit : « Moïse (sur lui la paix) s'est loué lui-même en échange de la chasteté de son sexe et de la nourriture de son ventre. » Puis Allah Très-Haut dit : « Voilà entre moi et toi ; quel que soit des deux termes que j'accomplisse, il n'y aura pas d'hostilité contre moi ; et Allah est garant de ce que nous disons. » C'est-à-dire que Moïse dit à son beau-père : l'affaire est comme tu l'as dit ; quel que soit des deux termes que j'accomplisse, il n'y aura pas d'hostilité contre moi ; et Allah est Celui qui entend et témoigne de notre parole, et Il est garant sur moi et sur toi. Et malgré cela, Moïse n'accomplit que le plus complet et le plus parfait des deux termes, c'est-à-dire les dix années complètes et parfaites.
Al-Bukhârî a dit : Muḥammad ibn ‘Abd ar-Rahîm nous a rapporté, Sa‘îd ibn Sulaymân nous a rapporté, Marwân ibn Shujâ‘ nous a rapporté, d’après Sâlim al-Afṭas, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, qui a dit : Un Juif de la ville de Ḥîra 46 m’a demandé : « Lequel des deux termes 47 Moïse a-t-il accompli ? » J’ai répondu : « Je ne sais pas, jusqu’à ce que j’aille trouver le savant des Arabes 48 et que je l’interroge. » Je suis donc allé et j’ai interrogé Ibn ‘Abbâs, qui a dit : « Il a accompli le plus long et le meilleur des deux. Certes, l’Envoyé de Dieu, quand il dit une chose, il la fait. » Al-Bukhârî est le seul à avoir rapporté ceci par cette voie. An-Nasâ’î l’a rapporté dans le récit des épreuves 49, comme il viendra par la voie d’al-Qâsim ibn Abî Ayyûb, d’après Sa‘îd ibn Jubayr 50. Ibn Jarîr l’a rapporté d’après Aḥmad ibn Muḥammad aṭ-Ṭûsî, et Ibn Abî Ḥâtim d’après son père, tous deux d’après al-Ḥumaydî, d’après Sufyân ibn ‘Uyayna : Ibrâhîm ibn Yaḥyâ ibn Abî Ya‘qûb m’a rapporté, d’après al-Ḥakam ibn Abân, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs, que l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « J’ai interrogé Gabriel sur lequel des deux termes Moïse a accompli. Il a dit : “Le plus parfait et le plus complet des deux.” » Cet Ibrâhîm n’est connu que par ce hadith. Al-Bazzâr l’a rapporté d’après Aḥmad ibn Abân al-Qurashî, d’après Sufyân ibn ‘Uyayna, d’après Ibrâhîm ibn A‘yan, d’après al-Ḥakam ibn Abân, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs, d’après le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — et il l’a mentionné. Sunayd l’a rapporté d’après Ḥajjâj, d’après Ibn Jurayj, d’après Mujâhid, sous forme de récit interrompu 51 : L’Envoyé de Dieu interrogea Gabriel à ce sujet, Gabriel interrogea Isrâ’îl 52, et Isrâfîl 53 interrogea le Seigneur — Puissant et Glorieux — qui dit : « Le plus pieux et le plus fidèle des deux. » Ibn Abî Ḥâtim a rapporté quelque chose d’analogue d’après un hadith de Yûsuf ibn Sarj, sous forme de récit interrompu. Ibn Jarîr a rapporté par la voie de Muḥammad ibn Ka‘b que l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — fut interrogé : « Lequel des deux termes Moïse a-t-il accompli ? » Il répondit : « Le plus fidèle et le plus parfait des deux. » Al-Bazzâr et Ibn Abî Ḥâtim ont rapporté d’après un hadith de ‘Uwayd ibn Abî ‘Imrân al-Jawnî — qui est faible — d’après son père, d’après ‘Abd Allâh ibn aṣ-Ṣâmit, d’après Abû Dharr, que l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — fut interrogé sur lequel des deux termes Moïse avait accompli. Il dit : « Le plus fidèle et le plus pieux des deux. » Il ajouta : « Et si l’on t’interroge sur laquelle des deux femmes il épousa, dis : la plus jeune des deux. » Al-Bazzâr et Ibn Abî Ḥâtim ont rapporté par la voie de ‘Abd Allâh ibn Lahî‘a, d’après al-Ḥârith ibn Yazîd al-Ḥaḍramî, d’après ‘Alî ibn Rabâḥ, d’après ‘Utba ibn an-Nuddr, que l’Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « Moïse loua sa personne 54 en échange de la chasteté de son sexe et de la nourriture de son ventre. » Lorsqu’il eut accompli le terme, on dit : « Ô Envoyé de Dieu, lequel des deux termes ? » Il répondit : « Le plus pieux et le plus fidèle des deux. » Lorsqu’il voulut quitter Shu‘ayb, il demanda à sa femme d’interroger son père pour qu’il leur donne de ses moutons de quoi vivre. Il lui donna ce que ses moutons mettraient bas, de robe bigarrée 55, parmi les petits de cette année-là. Or ses moutons étaient noirs et beaux. Moïse — sur lui la paix — alla prendre un bâton, le fendit par le bout, puis le plaça au bord de l’abreuvoir. Ensuite il fit venir les moutons et les abreuva. Moïse — sur lui la paix — se tint en face de l’abreuvoir, et il n’y eut pas une brebis qui sortît sans qu’il ne frappât son flanc, une par une. Il dit : « Elles devinrent pleines et donnèrent du lait 56 », et toutes mirent bas des petits bigarrés, sauf une ou deux brebis. Parmi elles, il n’y avait ni fashûsh 57, ni ḍabûb 58, ni ‘azûz 59, ni tha‘ûl 60, ni kamûsh 61 qui échappe à la main. Le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Si vous conquérez la Syrie, vous trouverez les restes de ces moutons : ce sont les Samaritains 62. » Ibn Lahî‘a a dit : « Al-fashûsh : celle dont le trayon est large ; aḍ-ḍabûb : celle dont la mamelle est longue et traînante ; al-‘azûz : celle dont le trayon est étroit ; ath-tha‘ûl : celle dont la mamelle est petite comme deux bouts de sein ; al-kamûsh : celle dont la mamelle est si petite que la main ne peut la saisir. » Quant à l’authenticité de l’élévation 63 de ce hadith, elle est sujette à examen. Il pourrait être arrêté 64, comme l’a dit Ibn Jarîr : Muḥammad ibn al-Muthannâ nous a rapporté, Mu‘âdh ibn Hishâm nous a rapporté, mon père nous a rapporté, d’après Qatâda, Anas ibn Mâlik nous a rapporté, qui a dit : « Lorsque le prophète de Dieu, Moïse, invita son compagnon au terme convenu entre eux, son compagnon lui dit : “Toute brebis qui mettra bas sans avoir sa couleur, tu auras son petit.” Moïse alla donc placer des cordes 65 sur l’eau. Lorsque les brebis virent les cordes, elles eurent peur, firent un mouvement brusque, et toutes mirent bas des petits tachetés, sauf une seule brebis. Il emporta tous leurs petits cette année-là. » Cette chaîne de transmission est bonne 66, ses rapporteurs sont dignes de confiance. Dieu sait mieux. Il a été mentionné précédemment, d’après la transmission des Gens du Livre 67, au sujet de Jacob — sur lui la paix — lorsqu’il quitta son oncle Lâbân 68, qu’il lui donna ce qui naîtrait de ses moutons de couleur bigarrée. Il fit donc quelque chose d’analogue à ce qui est mentionné au sujet de Moïse — sur lui la paix. Dieu sait mieux. * * * Dieu a dit : « Lorsque Moïse eut accompli le terme et qu’il se mit en voyage avec sa famille, il aperçut un feu du côté du Mont. Il dit à sa famille : “Restez ici, j’aperçois un feu. Peut-être vous apporterai-je de ses nouvelles ou un tison du feu, afin que vous vous réchauffiez.” Lorsqu’il y arriva, il fut appelé du bord droit de la vallée, dans le lieu béni, depuis l’arbre : “Ô Moïse, c’est Moi, Dieu, le Seigneur des mondes. Jette ton bâton.” Lorsqu’il le vit s’agiter comme un serpent, il tourna le dos et ne revint pas. “Ô Moïse, approche et n’aie pas peur, tu es en sécurité. Introduis ta main dans ton col, elle en sortira blanche sans mal. Serre ton bras contre toi pour dissiper la peur. Voici deux preuves de ton Seigneur pour Pharaon et ses notables. Ils étaient un peuple pervers.” » Il a été mentionné précédemment que Moïse accomplit le plus parfait et le plus complet des deux termes. On peut tirer cela de Sa parole : « Lorsque Moïse eut accompli le terme. » D’après Mujâhid, il compléta dix et dix après cela. Sa parole : « et qu’il se mit en voyage avec sa famille » signifie : depuis chez son beau-père, pensant — selon ce qu’ont mentionné plusieurs exégètes et autres — qu’il désirait sa famille et se dirigea vers eux en Égypte, en cachette. Lorsqu’il voyagea avec sa famille, ayant avec lui des enfants et des moutons qu’il avait acquis durant son séjour. Ils dirent : Cela eut lieu par une nuit obscure et froide. Ils s’égarèrent en chemin et ne trouvèrent pas la route habituelle. Il frotta ses pierres à feu 69 sans rien obtenir. L’obscurité et le froid s’intensifièrent. Alors qu’il était ainsi, il aperçut au loin un feu flamboyant du côté du Mont — la montagne occidentale, à sa droite. Il dit à sa famille : « Restez ici, j’aperçois un feu. » Il semble — Dieu sait mieux — qu’il le vit avant eux, car ce feu est en réalité une lumière, et sa vision ne convient pas à tout le monde. « Peut-être vous apporterai-je de ses nouvelles » c’est-à-dire peut-être que je m’informe auprès d’elle du chemin, « ou un tison du feu, afin que vous vous réchauffiez. » Cela indique qu’ils s’étaient égarés par une nuit froide et obscure, comme dans l’autre verset : « Et t’est-il parvenu le récit de Moïse ? Lorsqu’il vit un feu et dit à sa famille : “Restez ici, j’aperçois un feu. Peut-être vous apporterai-je un tison ou trouverai-je auprès du feu une direction.” » Cela indique l’obscurité et le fait qu’ils s’étaient égarés. Tout est réuni dans la sourate an-Naml : « Lorsque Moïse dit à sa famille : “J’aperçois un feu. Je vais vous en apporter des nouvelles, ou vous apporter un tison enflammé, afin que vous vous réchauffiez.” » Il leur apporta des nouvelles — et quelles nouvelles ! — il trouva auprès d’elle une direction — et quelle direction ! — et il en tira une lumière — et quelle lumière ! * * * Dieu — Très-Haut — a dit : « Lorsqu’il y arriva, il fut appelé du bord droit de la vallée, dans le lieu béni, depuis l’arbre : “Ô Moïse, c’est Moi, Dieu, le Seigneur des mondes.” » Et dans an-Naml : « Lorsqu’il y arriva, il fut appelé : “Béni soit Celui qui est dans le feu et ceux qui l’entourent. Gloire à Dieu, Seigneur des mondes ! Ô Moïse, c’est Moi, Dieu, le Puissant, le Sage.” »
Il a dit dans la sourate Tâ-Hâ : « Lorsqu'il y vint, il fut appelé : "Ô Moïse ! Je suis ton Seigneur. Enlève tes sandales, car tu es dans la vallée sacrée de Touwâ 70. Je t'ai choisi, écoute donc ce qui va être révélé. En vérité, c'est Moi, Allah : point de divinité à part Moi. Adore-Moi donc et accomplis la prière pour Ma mémoire. L'Heure va venir ; Je la cache à peine afin que chaque âme soit rétribuée selon ses efforts. Que celui qui n'y croit pas et suit sa passion ne t'en détourne pas, sinon tu périras." » Plusieurs exégètes, parmi les Anciens et les Modernes, ont dit : Lorsque Moïse se dirigea vers ce feu qu'il avait vu et y parvint, il le trouva flamboyant dans un arbre vert d'épine noire 71 ; tout ce qui était feu s'intensifiait, et tout ce qui était verdure de cet arbre augmentait. Il s'arrêta, émerveillé. Cet arbre se trouvait sur le flanc d'une montagne, à l'ouest, à sa droite, comme Allah a dit : « Tu n'étais pas sur le versant occidental quand Nous avons confié à Moïse l'ordre, et tu n'étais pas parmi les témoins. » Moïse se trouvait dans une vallée nommée Touwâ. Il faisait face à la qibla 72, et l'arbre était à sa droite, du côté ouest. Son Seigneur l'appela dans la vallée sacrée de Touwâ. Il lui fut d'abord ordonné d'enlever ses sandales, par vénération, honneur et respect pour ce lieu béni, surtout en cette nuit bénie. Selon les Gens du Livre 73, il mit sa main sur son visage à cause de l'intensité de cette lumière, par crainte et par peur pour sa vue. Puis Allah lui parla comme Il le voulut, lui disant : « Je suis Allah, le Seigneur des mondes », « En vérité, c'est Moi, Allah : point de divinité à part Moi. Adore-Moi donc et accomplis la prière pour Ma mémoire », c'est-à-dire : Je suis le Seigneur des mondes, nul n'est digne d'adoration à part Lui ; l'adoration et l'accomplissement de la prière ne conviennent qu'à Lui. Ensuite, Il l'informa que ce monde n'est pas une demeure permanente ; la demeure éternelle est le Jour de la Résurrection, qui doit nécessairement advenir, « afin que chaque âme soit rétribuée selon ses efforts », c'est-à-dire en bien ou en mal. Il l'incita et l'encouragea à œuvrer pour elle, et à s'éloigner de celui qui n'y croit pas, qui désobéit à son Maître et suit sa passion. Puis Il lui parla, le réconfortant et lui montrant qu'Il est capable de toute chose, Celui qui dit à une chose « Sois ! » et elle est : « Qu'est-ce que tu tiens dans ta main droite, ô Moïse ? » C'est-à-dire : N'est-ce pas ton bâton que tu connais depuis que tu l'as ? Il dit : « C'est mon bâton ; je m'appuie dessus, j'en fais tomber des feuilles pour mes moutons, et j'y trouve d'autres usages. » Oui, c'est mon bâton, que je connais et reconnais. « Il dit : Jette-le, ô Moïse. Il le jeta, et voilà que c'était un serpent qui rampait. » C'est un prodige immense et une preuve décisive que Celui qui lui parle est Celui qui dit à une chose « Sois ! » et elle est, et qu'Il agit par choix. Selon les Gens du Livre, il demanda une preuve authentique de sa véracité auprès de ceux qui le traitaient de menteur en Égypte. Le Seigneur – qu'Il soit glorifié – lui dit : « Qu'est-ce que tu tiens dans ta main ? » Il dit : « Mon bâton. » Il dit : « Jette-le à terre. » Il le jeta, et voilà que c'était un serpent qui rampait. Moïse s'enfuit devant lui. Le Seigneur lui ordonna d'étendre sa main et de le prendre par la queue. Lorsqu'il s'en empara, il redevint un bâton dans sa main. Allah a dit dans un autre verset : « Et jette ton bâton ! » Puis, lorsqu'il le vit s'agiter comme un serpent 74, il tourna le dos et ne revint pas. C'est-à-dire qu'il devint un serpent énorme, avec des crocs qui claquaient, tout en ayant la rapidité de mouvement du jânn 75, une espèce de serpent appelé jânn et jânnân, qui est mince mais très rapide dans ses mouvements. Celui-ci alliait donc la taille énorme et la rapidité extrême. Lorsque Moïse – sur lui la paix – le vit, « il tourna le dos », c'est-à-dire qu'il s'enfuit, car sa nature humaine l'exigeait, « et ne revint pas », c'est-à-dire qu'il ne se retourna pas. Alors son Seigneur l'appela, lui disant : « Ô Moïse ! Approche et n'aie pas peur ; tu es en sécurité. » Lorsqu'il revint, Allah lui ordonna de le saisir : « Il dit : Prends-le et n'aie pas peur ; Nous le ramènerons à son premier état. » On dit qu'il en eut très peur ; il mit sa main dans la manche de sa tunique, puis la mit au milieu de la gueule du serpent. Selon les Gens du Livre, il le saisit par la queue ; lorsqu'il s'en empara, le voilà redevenu un bâton à deux branches. Gloire au Puissant, l'Immense, Seigneur des deux Orients et des deux Occidents ! Ensuite, Il lui ordonna d'introduire sa main dans son col, puis de la retirer ; et voilà qu'elle brillait comme la lune, blanche, sans aucun mal, c'est-à-dire sans lèpre ni vitiligo. C'est pourquoi Il dit : « Introduis ta main dans ton col ; elle en sortira blanche, sans aucun mal. Et serre ton bras contre toi pour dissiper la peur. » On a dit que cela signifie : lorsque tu as peur, mets ta main sur ton cœur, ton angoisse s'apaisera. Bien que cela soit spécifique à lui, la bénédiction de la foi en cela est vraie, et cela profite à quiconque l'utilise en imitant les prophètes. Il a dit dans la sourate an-Naml : « Et introduis ta main dans ton col ; elle en sortira blanche, sans aucun mal, parmi neuf signes [adressés] à Pharaon et à son peuple ; ils étaient un peuple pervers. » C'est-à-dire que ces deux signes – le bâton et la main – sont les deux preuves mentionnées dans Sa parole : « Voilà deux preuves de ton Seigneur pour Pharaon et ses notables ; ils étaient un peuple pervers. » En plus, il y a sept autres signes. Cela fait neuf signes évidents, qui sont mentionnés à la fin de la sourate Subhân 76, où Allah dit : « Et Nous avons donné à Moïse neuf signes évidents. Demande donc aux Enfants d'Israël, lorsqu'il leur vint, et Pharaon lui dit : "Je pense, ô Moïse, que tu es ensorcelé." Il dit : "Tu sais bien que ceux-ci n'ont été envoyés que par le Seigneur des cieux et de la terre, comme preuves ; et je pense, ô Pharaon, que tu es perdu." » Ces signes sont détaillés dans la sourate al-A'râf, dans Sa parole : « Nous avons déjà éprouvé les gens de Pharaon par des années de disette et par une diminution des fruits, afin qu'ils se souviennent. Lorsque le bien leur venait, ils disaient : "C'est à nous !" et si un mal les frappait, ils en voyaient un mauvais augure en Moïse et ceux qui étaient avec lui. En vérité, leur sort dépend d'Allah, mais la plupart d'entre eux ne savent pas. Ils dirent : "Quel que soit le signe que tu nous apportes pour nous ensorceler, nous ne croirons pas en toi." Nous avons alors envoyé sur eux le déluge, les sauterelles, les poux, les grenouilles et le sang, comme signes détaillés ; mais ils s'enflèrent d'orgueil et furent un peuple criminel. » Nous en parlerons en son lieu. Ces neuf signes sont distincts des Dix Paroles 77 ; car les neuf sont des paroles divines de prédestination, tandis que les dix sont des paroles de législation. Nous attirons l'attention sur ce point car cela a été confondu par certains narrateurs, qui ont pensé que les uns étaient les autres, comme nous l'avons établi dans l'exégèse de la fin de la sourate Banî Isrâ'îl. * * * Ce qui importe, c'est que lorsque Allah – gloire à Lui – ordonna à Moïse – sur lui la paix – d'aller vers Pharaon, « il dit : "Seigneur ! J'ai tué l'un d'eux et je crains qu'ils ne me tuent. Mon frère Aaron est plus éloquent que moi ; envoie-le donc avec moi comme soutien pour me confirmer ; je crains qu'ils ne me traitent de menteur." Il dit : "Nous allons renforcer ton bras par ton frère, et Nous vous donnerons une autorité telle qu'ils ne pourront vous atteindre, grâce à Nos signes. Vous deux et ceux qui vous suivront serez les vainqueurs." » Allah – qu'Il soit exalté – rapporte la réponse de Son serviteur et messager, Son interlocuteur Moïse – sur lui la paix – lorsque son Seigneur – qu'Il soit glorifié – lui ordonna d'aller vers son ennemi, dont il avait fui le pays d'Égypte pour échapper à sa tyrannie et à son injustice, après ce qui s'était passé avec le meurtre de ce Copte. C'est pourquoi « il dit : "Seigneur ! J'ai tué l'un d'eux et je crains qu'ils ne me tuent. Mon frère Aaron est plus éloquent que moi ; envoie-le donc avec moi comme soutien pour me confirmer ; je crains qu'ils ne me traitent de menteur." » C'est-à-dire : fais de lui mon assistant, mon soutien et mon vizir, qu'il m'aide et m'assiste dans l'accomplissement de Ta mission, car il est plus éloquent que moi et plus clair dans son expression.
Allah Ta'ala, répondant à sa demande, dit : « Nous allons fortifier ton bras par ton frère et vous donner une autorité 78 », c'est-à-dire une preuve, « et ils ne pourront vous atteindre 79 », c'est-à-dire qu'ils ne pourront vous nuire en raison de votre accomplissement de Nos signes, et il a été dit : par la bénédiction de Nos signes. « Vous deux et ceux qui vous suivent serez les vainqueurs. » Et Il dit dans la sourate Tâ-Hâ : « Va vers Pharaon, car il a transgressé. * Il dit : Seigneur, élargis ma poitrine, * et facilite ma tâche, * et dénoue le nœud de ma langue, afin qu'ils comprennent ma parole. » On a dit qu'il avait une altération de la langue à cause de cette braise qu'il avait mise sur sa langue, et que Pharaon avait voulu tester son intelligence lorsqu'il avait saisi sa barbe étant enfant et avait voulu le tuer. Âsiya, craignant pour lui, dit : « C'est un enfant. » Pharaon le testa en plaçant une datte et une braise devant lui ; il voulut prendre la datte, mais l'ange détourna sa main vers la braise, qu'il prit et mit sur sa langue, ce qui lui causa une altération. Il demanda donc la suppression partielle de cette altération, juste assez pour qu'ils comprennent sa parole, et il ne demanda pas sa suppression totale. Al-Hasan al-Basrî dit : « Les messagers ne demandent que selon le besoin, et c'est pourquoi il resta une trace dans sa langue. » C'est pourquoi Pharaon – qu'Allah le maudisse – dit, en ce qu'il prétendait être un reproche au Kalîm 80 : « Et il ne sait presque pas s'exprimer clairement 81 », c'est-à-dire qu'il ne s'exprime pas clairement sur son intention et n'exprime pas ce qui est dans sa conscience et son cœur. Puis Moïse – sur lui la paix – dit : « Et donne-moi un assistant de ma famille, * Aaron mon frère, * par lui renforce mon dos, * et associe-le à ma mission, * afin que nous Te glorifions beaucoup, * et que nous T'invoquions beaucoup. * Car Tu es Celui qui nous voit parfaitement. * Il dit : « Ta demande t'a été accordée, ô Moïse 82 » », c'est-à-dire : Nous avons répondu à tout ce que tu as demandé et t'avons donné ce que tu as sollicité. Cela fait partie de sa considération auprès de son Seigneur – Puissant et Majestueux – lorsqu'il intercéda pour qu'Allah révèle à son frère, et Il lui révéla. C'est une grande considération. Allah Ta'ala dit : « Et il était auprès d'Allah considéré 83. » Et Il dit : « Et Nous lui donnâmes, par Notre miséricorde, son frère Aaron comme prophète 84. » La mère des croyants, 'Â'isha, entendit un homme dire à des gens qui cheminaient sur la route du pèlerinage : « Quel frère a été le plus bienfaisant envers son frère ? » Les gens se turent, et 'Â'isha dit à ceux qui étaient autour de son palanquin : « C'est Moïse fils de 'Imrân, lorsqu'il intercéda pour son frère Aaron et qu'Allah révéla à lui. » Allah Ta'ala dit : « Et Nous lui donnâmes, par Notre miséricorde, son frère Aaron comme prophète. » * * * Et Il dit dans la sourate ash-Shu'arâ' : « Et lorsque ton Seigneur appela Moïse : « Va vers le peuple injuste, * le peuple de Pharaon. Ne craignent-ils pas ? » * Il dit : « Seigneur, je crains qu'ils ne me traitent de menteur, * et que ma poitrine ne se serre, et que ma langue ne se délie ; envoie donc vers Aaron. * Et ils ont contre moi un péché ; je crains donc qu'ils ne me tuent. » * Il dit : « Non ! Allez tous deux avec Nos signes, Nous sommes avec vous, Nous écoutons. * Allez donc vers Pharaon et dites : « Nous sommes le messager du Seigneur de l'univers, * pour que tu renvoies avec nous les enfants d'Israël. » * Il dit : « Ne t'avons-nous pas élevé chez nous tout enfant, et n'es-tu pas resté parmi nous des années de ta vie ? * Et tu as commis ton acte que tu as commis, et tu es parmi les ingrats 85 » », le sens du discours étant : ils allèrent donc vers lui et lui dirent cela, et lui transmirent ce pour quoi ils avaient été envoyés : l'appeler à adorer Allah Ta'ala seul, sans associé, et à libérer les captifs des enfants d'Israël de sa poigne, de sa domination et de sa tyrannie, et à les laisser adorer leur Seigneur où ils voudraient, et se consacrer à Son unicité, à Son invocation et à l'humilité devant Lui. Pharaon s'enorgueillit en lui-même, devint rebelle et tyrannique, et regarda Moïse avec un œil de mépris et de dénigrement, lui disant : « Ne t'avons-nous pas élevé chez nous tout enfant, et n'es-tu pas resté parmi nous des années de ta vie ? », c'est-à-dire : N'es-tu pas celui que nous avons élevé dans notre demeure ? N'avons-nous pas été bienfaisants envers toi et t'avons-nous comblé de bienfaits pendant un certain temps ? Cela indique que le Pharaon vers lequel il fut envoyé était celui dont il avait fui, contrairement à ce que disent les gens du Livre : que le Pharaon dont il avait fui était mort pendant son séjour à Madyan, et que celui vers lequel il fut envoyé était un autre Pharaon. Et Sa parole : « Et tu as commis ton acte que tu as commis, et tu es parmi les ingrats », c'est-à-dire : tu as tué l'homme copte, tu as fui de chez nous et tu as nié Notre bienfait. « Il dit : « Je l'ai commis, alors que j'étais parmi les égarés 86 » », c'est-à-dire avant qu'il ne me soit révélé et que la révélation ne descende sur moi, « alors j'ai fui de chez vous quand j'ai eu peur de vous ; puis mon Seigneur m'a accordé la sagesse et m'a fait parmi les messagers. » Puis, répondant à Pharaon au sujet de ce dont il se vantait – l'avoir élevé et avoir été bienfaisant envers lui – il dit : « Et ce bienfait dont tu me fais grief, c'est que tu as asservi les enfants d'Israël 87 », c'est-à-dire : ce bienfait que tu mentionnes – que tu as été bienfaisant envers moi alors que je suis un seul homme parmi les enfants d'Israël – est-il comparable au fait que tu aies utilisé tout ce grand peuple et que tu les aies asservis dans tes travaux, ton service et tes occupations ? « Il dit : « Et qu'est-ce que le Seigneur de l'univers ? » * Il dit : « Le Seigneur des cieux et de la terre et de ce qui est entre eux, si vous êtes convaincus. » * Il dit à ceux qui l'entouraient : « N'entendez-vous pas ? » * Il dit : « Votre Seigneur et le Seigneur de vos premiers ancêtres. » * Il dit : « Votre messager qui vous a été envoyé est certes un fou. » * Il dit : « Le Seigneur du Levant et du Couchant et de ce qui est entre eux, si vous raisonnez. » Allah Ta'ala mentionne ce qui eut lieu entre Pharaon et Moïse comme échanges, argumentations et discussions, et la preuve intellectuelle et spirituelle, puis sensible, que le Kalîm apporta contre le vil Pharaon. En effet, Pharaon – qu'Allah le maudisse – afficha le reniement du Créateur – Béni et Exalté soit-Il – et prétendit être la divinité : « Il rassembla [son peuple] et proclama : « Je suis votre Seigneur, le Très-Haut. » Et Pharaon dit : « Ô notables, je ne vous connais pas d'autre divinité que moi 88. » » Or, dans cette déclaration, il était obstiné, sachant qu'il était un serviteur créé et qu'Allah est le Créateur, le Producteur, le Formateur, la vraie Divinité, comme Allah Ta'ala dit : « Ils les nièrent injustement et orgueilleusement, tandis qu'en eux-mêmes ils en étaient convaincus. Regarde donc quelle fut la fin des corrupteurs 89. » C'est pourquoi il dit à Moïse – sur lui la paix – sur le mode du rejet de sa mission et pour montrer qu'il n'y a pas de Seigneur qui l'ait envoyé : « Et qu'est-ce que le Seigneur de l'univers ? » Car tous deux lui avaient dit : « Nous sommes le messager du Seigneur de l'univers. » C'est comme s'il leur disait : « Et qui est le Seigneur de l'univers que vous prétendez vous avoir envoyés et suscités ? » Moïse lui répondit en disant : « Le Seigneur des cieux et de la terre et de ce qui est entre eux, si vous êtes convaincus », c'est-à-dire le Seigneur de l'univers, le Créateur de ces cieux et de cette terre visibles, et de ce qui est entre eux comme créatures multiples 90 – nuages, vents, pluie, végétaux et animaux – que tout homme convaincu sait qu'ils ne sont pas nés d'eux-mêmes, et qu'ils ont nécessairement besoin d'un existant, d'un créateur et d'un producteur, qui est Allah, point de divinité à part Lui, le Seigneur de l'univers. « Il dit », c'est-à-dire Pharaon, « à ceux qui l'entouraient » parmi ses émirs, ses grands et ses vizirs, sur le mode de la moquerie et du dénigrement de ce que Moïse – sur lui la paix – avait établi : « N'entendez-vous pas ? », c'est-à-dire sa parole. « Il dit », Moïse, s'adressant à lui et à eux : « Votre Seigneur et le Seigneur de vos premiers ancêtres », c'est-à-dire Celui qui vous a créés, vous et ceux d'avant vous, parmi les pères, les ancêtres et les siècles passés dans les temps anciens. Car chacun sait qu'il ne s'est pas créé lui-même, ni son père ni sa mère, et qu'il ne naît pas sans un créateur ; c'est plutôt le Seigneur de l'univers qui l'a fait exister et créé. Ces deux stations sont celles mentionnées dans Sa parole : « Nous leur montrerons Nos signes dans les horizons et en eux-mêmes, jusqu'à ce qu'il leur devienne évident que c'est la vérité 91. »
Et malgré tout cela, Pharaon ne se réveilla pas de son sommeil, ne se détourna pas de son égarement, mais persista dans sa tyrannie, son obstination et son impiété : « Il dit : Votre messager qui vous a été envoyé est certes un possédé ! * Il dit : Le Seigneur de l’Orient et de l’Occident et de ce qui est entre les deux, si vous raisonnez ! » 92 C’est-à-dire Lui qui soumet ces astres brillants, qui fait mouvoir les orbes tournants, Créateur des ténèbres et de la lumière, Seigneur de la terre et du ciel, Seigneur des premiers et des derniers, Créateur du soleil et de la lune, des planètes errantes et des étoiles fixes émerveillées, Créateur de la nuit avec ses ténèbres et du jour avec sa lumière ; tout est soumis à Sa contrainte, à Son asservissement et à Son mouvement, ils naviguent dans une orbite, se succèdent en tous temps et tournent. Il est donc, exalté soit-Il, le Créateur, le Possesseur, Celui qui dispose de Sa création comme Il veut. Lorsque les preuves furent établies contre Pharaon et que ses arguments furent réduits à néant 93, et qu’il ne lui resta plus que l’obstination, il se tourna vers l’usage de son pouvoir, de son prestige et de sa violence : « Il dit : Si tu prends une divinité autre que moi, je te mettrai certes parmi les prisonniers ! * Il dit : Et si je t’apportais une chose évidente ? * Il dit : Apporte-la donc, si tu es du nombre des véridiques ! * Il jeta alors son bâton, et voici que c’était un serpent manifeste ! * Et il sortit sa main, et voici qu’elle était blanche pour les spectateurs. » Ce sont là les deux preuves par lesquelles Dieu l’appuya : le bâton et la main. C’est là une station où Il fit apparaître le prodige immense, par lequel Il éblouit les esprits et les regards, lorsqu’il jeta son bâton : et voici que c’était un serpent manifeste, c’est-à-dire d’une forme immense, prodigieux par sa taille, son horreur et son aspect terrible, éclatant, au point qu’on dit que lorsque Pharaon le vit et le contempla, une terreur intense 94 et une grande peur le saisirent, au point qu’il eut une diarrhée abondante plus de quarante fois en un jour, alors qu’auparavant il ne déféquait qu’une fois tous les quarante jours. La situation s’inversa pour lui. De même, lorsque Moïse, sur lui la paix, mit sa main dans son col et la retira, il la sortit comme un morceau de lune, étincelante de lumière, éblouissant les regards. Et lorsqu’il la remit dans son col 95 [et la retira] 96, elle revenait à son état premier. Et malgré tout cela, Pharaon – que Dieu le maudisse – ne tira aucun profit de rien de tout cela, mais persista dans son état, et prétendit que tout cela n’était que magie. Il voulut y opposer les magiciens, et envoya les rassembler de tout son royaume, de ceux qui étaient sous son autorité, sa contrainte et son règne, comme cela sera exposé et expliqué en son lieu, concernant la manifestation par Dieu de la vérité évidente et de la preuve éclatante et décisive contre Pharaon et ses notables, les gens de son règne et de sa religion. À Dieu la louange et la grâce. * * * Et Il dit, exalté soit-Il, dans la sourate Tâ Hâ : « Tu es resté des années parmi les gens de Madyan, puis tu es venu selon un décret, ô Moïse ! * Et Je t’ai façonné pour Moi-même. Va, toi et ton frère, avec Mes signes, et ne faiblissez pas dans Mon évocation. Allez vers Pharaon, car il a transgressé. * Dites-lui une parole douce, peut-être se rappellera-t-il ou craindra-t-il. * Ils dirent : Notre Seigneur, nous craignons qu’il n’agisse avec excès contre nous ou qu’il ne transgresse. * Il dit : Ne craignez pas, Je suis avec vous, J’entends et Je vois. » Il dit, exalté soit-Il, s’adressant à Moïse dans ce qu’Il lui dit la nuit où Il lui révéla et le gratifia de la prophétie, et lui parla de Lui à lui : « J’étais témoin de toi lorsque tu étais dans la demeure de Pharaon, sous Ma protection, Ma sauvegarde et Ma bienveillance. Puis Je t’ai fait sortir de la terre d’Égypte vers la terre de Madyan par Ma volonté, Ma puissance et Ma direction. Tu y es resté des années, puis tu es venu selon un décret », c’est-à-dire de Ma part pour cela, et cela a coïncidé avec Ma prédestination et Ma conduite. « Et Je t’ai façonné pour Moi-même », c’est-à-dire Je t’ai élu pour Moi-même par Mon message et Ma parole. « Va, toi et ton frère, avec Mes signes, et ne faiblissez pas dans Mon évocation », c’est-à-dire ne vous relâchez pas dans Mon évocation lorsque vous vous présenterez devant lui et vous rendrez auprès de lui 97, car cela vous aidera à lui parler, à lui répondre, à lui prodiguer le conseil et à établir la preuve contre lui. Il est rapporté dans certains hadiths que Dieu, exalté soit-Il, dit : « Mon serviteur, tout Mon serviteur est celui qui M’évoque 98 lorsqu’il rencontre son adversaire 99. » Et Il dit, exalté soit-Il : « Ô vous qui avez cru ! Lorsque vous rencontrez une troupe, soyez fermes et évoquez Dieu abondamment, afin que vous réussissiez 100. » Puis Il dit, exalté soit-Il : « Allez vers Pharaon, car il a transgressé. * Dites-lui une parole douce, peut-être se rappellera-t-il ou craindra-t-il. » Cela relève de Sa clémence, de Sa générosité 101, de Sa mansuétude et de Sa miséricorde envers Sa création, malgré Sa connaissance de la mécréance de Pharaon, de son insolence et de sa tyrannie, alors qu’il était à ce moment la plus vile de Ses créatures. Il avait envoyé vers lui l’élite de Ses créatures de cette époque, et malgré cela, Il leur dit et leur ordonne de l’appeler à Lui de la meilleure manière, avec douceur et gentillesse, et de le traiter [avec la plus douce] 102 des manières, comme on traite quelqu’un dont on espère qu’il se rappellera ou craindra. Comme Il dit à Son messager : « Appelle à la voie de ton Seigneur par la sagesse et la bonne exhortation, et discute avec eux de la meilleure manière 103. » Et Il dit, exalté soit-Il : « Et ne discutez avec les gens du Livre que de la meilleure manière, sauf ceux d’entre eux qui sont injustes 104. » Al-Hasan al-Basrî a dit : « Dites-lui une parole douce » : excusez-vous auprès de lui, dites-lui : Tu as un Seigneur et nous avons un retour, et devant toi il y a un Paradis et un Enfer. Wahb ibn Munabbih a dit : Dites-lui : « Le pardon et le pardon sont plus proches de Moi que la colère et le châtiment. » Yazîd ar-Raqâshî a dit à propos de ce verset : Ô Toi qui te rends aimable envers celui qui T’est hostile, qu’en est-il de celui qui T’est allié et T’invoque ? ! « Ils dirent : Notre Seigneur, nous craignons qu’il n’agisse avec excès contre nous ou qu’il ne transgresse. » Cela parce que Pharaon était un tyran obstiné et un démon rebelle, ayant un pouvoir étendu en Égypte, un prestige, des soldats, des armées et une violence. Ils le redoutèrent donc humainement, et craignirent qu’il ne les frappe dès le début. Alors Dieu, le Très-Haut, les affermit et dit : « Ne craignez pas, Je suis avec vous, J’entends et Je vois », comme Il dit dans un autre verset : « Nous sommes avec vous, Nous écoutons 105. » « Allez donc vers lui et dites : Nous sommes les messagers de ton Seigneur. Laisse donc partir avec nous les enfants d’Israël et ne les tourmente plus. Nous t’apportons un signe de ton Seigneur. Et que la paix soit sur quiconque suit la guidée ! * Il nous a été révélé que le châtiment sera pour quiconque crie au mensonge et se détourne. » Il mentionne, exalté soit-Il, qu’Il leur ordonna d’aller vers Pharaon et de l’appeler à Dieu, exalté soit-Il, à L’adorer seul sans associé, et à laisser partir avec eux les enfants d’Israël, à les libérer de sa captivité et de sa contrainte, et à ne pas les tourmenter. « Nous t’apportons un signe de ton Seigneur » : c’est la preuve immense du bâton et de la main. « Et que la paix soit sur quiconque suit la guidée ! » : une restriction éloquente et grande. Puis ils le menacèrent et l’avertirent du démenti, en disant : « Il nous a été révélé que le châtiment sera pour quiconque crie au mensonge et se détourne », c’est-à-dire quiconque dément la vérité par son cœur et se détourne de l’action par son corps. As-Suddî et d’autres ont rapporté que lorsqu’il arriva du pays de Madyan, il entra chez sa mère et son frère Aaron, qui dînaient d’un plat contenant du « tufshîl », c’est-à-dire du navet, et il mangea avec eux. Puis il dit : Ô Aaron, Dieu m’a ordonné, à moi et à toi, d’appeler Pharaon à Son adoration. Lève-toi avec moi. Ils se levèrent, se dirigeant vers la porte de Pharaon, et voici qu’elle était fermée. Moïse dit aux portiers et aux chambellans : Annoncez-lui que le messager de Dieu est à la porte. Ils se mirent à se moquer de lui et à le railler. Certains ont prétendu qu’ils ne furent admis auprès de lui 106 qu’après un long moment. Muhammad ibn Ishâq a dit : Ils furent admis après deux ans, car personne n’osait demander la permission pour eux. Dieu sait mieux. On dit que Moïse s’avança vers la porte et la frappa avec son bâton ; Pharaon en fut troublé et ordonna de les amener. Ils se tinrent devant lui et l’appelèrent à Dieu, Puissant et Majestueux, comme Il le leur avait ordonné.
Et chez les gens du Livre 107 : Dieu dit à Moïse, sur lui la paix : « Aaron le Lévite » – c'est-à-dire celui qui est de la descendance de Lévi, fils de Jacob – « sortira et viendra à ta rencontre 108 ». Et Il lui ordonna de prendre avec lui les anciens des fils d'Israël pour aller chez Pharaon, et Il lui ordonna de montrer les signes qu'Il lui avait donnés, et Il lui dit : « Je vais endurcir son cœur, et il ne laissera pas partir le peuple ; et je multiplierai mes signes et mes prodiges en terre d'Égypte. » Et Dieu révéla à Aaron de sortir à la rencontre de son frère dans le désert, près du mont Horeb. Lorsqu'il le rencontra, Moïse l'informa de ce que son Seigneur lui avait ordonné. Lorsqu'ils entrèrent en Égypte, ils rassemblèrent les anciens des fils d'Israël et allèrent chez Pharaon. Lorsqu'ils lui eurent transmis le message de Dieu, il dit : « Qui est Dieu ? Je ne le connais pas, et je ne laisserai pas partir les fils d'Israël. » * * * Et Dieu dit, rapportant les paroles de Pharaon : « Il dit : “Qui donc est votre Seigneur, ô Moïse ?” * Il dit : “Notre Seigneur est Celui qui a donné à chaque chose sa création, puis a guidé.” * Il dit : “Qu'en est-il donc des générations anciennes ?” * Il dit : “Leur science est auprès de mon Seigneur, dans un Livre ; mon Seigneur ne s'égare ni n'oublie. * Celui qui vous a fait de la terre un berceau, et vous y a tracé des chemins, et a fait descendre du ciel une eau par laquelle Nous faisons sortir des couples de plantes diverses. * Mangez et faites paître vos bestiaux. Il y a là des signes pour les doués d'intelligence. * D'elle Nous vous avons créés, et en elle Nous vous ferons revenir, et d'elle Nous vous ferons sortir une autre fois.” » 109 Dieu – exalté soit-Il – dit, rapportant que Pharaon nia l'affirmation du Créateur – exalté soit-Il – en disant : « Qui donc est votre Seigneur, ô Moïse ? * Il dit : “Notre Seigneur est Celui qui a donné à chaque chose sa création, puis a guidé.” » C'est-à-dire : C'est Lui qui a créé les créatures, et a déterminé pour elles des œuvres, des subsistances et des termes, et a écrit cela auprès de Lui dans Son Livre, la Tablette préservée 110 ; puis Il a guidé chaque créature vers ce qu'Il avait déterminé pour elle, de sorte que son action s'accorde avec ce qu'Il a déterminé et su, par la perfection de Sa science. Ce verset est semblable à Sa parole – exalté soit-Il : « Glorifie le nom de ton Seigneur, le Très-Haut, * qui a créé et harmonisé, * et qui a déterminé et guidé. » 111 C'est-à-dire : Il a déterminé un décret et a guidé les créatures vers lui. « Il dit : “Qu'en est-il donc des générations anciennes ?” » Pharaon dit à Moïse : « Puisque ton Seigneur est le Créateur, le Déterminateur, le Guide des créatures vers ce qu'Il a déterminé, et qu'Il est à ce point qu'Il mérite seul l'adoration, pourquoi donc les anciens ont-ils adoré autre que Lui ? Et pourquoi Lui ont-ils associé des astres et des idoles, comme tu le sais ? Pourquoi les générations anciennes n'ont-elles pas été guidées vers ce que tu mentionnes ? » « Il dit : “Leur science est auprès de mon Seigneur, dans un Livre ; mon Seigneur ne s'égare ni n'oublie.” » C'est-à-dire : Même s'ils ont adoré autre que Lui, cela n'est pas un argument pour toi, et n'indique pas le contraire de ce que je dis, car ils sont ignorants comme toi. Et tout ce qu'ils ont fait est inscrit contre eux dans les livres, du petit au grand, et mon Seigneur – Puissant et Majestueux – les rétribuera pour cela, et Il ne lèse personne du poids d'un atome, car toutes les actions des serviteurs sont écrites auprès de Lui dans un Livre dont rien ne s'égare, et mon Seigneur n'oublie rien. Puis Il lui mentionna la grandeur du Seigneur et Sa puissance sur la création des choses, et qu'Il a fait de la terre un berceau et du ciel un toit préservé, et qu'Il a soumis les nuages et les pluies pour la subsistance des serviteurs, de leurs bêtes et de leurs bestiaux, comme Il dit : « Mangez et faites paître vos bestiaux. Il y a là des signes pour les doués d'intelligence. » C'est-à-dire pour ceux qui ont des intelligences saines et droites, et des natures droites non corrompues. Il est donc le Créateur, le Pourvoyeur. Et comme Il dit – exalté soit-Il : « Ô hommes ! Adorez votre Seigneur, qui vous a créés, vous et ceux qui vous ont précédés, afin que vous soyez pieux. * C'est Lui qui vous a fait de la terre un lit, et du ciel un toit, et qui a fait descendre du ciel une eau par laquelle Il a fait sortir des fruits comme subsistance pour vous. Ne Lui assignez donc pas d'égaux, alors que vous savez. » 112 Et lorsqu'Il mentionna la revivification de la terre par la pluie, et son frémissement par la sortie de sa végétation, Il attira par cela l'attention sur la résurrection, en disant : « D'elle » c'est-à-dire de la terre « Nous vous avons créés, et en elle Nous vous ferons revenir, et d'elle Nous vous ferons sortir une autre fois. » Comme Il dit – exalté soit-Il : « Comme Il vous a commencés, vous reviendrez. » 113 Et Il dit – exalté soit-Il : « Et c'est Lui qui commence la création, puis la refait, et cela Lui est plus facile. À Lui appartient la similitude la plus élevée dans les cieux et la terre, et c'est Lui le Puissant, le Sage. » 114 * * * Puis Dieu – exalté soit-Il – dit : « Et Nous lui avons montré tous Nos signes, mais il a démenti et refusé. * Il dit : “Es-tu venu à nous pour nous faire sortir de notre terre par ta magie, ô Moïse ? * Nous t'apporterons donc une magie semblable. Fixe entre nous et toi un rendez-vous que nous ne manquerons pas, ni nous ni toi, dans un lieu convenable.” * Il dit : “Votre rendez-vous est le jour de la fête, et que les gens soient rassemblés au matin.” » 115 Dieu – exalté soit-Il – rapporte le malheur de Pharaon, l'abondance de son ignorance et la faiblesse de son intelligence, dans son démenti des signes de Dieu et son orgueil à les suivre, et sa parole à Moïse : « Ce que tu as apporté est de la magie, et nous t'opposerons une magie semblable. » Puis il demanda à Moïse de fixer un rendez-vous à un moment et un lieu connus. Et cela faisait partie des plus grands objectifs de Moïse – sur lui la paix : montrer les signes de Dieu, Ses preuves et Ses arguments en public, en présence des gens. C'est pourquoi « Il dit : “Votre rendez-vous est le jour de la fête.” » C'était un jour de fête parmi leurs fêtes, et un jour de rassemblement pour eux. « Et que les gens soient rassemblés au matin. » C'est-à-dire au début du jour, au moment où la lumière du soleil est intense, afin que la vérité soit plus manifeste et plus claire. Il n'a pas demandé que cela ait lieu de nuit, dans l'obscurité, pour que leur fausseté et leur vanité puissent prospérer, mais il a demandé que ce soit en plein jour, publiquement, car il était clairvoyant de la part de son Seigneur, et certain que Dieu manifesterait Sa parole et Sa religion, même si les Coptes en avaient le nez tordu ! * * * Dieu – exalté soit-Il – dit : « Pharaon se détourna, puis rassembla sa ruse, puis vint. * Moïse leur dit : “Malheur à vous ! Ne forgez pas de mensonge contre Dieu, sinon Il vous anéantira par un châtiment. Celui qui forge un mensonge est perdu.” * Ils discutèrent entre eux de leur affaire, et tinrent secrète la confidence. * Ils dirent : “Ces deux-là sont des magiciens qui veulent vous faire sortir de votre terre par leur magie, et faire disparaître votre voie exemplaire. * Rassemblez donc votre ruse, puis venez en rang. Heureux aujourd'hui celui qui triomphe.” » 116 Dieu – exalté soit-Il – rapporte que Pharaon rassembla ceux qui se trouvaient dans son pays parmi les magiciens. La terre d'Égypte, à cette époque, était remplie de magiciens éminents, excellents dans leur art. Il rassembla pour lui des gens de chaque pays et de chaque lieu, et il s'assembla une grande multitude et une foule nombreuse. On dit qu'ils étaient quatre-vingt mille – dit Muhammad ibn Ka'b. On dit soixante-dix mille – dit al-Qasim ibn Abi Burda. Al-Suddi dit : trente-trois mille. D'après Abu Umama : dix-neuf mille. Muhammad ibn Ishaq dit : quinze mille. Ka'b al-Ahbar dit : ils étaient douze mille. Ibn Abi Hatim rapporte d'après Ibn Abbas : ils étaient soixante-dix hommes. Et il rapporte aussi de lui qu'ils étaient quarante jeunes gens des fils d'Israël, que Pharaon avait ordonné d'aller chez les devins pour apprendre la magie. C'est pourquoi ils dirent : « Et ce que tu nous as contraints de faire comme magie. » 117 Mais cela est sujet à discussion. Et Pharaon assista, ainsi que ses princes, les gens de son royaume et les habitants de son pays, jusqu'au dernier. C'est que Pharaon avait proclamé parmi eux qu'ils assistent à cette grande occasion. Ils sortirent en disant : « Peut-être suivrons-nous les magiciens, s'ils sont les vainqueurs. » 118 Et Moïse – sur lui la paix – s'adressa aux magiciens, les exhorta et les réprimanda de pratiquer la magie vaine, qui contient une opposition aux signes de Dieu et à Ses preuves. Il dit : « Malheur à vous ! Ne forgez pas de mensonge contre Dieu, sinon Il vous anéantira par un châtiment. Celui qui forge un mensonge est perdu. * Ils discutèrent entre eux de leur affaire. » On dit que cela signifie qu'ils divergèrent entre eux : certains disaient : « C'est la parole d'un prophète, ce n'est pas un magicien » ; d'autres disaient : « C'est un magicien. » Dieu sait mieux. Et ils tinrent secrète la confidence à ce sujet et autre.
Ils dirent : « Ces deux-là sont certes des magiciens 119 ; ils veulent vous expulser de votre terre par leur magie. » Ils disent : « Cet homme et son frère Aaron sont deux magiciens savants, accomplis et experts dans cet art ; leur but est que les gens se rassemblent autour d’eux, qu’ils triomphent du roi et de son entourage, qu’ils vous anéantissent jusqu’au dernier, et qu’ils deviennent vos maîtres par cet art. » « Rassemblez donc toute votre ruse, puis venez en rang serré. Et quiconque triomphe aujourd’hui aura réussi. » Ils tinrent ce premier discours afin de délibérer, de se concerter, et d’apporter toute la machination, la ruse, la tromperie, la magie et le mensonge dont ils disposaient. Mais hélas ! Par Dieu, les conjectures furent fausses et les avis erronés. Comment le mensonge, la magie et le délire pourraient-ils rivaliser avec les miracles 120 que le Souverain 121 a opérés par les mains de Son serviteur l’Intime 122 et de Son noble messager, soutenu par la preuve éclatante qui éblouit les regards et devant laquelle les esprits et les intelligences restent confondus ? Leur parole : « Rassemblez toute votre ruse » signifie : tout ce que vous possédez ; « puis venez en rang serré » c’est-à-dire en un seul groupe. Ensuite, ils s’encouragèrent mutuellement à avancer dans cette situation, car Pharaon leur avait fait des promesses et des espoirs – mais Satan ne promet que tromperie. * * * Ils dirent : « Ô Moïse ! Ou tu jettes [ton bâton], ou nous sommes les premiers à jeter. » Il dit : « Jetez plutôt ! » Et voilà que leurs cordes et leurs bâtons lui parurent, par l’effet de leur magie, ramper. Moïse ressentit alors une peur intérieure. Nous dîmes : « N’aie pas peur, c’est toi qui seras le plus haut. Jette ce qui est dans ta droite : cela engloutira ce qu’ils ont fabriqué. Ce qu’ils ont fabriqué n’est qu’une ruse de magicien ; et le magicien ne réussit pas, où qu’il soit. » Lorsque les magiciens se rangèrent et que Moïse et Aaron se tinrent en face d’eux, ils lui dirent : « Ou tu jettes avant nous, ou nous jetons avant toi. » Il dit : « Jetez plutôt ! » Ils avaient préparé des cordes et des bâtons, qu’ils avaient enduits de vif-argent et d’autres substances, de sorte que ces cordes et bâtons s’agitaient, donnant à voir qu’ils rampaient d’eux-mêmes, alors qu’ils ne bougeaient que par cet artifice. Ainsi, ils ensorcelèrent les yeux des gens et les terrorisèrent ; ils jetèrent leurs cordes et leurs bâtons en disant : « Par la puissance de Pharaon, c’est nous qui serons les vainqueurs ! » Dieu dit : « Lorsqu’ils eurent jeté, ils ensorcelèrent les yeux des gens et les terrorisèrent, et ils produisirent une grande magie. » Il dit aussi : « Et voilà que leurs cordes et leurs bâtons lui parurent, par l’effet de leur magie, ramper. Moïse ressentit alors une peur intérieure. » C’est-à-dire qu’il craignit que les gens ne soient séduits par leur magie et leur ruse, avant qu’il n’eût jeté ce qu’il tenait, car il ne devait rien faire avant d’en avoir reçu l’ordre. Dieu lui révéla alors sur-le-champ : « N’aie pas peur, c’est toi qui seras le plus haut. Jette ce qui est dans ta droite : cela engloutira ce qu’ils ont fabriqué. Ce qu’ils ont fabriqué n’est qu’une ruse de magicien ; et le magicien ne réussit pas, où qu’il soit. » Alors Moïse jeta son bâton et dit : « Ce que vous avez apporté est de la magie ; Dieu l’anéantira. Dieu ne rend pas bonne l’œuvre des corrupteurs. Et Dieu établit la vérité par Ses paroles, même si les criminels ont en horreur. » Dieu dit aussi : « Et Nous révélâmes à Moïse : “Jette ton bâton.” Et voilà qu’il engloutit ce qu’ils avaient fabriqué. La vérité se manifesta et ce qu’ils firent s’évanouit. Ils furent vaincus sur place et s’en retournèrent humiliés. Les magiciens se jetèrent prosternés. Ils dirent : “Nous croyons au Seigneur de l’univers, au Seigneur de Moïse et d’Aaron.” » En effet, lorsque Moïse jeta son bâton, il devint un énorme serpent, doté de pattes, d’un cou immense et d’une forme terrifiante et effrayante, selon ce qu’ont rapporté plusieurs savants des prédécesseurs 123. Les gens s’écartèrent et s’enfuirent rapidement, reculant loin de lui. Le serpent se dirigea vers ce qu’ils avaient jeté – cordes et bâtons – et se mit à les engloutir un par un, avec la plus grande rapidité, sous les regards ébahis des gens. Quant aux magiciens, ils virent ce qui les terrifia et les plongea dans la stupéfaction ; ils découvrirent une chose qui n’avait jamais effleuré leur esprit, qui ne relevait pas de leur art ni de leur savoir. C’est alors qu’ils surent avec certitude, grâce à leur science, que ce n’était ni de la magie, ni de la sorcellerie 124, ni de la ruse, ni de l’illusion, ni du mensonge, ni de la fausseté, ni de l’égarement, mais la vérité que seul le Vrai 125 peut accomplir, Lui qui a envoyé ce prophète soutenu par elle. Dieu ôta de leurs cœurs le voile de l’insouciance, les illumina par la guidée qu’Il y plaça, les délivra de la dureté, et ils se tournèrent vers leur Seigneur, tombant prosternés devant Lui. Ils dirent haut et fort, sans crainte du châtiment ni de l’épreuve : « Nous croyons au Seigneur de Moïse et d’Aaron. » Comme Dieu dit : « Les magiciens se jetèrent prosternés, disant : “Nous croyons au Seigneur d’Aaron et de Moïse.” Pharaon dit : “Vous croyez en lui avant que je ne vous le permette ? C’est lui votre chef qui vous a enseigné la magie. Je vais vous couper la main et le pied opposés, et vous crucifier sur des troncs de palmiers. Et vous saurez alors qui de nous est le plus dur en châtiment et le plus durable.” Ils dirent : “Nous ne te préférerons pas à ce qui nous est parvenu comme preuves évidentes, ni à Celui qui nous a créés. Prononce donc ton jugement : tu ne juges que dans cette vie présente. Nous croyons en notre Seigneur, afin qu’Il nous pardonne nos fautes et la magie à laquelle tu nous as contraints. Et Dieu est meilleur et plus durable. Quiconque vient à son Seigneur en criminel aura l’Enfer : il n’y mourra ni n’y vivra. Et quiconque vient à Lui en croyant, ayant accompli de bonnes œuvres, ceux-là auront les plus hauts degrés : les jardins d’Éden sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Telle est la récompense de celui qui se purifie.” » Sa‘îd ibn Jubayr, ‘Ikrima, al-Qâsim ibn Abî Barza, al-Awzâ‘î et d’autres ont dit : Lorsque les magiciens se prosternèrent, ils virent leurs demeures et leurs palais au Paradis, préparés et embellis pour leur arrivée. C’est pourquoi ils ne prêtèrent aucune attention aux menaces et aux intimidations de Pharaon. Car lorsque Pharaon vit ces magiciens embrasser l’islam et le proclamer publiquement, il fut saisi de fureur et de rage, et il les menaça de son châtiment et de sa vengeance. Mais ils ne tinrent aucun compte de ses paroles, car ils avaient goûté la douceur de la foi et la certitude de la récompense divine.
- al-Kalîm : L'Interlocuteur : surnom de Moïse car Allah lui a parlé directement.
- mukhlasan : Sincère ou élu : désigne celui qui est purifié et choisi par Allah.
- at-Tûr : Le Mont : désigne le Sinaï, où Allah parla à Moïse.
- najiyyan : Confident : celui à qui l'on parle en secret, ici Moïse rapproché d'Allah.
- Isrâ'îliyyât : Récits issus de sources juives ou chrétiennes, rapportés dans les traditions islamiques.
- as-Salaf : Les prédécesseurs : les premières générations de musulmans (Compagnons, Suivants).
- Tâ Sîn Mîm : Lettres séparées (hurûf muqatta‘ât) ouvrant la sourate 28, dont le sens est connu d'Allah seul.
- shiya‘an : Factions : groupes divisés et opprimés.
- a'immatan : Guides ou imams : chefs religieux et temporels.
- Hâmân : Ministre ou conseiller de Pharaon, mentionné dans le Coran.
- Khalîl Allah : L'Intime d'Allah : titre d'Abraham, signifiant l'ami proche de Dieu.
- al-Qibt : Les Coptes : population égyptienne non israélite, sujets de Pharaon.
- As-Suddî : Célèbre exégète et traditionniste du 2e siècle de l'Hégire.
- as-Sahâba : Les Compagnons du Prophète Muhammad.
- Ahl al-Kitâb : Gens du Livre : juifs et chrétiens.
- al-waḥy : Révélation, inspiration divine.
- waḥy nubuwwa : Révélation prophétique, spécifique aux prophètes.
- lām al-‘āqiba : Lām de la conséquence, indiquant le résultat final.
- Hāmān : Hâmân, ministre de Pharaon, mentionné dans le Coran.
- junūduhumā : Leurs armées, les soldats de Pharaon et Hâmân.
- shadīdan jiddan : Très intense, renforcement de l’intensité.
- qayyaḍahum : Il les a préparés, destinés à cela.
- ‘inda ahl al-kitāb : Selon les gens du Livre (Juifs et Chrétiens), mention d’une divergence.
- li : Pour moi, particule ajoutée pour le sens.
- la‘allahum : Peut-être qu’ils, exprimant l’espoir.
- wa‘adnāhā : Nous lui avions promis, référence à la promesse divine.
- maḥabba minnī : Un amour de Ma part, amour divin inspiré.
- wa bihi al-thiqa wa ‘alayhi al-tuklān : En Lui est la confiance et sur Lui on s’appuie, formule de piété.
- ashuddahu wa-stawā : Expression désignant l'âge de la pleine maturité physique et intellectuelle, généralement interprété comme quarante ans.
- ghafla : Moment d'inattention ou d'insouciance, souvent interprété comme l'heure de la sieste ou entre les deux prières du soir.
- shī‘atihi : Littéralement 'son parti' ou 'ses partisans', désignant ici les Israélites, coreligionnaires de Moïse.
- sab'a : Sept, nombre mentionné dans les récits bibliques.
- fa-saqā lahumā : Il abreuva pour elles deux, référence coranique (28:24).
- ghanamahumā : Leurs moutons, désignant le troupeau des deux femmes.
- samur : Arbre du désert, souvent identifié comme l'acacia ou le jujubier.
- rabbī innī limā anzalta ilayya min khayrin faqīr : Parole de Moïse dans le Coran (28:24) : 'Seigneur, je suis besoin de tout bien que Tu feras descendre vers moi.'
- hāfiyan : Nu-pieds, marchant sans chaussures.
- zill : Ombre, ici l'ombre d'un arbre où Moïse s'est reposé.
- dhālika baynī wa baynaka... : Paroles de Moïse et de son beau-père dans le Coran (28:27-28) concernant le contrat de mariage et de service.
- mā kāna min amri Mūsā : Ce qui s'était passé avec Moïse, c'est-à-dire son aide aux deux femmes.
- dhālika al-shaykh : Ce vieillard, désignant le père des deux femmes, souvent identifié à Shu'ayb.
- Yathrūn : Nom du beau-père de Moïse dans la tradition biblique et islamique, parfois identifié à Jéthro.
- isti'jār : Louage, contrat de travail ou de service rémunéré.
- 'Utba : Nom d'un compagnon, 'Utba ibn an-Nuddar.
- tafarruh : Transmission isolée d'un hadith par un seul narrateur, souvent considérée comme faible.
- al-Ḥīra : Ancienne ville d'Irak, capitale des Lakhmides, près de l'actuelle Najaf.
- al-ajalayn : Les deux termes : les dix ans ou les dix ans plus dix supplémentaires que Moïse devait servir chez Shu‘ayb.
- ḥabr al-‘Arab : Le savant des Arabes, surnom d'Ibn ‘Abbâs, célèbre pour sa science.
- ḥadīth al-futūn : Le récit des épreuves, faisant référence aux épreuves de Moïse.
- bihi : Avec lui, c'est-à-dire avec cette chaîne de transmission.
- mursal : Hadith dont la chaîne de transmission est interrompue entre le successeur et le Prophète.
- Isrā'īl : Nom de l'ange Isrā'īl, parfois identifié à l'ange de la mort.
- Isrāfīl : L'ange chargé de souffler dans la Trompe au Jour du Jugement.
- ājara nafsahu : Il loua sa personne, c'est-à-dire qu'il se mit au service de Shu‘ayb.
- qālib lawn : De robe bigarrée, c'est-à-dire de couleur différente de la mère.
- fa'ata'mat wa-albanat : Elles devinrent pleines et donnèrent du lait, c'est-à-dire qu'elles mirent bas et eurent du lait.
- fashūsh : Brebis au trayon large, facile à traire.
- ḍabūb : Brebis à la mamelle longue et traînante.
- ‘azūz : Brebis au trayon étroit, difficile à traire.
- tha‘ūl : Brebis à la mamelle très petite, comme deux bouts de sein.
- kamūsh : Brebis dont la mamelle est si petite que la main ne peut la saisir.
- as-Sāmiriyya : Les Samaritains, une communauté religieuse issue des anciens Israélites.
- raf‘ : Élévation, c'est-à-dire le fait que le hadith soit attribué au Prophète.
- mawqūf : Hadith dont la chaîne s'arrête à un compagnon, sans remonter au Prophète.
- ḥibāl : Cordes, ici utilisées pour effrayer les brebis et provoquer des naissances bigarrées.
- jayyid : Bonne, qualifiant la chaîne de transmission.
- Ahl al-Kitāb : Les Gens du Livre, c'est-à-dire les Juifs et les Chrétiens.
- Lābān : Laban, l'oncle de Jacob dans la Bible.
- zunād : Pierres à feu, utilisées pour allumer un feu.
- طُوًى : Nom de la vallée sacrée où Moïse reçut la révélation.
- العَوْسَج : Arbre épineux, souvent identifié au buisson ardent.
- القِبْلَة : Direction de la prière, vers la Kaaba à La Mecque.
- أَهْلِ الْكِتَاب : Les Gens du Livre, c'est-à-dire les Juifs et les Chrétiens.
- جَانّ : Serpent rapide et mince.
- جَانّ : Espèce de serpent, également appelé jânnân, caractérisé par sa rapidité.
- سُورَةِ سُبْحَان : Sourate al-Isrâ', également appelée sourate Subhân.
- الْعَشْر الْكَلِمَات : Les Dix Commandements, paroles législatives, distincts des neuf signes miraculeux.
- sulṭānan : Autorité, pouvoir, preuve irréfutable.
- lā yaṣilūna ilaykumā : Ils ne pourront vous atteindre, c'est-à-dire vous nuire.
- al-Kalīm : Celui qui a parlé à Allah, surnom de Moïse.
- lā yakādu yubīn : Il ne sait presque pas s'exprimer clairement.
- qad ūtīta su'lak yā Mūsā : Ta demande t'a été accordée, ô Moïse.
- kāna 'inda llāhi wajīhan : Il était auprès d'Allah considéré, ayant un rang élevé.
- wa-wahabnā lahu min raḥmatinā akhāhu Hārūna nabiyyan : Et Nous lui donnâmes, par Notre miséricorde, son frère Aaron comme prophète.
- wa-anta mina l-kāfirīn : Et tu es parmi les ingrats, les mécréants.
- mina ḍ-ḍāllīn : Parmi les égarés, avant la révélation.
- an 'abbadta banī Isrā'īl : Tu as asservi les enfants d'Israël.
- mā 'alimtu lakum min ilāhin ghayrī : Je ne vous connais pas d'autre divinité que moi.
- wa-jahaḍū bihā wa-stayqanat-hā anfusuhum ẓulman wa-'uluwwan : Ils les nièrent injustement et orgueilleusement, tandis qu'en eux-mêmes ils en étaient convaincus.
- mā baynahumā min al-makhlūqāt al-muta'addida : Ce qui est entre eux comme créatures multiples.
- sa-nurīhim āyātinā fī l-āfāqi wa-fī anfusihim ḥattā yatabayyana lahum annahu l-ḥaqq : Nous leur montrerons Nos signes dans les horizons et en eux-mêmes, jusqu'à ce qu'il leur devienne évident que c'est la vérité.
- رَبُّ الْمَشْرِقِ وَالْمغْرب وَمَا بَينهمَا : Seigneur de l'Orient et de l'Occident et de ce qui est entre les deux : expression coranique désignant la souveraineté absolue de Dieu sur tout l'univers.
- شُبَهُهُ : Ses arguments équivoques : les sophismes ou doutes qu'il opposait aux preuves.
- رهب : Terreur, effroi intense.
- جيبه : Son col : l'ouverture du vêtement par où l'on passe la tête, ou la poche intérieure.
- واستخرجها : Et la retira : variante textuelle ajoutée pour préciser le geste.
- قَدِمْتُمَا : Vous vous présenterez : forme duelle du verbe 'qadima' signifiant arriver, se présenter.
- يَذْكُرُنِي : M'évoque : pratique du dhikr, remembrance de Dieu.
- مُلَاقٍ قرنه : Rencontre son adversaire : littéralement 'son pareil', désignant l'ennemi au combat.
- لَعَلَّكُمْ تفلحون : Afin que vous réussissiez : formule coranique exprimant l'espoir du succès ici-bas et dans l'au-delà.
- كَرَمِهِ : Sa générosité : attribut divin de munificence et de noblesse.
- بألطف : Avec la plus douce : variante textuelle signifiant 'avec la plus douce des manières'.
- بِالَّتِي هِيَ أحسن : De la meilleure manière : expression coranique enjoignant la douceur et la sagesse dans le débat.
- إِلَّا الَّذِينَ ظَلَمُوا مِنْهُمُ : Sauf ceux d'entre eux qui sont injustes : exception pour ceux qui persistent dans l'hostilité.
- مُسْتَمِعُونَ : Nous écoutons : forme intensive indiquant une écoute attentive et permanente.
- عَلَيْهِ : Auprès de lui : variante textuelle précisant l'accès à Pharaon.
- Ahl al-Kitāb : Gens du Livre : désigne les communautés juive et chrétienne, qui possèdent des Écritures révélées.
- Yatalaqqāka : Il viendra à ta rencontre : littéralement 'il te rencontrera'.
- Sūrat Ṭā Hā : Sourate 20, versets 49-55.
- al-Lawḥ al-Maḥfūẓ : La Tablette préservée : le livre céleste où sont inscrits tous les décrets divins.
- Sūrat al-Aʿlā : Sourate 87, versets 1-3.
- Sūrat al-Baqara : Sourate 2, versets 21-22.
- Sūrat al-Aʿrāf : Sourate 7, verset 29.
- Sūrat al-Rūm : Sourate 30, verset 27.
- Sūrat Ṭā Hā : Sourate 20, versets 56-59.
- Sūrat Ṭā Hā : Sourate 20, versets 60-64.
- Sūrat Ṭā Hā : Sourate 20, verset 73.
- Sūrat al-Shuʿarāʾ : Sourate 26, verset 40.
- sāḥirān : Magiciens, pluriel de sāḥir, désignant ceux qui pratiquent la sorcellerie ou l'illusion.
- khawāriq al-‘ādāt : Littéralement 'ce qui brise les habitudes', désignant les miracles qui transcendent les lois naturelles.
- al-Dayyān : Le Juge, l'un des noms de Dieu, signifiant Celui qui rétribue et juge avec justice.
- al-Kalīm : L'Intime, surnom de Moïse (que la paix soit sur lui), car Dieu lui a parlé directement.
- salaf : Prédécesseurs pieux, désignant les premières générations de musulmans, notamment les Compagnons et les Suivants.
- sha‘wadha : Sorcellerie, illusionnisme ou prestidigitation, souvent associé à des tours de passe-passe.
- al-Ḥaqq : Le Vrai, l'un des noms de Dieu, signifiant la Vérité absolue et éternelle.
Lorsque Moïse et Aaron furent mentionnés parmi les gens avec cette belle description [1]…
Lorsque Moïse et Aaron furent mentionnés parmi les gens avec cette belle description [1], cela l'effraya, et il vit une chose qui le stupéfia, aveuglant sa clairvoyance et sa vue. Il y avait en lui ruse, tromperie et fourberie, ainsi qu'un art consommé pour détourner du chemin de Dieu. Il dit alors, s'adressant aux magiciens en présence du peuple : « Avez-vous cru en lui avant que je ne vous le permette ? » [2], c'est-à-dire : Pourquoi ne m'avez-vous pas consulté au sujet de cet acte terrible que vous avez commis devant mon peuple ? Puis il menaça, proféra des menaces, tonna et fulmina, mentit et s'égara, disant :
Lorsque Moïse et Aaron furent mentionnés parmi les gens avec cette belle description, cela l'effraya, et il vit une chose qui l'éblouit et aveugla sa perspicacité et sa vue. Il y avait en lui ruse, tromperie et fourberie, ainsi qu'un art consommé pour détourner du chemin d'Allah. Il dit donc, s'adressant aux magiciens en présence du peuple : « Avez-vous cru en lui avant que je ne vous le permette ? » C'est-à-dire : « Pourquoi ne m'avez-vous pas consulté au sujet de cette chose terrible que vous avez faite en présence de mon peuple ? » Puis il menaça, proféra des menaces, tonna et fulmina, mentit et s'égara, disant : « C'est lui votre maître qui vous a enseigné la magie. » Et dans un autre verset : « Ceci est un stratagème que vous avez monté dans la ville pour en faire sortir les habitants. Vous saurez bientôt ! » Ce qu'il dit est une calomnie 1 dont tout individu sensé 2 connaît l'impiété, le mensonge et le délire ; bien plus, une telle chose ne tromperait même pas des enfants. Car tous les gens, de son royaume ou d'ailleurs, savent que ces magiciens n'avaient jamais vu Moïse auparavant. Comment pourrait-il être leur maître qui leur a enseigné la magie ? De plus, ce n'est pas lui qui les a rassemblés, et il n'avait pas connaissance de leur rassemblement, jusqu'à ce que Pharaon lui-même les convoque et les rassemble de toute vallée profonde, des grandes villes d'Égypte et des régions éloignées, des cités et des campagnes. Allah, exalté soit-Il, dit dans la sourate al-A‘râf : « Puis, après eux, Nous avons envoyé Moïse avec Nos signes à Pharaon et à ses notables. Mais ils les renièrent injustement. Regarde donc quelle fut la fin des corrupteurs. Et Moïse dit : « Ô Pharaon ! Je suis un messager du Seigneur de l'univers. Je ne dois dire sur Allah que la vérité. Je suis venu à vous avec une preuve évidente de la part de votre Seigneur. Laisse donc partir avec moi les enfants d'Israël. » Pharaon dit : « Si tu es venu avec un signe, produis-le donc, si tu es véridique. » Il jeta son bâton, et voilà que c'était un serpent manifeste. Et il sortit sa main, et voilà qu'elle était blanche pour les spectateurs. Les notables du peuple de Pharaon dirent : « Voilà un magicien savant. Il veut vous expulser de votre terre. Qu'ordonnez-vous donc ? » Ils dirent : « Remets-le à plus tard, lui et son frère, et envoie des rassembleurs dans les villes. Ils t'amèneront tout magicien savant. » Les magiciens vinrent à Pharaon en disant : « Y aura-t-il pour nous une récompense si nous sommes les vainqueurs ? » Il dit : « Oui, et vous serez alors parmi les rapprochés. » Ils dirent : « Ô Moïse ! Ou tu jettes, ou nous sommes les premiers à jeter. » Il dit : « Jetez. » Lorsqu'ils jetèrent, ils ensorcelèrent les yeux des gens et les terrorisèrent, et ils produisirent une grande magie. Et Nous révélâmes à Moïse : « Jette ton bâton. » Et voilà que celui-ci happait ce qu'ils avaient fabriqué. Ainsi la vérité se manifesta et ce qu'ils firent fut vain. Ils furent donc vaincus sur place et s'en retournèrent humiliés. Et les magiciens se prosternèrent. Ils dirent : « Nous croyons au Seigneur de l'univers, au Seigneur de Moïse et d'Aaron. » Pharaon dit : « Avez-vous cru en lui avant que je ne vous le permette ? Ceci est un stratagème que vous avez monté dans la ville pour en faire sortir les habitants. Vous saurez bientôt ! Je vous couperai la main et le pied opposés, puis je vous crucifierai tous. » Ils dirent : « En vérité, c'est vers notre Seigneur que nous retournerons. Tu ne nous reproches rien d'autre que d'avoir cru aux signes de notre Seigneur lorsqu'ils nous sont venus. Notre Seigneur ! Déverse sur nous l'endurance et fais-nous mourir en soumis. » Et Il dit, exalté soit-Il, dans la sourate Yûnus : « Puis, après eux, Nous avons envoyé Moïse et Aaron avec Nos signes à Pharaon et à ses notables. Mais ils s'enorgueillirent et furent un peuple criminel. Lorsque la vérité leur vint de Notre part, ils dirent : « Ceci est une magie manifeste. » Moïse dit : « Dites-vous de la vérité, quand elle vous est venue : « Est-ce de la magie ? » Les magiciens ne réussissent pas. » Ils dirent : « Es-tu venu à nous pour nous détourner de ce sur quoi nous avons trouvé nos pères, et pour que la grandeur vous appartienne dans le pays ? Nous ne croyons pas en vous. » Et Pharaon dit : « Amenez-moi tout magicien savant. » Lorsque les magiciens vinrent, Moïse leur dit : « Jetez ce que vous avez à jeter. » Lorsqu'ils jetèrent, Moïse dit : « Ce que vous avez apporté est de la magie. Allah l'annulera. Allah ne rend pas bonne l'œuvre des corrupteurs. Et Allah établit la vérité par Ses paroles, même si les criminels le détestent. » Et Il dit, exalté soit-Il, dans la sourate ach-Chu‘arâ’ : « [Pharaon] dit : « Si tu prends une autre divinité que moi, je te mettrai parmi les prisonniers. » [Moïse] dit : « Et si je t'apportais une chose évidente ? » [Pharaon] dit : « Apporte-la donc, si tu es véridique. » Il jeta son bâton, et voilà que c'était un serpent manifeste. Et il sortit sa main, et voilà qu'elle était blanche pour les spectateurs. [Pharaon] dit à son entourage : « Voilà un magicien savant. Il veut vous expulser de votre terre par sa magie. Qu'ordonnez-vous donc ? » Ils dirent : « Remets-le à plus tard, lui et son frère, et envoie des rassembleurs dans les villes. Ils t'amèneront tout grand magicien savant. » Les magiciens furent rassemblés au rendez-vous d'un jour connu. Et il fut dit aux gens : « Êtes-vous rassemblés ? Peut-être suivrons-nous les magiciens, s'ils sont les vainqueurs. » Lorsque les magiciens vinrent, ils dirent à Pharaon : « Y aura-t-il pour nous une récompense si nous sommes les vainqueurs ? » Il dit : « Oui, et vous serez alors parmi les rapprochés. » Moïse leur dit : « Jetez ce que vous avez à jeter. » Ils jetèrent leurs cordes et leurs bâtons, et dirent : « Par la puissance de Pharaon ! C'est nous qui serons les vainqueurs. » Moïse jeta son bâton, et voilà que celui-ci happa ce qu'ils avaient fabriqué. Alors les magiciens se prosternèrent. Ils dirent : « Nous croyons au Seigneur de l'univers, au Seigneur de Moïse et d'Aaron. » [Pharaon] dit : « Avez-vous cru en lui avant que je ne vous le permette ? C'est lui votre maître qui vous a enseigné la magie. Vous saurez bientôt ! Je vous couperai la main et le pied opposés, et je vous crucifierai tous. » Ils dirent : « Il n'y a pas de mal ! En vérité, c'est vers notre Seigneur que nous retournerons. Nous espérons que notre Seigneur nous pardonnera nos fautes, puisque nous avons été les premiers des croyants. » Le but est que Pharaon a menti, calomnié et mécru de la pire des mécréances en disant : « C'est lui votre maître qui vous a enseigné la magie. » Et il a proféré une calomnie que les savants, voire tous les mondes, connaissent en disant : « Ceci est un stratagème que vous avez monté dans la ville pour en faire sortir les habitants. Vous saurez bientôt ! » Et sa parole : « Je vous couperai la main et le pied opposés » signifie qu'il coupera la main droite et le pied gauche, et vice versa, « et je vous crucifierai tous » c'est-à-dire qu'il fera d'eux un exemple et un châtiment exemplaire pour que personne de son peuple et de sa religion ne les imite. C'est pourquoi il dit : « Et je vous crucifierai sur des troncs de palmiers » c'est-à-dire sur des troncs de palmiers, car ils sont plus hauts et plus visibles, « et vous saurez alors qui de nous est le plus sévère en châtiment et le plus durable » c'est-à-dire dans ce monde. Ils dirent : « Nous ne te préférerons pas à ce qui nous est venu comme preuves évidentes » c'est-à-dire nous ne t'obéirons pas et n'abandonnerons pas ce qui s'est ancré dans nos cœurs comme preuves évidentes et arguments décisifs, « et à Celui qui nous a créés 3 ». Il est dit que c'est un complément, et il est dit que c'est un serment. « Décide donc ce que tu as à décider » c'est-à-dire fais ce que tu peux, « tu ne décides que dans cette vie présente » c'est-à-dire ton jugement sur nous n'a d'effet que dans cette vie d'ici-bas ; lorsque nous la quitterons pour la demeure dernière, nous passerons sous le jugement de Celui auquel nous nous sommes soumis et dont nous avons suivi les messagers. « Nous croyons en notre Seigneur, afin qu'Il nous pardonne nos fautes et la magie à laquelle tu nous as contraints. Et Allah est meilleur et plus durable » c'est-à-dire Sa récompense est meilleure que ce que tu nous as promis comme rapprochement 4 et encouragement, « et plus durable » c'est-à-dire plus permanent que cette demeure éphémère. Et dans un autre verset : « Ils dirent : « Il n'y a pas de mal ! En vérité, c'est vers notre Seigneur que nous retournerons. Nous espérons que notre Seigneur nous pardonnera nos fautes » c'est-à-dire les péchés et les interdits que nous avons commis, « puisque nous avons été les premiers des croyants » c'est-à-dire parmi les Coptes, en Moïse et Aaron, sur eux la paix. Ils lui dirent aussi : « Et que nous reproches-tu, sinon d'avoir cru aux signes de notre Seigneur lorsqu'ils nous sont venus ? » c'est-à-dire nous n'avons aucun péché envers toi, si ce n'est notre foi en ce que notre messager nous a apporté et notre adhésion aux signes de notre Seigneur lorsqu'ils nous sont venus. « Notre Seigneur ! Déverse sur nous l'endurance » c'est-à-dire affermis-nous face à l'épreuve du châtiment de ce tyran obstiné, de ce souverain impitoyable, plutôt de ce démon rebelle, « et fais-nous mourir en soumis. »
Ils dirent aussi, en l'exhortant et en lui faisant craindre le terrible châtiment de son Seigneur : « Quiconque vient à son Seigneur en criminel aura l'Enfer, où il ne mourra ni ne vivra. » Ils lui disaient : « Prends garde d'être l'un d'eux. » Et il fut l'un d'eux. « Et quiconque vient à Lui en croyant, ayant accompli de bonnes œuvres, ceux-là auront les hauts degrés 5 », c'est-à-dire les demeures élevées, « les jardins d'Éden 6 sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Et voilà la récompense de celui qui se purifie 7. » Alors, efforce-toi d'être l'un d'eux. Mais les décrets inéluctables et irrésistibles, ainsi que le jugement du Très-Haut, du Très-Grand, selon lequel Pharaon – qu'Allah le maudisse – est parmi les gens de la Géhenne, l'en empêchèrent, afin qu'il subisse le châtiment douloureux : on verse sur sa tête de l'eau bouillante. Et on lui dit, en guise de reproche et de réprimande, à lui le réprouvé, l'infâme, le vil : « Goûte ! Toi qui es le puissant, le noble ! » Il ressort clairement de ces contextes que Pharaon – qu'Allah le maudisse – les a crucifiés et torturés – qu'Allah les agrée. Abdullah ibn Abbas et Ubayd ibn Umayr dirent : « Au début de la journée, ils étaient des magiciens ; à la fin, ils devinrent des martyrs pieux ! » Ceci est appuyé par leur parole : « Seigneur, déverse sur nous la patience et fais-nous mourir en musulmans. » Chapitre : Lorsque se produisit l'événement grandiose, à savoir la défaite que les Coptes subirent dans cette situation terrifiante, et que les magiciens sur lesquels ils comptaient se rendirent, cela ne fit qu'accroître leur mécréance, leur obstination et leur éloignement de la vérité. Allah – exalté soit-Il – dit après avoir relaté ce qui précède dans la sourate al-A‘râf : « Les notables du peuple de Pharaon dirent : "Laisseras-tu Moïse et son peuple pour semer le désordre sur terre et pour t'abandonner, toi et tes divinités ?" Il dit : "Nous tuerons leurs fils et laisserons vivre leurs femmes. Nous sommes, au-dessus d'eux, dominateurs." Moïse dit à son peuple : "Demandez secours à Allah et soyez patients, car la terre appartient à Allah ; Il la donne en héritage à qui Il veut parmi Ses serviteurs. Et la fin heureuse est pour les pieux." Ils dirent : "Nous avons été persécutés avant que tu ne viennes à nous et après que tu es venu à nous." Il dit : "Il se peut que votre Seigneur fasse périr votre ennemi et vous fasse succéder sur la terre, pour voir comment vous agirez." » Allah – exalté soit-Il – rapporte que les notables du peuple de Pharaon, c'est-à-dire les princes et les grands, incitèrent leur roi Pharaon à nuire au prophète d'Allah Moïse – sur lui la paix – et à le traiter, au lieu de croire en ce qu'il apportait, par la mécréance, le rejet et le mal. Ils dirent : « Laisseras-tu Moïse et son peuple pour semer le désordre sur terre et pour t'abandonner, toi et tes divinités ? » Ils voulaient dire – qu'Allah les maudisse – que son appel à adorer Allah seul, sans associé, et à interdire l'adoration de tout autre que Lui, était un désordre par rapport à la croyance des Coptes – qu'Allah les maudisse. Certains ont lu : « et pour t'abandonner, toi et ton adoration ». Cela peut signifier deux choses : premièrement, « et pour abandonner ta religion », ce que renforce l'autre lecture ; deuxièmement, « et pour abandonner le fait de t'adorer », car il prétendait être une divinité – qu'Allah le maudisse. « Il dit : "Nous tuerons leurs fils et laisserons vivre leurs femmes" » afin qu'ils ne multiplient pas leurs combattants. « Et nous sommes, au-dessus d'eux, dominateurs », c'est-à-dire vainqueurs. « Moïse dit à son peuple : "Demandez secours à Allah et soyez patients" » [c'est-à-dire : lorsqu'ils veulent vous nuire et vous tuer, demandez secours à votre Seigneur et soyez patients dans votre épreuve]. « Car la terre appartient à Allah ; Il la donne en héritage à qui Il veut parmi Ses serviteurs. Et la fin heureuse est pour les pieux. » C'est-à-dire : soyez donc les pieux, afin que la fin heureuse soit pour vous, comme Il dit dans un autre verset : « Moïse dit : "Ô mon peuple, si vous croyez en Allah, placez votre confiance en Lui, si vous êtes soumis." Ils dirent : "Nous plaçons notre confiance en Allah. Seigneur, ne fais pas de nous une tentation pour le peuple injuste. Et sauve-nous, par Ta miséricorde, du peuple mécréant." » Leur parole : « Ils dirent : "Nous avons été persécutés avant que tu ne viennes à nous et après que tu es venu à nous" » signifie : les fils étaient tués avant ta venue et après ta venue à nous. « Il dit : "Il se peut que votre Seigneur fasse périr votre ennemi et vous fasse succéder sur la terre, pour voir comment vous agirez." » Allah – exalté soit-Il – dit dans la sourate Hâ Mîm al-Mu'min : « Nous avons envoyé Moïse avec Nos signes et une autorité évidente, vers Pharaon, Hâmân et Coré. Ils dirent : "C'est un magicien, un menteur." » Pharaon était le roi, Hâmân le vizir, et Coré était un Israélite du peuple de Moïse, mais il suivait la religion de Pharaon et de ses notables. Il possédait une immense fortune, comme son histoire le montrera plus tard, si Allah le veut. « Quand la vérité leur vint de Notre part, ils dirent : "Tuez les fils de ceux qui ont cru avec lui et laissez vivre leurs femmes." Mais la ruse des mécréants ne fait que s'égarer. » Ce meurtre des garçons après l'envoi de Moïse était une forme d'humiliation et d'avilissement, pour réduire le nombre des fils d'Israël, afin qu'ils n'aient pas de force pour se défendre et attaquer les Coptes, dont ils se méfiaient. Mais cela ne leur profita point et ne repoussa pas le décret de Celui qui dit à une chose : « Sois ! » et elle est. « Pharaon dit : "Laissez-moi tuer Moïse, et qu'il invoque son Seigneur ! Je crains qu'il ne change votre religion ou qu'il ne fasse apparaître la corruption sur terre." » C'est pourquoi les gens disent, par moquerie : « Pharaon est devenu un rappeleur ! » C'est bien de lui : Pharaon, dans sa prétention, craignait que Moïse – sur lui la paix – n'égare les gens ! « Moïse dit : "Je cherche protection auprès de mon Seigneur et votre Seigneur contre tout orgueilleux qui ne croit pas au Jour du Jugement." » C'est-à-dire : je cherche refuge auprès d'Allah, je me réfugie auprès de Lui, contre le fait que Pharaon ou un autre ne s'en prenne à moi par le mal. Sa parole : « contre tout orgueilleux » désigne tout tyran obstiné qui ne se retient ni ne s'arrête, et ne craint ni le châtiment d'Allah ni Sa punition, car il ne croit ni à la résurrection ni à la rétribution. C'est pourquoi il dit : « qui ne croit pas au Jour du Jugement ». « Un homme croyant de la famille de Pharaon, qui cachait sa foi, dit : "Tuerez-vous un homme parce qu'il dit : 'Mon Seigneur est Allah', alors qu'il vous a apporté les preuves évidentes de votre Seigneur ? S'il est menteur, son mensonge retombera sur lui ; mais s'il est véridique, une partie de ce dont il vous menace vous frappera. Allah ne guide pas celui qui est outrancier et menteur. Ô mon peuple, la royauté est à vous aujourd'hui, vous dominez sur terre. Mais qui nous secourra contre le châtiment d'Allah s'il nous vient ?" Pharaon dit : "Je ne vous montre que ce que je vois moi-même ; je ne vous guide que dans le chemin de la droiture." » Cet homme était le cousin de Pharaon ; il cachait sa foi à son peuple par crainte pour sa vie. Certains ont prétendu qu'il était Israélite, mais cela est peu probable et contredit le contexte, tant dans les termes que dans le sens. Allah sait mieux. Ibn Jurayj rapporte qu'Ibn Abbas a dit : « Parmi les Coptes, seuls trois crurent en Moïse : celui-ci, celui qui vint de l'extrémité de la ville, et la femme de Pharaon. » Rapporté par Ibn Abi Hatim. Al-Daraqutni a dit : « On ne connaît personne nommé Sham‘ân 8 – avec un shîn pointé – si ce n'est le croyant de la famille de Pharaon. » Rapporté par al-Suhaylî. Dans l'Histoire d'al-Tabarânî, son nom est « Khayr ». Allah sait mieux. L'essentiel est que cet homme cachait sa foi. Lorsque Pharaon – qu'Allah le maudisse – voulut tuer Moïse – sur lui la paix –, qu'il en prit la résolution et consulta ses notables, ce croyant craignit pour Moïse. Il usa donc de douceur pour dissuader Pharaon par des paroles alliant incitation et intimidation, en disant cela sur le ton du conseil et de l'avis. Il est établi dans le hadith du Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – qu'il a dit : « Le meilleur du djihad est une parole de justice devant un souverain injuste. » Ceci est l'un des plus hauts degrés de cette position, car il n'y a pas de souverain plus injuste que Pharaon, et ces paroles sont les plus justes qui soient ! Car elles contiennent la protection d'un prophète. Il est possible qu'il se soit découvert à eux en manifestant sa foi, et qu'il leur ait déclaré ce qu'il cachait. La première interprétation est plus apparente. Allah sait mieux. « Il dit : "Tuerez-vous un homme parce qu'il dit : 'Mon Seigneur est Allah' ?" » C'est-à-dire : à cause qu'il a dit « Mon Seigneur est Allah » ? Un tel [acte] ne mérite pas une telle [réaction], mais plutôt l'honneur et le respect, ou la trêve et l'abandon des représailles.
C'est-à-dire parce que « il vous est venu avec les preuves évidentes de la part de votre Seigneur » 9, c'est-à-dire les miracles qui ont attesté sa véracité dans ce qu'il a apporté de la part de Celui qui l'a envoyé. Si donc vous faites la paix avec lui, vous serez en sécurité, car « s'il est menteur, son mensonge retombera sur lui » et cela ne vous nuira pas, « et s'il est véridique » et que vous vous exposez à lui, « une partie de ce dont il vous menace vous atteindra », c'est-à-dire que vous redoutez qu'il ne vous touche la moindre partie du châtiment dont il vous menace, alors qu'en serait-il si tout s'abattait sur vous ? Ce discours, en cette circonstance, est parmi les plus hauts degrés de douceur, de prudence et de raison parfaite. Et Sa parole : « Ô mon peuple, la royauté est à vous aujourd'hui, vous dominez sur la terre » 10 les met en garde contre le fait de se faire dépouiller de cette royauté précieuse, car jamais des États ne se sont opposés à la religion sans être dépouillés de leur royaume et humiliés après leur puissance ! Il en fut ainsi pour la famille de Pharaon : ils ne cessèrent d'être dans le doute, l'incertitude, l'opposition et l'entêtement face à ce que Moïse leur avait apporté, jusqu'à ce qu'Allah les fasse sortir de ce qu'ils possédaient comme royaume, propriétés, demeures, palais, bienfaits et joies, puis ils furent transportés vers la mer humiliés, et leurs âmes, après l'élévation et la hauteur, furent transférées au plus bas des bas-fonds. C'est pourquoi cet homme croyant, véridique, pieux, droit, suivant la vérité, conseiller de son peuple, d'une raison parfaite, dit : « Ô mon peuple, la royauté est à vous aujourd'hui, vous dominez sur la terre », c'est-à-dire vous êtes élevés au-dessus des gens, vous les gouvernez, « qui nous protégera donc du châtiment d'Allah s'il nous vient ? » c'est-à-dire même si vous étiez le double de ce que vous êtes en nombre, en équipement, en force et en puissance, cela ne nous servirait à rien et ne repousserait pas le châtiment du Souverain des royaumes. « Pharaon dit » 11, c'est-à-dire en réponse à tout cela : « Je ne vous montre que ce que je vois », c'est-à-dire je ne vous dis que ce que j'ai, « et je ne vous guide que dans le chemin de la droiture ». Il a menti dans chacune de ces deux paroles et de ces deux prémisses, car il savait au fond de lui-même, en son for intérieur, que ce que Moïse avait apporté de la part d'Allah était inéluctablement vrai, mais il montrait le contraire par rébellion, injustice, tyrannie et mécréance. Allah, exalté soit-Il, dit en rapportant de Moïse : « Tu sais bien que ceux-ci n'ont fait descendre que le Seigneur des cieux et de la terre comme preuves évidentes, et je pense vraiment, ô Pharaon, que tu es perdu » 12. « Il voulut donc les expulser du pays, mais Nous l'avons noyé ainsi que tous ceux qui étaient avec lui » 13. « Et après lui, Nous dîmes aux Enfants d'Israël : « Habitez la terre, et lorsque viendra la promesse de la vie dernière, Nous vous ferons venir en foule » » 14. Et Il dit, exalté soit-Il : « Lorsque Nos signes évidents leur parvinrent, ils dirent : « C'est une magie manifeste » » 15. « Ils les nièrent injustement et orgueilleusement, tandis qu'en eux-mêmes ils en étaient convaincus. Regarde donc quelle fut la fin des corrupteurs » 16. Quant à Sa parole : « et je ne vous guide que dans le chemin de la droiture », il a également menti, car il n'était pas sur la voie de la droiture, mais plutôt dans la sottise, l'égarement, la démence et l'illusion. Il fut d'abord parmi ceux qui adoraient les idoles et les statues, puis il appela son peuple ignorant et égaré à le suivre, à lui obéir et à le croire dans ce qu'il prétendait comme mécréance et absurdité, dans sa revendication d'être un seigneur – qu'Allah, le Détenteur de la Majesté, soit exalté ! Allah, exalté soit-Il, dit : « Pharaon proclama parmi son peuple : « Ô mon peuple, la royauté d'Égypte ne m'appartient-elle pas, ainsi que ces fleuves qui coulent à mes pieds ? Ne voyez-vous donc pas ? » 17. « Ne suis-je pas meilleur que cet homme qui est méprisable et qui sait à peine s'exprimer ? » 18. « Pourquoi donc ne lui a-t-on pas jeté des bracelets d'or, ou pourquoi les anges ne sont-ils pas venus avec lui en cortège ? » 19. « Il rendit son peuple léger, et ils lui obéirent ; ils étaient un peuple pervers » 20. « Lorsqu'ils Nous irritèrent, Nous Nous vengeâmes d'eux et les noyâmes tous » 21. « Nous fîmes d'eux un précédent et un exemple pour les générations suivantes » 22. Et Il dit, exalté soit-Il : « Il lui montra le plus grand signe » 23. « Mais il cria au mensonge et désobéit » 24. « Puis il tourna le dos, s'efforçant [de nuire] » 25. « Il rassembla [son peuple] et proclama » 26. « Il dit : « Je suis votre Seigneur, le Très-Haut » » 27. « Alors Allah le saisit d'un châtiment exemplaire dans l'au-delà et dans la vie présente » 28. « Il y a là une leçon pour quiconque craint [Allah] » 29. Et Il dit, exalté soit-Il : « Nous avons envoyé Moïse avec Nos signes et une autorité évidente » 30. « Vers Pharaon et ses notables ; mais ils suivirent l'ordre de Pharaon, et l'ordre de Pharaon n'était pas droit » 31. « Il précédera son peuple au Jour de la Résurrection et les mènera au Feu ; et quelle mauvaise source d'eau où ils seront menés ! » 32. « Et ils seront poursuivis par une malédiction ici-bas et au Jour de la Résurrection ; et quel mauvais don leur sera donné ! » 33. Le but est [de montrer] son mensonge dans sa parole : « Je ne vous montre que ce que je vois » et dans sa parole : « et je ne vous guide que dans le chemin de la droiture ». *** « Et celui qui avait cru dit : « Ô mon peuple, je crains pour vous un jour semblable à celui des coalisés » 34. « Semblable au sort du peuple de Noé, des 'Âd, des Thamûd et de ceux qui vinrent après eux. Et Allah ne veut aucune injustice pour les serviteurs » 35. « Ô mon peuple, je crains pour vous le Jour de l'Appel mutuel » 36. « Le jour où vous tournerez le dos en fuyant, sans avoir aucun protecteur contre Allah. Et quiconque Allah égare, nul ne peut le guider » 37. « Joseph vous est venu auparavant avec les preuves évidentes, mais vous n'avez cessé d'être dans le doute sur ce qu'il vous avait apporté. Puis, lorsqu'il mourut, vous dîtes : « Allah n'enverra plus jamais de messager après lui ». C'est ainsi qu'Allah égare celui qui est outrancier et sceptique » 38. « Ceux qui discutent des signes d'Allah sans aucune autorité venue à eux, c'est une chose grandement haïssable auprès d'Allah et auprès de ceux qui croient. Ainsi Allah scelle-t-Il tout cœur orgueilleux et tyran » 39. Le saint d'Allah les met en garde, s'ils traitent de menteur le messager d'Allah [Moïse], contre ce qui est arrivé aux nations avant eux comme châtiments et malheurs, qui leur sont parvenus de manière successive, à eux et à d'autres, comme ce qui arriva au peuple de Noé, aux 'Âd, aux Thamûd et à ceux après eux jusqu'à leur époque, par lesquels Il a établi les preuves contre tous les habitants de la terre, quant à la véracité de ce qu'ont apporté les prophètes, lorsqu'Il a fait descendre le châtiment sur leurs ennemis qui les traitaient de menteurs, et qu'Allah a sauvé ceux qui les ont suivis parmi les saints. Et Il les a effrayés du Jour de la Résurrection, qui est le Jour de l'Appel mutuel, c'est-à-dire le moment où les gens s'appelleront les uns les autres, lorsqu'ils tourneront le dos s'ils le peuvent, mais il n'y a aucun moyen pour cela. « Ce jour-là, l'homme dira : « Où fuir ? » 40. « Non ! Il n'y a point de refuge ! » 41. « Vers ton Seigneur sera, ce jour-là, le lieu de repos » 42. Et Il dit, exalté soit-Il : « Ô assemblée des djinns et des humains, si vous pouvez sortir des limites des cieux et de la terre, alors sortez ; vous ne sortirez qu'avec une autorité » 43. « Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? » 44. « Il sera lancé contre vous un jet de feu et de fumée, et vous ne serez pas secourus » 45. « Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? » 46. Certains ont lu « yawma at-tanāddi » 47 avec un dāl redoublé, c'est-à-dire le jour de la fuite. Il est possible que ce soit le Jour de la Résurrection, et il est possible que ce soit le jour où Allah fera descendre sur eux le châtiment, et ils souhaiteront fuir, mais il n'est plus temps de s'échapper. « Lorsqu'ils ressentirent Notre rigueur, voilà qu'ils s'enfuirent » 48. « Ne fuyez pas ! Retournez plutôt vers ce dont vous jouissiez et vers vos demeures, peut-être serez-vous interrogés » 49. Puis il les informa de la prophétie de Joseph dans le pays d'Égypte, et de ce qu'il fit comme bien envers les créatures dans leur vie présente et leur vie future. Et celui-ci [Moïse] est de sa descendance et de sa progéniture, et il appelle les gens à l'unicité d'Allah et à Son adoration, et à ne rien Lui associer parmi Ses créatures. Et il informa des habitants de l'Égypte en ce temps-là, et que leur nature était de traiter la vérité de mensonge et de s'opposer aux messagers. C'est pourquoi il dit : « Mais vous n'avez cessé d'être dans le doute sur ce qu'il vous avait apporté. Puis, lorsqu'il mourut, vous dîtes : « Allah n'enverra plus jamais de messager après lui » », c'est-à-dire vous avez menti en cela. C'est pourquoi il dit : « C'est ainsi qu'Allah égare celui qui est outrancier et sceptique » 50. « Ceux qui discutent des signes d'Allah sans aucune autorité venue à eux », c'est-à-dire ils rejettent Ses preuves, Ses arguments et les signes de Son unicité, sans aucune preuve ni argument de la part d'Allah. Car c'est une chose qu'Allah déteste au plus haut point, c'est-à-dire qu'Il hait celui qui s'en revêt parmi les gens, et celui qui s'en caractérise parmi les créatures. « Ainsi Allah scelle-t-Il tout cœur orgueilleux et tyran » 51. On lit avec l'annexion ou comme attribut, et les deux sont liés : c'est-à-dire que lorsque les cœurs s'opposent à la vérité – et ils ne s'y opposent que sans preuve – alors Allah scelle sur eux, c'est-à-dire qu'Il imprime un sceau sur eux [en raison de ce qu'ils contiennent].
Et Pharaon dit : « Ô Hâmân, bâtis-moi une tour 52 : peut-être atteindrai-je les voies 53, les voies des cieux, et pourrai-je monter jusqu’au Dieu de Moïse ; mais je pense vraiment qu’il est menteur. » Ainsi fut embellie à Pharaon la laideur de son œuvre, et il fut détourné du chemin ; et la ruse de Pharaon n’aboutit qu’à la perdition 54. Pharaon traita Moïse (sur lui la paix) de menteur dans sa prétention qu’Allah l’avait envoyé, et Pharaon prétendit à son peuple ce qu’il avait démenti et inventé dans sa parole [leur disant] : « Je ne vous connais pas d’autre dieu que moi. Enflamme donc pour moi, ô Hâmân, sur l’argile, et construis-moi une tour : peut-être monterai-je jusqu’au Dieu de Moïse ; mais je pense vraiment qu’il est menteur. » Et Il dit ici : « Peut-être atteindrai-je les voies, les voies des cieux », c’est-à-dire leurs chemins et leurs accès, « et pourrai-je monter jusqu’au Dieu de Moïse ; mais je pense vraiment qu’il est menteur. » Cela peut avoir deux sens : l’un : « Je pense vraiment qu’il est menteur » en disant que le monde a un Seigneur autre que moi ; le second : dans sa prétention qu’Allah l’a envoyé. Le premier est plus conforme à l’apparence de la situation de Pharaon, car il niait ouvertement l’existence du Créateur ; le second est plus proche du texte, puisqu’il dit : « pourrai-je monter jusqu’au Dieu de Moïse », pour Lui demander s’Il l’a envoyé ou non, « et je pense vraiment qu’il est menteur », c’est-à-dire dans cette prétention. Le but de Pharaon était de détourner les gens de croire en Moïse (sur lui la paix) et de les inciter à le traiter de menteur. Allah Très-Haut dit : « Ainsi fut embellie à Pharaon la laideur de son œuvre, et il fut détourné du chemin. » Et on lit : « et il fut détourné du chemin ; et la ruse de Pharaon n’aboutit qu’à la perdition. » Ibn ‘Abbâs et Mujâhid dirent : c’est-à-dire qu’elle n’aboutit qu’à la perte, c’est-à-dire au néant ; il n’obtient rien de ce qu’il visait, car il est impossible aux humains d’atteindre le ciel par leurs forces – je veux dire le ciel le plus proche – alors qu’en est-il des cieux supérieurs ? Et de ce qui est au-dessus, de l’élévation que seul Allah, Puissant et Majestueux, connaît ? Plusieurs exégètes ont mentionné que cette tour, c’est-à-dire le palais que son vizir Hâmân lui bâtit, on n’avait jamais vu de construction plus haute, et qu’elle était faite de briques cuites au feu ; c’est pourquoi il dit : « Enflamme donc pour moi, ô Hâmân, sur l’argile, et construis-moi une tour. » Selon les Gens du Livre, les Enfants d’Israël étaient asservis à la fabrication des briques, et parmi les corvées pharaoniques qu’ils supportaient, ils n’étaient aidés en rien de ce dont ils avaient besoin pour cela ; au contraire, ils devaient eux-mêmes en rassembler la terre, la paille et l’eau, et on exigeait d’eux chaque jour une quantité déterminée ; s’ils ne le faisaient pas, ils étaient battus, humiliés et tourmentés au plus haut point. C’est pourquoi ils dirent à Moïse : « Nous avons été persécutés avant que tu ne viennes à nous et après que tu es venu à nous. Il dit : « Il se peut que votre Seigneur fasse périr votre ennemi et vous fasse succéder sur la terre, pour voir comment vous agirez. » » Il leur promit donc que la fin heureuse serait pour eux contre les Coptes, et ainsi advint-il ; ceci est une preuve de la prophétie. Revenons à l’exhortation et à l’argumentation du croyant. Allah Très-Haut dit : « Et celui qui avait cru dit : « Ô mon peuple, suivez-moi, je vous guiderai dans le chemin de la droiture. Ô mon peuple, cette vie présente n’est qu’une jouissance éphémère, tandis que l’au-delà est la demeure de la stabilité. Quiconque commet une mauvaise action ne sera rétribué que par son équivalent ; et quiconque, homme ou femme, accomplit une bonne action tout en étant croyant, ceux-là entreront au Paradis, où ils seront pourvus sans compter. » » Il les appelait, qu’Allah l’agrée, à la voie de la droiture et de la vérité, c’est-à-dire à suivre le Prophète d’Allah, Moïse, et à le croire en ce qu’il apportait de la part de son Seigneur. Puis il les détacha de cette basse vie, éphémère et destinée à disparaître, et les incita à rechercher la récompense auprès d’Allah, qui ne perd jamais l’œuvre de quiconque agit, le Puissant qui tient en Sa main la royauté de toute chose, qui donne beaucoup pour peu ; et de Sa justice, Il ne rétribue le mal que par son équivalent. Il leur apprit que l’au-delà est la demeure de la stabilité, où celui qui arrive, croyant ayant accompli les bonnes œuvres, aura les hauts degrés, les chambres sûres, les biens nombreux et excellents, les subsistances éternelles qui ne périssent jamais, et le bien dont ils ne cessent de recevoir davantage. Puis il entreprit d’invalider ce sur quoi ils étaient, et de les effrayer par ce qui les attendait, en disant : « Et ô mon peuple, qu’ai-je à vous appeler au salut, tandis que vous m’appelez au Feu ? Vous m’appelez à mécroire en Allah et à Lui associer ce dont je n’ai aucune science, tandis que je vous appelle au Puissant, au Très-Pardonneur. Nul doute que ce à quoi vous m’appelez n’a aucune autorité 55 en ce monde ni dans l’au-delà ; et notre retour est à Allah ; et les outranciers 56 sont les gens du Feu. Vous vous souviendrez de ce que je vous dis ; et je confie mon affaire à Allah. Certes, Allah voit parfaitement Ses serviteurs. » Allah le préserva donc des méfaits de leurs manœuvres, et le pire châtiment cerna les gens de Pharaon : le Feu, auquel ils sont exposés matin et soir ; et le jour où l’Heure arrivera, il sera dit : « Faites entrer les gens de Pharaon au plus dur châtiment. » Il les appelait à l’adoration du Seigneur des cieux et de la terre, qui dit à une chose « Sois ! » et elle est, tandis qu’eux l’appelaient à adorer Pharaon, l’ignorant, l’égaré, le maudit ! C’est pourquoi il leur dit, sur un ton de reproche : « Ô mon peuple, qu’ai-je à vous appeler au salut, tandis que vous m’appelez au Feu ? Vous m’appelez à mécroire en Allah et à Lui associer ce dont je n’ai aucune science, tandis que je vous appelle au Puissant, au Très-Pardonneur. » Puis il leur montra la vanité de ce sur quoi ils étaient, à savoir l’adoration d’autres qu’Allah, des égaux et des idoles, et qu’ils ne possèdent ni profit ni préjudice. Il dit : « Nul doute que ce à quoi vous m’appelez n’a aucune autorité en ce monde ni dans l’au-delà ; et notre retour est à Allah ; et les outranciers sont les gens du Feu », c’est-à-dire qu’ils ne possèdent ni pouvoir ni jugement en cette demeure, comment en posséderaient-ils au Jour de la Décision ? Quant à Allah, Puissant et Majestueux, Il est le Créateur, le Pourvoyeur des pieux et des impies ; c’est Lui qui fait vivre les serviteurs, les fait mourir et les ressuscite, puis fait entrer les obéissants au Paradis et les rebelles au Feu. Puis il les menaça, s’ils persistaient dans l’obstination, par sa parole : « Vous vous souviendrez de ce que je vous dis ; et je confie mon affaire à Allah. Certes, Allah voit parfaitement Ses serviteurs. » Allah dit : « Allah le préserva donc des méfaits de leurs manœuvres », c’est-à-dire que par son reniement, il fut épargné de ce qui les frappa comme châtiment pour leur mécréance en Allah et leurs manœuvres pour détourner du chemin d’Allah, par les illusions et les impossibilités qu’ils montraient au public, dont ils affublaient leurs gens du commun et leur populace. C’est pourquoi Il dit : « et le pire châtiment cerna les gens de Pharaon : le Feu, auquel ils sont exposés matin et soir », c’est-à-dire que leurs âmes, dans leur Barzakh 57, sont exposées au Feu matin et soir. « et le jour où l’Heure arrivera, il sera dit : « Faites entrer les gens de Pharaon au plus dur châtiment. » » Nous avons déjà parlé de l’indication de ce verset sur le châtiment de la tombe dans l’exégèse, et à Allah la louange. Le but est qu’Allah Très-Haut ne les a fait périr qu’après avoir établi les preuves contre eux, envoyé le Messager vers eux, dissipé les doutes, et pris l’argument contre eux par eux-mêmes.
Par l'intimidation 58 tantôt et par l'incitation 59 tantôt, comme Allah a dit : « Et Nous avons déjà éprouvé le peuple de Pharaon par les années de disette et par une diminution des fruits, afin qu'ils se souviennent. * Puis quand le bien leur venait, ils disaient : « Cela nous est dû. » Et si un mal les atteignait, ils en voyaient un mauvais augure en Moïse et ceux qui étaient avec lui. En vérité, leur sort ne dépend que d'Allah, mais la plupart d'entre eux ne savent pas. * Et ils dirent : « Quel que soit le signe que tu nous apportes pour nous ensorceler, nous ne croirons pas en toi. » * Alors Nous avons envoyé sur eux le déluge, les sauterelles, les poux, les grenouilles et le sang, comme signes distincts. Mais ils s'enflèrent d'orgueil et furent un peuple criminel. » » Allah informe qu'Il a éprouvé la famille de Pharaon et son peuple, les Coptes, par les années de disette, c'est-à-dire les années de sécheresse où aucune récolte n'est exploitée et où l'on ne tire aucun profit du bétail. Et Sa parole : « et une diminution des fruits », c'est-à-dire la rareté des fruits des arbres, « afin qu'ils se souviennent », c'est-à-dire qu'ils ne profitèrent pas et ne se détournèrent pas, mais persistèrent dans leur mécréance et leur obstination. « Puis quand le bien leur venait », c'est-à-dire l'abondance et autres, « ils disaient : « Cela nous est dû » », c'est-à-dire ce que nous méritons et ce qui nous convient. « Et si un mal les atteignait, ils en voyaient un mauvais augure en Moïse et ceux qui étaient avec lui », c'est-à-dire qu'ils disaient : « Ce mal nous a frappés à cause de leur mauvais sort. » Et ils ne disaient pas dans le premier cas que c'était par leur bénédiction et la bonne compagnie qu'ils leur offraient, mais leurs cœurs étaient dénégateurs, orgueilleux et fuyant la vérité. Quand le mal arrivait, ils l'attribuaient à lui, et s'ils voyaient un bien, ils le revendiquaient pour eux-mêmes. Allah a dit : « En vérité, leur sort ne dépend que d'Allah », c'est-à-dire qu'Allah les rétribuera pour cela de la manière la plus complète. « Mais la plupart d'entre eux ne savent pas. » « Et ils dirent : « Quel que soit le signe que tu nous apportes pour nous ensorceler, nous ne croirons pas en toi » », c'est-à-dire : quel que soit le signe que tu nous apportes – et ce sont des choses qui sortent de l'ordinaire – nous ne croirons pas en toi, nous ne te suivrons pas et nous ne t'obéirons pas, même si tu nous apportais tous les signes. C'est ainsi qu'Allah a rapporté à leur sujet dans Sa parole : « Ceux contre qui la parole de ton Seigneur s'est réalisée ne croiront pas, * même si tous les signes leur venaient, jusqu'à ce qu'ils voient le châtiment douloureux. » Allah a dit : « Alors Nous avons envoyé sur eux le déluge, les sauterelles, les poux, les grenouilles et le sang, comme signes distincts. Mais ils s'enflèrent d'orgueil et furent un peuple criminel. » Quant au déluge, d'après Ibn Abbas : ce sont les pluies abondantes qui noient et détruisent les cultures et les fruits. C'est aussi l'avis de Saïd ibn Jubayr, Qatada et al-Suddi. D'après Ibn Abbas et Ata : c'est une grande mortalité. Mujahid a dit : le déluge est l'eau et la peste, en tout cas. D'après Ibn Abbas : une chose qui les a submergés. Ibn Jarir et Ibn Mardawayh ont rapporté par la voie de Yahya ibn Yaman, d'après al-Minhal ibn Khalifa, d'après al-Hajjaj, d'après al-Hakam ibn Mina, d'après Aïcha, d'après le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) qu'il a dit : « Le déluge est la mort. » Ce hadith est étrange. Quant aux sauterelles, elles sont connues. Abu Dawud a rapporté d'après Abu Uthman, d'après Salman al-Farisi, qu'on a interrogé le Messager d'Allah au sujet des sauterelles, et il a dit : « Ce sont les plus nombreuses des armées d'Allah ; je ne les mange pas et ne les interdis pas. » Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a délaissé leur consommation par répugnance, comme il a délaissé la consommation du lézard des sables, et s'est abstenu de manger l'oignon, l'ail et le poireau, comme il est établi dans les deux Sahih d'après Abd Allah ibn Abi Awfa qui a dit : « Nous avons participé à sept expéditions avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et nous mangions des sauterelles. » Nous avons déjà traité des hadiths et des récits à ce sujet dans l'exégèse. Le but est qu'Il a emporté leur verdure, ne leur laissant ni culture, ni fruits, ni biens, ni rien. Quant aux poux, d'après Ibn Abbas : ce sont les charançons qui sortent du blé. D'après lui aussi : ce sont les petites sauterelles sans ailes. C'est aussi l'avis de Mujahid, Ikrima et Qatada. Saïd ibn Jubayr et al-Hasan ont dit : ce sont de petites bêtes noires. Abd al-Rahman ibn Zayd ibn Aslam a dit : les poux sont les puces. Ibn Jarir a rapporté des philologues arabes que ce sont les tiques, c'est-à-dire les petites tiques au-dessus des poux. Elles envahirent leurs maisons et leurs lits, ne leur laissant aucun repos, et ils ne pouvaient ni dormir ni vivre avec elles. Ata ibn al-Sa'ib l'a interprété comme les poux connus. Al-Hasan al-Basri l'a lu ainsi, avec une légère prononciation. Quant aux grenouilles, elles sont connues ; elles les envahirent au point de tomber dans leur nourriture et leurs récipients, au point que si l'un d'eux ouvrait la bouche pour manger ou boire, une grenouille y tombait. Quant au sang, toute leur eau en était mêlée ; ils ne puisaient rien du Nil sans le trouver du sang pur, ni d'un fleuve, ni d'un puits, ni quoi que ce soit, sans que cela ne devienne du sang à l'instant même. Tout cela n'atteignit absolument pas les Enfants d'Israël. Cela fait partie de la perfection du miracle éclatant et de la preuve décisive que tout cela arrivait par l'action de Moïse (sur lui la paix), et les atteignait tous, sans que cela n'arrive à aucun des Enfants d'Israël. C'est la preuve la plus évidente. Muhammad ibn Ishaq a dit : L'ennemi d'Allah, Pharaon, revint, lorsque les magiciens eurent cru, vaincu et enchaîné, puis il persista dans la mécréance et s'obstina dans le mal. Allah lui envoya donc successivement les signes : Il le frappa par les années de disette, puis envoya sur lui le déluge, puis les sauterelles, puis les poux, puis les grenouilles, puis le sang, comme signes distincts. Il envoya le déluge – c'est l'eau – qui inonda la surface de la terre puis stagna, les empêchant de labourer ou de faire quoi que ce soit, jusqu'à ce qu'ils souffrent de la faim. Quand cela les accabla, ils dirent : « Ô Moïse, invoque pour nous ton Seigneur en vertu de l'alliance qu'Il a faite avec toi. Si tu éloignes de nous le fléau, nous croirons en toi et nous laisserons partir avec toi les Enfants d'Israël. » Moïse invoqua son Seigneur et Il éloigna le fléau d'eux. Mais lorsqu'ils ne tinrent aucune de leurs promesses, Allah envoya sur eux les sauterelles, qui mangèrent les arbres, d'après ce qui m'est parvenu, au point de manger les clous en fer des portes, si bien que leurs maisons et leurs demeures s'écroulèrent. Ils dirent alors la même chose, et il invoqua son Seigneur qui les en délivra, mais ils ne tinrent aucune de leurs promesses. Allah envoya alors sur eux les poux. Il m'a été rapporté que Moïse (sur lui la paix) reçut l'ordre d'aller vers une dune et de la frapper de son bâton. Il alla vers une grande dune de sable meuble, la frappa, et il en sortit une multitude de poux qui envahirent les maisons et la nourriture, les empêchant de dormir et de se reposer. Quand cela les accabla, ils lui dirent la même chose, il invoqua son Seigneur qui les en délivra, mais ils ne tinrent aucune de leurs promesses. Allah envoya alors sur eux les grenouilles, qui remplirent les maisons, la nourriture et les récipients ; personne ne découvrait un vêtement ou de la nourriture sans y trouver des grenouilles qui les avaient envahis. Quand cela les accabla, ils lui dirent la même chose, il invoqua son Seigneur qui les en délivra, mais ils ne tinrent aucune de leurs promesses. Allah envoya alors sur eux le sang : les eaux de la famille de Pharaon devinrent du sang ; ils ne puisaient d'un puits ni d'un fleuve, et ne puisaient d'un récipient sans que cela ne devienne du sang pur. Zayd ibn Aslam a dit : ce qui est visé par le sang est l'épistaxis. Rapporté par Ibn Abi Hatim. Allah a dit : « Et quand le fléau s'abattit sur eux, ils dirent : « Ô Moïse, invoque pour nous ton Seigneur en vertu de l'alliance qu'Il a faite avec toi. Si tu éloignes de nous le fléau, nous croirons en toi et nous laisserons partir avec toi les Enfants d'Israël. » * Puis quand Nous eûmes éloigné le fléau d'eux jusqu'au terme qu'ils devaient atteindre, voilà qu'ils violèrent leur engagement. * Alors Nous Nous vengeâmes d'eux et Nous les noyâmes dans la mer, parce qu'ils avaient traité Nos signes de mensonges et qu'ils y étaient inattentifs. »
Il informe, exalté soit-Il, de leur mécréance, de leur insolence, de leur persistance dans l'égarement et l'ignorance, et de leur orgueil à suivre les signes d'Allah et à croire en Son messager, malgré ce dont Il l'a soutenu comme signes immenses, éclatants, et preuves éloquentes et irréfutables, qu'Allah leur a montrés de visu et qu'Il a établis pour eux comme preuve et argument. Chaque fois qu'ils voyaient un signe et le contemplaient, ils peinaient et s'épuisaient, et juraient et promettaient à Moïse : "Si tu éloignes de nous ceci 60, nous croirons certainement en toi et nous enverrons avec toi ceux de ton parti." Mais chaque fois que ce signe était levé d'eux, ils revenaient à pire qu'avant, se détournaient de la vérité qu'il leur avait apportée et n'y prêtaient aucune attention. Alors Allah envoyait sur eux un autre signe, plus fort et plus puissant que le précédent. Ils disaient et mentaient 61, promettaient et ne tenaient pas : "Si tu éloignes de nous le fléau, nous croirons en toi et nous enverrons avec toi les enfants d'Israël." Alors ce châtiment douloureux était éloigné d'eux, puis ils retournaient à leur vaste et longue ignorance. Et pourtant, le Grand, le Clément, le Puissant, leur accordait un délai sans se hâter contre eux, les retardait et les menaçait. Puis, après avoir établi la preuve contre eux et leur avoir donné l'excuse 62, Il les saisit de la saisie d'un Tout-Puissant, Fort, et fit d'eux une leçon, un châtiment exemplaire et un précédent pour ceux qui, parmi les mécréants, leur ressemblaient, et un exemple pour ceux qui, parmi Ses serviteurs croyants, tirent leçon d'eux. Comme l'a dit, béni et exalté soit-Il, Lui le plus véridique des locuteurs, dans la sourate Hâ Mîm et le Livre explicite : "Nous avons envoyé Moïse avec Nos signes vers Pharaon et ses notables. Il dit : 'Je suis le messager du Seigneur de l'univers.' Puis, quand il leur apporta Nos signes, voilà qu'ils en rirent. Et Nous ne leur montrions aucun signe qui ne fût plus grand que son précédent. Et Nous les saisîmes par le châtiment, peut-être reviendraient-ils. Ils dirent : 'Ô magicien ! Invoque pour nous ton Seigneur selon l'engagement qu'Il a pris envers toi ; nous serons alors bien guidés.' Puis, quand Nous eûmes éloigné d'eux le châtiment, voilà qu'ils violèrent leur engagement. Et Pharaon proclama parmi son peuple : 'Ô mon peuple ! N'ai-je pas la royauté d'Égypte et ces fleuves qui coulent à mes pieds ? Ne voyez-vous donc pas ? Ou bien suis-je meilleur que cet individu qui est méprisable et qui sait à peine s'exprimer ? Pourquoi donc ne lui a-t-on pas lancé des bracelets d'or 63 ? Ou pourquoi les anges ne sont-ils pas venus avec lui en cortège ?' Il étourdit son peuple et ils lui obéirent ; c'étaient des gens pervers. Puis, quand ils Nous eurent irrités 64, Nous Nous vengeâmes d'eux et les noyâmes tous. Et Nous fîmes d'eux un précédent et un exemple pour les autres." 65 Il mentionne, exalté soit-Il, Son envoi de Son serviteur l'Interlocuteur [le Généreux] 66 vers Pharaon, le vil et l'ignoble, et qu'Il a soutenu Son messager par des signes évidents, clairs, qui méritaient d'être accueillis avec vénération et croyance, et qu'ils se détournent de ce qu'ils avaient comme mécréance et reviennent vers la vérité et la voie droite. Mais voilà qu'ils en riaient et s'en moquaient, se détournaient du chemin d'Allah et s'écartaient de la vérité 67. Alors Allah envoya sur eux les signes en succession, se suivant les uns les autres, chaque signe plus grand que celui qui le précédait, car la confirmation est plus éloquente que ce qui la précède. "Et Nous les saisîmes par le châtiment, peut-être reviendraient-ils. Ils dirent : 'Ô magicien ! Invoque pour nous ton Seigneur selon l'engagement qu'Il a pris envers toi ; nous serons alors bien guidés.'" Le terme "magicien" n'était pas à leur époque un défaut ou un blâme, car leurs savants en ce temps étaient les magiciens ; c'est pourquoi ils s'adressèrent à lui par ce terme dans leur besoin et leur supplication auprès de lui. Allah, exalté soit-Il, dit : "Puis, quand Nous eûmes éloigné d'eux le châtiment, voilà qu'ils violèrent leur engagement." 68 Ensuite, Il informe, exalté soit-Il, de la vantardise de Pharaon sur sa royauté, la grandeur et la beauté de son pays, et les fleuves qui y coulaient, c'est-à-dire les canaux qu'ils creusaient lors des jours 69 de crue du Nil. Puis il se vanta de lui-même et de sa parure, et se mit à dénigrer le messager d'Allah, Moïse, sur lui la paix, et à le mépriser parce qu'il "sait à peine s'exprimer", c'est-à-dire sa parole, à cause de ce qu'il avait dans sa langue comme [reste de ce] 70 bégaiement, qui était pour lui un honneur, une perfection et une beauté, et qui ne l'empêcha pas qu'Allah lui parle, lui révèle et fasse descendre sur lui la Thora après cela. Et Pharaon - qu'Allah le maudisse - le dénigra parce qu'il n'avait pas de bracelets aux mains ni de parure sur lui ! Or cela fait partie de la parure des femmes, ne convient pas à la virilité des hommes ; comment en serait-il pour les messagers, qui sont les plus parfaits 71 en raison, les plus complets en connaissance, les plus élevés en ambition, les plus ascétiques en ce monde, et les plus savants de ce qu'Allah a préparé pour Ses alliés dans l'au-delà ? Et Sa parole : "Ou pourquoi les anges ne sont-ils pas venus avec lui en cortège ?" La chose n'a pas besoin de cela. Si l'on veut dire 72 que les anges le glorifient, les anges glorifient et s'humilient devant bien inférieur à Moïse, sur lui la paix, comme il est venu dans le hadith : "Les anges abaissent leurs ailes pour le chercheur de science, satisfaits de ce qu'il fait." Comment donc serait leur humilité et leur glorification envers Moïse l'Interlocuteur, sur lui la prière, la paix et l'honneur ! Et si l'on veut dire 73 qu'ils témoignent pour lui de la mission, il a été soutenu par des miracles qui indiquent catégoriquement aux doués d'intelligence et à ceux qui visent la vérité et la rectitude, et devient aveugle à ce qu'il a apporté comme preuves, arguments et évidences celui qui regarde les écorces et délaisse le cœur du noyau, et dont le Seigneur des seigneurs a scellé le cœur par ce qu'il contient de doute et de suspicion, comme c'est l'état de Pharaon le Copte, l'aveugle, le menteur. Allah, exalté soit-Il, dit : "Il étourdit son peuple et ils lui obéirent" c'est-à-dire qu'il étourdit leurs esprits et les fit passer d'un état à un autre jusqu'à ce qu'ils le crurent dans sa prétention à la divinité - qu'Allah le maudisse et les rende hideux - "c'étaient des gens pervers. Puis, quand ils Nous eurent irrités 74" c'est-à-dire qu'ils Nous mirent en colère, "Nous Nous vengeâmes d'eux" c'est-à-dire par la noyade, l'humiliation, le dépouillement de la gloire, le remplacement par l'avilissement, le châtiment après la grâce, l'opprobre après l'aisance, et le feu après la douceur de la vie - qu'Allah le Grand et Son pouvoir éternel nous en préservent 75 ! "Et Nous fîmes d'eux un précédent" c'est-à-dire pour ceux qui les suivent dans les attributs, "et un exemple" c'est-à-dire pour ceux qui tirent leçon d'eux et craignent la funeste issue de leur chute, parmi ceux à qui parvient la clarté de leur histoire et ce qui fut de leur affaire, comme Allah, exalté soit-Il, dit : "Puis, quand Moïse leur apporta Nos signes évidents, ils dirent : 'Ce n'est que magie inventée. Et nous n'avons pas entendu cela chez nos premiers ancêtres.' Et Moïse dit : 'Mon Seigneur sait mieux qui vient de Sa part avec la guidée et à qui appartiendra la Demeure finale. Certes, les injustes ne réussiront pas.' Et Pharaon dit : 'Ô notables ! Je ne vous connais pas d'autre divinité que moi. Allume donc pour moi, ô Hâmân, sur l'argile, et construis-moi une tour afin que peut-être j'aperçoive le Dieu de Moïse. Et je pense vraiment qu'il est du nombre des menteurs.' Et il s'enfla d'orgueil, lui et ses soldats, sur terre, sans droit, et ils pensèrent qu'ils ne seraient pas ramenés vers Nous. Nous le saisîmes donc, lui et ses soldats, et les jetâmes dans la mer. Regarde donc quelle fut la fin des injustes. Et Nous fîmes d'eux des guides qui appellent au Feu, et au Jour de la Résurrection ils ne seront pas secourus. Et Nous les fîmes suivre, dans cette vie, d'une malédiction, et au Jour de la Résurrection ils seront parmi les réprouvés." 76 Il informe, exalté soit-Il, que lorsqu'ils s'enorgueillirent de suivre la vérité, que leur roi prétendit le faux et qu'ils l'approuvèrent et lui obéirent, la colère du Seigneur Puissant, Fort, qui n'est ni vaincu ni empêché, s'intensifia contre eux, et Il se vengea d'eux de la plus terrible vengeance, et le noya, lui et ses soldats, en une seule matinée ; aucun d'eux n'échappa, et il n'en resta aucun, mais tous se noyèrent et entrèrent dans le Feu. Et ils furent suivis, dans cette demeure, d'une malédiction parmi les mondes, et au Jour de la Résurrection, quel mauvais don que celui qui est donné ! Et au Jour de la Résurrection, ils seront parmi les réprouvés.
- buhtān : Calomnie, accusation mensongère grave.
- ‘āqil : Sensé, doué de raison.
- alladhī faṭaranā : Celui qui nous a créés (litt. 'fendus' ou 'façonnés' dans un sens originel).
- taqrīb : Rapprochement (auprès du souverain, honneur et faveur).
- al-darajāt al-‘ulā : Les hauts degrés : les demeures élevées au Paradis.
- jannāt ‘adn : Jardins d'Éden : le Paradis éternel, la demeure du séjour permanent.
- tazakkā : Se purifier : se purifier du péché et de l'idolâtrie par la foi et les bonnes œuvres.
- Sham‘ān : Nom du croyant de la famille de Pharaon, selon certains récits.
- al-bayyināt : Preuves évidentes, signes clairs.
- zāhirīna fī l-arḍ : Dominant sur la terre, manifestement puissants.
- qāla fir‘awnu : Pharaon dit.
- mathbūr : Perdu, anéanti.
- yastafizzahum mina l-arḍ : Les expulser du pays.
- wa‘du l-ākhira : La promesse de la vie dernière (la Résurrection).
- āyātunā mubṣira : Nos signes évidents, rendant la vérité visible.
- istayqanat-hā anfusuhum : Ils en étaient convaincus en eux-mêmes.
- al-anhāru tajrī min taḥtī : Les fleuves coulent sous moi (à mes pieds).
- mahīn : Méprisable, faible.
- aswira min dhahab : Bracelets d'or (signe de royauté).
- fastakhaffa qawmah : Il rendit son peuple léger (facile à convaincre).
- āsafūnā : Ils Nous irritèrent.
- salafan wa mathalan : Un précédent et un exemple.
- al-āyata l-kubrā : Le plus grand signe (le miracle).
- kadhdhaba wa ‘aṣā : Il cria au mensonge et désobéit.
- adbara yas‘ā : Il tourna le dos, s'efforçant (de nuire).
- ḥashara fanādā : Il rassembla et proclama.
- anā rabbukumu l-a‘lā : Je suis votre Seigneur, le Très-Haut.
- nakāla l-ākhirati wa l-ūlā : Châtiment exemplaire de l'au-delà et de la vie présente.
- ‘ibra : Leçon, exhortation.
- sulṭān mubīn : Autorité évidente (preuve claire).
- amru fir‘awna bi-rashīd : L'ordre de Pharaon n'était pas droit.
- al-wirdu l-mawrūd : La source d'eau où l'on est mené (mauvaise).
- al-rafdu l-marfūd : Le don donné (mauvais).
- yawm al-aḥzāb : Jour des coalisés (allusion aux peuples coalisés contre les prophètes).
- dā'b : Habitude, sort, manière d'agir.
- yawm at-tanādī : Jour de l'Appel mutuel (où les gens s'appellent).
- ‘āṣim : Protecteur, celui qui préserve.
- musrif murṭāb : Outrancier (dans le péché) et sceptique (dans le doute).
- yab‘athu llāhu min ba‘dihī rasūlā : Allah n'enverra plus jamais de messager après lui.
- ayna l-mafarru : Où fuir ?
- lā wazara : Point de refuge.
- al-mustaqarr : Le lieu de repos, le point d'arrivée.
- tanfudhū min aqṭāri s-samāwāti wa l-arḍ : Sortir des limites des cieux et de la terre.
- bi-ayyi ālā'i rabbikumā tukadhdhibān : Lequel des bienfaits de votre Seigneur niez-vous ? (répété dans la sourate ar-Rahmān).
- shuwāẓ min nār wa nuḥās : Un jet de feu et de fumée (ou cuivre fondu).
- lā tantaṣirān : Vous ne serez pas secourus.
- at-tanāddi : La fuite (avec redoublement du dāl).
- aḥassū ba'sanā : Ils ressentirent Notre rigueur (châtiment).
- utriftum : Vous jouissiez (de bienfaits).
- yadribu llāhu mathalan : Allah donne un exemple.
- yab‘athu llāhu min ba‘dihī rasūlā : Allah n'enverra plus jamais de messager après lui.
- ṣarḥ : Tour, édifice élevé, palais ou château haut.
- asbāb : Voies, moyens, causes ; ici, les voies d'accès aux cieux.
- tabāb : Perdition, perte, ruine, anéantissement.
- da‘wa : Appel, invocation ; ici, autorité, pouvoir d'intercession ou d'invocation.
- musrifūn : Outranciers, transgresseurs, ceux qui dépassent les limites dans la mécréance et le péché.
- Barzakh : L'état intermédiaire entre la mort et la Résurrection, le monde du tombeau.
- at-tarhīb : L'intimidation, l'avertissement par la menace du châtiment divin.
- at-targhīb : L'incitation, l'encouragement par la promesse de la récompense divine.
- hādhihi : Ceci : désigne le signe ou le châtiment en question.
- yukadhdhibūn : Ils mentent : ils disent le contraire de la vérité.
- al-iʿdhār : L'excuse : le fait de donner une excuse, d'avertir avant de punir.
- aswira : Bracelets : ornements en or portés aux poignets, symbole de royauté.
- āsafūnā : Ils Nous ont irrités : littéralement 'ils Nous ont mis en colère'.
- sūrat Hā Mīm wa-l-kitābi l-mubīn : Sourate Hā Mīm et le Livre explicite : il s'agit de la sourate 43 (Az-Zukhruf), versets 46-56.
- al-kalīm [al-karīm] : L'Interlocuteur [le Généreux] : Moïse, surnommé Kalīm Allāh (l'Interlocuteur d'Allah).
- yanṣarifūn : Ils s'écartent : ils se détournent de la vérité.
- thumma : Ensuite : marque une transition dans le récit.
- ayyām : Jours : période de crue du Nil.
- baqiyyat tilka : Reste de ce : allusion au bégaiement de Moïse.
- akmal : Les plus parfaits : superlatif de 'parfait'.
- al-murād : Ce qui est voulu : l'intention ou le sens visé.
- in kāna : Si c'était : conditionnel pour introduire une autre interprétation.
- āsafūnā : Ils Nous ont irrités : même sens que note 5.
- min dhālika : De cela : formule de protection contre ce qui est mentionné.
- sūrat al-Qaṣaṣ : Sourate al-Qaṣaṣ (Le Récit), versets 36-42.
Il mentionna la destruction de Pharaon et de ses soldats.
Récit de la destruction de Pharaon et de ses soldats Lorsque les Coptes d'Égypte persistèrent dans leur mécréance, leur insolence et leur obstination, suivant leur roi Pharaon et s'opposant au prophète d'Allah, Son messager et interlocuteur, Moïse fils d'Imran, sur lui la paix, Allah établit contre les gens d'Égypte des preuves éclatantes et irréfutables, et leur montra des prodiges 1 qui éblouirent les regards et confondirent les esprits. Malgré cela, ils ne cessaient ni ne s'arrêtaient, ne se détournaient ni ne revenaient. Seuls quelques-uns d'entre eux crurent. On dit : trois : la femme de Pharaon – dont les gens du Livre n'ont pas connaissance –, le croyant de la famille de Pharaon 2 dont l'histoire de son exhortation, de son conseil et de son argumentation contre eux a été rapportée précédemment, et l'homme sincère qui vint en courant de l'extrémité de la ville et dit : « Ô Moïse, les notables complotent pour te tuer ; sors donc, je suis pour toi un conseiller sincère. » C'est ce qu'a dit Ibn Abbas, d'après ce qu'a rapporté Ibn Abi Hatim de lui [et il entend par là autre que les magiciens, car ceux-ci étaient des Coptes 1]. On a dit aussi qu'un groupe de Coptes du peuple de Pharaon crut en lui, ainsi que tous les magiciens et tout le peuple des Enfants d'Israël. Ceci est indiqué par la parole d'Allah Très-Haut : « Seule une descendance de son peuple crut en Moïse, par crainte de Pharaon et de leurs notables, de peur qu'ils ne les persécutent. Et Pharaon était hautain sur terre et il était parmi les outranciers 2. » Le pronom dans « Seule une descendance de son peuple » renvoie à Pharaon, car le contexte l'indique ; on a dit aussi qu'il renvoie à Moïse en raison de sa proximité. La première interprétation est plus évidente, comme cela est établi dans l'exégèse. Leur foi était secrète, par crainte de Pharaon, de sa violence, de sa tyrannie et de son autorité, et de leurs notables, de peur qu'ils ne les dénoncent à lui et qu'il ne les persécute pour leur religion. Allah Très-Haut dit, informant au sujet de Pharaon – et Allah suffit comme témoin – : « Et Pharaon était hautain sur terre », c'est-à-dire tyran obstiné, occupé à autre chose que la vérité, « et il était parmi les outranciers », c'est-à-dire dans toutes ses affaires, ses situations et ses états. Mais c'était une racine dont l'heure de l'arrachement 3 avait sonné, un fruit maudit dont le moment de la cueillette était venu, une âme maudite dont la destruction était décrétée. Alors Moïse dit : « Ô mon peuple, si vous croyez en Allah, placez votre confiance en Lui, si vous êtes soumis. » Ils dirent : « En Allah nous plaçons notre confiance. Seigneur, ne fais pas de nous une tentation pour le peuple injuste. Et par Ta miséricorde, sauve-nous du peuple mécréant. » Il leur ordonna donc de placer leur confiance en Allah, de Lui demander secours et de se réfugier auprès de Lui. Ils obéirent, et Allah leur accorda une issue et une délivrance de ce dans quoi ils se trouvaient. « Et Nous révélâmes à Moïse et à son frère : « Établissez pour votre peuple des maisons en Égypte, et faites de vos maisons une qibla 4, et accomplissez la prière. Et annonce la bonne nouvelle aux croyants. » Allah Très-Haut révéla à Moïse et à son frère Aaron, sur eux la paix, de prendre pour leur peuple des maisons distinctes de celles des Coptes, afin qu'ils soient prêts pour le départ lorsqu'ils en recevraient l'ordre, et que les uns reconnaissent les maisons des autres. Sa parole : « et faites de vos maisons une qibla » signifie, selon certains, des mosquées ; selon d'autres, multipliez la prière à l'intérieur. C'est ce qu'ont dit Mujâhid, Abû Mâlik, Ibrâhîm an-Nakha'î, ar-Rabî', ad-Dahhâk, Zayd ibn Aslam, son fils 'Abd ar-Rahmân et d'autres. Le sens, selon cette interprétation, est de chercher secours contre la détresse, la difficulté et l'étroitesse dans lesquelles ils se trouvaient, par la multiplication de la prière, comme Allah Très-Haut dit : « Et cherchez secours dans la patience et la prière. » Et le Messager d'Allah, sur lui la bénédiction et la paix, lorsqu'une affaire l'inquiétait, priait. On a dit aussi que cela signifie qu'ils ne pouvaient pas alors manifester leur adoration dans leurs assemblées et leurs lieux de culte ; il leur fut donc ordonné de prier dans leurs maisons, en compensation de ce qu'ils avaient perdu en termes de manifestation des rites de la vraie religion en ce temps, où leur situation exigeait de les cacher par crainte de Pharaon et de ses notables. La première interprétation est plus forte en raison de Sa parole : « et annonce la bonne nouvelle aux croyants », bien qu'elle ne contredise pas non plus la seconde. Et Allah sait mieux. Sa'îd ibn Jubayr a dit : « et faites de vos maisons une qibla » : c'est-à-dire face à face. * * * « Et Moïse dit : « Seigneur, Tu as donné à Pharaon et à ses notables l'ornement et des richesses dans la vie présente, Seigneur, pour qu'ils égarent [les gens] de Ton chemin. Seigneur, anéantis leurs richesses et endurcis leurs cœurs, afin qu'ils ne croient pas jusqu'à ce qu'ils voient le châtiment douloureux. » Il [Allah] dit : « Votre invocation a été exaucée. Restez donc droits et ne suivez pas le chemin de ceux qui ne savent pas 5. » Ceci est une invocation grandiose que l'interlocuteur d'Allah, Moïse, fit contre l'ennemi d'Allah, Pharaon, par colère pour Allah, en raison de son orgueil à suivre la vérité, de son obstruction au chemin d'Allah, de son obstination, de son insolence, de sa rébellion, de sa persistance dans le faux et de son déni de la vérité évidente, claire, sensible et intelligible, et de la preuve catégorique. Il dit : « Seigneur, Tu as donné à Pharaon et à ses notables » [c'est-à-dire son peuple parmi les Coptes et ceux qui suivaient sa religion et sa foi 6] « l'ornement et des richesses dans la vie présente, Seigneur, pour qu'ils égarent [les gens] de Ton chemin », c'est-à-dire que celui qui magnifie les affaires de ce monde en est séduit, et l'ignorant pense qu'ils sont dans le vrai, mais ces richesses et cet ornement – vêtements, montures agréables et belles, demeures élégantes, palais bâtis, mets délicieux, spectacles magnifiques, royaume puissant, pouvoir et prestige étendu en ce monde – ne sont pas pour la religion. « Seigneur, anéantis leurs richesses. » Ibn 'Abbâs et Mujâhid dirent : c'est-à-dire détruis-les. Abû al-'Âliya, ar-Rabî' ibn Anas et ad-Dahhâk dirent : fais-les devenir des pierres gravées, semblables à ce qu'elles étaient. Qatâda dit : il nous est parvenu que leurs cultures devinrent des pierres. Muhammad ibn Ka'b dit : leur sucre devint des pierres. Il dit aussi : toutes leurs richesses devinrent des pierres. Cela fut mentionné à 'Umar ibn 'Abd al-'Azîz, qui dit à un de ses serviteurs : « Lève-toi 7 et apporte-moi un sac. » Il lui apporta un sac, et il s'y trouvait des pois chiches et des œufs qui étaient devenus des pierres ! Rapporté par Ibn Abî Hâtim. Sa parole : « et endurcis leurs cœurs, afin qu'ils ne croient pas jusqu'à ce qu'ils voient le châtiment douloureux. » Ibn 'Abbâs dit : c'est-à-dire scelle-les. C'est une invocation de colère pour Allah Très-Haut, pour Sa religion et pour Ses preuves. Allah Très-Haut exauça donc cette invocation 2, la réalisa et l'agréa, comme Il exauça Noé pour son peuple lorsqu'il dit : « Seigneur, ne laisse sur terre aucun habitant parmi les mécréants. Car si Tu les laisses, ils égareront Tes serviteurs et n'engendreront que des pervers et des ingrats. » C'est pourquoi Allah Très-Haut dit, s'adressant à Moïse lorsqu'il invoqua contre Pharaon et ses notables, et que son frère Aaron dit « Amen » à son invocation – ce qui équivaut à une invocation également – : « Il [Allah] dit : « Votre invocation a été exaucée. Restez donc droits et ne suivez pas le chemin de ceux qui ne savent pas. » * * * Les exégètes et d'autres gens du Livre dirent : les Enfants d'Israël demandèrent à Pharaon la permission de sortir pour une fête qui leur était propre. Il la leur accorda, bien qu'à contrecœur. Mais ils se préparèrent au départ et s'y apprêtèrent. Il y avait en réalité dans l'esprit 8 une ruse contre Pharaon et ses soldats, afin de se libérer d'eux et de sortir de leur emprise. Allah Très-Haut leur ordonna – selon ce qu'ont rapporté les gens du Livre – d'emprunter des bijoux à eux. Ils leur en prêtèrent beaucoup. Ils sortirent de nuit et partirent sans s'arrêter, s'en allant immédiatement, se dirigeant vers le pays de Syrie. Lorsque Pharaon apprit leur départ, il entra dans une violente colère contre eux, sa fureur redoubla, et il se mit à rassembler son armée et à réunir ses troupes pour les rattraper et les anéantir.
Allah Ta'ala a dit : "Et Nous révélâmes à Moïse : Pars de nuit avec Mes serviteurs, car vous serez poursuivis. * Pharaon envoya des rassembleurs dans les cités. * Ces gens sont une troupe peu nombreuse. * Et ils nous irritent. * Et nous sommes tous vigilants. * Ainsi, Nous les fîmes sortir des jardins et des sources, * des trésors et d'une demeure honorable. * Il en fut ainsi, et Nous en fîmes hériter les enfants d'Israël. * Ils les poursuivirent au lever du soleil. * Quand les deux groupes se virent, les compagnons de Moïse dirent : Nous allons être rejoints. * Il dit : Non, mon Seigneur est avec moi, Il me guidera. * Alors Nous révélâmes à Moïse : Frappe la mer de ton bâton. Elle se fendit, et chaque partie fut comme une immense montagne. * Nous fîmes approcher les autres. * Nous sauvâmes Moïse et tous ceux qui étaient avec lui. * Puis Nous noyâmes les autres. * Il y a là un signe, mais la plupart d'entre eux ne sont pas croyants. * Et ton Seigneur est le Puissant, le Très Miséricordieux." 9 Les exégètes ont dit : Lorsque Pharaon monta avec ses troupes à la poursuite des enfants d'Israël, il avait une armée immense et dense, au point qu'on dit que ses chevaux comptaient cent mille étalons noirs, et que le nombre de ses soldats dépassait un million six cent mille. Allah sait mieux. On dit aussi que les enfants d'Israël étaient environ six cent mille combattants, sans compter les enfants. Entre leur sortie d'Égypte avec Moïse (paix sur lui) et leur entrée avec leur père Israël, il s'écoula quatre cent vingt-six années solaires. L'essentiel est que Pharaon les rattrapa avec ses troupes, les rejoignant au lever du soleil. Les deux groupes se virent, il n'y avait plus de doute ni d'ambiguïté, chacun des deux camps vit l'autre distinctement, ne restait que le combat, la dispute et la défense. Alors les compagnons de Moïse, effrayés, dirent : "Nous allons être rejoints." Car ils étaient contraints, sur leur chemin vers la mer, de n'avoir d'autre issue que de la traverser, ce que personne ne pouvait faire. Les montagnes étaient à leur gauche et à leur droite, hautes et escarpées, et Pharaon les avait encerclés et faisait face, ils le voyaient avec ses troupes, son nombre et son équipement, et ils étaient extrêmement effrayés et terrifiés à cause de ce qu'ils avaient subi sous son autorité : humiliation et ruse. Ils se plaignirent au prophète d'Allah de ce qu'ils voyaient et constataient. Le messager véridique et digne de foi leur dit : "Non, mon Seigneur est avec moi, Il me guidera." Il était à l'arrière-garde, puis il s'avança vers l'avant-garde, regarda la mer dont les vagues s'entrechoquaient et dont l'écume augmentait, et il dit : "C'est ici que j'ai reçu l'ordre." Avec lui se trouvaient son frère Aaron, Yûsha' ibn Nûn 10 - qui était alors parmi les nobles des enfants d'Israël, leurs savants et leurs grands dévots, et à qui Allah avait révélé et fait prophète après Moïse et Aaron (paix sur eux), comme nous le mentionnerons plus tard si Allah le veut - et aussi le croyant de la famille de Pharaon 11. Ils se tenaient là, tandis que tous les enfants d'Israël étaient rassemblés autour d'eux. On raconte que le croyant de la famille de Pharaon plongeait à plusieurs reprises son cheval dans la mer pour voir s'il était possible de la traverser, mais ce n'était pas possible, et il disait à Moïse (paix sur lui) : "Ô prophète d'Allah, est-ce ici que tu as reçu l'ordre ?" Il répondait : "Oui." Quand la situation devint critique, que l'étau se resserra, que Pharaon et ses troupes approchèrent avec leur sérieux, leur ardeur, leur fer, leur colère et leur rage, que les regards se troublèrent et que les cœurs remontèrent aux gorges, alors le Clément, le Grand, le Tout-Puissant, le Seigneur du Trône généreux révéla à Moïse l'Interlocuteur 12 : "Frappe la mer de ton bâton." Lorsqu'il la frappa, on dit qu'il lui dit : "Fends-toi par la permission d'Allah." On dit aussi qu'il l'appela par le surnom d'Abû Khâlid 13. Allah sait mieux. Allah Ta'ala a dit : "Alors Nous révélâmes à Moïse : Frappe la mer de ton bâton. Elle se fendit, et chaque partie fut comme une immense montagne." On dit qu'elle se fendit en douze chemins, pour chaque tribu un chemin par lequel ils marchaient, au point qu'on dit même qu'il y avait des fenêtres pour qu'ils se voient les uns les autres ! Ceci est discutable, car l'eau est un corps transparent qui, lorsqu'il y a de la lumière derrière, la reflète. Ainsi, l'eau de la mer se dressait comme des montagnes, retenue par la puissance immense émanant de Celui qui dit à une chose "Sois" et elle est. Et Allah Ta'ala ordonna au vent d'ouest 14 de souffler sur la mer et de l'assécher, jusqu'à ce qu'elle devienne sèche, sans que rien n'adhère aux sabots des chevaux et des montures. Allah Ta'ala a dit : "Nous révélâmes à Moïse : Pars de nuit avec Mes serviteurs, puis trace-leur un chemin sec dans la mer, sans craindre d'être rejoints et sans avoir peur. * Pharaon les poursuivit avec ses troupes, et ils furent submergés par ce qui les submergea. * Pharaon égara son peuple et ne le guida pas." 15 L'essentiel est que lorsque la mer fut dans cet état, par la permission du Seigneur grand et terrible, Moïse (paix sur lui) reçut l'ordre de la traverser avec les enfants d'Israël. Ils descendirent rapidement, joyeux et empressés, ayant vu une chose prodigieuse qui étonne les regards et guide les cœurs des croyants. Lorsqu'ils l'eurent traversée, que le dernier d'entre eux en sortit et s'en sépara, ce fut au moment où arrivait le premier contingent de l'armée de Pharaon. Moïse (paix sur lui) voulut frapper la mer de son bâton pour qu'elle revienne à son état antérieur, afin que Pharaon et ses troupes n'y aient pas accès. Mais le Puissant, le Glorieux, lui ordonna de laisser la mer en cet état, comme Il l'a dit, Lui le Véridique dans Ses paroles : "Nous avons éprouvé avant eux le peuple de Pharaon, et un noble messager leur vint. * [Il dit] : Livrez-moi les serviteurs d'Allah, je suis pour vous un messager digne de confiance. * Ne vous élevez pas contre Allah, je vous apporte une preuve évidente. * Je me suis réfugié auprès de mon Seigneur et du vôtre pour que vous ne me lapidiez pas. * Si vous ne croyez pas en moi, écartez-vous de moi. * Il invoqua son Seigneur : Ce sont des gens criminels. * Pars de nuit avec Mes serviteurs, vous serez poursuivis. * Et laisse la mer tranquille 16 ; ils sont une armée noyée. * Que de jardins et de sources ils ont laissés ! * Que de champs et de demeures honorables ! * Que de délices dont ils jouissaient ! * Il en fut ainsi, et Nous en fîmes hériter un autre peuple. * Ni le ciel ni la terre ne pleurèrent sur eux, et ils n'eurent aucun délai. * Nous sauvâmes les enfants d'Israël du châtiment humiliant. * De Pharaon, car il était hautain et parmi les outranciers. * Nous les choisîmes en connaissance de cause parmi les mondes. * Nous leur apportâmes des signes où il y avait une épreuve manifeste." 17 Sa parole : "Et laisse la mer tranquille" signifie : immobile, en l'état, ne la change pas de cette manière. C'est ce qu'ont dit 'Abdullah ibn 'Abbâs, Mujâhid, 'Ikrima, al-Rabî', al-Dahhâk, Qatâda, Ka'b al-Ahbâr, Simâk ibn Harb, 'Abd al-Rahmân ibn Zayd ibn Aslam et d'autres. Lorsqu'il la laissa en cet état, et que Pharaon arriva et vit ce qu'il vit, ce spectacle grandiose l'effraya, et il réalisa ce qu'il avait déjà compris auparavant, que cela venait du Seigneur du Trône généreux. Il recula et n'avança pas, regrettant en lui-même d'être sorti à leur poursuite dans ces conditions, alors que le regret ne lui servait à rien. Mais il fit preuve de fermeté devant ses troupes et les traita en ennemis. Son âme mécréante et sa nature perverse le poussèrent à...
Lorsqu'il dit à ceux qu'il avait méprisés et qui lui obéirent, et suivirent son erreur 18 : « Regardez comment la mer s'est fendue 19 pour que je rattrape mes serviteurs fugitifs, ceux qui se sont rebellés contre mon obéissance et mon pays ! » Et il se mit à ruminer en lui-même l'idée de les poursuivre, espérant les rattraper, mais hélas ! Tantôt il avançait, tantôt il reculait ! On rapporte que Gabriel, sur lui la paix, apparut sous la forme d'un cavalier monté sur une jument 20 ; il passa devant l'étalon de Pharaon, que Dieu le maudisse, qui hennit vers elle et s'approcha d'elle. Gabriel accéléra devant lui, s'élança dans la mer, et le cheval le suivit de près, si bien qu'il se précipita rapidement, tandis que Pharaon ne maîtrisait ni mal ni bien. Quand les soldats le virent s'engager dans la mer, ils s'y précipitèrent derrière lui, et ils furent tous dans la mer, sans exception, au point que le premier d'entre eux faillit en sortir. Alors Dieu ordonna à Son interlocuteur 21, dans ce qu'Il lui révéla, de frapper la mer de son bâton. Il la frappa, et la mer se referma sur eux comme auparavant, et personne ne fut sauvé. Dieu dit : « Nous sauvâmes Moïse et tous ceux qui étaient avec lui, puis Nous noyâmes les autres. Il y a là un signe, mais la plupart d'entre eux ne sont pas croyants. Et ton Seigneur est le Puissant, le Miséricordieux. » 22 C'est-à-dire que dans le sauvetage de Ses alliés, sans qu'aucun d'eux ne se noie, et la noyade de Ses ennemis, sans qu'aucun d'eux n'en réchappe, il y a un grand signe et une preuve décisive de la puissance immense de Dieu et de la véracité de Son messager dans ce qu'il a apporté de son Seigneur comme noble législation et voies droites. Dieu dit : « Nous fîmes traverser la mer aux Enfants d'Israël. Pharaon et ses armées les poursuivirent avec injustice et hostilité. Lorsque la noyade l'atteignit, il dit : "Je crois qu'il n'y a de divinité que Celui en qui les Enfants d'Israël ont cru, et je suis du nombre des soumis." "Maintenant ? Alors que tu as désobéi auparavant et que tu étais parmi les corrupteurs ! Aujourd'hui, Nous allons te sauver dans ton corps 23 afin que tu sois un signe pour ceux qui viendront après toi. Mais beaucoup de gens sont négligents de Nos signes." » 24 Dieu informe de la manière dont Pharaon, le chef des mécréants coptes, fut noyé : lorsque les vagues le baissaient tantôt et le soulevaient tantôt 25, tandis que les Enfants d'Israël le regardaient, lui et ses armées, et ce que Dieu leur infligeait comme grand malheur et terrible calamité, pour que les yeux des Enfants d'Israël soient réjouis et leurs âmes affligées. Lorsque Pharaon vit la perdition et fut cerné, et qu'il goûta aux affres de la mort, il se repentit alors et crut, au moment où la foi n'est d'aucune utilité à une âme, comme Dieu dit : « Ceux contre qui la parole de ton Seigneur s'est réalisée ne croiront pas, même si tous les signes leur viennent, jusqu'à ce qu'ils voient le châtiment douloureux. » 26 Et Dieu dit : « Lorsqu'ils virent Notre rigueur, ils dirent : "Nous croyons en Dieu seul, et nous renions ce que nous Lui associions." Mais leur foi ne leur profita point lorsqu'ils virent Notre rigueur, telle est la coutume de Dieu envers Ses serviteurs. Et là, les mécréants furent perdants. » 27 C'est ainsi que Moïse invoqua contre Pharaon et ses notables, pour que leurs biens soient anéantis et leurs cœurs endurcis, afin qu'ils ne croient pas jusqu'à ce qu'ils voient le châtiment douloureux, c'est-à-dire au moment où cela ne leur servira à rien et sera un regret pour eux. Dieu dit à tous deux – c'est-à-dire à Moïse et Aaron – lorsqu'ils invoquèrent ainsi : « Votre invocation a été exaucée. » Cela fait partie de l'exaucement par Dieu de l'invocation de Son interlocuteur et de son frère Aaron, sur eux la paix. Parmi cela, il y a le hadith rapporté par l'imam Ahmad : Sulayman ibn Harb nous a raconté, Hammad ibn Salama nous a raconté, d'après Ali ibn Zayd, d'après Yusuf ibn Mihran, d'après Ibn Abbas, qui a dit : Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, a dit : « Lorsque Pharaon dit : "Je crois qu'il n'y a de divinité que Celui en qui les Enfants d'Israël ont cru", Gabriel me dit : "Si tu m'avais vu prendre de la vase de la mer et la fourrer dans sa bouche, de peur que la miséricorde ne l'atteigne !" » 28 At-Tirmidhi, Ibn Jarir et Ibn Abi Hatim l'ont rapporté à propos de ce verset, d'après le hadith de Hammad ibn Salama, et At-Tirmidhi a dit : hadith hasan. Abu Dawud at-Tayalisi a dit : Shu'ba nous a raconté, d'après Adi ibn Thabit et Ata' ibn as-Sa'ib, d'après Sa'id ibn Jubayr, d'après Ibn Abbas, qui a dit : Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, a dit : « Gabriel me dit : "Si tu m'avais vu prendre de la vase de la mer et la fourrer dans la bouche de Pharaon, de peur que la miséricorde ne l'atteigne !" » 29 At-Tirmidhi et Ibn Jarir l'ont rapporté d'après le hadith de Shu'ba, et At-Tirmidhi a dit : hasan gharib sahih. Ibn Jarir a indiqué dans une version qu'il est mawquf 30. Ibn Abi Hatim a dit : Abu Sa'id al-Ashajj nous a raconté, Abu Khalid al-Ahmar nous a raconté, d'après Umar ibn Abdallah ibn Ya'la ath-Thaqafi, d'après Sa'id ibn Jubayr, d'après Ibn Abbas, qui a dit : Lorsque Dieu noya Pharaon, il pointa son doigt et éleva la voix : « Je crois qu'il n'y a de divinité que Celui en qui les Enfants d'Israël ont cru. » Gabriel craignit que la miséricorde de Dieu ne précède Sa colère, alors il se mit à prendre de la vase avec ses ailes et à en frapper son visage, l'enfonçant 31. Ibn Jarir l'a rapporté d'après le hadith d'Abu Khalid. Ibn Jarir l'a rapporté par la voie de Kathir ibn Zadhan, qui n'est pas connu 32, et d'après Abu Hazim, d'après Abu Hurayra, qui a dit : Le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, a dit : « Gabriel, sur lui la paix, me dit : "Ô Muhammad, si tu m'avais vu le plonger et fourrer de la vase dans sa bouche, de peur que la miséricorde de Dieu ne l'atteigne et qu'Il ne lui pardonne !" » – c'est-à-dire Pharaon. Plusieurs prédécesseurs 33 l'ont rapporté sous forme mursal 34, comme Ibrahim at-Taymi, Qatada et Maymun ibn Mihran. On dit que Dahhak ibn Qays en a fait un sermon public. Dans certaines versions, Gabriel dit : « Je n'ai haï personne comme j'ai haï Pharaon lorsqu'il dit : "Je suis votre Seigneur, le Très-Haut." Et j'ai fourré de la boue dans sa bouche lorsqu'il dit cela. » Sa parole : « Maintenant ? Alors que tu as désobéi auparavant et que tu étais parmi les corrupteurs » est une interrogation de réprobation, et une affirmation que Dieu n'accepte pas cela de lui, car – et Dieu sait mieux – s'il était ramené à la vie comme avant, il retournerait à ce qu'il faisait, comme Dieu informe des mécréants lorsqu'ils voient le Feu et le contemplent, ils disent : « Hélas ! Si seulement nous étions ramenés, nous ne traiterions pas de mensonge les signes de notre Seigneur et nous serions parmi les croyants ! » Dieu dit : « Mais ce qu'ils cachaient auparavant leur est apparu. Et s'ils étaient ramenés, ils retourneraient à ce qui leur était interdit, et ils sont vraiment des menteurs. » 35 Sa parole : « Aujourd'hui, Nous allons te sauver dans ton corps afin que tu sois un signe pour ceux qui viendront après toi » : Ibn Abbas et d'autres ont dit : Certains Enfants d'Israël doutèrent de la mort de Pharaon, au point que certains dirent qu'il ne mourrait pas. Alors Dieu ordonna à la mer de le rejeter sur une hauteur – on dit sur la surface de l'eau, ou sur une éminence de terre – avec sa cuirasse qu'ils reconnaissaient parmi ses vêtements, afin qu'ils soient certains de sa perte et connaissent la puissance de Dieu sur lui. C'est pourquoi Il dit : « Aujourd'hui, Nous allons te sauver dans ton corps », c'est-à-dire accompagné de ta cuirasse connue, « afin que tu sois » – c'est-à-dire toi – « un signe pour ceux qui viendront après toi », c'est-à-dire parmi les Enfants d'Israël, et une preuve de la puissance de Dieu qui t'a anéanti. C'est pourquoi certains prédécesseurs lisaient : « afin que tu sois un signe pour ceux que Nous avons créés » 36. Il est possible que le sens soit : Nous te sauvons avec ton corps, accompagné de ta cuirasse, pour que tu sois un signe pour ceux qui viendront après toi parmi les Enfants d'Israël, afin qu'ils te reconnaissent et sachent que tu as péri. Et Dieu sait mieux. Sa perte et celle de ses armées eurent lieu le jour d'Ashura 37. Comme l'a dit l'imam al-Bukhari dans son Sahih : Muhammad ibn Bashshar nous a raconté, Ghandar nous a raconté, Shu'ba nous a raconté, d'après Abu Bishr, d'après Sa'id ibn Jubayr, d'après Ibn Abbas, qui a dit : Le Prophète, que Dieu le bénisse et le salue, arriva à Médine et les Juifs jeûnaient le jour d'Ashura. Il dit : « Quel est ce jour que vous jeûnez ? » Ils dirent : « C'est le jour où Moïse triompha de Pharaon. »
Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit à ses compagnons : « Vous êtes plus en droit [que quiconque] 38 de [célébrer] Moïse, jeûnez donc. » L'origine de ce hadith se trouve dans les deux Sahih 39 et d'autres recueils. Et Allah sait mieux. CHAPITRE SUR CE QUI EST ADVENU DES ENFANTS D'ISRAËL APRÈS LA PERTE DE PHARAON Allah le Très-Haut dit : « Nous nous vengeâmes d'eux et les noyâmes dans la mer, parce qu'ils avaient traité Nos signes de mensonges et qu'ils y étaient indifférents. Et Nous fîmes hériter aux gens qui étaient opprimés les extrémités orientales et occidentales de la terre que Nous avions bénies. Et la parole de ton Seigneur, la meilleure, s'accomplit pour les Enfants d'Israël, en récompense de leur patience. Et Nous détruisîmes ce que Pharaon et son peuple avaient fait et ce qu'ils avaient érigé. Et Nous fîmes traverser la mer aux Enfants d'Israël. Ils arrivèrent auprès d'un peuple attaché à ses idoles. Ils dirent : "Ô Moïse, fais-nous une divinité comme ils ont des divinités." Il dit : "Vous êtes un peuple ignorant. Ces gens-là, ce dans quoi ils sont sera détruit, et ce qu'ils font est vain." Il dit : "Chercherais-je pour vous une autre divinité qu'Allah, alors qu'Il vous a favorisés par-dessus les mondes ? Et [rappelez-vous] quand Nous vous sauvâmes de la famille de Pharaon qui vous infligeait le pire châtiment : ils égorgeaient vos fils et laissaient vivre vos femmes. Et c'était là une grande épreuve de la part de votre Seigneur. » 40 Il mentionne, qu'Il soit exalté, ce qui advint de Pharaon et de ses soldats dans leur noyade, et comment Il les dépouilla de leur puissance, de leurs biens et d'eux-mêmes, et fit hériter les Enfants d'Israël de tous leurs biens et possessions, comme Il dit : « Ainsi fîmes-Nous hériter les Enfants d'Israël 41 » et Il dit : « Et Nous voulions favoriser ceux qui étaient opprimés sur terre, en faire des guides et en faire les héritiers 42 ». Et Il dit ici : « Et Nous fîmes hériter aux gens qui étaient opprimés les extrémités orientales et occidentales de la terre que Nous avions bénies. Et la parole de ton Seigneur, la meilleure, s'accomplit pour les Enfants d'Israël, en récompense de leur patience. Et Nous détruisîmes ce que Pharaon et son peuple avaient fait et ce qu'ils avaient érigé. » C'est-à-dire qu'Il détruisit tout cela, les dépouilla de leur puissance immense et étendue en ce monde, et le roi, sa cour, ses émirs et ses soldats périrent, et il ne resta en Égypte que le peuple et les sujets. Ibn 'Abd al-Hakam rapporte dans son Histoire de l'Égypte que c'est à partir de cette époque que les femmes d'Égypte 43 prirent le pouvoir sur leurs hommes, parce que les femmes des émirs et des grands épousèrent des hommes de rang inférieur parmi le peuple, et elles eurent ainsi autorité sur eux. Et cette coutume des femmes d'Égypte a perduré jusqu'à nos jours 44 ! Selon les Gens du Livre 45, lorsque les Enfants d'Israël reçurent l'ordre de sortir d'Égypte, Allah fit de ce mois le début de leur année et ils reçurent l'ordre que chaque famille égorge un agneau du troupeau ; s'ils n'avaient pas besoin d'un agneau, que le voisin et son voisin s'associent pour en prendre un. Quand ils l'égorgeaient, ils devaient asperger de son sang les linteaux de leurs portes, pour que ce soit un signe pour leurs maisons, et ils ne devaient pas le manger cuit, mais rôti, avec la tête, les pattes et les entrailles, sans en rien laisser, sans en briser aucun os, et sans rien en sortir hors de leurs maisons. Leur pain devait être sans levain pendant sept jours, à partir du quatorzième jour du premier mois de leur année, et cela avait lieu au printemps. Quand ils mangeaient, ils devaient avoir les reins ceints, leurs sandales aux pieds, leurs bâtons en main, et manger rapidement, debout ; et ce qui restait de leur repas jusqu'au lendemain, ils devaient le brûler au feu. Il institua pour eux cette fête pour leurs descendants tant que la Thora serait pratiquée ; lorsqu'elle serait abrogée, sa loi deviendrait caduque. Et cela est arrivé. Ils dirent : Allah, Puissant et Glorieux, tua cette nuit-là les premiers-nés des Coptes et les premiers-nés de leurs bêtes, pour qu'ils soient occupés loin d'eux. Les Enfants d'Israël sortirent à midi, tandis que les Égyptiens étaient dans une grande lamentation sur leurs premiers-nés, fils et biens ; il n'y avait pas de maison sans cris. Quand la révélation vint à Moïse, ils sortirent en hâte, emportant la pâte avant qu'elle ne lève, et les provisions dans leurs manteaux qu'ils jetèrent sur leurs épaules. Ils avaient emprunté aux Égyptiens beaucoup de bijoux, et ils sortirent au nombre de six cent mille hommes, sans compter les enfants, avec leurs troupeaux. La durée de leur séjour en Égypte fut de quatre cent trente ans. Ceci est le texte de leur Livre. Cette année est appelée chez eux l'année de la Pâque 46, et cette fête est la fête de la Pâque. Ils ont aussi la fête de la Pentecôte 47 et la fête des Tabernacles 48, qui est le début de l'année. Ces trois fêtes sont les plus importantes de leurs fêtes, mentionnées dans leur Livre. Lorsqu'ils sortirent d'Égypte, ils emportèrent avec eux le cercueil de Joseph (sur lui la paix). Ils prirent la route de la mer Rouge 49. Le jour, ils marchaient, et un nuage les précédait, contenant une colonne de lumière ; la nuit, une colonne de feu les précédait. La route les mena jusqu'au rivage de la mer, et ils campèrent là. Pharaon et ses soldats égyptiens les rattrapèrent alors qu'ils étaient campés sur le rivage de la mer. Beaucoup d'Enfants d'Israël s'inquiétèrent, au point que l'un d'eux dit : « Il aurait mieux valu pour nous rester en Égypte que de mourir dans ce désert. » Moïse (sur lui la paix) dit à celui qui avait tenu ces propos : « Ne craignez pas, car Pharaon et ses soldats ne retourneront pas dans leur pays après cela. » Ils dirent : Allah ordonna à Moïse (sur lui la paix) de frapper la mer avec son bâton et de la diviser pour que les Enfants d'Israël entrent dans la mer à sec. L'eau se dressa de part et d'autre comme deux montagnes, et le milieu devint sec, car Allah envoya sur elle le vent du sud et le vent brûlant. Les Enfants d'Israël traversèrent la mer, et Pharaon et ses soldats les suivirent. Quand ils furent au milieu, Allah ordonna à Moïse de frapper la mer avec son bâton, et l'eau revint comme avant, sur eux. Mais selon les Gens du Livre, cela se produisit de nuit, et la mer se referma sur eux à l'aube. Ceci est une de leurs erreurs et de leur manque de compréhension dans leur traduction 50. Et Allah sait mieux. Ils dirent : Quand Allah noya Pharaon et ses soldats, Moïse et les Enfants d'Israël glorifièrent le Seigneur par cette louange : « Nous glorifions le Seigneur, le Magnifique 51, qui a vaincu les armées et jeté leurs cavaliers dans la mer puissante et louée. » C'est une longue louange. Ils dirent : Marie la prophétesse 52, sœur d'Aaron, prit un tambourin dans sa main, et les femmes sortirent derrière elle, toutes avec des tambourins et des tambours. Et Marie leur psalmodiait et disait : « Gloire au Seigneur, le Victorieux, qui a vaincu les chevaux et leurs cavaliers, les jetant dans la mer. » C'est ainsi que je l'ai vu dans leur Livre. Et peut-être est-ce ce qui a poussé Muhammad ibn Ka'b al-Qurazi à prétendre que Marie, fille d'Imran, mère de Jésus, est la sœur d'Aaron et de Moïse, en raison de la parole [coranique] : « Ô sœur d'Aaron 53 ». Nous avons déjà montré son erreur à ce sujet, et que cela ne peut être dit, et personne ne l'a suivi là-dessus ; au contraire, chacun 54 l'a contredit. Et si l'on supposait que cela est préservé, cette Marie est la fille d'Imran, sœur de Moïse et d'Aaron (sur eux la paix). Et la mère de Jésus (sur elle la paix) lui correspondait dans le nom, le nom du père et le nom du frère, car ils étaient, comme le dit le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à al-Mughira ibn Shu'ba, lorsque les gens de Najran l'interrogèrent sur Sa parole : « Ô sœur d'Aaron », et qu'il ne sut que leur répondre, jusqu'à ce qu'il interroge le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à ce sujet, et qu'il dit : « Ne sais-tu pas qu'ils se nommaient avec les noms de leurs prophètes ? » Rapporté par Muslim. Et leur expression « la prophétesse » est comme on dit d'une femme de la maison royale « reine », et de la maison de l'émirat « émirat », même si elle n'exerce pas directement [quelque chose] de cela ; de même, c'est une métaphore pour elle, non qu'elle soit réellement prophétesse à qui il est révélé.
Et le fait de frapper le tambourin 55 en un jour comme celui-ci, qui est le plus grand de leurs fêtes, prouve que la loi de ceux qui nous ont précédés incluait de frapper le tambourin lors de la fête, et cela nous est également prescrit en ce qui concerne les femmes, d'après le hadith des deux jeunes filles qui étaient chez 'Aïcha et frappaient le tambourin pendant les jours de Minâ, alors que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, était couché, tournant le dos vers elles, et son visage vers le mur. Lorsque Abou Bakr entra, il les réprimanda et dit : « Est-ce avec la flûte de Satan 56 dans la maison du Messager d'Allah ? » Il dit : « Laisse-les, ô Abou Bakr, car chaque peuple a une fête, et celle-ci est notre fête. » Ainsi, chez nous, il est prescrit de le faire lors des mariages et pour le retour des absents, comme cela est établi en son lieu. Et Allah sait mieux. Et ils mentionnèrent que lorsqu'ils traversèrent la mer et se dirigèrent vers le pays de Syrie, ils restèrent trois jours sans trouver d'eau. Alors, certains d'entre eux parlèrent à cause de cela, et ils trouvèrent une eau amère et saumâtre qu'ils ne purent boire. Allah ordonna à Moïse de prendre un morceau de bois et de le placer dedans, et elle devint douce et potable. Et le Seigneur lui enseigna là-bas des obligations et des traditions, et lui fit de nombreuses recommandations. * * * Allah, le Très-Haut, a dit dans Son Livre [le Précieux (38)] qui domine tous les autres livres : « Et Nous fîmes traverser la mer aux Enfants d'Israël. Ils passèrent auprès d'un peuple attaché à ses idoles. Ils dirent : "Ô Moïse, désigne-nous une divinité comme ils ont des divinités." Il dit : "Vous êtes certes un peuple ignorant. Ces gens-là, ce dans quoi ils sont, sera anéanti, et ce qu'ils font est vain." (2) » Ils dirent cela par ignorance et égarement, alors qu'ils avaient vu des signes d'Allah et de Sa puissance qui leur prouvaient la vérité de ce que leur apportait le Messager du Seigneur de Majesté [et de Générosité (39)]. Cela parce qu'ils passèrent auprès d'un peuple adorant des idoles ; on dit qu'elles étaient en forme de vaches. Il semble qu'ils leur demandèrent : « Pourquoi les adorez-vous ? » Ils leur prétendirent qu'elles leur étaient utiles et nuisibles, et qu'ils cherchaient par elles leur subsistance en cas de besoin. Il semble que certains ignorants d'entre eux les crurent, et ils demandèrent à leur prophète, l'Interlocuteur 57 noble, généreux et grand, de leur désigner des divinités comme celles-là. Alors il leur dit, en leur montrant qu'ils ne comprenaient ni ne se guidaient : « Ces gens-là, ce dans quoi ils sont, sera anéanti, et ce qu'ils font est vain. » Puis il leur rappela la grâce d'Allah sur eux, en les favorisant par rapport aux savants de leur temps par la science et la loi, et par le messager qui était parmi eux, et par le bien qu'Il leur avait fait et les faveurs qu'Il leur avait accordées en les sauvant de l'emprise de Pharaon, le tyran obstiné, en le détruisant sous leurs yeux, et en leur faisant hériter de ce que Pharaon et son entourage amassaient comme richesses et félicité, et de ce qu'ils construisaient. Et il leur montra que l'adoration ne convient qu'à Allah seul, sans associé, car Il est le Créateur, le Pourvoyeur, le Dominateur suprême. Et ce ne sont pas tous les Enfants d'Israël qui posèrent cette question, mais [ce (40)] pronom renvoie à l'espèce dans Sa parole : « Et Nous fîmes traverser la mer aux Enfants d'Israël. Ils passèrent auprès d'un peuple attaché à ses idoles. Ils dirent : "Ô Moïse, désigne-nous une divinité comme ils ont des divinités." » C'est-à-dire que certains d'entre eux dirent cela, comme dans Sa parole : « Et Nous les rassemblerons sans en laisser aucun. Et ils seront présentés à ton Seigneur en rangs : "Vous voilà venus à Nous comme Nous vous avons créés la première fois. Mais vous prétendiez que Nous ne vous fixerions pas un rendez-vous." (41) » Ceux qui prétendirent cela sont une partie des gens, pas tous. Et l'imam Ahmad a dit : 'Abd ar-Razzaq nous a raconté, Ma'mar nous a raconté, d'après az-Zuhri, d'après Sinân ibn Abî Sinân ad-Dîlî, d'après Abû Wâqid al-Laythî, qui a dit : « Nous sortîmes avec le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, vers Hunayn. Nous passâmes près d'un jujubier et nous dîmes : "Ô Messager d'Allah, désigne-nous ceci comme Dhât Anwât 58, comme les mécréants ont Dhât Anwât." Les mécréants suspendaient leurs armes à un jujubier et s'attachaient autour. Le Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit : "Allahu Akbar ! C'est comme ce que les Enfants d'Israël dirent à Moïse : 'Désigne-nous une divinité comme ils ont des divinités.' Vous suivrez les traditions de ceux [qui étaient (42)] avant vous." » An-Nasâ'î le rapporta d'après Muhammad ibn Râfi', d'après 'Abd ar-Razzaq. At-Tirmidhî le rapporta d'après Sa'îd ibn 'Abd ar-Rahmân al-Makhzûmî, d'après Sufyân ibn 'Uyayna, d'après az-Zuhri, puis dit : « Bon et authentique. » Ibn Jarîr rapporta d'après le hadith de Muhammad ibn Ishâq, Ma'mar et 'Uqayl, d'après az-Zuhri, d'après Sinân ibn Abî Sinân, d'après Abû Wâqid al-Laythî, qu'ils sortirent de La Mecque avec le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, vers Hunayn. Il dit : « Les mécréants avaient un jujubier auquel ils s'attachaient et suspendaient leurs armes, appelé Dhât Anwât. » Il dit : « Nous passâmes près d'un grand jujubier vert. » Il dit : « Nous dîmes : "Ô Messager d'Allah, désigne-nous Dhât Anwât comme ils ont Dhât Anwât." Il dit : "Vous dites, par Celui qui tient mon âme dans Sa main, comme le peuple de Moïse dit : 'Désigne-nous une divinité comme ils ont des divinités.' Il dit : 'Vous êtes un peuple ignorant. Ces gens-là, ce dans quoi ils sont, sera anéanti, et ce qu'ils font est vain.'" » * * * Le but est que Moïse, sur lui la paix, lorsqu'il quitta le pays d'Égypte et se dirigea vers le pays de Jérusalem, y trouva un peuple de tyrans, parmi les Hittites, les Pharisites, les Cananéens et autres. Moïse, sur lui la paix, leur ordonna d'entrer chez eux et de les combattre, et de les chasser de Jérusalem, car Allah l'avait écrite pour eux et la leur avait promise par la bouche d'Abraham l'Ami intime 59 et de Moïse l'Interlocuteur glorieux. Mais ils refusèrent et reculèrent devant le combat. Alors Allah fit régner sur eux la peur et les jeta dans l'errance 60, où ils allaient, s'arrêtaient, partaient, venaient, pendant une longue période de quarante ans, comme Allah, le Très-Haut, dit : « Et lorsque Moïse dit à son peuple : "Ô mon peuple, rappelez-vous la grâce d'Allah sur vous, lorsqu'Il a établi parmi vous des prophètes, vous a faits rois, et vous a donné ce qu'Il n'avait donné à personne parmi les mondes. Ô mon peuple, entrez dans la terre sainte qu'Allah vous a prescrite ; ne revenez pas sur vos pas, car vous retourneriez perdants." Ils dirent : "Ô Moïse, il y a là un peuple de tyrans, et nous n'y entrerons jamais tant qu'ils n'en seront pas sortis. S'ils en sortent, alors nous entrerons." Deux hommes parmi ceux qui craignaient [Allah] et qu'Allah avait comblés de bienfaits dirent : "Entrez par la porte chez eux ; quand vous y serez entrés, vous serez vainqueurs. Et placez votre confiance en Allah, si vous êtes croyants." Ils dirent : "Ô Moïse, nous n'y entrerons jamais tant qu'ils y seront. Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux. Nous resterons ici assis." Il dit : "Seigneur, je n'ai de pouvoir que sur moi-même et sur mon frère. Sépare-nous donc de ce peuple pervers." Il dit : "Elle leur sera interdite pendant quarante ans, ils erreront sur la terre. Ne t'afflige donc pas sur ce peuple pervers." (43) » Le prophète d'Allah leur rappelle la grâce d'Allah sur eux et Ses bienfaits religieux et mondains, et leur ordonne le combat dans le chemin d'Allah et la lutte contre Ses ennemis. Il dit : « Ô mon peuple, entrez dans la terre sainte qu'Allah vous a prescrite et ne revenez pas sur vos pas », c'est-à-dire ne reculez pas et ne fuyez pas le combat contre vos ennemis, « car vous retourneriez perdants », c'est-à-dire vous perdriez après avoir gagné, et vous diminueriez après avoir été parfaits. « Ils dirent : "Ô Moïse, il y a là un peuple de tyrans" », c'est-à-dire des rebelles, mécréants, obstinés, « et nous n'y entrerons jamais tant qu'ils n'en seront pas sortis. S'ils en sortent, alors nous entrerons. » Ils eurent peur de ces tyrans, alors qu'ils avaient vu la destruction de Pharaon, qui était plus tyran qu'eux, plus fort, plus nombreux et plus puissant en armée.
Cela indique qu'ils sont blâmables dans cette parole et condamnables dans cet état, à cause de leur humiliation devant l'affrontement des ennemis et la résistance des rebelles malheureux. De nombreux exégètes ont mentionné ici 61 des récits comportant de nombreuses exagérations, fausses, que la raison et la tradition 62 contredisent, selon lesquelles ils étaient des formes terrifiantes et immenses, au point qu'ils ont rapporté que lorsque les messagers des Enfants d'Israël arrivèrent chez eux, un homme des messagers des géants vint à leur rencontre, les prit un par un, les enroula dans ses manches et dans la poche de son pantalon – ils étaient douze hommes – et les amena, les déposant devant le roi des géants, qui dit : « Qui sont ceux-ci ? » et il ne savait pas qu'ils étaient des fils d'Adam jusqu'à ce qu'on le lui apprenne. Tout cela sont des divagations et des légendes sans réalité. Et que le roi envoya avec eux des raisins, chaque raisin suffisant pour un homme, et quelques-uns de leurs fruits, afin qu'ils connaissent l'immensité de leurs formes. Cela n'est pas authentique. Ils ont également mentionné ici que 'Ouj ibn 'Anaq 63 sortit de chez les géants vers les Enfants d'Israël pour les anéantir ; sa taille était de trois mille coudées, trois cents coudées, trente-trois coudées et un tiers de coudée. C'est ainsi que l'a rapporté al-Baghawi et d'autres, mais ce n'est pas authentique, comme nous l'avons déjà expliqué à propos de la parole du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : « Allah a créé Adam d'une hauteur de soixante coudées, puis la création n'a cessé de diminuer jusqu'à aujourd'hui. » Ils dirent : 'Ouj alla au sommet d'une montagne, l'arracha, puis la prit dans ses mains pour la jeter sur l'armée de Moïse ; alors un oiseau vint, picora ce rocher, le perça, et il devint un collier autour du cou de 'Ouj ibn 'Anaq. Puis Moïse alla vers lui, sauta dans les airs de dix coudées – alors que sa taille était de dix coudées, et il tenait son bâton dont la longueur était de dix coudées – et atteignit la cheville de son pied, et le tua. Ceci est rapporté d'après Nawf al-Bikali 64, et Ibn Jarir l'a transmis d'après Ibn 'Abbas, mais sa chaîne de transmission jusqu'à lui est contestable. De plus, tout cela fait partie des isrâ'îliyyât 65, et tout cela provient de l'invention des ignorants parmi les Enfants d'Israël, car les récits mensongers abondent chez eux, et ils ne font pas la distinction entre ce qui est authentique et ce qui est faux. Ensuite, si cela était authentique, les Enfants d'Israël seraient excusés pour leur refus de les combattre, alors qu'Allah les a blâmés pour leur refus et les a punis par l'errance 66 pour avoir abandonné le combat et désobéi à leur messager. Deux hommes vertueux parmi eux leur avaient conseillé d'avancer et les avaient dissuadés de reculer ; on dit qu'il s'agissait de Yûsha' ibn Nûn et de Kâlib ibn Yûfannâ. C'est ce qu'ont dit Ibn 'Abbas, Mujâhid, 'Ikrima, 'Atiyya, as-Suddî, ar-Rabî' ibn Anas, et plusieurs autres. « Deux hommes parmi ceux qui craignaient » – c'est-à-dire qui craignaient Allah – et certains lisent « yukhâfûna » 67 – c'est-à-dire qu'ils étaient redoutés – « et qu'Allah avait comblés de bienfaits » – c'est-à-dire par l'islam, la foi, l'obéissance et le courage – « dirent : “Entrez par la porte contre eux ; et quand vous y serez entrés, vous serez vainqueurs. Et placez votre confiance en Allah, si vous êtes croyants.” » – c'est-à-dire : si vous placez votre confiance en Allah, que vous Lui demandez aide et que vous vous réfugiez auprès de Lui, Il vous donnera la victoire sur votre ennemi, vous soutiendra contre eux et vous rendra vainqueurs. « Ils dirent : “Ô Moïse, nous n'y entrerons jamais, tant qu'ils y seront. Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux. Nous resterons ici assis.” » Leur assemblée persista dans le refus du combat, et il se produisit une chose grave et une grande faiblesse. On dit que lorsque Yûsha' et Kâlib entendirent ces paroles, ils déchirèrent leurs vêtements, et que Moïse et Aaron se prosternèrent, par vénération pour cette parole, par colère pour Allah – exalté soit-Il – et par crainte pour eux des conséquences funestes de cette déclaration. « Il dit : “Seigneur, je n'ai de pouvoir que sur moi-même et sur mon frère. Sépare-nous donc de ce peuple pervers.” » Ibn 'Abbas dit : « Prononce le jugement entre moi et eux. » « Il dit : “Elle leur sera interdite pendant quarante ans, durant lesquels ils erreront sur la terre. Ne t'afflige donc pas sur ce peuple pervers.” » Ils furent punis pour leur refus par l'errance sur la terre, marchant sans but, nuit et jour, matin et soir. On dit que personne ne sortit de l'errance parmi ceux qui y étaient entrés ; ils moururent tous pendant les quarante années, et il ne resta que leurs descendants, à l'exception de Yûsha' et Kâlib – que la paix soit sur eux. Cependant, les compagnons de Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le jour de Badr ne lui dirent pas ce que le peuple de Moïse avait dit à Moïse ; au contraire, lorsqu'il les consulta pour se rendre à la rencontre de l'ennemi, as-Siddîq 68 parla et bien parla, et d'autres parmi les Muhâjirîn 69 parlèrent. Puis il continua à dire : « Conseillez-moi », jusqu'à ce que Sa'd ibn Mu'âdh dise : « Ô Messager d'Allah, est-ce que tu fais allusion à nous ? Par Celui qui t'a envoyé avec la vérité, si tu nous ordonnais de traverser cette mer et que tu la traversais, nous la traverserions avec toi, aucun homme parmi nous ne resterait en arrière. Nous ne détestons pas que tu nous fasses rencontrer notre ennemi demain ; nous sommes patients dans la guerre, sincères dans la rencontre. Peut-être Allah te montrera-t-il de notre part ce qui réjouira ton œil. Marche donc avec nous sur la bénédiction d'Allah. » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) fut ravi de la parole de Sa'd et cela le stimula. L'imam Ahmad a dit : Wakî' nous a raconté, Sufyân nous a raconté, d'après Mikhâriq ibn 'Abdillâh al-Ahmasi, d'après Târiq – c'est Ibn Shihâb – que al-Miqdâd dit au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) le jour de Badr : « Ô Messager d'Allah, nous ne te disons pas ce que les Enfants d'Israël ont dit à Moïse : “Va, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux ; nous resterons ici assis.” Mais va, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux ; nous combattrons avec vous. » Cette chaîne de transmission est bonne de cette manière, et il a d'autres voies. Ahmad a dit : Aswad ibn 'Âmir nous a raconté, Isrâ'îl nous a raconté, d'après Mikhâriq, d'après Târiq ibn Shihâb, qui a dit : 'Abdullâh ibn Mas'ûd (qu'Allah l'agrée) a dit : « J'ai été témoin d'une scène de la part d'al-Miqdâd ; si j'avais été celui qui l'a vécue, cela m'aurait été plus cher que tout ce qui pourrait m'être donné en échange. Il vint au Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) alors qu'il invoquait contre les associateurs, et il dit : “Par Allah, ô Messager d'Allah, nous ne te disons pas ce que les Enfants d'Israël ont dit à Moïse : “Va, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux ; nous resterons ici assis.” Mais nous combattrons à ta droite, à ta gauche, devant toi et derrière toi.” Je vis alors le visage du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) s'illuminer et il en fut réjoui. » Al-Bukhârî l'a rapporté dans le Tafsîr et dans les Maghâzî par plusieurs voies d'après Mikhâriq. Al-Hâfiz Abû Bakr ibn Mardawayh a dit : 'Alî ibn al-Husayn ibn 'Alî nous a raconté, Abû Hâtim ar-Râzî nous a raconté, Muhammad ibn 'Abdillâh al-Ansârî nous a raconté, Humayd nous a raconté d'après Anas, que lorsque le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) se mit en route pour Badr, il consulta les musulmans. 'Umar lui donna son avis, puis il les consulta de nouveau. Les Ansâr 70 dirent : « Ô groupe des Ansâr, le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) vous vise. » Ils dirent : « Alors nous ne lui dirons pas ce que les Enfants d'Israël ont dit à Moïse : “Va, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux ; nous resterons ici assis.” Par Celui qui t'a envoyé avec la vérité, si tu frappais leurs flancs jusqu'à Bark al-Ghimâd 71, nous te suivrions. » L'imam Ahmad l'a rapporté d'après 'Ubayda ibn Humayd, d'après Humayd at-Tawîl, d'après Anas ; an-Nasâ'î l'a rapporté d'après Muhammad ibn al-Muthannâ, d'après Khâlid ibn al-Hârith, d'après Humayd, d'après Anas, de manière similaire. Ibn Hibbân l'a rapporté dans son Sahîh d'après Abû Ya'lâ, d'après 'Abd al-A'lâ ibn Hammâd, d'après Mu'tamir 72, d'après Humayd, d'après Anas, de manière similaire. Section sur l'entrée des Enfants d'Israël dans l'errance et ce qui leur arriva de prodigieux Nous avons mentionné le refus des Enfants d'Israël de combattre les géants, et qu'Allah – exalté soit-Il – les a punis par l'errance, et a décrété qu'ils n'en sortiraient pas avant quarante ans.
Je n'ai pas trouvé dans le livre des gens du Livre l'histoire de leur refus de combattre les tyrans, mais on y trouve que Josué fut équipé par Moïse pour combattre un groupe de mécréants, et que Moïse, Aaron et Hur s'assirent au sommet d'une colline, et Moïse leva son bâton ; chaque fois qu'il le levait, Josué triomphait d'eux, et chaque fois que sa main s'abaissait par fatigue ou autre, ils prenaient le dessus. Alors Aaron et Hur soutenaient ses mains, l'un à droite, l'autre à gauche, tout ce jour jusqu'au coucher du soleil, et le parti de Josué, sur lui la paix, triompha. Chez eux, Jéthro 73, prêtre de Madian et beau-père de Moïse, sur lui la paix, apprit ce qui était arrivé à Moïse et comment Dieu l'avait fait triompher de son ennemi Pharaon. Il vint donc auprès de Moïse, s'étant soumis 74, accompagné de sa fille Séphora 75, femme de Moïse, et de ses deux fils, Gershom et Éliézer 76. Moïse l'accueillit et l'honora, et les anciens d'Israël se réunirent avec lui, le glorifièrent et le vénérèrent. Ils rapportèrent qu'il vit la grande affluence du peuple auprès de Moïse pour les litiges qui survenaient entre eux. Il conseilla donc à Moïse de désigner sur le peuple des hommes de confiance, pieux, intègres, haïssant la corruption et la trahison, et de les établir sur le peuple comme chefs de milliers, chefs de centaines, chefs de cinquantaines et chefs de dizaines, pour juger entre les gens. Si une affaire leur échappait, ils viendraient à toi et tu trancherais ce qui leur était obscur. Moïse, sur lui la paix, fit ainsi. Ils dirent : Les enfants d'Israël entrèrent dans le désert près du Sinaï au troisième mois après leur sortie d'Égypte. Leur sortie eut lieu au début de l'année qui leur fut prescrite, c'est-à-dire au début du printemps ; il semble donc qu'ils entrèrent dans le désert au début de l'été. Dieu sait mieux. Ils dirent : Les enfants d'Israël campèrent autour du mont Sinaï, et Moïse monta sur la montagne ; son Seigneur lui parla et lui ordonna de rappeler aux enfants d'Israël les bienfaits dont Il les avait comblés, en les sauvant de Pharaon et de son peuple, et comment Il les avait portés sur des ailes d'aigle 77 par Sa main et Sa puissance. Il lui ordonna de commander aux enfants d'Israël de se purifier, de se laver, de laver leurs vêtements et de se préparer pour le troisième jour. Au troisième jour, qu'ils se rassemblent autour de la montagne, et que personne ne s'en approche ; quiconque en approcherait serait tué, même aucune bête, tant qu'ils entendraient le son du cor 78. Quand le cor se tairait, il vous serait permis d'y monter. Les enfants d'Israël entendirent cela et obéirent 79 ; ils se lavèrent, se purifièrent et se parfumèrent. Au troisième jour, une nuée épaisse couvrit la montagne, avec des voix, des éclairs et un son de trompette très fort. Les enfants d'Israël furent saisis d'une grande frayeur ; ils sortirent et se tinrent au pied de la montagne. Une fumée épaisse enveloppa la montagne, au milieu de laquelle se trouvait une colonne de lumière 80 ; toute la montagne trembla violemment, et le son de la trompette 81 continua et s'intensifia, tandis que Moïse, sur lui la paix, était au sommet de la montagne, et Dieu lui parlait et s'entretenait avec lui. Le Seigneur, Puissant et Glorieux, ordonna à Moïse de descendre et de commander aux enfants d'Israël de s'approcher de la montagne pour entendre le commandement de Dieu, et il ordonna aux prêtres 82, c'est-à-dire leurs savants, de s'approcher et de monter sur la montagne pour se tenir près 83. Ceci est un texte clair dans leur Livre sur l'occurrence de l'abrogation 84, inévitablement. Moïse dit : « Seigneur, ils ne peuvent monter, et Tu leur as interdit cela. » Alors Dieu, Exalté soit-Il, lui ordonna d'aller et de venir avec son frère Aaron, et que les prêtres, c'est-à-dire les savants, et le peuple, c'est-à-dire le reste des enfants d'Israël, se tiennent non loin. Moïse fit ainsi. Son Seigneur, Puissant et Glorieux, lui parla et lui ordonna alors les Dix Paroles 85. Chez eux, les enfants d'Israël entendirent la parole de Dieu, mais ne la comprirent pas jusqu'à ce que Moïse la leur expliquât. Ils disaient à Moïse : « Rapporte-nous ce que le Seigneur, Puissant et Glorieux, te dit, car nous craignons de mourir. » Il leur rapporta donc de Sa part ces Dix Paroles : l'ordre d'adorer Dieu seul sans associé ; l'interdiction de jurer par Dieu mensongèrement ; l'ordre d'observer le sabbat 86, c'est-à-dire de consacrer un jour de la semaine au culte – ce qui est réalisé par le vendredi, que Dieu a substitué au sabbat ; honore ton père et ta mère afin que tes jours se prolongent sur la terre que Dieu ton Seigneur te donne ; ne tue pas ; ne commets pas d'adultère ; ne vole pas ; ne porte pas de faux témoignage contre ton prochain ; ne convoite pas la maison de ton prochain, ne désire pas sa femme, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui appartient à ton prochain. Cela signifie l'interdiction de l'envie. Beaucoup de savants des prédécesseurs 87 et d'autres ont dit : Le contenu de ces Dix Paroles se trouve dans deux versets du Coran, à savoir la parole de l'Exalté dans la sourate al-An‘âm 88 : « Dis : Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit : ne Lui associez rien ; soyez bons envers vos père et mère ; ne tuez pas vos enfants par peur de pauvreté – Nous vous nourrissons, vous et eux – ; n'approchez pas les turpitudes, qu'elles soient apparentes ou cachées ; ne tuez pas l'âme que Dieu a interdite, sauf en droit. Voilà ce qu'Il vous a recommandé, afin que vous raisonniez. Et n'approchez pas les biens de l'orphelin, sauf de la meilleure manière, jusqu'à ce qu'il atteigne sa majorité. Remplissez la mesure et la balance avec équité – Nous n'imposons à une âme que ce qu'elle peut supporter – ; et quand vous parlez, soyez équitables, même envers un proche. Et soyez fidèles au pacte de Dieu. Voilà ce qu'Il vous a recommandé, afin que vous vous souveniez. Et que ceci est Mon chemin dans sa rectitude : suivez-le donc, et ne suivez pas les sentiers qui vous éloigneraient de Son chemin. Voilà ce qu'Il vous a recommandé, afin que vous soyez pieux. » Ils mentionnèrent, après les Dix Paroles, de nombreux commandements et des jugements variés et précieux, qui furent en vigueur puis disparurent ; on y obéit pendant un certain temps, puis il y eut désobéissance de la part de ceux qui en étaient chargés ; ensuite, ils les altérèrent et les déformèrent ; puis, après tout cela, ils les dépouillèrent, et elles devinrent abrogées et changées, après avoir été prescrites et complètes. À Dieu appartient le commandement avant et après ; c'est Lui qui juge comme Il veut et fait ce qu'Il veut. N'est-ce pas à Lui qu'appartiennent la création et le commandement ? Béni soit Dieu, Seigneur des mondes. Dieu, Exalté soit-Il, a dit : « Ô enfants d'Israël, Nous vous avons sauvés de votre ennemi, et Nous vous avons donné rendez-vous sur le flanc droit du Mont 89, et Nous avons fait descendre sur vous la manne et les cailles. Mangez des bonnes choses que Nous vous avons attribuées, et n'y commettez pas d'excès, sinon Ma colère s'abattrait sur vous ; et celui sur qui Ma colère s'abat, tombe dans l'abîme. Et Je suis Très Pardonneur pour quiconque se repent, croit, fait le bien, puis se laisse guider. » 90 Il mentionne, Exalté soit-Il, Sa grâce et Sa bonté envers les enfants d'Israël, en les sauvant de leurs ennemis, en les délivrant de la détresse et de l'angoisse, et en leur promettant, par l'intermédiaire de leur prophète, le flanc droit du Mont, c'est-à-dire de leur côté, pour faire descendre sur lui des prescriptions grandes contenant leur bien dans ce monde et dans l'au-delà. Et que Lui, Exalté soit-Il, fit descendre sur eux, dans leur situation de détresse et de nécessité durant leur voyage 91 dans une terre sans culture ni bétail, une manne du ciel : ils se levaient le matin et la trouvaient autour de leurs tentes ; ils en prenaient selon leurs besoins pour ce jour-là jusqu'au lendemain ; celui qui en conservait pour plus longtemps la voyait se gâter ; celui qui en prenait peu en avait assez, et celui qui en prenait beaucoup n'en avait pas de surplus. Ils en faisaient du pain, d'une blancheur et d'une douceur extrêmes. En fin de journée, des cailles les couvraient, et ils en attrapaient 92 sans peine ce dont ils avaient besoin pour leur dîner.
Et lorsque venait l'été, Allah étendait sur eux l'ombre des nuages, c'est-à-dire la nuée qui les protégeait de la chaleur du soleil et de sa lumière éclatante, comme Il dit dans la sourate al-Baqara : "Ô Enfants d'Israël, rappelez-vous Ma grâce dont Je vous ai comblés. Tenez vos engagements envers Moi, Je tiendrai les Miens envers vous. Et craignez-Moi seul. Et croyez à ce que J'ai fait descendre, qui confirme ce que vous avez déjà, et ne soyez pas les premiers à y mécroire. Et ne troquez pas Mes signes à vil prix. Et craignez-Moi." Jusqu'à ce qu'Il dise : "Et [rappelez-vous] quand Nous vous avons sauvés des gens de Pharaon qui vous infligeaient le pire châtiment : ils égorgeaient vos fils et laissaient vivre vos femmes. Et c'était là une grande épreuve de la part de votre Seigneur. Et quand Nous avons fendu la mer pour vous, vous sauvant et noyant les gens de Pharaon sous vos yeux. Et quand Nous donnâmes rendez-vous à Moïse pendant quarante nuits. Puis, en son absence, vous avez pris le veau pour idole, et vous étiez injustes. Puis, après cela, Nous vous avons pardonné afin que vous soyez reconnaissants. Et quand Nous donnâmes à Moïse le Livre et le Discernement afin que vous soyez guidés. Et quand Moïse dit à son peuple : 'Ô mon peuple, vous avez été injustes envers vous-mêmes en prenant le veau pour idole. Repentez-vous donc à votre Créateur et tuez-vous les uns les autres : cela est meilleur pour vous auprès de votre Créateur.' Et Il accepta votre repentir. C'est Lui l'Accueillant au repentir, le Miséricordieux. Et quand vous dîtes : 'Ô Moïse, nous ne croirons pas en toi avant d'avoir vu Allah clairement.' Alors la foudre vous saisit tandis que vous regardiez. Puis Nous vous ressuscitâmes après votre mort afin que vous soyez reconnaissants. Et Nous vous couvrîmes de l'ombre des nuages et fîmes descendre sur vous la manne et les cailles : 'Mangez des bonnes choses que Nous vous avons attribuées.' Ce n'est pas à Nous qu'ils firent du tort, mais ils se firent du tort à eux-mêmes." Jusqu'à ce qu'Il dise : "Et quand Moïse demanda de l'eau pour son peuple, Nous dîmes : 'Frappe le rocher avec ton bâton.' Alors en jaillirent douze sources. Chaque tribu sut où boire. 'Mangez et buvez de la subsistance d'Allah et ne semez pas la corruption sur la terre.' Et quand vous dîtes : 'Ô Moïse, nous ne pouvons plus supporter une seule nourriture. Invoque donc pour nous ton Seigneur afin qu'Il fasse sortir pour nous de ce que la terre produit : ses légumes, ses concombres, son ail, ses lentilles et ses oignons.' Il dit : 'Voulez-vous échanger ce qui est meilleur contre ce qui est inférieur ? Descendez donc dans une ville 93 ; vous y trouverez ce que vous demandez.' Et l'avilissement et la misère s'abattirent sur eux, et ils encoururent la colère d'Allah. Cela, parce qu'ils mécroyaient aux signes d'Allah et tuaient injustement les prophètes. Cela, parce qu'ils désobéissaient et transgressaient." Allah mentionna donc Ses bienfaits envers eux, Sa bonté à leur égard, en leur facilitant la manne et les cailles, deux aliments délicieux sans peine ni effort de leur part, mais Allah faisait descendre la manne le matin et envoyait les cailles le soir, et Il fit jaillir l'eau pour eux : Moïse, sur lui la paix, frappait une pierre qu'ils portaient avec eux avec son bâton, et douze sources en jaillissaient, pour chaque tribu une source qui jaillissait, puis se répandait en eau pure ; ils buvaient, abreuvaient leurs bêtes et en stockaient suffisamment. Et Il étendit sur eux l'ombre des nuages contre la chaleur. Ce sont là de grands bienfaits d'Allah et des dons immenses. Mais ils ne les préservèrent pas comme il se doit, ni ne s'acquittèrent de la gratitude et de l'adoration qui leur étaient dues. Puis beaucoup d'entre eux s'en lassèrent et s'en irritèrent, et demandèrent à les échanger contre ce que la terre produit : ses légumes, ses concombres, son ail, ses lentilles et ses oignons. Alors le Kalîm 94 les réprimanda, les blâma et les tança pour cette parole, leur disant sévèrement : "Voulez-vous échanger ce qui est meilleur contre ce qui est inférieur ? Descendez donc dans une ville ; vous y trouverez ce que vous demandez." C'est-à-dire : ce que vous demandez et désirez en échange de ces bienfaits dont vous jouissez se trouve chez les habitants des villes, petites et grandes ; si vous y descendez, c'est-à-dire si vous quittez ce rang élevé auquel vous n'êtes pas aptes, vous y trouverez ce que vous convoitez et désirez parmi ces aliments vils et ces nourritures méprisables. Mais je ne vous accorderai pas cela ici, et je ne vous donnerai pas ce que vous prétendez par caprice. Toutes ces qualités mentionnées à leur sujet et émanant d'eux montrent qu'ils n'ont pas cessé ce qui leur était interdit, comme Allah dit : "Et ne transgressez pas à son sujet, sinon Ma colère s'abattra sur vous ; et celui sur qui Ma colère s'abat, périt." C'est-à-dire : il est perdu, et la perte et la ruine lui sont dues, car la colère du Roi Tout-Puissant s'est abattue sur lui. Mais Allah, exalté soit-Il, a mêlé cette terrible menace à l'espoir pour celui qui se repent, revient et ne persévère pas à suivre le diable rebelle, en disant : "Et Je suis Grand Pardonneur pour celui qui se repent, croit, fait bonne œuvre, puis se laisse guider." La demande de vision 95. Allah dit : "Et Nous donnâmes rendez-vous à Moïse pendant trente nuits, et Nous les complétâmes par dix, de sorte que le terme fixé par son Seigneur fut de quarante nuits. Et Moïse dit à son frère Aaron : 'Remplace-moi auprès de mon peuple, agis en bien et ne suis pas la voie des corrupteurs.' Et quand Moïse vint à Notre rendez-vous et que son Seigneur lui parla, il dit : 'Seigneur, montre-Toi à moi pour que je Te voie.' Il dit : 'Tu ne Me verras pas, mais regarde la montagne : si elle reste en place, alors tu Me verras.' Et lorsque son Seigneur Se manifesta à la montagne, Il la réduisit en poussière, et Moïse tomba foudroyé. Quand il revint à lui, il dit : 'Gloire à Toi ! Je me repens à Toi, et je suis le premier des croyants.' Il dit : 'Ô Moïse, Je t'ai préféré aux hommes par Mes messages et par Ma parole. Prends donc ce que Je te donne et sois du nombre des reconnaissants.' Et Nous écrivîmes pour lui, sur les Tables, une exhortation pour toute chose et un exposé détaillé de toute chose. 'Prends-les donc avec force et ordonne à ton peuple d'en adopter le meilleur. Je vous montrerai la demeure des pervers. Je détournerai de Mes signes ceux qui, sans droit, s'enflent d'orgueil sur la terre. Même s'ils voient tous les signes, ils n'y croiront pas. S'ils voient la voie de la droiture, ils ne la prennent pas comme voie ; mais s'ils voient la voie de l'égarement, ils la prennent comme voie. Cela, parce qu'ils ont traité Nos signes de mensonges et qu'ils les ont négligés. Et ceux qui traitent de mensonges Nos signes et la rencontre de l'au-delà, leurs œuvres sont vaines. Seront-ils rétribués autrement que selon ce qu'ils œuvraient ?"" Un groupe de prédécesseurs 96, parmi lesquels Ibn 'Abbâs, Masrûq et Mujâhid, a dit : les trente nuits sont le mois de Dhû l-Qa'da dans son entier, et les quarante nuits sont complétées par dix de Dhû l-Hijja. Ainsi, la parole d'Allah 97 à Moïse eut lieu le jour de la fête du sacrifice 98, et c'est en ce même jour qu'Allah, Puissant et Majestueux, a parfait Sa religion pour Muhammad, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, et a établi Sa preuve et Ses arguments. Ce qui importe est que Moïse, sur lui la paix, lorsqu'il eut accompli le terme fixé, durant lequel il jeûnait – on dit qu'il ne goûta pas à la nourriture –, quand le mois fut achevé, il prit l'écorce d'un arbre et la mâcha pour parfumer sa bouche. Alors Allah lui ordonna de jeûner encore dix jours, ce qui fit quarante nuits. C'est pourquoi il est établi dans le hadith que l'odeur de la bouche du jeûneur est plus agréable à Allah que le parfum du musc. Lorsqu'il décida de partir, il laissa comme successeur sur les tribus des Enfants d'Israël son frère Aaron, aimé, vénéré et noble. Il était son frère de mère et de père, et son vizir dans l'appel à son Élu. Il lui fit des recommandations et lui donna des ordres, et cela ne contredit en rien l'élévation de son rang dans sa prophétie. Allah dit : "Et quand Moïse vint à Notre rendez-vous", c'est-à-dire au moment où il lui fut ordonné de venir, "et que son Seigneur lui parla", c'est-à-dire qu'Allah lui parla de derrière un voile, mais Il lui fit entendre le discours, l'appela, lui parla en privé, le rapprocha et l'honora. C'est là une position élevée, une forteresse imprenable, un rang noble et une demeure sublime. Que les prières d'Allah soient sur lui sans cesse, et Sa paix sur lui en ce monde et dans l'au-delà.
Lorsqu'il eut reçu cette haute station et ce rang élevé, et qu'il eut entendu l'adresse, il demanda la levée du voile. Il dit au Majestueux que les regards ne peuvent atteindre, à Celui dont la preuve est éclatante : « Seigneur, montre-Toi à moi, que je Te voie ! » Il dit : « Tu ne Me verras pas. » Puis Il expliqua, exalté soit-Il, que nul ne peut subsister lors de Sa manifestation, car la montagne, plus forte, plus grande en essence et plus ferme que l'homme, ne subsiste pas devant la manifestation du Tout-Miséricordieux. C'est pourquoi Il dit : « Mais regarde la montagne : si elle reste en place, alors tu Me verras. » Et dans les Écritures antérieures : Dieu dit à Moïse : « Ô Moïse, nul vivant ne Me voit sans mourir, et nul sec ne Me voit sans s'effondrer 99. » Dans les deux Sahih 100, d'après Abou Moussa, le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) a dit : « Son voile est la lumière » – et dans une version : « le feu » – « s'Il le levait, les splendeurs 101 de Sa face brûleraient tout ce que Son regard atteint de Sa création. » Ibn Abbas a dit au sujet de la parole de Dieu : « Les regards ne peuvent L'atteindre » : « C'est Sa lumière qui est Sa lumière ; lorsqu'Il se manifeste à quelque chose, rien ne peut Lui résister. » C'est pourquoi Dieu dit : « Lorsque son Seigneur se manifesta à la montagne, Il la réduisit en poussière, et Moïse tomba foudroyé. Puis, revenu à lui, il dit : “Gloire à Toi ! Je me repens à Toi, et je suis le premier des croyants.” » Moudjahid a dit : « Mais regarde la montagne : si elle reste en place, alors tu Me verras » : « Elle est plus grande que toi et plus solide en création. Lorsque son Seigneur se manifesta à la montagne, elle ne put se contenir ; la montagne s'effondra, réduite en poussière dès son sommet. Moïse vit ce qui arrivait à la montagne et tomba foudroyé. » Nous avons mentionné dans l'exégèse ce que rapportèrent l'imam Ahmad et at-Tirmidhi, et que jugèrent authentique Ibn Jarir et al-Hakim, d'après Hammad ibn Salama, d'après Thabit – et Ibn Jarir ajouta Layth – d'après Anas : le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) récita : « Lorsque son Seigneur se manifesta à la montagne, Il la réduisit en poussière », puis il dit : « Ainsi », en faisant un geste de son doigt, et le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) posa son pouce sur la phalange supérieure de l'auriculaire, et la montagne s'enfonça. – Texte d'Ibn Jarir. As-Souddi a dit, d'après Ikrima, d'après Ibn Abbas : « Il ne se manifesta – c'est-à-dire de Sa majesté – que de la taille de l'auriculaire, et Il réduisit la montagne en poussière. » Il dit : « en terre ». « Et Moïse tomba foudroyé », c'est-à-dire évanoui. Qatada a dit : « mort ». Mais le premier avis est plus correct, car Il dit : « Puis, revenu à lui » ; le retour à soi ne se fait qu'après un évanouissement. « Il dit : “Gloire à Toi !” » – c'est une déclaration de transcendance, de grandeur et de majesté, qu'aucun ne Le voie dans Sa grandeur – « Je me repens à Toi », c'est-à-dire : je ne demande plus après cela la vision, « et je suis le premier des croyants » : que nul vivant ne Te voit sans mourir, et nul sec ne Te voit sans s'effondrer. Il est établi dans les deux Sahih, d'après Amr ibn Yahya ibn Ammar ibn Abi Hassan al-Mazini al-Ansari, d'après son père, d'après Abou Saïd al-Khoudri, que le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) a dit : « Ne me préférez pas aux prophètes, car les gens seront foudroyés au Jour de la Résurrection, et je serai le premier à revenir à moi ; alors je trouverai Moïse cramponné à un pilier du Trône, et je ne sais s'il est revenu à lui avant moi ou s'il a été récompensé par la foudre du Mont Sinaï. » – Texte d'al-Boukhari. Au début de ce hadith, il y a l'histoire du Juif dont le visage fut frappé par un Ansârite lorsqu'il dit : « Non, par Celui qui a élu Moïse au-dessus des hommes ! » Alors le Messager de Dieu dit : « Ne me préférez pas aux prophètes. » Dans les deux Sahih, d'après az-Zouhri, d'après Abou Salama et Abd ar-Rahman al-A'raj, d'après Abou Hourayra, le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) rapporta un hadith similaire, où il est dit : « Ne me préférez pas à Moïse », et il mentionna la suite. Ceci relève de l'humilité et de la modestie, ou bien c'est une interdiction de faire des comparaisons entre les prophètes par colère ou fanatisme, ou bien : « Ce n'est pas à vous de le faire ; c'est Dieu qui élève certains au-dessus des autres par degrés, et cela ne s'obtient pas par simple opinion, mais par révélation. » Quant à ceux qui disent qu'il a dit cela avant de savoir qu'il était le meilleur, puis que cela fut abrogé par la connaissance de sa supériorité sur eux tous, cette opinion est discutable, car ce hadith est rapporté par Abou Saïd et Abou Hourayra ; or Abou Hourayra n'a émigré qu'à l'année de Hunayn, tardivement, et il est peu probable qu'il n'ait su cela qu'après. Et Dieu sait mieux. Il ne fait aucun doute que lui – que les prières et la paix de Dieu soient sur lui – est le meilleur des hommes, voire de toute la création. Dieu dit : « Vous êtes la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes », et ils ne sont parfaits que par l'honneur de leur Prophète. Et il est établi de manière mutawâtir 102 qu'il a dit : « Je suis le maître des fils d'Adam au Jour de la Résurrection, sans vanité. » Puis il mentionna sa spécialité par la Station Digne de Louange 103, que lui envieront les premiers et les derniers, et dont se détourneront les prophètes et les messagers, même les plus accomplis d'entre les doués de fermeté 104 : Noé, Abraham, Moïse et Jésus fils de Marie. Sa parole (que la prière et la paix soient sur lui) : « Je serai le premier à revenir à moi, et je trouverai Moïse cramponné à un pilier du Trône – c'est-à-dire s'y accrochant – et je ne sais s'il est revenu à lui avant moi ou s'il a été récompensé par la foudre du Mont Sinaï » est une preuve que cette foudre qui frappera les créatures dans les plaines de la Résurrection, lorsque le Seigneur se manifestera pour le jugement entre Ses serviteurs, les foudroyant par l'intensité de la crainte, de la majesté et de la manifestation, et que le premier d'entre eux à revenir à lui sera Muhammad, le sceau des prophètes et l'élu du Seigneur de la terre et des cieux sur tous les prophètes ; il trouvera Moïse cramponné à un pilier du Trône. Le Véridique et le Confirmé 105 a dit : « Je ne sais s'il a été foudroyé puis a repris connaissance avant moi ? » – c'est-à-dire que sa foudre fut légère, car il avait déjà subi une foudre en ce monde pour cette raison – « ou s'il a été récompensé par la foudre du Mont Sinaï ? » – c'est-à-dire qu'il n'a pas été foudroyé du tout. Ceci contient un grand honneur pour Moïse (sur lui la paix) sous cet aspect, mais cela n'implique pas sa supériorité absolue sous tous rapports. C'est pourquoi le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) attira l'attention sur son honneur et sa vertu par cette qualité, car lorsque le musulman frappa le visage du Juif qui disait : « Non, par Celui qui a élu Moïse au-dessus des hommes », il aurait pu naître dans l'esprit des témoins un mépris pour la personne de Moïse (sur lui la paix) ; le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) montra donc sa vertu et son honneur. Sa parole : « Il dit : “Ô Moïse, Je t'ai élu parmi les hommes par Mes messages et Ma parole” » signifie : à cette époque, et non avant, car Abraham l'ami intime 106 est meilleur que lui, comme cela a été exposé dans l'histoire d'Abraham, et non après, car Muhammad (que la prière et la paix soient sur lui) est meilleur qu'eux deux, comme cela est apparu par son honneur lors de la nuit de l'Isra' 107 sur tous les messagers et prophètes, et comme il est établi qu'il a dit : « Je me tiendrai en une station où toute la création me portera envie, même Abraham. » Sa parole : « Prends donc ce que Je t'ai donné et sois du nombre des reconnaissants » signifie : prends ce que Je t'ai donné comme message et parole, et ne demande pas davantage, et sois du nombre des reconnaissants pour cela. Dieu dit : « Et Nous écrivîmes pour lui, sur les Tables, une exhortation de toute chose et un exposé détaillé de toute chose. » Les Tables étaient d'une substance précieuse. Dans le Sahih 108 : Dieu écrivit pour lui la Torah de Sa main, et elle contenait des exhortations contre les péchés et un exposé détaillé de tout ce dont ils avaient besoin, licite et illicite. « Prends-les avec force » – c'est-à-dire avec une détermination et une intention sincère et forte – « et ordonne à ton peuple d'en adopter ce qu'il y a de meilleur » – c'est-à-dire de les appliquer de la meilleure manière et de les interpréter de la façon la plus belle – « Je vous montrerai la demeure des pervers » – c'est-à-dire vous verrez la conséquence de ceux qui sortent de Mon obéissance, qui s'opposent à Mon ordre et qui traitent Mes messagers de menteurs.
Je détournerai de Mes signes 109 ceux qui, sans droit, se montrent orgueilleux sur terre. Même s'ils voient tous les signes, ils n'y croient pas. S'ils voient la voie de la droiture, ils ne la prennent pas comme chemin ; mais s'ils voient la voie de l'égarement, ils la prennent comme chemin. Cela, parce qu'ils ont traité Nos signes de mensonges et s'en sont détournés. Et ceux qui traitent de mensonges Nos signes et la rencontre de l'au-delà, leurs œuvres sont vaines. Seront-ils rétribués autrement que selon ce qu'ils œuvraient ? L'histoire de leur adoration du veau en l'absence de Moïse, l'interlocuteur de Dieu. Dieu dit : « Le peuple de Moïse, après son départ, prit pour divinité un veau fait de leurs parures, un corps mugissant. Ne voyaient-ils pas qu'il ne leur parlait pas et ne les guidait sur aucun chemin ? Ils le prirent et furent injustes. Quand ils en eurent du remords et virent qu'ils s'étaient égarés, ils dirent : "Si notre Seigneur ne nous fait pas miséricorde et ne nous pardonne pas, nous serons certainement parmi les perdants." Quand Moïse revint à son peuple, courroucé et affligé, il dit : "Quelle mauvaise façon de me succéder après mon départ ! Avez-vous hâté l'ordre de votre Seigneur ?" Il jeta les Tables et prit la tête de son frère, la tirant à lui. Aaron dit : "Ô fils de ma mère, le peuple m'a traité comme faible et a failli me tuer. Ne fais donc pas que les ennemis se réjouissent de mon malheur et ne me place pas parmi les injustes." Moïse dit : "Seigneur, pardonne-moi et à mon frère, et fais-nous entrer dans Ta miséricorde, car Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux." Ceux qui prirent le veau seront atteints de la colère de leur Seigneur et d'avilissement dans la vie présente. Ainsi rétribuons-nous les inventeurs de mensonges. Quant à ceux qui commettent de mauvaises actions, puis se repentent après cela et croient, ton Seigneur, après cela, est Pardonneur et Miséricordieux. Quand la colère de Moïse se fut apaisée, il prit les Tables. Dans leur copie se trouvaient guidée et miséricorde pour ceux qui craignent leur Seigneur. » Dieu dit : « Qu'est-ce qui t'a pressé de quitter ton peuple, ô Moïse ? » Moïse dit : « Ils sont là sur mes traces ; je me suis hâté vers Toi, Seigneur, afin que Tu sois satisfait. » Dieu dit : « Nous avons éprouvé ton peuple après ton départ ; le Samaritien les a égarés. » Moïse retourna à son peuple, courroucé et affligé. Il dit : « Ô mon peuple, votre Seigneur ne vous a-t-Il pas fait une belle promesse ? La durée vous a-t-elle paru longue ? Ou avez-vous voulu que la colère de votre Seigneur s'abatte sur vous, pour avoir manqué à votre engagement envers moi ? » Ils dirent : « Ce n'est pas de notre propre gré que nous avons manqué à notre engagement envers toi, mais nous avons été chargés de lourds fardeaux des parures du peuple ; nous les avons jetés, et c'est ainsi que le Samaritien les a lancés. » Il leur sortit un veau, un corps mugissant. Ils dirent : « Voilà votre dieu et le dieu de Moïse ; il a oublié ! » Ne voient-ils pas qu'il ne leur rend aucune parole et qu'il ne possède pour eux ni mal ni bien ? Aaron leur avait bien dit auparavant : « Ô mon peuple, vous êtes seulement éprouvés par lui. Votre Seigneur est le Tout Miséricordieux. Suivez-moi donc et obéissez à mon ordre. » Ils dirent : « Nous ne cesserons de l'adorer jusqu'à ce que Moïse revienne vers nous. » Moïse dit : « Ô Aaron, qu'est-ce qui t'a empêché, quand tu les as vus s'égarer, de me suivre ? As-tu désobéi à mon ordre ? » Aaron dit : « Ô fils de ma mère, ne me prends ni par la barbe ni par la tête. J'ai craint que tu ne dises : "Tu as divisé les enfants d'Israël et tu n'as pas observé ma parole." » Moïse dit : « Quel était ton dessein, ô Samaritien ? » Il dit : « J'ai vu ce qu'ils n'ont pas vu ; j'ai pris une poignée de la trace de l'Envoyé et je l'ai lancée. C'est ainsi que mon âme m'a suggéré. » Moïse dit : « Va-t'en ! Dans la vie présente, tu auras à dire : "Ne me touchez pas !" Et il y a pour toi un rendez-vous que tu ne manqueras pas. Regarde ton dieu que tu as adoré avec assiduité ; nous le brûlerons, puis nous le disperserons dans la mer. Votre Dieu est Dieu, en dehors de qui il n'y a pas de divinité ; Il embrasse toute chose de Sa science. » Dieu rappelle ce qui advint des enfants d'Israël lorsque Moïse se rendit au rendez-vous de son Seigneur. Il demeura sur le mont Sinaï, où son Seigneur lui parla et où Moïse L'interrogea sur beaucoup de choses, et Dieu lui répondit. Un homme parmi eux, nommé Aaron le Samaritien, prit les parures qu'ils avaient empruntées, en façonna un veau et y jeta une poignée de terre qu'il avait prise de la trace du cheval de Gabriel, lorsqu'il le vit le jour où Dieu noya Pharaon par son intermédiaire. Quand il la jeta, le veau mugit comme un vrai veau. On dit qu'il devint un veau de chair et de sang, vivant et mugissant, selon Qatada et d'autres. On dit aussi que le vent, entrant par son arrière, sortait par sa bouche en mugissant comme une vache, et ils dansaient autour de lui et se réjouissaient. Ils dirent : « Voilà votre dieu et le dieu de Moïse ; il a oublié ! » C'est-à-dire : Moïse a oublié son Seigneur auprès de nous et est parti à Sa recherche, alors qu'Il est ici ! Dieu est bien au-dessus de ce qu'ils disent, Très Haut, et Ses noms et attributs sont sanctifiés, Ses bienfaits et dons multipliés. Dieu, montrant la fausseté de ce à quoi ils s'étaient attachés et de ce sur quoi ils s'étaient appuyés comme divinité de cet être qui, au mieux, n'était qu'un animal ou un démon maudit, dit : « Ne voient-ils pas qu'il ne leur rend aucune parole et qu'il ne possède pour eux ni mal ni bien ? » Et Il dit : « Ne voyaient-ils pas qu'il ne leur parlait pas et ne les guidait sur aucun chemin ? Ils le prirent et furent injustes. » Il mentionna que cet animal ne parle pas, ne répond pas, ne possède ni mal ni bien, et ne guide vers aucune droiture. Ils le prirent, injustes envers eux-mêmes, sachant en eux-mêmes la fausseté de ce qu'ils faisaient par ignorance et égarement. « Quand ils en eurent du remords », c'est-à-dire qu'ils regrettèrent ce qu'ils avaient fait, « et virent qu'ils s'étaient égarés, ils dirent : "Si notre Seigneur ne nous fait pas miséricorde et ne nous pardonne pas, nous serons certainement parmi les perdants." » Quand Moïse revint à eux et vit ce qu'ils faisaient en adorant le veau, tenant les Tables contenant la Torah, il les jeta. On dit qu'il les brisa. C'est ainsi chez les gens du Livre, et Dieu lui en donna d'autres. Le texte coranique n'indique pas cela, seulement qu'il les jeta lorsqu'il vit ce qu'il vit. Chez les gens du Livre, il y avait deux Tables ; le Coran suggère qu'elles étaient multiples. Il ne fut pas affecté par la seule nouvelle de Dieu concernant l'adoration du veau ; Dieu lui ordonna de le constater par lui-même. C'est pourquoi, dans le hadith rapporté par Ahmad et Ibn Hibban d'après Ibn Abbas, le Messager de Dieu a dit : « La nouvelle n'est pas comme la constatation visuelle. » Puis il se tourna vers eux, les réprimanda et les blâma pour leur vilain acte. Ils s'excusèrent auprès de lui par des excuses non valables : « Nous avons été chargés de lourds fardeaux des parures du peuple ; nous les avons jetés, et c'est ainsi que le Samaritien les a lancés. » Ils se firent scrupule de posséder les parures de la famille de Pharaon, alors qu'ils étaient en guerre, alors que Dieu leur avait ordonné de les prendre et les leur avait permises. Mais ils ne se firent pas scrupule, par ignorance et manque de science et de raison, d'adorer un veau de chair mugissant, à côté du Dieu Unique, Seul, Éternel, Dominateur ! Puis il se tourna vers son frère Aaron et lui dit : « Ô Aaron, qu'est-ce qui t'a empêché, quand tu les as vus s'égarer, de me suivre ? » C'est-à-dire : pourquoi, lorsque tu as vu ce qu'ils faisaient, ne m'as-tu pas suivi pour m'informer de leur acte ? Aaron dit : « J'ai craint que tu ne dises : "Tu as divisé les enfants d'Israël" », c'est-à-dire : tu les as quittés et es venu à moi, alors que tu m'avais laissé comme successeur parmi eux. Moïse dit : « Seigneur, pardonne-moi et à mon frère, et fais-nous entrer dans Ta miséricorde, car Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux. » Aaron les avait sévèrement interdits de cet acte odieux et les en avait vivement réprimandés.
Dieu Très-Haut a dit : "Aaron leur avait dit auparavant : Ô mon peuple, vous avez seulement été éprouvés par lui 110." C'est-à-dire : Dieu a décrété l'affaire de ce veau et a fait qu'il mugisse comme une épreuve et un test pour vous. "Et votre Seigneur est le Tout-Miséricordieux", c'est-à-dire Lui, et non ce veau. "Suivez-moi donc" dans ce que je vous dis "et obéissez à mon ordre." Ils dirent : "Nous ne cesserons de nous y consacrer jusqu'à ce que Moïse revienne vers nous." Dieu atteste pour Aaron, paix sur lui, "et Dieu suffit comme témoin" qu'il les a interdits et réprimandés pour cela, mais ils ne lui ont pas obéi et ne l'ont pas suivi. Puis Moïse se tourna vers le Samaritain 111 : "Quel est ton dessein, ô Samaritain ?" C'est-à-dire : qu'est-ce qui t'a poussé à faire ce que tu as fait ? Il dit : "J'ai vu ce qu'ils n'ont pas vu", c'est-à-dire j'ai vu Gabriel monté sur un cheval. "J'ai pris une poignée de la trace du messager", c'est-à-dire de la trace du cheval de Gabriel. Certains ont mentionné qu'il l'a vu, et partout où ses sabots touchaient le sol, il verdissait et devenait herbeux. Il prit donc de la trace de son sabot, et lorsqu'il la jeta dans ce veau fabriqué en or, il se produisit ce qui se produisit. C'est pourquoi il dit : "Je l'ai jetée, et voilà ce que mon âme m'a suggéré." Il dit : "Va-t'en ! Tu auras dans la vie à dire : Ne me touchez pas !" C'est une malédiction contre lui pour qu'il ne touche personne, en punition de ce qu'il a touché ce qu'il n'aurait pas dû toucher. C'est une punition pour lui dans ce monde. Puis Il le menaça dans l'au-delà en disant : "Et tu auras un rendez-vous que tu ne manqueras pas" (et on lit aussi "que Nous ne manquerons pas"). "Et regarde ton dieu auquel tu t'es consacré : Nous le brûlerons, puis nous le disperserons dans la mer en poussière." Il dit : Moïse, paix sur lui, s'occupa de ce veau et le brûla par le feu, comme l'ont dit Qatada et d'autres. On dit aussi qu'il le racla avec des limes, comme l'ont dit Ali, Ibn Abbas et d'autres, et c'est le texte des Gens du Livre. Puis il le réduisit en cendres dans la mer, et ordonna aux Enfants d'Israël de boire. Ceux qui l'avaient adoré eurent sur leurs lèvres de cette cendre qui les trahit ; on dit aussi que leurs visages jaunirent. Puis Dieu Très-Haut dit, rapportant que Moïse leur dit : "Votre Dieu est Dieu, en dehors de qui il n'y a pas de divinité ; Il embrasse toute chose par Sa science." Et Dieu Très-Haut dit : "Ceux qui ont pris le veau [pour divinité] seront atteints de la colère de leur Seigneur et d'avilissement dans la vie présente. Ainsi rétribuons-Nous les inventeurs [de mensonges]." Et c'est ce qui arriva. Certains prédécesseurs ont dit : "Ainsi rétribuons-Nous les inventeurs" est une sentence générale pour tout hérétique jusqu'au Jour de la Résurrection ! Puis Dieu Très-Haut informa de Sa clémence et de Sa miséricorde envers Ses créatures, et de Sa bienfaisance envers Ses serviteurs en acceptant le repentir de celui qui se repent à Lui, en lui accordant Son pardon. Il dit : "Ceux qui commettent de mauvaises actions, puis se repentent après cela et croient, ton Seigneur, après cela, est Pardonneur et Miséricordieux." Mais Dieu n'accepta le repentir des adorateurs du veau que par le meurtre, comme Dieu Très-Haut dit : "Et lorsque Moïse dit à son peuple : Ô mon peuple, vous avez été injustes envers vous-mêmes en prenant le veau [pour divinité]. Repentez-vous donc à votre Créateur et tuez-vous les uns les autres ; cela est meilleur pour vous auprès de votre Créateur. Il agréa votre repentir, car c'est Lui l'Accueillant au repentir, le Miséricordieux." On rapporte qu'un jour, ceux qui n'avaient pas adoré le veau prirent des épées, et Dieu envoya sur eux un brouillard épais, de sorte que le proche ne reconnaissait plus son proche ni le parent son parent. Puis ils se tournèrent contre les adorateurs du veau et les tuèrent, les fauchant. On dit qu'ils tuèrent en une seule matinée soixante-dix mille hommes ! Puis Dieu Très-Haut dit : "Et lorsque la colère de Moïse se fut apaisée, il prit les Tables ; dans leur transcription 112 il y a guidance et miséricorde pour ceux qui craignent leur Seigneur." Certains ont déduit de "dans leur transcription" qu'elles se brisèrent, mais cette déduction est discutable ; le terme n'indique pas qu'elles se brisèrent. Dieu sait mieux. Ibn Abbas a mentionné dans le récit des épreuves, comme cela viendra, que leur adoration du veau eut lieu après leur sortie de la mer. Ce n'est pas loin, car lorsqu'ils sortirent, ils dirent : "Ô Moïse, fais-nous une divinité comme ils ont des divinités." Ainsi en est-il chez les Gens du Livre : leur adoration du veau eut lieu avant leur arrivée au pays de Jérusalem. En effet, lorsqu'ils reçurent l'ordre de tuer ceux qui avaient adoré le veau, ils tuèrent le premier jour trois mille hommes. Puis Moïse alla demander pardon pour eux, et il leur fut pardonné à condition qu'ils entrent dans la Terre Sainte. "Et Moïse choisit soixante-dix hommes de son peuple pour Notre rendez-vous. Lorsque le tremblement de terre les saisit, il dit : Seigneur, si Tu avais voulu, Tu les aurais anéantis avant, ainsi que moi. Nous anéantis-Tu pour ce qu'ont fait les insensés parmi nous ? Ce n'est là que Ton épreuve par laquelle Tu égares qui Tu veux et guides qui Tu veux. Tu es notre Protecteur ; pardonne-nous et fais-nous miséricorde, car Tu es le Meilleur des pardonneurs. Et prescris pour nous dans ce monde une bonne action, et dans l'au-delà aussi ; nous voilà revenus à Toi." Il dit : "Mon châtiment, J'en frappe qui Je veux ; et Ma miséricorde embrasse toute chose. Je la prescrirai à ceux qui craignent [Dieu], qui acquittent la zakât 113 et qui croient en Nos signes, ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu'ils trouvent écrit chez eux dans la Thora et l'Évangile. Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses et leur interdit les mauvaises, et leur ôte le fardeau et les chaînes qui étaient sur eux. Ceux qui croient en lui, le soutiennent, le secourent et suivent la lumière descendue avec lui, ceux-là sont les réussis." As-Suddi, Ibn Abbas et d'autres ont mentionné que ces soixante-dix hommes étaient les savants des Enfants d'Israël, avec Moïse, Aaron, Josué, Nadab et Abihu. Ils allèrent avec Moïse, paix sur lui, pour s'excuser auprès de Dieu au sujet des Enfants d'Israël pour l'adoration du veau par certains d'entre eux. Il leur avait été ordonné de se parfumer, de se purifier et de se laver. Lorsqu'ils partirent avec lui et s'approchèrent de la montagne, couverte de nuages et d'une colonne de lumière éclatante, Moïse gravit la montagne. Les Enfants d'Israël prétendirent qu'ils entendirent la parole de Dieu. Un groupe d'exégètes les a suivis sur ce point, interprétant ainsi la parole de Dieu : "Un groupe d'entre eux écoutait la parole de Dieu, puis la déformait après l'avoir comprise, tout en sachant." Mais cela n'est pas nécessaire, car Dieu dit : "Protège-le jusqu'à ce qu'il entende la parole de Dieu", c'est-à-dire transmise. Ainsi, ceux-ci l'entendirent transmise par Moïse, paix sur lui. Ils prétendirent aussi que les soixante-dix virent Dieu, mais c'est une erreur de leur part, car lorsqu'ils demandèrent à voir Dieu, le tremblement de terre les saisit, comme Dieu dit : "Et lorsque vous dîtes : Ô Moïse, nous ne croirons pas en toi jusqu'à ce que nous voyions Dieu clairement, alors la foudre vous saisit tandis que vous regardiez. Puis Nous vous ressuscitâmes après votre mort, afin que vous soyez reconnaissants." Et ici Il dit : "Lorsque le tremblement de terre les saisit, il dit : Seigneur, si Tu avais voulu, Tu les aurais anéantis avant, ainsi que moi." Muhammad ibn Ishaq dit : Moïse choisit parmi les Enfants d'Israël soixante-dix hommes, les meilleurs parmi les meilleurs, et dit : "Allez vers Dieu, repentez-vous à Lui de ce que vous avez fait, et demandez-Lui le repentir pour ceux que vous avez laissés derrière vous parmi votre peuple. Jeûnez, purifiez-vous et purifiez vos vêtements." Il sortit avec eux vers le mont Sinaï, pour un rendez-vous fixé par son Seigneur, et il ne venait à Lui que par Sa permission et Sa science. Les soixante-dix lui demandèrent d'entendre la parole de Dieu. Il dit : "Je le ferai." Lorsque Moïse s'approcha de la montagne, une colonne de nuage tomba sur elle, enveloppant toute la montagne. Moïse s'approcha et entra dans le nuage, et dit au peuple : "Approchez-vous." Lorsque Dieu parlait à Moïse, une lumière éclatante apparaissait sur son front, que nul fils d'Adam ne pouvait regarder. Il mit donc un voile entre eux. Le peuple s'approcha, et lorsqu'ils entrèrent dans le nuage, ils tombèrent prosternés et entendirent Dieu parler à Moïse, lui ordonnant et lui interdisant : "Fais ceci, ne fais pas cela."
Lorsque Dieu eut achevé Son ordre et que la nuée se fut dissipée de devant Moïse, il se tourna vers eux, et ils dirent : « Ô Moïse, nous ne croirons pas en toi jusqu’à ce que nous voyions Dieu ouvertement 114. » Alors le tremblement 115 les saisit, c’est-à-dire la foudre, qui anéantit leurs âmes, et ils moururent tous. Moïse se leva, implorant son Seigneur, L’invoquant, Le suppliant et disant : « Seigneur, si Tu avais voulu, Tu les aurais anéantis auparavant. »
- khawāriq al-‘ādāt : Littéralement « les ruptures des habitudes », désignant les miracles ou prodiges qui sortent du cours normal des choses.
- Mu’min Āl Fir‘awn : Le croyant de la famille de Pharaon, mentionné dans le Coran (sourate 40, versets 28-45), qui croyait en Moïse en secret.
- inj‘āf : Action de se briser, de s'effondrer ; ici, métaphore pour la destruction imminente.
- qibla : Direction vers laquelle on se tourne pour prier ; ici, le sens est discuté : soit des lieux de prière, soit des maisons orientées vers un même point, soit un ordre de multiplier la prière chez soi.
- al-‘adhāb al-alīm : Le châtiment douloureux, expression coranique désignant le supplice de l'au-delà ou, ici, le châtiment terrestre.
- dāna bi-dīnihi : A suivi sa religion, a adopté sa croyance.
- qum : Impératif du verbe « se lever » ; ordre donné par le calife à son serviteur.
- fī nafs al-arḍ : Expression signifiant « dans l'intention », « dans l'esprit » ; ici, il y avait un plan secret.
- Sourate : Sourate 26, versets 52-68, et sourate 44, versets 23-24, combinés ici.
- Yûsha' ibn Nûn : Josué, fils de Noun, successeur de Moïse et prophète d'Israël.
- Mu'min Âl Fir'awn : Le croyant de la famille de Pharaon, mentionné dans la sourate 40, versets 28-45.
- Al-Kalîm : L'Interlocuteur, surnom de Moïse car Allah lui a parlé directement.
- Abû Khâlid : Surnom donné à la mer, selon certains récits, pour l'apostropher.
- Rîh al-dabûr : Vent d'ouest, qui souffle de l'arrière.
- Sourate : Sourate 20, versets 77-79.
- Rahwan : Tranquille, immobile, en l'état.
- Sourate : Sourate 44, versets 17-33.
- باطله : Son erreur, son faux, son mensonge.
- انحسر البحر : La mer s'est fendue, s'est ouverte, s'est retirée.
- رمكة حائل : Jument qui n'est pas gestante, ou jument en chaleur.
- كليمه : Son interlocuteur, celui à qui Dieu a parlé directement, c'est-à-dire Moïse.
- سورة الشعراء : Sourate 26, versets 65-68.
- ببدنك : Dans ton corps, c'est-à-dire ton cadavre, ou avec ton corps (pour que tu sois reconnu).
- سورة يونس : Sourate 10, versets 90-92.
- تخفضه تارة وترفعه أخرى : Les vagues le baissaient tantôt et le soulevaient tantôt.
- سورة يونس : Sourate 10, versets 96-97.
- سورة غافر : Sourate 40, versets 84-85.
- حال البحر : Vase, limon, boue de la mer.
- حال البحر : Vase, limon, boue de la mer.
- موقوف : Hadith dont la chaîne de transmission s'arrête à un Compagnon, sans remonter jusqu'au Prophète.
- يرمسه : L'enfoncer, le submerger, le plonger.
- غير معروف : Peu connu, non fiable dans la science du hadith.
- السلف : Les prédécesseurs pieux, les premières générations de l'islam.
- مرسل : Hadith dont la chaîne de transmission omet le Compagnon, remontant directement du Successeur au Prophète.
- سورة الأنعام : Sourate 6, verset 28.
- لمن خلقك : Variante de lecture : "pour ceux que Nous avons créés" au lieu de "pour ceux qui viendront après toi".
- عاشوراء : Le dixième jour du mois de Muharram, jour de jeûne commémorant la délivrance de Moïse.
- minhum : Expression signifiant 'plus en droit qu'eux' ou 'plus digne qu'eux', faisant référence aux Juifs.
- Sahihayn : Les deux recueils de hadiths authentiques : Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim.
- Coran 7:136-141 : Référence aux versets coraniques cités.
- Coran 26:59 : Référence au verset coranique.
- Coran 28:5 : Référence au verset coranique.
- nisā' miṣr : Les femmes d'Égypte, ici dans un contexte historique.
- ilā yawminā hādhā : Jusqu'à notre époque, expression indiquant la persistance d'une coutume.
- ahl al-kitāb : Les Gens du Livre, c'est-à-dire les Juifs et les Chrétiens.
- al-fasḥ : La Pâque juive (Pessah), fête commémorant la sortie d'Égypte.
- ʿīd al-fiṭr : La Pentecôte juive (Shavouot), fête des semaines.
- ʿīd al-ḥamal : La fête des Tabernacles (Souccot), aussi appelée fête des Cabanes.
- baḥr sūf : La mer Rouge, littéralement 'mer des roseaux'.
- taʿrībihim : Leur traduction ou interprétation (des textes bibliques).
- al-bahī : Le Magnifique, attribut divin.
- maryam al-nabiyya : Marie la prophétesse, sœur de Moïse et Aaron, mentionnée dans la Bible.
- yā ukhta hārūn : Expression coranique (19:28) adressée à Marie, mère de Jésus.
- kullu wāḥid : Chacun, ici chaque savant ou commentateur.
- duff : Tambourin, instrument de musique à percussion utilisé dans les célébrations licites.
- mizmār al-shayṭān : Littéralement 'flûte de Satan', expression désignant tout instrument de musique considéré comme illicite.
- al-Kalīm : L'Interlocuteur, surnom de Moïse car Allah lui a parlé directement.
- Dhāt Anwāṭ : Nom d'un arbre (jujubier) que les polythéistes vénéraient en y suspendant leurs armes.
- al-Khalīl : L'Ami intime, surnom d'Abraham en raison de son amitié particulière avec Allah.
- al-Tīh : L'errance, période de quarante ans pendant laquelle les Enfants d'Israël errèrent dans le désert du Sinaï.
- hāhunā : Ici, dans ce passage du Coran.
- al-‘aql wa an-naql : La raison et la tradition scripturaire (Coran et Sunna).
- ‘Ūj ibn ‘Unaq : Personnage légendaire des récits israélites, un géant.
- Nawf al-Bikālī : Un transmetteur de récits israélites, connu pour rapporter des légendes.
- isrā’īliyyāt : Récits issus de la tradition juive, souvent non authentifiés.
- at-tīh : L'errance dans le désert, punition divine.
- yukhāfūna : Variante de lecture coranique signifiant 'ils sont redoutés'.
- as-Siddīq : Surnom d'Abou Bakr, le premier calife, signifiant 'le véridique'.
- Muhājirūn : Les émigrés de La Mecque à Médine.
- Ansār : Les 'auxiliaires' de Médine qui ont accueilli le Prophète.
- Bark al-Ghimād : Lieu au Yémen, symbole d'une destination lointaine.
- Mu‘tamir : Mu‘tamir ibn Sulaymān, un transmetteur de hadith.
- Yathrūn : Jéthro, beau-père de Moïse, prêtre de Madian.
- musliman : Soumis à Dieu, c'est-à-dire converti au monothéisme.
- Ṣaffūrā : Séphora, femme de Moïse.
- Jarshūn wa ‘Āzir : Gershom et Éliézer, fils de Moïse.
- janāḥay nisr : Allusion biblique à l'image des ailes d'aigle (Exode 19:4).
- al-qarn : Le cor, trompette utilisée pour les annonces solennelles.
- aṭā‘ū : Ils obéirent.
- ‘amūd nūr : Colonne de lumière, manifestation divine.
- al-būq : La trompette, synonyme de cor.
- al-aḥbār : Les prêtres ou savants juifs.
- li-yataqaddamū : Pour s'approcher, se tenir près.
- al-naskh : Abrogation, concept juridique islamique.
- al-‘ashr kalimāt : Les Dix Commandements.
- al-sabt : Le sabbat, jour de repos hebdomadaire juif.
- al-salaf : Les prédécesseurs pieux, premières générations de l'islam.
- Sūrat al-An‘ām : Sourate 6 du Coran, versets 151-153.
- jānib al-ṭūr al-ayman : Le flanc droit du Mont (Sinaï).
- āya : Verset coranique (Sourate 20, versets 80-82).
- safar : Voyage, ici l'Exode.
- yaqtanisūn : Ils attrapent (les cailles) comme gibier.
- miṣran : Le terme 'miṣran' peut désigner une ville en général, ou spécifiquement l'Égypte. Ici, il est interprété comme 'une ville'.
- al-Kalīm : Surnom de Moïse (que la paix soit sur lui), signifiant 'celui qui a parlé' (à Allah), en référence au dialogue direct avec Dieu.
- su'āl ar-ru'ya : La demande de Moïse de voir Allah, évoquée dans le Coran (sourate al-A'râf, verset 143).
- as-salaf : Les prédécesseurs vertueux, c'est-à-dire les premières générations de musulmans (Compagnons, Suivants et leurs successeurs).
- kalām Allāh : La parole d'Allah, c'est-à-dire le discours divin adressé à Moïse.
- ‘īd an-naḥr : La fête du sacrifice, célébrée le 10 du mois de Dhû l-Hijja, marquant la fin du pèlerinage.
- tadehada : Verbe signifiant 's'effondrer, s'écrouler' ; ici, il s'agit de l'effondrement de la montagne sous la manifestation divine.
- Sahihayn : Les deux recueils de hadiths authentiques : le Sahih d'al-Boukhari et le Sahih de Mouslim.
- subuhat : Pluriel de subhah, désignant les splendeurs, l'éclat ou les attributs de majesté de Dieu.
- mutawatir : Hadith rapporté par une chaîne de transmetteurs si nombreuse qu'il est impossible qu'ils se soient concertés pour mentir.
- al-Maqam al-Mahmud : La Station Digne de Louange, une station d'intercession suprême accordée au Prophète Muhammad au Jour du Jugement.
- ulu al-'azm : Les prophètes doués de fermeté, au nombre de cinq : Noé, Abraham, Moïse, Jésus et Muhammad.
- al-Sadiq al-Masduq : Le Véridique et le Confirmé, épithètes du Prophète Muhammad, signifiant qu'il est véridique dans ses paroles et confirmé par Dieu.
- al-Khalil : L'ami intime, titre donné à Abraham en raison de son amitié particulière avec Dieu.
- Isra' : Le voyage nocturne du Prophète Muhammad de La Mecque à Jérusalem, suivi de l'ascension aux cieux (Mi'raj).
- Sahih : Recueil de hadiths authentiques, ici probablement le Sahih d'al-Boukhari ou de Mouslim.
- āyātī : Mes signes : les versets coraniques et les preuves divines.
- فُتِنْتُمْ بِهِ : Vous avez été éprouvés par lui : le veau a été une épreuve pour vous.
- السَّامِرِيُّ : Le Samaritain : personnage qui a façonné le veau d'or pour les Enfants d'Israël.
- نُسْخَتِهَا : Leur transcription : le texte des Tables de la Loi.
- الزَّكَاةَ : La zakât : aumône légale purificatrice, l'un des piliers de l'islam.
- jahratan : Signifie « ouvertement », « à découvert », indiquant une vision directe et manifeste de Dieu, ce qui est impossible dans ce monde selon la théologie islamique.
- ar-rajfah : Le tremblement ou la secousse violente, souvent interprété comme un châtiment divin, ici identifié à la foudre (aṣ-ṣā‘iqah) qui causa la mort des soixante-dix hommes.
Il mentionna la destruction de Pharaon et de ses soldats.
« Et moi, vas-Tu nous faire périr pour ce qu’ont fait les insensés d’entre nous ? » 1 C’est-à-dire : ne nous châtie pas pour ce qu’ont fait les insensés qui ont adoré le Veau d’or parmi nous, car nous sommes innocents de ce qu’ils ont commis. Ibn ‘Abbâs, Mujâhid, Qatâda et Ibn Jurayj ont dit : « Le tremblement de terre ne les a saisis que parce qu’ils n’avaient pas interdit à leur peuple l’adoration du Veau. » Sa parole : « Ce n’est là que Ton épreuve » 2 signifie : Ton test, Ta tentation et Ton examen. C’est ce qu’ont dit Ibn ‘Abbâs, Sa‘îd ibn Jubayr, Abû al-‘Âliya, ar-Rabî‘ ibn Anas et plusieurs autres savants parmi les prédécesseurs et les successeurs. C’est-à-dire : c’est Toi qui as décrété cela et créé ce qui s’est passé avec le Veau d’or comme une épreuve par laquelle Tu les éprouves, comme Aaron leur avait dit auparavant : « Ô mon peuple, vous n’avez été éprouvés que par lui » 3, c’est-à-dire testés. C’est pourquoi Il dit : « Tu égares par elle qui Tu veux et Tu guides qui Tu veux » 4, c’est-à-dire : celui que Tu veux, Tu l’égares en l’éprouvant, et celui que Tu veux, Tu le guides. À Toi le jugement et la volonté, et nul ne peut empêcher ni repousser ce que Tu as décrété et jugé. « Tu es notre Protecteur ; pardonne-nous et fais-nous miséricorde, car Tu es le Meilleur des pardonneurs. Et prescris pour nous dans ce monde une bonne chose, et dans l’au-delà aussi. Nous voici revenus à Toi » 5, c’est-à-dire : nous nous sommes repentis à Toi, nous sommes revenus et nous nous sommes tournés vers Toi. C’est ce qu’ont dit Ibn ‘Abbâs, Mujâhid, Sa‘îd ibn Jubayr, Abû al-‘Âliya, Ibrâhîm at-Taymî, ad-Dahhâk, as-Suddî, Qatâda et plusieurs autres. Et c’est ainsi dans la langue. « Il dit : “Mon châtiment, J’en frappe qui Je veux, et Ma miséricorde embrasse toute chose” » 6, c’est-à-dire : Je châtie qui Je veux par ce que Je veux parmi les choses que Je crée et que Je décrète. « Et Ma miséricorde embrasse toute chose », comme il est établi dans les deux Sahîh d’après le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) qu’il a dit : « Lorsqu’Allah eut achevé la création des cieux et de la terre, Il écrivit un Livre qui est placé auprès de Lui, au-dessus du Trône : “Certes, Ma miséricorde l’emporte sur Ma colère.” » 7 « Je l’écrirai pour ceux qui craignent, qui acquittent la Zakât et qui croient en Nos signes » 8, c’est-à-dire : Je la rendrai obligatoire et certaine pour ceux qui possèdent ces attributs : « Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré » 9 et la suite du verset. Cela contient une mention élogieuse de Muhammad (qu’Allah prie sur lui et le salue) et de sa communauté, qu’Allah a faite à Moïse (sur lui la paix) parmi ce dont Il l’a entretenu, informé et instruit. Nous avons déjà commenté ce verset et ce qui le suit dans l’exégèse de manière suffisante et satisfaisante. Louange et grâce à Allah. Qatâda a dit : Moïse dit : « Seigneur, je trouve dans les Tables une communauté qui est la meilleure communauté jamais suscitée pour les hommes, ordonnant le bien et interdisant le mal. Seigneur, fais d’eux ma communauté. » Il dit : « C’est la communauté d’Ahmad. » Il dit : « Seigneur, je trouve dans les Tables une communauté qui est la dernière dans la création et la première à entrer au Paradis. Seigneur, fais d’eux ma communauté. » Il dit : « C’est la communauté d’Ahmad. » Il dit : « Seigneur, je trouve dans les Tables une communauté dont les Évangiles sont dans leurs poitrines, ils les récitent. Ceux d’avant eux lisaient leur Livre en le regardant, mais lorsqu’ils le levaient, ils ne retenaient rien et ne le connaissaient pas. Allah leur a donné une mémoire qu’Il n’a donnée à aucune autre communauté. » Il dit : « Seigneur, fais d’eux ma communauté. » Il dit : « C’est la communauté d’Ahmad. » Il dit : « Seigneur, je trouve dans les Tables une communauté qui croit au premier Livre et au dernier Livre, et qui combat les excès de l’égarement jusqu’à combattre le Borgne menteur 10. Fais d’eux ma communauté. » Il dit : « C’est la communauté d’Ahmad. » Il dit : « Seigneur, je trouve dans les Tables une communauté dont les aumônes sont mangées dans leurs ventres et pour lesquelles ils sont récompensés. Ceux d’avant eux, lorsqu’ils faisaient une aumône et qu’elle était acceptée, Allah envoyait un feu qui la consumait ; si elle était refusée, elle était laissée aux bêtes et aux oiseaux. Allah a pris leurs aumônes du riche pour le pauvre. » Il dit : « Seigneur, fais d’eux ma communauté. » Il dit : « C’est la communauté d’Ahmad. » Il dit : « Seigneur, je trouve dans les Tables une communauté telle que si l’un d’eux a l’intention de faire une bonne action et ne la fait pas, elle lui est comptée comme une bonne action ; s’il la fait, elle lui est comptée comme dix fois jusqu’à sept cents fois. » Il dit : « Seigneur, fais d’eux ma communauté. » Il dit : « C’est la communauté d’Ahmad. » Il dit : « Seigneur, je trouve dans les Tables une communauté qui intercède et pour qui on intercède. Fais d’eux ma communauté. » Il dit : « C’est la communauté d’Ahmad. » Qatâda dit : « Il nous a été rapporté que Moïse (sur lui la paix) jeta les Tables et dit : “Ô Allah, fais-moi de la communauté d’Ahmad.” » 11 Beaucoup de gens ont mentionné ce qui s’est passé dans l’entretien intime de Moïse (sur lui la paix) et ont rapporté beaucoup de choses sans fondement. Nous mentionnerons, avec l’aide d’Allah, ce qu’il est facile de mentionner parmi les hadiths et les traditions, avec Son aide, Sa réussite, Sa bonne guidance, Son assistance et Son soutien. Le hâfiz Abû Hâtim Muhammad ibn Hâtim ibn Hibbân a dit dans son Sahîh : « Mention de la question de l’Intime d’Allah 12 à son Seigneur (Puissant et Majestueux) au sujet du plus bas et du plus élevé des habitants du Paradis en rang. » [Hadith] 13 Ibn Hibbân a dit : « Mention de la question de l’Intime à son Seigneur au sujet de sept qualités. » [Hadith] 14
Il dit : « Quels sont Tes serviteurs les plus pauvres ? » Il répondit : « Celui qui possède un manque 15. » Et le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « La richesse n’est pas l’abondance des biens 16, la richesse est la richesse de l’âme 17. »
- wa iyyāya, atuhlikunā bimā fa‘ala as-sufahā’u minnā : Citation du Coran (7:155) où Moïse intercède pour son peuple après l’épisode du Veau d’or.
- in hiya illā fitnatuka : Coran 7:155. 'Fitna' signifie épreuve, tentation, test.
- innamā futintum bihī : Coran 20:90. Paroles d’Aaron à son peuple.
- tudillu bihā man tashā’u wa tahdī man tashā’ : Coran 7:155.
- anta waliyyunā faghfir lanā warhamnā wa anta khayru al-ghāfirīn * waktub lanā fī hādhihi ad-dunyā hasanatan wa fī al-ākhirati innā hudnā ilayka : Coran 7:155-156. 'Hudnā' signifie 'nous sommes revenus repentants'.
- qāla ‘adhābī uṣību bihī man ashā’u wa raḥmatī wasi‘at kulla shay’ : Coran 7:156.
- inna raḥmatī taghlibu ghaḍabī : Hadith rapporté par al-Bukhârî et Muslim.
- fasaktubuhā lilladhīna yattaqūna wa yu’tūna az-zakāta walladhīna hum bi’āyātinā yu’minūn : Coran 7:156.
- alladhīna yattabi‘ūna ar-rasūla an-nabiyya al-ummiyya : Coran 7:157.
- al-a‘wara al-kadhdhāb : Le 'Borgne menteur' est le Dajjâl (l’Antéchrist) dans l’eschatologie islamique.
- ummata aḥmada : Ahmad est un nom du Prophète Muhammad. La communauté d’Ahmad désigne les musulmans.
- kalīmu allāh : L’Intime d’Allah, titre de Moïse (sur lui la paix) en raison de son entretien intime avec Dieu.
- hadith : Hadith rapporté par Muslim et at-Tirmidhî, où Moïse interroge Dieu sur les plus bas et les plus hauts rangs au Paradis.
- hadith : Hadith rapporté par Ibn Hibbân, où Moïse interroge Dieu sur six qualités (piété, guidance, sagesse, science, puissance, richesse) et une septième qu’il n’aimait pas.
- ṣāḥib manqūṣ : Littéralement « possesseur d’un manque » ; désigne celui qui est privé de quelque chose d’essentiel, notamment spirituellement.
- al-ghinā ʿan ẓahr : Expression idiomatique signifiant « l’abondance des biens matériels » ; littéralement « la richesse de dos » (avoir beaucoup de biens derrière soi).
- ghinā al-nafs : La richesse de l’âme, c’est-à-dire le contentement et la suffisance intérieure.
Il mentionne un autre hadith [1] dans le même sens que ce qu'a rapporté Ibn Hibbân [2].
La richesse de l'âme. Et quand Dieu veut du bien pour un serviteur, Il place sa richesse dans son âme et sa piété dans son cœur ; et quand Il veut du mal pour un serviteur, Il place sa pauvreté entre ses deux yeux." Ibn Hibbân a dit : Sa parole "un compagnon diminué" signifie celui dont l'état est diminué, qui tient pour peu ce qu'il a reçu et recherche l'excédent. Ibn Jarîr a rapporté dans son Histoire, d'après Ibn Humayd, d'après Ya'qûb at-Tamîmî, d'après Hârûn ibn Hubayra, d'après son père, d'après Ibn 'Abbâs, qui a dit : Moïse interrogea son Seigneur, et il mentionna quelque chose de similaire. Et il y est dit : "Il dit : 'Ô mon Seigneur, lequel de Tes serviteurs est le plus savant ?' Il dit : 'Celui qui cherche la science des gens pour l'ajouter à sa science, espérant trouver une parole qui le guide vers la bonne direction ou le détourne de la perdition.' Il dit : 'Ô mon Seigneur, y a-t-il sur terre quelqu'un de plus savant que moi ?' Il dit : 'Oui, al-Khadir 1.' Alors il demanda le moyen de le rencontrer, et il se produisit ce que nous mentionnerons plus tard, si Dieu le veut. Et c'est en Lui que nous plaçons notre confiance." Mention d'un autre hadith ayant le même sens que ce qu'a mentionné Ibn Hibbân L'imam Ahmad a dit : Yahyâ ibn Ishâq nous a raconté, Ibn Lahî'a nous a raconté, d'après Darrâj, d'après Abû al-Haytham, d'après Abû Sa'îd al-Khudrî, d'après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, qu'il a dit : "Moïse a dit : 'Ô mon Seigneur, Ton serviteur croyant est à l'étroit dans ce monde !' Il dit : Alors on lui ouvrit une porte du Paradis et il regarda vers elle. Il dit : 'Ô Moïse, voici ce que Je lui ai préparé.' Moïse dit : 'Ô mon Seigneur, par Ta puissance et Ta majesté, même s'il avait les mains et les pieds coupés et qu'il était traîné sur son visage depuis le jour où Tu l'as créé jusqu'au Jour de la Résurrection, et que ceci était son destin, il n'aurait jamais vu de malheur.' Puis il dit : 'Ô mon Seigneur, Ton serviteur mécréant est à l'aise dans ce monde.' Il dit : Alors on lui ouvrit une porte vers l'Enfer et Il dit : 'Ô Moïse, voici ce que Je lui ai préparé.' Moïse dit : 'Ô mon Seigneur, par Ta puissance et Ta majesté, même s'il possédait le monde depuis le jour où Tu l'as créé jusqu'au Jour de la Résurrection, et que ceci était son destin, il n'aurait jamais vu de bien.'" Ahmad est le seul à l'avoir rapporté par cette voie, et son authenticité est discutable. Et Dieu sait mieux. Ibn Hibbân a dit : "Mention de la demande de l'Intime de Dieu 2 à son Seigneur, qu'Il est glorieux et élevé, de lui enseigner quelque chose par lequel il se souviendrait de Lui" : Ibn Salama nous a raconté, Harmala ibn Yahyâ nous a raconté, Ibn Wahb nous a raconté, 'Amr ibn al-Hârith m'a informé que Darrâj lui a raconté d'après Abû al-Haytham, d'après Abû Sa'îd, d'après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, qu'il a dit : "Moïse dit : 'Ô mon Seigneur, enseigne-moi quelque chose par lequel je me souviendrai de Toi et par lequel je T'invoquerai.' Il dit : 'Dis, ô Moïse : Il n'y a de dieu que Dieu.' Il dit : 'Ô mon Seigneur, tous Tes serviteurs disent cela.' Il dit : 'Dis : Il n'y a de dieu que Dieu.' Il dit : 'Je veux seulement quelque chose que Tu me réserves.' Il dit : 'Ô Moïse, si les habitants des sept cieux et des sept terres étaient dans un plateau et "Il n'y a de dieu que Dieu" dans un autre plateau, "Il n'y a de dieu que Dieu" les ferait pencher.'" Ce hadith est corroboré par le hadith de la carte 3, et ce qui se rapproche le plus de son sens est le hadith rapporté dans les Sunan d'après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, qu'il a dit : "Le meilleur des invocations est l'invocation du jour de 'Arafa, et la meilleure chose que j'ai dite, moi et les prophètes avant moi, est : Il n'y a de dieu que Dieu, Seul, sans associé ; à Lui la royauté et à Lui la louange, et Il est sur toute chose puissant." Ibn Abî Hâtim a dit, lors de l'exégèse du verset du Trône : Ahmad ibn al-Qâsim ibn 'Atiyya nous a raconté, Ahmad ibn 'Abd ar-Rahmân ad-Dasakî nous a raconté, mon père me l'a raconté d'après son père, Ash'ath ibn Ishâq nous a raconté d'après Ja'far ibn Abî al-Mughîra, d'après Sa'îd ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbâs : Les enfants d'Israël dirent à Moïse : "Ton Seigneur dort-Il ?" Il dit : "Craignez Dieu !" Alors son Seigneur, qu'Il est glorieux et élevé, l'appela : "Ô Moïse, ils t'ont demandé si ton Seigneur dort. Prends deux fioles de verre dans tes mains et reste debout la nuit." Moïse fit ainsi. Quand un tiers de la nuit fut passé, il somnola et tomba sur ses genoux, puis il se releva et les tint fermement. Jusqu'à ce qu'à la fin de la nuit, il somnola et les deux fioles tombèrent et se brisèrent. Il dit : "Ô Moïse, si Je dormais, les cieux et la terre tomberaient et périraient comme les deux fioles dans tes mains ont péri." Il dit : Et Dieu révéla à Son Envoyé le verset du Trône. Ibn Jarîr a dit : Ishâq ibn Abî Isrâ'îl nous a raconté, Hishâm ibn Yûsuf nous a raconté, d'après Umayya ibn Shibl, d'après al-Hakam ibn Abân, d'après 'Ikrima, d'après Abû Hurayra, qui a dit : J'ai entendu l'Envoyé de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, raconter au sujet de Moïse, sur lui la paix, sur la chaire, qu'il a dit : "Moïse, sur lui la paix, eut une pensée : Dieu dort-Il ? Alors Dieu lui envoya un ange qui le tint éveillé trois jours, puis lui donna deux fioles, une dans chaque main, et lui ordonna de les garder." Il dit : "Il se mit à dormir, et ses mains faillirent se toucher, puis il se réveillait et retenait l'une contre l'autre, jusqu'à ce qu'il dormît profondément et que ses mains se heurtèrent, et les deux fioles se brisèrent." Il dit : "Dieu lui donna un exemple : s'Il dormait, le ciel et la terre ne tiendraient pas." Ce hadith est étrange dans son élévation [au Prophète]. Il est plus probable qu'il soit arrêté [à un Compagnon] et que son origine soit israélite. * * * Dieu, qu'Il est élevé, a dit : "Et lorsque Nous avons pris votre engagement et élevé au-dessus de vous le Mont [Sinaï] : 'Prenez ce que Nous vous avons donné avec force, et souvenez-vous de ce qui s'y trouve, afin que vous soyez pieux.' Puis vous vous êtes détournés après cela ; et sans la grâce de Dieu sur vous et Sa miséricorde, vous auriez été parmi les perdants." 4 Et Il a dit : "Et lorsque Nous avons arraché la montagne au-dessus d'eux comme si elle était une ombre, et qu'ils ont pensé qu'elle allait tomber sur eux : 'Prenez ce que Nous vous avons donné avec force, et souvenez-vous de ce qui s'y trouve, afin que vous soyez pieux.'" 5 Ibn 'Abbâs et plusieurs autres parmi les prédécesseurs ont dit : Lorsque Moïse vint à eux avec les Tables contenant la Torah, il leur ordonna de l'accepter et de la prendre avec force et détermination. Ils dirent : "Déplie-la devant nous ; si ses ordres et ses interdictions sont faciles, nous l'accepterons." Il dit : "Acceptez-la plutôt avec ce qu'elle contient." Ils discutèrent plusieurs fois. Alors Dieu ordonna aux anges de soulever la montagne au-dessus de leurs têtes jusqu'à ce qu'elle devienne comme une ombre, c'est-à-dire un nuage, au-dessus de leurs têtes. Et il leur fut dit : "Si vous ne l'acceptez pas avec ce qu'elle contient, cette montagne tombera sur vous." Alors ils l'acceptèrent, et il leur fut ordonné de se prosterner, et ils se prosternèrent. Ils regardaient la montagne du coin de leurs visages, et cela devint une tradition pour les Juifs jusqu'à aujourd'hui : ils disent qu'il n'y a pas de prosternation plus grande que celle qui a éloigné d'eux le châtiment. Sunayd ibn Dâwud a dit, d'après Hajjâj ibn Muhammad, d'après Abû Bakr ibn 'Abd Allâh, qui a dit : Lorsqu'il la déplia, il ne resta sur la face de la terre ni montagne, ni arbre, ni pierre qui ne trembla. Il n'y a sur la face de la terre aucun Juif, petit ou grand, à qui on lise la Torah, sans qu'il ne tremble et ne secoue la tête pour elle. Dieu, qu'Il est élevé, a dit : "Puis vous vous êtes détournés après cela", c'est-à-dire après avoir été témoins de cet engagement solennel et de cet ordre immense, vous avez violé vos pactes et vos engagements. "Et sans la grâce de Dieu sur vous et Sa miséricorde", en ce qu'Il vous a rattrapés en vous envoyant des messagers et en faisant descendre sur vous des Livres, "vous auriez été parmi les perdants."
L'histoire de la vache des Enfants d'Israël. Allah Très-Haut a dit : "Et lorsque Moïse dit à son peuple : 'Allah vous ordonne d'égorger une vache', ils dirent : 'Nous prends-tu en moquerie ?' Il dit : 'Je cherche refuge auprès d'Allah pour n'être pas du nombre des ignorants.' * Ils dirent : 'Invoque pour nous ton Seigneur afin qu'Il nous précise ce qu'elle est.' Il dit : 'Certes, Il dit que c'est une vache ni vieille ni vierge, d'un âge moyen entre les deux. Faites donc ce qu'on vous ordonne.' * Ils dirent : 'Invoque pour nous ton Seigneur afin qu'Il nous précise sa couleur.' Il dit : 'Certes, Il dit que c'est une vache jaune, d'une couleur vive, réjouissant les regards.' * Ils dirent : 'Invoque pour nous ton Seigneur afin qu'Il nous précise ce qu'elle est, car les vaches se ressemblent pour nous. Et nous, si Allah le veut, nous serons bien guidés.' * Il dit : 'Certes, Il dit que c'est une vache qui n'est pas soumise à labourer la terre ni à arroser le champ, saine, sans tache.' Ils dirent : 'Maintenant tu es venu avec la vérité.' Alors ils l'égorgèrent, mais peu s'en fallut qu'ils ne le fissent pas. * Et lorsque vous avez tué un homme et que vous vous êtes disputés à son sujet, Allah dévoile ce que vous cachiez. * Nous dîmes : 'Frappez-le avec une partie d'elle.' Ainsi Allah ressuscite les morts et vous montre Ses signes afin que vous raisonniez." (14) Ibn Abbas, Ubayda as-Salmani, Abou al-Aliya, Mujahid, as-Souddi et plusieurs autres parmi les prédécesseurs 6 ont dit : Il y avait un homme parmi les Enfants d'Israël, très riche, un vieillard avancé en âge. Il avait des neveux qui souhaitaient sa mort pour hériter de lui. L'un d'eux le tua de nuit et le jeta à un carrefour, ou, dit-on, à la porte de l'un d'eux. Au matin, les gens se disputèrent à son sujet. Le neveu vint en criant et en se plaignant. On leur dit : 'Pourquoi vous disputez-vous ? N'allez-vous pas trouver le Prophète d'Allah ?' Le neveu vint donc se plaindre de l'affaire de son oncle auprès du Messager d'Allah, Moïse, sur lui la paix. Moïse, sur lui la paix, dit : 'Je conjure par Allah tout homme qui a une connaissance de cette affaire du tué de nous la révéler.' Mais personne parmi eux n'en avait connaissance. Ils lui demandèrent d'interroger son Seigneur, Puissant et Majestueux, à ce sujet. Il interrogea donc son Seigneur, Puissant et Majestueux, et Allah lui ordonna de leur ordonner d'égorger une vache. Il dit : 'Allah vous ordonne d'égorger une vache.' Ils dirent : 'Nous prends-tu en moquerie ?' – c'est-à-dire : nous te questionnons sur l'affaire de ce tué, et toi tu dis cela ? Il dit : 'Je cherche refuge auprès d'Allah pour n'être pas du nombre des ignorants', c'est-à-dire : je cherche refuge auprès d'Allah pour dire autre chose que ce qu'Il m'a révélé. Et c'est ce qu'Il m'a répondu lorsque je L'ai interrogé sur ce que vous m'avez demandé de Lui demander. Ibn Abbas, Ubayda, Mujahid, Ikrima, as-Souddi, Abou al-Aliya et plusieurs autres ont dit : S'ils s'étaient contentés d'égorger n'importe quelle vache, le but aurait été atteint. Mais ils firent des difficultés, et Allah leur rendit la tâche difficile. Un hadith 7 a été rapporté à ce sujet, mais sa chaîne de transmission est faible. Ils questionnèrent sur sa description, puis sur sa couleur, puis sur son âge, et ils reçurent des réponses qui rendirent sa trouvaille difficile pour eux. Nous avons mentionné l'exégèse 8 de tout cela dans le Tafsir 9. Le but est qu'ils reçurent l'ordre d'égorger une vache 'awan 10, c'est-à-dire d'âge moyen entre la vieille (al-farid) et la jeune (al-bikr). C'est ce qu'ont dit Ibn Abbas, Mujahid, Abou al-Aliya, Ikrima, al-Hasan, Qatada et d'autres. Puis ils firent encore des difficultés et se rendirent la tâche plus étroite en questionnant sur sa couleur. Il leur fut ordonné de prendre une vache jaune, d'une couleur vive, c'est-à-dire teintée de rouge, réjouissant les regards. Cette couleur était rare. Puis ils firent encore des difficultés : 'Invoque pour nous ton Seigneur afin qu'Il nous précise ce qu'elle est, car les vaches se ressemblent pour nous. Et nous, si Allah le veut, nous serons bien guidés.' Dans le hadith 7 rapporté par Ibn Abi Hatim et Ibn Mardawayh : 'Si les Enfants d'Israël n'avaient pas fait d'exception 11, ils n'auraient pas reçu (de réponse).' Mais son authenticité est discutable. Et Allah sait mieux. 'Il dit : Certes, Il dit que c'est une vache qui n'est pas soumise à labourer la terre ni à arroser le champ, saine, sans tache.' Ils dirent : 'Maintenant tu es venu avec la vérité.' Alors ils l'égorgèrent, mais peu s'en fallut qu'ils ne le fissent pas. Ces descriptions sont plus restrictives que les précédentes, car il leur fut ordonné d'égorger une vache qui n'est pas soumise (ad-dhalul), c'est-à-dire dressée pour le labour et l'irrigation des champs avec la noria 12, saine (musallama), c'est-à-dire exempte de défaut, selon Abou al-Aliya et Qatada. 'Sans tache' (la shiyata fiha) signifie qu'elle n'a aucune couleur qui contraste avec sa couleur dominante, mais qu'elle est exempte de défauts et de mélange avec d'autres couleurs que la sienne. Lorsqu'il la délimita par ces descriptions et la circonscrivit par ces attributs et qualités, ils dirent : 'Maintenant tu es venu avec la vérité.' On dit qu'ils ne trouvèrent cette vache avec ces qualités que chez un homme parmi eux qui était pieux envers son père. Ils la lui demandèrent, mais il refusa. Ils lui offrirent un prix élevé, selon ce qu'a rapporté as-Souddi, jusqu'à lui donner son poids en or, mais il refusa, jusqu'à ce qu'ils lui donnent dix fois son poids en or, et alors il la leur vendit. Le Prophète d'Allah, Moïse, leur ordonna de l'égorger. 'Alors ils l'égorgèrent, mais peu s'en fallut qu'ils ne le fissent pas', c'est-à-dire qu'ils hésitèrent à propos de son affaire. Puis Allah leur ordonna, par l'intermédiaire de Moïse, de frapper le tué avec une partie d'elle. On dit : avec la chair de sa cuisse, ou avec l'os qui est près du cartilage 13, ou avec le morceau de chair entre les deux omoplates. Lorsqu'ils le frappèrent avec une partie d'elle, Allah Très-Haut le ressuscita. Il se leva, ses veines jugulaires 14 saignant, et le Prophète d'Allah, Moïse, lui demanda : 'Qui t'a tué ?' Il répondit : 'Mon neveu m'a tué.' Puis il retourna à l'état de mort comme auparavant. Allah Très-Haut dit : 'Ainsi Allah ressuscite les morts et vous montre Ses signes afin que vous raisonniez', c'est-à-dire : de même que vous avez été témoins de la résurrection de ce tué sur l'ordre d'Allah, de même Son ordre pour tous les morts, lorsqu'Il voudra les ressusciter, Il les ressuscitera en un seul instant, comme Il a dit : 'Votre création et votre résurrection sont comme celle d'une seule âme 15.' L'histoire de Moïse et d'al-Khidr 16, sur eux la paix. Allah Très-Haut a dit : "Et lorsque Moïse dit à son serviteur 17 : 'Je ne cesserai pas jusqu'à ce que j'atteigne le confluent des deux mers, dussé-je marcher de longues années.' * Puis, lorsqu'ils eurent atteint le confluent, ils oublièrent leur poisson qui se fraya un chemin dans la mer comme un tunnel. * Lorsqu'ils eurent dépassé (cet endroit), il dit à son serviteur : 'Apporte-nous notre déjeuner : nous avons rencontré de la fatigue dans ce voyage.' * Il dit : 'Vois-tu ? Lorsque nous nous sommes réfugiés au rocher, j'ai oublié le poisson – et seul le Diable m'a fait oublier de le mentionner – et il s'est frayé un chemin dans la mer d'une manière étonnante !' * Il dit : 'C'est ce que nous cherchions.' Ils revinrent donc sur leurs pas, suivant leurs traces. * Ils trouvèrent l'un de Nos serviteurs à qui Nous avions accordé une miséricorde de Notre part et que Nous avions instruit d'une science de Notre part. * Moïse lui dit : 'Puis-je te suivre, à condition que tu m'enseignes de ce que tu as appris de la bonne direction ?' * Il dit : 'Tu ne pourras pas être patient avec moi. * Comment serais-tu patient sur ce que tu n'embrasses pas de ta connaissance ?' * Il dit : 'Tu me trouveras, si Allah le veut, patient, et je ne désobéirai à aucun de tes ordres.' * Il dit : 'Si tu me suis, ne m'interroge sur rien jusqu'à ce que je t'en fasse mention.' * Ils partirent donc. Lorsqu'ils montèrent sur le bateau, il le perça. Il dit : 'L'as-tu percé pour noyer ses occupants ? Tu as commis une chose monstrueuse !' * Il dit : 'N'ai-je pas dit que tu ne pourrais pas être patient avec moi ?' * Il dit : 'Ne me prends pas en faute pour ce que j'ai oublié, et ne m'impose pas de difficulté dans mon affaire.' * Ils partirent donc. Lorsqu'ils rencontrèrent un jeune garçon, il le tua. Il dit : 'As-tu tué une âme innocente 18 sans qu'elle ait tué ? Tu as commis une chose abominable !' * Il dit : 'Ne t'ai-je pas dit que tu ne pourrais pas être patient avec moi ?' * Il dit : 'Si je t'interroge sur quelque chose après cela, ne m'accompagne plus. Tu as de ma part une excuse valable.'"
Ils partirent donc tous deux. Lorsqu'ils arrivèrent auprès des gens d'une ville, ils leur demandèrent à manger, mais ceux-ci refusèrent de les accueillir. Ils y trouvèrent un mur qui menaçait de s'écrouler. Il le redressa. [Moïse] dit : « Si tu voulais, tu aurais pu prendre un salaire pour cela. » [Al-Khidr] dit : « Ceci est la séparation entre moi et toi. Je vais t'apprendre l'interprétation de ce que tu n'as pu supporter avec patience. Quant au bateau, il appartenait à des pauvres qui travaillaient en mer. J'ai voulu l'endommager, car derrière eux il y avait un roi qui s'emparait de tout bateau par force. Quant au garçon, ses parents étaient croyants ; nous avons craint qu'il ne les accable par sa rébellion et sa mécréance. Nous avons donc voulu que leur Seigneur leur donne en échange un autre [enfant] plus pur et plus proche de la piété. Quant au mur, il appartenait à deux jeunes orphelins de la ville, et il y avait sous lui un trésor à eux. Leur père était un homme vertueux. Ton Seigneur a voulu qu'ils atteignent leur maturité et qu'ils extraient leur trésor, par miséricorde de ton Seigneur. Je ne l'ai pas fait de mon propre chef. Voilà l'interprétation de ce que tu n'as pu supporter avec patience. » Certains gens du Livre disent que ce Moïse qui voyagea vers al-Khidr est Moïse fils de Manassé fils de Joseph fils de Jacob fils d'Isaac fils d'Abraham l'ami intime 19. Certains de ceux qui puisent dans leurs feuillets et traduisent de leurs livres les ont suivis sur cela, parmi eux Nawf ibn Fadāla al-Ḥimyarī al-Shāmī al-Bikālī. On dit qu'il est damascène, et sa mère était l'épouse de Ka‘b al-Aḥbār. Mais ce qui est correct, comme l'indique le sens apparent du contexte coranique et le texte du hadith authentique et clair sur lequel il y a consensus, est que c'est Moïse fils d'Imran, le compagnon des enfants d'Israël. Al-Bukhārī a dit : nous a raconté al-Ḥumaydī, nous a raconté Sufyān, nous a raconté ‘Amr ibn Dīnār, il a dit : m'a informé Sa‘īd ibn Jubayr, il a dit : j'ai dit à Ibn ‘Abbās : « Nawf al-Bikālī prétend que Moïse le compagnon d'al-Khidr n'est pas Moïse le compagnon des enfants d'Israël. » Ibn ‘Abbās a dit : « L'ennemi de Dieu a menti. » Nous a raconté Ubayy ibn Ka‘b qu'il a entendu le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dire : « Moïse se leva pour faire un sermon aux enfants d'Israël. On lui demanda : “Qui est le plus savant des gens ?” Il répondit : “Moi.” Dieu lui reprocha de ne pas avoir rapporté la science à Lui. Dieu lui révéla : “J'ai un serviteur au confluent des deux mers, il est plus savant que toi.” Moïse dit : “Seigneur, comment puis-je le trouver ?” Il dit : “Prends avec toi un poisson, mets-le dans un panier ; là où tu perdras le poisson, il sera là.” Il prit un poisson, le mit dans un panier, puis partit avec son serviteur Josué fils de Nun. Lorsqu'ils arrivèrent au rocher, ils posèrent leurs têtes et dormirent. Le poisson s'agita dans le panier, en sortit, tomba dans la mer, et se fraya un chemin dans la mer comme un tunnel. Dieu retint le courant de l'eau du poisson, et il devint comme une voûte au-dessus de lui. Quand [Moïse] se réveilla, son compagnon oublia de l'informer du poisson. Ils marchèrent le reste de leur journée et leur nuit. Le lendemain, Moïse dit à son serviteur : “Apporte-nous notre déjeuner ; nous avons rencontré de la fatigue dans ce voyage.” Il n'avait pas ressenti la fatigue avant d'avoir dépassé l'endroit que Dieu lui avait ordonné. Son serviteur lui dit : “Vois-tu ? Lorsque nous nous sommes réfugiés au rocher, j'ai oublié le poisson – et seul Satan me l'a fait oublier – et il s'est frayé un chemin dans la mer, étonnamment.” Il y avait pour le poisson un tunnel, et pour Moïse et son serviteur une merveille. Moïse dit : “C'est ce que nous cherchions.” Ils revinrent sur leurs pas en suivant leurs traces. Ils retournèrent en suivant leurs traces jusqu'au rocher. Et voilà qu'un homme enveloppé d'un vêtement. Moïse le salua. Al-Khidr dit : “Et d'où vient le salut dans ta terre ?” Il dit : “Je suis Moïse.” Il dit : “Moïse des enfants d'Israël ?” Il dit : “Oui, je suis venu à toi pour que tu m'enseignes de ce qui t'a été enseigné de la guidance.” Il dit : “Tu ne pourras pas être patient avec moi.” Ô Moïse, je suis sur une science de la science de Dieu que Dieu m'a enseignée et que tu ne connais pas, et tu es sur une science de la science de Dieu que Dieu t'a enseignée et que je ne connais pas. Moïse dit : “Tu me trouveras, si Dieu le veut, patient, et je ne désobéirai à aucun ordre de ta part.” Al-Khidr lui dit : “Si tu me suis, ne m'interroge sur rien jusqu'à ce que je t'en fasse mention.” Ils partirent, marchant sur le rivage de la mer. Un bateau passa près d'eux ; ils leur parlèrent pour qu'ils les embarquent. Ils reconnurent al-Khidr et les embarquèrent sans salaire. Quand ils montèrent dans le bateau, voilà qu'al-Khidr arracha une planche des planches du bateau avec une hache. Moïse lui dit : “Des gens nous ont embarqués sans salaire, et tu as endommagé leur bateau pour noyer ses occupants ? Tu as commis une chose grave.” Il dit : “N'ai-je pas dit que tu ne pourrais pas être patient avec moi ?” Il dit : “Ne me reproche pas ce que j'ai oublié, et ne m'impose pas de difficulté dans mon affaire.” Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : “La première [faute] de Moïse fut un oubli.” Un oiseau vint se poser sur le bord du bateau, plongea son bec dans la mer une fois. Al-Khidr lui dit : “Ma science et ta science, par rapport à la science de Dieu, ne sont que comme ce que cet oiseau a pris avec son bec de cette mer !” Puis ils sortirent du bateau. Tandis qu'ils marchaient sur le rivage, al-Khidr aperçut un garçon jouant avec d'autres garçons. Il prit sa tête avec sa main, l'arracha avec sa main et le tua. Moïse lui dit : “As-tu tué une âme innocente sans [qu'elle ait tué] une âme ? Tu as commis une chose abominable.” Il dit : “Ne t'ai-je pas dit que tu ne pourrais pas être patient avec moi ?” [Moïse] dit : “Celle-ci est plus grave que la première.” [Al-Khidr] dit : “Si je t'interroge sur quelque chose après cela, ne m'accompagne plus. Tu as de ma part une excuse.” Ils partirent donc tous deux. Lorsqu'ils arrivèrent auprès des gens d'une ville, ils leur demandèrent à manger, mais ceux-ci refusèrent de les accueillir. Ils y trouvèrent un mur qui menaçait de s'écrouler – il était penché. Al-Khidr se leva et le redressa avec sa main. Moïse dit : “Des gens chez qui nous sommes venus et qui ne nous ont pas nourris ni accueillis… Si tu voulais, tu aurais pu prendre un salaire pour cela.” [Al-Khidr] dit : “Ceci est la séparation entre moi et toi. Je vais t'apprendre…” jusqu'à Sa parole : “Voilà l'interprétation de ce que tu n'as pu supporter avec patience.” Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dit : “Nous aurions aimé que Moïse ait patienté jusqu'à ce que Dieu nous raconte de leur histoire.” Sa‘īd ibn Jubayr dit : Ibn ‘Abbās lisait : “Et derrière eux il y avait un roi qui s'emparait de tout bateau sain par force” et il lisait : “Quant au garçon, il était mécréant, et ses parents étaient croyants.” Puis al-Bukhārī le rapporta aussi d'après Qutayba d'après Sufyān ibn ‘Uyayna avec sa chaîne de transmission, quelque chose de similaire. Et dans celui-ci : “Moïse sortit avec son serviteur Josué fils de Nun, et avec eux le poisson, jusqu'à ce qu'ils arrivent au rocher. Ils descendirent près de lui. Moïse posa sa tête et dormit.” Sufyān dit : Et dans le hadith d'un autre que ‘Amr, il dit : “Au pied du rocher, il y avait une source appelée al-Ḥayāt 20 ; rien n'était touché par son eau sans vivre. Le poisson fut touché par l'eau de cette source, il bougea, se glissa hors du panier et entra dans la mer. Quand [Moïse] se réveilla, il dit à son serviteur : ‘Apporte-nous notre déjeuner…’ ” et il rapporta le hadith. Et il dit : “Un oiseau se posa sur le bord du bateau, plongea son bec dans la mer. Al-Khidr dit à Moïse : ‘Ma science, ta science et la science des créatures, par rapport à la science de Dieu, ne sont que la mesure de ce que cet oiseau a plongé de son bec.’ ” Et il mentionna la fin du hadith. Al-Bukhārī dit : Nous a raconté Ibrāhīm ibn Mūsā, nous a raconté Hishām ibn Yūsuf : qu'Ibn Jurayj les a informés, il a dit : m'a informé Ya‘lā ibn Muslim et ‘Amr ibn Dīnār, d'après Sa‘īd ibn Jubayr, l'un d'eux ajoutant à l'autre, et d'autres que j'ai entendus le raconter d'après Sa‘īd ibn Jubayr, il a dit : “Nous étions chez Ibn ‘Abbās dans sa maison, quand il dit : ‘Interrogez-moi.’ Je dis : ‘Ô Abā ‘Abbās – que Dieu me fasse rançon pour toi – il y a à Koufa un prédicateur appelé Nawf, qui prétend que ce n'est pas Moïse des enfants d'Israël.’ Quant à ‘Amr, il me dit : il a dit : ‘L'ennemi de Dieu a menti.’ ”
Quant à Ya‘lā, il m’a dit : Ibn ‘Abbās a dit : Ubayy ibn Ka‘b m’a raconté, disant : Le Messager d’Allah 21 — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit : Moïse, le Messager d’Allah, rappela un jour les gens jusqu’à ce que les yeux débordent de larmes et que les cœurs s’attendrissent, puis il s’en alla. Un homme le rattrapa et dit : « Ô Messager d’Allah ! Y a-t-il sur terre quelqu’un de plus savant que toi ? » Il répondit : « Non. » Alors Allah lui reprocha de n’avoir pas rapporté la science à Allah. On lui dit : « Si, il y en a. » Il dit : « Ô Seigneur, où donc ? » Il dit : « Au confluent des deux mers. » Il dit : « Ô Seigneur, donne-moi un signe par lequel je puisse connaître cela. » ‘Amr m’a dit : Il dit : « Là où le poisson te quittera. » Et Ya‘lā m’a dit : Il dit : « Prends un poisson mort là où le souffle de vie sera insufflé en lui. » Il prit donc un poisson et le mit dans une corbeille, puis dit à son serviteur : « Je ne te demande que de m’informer là où le poisson te quittera. » Il dit : « Tu ne m’as pas imposé une lourde charge. » C’est là la parole d’Allah — gloire à Lui — : « Et quand Moïse dit à son serviteur » — Josué, fils de Nūn —, ceci n’est pas de Sa‘īd ibn Jubayr. Il dit : Alors qu’il était à l’ombre d’un rocher, dans un endroit humide, le poisson s’agita 22 pendant que Moïse dormait. Son serviteur dit : « Je ne le réveillerai pas », jusqu’à ce qu’il se réveille, puis il oublia de l’informer. Le poisson s’agita jusqu’à entrer dans la mer, et Allah retint le courant de la mer, de sorte que sa trace était comme dans une pierre. ‘Amr m’a dit : « Ainsi, comme si sa trace était dans une pierre », et il fit un cercle entre son pouce et les deux doigts qui le suivent. « Nous avons éprouvé de la fatigue dans notre voyage » : Il dit : « Allah a éloigné de toi la fatigue. » Ceci n’est pas de Sa‘īd. Il l’informa, et ils revinrent et trouvèrent al-Khaḍir 23 — ‘Uthmān ibn Abī Sulaymān m’a dit — sur un tapis vert, au milieu de la mer. Sa‘īd ibn Jubayr dit : Enveloppé dans son vêtement, il avait mis un bout sous ses pieds et l’autre sous sa tête. Moïse passa près de lui, découvrit son visage et dit : « Y a-t-il dans ton pays une manière de saluer ? » « Qui es-tu ? » Il dit : « Je suis Moïse. » Il dit : « Moïse des Enfants d’Israël ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Quelle est ton affaire ? » Il dit : « Je suis venu à toi pour que tu m’enseignes de ce qui t’a été enseigné de rectitude. » Il dit : « Ne te suffit-il pas que la Torah soit entre tes mains et que la révélation te vienne ? Ô Moïse, j’ai une science qu’il ne te convient pas de connaître, et tu as une science qu’il ne me convient pas de connaître. » Alors un oiseau prit dans son bec de l’eau de la mer, et il dit : « Par Allah, ma science et ta science, comparées à la science d’Allah, sont comme ce que cet oiseau a pris dans son bec de la mer. » « Jusqu’à ce qu’ils montent sur le bateau » : Ils trouvèrent de petites embarcations transportant les gens de cette rive à l’autre rive. Ils le reconnurent et dirent : « Le serviteur vertueux d’Allah. » Nous dîmes à Sa‘īd : « Al-Khaḍir ? » Il dit : « Oui. » « Nous ne le transporterons pas contre rémunération. » Alors il le perça et y planta un pieu. Moïse dit : « L’as-tu percé pour noyer ses occupants ? Tu as commis une chose abominable. » Mujāhid dit : « Une chose condamnable. » Il dit : « Ne t’ai-je pas dit que tu ne pourrais pas avoir patience avec moi ? » La première fois était par oubli, la deuxième par condition, la troisième délibérément. Il dit : « Ne me prends pas en faute pour ce que j’ai oublié, et ne m’impose pas de difficulté dans mon affaire. » « Ils partirent donc jusqu’à ce qu’ils rencontrent un garçon et qu’il le tue. » Ya‘lā dit : Sa‘īd dit : Il trouva des garçons en train de jouer, prit un garçon mécréant et beau, le coucha, puis l’égorgea avec un couteau. Il dit : « As-tu tué une âme innocente 24 sans qu’elle ait tué ? » Elle n’avait pas commis de mal. Ibn ‘Abbās lisait : « zakiyyatan » 25 : « zākiyatan », « muslimat », comme on dit « ghulāman zakiyyan ». « Ils partirent donc jusqu’à ce qu’ils trouvent un mur qui voulait s’écrouler, et il le redressa. » Sa‘īd dit avec sa main ainsi, et il leva la main, et il se redressa. Ya‘lā dit : Je pense que Sa‘īd dit : Il le toucha de sa main et il se redressa. Il dit : « Si tu avais voulu, tu aurais pris un salaire pour cela. » Sa‘īd dit : « Un salaire que nous aurions mangé. » « Et derrière eux » : « Et devant eux », Ibn ‘Abbās lisait : « devant eux, un roi » — ils prétendent, d’après d’autres que Sa‘īd, que c’est « Hudad ibn Budad », et le garçon tué s’appelle, prétendent-ils, « Jaysūr » — « un roi qui prenait de force tout bateau. » Je voulais donc que, lorsqu’il passerait près de lui, il le laisse à cause de son défaut, et une fois qu’ils seraient passés, ils le répareraient et en profiteraient. Certains disent : Ils le bouchèrent avec une bouteille de verre, d’autres avec du goudron. « Et leurs deux parents étaient croyants » et lui était mécréant. « Nous craignîmes donc qu’il ne les accable de rébellion et de mécréance », c’est-à-dire que leur amour pour lui les pousse à le suivre dans sa religion. « Nous voulûmes donc que leur Seigneur leur donne en échange un autre meilleur que lui en pureté » — selon Sa parole : « As-tu tué une âme innocente ? » — « et plus proche en affection » : ils seront plus affectueux envers lui qu’envers le premier que [al-Khaḍir] a tué 26. D’autres que Sa‘īd ibn Jubayr prétendent qu’ils reçurent en échange une fille. Quant à Dāwūd ibn Abī ‘Āṣim, il dit d’après plusieurs : « C’est une fille. » ‘Abd ar-Razzāq l’a rapporté d’après Ma‘mar, d’après Abū Isḥāq, d’après Sa‘īd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbās, disant : Moïse s’adressa aux Enfants d’Israël et dit : « Personne n’est plus savant qu’Allah et au sujet de Son commandement que moi. » Alors il lui fut ordonné de rencontrer cet homme, et il mentionna quelque chose de semblable à ce qui précède. C’est ainsi que Muḥammad ibn Isḥāq l’a rapporté d’après al-Ḥasan ibn ‘Umāra, d’après al-Ḥakam ibn ‘Uyayna, d’après Sa‘īd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbās, d’après Ubayy ibn Ka‘b, d’après le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — de manière similaire à ce qui précède. Al-‘Awfī l’a rapporté de lui comme une tradition suspendue 27. Az-Zuhrī a dit d’après ‘Ubayd Allāh ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Utba [ibn Mas‘ūd] 28, d’après Ibn ‘Abbās : Il disputa avec al-Ḥurr ibn Qays ibn Ḥiṣn al-Fazārī au sujet du compagnon de Moïse. Ibn ‘Abbās dit : « C’est al-Khaḍir. » Ubayy ibn Ka‘b passa près d’eux, et Ibn ‘Abbās l’appela et dit : « J’ai disputé avec mon compagnon ici au sujet du compagnon de Moïse qui demanda le chemin pour le rencontrer. As-tu entendu quelque chose du Messager d’Allah à ce sujet ? » Il dit : « Oui », et il mentionna le hadith. Nous avons examiné en détail les voies de ce hadith et ses formulations dans le commentaire de la sourate al-Kahf, et louange à Allah. Et Sa parole : « Quant au mur, il appartenait à deux jeunes orphelins de la ville. » As-Suhaylī dit : « Ce sont Aṣram et Ṣarīm, fils de Kāshiḥ. » « Et sous lui se trouvait un trésor pour eux. » On dit que c’était de l’or, selon ‘Ikrima. On dit que c’était de la science, selon Ibn ‘Abbās. Le plus vraisemblable est que c’était une plaque d’or sur laquelle était inscrite de la science. Al-Bazzār dit : Ibrāhīm ibn Sa‘īd al-Jawharī nous a raconté, Bishr ibn al-Mundhir nous a raconté, al-Ḥārith ibn ‘Abd Allāh al-Yaḥṣubī nous a raconté d’après ‘Ayyāsh ibn ‘Abbās al-Ghassānī, d’après Ibn Ḥujayra, d’après Abū Dharr, remontant au Prophète : « Le trésor qu’Allah a mentionné dans Son Livre est une plaque d’or massif sur laquelle était écrit : “Je m’étonne de celui qui est certain du décret 29 et qui pourtant s’agite ! Je m’étonne de celui qui mentionne le Feu et qui pourtant rit ! Je m’étonne de celui qui mentionne la mort et qui pourtant est insouciant ! Il n’y a de dieu qu’Allah, Muḥammad est le Messager d’Allah.” » C’est ainsi qu’il a été rapporté d’al-Ḥasan al-Baṣrī, de ‘Umar, l’affranchi de Ghufra, et de Ja‘far aṣ-Ṣādiq, quelque chose de semblable. Et Sa parole : « Et leur père était vertueux. » On dit que c’était le septième père, et on dit le dixième. Dans tous les cas, cela indique que l’homme vertueux est préservé dans sa descendance, et Allah est l’Assistant. Et Sa parole : « par une miséricorde de ton Seigneur » — preuve qu’il était un prophète, et qu’il n’a rien fait de sa propre initiative mais par ordre de son Seigneur ; il est donc un prophète. On dit un messager 30, et on dit un saint 31. Plus étrange encore est celui qui dit que c’était un ange. Je dis : Celui qui dit qu’il est le fils de Pharaon a été très étrange, et on dit qu’il est le fils de Ḍaḥḥāk, qui régna sur le monde pendant mille ans. Ibn Jarīr dit : Ce sur quoi s’accorde la majorité des gens du Livre est qu’il était à l’époque d’Afridūn 32. On dit qu’il était à l’avant-garde de Dhū l-Qarnayn, dont on dit qu’il était Afridūn, et Dhū l-Faras est celui qui était à l’époque d’Abraham. Ils prétendent qu’il but de l’eau de la vie et devint immortel, et qu’il subsiste jusqu’à aujourd’hui. On dit qu’il est de la descendance de quelqu’un qui crut en Abraham et émigra avec lui de la terre de Babylone. On dit que son nom est Malkān, on dit Irmiyā ibn Ḥalqiyā, on dit qu’il était un prophète à l’époque de Sābāsib ibn Bahrāsb.
Ibn Jarir a dit : Il y avait entre Afridun et Sabasib 33 de longues périodes que nul parmi les savants en généalogies n'ignore. Ibn Jarir a dit : Le correct est qu'il était à l'époque d'Afridun, et il resta vivant jusqu'à ce que Moïse (sur lui la paix) l'atteigne. La prophétie de Moïse eut lieu à l'époque de Manushihr 34, qui est de la descendance d'Abraj 35, fils d'Afridun, l'un des rois perses. La royauté lui échut après son grand-père Afridun, de son vivant, et il était juste. Il fut le premier à creuser des tranchées, et le premier à établir dans chaque village un dihqan 36. La durée de son règne fut d'environ cent cinquante ans. On dit qu'il était de la descendance d'Isaac, fils d'Abraham. On rapporte de lui des discours excellents et des paroles éloquentes, utiles et éloquentes, qui éblouissent l'esprit et confondent l'auditeur. Cela indique qu'il était de la descendance d'Abraham. Et Dieu sait mieux. Dieu Très-Haut a dit : "Et lorsque Dieu prit l'engagement des prophètes : 'Quand je vous aurai donné le Livre et la Sagesse, puis qu'un messager vous viendra, confirmant ce qui est avec vous, vous devez croire en lui et le secourir.' Il dit : 'Consentez-vous et acceptez-vous Mon alliance sur ces conditions ?' Ils dirent : 'Nous consentons.' Il dit : 'Soyez-en témoins, et Je suis avec vous parmi les témoins.'" 37 Ainsi, Dieu prit l'engagement de chaque prophète de croire en celui qui viendrait après lui parmi les prophètes et de le secourir. [Cela implique la foi et l'engagement pour Muhammad (que Dieu prie sur lui et le salue), car il est le sceau des prophètes. Il incombe donc à tout prophète qui l'atteint de croire en lui et de le secourir.] 38 Si al-Khidr 39 était vivant à son époque, il n'aurait eu d'autre choix que de le suivre, de le rencontrer et de se lever pour le secourir, et il aurait été parmi ceux qui étaient sous son étendard le jour de Badr, comme l'étaient Gabriel et les chefs des anges. En somme, al-Khidr (sur lui la paix) est soit un prophète – et c'est la vérité – soit un messager, comme on l'a dit, soit un ange, selon ce qui a été rapporté. Quoi qu'il en soit, Gabriel est le chef des anges, et Moïse est plus noble qu'al-Khidr. S'il était vivant, il lui aurait été obligatoire de croire en Muhammad et de le secourir. Qu'en est-il si al-Khidr est un saint 40, comme le prétendent de nombreux groupes ? Il serait alors plus approprié qu'il entre dans la généralité de l'envoi 41 et plus digne. Il n'a été rapporté dans aucun hadith bon, ni même faible digne de confiance, qu'il soit venu un seul jour auprès du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), ni qu'il l'ait rencontré. Ce qui a été mentionné du hadith de la consolation 42 à son sujet, bien qu'al-Hakim l'ait rapporté, sa chaîne de transmission est faible. Et Dieu sait mieux. [Nous consacrerons à al-Khidr une notice biographique séparée après cela.] 43
- al-Khadir : Personnage mystérieux mentionné dans le Coran (sourate 18) comme un serviteur de Dieu doté d'une science particulière, souvent identifié à un prophète ou un saint.
- Kalîm Allâh : L'Intime de Dieu, titre donné à Moïse car Dieu lui a parlé directement.
- hadith de la carte : Référence au hadith où une carte (ou billet) portant l'attestation de foi 'Lâ ilâha illa Allâh' pèse plus lourd que les péchés d'une personne.
- Coran 2:63-64 : Référence coranique : Sourate al-Baqara, versets 63-64.
- Coran 7:171 : Référence coranique : Sourate al-A'râf, verset 171.
- as-salaf : Les prédécesseurs pieux, les premières générations de musulmans (Compagnons, Suivants et leurs successeurs).
- hadith : Parole, action ou approbation attribuée au Prophète Muhammad, formant la Sunna.
- tafsir : Exégèse ou commentaire du Coran.
- Tafsir : Ouvrage d'exégèse coranique, ici probablement le Tafsir d'Ibn Kathir.
- ‘awan : Vache d'âge moyen, ni vieille ni jeune.
- istithna’ : Exception, ici la formule 'in sha’ Allah' (si Allah le veut) qu'ils ont prononcée.
- saqiya : Noria ou roue à eau utilisée pour l'irrigation.
- ghudruf : Cartilage, partie molle de l'os.
- awdaj : Veines jugulaires, vaisseaux sanguins du cou.
- nafs wahida : Une seule âme, expression coranique (Sourate 31, verset 28) signifiant la facilité de la résurrection pour Allah.
- al-Khidr : Personnage mystérieux, souvent identifié comme un prophète ou un saint, mentionné dans le Coran comme compagnon de Moïse.
- fata : Serviteur ou jeune homme, ici Josué (Yusha‘ ibn Nun), serviteur de Moïse.
- nafs zakiyya : Âme innocente, pure, sans péché.
- al-Khalīl : Surnom d'Abraham, signifiant 'l'ami intime' de Dieu.
- al-Ḥayāt : Nom d'une source légendaire dont l'eau donne la vie, associée à l'histoire de Moïse et al-Khidr.
- Rasūl Allāh : Messager d'Allah, titre de Mahomet.
- taḍarraba : S'agita, se débattit.
- al-Khaḍir : Personnage légendaire, souvent identifié comme un prophète ou un saint, connu pour sa longévité et sa sagesse.
- zakiyyatan : Innocente, pure, sans péché.
- zakiyyatan : Variante de lecture coranique, signifiant 'pure' ou 'vertueuse'.
- Khaḍir : Al-Khaḍir, le personnage qui a tué le garçon.
- mawqūfan : Tradition suspendue, c'est-à-dire rapportée sans remonter jusqu'au Prophète.
- ibn Mas‘ūd : Ibn Mas‘ūd, compagnon du Prophète, célèbre pour sa connaissance du Coran.
- al-qadar : Le décret divin, la prédestination.
- rasūl : Messager, prophète envoyé avec une mission spécifique.
- walī : Saint, ami de Dieu.
- Afridūn : Roi légendaire perse, souvent identifié à Dhū l-Qarnayn.
- Sabasib : Nom d'un personnage ou d'une époque, non identifié précisément.
- Manushihr : Roi légendaire perse, descendant d'Afridun.
- Abraj : Fils d'Afridun, ancêtre de Manushihr.
- dihqan : Chef de village ou notable rural dans l'empire perse.
- Coran 3:81 : Verset coranique sur l'alliance des prophètes.
- Bracketed text : Ajout explicatif de l'auteur, non présent dans le verset.
- al-Khidr : Personnage mystérieux, souvent considéré comme un prophète ou un saint, mentionné dans le Coran (sourate 18).
- wali : Saint, ami de Dieu, dans la spiritualité islamique.
- ba‘tha : Envoi prophétique, mission de Muhammad.
- hadith al-ta‘ziya : Hadith sur la consolation, rapporté par al-Hakim, jugé faible.
- Bracketed text : Annonce d'une notice biographique à venir.
Il mentionna le hadith surnommé le hadith d'al-Futūn [1].
Rapport du hadith surnommé le hadith des épreuves 1, contenant l'histoire de Moïse en détail du début à la fin. L'imam Abou 'Abd ar-Rahman an-Nasa'i a dit dans le Livre de l'exégèse de ses Sunan, à propos de la parole d'Allah Très-Haut dans la sourate Tâ-Hâ : « Tu as tué un homme et Nous t'avons sauvé de l'angoisse ; Nous t'avons éprouvé par des épreuves 1 » : « Le hadith des épreuves 1 ». 'Abd Allah ibn Muhammad nous a rapporté, Yazid ibn Harun nous a rapporté, Asbagh ibn Zayd nous a rapporté, al-Qasim ibn Abi Ayyub nous a rapporté, Sa'id ibn Jubayr m'a informé : J'ai interrogé 'Abd Allah ibn 'Abbas au sujet de la parole d'Allah Très-Haut à Moïse : « Nous t'avons éprouvé par des épreuves 1 », et je lui ai demandé ce qu'étaient ces épreuves 1. Il répondit : « Attends le jour, ô Ibn Jubayr, car cette histoire est longue. » Le lendemain matin, je me rendis chez Ibn 'Abbas, impatient d'obtenir ce qu'il m'avait promis du hadith des épreuves 1. Il dit : « Pharaon et ses conseillers se rappelèrent ce qu'Allah avait promis à Abraham, sur lui la paix, à savoir qu'Il ferait sortir de sa descendance des prophètes et des rois. Certains dirent : “Les fils d'Israël attendent cela, ils n'en doutent pas, et ils pensaient qu'il s'agissait de Joseph fils de Jacob. Mais quand il mourut, ils dirent : ‘Ce n'est pas ainsi qu'était la promesse d'Abraham.’” Pharaon dit : “Qu'en pensez-vous ?” Ils délibérèrent et s'accordèrent sur le fait d'envoyer des hommes munis de couteaux, qui parcourraient les fils d'Israël et ne trouveraient aucun nouveau-né mâle sans l'égorger. Ils firent ainsi. Quand ils virent que les adultes parmi les fils d'Israël mouraient de leur mort naturelle et que les petits étaient égorgés, ils dirent : “Vous allez bientôt anéantir les fils d'Israël, et vous serez réduits à accomplir vous-mêmes les travaux et les services qu'ils vous épargnaient. Tuez donc une année tout nouveau-né mâle, et laissez leurs filles ; et l'année suivante, n'en tuez aucun. Ainsi les petits grandiront à la place de ceux qui meurent parmi les adultes. Car ils ne deviendront pas trop nombreux par ceux que vous laissez vivre, au point que vous craigniez qu'ils vous surpassent en nombre, et ils ne disparaîtront pas non plus par ceux que vous tuez, alors que vous avez besoin d'eux.” Ils s'accordèrent là-dessus. La mère de Moïse conçut Aaron l'année où l'on ne tuait pas les garçons, et elle l'enfanta au grand jour, en sécurité. L'année suivante, elle conçut Moïse, sur lui la paix, et l'inquiétude et la tristesse s'emparèrent de son cœur. Cela fait partie des épreuves 1, ô Ibn Jubayr : ce qui lui arriva alors qu'il était dans le ventre de sa mère, à cause de ce qu'on voulait lui faire. Allah lui révéla : « N'aie pas peur et ne sois pas triste : Nous te le rendrons et ferons de lui un messager. » Il lui ordonna, quand elle enfanterait, de le mettre dans un coffre et de le jeter dans le fleuve. Quand elle enfanta, elle fit ainsi. Lorsque son fils disparut de sa vue, Satan vint à elle, et elle se dit en elle-même : « Qu'ai-je fait de mon fils ? S'il avait été égorgé près de moi, que je l'eusse enterré et enseveli, cela m'eût été plus cher que de le jeter aux bêtes de la mer et à ses poissons ! » L'eau le porta jusqu'à ce qu'il s'arrêtât près d'une citerne où puisaient les servantes de la femme de Pharaon. Quand elles le virent, elles le prirent. Elles voulurent ouvrir le coffre, mais certaines dirent : « Il y a peut-être de l'argent là-dedans ; si nous l'ouvrons, la femme du roi ne nous croira pas au sujet de ce que nous y trouverons. » Elles le portèrent tel quel, sans en rien sortir, jusqu'à ce qu'elles le lui remissent. Quand elle l'ouvrit, elle vit un garçon. Allah jeta sur elle un amour pour lui, tel qu'elle n'en avait jamais eu pour personne. « Et le cœur de la mère de Moïse devint vide » de toute pensée, sauf du souvenir de Moïse. Quand les égorgeurs entendirent parler de lui, ils vinrent avec leurs couteaux vers la femme de Pharaon pour l'égorger. Cela fait partie des épreuves 1, ô Ibn Jubayr ! Elle leur dit : « Laissez-le, car cet unique enfant n'augmentera pas le nombre des fils d'Israël, jusqu'à ce que j'aille trouver Pharaon et que je lui demande de me le donner. S'il me le donne, vous aurez bien agi et fait preuve de bienséance ; s'il ordonne de l'égorger, je ne vous blâmerai pas. » Elle alla trouver Pharaon et dit : « Il est une joie pour mes yeux et pour les tiens. » Pharaon dit : « Il sera pour toi ; quant à moi, je n'en ai pas besoin. » Le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, dit : « Par Celui par qui on jure, si Pharaon avait reconnu qu'il serait une joie pour ses yeux, comme sa femme l'avait reconnu, Allah l'aurait guidé comme Il l'avait guidée, mais il en fut privé. » Elle envoya chercher toutes les femmes autour d'elle pour qu'elles choisissent une nourrice pour lui. Mais chaque fois qu'une femme le prenait pour l'allaiter, il n'acceptait pas son sein. La femme de Pharaon craignit qu'il refuse le lait et meure, ce qui l'affligea. Elle ordonna qu'on le sorte au marché et au lieu de rassemblement des gens, espérant trouver une nourrice qui le prendrait d'elle, mais il n'accepta pas. La mère de Moïse devint éperdue. Elle dit à sa sœur : « Suis sa trace et cherche-le : entends-tu parler de lui ? Mon fils est-il vivant, ou les bêtes l'ont-elles dévoré ? » Elle oublia ce qu'Allah lui avait promis. « Elle l'aperçut de loin », sa sœur, « sans qu'ils s'en rendent compte ». Le « de loin » signifie que la vue de la personne porte sur une chose lointaine alors qu'elle est à côté d'elle sans qu'elle s'en aperçoive. Elle dit, de joie, quand les nourrices furent impuissantes : « Voulez-vous que je vous indique une famille qui le prendra en charge pour vous et qui lui sera bienveillante ? » Ils la saisirent et dirent : « Comment sais-tu qu'ils lui seront bienveillants ? Le connais-tu ? » Ils doutèrent d'elle. Cela fait partie des épreuves 1, ô Ibn Jubayr ! Elle dit : « Leur bienveillance et leur sollicitude pour lui viennent de leur désir d'être alliés du roi et de leur espoir d'en tirer profit. » Ils la laissèrent partir. Elle alla vers sa mère et lui raconta la nouvelle. Sa mère vint. Quand elle le posa sur son giron, il se tourna vers son sein et le suça jusqu'à ce que ses flancs fussent remplis de lait. Le messager alla annoncer à la femme de Pharaon qu'on avait trouvé une nourrice pour son fils. Elle envoya chercher la mère, qui vint avec l'enfant. Quand elle vit ce qu'il faisait avec elle, elle dit : « Reste pour allaiter mon fils, car je n'ai jamais aimé quelqu'un comme je l'aime. » La mère de Moïse dit : « Je ne peux pas laisser ma maison et mon enfant, qui se perdraient. Si tu acceptes de me le donner, je l'emmènerai chez moi, il sera avec moi, et je ne lui épargnerai rien de bon. Je le ferai, car je ne peux abandonner ma maison et mon enfant. » Elle évoqua ce qu'Allah lui avait promis, et elle se montra difficile envers la femme de Pharaon, certaine qu'Allah accomplirait Sa promesse. Elle retourna chez elle ce jour-là. Allah le fit croître d'une belle croissance et le préserva pour ce qu'Il avait décrété à son sujet. Les fils d'Israël restèrent dans un quartier de la ville, protégés de la corvée et de l'injustice tant qu'il fut parmi eux. * * * Quand il grandit, la femme de Pharaon dit à la mère de Moïse : « Amène-moi mon fils. » Elle lui fixa un jour pour le lui amener. La femme de Pharaon dit à ses intendants, nourrices et chambellans : « Que chacun de vous aille aujourd'hui à la rencontre de mon fils avec un cadeau et un honneur, afin que je voie cela en lui. Et j'enverrai un homme de confiance pour compter tout ce que chacun de vous fera. » Les cadeaux, les honneurs et les présents ne cessèrent de l'accueillir depuis sa sortie de chez sa mère jusqu'à son entrée chez la femme de Pharaon. Quand il entra chez elle, elle lui fit des présents, l'honora et se réjouit de lui, et elle fit des présents à sa mère pour la bonne influence qu'elle avait sur lui. Puis elle dit : « Je vais l'amener à Pharaon, afin qu'il lui fasse des présents et l'honore. » Quand elle entra avec lui chez Pharaon, il le mit sur ses genoux. Moïse saisit la barbe de Pharaon et la tira vers le bas. Les fourvoyés parmi les ennemis d'Allah dirent à Pharaon : « Ne vois-tu pas ce qu'Allah a promis à Abraham, Son prophète ? Il prétend qu'il héritera de toi, te dominera et te renversera ! Envoie chercher les égorgeurs pour qu'ils l'égorgent. » Cela fait partie des épreuves 1, ô Ibn Jubayr, après toutes les afflictions qu'il subit et qu'on voulut lui infliger. »
La femme de Pharaon vint en courant vers Pharaon et dit : « Qu’as-tu décidé au sujet de ce garçon que tu m’as donné ? » Il répondit : « Ne vois-tu pas qu’il prétend qu’il me terrassera et dominera sur moi ? » Elle dit : « Établis entre toi et moi une épreuve par laquelle tu connaîtras la vérité. Apporte deux braises et deux perles, et place-les devant lui. S’il saisit les perles et évite les braises, tu sauras qu’il est raisonnable ; mais s’il prend les braises et délaisse les perles, tu sauras que nul, s’il est raisonnable, ne préfère les braises aux perles. » On plaça donc devant lui les deux braises et les deux perles, et il saisit les braises. On les lui retira de peur qu’elles ne brûlent sa main. La femme dit : « Ne vois-tu pas ? » Alors Dieu le détourna de lui après qu’il eut résolu de le tuer, et Dieu accomplissait en lui Son décret. Lorsqu’il eut atteint sa maturité et fut devenu un homme, nul parmi les gens de Pharaon ne pouvait plus opprimer ni asservir aucun des fils d’Israël [en sa présence 2], au point qu’ils devinrent totalement inaccessibles. Or, un jour que Moïse – sur lui la paix – marchait dans un quartier de la ville, il vit deux hommes qui se battaient : l’un était un Copte 3 et l’autre un Israélite. L’Israélite appela Moïse à son secours contre le Copte. Moïse entra dans une violente colère, car il savait la place qu’il occupait parmi les fils d’Israël et sa protection envers eux [les gens ne savaient de lui que ce qui venait de l’allaitement, sauf la mère de Moïse, à moins que Dieu n’eût informé Moïse de ce qu’Il n’avait révélé à nul autre 4]. Moïse frappa le Copte et le tua, sans que personne ne les vît, excepté Dieu – Puissant et Majestueux – et l’Israélite. Moïse dit alors, après avoir tué l’homme : « Ceci est de l’œuvre du Diable ; c’est un ennemi qui égare, manifeste. » Puis il dit : « Seigneur, j’ai été injuste envers moi-même ; pardonne-moi. » Et Il lui pardonna, car c’est Lui l’Absoluteur, le Très Miséricordieux. Il dit : « Seigneur, par la grâce dont Tu m’as comblé, je ne serai jamais un soutien pour les criminels. » Le lendemain matin, il se trouva dans la ville, craintif et aux aguets. On vint trouver Pharaon et on lui dit : « Les fils d’Israël ont tué un homme de ta maison ; réclame notre droit et ne leur fais pas de grâce. » Il dit : « Cherchez-moi son meurtrier et quelqu’un qui témoigne contre lui, car le roi, même s’il est l’élite de son peuple 5, ne doit pas tuer sans preuve ni certitude. Cherchez-moi donc la vérité là-dessus, afin que je vous rende votre droit. » Alors qu’ils tournaient en rond sans trouver de preuve, voilà que le lendemain Moïse vit le même Israélite se battre avec un autre Copte. L’Israélite appela Moïse à son secours contre le Copte. Moïse, qui regrettait ce qu’il avait fait et désapprouvait ce qu’il voyait, se fâcha contre l’Israélite alors qu’il voulait frapper le Copte, et lui dit : « Tu es certes un égaré manifeste ! » L’Israélite regarda Moïse après ces paroles, et le vit aussi en colère que la veille, quand il avait tué le Copte. Il craignit que Moïse, en disant « Tu es certes un égaré manifeste », ne l’eût visé lui-même, alors qu’il visait le Copte. L’Israélite, effrayé, dit : « Ô Moïse, veux-tu me tuer comme tu as tué un homme hier ? » Il dit cela de peur que Moïse n’eût l’intention de le tuer ; et ils se séparèrent. Le Copte s’en alla et rapporta ce qu’il avait entendu de l’Israélite, quand celui-ci disait : « Veux-tu me tuer comme tu as tué un homme hier ? » Pharaon envoya alors les bourreaux pour tuer Moïse. Les envoyés de Pharaon prirent la grand-route, marchant tranquillement, cherchant Moïse sans craindre qu’il ne leur échappât. Mais un homme du parti de Moïse, venu de l’extrémité de la ville, prit un raccourci et les devança pour informer Moïse. Voilà, ô Ibn Jubayr, une des épreuves 6 ! Moïse partit donc en direction de Madyan, sans avoir subi d’épreuve auparavant, et n’ayant pour guide sur la route que sa bonne opinion de son Seigneur – Puissant et Majestueux – car il dit : « Peut-être mon Seigneur me guidera-t-Il sur la voie droite. » Lorsqu’il arriva à l’eau de Madyan, il trouva une foule de gens qui abreuvaient [leurs troupeaux], et il trouva, en deçà d’eux, deux femmes qui écartaient [leurs bêtes] – c’est-à-dire qui retenaient leurs moutons. Il leur dit : « Quel est votre dessein ? » – « Pourquoi vous tenez-vous à l’écart des gens ? » Elles répondirent : « Nous n’avons pas la force de nous mêler à eux, et nous attendons qu’ils aient fini d’abreuver leurs bêtes. » Il abreuva [les bêtes] pour elles, puisant de l’eau avec le seau en grande quantité, au point qu’il fut le premier des bergers à terminer. Elles s’en retournèrent avec leurs moutons vers leur père, tandis que Moïse s’en alla s’abriter sous un arbre et dit : « Seigneur, je suis pauvre de tout le bien que Tu feras descendre vers moi. » Leur père, étonné de la rapidité de leur retour avec des bêtes repues et ventrues 7, leur dit : « Vous avez aujourd’hui une histoire ! » Elles lui racontèrent ce que Moïse avait fait. Il ordonna à l’une d’elles d’aller l’appeler. Elle vint donc vers Moïse et l’appela. Lorsqu’il lui eut parlé, il dit : « N’aie pas peur, tu as échappé au peuple injuste. » – « Pharaon et son peuple n’ont aucun pouvoir sur nous, et nous ne sommes pas dans son royaume 8. » L’une des deux dit : « Ô mon père, engage-le [à ton service] ; car le meilleur à engager est le fort et le digne de confiance. » La jalousie le poussa à lui dire : « Comment sais-tu qu’il est fort et digne de confiance ? » Elle répondit : « Quant à sa force, j’ai vu ce qu’il a fait avec le seau quand il a abreuvé pour nous ; je n’ai jamais vu un homme plus fort que lui dans cette tâche. Quant à la confiance, lorsque je suis venue vers lui et que je me suis présentée à lui, dès qu’il a su que j’étais une femme, il a baissé la tête et ne l’a relevée qu’après que je lui eus transmis ton message. Puis il m’a dit : « Marche derrière moi et indique-moi le chemin. » Il n’aurait pas agi ainsi s’il n’était pas digne de confiance. » Le père fut soulagé, la crut et conçut d’elle l’opinion qu’elle avait exprimée. Il dit à Moïse : « Veux-tu que je te marie à l’une de mes deux filles que voici, à condition que tu me serves huit ans ; si tu en accomplis dix, ce sera de ton plein gré ; je ne veux pas te contraindre ; tu me trouveras, si Dieu le veut, du nombre des justes. » Moïse accepta. Il passa donc huit années obligatoires au service du prophète de Dieu 9, et les deux autres années furent une promesse de sa part ; Dieu réalisa pour Moïse sa promesse, et il les accomplit en dix ans. Sa‘îd – c’est-à-dire Ibn Jubayr – dit : « Un homme des savants chrétiens me rencontra et me dit : « Sais-tu laquelle des deux durées Moïse a accomplie ? » Je répondis : « Non », et je ne le savais pas alors. Je rencontrai ensuite Ibn ‘Abbâs et lui rapportai cela. Il dit : « Ne sais-tu pas que huit années étaient obligatoires pour le prophète de Dieu, et qu’un prophète de Dieu n’en diminuerait rien ? Et tu sais que Dieu a réalisé pour Moïse la promesse qu’Il lui avait faite ; il a donc accompli dix années. » Je rencontrai ensuite le chrétien et l’en informai. Il dit : « Celui que tu as interrogé et qui t’a répondu est plus savant que toi en cela. » Je dis : « Oui, et il en est plus digne. » Lorsque Moïse se mit en route avec sa famille, il se produisit, au sujet du feu, du bâton et de sa main, ce que Dieu t’a raconté dans le Coran. Il se plaignit à Dieu – Très Haut – de ce qu’il redoutait de la part des gens de Pharaon à cause du meurtre 10, et du nœud de sa langue – car il avait dans la langue un nœud qui l’empêchait de parler beaucoup – et il demanda à son Seigneur de l’aider par son frère Aaron, qui serait son soutien et parlerait à sa place pour beaucoup de choses que sa langue ne pouvait exprimer clairement. Dieu – Puissant et Majestueux – exauça sa demande 11, délia le nœud de sa langue, et révéla à Aaron en lui ordonnant d’aller à sa rencontre. Moïse partit donc avec son bâton jusqu’à ce qu’il rencontrât Aaron, et ils allèrent ensemble chez Pharaon. Ils restèrent un moment à sa porte sans qu’on leur permît d’entrer. Puis, après un barrage sévère, on les autorisa à entrer, et ils dirent : « Nous sommes les messagers de ton Seigneur. » Il dit : « Qui est votre Seigneur ? » Ils l’informèrent de ce que Dieu t’a raconté dans le Coran. Il dit : « Que voulez-vous ? » Et il lui rappela le meurtre ; Moïse s’en excusa comme tu l’as entendu. Il dit : « Je veux que tu croies en Dieu et que tu laisses partir avec moi les fils d’Israël. » Pharaon refusa et dit : « Apporte un signe, si tu es du nombre des véridiques. » Il jeta alors son bâton, et voilà que c’était un énorme serpent, la gueule ouverte, se dirigeant rapidement vers Pharaon. Quand Pharaon le vit foncer sur lui, il en eut peur, sauta de son trône et implora Moïse de l’écarter de lui. Moïse le fit.
Puis il sortit sa main de sa poche, et la voilà blanche sans aucun mal 12, c'est-à-dire sans lèpre. Puis il la remit, et elle retrouva sa couleur première. Il consulta alors les notables 13 autour de lui sur ce qu'il voyait, et ils lui dirent : « Ces deux-là sont bel et bien des magiciens qui veulent vous chasser de votre terre par leur magie et s'emparer de votre voie excellente 14 », c'est-à-dire de leur royaume et de leur vie. Et ils refusèrent à Moïse de lui donner quoi que ce soit de ce qu'il demandait, et ils lui dirent : « Rassemble les magiciens, car ils sont nombreux dans ton pays, afin que tu triomphes par ta magie de leur magie. » Il envoya donc dans les villes, et l'on rassembla pour lui tout magicien savant. Lorsqu'ils vinrent à Pharaon, ils dirent : « Que fait ce magicien ? » On leur dit : « Il travaille avec les serpents. » Ils dirent : « Non, par Dieu, personne sur terre ne pratique la magie avec les serpents 15, les cordes et les bâtons comme nous. Quelle sera notre récompense si nous triomphons ? » Il leur dit : « Vous serez mes proches et mes intimes, et je ferai pour vous tout ce que vous voudrez. » Ils fixèrent donc rendez-vous « au jour de la parure 16, et que les gens soient rassemblés en plein matin ». Sa'îd 17 dit : Ibn 'Abbâs m'a raconté que le jour de la parure, le jour où Dieu fit triompher Moïse sur Pharaon et les magiciens, est le jour de 'Âshûrâ' 18. Lorsqu'ils furent réunis sur une esplanade, les gens se dirent les uns aux autres : « Allez, assistons à cette affaire : peut-être suivrons-nous les magiciens s'ils sont les vainqueurs » — ils voulaient dire Moïse et Aaron, par moquerie envers eux. Ils dirent : « Ô Moïse, après avoir tergiversé avec leur magie, “À toi de jeter, ou à nous d'être les premiers à jeter” 19. » Il dit : « Jetez plutôt. » « Ils jetèrent donc leurs cordes et leurs bâtons, et dirent : “Par la puissance de Pharaon, c'est nous qui serons les vainqueurs” 20. » Moïse vit de leur magie ce qui lui inspira une crainte intérieure. Alors Dieu lui révéla : « Jette ton bâton. » Lorsqu'il le jeta, il devint un énorme serpent, la gueule ouverte. Le bâton se mit à s'entremêler aux cordes, jusqu'à former une enceinte pour les serpents 21 qui y entraient, et il n'épargna ni bâton ni corde sans les avaler. Lorsque les magiciens reconnurent cela, ils dirent : « Si c'était de la magie, elle n'aurait pas atteint un tel degré face à notre magie. Mais c'est une affaire de Dieu Très-Haut. Nous croyons en Dieu et en ce que Moïse a apporté, et nous nous repentons à Dieu de ce que nous étions. » Dieu brisa donc l'échine de Pharaon et de ses partisans en ce lieu, et la vérité triompha, « et ce qu'ils faisaient fut anéanti. Ils furent vaincus sur place et s'en retournèrent humiliés » 22. La femme de Pharaon 23 était sortie, négligée, implorant Dieu de donner la victoire à Moïse sur Pharaon et ses partisans. Quiconque de la famille de Pharaon la voyait pensait qu'elle s'était négligée par compassion pour Pharaon et ses partisans, alors que sa tristesse et son souci étaient pour Moïse. * * * Comme le séjour de Moïse se prolongeait à cause des promesses mensongères de Pharaon — chaque fois qu'il apportait un signe, Pharaon lui promettait alors de laisser partir avec lui les Enfants d'Israël, mais une fois le signe passé, il manquait à sa promesse 24 et disait : « Ton Seigneur peut-Il faire autre chose que cela ? » — Dieu envoya sur son peuple le déluge, les sauterelles, les poux, les grenouilles et le sang, comme signes distincts 25. Chaque fois, Pharaon se plaignait à Moïse et lui demandait de faire cesser cela, en s'engageant à laisser partir avec lui les Enfants d'Israël. Mais lorsque Moïse faisait cesser cela, Pharaon manquait à sa promesse et violait son engagement, jusqu'à ce que Dieu ordonne à Moïse de sortir avec son peuple. Il sortit donc avec eux de nuit. Lorsque Pharaon se réveilla et vit qu'ils étaient partis, il envoya dans les villes des recruteurs 26. Il les poursuivit avec des armées immenses et nombreuses. Dieu révéla à la mer : « Lorsque mon serviteur Moïse te frappera avec son bâton, fends-toi en douze branches, afin que Moïse et ceux qui sont avec lui passent, puis referme-toi sur ceux qui restent après, de Pharaon et de ses partisans. » Moïse oublia de frapper la mer avec le bâton et arriva à la mer, qui grondait 27 de peur 28 que Moïse ne la frappe avec son bâton alors qu'il était distrait, et qu'elle ne devienne désobéissante à Dieu Puissant et Glorieux ! Lorsque les deux groupes se virent et s'approchèrent, « les compagnons de Moïse dirent : “Nous allons être rejoints” 29. Fais ce que ton Seigneur t'a ordonné, car Il n'a pas menti et tu n'as pas menti. » Il dit : « Mon Seigneur m'a promis que lorsque j'arriverai à la mer, elle se fendra en douze branches pour que je la traverse. » Puis il se souvint après cela du bâton, et frappa la mer avec son bâton lorsque les premiers soldats de Pharaon approchèrent des derniers soldats de Moïse. La mer se fendit comme son Seigneur le lui avait ordonné et comme Il l'avait promis à Moïse. Lorsque Moïse et tous ses compagnons eurent traversé la mer, et que Pharaon et ses compagnons y furent entrés, la mer se referma sur eux comme il avait été ordonné. Lorsque Moïse eut traversé la mer, ses compagnons dirent : « Nous craignons que Pharaon n'ait pas péri et nous ne croyons pas à sa destruction. » Il invoqua donc son Seigneur, qui le fit apparaître à eux avec son corps 30, jusqu'à ce qu'ils soient certains de sa destruction. * * * Ensuite, ils passèrent après cela devant un peuple attaché au culte de ses idoles. « Ils dirent : “Ô Moïse, fais-nous une divinité comme ils ont des divinités.” Il dit : “Vous êtes un peuple ignorant. Ces gens-là, ce dans quoi ils sont sera anéanti, et ce qu'ils faisaient est vain” 31. Vous avez vu des signes et entendu ce qui vous suffit. » Il poursuivit sa route et fit descendre les Enfants d'Israël dans un campement, et dit : « Obéissez à Aaron, car Dieu l'a établi comme votre successeur 32. Je vais aller vers mon Seigneur. » Il leur fixa un délai de trente jours pour revenir vers eux. Lorsqu'il alla vers son Seigneur Puissant et Glorieux et voulut Lui parler au bout de trente jours — il avait jeûné leurs jours et leurs nuits — il répugna à parler à son Seigneur alors que son haleine sentait le jeûne. Il prit donc quelque chose de la végétation de la terre et le mâcha. Son Seigneur lui dit lorsqu'il vint à Lui : « Pourquoi as-tu rompu le jeûne ? » — et Il savait ce qui s'était passé. Il dit : « Ô Seigneur, j'ai répugné à Te parler sans avoir la bouche parfumée. » Il dit : « Ne sais-tu pas, ô Moïse, que l'haleine du jeûneur est plus agréable auprès de Moi que le parfum du musc ? Retourne et jeûne dix jours, puis viens à Moi. » Moïse fit ce que son Seigneur lui ordonna. Lorsque le peuple de Moïse vit qu'il n'était pas revenu vers eux dans le délai, cela leur déplut. Aaron leur avait fait un sermon et dit : « Vous êtes sortis d'Égypte, et les gens de Pharaon ont chez vous des dépôts et des prêts, et vous avez chez eux la même chose. Je pense que vous devriez considérer comme perdu ce que vous avez chez eux, et je ne vous permets ni dépôt qu'on vous a confié ni prêt, et nous ne leur rendrons rien de cela ni ne le garderons pour nous. » Il creusa donc une fosse et ordonna à chaque groupe qui avait chez lui de ces biens ou parures de les jeter dans cette fosse. Puis il alluma un feu dessus et le brûla, en disant : « Qu'il n'y ait rien ni pour nous ni pour eux. » Le Samaritain 33 était d'un peuple qui adorait les vaches, voisins des Enfants d'Israël, et il n'était pas des Enfants d'Israël. Il partit avec Moïse et les Enfants d'Israël lorsqu'ils partirent. Il lui fut décrété qu'il vit une trace 34 et en prit une poignée. Il passa près d'Aaron, et Aaron lui dit : « Ô Samaritain, ne jettes-tu pas ce qui est dans tes mains ? » — et il tenait cela serré, sans que personne ne le voie pendant tout ce temps. Il dit : « Ceci est une poignée de la trace du Messager 35 qui vous a fait traverser la mer, et je ne la jetterai pour rien sinon pour que tu invoques Dieu, lorsque je la jetterai, afin qu'il soit ce que je veux. » Il la jeta, et Aaron invoqua Dieu pour lui. Il dit : « Je veux que ce soit un veau. » Alors tout ce qui était dans la fosse, biens, parures, cuivre ou fer, se rassembla et devint un veau creux, sans âme, et qui mugissait 36. Ibn 'Abbâs dit : « Non, par Dieu, il n'y eut jamais de son en lui ; seulement le vent entrait par son derrière et sortait par sa bouche, et ce son venait de là. » Les Enfants d'Israël se divisèrent en groupes. Un groupe dit : « Ô Samaritain, qu'est-ce que cela, toi qui en sais le plus ? » Il dit : « Ceci est votre Seigneur, mais Moïse a égaré le chemin ! » Un autre groupe dit : « Nous ne démentons pas cela jusqu'à ce que Moïse revienne vers nous. Si c'est notre Seigneur, nous ne l'aurons pas négligé et nous nous serons attachés à Lui en Le voyant ; et si ce n'est pas notre Seigneur, alors nous suivrons la parole de Moïse. » Un autre groupe dit : « Ceci est l'œuvre du Diable, ce n'est pas notre Seigneur, nous n'y croyons pas et nous ne le confirmons pas. » Et un groupe s'abreuva 37 dans leurs cœurs de la vérité de ce que le Samaritain avait dit au sujet du veau, et ils déclarèrent ouvertement ne pas le démentir. Aaron, sur lui la paix, leur dit : « Ô mon peuple, vous avez été éprouvés par cela, et votre Seigneur est le Tout Miséricordieux 38, non pas ceci. »
Ils dirent : « Qu'en est-il de Moïse ? Il nous avait promis trente jours, puis il a manqué à sa promesse. Voilà quarante jours qui ont passé. » Et leurs insensés dirent : « Il s'est trompé sur son Seigneur, et Il le cherche et le poursuit. » Lorsque Dieu parla à Moïse et lui dit ce qu'Il lui dit, Il l'informa de ce que son peuple avait fait après son départ. « Moïse retourna donc vers son peuple, courroucé et chagriné 39 », et il leur dit ce que vous avez entendu dans le Coran : « Il prit la tête de son frère en la tirant vers lui 40 », et il jeta les Tables de la Loi sous l'effet de la colère. Puis il excusa son frère par son excuse et implora le pardon pour lui, et se tourna 41 vers le Samaritain et lui dit : « Qu'est-ce qui t'a poussé à ce que tu as fait ? » Il dit : « J'ai saisi une poignée de la trace de l'Envoyé 42, je l'ai comprise, mais elle vous a échappé. Je l'ai donc lancée, et voilà ce que mon âme m'a suggéré 43. » Il dit : « Va-t'en ! Dans la vie, tu auras à dire : "Ne me touchez pas !" 44 Et tu as un rendez-vous que tu ne manqueras pas. Regarde ton dieu auquel tu es resté attaché : nous le brûlerons, puis nous le disperserons dans la mer en poussière 45. » S'il avait été un dieu, il n'aurait pas subi cela de sa part. Alors les Enfants d'Israël furent certains de l'épreuve, et ceux dont l'avis était semblable à celui d'Aaron se réjouirent, et ils dirent à leur assemblée : « Ô Moïse, demande pour nous à ton Seigneur 46 qu'Il nous ouvre une porte de repentir que nous accomplissions, afin qu'Il efface ce que nous avons fait. » Moïse choisit donc soixante-dix hommes de son peuple pour cela, ne voulant que le bien parmi les meilleurs des Enfants d'Israël et ceux qui n'avaient pas associé dans l'affaire 47. Il partit avec eux pour demander le repentir pour eux, mais la terre les secoua 48. Le Prophète de Dieu, sur lui la paix, eut honte devant son peuple et sa délégation lorsque ce qui leur arriva arriva, et il dit : « Seigneur, si Tu avais voulu, Tu les aurais anéantis avant, ainsi que moi. Vas-Tu nous anéantir pour ce qu'ont fait les insensés parmi nous ? 49 » Or, parmi eux, il y avait ceux dont Dieu avait vu ce que leur cœur avait absorbé de l'amour du veau et de la foi en lui ; c'est pourquoi la terre les secoua. Il dit : « Ma miséricorde embrasse toute chose. Je l'écrirai pour ceux qui craignent, qui acquittent la zakât 50, et qui croient en Nos signes 51, ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré 52 qu'ils trouvent écrit chez eux dans la Torah et l'Évangile 53. » Il dit : « Seigneur, je T'ai demandé le repentir pour mon peuple, et Tu as dit que Ta miséricorde, Tu l'as écrite pour un peuple autre que le mien. Si seulement Tu m'avais retardé jusqu'à ce que Tu me fasses sortir dans la communauté de cet homme miséricordieux 54. » Il lui dit : « Leur repentir est que chaque homme parmi eux tue quiconque il rencontre, père ou enfant, en le tuant par l'épée, sans se soucier de qui il tue en ce lieu. » Ceux dont l'affaire était cachée à Moïse et Aaron se repentirent, et Dieu vit leurs péchés, ils les reconnurent et firent ce qui leur fut ordonné, et Dieu pardonna au tueur et au tué. Puis Moïse, sur lui la paix, partit avec eux en direction de la Terre Sainte. Il reprit les Tables après que la colère se fut apaisée, et il leur ordonna ce qui lui avait été ordonné comme obligations. Cela leur parut lourd et ils refusèrent de les accepter. Alors Dieu souleva au-dessus d'eux la montagne 55 comme une ombrelle, et elle s'approcha d'eux jusqu'à ce qu'ils craignent qu'elle ne tombe sur eux. Ils prirent le Livre dans leurs mains, tout en étant penchés, regardant la montagne, le Livre dans leurs mains, et ils étaient derrière la montagne de peur qu'elle ne tombe sur eux. Puis ils continuèrent jusqu'à arriver à la Terre Sainte. Ils trouvèrent une ville où se trouvaient un peuple de géants 56, d'une création monstrueuse, et ils mentionnèrent leurs fruits, une chose étonnante 57 par leur taille. Ils dirent : « Ô Moïse, il y a là un peuple de géants 58, nous n'avons pas la force de les affronter, et nous n'y entrerons pas tant qu'ils y seront. S'ils en sortent, alors nous entrerons 59. » « Deux hommes parmi ceux qui craignaient 60 dirent » – on dit à Yazîd : « Est-ce ainsi qu'il l'a lu ? » Il dit : « Oui » – parmi les géants, ils crurent en Moïse et sortirent vers lui, et ils dirent : « Nous connaissons mieux notre peuple. Si vous craignez ce que vous avez vu de leurs corps et de leur nombre, ils n'ont ni cœur ni force. Entrez donc par la porte ; si vous y entrez, vous serez vainqueurs 61. » Certains disent qu'ils étaient du peuple de Moïse. Ceux qui craignaient parmi les Enfants d'Israël dirent : « Ô Moïse, nous n'y entrerons jamais tant qu'ils y seront. Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux ; nous resterons ici assis 62. » Ils mirent Moïse en colère, et il invoqua contre eux et les appela pervers 63. Il n'avait pas invoqué contre eux auparavant, malgré ce qu'il voyait de leur désobéissance et de leur mauvaise conduite, jusqu'à ce jour-là. Dieu exauça donc sa prière, et les appela comme Moïse les avait appelés : pervers. Il leur interdit 64 la Terre Sainte pendant quarante ans, errant dans le désert 65. Chaque jour, ils se levaient et marchaient, sans repos. Puis Dieu étendit sur eux l'ombre du nuage dans le désert, fit descendre sur eux la manne et les cailles 66, leur donna des vêtements qui ne s'usaient ni ne se salissaient, et plaça au milieu d'eux une pierre carrée. Moïse ordonna et frappa la pierre avec son bâton ; douze sources en jaillirent, trois de chaque côté, et il assigna à chaque tribu sa source pour boire. Ils ne quittaient un campement sans retrouver cette pierre parmi eux, à l'endroit où elle était la veille 67. * * * Ibn 'Abbâs a rapporté ce hadith en le remontant jusqu'au Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue. Cela me semble confirmé par le fait que Mu'âwiya entendit Ibn 'Abbâs raconter ce hadith et lui contesta que ce soit le Pharaonien 68 qui ait divulgué à propos de Moïse l'affaire du tué que celui-ci avait tué. Il dit : « Comment aurait-il divulgué à son sujet, alors qu'il n'en avait pas connaissance et que seul l'Israélite présent à cette scène en avait eu connaissance ? » Ibn 'Abbâs se fâcha, prit Mu'âwiya par la main et l'emmena chez Sa'd ibn Mâlik az-Zuhrî. Il lui dit : « Ô Abû Ishâq, te souviens-tu du jour où le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, nous a raconté l'histoire du tué de Moïse, celui qu'il a tué parmi la famille de Pharaon ? Est-ce l'Israélite qui a divulgué à son sujet, ou le Pharaonien ? » Il dit : « C'est le Pharaonien qui a divulgué à son sujet, d'après ce qu'il avait entendu de l'Israélite qui avait été témoin et présent à cette scène. » C'est ainsi que l'imam an-Nasâ'î a rapporté ce hadith, et Ibn Jarîr et Ibn Abî Hâtim l'ont également rapporté dans leurs commentaires coraniques d'après le hadith de Yazîd ibn Hârûn. Le plus probable, et Dieu sait mieux, est qu'il est suspendu 69 ; le fait qu'il soit remonté 70 est sujet à examen. La majeure partie est tirée des récits israélites 71, et il contient une petite partie explicitement remontée au cours du discours. Certains de ses éléments sont sujets à examen et à contestation, et la majeure partie provient des paroles de Ka'b al-Ahbâr 72. J'ai entendu notre maître, le mémorisateur Abû al-Hajjâj al-Mizzî, dire cela, et Dieu sait mieux.
- futūn : Épreuves, tentations ou afflictions successives par lesquelles Allah éprouve Ses serviteurs, ici en référence aux épreuves subies par Moïse.
- ma‘ahu : Littéralement « avec lui », indiquant que Moïse était présent et protégeait les fils d’Israël.
- fir‘awnī : Terme désignant un Égyptien copte, partisan de Pharaon, par opposition aux Israélites.
- lā ya‘lamu al-nāsu illā annahu mina al-riḍā‘i illā ummu Mūsā, illā an yakūna Allāhu aṭla‘a Mūsā min dhālika ‘alā mā lam yuṭli‘ ‘alayhi ghayruhu : Phrase complexe signifiant que les gens ne connaissaient de Moïse que son allaitement par sa mère, sauf elle, à moins que Dieu n’eût révélé à Moïse des choses cachées aux autres.
- ṣafwa min qawmihi : Littéralement « l’élite de son peuple », expression désignant le roi comme le meilleur de ses sujets.
- al-futūn : Terme coranique désignant les épreuves ou tentations divines, ici les événements marquants de la vie de Moïse.
- ḥuffalan biṭānan : Expression décrivant des brebis repues et le ventre plein, signe d’un bon abreuvement.
- laysa li-Fir‘awna wa lā li-qawmihi ‘alaynā min sulṭānin wa lastu fī mamlakati-hi : Paroles du père des deux femmes, indiquant que Madyan n’était pas sous l’autorité de Pharaon.
- nabiyyu Allāh Mūsā : Moïse est ici désigné comme prophète de Dieu, bien que le service soit pour son beau-père.
- al-qatīl : Le meurtre commis par Moïse, à savoir l’Égyptien tué.
- su’lahu : Sa demande, c’est-à-dire l’assistance de son frère Aaron.
- min ghayri sū’ : Expression coranique (Sourate 27, verset 12) signifiant 'sans aucun mal', ici sans lèpre.
- al-mala’ : Les notables, l'élite dirigeante du peuple de Pharaon.
- ṭarīqatikumu l-muthlā : La voie excellente, c'est-à-dire leur royaume et leur mode de vie.
- bi-l-ḥayyāt : Avec les serpents ; les magiciens de Pharaon utilisaient des cordes et des bâtons qui semblaient se transformer en serpents par illusion.
- yawma l-zīna : Le jour de la parure, jour de fête où les gens se paraient, mentionné dans le Coran (Sourate 20, verset 59).
- Sa‘īd : Sa‘īd ibn Jubayr, un éminent successeur (tābi‘ī) et transmetteur de hadiths.
- yawmu ‘Āshūrā’ : Le dixième jour du mois de Muharram, jour de jeûne et de commémoration.
- immā an tulqiya wa-immā an nakūna naḥnu l-mulqīn : Citation coranique (Sourate 20, verset 65) : 'À toi de jeter, ou à nous d'être les premiers à jeter'.
- bi-‘izzati fir‘awna innā la-naḥnu l-ghālibūn : Citation coranique (Sourate 26, verset 44) : 'Par la puissance de Pharaon, c'est nous qui serons les vainqueurs'.
- ḥirzan li-l-tha‘ābīn : Une enceinte pour les serpents ; le bâton de Moïse, devenu serpent, avala tous les autres serpents.
- wa-baṭala mā kānū ya‘malūn * fa-ghulibū hunālika wa-nqalabū ṣāghirīn : Citation coranique (Sourate 7, versets 118-119) : 'Et ce qu'ils faisaient fut anéanti. Ils furent vaincus sur place et s'en retournèrent humiliés'.
- imra’atu fir‘awna : La femme de Pharaon, nommée Āsiya dans la tradition islamique, qui crut en Moïse.
- akhlafa maw‘idahu : Il manqua à sa promesse ; Pharaon promettait de libérer les Enfants d'Israël après chaque plaie, puis revenait sur sa parole.
- āyātin mufaṣṣalāt : Signes distincts ; les plaies d'Égypte mentionnées dans le Coran (Sourate 7, verset 133).
- ḥāshirīn : Recruteurs ; ceux qui rassemblent les troupes.
- qaṣīf : Grondement, fracas ; la mer grondait de peur.
- makhāfata : De peur que ; la mer craignait de désobéir à Dieu.
- innā la-mudrakūn : Citation coranique (Sourate 26, verset 61) : 'Nous allons être rejoints'.
- bi-badanihi : Avec son corps ; Dieu fit apparaître le corps de Pharaon pour prouver sa mort.
- in hā’ulā’i mutabbarun mā hum fīhi wa-bāṭilun mā kānū ya‘malūn : Citation coranique (Sourate 7, verset 139) : 'Ces gens-là, ce dans quoi ils sont sera anéanti, et ce qu'ils faisaient est vain'.
- istakhlafahu ‘alaykum : Il l'a établi comme votre successeur ; Aaron fut désigné comme chef en l'absence de Moïse.
- al-Sāmirī : Le Samaritain ; personnage qui fabriqua le veau d'or, mentionné dans le Coran (Sourate 20, verset 85).
- athar : Trace ; la trace du pas du cheval de l'ange Gabriel, selon certains commentaires.
- al-rasūl : Le Messager ; ici, il s'agit de l'ange Gabriel, ou de Moïse selon d'autres interprétations.
- khuwār : Mugissement ; le veau émettait un son, mais selon Ibn ‘Abbâs, c'était le vent entrant et sortant.
- ushriba : Furent abreuvés ; au sens figuré, ils furent imprégnés de l'idée que le veau était leur dieu.
- al-Raḥmān : Le Tout Miséricordieux ; un des noms de Dieu.
- asafan : Chagrin intense mêlé de colère.
- wa-akhadha bi-ra'si akhīhi yajurruhu ilayhi : Il prit la tête de son frère Aaron en la tirant vers lui, geste de reproche.
- insarafa : Il se tourna ou se détourna.
- athar ar-rasūl : Trace du pas du cheval de l'Ange Gabriel, selon l'exégèse.
- sawwalat lī nafsī : Mon âme m'a embelli l'action, suggéré.
- lā misās : Ne me touchez pas !, signe d'isolement et de châtiment.
- lanansifannahu fī al-yammi nasfā : Nous le disperserons dans la mer en poussière.
- rabbaka : Ton Seigneur.
- al-ḥaqq : L'affaire, ici le culte du veau.
- rajafat bihim al-arḍ : La terre les secoua violemment, signe de châtiment.
- sufahā' : Insensés, ignorants.
- az-zakāt : L'aumône légale purificatrice.
- āyāt : Signes, versets.
- an-nabī al-ummī : Le Prophète illettré, c'est-à-dire Muhammad.
- at-Tawrāt wa al-Injīl : La Torah et l'Évangile.
- ar-rajul al-marḥūm : L'homme miséricordieux, c'est-à-dire Muhammad.
- nataqa : Il souleva, il arracha.
- jabbārūn : Géants, tyrans.
- amran 'ajabā : Une chose étonnante.
- jabbārīn : Géants.
- fā innā dākhilūn : Alors nous entrerons.
- alladhīna yakhāfūn : Ceux qui craignent (Dieu).
- ghālibūn : Vainqueurs.
- qā'idūn : Assis, c'est-à-dire restant là.
- fāsiqīn : Pervers, sortis de l'obéissance.
- ḥarramahā : Il l'interdit.
- tīh : Désert, errances.
- al-mann wa as-salwā : La manne (nourriture céleste) et les cailles.
- al-manzil al-awwal : La première étape.
- al-fir'awnī : Le Pharaonien, c'est-à-dire l'homme de la famille de Pharaon.
- mawqūf : Hadith suspendu, dont la chaîne de transmission s'arrête à un Compagnon.
- marfū' : Hadith remonté jusqu'au Prophète.
- isrā'īliyyāt : Récits issus de sources juives ou chrétiennes.
- Ka'b al-Ahbār : Savant juif converti à l'islam, connu pour ses récits.
Il est fait mention de la construction du Dôme du Temps [1].
Récit de la construction du Tabernacle 1 Les Gens du Livre disent : Dieu ordonna à Moïse (sur lui la paix) de fabriquer un Tabernacle en bois de shittim 2, en peaux de bétail et en poil de chèvre, et ordonna de l'orner de soie teinte, d'or et d'argent, selon des modalités détaillées chez les Gens du Livre. Il avait dix tentures, chacune de vingt-huit coudées de long et quatre coudées de large, quatre portes, des cordages de soie et de brocart 3 teint, des étagères et des plaques d'or et d'argent. À chaque angle, deux portes et d'autres grandes portes, des rideaux de soie teinte, et d'autres choses qu'il serait long de mentionner. Et de fabriquer une Arche 4 en bois de shittim, de deux coudées et demie de long, deux coudées de large, et une coudée et demie de haut, plaquée d'or pur à l'intérieur et à l'extérieur, avec quatre anneaux à ses quatre coins, et sur son couvercle deux chérubins 5 en or – c'est-à-dire la figure de deux anges avec des ailes – se faisant face. Un homme nommé Betsaleel 6 la fabriqua. Et Il lui ordonna de faire une table en bois de shittim, de deux coudées de long, deux coudées et demie de large, avec des bordures d'or, une couronne d'or, un rebord surélevé avec une couronne d'or, et quatre anneaux d'or sur ses côtés, fixés dans des [pommes de pin] 7 en bois recouvert d'or. Et de faire des plats, des coupes et des bols pour la table. Et de fabriquer un chandelier 8 en or, duquel pendent six branches d'or, trois de chaque côté, chaque branche portant trois lampes. Et que le chandelier ait quatre lampes, et que lui et tous ces ustensiles soient d'un talent 9 d'or. Betsaleel fabriqua également cela, et c'est lui qui fit aussi l'autel. Ce Tabernacle fut dressé le premier jour de leur année, qui est le premier jour du printemps. Et l'on dressa l'Arche du Témoignage – et c'est, Dieu sait mieux, celle mentionnée dans Sa parole : « Le signe de sa royauté est que l'Arche vous reviendra, portée par les anges, contenant une quiétude 10 de votre Seigneur et un reste de ce que laissèrent la famille de Moïse et la famille d'Aaron. Il y a là un signe pour vous, si vous êtes croyants. » Ce chapitre est développé très longuement dans leur Livre, et il contient leurs lois, leurs prescriptions, la description de leurs offrandes et leur modalité. Il y est dit que le Tabernacle existait avant leur adoration du Veau 11, qui est antérieure à leur entrée à Jérusalem 12, et qu'il était pour eux comme la Ka'ba 13 : ils y priaient et vers elle, et s'en approchaient pour obtenir la faveur divine. Et que Moïse (sur lui la paix), lorsqu'il y entrait, ils se tenaient devant elle, et une colonne de nuée 14 descendait sur sa porte, et ils tombaient alors prosternés devant Dieu, le Puissant et Glorieux. Et Dieu parlait à Moïse (sur lui la paix) depuis cette colonne de nuée qui est une lumière, et s'adressait à lui, lui parlait intimement, lui ordonnait et lui interdisait, tandis qu'il se tenait devant l'Arche, tourné vers l'espace entre les deux chérubins. Et lorsque la parole était achevée, il informait les Enfants d'Israël de ce que Dieu, le Puissant et Glorieux, lui avait révélé comme ordres et interdictions. Et lorsqu'ils venaient à lui pour un jugement sur une chose dont il n'avait rien de Dieu, il venait au Tabernacle, se tenait devant l'Arche, se tournait vers l'espace entre les deux chérubins, et la parole lui parvenait avec ce qui tranchait ce jugement. Cela leur était permis en leur temps, je veux dire l'usage de l'or, de la soie teinte et des perles dans leur temple et leur lieu de prière. Quant à notre Loi, non, au contraire, il nous a été interdit d'orner et de décorer les mosquées, afin de ne pas distraire les fidèles, comme le dit 'Umar ibn al-Khattab (que Dieu l'agrée) lorsqu'il agrandit la mosquée du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) à celui qu'il avait chargé de sa construction : « Construis pour les gens ce qui les abrite, et évite de rougir ou de jaunir, car cela distrairait les gens. » Et Ibn 'Abbas dit : « Nous ne les ornerons pas comme les Juifs et les Chrétiens ont orné leurs églises. » Cela relève de l'honneur, de la vénération et de la sanctification. Cette communauté ne ressemble pas à celles qui l'ont précédée, car Dieu a concentré leurs intentions 15 dans leur prière sur l'orientation vers Lui et la dévotion à Lui, et a préservé leurs regards et leurs pensées de toute occupation et réflexion sur autre chose que ce à quoi ils s'adonnent, à savoir l'adoration sublime. À Dieu la louange et la grâce. Ce Tabernacle accompagna les Enfants d'Israël dans le désert 16 ; ils priaient vers lui, il était leur direction de prière 17 et leur Ka'ba, et leur imam était l'Interlocuteur de Dieu, Moïse (sur lui la paix), et celui qui présentait les offrandes était son frère Aaron (sur lui la paix). Lorsque Aaron puis Moïse (sur eux la paix) moururent, les fils d'Aaron continuèrent à assumer ce que leur père avait fait concernant les offrandes, et cela persiste parmi eux jusqu'à aujourd'hui. Et après Moïse, la charge de la prophétie et la direction des affaires 18 furent assumées par son serviteur Josué, fils de Noun (sur lui la paix), qui les fit entrer à Jérusalem, comme cela sera expliqué plus loin. Ce qui importe ici, c'est que lorsque sa main se fut affermie sur le Temple 19, il dressa ce Tabernacle sur le Rocher 20 de Jérusalem, et ils priaient vers lui. Lorsqu'il disparut, ils prièrent vers son emplacement, c'est-à-dire le Rocher. C'est pourquoi il fut la direction de prière des prophètes après lui jusqu'au temps du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) pria vers lui avant l'Hégire 21, en plaçant la Ka'ba devant lui. Puis, lorsqu'il émigra, il lui fut ordonné de prier vers Jérusalem, et il pria ainsi pendant seize – ou dit-on dix-sept – mois. Ensuite, la direction de prière fut changée vers la Ka'ba, qui est la direction de prière d'Abraham, au mois de Sha'ban de l'an deux, au moment de la prière de l'après-midi – ou dit-on du midi – comme nous l'avons développé dans le commentaire 22 à propos de Sa parole : « Les insensés parmi les gens diront : Qu'est-ce qui les a détournés de leur direction de prière à laquelle ils étaient attachés ? » jusqu'à Sa parole : « Nous te voyons tourner ton visage vers le ciel. Nous te donnerons donc une direction de prière qui te satisfait. Tourne donc ton visage vers la Mosquée Sacrée 23 » et les versets suivants. L'histoire de Coré 24 avec Moïse (sur lui la paix) Dieu, le Très-Haut, dit : « Coré était du peuple de Moïse, mais il se montra insolent envers eux. Et Nous lui avions donné des trésors dont les clefs pesaient lourd à une troupe d'hommes robustes. Lorsque son peuple lui dit : Ne te réjouis pas, car Dieu n'aime pas les joyeux arrogants. Et recherche, à travers ce que Dieu t'a donné, la Demeure dernière, sans oublier ta part en ce monde. Et sois bienfaisant comme Dieu a été bienfaisant envers toi, et ne cherche pas la corruption sur la terre, car Dieu n'aime pas les corrupteurs. Il dit : Je n'ai reçu cela que grâce à une science que je possède. Ne savait-il pas que Dieu avait fait périr avant lui des générations plus fortes que lui en puissance et plus nombreuses en richesses ? Et les criminels ne seront pas interrogés sur leurs péchés. Il sortit donc vers son peuple dans toute sa parure. Ceux qui désiraient la vie présente dirent : Ah ! Si nous avions ce qui a été donné à Coré ! Il a vraiment une part immense. Et ceux qui avaient reçu la science dirent : Malheur à vous ! La récompense de Dieu est meilleure pour celui qui croit et fait le bien. Mais cela ne sera donné qu'à ceux qui endurent. Puis Nous fîmes engloutir par la terre lui et sa demeure. Il n'eut aucun parti pour le secourir contre Dieu, et il ne fut pas parmi ceux qui se vengent. Et ceux qui, la veille, avaient souhaité être à sa place se mirent à dire : Ah ! Il semble que Dieu étend Ses dons à qui Il veut parmi Ses serviteurs et les restreint. Si Dieu ne nous avait pas favorisés, Il nous aurait fait engloutir. Ah ! Il semble que les ingrats ne réussissent pas. Cette Demeure dernière, Nous la réservons à ceux qui ne cherchent ni l'élévation sur terre ni la corruption. Et la fin heureuse est pour les pieux. »
Il a dit : Qârûn était le cousin germain de Moïse ; c'est aussi ce qu'ont dit Ibrâhîm al-Nakha'î, 'Abd Allâh ibn al-Hârith ibn Nawfal, Simâk ibn Harb, Qatâda, Mâlik ibn Dînâr et Ibn Jurayj, qui a ajouté : il est Qârûn ibn Yashab ibn Qâhath, et Moïse est 'Imrân ibn Qâhath. Ibn Jarîr 25 a dit : c'est l'avis de la plupart des savants : il était le cousin germain de Moïse, et il a réfuté la parole d'Ibn Ishâq selon laquelle il était l'oncle de Moïse. Qatâda a dit : on l'appelait al-Munawwir 26 à cause de la beauté de sa voix dans la Torah, mais l'ennemi d'Allah a fait preuve d'hypocrisie comme le Samaritain, et l'orgueil l'a détruit à cause de l'abondance de ses biens. Shahr ibn Hawshab a dit : il a ajouté un empan à la longueur de ses vêtements par arrogance envers son peuple. Allah le Très-Haut a mentionné l'abondance de ses trésors, au point que le poids de leurs clés était lourd pour un groupe 27 d'hommes robustes ; on a dit qu'elles étaient [en cuir et qu'elles] étaient portées par soixante mulets. Allah sait mieux. * * * Les conseillers sincères de son peuple l'ont exhorté en disant : "Ne te réjouis pas" c'est-à-dire ne sois pas insolent à cause de ce qui t'a été donné et ne te vante pas devant les autres, "car Allah n'aime pas les arrogants. Et recherche, à travers ce qu'Allah t'a donné, la Demeure dernière" ils disent : que ton intention soit tournée vers l'obtention de la récompense d'Allah dans la Demeure dernière, car c'est meilleur et plus durable ; et malgré cela, "n'oublie pas ta part en ce monde" c'est-à-dire et prends-en, avec tes biens, ce qu'Allah t'a rendu licite, jouis donc pour toi-même des plaisirs purs et licites, "et fais le bien comme Allah t'a fait du bien" c'est-à-dire et fais du bien aux créatures d'Allah comme Allah, leur Créateur et leur Formateur, t'a fait du bien, "et ne cherche pas la corruption sur terre" c'est-à-dire ne leur fais pas de mal et ne répands pas la corruption parmi eux, car tu les traiterais à l'opposé de ce qui t'a été ordonné à leur égard, et Il te punirait et te dépouillerait de ce qu'Il t'a donné, "car Allah n'aime pas les corrupteurs". La réponse de son peuple à ce conseil correct et éloquent ne fut autre que : "Il dit : Je n'ai reçu cela que grâce à une science que je possède" 28 c'est-à-dire je n'ai pas besoin d'écouter ce que vous avez mentionné, ni de ce à quoi vous avez fait allusion ; car Allah ne m'a donné cela que parce qu'Il sait que je le mérite et que j'en suis digne ; si je n'étais pas aimé de Lui et en faveur auprès de Lui, Il ne m'aurait pas donné ce qu'Il m'a donné. Allah le Très-Haut a dit en réponse à ce qu'il avançait : "N'a-t-il pas su qu'Allah a fait périr avant lui parmi les générations ceux qui étaient plus forts que lui et plus riches en amas ? Et on ne demande pas aux criminels compte de leurs péchés" 29 c'est-à-dire Nous avons fait périr parmi les nations passées, à cause de leurs péchés et de leurs fautes, ceux qui étaient plus forts que Qârûn en puissance et plus riches en biens et en enfants ; si ce qu'il disait était vrai, Nous n'aurions puni personne de ceux qui étaient plus riches que lui, et sa richesse ne serait pas une preuve de Notre amour pour lui et de Notre attention envers lui, comme Allah le Très-Haut a dit : "Ni vos biens ni vos enfants ne vous rapprocheront de Nous, sauf celui qui croit et fait le bien" 30, et Il a dit : "Pensent-ils que ce que Nous leur accordons en biens et en enfants, Nous nous hâtons de leur donner des biens ? Non, mais ils n'en ont pas conscience" 31. Cette réfutation montre la justesse de ce que nous avons avancé concernant le sens de sa parole : "Je n'ai reçu cela que grâce à une science que je possède". Quant à ceux qui prétendent que cela signifie qu'il connaissait l'art de l'alchimie, ou qu'il connaissait le Nom Suprême 32 et l'utilisait pour amasser les richesses, cela n'est pas correct, car l'alchimie est illusion et artifice, elle ne transforme pas les réalités et ne ressemble pas à l'œuvre du Créateur. Et le Nom Suprême, l'invocation par lui ne s'élève pas de la part d'un mécréant en lui ; or Qârûn était mécréant en secret et hypocrite en apparence. De plus, sa réponse à eux par cette parole ne serait pas correcte selon cette interprétation, et il n'y aurait plus de lien logique entre les deux paroles. Nous avons expliqué cela dans notre livre d'exégèse, et à Allah la louange. * * * Allah le Très-Haut a dit : "Il sortit vers son peuple dans sa parure" 33. De nombreux exégètes ont mentionné qu'il sortit dans une grande magnificence, en vêtements, montures, serviteurs et suite. Lorsque ceux qui exaltent la fleur de la vie d'ici-bas le virent, ils souhaitèrent être comme lui et l'envient pour ce qu'il avait et possédait. Lorsque les savants, doués d'une compréhension saine, ascètes et intelligents, entendirent leurs paroles, ils leur dirent : "Malheur à vous ! La récompense d'Allah est meilleure pour celui qui croit et fait le bien" 34 c'est-à-dire la récompense d'Allah dans la Demeure dernière est meilleure, plus durable, plus grande et plus élevée. Allah le Très-Haut a dit : "Et ne la reçoivent que les endurants" 35 c'est-à-dire ne reçoivent ce conseil, cette parole et cette aspiration élevée vers la Demeure dernière sublime, en regardant la fleur de ce monde bas, que ceux dont Allah a guidé le cœur, affermi l'âme, soutenu l'intellect et réalisé le but. Quelle belle parole que celle d'un prédécesseur : Allah aime la vision pénétrante lors de l'apparition des ambiguïtés, et l'intelligence parfaite lors de la survenue des passions ! Allah le Très-Haut a dit : "Nous fîmes donc engloutir lui et sa maison par la terre ; il n'eut aucun groupe pour le secourir en dehors d'Allah, et il ne fut pas de ceux qui se vengent" 36. Lorsque le Très-Haut mentionna sa sortie dans sa parure, son arrogance et son orgueil envers son peuple, Il dit : "Nous fîmes donc engloutir lui et sa maison par la terre" comme l'a rapporté al-Bukhârî d'après al-Zuhrî, d'après Sâlim, d'après son père, d'après le Prophète (paix et salut sur lui) : "Alors qu'un homme traînait son pagne, la terre l'engloutit, et il s'agite dans la terre jusqu'au Jour de la Résurrection." Puis al-Bukhârî l'a rapporté d'après Jarîr ibn Zayd, d'après Sâlim, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète (paix et salut sur lui) de manière similaire. Il a été mentionné d'après Ibn 'Abbâs et al-Suddî que Qârûn donna de l'argent à une prostituée pour qu'elle dise à Moïse (sur lui la paix), alors qu'il était en public : "Tu as fait ceci et cela avec moi." On dit qu'elle le lui dit ; il trembla de peur, pria deux rak'as, puis se tourna vers elle, lui demanda de jurer de cela et ce qui l'y avait poussée ; elle mentionna que Qârûn l'y avait poussée, demanda pardon à Allah et se repentit. Alors Moïse se prosterna pour Allah et invoqua Allah contre Qârûn. Allah lui révéla : "J'ai ordonné à la terre de t'obéir à son sujet." Moïse ordonna à la terre d'engloutir lui et sa maison, et cela arriva. Allah sait mieux. On a dit que lorsque Qârûn sortit vers son peuple dans sa parure, il passa avec son cortège, ses mulets et ses vêtements devant l'assemblée de Moïse (sur lui la paix), qui rappelait à son peuple les jours d'Allah. Lorsque les gens le virent, beaucoup d'entre eux se tournèrent pour le regarder. Moïse (sur lui la paix) l'appela et lui dit : "Qu'est-ce qui t'a poussé à cela ?" Il répondit : "Ô Moïse, si tu as été favorisé par rapport à moi par la prophétie, j'ai été favorisé par rapport à toi par la richesse ; si tu veux, sors et invoque contre moi, et j'invoquerai contre toi." Moïse sortit et Qârûn sortit avec son peuple. Moïse lui dit : "Invoques-tu ou invoqué-je ?" Il dit : "J'invoque." Qârûn invoqua mais ne fut pas exaucé contre Moïse. Moïse dit : "Invoqué-je ?" Il dit : "Oui." Moïse dit : "Ô Allah, ordonne à la terre de m'obéir aujourd'hui." Allah lui révéla : "Je l'ai fait." Moïse dit : "Ô terre, prends-les." Elle les prit jusqu'aux chevilles, puis il dit : "Prends-les" jusqu'aux genoux, puis jusqu'aux épaules. Puis il dit : "Amène leurs trésors et leurs biens." Elle les amena jusqu'à ce qu'ils les voient, puis Moïse fit un geste de la main et dit : "Allez, fils de Lévi !" et la terre les nivela. Il a été rapporté d'après Qatâda qu'il a dit : ils sont engloutis chaque jour d'une coudée jusqu'au Jour de la Résurrection. D'après Ibn 'Abbâs, il a dit : ils furent engloutis jusqu'à la septième terre. De nombreux exégètes ont mentionné ici de nombreux récits israélites 37 ; nous les avons passés sous silence et délibérément laissés de côté.
Quant à la parole du Très-Haut : « Il n’eut donc aucun groupe pour le secourir en dehors d’Allah et il ne fut pas parmi ceux qui se secourent eux-mêmes 38 », il n’eut aucun secoureur, ni de lui-même ni d’autrui, comme Il dit : « Il n’a alors ni force ni secoureur 39 ». Lorsque ce qui devait lui arriver lui arriva, à savoir l’ensevelissement, la perte des biens, la ruine de la demeure, l’anéantissement de la personne, de la famille et des propriétés, ceux qui avaient convoité ce qu’il avait reçu en éprouvèrent du regret, et ils remercièrent Allah le Très-Haut qui gère Ses serviteurs comme Il le veut, par la belle gestion cachée. C’est pourquoi ils dirent : « Si Allah ne nous avait pas favorisés, Il nous aurait certainement ensevelis. Malheur ! Il semble que les mécréants ne réussissent pas 40 ». Nous avons déjà parlé du mot « wayka’anna 41 » dans l’exégèse. Qatada a dit : « Wayka’anna signifie “ne vois-tu pas que” ». C’est une bonne interprétation quant au sens, et Allah sait mieux. Ensuite, le Très-Haut a informé que « la Demeure dernière 42 », qui est la Demeure permanente, celle dont on envie celui qui l’obtient et dont on console celui qui en est privé, n’est préparée que « pour ceux qui ne cherchent ni l’élévation sur terre ni la corruption 43 ». L’élévation est l’orgueil, la vanité, l’insolence et l’arrogance. La corruption est la pratique des péchés, qu’ils soient personnels ou affectant autrui, comme prendre les biens des gens, corrompre leurs moyens de subsistance, leur nuire et ne pas être sincère envers eux. Puis le Très-Haut dit : « Et la fin heureuse est pour les pieux 44 ». Cette histoire de Coré pourrait avoir eu lieu avant leur sortie d’Égypte, car Il dit : « Nous fîmes donc engloutir par la terre lui et sa demeure 45 », la demeure étant manifestement une construction. Elle pourrait aussi avoir eu lieu après cela, dans le désert, et la demeure serait alors le campement où l’on dresse les tentes, comme dit ‘Antara : « Ô demeure de ‘Abla à al-Jiwâ’, parle, et bonjour, demeure de ‘Abla, et sois en paix. » Et Allah sait mieux. Allah le Très-Haut a mentionné le blâme de Coré dans plusieurs versets du Coran. Allah dit : « Nous avons envoyé Moïse avec Nos signes et une autorité manifeste vers Pharaon, Hâmân et Coré, mais ils dirent : “Magicien, menteur !” 46 ». Et Il dit dans la sourate al-‘Ankabût, après avoir mentionné ‘Âd et Thamûd : « Et Coré, Pharaon et Hâmân. Moïse leur apporta des preuves évidentes, mais ils s’enorgueillirent sur terre et ne purent Nous devancer. Nous saisîmes chacun pour son péché : il y en eut sur qui Nous envoyâmes un ouragan, il y en eut que le Cri saisit, il y en eut que Nous fîmes engloutir par la terre, et il y en eut que Nous noyâmes. Allah ne les lésa point, mais ils se lésèrent eux-mêmes 47 ». Celui qui fut englouti par la terre est Coré, comme il a été dit, et celui qui fut noyé est Pharaon, Hâmân et leurs armées, car ils étaient fautifs. L’imam Ahmad a dit : Abû ‘Abd ar-Rahmân nous a raconté, Sa‘îd nous a raconté, Ka‘b ibn ‘Alqama nous a raconté, d’après ‘Îsâ ibn Hilâl as-Sadafî, d’après ‘Abd Allah ibn ‘Amr, d’après le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qu’un jour il mentionna la prière et dit : « Celui qui l’observe assidûment aura par elle une lumière, une preuve et un salut au Jour de la Résurrection ; et celui qui ne l’observe pas assidûment n’aura ni lumière, ni preuve, ni salut, et il sera au Jour de la Résurrection avec Coré, Pharaon, Hâmân et Ubayy ibn Khalaf 48 ». Ce hadith est rapporté uniquement par Ahmad, qu’Allah lui fasse miséricorde.
- Qubbat al-Zamān : Le Tabernacle, tente sacrée des Enfants d'Israël dans le désert, considérée comme le lieu de la présence divine.
- shamshāz : Bois de shittim, acacia utilisé pour la construction du Tabernacle.
- dimaqṣ : Brocart, tissu de soie à motifs.
- Tābūt : Arche d'alliance, coffre sacré contenant les tables de la Loi.
- Kārūbiyyān : Chérubins, anges représentés avec des ailes, placés sur le propitiatoire de l'Arche.
- Baṣlīyāl : Betsaleel, artisan choisi par Dieu pour construire le Tabernacle.
- mithl al-rummān : Pommes de pin, ornements en forme de grenade.
- Manāra : Chandelier à sept branches, menorah.
- Qinṭār : Talent, unité de poids équivalant à environ 30 kg.
- sakīna : Quiétude divine, présence apaisante de Dieu.
- al-‘ijl : Le Veau d'or, idole fabriquée par les Enfants d'Israël.
- Bayt al-Maqdis : Jérusalem, la Ville sainte.
- Ka‘ba : La Kaaba, sanctuaire sacré à La Mecque, direction de prière des musulmans.
- ‘amūd al-ghamām : Colonne de nuée, manifestation de la présence divine guidant les Enfants d'Israël.
- humamuhum : Leurs intentions, leurs aspirations spirituelles.
- al-Tīh : Le désert, lieu de l'errance des Enfants d'Israël.
- qibla : Direction de prière.
- tadbīr al-amr : Direction des affaires, gouvernement.
- al-Bayt al-Muqaddas : Le Temple de Jérusalem.
- Ṣakhra : Le Rocher, lieu sacré à Jérusalem, identifié comme le site du Temple.
- al-Hijra : L'émigration du Prophète Muhammad de La Mecque à Médine.
- al-tafsīr : Commentaire coranique.
- al-Masjid al-Ḥarām : La Mosquée Sacrée de La Mecque.
- Qārūn : Coré, personnage biblique et coranique, riche et orgueilleux, englouti par la terre.
- Ibn Jarîr : Il s'agit d'Abû Ja'far Muhammad ibn Jarîr al-Tabarî, célèbre historien et exégète du Coran (mort en 310 H/923).
- al-Munawwir : Littéralement 'celui qui illumine' ; surnom donné à Qârûn pour la beauté de sa voix dans la récitation de la Torah.
- fî'âm : Pluriel de fî' : groupe, troupe ; désigne ici un ensemble d'hommes robustes.
- sur une science que je possède : Référence au verset 28:78 : 'Il dit : Je n'ai reçu cela que grâce à une science que je possède.'
- N'a-t-il pas su... : Référence au verset 28:78.
- Ni vos biens... : Référence au verset 34:37.
- Pensent-ils... : Référence au verset 23:55-56.
- Nom Suprême : Al-ism al-a'zam : le plus grand nom d'Allah, dont la connaissance permet l'exaucement des invocations.
- Il sortit... : Référence au verset 28:79.
- Malheur à vous... : Référence au verset 28:80.
- Et ne la reçoivent... : Référence au verset 28:80.
- Nous fîmes donc engloutir... : Référence au verset 28:81.
- récits israélites : Isrâ'îliyyât : traditions et récits provenant de sources juives ou chrétiennes, souvent rapportés dans les exégèses coraniques.
- fī'a : Groupe, parti, faction.
- quwwa wa lā nāṣir : Force et secoureur.
- wayka'annahu : Expression signifiant 'il semble que' ou 'ne vois-tu pas que'.
- wayka'anna : Mot composé de 'way' (malheur) et 'ka'anna' (comme si), utilisé pour attirer l'attention.
- ad-dār al-ākhira : La Demeure dernière, c'est-à-dire l'au-delà.
- ʿuluwwan fī l-arḍi wa lā fasādan : Élévation sur terre (orgueil) et corruption (péché et injustice).
- al-ʿāqiba li-l-muttaqīn : La fin heureuse (ou le succès) est pour les pieux.
- khasafnā bihi wa bi-dārihi l-arḍa : Nous fîmes engloutir par la terre lui et sa demeure.
- sāḥirun kadhdhāb : Magicien, grand menteur.
- ḥāṣiban : Ouragan de pierres.
- Ubayy ibn Khalaf : Un des chefs des mécréants de Quraysh, tué à la bataille d'Uhud.
Chapitre mentionnant les vertus de Moïse, que la paix soit sur lui, ses qualités…
Chapitre mentionnant les vertus de Moïse, que la paix soit sur lui, ses qualités distinctives, ses attributs et sa mort.
Chapitre mentionnant les vertus de Moïse, sur lui la paix, ses qualités, ses attributs et sa mort. Allah Très-Haut a dit : "Et mentionne, dans le Livre, Moïse. Il était sincère 1 et était un messager, un prophète. Et Nous l’appelâmes du côté droit du Mont 2 et Nous le fîmes approcher confidentiellement 3. Et Nous lui donnâmes, par Notre miséricorde, son frère Aaron comme prophète." (19:51-53) Et Il a dit : "Il dit : Ô Moïse, Je t’ai préféré aux hommes par Mes messages et par Ma parole. Prends donc ce que Je te donne et sois parmi les reconnaissants." (7:144) Il est rapporté dans les deux Sahih 4 d’après le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, qu’il a dit : "Ne me préférez pas à Moïse, car les gens seront frappés d’évanouissement 5 au Jour de la Résurrection, et je serai le premier à reprendre conscience. Je trouverai alors Moïse agrippé à un pilier du Trône. Je ne sais s’il a été frappé d’évanouissement et a repris conscience avant moi, ou s’il a été récompensé par l’évanouissement du Mont 6." Nous avons déjà mentionné que cela vient du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, par humilité et modestie ; autrement, il est, que les prières et la paix d’Allah soient sur lui, le sceau des prophètes et le maître des enfants d’Adam en ce monde et dans l’au-delà, de manière catégorique 7, sans possibilité de contradiction. Et Il a dit : "Nous t’avons fait une révélation comme Nous fîmes à Noé et aux prophètes après lui. Et Nous fîmes révélation à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, aux Tribus 8..." jusqu’à : "des messagers dont Nous t’avons raconté l’histoire précédemment, et des messagers dont Nous ne t’avons pas raconté l’histoire. Et Allah a parlé à Moïse de vive voix 9." (4:163-164) Et Il a dit : "Ô vous qui avez cru ! Ne soyez pas comme ceux qui ont offensé Moïse. Allah l’a innocenté de ce qu’ils disaient. Et il était honorable auprès d’Allah 10." (33:69) L’imam Abou Abd Allah al-Boukhari a dit : Ishaq ibn Ibrahim nous a raconté, d’après Rawh ibn Oubada, d’après Awf, d’après al-Hassan, Muhammad et Khilas, d’après Abou Hourayra, qui a dit : Le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, a dit : "Moïse était un homme pudique et réservé ; on ne voyait rien de sa peau par pudeur. Ceux des fils d’Israël qui l’offensaient dirent : Il ne se couvre ainsi que par un défaut de sa peau : soit la lèpre, soit une hernie 11, soit une infirmité. Allah, Puissant et Majestueux, voulut l’innocenter de ce qu’ils disaient de Moïse. Un jour, il se retira seul, posa ses vêtements sur une pierre et se lava. Quand il eut fini, il se tourna vers ses vêtements pour les prendre, mais la pierre s’enfuit avec son habit. Moïse prit son bâton et poursuivit la pierre en disant : Mon vêtement, ô pierre ! Mon vêtement, ô pierre ! Jusqu’à ce qu’il arrive auprès d’un groupe de fils d’Israël. Ils le virent nu, dans la plus belle des créations d’Allah. Allah l’innocenta de ce qu’ils disaient. La pierre s’arrêta, il prit son vêtement et le revêtit. Puis il se mit à frapper la pierre avec son bâton. Par Allah, la pierre porte encore les marques de ses coups, trois, quatre ou cinq fois." C’est là le sens de la parole d’Allah, Puissant et Majestueux : "Ô vous qui avez cru ! Ne soyez pas comme ceux qui ont offensé Moïse. Allah l’a innocenté de ce qu’ils disaient. Et il était honorable auprès d’Allah." L’imam Ahmad l’a rapporté d’après Abd Allah ibn Chaqiq et Hammam ibn Munabbih, d’après Abou Hourayra. Il figure dans les deux Sahih d’après Abd ar-Razzaq, d’après Ma’mar, d’après Hammam, d’après lui. Mouslim l’a rapporté d’après Abd Allah ibn Chaqiq al-Ouqayli, d’après lui. Un des prédécesseurs 12 a dit : Parmi son honneur, il intercéda pour son frère auprès d’Allah et Lui demanda de l’avoir comme ministre. Allah exauça sa demande et lui accorda ce qu’il souhaitait, et le fit prophète, comme Il a dit : "Et Nous lui donnâmes, par Notre miséricorde, son frère Aaron comme prophète." (19:53) Puis al-Boukhari a dit : Abou al-Walid nous a raconté, Chou’ba nous a raconté d’après al-A’mach, qui a dit : J’ai entendu Abou Wa’il dire : J’ai entendu Abd Allah [ibn Mas’oud] dire : Le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, fit un partage. Un homme dit : "Ce partage n’est pas fait pour la face d’Allah." J’allai voir le Prophète, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, et l’en informai. Il se fâcha, au point que je vis la colère sur son visage. Puis il dit : "Qu’Allah fasse miséricorde à Moïse ! Il a été offensé plus que cela et il a patienté." Mouslim l’a rapporté de plusieurs voies d’après Soulayman ibn Mihran al-A’mach. L’imam Ahmad a dit : Ahmad ibn Hajjaj nous a raconté, j’ai entendu Isra’il ibn Younous, d’après al-Walid ibn Abi Hachim, affranchi de Hamdan, d’après Zayd ibn Abi Za’ida, d’après Abd Allah ibn Mas’oud, qui a dit : Le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, dit à ses compagnons : "Que personne ne me rapporte quoi que ce soit d’un autre, car j’aime sortir vers vous le cœur sain." Il dit : Un bien arriva au Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, et il le partagea. Je passai près de deux hommes, dont l’un disait à l’autre : "Par Allah, Muhammad n’a pas voulu par ce partage la face d’Allah ni la Demeure dernière." Je m’arrêtai jusqu’à entendre ce qu’ils disaient, puis j’allai voir le Messager d’Allah et dis : "Ô Messager d’Allah ! Tu nous as dit : Que personne ne me rapporte quoi que ce soit d’un de mes compagnons. Or je suis passé près d’un tel et un tel, et ils disaient telle et telle chose." Le visage du Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, rougit et cela lui pesa. Puis il dit : "Laisse-nous ! Moïse a été offensé plus que cela et il a patienté !" Abou Dawoud et at-Tirmidhi l’ont rapporté de la même manière d’après Isra’il, d’après al-Walid ibn Abi Hachim. Dans une version d’at-Tirmidhi et d’Abou Dawoud, par la voie d’Ibn Abd, d’après Isra’il, d’après as-Souddi, d’après al-Walid. At-Tirmidhi a dit : "Étrange de cette voie." Il est établi dans les deux Sahih, dans les hadiths sur l’Ascension 13, que le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, passa près de Moïse qui priait debout dans sa tombe. Mouslim l’a rapporté d’après Anas. Dans les deux Sahih, d’après Qatada, d’après Anas, d’après Malik ibn Sa’sa’a, d’après le Prophète, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, que la nuit de son Ascension, il passa près de Moïse dans le sixième ciel. Gabriel lui dit : "Voici Moïse, salue-le." Il dit : "Je le saluai, et il dit : Bienvenue au prophète vertueux et au frère vertueux ! Quand je le dépassai, il pleura. On lui dit : Qu’est-ce qui te fait pleurer ? Il dit : Je pleure parce qu’un jeune homme a été envoyé après moi, et il entrera au Paradis plus de gens de sa communauté qu’il n’en entrera de la mienne !" Il mentionna Abraham dans le septième ciel. C’est ce qui est conservé. Ce qui se trouve dans le hadith de Charik ibn Abi Namir, d’après Anas, qu’Abraham est dans le sixième et Moïse dans le septième, en préférence à la parole d’Allah – plusieurs mémorisateurs ont mentionné que la voie courante est que Moïse est dans le sixième et Abraham dans le septième, et qu’il appuyait son dos contre la Maison peuplée 14 où entrent chaque jour soixante-dix mille anges sans y revenir jusqu’à la fin de leur mission. Toutes les versions s’accordent sur le fait qu’Allah Très-Haut, lorsqu’Il imposa à Muhammad, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, et à sa communauté cinquante prières par jour et par nuit, il passa près de Moïse, qui dit : "Retourne vers ton Seigneur et demande-Lui l’allègement pour ta communauté, car j’ai traité les fils d’Israël avant toi avec la plus grande difficulté, et ta communauté a l’ouïe, la vue et les cœurs plus faibles." Il ne cessa d’aller et venir entre Moïse et Allah, Puissant et Majestueux, et Il allégeait à chaque fois, jusqu’à ce qu’elles deviennent cinq prières par jour et par nuit. Allah Très-Haut dit : "Elles sont cinq et elles sont cinquante", c’est-à-dire par multiplication. Qu’Allah récompense pour nous Muhammad, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, en bien, et qu’Allah récompense pour nous Moïse, sur lui la paix, en bien. Al-Boukhari a dit : Mousaddad nous a raconté, Housayn ibn Numayr nous a raconté d’après Housayn ibn Abd ar-Rahman, d’après Sa’id ibn Joubayr, d’après Ibn Abbas, qui a dit : Le Messager d’Allah, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui, sortit un jour vers nous et dit : "Les communautés me furent présentées, et je vis une grande foule noire qui remplissait l’horizon. On me dit : Voici Moïse avec son peuple." Al-Boukhari a rapporté ce hadith ici de manière abrégée.
L'imam Ahmad l'a rapporté de façon détaillée en disant : Shuraih nous a raconté, Hishâm nous a raconté, Husayn ibn 'Abd ar-Rahmân nous a raconté, disant : J'étais chez Sa'îd ibn Jubayr lorsqu'il dit : « Lequel d'entre vous a vu l'étoile filante 15 de la nuit dernière ? » Je répondis : « Moi. » Puis j'ajoutai : « Je n'étais pas en prière, mais j'ai été piqué 16. » Il dit : « Et qu'as-tu fait ? » Je dis : « J'ai cherché la ruqya 17. » Il dit : « Et qu'est-ce qui t'a poussé à cela ? » Je dis : « Un hadith que nous a rapporté ash-Sha'bî d'après Burayda al-Aslamî, qui a dit : 'Pas de ruqya si ce n'est contre le mauvais œil ou la piqûre venimeuse 18.' » Alors Sa'îd — c'est-à-dire Ibn Jubayr — dit : « A bien fait celui qui m'a rapporté ce qu'il a entendu. » Puis il dit : « Ibn 'Abbâs nous a raconté d'après le Prophète — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — qui a dit : 'Les communautés me furent présentées, et je vis un prophète avec un petit groupe, un prophète avec un ou deux hommes, et un prophète sans personne avec lui. Soudain, une grande foule 19 s'éleva devant moi, et je dis : « Ceux-ci sont-ils ma communauté ? » On me dit : « Voici Moïse et son peuple. Mais regarde vers l'horizon. » Et voilà une grande foule. Puis on me dit : « Regarde de ce côté. » Et voilà une grande foule. On me dit : « Ceux-ci sont ta communauté, et avec eux soixante-dix mille qui entreront au Paradis sans jugement ni châtiment. »' Puis le Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — se leva et entra. Les gens se mirent à discuter de cela, disant : « Qui sont ceux qui entreront au Paradis sans jugement ni châtiment ? » Certains dirent : « Peut-être sont-ils ceux qui ont accompagné le Prophète — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. » D'autres dirent : « Peut-être sont-ils ceux qui sont nés dans l'islam et n'ont jamais rien associé à Allah. » Et ils mentionnèrent d'autres choses. Alors le Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — sortit vers eux et dit : « Qu'est-ce que vous discutiez ? » Ils l'informèrent de leurs propos, et il dit : « Ce sont ceux qui ne se cautérisent pas 20, ne pratiquent pas la ruqya, ne tirent pas de mauvais augures 21, et qui placent leur confiance en leur Seigneur. » 'Ukâsha ibn Mihsan al-Asadî se leva et dit : « Suis-je parmi eux, ô Messager d'Allah ? » Il dit : « Tu es parmi eux. » Puis un autre se leva et dit : « Suis-je parmi eux, ô Messager d'Allah ? » Il dit : « 'Ukâsha t'a devancé pour cela ! » Ce hadith a de très nombreuses voies de transmission, et il se trouve dans les recueils authentiques, les bons et autres. Nous l'avons mentionné dans le chapitre sur la description du Paradis, lors de l'évocation des états et des terreurs du Jour de la Résurrection 22. Allah — exalté soit-Il — a mentionné Moïse — sur lui la paix — fréquemment dans le Coran, l'a loué, a rapporté son histoire dans Son Livre précieux à plusieurs reprises, l'a répétée souvent, de façon longue, détaillée et abrégée, et lui a adressé une louange éloquente. Souvent, Allah le mentionne et le cite, ainsi que son Livre, avec Muhammad — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — et son Livre, comme Il dit dans la sourate al-Baqara : « Et quand leur vint d'Allah un Messager confirmant ce qu'ils avaient, une partie de ceux qui avaient reçu le Livre jetèrent le Livre d'Allah derrière leur dos, comme s'ils ne savaient pas. » 23 Et Il dit — exalté soit-Il : « Alif, Lâm, Mîm. Allah ! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même. Il a fait descendre sur toi le Livre avec la vérité, confirmant ce qui était avant lui. Et Il a fait descendre la Thora et l'Évangile auparavant, en guide pour les gens. Et Il a fait descendre le Discernement 24. Ceux qui ne croient pas aux signes d'Allah auront un dur châtiment. Et Allah est Puissant, Détenteur du pouvoir de punir. » 25 Et Il dit — exalté soit-Il — dans la sourate al-An'âm : « Ils n'ont pas estimé Allah comme Il le mérite quand ils ont dit : 'Allah n'a rien fait descendre sur un humain.' Dis : 'Qui a fait descendre le Livre que Moïse a apporté, comme lumière et guide pour les gens ? Vous en faites des feuilles que vous montrez, tout en en cachant beaucoup. Et vous avez été instruits de ce que vous ne saviez pas, ni vous ni vos pères.' Dis : 'C'est Allah.' Puis laisse-les s'amuser dans leur égarement. Et voici un Livre béni que Nous avons fait descendre, confirmant ce qui était avant lui, afin que tu avertisses la Mère des cités 26 et ceux qui l'entourent. Ceux qui croient en l'au-delà y croient et sont assidus à leur prière. » 27 Allah a donc loué la Thora, puis a fait l'éloge du noble Coran d'un éloge immense. Et Il dit — exalté soit-Il — à la fin de cette sourate : « Puis Nous avons donné à Moïse le Livre, en accomplissement pour celui qui fait le bien, et comme explication de toute chose, guide et miséricorde, afin qu'ils croient en la rencontre de leur Seigneur. Et voici un Livre béni que Nous avons fait descendre. Suivez-le donc et craignez, afin de recevoir la miséricorde. » 28 Et Il dit — exalté soit-Il — dans la sourate al-Mâ'ida : « Nous avons fait descendre la Thora, dans laquelle il y a une guidance et une lumière. Les prophètes qui se sont soumis [à Allah] jugent par elle pour les juifs, ainsi que les rabbins et les docteurs de la loi, car ils ont été chargés de préserver le Livre d'Allah et en étaient témoins. Ne craignez donc pas les gens, mais craignez-Moi. Et ne vendez pas Mes signes à vil prix. Ceux qui ne jugent pas d'après ce qu'Allah a fait descendre, ceux-là sont les mécréants. » Jusqu'à ce qu'Il dise : « Que les gens de l'Évangile jugent d'après ce qu'Allah y a fait descendre. Ceux qui ne jugent pas d'après ce qu'Allah a fait descendre, ceux-là sont les pervers. Et Nous avons fait descendre vers toi le Livre avec la vérité, confirmant ce qui était avant lui parmi les Livres, et prédominant sur lui. » 29 Le Coran a donc été rendu juge sur tous les autres Livres, et Il l'a rendu confirmateur de ceux-ci et clarificateur de ce qui s'y est produit comme altération et substitution. Car les gens du Livre avaient été chargés de préserver les Livres en leur possession, mais ils n'ont pu les préserver, ni les conserver et les protéger. C'est pourquoi ce qui est entré en eux comme changements et substitutions de leur part, à cause de leur mauvaise compréhension 30 et de leur insuffisance dans leurs sciences, de la bassesse de leurs intentions et de leur trahison envers leur Adoré — sur eux les malédictions d'Allah successives jusqu'au Jour de la Résurrection. C'est pourquoi on trouve dans leurs Livres des erreurs évidentes concernant Allah et Son Messager, ce qui ne peut être limité ni décrit, et ce dont on ne trouve 31 pas de semblable ni de connu. Et Il dit — exalté soit-Il — dans la sourate al-Anbiyâ' : « Et Nous avons donné à Moïse et Aaron le Discernement, une lumière et un rappel pour les pieux, qui craignent leur Seigneur en secret et qui redoutent l'Heure. Et voici un rappel béni que Nous avons fait descendre. Le renierez-vous donc ? » 32 Et Allah — exalté soit-Il — dit dans la sourate al-Qasas : « Quand la vérité leur vint de Notre part, ils dirent : 'Si seulement il avait reçu pareil à ce qui a été donné à Moïse !' N'ont-ils pas mécru en ce qui a été donné à Moïse auparavant ? Ils dirent : 'Deux magies 33 qui se soutiennent mutuellement.' Et ils dirent : 'Nous mécroyons en chacune.' Dis : 'Apportez donc un Livre de la part d'Allah qui soit meilleur guide qu'eux deux, et je le suivrai, si vous êtes véridiques.' » 34 Allah a donc loué les deux Livres et les deux Messagers — sur eux la paix. Et les djinns dirent à leur peuple : « Nous avons entendu un Livre qui a été descendu après Moïse. » 35 Et Waraqa ibn Nawfal, lorsque le Messager d'Allah — que la prière et la paix d'Allah soient sur lui — lui raconta l'histoire de ce qu'il avait vu au début de la révélation et lui récita : « Lis au nom de ton Seigneur qui a créé, a créé l'homme d'une adhérence. Lis, et ton Seigneur est le Plus Généreux, qui a enseigné par la plume, a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas. » 36 Il dit : « Saint, Saint ! C'est le Namûs 37 qui a été descendu sur Moïse fils d'Imrân. » En somme, la législation de Moïse — sur lui la paix — était une grande législation, et sa communauté était une grande communauté. Il s'y trouvait des prophètes, des savants, des adorateurs, des ascètes, des intelligents, des rois, des princes, des seigneurs et des grands. Mais ils ont péri et ont été remplacés, comme leur législation a été remplacée, et ils ont été transformés en singes et en porcs. Puis, après tout calcul, leur religion a été abrogée, et ils ont subi des événements et des affaires dont le récit serait long. Mais nous rapporterons ce qui est suffisant pour celui qui veut en connaître l'histoire, si Allah le veut. C'est en Lui que nous plaçons notre confiance et sur Lui que nous nous appuyons.
- mukhlaṣan : Sincère, purifié, choisi. Dans le contexte coranique, il s'agit d'une qualité spirituelle élevée.
- al-Ṭūr : Le Mont Sinaï, lieu de la révélation à Moïse.
- najiyyan : Confidentiellement, en tête-à-tête. Désigne le dialogue intime entre Allah et Moïse.
- al-Ṣaḥīḥayn : Les deux recueils de hadiths authentiques : celui d'al-Boukhari et celui de Mouslim.
- yuṣʿaqūn : Frappés d'évanouissement ou de terreur, en référence au souffle dans la Trompe (Coran 39:68).
- ṣaʿqat al-Ṭūr : L'évanouissement ou la foudre du Mont Sinaï, lorsque Moïse tomba évanoui en voyant la manifestation divine (Coran 7:143).
- qaṭʿan : De manière catégorique, sans équivoque.
- al-Asbāṭ : Les Tribus, désignant les douze fils de Jacob et leurs descendants.
- taklīman : De vive voix, en parlant directement. Allah a parlé à Moïse sans intermédiaire.
- wajīhan : Honorable, ayant un rang élevé et une considération auprès d'Allah.
- udratun : Hernie, tumeur scrotale. Maladie honteuse à l'époque.
- al-Salaf : Les prédécesseurs pieux, les premières générations de musulmans.
- al-Isrāʾ : L'Ascension nocturne du Prophète Muhammad de la Mecque à Jérusalem, puis aux cieux.
- al-Bayt al-Maʿmūr : La Maison peuplée, un sanctuaire céleste visité par les anges, analogue à la Kaaba terrestre.
- الكوكب : L'étoile filante, météore.
- لدغت : Piqué par un scorpion ou un serpent venimeux.
- الرقية : Pratique de récitation de formules de guérison ou de protection, autorisée en islam dans certaines conditions.
- الحمة : Piqûre venimeuse, notamment de scorpion ou de serpent.
- سواد : Foule nombreuse, masse sombre.
- يكتوون : Se cautériser, pratique médicale ancienne consistant à brûler la peau pour soigner.
- يتطيرون : Tirer des présages ou des augures, superstition interdite en islam.
- أهوالها : Terreurs ou événements terrifiants du Jour de la Résurrection.
- سورة البقرة : Sourate al-Baqara, verset 101.
- الفرقان : Le Discernement, un des noms du Coran, désignant aussi la Thora dans ce contexte.
- سورة آل عمران : Sourate Âl 'Imrân, versets 1-4.
- أم القرى : La Mère des cités, c'est-à-dire La Mecque.
- سورة الأنعام : Sourate al-An'âm, versets 91-92.
- سورة الأنعام : Sourate al-An'âm, versets 154-155.
- سورة المائدة : Sourate al-Mâ'ida, versets 44-48.
- سوء فهمهم : Leur mauvaise compréhension, leur interprétation erronée.
- لا يوجد : On ne trouve pas, il n'existe pas.
- سورة الأنبياء : Sourate al-Anbiyâ', versets 48-50.
- سحران : Deux magies, désignant la Thora et le Coran selon les mécréants.
- سورة القصص : Sourate al-Qasas, versets 48-49.
- سورة الأحقاف : Sourate al-Ahqâf, verset 30.
- سورة العلق : Sourate al-'Alaq, versets 1-5.
- الناموس : L'Ange Gabriel, ou la Loi divine révélée aux prophètes.
Il mentionna son pèlerinage [1] vers la Demeure Antique [2] [et sa description (1)].
Il mentionna son pèlerinage, que la paix soit sur lui, à la Demeure Antique 1 et sa description. L'imam Ahmad dit : Hisham nous a rapporté, Dawud ibn Abi Hind nous a rapporté, d'après Abu al-‘Aliya, d'après Ibn ‘Abbas, que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, passa par le Wadi al-Azraq 2 et dit : "Quelle vallée est-ce ?" Ils dirent : "Le Wadi al-Azraq." Il dit : "Comme si je voyais Moïse descendant du col, avec une imploration 3 à Allah, Puissant et Majestueux, par la talbiya 4." Puis, arrivant au col de Harsha 5, il dit : "Quel col est-ce ?" Ils dirent : "C'est le col de Harsha." Il dit : "Comme si je voyais Jonas, fils de Matta, sur une chamelle rousse, portant une djubba 6 de laine, la longe de sa chamelle étant en khulba 7." - Hushaym dit : c'est-à-dire en fibres de palmier - et il faisait la talbiya. Muslim l'a rapporté d'après le hadith de Dawud ibn Abi Hind. Al-Tabarani a rapporté d'après Ibn ‘Abbas, remontant au Prophète : "Moïse a fait le pèlerinage sur un taureau roux." Ceci est très étrange. L'imam Ahmad dit : Muhammad ibn Abi ‘Adi nous a rapporté, d'après Ibn ‘Awn, d'après Mujahid, qui dit : Nous étions chez Ibn ‘Abbas et ils mentionnèrent l'Antéchrist. Il dit : "Il est écrit entre ses deux yeux 'k f r' 8." Il dit : "Que disent-ils ?" Il dit : "Ils disent qu'il est écrit entre ses deux yeux 'k f r'." Alors Ibn ‘Abbas dit : "Je ne l'ai pas entendu." Il dit cela, mais il dit : "Quant à Abraham, regardez votre compagnon ; quant à Moïse, c'est un homme brun, aux cheveux crépus 9, sur un chameau roux, muselé avec une khulba, comme si je le voyais descendant de la vallée en faisant la talbiya." Hushaym dit : "La khulba : les fibres de palmier." Puis l'imam Ahmad le rapporta d'après Aswad, d'après Israïl, d'après ‘Uthman ibn al-Mughira, d'après Mujahid, d'après Ibn ‘Abbas, qui dit : Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit : "J'ai vu Jésus fils de Marie, Moïse et Abraham : quant à Jésus, il est roux 10, crépu, large de poitrine ; quant à Moïse, il est brun, corpulent, aux cheveux lisses 11." Ils dirent : "Et Abraham ?" Il dit : "Regardez votre compagnon." L'imam Ahmad dit : Yunus nous a rapporté, Shayban nous a rapporté, Qatada rapporta d'après Abu al-‘Aliya, le cousin de votre Prophète 12, Ibn ‘Abbas, nous a rapporté, qui dit : Le Prophète d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit : "La nuit de l'ascension, j'ai vu Moïse fils d'Imran, un homme grand, crépu, comme s'il était des hommes de Shanu'a 13 ; et j'ai vu Jésus fils de Marie, de taille moyenne 14, tirant sur le roux et le blanc, aux cheveux lisses 15." Les deux 16 l'ont rapporté d'après le hadith de Qatada. L'imam Ahmad dit : ‘Abd al-Razzaq nous a rapporté, Ma‘mar nous a rapporté, al-Zuhri dit : Sa‘id ibn al-Musayyab m'a informé d'après Abu Hurayra, qui dit : Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, dit lors de son ascension : "J'ai rencontré Moïse." Il dit : "Il le décrivit, et voici un homme - je pense qu'il dit - nerveux 17, à la tête volumineuse, comme s'il était des hommes de Shanu'a. Et j'ai rencontré Jésus." Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, le décrivit et dit : "De taille moyenne, roux, comme s'il sortait d'un dimas 18, c'est-à-dire le bain. Et j'ai vu Abraham, et je suis le plus ressemblant de ses enfants à lui." La plupart de ces hadiths ont déjà été mentionnés dans la biographie d'Abraham 19.
- al-bayt al-‘atīq : La Demeure Antique, surnom de la Kaaba à La Mecque.
- Wādī al-Azraq : Vallée située entre La Mecque et Médine, près de la route du pèlerinage.
- ju’ār : Imploration, cri de supplication intense à Dieu.
- talbiya : Formule rituelle prononcée par le pèlerin : 'Labbayka Allāhumma labbayk...' (Me voici à Toi, Seigneur...).
- Thaniyyat Harshā’ : Col situé sur la route de La Mecque, près de la vallée d'al-Azraq.
- jubba : Vêtement long, ample, souvent porté par les savants ou les gens pieux.
- khulba : Fibres de palmier utilisées pour fabriquer des cordes ou des longes.
- k f r : Abréviation de 'kāfir' (mécréant), écrite entre les yeux de l'Antéchrist.
- ja‘d al-sha‘r : Aux cheveux crépus ou frisés.
- aḥmar : Roux, ou parfois blanc teinté de rouge.
- sibṭ : Aux cheveux lisses, non crépus.
- ibn ‘amm nabiyyikum : Le cousin de votre Prophète : il s'agit d'Ibn ‘Abbas, cousin du Prophète Muhammad.
- Shanū’a : Tribu yéménite connue pour la stature et la peau brune de ses hommes.
- marbū‘ al-khalq : De taille moyenne, ni grand ni petit.
- sabṭ al-ra’s : Aux cheveux lisses, non crépus.
- akhrājāhu : Les deux : al-Bukhari et Muslim, qui ont rapporté ce hadith.
- muḍṭarib : Nerveux, au corps sec et musclé, ou de taille moyenne.
- dīmās : Bain public, endroit sombre et humide.
- tarjamat al-khalīl : Biographie d'Abraham, l'ami intime de Dieu.
Mention de sa mort, que la paix soit sur lui.
Mention de sa mort, sur lui la paix. Al-Bukhârî a dit dans son Sahîh : « La mort de Moïse, sur lui la paix. » Il nous a rapporté d'après Yahyâ ibn Mûsâ, d'après 'Abd ar-Razzâq, d'après Ma'mar, d'après Ibn Tâwûs, d'après son père, d'après Abû Hurayra, qui a dit : « L'Ange de la mort fut envoyé à Moïse, sur lui la paix. Lorsqu'il vint à lui, il le frappa 1 et retourna vers son Seigneur, Puissant et Majestueux, en disant : "Tu m'as envoyé vers un serviteur qui ne veut pas mourir." Il dit : "Retourne vers lui et dis-lui de poser sa main sur le dos d'un taureau ; pour chaque poil que sa main recouvre, il aura une année." Il dit : "Seigneur, et ensuite ?" Il dit : "Ensuite, la mort." Il dit : "Alors maintenant." Il demanda à Allah, Puissant et Majestueux, de le rapprocher de la Terre sainte à une portée de pierre. » Abû Hurayra a dit : « Le Messager d'Allah, sur lui la grâce et la paix, a dit : "Si j'avais été là, je vous aurais montré sa tombe, au bord du chemin, près de la dune rouge." » Il a dit : « Et Ma'mar nous a rapporté d'après Hammâm, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète, sur lui la grâce et la paix, quelque chose de similaire. » Muslim a rapporté la première voie d'après le hadith de 'Abd ar-Razzâq. L'imam Ahmad l'a rapporté d'après le hadith de Hammâd ibn Salama, d'après 'Ammâr ibn Abî 'Ammâr, d'après Abû Hurayra, remontant jusqu'au Prophète, et cela viendra. L'imam Ahmad a dit : Al-Hasan nous a rapporté, d'après Lahî'a, d'après Abû Yûnus – c'est-à-dire Sulaym ibn Jubayr – d'après Abû Hurayra. L'imam Ahmad a dit : « Il ne l'a pas remonté jusqu'au Prophète. » Il a dit : « L'Ange de la mort vint à Moïse, sur lui la paix, et dit : "Réponds à ton Seigneur." Moïse frappa l'œil de l'Ange de la mort et le creva. L'ange retourna vers Allah et dit : "Tu m'as envoyé vers un serviteur à Toi qui ne veut pas mourir, et il m'a crevé l'œil." Il dit : "Allah lui rendit son œil et dit : Retourne vers Mon serviteur et dis-lui : Veux-tu la vie ? Si tu veux la vie, pose ta main sur le dos d'un taureau ; tout poil que ta main recouvre, tu vivras une année." Il dit : "Et ensuite ?" Il dit : "Ensuite, la mort." Il dit : "Alors maintenant, ô Seigneur, de près." » Ahmad est le seul à l'avoir rapporté, et il est suspendu 2 dans cette formulation. Ibn Hibbân l'a rapporté dans son Sahîh d'après la voie de Ma'mar, d'après Ibn Tâwûs, d'après son père, d'après Abû Hurayra. Ma'mar a dit : « Et quelqu'un qui a entendu Al-Hasan d'après le Messager d'Allah, sur lui la grâce et la paix, me l'a rapporté. » Et il le mentionna. Ensuite, Ibn Hibbân l'a trouvé problématique et y a répondu en substance : « Lorsque l'Ange de la mort lui dit cela, il ne le reconnut pas, car il vint à lui sous une forme que Moïse, sur lui la paix, ne connaissait pas, comme Gabriel vint sous la forme d'un bédouin, et comme les anges vinrent à Abraham et Lot sous la forme de jeunes hommes, et ni Abraham ni Lot ne les reconnurent d'abord. De même, Moïse ne le reconnut peut-être pas, c'est pourquoi il le frappa et lui creva l'œil, parce qu'il était entré dans sa maison sans sa permission. Ceci est conforme à notre Loi sur la permission de crever l'œil de celui qui te regarde dans ta maison sans permission. » Puis il rapporta le hadith d'après la voie de 'Abd ar-Razzâq, d'après Ma'mar, d'après Hammâm, d'après Abû Hurayra, qui a dit : « Le Messager d'Allah, sur lui la grâce et la paix, a dit : "L'Ange de la mort vint à Moïse pour prendre son âme. Il lui dit : Réponds à ton Seigneur. Moïse frappa l'œil de l'Ange de la mort et le creva." » Et il mentionna la suite du hadith comme Al-Bukhârî l'a indiqué. Ensuite, il l'interpréta en disant que lorsqu'il leva la main pour le frapper, il lui dit : « Réponds à ton Seigneur. » Cette interprétation ne tient pas compte de la formulation rapportée, où le frapper suit immédiatement la parole « Réponds à ton Seigneur ». S'il avait maintenu la première réponse, elle aurait été cohérente, comme s'il ne l'avait pas reconnu sous cette forme. Et il n'a pas considéré que sa parole était conforme, car il n'était pas certain à ce moment-là que c'était un noble ange, car il espérait encore beaucoup de choses qu'il souhaitait voir se réaliser de son vivant, comme leur sortie du désert 3 et leur entrée dans la Terre sainte. Et il avait été décrété dans la puissance d'Allah qu'il mourrait dans le désert après son frère Aaron, comme nous le montrerons, si Allah Très-Haut le veut. Certains ont prétendu que c'est Moïse, sur lui la paix, qui les fit sortir du désert et entra avec eux dans la Terre sainte. Ceci est contraire à ce que tiennent les Gens du Livre et la majorité des musulmans. Ce qui le prouve, c'est sa parole lorsqu'il choisit la mort : « Seigneur, rapproche-moi de la Terre sainte à une portée de pierre. » S'il y était entré, il n'aurait pas demandé cela. Mais comme il était avec son peuple dans le désert et que l'heure de sa mort, sur lui la paix, était venue, il souhaita se rapprocher de la terre vers laquelle il avait émigré et qu'il avait exhortée à son peuple. Mais le destin les en sépara, à une portée de pierre. C'est pourquoi le Maître des humains, le Messager d'Allah aux habitants des tentes et des villes, a dit : « Si j'avais été là, je vous aurais montré sa tombe près de la dune rouge. » L'imam Ahmad a dit : 'Affân nous a rapporté, d'après Hammâd, d'après Thâbit et Sulaymân at-Taymî, d'après Anas ibn Mâlik, que le Messager d'Allah, sur lui la grâce et la paix, a dit : « Lors du voyage nocturne 4, je passai près de Moïse, qui se tenait debout en prière dans sa tombe, près de la dune rouge. » Muslim l'a rapporté d'après le hadith de Hammâd ibn Salama. As-Suddî a dit, d'après Abû Mâlik et Abû Sâlih, d'après Ibn 'Abbâs, et d'après Murra, d'après Ibn Mas'ûd, et d'après des gens parmi les Compagnons, qu'ils ont dit : « Ensuite, Allah Très-Haut révéla à Moïse : "Je vais reprendre Aaron ; amène-le à telle et telle montagne." Moïse et Aaron partirent vers cette montagne, et voici qu'ils virent un arbre comme on n'en avait jamais vu, une maison bâtie, un lit avec des couvertures, et une bonne odeur. Lorsqu'Aaron vit cette montagne, la maison et ce qu'elle contenait, cela lui plut. Il dit : "Ô Moïse, j'aimerais dormir sur ce lit." Moïse lui dit : "Dors-y." Il dit : "Je crains que le Maître de cette maison ne vienne et se fâche contre moi." Il lui dit : "Ne crains rien, je te suffis contre le Maître de cette maison ; dors." Il dit : "Ô Moïse, dors avec moi ; si le Maître de cette maison vient, il se fâchera contre nous deux." Lorsqu'ils dormirent, la mort saisit Aaron. Lorsqu'il en ressentit l'effet, il dit : "Ô Moïse, tu m'as trompé." Lorsqu'il fut repris, la maison fut enlevée, l'arbre disparut, et le lit avec lui fut élevé au ciel. Lorsque Moïse retourna vers son peuple sans Aaron, ils dirent : "Moïse a tué Aaron, par jalousie de l'amour des fils d'Israël pour lui." Aaron était plus indulgent et plus doux envers eux que Moïse, et Moïse avait une certaine dureté envers eux. Lorsque cela lui parvint, il leur dit : "Malheur à vous ! C'était mon frère ; pensez-vous que je l'aurais tué ?" Comme ils insistaient, il se leva, fit deux rak'as 5, puis invoqua Allah, et le lit descendit jusqu'à ce qu'ils le voient entre ciel et terre. Ensuite, alors que Moïse, sur lui la paix, marchait avec Josué, son serviteur, un vent noir se leva. Lorsque Josué le vit, il crut que c'était l'Heure 6 et il étreignit Moïse en disant : "L'Heure va-t-elle se lever alors que je suis enlacé à Moïse, le prophète d'Allah ?" Moïse, sur lui la paix, se dégagea de dessous la tunique et laissa la tunique dans les mains de Josué. Lorsque Josué apporta la tunique, les fils d'Israël la prirent et dirent : "Tu as tué le prophète d'Allah." Il dit : "Non, par Allah, je ne l'ai pas tué, mais il s'est dégagé de moi." Ils ne le crurent pas et voulurent le tuer. Il dit : "Si vous ne me croyez pas, accordez-moi un délai de trois jours." Il invoqua Allah, et chaque homme qui le gardait vint en songe et l'informa que Josué n'avait pas tué Moïse, mais que Nous l'avions élevé vers Nous. Alors ils le laissèrent. Et il ne resta personne de ceux qui avaient refusé d'entrer dans la ville des géants avec Moïse sans mourir, et ils n'assistèrent pas à la conquête. » Dans une partie de ce récit, il y a de l'étrangeté et de la singularité. Allah sait mieux.
Nous avons déjà mentionné que personne ne sortit du désert 7 parmi ceux qui étaient avec Moïse, excepté Josué fils de Nun et Caleb fils de Younafa, qui était l'époux de Marie, sœur de Moïse et d'Aaron. Ce sont les deux hommes mentionnés précédemment, qui conseillèrent aux notables des Enfants d'Israël d'entrer chez eux 8. Wahb ibn Munabbih a rapporté que Moïse, sur lui la paix, passa par un groupe d'anges qui creusaient une tombe. Il n'en vit jamais de plus belle, de plus éclatante ni de plus joyeuse. Il dit : « Ô anges d'Allah, pour qui creusez-vous cette tombe ? » Ils répondirent : « Pour un serviteur généreux parmi les serviteurs d'Allah. Si tu souhaites être ce serviteur, entre dans cette tombe, allonge-toi, tourne-toi vers ton Seigneur et respire le plus facilement possible. » Il fit ainsi et mourut, que les bénédictions et la paix d'Allah soient sur lui. Les anges prièrent sur lui et l'enterrèrent. Les Gens du Livre 9 et d'autres ont mentionné qu'il mourut à l'âge de cent vingt ans. L'imam Ahmad a dit : Umayya ibn Khalid et Yunus nous ont rapporté, disant : Hammad ibn Salama nous a rapporté, d'après Ammar ibn Abi Ammar, d'après Abu Hurayra, d'après le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui – Yunus a dit : il a élevé ce hadith jusqu'au Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui – qui a dit : « L'Ange de la mort 10 venait aux gens visiblement. Il vint à Moïse, sur lui la paix, qui le gifla et lui creva un œil. Il retourna vers son Seigneur et dit : 'Seigneur, ton serviteur Moïse m'a crevé l'œil. Sans la considération que tu as pour lui, je l'aurais réprimandé.' – Yunus a dit : 'je lui aurais infligé une épreuve' – Il lui dit : 'Va vers Mon serviteur et dis-lui de poser sa main sur la peau ou la dépouille d'un taureau ; pour chaque poil que sa main recouvre, il aura une année [de vie].' Il vint à lui et le lui dit. Moïse demanda : 'Et après cela ?' Il répondit : 'La mort.' Moïse dit : 'Alors, maintenant.' Il le huma d'une seule aspiration et saisit son âme. » Yunus a dit : « Allah lui rendit son œil, et il venait aux gens en secret. » Ibn Jarir l'a également rapporté d'après Abu Kurayb, d'après Mus'ab ibn al-Miqdam, d'après Hammad ibn Salama, en le remontant également.
- ṣakka-hu : Il le frappa, le gifla ou le poussa violemment.
- mawqūf : Hadith suspendu : rapporté seulement jusqu'au Compagnon, sans remonter jusqu'au Prophète.
- tīh : Le désert ou le lieu d'errance des fils d'Israël après leur sortie d'Égypte.
- isrā' : Le voyage nocturne du Prophète Muhammad de La Mecque à Jérusalem.
- rak'a : Unité de prière rituelle islamique.
- as-sā'a : L'Heure de la Résurrection ou du Jugement dernier.
- tīh : Le désert où les Enfants d'Israël errèrent pendant quarante ans, mentionné dans le Coran (5:26).
- duḫūl ʿalayhim : Entrer chez eux, c'est-à-dire pénétrer dans la Terre sainte (Jéricho) malgré l'opposition des géants.
- ahl al-kitāb : Les Gens du Livre, c'est-à-dire les Juifs et les Chrétiens, détenteurs des Écritures révélées.
- malak al-mawt : L'Ange de la mort, identifié dans la tradition islamique comme Azraël, chargé de recueillir les âmes.
Mention de la prophétie de Josué et de sa prise en charge des affaires des enfants…
Mention de la prophétie de Josué et de sa prise en charge des affaires des enfants d'Israël après Moïse et Aaron, sur eux la paix.
Mention de la prophétie de Josué et de sa prise en charge des affaires des Enfants d'Israël après Moïse et Aaron, sur eux la paix. C'est l'ami intime 1 Josué, fils de Noun, fils d'Afrathim, fils de Joseph, fils de Jacob, fils d'Isaac, fils d'Abraham, sur eux la paix. Les Gens du Livre disent : Josué est le cousin de Houd. Dieu Très-Haut l'a mentionné dans le Coran 1 sans préciser son nom, dans l'histoire d'al-Khidr, comme il a été dit précédemment dans Sa parole : "Et quand Moïse dit à son serviteur" 2 "Puis, quand ils eurent dépassé [cet endroit], il dit à son serviteur" 3. Nous avons déjà mentionné ce qui est établi dans le Sahih 4 d'après le récit d'Ubayy ibn Ka'b, que Dieu l'agrée, d'après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue : qu'il s'agit de Josué fils de Noun. Sa prophétie est unanimement reconnue chez les Gens du Livre. En effet, une secte d'entre eux, les Samaritains, ne reconnaît la prophétie d'aucun après Moïse sauf Josué fils de Noun, parce qu'il est explicitement mentionné dans la Torah, et ils mécroient en ce qui est au-delà, alors que c'est la vérité [confirmant ce qui est avec eux 5] [de la part de leur Seigneur 6]. Que les malédictions successives de Dieu soient sur eux jusqu'au Jour de la Résurrection ! Quant à ce qu'ont rapporté Ibn Jarir 7 et d'autres exégètes d'après Muhammad ibn Ishaq 8 : que la prophétie a été transférée de Moïse à Josué à la fin de la vie de Moïse, de sorte que Moïse rencontrait Josué et l'interrogeait sur ce que Dieu avait révélé [à lui 9] comme ordres et interdictions, jusqu'à ce que [Josué] lui dise : "Ô interlocuteur de Dieu 10, je ne t'interrogeais pas sur ce que Dieu te révélait jusqu'à ce que tu m'en informes toi-même de ton propre chef." Alors, à ce moment, Moïse prit la vie en dégoût et aima la mort. Ceci est sujet à examen, car Moïse, sur lui la paix, n'a cessé de recevoir l'ordre, la révélation, la législation et la parole de Dieu jusqu'à ce que Dieu Très-Haut le rappelle à Lui. Il n'a cessé d'être honoré, magnifié et favorisé auprès de Dieu, comme nous l'avons mentionné précédemment dans le Sahih à propos de l'histoire où il creva l'œil de l'Ange de la Mort, puis Dieu l'envoya vers lui [en disant] : "S'il veut la vie, qu'il pose sa main sur la peau d'un taureau ; il aura, pour chaque poil que sa main recouvre, une année de vie." [Moïse] dit : "Ensuite ?" [L'Ange] dit : "La mort." [Moïse] dit : "Alors maintenant, ô Seigneur." Et il demanda à Dieu de le rapprocher de la Maison Sainte 11 à une portée de pierre, et il fut exaucé. Que les prières et les salutations de Dieu soient sur lui. Ce que Muhammad ibn Ishaq a rapporté, s'il le tient des livres des Gens du Livre, dans leur livre qu'ils appellent la Torah, il est [écrit] que la révélation n'a cessé de descendre sur Moïse à chaque fois qu'ils en avaient besoin jusqu'à la fin de la période de Moïse, comme cela est connu d'après le contexte de leur livre, auprès de l'Arche du Témoignage 12 dans la Tente du Temps 13. Ils ont mentionné dans le troisième Livre 14 que Dieu ordonna à Moïse et Aaron de recenser les Enfants d'Israël selon leurs tribus, et de placer sur chaque tribu des douze un prince, c'est-à-dire le naqib 15. Cela n'était que pour qu'ils se préparent au combat, le combat contre les géants 16 à la sortie du désert 17, et cela eut lieu à l'approche de la fin des quarante ans. C'est pourquoi certains ont dit : Moïse, sur lui la paix, n'a crevé l'œil de l'Ange de la Mort que parce qu'il ne l'avait pas reconnu sous cette forme, et parce qu'il avait reçu l'ordre d'une chose dont il espérait la réalisation de son vivant, mais il n'était pas dans le décret de Dieu que cela se produise de son vivant, mais plutôt du vivant de [son serviteur 18] Josué fils de Noun, sur lui la paix. De même, le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, avait voulu conquérir les Romains en Syrie ; il arriva à Tabuk 19, puis retourna cette année-là en l'an neuf 20. Puis il fit le pèlerinage en l'an dix, puis retourna et équipa l'armée d'Usama 21 vers la Syrie comme avant-garde devant lui. Ensuite, il était déterminé à sortir contre eux, en obéissance à Sa parole Très-Haut : "Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour Dernier, qui n'interdisent pas ce que Dieu et Son Messager ont interdit, et qui ne pratiquent pas la religion de la vérité parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils paient la jizya 22 de leurs propres mains, en étant humiliés" 23. Et lorsque le Messager de Dieu équipa l'armée d'Usama, il mourut, que la prière et le salut soient sur lui, alors qu'Usama campait à al-Jurf 24. Son ami et successeur Abu Bakr al-Siddiq, que Dieu l'agrée, l'exécuta. Ensuite, lorsqu'il eut rétabli l'ordre dans la péninsule arabique et réglé ce qui s'était passé avec ses habitants, et que la vérité fut revenue à sa place, il équipa les armées à droite et à gauche vers l'Irak, chez les partisans de Kisra 25, roi des Perses, et vers la Syrie, chez les partisans de César 26, roi des Romains. Dieu leur accorda la victoire, les établit, et leur donna la domination sur les ennemis. Ainsi en fut-il de Moïse, sur lui la paix : Dieu lui avait ordonné de recruter les Enfants d'Israël et de leur nommer des naqibs, comme Dieu Très-Haut dit : "Et Dieu a pris l'engagement des Enfants d'Israël, et Nous avons suscité parmi eux douze naqibs. Et Dieu dit : 'Je suis avec vous, si vous accomplissez la prière, acquittez l'aumône, croyez en Mes messagers, les soutenez et faites à Dieu un prêt sincère, J'effacerai vos péchés et vous ferai entrer dans des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux. Quiconque parmi vous mécroit après cela s'égare du droit chemin'" 27. Il leur dit : "Si vous accomplissez ce que Je vous ai imposé et ne reculez pas devant le combat comme vous avez reculé la première fois, Je ferai de la récompense de celle-ci une expiation pour le châtiment qui vous a frappé à cause de cela." Comme Dieu Très-Haut dit à ceux des Bédouins qui s'étaient abstenus de suivre le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, lors de l'expédition d'al-Hudaybiyya 28 : "Dis aux Bédouins qui sont restés en arrière : 'Vous serez appelés contre un peuple d'une violence redoutable, vous les combattrez ou ils se soumettront. Si vous obéissez, Dieu vous accordera une belle récompense ; mais si vous tournez le dos comme vous avez tourné le dos auparavant, Il vous châtiera d'un châtiment douloureux'" 29. De même, Dieu Très-Haut dit aux Enfants d'Israël : "Quiconque parmi vous mécroit après cela s'égare du droit chemin." Ensuite, Dieu Très-Haut les blâma pour leur mauvaise action et leur rupture des pactes, comme Il blâma ceux après eux parmi les Nazaréens 30 pour leurs divergences dans leur religion et leurs religions. Nous avons mentionné cela dans l'exégèse de manière exhaustive, et à Dieu la louange. Ce qui est visé, c'est que Dieu Très-Haut ordonna à Moïse, sur lui la paix, d'écrire les noms des combattants parmi les Enfants d'Israël, ceux qui portent les armes et combattent, parmi ceux qui ont atteint vingt ans et plus, et de placer sur chaque tribu un naqib parmi eux. La première tribu : la tribu de Ruben, car il est le premier-né de Jacob. Le nombre de combattants parmi eux était de quarante-six mille cinq cents. Leur naqib était Elitsur 31 fils de Shedeur 32. La deuxième tribu : la tribu de Siméon. Ils étaient cinquante-neuf mille trois cents. Leur naqib était Shelumiel 33 fils de Zurishaddai 34. La troisième tribu : la tribu de Juda. Ils étaient soixante-quatorze mille six cents. Leur naqib était Nahshon 35 fils d'Amminadab 36. La quatrième tribu : la tribu d'Issacar. Ils étaient cinquante-quatre mille quatre cents. Leur naqib était Nethaneel 37 fils de Zuar 38. La cinquième tribu : la tribu de Joseph, sur lui la paix. Ils étaient quarante mille cinq cents. Leur naqib était Josué fils de Noun. La sixième tribu : la tribu de Manassé 39. Ils étaient trente et un mille deux cents. Leur naqib était Gamaliel 40 fils de Pedahzur 41. La septième tribu : la tribu de Benjamin. Ils étaient trente-cinq mille quatre cents. Leur naqib était Abidan 42 fils de Gideoni 43. La huitième tribu : la tribu de Gad. Ils étaient quarante-cinq mille six cent cinquante hommes. Leur naqib était Eliasaph 44 fils de Deuel 45. La neuvième tribu : la tribu d'Asher. Ils étaient quarante et un mille cinq cents. Leur naqib était Pagiel 46 fils d'Ocran 47. La dixième tribu : la tribu de Dan. Ils étaient soixante-deux mille sept cents. Leur naqib était Ahiezer 48 fils d'Ammishaddai 49. La onzième tribu : la tribu de Nephthali. Ils étaient cinquante-trois mille quatre cents. Leur naqib était Ahira 50 fils d'Enan 51. Voici le texte de leur livre qui est entre leurs mains. Et Dieu sait mieux.
Et ne font pas partie d'eux 52 les fils de Lévi, car Dieu ordonna à Moïse de ne pas les compter avec eux, parce qu'ils étaient chargés de porter la tente du témoignage, de la dresser [et de la garder 53], de la monter et de la porter lorsqu'ils levaient le camp. Ils étaient la tribu de Moïse et d'Aaron, sur eux la paix, et ils étaient vingt-deux mille, depuis l'âge d'un mois et au-dessus. Et ils étaient en eux-mêmes des clans, de chaque clan une faction de la tente du temps 54 qui la gardait, la protégeait, s'occupait de ses affaires, de son montage et de son transport. Ils étaient tous autour d'elle, campant et levant le camp devant elle, à sa droite, à sa gauche et derrière elle. Le total des combattants mentionnés, en dehors des fils de Lévi, est de cinq cent soixante et onze mille six cent cinquante-six. Mais ils dirent : le nombre des fils d'Israël, parmi ceux âgés de vingt ans et plus, qui portaient les armes, était de six cent trois mille cinq cent cinquante-cinq hommes, sans compter les fils de Lévi. Cependant, cela est sujet à examen, car tous les totaux précédents, tels que nous les avons trouvés dans leur Livre, ne correspondent pas au total qu'ils ont mentionné. Et Dieu sait mieux. Les fils de Lévi, chargés de garder la tente du temps 54, marchaient au milieu des fils d'Israël, et ils étaient le cœur. La tête de l'aile droite était les fils de Ruben, et la tête de l'aile gauche les fils de Dan, et les fils de Nephtali 55 formaient l'arrière-garde. Et Moïse, sur lui la paix, établit - sur ordre de Dieu Très-Haut - la prêtrise parmi les fils d'Aaron, comme elle avait été pour leur père avant eux. Ils étaient : Nadab, qui était son aîné, Abihu, Éléazar et Ithamar. Le but est qu'il ne resta aucun des fils d'Israël parmi ceux qui avaient refusé d'entrer dans la ville des géants 56 et qui avaient dit : « Va, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux ; nous restons ici assis. » C'est ce qu'a rapporté al-Thawri d'après Abou Saïd, d'après Ikrima, d'après Ibn Abbas ; et l'ont dit Qatada et Ikrima ; et al-Suddi l'a rapporté d'après Ibn Abbas, Ibn Mas'ud et un groupe de Compagnons. Au point qu'Ibn Abbas et d'autres savants parmi les anciens et les modernes ont dit : Moïse et Aaron, tous deux, moururent avant lui dans le désert 57. Ibn Ishaq a prétendu que celui qui conquit Jérusalem 58 était Moïse, et que Josué n'était que son avant-garde. Et il mentionna, à propos de son passage vers elle, l'histoire de Balaam fils de Beor, à propos duquel Dieu Très-Haut a dit : « Raconte-leur l'histoire de celui à qui Nous avons donné Nos signes, mais il s'en dépouilla ; alors le Diable le suivit et il fut du nombre des égarés. Si Nous avions voulu, Nous l'aurions élevé par ces signes, mais il s'attacha à la terre et suivit sa passion. Il est semblable au chien : si tu l'attaques, il halète ; si tu le laisses, il halète encore. Tel est l'exemple des gens qui traitent Nos signes de mensonges. Raconte donc le récit, peut-être réfléchiront-ils. Quel mauvais exemple que celui des gens qui traitent Nos signes de mensonges et qui font du tort à eux-mêmes ! » 59 Nous avons mentionné son histoire dans l'exégèse, et qu'il était - selon ce qu'ont dit Ibn Abbas et d'autres - connaisseur du Nom Suprême 60, et que son peuple lui demanda de maudire Moïse et son peuple - mais il refusa. Lorsqu'ils insistèrent, il monta sur son ânesse, puis se dirigea vers le camp des fils d'Israël. Quand il l'aperçut, son ânesse s'accroupit ; il la frappa jusqu'à ce qu'elle se lève. Elle marcha un peu et s'accroupit de nouveau ; il la frappa plus fort que la première fois, et elle se leva, puis s'accroupit encore. Il la frappa, et elle lui dit : « Ô Balaam, où vas-tu ? Ne vois-tu pas les anges devant moi qui me repoussent de cette direction ? Vas-tu vers le prophète de Dieu et les croyants pour les maudire ? » Mais il ne cessa pas ; il la frappa jusqu'à ce qu'elle le porte jusqu'à ce qu'il domine le camp depuis le sommet du mont « Hésébon » 61. Il regarda le camp de Moïse et des fils d'Israël, et se mit à les maudire. Mais sa langue ne lui obéissait que pour bénir Moïse et son peuple, et maudire son propre peuple. Ils le blâmèrent pour cela, et il s'excusa auprès d'eux en disant que sa langue ne prononçait que cela. Sa langue se déroula 62 jusqu'à tomber sur sa poitrine, et il dit à son peuple : « Maintenant, j'ai perdu la vie présente et l'au-delà ; il ne reste que la ruse et la tromperie. » Puis il ordonna à son peuple d'orner les femmes et de les envoyer avec des marchandises pour commercer avec eux et se présenter à eux, afin qu'ils tombent dans la fornication. Car si un homme parmi eux forniquait, vous en seriez débarrassés. Ils firent ainsi, ornèrent leurs femmes et les envoyèrent au camp. Une femme parmi elles, nommée « Kazbi » 63, passa près d'un homme parmi les grands des fils d'Israël, qui était « Zimri fils de Salu » ; on dit qu'il était le chef de la tribu des fils de Siméon [fils de Jacob 64]. Il entra avec elle dans sa tente. Lorsqu'il fut seul avec elle, Dieu envoya la peste sur les fils d'Israël, qui se répandit parmi eux. Quand la nouvelle parvint à Phinées fils d'Éléazar fils d'Aaron, il prit sa lance, qui était en fer, entra dans la tente contre eux deux, les transperça tous deux ensemble, puis sortit avec eux devant le peuple, la lance à la main, appuyé sur son flanc, la soutenant contre sa barbe, les levant vers le ciel, et disant : « Ô Dieu, c'est ainsi que nous traitons ceux qui Te désobéissent. » Et la peste cessa. Le nombre total de ceux qui moururent à cette heure fut de soixante-dix mille, et certains disent vingt mille. Phinées était le premier-né de son père Éléazar fils d'Aaron. C'est pourquoi les fils d'Israël attribuent aux enfants de Phinées la part de la graisse 65 de la victime, le bras et la mâchoire ; et ils ont le droit d'aînesse sur [tous 66] leurs biens et leurs personnes. Cette histoire de Balaam rapportée par Ibn Ishaq est authentique, et plusieurs savants parmi les anciens l'ont mentionnée. Mais peut-être était-ce lorsque Moïse voulut entrer à Jérusalem 58 à son premier départ d'Égypte ; et c'est peut-être ce qu'entendait Ibn Ishaq, mais ce n'est pas ce qu'ont compris certains de ceux qui rapportent d'après lui. Nous avons déjà cité d'après le texte de la Torah ce qui témoigne d'une partie de cela. Et Dieu sait mieux. Peut-être s'agit-il d'une autre histoire qui eut lieu pendant leur marche dans le désert 57, car dans ce contexte il est mentionné « Hésébon » 61, qui est loin du pays de Jérusalem 58. Ou peut-être s'agissait-il de l'armée de Moïse que commandait Josué fils de Nun, lorsqu'il sortit avec eux du désert 57 en direction de Jérusalem 58, comme l'a précisé al-Suddi. Et Dieu sait mieux. Quoi qu'il en soit, ce sur quoi s'accorde la majorité est qu'Aaron mourut dans le désert 57 avant son frère Moïse d'environ deux ans, et qu'après lui Moïse mourut aussi dans le désert 57, comme nous l'avons déjà dit. Et qu'il demanda [à son Seigneur 67] de le rapprocher de Jérusalem 58, et il fut exaucé. Ainsi, celui qui les fit sortir du désert 57 et les conduisit vers Jérusalem 58 fut Josué fils de Nun, sur lui la paix. Les gens du Livre et d'autres historiens ont mentionné qu'il traversa avec les fils d'Israël le Jourdain et arriva à Jéricho, qui était l'une des villes les plus fortifiées par ses murailles, la plus élevée par ses palais et la plus peuplée. Il l'assiégea pendant six mois. Puis, un jour, ils l'entourèrent, sonnèrent des cors 68 - c'est-à-dire des trompettes - et poussèrent un seul takbir 69 ; alors son mur se fissura et s'écroula d'un seul bloc. Ils y entrèrent, prirent tout le butin qu'ils y trouvèrent, tuèrent douze mille hommes et femmes, et combattirent de nombreux rois. On dit que Josué triompha de trente et un rois de Syrie. Ils mentionnèrent que son siège se termina un vendredi après l'après-midi. Quand le soleil se coucha ou faillit se coucher, et que le sabbat 70 qui leur avait été imposé et prescrit à cette époque allait commencer, il dit au soleil : « Tu es soumis à un ordre, et je suis soumis à un ordre. Ô Dieu, retiens-le pour moi. » Dieu le retint pour lui jusqu'à ce qu'il puisse conquérir la ville, et il ordonna à la lune de s'arrêter à son lever. Cela implique que cette nuit était le quatorzième jour du premier mois. C'est l'histoire du soleil mentionnée dans le hadith que je vais citer.
Quant à l'histoire de la lune, elle provient des Gens du Livre, et elle ne contredit pas le hadith, mais elle y ajoute un bénéfice ; on ne doit donc ni la croire ni la démentir. Cependant, leur mention que cela s'est produit lors de la conquête de Jéricho est discutable. Il semble plutôt — et Allah sait mieux — que cela eut lieu lors de la conquête de Jérusalem 71, qui est l'objectif suprême, la conquête de Jéricho n'étant qu'un moyen d'y parvenir. Et Allah sait mieux. L'imam Ahmad a dit : Aswad ibn 'Amir nous a rapporté, d'après Abou Bakr, d'après Hicham, d'après Ibn Sirin, d'après Abou Hourayra, que le Messager d'Allah (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Le soleil n'a été retenu pour aucun être humain, sauf pour Josué 72, durant les nuits où il marcha vers Jérusalem. » Ce hadith est rapporté uniquement par Ahmad par cette chaîne, et il répond aux conditions de Boukhari. Ceci indique que celui qui conquit Jérusalem fut Josué, fils de Noun (paix sur lui), et non Moïse, et que le retenir du soleil eut lieu lors de la conquête de Jérusalem, non de Jéricho, comme nous l'avons dit. Ceci montre aussi que cela fut une particularité de Josué (paix sur lui). Cela indique donc la faiblesse du hadith que nous avons rapporté : « Le soleil revint jusqu'à ce que Ali ibn Abi Talib prie la prière de l'Asr 73, après qu'elle lui eut échappé à cause du sommeil du Prophète (paix et bénédiction sur lui) sur ses genoux ; alors Ali demanda à Allah de la faire revenir pour qu'il prie l'Asr, et elle revint. » Ahmad ibn Abi Salih al-Misri l'a jugé authentique, mais il ne se trouve dans aucun des recueils authentiques ni des recueils de hadiths bons. Et c'est pourtant un récit que les motivations auraient dû faire transmettre largement. Il n'a été rapporté que par une femme de la famille [du Prophète], inconnue, dont on ne connaît pas la situation. Et Allah sait mieux. L'imam Ahmad a dit : Abd ar-Razzaq nous a rapporté, d'après Ma'mar, d'après Hammam, d'après Abou Hourayra, que le Messager d'Allah (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Un prophète parmi les prophètes partit en expédition et dit à son peuple : "Que ne me suive point un homme qui a épousé une femme et désire consommer le mariage sans l'avoir encore fait, ni un autre qui a construit une maison sans en avoir élevé le toit, ni un autre qui a acheté des moutons ou des chamelles pleines et attend leur progéniture." » Il partit donc en expédition et s'approcha du village au moment de la prière de l'Asr ou aux alentours. Il dit au soleil : « Tu es commandé et je suis commandé. Ô Allah, retiens-le pour moi un moment. » Le soleil fut donc retenu pour lui jusqu'à ce qu'Allah lui accorde la victoire. Il dit : « Ils rassemblèrent le butin, puis le feu vint pour le consumer, mais il refusa de le toucher. Il dit : "Y a-t-il parmi vous une fraude 74 ? Que chaque tribu me donne un homme pour me prêter allégeance." Ils lui prêtèrent allégeance, mais la main d'un homme resta collée à la sienne. Il dit : "Il y a fraude parmi vous ; que ta tribu me prête allégeance." Sa tribu lui prêta allégeance, puis les mains de deux ou trois hommes restèrent collées. Il dit : "C'est vous qui avez fraudé." Ils sortirent alors une tête de bœuf en or. Il la plaça avec le butin, sur le sol, et le feu vint et le consuma. Les butins n'avaient été licites pour personne avant nous. Cela, parce qu'Allah vit notre faiblesse et notre impuissance, et Il les rendit licites pour nous. » Ce hadith est rapporté uniquement par Mouslim par cette chaîne. Al-Bazzar l'a rapporté par la voie de Moubarak ibn Fadala, d'après Oubaydallah, d'après Sa'id al-Maqbouri, d'après Abou Hourayra, d'après le Prophète (paix et bénédiction sur lui), un récit similaire. Il dit : Muhammad ibn 'Ajlan l'a rapporté d'après Sa'id al-Maqbouri. Il dit : Qatada l'a rapporté d'après Sa'id ibn al-Mousayyab, d'après Abou Hourayra, d'après le Prophète (paix et bénédiction sur lui). L'essentiel est que, lorsqu'ils entrèrent par la porte de la ville, il leur fut ordonné d'entrer prosternés 75, c'est-à-dire inclinés, humbles, remerciant Allah pour la grande conquête qu'Il leur avait promise, et de dire en entrant : « Hittatoun 76 », c'est-à-dire : « Décharge-nous de nos péchés passés, dus à notre refus antérieur. » C'est pourquoi, lorsque le Messager d'Allah (paix et bénédiction sur lui) entra à La Mecque le jour de sa conquête, il entra monté sur sa chamelle, humble, louant et remerciant, au point que le bout de sa barbe touchait le pommeau de sa selle, tant il baissait la tête par humilité devant Allah, avec les troupes et les armées dont on ne voyait que les yeux, en particulier la troupe verte 77 où se trouvait le Messager d'Allah (paix et bénédiction sur lui). Puis, lorsqu'il y entra, il se lava et pria huit rak'at 78 : c'est la prière de remerciement pour la victoire, selon l'avis le plus connu des savants. On a dit aussi que c'était la prière du Doha 79, et ce qui a poussé cet auteur à dire cela, c'est qu'elle eut lieu au moment du Doha. Quant aux enfants d'Israël, ils transgressèrent ce qui leur avait été ordonné, en parole et en acte : ils entrèrent par la porte en rampant sur leurs fesses, disant : « Habbatoun fi sha'ratin 80 », et dans une autre version : « Hintatoun fi sha'ratin 81 ». En résumé, ils changèrent ce qui leur avait été ordonné et s'en moquèrent, comme Allah dit en rapportant leurs paroles dans la sourate al-A'raf, qui est mecquoise : « Et lorsqu'on leur dit : "Habitez cette cité, et mangez de ce qui s'y trouve où vous voudrez, et dites : "Rémission !" et entrez par la porte prosternés ; Nous vous pardonnerons vos fautes et Nous accorderons davantage aux bienfaisants." Mais ceux d'entre eux qui étaient injustes changèrent la parole qui leur avait été dite en une autre. Alors, Nous envoyâmes du ciel un châtiment sur eux, à cause de leur injustice. » [Coran 7:161-162] Et dans la sourate al-Baqara, qui est médinoise, en s'adressant à eux : « Et lorsque Nous dîmes : "Entrez dans cette cité, et mangez-y abondamment où vous voudrez, et entrez par la porte prosternés, et dites : "Rémission !" Nous vous pardonnerons vos fautes et Nous accorderons davantage aux bienfaisants." Mais ceux qui étaient injustes changèrent la parole qui leur avait été dite en une autre. Alors, Nous fîmes descendre du ciel un châtiment sur ceux qui étaient injustes, à cause de leur perversité. » [Coran 2:58-59] Ath-Thawri a rapporté d'après al-A'mach, d'après al-Minhal ibn 'Amr, d'après Sa'id ibn Joubayr, d'après Ibn 'Abbas, au sujet du verset « Entrez par la porte prosternés » : « Inclinés, par une petite porte. » Rapporté par al-Hakim, Ibn Jarir et Ibn Abi Hatim. De même, al-'Awfi l'a rapporté d'après Ibn 'Abbas, et ath-Thawri d'après Ibn Ishaq, d'après al-Bara'. Moujahid, as-Souddi et ad-Dahhak ont dit : « La porte est la porte de Hittah 82 de Jérusalem. » Ibn Mas'oud a dit : « Ils entrèrent en baissant la tête 83, contrairement à ce qui leur avait été ordonné. » Ceci ne contredit pas la parole d'Ibn 'Abbas selon laquelle ils entrèrent en rampant sur leurs fesses. Et c'est ainsi dans le hadith que nous citerons plus tard : ils entrèrent en rampant, la tête baissée. Quant à Sa parole : « et dites : "Rémission !" », le waw 84 est ici un waw de situation, non de coordination, c'est-à-dire : « Entrez prosternés, en disant : "Rémission !" » Ibn 'Abbas, 'Ata', al-Hasan, Qatada et ar-Rabi' ont dit : « Il leur fut ordonné de demander pardon. » Al-Boukhari a dit : Mouhammad nous a rapporté, d'après Abd ar-Rahman ibn Mahdi, d'après Ibn al-Moubarak, d'après Ma'mar, d'après Hammam ibn Mounabbih, d'après Abou Hourayra, d'après le Prophète (paix et bénédiction sur lui), qui a dit : « Il fut dit aux enfants d'Israël : "Entrez par la porte prosternés et dites : "Rémission !" Nous vous pardonnerons vos fautes." Mais ils changèrent et entrèrent en rampant sur leurs fesses, disant : "Habbatoun fi sha'ratin." » An-Nasa'i l'a rapporté de même d'après le hadith d'Ibn al-Moubarak, partiellement, et il l'a rapporté d'après Mouhammad ibn Isma'il ibn Ibrahim, d'après Ibn Mahdi, sous forme de hadith suspendu 85. Abd ar-Razzaq a dit : Ma'mar nous a informés, d'après Hammam ibn Mounabbih, qu'il a entendu Abou Hourayra dire : Le Messager d'Allah (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Allah dit aux enfants d'Israël : "Entrez par la porte prosternés et dites : "Rémission !" Nous vous pardonnerons vos fautes." Mais ils changèrent et entrèrent par la porte en rampant sur leurs fesses, disant : "Habbatoun fi sha'ratin." » Al-Boukhari, Mouslim et at-Tirmidhi l'ont rapporté d'après le hadith d'Abd ar-Razzaq, et at-Tirmidhi a dit : « Bon et authentique. »
Muhammad ibn Ishaq a dit : Leur altération fut, comme me l’a rapporté Salih ibn Kaysan, d’après Salih, l’affranchi d’al-Taw’ama, d’après Abu Hurayra et d’après quelqu’un que je ne soupçonne pas, d’après Ibn Abbas, que le Messager d’Allah, sur lui la paix et le salut, a dit : « Ils entrèrent par la porte qu’ils avaient reçu l’ordre d’emprunter, prosternés, rampant sur leurs postérieurs, et disant : “Hinta 86 dans une Sha’ira 87.” » Asbat a dit, d’après al-Suddi, d’après Murra, d’après Ibn Mas’ud, à propos de Sa parole : « Mais ceux qui ont commis l’injustice ont changé en une parole autre que celle qui leur avait été dite 88 » : il a dit : Ils dirent : « Hatta saqatha azma mazya 89 », ce qui en arabe signifie : « Un grain de blé rouge percé d’un poil noir. » Allah Très-Haut a mentionné qu’Il les a punis pour cette désobéissance en envoyant sur eux le Rijz 90 qu’Il a fait descendre sur eux, à savoir la peste, comme il est établi dans les deux Sahih 91, d’après le hadith d’al-Zuhri, d’après Amir ibn Sa’d, et d’après le hadith de Malik, d’après Muhammad ibn al-Munkadir et Salim Abu al-Nadr, d’après Amir ibn Sa’d, d’après Usama ibn Zayd, d’après le Messager d’Allah, sur lui la paix et le salut, qui a dit : « Cette maladie ou cette affection est un Rijz par lequel furent châtiés certains peuples avant vous. » Al-Nasa’i et Ibn Abi Hatim ont rapporté – et ceci est la formulation de ce dernier – d’après le hadith d’al-Thawri, d’après Habib ibn Abi Thabit, d’après Ibrahim, d’après Sa’d ibn Abi Waqqas, d’après son père, et Usama ibn Zayd et Khuzayma ibn Thabit, qui ont dit : Le Messager d’Allah, sur lui la paix et le salut, a dit : « La peste est un Rijz de châtiment par lequel furent châtiés ceux qui étaient avant vous. » Al-Dahhak a dit, d’après Ibn Abbas : « Al-Rijz est le châtiment », et c’est aussi ce qu’ont dit Mujahid, Abu Malik, al-Suddi, al-Hasan et Qatada. Abu al-‘Aliya a dit : « C’est la colère. » Al-Sha’bi a dit : « Al-Rijz est soit la peste, soit le froid. » Sa’id ibn Jubayr a dit : « C’est la peste. » Lorsque les enfants d’Israël eurent pris possession de Bayt al-Maqdis 92, ils y demeurèrent, et parmi eux se trouvait le prophète d’Allah, Yusha’ 93, qui jugeait entre eux selon le Livre d’Allah, la Torah, jusqu’à ce qu’Allah le rappelle à Lui, à l’âge de cent vingt-sept ans. La durée de sa vie après Moïse fut de vingt-sept ans.
- al-khalīl : L'ami intime, titre donné à Abraham et parfois à d'autres prophètes.
- Qur'ān : Le Coran, livre sacré de l'islam.
- Sūrat al-Kahf : Sourate 18 du Coran, verset 60.
- Sahīh : Recueil de hadiths authentiques, notamment ceux d'al-Bukhari et Muslim.
- muṣaddiqan limā maʿahum : Confirmant ce qui est avec eux, référence à la Torah.
- min rabbihim : De la part de leur Seigneur.
- Ibn Jarīr : Muhammad ibn Jarir al-Tabari, célèbre historien et exégète.
- Muhammad ibn Isḥāq : Biographe du Prophète, auteur de la Sira.
- ilayhi : À lui, c'est-à-dire à Josué.
- Kalīm Allāh : Interlocuteur de Dieu, titre de Moïse.
- Bayt al-Maqdis : La Maison Sainte, Jérusalem.
- Tābūt al-Shahāda : L'Arche du Témoignage, l'Arche d'Alliance.
- Qubbat al-Zamān : La Tente du Temps, peut-être la Tente de la Rencontre.
- al-Safar al-Thālith : Le troisième livre, probablement le Lévitique ou les Nombres.
- naqīb : Chef, représentant d'une tribu.
- jabbārīn : Géants, les Cananéens.
- al-Tīh : Le désert, l'errance des Enfants d'Israël.
- fatāhu : Son serviteur, Josué.
- Tabūk : Oasis au nord-ouest de l'Arabie, lieu de l'expédition de Tabuk.
- sanat tisʿ : L'an 9 de l'Hégire.
- Usāma : Usama ibn Zayd, compagnon et général.
- jizya : Impôt de capitation pour les non-musulmans.
- Sūrat al-Tawba : Sourate 9, verset 29.
- al-Jurf : Lieu près de Médine.
- Kisrā : Titre des rois sassanides.
- Qayṣar : César, titre des empereurs byzantins.
- Sūrat al-Mā'ida : Sourate 5, verset 12.
- al-Ḥudaybiyya : Lieu près de La Mecque, où eut lieu le traité d'al-Hudaybiyya.
- Sūrat al-Fatḥ : Sourate 48, verset 16.
- Naṣārā : Nazaréens, terme coranique pour les chrétiens.
- Elitsur : Nom biblique, chef de la tribu de Ruben.
- Shedeur : Père d'Elitsur.
- Shelumiel : Chef de la tribu de Siméon.
- Zurishaddai : Père de Shelumiel.
- Nahshon : Chef de la tribu de Juda.
- Amminadab : Père de Nahshon.
- Nethaneel : Chef de la tribu d'Issacar.
- Zuar : Père de Nethaneel.
- Manassé : Tribu de Manassé, fils de Joseph.
- Gamaliel : Chef de la tribu de Manassé.
- Pedahzur : Père de Gamaliel.
- Abidan : Chef de la tribu de Benjamin.
- Gideoni : Père d'Abidan.
- Eliasaph : Chef de la tribu de Gad.
- Deuel : Père d'Eliasaph.
- Pagiel : Chef de la tribu d'Asher.
- Ocran : Père de Pagiel.
- Ahiezer : Chef de la tribu de Dan.
- Ammishaddai : Père d'Ahiezer.
- Ahira : Chef de la tribu de Nephthali.
- Enan : Père d'Ahira.
- Banū Lāwī : Les Lévites, tribu d'Israël descendant de Lévi, chargée du service du sanctuaire.
- khaznuhā : Garder, conserver précieusement.
- qubbat al-zamān : La Tente du Temps, expression désignant le Tabernacle ou la Tente de la Rencontre.
- Niftālī : Nephtali, l'une des douze tribus d'Israël.
- jabbārīn : Les géants, désignant les habitants de Canaan de grande taille.
- al-tīh : Le désert, l'errance des fils d'Israël pendant quarante ans.
- Bayt al-Maqdis : Jérusalem, littéralement 'la Maison Sainte'.
- Coran 7:175-177 : Versets coraniques évoquant Balaam.
- al-ism al-aʿẓam : Le Nom Suprême de Dieu, dont la connaissance permet l'exaucement des prières.
- Ḥusbān : Hésébon, ville de l'Est du Jourdain.
- indalaʿa : Se dérouler, sortir de la bouche.
- Kazbī : Cozbi, femme madianite mentionnée dans la Bible.
- Shamʿūn b. Yaʿqūb : Siméon fils de Jacob, l'une des douze tribus.
- al-lubba : La graisse, partie de la victime réservée aux prêtres.
- kull : Tous, chaque.
- rabbahu : Son Seigneur, Dieu.
- al-qurūn : Les cors, trompettes en corne de bélier.
- takbīr : Prononciation de 'Allāhu akbar' (Dieu est le plus grand).
- al-sabt : Le sabbat, jour de repos hebdomadaire juif.
- Bayt al-Maqdis : Jérusalem, littéralement 'la Maison Sainte'.
- Yūsha' : Josué, fils de Noun, prophète d'Israël, successeur de Moïse.
- Salāt al-'Asr : La prière de l'après-midi, troisième des cinq prières obligatoires.
- Ghulūl : Détournement frauduleux d'une partie du butin avant son partage.
- Sujjad : Prosternés, ici dans le sens d'inclinés en signe d'humilité.
- Hittatun : Mot signifiant 'rémission' ou 'décharge', une demande de pardon.
- al-Katība al-Khaḍrā' : La troupe verte, désignant un groupe de guerriers vêtus de vert ou portant des étendards verts.
- Rak'a : Unité de prière comprenant inclinaison et prosternation.
- Ṣalāt al-Ḍuḥā : Prière surérogatoire du matin, accomplie après le lever du soleil.
- Ḥabbatun fī sha'ratin : Expression déformée, signifiant littéralement 'un grain dans un poil', parodiant 'Hittatun'.
- Ḥinṭatun fī sha'ratin : Variante : 'un blé dans un poil'.
- Bāb Ḥiṭṭa : La porte de la Rémission, une porte de Jérusalem.
- Muqni'ī ru'ūsihim : Baissant la tête, la relevant à peine, par arrogance ou défi.
- Wāw : La lettre 'w' en arabe, servant de conjonction ou de particule de situation.
- Mawqūf : Hadith dont la chaîne de transmission s'arrête à un Compagnon, sans remonter au Prophète.
- Hinta : Mot signifiant 'blé' en arabe, mais utilisé ici comme déformation de la parole ordonnée.
- Sha'ira : Mot signifiant 'orge' en arabe, mais utilisé ici comme déformation.
- Coran 2:59 : Référence au verset coranique évoquant la substitution de parole par les injustes.
- Hatta saqatha azma mazya : Phrase en langue étrangère (probablement syriaque ou hébreu) déformée, signifiant selon Ibn Mas'ud : 'Un grain de blé rouge percé d'un poil noir'.
- Rijz : Terme coranique désignant un châtiment ou une calamité divine, ici identifié à la peste.
- les deux Sahih : Les deux recueils de hadiths authentiques : Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim.
- Bayt al-Maqdis : Jérusalem, la ville sainte, où se trouve la mosquée al-Aqsa.
- Yusha' : Josué, fils de Noun, successeur de Moïse et prophète d'Israël.
Le récit des deux histoires d'al-Khiḍr [1] et d'al-Yasa' [2], que la paix soit sur eux.
Récit des deux [al-Khiḍr] 1 et [Ilyās] 2 – que la paix soit sur eux. Quant à al-Khiḍr : il a déjà été mentionné que Moïse – sur lui la paix – voyagea jusqu'à lui en quête de la science [ladunniyya] 3 qu'il détenait, et Dieu raconta [une partie] de leur histoire dans Son Livre précieux, dans la sourate al-Kahf. Nous avons mentionné cela dans son exégèse à cet endroit, et nous rapportons ici le hadith qui mentionne explicitement al-Khiḍr – sur lui la paix – et que celui qui voyagea jusqu'à lui était Moïse fils d'Imrân, le prophète des Enfants d'Israël – sur lui la paix – à qui la Torah fut révélée. On a divergé au sujet d'al-Khiḍr : sur son nom, sa lignée, sa prophétie et sa vie jusqu'à aujourd'hui – selon plusieurs opinions – que je vais mentionner pour toi ici, si Dieu le veut et par Sa force et Sa puissance. Al-Ḥāfiẓ Ibn ʿAsākir a dit : On dit qu'il est al-Khiḍr fils d'Adam – sur lui la paix – de sa propre descendance. Puis il rapporta par la voie d'al-Dāraquṭnī : Muḥammad ibn al-Fatḥ al-Qalānisī nous a raconté, al-ʿAbbās ibn ʿAbd Allāh al-Rūmī nous a raconté, Rawwād ibn al-Jarrāḥ nous a raconté, Muqātil ibn Sulaymān nous a raconté, d'après al-Ḍaḥḥāk, d'après Ibn ʿAbbās, qui a dit : al-Khiḍr est le fils d'Adam de sa propre descendance, et son terme fut repoussé jusqu'à ce qu'il démente le Dajjāl. Ceci est interrompu et étrange. Abū Ḥātim Sahl ibn Muḥammad ibn ʿUthmān al-Sijistānī a dit : J'ai entendu nos maîtres, parmi eux Abū ʿUbayda et d'autres, dire : Le plus long des fils d'Adam en âge est al-Khiḍr, et son nom est Khaḍrūn ibn Qābīl ibn Ādam. Il dit : Et Ibn Isḥāq mentionna qu'Adam – sur lui la paix –, lorsque la mort se présenta à lui, informa ses fils qu'un déluge adviendrait aux gens, et leur recommanda, lorsque cela arriverait, de transporter son corps avec eux dans l'arche et de l'enterrer [avec eux] dans un lieu qu'il leur avait désigné. Lorsque le déluge eut lieu, ils le transportèrent avec eux. Puis, lorsqu'ils descendirent sur terre, Noé ordonna à ses fils d'emporter son corps et de l'enterrer là où il avait recommandé. Ils dirent : La terre n'a point d'habitant et elle est sauvage. Il les encouragea et les incita à cela. Et il dit : Adam a invoqué pour celui qui se chargera de son enterrement une longue vie. Ils craignirent de se rendre à cet endroit à ce moment-là, et son corps resta chez eux jusqu'à ce qu'al-Khiḍr fût celui qui se chargea de son enterrement, et Dieu accomplit ce qu'Il lui avait promis. Ainsi, il vit jusqu'à ce que Dieu veuille qu'il vive. Ibn Qutayba mentionna dans al-Maʿārif, d'après Wahb ibn Munabbih : Le nom d'al-Khiḍr est "Balyā", et on dit Balyā ibn Malkān ibn Fālagh ibn ʿĀmir ? ? ibn Shālikh ibn Arfakhshad ibn Sām ibn Nūḥ – sur lui la paix. Ismāʿīl ibn Abī Uways a dit : Le nom d'al-Khiḍr – selon ce qui nous est parvenu, et Dieu sait mieux – est al-Muʿammar ibn Mālik ibn ʿAbd Allāh ibn Naṣr ibn al-Azd. D'autres ont dit : Il est Khaḍrūn 4 ibn ʿAmiyāyīl ibn al-Yafiz ibn al-ʿAyṣ ibn Isḥāq ibn Ibrāhīm al-Khalīl. On dit aussi : Il est Irmiyā 5 ibn Ḥalqiyā. Dieu sait mieux. On a dit qu'il était le fils de Pharaon, le compagnon de Moïse, roi d'Égypte. Ceci est très étrange. Ibn al-Jawzī a dit : Muḥammad ibn Ayyūb l'a rapporté d'après Ibn Lahīʿa, et tous deux sont faibles. On a dit : Il est le fils de Mālik, et il est le frère d'Ilyās, selon al-Suddī, comme cela viendra. On a dit qu'il était à l'avant-garde de Dhū l-Qarnayn. On a dit qu'il était le fils de quelqu'un qui avait cru en Ibrāhīm al-Khalīl et avait émigré avec lui. On a dit qu'il était un prophète à l'époque de Bishtāsb ibn Bahrāsb. Ibn Jarīr a dit : Le correct est qu'il était antérieur à l'époque d'Afridūn ibn Athfiyān, jusqu'à ce que Moïse – sur lui la paix – le rencontre. Al-Ḥāfiẓ Ibn ʿAsākir rapporta d'après Saʿīd ibn al-Musayyab qu'il a dit : La mère d'al-Khiḍr est byzantine et son père est perse. [Et il est rapporté ce qui indique qu'il était des Enfants d'Israël à l'époque de Pharaon également. Abū Zurʿa dit dans Dalāʾil al-Nubuwwa : Ṣafwān ibn Ṣāliḥ al-Dimashqī nous a raconté, al-Walīd nous a raconté, Saʿīd ibn Bashīr nous a raconté, d'après Qatāda, d'après Mujāhid, d'après Ibn ʿAbbās, d'après Ubayy ibn Kaʿb, d'après le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – que la nuit de son ascension, il sentit un parfum agréable et dit : "Ô Jibrīl, quel est ce parfum agréable ?" Il dit : "C'est l'odeur de la tombe de la coiffeuse, de ses deux fils et de son mari." Il dit : Le début de cela fut qu'al-Khiḍr était parmi les plus nobles des Enfants d'Israël. Il passait devant un moine dans son ermitage, et le moine l'apercevait et lui enseignait l'islam. Lorsqu'al-Khiḍr atteignit l'âge adulte, son père le maria à une femme ; il lui enseigna l'islam et lui fit promettre de n'en informer personne. Il n'approchait pas les femmes, puis il la divorça. Puis son père le maria à une autre ; il lui enseigna l'islam et lui fit promettre de n'en informer personne, puis il la divorça. L'une des deux garda le secret, l'autre le divulgua. Il s'enfuit jusqu'à arriver à une île dans la mer. Deux hommes vinrent ramasser du bois ; ils le virent. L'un des deux garda le secret, l'autre le divulgua. Il dit : "J'ai vu al-Khiḍr 6." On dit : "Qui l'a vu avec toi ?" Il dit : "Untel." On l'interrogea, mais il garda le silence. Dans leur religion, celui qui mentait était tué. Il fut donc tué. L'homme qui avait gardé le secret avait épousé la femme qui avait gardé le secret. Il dit : Alors qu'elle coiffait la fille de Pharaon, le peigne tomba de sa main. Elle dit : "Que Pharaon périsse !" La fille informa son père. La femme avait deux fils et un mari. Pharaon envoya chercher eux et tenta de les faire revenir de leur religion, mais ils refusèrent. Il dit : "Je vais vous tuer." Ils dirent : "Ce serait une faveur de ta part si, en nous tuant, tu nous mets dans une seule tombe." Il les mit dans une seule tombe. Il dit : "Je n'ai jamais senti d'odeur plus agréable que la leur, et ils sont entrés au Paradis." L'histoire de Māʾila 7 fille de Pharaon a déjà été mentionnée, et ce peigne dans l'affaire d'al-Khiḍr pourrait être interpolé des paroles d'Ubayy ibn Kaʿb ou de ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās. Dieu sait mieux.] 8 Certains ont dit : Son surnom est Abū l-ʿAbbās. Le plus probable, et Dieu sait mieux, est qu'al-Khiḍr est un surnom qui a prévalu sur lui. Al-Bukhārī [que Dieu lui fasse miséricorde] a dit : Muḥammad ibn Saʿīd al-Aṣbahānī nous a raconté, Ibn al-Mubārak nous a raconté, d'après Maʿmar, d'après Hammām, d'après Abū Hurayra, d'après le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – qui a dit : "Il n'a été nommé al-Khiḍr que parce qu'il s'assit sur une farwa 9 blanche, et voilà qu'elle s'agita derrière lui, verte." Al-Bukhārī l'a rapporté seul. De même, ʿAbd al-Razzāq le rapporta d'après Maʿmar. Puis ʿAbd al-Razzāq dit : al-farwa : l'herbe blanche et ce qui lui ressemble, c'est-à-dire le foin sec. Al-Khaṭṭābī dit : Abū ʿUmar a dit : al-farwa : la terre blanche sans végétation. D'autres ont dit : C'est le foin sec, comparé à la farwa ; de là on dit farwat al-raʾs, c'est-à-dire le cuir chevelu avec ses cheveux, comme dit le poète al-Rāʿī : "Et tu vois l'Abyssin autour de nos maisons * joyeux lorsqu'il obtient un jour quelque nourriture Aux oreilles fendues, aux dents serrées, comme si la farwa de sa tête * avait été semée et que ses côtés avaient produit du poivre." Al-Khaṭṭābī dit : [On dit] qu'il n'a été nommé al-Khiḍr que pour sa beauté et l'éclat de son visage. Je dis : Ceci ne contredit pas ce qui est établi dans le Ṣaḥīḥ. S'il faut absolument choisir l'une des deux explications, ce qui est établi dans le Ṣaḥīḥ est plus méritoire et plus fort. Bien plus, on ne prête pas attention à ce qui est autre. Al-Ḥāfiẓ Ibn ʿAsākir rapporta également ce hadith par la voie d'Ismāʿīl ibn Ḥafṣ ibn ʿUmar al-Abalī : ʿUthmān et Abū Jazī et Hammām ibn Yaḥyā nous ont raconté, d'après Qatāda, d'après ʿAbd Allāh ibn al-Ḥārith ibn Nawfal, d'après Ibn ʿAbbās, d'après le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – qui a dit : "Il n'a été nommé al-Khiḍr que parce qu'il pria sur une farwa blanche, et elle s'agita, verte." Ceci est étrange de cette voie. Qabīṣa dit, d'après al-Thawrī, d'après Manṣūr, d'après Mujāhid : Il n'a été nommé al-Khiḍr que parce que, lorsqu'il priait, ce qui l'entourait devenait vert.
Il a été mentionné précédemment que Moïse et Josué, paix sur eux, lorsqu'ils revinrent en suivant les traces, le trouvèrent sur une natte verte au milieu de la mer, enveloppé d'un vêtement dont les deux extrémités étaient placées sous sa tête et ses pieds. Moïse, paix sur lui, le salua, et il découvrit son visage, rendit le salut et dit : « Comment y a-t-il de la paix dans ta terre ? Qui es-tu ? » Il répondit : « Je suis Moïse. » Il dit : « Le prophète 10 des Enfants d'Israël ? » Il répondit : « Oui. » Et il se passa entre eux ce qu'Allah a raconté dans Son Livre à leur sujet. Le contexte de l'histoire indique sa prophétie de plusieurs manières : Premièrement : Sa parole, exalté soit-Il : « Ils trouvèrent un de Nos serviteurs à qui Nous avions accordé une miséricorde de Notre part et que Nous avions enseigné une science de Notre part. » Deuxièmement : La parole de Moïse à lui : « Puis-je te suivre afin que tu m'enseignes de ce qui t'a été enseigné de la droiture ? » Il dit : « Tu ne pourras jamais être patient avec moi. Comment serais-tu patient à propos de ce que tu n'embrasses pas par la connaissance ? » Il dit : « Tu me trouveras, si Allah le veut, patient, et je ne désobéirai à aucun ordre de ta part. » Il dit : « Si tu me suis, ne m'interroge sur rien jusqu'à ce que je t'en fasse mention. » Si c'était un saint 11 et non un prophète, Moïse ne se serait pas adressé à lui de cette manière, et il n'aurait pas répondu à Moïse de cette façon. Moïse n'a demandé sa compagnie que pour obtenir la science qu'Allah lui avait réservée exclusivement. S'il n'était pas un prophète, il n'aurait pas été infaillible, et Moïse, qui est un grand prophète et un noble messager, obligatoirement infaillible, n'aurait pas eu un grand désir ni une forte demande pour la science d'un saint non infaillible. Il a même décidé de se rendre vers lui et de le chercher, même si cela devait durer des périodes de temps, dit-on quatre-vingts ans. Puis, lorsqu'il le rencontra, il s'humilia devant lui, le magnifia et le suivit en apparence comme quelqu'un qui tire profit de lui. Cela indique 12 qu'il est un prophète comme lui, à qui il est révélé comme à lui, et qu'il a été doté de sciences ladouniyya 13 et de secrets prophétiques qu'Allah n'a pas dévoilés à Moïse le Kalîm 14, le noble prophète des Enfants d'Israël. C'est précisément cet argument qu'a utilisé ar-Rummânî 15 pour prouver la prophétie d'al-Khadir 16, paix sur lui. Troisièmement : Al-Khadir a entrepris de tuer ce garçon, et cela n'a été possible que par la révélation du Roi Très-Savant. C'est une preuve indépendante de sa prophétie et une évidence manifeste de son infaillibilité, car un saint n'a pas le droit d'entreprendre de tuer des âmes sur la seule base de ce qui est jeté dans son esprit, car son inspiration n'est pas obligatoirement infaillible, puisqu'il peut commettre une erreur, de l'avis unanime. Et lorsqu'al-Khadir a entrepris de tuer ce garçon qui n'avait pas atteint la puberté, sachant que s'il grandissait, il mécroirait et entraînerait ses parents dans la mécréance à cause de leur amour intense pour lui, et qu'ils le suivraient dans cette voie, alors dans sa mort il y a un grand intérêt qui l'emporte sur le maintien de sa vie, afin de préserver ses parents de tomber dans la mécréance et son châtiment. Cela indique sa prophétie et qu'il est soutenu par Allah dans son infaillibilité. J'ai vu le cheikh Abû al-Faraj Ibn al-Jawzî 17 aborder précisément cet argument pour prouver la prophétie d'al-Khadir et le juger correct. Et ar-Rummânî a également rapporté cet argument. Quatrièmement : Lorsqu'al-Khadir expliqua l'interprétation de ses actes à Moïse, lui clarifiant la réalité de son affaire et la rendant évidente, il dit après tout cela : « C'est une miséricorde de ton Seigneur, et je ne l'ai pas fait de ma propre initiative. » C'est-à-dire : je ne l'ai pas fait de moi-même, mais j'en ai reçu l'ordre 18 et il m'a été révélé à ce sujet. Ces aspects indiquent donc sa prophétie. Et cela n'empêche pas qu'il soit un saint, ni même un messager, comme d'autres l'ont dit. Quant au fait qu'il soit un ange, c'est une opinion 13 très étrange. Et une fois sa prophétie établie, comme nous l'avons mentionné, il ne reste plus à ceux qui disent qu'il est un saint et que le saint peut connaître la réalité des choses en dehors des maîtres de la Loi apparente, aucun fondement sur lequel s'appuyer, ni aucune base sur laquelle se reposer. Quant à la divergence sur son existence jusqu'à notre époque, la majorité est d'avis qu'il est encore vivant aujourd'hui. On dit que c'est parce qu'il a enterré Adam après leur sortie du Déluge, et qu'il a ainsi bénéficié de l'invocation de son père Adam pour une longue vie. On dit aussi qu'il a bu de la source de vie 19 et a vécu. Ils ont mentionné des récits qu'ils ont utilisés comme preuves de sa persistance jusqu'à présent. Nous les rapporterons [avec d'autres 20] si Allah, exalté soit-Il, le veut. C'est en Lui que nous plaçons notre confiance. Voici ses recommandations à Moïse lorsqu'il dit : « Ceci est la séparation entre moi et toi. Je vais t'informer de l'interprétation de ce que tu n'as pu supporter avec patience. » De nombreux récits interrompus 21 ont été rapportés à ce sujet. Al-Bayhaqî 10 a dit : Abû Sa'îd ibn Abî 'Amr nous a informés, Abû 'Abd Allah as-Saffâr nous a raconté, Abû Bakr ibn Abî ad-Dunyâ nous a raconté, Ishâq ibn Ismâ'îl nous a raconté, Jarîr nous a raconté, Abû 'Abd Allah al-Maltî 11 m'a raconté : Lorsque Moïse voulut se séparer d'al-Khadir, Moïse lui dit : « Fais-moi une recommandation. » Il dit : « Sois utile et ne sois pas nuisible, sois souriant et ne sois pas colérique, renonce à l'obstination et ne marche pas sans besoin. » Dans une autre version, il y a en plus : « Ne ris que par étonnement. » Wahb ibn Munabbih 12 a dit : Al-Khadir a dit : « Ô Moïse, les gens sont châtiés dans ce monde selon l'importance de leurs soucis pour lui. » Bishr ibn al-Hârith al-Hâfî 18 a dit : Moïse dit à al-Khadir : « Fais-moi une recommandation. » Il dit : « Qu'Allah te facilite l'obéissance. » Un hadith marfû' 20 a été rapporté à ce sujet par Ibn 'Asâkir 22 via Zakariyyâ ibn Yahyâ al-Waqqâd 23 - mais il fait partie des grands menteurs - : On a lu devant 'Abd Allah ibn Wahb 24 alors que j'écoutais, ath-Thawrî 25 a dit, Mujâlid 26 a dit, Abû al-Waddâk 27 a dit, Abû Sa'îd al-Khudrî 28 a dit, 'Umar ibn al-Khattâb 29 a dit, le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, a dit : « Mon frère Moïse a dit : 'Seigneur' - et il mentionna sa parole - alors al-Khadir vint à lui, c'était un jeune homme à l'odeur agréable, aux vêtements blancs et retroussés, et il dit : 'La paix soit sur toi et la miséricorde d'Allah, ô Moïse fils d'Imrân. Ton Seigneur te transmet le salut.' Moïse dit : 'C'est Lui la Paix et vers Lui la Paix, et louange à Allah, Seigneur des mondes, dont je ne peux compter les bienfaits ni accomplir la gratitude sans Son aide.' Puis Moïse dit : 'Je veux que tu me fasses une recommandation dont Allah me fera profiter après toi.' Al-Khadir dit : 'Ô chercheur de science, celui qui parle se lasse moins que celui qui écoute, ne lasse donc pas tes compagnons lorsque tu leur parles. Sache que ton cœur est un récipient, regarde donc ce que tu y mets. Détourne-toi de 22 ce monde et jette-le derrière toi, car il n'est pas une demeure pour toi et tu n'y as pas de lieu de séjour permanent. Il n'a été créé que comme provision pour les serviteurs et comme approvisionnement pour le jour du retour 14. Habitue ton âme à la patience pour te purifier du péché. Ô Moïse, consacre-toi à la science si tu la désires, car la science n'est que pour celui qui s'y consacre. Ne sois pas un grand parleur de science ni un bavard 15, car la prolixité déshonore les savants et révèle les défauts des sots. Mais tiens-toi à la mesure, car cela relève de la réussite et de la rectitude. Détourne-toi des ignorants et supporte-les, sois indulgent envers les sots, car c'est l'acte des sages et la parure des savants. Si l'ignorant t'insulte, tais-toi par indulgence et éloigne-toi de lui par prudence, car ce qui reste de son ignorance contre toi et de ses insultes envers toi est plus grand et plus grave. Ô fils d'Imrân, ne pense pas que tu n'as reçu qu'un peu de science, car l'excès 23 et la précipitation sont de l'audace et de l'affectation. Ô fils d'Imrân, n'ouvre pas une porte dont tu ne connais pas la fermeture, et ne ferme pas une porte dont tu ne connais pas l'ouverture. Ô fils d'Imrân, celui dont la convoitise pour ce monde ne s'arrête pas, dont le désir pour lui ne cesse pas, qui méprise sa condition et accuse Allah de ce qu'Il a décrété pour lui, comment pourrait-il être ascète 24 ? Celui que sa passion domine peut-il s'abstenir des plaisirs ? Ou la recherche de la science lui profite-t-elle alors que l'ignorance l'a envahi ? Car son effort est pour l'au-delà alors qu'il se tourne vers son ici-bas.'
Ô Moïse, apprends ce que tu as appris pour agir selon lui, et ne l'apprends pas pour en parler, car il serait pour toi une perte et pour les autres une lumière. Ô Moïse fils d'Imran, fais du renoncement et de la piété ton vêtement, de la science et de l'invocation ta parole, et multiplie les bonnes actions, car tu commettras inévitablement des mauvaises. Ébranle ton cœur par la crainte, car cela satisfait ton Seigneur, et accomplis le bien, car tu commettras forcément le mal. Tu as été exhorté si tu retiens. Il dit : Alors al-Khidr 30 s'en alla, et Moïse resta triste, affligé, pleurant. Ce hadith n'est pas authentique, et je pense qu'il est de la fabrication de Zakariyya ibn Yahya al-Waqqad al-Misri, que plusieurs [imams] ont accusé de mensonge. Et il est étonnant que le Hafiz 31 Ibn 'Asakir l'ait passé sous silence. Le Hafiz Abu Nu'aym al-Isbahani a dit : Sulayman ibn Ahmad ibn Ayyub al-Tabarani nous a raconté, 'Amr ibn Ishaq ibn Ibrahim ibn al-'Ala' al-Himsi nous a raconté, Muhammad ibn al-Fadl ibn 'Imran al-Kindi nous a raconté, Baqiyya ibn al-Walid nous a raconté d'après Muhammad ibn Ziyad, d'après Abu Umama, que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit [à ses compagnons] : "Ne vous parlerais-je pas d'al-Khidr ?" Ils dirent : "Si, ô Messager de Dieu." Il dit : "Un jour qu'il marchait dans le marché des Enfants d'Israël, un homme qui était un mukatab 32 l'aperçut et dit : 'Fais-moi l'aumône, que Dieu te bénisse.' Al-Khidr dit : 'Je crois en Dieu. Ce que Dieu veut arrive. Je n'ai rien à te donner.' Le pauvre dit : 'Je te conjure par la Face de Dieu de me faire l'aumône, car j'ai vu la sérénité sur ton visage et j'espère la bénédiction auprès de toi.' Al-Khidr dit : 'Je crois en Dieu. Je n'ai rien à te donner, à moins que tu ne me prennes et me vendes.' Le pauvre dit : 'Cela est-il convenable ?' Il dit : 'Oui, je te dis la vérité. Tu m'as conjuré par une chose immense. Certes, je ne te décevrai pas par la Face de mon Seigneur. Vends-moi.' Il l'emmena au marché et le vendit pour quatre cents dirhams. Il resta chez l'acheteur un long moment sans l'employer à rien. Il lui dit : 'Tu m'as acheté en quête de bien, alors ordonne-moi un travail.' Il dit : 'Je répugne à te causer de la peine, tu es un vieillard faible.' Il dit : 'Tu ne me causeras pas de peine.' Il dit : 'Alors transporte ces pierres.' Or, elles n'étaient transportées que par six hommes en un jour. L'homme sortit pour quelque besoin, puis revint, et il avait transporté les pierres en une heure. Il dit : 'Tu as bien fait, tu as agi avec excellence, et tu as accompli ce que je ne pensais pas que tu puisses accomplir.' Ensuite, l'homme dut partir en voyage. Il dit : 'Je te crois digne de confiance, sois mon remplaçant auprès de ma famille d'une belle manière.' Il dit : 'Ordonne-moi un travail.' Il dit : 'Je répugne à te causer de la peine.' Il dit : 'Tu ne me causeras pas de peine.' Il dit : 'Alors fabrique des briques pour ma maison jusqu'à mon retour.' L'homme partit en voyage, et à son retour, il trouva la construction achevée. Il dit : 'Je te conjure par la Face de Dieu, quel est ton chemin et quelle est ton affaire ?' Il dit : 'Tu m'as conjuré par la Face de Dieu, et la conjuration par la Face de Dieu m'a jeté dans la servitude. Je vais t'informer qui je suis : je suis al-Khidr, dont tu as entendu parler. Un pauvre m'a demandé l'aumône, et je n'avais rien à lui donner ; il m'a conjuré par la Face de Dieu, et je lui ai livré mon cou, et il m'a vendu. Et je t'informe que quiconque est conjuré par la Face de Dieu et repousse son demandeur alors qu'il en a les moyens, se tiendra au Jour de la Résurrection sans chair ni os, qui s'entrechoquent.' L'homme dit : 'Je crois en Dieu. Je t'ai causé de la peine, ô Prophète de Dieu, sans le savoir !' Il dit : 'Il n'y a pas de mal, tu as bien agi et tu m'as laissé.' L'homme dit : 'Que mon père et ma mère te soient sacrifiés, ô Prophète de Dieu, décide de ma famille et de mes biens selon ce que Dieu te montre, ou je te laisse le choix et te libère.' Il dit : 'J'aime que tu me libères, afin que j'adore mon Seigneur.' Il le libéra. Al-Khidr dit : 'Louange à Dieu qui m'a jeté dans la servitude puis m'en a sauvé.' Ce hadith, son élévation [au Prophète] est une erreur, et il est plus probable qu'il soit arrêté [à un compagnon]. Dans sa chaîne, il y a des inconnus. Dieu sait mieux. Ibn al-Jawzi l'a rapporté dans son livre 'Ujalat al-Muntazir fi Sharh Hal al-Khidr par la voie de 'Abd al-Wahhab ibn al-Dahhak, qui est abandonné, d'après Baqiyya. Le Hafiz Ibn 'Asakir a rapporté avec une chaîne remontant à al-Suddi qu'al-Khidr et Ilyas 33 étaient deux frères, et leur père était un roi. Ilyas dit à son père : 'Mon frère al-Khidr n'a aucun désir pour la royauté ; si tu le mariais, peut-être aurait-il un enfant à qui la royauté reviendrait.' Son père le maria donc à une belle vierge. Al-Khidr lui dit : 'Je n'ai nul besoin des femmes ; si tu veux, je te libère, et si tu veux, tu restes avec moi à adorer Dieu et à garder mon secret.' Elle dit : 'Oui.' Elle resta avec lui un an. Quand l'année fut passée, le roi l'appela et dit : 'Tu es jeune et mon fils est jeune, où est l'enfant ?' Elle dit : 'L'enfant vient de Dieu ; s'Il veut, il est, et s'Il ne veut pas, il n'est pas.' Son père lui ordonna de la répudier et le maria à une autre, une veuve qui avait eu des enfants. Quand elle lui fut amenée, il lui dit comme à la précédente, et elle accepta de rester chez lui. Quand l'année fut passée, le roi l'interrogea au sujet de l'enfant. Elle dit : 'Ton fils n'a nul besoin des femmes.' Son père le rechercha, mais il s'enfuit. On envoya après lui, mais on ne put l'atteindre. On dit qu'il tua la seconde femme parce qu'elle avait divulgué son secret, et il s'enfuit pour cette raison, et libéra l'autre. Elle resta à adorer Dieu dans un quartier de cette ville. Un jour, un homme passa près d'elle et elle l'entendit dire : 'Bismillah 34.' Elle lui dit : 'D'où tiens-tu ce Nom ?' Il dit : 'Je suis un compagnon d'al-Khidr.' Elle l'épousa et lui donna des enfants. Ensuite, il arriva qu'elle devint la coiffeuse de la fille de Pharaon. Un jour qu'elle la coiffait, le peigne tomba de sa main et elle dit : 'Bismillah.' La fille de Pharaon dit : 'Mon père ?' Elle dit : 'Non, mon Seigneur et ton Seigneur et le Seigneur de ton père est Dieu.' Elle informa son père, qui ordonna qu'on creuse un chaudron de cuivre, qu'on le chauffât, puis qu'on l'y jetât. Quand elle vit cela, elle recula pour ne pas y tomber. Son petit fils qui était avec elle dit : 'Ô mère, sois patiente, car tu es dans la vérité.' Elle se jeta dans le feu et mourut. Que Dieu lui fasse miséricorde. Ibn 'Asakir a rapporté d'après Abu Dawud al-A'ma Nufay' - qui est un menteur et un faussaire - d'après Anas ibn Malik, et par la voie de Kathir ibn 'Abd Allah ibn 'Amr ibn 'Awf - qui est aussi un menteur - d'après son père, d'après son grand-père, qu'al-Khidr vint une nuit et entendit le Prophète (que Dieu prie sur lui et le salue) qui invoquait et disait : 'Ô Dieu, aide-moi à ce qui me sauvera de ce dont Tu m'as effrayé, et accorde-moi le désir des pieux pour ce vers quoi Tu les as incités.' Il envoya Anas ibn Malik au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue), qui le salua et il rendit le salut, puis dit : 'Dis-lui : Dieu t'a préféré aux prophètes comme Il a préféré le mois de Ramadan aux autres mois, et Il a préféré ta communauté aux communautés comme Il a préféré le vendredi aux autres jours.' Le hadith est mensonger, non authentique ni par sa chaîne ni par son texte. Comment se fait-il qu'il ne se présente pas devant le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) en personne pour le saluer et apprendre ? Et ils mentionnent dans leurs récits et ce qu'ils attribuent à certains de leurs maîtres qu'al-Khidr vient à eux, les salue, connaît leurs noms, leurs demeures et leurs quartiers, alors qu'il ne connaît pas Moïse fils d'Imran, le Kalim 35 de Dieu, que Dieu a élu en ce temps-là sur tous les autres, au point de devoir se faire reconnaître comme Moïse des Enfants d'Israël. Le Hafiz Abu al-Husayn ibn al-Munada a dit, après avoir rapporté ce hadith d'Anas : 'Les gens du hadith sont unanimes pour dire que c'est un hadith au récit blâmable et au texte malsain, où l'on voit la trace de la fabrication.'
Quant au hadith rapporté par le ḥāfiẓ Abū Bakr al-Bayhaqī, disant : « Nous a informés 36 Abū ‘Abd Allāh al-Ḥāfiẓ, nous a informés Abū Bakr ibn Bālawayh, nous a rapportés Muḥammad ibn Bishr ibn Maṭar, nous a rapportés Kāmil ibn Ṭalḥa, nous a rapportés ‘Abbād ibn ‘Abd al-Ṣamad, d’après Anas ibn Mālik : » Il a dit : « Lorsque le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – fut rappelé, ses Compagnons l’entourèrent, pleurèrent autour de lui et se rassemblèrent. Un homme à la barbe grisonnante, corpulent et beau entra, enjamba leurs cous et pleura. Puis il se tourna vers les Compagnons du Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – et dit : « En Allāh se trouve une consolation 37 contre toute calamité, un substitut à toute perte, et un successeur à tout disparu. Tournez-vous donc vers Allāh, aspirez à Lui. Il vous a regardés dans l’épreuve, regardez donc. Car l’affligé est celui qui n’est pas réconforté. » Puis il s’en alla. Certains dirent aux autres : « Connaissez-vous cet homme ? » Abū Bakr et ‘Alī dirent : « Oui, c’est le frère du Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue –, al-Khaḍir 38 – sur lui la paix. » » Abū Bakr ibn Abī al-Dunyā l’a également rapporté d’après Kāmil ibn Ṭalḥa. Mais son texte diffère de la version d’al-Bayhaqī. Puis al-Bayhaqī a dit : « ‘Abbād ibn ‘Abd al-Ṣamad est faible 39, ce hadith est donc tout à fait réprouvé 40. » Je dis : Ce ‘Abbād ibn ‘Abd al-Ṣamad est Ibn Mu‘ammar al-Baṣrī. Il a rapporté d’Anas une copie [de hadiths]. Ibn Ḥibbān et al-‘Uqaylī ont dit : « La plupart sont forgés 41. » Al-Bukhārī a dit : « Hadith réprouvé. » Abū Ḥātim a dit : « Très faible, réprouvé. » Ibn ‘Adī a dit : « La plupart de ce qu’il rapporte concerne les mérites de ‘Alī, et il est faible, exagérant dans le shī‘isme 42. » Al-Shāfi‘ī a dit dans son Musnad : « Nous a informés 43 al-Qāsim ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Umar, d’après Ja‘far ibn Muḥammad, d’après son père, d’après son grand-père ‘Alī ibn al-Ḥusayn, qui a dit : « Lorsque le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – mourut et que les condoléances arrivèrent, ils entendirent quelqu’un dire : « En Allāh se trouve une consolation contre toute calamité, un successeur à tout disparu, et un rattrapage 44 de toute perte. Ayez donc confiance en Allāh, et espérez en Lui. Car l’affligé est celui qui est privé de la récompense. » ‘Alī ibn al-Ḥusayn dit : « Savez-vous qui est celui-ci ? C’est al-Khaḍir. » » Le maître d’al-Shāfi‘ī, al-Qāsim al-‘Umarī, est abandonné 45. Aḥmad ibn Ḥanbal et Yaḥyā ibn Ma‘īn ont dit : « Il ment. » Aḥmad a ajouté : « Il forge des hadiths. » De plus, il est interrompu 46 et un tel [hadith] n’est pas fiable ici. Et Allāh sait mieux. Il a également été rapporté par une autre voie faible, d’après Ja‘far ibn Muḥammad, d’après son père, d’après son grand-père, d’après son père, d’après ‘Alī, mais cela n’est pas authentique. ‘Abd Allāh ibn Wahb a rapporté d’après quelqu’un qui lui a raconté, d’après Muḥammad ibn ‘Ajlān, d’après Muḥammad ibn al-Munkadir : « ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb, alors qu’il priait sur un mort, entendit un héraut 47 dire : « Ne nous devance pas, qu’Allāh te fasse miséricorde. » Il l’attendit jusqu’à ce qu’il rejoigne le rang, et il mentionna sa prière pour le mort : « Si Tu le châties, il T’a beaucoup désobéi ; si Tu lui pardonnes, il a besoin de Ta miséricorde. » Et lorsqu’il fut enterré, il dit : « Bienheureux es-tu, ô habitant de la tombe, si tu n’as été ni ‘arīf 48, ni collecteur d’impôts, ni trésorier, ni scribe, ni agent de police. » ‘Umar dit : « Saisissez cet homme, demandons-lui au sujet de sa prière et de ses paroles : qui est-il ? » [Il dit] : Il disparut à leurs yeux. Ils regardèrent et voilà que l’empreinte de son pas était d’une coudée. ‘Umar dit : « Par Allāh, c’est al-Khaḍir, dont le Messager d’Allāh – qu’Allāh prie sur lui et le salue – nous a parlé. » » Cette trace 49 comporte un anonyme, une interruption, et un tel [récit] n’est pas authentique. Le ḥāfiẓ Ibn ‘Asākir a rapporté d’après al-Thawrī, d’après ‘Abd Allāh ibn al-Muḥarrar 50, d’après Yazīd ibn al-Aṣamm, d’après ‘Alī ibn Abī Ṭālib, qui a dit : « J’entrai pour faire le ṭawāf 51 une partie de la nuit, et voilà qu’un homme s’accrochait aux voiles de la Ka‘ba 52 en disant : « Ô Toi que n’empêche aucune ouïe d’entendre une autre, ô Toi que les questions ne trompent pas, ô Toi que n’importune ni l’insistance des insistants ni la demande des demandeurs – accorde-moi la fraîcheur de Ton pardon et la douceur de Ta miséricorde. » Il dit : Je lui dis : « Répète-moi ce que tu as dit. » Il me dit : « L’as-tu donc entendu ? » Je dis : « Oui. » Il me dit : « Par Celui qui tient l’âme d’al-Khaḍir en Sa main – et c’était al-Khaḍir –, aucun serviteur ne le dit après une prière obligatoire sans qu’Allāh ne lui pardonne ses péchés, même s’ils sont comme l’écume de la mer, les feuilles des arbres et le nombre des étoiles, Allāh les lui pardonnerait. » » Ceci est faible à cause de ‘Abd Allāh ibn al-Muḥarrar, car il est abandonné dans le hadith, et Yazīd ibn al-Aṣamm n’a pas rencontré ‘Alī. Un tel [récit] n’est pas authentique. Et Allāh sait mieux. Abū Ismā‘īl al-Tirmidhī l’a également rapporté : « Nous a rapportés Mālik ibn Ismā‘īl, nous a rapportés Ṣāliḥ ibn Abī al-Aswad, d’après Maḥfūẓ ibn ‘Abd Allāh al-Ḥaḍramī, d’après Muḥammad ibn Yaḥyā, qui a dit : « Alors que ‘Alī ibn Abī Ṭālib tournait autour de la Ka‘ba, voilà qu’un homme s’accrochait aux voiles de la Ka‘ba en disant : « Ô Toi que n’occupe aucune ouïe d’entendre une autre, ô Toi que les demandeurs ne trompent pas, ô Toi que n’importune pas l’insistance des insistants – accorde-moi la fraîcheur de Ton pardon et la douceur de Ta miséricorde. » ‘Alī lui dit : « Ô serviteur d’Allāh, répète cette invocation. » Il dit : « L’as-tu donc entendue ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Invoque donc par elle à la fin de chaque prière. Par Celui qui tient l’âme d’al-Khaḍir en Sa main, si tu avais des péchés aussi nombreux que les étoiles du ciel et leur pluie, les cailloux de la terre et sa poussière, Il te pardonnerait plus vite qu’un clin d’œil. » » » Ceci est également interrompu, et dans sa chaîne se trouve quelqu’un d’inconnu. Et Allāh sait mieux. Ibn al-Jawzī l’a rapporté par la voie d’Abū Bakr ibn Abī al-Dunyā : « Nous a rapportés Ya‘qūb ibn Yūsuf, nous a rapportés Mālik ibn Ismā‘īl… » et il mentionna quelque chose d’analogue. Puis il dit : « Cette chaîne est inconnue et interrompue, et rien n’y indique que l’homme soit al-Khaḍir. » Le ḥāfiẓ Abū al-Qāsim ibn ‘Asākir a dit : « Nous a informés Abū al-Qāsim ibn al-Ḥuṣayn 53, nous a informés Abū Ṭālib Muḥammad ibn Muḥammad, nous a informés Abū Isḥāq al-Muzakkī, nous a rapportés Muḥammad ibn Isḥāq ibn Khuzayma, nous a rapportés Muḥammad ibn Aḥmad ibn Yazīd – il nous l’a dicté à ‘Abbādān –, nous a informés ‘Amr ibn ‘Āṣim, nous a rapportés al-Ḥasan ibn Razīn 54, d’après Ibn Jurayj, d’après ‘Aṭā’, d’après Ibn ‘Abbās, qui a dit – et je ne le considère que comme remontant 55 au Prophète – qu’il a dit : « Al-Khaḍir et Ilyās 56 se rencontrent chaque année pendant le pèlerinage 57, et chacun rase la tête de son compagnon, puis ils se séparent sur ces paroles : « Au nom d’Allāh, ce qu’Allāh veut. Nul ne conduit le bien sinon Allāh. Ce qu’Allāh veut, nul n’écarte le mal sinon Allāh. Ce qu’Allāh veut, toute grâce vient d’Allāh. Ce qu’Allāh veut, il n’y a de force ni de puissance que par Allāh. » » Il dit : Ibn ‘Abbās a dit : « Quiconque les dit le matin et le soir trois fois, Allāh le préserve de la noyade, du feu et du vol. » Il dit : « Et je pense qu’il a dit : « Et du diable, du sultan, du serpent et du scorpion. » » Al-Dāraquṭnī a dit dans al-Afrād : « Ce hadith est étrange 58 de la part d’Ibn Jurayj, seul ce maître 59 l’a rapporté d’après lui – c’est-à-dire al-Ḥasan ibn Razīn. » Muḥammad ibn Kathīr al-‘Abdī l’a également rapporté. Malgré cela, le ḥāfiẓ Abū Aḥmad ibn ‘Adī a dit à son sujet : « Il n’est pas connu. » Le ḥāfiẓ Abū Ja‘far al-‘Uqaylī a dit : « Inconnu, et son hadith n’est pas préservé 60. » Abū al-Ḥasan ibn al-Munādī a dit : « C’est un hadith faible à cause d’al-Ḥasan ibn Razīn. » Ibn ‘Asākir a rapporté quelque chose d’analogue par la voie de ‘Alī ibn al-Ḥasan al-Jahḍamī – qui est un menteur – d’après Ḍamra ibn Ḥabīb al-Maqdisī, d’après son père, d’après al-‘Alā’ ibn Ziyād al-Qushayrī, d’après ‘Abd Allāh ibn al-Ḥasan, d’après son père, d’après son grand-père, d’après ‘Alī ibn Abī Ṭālib, remontant [au Prophète], qui a dit : « Chaque jour de ‘Arafa 61 se rassemblent à ‘Arafāt : Jibrīl, Mīkā’īl, Isrāfīl et al-Khaḍir… » et il mentionna un long hadith forgé que nous avons délibérément omis de citer. Louange à Allāh.
Ibn 'Asākir a rapporté, d'après la chaîne de Hishām ibn Khālid, d'après al-Ḥasan ibn Yaḥyā al-Khushanī, d'après Ibn Abī Rawwād, qui a dit : « Élie et al-Khiḍr 62 jeûnent le mois de Ramadan à Jérusalem, accomplissent le pèlerinage chaque année, et boivent une gorgée d'eau de Zamzam qui leur suffit jusqu'à l'année suivante. » Ibn 'Asākir a également rapporté que al-Walīd ibn 'Abd al-Malik ibn Marwān, le bâtisseur de la grande mosquée de Damas, souhaita passer une nuit en dévotion dans la mosquée. Il ordonna aux gardiens de la lui laisser vide, ce qu'ils firent. Pendant la nuit, il entra par la porte des Heures et pénétra dans la mosquée, et voilà qu'un homme se tenait en prière entre lui et la porte d'al-Khaḍrā'. Il dit aux gardiens : « Ne vous ai-je pas ordonné de la laisser vide ? » Ils répondirent : « Ô Commandeur des croyants, c'est al-Khiḍr qui vient chaque nuit prier ici. » Ibn 'Asākir dit aussi : Abū al-Qāsim ibn Ismā'īl ibn Aḥmad nous a informés, Abū Bakr ibn al-Ṭabarī nous a informés, Abū al-Ḥusayn ibn al-Faḍl nous a informés, 'Abd Allāh ibn Ja'far nous a rapportés, Ya'qūb — c'est-à-dire Ibn Sufyān al-Fasawī — nous a rapportés, Muḥammad ibn 'Abd al-'Azīz nous a rapportés, Ḍamra 63 nous a rapportés d'après al-Sarī ibn Yaḥyā, d'après Rabāḥ ibn 'Ubayda, qui a dit : « J'ai vu un homme marcher aux côtés de 'Umar ibn 'Abd al-'Azīz, appuyé sur ses mains. Je me suis dit en moi-même : Cet homme est pieds nus. » Il dit : « Lorsqu'il eut fini la prière, je demandai : Qui est l'homme qui s'appuyait tout à l'heure sur ta main ? Il répondit : L'as-tu vu, ô Rabāḥ ? Je dis : Oui. Il dit : Je ne te considère que comme un homme pieux. C'est mon frère al-Khiḍr, qui m'a annoncé que je gouvernerai et que je serai juste. » Le cheikh Abū al-Faraj ibn al-Jawzī a dit : « Al-Ramlī 64 est considéré comme faible par les savants. » Abū al-Ḥusayn ibn al-Munādī a critiqué Ḍamra, al-Sarī et Rabāḥ, puis a rapporté d'autres chaînes d'après 'Umar ibn 'Abd al-'Azīz qu'il a rencontré al-Khiḍr, et il les a toutes jugées faibles. Ibn 'Asākir a également rapporté qu'il a rencontré Ibrāhīm al-Taymī, Sufyān ibn 'Uyayna, et un groupe dont la mention serait longue. Ces récits et ces histoires sont le fondement de ceux qui soutiennent qu'il est vivant jusqu'à aujourd'hui. Tous les hadiths remontant au Prophète sont très faibles, et une telle chose ne peut servir d'argument en matière de religion. Quant aux récits, la plupart ne sont pas exempts de faiblesse dans la chaîne de transmission. Leur conclusion est qu'ils sont authentiques jusqu'à une personne non infaillible, qu'il s'agisse d'un Compagnon ou d'un autre, car l'erreur est possible chez lui. Et Dieu sait mieux. 'Abd al-Razzāq a dit : Ma'mar nous a informés d'après al-Zuhrī, 'Ubayd Allāh ibn 'Abd Allāh ibn 'Utba m'a informé qu'Abū Sa'īd a dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — nous a raconté un long hadith sur l'Antéchrist, et il a dit dans ce qu'il nous racontait : « L'Antéchrist viendra — et il lui est interdit d'entrer dans les défilés de Médine — alors un homme, le meilleur des gens ou parmi les meilleurs, sortira vers lui ce jour-là et dira : J'atteste que tu es l'Antéchrist dont le Messager de Dieu nous a parlé dans son hadith. L'Antéchrist dira : Que pensez-vous si je tue cet homme puis le ressuscite ? Douterez-vous de cette affaire ? Ils diront : Non. Alors il le tuera, puis le ressuscitera. L'homme dira, lorsqu'il reviendra à la vie : Par Dieu, je n'ai jamais eu une vision plus claire de toi qu'à présent. » Il dit : « Il voudra le tuer une seconde fois, mais il n'en aura pas le pouvoir. » Ma'mar a dit : « Il m'est parvenu qu'il mettra sur sa gorge une plaque de cuivre, et il m'est parvenu que c'est al-Khiḍr que l'Antéchrist tuera puis ressuscitera. » Ce hadith est rapporté dans les deux Ṣaḥīḥ 65 d'après le hadith d'al-Zuhrī. Abū Isḥāq Ibrāhīm ibn Muḥammad ibn Sufyān al-Faqīh, le rapporteur de Muslim, a dit : « Ce qu'il y a de correct est de dire que cet homme est al-Khiḍr. La parole de Ma'mar et d'autres : 'Il m'est parvenu' ne constitue pas un argument. » Il est rapporté dans certaines formulations du hadith : « Il amènera un jeune homme plein de jeunesse et le tuera. » Sa parole : « Celui dont le Messager de Dieu nous a parlé » n'implique pas une audition directe, mais la transmission successive suffit. Le cheikh Abū al-Faraj ibn al-Jawzī — que Dieu lui fasse miséricorde — s'est consacré dans son livre 'Ujālat al-muntaẓar fī sharḥ ḥālat al-Khiḍr aux hadiths rapportés à ce sujet parmi ceux qui remontent au Prophète, et a montré qu'ils sont forgés. Quant aux traditions des Compagnons, des Successeurs et de ceux qui les ont suivis, il a montré la faiblesse de leurs chaînes en exposant leurs états et l'obscurité de leurs transmetteurs. Il a excellé dans cela et a bien critiqué. Quant à ceux qui soutiennent qu'il est mort, parmi lesquels al-Bukhārī, Ibrāhīm al-Ḥarbī, Abū al-Ḥusayn ibn al-Munādī et le cheikh Abū al-Faraj ibn al-Jawzī — et ce dernier a défendu cette position et a composé un livre intitulé 'Ujālat al-muntaẓar fī sharḥ ḥālat al-Khiḍr — ils avancent de nombreux arguments, dont : Sa parole : « Nous n'avons accordé l'immortalité à aucun être humain avant toi » 66. Or, si al-Khiḍr est un être humain, il entre nécessairement dans cette généralité, et il n'est pas permis de l'en excepter sans une preuve authentique. Le principe est l'absence d'exception jusqu'à preuve du contraire. Et aucune preuve d'exception émanant d'un infaillible dont l'acceptation est obligatoire n'a été mentionnée. Parmi eux : Dieu — qu'Il soit exalté — a dit : « Et lorsque Dieu prit l'engagement des prophètes : 'Quoi qu'Il vous ait donné d'un Livre et d'une sagesse, puis qu'un Messager vous vienne, confirmant ce que vous avez, vous devez croire en lui et le secourir.' Il dit : 'Reconnaissez-vous et acceptez-vous Mon alliance sur cela ?' Ils dirent : 'Nous reconnaissons.' Il dit : 'Soyez-en témoins, et Je suis avec vous parmi les témoins.' » 67 Ibn 'Abbās a dit : « Dieu n'a envoyé aucun prophète sans prendre de lui l'engagement que si Muḥammad était envoyé de son vivant, il croirait en lui et le secourrait. Et Il lui ordonna de prendre de sa communauté l'engagement que si Muḥammad était envoyé alors qu'ils étaient vivants, ils croiraient en lui et le secourraient. » Al-Bukhārī l'a rapporté d'après lui. Or, al-Khiḍr, qu'il soit prophète ou saint, entre dans cet engagement. S'il avait été vivant à l'époque du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — sa condition la plus honorable aurait été d'être devant lui, de croire en ce que Dieu a révélé sur lui et de le secourir, empêchant tout ennemi de l'atteindre. Car s'il était un saint, Abū Bakr al-Ṣiddīq est meilleur que lui ; et s'il était un prophète, Moïse est meilleur que lui. L'imam Aḥmad a rapporté dans son Musnad : Shuraḥ ibn al-Nu'mān nous a rapportés, Hushaym nous a rapportés, Mujālid nous a informés d'après al-Sha'bī, d'après Jābir ibn 'Abd Allāh, que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « Par Celui qui tient mon âme en Sa main, si Moïse était vivant, il n'aurait d'autre choix que de me suivre. » C'est là ce dont on est certain et que l'on connaît de la religion comme une nécessité. Ce verset noble l'indique : tous les prophètes, si l'on suppose qu'ils étaient vivants et responsables à l'époque du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — auraient tous été ses disciples, sous ses ordres et dans la généralité de sa Loi. De même, que les prières et les saluts de Dieu soient sur lui, lorsqu'il les rencontra la nuit de l'ascension, il fut élevé au-dessus d'eux tous. Et lorsqu'ils descendirent avec lui à Jérusalem et que l'heure de la prière arriva, Gabriel lui ordonna, sur ordre de Dieu, de les diriger. Il pria donc avec eux dans le lieu de leur autorité et leur demeure. Cela indique qu'il est l'imam suprême, le Messager scellé, honoré et avancé. Que les prières et les saluts de Dieu soient sur lui et sur eux tous. Si cela est su — et c'est su par tout croyant — on sait que si al-Khiḍr était vivant, il ferait partie de la communauté de Muḥammad — que Dieu prie sur lui et le salue — et de ceux qui suivent sa Loi, n'ayant d'autre choix que cela. Jésus, fils de Marie — que la paix soit sur lui — lorsqu'il descendra à la fin des temps, jugera selon cette Loi pure, sans en sortir ni s'en écarter, bien qu'il soit l'un des cinq grands messagers et le sceau des prophètes d'Israël.
Il est connu (35) qu’il n’a été rapporté, par une chaîne de transmission (sanad) authentique (ṣaḥīḥ) ni bonne (ḥasan) qui apaise l’âme, que al-Khiḍr se soit réuni avec le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – en un seul jour, ni qu’il ait assisté avec lui à un combat dans aucune des batailles (mashāhid). Or, voici le jour de Badr : le Véridique et le Digne de foi (aṣ-Ṣādiq al-Maṣdūq) dit, dans ce qu’il invoqua auprès de son Seigneur – Puissant et Majestueux – en implorant Son secours et en Lui demandant la victoire sur ceux qui Le mécroyaient : « Ô Allah, si Tu fais périr ce groupe, Tu ne seras plus adoré après cela sur terre. » Or, sous ce groupe se trouvaient, ce jour-là, les maîtres des musulmans et les maîtres des anges, y compris Jibrīl (Gabriel) – sur lui la paix –, comme le dit Ḥassān ibn Thābit dans un de ses poèmes, dans un vers que l’on dit être le plus glorieux jamais prononcé par les Arabes : « Et au puits (36) de Badr, alors que Jibrīl repoussait leurs visages, * sous notre étendard, avec Muḥammad. » Si al-Khiḍr avait été vivant, se tenir sous cet étendard eût été la plus noble de ses positions et la plus grande de ses expéditions. Le Qāḍī Abū Ya‘lā Muḥammad ibn al-Ḥusayn ibn al-Farrā’ al-Ḥanbalī dit : On interrogea l’un de nos compagnons au sujet d’al-Khiḍr : « Est-il mort ? » Il répondit : « Oui. » Il dit : Et il m’est parvenu une chose semblable de la part d’Abū Ṭāhir ibn al-Ghubārī. Il dit : Il argumentait en disant que, s’il avait été vivant, il serait venu auprès du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue. Ibn al-Jawzī l’a rapporté dans al-‘Ujālah. Si l’on dit : « Peut-on (37) affirmer qu’il était présent dans tous ces lieux, mais que personne ne le voyait ? » La réponse est : Le principe de base est l’absence de cette hypothèse improbable, qui entraînerait la spécification de généralités par de simples conjectures. Ensuite, qu’est-ce qui l’aurait poussé (3) à cette dissimulation ? Alors que sa manifestation eût été plus grande pour sa récompense, plus élevée dans son rang et plus évidente pour son miracle ? Ensuite, s’il avait survécu après lui (le Prophète), sa transmission des hadiths prophétiques et des versets coraniques de la part du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, sa désapprobation des hadiths mensongers survenus, des récits altérés, des opinions innovatrices et des passions partisanes, son combat aux côtés des musulmans dans leurs expéditions, sa présence à leurs prières du vendredi et à leurs assemblées, son utilité pour eux, sa défense contre les préjudices venant d’autrui, sa guidance des savants et des gouverneurs, et l’établissement des preuves et des jugements, eût été bien meilleur que ce que l’on raconte de lui : sa dissimulation dans les villes, sa traversée des déserts et des contrées, sa rencontre avec des dévots dont on ne connaît pas la situation de beaucoup, et le fait de se faire pour eux comme un chef (naqīb) et un interprète. Ce que nous avons mentionné, personne n’hésite à son sujet après explication. Et Allah guide qui Il veut vers un chemin droit. Parmi cela, ce qui est établi dans les deux Ṣaḥīḥ (al-Bukhārī et Muslim) et ailleurs – d’après ‘Abd Allāh ibn ‘Umar : Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – pria une nuit la prière du ‘Ichā’ (soir), puis dit : « Voyez-vous cette nuit-ci ? Dans cent ans, il ne restera personne de ceux qui sont aujourd’hui sur la face de la terre. » Et dans une version : « Aucun œil qui cligne. » Ibn ‘Umar dit : Les gens furent troublés (38) par cette parole du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, mais il voulait dire la disparition de sa génération (qarn). L’Imām Aḥmad dit : ‘Abd ar-Razzāq nous a raconté, Ma‘mar nous a informés, d’après az-Zuhrī, qui dit : Sālim ibn ‘Abd Allāh et Abū Bakr ibn Sulaymān ibn Abī Khaythama m’ont informé que ‘Abd Allāh ibn ‘Umar a dit : Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – pria une nuit la prière (39) du ‘Ichā’ à la fin de sa vie. Lorsqu’il eut salué, il se leva et dit : « Voyez-vous cette nuit-ci ? Dans cent ans, il ne restera personne de ceux qui sont sur le dos de la terre. » Al-Bukhārī et Muslim l’ont rapporté d’après le hadith d’az-Zuhrī. Et l’Imām Aḥmad dit : Muḥammad ibn Abī ‘Adī nous a raconté, d’après Sulaymān at-Taymī, d’après Abū Naḍra, d’après Jābir ibn ‘Abd Allāh, qui dit : Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit peu avant sa mort, ou un mois avant : « Il n’y a aucune âme créée – ou aucun d’entre vous aujourd’hui, âme créée – sur laquelle cent ans passeront alors qu’elle sera ce jour-là vivante. » Et Aḥmad dit : Mūsā ibn Dāwūd nous a raconté, Ibn Lahī‘a nous a raconté, d’après Abū az-Zubayr, d’après Jābir, d’après le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – qu’il dit un mois avant sa mort : « Ils m’interrogent sur l’Heure, alors que sa science est auprès d’Allah. Je jure par Allah qu’il n’y a sur terre aucune âme créée aujourd’hui sur laquelle cent ans passeront. » Et c’est ainsi que Muslim l’a rapporté par la voie d’Abū Naḍra et d’Abū az-Zubayr : chacun d’eux d’après Jābir ibn ‘Abd Allāh, de manière similaire. Et at-Tirmidhī dit : ‘Abbād nous a raconté, Abū Mu‘āwiya nous a raconté, d’après al-A‘mash, d’après Abū Sufyān, d’après Jābir, qui dit : Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit : « Il n’y a sur terre aucune âme créée sur laquelle cent ans passeront. » Ceci est également selon les conditions de Muslim. Ibn al-Jawzī dit : Ces hadiths authentiques (ṣiḥāḥ) tranchent la racine de la prétention à la vie d’al-Khiḍr. Ils dirent : Al-Khiḍr (40), s’il n’a pas atteint l’époque du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – comme c’est l’opinion présumée qui s’élève en force jusqu’à la certitude, alors il n’y a pas de problème. Et s’il a atteint son époque, ce hadith implique qu’il n’a pas vécu après cent ans. Il serait donc aujourd’hui disparu, non existant, car il est inclus dans cette généralité, et le principe est l’absence de spécificateur pour lui jusqu’à ce qu’il soit établi par une preuve authentique (dalīl ṣaḥīḥ) qu’il faut accepter. Et Allah sait mieux. Le Ḥāfiẓ Abū al-Qāsim as-Suhaylī a rapporté dans son livre at-Ta‘rīf wa al-I‘lām, d’après al-Bukhārī et son maître Abū Bakr ibn al-‘Arabī, qu’il (al-Khiḍr) a atteint la vie du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – mais qu’il est mort après lui, à cause de ce hadith. Quant au fait qu’al-Bukhārī – qu’Allah lui fasse miséricorde – dise cela et qu’il ait survécu jusqu’à l’époque du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue –, cela est sujet à examen. As-Suhaylī a jugé prépondérante sa survie, et l’a rapporté de la majorité (des savants). Il dit : Quant à sa rencontre avec le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – et ses condoléances aux gens de la maison après lui, cela est rapporté par des voies authentiques (ṭuruq ṣiḥāḥ). Ensuite, il mentionna ce que nous avons précédemment jugé faible, et il n’en cita pas les chaînes de transmission (asānīd). Et Allah sait mieux. [Quant à] (41) Ilyās (Élie) – sur lui la paix –, Allah – Très-Haut – dit après l’histoire de Mūsā (Moïse) et Hārūn (Aaron) dans la sourate aṣ-Ṣāffāt : « Et Ilyās était, certes, du nombre des Messagers. * Quand il dit à son peuple : “Ne craignez-vous pas (Allah) ? * Invoquez-vous Ba‘l et délaissez-vous le Meilleur des créateurs ? * Allah, votre Seigneur et le Seigneur de vos premiers pères ?” * Ils le traitèrent de menteur. Ils seront donc amenés (au châtiment). * Sauf les serviteurs élus d’Allah. * Et Nous perpétuâmes son souvenir dans la postérité. * Paix sur Ilyāsīn ! * Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants. * Il était, certes, du nombre de Nos serviteurs croyants (2). » Les généalogistes disent : Il est Ilyās an-Nashabī, et on dit : fils de Yāsīn ibn Fīnḥāṣ ibn al-‘Ayzar ibn Hārūn. Et on dit : Ilyās ibn al-‘Āzar ibn al-‘Ayzar ibn Hārūn ibn ‘Imrān. Ils dirent : Son envoi fut adressé aux gens de Ba‘labakk (Héliopolis), à l’ouest de Damas. Il les appela à Allah – Puissant et Majestueux – et à abandonner l’adoration d’une idole qu’ils avaient et qu’ils nommaient « Ba‘l ». Et on dit : C’était une femme nommée « Ba‘l ». Et Allah sait mieux. [La première est plus correcte (2)] C’est pourquoi il leur dit : « Ne craignez-vous pas (Allah) ? * Invoquez-vous Ba‘l et délaissez-vous le Meilleur des créateurs ? * Allah, votre Seigneur et le Seigneur de vos premiers pères ? » Ils le traitèrent de menteur, s’opposèrent à lui et voulurent le tuer. On dit qu’il s’enfuit d’eux et se cacha d’eux. Abū Ya‘qūb al-Adhra‘ī dit, d’après Yazīd ibn ‘Abd aṣ-Ṣamad, d’après Hishām ibn ‘Ammār, qui dit : J’ai entendu quelqu’un mentionner d’après Ka‘b al-Aḥbār qu’il a dit : Ilyās se cacha du roi de son peuple dans la grotte qui se trouve sous ad-Dam (?) pendant dix ans, jusqu’à ce qu’Allah fasse périr le roi et en nomme un autre. Alors Ilyās vint à lui, lui proposa l’islam, et il embrassa l’islam. Et une immense créature de son peuple embrassa l’islam, à l’exception de dix mille d’entre eux. Il ordonna alors qu’ils soient tués jusqu’au dernier.
Ibn Abī al-Dunyā a dit : Abū Muḥammad al-Qāsim ibn Hāshim m’a raconté, ‘Umar ibn Sa‘īd al-Dimashqī nous a raconté, Sa‘īd ibn ‘Abd al-‘Azīz nous a raconté d’après certains anciens de Damas : Élie 68, sur lui la paix, s’est caché de son peuple dans une grotte de montagne pendant vingt nuits – ou quarante nuits – et les corbeaux lui apportaient sa subsistance. Muḥammad ibn Sa‘d, le secrétaire d’al-Wāqidī, a dit : Hishām ibn Muḥammad ibn al-Sā’ib al-Kalbī nous a informés d’après son père : Le premier prophète envoyé fut Idrīs 69, puis Noé, puis Abraham, puis Ismaël et Isaac, puis Jacob, puis Joseph, puis Lot, puis Hūd 70, puis Ṣāliḥ 71, puis Shu‘ayb 72, puis Moïse et Aaron, fils d’Imrān, puis Élie le Nasḥabī 73, fils d’al-‘Āzar, fils d’Aaron, fils d’Imrān, fils de Qāhat 74, fils de Lévi, fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham – sur eux la paix. C’est ainsi qu’il a dit, mais cet ordre est sujet à examen. Makhūl a dit d’après Ka‘b : Quatre prophètes sont vivants : deux sur terre, Élie et al-Khiḍr 75, et deux dans le ciel, Idrīs et Jésus – sur eux la paix. Nous avons déjà mentionné l’avis de ceux qui disent qu’Élie et al-Khiḍr se rencontrent chaque année au mois de Ramadan à Jérusalem, qu’ils accomplissent le pèlerinage chaque année et boivent de Zamzam 76 une gorgée qui leur suffit jusqu’à la même période l’année suivante. Nous avons également rapporté le hadith 77 selon lequel ils se rencontrent à ‘Arafāt 78 chaque année. Nous avons montré que rien de tout cela n’est authentique, et que ce qui est établi par la preuve est qu’al-Khiḍr est mort, ainsi qu’Élie – sur eux la paix. Quant à ce qu’a rapporté Wahb ibn Munabbih et d’autres : Lorsqu’il invoqua son Seigneur – qu’Il soit exalté – pour qu’Il le rappelle à Lui, après qu’ils l’eurent traité de menteur et lui eurent causé du tort, une monture de couleur de feu vint à lui, il la monta, et Dieu lui donna des plumes, le revêtit de lumière, lui ôta le plaisir de la nourriture et de la boisson, et il devint à la fois angélique et humain, céleste et terrestre, et il confia sa charge à Élisée 79 fils d’Akhtūb – ceci est sujet à examen. Cela fait partie des récits israélites 80 qu’on ne peut ni croire ni démentir, mais il est manifeste que leur authenticité est peu probable, et Dieu Très-Haut sait mieux. Quant au hadith rapporté par le ḥāfiẓ 81 Abū Bakr al-Bayhaqī : Abū ‘Abd Allāh al-Ḥāfiẓ nous a informés, Abū al-‘Abbās Aḥmad ibn Sa‘īd al-Ma‘dānī à Bukhārā m’a raconté, ‘Abd Allāh ibn Maḥmūd nous a racontés, ‘Abdān ibn Sinān nous a racontés, Aḥmad ibn ‘Abd Allāh al-Barqī m’a raconté, Yazīd ibn Yazīd al-Balawī nous a raconté, Abū Isḥāq al-Fazārī nous a raconté d’après al-Awzā‘ī, d’après Makhūl, d’après Anas ibn Mālik : Nous étions avec le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – en voyage, et nous descendîmes dans un lieu. Voilà qu’un homme dans la vallée disait : « Ô Dieu, fais-moi être de la communauté de Muḥammad – que Dieu prie sur lui et le salue – la communauté qui reçoit miséricorde, pardon et repentir. » Il dit : Je me penchai sur la vallée et voilà un homme dont la taille dépassait trois cents coudées. Il me dit : « Qui es-tu ? » Je dis : « Anas ibn Mālik, serviteur du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue. » Il dit : « Où est-il ? » Je dis : « Il est là, il entend ta parole. » Il dit : « Va vers lui et transmets-lui le salut de ma part, et dis-lui : Ton frère Élie te salue. » Il dit : J’allai vers le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – et l’en informai. Il vint jusqu’à le rencontrer, l’embrassa et le salua, puis ils s’assirent et conversèrent. Il lui dit : « Ô Messager de Dieu, je ne mange qu’un jour par an, et aujourd’hui est mon jour de rupture du jeûne, donc je mangerai avec toi. » Il dit : Une table descendit du ciel sur eux, avec du pain, un poisson et du céleri. Ils mangèrent, m’en donnèrent, et nous fîmes la prière de l’après-midi. Puis il prit congé de lui, et je le vis s’élever dans les nuages vers le ciel. Al-Bayhaqī nous a suffi pour juger de cela, et il a dit : « Ce hadith est très faible. » Il est étonnant que le ḥākim 82 Abū ‘Abd Allāh al-Naysābūrī l’ait inclus dans son Mustadrak 83 sur les deux Ṣaḥīḥ 84, alors que c’est une chose sur laquelle on peut critiquer le Mustadrak : car c’est un hadith forgé 85, contredisant les hadiths authentiques à plusieurs égards, et son sens n’est pas non plus correct. En effet, il est établi dans les deux Ṣaḥīḥ que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : « Dieu créa Adam d’une hauteur de soixante coudées dans le ciel… » jusqu’à : « Puis la création n’a cessé de diminuer jusqu’à maintenant. » Et dans ce hadith, il n’est pas venu au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – mais c’est lui qui alla vers lui, ce qui n’est pas correct, car il aurait été plus digne de se hâter vers le Sceau des prophètes. Et il y est dit qu’il ne mange qu’une fois par an, alors que Wahb a rapporté que Dieu lui a ôté le plaisir de la nourriture et de la boisson, et d’autres ont dit qu’il boit de Zamzam chaque année une gorgée qui lui suffit jusqu’à l’année suivante. Ce sont des choses contradictoires, et toutes sont fausses, aucune n’est authentique. Ibn ‘Asākir a rapporté ce hadith par une autre chaîne et a reconnu sa faiblesse. C’est étonnant de sa part, comment a-t-il pu le commenter ? Il l’a rapporté par la voie de Ḥusayn ibn ‘Arafa, d’après Hāni’ ibn al-Ḥasan, d’après Baqiyya, d’après al-Awzā‘ī, d’après Makhūl, d’après Wāthila, d’après Ibn al-Asqa‘, et il a mentionné quelque chose de similaire en détail. Et il y est dit que cela eut lieu lors de l’expédition de Tabūk, et que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – envoya vers lui Anas ibn Mālik et Ḥudhayfa ibn al-Yamān. Ils dirent : « Il était plus grand que nous de deux ou trois coudées », et il s’excusa de ne pas pouvoir venir de peur que les chameaux ne s’effrayent. Et il y est dit que lorsqu’il rencontra le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – ils mangèrent de la nourriture du Paradis, et il dit : « Je ne mange qu’une fois tous les quarante jours », et sur la table il y avait du pain, des grenades, du raisin, des bananes, des dattes fraîches et des légumes, sauf le poireau. Et il y est dit que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – l’interrogea au sujet d’al-Khiḍr, et il répondit : « Je l’ai vu l’année dernière, et il m’a dit : Tu le rencontreras avant moi, transmets-lui mon salut. » Cela indique qu’al-Khiḍr et Élie, en supposant leur existence et l’authenticité de ce hadith, ne l’avaient pas rencontré avant l’an neuf de l’hégire, ce qui n’est pas admissible religieusement. Ceci est également forgé. Ibn ‘Asākir a rapporté quelques récits de ceux qui ont rencontré Élie parmi les dévots, mais tous ne sont pas satisfaisants, en raison de la faiblesse de leur chaîne ou de l’ignorance de la personne à qui ils sont attribués. Le meilleur d’entre eux est ce qu’a dit Abū Bakr ibn Abī al-Dunyā : Bishr ibn Mu‘ādh m’a raconté, Ḥammād ibn Wāqid nous a raconté d’après Thābit : Nous étions avec Muṣ‘ab ibn al-Zubayr dans la région rurale de Kūfa. J’entrai dans un jardin pour y prier deux rak‘a 86, et je commençai par : « Ḥā Mīm 87. La révélation du Livre vient de Dieu, le Puissant, l’Omniscient, Celui qui pardonne le péché, qui agrée le repentir, qui est dur en châtiment, le Détenteur de la faveur. » Alors un homme derrière moi, sur une mule grise, vêtu de vêtements yéménites, me dit : « Quand tu dis “Celui qui pardonne le péché”, dis : “Ô Toi qui pardonnes le péché, pardonne-moi mon péché.” Quand tu dis “qui agrée le repentir”, dis : “Ô Toi qui agrées le repentir, agrée mon repentir.” Quand tu dis “qui est dur en châtiment”, dis : “Ô Toi qui es dur en châtiment, ne me châtie pas.” Quand tu dis “le Détenteur de la faveur”, dis : “Ô Toi qui es le Détenteur de la faveur, accorde-moi Ta faveur par Ta miséricorde.” » Je me retournai et il n’y avait personne. Je sortis et demandai : « Est-ce qu’un homme sur une mule grise, vêtu de vêtements yéménites, est passé par ici ? » Ils dirent : « Personne n’est passé par ici. » Ils ne voyaient que c’était Élie. Et Sa parole – qu’Il soit exalté – : « Ils le traitèrent de menteur, et ils seront certes présents » 88 signifie pour le châtiment, soit dans ce monde et dans l’autre, soit dans l’autre. La première interprétation est plus évidente selon ce qu’ont mentionné les exégètes et les historiens. Et Sa parole : « sauf les serviteurs sincères de Dieu » 89 signifie sauf ceux d’entre eux qui ont cru.
Et Sa parole : « Et Nous avons laissé sur lui [une bonne réputation] parmi les générations suivantes 90 », c'est-à-dire : Nous avons maintenu après lui un bon souvenir dans les mondes, de sorte qu'il n'est mentionné qu'en bien. C'est pourquoi Il dit : « Paix sur Éliyâsîn 91 », c'est-à-dire : Paix sur Éliyâs 92. Les Arabes ajoutent souvent un nūn à certains noms et le substituent à d'autres lettres, comme ils disent : Ismâ‘îl et Ismâ‘în, Isrâ'îl et Isrâ'în, Ilyâs et Ilyâsîn. Et il a été lu : « Paix sur la famille de Yâsîn », c'est-à-dire sur la famille de Muḥammad. Ibn Mas‘ûd et d'autres ont lu : « Paix sur Idrâsîn ». Et il a été rapporté de lui, par la voie d'Ishâq d'après ‘Ubayda ibn Rabî‘a d'après Ibn Mas‘ûd, qu'il a dit : Éliyâs est Idrîs. C'est aussi l'avis d'al-Ḍaḥḥâk ibn Muzâḥim, et il a été rapporté par Qatâda et Muḥammad ibn Isḥâq. Mais le correct est qu'il est autre que lui, comme cela a été exposé précédemment. Et Dieu sait mieux.
- al-Khiḍr : Personnage mystérieux de la tradition islamique, souvent identifié comme un prophète ou un saint immortel, connu pour sa science ésotérique. Son nom signifie 'le Vert'.
- Ilyās : Le prophète Élie dans la tradition islamique, souvent associé à al-Khiḍr dans les récits.
- ladunniyya : Science divine directe, connaissance inspirée venant de Dieu sans intermédiaire.
- Khaḍrūn : Variante du nom d'al-Khiḍr, signifiant 'le Vert'.
- Irmiyā : Le prophète Jérémie dans la tradition islamique.
- al-Khiḍr : Ici, le nom est répété dans le récit comme un titre ou un nom propre.
- Māʾila : Nom d'une femme mentionnée dans le récit, peut-être la fille de Pharaon.
- Note de fin de citation : Le passage entre crochets est une citation rapportée par Abū Zurʿa, avec un commentaire sur son authenticité.
- farwa : Terme désignant une peau ou une fourrure, mais ici interprété comme une terre blanche ou de l'herbe sèche.
- al-Bayhaqî : Abû Bakr Ahmad ibn al-Husayn al-Bayhaqî, célèbre traditionniste shafi'ite du Ve siècle de l'Hégire.
- al-Maltî : Abû 'Abd Allah al-Maltî, transmetteur peu connu.
- Wahb ibn Munabbih : Savant yéménite du Ier siècle de l'Hégire, connu pour ses récits israélites.
- ladounniyya : Science divine infuse, accordée directement par Dieu sans intermédiaire.
- al-Kalîm : Surnom de Moïse signifiant 'celui à qui Dieu a parlé directement'.
- ar-Rummânî : Abû al-Hasan 'Alî ibn 'Îsâ ar-Rummânî, savant mu'tazilite du IVe siècle de l'Hégire.
- al-Khadir : Personnage mystérieux, souvent identifié comme un prophète ou un saint, connu pour sa longévité et sa science ésotérique.
- Ibn al-Jawzî : Abû al-Faraj 'Abd ar-Rahmân ibn 'Alî ibn al-Jawzî, savant hanbalite du VIe siècle de l'Hégire.
- Bishr ibn al-Hârith al-Hâfî : Célèbre ascète et traditionniste du IIIe siècle de l'Hégire.
- source de vie : Source légendaire dont l'eau confère l'immortalité à celui qui en boit.
- marfû' : Hadith attribué directement au Prophète Muhammad.
- récits interrompus : Hadiths dont la chaîne de transmission est incomplète, ne remontant pas jusqu'au Prophète.
- Ibn 'Asâkir : Abû al-Qâsim 'Alî ibn al-Hasan ibn 'Asâkir, historien et traditionniste du VIe siècle de l'Hégire.
- Zakariyyâ ibn Yahyâ al-Waqqâd : Transmetteur jugé faible par les critiques de hadith.
- 'Abd Allah ibn Wahb : Célèbre juriste et traditionniste égyptien du IIe siècle de l'Hégire.
- ath-Thawrî : Sufyân ath-Thawrî, grand savant et traditionniste du IIe siècle de l'Hégire.
- Mujâlid : Mujâlid ibn Sa'îd, transmetteur jugé faible.
- Abû al-Waddâk : Jabr ibn Nawf, transmetteur considéré comme faible.
- Abû Sa'îd al-Khudrî : Compagnon du Prophète, célèbre pour ses nombreux hadiths.
- 'Umar ibn al-Khattâb : Deuxième calife bien guidé, compagnon éminent du Prophète.
- al-Khidr : Personnage mystérieux de la tradition islamique, souvent identifié comme un prophète ou un saint, connu pour sa longévité et sa connaissance ésotérique. Il apparaît dans le Coran (sourate 18, versets 60-82) comme le guide de Moïse.
- Hafiz : Titre donné à un savant qui connaît par cœur un grand nombre de hadiths, ou plus généralement, à celui qui maîtrise la science du hadith.
- mukatab : Esclave ayant conclu un contrat de rachat de sa liberté (kitaba) avec son maître, lui permettant de travailler pour gagner sa liberté.
- Ilyas : Le prophète Élie dans la tradition islamique, souvent associé à al-Khidr dans certains récits.
- Bismillah : Formule arabe signifiant 'Au nom de Dieu', utilisée par les musulmans avant toute action importante.
- Kalim : Surnom de Moïse, signifiant 'celui à qui Dieu a parlé directement'.
- anba'ana : Terme de transmission : 'nous a informés', indiquant une transmission orale directe.
- azā' : Consolation, réconfort dans le cadre du deuil.
- al-Khaḍir : Personnage mystérieux de la tradition islamique, souvent identifié comme un prophète ou un saint immortel, connu pour sa sagesse et ses rencontres avec des figures saintes.
- ḍa'īf : Faible, terme de critique de hadith désignant un transmetteur peu fiable.
- munkar : Réprouvé, hadith dont le texte ou la chaîne est contraire à des sources plus fiables.
- mawḍū' : Forgé, hadith inventé et attribué faussement au Prophète.
- tashayyu' : Shī‘isme, tendance à favoriser ‘Alī et sa famille.
- anba'ana : Voir note 1.
- dark : Rattrapage, fait d'atteindre ce qui a été perdu.
- matrūk : Abandonné, transmetteur dont les hadiths sont rejetés.
- mursal : Interrompu, hadith dont la chaîne de transmission manque un compagnon.
- hātif : Voix mystérieuse, souvent d'origine surnaturelle.
- 'arīf : Fonctionnaire chargé de la perception des impôts ou de la surveillance.
- athar : Trace, récit rapporté d'un compagnon ou d'un successeur.
- al-Muḥarrar : Nom propre, transmetteur considéré comme faible.
- ṭawāf : Circumambulation autour de la Ka‘ba, rite du pèlerinage.
- astār al-Ka'ba : Voiles ou tentures qui recouvrent la Ka‘ba.
- al-Ḥuṣayn : Nom propre, transmetteur.
- Razīn : Nom propre, transmetteur considéré comme faible.
- marfū' : Hadith remontant jusqu'au Prophète.
- Ilyās : Élie, prophète biblique mentionné dans le Coran.
- al-mawsim : Saison du pèlerinage, période du Hajj.
- gharīb : Étrange, hadith rapporté par un seul transmetteur.
- shaykh : Maître, titre honorifique pour un savant.
- maḥfūẓ : Préservé, hadith dont la chaîne est forte et le texte conforme.
- yawm 'Arafa : Jour de ‘Arafa, 9e jour du mois de Dhū al-Ḥijja, veille de la fête du sacrifice.
- al-Khiḍr : Personnage mystérieux de la tradition islamique, souvent identifié comme un prophète ou un saint immortel, mentionné dans le Coran (sourate 18) comme compagnon de Moïse.
- Ḍamra : Ḍamra ibn Rabī'a al-Ramlī, transmetteur de hadiths, considéré comme faible par certains critiques.
- Al-Ramlī : Surnom de Ḍamra ibn Rabī'a, originaire de Ramla.
- les deux Ṣaḥīḥ : Les deux recueils de hadiths authentiques d'al-Bukhārī et de Muslim.
- Coran 21:34 : Verset coranique : 'Nous n'avons accordé l'immortalité à aucun être humain avant toi.'
- Coran 3:81 : Verset coranique sur l'engagement des prophètes.
- Ilyās : Élie, prophète mentionné dans le Coran (Sourate 37:123-132) et la Bible. Identifié comme un prophète d'Israël.
- Idrīs : Idris, prophète identifié à Hénoch dans la Bible. Mentionné dans le Coran (Sourate 19:56-57).
- Hūd : Houd, prophète envoyé au peuple de 'Ad. Mentionné dans le Coran (Sourate 7:65-72).
- Ṣāliḥ : Sâlih, prophète envoyé au peuple de Thamûd. Mentionné dans le Coran (Sourate 7:73-79).
- Shu‘ayb : Chou'ayb, prophète envoyé au peuple de Madyan. Mentionné dans le Coran (Sourate 7:85-93).
- al-Nashabī : Surnom d'Élie, signifiant 'le Nasḥabī', peut-être en référence à une localité ou une tribu.
- Qāhat : Qehath, fils de Lévi et ancêtre de Moïse et Aaron dans la Bible.
- al-Khiḍr : Al-Khidr, figure mystérieuse souvent associée à l'immortalité et à la sagesse. Mentionné dans le Coran (Sourate 18:60-82) comme compagnon de Moïse.
- Zamzam : Puits sacré à La Mecque, dont l'eau est considérée comme bénie.
- ḥadīth : Hadith, récit rapportant les paroles et actions du prophète Muhammad.
- ‘Arafāt : Plaine près de La Mecque où les pèlerins se rassemblent le 9 du mois de Dhul-Hijja.
- al-Yasa‘ : Élisée, prophète successeur d'Élie dans la Bible et mentionné dans le Coran (Sourate 38:48).
- Isrā’īliyyāt : Récits d'origine juive ou chrétienne rapportés dans les sources islamiques, souvent considérés comme non authentiques.
- ḥāfiẓ : Titre donné à un spécialiste du hadith qui maîtrise un grand nombre de textes et de chaînes de transmission.
- al-ḥākim : Al-Hakim, titre désignant un juge ou, ici, un savant du hadith (al-Hakim al-Naysaburi).
- Mustadrak : Ouvrage d'al-Hakim al-Naysaburi qui compile des hadiths qu'il considère comme répondant aux critères d'authenticité de Bukhari et Muslim.
- Ṣaḥīḥ : Recueils de hadiths authentiques, notamment ceux de Bukhari et Muslim.
- mawḍū‘ : Hadith forgé, inventé, considéré comme non authentique.
- rak‘a : Unité de prière islamique comprenant des inclinaisons et des prosternations.
- Ḥā Mīm : Lettres mystiques ouvrant la sourate 40 (Ghafir) du Coran.
- Coran 37:127 : Référence au verset : 'Ils le traitèrent de menteur, et ils seront certes présents (au châtiment).'
- Coran 37:128 : Référence au verset : 'sauf les serviteurs sincères de Dieu.'
- ākhirīn : Les générations suivantes, les peuples postérieurs.
- Ilyāsīn : Variante du nom du prophète Élie (Ilyās), avec ajout d'un nūn.
- Ilyās : Le prophète Élie (Élie), mentionné dans le Coran.
Chapitre mentionnant un groupe de prophètes des enfants d'Israël après Moïse, paix sur…
Chapitre mentionnant un groupe de prophètes des enfants d'Israël après Moïse, paix sur lui, puis nous les suivons par la mention de David et Salomon, paix sur eux. Ibn Jarir [1] a dit dans son Histoire : Il n'y a pas de divergence parmi les gens de science connaissant les récits des anciens et les affaires des prédécesseurs, de notre communauté et d'autres, sur le fait que celui qui prit en charge les affaires des enfants d'Israël après Josué [2] fut Caleb [3] fils de Younna [4], c'est-à-dire l'un des compagnons de Moïse, paix sur lui, et il est le mari de sa sœur Marie [5], et il est l'un des deux hommes qui craignent Dieu, à savoir Josué et Caleb, et ce sont ceux qui dirent aux enfants d'Israël lorsqu'ils reculèrent devant le combat : "Entrez par la porte [6] contre eux ; si vous y entrez, vous serez vainqueurs. Et placez votre confiance en Dieu, si vous êtes croyants."
Chapitre mentionnant un groupe de prophètes des Enfants d'Israël après Moïse, paix sur lui, puis nous les suivons par la mention de David et Salomon, paix sur eux. Ibn Jarîr dit dans son Histoire : Il n'y a pas de divergence parmi les savants versés dans les récits des anciens et les affaires des prédécesseurs, de notre communauté et d'autres, que celui qui prit en charge les affaires des Enfants d'Israël après Josué fut Caleb fils de Younna, c'est-à-dire l'un des compagnons de Moïse, paix sur lui, et il est l'époux de sa sœur Marie, et il est l'un des deux hommes qui craignent Dieu, à savoir Josué et Caleb, et ce sont ceux qui dirent aux Enfants d'Israël lorsqu'ils refusèrent le combat : "Entrez par la porte ; quand vous y entrerez, vous serez vainqueurs. Et placez votre confiance en Dieu, si vous êtes croyants." Ibn Jarîr dit : Puis après lui, celui qui prit en charge les affaires des Enfants d'Israël fut Ézéchiel fils de Bûdhâ 1, et c'est celui qui invoqua Dieu et Il ressuscita ceux qui étaient sortis de leurs maisons par milliers, craignant la mort. L'histoire d'Ézéchiel. Dieu Très-Haut dit : "N'as-tu pas vu ceux qui sortirent de leurs demeures par milliers, craignant la mort ? Dieu leur dit : 'Mourez !' Puis Il les ressuscita. Certes, Dieu est plein de grâce envers les hommes, mais la plupart des gens ne sont pas reconnaissants." Muhammad ibn Ishâq rapporte d'après Wahb ibn Munabbih que lorsque Dieu rappela à Lui Caleb fils de Younna [après Josué 2], il eut pour successeur auprès des Enfants d'Israël Ézéchiel fils de Bûdhâ, et il est le fils de la vieille femme, et c'est lui qui invoqua pour le peuple que Dieu mentionne dans Son Livre, selon ce qui nous est parvenu. "N'as-tu pas vu ceux qui sortirent de leurs demeures par milliers, craignant la mort ?" Ibn Ishâq dit : Ils fuirent l'épidémie et s'installèrent dans une plaine de la terre. Dieu leur dit : "Mourez !" et ils moururent tous. On leur construisit une enceinte pour les protéger des bêtes sauvages. De longues époques passèrent, puis Ézéchiel, paix sur lui, passa près d'eux, s'arrêta et réfléchit. On lui dit : "Aimerais-tu que Dieu les ressuscite sous tes yeux ?" Il dit : "Oui." Alors il reçut l'ordre d'appeler ces os à se revêtir de chair et à ce que les nerfs se rejoignent. Il les appela sur ordre de Dieu, et tout le peuple se leva et prononça le takbîr 3 d'un seul homme. Asbât rapporte d'après al-Suddî, d'après Abû Mâlik, et d'après Abû Sâlih, d'après Ibn 'Abbâs, et d'après Murra, d'après Ibn Mas'ûd, et d'après des gens 4 parmi les Compagnons, au sujet de Sa parole : "N'as-tu pas vu ceux qui sortirent de leurs demeures par milliers, craignant la mort, et Dieu leur dit : 'Mourez !' puis Il les ressuscita ?" Ils dirent : Il y avait une ville appelée Dâwardân, en face de Wâsit, où une peste se déclara. La plupart de ses habitants s'enfuirent et s'installèrent dans un endroit voisin. Ceux qui restèrent dans la ville périrent, tandis que les autres furent épargnés, et peu d'entre eux moururent. Quand la peste cessa, ils revinrent sains et saufs. Ceux qui étaient restés dirent : "Nos compagnons ont été plus avisés que nous ; si nous avions fait comme eux, nous aurions survécu. Si la peste revient, nous sortirons avec eux." L'année suivante, la peste revint, et ils s'enfuirent, au nombre d'environ trente-trois mille, jusqu'à ce qu'ils s'installent dans cet endroit, une large vallée. Un ange les appela du bas de la vallée et un autre du haut : "Mourez !" Ils moururent. Lorsqu'ils furent morts et que leurs corps restèrent, un prophète nommé Ézéchiel passa près d'eux. En les voyant, il s'arrêta, se mit à réfléchir à leur sujet, à se mordre les lèvres et à tordre ses doigts. Dieu lui révéla : "Veux-tu que Je te montre comment Je les ressuscite ?" Il dit : "Oui." Sa réflexion était en fait de l'étonnement 5 devant la puissance de Dieu sur eux. On lui dit : "Appelle." Il appela : "Ô os ! Dieu vous ordonne de vous rassembler." Les os se mirent à voler les uns vers les autres, jusqu'à former des corps d'os. Puis Dieu lui révéla : "Appelle : Ô os ! Dieu vous ordonne de vous revêtir de chair." Ils se revêtirent de chair 6, de sang et de leurs vêtements dans lesquels ils étaient morts. Puis on lui dit : "Appelle." Il appela : "Ô corps ! Dieu vous ordonne de vous lever." Ils se levèrent. Asbât dit : Mansûr rapporte d'après Mujâhid qu'ils dirent, lorsqu'ils furent ressuscités : "Gloire à Toi, ô Dieu, et à Toi la louange ! Il n'y a de dieu que Toi !" Ils retournèrent alors vers leur peuple, vivants, sachant qu'ils avaient été morts, avec les marques de la mort sur leurs visages ; ils ne portaient aucun vêtement sans qu'il ne devienne usé, jusqu'à ce qu'ils meurent à leurs termes 7 qui leur étaient prescrits. D'après Ibn 'Abbâs, ils étaient quatre mille ; d'après lui aussi, huit mille ; d'après Abû Sâlih, neuf mille ; d'après Ibn 'Abbâs également, quarante mille. D'après Sa'îd ibn 'Abd al-'Azîz, ils étaient originaires d'Adhri'ât. Ibn Jurayj rapporte d'après 'Atâ' : Ceci est une parabole, c'est-à-dire qu'elle a été donnée en exemple pour montrer que la prudence ne sert à rien contre le décret ! Mais l'avis de la majorité 8 est que cela s'est réellement produit. L'imam Ahmad et les deux auteurs des Sahîh ont rapporté, par la voie d'al-Zuhrî, d'après 'Abd al-Hamîd ibn 'Abd al-Rahmân ibn Zayd ibn al-Khattâb, d'après 'Abd Allâh ibn al-Hârith ibn Nawfal, d'après 'Abd Allâh ibn 'Abbâs, que 'Umar ibn al-Khattâb partit pour la Syrie. Lorsqu'il arriva à Sargh, les commandants des armées, Abû 'Ubayda ibn al-Jarrâh et ses compagnons, le rencontrèrent et l'informèrent que la peste avait frappé la Syrie. Il mentionna le hadith, c'est-à-dire sa consultation des Muhâjirûn et des Ansâr, qui divergèrent d'avis. 'Abd al-Rahmân ibn 'Awf vint à lui, alors qu'il était absent pour quelque besoin, et dit : "J'ai à ce sujet une science : j'ai entendu le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, dire : 'Si elle [la peste] se trouve dans une terre où vous êtes, n'en sortez pas pour la fuir ; et si vous apprenez qu'elle est dans une terre, n'y entrez pas.'" Alors 'Umar loua Dieu et s'en retourna. L'imam dit : Nous a rapporté Hajjâj et Yazîd al-Muftî, ils dirent : Nous a rapporté Ibn Abî Dhu'ayb 9, d'après al-Zuhrî, d'après Sâlim, d'après 'Abd Allâh ibn 'Âmir ibn Rabî'a, que 'Abd al-Rahmân ibn 'Awf informa 'Umar, alors qu'il était en Syrie, que le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, avait dit : "Cette maladie a été un châtiment pour les nations avant vous. Si vous apprenez qu'elle est dans une terre, n'y entrez pas ; et si elle frappe une terre où vous êtes, n'en sortez pas pour la fuir." Il dit : Alors 'Umar retourna de Syrie. Les deux [auteurs des Sahîh] l'ont rapporté d'après le hadith de Mâlik, d'après al-Zuhrî, de manière similaire. Muhammad ibn Ishâq 10 dit : On ne nous a pas rapporté la durée du séjour d'Ézéchiel parmi les Enfants d'Israël. Puis Dieu le rappela à Lui. Lorsqu'il fut rappelé, les Enfants d'Israël oublièrent l'alliance de Dieu avec eux, les péchés se multiplièrent parmi eux et ils adorèrent les idoles. Parmi les idoles qu'ils adoraient, il y avait une idole appelée Baal. Dieu envoya alors vers eux Élie fils de Yâsîn fils de Qanhâs fils d'al-'Ayzar fils d'Aaron fils d'Imrân. Je dis : Nous avons déjà présenté l'histoire d'Élie à la suite de l'histoire d'al-Khidr, car ils sont souvent mentionnés ensemble, et parce qu'elle vient après l'histoire de Moïse dans la sourate al-Sâffât ; nous avons donc avancé son histoire pour cette raison. Et Dieu sait mieux. Muhammad ibn Ishâq dit, d'après ce qui lui a été rapporté de Wahb ibn Munabbih : Puis prophétisa parmi eux, après Élie, son successeur Élisée fils d'Akhtûb, paix sur lui.
L'histoire d'al-Yasa' (sur lui la paix). Allah Très-Haut l'a mentionné avec les prophètes dans la sourate al-An'âm [dans Sa parole] : « Et Ismaël, al-Yasa', Jonas et Lot ; et Nous avons favorisé chacun d'eux sur les mondes. » Et Il dit Très-Haut dans la sourate Sâd : « Et mentionne Ismaël, al-Yasa' et Dhû al-Kifl ; tous sont parmi les meilleurs. » Ibn Ishâq a dit : Bishr Abû Hudhayfa nous a rapporté, Sa'îd nous a informés d'après Qatâda, d'après al-Hasan, qui a dit : Après Élie, il y eut al-Yasa' (sur eux la paix). Il resta aussi longtemps qu'Allah le voulut, les appelant à Allah, s'en tenant fermement à la voie et à la loi d'Élie, jusqu'à ce qu'Allah, Puissant et Majestueux, le rappelle à Lui. Puis vinrent après eux des successeurs 11 ; les événements et les péchés s'aggravèrent parmi eux, les tyrans se multiplièrent et ils tuèrent les prophètes. Il y avait parmi eux un roi obstiné et tyrannique. On dit que c'est celui pour qui Dhû al-Kifl s'est porté garant 12 que s'il se repentait et revenait, il entrerait au Paradis ; c'est pourquoi il fut nommé Dhû al-Kifl. Muhammad ibn Ishâq a dit : C'est al-Yasa' ibn Akhtûb. Al-Hâfiz Abû al-Qâsim ibn 'Asâkir a dit dans son Histoire, à la lettre Yâ' : al-Yasa' est al-Asbât 13 ibn 'Adî ibn Shûtalm ibn Afrâthîm ibn Yûsuf ibn Ya'qûb ibn Ishâq ibn Ibrâhîm al-Khalîl. On dit aussi qu'il est le cousin du prophète Élie (sur eux la paix). On dit qu'il se cachait avec lui sur le mont Qâsiyûn 14 à cause du roi de Baalbek, puis il alla avec lui là-bas. Lorsqu'Élie fut élevé, al-Yasa' lui succéda auprès de son peuple et Allah le nomma prophète après lui. 'Abd al-Mun'im ibn Idrîs [ibn Sinân] l'a mentionné d'après son père, d'après Wahb ibn Munabbih. Il dit : Et d'autres ont dit : Et il était [al-Asbât] à Bâniyâs 15. Puis Ibn 'Asâkir mentionna la lecture de ceux qui lisent « al-Yasa' » avec allègement et avec accentuation, et ceux qui lisent « al-Laysa' » ; c'est un seul nom pour un prophète parmi les prophètes. Je dis : Nous avons déjà présenté l'histoire de Dhû al-Kifl après l'histoire de Job (sur lui la paix) car on a dit qu'il est le fils de Job. Allah Très-Haut sait mieux. Section : Ibn Jarîr et d'autres ont dit : Puis la situation des Enfants d'Israël se détériora, les malheurs et les péchés s'aggravèrent parmi eux, ils tuèrent ceux qu'ils tuèrent parmi les prophètes, et Allah fit régner sur eux, à la place des prophètes, des rois tyranniques qui les opprimaient et versaient leur sang. Allah fit aussi dominer sur eux des ennemis d'autres peuples. Lorsqu'ils combattaient un ennemi, ils avaient avec eux l'Arche d'Alliance 16 qui se trouvait dans la Tente du Temps 17, comme mentionné précédemment. Ils étaient victorieux grâce à sa bénédiction et à ce qu'Allah y avait placé comme sérénité 18 et reliques 19 de ce qu'avaient laissé la famille de Moïse et la famille d'Aaron. Lors d'une de leurs guerres contre les habitants de Gaza et d'Ascalon, ceux-ci les vainquirent et les dominèrent, s'emparant de l'Arche. Lorsque le roi des Enfants d'Israël de cette époque l'apprit, son cou se brisa et il mourut de chagrin. Les Enfants d'Israël restèrent comme des brebis sans berger, jusqu'à ce qu'Allah envoie parmi eux un prophète nommé Samuel. Ils lui demandèrent de leur établir un roi pour combattre avec lui les ennemis. Leur histoire fut ce que nous mentionnerons de ce qu'Allah a raconté dans Son Livre. Ibn Jarîr a dit : De la mort de Josué fils de Nûn jusqu'à l'envoi par Allah, Puissant et Majestueux, de Samuel fils de Bâlî, il y eut quatre cent soixante ans. Puis il mentionna le détail des règnes des rois qui régnèrent sur eux, les nommant un par un ; nous avons délibérément omis de les mentionner. Histoire de Samuel (sur lui la paix) ; elle contient le début de l'histoire de David (sur lui la paix). Il est Samuel, et on dit Ashmawîl 20 fils de Bâlî fils de 'Alqama fils de Yarkhâm fils d'Alyahû fils de Tahw fils de Sûf fils de 'Alqama fils de Mâhith fils de 'Amûsâ fils de 'Azriyâ. Muqâtil a dit : Il est parmi les héritiers d'Aaron. Mujâhid a dit : Il est Ashmawîl fils de Halfâqâ ; il n'a pas donné plus que cela dans sa généalogie. Allah sait mieux. Al-Suddî a rapporté avec sa chaîne de transmission d'après Ibn 'Abbâs, Ibn Mas'ûd et des Compagnons, ainsi qu'al-Tha'labî et d'autres, que lorsque les Amalécites 21 de la région de Gaza et d'Ascalon eurent vaincu les Enfants d'Israël, tué un grand nombre d'entre eux et capturé beaucoup de leurs enfants, la prophétie cessa dans la tribu de Lévi ; il ne restait qu'une femme enceinte. Elle implora Allah, Puissant et Majestueux, de lui accorder un enfant mâle. Elle mit au monde un garçon et le nomma Ashmawîl, ce qui signifie en hébreu Ismaël, c'est-à-dire « Allah a entendu ma prière ». Lorsqu'il grandit, elle l'envoya au temple et le confia à un homme pieux qui s'y trouvait, pour qu'il reste auprès de lui et apprenne de sa bonté et de son adoration. Il resta auprès de lui. Lorsqu'il atteignit l'âge adulte, une nuit, alors qu'il dormait, une voix vint du côté du temple. Il se réveilla effrayé et pensa que le vieillard l'appelait. Il lui demanda : « M'as-tu appelé ? » Le vieillard, ne voulant pas l'effrayer, dit : « Oui, dors. » Il se rendormit. Puis il l'appela une deuxième fois, et ainsi de suite, puis une troisième fois ; c'était Gabriel qui l'appelait. Il vint à lui et lui dit : « Ton Seigneur t'a envoyé comme prophète à ton peuple. » Et son histoire avec eux fut ce qu'Allah a raconté dans Son Livre. Allah Très-Haut dit dans Son Livre précieux : « N'as-tu pas vu les notables des Enfants d'Israël après Moïse, lorsqu'ils dirent à un prophète à eux : "Envoie-nous un roi, afin que nous combattions dans le chemin d'Allah." Il dit : "Et si le combat vous est prescrit, vous ne combattrez point ?" Ils dirent : "Qu'avons-nous à ne pas combattre dans le chemin d'Allah, alors que nous avons été chassés de nos maisons et de nos enfants ?" Puis, lorsque le combat leur fut prescrit, ils tournèrent le dos, sauf un petit nombre d'entre eux. Et Allah connaît les injustes. Leur prophète leur dit : "Allah vous a envoyé Tâlût 22 comme roi." Ils dirent : "Comment aurait-il la royauté sur nous, alors que nous sommes plus dignes de la royauté que lui, et qu'il n'a pas reçu de richesse abondante ?" Il dit : "Allah l'a choisi sur vous et lui a ajouté une grande science et une grande force corporelle. Allah donne Sa royauté à qui Il veut. Et Allah est Immense et Savant." Et leur prophète leur dit : "Le signe de sa royauté est que l'Arche vous reviendra ; elle contient une sérénité 18 de votre Seigneur et des reliques 19 de ce qu'ont laissé la famille de Moïse et la famille d'Aaron, portée par les anges. Il y a là un signe pour vous, si vous êtes croyants." Puis, lorsque Tâlût partit avec les troupes, il dit : "Allah va vous éprouver par une rivière : quiconque en boira ne sera pas des miens ; quiconque n'y goûtera pas sera des miens, excepté celui qui puisera un peu dans le creux de sa main." Ils en burent, sauf un petit nombre d'entre eux. Puis, lorsqu'il l'eut traversée, lui et ceux qui avaient cru avec lui, ils dirent : "Nous n'avons aujourd'hui aucune force contre Goliath et ses troupes." Ceux qui pensaient qu'ils rencontreraient Allah dirent : "Combien de fois une petite troupe a vaincu une grande troupe par la permission d'Allah ! Et Allah est avec les endurants." Et lorsqu'ils se présentèrent face à Goliath et ses troupes, ils dirent : "Seigneur ! Déverse sur nous l'endurance, affermis nos pas et donne-nous la victoire sur le peuple mécréant." Ils les mirent en déroute par la permission d'Allah, et David tua Goliath. Allah lui donna la royauté et la sagesse, et lui enseigna ce qu'Il voulut. Et si Allah ne repoussait pas les gens les uns par les autres, la terre serait corrompue. Mais Allah est plein de faveur envers les mondes." La plupart des exégètes ont dit : Le prophète de ces gens mentionnés dans cette histoire est Samuel. On a dit aussi : Sham'ûn 23, et on a dit que ce sont les deux mêmes. On a dit aussi : Josué, mais cela est peu probable, d'après ce qu'a mentionné l'imam Abû Ja'far ibn Jarîr dans son Histoire, à savoir qu'entre la mort de Josué et l'envoi de Samuel, il y eut quatre cent soixante ans. Allah sait mieux. Le but est que lorsque ces gens furent épuisés par les guerres et dominés par les ennemis, ils demandèrent au prophète d'Allah de cette époque et lui demandèrent de leur désigner un roi sous l'autorité duquel ils seraient, pour combattre derrière lui, avec lui et devant lui les ennemis. Il leur dit : « Et si le combat vous est prescrit, vous ne combattrez point ? » Ils dirent : « Qu'avons-nous à ne pas combattre dans le chemin d'Allah ? » C'est-à-dire : qu'est-ce qui nous empêcherait de combattre, « alors que nous avons été chassés de nos maisons et de nos enfants ? » Ils disent : nous sommes dépouillés et assoiffés de vengeance ; il est donc juste que nous combattions pour nos enfants opprimés, faibles et captifs entre leurs mains.
Dieu Très-Haut a dit : « Puis quand le combat leur fut prescrit, ils tournèrent le dos, sauf un petit nombre parmi eux. Et Dieu connaît bien les injustes. » Comme Il l'a mentionné à la fin de l'histoire, seuls quelques-uns traversèrent le fleuve avec le roi, tandis que les autres reculèrent et refusèrent le combat. « Et leur prophète leur dit : “Dieu vous a envoyé Talut comme roi.” » Al-Tha'labi a dit : il s'agit de Talut, fils de Qish, fils d'Afïl 24, fils de Saru 25, fils de Tahurt, fils d'Afïh, fils d'Anis, fils de Benjamin, fils de Jacob, fils d'Isaac, fils d'Abraham, l'Intime. Ikrima et al-Suddi ont dit : il était porteur d'eau ! Wahb ibn Munabbih a dit : il était tanneur. Et d'autres avis ont été donnés. Et Dieu sait mieux. C'est pourquoi « ils dirent : “Comment aurait-il la royauté sur nous, alors que nous sommes plus dignes de la royauté que lui, et qu'il n'a pas reçu de richesse abondante ?” » Ils ont mentionné que la prophétie était dans la tribu de Lévi et que la royauté était dans la tribu de Juda. Comme celui-ci était de la tribu de Benjamin, ils s'en éloignèrent et critiquèrent son commandement sur eux, disant : « Nous sommes plus dignes de la royauté que lui », et ils 26 mentionnèrent qu'il était pauvre, sans richesse abondante. Comment un tel homme pourrait-il être roi ? « Il dit : “Dieu l'a choisi pour vous et lui a accordé une grande ampleur dans la science et le corps.” » On a dit que Dieu avait révélé à Samuel que celui des fils d'Israël dont la taille égalerait celle de ce bâton, et qui, lorsqu'il se présenterait devant toi, ferait bouillonner cette corne contenant l'huile sainte, serait leur roi. Ils entrèrent donc et se mesurèrent à ce bâton, mais personne parmi eux n'atteignit sa taille sauf Talut. Lorsqu'il se présenta devant Samuel, la corne bouillonna, il l'oignit avec [l'huile] et le désigna comme roi 27 sur eux, et leur dit : « Dieu l'a choisi pour vous et lui a accordé une grande ampleur dans la science » – on a dit dans l'art de la guerre, ou bien de manière absolue – « et dans le corps » – on a dit la taille, ou la beauté. Ce qui ressort du contexte est qu'il était le plus beau et le plus savant d'entre eux après leur prophète, sur lui la paix. « Et Dieu donne Sa royauté à qui Il veut. » À Lui le jugement, à Lui la création et le commandement. « Et Dieu est Vaste, Savant. » « Et leur prophète leur dit : “Le signe de sa royauté est que l'Arche vous viendra, contenant une sérénité [sakina] de votre Seigneur et un reste de ce que laissèrent la famille de Moïse et la famille d'Aaron, portée par les Anges. Il y a là un signe pour vous, si vous êtes croyants.” » Ceci aussi fait partie de la bénédiction de la souveraineté de cet homme vertueux sur eux et de sa faveur : que Dieu leur rende l'Arche qui leur avait été enlevée et sur laquelle les ennemis les avaient vaincus. Ils étaient auparavant secourus contre leurs ennemis grâce à elle. « Une sérénité de votre Seigneur » – on a dit un bassin en or dans lequel on lavait les poitrines des prophètes ; on a dit que la sérénité est comme un vent doux ; on a dit que sa forme est comme un chat : quand il criait en temps de guerre, les fils d'Israël étaient certains de la victoire. « Et un reste de ce que laissèrent la famille de Moïse et la famille d'Aaron » – on a dit qu'il contenait les débris des Tables et une partie de la manne qui était descendue sur eux dans le désert. « Portée par les Anges » – c'est-à-dire que les Anges vous l'apporteront, la portant, et vous le verrez de vos propres yeux, pour que ce soit un signe de Dieu pour vous et une preuve éclatante de la vérité de ce que je vous dis et de la légitimité de la souveraineté de ce roi vertueux sur vous. C'est pourquoi Il dit : « Il y a là un signe pour vous, si vous êtes croyants. » On a dit que lorsque les Amalécites eurent pris cette Arche, qui contenait ce qui a été mentionné de la sérénité et du reste [béni 28], et on a dit qu'elle contenait aussi la Torah, ils la placèrent sous une idole dans leur pays. Le lendemain matin, l'Arche se trouvait au-dessus de l'idole. Ils la remirent en dessous, mais le deuxième jour, l'Arche était encore au-dessus de l'idole. Cela se répéta, et ils comprirent que c'était une affaire de Dieu Très-Haut. Ils la sortirent donc de leur pays et la placèrent dans un de leurs villages. Une maladie les frappa au cou. Comme cela se prolongeait, ils la mirent sur un chariot, l'attelèrent à deux vaches et les laissèrent aller. On dit que les Anges les conduisirent jusqu'à ce qu'ils arrivent auprès des fils d'Israël, qui les virent, comme leur prophète le leur avait annoncé. Dieu sait mieux de quelle manière les Anges l'apportèrent. Ce qui ressort est que les Anges la portaient eux-mêmes, comme le comprend 29 le verset. Et Dieu sait mieux, même si la première version a été rapportée par beaucoup ou la plupart des exégètes. « Puis, quand Talut partit avec les troupes, il dit : “Dieu vous éprouvera par une rivière : quiconque en boira ne sera pas des miens ; quiconque n'y goûtera pas sera des miens, excepté celui qui puisera un peu d'eau dans le creux de sa main.” » Ibn Abbas et beaucoup d'exégètes ont dit : cette rivière est le Jourdain, appelé al-Shari'a. L'ordre de Talut à ses troupes, sur ordre du prophète de Dieu, lui-même sur ordre de Dieu, était un test et une épreuve : que celui qui boirait de cette rivière ne m'accompagnerait pas dans cette expédition, et que seuls m'accompagneraient ceux qui n'y goûteraient pas, sauf une gorgée dans le creux de la main. Dieu Très-Haut a dit : « Ils en burent, sauf un petit nombre parmi eux. » Al-Suddi a dit : l'armée était de quatre-vingt mille hommes ; soixante-seize mille en burent, et il ne resta avec lui que quatre mille. C'est ce qu'il a dit. Al-Bukhari a rapporté dans son Sahih, d'après Israïl, Zuhayr et al-Thawri, d'après Abu Ishaq, d'après al-Bara' ibn 'Azib, qui a dit : « Nous, les compagnons de Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue, disions que le nombre des compagnons de Badr était égal à celui des compagnons de Talut qui traversèrent 30 le fleuve avec lui, et que seuls trois cent treize croyants environ traversèrent avec lui. » L'affirmation d'al-Suddi selon laquelle l'armée comptait quatre-vingt mille hommes est discutable, car la terre de Jérusalem ne peut contenir une armée combattante de quatre-vingt mille hommes. Dieu sait mieux. Dieu Très-Haut a dit : « Puis quand lui et ceux qui avaient cru avec lui eurent traversé, ils dirent : “Nous n'avons aucune force aujourd'hui contre Goliath et ses troupes.” » C'est-à-dire qu'ils se jugèrent faibles et incapables de résister à leurs ennemis, en raison de leur petit nombre et du grand nombre de leurs ennemis. « Ceux qui étaient convaincus qu'ils rencontreraient Dieu dirent : “Combien de fois une petite troupe a vaincu une grande troupe par la permission de Dieu ! Et Dieu est avec les endurants.” » C'est-à-dire que les courageux d'entre eux 31, les cavaliers, gens de foi et de certitude, endurants dans le combat, la lutte et les assauts, les affermirent. « Et quand ils se présentèrent face à Goliath et ses troupes, ils dirent : “Seigneur ! Déverse sur nous l'endurance, affermis nos pas et donne-nous la victoire sur le peuple mécréant.” » Ils demandèrent à Dieu de déverser sur eux l'endurance, c'est-à-dire de les en inonder d'en haut, afin que leurs cœurs se stabilisent et ne s'inquiètent pas, et d'affermir leurs pas dans le champ de bataille, le lieu des héros, le tumulte de la guerre et l'appel au combat. Ils demandèrent donc un affermissement apparent et intérieur, et qu'Il fasse descendre sur eux la victoire contre leurs ennemis et les ennemis de Dieu, les mécréants qui nient Ses signes et Ses bienfaits. Le Grand, le Puissant, l'Audient, le Voyant, le Sage, le Connaisseur exauça leur demande 32 et leur accorda ce qu'ils désiraient 33. C'est pourquoi Il dit : « Ils les mirent en déroute par la permission de Dieu », c'est-à-dire par la force et la puissance de Dieu, non par leur propre force, et par la puissance de Dieu et Son secours, non par leur propre puissance et leur nombre, malgré le grand nombre de leurs ennemis et leur effectif complet, comme Dieu Très-Haut a dit : « Dieu vous a déjà secourus à Badr alors que vous étiez faibles. Craignez donc Dieu, peut-être serez-vous reconnaissants. » Et Sa parole : « David tua Goliath, et Dieu lui donna la royauté et la sagesse, et lui enseigna de ce qu'Il voulut. » Cela indique le courage de David, sur lui la paix, et qu'il le tua d'une mort qui humilia ses troupes et brisa 34 son armée. Il n'y a pas de plus grande expédition que celle où un roi tue son ennemi et en tire profit.
À cause de cela, les richesses abondantes, et il fait prisonniers les héros, les braves et les pairs 35, et la parole de la foi triomphe des idoles, et les alliés de Dieu 36 l'emportent sur Ses ennemis, et la religion vraie apparaît sur le faux et ses partisans. Al-Suddî a mentionné, dans ce qu'il rapporte, que David, sur lui la paix, était le plus jeune des enfants de son père, et ils étaient treize mâles. Il avait entendu Tâlût 37, roi des Enfants d'Israël, inciter les Enfants d'Israël à tuer Goliath et ses soldats, disant : « Celui qui tuera Goliath, je le marierai à ma fille et l'associerai à mon royaume. » David, sur lui la paix, lançait avec la fronde, c'est-à-dire la catapulte, d'une manière formidable. Alors qu'il marchait avec les Enfants d'Israël, une pierre l'appela : « Prends-moi, car c'est par moi que tu tueras Goliath. » Il la prit, puis une autre pierre de même, puis une autre de même. Il prit les trois dans sa besace. Lorsque les deux rangs se firent face, Goliath sortit et défia en duel. David s'avança vers lui et lui dit : « Retourne, car je répugne à te tuer. » Il répondit : « Mais moi, j'aime te tuer. » Il prit ces trois pierres, les plaça dans la fronde, puis la fit tourner, et les trois devinrent une seule pierre. Puis il la lança contre Goliath, lui fendit la tête, et son armée s'enfuit en déroute. Tâlût tint sa promesse : il le maria à sa fille et le fit régner sur son royaume. David, sur lui la paix, devint grand auprès des Enfants d'Israël, ils l'aimèrent et se tournèrent vers lui plus que vers Tâlût. On rapporte que Tâlût devint jaloux de lui, voulut le tuer et ourdit des ruses pour cela, mais n'y parvint pas. Les savants 38 interdirent à Tâlût de tuer David, mais il s'acharna contre eux et les tua, jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un petit nombre. Puis il éprouva repentir, regret et renoncement à ce qu'il avait fait. Il se mit à pleurer abondamment, sortait au cimetière et pleurait jusqu'à ce que la terre soit imbibée de ses larmes. Un jour, on l'appela du cimetière : « Ô Tâlût, tu nous as tués alors que nous étions vivants, et tu nous as tourmentés alors que nous étions morts. » Ses pleurs, sa peur et sa frayeur s'en accrurent. Puis il se mit à demander un savant pour s'enquérir de son cas et savoir s'il avait un repentir. On lui dit : « As-tu donc laissé un savant ? » Jusqu'à ce qu'on le guide vers une femme parmi les dévotes. Elle le prit et l'emmena au tombeau de Josué, sur lui la paix. On rapporte qu'elle invoqua Dieu, et Josué se leva de sa tombe et dit : « La Résurrection a-t-elle eu lieu ? » Elle dit : « Non, mais voici Tâlût qui te demande : a-t-il un repentir ? » Il dit : « Oui, qu'il se dépouille du royaume et aille combattre dans le sentier de Dieu jusqu'à ce qu'il soit tué. » Puis il redevint mort. Alors Tâlût abandonna le royaume à David, sur lui la paix, partit avec treize de ses fils, et ils combattirent dans le sentier de Dieu jusqu'à ce qu'ils soient tués. On rapporte que c'est là le sens de Sa parole : « Et Dieu lui donna la royauté et la sagesse, et lui enseigna ce qu'Il voulut. » C'est ainsi que l'a rapporté Ibn Jarîr 39 dans son Histoire, d'après al-Suddî avec sa chaîne de transmission. Il y a dans une partie de cela quelque chose à considérer et de l'étrangeté. Et Dieu sait mieux. Muhammad ibn Ishâq a dit : « Le prophète qui fut envoyé et informa Tâlût de son repentir est Élisée 40, fils d'Akhtûb. » Ibn Jarîr l'a également rapporté. Al-Tha'labî a mentionné qu'elle l'emmena au tombeau de Samuel et qu'il lui reprocha ce qu'il avait fait après lui. Ceci est plus approprié. Peut-être l'a-t-il vu en rêve, et non qu'il se soit levé vivant de la tombe, car cela ne serait un miracle que pour un prophète, et cette femme n'était pas prophète. Et Dieu sait mieux. Ibn Jarîr a dit : « Les gens de la Torah prétendent que la durée du règne de Tâlût jusqu'à ce qu'il soit tué avec ses fils fut de quarante ans. » Dieu sait mieux. **L'histoire de David, sur lui la paix, ce qui eut lieu en son temps, mention de ses vertus, de ses qualités, des preuves de sa prophétie et de ses signes** Il est David, fils d'Isaï, fils d'Obed, fils de Boaz, fils de Salmon, fils de Nachshon, fils d'Aminadab, fils d'Ram, fils de Hesron, fils de Phares, fils de Juda, fils de Jacob, fils d'Isaac, fils d'Abraham, l'Ami intime 41. Serviteur de Dieu, Son prophète et Son vicaire sur la terre de Jérusalem. Muhammad ibn Ishâq a rapporté d'après certains gens de science, d'après Wahb ibn Munabbih : « David, sur lui la paix, était de petite taille, aux yeux bleus, peu de cheveux, au cœur pur et net. » Il a été mentionné précédemment que lorsqu'il tua Goliath – et sa mort eut lieu, selon Ibn 'Asâkir, près du château d'Umm Hakîm, près de Marj al-Suffar – les Enfants d'Israël l'aimèrent et se tournèrent vers lui et vers son règne sur eux. Il arriva ce qui arriva avec Tâlût, et le royaume échut à David, sur lui la paix. Dieu réunit pour lui la royauté et la prophétie, le bien de ce monde et de l'au-delà. La royauté était dans une tribu et la prophétie dans une autre, et elles se réunirent en David. C'est comme Dieu dit : « Et David tua Goliath, et Dieu lui donna la royauté et la sagesse, et lui enseigna ce qu'Il voulut. Et si Dieu ne repoussait pas les gens les uns par les autres, la terre serait corrompue, mais Dieu est plein de grâce envers les mondes. » C'est-à-dire : si Dieu n'établissait pas des rois comme juges sur les gens, le fort mangerait le faible. C'est pourquoi il est rapporté dans certains récits : « Le sultan est l'ombre de Dieu sur Sa terre. » Et le Commandeur des croyants 'Uthmân ibn 'Affân a dit : « Dieu réprime par le sultan ce qu'Il ne réprime pas par le Coran. » Ibn Jarîr a mentionné dans son Histoire que lorsque Goliath défia Tâlût et lui dit : « Sors vers moi, et je sortirai vers toi », Tâlût appela les gens, et David se porta volontaire et tua Goliath. Wahb ibn Munabbih a dit : « Les gens se tournèrent vers David, au point que Tâlût ne fut plus mentionné, et ils destituèrent Tâlût et établirent David sur eux. » On dit que cela se fit sur ordre de Samuel, certains disant même qu'il l'avait établi avant la bataille. Ibn Jarîr a dit : « Ce qui est admis par la majorité, c'est qu'il ne fut établi qu'après la mort de Goliath. » Dieu sait mieux. Ibn 'Asâkir a rapporté d'après Sa'îd ibn 'Abd al-'Azîz que sa mort de Goliath eut lieu près du château d'Umm Hakîm, et que le fleuve qui s'y trouve est celui mentionné dans le verset. Dieu sait mieux. * * * Dieu dit : « Et certes, Nous avons donné à David une faveur de Notre part : Ô montagnes, répétez avec lui les louanges, ainsi que les oiseaux ! Et Nous avons amolli pour lui le fer : "Fabrique des cottes de mailles complètes et mesure bien les mailles !" Et faites le bien, car Je vois parfaitement ce que vous faites. » Et Il dit : « Et Nous avons soumis les montagnes à David : elles célébraient la gloire avec lui, ainsi que les oiseaux. Et Nous sommes Celui qui fait cela. Et Nous lui avons enseigné la fabrication de vos cuirasses, pour vous protéger de votre violence. Êtes-vous donc reconnaissants ? » Dieu l'aida à fabriquer des cottes de mailles en fer pour protéger les combattants des ennemis, et Il le guida dans leur fabrication et leur forme, disant : « Et mesure bien les mailles », c'est-à-dire : ne rends pas le clou trop fin, car il se briserait, ni trop épais, car il fendrait. C'est ce qu'ont dit Mujâhid, Qatâda, al-Hakam et 'Ikrima. Al-Hasan al-Basrî, Qatâda et al-A'mash ont dit : « Dieu avait amolli le fer pour lui, au point qu'il le pétrissait de ses mains, sans besoin de feu ni de marteau. » Qatâda a dit : « Il fut le premier à fabriquer des cottes de mailles en anneaux ; avant cela, elles étaient en plaques. » Ibn Shawdhab a dit : « Il fabriquait chaque jour une cotte de mailles qu'il vendait six mille dirhams. » Il est établi dans le hadith que la meilleure nourriture que l'homme mange est celle de son travail, et que le prophète de Dieu, David, mangeait du travail de ses mains. Dieu dit : « Et mentionne Notre serviteur David, doué de force 42 : il était plein de repentir. Nous avons soumis les montagnes à lui : elles célébraient la gloire avec lui, le soir et au lever du jour. Et les oiseaux rassemblés : tous lui obéissaient. Et Nous avons affermi son royaume et lui avons donné la sagesse et la parole décisive. » Ibn 'Abbâs et Mujâhid ont dit : « La force, c'est la puissance dans l'obéissance », c'est-à-dire doué de force dans l'adoration et l'œuvre pie. Qatâda a dit : « Il reçut la force dans l'adoration et la compréhension dans l'islam. » Il a dit : « Il nous est parvenu qu'il se levait la nuit et jeûnait la moitié du temps. »
Il est établi dans les deux Sahih 43 que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, a dit : « La prière la plus aimée d'Allah est la prière de David, et le jeûne le plus aimé d'Allah est le jeûne de David : il dormait la moitié de la nuit, se levait pour un tiers, et dormait un sixième ; et il jeûnait un jour et rompait le jeûne un jour, et ne fuyait pas lorsqu'il rencontrait (l'ennemi). » Et Sa parole : « Nous avons soumis les montagnes avec lui à célébrer Notre gloire, au soir et au lever du jour, et les oiseaux rassemblés : tous étaient pour lui pleins de retour 44 », comme Il a dit : « Ô montagnes, répétez avec lui 45 les louanges, et vous, les oiseaux », c'est-à-dire : glorifiez avec lui. C'est ce qu'ont dit Ibn Abbas, Mujahid et plusieurs autres dans l'exégèse de ce verset : « Nous avons soumis les montagnes avec lui à célébrer Notre gloire, au soir et au lever du jour », c'est-à-dire à la fin du jour et à son commencement. Cela parce qu'Allah, exalté soit-Il, lui avait donné une voix si puissante qu'Il n'en avait donné à personne, au point que lorsqu'il psalmodiait la lecture de Son Livre, les oiseaux s'arrêtaient dans les airs, répétant ses modulations et glorifiant avec lui ; et de même les montagnes lui répondaient et glorifiaient avec lui chaque fois qu'il glorifiait, matin et soir. Que les prières et les saluts d'Allah soient sur lui. Al-Awza'i a dit : Abd Allah ibn Amir m'a raconté : « David reçut une beauté de voix que personne n'avait jamais reçue, au point que les oiseaux et les bêtes sauvages se rassemblaient autour de lui jusqu'à mourir de soif et de faim, et même les fleuves s'arrêtaient ! » Wahb ibn Munabbih a dit : « Nul ne l'entendait sans se mettre à danser, et il lisait le Zabur 46 d'une voix telle que les oreilles n'en avaient jamais entendu de pareille ; les djinns, les humains, les oiseaux et les bêtes s'attroupaient autour de sa voix, au point que certains d'entre eux périssaient de faim. » Abu Awana al-Isfarayini a dit : Abu Bakr ibn Abi ad-Dunya nous a raconté, Muhammad ibn Mansur at-Tusi nous a raconté : j'ai entendu Subayh Abu Turab, qu'Allah lui fasse miséricorde. Abu Awana a dit : et Abu al-Abbas al-Madani m'a raconté, Muhammad ibn Salih al-Adawi nous a raconté, Sayyar – c'est-à-dire Ibn Hatim – nous a raconté d'après Ja'far, d'après Malik, qui a dit : « Lorsque David, la paix soit sur lui, commençait la lecture du Zabur, les jeunes filles vierges perdaient leur virginité 47. » Abd ar-Razzaq a dit d'après Ibn Jurayj : j'ai demandé à Ata' au sujet de la lecture accompagnée de chant, et il a dit : « Quel mal y a-t-il à cela ? J'ai entendu Ubayd ibn Umayr dire : David, la paix soit sur lui, prenait un luth 48 et en jouait, puis lisait dessus, et cela lui renvoyait sa voix, voulant par là pleurer et faire pleurer. » L'imam Ahmad a dit : Abd ar-Razzaq nous a raconté, Ma'mar nous a raconté d'après az-Zuhri, d'après Urwa, d'après Aïcha, qui a dit : « Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, entendit la voix d'Abu Musa al-Ash'ari alors qu'il lisait, et il dit : 'Il a été donné à Abu Musa une des flûtes 49 de la famille de David.' » Ceci est selon les conditions des deux cheikhs 50, mais ils ne l'ont pas rapporté par cette voie. Ahmad a dit : Hasan nous a raconté, Hammad ibn Salama nous a raconté d'après Muhammad ibn Umar, d'après Abu Salama, d'après Abu Hurayra, que le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, a dit : « Il a été donné à Abu Musa une des flûtes de David. » Selon les conditions de Muslim. Nous avons rapporté d'après Abu Uthman an-Nahdi qu'il a dit : « J'ai entendu le barbat 51 et la flûte, mais je n'ai jamais entendu une voix plus belle que celle d'Abu Musa al-Ash'ari. » Avec cette voix mélodieuse, il lisait rapidement son Livre, le Zabur, comme l'a dit l'imam Ahmad : Abd ar-Razzaq nous a raconté, Ma'mar nous a raconté d'après Hammam, d'après Abu Hurayra, qui a dit : « Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, a dit : 'La lecture fut rendue légère pour David : il ordonnait qu'on sellât sa monture, et il lisait le Coran 52 avant qu'elle ne fût sellée ; et il ne mangeait que du travail de ses mains.' » De même, al-Bukhari l'a rapporté seul d'après Abd Allah ibn Muhammad, d'après Abd ar-Razzaq. Sa version est : « Le Coran fut rendu léger pour David : il ordonnait qu'on sellât ses montures, et il lisait le Coran avant qu'elles ne fussent sellées ; et il ne mangeait que du travail de ses mains. » Puis al-Bukhari a dit : Musa ibn Uqba l'a rapporté d'après Safwan – c'est-à-dire Ibn Sulaym – d'après Ata' ibn Yasar, d'après Abu Hurayra, d'après le Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue. Ibn Asakir l'a rapporté dans sa biographie de David, la paix soit sur lui, dans son Histoire, par plusieurs voies d'après Ibrahim ibn Tahman, d'après Musa ibn Uqba, et par la voie d'Abu Asim d'après Abu Bakr as-Sabri, d'après Safwan ibn Sulaym. Ce qu'on entend ici par « Coran » est le Zabur qu'Il lui a révélé et qu'Il lui a inspiré. La mention de la narration semble être mémorisée, car il était un roi avec des sujets ; il lisait le Zabur pendant le temps qu'il fallait pour seller les montures, ce qui est une chose rapide, tout en méditant, psalmodiant et chantant avec humilité. Que les prières et les saluts d'Allah soient sur lui. Allah, exalté soit-Il, a dit : « Et Nous avons donné à David le Zabur. » Le Zabur est un livre célèbre. Nous avons mentionné dans l'exégèse le hadith rapporté par Ahmad et d'autres, selon lequel il fut révélé au mois de Ramadan ; il contient des exhortations et des sagesses bien connues de quiconque l'examine. Et Sa parole : « Et Nous avons affermi sa royauté, et Nous lui avons donné la sagesse et la décision tranchante 53 », c'est-à-dire : Nous lui avons donné une royauté immense et un jugement exécutoire. Ibn Jarir et Ibn Abi Hatim ont rapporté d'après Ibn Abbas que deux hommes vinrent plaider devant David, la paix soit sur lui, au sujet de bœufs : l'un prétendait que l'autre les lui avait usurpés. L'accusé nia, et David remit l'affaire à la nuit. Pendant la nuit, Allah lui révéla de tuer le plaignant. Au matin, David lui dit : « Allah m'a révélé que je dois te tuer, et je te tuerai sans faute. Quelle est donc ton histoire dans ce que tu as prétendu contre celui-ci ? » Il dit : « Par Allah, ô Prophète d'Allah, j'ai raison dans ce que j'ai prétendu contre lui, mais j'avais auparavant tué son père. » David ordonna alors qu'on le tuât. La puissance de David grandit énormément parmi les fils d'Israël, et ils s'humilièrent devant lui d'une grande humilité. Ibn Abbas a dit : c'est le sens de Sa parole : « Et Nous avons affermi sa royauté. » Et Sa parole : « Et Nous lui avons donné la sagesse », c'est-à-dire la prophétie. « Et la décision tranchante » : Shuraih, ash-Sha'bi, Qatada, Abu Abd ar-Rahman as-Sulami et d'autres ont dit : la décision tranchante, ce sont les témoins et les serments – ils entendent par là : « La preuve incombe au plaignant, et le serment à celui qui nie. » Mujahid et as-Suddi ont dit : c'est la justesse du jugement et sa compréhension. Mujahid a dit : c'est la décision dans la parole et dans le jugement. Ibn Jarir a choisi cette opinion. Cela ne contredit pas ce qui a été rapporté d'Abu Musa, à savoir que c'est la formule : « Amma ba'd 54 ». Wahb ibn Munabbih a dit : « Lorsque le mal et les faux témoignages se multiplièrent parmi les fils d'Israël, David reçut une chaîne pour trancher les litiges. Elle était tendue du ciel jusqu'au Rocher de Jérusalem, et elle était en or. Lorsque deux hommes se disputaient un droit, celui qui était dans le vrai l'atteignait, tandis que l'autre n'y parvenait pas. Elle resta ainsi jusqu'à ce qu'un homme confie une perle à un autre ; celui-ci la nia, prit un bâton et y cacha la perle. Lorsqu'ils se présentèrent devant le Rocher, le plaignant tendit la main mais ne l'atteignit pas. On dit à l'autre : 'Prends-la avec ta main.' Il prit le bâton, le donna au plaignant – la perle était dedans – et dit : 'Ô Allah, Tu sais que je la lui ai remise.' Puis il saisit la chaîne et l'atteignit. L'affaire devint confuse pour les fils d'Israël, puis la chaîne fut rapidement enlevée d'entre eux. » Plusieurs exégètes l'ont rapporté dans ce sens. Ishaq ibn Bishr l'a rapporté d'après Idris ibn Sinan, d'après Wahb, dans ce sens. « Et t'est-il parvenu le récit des adversaires 55 quand ils escaladèrent le sanctuaire 56 ? Quand ils entrèrent auprès de David, qui en fut effrayé. Ils dirent : 'N'aie pas peur ; nous sommes deux adversaires : l'un de nous a transgressé contre l'autre. Juge donc entre nous en toute équité, ne sois pas partial, et guide-nous vers le droit chemin. Celui-ci est mon frère : il a quatre-vingt-dix-neuf brebis, et moi j'ai une seule brebis. Il a dit : 'Confie-la-moi' et il m'a vaincu dans la discussion.' »
Il dit : « Il t'a certes lésé en exigeant ta brebis pour l'ajouter à ses brebis. » Et beaucoup d'associés 57 sont injustes les uns envers les autres, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, et ils sont peu nombreux. Et David comprit que Nous l'avions éprouvé ; il implora donc le pardon de son Seigneur, tomba prosterné et se repentit. Nous lui pardonnâmes cela. Et il a auprès de Nous une place rapprochée 58 et un beau retour. De nombreux exégètes, parmi les anciens et les modernes, ont rapporté ici des récits et des traditions dont la plupart sont des israélites 59 et dont certains sont sans aucun doute mensongers. Nous avons délibérément omis de les citer dans notre livre, nous contentant et nous limitant à la simple récitation de l'histoire tirée du noble Coran. Et Allah guide qui Il veut vers un droit chemin. Les imams ont divergé au sujet de la prosternation de Sâd 60 : est-elle une prosternation obligatoire 61 ou simplement une prosternation de gratitude 62 qui n'est pas obligatoire ? Il y a deux opinions. Al-Bukhârî a dit : Muhammad ibn 'Abd Allah nous a rapporté, Muhammad ibn 'Ubayd at-Tanâfisî nous a rapporté, d'après al-'Awwâm, qui a dit : J'ai interrogé Mujâhid au sujet de la prosternation de Sâd, et il a dit : J'ai interrogé Ibn 'Abbâs : « D'où tiens-tu qu'il faut se prosterner ? » Il a dit : « Ne récites-tu pas : "Et parmi sa descendance, David et Salomon... Ce sont ceux qu'Allah a guidés ; suis donc leur guidance" ? David faisait partie de ceux que votre Prophète (sur lui la paix et le salut) a reçu l'ordre de suivre. David (sur lui la paix) s'est prosterné, et le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) s'est prosterné. » L'imam Ahmad a dit : Ismâ'îl ibn 'Ulayya nous a rapporté, d'après Ayyûb, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbâs, qu'il a dit : « La prosternation dans Sâd n'est pas une prosternation obligatoire, et j'ai vu le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) s'y prosterner. » Al-Bukhârî, Abû Dâwûd, at-Tirmidhî et an-Nasâ'î l'ont également rapporté d'après le hadith d'Ayyûb. At-Tirmidhî a dit : « Bon et authentique. » An-Nasâ'î a dit : Ibrâhîm ibn al-Hasan al-Miqsamî m'a informé, Hajjâj ibn Muhammad nous a rapporté, d'après 'Umar ibn Dharr, d'après son père, d'après Sa'îd ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbâs, que le Prophète (sur lui la paix et le salut) s'est prosterné dans Sâd et a dit : « David s'est prosterné en repentance, et nous nous prosternons en gratitude. » Ce hadith est unique à Ahmad et ses rapporteurs sont dignes de confiance. Abû Dâwûd a dit : Ahmad ibn Sâlih nous a rapporté, Ibn Wahb nous a rapporté, 'Amr ibn al-Hârith m'a informé, d'après Sa'îd ibn Abî Hilâl, d'après 'Iyâd ibn 'Abd Allah ibn Sa'd ibn Abî Sarh, d'après Abû Sa'îd al-Khudrî, qui a dit : « Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) récita Sâd sur le minbar. Lorsqu'il parvint à la prosternation, il descendit et se prosterna, et les gens se prosternèrent avec lui. Un autre jour, il la récita, et lorsqu'il parvint à la prosternation, les gens se préparèrent à se prosterner. Il dit alors : "Ce n'est que la repentance d'un prophète, mais je vous ai vus vous préparer." Puis il descendit et se prosterna. » Ce hadith est unique à Abû Dâwûd et sa chaîne de transmission répond aux conditions de l'authentique. L'imam Ahmad a dit : 'Affân nous a rapporté, Yazîd ibn Zuray' nous a rapporté, Humayd nous a rapporté, Bakr ibn 'Umar et Abû as-Siddîq an-Nâjî nous ont rapporté qu'Abû Sa'îd al-Khudrî a vu en rêve qu'il écrivait Sâd, et lorsqu'il parvint à l'endroit où l'on se prosterne, il vit l'encrier, la plume et tout ce qui était présent se prosterner. Il raconta cela au Prophète (sur lui la paix et le salut), et depuis lors, il ne cessa de s'y prosterner. Ce hadith est unique à Ahmad. At-Tirmidhî et Ibn Mâjah ont rapporté d'après le hadith de Muhammad ibn Yazîd ibn Khunays, d'après al-Hasan ibn Muhammad ibn 'Ubayd Allah ibn Abî Yazîd, qui a dit : Ibn Jurayj m'a dit : Mon grand-père 'Ubayd Allah ibn Abî Yazîd m'a rapporté, d'après Ibn 'Abbâs, qu'un homme vint auprès du Prophète (sur lui la paix et le salut) et dit : « Ô Messager d'Allah, j'ai vu en rêve que je priais derrière un arbre, et je récitai la prosternation, et l'arbre se prosterna avec moi. Je l'entendis dire en se prosternant : "Ô Allah, inscris-moi par elle auprès de Toi une récompense, fais-en pour moi un trésor, allège par elle mon fardeau, et accepte-la de moi comme Tu l'as acceptée de Ton serviteur David." » Ibn 'Abbâs dit : Je vis le Prophète (sur lui la paix et le salut) se lever, réciter la prosternation, puis se prosterner, et je l'entendis dire en se prosternant ce que l'homme avait rapporté des paroles de l'arbre. At-Tirmidhî dit alors : « Étrange, nous ne le connaissons que par cette voie. » Certains exégètes ont mentionné qu'il (sur lui la paix) resta prosterné quarante jours. Mujâhid, al-Hasan et d'autres l'ont dit, et un hadith élevé 63 a été rapporté à ce sujet, mais il provient de la transmission de Yazîd ar-Raqâshî, qui est faible et dont la transmission est abandonnée. Allah Très-Haut a dit : « Nous lui pardonnâmes cela. Et il a auprès de Nous une place rapprochée et un beau retour. » C'est-à-dire qu'il aura au Jour de la Résurrection une proximité (zulfâ) 64 par laquelle Allah le rapprochera et l'approchera de Son enceinte sacrée, comme cela est établi dans le hadith : « Les équitables seront sur des chaires de lumière, à la droite du Tout-Miséricordieux – et Ses deux mains sont droites – ceux qui sont équitables envers leurs familles, dans leurs jugements et dans ce dont ils ont la charge. » L'imam Ahmad a dit dans son Musnad : Yahyâ ibn Âdam nous a rapporté, Fudayl nous a rapporté, d'après 'Atiyya, d'après Abû Sa'îd al-Khudrî, qui a dit : Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Les personnes les plus aimées d'Allah au Jour de la Résurrection et les plus proches de Lui en rang sont l'imam juste ; et les personnes les plus détestées d'Allah au Jour de la Résurrection et les plus sévèrement châtiées sont l'imam injuste. » At-Tirmidhî l'a également rapporté d'après le hadith de Fudayl ibn Marzûq al-Agharr, et il a dit : « Nous ne le connaissons comme élevé que par cette voie. » Ibn Abî Hâtim a dit : Abû Zur'a nous a rapporté, 'Abd Allah ibn Abî Ziyâd nous a rapporté, Sayyâr nous a rapporté, Ja'far ibn Sulaymân nous a rapporté, j'ai entendu Mâlik ibn Dînâr dire à propos de Sa parole : « Et il a auprès de Nous une place rapprochée et un beau retour » : « David (sur lui la paix) se tiendra au Jour de la Résurrection près du Pied du Trône 65, et Allah dira : "Ô David, glorifie-Moi aujourd'hui avec cette belle voix mélodieuse par laquelle tu Me glorifiais dans le monde." Il dira : "Comment le pourrais-je, alors que je en ai été privé ?" Il dira : "Aujourd'hui, Je te la rends." Alors David élèvera la voix d'une manière qui épuisera la félicité des habitants des Jardins. » « Ô David, Nous t'avons fait calife 66 sur la terre ; juge donc entre les hommes en toute justice, et ne suis pas la passion, car elle t'égarerait du chemin d'Allah. Ceux qui s'égarent du chemin d'Allah auront un châtiment sévère pour avoir oublié le Jour des Comptes. » Ceci est une adresse d'Allah Très-Haut à David, et elle vise les gouverneurs et les juges des hommes, leur ordonnant la justice et le suivre de la vérité révélée par Allah, et non les opinions et les passions, et avertissant ceux qui agissent autrement et jugent autrement. David (sur lui la paix) était le modèle à suivre en son temps en matière de justice, d'abondance d'adoration et de divers actes de rapprochement, au point qu'aucune heure de la nuit ou du jour ne passait sans que les gens de sa maison soient en adoration, nuit et jour, comme Allah Très-Haut a dit : « Œuvrez, famille de David, en remerciement. Et il y a peu de Mes serviteurs qui sont reconnaissants. » Abû Bakr ibn Abî ad-Dunyâ a dit : Ismâ'îl ibn Ibrâhîm ibn Bassâm nous a rapporté, Sâlih al-Murrî nous a rapporté, d'après Abû 'Imrân al-Jawnî, d'après Abû al-Jald, qui a dit : J'ai lu dans la question de David (sur lui la paix) qu'il a dit : « Ô Seigneur, comment puis-je Te remercier, alors que je ne parviens à Te remercier que par Ta grâce ? » Alors la révélation lui vint : « Ô David, ne sais-tu pas que les bienfaits que tu possèdent viennent de Moi ? » Il dit : « Oui, ô Seigneur. » Il dit : « Alors Je Me contente de cela de ta part. » Al-Bayhaqî a dit : Abû 'Abd Allah al-Hâfiz nous a informés, Abû Bakr ibn Bâbawayh nous a informés, Muhammad ibn Yûnus al-Qurashî nous a rapporté, Rawh ibn 'Ubâda nous a rapporté, 'Abd Allah ibn Lâhiq m'a rapporté, d'après Ibn Shihâb, qui a dit : David a dit : « Louange à Allah, comme il convient à la générosité de Sa Face et à la puissance de Sa Majesté. »
Allah lui révéla alors : « Tu as fatigué les anges gardiens 67, ô David ! » Abû Bakr ibn Abî ad-Dunyâ l'a rapporté d'après 'Alî ibn al-Ja'd, d'après ath-Thawrî, de manière similaire. 'Abd Allâh ibn al-Mubârak a dit dans son Livre de l'ascèse : Suwayd 68 nous a rapporté d'après Sufyân ath-Thawrî, d'après un homme, d'après Wahb ibn Munabbih, qui a dit : « Il est dans la sagesse de la famille de David : Il incombe à l'homme sensé de ne pas négliger quatre moments : un moment où il s'entretient en privé avec son Seigneur, un moment où il se livre à l'examen de conscience 69, un moment où il se rend auprès de ses frères qui l'informent de ses défauts et lui disent la vérité sur lui-même, et un moment où il laisse libre cours à ses plaisirs licites et convenables. Car ce dernier moment est une aide pour les autres moments et un repos pour les cœurs. Il incombe à l'homme sensé de connaître son temps, de garder sa langue et de s'occuper de ses affaires. Il incombe à l'homme sensé de ne voyager que pour l'une de ces trois choses : des provisions pour son retour 70, un entretien pour sa subsistance, ou un plaisir non illicite. » Abû Bakr ibn Abî ad-Dunyâ l'a également rapporté d'après Abû Bakr ibn Abî Khaythama, d'après Ibn Mahdî, d'après Sufyân, d'après Abû al-Agharr, d'après Wahb ibn Munabbih, et il l'a mentionné. Il l'a aussi rapporté d'après 'Alî ibn al-Ja'd, d'après 'Umar ibn al-Haytham ar-Raqâshî, d'après Abû al-Agharr, d'après Wahb ibn Munabbih, et il l'a mentionné. Cet Abû al-Agharr est celui qu'Ibn al-Mubârak a rendu anonyme dans sa transmission. C'est ce qu'a dit Ibn 'Asâkir. 'Abd ar-Razzâq a dit : Bishr ibn Râfi' nous a rapporté, un cheikh de San'â' nommé Abû 'Abd Allâh nous a raconté, disant : J'ai entendu Wahb ibn Munabbih, et il a mentionné quelque chose de similaire. Le ḥâfiẓ 71 Ibn 'Asâkir a rapporté dans sa notice biographique de David, sur lui la paix, de nombreuses choses agréables, dont sa parole : « Sois pour l'orphelin comme un père miséricordieux, et sache que comme tu sèmes, ainsi tu récolteras. » Il a rapporté avec une chaîne de transmission rare, remontant au Prophète, que David a dit : « Ô semeur de mauvaises actions, tu récolteras leurs épines et leurs chardons. » Et d'après David, sur lui la paix, il a dit : « L'exemple du prédicateur stupide dans l'assemblée des gens est comme celui du chanteur auprès de la tête du mort. » Il a aussi dit : « Qu'il est laid, la pauvreté après la richesse, et plus laid encore, l'égarement après la guidée. » Il a dit : « Regarde ce que tu détesterais qu'on mentionne de toi dans l'assemblée des gens, et ne le fais pas lorsque tu es seul. » Il a dit : « Ne promets jamais à ton frère ce que tu ne réaliseras pas pour lui, car cela est source d'inimitié entre toi et lui. » Muhammad ibn Sa'd a dit : Muhammad ibn 'Umar al-Wâqidî nous a rapporté, Hishâm ibn Sa'd m'a raconté d'après 'Umar, le client de 'Afra, qui a dit : Les Juifs, lorsqu'ils virent le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, épouser des femmes, dirent : « Regardez celui-ci qui ne se rassasie pas de nourriture et, par Allah, n'a d'autre préoccupation que les femmes ! » Ils l'enviaient pour le grand nombre de ses épouses et le lui reprochaient, disant : « S'il était un prophète, il n'aurait pas de désir pour les femmes. » Le plus virulent d'entre eux était Ḥuyayy ibn Akhṭab. Mais Allah les démentit et les informa de la faveur et de l'immensité d'Allah envers Son Prophète, prières et salut d'Allah sur lui, en disant : « Ou bien envient-ils les gens pour ce qu'Allah leur a donné de Sa faveur ? » 72 – par « les gens », il entendait le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue – « Or, Nous avons donné à la famille d'Abraham le Livre et la Sagesse, et Nous leur avons donné un royaume immense » 73, c'est-à-dire ce qu'Allah a donné à Salomon fils de David : il avait mille femmes, sept cents épouses libres et trois cents concubines. David, sur lui la paix, avait cent femmes, dont la femme d'Urie, la mère de Salomon fils de David, qu'il épousa après l'épreuve. Cela est bien plus que ce qu'avait Muhammad, qu'Allah prie sur lui et le salue. Al-Kalbî a mentionné quelque chose de similaire : David, sur lui la paix, avait cent femmes, et Salomon en avait mille, dont trois cents concubines. Le ḥâfiẓ a rapporté dans son Histoire, dans la notice biographique de Ṣadaqa ad-Dimashqî, qui transmet d'après Ibn 'Abbâs, par la voie d'al-Faraj ibn Faḍâla al-Ḥimṣî, d'après Abû Hurayra al-Ḥimṣî, d'après Ṣadaqa ad-Dimashqî, qu'un homme interrogea Ibn 'Abbâs au sujet du jeûne. Il dit : « Je vais te rapporter un hadith que j'avais en réserve, caché. Si tu veux, je t'informe du jeûne de David : il jeûnait beaucoup et priait beaucoup la nuit, il était courageux et ne fuyait pas lorsqu'il affrontait l'ennemi. Il jeûnait un jour et rompait le jeûne un jour. Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, a dit : "Le meilleur jeûne est le jeûne de David." Il récitait le Zabûr 74 avec soixante-dix voix différentes, et il avait une rak'a 75 de nuit durant laquelle il pleurait sur lui-même, et tout pleurait à ses pleurs, et par sa voix, le triste et le fiévreux étaient guéris. Si tu veux, je t'informe du jeûne de son fils Salomon : il jeûnait trois jours au début du mois, trois au milieu et trois à la fin, commençant le mois par un jeûne, le milieu par un jeûne et le terminant par un jeûne. Si tu veux, je t'informe du jeûne du fils de la vierge, Jésus fils de Marie : il jeûnait continuellement, mangeait de l'orge, portait des vêtements de poil, mangeait ce qu'il trouvait et ne demandait pas ce qui manquait. Il n'avait pas d'enfant qui meurt ni de maison qui s'écroule. Où que la nuit le surprenne, il joignait ses pieds et se levait en prière jusqu'au matin. C'était un archer dont aucune proie qu'il visait ne lui échappait. Il passait par les assemblées des fils d'Israël et satisfaisait leurs besoins. Si tu veux, je t'informe du jeûne de sa mère Marie, fille de 'Imrân : elle jeûnait un jour et rompait deux jours. Si tu veux, je t'informe du jeûne du Prophète arabe illettré Muhammad, qu'Allah prie sur lui et le salue : il jeûnait trois jours par mois et disait : "Cela équivaut au jeûne perpétuel." »
- Bûdhâ : Nom du père d'Ézéchiel, parfois orthographié Bûzî ou Bûdhî.
- après Josué : Le texte arabe porte 'après Josué' entre crochets, indiquant une interpolation probable.
- takbîr : Formule 'Allâhu akbar' (Dieu est le plus grand).
- des gens : Le texte arabe porte 'unâs', désignant des personnes non spécifiées parmi les Compagnons.
- étonnement : Le texte arabe porte 'ta'ajjub', signifiant émerveillement ou stupéfaction devant la puissance divine.
- se revêtirent de chair : Le texte arabe porte 'fâktasat lahman', littéralement 'se revêtirent de chair'.
- termes : Le texte arabe porte 'âjâl', pluriel de 'ajal', signifiant les termes ou délais fixés par Dieu pour la mort.
- avis de la majorité : Le texte arabe porte 'al-jumhûr', désignant l'opinion majoritaire des savants.
- Ibn Abî Dhu'ayb : Muhammad ibn 'Abd al-Rahmân ibn Abî Dhu'ayb, un éminent traditionniste médinois.
- Muhammad ibn Ishâq : Célèbre historien et biographe du Prophète (m. 150 H/767), auteur de la Sîra.
- khalaf / khulūf : Successeurs ; désigne ici une génération postérieure, souvent dévoyée par rapport aux prophètes.
- takaffala lahu : Se porter garant ; Dhū al-Kifl aurait garanti à ce roi qu'il entrerait au Paradis s'il se repentait.
- al-Asbāt : Nom propre ; pourrait être une variante ou un titre d'al-Yasa'.
- Jabal Qāsiyūn : Montagne près de Damas, lieu de retraite pour certains prophètes.
- Bāniyās : Ville antique (Césarée de Philippe) au pied du mont Hermon.
- Tābūt al-Mīthāq : Arche d'Alliance ; coffre sacré contenant les tables de la Loi et d'autres reliques.
- Qubbat al-Zamān : Tente du Temps ; désigne le Tabernacle ou la Tente de la Rencontre.
- sakīna : Sérénité, présence divine apaisante ; concept coranique.
- baqiyya : Reliques ; restes matériels laissés par les familles de Moïse et Aaron.
- Ashmawīl : Nom hébreu de Samuel, signifiant 'Dieu a entendu'.
- al-‘Amāliqa : Amalécites ; peuple ennemi des Enfants d'Israël.
- Tālūt : Saül ; roi choisi par Dieu pour les Enfants d'Israël.
- Sham‘ūn : Siméon ; nom parfois donné à Samuel dans certaines traditions.
- أفيل : Nom propre, probablement une variante d'Éphraïm ou d'un autre nom biblique.
- صارو : Nom propre, peut-être une forme de Sarug ou d'un autre nom.
- قد : Particule de renforcement, souvent utilisée pour insister sur un fait passé.
- عينه للملك : Il le désigna pour la royauté, c'est-à-dire qu'il l'oignit comme roi.
- المباركة : Bénie, qualificatif du reste contenu dans l'Arche.
- المفهوم : Ce qui est compris, le sens apparent du verset.
- جاوزوا : Ils traversèrent, franchirent le fleuve.
- منهم : D'entre eux, c'est-à-dire parmi les compagnons de Talut.
- سألوا : Ils demandèrent, formulèrent leur requête.
- فيه : En cela, c'est-à-dire ce qu'ils désiraient.
- كسر : Il brisa, anéantit l'armée ennemie.
- al-aqrān : Les pairs, les égaux en combat.
- awliyā' Allāh : Les alliés de Dieu, les saints, ceux qui sont proches de Lui par la foi et l'obéissance.
- Tālūt : Saül, roi des Enfants d'Israël, mentionné dans le Coran.
- al-'ulamā' : Les savants religieux, les docteurs de la Loi.
- Ibn Jarīr : Muhammad ibn Jarīr al-Tabarī, célèbre historien et exégète du Coran (mort en 923).
- al-Yasa' : Élisée, prophète mentionné dans la Bible et le Coran.
- al-Khalīl : L'Ami intime (de Dieu), titre donné à Abraham.
- dhā al-ayd : Doué de force, littéralement 'possesseur de la force'.
- aṣ-Ṣaḥīḥayn : Les deux recueils de hadiths authentiques d'al-Bukhārī et de Muslim.
- awwāb : Qui revient sans cesse à Allah par le repentir et l'obéissance.
- awwibī : Impératif du verbe 'awwaba' signifiant 'répétez les louanges' ou 'glorifiez'.
- az-Zabūr : Le Livre révélé à David, les Psaumes.
- tafattaqat al-'adhārā : Expression signifiant que les jeunes filles vierges perdaient leur virginité sous l'effet de l'émotion intense provoquée par sa voix.
- al-mi'zafa : Instrument de musique à cordes, sorte de luth ou de harpe.
- mazāmīr : Pluriel de mizmār, signifiant 'flûtes' ou 'instruments à vent', mais ici métaphore pour les voix mélodieuses.
- ash-Shaykhayn : Les deux imams al-Bukhārī et Muslim.
- al-barbaṭ : Instrument de musique à cordes, sorte de luth.
- al-Qur'ān : Ici, le terme désigne le Zabur (Psaumes) révélé à David, et non le Coran de Muhammad.
- faṣl al-khiṭāb : La décision tranchante, c'est-à-dire la capacité à juger avec éloquence et discernement.
- ammā ba'd : Formule de transition signifiant 'Ceci dit' ou 'Ensuite', utilisée dans les discours et les écrits.
- al-khaṣm : Les adversaires, les plaideurs.
- al-miḥrāb : Le sanctuaire, la chambre de prière ou l'oratoire.
- khulaṭāʾ : Associés, partenaires ou compagnons dans une affaire commune.
- zulfā : Proximité, rapprochement, place élevée auprès d'Allah.
- isrāʾīliyyāt : Récits issus de la tradition juive (israélites), souvent rapportés sans garantie d'authenticité.
- Sād : La sourate 38 du Coran, dont le verset 24 contient une prosternation.
- ʿazāʾim as-sujūd : Prosternations obligatoires lors de la récitation de certains versets coraniques.
- sajdat shukr : Prosternation de gratitude, non obligatoire, effectuée pour remercier Allah.
- ḥadīth marfūʿ : Hadith remontant jusqu'au Prophète Muhammad (paroles, actes ou approbations).
- zulfā : Proximité, rapprochement, place élevée auprès d'Allah.
- sāq al-ʿarsh : Le Pied du Trône, expression symbolique désignant une proximité extrême avec Allah.
- khalīfa : Vice-gérant, représentant d'Allah sur terre, chargé d'appliquer Sa loi.
- al-ḥafaza : Les anges gardiens chargés d'enregistrer les actions des hommes.
- Suwayd : Probablement Suwayd ibn Sa'îd, un transmetteur de hadiths.
- yuḥāsibu fīhā nafsahu : Il se livre à l'examen de conscience, un concept spirituel important en islam.
- zādun li-ma'ādihi : Provisions pour le retour, c'est-à-dire des œuvres pieuses pour l'au-delà.
- al-ḥāfiẓ : Titre honorifique donné à un savant du hadith, ici Ibn 'Asâkir.
- Am yaḥsudūna n-nāsa 'alā mā ātāhumu llāhu min faḍlih : Coran, sourate 4 (an-Nisâ'), verset 54.
- faqad ātaynā āla Ibrāhīma l-kitāba wa-l-ḥikmata wa-ātaynāhum mulkan 'aẓīmā : Coran, sourate 4 (an-Nisâ'), verset 54.
- az-Zabūr : Le livre des Psaumes révélé à David.
- rak'a : Unité de prière dans l'islam, comprenant des inclinaisons et des prosternations.
Il mentionna la durée de sa vie et la manière de sa mort.
L'imam Ahmad a rapporté d'après Abū al-Naḍr, d'après Faraj ibn Faḍāla, d'après Abū Harim, d'après Ṣadaqa, d'après Ibn ʿAbbās, en remontant jusqu'au Prophète (ṣ), au sujet du jeûne de David. **Mention de la durée de sa vie et de la manière de sa mort** Il a déjà été mentionné, dans les récits relatifs à la création d'Adam, que lorsque Dieu fit sortir sa descendance de son dos et qu'il vit parmi eux les prophètes (sur eux la paix), il vit également un homme qui resplendissait. Il dit : « Ô Seigneur, qui est celui-ci ? » Il dit : « Celui-ci est ton fils David. » Il dit : « Ô Seigneur, quel est son âge ? » Il dit : « Soixante ans. » Il dit : « Ô Seigneur, ajoute à son âge. » Il dit : « Non, à moins que je n'ajoute à son âge à partir du tien. » Or, l'âge d'Adam était de mille ans. Il lui ajouta donc quarante ans. Lorsque l'âge d'Adam arriva à son terme, l'Ange de la mort vint à lui. Il dit : « Il reste de mon âge quarante ans. » Mais Adam avait oublié ce qu'il avait donné à son fils David. Dieu compléta donc pour Adam mille ans et pour David cent ans. Ceci a été rapporté par Ahmad d'après Ibn ʿAbbās, par al-Tirmidhī qui l'a authentifié d'après Abū Hurayra, par Ibn Khuzayma et par Ibn Ḥibbān. Al-Ḥākim a dit : « Selon les conditions de Muslim. » La mention de ses voies de transmission et de ses formulations a déjà été faite dans le récit d'Adam. Ibn Jarīr a dit : « Les Gens du Livre ont prétendu que l'âge de David était de soixante-dix-sept ans. » Je dis : « Ceci est une erreur rejetée contre eux. » Ils ont dit : « Et la durée de son règne fut de quarante ans. » Ceci peut être accepté quant à sa transmission, car nous n'avons rien qui le contredise ni rien qui l'exige. Quant à sa mort (sur lui la paix), l'imam Ahmad a dit dans son Musnad : « Qabīṣa nous a raconté, Yaʿqūb ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn Muḥammad ibn ʿAmr ibn Abī ʿAmr nous a raconté, d'après al-Muṭṭalib, d'après Abū Hurayra, que l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : "David (sur lui la paix) avait une jalousie intense. Lorsqu'il sortait, il fermait les portes, et personne n'entrait chez les siens jusqu'à son retour." » Il dit : « Il sortit un jour, et la maison fut fermée. Sa femme se mit à regarder dans la maison, et voici qu'un homme se tenait au milieu de la maison. Elle dit à ceux qui étaient dans la maison : "D'où cet homme est-il entré alors que la maison est fermée ? Par Dieu, nous allons être déshonorés à cause de David." David vint, et voici que l'homme se tenait au milieu de la maison. David lui dit : "Qui es-tu ?" Il dit : "Je suis celui qui ne craint pas les rois et qui n'est pas empêché par les voiles." David dit : "Tu es donc, par Dieu, l'Ange de la mort. Sois le bienvenu à l'ordre de Dieu." Puis il resta jusqu'à ce que son âme fût saisie. Lorsqu'il fut lavé, enveloppé dans son linceul et que son affaire fut terminée, le soleil se leva sur lui. Salomon dit aux oiseaux : "Faites de l'ombre sur David." Les oiseaux lui firent donc de l'ombre jusqu'à ce que la terre devînt obscure pour lui. Salomon dit aux oiseaux : "Repliez une aile." » Abū Hurayra dit : « L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) se mit à nous montrer comment les oiseaux avaient fait, et l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) serra la main. Et ce jour-là, les "maḍraḥiyya" (une espèce de faucons) prédominèrent sur lui. » Seul l'imam Ahmad a rapporté ce hadith, et sa chaîne de transmission est bonne et forte, ses rapporteurs sont dignes de confiance. Le sens de sa parole : « Et ce jour-là, les "maḍraḥiyya" prédominèrent sur lui » signifie : « Et les "maḍraḥiyya" prédominèrent pour faire de l'ombre sur lui, ce sont les faucons aux longues ailes ; leur singulier est "maḍraḥī". » Al-Jawharī a dit : « C'est le faucon aux longues ailes. » Al-Suddī a dit, d'après Abū Mālik, d'après Ibn Mālik, d'après Ibn ʿAbbās : « David (sur lui la paix) mourut subitement, et c'était un samedi. Les oiseaux lui faisaient de l'ombre. » Al-Suddī a dit également, d'après Abū Mālik et d'après Saʿīd ibn Jubayr : « David (sur lui la paix) mourut subitement le jour du samedi. » Ishāq ibn Bishr a dit, d'après Saʿīd ibn Abī ʿArūba, d'après Qatāda, d'après al-Ḥasan : « David (sur lui la paix) mourut à l'âge de cent ans, et il mourut subitement le mercredi. » Abū al-Sakan al-Hajarī a dit : « Abraham l'ami intime (al-Khalīl) mourut subitement, David mourut subitement, et son fils Salomon mourut subitement. Que les prières et la paix de Dieu soient sur eux tous. » Ceci a été rapporté par Ibn ʿAsākir. Il a été rapporté d'après certains d'entre eux que l'Ange de la mort vint à lui alors qu'il descendait de son oratoire (miḥrāb) et lui dit : « Laisse-moi descendre ou monter. » Il dit : « Ô Prophète de Dieu, les années, les mois, les traces et les subsistances sont épuisés. » Il dit : « Il tomba alors prosterné sur une marche de ces marches, et il le saisit (son âme) alors qu'il était prosterné. » Ishāq ibn Bishr a dit : « Wāfir ibn Sulaymān nous a informés, d'après Abū Sulaymān al-Filasṭīnī, d'après Wahb ibn Munabbih, qui a dit : "Les gens assistèrent aux funérailles de David (sur lui la paix). Ils s'assirent au soleil par un jour d'été." Il dit : "Ce jour-là, quarante mille moines portant des capuchons (barānis) accompagnèrent son convoi funèbre, sans compter les autres personnes. Il n'y eut personne, après Moïse et Aaron, parmi les fils d'Israël, pour lequel les fils d'Israël montrèrent plus de chagrin que pour David." » Il dit : « La chaleur les incommoda. Ils appelèrent Salomon (sur lui la paix) pour qu'il leur fasse une protection contre la chaleur qui les frappait. Salomon sortit et appela les oiseaux, qui répondirent. Il leur ordonna de faire de l'ombre aux gens. Ils se serrèrent les uns contre les autres de tous côtés, jusqu'à ce que le vent fût retenu, et les gens faillirent périr étouffés. Ils crièrent vers Salomon (sur lui la paix) à cause de l'étouffement. Salomon sortit et appela les oiseaux : "Faites de l'ombre aux gens du côté du soleil et écartez-vous du côté du vent." Ils firent ainsi, et les gens furent à l'ombre tandis que le vent soufflait sur eux. Ce fut la première chose qu'ils virent de la royauté de Salomon. » Al-Ḥāfiẓ Abū Yaʿlā a dit : « Abū Hammām al-Walīd ibn Shujāʿ nous a raconté, al-Walīd ibn Muslim m'a raconté, d'après al-Haytham ibn Ḥumayd, d'après al-Waḍīn ibn ʿAṭā', d'après Naṣr ibn ʿAlqama, d'après Jubayr ibn Nufayr, d'après Abū al-Dardā'. » Il a dit : « L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : "Dieu a saisi l'âme de David au milieu de ses compagnons, sans qu'ils aient été éprouvés ni qu'ils aient changé. Et les compagnons du Messie ont suivi sa voie et sa guidance pendant deux cents ans." » Ce hadith est étrange (gharīb), et son élévation (au Prophète) est discutable. Al-Waḍīn ibn ʿAṭā' était faible en matière de hadith. Et Dieu sait mieux. **L'histoire de Salomon, fils de David (sur eux deux la paix)** Al-Ḥāfiẓ Ibn ʿAsākir a dit : « Il est Salomon, fils de David, fils d'Īshā, fils de ʿUwayd, fils de ʿĀbir, fils de Salmūn, fils de Takḥshūn (?), fils de ʿAmīnā Adāb (?), fils d'Īram, fils de Ḥaṣrūn, fils de Fāriṣ, fils de Yahuḏā, fils de Yaʿqūb, fils d'Isḥāq, fils d'Ibrāhīm, Abū al-Rabīʿ, prophète de Dieu, fils de prophète de Dieu. » Il est mentionné dans certaines traditions qu'il entra à Damas. Ibn Mākūlā a dit : « Fāriṣ avec un ṣād non pointé. » Et il a mentionné sa généalogie de manière proche de ce qu'a mentionné Ibn ʿAsākir. Dieu Très-Haut a dit : « Et Salomon hérita de David et dit : "Ô hommes ! On nous a enseigné le langage des oiseaux, et on nous a donné de toute chose. Voilà certes la grâce manifeste !" » (Coran 27:16) C'est-à-dire qu'il hérita de lui dans la prophétie et la royauté, et non dans les biens matériels, car il avait d'autres fils que lui, et il n'aurait pas été distingué par les biens à l'exclusion d'eux. Et parce qu'il est établi dans les recueils authentiques (Ṣaḥīḥ), par de multiples voies, d'après un groupe de Compagnons, que l'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a dit : « Nous ne sommes pas hérités ; ce que nous laissons est une aumône. » Et dans une autre formulation : « Nous, communauté des prophètes, nous ne sommes pas hérités. » Ainsi, le Véridique et le Confirmé a informé que les prophètes ne sont pas hérités dans leurs biens comme le sont les autres, mais que leurs biens sont une aumône après eux pour les pauvres et les nécessiteux, sans que leurs proches en soient particulièrement destinataires. Car ce bas monde était pour eux plus insignifiant et plus méprisable que cela, comme il l'est pour Celui qui les a envoyés, élus et préférés. Et Il dit : « Ô hommes ! On nous a enseigné le langage des oiseaux, et on nous a donné de toute chose. » Cela signifie que lui (sur lui la paix) connaissait ce dont les oiseaux se parlaient dans leurs langues et l'exprimait aux gens quant à leurs intentions et leurs volontés.
Le ḥāfiẓ Abū Bakr al-Bayhaqī a dit : Abū ‘Abd Allāh al-Ḥāfiẓ nous a rapporté, ‘Alī b. Ḥashshād nous a rapporté, Ismā‘īl b. Qutayba nous a rapporté, ‘Alī b. Qudāma nous a rapporté, Abū Ja‘far al-Uswānī, c’est-à-dire Muḥammad b. ‘Abd al-Raḥmān, d’après Abū Ya‘qūb al-A‘mā, Abū Mālik m’a rapporté : Salomon, fils de David, passa près d’un moineau qui tournait autour d’une femelle moineau. Il dit à ses compagnons : « Savez-vous ce qu’il dit ? » Ils dirent : « Que dit-il, ô Prophète d’Allah ? » Il dit : « Il la demande en mariage et lui dit : “Épouse-moi, je te ferai habiter la chambre de Damas que tu voudras !” » Salomon, sur lui la paix, dit : « Car les chambres de Damas sont construites en roc, personne ne peut y habiter, mais tout prétendant est menteur ! » [Rapporté par Ibn ‘Asākir d’après Abū l-Qāsim Zāhir b. Ṭāhir, d’après al-Bayhaqī (9)]. Et il en va de même pour les autres animaux et toutes les espèces de créatures. La preuve en est Sa parole après cela, parmi les versets : « Et il nous a été donné de toute chose » 1, c’est-à-dire de tout ce dont un roi a besoin en fait d’équipements, d’instruments, de soldats, d’armées et de groupes de djinns, d’humains, d’oiseaux, de bêtes sauvages, de démons errants, de sciences, de compréhensions et d’interprétation des consciences des créatures, qu’elles soient douées de parole ou muettes. Puis Il dit : « Voilà qui est vraiment la grâce manifeste » 2, c’est-à-dire de la part du Créateur des créatures et du Créateur de la terre et des cieux, comme Allah Très-Haut a dit : « Et furent rassemblées pour Salomon ses armées de djinns, d’humains et d’oiseaux, et ils sont retenus 3 ; jusqu’à ce que, arrivés à la Vallée des Fourmis, une fourmi dit : “Ô fourmis, entrez dans vos demeures, de peur que Salomon et ses armées ne vous écrasent sans s’en rendre compte.” Il sourit, riant de sa parole, et dit : “Seigneur, inspire-moi 4 de rendre grâce pour Ton bienfait dont Tu m’as comblé ainsi que mes parents, et d’accomplir une œuvre bonne que Tu agrées, et fais-moi entrer, par Ta miséricorde, parmi Tes serviteurs vertueux.” » 5 Allah Très-Haut informe de Son serviteur et Prophète, fils de Prophète, Salomon fils de David, sur eux la prière et la paix, qu’un jour il monta avec toute son armée de djinns, d’humains et d’oiseaux : les djinns et les humains marchaient avec lui, et les oiseaux volaient avec lui, l’ombrageant de leurs ailes contre la chaleur et autres. Sur chacune de ces trois armées, il y avait des waza‘a 6, c’est-à-dire des chefs qui retenaient les premiers pour les derniers, de sorte que nul n’avançait de sa place où il marchait ni ne reculait ? [d’elle (10)]. Allah Très-Haut dit : « Jusqu’à ce que, arrivés à la Vallée des Fourmis, une fourmi dit : “Ô fourmis, entrez dans vos demeures, de peur que Salomon et ses armées ne vous écrasent sans s’en rendre compte.” » Elle ordonna, mit en garde et excusa Salomon et ses armées par leur inconscience. Wahb a mentionné qu’il passa, alors qu’il était sur le tapis volant 7, par une vallée à Ṭā’if, et que cette fourmi s’appelait Jarsā, qu’elle était de la tribu des Banū l-Ṣayṣabān, qu’elle était boiteuse et de la taille d’un loup. Tout cela est sujet à discussion ; bien plus, dans ce contexte, il y a une preuve qu’il était dans son cortège, monté sur ses chevaux et ses cavaliers, et non, comme certains l’ont prétendu, qu’il était alors sur le tapis volant, car s’il en avait été ainsi, les fourmis n’auraient rien eu à craindre de lui ni de piétinement, puisque le tapis portait (11) tout ce dont ils avaient besoin en fait d’armées, de chevaux, de chameaux, de charges, de tentes et de bestiaux, et les oiseaux au-dessus de tout cela, comme nous l’expliquerons plus tard, si Allah Très-Haut le veut. L’essentiel est que Salomon, sur lui la paix, comprit ce que cette fourmi adressa à sa communauté comme avis judicieux et ordre louable, et il sourit de cela, en signe de joie, de contentement et de bonheur, pour ce qu’Allah lui avait révélé à l’exclusion des autres. Ce n’est pas comme le disent certains ignorants, que les bêtes parlaient avant Salomon et s’adressaient aux gens, jusqu’à ce que Salomon fils de David prît d’elles un engagement et les muselât, et qu’elles ne parlèrent plus aux gens après cela. Car cela ne peut être dit que par ceux qui ne savent pas. Si cela avait été ainsi, Salomon n’aurait eu aucun mérite à comprendre son propos (12) par rapport aux autres, puisque tous les gens l’auraient compris. Et s’il avait pris d’elle l’engagement de ne parler qu’à lui, et qu’il la comprenait, cela non plus n’aurait aucun intérêt sur lequel se fonder. C’est pourquoi il dit : « Seigneur, inspire-moi » [c’est-à-dire : suggère-moi et guide-moi (13)] « de rendre grâce pour Ton bienfait dont Tu m’as comblé ainsi que mes parents, et d’accomplir une œuvre bonne que Tu agrées, et fais-moi entrer, par Ta miséricorde, parmi Tes serviteurs vertueux. » Il demanda donc à Allah de le disposer à la gratitude pour ce dont Il l’avait gratifié et pour la prééminence qu’Il lui avait accordée sur les autres, de lui faciliter l’œuvre bonne et de le ressusciter, quand Il le rappellerait à Lui, avec Ses serviteurs vertueux. Et Allah Très-Haut exauça sa prière. Par « ses parents », on entend David, sur lui la paix, et sa mère, qui était une femme pieuse et vertueuse, comme l’a dit Sunayd b. Dāwūd, d’après Yūsuf b. Muḥammad b. al-Munkadir, d’après son père, d’après Jābir, d’après le Prophète, sur lui la prière et la paix : La mère de Salomon fils de David dit : « Mon fils, ne dors pas trop la nuit, car trop dormir la nuit rend le serviteur pauvre au Jour de la Résurrection. » Rapporté par Ibn Māja d’après quatre de ses maîtres, d’après lui, de façon analogue. [Et ‘Abd al-Razzāq a dit, d’après Ma‘mar, d’après al-Zuhrī : Salomon fils de David, sur lui la paix, sortit avec ses compagnons pour demander la pluie, et il vit une fourmi debout, levant une de ses pattes, implorant la pluie. Il dit à ses compagnons : « Retournez, car vous avez été abreuvés ; cette fourmi a demandé la pluie et a été exaucée ! » Ibn ‘Asākir dit : Cela a été rapporté comme hadith marfū‘ 8 sans mention de Salomon. Puis il le cita par la voie de Muḥammad b. ‘Azīz, d’après Salāma b. Rawḥ b. Khālid, d’après ‘Uqayl, d’après Ibn Shihāb, Abū Salama m’a rapporté, d’après Abū Hurayra, qu’il entendit le Messager d’Allah, sur lui la prière et la paix, dire : « Un prophète parmi les prophètes sortit avec les gens pour demander la pluie à Allah, et voilà qu’ils virent une fourmi levant une de ses pattes vers le ciel. Le prophète dit : “Retournez, car vous avez été exaucés à cause de cette fourmi.” » Al-Suddī dit : Une sécheresse frappa les gens à l’époque de Salomon, sur lui la paix. Il ordonna aux gens de sortir, et voilà qu’ils virent une fourmi debout sur ses deux pattes, étendant ses deux mains, disant : « Ô Allah, nous sommes une créature parmi Tes créatures, et nous n’avons rien qui nous dispense de Ta grâce. » Il dit : Alors Allah fit tomber la pluie sur eux.] (14). Et Allah Très-Haut dit : « Et il passa en revue les oiseaux et dit : “Pourquoi ne vois-je pas la huppe ? Ou serait-elle parmi les absents ? Je la châtierai d’un châtiment sévère, ou je l’égorgerai, à moins qu’elle ne m’apporte une autorité manifeste.” Il resta peu de temps, puis dit : “J’ai embrassé ce que tu n’as pas embrassé, et je t’apporte de Saba’ une nouvelle certaine. J’ai trouvé une femme qui les gouverne, et il lui a été donné de toute chose, et elle a un trône magnifique. Je l’ai trouvée, elle et son peuple, se prosternant devant le soleil en dehors d’Allah ; Satan leur a embelli leurs œuvres, les a détournés du chemin, et ils ne sont pas guidés, de sorte qu’ils ne se prosternent pas devant Allah qui fait sortir ce qui est caché dans les cieux et sur la terre, et qui sait ce que vous cachez et ce que vous divulguez. Allah, point de divinité à part Lui, le Seigneur du Trône sublime.” Il dit : “Nous allons voir si tu as dit vrai ou si tu es parmi les menteurs. Va avec cette lettre de ma part, jette-la à eux, puis éloigne-toi d’eux et vois ce qu’ils répondent.” Elle dit : “Ô notables, une lettre noble m’a été jetée. Elle vient de Salomon, et elle est : ‘Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ne soyez pas hautains envers moi et venez à moi soumis.’” Elle dit : “Ô notables, conseillez-moi dans mon affaire ; je ne tranche aucune affaire sans que vous soyez témoins.” Ils dirent : “Nous sommes dotés de force et d’une puissance redoutable ; l’ordre t’appartient ; regarde ce que tu ordonnes.” »
Elle dit : « En vérité, les rois, lorsqu’ils entrent dans une cité, la corrompent et font des plus honorables de ses habitants les plus vils. Et c’est ainsi qu’ils agissent. Et moi, je vais leur envoyer un présent, puis je verrai ce que les envoyés rapporteront. » Lorsque [l’envoyée] arriva auprès de Salomon, il dit : « Est-ce par des biens que vous voulez m’aider ? Ce qu’Allah m’a donné est meilleur que ce qu’Il vous a donné. Mais vous vous réjouissez de votre présent. Retourne vers eux. Nous viendrons à eux avec des armées auxquelles ils ne pourront résister, et nous les en chasserons tout humiliés et rabaissés. » Il (Allah) mentionne, exalté soit-Il, ce qu’il en fut de l’affaire de Salomon et de la huppe. En effet, pour chaque espèce d’oiseaux, il y avait des chefs qui les dirigeaient selon ce qui était requis d’eux, et ils se présentaient auprès de lui à tour de rôle, comme c’est la coutume des soldats avec les rois. La fonction de la huppe, selon ce qu’ont rapporté Ibn ‘Abbâs et d’autres, était que, lorsqu’ils manquaient d’eau dans les déserts en voyage, elle venait et regardait pour eux s’il y avait de l’eau dans ces contrées. Elle possédait, par la force qu’Allah, exalté soit-Il, avait déposée en elle, la capacité de voir l’eau sous les profondeurs de la terre. Lorsqu’elle les guidait vers elle, ils creusaient pour l’atteindre, la faisaient jaillir et la sortaient pour leurs besoins. Un jour, Salomon (sur lui la paix) la réclama, mais ne la trouva pas à sa place de service. Il dit : « Qu’ai-je à ne pas voir la huppe ? Ou bien est-elle parmi les absents ? » C’est-à-dire : « Qu’a-t-elle ? Est-elle perdue d’ici, ou bien a-t-elle disparu de ma vue, si bien que je ne la vois pas en ma présence ? » « Je la châtierai d’un châtiment sévère » : Il la menaça d’une sorte de châtiment sur lequel les exégètes ont divergé, mais le sens est acquis dans tous les cas. « Ou je l’égorgerai, ou bien elle m’apportera une autorité évidente », c’est-à-dire une preuve qui la sauvera de cette situation périlleuse. Allah, exalté soit-Il, dit : « Elle resta absente peu de temps », c’est-à-dire que la huppe s’absenta pour une absence qui ne fut pas longue, puis elle revint. « Elle dit » à Salomon : « J’ai embrassé ce que tu n’as pas embrassé », c’est-à-dire j’ai pris connaissance de ce que tu n’as pas connu. « Et je suis venue à toi de Saba’ avec une nouvelle certaine », c’est-à-dire une information véridique. « J’ai trouvé qu’une femme les gouverne, qu’elle a reçu de toute chose, et qu’elle possède un trône magnifique. » Il mentionne ce qu’il en était des rois de Saba’ au Yémen : un royaume immense et des souverains (tabâbi‘a) couronnés. La royauté, à cette époque, était échue à une femme parmi eux, fille de leur roi, qui n’avait pas laissé d’autre héritier qu’elle, et ils l’établirent reine sur eux. Ath-Tha‘labî et d’autres ont rapporté que son peuple, après la mort de son père, avait établi sur eux un homme, mais la corruption se répandit à cause de lui. Elle lui envoya une demande en mariage, et il l’épousa. Lorsqu’elle entra chez lui, elle lui fit boire du vin, puis lui trancha la tête et la plaça sur sa porte. Les gens se tournèrent alors vers elle et l’établirent reine sur eux. C’est Bilqîs, fille d’as-Sayrah, qui est al-Hudhâd. On a dit aussi : Sharâhîl fils de Dhî Jadan, fils d’as-Sayrah, fils d’al-Hârith, fils de Qays, fils de Sayfî, fils de Saba’, fils de Yashjub, fils de Ya‘rub, fils de Qahtân. Son père était parmi les plus grands rois et refusait d’épouser une femme du Yémen. On raconte qu’il épousa une femme des djinns, nommée Rayhâna bint as-Sakan, qui lui donna cette femme, nommée Talqama, et on l’appelle Bilqîs. Ath-Tha‘labî a rapporté, par la voie de Sa‘îd ibn Bashîr, d’après Qatâda, d’après an-Nadr ibn Anas, d’après Bashîr ibn Nahîk, d’après Abû Hurayra, d’après le Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue), qu’il a dit : « L’un des deux parents de Bilqîs était un djinn. » Ce hadith est étrange et sa chaîne de transmission est faible. Ath-Tha‘labî a dit : Abû ‘Abd Allah ibn Qabhûna m’a informé, Abû Bakr ibn Haraja nous a raconté, Ibn Abî al-Layth nous a raconté, Abû Kurayb nous a raconté, Abû Mu‘âwiya nous a raconté d’après Ismâ‘îl ibn Muslim, d’après al-Hasan, d’après Abû Bakra, qui a dit : « Bilqîs fut mentionnée auprès du Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue), et il dit : "Ne réussira pas un peuple qui confie son autorité à une femme." » Ce Ismâ‘îl ibn Muslim est le Makkî, il est faible. Il est établi dans le Sahîh d’al-Bukhârî, d’après le hadith de ‘Awf, d’après al-Hasan, d’après Abû Bakra, que le Messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue), lorsqu’il apprit que les Perses avaient établi sur eux la fille de Kisrâ, dit : « Ne réussira jamais un peuple qui confie son autorité à une femme. » At-Tirmidhî et an-Nasâ’î l’ont rapporté d’après le hadith de Humayd, d’après al-Hasan, d’après Abû Bakra, d’après le Prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) de manière similaire, et at-Tirmidhî a dit : « Bon et authentique. » Sa parole : « Et elle a reçu de toute chose », c’est-à-dire de ce qu’il convient que les rois reçoivent. « Et elle possède un trône magnifique », c’est-à-dire le siège de son royaume, qui était orné de toutes sortes de joyaux, de perles, d’or et de parures éclatantes. Puis il mentionna leur mécréance en Allah, leur adoration du soleil en dehors d’Allah, l’égarement du Diable à leur égard et son détournement de l’adoration d’Allah, exalté soit-Il, Lui seul sans associé, Celui qui fait sortir ce qui est caché dans les cieux et la terre, et qui sait ce qu’ils dissimulent et ce qu’ils divulguent, c’est-à-dire qu’Il connaît les secrets et les apparences, tant des choses sensibles que des choses spirituelles. « Allah, point de divinité à part Lui, le Seigneur du Trône magnifique », c’est-à-dire à Lui appartient le Trône magnifique, dont il n’y a pas de plus grand parmi les créatures. Alors, Salomon (sur lui la paix) envoya avec elle sa lettre, qui contenait son appel à eux à l’obéissance à Allah et à l’obéissance à Son Messager, au repentir, à la soumission et à l’entrée dans l’humilité devant sa royauté et son autorité. C’est pourquoi il leur dit : « Ne vous élevez pas contre moi », c’est-à-dire ne soyez pas orgueilleux au point de refuser de m’obéir et d’exécuter mes ordres. « Et venez à moi soumis », c’est-à-dire présentez-vous à moi, écoutant et obéissant, sans récidive ni tergiversation. Lorsque la lettre lui parvint par l’oiseau – et c’est de là que les gens ont pris l’usage des messages (al-batâ’iq), mais quelle distance entre la Pléiade et la poussière ! Ce message était porté par un oiseau qui entendait, obéissait, comprenait et savait ce qu’il disait et ce qu’on lui disait. Plusieurs exégètes et autres ont mentionné que la huppe porta la lettre, vint à son palais, la lui jeta alors qu’elle était dans sa retraite, puis se tint à l’écart en attendant ce qu’il adviendrait de sa réponse à sa lettre. Elle rassembla alors ses émirs, ses vizirs et les grands de son conseil pour les consulter. « Elle dit : "Ô notables ! Une noble lettre m’a été jetée." » Puis elle leur en lut d’abord l’en-tête : « Elle vient de Salomon », puis elle la lut : « Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ne vous élevez pas contre moi et venez à moi soumis. » Ensuite, elle les consulta sur son affaire et ce qui lui était arrivé, faisant preuve de bienséance envers eux et s’adressant à eux tandis qu’ils écoutaient. « Elle dit : "Ô notables ! Donnez-moi votre avis sur mon affaire. Je ne tranche aucune affaire sans que vous soyez témoins." » C’est-à-dire : « Je ne décide rien sans que vous soyez présents. » « Ils dirent : "Nous sommes dotés d’une force et d’une puissance redoutable" », c’est-à-dire : « Nous avons la force et la capacité pour le combat et la lutte, et pour résister aux héros. Si tu veux cela de nous, nous en sommes capables. » « Et, malgré cela, "l’ordre t’appartient. Regarde ce que tu ordonnes." » Ils lui offrirent donc l’écoute et l’obéissance, l’informèrent de ce dont ils étaient capables, et lui déléguèrent l’affaire pour qu’elle voie ce qui était le plus salutaire pour elle et pour eux. Son avis fut plus parfait et plus ferme que le leur. Elle sut que le maître de cette lettre ne pouvait être vaincu, ni combattu, ni désobéi, ni trompé. « Elle dit : "En vérité, les rois, lorsqu’ils entrent dans une cité, la corrompent et font des plus honorables de ses habitants les plus vils. Et c’est ainsi qu’ils agissent." » Elle dit, par son avis judicieux : « Si ce roi triomphait de ce royaume, l’affaire ne vous épargnerait pas pour aboutir à moi seule, et la violence, la rigueur et la sévérité extrême ne s’abattraient que sur moi. » « Et moi, je vais leur envoyer un présent, puis je verrai ce que les envoyés rapporteront. » Elle voulut se ménager, ainsi que les gens de son royaume, par un présent qu’elle enverrait et des cadeaux qu’elle ferait parvenir, ignorant que Salomon (sur lui la paix) n’accepterait d’eux, en cet état, ni compensation ni rançon, car ils étaient mécréants, tandis que lui et ses armées étaient capables de les vaincre.
Et c'est pourquoi, lorsque Salomon vint, il dit : « Allez-vous me combler de richesses ? Ce qu'Allah m'a donné est meilleur que ce qu'Il vous a donné. Mais vous vous réjouissez de votre présent 9. » Cela, alors que ces présents contenaient des choses immenses, comme l'ont mentionné les exégètes. Puis il dit à son messager et à son émissaire qui était venu à lui, tandis que les gens présents écoutaient : « Retourne vers eux. Nous leur amènerons des armées auxquelles ils ne pourront faire face, et nous les en chasserons tout humiliés et rabaissés 10. » Il dit : « Retourne avec ton présent que tu as apporté à celui qui en a fait don. Car j'ai, de ce qu'Allah m'a accordé et prodigué comme richesses, trésors et hommes, bien plus et bien meilleur que ce dont vous vous réjouissez et dont vous vous vantez devant vos semblables. » « Nous leur amènerons des armées auxquelles ils ne pourront faire face », c'est-à-dire : je leur enverrai des armées qu'ils ne pourront repousser, ni affronter, ni combattre, et je les chasserai de leur pays, de leur territoire, de leur domaine et de leur royaume, « humiliés et rabaissés », marqués par l'humiliation, la honte et la ruine. Lorsque ces paroles du Prophète d'Allah leur parvinrent, ils n'eurent d'autre choix que d'écouter et d'obéir. Ils s'empressèrent de répondre à son appel sur-le-champ, et vinrent, accompagnés de la reine, tous ensemble, obéissants, soumis et humbles. Lorsqu'il apprit leur arrivée et leur venue vers lui, il dit à ceux qui étaient devant lui, parmi les djinns 11 qui lui étaient soumis, ce qu'Allah a rapporté dans le Coran : « Il dit : "Ô notables ! Qui de vous m'apportera son trône avant qu'ils ne viennent à moi soumis ?" Un ifrit 12 parmi les djinns dit : "Je te l'apporterai avant que tu ne te lèves de ta place. Et pour cela, je suis fort et digne de confiance." Celui qui avait une science du Livre 13 dit : "Je te l'apporterai avant que ton regard ne revienne vers toi." Lorsqu'il le vit établi auprès de lui, il dit : "Cela est de la grâce de mon Seigneur, pour m'éprouver : serai-je reconnaissant ou ingrat ? Et quiconque est reconnaissant, c'est pour lui-même qu'il l'est ; et quiconque est ingrat, alors mon Seigneur est Suffisant à Lui-même et Généreux." Il dit : "Dénaturez-lui son trône ; nous verrons si elle est guidée ou si elle est de ceux qui ne sont pas guidés." Lorsqu'elle vint, on lui dit : "Est-ce ainsi que ton trône ?" Elle dit : "C'est comme s'il l'était." — "Et nous avons reçu la science avant elle, et nous étions soumis." Ce qu'elle adorait en dehors d'Allah l'avait détournée, car elle était d'un peuple mécréant. On lui dit : "Entre dans le palais." Lorsqu'elle le vit, elle le prit pour une étendue d'eau et découvrit ses jambes. Il dit : "C'est un palais pavé de cristal." Elle dit : "Seigneur ! J'ai été injuste envers moi-même et je me soumets avec Salomon à Allah, Seigneur de l'univers." » Lorsque Salomon demanda aux djinns de lui apporter le trône de Bilqîs, qui était le siège de son royaume sur lequel elle s'asseyait pour rendre la justice, avant qu'elle n'arrive auprès de lui, « Un ifrit parmi les djinns dit : "Je te l'apporterai avant que tu ne te lèves de ta place" », c'est-à-dire avant que ton conseil ne prenne fin. On dit que cela se passait du début du jour jusqu'à peu avant midi, lorsqu'il s'occupait des affaires importantes des Enfants d'Israël et de leurs besoins. « "Et pour cela, je suis fort et digne de confiance" », c'est-à-dire : j'ai le pouvoir de te l'apporter et je suis digne de confiance quant aux joyaux précieux qu'il contient. « Celui qui avait une science du Livre dit » — le plus célèbre est qu'il s'agit d'Âsif ibn Barkhiyâ, le cousin de Salomon. On a dit aussi que c'était un homme parmi les djinns croyants, qui, dit-on, connaissait le Nom Suprême 14. On a dit encore que c'était un homme parmi les Enfants d'Israël, un de leurs savants. Et on a dit que c'était Salomon lui-même, mais cela est très étrange. As-Suhaylî 15 a jugé cette opinion faible, car elle ne s'accorde pas avec le contexte. Il a dit : « On a aussi une quatrième opinion : c'était Gabriel. » « "Je te l'apporterai avant que ton regard ne revienne vers toi" » — on a dit que cela signifie : avant que tu n'envoies un messager jusqu'à l'extrémité que ton regard peut atteindre sur terre, puis qu'il ne revienne vers toi. On a dit aussi : avant que la personne la plus éloignée que tu voies n'arrive jusqu'à toi. On a dit encore : avant que ton regard ne se fatigue si tu fixes longtemps, avant que tu ne fermes ta paupière. Et on a dit : avant que ton regard ne revienne vers toi si tu regardes jusqu'à la limite la plus lointaine, puis que tu fermes les yeux. Cette dernière est la plus proche. « Lorsqu'il le vit établi auprès de lui », c'est-à-dire lorsqu'il vit le trône de Bilqîs établi auprès de lui, en si peu de temps, du Yémen jusqu'à Jérusalem, en un clin d'œil, « il dit : "Cela est de la grâce de mon Seigneur, pour m'éprouver : serai-je reconnaissant ou ingrat ?" », c'est-à-dire : ceci est une faveur d'Allah envers moi et envers Ses serviteurs, pour les éprouver par la gratitude ou son contraire. « "Et quiconque est reconnaissant, c'est pour lui-même qu'il l'est" », c'est-à-dire que le bénéfice lui en revient. « "Et quiconque est ingrat, alors mon Seigneur est Suffisant à Lui-même et Généreux" », c'est-à-dire qu'Il n'a pas besoin de la gratitude des reconnaissants et ne subit aucun préjudice de l'ingratitude des ingrats. Ensuite, Salomon (sur lui la paix) ordonna de modifier les ornements de ce trône et de le dénaturer pour elle, afin d'éprouver sa compréhension et son intelligence. C'est pourquoi il dit : « "Nous verrons si elle est guidée ou si elle est de ceux qui ne sont pas guidés." Lorsqu'elle vint, on lui dit : "Est-ce ainsi que ton trône ?" Elle dit : "C'est comme s'il l'était." » Cela montre sa perspicacité et son intelligence abondante, car elle trouvait invraisemblable que ce soit son trône, puisqu'elle l'avait laissé derrière elle au Yémen, et elle ne savait pas que quelqu'un pouvait accomplir cet acte prodigieux et étrange. Allah le Très-Haut dit, rapportant les paroles de Salomon et de son peuple : « "Et nous avons reçu la science avant elle, et nous étions soumis." Ce qu'elle adorait en dehors d'Allah l'avait détournée, car elle était d'un peuple mécréant. » C'est-à-dire : l'adoration du soleil, qu'elle et son peuple adoraient en dehors d'Allah, suivant la religion de leurs pères et ancêtres, sans aucune preuve qui les y conduisît ni motif qui les y poussât, l'en avait empêchée. Salomon avait ordonné la construction d'un palais de verre, avait fait couler de l'eau sous son passage, avait placé un toit de verre, et y avait mis des poissons et d'autres animaux aquatiques. On lui ordonna d'entrer dans le palais, tandis que Salomon était assis sur son trône. « Lorsqu'elle le vit, elle le prit pour une étendue d'eau et découvrit ses jambes. Il dit : "C'est un palais pavé de cristal." Elle dit : "Seigneur ! J'ai été injuste envers moi-même et je me soumets avec Salomon à Allah, Seigneur de l'univers." » On a dit que les djinns voulaient enlaidir son apparence aux yeux de Salomon, et qu'elle découvre ses jambes pour qu'il voie la pilosité qu'elle avait, ce qui l'aurait rebuté. Ils craignaient qu'il ne l'épouse, car sa mère était une djinn, et elle aurait ainsi pris le pouvoir sur eux avec lui. Certains ont mentionné que son sabot ressemblait à celui d'une bête. Cela est faible, et la première opinion est aussi discutable. Allah sait mieux. Cependant, on dit que lorsque Salomon voulut l'éliminer (cette pilosité) après avoir décidé de l'épouser, il demanda aux humains comment l'enlever. Ils lui parlèrent du rasoir, mais elle refusa. Il demanda alors aux djinns, qui fabriquèrent pour lui la chaux vive 16 et construisirent le hammam. Il fut le premier à entrer au hammam. Lorsqu'il en ressentit la chaleur, il dit : « Oh ! Quelle souffrance ! Oh ! Oh ! Avant que "Oh !" ne soit d'aucune utilité. » Ath-Tha'labî 17 et d'autres ont mentionné que Salomon, après l'avoir épousée, la maintint sur le royaume du Yémen et l'y renvoya. Il lui rendait visite une fois par mois, restait trois jours chez elle, puis revenait sur le tapis volant. Il ordonna aux djinns de lui construire trois palais au Yémen : Ghumdân, Sâlihîn et Baytûn. Allah sait mieux. Ibn Ishâq 18 a rapporté d'après certains savants, d'après Wahb ibn Munabbih 19, que Salomon ne l'épousa pas, mais la maria au roi de Hamdân et la maintint sur le royaume du Yémen, et il soumit Zawba'a, le roi du Yémen, qui lui construisit les trois palais mentionnés au Yémen. La première opinion est plus célèbre et plus évidente. Allah sait mieux. * * * Et le Très-Haut dit dans la sourate Sâd : « Et Nous donnâmes à David, Salomon. Quel bon serviteur ! Il était plein de repentir. Quand on lui présenta le soir les chevaux de race, rapides à la course. Il dit : "J'ai préféré l'amour des biens 20 au souvenir de mon Seigneur, jusqu'à ce que [le soleil] se soit caché derrière le voile. Ramenez-les moi." Alors il se mit à leur couper les jarrets et les cous. Et certes, Nous avons éprouvé Salomon, et Nous avons placé sur son trône un corps 21 ; puis il se repentit. Il dit : "Seigneur ! Pardonne-moi" »
Accorde-moi un royaume tel qu'il n'appartienne à personne après moi, car c'est Toi le Grand Donateur. Nous lui avons soumis le vent, qui courait sur son ordre, doucement, là où il voulait. Et les démons, tout bâtisseur et plongeur, et d'autres encore enchaînés dans des fers. Voilà Notre don : sois généreux ou retiens, sans avoir à en rendre compte. Et il a auprès de Nous une place rapprochée et un beau retour." Il mentionne, qu'Il est Exalté, qu'Il a donné à David, Salomon — sur eux la paix —, puis Dieu, Exalté soit-Il, l'a loué en disant : "Quel excellent serviteur ! Il est plein de repentir 22" c'est-à-dire revenant, obéissant à Dieu. Puis Il a mentionné, Exalté soit-Il, ce qui concernait son affaire avec les chevaux cabrés 23 — qui se tiennent sur trois pattes et le bout du sabot de la quatrième — les coursiers 24, qui sont les chevaux entraînés et rapides. Il a dit : "J'ai aimé l'amour des biens 25 au point de négliger le souvenir de mon Seigneur, jusqu'à ce qu'elle se soit cachée derrière le voile" — c'est-à-dire le soleil. Et on a dit : les chevaux, selon les deux avis que nous mentionnerons. "Ramenez-les moi" et il se mit à leur trancher les jarrets et les cous. On a dit : il leur coupa les jarrets et les cous avec des épées. Et on a dit : il essuya leur sueur après les avoir fait courir et les avoir fait concourir devant lui, selon l'autre avis. Ce sur quoi s'accorde la majorité des pieux prédécesseurs 26 est le premier avis : ils ont dit qu'il s'occupa de la parade de ces chevaux jusqu'à ce que l'heure de la prière de l'après-midi 27 soit passée et que le soleil se soit couché. Ceci a été rapporté d'après Ali ibn Abi Talib et d'autres. Ce dont on est certain, c'est qu'il n'a pas délibérément abandonné la prière sans excuse, à moins qu'on ne dise que cela était permis dans leur Loi, et que le report de la prière pour des raisons de combat et la parade des chevaux en faisaient partie. Un groupe de savants a prétendu, concernant le report par le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — de la prière de l'après-midi le jour du Fossé, que cela était alors prescrit jusqu'à ce qu'il soit abrogé par la prière de la peur 28, comme l'a dit Ash-Shâfi'î et d'autres. Et Makhûl et Al-Awzâ'î ont dit : c'est plutôt un jugement ferme jusqu'à aujourd'hui, qu'il est permis de la reporter en cas de combat intense. Comme nous l'avons exposé dans la sourate des Femmes à propos de la prière de la peur. Et d'autres ont dit : le report par le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — de la prière de l'après-midi le jour du Fossé était plutôt un oubli, et sur cette base, on interprète l'acte de Salomon — sur lui la paix — de cette manière, et Dieu sait mieux. Quant à ceux qui disent que le pronom dans Sa parole : "jusqu'à ce qu'elle se soit cachée derrière le voile" renvoie aux chevaux, et que l'heure de la prière n'était pas encore passée, et que le sens de Sa parole : "Ramenez-les moi" et il se mit à leur trancher les jarrets et les cous signifie qu'il essuya la sueur de leurs jarrets et de leurs cous, cet avis a été choisi par Ibn Jarîr et rapporté par Al-Wâlibî d'après Ibn Abbâs concernant l'essuyage de la sueur. Ibn Jarîr a justifié cet avis en disant qu'il n'allait pas torturer les animaux en les blessant et détruire des biens sans raison ni faute de leur part. Ce qu'il a dit mérite réflexion, car cela pouvait être permis dans leur Loi, et certains de nos savants ont soutenu que si les musulmans craignent que les mécréants ne s'emparent de certains animaux, comme des moutons ou autres, il est permis de les abattre et de les détruire pour qu'ils ne puissent pas en tirer force. C'est sur cette base qu'on interprète l'acte de Ja'far ibn Abî Tâlib le jour où il tua son cheval à Mu'ta. Et on a dit que c'étaient de grands chevaux. On a dit : ils étaient dix mille chevaux. Et on a dit : vingt mille chevaux. Et on a dit : parmi eux, vingt chevaux avaient des ailes. Abû Dâwûd a rapporté dans son recueil de hadiths : Muhammad ibn 'Awf nous a raconté, Sa'îd ibn Abî Maryam nous a raconté, Yahyâ ibn Ayyûb nous a informés, 'Umâra ibn Ghaziyya m'a raconté que Muhammad ibn Ibrâhîm lui a raconté d'après Muhammad ibn Abî Salama ibn 'Abd ar-Rahmân, d'après 'Â'isha, qui a dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — revint de l'expédition de Tabûk ou de Khaybar, et dans son alcôve 29 il y avait un rideau. Le vent se leva et souleva un coin du rideau, dévoilant des poupées 30 appartenant à 'Â'isha. Il dit : "Qu'est-ce que cela, ô 'Â'isha ?" Elle dit : "Mes filles." Il vit parmi elles un cheval avec deux ailes faites de morceaux de tissu. Il dit : "Qu'est-ce que je vois au milieu d'elles ?" Elle dit : "Un cheval." Il dit : "Et qu'a-t-il sur lui ?" Elle dit : "Deux ailes." Il dit : "Un cheval avec deux ailes !" Elle dit : "N'as-tu pas entendu que Salomon avait des chevaux avec des ailes ?" Elle dit : "Alors il rit jusqu'à ce que je voie ses molaires 31 — que Dieu prie sur lui et le salue." Certains savants ont dit : lorsqu'il abandonna les chevaux pour Dieu, Dieu le compensa par ce qui était meilleur pour lui, à savoir le vent dont le matin équivalait à un mois de marche et le soir à un mois, comme nous le verrons. Comme l'a dit l'imam Ahmad : Ismâ'îl nous a raconté, Sulaymân ibn al-Mughîra nous a raconté, d'après Humayd ibn Hilâl, d'après Abû Qatâda et Abû ad-Dahmâ' — qui voyageaient souvent vers la Maison [sacrée] — ils dirent : Nous rencontrâmes un homme du désert qui dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — me prit par la main et se mit à m'enseigner ce que Dieu, Puissant et Majestueux, lui avait appris, et il dit : "Tu n'abandonnes rien par crainte de Dieu, Puissant et Majestueux, sans que Dieu ne te donne quelque chose de meilleur." * * * Et Sa parole, Exalté soit-Il : "Nous avons éprouvé Salomon et Nous avons jeté sur son trône un corps 32, puis il se repentit." Ibn Jarîr, Ibn Abî Hâtim et d'autres exégètes ont mentionné ici de nombreux récits d'après un groupe de pieux prédécesseurs, dont la plupart, sinon tous, sont tirés des traditions israélites 33, et beaucoup d'entre eux contiennent une grande étrangeté. Nous en avons parlé dans notre livre d'exégèse et nous nous contentons ici de la simple récitation. Le résumé de ce qu'ils ont mentionné est que Salomon — sur lui la paix — s'absenta de son trône pendant quarante jours, puis y revint. Lorsqu'il revint, il ordonna la construction du Temple de Jérusalem 34 et le construisit solidement. Nous avons déjà mentionné qu'il le rénova et que le premier à en faire une mosquée fut Israël — sur lui la paix —, comme nous l'avons rapporté à propos de la parole d'Abû Dharr : Je dis : "Ô Messager de Dieu, quelle mosquée a été établie la première ?" Il dit : "La Mosquée Sacrée." Je dis : "Puis laquelle ?" Il dit : "La Mosquée du Temple de Jérusalem." Je dis : "Combien de temps entre elles ?" Il dit : "Quarante ans." Or, il est connu qu'entre Abraham — qui construisit la Mosquée Sacrée — et Salomon fils de David — sur eux la paix — il y a plus de mille ans, sans parler de quarante ans. Et sa demande du royaume qui ne convient à personne après lui eut lieu après l'achèvement du Temple de Jérusalem. L'imam Ahmad, An-Nasâ'î, Ibn Mâjah, Ibn Khuzayma, Ibn Hibbân et Al-Hâkim, par leurs chaînes de transmission, d'après 'Abd Allâh ibn Fayrûz ad-Daylamî, d'après 'Abd Allâh ibn 'Amr ibn al-'Âs, qui a dit : Le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : "Lorsque Salomon eut construit le Temple de Jérusalem, il demanda à son Seigneur, Puissant et Majestueux, trois choses : Il lui en accorda deux, et nous espérons que la troisième nous sera accordée. Il Lui demanda un jugement conforme au Sien, et Il le lui accorda. Il Lui demanda un royaume qui ne convienne à personne après lui, et Il le lui accorda. Et il Lui demanda que tout homme qui sort de sa maison ne voulant que prier dans cette mosquée, sorte de ses péchés comme le jour où sa mère l'a enfanté. Nous espérons que Dieu nous l'a accordée." Quant au jugement conforme au jugement de Dieu, Exalté soit-Il, Dieu, Exalté soit-Il, l'a loué
Et sur son père, dans Sa parole : « Et David et Salomon, lorsqu'ils jugeaient au sujet du champ où les moutons du peuple étaient venus paître la nuit 35. Et Nous étions témoins de leur jugement. Nous fîmes comprendre cela à Salomon. Et à chacun Nous donnâmes la sagesse et la science. » Churaih 36 le juge et plusieurs autres parmi les prédécesseurs ont mentionné que ces gens possédaient une vigne, et les moutons d'autres gens y pénétrèrent la nuit, c'est-à-dire qu'ils y paissaient de nuit et en mangèrent entièrement les arbres. Ils portèrent l'affaire devant David, que la paix soit sur lui, et il jugea que les propriétaires de la vigne recevraient sa valeur. Lorsqu'ils sortirent et rencontrèrent Salomon, il leur demanda : « Par quoi le Prophète d'Allah a-t-il jugé pour vous ? » Ils répondirent : « Par ceci et cela. » Il dit : « Quant à moi, je n'aurais jugé que par la remise des moutons aux propriétaires de la vigne, afin qu'ils en tirent profit par leur progéniture et leur lait jusqu'à ce que les propriétaires des moutons aient réparé la vigne des premiers et l'aient rendue à son état antérieur, puis ils reprendraient leurs moutons. » David, que la paix soit sur lui, en fut informé et jugea ainsi. Proche de cela est ce qui est établi dans les deux Sahih 37 d'après le hadith d'Abu az-Zinad, d'après al-A'raj, d'après Abu Hurayra, qui a dit : Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, a dit : « Alors que deux femmes avaient chacune leur fils, un loup vint et emporta le fils de l'une d'elles. Elles se disputèrent au sujet de l'autre enfant. L'aînée dit : "C'est ton fils qui a été emporté." La cadette dit : "Non, c'est ton fils qui a été emporté." Elles portèrent l'affaire devant David, et il jugea en faveur de l'aînée. Elles sortirent et rencontrèrent Salomon, qui dit : "Apportez-moi un couteau, je vais le couper en deux, une moitié pour chacune." La cadette dit : "Qu'Allah te fasse miséricorde, c'est son fils." Il jugea donc en sa faveur. » Chacun des deux jugements était probablement licite dans leur Loi, mais ce que dit Salomon était plus juste. C'est pourquoi Allah le loua pour ce qu'Il lui avait inspiré, puis Il loua son père après cela, en disant : « Et à chacun Nous donnâmes la sagesse et la science. Et Nous asservîmes les montagnes à glorifier [Allah] avec David, ainsi que les oiseaux. Et Nous sommes Celui qui fait. Et Nous lui apprîmes la fabrication des cottes de mailles pour vous, afin de vous protéger de votre violence. Êtes-vous donc reconnaissants ? » Puis Il dit : « Et à Salomon, le vent impétueux 38 », c'est-à-dire : Et Nous asservîmes à Salomon le vent impétueux, « qui, par son ordre, se dirige vers la terre que Nous avons bénie. Et Nous sommes de toute chose Savant. Et parmi les diables, il en est qui plongent pour lui et font d'autres travaux encore, et Nous les surveillions. » Et Il dit dans la sourate Sad : « Nous lui asservîmes le vent qui, par son ordre, souffle légèrement là où il veut. Et les diables, tout bâtisseur et plongeur, et d'autres encore enchaînés dans des fers. "Voilà Notre don. Donne ou retiens sans avoir à en rendre compte." Et il a auprès de Nous une place rapprochée et un beau retour. » Lorsqu'il abandonna les chevaux par recherche de la Face d'Allah, Allah lui donna en échange le vent, qui est plus rapide, plus fort et plus puissant, et sans aucune charge pour lui : « qui, par son ordre, souffle légèrement là où il veut », c'est-à-dire là où il désire, dans n'importe quel pays. Il avait un tapis composé de bois, assez grand pour contenir tout ce dont il avait besoin : maisons construites, palais, tentes, meubles, chevaux, chameaux, charges, hommes parmi les humains et les djinns, et autres animaux et oiseaux. Quand il voulait voyager, se promener, combattre un roi ou des ennemis dans n'importe quel pays d'Allah, il chargeait ces choses sur le tapis, ordonnait au vent, qui s'engouffrait dessous et le soulevait. Lorsqu'il s'élevait entre ciel et terre, il ordonnait au vent léger de le transporter. S'il voulait aller plus vite, il ordonnait au vent impétueux, qui le portait à la vitesse la plus rapide et le déposait où il voulait. Ainsi, il partait le matin de Jérusalem, le vent l'emmenait et le déposait à Istakhr 39, à un mois de distance, il y restait jusqu'à la fin du jour, puis repartait le soir et le vent le ramenait à Jérusalem. Comme Allah a dit : « Et à Salomon, le vent : son parcours du matin équivaut à un mois, et son parcours du soir équivaut à un mois. Et Nous fîmes couler pour lui la source de cuivre 40. Et parmi les djinns, il en est qui travaillaient devant lui par la permission de son Seigneur. Et quiconque d'entre eux déviait de Notre ordre, Nous lui faisions goûter le châtiment de la Fournaise. Ils exécutaient pour lui ce qu'il voulait : des sanctuaires 41, des statues 42, des plateaux comme des bassins 43, et des chaudrons bien ancrés 44. "Œuvrez, famille de David, en remerciement." Et il y a peu de Mes serviteurs qui sont reconnaissants. » Al-Hasan al-Basri a dit : Il partait le matin de Damas, descendait à Istakhr, y déjeunait, puis repartait le soir et passait la nuit à Kaboul. Entre Damas et Istakhr, il y a un mois de voyage, et entre Istakhr et Kaboul, un mois de voyage. Je dis : Les spécialistes de l'architecture et des pays ont mentionné qu'Istakhr fut construite par les djinns pour Salomon, et qu'elle était autrefois le siège du royaume des Turcs. Il en va de même pour d'autres villes diverses, comme Palmyre, Jérusalem, la porte de Jayrun et la porte du Barid à Damas, selon l'une des opinions. Quant au cuivre, Ibn Abbas, Mujahid, Ikrima, Qatada et d'autres ont dit : c'est le cuivre. Qatada a dit : Il était au Yémen, Allah le fit jaillir pour lui. As-Suddi a dit : Pendant trois jours seulement, il en prit tout ce dont il avait besoin pour les constructions et autres. Et Sa parole : « Et parmi les djinns, il en est qui travaillaient devant lui par la permission de son Seigneur. Et quiconque d'entre eux déviait de Notre ordre, Nous lui faisions goûter le châtiment de la Fournaise » signifie : Allah lui asservit des djinns travailleurs qui exécutaient pour lui ce qu'il voulait, sans se lasser ni désobéir. Et quiconque d'entre eux désobéissait, Il le châtiait et le punissait : « Ils exécutaient pour lui ce qu'il voulait : des sanctuaires », c'est-à-dire de beaux endroits et des estrades, « et des statues », c'est-à-dire des images sur les murs, ce qui était licite dans leur Loi et leur religion, « et des plateaux comme des bassins ». Ibn Abbas a dit : Le plateau est comme une grande cuve 45 de la terre. Selon lui, comme des bassins. C'est aussi ce qu'ont dit Mujahid, al-Hasan, Qatada, ad-Dahhak et d'autres. Selon cette version, « al-jawab » est le pluriel de « jabiya », qui est le bassin où l'on recueille l'eau. Al-A'sha a dit : « Elle revient le soir à la famille d'al-Muhallaq avec un plateau / Comme le bassin du vieil irakien, débordant. » Quant aux chaudrons bien ancrés, Ikrima a dit : Leurs trépieds en font partie, c'est-à-dire qu'ils sont fixes, ne bougeant pas de leur place. C'est aussi ce qu'ont dit Mujahid et d'autres. Et comme cela concerne la nourriture et la bienfaisance envers les créatures, humains et animaux, Allah a dit : « Œuvrez, famille de David, en remerciement. Et il y a peu de Mes serviteurs qui sont reconnaissants. » Et Allah a dit : « Et les diables, tout bâtisseur et plongeur, et d'autres encore enchaînés dans des fers », c'est-à-dire que parmi eux, certains étaient asservis pour la construction, d'autres pour plonger dans l'eau afin d'en extraire des joyaux, des perles et autres choses qui ne se trouvent que là. Et Sa parole : « et d'autres encore enchaînés dans des fers », c'est-à-dire qu'ils avaient désobéi et furent enchaînés deux par deux dans des fers, c'est-à-dire des chaînes. Tout cela fait partie des choses qu'Allah a préparées et asservies pour lui, parmi les compléments de la royauté qui ne convient à personne après lui, et qui n'existait pas non plus avant lui. Al-Bukhari a dit : Muhammad ibn Bashshar nous a raconté, Muhammad ibn Ja'far nous a raconté, Shu'ba nous a raconté, d'après Muhammad ibn Ziyad, d'après Abu Hurayra, d'après le Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue, qui a dit : « Un ifrit 46 parmi les djinns s'est échappé hier soir pour interrompre ma prière. Allah m'a donné pouvoir sur lui, je l'ai attrapé et j'ai voulu l'attacher à un pilier de la mosquée pour que vous le voyiez tous. Mais j'ai rappelé l'invocation de mon frère Salomon : "Seigneur, pardonne-moi et accorde-moi une royauté qui ne convienne à personne après moi." Alors je l'ai relâché, humilié. » Muslim et an-Nasa'i l'ont également rapporté d'après Shu'ba.
Et Muslim a dit : Muḥammad ibn Salamah al-Murādī nous a raconté, disant : ‘Abd Allāh ibn Wahb nous a raconté, d’après Mu‘āwiyah ibn Ṣāliḥ, Rabī‘ah ibn Yazīd (32) m’a raconté, d’après Abū Idrīs al-Khawlānī, d’après Abū al-Dardā’, qui a dit : Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) se leva pour prier (2), et nous l’entendîmes dire : « Je cherche refuge auprès d’Allāh contre toi, je te maudis de la malédiction d’Allāh », trois fois, et il étendit sa main comme s’il attrapait quelque chose. Lorsqu’il eut terminé la prière, nous dîmes : Ô Messager d’Allāh, [nous (33)] t’avons entendu dire dans la prière une chose que nous ne t’avions pas entendue dire auparavant, et nous t’avons vu étendre ta main. Il dit : « L’ennemi d’Allāh, Iblīs (Satan), est venu avec une flamme de feu pour la mettre sur mon visage. J’ai dit : "Je cherche refuge auprès d’Allāh contre toi", trois fois. Puis j’ai dit : "Je te maudis de la malédiction parfaite d’Allāh." Il ne recula pas trois fois, puis je voulus le saisir. Par Allāh, sans l’invocation de notre frère Sulaymān (Salomon), il serait devenu ligoté, jouet des enfants des gens de Médine. » Et ainsi le rapporta al-Nasā’ī d’après Muḥammad ibn Salamah, de la même manière. Aḥmad dit : Abū Aḥmad nous a raconté, Murrah ibn Ma‘bad nous a raconté, Abū ‘Ubayd, le chambellan de Sulaymān, nous a raconté, disant : J’ai vu ‘Aṭā’ ibn Yazīd al-Laythī debout en prière, et je voulus passer devant lui, mais il me repoussa, puis dit : Abū Sa‘īd al-Khudrī m’a raconté que le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) se leva et pria la prière de l’aube (Ṣubḥ) alors qu’il était derrière lui, et il récita, mais la récitation devint confuse pour lui. Lorsqu’il eut terminé sa prière, il dit : « Si vous m’aviez vu avec Iblīs, j’ai lancé ma main, et je n’ai cessé de l’étrangler jusqu’à ce que j’aie senti la fraîcheur de sa salive entre ces deux doigts (34) : le pouce et celui qui le suit. Sans l’invocation de mon frère Sulaymān, il serait devenu attaché à un pilier des piliers de la mosquée, jouet des enfants de Médine. Que celui d’entre vous qui le peut, que personne ne s’interpose entre lui et la direction de la prière (Qibla), qu’il le fasse. » Abū Dāwūd rapporta de cela : « Que celui d’entre vous qui le peut… » jusqu’à la fin, d’après Aḥmad ibn Surayj, d’après Aḥmad al-Zubayrī, de la même manière. Plusieurs des prédécesseurs (Salaf) ont mentionné que Sulaymān avait mille femmes : sept cents avec dot (mahr) et trois cents concubines (sirārī). On dit aussi l’inverse : trois cents femmes libres (ḥarā’ir) et sept cents esclaves (imā’). Il était capable d’une très grande jouissance avec les femmes. Al-Bukhārī dit : Khālid ibn Makhlad nous a raconté, Mughīrah ibn ‘Abd al-Raḥmān nous a raconté, d’après Abū al-Zinād, d’après al-A‘raj, d’après Abū Hurayrah, d’après le Prophète (qu’Allāh prie sur lui et le salue), qui dit : Sulaymān ibn Dāwūd (Salomon, fils de David) dit : « Cette nuit, je vais certainement parcourir soixante-dix femmes, et chaque femme portera un cavalier qui combattra dans le sentier d’Allāh. » Son compagnon lui dit : « Si Allāh le veut (In shā’ Allāh). » Mais il ne le dit pas. Alors aucune ne porta rien, sauf une qui porta un enfant tombant, dont un côté était manquant. Le Prophète (qu’Allāh prie sur lui et le salue) dit : « S’il l’avait dit, ils auraient combattu dans le sentier d’Allāh. » Shu‘ayb et Ibn Abī al-Zinād dirent : « Quatre-vingt-dix », et c’est plus correct. Al-Bukhārī est le seul à l’avoir rapporté de cette chaîne. Abū Ya‘lā dit : Zuhayr nous a raconté, Yazīd nous a raconté, Hishām ibn Ḥassān nous a informés, d’après Muḥammad, d’après Abū Hurayrah, qui dit : Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) dit : Sulaymān ibn Dāwūd dit : « Cette nuit, je vais certainement parcourir cent femmes, et chacune d’elles enfantera un garçon qui frappera avec l’épée dans le sentier d’Allāh. » Et il ne dit pas : « Si Allāh le veut. » Alors il parcourut cette nuit cent femmes, et aucune d’elles n’enfanta, sauf une femme qui enfanta un demi-humain. Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) dit : « S’il avait dit : "Si Allāh le veut", chaque femme d’entre elles aurait enfanté un garçon qui frapperait avec l’épée dans le sentier d’Allāh, Puissant et Majestueux. » Sa chaîne de transmission est selon les conditions du Ṣaḥīḥ (authentique), mais ils ne l’ont pas rapporté de cette voie. L’imam Aḥmad dit : Hushaym nous a raconté, Hishām nous a raconté, d’après Ibn Sīrīn, d’après Abū Hurayrah, qui dit : Sulaymān ibn Dāwūd dit : « Cette nuit, je vais certainement parcourir cent femmes, et chacune d’elles enfantera un garçon qui combattra dans le sentier d’Allāh. » Et il ne fit pas d’exception (istithnā’). Alors aucune d’elles n’enfanta, sauf une qui enfanta un demi-humain. Il dit : Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) dit : « S’il avait fait l’exception, il lui serait né cent garçons, tous combattant dans le sentier d’Allāh, Puissant et Majestueux. » Aḥmad est aussi le seul à l’avoir rapporté. L’imam Aḥmad dit : ‘Abd al-Razzāq nous a raconté, Ma‘mar nous a informés (35), d’après Ibn Ṭāwūs, d’après son père, d’après Abū Hurayrah, qui dit : Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) dit : Sulaymān ibn Dāwūd dit : « Cette nuit, je vais certainement parcourir cent femmes, et chacune d’elles enfantera un garçon qui combattra dans le sentier d’Allāh. » [Il dit (2)] Et il oublia de dire : « Si Allāh le veut. » Alors il les parcourut. Il dit : Aucune d’elles n’enfanta, sauf (36) une qui enfanta un demi-humain. Le Messager d’Allāh (qu’Allāh prie sur lui et le salue) dit : « S’il avait dit : "Si Allāh le veut", il n’aurait pas manqué à son serment et cela aurait été un moyen d’atteindre son besoin. » Et c’est ainsi qu’ils l’ont rapporté dans les deux Ṣaḥīḥ (authentiques) d’après le hadith de ‘Abd al-Razzāq, de la même manière. Ishāq ibn Bishr dit : Muqātil nous a informés, d’après Abū al-Zinād, et Ibn Abī al-Zinād, d’après son père, d’après ‘Abd al-Raḥmān, d’après Abū Hurayrah, que Sulaymān ibn Dāwūd avait quatre cents femmes et six cents concubines (surriyyah). Un jour, il dit : « Cette nuit, je vais certainement parcourir mille femmes, et chacune d’elles portera un cavalier qui combattra dans le sentier d’Allāh. » Et il ne fit pas d’exception. Alors il les parcourut, et aucune d’elles ne porta, sauf une seule femme qui vint avec un demi-humain. Le Prophète (qu’Allāh prie sur lui et le salue) dit : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, s’il avait fait l’exception en disant : "Si Allāh le veut", il lui serait né ce qu’il avait dit : des cavaliers, et ils auraient combattu dans le sentier d’Allāh, Puissant et Majestueux. » Cette chaîne de transmission est faible à cause de l’état d’Ishāq ibn Bishr, car il est un rapporteur de hadiths désavoués (munkar), surtout qu’il a contredit les rapports authentiques. Il avait (que la paix soit sur lui) des affaires de royauté, d’étendue de l’État, de multitude de troupes et de leur diversité, ce que personne avant lui n’avait eu, et qu’Allāh ne donnera à personne après lui, comme Il dit : « Et il nous a été donné de toute chose » (Coran 27:16), et : « Il dit : "Seigneur, pardonne-moi et accorde-moi un royaume qui ne convienne à personne après moi. C’est Toi, le Donateur." » (Coran 38:35). Et Allāh lui a accordé cela par le texte du Véridique et du Confirmé (le Prophète). Et lorsque le Très-Haut mentionna ce dont Il l’avait gratifié et les bienfaits complets et immenses qu’Il lui avait accordés, Il dit : « Voici Notre don. Sois généreux ou retiens, sans avoir à en rendre compte. » (Coran 38:39), c’est-à-dire : donne à qui tu veux et prive qui tu veux, car tu n’auras pas à en rendre compte. Autrement dit : dispose des biens comme tu veux, car Allāh t’a permis ce que tu en fais et ne te demandera pas de compte pour cela. Tel est le statut du prophète-roi, contrairement au serviteur-messager, car il est de son statut de ne donner à personne sans la permission d’Allāh pour cela. Notre Prophète Muḥammad (que les prières et le salut d’Allāh soient sur lui) a été mis en choix entre ces deux positions, et il a choisi d’être un serviteur-messager. Dans certains récits, il consulta Jibrīl (Gabriel) à ce sujet, et celui-ci lui indiqua de faire preuve d’humilité. Il choisit donc d’être un serviteur-messager (que les prières et le salut d’Allāh soient sur lui). Et Allāh a établi le califat et la royauté après lui dans sa communauté jusqu’au Jour de la Résurrection ; un groupe de sa communauté ne cessera d’être victorieux jusqu’à ce que l’Heure arrive. À Allāh la louange et la grâce. Et lorsque le Très-Haut mentionna ce qu’Il avait accordé à Son prophète Sulaymān (que la paix soit sur lui) comme bien de ce monde, Il attira l’attention sur ce qu’Il lui avait préparé dans l’au-delà comme récompense abondante, rétribution magnifique, proximité qui le rapproche de Lui, succès immense et honneur devant Lui. Cela aura lieu au Jour du Retour et du Compte, où le Très-Haut dit : « Et il a auprès de Nous une place rapprochée et un beau lieu de retour. » (Coran 38:40).
- min kulli shay’ : Expression coranique signifiant 'de toute chose', indiquant la science et les capacités universelles accordées à Salomon.
- al-faḍl al-mubīn : Expression coranique signifiant 'la grâce manifeste', désignant la faveur divine évidente.
- yūza‘ūn : Terme coranique désignant le fait d'être retenus ou rassemblés en ordre, ici par des chefs (waza‘a).
- awzi‘nī : Terme coranique signifiant 'inspire-moi' ou 'suggère-moi', impliquant une demande de guidance divine.
- Sourate an-Naml : Sourate 27 du Coran, versets 17-44, qui relate l'histoire de Salomon et de la reine de Saba.
- waza‘a : Pluriel de wāzi‘, désignant des officiers ou chefs chargés de maintenir l'ordre dans les armées.
- al-bisāṭ : Tapis volant légendaire de Salomon, mentionné dans les traditions islamiques, capable de transporter son armée.
- marfū‘ : Terme technique de hadith désignant un récit remontant jusqu'au Prophète Muhammad.
- hadiyya : Présent, offrande, souvent utilisé dans le contexte de cadeaux diplomatiques ou de soumission.
- sāghirūn : Rabaissés, humiliés, soumis ; terme coranique décrivant l'état de ceux qui sont vaincus et contraints à l'impôt de capitation (jizya).
- jinn : Créatures invisibles créées de feu, dotées de libre arbitre, souvent mentionnées dans le Coran comme soumises à Salomon.
- ifrīt : Djinn puissant et malicieux, souvent rebelle ; dans ce contexte, un djinn particulièrement fort.
- al-kitāb : Le Livre ; peut désigner la Table préservée (al-Lawḥ al-Maḥfūẓ) ou un livre sacré contenant la science divine.
- al-ism al-aʿẓam : Le Nom Suprême d'Allah, dont la connaissance permet d'exaucer les invocations et d'accomplir des miracles.
- As-Suhaylī : Savant andalou du XIIe siècle, connu pour ses commentaires sur la Sîra et le Coran.
- nūra : Chaux vive utilisée comme épilatoire dans les bains traditionnels (hammam).
- Ath-Thaʿlabī : Exégète et historien musulman du XIe siècle, auteur d'un célèbre commentaire coranique et de récits des prophètes.
- Ibn Isḥāq : Historien musulman du VIIIe siècle, auteur de la première biographie complète du Prophète Muhammad.
- Wahb ibn Munabbih : Savant yéménite du VIIIe siècle, connu pour ses récits israélites et ses connaissances des Écritures antérieures.
- al-khayr : Le bien, la richesse ; ici, les chevaux sont désignés comme des biens matériels.
- jasad : Corps ; fait référence à l'épreuve de Salomon où un corps (ou un démon) fut placé sur son trône, provoquant son repentir.
- awwāb : Celui qui revient sans cesse vers Dieu par le repentir et l'obéissance.
- ṣāfināt : Chevaux qui se tiennent sur trois pattes, le sabot de la quatrième levé, signe de noblesse et de vigueur.
- jiyād : Chevaux de race, rapides et bien entraînés.
- al-khayr : Ici, les biens matériels, en l'occurrence les chevaux.
- salaf : Les pieux prédécesseurs, les premières générations de musulmans.
- ṣalāt al-ʿaṣr : La prière de l'après-midi, troisième des cinq prières obligatoires.
- ṣalāt al-khawf : La prière de la peur, une forme abrégée de prière en temps de guerre.
- sahwa : Alcôve ou petite pièce dans la maison.
- banāt li-ʿāʾisha luʿab : Poupées ou figurines appartenant à Aïcha.
- nawājidh : Les molaires, visibles lorsque l'on rit franchement.
- jasad : Un corps, ici un être ou une forme, selon les récits un démon ou un enfant.
- isrāʾīliyyāt : Récits issus de sources juives ou chrétiennes, non authentifiés par la tradition islamique.
- bayt al-maqdis : Le Temple de Jérusalem, lieu saint.
- nafash : Action de paître la nuit, spécifiquement le fait que des animaux (souvent des moutons) entrent dans un champ ou une vigne pendant la nuit et causent des dégâts.
- Shuraih : Célèbre juge musulman des premiers temps, connu pour sa sagesse et ses jugements.
- Sahihayn : Les deux recueils de hadiths considérés comme les plus authentiques : le Sahih d'al-Bukhari et le Sahih de Muslim.
- ar-rih 'asifa : Le vent impétueux ou violent, mentionné dans le Coran comme étant asservi à Salomon.
- Istakhr : Ancienne ville de Perse (aujourd'hui en Iran), proche de Persépolis, considérée comme un lieu où Salomon avait autorité.
- 'ayn al-qitr : Source de cuivre fondu, miracle accordé à Salomon pour ses constructions.
- maharib : Pluriel de mihrab, désignant des sanctuaires, des lieux de prière ou des salles nobles.
- tamathil : Statues ou représentations figuratives, permises dans la loi de Salomon mais interdites en Islam.
- jifan ka al-jawab : Plateaux immenses, comparés à des bassins ou des citernes, utilisés pour nourrir les foules.
- qudur rasiyat : Chaudrons fixes et immenses, ancrés dans le sol, utilisés pour cuisiner de grandes quantités de nourriture.
- jawba : Grande cuve ou bassin creusé dans la terre, servant à recueillir l'eau.
- ifrit : Type de djinn puissant et maléfique, souvent rebelle.
Il mentionna sa mort, la durée de son règne et celle de sa vie.
Mention de sa mort et de la durée de son règne et de sa vie. Allah — béni et exalté soit-Il — a dit : « Puis, lorsque Nous lui eûmes décrété la mort, rien ne leur indiqua sa mort, si ce n'est la bête de la terre 1 qui rongeait son bâton 2. Et lorsqu'il s'écroula, il apparut clairement aux djinns que, s'ils avaient connu l'invisible, ils ne seraient pas restés dans le châtiment avilissant. » Ibn Jarîr, Ibn Abî Hâtim et d'autres ont rapporté d'après Ibrâhîm ibn Tahmân, d'après 'Atâ' ibn as-Sâ'ib, d'après Sa'îd ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbâs, d'après le Prophète — qu'Allah prie sur lui et le salue — qui a dit : « Salomon, le prophète d'Allah — sur lui la paix —, lorsqu'il priait, voyait un arbre pousser devant lui. Il lui disait : "Quel est ton nom ?" Il répondait : "Untel." Il disait : "À quoi sers-tu ?" S'il était destiné à être planté, il était planté ; s'il était destiné à être un remède, il poussait comme tel. Un jour qu'il priait, il vit un arbre devant lui et lui dit : "Quel est ton nom ?" Il répondit : "Le caroubier." Il dit : "À quoi sers-tu ?" Il répondit : "À la ruine de cette maison." Salomon dit alors : "Seigneur ! Cache aux djinns ma mort, afin que les humains sachent que les djinns ne connaissent pas l'invisible." Il le tailla en bâton, s'y appuya pendant un an, tandis que les djinns travaillaient. La termite 3 le rongea, et il apparut clairement aux humains que, si les djinns avaient connu l'invisible, ils ne seraient pas restés un an dans le châtiment avilissant." Il dit : « Et Ibn 'Abbâs le lisait ainsi. » Les djinns remercièrent la termite et lui apportaient de l'eau. C'est le texte d'Ibn Jarîr. 'Atâ' al-Khurâsânî a dans son hadith un caractère blâmable. Al-Hâfiz Ibn 'Asâkir l'a rapporté par la voie de Salama ibn Kuhayl, d'après Sa'îd ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbâs, comme une parole suspendue 4. C'est plus proche de la justesse, et Allah sait mieux. As-Suddî a dit, dans un récit qu'il a mentionné d'après Abû Mâlik et Abû Sâlih, d'après Ibn 'Abbâs, et d'après des gens parmi les Compagnons : « Salomon — sur lui la paix — se retirait dans le Temple de Jérusalem 5 pendant un an, deux ans, un mois, deux mois, moins ou plus, et y faisait entrer sa nourriture et sa boisson. Il y entra une fois, celle où il devait mourir. Le début de cela fut que, chaque matin, un arbre poussait dans le Temple de Jérusalem. Il allait vers lui et lui demandait : "Quel est ton nom ?" L'arbre disait : "Mon nom est untel." S'il était destiné à être planté, il le plantait ; s'il avait poussé comme remède, il disait : "J'ai poussé comme remède pour telle chose." Il agissait ainsi, jusqu'à ce qu'un arbre appelé caroubier pousse. Il lui demanda : "Quel est ton nom ?" Il répondit : "Je suis le caroubier." Il dit : "Pourquoi as-tu poussé ?" Il répondit : "J'ai poussé pour la ruine de cette mosquée." Salomon dit : "Allah ne la ruinerait pas tant que je suis vivant. C'est toi qui causes ma perte et la ruine du Temple de Jérusalem." Il l'arracha et le planta dans un mur qui lui appartenait. Puis il entra dans le sanctuaire 6, se tint debout en prière, appuyé sur son bâton, et mourut. Les démons ne le surent pas. Ils continuaient à travailler pour lui, craignant qu'il ne sorte et ne les punisse. Les démons se rassemblaient autour du sanctuaire, et le sanctuaire avait des ouvertures devant et derrière lui. Le démon qui voulait s'enfuir disait : "Ne suis-je pas hardi si j'entre et sors de l'autre côté ?" Il entrait jusqu'à sortir de l'autre côté. Un démon parmi eux entra, passa, et — aucun démon ne regardait Salomon — sur lui la paix — dans le sanctuaire sans brûler. Il n'entendit pas la voix de Salomon, puis revint et n'entendit pas, puis revint et tomba dans la maison sans brûler, et regarda Salomon — sur lui la paix — qui était tombé mort. Il sortit et informa les gens que Salomon était mort. Ils ouvrirent sur lui, le sortirent et trouvèrent son bâton — c'est-à-dire le "minsa'a" 2 en langue abyssine — que la termite avait rongé, et ils ne surent pas depuis combien de temps il était mort. Ils placèrent la termite sur le bâton, elle en mangea un jour et une nuit, puis ils calculèrent sur cette base et trouvèrent qu'il était mort depuis un an. C'est la lecture d'Ibn Mas'ûd : "Ils continuèrent à travailler pour lui après sa mort pendant une année complète." Alors les gens furent certains que les djinns mentaient, et que s'ils avaient connu l'invisible, ils auraient su la mort de Salomon et ne seraient pas restés un an dans le châtiment à travailler pour lui. C'est la parole d'Allah — puissant et majestueux — : "Rien ne leur indiqua sa mort, si ce n'est la bête de la terre qui rongeait son bâton. Et lorsqu'il s'écroula, il apparut clairement aux djinns que, s'ils avaient connu l'invisible, ils ne seraient pas restés dans le châtiment avilissant." Il dit : "Leur affaire apparut clairement aux gens : ils les avaient mentis." Ensuite, les démons dirent à la termite : "Si tu mangeais de la nourriture, nous t'apporterions la meilleure nourriture ; si tu buvais de la boisson, nous te donnerions la meilleure boisson. Mais nous t'apporterons de l'eau et de l'argile." Il dit : "Ils lui apportent cela où qu'elle soit." Il dit : "N'as-tu pas vu l'argile qui se trouve dans le bois ? C'est ce que le démon lui apporte, en remerciement." Ceci contient des récits israélites 7 qui ne sont ni crus ni démentis. Abû Dâwud a dit dans le Livre du Décret : 'Uthmân ibn Abî Shayba nous a raconté, Qabîsa nous a raconté, Sufyân nous a raconté, d'après al-A'mash, d'après Khaythama, qui a dit : « Salomon fils de David — sur eux deux la paix — dit à l'Ange de la mort : "Quand tu voudras prendre mon âme, informe-moi." Il dit : "Je n'en sais pas plus que toi. Ce sont seulement des feuilles qui me sont jetées, avec les noms de ceux qui doivent mourir." » Asbagh ibn al-Faraj et 'Abd Allâh ibn Wahb ont dit, d'après 'Abd ar-Rahmân ibn Zayd ibn Aslam, qui a dit : « Salomon dit à l'Ange de la mort : "Quand tu auras reçu l'ordre à mon sujet, informe-moi." Il vint à lui et dit : "Ô Salomon ! J'ai reçu l'ordre à ton sujet. Il ne te reste qu'un instant." Il appela les démons, qui bâtirent sur lui un édifice de verre sans porte. Il se tint debout en prière, appuyé sur son bâton. L'Ange de la mort entra auprès de lui et prit son âme, tandis qu'il était appuyé sur son bâton. Il ne fit pas cela pour fuir l'Ange de la mort. Les djinns travaillaient devant lui et le regardaient, croyant qu'il était vivant. Allah envoya la bête de la terre, c'est-à-dire à son bâton, et elle le rongea. Lorsqu'elle eut rongé l'intérieur du bâton, il s'affaiblit, devint lourd sur lui et s'écroula. Quand les djinns virent cela, ils se dispersèrent et s'en allèrent. » C'est la parole d'Allah : « Rien ne leur indiqua sa mort, si ce n'est la bête de la terre qui rongeait son bâton. Et lorsqu'il s'écroula, il apparut clairement aux djinns que, s'ils avaient connu l'invisible, ils ne seraient pas restés dans le châtiment avilissant. » Asbagh a dit : « Il m'est parvenu d'un autre que la termite resta un an à ronger son bâton jusqu'à ce qu'il s'écroule. » Des récits similaires ont été rapportés par un groupe de prédécesseurs 8 et d'autres. Allah — exalté soit-Il — sait mieux. Ishâq ibn Bishr a dit, d'après Muhammad ibn Ishâq, d'après az-Zuhrî et d'autres, que Salomon — sur lui la paix — vécut cinquante-deux ans et que son règne dura quarante ans. Ishâq a dit : Abû Rawq nous a informés, d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbâs, que son règne dura vingt ans. Et Allah sait mieux. Ibn Jarîr a dit : « La durée totale de la vie de Salomon fils de David — sur eux deux la paix — fut de plus de cinquante ans. » Et en l'an quatre de son règne, il commença la construction du Temple de Jérusalem, selon ce qui a été mentionné. Puis régna après lui son fils Roboam 9 pendant dix-sept ans, selon ce qu'a mentionné Ibn Jarîr. Il dit : « Ensuite, le royaume des Enfants d'Israël se divisa après lui. »
- dābbat al-arḍ : La 'bête de la terre' : il s'agit d'un insecte xylophage, traditionnellement identifié à la termite.
- minsa'a : Le bâton ou sceptre sur lequel Salomon s'appuyait ; terme d'origine abyssine selon le texte.
- araḍa : La termite ou ver du bois, insecte qui ronge le bois.
- mawqūf : Hadith dont la chaîne de transmission s'arrête à un Compagnon, sans remonter jusqu'au Prophète.
- Bayt al-Maqdis : Le Temple de Jérusalem, lieu saint des Enfants d'Israël.
- miḥrāb : Sanctuaire ou niche de prière ; ici, lieu de retraite spirituelle de Salomon.
- isrā'īliyyāt : Récits issus de traditions juives ou chrétiennes, non authentifiés par la tradition islamique.
- salaf : Les pieux prédécesseurs, c'est-à-dire les premières générations de l'islam.
- Raḥab'ām : Roboam, fils de Salomon, qui régna sur le royaume de Juda.
Chapitre mentionnant un groupe de prophètes des enfants d'Israël, sur eux la paix [1].
Chapitre mentionnant un groupe de prophètes des Enfants d'Israël, sur eux la paix, dont on ne connaît pas l'époque précise, si ce n'est qu'ils sont après David 1 et avant Zacharie et Jean, sur eux la paix. Parmi eux, Ésaïe 2 fils d'Amots. Muhammad ibn Ishaq a dit : Il était avant Zacharie et Jean, et il est de ceux qui annoncèrent la bonne nouvelle de Jésus et de Muhammad, sur eux la paix. À son époque, il y avait un roi nommé Ézéchias 3 sur les Enfants d'Israël, dans le pays de Jérusalem. Il était obéissant et soumis à Ésaïe dans ce qu'il lui ordonnait et lui interdisait en matière d'intérêts. Les événements s'étaient aggravés parmi les Enfants d'Israël. Le roi tomba malade et un ulcère apparut à sa jambe. Le roi de Babylone en ce temps-là, Sennachérib 4, se dirigea vers Jérusalem. Ibn Ishaq dit : Avec six cent mille étendards. Les gens furent saisis d'une très grande frayeur. Le roi dit au prophète Ésaïe : Que t'a révélé Dieu au sujet de Sennachérib et de ses armées ? Il dit : Il ne m'a encore rien révélé à leur sujet. Puis la révélation descendit sur lui, ordonnant au roi Ézéchias de faire son testament et de désigner un successeur sur son royaume, car son terme approchait. Lorsqu'il l'en informa, le roi se tourna vers la direction de la prière, pria, glorifia, invoqua et pleura. Il dit, pleurant et implorant Dieu, Puissant et Majestueux, d'un cœur sincère, avec confiance et patience : Ô Dieu, Seigneur des seigneurs et Dieu des dieux, ô Miséricordieux, ô Compatissant, ô Toi que ne saisissent ni somnolence ni sommeil, souviens-Toi de moi par ma science, mon action et ma bonne gestion sur les Enfants d'Israël. Tout cela vient de Toi, et Tu en es plus savant que moi-même. Mon secret et mon public sont à Toi. Il dit : Dieu exauça sa prière, eut pitié de lui et révéla à Ésaïe de lui annoncer qu'Il avait eu pitié de ses pleurs, qu'Il avait reporté son terme de quinze ans et qu'Il le sauverait de son ennemi Sennachérib. Lorsqu'il lui dit cela, la douleur le quitta, le mal et la tristesse disparurent, et il tomba prosterné, disant dans sa prosternation : Ô Dieu, c'est Toi qui donnes la royauté à qui Tu veux et l'enlèves à qui Tu veux, qui honores qui Tu veux et humilies qui Tu veux, Connaisseur de l'invisible et du visible. Tu es le Premier et le Dernier, l'Apparent et le Caché, et Tu as pitié et exauces l'invocation des opprimés. Lorsqu'il releva la tête, Dieu révéla à Ésaïe de lui ordonner de prendre de l'eau de figue 5 et de l'appliquer sur son ulcère ; il guérirait et se réveillerait guéri. Il fit ainsi et fut guéri. Dieu envoya la mort sur l'armée de Sennachérib ; ils se réveillèrent tous morts, sauf Sennachérib et cinq de ses compagnons, dont Nabuchodonosor 6. Le roi des Enfants d'Israël envoya quelqu'un les chercher, les mit dans des chaînes et les fit circuler dans le pays pour les humilier et les châtier pendant soixante-dix jours, donnant à chacun deux pains d'orge par jour. Puis il les jeta en prison. Dieu, Très-Haut, révéla à Ésaïe d'ordonner au roi de les renvoyer dans leur pays pour avertir leur peuple de ce qui leur était arrivé. Lorsqu'ils revinrent, Sennachérib rassembla son peuple et leur raconta ce qui leur était arrivé. Les magiciens et les prêtres lui dirent : Nous t'avions informé de la situation de leur Seigneur et de leurs prophètes, mais tu ne nous as pas écoutés. C'est une communauté que nul ne peut vaincre à cause de leur Seigneur. Ainsi, l'affaire de Sennachérib fut une chose par laquelle Dieu les effraya. Puis Sennachérib mourut sept ans plus tard. Ibn Ishaq dit : Puis, lorsque Ézéchias, roi des Enfants d'Israël, mourut, leurs affaires se dégradèrent, leurs événements se mêlèrent et leur mal augmenta. Dieu, Très-Haut, révéla à Ésaïe ; il se leva parmi eux, les exhorta, leur rappela, leur rapporta de Dieu ce qu'Il mérite, et les avertit de Sa rigueur et de Son châtiment s'ils Lui désobéissaient et Le traitaient de menteur. Lorsqu'il eut terminé son discours, ils se ruèrent sur lui et le cherchèrent pour le tuer. Il s'enfuit devant eux, passa près d'un arbre qui s'ouvrit pour lui ; il y entra. Satan le rattrapa et saisit le bord de son vêtement, le faisant apparaître. Lorsqu'ils virent cela, ils apportèrent une scie, la placèrent sur l'arbre, le scièrent et le scièrent avec lui. Nous sommes à Dieu et à Lui nous retournons. Parmi eux, Jérémie 7 fils de Hilkiah, de la tribu de Lévi fils de Jacob. On a dit qu'il était al-Khidr 8. Ad-Dahhak l'a rapporté d'après Ibn Abbas. C'est étrange et non authentique. Ibn Asakir a dit : Il est rapporté dans certains récits qu'il s'arrêta sur le sang de Jean fils de Zacharie, qui bouillonnait à Damas, et dit : Ô sang, tu as troublé les gens, apaise-toi. Il s'apaisa et s'enfonça jusqu'à disparaître. Abu Bakr ibn Abi ad-Dunya a dit : Ali ibn Abi Maryam m'a raconté, d'après Ahmad ibn Habab, d'après Abdullah ibn Abd ar-Rahman, qui a dit : Jérémie dit : Ô mon Seigneur, lequel de Tes serviteurs T'est le plus aimé ? Il dit : Ceux qui M'invoquent le plus, ceux qui s'occupent de Mon souvenir au détriment du souvenir des créatures, ceux que les suggestions de l'anéantissement n'atteignent pas et qui ne songent pas à la permanence, ceux qui, lorsque la vie mondaine se présente à eux, la dédaignent, et lorsqu'elle leur est retirée, s'en réjouissent. Ceux-là, Je les comble de Mon amour et leur donne au-delà de leurs espérances.
- Dāwūd : David, prophète et roi d'Israël.
- Shiʿyā : Ésaïe, prophète biblique.
- Ḥizqiyā : Ézéchias, roi de Juda.
- Sanḥārīb : Sennachérib, roi assyrien.
- māʾ al-tīn : Eau de figue, remède traditionnel.
- Bukhtnaṣṣar : Nabuchodonosor II, roi babylonien.
- Armiyā : Jérémie, prophète biblique.
- al-Khiḍr : Personnage mystérieux souvent identifié à un prophète ou un saint.
Récit de la destruction du Temple de Jérusalem [1]
Mention de la ruine de Jérusalem 1 Et la parole du Très-Haut : "Et Nous avons donné à Moïse le Livre et Nous en avons fait une guidance pour les Enfants d'Israël, [leur disant] : 'Ne prenez pas de protecteur en dehors de Moi, ô descendance de ceux que Nous avons transportés avec Noé. Il était vraiment un serviteur reconnaissant.' Et Nous avons décrété pour les Enfants d'Israël dans le Livre : 'Vous corromprez la terre à deux reprises et vous vous élèverez avec une grande arrogance. Lorsque viendra la première de ces deux [promesses], Nous enverrons contre vous des serviteurs à Nous, doués d'une force redoutable, qui parcourront les maisons [en les détruisant]. Et c'était une promesse accomplie. Ensuite, Nous vous rendrons la victoire sur eux, et Nous vous renforcerons par des biens et des enfants, et Nous ferons de vous un peuple plus nombreux. Si vous faites le bien, vous le faites pour vous-mêmes ; si vous faites le mal, c'est pour vous-mêmes. Puis, quand viendra la dernière [promesse], [Nous enverrons vos ennemis] pour affliger vos visages et pour entrer dans le Temple comme ils y sont entrés la première fois, et pour détruire complètement ce dont ils se sont emparés. Il se peut que votre Seigneur vous fasse miséricorde. Mais si vous récidivez, Nous récidiverons. Et Nous avons fait de l'Enfer une prison pour les mécréants." Et Wahb ibn Munabbih 2 a dit : Allah révéla à un prophète des Enfants d'Israël, nommé Jérémie 3, lorsque les péchés se multiplièrent parmi eux : "Lève-toi au milieu de ton peuple et informe-les qu'ils ont des cœurs mais ne comprennent pas, des yeux mais ne voient pas, des oreilles mais n'entendent pas. Et Je Me suis souvenu de la droiture de leurs pères, et cela M'a rendu compatissant envers leurs enfants. Demande-leur donc : 'Comment ont-ils trouvé la conséquence de Mon obéissance ? Quelqu'un qui M'a désobéi a-t-il jamais été heureux par sa désobéissance ? Quelqu'un qui M'a obéi a-t-il jamais été malheureux par son obéissance ? Les bêtes se souviennent de leurs demeures et y aspirent, mais ces gens ont abandonné la chose par laquelle J'avais honoré leurs pères et ont cherché l'honneur ailleurs. Quant à leurs docteurs 4, ils ont nié Mon droit ; quant à leurs lecteurs 5, ils ont adoré autre que Moi ; quant à leurs ascètes 6, ils n'ont pas profité de ce qu'ils savaient ; quant à leurs gouverneurs, ils ont menti sur Moi et sur Mes messagers. Ils ont caché la ruse dans leurs cœurs et ont habitué leurs langues au mensonge. Et Je jure par Ma Majesté et Ma Puissance que Je déchaînerai contre eux des armées dont ils ne comprendront pas la langue 7, ne connaîtront pas les visages et n'auront pas pitié de leurs pleurs. Et J'enverrai sur eux un roi tyran et cruel, avec des armées comme des nuages et des cortèges comme des routes ; le battement de ses étendards est comme le vol des vautours, et la charge de ses cavaliers comme l'attaque des aigles. Ils rendront les lieux habités en ruines et laisseront les villages déserts. Malheur à Jérusalem 8 et à ses habitants ! Comment Je les humilierai par le meurtre, Je les livrerai à la captivité, et après le bruit des noces Je ferai entendre des cris, après le hennissement des chevaux le hurlement des loups, après les terrasses des palais les repaires des bêtes féroces, après la lumière des lampes la poussière étouffante, après la gloire l'humiliation 9, après la prospérité la servitude. Je changerai leurs femmes : après le parfum, la poussière ; après la marche sur les tapis, la course rapide. Je ferai de leurs corps un fumier pour la terre et de leurs ossements une exposition au soleil. Je les foulerai aux pieds avec toutes sortes de châtiments. Puis J'ordonnerai au ciel de devenir une plaque de fer et à la terre un lingot de cuivre : si elle pleut, la terre ne poussera rien ; si elle fait pousser quelque chose pendant ce temps, ce sera par Ma miséricorde pour les bêtes. Puis Je retiendrai [la pluie] au temps des semailles et Je l'enverrai au temps de la moisson. S'ils sèment quelque chose pendant ce temps, Je ferai venir la calamité ; si quelque chose en échappe, J'en retirerai la bénédiction. S'ils M'invoquent, Je ne leur répondrai pas ; s'ils demandent, Je ne leur donnerai pas ; s'ils pleurent, Je n'aurai pas pitié d'eux ; s'ils implorent humblement, Je détournerai Ma face d'eux." Rapporté par Ibn 'Asakir 10 en ces termes. Et Ishaq ibn Bishr 11 a dit : Idris nous a rapporté d'après Wahb ibn Munabbih, qui a dit : Lorsque Allah Très-Haut envoya Jérémie aux Enfants d'Israël, alors que les événements graves s'étaient multipliés parmi eux, qu'ils commettaient des péchés et tuaient les prophètes, Nabuchodonosor 12 convoita [leur pays] et Allah jeta dans son cœur [cette pensée] ; il se dit en lui-même de marcher contre eux, quand Allah voulut se venger d'eux par lui. Alors Allah révéla à Jérémie : "Je vais détruire les Enfants d'Israël et Me venger d'eux. Lève-toi sur le Rocher du Temple 13 ; Mon ordre et Ma révélation te parviendront." Jérémie se leva, déchira ses vêtements, mit de la cendre sur sa tête, se prosterna et dit : "Seigneur, j'aurais aimé que ma mère ne m'ait pas enfanté, lorsque Tu fais de moi le dernier des prophètes des Enfants d'Israël, et que la ruine du Temple et la perte des Enfants d'Israël soient à cause de moi." Il lui dit : "Lève ta tête." Il leva la tête, pleura, puis dit : "Seigneur, qui domineras-Tu sur eux ?" Il dit : "Les adorateurs du feu, qui ne craignent pas Mon châtiment et n'espèrent pas Ma récompense. Lève-toi, Jérémie, écoute Ma révélation ; Je t'informe de ton histoire et de celle des Enfants d'Israël : avant que Je te crée, Je t'ai choisi ; avant que Je te forme dans le ventre de ta mère, Je t'ai sanctifié ; avant que Je te fasse sortir du sein de ta mère, Je t'ai purifié ; avant que tu atteignes [l'âge adulte], Je t'ai prophétisé ; avant que tu atteignes la force, Je t'ai choisi 14 ; et pour une grande affaire, Je t'ai élu. Lève-toi donc avec le roi, guide-le et dirige-le." Il fut donc avec le roi, le guidant 15, et la révélation d'Allah lui venait, jusqu'à ce que les événements graves se multiplièrent et qu'ils oublièrent ce par quoi Allah les avait sauvés de leur ennemi Sennachérib 16 et de ses armées. Alors Allah révéla à Jérémie : "Lève-toi, raconte-leur ce que Je t'ordonne, rappelle-leur Ma grâce sur eux et informe-les de leurs péchés." Jérémie dit : "Seigneur, je suis faible si Tu ne me fortifies, impuissant si Tu ne me fais parvenir, fautif si Tu ne me guides, abandonné si Tu ne me secours, humilié si Tu ne m'honores." Allah Très-Haut dit : "Ne sais-tu pas que toutes les choses procèdent de Ma volonté, que la création et le commandement tout entier M'appartiennent, que les cœurs et les langues 17 sont tous dans Ma main, Je les tourne comme Je veux [et ils M'obéissent] 18 ? Je suis Allah, il n'y a rien de semblable à Moi. Les cieux, la terre et ce qui s'y tiennent par Ma parole. Il n'y a de sincérité dans l'unicité 19 et de puissance parfaite que pour Moi. Nul ne sait ce qui est auprès de Moi sinon Moi. C'est Moi qui ai parlé aux mers, elles ont compris Ma parole ; Je leur ai ordonné, elles ont exécuté Mon ordre ; Je leur ai fixé des limites, elles ne les dépassent pas ; elles viennent avec des vagues comme des montagnes, mais lorsqu'elles atteignent Ma limite, Je les revêts d'humilité pour Mon obéissance, de crainte et de reconnaissance pour Mon ordre 20. Je suis avec toi, et rien ne t'atteindra avec Moi. Je t'ai envoyé vers une grande partie de Mes créatures pour leur transmettre Mes messages ; tu mériteras ainsi la récompense de ceux qui te suivront, sans que cela diminue rien de leurs récompenses. Va vers ton peuple, tiens-toi parmi eux et dis-leur : 'Allah [vous] 21 a mentionnés à cause de la droiture de vos pères ; c'est pourquoi Il vous a maintenus, ô assemblée des fils des prophètes. Comment vos pères ont-ils trouvé la conséquence de Mon obéissance ? Comment avez-vous trouvé la conséquence de votre désobéissance ? Ont-ils trouvé quelqu'un qui M'a désobéi et a été heureux par sa désobéissance ? Ont-ils su quelqu'un qui M'a obéi et a été malheureux par son obéissance ? Les bêtes, lorsqu'elles se souviennent de leurs bonnes demeures, y aspirent. Mais ces gens ont paissé dans les prés de la perdition, ont abandonné la chose par laquelle J'avais honoré leurs pères et ont cherché l'honneur 22 ailleurs. Quant à leurs docteurs et leurs moines 23, ils ont pris Mes serviteurs comme des sujets, les asservissant et agissant envers eux sans Mon Livre, jusqu'à 24 les rendre ignorants de Mon ordre, leur faire oublier Mon souvenir [et Ma Sunna] 25, et les tromper loin de Moi. Ainsi Mes serviteurs se sont soumis à eux par une obéissance qui ne convient qu'à Moi ; ils leur obéissent dans Ma désobéissance. Quant à leurs rois et leurs princes, ils ont été insolents envers Ma grâce, se sont crus en sécurité contre Ma ruse, et la vie d'ici-bas les a trompés jusqu'à ce qu'ils aient rejeté Mon Livre et oublié Mon alliance. Ils falsifient Mon Livre et inventent des mensonges contre Mes messagers, par audace envers Moi et par insouciance à Mon égard. Gloire à Ma Majesté, à la hauteur de Ma place et à la grandeur de Ma puissance ! Conviendrait-il que J'aie un associé dans Mon royaume ? Conviendrait-il que l'on M'obéisse dans Ma désobéissance ?"
Et serait-il convenable que Je crée des serviteurs que Je ferais des seigneurs en dehors de Moi, ou que Je permette à quiconque d'obéir à un autre, alors que cela ne convient qu'à Moi ? Quant à leurs lecteurs 26 et leurs juristes 27, ils étudient ce qu'ils choisissent, puis se soumettent aux rois, les suivant dans les innovations 28 qu'ils introduisent dans Ma religion, leur obéissant dans Ma désobéissance, et leur étant fidèles dans des pactes qui rompent Mon pacte. Ils sont ignorants de ce qu'ils savent, ne tirant aucun profit de ce qu'ils ont appris de Mon Livre. Quant aux enfants des prophètes, ils sont opprimés et éprouvés, ils se mêlent à ceux qui se mêlent [de vaines paroles], souhaitant un secours semblable à celui que J'ai accordé à leurs pères, et l'honneur dont Je les ai honorés, prétendant que nul n'est plus digne que cela qu'eux, sans sincérité de leur part ni réflexion, et ils ne se rappellent pas comment fut la patience de leurs pères et comment fut leur effort dans Ma cause lorsque les séduits furent séduits, et comment ils ont offert leurs âmes et leur sang, patientant et étant véridiques jusqu'à ce que Ma cause triomphe et que Ma religion apparaisse. J'ai donc attendu ces gens, peut-être auraient-ils honte 8 de Moi et reviendraient-ils. Je leur ai accordé un sursis, Je leur ai pardonné, et J'ai multiplié [Mes bienfaits], J'ai prolongé leur vie et Je leur ai donné des excuses, peut-être se souviendraient-ils. Et malgré tout cela, Je fais pleuvoir sur eux du ciel, Je fais pousser pour eux de la terre, Je les revêts de santé, Je les fais triompher de l'ennemi, mais ils n'augmentent qu'en tyrannie et en éloignement de Moi. [Jusqu'à quand 9 ] cela durera-t-il, Mon Père ? Se moquent-ils de Moi, ou Me provoquent-ils, ou cherchent-ils à Me tromper, ou osent-ils s'en prendre à Moi ? Par Ma puissance, Je jure que Je ferai descendre sur eux une épreuve dans laquelle le sage 10 sera perplexe, l'avis des hommes de discernement et la sagesse du sage s'égareront. Puis Je leur enverrai un tyran dur, rebelle, que Je revêtirai de crainte, et J'ôterai de son cœur [la clémence 27 ] et la miséricorde. J'ai juré qu'il serait suivi par un nombre et une multitude semblables à la nuit obscure, ayant des armées pareilles à des nuages, et des cortèges pareils à la poussière. Le battement 11 de ses étendards est comme le vol des vautours, et la charge de ses cavaliers comme le piqué 12 des aigles. Ils réduiront les constructions en ruines, les villages en déserts, ils sèmeront la corruption sur terre et détruiront tout ce qu'ils atteindront. Leurs cœurs sont durs, ils ne s'inquiètent pas, ne craignent rien, n'ont pas pitié, ne voient pas, n'entendent pas. Ils parcourent les marchés avec des voix élevées, semblables au rugissement des lions, dont la terreur fait frissonner les peaux et dont le son fait perdre la raison, avec des langues qu'ils ne comprennent pas et des visages marqués par le mal qu'ils ne reconnaissent pas. Par Ma puissance, Je viderai leurs maisons de Mes Livres et de Mes lieux saints, Je dépeuplerai leurs assemblées de leurs discussions et de leurs leçons, Je rendrai désertes leurs mosquées de leurs bâtisseurs et de leurs visiteurs, qui se paraient de leur construction pour d'autres que Moi, y veillaient la nuit et y adoraient pour gagner le monde par la religion, y étudiaient la jurisprudence pour autre chose que la religion, y apprenaient pour autre chose que l'action. Je changerai leurs rois : la gloire en humiliation, la sécurité en peur, la richesse en pauvreté, le bien-être en faim, la longue santé et l'aisance en diverses calamités, les vêtements de brocart et de soie en tuniques de poil et en manteaux de laine, les parfums agréables et les huiles en charognes de tués, les couronnes en colliers de fer, en chaînes et en carcans. Puis, après les vastes palais et les forteresses imprenables, Je ferai revenir parmi eux la ruine ; après les tours élevées, les repaires de bêtes féroces ; après le hennissement des chevaux, les hurlements des loups ; après la lumière de la lampe, la fumée de l'incendie ; après l'intimité, la solitude et les déserts. Puis Je changerai leurs femmes : les bracelets en carcans, les colliers de perles et de rubis en chaînes de fer, les parfums et les huiles en puanteur et en poussière, la marche sur les tapis en traversée des marchés et des rivières, et la course jusqu'à la nuit dans les profondeurs des souks, les voiles et les rideaux en découvert des visages, des jambes et des nudités, les parfums en vent brûlant. Puis Je les foulerai de toutes sortes de châtiments, au point que si l'un d'eux se trouvait dans un lieu élevé, cela l'atteindrait. Je n'honore que celui qui M'honore, et Je n'humilie que celui qui tient Mon commandement pour peu de chose. Puis, durant cela, J'ordonnerai au ciel : qu'il soit sur eux comme une plaque de fer ; et J'ordonnerai à la terre : qu'elle soit comme un lingot de cuivre. Ainsi, nul ciel ne pleuvra, nulle terre ne fera pousser. Si elle fait pleuvoir quelque chose, J'enverrai sur eux la calamité ; si quelque chose en échappe, J'en retirerai la bénédiction. S'ils M'invoquent, Je ne leur répondrai pas ; s'ils Me demandent, Je ne leur donnerai pas ; s'ils pleurent, Je n'aurai pas pitié d'eux ; s'ils s'humilient devant Moi, Je détournerai Mon visage d'eux. S'ils disent : « Ô Dieu, c'est Toi qui nous as commencés, nous et nos pères avant nous, par Ta miséricorde et Ta générosité, en ce que Tu nous as choisis pour Toi-même, et Tu as placé en nous Ta prophétie, Ton Livre et Tes mosquées ; puis Tu nous as établis dans les pays, Tu nous y as fait succéder, Tu nous as nourris, nous et nos pères avant nous, par Ta grâce, petits, et Tu nous as protégés, eux et nous, par Ta miséricorde, grands. Tu es le plus généreux des bienfaiteurs, même si nous changeons, et Tu ne changes pas, même si nous changeons. Achève Ta faveur, Ta grâce, Ta générosité et Ton bienfait 13. » S'ils disent cela, Je leur dirai : « Je commence Mes serviteurs par Ma miséricorde et Ma grâce. S'ils acceptent, J'achève ; s'ils demandent plus, Je donne plus ; s'ils remercient, Je multiplie ; s'ils changent, Je change. Et quand ils changent, Je me mets en colère ; [et quand Je me mets en colère, Je châtie, et rien ne peut résister à Ma colère 14 ]. » Ka'b dit : Jérémie dit : « Par Ta face, je suis devenu [sachant] que je me tiens devant Toi. [Et cela me conviendrait-il, moi qui suis plus vil et plus faible qu'il ne me convienne de parler devant Toi 27 ?] Mais c'est par Ta miséricorde que Tu m'as gardé pour ce jour. Et nul 27 n'est plus digne de craindre ce châtiment et cette menace que moi, en raison de ce que Tu as agréé de moi comme faveur et de ma demeure dans la maison des pécheurs, alors qu'ils T'ont désobéi autour de moi sans que je le réprouve ni le change. Si Tu me châties, c'est pour mon péché ; si Tu me fais miséricorde, c'est là mon espoir en Toi. » Puis il dit : « Ô Seigneur, gloire à Toi et louange à Toi ! Tu es béni, notre Seigneur, et Tu es exalté ! Détruiras-Tu cette cité et ses alentours, alors qu'elle est la demeure de Tes prophètes et le lieu de Ta révélation ? Ô Seigneur, gloire à Toi et louange à Toi ! Tu es béni, notre Seigneur, et Tu es exalté ! Pour la destruction de cette mosquée et des mosquées alentour, et des maisons élevées pour Ton souvenir ? Ô Seigneur, gloire à Toi et louange à Toi ! Tu es béni, notre Seigneur, et Tu es exalté ! Pour le massacre de cette communauté et Ton châtiment sur eux, alors qu'ils sont de la descendance d'Abraham, Ton ami, de la communauté de Moïse, Ton confident, et du peuple de David, Ton élu ? Ô Seigneur, quelle cité sera à l'abri de Ton châtiment après cela ? Et quels serviteurs seront à l'abri de Ta rigueur après la descendance de Ton ami Abraham, la communauté de Ton confident Moïse et le peuple de Ton élu David, sur lesquels Tu enverras les adorateurs du feu ? » Dieu Très-Haut dit : « Ô Jérémie, celui qui Me désobéit ne doit pas s'étonner de Ma vengeance. Je n'ai honoré ces gens que pour leur obéissance. S'ils M'avaient désobéi, Je les aurais fait descendre à la demeure des désobéissants, à moins que Je ne les rattrape par Ma miséricorde. » Jérémie dit : « Ô Seigneur, Tu as pris Abraham pour ami et Tu nous as préservés par lui ; Tu as rapproché Moïse comme confident. Nous Te demandons de nous préserver, de ne pas nous enlever soudainement et de ne pas faire triompher notre ennemi sur nous. »
Alors Dieu lui révéla : « Ô Jérémie, Je t’ai sanctifié dans le ventre de ta mère et t’ai réservé pour ce jour. Si ton peuple avait protégé les orphelins, les veuves, les pauvres et le voyageur 29, J’aurais été leur soutien et ils auraient été auprès de Moi comme un jardin luxuriant dont les arbres sont purs, l’eau pure, dont l’eau ne tarit pas, les fruits ne périssent pas et ne s’interrompent pas. Mais Je vais Me plaindre à toi des fils d’Israël : J’étais pour eux comme un berger compatissant, les préservant de toute sécheresse et de toute difficulté, et leur accordant l’abondance jusqu’à ce qu’ils devinssent des béliers qui se heurtent les uns les autres. Malheur à eux, malheur à eux ! Je n’honore que celui qui M’honore, et J’humilie celui qui tient Mon commandement pour peu de chose. Les générations précédentes cachaient leur désobéissance envers Moi, mais ceux-ci affichent leur désobéissance ouvertement, la manifestant dans les mosquées, les marchés, au sommet des montagnes et à l’ombre des arbres, au point que le ciel, la terre, les montagnes ont crié vers Moi contre eux, et que les bêtes sauvages se sont enfuies aux extrémités de la terre à cause d’eux. Et malgré tout cela, ils ne cessent pas et ne tirent aucun profit de ce qu’ils ont appris du Livre. » Lorsque Jérémie leur transmit le message de leur Seigneur et qu’ils entendirent ce qu’il contenait comme menaces et châtiments, ils lui désobéirent, le traitèrent de menteur, l’accusèrent et dirent : « Tu as menti et inventé un énorme mensonge contre Dieu en prétendant que Dieu va dépeupler Sa terre et Ses mosquées de Son Livre, de Son adoration et de Son unicité ! Qui L’adorera lorsqu’il ne restera plus sur terre d’adorateur, de mosquée ni de Livre ? Tu as vraiment inventé un énorme mensonge contre Dieu, et la folie s’est emparée de toi. » Ils le saisirent, l’enchaînèrent et l’emprisonnèrent. Alors Dieu envoya contre eux Nabuchodonosor 30, qui s’avança avec ses armées jusqu’à camper dans leur plaine, puis les assiégea. Il en fut comme dit le Très-Haut : « Ils parcoururent les demeures 31 ». Lorsque le siège se prolongea, ils se rendirent à son jugement, ouvrirent les portes et se répandirent dans les ruelles – c’est le sens de « ils parcoururent les demeures ». Il jugea parmi eux selon le jugement de l’ignorance 32 et la violence des tyrans : il tua le tiers, emmena le tiers en captivité, et laissa les infirmes, les vieillards et les vieilles femmes. Puis il les piétina avec les chevaux, détruisit le Temple de Jérusalem 33, emmena les enfants, exposa les femmes dévoilées sur les places, tua les combattants, ruina les forteresses, démolit les mosquées, brûla la Torah, et demanda après Daniel 34 qui avait écrit le Livre pour lui. Ils le trouvèrent mort, et les gens de sa maison apportèrent le Livre à Nabuchodonosor ; parmi eux se trouvaient Daniel ben Hizqil le Jeune, Michaël, Ezraël et Michaël. Il ratifia ce Livre pour eux. Daniel ben Hizqil était le successeur de Daniel l’Ancien. Nabuchodonosor entra avec ses armées dans le Temple de Jérusalem, parcourut toute la Syrie, tua les fils d’Israël jusqu’à les anéantir. Quand il eut fini avec elle, il repartit, emportant les richesses qui s’y trouvaient et emmenant les captifs. Le nombre des garçons parmi eux, issus des docteurs de la Loi et des rois, atteignit quatre-vingt-dix mille. Il jeta les ordures dans le Temple de Jérusalem et y égorgea des porcs. Parmi les garçons, il y avait sept mille de la maison de David, onze mille de la tribu de Joseph ben Jacob et de son frère Benjamin, huit mille de la tribu d’Issachar ben Jacob, quatorze mille de la tribu de Zabulon et Nephtali, fils de Jacob, quatorze mille de la tribu de Dan ben Jacob, huit mille de la tribu d’Issachar ben Jacob, deux mille de la tribu de Zikoun ben Jacob, quatre mille de la tribu de Ruben et Lévi, et douze mille du reste des fils d’Israël. Il partit jusqu’à arriver au pays de Babylone. Ishaq ben Bishr rapporte : Wahb ben Munabbih a dit : Lorsqu’il eut fait ce qu’il fit, on lui dit : « Ils avaient un compagnon qui les avertissait de ce qui les a frappés, te décrivait ainsi que ton affaire, et leur annonçait que tu tuerais leurs combattants, emmènerais leurs enfants en captivité, détruirais leurs mosquées et brûlerais leurs églises. Mais ils le traitèrent de menteur, l’accusèrent, le frappèrent, l’enchaînèrent et l’emprisonnèrent. » Alors Nabuchodonosor ordonna de faire sortir Jérémie de prison et lui dit : « Est-ce toi qui avertissais ce peuple de ce qui les a frappés ? » Il répondit : « Oui. » Il dit : « J’ai su cela. » Il dit : « Dieu m’a envoyé vers eux, mais ils m’ont traité de menteur. » Il dit : « Ils t’ont traité de menteur, frappé et emprisonné ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Quel mauvais peuple qu’un peuple qui a traité son prophète de menteur et démenti le message de son Seigneur ! Veux-tu te joindre à moi ? Je t’honorerai et te traiterai avec bienveillance. Si tu préfères rester dans ton pays, je te garantis la sécurité. » Jérémie lui dit : « Je n’ai cessé d’être sous la protection de Dieu depuis que j’existe, sans en sortir un seul instant. Si les fils d’Israël n’en étaient pas sortis, ils ne t’auraient pas craint, ni toi ni personne d’autre, et tu n’aurais eu aucun pouvoir sur eux. » Lorsque Nabuchodonosor entendit ces paroles de sa part, il le laissa. Jérémie demeura donc à sa place, dans la terre d’Élie 35. Cette narration est étrange, mais elle contient des sagesses, des exhortations et des choses agréables ; elle présente une certaine étrangeté du point de vue de l’arabisation. Hicham ben Muhammad ben as-Sa’ib al-Kalbi a dit : Nabuchodonosor était un gouverneur 36 pour la région allant d’Ahwaz jusqu’à la terre des Romains, au service du roi des Perses, qui était Luhrasp 37. Ce dernier avait construit la ville de Balkh, surnommée al-Khansâ’, combattu les Turcs et les avait refoulés dans les endroits les plus étroits. Il envoya Nabuchodonosor combattre les fils d’Israël en Syrie. Lorsqu’il arriva en Syrie, les habitants de Damas firent la paix avec lui. On a dit aussi que celui qui envoya Nabuchodonosor était Bahman 38, roi des Perses après Bishtasb ben Luhrasb, à cause des transgressions des fils d’Israël envers ses messagers. Ibn Jarir rapporte d’après Younous ben Abd al-A’la, d’après Ibn Wahb, d’après Sulayman ben Bilal, d’après Yahya ben Sa’id al-Ansari, d’après Sa’id ben al-Musayyib, que lorsque Nabuchodonosor arriva à Damas, il y trouva du sang bouillonnant sur un tas d’ordures. Il leur demanda : « Qu’est-ce que ce sang ? » Ils répondirent : « Nous avons trouvé nos pères ainsi ; chaque fois que le tas d’ordures se découvre, il apparaît. » Il tua alors pour cela soixante-dix mille musulmans et autres, et le sang s’apaisa. Cette chaîne de transmission est authentique jusqu’à Sa’id ben al-Musayyib. Les propos du mémorialiste Ibn Asakir indiquent qu’il s’agit du sang de Jean 39 fils de Zacharie, mais cela n’est pas correct car Jean ben Zacharie vécut bien après Nabuchodonosor. Il semble plutôt qu’il s’agisse du sang d’un prophète antérieur, ou de quelque saint, ou de quelqu’un que Dieu sait mieux. Hicham ben al-Kalbi dit : Nabuchodonosor arriva à Jérusalem ; son roi, qui était de la maison de David, fit la paix avec lui et le soudoya pour épargner les fils d’Israël. Nabuchodonosor prit des otages et repartit. Lorsqu’il atteignit Tibériade, il apprit que les fils d’Israël s’étaient révoltés contre leur roi et l’avaient tué parce qu’il avait fait la paix avec lui. Alors il égorgea les otages qui étaient avec lui, revint vers eux, prit la ville de force, tua les combattants et emmena les enfants en captivité. Il dit : Il nous est parvenu qu’il trouva en prison le prophète Jérémie, le fit sortir, et celui-ci lui raconta ce qui s’était passé entre lui et eux, comment il les avait avertis, mais ils l’avaient traité de menteur et emprisonné. Nabuchodonosor dit : « Quel mauvais peuple qu’un peuple qui a désobéi au messager de Dieu ! » Il le libéra et le traita avec bienveillance. Les faibles des fils d’Israël qui étaient restés se rassemblèrent autour de lui et dirent : « Nous avons mal agi et été injustes, et nous nous repentons auprès de Dieu de ce que nous avons fait. Invoque Dieu pour qu’Il accepte notre repentir. » Il invoqua son Seigneur, et Dieu lui révéla qu’Il ne le ferait pas. « S’ils sont sincères, qu’ils restent avec toi dans cette ville. » Il les informa de ce que Dieu lui avait ordonné. Ils dirent : « Comment resterions-nous dans cette ville alors qu’elle est en ruines et que Dieu s’est irrité contre ses habitants ? » Ils refusèrent donc de rester.
Ibn al-Kalbī a dit : C'est à cette époque que les fils d'Israël se dispersèrent dans les pays. Un groupe d'entre eux s'installa au Ḥijāz 40, un groupe à Yathrib 41, un groupe à Wādī al-Qurā 42, et une poignée d'entre eux alla en Égypte. Nabuchodonosor écrivit au roi d'Égypte pour lui réclamer ceux qui s'étaient enfuis chez lui, mais il refusa. Alors il partit avec son armée, le combattit, le vainquit, le domina, et fit prisonniers leurs descendants. Puis il se dirigea vers le Maghreb 43 jusqu'à atteindre les confins de cette région.
- Bayt al-Maqdis : Jérusalem, littéralement 'la Maison Sainte', désignant le Temple de Jérusalem.
- Wahb ibn Munabbih : Savant yéménite du 8e siècle, connu pour ses récits sur les prophètes et les traditions israélites.
- Armiya : Jérémie, prophète de l'Ancien Testament.
- ahbār : Docteurs de la Loi juive, rabbins.
- qurrā' : Lecteurs, récitateurs des Écritures.
- nussāk : Ascètes, moines.
- lā yafqahūna alsinatahum : Ils ne comprennent pas leur langue, c'est-à-dire des envahisseurs étrangers.
- Īliyā : Jérusalem, nom dérivé du grec 'Aelia Capitolina'.
- bi-l-'izzi l-dhulla : Par la gloire, l'humiliation ; construction grammaticale marquant l'échange.
- Ibn 'Asākir : Historien et traditionniste damascène du 12e siècle, auteur de l'Histoire de Damas.
- Isḥāq ibn Bishr : Savant musulman du 9e siècle, connu pour ses récits sur les prophètes.
- Bukhtanassar : Nabuchodonosor II, roi babylonien qui détruisit Jérusalem en 586 av. J.-C.
- Ṣakhra Bayt al-Maqdis : Le Rocher du Temple, lieu sacré à Jérusalem.
- ikhtartuka : Je t'ai choisi ; répétition pour insister sur l'élection divine.
- yusaddiduhu : Le guide, le dirige vers la droiture.
- Sanḥārīb : Sennachérib, roi assyrien qui assiégea Jérusalem sans succès.
- al-qulūb wa-l-alsina : Les cœurs et les langues, métaphore pour les intentions et les paroles.
- fa-yuṭī'ūnī : Et ils M'obéissent ; interpolation probable.
- al-tawḥīd : L'unicité divine, dogme central de l'islam.
- khawfan wa-i'tirāfan li-amrī : Crainte et reconnaissance de Mon ordre.
- qad : Particule de renforcement, souvent non traduite.
- al-karāma : L'honneur, la dignité.
- ruhbān : Moines, ascètes chrétiens.
- ḥattā : Jusqu'à ce que, marquant la conséquence.
- wa-sunnatī : Et Ma Sunna, c'est-à-dire Ma pratique prophétique.
- qurrā' : Lecteurs du Coran, récitateurs.
- fuqahā' : Juristes, spécialistes du droit islamique.
- bida' : Innovations blâmables en matière religieuse.
- ibn as-sabīl : Le voyageur, littéralement 'fils de la route', désigne le voyageur démuni qui a besoin d'assistance.
- Bukhtanassar : Nabuchodonosor II, roi de Babylone (605-562 av. J.-C.), connu pour la destruction de Jérusalem et du Temple en 586 av. J.-C.
- fajāsū khilāla d-diyār : Citation coranique (Sourate 17, verset 5) : 'Ils parcoururent les demeures', faisant référence à l'invasion babylonienne.
- ḥukm al-jāhiliyya : Le jugement de l'ignorance préislamique, c'est-à-dire un jugement injuste et arbitraire.
- Bayt al-Maqdis : Le Temple de Jérusalem, sanctuaire central du judaïsme.
- Dānyāl : Daniel, prophète biblique, dont le livre est inclus dans la Bible hébraïque et l'Ancien Testament.
- arḍ Īliyā : La terre d'Élie, probablement une région de Palestine ou de Syrie, associée au prophète Élie.
- uṣfahbadh : Titre perse signifiant 'commandant en chef' ou 'gouverneur militaire'.
- Luhrasb : Roi légendaire de la dynastie des Kayanides dans la mythologie perse.
- Bahman : Roi de la dynastie des Kayanides, parfois identifié à Artaxerxès dans l'histoire perse.
- Yaḥyā b. Zakariyyā : Jean le Baptiste, prophète du Nouveau Testament et de l'islam, fils de Zacharie.
- Ḥijāz : Région de l'ouest de l'Arabie, incluant La Mecque et Médine.
- Yathrib : Ancien nom de Médine, avant l'Hégire.
- Wādī al-Qurā : Vallée au nord-ouest de l'Arabie, entre Médine et le Levant.
- Maghreb : Région d'Afrique du Nord, à l'ouest de l'Égypte.
Rapport de quelque chose de l'histoire de Daniel, sur lui la paix [1].
Mention d’un récit concernant Daniel – sur lui la paix. Ibn Abī al-Dunyā a dit : Aḥmad ibn ‘Abd al-A‘lā al-Shaybānī nous a raconté : Si je ne l’ai pas entendu de Shu‘ayb ibn Ṣafwān, alors l’un de nos compagnons me l’a rapporté de lui, d’après al-Ajlaḥ al-Kindī, d’après ‘Abd Allāh ibn Abī al-Hudhayl, qui a dit : Nabuchodonosor 1 prit deux lions et les jeta dans une fosse, puis il amena Daniel et le jeta sur eux, mais ils ne l’attaquèrent pas. Il resta là aussi longtemps que Dieu voulut, puis il éprouva le désir que les humains éprouvent pour la nourriture et la boisson. Dieu révéla alors à Jérémie 2 – qui était en Syrie – : « Prépare nourriture et boisson pour Daniel. » Il dit : « Seigneur, je suis en Terre sainte et Daniel est à Babylone, en terre d’Irak. » Dieu lui révéla : « Prépare ce que Nous t’avons ordonné, car Nous enverrons quelqu’un pour te porter, toi et ce que tu auras préparé. » Il fit ainsi, et Dieu envoya quelqu’un qui le porta, lui et ce qu’il avait préparé, jusqu’à ce qu’il se tînt au bord de la fosse. Daniel dit : « Qui est-ce ? » Il répondit : « C’est moi, Jérémie. » Daniel dit : « Qu’est-ce qui t’amène ? » Il répondit : « Ton Seigneur m’a envoyé vers toi. » Daniel dit : « Mon Seigneur s’est-Il souvenu de moi ? » Il répondit : « Oui. » Alors Daniel dit : « Louange à Dieu, Qui n’oublie pas celui qui se souvient de Lui ; louange à Dieu, Qui exauce celui qui espère en Lui ; louange à Dieu, Celui en qui quiconque se confie n’est pas livré à un autre ; louange à Dieu, Qui récompense le bien par le bien ; louange à Dieu, Qui récompense la patience par le salut ; louange à Dieu, Qui dissipe notre détresse après notre angoisse ; louange à Dieu, Qui nous protège quand notre opinion de nos œuvres devient mauvaise ; louange à Dieu, Qui est notre espoir quand les ruses nous font défaut. » Yūnus ibn Bukayr a dit, d’après Muḥammad ibn Isḥāq, d’après Abū Khālid ibn Dīnār : Abū al-‘Āliya nous a raconté : Lorsque nous conquîmes Tustar 3, nous trouvâmes dans le trésor d’Hormuzān 4 un lit sur lequel gisait un homme mort, avec un mushaf 5 à sa tête. Nous prîmes le mushaf et le portâmes à ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb. Il fit venir Ka‘b 6 qui le copia en arabe. Je fus le premier homme arabe à le lire ; je le lus comme je lis le Coran. Je dis à Abū al-‘Āliya : « Que contenait-il ? » Il dit : « Vos histoires, vos affaires, les mélodies de votre langage, et ce qui adviendra plus tard. » Je dis : « Qu’avez-vous fait de l’homme ? » Il dit : « Nous creusâmes de jour treize tombes séparées, puis, la nuit venue, nous l’enterrâmes et égalisâmes toutes les tombes pour le cacher aux gens, afin qu’ils ne l’exhument pas. » Je dis : « Qu’espéraient-ils de lui ? » Il dit : « Quand le ciel leur retenait la pluie, ils sortaient son lit et obtenaient la pluie. » Je dis : « Qui pensiez-vous que fût cet homme ? » Il dit : « Un homme appelé Daniel. » Je dis : « Depuis combien de temps l’avez-vous trouvé mort ? » Il dit : « Depuis trois cents ans. » Je dis : « Rien n’avait changé en lui ? » Il dit : « Si ce n’est quelques mèches de cheveux à sa nuque. En vérité, les chairs des prophètes, la terre ne les corrompt pas et les bêtes ne les mangent pas. » Cette chaîne de transmission est authentique jusqu’à Abū al-‘Āliya. Cependant, si la date de sa mort est mémorisée comme étant de trois cents ans, alors il n’est pas un prophète, mais un homme pieux, car entre Jésus fils de Marie et le Messager de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – il n’y a pas de prophète, selon le texte explicite du hadith 7 dans le Bukhārī. La période d’interruption 8 entre eux était de quatre cents ans, dit-on, ou six cents, ou six cent vingt ans. Or, la date de sa mort pourrait être de huit cents ans, ce qui est proche de l’époque de Daniel, si le fait qu’il s’agisse de Daniel correspond à la réalité. Il pourrait aussi s’agir d’un autre homme, soit parmi les prophètes, soit parmi les pieux, mais les conjectures penchent pour Daniel, car Daniel avait été capturé par le roi de Perse et était resté emprisonné chez lui, comme cela a été mentionné précédemment. Il a été rapporté par une chaîne authentique remontant à Abū al-‘Āliya que la longueur de son nez était d’un empan 9, et d’après Anas ibn Mālik, par une bonne chaîne, que la longueur de son nez était d’une coudée 10. Cela pourrait donc indiquer qu’il s’agit d’un homme parmi les prophètes anciens, antérieurs à ces périodes. Et Dieu Très-Haut sait mieux. Abū Bakr ibn Abī al-Dunyā a dit dans son livre « Les Règles des tombes » : Abū Bilāl Muḥammad ibn al-Ḥārith ibn ‘Abd Allāh ibn Abī Burda ibn Abī Mūsā al-Ash‘arī nous a raconté : Abū Muḥammad al-Qāsim ibn ‘Abd Allāh nous a raconté, d’après Abū al-Ash‘ath al-Aḥmarī, qui a dit : Le Messager de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – a dit : « Daniel a invoqué son Seigneur – Puissant et Glorieux – pour que la communauté de Muḥammad l’enterre. » Lorsque Abū Mūsā al-Ash‘arī conquit Tustar, il le trouva dans un cercueil, ses veines et ses artères battant encore. Or, le Messager de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – avait dit : « Celui qui indiquera l’emplacement de Daniel, annoncez-lui le Paradis. » Celui qui l’indiqua était un homme appelé Ḥurqūṣ. Abū Mūsā écrivit à ‘Umar pour l’informer de son état, et ‘Umar lui écrivit : « Enterre-le et envoie chercher Ḥurqūṣ, car le Prophète – que Dieu le bénisse et le salue – lui a annoncé le Paradis. » Ce récit est mursal 11 par cette voie, et sa mémorisation est sujette à examen. Dieu sait mieux. Puis Ibn Abī al-Dunyā dit : Abū Bilāl nous a raconté : Qāsim ibn ‘Abd Allāh nous a raconté, d’après ‘Anbasa ibn Sa‘īd – qui était un savant – qui a dit : Abū Mūsā trouva avec Daniel un mushaf, une jarre contenant de la graisse 12, des dirhams 13 et son sceau. Abū Mūsā écrivit cela à ‘Umar, et ‘Umar lui écrivit : « Quant au mushaf, envoie-le-nous ; quant à la graisse, envoie-nous-en et ordonne aux musulmans qui sont chez toi de s’en servir comme remède ; répartis les dirhams entre eux ; quant au sceau, nous te le donnons comme butin. » Ibn Abī al-Dunyā a rapporté par plusieurs voies que, lorsqu’Abū Mūsā le trouva et qu’on lui dit qu’il s’agissait de Daniel, il le serra contre lui, l’embrassa et le baisa. Il écrivit à ‘Umar pour l’informer de son état, mentionnant qu’il avait trouvé auprès de lui une somme d’argent d’environ dix mille dirhams, et que quiconque venait en empruntait ; s’il ne la rendait pas, il tombait malade. Il mentionna aussi qu’il avait une boîte 14. ‘Umar ordonna qu’on le lavât avec de l’eau et du jujubier 15, qu’on l’enveloppât d’un linceul, qu’on l’enterrât et qu’on cachât sa tombe pour que personne ne la connaisse. Il ordonna que l’argent fût rendu au Trésor public, que la boîte fût apportée, et il donna son sceau comme butin. Il a été rapporté d’après Abū Mūsā qu’il ordonna à quatre prisonniers de détourner une rivière et de creuser une tombe en son milieu ; il y enterra Daniel, puis il fit avancer les quatre prisonniers et leur trancha la tête. Ainsi, personne ne connut l’emplacement de sa tombe, excepté Abū Mūsā al-Ash‘arī – que Dieu l’agrée. Ibn Abī al-Dunyā a dit : Ibrāhīm ibn ‘Abd Allāh m’a raconté : Aḥmad ibn ‘Amr ibn al-Sarḥ nous a raconté : Ibn Wahb nous a raconté, d’après ‘Abd al-Raḥmān ibn Abī al-Zinād, d’après son père, qui a dit : J’ai vu à la main d’Ibn Abī Burda ibn Abī Mūsā al-Ash‘arī un sceau dont la gravure représentait deux lions entre lesquels se trouvait un homme, les deux lions léchant cet homme. Abū Burda dit : « Ceci est le sceau de cet homme mort que les habitants de cette ville prétendent être Daniel. Abū Mūsā le prit le jour où il l’enterra. » Abū Burda dit : « Abū Mūsā interrogea les savants de ce village au sujet de la gravure de ce sceau. Ils dirent : “Le roi sous l’autorité duquel se trouvait Daniel vit venir à lui des astrologues et des savants qui lui dirent : ‘Tel garçon naîtra, qui aveuglera ton royaume et le corrompra.’ Le roi dit : ‘Par Dieu, il ne restera cette nuit aucun garçon sans que je le tue.’ Mais ils prirent Daniel et le jetèrent dans la tanière des lions. Le lion et la lionne passèrent la nuit à le lécher sans lui faire de mal. Sa mère vint et les trouva en train de le lécher. Dieu le sauva ainsi jusqu’à ce qu’il grandît.” Abū Burda dit : Abū Mūsā dit : “Les savants de ce village dirent : ‘Daniel grava son image et l’image des deux lions le léchant sur le chaton de son sceau, afin de ne pas oublier la grâce de Dieu envers lui en cette circonstance.’” » Cette chaîne est bonne.
Voici le récit de la reconstruction de Jérusalem après sa destruction et du rassemblement des enfants d'Israël après leur dispersion dans les contrées et les vallées de la terre. Allah, le Très-Haut, dit dans Son Livre explicite, Lui le plus véridique des locuteurs : « Ou comme celui qui passa près d'une cité vide et croulante sur ses toits. Il dit : « Comment Allah la fera-t-Il revivre après sa mort ? » Alors Allah le fit mourir pendant cent ans, puis le ressuscita. Il dit : « Combien de temps es-tu resté ? » Il répondit : « Je suis resté un jour ou une partie de jour. » Il dit : « Non, tu es resté cent ans. Regarde ta nourriture et ta boisson : elles n'ont pas changé. Regarde ton âne ; et Nous ferons de toi un signe pour les gens. Regarde les ossements comment Nous les assemblons, puis Nous les revêtons de chair. » Quand cela lui apparut clairement, il dit : « Je sais qu'Allah est Puissant sur toute chose. » » Hichâm ibn al-Kalbî a dit : Puis Allah, le Très-Haut, révéla à Jérémie 16 – sur lui la paix –, selon ce qui m'est parvenu : « Je vais reconstruire Jérusalem, sors donc vers elle et installe-toi. » Il sortit donc jusqu'à y arriver alors qu'elle était en ruines. Il dit en lui-même : « Gloire à Allah ! Allah m'a ordonné de m'installer dans cette ville et m'a informé qu'Il la reconstruirait. Quand donc la reconstruira-t-Il et quand Allah la fera-t-Il revivre après sa mort ? » Puis il posa sa tête et s'endormit, avec son âne et un panier de nourriture. Il resta endormi soixante-dix ans, jusqu'à la mort de Nabuchodonosor 17 et du roi qui était au-dessus de lui, à savoir Luhrasp 18, dont le règne dura cent vingt ans. Après lui, son fils Gushtasp 19 ibn Luhrasp prit le pouvoir. La mort de Nabuchodonosor survint sous son règne. Il apprit que la région du Shâm 20 était en ruines et que les bêtes féroces avaient proliféré en terre de Palestine, au point qu'il n'y restait plus aucun être humain. Il proclama alors en terre de Babylone, parmi les enfants d'Israël : « Que celui qui veut retourner au Shâm le fasse. » Il leur donna pour roi un homme de la famille de David et lui ordonna de reconstruire Jérusalem et d'en bâtir la mosquée. Ils retournèrent donc et la reconstruisirent. Allah ouvrit les yeux de Jérémie, qui vit comment la ville était bâtie et reconstruite. Il resta dans son sommeil jusqu'à ce que cent ans se soient écoulés pour lui. Puis Allah le ressuscita, alors qu'il ne pensait pas avoir dormi plus d'une heure, et il avait laissé la ville en ruines. Quand il la vit peuplée et habitée, il dit : « Je sais qu'Allah est Puissant sur toute chose. » Il dit : Les enfants d'Israël s'y installèrent, et Allah leur rendit leur autorité. Ils demeurèrent ainsi jusqu'à ce que les Romains les dominent à l'époque des rois des factions 21. Ensuite, ils n'eurent plus ni communauté ni souveraineté, c'est-à-dire après que les chrétiens eurent pris le dessus sur eux. C'est ainsi que le rapporte Ibn Jarîr 22 dans son Histoire d'après lui. Ibn Jarîr mentionne que Luhrasp était un roi juste, bon administrateur de son royaume, auquel étaient soumis les sujets, les pays, les rois et les chefs. Il avait un excellent jugement pour la construction des villes, des canaux et des forteresses. Puis, lorsqu'il devint trop faible pour gouverner le royaume après cent et quelques années, il abdiqua en faveur de son fils Gushtasp. C'est sous son règne qu'apparut la religion mazdéenne 23, car un homme nommé Zoroastre 24 avait été le compagnon de Jérémie – sur lui la paix – et l'avait irrité. Jérémie – sur lui la paix – invoqua contre lui, et Zoroastre devint lépreux. Il partit alors pour l'Azerbaïdjan et devint le compagnon de Gushtasp, à qui il enseigna la religion mazdéenne qu'il avait inventée de lui-même. Gushtasp l'accepta de lui, imposa cette religion aux gens, les contraignit et en tua un grand nombre parmi ceux qui la refusèrent. Puis, après Gushtasp, vint Bahman 25 ibn Gushtasp, l'un des rois perses célèbres et des héros renommés. Nabuchodonosor servit chacun de ces trois rois et vécut très longtemps – qu'Allah le maudisse. L'essentiel est que celui qu'Ibn Jarîr mentionne comme étant celui qui passa près de cette cité est Jérémie – sur lui la paix –, selon Wahb ibn Munabbih 26, 'Abd Allah ibn 'Ubayd ibn 'Umayr 27 et d'autres. C'est une opinion forte du point de vue du contexte précédent. Il a été rapporté de 'Alî 28, 'Abd Allah ibn Salâm 29, Ibn 'Abbâs 30, al-Hasan 31, Qatâda 32, al-Suddî 33, Sulaymân ibn Burayda 34 et d'autres qu'il s'agissait d'Esdras 35. Cette dernière opinion est plus connue chez beaucoup de prédécesseurs et de successeurs. Et Allah sait mieux. Voici l'histoire d'Esdras. Al-Hâfiz Abû al-Qâsim Ibn 'Asâkir 36 a dit : Esdras est le fils de Jarwa, ou selon une autre version, le fils de Sûrîq, fils de 'Adiyâ, fils d'Ayyûb, fils de Darzanâ, fils de 'Urâ, fils de Taqî, fils d'Usbû', fils de Phinées, fils d'Éléazar, fils d'Aaron, fils d'Imran. On dit aussi : Esdras fils de Sarûkhâ. Il est rapporté dans certaines traditions que sa tombe se trouve à Damas. Puis il a cité, par la voie d'Abû al-Qâsim al-Baghawî 37, d'après Dâwûd ibn 'Amr, d'après Hibbân ibn 'Alî, d'après Muhammad ibn Kurayb, d'après son père, d'après Ibn 'Abbâs, remontant au Prophète : « Je ne sais pas si Esdras était un prophète ou non, et je ne sais pas s'il a été pardonné ou non. » Puis il l'a rapporté par le hadith de Mu'ammal ibn al-Hasan, d'après Muhammad ibn Ishâq al-Sijzî, d'après 'Abd al-Razzâq, d'après Ma'mar, d'après Ibn Abî Dhi'b 38, d'après Sa'îd al-Maqburî, d'après Abû Hurayra, remontant au Prophète, de manière similaire. Puis il a rapporté par la voie d'Ishâq ibn Bishr – qui est abandonné – d'après Juwaybir et Muqâtil, d'après al-Dahhâk, d'après Ibn 'Abbâs, qu'Esdras faisait partie de ceux que Nabuchodonosor avait capturés alors qu'il était un jeune garçon. Lorsqu'il atteignit quarante ans, Allah lui donna la sagesse. Il dit : Personne n'était plus mémorisateur ni plus savant de la Torah que lui. Il dit : Il était mentionné parmi les prophètes jusqu'à ce qu'Allah efface son nom de cela lorsqu'il interrogea son Seigneur au sujet du destin. Ceci est faible, interrompu et rejeté. Et Allah sait mieux. Ishâq ibn Bishr a dit, d'après Sa'îd, d'après Abû 'Arûba, d'après Qatâda, d'après al-Hasan, d'après 'Abd Allah ibn Salâm, qu'Esdras est le serviteur qu'Allah a fait mourir cent ans puis a ressuscité. Ishâq ibn Bishr a dit : Sa'îd ibn Bashîr nous a informés, d'après Qatâda, d'après Ka'b et Sa'îd ibn Abî 'Arûba, d'après Qatâda, d'après al-Hasan, Muqâtil et Juwaybir 39, d'après al-Dahhâk, d'après Ibn 'Abbâs ; et 'Abd Allah ibn Ismâ'îl al-Suddî, d'après son père, d'après Mujâhid, d'après Ibn 'Abbâs ; et Idrîs, d'après son grand-père Wahb ibn Munabbih. Ishâq a dit : Tous ceux-ci m'ont raconté le récit d'Esdras, certains ajoutant des détails par rapport aux autres. Ils dirent, avec leurs chaînes de transmission : Esdras était un serviteur pieux et sage. Un jour, il sortit vers une de ses propriétés pour s'en occuper. Sur le chemin du retour, il arriva à une ruine à midi, accablé par la chaleur. Il entra dans la ruine monté sur son âne, descendit de son âne, ayant avec lui un panier contenant des figues et un panier contenant du raisin. Il s'installa à l'ombre de cette ruine, sortit un bol qu'il avait avec lui, pressa le raisin qu'il avait dans le bol 40, puis sortit du pain sec qu'il avait avec lui et le jeta dans le bol avec le jus pour qu'il ramollisse afin de le manger. Puis il s'allongea sur le dos, appuya ses pieds contre le mur, regarda le plafond de ces maisons et vit ce qu'elles contenaient, alors qu'elles étaient debout sur leurs toits, leurs habitants ayant disparu. Il vit des ossements pourris et dit : « Comment Allah fera-t-Il revivre ceci après sa mort ? » Il ne doutait pas qu'Allah les ferait revivre, mais il le dit par étonnement. Alors Allah envoya l'Ange de la mort, qui saisit son âme, et Allah le fit mourir cent ans. Lorsque cent ans furent accomplis – et entre-temps, il y eut parmi les enfants d'Israël des affaires et des événements –, Allah envoya un ange à Esdras, qui créa son cœur pour qu'il comprenne, et ses yeux pour qu'il voie comment Allah ressuscite les morts. Puis Il assembla sa création pendant qu'il regardait, puis revêtit ses ossements de chair, de poils et de peau, puis insuffla en lui l'esprit, tout cela pendant qu'il voyait et comprenait. Il s'assit alors et l'ange lui dit : « Combien de temps es-tu resté ? » Il répondit : « Je suis resté un jour ou une partie de jour. » Cela parce qu'il s'était endormi au début de l'après-midi, à midi, et fut ressuscité à la fin de la journée, alors que le soleil ne s'était pas encore couché. Il dit donc : « Ou une partie de jour, et un jour ne s'est pas encore écoulé pour moi. »
L'ange lui dit : « Au contraire, tu es resté cent ans. Regarde donc ta nourriture et ta boisson », c'est-à-dire le pain sec et sa boisson, le jus qu'il avait pressé dans le bol ; et voilà qu'ils étaient dans le même état, le jus et le pain sec n'avaient pas changé. C'est le sens de Sa parole : « ne s'est pas altéré » 41, c'est-à-dire n'a pas changé. De même, les figues et les raisins étaient frais, rien n'avait changé de leur état. Comme s'il avait douté en son cœur, l'ange lui dit : « Doutes-tu de ce que je t'ai dit ? Regarde ton âne. » Il regarda son âne : ses os étaient pourris et étaient devenus poussière. L'ange appela les os de l'âne, ils répondirent et vinrent de tous côtés, jusqu'à ce que l'ange les assemble, sous le regard d'Uzayr 42. Puis il les revêtit de veines et de nerfs, puis les recouvrit de chair, puis fit pousser la peau et le poil, puis l'ange souffla dedans, et l'âne se leva, dressant la tête et les oreilles vers le ciel, braiant, croyant que l'Heure était arrivée. C'est le sens de Sa parole : « Regarde ton âne. Et pour faire de toi un signe pour les hommes, regarde les os, comment Nous les assemblons 43, puis les revêtons de chair. » C'est-à-dire : regarde les os de ton âne, comment ils s'emboîtent les uns dans les autres à leurs jointures, jusqu'à devenir des os en forme d'âne, sans chair ; puis regarde comment Nous les revêtons de chair. « Lorsque cela lui fut clairement montré, il dit : Je sais qu'Allah est sur toute chose Puissant » 44, y compris la résurrection des morts et autres. Il monta alors sur son âne et arriva à son quartier. Les gens ne le reconnurent pas, et lui ne reconnut ni les gens ni sa demeure. Il partit, perplexe, jusqu'à arriver à sa maison. Il y trouva une vieille femme aveugle et paralytique, âgée de cent vingt ans, qui avait été leur servante. Uzayr était parti alors qu'elle avait vingt ans, elle l'avait connu et se souvenait de lui. Quand la vieillesse l'avait frappée, l'infirmité l'avait atteinte. Uzayr lui dit : « Ô femme, est-ce ici la maison d'Uzayr ? » Elle dit : « Oui, c'est la maison d'Uzayr. » Elle pleura et dit : « Je n'ai vu personne, depuis tant et tant d'années, mentionner Uzayr ; les gens l'ont oublié. » Il dit : « Je suis Uzayr. Allah m'a fait mourir cent ans, puis m'a ressuscité. » Elle dit : « Gloire à Allah ! Uzayr, nous l'avons perdu depuis cent ans, nous n'avons plus entendu parler de lui. » Il dit : « Je suis Uzayr. » Elle dit : « Uzayr était un homme à l'invocation exaucée ; il invoquait Allah pour le malade et l'affligé, pour la guérison et la santé. Invoque Allah pour qu'Il me rende la vue, afin que je te voie ; si tu es Uzayr, je te reconnaîtrai. » Il invoqua son Seigneur, passa sa main sur ses yeux, et ils guérirent. Il prit sa main et dit : « Lève-toi, par la permission d'Allah. » Allah délia ses jambes, elle se leva, saine, comme si elle avait été déliée d'une entrave. Elle le regarda et dit : « J'atteste que tu es Uzayr. » Elle se rendit au quartier des Enfants d'Israël, alors qu'ils étaient dans leurs assemblées et leurs cercles. Un fils d'Uzayr, un vieillard de cent dix-huit ans, et les fils de ses fils, des vieillards, étaient dans l'assemblée. Elle les appela et dit : « Voici Uzayr qui est venu à vous. » Ils la traitèrent de menteuse. Elle dit : « Je suis une telle, votre servante. Il a invoqué son Seigneur pour moi, Il m'a rendu la vue et délié les jambes, et il prétend qu'Allah l'a fait mourir cent ans puis l'a ressuscité. » Les gens se levèrent et vinrent à lui. Ils le regardèrent. Son fils dit : « Mon père avait un grain de beauté noir entre les épaules. » Il découvrit ses épaules, et voilà que c'était Uzayr. Les Enfants d'Israël dirent : « Il n'y avait parmi nous personne qui ait préservé la Torah, dans ce qui nous est arrivé, excepté Uzayr. Nabuchodonosor 45 a brûlé la Torah, il n'en est rien resté, sauf ce que les hommes avaient préservé. Écris-la donc pour nous. » Or son père, Sarukha 46, avait enterré la Torah à l'époque de Nabuchodonosor dans un endroit que personne ne connaissait, excepté Uzayr. Il les emmena à cet endroit, creusa et en sortit la Torah. Les feuilles étaient pourries et l'écriture effacée. Il s'assit à l'ombre d'un arbre, les Enfants d'Israël autour de lui, et il leur restaura la Torah. Deux météores 47 descendirent du ciel et entrèrent dans sa poitrine. Il se souvint alors de la Torah et la restaura pour les Enfants d'Israël. C'est pourquoi les Juifs dirent : « Uzayr est fils d'Allah », à cause de ce qui s'était passé avec les deux météores, de sa restauration de la Torah et de sa prise en charge des affaires des Enfants d'Israël. Il leur avait restauré la Torah dans la terre de Sawad 48, au monastère d'Hizqil 49. Le village où il mourut s'appelle Sayrabad 50. Ibn Abbas 51 dit : Il en fut comme Allah Très-Haut a dit : « Et pour faire de toi un signe pour les hommes », c'est-à-dire pour les Enfants d'Israël. En effet, il s'asseyait avec ses fils, qui étaient des vieillards, tandis que lui était jeune, car il était mort à quarante ans, et Allah l'avait ressuscité jeune, dans l'état où il était le jour de sa mort. Ibn Abbas dit : Il fut ressuscité après Nabuchodonosor. C'est aussi ce que dit al-Hasan 52. Abu Hatim al-Sijistani 53 a composé des vers sur le sens de ce que dit Ibn Abbas : « Une tête noire [jeune] dont le fils a blanchi avant lui, et avant lui le fils de son fils, il est donc plus âgé ; Il voit son fils, un vieillard qui marche avec un bâton, tandis que sa barbe est noire et sa tête blonde [jeune] ; Son fils n'a ni force ni vigueur, il se lève comme marche un enfant et trébuche ; On compte son fils parmi les gens comme ayant quatre-vingt-dix ans, et vingt [ans de plus] sans courir ni se pavaner ; L'âge de son père est de quarante ans accomplis, et celui du fils de son fils de quatre-vingt-dix ans révolus parmi les gens. Qu'y a-t-il donc de compréhensible, si tu es savant ? Et si tu ne sais pas, l'ignorance est une excuse. » Le célèbre avis est qu'Uzayr était un prophète parmi les prophètes des Enfants d'Israël, qu'il vécut entre David et Salomon d'une part, et Zacharie et Jean d'autre part, et que lorsqu'il ne resta plus parmi les Enfants d'Israël personne pour préserver la Torah, Allah lui inspira de la mémoriser, et il la récita aux Enfants d'Israël. Comme le dit Wahb ibn Munabbih 54 : Allah ordonna à un ange de descendre avec une pelle de lumière, et il la projeta dans Uzayr, qui recopia la Torah lettre par lettre jusqu'à ce qu'il l'ait achevée. Ibn Asakir 55 rapporte d'après Ibn Abbas qu'il demanda à Abd Allah ibn Salam 56 au sujet de la parole d'Allah Très-Haut : « Et les Juifs disent : Uzayr est fils d'Allah » : pourquoi ont-ils dit cela ? Ibn Salam lui mentionna ce qui s'était passé avec son écriture de la Torah pour les Enfants d'Israël de mémoire, et les paroles des Enfants d'Israël : « Moïse n'a pu nous apporter la Torah que dans un livre, tandis qu'Uzayr nous l'a apportée sans livre. » Certains d'entre eux l'accusèrent et dirent : « Uzayr est fils d'Allah. » C'est pourquoi beaucoup de savants disent que la transmission continue 57 de la Torah fut interrompue à l'époque d'Uzayr. Cela est très pertinent si Uzayr n'était pas un prophète, comme le disent Ata ibn Abi Rabah 58 et al-Hasan al-Basri 59. Dans ce qu'a rapporté Ishaq ibn Bishr 60 d'après Muqatil ibn Sulayman 61, d'après Ata, et d'après Uthman ibn Ata al-Khurasani 62 d'après son père, et Muqatil d'après Ata ibn Abi Rabah, il dit : Il y eut pendant la période de Fatra 63 neuf choses : Nabuchodonosor, le Jardin de Saba 64, le Jardin de Saba 65, les Gens du Fossé 66, l'affaire de ceux qui assiégèrent 67, les Gens de la Caverne 68, les Gens de l'Éléphant 69, la ville d'Antioche 70, et l'affaire de Tubba 71. Ishaq ibn Bishr dit : Said nous a rapporté d'après Qatada 72, d'après al-Hasan, qui dit : L'affaire d'Uzayr et de Nabuchodonosor eut lieu pendant la Fatra. Il est établi dans le Sahih 73 que le Messager d'Allah (paix et salut sur lui) a dit : « Le plus proche des gens de Jésus fils de Marie, c'est moi. Il n'y a pas de prophète entre lui et moi. » Wahb ibn Munabbih dit : Il vécut entre Salomon et Jésus (paix sur eux). Ibn Asakir rapporte d'après Anas ibn Malik 74 et Ata ibn al-Sa'ib 75 qu'Uzayr vécut à l'époque de Moïse fils d'Amran 76, et qu'il demanda à entrer chez lui, mais il ne l'y autorisa pas, à cause de sa question sur le Décret 77, et qu'il s'en alla en disant : « Cent morts sont plus faciles qu'une heure d'humiliation. »
Voici la traduction du texte que vous m'avez fourni : Et dans le sens de la parole d'Uzayr : « Cent morts sont plus faciles qu'une heure d'humiliation », il y a la parole de certains poètes : « Le noble peut patienter sous l'épée, * Mais il répugne à patienter sous l'injustice. Et il préfère la mort à une situation * Où il serait incapable d'honorer son hôte. » Quant à ce qu'ont rapporté Ibn 'Asākir et d'autres, d'après Ibn 'Abbās, Nawf al-Bikālī, Sufyān ath-Thawrī et d'autres, à savoir qu'il (Uzayr) a interrogé sur le Décret (al-qadar) et que son nom a été effacé de la mention des prophètes, cela est renié (munkar) et son authenticité est sujette à examen. Il semble que cela soit tiré des Israélites (al-Isrā'īliyyāt). 'Abd ar-Razzāq et Qutayba ibn Sa'īd ont rapporté, d'après Ja'far ibn Sulaymān, d'après Abū 'Imrān al-Jawnī, d'après Nawf al-Bikālī, qui a dit : Uzayr a dit, dans ce qu'il confiait en secret à son Seigneur : « Ô Seigneur, Tu crées une création, puis Tu égares qui Tu veux et Tu guides qui Tu veux ? » Il lui fut dit : « Détourne-toi de cela. » Il recommença, et il lui fut dit : « Tu dois absolument te détourner de cela, ou J'effacerai ton nom de la liste des prophètes. En vérité, Je ne suis pas interrogé sur ce que Je fais, tandis qu'eux seront interrogés. » Cela implique la réalisation de ce dont il avait été menacé s'il recommençait, et ainsi il fut effacé (18). Le groupe (al-Jamā'a), à l'exception d'at-Tirmidhī, a rapporté d'après le hadith de Yūnus ibn Yazīd, d'après Sa'īd et Abū Salama, d'après Abū Hurayra. De même, Shu'ayb l'a rapporté d'après Abū az-Zinād, d'après al-A'raj, d'après Abū Hurayra, qui a dit : Le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : « Un prophète parmi les prophètes descendit sous un arbre, et une fourmi le piqua. Il ordonna alors que ses bagages soient sortis de dessous l'arbre, puis il ordonna que l'arbre soit brûlé au feu. Dieu lui révéla alors : "Et pourquoi pas une seule fourmi ?" » Isḥāq ibn Bishr a rapporté d'après Ibn Jurayj, d'après 'Abd al-Wahhāb ibn Mujāhid, d'après son père, que ce prophète était Uzayr. De même, il a été rapporté d'après Ibn 'Abbās et al-Ḥasan al-Baṣrī qu'il s'agissait d'Uzayr. Dieu est plus savant. **L'histoire de Zacharie et de Jean, que la paix soit sur eux** Dieu Très-Haut a dit dans Son Livre Précieux : « Au nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. *Kāf Hā' Yā' 'Ayn Ṣād*. *Récit de la miséricorde de ton Seigneur envers Son serviteur Zacharie*. *Quand il invoqua son Seigneur d'une invocation secrète*. *Il dit : "Seigneur, mes os ont faibli et ma tête s'est enflammée de cheveux blancs. Et je n'ai jamais été, par mon invocation envers Toi, Seigneur, malheureux.* *Et je crains mes héritiers après moi, et ma femme est stérile. Accorde-moi donc, de Ta part, un héritier* *qui hérite de moi et hérite de la famille de Jacob, et fais de lui, Seigneur, un agréé."* *"Ô Zacharie, Nous t'annonçons la bonne nouvelle d'un garçon dont le nom sera Jean. Nous ne lui avons pas donné de homonyme auparavant."* *Il dit : "Seigneur, comment aurai-je un garçon, alors que ma femme est stérile et que j'ai atteint l'extrême vieillesse ?"* *Il dit : "Ainsi en est-il. Ton Seigneur dit : 'Cela M'est facile. Et Je t'ai créé auparavant, alors que tu n'étais rien.'"* *Il dit : "Seigneur, donne-moi un signe." Il dit : "Ton signe est que tu ne parleras pas aux gens pendant trois nuits, tout en étant sain."* *Il sortit alors vers son peuple depuis le sanctuaire (al-miḥrāb) et leur fit signe de glorifier (Dieu) matin et soir.* *"Ô Jean, prends le Livre avec force." Et Nous lui donnâmes le jugement (al-ḥukm) alors qu'il était enfant.* *Et une tendresse (ḥanānan) de Notre part et une pureté (zakātan). Et il était pieux (taqiyyan).* *Et bon envers ses parents, et il n'était ni orgueilleux ni rebelle.* *Et que la paix soit sur lui le jour où il naquit, le jour où il mourra et le jour où il sera ressuscité vivant." » (19) Et Il Très-Haut a dit : « Et Zacharie prit soin d'elle. Chaque fois que Zacharie entrait auprès d'elle dans le sanctuaire (al-miḥrāb), il trouvait près d'elle une nourriture. Il dit : "Ô Marie, d'où cela te vient-il ?" Elle dit : "Cela vient de Dieu. En vérité, Dieu pourvoit qui Il veut sans compter." *Là, Zacharie invoqua son Seigneur. Il dit : "Seigneur, accorde-moi, de Ta part, une descendance bonne. En vérité, Tu es Celui qui entend l'invocation."* *Alors les anges l'appelèrent pendant qu'il était debout, priant dans le sanctuaire (al-miḥrāb) : "Dieu t'annonce la bonne nouvelle de Jean, confirmateur d'une parole de Dieu, un chef (sayyidan), un continent (ḥaṣūran), un prophète parmi les justes."* *Il dit : "Seigneur, comment aurai-je un garçon, alors que la vieillesse m'a atteint et que ma femme est stérile ?" Il dit : "Ainsi Dieu fait ce qu'Il veut."* *Il dit : "Seigneur, donne-moi un signe." Il dit : "Ton signe est que tu ne parleras pas aux gens pendant trois jours, sauf par gestes. Et invoque beaucoup ton Seigneur et glorifie-Le au soir et au matin." » (20) Et Il Très-Haut a dit dans la sourate des Prophètes : « Et Zacharie, quand il invoqua son Seigneur : "Seigneur, ne me laisse pas seul, alors que Tu es le meilleur des héritiers." *Nous l'exauçâmes donc et Nous lui fîmes don de Jean, et Nous rendîmes sa femme féconde pour lui. En vérité, ils se hâtaient vers les bonnes œuvres et Nous invoquaient avec désir et crainte, et ils étaient humbles devant Nous. » (21) Et Il Très-Haut a dit : « Et Zacharie, Jean, Jésus et Élie : tous étaient parmi les justes. » (22) Le Ḥāfiẓ Abū al-Qāsim Ibn 'Asākir a dit dans son célèbre et volumineux livre d'histoire : Zacharie fils de Bérékiah (Zakariyyā ibn Barkhiyā). On dit aussi : Zacharie fils de Dān (Zakariyyā ibn Dān). On dit aussi : Zacharie fils de Ladan ibn Muslim ibn Ṣadūq ibn Ḥashbān (3) ibn Dāwūd ibn Sulaymān ibn Muslim ibn Ṣadīqa ibn Barkhiyā ibn Bal'āṭa ibn Nāḥūr ibn Shalūm ibn Bahfāshāṭ ibn Īnāmin ibn Raḥī'ām (2) ibn Sulaymān ibn Dāwūd. Il est le père de Jean (Yaḥyā) le prophète, que la paix soit sur lui, parmi les Enfants d'Israël. Il entra dans la Bathanie (al-Bathna), une région de Damas, à la recherche de son fils Jean. On dit aussi qu'il était à Damas lorsque son fils Jean fut tué. Dieu est plus savant. D'autres choses ont été dites concernant sa généalogie. On dit son nom : Zakariyyā, avec allongement et avec raccourcissement. On dit aussi : Zakariyā. Le but est que Dieu Très-Haut a ordonné à Son Messager, que Dieu prie sur lui et le salue, de raconter aux gens l'histoire de Zacharie, que la paix soit sur lui, et ce qu'il advint de lui lorsque Dieu lui fit don d'un enfant malgré la vieillesse, alors que sa femme était stérile dans sa jeunesse et avait également vieilli, afin que personne ne désespère de la grâce et de la miséricorde de Dieu et ne perde espoir en Sa faveur Très-Haute. « Récit de la miséricorde de ton Seigneur envers Son serviteur Zacharie, quand il invoqua son Seigneur d'une invocation secrète. » Qatāda a dit à propos de son exégèse : Dieu connaît le cœur pur et entend la voix secrète. Un des prédécesseurs (as-salaf) a dit : Il se leva de nuit et invoqua son Seigneur d'une invocation qu'il cacha à ceux qui étaient présents auprès de lui, en la murmurant. Il dit : « Ô Seigneur, ô Seigneur, ô Seigneur. » Dieu dit : « Me voici, Me voici, Me voici. » « Il dit : "Seigneur, mes os ont faibli" » c'est-à-dire qu'ils sont devenus faibles et ont défailli à cause de la vieillesse. « et ma tête s'est enflammée de cheveux blancs » C'est une métaphore tirée de l'embrasement du feu dans le bois, c'est-à-dire que le blanc a dominé le noir des cheveux, comme l'a dit Ibn Durayd dans sa Maqṣūra : « Si tu vois ma tête imiter la couleur * De la frange de l'aube sous les pans de la nuit, Et le blanc s'enflammer dans son noir, * Tel l'embrasement du feu dans la braise du buisson ardant, Et que mon os, ô Dieu, est devenu sec et flétri, * Après avoir été un réservoir d'humidité. » Il mentionne que la faiblesse s'est emparée de lui intérieurement et extérieurement. C'est ainsi que Zacharie, que la paix soit sur lui, a dit : « En vérité, mes os ont faibli et ma tête s'est enflammée de cheveux blancs. » Et Sa parole : « Et je n'ai jamais été, par mon invocation envers Toi, Seigneur, malheureux » signifie : Tu ne m'as habitué, dans ce que je Te demande, qu'à l'exaucement. Ce qui le poussa à cette demande, c'est que lorsqu'il prit soin de Marie, fille d'Imrān, fils de Mathān, chaque fois qu'il entrait auprès d'elle dans son sanctuaire (miḥrāb), il trouvait près d'elle un fruit en dehors de sa saison et de son époque. Cela fait partie des miracles (karāmāt) des saints. Il sut alors que Celui qui pourvoit à une chose en dehors de sa saison...
À son heure, Il est capable de lui accorder un enfant, même s'il a atteint un âge avancé. « C'est là que Zacharie invoqua son Seigneur, disant : « Seigneur, accorde-moi, de Ta part, une descendance bonne ; Tu es Celui qui entend la prière. » » Et Sa parole : « Et je crains mes héritiers 78 après moi, alors que ma femme est stérile. » On a dit que par « héritiers » on entend la parenté 79, et il semble qu'il craignait leur conduite après lui envers les fils d'Israël d'une manière contraire à la Loi de Dieu et à Son obéissance. Il demanda donc l'existence d'un enfant de sa propre descendance, qui soit pieux, vertueux et agréé. C'est pourquoi il dit : « Accorde-moi donc, de Ta part » c'est-à-dire de Ta puissance et de Ta force, « un allié qui hérite de moi » [c'est-à-dire dans la prophétie et le gouvernement sur les fils d'Israël] « et qui hérite de la famille de Jacob ; et fais de lui, Seigneur, un agréé. » Il veut dire : comme ses pères et ancêtres de la descendance de Jacob étaient des prophètes, fais de lui leur semblable dans l'honneur que Tu leur as accordé, à savoir la prophétie et la révélation. Il ne s'agit pas ici de l'héritage des biens, comme le prétendent ceux qui le disent parmi les chiites 80, et Ibn Jarîr 81 les a suivis ici, rapportant cela d'Abû Sâlih 82 parmi les prédécesseurs, pour plusieurs raisons : Premièrement : ce que nous avons mentionné précédemment à propos de Sa parole : « Et Salomon hérita de David », c'est-à-dire dans la prophétie et la royauté, comme nous l'avons mentionné dans le hadith 83 unanimement reconnu par les savants, rapporté dans les recueils authentiques et les musnads 84 et les sunans 85 et autres, par plusieurs voies, d'après un groupe de Compagnons, que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « Nous n'héritons pas ; ce que nous laissons est une aumône. » Ceci est un texte indiquant que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — n'est pas hérité. C'est pourquoi as-Siddîq 86 a refusé de remettre ce qui lui était propre de son vivant à aucun de ses héritiers qui, sans ce texte, auraient dû le recevoir, à savoir sa fille Fâtima, ses neuf épouses et son oncle al-‘Abbâs — que Dieu les agrée. As-Siddîq s'est appuyé sur ce hadith pour les empêcher, et il a été suivi dans sa transmission du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — par ‘Umar ibn al-Khattâb, ‘Uthmân ibn ‘Affân, ‘Alî ibn Abî Tâlib, al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib, ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Awf, Talha, az-Zubayr, Abû Hurayra et d'autres — que Dieu les agrée. Deuxièmement : at-Tirmidhî 87 l'a rapporté avec une formulation générale pour tous les prophètes : « Nous, communauté des prophètes, n'héritons pas », et il l'a authentifié. Troisièmement : le bas monde était trop méprisable aux yeux des prophètes pour qu'ils thésaurisent pour lui, s'y intéressent ou se préoccupent de lui au point de demander des enfants pour en hériter après eux. Car celui qui n'atteint pas un degré proche du leur dans le détachement ne se soucierait pas à ce point de demander un enfant qui hériterait de lui dans ce monde. Quatrièmement : Zacharie — sur lui la paix — était charpentier, travaillant de ses mains et mangeant du fruit de son labeur, comme David — sur lui la paix — mangeait du travail de ses mains. Or, il est rare, surtout pour quelqu'un comme les prophètes, qu'il se fatigue au travail au point d'amasser un surplus qui deviendrait un héritage après lui. C'est une évidence claire pour quiconque l'examine, le médite et le comprend, si Dieu le veut. L'imam Ahmad a dit : Yazîd — c'est-à-dire Ibn Hârûn — nous a raconté : Hammad ibn Salama nous a informés, d'après Thâbit, d'après Abû Râfi‘, d'après Abû Hurayra, que le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — a dit : « Zacharie était charpentier. » C'est ainsi que l'ont rapporté Muslim et Ibn Mâja par plusieurs voies, d'après Hammad ibn Salama. Et Sa parole : « Ô Zacharie, Nous t'annonçons la bonne nouvelle d'un garçon dont le nom est Jean ; Nous ne lui avons pas donné de homonyme auparavant. » Ceci est expliqué par Sa parole : « Alors les anges l'appelèrent pendant qu'il se tenait debout en prière dans le sanctuaire 88 : « Dieu t'annonce la bonne nouvelle de Jean, confirmateur d'une parole de Dieu, chef, chaste et prophète parmi les justes. » » Lorsqu'il reçut la bonne nouvelle de l'enfant et qu'il en fut certain, il se mit à s'enquérir, par étonnement, de la possibilité d'avoir un enfant dans ces conditions : « Il dit : « Seigneur, comment aurai-je un garçon alors que ma femme est stérile et que j'ai atteint un âge avancé ? » » C'est-à-dire : comment un enfant peut-il naître d'un vieillard très âgé ? On a dit qu'il avait alors soixante-dix-sept ans ; le plus vraisemblable — et Dieu sait mieux — est qu'il était plus âgé que cela. « Et ma femme est stérile », c'est-à-dire qu'elle était stérile dans sa jeunesse et n'enfantait pas. Dieu sait mieux. Comme l'a dit al-Khalîl 89 : « M'annoncez-vous cela alors que la vieillesse m'a touché ? De quoi m'annoncez-vous la bonne nouvelle ? » Et Sara a dit : « Malheur à moi ! Vais-je enfanter alors que je suis vieille et que mon mari est un vieillard ? C'est vraiment une chose étonnante ! Ils dirent : « T'étonnes-tu de l'ordre de Dieu ? Que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions soient sur vous, gens de la maison ! Il est digne de louange et de gloire. » » C'est ainsi que Zacharie — sur lui la paix — reçut une réponse. L'ange qui lui transmettait la révélation par ordre de son Seigneur lui dit : « Ainsi dit ton Seigneur : « Cela M'est facile. » » C'est-à-dire : cela est aisé pour Lui. « Et Je t'ai créé auparavant, alors que tu n'étais rien. » C'est-à-dire : Sa puissance t'a créé alors que tu n'étais rien de mentionné. Ne pourrait-Il donc pas créer de toi un enfant, même si tu es vieux ? Dieu a dit : « Nous l'avons exaucé et lui avons donné Jean, et Nous avons rendu sa femme féconde 90. Ils se hâtaient vers les bonnes œuvres et Nous invoquaient avec désir et crainte, et ils étaient humbles devant Nous. » Le sens de « rendre sa femme féconde » est qu'elle ne menstruait pas et qu'elle menstrua. On a aussi dit qu'elle avait un défaut de langage, c'est-à-dire une grossièreté. « Il dit : « Seigneur, donne-moi un signe. » » C'est-à-dire un signe indiquant le moment où ma femme concevra cet enfant annoncé. « Il dit : « Ton signe est que tu ne parleras pas aux gens pendant trois nuits, tout en étant en bonne santé. » » Il dit : le signe de cela est que tu seras frappé de mutisme, ne parlant pas pendant trois jours, sauf par gestes, tout en étant sain de corps, de bonne constitution et de stature équilibrée. Et il lui fut ordonné de multiplier le souvenir [de Dieu] en son cœur dans cet état, et de l'évoquer en son for intérieur, soir et matin. Lorsqu'il reçut cette bonne nouvelle, il sortit joyeux vers son peuple depuis son sanctuaire : « Il leur fit signe 91 de glorifier [Dieu] matin et soir. » Le terme « révélation » 92 ici désigne l'ordre secret, soit par écrit, comme l'ont dit Mujâhid et as-Suddî, soit par geste, comme l'ont dit également Mujâhid, Wahb et Qatâda. Mujâhid, ‘Ikrima, Wahb, as-Suddî et Qatâda ont dit : sa langue fut retenue sans maladie. Ibn Zayd a dit : il lisait et glorifiait, mais ne pouvait parler à personne. * * * Et Sa parole : « Ô Jean, prends le Livre avec force. Et Nous lui avons donné la sagesse 93 enfant. » Dieu informe de la réalisation de l'enfant conformément à l'annonce divine faite à son père Zacharie — sur lui la paix — et que Dieu lui a enseigné le Livre et la sagesse alors qu'il était petit, dans son enfance. ‘Abd Allah ibn al-Mubârak a dit : Ma‘mar a dit : les enfants disaient à Jean, fils de Zacharie : « Viens jouer avec nous. » Il répondait : « Ce n'est pas pour jouer que nous avons été créés. » Et c'est là le sens de Sa parole : « Et Nous lui avons donné la sagesse enfant. » Quant à Sa parole : « Et une tendresse 94 de Notre part », Ibn Jarîr a rapporté d'après ‘Amr ibn Dînâr, d'après ‘Ikrima, d'après Ibn ‘Abbâs qu'il a dit : « Je ne sais pas ce qu'est la tendresse. » Et d'après Ibn ‘Abbâs, Mujâhid, ‘Ikrima, Qatâda et ad-Dahhâk : « Et une tendresse de Notre part » signifie une miséricorde de Notre part, par laquelle Nous avons fait miséricorde à Zacharie en lui accordant cet enfant. Et d'après ‘Ikrima : « Et une tendresse » signifie un amour pour lui. Il est possible que cela soit une description de la compassion de Jean envers les gens, surtout envers ses parents, et de son amour pour eux, de sa sollicitude et de sa piété filiale. Quant à la pureté 95, c'est la pureté du caractère et son exemption des défauts et des vices. Et la piété 96 est l'obéissance à Dieu en accomplissant Ses ordres et en évitant Ses interdits.
Ensuite, Il mentionna sa bonté envers ses parents et son obéissance à leur égard, en commandement et en interdiction, et son abandon de toute désobéissance envers eux, en parole et en acte. Il dit : « Et (il était) bon envers ses parents, et il n’était ni tyran ni rebelle. » Puis Il dit : « Et que la paix soit sur lui le jour où il naquit, le jour où il mourra, et le jour où il sera ressuscité vivant. » Ces trois moments sont les plus durs pour l’être humain, car il passe à chacun d’eux d’un monde à un autre, perdant le premier après l’avoir connu et aimé, et parvenant à l’autre sans savoir ce qui l’attend. C’est pourquoi il crie en naissant lorsqu’il sort des entrailles, quittant leur douceur et leur étreinte, pour passer dans cette demeure afin d’y affronter ses soucis et ses peines ! De même, lorsqu’il quitte cette demeure et passe au monde du Barzakh (Barzakh : l’intervalle entre ce monde et la Demeure Éternelle), entre elle et la Demeure du Séjour, passant après les demeures et les palais à la cour des morts, habitants des tombes, attendant là le souffle dans la Trompe pour le Jour de la Résurrection et du Redressement. Parmi eux, il y a le réjoui et le comblé, le triste et le perdu, et entre les deux, le brisé et le fracassé, et un groupe au Paradis, et un groupe dans le Brasier ! Et combien un poète a bien dit : « Ta mère t’a enfanté pleurant et criant à l’aide, tandis que les gens autour de toi riaient de joie. Efforce-toi donc, pour toi-même, d’être, lorsqu’ils pleureront au jour de ta mort, riant et réjoui. » Et comme ces trois situations sont les plus pénibles pour le fils d’Adam, Dieu a accordé la paix à Yahyâ (Jean) dans chacune d’elles, disant : « Et que la paix soit sur lui le jour où il naquit, le jour où il mourra, et le jour où il sera ressuscité vivant. » Sa‘îd ibn Abî ‘Arûba rapporte d’après Qatâda que Hasan a dit : « Yahyâ et ‘Îsâ (Jésus) se rencontrèrent. ‘Îsâ lui dit : “Implore le pardon pour moi, tu es meilleur que moi.” L’autre lui dit : “Implore le pardon pour moi, tu es meilleur que moi.” ‘Îsâ lui dit : “Tu es meilleur que moi : j’ai salué ma propre personne, et Dieu t’a salué.” » Il reconnut ainsi, par Dieu, leur mérite. Quant à Sa parole dans l’autre verset : « Et un maître, et un chaste (hasûr), et un prophète parmi les justes », on a dit que le chaste (hasûr) est celui qui n’approche pas les femmes. On a dit autre chose, et cela est plus conforme à Sa parole : « Accorde-moi, de Ta part, une descendance bonne. » L’imam Ahmad a dit : ‘Affân nous a raconté, Hammâd nous a raconté, ‘Alî ibn Zayd nous a informés d’après Yûsuf ibn Mihrân, d’après Ibn ‘Abbâs, que le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) a dit : « Il n’y a personne parmi les enfants d’Adam qui n’ait commis une faute ou n’ait eu l’intention d’une faute, sauf Yahyâ ibn Zakariyyâ, et il ne convient à personne de dire : “Je suis meilleur que Yûnus (Jonas) ibn Mattâ.” » ‘Alî ibn Zayd ibn Jud‘ân : plusieurs imams ont parlé de lui, et son hadith est contesté. Ibn Khuzayma et Dâraqutnî l’ont rapporté par la voie d’Abû ‘Âsim al-‘Abbâdânî, d’après ‘Alî ibn Zayd ibn Jud‘ân, de manière détaillée. Puis Ibn Khuzayma a dit : « Cela n’est pas selon notre condition. » Ibn Wahb a dit : Ibn Lahî‘a m’a raconté d’après ‘Uqayl, d’après Ibn Shihâb, qui a dit : « Un jour, le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) sortit vers ses compagnons alors qu’ils discutaient du mérite des prophètes. L’un dit : “Moïse est le Parole de Dieu.” Un autre dit : “Jésus est l’Esprit de Dieu et Sa Parole.” Un autre dit : “Abraham est l’Ami intime de Dieu.” [Et ils mentionnaient cela.] Il dit alors : “Où est le martyr, fils du martyr, qui porte la laine et mange des arbres par crainte du péché ?” » Ibn Wahb dit : « Il voulait dire Yahyâ ibn Zakariyyâ. » Muhammad ibn Ishâq, qui est un mudallis (pratiquant l’anonymat), l’a rapporté d’après Yahyâ ibn Sa‘îd al-Ansârî, d’après Sa‘îd ibn al-Musayyab : Ibn al-‘Âs m’a raconté qu’il a entendu le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) dire : « Tout fils d’Adam viendra au Jour de la Résurrection avec un péché, sauf ce qui vient de Yahyâ ibn Zakariyyâ. » Ceci est de la transmission d’Ibn Ishâq, qui est parmi les mudalliss, et il a utilisé l’anonymat ici. Puis ‘Abd ar-Razzâq a dit : D’après Ma‘mar, d’après Qatâda, d’après Sa‘îd ibn al-Musayyab, de manière interrompue (mursal). Ensuite, j’ai vu Ibn ‘Asâkir le rapporter par la voie d’Abû Usâma, d’après Yahyâ ibn Sa‘îd al-Ansârî. Puis Ibn ‘Asâkir l’a rapporté par la voie d’Ibrâhîm ibn Ya‘qûb al-Jûzjânî, prédicateur de Damas : Muhammad ibn al-Asbahânî nous a raconté, Abû Khâlid al-Ahmar nous a raconté d’après Yahyâ ibn Sa‘îd, d’après Sa‘îd ibn al-Musayyab, d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Amr, qui a dit : « Il n’y a personne qui ne rencontrera Dieu avec un péché, sauf Yahyâ ibn Zakariyyâ. » Puis il récita : « Et un maître, et un chaste (hasûr). » Puis il souleva quelque chose de la terre et dit : « Il n’avait avec lui que cela, puis il fut égorgé ! » Ceci est arrêté (mawqûf) par cette voie, et le fait qu’il soit arrêté est plus correct que son élévation (marfû‘), et Dieu sait mieux. Ibn ‘Asâkir l’a rapporté par des voies d’après Ma‘mar, dont ce qu’il a rapporté du hadith d’Ishâq ibn Bishr, qui est faible, d’après ‘Uthmân ibn Sâj, d’après Thawr ibn Yazîd, d’après Khâlid ibn Ma‘dân, d’après Mu‘âdh, d’après le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), de manière similaire. Et il a été rapporté par la voie d’Abû Dâwûd at-Tayâlisî et d’autres, d’après al-Hakam ibn ‘Abd ar-Rahmân ibn Abî Na‘îm, d’après son père, d’après Abû Sa‘îd, qui a dit : Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) a dit : « Al-Hasan et al-Husayn sont les maîtres des jeunes gens du Paradis, à l’exception des deux fils de la tante maternelle : Yahyâ et ‘Îsâ (que la paix soit sur eux). » Abû Nu‘aym, le mémorisateur d’Ispahan, a dit : Ishâq ibn Ahmad nous a raconté, Ibrâhîm ibn Yûsuf nous a raconté, Ahmad ibn Abî al-Hawârî nous a raconté : J’ai entendu Abû Sulaymân dire : « ‘Îsâ ibn Maryam et Yahyâ ibn Zakariyyâ sortirent marchant ensemble. Yahyâ heurta une femme. ‘Îsâ lui dit : “Ô fils de ma tante maternelle, tu as aujourd’hui commis un péché que je pense ne te sera jamais pardonné.” Il dit : “Qu’est-ce que c’est, ô fils de ma tante maternelle ?” Il dit : “Une femme que tu as heurtée.” Il dit : “Par Dieu, je ne l’ai pas sentie.” Il dit : “Gloire à Dieu ! Ton corps est avec moi, mais où est ton esprit ?” Il dit : “Attaché au Trône ; si mon cœur s’apaisait auprès de Gabriel, je penserais que je n’ai pas connu Dieu un clin d’œil.” » Ceci contient une étrangeté et fait partie des récits israélites. Isrâ‘îl a dit d’après Abû Hasîn, d’après Khaythama, qui a dit : « ‘Îsâ ibn Maryam et Yahyâ ibn Zakariyyâ étaient cousins maternels. ‘Îsâ portait de la laine, et Yahyâ portait du poil. Aucun d’eux n’avait de dinar ni de dirham, ni d’esclave mâle ou femelle, ni d’abri où se réfugier ; là où la nuit les surprenait, ils s’abritaient. Lorsqu’ils voulurent se séparer, Yahyâ dit : “Fais-moi une recommandation.” Il dit : “Ne te mets pas en colère.” Il dit : “Je ne peux pas ne pas me mettre en colère.” Il dit : “N’amasse pas de biens.” Il dit : “Quant à cela, peut-être.” » * * * Les récits de Wahb ibn Munabbih divergent : Zacharie (que la paix soit sur lui) est-il mort de mort naturelle ou a-t-il été tué ? Selon deux versions. ‘Abd al-Mun‘im ibn Idrîs ibn Sinân a rapporté d’après son père, d’après Wahb ibn Munabbih, qu’il a dit : « Il s’enfuit de son peuple et entra dans un arbre. Ils vinrent et placèrent la scie sur les deux (parties). Lorsque la scie atteignit ses côtes, il gémit. Dieu lui révéla : “Si ton gémissement ne cesse pas, Je retournerai la terre et ceux qui sont sur elle.” Alors son gémissement cessa jusqu’à ce qu’il fût coupé en deux. » Ceci a été rapporté dans un hadith élevé (marfû‘) que nous citerons plus tard, si Dieu le veut. Ishâq ibn Bishr a rapporté d’après Idrîs ibn Sinân, d’après Wahb, qu’il a dit : « Celui pour qui l’arbre s’est fendu est Ésaïe (Sha‘yâ). Quant à Zacharie, il est mort de mort naturelle. » Dieu sait mieux. L’imam Ahmad a dit : ‘Affân nous a raconté, Abû Khalaf Mûsâ ibn Khalaf, qui était compté parmi les substituts (abdâl), nous a informés, Yahyâ ibn Abî Kathîr nous a raconté d’après Zayd ibn Salâm, d’après son grand-père Mamṭûr, d’après al-Hârith al-Ash‘arî, que le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) a dit : « Dieu a ordonné à Yahyâ ibn Zakariyyâ cinq paroles pour qu’il agisse selon elles et qu’il ordonne aux Enfants d’Israël d’agir selon elles. Il faillit tarder. Alors ‘Îsâ (que la paix soit sur lui) lui dit : “Tu as reçu l’ordre de cinq paroles pour agir selon elles et ordonner aux Enfants d’Israël d’agir selon elles. Soit tu les transmets, soit je les transmets.” Il dit : “Ô mon frère, je…” »
Je crains que si tu me devances, je ne sois châtié ou que la terre ne m'engloutisse. Il dit : Alors Yahyâ rassembla les Enfants d'Israël dans le Temple de Jérusalem, au point que la mosquée fut remplie. Il s'assit sur l'estrade, loua Dieu et Le glorifia, puis dit : « Dieu – qu'Il soit exalté et magnifié – m'a ordonné cinq paroles que je dois mettre en pratique et que je vous ordonne de mettre en pratique. La première d'entre elles : adorez Dieu sans rien Lui associer. Car l'exemple de cela est semblable à celui d'un homme qui a acheté un serviteur avec son propre argent, en pièces d'argent ou d'or, et ce serviteur travaille et remet son gain à un autre que son maître. Lequel d'entre vous aimerait que son serviteur soit ainsi ? Or Dieu vous a créés et vous a pourvus de subsistance : adorez-Le donc et ne Lui associez rien. Je vous ordonne la prière : car Dieu tourne Sa Face vers Son serviteur tant que celui-ci ne se détourne pas. Quand vous priez, ne vous détournez donc pas. Je vous ordonne le jeûne : car l'exemple de cela est semblable à celui d'un homme qui porte une bourse de musc au milieu d'une troupe ; tous sentent l'odeur du musc. Et l'haleine du jeûneur est plus agréable auprès de Dieu que l'odeur du musc. Je vous ordonne l'aumône : car l'exemple de cela est semblable à celui d'un homme que l'ennemi a capturé ; ils lui ont lié les mains au cou et l'ont amené pour lui trancher la tête. Il dit : « Accepteriez-vous que je me rachète de vous ? » Et il se racheta d'eux avec peu et beaucoup, jusqu'à se libérer. Je vous ordonne l'invocation fréquente de Dieu – qu'Il soit exalté et magnifié. Car l'exemple de cela est semblable à celui d'un homme que l'ennemi poursuit rapidement ; il arrive à une forteresse imprenable et s'y réfugie. Et le serviteur n'est jamais plus à l'abri du Diable que lorsqu'il est dans l'invocation de Dieu – qu'Il soit exalté et magnifié. » Il dit : Et le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – dit : « Et moi, je vous ordonne cinq choses que Dieu m'a ordonnées : la communauté, l'écoute, l'obéissance, l'émigration et le combat dans le chemin de Dieu. Car quiconque s'éloigne de la communauté d'un empan a ôté le lien de l'islam de son cou, à moins qu'il ne revienne. Et quiconque invoque par une invocation de l'époque de l'ignorance est parmi les combustibles de la Géhenne. » Il dit : « Ô Messager de Dieu, même s'il jeûne et prie ? » Il dit : « Même s'il jeûne et prie et prétend être musulman. Appelez les musulmans par leurs noms, par ce dont Dieu – qu'Il soit exalté et magnifié – les a nommés : les musulmans, les croyants, les serviteurs de Dieu – qu'Il soit exalté et magnifié. » C'est ainsi que l'a rapporté Abû Ya'lâ d'après Hudba ibn Khâlid, d'après Abân ibn Yazîd, d'après Yahyâ ibn Abî Kathîr. De même, l'a rapporté at-Tirmidhî d'après le hadith d'Abû Dâwûd at-Tayâlisî et Mûsâ ibn Ismâ'îl, tous deux d'après Abân ibn Yazîd al-'Attâr. Et Ibn Mâja l'a rapporté d'après Hishâm ibn 'Ammâr, d'après Muhammad ibn Shu'ayb ibn Sâbûr, d'après Mu'âwiya ibn Sallâm, d'après son frère Zayd ibn Sallâm, d'après Abû Sallâm, d'après al-Hârith al-Ash'arî. Et al-Hâkim l'a rapporté par la voie de Marwân ibn Muhammad at-Tâtarî, d'après Mu'âwiya ibn Sallâm, d'après son frère. Puis il dit : Marwân at-Tâtarî est le seul à l'avoir rapporté de Mu'âwiya ibn Sallâm. Je dis : Ce n'est pas comme il l'a dit. Et at-Tabarânî l'a rapporté d'après Muhammad ibn 'Abda, d'après Abû Tawba ar-Rabî' ibn Nâfi', d'après Mu'âwiya ibn Sallâm, d'après Abû Sallâm, d'après al-Hârith al-Ash'arî, et il mentionna quelque chose de similaire. Ainsi, la mention de Zayd ibn Sallâm, d'après Abû Sallâm, d'après al-Hârith al-Ash'arî, a été omise, et il mentionna quelque chose de similaire à cette version. Ensuite, le mémorisateur Ibn 'Asâkir a rapporté par la voie de 'Abd Allâh ibn Abî Ja'far ar-Râzî, d'après son père, d'après ar-Rabî' ibn Anas, qui dit : Il nous a été rapporté d'après les Compagnons du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – d'après ce qu'ils ont entendu des savants des Enfants d'Israël, que Yahyâ ibn Zakariyyâ a été envoyé avec cinq paroles, et il mentionna quelque chose de similaire à ce qui précède. Et ils ont mentionné que Yahyâ – sur lui la paix – s'isolait souvent des gens ; il ne se familiarisait qu'avec les déserts, mangeait des feuilles d'arbres, buvait l'eau des rivières, se nourrissait parfois de sauterelles, et disait : « Qui est plus favorisé que toi, ô Yahyâ ? » Et Ibn 'Asâkir a rapporté que ses parents sortirent à sa recherche et le trouvèrent près du lac de Tibériade. Lorsqu'ils le rencontrèrent, ils le firent pleurer abondamment à cause de l'adoration et de la crainte de Dieu – qu'Il soit exalté et magnifié – dans lesquelles il se trouvait. Et Ibn Wahb a dit, d'après Mâlik, d'après Humayd ibn Qays, d'après Mujâhid, qui dit : La nourriture de Yahyâ ibn Zakariyyâ était l'herbe, et il pleurait par crainte de Dieu au point que, si la poix était sur ses yeux, elle l'aurait déchiré. Et Muhammad ibn Yahyâ adh-Dhuhlî a dit : Al-Layth nous a raconté, 'Uqayl m'a raconté, d'après Ibn Shihâb, qui dit : Un jour, je me suis assis auprès d'Abû Idrîs al-Khawlânî alors qu'il faisait un récit, et il dit : « Ne vous informerai-je pas de celui qui avait la nourriture la plus agréable parmi les gens ? » Quand il vit que les gens le regardaient, il dit : « Yahyâ ibn Zakariyyâ avait la nourriture la plus agréable parmi les gens ? Il ne mangeait qu'avec les bêtes sauvages, par crainte de se mêler aux gens dans leurs moyens de subsistance. » Et Ibn al-Mubârak a dit, d'après Wahîb ibn al-Ward, qui dit : Zakariyyâ perdit son fils Yahyâ pendant trois jours ; il sortit à sa recherche dans le désert et le trouva qui avait creusé une tombe et s'y tenait, pleurant sur lui-même. Il dit : « Ô mon fils, je te cherche depuis trois jours et tu es dans une tombe que tu as creusée, debout et pleurant ? » Il dit : « Ô mon père, n'es-tu pas celui qui m'a informé qu'entre le Paradis et l'Enfer il y a un passage qui ne peut être franchi que par les larmes de ceux qui pleurent abondamment ? » Il lui dit : « Pleure, ô mon fils. » Et ils pleurèrent tous deux. C'est ainsi que Wahb ibn Munabbih et Mujâhid ont rapporté quelque chose de similaire. Et Ibn 'Asâkir a rapporté de lui qu'il a dit : « Les gens du Paradis ne dorment pas à cause du plaisir de la félicité dans laquelle ils se trouvent. Ainsi, il convient aux véridiques de ne pas dormir à cause de la félicité de l'amour de Dieu – qu'Il soit exalté et magnifié – dans leurs cœurs. » Puis il dit : « Quelle distance entre les deux félicités ! Et quelle distance entre elles ! » Et ils ont mentionné qu'il pleurait beaucoup, au point que les larmes avaient laissé des traces sur ses joues à force de pleurer. Exposé de la cause du meurtre de Yahyâ – sur lui la paix. Et ils ont mentionné, concernant son meurtre, plusieurs causes, dont la plus célèbre est qu'un certain roi de cette époque, à Damas, voulait épouser une de ses parentes par alliance 97 ou une femme qu'il ne lui était pas permis d'épouser. Yahyâ – sur lui la paix – le lui interdit, et elle en conçut de la rancune contre lui. Lorsque les relations entre elle et le roi furent telles qu'il désirait d'elle, elle demanda en don le sang de Yahyâ, et il le lui accorda. Elle envoya alors quelqu'un pour le tuer, et on apporta sa tête et son sang dans un bassin devant elle. On dit qu'elle périt sur-le-champ et à l'instant même. Et on dit plutôt que la femme de ce roi l'aimait [et lui envoya un message 98], mais il refusa. Lorsqu'elle désespéra de lui, elle usa de ruse pour demander sa tête en don au roi. Le roi hésita, puis accéda à sa demande. Il envoya donc quelqu'un pour le tuer et fit apporter sa tête et son sang dans un bassin devant elle. Le sens de cela est rapporté dans un hadith qu'Ishâq ibn Bishr a rapporté dans son livre al-Mubtada', où il dit : Ya'qûb al-Kûfî nous a informés, d'après 'Amr ibn Maymûn, d'après son père, d'après Ibn 'Abbâs, que le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – la nuit de son ascension, vit Zakariyyâ dans le ciel, le salua et lui dit : « Ô Abâ Yahyâ, informe-moi de ton meurtre : comment fut-il et pourquoi les Enfants d'Israël t'ont-ils tué ? » Il dit : « Ô Muhammad, je t'informe que Yahyâ était le meilleur des gens de son temps, le plus beau et le plus radieux de visage. Il était, comme Dieu – qu'Il soit exalté – l'a dit : « un maître et chaste 99 ». Il n'avait pas besoin des femmes. La femme du roi des Enfants d'Israël s'éprit de lui ; elle était une prostituée. Elle lui envoya un message, mais Dieu le protégea ; Yahyâ refusa et s'abstint. Elle décida alors de tuer Yahyâ. Ils avaient une fête où ils se réunissaient chaque année. La coutume du roi était de promettre et de ne pas manquer à sa parole, et de ne pas mentir. » Il dit : « Le roi sortit pour la fête ; sa femme se leva et l'accompagna – il était épris d'elle, et elle n'avait pas fait cela auparavant. Lorsqu'elle l'eut accompagné, le roi dit : « Demande-moi ce que tu veux, je te l'accorderai. » Elle dit : « Je veux le sang de Yahyâ ibn Zakariyyâ. » Il lui dit : « Demande-moi autre chose. » Elle dit : « C'est cela. » Il dit : « Il est à toi. »
Il dit : Alors elle envoya ses servantes 100 à Jean, alors qu'il était dans son oratoire 101 en prière, et moi j'étais à côté de lui en prière. Il dit : Il fut égorgé dans un bassin, et sa tête et son sang furent portés à elle. Il dit : Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) dit : « Jusqu'où alla ta patience ? » Il dit : « Je ne me suis pas interrompu dans ma prière. » Il dit : Lorsque sa tête fut portée à elle et placée devant elle, le soir venu, Dieu fit engloutir le roi, sa famille et ses serviteurs. Au matin, les fils d'Israël dirent : « Le Dieu de Zacharie s'est mis en colère pour Zacharie. Venez, mettons-nous en colère pour notre roi et tuons Zacharie. » Il dit : Ils sortirent à ma recherche pour me tuer, et l'avertisseur vint à moi. Je m'enfuis d'eux, et Iblîs 102 était devant eux, les guidant vers moi. Lorsque je craignis de ne pouvoir leur échapper, un arbre se présenta à moi et m'appela : « Vers moi, vers moi ! » Il se fendit pour moi, et j'y entrai. Il dit : Iblîs vint jusqu'à saisir le bord de mon manteau, et l'arbre se referma, tandis que le bord de mon manteau restait à l'extérieur de l'arbre. Les fils d'Israël vinrent, et Iblîs dit : « Ne l'avez-vous pas vu entrer dans cet arbre ? Voici le bord de son manteau ; il y est entré par sa sorcellerie. » Ils dirent : « Brûlons cet arbre. » Iblîs dit : « Fendez-le avec une scie, en deux. » Il dit : Je fus scié avec l'arbre par la scie. Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) lui dit : « As-tu ressenti de sa part un contact ou une douleur ? » Il dit : « Non, j'ai seulement ressenti cela de l'arbre dans lequel Dieu avait placé mon esprit. » Ceci est un contexte 103 très étrange et un récit étonnant ; son élévation [au Prophète] est contestée, et il contient des choses contestables en tout état de cause. On ne trouve dans aucun des récits de l'Isrâ' 104 la mention de Zacharie (que la paix soit sur lui) sauf dans ce récit. Ce qui est conservé dans certains termes du Sahîh 105 dans le récit de l'Isrâ' est : « Je passai près des deux fils de la tante maternelle, Jean et Jésus, qui sont les deux fils de la tante maternelle », selon l'avis de la majorité, comme c'est l'apparence du récit. Car la mère de Jean, Élisabeth 106, fille de 'Imrân, est la sœur de Marie, fille de 'Imrân. On a dit plutôt qu'Élisabeth, l'épouse de Zacharie, mère de Jean, est la sœur de Anne, épouse de 'Imrân, mère de Marie ; ainsi Jean serait le cousin maternel de Marie. Dieu sait mieux. Ensuite, on a divergé sur le lieu du meurtre de Jean, fils de Zacharie : était-ce dans la mosquée al-Aqsâ 107 ou ailleurs ? Deux avis : Al-Thawrî rapporte d'après al-A'mash, d'après Shimr ibn 'Atiyya, qu'il dit : « Soixante-dix prophètes furent tués sur le Rocher 108 qui est à Jérusalem, parmi eux Jean, fils de Zacharie (que la paix soit sur lui). » Abû 'Ubayda al-Qâsim ibn Salâm dit : 'Abd Allâh ibn Sâlih nous a raconté, d'après al-Layth, d'après Yahyâ ibn Sa'îd, d'après Sa'îd ibn al-Musayyab, qu'il dit : « Nabuchodonosor 109 arriva à Damas et voilà que le sang de Jean, fils de Zacharie, bouillonnait. Il s'enquit à son sujet, et on l'informa. Il tua soixante-dix mille personnes sur son sang, et il s'apaisa. » Cette chaîne de transmission est authentique jusqu'à Sa'îd ibn al-Musayyab, et elle implique qu'il fut tué à Damas et que l'histoire de Nabuchodonosor eut lieu après le Messie, comme l'ont dit 'Atâ' et al-Hasan al-Basrî. Dieu sait mieux. Le hâfiz 110 Ibn 'Asâkir rapporte, par la voie d'al-Walîd ibn Muslim, d'après Zayd ibn Wâqid, qu'il dit : « Je vis la tête de Jean, fils de Zacharie, lorsqu'ils voulurent construire la mosquée de Damas ; elle fut sortie de sous un des piliers de la qibla 111 qui est près du mihrâb 112, du côté est. La peau et les cheveux étaient dans leur état, sans avoir changé. » Dans une autre version : « Comme s'il avait été tué à l'instant. » Il est mentionné dans la construction de la mosquée de Damas qu'elle fut placée sous la colonne connue comme la colonne des Sakâsika 113. Dieu sait mieux. [Le hâfiz Ibn 'Asâkir rapporte dans al-Mustaqsâ fî fadâ'il al-Aqsâ, par la voie d'al-'Abbâs ibn Subh, d'après Marwân, d'après Sa'îd ibn 'Abd al-'Azîz, d'après Qâsim, client de Mu'âwiya, qu'il dit : « Le roi de cette ville, c'est-à-dire Damas, était Haddâd ibn Hadâr. Il avait marié son fils à la fille de son frère, Arîl, reine de Sidon. Parmi ses possessions se trouvait le marché des rois à Damas, qui est le marché des orfèvres anciens. Il avait juré de la répudier par trois fois. Puis il voulut la reprendre, et consulta Jean, fils de Zacharie, qui dit : 'Elle ne t'est pas licite jusqu'à ce qu'elle épouse un autre mari.' Elle lui en voulut et demanda au roi la tête de Jean, fils de Zacharie, sur le conseil de sa mère. Le roi refusa d'abord, puis accéda à sa demande. Il envoya quelqu'un à lui alors qu'il se tenait en prière dans la mosquée de Jabrûn 114, pour lui apporter sa tête sur un plateau. La tête se mit à lui dire : 'Elle ne lui est pas licite jusqu'à ce qu'elle épouse un autre mari.' La femme prit le plateau, le porta sur sa tête et l'apporta à sa mère, tandis qu'elle parlait ainsi. Lorsqu'elle se tint devant sa mère, la terre s'ouvrit sous elle jusqu'à ses pieds, puis jusqu'à sa taille. Sa mère se lamentait, les servantes criaient et se frappaient le visage. Puis la terre s'ouvrit jusqu'à ses épaules. Sa mère ordonna au bourreau de lui trancher la tête pour se consoler avec sa tête. Il le fit, et la terre rejeta son cadavre à ce moment-là. Ils tombèrent dans l'humiliation et l'anéantissement. Le sang de Jean ne cessa de bouillonner jusqu'à ce que Nabuchodonosor vienne et tue sur lui soixante-quinze mille personnes. Sa'îd ibn 'Abd al-'Azîz dit : « C'est le sang de tout prophète. » Il ne cessa de bouillonner jusqu'à ce que Jérémie 115 (que la paix soit sur lui) s'arrête près de lui et dise : « Ô sang, tu as anéanti les fils d'Israël ; apaise-toi par la permission de Dieu. » Il s'apaisa. L'épée fut levée, et ceux qui s'enfuirent de Damas s'enfuirent vers Jérusalem. Il les y suivit et tua des créatures innombrables, et en fit des captifs, puis il s'éloigna d'eux.] L'histoire de Jésus, fils de Marie, serviteur de Dieu et Son messager, et fils de Sa servante 116 (que sur lui soient les meilleures prières et la paix de Dieu). Dieu Très-Haut dit dans la sourate Âl 'Imrân 117, dont le début fut révélé – et il y a quatre-vingt-trois versets, dont certains en réfutation des chrétiens (que les malédictions de Dieu soient sur eux), qui prétendent que Dieu a un enfant – Dieu est bien au-dessus de ce qu'ils disent, infiniment élevé. Une délégation de Najrân 118 parmi eux était venue auprès du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), et ils se mirent à mentionner ce sur quoi ils étaient, à savoir le faux de la trinité des hypostases 119, prétendant, selon leur allégation, que Dieu est le troisième de trois : l'Essence Sainte, Jésus et Marie, selon la divergence de leurs sectes. Dieu – qu'Il soit exalté – révéla le début de cette sourate, dans lequel Il expliqua que Jésus est un serviteur parmi les serviteurs de Dieu ; Il l'a créé et formé dans l'utérus comme Il a formé d'autres créatures, et qu'Il l'a créé sans père, comme Il a créé Adam sans père ni mère, et Il lui dit : « Sois », et il fut. Gloire à Lui, le Très-Haut. Il exposa l'origine de la naissance de sa mère Marie, comment fut son affaire, comment elle conçut son enfant Jésus. De même, Il développa cela dans la sourate Maryam 120, comme nous en parlerons en détail, avec l'aide de Dieu, Sa belle réussite et Sa guidance. Il dit – et Il est le plus véridique des locuteurs : « Certes, Dieu a élu Adam, Noé, la famille d'Abraham et la famille de 'Imrân sur l'univers. En tant que descendance les uns des autres, et Dieu est Audient et Omniscient. (Rappelle-toi) quand la femme de 'Imrân dit : 'Seigneur, je Te voue ce qui est dans mon ventre, en consécration 121. Accepte-le de moi, car c'est Toi l'Audient, l'Omniscient.' Puis, lorsqu'elle l'eut enfantée, elle dit : 'Seigneur, je l'ai enfantée fille' – et Dieu savait mieux ce qu'elle avait enfanté – 'et le mâle n'est pas comme la femelle. Je l'ai nommée Marie, et je la mets, ainsi que sa descendance, sous Ta protection contre le Diable maudit.' Son Seigneur l'agréa d'un bel agrément, et la fit croître d'une belle croissance. Et Il la confia à Zacharie. Chaque fois que Zacharie entrait auprès d'elle dans le sanctuaire 122, il trouvait près d'elle une nourriture. Il dit : 'Ô Marie, d'où te vient cela ?' Elle dit : 'Cela vient de Dieu. Certes, Dieu pourvoit qui Il veut sans compter.' » Il mentionne – qu'Il soit exalté – qu'Il a élu Adam (que la paix soit sur lui) et les élus de sa descendance, ceux qui suivent Sa Loi et persistent dans Son obéissance. Puis Il précisa : « et la famille d'Abraham », incluant les fils d'Ismaël. Puis Il mentionna la vertu de cette maison pure et bonne, à savoir la famille de 'Imrân. Par 'Imrân, on entend ici le père de Marie (que la paix soit sur elle).
Muhammad ibn Ishaq a dit : Il est 'Imrân ibn Bâshim ibn Amûn ibn Mîshâ ibn Hizqiyâ ibn Ahriq ibn Mûtham ibn 'Azâziyâ ibn Amasyâ ibn Yâwush ibn Ahrihû ibn Yâzim ibn Yahfâshât ibn Îshâ ibn Îyân ibn Rahba'âm 123 ibn Dâwûd. Abû al-Qâsim ibn 'Asâkir a dit : Maryam bint 'Imrân ibn Mâthân ibn al-'Âzar ibn al-Yûd ibn Akhnaz ibn Sâdûq ibn 'Ayâzûz ibn al-Yâqîm ibn Aybûd ibn Zariyâbîl ibn Shâltâl ibn Yûhînâ ibn Barshâ ibn Amûn ibn Mîshâ ibn Hizqiyâ 124 ibn Ahâz ibn Mûthâm ibn 'Azriyâ ibn Yuwârim ibn Yûshâfât ibn Îshâ ibn Îbâ ibn Rahba'âm ibn Sulaymân ibn Dâwûd, sur lui la paix. Il y a une divergence avec ce qu'a mentionné Muhammad ibn Ishaq. Il n'y a pas de désaccord sur le fait qu'elle est de la descendance de Dâwûd, sur elle la paix. Son père 'Imrân était le responsable de la prière des fils d'Israël en son temps. Sa mère, qui est Hannah bint Fâqûd ibn Qubayl, était parmi les dévotes. Zacharie, le prophète de cette époque, était l'époux de la sœur de Maryam, Ashya', selon l'avis de la majorité ; on a dit aussi l'époux de sa tante maternelle Ashya' ; Dieu sait mieux. Muhammad ibn Ishaq et d'autres ont mentionné que la mère de Maryam ne concevait pas. Un jour, elle vit un oiseau qui donnait la becquée à son petit, et elle désira un enfant. Elle fit alors le vœu à Dieu, si elle concevait 125, de vouer son enfant au service exclusif du Temple de Jérusalem. Ils dirent : Elle eut ses règles immédiatement après. Lorsqu'elle fut pure, son mari la rejoignit et elle conçut Maryam, sur elle la paix. "Puis, lorsqu'elle l'eut enfantée, elle dit : 'Seigneur, je l'ai enfantée femelle' – et Dieu savait mieux ce qu'elle avait enfanté – 'et le mâle n'est pas comme la femelle'" 126, c'est-à-dire pour le service du Temple de Jérusalem. En ce temps-là, ils vouaient au Temple des serviteurs parmi leurs enfants. Sa parole : "Et je l'ai nommée Maryam" 127 est utilisée comme preuve pour la nomination de l'enfant le jour de sa naissance, comme il est établi dans les deux Sahîh d'après Anas, concernant son départ avec son frère auprès du Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – qui lui a fait la tahnîk 128 et l'a nommé 'Abd Allâh. Il est rapporté dans le hadith d'al-Hasan d'après Samura, remontant au Prophète : "Tout garçon est en gage pour sa 'aqîqa 129 ; on immole pour lui le septième jour, on le nomme et on lui rase la tête." Rapporté par Ahmad et les auteurs des Sunan, et jugé authentique par al-Tirmidhî. Dans certaines de ses formulations, il y a "et on lui fait une incision" au lieu de "et on le nomme", et certains l'ont jugé authentique ; Dieu sait mieux. Sa parole : "Et je la mets, elle et sa descendance, sous Ta protection contre le Diable maudit" 130 a été exaucée pour elle, comme son vœu a été accepté. L'imam Ahmad a dit : 'Abd al-Razzâq nous a rapporté, Ma'mar nous a rapporté, d'après al-Zuhrî, d'après Ibn al-Musayyab, d'après Abû Hurayra, que le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : "Il n'est aucun nouveau-né qui ne soit touché par le Diable au moment de sa naissance, et qui ne pousse un cri à cause de cette touchée, excepté Maryam et son fils." Puis Abû Hurayra dit : Lisez si vous voulez : "Et je la mets, elle et sa descendance, sous Ta protection contre le Diable maudit." Les deux 131 l'ont rapporté d'après le hadith de 'Abd al-Razzâq. Ibn Jarîr l'a rapporté d'après Ahmad ibn al-Faraj, d'après Baqiyya, d'après 'Abd Allâh ibn al-Zubaydî, d'après al-Zuhrî, d'après Abû Salama, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – de manière similaire. Ahmad a aussi dit : Ismâ'îl ibn 'Umar nous a rapporté, Ibn Abî Dhu'ayb nous a rapporté, d'après 'Ajlân, le client d'al-Mishma'al, d'après le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – qui a dit : "Tout nouveau-né des fils d'Adam est touché par le Diable avec son doigt, excepté Maryam bint 'Imrân et son fils Jésus." Il est seul à l'avoir rapporté de cette chaîne. Muslim l'a rapporté d'après Abû al-Tâhir, d'après Ibn Wahb, d'après 'Umar ibn al-Hârith, d'après Abû Yûnus, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – de manière similaire. Ahmad a dit : Hushaym nous a rapporté, Hafs ibn Maysara nous a rapporté, d'après al-'Alâ', d'après son père, d'après Abû Hurayra, que le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : "Tout être humain que sa mère enfante, le Diable lui donne un coup de poing dans ses flancs 132, excepté ce qui est de Maryam et de son fils. Ne voyez-vous pas l'enfant quand il tombe, comment il crie ?" Ils dirent : Si, ô Messager de Dieu. Il dit : "C'est au moment où le Diable lui donne un coup de poing dans ses flancs." Ceci est selon la condition de Muslim, mais il ne l'a pas rapporté de cette chaîne. Qays l'a rapporté d'après al-A'mash, d'après Abû Sâlih, d'après Abû Hurayra, qui a dit : Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : "Il n'est aucun nouveau-né que le Diable n'ait pressé d'une ou deux pressions, excepté Jésus fils de Maryam et Maryam." Puis le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – récita : "Et je la mets, elle et sa descendance, sous Ta protection contre le Diable maudit." De même, Muhammad ibn Ishaq l'a rapporté d'après Yazîd ibn 'Ubayd Allâh ibn Qusayt, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – avec le fond du hadith. L'imam Ahmad a dit : 'Abd al-Malik nous a rapporté, al-Mughîra – c'est-à-dire Ibn 'Abd al-Rahmân al-Hizâmî 133 – nous a rapporté, d'après Abû al-Zinâd, d'après al-A'raj, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – qui a dit : "Tout fils d'Adam, le Diable le frappe au côté au moment de sa naissance, excepté Jésus fils de Maryam ; il alla pour le frapper, mais il frappa le voile." Ceci est selon la condition des deux Sahîh, mais ils ne l'ont pas rapporté de cette chaîne. Sa parole : "Son Seigneur l'agréa d'un bel agrément, la fit croître d'une belle croissance, et la confia à la garde de Zacharie" 134. Beaucoup d'exégètes ont mentionné que sa mère, lorsqu'elle l'eut enfantée, l'enveloppa dans ses langes, puis sortit avec elle vers le Temple et la confia aux dévots qui y résidaient. Elle était la fille de leur imam et du responsable de leur prière. Ils se disputèrent à son sujet. Il semble qu'elle ne la leur ait confiée qu'après son sevrage et après qu'elle ait été prise en charge comme il se doit dans sa petite enfance. Puis, lorsqu'elle la leur eut remise, ils se disputèrent pour savoir qui d'entre eux la prendrait en charge. Zacharie était leur prophète en ce temps-là, et il voulut s'en charger exclusivement, à cause de son épouse, sœur ou tante maternelle de Maryam, selon les deux avis. Ils lui firent des difficultés à ce sujet et demandèrent à tirer au sort avec lui. Les décrets divins l'aidèrent, et son sort sortit vainqueur 135. Car la tante maternelle est comme la mère. Dieu Très-Haut dit : "Et Zacharie en eut la garde" 136, c'est-à-dire en raison de sa victoire sur eux par le sort, comme Dieu Très-Haut dit : "Ce sont là des nouvelles de l'Inconnaissable que Nous te révélons. Tu n'étais pas auprès d'eux lorsqu'ils jetaient leurs calames 137 pour savoir qui se chargerait de Maryam ; et tu n'étais pas auprès d'eux lorsqu'ils se disputaient." 138 Ils dirent : Chacun d'eux jeta son calame qui lui était propre. Puis ils les portèrent et les placèrent à un endroit, et ordonnèrent à un jeune garçon n'ayant pas atteint la puberté de sortir l'un d'eux ; et le calame de Zacharie – sur lui la paix – apparut. Ils demandèrent à tirer au sort une deuxième fois, en jetant leurs calames dans le fleuve ; celui dont le calame remonterait à contre-courant 139 serait le vainqueur. Ils le firent, et le calame de Zacharie remonta à contre-courant, tandis que leurs calames suivirent le courant. Puis ils lui demandèrent un troisième tirage : celui dont le calame suivrait le courant tandis que les autres remonteraient serait le vainqueur. Ils le firent, et Zacharie fut le vainqueur. Il la prit donc en charge, car il en était le plus digne, tant par la Loi que par le décret, pour de multiples raisons. Dieu Très-Haut dit : "Chaque fois que Zacharie entrait auprès d'elle dans le sanctuaire, il trouvait près d'elle une nourriture. Il dit : 'Ô Maryam, d'où te vient cela ?' Elle dit : 'Cela vient de Dieu. Certes, Dieu pourvoit à qui Il veut sans compter.'" 140 Les exégètes dirent : Zacharie lui aménagea un lieu élevé dans le Temple, où personne d'autre qu'elle n'entrait. Elle y adorait Dieu et s'acquittait de ce qui lui incombait comme service du Temple.
Lorsque son tour arrivait, elle se consacrait à l'adoration nuit et jour, au point qu'elle devint un exemple d'adoration parmi les Enfants d'Israël, et elle se distingua par les états spirituels nobles 141 et les qualités honorables qui se manifestaient en elle. Au point que chaque fois que le prophète de Dieu Zacharie entrait dans son lieu de culte, il trouvait auprès d'elle une nourriture étrange, hors de sa saison : il trouvait des fruits d'été en hiver et des fruits d'hiver en été. Il lui demandait : « D'où te vient cela ? » Elle répondait : « Cela vient de Dieu », c'est-à-dire une subsistance que Dieu m'a accordée. « En vérité, Dieu accorde la subsistance à qui Il veut, sans compter. » Alors, à ce moment-là, Zacharie conçut l'espoir d'avoir un enfant de sa propre descendance, bien qu'il fût âgé et avancé en âge. Il dit : « Seigneur, accorde-moi, de Ta part, une descendance bonne ; Tu es Celui qui entend la prière. » Certains ont dit : Il dit : « Ô Toi qui accordes à Marie des fruits hors de leur saison, accorde-moi un enfant, même hors de saison. » Et ce qui advint de son histoire et de son affaire, nous l'avons déjà mentionné dans son récit. * * * « Lorsque les Anges dirent : “Ô Marie, Dieu t’a élue, t’a purifiée, et t’a élue parmi les femmes des mondes 142. Ô Marie, sois dévotement obéissante 143 à ton Seigneur, prosterne-toi et incline-toi avec ceux qui s’inclinent.” Cela fait partie des récits de l’Inconnaissable 144 que Nous te révélons. Tu n’étais pas auprès d’eux lorsqu’ils jetaient leurs calames 145 pour savoir qui prendrait soin de Marie, et tu n’étais pas auprès d’eux lorsqu’ils se disputaient. Lorsque les Anges dirent : “Ô Marie, Dieu t’annonce une parole de Lui : son nom est le Messie, Jésus, fils de Marie, illustre en ce monde et dans l’autre, et parmi les rapprochés 146. Il parlera aux gens dans le berceau et en pleine maturité, et il sera parmi les justes.” Elle dit : “Seigneur, comment aurais-je un enfant alors qu’aucun homme ne m’a touchée ?” Il dit : “Ainsi Dieu crée ce qu’Il veut. Lorsqu’Il décrète une chose, Il dit seulement : ‘Sois’, et elle est.” Il lui enseignera l’Écriture, la Sagesse, la Torah et l’Évangile. Et il sera un messager aux Enfants d’Israël : “Je suis venu à vous avec un signe de votre Seigneur : je crée pour vous, à partir de l’argile, une forme d’oiseau ; je souffle dedans, et il devient oiseau par la permission de Dieu. Je guéris l’aveugle-né et le lépreux, et je ressuscite les morts par la permission de Dieu. Et je vous annonce ce que vous mangez et ce que vous accumulez dans vos maisons. Il y a là un signe pour vous, si vous êtes croyants. Et je confirme ce qui, de la Torah, est devant moi, et je vous rends licite une partie de ce qui vous était interdit. Je suis venu à vous avec un signe de votre Seigneur. Craignez donc Dieu et obéissez-moi. Dieu est mon Seigneur et votre Seigneur ; adorez-Le donc : voilà une voie droite.” » Dieu mentionne que les Anges annoncèrent à Marie que Dieu l’avait élue parmi toutes les femmes des mondes de son temps, en la choisissant pour donner naissance à un enfant sans père, et qu’elle fut annoncée qu’il serait un noble prophète, « parlant aux gens dans le berceau », c’est-à-dire dans son enfance, les appelant à adorer Dieu seul sans associé, et de même dans sa maturité. Cela indique qu’il atteindrait la maturité et appellerait à Dieu à ce moment-là. Et il lui fut ordonné d’accroître l’adoration, la dévotion, la prosternation et l’inclination, afin qu’elle soit digne de cette faveur et qu’elle rende grâce pour ce bienfait. On dit qu’elle se tenait en prière jusqu’à ce que ses pieds enflent. Que Dieu soit satisfait d’elle, qu’Il lui fasse miséricorde ainsi qu’à sa mère et à son père. La parole des Anges : « Ô Marie, Dieu t’a élue », c’est-à-dire Il t’a choisie et distinguée ; « et t’a purifiée », c’est-à-dire des mauvais caractères et t’a donné les belles qualités ; « et t’a élue parmi les femmes des mondes ». Il est possible que cela signifie les femmes de son temps, comme Sa parole à Moïse : « Je t’ai élu parmi les hommes », et Sa parole au sujet des Enfants d’Israël : « Nous les avons choisis parmi les mondes ». Or, il est connu qu’Abraham est supérieur à Moïse, et que Muhammad est supérieur à eux deux. De même, cette communauté est supérieure à toutes les communautés précédentes, plus nombreuse, plus savante et plus pure en actions que les Enfants d’Israël et les autres. Il est aussi possible que Sa parole : « et t’a élue parmi les femmes des mondes » soit générale, et qu’elle soit ainsi la meilleure des femmes du monde, de celles qui l’ont précédée ou viendront après elle. Car si elle était prophète, selon ceux qui affirment sa prophétie et celle de Sara, mère d’Isaac, et celle de la mère de Moïse, en s’appuyant sur la parole des Anges et la révélation à la mère de Moïse, comme le prétend Ibn Hazm et d’autres, alors il n’est pas impossible que Marie soit supérieure à Sara et à la mère de Moïse, en raison de la généralité de Sa parole : « et t’a élue parmi les femmes des mondes », puisqu’aucun autre texte ne s’y oppose. Et Dieu sait mieux. Quant à l’avis de la majorité, comme l’a rapporté Abou al-Hasan al-Ach‘ari et d’autres des gens de la Sunna et de la communauté, que la prophétie est réservée aux hommes et qu’il n’y a pas de femme prophète, alors le plus haut rang de Marie est celui que Dieu a mentionné : « Le Messie, fils de Marie, n’est qu’un messager ; des messagers sont passés avant lui. Et sa mère était une véridique 147. » Ainsi, il n’est pas impossible qu’elle soit la meilleure des véridiques célèbres, de celles qui l’ont précédée et de celles qui viendront après elle. Et Dieu sait mieux. Elle est mentionnée avec Asiya, fille de Mouzahim, Khadija, fille de Khuwaylid, et Fatima, fille de Muhammad, que Dieu soit satisfait d’elles et les agrée. L’imam Ahmad, al-Boukhari, Mouslim, at-Tirmidhi et an-Nasa’i ont rapporté par de nombreuses chaînes, d’après Hicham ibn ‘Ourwa, d’après son père, d’après ‘Abdallah ibn Ja‘far, d’après ‘Ali ibn Abi Talib, que le Messager de Dieu a dit : « La meilleure de ses femmes est Marie, fille de ‘Imran, et la meilleure de ses femmes est Khadija, fille de Khuwaylid. » L’imam Ahmad a dit : ‘Abd ar-Razzaq nous a raconté, Ma‘mar nous a informé, d’après Qatada, d’après Anas, qui a dit : Le Messager de Dieu a dit : « Il te suffit, parmi les femmes des mondes, de quatre : Marie, fille de ‘Imran, Asiya, femme de Pharaon, Khadija, fille de Khuwaylid, et Fatima, fille de Muhammad. » At-Tirmidhi l’a rapporté d’après Abou Bakr ibn Zanjawayh, d’après ‘Abd ar-Razzaq, et l’a authentifié. Ibn Mardawayh et Ibn ‘Asakir l’ont rapporté par d’autres voies. L’imam Ahmad a dit : ‘Abd ar-Razzaq nous a raconté, Ma‘mar nous a raconté, d’après az-Zuhri, d’après Ibn al-Mousayyab, qui a dit : Abou Hourayra rapportait que le Prophète a dit : « Les meilleures femmes qui ont monté des chameaux sont les femmes vertueuses de Quraych : les plus tendres envers leur enfant dans son jeune âge et les plus attentionnées envers leur mari avec ce qu’il possède. » Abou Hourayra dit : Or Marie n’a jamais monté de chameau. Mouslim l’a rapporté dans son Sahih. Ahmad a dit : Zayd ibn al-Houbab nous a raconté, Moussa ibn ‘Ali m’a raconté, j’ai entendu mon père dire : J’ai entendu Abou Hourayra dire : Le Messager de Dieu a dit : « Les meilleures femmes qui ont monté des chameaux sont les femmes de Quraych : les plus tendres envers leur enfant dans son jeune âge et les plus compatissantes envers leur mari, malgré la pauvreté. » Abou Hourayra dit : Or le Messager de Dieu savait que la fille de ‘Imran n’avait pas monté de chameau. Ce hadith est unique et répond aux conditions de l’authenticité. Il a d’autres voies d’après Abou Hourayra.
Abū Yaʿlā al-Mawṣilī a dit : Yūnus ibn Muḥammad nous a raconté, Dāwūd ibn Abī al-Furāt nous a raconté, d’après ʿIlbāʾ ibn Aḥmar, d’après ʿIkrima, d’après Ibn ʿAbbās, qui a dit : Le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, traça quatre lignes sur le sol et dit : « Savez-vous ce que c’est ? » Ils dirent : « Allāh et Son Messager savent mieux. » Alors le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, dit : « Les meilleures femmes des gens du Paradis sont Khadīja bint Khuwaylid, Fāṭima bint Muḥammad, Maryam bint ʿImrān et Āsiya bint Muzāḥim, femme de Pharaon. » Al-Nasāʾī l’a rapporté par plusieurs voies d’après Dāwūd ibn Abī Hind. Ibn ʿAsākir l’a rapporté par la voie d’Abū Bakr ʿAbd Allāh ibn Abī Dāwūd Sulaymān ibn al-Ashʿath : Yaḥyā ibn Ḥātim al-ʿAskarī nous a raconté, Bishr ibn Mihrān ibn Ḥamdān nous a informés, Muḥammad ibn Dīnār nous a raconté, d’après Dāwūd ibn Abī Hind, d’après al-Shaʿbī, d’après Jābir ibn ʿAbd Allāh, qui a dit : Le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, a dit : « Il te suffit d’elles quatre : les maîtresses des femmes des mondes : Fāṭima bint Muḥammad, Khadīja bint Khuwaylid, Āsiya bint Muzāḥim et Maryam bint ʿImrān. » Abū al-Qāsim al-Baghawī a dit : Wahb ibn Baqiyya nous a raconté, Khālid ibn ʿAbd Allāh al-Wāsiṭī nous a raconté, d’après Muḥammad ibn ʿAmr, d’après Abū Salama, d’après ʿĀʾisha, qu’elle dit à Fāṭima : « As-tu vu quand tu t’es penchée sur le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, et que tu as pleuré, puis ri ? » Elle dit : « Il m’a informée qu’il allait mourir de cette maladie, alors j’ai pleuré ; puis je me suis penchée sur lui et il m’a informée que je suis la plus rapide de sa famille à le rejoindre et que je suis la maîtresse des femmes des gens du Paradis, sauf Maryam bint ʿImrān, alors j’ai ri. » L’origine de ce hadith se trouve dans le Ṣaḥīḥ 148. Cette chaîne de transmission est selon la condition de Muslim 149 et il y est dit qu’elles sont les meilleures des quatre mentionnées. Ainsi que le hadith rapporté par l’imām Aḥmad : ʿUthmān ibn Muḥammad nous a raconté, Jarīr nous a raconté, d’après Yazīd – c’est Ibn Abī Ziyād – d’après ʿAbd al-Raḥmān ibn Abī Nuʿm, d’après Abū Saʿīd, qui a dit : Le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, a dit : « Fāṭima est la maîtresse des femmes des gens du Paradis, sauf ce qui concerne Maryam bint ʿImrān. » Chaîne de transmission bonne 150 et al-Tirmidhī l’a jugé authentique, mais ils ne l’ont pas rapporté. Quelque chose de semblable a été rapporté d’après ʿAlī ibn Abī Ṭālib, mais sa chaîne de transmission est faible. Le but est que cela indique que Maryam et Fāṭima sont les meilleures de ces quatre. Ensuite, l’exception peut signifier que Maryam est meilleure que Fāṭima, ou qu’elles sont égales en mérite. Mais un hadith, s’il est authentique, a précisé la première possibilité. Al-Ḥāfiẓ Abū al-Qāsim ibn ʿAsākir a dit : Abū al-Ḥusayn ibn al-Farrāʾ, Abū Ghālib et Abū ʿAbd Allāh, les deux fils d’al-Bannā, nous ont informés, ils ont dit : Abū Jaʿfar ibn al-Muslima nous a informés, Abū Ṭāhir al-Mukhallis nous a informés, Aḥmad ibn Sulaymān nous a raconté, al-Zubayr – c’est Ibn Bakkār – nous a raconté, Muḥammad ibn al-Ḥasan nous a raconté, d’après ʿAbd al-ʿAzīz ibn Muḥammad, d’après Mūsā ibn ʿUqba, d’après Kurayb, d’après Ibn ʿAbbās, qui a dit : Le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, a dit : « La maîtresse des femmes des gens du Paradis est Maryam bint ʿImrān, puis Fāṭima, puis Khadīja, puis Āsiya, femme de Pharaon. » Si cette formulation avec « puis » 151 qui indique l’ordre est préservée, alors elle clarifie l’une des deux possibilités indiquées par l’exception, et elle prévaut sur les formulations précédentes qui utilisaient la conjonction « et » 152 qui n’implique ni n’exclut l’ordre. Et Allāh sait mieux. Abū Ḥātim al-Rāzī a rapporté ce hadith d’après Dāwūd al-Jaʿfarī, d’après ʿAbd al-ʿAzīz ibn Muḥammad – c’est al-Darāwardī – d’après Ibrāhīm ibn ʿUqba, d’après Kurayb, d’après Ibn ʿAbbās, remontant au Prophète. Il l’a mentionné avec la conjonction « et » et non avec « puis » indiquant l’ordre, ce qui diffère en chaîne et en texte. Allāh sait mieux. Quant au hadith rapporté par Ibn Mardawayh d’après Shuʿba, d’après Muʿāwiya ibn Qurra, d’après son père, qui a dit : Le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, a dit : « Il y a eu beaucoup d’hommes parfaits, mais parmi les femmes, seules trois ont atteint la perfection : Maryam bint ʿImrān, Āsiya femme de Pharaon et Khadīja bint Khuwaylid. Et la supériorité de ʿĀʾisha sur les femmes est comme la supériorité du tharīd 153 sur les autres mets. » Ainsi que le hadith rapporté par le groupe 154 sauf Abū Dāwūd, par plusieurs voies, d’après Shuʿba, d’après ʿAmr ibn Murra, d’après Murra al-Hamdānī, d’après Abū Mūsā al-Ashʿarī, qui a dit : Le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, a dit : « Il y a eu beaucoup d’hommes parfaits, mais parmi les femmes, seules Āsiya femme de Pharaon et Maryam bint ʿImrān ont atteint la perfection. Et la supériorité de ʿĀʾisha sur les femmes est comme la supériorité du tharīd sur les autres mets. » Ce hadith est authentique, comme tu vois, les deux cheikhs 155 se sont accordés pour le rapporter, et son libellé implique que la perfection chez les femmes se limite à Maryam et Āsiya. Peut-être cela se réfère-t-il à leur époque, car chacune d’elles a pris soin d’un prophète dans son enfance : Āsiya a pris soin de Mūsā le Kalīm 156, et Maryam a pris soin de son fils, le serviteur d’Allāh et Son messager. Cela n’exclut pas la perfection d’autres femmes dans cette communauté, comme Khadīja et Fāṭima. Khadīja a servi le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, quinze ans avant la mission et plus de dix ans après, et elle fut pour lui une ministre sincère par sa personne et ses biens. Qu’Allāh soit satisfait d’elle et la satisfasse. Quant à Fāṭima, fille du Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, elle a été distinguée par un mérite supplémentaire sur ses sœurs, car elle a été éprouvée par la mort du Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, alors que ses autres sœurs sont mortes du vivant du Prophète, qu’Allāh prie sur lui et le salue. Quant à ʿĀʾisha, elle était la plus aimée des épouses du Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, et il n’a épousé de vierge qu’elle. On ne connaît parmi les femmes de cette communauté, ni même d’autres, personne de plus savante ni de plus compréhensible qu’elle. Allāh a défendu son honneur lorsque les gens du mensonge 157 ont dit ce qu’ils ont dit, et Il a révélé son innocence du haut des sept cieux. Elle a vécu après le Messager d’Allāh, qu’Allāh prie sur lui et le salue, près de cinquante ans, transmettant de lui le Coran et la Sunna, donnant des fatwas aux musulmans, réconciliant les divergents. Elle est la plus noble des mères des croyants, même devant Khadīja bint Khuwaylid, mère des filles et des fils, selon l’avis d’un groupe de savants anciens et récents. Le mieux est de s’abstenir de trancher entre elles deux, qu’Allāh soit satisfait d’elles deux. Cela parce que sa parole, qu’Allāh prie sur lui et le salue : « Et la supériorité de ʿĀʾisha sur les femmes est comme la supériorité du tharīd sur les autres mets » peut être générale par rapport aux femmes mentionnées et aux autres, ou générale par rapport à celles autres que les mentionnées. Et Allāh sait mieux. Le but ici est de mentionner ce qui concerne Maryam bint ʿImrān, sur elle la paix. Allāh l’a purifiée et l’a élue sur les femmes des mondes de son temps, et il est possible que sa supériorité sur les femmes soit absolue, comme nous l’avons dit précédemment. Il est rapporté dans un hadith qu’elle sera parmi les épouses du Prophète, qu’Allāh prie sur lui et le salue, au Paradis, elle et Āsiya bint Muzāḥim. Nous avons mentionné dans le Tafsīr 158 d’après certains prédécesseurs qu’ils ont dit cela et se sont appuyés sur Sa parole : « Veuves et vierges » 159. Ils ont dit : la veuve est Āsiya, et parmi les vierges, Maryam bint ʿImrān. Nous l’avons mentionné à la fin de la sourate al-Taḥrīm. Allāh sait mieux.
Al-Tabarânî a dit : 'Abd Allah ibn Nâjiya nous a rapporté, Muhammad ibn Sa'd al-'Awfî nous a rapporté, mon père nous a rapporté, mon oncle al-Husayn nous a rapporté, Yûnus ibn Nufay' nous a rapporté d'après Sa'd ibn Junâda al-'Awfî, qui a dit : Le Messager d'Allah, qu'Allah prie sur lui et le salue, a dit : "Allah m'a marié au Paradis à Maryam bint 'Imrân, à la femme de Pharaon et à la sœur de Moïse." Ibn Ja'far al-'Uqaylî l'a rapporté d'après le hadith de 'Abd al-Nûr, et il a ajouté : J'ai dit : "Félicitations à toi, ô Messager d'Allah." Puis al-'Uqaylî a dit : "Ce n'est pas authentique." Al-Zubayr ibn Bakkâr a dit : Muhammad ibn al-Hasan m'a rapporté d'après Ya'lâ ibn al-Mughîra.'
- Bukhtanassar : Nabuchodonosor II, roi babylonien (605-562 av. J.-C.), connu pour la destruction du Temple de Jérusalem et la déportation des Juifs.
- Armiyā : Jérémie, prophète de l'Ancien Testament, contemporain de la chute de Jérusalem.
- Tustar : Ville du Khuzestan (sud-ouest de l'Iran), également appelée Shushtar, conquise par les musulmans en 641-642.
- Hurmuzān : Gouverneur perse de Tustar, capturé lors de la conquête musulmane.
- muṣḥaf : Codex ou livre contenant le texte du Coran ; ici, il s'agit d'un manuscrit ancien.
- Ka‘b : Ka‘b al-Aḥbār, savant juif converti à l'islam, connu pour ses connaissances des Écritures antérieures.
- ḥadīth : Parole, acte ou approbation attribuée au prophète Mahomet, constituant une source de la tradition islamique.
- fatrah : Période d'interruption entre deux prophètes, durant laquelle aucun prophète n'est envoyé.
- shibr : Empan, unité de mesure de longueur correspondant à la distance entre l'extrémité du pouce et celle de l'auriculaire écartés, environ 20 cm.
- dhirā‘ : Coudée, unité de mesure de longueur correspondant à la distance du coude à l'extrémité du majeur, environ 50 cm.
- mursal : Hadith dont la chaîne de transmission remonte à un successeur (tābi‘ī) qui attribue directement la parole au Prophète sans mentionner le compagnon intermédiaire.
- wadak : Graisse animale fondue, utilisée comme onguent ou remède.
- dirham : Monnaie d'argent utilisée dans le monde musulman, pesant environ 3 grammes.
- rab‘ah : Boîte ou coffret, souvent utilisé pour ranger des objets précieux ou des manuscrits.
- sidr : Jujubier (Ziziphus spina-christi), dont les feuilles sont utilisées pour laver les morts en raison de leurs propriétés purifiantes.
- أرميا : Jérémie, prophète de l'Ancien Testament.
- بخْتنصر : Nabuchodonosor II, roi de Babylone.
- لِهْرَاسْب : Luhrasp, roi légendaire de la Perse antique.
- بَشْتَاسِب : Gushtasp (ou Vishtaspa), roi légendaire de Perse, protecteur de Zoroastre.
- الشَّام : Le Shâm, région historique incluant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban.
- مُلُوكِ الطَّوَائِف : Les rois des factions, période de division politique après la mort d'Alexandre le Grand.
- ابْنُ جَرِيرٍ : Ibn Jarîr al-Tabarî, célèbre historien et exégète musulman.
- دين الْمَجُوسِيَّة : Le mazdéisme, religion zoroastrienne.
- زردشت : Zoroastre, prophète fondateur du zoroastrisme.
- بهمن : Bahman, roi légendaire de Perse, fils de Gushtasp.
- وَهْبُ بن مُنَبّه : Wahb ibn Munabbih, savant yéménite, transmetteur de récits bibliques.
- عبد الله بن عبيد بن عمير : 'Abd Allah ibn 'Ubayd ibn 'Umayr, savant et transmetteur de hadiths.
- عَلِيٍّ : 'Alî ibn Abî Tâlib, cousin et gendre du Prophète Muhammad.
- عَبْدِ اللَّهِ بْنِ سَلَامٍ : 'Abd Allah ibn Salâm, compagnon juif converti à l'islam.
- ابْنِ عَبَّاسٍ : Ibn 'Abbâs, compagnon et exégète du Coran.
- الْحَسَنِ : Al-Hasan al-Basrî, célèbre savant et ascète musulman.
- قَتَادَةَ : Qatâda ibn Di'âma, savant et exégète du Coran.
- السُّدِّيِّ : Al-Suddî, exégète du Coran.
- سُلَيْمَان بن بردة : Sulaymân ibn Burayda, compagnon et transmetteur de hadiths.
- عُزَيْر : Esdras, scribe et prêtre juif de l'Ancien Testament.
- ابْن عَسَاكِر : Ibn 'Asâkir, historien et traditionniste damascène.
- أَبِي الْقَاسِمِ الْبَغَوِيِّ : Abû al-Qâsim al-Baghawî, traditionniste et exégète.
- ابْنِ أَبِي ذِئْبٍ : Ibn Abî Dhi'b, savant médinois, transmetteur de hadiths.
- جوبير : Juwaybir, transmetteur de hadiths considéré comme faible.
- فِي الْقَصْعَةِ : Dans le bol, récipient pour la nourriture.
- لم يتسنه : Expression coranique (Sourate 2, verset 259) signifiant 'ne s'est pas altéré' ou 'n'a pas changé'.
- عزير : Uzayr, personnage identifié au prophète Esdras dans la tradition biblique et coranique.
- ننشزها : Verbe coranique (Sourate 2, verset 259) signifiant 'assembler' ou 'reconstituer' les os.
- أعلم أن الله على كل شيء قدير : Parole coranique (Sourate 2, verset 259) : 'Je sais qu'Allah est sur toute chose Puissant'.
- بختنصر : Nabuchodonosor II, roi babylonien qui détruisit Jérusalem et le Temple.
- سروخا : Sarukha, nom du père d'Uzayr selon certains récits.
- شهابين : Deux météores ou traits de lumière, symboles d'inspiration divine.
- السواد : Région fertile de l'Irak, souvent appelée Sawad.
- دير حزقيل : Monastère d'Hizqil (Ezéchiel), lieu associé à la prophétie.
- سايراباذ : Sayrabad, localité mentionnée dans les récits comme lieu de mort d'Uzayr.
- ابن عباس : Abdullah ibn Abbas, compagnon et cousin du Prophète, célèbre exégète du Coran.
- الحسن : Al-Hasan al-Basri, célèbre savant et ascète musulman du premier siècle de l'Hégire.
- أبو حاتم السجستاني : Abu Hatim al-Sijistani, grammairien et philologue arabe du IIIe siècle de l'Hégire.
- وهب بن منبه : Wahb ibn Munabbih, savant yéménite, transmetteur de récits bibliques et israélites.
- ابن عساكر : Ibn Asakir, historien et traditionniste damascain du VIe siècle de l'Hégire.
- عبد الله بن سلام : Abdullah ibn Salam, compagnon juif converti à l'islam, savant des Écritures.
- التواتر : Transmission continue et fiable d'un texte par une chaîne ininterrompue de témoins.
- عطاء بن أبي رباح : Ata ibn Abi Rabah, célèbre juriste et traditionniste de La Mecque.
- الحسن البصري : Al-Hasan al-Basri, savant et ascète, figure majeure de la génération des successeurs.
- إسحاق بن بشر : Ishaq ibn Bishr, transmetteur de récits historiques et exégétiques.
- مقاتل بن سليمان : Muqatil ibn Sulayman, exégète coranique du IIe siècle de l'Hégire.
- عثمان بن عطاء الخراساني : Uthman ibn Ata al-Khurasani, traditionniste et exégète.
- الفترة : Période d'interruption entre deux prophètes, sans révélation prophétique.
- جنة صنعاه : Le Jardin de Saba, référence aux jardins de la reine de Saba.
- جنة سبأ : Le Jardin de Saba, autre mention des jardins légendaires.
- أصحاب الأخدود : Les Gens du Fossé, mentionnés dans le Coran (Sourate 85), persécutés pour leur foi.
- أمر حاصروا : Affaire de ceux qui assiégèrent, référence à un récit non précisé.
- أصحاب الكهف : Les Gens de la Caverne, les Sept Dormants d'Éphèse, mentionnés dans le Coran.
- أصحاب الفيل : Les Gens de l'Éléphant, référence à l'année de l'Éléphant (naissance du Prophète).
- مدينة أنطاكية : Antioche, ville où les apôtres prêchèrent selon la tradition chrétienne.
- تبع : Tubba, titre des rois himyarites du Yémen, mentionné dans le Coran.
- قتادة : Qatada ibn Di'ama, célèbre exégète et traditionniste basrien.
- الصحيح : Recueil de hadiths authentiques, notamment ceux d'al-Bukhari et Muslim.
- أنس بن مالك : Anas ibn Malik, compagnon et serviteur du Prophète, célèbre transmetteur de hadiths.
- عطاء بن السائب : Ata ibn al-Sa'ib, traditionniste de Koufa.
- موسى بن عمران : Moïse fils d'Amran, le prophète Moïse dans la tradition islamique.
- القدر : Le Décret divin, la prédestination, sujet de controverses théologiques.
- الْمَوَالِي : Héritiers, proches parents, clan.
- الْعُصْبَة : Parenté agnatique, les héritiers mâles par les mâles.
- الشِّيعَة : Chiites, secte musulmane qui considère que l'héritage des prophètes est matériel.
- ابْنُ جَرِيرٍ : Ibn Jarîr at-Tabarî, célèbre exégète et historien.
- أَبُو صَالِحٍ : Abû Sâlih, un des prédécesseurs (salaf), transmetteur de hadith.
- الْحَدِيثِ : Hadith, parole ou action du Prophète Muhammad.
- الْمَسَانِيد : Recueils de hadiths classés par compagnons.
- السُّنَن : Recueils de hadiths classés par chapitres juridiques.
- الصِّدِّيق : As-Siddîq, surnom d'Abû Bakr, premier calife.
- التِّرْمِذِيُّ : At-Tirmidhî, célèbre traditionniste et auteur d'un recueil de hadiths.
- الْمِحْرَاب : Sanctuaire, niche de prière dans un lieu de culte.
- الْخَلِيل : Al-Khalîl, surnom d'Abraham (Ibrâhîm), l'ami intime de Dieu.
- أَصْلَحْنَا لَهُ زَوْجَهُ : Nous avons rendu sa femme féconde, littéralement 'Nous avons réformé pour lui son épouse'.
- فَأَوْحَى إِلَيْهِمْ : Il leur fit signe, littéralement 'il leur révéla' mais ici par geste.
- الْوَحْي : Révélation, inspiration, communication secrète.
- الْحُكْم : Sagesse, discernement, capacité de jugement.
- حَنَانًا : Tendresse, compassion, affection.
- الزَّكَاة : Pureté, ici pureté morale et spirituelle.
- التَّقْوَى : Piété, crainte révérencielle de Dieu, obéissance.
- maḥārim : Parentes par alliance ou par sang avec lesquelles le mariage est interdit.
- rāsalathu : Elle lui envoya un message (pour le séduire).
- sayyidan wa-ḥaṣūran : Expression coranique (Sourate 3:39) signifiant 'un maître' et 'chaste' (qui s'abstient des femmes).
- jalāwizahā : Ses servantes ou ses suivantes.
- miḥrāb : Oratoire, lieu de prière, souvent une niche dans une mosquée indiquant la direction de La Mecque.
- Iblīs : Nom propre de Satan dans l'islam, le diable.
- siyāq : Contexte, enchaînement du récit.
- Isrā' : Le voyage nocturne du Prophète Muhammad de La Mecque à Jérusalem.
- Ṣaḥīḥ : Recueil de hadiths authentiques, notamment ceux d'al-Bukhârî et Muslim.
- Ishā' : Élisabeth, la mère de Jean-Baptiste, appelée ici 'Ashâ'.
- al-Masjid al-Aqṣā : La mosquée al-Aqsâ à Jérusalem, le troisième lieu saint de l'islam.
- al-Ṣakhra : Le Rocher, le Dôme du Rocher à Jérusalem.
- Bukht Naṣṣar : Nabuchodonosor II, roi de Babylone.
- ḥāfiẓ : Titre donné à un spécialiste du hadith qui maîtrise un grand nombre de textes.
- qibla : Direction de La Mecque vers laquelle les musulmans se tournent pour prier.
- miḥrāb : Niche dans la mosquée indiquant la qibla.
- Sakāsika : Nom d'une tribu ou d'un groupe, peut-être les Sakâsik, une tribu yéménite.
- Jabrūn : Nom d'un lieu ou d'une mosquée à Damas.
- Armiyā : Jérémie, le prophète biblique.
- ibn amatihi : Fils de Sa servante, expression soulignant l'humanité de Jésus.
- Āl 'Imrān : La famille de 'Imrân, troisième sourate du Coran.
- Najrān : Région du Yémen, célèbre pour sa communauté chrétienne.
- aqānīm : Hypostases, personnes de la Trinité dans la théologie chrétienne.
- Sūrat Maryam : La sourate Marie, 19e sourate du Coran.
- muḥarraran : Consacré, voué au service de Dieu, souvent dans un lieu de culte.
- al-miḥrāb : Le sanctuaire, lieu de prière, ici le Temple de Jérusalem.
- Rahba'âm : Nom propre, Roboam en français, fils de Salomon.
- Hizqiyâ : Nom propre, Ézéchias en français, roi de Juda.
- in hamalat : Expression coranique : 'si elle concevait'.
- wa laysa al-dhakaru ka al-unthâ : Citation coranique (Sourate 3, verset 36) : 'le mâle n'est pas comme la femelle'.
- wa innî sammaytuhâ Maryam : Citation coranique (Sourate 3, verset 36) : 'Et je l'ai nommée Maryam'.
- tahnîk : Action de mâcher une datte et d'en frotter le palais du nouveau-né, pratique prophétique.
- 'aqîqa : Sacrifice animal offert pour le nouveau-né, généralement le septième jour après la naissance.
- wa innî u'îdhuhâ bika wa dhurriyyatahâ min al-shaytân al-rajîm : Citation coranique (Sourate 3, verset 36) : 'Et je la mets, elle et sa descendance, sous Ta protection contre le Diable maudit'.
- al-ithnân : Les deux : al-Bukhârî et Muslim, auteurs des deux recueils de hadiths les plus authentiques.
- hudnayhi : Les deux flancs, les côtés du corps.
- al-Hizâmî : Nisba (nom de relation) indiquant une origine ou une affiliation tribale.
- fataqabbalahâ rabbuhâ bi-qabûlin hasanin wa anbatahâ nabâtan hasanan wa kaffalahâ Zakariyyâ : Citation coranique (Sourate 3, verset 37) : 'Son Seigneur l'agréa d'un bel agrément, la fit croître d'une belle croissance, et la confia à la garde de Zacharie'.
- ghâlibatan [lahum] : Vainqueur sur eux, c'est-à-dire que le sort de Zacharie l'emporta.
- wa kaffalahâ Zakariyyâ : Citation coranique (Sourate 3, verset 37) : 'Et Zacharie en eut la garde'.
- aqlâmahum : Leurs calames, c'est-à-dire les roseaux taillés servant à écrire, utilisés ici comme sort.
- dhâlika min anbâ'i al-ghaybi nûhîhi ilayka... : Citation coranique (Sourate 3, verset 44) : 'Ce sont là des nouvelles de l'Inconnaissable que Nous te révélons...'
- 'alâ khilâfi jarriyati al-mâ' : À contre-courant de l'eau, c'est-à-dire remontant le courant.
- kullamâ dakhala 'alayhâ Zakariyyâ al-mihrâba... : Citation coranique (Sourate 3, verset 37) : 'Chaque fois que Zacharie entrait auprès d'elle dans le sanctuaire...'
- ahwal : États spirituels, expériences mystiques ou dispositions intérieures accordées par Dieu à Ses serviteurs.
- al-'alamin : Les mondes, l'ensemble des créatures, ou les générations humaines.
- qunuti : Dévotion obéissante, recueillement dans la prière, ou constance dans l'adoration.
- al-ghayb : L'Inconnaissable, les réalités invisibles que seul Dieu connaît et qu'Il révèle à Ses prophètes.
- aqlamahum : Leurs calames (pluriel de qalam), ici les sorts ou flèches utilisés pour tirer au sort.
- al-muqarrabin : Les rapprochés, ceux qui sont proches de Dieu, au plus haut rang spirituel.
- siddiqa : Véridique, une femme d'une véracité et d'une foi parfaites, sans être prophète.
- Ṣaḥīḥ : Recueil de hadiths authentiques, faisant référence aux deux ouvrages canoniques d'al-Bukhārī et Muslim.
- condition de Muslim : Critères de fiabilité des transmetteurs établis par l'imam Muslim dans son recueil de hadiths authentiques.
- Chaîne de transmission bonne : Qualification d'une chaîne de transmission (isnād) considérée comme acceptable sans atteindre le degré d'authenticité maximale.
- puis : Conjonction arabe 'thumma' indiquant un ordre séquentiel ou hiérarchique.
- et : Conjonction arabe 'wāw' qui coordonne sans impliquer d'ordre.
- tharīd : Plat arabe traditionnel composé de pain émietté dans un bouillon de viande, considéré comme un mets de choix.
- le groupe : Désigne les six recueils de hadiths canoniques (al-Bukhārī, Muslim, Abū Dāwūd, al-Tirmidhī, al-Nasā'ī, Ibn Māja).
- les deux cheikhs : Surnom donné aux imams al-Bukhārī et Muslim, auteurs des deux recueils de hadiths les plus authentiques.
- Kalīm : Épithète de Moïse signifiant 'celui à qui Allāh a parlé directement'.
- gens du mensonge : Allusion à l'incident de l'Ifk (calomnie) où des hypocrites accusèrent ʿĀʾisha d'adultère.
- Tafsīr : Exégèse coranique, commentaire du Coran.
- Veuves et vierges : Référence au verset coranique 66:5 décrivant les épouses du Prophète au Paradis.
Il est fait mention de quelque chose de l'histoire de Daniel, sur lui la paix [1].
D'après Abou Daoud, il a dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) entra chez Khadija alors qu'elle était dans la maladie dont elle mourut. Il lui dit : « Je suis peiné de ce que je vois de toi, ô Khadija. Et Allah peut placer dans la peine un grand bien. Ne sais-tu pas qu'Allah m'a marié, avec toi au Paradis, à Maryam bint 'Imrân, Kalthoum sœur de Moïse et Âsiya femme de Pharaon ? » Elle dit : « Allah a-t-il fait cela pour toi, ô Messager d'Allah ? » Il dit : « Oui. » Elle dit : « Avec joie et enfants 1. » Ibn 'Asâkir a rapporté d'après le hadith de Muhammad ibn Zakariyyâ al-Ghallâbî : 'Abbâs ibn Bakkâr nous a raconté, Abou Bakr al-Hudhalî nous a raconté d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbâs, que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) entra chez Khadija alors qu'elle était dans la maladie de la mort et dit : « Ô Khadija, lorsque tu rencontreras tes coépouses 2, transmets-leur mon salut. » Elle dit : « Ô Messager d'Allah, t'es-tu marié avant moi ? » Il dit : « Non, mais Allah m'a marié à Maryam bint 'Imrân, Âsiya bint Muzâhim et Kalthoum sœur de Moïse. » Ibn 'Asâkir a rapporté par la voie de Suwayd ibn Sa'îd : Muhammad ibn Sâlih ibn 'Umar nous a raconté d'après al-Dahhâk et Mujâhid, d'après Ibn 'Umar, il a dit : Gabriel descendit vers le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avec ce qu'il avait été envoyé, et il s'assit à parler avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) quand Khadija passa. Gabriel dit : « Qui est celle-ci, ô Muhammad ? » Il dit : « C'est la Siddîqa 3 de ma communauté. » Gabriel dit : « J'ai un message pour elle de la part du Seigneur Puissant et Majestueux : Il lui transmet le salut et lui annonce la bonne nouvelle d'une maison au Paradis faite de qasab 4, loin de la flamme, sans fatigue ni tumulte. » Elle dit : « Allah est la paix, et de Lui vient la paix, et la paix soit sur vous deux et la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions sur le Messager d'Allah. Quelle est cette maison faite de qasab ? » Il dit : « Une perle creuse entre la maison de Maryam bint 'Imrân et celle d'Âsiya bint Muzâhim, et elles sont de mes épouses au Jour de la Résurrection. » L'origine du salut à Khadija de la part d'Allah et de l'annonce de la maison au Paradis faite de qasab sans tumulte ni maladie est dans le Sahîh 5, mais ce contexte avec ces ajouts est très étrange. Et chacun de ces hadiths a des faiblesses dans ses chaînes de transmission. Ibn 'Asâkir a rapporté d'après le hadith d'Abou Zur'a al-Dimashqî : 'Abdullah ibn Sâlih nous a raconté, Mu'âwiya m'a raconté d'après Safwân ibn 'Amr, d'après Khâlid ibn Ma'dân, d'après Ka'b al-Ahbâr, que Mu'âwiya l'interrogea au sujet du Rocher 6, c'est-à-dire le Rocher de Bayt al-Maqdis 7. Il dit : « Le Rocher est sur un palmier, et le palmier est sur un fleuve des fleuves du Paradis, et sous le palmier se trouvent Maryam bint 'Imrân et Âsiya bint Muzâhim qui arrangent les colliers des gens du Paradis jusqu'à ce que l'Heure se lève. » Puis il le rapporta par la voie d'Ismâ'îl, d'après 'Ayyâsh, d'après Tha'laba ibn Muslim, d'après Mas'ûd, d'après 'Abd al-Rahmân, d'après Khâlid ibn Ma'dân, d'après 'Ubâda ibn al-Sâmit, d'après le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) quelque chose de similaire. Et ceci est munkar 8 de cette voie, plutôt c'est mawdû' 9. Abou Zur'a l'a rapporté d'après 'Abdullah ibn Sâlih, d'après Mu'âwiya, d'après Mas'ûd ibn 'Abd al-Rahmân, d'après Ibn 'Âbid, que Mu'âwiya interrogea Ka'b au sujet du Rocher de Bayt al-Maqdis et il le mentionna. Le Hâfiz Ibn 'Asâkir a dit : « Le fait qu'il soit de la parole de Ka'b al-Ahbâr est plus vraisemblable. » Je dis : Cette parole de Ka'b al-Ahbâr provient des isrâ'îliyyât 10 parmi lesquelles il y a ce qui est mensonger et fabriqué, inventé par certains de leurs zindîqs 11 ou ignorants, et ceci en fait partie, et Allah sait mieux.
- بِالرِّفَاءِ وَالْبَنِينَ : Expression traditionnelle de félicitations pour un mariage, signifiant 'avec union et enfants'.
- ضَرَائِرِكِ : Coépouses ; pluriel de ضَرَّة, désignant les épouses d'un même mari.
- صِدِّيقَةُ : Siddîqa : féminin de Siddîq, 'véridique' ou 'très véridique', titre honorifique pour Khadija.
- قَصَبٍ : Qasab : peut signifier 'roseau', 'canne', ou ici 'perle creuse' selon l'interprétation.
- الصَّحِيحِ : Al-Sahîh : recueil de hadiths authentiques, notamment ceux d'al-Bukhârî et Muslim.
- الصَّخْرَةِ : Le Rocher : la pierre sacrée située sous le Dôme du Rocher à Jérusalem.
- بَيْتِ الْمَقْدِسِ : Bayt al-Maqdis : Jérusalem, littéralement 'la Maison Sainte'.
- مُنْكَرٌ : Munkar : hadith faible dont la chaîne contient un transmetteur peu fiable ou contredit des sources plus fiables.
- مَوْضُوعٌ : Mawdû' : hadith fabriqué, inventé.
- الْإِسْرَائِيلِيَّاتِ : Isrâ'îliyyât : récits issus de traditions juives ou chrétiennes, souvent non vérifiés.
- زَنَادِقَتِهِمْ : Zindîqs : pluriel de zindîq, désignant des hérétiques ou athées.
Il mentionne la naissance du serviteur et messager Jésus, fils de Marie, la vierge pure…
Il mentionne la naissance du serviteur et messager Jésus, fils de Marie, la vierge pure [1].
Récit de la naissance du serviteur et messager Jésus, fils de Marie, la vierge pure. Dieu – qu'Il soit exalté – a dit : « Et mentionne, dans le Livre, Marie, quand elle s'isola de sa famille, en un lieu vers l'Orient. Elle prit alors un voile pour se cacher d'eux. Nous lui envoyâmes Notre Esprit 1, qui se présenta à elle sous la forme d'un homme parfait. Elle dit : "Je cherche refuge auprès du Tout Miséricordieux contre toi, si tu es pieux." Il dit : "Je ne suis qu'un messager de ton Seigneur pour te faire don d'un garçon pur." Elle dit : "Comment aurais-je un garçon, alors qu'aucun homme ne m'a touchée et que je ne suis pas une prostituée ?" Il dit : "Ainsi en a décidé ton Seigneur : cela M'est facile. Et Nous ferons de lui un signe pour les gens et une miséricorde de Notre part. C'est une affaire déjà décrétée." Elle le conçut, puis s'isola avec lui en un lieu éloigné. Les douleurs de l'enfantement la poussèrent vers le tronc d'un palmier. Elle dit : "Que je fusse morte avant cela, et oubliée, complètement oubliée !" Alors, d'en dessous d'elle, il l'appela : "Ne t'afflige pas ! Ton Seigneur a placé à tes pieds un ruisseau. Secoue vers toi le tronc du palmier : il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres. Mange donc, bois, et réjouis-toi. Si tu vois quelque être humain, dis : "J'ai voué un jeûne 2 au Tout Miséricordieux ; je ne parlerai donc aujourd'hui à aucun être humain."" Puis elle vint auprès des siens, portant l'enfant. Ils dirent : "Ô Marie, tu as commis une chose monstrueuse ! Sœur d'Aaron 3, ton père n'était pas un homme mauvais, et ta mère n'était pas une prostituée." Elle leur fit signe alors [de l'interroger]. Ils dirent : "Comment parlerions-nous à un enfant au berceau ?" Il dit : "Je suis le serviteur de Dieu. Il m'a donné le Livre et a fait de moi un prophète. Il m'a rendu béni où que je sois, et m'a recommandé la prière et l'aumône 4 tant que je vivrai, et la bonté envers ma mère. Il n'a pas fait de moi un tyran misérable. Que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité vivant." Tel est Jésus, fils de Marie : parole de vérité dont ils doutent. Il ne convient pas à Dieu de se donner un fils. Gloire à Lui ! Quand Il décrète une chose, Il dit seulement : "Sois", et elle est. Et certes, Dieu est mon Seigneur et votre Seigneur. Adorez-Le donc : voilà un chemin droit." Puis les sectes divergèrent entre elles. Malheur à ceux qui ont mécru, lors de la vision d'un jour terrible." Dieu – qu'Il soit exalté – a mentionné cette histoire après celle de Zacharie, qui en est comme l'introduction et la préparation, comme Il l'a mentionné dans la sourate Âl 'Imrân, où Il les a réunies dans un même contexte, et comme Il a dit dans la sourate des Prophètes : « Et Zacharie, quand il invoqua son Seigneur : "Seigneur, ne me laisse pas seul, alors que Tu es le meilleur des héritiers." Nous l'exauçâmes, et Nous lui fîmes don de Jean, et Nous rendîmes sa femme féconde. Ils se hâtaient vers les bonnes œuvres et Nous invoquaient avec espoir et crainte, et ils étaient humbles devant Nous. Et celle qui préserva sa chasteté 5 : Nous insufflâmes en elle de Notre Esprit, et Nous fîmes d'elle et de son fils un signe pour les mondes." Il a déjà été mentionné que Marie, lorsque sa mère la voua 6 au service du Temple 7, et que son beau-frère ou son oncle maternel, le prophète de ce temps, Zacharie – sur lui la paix –, prit soin d'elle, et qu'il lui aménagea un sanctuaire 8 – un lieu noble dans la mosquée où nul autre que lui n'entrait auprès d'elle –, et que, lorsqu'elle eut atteint l'âge adulte, elle s'adonna intensément à l'adoration, au point qu'il n'y avait à cette époque personne qui lui fût comparable dans les diverses formes de dévotion, et qu'elle manifesta des états spirituels 9 qui firent que Zacharie – sur lui la paix – l'envia. Les anges s'adressèrent à elle en lui annonçant que Dieu l'avait élue et qu'Il allait lui faire don d'un enfant pur, qui serait un prophète noble, pur, honoré, soutenu par des miracles. Elle s'étonna de l'existence d'un enfant sans père, car elle n'avait pas de mari et n'était pas de celles qui se marient. Les anges l'informèrent alors que Dieu est capable de ce qu'Il veut : quand Il décrète une chose, Il dit seulement : "Sois", et elle est. Elle s'humilia donc, se repentit, se soumit à l'ordre de Dieu, et sut que cela constituait pour elle une grande épreuve, car les gens parleraient d'elle à cause de cela, ne connaissant pas la réalité de l'affaire et ne regardant que l'apparence de la situation, sans réflexion ni intelligence. Elle ne sortait du Temple qu'au moment de ses menstrues ou pour un besoin nécessaire et inévitable, comme puiser de l'eau ou se procurer de la nourriture. Un jour qu'elle était sortie pour quelque affaire, « elle s'isola » – c'est-à-dire qu'elle se retira seule – à l'est du Temple 10, lorsque Dieu envoya vers elle l'Esprit fidèle, Gabriel – sur lui la paix –, « qui se présenta à elle sous la forme d'un homme parfait ». Quand elle le vit, « elle dit : "Je cherche refuge auprès du Tout Miséricordieux contre toi, si tu es pieux." » Abû al-‘Âliya 11 a dit : « Elle savait que l'homme pieux est doté de raison. » Cela réfute la prétention de ceux qui affirment qu'il y avait en Israël un homme pervers, célèbre pour sa perversité, nommé "Taqiyy" 12 ; car cette affirmation est fausse, sans preuve, et c'est l'une des opinions les plus futiles. « Il dit : "Je ne suis qu'un messager de ton Seigneur" » – c'est-à-dire que l'ange s'adressa à elle en disant : « Je ne suis qu'un messager de ton Seigneur » – « je ne suis pas un être humain, mais un ange que Dieu m'a envoyé vers toi pour te faire don d'un garçon pur », c'est-à-dire un enfant pur. « Elle dit : "Comment aurais-je un garçon ?" » – c'est-à-dire comment pourrais-je avoir un garçon, ou comment un enfant pourrait-il exister de moi – « alors qu'aucun homme ne m'a touchée et que je ne suis pas une prostituée ? » – c'est-à-dire je n'ai pas de mari et je ne suis pas de celles qui commettent la fornication. « Il dit : "Ainsi en a décidé ton Seigneur : cela M'est facile" » – c'est-à-dire que l'ange lui répondit, à son étonnement de voir un enfant naître d'elle dans ces conditions, en disant : « Ainsi en a décidé ton Seigneur », c'est-à-dire Il a promis qu'Il créera de toi un garçon, alors que tu n'as pas d'époux et que tu n'es pas de celles qui se prostituent ; « cela M'est facile », c'est-à-dire cela est aisé pour Lui et facile auprès de Lui, car Il est Puissant sur ce qu'Il veut. Et Sa parole : « et Nous ferons de lui un signe pour les gens » – c'est-à-dire Nous ferons de sa création, dans ces conditions, une preuve de la perfection de Notre puissance sur les diverses formes de création. Car Dieu – qu'Il soit exalté – a créé Adam sans mâle ni femelle, a créé Ève d'un mâle sans femelle, a créé Jésus d'une femelle sans mâle, et a créé le reste des créatures d'un mâle et d'une femelle. Et Sa parole : « et une miséricorde de Notre part » – c'est-à-dire Nous ferons miséricorde par lui aux serviteurs, en les appelant à Dieu dans son jeune âge et dans son âge mûr, dans son enfance et dans sa maturité, afin qu'ils vouent à Dieu seul l'adoration, sans associé, et qu'ils Le sanctifient de l'attribution d'une compagne, d'enfants, d'associés, de semblables, d'opposés et de rivaux. Et Sa parole : « C'est une affaire déjà décrétée. » Il est possible que cela fasse partie intégrante du discours de Gabriel avec elle, signifiant que c'est une affaire que Dieu a décrétée, rendue inéluctable, prédestinée et arrêtée. C'est le sens de l'avis de Muhammad ibn Ishaq 13, choisi par Ibn Jarîr 14, et il n'en rapporte pas d'autre. Et Dieu sait mieux. Il est aussi possible que Sa parole « C'est une affaire déjà décrétée » soit une allusion au souffle de Gabriel en elle, comme Dieu a dit : « Et Marie, fille d'Imrân, qui préserva sa chasteté : Nous insufflâmes en elle de Notre Esprit. » Plusieurs prédécesseurs 15 ont rapporté que Gabriel souffla dans l'encolure de sa tunique, et le souffle descendit jusqu'à son sexe, et elle conçut sur-le-champ, comme une femme conçoit lors des rapports avec son mari. Quant à ceux qui disent qu'il souffla dans sa bouche, ou que celui qui lui parlait était l'esprit qui pénétra en elle par sa bouche, leur parole est contraire à ce que l'on comprend des contextes de cette histoire dans les passages du Coran. Car ce contexte indique que celui qui fut envoyé vers elle était un ange parmi les anges, à savoir Gabriel – sur lui la paix –, et qu'il souffla en elle sans que l'ange ne se dirige directement vers le sexe, mais il souffla dans l'encolure de sa tunique, et le souffle descendit jusqu'à son sexe et y pénétra, comme Dieu a dit : « Nous insufflâmes en elle de Notre Esprit », ce qui indique que le souffle pénétra en elle, non dans sa bouche, comme le rapporte al-Suddî 16 avec sa chaîne de transmission d'après certains Compagnons.
C'est pourquoi Allah Très-Haut a dit : « Elle le porta 17 », c'est-à-dire qu'elle porta son enfant, « et elle s'isola avec lui dans un lieu éloigné ». Cela parce que, lorsque Marie, que la paix soit sur elle, fut enceinte, elle en fut très angoissée et sut que beaucoup de gens parleraient d'elle. Plusieurs prédécesseurs 18, dont Wahb ibn Munabbih, ont rapporté que lorsque les signes de la grossesse apparurent sur elle, le premier à s'en aperçut fut un homme parmi les dévots 19 des Enfants d'Israël, appelé Joseph, fils de Jacob, le charpentier, qui était son cousin. Il en fut extrêmement étonné, en raison de ce qu'il savait de sa piété, de sa pureté et de sa dévotion, tout en la voyant enceinte sans mari. Un jour, il lui fit une allusion en disant : « Ô Marie, une plante peut-elle pousser sans semence ? » Elle répondit : « Oui, car qui a créé la première plante ? » Puis il dit : « Un enfant peut-il naître sans père ? » Elle répondit : « Oui, car Allah a créé Adam sans père ni mère. » Il lui dit : « Raconte-moi donc ton histoire. » Elle dit : « Allah m'a annoncé la bonne nouvelle d'une Parole venant de Lui, dont le nom est le Messie, Jésus, fils de Marie, illustre en ce monde et dans l'au-delà, et parmi les rapprochés 20. Il parlera aux gens dans le berceau et en pleine maturité, et il sera du nombre des justes. » On rapporte aussi une histoire semblable de Zacharie, que la paix soit sur lui, qui l'interrogea et elle lui répondit de même. Et Allah sait mieux. As-Suddî a rapporté d'après les Compagnons que Marie entra un jour chez sa sœur, qui lui dit : « Sais-tu que je suis enceinte ? » Marie répondit : « Sais-tu aussi que je suis enceinte ? » Alors elle l'embrassa et la mère de Jean 21 lui dit : « Je vois ce qui est dans mon ventre se prosterner devant ce qui est dans ton ventre. » C'est le sens de la Parole : « confirmant une Parole venant d'Allah ». La prosternation signifie ici la soumission et la vénération, comme la prosternation lors de la salutation dans la Loi de ceux qui nous ont précédés, et comme Allah ordonna aux Anges de se prosterner devant Adam. Abou al-Qasim a rapporté que Mâlik a dit : « Il m'est parvenu que Jésus, fils de Marie, et Jean, fils de Zacharie, étaient cousins germains, et que leurs mères furent enceintes en même temps. Il m'est parvenu que la mère de Jean dit à Marie : « Je vois ce qui est dans mon ventre se prosterner devant ce qui est dans le tien. » Mâlik dit : « Je pense que cela est dû à la supériorité de Jésus, que la paix soit sur lui, car Allah Très-Haut lui a donné le pouvoir de ressusciter les morts et de guérir l'aveugle-né et le lépreux. » Ceci est rapporté par Ibn Abî Hâtim. Il a également rapporté d'après Mujâhid : « Marie dit : « Quand j'étais seule, il me parlait et s'entretenait avec moi, mais quand j'étais parmi les gens, il glorifiait [Allah] dans mon ventre. » » Ensuite, l'apparence est qu'elle le porta neuf mois, comme les femmes portent et accouchent à leur terme, car si cela avait été différent, cela aurait été mentionné. D'après Ibn Abbâs et Ikrima, elle le porta huit mois. D'après Ibn Abbâs aussi, elle le porta et accoucha aussitôt. Certains dirent qu'elle le porta neuf heures, s'appuyant sur Sa Parole : « Elle le porta, puis elle s'isola avec lui dans un lieu éloigné. Les douleurs de l'enfantement la poussèrent vers le tronc d'un palmier. » Mais le correct est que chaque chose suit son propre cours, comme Sa Parole : « la terre devient verdoyante » et Sa Parole : « Nous avons créé la goutte de sperme en une adhérence, puis l'adhérence en un embryon, puis l'embryon en ossements, puis Nous avons revêtu les ossements de chair, puis Nous l'avons transformé en une autre création. Béni soit Allah, le Meilleur des créateurs ! » Or, il est connu qu'entre chaque état il y a quarante jours, comme cela est établi dans le hadith unanimement reconnu. Muhammad ibn Ishâq a dit : « La nouvelle de sa grossesse se répandit et devint célèbre parmi les Enfants d'Israël. Jamais une famille n'avait subi ce que subit la famille de Zacharie. » Il dit : « Certains hérétiques l'accusèrent avec Joseph, qui se consacrait à l'adoration avec elle dans le Temple. Marie se cacha d'eux, s'éloigna et s'isola dans un lieu éloigné. » Sa Parole : « Les douleurs de l'enfantement la poussèrent vers le tronc d'un palmier » signifie que les contractions l'obligèrent et la contraignirent à se diriger vers le tronc d'un palmier. Selon le hadith rapporté par An-Nasâ'î avec une chaîne de transmission acceptable, remontant au Prophète, et par Al-Bayhaqî avec une chaîne authentique remontant à Shaddâd ibn Aws, également remontant au Prophète, cela se passa à Bethléem, où plus tard un roi des Romains construisit un édifice, comme nous le mentionnerons à propos de cette construction imposante et célèbre. Elle dit : « Que ne suis-je morte avant cela ! Que n'ai-je été une chose totalement oubliée ! » Cela prouve qu'il est permis de souhaiter la mort en période de tentation, car elle savait que les gens l'accuseraient et ne la croiraient pas, mais la traiteraient de menteuse lorsqu'elle viendrait à eux avec un enfant dans les bras, alors qu'elle était pourtant considérée parmi eux comme une dévote, une ascète, une recluse dans le Temple, vouée à lui et s'y adonnant à la retraite spirituelle 22, issue d'une famille de prophétie et de piété. Elle fut donc accablée d'une telle angoisse qu'elle souhaita être morte avant cela ou avoir été « une chose totalement oubliée », c'est-à-dire n'avoir jamais été créée. Sa Parole : « Alors il l'appela d'en dessous d'elle » – on lit aussi « d'en dessous d'elle » au génitif. Il y a deux opinions sur le sujet : l'une dit que c'était Gabriel. C'est ce que rapporte Al-'Awfî d'après Ibn Abbâs, qui dit : « Jésus ne parla qu'en présence des gens. » C'est aussi l'avis de Sa'îd ibn Jubayr, 'Amr ibn Maymûn, Ad-Dahhâk, As-Suddî et Qatâda. Mujâhid, Al-Hasan, Ibn Zayd et Sa'îd ibn Jubayr, dans une autre version, disent que c'était son fils Jésus. Ibn Jarîr a choisi cette opinion. Sa Parole : « Ne t'attriste pas, ton Seigneur a placé à tes pieds un ruisseau 23 » – on a dit qu'il s'agit d'un ruisseau, et c'est l'avis de la majorité. Un hadith faible rapporté par At-Tabarânî va dans ce sens, et Ibn Jarîr l'a choisi comme correct. D'après Al-Hasan, Ar-Rabî' ibn Anas, Ibn Aslam et d'autres, il s'agit de son fils. Le premier avis est le plus correct, en raison de Sa Parole : « Secoue vers toi le tronc du palmier, il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres. » Il mentionne ainsi la nourriture et la boisson, d'où Sa Parole : « Mange donc, bois et réjouis-toi. » Ensuite, on a dit que le tronc du palmier était sec, et on a dit qu'il s'agissait d'un palmier portant des fruits. Allah sait mieux. Il est possible que ce fût un palmier, mais qu'il ne portait pas de fruits à ce moment-là, car sa naissance eut lieu en hiver, qui n'est pas une saison de fruits. Cela peut se comprendre de Sa Parole, par manière de faveur : « il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres. » 'Amr ibn Maymûn a dit : « Rien n'est meilleur pour une femme en couches que les dattes fraîches et les dattes sèches. » Puis il récita ce verset. Ibn Abî Hâtim a rapporté : 'Alî ibn al-Husayn nous a raconté, Shaybân nous a raconté, Masrûr ibn Sa'îd at-Tamîmî nous a raconté, 'Abd ar-Rahmân ibn 'Amr al-Awzâ'î nous a raconté d'après 'Urwa ibn Ruwaym, d'après 'Alî ibn Abî Tâlib, que le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, a dit : « Honorez votre tante, le palmier, car il a été créé de l'argile dont Adam fut créé. Parmi les arbres, nul autre n'est fécondé. » Et le Messager d'Allah, paix et bénédiction sur lui, a dit : « Donnez à vos femmes en couches des dattes fraîches ; si vous n'en trouvez pas, des dattes sèches. Il n'y a pas d'arbre plus noble auprès d'Allah que l'arbre sous lequel Marie, fille d'Imrân, a accouché. » Abû Ya'lâ a rapporté de même dans son Musnad d'après Shaybân ibn Farrûkh, d'après Masrûq ibn Sa'îd. Dans une autre version, Masrûr ibn Sa'd. Le correct est Masrûr ibn Sa'îd at-Tamîmî. Ibn 'Adî a mentionné ce hadith d'après al-Awzâ'î, puis a dit : « Ce hadith est désavoué, et je n'en ai entendu parler que dans ce hadith. » Ibn Hibbân a dit : « Il rapporte d'après al-Awzâ'î des choses désavouées en grand nombre, dont celui qui les rapporte ne peut servir d'argument. » Sa Parole : « Si tu vois un être humain, dis : « J'ai voué au Tout-Miséricordieux un jeûne 24, je ne parlerai donc aujourd'hui à aucun être humain. » »
Cela fait partie du discours complet de celui qui l’appela d’en dessous d’elle : « Mange, bois et réjouis-toi 25. Si tu vois un être humain, dis 26 : “J’ai voué au Tout-Miséricordieux un jeûne 27” », c’est-à-dire un silence. Dans leur Loi, le jeûne impliquait l’abstention de parole et de nourriture. C’est ce qu’ont dit Qatâda, al-Suddî et Ibn Aslam. Cela est indiqué par Sa parole : « Je ne parlerai aujourd’hui à aucun être humain. » Quant à notre Loi, il est réprouvé pour le jeûneur de garder le silence du jour jusqu’à la nuit. Sa parole : « Elle vint auprès des siens en le portant. Ils dirent : “Ô Marie, tu as commis une chose monstrueuse 28 ! Ô sœur d’Aaron 29, ton père n’était pas un homme de mal, ni ta mère une prostituée.” » Nombreux sont les prédécesseurs qui rapportent des Gens du Livre que, lorsqu’ils la perdirent de vue, ils partirent à sa recherche. Ils passèrent par son quartier, des lumières l’entourant. Quand ils l’affrontèrent, ils trouvèrent avec elle son enfant. Ils lui dirent : « Ô Marie, tu as commis une chose monstrueuse », c’est-à-dire une affaire énorme et abominable. Ce qu’ils dirent est sujet à examen, car leur parole se contredit. En effet, le contexte apparent du noble Coran indique qu’elle porta seule et vint auprès des siens en le portant. Ibn ‘Abbâs dit : cela eut lieu après qu’elle se fut remise de ses couches, quarante jours plus tard. L’essentiel est que, lorsqu’ils la virent portant son enfant, ils dirent : « Ô Marie, tu as commis une chose monstrueuse. » Al-firya 28 est l’acte ou la parole abominable et énorme. Puis ils lui dirent : « Ô sœur d’Aaron. » On a dit qu’ils la comparèrent à un adorateur de leur temps, nommé Aaron, qui rivalisait avec elle en dévotion. C’est ce qu’a dit Sa‘îd ibn Jubayr. On a dit aussi qu’ils voulaient dire Aaron, frère de Moïse, la comparant à lui en dévotion. Muhammad ibn Ka‘b al-Qurazî s’est trompé en prétendant qu’elle était la sœur de Moïse et d’Aaron par la parenté, car entre eux s’écoulèrent de longs siècles, ce qui n’échappe pas au plus petit savant, ce qui réfute cette parole monstrueuse. Il semble qu’il ait été trompé par le fait que, dans la Torah, Marie, sœur de Moïse et d’Aaron, frappa du tambourin le jour où Dieu sauva Moïse et son peuple et noya Pharaon et ses gens. Il a cru que celle-ci était celle-là. Cela est totalement faux et contredit le hadith authentique ainsi que le texte coranique, comme nous l’avons exposé longuement dans le commentaire. Louange et grâce à Dieu. Le hadith authentique indique qu’elle avait un frère nommé Aaron, et le récit de sa naissance et du vœu de sa mère ne montre pas qu’elle n’avait pas de frère. Dieu sait mieux. L’imam Ahmad a dit : ‘Abd Allâh ibn Idrîs nous a raconté, j’ai entendu mon père le mentionner d’après Simâk, d’après ‘Alqama ibn Wâ’il, d’après al-Mughîra ibn Shu‘ba : l’Envoyé de Dieu m’envoya à Najrân. Ils dirent : « Que dites-vous de ce que vous lisez : “Ô sœur d’Aaron”, alors que Moïse est antérieur à Jésus de tant d’années ? » Je revins et en parlai à l’Envoyé de Dieu, qui dit : « Ne leur as-tu pas appris qu’ils se nommaient d’après les prophètes et les justes avant eux ? » Muslim, al-Nasâ’î et al-Tirmidhî l’ont rapporté d’après ‘Abd Allâh ibn Idrîs. Al-Tirmidhî dit : hadith bon, authentique, étrange, nous ne le connaissons que par lui. Dans une autre version : « Ne leur as-tu pas appris qu’ils se donnaient les noms de leurs justes et de leurs prophètes ? » Qatâda et d’autres ont mentionné qu’ils multipliaient le nom d’Aaron, au point qu’on dit qu’à des funérailles assistèrent quarante mille personnes nommées Aaron ! Dieu sait mieux. L’essentiel est qu’ils dirent : « Ô sœur d’Aaron. » Le hadith montre qu’elle avait un frère de sang nommé Aaron, célèbre pour sa religion, sa piété et son bien. C’est pourquoi ils dirent : « Ton père n’était pas un homme de mal, ni ta mère une prostituée », c’est-à-dire : tu n’es pas d’une famille dont c’est la coutume et la nature, ni ton frère, ni ta mère, ni ton père. Ils l’accusèrent donc du plus grand péché et la calomnièrent du pire des malheurs. Ibn Jarîr mentionne dans son Histoire qu’ils accusèrent Zacharie et voulurent le tuer ; il s’enfuit, ils le rattrapèrent alors qu’un arbre s’était fendu pour lui ; il y entra, mais Satan saisit le bord de son manteau et le fit sortir, comme nous l’avons déjà rapporté. Parmi les hypocrites, certains l’accusèrent avec son cousin Joseph, fils de Jacob le charpentier. Quand la situation devint critique, l’espace se resserra, la parole devint impossible, la confiance en le Seigneur de majesté grandit, il ne resta que la sincérité et l’abandon. « Elle le montra du doigt 30 », c’est-à-dire : adressez-vous à lui, parlez-lui, car votre réponse dépend de lui et ce que vous cherchez comme parole est auprès de lui. Alors, ceux qui étaient tyrans et misérables dirent : « Comment parlerions-nous à un enfant au berceau 31 ? » C’est-à-dire : comment nous renvoies-tu pour la réponse à un petit enfant qui ne comprend pas le discours, alors qu’il est un nourrisson dans son berceau, ne distinguant pas le pur de l’écume ? Ce n’est de ta part que moquerie, raillerie, dénigrement et mépris, puisque tu ne nous réponds pas par une parole articulée, mais tu renvoies la réponse à celui qui est au berceau, un enfant. Alors, « il dit : “Je suis le serviteur de Dieu. Il m’a donné le Livre et a fait de moi un prophète. Il a fait de moi un béni où que je sois, et Il m’a recommandé la prière et l’aumône tant que je vivrai, et la bonté envers ma mère ; Il n’a pas fait de moi un tyran misérable. Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai et le jour où je serai ressuscité vivant.” » Ce sont les premières paroles que Jésus, fils de Marie, prononça. La première chose qu’il dit fut : « Je suis le serviteur de Dieu. » Il reconnut la servitude envers son Seigneur, que Dieu est son Seigneur, et il purifia la majesté de Dieu de ce que disent les injustes, à savoir qu’il est le fils de Dieu. Au contraire, il est Son serviteur et Son messager, le fils de Sa servante. Puis il innocenta sa mère de ce que les ignorants lui attribuaient et dont ils l’accusaient à cause de lui, par sa parole : « Il m’a donné le Livre et a fait de moi un prophète. » Car Dieu ne donne la prophétie à quelqu’un qui serait comme ils le prétendent – que Dieu les maudisse et les réprouve ! – comme Il dit : « Et à cause de leur mécréance et de leur parole énorme contre Marie » 32. En effet, une faction de Juifs de ce temps-là dit qu’elle avait conçu de la fornication pendant ses règles – que Dieu les maudisse ! Dieu l’innocenta de cela et informa qu’elle était une véridique et qu’Il fit de son enfant un prophète envoyé, l’un des cinq grands envoyés doués de fermeté. C’est pourquoi il dit : « Il a fait de moi un béni où que je sois. » Car partout où il était, il appelait à adorer Dieu seul sans associé et purifiait Sa majesté de tout défaut et de toute imperfection, comme le fait de prendre un enfant ou une compagne – qu’Il soit exalté et sanctifié ! « Et Il m’a recommandé la prière et l’aumône tant que je vivrai. » C’est la fonction des serviteurs : accomplir le droit du Tout-Puissant, le Digne de louange, par la prière, et faire le bien envers les créatures par l’aumône, qui inclut la purification des âmes des mauvais caractères et la purification des biens considérables par le don aux nécessiteux de toutes sortes, l’hospitalité des hôtes, les dépenses pour les épouses, les esclaves, les proches et toutes les formes d’obéissance et de rapprochement. Puis il dit : « Et la bonté envers ma mère ; Il n’a pas fait de moi un tyran misérable. » C’est-à-dire : Il a fait de moi un bon fils envers ma mère, car son droit sur lui était renforcé du fait qu’elle était seule, n’ayant pas de père autre qu’elle. Gloire à Celui qui a créé les créatures, les a formées et a donné à chaque âme sa guidance. « Il n’a pas fait de moi un tyran misérable », c’est-à-dire : je ne suis ni rude ni grossier, et il ne sort de moi ni parole ni acte contraires à l’ordre de Dieu et à Son obéissance. « Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai et le jour où je serai ressuscité vivant. » Ce sont les trois moments déjà évoqués dans l’histoire de Jean, fils de Zacharie – que la paix soit sur eux.
Puis, lorsqu'Il eut mentionné Son histoire clairement, exposé Son commandement, l'ayant clarifié et expliqué, Il dit : « Tel est Jésus, fils de Marie, parole de vérité au sujet de laquelle ils doutent. Il ne convient pas à Allah de se prendre un enfant. Gloire à Lui ! Lorsqu'Il décrète une chose, Il dit seulement : « Sois », et elle est. » Comme Il dit après avoir mentionné Son histoire et ce qui advint de Son affaire dans la famille d'Imran : « Voilà ce que Nous te récitons des signes et du Rappel plein de sagesse. Certes, l'exemple de Jésus, auprès d'Allah, est comparable à celui d'Adam : Il le créa de terre, puis Il lui dit : « Sois », et il fut. La vérité vient de ton Seigneur. Ne sois donc pas de ceux qui doutent. À ceux qui disputent à son sujet, après ce qui t'est parvenu de la science, dis : « Venez, appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nos propres personnes et vos propres personnes, puis invoquons [la malédiction d'Allah] et faisons que la malédiction d'Allah tombe sur les menteurs. » Voilà certes le récit véridique. Et il n'y a point de divinité à part Allah. Et Allah est, certes, le Puissant, le Sage. S'ils se détournent, alors Allah connaît bien les corrupteurs. » C'est pourquoi, lorsque la délégation de Najrân arriva – ils étaient soixante cavaliers, leur affaire revenant à quatorze d'entre eux, et l'affaire de tous aboutissant à trois qui étaient leurs nobles et leurs chefs, à savoir al-‘Âqib, as-Sayyid et Abû Hâritha ibn ‘Alqama – ils se mirent à discuter au sujet du Messie. Allah révéla alors le début de la sourate Âl ‘Imrân à ce sujet, exposa l'affaire du Messie, le début de sa création et celle de sa mère avant lui, et ordonna à Son Messager de les défier à l’épreuve d’invocation 33 s'ils ne répondaient pas et ne le suivaient pas. Lorsqu'ils virent cela de leurs propres yeux, ils reculèrent, refusèrent l’épreuve d’invocation et se tournèrent vers la paix et la trêve. L'un d'eux, al-‘Âqib ‘Abd al-Masîh, dit : « Ô assemblée de chrétiens ! Vous savez que Muhammad est un prophète envoyé. Il vous a apporté la décision décisive concernant votre compagnon. Vous savez qu'aucun peuple n'a jamais défié un prophète sans que ses grands ne périssent et ses petits ne grandissent. Ce serait votre anéantissement si vous le faisiez. Si vous refusez tout sauf de vous attacher à votre religion et de persister dans ce que vous dites au sujet de votre compagnon, alors faites la paix avec cet homme et retournez dans vos pays. » Ils demandèrent cela au Messager d'Allah – qu'Allah prie sur lui et le salue – et lui demandèrent de leur imposer une capitation 34 et d'envoyer avec eux un homme digne de confiance. Il envoya donc avec eux Abû ‘Ubayda ibn al-Jarrâh. Nous avons expliqué cela dans l'exégèse de la sourate Âl ‘Imrân et nous avons détaillé cette histoire dans la Sîra prophétique. Ce qui importe, c'est qu'Allah – exalté soit-Il – a exposé l'affaire du Messie et dit à Son Messager : « Tel est Jésus, fils de Marie, parole de vérité au sujet de laquelle ils doutent », c'est-à-dire qu'il est un serviteur créé d'une femme parmi les serviteurs d'Allah. C'est pourquoi Il dit : « Il ne convient pas à Allah de se prendre un enfant. Gloire à Lui ! Lorsqu'Il décrète une chose, Il dit seulement : « Sois », et elle est », c'est-à-dire que rien ne Lui est impossible, rien ne Le fatigue ni ne L'accable. Au contraire, Il est le Tout-Puissant, l'Acteur de ce qu'Il veut : « Sa parole, quand Il veut une chose, est seulement : « Sois », et elle est. » Et Sa parole : « Certes, Allah est mon Seigneur et votre Seigneur. Adorez-Le donc : voilà un chemin droit » fait partie du discours complet de Jésus à eux dans le berceau. Il leur a annoncé qu'Allah est son Seigneur et leur Seigneur, sa divinité et leur divinité, et que cela est le chemin droit. Allah – exalté soit-Il – dit : « Mais les partis divergèrent entre eux. Malheur donc à ceux qui ont mécru à la vue d'un jour terrible », c'est-à-dire que les gens de cette époque et ceux après eux divergèrent à son sujet. Certains parmi les juifs dirent : « C'est un enfant illégitime », et ils persistèrent dans leur mécréance et leur obstination. D'autres, dans la mécréance, leur répondirent en disant : « C'est Allah. » D'autres dirent : « C'est le fils d'Allah. » Les croyants dirent : « C'est le serviteur d'Allah, Son messager, le fils de Sa servante, Sa parole qu'Il a projetée vers Marie et un esprit venant de Lui. » Ceux-là sont les sauvés, les récompensés, les soutenus et les victorieux. Quiconque les contredit sur un point de ces restrictions est mécréant, égaré et ignorant. Le Très-Haut, le Très-Grand, le Sage, l'Omniscient les a menacés par Sa parole : « Malheur donc à ceux qui ont mécru à la vue d'un jour terrible. » Al-Bukhârî a dit : Nous a rapporté Sadaqa ibn al-Fadl, nous a informé al-Walîd, nous a rapporté al-Awzâ‘î, m'a rapporté ‘Umayr ibn Hâni’, m'a rapporté Junâda ibn Abî Umayya, d'après ‘Ubâda ibn as-Sâmit, d'après le Prophète – qu'Allah prie sur lui et le salue – qui a dit : « Quiconque atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah, Lui seul sans associé, que Muhammad est Son serviteur et Son messager, que Jésus est le serviteur d'Allah et Son messager, Sa parole qu'Il a projetée vers Marie et un esprit venant de Lui, que le Paradis est vrai et que l'Enfer est vrai, Allah le fera entrer au Paradis, quelles que soient ses œuvres. » Al-Walîd a dit : ‘Abd ar-Rahmân ibn Yazîd ibn Jâbir m'a rapporté d'après ‘Umayr, d'après Junâda, et il a ajouté : « Par l'une des huit portes du Paradis, celle qu'il voudra. » Muslim l'a rapporté d'après Dâwûd ibn Rashîd, d'après al-Walîd, d'après Jâbir, et par une autre voie d'après al-Awzâ‘î.
- Rūḥ : L'Esprit, ici l'ange Gabriel, appelé 'Esprit saint' ou 'Esprit fidèle' dans le Coran.
- Ṣawm : Jeûne, mais ici il s'agit d'un vœu de silence, car le mot peut aussi signifier 'abstinence de parole'.
- Ukht Hārūn : Sœur d'Aaron : expression désignant Marie comme issue de la famille sacerdotale d'Aaron, frère de Moïse.
- Zakāt : Aumône légale purificatrice, l'un des piliers de l'islam.
- Allatī aḥṣanat farjahā : Celle qui préserva sa chasteté, c'est-à-dire Marie.
- Muḥarrara : Vouée au service exclusif de Dieu, consacrée au Temple.
- Bayt al-Maqdis : Le Temple de Jérusalem, lieu saint des enfants d'Israël.
- Miḥrāb : Sanctuaire ou niche de prière, lieu élevé dans la mosquée.
- Aḥwāl : États spirituels, expériences mystiques accordées par Dieu à Ses saints.
- Masjid al-Aqṣā : La Mosquée al-Aqsa à Jérusalem, troisième lieu saint de l'islam.
- Abū al-‘Āliya : Un des grands savants parmi les Successeurs (Tābi‘ūn), mort en 90 H.
- Taqiyy : Nom propre signifiant 'pieux', mais certains ont prétendu qu'il s'agissait d'un homme pervers, ce que l'auteur réfute.
- Muḥammad ibn Isḥāq : Célèbre historien et biographe du Prophète (mort en 150 H).
- Ibn Jarīr : Ibn Jarīr al-Ṭabarī, grand exégète et historien (mort en 310 H).
- Salaf : Les pieux prédécesseurs, les premières générations de l'islam.
- Al-Suddī : Un exégète parmi les Successeurs, mort en 127 H.
- hamalat-hu : Littéralement « elle le porta », référence à la grossesse de Marie.
- salaf : Les prédécesseurs pieux, les premières générations de l'islam.
- ʿubbād : Pluriel de ʿābid, dévots, adorateurs assidus.
- muqarrabūn : Les rapprochés d'Allah, un rang élevé parmi les élus.
- Yaḥyā : Jean-Baptiste, fils de Zacharie.
- iʿtikāf : Retraite spirituelle dans une mosquée, consistant à s'isoler pour l'adoration.
- sariyyan : Ruisseau, petit cours d'eau.
- ṣawman : Jeûne, mais ici il peut s'agir d'un silence rituel, car le mot peut aussi signifier « silence » dans ce contexte.
- qarri 'aynan : Expression signifiant « réjouis-toi », littéralement « rafraîchis un œil », indiquant la joie et la satisfaction.
- fa-qūlī : Impératif féminin singulier de « dire », mais ici interprété comme une indication par l’état ou le geste, non par la parole.
- ṣawman : Jeûne, mais dans l’ancienne Loi, il incluait le silence et l’abstention de nourriture.
- fariyyan : Monstrueux, énorme, abominable ; dérivé de firya, qui désigne un acte ou une parole énorme et condamnable.
- ukhta Hārūn : « Sœur d’Aaron » : expression pouvant désigner une parenté spirituelle ou une ressemblance avec un homme pieux nommé Aaron, ou une parenté réelle avec un frère nommé Aaron.
- fa-ashārat ilayhi : « Elle le montra du doigt » : geste indiquant qu’il fallait s’adresser à l’enfant.
- man kāna fī l-mahdi ṣabiyyan : « Celui qui était au berceau, un enfant » : désigne Jésus enfant, encore nourrisson.
- wa-qawlihim 'alā Maryama buhtānan 'aẓīman : Référence coranique (Sourate 4, verset 156) : « et à cause de leur parole énorme contre Marie », c’est-à-dire l’accusation de fornication.
- mubâhala : Épreuve d'invocation réciproque où les deux parties implorent la malédiction d'Allah sur le menteur.
- jizya : Capitation imposée aux non-musulmans en échange de protection et de liberté de culte.
Chapitre exposant qu'Allah Très-Haut est exempt d'avoir un enfant, exalté soit-Il…
Chapitre exposant qu'Allah Très-Haut est exempt d'avoir un enfant, exalté soit-Il au-dessus de ce que disent les injustes, d'une immense élévation [1].
Chapitre exposant qu'Allah Très-Haut est exempt d'avoir un enfant, exalté soit-Il au-dessus de ce que disent les injustes, d'une immense élévation. Et Il a dit Très-Haut à la fin de cette sourate : "Et ils ont dit : 'Le Tout-Miséricordieux s'est donné un enfant.' Vous avez commis une chose abominable 1 ! Une chose immense et un dire odieux et mensonger. Peu s'en faut que les cieux ne se fendent à cause de cela, que la terre ne se fende et que les montagnes ne s'écroulent, parce qu'ils ont attribué un enfant au Tout-Miséricordieux, alors qu'il ne convient pas au Tout-Miséricordieux de se donner un enfant. Tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre ne viennent au Tout-Miséricordieux que comme serviteurs. Il les a certes dénombrés et comptés exactement. Et chacun d'eux viendra à Lui, au Jour de la Résurrection, seul." Ainsi, Il a exposé qu'il ne Lui convient pas d'avoir un enfant, car Il est le Créateur de toute chose et son Propriétaire, et toute chose a besoin de Lui, est soumise et humiliée devant Lui. Tous les habitants des cieux et de la terre sont Ses serviteurs ; Il est leur Seigneur, nulle divinité 2 sinon Lui, et nul seigneur autre que Lui, comme Il a dit Très-Haut : "Et ils ont assigné à Allah des associés parmi les djinns, alors qu'Il les a créés. Et ils Lui ont inventé des fils et des filles sans science. Gloire à Lui ! Il est bien au-dessus de ce qu'ils décrivent. Créateur des cieux et de la terre, comment aurait-Il un enfant, alors qu'Il n'a pas de compagne ? Et Il a créé toute chose, et Il est de toute chose Omniscient. Voilà Allah, votre Seigneur ; nulle divinité sinon Lui, Créateur de toute chose. Adorez-Le donc ! Et Il est de toute chose Garant. Les regards ne L'atteignent pas, tandis que Lui atteint tous les regards. Et Il est le Doux, le Parfaitement Connaisseur." Ainsi, Il a exposé qu'Il est le Créateur de toute chose : comment aurait-Il un enfant ? L'enfant ne provient que de deux choses semblables, et Allah Très-Haut n'a ni équivalent, ni semblable, ni égal. Il n'a donc pas de compagne, et Il n'a donc pas d'enfant, comme Il a dit Très-Haut : "Dis : 'Il est Allah, Unique. Allah, le Samad 3. Il n'a pas engendré et n'a pas été engendré. Et nul n'est égal à Lui.'" Cela établit qu'Il est l'Unique, sans équivalent dans Son essence, ni dans Ses attributs, ni dans Ses actes. "As-Samad" : c'est le Maître absolu, parfait en Sa science, Sa sagesse, Sa miséricorde et toutes Ses perfections. "Il n'a pas engendré" : c'est-à-dire qu'aucun enfant n'est issu de Lui. "Et n'a pas été engendré" : c'est-à-dire qu'Il n'est issu d'aucune chose antérieure. "Et nul n'est égal à Lui" : c'est-à-dire qu'Il n'a ni égal, ni équivalent, ni semblable. Ainsi, Il a nié tout équivalent, proche ou supérieur, et donc Il ne peut avoir d'enfant, car l'enfant ne provient que de deux choses équivalentes ou proches. Allah est bien au-dessus de cela, d'une immense élévation. Et Il a dit, béni et exalté soit-Il : "Ô gens du Livre ! N'exagérez pas dans votre religion et ne dites sur Allah que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n'est que le Messager d'Allah, Sa parole qu'Il a envoyée à Marie, et un souffle 4 venant de Lui. Croyez donc en Allah et en Ses messagers, et ne dites pas : 'Trois.' Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Allah n'est qu'une divinité unique. Gloire à Lui ! Comment aurait-Il un enfant ? À Lui appartient ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre. Et Allah suffit comme Garant. Le Messie ne trouve pas indigne d'être un serviteur d'Allah, ni les Anges rapprochés. Et quiconque trouve indigne de L'adorer et s'enfle d'orgueil, Il les rassemblera tous vers Lui. Quant à ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres, Il leur accordera leurs récompenses et y ajoutera de Sa grâce. Quant à ceux qui ont dédaigné et se sont enflés d'orgueil, Il les châtiera d'un châtiment douloureux, et ils ne trouveront, en dehors d'Allah, ni allié ni secoureur." Il interdit aux gens du Livre et à ceux qui leur ressemblent l'exagération et l'outrance en religion, c'est-à-dire le dépassement des limites. Les chrétiens – qu'Allah les maudisse – ont exagéré et outrancièrement loué le Messie jusqu'à dépasser les limites. Le devoir pour eux était de croire qu'il est le serviteur d'Allah et Son messager, le fils de Sa servante, la vierge pure qui a préservé sa chasteté. Allah envoya alors l'ange Gabriel vers elle, qui insuffla en elle, par ordre d'Allah, une insufflation par laquelle elle conçut son fils Jésus, paix sur lui. Ce qui est entré en contact avec elle de la part de l'ange est le souffle ajouté à Allah par une addition d'honneur et de glorification, et c'est une créature parmi les créatures d'Allah Très-Haut, comme on dit : "la maison d'Allah", "la chamelle d'Allah", "le serviteur d'Allah". De même, "le souffle d'Allah" Lui est attribué pour l'honorer et le glorifier. Jésus a été nommé par ce souffle parce qu'il a été créé par lui sans père, et c'est aussi la parole par laquelle il a été créé et par laquelle il a existé, comme Allah Très-Haut a dit : "Certes, l'exemple de Jésus auprès d'Allah est comme l'exemple d'Adam : Il le créa de terre, puis Il lui dit : 'Sois !' et il fut." Et Il a dit Très-Haut : "Et ils ont dit : 'Le Tout-Miséricordieux s'est donné un enfant.' Gloire à Lui ! Mais tout ce qui est dans les cieux et la terre Lui appartient, et tous Lui sont soumis. Créateur des cieux et de la terre, quand Il décrète une chose, Il dit seulement : 'Sois !' et elle est." Et Il a dit Très-Haut : "Les Juifs ont dit : 'Ouzayr 5 est fils d'Allah !' et les Chrétiens ont dit : 'Le Messie est fils d'Allah !' Telle est leur parole sortie de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants d'avant. Qu'Allah les combatte ! Comme ils se détournent !" Ainsi, Allah Très-Haut a informé que les Juifs et les Chrétiens – que les malédictions d'Allah soient sur eux –, chaque groupe a proféré contre Allah une énormité et a prétendu qu'Il a un enfant. Allah est bien au-dessus de ce qu'ils disent, d'une immense élévation. Et Il a informé qu'ils n'ont aucun fondement dans ce qu'ils prétendent ni dans ce qu'ils inventent, si ce n'est une simple parole et une imitation de ceux qui les ont précédés dans cette parole égarée ; leurs cœurs se ressemblent. C'est ainsi que les philosophes – que la malédiction d'Allah soit sur eux – ont prétendu que la première intelligence a émané de l'Être nécessaire, qu'ils appellent la cause des causes et le premier principe, et que de la première intelligence a émané une deuxième intelligence, une âme et un ciel, puis de la deuxième de même, jusqu'à ce que les intelligences atteignent dix, les âmes neuf et les cieux neuf, selon des considérations corrompues qu'ils ont mentionnées et des choix insipides qu'ils ont rapportés. Développer la discussion avec eux et montrer leur ignorance et leur manque d'intelligence est un autre sujet. De même, certaines factions parmi les polythéistes arabes ont prétendu, par ignorance, que les anges sont les filles d'Allah et qu'Il s'est allié par mariage aux chefs des djinns, d'où seraient nés les anges. Allah est bien au-dessus de ce qu'ils disent et exempt de ce qu'ils Lui associent. Comme Il a dit Très-Haut : "Et ils ont fait des anges qui sont les serviteurs du Tout-Miséricordieux des êtres féminins. Ont-ils été témoins de leur création ? Leur témoignage sera inscrit et ils seront interrogés." Et Il a dit Très-Haut : "Demande-leur donc : 'Ton Seigneur aurait-Il des filles, tandis qu'eux auraient des fils ? Ou bien avons-Nous créé les anges de sexe féminin, et ils en sont témoins ?' Certes, c'est dans leur mensonge qu'ils disent : 'Allah a engendré.' Et ils sont vraiment des menteurs. Aurait-Il choisi des filles de préférence à des fils ? Qu'avez-vous donc à juger ainsi ? Ne réfléchissez-vous donc pas ? Ou avez-vous un argument évident ? Apportez donc votre Livre, si vous êtes véridiques. Et ils ont établi entre Lui et les djinns une parenté, alors que les djinns savent bien qu'ils seront amenés (au châtiment). Gloire à Allah ! Il est bien au-dessus de ce qu'ils décrivent, sauf les serviteurs élus d'Allah." Et Il a dit Très-Haut : "Et ils ont dit : 'Le Tout-Miséricordieux s'est donné un enfant.' Gloire à Lui ! Mais ce sont plutôt des serviteurs honorés. Ils ne devancent pas Sa parole et agissent selon Son ordre. Il sait ce qui est devant eux et ce qui est derrière eux, et ils n'intercèdent qu'en faveur de ceux qu'Il agrée, et ils sont pleins de crainte de Lui. Et quiconque d'entre eux dirait : 'Je suis une divinité en dehors de Lui', alors Nous le rétribuerions par l'Enfer. Ainsi rétribuons-Nous les injustes." Et Il a dit Très-Haut au début de la sourate al-Kahf, qui est mecquoise : "Louange à Allah qui a fait descendre sur Son serviteur le Livre, et n'y a point introduit de tortuosité, mais un guide droit, pour avertir d'une sévère punition de Sa part et annoncer aux croyants qui font de bonnes œuvres qu'il y aura pour eux une belle récompense, où ils demeureront éternellement, et pour avertir ceux qui disent : 'Allah s'est donné un enfant.' Ils n'en ont aucune science, ni leurs pères. Quelle énorme parole que celle qui sort de leurs bouches ! Ils ne disent que mensonge." Et Il a dit Très-Haut : "Ils ont dit : 'Allah s'est donné un enfant.' Gloire à Lui ! Il est le Riche 6. À Lui appartient ce qui est dans les cieux et sur la terre. Vous n'avez aucune preuve de cela. Direz-vous sur Allah ce que vous ne savez pas ? Dis : 'Ceux qui forgent des mensonges contre Allah ne réussiront pas.'"
«Jouissance dans la vie d'ici-bas, puis vers Nous sera leur retour, puis Nous leur ferons goûter le châtiment terrible pour avoir mécru.» 7 Ces nobles versets mecquois 8 renferment la réfutation de toutes les catégories de mécréants parmi les philosophes, les associateurs arabes, les juifs et les chrétiens qui ont prétendu et affirmé sans science que Dieu a un enfant – gloire à Lui, Il est bien au-dessus de ce que disent les injustes [les transgresseurs] – d'une élévation immense. Comme les chrétiens – que la malédiction continue de Dieu soit sur eux jusqu'au Jour de la Résurrection – sont les plus célèbres à avoir tenu ce propos, ils sont souvent mentionnés dans le Coran pour être réfutés et pour montrer leurs contradictions, leur manque de science et leur grande ignorance. Leurs paroles dans leur mécréance ont été diverses, car le faux est multiple, divergent et contradictoire. Quant à la vérité, elle ne diffère ni ne vacille. Dieu – Exalté soit-Il – a dit : «S'il provenait d'autre que Dieu, ils y trouveraient beaucoup de divergences.» Cela indique que la vérité est une et cohérente, tandis que le faux est divergent et vacillant. Un groupe parmi leurs égarés et ignorants a prétendu que le Messie est Dieu – Exalté soit-Il. Un groupe a dit qu'il est le fils de Dieu – que Dieu soit exalté. Un groupe a dit qu'il est le troisième de trois – que Dieu soit glorifié. Dieu – Exalté soit-Il – a dit dans la sourate al-Mâ'ida : «Certes, ont mécru ceux qui disent : "Dieu est le Messie, fils de Marie". Dis : "Qui donc possède quelque chose de Dieu si Il veut faire périr le Messie, fils de Marie, sa mère et tous ceux qui sont sur la terre ?" À Dieu appartient la royauté des cieux et de la terre et de ce qui est entre eux. Il crée ce qu'Il veut, et Dieu est Omnipotent.» Il a donc informé de leur mécréance et de leur ignorance, et a montré qu'Il est le Créateur, l'Omnipotent sur toute chose, le Seigneur de toute chose, son Souverain et son Dieu. Et Il a dit à la fin de cette sourate : «Certes, ont mécru ceux qui disent : "Dieu est le Messie, fils de Marie". Et le Messie a dit : "Ô fils d'Israël, adorez Dieu, mon Seigneur et votre Seigneur. Quiconque associe à Dieu, Dieu lui interdit le Paradis, et son refuge est le Feu. Et il n'y a pas pour les injustes de secoureurs." Certes, ont mécru ceux qui disent : "Dieu est le troisième de trois". Il n'y a de divinité qu'une divinité unique. S'ils ne cessent pas ce qu'ils disent, un châtiment douloureux atteindra ceux d'entre eux qui ont mécru. Ne se repentent-ils donc pas à Dieu et n'implorent-ils pas Son pardon ? Dieu est Pardonneur et Miséricordieux. Le Messie, fils de Marie, n'est qu'un messager ; des messagers sont passés avant lui. Sa mère était une véridique. Ils mangeaient tous deux de la nourriture. Vois comment Nous leur expliquons les signes, puis vois comment ils se détournent.» Dieu a jugé leur mécréance législativement et décrétalement, et a informé que cela est sorti d'eux alors que le messager envoyé vers eux était Jésus, fils de Marie, qui leur a montré qu'il est un serviteur soumis, créé, formé dans l'utérus, appelant à l'adoration de Dieu seul sans associé, et les a menacés du contraire par le Feu, de ne pas gagner la Demeure permanente, de l'humiliation dans ce monde et dans l'au-delà, de la honte et de l'opprobre. C'est pourquoi Il a dit : «Quiconque associe à Dieu, Dieu lui interdit le Paradis, et son refuge est le Feu. Et il n'y a pas pour les injustes de secoureurs.» Puis Il a dit : «Certes, ont mécru ceux qui disent : "Dieu est le troisième de trois". Il n'y a de divinité qu'une divinité unique.» Ibn Jarîr 9 et d'autres ont dit : Il s'agit de leur croyance aux trois hypostases 10 : l'hypostase du Père, l'hypostase du Fils et l'hypostase du Verbe émané du Père vers le Fils, selon leurs divergences entre melkites, jacobites et nestoriens – que les malédictions de Dieu soient sur eux – comme nous montrerons la manière de leurs divergences à ce sujet et leurs trois conciles 11 à l'époque de Constantin fils de Constance 12, cela après le Messie de trois cents ans et avant l'envoi muhammadien 13 de trois cents ans. C'est pourquoi Dieu – Exalté soit-Il – a dit : «Il n'y a de divinité qu'une divinité unique», c'est-à-dire qu'il n'y a de divinité que Dieu seul, sans associé, sans semblable, sans égal, sans compagne et sans enfant. Puis Il les a menacés et avertis en disant : «S'ils ne cessent pas ce qu'ils disent, un châtiment douloureux atteindra ceux d'entre eux qui ont mécru.» Puis, par Sa miséricorde et Sa bonté, Il les a appelés au repentir et à l'imploration du pardon pour ces grandes et énormes choses qui méritent le Feu, en disant : «Ne se repentent-ils donc pas à Dieu et n'implorent-ils pas Son pardon ? Dieu est Pardonneur et Miséricordieux.» Puis Il a montré la situation du Messie et de sa mère : il est un serviteur messager, et sa mère est une véridique, c'est-à-dire qu'elle n'est pas une pécheresse comme le disent les juifs – que Dieu les maudisse. Cela indique qu'elle n'est pas une prophétesse comme l'a prétendu un groupe de nos savants. Sa parole : «Ils mangeaient tous deux de la nourriture» est une métaphore pour l'élimination des déchets comme cela sort des autres, c'est-à-dire : comment celui qui est dans cet état pourrait-il être une divinité ? Dieu est bien au-dessus de leurs paroles et de leur ignorance, d'une élévation immense. As-Suddî 7 et d'autres ont dit : Le sens de Sa parole : «Certes, ont mécru ceux qui disent : "Dieu est le troisième de trois"» est leur prétention concernant Jésus et sa mère qu'ils sont deux divinités avec Dieu, comme Dieu a montré leur mécréance à cet égard par Sa parole à la fin de cette noble sourate : «Et quand Dieu dit : "Ô Jésus, fils de Marie, est-ce toi qui as dit aux gens : "Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors de Dieu ?" Il dit : "Gloire à Toi ! Il ne m'appartient pas de dire ce qui n'est pas mon droit. Si je l'avais dit, Tu l'aurais su. Tu sais ce qui est en moi, et je ne sais pas ce qui est en Toi. C'est Toi, certes, le grand Connaisseur des mystères. Je ne leur ai dit que ce que Tu m'as ordonné : "Adorez Dieu, mon Seigneur et votre Seigneur." Et j'étais témoin contre eux tant que je fus parmi eux. Puis quand Tu m'as rappelé 14, c'est Toi qui étais leur Observateur. Et Tu es témoin de toute chose. Si Tu les châties, ils sont Tes serviteurs. Et si Tu leur pardonnes, c'est Toi, certes, le Puissant, le Sage."» 15 Dieu – Exalté soit-Il – informe qu'Il interrogera Jésus, fils de Marie – sur lui la paix – au Jour de la Résurrection, par manière d'honneur pour lui et de réprimande et de blâme pour ses adorateurs parmi ceux qui ont menti sur lui, inventé des mensonges et prétendu qu'il est le fils de Dieu, ou qu'il est Dieu, ou qu'il est Son associé – Dieu est bien au-dessus de ce qu'ils disent. Il l'interroge donc, tout en sachant qu'il n'a pas fait ce dont Il l'interroge, mais pour blâmer ceux qui ont menti sur lui. Il lui dit : «Est-ce toi qui as dit aux gens : "Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors de Dieu ?" Il dit : "Gloire à Toi !" c'est-à-dire Tu es bien au-dessus d'avoir un associé. «Il ne m'appartient pas de dire ce qui n'est pas mon droit», c'est-à-dire que personne d'autre que Toi ne mérite cela. «Si je l'avais dit, Tu l'aurais su. Tu sais ce qui est en moi, et je ne sais pas ce qui est en Toi. C'est Toi, certes, le grand Connaisseur des mystères.» C'est une grande bienséance dans l'adresse et la réponse. «Je ne leur ai dit que ce que Tu m'as ordonné» [c'est-à-dire je n'ai dit que ce que Tu m'as ordonné] lorsque Tu m'as envoyé vers eux et as fait descendre sur moi le Livre qui leur était récité. Puis il a expliqué ce qu'il leur a dit par sa parole : «"Adorez Dieu, mon Seigneur et votre Seigneur"», c'est-à-dire mon Créateur et votre Créateur, mon Sustentateur et votre Sustentateur. «Et j'étais témoin contre eux tant que je fus parmi eux. Puis quand Tu m'as rappelé», c'est-à-dire Tu m'as élevé vers Toi lorsqu'ils ont voulu me tuer et me crucifier, alors Tu m'as fait miséricorde et m'as délivré d'eux, et Tu as jeté ma ressemblance sur l'un d'eux jusqu'à ce qu'ils se vengent de lui. Quand cela fut, «c'est Toi qui étais leur Observateur. Et Tu es témoin de toute chose.» Puis il a dit, par manière de remise 16 au Seigneur – Puissant et Glorieux – et de désaveu des gens de la chrétienté : «Si Tu les châties, ils sont Tes serviteurs», c'est-à-dire qu'ils le méritent, «et si Tu leur pardonnes, c'est Toi, certes, le Puissant, le Sage.» Cette remise et ce renvoi à la volonté, conditionnés par "si", n'impliquent pas que cela se produise. C'est pourquoi il a dit : «c'est Toi, certes, le Puissant, le Sage» et n'a pas dit «le Pardonneur, le Miséricordieux».
Nous avons mentionné dans le commentaire 17 ce que l'imam Ahmad a rapporté d'Abou Dharr 18 : le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) a passé une nuit à réciter ce verset [noble] jusqu'au matin : « Si Tu les châties, ils sont Tes serviteurs ; si Tu leur pardonnes, Tu es le Puissant, le Sage. » Et il a dit : « J'ai demandé à mon Seigneur (Puissant et Majestueux) l'intercession pour ma communauté, Il me l'a accordée, et elle parviendra, si Dieu Très-Haut le veut, à quiconque n'associe rien à Dieu. » Et Il a dit : « Nous n'avons pas créé le ciel, la terre et ce qui est entre eux par jeu. Si Nous avions voulu prendre un divertissement, Nous l'aurions pris de Notre part, si [vraiment] Nous l'avions voulu. Bien au contraire, Nous lançons la vérité contre le mensonge, et elle le brise, et le voilà qui disparaît. Et malheur à vous pour ce que vous inventez. À Lui appartiennent ceux qui sont dans les cieux et sur la terre. Et ceux qui sont auprès de Lui ne s'estiment pas trop grands pour L'adorer et ne s'en lassent pas. Ils Le glorifient nuit et jour sans jamais faiblir. » 19 Et Il a dit : « Si Dieu avait voulu prendre un enfant, Il aurait choisi parmi ce qu'Il crée ce qu'Il veut. Gloire à Lui ! C'est Lui Dieu, l'Unique, le Dominateur suprême. Il a créé les cieux et la terre en toute vérité. Il enroule la nuit sur le jour et enroule le jour sur la nuit, et Il a soumis le soleil et la lune ; chacun court vers un terme fixé. C'est Lui le Puissant, le Pardonneur. » 20 Et Il a dit : « Dis : "Si le Tout-Miséricordieux avait un enfant, je serais le premier des adorateurs." Gloire au Seigneur des cieux et de la terre, Seigneur du Trône, bien au-dessus de ce qu'ils décrivent. » 21 Et Il a dit : « Et dis : "Louange à Dieu qui ne s'est pas attribué d'enfant, qui n'a point d'associé en la royauté et qui n'a point de protecteur [issu] de l'humiliation." Et exalte Sa grandeur. » 22 Et Il a dit : « Dis : "Il est Dieu, Dieu l'Unique, Dieu le Seul à être imploré pour ce que nous désirons. Il n'a jamais engendré, n'a pas été engendré, et nul n'est égal à Lui." » Et il est établi dans le recueil authentique 23 d'après le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) qu'il a dit : Dieu Très-Haut dit : « Le fils d'Adam M'a insulté, et il n'avait pas à le faire ; il prétend que J'ai un enfant, alors que Je suis l'Unique, le Seul à être imploré, Celui qui n'a pas engendré et n'a pas été engendré, et nul n'est égal à Moi. » Et dans le recueil authentique également, d'après le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) qu'il a dit : « Nul n'est plus patient que Dieu face à un tort qu'Il entend : ils Lui attribuent un enfant, alors que c'est Lui qui les pourvoit et les guérit. » Mais il est établi dans le recueil authentique également, d'après le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et le salue) qu'il a dit : « Dieu accorde un répit à l'injuste, jusqu'à ce que, lorsqu'Il le saisit, Il ne le laisse plus échapper. » Puis il récita : « Telle est la prise de ton Seigneur quand Il saisit les cités lorsqu'elles sont injustes. Sa prise est douloureuse et sévère. » 24 Et de même Sa parole : « Que de cités, pourtant injustes, auxquelles J'ai accordé un répit, puis Je les ai saisies. Et vers Moi est le retour. » 25 Et Il a dit : « Nous leur accordons une brève jouissance, puis Nous les contraindrons à un dur châtiment. » 26 Et Il a dit : « Dis : "Ceux qui forgent des mensonges contre Dieu ne réussiront pas. Une jouissance éphémère dans ce monde, puis vers Nous sera leur retour, puis Nous leur ferons goûter le dur châtiment pour leur mécréance." » 27 Et Il a dit : « Accorde donc un délai aux mécréants ; accorde-leur un court répit. » 28
- iddan : Chose abominable, énorme, monstrueuse.
- ilāh : Divinité, objet d'adoration.
- aṣ-Ṣamad : Le Seul à qui l'on recourt pour tous les besoins, l'Éternel, l'Absolu.
- rūḥ : Souffle, esprit. Ici, il s'agit du souffle créateur d'Allah, une créature honorée.
- ʿUzayr : Esdras, un prophète d'Israël.
- al-ghanī : Le Riche, Celui qui n'a besoin de rien.
- al-Suddī : Ismā‘īl ibn ‘Abd al-Raḥmān al-Suddī, exégète et traditionniste (mort en 127 H/745).
- makkiyyāt : Versets révélés à La Mecque, avant l'Hégire.
- Ibn Jarīr : Abū Ja‘far Muḥammad ibn Jarīr al-Ṭabarī, célèbre exégète et historien musulman (mort en 310 H/923).
- aqānīm : Hypostases ou personnes de la Trinité chrétienne, terme technique emprunté au grec.
- majāmi‘uhum al-thalātha : Les trois conciles œcuméniques (Nicée, Constantinople, Éphèse) qui ont défini la doctrine trinitaire.
- Qusṭanṭīn ibn Qusṭas : Constantin Ier (empereur romain, 272-337), fils de Constance Chlore.
- al-bi‘tha al-muḥammadiyya : L'envoi de Muhammad comme prophète, traditionnellement daté de 610.
- tawaffaytanī : Littéralement «Tu m'as fait mourir», mais interprété ici comme «Tu m'as rappelé à Toi» (élévation au ciel).
- Coran 5:116-118 : Versets cités dans le texte.
- tafwīḍ : Remise de la décision à Dieu, reconnaissance de Sa volonté absolue.
- tafsīr : Exégèse coranique, commentaire du Coran.
- Abū Dharr : Compagnon du Prophète, connu pour sa piété et son ascétisme.
- verset : Il s'agit des versets 21:16-20.
- verset : Il s'agit des versets 39:4-5.
- verset : Il s'agit des versets 43:81-82.
- verset : Il s'agit du verset 17:111.
- ṣaḥīḥ : Recueil de hadiths authentiques, comme ceux d'al-Bukhārī et Muslim.
- verset : Il s'agit du verset 11:102.
- verset : Il s'agit du verset 22:48.
- verset : Il s'agit du verset 31:24.
- verset : Il s'agit des versets 10:69-70.
- verset : Il s'agit du verset 86:17.
Il est fait mention de l'origine de Jésus, fils de Marie, que la paix soit sur eux deux.
Récit de l'origine de Jésus, fils de Marie, sur eux la paix, et de son éducation durant sa petite enfance et son enfance, et l'exposé du début de la révélation à lui de la part d'Allah Très-Haut. Il a déjà été mentionné qu'il naquit à Bethléem, près de Jérusalem. Wahb ibn Munabbih a prétendu qu'il naquit en Égypte et que Marie voyagea avec Joseph, fils de Jacob, le charpentier, montée sur un âne, sans rien entre eux et la selle. Cela n'est pas authentique. Le hadith mentionné précédemment prouve que sa naissance eut lieu à Bethléem, comme nous l'avons dit ; tout ce qui le contredit est faux. Wahb ibn Munabbih a rapporté que, ce jour-là, les idoles tombèrent dans les orients et les occidents de la terre, et que les diables furent perplexes quant à la cause de cela, jusqu'à ce que le grand Iblîs leur dévoila l'affaire de Jésus ; ils le trouvèrent dans le giron de sa mère, les anges l'entourant. Une grande étoile apparut dans le ciel, et le roi des Perses craignit son apparition ; il interrogea les prêtres à ce sujet, qui dirent : « Ceci est pour la naissance d'un grand personnage sur terre. » Il envoya ses messagers avec de l'or, de la myrrhe et de l'encens en cadeau à Jésus. Lorsqu'ils arrivèrent en Syrie, le roi de celle-ci leur demanda ce qui les avait amenés ; ils le lui racontèrent. Il s'enquit alors de cette époque, et il s'avéra que Jésus, fils de Marie, était né à Jérusalem, et son affaire s'était répandue à cause de sa parole [dans le berceau 1]. Il les envoya donc vers lui avec ce qu'ils avaient, et envoya avec eux quelqu'un qui le connaissait pour parvenir à le tuer lorsqu'ils s'éloigneraient de lui. Lorsqu'ils arrivèrent auprès de Marie avec les cadeaux et repartirent, on lui dit : « Les messagers du [roi 2] de Syrie ne sont venus que pour tuer ton fils. » Elle le prit donc et partit avec lui en Égypte, où elle demeura jusqu'à ce qu'il atteignît l'âge de douze ans. Des prodiges et des miracles se manifestèrent à lui durant sa petite enfance. Parmi ceux-ci, il mentionna que le dihqân 3 chez qui ils logèrent perdit de l'argent dans sa maison ; sa maison n'était habitée que par les pauvres, les faibles et les nécessiteux. Il ne sut qui l'avait pris, et cela fut pénible pour Marie, sur elle la paix, et difficile pour les gens et pour le propriétaire de la maison ; ils furent incapables de résoudre cette affaire. Quand Jésus, sur lui la paix, vit cela, il se dirigea vers un aveugle et un paralytique parmi ceux qui étaient attachés à lui, et dit à l'aveugle : « Porte ce paralytique et lève-toi avec lui. » Il dit : « Je ne peux pas. » Il dit : « Si, comme tu l'as fait, toi et lui, lorsque vous avez pris cet argent de cette lucarne de la maison. » Lorsqu'il dit cela, ils confirmèrent ce qu'il avait dit et apportèrent l'argent. Jésus grandit alors aux yeux des gens, bien qu'il fût très jeune. Et aussi : le fils du dihqân organisa un banquet pour les gens à l'occasion de la circoncision de ses enfants. Lorsque les gens se rassemblèrent et qu'il les eut nourris, puis voulut leur donner à boire une boisson, c'est-à-dire du vin, comme ils faisaient en ce temps-là, il n'en trouva pas dans ses jarres 4. Cela lui fut pénible. Quand Jésus vit cela, il se leva et se mit à passer sur ces jarres, passant sa main sur leurs ouvertures ; il ne faisait cela à aucune jarre sans qu'elle ne se remplît de la meilleure boisson. Les gens en furent très étonnés, le glorifièrent, et lui offrirent ainsi qu'à sa mère une grande somme d'argent, mais ils ne l'acceptèrent pas et repartirent vers Jérusalem. Et Allah sait mieux. Ishâq ibn Bishr dit : 'Uthmân ibn Sâj et d'autres nous ont rapporté, d'après Mûsâ ibn Wardân, d'après Abû Nadra, d'après Abû Sa'îd, et d'après Makhûl, d'après Abû Hurayra, que Jésus, fils de Marie, la première fois qu'Allah délia sa langue après la parole qu'il prononça étant enfant, glorifia Allah d'une glorification telle que les oreilles n'en avaient jamais entendu de semblable ; il ne laissa ni soleil, ni lune, ni montagne, ni fleuve, ni source sans les mentionner dans sa glorification. Il dit : « Ô Allah, Tu es le Proche dans Ta hauteur, le Très-Haut dans Ta proximité, l'Élevé au-dessus de toute chose de Ta création. Tu es Celui qui a créé sept [cieux] dans l'air par Tes paroles, superposées ; elles répondirent alors qu'elles n'étaient que fumée, par crainte de Toi, et vinrent obéissantes à Ton ordre. En eux se trouvent Tes anges qui sanctifient Ta sainteté pour Ta glorification. Tu y as placé une lumière sur l'obscurité des ténèbres, et une clarté provenant de la lumière du soleil pendant le jour. Tu y as placé le tonnerre qui glorifie par la louange ; par Ta puissance, il dissipe la lumière de Ton obscurité. Tu y as placé des lampes par lesquelles l'égaré se guide dans les ténèbres. Béni sois-Tu, ô Allah, dans la création de Tes cieux et dans ce que Tu as étendu de Ta terre ; Tu l'as étendue sur l'eau, Tu l'as maintenue au-dessus du courant de la vague submergeante, Tu l'as soumise à la soumission de la domination. Son relief s'est soumis à Ton obéissance, son ordre a obéi à Ton ordre, ses vagues se sont humiliées devant Ta puissance. Tu y as fait jaillir, après les mers, les fleuves ; après les fleuves, les petits ruisseaux ; après les ruisseaux, les sources abondantes. Puis Tu en as fait sortir les fleuves, les arbres et les fruits. Ensuite, Tu as placé sur son dos les montagnes, Tu les as fixées comme des pieux sur le dos de l'eau ; leurs sommets et leurs rochers ont obéi. Béni sois-Tu, ô Allah ! Qui peut atteindre par sa description Ta description ? Ou qui peut atteindre par son attribut Ton attribut ? Tu déploies les nuages, Tu délies les nuques, Tu juges en toute justice, et Tu es le Meilleur des juges. Il n'y a de dieu que Toi, gloire à Toi ! Tu as ordonné que nous implorions Ton pardon pour tout péché. Il n'y a de dieu que Toi, gloire à Toi ! Tu as voilé les cieux aux gens. Il n'y a de dieu que Toi, gloire à Toi ! Seuls Tes serviteurs intelligents Te craignent. Nous témoignons que Tu n'es pas un dieu que nous aurions inventé, ni un Seigneur dont le souvenir s'éteindrait ; il n'y avait pas avec Toi des associés que nous invoquerions en Te délaissant ; nul ne T'a aidé dans notre création pour que nous doutions de Toi. Nous témoignons que Tu es l'Unique, l'Éternel, qui n'a pas engendré et n'a pas été engendré, et nul n'est égal à Toi. » Ishâq ibn Bishr dit, d'après Juwaybir et Muqâtil, d'après al-Dahhâk, d'après Ibn 'Abbâs, que Jésus, fils de Marie, cessa de parler après avoir parlé aux gens étant enfant, jusqu'à ce qu'il atteignît l'âge des garçons. Puis Allah lui rendit la parole, la sagesse et l'éloquence. Les Juifs dirent beaucoup de choses sur lui et sur sa mère ; ils l'appelaient le fils de la prostituée. C'est là la parole d'Allah Très-Haut : « et à cause de leur mécréance et de leur parole grave contre Marie » 5. Il dit : Lorsqu'il eut sept ans, sa mère le confia à l'école. Le maître ne lui enseignait rien sans qu'il ne le devançât. Il lui enseigna Abjad 6. Jésus dit : « Qu'est-ce qu'Abjad ? » Le maître dit : « Je ne sais pas. » Jésus dit : « Comment m'enseignes-tu ce que tu ne sais pas ? » Le maître dit : « Alors, enseigne-moi. » Jésus lui dit : « Lève-toi de ta place. » Il se leva, et Jésus s'assit à sa place et dit : « Interroge-moi. » Le maître dit : « Qu'est-ce qu'Abjad ? » Jésus dit : « Alif est les bienfaits d'Allah, Bâ est la beauté d'Allah, Jîm est la splendeur d'Allah et Sa beauté. » Le maître s'étonna de cela ; il fut le premier à interpréter Abjad. Puis il mentionna que 'Uthmân interrogea le Messager d'Allah, sur lui la paix, à ce sujet, et il lui répondit pour chaque lettre par un long hadith fabriqué, dont il ne faut pas s'enquérir ni s'y attarder ! De même, Ibn 'Adî rapporta d'après Ismâ'îl ibn 'Ayyâsh, d'après Ismâ'îl ibn Yahyâ, d'après Ibn Abî Mulayka, d'après Ibn Mas'ûd, d'après Mis'ar ibn Kidâm, d'après 'Atiyya, d'après Abû Sa'îd, un hadith remontant au Prophète concernant l'entrée de Jésus à l'école et son enseignement au maître du sens des lettres d'Abjad ; il est long et ne réjouit pas. Puis Ibn 'Adî dit : Ce hadith est faux avec cette chaîne de transmission ; nul autre qu'Ismâ'îl ne le rapporte. Ibn Lahî'a rapporta d'après 'Abd Allah ibn Hubayra que 'Abd Allah ibn 'Umar disait : Jésus, fils de Marie, étant enfant, jouait avec les enfants. Il disait à l'un d'eux : « Veux-tu que je t'informe de ce que ta mère t'a caché ? » Il disait : « Oui. » Il disait : « Elle t'a caché telle et telle chose. » L'enfant allait alors à sa mère et lui disait : « Donne-moi à manger ce que tu m'as caché. » Elle disait : « Quelle chose t'ai-je cachée ? » Il disait : « Telle et telle chose. » Elle lui disait : « Qui te l'a dit ? » Il disait : « Jésus, fils de Marie. » Ils dirent : « Par Allah, si vous laissez ces enfants avec le fils de Marie, il les corrompra. »
Ils les rassemblèrent dans une maison et verrouillèrent sur eux. Jésus sortit à leur recherche, mais ne les trouva pas. Il entendit leur tumulte dans une maison et s’enquit d’eux. On lui dit : « Ce ne sont que des singes et des porcs. » Il dit : « Ô Dieu, qu’il en soit ainsi. » Et ils devinrent ainsi. Rapporté par Ibn ‘Asākir. Ishāq ibn Bishr a dit, d’après Juwaybir et Muqātil, d’après al-Ḍaḥḥāk, d’après Ibn ‘Abbās : « Jésus voyait des prodiges dans son enfance par inspiration d’Allah. Cela se répandit parmi les Juifs, et Jésus grandit. Les enfants d’Israël voulurent alors s’en prendre à lui, et sa mère craignit pour lui. Allah révéla à sa mère de partir avec lui vers la terre d’Égypte. C’est là le sens de Sa parole : “Et Nous fîmes du fils de Marie et de sa mère un signe, et Nous les abritâmes sur une colline (Rabwa) dotée de quiétude et d’une source vive.” » Les prédécesseurs et les exégètes ont divergé sur l’interprétation de cette colline (Rabwa) qu’Allah a décrite comme dotée de quiétude et d’une source vive. Cette description est d’une forme singulière : il s’agit d’une colline, c’est-à-dire un lieu élevé de la terre, dont le sommet est plat, permettant de s’y installer, et dont l’élévation est spacieuse. Malgré sa hauteur, il contient des sources d’eau vive (Ma‘īn), c’est-à-dire de l’eau courante qui s’écoule à la surface de la terre. On a dit qu’il s’agissait du lieu où le Messie est né, à savoir le palmier de Jérusalem (Bayt al-Maqdis). C’est pourquoi il lui fut dit : « De dessous elle, il l’appela : “Ne t’afflige pas, ton Seigneur a placé à tes pieds un ruisseau (Sariyyan).” » Selon la majorité des prédécesseurs, il s’agit d’une petite rivière. D’après Ibn ‘Abbās, avec une chaîne de transmission solide, il s’agirait des rivières de Damas. Peut-être voulait-il comparer ce lieu aux rivières de Damas. On a aussi dit qu’il s’agissait de l’Égypte, comme l’a prétendu certains gens du Livre et ceux qui les ont suivis. Et Allah sait mieux. On a également dit qu’il s’agissait de Ramla. Ishāq ibn Bishr a dit : Idrīs nous a rapporté d’après son grand-père Wahb ibn Munabbih : « Lorsque Jésus eut treize ans, Allah lui ordonna de revenir du pays d’Égypte à Jérusalem (Bayt Īliyā). Joseph, le fils de la tante maternelle de sa mère, vint à lui, les chargea tous deux sur un âne et les amena à Jérusalem. Il y demeura jusqu’à ce qu’Allah lui révélât l’Évangile, lui enseignât la Torah, lui donnât le pouvoir de ressusciter les morts, de guérir les maladies et la connaissance des choses cachées, de ce qu’ils dissimulaient dans leurs maisons. Les gens parlèrent de son arrivée et furent effrayés par les prodiges qu’il accomplissait. Ils s’émerveillaient de lui. Il les appela à Allah, et son affaire se répandit parmi eux. » Exposé de la révélation des quatre Livres et de leurs dates. Abū Zur‘a al-Dimashqī a dit : ‘Abd Allāh ibn Ṣāliḥ nous a rapporté, Mu‘āwiya ibn Ṣāliḥ m’a rapporté d’après quelqu’un qui lui a rapporté : « La Torah fut révélée à Moïse six nuits après le début du mois de Ramadan. Le Psautier fut révélé à David douze nuits après le début du mois de Ramadan, soit quatre cent quatre-vingt-deux ans après la Torah. L’Évangile fut révélé à Jésus, fils de Marie, dix-huit nuits après le début du mois de Ramadan, mille cinquante ans après le Psautier. Et le Discernement (al-Furqān) fut révélé à Muhammad – qu’Allah prie sur lui et le salue – le vingt-quatrième jour du mois de Ramadan. » Nous avons mentionné dans l’exégèse, à propos de Sa parole : « Le mois de Ramadan dans lequel le Coran fut révélé », les hadiths rapportés à ce sujet. Parmi eux, il est dit que l’Évangile fut révélé à Jésus, fils de Marie – sur lui la paix – dix-huit nuits après le début du mois de Ramadan. Ibn Jarīr a mentionné dans son Histoire qu’il lui fut révélé alors qu’il avait trente ans, et qu’il demeura jusqu’à son élévation au ciel à l’âge de trente-trois ans, comme cela sera exposé, si Allah le Très-Haut le veut. Ishāq ibn Bishr a dit : Sa‘īd ibn Abī ‘Arūba nous a informés, d’après Qatāda, et Muqātil d’après Qatāda, d’après ‘Abd al-Raḥmān ibn Ādam, d’après Abū Hurayra : « Allah – Puissant et Majestueux – révéla à Jésus, fils de Marie : “Ô Jésus, sois sérieux dans Mon commandement et ne faiblis pas. Écoute et obéis, ô fils de la pure, de la vierge, de la chaste. Tu es issu sans mâle, et Je t’ai créé comme un signe pour les mondes. Adore-Moi et place ta confiance en Moi. Prends le Livre avec force. Explique-le aux gens du syriaque. Transmets à ceux qui sont devant toi que Je suis le Vrai, le Vivant, l’Immuable, Celui qui ne disparaît pas. Croyez au prophète illettré arabe, maître du chameau et de la couronne – c’est-à-dire le turban –, de la tunique, des sandales et du bâton – c’est-à-dire la canne –, aux yeux très noirs, au front large, aux joues claires, aux cheveux bouclés, à la barbe fournie, aux sourcils joints, au nez fin, aux incisives espacées, à la barbiche apparente, dont le cou est comme une aiguière d’argent, et comme si l’or coulait sur sa clavicule. Il a des poils de sa poitrine à son nombril, qui courent comme une branche. Il n’a pas d’autres poils sur le ventre ni sur la poitrine. Il a les paumes et les pieds épais. Quand il se tourne, il se tourne tout entier. Quand il marche, c’est comme s’il se détachait d’un rocher et descendait d’une pente. Sa sueur sur son visage est comme des perles, et l’odeur du musc émane de lui. On n’a vu avant lui ni après lui personne de semblable. Il est de belle stature, d’odeur agréable, épouseur de femmes, à la descendance peu nombreuse. Sa descendance ne vient que d’une bénie, qui a une demeure – c’est-à-dire au Paradis – faite de roseaux, sans fatigue ni tumulte. Tu seras son garant, ô Jésus, à la fin des temps, comme Zacharie fut le garant de ta mère. Il aura d’elle deux petits qui seront martyrs. Il a auprès de Moi un rang que nul autre humain n’a. Sa parole est le Coran, sa religion est l’Islam, et Moi je suis la Paix (al-Salām). Bienheureux (Ṭūbā) celui qui atteindra son temps, assistera à ses jours et entendra sa parole.” » Jésus dit : « Ô Seigneur, qu’est-ce que Ṭūbā ? » Il dit : « C’est la plantation d’un arbre que J’ai planté de Ma main. Il est pour tous les jardins. Sa racine vient de Riḍwān, son eau de Tasnīm, sa fraîcheur est celle du camphre, son goût est celui du gingembre, et son odeur est celle du musc. Quiconque en boit une gorgée n’aura plus jamais soif. » Jésus dit : « Ô Seigneur, donne-m’en à boire. » Il dit : « Il est interdit aux prophètes d’en boire avant que ce prophète n’en boive, et il est interdit aux communautés d’en boire avant que la communauté de ce prophète n’en boive. » Il dit : « Ô Jésus, Je vais t’élever vers Moi. » Jésus dit : « Seigneur, pourquoi M’élèves-Tu ? » Il dit : « Je t’élève, puis Je te ferai descendre à la fin des temps pour que tu voies les prodiges de la communauté de ce prophète et pour que tu les aides à combattre le maudit Dajjāl. Je te ferai descendre à l’heure d’une prière, mais tu ne prieras pas avec eux, car elle est une communauté bénie, et il n’y a pas de prophète après leur prophète. » Hishām ibn ‘Ammār a dit d’après al-Walīd ibn Muslim, d’après ‘Abd al-Raḥmān ibn Zayd, d’après son père : « Jésus dit : “Ô Seigneur, informe-moi au sujet de cette communauté bénie.” Il dit : “C’est la communauté d’Aḥmad. Ce sont des savants, des sages, comme s’ils étaient des prophètes. Ils se contentent de Moi avec peu de don, et Je Me contente d’eux avec peu d’œuvre. Je les fais entrer au Paradis par ‘Il n’y a de dieu qu’Allah’. Ô Jésus, ils sont les plus nombreux habitants du Paradis, car jamais les langues d’aucun peuple ne se sont humiliées par ‘Il n’y a de dieu qu’Allah’ comme leurs langues se sont humiliées, et jamais les nuques d’aucun peuple ne se sont humiliées par la prosternation comme leurs nuques se sont humiliées.” » Rapporté par Ibn ‘Asākir.
Ibn 'Asākir rapporte d'après 'Abd Allāh ibn Badīl al-'Uqaylī, d'après 'Abd Allāh ibn 'Awsaǧa, qui a dit : Dieu révéla à Jésus, fils de Marie : « Fais de Moi dans ton âme comme ta préoccupation 7, fais de Moi ton trésor pour ton retour 8, rapproche-toi de Moi par les œuvres surérogatoires 9 et Je t'aimerai. Ne prends pas d'autre que Moi, car Je te prendrai 10. Sois patient dans l'épreuve et satisfait du décret 11. Sois pour Ma joie en toi, car Ma joie est que Je sois obéi et non désobéi. Sois proche de Moi, fais vivre Mon souvenir sur ta langue, que Mon amour soit dans ton cœur. Éveille-toi des heures d'inattention et juge avec une finesse d'intelligence 12. Sois pour Moi désireux et craintif 13. Fais mourir ton cœur dans la crainte 14 de Moi. Veille sur la nuit pour le droit de Ma joie, et rends ton jour assoiffé pour le jour de l'abreuvement auprès de Moi. Rivalise dans les bonnes œuvres de tout ton effort. Reconnais le bien où que tu te tournes. Lève-toi parmi les créatures avec Mon conseil 15. Juge Mes serviteurs avec Ma justice. Car il est descendu sur toi une guérison des insufflations 16 des poitrines, de la maladie de l'oubli, et une illumination des yeux du voile de la fatigue. Ne sois pas comme un mort, comme si tu étais saisi alors que tu es vivant et respires. » « Ô Jésus, fils de Marie, nulle créature n'a cru en Moi sans s'être humiliée, et nul ne s'est humilié pour Moi sans espérer Ma récompense. Je te prends à témoin qu'elle est en sécurité contre Mon châtiment tant qu'elle n'a pas changé ou altéré Ma sunna 17. Ô Jésus, fils de Marie, la vierge pure 18, pleure sur toi-même durant les jours de la vie, comme pleure celui qui a dit adieu à sa famille, abandonné le monde, laissé les plaisirs à leurs gens 19, et dont le désir s'est élevé vers ce qui est auprès de son Dieu. Sois en cela doux dans la parole, répands la paix 20. Sois éveillé quand les yeux des pieux 21 dorment, en te méfiant de ce qui vient de l'affaire du retour et des secousses des terreurs terribles, avant que ne profitent ni famille ni biens. Enduis tes yeux du collyre 22 de la tristesse quand les oisifs rient. Sois en cela patient et comptant sur la récompense 23. Bienheureux es-tu si t'atteint ce qui a été promis aux patients. Espère du monde par Dieu le jour où ils seront ressuscités. Goûte la saveur de ce qui est passé de toi : où est sa saveur ? Et ce qui ne t'est pas encore venu : quelle est sa délectation ? Réjouis-toi du monde avec le nécessaire 24. Que te suffise du monde le grossier et le rebut 25. Tu as vu vers quoi il va. Agis en comptant, car tu seras interrogé. Si tes yeux voyaient ce que J'ai préparé pour Mes saints 26 vertueux, ton cœur fondrait et ton âme s'envolerait. » Abū Dāwūd a dit dans le Livre du Décret : Muḥammad ibn Yaḥyā ibn Fāris nous a raconté, 'Abd ar-Razzāq nous a raconté, Ma'mar nous a raconté d'après az-Zuhrī, d'après Ibn Ṭāwūs, d'après son père, qui a dit : Jésus, fils de Marie, rencontra Iblīs 27 et lui dit : « Ne sais-tu que rien ne t'atteindra sauf ce qui t'a été écrit ? » Iblīs dit : « Alors, monte au sommet de cette montagne et précipite-toi, et vois si tu vivras ou non. » Ibn Ṭāwūs, d'après son père, a dit : Jésus dit : « Ne sais-tu que Dieu a dit : 'Mon serviteur ne doit pas Me mettre à l'épreuve, car Je fais ce que Je veux' ? » Az-Zuhrī a dit : « Le serviteur ne met pas son Seigneur à l'épreuve, mais Dieu éprouve Son serviteur. » Abū Dāwūd a dit : Aḥmad ibn 'Abda nous a raconté, Sufyān nous a informés d'après 'Amr, d'après Ṭāwūs, qui a dit : Le Diable vint à Jésus, fils de Marie, et dit : « Ne prétends-tu pas être véridique ? Alors, va à un précipice 28 et jette-toi. » Il dit : « Malheur à toi ! N'a-t-Il pas dit : 'Ô fils d'Adam, ne Me demande pas la perte de ton âme, car Je fais ce que Je veux' ? » Abū Tawba ar-Rabī' ibn Nāfi' nous a raconté, Ḥusayn ibn Ṭalḥa nous a raconté, j'ai entendu Khālid ibn Yazīd dire : « Le Diable adora Dieu avec Jésus pendant dix ans ou deux ans. Un jour, il se tint au bord d'une montagne et le Diable dit : 'Que penses-tu si je me jette ? Rien ne m'atteindra sauf ce qui m'a été écrit.' Il dit : 'Je ne suis pas celui qui éprouve mon Seigneur, mais mon Seigneur, s'Il veut, m'éprouve.' Et il le reconnut comme étant le Diable et le quitta. » Abū Bakr ibn Abī d-Dunyā a dit : Shurayḥ ibn Yūnus nous a raconté, 'Alī ibn Thābit nous a raconté d'après al-Khaṭṭāb ibn al-Qāsim, d'après Abū 'Uthmān : « Jésus, sur lui la paix, priait au sommet d'une montagne. Iblīs vint à lui et dit : 'Es-tu celui qui prétend que toute chose est par décret et destin ?' Il dit : 'Oui.' Il dit : 'Jette-toi de cette montagne et dis : C'est un décret sur moi.' Il dit : 'Ô maudit ! Dieu éprouve les serviteurs, et les serviteurs n'éprouvent pas Dieu, Puissant et Majestueux.' » Abū Bakr ibn Abī d-Dunyā a dit : al-Faḍl ibn Mūsā al-Baṣrī nous a raconté, Ibrāhīm ibn Bashshār nous a raconté, j'ai entendu Sufyān ibn 'Uyayna dire : « Jésus, fils de Marie, rencontra Iblīs. Iblīs lui dit : 'Ô Jésus, fils de Marie, toi dont la grandeur de la seigneurie a atteint un tel point que tu as parlé dans le berceau, enfant, et personne avant toi n'y a parlé.' Il dit : 'Plutôt, la seigneurie appartient au Dieu qui m'a fait parler, puis me fera mourir, puis me ressuscitera.' Il dit : 'Et toi, dont la grandeur de la seigneurie a atteint un tel point que tu ressuscites les morts.' Il dit : 'Plutôt, la seigneurie appartient à Dieu qui fait vivre et mourir ; celui que j'ai ressuscité, Il le ressuscite ensuite.' Il dit : 'Par Dieu, tu es une divinité dans le ciel et une divinité sur terre.' Alors Gabriel le frappa d'un coup avec ses ailes, et il ne s'arrêta qu'aux cornes du soleil. Puis il le frappa d'un autre coup avec ses ailes, et il ne s'arrêta qu'à la source bouillante 29. Puis il le frappa d'un autre coup et le fit entrer dans les mers de la septième [terre], l'y enfonça – et dans une version : l'y fit pénétrer – jusqu'à ce qu'il goûte la saveur de la vase 30. Il en sortit en disant : 'Personne n'a subi de personne ce que j'ai subi de toi, ô fils de Marie.' » Une version plus détaillée a été rapportée par une autre voie. Le Ḥāfiẓ Abū Bakr al-Khaṭīb a dit : Abū l-Ḥasan ibn Rizqawayh m'a informé, Abū Bakr Aḥmad ibn Sayyidī nous a informés, Abū Muḥammad al-Ḥasan ibn 'Alī al-Qaṭṭān nous a raconté, Ismā'īl ibn 'Īsā al-'Aṭṭār nous a raconté, 'Alī ibn 'Āṣim nous a informés, Abū Salama Suwayd m'a raconté d'après certains de ses compagnons, qui a dit : « Jésus pria à Jérusalem 31 puis partit. Lorsqu'il fut à un certain col 32, Iblīs se présenta à lui et le retint. Il se mit à lui faire des suggestions et à lui parler, lui disant : 'Il ne convient pas que tu sois un serviteur.' Il insista beaucoup, et Jésus cherchait à se dégager de lui, mais n'y parvenait pas. Il lui dit entre autres : 'Il ne convient pas, ô Jésus, que tu sois un serviteur.' Jésus implora l'aide de son Seigneur. Alors Gabriel et Michaël 33 vinrent. Quand Iblīs les vit, il cessa. Lorsqu'il fut stable avec lui sur le col, ils entourèrent Jésus, et Gabriel frappa Iblīs de son aile et le projeta au fond de la vallée. Iblīs revint vers lui, sachant qu'ils n'avaient reçu d'ordre que pour cela. Il dit à Jésus : 'Je t'ai informé qu'il ne convient pas que tu sois un serviteur. Ta colère n'est pas la colère d'un serviteur. Tu as vu ce que j'ai subi de toi quand tu t'es fâché. Mais je t'invite à une chose qui te sera facile : j'ordonnerai aux démons de t'obéir. Quand les humains verront que les démons t'obéissent, ils t'adoreront. Je ne dis pas que tu sois une divinité sans autre divinité, mais Dieu sera une divinité dans le ciel, et toi, tu seras une divinité sur terre.' Quand Jésus entendit cela de lui, il implora l'aide de son Seigneur et poussa un grand cri. Alors Séraphiel 34 descendit. Gabriel et Michaël le regardèrent, et Iblīs cessa. Lorsqu'il fut stable avec eux, Séraphiel frappa Iblīs de son aile et le projeta contre le disque du soleil. Puis il le frappa d'un autre coup, et Iblīs tomba, tandis que Jésus passait à son endroit. Il dit : 'Ô Jésus, j'ai subi aujourd'hui à cause de toi une grande fatigue.' Il le projeta dans le disque du soleil, et il trouva sept anges auprès de la source bouillante. Ils le plongèrent, et chaque fois qu'il sortait, ils le plongeaient dans cette vase. Il dit : 'Par Dieu, il ne revint plus vers lui après cela.' » Il dit : Ismā'īl al-'Aṭṭār nous a raconté, Abū Ḥudhayfa nous a raconté, qui a dit : « Ses démons se rassemblèrent autour de lui et dirent : 'Notre maître, tu as subi une fatigue.' Il dit : 'Celui-ci est un serviteur préservé 35 ; je n'ai aucun moyen sur lui. Mais j'égarerai par lui beaucoup d'humains, je répandrai parmi eux des passions diverses, je ferai d'eux des sectes, et ils feront de lui et de sa mère deux divinités en dehors de Dieu.' »
Il dit : Et Allah a révélé, parmi ce par quoi Il a soutenu Jésus et l'a protégé d'Iblîs, un Coran parlant qui mentionne Sa grâce envers Jésus, en disant : « Ô Jésus, fils de Marie, rappelle-toi Ma grâce sur toi et sur ta mère, quand Je t'ai soutenu par l'Esprit Saint 36 », c'est-à-dire : quand Je t'ai renforcé par l'Esprit Saint, c'est-à-dire Gabriel, « tu parlais aux gens dans le berceau et en pleine maturité, et quand Je t'ai enseigné l'Écriture, la Sagesse, la Torah et l'Évangile. Et quand tu créais d'argile une forme d'oiseau... » 37 tout le verset. « Et quand J'ai fait des pauvres tes intimes, tes compagnons et tes soutiens, toi te contentant d'eux, et eux se contentant de toi comme guide et meneur vers le Paradis. Sache donc que ce sont deux nobles caractères : celui qui Me rencontre avec eux M'a rencontré avec les créatures les plus pures et les plus agréables auprès de Moi. Et les fils d'Israël te diront : “Nous avons jeûné, mais notre jeûne n'a pas été accepté ; nous avons prié, mais notre prière n'a pas été acceptée ; nous avons fait l'aumône, mais notre aumône n'a pas été acceptée ; nous avons pleuré comme le gémissement des chameaux, mais nos pleurs n'ont pas été pris en pitié.” Dis-leur : “Pourquoi cela ? Qu'est-ce qui m'en empêche ? Ma main est-elle devenue chiche ? Ou les trésors des cieux et de la terre ne sont-ils pas en Ma main, J'en dépense comme Je veux ? Ou l'avarice M'affecte-t-elle ? Ne suis-Je pas le plus généreux de ceux qu'on sollicite et le plus large de ceux qui donnent ? Ou Ma miséricorde s'est-elle rétrécie ? Ce n'est que par Ma miséricorde que les miséricordieux se montrent miséricordieux. Si ces gens, ô Jésus fils de Marie, ne s'étaient pas leurrés eux-mêmes par la sagesse qui engendre dans leurs cœurs ce par quoi ils ont préféré le monde à l'au-delà, ils auraient su d'où ils viennent, et alors ils auraient été certains que leurs propres âmes sont leurs pires ennemis. Comment accepterais-je leur jeûne alors qu'ils se renforcent par des aliments illicites ? Comment accepterais-je leur prière alors que leurs cœurs s'attachent à ceux qui Me combattent et rendent licites Mes interdits ? Comment accepterais-je leurs aumônes alors qu'ils les extorquent aux gens, les prenant de manière illicite ? Ô Jésus, Je ne récompense que leurs véritables propriétaires. Comment aurais-je pitié de leurs pleurs alors que leurs mains dégouttent du sang des prophètes ? Ma colère contre eux s'est accrue. Ô Jésus, J'ai décrété le jour où J'ai créé les cieux et la terre que quiconque M'adore et dit de vous deux selon Ma parole, Je ferai d'eux tes voisins dans la Demeure, tes compagnons dans les demeures et tes associés dans l'honneur. Et J'ai décrété le jour où J'ai créé les cieux et la terre que quiconque prend toi et ta mère comme deux divinités en dehors d'Allah, Je les placerai dans le bas fond du Feu. Et J'ai décrété le jour où J'ai créé les cieux et la terre que Je confirmerai cette affaire par les mains de Mon serviteur Muhammad, et que Je scellerai par lui les prophètes et les messagers. Sa naissance est à La Mecque, son émigration à Tayba 38, et son royaume au Sham 39. Il n'est ni rude, ni dur, ni criard dans les marchés, ni ne se pare d'obscénité, ni ne profère de paroles grossières. Je le dirige vers toute belle action et lui accorde tout noble caractère. Je fais de la piété sa conscience, de la sagesse sa raison, de la loyauté sa nature, de la justice sa conduite, de la vérité sa loi, et de l'islam sa religion. Son nom est Ahmad 40. Par lui, Je guide après l'égarement, J'instruis après l'ignorance, J'enrichis après la pauvreté, J'élève après l'abaissement. Par lui, Je guide et J'ouvre entre des oreilles sourdes, des cœurs enveloppés et des passions diverses et dispersées. Je fais de sa communauté la meilleure communauté jamais suscitée pour les hommes : ils ordonnent le bien et interdisent le mal, par sincérité pour Mon nom et par foi en ce que les messagers ont apporté. Je leur inspire la glorification, la sanctification et la proclamation de l'unicité dans leurs mosquées, leurs assemblées, leurs maisons, leurs déplacements et leurs demeures. Ils prient pour Moi debout, assis, inclinés et prosternés. Ils combattent dans Mon chemin en rangs et en masses. Leur offrande est leur sang, et leurs Évangiles sont dans leurs poitrines, et leur offrande est dans leurs ventres. Moines la nuit, lions le jour. Telle est Ma grâce : Je la donne à qui Je veux, et Je suis le Détenteur de la grâce immense. » Nous mentionnerons ce qui confirme une grande partie de ce contexte, parmi ce que nous rapporterons des sourates al-Mâ'ida et as-Saff, si Allah le veut. C'est en Lui que nous plaçons notre confiance. Abû Hudhayfa Ishâq ibn Bishr a rapporté, avec ses chaînes de transmission, d'après Ka'b al-Ahbâr, Wahb ibn Munabbih, Ibn 'Abbâs et Salmân al-Fârisî — leurs récits se mêlent les uns aux autres — ils ont dit : Lorsque Jésus fils de Marie fut envoyé et leur apporta les preuves évidentes, les hypocrites et les mécréants parmi les fils d'Israël se mirent à s'étonner de lui et à se moquer de lui, disant : « Qu'a mangé untel hier soir ? Qu'a-t-il gardé dans sa maison ? » Il les informait. Alors les croyants augmentaient en foi, et les mécréants et les hypocrites en doute et en mécréance. Jésus, malgré cela, n'avait pas de maison où se réfugier ; il voyageait sur terre, sans demeure fixe ni lieu connu. La première fois qu'il ressuscita un mort, c'est qu'un jour il passa près d'une femme assise auprès d'une tombe, pleurant. Il lui dit : « Qu'as-tu, ô femme ? » Elle répondit : « Une fille à moi est morte ; je n'avais d'autre enfant qu'elle. J'ai fait le vœu à mon Seigneur de ne pas quitter cet endroit jusqu'à ce que je goûte ce qu'elle a goûté de la mort, ou qu'Allah la ressuscite pour moi afin que je la voie. » Jésus lui dit : « Que penses-tu si tu la vois, retourneras-tu ? » Elle dit : « Oui. » Ils dirent : Il pria deux rak'as 41, puis vint s'asseoir près de la tombe et appela : « Ô une telle, lève-toi par la permission du Tout-Miséricordieux et sors. » La tombe bougea, puis il appela une deuxième fois : la tombe se fendit par la permission d'Allah, puis il appela une troisième fois : elle sortit en secouant la tête de la poussière. Jésus lui dit : « Qu'est-ce qui t'a retardée ? » Elle répondit : « Lorsque le premier cri me parvint, Allah envoya un ange qui recomposa ma création. Puis le deuxième cri me parvint, et mon esprit me revint. Puis le troisième cri me parvint, et je craignis que ce fût le cri de la Résurrection : mes cheveux, mes sourcils et mes cils blanchirent par peur de la Résurrection. » Puis elle se tourna vers sa mère et dit : « Ô mère, qu'est-ce qui t'a poussée à me faire goûter deux fois l'angoisse de la mort ? Ô mère, sois patiente et espère la récompense : je n'ai nul besoin de ce monde. Ô Esprit d'Allah et Sa Parole, demande à mon Seigneur de me renvoyer dans l'au-delà et de m'alléger l'angoisse de la mort. » Il invoqua son Seigneur, et Il la reprit à Lui, et la terre se referma sur elle. Cela parvint aux Juifs, et leur colère contre lui s'accrut. Nous avons déjà mentionné, à la suite de l'histoire de Noé, que les fils d'Israël lui demandèrent de ressusciter pour eux Sâm, fils de Noé. Il invoqua Allah, Puissant et Majestueux, et pria, et Allah le ressuscita pour eux. Il leur parla de l'arche et de son histoire, puis il invoqua et il redevint poussière. As-Suddî a rapporté d'après Abû Sâlih et Abû Mâlik, d'après Ibn 'Abbâs, dans un récit qu'il a mentionné, où il est dit qu'un roi des rois des fils d'Israël mourut et fut porté sur son lit. Jésus, sur lui la paix, vint, invoqua Allah, Puissant et Majestueux, et Allah, Puissant et Majestueux, le ressuscita. Les gens virent une chose terrifiante et un spectacle étonnant. Allah, Très-Haut, dit — et Il est le plus véridique des locuteurs — : « Quand Allah dit : “Ô Jésus, fils de Marie, rappelle-toi Ma grâce sur toi et sur ta mère, quand Je t'ai soutenu par l'Esprit Saint, tu parlais aux gens dans le berceau et en pleine maturité ; et quand Je t'ai enseigné l'Écriture, la Sagesse, la Torah et l'Évangile ; et quand tu créais d'argile une forme d'oiseau, par Ma permission, puis tu soufflais dedans, et cela devenait un oiseau, par Ma permission ; et tu guérissais l'aveugle-né et le lépreux, par Ma permission ; et tu faisais sortir les morts, par Ma permission ; et quand J'ai écarté de toi les fils d'Israël, quand tu leur apportais les preuves évidentes, et que ceux d'entre eux qui avaient mécru dirent : “Ce n'est là que magie évidente” ; et quand J'ai révélé aux apôtres : “Croyez en Moi et en Mon messager”, ils dirent : “Nous croyons ; et sois témoin que nous sommes soumis.” »
Il [Dieu] lui rappelle Sa grâce envers lui et Son bienfait à son égard en le créant sans père, mais d'une mère sans homme, et en faisant de lui un signe pour les gens et une preuve de la perfection de Sa puissance, puis en l'envoyant après tout cela « et sur ta mère » 42 dans Son élection et Son choix pour cette grâce immense ? Et en établissant la preuve de son innocence de ce que les ignorants lui avaient attribué. C'est pourquoi Il dit : « quand Je t'ai soutenu par l'Esprit Saint » 43, c'est-à-dire Gabriel, en insufflant son esprit à sa mère et en l'associant à lui dans sa mission et sa défense contre ceux qui mécroyaient en lui. « Tu parlais aux gens dans le berceau et en pleine maturité » 44, c'est-à-dire que tu appelais les gens à Dieu dans ton enfance, dans ton berceau, et dans ta maturité. « Et quand Je t'ai enseigné le Livre et la Sagesse » 45, c'est-à-dire l'écriture et la compréhension. Certains prédécesseurs l'ont précisé : « la Thora et l'Évangile ». Et Sa parole : « et quand tu créais d'argile une forme d'oiseau, par Ma permission » 46, c'est-à-dire que tu le façonnais et le modelais en argile sous forme d'oiseau, sur ordre de Dieu pour cela. « puis tu soufflais dedans, et cela devenait un oiseau, par Ma permission » 47, c'est-à-dire par Mon ordre. Dieu insiste en mentionnant la permission pour lui afin d'écarter toute illusion. Et Sa parole : « et tu guérissais l'aveugle-né » 48 – certains prédécesseurs ont dit : c'est celui qui naît aveugle et qu'aucun médecin ne peut soigner – « et le lépreux » 49, c'est celui pour qui il n'y a pas de remède, mais qui a souffert de la lèpre et dont la maladie est devenue incurable. « et quand tu faisais sortir les morts » 50, c'est-à-dire de leurs tombes, vivants, par Ma permission. Ce qui précède contient une preuve suffisante que cela s'est produit à plusieurs reprises. Et Sa parole : « et quand J'ai écarté de toi les fils d'Israël, lorsque tu leur as apporté les preuves évidentes, et que ceux d'entre eux qui mécroyaient ont dit : "Ceci n'est que de la magie évidente" » 51. Cela eut lieu lorsqu'ils voulurent le crucifier ; Dieu l'éleva vers Lui et le sauva du milieu d'eux, protégeant sa noble personne du mal et le préservant de la perdition. Et Sa parole : « et quand J'ai révélé aux apôtres : "Croyez en Moi et en Mon Messager" ; ils dirent : "Nous croyons ; et sois témoin que nous sommes soumis" » 52. On a dit que cette révélation est une inspiration, c'est-à-dire que Dieu les y a guidés et les y a conduits, comme Il a dit : « Et ton Seigneur révéla aux abeilles » 53 et « Nous révélâmes à la mère de Moïse : "Allaite-le ; et si tu crains pour lui, jette-le dans le fleuve" » 54. On a dit aussi qu'il s'agit d'une révélation par l'intermédiaire du Messager et d'une assistance dans leurs cœurs pour accepter la vérité ; c'est pourquoi ils répondirent en disant : « Nous croyons ; et sois témoin que nous sommes soumis ». Cela fait partie des grâces de Dieu envers Son serviteur et Messager Jésus, fils de Marie, d'avoir fait pour lui des partisans et des auxiliaires qui le soutiennent et appellent avec lui à l'adoration de Dieu seul, sans associé, comme Dieu a dit à Son serviteur Muhammad, que Dieu le bénisse et le salue : « C'est Lui qui t'a soutenu par Son secours et par les croyants, et Il a uni leurs cœurs. Si tu avais dépensé tout ce qui est sur terre, tu n'aurais pas uni leurs cœurs ; mais Dieu les a unis. Il est Puissant et Sage » 55. Et Dieu a dit : « Et Il lui enseigne le Livre, la Sagesse, la Thora et l'Évangile, et comme messager aux fils d'Israël : "Je suis venu à vous avec un signe de votre Seigneur : je crée pour vous d'argile une forme d'oiseau, puis je souffle dedans, et cela devient un oiseau par la permission de Dieu ; et je guéris l'aveugle-né et le lépreux, et je ressuscite les morts par la permission de Dieu ; et je vous annonce ce que vous mangez et ce que vous amassez dans vos maisons. Il y a là un signe pour vous, si vous êtes croyants. Et je confirme ce qui a été avant moi de la Thora, et je vous rends licite une partie de ce qui vous était interdit. Je suis venu à vous avec un signe de votre Seigneur. Craignez donc Dieu et obéissez-moi. Dieu est mon Seigneur et votre Seigneur ; adorez-Le donc : voilà le droit chemin." Puis, lorsque Jésus ressentit leur mécréance, il dit : "Qui sont mes alliés pour Dieu ?" Les apôtres dirent : "Nous sommes les alliés de Dieu ; nous croyons en Dieu ; et sois témoin que nous sommes soumis. Seigneur ! Nous croyons en ce que Tu as révélé et nous suivons le Messager ; inscris-nous donc parmi les témoins." Et ils complotèrent, et Dieu complota, et Dieu est le meilleur des comploteurs » 56. Le miracle de chaque prophète à son époque était adapté aux gens de cette époque. On rapporte que Moïse, paix sur lui, eut un miracle adapté aux gens de son temps, qui étaient des magiciens habiles ; il fut envoyé avec des signes qui éblouirent les regards et soumirent les têtes. Lorsque les magiciens, experts dans les arts de la magie et sachant ses limites, virent ce qu'ils virent d'un prodige éclatant et terrifiant qui ne pouvait émaner que de quelqu'un que Dieu soutient et par qui Il produit un miracle pour le confirmer, ils se convertirent rapidement sans hésiter. De même, Jésus, fils de Marie, fut envoyé à l'époque des médecins philosophes ; il fut envoyé avec des miracles qu'ils ne pouvaient accomplir ni comprendre. Comment un médecin pourrait-il guérir l'aveugle-né, qui est dans un état pire que l'aveugle, le lépreux, le lépreux avancé, ou celui qui souffre d'une maladie chronique ? Et comment une créature pourrait-elle ressusciter un mort de sa tombe ? C'est là un miracle que chacun sait prouver la véracité de celui qui l'accomplit et la puissance de Celui qui l'a envoyé. De même, Muhammad, que Dieu le bénisse et le salue, ainsi que tous les prophètes, fut envoyé à l'époque des orateurs éloquents ; Dieu révéla sur lui le Coran sublime, que le faux ne peut atteindre ni par devant ni par derrière : c'est une révélation de la part d'un Sage, Digne de louange. Sa lettre est un miracle ; il a défié les hommes et les djinns d'apporter quelque chose de semblable, ou dix sourates semblables, ou une seule sourate, et il a établi qu'ils ne le pourraient jamais, ni maintenant ni dans l'avenir. S'ils ne le font pas – et ils ne le feront jamais – c'est uniquement parce que c'est la parole du Créateur, Gloire à Lui, et Dieu ne ressemble à rien, ni dans Son essence, ni dans Ses attributs, ni dans Ses actes. * * * Le but est que Jésus, paix sur lui, lorsqu'il eut établi contre eux les preuves et les arguments, la plupart d'entre eux persistèrent dans leur mécréance, leur égarement, leur obstination et leur tyrannie. Alors, un groupe pieux parmi eux se leva pour lui, [ils furent] ses partisans et ses auxiliaires, s'engageant à le suivre, le soutenir et lui être sincères. Cela eut lieu lorsque les fils d'Israël complotèrent contre lui et le dénoncèrent à l'un des rois de cette époque, décidant de le tuer et de le crucifier. Dieu le sauva d'eux, l'éleva vers Lui du milieu d'eux, et jeta sa ressemblance sur l'un de ses compagnons ; ils le prirent, le tuèrent et le crucifièrent, croyant que c'était Jésus, mais ils se trompaient et s'opposaient à la vérité. Beaucoup de chrétiens acceptèrent ce qu'ils prétendaient, et les deux groupes se trompèrent en cela. Dieu a dit : « Et ils complotèrent, et Dieu complota, et Dieu est le meilleur des comploteurs » 57. Et Dieu a dit : « Et quand Jésus, fils de Marie, dit : "Ô fils d'Israël ! Je suis le Messager de Dieu vers vous, confirmant ce qui a été avant moi de la Thora, et annonçant un Messager qui viendra après moi, dont le nom sera Ahmad." Puis, lorsqu'il leur apporta les preuves évidentes, ils dirent : "C'est de la magie évidente." Et qui est plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Dieu alors qu'il est appelé à l'islam ? Dieu ne guide pas les gens injustes. Ils veulent éteindre la lumière de Dieu avec leurs bouches, mais Dieu parachève Sa lumière, en dépit des mécréants » 58. Jusqu'à ce qu'Il dise après cela : « Ô vous qui croyez ! Soyez les alliés de Dieu, comme Jésus, fils de Marie, dit aux apôtres : "Qui sont mes alliés pour Dieu ?" Les apôtres dirent : "Nous sommes les alliés de Dieu." Alors une partie des fils d'Israël crut, et une partie mécrut. Nous soutînmes ceux qui crurent contre leurs ennemis, et ils devinrent vainqueurs » 59.
Jésus, paix sur lui, est le sceau des prophètes des Enfants d'Israël. Il se leva parmi eux en prédicateur, leur annonçant la bonne nouvelle du Sceau des prophètes 60 qui viendrait après lui, mentionna son nom et leur décrivit ses attributs afin qu'ils le reconnaissent et le suivent lorsqu'ils le verraient, pour que l'argument soit établi contre eux et par bienveillance de Dieu envers eux, comme dit le Très-Haut : « Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré 61 qu'ils trouvent mentionné chez eux dans la Thora et l'Évangile. Il leur ordonne le convenable, leur interdit le blâmable, leur rend licites les bonnes choses et leur interdit les mauvaises ; il les décharge de leur fardeau et des chaînes qui pesaient sur eux. Ceux qui croient en lui, le soutiennent, le secourent et suivent la lumière descendue avec lui, ceux-là sont les bienheureux. » (Coran 7:157) Muhammad ibn Ishaq a dit : Thawr ibn Yazid m'a rapporté, d'après Khalid ibn Ma'dan, d'après les Compagnons du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, qu'ils dirent : « Ô Messager de Dieu, informe-nous sur toi-même. » Il dit : « L'invocation de mon père Abraham et l'annonce de Jésus ; ma mère, lorsqu'elle m'a porté, a vu comme si une lumière sortait d'elle, illuminant les palais de Busra 62 en Syrie. » Il a été rapporté d'al-'Irbad ibn Sariya et d'Abu Umama, d'après le Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, quelque chose de similaire, incluant : « L'invocation de mon père Abraham et l'annonce de Jésus. » Cela parce qu'Abraham, lorsqu'il construisit la Ka'ba, dit : « Notre Seigneur, envoie parmi eux un Messager issu d'eux » (Coran 2:129). Et lorsque la prophétie parmi les Enfants d'Israël parvint à Jésus, il se leva parmi eux en prédicateur et leur annonça que la prophétie avait cessé parmi eux et qu'après lui elle serait chez le Prophète arabe illettré, le Sceau absolu des prophètes, Ahmad, qui est Muhammad ibn 'Abdullah ibn 'Abd al-Muttalib ibn Hashim, issu de la descendance d'Ismaël fils d'Abraham l'Ami intime 63, paix sur eux. Dieu le Très-Haut dit : « Lorsqu'il leur apporta les preuves évidentes, ils dirent : "C'est une magie manifeste." » (Coran 61:6) Le pronom peut renvoyer à Jésus, paix sur lui, ou à Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue. Ensuite, le Très-Haut exhorta Ses serviteurs croyants à soutenir l'islam et ses gens, à soutenir Son Prophète, à l'assister et à l'aider à établir la religion et à répandre l'appel, en disant : « Ô vous qui avez cru, soyez les alliés de Dieu, comme dit Jésus fils de Marie aux apôtres : "Qui sont mes alliés pour Dieu ?" » (Coran 61:14) C'est-à-dire : qui m'assiste dans l'appel à Dieu ? « Les apôtres dirent : "Nous sommes les alliés de Dieu." » Cela se passait dans un village appelé Nazareth ; ils furent donc appelés Nasara (chrétiens). Dieu le Très-Haut dit : « Une partie des Enfants d'Israël crut, et une partie mécrut. » (Coran 61:14) C'est-à-dire : lorsque Jésus appela les Enfants d'Israël et d'autres à Dieu, certains crurent et d'autres mécrurent. Parmi ceux qui crurent en lui se trouvaient tous les habitants d'Antioche, selon ce qu'ont mentionné plusieurs spécialistes des biographies, de l'histoire et de l'exégèse. Il leur envoya trois messagers, dont Simon-Pierre 64 ; ils crurent et répondirent. Ce ne sont pas ceux mentionnés dans la sourate Ya-Sin, comme cela a été établi précédemment dans l'histoire des gens du village. D'autres parmi les Enfants d'Israël mécrurent, et ce sont la majorité des Juifs. Dieu soutint ceux qui crurent en lui contre ceux qui mécrurent par la suite, et ils devinrent dominants et victorieux sur eux, comme dit le Très-Haut : « Quand Dieu dit : "Ô Jésus, je vais te rappeler à Moi, t'élever vers Moi, te purifier de ceux qui ont mécru, et placer ceux qui t'ont suivi au-dessus de ceux qui ont mécru jusqu'au Jour de la Résurrection." » (Coran 3:55) Ainsi, quiconque était plus proche de lui était généralement vainqueur de ceux qui étaient en dessous. Et comme la parole des musulmans à son sujet est la vérité sans aucun doute – qu'il est le serviteur de Dieu et Son Messager – ils furent dominants sur les chrétiens qui exagérèrent à son sujet, le louèrent excessivement et l'élevèrent au-dessus de ce que Dieu l'avait élevé. Et comme les chrétiens, dans l'ensemble, étaient plus proches de la vérité que les Juifs – que les malédictions de Dieu soient sur eux – les chrétiens furent vainqueurs des Juifs pendant les périodes d'interruption prophétique 65 jusqu'à l'époque de l'islam et de ses gens.
- fī al-mahd : Dans le berceau ; allusion au miracle de Jésus parlant au berceau (Coran 19:29-33).
- malik : Roi ; le texte arabe a une lacune, mais le sens est clair.
- dihqân : Chef de village ou notable perse, souvent propriétaire terrien.
- shay'an : Chose ; le texte arabe a une lacune, mais le sens est qu'il ne trouva rien dans ses jarres.
- wa-kufruhum wa-qawlihim 'alā Maryama buhtānan 'aẓīman : Référence au verset coranique 4:156 : « et à cause de leur mécréance et de leur parole grave contre Marie ».
- Abū Jād : Abjad ; nom traditionnel de l'alphabet arabe, basé sur les premières lettres (alif, bā, jīm, dāl).
- hamm : Préoccupation, souci constant ; ici, Dieu demande à Jésus de Le considérer comme sa préoccupation principale.
- ma'ād : Retour, lieu de retour ; désigne l'au-delà, le jour du Jugement.
- nawāfil : Œuvres surérogatoires, prières ou actes d'adoration supplémentaires au-delà des obligations.
- fa-ākhudh laka : Littéralement 'Je te prendrai' ; sens : Je te saisirai, te châtierai ou t'abandonnerai.
- qaḍā' : Décret divin, arrêté de Dieu.
- laṭīf al-fiṭna : Finesse d'intelligence, perspicacité subtile.
- rāghiban rāhiban : Désireux (de la miséricorde divine) et craintif (du châtiment).
- khashya : Crainte révérencielle, crainte de Dieu mêlée de respect.
- naṣīḥa : Conseil sincère, exhortation ; ici, conseil divin.
- waswās : Insufflation, suggestion diabolique, murmure satanique.
- sunna : Voie, tradition prophétique ; ici, la loi ou la pratique divine établie.
- al-bikr al-batūl : La vierge pure ; 'bikr' signifie vierge, 'batūl' désigne celle qui se consacre exclusivement à Dieu.
- li-ahlihā : À leurs gens ; les plaisirs sont laissés à ceux qui les recherchent.
- tufshī as-salām : Répandre la paix ; salutation et pratique de paix.
- abrār : Pieux, justes, saints.
- milūl : Collyre ; ici, métaphore pour un remède oculaire spirituel.
- muḥtasib : Qui compte sur la récompense divine, qui agit en espérant la rétribution.
- bulgha : Le nécessaire, ce qui suffit pour subsister.
- al-khashn al-ja'īb : Le grossier et le rebut ; ce qui est rugueux et méprisable.
- awliyā' : Saints, amis de Dieu, protégés.
- Iblīs : Nom propre du Diable, Satan.
- hūwa : Précipice, gouffre.
- al-'ayn al-ḥāmiya : La source bouillante ; lieu de châtiment.
- ḥam'a : Vase, boue noire.
- Bayt al-Maqdis : Jérusalem, littéralement 'la Maison sainte'.
- 'aqaba : Col, passage montagneux difficile.
- Mīkā'īl : Michaël, l'ange.
- Isrāfīl : Séraphiel, l'ange de la Trompette.
- ma'ṣūm : Préservé du péché, infaillible.
- Rûh al-Qudus : L'Esprit Saint, identifié ici à l'ange Gabriel, qui a soutenu Jésus.
- kayfa : Le texte arabe dit « كَهَيئَةِ الطير » (comme une forme d'oiseau), faisant référence au miracle de Jésus créant un oiseau d'argile.
- Tayba : Médine, appelée aussi Tayba (la bonne).
- Shâm : La région du Levant (Syrie, Palestine, Jordanie, Liban).
- Ahmad : Un des noms du prophète Muhammad, signifiant « le plus loué ».
- rak'a : Unité de prière islamique comprenant des inclinaisons et des prosternations.
- wa 'alā wālidatika : Et sur ta mère : référence à la grâce de Dieu envers Marie, mère de Jésus.
- Rūḥ al-Qudus : Esprit Saint : désigne l'ange Gabriel dans ce contexte.
- tukallimu al-nāsa fī al-mahdi wa kahlan : Tu parlais aux gens dans le berceau et en pleine maturité : miracle de Jésus parlant dès la naissance et continuant à prêcher à l'âge adulte.
- al-Kitāb wa al-Ḥikmah : Le Livre et la Sagesse : l'écriture et la compréhension, ou la Thora et l'Évangile selon certains exégètes.
- takhluqu min al-ṭīni kahay'ati al-ṭayri bi-idhnī : Tu créais d'argile une forme d'oiseau, par Ma permission : miracle de Jésus façonnant des oiseaux d'argile.
- fa-tanfukhu fīhā takūnu ṭayran bi-idhnī : Puis tu soufflais dedans, et cela devenait un oiseau, par Ma permission : le souffle de Jésus donne vie à l'argile.
- al-akmah : Aveugle-né : personne née aveugle, considérée comme incurable.
- al-abraṣ : Lépreux : personne atteinte de lèpre, maladie incurable à l'époque.
- tukhriju al-mawtā : Tu faisais sortir les morts : résurrection des morts par Jésus.
- wa idh kafaftu banī isrā'īla 'anka : Et quand J'ai écarté de toi les fils d'Israël : protection divine de Jésus contre les complots des Juifs.
- al-ḥawāriyyūn : Apôtres : disciples de Jésus, ses soutiens dans sa mission.
- wa awḥā rabbuka ilā al-naḥli : Et ton Seigneur révéla aux abeilles : Coran 16:68, révélation par inspiration.
- wa awḥaynā ilā ummi mūsā : Nous révélâmes à la mère de Moïse : Coran 28:7, inspiration divine.
- huwa alladhī ayyadaka binaṣrihi wa bil-mu'minīn : C'est Lui qui t'a soutenu par Son secours et par les croyants : Coran 8:62-63, soutien divin au Prophète Muhammad.
- wa yu'allimuhu al-kitāba wa al-ḥikmata : Et Il lui enseigne le Livre, la Sagesse... : Coran 3:48-54, récit des miracles de Jésus.
- wa makarū wa makara allāhu : Et ils complotèrent, et Dieu complota : Coran 3:54, le complot divin contre les ennemis de Jésus.
- wa idh qāla 'īsā bnu maryama yā banī isrā'īla : Et quand Jésus, fils de Marie, dit : Ô fils d'Israël... : Coran 61:6, annonce de la venue de Muhammad.
- yā ayyuhā alladhīna āmanū kūnū anṣāra allāhi : Ô vous qui croyez ! Soyez les alliés de Dieu : Coran 61:14, exhortation aux croyants.
- khatam al-anbiya' : Sceau des prophètes : titre donné à Muhammad, signifiant qu'il est le dernier prophète.
- al-nabi al-ummi : Le Prophète illettré : désigne Muhammad, qui ne savait ni lire ni écrire, signe de la révélation divine.
- Busra : Ville de Syrie (actuelle Bosra), mentionnée dans le hadith comme étant illuminée par la lumière de la naissance du Prophète.
- al-Khalil : L'Ami intime : titre d'Abraham, signifiant qu'il est l'ami particulier de Dieu.
- Sham'un al-Safa : Simon-Pierre, l'un des apôtres de Jésus, envoyé comme messager aux habitants d'Antioche.
- fatrat al-wahy : Période d'interruption prophétique : intervalle entre deux prophètes, ici entre Jésus et Muhammad.
Le récit de la Table servie [1]
Récit de la Table Servie 1 Dieu – qu'Il soit exalté – dit : « Quand les apôtres dirent : « Ô Jésus, fils de Marie, ton Seigneur peut-Il faire descendre sur nous une table servie du ciel ? » Il dit : « Craignez Dieu, si vous êtes croyants. » Ils dirent : « Nous voulons en manger, que nos cœurs soient apaisés, que nous sachions que tu nous as dit la vérité et que nous en soyons témoins. » Jésus, fils de Marie, dit : « Ô Dieu, notre Seigneur, fais descendre sur nous une table servie du ciel qui soit pour nous une fête 2 pour le premier et le dernier d'entre nous, et un signe de Ta part. Et accorde-nous Ta subsistance, car Tu es le Meilleur des nourrisseurs. » Dieu dit : « Je la ferai descendre sur vous. Mais quiconque parmi vous mécroit après cela, Je le châtierai d'un châtiment dont Je n'ai châtié personne dans l'univers. » Nous avons mentionné dans le Commentaire 3 les récits rapportés sur la descente de la Table Servie, d'après Ibn 'Abbâs, Salmân al-Fârisî, 'Ammâr ibn Yâsir et d'autres parmi les Anciens 4. Leur contenu est le suivant : Jésus – sur lui la paix – ordonna aux apôtres un jeûne de trente jours. Lorsqu'ils l'eurent accompli, ils demandèrent à Jésus de faire descendre sur eux une table servie du ciel, afin qu'ils en mangent, que leurs cœurs soient apaisés que Dieu avait accepté leur jeûne et exaucé leur demande, et qu'elle soit pour eux une fête pour rompre le jeûne le jour de leur rupture, et qu'elle suffise au premier et au dernier d'entre eux, au riche comme au pauvre. Jésus – sur lui la paix – les exhorta à ce sujet, craignant qu'ils ne soient pas reconnaissants et ne remplissent pas les conditions requises. Mais ils insistèrent pour qu'il demande cela à son Seigneur – Puissant et Majestueux. Comme ils ne cessaient pas, il se rendit à son oratoire 5, revêtit une étoffe de poil, joignit ses pieds, baissa la tête, laissa couler ses larmes et implora Dieu avec ferveur dans sa prière et sa demande, afin qu'ils soient exaucés dans leur requête. Dieu – qu'Il soit exalté – fit alors descendre la Table Servie du ciel, tandis que les gens la regardaient descendre entre deux nuages. Elle s'approchait peu à peu, et chaque fois qu'elle s'approchait, Jésus demandait à son Seigneur – Puissant et Majestueux – d'en faire une miséricorde et non un châtiment, une bénédiction et un salut. Elle continua de s'approcher jusqu'à se poser devant Jésus – sur lui la paix – recouverte d'un linge. Jésus se leva pour la découvrir, disant : « Au nom de Dieu, le Meilleur des nourrisseurs. » Et voilà qu'il y avait sept poissons et sept pains. On dit aussi : du vinaigre, des grenades et des fruits, et elle avait une odeur très agréable. Dieu lui dit : « Sois », et elle fut. Puis il leur ordonna d'en manger. Ils dirent : « Nous n'en mangerons pas avant que tu n'en manges. » Il dit : « C'est vous qui avez initié la demande. » Ils refusèrent d'en manger les premiers. Alors il ordonna aux pauvres, aux nécessiteux, aux malades et aux infirmes – ils étaient environ mille trois cents – d'en manger. Ils en mangèrent, et quiconque avait une infirmité, une maladie ou une affection chronique fut guéri. Les gens regrettèrent alors de ne pas en avoir mangé, voyant l'amélioration de l'état de ceux-là. Ensuite, on dit qu'elle descendait une fois par jour, et les gens en mangeaient ; le dernier d'entre eux mangeait comme le premier, jusqu'à ce qu'on dise qu'environ sept mille personnes en mangeaient. Puis elle descendait un jour après l'autre, comme la chamelle de Sâlih 6 dont ils buvaient le lait un jour après l'autre. Ensuite, Dieu ordonna à Jésus de la réserver aux pauvres et aux nécessiteux, à l'exclusion des riches. Cela pesa à beaucoup de gens, et leurs hypocrites en parlèrent. Alors elle fut entièrement élevée, et ceux qui en parlèrent furent métamorphosés en porcs. Ibn Abî Hâtim et Ibn Jarîr ont tous deux rapporté : al-Hasan ibn Qaza'a al-Bâhilî nous a raconté, Sufyân ibn Habîb nous a raconté, Sa'îd ibn Abî 'Arûba nous a raconté, d'après Qatâda, d'après Khilâs, d'après 'Ammâr ibn Yâsir, d'après le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – qui a dit : « La Table Servie descendit du ciel : du pain et de la viande. Et il leur fut ordonné de ne pas trahir, de ne pas thésauriser et de ne pas en garder pour le lendemain. Mais ils trahirent, thésaurisèrent et gardèrent ; alors ils furent métamorphosés en singes et en porcs. » Puis Ibn Jarîr le rapporta d'après Bundâr, d'après Ibn Abî 'Adî, d'après Sa'îd, d'après Qatâda, d'après Khilâs, d'après 'Ammâr, comme une tradition suspendue 7. Ceci est plus correct. De même, il fut rapporté par la voie de Simâk, d'après un homme des Banû 'Ijl, d'après 'Ammâr, comme une tradition suspendue. C'est la vérité, et Dieu sait mieux. Khilâs, d'après 'Ammâr, est une chaîne interrompue 8. Si ce hadith était authentique comme tradition remontant au Prophète, il serait décisif dans cette histoire. Car les savants ont divergé au sujet de la Table Servie : est-elle descendue ou non ? La majorité 9 est qu'elle est descendue, comme l'indiquent ces récits, et comme le suggère le sens apparent du contexte coranique, en particulier Sa parole : « Je la ferai descendre sur vous », comme l'a établi Ibn Jarîr. Et Dieu sait mieux. Ibn Jarîr a rapporté avec une chaîne authentique, d'après Mujâhid et d'après al-Hasan ibn Abî al-Hasan al-Basrî, qu'ils ont dit : « Elle n'est pas descendue, et ils en refusèrent la descente lorsqu'Il dit : « Mais quiconque parmi vous mécroit après cela, Je le châtierai d'un châtiment dont Je n'ai châtié personne dans l'univers. » » C'est pourquoi l'on dit que les chrétiens ne connaissent pas le récit de la Table Servie, et qu'il n'est pas mentionné dans leur Livre, alors que son récit est de ceux que les motivations auraient dû transmettre. Et Dieu sait mieux. Nous avons traité ce sujet en détail dans le Commentaire ; qu'on y écrive donc, et que celui qui veut le consulter le regarde là-bas. À Dieu la louange et la grâce. Section : Abû Bakr ibn Abî al-Dunyâ a dit : Un homme dont le nom est omis nous a raconté, Hajjâj ibn Muhammad nous a raconté, Abû Hilâl Muhammad ibn Sulaymân nous a raconté, d'après Bakr ibn 'Abd Allâh al-Muzanî, qui a dit : « Les apôtres perdirent leur prophète Jésus. On leur dit : « Il s'est dirigé vers la mer. » Ils partirent à sa recherche. Lorsqu'ils arrivèrent à la mer, le voilà qui marchait sur l'eau, soulevé par la vague tantôt, abaissé tantôt, vêtu d'un manteau dont il portait la moitié en écharpe et la moitié en pagne, jusqu'à ce qu'il les rejoigne. L'un d'eux – Abû Hilâl pensa que c'était l'un de leurs meilleurs – lui dit : « Ne puis-je venir à toi, ô Prophète de Dieu ? » Il dit : « Si. » Il posa un pied sur l'eau, puis voulut poser l'autre, mais il dit : « Hélas ! Je me noie, ô Prophète de Dieu. » Jésus dit : « Donne-moi ta main, ô homme de peu de foi. Si le fils d'Adam avait la foi 10 d'un grain d'orge, il marcherait sur l'eau ! » Abû Sa'îd ibn al-A'râbî le rapporta d'après Ibrâhîm ibn Abî al-Jahîm, d'après Sulaymân ibn Harb, d'après Abû Hilâl, d'après Bakr, de manière similaire. Puis Ibn Abî al-Dunyâ dit : Muhammad ibn 'Alî ibn al-Hasan ibn Sufyân nous a raconté, Ibrâhîm ibn al-Ash'ath nous a raconté, d'après al-Fudayl ibn 'Iyâd, qui a dit : « On dit à Jésus, fils de Marie : « Ô Jésus, par quoi marches-tu sur l'eau ? » Il dit : « Par la foi et la certitude 11. » Ils dirent : « Nous croyons comme tu crois et nous avons la certitude comme tu as la certitude. » Il dit : « Marchez donc. » Ils marchèrent avec lui dans la vague et se noyèrent. Jésus leur dit : « Qu'avez-vous ? » Ils dirent : « Nous avons eu peur de la vague. » Il dit : « N'avez-vous pas craint le Seigneur de la vague ? » Puis il les fit sortir. Ensuite, il frappa la terre de sa main, la referma, puis l'ouvrit : dans une main il y avait de l'or, dans l'autre de la terre ou des cailloux. Il dit : « Lequel est le plus doux à vos cœurs ? » Ils dirent : « Cet or. » Il dit : « Ils sont pour moi égaux ! » Nous avons déjà mentionné, dans le récit de Jean 12 fils de Zacharie, d'après certains Anciens, que Jésus – sur lui la paix – portait des vêtements de poil, mangeait des feuilles d'arbres, n'avait ni demeure, ni famille, ni biens, et ne thésaurisait rien pour le lendemain. Certains dirent : Il mangeait du filage de sa mère – que les prières et le salut de Dieu soient sur lui. Ibn 'Asâkir rapporta d'après al-Sha'bî qu'il a dit : « Quand on mentionnait l'Heure 13 en présence de Jésus – sur lui la paix – il criait et disait : « Il ne convient pas que le fils de Marie entende mentionner l'Heure et se taise. » » D'après 'Abd al-Malik ibn Sa'îd ibn Abjar, Jésus, lorsqu'il entendait une exhortation, poussait des cris comme une femme qui a perdu son enfant.
ʿAbd ar-Razzāq a dit : Maʿmar nous a rapporté, d'après Jaʿfar ibn Burqān, que Jésus disait : « Ô Dieu, je me lève sans pouvoir repousser ce que je déteste ni posséder le bien que j'espère, et la chose est entre les mains d'un autre que moi ; je suis engagé par mes œuvres, nul pauvre n'est plus pauvre que moi ! Ô Dieu, ne réjouis pas mon ennemi à mon sujet, n'afflige pas mon ami, ne fais pas de mon malheur une affaire de religion, et ne donne pas pouvoir sur moi à qui n'a pas pitié de moi. » Al-Fuḍayl ibn ʿIyāḍ a dit, d'après Yūnus ibn ʿUbayd : Jésus disait : « Nul n'atteint la réalité de la foi 14 jusqu'à ce qu'il ne se soucie plus de ce qu'il mange du monde. » Al-Fuḍayl a dit : Jésus disait : « J'ai réfléchi à la création et j'ai trouvé que celui qui n'a pas été créé est plus enviable à mes yeux que celui qui a été créé. » Ishāq ibn Bishr a dit, d'après Hishām ibn Ḥassān, d'après al-Ḥasan : « Jésus est le chef des ascètes 15 au Jour de la Résurrection. » Il a dit : « Ceux qui fuient à cause de leurs péchés seront rassemblés au Jour de la Résurrection avec Jésus. » Il a dit : « Un jour, alors que Jésus dormait sur une pierre qu'il avait prise pour oreiller et qu'il goûtait la douceur du sommeil, Iblīs 16 passa près de lui et dit : 'Ô Jésus, ne prétends-tu pas ne rien vouloir des biens de ce monde ? Or cette pierre est un bien de ce monde.' » [Jésus se leva], prit la pierre et la lui jeta en disant : « Ceci est pour toi avec le monde ! » Muʿtamir ibn Sulaymān a dit : « Jésus sortit vers ses compagnons, vêtu d'une tunique de laine, d'un manteau et d'un pagne 17, pieds nus, pleurant, échevelé, le teint jauni par la faim, les lèvres sèches de soif, et dit : 'La paix soit sur vous, ô Fils d'Israël. Je suis celui qui, par la permission de Dieu, a mis le monde à sa place, sans étonnement ni orgueil. Savez-vous où est ma maison ?' Ils dirent : 'Où est ta maison, ô Esprit de Dieu ?' Il dit : 'Ma maison est les mosquées, mon parfum est l'eau, ma nourriture est la faim, ma lampe est la lune la nuit, mon chauffage en hiver est les levers du soleil, mon basilic 18 est les herbes de la terre, mon vêtement est la laine, mon emblème 19 est la crainte du Seigneur de la Puissance, mes compagnons sont les malades et les pauvres. Je me lève sans rien posséder et je me couche sans rien posséder, et je suis content, sans souci. Qui est plus riche et plus gagnant que moi ?' » Rapporté par Ibn ʿAsākir. Dans la notice de Muḥammad ibn al-Walīd ibn Abān ibn Ḥibbān, Abū al-Ḥasan al-ʿUqaylī al-Miṣrī, il a été rapporté : Hāniʾ ibn al-Mutawakkil al-Iskandarānī nous a raconté, d'après Ḥaywa ibn Shurayḥ, al-Walīd ibn Abī al-Walīd m'a raconté, d'après Shaqīq ibn Mātiʿ 20, d'après Abū Hurayra, d'après le Prophète — que Dieu le bénisse et lui accorde la paix — qui a dit : « Dieu Très-Haut a révélé à Jésus : 'Ô Jésus, déplace-toi d'un lieu à un autre afin que tu ne sois pas reconnu et molesté. Par Ma Puissance et Ma Majesté, Je te marierai à mille houris 21 et Je célébrerai pour toi un festin de noces de quatre cents ans.' » Ce hadith est étrange dans son élévation 22 ; il pourrait être arrêté 23 dans la transmission de Shaqīq ibn Mātiʿ, d'après Kaʿb al-Aḥbār ou d'autres parmi les Israélites. Dieu sait mieux. ʿAbd Allāh ibn al-Mubārak a dit, d'après Sufyān ibn ʿUyayna, d'après Khalaf ibn Ḥawshab : Jésus a dit aux apôtres 24 : « De même que les rois vous ont laissé la sagesse, laissez-leur le monde. » Qatāda a dit : Jésus — sur lui la paix — a dit : « Interrogez-moi, car je suis doux de cœur et petit à mes propres yeux. » Ismāʿīl ibn ʿAyyāsh a dit, d'après ʿAbd Allāh ibn Dīnār, d'après Ibn ʿUmar : Jésus a dit aux apôtres : « Mangez du pain d'orge, buvez de l'eau pure, et sortez du monde sains et saufs. Par la vérité de ce que je vous dis, la douceur du monde est l'amertume de l'au-delà, et l'amertume du monde est la douceur de l'au-delà. Les serviteurs de Dieu ne sont pas des jouisseurs. Par la vérité de ce que je vous dis, le pire d'entre vous est un savant qui préfère sa passion à sa science, souhaitant que tous les gens soient comme lui. » Une tradition similaire a été rapportée d'après Abū Hurayra. Abū Muṣʿab a dit, d'après Mālik : Il lui est parvenu que Jésus disait : « Ô Fils d'Israël, attachez-vous à l'eau pure, aux herbes sauvages 25 et au pain d'orge. Évitez le pain de froment, car vous ne pourrez pas en rendre grâce. » Ibn Wahb a dit, d'après Sulaymān ibn Bilāl, d'après Yaḥyā ibn Saʿīd : Jésus disait : « Traversez le monde et ne le construisez pas 26. » Il disait : « L'amour du monde est la tête de tout péché, et le regard sème la passion dans le cœur. » Wuḥayb ibn al-Ward a rapporté la même chose et a ajouté : « Combien de passions ont causé à leurs gens un long chagrin ! » D'après Jésus — sur lui la paix : « Ô fils d'Adam, faible, crains Dieu où que tu sois, sois dans le monde un hôte, prends les mosquées pour maison, enseigne à ton œil les larmes, à ton corps la patience, à ton cœur la réflexion, et ne t'inquiète pas de la subsistance de demain, car c'est un péché. » D'après lui — sur lui la paix — il a dit : « De même qu'aucun de vous ne peut construire une maison sur les vagues de la mer, qu'il ne prenne donc pas le monde pour demeure. » À ce sujet, Sābiq al-Barbarī 27 a dit : « Vous avez des maisons au fil des épées, et peut-on bâtir sur l'eau une maison dont le mortier est de la terre ? » Sufyān al-Thawrī a dit : Jésus fils de Marie a dit : « L'amour du monde et l'amour de l'au-delà ne peuvent coexister dans le cœur d'un croyant, comme l'eau et le feu ne peuvent coexister dans un récipient. » Ibrāhīm al-Ḥarbī a dit, d'après Dāwūd ibn Rashīd, d'après Abū ʿAbd Allāh al-Ṣūfī : Jésus a dit : « Celui qui recherche le monde est comme celui qui boit de l'eau de mer : plus il boit, plus il a soif, jusqu'à ce que cela le tue. » D'après Jésus — sur lui la paix : « Satan est avec le monde, sa ruse est avec la richesse 28, son embellissement avec la passion, et sa prise est auprès des convoitises. » Al-Aʿmash a dit, d'après Khaythama : Jésus préparait la nourriture pour ses compagnons, se tenait devant eux et disait : « Faites ainsi pour l'hospitalité. » Une femme dit à Jésus — sur lui la paix : « Bienheureux le sein qui t'a porté et la poitrine qui t'a allaité. » Il dit : « Bienheureux celui qui lit le Livre de Dieu et le suit. » D'après lui : « Bienheureux celui qui pleure à cause du souvenir de son péché, garde sa langue, et dont la maison lui suffit. » D'après lui : « Bienheureux l'œil qui s'est endormi sans avoir conçu de désobéissance et s'est réveillé sans péché. » Mālik ibn Dīnār a dit : Jésus et ses compagnons passèrent près d'une charogne. Ils dirent : « Comme son odeur est puante ! » Il dit : « Comme ses dents sont blanches ! » Pour les dissuader de la médisance. Abū Bakr ibn Abī al-Dunyā a dit : al-Ḥusayn ibn ʿAbd al-Raḥmān nous a raconté, d'après Zakariyyā ibn ʿAdī : Jésus fils de Marie a dit : « Ô assemblée des apôtres, contentez-vous du bas monde avec la sécurité de la religion, comme les gens du monde se sont contentés du bas de la religion avec la sécurité du monde. » Zakariyyā a dit : À ce sujet, le poète a dit : « Je vois des hommes qui se sont contentés du bas de la religion, et je ne les vois pas satisfaits d'une vie médiocre. Rends-toi donc riche par la religion, sans les richesses des rois, comme les rois se sont enrichis par leur monde sans la religion. » Abū Muṣʿab a dit, d'après Mālik : Jésus fils de Marie — sur lui la paix — a dit : « Ne multipliez pas les paroles sans mention de Dieu, de peur que vos cœurs ne s'endurcissent, car le cœur dur est loin de Dieu, mais vous ne le savez pas. Ne regardez pas les péchés des serviteurs comme si vous étiez des maîtres ; regardez-les comme si vous étiez des serviteurs. Les gens sont de deux sortes : un homme sain et un homme éprouvé. Ayez pitié des éprouvés et louez Dieu pour la santé. » Al-Thawrī a dit : J'ai entendu mon père dire, d'après Ibrāhīm al-Taymī : Jésus a dit à ses compagnons : « En vérité, je vous le dis : pour qui cherche le Paradis 29, le pain d'orge et le sommeil sur les tas d'ordures avec les chiens sont peu de chose. » Mālik ibn Dīnār a dit : Jésus a dit : « Manger de l'orge avec de la cendre et dormir sur les tas d'ordures avec les chiens est peu de chose dans la quête du Paradis. »
Abd Allah ibn al-Moubarak a dit : Soufyan nous a rapporté, d'après Mansour, d'après Salim ibn Abi al-Ja'd, qui a dit : 'Issa 30 a dit : « Œuvrez pour Allah et non pour vos ventres. Regardez ces oiseaux : ils vont et viennent le matin et le soir, ils ne labourent ni ne moissonnent, et Allah les nourrit. Si vous dites : 'Nos ventres sont plus grands que ceux des oiseaux', regardez ces bovins 31 parmi les bêtes sauvages et les ânes : ils vont et viennent le matin et le soir, ils ne labourent ni ne moissonnent, et Allah les nourrit. » Safwan ibn 'Amr a dit, d'après Shurayh ibn 'Abd Allah, d'après Yazid ibn Maysara, qui a dit : Les apôtres 32 dirent au Messie : « Ô Messie d'Allah, regarde ce temple 33 d'Allah, qu'il est beau ! » Il dit : « Amen, amen, par la vérité de ce que je vous dis : Allah ne laissera pas une seule pierre debout de ce temple sans la détruire à cause des péchés de ses occupants. En vérité, Allah ne fait rien de l'or, de l'argent ni de ces pierres qui vous émerveillent. Ce qui Lui est plus cher que tout cela, ce sont les cœurs pieux ; c'est par eux qu'Allah fait prospérer la terre, et c'est par eux qu'Il la dévaste quand ils ne sont pas tels. » Le mémorisateur 34 Abou al-Qasim ibn 'Asakir a dit dans son Histoire : Abou Mansour ibn Mouhammad as-Soufi nous a informés, 'Aïsha bint al-Hasan ibn Ibrahim al-Warkaniyya nous a informés, disant : Abou Mouhammad 'Abd Allah ibn 'Omar ibn 'Abd Allah ibn al-Hishaym nous a dicté, al-Walid ibn Aban nous a dicté, Ahmad ibn Ja'far ar-Razi nous a dicté, Souhayl ibn Ibrahim al-Hanzali nous a dicté, 'Abd al-Wahhab ibn 'Abd al-'Aziz nous a rapporté d'après al-Mu'tamir, d'après Moujahid, d'après Ibn 'Abbas, d'après le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) qui a dit : « 'Issa (sur lui la paix) passa près d'une ville en ruine. La construction l'émerveilla et il dit : 'Ô Seigneur, ordonne à cette ville de me répondre.' Allah révéla alors à la ville : 'Ô ville en ruine, réponds à 'Issa.' La ville s'écria : ' 'Issa, mon bien-aimé, que veux-tu de moi ?' Il dit : 'Qu'ont fait tes arbres, qu'ont fait tes rivières, qu'ont fait tes palais, et où sont tes habitants ?' Elle répondit : 'Mon bien-aimé, la promesse véridique de ton Seigneur est venue : mes arbres se sont desséchés, mes rivières se sont taries, mes palais se sont effondrés et mes habitants sont morts.' Il dit : 'Où sont donc leurs biens ?' Elle dit : 'Ils les ont amassés, du licite et de l'illicite, et ils sont déposés dans mon sein. À Allah appartient l'héritage des cieux et de la terre.' » Alors 'Issa (sur lui la paix) s'écria : « Je m'étonne 35 de trois sortes de gens : celui qui recherche la vie d'ici-bas alors que la mort le cherche ; celui qui bâtit des palais alors que la tombe est sa demeure ; et celui qui rit à pleine bouche alors que le Feu est devant lui ! Ô fils d'Adam, tu n'es rassasié ni par l'abondance ni satisfait par la modicité ; tu amasses tes biens pour quelqu'un qui ne te louera pas, et tu te présentes devant un Seigneur qui ne t'excusera pas. Tu n'es que l'esclave de ton ventre et de ta passion ; tu ne rempliras ton ventre qu'en entrant dans ta tombe. Ô fils d'Adam, tu vois l'amas de tes biens dans la balance d'un autre. » Ce hadith 36 est très étrange et contient une belle exhortation ; nous l'avons donc consigné pour cela. Soufyan ath-Thawri a dit, d'après son père, d'après Ibrahim at-Taymi, que 'Issa (sur lui la paix) a dit : « Ô assemblée des apôtres, placez vos trésors dans le ciel, car le cœur de l'homme est là où est son trésor. » Thawr ibn Yazid a dit, d'après 'Abd al-'Aziz ibn Zabyan, qui a dit : 'Issa ibn Maryam (sur lui la paix) a dit : « Quiconque apprend, enseigne et met en pratique sera appelé grand dans le royaume 37 des cieux. » Abou Kourayb a dit : Il a été rapporté que 'Issa (sur lui la paix) a dit : « Il n'y a aucun bien dans une science qui ne traverse pas la vallée avec toi et ne te fasse traverser l'assemblée. » Ibn 'Asakir a rapporté avec une chaîne de transmission étrange, d'après Ibn 'Abbas, remontant au Prophète, que 'Issa se tint devant les Enfants d'Israël et dit : « Ô assemblée des apôtres, ne prononcez pas le jugement 38 devant ceux qui n'en sont pas dignes, car vous lui feriez injustice ; et ne le refusez pas à ceux qui en sont dignes, car vous leur feriez injustice. Les affaires sont de trois sortes : une affaire dont la droiture est évidente, suivez-la ; une affaire dont l'égarement est évident, évitez-la ; et une affaire sur laquelle vous êtes en désaccord, rapportez-en la connaissance à Allah, le Puissant et le Majestueux. » 'Abd ar-Razzaq a dit : Ma'mar nous a rapporté, d'après un homme, d'après 'Ikrima, qui a dit : 'Issa a dit : « Ne jetez pas les perles aux porcs, car le porc ne fait rien des perles ; et ne donnez pas la sagesse à celui qui ne la désire pas, car la sagesse est meilleure que les perles, et celui qui ne la désire pas est pire qu'un porc ! » De même, Wahb et d'autres ont rapporté de lui qu'il dit à ses compagnons : « Vous êtes le sel de la terre ; si vous vous corrompez, il n'y a plus de remède pour vous. En vous, il y a deux traits d'ignorance : rire sans étonnement et veiller 39 sans avoir veillé. » Et d'après lui, on lui demanda : « Qui est la plus grande source de tentation 40 parmi les gens ? » Il dit : « Le faux pas du savant, car lorsque le savant trébuche, beaucoup de gens trébuchent avec lui. » Et d'après lui, il a dit : « Ô mauvais savants, vous avez placé la vie d'ici-bas sur vos têtes et l'au-delà sous vos pieds. Votre parole est une guérison, mais votre acte est une maladie 41. Vous ressemblez à l'arbre du laurier-rose 42 : il émerveille celui qui le voit, mais tue celui qui en mange. » Wahb a dit : 'Issa a dit : « Ô mauvais savants, vous vous êtes assis aux portes du Paradis : vous n'y entrez pas et vous n'y laissez pas entrer les pauvres. En vérité, le pire des gens auprès d'Allah est un savant qui recherche la vie d'ici-bas par sa science. » Makhoul a dit : Yahya 43 et 'Issa se rencontrèrent. 'Issa lui serra la main en riant. Yahya lui dit : « Ô fils de ma tante, pourquoi te vois-je riant, comme si tu étais en sécurité ? » 'Issa lui dit : « Pourquoi te vois-je renfrogné, comme si tu désespérais ? » Alors Allah leur révéla : « Le plus aimé de vous deux auprès de Moi est celui qui est le plus souriant envers son compagnon. » Wahb ibn Munabbih a dit : 'Issa et ses compagnons s'arrêtèrent devant une tombe où l'on descendait son occupant. Ils se mirent à évoquer la tombe et son étroitesse. Il dit : « Vous avez été dans ce qui est plus étroit encore : dans les matrices 44 de vos mères. Quand Allah veut élargir, Il élargit. » Abou 'Omar ad-Darir a dit : Il m'est parvenu que 'Issa, lorsqu'il évoquait la mort, sa peau suintait du sang. Les traditions 45 de ce genre sont très nombreuses. Le mémorisateur Ibn 'Asakir en a rapporté une partie considérable, dont nous nous sommes contentés de cette quantité. Et c'est Allah qui accorde le succès vers la voie droite.
- al-mā'ida : Table servie, repas descendu du ciel, mentionné dans la sourate al-Mā'ida (V, 112-115).
- 'īd : Fête religieuse, jour de célébration.
- tafsīr : Commentaire exégétique du Coran.
- salaf : Anciens, pieux prédécesseurs des premières générations de l'islam.
- muṣallā : Lieu de prière, oratoire.
- nāqat Ṣāliḥ : La chamelle du prophète Sâlih, signe miraculeux pour son peuple.
- mawqūf : Hadith suspendu, dont la chaîne de transmission s'arrête à un Compagnon sans remonter au Prophète.
- munqaṭi' : Hadith à chaîne interrompue, où un transmetteur manque entre deux générations.
- jumhūr : Majorité des savants.
- īmān : Foi, croyance en Dieu.
- yaqīn : Certitude absolue dans la foi.
- Yaḥyā : Jean-Baptiste, prophète mentionné dans le Coran.
- as-sā'a : L'Heure, le Jour du Jugement dernier.
- ḥaqīqat al-īmān : Réalité de la foi, essence de la foi véritable.
- zāhidīn : Ascètes, ceux qui mènent une vie de renoncement au monde.
- Iblīs : Nom de Satan dans la tradition islamique.
- tubbān : Pagne, vêtement couvrant le bas du corps.
- rayḥān : Basilic, plante aromatique ; ici au sens figuré de parfum ou d'agrément.
- shiʿār : Emblème, signe distinctif ; ici, la crainte de Dieu comme marque intérieure.
- Shaqīq ibn Mātiʿ : Transmetteur de hadiths, parfois considéré comme faible.
- ḥawrāʾ : Houri, femme du Paradis aux yeux très noirs et blancs.
- rafʿ : Élévation du hadith, c'est-à-dire attribué au Prophète.
- mawqūf : Hadith arrêté, dont la chaîne de transmission s'arrête à un Compagnon.
- ḥawāriyyūn : Apôtres, disciples de Jésus.
- baql barīr : Herbes sauvages comestibles.
- taʿmurūhā : Construire, peupler ; ici, ne pas s'y installer durablement.
- Sābiq al-Barbarī : Poète et ascète de la période omeyyade.
- al-māl : La richesse, les biens matériels.
- al-firdaws : Le Paradis, littéralement le jardin le plus élevé.
- ʿĪsā : Nom arabe de Jésus, considéré en islam comme un prophète et le Messie, fils de Marie.
- al-abāqīr : Pluriel de 'abqar, désignant des bovins ou des bêtes de gros bétail.
- al-ḥawāriyyūn : Les apôtres de Jésus, ses disciples proches.
- masjid : Lieu de prière, temple ; ici, probablement le Temple de Jérusalem.
- al-ḥāfiẓ : Titre honorifique désignant un spécialiste du hadith qui en connaît un grand nombre par cœur.
- taʿajjabtu : Je m'étonne, je suis émerveillé ou surpris.
- ḥadīth : Récit rapportant les paroles, actions ou approbations du prophète Mahomet.
- malakūt : Royaume céleste, domaine de la souveraineté divine.
- al-ḥukm : Le jugement, la sagesse ou la décision juridique.
- aṣ-ṣubḥa : Veiller la nuit en prière ou en dévotion.
- fitna : Tentation, épreuve, discorde ou sédition.
- dāʾ : Maladie, infirmité.
- ad-diflā : Laurier-rose, plante toxique.
- Yaḥyā : Jean le Baptiste, prophète en islam, cousin de Jésus.
- arḥām : Pluriel de raḥim, matrice, utérus.
- al-āthār : Traditions, récits rapportés des anciens, souvent des paroles de pieux prédécesseurs.
Il est mentionné de l'ascension de Jésus, paix sur lui, au ciel [1].
Mention de l'élévation de Jésus (paix sur lui) au ciel, dans la protection du Seigneur, et exposition du mensonge des Juifs et des Chrétiens dans leur prétention de la crucifixion. Allah Très-Haut a dit : « Ils ont tramé un complot, et Allah a tramé un complot, et Allah est le meilleur des trameurs. Quand Allah dit : Ô Jésus, je vais te rappeler à Moi 1, t'élever vers Moi, te purifier de ceux qui ont mécru, et placer ceux qui te suivent au-dessus de ceux qui ont mécru jusqu'au Jour de la Résurrection. Puis vers Moi sera votre retour, et Je jugerai entre vous sur ce en quoi vous divergiez. » (1) Et Il a dit : « À cause de leur rupture de l'alliance, de leur mécréance aux signes d'Allah, de leur meurtre injuste des prophètes, et de leur parole : "Nos cœurs sont enveloppés 2" — mais c'est Allah qui les a scellés à cause de leur mécréance, si bien qu'ils ne croient que peu — et à cause de leur mécréance et de leur parole énorme contre Marie, et de leur parole : "Nous avons tué le Messie, Jésus fils de Marie, le Messager d'Allah." Or, ils ne l'ont ni tué ni crucifié, mais cela leur a été rendu équivoque 3. Ceux qui ont divergé à son sujet sont dans le doute à son propos ; ils n'en ont aucune science, sinon la poursuite de conjectures. Ils ne l'ont pas tué avec certitude. Bien au contraire, Allah l'a élevé vers Lui, et Allah est Puissant et Sage. Et il n'y a personne parmi les Gens du Livre qui ne croira en lui avant sa mort 4 ; et au Jour de la Résurrection, il sera témoin contre eux. » (2) Allah Très-Haut a donc informé qu'Il l'a élevé au ciel après l'avoir rappelé à Lui par le sommeil, selon l'avis correct et tranché, et qu'Il l'a délivré de ceux qui voulaient lui nuire parmi les Juifs qui l'avaient dénoncé à un roi mécréant de cette époque. Al-Hasan al-Basrî et Muhammad ibn Ishâq dirent : Ce roi s'appelait Dâwûd ibn Nûrâ (3). Il ordonna de le tuer et de le crucifier. Ils l'assiégèrent dans une maison à Jérusalem, le soir du vendredi, la nuit du samedi. Quand vint le moment de leur entrée, sa ressemblance fut projetée sur l'un de ses compagnons présents avec lui, et Jésus fut élevé par une lucarne de cette maison vers le ciel, tandis que les gens de la maison regardaient. Les gardes entrèrent et trouvèrent ce jeune homme sur qui sa ressemblance avait été projetée ; ils le prirent, croyant que c'était Jésus, le crucifièrent et placèrent des épines sur sa tête pour l'humilier. La plupart des Chrétiens qui n'avaient pas été témoins de ce qui était arrivé à Jésus acceptèrent des Juifs qu'il avait été crucifié, et ils s'égarèrent par là d'un égarement manifeste, immense et profond. Et Allah Très-Haut a informé par Sa parole : « Et il n'y a personne parmi les Gens du Livre qui ne croira en lui avant sa mort », c'est-à-dire après sa descente sur terre à la fin des temps, avant l'établissement de l'Heure. Car il descendra, tuera le porc, brisera la croix, imposera la capitation 5 et n'acceptera que l'Islam, comme nous l'avons expliqué par les hadiths rapportés à ce sujet lors de l'exégèse de ce noble verset de la sourate an-Nisâ', et comme nous l'avons exposé en détail dans le Livre des Épreuves et des Épopées, à propos des récits du Messie imposteur 6. Nous y avons mentionné ce qui a été rapporté sur la descente du Messie bien guidé (paix sur lui) de la part du Seigneur de Majesté pour tuer le Messie imposteur, le menteur, qui appelle à l'égarement. Voici ce qui a été rapporté dans les traditions sur la description de son élévation au ciel : Ibn Abî Hâtim dit : Ahmad ibn Sinân nous a raconté, d'après Abû Mu'âwiya, d'après al-Minhâl ibn 'Amr, d'après Sa'îd ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbâs, qui a dit : Quand Allah voulut élever Jésus au ciel, il sortit vers ses compagnons — il y avait dans la maison douze hommes parmi eux, les apôtres —, il sortit vers eux d'une source dans la maison, la tête dégoulinante d'eau, et dit : « Parmi vous, il y a celui qui mécroira en moi douze fois après avoir cru en moi. » Puis il dit : « Lequel d'entre vous acceptera que ma ressemblance soit projetée sur lui, qu'il soit tué à ma place, et qu'il soit avec moi à mon rang ? » Un jeune homme, le plus jeune d'entre eux, se leva. Il lui dit : « Assieds-toi. » Puis il répéta la question, et le jeune homme se leva et dit : « Moi. » Il dit : « C'est toi. » Alors la ressemblance de Jésus fut projetée sur lui, et Jésus fut élevé par une lucarne de la maison vers le ciel. Il dit : Les Juifs vinrent en quête, prirent celui qui avait la ressemblance, le tuèrent puis le crucifièrent. Certains d'entre eux mécrurent en lui douze fois après avoir cru en lui, et ils se divisèrent en trois groupes. Un groupe dit : « Allah était parmi nous tant qu'Il a voulu, puis Il est monté au ciel. » Ce sont les Jacobites. Un autre groupe dit : « Le Fils d'Allah était parmi nous tant qu'Il a voulu, puis Allah l'a élevé à Lui. » Ce sont les Nestoriens. Un autre groupe dit : « Le serviteur d'Allah et Son Messager était parmi nous tant qu'Il a voulu, puis Allah l'a élevé à Lui. » Ce sont les Musulmans. Les deux groupes mécréants s'unirent contre le groupe musulman et le tuèrent. L'Islam resta effacé jusqu'à ce qu'Allah envoyât Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Ibn 'Abbâs dit : C'est là le sens de la parole d'Allah Très-Haut : « Nous avons soutenu ceux qui ont cru contre leur ennemi, et ils sont devenus vainqueurs. » Cette chaîne de transmission est authentique jusqu'à Ibn 'Abbâs selon les critères de Muslim. An-Nasâ'î l'a rapporté d'après Abû Kurayb, d'après Abû Mu'âwiya, de manière similaire. Ibn Jarîr l'a rapporté d'après Muslim ibn Junâda, d'après Abû Mu'âwiya. De nombreux prédécesseurs ont mentionné cela, dont Muhammad ibn Ishâq ibn Yasâr (5) qui l'a rapporté longuement. Il dit : Jésus (paix sur lui) invoqua Allah Très-Haut pour qu'Il retarde son terme, afin de transmettre le message, d'achever l'appel et que les gens entrent nombreux dans la religion d'Allah. On dit qu'il avait avec lui douze apôtres : Pierre, Jacques fils de Zébédée, Jean frère de Jacques, André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d'Alphée, Thaddée (6), Philippe, et Judas Iscariote (7) — c'est celui qui indiqua Jésus aux Juifs. Ibn Ishâq dit : Il y avait parmi eux un autre homme nommé Serge, que les Chrétiens ont caché, et c'est sur lui que la ressemblance du Messie fut projetée, et il fut crucifié à sa place. Il dit : Certains Chrétiens prétendent que celui qui fut crucifié à la place du Messie et sur qui sa ressemblance fut projetée est Judas Iscariote. Allah sait mieux. Ad-Dahhâk rapporta d'après Ibn 'Abbâs : Jésus laissa comme successeur Simon, et les Juifs tuèrent Judas, sur qui la ressemblance avait été projetée. Ahmad ibn Marwân dit : Muhammad ibn al-Jahm nous a raconté, disant : J'ai entendu al-Farrâ' dire au sujet de la parole : « Ils ont tramé un complot, et Allah a tramé un complot, et Allah est le meilleur des trameurs » : Jésus s'absenta un temps chez sa tante, puis il vint chez elle. Le chef de la diaspora juive se leva et frappa Jésus jusqu'à ce qu'ils se rassemblent à la porte de sa maison. Ils brisèrent la porte, et le chef de la diaspora entra pour prendre Jésus, mais Allah aveugla ses yeux à Jésus. Puis il sortit vers ses compagnons et dit : « Je ne l'ai pas vu. » Il avait une épée dégainée. Ils dirent : « C'est toi, Jésus ! » Et Allah projeta la ressemblance de Jésus sur lui. Ils le prirent, le tuèrent et le crucifièrent. Allah, gloire à Lui, dit : « Ils ne l'ont ni tué ni crucifié, mais cela leur a été rendu équivoque. » Ibn Jarîr dit : Ibn Humayd nous a raconté, d'après Ya'qûb al-Qummî, d'après Hârûn ibn 'Antara, d'après Wahb ibn Munabbih, qui a dit : Jésus vint avec dix-sept apôtres dans une maison, et ils les encerclèrent. Quand ils entrèrent chez eux, Allah les transforma tous à l'image de Jésus. Ils leur dirent : « Vous nous avez ensorcelés ! Faites sortir Jésus vers nous, ou nous vous tuerons tous. » Jésus dit à ses compagnons : « Qui parmi vous achète aujourd'hui son âme pour le Paradis ? (9) » Un homme dit : « Moi. » Il sortit vers eux et dit : « Je suis Jésus. » Allah l'avait transformé à l'image de Jésus. Ils le prirent, le tuèrent et le crucifièrent. C'est ainsi que cela leur fut rendu équivoque, et ils crurent avoir tué Jésus. Les Chrétiens crurent de même que c'était Jésus, et Allah éleva Jésus ce jour-là. Ibn Jarîr dit : Al-Muthannâ nous a raconté, Ishâq nous a raconté, Ismâ'îl ibn 'Abd al-Karîm nous a raconté...
‘Abd al-Karīm m’a rapporté que ‘Abd aṣ-Ṣamad ibn Ma‘qil a entendu Wahb dire : « Lorsque Dieu fit savoir à Jésus, fils de Marie, qu’il allait quitter ce monde, il ressentit de l’angoisse face à la mort et cela lui pesa. Il convoqua les apôtres 7 et leur prépara un repas en disant : “Soyez auprès de moi ce soir, car j’ai besoin de vous.” Quand ils se réunirent auprès de lui le soir, il leur servit le dîner et se leva pour les servir. Après qu’ils eurent fini de manger, il se mit à laver leurs mains et à les purifier 8 de sa propre main, essuyant leurs mains avec son vêtement. Ils trouvèrent cela excessif et le réprouvèrent. Il dit alors : “Quiconque refuse quoi que ce soit de ce que je fais ce soir ne sera pas des miens, et je ne serai pas des siens.” Ils l’acceptèrent donc jusqu’à ce qu’il eût fini. Puis il dit : “Ce que j’ai fait pour vous ce soir en vous servant à table et en lavant vos mains de ma main, que cela soit pour vous un exemple à suivre. Vous voyez que je suis le meilleur d’entre vous ; que nul ne se montre orgueilleux envers un autre, et que chacun se donne pour son frère comme je me suis donné pour vous. Quant au besoin pour lequel j’ai sollicité votre aide, priez Dieu pour moi et faites effort dans la prière afin qu’Il retarde mon terme.” Lorsqu’ils se mirent en devoir de prier et voulurent s’appliquer, le sommeil les gagna au point qu’ils ne purent prier. Il se mit à les réveiller en disant : “Gloire à Dieu ! Ne pouvez-vous veiller une seule nuit pour m’aider ?” Ils répondirent : “Par Dieu, nous ne savons ce qui nous arrive. Par Dieu, nous avions l’habitude de veiller et de prolonger nos veilles, mais cette nuit nous ne pouvons veiller. Chaque fois que nous voulons prier, un obstacle s’interpose entre nous et la prière.” Il dit : “Le berger est emmené et les brebis se dispersent !” Et il continua à tenir des propos semblables, déplorant son sort. Puis il dit : “En vérité, l’un de vous reniera trois fois avant que le coq chante, et l’un de vous me vendra pour quelques pièces et mangera le prix de ma vente.” Ils sortirent et se dispersèrent. Les Juifs le recherchaient ; ils saisirent Simon, l’un des apôtres, et dirent : “Celui-ci est de ses compagnons.” Il nia et dit : “Je ne suis pas son compagnon.” Ils le laissèrent. Puis d’autres le saisirent, et il nia de même. Ensuite il entendit le chant d’un coq, pleura et en fut affligé. Au matin, l’un des apôtres vint trouver les Juifs et dit : “Que me donnerez-vous si je vous indique le Messie ?” Ils lui fixèrent trente dirhams 9 ; il les prit et les guida vers lui. Avant cela, son apparence leur avait été rendue confuse 10. Ils le saisirent, s’assurèrent de lui, le lièrent avec une corde et se mirent à le traîner en disant : “Toi qui ressuscitais les morts, qui réprimandais le diable et guérissais les possédés, ne peux-tu te délivrer de cette corde ?” Ils crachaient sur lui et jetaient sur lui des épines jusqu’à ce qu’ils l’eussent amené au bois sur lequel ils voulaient le crucifier. Alors Dieu l’éleva à Lui, et ils crucifièrent celui qui leur avait été rendu semblable. Il resta [crucifié] sept jours. Ensuite, sa mère et la femme que Jésus avait soignée et que Dieu avait guérie de la folie vinrent pleurer à l’endroit où se trouvait le crucifié. Jésus vint à elles et dit : “Pourquoi pleurez-vous ?” Elles dirent : “Sur toi.” Il dit : “Dieu m’a élevé à Lui et seul un bien m’a atteint. Ceci est une chose qui leur a été rendue semblable. Ordonnez aux apôtres de me rencontrer en tel et tel lieu.” Ils le rencontrèrent en ce lieu, au nombre de onze ; celui qui l’avait vendu et guidé les Juifs manquait. Il s’enquit de lui auprès de ses compagnons ; ils dirent : “Il a regretté ce qu’il a fait, s’est étranglé et s’est tué.” Il dit : “S’il s’était repenti, Dieu aurait accepté son repentir.” Puis il leur demanda au sujet d’un jeune garçon qui les suivait, nommé Jean 11 ; ils dirent : “Il est avec vous.” Il dit : “Partez ; demain matin, chacun de vous parlera la langue de son peuple pour les avertir et les appeler.” Cette chaîne de transmission 12 est étrange et étonnante, et elle est plus authentique que ce que rapportent les chrétiens – que Dieu les maudisse – à savoir que le Messie vint à Marie alors qu’elle était assise en pleurs près de son bois 13, lui montra l’emplacement des clous sur son corps et l’informa que son esprit avait été élevé et son corps crucifié. Ceci est une calomnie, un mensonge, une invention, une falsification, une altération et une addition mensongère dans l’Évangile, contraire à la vérité et à ce qu’exige la preuve. Al-Ḥāfiẓ Ibn ‘Asākir a rapporté, d’après Yaḥyā ibn Ḥabīb, dans ce qui lui est parvenu, que Marie demanda au roi, sept jours après que le crucifié eut été crucifié – croyant qu’il s’agissait de son fils – de faire descendre son corps. Il accéda à sa demande et il fut enterré là. Marie dit à la mère de Jean : “Ne veux-tu pas venir avec nous visiter la tombe du Messie ?” Elles y allèrent. Lorsqu’elles s’approchèrent de la tombe, Marie dit à la mère de Jean : “Ne te voiles-tu pas ?” Elle dit : “De qui devrais-je me voiler ?” Elle dit : “De cet homme qui est près de la tombe.” La mère de Jean dit : “Je ne vois personne.” Marie espéra que ce fût Gabriel, car elle ne l’avait pas vu depuis longtemps. Elle fit arrêter la mère de Jean et se dirigea vers la tombe. Lorsqu’elle s’approcha de la tombe, Gabriel – qu’elle reconnut – lui dit : “Ô Marie, où veux-tu aller ?” Elle dit : “Je veux visiter la tombe du Messie, le saluer et renouer avec lui.” Il dit : “Ô Marie, ceci n’est pas le Messie. Dieu a élevé le Messie et l’a purifié de ceux qui ont mécru. Mais ce jeune homme est celui sur qui sa ressemblance a été projetée ; il a été crucifié et tué à sa place. Le signe en est que sa famille l’a perdu et ne sait ce qu’il est devenu ; ils pleurent sur lui. Tel jour, va à tel bosquet ; tu y rencontreras le Messie.” Elle retourna auprès de sa sœur 14 et Gabriel monta. Elle informa sa sœur de ce que Gabriel lui avait dit au sujet du bosquet. Le jour venu, elle y alla et trouva Jésus dans le bosquet. Lorsqu’il la vit, il se hâta vers elle, se pencha sur elle, embrassa sa tête et se mit à prier pour elle comme il le faisait. Il dit : “Ô mère, ces gens ne m’ont pas tué, mais Dieu m’a élevé à Lui et m’a permis de te rencontrer. La mort viendra bientôt à toi ; sois patiente et invoque Dieu abondamment.” Puis Jésus monta ; elle ne le rencontra plus que cette fois jusqu’à sa mort. Il m’est parvenu que Marie survécut cinq ans après Jésus et mourut à l’âge de cinquante-trois ans. Que Dieu l’agrée et la satisfasse. Al-Ḥasan al-Baṣrī a dit : “Jésus – sur lui la paix – avait trente-quatre ans le jour où il fut élevé.” Dans le hadith 15 : “Les gens du Paradis y entreront imberbes, jeunes, avec du khôl 16, âgés de trente-trois ans.” Et dans un autre hadith : “Sur la naissance de Jésus et la beauté de Joseph.” Ḥammād ibn Salama a dit d’après ‘Alī ibn Yazīd, d’après Sa‘īd ibn al-Musayyab, qu’il a dit : “Jésus fut élevé à l’âge de trente-trois ans.” Quant au hadith rapporté par al-Ḥākim dans son Mustadrak et par Ya‘qūb ibn Sufyān al-Fasawī dans son Histoire, d’après Sa‘īd ibn Abī Maryam, d’après Nāfi‘ ibn Yazīd, d’après ‘Umāra ibn Ghaziyya, d’après Muḥammad ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Amr ibn ‘Uthmān, que sa mère Fāṭima bint al-Ḥusayn lui a raconté que ‘Ā’isha disait : “Fāṭima m’a informée que le Messager de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – lui a annoncé qu’il n’y avait eu aucun prophète après lequel il y eût un prophète, sans que celui qui vienne après lui vive la moitié de la vie de celui qui l’a précédé, et qu’il m’a informée que Jésus, fils de Marie, a vécu cent vingt ans ; je ne pense donc pas que je vivrai au-delà de soixante ans.” Telle est la version d’al-Fasawī. C’est un hadith étrange. Al-Ḥāfiẓ Ibn ‘Asākir a dit : “Le correct est que Jésus n’a pas atteint cet âge ; il voulait plutôt parler de la durée de son séjour dans sa communauté.” Comme l’a rapporté Sufyān ibn ‘Uyayna, d’après ‘Amr ibn Dīnār, d’après Yaḥyā ibn Ja‘da, qui a dit : “Fāṭima a dit : Le Messager de Dieu – que Dieu le bénisse et le salue – m’a dit : ‘Jésus, fils de Marie, est resté parmi les Enfants d’Israël quarante ans.’” Et ceci est interrompu 17. Jarīr et al-Thawrī ont rapporté d’après al-A‘mash, d’après Ibrāhīm : “Jésus est resté parmi son peuple quarante ans.”
Il est rapporté du Commandeur des croyants Ali que Jésus, sur lui la paix, fut élevé 18 la nuit du vingt-deuxième jour de Ramadan, et que c'est durant une nuit semblable qu'Ali mourut, cinq jours après avoir été poignardé. Ad-Dahhak a rapporté d'après Ibn Abbas que lorsque Jésus fut élevé au ciel, un nuage vint à lui et s'approcha jusqu'à ce qu'il s'asseye dessus. Marie vint alors lui faire ses adieux, pleura, puis il fut élevé tandis qu'elle le regardait. Jésus lui jeta son vêtement 19 et dit : « Ceci est le signe entre moi et toi au Jour de la Résurrection. » Il jeta son turban 20 à Simon 21. Sa mère lui faisait ses adieux en agitant son doigt vers lui jusqu'à ce qu'il disparaisse de sa vue. Elle l'aimait d'un amour intense, car son amour pour elle était accru des deux côtés parentaux, puisqu'il n'avait pas de père. Elle ne le quittait ni en voyage ni en résidence, comme l'a dit un poète : « Je considérais la mort comme proche d'une heure, qu'en est-il d'une séparation dont le rendez-vous est la Résurrection ? » Ishaq ibn Bishr a rapporté d'après Mujahid ibn Jabir que lorsque les Juifs eurent crucifié cet homme qui leur avait été rendu semblable 22 alors qu'ils le croyaient être le Messie, et que la plupart des chrétiens, par ignorance, acceptèrent cela, ils s'acharnèrent contre ses compagnons en les tuant, frappant et emprisonnant. Leur affaire parvint au maître de Rome, qui était le roi de Damas à cette époque. On lui dit : « Les Juifs se sont acharnés contre les compagnons d'un homme qui leur disait être l'envoyé de Dieu, qui ressuscitait les morts, guérissait l'aveugle-né et le lépreux, et accomplissait des prodiges. Ils l'ont attaqué, tué, humilié ses compagnons et les ont emprisonnés. » Il envoya donc les chercher. Parmi eux se trouvaient Jean 23 fils de Zacharie, Simon et un groupe. Il les interrogea sur l'affaire du Messie, et ils l'informèrent à son sujet. Il embrassa leur religion, éleva leur parole, et la vérité triompha des Juifs, tandis que la parole des chrétiens prévalut sur eux. Il envoya chercher le crucifié, le fit descendre de son poteau, et fit apporter le poteau sur lequel cet homme avait été crucifié, et le vénéra. C'est de là que les chrétiens vénèrent la croix, et c'est ainsi que la religion chrétienne entra chez les Romains. Cependant, cela est sujet à discussion pour plusieurs raisons : Premièrement : Jean fils de Zacharie est un prophète infaillible qui sait ce qui s'est passé en vérité ; il n'aurait pas admis que le crucifié fût Jésus. Deuxièmement : Les Romains n'entrèrent dans la religion du Messie que trois cents ans plus tard, à l'époque de Constantin 24 fils de Constance, le fondateur de la ville qui porte son nom, comme nous le mentionnerons. Troisièmement : Lorsque les Juifs eurent crucifié cet homme, ils le jetèrent avec sa poutre et en firent un dépotoir pour les ordures, les impuretés, les cadavres et les saletés. Il en fut ainsi jusqu'à l'époque du Constantin mentionné. Sa mère, Hélène 25 la Harranienne 26, la Fille de l'Auberge 27, entreprit de l'extraire de cet endroit, croyant qu'il s'agissait du Messie. Ils trouvèrent la poutre sur laquelle il avait été crucifié, et ils racontèrent que quiconque avait une infirmité et la touchait était guéri. Dieu sait si cela fut ainsi ou non, et si cela advint parce que cet homme qui s'était livré était un homme pieux, ou si ce fut une épreuve et une tentation pour la communauté chrétienne en ce jour, jusqu'à ce qu'ils vénèrent cette poutre et la recouvrent d'or et de perles. C'est de là qu'ils adoptèrent les croix, les bénirent et les embrassèrent. La mère du roi, Hélène, ordonna que ces ordures soient enlevées et qu'une église immense, ornée de toutes sortes de décorations, soit construite à leur place. C'est celle qui est aujourd'hui célèbre à Jérusalem, appelée Al-Qumama 28 en raison de ce qui s'y trouvait, et qu'ils nomment Al-Qiyama 29, signifiant celle d'où le corps du Messie ressuscita. Ensuite, Hélène ordonna que les ordures, les balayures et les saletés de la ville soient déposées sur le Rocher 30 qui était la direction de prière des Juifs. Il resta ainsi jusqu'à ce que Omar ibn al-Khattab conquît Jérusalem. Il enleva alors les ordures avec son manteau, le purifia de toutes souillures et impuretés, et ne plaça pas la mosquée derrière lui, mais devant lui, à l'endroit où le Messager de Dieu, que Dieu le bénisse et le salue, avait prié avec les prophètes la nuit de l'Isra' 31, c'est-à-dire la Mosquée al-Aqsa.
- mutawaffīka : Le terme arabe 'mutawaffīka' (مُتَوَفِّيكَ) signifie littéralement 'celui qui te rappelle à Lui'. Dans ce contexte, il est interprété par les savants comme un rappel par le sommeil, et non par la mort, car Jésus a été élevé vivant au ciel.
- ghulf : Le terme 'ghulf' (غُلْف) signifie 'enveloppés' ou 'recouverts', indiquant que leurs cœurs sont scellés et incapables de recevoir la foi.
- shubbiha lahum : L'expression 'shubbiha lahum' (شُبِّهَ لَهُمْ) signifie 'cela leur a été rendu équivoque' ou 'une ressemblance leur a été donnée', indiquant que quelqu'un d'autre a été crucifié à la place de Jésus.
- qabla mawtihi : L'expression 'qabla mawtihi' (قَبْلَ مَوْتِهِ) signifie 'avant sa mort'. Selon l'interprétation majoritaire, il s'agit de la mort de Jésus après sa seconde venue, et non de la mort du croyant.
- jizya : La 'jizya' (جِزْيَة) est une taxe de capitation imposée aux non-musulmans (gens du Livre) en échange de la protection et de l'exemption du service militaire dans un État islamique.
- al-Masīḥ al-Dajjāl : Le 'Messie imposteur' (المسيح الدجال) est une figure eschatologique dans l'islam, un faux messie qui apparaîtra avant la fin des temps, semant la corruption et l'égarement, et sera tué par Jésus lors de son retour.
- al-ḥawāriyyūn : Apôtres ; disciples proches de Jésus, choisis pour être ses auxiliaires.
- yuwaddi'uhum : Il les purifiait ; peut-être une allusion à une ablution rituelle, mais ici geste d'humilité.
- dirham : Monnaie d'argent ; trente dirhams correspondent au prix de vente de Jésus selon la tradition islamique.
- shubbiha 'alayhim : Il leur fut rendu semblable ; concept coranique selon lequel un autre fut substitué à Jésus lors de la crucifixion.
- Yaḥyā : Jean ; probablement Jean le Baptiste, mais ici un jeune disciple.
- isnād : Chaîne de transmission d'un récit, garantissant son authenticité dans la tradition islamique.
- jidh'ihi : Son bois ; probablement la croix ou le poteau de crucifixion.
- ukhtihā : Sa sœur ; ici, la mère de Jean est appelée sœur de Marie, peut-être au sens spirituel.
- ḥadīth : Parole ou tradition prophétique rapportée du Prophète Muhammad.
- mukaḥḥalīn : Qui ont du khôl (antimoine) aux yeux ; signe de beauté et de jeunesse éternelle au Paradis.
- munqaṭi' : Hadith à la chaîne de transmission interrompue, donc moins fiable.
- rufi'a : Élevé au ciel, en référence à l'ascension de Jésus selon la croyance islamique.
- thawb : Vêtement, habit.
- imama : Turban, coiffe masculine.
- Sham'un : Simon, l'un des apôtres de Jésus.
- shubbiha lahum : Il leur fut rendu semblable ; concept coranique selon lequel un autre homme fut substitué à Jésus lors de la crucifixion.
- Yahya ibn Zakariyya : Jean le Baptiste, prophète en islam.
- Qustantin : Constantin Ier, empereur romain ayant christianisé l'empire.
- Hilana : Hélène, mère de Constantin, considérée comme ayant retrouvé la vraie croix.
- al-Harraniyya : De Harran, ville de Mésopotamie.
- al-Findiqaniyya : Fille de l'aubergiste ; surnom donné à Hélène.
- al-Qumama : Littéralement 'les ordures' ; nom donné par les musulmans à l'église du Saint-Sépulcre par dérision.
- al-Qiyama : La Résurrection ; nom chrétien de l'église du Saint-Sépulcre.
- al-Sakhra : Le Rocher, lieu sacré à Jérusalem, identifié comme le rocher du sacrifice d'Abraham et point de départ de l'ascension nocturne de Mahomet.
- al-Isra' : Le voyage nocturne de Mahomet de La Mecque à Jérusalem.
Il est mentionné la description de Jésus, sur lui la paix, ses traits distinctifs et ses…
Il est mentionné la description de Jésus, sur lui la paix, ses traits distinctifs et ses vertus.
Voici la description de Jésus, paix sur lui, ses qualités et ses mérites. Allah le Très-Haut a dit : « Le Messie, fils de Marie, n'est qu'un messager ; des messagers sont passés avant lui. Et sa mère était une véridique 1. » On a dit qu'il a été appelé le Messie parce qu'il parcourait la terre, c'est-à-dire qu'il y voyageait et fuyait avec sa religion les épreuves de ce temps-là, en raison de l'intense démenti des Juifs à son encontre et de leurs calomnies contre lui et sa mère, paix sur eux. Et on a dit aussi parce qu'il avait les pieds plats 2. Et Allah le Très-Haut a dit : « Nous avons envoyé sur leurs traces Nos messagers, et Nous avons envoyé après eux Jésus, fils de Marie, et Nous lui avons donné l'Évangile, où il y a guidance et lumière. » Et Il a dit : « Et Nous avons donné à Jésus, fils de Marie, les preuves évidentes et Nous l'avons soutenu par l'Esprit Saint 3. » Les versets à ce sujet sont très nombreux. Il a déjà été mentionné ce qui est établi dans les deux Sahih 4 : « Il n'est aucun nouveau-né que Satan ne pique au flanc au moment de sa naissance, le faisant crier, excepté Marie et son fils. Il vint pour piquer, mais piqua le voile. » Et il a déjà été mentionné le hadith de 'Umayr ibn Hâni' [d'après Junâda, d'après 'Ubâda, d'après le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, qui a dit] : « Quiconque atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allah, Lui seul, sans associé, que Muhammad est le serviteur d'Allah et Son messager, que Jésus est le serviteur d'Allah et Son messager, Sa parole qu'Il a projetée vers Marie et un esprit venant de Lui, que le Paradis est vrai et que l'Enfer est vrai, Allah le fera entrer au Paradis, quels que soient ses actes. » Rapporté par al-Bukhârî – ce sont ses termes – et par Muslim. Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté d'après le hadith d'al-Sha'bî, d'après Abû Burda ibn Abî Mûsâ, d'après son père, qui a dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Lorsqu'un homme éduque bien sa servante, lui enseigne bien, puis l'affranchit et l'épouse, il a deux récompenses. Et quiconque croit en Jésus, fils de Marie, puis croit en moi, a deux récompenses. Et l'esclave qui craint son Seigneur et obéit à ses maîtres a deux récompenses. » Ce sont les termes d'al-Bukhârî. Al-Bukhârî a dit : Ibrâhîm ibn Mûsâ nous a raconté, Hishâm nous a informés d'après Ma'mar (h) ; et Mahmûd m'a raconté, 'Abd al-Razzâq nous a raconté, Ma'mar nous a informés d'après al-Zuhrî, Sa'îd ibn al-Musayyib m'a informé d'après Abû Hurayra qui a dit : Le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « La nuit de l'ascension 5, j'ai rencontré Moïse. » Il dit : « Il le décrivit : c'était un homme, je pense qu'il dit : de taille moyenne, aux cheveux crépus, comme s'il était un homme de Shanû'a 6. » Il dit : « Et j'ai rencontré Jésus. » Le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, le décrivit en disant : « De taille moyenne, roux, comme s'il sortait d'un dîmâs 7, c'est-à-dire un bain. Et j'ai vu Abraham, et je suis celui de ses enfants qui lui ressemble le plus. » Le hadith. Cela a déjà été mentionné dans les récits d'Abraham et de Moïse. Puis il dit : Muhammad ibn Kathîr nous a raconté, Isrâ'îl nous a informés d'après 'Uthmân ibn al-Mughîra, d'après Mujâhid, d'après Ibn 'Umar, qui a dit : Le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « J'ai vu Jésus, Moïse et Abraham. Quant à Jésus, il est roux, aux cheveux crépus, large de poitrine. Quant à Moïse, il est brun, corpulent, aux cheveux lisses 8, comme s'il était un homme des Zutt 9. » Al-Bukhârî est le seul à l'avoir rapporté. Et Ibrâhîm ibn al-Mundhir nous a raconté, Abû Damra nous a raconté, Mûsâ ibn 'Uqba nous a raconté d'après Nâfi', qui a dit : 'Abd Allah ibn 'Umar a dit : Un jour, le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, mentionna le Messie trompeur 10 devant les gens et dit : « Allah n'est pas borgne, mais le Messie trompeur est borgne de l'œil droit, son œil est comme un grain de raisin flottant. Et cette nuit, on m'a montré, en songe, près de la Ka'ba, un homme brun, du plus beau brun qu'on puisse voir chez les hommes, sa mèche 11 tombant entre ses épaules, aux cheveux lisses, la tête dégoulinante d'eau, posant ses mains sur les épaules de deux hommes, et il tournait autour de la Maison. Je dis : Qui est-ce ? On dit : Le Messie, fils de Marie. Puis je vis un homme derrière lui, aux cheveux crépus et frisés 12, borgne de l'œil droit, ressemblant le plus à Ibn Qatan 13 que j'aie vu, posant sa main sur les épaules d'un homme, tournant autour de la Maison. Je dis : Qui est-ce ? On dit : Le Messie trompeur. » Muslim l'a rapporté d'après le hadith de Mûsâ ibn 'Uqba. Puis al-Bukhârî a dit : 'Abd Allah ibn Nâfi' l'a suivi. Puis il l'a transmis par la voie d'al-Zuhrî d'après Sâlim ibn 'Umar ; al-Zuhrî a dit : Ibn Qatan était un homme de Khuzâ'a 14 mort à l'époque préislamique. Ainsi, que les prières et la paix d'Allah soient sur lui, il a décrit les deux messies : le Messie de la guidance et le Messie de l'égarement, afin que celui-ci soit reconnu lorsqu'il descendra, que les croyants croient en lui, et que l'autre soit reconnu et que les monothéistes se méfient de lui. Al-Bukhârî a dit : 'Abd Allah ibn Muhammad nous a raconté, 'Abd al-Razzâq nous a raconté, Ma'mar nous a informés d'après Hammâm ibn Munabbih, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, qui a dit : « Jésus, fils de Marie, vit un homme qui volait et lui dit : As-tu volé ? Il dit : Non, par Celui en dehors de qui il n'y a de dieu ! Alors Jésus dit : Je crois en Allah et je démentis mes yeux. » Ainsi l'a rapporté [Muslim d'après] Muhammad ibn Râfi' d'après 'Abd al-Razzâq. Ahmad a dit : 'Affân nous a raconté, Hammâd ibn Salama nous a raconté d'après Humayd al-Tawîl, d'après al-Hasan et d'autres, d'après Abû Hurayra, qui a dit : Je ne le sais que d'après le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, qui a dit : « Jésus vit un homme qui volait et dit : Ô untel, as-tu volé ? Il dit : Non, par Allah, je n'ai pas volé. Il dit : Je crois en Allah et je démentis ma vue. » Cela indique une nature pure, car il a donné la priorité au serment de cet homme, pensant que personne ne jure par la grandeur d'Allah en mentant sur ce qu'il avait vu de ses propres yeux. Il accepta donc son excuse et se tourna contre lui-même en disant : « Je crois en Allah », c'est-à-dire : je te crois et je démentis ma vue à cause de ton serment. Al-Bukhârî a dit : Muhammad ibn Yûsuf nous a raconté, Sufyân nous a raconté d'après al-Mughîra ibn al-Nu'mân, d'après Sa'îd ibn Jubayr, d'après Ibn 'Abbâs, qui a dit : Le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, a dit : « Vous serez rassemblés pieds nus, nus, incirconcis. » Puis il récita : « Comme Nous avons commencé la première création, Nous la répéterons ; c'est une promesse qui Nous incombe ; Nous le ferons. » La première créature à être vêtue sera Abraham. Puis on emmènera des hommes de mes compagnons à droite et à gauche, et je dirai : Mes compagnons ! On dira : Ils n'ont cessé d'apostasier sur leurs talons depuis que tu les as quittés. Alors je dirai comme le serviteur vertueux, Jésus, fils de Marie, a dit : « Et j'étais témoin contre eux tant que je fus parmi eux ; puis quand Tu m'as rappelé, c'est Toi qui étais leur observateur. Et Tu es témoin de toute chose. Si Tu les châties, ils sont Tes serviteurs ; et si Tu leur pardonnes, c'est Toi le Puissant, le Sage. » Al-Bukhârî est le seul à l'avoir rapporté par cette voie, sans Muslim. Il a dit aussi : 'Abd Allah ibn al-Zubayr al-Humaydî nous a raconté, Sufyân nous a raconté, j'ai entendu al-Zuhrî dire : 'Abd Allah ibn 'Abd Allah m'a informé d'après Ibn 'Abbâs, qui a entendu 'Umar dire sur la chaire : J'ai entendu le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dire : « Ne m'exagérez pas comme les chrétiens ont exagéré pour Jésus, fils de Marie ; je ne suis qu'un serviteur. Dites donc : le serviteur d'Allah et Son messager. » Al-Bukhârî a dit : Ibrâhîm nous a raconté, Jarîr ibn Hâzim nous a raconté d'après Muhammad ibn Sîrîn, d'après Abû Hurayra, d'après le Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, qui a dit : « N'ont parlé au berceau que trois : Jésus, et il y avait parmi les enfants d'Israël un homme appelé Jurayj 15 qui priait lorsque sa mère vint et l'appela. Il dit : Dois-je lui répondre ou prier ? Elle dit : Ô Allah, ne le fais pas mourir avant de lui montrer le visage des prostituées. Jurayj était dans son ermitage. Une femme se présenta à lui et lui parla, mais il refusa. Alors elle alla trouver un berger et se livra à lui, et elle enfanta un garçon. On lui dit : De qui ? Elle dit : De Jurayj. Ils vinrent à lui, brisèrent son ermitage, le firent descendre et l'insultèrent. Il fit ses ablutions, pria, puis vint vers le garçon et dit : Qui est ton père, mon garçon ? Il dit : Un tel, le berger. Ils dirent : Veux-tu que nous reconstruisions ton ermitage en or ? Il dit : Non, seulement en argile. »
Il y avait une femme qui allaitait son fils parmi les enfants d'Israël. Un homme à cheval, d'apparence distinguée, passa près d'elle. Elle dit : « Ô Dieu, fais que mon fils soit comme lui. » L'enfant quitta son sein et se tourna vers le cavalier, puis dit : « Ô Dieu, ne fais pas que je sois comme lui. » Ensuite, il se tourna vers le sein de sa mère et le suça. Abou Hourayra dit : « Il me semble voir le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) sucer son doigt. » Puis on fit passer une servante 16. La femme dit : « Ô Dieu, ne fais pas que mon fils soit comme celle-ci. » L'enfant quitta son sein et dit : « Ô Dieu, fais que je sois comme elle. » Elle demanda : « Pourquoi cela ? » Il répondit : « Le cavalier est un tyran parmi les tyrans, tandis que cette servante, on dit qu'elle a volé et forniqué 17, mais elle ne l'a pas fait. » Al-Boukhari a dit : Abou al-Yaman nous a raconté, Chou'ayb nous a raconté, d'après al-Zouhri, Abou Salama m'a informé qu'Abou Hourayra a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dire : « Je suis le plus proche des gens de Jésus, fils de Marie. Les prophètes sont des frères de pères différents 18. Il n'y a pas de prophète entre moi et lui. » Al-Boukhari est le seul à avoir rapporté ce hadith par cette voie. Ibn Hibban l'a rapporté dans son Sahih d'après le hadith d'Abou Dawud al-Hafari, d'après al-Thawri, d'après Abou al-Zinad, d'après Abou Salama, d'après Abou Hourayra. Ahmad a dit : Wakî' nous a raconté, Soufyan — c'est al-Thawri — nous a raconté, d'après Abou al-Zinad, d'après al-A'raj, d'après Abou Hourayra, qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Je suis le plus proche des gens de Jésus (sur lui la paix). Les prophètes sont des frères de pères différents. Il n'y a pas de prophète entre moi et Jésus. » Cette chaîne de transmission est authentique selon leurs critères, mais ils ne l'ont pas rapportée par cette voie. Ahmad l'a également rapporté d'après Abd al-Razzaq, d'après Ma'mar, d'après Hammam, d'après Abou Hourayra, d'après le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), de manière similaire. Ibn Hibban l'a rapporté d'après le hadith d'Abd al-Razzaq, de manière similaire. Ahmad a dit : Yahya nous a raconté, d'après Ibn Abi 'Aruba, Qatada nous a raconté, d'après Abd al-Rahman ibn Adam, d'après Abou Hourayra, d'après le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), qui a dit : « Les prophètes sont des frères de pères différents ; leur religion est une, mais leurs mères sont diverses. Je suis le plus proche des gens de Jésus, fils de Marie, car il n'y a pas de prophète entre moi et lui. Il descendra 19. Quand vous le verrez, reconnaissez-le : c'est un homme de taille moyenne, tirant sur le rouge et le blanc, aux cheveux lisses, comme si sa tête dégouttait bien qu'il n'ait pas été mouillé, entre deux vêtements teints 20. Il brisera la croix, tuera le porc, abolira la capitation 21 et mettra fin aux religions, jusqu'à ce que toutes périssent en son temps, sauf l'islam. Allah fera périr en son temps le Messie menteur, l'Antéchrist 22. La sécurité régnera sur terre, au point que les chameaux paîtront avec les lions, les léopards avec les vaches, les loups avec les moutons ; les enfants et les jeunes joueront avec les serpents sans se faire de mal. Il demeurera aussi longtemps qu'Allah voudra, puis il mourra. Les musulmans prieront sur lui et l'enterreront. » Puis Ahmad l'a rapporté d'après 'Affan, d'après Hammam, d'après Qatada, d'après Abd al-Rahman, d'après Abou Hourayra, et il a mentionné quelque chose de similaire, en disant : « Il demeurera quarante ans, puis il mourra, et les musulmans prieront sur lui. » Abou Dawud l'a rapporté d'après Hudba ibn Khalid, d'après Hammam ibn Yahya, de manière similaire. Hicham ibn 'Urwa a rapporté d'après Salih, l'affranchi d'Abou Hourayra, d'après lui, que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Il demeurera sur terre quarante ans. » Nous avons déjà expliqué sa descente à la fin des temps dans le Livre des Épreuves 23, comme nous l'avons également développé dans l'exégèse à propos de la parole d'Allah Très-Haut dans la sourate des Femmes : « Et il n'y a personne, parmi les gens du Livre, qui ne croira en lui avant sa mort. Et au Jour de la Résurrection, il sera témoin contre eux » 24, et Sa parole : « Et il est un signe pour l'Heure » 25. Il descendra sur le minaret blanc de Damas 26 alors que la prière de l'aube aura été établie. Le guide des musulmans lui dira : « Avance, ô Esprit d'Allah, et prie. » Il répondra : « Non, que certains d'entre vous soient les chefs que Dieu a honorés pour cette communauté. » Selon une autre version, Jésus lui dira : « La prière a été établie pour toi. » Il priera donc derrière lui. Ensuite, il montera à cheval avec les musulmans à la poursuite du Messie menteur, l'Antéchrist, le rattrapera à la porte de Ludd 27 et le tuera de sa propre main bénie. Nous avons mentionné que l'espoir s'est renforcé lorsque ce minaret oriental de Damas, fait de pierres blanches, a été construit — il a d'ailleurs été reconstruit avec l'argent des chrétiens après qu'ils eurent brûlé celui qui avait été détruit et ce qui l'entourait. Jésus, fils de Marie (sur lui la paix), descendra sur lui, tuera le porc, brisera la croix et n'acceptera de personne d'autre que l'islam. Il sortira par le défilé d'al-Rawha' 28 en pèlerinage ou en 'umra, ou les deux ensemble. Il demeurera quarante ans, puis mourra et sera enterré, dit-on, dans la chambre prophétique 29, auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et de ses deux compagnons 30. Un hadith a été rapporté à ce sujet par Ibn 'Asakir à la fin de la biographie du Messie (sur lui la paix) dans son livre, d'après 'Aïcha, remontant au Prophète, selon lequel il sera enterré avec le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), Abou Bakr et 'Omar dans la chambre prophétique, mais sa chaîne de transmission n'est pas authentique. Abou 'Isa al-Tirmidhi a dit : Zayd ibn Akhzam al-Ta'i nous a raconté, Abou Qutayba Muslim ibn Qutayba nous a raconté, Abou Mawdud al-Madani m'a raconté, 'Othman ibn al-Dahhak nous a raconté, d'après Muhammad ibn Yusuf, d'après 'Abdallah ibn Salam, d'après son père, d'après son grand-père, qui a dit : « Il est écrit dans la Torah : la description de Muhammad et de Jésus, fils de Marie (sur eux la paix) : il sera enterré avec lui. » Abou Mawdud a dit : « Et il reste dans la maison un emplacement pour une tombe. » Puis al-Tirmidhi a dit : « Ce hadith est bon. » C'est ce qu'il a dit. Mais le correct est : al-Dahhak ibn 'Othman al-Madani. Al-Boukhari a dit : « Ce hadith n'est pas authentique selon moi et on ne le suit pas. » Al-Boukhari a rapporté d'après Yahya ibn Hammad, d'après Abou 'Awana, d'après 'Asim al-Ahwal, d'après Abou 'Othman al-Nahdi, d'après Salman, qui a dit : « L'intervalle entre Jésus et Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur eux) est de six cents ans. » D'après Qatada : cinq cent soixante ans. On a dit : cinq cent quarante ans. D'après al-Dahhak : quatre cent trente et quelques années. Le plus connu est six cents ans. Certains disent six cent vingt ans lunaires, pour que cela fasse six cents ans solaires. Et Allah sait mieux. Ibn Hibban a dit dans son Sahih, chapitre « Mention de la durée pendant laquelle la communauté de Jésus est restée sur sa guidance » : Abou Ya'la nous a raconté, Abou Hammam nous a raconté, al-Walid ibn Muslim nous a raconté, d'après al-Haytham ibn Humayd, d'après al-Wadin ibn 'Ata', d'après Nasr ibn 'Alqama, d'après Jubayr ibn Nufayr, d'après Abou al-Darda', qui a dit : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) a dit : « Allah a rappelé David du milieu de ses compagnons, et ils ne furent pas éprouvés ni n'ont changé. Les compagnons du Messie sont restés sur sa tradition et sa guidance pendant deux cents ans. » Ce hadith est très étrange, même si Ibn Hibban l'a jugé authentique. Ibn Jarir a mentionné d'après Muhammad ibn Ishaq que Jésus (sur lui la paix), avant d'être élevé, a recommandé aux apôtres d'appeler les gens à adorer Allah seul, sans associé, et a désigné chacun d'eux à un groupe de personnes dans une région des régions du Sham, de l'Orient et des pays du Maghreb. On rapporte que chacun d'eux se mit à parler la langue de ceux vers qui le Messie l'avait envoyé.
Plusieurs ont mentionné que l'Évangile a été transmis de lui par quatre personnes : Luc, Matthieu, Marc et Jean. Entre ces quatre Évangiles, il y a de grandes différences d'une copie à l'autre, de nombreuses additions et omissions par rapport à l'autre. Parmi ces quatre, deux ont connu le Christ 31 : Matthieu et Jean ; et deux sont des disciples de ses disciples : Marc et Luc. Parmi ceux qui crurent au Christ et le confirmèrent à Damas, il y avait un homme appelé Dina 32. Il se cachait dans une grotte à l'intérieur de la Porte Orientale, près de l'église dite « al-Musalaba » 33, par crainte de Paul le Juif, qui était injuste, oppresseur et haïssait le Christ. Lorsqu'il [Paul] vint à lui, il avait rasé la tête du fils de son frère lorsque celui-ci crut au Christ, l'avait promené dans la ville, puis l'avait lapidé jusqu'à ce qu'il meure, que Dieu lui fasse miséricorde. Quand Paul apprit que le Christ, paix sur lui, se dirigeait vers Damas, il prépara ses mules et sortit pour le tuer. Il le rencontra à Kawkabâ 34. Lorsqu'il affronta les compagnons du Christ, un ange vint à lui et le frappa au visage avec le bout de son aile, le rendant aveugle. Voyant cela, la foi au Christ s'insinua en lui ; il vint à lui, s'excusa de ce qu'il avait fait et crut en lui. Le Christ l'accepta, et Paul lui demanda d'essuyer ses yeux pour que Dieu lui rende la vue. Il dit : « Va trouver Dina chez toi à Damas, à l'extrémité du marché allongé 35 du côté de l'est ; il priera pour toi. » Il vint à lui, il pria, et Dieu lui rendit la vue. La foi de Paul au Christ, paix sur lui, qu'il est le serviteur de Dieu et Son messager, devint bonne. On construisit pour lui une église à son nom : c'est l'église de Paul, célèbre à Damas, depuis l'époque de sa conquête par les Compagnons 36, que Dieu les agrée, jusqu'à ce qu'elle soit ruinée. Chapitre : Les compagnons du Christ, paix sur lui, divergèrent à son sujet après son élévation au ciel, selon plusieurs opinions, comme l'ont rapporté Ibn 'Abbâs et d'autres imams des prédécesseurs 37, comme nous l'avons mentionné à propos de Sa parole : « Nous avons soutenu ceux qui ont cru contre leur ennemi, et ils sont devenus vainqueurs. » Ibn 'Abbâs et d'autres dirent : Certains d'entre eux dirent : « Il était parmi nous le serviteur de Dieu et Son messager, puis il fut élevé au ciel. » D'autres dirent : « Il est Dieu. » D'autres dirent : « Il est le fils de Dieu. » La première est la vérité ; les deux autres sont une immense mécréance, comme Il dit : « Les partis divergèrent entre eux. Malheur à ceux qui ont mécru lors du spectacle d'un jour terrible. » Ils divergèrent dans la transmission des Évangiles selon quatre opinions, entre additions, omissions, altérations et substitutions. Puis, trois cents ans après le Christ, survint la grande catastrophe et l'immense calamité : les quatre patriarches 38, tous les évêques, prêtres, diacres et moines divergèrent au sujet du Christ selon des opinions multiples, innombrables et incontrôlables. Ils se réunirent et portèrent leur litige devant le roi Constantin, le fondateur de Constantinople 39 : c'est le premier concile 40. Le roi adopta l'avis du groupe le plus nombreux qui s'était accordé sur une de ces opinions ; on les appela les « Melkites » 41. Il réfuta les autres et les écarta. Le groupe partisan de 'Abd Allah ibn Arius 42, qui maintenait que Jésus est un serviteur parmi les serviteurs de Dieu et un messager parmi Ses messagers, se retira dans les terres et les déserts, construisit des ermitages, des couvents et des cellules, se contenta d'une vie frugale et ne se mêla pas à ces sectes et confessions. Les Melkites construisirent des églises imposantes ; ils prirent ce qui avait été bâti par les Grecs, tournèrent leurs mihrabs 43 vers l'est, alors qu'ils étaient auparavant orientés vers le nord, vers la constellation du Capricorne. Exposé de la construction de Bethléem et du Saint-Sépulcre 44 : Le roi Constantin bâtit Bethléem sur le lieu de la naissance du Christ, et sa mère Hélène bâtit le Saint-Sépulcre, c'est-à-dire sur le tombeau du crucifié, et ils reconnaissent aux Juifs que c'est le Christ. Ceux-ci et ceux-là ont mécru, et ils ont établi des canons et des lois. Certaines sont contraires à l'Ancienne [Alliance], qui est la Torah ; ils ont déclaré licites des choses interdites par le texte de la Torah, comme le porc. Ils ont prié vers l'est, alors que le Christ n'a prié que vers le Rocher de Jérusalem 45 ; de même, tous les prophètes après Moïse, et Muhammad, le sceau des prophètes, a prié vers elle après son émigration à Médine pendant seize ou dix-sept mois, puis il fut orienté vers la Ka'ba, construite par Abraham l'Ami intime 46. Ils ont orné les églises d'images, ce qui n'était pas le cas auparavant, et ils ont établi le credo 47 que leurs enfants, femmes et hommes mémorisent, qu'ils appellent « l'Amanah » 48 ; en réalité, c'est la plus grande mécréance et trahison. Tous les Melkites, les Nestoriens 49 – partisans de Nestorius 50, gens du deuxième concile – et les Jacobites 51 – partisans de Ya'qûb al-Barâda'î 52, gens du troisième concile – professent ce credo et divergent dans son interprétation. Je vais le rapporter ; celui qui rapporte la mécréance n'est pas mécréant, malgré la faiblesse des expressions et l'abondance de mécréance et de corruption qui mènent son auteur au feu ardent. Ils disent : « Nous croyons en un Dieu unique, souverain de tout, créateur des cieux et de la terre, de tout ce qui est visible et invisible ; et en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant les siècles, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré non créé, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait ; pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel, s'incarna du Saint-Esprit et de la Vierge Marie, et se fit homme ; il fut crucifié sous Ponce Pilate 53, souffrit, fut enseveli, ressuscita le troisième jour selon les Écritures, monta au ciel, s'assit à la droite du Père ; et il reviendra en gloire pour juger les vivants et les morts ; son règne n'aura pas de fin. Et au Saint-Esprit, Seigneur et vivifiant, qui procède du Père ; avec le Père et le Fils, il est adoré et glorifié ; il a parlé par les prophètes. En une seule Église, sainte, catholique et apostolique. Nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés. Nous attendons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen. » Ils mémorisent ce credo, leurs enfants, femmes et hommes, qu'ils appellent « l'Amanah » ; en réalité, c'est la plus grande mécréance et trahison. Tous les Melkites, les Nestoriens – partisans de Nestorius, gens du deuxième concile – et les Jacobites – partisans de Ya'qûb al-Barâda'î, gens du troisième concile – professent ce credo et divergent dans son interprétation. Je vais le rapporter ; celui qui rapporte la mécréance n'est pas mécréant, malgré la faiblesse des expressions et l'abondance de mécréance et de corruption qui mènent son auteur au feu ardent. Ils disent : « Nous croyons en un Dieu unique, souverain de tout, créateur des cieux et de la terre, de tout ce qui est visible et invisible ; et en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant les siècles, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré non créé, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait ; pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel, s'incarna du Saint-Esprit et de la Vierge Marie, et se fit homme ; il fut crucifié sous Ponce Pilate, souffrit, fut enseveli, ressuscita le troisième jour selon les Écritures, monta au ciel, s'assit à la droite du Père ; et il reviendra en gloire pour juger les vivants et les morts ; son règne n'aura pas de fin. Et au Saint-Esprit, Seigneur et vivifiant, qui procède du Père ; avec le Père et le Fils, il est adoré et glorifié ; il a parlé par les prophètes. En une seule Église, sainte, catholique et apostolique. Nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés. Nous attendons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen. » Ici se termine le livre des Histoires des prophètes de l'imam Abû al-Fidâ' Ismâ'îl ibn Kathîr. Louange à Dieu pour Sa grâce.
- ṣiddīqa : Véridique, c'est-à-dire celle qui est constamment véridique dans sa foi et ses paroles.
- mamsūḥ al-qadamayn : Aux pieds plats, sans voûte plantaire.
- Rūḥ al-Qudus : L'Esprit Saint, identifié à l'ange Gabriel dans la tradition islamique.
- Ṣaḥīḥayn : Les deux recueils de hadiths authentiques d'al-Bukhârî et de Muslim.
- Isrā' : Le voyage nocturne du Prophète Muhammad de La Mecque à Jérusalem, suivi de l'ascension aux cieux.
- Shanū'a : Tribu yéménite connue pour ses hommes bruns et de taille moyenne.
- dīmās : Mot d'origine grecque désignant un bain public ou une prison souterraine ; ici, il s'agit d'un bain.
- sibṭ : Aux cheveux lisses et non crépus.
- Zutt : Peuple originaire d'Inde, connu pour sa peau brune et sa stature.
- al-Masīḥ al-Dajjāl : Le Messie trompeur, figure eschatologique de l'Antéchrist dans l'islam.
- limma : Mèche de cheveux tombant jusqu'aux épaules.
- ja'd qaṭaṭ : Aux cheveux très crépus et frisés.
- Ibn Qaṭan : Homme de la tribu de Khuzâ'a, connu pour sa laideur, mort à l'époque préislamique.
- Khuzā'a : Tribu arabe préislamique.
- Jurayj : Personnage pieux des enfants d'Israël, dont l'histoire est rapportée dans les hadiths.
- amah : Servante, esclave femme.
- saraqat wa zanat : Elles ont volé et forniqué : accusations portées contre la servante.
- awlād 'allāt : Frères de pères différents : enfants d'un même père mais de mères différentes.
- nāzil : Il descendra : référence à la descente de Jésus à la fin des temps.
- bayna mukhṣiratayn : Entre deux vêtements teints : vêtements teints en jaune ou rouge.
- jizyah : Capitation : impôt de capitation imposé aux non-musulmans en terre d'islam.
- al-Masīḥ al-Dajjāl : Le Messie menteur, l'Antéchrist : figure eschatologique de la tromperie.
- Kitāb al-Malāḥim : Livre des Épreuves : ouvrage traitant des signes de la fin des temps.
- Coran 4:159 : Référence coranique : « Et il n'y a personne, parmi les gens du Livre, qui ne croira en lui avant sa mort. »
- Coran 43:61 : Référence coranique : « Et il est un signe pour l'Heure. »
- al-Manārah al-Bayḍā' bi-Dimashq : Le minaret blanc de Damas : lieu traditionnel de la descente de Jésus.
- Bāb Ludd : Porte de Ludd : localité en Palestine, près de Jérusalem.
- Fajj al-Rawḥā' : Défilé d'al-Rawha' : lieu situé entre La Mecque et Médine.
- al-Ḥujrah al-Nabawiyyah : Chambre prophétique : chambre où le Prophète Muhammad est enterré à Médine.
- ṣāḥibayhi : Ses deux compagnons : Abou Bakr et 'Omar, enterrés aux côtés du Prophète.
- al-Masīḥ : Le Messie, Jésus-Christ.
- Ḍīnā : Nom d'un disciple de Damas ; peut-être une variante d'Ananias.
- al-Muṣallaba : L'église dite 'la Crucifiée' ou 'de la Croix'.
- Kawkabā : Localité près de Damas ; peut-être l'actuelle Qatana.
- al-sūq al-mustaṭīl : Le marché allongé, une rue commerçante rectiligne.
- al-Ṣaḥāba : Les Compagnons du prophète Muhammad.
- al-Salaf : Les pieux prédécesseurs, les premières générations de l'islam.
- al-baṭārika : Les patriarches, chefs des grandes Églises.
- al-Qusṭanṭīniyya : Constantinople, l'actuelle Istanbul.
- al-majmaʿ al-awwal : Le premier concile œcuménique, le concile de Nicée (325).
- al-Malakiyya : Les Melkites, chrétiens byzantins partisans du concile de Chalcédoine.
- Ibn Ariyūs : Arius, prêtre d'Alexandrie, fondateur de l'arianisme.
- maḥārīb : Pluriel de mihrab, niche indiquant la direction de la prière.
- al-Qumāma : Le Saint-Sépulcre, église à Jérusalem.
- Ṣakhra Bayt al-Maqdis : Le Rocher de Jérusalem, le Dôme du Rocher.
- al-Khalīl : Abraham, l'Ami intime de Dieu.
- al-ʿaqīda : Le credo, la profession de foi.
- al-Amāna : Le Symbole de foi, le Credo de Nicée-Constantinople.
- al-Nasṭūriyya : Les Nestoriens, chrétiens suivant Nestorius.
- Nusṭūrus : Nestorius, patriarche de Constantinople, condamné au concile d'Éphèse (431).
- al-Yaʿqūbiyya : Les Jacobites, chrétiens monophysites de Syrie.
- Yaʿqūb al-Barādaʿī : Jacques Baradée, évêque d'Édesse, fondateur de l'Église jacobite.
- Malāṭis al-Nabaṭī : Ponce Pilate, gouverneur romain de Judée.
Les notes et commentaires
Sa biographie se trouve dans Shadharāt al-Dhahab 1 6/231, al-Durar al-Kāmina 2 1/374, Dhayl Tadhkirat al-Ḥuffāẓ 3 d'al-Ḥusaynī, p. 58, et Dhayl al-Ṭabaqāt 4 d'al-Suyūṭī.
Il s'agit de notes critiques et de variantes textuelles concernant un manuscrit, probablement un ouvrage de récits prophétiques. Le texte principal n'est pas fourni, seulement les annotations. Je ne peux donc produire une traduction fluide sans le texte source. Veuillez fournir le texte à traduire.
↩ (٢١) [ص263] Ne se trouve pas dans ا (٣) ط: elle s'est séparée d'eux de son peuple (٤) ا: et ils l'avaient pourtant averti (*) ↩ (٢٢) [ص264] Du verset 5 de la sourate al-Ahzāb 5 (٢) Les deux versets 165 et 166 de la sourate ash-Shu‘arā’ 6 ↩ (٢٣) [ص264] ا: mécréants obstinés (*) ↩ (٢٤) [ص265] ا: et Ibn Abī d-Dunyā 7 l'a rapporté (٣) ا: il avait l'habitude de se réfugier (٤) ا: chaque fois pour eux (٥) ا: ce qui les a poussés (*) ↩ (٢٥) [ص266] ا: et Ibn Abī d-Dunyā l'a rapporté (٢) Ainsi dans ا, et peut-être est-ce un ittibā‘ 8 comme dans leur parole « shahīḥ naḥīḥ » ; et dans ط : « fī l-jāji wa l-‘āji », ce qui est une altération ↩ (٢٦) [ص266] De ا (*) ↩ (٢٧) [ص267] ا: il a rapetissé (*) ↩ (٢٨) [ص268] ا: quatre mille mille âmes (٢) omis de ا ↩ (٢٩) [ص268] ا: c'est-à-dire son cœur (*) ↩ (٣٠) [ص269] Ô mon peuple ↩ (٣١) [ص269] Sourate at-Taḥrīm 9 ↩ (٣٢) [ص269] ا: à Son Prophète que sa femme cherche ↩ (٣٣) [ص269] ا: beaucoup ↩ (٣٤) [ص269] Sourate an-Nūr 10 (*) ↩ (٣٥) [ص270] Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (٣٦) [ص271] ط: ils comprirent (*) ↩ (٣٧) [ص273] Les versets 85 à 93 (18 - Histoires des Prophètes 1) (*) ↩ (٣٨) [ص274] Les versets 84 à 95 (٢) Les deux versets 78 et 79 (٣) Les versets 176 à 191 (٤) ط: un village altéré (*) ↩ (٣٩) [ص275] ط: une ville connue par la tribu ↩ (٤٠) [ص275] ط: mesuré ↩ (٤١) [ص275] ا: sa conséquence ↩ (٤٢) [ص275] ا: Sa‘īd ↩ (٤٣) [ص275] ا: il cherche ↩ (٤٤) [ص275] ط: le peuple de Shu‘ayb (٧) al-akhtān 11 pluriel de khatan, qui est le gendre ; et dans l'imprimé : « aḥbār » altéré (*) ↩ (٤٥) [ص276] ط: de Mūsā et altéré (*) ↩ (٤٦) [ص277] ط: ne nous a pas été transmis en détail ↩ (٤٧) [ص277] Ne se trouve pas dans ا (٣) ا: il les a donc interdits (*) ↩ (٤٨) [ص278] ا: et si ↩ (٤٩) [ص278] ا: par lui ↩ (٥٠) [ص278] Ne se trouve pas dans ا (٤) ا: ce qui est entre vos mains ↩ (٥١) [ص278] ط: ce qui est en surplus (*) ↩ (٥٢) [ص279] ا: et il a averti (*) ↩ (٥٣) [ص280] ا: ou moi ↩ (٥٤) [ص280] ا: il se montre doux ↩ (٥٥) [ص280] ا: avec vous ↩ (٥٦) [ص280] ا: ce n'est pas (*) ↩ (٥٧) [ص281] ط: et il mentionna chez eux ↩ (٥٨) [ص281] Ne se trouve pas dans ا ↩ (٥٩) [ص281] ا: et ceci (*) ↩ (٦٠) [ص282] ا: car ils ne sont pas loin (*) ↩ (٦١) [ص283] ا: de ta peur du Feu ↩ (٦٢) [ص283] Ne se trouve pas dans ا ↩ (٦٣) [ص283] ا: il dit donc : par amour pour toi ↩ (٦٤) [ص283] L'imprimé : « ibn Amīn », c'est une altération (*) ↩ (٦٥) [ص284] L'original : « Jannatu Llāh » 12 (*) ↩ (٦٦) [ص284] ا: dans l'au-delà ↩ (٦٧) [ص285] ط: pour la guerrière ↩ (٦٨) [ص285] Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (٦٩) [ص286] Omis de ا (*) ↩ (٧٠) [ص287] ا: il vint à eux avec un Cri ↩ (٧١) [ص287] Omis de (*) ↩ (٧٢) [ص288] L'imprimé : « fashā‘a », c'est une altération (٢) omis de ا (*) ↩ (٧٣) [ص290] Omis de ا ↩ (٧٤) [ص290] ا: sur lui ↩ (٧٥) [ص290] ط: de lui ↩ (٧٦) [ص290] Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (١) [ص291] ا: nous l'avons présentée (*) ↩ (١) [ص292] Ne se trouve pas dans ا (٢) ا: Ibn Hājar ↩ (٢) [ص292] ا: et quoi que ce soit (*) ↩ (٣) [ص293] ا: par la science ↩ (٤) [ص293] Les deux versets 101-102 de la sourate aṣ-Ṣāffāt 13 (٣) Les deux versets 54-55 de la sourate Maryam 14 (٤) Les versets 45-48 de la sourate Ṣād 15 (٥) Les deux versets 85-86 de la sourate al-Anbiyā’ 16 (٦) Le verset 163 de la sourate an-Nisā’ 17 (*) ↩ (٥) [ص294] Le verset 136 de la sourate al-Baqara 18 (٢) Ne se trouve pas dans ا ↩ (٦) [ص294] Sourate al-Baqara : 140 (٤) ا: qu'il (٥) Ne se trouve pas dans ا ↩ (٧) [ص294] i‘taqabūhā 19 : ils se l'ont transmis ; et dans l'imprimé : « i‘tabaqūhā », altéré ↩ (٨) [ص294] ا: et un remplissage (*) ↩ (٩) [ص295] ا: ô Abā Sayl ↩ (١٠) [ص295] Ne se trouve pas dans ا (٣) ا: al-‘Amālīqī ↩ (١١) [ص295] ا: une troisième fois (٥) que leur interprétation ↩ (١٢) [ص295] ا: qui est al-‘Ayṣ ibn Isḥāq, le fils de son frère (*) ↩ (١٣) [ص296] De ا (*) ↩ (١) [ص297] ا: sur eux deux la paix (٢) ا: thawābil 20 (٣) ط: ils le nommèrent (*) ↩ (٢) [ص298] ا: et c'est pourquoi (٢) Ne se trouve pas dans ا ↩ (٣) [ص298] ا: sauf bān 21 (*) ↩ (٤) [ص299] Ainsi, et peut-être y a-t-il une lacune : « Ya‘qūb demanda donc à son oncle maternel de lui marier Rāḥīl » ↩ (٥) [ص299] Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (٦) [ص300] ا: sur la grande ↩ (٧) [ص300] ا: monde (*) ↩ (٨) [ص301] al-abqa‘ 22 : ce qui a du noir et du blanc ↩ (٩) [ص301] al-amlaḥ 23 : ce dont le blanc est mêlé de noir (٣) al-ajlaḥ 24 : celui qui n'a pas de corne (٤) ا: et dalab 25 (*) ↩ (١٠) [ص302] ا: je les ai informés ↩ (١١) [ص302] ا: et elles sont faibles ↩ (١٢) [ص303] Ne se trouve pas dans ا (٢) al-liqḥa 26 : la chamelle laitière ↩ (١٣) [ص303] Omis de ا (٤) De ا (*) ↩ (١٤) [ص304] Ne se trouve pas dans ا ↩ (١٥) [ص304] ا: avant le village (*) ↩ (١٦) [ص305] Ne se trouve pas dans ا (٢) ا: et ashākhir 27 (٣) ا: ḥādha 28 (٤) Ce long récit sur Ya‘qūb et son frère est rapporté des Gens du Livre, et il n'y a pas dans les récits islamiques de mention à ce sujet (m 20 - Histoires des Prophètes 1) (*) ↩ (١) [ص306] Omis de ا (*) ↩ (٢) [ص307] ا: un rêve ↩ (٣) [ص307] Du verset 115 de la sourate al-An‘ām 29 ↩ (٤) [ص307] La fin de la sourate ash-Shūrā 30 (٤) Les versets 99-101 de la sourate Ṭā Hā 31 (*) ↩ (٥) [ص308] ا: il a suivi ↩ (٦) [ص308] ا: Jurayj ↩ (٧) [ص308] tatahawwakūna 32 : vous êtes perplexes ou vous vous précipitez (*) ↩ (٨) [ص309] Ne se trouve pas dans ا ↩ (٩) [ص309] Il veut dire le récit précédent sur Isḥāq et al-‘Ayṣ ↩ (١٠) [ص309] Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (١١) [ص310] ا: afin que ne pas ↩ (١٢) [ص310] Ne se trouve pas dans ا ↩ (١٣) [ص310] Il veut dire l'absence de leur prophétie (*) ↩ (١٤) [ص311] ط: ‘Umar Dān ↩ (١٥) [ص312] Ne se trouve pas dans ا ↩ (١٦) [ص312] ا: et l'explication ↩ (١٧) [ص312] ا: pas de retour en cela ↩ (١٨) [ص312] ا: sur cela (*) ↩ (١٩) [ص313] ا: sur lui (*) ↩ (٢٠) [ص314] ا: son œil (*) ↩ (٢١) [ص315] ا: dans (٢) as-sakhla 33 : le petit de la brebis (٣) à cause de la crainte révérencielle et de la majesté (*) ↩ (٢٢) [ص316] ط: dans ↩ (٢٣) [ص316] al-buṭm 34 : la graine verte (*) ↩ (٢٤) [ص317] ا: dans ce que ↩ (٢٥) [ص317] C'est Abū Zayd Nawf ibn Faḍāla al-Bakālī, et il est le fils de la femme de Ka‘b al-Aḥbār, un Tābi‘ī 35 ; al-Lubāb 1/137 ↩ (٢٦) [ص317] Ne se trouve pas dans ا ↩ (٢٧) [ص317] ا: pour cela (*) ↩ (٢٨) [ص318] ا: bint Mūsan ↩ (٢٩) [ص320] Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (٣٠) [ص322] Ne se trouve pas dans ا (٢) ا: c'est toi qui ↩ (٣١) [ص322] Ne se trouve pas dans ا (٤) ا: nuzh 36 (*) ↩ (٣٢) [ص323] ا: et il était à l'extrême de la fraîcheur de la jeunesse ↩ (٣٣) [ص323] ا: dans ceci (*) ↩ (٣٤) [ص326] ا: les hypocrites ↩ (٣٥) [ص326] ا: son signe ↩ (٣٦) [ص326] al-ḥabala 37 : la vigne ↩ (٣٧) [ص326] ا: elle prend (*) ↩ (٣٨) [ص327] Omis de ا (*) ↩ (٣٩) [ص328] Omis de ا ↩ (٤٠) [ص328] ا: ce que tu n'as pas raconté ↩ (٤١) [ص328] Omis de l'imprimé ↩ (٤٢) [ص328] ا: le calomniateur (*) ↩ (٤٣) [ص329] Ne se trouve pas dans ا ↩ (٤٤) [ص329] Je l'élève (*) ↩ (٤٥) [ص330] Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (٤٦) [ص331] Ces noms et généalogies ne sont pas établis ni appuyés par l'histoire, et ils se donnaient la peine de les connaître, alors qu'ils n'en avaient nul besoin (*) ↩ (٤٧) [ص332] L'original : « rayyān » altéré ↩ (٤٨) [ص332] ا: de (*) ↩ (٤٩) [ص333] Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (٥٠) [ص335] al-ahrā’ 38 : les greniers à nourriture ↩ (٥١) [ص335] ط: par la suite (*) ↩ (٥٢) [ص336] ا: Afrītham ↩ (٥٣) [ص336] ا: et tout ↩ (٥٤) [ص336] De : ا (*) ↩ (٥٥) [ص337] ا: la fin de la tristesse ↩ (٥٦) [ص337] De ا (m 22 - Histoires des Prophètes 1) (*) ↩ (٥٧) [ص338] ا: pour que nous mesurions ↩ (٥٨) [ص338] Ne se trouve pas dans ا ↩ (٥٩) [ص338] ا: il dit ↩ (٦٠) [ص338] ا: ils s'efforcèrent donc (*) ↩ (٦١) [ص339] Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (٦٢) [ص340] Ne se trouve pas dans ا (٢) ا: envoie donc avec nous notre frère (*) ↩ (٦٣) [ص341] ا: et ils compensèrent un autre ↩ (٦٤) [ص342] ا: à la place de sa garantie ↩ (٦٥) [ص342] Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (٦٦) [ص344] ا: beaucoup [ص344] (٢) ا: avec eux (*) ↩ (٦٧) [ص345] Ne se trouve pas dans ا ↩ (٦٨) [ص345] ا: leur action (*) ↩ (٦٩) [ص346] as-sawāfik 39 : celles qui sont versées, déversées ↩ (٧٠) [ص346] al-lawā 40 : ce qui est tordu du sable ; ad-dakādik 41 : ce qui est plat et tassé ↩ (٧١) [ص346] ا: couvert ↩ (٧٢) [ص346] ا: tu te souviens de lui (*) ↩ (٧٣) [ص348] Omis de ا (*) ↩ (٧٤) [ص349] ط: je vous punirai (*) ↩ (٧٥) [ص350] ط: huit jours ↩ (٧٦) [ص350] ا: d'après Abū Sa‘īd (٣) ا: et il avait de lui ↩ (٧٧) [ص350] ا: et c'est la tristesse ↩ (٧٨) [ص350] ا: après cela (*) ↩ (٧٩) [ص351] Omis de ا (٢) L'imprimé : « il était mon oncle paternel », c'est une altération (٣) ط: dans aṣ-Ṣaḥīḥ 42 ↩ (٨٠) [ص351] ا: fils d'Ayyūb (*) ↩ (٨١) [ص352] ا: ils invoquent (*) ↩ (٨٢) [ص353] Omis de ا ↩ (٨٣) [ص353] ا: leur frère ↩ (٨٤) [ص353] De ا ↩ (٨٥) [ص353] Omis de ا [ص353] (23) Histoires des Prophètes 1) (*) ↩ (٨٦) [ص354] ا: et le texte des Gens du Livre ↩ (٨٧) [ص354] Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (٨٨) [ص355] Ne se trouve pas dans ا (٢) ط: leur culture (*) ↩ (١) [ص356] De ا (٢) Omis de ا ↩ (٢) [ص356] Les pieux (*) ↩ (٣) [ص357] Omis de ا (*) ↩ (٤) [ص358] ا: dans la grotte ↩ (٥) [ص358] Omis de ا ↩ (٦) [ص358] ا: ils l'enterrèrent donc (*) ↩ (٧) [ص359] Ne se trouve pas dans ا ↩ (٨) [ص359] ا: sur lui la paix (*) ↩ (٩) [ص360] ط: Afrāyim ↩ (١٠) [ص360] Omis de ا ↩ (١١) [ص360] ا: fille de Yūsuf (*) ↩ (١٢) [ص361] Les deux versets 83-84 de la sourate al-Anbiyā’ (٢) Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (١٣) [ص362] De ا ↩ (١٤) [ص362] Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (١٥) [ص363] ا: il est donc peu (*) ↩ (١٦) [ص364] Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (١٧) [ص365] al-andar 43 : l'aire de battage (*) ↩ (١٨) [ص366] ا: un homme (٢) Ne se trouve pas dans ا (٣) ا: tu n'es pas rassasié (٤) Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (١٩) [ص367] ar-rajul 44 : la grande multitude ↩ (٢٠) [ص367] yaḥthī 45 : il rassemble (*) ↩ (٢١) [ص368] Ne se trouve pas dans ا ↩ (٢٢) [ص368] ا: il l'a rencontrée (*) ↩ (٢٣) [ص369] Ne se trouve pas dans ا [ص369] (24) Histoires des Prophètes 1) (*) ↩ (٢٤) [ص370] ا: dans l'histoire d'Ayyūb ↩ (٢٥) [ص370] ا: et un jugement juste (٣) Ne se trouve pas dans ا ↩ (٢٦) [ص370] Omis de ط (*) ↩ (٢٧) [ص371] ا: qui se portera garant pour moi ↩ (٢٨) [ص371] Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (٢٩) [ص372] Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (٣٠) [ص373] ا: par un prophète ↩ (٣١) [ص373] Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (٣٢) [ص374] ا: et nul autre que ‘Abd Allāh n'a rapporté de lui ↩ (٣٣) [ص374] Ne se trouve pas dans ا (*) ↩ (١) [ص375] Le verset 42 de la sourate al-Qaṣaṣ 46 (*) [ص376] (١) Les deux versets 38-39 :
(2) [p.377] A : Et il les informa (*) (3) [p.378] A : Et les bêtes sauvages (4) [p.378] T : Le lion (5) [p.378] Omis dans A (6) [p.378] A : Cela (7) [p.378] A : Il dort (*) (8) [p.379] A : Et il se transforma (9) [p.379] A : Sauf qu'il dormit une heure (10) [p.379] N'est pas dans A (11) [p.379] A : La fosse (5) ou bien (6) A : Et je me réveille (7) A : Son sommeil (12) [p.379] N'est pas dans A (*) (13) [p.380] T : Et parmi eux, altération (2) Les versets : 13-29 de la sourate Yā Sīn (*) (14) [p.381] N'est pas dans A (2) A : Et véridique (15) [p.381] A : Les deux envoyés (4) A : Les mentionnés (*) (16) [p.382] A : Par un troisième d'eux (17) [p.382] De A (18) [p.382] L'imprimé : Et ils leur promirent (*) (19) [p.383] L'imprimé : C'est-à-dire qu'ils vous appellent (20) [p.383] A : Des cordes (*) (21) [p.384] N'est pas dans A (22) [p.384] A : Ses vieillards (23) [p.384] N'est pas dans A (24) [p.384] A : Ayant besoin (*) (25) [p.385] N'est pas dans A (2) Accusation de mensonge (26) [p.385] A : Le jaune " M 25 - Histoires des Prophètes " (*) (27) [p.386] Le verset : 98 (2) Les deux versets : 87, 88 (28) [p.386] Les versets : 129-148 (4) Les versets : 48-50 (*) (29) [p.389] A : Alors il retroussa (ses manches) (2) N'est pas dans A (*) (30) [p.390] N'est pas dans A (2) Al-ujājī : Le sel (*) (31) [p.392] N'est pas dans A (2) Omis dans A (*) (32) [p.393] A : Nous n'avons cessé d'élever pour lui une œuvre acceptée (2) Omis dans A (3) Al-arwā : La femelle du bouquetin, pluriel arwā ; voir Al-Ḥayawān d'Al-Jāḥiẓ 3/498 (33) [p.393] A : Il trouva exposé au soleil (*) (34) [p.394] Omis dans A (2) Peupler (35) [p.394] A : Sa'īd (*) (36) [p.395] Omis dans (*) (1) [p.396] L'imprimé : Sa bouche, altérée (2) [p.396] N'est pas dans A (*) (3) [p.397] N'est pas dans A (2) T : Joseph (*) (4) [p.398] N'est pas dans A (2) T : Joseph (*) (5) [p.398] A : Bien (2) N'est pas dans A (3) Omis dans l'imprimé ! (*) (1) [p.3] Sourate Maryam (2) Sourate Al-Qaṣaṣ (*) (2) [p.4] N'est pas dans A (*) (3) [p.5] N'est pas dans A (4) [p.5] Les versets : 57-59 de la sourate Ash-Shu'arā' (*) (5) [p.6] A : Il tuait d'abord les garçons (6) [p.6] A : Ô roi (3) A : Sauf de ta nourriture (7) [p.6] N'est pas dans A (*) (8) [p.7] A : Lorsqu'elle ressentit (9) [p.7] A : Et elle l'envoya (10) [p.7] Les deux versets : 68, 58 de la sourate An-Naḥl (*) (11) [p.8] A : Révélation de prophétie (12) [p.8] Omis dans A (*) [p.8] (2) A : Et elle l'envoya (13) [p.9] Omis dans A (14) [p.9] A : Qu'Il suscita (15) [p.9] Omis dans l'imprimé (*) (16) [p.10] De A (17) [p.10] A : Peut-être qu'ils trouveront, altéré (*) (18) [p.11] A : Nous avons promis (19) [p.11] De A (20) [p.11] N'est pas dans A (*) (21) [p.12] De A (*) (22) [p.13] N'est pas dans A (*) (23) [p.14] T : Alors il fit venir (*) (24) [p.15] A : Bon (25) [p.15] N'est pas dans A (*) (26) [p.16] De A (27) [p.16] A : Et comme s'il était (28) [p.16] A : Leurs moutons (*) (29) [p.17] A : Et il était craintif (30) [p.17] A : Vers l'ombre (31) [p.17] A : Collé (*) " 2 - Histoires des Prophètes 2 " (32) [p.18] A : Ce n'était pas (33) [p.18] N'est pas dans A (*) (34) [p.20] A : Le salaire (35) [p.20] De A (36) [p.20] A : Obstacle, altéré (37) [p.20] Adh-Dhahabī a dit à son sujet dans Mīzān al-I'tidāl 4/109 : Syrien, faible... ils l'ont abandonné. Raḥīm a dit : Il n'est rien. Abū Ḥātim a dit : On ne s'occupe pas de lui. Al-Bukhārī a dit : Hadith réprouvé. (38) [p.20] La chasteté (*) (39) [p.21] De A (*) (40) [p.22] A : Ordre (*) (41) [p.23] A : Alors Il lui donna un enfant, celui qui naquit de son moule de couleur et moule de couleur : sur une couleur autre que celle de sa mère (42) [p.23] Omis dans A (43) [p.23] A : Alors elle devint riche et femelle (4) A : Poignée (44) [p.23] T : Vous vous êtes précipités (6) Ash-shakhb : Ce qui sort du pis comme lait (45) [p.23] T : Une imagination (46) [p.23] N'est pas dans A (47) [p.23] De A (*) (48) [p.24] A : Partant (49) [p.24] De A (50) [p.25] N'est pas dans A (51) [p.25] A : Partant (*) (52) [p.26] Al-'awsaj : L'épine (53) [p.26] N'est pas dans A (*) (54) [p.27] De A (55) [p.27] A : Il dit : Un bâton (56) [p.27] N'est pas dans A (*) (57) [p.28] A : Parce que la nature humaine exige cela (58) [p.28] A : Sauf par (*) [p.29] (2) Omis dans A (*) (59) [p.30] De A (60) [p.30] N'est pas dans A (*) (61) [p.31] Sourate Ṭā Hā : 24-36 (2) Le verset : 53 de la sourate Maryam (*) (62) [p.32] Les versets : 10-91 (*) (63) [p.34] T : Renouvelée (*) (64) [p.35] Le verset : 53 de la sourate Fuṣṣilat (2) A : Lumineuse (65) [p.35] A : Son doute (*) (66) [p.36] A : Crainte (67) [p.36] A : Dans sa poche (68) [p.36] De A (*) (69) [p.37] A : Lorsque vous entrerez (2) A : Sur lui (70) [p.37] T : Et offrande (71) [p.37] A : À celui qui se souvient de moi (72) [p.37] A : Et il est le rival de son adversaire (73) [p.37] Sourate Al-Anfāl 45 (74) [p.37] A : Et Son savoir (75) [p.37] De A (*) (76) [p.38] Sourate An-Naḥl (2) Sourate Al-'Ankabūt (*) (77) [p.39] N'est pas dans A (78) [p.39] De A (*) (79) [p.40] A : Et ils se rencontrent (80) [p.40] De A (81) [p.40] N'est pas dans A (82) [p.40] Sourate Ṭā Hā 49, 50 (*) (83) [p.41] A : Car eux (84) [p.41] Les deux versets : 21, 22 de la sourate Al-Baqara (*) (85) [p.42] Le verset 27 de la sourate Ar-Rūm (2) Les versets : 56-59 de la sourate Ṭā Hā (3) N'est pas dans A (*) (86) [p.43] A : Que (87) [p.43] A : Dans son pays (88) [p.43] A : Ibn Abī Bazzah (89) [p.43] A : Et quatre-vingts (*) (90) [p.44] N'est pas dans A (*) (91) [p.45] N'est pas dans A (*) (92) [p.46] A : Sur ce que tu es venue (93) [p.46] A : Leurs métiers (*) (94) [p.47] A : Prestidigitation (95) [p.47] A : Ibn Abī Bazzah (*) (1) [p.48] De A (2) A : Tout sage (*) (2) [p.49] T : Retarde-le (*) " 4 - Histoires des Prophètes 2 " (3) [p.51] A : Pour les faire (4) [p.51] Omis dans A (5) [p.51] A : L'intimidation (*) (6) [p.52] N'est pas dans A (*) [p.52] (1) A : Sauf dans notre foi (7) [p.54] N'est pas dans A (*) (8) [p.55] A : Aux Enfants d'Israël (9) [p.55] Omis dans l'imprimé (10) [p.55] A : À ses côtés (*) (11) [p.57] A : Le plus mauvais d'entre eux (12) [p.57] N'est pas dans A (*) (13) [p.59] A : Et ils lui obéirent (14) [p.59] Omis dans A (*) (15) [p.60] N'est pas dans A (16) [p.60] A : Descendit (*) (17) [p.61] A : Et ils veulent (18) [p.61] Les deux versets : 12, de la sourate Al-Anbiyā' (3) A : Dieu réprouve cela (19) [p.61] Omis dans l'imprimé (*) (20) [p.62] N'est pas dans A (2) A : D'abord (*) (21) [p.63] N'est pas dans A (22) [p.63] A : Sinon ils frapperaient (23) [p.63] Omis dans A (*) (24) [p.64] T : Pour eux les jardins élevés (*) (25) [p.65] A : Tu ne possèdes ni bienfait ni mal (26) [p.65] A : Ils ne sont pas (*) (M 5 - Histoires des Prophètes 2) (27) [p.66] A : Par l'intimidation (2) De A (28) [p.66] N'est pas dans A (*) (29) [p.67] N'est pas dans A (*) (30) [p.68] As-sabad : Le peu ; al-labad : Le beaucoup (31) [p.68] A : Dans (32) [p.68] N'est pas dans A (33) [p.68] De A (34) [p.68] T : Al-qumqāmah, ce sont les petites tiques (35) [p.68] T : Sa bouche (36) [p.68] N'est pas dans A (8) Ad-dam al-'abīṭ : Le sang frais (37) [p.68] T : De l'acte de Moïse (*) (38) [p.69] Omis dans A (*) (39) [p.70] Omis dans A (40) [p.70] T : Lorsqu'ils ne tinrent rien de ce qu'ils dirent, Dieu envoya sur eux (*) (41) [p.71] A : Je découvris (42) [p.71] T : Et ils mentent (43) [p.71] T : Et l'avertissement (*) (44) [p.72] N'est pas dans A (45) [p.72] A : Ils détournent (46) [p.72] T : Devant (*) (47) [p.73] A : Plus complet (48) [p.73] A : Si ce qui est voulu est seulement (49) [p.73] Et si ce qui est (*) (50) [p.74] N'est pas dans A (2) Les versets 36-41 de la sourate Al-Qaṣaṣ (*) (1) [p.75] Omis dans A (2) [p.75] Le verset : 83 de la sourate Yūnus (*) (3) [p.76] Al-inji'āf : Le déracinement et l'extermination (*) (4) [p.77] Omis dans A (5) [p.77] Sourate Yūnus 88, 89 (6) [p.77] N'est pas dans A (*) (7) [p.78] N'est pas dans : A (2) A : Pour eux deux (*) (8) [p.79] Ainsi, peut-être : Dans la réalité (*) (9) [p.80] Les versets (10) [p.80] A : Dans ses armées et ses troupes (11) [p.80] A : Et le blâmable (*) [p.80] (52) 68 de la sourate Ash-Shu'arā' (2) A : Et la tentative (12) [p.81] N'est pas dans A (*) (6 - Histoires des Prophètes 2) (13) [p.82] Al-ḥāl : La boue noire (14) [p.82] Les versets : 77-79 de la sourate Ṭā Hā (15) [p.82] L'imprimé : Ils le dépassèrent, altéré (16) [p.82] A : De ce que (5) A : Alors il ordonna (*) (17) [p.83] Les versets : 17-23 de la sourate Ad-Dukhān (18) [p.83] A : Et son état (*) (19) [p.84] A : Ils lui firent allégeance (20) [p.84] Omis dans (21) [p.84] A : De mon obéissance (22) [p.84] Ar-ramakah : La jument ; al-ḥā'il : Celle qui n'a pas été fécondée (*) (23) [p.85] A : Il l'élève parfois et l'abaisse une autre fois (24) [p.85] Sourate Yūnus 96, 97 (3) Sourate Ghāfir 84, 85 (*) (25) [p.86] A : Que je l'atteigne (2) Yarmusuhu : Il l'enterre (*) (26) [p.87] Adh-Dhahabī le mentionne dans Mīzān al-I'tidāl 3/403 et dit : Il a un hadith réprouvé. Abū Zur'ah et Abū Ḥātim ont dit : Inconnu. Ibn Ma'īn a dit : Je ne le connais pas (*) (27) [p.88] N'est pas dans A (*) (28) [p.89] Sourate Al-A'rāf 136-141 (29) [p.89] Le verset : 59 de la sourate Ash-Shu'arā' (30) [p.89] Le verset : 5 de la sourate Al-Qaṣaṣ (*) (31) [p.90] L'imprimé : Égyptien, altéré (32) [p.90] A : Jusqu'à ce jour (*) (33) [p.91] T : Le pain azyme (34) [p.91] A : Mer de Soun (35) [p.92] N'est pas dans A (36) [p.92] A : Tout un chacun (*) (37) [p.93] Omis dans A (*) (38) [p.94] N'est pas dans A (2) Sourate Al-A'rāf 138, 139 (39) [p.94] Omis dans A (*) (40) [p.95] Omis dans A (41) [p.95] Sourate Al-Kahf 47, 48 (42) [p.95] N'est pas dans A (*) (43) [p.97] Les versets : 20-26 de la sourate Al-Mā'idah
Ne se trouve pas dans A 47. Ne se trouve pas dans A 48. A : peu 49. L'imprimé : 'Awf déformé 50. Ne se trouve pas dans A 51. A : faqā' 52 ; A : compagnons de Moïse 53 ; A : et autre 54. A : il dit 55. Barak al-Ghimād : lieu au Yémen, ou à cinq nuits derrière La Mecque, ou l'extrémité habitée de la terre 56. T : d'après Ma'mar 57. Ne se trouve pas dans A 58. Al-Qarn 59 : ce dans quoi on souffle ; d'où le hadith d'at-Tirmidhī : le Messager de Dieu (sur lui la paix) a dit : « Comment pourrais-je être à l'aise alors que le maître du Cor 60 a saisi le Cor et a incliné son front ? », c'est-à-dire Isrāfīl. A : ils lui obéirent 61. A : feu. Omis dans A. L'imprimé : fa-amara 62. L'imprimé : li-yataqaddamū 63. Ne se trouve pas dans A. Les versets : 80-82 de la sourate Ṭā Hā 64. A : wa-safaruhum 65 ; A : fī ākhir. T : minhu 66. De A. A : wa-nabbahahum 67. Ne se trouve pas dans A ; les versets : 142-147 de la sourate al-A'rāf 68. A : kalāmuhu lahu 69. A : wa-iqāma. Tadhahdaha : rouler 70. As-Subuhāt : les lumières 71. De A. A : wa-kānat 72. A : faḍlihi 73 ; A : fīmā qablahu. Omis dans A ; A : shāhadūhu 74. Les versets : 148-154 de la sourate al-A'rāf. Les versets : 83-98 de la sourate Ṭā Hā. Ne se trouve pas dans A. A : wa-'idātihi 75. Ne se trouve pas dans A. A : fa-shahida. A : al-maṣwagh 76. De A. A : ḥikmatihi 77. Sourate al-Baqara 54. Les versets : 155-157 de la sourate al-A'rāf ; A : wa-yu'adhdhab 78 ; A : wa-ṣa'ida. A : fa-dhakara anna banī Isrā'īla sami'ū. Le verset : 75 de la sourate al-Baqara. Le verset : 6 de la sourate at-Tawba. A : fa-qāla lahu wa-ṭalaba minhu. A : fa-athlabat 79 ; dans T : fa-l-taqat 80 ; ce que j'ai établi me semble correct. Ne se trouve pas dans A. Omis dans A. A : wa-inna Allāha a'ṭākum ayyatuhā al-umma 81. La narration dans al-Wafā d'Ibn al-Jawzī : 1/40 ahl aḍ-ḍalāla. Ne se trouve pas dans A. A : min ghanīkum li-faqīrikum. A : min ummat Muḥammad 82. T : bi-Manbij 83. L'imprimé : yaḥyā déformé ; omis dans A. L'imprimé : wa-mithluhu wa-mithluhu 84. Aẓ-Ẓahr : abondance de biens 85. A : yuṣabbib 86. A : kamā sanadhkuru. Ne se trouve pas dans A. A : wa-lahu al-minna 87. T : fa-yaqūlu. Ne se trouve pas dans A. Omis dans A. A : ad-Dusaykī 88 ; je n'ai pas trouvé cette attribution. L'original : ibn Sabal déformé ; correction d'après Mīzān al-I'tidāl 1/276, qui dit de lui : yamānī, il a un hadith munkar rapporté d'après al-Ḥakam ibn Abān, d'après 'Ikrima, d'après Abū Hurayra, élevé : « Il vint à l'esprit de Moïse... le hadith ». Sourate al-Baqara 63, 64. Sourate al-A'rāf 171. A : dhālika al-jabal. Omis dans A. Sourate al-Baqara 67-73. De A. T : 'ammā sa'altumūnī 'anhu 89. A : wa-saqā al-ḥarth 90. A : alladhī fī al-ghuḍrūf 91. Yaskhub : couler 92. De A. Sourate Luqmān 28. T : zakiyya 93. Les versets : 60-82 de la sourate al-Kahf. Ne se trouve pas dans A. A : qāla al-Khiḍr. A : fa-kallamahum. An-Nawl : le salaire 94. T : zakiyya. Ne se trouve pas dans A. A : kāna. Dans l'ajout : ainsi a-t-il dit 95. Ṣaḥīḥ al-Bukhārī 2/334, livre du Tafsīr. Ne se trouve pas dans A. Ath-Tharyān 96 ; taḍrib : bouger 97. Ne se trouve pas dans A. A : lam ghaful. Omis dans A. Ad-Dihqān : le chef des paysans persans et le chef de la région. Sourate Āl 'Imrān 84. Sourate Āl 'Imrān 84. Omis dans l'imprimé, je l'ai rétabli d'après A. Ne se trouve pas dans A. Omis dans A. A : fa-yaqtilu banātihim. A : fa-lā yuqtalu 98 ; A : idhā waladathu. Al-Farḍa : la brèche par laquelle on puise dans le fleuve 99. Ne se trouve pas dans A ; al-Wālih : celle qui est éperdue et stupéfaite 100. Nazā : bondir 101. T : arīnī ibnī. T : turīhā iyyāhu fīhi 102. Ne se trouve pas dans A. A : urīdu bihi futūnan 103. Ne se trouve pas dans A. A : fa-baynamā. Omis dans l'imprimé, je l'ai rétabli d'après A. A : wa-in kāna ṣafwatan lahu ma'a qawmihi. A : lā yastaqīmu lahu an yuqīda 104. A : ḥaythu 105. Al-Ḥafl : les pis pleins de lait ; al-Biṭān : la satiété 106. A : mulkihi 107 ; ne se trouve pas dans A. A : fī al-qatl 108 ; A : yakūnu 'anhu rad'an 109 ; ne se trouve pas dans A ; A : wa-qtaḥama 110. Ne se trouve pas dans A ; A : ya'malu bi-s-siḥri wa-l-ḥayyāt 111. L'original : ilā ath-tha'ābīn 112 ; A : akhlaf min ghadihi 113 ; ne se trouve pas dans A. Al-Qaṣīf : c'est-à-dire que les vagues de la mer se brisent jusqu'à ce qu'on entende un bruit semblable au tonnerre. A : fa-khāfa. De A. A : fa-nṣarafa. Ne se trouve pas dans A. Nataqa : soulever ; dans A : wa-nataqa. A : 'ajīban 114. T : wa-ḥarramahā. De A. De A. A : mi'a wa-'ishrūn. A : wa-naqasha. Ne se trouve pas dans A. A : ṣifa. T : ṭūluhā dhirā' wa-'arḍuhā dhirā' wa-niṣf 115. T : wa-naṣaba. T : majī'. A : ḥawlahā 116. T : hammuhum. A : fī ghayri mā hum fīhi 117. A : al-umūr. Sourate al-Baqara. Les versets : 76-83 de la sourate al-Qaṣaṣ. L'imprimé : qāla ibn Jurayj, c'est une déformation. Al-Fi'ām : le groupe de gens 118. De A ; A : naṣaḥahu. A : ilā taḥṣīl 119. T : ilā isti'māl 120 ; ne se trouve pas dans A. L'imprimé : wa-mā dhahaba 121 ; sourate ; les deux versets : 55, 56 de la sourate al-Mu'minūn. T : al-khallāq. Ne se trouve pas dans A. Omis dans l'imprimé. A : kathīr min an-nās 122. Ne se trouve pas dans A. Ne se trouve pas dans A. Les deux versets : 23, 24 de la sourate Ghāfir. Les deux versets : 39, 40. Les versets : 51-52 de la sourate Maryam ; le verset : 144 de la sourate al-A'rāf ; ne se trouve pas dans A ; le verset : 164 de la sourate an-Nisā' ; le verset : 69 de la sourate al-Aḥzāb. Omis dans l'original, je l'ai rétabli d'après Ṣaḥīḥ al-Bukhārī 2/18, édition al-Amīriyya. Al-Idra : gonflement du testicule 123. De A et la version d'al-Bukhārī : wa-abra'ahu mimmā yaqūlūn. Omis dans A. Omis dans A ; A : ḥaddathanā al-A'mash 124 ; T : qisma 125 ; ce que j'ai établi d'après A est conforme à la version d'al-Bukhārī 2/118 ; A : laqad ūdhiya 126. A : fa-marra 127. L'imprimé : ibn Muḥayṣin, c'est une erreur. Cela se trouve dans le livre an-Nihāya de l'auteur. A : li-sū' fa-huwa muhimm. A : wa-lā yūjadu 128. Sourate al-Aḥqāf 3 ; omis dans l'imprimé. De A. Ne se trouve pas dans A. A : fa-byaḍḍa. A : ibn 'ammikum. Al-Marbū' : la taille moyenne entre le grand et le petit 129. As-Sabṭ : les cheveux lisses, contraire du crépu 130. Al-Muḍṭarib : le grand avec mollesse 131. Ṣakkahu : le frapper 132. De A. L'imprimé : dawra déformé ; ce que j'ai établi d'après A. Ne se trouve pas dans A. A : fa-qul lahu. Ne se trouve pas dans A. A : fī al-kitāb ; de A ; omis dans A ; de A. Dans toute chose. Ne se trouve pas dans A. Sourate at-Tawba 29 ; sourate al-Mā'ida 12. A : kafara. Sourate al-Fatḥ 16. A : an-Naṣūn ibn Sādhūn 133 ; A : Shāmwāl ibn Ṣūr Shaddī 134 ; A : Ṣā'ūn 135. A : arba'umi'a 136 ; A : 'Umayishdhā 137. A : fīhim. De A ; T : 'ahida ilā kulli qabīla ṭā'ifa 138. A : wa-banū Thālī yalfūn 139. Les versets : 175-177 de la sourate al-A'rāf. T : wa-ndafa'a. A : ḥattā marrat 140.
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- Shadharāt al-Dhahab : Ouvrage biographique d'Ibn al-‘Imād al-Ḥanbalī.
- al-Durar al-Kāmina : Ouvrage biographique d'Ibn Ḥajar al-‘Asqalānī.
- Dhayl Tadhkirat al-Ḥuffāẓ : Suite de l'ouvrage d'al-Dhahabī sur les mémorisateurs du hadith.
- Dhayl al-Ṭabaqāt : Suite des classes de savants par al-Suyūṭī.
- al-Aḥzāb : Sourate 33 du Coran, 'Les Coalisés'.
- ash-Shu‘arā’ : Sourate 26 du Coran, 'Les Poètes'.
- Ibn Abī d-Dunyā : Célèbre traditionniste et auteur de nombreux ouvrages d'édification morale (m. 281 H).
- ittibā‘ : Redondance expressive, où un mot suit un autre pour renforcer le sens, comme 'shahīḥ naḥīḥ' (sain et sauf).
- at-Taḥrīm : Sourate 66 du Coran, 'L'Interdiction'.
- an-Nūr : Sourate 24 du Coran, 'La Lumière'.
- al-akhtān : Pluriel de khatan, qui signifie 'gendre' ou 'allié par mariage'.
- Jannatu Llāh : Le Paradis de Dieu.
- aṣ-Ṣāffāt : Sourate 37 du Coran, 'Les Rangés'.
- Maryam : Sourate 19 du Coran, 'Marie'.
- Ṣād : Sourate 38 du Coran, 'Ṣād'.
- al-Anbiyā’ : Sourate 21 du Coran, 'Les Prophètes'.
- an-Nisā’ : Sourate 4 du Coran, 'Les Femmes'.
- al-Baqara : Sourate 2 du Coran, 'La Vache'.
- i‘taqabūhā : Ils se la sont transmise successivement, de génération en génération.
- thawābil : Pluriel de thābil, peut-être 'récompenses' ou 'bienfaits'.
- bān : Arbre du désert (Moringa peregrina) dont on tire une huile.
- al-abqa‘ : Animal (mouton, chèvre) tacheté de noir et blanc.
- al-amlaḥ : Animal dont le blanc est mêlé de noir, grisâtre.
- al-ajlaḥ : Animal sans cornes.
- dalab : Peut-être une variété de palmier ou un nom propre.
- al-liqḥa : Chamelle laitière, celle qui donne du lait.
- ashākhir : Pluriel de shākhir, peut-être 'hautains' ou 'orgueilleux'.
- ḥādha : Peut-être une altération de 'jādhā' (il a pris) ou autre.
- al-An‘ām : Sourate 6 du Coran, 'Les Bestiaux'.
- ash-Shūrā : Sourate 42 du Coran, 'La Consultation'.
- Ṭā Hā : Sourate 20 du Coran, 'Ṭā Hā'.
- tatahawwakūna : Vous êtes perplexes, hésitants, ou vous vous précipitez imprudemment.
- as-sakhla : Le petit de la brebis, l'agneau ou la chevrette.
- al-buṭm : Le fruit du pistachier lentisque, ou une graine verte.
- Tābi‘ī : Successeur, membre de la génération suivant celle des Compagnons du Prophète.
- nuzh : Éloignement, pureté, ou peut-être 'loin'.
- al-ḥabala : La vigne, ou le cep de vigne.
- al-ahrā’ : Pluriel de hirā’, grenier, silo à grains.
- as-sawāfik : Féminin pluriel de sāfik, 'qui se déverse', 'qui coule'.
- al-lawā : Partie sinueuse ou courbe d'une dune de sable.
- ad-dakādik : Pluriel de dukdāk, petite colline de sable tassé et plat.
- aṣ-Ṣaḥīḥ : Recueil de hadiths authentiques, notamment celui d'al-Bukhārī ou Muslim.
- al-andar : Aire de battage, endroit où l'on bat le grain.
- ar-rajul : Littéralement 'l'homme', mais peut désigner une grande multitude, un groupe nombreux.
- yaḥthī : Il rassemble, il amasse (en parlant de nourriture ou d'argent).
- al-Qaṣaṣ : Sourate 28 du Coran, 'Le Récit'.
- ا : Sigle désignant un manuscrit de référence, probablement le manuscrit A.
- ا : Sigle désignant un manuscrit de référence, probablement le manuscrit A.
- قلَّة : Peu, rareté.
- عَوْف : Nom propre, 'Awf.
- ا : Sigle désignant un manuscrit de référence, probablement le manuscrit A.
- فتقاء : Peut-être une variante de 'fatqā'' (fente, ouverture).
- أصحاب موسى : Les compagnons de Moïse.
- وغيره : Et autre.
- قال : Il dit.
- برك الغماد : Barak al-Ghimād, un lieu au Yémen ou près de La Mecque.
- معمر : Ma'mar, un transmetteur de hadith.
- ا : Sigle désignant un manuscrit de référence, probablement le manuscrit A.
- القرن : Le Cor, la trompe (d'Isrāfīl).
- صاحب القرن : Le maître du Cor, c'est-à-dire l'ange Isrāfīl chargé de souffler dans la Trompe.
- فأطاعوه : Ils lui obéirent.
- فأمر : Il ordonna.
- ليتقدموا : Pour qu'ils avancent.
- سورة طه : Sourate Ṭā Hā, la 20e sourate du Coran.
- وسفرهم : Et leur voyage.
- منه : De lui.
- ونبههم : Et il les avertit.
- سورة الأعراف : Sourate al-A'rāf, la 7e sourate du Coran.
- كلامه له : Sa parole à lui.
- تدهده : Rouler, dégringoler.
- السبحات : Les lumières, les gloires.
- وكانت : Et elle était.
- فضله : Sa grâce.
- شاهدوه : Ils le virent.
- وعداته : Et ses promesses.
- المصوغ : L'objet façonné (le veau d'or).
- حكمته : Sa sagesse.
- وياذاب : Et il sera châtié.
- فأثلبت : Peut-être 'elle se déversa' ou 'elle se rassembla'.
- فالتقت : Elle se rencontra.
- أيتها الأمة : Ô communauté (la communauté de Muhammad).
- من أمة محمد : De la communauté de Muhammad.
- بمنبج : À Manbij, une ville de Syrie.
- ومثله ومثله : Et son semblable et son semblable.
- الظهر : L'abondance de biens, la richesse.
- يصبب : Il verse, il déverse.
- وله المنة : Et à Lui la grâce.
- الدسيكى : Ad-Dusaykī, une attribution non identifiée.
- عما سألتموني عنه : De ce que vous m'avez interrogé.
- وسقى الحرث : Et il arrosa la culture.
- الغضروف : Le cartilage.
- يسخب : Il coule, il s'écoule.
- زكية : Pure, saine.
- النول : Le salaire, la récompense.
- كذا قال : Ainsi a-t-il dit.
- الثريان : Les deux seins (?) ou un terme non identifié.
- تضرب : Bouger, frapper.
- فلا يقتل : Il ne tue pas.
- الفرضة : La brèche, l'ouverture dans un fleuve pour puiser l'eau.
- الواله : Celle qui est éperdue, stupéfaite.
- نزا : Bondir, sauter.
- تريها إياه فيه : Tu la lui montres dedans.
- أريد به فتونًا : Je veux par lui une épreuve.
- أن يقيد : Qu'il applique la loi du talion.
- حيث : Où.
- الحفل والبطان : Al-Ḥafl : les pis pleins de lait ; al-Biṭān : la satiété.
- ملكه : Son royaume.
- في القتل : Dans le meurtre.
- ردءًا : Un soutien, un appui.
- واقتحم : Il s'élança, il se jeta.
- يعمل بالسحر والحيات : Il pratique la magie et les serpents.
- الثعابين : Les serpents.
- أخلف من غده : Plus trompeur que son lendemain.
- عجيبًا : Étonnant, merveilleux.
- طولها ذراع وعرضها ذراع ونصف : Sa longueur est une coudée et sa largeur une coudée et demie.
- حولها : Autour d'elle.
- في غير ما هم فيه : Dans autre chose que ce dans quoi ils sont.
- الفئام : Le groupe de gens, la foule.
- إلى تحصيل : Vers l'obtention, l'acquisition.
- إلى استعمال : Vers l'utilisation.
- وما ذهب : Et ce qui est parti.
- كثير من الناس : Beaucoup de gens.
- الأدرة : Le gonflement du testicule, l'hydrocèle.
- الأعمش : Al-A'mash, un transmetteur de hadith.
- قسمة : Partage, division.
- لقد أوذي : Il a été offensé.
- فمر : Il passa.
- ولا يوجد : Et il ne se trouve pas.
- المربوع : De taille moyenne, ni grand ni petit.
- السبط : Cheveux lisses et plats.
- المضطرب : Grand avec mollesse.
- صكه : Il le frappa.
- النصون بن ساذون : An-Naṣūn ibn Sādhūn, nom propre.
- شاموال بن صور شدى : Shāmwāl ibn Ṣūr Shaddī, nom propre.
- صاعون : Ṣā'ūn, nom propre.
- أربعمائة : Quatre cents.
- عميشذى : 'Umayishdhā, nom propre.
- عهد إلى كل قبيلة طائفة : Il confia à chaque tribu un groupe.
- وبنو ثالى يلفون : Et les Banū Thālī se rassemblent.
- حتى مرت : Jusqu'à ce qu'elle passe.