Les signes de la prophétie [1]

Les signes de la prophétie. Préfaces de l'édition critique. Préface de l'éditeur. Présentation de Sa'id Muhammad al-Lahham. Présentation de Sa'id Muhammad al-Lahham. Al-Mawardi : ses maîtres, sa vie, ses œuvres. Al-Khatib al-Baghdadi. Ibn al-Salah. Abu Ishaq al-Shirazi. Ibn Khallikan. Taj al-Din al-Subki. Préface de l'auteur. Premier chapitre : Introduction aux preuves. Science de l'acquisition 1. Nécessité et preuve. Jugements de la raison. Jugements de l'ouïe 2. Deuxième chapitre : Connaissance de la divinité adorée. Parole des chrétiens. Signification de l'unicité. Troisième chapitre : Validité de la charge 3. Définitions de la charge. Obligation de la charge. Légitimité de la charge. Ordre et volonté. Conditions de validité de l'ordre. Temps de l'ordre. Catégories de l'ordre. Quatrième chapitre : Établissement des prophéties. Les prophètes, paix sur eux. Négateurs de la prophétie. Différence entre le négateur et la prophétie, et fausseté de leurs arguments. Possibilité des prophéties. Établissement des prophéties. Preuves des prophètes. Miracles et prophétie. Perception et vision. Révélation et prophétie. Conditions de la transmission. Manière de transmettre. Prophète et messager. Obligation de transmettre. Cinquième chapitre : Durée du monde et nombre des messagers. Création par Dieu d'Adam. Adam et ses fils, d'Idris à Jésus, paix sur eux. Section sur la durée du monde jusqu'à l'Heure. Les prophètes entre Moïse et Jésus, paix sur eux. Sixième chapitre : Établissement de la prophétie de Muhammad, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Septième chapitre : Ce que le Coran contient comme types d'inimitabilité 4. Aspects de l'inimitabilité. Inimitabilité dans la composition linguistique. Inimitabilité dans les significations. Inimitabilité dans le style. Inimitabilité dans la concision et la noblesse des significations. Inimitabilité scientifique. Inimitabilité dans les indices et les preuves. Inimitabilité dans l'information sur le passé. Inimitabilité par l'information sur l'invisible. Inimitabilité par l'information sur les secrets des âmes. Inimitabilité dans les mots. Inimitabilité dans la récitation. Inimitabilité dans le fait qu'il est préservé de l'erreur, protégé en mot et en sens. Inimitabilité dans l'universalité de ses significations. Inimitabilité dans la cohésion de son expression. Inimitabilité dans l'incapacité à embrasser ses significations. Inimitabilité dans la facilité de sa mémorisation. Inimitabilité dans l'incapacité à produire son semblable. Inimitabilité dans l'incapacité à y ajouter ou en retrancher. Inimitabilité dans l'impuissance à le contester. Inimitabilité dans le détournement de sa contestation. Caractère global de l'inimitabilité. Le Coran est la parole du Seigneur des mondes. Huitième chapitre : Miracles de son infaillibilité, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Sur les signes de son infaillibilité. Neuvième chapitre : Ce qui a été observé comme miracles de ses actes. Dixième chapitre : Ce qui a été entendu comme miracles de ses paroles. Divisions de la transmission des nouvelles. Section sur les divisions des nouvelles isolées 5. Onzième chapitre : Ce dont il a été honoré, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, comme exaucement de ses invocations. Douzième chapitre : Son annonce, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, de ce qui se produira après lui. Treizième chapitre : Miracle de ce qui est apparu des animaux, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Quatorzième chapitre : Apparition de son miracle, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix, à partir des arbres et des minéraux. Quinzième chapitre : Annonces des prophètes, paix sur eux, de sa prophétie, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Section sur les annonces à son sujet. Parmi les annonces de Nuh 6 ibn Nutal, des prophètes des enfants d'Israël. Parmi les annonces de 'Uwaydiya 7, des prophètes des enfants d'Israël. Parmi les annonces de Mikha 8, des prophètes des enfants d'Israël, dans son livre. Parmi les annonces de Habaquq 9, des prophètes des enfants d'Israël. Parmi les annonces d'Ézéchiel 10, des prophètes des enfants d'Israël. Parmi les annonces de Yarshafina 11, des prophètes des enfants d'Israël. Parmi les annonces de Zacharie fils de Jean 12, des prophètes des enfants d'Israël. Parmi les annonces de Daniel 13, des prophètes des enfants d'Israël. Parmi ses annonces dans la vision de Nabuchodonosor 14. Parmi les annonces de Jérémie fils de Baruch 15, des prophètes des enfants d'Israël, à l'époque de Nabuchodonosor. Parmi les annonces de David dans les Psaumes 16. Parmi les annonces du Messie à son sujet dans l'Évangile 17. Seizième chapitre : Appels des djinns 18 à sa prophétie, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Section sur l'obligation de la charge pour les djinns. Appels des djinns. Dix-septième chapitre : Ce que les âmes ont murmuré comme inspiration des intelligences sur sa prophétie, paix sur lui. Dix-huitième chapitre : Commencement de sa lignée et pureté de sa naissance, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Pureté de la naissance du Messager, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Dix-neuvième chapitre : Signes de sa naissance et manifestation de sa bénédiction, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Naissance du Messager, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Son enfance, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Son éducation sous la tutelle d'Abu Talib. Sa jeunesse, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Vingtième chapitre : Noblesse de ses caractères et perfection de ses vertus, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Aspects de sa perfection, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Premier aspect : perfection de sa création. Harmonie de son apparence, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Quant au premier aspect : son amabilité, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Inclination des cœurs vers lui, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Inclination des âmes vers lui, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Deuxième aspect : perfection de ses caractères, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Sagacité de son esprit, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Sa constance dans les difficultés. Son ascétisme dans ce monde. Son humilité envers les gens. Sa clémence et sa dignité. Respect des engagements et loyauté. Troisième aspect : vertus de ses paroles. Sa sagesse, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Sa préservation de ce que Dieu lui a révélé. Sa maîtrise de ce qu'il a légiféré. Son ordre des bonnes mœurs. Clarté de sa réponse. Sa retenue de sa langue. Son éloquence. Sa faconde. Ses paroles, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Parmi ses paroles, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Quatrième aspect : vertus de ses actes. Sa bonne conduite, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Désir et crainte. Justice. Son ordre de la modération, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Son explication des actes d'adoration. Son combat, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Son courage, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Sa générosité et sa munificence, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Vingt et unième chapitre : Commencement de sa mission et établissement de sa prophétie, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Son amour de la solitude. Ses états. Les rêves véridiques. Sa purification. L'annonce de la prophétie. Section sur sa Loi, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix. Notes marginales.


  1. علم الاكتساب : Science de l'acquisition : discipline théologique traitant de l'acquisition des connaissances par l'effort humain.
  2. السمع : L'ouïe : ici, désigne la révélation ou la tradition prophétique, par opposition à la raison.
  3. التكليف : La charge : obligation religieuse imposée par Dieu aux êtres responsables.
  4. الإعجاز : Inimitabilité : caractère miraculeux du Coran, impossible à imiter par les humains.
  5. أخبار الآحاد : Nouvelles isolées : hadiths transmis par un nombre restreint de chaînes, n'atteignant pas le degré de certitude.
  6. نوال بن نوتال : Nuh ibn Nutal : probablement un prophète ou un personnage biblique non identifié avec certitude.
  7. عويديا : 'Uwaydiya : nom d'un prophète des enfants d'Israël, peut-être Obadiah.
  8. ميخاء : Mikha : Michée, prophète de l'Ancien Testament.
  9. حبقوق : Habaquq : Habacuc, prophète de l'Ancien Testament.
  10. حزقيال : Ézéchiel, prophète de l'Ancien Testament.
  11. يرصفينا : Yarshafina : nom non identifié, peut-être une variante de Jérémie ou un autre prophète.
  12. زكريا بن يوحنا : Zacharie fils de Jean : probablement Zacharie, père de Jean-Baptiste.
  13. دانيال : Daniel, prophète de l'Ancien Testament.
  14. بختنصر : Nabuchodonosor, roi de Babylone.
  15. أرميا بن برخنا : Jérémie fils de Baruch : Jérémie, prophète, et Baruch son scribe.
  16. الزبور : Les Psaumes, livre révélé à David.
  17. الإنجيل : L'Évangile, livre révélé à Jésus.
  18. الجن : Les djinns : créatures invisibles dotées de libre arbitre, mentionnées dans le Coran.

Les signes de la prophétie [1]

La source : https://shamela.ws/book/9768 Date d'extraction : 2026-06-17

Préliminaires de l'enquête [1]

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah, le Roi, le Juge, l'Unique, le Seul, qui n'a point d'associé dans Son royaume, exempt de toute localisation dans l'espace et du passage du temps. Il a élu Son Prophète Muhammad, paix et salut sur lui, l'a paré des mondes et a fait de leur existence une conséquence de la sienne ; sans lui, nul événement n'aurait eu lieu ni n'aurait été. Il a imposé Son amour à toute Sa création et en a fait une condition de la validité de la foi : nul ne croit tant que le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, ne lui est pas plus cher que son âme, ses parents et ses enfants. Nous Le louons et Le remercions pour les multiples bienfaits qu'Il nous a accordés ; nous implorons Son aide et Son pardon pour tout péché commis délibérément, par erreur ou par oubli. Nous attestons qu'il n'y a de divinité qu'Allah, Lui seul, sans associé ; attestation par laquelle son auteur s'élève et ne sera pas réprimandé au Jour du reproche. Nous attestons que notre maître Muhammad est Son bien-aimé et Son élu, le meilleur Prophète qu'Il ait envoyé, le maître des enfants d'Adam et le plus noble des fils d'Adnan. Que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, sur sa famille et ses Compagnons purs et vertueux, et sur ceux qui les suivent avec bienfaisance jusqu'au Jour de la Rétribution. Ensuite, cher lecteur, nous te présentons le deuxième livre de l'Imam Abou 'Ali ibn Muhammad ibn Habib al-Mawardi al-Basri, « Les Signes de la Prophétie » 1, après t'avoir présenté précédemment son livre « La Bienséance du Monde et de la Religion » 2, espérant être sur la voie que nous nous sommes engagés à suivre au service de la Loi sacrée 3 et de l'amour du noble Messager, paix et salut sur lui, et de la présentation des livres du patrimoine que les pieux prédécesseurs nous ont laissés comme provision et soutien pour la connaissance, et comme guide éclairant dans notre tentative de comprendre les lois de notre religion et la biographie de notre Prophète. Espérant être à la hauteur de ta bonne opinion, cher lecteur, dans ce que nous avons présenté, obtenant l'agrément et la satisfaction d'Allah ; Il est le meilleur Maître et le meilleur Secoureur. Dar wa Maktabat al-Hilal. Présentation par Sa'id Muhammad al-Lahham. Al-Mawardi : Abou al-Hasan 'Ali ibn Muhammad ibn Habib al-Mawardi al-Basri naquit en l'an 364 de l'Hégire 4 et mourut en l'an 450 de l'Hégire 5, c'est-à-dire qu'il vécut à l'époque de l'épanouissement de la culture islamique et à l'âge d'or de l'État abbasside. Il naquit à Bassora, à laquelle il est attribué, et apprit auprès de ses maîtres et savants, puis voyagea à Bagdad et apprit auprès des imams de la science qu'il y côtoya. Al-Mawardi est l'un des juristes shafi'ites 6 comptés et une sommité parmi ses éminences ; il fut également un homme politique, un lettré et un penseur, distingué par la clarté de son style et de sa langue, et par la multitude de ses ouvrages dans les différentes branches de la culture. Ses maîtres : Al-Mawardi entendit le hadith 7 d'un groupe de maîtres de Bassora, dont les plus éminents furent : Muhammad ibn 'Adi ibn Zahr al-Muqri' ; al-Hasan ibn 'Ali ibn Muhammad al-Jabali ; Ja'far ibn Muhammad ibn al-Fadl al-Baghdadi ; Muhammad ibn al-Mu'alla al-Asadi ; al-Fadl ibn al-Habbab al-Jumahi. Il apprit également le fiqh 8 d'un certain nombre de maîtres, dont les plus célèbres furent : Abou al-Qasim 'Abd al-Wahid ibn Muhammad al-Simayri al-Qadi. Et à Bagdad, il apprit le fiqh du cheikh Ahmad ibn Abi Tahir al-Isfara'ini, ainsi que de beaucoup d'autres dans diverses sciences islamiques et arabes, bien que les livres d'histoire ne nous aient pas transmis les noms de ses professeurs dans ces sciences, car les sciences les plus élevées en rang sont le fiqh et le hadith ; pourtant, ce qu'il a puisé dans les sciences de la littérature, de la langue et de la philosophie transpire dans les lignes et les pages de ses livres, nous montrant sans l'ombre d'un doute qu'il maîtrisait ces sciences comme leurs spécialistes. Comment en serait-il autrement, alors que l'époque où il vécut était celle des sciences encyclopédiques et des savants encyclopédiques, dont aucun n'était considéré comme savant avant d'être versé dans tous les types de sciences et d'arts connus de son temps ? Al-Mawardi ne peut différer en cela des autres savants de son époque, et comme nous l'avons mentionné, ses livres qui nous sont parvenus, bien que tous ne nous soient pas parvenus, nous prouvent qu'il a puisé à ces sources autant que sa chance, sa vie et son effort le lui permirent. Sa vie : Al-Mawardi exerça la fonction de juge 9 dans plusieurs villes. Yaqut al-Hamawi mentionna dans son dictionnaire qu'il fut juge à « Astuwa », qui, selon lui, est une province de la région de Nishapur comprenant quatre-vingt-treize villages, dont le centre est la ville de Khaybushan. Il fut choisi comme ambassadeur entre les dirigeants de l'État abbasside et les Bouyides 10 entre les années 381 H 11 et 422 H 12, sous le règne du calife al-Qadir bi-llah. En l'an 429 H 13, Jalal al-Dawla ibn Buwayh demanda au calife d'ajouter à ses titres celui de « Roi des rois » (Shahanshah) 14, titre porté par les rois perses mages avant la conquête islamique. Les juristes de Bagdad divergèrent sur la licéité de se parer de ce titre : certains acceptèrent par complaisance envers les Bouyides, d'autres par complaisance envers le calife, d'autres encore hésitèrent et craignirent les autorités, ne se prononçant ni pour ni contre. Quant à al-Mawardi, il émit une fatwa 15 claire selon laquelle cela n'était pas permis, et il renonça à son amitié et à son affection pour Jalal al-Dawla, qui lui envoya un message disant : « Je sais que si tu favorisais quelqu'un, tu me favoriserais, vu ce qui nous lie ; seule la religion t'a poussé à agir ainsi. » Ainsi, sa considération à mes yeux s'en accrut. Al-Mawardi voyagea entre de nombreux pays, puis finit par s'installer à Bagdad, où il enseigna le fiqh, le hadith, l'exégèse coranique 16, les fondements 17, les branches 18 et les bonnes manières 19. Ses œuvres : Al-Mawardi composa dans de nombreuses branches des sciences, mais seuls douze livres nous sont parvenus, à moins que les recherches récentes sur les manuscrits ne révèlent d'autres livres encore enfouis derrière les portes des bibliothèques privées. Quant aux livres qui nous sont parvenus, ce sont : 1. Le livre « al-Nukat wa al-'Uyun » 20, non imprimé ; ses copies existantes et disponibles sont : a) Copie de la mosquée al-Qarawiyyin à Fès, au Maroc. b) Copie de la bibliothèque de Kilij 'Ali à Istanbul. c) Copie de la bibliothèque de Köprülü. d) Copie de la bibliothèque de Rampur en Inde. 2. Le livre « al-Hawi al-Kabir » 21 : c'est une encyclopédie en vingt volumes, tous consacrés au fiqh shafi'ite, mais ses différents volumes sont encore manuscrits et dispersés entre les bibliothèques d'Orient et d'Occident ; la direction culturelle de la Ligue des États arabes s'efforce de les rassembler, soit en achetant ces volumes manuscrits, soit en les photographiant où qu'ils se trouvent. Le fait que l'auteur ait nommé cet ouvrage « al-Hawi al-Kabir » indique au lecteur qu'il existe un autre livre du même auteur sur le même sujet, intitulé « al-Hawi al-Saghir » 22, qui est peut-être le titre original ou le premier titre d'un autre livre dont nous parlerons, à savoir « al-Iqna' » 23. L'auteur estima le nombre de feuilles du livre « al-Hawi al-Kabir » à quatre mille feuilles ; c'est un livre sur le fiqh shafi'ite qui aborde toutes les questions du fiqh islamique. 3. Le livre « al-Iqna' » : c'est un abrégé du livre « al-Hawi al-Kabir », mais c'est un très petit livre ne dépassant pas quarante feuilles ; il le présenta au calife al-Qadir bi-llah, qui l'apprécia et le loua. Yaqut dit dans son livre « Irshad al-Arib ila Ma'rifat al-Adib » 24 : « J'ai lu dans un recueil de quelqu'un de Bassora : Le calife al-Qadir bi-llah demanda à quatre des imams des musulmans de son temps, représentant les quatre écoles 25, de composer chacun pour lui un abrégé selon son école. Al-Mawardi composa pour lui « al-Iqna' » ; Abou al-Husayn al-Quduri composa pour lui son abrégé connu selon l'école d'Abou Hanifa ; Abou Muhammad 'Abd al-Wahhab ibn Muhammad ibn Nasr al-Maliki composa un autre abrégé ; et je ne sais pas qui composa pour lui selon l'école d'Ahmad. On les lui présenta, puis le serviteur sortit vers le grand juge 26 al-Mawardi et lui dit : « Qu'Allah préserve ta religion comme tu as préservé notre religion. » Yaqut rapporte également d'après le même recueil susmentionné les propos de l'auteur du recueil sur al-Mawardi : « Le grand juge, qu'Allah lui fasse miséricorde, avait adopté une méthode concernant les parents par alliance 27 : il faisait hériter également le proche et le lointain, doctrine de certains anciens. Un jour, al-Shinizi vint le voir avec les gens des outres 28 ; il monta à la mosquée, pria deux rak'as 29, se tourna vers lui et lui dit : « Ô cheikh, suis et n'innove pas. » Il répondit : « Mais j'exerce l'effort d'interprétation 30 et ne suis pas aveuglément. » Il chaussa ses sandales et s'en alla. » 4. Le livre « A'lam al-Nubuwwa » 31 : son manuscrit se trouve à la Dar al-Kutub al-Misriyya 32 sous le numéro 6, section 'ilm al-kalam 33. 5. Le livre « Adab al-Qadi » 34 : non imprimé ; son manuscrit se trouve à la bibliothèque Süleymaniye à Istanbul. 6. Le livre « al-Ahkam al-Sultaniyya » 35 : il ressemble à une constitution d'État, car il renferme entre ses pages les fondements de l'établissement de l'État, les conditions de l'éligibilité au califat, les qualités du calife et les pouvoirs dont il dispose, ainsi que les questions qu'il a le droit de traiter. Il traite également du vizirat 36, de la judicature, des peines 37, des limites 38, de la hisba 39, de la capitation 40 et de toutes leurs ramifications avec leurs fondements religieux. Al-Mawardi semble être le premier à avoir innové ce sujet et à en faire la matière d'un livre, car personne avant lui n'avait fait des affaires de l'État un sujet d'ouvrage indépendant. Il est probable qu'au cours de sa compilation et de sa préparation du livre « al-Hawi al-Kabir », dont nous avons parlé plus haut et mentionné qu'il s'agit d'un ouvrage de fiqh shafi'ite, al-Mawardi ait trouvé que cette matière pouvait constituer un livre à part entière, bien qu'elle soit dispersée dans divers livres de fiqh et dans les volumes de son encyclopédie « al-Hawi al-Kabir ». Les orientalistes ont beaucoup parlé d'Abou al-Hasan al-Mawardi, en particulier de ce livre, qu'ils ont considéré comme la théorie d'al-Mawardi sur le califat islamique. 7. Le livre « Tashil al-Nazar wa Ta'jil al-Zafar » 41 : comme le précédent, c'est un livre sur la politique et le gouvernement, encore manuscrit et non imprimé. 8. Le livre « Nasihat al-Muluk » 42 : c'est un autre livre politique, encore non imprimé ; parmi ses copies manuscrites connues figure celle de la Bibliothèque de Paris. 9. Le livre « Qawanin al-Wizara wa Siyasat al-Mulk » 43 : il a été imprimé à « Dar al-'Usur » en Égypte en 1929 après J.-C. ; l'éditeur l'a nommé « Adab al-Wazir » 44 ; c'est aussi un livre sur la science politique et sociale, et c'est l'un des livres d'al-Mawardi qui ont été traduits dans plusieurs langues européennes, notamment l'allemand et le français, après avoir été traduits à l'origine dans les périodes antérieures en latin, et il servait de référence en science politique et sociale, en principes de gouvernement et en relation entre le gouvernant et les gouvernés. 10. Le livre « al-Amthal wa al-Hikam » 45 : il y a rassemblé trois cents hadiths, trois cents sentences et trois cents vers de poésie, et les a répartis en dix chapitres. Son manuscrit se trouve à la bibliothèque de la ville de Leyde. 11. Le livre « al-Bughya al-'Ulya fi Adab al-Din wa al-Dunya » 46 : c'est le livre connu sous le nom de « Adab al-Dunya wa al-Din » 47, qui est entre nos mains. 12. Un livre de grammaire 48 : nous n'en avons pas trouvé de copie manuscrite, mais nous l'avons connu par le dictionnaire de Yaqut al-Hamawi, qui le mentionne dans sa biographie de l'auteur en disant : « Il a de beaux ouvrages dans chaque art, dont un livre de grammaire que j'ai vu, de la taille du livre al-Idah 49 ou plus grand. » Ce qu'ils ont dit de lui : Al-Khatib al-Baghdadi : Ahmad ibn 'Ali ibn Thabit al-Khatib al-Baghdadi fut l'un des disciples d'al-Mawardi ; il dit de lui dans son livre « Tarikh Baghdad » 50 : « 'Ali ibn Muhammad ibn Habib, Abou al-Hasan al-Basri, connu sous le nom d'al-Mawardi, était l'un des juristes shafi'ites éminents ; il a plusieurs ouvrages sur les fondements du fiqh et ses branches, ainsi que sur d'autres sujets. Il fut chargé de la fonction de juge dans de nombreux pays.

Il résida à Bagdad, dans le quartier de Darb az-Za‘farân, et y transmit des hadiths d’après al-Ḥasan ibn ‘Alī ibn Muḥammad al-Jabalī, le compagnon d’Abū Khalīfa al-Jumaḥī, d’après Muḥammad ibn ‘Adī ibn Zahr al-Muqri’, Muḥammad ibn al-Mu‘allā al-Asadī et Ja‘far ibn Muḥammad ibn al-Faḍl al-Baghdādī. J’écrivis de lui et il était digne de confiance. Il mourut le mardi, dernier jour du mois de Rabī‘ al-Awwal de l’an 450 51, et fut enterré le lendemain au cimetière de Bāb Ḥarb 52. Je priai sur lui dans la mosquée de la ville ; il avait alors quatre-vingt-six ans. [Ibn aṣ-Ṣalāḥ :] Dans les « Ṭabaqāt ash-Shāfi‘iyya al-Kubrā » 53 de Tāj ad-Dīn as-Subkī, Ibn aṣ-Ṣalāḥ dit à son sujet : « Ce Māwardī – qu’Allāh lui pardonne – est accusé de mu‘tazilisme 54. Je n’en étais pas convaincu à son sujet, et je l’interprétais favorablement, l’excusant du fait qu’il rapporte dans son Tafsīr 55, à propos des versets sur lesquels les exégètes divergent, l’interprétation des gens de la Sunna et celle des mu‘tazilites, sans prendre parti pour la vérité. Je disais : “Peut-être son but est-il de rapporter tout ce qui a été dit, vrai ou faux ; c’est pourquoi il rapporte aussi des propos des anthropomorphistes 56.” Jusqu’à ce que je le trouve choisissant en certains endroits l’avis des mu‘tazilites et ce qu’ils ont bâti sur leurs principes corrompus. Son Tafsīr est d’un grand danger, car il est rempli d’interprétations des gens de l’erreur, par tromperie et dissimulation, d’une manière que seuls les savants et les vérificateurs perçoivent, bien qu’il s’agisse de l’œuvre d’un homme qui ne se réclame pas ouvertement du mu‘tazilisme, mais s’efforce de cacher son accord avec eux là où il leur est conforme. Ensuite, il n’est pas absolument mu‘tazilite, car il ne les suit pas dans tous leurs principes, comme la création du Coran, ainsi que le montre son Tafsīr à propos de la parole d’Allāh – exalté soit-Il – : “Il ne leur vient aucun rappel nouveau de leur Seigneur” 57, et autres choses. Il les suit dans le décret divin 58, qui est la calamité qui a dominé les Basriens et pour laquelle ils ont été blâmés anciennement. » [Abū Isḥāq ash-Shīrāzī :] Ash-Shīrāzī, l’un des éminents savants et juristes shafi‘ites, dit de Māwardī : « Il enseigna à Bassora et à Bagdad pendant de nombreuses années le fiqh 59, le Tafsīr, les fondements du fiqh et la littérature ; il était un mémorisateur du madhhab 60. » [Ibn Khallikān :] Ibn Khallikān dit dans les « Wafayāt al-A‘yān » 61 à propos de Māwardī : « Il était l’un des éminents juristes shafi‘ites et de leurs grands ; il était un mémorisateur du madhhab, et il a composé à ce sujet le livre “al-Ḥāwī” 62 que quiconque consulte ne peut que lui reconnaître une parfaite maîtrise et une connaissance complète du madhhab. » [Tāj ad-Dīn as-Subkī :] Tāj ad-Dīn as-Subkī dit dans les « Ṭabaqāt ash-Shāfi‘iyya al-Kubrā » à propos de Māwardī : « ‘Alī ibn Muḥammad ibn Ḥabīb, l’imām vénérable, de haut rang et de grande valeur, Abū al-Ḥasan, connu sous le nom d’al-Māwardī, était un imām éminent, ayant une grande autorité dans le madhhab et une parfaite maîtrise de toutes les sciences. » [Introduction de l’auteur] Au nom d’Allāh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allāh qui a parfaitement créé et déterminé, qui a équitablement réparti et ordonné, qui a averti par ce qu’Il a créé et manifesté, qui s’est réservé ce qu’Il a caché et dissimulé, qui a accordé Ses bienfaits par ce qu’Il a ordonné et interdit, et qui a guidé vers Son avertissement par deux sortes de privilèges par lesquels Il a distingué le genre humain de tout animal stupide : la parole qui mène à la compréhension, et l’intellect qui conduit à la science, afin qu’ils soient utilisés pour ce dont l’homme est chargé dès le début de l’adoration : par l’intellect, il parvient à la science d’Allāh et à Sa connaissance ; par la parole, à la compréhension et à l’interrogation. Ainsi, l’homme devient apte à recevoir ce dont il est chargé : la connaissance mutuelle, et capable d’accomplir les lois religieuses dont il est investi. C’est une grâce par laquelle les excuses sont supprimées et les intérêts généraux sont réalisés, afin que les créatures aient un désir qui les appelle à l’obéissance et une crainte qui les retient de la désobéissance : ainsi le bien se répand par le désir, et le mal disparaît par la crainte. Or cela ne s’établit dans les âmes que par des messagers qui informent de la part d’Allāh de Sa récompense pour ce qu’Il a ordonné et de Son châtiment pour ce qu’Il a interdit. Il est donc nécessaire d’exposer, dans l’établissement des prophéties, ce qui écarte le doute de l’homme abusé et le sophisme de l’obstiné. J’ai consacré ce livre à ce qui conduit et indique [la vérité], afin qu’il soit un guide vers la vérité, un réformateur des consciences, une preuve de la véracité de la prophétie, et un éliminateur des doutes de celui qui est dans l’incertitude. J’ai fait en sorte que ce qu’il contient comprenne deux choses : La première : ce qui est propre à l’établissement de la prophétie parmi ses signes. La seconde : ce qui diffère parmi ses catégories et ses statuts, afin que la réunion des deux soit plus propre à écarter le doute et plus efficace pour l’élucidation. J’ai fait de ce livre un ouvrage comprenant vingt et un chapitres : Chapitre premier : Introduction aux preuves. Chapitre deuxième : La connaissance de la divinité adorée. Chapitre troisième : La validité de la charge religieuse. Chapitre quatrième : L’établissement des prophéties. Chapitre cinquième : La durée du monde et le nombre des messagers – sur eux la prière et la paix. Chapitre sixième : L’établissement de la prophétie de Muḥammad – qu’Allāh prie sur lui et lui donne la paix. Chapitre septième : Ce que le Coran contient comme types de son inimitabilité. Chapitre huitième : Les miracles de son infaillibilité – qu’Allāh prie sur lui et lui donne la paix. Chapitre neuvième : Les miracles de ses actes qui ont été observés – qu’Allāh prie sur lui et lui donne la paix. Chapitre dixième : Les miracles de ses paroles qui ont été entendues – qu’Allāh prie sur lui et lui donne la paix. Chapitre onzième : Ce par quoi Allāh – exalté soit-Il – l’a honoré en exauçant son invocation – qu’Allāh prie sur lui et lui donne la paix. Chapitre douzième : Son annonce de ce qui adviendrait après lui – qu’Allāh prie sur lui et lui donne la paix. Chapitre treizième : Le miracle de ce qui est apparu des animaux – qu’Allāh prie sur lui et lui donne la paix. Chapitre quatorzième : L’apparition du miracle à partir des arbres et des objets inanimés. Chapitre quinzième : Les annonces des prophètes – sur eux la prière et la paix – de sa prophétie – qu’Allāh prie sur lui et lui donne la paix. Chapitre seizième : Les paroles des djinns 63 annonçant sa prophétie – qu’Allāh prie sur lui et lui donne la paix. Chapitre dix-septième : Ce que les âmes ont pressenti comme inspiration des intellects au sujet de sa prophétie – qu’Allāh prie sur lui et lui donne la paix. Chapitre dix-huitième : Les débuts de sa généalogie et la pureté de sa naissance – qu’Allāh prie sur lui et lui donne la paix. Chapitre dix-neuvième : Les signes de sa naissance et la manifestation de sa bénédiction – qu’Allāh prie sur lui et lui donne la paix. Chapitre vingtième : La noblesse de ses caractères et la perfection de ses vertus. Chapitre vingt et unième : Le début de sa mission et l’établissement de sa prophétie. Je demande à Allāh – exalté soit-Il – une belle assistance, et je L’implore pour Sa réussite et Sa guidance. Qu’Allāh prie sur Muḥammad, sur sa famille et ses Compagnons. Il me suffit et Il est le meilleur garant.


  1. A'lam al-Nubuwwa : Titre de l'ouvrage : « Les Signes de la Prophétie ».
  2. Adab al-Dunya wa al-Din : Titre de l'ouvrage : « La Bienséance du Monde et de la Religion ».
  3. al-Shar' al-Hanif : La Loi sacrée, la charia, qualifiée de « hanif » (monothéiste pur).
  4. 364 H : Année de l'Hégire correspondant à 974-975 après J.-C.
  5. 450 H : Année de l'Hégire correspondant à 1058-1059 après J.-C.
  6. Shafi'ites : Disciples de l'école juridique fondée par l'imam al-Shafi'i.
  7. Hadith : Paroles, actes et approbations du Prophète Muhammad.
  8. Fiqh : Jurisprudence islamique.
  9. Qadi : Juge islamique.
  10. Bouyides : Dynastie chiite qui domina l'ouest de l'Iran et l'Irak aux Xe-XIe siècles.
  11. 381 H : Année de l'Hégire correspondant à 991-992 après J.-C.
  12. 422 H : Année de l'Hégire correspondant à 1031-1032 après J.-C.
  13. 429 H : Année de l'Hégire correspondant à 1037-1038 après J.-C.
  14. Shahanshah : Titre perse signifiant « Roi des rois ».
  15. Fatwa : Avis juridique émis par un juriste musulman.
  16. Tafsir : Exégèse coranique.
  17. Usul : Fondements du droit islamique.
  18. Furu' : Branches du droit, c'est-à-dire les règles pratiques dérivées des fondements.
  19. Adab : Bonnes manières, éthique, littérature.
  20. al-Nukat wa al-'Uyun : Titre : « Les Subtilités et les Sources » (ouvrage d'exégèse coranique).
  21. al-Hawi al-Kabir : Titre : « Le Grand Recueil » (encyclopédie juridique).
  22. al-Hawi al-Saghir : Titre : « Le Petit Recueil ».
  23. al-Iqna' : Titre : « La Persuasion » (abrégé juridique).
  24. Irshad al-Arib ila Ma'rifat al-Adib : Titre : « Guide du Perspicace vers la Connaissance du Lettré » (dictionnaire biographique de Yaqut al-Hamawi).
  25. Quatre écoles : Les quatre écoles juridiques sunnites : hanafite, malikite, shafi'ite et hanbalite.
  26. Qadi al-Qudat : Grand juge, titre honorifique pour le plus haut magistrat.
  27. Dhawu al-Arham : Parents par alliance, catégorie d'héritiers dans le droit successoral islamique.
  28. Ashab al-Qamaqim : Littéralement « les gens des outres », peut-être une référence à un groupe ou une faction.
  29. Rak'a : Unité de prière islamique.
  30. Ijtihad : Effort d'interprétation personnelle pour déduire des règles juridiques.
  31. A'lam al-Nubuwwa : Titre : « Les Signes de la Prophétie ».
  32. Dar al-Kutub al-Misriyya : Bibliothèque nationale d'Égypte au Caire.
  33. 'Ilm al-Kalam : Théologie spéculative islamique.
  34. Adab al-Qadi : Titre : « La Bienséance du Juge ».
  35. al-Ahkam al-Sultaniyya : Titre : « Les Règles Gouvernementales ».
  36. Wizara : Vizirat, fonction de vizir (ministre).
  37. 'Uqubat : Peines discrétionnaires en droit islamique.
  38. Hudud : Peines fixes prescrites par le Coran et la Sunna.
  39. Hisba : Fonction de surveillance des mœurs et du marché.
  40. Jizya : Capitation imposée aux non-musulmans dans un État islamique.
  41. Tashil al-Nazar wa Ta'jil al-Zafar : Titre : « Faciliter l'Examen et Hâter la Victoire ».
  42. Nasihat al-Muluk : Titre : « Conseil aux Rois ».
  43. Qawanin al-Wizara wa Siyasat al-Mulk : Titre : « Les Lois du Vizirat et la Politique du Royaume ».
  44. Adab al-Wazir : Titre : « La Bienséance du Vizir ».
  45. al-Amthal wa al-Hikam : Titre : « Les Proverbes et les Sentences ».
  46. al-Bughya al-'Ulya fi Adab al-Din wa al-Dunya : Titre : « Le But Suprême dans la Bienséance de la Religion et du Monde ».
  47. Adab al-Dunya wa al-Din : Titre : « La Bienséance du Monde et de la Religion ».
  48. Kitab fi al-Nahw : Livre de grammaire arabe.
  49. al-Idah : Titre : « L'Éclaircissement » (ouvrage de grammaire d'al-Zajjaji).
  50. Tarikh Baghdad : Titre : « Histoire de Bagdad » (ouvrage d'al-Khatib al-Baghdadi).
  51. 450 AH : Année 450 de l’Hégire, correspondant à 1058-1059 de l’ère chrétienne.
  52. Bāb Ḥarb : Cimetière historique de Bagdad, situé près de la porte de Ḥarb.
  53. Ṭabaqāt ash-Shāfi‘iyya al-Kubrā : Ouvrage biographique classant les savants shafi‘ites par générations, composé par Tāj ad-Dīn as-Subkī.
  54. mu‘tazilisme : Courant théologique rationaliste de l’islam, caractérisé par l’affirmation du libre arbitre et la négation des attributs divins distincts de l’essence.
  55. Tafsīr : Exégèse ou commentaire du Coran.
  56. anthropomorphistes : Ceux qui attribuent à Dieu des attributs corporels humains (tashbīh).
  57. Coran 21:2 : Sourate 21, verset 2 : « Il ne leur vient aucun rappel nouveau de leur Seigneur sans qu’ils ne l’écoutent en s’amusant. »
  58. décret divin : Question du destin et du libre arbitre ; les mu‘tazilites affirmaient que l’homme est libre et que Dieu ne prédétermine pas les actes humains.
  59. fiqh : Jurisprudence islamique.
  60. madhhab : École juridique, ici l’école shafi‘ite.
  61. Wafayāt al-A‘yān : Ouvrage biographique d’Ibn Khallikān recensant les notables décédés.
  62. al-Ḥāwī : Grand ouvrage de jurisprudence shafi‘ite composé par al-Māwardī.
  63. djinns : Créatures invisibles douées d’intelligence et de libre arbitre, mentionnées dans le Coran.

Le premier chapitre sur l'introduction des preuves [1]

[Chapitre premier : Introduction aux preuves] Les preuves sont ce qui conduit à la connaissance de ce qui est prouvé. La preuve est connue par l’intellect, et ce qui est prouvé est connu par la preuve. Ainsi, l’intellect conduit à la preuve sans être lui-même une preuve, car l’intellect est le fondement de toute chose connue, qu’il s’agisse d’une preuve ou de ce qui est prouvé. C’est pourquoi il est appelé la mère de la science. L’intellect devient donc celui qui cherche la preuve (mustadill), même s’il n’est pas une preuve (dalīl). La connaissance qui en découle est ce par quoi le vrai se distingue du faux, le correct de l’incorrect, le possible de l’impossible. Elle se divise en deux types : la connaissance nécessaire (ʿilm iḍṭirār) et la connaissance acquise (ʿilm iktisāb). Quant à la connaissance nécessaire, c’est celle qui est perçue par l’intuition première des intellects (badāhat al-ʿuqūl). Elle est de deux sortes : la perception sensible apparente (ḥiss ẓāhir) et la nouvelle transmise par voie multiple (khabar mutawātir). La connaissance sensible est postérieure à l’intellect, tandis que la connaissance par la nouvelle transmise lui est antérieure. La connaissance nécessaire n’a pas besoin d’examen (naẓar) ni de déduction (istidlāl) pour être perçue, car elle l’est par l’intuition première de l’intellect. L’élite et le commun y participent également. Elle ne peut être niée, et il n’est pas convenable d’exiger une preuve à son sujet, car elle constitue la limite ultime de l’examen. [La connaissance acquise (ʿilm al-iktisāb)] Quant à la connaissance acquise, sa voie est l’examen et la déduction, car elle n’est pas perçue par l’intuition première de l’intellect. Il est donc valable qu’elle soit sujette à contestation en exigeant une preuve à son sujet. C’est pourquoi on n’y parvient que par l’examen et la déduction. Elle se divise en deux types : l’un concerne les jugements de l’intellect (qaḍāyā al-ʿuqūl), et l’autre les prescriptions de l’audition révélée (aḥkām al-samʿ). Quant aux jugements de l’intellect, ils sont de deux sortes : l’un est ce qui est connu par déduction à partir de la nécessité de l’intellect (ḍarūrat al-ʿaql), et l’autre est ce qui est connu par déduction à partir d’une preuve de l’intellect (dalīl al-ʿaql). Ce qui est connu par la nécessité de l’intellect est ce qui ne peut être autrement qu’il n’est, comme l’unicité divine (tawḥīd). Cela engendre une connaissance nécessaire (ʿilm ḍarūrī), bien que ce soit par déduction qu’on y parvienne, en raison de la nécessité de l’intellect. Quant à ce qui est connu par une preuve de l’intellect, c’est ce qui peut être autrement qu’il n’est, comme le cas d’un prophète particulier lorsqu’il prétend à la prophétie. Cela engendre une connaissance déductive (ʿilm istidlālī) et non une connaissance nécessaire, car cela provient d’une preuve de l’intellect et non de sa nécessité. On a divergé quant au fondement des prophéties en général : sont-elles connues par la nécessité de l’intellect ou par sa preuve ? Cela dépend de leur divergence sur le fait que l’obligation des lois religieuses (taʿabbud bi-l-sharāʾiʿ) est concomitante à l’intellect ou lui est postérieure. Ceux qui la considèrent comme concomitante à l’intellect ont soutenu l’établissement des prophéties en général par la nécessité de l’intellect. Ceux qui la considèrent comme postérieure à l’intellect ont soutenu leur établissement par une preuve de l’intellect. Quant aux partisans de l’inspiration (aṣḥāb al-ilhām), ils ont rejeté la déduction par les jugements de l’intellect et ont fait de l’établissement des connaissances par l’inspiration un principe qui se suffit à lui-même, se passant d’un autre principe. Cela est invalide en raison de la parole de Dieu Très-Haut : « Tirez donc leçon, ô vous qui avez des yeux » (Coran 59:2). Il a donc fait de la réflexion (iʿtibār) le moyen de connaissance, et non de l’inspiration. On dit à celui qui établit les connaissances par l’inspiration : « Pourquoi affirmes-tu l’inspiration ? » S’il argumente, il se contredit. S’il dit : « Je l’affirme par inspiration », on lui répond : « Distingue-toi de celui qui rejette l’inspiration par inspiration, et de celui qui, dans toutes tes paroles, dit de l’inspiration ce qui n’est pas ton inspiration. Tu ne trouveras alors aucune distinction. » Cela suffit à montrer l’invalidité. [La nécessité et la preuve (al-ḍarūra wa-l-dalīl)] Puisqu’il est établi que chacun des deux types est perçu par le jugement de l’intellect – ce qui est connu par sa nécessité, comme l’unicité divine, ou par sa preuve, comme la prophétie –, après en avoir eu connaissance, cela devient obligatoire (wājib). On a divergé quant à cette obligation : est-elle due à ce par quoi elle est connue, à savoir le jugement de l’intellect, ou à l’audition révélée (samʿ) ? Un groupe a soutenu que l’obligation de l’unicité divine et de la prophétie provient de l’intellect, comme elles sont connues par l’intellect, et que l’unicité divine et les prophéties en général sont une obligation (farḍ) avant l’audition révélée. D’autres ont soutenu que leur obligation provient de l’audition révélée, bien qu’elles soient connues par l’intellect, car l’obligation est un acte cultuel (taʿabbud) qui ne s’établit que par l’audition révélée. Parmi ceux qui soutiennent cette dernière position, on a divergé quant à l’obligation de la venue de l’audition révélée à leur sujet. Certains l’ont rendue obligatoire, d’autres non, et ont supprimé l’obligation de l’unicité divine pour les êtres doués d’intellect si aucune audition révélée ne venait l’imposer. D’autres encore ont soutenu que ce qui est connu par la nécessité de l’intellect, comme l’unicité divine, est obligatoire par l’intellect, et que ce qui est connu par une preuve de l’intellect, comme la prophétie, est obligatoire par l’audition révélée. Car l’unicité divine est le fondement (aṣl) et la prophétie est la branche (farʿ). L’effort de réflexion (ijtihād) à leur sujet est une obligation individuelle (farḍ ʿalā l-aʿyān) pour les êtres doués d’intellect, lorsque la force de la perspicacité (quwwat al-fiṭna) et la justesse de la réflexion (ṣiḥḥat al-rawiyya) s’ajoutent à la perfection de leur intellect. Ainsi, grâce à la perfection de son intellect et à la justesse de sa réflexion, il se passe du rappel (tanbīh) des autres êtres doués d’intellect, afin de parvenir, par l’effort de son intellect – que ce soit par nécessité ou par déduction – aux jugements de l’intellect, devenant ainsi savant à leur sujet et se passant de l’intellect d’autrui en cela. Si sa perspicacité est faible et sa réflexion limitée, il lui incombe de se faire rappeler par les êtres doués d’intellect pour y parvenir par son propre intellect, non par le leur. Ainsi, il les connaît par ce rappel, comme un autre les a connues par l’examen (naẓar). S’il n’y parvient pas par le rappel, alors son intellect n’est pas parfait, et il devient un suiveur (tabaʿ) des êtres doués d’intellect, car l’absence de ce qui rend obligatoire (al-mūjib) indique la suppression de l’obligation (suqūṭ al-mūjab). [Les jugements de l’intellect (aḥkām al-ʿaql)] L’intellect (al-ʿaql) est ce qui procure la connaissance de ses implications (mūjibāt). On a dit aussi : c’est la faculté de distinguer entre le vrai et le faux. On a dit encore : c’est la connaissance des choses cachées auxquelles on ne parvient que par la déduction et l’examen. Il est de deux sortes : l’intellect inné (gharīzī), qui est le fondement (aṣl), et l’intellect acquis (muktasab), qui est la branche (farʿ). Quant à l’intellect inné, c’est celui auquel se rattache l’obligation légale (taklīf) et par lequel l’acte cultuel (taʿabbud) devient impératif. Quant à l’intellect acquis, c’est celui qui conduit à la validité de l’effort de réflexion (ijtihād) et à la force de l’examen. Il est impossible que l’intellect acquis soit dépourvu de l’intellect inné, mais il n’est pas impossible que l’intellect inné soit dépourvu de l’intellect acquis, car l’inné est le fondement qui peut subsister par lui-même, tandis que l’acquis est la branche qui ne peut subsister que par son fondement. Certaines personnes ont refusé de nommer l’acquis « intellect » (ʿaql) parce qu’il fait partie de ses résultats. Mais il n’y a pas lieu de tenir compte de la dispute sur la dénomination lorsque le sens est admis. [Les jugements de l’audition révélée (aḥkām al-samʿ)] Quant aux jugements de l’audition révélée, ils sont tirés de ceux dont l’obéissance est obligatoire parmi les messagers. L’intellect est une condition pour leur adoption, bien que l’audition révélée ne soit pas une condition pour les jugements de l’intellect. Ce que contient l’audition révélée est de deux types : l’acte cultuel (taʿabbud) et l’avertissement (indhār). L’acte cultuel comprend les ordres et les interdictions. L’avertissement comprend la promesse (waʿd) et la menace (waʿīd). Si le messager réunit l’acte cultuel et l’avertissement, c’est la loi parfaite (al-sharʿ al-kāmil) qui se suffit à elle-même, sans besoin d’autre chose. S’il se limite à l’acte cultuel sans l’avertissement, et si un avertissement d’un autre l’a précédé, alors la loi est parfaite par son acte cultuel et l’avertissement de celui qui l’a précédé. Si aucun avertissement d’un autre ne l’a précédé – que ce soit au début des prophéties ou pour ceux que n’a pas atteints l’appel des prophètes –, on a divergé quant à savoir si les jugements de l’intellect impliquent une récompense (thawāb) pour l’obéissance et un châtiment (ʿiqāb) pour la désobéissance. Un groupe a soutenu qu’ils les impliquent. Ainsi, selon cela, la loi serait parfaite par l’acte cultuel du messager et l’avertissement des intellects. Un autre groupe a soutenu que les jugements de l’intellect n’impliquent ni récompense ni châtiment. Selon cela, on a divergé sur le point de savoir si l’acte cultuel est dû en raison des bienfaits antérieurs de Dieu Très-Haut sur Ses créatures, ou en vue d’une rétribution future. Un groupe a soutenu qu’il est dû en raison du bienfait antérieur (al-niʿma al-sābiqa). Si Dieu Très-Haut promet une récompense pour cela, c’est une faveur de Sa part, due par la promesse et non par l’acte cultuel. Ainsi, selon cela, l’acte cultuel est une obligation due (farḍ mustaḥaqq) dont l’abandon implique un châtiment, bien que son accomplissement n’implique pas une récompense. D’autres ont soutenu qu’il est dû en contrepartie de la rétribution par la récompense pour cela, et que le bienfait antérieur est une faveur de Sa part. Ainsi, selon cela, l’adoption de l’acte cultuel est recommandée (mustaḥabb) et non due. Il n’y a donc pas de châtiment pour son abandon, comme il n’y a pas de récompense due pour son accomplissement, car aucune promesse de récompense n’y est associée qui rendrait l’adoption de l’acte cultuel obligatoire. Si le messager se limite à l’avertissement sans l’acte cultuel, l’avertissement ne peut porter que sur un acte ; sinon, ce serait une futilité (ʿabath) qui ne saurait émaner d’un interlocuteur (kalīm). Si son avertissement porte sur une loi qui l’a précédé, alors son avertissement implique la confirmation de cette loi, et celui qui est ainsi averti fait partie de la communauté de celui qui a imposé l’acte cultuel. Si celui qui a imposé l’acte cultuel a déjà averti, cet avertissement est une confirmation, et celui qui avertit n’a pas besoin de manifester un miracle (muʿjiz). Si celui qui a imposé l’acte cultuel n’a pas averti, alors la loi de celui qui a imposé l’acte cultuel est parfaite par l’avertissement du successeur, et l’avertissement du successeur est parfait par l’acte cultuel du prédécesseur. Celui qui avertit a alors besoin de manifester un miracle pour son avertissement, qui rend la loi parfaite. Si le successeur avertit d’accomplir le bien et d’éviter le mal, cela sort du cadre de la loi pour entrer dans celui de l’exhortation (waʿẓ) et de la dissuasion (zajr) par un ordre divin, qui lui donne le droit d’étendre la main pour la réprobation (inkār) et d’exécuter ce que contient l’avertissement. [Chapitre deuxième : Sur la connaissance de la divinité adorée (al-ilāh al-maʿbūd)] L’acte cultuel par l’envoi des messagers n’est valable qu’après la connaissance de la divinité adorée qui envoie, afin de savoir qu’ils sont des messagers obéis et adorés, et qu’on leur obéisse en raison de l’obligation d’obéir à l’adoré. La divinité adorée est Dieu – qu’Il soit exalté et glorifié –, le Bienfaiteur envers Ses serviteurs par ce dont Il les a chargés dans Son adoration et ce qu’Il leur a imposé comme obéissance, après leur avoir accordé le bienfait de créer leurs essences, de les guider vers leurs intérêts, et d’avoir déposé en eux une connaissance nécessaire perçue par l’intuition première des intellects, et une connaissance acquise perçue par la réflexion et l’examen. Comme ils sont voilés de Son essence, ils ne Le perçoivent pas par l’intuition première des sens de manière nécessaire. Cependant, ce qui est apparu de la manifestation des traces de Son œuvre et de la perfection de Sa sagesse conduit à la connaissance de Son essence et de Ses attributs de manière acquise, pour les percevoir par la réflexion (iʿtibār) et l’examen (naẓar). S’Il avait voulu, Il aurait créé ce qui serait perçu par l’intuition première des sens, mais Sa connaissance par la déduction est plus profonde en sagesse, en raison de l’apparition de la différence de rang. C’est pourquoi il est impossible d’accéder à Sa connaissance de manière nécessaire, et on y accède par la déduction et l’acquisition, qui sortent de l’intuition première des intellects pour aboutir à une déduction raisonnée. Ce qui conduit à Sa connaissance – que Sa majesté soit exaltée – comprend trois sections : La première : le monde est créé (muḥdath) et non éternel (qadīm). La deuxième : le monde a un Créateur éternel. La troisième : Il est unique, sans associé. Quant à la première section, sur la création du monde (ḥudūth al-ʿālam) : le créé (al-muḥdath) est ce qui a un commencement, et l’éternel (al-qadīm) est ce qui n’a pas de commencement. La preuve de la création du monde repose sur deux choses : La première : le monde est composé de substances (jawāhir) et de corps (ajsām), qui ne sont pas exempts d’accidents créés (aʿrāḍ muḥdatha), tels que l’union (ijtimāʿ), la séparation (iftirāq), le mouvement (ḥaraka) et l’immobilité (sukūn). Les accidents sont créés pour deux raisons : La première : il n’est pas valable qu’ils subsistent par eux-mêmes. La seconde : ils existent après avoir été inexistants, et ils disparaissent après avoir existé. Ce qui n’est pas exempt des accidents créés ne les a pas précédés, car s’il les avait précédés, il ne serait ni uni, ni séparé, ni en mouvement, ni immobile, ce qui est impossible. Il est donc impossible qu’il les ait précédés. Ce qui ne précède pas le créé est lui-même créé. Si l’on dit : « Il n’est pas inconcevable que les événements passés (al-ḥawādith al-māḍiya) n’aient pas de commencement ; ainsi, la création du monde n’est pas nécessaire », on répond : « Si chaque événement a un commencement, il est impossible que l’ensemble n’ait pas de commencement, car l’ensemble n’est rien d’autre que ses unités. Ainsi, tous sont créés, car ils sont des essences ayant des commencements créés. » La deuxième preuve de la création du monde : son existence est limitée, avec des parties et des membres finis. Ce dont les parties sont finies, et dont on peut concevoir l’augmentation ou la diminution, son état tel qu’il est prouve qu’un autre que lui l’a déterminé, car il n’est pas plus naturel que son essence soit dans un état plutôt que dans un autre, sans l’intervention d’un autre pour le déterminer. Si l’on dit : « Pourquoi sa matière première (ṭīnatuhu) ne serait-elle pas éternelle, tandis que les accidents de sa composition et de sa formation seraient créés, comme les actes de Dieu Très-Haut sont créés à partir de Son essence éternelle ? », on répond : « Parce que la création de ses accidents se produit en lui, et il n’en est pas exempt ; il devient donc créé par eux. Les actes de Dieu Très-Haut sont créés en autre que Lui ; leur création n’empêche donc pas Son éternité. S’ils étaient créés en Lui, ils empêcheraient Son éternité. » Quant à la deuxième section : le monde a un Créateur éternel. La preuve qu’il a un Créateur éternel repose sur deux choses : La première : puisqu’il est impossible que le monde soit créé par lui-même, car cela mènerait à son existence avant son événement, cela prouve que son Créateur est autre que lui. La seconde : l’existence de ce qui n’était pas exige qu’il y ait un existantiateur (mūjid), de même que la construction exige un bâtisseur et l’objet fabriqué un fabricant. La preuve de l’éternité de son Créateur repose sur deux choses : La première : Il n’a pas de commencement, et ce qui n’a pas de commencement est éternel. La seconde : s’Il n’était pas éternel, Il aurait besoin d’un créateur, et Son créateur aurait besoin d’un créateur, sans aboutir à une fin ultime, ce qui est impossible. Ainsi, Son éternité est établie : Il n’a cessé d’être et ne cessera d’être ; Il n’a donc pas de commencement et n’aura pas de fin. Et puisque Son Créateur est éternel, Il doit être puissant (qādir) et voulant (murīd).

La preuve de Sa puissance est qu'il est en Son pouvoir d'agir et de ne pas agir, en l'absence d'empêchements, et Il a agi ; donc l'existence de l'acte de Sa part prouve Sa puissance sur lui. La preuve qu'Il est voulant 1 est que, lorsqu'un acte émane de Lui, et qu'Il n'est ni distrait, ni contraint, ni futile — car la distraction est exclue par Sa science, la contrainte par Sa puissance, et la futilité par Sa sagesse — cela prouve Sa volonté, de même que l'écriture de l'écrivain, en l'absence de ces accidents, prouve sa volonté d'écrire. Ainsi, Sa création du monde prouve Sa prééternité 2 et la temporalité 3 de Ses actes ; Sa prééternité implique que les attributs de Son essence sont prééternels, et la temporalité de Ses actes implique que les attributs de Ses actes sont temporels. Quant au troisième chapitre : Il est unique, sans associé ni semblable. La preuve en est double : Premièrement, Sa puissance universelle englobe toutes les choses temporelles ; donc Celui qui a créé certaines d'entre elles doit nécessairement les avoir créées toutes, car aucune n'est plus particulière à Sa puissance qu'une autre. L'équivalence des deux cas impose l'universalité de toutes. Deuxièmement, s'il y avait un autre avec Lui, cet autre serait soit semblable, soit différent. S'il est différent, il ne peut être puissant ; s'il est semblable, il est impossible qu'un seul acte d'innovation 4 émane de deux innovateurs, de même qu'il est impossible qu'un seul mouvement émane de deux mobiles. Les dualistes 5 parmi les dissidents 6 soutiennent l'existence de deux prééternels, selon eux la lumière et les ténèbres : le bien procède de la lumière, le mal des ténèbres. Ceci est invalide pour deux raisons : Premièrement, la lumière et les ténèbres ne peuvent être que corps, substance ou accident ; or tout cela est temporel, ce qui prouve leur temporalité. Deuxièmement, les ténèbres ne sont pas une entité 7 ; elles sont seulement l'absence de lumière dans ce qui reçoit la lumière. C'est pourquoi, lorsque nous perdons la lumière dans l'air, nous le percevons comme obscur. Il n'est donc pas permis de les qualifier de prééternelles ni de leur attribuer un acte. Les mages 8 soutiennent que Dieu et Satan sont tous deux agents : Dieu est l'agent du bien et le créateur des animaux utiles, Satan est l'agent du mal et le créateur des animaux nuisibles. Ils disent : « Car l'agent du mal est mauvais, et Dieu est au-dessus de cette qualité. » Ils font de Dieu un corps, bien qu'Il soit prééternel. Ils divergent quant à la prééternité de Satan : certains l'affirment, tandis que Zoroastre 9 et la plupart d'entre eux la nient. Ils divergent aussi sur la cause de sa temporalité : Zoroastre prétend que Dieu s'ennuya 10, eut une pensée mauvaise, d'où naquit Ahriman 11, c'est-à-dire Iblis 12. D'autres disent : « Plutôt, Il douta, et Satan naquit de Son doute. » D'autres encore : « Plutôt, une pourriture apparut, et Satan naquit de cette pourriture. » Ce sont des propos que les intelligences rejettent. Quant à leur affirmation que Dieu est un corps, notre preuve de la temporalité des corps empêche que Dieu, tout en étant prééternel, soit un corps. Notre preuve contre les dualistes empêche que Satan soit un second avec Lui ; l'affirmation de Sa puissance empêche qu'Il soit vaincu ; Sa science empêche qu'Il soit douteur ou penseur ; l'absence de tristesse en Lui empêche qu'Il s'ennuie ; l'impossibilité de la corruption en Lui empêche qu'Il y ait pourriture. Quant à leur dire que l'agent du mal est mauvais, on leur répond : « Le fait que cela sorte de Sa puissance prouve Son impuissance, donc cela doit entrer dans l'universalité de Sa puissance. »


  1. murīd : Voulant : attribut divin signifiant que Dieu agit par volonté, non par contrainte ou par hasard.
  2. qidam : Prééternité : existence sans commencement, attribut de Dieu.
  3. ḥudūth : Temporalité : le fait d'être créé dans le temps, ayant un commencement.
  4. ījād : Innovation : acte de créer ex nihilo, propre à Dieu.
  5. thunawiyya : Dualistes : sectes qui croient en deux principes éternels, souvent le bien et le mal.
  6. mutabāyina : Dissidents : groupes qui s'écartent de l'orthodoxie islamique.
  7. dhāt : Entité : essence ou substance autonome.
  8. majūs : Mages : zoroastriens, adeptes d'une religion dualiste perse.
  9. Zarādusht : Zoroastre : prophète fondateur du zoroastrisme.
  10. istaḥasha : S'ennuya : sentiment de solitude ou d'angoisse, attribué à Dieu par certaines croyances.
  11. Ahriman : Ahriman : principe du mal dans le zoroastrisme, opposé à Ahura Mazda.
  12. Iblīs : Iblis : nom de Satan dans l'islam.

Le deuxième chapitre sur la connaissance du Dieu adoré [1]

Quant aux chrétiens, avant que l'empereur Constantin ne se convertisse au christianisme, ils suivaient une religion correcte concernant l'unicité de Dieu Très-Haut et la prophétie de Jésus, paix sur lui. Puis, après la conversion de Constantin — le premier des rois romains à se convertir — ils divergèrent au sujet de Jésus. Les premiers nestoriens dirent que Jésus est Dieu ; les premiers jacobites dirent qu'il est le Fils de Dieu ; les premiers melkites dirent que les divinités sont trois, dont l'une est Jésus. Ensuite, leurs successeurs abandonnèrent l'affirmation explicite de cette parole réprouvée, lorsque les âmes la réprouvèrent et que les intelligences la repoussèrent. Ils dirent alors : Dieu Très-Haut est une seule substance, qui est trois hypostases 1 : l'hypostase du Père, l'hypostase du Fils et l'hypostase du Saint-Esprit ; elles sont une dans la substantialité ; l'hypostase du Père est l'essence, l'hypostase du Fils est le Verbe, et l'hypostase du Saint-Esprit est la Vie. Ils divergèrent au sujet des hypostases : certains dirent qu'elles sont des propriétés, d'autres qu'elles sont des personnes, d'autres qu'elles sont des attributs. Ils dirent que le Verbe s'est uni à Jésus, et ils divergèrent au sujet de l'union. Les nestoriens dirent que le sens de l'union est que le Verbe est apparu jusqu'à faire de lui un temple, et que le Christ est deux substances, deux hypostases : l'une divine et l'autre humaine ; c'est pourquoi les actes divins — comme la création des corps et la résurrection des morts — et les actes humains — comme le fait de manger et de boire — sont valides de sa part. Les jacobites dirent que l'union est un mélange, jusqu'à ce qu'il en résulte une troisième chose descendue du ciel, incarnée du Saint-Esprit, devenue un homme qui est le Christ ; il est une substance issue de deux substances et une hypostase issue de deux hypostases : une substance divine et une substance humaine. Les melkites dirent que le Christ est deux substances et une seule hypostase. Cette doctrine n'a aucune ambiguïté que les intelligences puissent accepter, et sa corruption est évidente dans le raisonnable. Quant à leur dire que Dieu Très-Haut est une substance, nous avons démontré l'occurrence des substances, donc il est impossible que l'Ancien soit une substance. Quant à leur dire qu'Il est trois hypostases : s'ils en font des personnes, ils professent la trinité et s'abstiennent de l'unicité ; or nous avons démontré que l'Ancien est un. S'ils font des hypostases des propriétés et des attributs d'une seule essence, alors ils font de Lui un Père et un Fils issu de la substance de Son Père ; ils les associent donc dans la substance divine et privilégient le Fils sur le Père par la substance humaine. Ainsi, malgré leur association dans le divin, il n'est pas plus juste que le Fils soit engendré du Père que le Père ne soit engendré du Fils, étant donné le privilège du Fils par la substance humaine. Comment ce qui est engendré d'un ancien pourrait-il être ancien ? Les actes divins n'apparaissent de sa part que parce qu'ils viennent de Dieu Très-Haut, pour manifester Son miracle, et non de son propre fait, comme la fente de la mer pour Moïse, paix sur lui, sans que cela relève de la divinité de Moïse. Quant à leur dire « substance divine et substance humaine », l'humanité du Christ est comme l'humanité des autres prophètes, et son humanité a disparu, donc sa divinité a été annulée. [Sens de l'unicité] Puisqu'il est établi que Dieu Très-Haut est un et ancien, on a divergé sur le sens de Son unicité. Un groupe dit : on veut dire par « un » que tous les êtres créés sont rapportés à une seule puissance, par laquelle le Puissant a créé tous les êtres créés. Un autre groupe dit : on veut dire par là la négation de la division de Son essence et l'impossibilité de la partition et de la fragmentation dans Son attribut. La majorité — et c'est la doctrine célèbre — dit : Il est un dans l'essence, ancien dans les attributs ; Il s'est singularisé par l'ancienneté sans aucun associé semblable, et s'est spécifié par la puissance sans aucun agent équivalent ; Son essence n'a pas de semblable ; les événements et les accidents sont niés de Lui ; les profits et les préjudices ne L'atteignent pas ; Il n'est qualifié ni de tout ni de partie ; Il n'est décrit par aucun lieu qu'Il habiterait ou dont Il serait vide, en raison de l'occurrence des lieux et de l'impossibilité de la fragmentation. « Rien n'est comme Lui, et Il est l'Audient, le Clairvoyant » 2, comme Il s'est décrit Lui-même dans Son Livre, et comme l'indiquent les traces de Son œuvre et la perfection de Sa sagesse. On a interrogé Ali ibn Abi Talib — que Dieu honore son visage — au sujet de la justice et de l'unicité. Il dit : « L'unicité est que tu ne L'imagine pas 3, et la justice est que tu ne L'accuse pas 4. » Il s'exprima avec une concision éclatante et une éloquence irrésistible. Ceux qui ont saisi les preuves de l'unicité parmi les bienheureux ont dit : « Ô merveille ! Comment désobéit-on à Dieu, ou comment le nie-t-on, le négateur ? En toute chose, il a un témoin qui prouve qu'Il est un. »


  1. aqānīm : Pluriel de 'uqnum, terme technique chrétien désignant les hypostases ou personnes de la Trinité.
  2. Laysa kamithlihi shay'un wa-huwa al-samī'u al-baṣīr : Citation du Coran (42:11) : 'Rien n'est comme Lui, et Il est l'Audient, le Clairvoyant.'
  3. al-tawḥīdu an lā tatawahhamuhu : Parole attribuée à Ali ibn Abi Talib : 'L'unicité est que tu ne L'imagine pas', signifiant que Dieu dépasse toute représentation mentale.
  4. al-'adlu an lā tattahimahu : Parole attribuée à Ali ibn Abi Talib : 'La justice est que tu ne L'accuse pas', signifiant qu'on ne doit pas attribuer à Dieu une injustice.

Chapitre troisième sur la validité de la mise en demeure [1]

[Chapitre troisième : Sur la validité de la taklîf 1] Définitions [du taklîf] Le taklîf est l'imposition de ce qui est venu par la Loi religieuse, par adoration. Il est de deux types : Le premier : ce qui concerne le droit de Dieu, à savoir l'ordre d'obéissance (1) et l'interdiction de désobéissance (2). Le second : ce qui concerne les droits de Ses serviteurs, à savoir la détermination des droits et la confirmation des contrats, afin qu'ils soient gouvernés par une Loi écoutée et soumis à une religion suivie, que les opinions ne divergent pas à son sujet et que les passions ne soient pas suivies, et afin qu'ils connaissent par elle le commencement de la création et la fin du retour, que leurs secrets intérieurs soient réformés, que leurs cœurs durs s'humilient devant elle, que leur parole dispersée se rassemble, que leurs états différents s'accordent sur elle, que leur conflit sur les droits disputés cesse, et qu'ils aient un désir de récompense qui les pousse vers le bien et une crainte du châtiment qui les retienne du mal. Ce sont des choses sans lesquelles les créatures ne peuvent être en bon état et auxquelles on ne peut parvenir sans la religion légiférée, car il n'est pas dans la nature des humains de s'accorder sur leurs intérêts sans un frein, ni de se rendre justice mutuellement dans les droits sans un motif qui les pousse, à cause de leur avidité et de la divergence des intérêts. Par là, ce à quoi les Barâhima 2 sont parvenus, à savoir se contenter des jugements de la raison et annuler l'adoration par les lois des messagers, est corrompu. Le taklîf est donc bon selon la raison lorsqu'il s'adresse à celui dont on sait qu'il désobéira ; les Mu'tazila 3 le tiennent pour bon car il expose à la récompense, tandis que les Ash'ariyya 4 ne le tiennent pas pour bon car il expose au châtiment par la désobéissance. La première opinion est plus proche de la doctrine des juristes, même si l'on ne rapporte pas de parole explicite d'eux à ce sujet. On a divergé sur le point de savoir si le taklîf doit être considéré selon le principe du plus avantageux 5 : la majorité des juristes tient qu'il est considéré selon le plus avantageux, car son but est l'intérêt des serviteurs. Un groupe de juristes et de théologiens a soutenu qu'il dépend de la volonté de Dieu, qu'il s'agisse d'un intérêt ou d'autre chose, car Il est le propriétaire de tout cela. Ainsi, celui qui considère le plus avantageux interdit d'imposer ce qui est insoutenable 6, tandis que celui qui le considère selon la volonté permet d'imposer ce qui est insoutenable. Il est valide d'imposer ce qui comporte une difficulté supportable. On a divergé sur la validité du taklîf dans ce qui ne comporte aucune difficulté : les juristes l'ont permis, tandis que certains théologiens l'ont interdit. Or, l'adoration par le changement de direction de la prière 7 de Jérusalem vers la Ka'ba a été ordonnée, et cela ne comporte pas de difficulté. Si le taklîf est considéré selon la capacité 8, il ne s'adresse pas à ce qui dépasse la capacité. On a divergé sur ce qui l'empêche : un groupe a dit que la raison l'empêche, car il est impossible en elle ; un autre groupe a dit que la Loi l'empêche, même si la raison ne l'empêche pas, selon la parole de Dieu : « Dieu n'impose à aucune âme que selon sa capacité » (3). [Obligation du taklîf] Une fois établies les conditions du taklîf et son caractère bon, on a divergé sur son obligation. Celui qui considère le plus avantageux l'a rendu obligatoire et l'a lié à la raison, car il fait partie des droits de Sa sagesse. Celui qui le rapporte à la volonté ne l'a pas rendu obligatoire, car l'obligation implique la supériorité de celui qui oblige, ce qui est exclu pour Dieu. Ceux qui soutiennent cette dernière opinion ont divergé sur l'antériorité de la raison par rapport à la Loi. Un groupe a dit : il est possible qu'il soit lié à la raison et possible qu'il vienne après elle selon la volonté, mais il n'est pas possible qu'il précède la raison, car la raison est une condition pour que le taklîf soit contraignant. Un autre groupe a dit : au contraire, le taklîf doit venir après l'achèvement de la raison, sans être lié à elle ni la précéder, selon la parole de Dieu : « L'homme pense-t-il qu'il sera laissé sans but ? » (4) Cette description s'adresse à lui après l'achèvement de sa raison. [Légalité du taklîf] Il est établi par ce que nous avons présenté que le taklîf légal est ce que contiennent les ordres et les interdictions concernant les droits de Dieu et les droits de Ses serviteurs. Ce qui est ordonné est de deux sortes : obligatoire et recommandé. L'obligatoire est ce qu'il est obligatoire de faire, et le recommandé est ce qu'il est préférable de faire. Ce qui est interdit est de deux sortes : détestable et prohibé. Le prohibé est ce qu'il est obligatoire de laisser, et le détestable est ce qu'il est préférable de laisser. Quant au permis, c'est ce dont le faire et le laisser sont équivalents : il n'est ni obligatoire de le faire, ni préférable de le faire, ni obligatoire de le laisser, ni préférable de le laisser. On a divergé sur l'inclusion du permis dans le taklîf. Certains disciples d'al-Shâfi'î (que Dieu lui fasse miséricorde) ont soutenu son inclusion dans le taklîf. Ceux qui soutiennent cette opinion ont divergé sur le point de savoir s'il y est inclus par une permission ou par un ordre, selon deux avis : Le premier : par une permission, pour exclure le statut du recommandé. Le second : par un ordre inférieur à l'ordre du recommandé, de même que l'ordre du recommandé est inférieur à l'ordre de l'obligatoire. D'autres disciples d'al-Shâfi'î (que Dieu lui fasse miséricorde) ont soutenu son exclusion du taklîf, que ce soit par permission ou par ordre, car le taklîf est spécifique à ce qui comporte une récompense ou un châtiment. Ils se sont accordés sur le fait que le permis n'entraîne ni louange ni blâme et qu'il échappe à la catégorie du mauvais. Ils ont divergé sur son inclusion dans le bon : certains l'y ont inclus, d'autres l'en ont exclu. [L'ordre et la volonté] L'ordre dans le taklîf est la demande d'obéissance par la soumission à l'acte. On a divergé sur le point de savoir si l'association de la volonté à l'ordre est une condition de sa validité. Al-Ash'arî [10] a soutenu que la volonté n'est pas prise en compte et qu'il est possible d'ordonner ce que l'on ne veut pas, et que cela reste un ordre comme ce que l'on veut. Les Mu'tazila ont soutenu qu'il n'y a ordre que par la volonté : si sa volonté n'est pas connue, ce n'est pas un ordre. Ils ont divergé sur le point de savoir si la volonté des individus est considérée comme volonté de la chose ordonnée : certains ont considéré la volonté de l'ordre énoncé, d'autres ont considéré la volonté de l'acte ordonné. Ce sur quoi la majorité des juristes s'accorde est que l'ordre est un indice de la volonté, sans que la volonté soit une condition de la validité de l'ordre, bien qu'elle existe avec l'ordre. On déduit donc l'ordre de la volonté, mais on ne déduit pas la volonté de l'ordre. [Conditions de validité de l'ordre] Parmi les conditions de validité de l'ordre, il y a le fait qu'il porte sur ce que la raison n'empêche pas. Si la raison l'empêche, l'ordre n'est pas valide, car le taklîf sort des interdits de la raison. On a divergé sur le point de savoir si sa validité est conditionnée par sa bonté selon la raison : un groupe l'a considéré, un autre l'a écarté. Si les textes de la Loi n'englobent pas tous les jugements de la raison, il est permis d'agir selon le jugement de la raison en ces matières. On a divergé sur le rattachement de ces jugements aux statuts de la Loi : un groupe les y a rattachés et les a inclus, car la Loi ne sort pas de leur exigence ; un autre groupe les en a exclus, bien qu'il soit permis d'agir selon eux comme s'ils étaient légiférés, car la Loi est écoutée et la raison est suivie. [Temps de l'ordre] L'ordre se fait par la parole ou par ce qui en tient lieu, si l'on en comprend le sens de l'ordre. On a divergé sur le moment où il devient un ordre. La majorité des juristes et des théologiens soutient qu'il est un ordre au moment de l'énonciation et qu'il précède l'acte. Une opinion isolée parmi les juristes et les théologiens soutient qu'il est un ordre au moment de l'acte, et que ce qui le précède est une information sur l'ordre, non un ordre. Cela est corrompu, car l'acte est obligatoire par l'ordre ; si ce qui le précède n'était pas un ordre, il faudrait, au moment de l'acte, un nouvel ordre. [Catégories de l'ordre] L'ordre est de deux sortes : ordre d'information (5) et ordre d'imposition (6). Quant à l'ordre d'information, il est spécifique à la croyance, non à l'acte, et il doit précéder la croyance d'un laps de temps, qui est le moment de la connaissance. Quant à l'ordre d'imposition, il s'adresse à la fois à la croyance et à l'acte : il combine la croyance en l'obligation et l'accomplissement de l'acte, et il ne suffit pas de se contenter de l'un des deux. Si l'on accomplit l'acte avant de croire en son obligation, cela n'est pas valable ; si l'on croit en son obligation sans l'accomplir, on en est tenu responsable. Il n'est pas nécessaire de renouveler la croyance au moment de l'acte si l'on persévère dans sa croyance antérieure, car la croyance est une adoration d'engagement, et l'acte est une exécution de ce qui est dû. L'ordre doit précéder l'acte du temps de la croyance. On a divergé sur la nécessité de le faire précéder d'un temps de préparation à l'acte, selon deux doctrines : La première, qui est une opinion isolée parmi les juristes : il doit précéder l'acte de deux temps : le temps de la croyance et le temps de la préparation à l'acte. C'est aussi l'avis de ceux parmi les théologiens qui considèrent la capacité avant l'acte. La seconde doctrine, qui est l'avis de la majorité des juristes : on considère que l'ordre précède l'acte du seul temps de la croyance, et la préparation à l'acte est un commencement de celui-ci, donc on ne considère pas qu'elle le précède. C'est aussi l'avis de ceux parmi les théologiens qui considèrent la capacité avec l'acte.


  1. taklîf : Terme technique désignant l'imposition par Dieu d'obligations religieuses aux êtres humains, fondement de la responsabilité morale et juridique en islam.
  2. Mu'tazila : École théologique rationaliste de l'islam, mettant l'accent sur la justice divine et le libre arbitre.
  3. Ash'ariyya : École théologique sunnite fondée par Abû l-Hasan al-Ash'arî, qui concilie raison et révélation en affirmant la toute-puissance divine.
  4. al-aṣlaḥ : Principe théologique selon lequel Dieu agit toujours pour le plus grand bien de Ses créatures, débattu entre Mu'tazila et Ash'ariyya.
  5. mā lā yuṭāq : Ce qui est au-delà de la capacité humaine, concept clé dans le débat sur la justice divine et la responsabilité.
  6. taḥwīl al-qibla : Changement de la direction de la prière (qibla) de Jérusalem vers La Mecque, ordonné par Dieu dans le Coran (sourate 2, versets 142-150).
  7. al-istiṭā‘a : Capacité ou pouvoir d'accomplir un acte, condition de l'obligation religieuse selon la majorité des théologiens.
  8. al-Ash‘arī : Abû l-Hasan al-Ash'arî (873-935), fondateur de l'école ash'arite, dont la doctrine sur la volonté divine et l'ordre est ici évoquée.

Le quatrième chapitre sur l'établissement des prophéties [1]

Le quatrième chapitre sur la confirmation des prophéties [Les prophètes, que la paix soit sur eux] Les prophètes sont les messagers de Dieu Très-Haut auprès de Ses serviteurs, avec Ses ordres et Ses interdictions, en plus de ce qu'exigent les intelligences en matière d'obligations et en imposant ce qu'elles autorisent parmi les choses permises, pour ce que Dieu Très-Haut a voulu comme honneur de l'être raisonnable, ennoblissement de ses actes, rectitude de ses états et ordre de ses intérêts, lorsqu'Il l'a préparé à la sagesse et l'a façonné pour la connaissance, afin de le rendre sage et savant des conséquences. Car les hommes, par leur propre réflexion, ne perçoivent pas leurs intérêts par eux-mêmes, ne sentent pas les conséquences de leurs affaires par leurs instincts, et ne se laissent pas dissuader, malgré la divergence de leurs passions, sans que leur parviennent les enseignements des messagers et les récits des générations passées. Ainsi, les enseignements de Dieu sont mis en pratique parmi eux, Ses limites sont suivies, Ses ordres sont obéis, Sa promesse et Sa menace les dissuadent, et les récits des nations disparues les exhortent. Car lorsque des récits étonnants frappent les oreilles et que des significations étranges éveillent les esprits, les intelligences les puisent, leur science augmente et leur compréhension devient correcte. Les plus auditeurs ont le plus de pensées, les plus pensifs ont le plus de réflexion, les plus réfléchis ont le plus de science, et les plus savants ont le plus d'actions. Ainsi, il n'existe pas d'alternative à l'envoi des messagers, et sans eux, il n'y a pas d'ordre dans la vérité. [Les négateurs de la prophétie] Un groupe de nations a nié les prophéties des messagers, et ils sont à ce sujet de trois catégories : La première : les athées matérialistes 1 qui affirment l'éternité du monde et le gouvernement des natures ; ils sont plus enclins à nier le messager, donc à nier les messagers. La deuxième catégorie : les Brahmanes monothéistes 2 qui affirment la création du monde, mais nient l'envoi des messagers et invalident les prophéties. Ils sont attribués à Bahr 3, le fondateur de leur doctrine. Un groupe dissident d'entre eux a prétendu qu'il s'agit d'Adam, le père des humains, et certains disent que c'est Abraham. Ceux de cette secte dissidente qui disent qu'il s'agit de l'un des deux reconnaissent leur prophétie mais nient celle des autres. La majorité d'entre eux est contraire à cette opinion dans leur attribution à leur fondateur et dans le rejet général de toutes les prophéties. La troisième catégorie : les philosophes qui ne manifestent pas extérieurement l'invalidation des prophéties, mais les invalident dans la réalité de leur discours. Car ils disent que les sciences divines, après l'accomplissement des sciences mathématiques 4 de la philosophie et de la géométrie, sont établies par celui dont la discipline est parfaite, s'il y est naturellement disposé. [Divergence des négateurs de la prophétie et fausseté de leurs arguments] Ceux qui ont invalidé les prophéties ont divergé sur la cause de leur invalidation. Certains d'entre eux ont soutenu que la cause de leur invalidation est que Dieu Très-Haut s'en est passé grâce à ce que les intelligences indiquent comme nécessités de ce qu'apportent les messagers. Ceci est faux pour deux raisons : La première : ce que les intelligences indiquent n'empêche pas qu'il soit possible que les messagers l'apportent comme obligation. Même si l'intelligence l'imposait, il ne serait pas impossible que les messagers l'apportent comme confirmation, comme les preuves intellectuelles se succèdent sur l'unicité divine, et l'existence de certaines n'empêche pas l'existence d'autres. La seconde : les jugements de l'intelligence ne se passent pas de l'envoi des messagers pour deux raisons : La première : les jugements de l'intelligence peuvent diverger lorsque leurs preuves sont équivalentes, et l'envoi des messagers met fin à leur divergence. La seconde : l'intelligence n'a pas accès à ce qu'apportent les messagers en matière de promesse et de menace, de paradis et d'enfer, et aux descriptions du culte qu'ils instituent, qui incitent à la dévotion. Ainsi, l'envoi des messagers n'est pas superflu. D'autres parmi eux ont soutenu que la cause de l'invalidation des prophéties est que l'envoi de messagers à ceux dont on sait qu'ils n'accepteront pas ce qu'ils leur transmettent est une futilité qui contredit la sagesse de Dieu Très-Haut. Ceci est faux pour deux raisons : La première : ce n'est pas une futilité qu'il y ait parmi eux ceux qui n'acceptent pas, tout comme ce n'est pas une futilité que Dieu ait établi des preuves intellectuelles de Son unicité, même si certains ne les utilisent pas pour prouver Son unicité. De même pour l'envoi des messagers. La seconde : l'existence parmi eux de ceux qui acceptent, selon ce raisonnement, rend obligatoire l'envoi des messagers, alors qu'ils empêchent de les envoyer à ceux qui acceptent et à ceux qui n'acceptent pas. Ainsi, ce raisonnement est invalidé. D'autres encore ont dit : la cause en est que ce qu'apportent les messagers est contradictoire, certaines parties annulant d'autres. Le dernier abroge ce qu'a légiféré le précédent. Or, les jugements de l'intelligence ne se contredisent pas. Ainsi, ce qui est variable et contradictoire n'élève pas. Ceci est faux pour deux raisons : La première : ce qu'apportent les messagers est de deux sortes : L'une : ce qui ne peut être que d'une seule manière, à savoir l'unicité divine et les attributs du Seigneur et du créé ; là-dessus, ils ne divergent pas et leurs paroles se confirment mutuellement. La seconde : ce qui peut être, parmi les actes de culte, d'une certaine manière et peut être d'une autre, et peut être en un temps et ne peut être en un autre. C'est ce genre dans lequel les messagers ont divergé en raison de la différence de leurs époques, soit selon ce qui est le plus approprié, soit selon la volonté. Ceci est possible dans les jugements de l'intelligence. La seconde raison : les jugements de l'intelligence peuvent diverger entre les sages, et cela n'empêche pas que l'intelligence soit une preuve. De même, ce sur quoi les messagers divergent n'empêche pas qu'ils soient une preuve. D'autres encore ont dit : la cause de l'invalidation des prophéties est qu'il n'y a pas de moyen de connaître leur vérité en raison de leur caractère invisible, et que l'apparition de ce qui n'est pas dans la nature, à savoir leurs miracles, est impossible en raison de la nature qui les repousse. Ceci est faux pour deux raisons : La première : les miracles sont l'œuvre de Dieu Très-Haut en eux, ils échappent donc à la règle de leur nature. La seconde : puisqu'ils se sont distingués par leur sortie de la nature pour la mission, ils se distinguent par ce qui sort de l'ordinaire de la nature comme miracle. D'autres encore ont dit : la cause de l'invalidation des prophéties est que ce qu'ils manifestent comme miracle extraordinaire peut avoir son équivalent chez les prestidigitateurs 5 et les illusionnistes, et chez les gens du feu 6 ; cela n'est pas une preuve de leur véracité. Il en va de même pour les miracles. Ceci est faux pour deux raisons : La première : la prestidigitation apparaît aux intelligents et trompe l'ignorant naïf, contrairement au miracle qui stupéfie les intelligences. La seconde : la prestidigitation s'acquiert par l'apprentissage ; celui qui ne la maîtrise pas peut l'apprendre et devenir l'égal 7 de celui qui la maîtrise, et la contrer par une semblable. Le miracle, lui, est original, personne d'autre que son auteur ne peut le produire, et personne ne peut le contrer par un semblable, comme lorsque le bâton de Moïse se transforma en serpent qui courait, engloutissant ce que les magiciens avaient inventé, et ils tombèrent prosternés devant lui. Et s'il y a dans l'invalidation de ce sophisme une preuve de sa confirmation, on peut prouver la confirmation des prophéties par cinq aspects, bien que ces réponses en contiennent certains : Le premier : Dieu Très-Haut est bienfaiteur envers Ses serviteurs par ce qu'Il leur indique comme intérêts. Puisque l'envoi des messagers contient ce que les intelligences ne perçoivent pas, leur envoi fait partie des intérêts généraux dont Il s'est chargé. Le second : ce qu'apportent les messagers comme rétribution, le paradis comme récompense pour le désir de faire le bien, et l'enfer comme châtiment qui incite à la crainte et à s'abstenir du mal, devient une cause d'harmonie entre les créatures et de pratique du droit. Le troisième : parmi les intérêts invisibles, il y a ce qui n'est connu que par l'intermédiaire des messagers ; on tire donc d'eux ce qu'on ne tire pas de l'intelligence 8. Le quatrième : la dévotion ne se purifie que par la religion, et la religion ne se rectifie que par les messagers qui transmettent de la part de Dieu Très-Haut ce dont Il a chargé. Le cinquième : les intelligences peuvent parfois s'enorgueillir de suivre leurs pairs et d'obéir à leurs semblables ; seule l'obéissance à l'Adoré, dans ce que Ses messagers ont transmis, les rassemble. Ainsi, les intérêts sont plus généraux grâce à eux, la perfection plus complète, la communauté plus unie, et les conflits plus empêchés. Il est possible de prouver l'unicité divine et les prophéties par une déduction subtile comme par une déduction évidente. Car ce qui est subtil dans les intelligences est plus profond dans la sagesse. Ibn al-Rûmî a évoqué ce sens et l'a mis en vers dans sa poésie : "L'obscurité de la vérité, lorsqu'on la défend, / Réduit le nombre des partisans de l'adversaire juste. / Les intelligences de certains sont trop faibles pour le subtil, / Et ils jugent en faveur du grossier contre le subtil." [La possibilité des prophéties] S'il est établi que les prophéties et l'envoi des messagers sont possibles par les actes de culte, alors ils sont les messagers de Dieu Très-Haut auprès de Ses créatures, soit par un discours audible, soit par l'intermédiaire d'un ange descendu. Un groupe parmi ceux qui affirment les prophéties a nié que leur prophétie vienne d'un discours ou de la descente d'un ange, en raison de l'impossibilité d'une adresse corporelle de la part de Dieu Très-Haut, car Il n'est pas un corps, et les anges, du monde supérieur, sont simples et ne descendent pas, de même que le monde inférieur est dense et ne monte pas. Ceux qui ont soutenu cela ont divergé sur ce qui fait d'eux des prophètes. Certains ont dit : ils sont devenus prophètes par inspiration 9, non par révélation. Ceci est faux pour deux raisons : La première : ce qui invalide l'inspiration des connaissances dans l'unicité divine rend plus légitime l'invalidation des connaissances par elle dans la prophétie. La seconde : l'inspiration est cachée et obscure, que le véridique et le menteur peuvent tous deux revendiquer. Si on les distingue, on cherche un signe 10 ; si on délaisse l'inspiration, c'est une preuve qui l'invalide. D'autres ont dit : ils sont devenus prophètes parce que Dieu Très-Haut a dans le monde des propriétés et des secrets qui contredisent le cours des natures. Celui qu'Il en fait triompher parmi Ses créatures mérite par cela la prophétie. Ceci est faux pour deux raisons : La première : leur caractère caché n'est pas une preuve de sa véracité. La seconde : il serait prophète de lui-même, non de son Seigneur, et deviendrait ainsi comme les autres. D'autres ont dit : ils sont devenus prophètes parce que Dieu Très-Haut les a distingués par la perfection des intelligences, par laquelle ils accèdent aux réalités des choses, sans que ce qui est désiré par les autres ne leur soit confus. Ainsi, ils sont devenus prophètes par leurs intelligences, non par leur Seigneur. Ceci est faux pour deux raisons : La première : cela implique un mérite de science en sa faveur, mais ne l'implique pas en faveur des autres. La seconde : s'il informe de lui-même, il n'est pas un messager ; s'il informe de son Seigneur, il est menteur. D'autres ont dit : ils sont devenus prophètes parce que la lumière en eux s'est purifiée et a grandi par la lumière suprême divine, par laquelle les compréhensions se purifient et les imaginations se rectifient, jusqu'à ce qu'ils passent aux natures spirituelles et que la souillure des natures humaines disparaisse d'eux, sortant ainsi de l'ombre des êtres par la pureté de leur lumière et leur purification. C'est la doctrine des dualistes 11. Ceci est faux pour deux raisons : La première : ils ont repoussé la plus facile des deux choses, l'envoi des messagers, par la plus difficile, l'attribution de Sa lumière. Il serait plus juste de repousser la plus difficile par ce par quoi ils ont repoussé la plus facile. La seconde : ils ont établi par cela un mélange du Créateur, gloire à Lui, avec ce qui est propre à Son essence, alors que la différence d'essence empêche le mélange avec Lui. La réponse à ce qu'ils ont dit sur l'impossibilité d'une adresse corporelle de la part de Celui qui n'est pas un corps est double : La première : il n'est pas impossible qu'Il produise quelque chose de semblable au discours des corps, bien qu'Il ne soit pas un corps, de même qu'Il produit des actes semblables à ceux des corps, bien qu'Il ne soit pas un corps. La seconde : Dieu Très-Haut peut déposer Son discours dans les ouïes, de sorte que les oreilles l'entendent et que les cœurs le comprennent, par Sa puissance qu'Il a cachée à Ses créatures. La réponse à ce qu'ils ont mentionné sur le fait que la substance des anges est céleste et ne descend pas est double : La première : il n'est pas impossible qu'une substance céleste subtile se déplace vers une substance terrestre dense, soit par augmentation, soit par transformation, comme ils disent de l'intellect et de l'âme qu'ils sont deux substances célestes descendues dans le corps et s'y sont installées.

Le deuxième [point] : ils affirment la transmutation des corps naturels, disant que l'air, composé de chaleur et d'humidité, si sa chaleur s'élève par le froid, devient de l'eau froide ; que l'eau, composée de froid et d'humidité, si son froid s'élève par la chaleur, devient de l'air ; que l'air, composé de chaleur et d'humidité, si son humidité s'élève par la sécheresse, devient du feu. Si cela est possible selon eux dans la transmutation des natures, alors dans l'acte de Dieu Très-Haut cela est plus admissible, et Il en est plus capable. On ne peut repousser leurs discours sortant des lois de la Loi révélée que par des discours similaires, même si cela sort de la compétence de nos semblables pour réfuter leur dire par leur propre dire, afin que le faux ne s'y déguise pas et que l'ignorant ne s'y égare pas. Car ne s'écarte de la religion que celui qui critique ses fondements et dénigre ses adeptes. Établissement des prophéties Ayant établi que la prophétie n'est valable que de la part de celui que Dieu Très-Haut a envoyé par Sa révélation, sa validité repose sur trois conditions qui indiquent sa véracité et l'obligation de lui obéir. La première : que le prétendant à la prophétie possède des qualités le rendant apte à celle-ci, par la sincérité de son langage, l'évidence de sa vertu et la perfection de son état. Si un défaut l'affecte ou un mensonge apparaît de sa part, il n'est pas apte à la prophétie, car il lui manque l'instrument et la confiance. L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — envoya Khâlid ibn al-Walîd à une tribu arabe pour les appeler à l'islam. Ils dirent : « Ô Khâlid, décris-nous Muhammad. » Il dit : « Brièvement ou en détail ? » Ils dirent : « Brièvement. » Il dit : « Il est l'Envoyé de Dieu, et l'envoyé est à la mesure de Celui qui l'envoie. » La deuxième condition : la manifestation d'un miracle 12 indiquant sa véracité et dont les humains sont incapables de produire l'équivalent, afin qu'il soit comparable aux actes divins, pour que l'on sache qu'il vient de Lui, et que par lui sa prétention à la mission soit validée. Car Dieu ne le manifeste pas à celui qui ment sur Lui. Le miracle est une preuve de sa véracité, et sa véracité une preuve de la validité de sa prophétie. La troisième condition : que le miracle soit accompagné de la prétention à la prophétie. Si la prétention n'accompagne pas le miracle, la manifestation du miracle ne fait pas de lui un prophète, car le miracle prouve la véracité de la prétention ; il en est donc un attribut. Il n'est donc pas permis d'établir l'attribut avant l'existence du sujet qualifié. Si la manifestation du miracle précède la prétention à la prophétie, cela constitue une fondation de la prophétie, comme la parole de Jésus — sur lui la paix — dans le berceau fut une fondation de sa prophétie. Il eut alors besoin, avec la prétention à la prophétie, de produire un miracle qui l'accompagne pour prouver sa véracité. Si la prétention à la prophétie précède le miracle, on se contente de la survenue du miracle après elle, sans qu'il l'accompagne, car son association à la prétention est concomitante au miracle 13. Si le miracle accompagnant la prétention se manifeste à certaines personnes et non à toutes, on examine : s'il s'agit d'un nombre tel que la nouvelle se transmet par témoignages concordants 14 et que la tradition se répande parmi eux, alors l'absent est couvert par le présent quant à l'obligation de répondre et de se soumettre à l'obéissance, de même que la seconde époque est couverte par la première. Si le nombre de témoins du miracle est insuffisant pour que la nouvelle se répande et que la transmission par témoignages concordants soit établie, en raison de la possibilité de leur collusion dans le mensonge et de l'erreur et de la faute possibles chez de tels individus, alors le miracle est une preuve contre eux, mais non contre d'autres, jusqu'à ce qu'ils voient du miracle ce qui les couvre. Que ce soit du premier genre ou d'un autre genre, si le nombre de témoins du premier est inférieur au nombre requis pour la transmission par témoignages concordants, et de même pour le second, la règle de la transmission par témoignages concordants n'est établie ni pour l'un ni pour l'autre, en raison de la possibilité du mensonge chez chacun des deux groupes. [Les preuves des prophètes] Et puisque les preuves des prophètes auprès de leurs communautés sont le miracle indiquant leur véracité, le miracle est ce qui rompt l'habitude des humains, des actes qui ne sont possibles que par une puissance divine, indiquant que Dieu Très-Haut en a gratifié le prophète pour attester de sa mission. Ainsi, cela devient une preuve de sa véracité dans sa prétention à la prophétie, si cela se produit de sa part au temps de l'obligation légale 15. Quant à l'heure de la Résurrection, lorsque les conditions de l'obligation légale cessent, il peut se manifester parmi ses signes ce qui rompt l'habitude, sans être un miracle pour un prétendant à la prophétie. On a considéré dans le miracle la rupture de l'habitude car l'habituel concerne aussi bien le véridique que le menteur ; ainsi, le non-habituel est propre au véridique, à l'exclusion du menteur. Et puisqu'il est établi que le miracle est défini par ce que nous avons mentionné de la rupture de l'habitude, ce qui sort de l'habitude se divise en dix catégories : Première catégorie : ce dont le genre échappe à la capacité humaine, comme la création de corps, la transformation de substances et la résurrection des morts. Le peu comme le beaucoup de cela est un miracle, car même le peu échappe à la capacité, comme le beaucoup. Deuxième catégorie : ce dont le genre entre dans la capacité humaine, mais dont la quantité échappe à la capacité humaine, comme le plissement de la terre lointaine en un temps court. Cela est un miracle en raison de la rupture de l'habitude. Les théologiens ont divergé sur ce qui est miraculeux dans ce cas. Selon certains, ce qui échappe à la capacité est seul le miracle, car il est propre au miracle. Selon d'autres, l'ensemble est miraculeux, car il est lié à ce qui ne s'en distingue pas. Troisième catégorie : la manifestation d'une connaissance de ce qui échappe à la connaissance humaine, comme les annonces d'événements invisibles. Cela est miraculeux à deux conditions : premièrement, qu'il se répète jusqu'à sortir du domaine de la coïncidence ; deuxièmement, qu'il soit exempt de toute cause permettant de l'inférer. Quatrième catégorie : ce dont l'espèce échappe au pouvoir humain, bien que son genre entre dans le pouvoir humain, comme le Coran, dont le style sort des catégories du discours. Il est miraculeux parce que son espèce échappe à la capacité, devenant ainsi un genre hors de portée. L'incapacité malgré la capacité sur l'instrument du discours est plus éloquente dans le miracle. Cinquième catégorie : ce qui entre dans les actes humains mais aboutit à ce qui dépasse la mesure humaine, comme la guérison survenant après une maladie, ou la récolte après les semailles. Si la maladie chronique guérit instantanément et que la récolte mûrit avant son terme, c'est une rupture de l'habitude, donc un miracle, car cela échappe à la capacité. Sixième catégorie : l'incapacité à faire ce qui était auparavant dans la capacité, comme l'avertissement d'un orateur qu'il sera incapable de parler, ou d'un écrivain qu'il sera incapable d'écrire. Cela est un miracle propre à l'incapable et ne s'étend pas à d'autres, car il est certain de sa propre incapacité, tandis qu'autrui n'en est pas certain. Septième catégorie : faire parler un animal ou mouvoir un objet inanimé. Si cela se produit à sa demande ou par son signe, c'est un miracle pour lui. Si cela se produit sans demande ni signe, ce n'est pas un miracle pour lui, même si cela rompt l'habitude, car cela ne lui est pas plus propre qu'à un autre ; c'est alors une rareté du temps et un événement parmi d'autres. Huitième catégorie : faire apparaître une chose hors de sa saison, comme des fruits d'été en hiver et des fruits d'hiver en été. Si leur conservation hors saison est possible, ce n'est pas un miracle ; si elle est impossible, c'est un miracle, que cela soit initié par lui ou demandé. Neuvième catégorie : faire jaillir de l'eau ou arrêter l'eau jaillissante, si cela ne se produit pas par des causes extérieures. Cela fait partie de ses miracles, en raison de la rupture de l'habitude. Dixième catégorie : rassasier un grand nombre avec peu de nourriture et les abreuver avec peu d'eau. Cela est un miracle pour eux, mais non pour d'autres, pour la raison déjà donnée. Ces catégories et leurs semblables entrant dans les limites du miracle sont équivalentes dans l'établissement du caractère miraculeux et de la confirmation de celui qui les manifeste dans sa prétention à la prophétie, bien que les miracles diffèrent en importance et varient, comme les preuves de l'unicité divine peuvent différer en subtilité et en évidence, bien que chacune soit une preuve. Quant à accomplir ce que les humains peuvent approcher, bien qu'incapables d'en faire l'équivalent, ce n'est pas un miracle, car le genre est en leur pouvoir ; la différence n'est qu'un surplus d'habileté, comme dans les arts où les praticiens diffèrent, et le plus habile d'entre eux n'a pas un miracle lui permettant de prétendre à la prophétie. Si l'on dit : « Zoroastre et Paul ont produit des prodiges éclatants, mais ceux-ci n'ont pas prouvé leur véracité dans leur prétention à la prophétie. » On répond : parce qu'ils se sont eux-mêmes démentis par ce qu'ils ont affirmé au sujet de Dieu Très-Haut, ce qui montre leur ignorance de Lui. Paul dit que Jésus est un dieu ; Zoroastre prétendit que Dieu Très-Haut était seul, sans rien avec Lui. Lorsque Sa solitude se prolongea, Il réfléchit, et de Sa réflexion naquit Ahriman 16, c'est-à-dire Iblîs. Lorsqu'il se tint devant Lui, Il voulut le tuer, mais il résista. Voyant sa résistance, Il fit une trêve avec lui jusqu'à un terme et une paix jusqu'à une limite. Celui qui dit cela de Dieu Très-Haut et ne Le connaît pas ne peut être Son messager. De plus, ils appelèrent à des actions abominables et mauvaises, comme Zoroastre institua les ablutions avec l'urine, la fornication avec les mères et l'adoration du feu ; de même Paul et Mani 17. Dieu les abandonna. S'ils avaient appelé aux bonnes mœurs, le doute à leur sujet aurait été plus fort et la séduction plus grande, mais Dieu Très-Haut protège par les intelligences ceux qui les cherchent pour se guider, et conduit vers la vérité ceux qu'Il éveille par elles. Les miracles et la prophétie Il n'est pas permis que Dieu Très-Haut manifeste un miracle comme preuve de véracité dans autre chose que la prophétie, même si cela concerne un obéissant, car la prophétie ne peut être attestée comme vraie que par le miracle, étant une chose invisible connue seulement de lui ; on a donc besoin du miracle pour sa véracité. Quant aux autres paroles et actes, on peut connaître leur véracité par l'observation directe et la vue, et ils sortent de la forme du miracle, même s'ils sont efficaces, et afin que les miracles des prophètes ne soient pas confondus avec d'autres. Quant au prétendant à la divinité, s'il manifeste des signes éclatants, certains ont dit qu'ils pourraient être des miracles annulés par son mensonge ; il n'est donc pas impossible qu'ils se produisent de sa part, même s'ils ne se produisent pas lorsqu'il est menteur dans sa prétention à la prophétie, car sa prétention n'est pas accompagnée de ce qui l'annule, contrairement au prétendant à la divinité. L'avis de la majorité est qu'il n'est pas permis que le miracle se manifeste pour un prétendant à la divinité, de même qu'il n'est pas permis pour un prétendant à la prophétie, car sa désobéissance dans la prétention à la divinité est plus grave et son impiété plus grande ; il est donc plus digne qu'il ne se manifeste pas pour lui. Si l'on examine ce que le prétendant à la divinité manifeste comme signes, on en voit la fausseté et le désordre, et ils sortent du miracle pour devenir magie ou illusion. [La perception et la vision directe] Puisque Dieu Très-Haut sait que la plupart de Ses serviteurs n'assistent pas aux preuves de Ses messagers ni ne sont présents aux signes de Ses prophètes, soit en raison de l'éloignement du pays, soit de la succession des époques, Il a imprimé dans chaque groupe la transmission des nouvelles de ce qu'ils ont vu, afin que l'absent l'apprenne du présent et que le postérieur le connaisse du contemporain. Or, il est connu, malgré la divergence des aspirations, que la nouvelle transmise par témoignages concordants, une fois le doute écarté, est une vérité que nul doute n'affecte et une sincérité qui ne se confond pas avec un mensonge. Ainsi, sa réception équivaut à la vision directe dans la production de la connaissance nécessaire, et la preuve est établie par elle, et la science en découle nécessairement. At-Tufayl al-Ghanawî a dit, avec une bédouine, au sujet de la production de la science par la diffusion de la nouvelle, ce que la nature lui dictait et que l'instinct le conduisait : « Un souci nocturne m'a visité, pesant 18... Et il est venu des nouvelles qui ne mentent pas. Elles se sont succédé jusqu'à ce qu'il n'y ait pour moi nul doute, et il n'y avait, sur ce qu'ils rapportaient, aucun sujet de critique. » La révélation et la prophétie Quant à ce qui est possible pour le prétendant à la prophétie, cela se divise en trois catégories : Premièrement : que Dieu Très-Haut lui parle sans intermédiaire. Deuxièmement : qu'il lui parle par l'intermédiaire de Ses anges. Troisièmement : que ce soit par une vision en songe. Quant à la première catégorie : si Dieu Très-Haut lui parle sans intermédiaire, comme Il parla à Moïse — sur lui la paix — lorsqu'il fut appelé depuis l'arbre, selon ce que nous avons déjà mentionné sur la divergence concernant Sa modalité, il sait nécessairement que cela vient de Dieu Très-Haut. Sur la manière dont se produit la connaissance nécessaire dans Sa parole, les savants ont deux opinions : L'une : qu'Il le contraint à la connaissance, comme Il contraint Ses créatures à la connaissance de toutes les autres choses connues. Selon cette opinion, on déduit de la connaissance de Sa parole la connaissance de Lui, et l'obligation de Le connaître lui est levée. Il est possible que Sa parole soit d'un genre différent de la parole humaine, en raison de la nécessité de connaître ce qu'elle contient.

**Partie II :** Il s'agit du cas où Ses paroles sont accompagnées de signes (āyāt) indiquant qu'elles viennent de Lui. Dans ce cas, l'obligation de Le connaître n'est pas levée pour lui, et il n'est pas valable qu'Il lui parle autrement que par le langage des humains, car il n'est pas contraint à Sa connaissance. **Quant à la deuxième catégorie :** Il s'agit du cas où Son discours se fait par l'intermédiaire de Ses anges, qui sont Ses messagers auprès de Ses prophètes. Il incombe alors aux prophètes de connaître Dieu – exalté soit-Il – avant [de connaître] Ses anges dans leur mission de messager, et la voie de leur science de Lui est le raisonnement déductif (istidlāl). Puis, après la descente des anges avec leurs preuves éclatantes (muʿjizāt), cette science devient une science de nécessité (ʿilm ḍarūra). Quant aux anges, lorsqu'ils descendent avec la révélation (waḥy) sur le messager, il leur incombe de manifester leur miracle (muʿjiza) pour lui, de même qu'il incombe au messager de manifester son miracle pour sa communauté. Il est rapporté que lorsque Gabriel – sur lui la paix – s'est présenté au Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – à La Mecque, dans la vallée, il lui dit : « Dis, ô Muhammad, à l'arbre : "Approche-toi !" » Il le lui dit et l'arbre s'approcha. Puis il lui dit : « Dis-lui : "Éloigne-toi !" » Il le lui dit et l'arbre s'éloigna. Alors le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – lui dit : « Cela me suffit », c'est-à-dire pour ce qui est de la science de ta véracité dans ce que tu m'apportes de la part de mon Seigneur. Ainsi, les messagers se guident par les miracles (muʿjizāt) pour attester la véracité des anges quant à la révélation, et les nations se guident par les miracles des prophètes pour attester leur véracité quant à la mission (risāla). Le discours de l'ange est une parole (lafẓ) s'il s'agit du Coran, ou ce qui tient lieu de parole s'il s'agit d'une révélation (waḥy). Il n'est pas permis à l'ange de transmettre au messager ce qu'il a reçu de son Seigneur autrement que dans la langue du messager (8), de même qu'il n'est pas permis au messager de transmettre à son peuple autrement que dans leur langue. L'ange est l'intermédiaire (wāsiṭa) entre le messager et son Seigneur, et le messager est l'intermédiaire entre l'ange et son peuple. Ce que l'ange transmet au messager pour que le messager le transmette à son peuple est de deux sortes : le Coran et la révélation (waḥy). **Quant au Coran :** Il incombe à l'ange de le transmettre au messager selon la forme de ses mots (ṣīghat lafẓihi), et il n'est permis ni à l'ange ni au messager d'en changer les mots pour d'autres. Ce qu'il contient comme discours révélé s'adresse au messager et à sa communauté. **Quant à la révélation (waḥy) :** Si elle contient une obligation (taklīf) d'un ordre ou d'une interdiction, elle est de deux sortes : **L'une d'elles :** Qu'elle soit un texte (naṣṣ) non susceptible d'interprétation, et explicite (ṣarīḥ) non sujet à exégèse (ta'wīl). Alors le messager la connaît de la part de l'ange par le discours lui-même, et la communauté la connaît de la part du messager par la transmission (balāgh), sans réflexion (naẓar) ni raisonnement déductif (istidlāl). Il n'est permis ni à l'ange ni au messager de faire passer le texte (naṣṣ) à un état de concision (ijmāl) ou de probabilité (iḥtimāl). **La deuxième sorte :** Qu'elle fasse partie du concis (mujmal) ou du probable (muḥtamal) pour des significations différentes. Alors on connaît ce qui est visé par elle grâce à un indice (dalīl) qui accompagne le discours. Son indice est de deux sortes : **L'une d'elles :** La raison (ʿaql) de l'auditeur. **La seconde :** L'enseignement par transmission (tawqīf) de celui qui transmet (muballigh). Quant à ce dont l'indice est compris par l'intuition de la raison (badīhat al-ʿaql), il est interprété selon l'exigence de la raison, et la transmission du discours suffit pour cela. Quant à ce dont l'indice est l'enseignement par transmission (tawqīf), dans lequel l'intuition des raisons (badā'ih al-ʿuqūl) n'a pas d'entrée, comme les actes d'adoration (ʿibādāt), il est interprété selon l'enseignement par transmission de Dieu – exalté soit-Il – à Ses anges, des anges au messager, et du messager à sa communauté. **Quant à la connaissance que l'ange a de son Seigneur :** Il ne voit pas Son essence (dhāt). Les gens de science ont divergé sur sa connaissance de Lui selon deux doctrines, comme pour le messager s'Il lui parle : l'une est qu'Il le contraint à la science de Lui, et la seconde est par l'audition du discours accompagné des signes (āyāt). **Quant à la connaissance que le messager a de l'ange et la connaissance que la communauté a du messager :** Le messager voit l'essence de l'ange, et la communauté voit l'essence du messager. La vision des essences a un effet sur la science de ce qui est visé par le discours. Ainsi, la manière (nawʿ) de son enseignement par transmission (tawqīf) concernant ce qui est visé par le discours se diversifie en types : il y a ce qui se fait par la parole explicite (lafẓ ṣarīḥ), une partie par le symbole caché (ramz khafī), une partie par l'acte apparent (fiʿl ẓāhir), une partie par l'indication intérieure (ishāra bāṭina), et une partie par les signes (imārāt) qui contraignent celui qui voit à la science de ce qui est visé par eux, sans qu'ils aient un attribut décrit (naʿt mawṣūf) ni une limite déterminée (ḥadd muqaddar), mais celui qui voit les connaît par la compréhension (mafhūm) de leurs causes (asbāb). Ainsi, l'explication (bayān), selon la diversité de ses types, devient un enseignement par transmission (tawqīf) de l'ange au messager et du messager à la communauté. Il est permis que le type de leur explication diffère, une fois connu. **Quant à la troisième catégorie :** Il s'agit de ce qui vient par une vision en songe (ru'yā manām). Si [le prétendant] n'est pas de ceux dont les rêves se réalisent (taṣduq ru'yāhu) en raison de la fréquence de ses songes, il ne lui est pas permis de revendiquer la prophétie (nubuwwa). S'il est de ceux dont les rêves se réalisent – et il a été rapporté du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – qu'il a dit : « Les plus véridiques d'entre vous en songe sont les plus véridiques d'entre vous en parole » – il ne lui est pas permis de revendiquer la prophétie dès le premier rêve, car il est possible qu'il vienne du discours de l'âme (ḥadīth al-nafs), et que le rêve se réalise parfois et soit faux à d'autres moments. Si son rêve se répète de nombreuses fois jusqu'à ce qu'il soit certain de sa véracité (qaṭaʿa bi-ṣiḥḥatihā) sans aucun doute, il lui est permis de revendiquer par lui la prophétie dans ce qui est une préservation (ḥifẓ) de la Loi (sharʿ) qui l'a précédé, et une incitation à agir selon elle pour celui qui est éloigné. Mais il n'est pas permis de le considérer comme valable pour abroger (naskh) une Loi ni pour instaurer une nouvelle obligation cultuelle (isti'nāf taʿabbud). Il est permis d'agir selon son propre rêve dans ce qu'il s'impose comme nouvelle Loi, mais il n'est pas permis d'agir selon lui pour abroger ce qui lui est imposé comme Loi, afin que par lui il s'impose [une obligation] et non qu'il en soit dispensé. **[Conditions de la transmission (tablīgh)]** Quant au discours du messager à sa communauté dans ce qu'il leur transmet de la mission de son Seigneur, après la manifestation de son miracle (muʿjiza) et l'annonce de sa prophétie (nubuwwa) et son obligation pour la communauté, il est conditionné par cinq conditions : * **La première :** La science de l'absence de mensonge (kidhb) de sa part dans ce qu'il rapporte de Dieu – exalté soit-Il – comme information (khabar) ou ce qu'il transmet comme obligation (taklīf), de même que le mensonge est absent de sa part dans la revendication de la mission (risāla). Le miracle (muʿjiza) est la preuve (dalīl) de sa véracité dans tout ce que contient la mission. * **La seconde :** Que l'on sache de son état qu'il ne lui est pas permis de cacher (yaktum) ce qu'il a reçu l'ordre de transmettre (adā'), car le cacher empêche de s'engager (iltizām) envers sa mission, étant donné qu'il pourrait cacher l'annulation (isqāṭ) de ce qu'il a rendu obligatoire. Il est permis qu'il cache son explication (bayān) avant le moment du besoin, et cela n'est pas considéré comme une dissimulation (kitmān) (9). * **La troisième :** Que soit écarté de lui ce qui entraîne la répulsion (tanfīr) de l'acceptation de sa parole, car Dieu – exalté soit-Il – l'a protégé de la dureté (ghilẓa) afin que l'on ne soit pas repoussé de le suivre, et il était plus digne que l'on ne soit pas repoussé d'accepter son discours. * **La quatrième :** Que son discours soit accompagné de ce qui indique ce qui est visé par lui, afin d'écarter de lui l'obscurité (talbīs) et l'ambiguïté (taʿmiya) dans les jugements (aḥkām) de la mission, jusqu'à ce que les droits de l'obligation (ḥuqūq al-taklīf) soient connus. Il est permis que son discours soit ambigu (yuʿammā) dans ce qui ne contient pas d'obligation. Un homme interpella le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – aux abords de Badr et lui dit : « De qui es-tu ? » Il répondit : « D'eau » (min mā'), usant d'une équivoque (warā) sur sa lignée (nasab) (10) par ce qui resta obscur pour son questionneur, car cela sortait de ce qu'il transmettait légalement (sharʿan) à sa communauté. * **La cinquième :** La science de l'obligation de lui obéir (wujūb ṭāʿatihi), afin de connaître par elle l'obligation de ses ordres. On a divergé sur le fait de savoir si l'obéissance à lui est obligatoire par la raison (ʿaqlan) ou par l'audition (samʿan), selon leur divergence sur le fait de savoir si l'envoi des messagers (biʿthat al-rusul) fait partie des exigences de la raison (mūjibāt al-ʿaql) ou non. **[Manière de la transmission (uslūb al-tablīgh)]** Lorsque les conditions de l'engagement (iltizām) sont complètes, son discours ne manque pas d'être soit compris (mafhūm) soit ambigu (mubham). Le compris (mafhūm) est de quatre sortes : le texte (naṣṣ), la portée du discours (faḥwā al-kalām), le sens implicite du propos (laḥn al-qawl), et le sens déduit de l'expression (mafhūm al-lafẓ). La portée du discours (faḥwā al-kalām) est ce qui indique ce qui est plus fort que son énoncé (manṭūq), le sens implicite du propos (laḥn al-qawl) est ce qui indique l'équivalent de son énoncé, et le sens déduit de l'expression (mafhūm al-lafẓ) est tiré du sens de son énoncé. Ces quatre [catégories] ont des significations comprises par leurs mots, sont indépendantes par elles-mêmes, et leur sens visé est connu par leurs sens apparents (ẓawāhir). Il n'y a donc pas besoin, après la transmission (balāgh), d'explication (bayān). **Quant à l'ambigu (mubham), il est de trois sortes :** le concis (mujmal), le probable (muḥtamal), et l'équivoque (mushtabih). **Quant au concis (mujmal) :** C'est ce dont l'explication (bayān) est tirée d'autre chose, et la raison (ʿaql) n'intervient pas dans son interprétation (tafsīr). Il n'est donc connu que par l'audition (samʿ) et l'enseignement par transmission (tawqīf). **Quant au probable (muḥtamal) :** C'est ce qui oscille entre des significations différentes. S'il est possible de réunir toutes ces significations, il est interprété selon tout ce qu'il contient et l'on se passe d'explication (bayān), à moins qu'une explication ne vienne en se limitant à certaines d'entre elles. S'il n'est pas possible de l'interpréter selon toutes [ces significations] en raison de leur incompatibilité (tanāfī), et que le but est l'une de ses significations, s'il est possible de raisonner (istidlāl) sur elle par le biais de la formulation du discours (makhraj al-khiṭāb) ou par l'observation de la situation (mushāhadat al-ḥāl), alors il y a là une explication (bayān). Si son explication est impossible de ce point de vue, il est interprété selon l'usage coutumier de la Loi (ʿurf al-sharʿ). Si cela est impossible, il est interprété selon l'usage coutumier de l'emploi (ʿurf al-istiʿmāl). Si cela est impossible, il est interprété selon l'usage coutumier de la langue (ʿurf al-lugha). Si cela est impossible, son explication (bayān) est suspendue à l'enseignement par transmission (tawqīf). **Quant à l'équivoque (mushtabih) :** C'est ce dont le mot (lafẓ) est obscur (ushkila) et dont le sens (maʿnā) est ambigu (istubhima). Il est rapporté que ʿUmar – que Dieu – exalté soit-Il – l'agrée – dit : « Ô Messager de Dieu ! Tu nous apportes des paroles que nous ne connaissons pas, alors que nous sommes les vrais Arabes. » Le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – répondit : « Mon Seigneur m'a enseigné, et j'ai appris ; Il m'a éduqué, et je me suis bien éduqué. » Si, dans l'équivoque (mushtabih), apparaît une indication (ishāra) vers son sens, il est permis que son élucidation (istinbāṭ) soit suspendue à l'effort d'interprétation (ijtihād). S'il est dépourvu d'indication, il est suspendu à l'enseignement par transmission (tawqīf). Il incombe au messager de transmettre (tablīgh) son explication (bayān), comme il lui incombait de transmettre son principe (aṣl). Et il incombe à celui qui l'a entendu du messager de le transmettre à celui qui ne l'a pas entendu, jusqu'à ce qu'il se transmette d'âge en âge pour toujours, afin que la deuxième génération l'apprenne de la première, la troisième de la deuxième, et ainsi de suite toujours, pour que la preuve (ḥujja) perdure par eux jusqu'à l'Heure. C'est pourquoi le Prophète – que Dieu prie sur lui et le salue – a dit : « Que le présent transmette à l'absent. » **[Le Prophète (nabī) et le Messager (rasūl)]** Quant à la différence entre les prophètes (anbiyā') et les messagers (rusul), le Coran les a mentionnés ensemble et séparément dans la parole de Dieu – exalté soit-Il : {Et Nous n'avons envoyé avant toi ni messager (rasūl) ni prophète (nabī) sans que, lorsqu'il a récité (tamannā), le Diable n'ait jeté (alqā) quelque chose dans sa récitation (umniyyatihi). Alors Dieu abroge (yansakh) ce que le Diable jette, puis Dieu rend Ses versets (āyāt) fermes} (11). Les gens de science ont divergé au sujet des prophètes et des messagers selon deux opinions : **L'une d'elles :** Que les prophètes et les messagers sont une seule et même chose : le prophète est un messager et le messager est un prophète. Le mot « messager » (rasūl) est tiré du fait de porter un message (risāla), et le mot « prophète » (nabī) est tiré de « nouvelle » (naba'), qui est l'information (khabar), si on le hamze, car il informe (mukhbir) au sujet de Dieu – exalté soit-Il – et il est tiré de « hauteur » (nubuwwa) si on ne le hamze pas, qui est l'endroit élevé (al-mawḍiʿ al-murtafiʿ). Ceci est plus vraisemblable car Muhammad – que Dieu prie sur lui et le salue – était interpellé par les deux termes. **La deuxième opinion :** Qu'ils diffèrent, car la différence des noms indique une différence des nommés, et le messager a un rang plus élevé que le prophète. C'est pourquoi les anges ont été appelés messagers (rusul) et n'ont pas été appelés prophètes (anbiyā'). Ceux qui ont soutenu cette opinion ont divergé sur la différence entre les deux selon trois dires : **L'un d'eux :** Que le messager est celui sur qui descendent les anges avec la révélation (waḥy), et le prophète est celui qui reçoit la révélation (yūḥā ilayhi) dans son sommeil. **Le second :** Que le messager est celui qui est envoyé (mabʿūth) à une nation (umma), et le prophète est le « muḥaddath » (celui qui reçoit des inspirations) qui n'est pas envoyé à une nation, dit Qutrub. **Le troisième dire :** Que le messager est celui qui initie (mubtadi') l'établissement des lois (sharā'iʿ) et des jugements (aḥkām), et le prophète est celui qui préserve (ḥāfiẓ) la loi (sharīʿa) d'un autre, dit al-Jāḥiẓ. **[Obligation de la transmission (wujūb al-tablīgh)]** Lorsque la révélation (waḥy) descend sur le messager et qu'un temps lui est fixé pour la transmission (iblāgh), il ne lui est permis ni de l'avancer ni de le retarder. Si aucun temps ne lui est fixé, il lui incombe de la transmettre au premier moment où cela est possible. S'il craint, en transmettant ce qui lui a été ordonné, une sévérité de nuisance (shiddat al-adhā) et une grandeur de préjudice (ʿuẓm al-ḍarar), la transmission (balāgh) lui incombe, et la nuisance n'est pas une excuse pour lui pour l'abandonner ou le retarder, car les prophètes supportent, dans l'endurance des difficultés (iḥtimāl al-mashāqq), ce que d'autres ne supportent pas, en raison de leur haut rang et de la force qui leur a été donnée pour supporter leurs difficultés. S'il craint d'être tué, les théologiens (mutakallimūn) ont divergé sur l'obligation de la transmission (balāgh). Certains d'entre eux ont soutenu qu'il faut considérer l'ordre de transmettre : s'il a reçu l'ordre de transmettre malgré la crainte de la mort, il lui incombe de transmettre même s'il est tué ; s'il a reçu l'ordre de transmettre en sécurité, la transmission ne lui incombe pas s'il craint la mort. D'autres parmi eux ont soutenu qu'il faut considérer sa situation : s'il ne lui reste de la transmission que ce dont il craint la mort, la transmission lui incombe même s'il est tué. S'il lui reste de la transmission autre chose que ce dont il craint la mort, si l'ordre de transmettre n'est pas ordonné (murattab), il lui incombe de commencer par transmettre ce pour quoi il est en sécurité de la mort, puis de transmettre ce dont il craint la mort, même s'il est tué. Si l'ordre de transmettre est ordonné en commençant par ce dont il craint la mort, alors Dieu – exalté soit-Il – le protège (yaʿṣimuhu) de la mort jusqu'à ce qu'il ait transmis tout ce qui lui a été ordonné, en raison de Sa garantie (takafful) de parachever Sa religion. Et Dieu – exalté soit-Il – est plus savant. **Chapitre V : Sur la durée du monde et le nombre des messagers**

La durée de ce monde, depuis le début de la création jusqu'à sa fin et son anéantissement, est de sept mille ans, selon ce qu'apporte la Torah révélée à Moïse, sur lui la paix, et ce qu'ont mentionné les prophètes des enfants d'Israël. Ceci a été confirmé par ceux qui parlent du mouvement des planètes 19, selon lequel le mouvement des sept planètes 20 correspond à mille ans pour chacune. Il a été rapporté du Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, qu'il a dit 21 : « Ce monde est de sept mille ans, et j'en suis le dernier millénaire. » Et il a dit, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : « J'ai été envoyé alors que l'Heure est comme ces deux-ci », et il a joint son majeur et son index, signifiant que ce qui reste du monde est comme la longueur du majeur par rapport à l'index 22. Salama ibn 'Abd Allah al-Juhani a rapporté d'Abu Masja'a al-Juhani, d'Abu Rihab al-Juhani, que celui-ci a dit au Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : « Je t'ai vu sur une chaire comportant sept degrés, et tu étais au sommet. » Il a dit : « Ce monde est de sept mille ans, et j'en suis le dernier millénaire 23. » Abu Nadra a rapporté d'Abu Sa'id al-Khudri, qui a dit : J'ai entendu le Messager d'Allah, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui, dire après la prière de l'après-midi : « Ô gens, ce monde est verdoyant et doux, et Allah vous y a établis comme successeurs pour voir comment vous agissez. » Puis il a poursuivi son discours jusqu'à dire : « Je reconnaîtrai certes un homme que la crainte des gens empêche de dire la vérité lorsqu'il la voit et en est témoin. » Puis il a dit : « Le coucher du soleil s'est approché. Ce qui reste de ce monde par rapport à ce qui est passé est comme ce qui reste de votre journée par rapport à ce qui est passé. Soixante-dix communautés 24 vous ont précédés, soixante-neuf sont passées, et vous êtes la dernière. » Ainsi, cette durée déterminée de la vie de ce monde est de sept mille ans, unanimement reconnue dans les livres divins et rapportée par les prophéties, en accord avec ce qu'ont suivi ceux qui parlent du mouvement des sept planètes, bien que l'on se fie, pour l'invisible, aux annonces véridiques émanant du Connaisseur des mystères 25, qui n'associe personne à Sa connaissance de l'invisible, sauf ceux de Ses messagers qu'Il en informe. Ainsi, Il a créé le monde en six jours, dont le début est le dimanche et la fin le vendredi 26. Les gens des Écritures antérieures et les savants de notre Loi ont divergé sur ce par quoi Il a commencé la création, selon trois opinions : La première : c'est l'avis d'un groupe qu'Il a commencé par la création de la terre le dimanche et le lundi, en raison de la parole d'Allah : « Êtes-vous donc mécréants envers Celui qui a créé la terre en deux jours 27 ? » Il a créé les montagnes le mardi, l'eau et les arbres le mercredi, les cieux le jeudi, et le soleil, la lune, les étoiles, les anges et Adam le vendredi. Al-Sha'bi a dit : C'est pourquoi ce jour a été nommé vendredi 28, car en lui a été rassemblée la création de toute chose. La deuxième : c'est l'avis d'un groupe qu'Il a commencé par la création des cieux avant la terre le dimanche et le lundi, en raison de la parole d'Allah : « Il en a fait sept cieux en deux jours et a révélé à chaque ciel son ordre 29 », selon trois aspects 30.


  1. ملحدة دهرية : Athées matérialistes : ceux qui nient l'existence de Dieu et attribuent le monde à des causes naturelles éternelles.
  2. براهمة موحدة : Brahmanes monothéistes : groupe indien qui croit en un Dieu unique mais rejette les prophètes.
  3. بهر : Bahr : nom du fondateur présumé de la secte des Brahmanes, selon certaines sources islamiques.
  4. العلوم الرياضية : Sciences mathématiques : incluant la philosophie et la géométrie, considérées comme préparatoires aux sciences divines.
  5. الشعبذة : Prestidigitation : art de l'illusion et de la magie, considéré comme trompeur.
  6. أهل النار نجيات : Gens du feu : probablement les zoroastriens ou adorateurs du feu, connus pour leurs pratiques rituelles.
  7. مكافئا : Égal : celui qui peut produire un effet similaire, rivaliser.
  8. ما لم يستفد بالعقل : Ce qui n'est pas obtenu par l'intellect : connaissances inaccessibles à la raison seule.
  9. الإلهام : Inspiration : connaissance directe sans intermédiaire, souvent distinguée de la révélation prophétique.
  10. أمارة : Signe : indice permettant de distinguer le vrai du faux dans les affirmations d'inspiration.
  11. الثنوية : Dualistes : ceux qui croient en deux principes éternels, comme le bien et le mal, ou la lumière et les ténèbres.
  12. muʿjiza : Miracle : acte extraordinaire rompant l'habitude, servant de preuve de la véracité d'un prophète.
  13. iqtirān : Concomitance : le fait que le miracle soit associé temporellement à la prétention prophétique.
  14. tawātur : Transmission par témoignages concordants : un nombre suffisant de témoins rendant impossible une collusion mensongère.
  15. zamān al-taklīf : Temps de l'obligation légale : la période durant laquelle les humains sont soumis aux devoirs religieux.
  16. Ahriman : Ahriman : dans le zoroastrisme, principe du mal, opposé à Ahura Mazda (Dieu).
  17. Mānī : Mani : fondateur du manichéisme, religion dualiste du IIIe siècle.
  18. munṣabb : Pesant : littéralement 'qui s'abat', désignant un souci accablant.
  19. tasyīr al-kawākib : Théorie astrologique du mouvement des planètes, attribuant à chaque planète une influence sur une période de mille ans.
  20. al-kawākib as-sab‘a : Les sept planètes classiques : Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter, Saturne.
  21. qāla : Formule de transmission : 'il a dit'.
  22. ka-ziyādat al-wusṭā ‘alā as-sabbāba : Comparaison de la durée restante du monde à la différence de longueur entre le majeur et l'index.
  23. alfā : Pluriel de 'alf' (mille) ; ici 'dernier millénaire'.
  24. umam : Pluriel de 'umma' : communautés religieuses ou nations.
  25. ‘allām al-ghuyūb : Épithète divine : 'Celui qui connaît parfaitement les mystères'.
  26. yawm al-jumu‘a : Vendredi, jour de rassemblement (jumu‘a).
  27. yawmayn : Deux jours ; référence au verset 41 de la sourate Fussilat.
  28. yawm al-jumu‘a : Étymologie populaire : jour où la création fut rassemblée (jama‘a).
  29. qadāhunna : Il les a achevées ; référence au verset 12 de la sourate Fussilat.
  30. thalāthat awjuh : Trois aspects ou interprétations possibles du verset.

Le cinquième chapitre sur la durée du monde et le nombre des prophètes.

L'un d'eux : Il a installé dans chaque ciel ses anges. Le deuxième : Il a créé dans chaque ciel ce qu'Il y a déposé comme soleil, lune et étoiles. Le troisième : Il a révélé aux habitants de chaque ciel parmi les anges ce qu'Il leur a ordonné comme adoration. Puis Il a créé la terre et les montagnes le mardi et le mercredi, et a créé le reste du monde le jeudi et le vendredi. Le troisième : c'est une autre opinion, selon laquelle Il a créé le ciel comme fumée avant la terre, puis l'a fendu en sept cieux après la terre, en raison de la parole de Dieu Très-Haut : « Puis Il s'est tourné vers le ciel qui était alors fumée et lui dit, ainsi qu'à la terre : "Venez tous deux, bon gré ou mal gré" » 1. Il y a trois interprétations à ce sujet : L'une d'elles : « Venez tous deux » signifie : donnez l'obéissance dans la marche qui vous est destinée, par choix ou par contrainte, dit Sa'id ibn Jubayr. La deuxième : Faites sortir ce qui est en vous, bon gré ou mal gré. La troisième : Soyez comme Je veux que vous soyez. Et dans leur parole, il y a deux aspects : L'un d'eux : l'apparition de l'obéissance de leur part a tenu lieu de leur parole. Le deuxième : Il a créé en eux une parole qui a prononcé cela. Abu al-Nadr al-Saksi a dit : Alors la terre parla à l'endroit de la Ka'ba, et le ciel parla en face d'elle, et Dieu y établit un sanctuaire. [Dieu Très-Haut créa Adam] Quant à Adam, il est la dernière créature que Dieu Très-Haut créa le vendredi. Il le créa de la poussière de la terre et insuffla en lui du souffle de vie ; il est donc le plus vivant de tout être vivant. Abu Zahir rapporta d'après Abu Musa que le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, a dit : « Adam fut créé d'une poignée prise de toute la terre. » Ainsi les fils d'Adam vinrent selon la proportion de la terre : parmi eux le rouge, le blanc, le noir et ce qui est entre les deux, le triste, le mauvais, le bon et ce qui est entre les deux. Quant à son nom « Adam », il y a deux opinions : L'une d'elles : c'est un nom hébreu transposé en arabe. La deuxième opinion : c'est un nom arabe, et à ce sujet deux opinions : L'une d'elles : il fut ainsi nommé parce qu'il fut créé de la surface de la terre (adim al-ard), et sa surface est sa face. La deuxième : il fut ainsi nommé en raison de sa dérivation de « adama » 2, qui est la brunure. Lorsque la création d'Adam fut achevée, il se sentit seul, alors Dieu créa pour lui Hawwa' 3. On a divergé sur la matière dont elle fut créée, selon deux opinions : L'une d'elles : elle fut créée de la même matière qu'Adam, opinion propre à Ibn Bahr 4. La deuxième opinion, qui est celle de la majorité : elle fut créée de la côte gauche d'Adam, après qu'il eut été plongé dans le sommeil jusqu'à ce qu'il ne sentît plus sa présence. Ibn 'Abbas dit : C'est pourquoi ils s'attachèrent l'un à l'autre, et c'est pourquoi elle est appelée « femme » (imra'a) parce qu'elle fut créée de l'homme (mar'). Quant à son nom Hawwa', deux opinions : L'une d'elles : parce qu'elle fut créée d'un être vivant (hayy). La deuxième : parce qu'elle est la mère de tout être vivant (hayy). Adam dit, lorsque Hawwa' fut créée de lui : « Cette personne a mes os de mes os, ma chair de ma chair. » C'est pourquoi l'homme et la femme sont comme un seul corps, en raison de l'intensité de l'inclination et de l'excès de tendresse. Dieu Très-Haut dit : « Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'une seule personne » 5 – c'est-à-dire Adam – « et a créé d'elle son épouse » – c'est-à-dire Hawwa'. Il est rapporté du Prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, qu'il a dit : « L'homme fut créé de la terre, et la femme fut créée de l'homme. » Il la comprit dans l'homme. On a divergé sur le moment où Hawwa' fut créée, selon deux opinions : L'une d'elles : elle fut créée de lui au Paradis, après qu'il se fut senti seul dans sa solitude, opinion d'Ibn 'Abbas et d'Ibn Mas'ud. La deuxième opinion : elle fut créée de sa côte avant son entrée au Paradis, puis ils y entrèrent ensemble, ce qui est plus conforme à la parole de Dieu Très-Haut : « Et Nous dîmes : "Ô Adam ! Habite le Paradis, toi et ton épouse, et mangez-en tous deux à votre guise, où vous voudrez, mais n'approchez pas de cet arbre, sinon vous seriez du nombre des injustes" » 6. Ibn 'Abbas dit : Adam fut créé le vendredi, entra au Paradis le vendredi, en sortit le vendredi, et c'est ce jour-là que l'Heure se lèvera. On a divergé sur le Paradis où il demeura, selon deux opinions : L'une d'elles : c'est le Paradis de l'Éternité. La deuxième opinion : c'est un Paradis que Dieu Très-Haut leur avait préparé comme demeure d'épreuve, et non le Paradis de l'Éternité qu'Il a fait comme demeure de rétribution. À ce sujet, deux opinions : L'une d'elles : il est dans le ciel, parce qu'Il les en fit descendre. La deuxième : il est sur terre, parce qu'Il les y éprouva par l'ordre et l'interdiction. On a divergé sur l'arbre dont il leur fut interdit de manger : on dit que c'était l'arbre de l'éternité, on dit que c'était l'arbre de la science. Quant à cette science, deux opinions : L'une d'elles : la science du bien et du mal. La deuxième : la science de ce qu'ils ne savaient pas. D'autres paroles furent dites sur l'arbre. Lorsqu'ils en eurent mangé, leurs parties honteuses leur apparurent à cause de la désobéissance, et ils se mirent à se couvrir de feuilles du Paradis. Dieu Très-Haut dit : « Mais le Diable les fit glisser de là » 7 lorsqu'il les poussa à manger de l'arbre, « et les fit sortir de là où ils étaient » 8. Il y a deux interprétations à cela : L'une d'elles : de l'obéissance où ils étaient à la désobéissance où ils tombèrent. La deuxième : de la félicité où ils étaient au Paradis à la misère où ils tombèrent sur terre. Adam s'affligea lorsqu'il fut descendu sur terre, et resta dans son chagrin cent ans sans approcher Hawwa'. Puis il la couvrit, et elle lui enfanta après les cent ans Caïn. Puis il la couvrit, et elle lui enfanta Abel. Caïn tua Abel, et Adam en ressentit une grande tristesse. On dit qu'il fit de sa tristesse une expiation pour sa désobéissance en mangeant. Il arrive que les pères soient éprouvés dans leurs enfants à cause de leurs péchés. Puis sa tristesse s'allégea, il couvrit Hawwa' et elle lui enfanta Seth. Dieu enseigna à Adam tous les noms, comme Il le mentionna dans Son Livre. Quant aux noms qu'Il lui enseigna, deux opinions : L'une d'elles : la science des étoiles, dit Humayd. La deuxième : ce sont des noms de choses nommées. À ce sujet, plusieurs avis : L'un d'eux : les noms des anges, dit al-Rabi' ibn Anas. Le deuxième : les noms de toute sa descendance, dit 'Abd al-Rahman ibn Zayd. Le troisième : les noms de toutes choses. À ce sujet, deux opinions : L'une d'elles : son enseignement se limitait aux noms sans leurs significations. La deuxième : Il lui enseigna les noms et leurs significations, car il n'y a pas d'utilité dans la science des noms sans significations, puisque les significations sont le but et les noms en sont les indices. [Adam et ses fils] Lorsqu'Adam descendit sur terre, on dit qu'il descendit à l'est de l'Inde, Hawwa' à Jeddah, Iblis sur la rive du fleuve al-Ubulla, et le serpent dans le désert. La prophétie d'Adam était limitée à lui-même, et la révélation qui descendait sur lui lui était adressée. Il était donc parmi les élus, non parmi les envoyés. Les gens du Livre ont divergé sur le point de savoir s'il fut créé, à l'origine, sujet à la mort, ou si la mort fut une punition pour sa désobéissance. Certains dirent : Adam fut créé, au début de sa formation, avec une nature permanente et une nature mortelle, afin que, s'il incline vers les passions corporelles et les préfère, il tombe dans les altérations corporelles et la mort l'atteigne ; et s'il préfère les vertus de l'âme qui commande le bien, il obtienne la permanence dont les anges sont heureux et ne meure pas. Lorsqu'il désobéit en mangeant de l'arbre, il bascula vers les altérations et la mort l'atteignit. Ils s'appuyèrent sur ce qui est mentionné dans la Torah : « Le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement. » Il n'est pas possible qu'Il le menace de mort lors de sa punition s'il devait mourir même sans être puni. D'autres dirent – et c'est plus conforme à ce qu'exigent les intelligences – qu'il fut créé, au début de sa formation, sujet à la mort en ce monde, même s'il n'avait pas désobéi, parce qu'il avait besoin de nourriture comme sa descendance. Or, aucun des êtres que la mort n'atteint n'a besoin de nourriture. Et la mort ne fut pas une punition pour la désobéissance ; c'est pourquoi les anges qui désobéirent ne moururent pas. Il est écrit dans la Torah 9 qu'il étendit la main dans le Paradis vers l'arbre de vie, en mangea et vécut éternellement. Cela indique qu'il était naturellement sujet à la mort. Lorsque Dieu Très-Haut créa Adam au commencement, sans l'intermédiaire d'une nature comme Il créa sa descendance, il était dans la meilleure constitution et la raison la plus parfaite. Ainsi son cœur devint un réceptacle de la sagesse humaine, et son corps fut préparé aux actions humaines. Rien ne lui était impossible, jusqu'à ce qu'il embrassât par la science et la puissance toutes choses. C'est pourquoi Il lui enseigna tous les noms, l'inspira de toute la sagesse, lui dévoila les secrets des étoiles et leur action, lui fit connaître les utilités et les inconvénients des animaux et des plantes. Sans cela, il n'aurait pas distingué la nourriture du remède, ni les poisons mortels, ni ne se serait guidé par les étoiles sur terre ou en mer. Il fut le gérant de ses enfants durant sa vie, jusqu'à sa mort à l'âge de neuf cent trente ans 10. Puis après lui, Seth, fils d'Adam, prit la direction des affaires. Il excella dans la sagesse et surpassa dans la science des étoiles, grâce à ce qu'il avait reçu de son père Adam et à ce qu'il acquit par l'expérience et le passage du temps. Les gens du Livre ont divergé sur la prophétie de Seth : certains la revendiquèrent, d'autres la nièrent. Il naquit deux cent trente ans après la naissance de son père Adam 11, et mourut à l'âge de neuf cent douze ans 12. Sa gestion des affaires après la mort d'Adam dura deux cent douze ans. Les gens du Livre s'accordent à dire qu'il n'y eut pas de prophète entre Seth et Idris 13 autre qu'Idris. Puis après Seth, son fils Anush ibn Seth prit la direction des affaires. Il naquit deux cent cinquante ans après la naissance de Seth, et mourut à l'âge de neuf cent cinquante ans. Sa gestion des affaires après Seth dura deux cent quatre-vingt-huit ans. Puis après Anush, son fils Qaynan ibn Anush prit la direction des affaires. Il naquit cent quatre-vingt-dix ans après la naissance d'Anush, et mourut à l'âge de neuf cent vingt ans. Sa gestion des affaires après Anush dura cent quatre-vingt-dix ans. Puis après Qaynan, son fils Mahla'il prit la direction des affaires. Il naquit huit cent soixante-quinze ans après, et sa gestion des affaires après Qaynan dura cent dix ans. Puis après Mahla'il, son fils Yarid ibn Mahla'il prit la direction des affaires. Il naquit cent soixante-cinq ans après la naissance de Mahla'il, et mourut à l'âge de neuf cent soixante-deux ans. Sa gestion des affaires après Mahla'il dura deux cent cinquante-deux ans. Puis après Yarid, son fils Akhnukh ibn Yarid, qui est Idris, prit la direction des affaires. Il naquit cent soixante-deux ans après la naissance de Yarid 14. Il est prophète selon l'avis de tous les gens des religions. Les gens du Livre ont divergé : est-il le premier des prophètes ou le second ? Ceux qui prétendent que Seth était prophète disent qu'il est le second des prophètes. Ceux qui prétendent que Seth n'était pas prophète disent qu'Idris est le premier des prophètes. Il est le premier à avoir établi les lois, le premier à avoir pris les armes et combattu dans le sentier de Dieu Très-Haut, fait des prisonniers et tué les fils de Caïn, et porté des vêtements alors qu'ils portaient des peaux. Il est le premier à avoir écrit, selon la plupart des avis, et le premier à avoir établi les poids et les mesures. Puis Dieu l'éleva à Lui vivant, après sept cent quatre-vingt-cinq ans de sa vie, durant lesquels il avait appelé (à Dieu), alors que son père était encore vivant, selon ce qu'implique la chronologie de ces naissances et de ces âges tirée de la Torah révélée 15. Ibn Qutayba dit : Il fut nommé Idris en raison de l'abondance de ses études (dirasa) des Livres de Dieu et des lois de l'Islam. [D'Idris à Jésus, sur eux la paix]

Ensuite, les gens se multiplièrent et se divisèrent après Idrîs, et ils augmentèrent jusqu'à l'époque de Noé, fils de Lamech, fils de Metushélah, fils d'Énoch, qui est Idrîs. Il fut le dernier prophète envoyé avant le Déluge, selon ceux qui prétendent que Seth était prophète. Le Déluge survint après six cents ans 16 de sa vie. Il avertit son peuple, mais ils le traitèrent de menteur. Il construisit l'arche, et ils se moquèrent de lui. Dieu lui ordonna de la construire sur une longueur de trois cents coudées, une largeur de cinquante coudées et une hauteur de trente coudées, et de la faire à trois étages, afin qu'il y monte avec sa famille et qu'il prenne de chaque espèce d'animaux un couple, mâle et femelle, pour qu'ils soient les origines de leur descendance et que le monde revive par eux. Ensuite, Il lui promit qu'Il ferait pleuvoir sur eux après sept jours, pendant quarante jours et quarante nuits. Il ne resta sur terre aucun être vivant, sauf ceux qui montèrent dans l'arche. Le Déluge baissa après cent cinquante jours 17, et l'arche se posa sur le Joudi, une montagne dans la terre de la Jazîra, pendant un mois. On appela cette eau « Déluge » parce qu'elle surnagea au-dessus de toute chose. On a divergé sur la durée de la vie de Noé après le Déluge. La plupart dirent trois cent cinquante ans, ce qui est apparent dans ce que le Coran a révélé. D'autres dirent six cent cinquante ans, car il resta neuf cent cinquante ans à appeler son peuple, et il avait trois cents ans avant son appel. On a divergé sur la période entre la descente d'Adam du Paradis et l'arrivée du Déluge. Soixante-dix-deux docteurs [rabbins] des enfants d'Israël, qui traduisirent la Torah en grec, dirent qu'il y eut entre eux deux mille deux cent quarante-deux ans. Ensuite, les langues furent confondues après le Déluge, six cent soixante-dix ans plus tard, et soixante-douze langues se divisèrent en soixante-douze nations. Wahb ibn Munabbih dit : parmi elles, dans la descendance de Sem, fils de Noé, dix-neuf langues ; dans la descendance de Cham, dix-sept langues ; dans la descendance de Japhet, trente-six langues. De la confusion des langues à la naissance d'Abraham l'Ami intime [al-Khalîl], quatre cent onze ans. De la naissance d'Abraham à Moïse, fils d'Amram, quatre cent vingt-cinq ans. Il fit sortir les enfants d'Israël d'Égypte après huit ans, dirigea leurs affaires pendant quarante ans, et mourut à l'âge de cent vingt ans. Ainsi, de la descente d'Adam à la mort de Moïse, il y eut trois mille huit cent soixante-huit ans 18. D'autres, parmi les enfants d'Israël qui suivent la Torah hébraïque transmise par la majorité des Juifs de notre époque, dirent que de la descente d'Adam du Paradis à l'arrivée du Déluge, il y eut mille six cent cinquante-six ans ; de la fin du Déluge à la confusion des langues, cent trente et un ans ; de la confusion des langues à la naissance d'Abraham, cent soixante et un ans ; de la naissance d'Abraham à la mort de Moïse, cinq cent quarante-cinq ans. Ainsi, de la descente d'Adam à la mort de Moïse, il y eut deux mille quatre cent quatre-vingt-treize ans. Les Samaritains, parmi les Juifs, dirent, d'après le comput de leur Torah, que de la descente d'Adam du Paradis à l'arrivée du Déluge, il y eut mille trois cent soixante-sept ans ; du Déluge à la confusion des langues, cinq cent vingt-six ans ; de la confusion des langues à la naissance d'Abraham, quatre cent onze ans ; de la naissance d'Abraham à la mort de Moïse, cinq cent quarante et un ans. Ainsi, de la descente d'Adam à la mort de Moïse, il y eut deux mille huit cent quarante-neuf ans. Le premier prophète après Noé fut Abraham. Il fut le premier à tailler sa moustache, à se raser le pubis, à se circoncire, à se couper les ongles, à utiliser le siwâk, à se rincer la bouche, à se rincer le nez et à se laver avec de l'eau après la selle. Il fut le premier à recevoir l'hôte, à nourrir les pauvres et à émietter le pain dans la soupe [tharîd]. Il appelait à l'adoration de Dieu et à Son unicité. Ensuite, son fils Isaac, fils d'Abraham. Il lui naquit Ésaü et Jacob, jumeaux dans un même ventre. Ésaü sortit d'abord, puis Jacob sortit après lui, sa main accrochée au talon d'Ésaü ; c'est pourquoi il fut appelé Jacob. Ésaü est le père des Romains ; il était de couleur jaune, c'est pourquoi les Romains furent appelés « fils du Jaune ». Jacob est Israël, le père des tribus. Job, fils de Bôlas, son père était de ceux qui crurent en Abraham le jour où il fut brûlé. Il vécut à l'époque de Jacob et était son beau-père : Jacob lui donna sa fille Léa en mariage, et c'est elle qui le frappa avec la poignée d'herbes [al-dhighth]. Le premier prophète parmi les enfants d'Israël fut Moïse, et le dernier fut Jésus. La prophétie de Jacob, fils d'Isaac, fils d'Abraham, et de ses descendants après lui, avant Moïse, était limitée à eux-mêmes, jusqu'à ce que Moïse appelle les enfants d'Israël à sa prophétie. De la mort de Moïse au règne de Nabuchodonosor, neuf cent soixante-dix-huit ans ; au règne d'Alexandre, mille quatre cent treize ans. Jésus naquit la nuit du mercredi 25 décembre, sept cent trente-neuf ans après le règne de Nabuchodonosor, et trois cent quatre ans après le règne d'Alexandre. Du règne de Nabuchodonosor au début de l'Hégire, mille trois cent soixante-neuf ans ; du règne d'Alexandre au début de l'Hégire, deux mille trois cent quarante-sept ans. Ainsi, entre la mort de Moïse et le début de l'Hégire, il y eut deux mille trois cent quarante-sept ans. La naissance de Jésus eut lieu mille sept cent dix-sept ans après la mort de Moïse, et l'on dit aussi six cent trente ans après le début de l'Hégire. [Chapitre sur la durée du monde jusqu'à l'Heure [dernière]] Puisqu'il est établi ce que nous avons mentionné de la durée du monde, à savoir qu'elle est estimée dans les Livres divins à sept mille ans, ce qui s'est écoulé jusqu'au début de l'Hégire est porté, selon ce que nous avons précédé des divergences des gens de la Torah, à : selon la première opinion, tirée des docteurs [rabbins] qui l'ont traduite en grec, six mille deux cent seize ans ; le reste de la durée du monde, selon leur dire, après l'Hégire, est de sept cent quatre-vingt-quatre ans. Ceci est conforme à la parole du Messager de Dieu : « Le monde est de sept mille ans ; j'ai été envoyé dans son dernier millénaire » 19. Selon la deuxième opinion, tirée de la Torah hébraïque, ce qui s'est écoulé est de quatre mille huit cent quarante et un ans ; le reste de la durée du monde, selon cette opinion, après l'Hégire, est de deux mille cent cinquante-neuf ans. On dit qu'ils ont dit cela pour que le Messager de Dieu soit dans son cinquième millénaire, afin de repousser, par la diminution du comput, sa description dans la Torah selon laquelle il serait envoyé à la fin des temps. Selon la troisième opinion, dans la Torah des Samaritains, ce qui s'est écoulé est de cinq mille cent trente-sept ans ; le reste de la durée du monde, selon cette opinion, après l'Hégire, est de mille huit cent trente-trois ans, afin que le Messager soit dans son sixième millénaire, selon ce qui a été dit de ses années. Les Samaritains sont un peuple émigré des pays d'Orient ; ils furent ainsi nommés parce que l'interprétation en arabe est « les gardiens ». Ils n'acceptent des livres des prophètes que la Torah seule. La première opinion est la plus vraisemblable à cause de la parole du Messager, bien que la venue de l'Heure, la fin de la durée du monde et la résurrection du monde selon ce comput qu'ils ont établi et cette estimation qu'ils ont confirmée soient rejetées chez nous par la parole de Dieu : « Certes, Dieu détient la science de l'Heure » 20. Il y a deux interprétations à cela : L'une : Sa venue est propre à Sa science, donc il est impossible que quiconque parmi Ses créatures partage avec Lui cette science. La seconde : Sa venue est suspendue à Sa volonté, donc il est impossible qu'elle soit suspendue à autre que Sa volonté. Il dit aussi : « Qu'attendent-ils sinon l'Heure, qu'elle vienne à eux à l'improviste » 21, c'est-à-dire soudainement ; l'imprévu n'est pas connu, donc il est impossible qu'elle soit connue d'eux. Puis Il dit : « Ses signes précurseurs sont déjà venus » 22. Il y a deux aspects : L'un : la prophétie de Muhammad, que la prière et la paix soient sur lui. Ceci indique qu'il a été envoyé dans le dernier millénaire. Le second : Ses signes précurseurs sont les signes avertisseurs, comme Il dit : « Nous n'envoyons des signes que pour avertir » 23. L'Heure ne viendra qu'après que Dieu aura averti par Ses signes. Sufyân ibn 'Uyayna rapporta, d'après Farrâr, d'après Abû al-Tufayl, d'après Hudhayfa ibn Asad al-Ghifârî : Le Messager de Dieu nous apparut d'une chambre haute tandis que nous discutions de l'Heure. Il dit : « De quoi discutiez-vous ? » Nous dîmes : De la venue de l'Heure. Il dit : « L'Heure ne viendra pas avant qu'il n'y ait dix signes. » Il dit : On ne sait par lequel commencer : le lever du soleil à son couchant, l'Antéchrist, la fumée, la bête de la terre, la descente de Jésus fils de Marie, la sortie de Gog et Magog, trois effondrements : un effondrement à l'Orient, un effondrement à l'Occident, un effondrement dans la péninsule arabique, et le dernier d'entre eux est un feu qui sortira du côté du Yémen ou d'Aden, chassant les gens vers leur lieu de rassemblement. Burd rapporta, d'après Makhûl, d'après Abû Hurayra : Le Messager de Dieu dit : « L'Antéchrist sortira dans les années quatre-vingt ; s'il ne sort pas, alors dans deux cent quatre-vingt ; s'il ne sort pas, alors dans trois cent quatre-vingt ; s'il ne sort pas, alors dans quatre cent quatre-vingt. » Mu'âdh ibn Jabal rapporta que le Prophète mentionna l'Antéchrist et dit : « Il demeurera parmi vous quarante ans 24 : la première année comme un mois, la deuxième comme une semaine, la troisième comme un jour, et le reste de ses années comme une heure, jusqu'à ce que Jésus fils de Marie descende et le frappe avec la lance, et il fondra comme fond le plomb. Ceci est une preuve que Gog et Magog précèdent l'Antéchrist, et le dernier signe par lequel l'Heure se lèvera est l'apparition du feu. Dieu sait mieux qui Il a choisi pour connaître Son mystère, puis qui Il en a informé parmi Ses messagers. » [Les prophètes entre Moïse et Jésus] Entre Moïse et Jésus, il y eut parmi les prophètes : Ésaïe, qui annonça aux enfants d'Israël la prophétie de Muhammad, que la prière et la paix soient sur lui, et le décrivit après avoir annoncé Jésus. Les enfants d'Israël le tuèrent. Ensuite, Ézéchiel, dont le peuple fut frappé par la peste ; ils sortirent de leurs maisons par peur de la mort, puis Dieu les fit mourir et les ressuscita. Parmi eux : Daniel, que Nabuchodonosor emmena en captivité avec 'Uzayr [Esdras]. Il obtint de Nabuchodonosor la meilleure position grâce à un rêve qu'il interpréta pour lui. Sa tombe se trouve dans la région de Sûs. Abû Mûsâ al-Ash'arî le trouva, le sortit, le revêtit d'un linceul, pria sur lui et l'enterra. Parmi eux : Élie, envoyé au peuple de Baalbek, qui adorait une idole appelée Baal. Leur roi s'appelait Achab, et sa femme Jézabel. Il la laissait comme régente sur son royaume ; elle était fille du roi de Saba, vécut très longtemps et épousa sept rois des enfants d'Israël. C'est elle qui tua Jean, fils de Zacharie. Ensuite, Dieu éleva Élie. Puis Élisée, qui était disciple d'Élie. Élie pria pour lui, et Dieu le fit prophète après lui. Puis Jonas, fils d'Amitthaï. Puis Zacharie, que les enfants d'Israël tuèrent dans l'arbre. Puis Jésus et Jean. Quant à Jean, le roi Achab le tua par la ruse de sa femme Jézabel. Quant à Jésus, sa mère s'enfuit avec lui du roi Achab en Égypte, et Joseph le charpentier le ramena avec sa mère dans un village appelé Nazareth ; c'est pourquoi ses compagnons furent appelés Nazaréens, parce qu'ils le nommèrent Jésus le Nazaréen. Les gens de la Caverne [ashâb al-kahf] étaient des jeunes gens de Rome qui entrèrent dans la caverne avant le Messie Jésus, et Dieu les fit dormir profondément. Lorsque le Messie fut envoyé, il raconta leur histoire. Ensuite, Dieu les ressuscita après le Messie, dans la période d'interruption entre lui et le Prophète. Georges [Jirjîs] était de Palestine ; il rencontra certains des apôtres et fut envoyé au roi de Mossoul. Quant à Luqmân, il était un esclave abyssin appartenant à un homme des enfants d'Israël, et il vécut à l'époque de David. Le nom de son père était Thârân. On a divergé sur sa prophétie : la plupart dirent qu'il n'était pas prophète, mais Sa'îd ibn al-Musayyab dit qu'il était prophète et qu'il était tailleur. Dhû al-Kifl était un homme des enfants d'Israël, envoyé à un roi qui était parmi eux, nommé Canaan. Il l'appela à la foi, se porta garant pour lui du Paradis, écrivit pour lui un écrit, et fut appelé Dhû al-Kifl pour cette raison. Wahb ibn Munabbih mentionna que les prophètes sont au total cent mille prophètes et vingt-quatre mille prophètes ; parmi eux, les messagers sont trois cent quinze prophètes.

Parmi eux, cinq sont hébreux : Adam, Seth, Idris, Noé et Abraham 25. Et cinq sont arabes : Houd, Salih, Ismaël, Chou'ayb et Mohammed, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui. Abou Salih a rapporté d'après Ibn Abbas : Allah a envoyé aux gens d'Ar-Rass 26 un prophète parmi eux, nommé Hanzala ibn Safwan, mais ils l'ont traité de menteur et l'ont tué. Alors Allah révéla à un prophète qui était auprès de Nabuchodonosor, nommé Jérémie fils de Barachie : Ordonne à Nabuchodonosor d'envahir les Arabes dont les maisons n'ont pas de portes, et de les tuer en représailles de ce qu'ils ont fait à leur prophète. Quant à Khaled ibn Sinan, on rapporte que le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, a dit : « C'était un prophète que son peuple a négligé. Il avait dit à son peuple : Enterrez-moi, et quand les gazelles viendront après trois jours, exhumez-moi, et je vous informerai de ce qui m'a été ordonné. » Les gazelles vinrent à sa tombe après trois jours, mais ils ne l'exhumèrent pas, disant : « Les Arabes vont raconter que nous avons déterré nos morts. » Sa fille vint auprès du Messager d'Allah, paix et salut sur lui, et l'entendit réciter : « Dis : Il est Allah, Unique 27 ». Elle dit : « Mon père récitait cela. » Et il n'a pas retenu la mention des prophètes passés, et la parole d'Allah à Son Prophète, paix et salut sur lui : « Parmi eux, il en est dont Nous t'avons raconté l'histoire, et il en est dont Nous ne t'avons pas raconté l'histoire 28. » Et Allah est plus savant. Chapitre six : Sur la confirmation de la prophétie de Mohammed, paix et salut sur lui. Le discours sur la confirmation de sa prophétie se tient avec ceux qui reconnaissent l'envoi des messagers, car ceux qui les nient les englobent tous dans leur négation et rejettent toute prétention à la prophétie. Nous avons déjà traité de ce discours dans la confirmation des prophéties en général. Quant à la prophétie de Mohammed, paix et salut sur lui, ses contradicteurs parmi ceux qui affirment les prophéties ont divergé à son sujet en plusieurs opinions. Les juifs ont nié sa prophétie en refusant l'abrogation de la Loi. Ils ont divergé sur ce qui empêche son abrogation. Certains d'entre eux l'ont refusée par la raison, car le fait qu'Allah interdise ce qu'Il avait ordonné et ordonne ce qu'Il avait interdit ne peut venir que d'une méconnaissance initiale de l'intérêt, puis de sa révélation ultérieure, alors qu'Allah le connaît dans les deux cas, en raison de l'opposition des contraires. D'autres l'ont refusée par la Loi, tout en la jugeant possible par la raison, en se fondant sur ce qu'ils ont rapporté de Moïse, paix sur lui, et mentionné dans la Torah : « Attachez-vous au sabbat pour toujours, comme une loi perpétuelle. » Ces deux arguments sont invalides pour deux raisons : Premièrement : La raison n'empêche pas d'ordonner une chose à un moment et de l'interdire à un autre selon l'intérêt, pour ceux qui considèrent l'intérêt, ou selon la volonté, pour ceux qui s'y réfèrent. Cela n'est pas considéré comme laid de la part d'un Sage, tout comme Il enrichit après avoir appauvri et appauvrit après avoir enrichi, soit pour un intérêt, soit par volonté. Cela ne vient pas d'une méconnaissance de l'intérêt ou d'une confusion de la volonté. Deuxièmement : Moïse a abrogé la Loi de ceux qui l'ont précédé, car Adam a marié ses fils à ses filles, Jacob a permis le mariage entre deux sœurs, et Abraham a épousé la fille de son frère. Tout cela a été abrogé par la Loi de Moïse. Il est donc possible que sa Loi soit abrogée par une autre Loi. D'autres ont dit : Mohammed, paix et salut sur lui, est un prophète envoyé à son peuple, les Arabes, et non aux autres. Cela est invalide pour deux raisons : Premièrement : C'est une spécification sans preuve. Deuxièmement : La confirmation de sa prophétie parmi son peuple implique sa véracité. Or, il a dit qu'il a été envoyé à toute la création et qu'il est le sceau des prophètes. Il n'est donc pas permis de rejeter sa parole alors que sa véracité est établie. D'autres ont dit : C'est un prophète envoyé à ceux qui ne suivent aucune Loi, comme les adorateurs d'idoles, et non à ceux qui suivent une Loi, comme les juifs et les chrétiens. Cela est invalide pour deux raisons, en plus des deux précédentes : Premièrement : Cela repousse l'abrogation de la Loi, alors que nous avons démontré sa possibilité. Deuxièmement : Celui qui reconnaît les prophéties est plus tenu de l'accepter que celui qui les nie. D'autres ont dit : Ce n'est pas un prophète, car il n'a pas apporté un miracle irrésistible qui oblige à le croire, comme le miracle de Moïse et de Jésus, même si l'abrogation des Lois par des Lois similaires est possible. C'est ici qu'il convient d'établir la preuve de sa prophétie, qui repose sur trois conditions : Premièrement : La nature de celui qui argumente. Deuxièmement : Le statut de ce qui est prouvé. Troisièmement : La nature de la preuve. Quant à la première condition, concernant la nature de celui qui argumente, il y a divergence. Al-Jahiz a dit que c'est la raison, car elle distingue le vrai. La majorité a dit que celui qui argumente est l'être doué de raison, et la raison est l'instrument de son argumentation pour parvenir à la validité de ce qui est prouvé. Quant à la deuxième condition, concernant le statut de ce qui est prouvé, selon un groupe, il s'agit d'établir sa prophétie pour connaître par elle la véracité de sa parole. Selon la majorité, il s'agit d'établir sa véracité pour connaître par sa parole la validité de sa prophétie. Quant à la troisième condition, la preuve, elle se décline en plusieurs types, car l'argumentateur est un, ce qui est prouvé est un, mais la preuve comprend des nombres variés et des témoignages différents. Allah a distingué les deux pour que les arguments soient divers et les preuves symétriques, selon ce qu'Il a su de l'intérêt et ce qu'Il a vu des causes de la réponse, comme Il a dit : « Ainsi diversifions-Nous les signes 29 », c'est-à-dire Nous les rendons différents dans les miracles. Certains étaient des preuves décisives, d'autres des indices apparents sur lesquels s'appliquent les jugements de ce qui leur ressemble. Ainsi, ils se renforcent après la faiblesse et convainquent après la découverte, même s'ils ne suffisent pas seuls à avertir parmi les preuves décisives qui dispensent de tout autre indice. Tel est le discours sur la prophétie d'autrui ; il n'est pas nécessaire que leurs preuves soient identiques, tout comme il n'est pas nécessaire que leurs Lois soient concordantes. Nous avons déjà présenté les catégories de miracles. Lorsque l'un d'eux se manifeste, il prouve et indique la validité de la prophétie. Or, dans la prophétie de Mohammed, paix et salut sur lui, la plupart d'entre eux se sont manifestés, avec les annonces qui les ont précédés, les effets qui en sont apparus et les informations qui se sont réalisées. Ainsi, sa prophétie est la plus étendue en miracles, la plus claire en méthode et en distinction, la plus soutenue par des aides et des actes d'adoration légaux. Ses témoignages subjuguent celui qui s'oppose et résiste, et ses preuves convainquent celui qui nie et rejette. Car ce qui est préparé en lui est inné dans son instrument et soumis à son but, de sorte qu'il y progresse sans effort et s'y installe sans artifice. Ainsi, celui qui le pratique ne se confond pas avec celui qui en est naturellement doté, car l'imitation de la nature devient correcte par la disposition naturelle. Les signes de la prophétie n'ont cessé d'apparaître chez le Messager d'Allah, paix et salut sur lui, alors qu'il y progressait sans y prêter attention et sans artifice. Il en a assumé les charges lorsqu'elles lui sont venues, et s'est acquitté de ses droits lorsqu'ils lui ont incombé, sans distraction ni incapacité, jusqu'à ce que la Loi soit parachevée en lui, établie sur un fondement stable et une mesure continue, que ni la raison ne repousse, ni le cœur ne refuse, ni l'âme ne fuit. Et cela, alors qu'il était illettré, n'ayant lu aucun livre ni acquis de science. Il a clarifié tout ce qui était obscur et expliqué tout ce qui était ambigu, au point que beaucoup de communautés sont revenues à sa Loi pour des connaissances qu'elles avaient négligées en matière de droits et de contrats, dont il a embrassé les catégories et expliqué les jugements. Cela ne peut venir que d'une aide divine et d'un soutien divin. Cela suffit comme témoignage si nous nous y limitons, et comme preuve si nous nous en contentons. Mais nous mentionnerons de ses miracles éclatants et de ses preuves évidentes de quoi repousser tout négateur et confondre tout opposant, sous des formes variées, des récits mutawâtir 30 et des effets manifestes qui se confirment mutuellement, afin que leur diversité rassemble toute preuve et leur manifestation repousse toute calomnie. Parmi eux, il y a ce qui l'a précédé comme avertisseur et annonciateur, ce qui l'a suivi comme transformation et influence, et ce qui l'a accompagné comme paroles et actions émanant de lui ou vers lui. Ainsi, il ne reste aucun signe qu'il ait négligé, ni aucun étendard qu'il ait omis. Nous les mentionnerons en chapitres détaillés et en catégories distinctes, pour qu'ils soient plus corrects en explication, plus clairs en preuve, et plus dignes de priorité et de préséance : le miracle du Coran, car il est le fondement de sa Loi et le dépôt de son message. Ensuite, nous le suivrons par ce qu'il exige, même si, si nous le mentionnions dès le début dans un ordre allant jusqu'à sa fin, ce serait un système. Mais ce chapitre est un argument pour son message, et non un exposé de sa biographie. Il convient donc de commencer par ce qui lui est le plus spécifique, puis de mentionner sa biographie dans son ordre. Chapitre sept : Sur ce que le Coran contient comme types de miracle. Le Coran est le premier miracle par lequel Mohammed, paix et salut sur lui, a appelé à sa prophétie. Il y a proclamé son message et s'est distingué par son miracle parmi tous les messagers, bien qu'il soit une parole prononcée et un discours mémorisé, pour trois raisons qui en font l'un de ses miracles les plus spécifiques et de ses signes les plus évidents : Premièrement : Le miracle de chaque messager est conforme à ce qui prédomine dans l'état de son époque et ce qui est répandu parmi les gens de son temps. Car Moïse, paix sur lui, lorsqu'il fut envoyé à l'époque des magiciens, fut distingué par la fente de la mer en terre sèche et la transformation du bâton en serpent, ce qui éblouit tout magicien et humilia tout mécréant. Jésus, paix sur lui, fut envoyé à l'époque de la médecine, et fut distingué par la guérison des lépreux 31 et la résurrection des morts, ce qui stupéfia tout médecin et déconcerta tout savant. Lorsque Mohammed, paix et salut sur lui, fut envoyé à l'époque de l'éloquence et de la rhétorique, il fut distingué par le Coran, dans sa concision et son inimitabilité, ce dont les orateurs furent incapables, les rhéteurs s'y soumirent et les poètes en restèrent confondus, afin que l'incapacité soit plus écrasante et l'insuffisance plus évidente. Ainsi, leurs miracles, bien que différents, sont similaires dans leurs significations et concordants dans leurs causes. Deuxièmement : Le miracle dans chaque communauté est proportionné à leurs compréhensions et à la mesure de leurs intelligences et de leurs esprits. Or, chez les enfants d'Israël, le peuple de Moïse et de Jésus, il y avait de la lourdeur et de l'épaisseur, car on n'a pas rapporté d'eux qu'ils connaissaient un discours apprécié ou tiraient profit d'une signification innovée. Ils dirent à leur prophète :


  1. ثُمَّ اسْتَوى إِلَى السَّماءِ وَهِيَ دُخانٌ فَقالَ لَها وَلِلْأَرْضِ ائْتِيا طَوْعاً أَوْ كَرْهاً : Coran, sourate 41 (Fussilat), verset 11.
  2. أدمة : Brunure, couleur brune.
  3. حوّاء : Ève.
  4. ابن بحر : Ibn Bahr, un exégète peu connu.
  5. يا أَيُّهَا النَّاسُ اتَّقُوا رَبَّكُمُ الَّذِي خَلَقَكُمْ مِنْ نَفْسٍ واحِدَةٍ : Coran, sourate 4 (an-Nisa'), verset 1.
  6. وَقُلْنا يا آدَمُ اسْكُنْ أَنْتَ وَزَوْجُكَ الْجَنَّةَ وَكُلا مِنْها رَغَداً حَيْثُ شِئْتُما، وَلا تَقْرَبا هذِهِ الشَّجَرَةَ فَتَكُونا مِنَ الظَّالِمِينَ : Coran, sourate 2 (al-Baqara), verset 35.
  7. فَأَزَلَّهُمَا الشَّيْطانُ عَنْها : Coran, sourate 2 (al-Baqara), verset 36.
  8. فَأَخْرَجَهُما مِمَّا كانا فِيهِ : Coran, sourate 2 (al-Baqara), verset 36.
  9. التوراة : La Torah, le Livre révélé à Moïse.
  10. تسعمائة وثلاثين سنة : 930 ans, selon la chronologie biblique (Genèse 5:5).
  11. مائتين وثلاثين سنة : 230 ans, selon la chronologie biblique (Genèse 5:3).
  12. تسعمائة واثنتا عشرة سنة : 912 ans, selon la chronologie biblique (Genèse 5:8).
  13. ادريس : Idris, identifié à Hénoch dans la Bible.
  14. مائة وإثنين وستين سنة : 162 ans, selon la chronologie biblique (Genèse 5:18).
  15. التوراة المنزلة : La Torah révélée, c'est-à-dire le texte biblique.
  16. sittami'a sanatin : Six cents ans : selon certains récits, Noé avait 600 ans au moment du Déluge (cf. Genèse 7,6).
  17. khamsa wa 'ishrīna yawman : Cent cinquante jours : durée pendant laquelle les eaux du Déluge dominèrent la terre (cf. Genèse 7,24).
  18. thalāthatu ālāfin wa thamānumi'a wa thamānun wa sittūna sanatan : Trois mille huit cent soixante-huit ans : comput basé sur la Septante (traduction grecque de la Bible).
  19. al-dunyā sab'atu ālāfin sanatan ba'athatu fī ākhirihā alfā : Le monde est de sept mille ans ; j'ai été envoyé dans son dernier millénaire : hadith rapporté par al-Tirmidhî et d'autres, mais considéré comme faible (da'îf) par certains savants.
  20. Inna Allāha 'indahu 'ilmu al-sā'ati : Certes, Dieu détient la science de l'Heure : Coran 31,34.
  21. Hal yanzurūna illā al-sā'ata an ta'tiyahum baghtatan : Qu'attendent-ils sinon l'Heure, qu'elle vienne à eux à l'improviste : Coran 47,18.
  22. faqad jā'a ashrāṭuhā : Ses signes précurseurs sont déjà venus : Coran 47,18.
  23. Wa mā nursilu bil-āyāti illā takhwīfan : Nous n'envoyons des signes que pour avertir : Coran 17,59.
  24. arba'īna sanatan : Quarante ans : certains manuscrits ont « quarante jours » ; la version la plus courante du hadith mentionne quarante jours, mais quarante ans apparaît dans certaines chaînes de transmission.
  25. Idris : Identifié à Hénoch dans la tradition biblique, considéré comme un prophète dans l'islam.
  26. Ar-Rass : Peuple mentionné dans le Coran (25:38, 50:12), dont l'identification précise est incertaine ; certains commentateurs y voient une région ou un puits.
  27. Sourate al-Ikhlas : Sourate 112 du Coran, proclamant l'unicité absolue de Dieu.
  28. Coran 40:78 : Verset indiquant que tous les prophètes n'ont pas été mentionnés dans le Coran.
  29. Coran 6:65 : Verset signifiant que Dieu diversifie les signes pour les rendre compréhensibles.
  30. Mutawātir : Terme technique désignant un récit rapporté par une multitude de chaînes de transmission rendant impossible une collusion pour mentir.
  31. Zamanā : Pluriel de zamīn, désignant les lépreux ou les personnes atteintes de maladies chroniques.

Chapitre six : Sur l’établissement de la prophétie de Muhammad, que la prière et la paix…

Chapitre six : Sur l’établissement de la prophétie de Muhammad, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui.

Ils passèrent devant un peuple qui se consacrait à des idoles. « Fais-nous une divinité, dirent-ils, comme ils ont des divinités. » Ils furent donc distingués par le miracle 1 auquel ils pouvaient accéder par le commencement de leurs sens. Les Arabes étaient les plus perspicaces des hommes et les plus vifs d’esprit. Ils avaient inventé les expressions les plus éloquentes, les significations les plus rares et les lettres les plus belles. Ils plongèrent donc dans le miracle du Coran 2 par ce que leurs esprits parcouraient et ce que leurs intelligences atteignaient, le saisissant par la sagacité sans l’intuition immédiate, et par la réflexion sans l’impulsion, afin que chaque communauté soit distinguée par ce qui convient à sa nature et correspond à sa compréhension. Le troisième [aspect] : le miracle du Coran est plus durable à travers les siècles 3 et plus répandu dans les régions qu’un miracle qui serait propre à son époque et s’éteindrait avec la fin de son temps. Tant que dure son inimitabilité 4, il est plus digne et plus méritant de la spécificité. [Les aspects de l’inimitabilité] [L’inimitabilité dans la composition linguistique] L’inimitabilité du Coran, dans le fait qu’il sort du discours humain et qu’il est attribué à Dieu Très-Haut, provient de vingt aspects. Le premier est son éloquence et sa clarté, et cela se considère selon trois conditions : La première : la beauté de ses mots. La deuxième : l’exhaustivité de ses significations. La troisième : la beauté de son agencement. Quant à la beauté de ses mots, elle provient de deux aspects : Le premier : leur force 5 jusqu’à ne pas être mous. Le second : leur harmonie 6 jusqu’à ne pas être ternes. Quant à l’exhaustivité de ses significations, elle provient de deux aspects : Le premier : que le sens soit apparent 7 dès le début des mots, sans avoir besoin de leurs fins. Le second : que le sens corresponde aux mots, sans les dépasser ni leur être inférieur. Car s’il dépasse, le déséquilibre est dans le mot ; s’il est inférieur, le déséquilibre est dans le sens. Quant à la beauté de son agencement, elle provient de deux aspects : Le premier : que le discours soit harmonieux, sans discordance. Le second : que la mesure soit équilibrée, sans disparité. Si l’on dit : il peut se trouver dans le discours humain ce qui réunit ces conditions, ce qui annulerait l’inimitabilité. La réponse à cela est double : Le premier : que le style de son agencement selon ces conditions est inexistant chez d’autres, donc ils diffèrent. Le second : que l’agencement de ses mots possède une beauté 7 qui ne se trouve pas chez d’autres, donc ils diffèrent. Car si tu compares la parole de Dieu Très-Haut : « Et vous avez dans le talion la vie » 8 avec leur parole : « Le meurtre est plus dissuasif contre le meurtre », tu trouveras entre elles des différences dans le mot et le sens. [L’inimitabilité dans les significations] Le deuxième aspect de son inimitabilité : sa concision 9 malgré cette abondance, et l’exhaustivité de ses significations en peu de mots, comme Sa parole Très-Haut : « Et il fut dit : “Ô terre, avale ton eau ! Ô ciel, cesse !” Et l’eau baissa, l’ordre fut accompli, et [l’arche] s’installa sur le Jûdî 10. Et il fut dit : “Que disparaissent les gens injustes !” » 11 Si l’on dit : tout cela n’est pas concis et abrégé ; il y a du développé et du répété ; certaines parties sont plus éloquentes que d’autres. Si cela venait de Dieu, tout serait semblable et sans différence, car la différence dans le discours de celui dont l’esprit faiblit et dont la faculté créatrice s’affaiblit… À cela, deux réponses : La première : que sa différence dans le développement et la concision n’est pas due à l’incapacité de les rendre semblables, mais à la différence des gens dans leur perception et leur compréhension, et à sa supériorité en éloquence selon la supériorité de ses significations, non à l’incapacité de les égaliser. La seconde : qu’Il a fait une différence entre ses significations, son abrégé, son plus éloquent et son plus simple, afin que l’incapacité face à son plus simple et à son plus développé soit plus éclatante dans l’inimitabilité que l’incapacité face à son plus éloquent et à son plus concis. C’est ainsi qu’Il a fait une différence entre Ses créatures pour que l’on connaisse par cela la différence entre le supérieur et l’inférieur. Abû ‘Ubayda 12 a rapporté qu’un bédouin entendit un homme réciter : « Fais donc ce qui t’est ordonné publiquement » 13 et il se prosterna en disant : « Je me prosterne pour l’éloquence de cette parole. » Quant à la répétition de ses récits et de ses promesses et menaces, c’est pour des raisons tirées de cela : elles sont plus affirmatives dans la répétition et plus exagérées ; et parce que leurs mots diffèrent, elles sont plus rapidement acceptées et plus éloquentes dans l’inimitabilité ; et parce que si l’on manque de s’y arrêter à un endroit, on les rattrape à un autre, de sorte qu’on ne manque ni de crainte ni d’espoir. [L’inimitabilité dans le style] Le troisième aspect de son inimitabilité : l’agencement de son style et la description de son équilibre sortent du discours versifié et non versifié, et n’entrent ni dans la poésie, ni dans le rajaz 14, ni dans la prose rimée 15, ni dans le sermon, au point de dépasser ses catégories limitées et de se distinguer de tous ses autres types par un style qui ne ressemble pas 16 et un agencement qui n’a pas d’équivalent. Ainsi, bien qu’il soit fait des lettres du discours, il sort des catégories du discours. Anîs al-Ghifârî 17, frère d’Abû Dharr al-Ghifârî, qui était décrit comme avancé en éloquence et en éloquence, a dit : « J’ai présenté le Coran à la prose rimée, à la poésie, à l’agencement et à la prose, et il n’a correspondu à aucune des voies du discours des Arabes. » Il a été rapporté d’al-Walîd ibn al-Mughîra al-Makhzûmî 18, qui était le chef de sa tribu et le plus éloquent de son peuple, qu’il vint auprès des compagnons du Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, alors qu’il était encore mécréant, et dit : « Lisez-moi quelque chose du Coran. » Ils lui lurent, et il dit : « Ceci n’est pas du discours humain, et ce n’est pas de la poésie. » Abû Lahab 19 alla le voir et dit : « Tu as corrompu Quraysh par cette parole ; reviens sur elle. » Il dit : « Je dis que c’est de la magie. » Certains poètes ont tenté d’imiter son style, mais ils en sont sortis pour revenir à leur propre manière poétique. Ainsi, l’un d’eux dit à propos de l’histoire de l’Éléphant 20 : « Ô qui fera périr l’Éléphant / Et ceux qui marchèrent avec l’Éléphant / Par des oiseaux que Dieu envoya / Contre eux, des abâbîl 21 / Ils les lapidèrent avec des pierres / Vues, d’argile durcie 22 / Et les voilà, dans la plaine / Comme une paille mâchée 23 » Mais la nature ne l’a pas aidé, malgré qu’il ait pris ses significations et utilisé ses mots, jusqu’à ce qu’il revienne à sa poésie naturelle. Un autre poète en a inclus une partie dans sa poésie, mais il est sorti de son style en disant : « Et il récita haut pour briser mon cœur / Alors que l’amour brise le cœur malade / As-tu vu celui qui traite de mensonge la religion / C’est celui qui repousse l’orphelin 24 » Si l’on dit : si l’agencement du Coran avait un style inimitable, ‘Umar ibn al-Khattâb 25, que Dieu Très-Haut l’agrée, n’aurait pas demandé, lors de la compilation du Coran, que quelqu’un apporte le verset ou les deux versets avec des témoins attestant qu’il les avait entendus du Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui ; il ne se serait pas contenté du style de son agencement sans preuve pour l’attester ; et il n’y aurait pas eu de confusion chez Ibn Mas‘ûd 26 concernant les deux sourates de la protection 27 lorsqu’il les a exclues du Coran, ni chez Ubayy ibn Ka‘b 28 concernant le qunût 29 lorsqu’il l’a inclus dans le Coran, ni chez la femme d’Ibn Rawâha 30 concernant sa poésie jusqu’à ce qu’elle l’imagine du Coran. À cela, deux réponses : La première : que ‘Umar a demandé un témoignage pour le verset ou les deux versets qui, pris isolément, ne sont pas un miracle, car l’inimitabilité est spécifique à ce par quoi le défi est lancé, et le moins par quoi le défi est lancé est la plus courte sourate du Coran en versets et en lettres, à savoir la sourate al-Kawthar 31. Ce qui est plus court que cela n’a pas d’inimitabilité. Sa demande de témoignage était donc dirigée vers cela. La seconde : qu’il a demandé un témoignage sur leur emplacement, dans quelle sourate ils se trouvent et à quel endroit, bien que le style soit connu par la distinction, car Dieu Très-Haut ordonnait de placer ce qu’Il révélait dans les sourates qu’Il voyait, selon Sa parole Très-Haut : « C’est à Nous que revient sa réunion et sa récitation » 32. Quant à Ibn Mas‘ûd, le style des deux sourates de la protection ne lui a pas posé problème quant à leur appartenance au Coran ; son jugement à leur sujet dans son mushaf 33 était dû au fait qu’il pensait que leur récitation avait été abrogée. Quant à Ubayy ibn Ka‘b, il pensait que la récitation du qunût était encore en vigueur et ne savait pas qu’elle avait été abrogée. Quant à la femme d’Ibn Rawâha, elle n’était pas parmi ceux qui possèdent l’éloquence et la rhétorique pour distinguer entre la poésie et le style du Coran, donc son illusion n’a pas eu d’effet. [L’inimitabilité dans la concision et la force des significations] Le quatrième aspect de son inimitabilité : la multitude de ses significations que le discours humain ne peut rassembler, et cela de deux aspects : Le premier : ce que peu de mots rassemblent de nombreuses significations, comme Sa parole Très-Haut : « Et Nous révélâmes à la mère de Moïse : “Allaite-le ; et si tu crains pour lui, jette-le dans le fleuve. Ne crains rien et ne t’afflige pas. Nous te le rendrons et ferons de lui un messager.” » 34 Il a rassemblé dans un seul verset deux ordres, deux interdictions, deux annonces et deux bonnes nouvelles. Le second : que ses mots supportent des significations diverses qui déconcertent les esprits, stupéfient les pensées et épuisent les facultés créatrices, sans pour autant atteindre leur limite ni saisir leur fin, au point que les aspects divergent et les parallèles se confrontent. Si l’on dit : cela est une énigme et un symbole, plus digne de blâme que de louange. À cela, deux réponses : La première : que l’énigme, bien que blâmée, le symbole n’est pas blâmable, et il n’y a pas d’énigme ici, bien qu’il y ait un symbole. La seconde : que ce dont les significations divergent sort de l’énigme et du symbole, car l’énigme est ce par quoi on vise autre que son sens, et le symbole est ce dont le sens est caché. [L’inimitabilité scientifique] Le cinquième aspect de son inimitabilité : ce que le Coran rassemble de sciences qu’aucun être humain ne peut embrasser et qui ne se trouvent réunies chez aucune créature. Cela ne peut donc venir que de Dieu, qui embrasse toute chose par Sa science, au point que celui qui n’en était pas savant l’a apprise. Si l’on dit : la supériorité de la science n’est pas un miracle dans les prophéties, car les savants peuvent être supérieurs les uns aux autres sans que le meilleur ait un miracle sur l’inférieur. À cela, deux réponses : La première : que la supériorité dans la science existe, mais l’embrassement de toutes les sciences est absent 35. La seconde : que l’apparition de la science chez celui qui la pratique n’est pas un miracle, car elle apparaît de sa part ; mais l’apparition de la science chez celui qui ne la pratique pas est un miracle, car elle apparaît d’autre que lui. Or, il était illettré 36 issu d’une communauté illettrée, n’ayant lu aucun livre ni pratiqué aucune science. Ainsi, ce qu’il a montré est devenu un miracle. [L’inimitabilité dans les preuves et les arguments] Le sixième aspect de son inimitabilité : ce qu’il contient d’arguments et de preuves sur l’unicité 37 et la résurrection 38, contre les matérialistes 39 et les dualistes 40, au point de trancher par son argumentation tout argumentateur et de vaincre par sa dialectique tout adversaire obstiné. Si l’on dit : les preuves de l’unicité sont tirées des intelligences, donc il n’y a pas d’inimitabilité en elles, pour deux raisons : La première : leur existence par elles-mêmes. La seconde : la participation d’autrui avec Lui. La réponse est double : La première : qu’il n’était pas un homme de dialectique pour trancher tout disputeur. La seconde : qu’il a argumenté pour la résurrection par ce qui dépasse les jugements des intelligences, et a ainsi vaincu 41 tout homme intelligent. [L’inimitabilité dans l’information sur le passé] Le septième aspect de son inimitabilité : ce qu’il contient d’informations sur les générations passées et les récits des nations anciennes, et ce par quoi il a défié les gens du Livre 42 : l’histoire des gens de la caverne 43, l’affaire de Moïse et al-Khidr 44, et le récit de Dhû l-Qarnayn 45, et cela était conforme à ce que leurs prophètes avaient mentionné et à ce que leurs livres contenaient. Si l’on dit : informer de ce qui a été n’est pas un miracle, car la connaissance des non-prophètes en est possible. À cela, deux réponses : La première : que c’est possible en soi, mais impossible pour lui, car il ne les a pas connues et n’était pas de leur peuple pour les connaître. Cela devient donc un miracle impossible. La seconde : qu’ils ont proposé de le défier par ce qui n’était ni connu ni fini, parmi les secrets profonds et les récits étranges, qu’ils ont utilisés comme arguments pour et contre lui. Il a donc brillé par la réponse sur leurs secrets et a exposé la description de leurs mystères, sortant ainsi de l’ordinaire vers ce qui n’est pas ordinaire, devenant un miracle. [L’inimitabilité par l’annonce de l’invisible] Le huitième aspect de l’inimitabilité : ce qu’il contient de science de l’invisible 46 par des annonces d’événements à venir, qui se sont réalisés, comme Sa parole aux Juifs : « Dis : “Si la demeure dernière auprès de Dieu vous est réservée exclusivement, à l’exclusion des autres gens, souhaitez donc la mort, si vous êtes véridiques.” » 47 Puis Il dit : « Mais ils ne la souhaiteront jamais, à cause de ce que leurs mains ont avancé. » 48 Aucun d’eux ne l’a souhaitée. Et comme Sa parole à Quraysh : « Si vous ne le faites pas – et vous ne le ferez jamais – » 49 Il a tranché qu’ils ne le feraient pas, et ils ne l’ont pas fait. Et comme Sa parole : « Ils seront vaincus et tourneront le dos » 50, ce qui eut lieu le jour de Badr 51. Et comme Sa parole Très-Haut dans Son émigration de La Mecque à Médine : « Celui qui t’a imposé le Coran te ramènera sûrement à un lieu de retour » 52 Dieu le ramena à La Mecque l’année de la conquête 53, et d’autres exemples similaires.

Si l'on objecte : « Cela pourrait être une conjecture 54 fondée sur des indices tirés des actes, ou une perspicacité 55 due à une intelligence vive et à une grande sagacité », deux réponses s'imposent : La première : la conjecture et la perspicacité, bien qu'elles atteignent parfois leur but, peuvent aussi se tromper ; or ici, l'atteinte est totale, ce qui les fait sortir du domaine de la conjecture et de la perspicacité pour entrer dans celui de la science de Celui à qui nul mystère n'échappe. La seconde : la conjecture et la perspicacité ne sont que des suppositions non certaines avant la réalisation ; or ces annonces sont certaines avant la réalisation, ce qui les distingue. **L'inimitabilité par l'annonce des secrets des cœurs** Le neuvième aspect de son inimitabilité réside dans les annonces qu'il contient sur les pensées intimes des cœurs, auxquelles seul le Connaisseur des mystères 56 peut accéder, comme Sa parole : « Quand deux de vos groupes faillirent perdre courage » 57 sans qu'aucune parole n'ait été prononcée ni aucune défaillance manifestée, et comme Sa parole : « Et quand Allah vous promit que l'un des deux groupes serait à vous, et vous souhaitiez que ce fût celui qui n'était pas armé » 58 ; c'était comme s'Il disait, « bien qu'ils ne l'aient pas exprimé », et d'autres exemples similaires. Si l'on objecte : « Une multitude peut avoir des pensées intimes divergentes ; si cela se trouve chez certains, cela ne se trouve pas chez tous ; il est inévitable que certains les aient et d'autres non, de sorte que les deux affirmations s'opposent et que l'inimitabilité s'évanouit », deux réponses s'imposent : La première : ils ont été confrontés à cette annonce de manière générale sans la nier, ce qui annule cette distinction et la rend miraculeuse. La seconde : Il en a fait une faute pour eux, et ils ne l'ont pas contestée, ce qui prouve qu'elle existait chez tous. **[L'inimitabilité dans les mots]** Le dixième aspect de son inimitabilité est que les mots du Coran allient la noblesse rare et la simplicité accessible ; leur noblesse n'est pas rude et leur simplicité n'est pas vile, et lorsqu'ils se rencontrent, ils sont harmonieux sans discordance. On ne trouve pas cela dans les autres discours humains, car leur noblesse devient rude et leur simplicité vile, et leur réunion est discordante. Ainsi, sous cet aspect, il se distingue et entre dans l'inimitabilité. Si l'on objecte : « Le Coran est ainsi parce qu'il a été répété par de nombreuses récitations, ce qui a rendu les oreilles friandes et les langues douces ; sans cela, il serait disparate et discordant », deux réponses s'imposent : La première : sa nature dès la première écoute, si elle était celle d'un discours disparate, ne deviendrait pas harmonieuse par la répétition ; donc la cause est invalidée. **[L'inimitabilité dans la récitation]** Le onzième aspect de son inimitabilité est que sa récitation possède cinq qualités incitatives qui ne se trouvent pas ailleurs : 1. La fraîcheur de son énonciation. 2. L'éclat de sa beauté. 3. La fluidité de son agencement. 4. La beauté de son accueil. 5. Le fait que son lecteur ne se lasse pas et que son auditeur ne s'en lasse pas. Cela est absent dans les autres discours. Si l'on objecte : « Cela vient de ce qu'il a trouvé cette place dans les âmes », deux réponses s'imposent : La première : cela existe aussi dans d'autres livres d'Allah, comme la Torah, l'Évangile et les Psaumes, mais on ne le trouve pas en eux malgré cette cause ; c'est pourquoi leurs adeptes ont eu recours à des mélodies et des voix douces pour rendre leur récitation agréable, alors que le Coran s'en passe grâce à la forme de ses mots, ce qui émeut et stimule les natures. La seconde : la piété ne prive pas les esprits de leur discernement ni ne corrompt leur perception ; elle devrait plutôt accroître leur clairvoyance. Si cette cause était valable, ceux qui mécroient le renieraient, alors que ceux qui croient le reconnaissent, et la parole de tous est identique. **[L'inimitabilité dans sa préservation de toute altération, en mots et en sens]** Le douzième aspect de son inimitabilité est qu'il est transmis avec des mots révélés et des sens déposés ; l'ange l'a transmis avec ses mots et selon son agencement, et le Messager l'a livré à la communauté de la même manière. Aucun mot n'en a été altéré, aucun sens n'en a été perturbé, aucun ordre n'en a été changé ; il est ainsi préservé de toute erreur et protégé de toute altération. Les siècles passent sur lui sans le modifier, les langues se le transmettent malgré la diversité des idiomes, sans que son agencement et sa qualité ne soient altérés par la succession des temps, ni par l'éloignement des lieux, ni par la différence des langues. Les autres livres, en revanche, se limitent à la préservation de leurs sens, même si leurs mots sont modifiés. En effet, Allah a communiqué les sens de la Torah à Moïse (sur lui la paix), qui les a exprimés avec ses propres mots et les a transmis dans son langage. Quant à l'Évangile, il contient ce que Jésus (sur lui la paix) a rapporté de son Seigneur et de lui-même ; ses disciples l'ont compilé avec leurs propres mots et en ont fait un livre récité. Quant aux Psaumes, ce sont des invocations de louanges et de glorifications attribuées à David dans son propre langage. Bien que les sens de ces livres soient attribués à Allah, ils ne sont pas sous la forme de Ses mots ni selon l'agencement de Sa parole, contrairement au Coran qui réunit ses mots, ses sens et son ordre. Ainsi, il se distingue de tous les autres livres. Cela n'est possible que par une assistance divine par laquelle Allah a préservé son inimitabilité et soutenu Son Messager, comme Il dit : « En vérité, c'est Nous qui avons fait descendre le Rappel, et c'est Nous qui en sommes gardiens » 59. Si l'on objecte : « La préservation d'un discours sous la forme de ses mots et l'inclusion de ses sens ne sont pas miraculeuses, comme les poèmes des anciens Arabes et les paroles des sages d'autrefois », deux réponses s'imposent : La première : ces discours ont subi des altérations et des pertes, et n'ont pas été préservés. La seconde : on ne connaît pas leur état, donc ils ne sont pas contrôlés ; le Coran est différent par sa préservation et son contrôle. **[L'inimitabilité dans l'universalité de ses sens]** Le treizième aspect de son inimitabilité est l'association de sens variés et la juxtaposition de leurs analogues dans différentes sourates. Ainsi, dans une même sourate, on passe de la promesse à la menace, de l'incitation à l'intimidation, du passé au futur, des récits aux paraboles, des jugements aux disputes, sans heurt ni discordance. Dans les autres discours, ces éléments sont discordants, alors que leurs sens s'harmonisent. Il en va de même pour les autres livres révélés, où chaque type de sens est traité dans un livre séparé. La Torah est divisée en cinq livres, chacun consacré à un sens particulier : - Le premier livre traite de la création. - Le deuxième de la sortie d'Égypte des enfants d'Israël. - Le troisième des offrandes. - Le quatrième du recensement de Moïse et de son gouvernement. - Le cinquième de la répétition des lois. La diversité de leurs sens est source de supériorité. Ce qu'il y a de meilleur dans la Torah pour les Juifs, ce sont les dix paroles contenant les commandements qu'Allah a adressés à Moïse, et c'est par elles qu'ils prêtent serment, à l'exclusion des autres 60. Ce qu'il y a de meilleur dans l'Évangile, ce sont les quatre feuilles attribuées aux quatre disciples du Christ 61, qui sont lues lors des prières et des fêtes. Ce qu'il y a de meilleur dans les Psaumes, c'est ce sur quoi les deux communautés 62 se sont accordées. Ce que le Coran contient de diversité est supérieur pour deux raisons : 1. Le lecteur n'est pas limité à un seul sens au détriment des autres. 2. S'il veut tous les sens, il lit le Coran en entier et en tire tous les bénéfices et la pleine récompense. Si l'on objecte : « La séparation est plus éloquente que le mélange », la réponse est celle des deux raisons mentionnées. **[L'inimitabilité dans la cohérence de son expression]** Le quatorzième aspect de son inimitabilité est que la diversité de ses versets, longs ou courts, ne sort pas de son style ni ne s'écarte de son équilibre. Dans les autres discours, en vers ou en prose, lorsque les parties se différencient, l'équilibre de la poésie et la mesure de la prose se perdent. Cela fait partie de son inimitabilité. Si l'on objecte : « L'excès de longueur est du verbiage, et le manque de brièveté est de la concision ; comment serait-il miraculeux s'il oscille entre verbiage et concision ? », deux réponses s'imposent : La première : l'excès devient verbiage s'il n'apporte rien, et le manque devient concision s'il ne satisfait pas ; or l'excès de longueur apporte quelque chose, et le manque de brièveté satisfait, donc il échappe au verbiage et à la concision. La seconde : si le long était isolé, il ne serait pas du verbiage, et si le court était isolé, il ne serait pas de la concision ; leur réunion n'entraîne donc ni verbiage ni concision, comme la diversité des sourates en longueur et en brièveté. La plus courte sourate est la sourate al-Kawthar 63, qui, malgré sa brièveté, contient quatre sens : l'annonce d'une grâce, l'ordre d'adorer, la bonne nouvelle d'une joie, et un style qui est un miracle. Elle n'en est pas moins miraculeuse lorsqu'elle est mise en regard de sourates plus longues. **[L'inimitabilité dans l'incapacité à embrasser ses sens]** Le quinzième aspect de son inimitabilité est que celui qui le récite abondamment n'augmente pas en éloquence, bien qu'il augmente par d'autres discours éloquents, car il dépasse la nature humaine. Il s'y mêle, et son style devient miraculeux dans les deux cas et sous les deux aspects. Si l'on objecte : « Ce qui n'affecte pas les natures est imparfait ; comment peut-il être décrit comme parfait ? », deux réponses s'imposent : La première : sa perfection est en lui-même, il ne la transmet pas. La seconde : sa perfection empêche qu'on l'égale. **[L'inimitabilité dans la facilité de sa mémorisation]** Le seizième aspect de son inimitabilité est sa facilité pour toutes les langues, au point que l'étranger muet 64 l'a mémorisé et que la langue du Copte balbutiant 65 l'a récité. Aucun autre livre n'est mémorisé comme lui, et les langues des muets ne courent pas comme elles courent avec lui. Cela n'est dû qu'à des propriétés divines par lesquelles Il l'a favorisé sur Ses autres livres 66. Si l'on objecte : « On mémorise la poésie comme on le mémorise, et la cause en est la régularité de son mètre qui aide à la mémorisation ; cela n'est donc pas miraculeux », deux réponses s'imposent : La première : la poésie qui a disparu est plus abondante que celle qui a été préservée, alors que le Coran est préservé et n'a pas disparu ; ils diffèrent donc. La seconde : ce que les bouches ne trouvent pas agréable est délaissé, alors que le Coran est trouvé agréable et n'est pas délaissé ; ils diffèrent donc. **[L'inimitabilité dans l'incapacité à produire quelque chose de semblable]** Le dix-septième aspect de son inimitabilité est que le discours se divise en trois catégories : la prose, qui est à la portée des créatures ; la poésie, qui est supérieure, que certains maîtrisent et d'autres non ; et le Coran, qui est supérieur à toutes et meilleur que toutes, dépassant les deux catégories, et donc hors de portée des deux groupes. Si l'on objecte : « Si le Coran était une preuve miraculeuse, son abondance comme sa rareté seraient hors de portée ; or sa rareté est possible, comme rassembler trois ou quatre de ses mots ; il en va de même pour son abondance, car si les débuts d'une chose entrent dans le domaine du possible, ses fins ne peuvent en sortir », deux réponses s'imposent : La première : sa rareté comme son abondance sont hors de portée lorsque son inimitabilité est constituée, comme la plus courte sourate ; cette objection est donc invalidée. La seconde : la capacité sur un ou deux mots n'équivaut pas à la capacité de réaliser ce qui est défié, comme pour le poète incapable : sa capacité sur un ou deux mots d'un vers n'est pas une capacité à composer un vers complet. **[L'inimitabilité dans l'incapacité à y ajouter ou à en retrancher]** Le dix-huitième aspect de son inimitabilité est que toute addition y est manifeste et toute altération de ses mots y est honteuse. Si cela était possible, il y aurait confusion ; si c'était réalisable, il y aurait équivoque. Si l'on objecte : « On y a ajouté, et il y a eu confusion et équivoque : lorsque le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) récitait la sourate an-Najm 67 à La Mecque dans la mosquée sacrée, jusqu'à Sa parole : « Que vous est-il donc d'al-Lat et d'al-'Uzza, et de Manat, la troisième, l'autre ? » 68, Satan jeta sur sa langue : « Ces idoles élevées, leur intercession est espérée », puis il termina la sourate et se prosterna. Les musulmans se prosternèrent avec lui, les polythéistes se réjouirent et se prosternèrent aussi, les mécréants de Quraysh en furent satisfaits, et ceux qui avaient émigré en Abyssinie l'apprirent et revinrent. Mais Gabriel le désapprouva, ce qui l'affligea, et Allah révéla à ce sujet Sa parole :

Et Nous n'avons envoyé avant toi ni messager ni prophète sans que, lorsqu'il a récité (tamannā), Satan n'ait jeté quelque chose dans sa récitation (umniyyatihi). Puis Allah abroge ce que Satan jette, ensuite Allah confirme Ses versets (26). Ils dirent : « Il est connu que cet ajout est dans le style de la sourate et ne vient pas d'Allah, et qu'il a prêté à confusion. Pourquoi ce qui est autre que cela ne serait-il pas à son image ? » À cela, deux réponses : La première : cet ajout n'atteint pas le degré du défi (tahaddī) et échappe donc à sa règle. La seconde : il fut révélé dans [le verset] : « Ce sont elles, les hautes grues (al-gharānīq al-‘ulā), et leur intercession est espérée. » Cela prêta à confusion chez Quraysh, et ils en supprimèrent la partie « ce sont elles ». Allah abrogea donc, en raison de cette confusion, la récitation de cet ajout. [L'inimitabilité dans l'incapacité à le contrer] Le dix-neuvième aspect de son inimitabilité (i‘jāz) est l'incapacité des nations à le contrer, alors qu'Il les a défiées d'apporter une sourate semblable. L'orgueil du défi ne les en a pas détournées, et elles ont enduré l'amertume de l'impuissance malgré leur farouche ardeur et leur puissant orgueil, alors qu'Il avait traité leurs esprits de légers et insulté leurs idoles. Si elles avaient trouvé une voie vers la contrepartie (mu‘āraḍa) et que cela eût été en leur pouvoir, elles l'auraient prise comme argument pour rejeter sa mission, elles l'auraient contré. Mais puisqu'elles s'en sont détournées pour offrir leurs vies dans son combat et verser leur sang dans sa guerre... Si l'on dit : « Il n'est pas impossible qu'ils l'aient contré par un semblable, mais que cela ait été caché, comme furent cachés les poèmes par lesquels il fut satirisé et la honte dont il fut accusé », à cela deux réponses : La première : s'ils l'avaient contré, cela serait apparu, et si cela était apparu, cela se serait répandu, car la dissimulation mutuelle d'une chose largement diffusée est impossible, en raison de la tendance naturelle à la divulgation et des souffles des poitrines à la propagation. On aurait dit : « Il a été contré, mais cela a été caché », comme on a dit : « Il a été satirisé, mais cela a été caché. » Si cela était permis pour la contrepartie du Coran, il en irait de même pour le miracle (mu‘jiza) de tout prophète : on dirait : « Son miracle a été contré, mais cela a été caché », ce qui mènerait à l'annulation de tout miracle. Or, cela est rejeté pour la contrepartie d'autres que le Coran, donc il est rejeté pour la contrepartie du Coran. La seconde : Il a fait de sa contrepartie un argument pour eux dans le rejet de sa mission. S'ils l'avaient contré, ils auraient argumenté par cette contrepartie, et ils n'auraient pas eu besoin, avec cela, du combat et de la guerre, avec l'offrande des vies et la consommation des biens. Ils l'auraient repoussé par le plus facile plutôt que par le plus difficile. Or, ce qui a été rapporté comme contrepartie a montré l'impuissance et révélé la déficience, au point que la platitude de son expression et la grossièreté de sa composition l'ont déshonoré. Ibn Qutayba rapporte que Musaylima dit, en contrefaisant le Coran : « Ô grenouille, coasse ! Combien tu coasses ! Tu ne troubles pas l'eau et tu n'empêches pas la boisson. » Lorsqu'Abū Bakr, qu'Allah l'agrée, entendit cela, il dit : « Cette parole n'est pas sortie d'Il (26). » On rapporte d'un autre, que je crois être al-‘Ansī, qu'il dit : « N'as-tu pas vu comment ton Seigneur a fait à la femme enceinte ? Il a fait sortir de son ventre une âme qui marche, d'entre les côtes et les entrailles. » On rapporte d'un autre : « L'éléphant, qu'est-ce que l'éléphant ? Il a une queue, un pénis et une lèvre longue. Cela, dans la création de notre Seigneur, est peu de chose. » Al-Ḥakam rapporte d'‘Ikrima que al-Naḍr ibn al-Ḥārith, qui était parmi les plus éloquents de Quraysh, contrefit le Coran en disant : « Par celles qui sèment une semence, par celles qui moissonnent une moisson, par celles qui moulent une mouture, par celles qui pétrissent un pétrissage, par celles qui cuisent une cuisson, par celles qui avalent une bouchée. » Un autre dit : « A réussi celui qui a murmuré (hannama) dans sa prière, a nourri le pauvre de sa bouillie et a acquitté l'obligation de son aumône. » Un autre dit, en contrefaisant la sourate L'Étoile : « Par l'étoile quand elle monte, par la mer quand elle déborde, votre avertisseur n'a pas dévié ni transgressé, et il n'a pas menti ni erré dans ce qu'il a proféré et rapporté. » Allah révéla alors : « Et qui est plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Allah ou dit : "Il m'a été révélé", alors que rien ne lui a été révélé ? » (28). Voilà donc ces contreparties : ils y ont imité un modèle, mais ils se sont détournés des longues sourates vers les plus courtes, apportant un discours maladif au lieu d'un discours sain, et un discours frivole au lieu d'un discours beau. Comment donc pourraient-ils atteindre sa fin ultime et égaler son rang suprême ? N'est-ce pas comme celui qui voudrait rivaliser avec l'éloquence de Saḥbān par le bégaiement de Bāqil, ou le délire d'un fou par la fermeté d'un sage, ou qui comparerait la pierre précieuse à la terre, et mettrait sur le même pied le pur et le trouble ? Celui qui entreprend ce qui n'est pas dans sa nature est déshonoré, tombe vaincu et s'effondre rapidement. [L'inimitabilité dans le détournement (al-ṣarfa) de sa contrepartie] Le vingtième aspect de son inimitabilité est le détournement (al-ṣarfa) de sa contrepartie. Ceux qui soutiennent cette thèse divergent : ont-ils été détournés de la capacité à le contrer, ou détournés de la contrepartie elle-même, bien qu'elle fût en leur pouvoir ? Deux opinions : La première : ils ont été détournés de la capacité ; s'ils avaient pu, ils l'auraient contré. La seconde : ils ont été détournés de la contrepartie, bien qu'elle fût en leur pouvoir. Le détournement est une inimitabilité selon les deux opinions, chez ceux qui le nient comme chez ceux qui l'affirment, car il constitue une rupture de l'habitude (kharq al-‘āda) dans ce qui relève du pouvoir. Si l'on dit : « S'ils ont été incapables de le contrer par un semblable, ils n'ont pas été incapables de le contrer par ce qui s'en approche, même si cela est inférieur à son rang. Or, le miracle est ce dont on ne peut s'approcher, tout comme on ne peut l'égaler », à cela deux réponses : La première : s'en approcher consisterait à produire quelque chose dans le même style, mais qui serait inférieur à sa perfection. Or, le style est inaccessible, donc l'approximation est annulée et l'inimitabilité est établie. La seconde : l'approximation empêche l'égalité, et le défi portait sur le semblable, non sur l'approximatif. [Synthèse de l'inimitabilité] Puisque l'inimitabilité du Coran est établie par tous ces aspects, il est valide que chacun d'eux soit en soi un miracle. Lorsque le Coran réunit tous ces aspects, son inimitabilité est plus écrasante et son argument plus éclatant, devenant comme la fente de la mer et la résurrection des morts, car le fondement de l'argument dans le miracle est la production de ce que les créatures ne peuvent égaler, que ce soit un corps créé, une substance inventée ou un accident imaginé. Si l'on dit : « Considère-t-on l'incapacité des Arabes purs (al-‘āriba) à son égard, à l'exclusion des générations suivantes (al-muwalladīn), ou l'incapacité de tous ? » On répond : Il y a là un désaccord entre les savants, selon deux aspects : Le premier : on considère l'incapacité de tous, pour qu'elle soit plus générale. Le second : on considère l'incapacité des Arabes purs, à l'exclusion des générations suivantes, pour que l'on considère ceux qui se fient à leur nature et ne comptent pas sur l'artifice et l'apprentissage. De même, ils ont divergé : considère-t-on l'incapacité des gens de son époque ou de tous les temps, selon ces deux aspects : Le premier : on considère l'incapacité des gens de l'époque, car ils sont un argument pour les gens de chaque époque. Le second : on considère l'incapacité des gens de chaque époque, en raison de la généralité du défi pour les gens de chaque époque. Si l'on dit : « L'incapacité de tous les humains à produire son semblable n'implique pas nécessairement qu'il soit attribué à Allah, car il est possible que les démons aient aidé à le produire, le faisant échapper au pouvoir des humains, comme ils ont aidé Salomon pour ce dont les humains étaient incapables », à cela plusieurs réponses : La première : cela s'applique à Moïse pour la fente de la mer et à Jésus pour la résurrection des morts, et cela jette le doute sur toutes les prophéties. Il n'est donc pas permis, pour celui qui les établit, de particulariser cela à certains miracles. La seconde réponse : les démons ne sont connus que par les messagers ; sans eux, les gens n'auraient pas su qu'il existe dans le monde un démon, un djinn ou un génie. Or, les messagers ont maudit les démons et appelé à leur désobéissance. S'ils avaient été des auxiliaires, ils auraient appelé à leur obéissance et à leur alliance, car l'aide à celui qui est obéi et aimé est plus digne que l'aide à celui qui est désobéi et haï. La troisième réponse : les démons ne peuvent cela qu'avec l'aide d'Allah, et Il n'aide pas un menteur contre Lui. Si cela était par Son ordre, ce serait un miracle, car cela viendrait de Son acte. C'est ainsi que fut la soumission des djinns à Salomon. Allah se passe des démons pour être des intermédiaires auprès de Ses messagers et des auxiliaires pour Ses prophètes, alors qu'ils interdisent Son obéissance et appellent à Sa désobéissance. Ce Coran a défié les djinns comme il a défié les humains, par Sa parole : « Dis : "Si les humains et les djinns se réunissaient pour apporter quelque chose de semblable à ce Coran, ils n'apporteraient rien de semblable, même s'ils s'entraidaient" » (29), et Il a rapporté leur incapacité à son égard par Sa parole : « Nous avons entendu un Coran merveilleux, qui guide vers la droiture, et nous y avons cru » (30). [Le Coran est la parole du Seigneur des mondes] Puisque ce résumé sur l'inimitabilité du Coran est établi, c'est par son inimitabilité que l'on sait qu'il n'est pas de la parole humaine, et l'on ne sait qu'il vient d'Allah que par la parole du messager. Si le messager voulait dire quelque chose de semblable, il n'en serait pas capable, car il est humain, à moins qu'Allah ne le soutienne par une aide de Sa part, le rendant alors capable de le produire et le rendant miraculeux, si le Coran n'était pas attribué à Allah. Mais puisqu'il Lui est attribué, il n'est pas miraculeux pour lui, et il en est détourné, car ce qui est attribué à Allah ne peut venir d'un autre, sous peine d'entrer dans le mensonge. Ensuite, le Coran devient la base de la Loi (aṣl al-shar‘) et le miracle du messager, et il incombe à la communauté de se conformer à ses prescriptions et d'obéir au messager. On a divergé sur l'obligation de lui obéir : est-elle obligatoire après l'établissement de sa mission par la raison ou par la Loi ? Deux aspects : Le premier : par la raison, car l'obéissance au messager est obéissance à Celui qui l'a envoyé. Le second : par la Loi, par Sa parole : « Ô vous qui avez cru ! Obéissez à Allah, obéissez au messager et à ceux d'entre vous qui détiennent l'autorité » (31), car le messager est un transmetteur. Et puisque le Coran est la base de la Loi, les savants ont divergé sur la définition de la base (al-aṣl) et de la branche (al-far‘), selon deux aspects : Le premier : la base est ce qui indique autre que soi, et la branche est ce sur quoi autre que soi indique. Selon cela, le Coran serait une branche de la science sensible, car c'est elle qui indique sa validité. Le second : la base est ce dont autre que soi dérive, et la branche est ce qui dérive d'autre que soi. Selon cela, il est impossible que le Coran soit une branche de la science sensible, car Allah l'a pris en charge et en a fait une base que la raison indique. Les savants ont divergé sur le fait que la transmission du messager soit un ordre ou une information. Certains dirent qu'elle est un ordre, et que les prescriptions de la Loi ne lient pas la communauté si elles les connaissaient avant sa transmission. Le second aspect : elle est une information, et les prescriptions de la Loi les lient si elles les connaissaient avant sa transmission. Il est permis de connaître toutes les prescriptions légales à partir du Coran, mais il n'est pas permis de les connaître toutes à partir du consensus (ijmā‘) ni du raisonnement analogique (qiyās), car ils se fondent sur une base entendue. On a divergé sur la possibilité de les connaître toutes à partir de la Sunna du messager. Certains l'ont permis, par Sa parole : « Prenez ce que le messager vous apporte et abstenez-vous de ce qu'il vous interdit » (32). D'autres l'ont refusé, par Sa parole : « Et il ne parle pas sous l'effet de la passion ; ce n'est qu'une révélation qui lui est faite » (33). Et Allah est plus savant.


  1. mu‘jiz : Miracle, signe prophétique prouvant la véracité du prophète.
  2. i‘jāz : Caractère inimitable du Coran, son inimitabilité.
  3. a‘ṣār : Siècles, époques.
  4. i‘jāz : Inimitabilité du Coran.
  5. jazāla : Force, noblesse et beauté du langage.
  6. inṭibā‘ : Harmonie, fluidité naturelle du discours.
  7. lā’iḥ : Clair, évident.
  8. bahja : Beauté, éclat.
  9. ījāz : Concision, expression dense en peu de mots.
  10. al-Jūdī : Montagne où l’arche de Noé s’est arrêtée selon la tradition islamique.
  11. Coran 11:44 : Référence coranique.
  12. Abū ‘Ubayda : Abū ‘Ubayda Ma‘mar ibn al-Muthannā, philologue arabe du VIIIe siècle.
  13. Coran 15:94 : Référence coranique.
  14. rajaz : Mètre poétique arabe, souvent utilisé pour des poèmes simples.
  15. saj‘ : Prose rimée, style oratoire arabe.
  16. lā yushākil : Ne ressemble pas, est différent.
  17. Anīs al-Ghifārī : Compagnon du Prophète, frère d’Abū Dharr al-Ghifārī.
  18. al-Walīd ibn al-Mughīra : Chef quraychite, connu pour son éloquence, opposant au Prophète.
  19. Abū Lahab : Oncle du Prophète, ennemi virulent de l’islam.
  20. ‘Ām al-Fīl : Année de l’Éléphant, année de naissance du Prophète, marquée par l’attaque d’Abraha.
  21. abābīl : Oiseaux mentionnés dans le Coran (105:3) qui lapidèrent l’armée d’Abraha.
  22. sijjīl : Argile durcie, pierres d’argile cuite.
  23. ‘aṣf ma’kūl : Paille mâchée, référence coranique (105:5).
  24. Coran 107:1-2 : Référence coranique.
  25. ‘Umar ibn al-Khattāb : Deuxième calife bien guidé, compagnon du Prophète.
  26. Ibn Mas‘ūd : ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd, compagnon et éminent récitateur du Coran.
  27. al-mu‘awwidhatān : Les deux sourates de la protection : al-Falaq (113) et al-Nās (114).
  28. Ubayy ibn Ka‘b : Compagnon, secrétaire des révélations, expert en récitation coranique.
  29. qunūt : Invocation de soumission, parfois récitée dans la prière.
  30. Ibn Rawāha : ‘Abd Allāh ibn Rawāha, poète et compagnon du Prophète.
  31. Sūrat al-Kawthar : Sourate 108 du Coran, la plus courte.
  32. Coran 75:17 : Référence coranique.
  33. muṣḥaf : Codex, recueil écrit du Coran.
  34. Coran 28:7 : Référence coranique.
  35. mafqūda : Absente, inexistante.
  36. ummī : Illettré, qui n’a pas appris à lire ni à écrire.
  37. tawḥīd : Unicité de Dieu, monothéisme islamique.
  38. raj‘a : Retour, résurrection après la mort.
  39. dahriyya : Matérialistes, ceux qui croient en l’éternité du monde sans Créateur.
  40. thanawiyya : Dualistes, croyants en deux principes (bien et mal).
  41. khaṣama : Vaincre dans une dispute, argumenter victorieusement.
  42. ahl al-kitāb : Gens du Livre, Juifs et Chrétiens.
  43. aṣḥāb al-kahf : Les gens de la caverne, histoire des Sept Dormants d’Éphèse.
  44. Mūsā wa al-Khiḍr : Récit coranique de Moïse et du serviteur de Dieu (al-Khiḍr).
  45. Dhū l-Qarnayn : Personnage coranique, souvent identifié à Alexandre le Grand ou Cyrus.
  46. ‘ilm al-ghayb : Science de l’invisible, connaissance des choses cachées.
  47. Coran 2:94 : Référence coranique.
  48. Coran 2:95 : Référence coranique.
  49. Coran 2:24 : Référence coranique.
  50. Coran 54:45 : Référence coranique.
  51. Badr : Bataille de Badr, première grande bataille entre musulmans et Quraychites.
  52. Coran 28:85 : Référence coranique.
  53. fatḥ Makka : Conquête de La Mecque par les musulmans en 630.
  54. ḥads : Conjecture, estimation basée sur des indices.
  55. firāsa : Perspicacité, intuition, capacité à discerner les choses cachées.
  56. ʿAllām al-ghuyūb : Le Connaisseur des mystères, attribut divin.
  57. Coran 3:122 : Référence coranique : Quand deux de vos groupes faillirent perdre courage, alors qu'Allah était leur allié. C'est en Allah que les croyants doivent placer leur confiance.
  58. Coran 8:7 : Référence coranique : Et quand Allah vous promit que l'un des deux groupes serait à vous, et vous souhaitiez que ce fût celui qui n'était pas armé, alors qu'Allah voulait faire triompher la vérité par Ses paroles et anéantir les mécréants jusqu'au dernier.
  59. Coran 15:9 : Référence coranique : En vérité, c'est Nous qui avons fait descendre le Rappel, et c'est Nous qui en sommes gardiens.
  60. al-kalimāt al-ʿashr : Les Dix Commandements dans la Torah.
  61. aṣ-ṣuḥuf al-arbaʿa : Les quatre Évangiles attribués aux quatre évangélistes : Matthieu, Marc, Luc et Jean.
  62. ahl al-kitābayn : Les gens des deux Écritures, c'est-à-dire les Juifs et les Chrétiens.
  63. Sūrat al-Kawthar : La sourate de l'Abondance, la plus courte sourate du Coran (3 versets).
  64. al-aʿjamī al-abkam : L'étranger muet, c'est-à-dire un non-Arabe qui ne parle pas arabe.
  65. al-qibṭī al-alqan : Le Copte balbutiant, c'est-à-dire un Copte (chrétien d'Égypte) qui parle avec difficulté.
  66. kutubih : Ses livres, c'est-à-dire les livres révélés par Allah.
  67. Sūrat an-Najm : La sourate de l'Étoile, 53e sourate du Coran.
  68. Coran 53:19-20 : Référence coranique : Que vous est-il donc d'al-Lat et d'al-'Uzza, et de Manat, la troisième, l'autre ?

Chapitre huit : Des miracles de son infaillibilité [1], que la prière et la paix d'Allah…

Chapitre huit : Des miracles de son infaillibilité [1], que la prière et la paix d'Allah soient sur lui.

Le huitième chapitre sur les miracles de sa protection 1, que la prière et la paix soient sur lui. Dieu Très-Haut a montré à Son Messager, que la prière et la paix soient sur lui, parmi les signes de sa prophétie – après qu'elle a été établie par le miracle du Coran et qu'il s'est passé de toute autre preuve – ce qui a constitué un surcroît de clarté pour convaincre celui dont l'intelligence est faible et pour faire céder celui dont la perspicacité est défaillante, afin que le miracle du Coran soit saisi par les esprits pénétrants, par la réflexion et le raisonnement, et que le miracle visible soit connu par les sens premiers, par précaution et manifestation, de sorte que l'homme stupide soit vaincu par son imagination et sa vue, et que l'homme intelligent soit confondu par sa compréhension et son éloquence, car chaque groupe de gens a une voie qui lui est plus proche et plus attrayante. Ainsi, ce qui réunit la soumission des groupes est la voie la plus claire et la preuve la plus universelle. Parmi ses miracles : sa protection contre ses ennemis, alors qu'ils étaient une foule immense et un nombre considérable, animés de la plus grande rancune contre lui et cherchant ardemment à l'atteindre, tandis qu'il se mêlait à eux, les dominait, les fréquentait et les surpassait en nombre, leurs regards l'épiaient de travers et leurs mains tremblaient de peur devant lui. Ses compagnons avaient émigré par crainte, jusqu'à ce qu'il accomplisse parmi eux la durée de treize années, puis il sortit de chez eux sain et sauf, sans avoir été blessé ni dans son âme ni dans son corps. Cela ne fut que par une protection divine, que Dieu Très-Haut lui avait promise et qu'Il réalisa, lorsqu'Il dit : « Et Dieu te protégera des gens » 1. Il le protégea donc d'eux. [Sur les signes de sa protection] Et que les Quraychites se réunirent dans la maison de l'Assemblée 2, parmi eux se trouvait al-Naḍr ibn al-Ḥārith ibn Kināna, qui était le chef du peuple, et son bras droit était ‘Abd Allāh ibn al-Ziba‘rā, qui était le poète du peuple. Il les incita à tuer Muḥammad, que la prière et la paix soient sur lui, et leur dit : « La mort est meilleure pour vous que la vie. » Certains dirent : « Comment faire ? » Abū Jahl dit : « Muḥammad n'est-il qu'un seul homme, et les Banū Hāshim ne sont-ils qu'une tribu parmi les tribus de Quraych ? N'y a-t-il personne parmi vous qui aspire à la vie et qui tue Muḥammad pour soulager son peuple ? » Il baissa la tête un moment, puis ils dirent : « Celui qui fera cela deviendra un chef 3. » Abū Jahl dit : « Muḥammad n'est pas plus fort qu'un homme parmi nous. Je vais me lever contre lui, lui écraser la tête avec une pierre ; si je suis tué, j'aurai soulagé mon peuple, et si je reste en vie, c'est ce que je préfère 4. » Ils sortirent donc sur cette base. Lorsqu'ils se rassemblèrent dans le Ḥaṭīm 5, le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, sortit vers eux. Ils dirent : « Le voici venu. » Il s'avança vers la Pierre Noire et se mit à prier. Ils le regardèrent prolonger l'inclinaison et la prosternation. Abū Jahl dit : « Je vais me lever et vous débarrasser de lui. » Il prit une grande pierre et s'approcha du Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, alors qu'il était prosterné, sans se retourner ni le craindre, bien qu'il le vît. Lorsqu'il s'approcha de lui, il se mit à trembler et laissa tomber la pierre sur son pied. Il revint, les doigts écrasés, tremblant, les veines du cou gonflées, tandis que le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, était prosterné. Abū Jahl dit à ses compagnons : « Prenez-moi auprès de vous, serrez-moi contre vous. » Il s'évanouit un moment. Lorsqu'il reprit conscience, ses compagnons lui dirent : « Qu'est-ce qui t'a frappé ? » Il dit : « Lorsque je me suis approché de lui, un fauve 6 est venu vers moi de sa tête, la gueule ouverte, et s'est jeté sur mes dents ; je n'ai pu me maîtriser, et je vois Muḥammad protégé 7. » Certains de ses compagnons lui dirent : « Ô Abū al-Ḥakam, tu as désiré et aimé la vie, et tu es revenu. » Il dit : « Ne me trompez-vous pas sur moi-même ? » Al-Naḍr ibn al-Ḥārith dit : « S'il revient demain, je m'en charge. » Ils lui dirent : « Ô Abū Sahm, si tu fais cela, tu deviendras un chef. » Le lendemain, ils se rassemblèrent dans le Ḥaṭīm, attendant le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui. Lorsqu'il apparut devant eux, ils se levèrent tous ensemble et se précipitèrent sur lui. Il prit une poignée de terre et dit : « Que les visages soient défigurés ! » et « Rouges, ils ne voient pas ! » 8 Ils se dispersèrent loin de lui. Ce fut une assistance divine en laquelle il eut confiance de la part de Dieu, et il patienta jusqu'à ce que Dieu le protège. Ce fut l'une des preuves les plus fortes de sa véracité. Parmi ses signes : Mu‘ammar ibn Yazīd, qui était le plus courageux de son peuple, fut imploré par Quraych ; ils se plaignirent à lui de l'affaire du Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui. Les Banū Kināna suivaient son avis et obéissaient à son ordre. Lorsqu'ils se plaignirent à lui, il leur dit : « Je vais venir dans trois jours et vous débarrasser de lui. J'ai vingt mille hommes armés 9 ; je ne pense pas que cette famille des Banū Hāshim soit capable de me faire la guerre. S'ils me demandent le prix du sang, je leur donnerai dix fois le prix du sang, car mes biens sont vastes. » Il portait une épée longue de sept empans et large d'un empan ; son histoire était célèbre parmi les Arabes pour sa bravoure et sa force. Le jour de son rendez-vous avec Quraych, il revêtit ses armes et porta deux cottes de mailles superposées 10. Il les rencontra dans le Ḥaṭīm, tandis que le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, était dans le Ḥijr 11 en prière, et il l'avait reconnu. Il ne se retourna pas, ne bougea pas et n'abrégea pas sa prière. On lui dit : « Voici Muḥammad prosterné, frappe-le ! » Il dégaina son épée et s'avança vers lui. Lorsqu'il s'approcha de lui, il jeta son épée et revint. Lorsqu'il arriva à la porte de Ṣafā, il trébucha dans sa cotte de mailles et tomba. Il se releva, le visage ensanglanté par les pierres, courant à toute vitesse jusqu'à atteindre al-Baṭḥā’ 12, sans regarder derrière lui. Ils se rassemblèrent, lavèrent le sang de son visage et dirent : « Qu'est-ce qui t'a frappé ? » Il dit : « Malheur à vous ! Le trompé est celui que vous avez trompé. » Ils dirent : « Qu'as-tu ? » Il dit : « Je n'ai jamais rien vu de tel aujourd'hui. Laissez-moi jusqu'à ce que mon âme me revienne. » Ils le laissèrent un moment et dirent : « Qu'est-ce qui t'a frappé, ô Abū al-Layth ? » Il dit : « Lorsque je me suis approché de Muḥammad et que j'ai voulu le frapper de mon épée, deux serpents chauves 13 sont venus vers moi de sa tête, soufflant du feu et leurs yeux étincelaient. J'ai fui et je ne reviendrai jamais à rien qui puisse nuire à Muḥammad. » Parmi ses signes : Kalada ibn Asad, Abū al-Ashad, qui était d'une force remarquable, paria un jour avec Quraych de tuer le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui. Ils lui offrirent un grand enjeu s'il les en débarrassait. Il vit le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, sur le chemin se rendant à la mosquée, entre la maison de ‘Uqayl et ‘Iqāl. Kalada vint avec une lance, mais la lance rebondit sur sa poitrine, et il revint effrayé. Quraych lui dit : « Qu'as-tu, ô Abū al-Ashad ? » Il dit : « Malheur à vous ! Ne voyez-vous pas le taureau derrière moi ? » Ils dirent : « Nous ne voyons rien. » Il dit : « Malheur à vous ! Moi, je le vois. » Il ne cessa de courir jusqu'à atteindre Ṭā’if, où les Thaqīf se moquèrent de lui. Il dit : « Je vous excuse ; si vous aviez vu ce que j'ai vu, vous auriez péri. » Parmi ses signes : Abū Lahab sortit un jour, alors que Quraych s'était rassemblée. Ils dirent : « Ô Abū ‘Utba, tu es notre chef, et tu as plus de droit sur Muḥammad que nous. Abū Ṭālib est l'obstacle entre nous et lui. Si tu le tuais, Abū Ṭālib et Ḥamza ne te reprocheraient rien, et tu serais innocent de son sang ; nous paierions le prix du sang et tu deviendrais le chef de ton peuple. » Il dit : « Je vous en débarrasserai. » Ils s'en réjouirent et ses orateurs le louèrent. Cette nuit-là, alors qu'il surveillait [le Messager de Dieu], Abū Lahab descendit pendant qu'il priait, et sa femme Umm Jamīl escalada le mur jusqu'à se tenir au-dessus du Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, alors qu'il était prosterné. Abū Lahab l'appela, mais il ne se retourna pas vers eux. Ils ne pouvaient bouger un pied 14 ni rien faire jusqu'à l'aube. Lorsque le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, eut terminé, Abū Lahab lui dit : « Ô Muḥammad, libère-nous ! » Il dit : « Je ne vous libérerai pas avant que vous me promettiez de ne plus me nuire. » Ils dirent : « Nous l'avons fait. » Il invoqua son Seigneur, et ils revinrent. Parmi ses signes : Quraych se rassembla dans le Ḥaṭīm, et ‘Utba ibn Rabī‘a leur fit un discours : « Ce fils de ‘Abd al-Muṭṭalib a gâché notre vie, divisé notre communauté, dispersé notre groupe, blâmé notre religion, traité nos esprits de légers et égaré nos pères. » Parmi l'assemblée se trouvaient al-Walīd ibn al-Mughīra, Abū Jahl ibn Hishām, Shayba ibn Rabī‘a, al-Naḍr ibn al-Ḥārith, Munabbih et Nabīh, fils d'al-Ḥajjāj, Umayya et Ubayy, fils de Khalaf, ainsi qu'un groupe de notables de Quraych. Ils lui dirent : « Dis ce que tu veux, nous t'obéirons. » Il dit : « Je vais me lever et lui parler. S'il revient sur ses paroles et sur ce à quoi il appelle, sinon nous aviserons. » Ils dirent : « À toi de décider, ô Abū ‘Abd Shams. » Il se leva et s'avança vers le Prophète, que la prière et la paix soient sur lui, qui était assis seul. Il dit : « Bonjour, ô Muḥammad. » Il dit : « Ô ‘Abd Shams, Dieu a remplacé ce salut par la salutation des gens du Paradis. » Il dit : « Ô fils de mon frère, je viens de la part des notables de Quraych pour te soumettre leurs propositions. Si tu les acceptes, tu auras ta part et nous aurons notre aisance. » Puis il dit : « Ô fils de ‘Abd al-Muṭṭalib, tu as appelé les Arabes à une chose qu'ils ne connaissent pas. Accepte ce que je te dis. » Il dit : « Parle. » Il dit : « Si ce à quoi tu appelles est pour rechercher la royauté, nous te ferons roi sur nous sans peine et te couronnerons ; reviens-en. » Il se tut. Puis il lui dit : « Si ce à quoi tu appelles est pour une belle femme, nous te marierons. » Il dit : « Il n'y a de force qu'en Dieu. » Puis il lui dit : « Si ce que tu dis est pour de l'argent, nous te donnerons des richesses jusqu'à ce que tu sois l'homme le plus riche de Quraych ; cela nous est plus facile que de disperser notre parole et diviser notre communauté. Si ce à quoi tu appelles est une folie, nous te soignerons comme nous soignons le fou des Banū Tha‘laba, Qays. » Le Prophète, que la prière et la paix soient sur lui, se tut. Il dit : « Ô Muḥammad, que dis-tu ? Avec quoi retourné-je vers Quraych ? » Le Prophète, que la prière et la paix soient sur lui, dit : « Ḥā Mīm. Une révélation du Tout-Miséricordieux, du Très-Miséricordieux. Un Livre dont les versets sont détaillés, un Coran arabe pour des gens qui savent, annonciateur et avertisseur. Mais la plupart d'entre eux se détournent, donc ils n'entendent pas 15 », jusqu'à ce qu'il atteigne Sa parole : « S'ils se détournent, dis : Je vous ai avertis d'une foudre semblable à la foudre de ‘Ād et de Thamūd 16. » ‘Utba dit : « Lorsqu'il prononça ces paroles, la Ka‘ba pencha au point que je craignis qu'elle ne touche ma tête par sa puissance. » Il se leva effrayé, traînant son manteau, et retourna vers Quraych en tremblant comme un oiseau. Le Prophète, que la prière et la paix soient sur lui, se leva pour prier. Quraych dit : « Tu es parti plein d'entrain et tu reviens effrayé et terrifié. Qu'y a-t-il derrière toi ? » Il dit : « Malheur à vous ! Laissez-moi. Il m'a parlé avec des paroles dont je ne sais rien. J'ai été saisi d'un tremblement tel que j'ai craint pour ma vie, et j'ai dit : La foudre m'a frappé. » Ils regrettèrent cela. Ibn ‘Arafa dit : « La foudre est un nom pour le châtiment, quelle que soit sa forme. ‘Ād fut détruit par le vent et Thamūd par le tremblement ; Dieu appela cela foudre. » Al-Azharī dit : « La foudre est le bruit du tonnerre violent qui foudroie l'homme, c'est-à-dire le fait s'évanouir. » Parmi ses signes : Lorsqu'il voulut émigrer, il sortit de La Mecque avec Abū Bakr et entra dans une grotte du mont Thawr pour se cacher de Quraych, qui le recherchait et avait offert cent chamelles rousses à qui l'amènerait. Dieu l'aida en dissimulant ses traces, en faisant pousser à l'entrée de la grotte une thoumāma 17, une petite plante, et en inspirant à l'araignée de tisser sur l'entrée de la grotte une toile de plusieurs années en un clin d'œil. Abū Bakr fut mordu cette nuit-là à plusieurs reprises ; il déchira ses vêtements et les mit dans les fissures, en bouchant certaines avec son pied, pour protéger le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui. Il y resta trois jours, puis en sortit. Surāqa ibn Mālik ibn Ju‘shum le rencontra ; il faisait partie de ceux qui étaient partis à sa recherche. Abū Bakr dit : « Voici Surāqa qui s'approche. » Le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, dit : « Ô Dieu, protège-nous de Surāqa. » La terre saisit les jambes de son cheval jusqu'aux aisselles. Surāqa dit : « Ô Muḥammad, invoque Dieu pour qu'Il me libère ; j'ai sur toi la promesse de repousser quiconque viendra te chercher et de ne jamais t'aider contre toi. » Il dit : « Ô Dieu, s'il est sincère, libère son cheval. » Dieu le libéra. Puis Surāqa embrassa l'islam et son islam fut excellent. Parmi ses signes : Le Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui, s'isola lors de l'expédition de Dhāt al-Riqā‘ 18 de ses compagnons et s'allongea seul. Du‘thūr se tint au-dessus de lui, dégaina son épée et dit : « Ô Muḥammad, qui te protégera de moi ? »

Il dit : « Allah », alors l'épée tomba de sa main. Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) la prit, puis lui dit : « Qui te protégera de moi ? » Il répondit : « Personne. J'atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allah et que Muhammad est le Messager d'Allah. » Il retourna ensuite vers son peuple pour les appeler à l'islam. C'est à son sujet que fut révélée la parole d'Allah : « Ô vous qui avez cru ! Rappelez-vous le bienfait d'Allah sur vous, quand un peuple voulut porter la main sur vous, et qu'Il retint leurs mains loin de vous » (13). Parmi Ses signes : lorsque les gens furent mis en déroute devant le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) le jour de Hunayn, alors qu'Il s'était écarté d'eux, Shayba ibn 'Uthman ibn Abi Talha Le vit et dit : « Aujourd'hui, je vais assouvir ma vengeance et tuer Muhammad, car Son père fut tué le jour d'Uhud avec un groupe de ses frères et oncles. » Shayba dit : « Quand je voulus Le tuer, quelque chose vint et couvrit mon cœur, et je n'en fus pas capable. Je sus alors qu'Il était protégé » (14). Parmi Ses signes : 'Amir ibn al-Tufayl et Arbad ibn Qays, ce dernier étant le frère utérin de Labid ibn Rabi'a le poète, vinrent en délégation auprès du Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) avec leur peuple des Banu 'Amir. 'Amir dit à Arbad : « Quand nous arriverons chez Muhammad, je détournerai Son attention, et toi, frappe-Le avec ton épée jusqu'à Le tuer. » Arbad dit : « Je le ferai. » Puis 'Amir s'avança, c'était un bel homme, jusqu'à se tenir à la tête du Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) et dit : « Ô Muhammad, qu'aurai-je si j'embrasse l'islam ? » Il répondit : « Tu auras ce que tout musulman a, et tu auras les mêmes obligations. » Il dit : « Ne feras-tu pas de moi le gouverneur après toi ? » Il répondit : « Cela n'est ni pour toi ni pour ton peuple, mais tu auras les rênes des chevaux avec lesquels tu feras des expéditions. » Il dit : « Ne sont-elles pas à moi aujourd'hui ? Mais fais de moi et de toi des alliés. » Il répondit : « Cela n'est pas pour toi. » Alors il dit : « Lève-toi, Muhammad, viens ici. » Il se leva vers lui, et 'Amir mit sa main entre ses épaules, puis fit signe à Arbad de frapper. Arbad dégaina son épée d'environ une coudée, mais Allah retint sa main, et il ne put ni la sortir complètement ni la rengainer. Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) se tourna vers Arbad et le vit dans cet état, puis dit : « Ô Allah, protège-moi d'eux comme Tu veux. Ô Allah, guide les Banu 'Amir et épargne la religion de 'Amir. » Ils partirent, et 'Amir disait : « Par Allah, je la remplirai contre toi de chevaux noirs (15) et alezans (16). » Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) dit : « Allah et les fils de Qayla (c'est-à-dire les Ansar) l'empêcheront. » Puis 'Amir dit à Arbad : « Malheur à toi, pourquoi ne L'as-tu pas frappé ? » Il répondit : « Par Allah, chaque fois que j'en avais l'intention, je te voyais, et je ne voyais que toi. Allais-je te frapper avec l'épée ? » Et ils s'en allèrent. Quant à 'Amir, Allah envoya sur lui la peste dans son cou, et il en mourut dans la maison d'une femme des Banu Sulul. Il disait : « Une glande comme celle d'une chamelle (17) dans la maison d'une femme des Banu Sulul ! » Il monta son cheval, le fit galoper (18) jusqu'à mourir. Quant à Arbad, il arriva chez son peuple. Ils dirent : « Qu'as-tu derrière toi, ô Arbad ? » Il dit : « Par Allah, Muhammad nous a appelés à adorer une chose que j'aimerais avoir devant moi maintenant pour la viser avec cette flèche et la tuer. » Puis, un jour ou deux après avoir dit cela, il sortit avec ses chameaux qui le suivaient. Allah envoya sur lui et sur son groupe une foudre qui les brûla. On dit que c'est à propos de sa foudre que fut révélée la parole d'Allah : « C'est Lui qui vous montre l'éclair, source de crainte et d'espoir » (19), c'est-à-dire crainte des foudres et espoir de la pluie. À ce sujet, Labid ibn Rabi'a, le frère utérin d'Arbad, dit : « Je crains pour Arbad les coups du destin, / Et ne redoute ni l'ascension de la Canicule ni du Lion. Le tonnerre et la foudre m'ont affligé du / Cavalier, au jour de la mêlée, le héros. Tout fils de femme libre a sa fin, / Si nombreux que soient ses descendants. S'ils sont enviés, ils sont humiliés ; et s'ils commandent, / Un jour, ils vont à la perte et au malheur. » Si l'on dit : Ce sont des récits isolés qui ne sont pas certains, on répond : L'hostilité est manifeste, la recherche est connue, et la sécurité est présente. L'ensemble des récits n'a pas été rejeté, et il n'est pas établi qu'ils soient tous mensongers, même si certains pris isolément pourraient l'être, comme les récits sur la générosité de Hatim ou la bravoure de 'Antara. **Neuvième chapitre : Ce qui a été observé comme miracles de Ses actes** Allah Très-Haut a déterminé pour Ses serviteurs des actes comme Il leur a déterminé des corps et des durées de vie, aboutissant à une limite qu'ils ne peuvent dépasser, afin que leurs actes soient limités à une coutume familière et à une norme connue par lesquelles ils peuvent subvenir à leurs besoins, et qu'ils sachent que ce qui dépasse cela et sort de leur coutume relève des actes d'Allah en eux, non de leurs propres actes. S'Il manifeste cela chez l'un d'eux, cela indique qu'il est spécialement lié à Allah, distinct des autres, et qu'il est orienté vers Lui, afin qu'il soit distingué par une obéissance divine comme il a été distingué par des actes non humains. C'est pourquoi les actes miraculeux témoignent de la vérité de la prophétie. Parmi Ses signes : Ce que rapporte al-Bukhari d'après 'Abd al-Wahid ibn Ayman, d'après son père, qui dit : Je dis à Jabir ibn 'Abd Allah : « Raconte-moi un hadith du Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) que tu as entendu de lui, afin que je le rapporte de ta part. » Jabir dit : Nous étions avec le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) le jour du Fossé, en train de creuser. Nous restâmes trois jours sans manger, sans pouvoir trouver de nourriture. Une roche dure (20) apparut dans le fossé, que la pioche ne pouvait entamer. J'allai vers le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) et dis : « Voici une roche dure apparue dans le fossé, nous avons versé de l'eau dessus. » Il se leva, le ventre ceint d'une pierre (21), prit la pioche et la pelle, prononça le nom d'Allah trois fois, puis frappa, et la roche devint une dune de sable meuble (22). Quand je vis cela de sa part, je dis : « Ô Messager d'Allah, permets-moi. » Il me permit. J'allai chez ma femme et dis : « Que ta mère te perde ! J'ai vu du Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) une chose que je ne peux supporter. Qu'as-tu ? » Elle dit : « J'ai un sâ' d'orge et une chevrette (23). » Nous moulûmes l'orge, égorgeâmes la chevrette, la cuisîmes, la mîmes dans la marmite (24), pétrîmes la pâte, puis je retournai vers le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui). Je restai un moment, puis demandai à nouveau la permission. Il me la donna. J'allai, et la pâte était prête. Je lui ordonnai de faire le pain et mis la marmite sur les pierres (25). Puis j'allai vers le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) et le consultai : « Nous avons un peu de nourriture. Si tu veux venir avec moi, toi et un ou deux hommes, fais-le. » Il dit : « Qu'est-ce que c'est et combien ? » Je dis : « Un sâ' d'orge et une chevrette. » Il dit : « Retourne chez ta femme et dis-lui de ne pas retirer la marmite des pierres ni de sortir le pain du four avant que je vienne. » Puis il dit aux gens : « Levez-vous, allez à la maison de Jabir. » J'eus honte, une honte que seul Allah connaît. Je dis à ma femme : « Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) est venu avec tous ses compagnons. » Elle dit : « T'a-t-il demandé combien il y avait de nourriture ? » Je dis : « Oui. » Elle dit : « Allah et Son Messager savent mieux. Tu l'as informé de ce que nous avions. » Une partie de mon angoisse disparut, et je dis : « Tu as raison. » Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) vint, entra, puis dit à ses compagnons : « Ne vous pressez pas (26). » Il bénit (27) le four et la marmite. Nous prîmes le pain du four et la viande de la marmite, nous émiettâmes, versâmes et servîmes. Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) dit : « Que sept ou huit personnes s'assoient autour du plat. » Quand ils eurent mangé, nous découvrîmes le four et la marmite, et ils étaient plus pleins qu'avant. Tous les musulmans furent rassasiés, et il resta une partie de la nourriture. Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) nous dit : « Les gens ont souffert de la faim (28), mangez et donnez à manger. » Nous ne cessâmes de manger et de donner à manger ce jour-là. Il m'informa qu'ils étaient huit cents, ou dit deux cents, moins de huit cents. Ceci est analogue au miracle de Jésus (que la paix soit sur lui) concernant la table servie. Parmi Ses signes : Ce que rapporte Malik ibn Anas d'après Ishaq ibn 'Abd Allah ibn Abi Talha, qui a entendu Anas ibn Malik dire : Abou Talha dit à Oum Soulaym : « J'ai entendu le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) faible, je reconnais en Lui la faim. As-tu quelque chose ? » Elle dit : « Oui. » Elle sortit des galettes (29) d'orge, puis sortit un voile, en enveloppa le pain, et m'envoya vers le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui). Je Le trouvai dans la mosquée avec les gens. Je me tins devant eux. Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) me dit : « Abou Talha t'a envoyé ? » Je dis : « Oui. » Il dit : « Pour la nourriture ? » Je dis : « Oui. » Il dit à ceux qui étaient avec Lui : « Levez-vous. » Il partit, et je marchai devant eux jusqu'à arriver chez Abou Talha. Je l'informai. Abou Talha dit : « Ô Oum Soulaym, le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) est venu, et nous n'avons pas assez de nourriture pour les nourrir. » Elle dit : « Allah et Son Messager savent mieux. » Abou Talha alla à la rencontre du Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) et revint avec Lui. Ils entrèrent. Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) dit : « Ô Oum Soulaym, apporte ce que tu as. » Elle apporta ce pain. Il ordonna qu'on l'émiette. Oum Soulaym pressa une outre (30) de beurre. Puis le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) dit ce qu'Allah voulut, puis dit : « Permets à dix personnes. » Elle permit, ils mangèrent jusqu'à être rassasiés, puis sortirent. Il dit : « Permets à dix personnes. » Elle permit, ils mangèrent jusqu'à être rassasiés, puis sortirent. Il dit : « Permets à dix personnes. » Ainsi, les gens mangèrent et furent rassasiés, et ils sortirent. Ils étaient soixante-dix ou quatre-vingts hommes. Le miracle, en plus de nourrir un grand nombre avec peu de nourriture, est ce qu'Anas ibn Malik a rapporté à ce sujet. Parmi Ses signes : Ce que rapporte Anis ibn Abi Yahya d'après Ishaq ibn Salim, d'après Abou Hourayra, qui dit : Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) sortit vers nous et me dit : « Appelle-moi tes compagnons », c'est-à-dire les gens de la Suffa (31). Il dit : Je me mis à les suivre un par un, les réveillant, jusqu'à les rassembler. Nous vînmes à la porte du Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) et demandâmes la permission. Il nous la donna. On plaça devant nous un plat que je pense contenir un repas d'environ un mudd d'orge. Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) y mit la main et dit : « Prenez, au nom d'Allah. » Nous mangeâmes autant que nous voulûmes, puis levâmes nos mains. Le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) dit, quand le plat fut posé : « Par Celui qui tient l'âme de Muhammad dans Sa main, il n'y a pas eu, ce soir, dans la famille de Muhammad, d'autre nourriture que ce que vous voyez. » On dit à Abou Hourayra : « Combien était-ce quand vous eûtes fini ? » Il dit : « Comme quand il fut posé, à part les traces des doigts. » Parmi Ses signes : Lorsque le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) arriva à al-Hudaybiya, qui était sèche, Il dit aux gens : « Descendez. » Ils dirent : « Ô Messager d'Allah, il n'y a pas d'eau dans la vallée pour que nous descendions. » Il sortit une flèche, la donna à al-Bara' ibn 'Azib et dit : « Plante cette flèche dans le fond (32) d'al-Hudaybiya, qui est sec. » Il le fit, et l'eau jaillit (33). Les gens s'appelèrent les uns les autres : « Que celui qui veut de l'eau vienne ! » Abou Soufyan dit : « Un puits avec de l'eau est apparu à al-Hudaybiya. » Puis il dit à Souhayl ibn 'Amr : « Lève-toi, allons voir ce qu'a fait Muhammad. » Ils regardèrent le puits et les sources sous la flèche, et dirent : « Nous n'avons jamais vu pareil chose aujourd'hui. Ce n'est qu'une faible magie de Muhammad. » Quand le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) ordonna le départ, Il dit aux gens : « Prenez votre besoin d'eau. » Puis Il dit à al-Bara' : « Va retirer la flèche. » Quand ils eurent fini et furent partis, al-Bara' retira la flèche, et l'eau s'assécha comme s'il n'y avait jamais eu d'eau. Ceci est analogue à ce qui fut donné à Moïse : la pierre d'où jaillirent douze sources. De même, ce qui est rapporté : lors de l'expédition des Banu al-Mustaliq, Il demanda une outre sèche, cracha dedans, puis la retourna, et des sources jaillirent d'entre Ses doigts, au point que les chevaux et les chameaux burent et que chaque outre fut remplie.

Parmi ses signes 19 : des gens se plaignirent auprès de lui — que la prière et la paix soient sur lui — de la salinité de leur eau. Il se leva avec ses compagnons jusqu'à ce qu'il domine leur puits, y cracha, puis s'en retourna ; et le puits, qui était profond, jaillit d'eau douce. Il est encore aujourd'hui dans le même état, ses propriétaires se le transmettent et le comptent parmi leurs plus grands motifs de fierté. Lorsque les gens de Musaylima 20 apprirent cela, ils lui demandèrent un miracle semblable ; il cracha dans leur puits, et son eau devint saumâtre comme l'urine d'âne, et elle est encore aujourd'hui dans le même état. Une femme vint à lui — que la prière et la paix soient sur lui — avec un enfant dont les cheveux étaient tombés 21 ; il passa sa main sur sa tête, et ses cheveux repoussèrent. Les gens de Musaylima l'apprirent, amenèrent un enfant semblable, il passa sa main sur sa tête, et l'enfant devint chauve ; sa descendance resta chauve jusqu'à notre époque. Parmi ses signes : ce que rapporte 'Alî ibn Abî Tâlib — que Dieu l'agrée — : « Lorsque nous fîmes l'expédition de Khaybar, avec nous se trouvait un groupe de Juifs de Fadak. Quand nous fûmes en vue de la plaine, voici que la vallée et l'eau déracinaient les arbres et ébranlaient les montagnes. Nous estimâmes la profondeur de l'eau : quatorze brasses. Quelqu'un dit : “Ô Messager de Dieu, l'ennemi est derrière nous et la vallée devant nous.” Le Messager de Dieu — que la prière et la paix soient sur lui — descendit, se prosterna, invoqua, puis dit : “Avancez au nom de Dieu.” Les chevaux, les chameaux et les hommes traversèrent ; ce fut la victoire et la domination pour lui. » Cela est analogue à la fente de la mer pour Moïse. Un autre type de ses signes : Al-Hasan rapporte qu'un homme vint auprès du Prophète — que la prière et la paix soient sur lui — et dit : « Je revenais d'un voyage. Alors qu'une fillette de cinq ans 22 tournait autour de moi avec sa servante et ses bijoux, je la pris par la main, l'emmenai dans telle vallée et l'y jetai. » Le Prophète — que la prière et la paix soient sur lui — dit à son père : « Quel était son nom ? » Il répondit : « Une telle. » Le Prophète dit : « Ô une telle, réponds avec la permission de Dieu. » La fillette sortit en disant : « Me voici, ô Messager de Dieu, à ton service. » Il lui dit : « Tes parents ont mal agi ; si tu souhaites que je te rende à eux... » Elle dit : « Je n'ai nul besoin d'eux ; j'ai trouvé Dieu meilleur père qu'eux. » Cela est analogue à ce que fit Jésus — sur lui la paix — en ressuscitant les morts. Parmi ses signes : Tufayl al-'Âmirî vint auprès du Prophète — que la prière et la paix soient sur lui — et se plaignit de la lèpre. Il demanda une petite outre 23, y cracha, et lui ordonna de s'en laver. Il se lava et se leva guéri. Hassân ibn 'Amr al-Khuzâ'î vint à lui, lépreux. Il demanda de l'eau, y cracha, puis lui ordonna de se la verser sur lui-même. Il sortit de sa maladie comme si elle n'avait jamais été. Il retourna inviter son peuple à l'islam, et ils embrassèrent tous l'islam. Qays al-Lakhmî, l'un des chefs de son peuple, vint à lui, atteint de vitiligo 24. Il cracha sur lui, et il n'en resta qu'une quantité équivalente à un grain. Cela est analogue à ce que fit Jésus, fils de Marie — sur lui la paix — en guérissant l'aveugle-né 25 et le lépreux 26. Parmi ses signes : ce que rapporte Sa'îd ibn Abî Sa'îd, d'après son père, d'après Abû Hurayra : le Prophète — que la prière et la paix soient sur lui — revenait une nuit de la prière du soir 27 ; un éclair illumina pour lui. Il regarda Qatâda ibn al-Nu'mân et le reconnut. Celui-ci dit : « Ô Prophète de Dieu, c'était une nuit pluvieuse et j'ai voulu prier avec toi. » Il lui donna une branche de palmier 28 et dit : « Prends ceci, il t'éclairera cette nuit. Quand tu arriveras chez toi, le diable t'a devancé ; regarde dans le coin à ta gauche. » Il entra et regarda là où il avait dit, et voici une chose noire suspendue, qui le devança. Dans ce récit, il y a des miracles de fait et de parole. Parmi ses signes : Abû Qatâda ibn Rib'î vint à lui le jour d'Uhud, alors qu'un de ses yeux était sorti de son orbite et pendait sur son visage. Il dit : « Ô Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur toi, j'ai une femme et je crains qu'elle ne voie cela. » Le Messager de Dieu — que la prière et la paix soient sur lui — remit l'œil à sa place, et il devint le meilleur de ses yeux. De même, ce que rapporte 'Urwa ibn al-Zubayr : Zubayra embrassa l'islam, puis perdit la vue. On lui dit : « Al-Lât et al-'Uzzâ 29 t'ont frappée. » Dieu lui rendit la vue. Les notables de Quraysh dirent : « Si ce qu'apporte Muhammad était un bien, Zubayra ne nous y aurait pas devancés. » Dieu révéla : « Ceux qui ont mécru ont dit à ceux qui ont cru : “Si c'était un bien, ils ne nous y auraient pas devancés.” » 30 Parmi ses signes : Jarhad vint auprès du Messager de Dieu — que la prière et la paix soient sur lui — alors qu'il y avait devant lui un plateau. Il approcha sa main gauche pour manger, car sa main droite était blessée. Le Messager de Dieu — que la prière et la paix soient sur lui — lui dit : « Mange avec la droite. » Il répondit : « Ô Messager de Dieu, elle est blessée. » Il souffla dessus, et il ne s'en plaignit plus jusqu'à cette heure 31. Il vit un homme qui mangeait de la main gauche et lui dit : « Mange avec la droite. » L'homme dit : « Je ne peux pas. » Il dit : « Puisses-tu ne pas pouvoir ! » Et sa main n'atteignit plus sa bouche par la suite ; chaque fois qu'il portait la bouchée à sa bouche, elle allait dans une autre direction. Parmi ses signes : la brebis d'Umm Ma'bad al-Khuzâ'iyya, qui était exténuée, maigre et sans lait. Le Messager de Dieu — que la prière et la paix soient sur lui — caressa sa mamelle, et elle donna du lait et fut remplie de graisse. Elle resta dans cet état jusqu'à sa mort. Umm Sharîk lui offrit une outre de beurre clarifié 32 ; il en prit un peu et lui rendit l'outre, et celle-ci continua à verser du beurre clarifié pendant longtemps. Et d'autres exemples similaires. Si l'on dit : le miracle des prophéties ne s'établit pas par de tels récits isolés 33, il y a deux réponses : Premièrement : les transmetteurs de récits isolés les ont attribués à lui en présence d'une foule nombreuse qui les a vus et a entendu le transmetteur, les a crus et ne les a pas démentis. Or, il est impossible qu'un grand nombre s'abstienne de démentir un mensonge, tout comme il est impossible qu'ils s'entendent pour mentir. Et s'il est possible qu'ils s'accordent sur la vérité malgré le nombre et la dispersion, et qu'il est impossible qu'ils s'accordent sur le mensonge, c'est parce que les motifs de vérité sont généraux et s'entraident, tandis que les motifs de mensonge sont particuliers et contradictoires. C'est pourquoi le mensonge du plus menteur des hommes est moins fréquent que sa vérité, car il ne peut se passer de la vérité, alors qu'il peut se passer du mensonge. Deuxièmement : ce sont des récits qui proviennent de voies multiples et de faits divers, il est donc impossible qu'ils soient tous mensongers, même si chacun pris isolément peut être faux. Ainsi, leur ensemble atteint la transmission continue 34, tandis que leurs parties sont des récits isolés. L'ensemble devenu transmission continue est une preuve, même si les parties isolées n'atteignent pas le degré de preuve. Et Dieu est plus savant. Dixième chapitre : ce qui a été entendu comme miracles de ses paroles Les miracles de la parole consistent à informer d'une chose cachée que seul l'informateur connaît, ce qui constitue une preuve de sa véracité, car l'information peut être vraie ou fausse. La réalité de l'information concerne le passé ; quant au futur, on lui donne le nom d'information par métaphore. Si le futur est rapporté à l'action de l'informateur, c'est une promesse valable de la part d'un prophète ou d'un autre ; s'il est rapporté à l'action d'autrui, c'est un signe miraculeux qui ne peut venir que d'un prophète envoyé et d'une révélation descendue, lorsqu'il se répète sans causes annonciatrices. Et si une information se manifeste de la part d'un non-prophète, c'est par conjecture ; si elle est vraie dans un cas, elle ne l'est pas dans tous. Elle est vraie de la part du Prophète — que la prière et la paix soient sur lui — dans toute information, car elle vient de Dieu, qui embrasse la connaissance des choses cachées, comme Il dit à Son Prophète : « Dis : “Je ne vous dis pas que je détiens les trésors de Dieu, ni que je connais l'invisible, et je ne vous dis pas que je suis un ange. Je ne fais que suivre ce qui m'est révélé.” Dis : “L'aveugle et le voyant sont-ils égaux ?” » 35 Dans « les trésors de Dieu » ici, il y a deux interprétations : L'une : les trésors de la subsistance, pour enrichir ou appauvrir. L'autre : les trésors du châtiment, pour hâter ou retarder. Dans « je ne connais pas l'invisible », deux interprétations : L'une : la connaissance des trésors selon les deux interprétations précédentes. L'autre : la connaissance de ce qui est caché du passé et du futur, sauf que le futur n'est connu que de Dieu et de ceux de Ses prophètes qu'Il en informe. Quant au passé, les créatures peuvent le connaître de deux manières : soit par une créature qui l'a vu, soit par le Créateur qui en informe. Ainsi, les informations sur le futur sont des signes miraculeux de Dieu ; quant au passé, s'il est connu d'un autre que l'informateur, ce n'est pas un miracle ; s'il n'est connu de personne, c'est un signe miraculeux. Dans « je ne vous dis pas que je suis un ange » 36, deux interprétations : L'une : qu'il ne peut pas ce que les serviteurs ne peuvent pas, même si les anges le peuvent. L'autre : qu'il est un être humain et non un destructeur, pour nier de lui l'exagération des chrétiens envers le Messie. Dans sa négation d'être un ange, deux interprétations : L'une : il repousse de lui la supériorité des anges sur les prophètes. L'autre : je ne suis pas un ange dans le ciel pour connaître le ciel invisible que les anges voient et qui échappe aux humains, même si les prophètes sont supérieurs aux anges malgré leur ignorance de ce que voient les anges. Dans « je ne fais que suivre ce qui m'est révélé » 37, deux interprétations : L'une : je ne vous informerai que de ce que Dieu m'a montré. L'autre : je ne ferai que ce que Dieu m'a ordonné. « Dis : “L'aveugle et le voyant sont-ils égaux ?” » 38 : deux interprétations : L'une : le savant et l'ignorant. L'autre : le croyant et le mécréant. Il est donc établi par ce que nous avons exposé que dans les paroles il y a un miracle comme dans les actes, et qu'elles font partie des signes de la prophétie et des miracles des messagers. Nous allons mentionner parmi elles ce qui est propre à la parole du Messager, sans inclure ce que contient le Coran, qui est miraculeux dans l'information et autre.


  1. عصمته : Protection divine, préservation de tout péché ou mal.
  2. دار الندوة : Maison de l'Assemblée, lieu de réunion des notables de Quraych.
  3. ساد : Deviendra un chef, un maître.
  4. أوثر : Je préfère, je choisis.
  5. الحطيم : Espace entre la Pierre Noire et la porte de la Ka'ba, ou mur adjacent.
  6. فحل : Fauve, lion, ou tout animal féroce mâle.
  7. محجوبا : Protégé, voilé, inaccessible.
  8. شاهت الوجوه ... حمر لا يبصرون : Expressions signifiant que les visages sont défigurés et que les yeux sont aveuglés.
  9. مدجج : Homme armé, portant une cotte de mailles.
  10. ظاهر بين درعين : Porter deux cottes de mailles superposées.
  11. الحجر : Zone semi-circulaire adjacente à la Ka'ba, aussi appelée Ḥijr Ismā‘īl.
  12. البطحاء : Plaine ou vallée à La Mecque.
  13. شجاعان أقرعان : Deux serpents chauves, ou deux serpents mâles agressifs.
  14. لا ينقلان قدما : Ils ne pouvaient pas bouger un pied, paralysés.
  15. حم تَنْزِيلٌ ... : Début de la sourate 41 (Fussilat), versets 1-4.
  16. صاعِقَةً مِثْلَ صاعِقَةِ عادٍ وَثَمُودَ : Référence au châtiment destructeur envoyé aux peuples de ‘Ād et Thamūd.
  17. ثمامة : Plante du désert, panicum ou herbe touffue.
  18. غزوة ذي أمر : Expédition de Dhāt al-Riqā‘, une campagne militaire du Prophète.
  19. a'lâm : Signes, miracles, preuves de la prophétie.
  20. Musaylima : Faux prophète contemporain de Muhammad, tué lors de la bataille de Yamama.
  21. tama''aṭa : S'est dégarni, a perdu ses cheveux.
  22. bint khamâsiyya : Fillette d'environ cinq ans.
  23. rakwa : Petite outre en cuir pour l'eau.
  24. baraṣ : Vitiligo, maladie de peau caractérisée par des taches blanches.
  25. akmah : Aveugle de naissance.
  26. abraṣ : Lépreux ou atteint de vitiligo.
  27. al-'ishâ' : Prière du soir, la cinquième prière canonique.
  28. 'urjûn : Branche de palmier, notamment la tige de la grappe de dattes.
  29. al-Lât wa al-'Uzzâ : Deux divinités préislamiques adorées par les Arabes païens.
  30. Coran 46:11 : Référence coranique : Sourate al-Ahqaf, verset 11.
  31. sâ'ata : Ce moment, cette heure, indiquant une guérison immédiate et définitive.
  32. 'ukka : Outre ou récipient en cuir pour le beurre clarifié (samn).
  33. akhbâr al-âhâd : Récits isolés, transmis par une seule chaîne de garants, par opposition aux récits mutawâtir (transmission continue).
  34. tawâtur : Transmission continue par un nombre suffisant de garants à chaque génération, rendant le mensonge impossible.
  35. Coran 6:50 : Référence coranique : Sourate al-An'âm, verset 50.
  36. Coran 6:50 : Même verset : 'wa lâ aqûlu lakum innî malak'.
  37. Coran 6:50 : Même verset : 'in attabi'u illâ mâ yûḥâ ilayya'.
  38. Coran 6:50 : Même verset : 'qul hal yastawî al-a'mâ wa al-baṣîr'.

Le neuvième chapitre sur ce qui a été observé des miracles de Ses actes [1]

[Les catégories d’arrivée des récits] L’arrivée des récits se divise en quatre catégories : les récits de diffusion (akhbār al-istifāḍa)¹, les récits de transmission successive (akhbār al-tawātur)², les récits isolés avec indices (akhbār al-āḥād bi-qarā’in)³, et les récits isolés sans indices (akhbār al-āḥād mujarrada)⁴. Quant aux récits de diffusion et de transmission successive, les gens de science en ont parlé sans les distinguer, mais selon moi ils sont distincts, car la différence des noms est établie pour une différence dans ce qu’ils désignent ; il est donc plus approprié de les interpréter selon la réalité de la différence que selon la métaphore de l’accord. Les récits de diffusion sont ceux qui se répandent dès le début, émanant de tout rapporteur, pieux ou impie, intentionnellement ou non, et que tout auditeur, savant ou ignorant, vérifie ; aucun rapporteur ne les conteste, aucun auditeur n’en doute, leurs débuts et leurs fins sont équivalents, leurs premiers comme leurs derniers, et leur aboutissement est le même ; c’est le type de récit le plus fort dans sa transmission et le plus solide dans son établissement. Quant aux récits de transmission successive, ce sont ceux rapportés par une personne après une autre jusqu’à ce qu’ils deviennent nombreux et atteignent un nombre tel que l’entente sur le mensonge et l’accord sur l’erreur sont exclus pour de tels rapporteurs ; leur récit n’est entaché d’aucune anomalie ni illusion ; ainsi, au début, ils font partie des récits isolés, et à la fin, des récits de transmission successive, ce qui les rend différents des récits de diffusion au début, mais conformes à eux à la fin. La différence entre le récit de diffusion et le récit de transmission successive se manifeste sous trois aspects : Le premier : ce que nous avons mentionné de leur différence dans le commencement et l’aboutissement. Le deuxième : les récits de diffusion peuvent être involontaires, tandis que les récits de transmission successive ne peuvent être qu’intentionnels. Le troisième : dans les récits de diffusion, on ne tient pas compte de l’intégrité des rapporteurs, alors que dans les récits de transmission successive, on tient compte de l’intégrité des rapporteurs ; ensuite, les deux types de récits s’égalisent dans l’absence de doute à leur sujet et l’acquisition de la certitude par eux. Un exemple de diffusion dans les prescriptions de la Loi est le nombre des prières ; un exemple de transmission successive dans les prescriptions de la Loi est l’institution des aumônes légales (zakāt). On a divergé sur le fait que la certitude qu’ils procurent soit une certitude nécessaire (ʿilm ḍarūrī) ou une certitude acquise (ʿilm iktisābī), selon deux opinions : L’une : c’est une certitude acquise résultant d’un raisonnement, selon certains compagnons d’al-Shāfiʿī et certains théologiens, car la certitude concernant leur récit est liée à des qualités qui leur sont propres ; ainsi, la recherche de ces qualités devient un raisonnement menant à la certitude sur leur récit. Ceux qui soutiennent cette opinion ont divergé sur le point de savoir si la certitude est acquise à partir du récit ou du rapporteur, selon deux opinions : L’une : à partir du récit, car c’est l’objet visé. L’autre : à partir du rapporteur, car c’est lui qui transmet. Telle est l’opinion de ceux qui en font une certitude par raisonnement. La deuxième opinion : c’est l’avis de la majorité des juristes et des théologiens, selon lequel il s’agit d’une certitude nécessaire perçue par l’intuition première des esprits, car la certitude à son sujet peut parvenir à l’évidence sans réflexion et s’établir dans les cœurs sans transition. Ceux qui soutiennent cette opinion ont divergé sur le fait que cette certitude nécessaire provienne de l’acte du rapporteur ou de l’acte de Dieu, selon deux opinions : L’une : elle provient de l’acte du rapporteur, car elle lui parvient par lui-même ; c’est l’avis de la plupart des juristes. L’autre : elle provient de l’acte de Dieu, car c’est Lui qui y contraint ; c’est l’avis de la plupart des théologiens. Parmi ceux qui soutiennent cette dernière opinion, ils ont divergé sur deux points : L’un : elle provient de l’acte de Dieu dans le récit. L’autre : elle provient de Son acte dans le rapporteur. Ce que je considère comme le plus juste, c’est que les récits de diffusion entraînent une certitude nécessaire, et les récits de transmission successive entraînent une certitude par raisonnement, car la diffusion se passe de réflexion, tandis que la transmission successive a besoin de réflexion, bien que la certitude soit obtenue par les deux. Les imāmites (al-Imāmiyya)⁵ ont prétendu que la certitude n’est obtenue par les récits de diffusion et de transmission successive que si, parmi les rapporteurs, se trouve un imam infaillible, ou si un imam infaillible les confirme. Il a été rapporté de Ḍirār b. ʿAmr⁶ que l’argument de la diffusion et de la transmission successive n’est valable après les messagers pour transmettre leurs paroles et leurs actes que par le consensus de la communauté sur leur véracité ou l’exactitude de leur transmission. Ces deux opinions sont réfutées par les jugements des esprits, car ceux-ci sont contraints à la certitude à leur sujet, comme la certitude nécessaire concernant les choses observées et les perceptions des sens ; en effet, les récits sur les pays, comme l’existence de La Mecque et de la Chine, sont connus par nécessité, tout comme on sait par observation, et comme l’homme sait qu’il y a une terre sous lui et un ciel au-dessus de lui, parce que nous nous trouvons nous-mêmes les connaissant de manière égale, et en raison de ce qui est dans les instincts naturels à cet égard. Ṭufayl al-Ghanawī⁷, un bédouin à la nature saine, exempt d’affectation, et à l’intuition pure, exempte de profondeur et de contrainte, a dit ce qui indique l’obtention de la certitude par les récits de diffusion et de transmission successive : « Un souci nocturne m’a visité, pesant, Et sont venues des nouvelles qui ne mentent pas. Elles se sont multipliées jusqu’à ce qu’il n’y ait pour moi aucun doute, Et dans ce qu’ils ont rapporté, il n’y a rien à contester. » (1) [Chapitre : Catégories des récits isolés] Quant aux récits isolés (akhbār al-āḥād), ils sont de deux types : Le premier : ce qui est accompagné de ce qui entraîne la certitude sur son contenu ; cela peut provenir de cinq aspects : Le premier : qu’il soit confirmé par celui dont la véracité est certaine, comme le Messager ou celui que le Messager a informé de sa véracité ; on connaît ainsi la véracité du rapporteur et l’exactitude du récit. Le deuxième : que la communauté s’accorde sur sa véracité ; on sait par leur consensus qu’il est véridique dans son récit. Le troisième : qu’ils s’accordent pour l’accepter et agir selon lui ; cela constitue une preuve de la véracité de son récit. Le quatrième : que le récit se rapporte à une situation qu’un grand nombre a observée et dont ils ont entendu la narration sans la contester au rapporteur ; cela indique l’exactitude du récit et la véracité du rapporteur. Le cinquième : que le récit soit accompagné de preuves rationnelles ; s’il s’y rapporte, il est nécessairement vrai, car ce qui est conforme à la raison ne peut être que vérité ; s’il se rapporte à autre chose, sa conformité à la raison n’indique pas la véracité du récit, bien qu’elle entraîne l’exactitude de ce que le récit contient. Le deuxième type : que le récit d’un seul soit dépourvu d’indice indiquant sa véracité ; c’est un signe qui entraîne une présomption (ẓann) sans exiger la certitude ; elle se renforce si le temps s’écoule sans qu’il soit contredit par un rejet ou une opposition, et si des récits de sens similaire se répètent en accord avec lui ; l’ensemble devient alors transmis successivement (mutawātir), bien que ses éléments soient isolés (āḥād). Une fois ce principe établi concernant les récits, et sans que ce qui est rapporté des annonces du Messager en sorte, nous avons mentionné ce qui a été rapporté de ses actes, et nous mentionnerons ce qui a été rapporté de ses paroles : Parmi cela : ce qui a été rapporté du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « La terre a été pliée pour moi, et on m’a montré ses levants et ses couchants ; la royauté de ma communauté atteindra ce qui a été plié pour moi. » Allah a rendu véridique sa parole et a réalisé ce qu’il a mentionné ; sa communauté a conquis les extrémités de la terre, jusqu’à ce que ceux qui sont au levant et au couchant se soumettent à sa Loi. Il a dit (que la paix soit sur lui) à ʿAdī b. Ḥātim⁸ : « Que ne te détourne pas de cette religion ce que tu vois de la peine de ses gens et de la faiblesse de ses compagnons ; il te semble qu’ils sont à la Blancheur des Médains (bayḍā’ al-Madā’in)⁹, conquise pour eux ; il te semble que la femme en palanquin (al-ẓaʿīna)¹⁰ sort d’al-Ḥīra¹¹ jusqu’à arriver à La Mecque sans escorte (khifāra)¹², ne craignant qu’Allah. » ʿAdī a vu tout cela ; cela ne peut être que par la révélation d’Allah à lui sur Son mystère et la réalisation de Sa promesse dans Sa parole : « pour le faire triompher sur toute religion » (2)¹³. Parmi ses signes : ce que rapporte al-Barā’ b. ʿĀzib¹⁴ : Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) nous ordonna de creuser le fossé (al-khandaq) ; un grand rocher nous apparut, que la pioche (al-miʿwal)¹⁵ ne pouvait entamer. Il prit la pioche, dit « Au nom d’Allah », frappa un coup et en brisa un tiers, puis dit : « Allah est plus grand ! On m’a donné les clés de la Syrie. » Puis il frappa un second coup, en brisa un autre tiers, et dit : « Allah est plus grand ! On m’a donné les clés de la Perse. » Puis il frappa un troisième coup, brisa le reste de la pierre, et dit : « Allah est plus grand ! On m’a donné les clés du Yémen. » Allah a rendu véridique sa parole et lui a donné ce qu’Il lui a ouvert. Kaʿb b. Mālik¹⁶ rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dire : « Quand l’Égypte sera conquise, traitez bien les Coptes (al-qibṭ)¹⁷, car ils ont un lien de parenté et un pacte de protection. » Il voulait dire que la mère d’Ismaël, fils d’Abraham, était d’entre eux. Parmi ses signes : il écrivit à Chosroès (Kisrā)¹⁸ une lettre l’invitant à l’islam, et commença par son propre nom avant le nom de Chosroès. Lorsque celui-ci la lut, il s’indigna (anifa li-nafsihi) (3) de ce début par son nom, et déchira la lettre. La nouvelle en parvint au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), qui dit : « Son royaume sera déchiré. » Puis Chosroès écrivit immédiatement à son gouverneur au Yémen, Bādhān¹⁹, surnommé Abū Mihrān : « Amène-moi cet homme qui se prétend prophète et a commencé par son nom avant le mien, et m’a invité à une autre religion que la mienne. » Il envoya donc Fayrūz b. al-Daylamī²⁰ avec un groupe de ses compagnons, et écrivit avec eux une lettre mentionnant ce que Chosroès avait écrit. Fayrūz et ceux qui l’accompagnaient vinrent à lui et lui dirent : « Mon seigneur – voulant dire Chosroès – m’a ordonné de t’amener à lui. » Il leur demanda un délai d’une nuit. Le lendemain, Fayrūz se présenta à l’aube (saḥaban)²¹, et le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui dit : « Mon Seigneur m’a informé que ton seigneur a été tué la nuit dernière ; son fils Shīrūya²² a été mis au pouvoir sur lui, à la septième heure de la nuit. Attends donc que la nouvelle te parvienne. » Fayrūz en fut effrayé et terrifié ; il retourna auprès de Bādhān et l’informa. Bādhān lui dit : « Comment t’es-tu senti en entrant chez lui ? » Il répondit : « Par Allah, je n’ai jamais craint personne comme j’ai craint cet homme. » Bādhān dit : « Si ce qu’il a dit est vrai, c’est un prophète. » Peu après, la nouvelle de sa mort cette nuit-là, à cette heure même, lui parvint. Bādhān, Fayrūz et ceux qui étaient avec eux parmi les fils des Perses (al-abnā’)²³ embrassèrent l’islam. Puis al-ʿAnsī²⁴ apparut avec ses mensonges inventés ; il envoya dire à Fayrūz : « Tue-le » – qu’Allah le tue – et il le tua. Dans ce récit, il y a des signes des mystères que seul Allah connaît, ou celui à qui Il les révèle. Parmi ses signes : il vit les avant-bras de Surāqa b. Mālik b. Juʿshum²⁵, fins et poilus, et dit : « Que feras-tu quand, après moi, on te parera des bracelets de Chosroès ? » Lorsque la Perse fut conquise, ʿUmar le fit venir, lui mit les bracelets de Chosroès et lui dit : « Dis : Louange à Allah qui a dépouillé Chosroès fils d’Hormuz de ces bracelets et en a paré Surāqa b. Juʿshum. » Parmi ses signes : ce que rapporte Jābir b. ʿAbd Allāh²⁶ : Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pria avec nous, puis dit : « Le Négus (al-Najāshī) Aṣḥama²⁷ est mort à cette heure ; sortons vers le lieu de prière pour prier sur lui. » Il pria sur lui et fit quatre takbīr. Les hypocrites dirent : « Regardez-le, il prie sur un vieux chrétien (ʿilj naṣrānī)²⁸ qu’il n’a jamais vu ! » Alors Allah révéla : « Et parmi les gens du Livre, il en est qui croient en Allah, en ce qui vous a été révélé et en ce qui leur a été révélé » (4)²⁹, jusqu’à la fin du verset. Puis la nouvelle de la mort du Négus arriva par des marchands qui étaient revenus à Médine. De même, il est rapporté qu’un vent souffla à Tabūk³⁰, et le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « Ceci est pour la mort d’un grand hypocrite, qui est mort à ce moment-là. » Parmi ses signes : il dit à ses compagnons : « Aujourd’hui, les Arabes ont été victorieux sur les Perses, et c’est par moi qu’ils ont été secourus. » La nouvelle de la bataille de Dhī Qār³¹ arriva, et comment Allah y fit triompher les Arabes sur les Perses, lorsque les Banū Shaybān et Bakr b. Wā’il tuèrent parmi les Perses ceux qu’ils tuèrent ; ce fut le premier jour où les Arabes l’emportèrent sur les Perses. La nouvelle leur parvint qu’elle avait eu lieu à la même heure du jour que celui où le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) en avait informé. Parmi ses signes : Allah lui dévoila ce qui lui était caché concernant l’armée de Mu’ta³² ; il dit à ses compagnons : « Zayd b. Ḥāritha³³ a pris l’étendard, a avancé, a été tué et est parti martyr ; puis après lui, Jaʿfar b. Abī Ṭālib³⁴ a pris l’étendard, a avancé, a été tué et est parti martyr. » Il fit une pause, puis dit : « Puis après lui, ʿAbd Allāh b. Rawāḥa³⁵ a pris l’étendard, a avancé, a été tué et est parti martyr. » Car ʿAbd Allāh b. Rawāḥa avait hésité à prendre l’étendard après la mort de Jaʿfar pendant un moment, puis l’avait pris. Il dit : « Ensuite, les musulmans ont agréé Khālid b. al-Walīd³⁶, qui a repoussé l’ennemi loin d’eux jusqu’à ce qu’ils soient dégagés. » Puis il se rendit à la maison de Jaʿfar b. Abī Ṭālib, en fit sortir ses enfants, ses yeux versèrent des larmes, et il annonça la mort de Jaʿfar à sa famille. Les nouvelles arrivèrent qu’ils avaient été tués ce jour-là, comme il l’avait décrit.

Parmi ses signes : sa parole, la nuit de l’Ascension, lorsqu’il fut au matin : « Je suis passé près de la caravane des Banû Untel et j’ai trouvé les gens endormis, et il y avait un récipient contenant de l’eau, qu’ils avaient recouvert. J’ai soulevé le couvercle, bu ce qu’il contenait, puis remis le couvercle comme il était. Et le signe de cela est que leur caravane arrive maintenant de tel endroit, précédée d’un chameau gris (ورق) portant deux outres (غرتان), l’une noire et l’autre grise. » Les gens se précipitèrent vers le col et trouvèrent ce qu’il avait décrit. Ils interrogèrent (la caravane) au sujet du récipient et trouvèrent les choses comme il l’avait dit. Parmi ses signes : il vit ‘Alî — que Dieu honore son visage — lors de l’expédition d’al-‘Ushayra, couché sur la terre, avec ‘Ammâr. Il leur dit : « Ne vous informerais-je pas des deux hommes les plus misérables (أشقى الناس) ? » Ils répondirent : « Si. » Il dit : « Le plus misérable des hommes est le Rouge de Thamûd (أحمر ثمود), l’égorgeur de la chamelle, et celui qui teindra (cette barbe). Ô ‘Alî, ceci vient de ceci », et il indiqua de sa tête à sa barbe. Et il dit à ‘Ammâr : « La faction injuste (الفئة الباغية) te tuera, et ta dernière provision de ce monde sera un sâ‘ (صاع) de lait. » Il advint ce qu’il advint du meurtre de ‘Alî — que Dieu honore son visage — par Ibn Muljam — que Dieu le maudisse — et le meurtre de ‘Ammâr le jour de Siffîn. Lorsque la nouvelle fut rapportée à Mu‘âwiya, il ne la nia pas et s’en défendit en disant : « C’est celui qui l’a amené qui l’a tué. » De même, ce qui est rapporté que le Prophète — sur lui la prière et la paix — mentionna Zayd ibn Sûhân et dit : « Zayd, et qu’est-ce que Zayd ? Un membre de lui le précédera au Paradis. » Sa main fut coupée le jour de Nihâwand dans le sentier de Dieu. Et il dit : « Le califat après moi durera trente ans, puis ce qui suivra sera une royauté. » Un autre type de ses signes — sur lui la prière et la paix : lors de l’expédition de Tabûk, il campa avec son armée — environ trente mille hommes — dans un lieu sans eau. Ils eurent soif et se plaignirent à lui. Il envoya Abû Qatâda, Abû Talha, Simâk ibn Kharasha et Sa‘d ibn ‘Ubâda chercher de l’eau. Ils s’absentèrent jusqu’au milieu du jour (قائم الظهيرة), puis revinrent sans rien trouver. La soif gagna les hommes, les chevaux et les montures. Il pria avec ses compagnons en faisant le tayammum (تيمم). Lorsqu’il eut terminé, ils se plaignirent à lui de la soif. Il envoya Usayd ibn Hudayr et Usâma chercher de l’eau auprès des Bédouins. Les hypocrites dirent : « Muhammad prétend annoncer les nouvelles du ciel, mais il ne connaît pas le chemin vers l’eau. » Gabriel — sur lui la paix — vint à lui, l’informa de leurs paroles et les lui nomma. Il s’en plaignit à Sa‘d ibn ‘Ubâda, qui dit : « Si tu veux, je leur tranche la nuque. » Il dit : « Non, de peur que les gens ne disent que Muhammad tue ses compagnons. Mais nous les traiterons bien tant qu’ils resteront avec nous. » Puis il dit à Abû al-Haytham ibn al-Tayyihân, Abû Qatâda et Suhayl ibn Baydâ’ : « Prenez la route, allez vers la colline de sable (الكثيب) et arrêtez-vous un moment. Une vieille femme bédouine passera près de vous, montée sur sa chamelle, avec une outre d’eau. Nourrissez-la, achetez-lui (l’eau) à tout prix (بما عز وهان), et amenez-la avec l’eau. » Ils partirent jusqu’à atteindre l’endroit qu’il leur avait décrit, et voilà la femme. Ils dirent : « Nous vends-tu cette eau ? » Elle dit : « Moi et ma famille avons plus besoin d’eau que vous. » Ils la supplièrent de venir avec l’eau auprès du Messager de Dieu — sur lui la prière et la paix — mais elle refusa et dit : « C’est un sorcier. Le mieux est que je ne le voie pas et qu’il ne me voie pas. » Ils la ligotèrent solidement et l’amenèrent avec l’eau. Lorsqu’elle se tint devant le Messager de Dieu — sur lui la prière et la paix — il dit : « Relâchez-la. » Puis il lui dit : « Nous vends-tu cette eau ? » Elle dit : « Ma famille en a plus besoin que vous. » Il dit : « Autorise-nous à en user, et il en sera comme si tu l’avais apportée. » Elle dit : « Faites comme vous voulez. » Il dit à Abû Qatâda : « Apporte la petite aiguière (الميضأة). » On la lui apporta. Il délia l’outre (السقاء), cracha dedans, versa (l’eau) dans l’aiguière, y mit sa main, puis dit : « Approchez-vous et prenez. » L’eau se mit à augmenter et les gens à prendre, jusqu’à ce qu’ils n’eussent plus une seule outre qu’ils n’eussent remplie, abreuvant leurs chameaux et leurs montures, tandis que l’aiguière restait pleine. Puis le Messager de Dieu — sur lui la prière et la paix — versa encore dans l’outre jusqu’à la remplir, et il resta dans l’aiguière les deux tiers (de son contenu). Puis ils firent tous leurs ablutions au matin, tandis que l’eau augmentait sans diminuer. Parmi ses signes — sur lui la prière et la paix : une de ses chamelles s’égara lors de son départ pour Tabûk. Les gens se dispersèrent à sa recherche. Auprès de lui se trouvait ‘Umâra ibn Hazm, et dans la monture de ‘Umâra se trouvait Zayd ibn al-Lusayt, un Juif qui avait embrassé l’Islam puis était devenu hypocrite. Zayd dit dans la monture de ‘Umâra : « Muhammad prétend être un prophète qui vous annonce les nouvelles du ciel, mais il ne sait pas où est sa chamelle. » Le Messager de Dieu — sur lui la prière et la paix — dit : « Un hypocrite dit : “Muhammad ne prétend-il pas être un prophète qui vous annonce les nouvelles du ciel, et il ne sait pas où est sa chamelle ?” Par Dieu, je ne sais que ce que mon Seigneur m’a enseigné. Or Il m’a appris qu’elle se trouve dans la vallée, dans tel ravin, retenue par un arbre de samura (سمرة) par sa longe. » Les gens se hâtèrent et la trouvèrent ainsi. Ils la lui amenèrent. ‘Umâra ibn Hazm retourna à sa monture et dit : « Je m’étonne de ce qu’a mentionné le Messager de Dieu — sur lui la prière et la paix. » Un homme qui était dans sa monture avec Zayd ibn al-Lusayt dit : « Zayd a dit cela avant que tu n’arrives vers nous. » ‘Umâra frappa Zayd au cou et dit : « Tu es un fléau dans ma monture. Sors-en, ennemi de Dieu ! » Et à cause de la peine qu’il rencontra lors de l’expédition de Tabûk, il dit à ses compagnons : « Ne vous réjouirais-je pas ? » Ils dirent : « Si, ô Messager de Dieu. » Il dit : « Dieu Très-Haut m’a donné cette nuit les deux trésors : la Perse et Rome. Et Il m’a renforcé par les rois, les rois de Himyar, qui combattront dans le sentier de Dieu et mangeront du butin de Dieu (فيء الله). » Et il en fut ainsi. Parmi ses signes — sur lui la prière et la paix : il envoya Khâlid ibn al-Walîd de Tabûk, avec quatre cent vingt cavaliers, vers Ukaydir ibn ‘Abd al-Malik à Dûmat al-Jandal, de la tribu de Kinda. Khâlid dit : « Ô Messager de Dieu, comment l’atteindre au milieu du territoire de Kalb, alors que je ne suis qu’en petit nombre ? » Il dit : « Tu le trouveras en train de chasser les bovins (البقر), et tu le prendras. » Khâlid partit. Lorsqu’il fut à portée de vue de son fort, par une nuit d’été claire de lune, Ukaydir était sur sa terrasse à cause de la chaleur intense, avec sa femme. Les bovins vinrent frotter leurs cornes contre la porte du fort. Ukaydir dit : « Par Dieu, je n’ai jamais vu de bovins venir à nous la nuit, sauf cette nuit. D’habitude, je prépare les chevaux pour eux un mois ou plus quand je veux les chasser. » Puis il descendit, monta à cheval avec ses hommes et son équipement. Lorsqu’ils s’éloignèrent du fort, les chevaux de Khâlid les regardaient sans hennir ni bouger. Dès qu’ils furent partis, les cavaliers les saisirent et Ukaydir fut fait prisonnier. Parmi ses signes — sur lui la prière et la paix : lorsqu’il conclut le pacte avec Suhayl ibn ‘Amr à al-Hudaybiya, alors que Quraysh l’avait empêché d’accomplir la ‘Umra, et qu’il écrivit entre lui et lui le traité (القضية), il dit à ‘Alî — que Dieu honore son visage : « Écris : “Ceci est ce sur quoi a conclu un pacte Muhammad, le Messager de Dieu, avec Suhayl ibn ‘Amr.” » Suhayl dit : « Si je savais que tu es le Messager de Dieu, je ne t’aurais pas empêché. Mais je te reconnais pour ton rang. Écris : “Muhammad ibn ‘Abd Allâh.” » Il dit : « Ô ‘Alî, efface “Messager de Dieu”. » ‘Alî dit : « Je ne peux effacer ton nom de la prophétie. » Alors le Messager de Dieu — sur lui la prière et la paix — tendit la main vers l’endroit et l’effaça lui-même. Puis il dit à ‘Alî : « On te demandera une chose semblable, et tu l’accorderas. » Il lui fut demandé une chose semblable le jour des deux arbitres (الحكمين), lorsqu’on mentionna dans l’acte d’arbitrage : « Ceci est ce sur quoi a convenu ‘Alî, le Prince des Croyants (أمير المؤمنين). » ‘Amr lui dit : « Si nous reconnaissions que tu es le Prince des Croyants, nous ne contesterions pas avec toi. » Alors ‘Alî effaça “Prince des Croyants”. Et lorsque Suhayl eut dit cela, ‘Umar dit : « Ô Messager de Dieu, laisse-moi arracher les incisives (ثنيي) de Suhayl pour qu’il ait un défaut de langue (نلثغ) et ne puisse jamais se lever comme orateur contre nous. » Or Suhayl avait la lèvre inférieure fendue (أعلم الشفة السفلى) et était un orateur éloquent. Le Messager de Dieu — sur lui la prière et la paix — lui dit : « Laisse-le, ô ‘Umar. Peut-être se lèvera-t-il un jour pour toi dans une position que tu loueras. » Et il en fut ainsi de sa belle conduite à La Mecque, lorsque ses habitants s’agitèrent à la mort du Messager de Dieu — sur lui la prière et la paix — et que ‘Attâb ibn Usayd se cacha, ce dont on loua l’effet. Parmi ses signes — sur lui la prière et la paix : ce qu’a rapporté al-Suddî : le Messager de Dieu — sur lui la prière et la paix — dit à ses compagnons : « Un homme de Rabî‘a entrera aujourd’hui chez vous, parlant la langue d’un démon. » Al-Hutam ibn Hind al-Bakrî vint à lui, seul, ayant laissé ses chevaux à l’extérieur de Médine. Le Messager de Dieu — sur lui la prière et la paix — l’appela et lui dit : « À quoi appelles-tu ? » Il l’en informa. Il dit : « Accorde-moi un délai pour consulter quelqu’un. » Il sortit de chez lui. Le Messager de Dieu — sur lui la prière et la paix — dit : « Il est entré avec un visage d’infidèle et sorti avec un refus de traître. » Il passa près d’un troupeau (سرح) de Médine, le razzia et s’enfuit en scandant : « La nuit l’a enveloppé, le conducteur Hutam, Ni gardien de chameaux ni de brebis, Ni boucher sur un dos de monture (وضم). Ils dormirent, et Ibn Hind ne dormit pas, Il passa la nuit à la caresser, un garçon pareil à une flèche (كالزلم), Aux jambes décharnées, aux pieds dénudés. » Puis, l’année suivante, il vint comme pèlerin, ayant marqué sa bête de sacrifice (قلد الهدي). Le Messager de Dieu — sur lui la prière et la paix — voulut envoyer quelqu’un vers lui, mais le verset suivant descendit sur lui : « Ne profanez pas les rites sacrés de Dieu, ni le mois sacré, ni les bêtes de sacrifice, ni les colliers (des bêtes), ni ceux qui se dirigent vers la Maison sacrée » (Coran 5:2). Des gens parmi ses compagnons dirent : « C’est notre homme, laisse-nous faire avec lui. » Il dit : « Il a marqué (sa bête). » Un autre type de ses signes — sur lui la prière et la paix : ce qu’a rapporté ‘Âsim ibn ‘Amr, d’après Qatâda : lorsque les associateurs retournèrent à La Mecque après Badr, ‘Umayr ibn Wahb al-Jumahî dit à Safwân ibn Umayya : « Que Dieu rende la vie mauvaise après la mort de nos chefs à Badr ! Par Dieu, sans une dette que j’ai et dont je ne trouve pas de quoi m’acquitter, et une famille que je ne laisse sans rien, je serais parti vers Muhammad pour le tuer. Si je le vois de mes yeux, je le tuerai, car il m’est parvenu qu’il se promène dans les marchés. » Safwân lui dit : « Ta dette est à ma charge, et ta famille est comme ma famille. Occupe-toi de ton affaire. » Il l’équipa et le chargea sur un chameau. ‘Umayr aiguisa son épée, l’emmena et partit vers Médine. Il y entra, ceignant son épée. ‘Umar — que Dieu Très-Haut l’agrée — l’aperçut, bondit vers lui, mit le baudrier de son épée autour de son cou et le fit entrer auprès du Messager de Dieu — sur lui la prière et la paix — en disant : « Voici l’ennemi de Dieu, ‘Umayr ibn Wahb. » Il dit : « Éloigne-toi de lui, ô ‘Umar. » Puis il lui dit : « Qu’est-ce qui t’amène ? » Il dit : « La rançon de mon prisonnier chez vous. » Il dit : « Qu’en est-il de l’épée ? » Il dit : « Que Dieu la maudisse ! A-t-elle servi à quelque chose ? Je l’ai oubliée en descendant (de ma monture), et elle est à mon cou. » Il lui dit : « Qu’as-tu donc promis à Safwân ibn Umayya près de la Pierre (الحجر) ? » ‘Umayr fut saisi de peur et dit : « Que lui ai-je promis ? » Il dit : « Tu t’es chargé de me tuer, à condition qu’il acquitte ta dette et prenne soin de ta famille. Mais Dieu Très-Haut s’interpose entre toi et cela. » ‘Umayr dit : « J’atteste que tu es le Messager de Dieu et que tu es véridique. Et j’atteste qu’il n’y a de dieu que Dieu. Nous te traitions de menteur au sujet de la révélation du ciel, mais cette conversation était secrète entre moi et Safwân, comme tu l’as dit, et personne d’autre que moi n’en avait connaissance. » ‘Umar dit : « Par Dieu, un porc m’était plus cher que lui lorsqu’il est apparu, et maintenant il m’est plus cher que certains de mes enfants. » Le Messager de Dieu — sur lui la prière et la paix — dit : « Enseignez le Coran à votre frère et libérez son prisonnier. » ‘Umayr dit : « J’ai lutté pour éteindre la lumière de Dieu, mais Dieu m’a guidé. À Lui la louange. Permets-moi de rejoindre Quraysh et de les appeler à Dieu et à l’Islam. » Il le lui permit. Il rejoignit La Mecque et les appela. Beaucoup de gens embrassèrent l’Islam avec lui. Safwân jura de ne plus jamais lui parler.

Parmi ses signes 37 — que la prière et la paix soient sur lui — : ce que rapporta Shayba ibn ‘Uthmân ibn Abî Talha : « Nul ne m’était plus odieux que l’Envoyé de Dieu — que la prière et la paix soient sur lui — et comment n’en eût-il pas été ainsi, alors qu’il avait tué huit des nôtres, chacun portant l’étendard ? Lorsque Dieu — qu’Il soit exalté — eut ouvert La Mecque, je désespérai de ce que j’avais souhaité : le tuer. Je me dis en moi-même : “Les Arabes sont entrés dans sa religion ; quand pourrai-je assouvir ma vengeance contre lui ?” Lorsque les Hawâzin se rassemblèrent à Hunayn, je me dirigeai vers eux pour trouver une occasion de le surprendre et de le tuer. Quand les gens s’enfuirent devant lui et qu’il ne resta qu’avec ceux qui tinrent ferme avec lui, je vins par-derrière et levai l’épée ; au moment où j’allais l’abattre, mon cœur fut voilé, et une flamme de feu s’éleva devant moi, si bien que je n’en eus pas la force. Je sus qu’il était protégé. Il se retourna vers moi et dit : “Approche, ô Shayba, et combats.” Il posa sa main sur ma poitrine, et il devint alors la personne la plus aimée à mes yeux. Je m’avançai et combattis devant lui ; si mon père s’était présenté à moi, je l’aurais tué pour le soutenir. Quand le combat prit fin, j’entrai chez lui. Il me dit : “Ce que Dieu a voulu pour toi est meilleur que ce que tu voulais pour toi-même.” Et il m’informa de tout ce que j’avais ruminé en moi-même 38. Je dis : “Nul n’a eu connaissance de cela, sinon Dieu.” Et j’embrassai l’islam. »

Nous sommes venus à toi, et la vierge au sang de ses seins... La mère de l'enfant était préoccupée par son fils. L'enfant, dans sa faiblesse due à la faim, jeta ses mains en signe de supplication, sans pouvoir avaler ni savourer. Nous n'avons rien de ce que les gens mangent, si ce n'est le coloquinte amer et le 'alhaz le plus vil. Nous n'avons d'autre refuge que toi ; et où les gens trouveraient-ils refuge sinon auprès des messagers ? Alors l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se leva, traînant son manteau, jusqu'à monter en chaire. Il loua Dieu et Le glorifia, puis dit : « Ô Dieu, donne-nous une pluie secourable, abondante, générale, non tardive, qui fasse pousser les cultures, remplisse les mamelles, et rende la vie à la terre après sa mort ; et c'est ainsi que vous serez ressuscités. » Il n'eut pas plutôt achevé sa prière que le ciel se couvrit de nuages. Les gens des bas quartiers vinrent crier : « Ô Envoyé de Dieu, le déluge ! » Il dit : « Autour de nous, mais pas sur nous. » Les nuages se dissipèrent autour de Médine comme une couronne. L'Envoyé de Dieu rit au point que ses molaires apparurent, et dit : « Que Dieu agrée Abû Tâlib ! S'il était vivant, ses yeux se réjouiraient de celui qui nous récite sa poésie. » Alors 'Alî ibn Abî Tâlib — que Dieu honore son visage — dit : « Ô Envoyé de Dieu, il semble que tu vises ses paroles : "Et au visage blanc duquel on implore la pluie des nuages, protecteur des orphelins, refuge des veuves. Les perdus de la famille de Hâshim cherchent refuge auprès de lui, et ils sont comblés de ses bienfaits et de ses largesses. Vous mentez, par la Maison de Dieu ! Nous combattrons pour Muhammad, et nous ne cesserons de lutter pour lui. Nous le défendrons jusqu'à tomber autour de lui, oublieux de nos enfants et de nos épouses." » Un homme de Kinâna se leva et récita : « À Toi la louange, et la louange de qui a remercié ; nous avons été abreuvés par le visage du Prophète, la pluie. Il invoqua Dieu, son Créateur, d'une invocation, et leva les yeux vers Lui. Ce ne fut que comme la rencontre de la mort, et vite nous vîmes les perles. Et l'eau abondante couvrit la terre ; Dieu en secourut les hauts Moudar. Et il en fut comme l'avait dit son oncle Abû Tâlib : "Blanc, au front lumineux. Par lui, Dieu fait descendre la pluie des nuages" ; et voici la preuve évidente de cette nouvelle. » L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Si un poète est bon, tu as bien fait. » Parmi les signes 39 de lui — que Dieu prie sur lui et le salue — : ce que Dieu Très-Haut manifesta de Sa générosité envers son oncle 'Abbâs, lorsque 'Umar — que Dieu l'agrée — implora la pluie par son intermédiaire, se recommandant de son oncle. Il sortit pour demander la pluie par lui, alors que les gens étaient en disette. Il dit : « Ô Dieu, nous nous rapprochons de Toi par l'oncle de Ton Prophète, le reste de ses pères et le grand de ses hommes. Préserve donc, ô Dieu, Ton Prophète en la personne de son oncle ; nous nous sommes tournés vers Toi par lui, intercédant et implorant Ton pardon. » Alors 'Abbâs, les yeux débordant de larmes, dit : « Ô Dieu, Tu es le Berger, ne néglige pas la brebis égarée. Le petit a souffert, le grand s'est attendri, la plainte s'est élevée, et Tu connais le secret et ce qui est plus caché. Ô Dieu, secours-les donc par Ton secours avant qu'ils ne désespèrent et périssent ; car ne désespèrent de Ta miséricorde que les gens mécréants. » Alors les nuages se formèrent et le ciel déversa une pluie abondante. Les gens se mirent à toucher les membres de 'Abbâs et à dire : « Félicitations à toi, abreuveur des deux sanctuaires ! » Alors Hassân ibn Thâbit dit : « L'Imam a demandé, alors que notre sécheresse se succédait, et il fit pleuvoir les nuages par le front de 'Abbâs. L'oncle du Prophète et le pareil de son père, qui hérita du Prophète par cela, à l'exclusion des gens. Dieu fit revivre par lui le pays, et il devint verdoyant après le désespoir. » Alors al-Fadl ibn al-'Abbâs ibn Abî Lahab dit, s'en glorifiant : « Par mon oncle, Dieu abreuve le Hedjaz et ses habitants, le soir où 'Umar implora la pluie par sa vieillesse. 'Abbâs se tourna vers Lui dans la sécheresse, suppliant, et il n'eut pas plutôt fait cela que la pluie abondante tomba. » Parmi les signes de lui — que Dieu prie sur lui et le salue — : ce qui est rapporté qu'Asmâ' bint 'Umays dit à Fâtima que 'Alî ibn Abî Tâlib — que Dieu les agrée — était chez l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — alors que la révélation lui était descendue. Il le couvrit de son vêtement, et il resta ainsi jusqu'à ce que le soleil eût décliné ou failli disparaître. Puis la révélation cessa, et l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « As-tu prié, ô Abû al-Hasan ? » Il dit : « Non. » Il dit : « Ô Dieu, fais revenir le soleil pour 'Alî. » Alors le soleil revint jusqu'à atteindre le milieu de la mosquée. Parmi les signes de lui — que Dieu prie sur lui et le salue — : ce qui est rapporté de 'Alî ibn Abî Tâlib — que Dieu Très-Haut honore son visage — qui dit : « L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — m'envoya au Yémen. Je dis : "Ô Envoyé de Dieu, tu m'envoies alors que je suis jeune et sans connaissance du jugement ?" Il dit : "Va, car Dieu Très-Haut guidera ton cœur et affermira ta langue." » 'Alî — que Dieu l'agrée — dit : « Je n'ai jamais douté en rendant un jugement entre deux personnes. » C'est pourquoi l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Le plus savant d'entre vous en jugement est 'Alî. » De même, sa parole à Ibn 'Abbâs, qui était alors un jeune garçon : « Ô Dieu, donne-lui l'intelligence de la religion et enseigne-lui l'interprétation 40. » Il devint alors le plus savant des gens en religion et le plus connaisseur en interprétation, au point qu'on le surnomma la mer pour l'étendue de sa science. Parmi les signes de lui — que Dieu prie sur lui et le salue — : ce que rapporte Abû al-'Âliya d'après Abû Hurayra, qui dit : « J'apportai à l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — des dattes et dis : "Invoque Dieu pour moi afin qu'Il y mette la bénédiction." Il les aligna sur sa main, puis invoqua la bénédiction sur elles. Puis il dit : "Mets-les dans le sac ; quand tu voudras quelque chose, mets ta main dedans sans les répandre." » Abû Hurayra dit : « Je portai de ces dattes tant et tant de wasq 41 dans le chemin de Dieu ; nous en mangions et en donnions à manger, et il ne quittait jamais mes reins. Le jour du meurtre de 'Uthmân, il se rompit et disparut. » Parmi les signes de lui — que Dieu prie sur lui et le salue — : ce que rapporte Ju'ayl al-Ashja'î, qui dit : « Je fis une expédition avec l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — lors de l'une de ses expéditions. Il dit : "Avance, ô cavalier." Je dis : "Ô Envoyé de Dieu, elle est maigre et faible." Il leva une cravache qu'il avait et la frappa avec, disant : "Ô Dieu, bénis-la pour lui." » Il dit : « Je vis alors que je ne pouvais retenir sa tête tant elle devançait les gens ; et je vendis de sa progéniture pour douze mille [dirhams]. » Parmi les signes de lui — que Dieu prie sur lui et le salue — : ce que rapporte 'Â'isha — que Dieu l'agrée — qui dit : « L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — arriva à Médine, qui était la terre la plus malsaine. Il dit : "Ô Dieu, rends-nous Médine aimable comme Tu nous as rendu la Mecque aimable, rends-la saine pour nous, bénis pour nous son sâ' 42 et son mudd 43, et transporte sa fièvre à al-Juhfa 44." » Et il en fut ainsi. Parmi les signes de lui — que Dieu prie sur lui et le salue — : le jour de Badr, il prit une poignée de graviers et de poussière et la jeta au visage des gens, disant : « Que les visages soient défigurés ! » Les graviers se dispersèrent parmi les associateurs, et quiconque fut atteint par ces graviers et cette poussière fut tué ou fait prisonnier. C'est à ce sujet que descendit la parole de Dieu Très-Haut : « Ce n'est pas vous qui les avez tués, mais c'est Dieu qui les a tués ; et ce n'est pas toi qui as lancé quand tu as lancé, mais c'est Dieu qui a lancé 45. » Parmi les signes de lui — que Dieu prie sur lui et le salue — : que at-Tufayl ibn 'Amr ad-Dawsî vint à la Mecque ; il était poète et intelligent. Les Qurayshites lui dirent : « Méfie-toi de Muhammad, car sa parole est comme une magie qui sépare l'homme de sa femme. » Il vint donc chez lui et dit : « Ô Muhammad, expose-moi ta cause. » Il lui exposa l'islam et lui récita le Coran ; il embrassa l'islam et dit : « Ô Envoyé de Dieu, je suis un homme obéi dans mon peuple ; je vais retourner vers eux et les appeler à l'islam. Invoque Dieu pour qu'Il me donne un signe qui soit une aide contre eux. » Il dit : « Ô Dieu, donne-lui un signe. » Il sortit ; arrivé à une certaine colline, une lumière apparut entre ses yeux, pareille à une lampe. Il dit : « Ô Dieu, ailleurs que sur mon visage, car je crains qu'ils ne pensent qu'il s'agit d'une mutilation. » Elle se déplaça alors et se posa sur le bout de son fouet. Les présents voyaient cette lumière sur son fouet comme une lanterne suspendue, tandis qu'il descendait de la colline. Puis il appela les chefs de son peuple à l'islam, mais ils tardèrent. Il vint alors à l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et dit : « Ô Envoyé de Dieu, ils m'ont vaincu à Daws ; invoque Dieu contre eux. » Il dit : « Ô Dieu, guide Daws. Retourne vers ton peuple, appelle-les à Dieu et sois doux avec eux. » Il retourna vers eux et ne cessa de les appeler dans la terre de Daws jusqu'à ce qu'ils embrassassent l'islam. Parmi les signes de lui — que Dieu prie sur lui et le salue — : ce que rapporte Abû Nuhayk al-Azdî d'après 'Amr ibn Akhtab, qui dit : « L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — demanda de l'eau. Je lui apportai un récipient contenant de l'eau dans lequel il y avait un cheveu. Je l'enlevai puis le lui donnai. Il dit : "Ô Dieu, embellis-le." » Il dit : « Je le vis après quatre-vingt-treize ans ; il n'y avait dans sa tête et sa barbe aucun cheveu blanc. » Et l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — interdit à un homme de lisser ses cheveux pendant la prière. Il vit un homme qui lissait ses cheveux pendant la prière et dit : « Que Dieu enlaidisse tes cheveux ! » Et il devint chauve sur-le-champ. Si l'on dit : « L'exaucement des invocations n'est pas un miracle de la prophétie, car l'invocation des non-prophètes peut aussi être exaucée. » On répond : « Les invocations des prophètes sont exaucées de manière générale, dans toutes leurs demandes ; quant aux invocations des autres, si elles sont exaucées, c'est de manière particulière, dans certaines d'entre elles. Car les prophètes parlent par la vérité ; lorsque leurs langues prononcent une invocation, elle rencontre ce qui leur a été ordonné, et ils sont exaucés. Les autres peuvent parler par la vérité ou par autre chose ; si leurs invocations sont exaucées, c'est une faveur qui dépend de la volonté de Dieu Très-Haut. » Chapitre douze : Ses annonces — que Dieu prie sur lui et le salue — de ce qui arriverait après lui. Rapporté par Fadâla ibn Abî Fadâla al-Ansârî, qui dit : « Je sortis avec mon père à Yanbu' 46 pour rendre visite à 'Alî ibn Abî Tâlib — que Dieu l'agrée — qui y était malade. Mon père lui dit : "Ô Abâ al-Hasan, qu'est-ce qui te retient dans ce pays ? Je ne suis pas sûr que la mort ne te frappe ici, et alors personne ne s'occupera de toi, si ce n'est des bédouins de Juhayna. Si tu te transportais à Médine, si la mort te frappe, tes compagnons s'occuperont de toi et prieront sur toi." Il dit : "Ô Abâ Fadâla, mon bien-aimé et le fils de mon oncle, l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — m'a informé que je ne mourrai pas avant d'être investi du commandement, que je ne mourrai pas avant d'avoir combattu le groupe rebelle, et que je ne mourrai pas avant que celle-ci ne soit teinte par celle-ci" — et il frappa de sa main sur sa barbe et sa tête — "décret décrété et pacte conclu. Il a échoué, celui qui a forgé des mensonges." » Parmi ses annonces — que Dieu prie sur lui et le salue — : ce que rapporte Abû Salama d'après Abû Hurayra, qui dit : « L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — entra chez Mâriya la Copte 47 dans la maison de Hafsa bint 'Umar. Celle-ci le trouva en train de rire avec elle. Elle dit : "Ô Envoyé de Dieu, dans ma maison, à l'exclusion des maisons de tes épouses ?" Il dit : "Elle m'est désormais interdite, je ne la toucherai plus." Puis il lui dit : "Ô Hafsa, t'annoncerai-je une bonne nouvelle ?" Elle dit : "Oui, que mon père et ma mère te soient sacrifiés !" Il dit : "Cette affaire sera dirigée après moi par Abû Bakr, ton père. Garde cela secret." Elle sortit et entra chez 'Â'isha, disant : "T'annoncerai-je une bonne nouvelle, ô fille d'Abû Bakr ?" Celle-ci dit : "Quoi ?" Elle lui raconta cela et dit : "Il m'a demandé de garder le secret, garde-le donc." Alors Dieu Très-Haut révéla : "Ô Prophète, pourquoi interdis-tu ce que Dieu t'a rendu licite, cherchant l'agrément de tes épouses 48 ?" » Parmi ses annonces : ce que rapporte Mu'âdh ibn Jabal, qui dit : « L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — m'envoya au Yémen. Il sortit avec moi pour me recommander. Quand il eut fini, il dit : "Ô Mu'âdh, il se peut que tu ne me rencontres plus après cela, et peut-être passeras-tu par ma mosquée et ma chaire." Mu'âdh pleura. Alors l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — se tourna et dirigea son visage vers Médine, disant : "Ces gens de ma maison se considèrent comme les plus proches de moi, mais il n'en est pas ainsi. Les plus proches de moi sont les pieux, où qu'ils soient. Ô Dieu, je ne leur permets pas de corrompre ce que j'ai réformé." » Parmi ses annonces — que Dieu prie sur lui et le salue — : ce que rapporte 'Abd Allâh ibn 'Abbâs, qui dit : « J'étais assis chez l'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — quand arriva 'Uthmân. Lorsqu'il s'approcha de lui, il dit : "Ô 'Uthmân, tu seras tué alors que tu récites la sourate al-Baqara ; une goutte de ton sang tombera sur moi. Dieu te suffira contre eux ; les gens de l'Orient et de l'Occident t'envieront, et tu seras ressuscité au Jour de la Résurrection comme un prince sur ceux qui t'auront abandonné." » Parmi ses annonces — que Dieu prie sur lui et le salue — : ce que rapporte Jâbir ibn 'Abd Allâh, qui dit : « L'Envoyé de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : "Quiconque aime voir un martyr marchant sur la terre, qu'il regarde Talha ibn 'Ubayd Allâh." » Parmi ses annonces — que Dieu prie sur lui et le salue — : ce qui est rapporté qu'il dit à Fâtima — que Dieu l'agrée — : « Tu es la première de ma famille à me rejoindre, et quel bon prédécesseur je suis pour toi ! » Elle fut la première de sa famille à mourir après lui — que Dieu prie sur lui et le salue.

**Chapitre treizième : Du miracle du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) par ce qui est apparu des animaux** Si le miracle est une rupture de l'habitude, il n'est pas impossible qu'y apparaisse ce qui la contredit. Et si les animaux sont privés d'entendement et dépourvus de parole, il n'est pas choquant, lorsqu'Allah Très-Haut veut par eux manifester un miracle, qu'Il leur donne de la connaissance de quoi ils parlent par ce dont Il les inspire, et qu'ils informent de ce dont Il les a instruits, puis qu'Il les en dépouille et qu'ils retournent à leur nature, comme Il l'a fait pour l'arbre qui parla d'une parole qu'entendit Moïse, et pour le bâton qui devint un serpent rampant, afin que cela fût parmi les signes éclatants et les miracles irrésistibles. **Parmi Ses signes (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) :** Un homme était dans son troupeau de moutons à les faire paître. Il les négligea une heure de son jour, et un loup le trompa (le rusa), prit une brebis. Il se mit à se plaindre. Alors le loup jeta la brebis et lui parla d'une parole éloquente en disant : « Malheur à toi ! Pourquoi m'empêches-tu d'obtenir une subsistance qu'Allah Très-Haut m'a accordée ? » Ahban se mit à frapper des mains et dit : « Par Allah, je n'ai jamais vu aujourd'hui un loup parler ! » Le loup dit : « Vous êtes étonnants, et dans votre affaire il y a une leçon. Voici Muhammad qui appelle à la vérité dans le ventre de La Mecque, et vous êtes insouciants à son égard. » L'homme fut alors guidé vers sa droiture, il vint jusqu'à embrasser l'Islam, et raconta aux gens son histoire. Il resta pour sa descendance un honneur dont ils se vantaient auprès des Arabes, et leur orgueilleux disait : « Je suis le fils de celui à qui le loup a parlé. » **Parmi Ses signes (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) :** Ce qu'a rapporté Abou Sa'id al-Khoudri : « Alors qu'un berger faisait paître des moutons dans la Harrat (une terre de pierres noires), voilà qu'un loup vint vers une brebis de son troupeau et la saisit. Le berger s'interposa entre le loup et la brebis. Le loup s'assit sur la base de sa queue et dit au berger : "Ne crains-tu pas Allah ? Tu t'interposes entre moi et une subsistance qu'Allah m'a envoyée ?" Le berger dit : "Chose étonnante qu'un loup s'asseye sur sa queue et me parle du langage des humains !" Le loup lui dit : "Ne t'informerai-je pas de quelque chose de plus étonnant que cela ? Voici le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) entre les deux Harrat (Médine) qui raconte aux gens les nouvelles de ce qui a précédé." Le berger prit alors la brebis, vint à Médine, et vint auprès du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Il sortit vers les gens et dit au berger : "Lève-toi et raconte-leur." Il se leva et leur raconta. Il (le Prophète) dit : "Le berger a dit vrai." Son nom était 'Umayr at-Ta'i, et il fut appelé "Muslim adh-Dhi'b" (le musulman du loup). » **Parmi Ses signes (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) :** Ce qu'a rapporté Ibn 'Omar d'après son père 'Omar (qu'Allah Très-Haut soit satisfait d'eux deux) : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) était dans une assemblée de ses Compagnons, lorsqu'un bédouin vint, ayant attrapé un lézard (dabb) et l'ayant mis dans sa manche pour l'emporter et le manger. Quand il vit l'assemblée, il dit : « Qu'est-ce que cela ? » Ils dirent : « Le Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). » Il vint en fendant la foule et dit : « Par al-Lat et al-'Uzza, il n'y a personne que je hais plus que toi. Et si ce n'était que mon peuple ne me traite de hâtif, je me serais hâté de te tuer. » 'Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) dit : « Ô Messager d'Allah, laisse-moi me lever et le tuer. » Il dit : « Ô 'Omar, ne sais-tu pas que l'homme indulgent est presque un prophète ? » Puis il dit au bédouin : « Qu'est-ce qui t'a poussé à ce que tu as dit ? » Il dit : « Par al-Lat et al-'Uzza, je ne croirai pas jusqu'à ce que ce lézard croie en toi. » Il sortit le lézard de sa manche et le jeta entre les mains du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Ô lézard ! » Le lézard lui répondit d'une langue arabe claire que tout le monde entendait : « Me voici à Ton service et à Ta disposition, ô parure de ceux qui se tiendront au Jour de la Résurrection. » Il dit : « Qui adores-tu ? » Il dit : « Celui dont le Trône est dans le ciel, dont l'autorité est sur terre, dont la miséricorde est au Paradis, et dont le châtiment est en Enfer. » Il dit : « Qui suis-je, ô lézard ? » Il dit : « Le Messager du Seigneur des mondes, et le Sceau des prophètes. A réussi celui qui t'a cru, et a échoué celui qui t'a démenti. » Le bédouin dit alors : « Non, non, je suis une trace après une vision. Par Allah, je suis venu à toi alors qu'il n'y avait sur la face de la terre personne que je haïssais plus que toi, et aujourd'hui tu m'es plus cher que moi-même et que mes parents. Je t'aime en mon for intérieur et mon extérieur, en secret et en public. J'atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah et que tu es Muhammad, le Messager d'Allah. » Il (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Louange à Allah qui t'a guidé par moi. Certes, cette religion domine et n'est pas dominée. » Le bédouin retourna alors vers son peuple et leur raconta l'histoire. Il était des Banu Sulaym. Mille personnes d'entre eux vinrent alors auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). Il leur ordonna d'être sous l'étendard de Khalid ibn al-Walid (que la miséricorde d'Allah soit sur lui). Aucun groupe d'Arabes ne crut en un seul moment, hormis eux. **Parmi Ses signes (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) :** Ce qu'a rapporté Anas ibn Malik : Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) entra dans un jardin (ha'it) des Ansar avec Abou Bakr (qu'Allah Très-Haut soit satisfait de lui). Dans le jardin, il y avait une chèvre (une femelle de la chèvre) qui se prosterna devant lui. Abou Bakr dit : « Ô Messager d'Allah, nous étions plus en droit de nous prosterner devant toi que cette chèvre. » Il dit : « Il ne convient pas qu'un homme se prosterne devant un autre. Et s'il convenait qu'un homme se prosterne devant un autre, j'aurais ordonné à la femme de se prosterner devant son mari. » **Parmi Ses signes (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) :** Ce qu'a rapporté 'Abdullah ibn Abi Awfa : « Alors que nous étions assis auprès du Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), voilà qu'un homme vint à lui et dit : "Ô Messager d'Allah, le chameau d'arrosage (nadh) des Banu untel a une plaie au dos (dabira) qui les gêne." Il dit : "Il se leva et nous nous levâmes avec lui. Nous dîmes : 'Ô Messager d'Allah, ne t'en approche pas, car nous craignons pour toi.' Il s'approcha du chameau. Quand le chameau le vit, il se prosterna devant lui. Il posa sa main sur la tête du chameau et dit : 'Apporte le couteau.' Il le posa sur sa tête et lui recommanda le bien. » **Parmi Ses signes (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) :** Ce qu'a rapporté Jubayr ibn Mut'im : « Nous étions assis auprès d'une idole qui était nôtre, un mois avant que le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ne soit envoyé. Nous avions sacrifié une chamelle. Nous entendîmes un crieur qui criait : "Écoutez la chose étonnante ! L'écoute clandestine a cessé pour un prophète à La Mecque, nommé Ahmad, émigrant vers Yathrib." Cela faisait partie des signes annonciateurs et des traces porteuses de bonne nouvelle. » **Parmi Ses signes (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) :** Alors qu'il était assis avec ses Compagnons, voilà qu'un chameau vint à lui en blatérant (produisant un son). Il s'arrêta. Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « Savez-vous ce que dit celui-ci ? Il dit : "J'appartiens à la famille untelle, une tribu des Khazraj. Ils m'ont utilisé et épuisé jusqu'à ce que je devienne vieux et faible. Quand ils n'ont trouvé aucune ruse, ils veulent m'égorger. Je viens donc implorer ton secours contre eux." » Le Messager d'Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) l'arrêta et envoya quelqu'un vers eux pour le leur demander en don. Ils le lui donnèrent, et il le laissa libre dans le quartier. **Parmi Ses signes (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) :** Ce qu'a rapporté Burd d'après Makhoul : « Alors que les gens de Duraih (une tribu d'Arabes du Yémen) étaient dans leur assemblée, voilà qu'un veau vint et les salua, puis les interrogea et dit : "Ô gens de Duraih, une affaire réussie crie dans le ventre de La Mecque d'une langue éloquente, attestant qu'il n'y a de divinité qu'Allah. Répondez-y." » Il dit : « Et à ce sujet fut révélée la parole d'Allah Très-Haut : {Seigneur, nous avons entendu un crieur qui appelle à la foi : "Croyez en votre Seigneur", et nous avons cru} [Coran, 3:193]. » Si l'on dit : « Il est possible que ce qui a été entendu des paroles des animaux soit comme un écho qui répète la parole de celui qui parle, et que l'auditeur le prenne pour la parole de l'écho alors que c'est la parole de celui qui parle, et que cela soit par une force qu'Allah Très-Haut crée dans ce qui est préparé pour cela, cachée aux oreilles et aux regards. » Il y a deux réponses à cela : La première : l'écho répète une parole entendue lorsqu'il la rencontre avant que son son ne la répète. Or, la parole de l'animal n'est pas en face d'une parole qu'elle répète, donc la similitude est impossible. La seconde : la force préparée n'est pas du genre des forces humaines, donc il n'y a pas dans la supériorité de miracle. Elle est plutôt en dehors du genre de leurs forces, donc elle sort de leur pouvoir. Et ce qui sort du pouvoir des humains est miraculeux. Si cette objection était valable, l'objection serait annulée par elle. **Chapitre quatorzième : De l'apparition du miracle du Prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) à partir des arbres et des êtres inanimés** Et si les connaissances issues des êtres inanimés sont plus éloignées, et la parole venant d'eux plus étrange, il n'est ni improbable ni étrange qu'Allah Très-Haut y crée, parmi les signes sortant de l'ordinaire, ce par quoi Allah Très-Haut confond celui qui a la vue claire, et ce par quoi Il soutient celui qui cherche secours.

Parmi ses signes 49 — que la paix et le salut soient sur lui — : ce que les traditionalistes rapportent de 'Alî ibn Abî Tâlib — que Dieu honore son visage — qui prononça devant les gens son célèbre sermon, dit « éclatant ». Il y dit : « Louange à Dieu qui connaît les secrets des cœurs et les mystères cachés. Ô gens ! Craignez Dieu et ne soyez pas des adversaires de Ses bienfaits envers vous, ni des envieux de Sa faveur auprès de vous. N'obéissez pas au fondement de la perversité et aux tenants de la rébellion, car Dieu éprouve Ses serviteurs orgueilleux en eux-mêmes par Ses saints 50 humbles à leurs yeux. Ne voyez-vous pas qu'Il a éprouvé les premiers, depuis Adam jusqu'aux derniers de ce monde, par toutes sortes d'épreuves et les a soumis à diverses formes de lutte, afin d'en faire des portes ouvertes à Sa faveur et des causes conduisant à Son pardon ? Craignez donc ce qui a frappé les nations avant vous comme châtiments exemplaires 51, à cause de leurs mauvaises actions et de leurs actes blâmables, de peur que vous ne deveniez leurs semblables. Ils étaient en effet dans des états troublés, des mains divisées, une communauté dispersée, au milieu d'une calamité permanente et des couches d'ignorance : filles enterrées vivantes, idoles adorées, liens de parenté rompus, razzias incessantes. Regardez donc les bienfaits de Dieu sur eux lorsqu'Il leur envoya un messager : comment la grâce déploya sur eux les ailes de sa générosité et fit couler pour eux les ruisseaux de sa félicité. Ils devinrent les juges du monde et les rois aux confins de la terre, dominant ceux qui les dominaient auparavant et exécutant les jugements sur ceux qui les exécutaient jadis. J'étais avec le Messager de Dieu — que la paix et le salut soient sur lui — lorsque les notables de Quraych vinrent à lui et dirent : « Ô Muhammad ! Tu as prétendu une chose immense que n'ont prétendue ni tes pères ni aucun de ta famille. Nous te demandons une chose : si tu y réponds et nous la montres, nous saurons que tu es un prophète et un messager ; sinon, nous saurons que tu es un magicien menteur. » Il leur dit : « Que demandez-vous ? » Ils dirent : « Invoque pour nous cet arbre afin qu'il s'arrache avec ses racines et se tienne devant toi. » Le Messager de Dieu — que la paix et le salut soient sur lui — dit : « Dieu est capable de toute chose. Si Dieu le fait pour vous, croirez-vous et témoignerez-vous de la vérité ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : « Je vais vous montrer ce que vous demandez, mais je sais que vous ne reviendrez pas au bien et que parmi vous, il y a celui qui sera jeté dans le puits 52 et celui qui formera les coalisés 53. » Puis il dit : « Ô arbre ! Si tu crois en Dieu et au Jour dernier et si tu sais que je suis le Messager de Dieu, arrache-toi avec tes racines et tiens-toi devant moi, par la permission de Dieu. » 'Alî — que Dieu l'agrée — dit : « Par Celui qui l'a envoyé avec la vérité, l'arbre s'arracha avec ses racines et vint, produisant un bourdonnement intense et un fracas semblable au bruit des ailes d'oiseaux, jusqu'à se tenir devant le Messager de Dieu — que la paix et le salut soient sur lui —, frémissant, jetant sa partie supérieure sur lui et certaines de ses branches sur mon épaule — j'étais à sa droite. Lorsque les gens virent cela, ils dirent, par orgueil et arrogance : « Ordonne-lui que la moitié vienne à toi et que l'autre moitié reste. » Il le lui ordonna, et la moitié vint de la manière la plus étonnante et avec le bourdonnement le plus fort, au point qu'elle faillit envelopper le Messager de Dieu — que la paix et le salut soient sur lui. Ils dirent alors, avec mécréance et obstination : « Ordonne à cette moitié de retourner à l'autre moitié comme avant. » Il le lui ordonna, et elle retourna. Je dis alors : « Il n'y a de dieu que Dieu ! Je suis le premier à croire en toi, ô Messager de Dieu, et le premier à reconnaître que l'arbre a fait ce qu'il a fait par ordre de Dieu, en confirmation de ta prophétie et en glorification de ta parole. » Tous les gens dirent : « Ô magicien menteur, étonnant par sa magie, habile en cela ! Te croira-t-il en cela autre que celui-ci ? » — en me désignant. » Ceci est rapporté par un prédicateur 54 attesté, et il est rare qu'une assemblée semblable soit dépourvue de quelqu'un qui connaît le vrai du faux en cela ; ils étaient donc unanimes à en confirmer l'authenticité. Sans cela, la réfutation serait apparue, même si elle est rare. Ceci est parmi les signes les plus éloquents et les plus manifestes de son miracle 55.


  1. استفاضة : خبر متواتر عملياً، ينتشر بين الناس دون قصد، ويحصل به العلم الضروري.
  2. تواتر : خبر يرويه عدد كبير يستحيل تواطؤهم على الكذب، ويحصل به العلم.
  3. آحاد بقرائن : خبر الواحد المقترن بقرائن توجب العلم.
  4. آحاد مجردة : خبر الواحد الخالي من القرائن، يفيد الظن فقط.
  5. الإمامية : فرقة شيعية تعتقد بعصمة الأئمة الاثني عشر.
  6. ضرار بن عمرو : متكلم معتزلي من القرن الثاني الهجري، له آراء في الأخبار.
  7. طفيل الغنوي : شاعر جاهلي، ضرب به المثل في الفطرة السليمة.
  8. عدي بن حاتم : صحابي جليل، كان نصرانياً ثم أسلم.
  9. بيضاء المدائن : قصر أبيض في المدائن (طيسفون) عاصمة الفرس.
  10. الظعينة : الهودج أو المرأة في الهودج.
  11. الحيرة : مدينة قديمة في العراق، كانت عاصمة المناذرة.
  12. خفارة : حراسة أو أمان.
  13. ليظهره على الدين كله : إشارة إلى الآية 33 من سورة التوبة: {هُوَ الَّذِي أَرْسَلَ رَسُولَهُ بِالْهُدَىٰ وَدِينِ الْحَقِّ لِيُظْهِرَهُ عَلَى الدِّينِ كُلِّهِ}.
  14. البراء بن عازب : صحابي، روى أحاديث عن النبي صلى الله عليه وسلم.
  15. المعول : آلة حفر من حديد، تشبه الفأس.
  16. كعب بن مالك : صحابي، شاعر، من الأنصار، تخلف عن غزوة تبوك.
  17. القبط : سكان مصر الأصليون قبل الفتح الإسلامي.
  18. كسرى : لقب ملوك الفرس الساسانيين، والمقصود هنا كسرى أبرويز.
  19. باذان : والي اليمن من قبل كسرى، أسلم بعد حادثة تمزيق الكتاب.
  20. فيروز بن الديلمي : صحابي، من أبناء الفرس، أسلم وقتل الأسود العنسي.
  21. سحبا : بفتح السين وسكون الحاء، أي جراً على الأرض.
  22. شيرويه : ابن كسرى أبرويز، قتل أباه وتولى الملك.
  23. الأبناء : أبناء الفرس الذين استوطنوا اليمن.
  24. العنسي : الأسود العنسي، متنبئ كذاب ظهر في اليمن.
  25. سراقة بن مالك بن جعشم : صحابي، كان مطارداً للنبي في الهجرة ثم أسلم.
  26. جابر بن عبد الله : صحابي، من الأنصار، روى أحاديث كثيرة.
  27. النجاشي أصحمة : ملك الحبشة الذي آمن بالنبي صلى الله عليه وسلم.
  28. علج نصراني : العلج: الرجل القوي من العجم، والنصراني: المسيحي.
  29. وإن من أهل الكتاب... : الآية 199 من سورة آل عمران: {وَإِنَّ مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ لَمَنْ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَمَا أُنْزِلَ إِلَيْكُمْ وَمَا أُنْزِلَ إِلَيْهِمْ خَاشِعِينَ لِلَّهِ}.
  30. تبوك : منطقة في شمال الجزيرة العربية، غزاها النبي صلى الله عليه وسلم.
  31. ذي قار : موقع معركة بين العرب والفرس قبل الإسلام، انتصر فيها العرب.
  32. مؤتة : غزوة في عهد النبي صلى الله عليه وسلم ضد الروم.
  33. زيد بن حارثة : صحابي، مولى النبي صلى الله عليه وسلم، قائد جيش مؤتة.
  34. جعفر بن أبي طالب : صحابي، ابن عم النبي، استشهد في مؤتة.
  35. عبد الله بن رواحة : صحابي، شاعر، استشهد في مؤتة.
  36. خالد بن الوليد : صحابي، قائد عسكري، تولى القيادة بعد استشهاد الأمراء في مؤتة.
  37. a‘lâm : Signes, miracles ou preuves de la prophétie.
  38. mâ zawwartuhu fî nafsî : Ce qu’il avait secrètement médité ou projeté en lui-même.
  39. a'lâm : Signes, miracles ou preuves de la prophétie.
  40. ta'wîl : Interprétation allégorique ou ésotérique du Coran.
  41. wasq : Mesure de capacité équivalant à environ 60 sâ' (soit environ 130 kg de dattes).
  42. sâ' : Mesure de capacité d'environ 2,5 kg de nourriture.
  43. mudd : Mesure de capacité d'environ 0,5 litre.
  44. al-Juhfa : Localité située à environ 180 km au nord-ouest de La Mecque, sur la route de Médine.
  45. Coran 8:17 : Référence coranique : sourate al-Anfâl, verset 17.
  46. Yanbu' : Ville côtière de l'ouest de l'Arabie saoudite, sur la mer Rouge.
  47. Mâriya la Copte : Mâriya bint Sham'ûn, esclave copte offerte au Prophète, mère de son fils Ibrâhîm.
  48. Coran 66:1 : Référence coranique : sourate at-Tahrîm, verset 1.
  49. آيات : Signes miraculeux, preuves de la prophétie.
  50. أولياء : Saints, amis de Dieu, ici les croyants humbles.
  51. مثلات : Châtiments exemplaires, fléaux punitifs.
  52. القليب : Le puits, allusion à la bataille de Badr où les mécréants furent jetés dans un puits.
  53. الأحزاب : Les coalisés, allusion à la bataille du Fossé (Ahzâb).
  54. خطيبا على الإشهاد : Prédicateur attesté, rapporteur digne de foi.
  55. إعجاز : Miracle, caractère inimitable du Prophète.

Chapitre onzième sur ce dont il fut honoré, que la prière et la paix soient sur lui, à…

Chapitre onzième sur ce dont il fut honoré, que la prière et la paix soient sur lui, à savoir l’exaucement de ses invocations [1].

السلام (إن الرب إلهكم قال إني أقيم لهم نبيا مثلك من بين إخوتهم أجعل كلامي على فمه فأيما رجل لم يسمع كلماتي التي يؤديها عني ذلك الرجل باسمي فأنا أنتقم منه) ومعلوم أن أخا بني إسرائيل هم بنو إسماعيل وليس منهم من ظهر كلام الله تعالى على فمه غير محمد صلى الله عليه وسلم. Et il est connu que les frères des Enfants d'Israël sont les Enfants d'Ismaël, et nul parmi eux n'a vu la parole de Dieu – qu'Il soit exalté – apparaître sur sa bouche sinon Muhammad – sur lui la paix et le salut. ومنها: في الفصل العشرين من هذا السفر (أن الرب جاء من طور سيناء وأشرق من ساعير واستعلى من جبال فاران ومعه عن يمينه ربوات جيش القديسين فمنحهم إلى الشعوب ودعا لجميع قديسيه بالبركة) فمجيء الله تعالى من طور سيناء هو إنزاله التوراة على موسى، وإشراقه من ساعير إنزاله الإنجيل على عيسى لأنه كان في ساعير أرض الخليل في قرية ناصرة، واستعلاؤه من جبال فاران إنزاله القرآن على محمد صلى الله عليه وسلم وفاران هي جبال في مكة في قول الجميع، فإن ناكروا كان دفعا لما في التوراة ولأنه لم يستعل الدين كاستعلائه منها فاندفع الإنكار بالعيان. Et parmi elles : dans le chapitre vingt de ce Livre (Que le Seigneur vint du mont Sinaï, et resplendit depuis Séïr, et s'éleva depuis les monts de Paran, et avec Lui, à Sa droite, des myriades de l'armée des saints ; Il les octroya aux peuples et appela tous Ses saints à la bénédiction). La venue de Dieu – qu'Il soit exalté – du mont Sinaï est Sa révélation de la Torah à Moïse ; Son resplendissement depuis Séïr est Sa révélation de l'Évangile à Jésus, car il était à Séïr, la terre d'Hébron, dans le village de Nazareth ; et Son élévation depuis les monts de Paran est Sa révélation du Coran à Muhammad – sur lui la paix et le salut. Paran est constitué de montagnes à La Mecque, selon l'avis de tous. S'ils contestent, ce serait un rejet de ce qui est dans la Torah, et parce que la religion ne s'est élevée comme elle s'est élevée depuis elle ; ainsi la contestation est repoussée par l'évidence. [فصل من البشائر به] [Chapitre des annonces de sa venue] كان بين موسى وعيسى من الأنبياء الذين أوتوا الكتاب باتفاق أهل الكتابين عليهم ستة عشر نبيا ظهرت كتبهم في بني إسرائيل فبشر كثير منهم بنبوة محمد صلى الله عليه وسلم. Il y eut, entre Moïse et Jésus, parmi les prophètes qui reçurent le Livre, selon l'accord des Gens des deux Écritures sur eux, seize prophètes dont les livres apparurent chez les Enfants d'Israël ; beaucoup d'entre eux annoncèrent la prophétie de Muhammad – sur lui la paix et le salut. فمنهم: شعيا بن أموص قال في الفصل الثاني والعشرين (قومي فأزهري مصباحك) يعني مكة (فقد دنا وقتك وكرامة الله طالعة عليك فقد تجلل الأرض الظلام وغطى على الأمم الضباب والرب يشرق عليك إشراقا ويظهر كرامته عليك فتسير الأمم إلى نورك والملوك إلى ضوء طلوعك ارفعي بصرك إلى ما حولك وتأملي فإنهم يستجمعون عندك ويحجونك ويأتيك ولدك من بعيد وتسرين وتبتهجين من أجل أنه يميل إليك ذخائر البحر ويحج إليك عساكر الأمم حتى تعمرك الإبل المؤبلة وتضيق أرضك عن القطرات التي تجمع إليك ويساق إليك كباش مدين ويأتيك أهل سبأ يحدثون بنعم الله ويمجدونه وتسير إليك أغنام قاذار) يعني غنم العرب لأنهم من ولد قاذار بن إسماعيل (ويرتفع إلى مديحي ما يرضينني وأحدث حينئذ لبيت محمدتي حمدا) وهذه الصفات كلها موجودة بمكة فكان ما دعا إليها هو الحق ومن قام بها هو المحق. Parmi eux : Ésaïe fils d'Amots, qui dit dans le chapitre vingt-deuxième : (Lève-toi, resplendis, ta lampe) – il veut dire La Mecque – (car ton temps est proche et la gloire de Dieu se lève sur toi. La terre s'est couverte de ténèbres et la brume a enveloppé les nations, mais le Seigneur resplendit sur toi et manifeste Sa gloire sur toi. Les nations marcheront vers ta lumière et les rois vers la clarté de ton lever. Lève les yeux autour de toi et regarde : ils se rassemblent chez toi et font le pèlerinage vers toi ; tes enfants viennent de loin, tu te réjouiras et t'égayeras parce que les trésors de la mer se tourneront vers toi et les armées des nations feront le pèlerinage vers toi, jusqu'à ce que les chameaux nombreux t'habitent et que ta terre soit trop étroite pour les multitudes qui se rassemblent vers toi ; les béliers de Madian te seront amenés, et les gens de Saba viendront, racontant les bienfaits de Dieu et Le glorifiant ; les troupeaux de Qédar marcheront vers toi) – il veut dire les troupeaux des Arabes, car ils sont de la descendance de Qédar fils d'Ismaël – (et ce qui me plaît montera vers ma louange ; alors, pour la maison de ma louange, je ferai une louange). Toutes ces caractéristiques se trouvent à La Mecque ; ce à quoi elle a appelé était la vérité, et celui qui s'y est levé est le véridique. وفي فصل آخر من كتابه: (قال لي الرب فامض فاقم على المنظرة تخبرك بما ترى فرأى راكبين أحدهما راكب حمار) يعني عيسى (والآخر راكب جملا) يعني محمدا (فبينما هو كذلك إذ أقبل أحد الراكبين وهو يقول هوت بابل وتكسرت آلهتها المنجورة على الأرض فهذا الذي سمعت الرب إله إسرائيل قد أنبأتكم). Et dans un autre chapitre de son livre : (Le Seigneur me dit : Va, place-toi sur la vigie, elle t'informera de ce que tu vois. Je vis deux cavaliers : l'un monté sur un âne) – il veut dire Jésus – (et l'autre monté sur un chameau) – il veut dire Muhammad. (Tandis qu'il en était ainsi, voici que l'un des cavaliers s'avança, disant : Babylone est tombée, et ses idoles d'argile se sont brisées sur la terre. Voici ce que vous avez entendu ; le Seigneur, Dieu d'Israël, vous l'a annoncé.) وفي الفصل السادس عشر منه (لتفرح أرض البادية العطشى بمنتهج البراري والفلوات ولتسر وتزهو مثل الوعل فإنها بأحمد محاسن لبنان، ويكمل حسن الدساكر والرياض وسترون جلال الله تعالى بها) قال شعيا وسلطانه على كتفه يريد علامة نبوته على كتفه. وهذه صفة محمد صلى الله عليه وسلم وبادية الحجاز. Et dans le chapitre seize de son livre : (Que la terre aride du désert se réjouisse du chemin des steppes et des terres vagues, qu'elle se réjouisse et s'épanouisse comme le bouquetin, car elle possède, par Ahmad, les beautés du Liban ; la beauté des bourgs et des prairies s'accomplira, et vous verrez la majesté de Dieu – qu'Il soit exalté – en elle.) Ésaïe dit : et son autorité est sur son épaule, voulant dire le signe de sa prophétie sur son épaule. Telle est la description de Muhammad – sur lui la paix et le salut – et du désert du Hedjaz. وفي الفصل التاسع عشر منه: (هتف هاتف من البدو فقال خلوا الطريق للرب وسهلوا سبيل الهنا في القفر فستمتلىء الأودية مياها وتفيض فيضا وتنخفض الجبال والروابي انخفاضا وتصير الآكام دكاكا، والأرض الوعرة مذللة ملسا، وتظهر كرامات الرب ويراها كل أحد. Et dans le chapitre dix-neuf de son livre : (Un crieur a crié du désert, disant : Préparez le chemin pour le Seigneur, aplanissez la voie de la félicité dans la solitude. Les vallées se rempliront d'eau et déborderont d'abondance ; les montagnes et les collines s'abaisseront, les tertres deviendront des plaines, la terre accidentée sera aplanie et unie ; les gloires du Seigneur apparaîtront, et chacun les verra.) وفي الفصل العشرين منه وهو مذكور في ثلاث وخمسين ومائة من مزامير داود: (لترتاح البوادي وقراها، ولتصير أرض قاذار مروجا، ويسيح سكان الكهوف ولتهتفوا من قلال الجبال بمحمد الرب وليرفعوا تسابيحه، فإن الرب يأتي كالجبار الملتظي المتكبر وهو يزجر ويقتل أعداءه) وأرض قاذار هي أرض العرب لأنهم ولد قاذار. والمروج ما صار حول مكة من النخل والشجر والعيون. Et dans le chapitre vingt de son livre, mentionné dans le psaume cent cinquante-trois de David : (Que les déserts et leurs villages se reposent, que la terre de Qédar devienne des prairies, que les habitants des cavernes se répandent, et que, du sommet des montagnes, vous acclamiez Muhammad du Seigneur et éleviez Ses louanges, car le Seigneur vient comme un puissant embrasé et orgueilleux ; Il réprimande et tue Ses ennemis.) La terre de Qédar est la terre des Arabes, car ils sont la descendance de Qédar. Les prairies sont ce qui est devenu autour de La Mecque comme les palmiers, les arbres et les sources. وفي الفصل الحادي والعشرين منه أيضا: (أن الضعفاء والمساكين يستسقون ماء ولا ماء لهم فقد جفت ألسنتهم من الظمأ وأنا الرب أجيب يومئذ دعوتهم ولن أهملهم بل أفجر لهم في الجبال الأنهار وأجري بين القفار والعيون وأحدث في البدو أجساما وأجري في الأرض العطشى ماء معينا وأنبت في البلاقع القفار الصنوبر والآس والزيتون وأغرس في القاع الصفصف البر ليروها جميعا ثم يتدبروا ويعلموا أن يد الله صنعت ذلك وقدوس إسرائيل ابتدعه) وهذه صفات بلاد العرب فيما أحدث الله تعالى لهم فيها بإسلامهم Et dans le chapitre vingt et un de son livre également : (Les faibles et les pauvres cherchent de l'eau, mais il n'y a pas d'eau pour eux ; leur langue est desséchée par la soif. Moi, le Seigneur, je répondrai à leur appel en ce jour et ne les négligerai pas. Je ferai jaillir pour eux des fleuves dans les montagnes, je ferai couler des sources dans les déserts ; je créerai des étendues d'eau dans le désert, je ferai couler une eau vive dans la terre aride ; je ferai pousser dans les terres désolées et stériles le pin, le myrte et l'olivier ; je planterai dans le sol nu le blé, afin qu'ils voient tout cela, puis qu'ils réfléchissent et sachent que la main de Dieu a fait cela, et que le Saint d'Israël l'a créé.) Telles sont les caractéristiques des pays des Arabes dans ce que Dieu – qu'Il soit exalté – y a créé pour eux par leur soumission (Islam). ومن بشائر نوال بن نوتال من أنبياء بني إسرائيل Et parmi les annonces de Nuwāl fils de Nūtāl, l'un des prophètes des Enfants d'Israël : مثل الصبح المسلط على الجبال شعب عظيم عزيز لم يكن مثله قط ولا يكون بعده مثله إلى أبد الأبد، أمامه نار تتأجج وخلفه لهيب وتلتهب الأرض بين يديه مثل فردوس عدن فإذا جاز فيها وعبرها تركها برية خاوية رؤيته كرؤية الجبل رجالته فر سراع مثل الفرسان أصواتهم كصوت لهب النار الذي يحرق الهشيم رجفت الأرض أمامهم وتزعزعت السماء وأظلمت الشمس وغاب نور النجوم والرب أسمع صوتا بين يدي أجناده لأن عسكره كثير جدا وعمل قوله عزيز لأن نور الرب عظيم مرهوب جدا) وهذا نعت رسول الله صلى الله عليه وسلم. (Comme l'aube déployée sur les montagnes, un peuple grand et puissant, tel qu'il n'y en eut jamais de semblable et tel qu'il n'y en aura pas après lui pour l'éternité des éternités. Devant lui, un feu qui flamboie ; derrière lui, une flamme ; la terre brûle devant lui comme le jardin d'Éden ; quand il la traverse et la franchit, il la laisse déserte et vide. Sa vision est comme la vision de la montagne ; ses hommes courent rapides comme des cavaliers ; leurs voix sont comme la voix de la flamme du feu qui brûle le chaume ; la terre tremble devant eux, le ciel est ébranlé, le soleil s'obscurcit, la lumière des étoiles disparaît. Le Seigneur fait entendre une voix devant ses armées, car son camp est très nombreux et l'œuvre de sa parole est puissante, car la lumière du Seigneur est grande et très redoutable.) Et ceci est la description du Messager de Dieu – sur lui la paix et le salut. من بشائر عويديا من أنبياء بني إسرائيل Parmi les annonces de 'Uwaydiyā, l'un des prophètes des Enfants d'Israël : وفي كتابه: (قد سمعنا خبرا من قبل الرب وأرسل رسولا إلى الشعوب ثم يتقدم إليه بالحرب أيها الساكن في بحر الكهف ومحله في الموضع الأعلى لأن يوم الرب قريب من جميع الشعوب). فهذا مرموز في نبوته. Et dans son livre : (Nous avons entendu une nouvelle de la part du Seigneur, et Il a envoyé un messager aux peuples ; ensuite, on s'avancera vers lui pour la guerre, ô toi qui habites dans la mer de la caverne, et ta demeure est dans le lieu le plus élevé, car le jour du Seigneur est proche de tous les peuples.) Ceci est symbolisé dans sa prophétie. من بشائر ميخاء من أنبياء بني إسرائيل في كتابه Parmi les annonces de Mīkhā', l'un des prophètes des Enfants d'Israël, dans son livre : (فأما الآن فسيتسلم إلى الوقت الذي تلد فيه الوالدة ويقوم فيرعاهم) يعني الرب (وبكرامة اسم الله ربه ويقبلون بهم إلى من سيعظم سلطانه إلى أقطار الأرض ويكون على عهده الإسلام). (Mais maintenant, il sera livré jusqu'au temps où celle qui enfante enfantera, et il se lèvera et les fera paître) – il veut dire le Seigneur – (et par la gloire du nom de Dieu, son Seigneur, et ils se tourneront vers Celui dont l'autorité sera magnifiée jusqu'aux extrémités de la terre, et la soumission (Islam) sera sous Son alliance.) من بشائر حبقوق من أنبياء بني إسرائيل Parmi les annonces de Ḥabaqūq, l'un des prophètes des Enfants d'Israël : (جاء الله من طور سيناء واستعلن القدوس من جبال فاران وانكسفت لبهاء محمد وانخسفت من شعاع المحمود وامتلأت الأرض من محامده لأن شعاع منظره مثل النور يحفظ بلده بعده وتسير المنايا أمامه وتصحب سباع الطير أجناده قام فمسح الأرض وبحث عنهم فتصفصفت الجبال القديمة واتضعت الروابي الدهرية وتزعزع سور أرض مدين ولقد جاز المساعي القديمة قطع الرأس من حب الأثيم ودمغت رؤوس سلاطينه بغضبه) ومعلوم أن محمدا ومحمودا صريح في اسمه وهما يتوجهان إلى من انطلق عليه اسم المحمد وهو بالسريانية موشيحا أي محمد ومحمود ولهذا إذا أراد السرياني أن يحمد الله تعالى قال شريحا لإلهنا. (Dieu est venu du mont Sinaï, et le Saint s'est manifesté depuis les monts de Paran. Il s'est éclipsé devant la splendeur de Muhammad, et s'est effacé devant le rayonnement du Loué (al-Maḥmūd). La terre s'est remplie de Ses louanges, car le rayonnement de Son aspect est comme la lumière ; Il préserve Sa cité après Lui ; les destinées marchent devant Lui, et les oiseaux de proie accompagnent Ses armées. Il s'est levé, a mesuré la terre et les a cherchés ; les montagnes anciennes se sont aplanies, les collines éternelles se sont abaissées, le rempart de la terre de Madian a été ébranlé. Il a traversé les anciennes voies, a tranché la tête de l'amour du pécheur, et a écrasé les têtes de ses souverains par Sa colère.) Et il est connu que Muhammad et Maḥmūd sont explicites dans Son nom, et ils se dirigent tous deux vers Celui sur qui le nom d'al-Muḥammad (le Loué) s'applique, qui est en syriaque "Moshīḥā", c'est-à-dire Muhammad et Maḥmūd. C'est pourquoi, lorsque le Syrien veut louer Dieu – qu'Il soit exalté – il dit "Shrīḥā li-ilāhinā" (Louange à notre Dieu). من بشائر حزقيال من أنبياء بني إسرائيل Parmi les annonces de Ḥizqiyāl, l'un des prophètes des Enfants d'Israël : في كتابه: (إن الذي يظهر من البادية فيكون فيه حتف اليهود كالكرمة أخرجت ثمارها وأغصانها عن مياه كثيرة وتفرعت منها أغصان مشرقة على أغصان الأكابر والسادات وبسقت فلم تلبث تلك الكرمة أن قلعت بالسخطة وضرب بها على الأرض فأخرجت ثمارها وأتت نار فأكلتها فكذلك غرس في البدو وفي الأرض المهملة العطشى وخرج من أغصانه الفاضلة نار فأكلت ثمار تلك حتى لم يبق منها عصا قوية ولا قضيب ينهض بأمر السلطان). Dans son livre : (Celui qui apparaît du désert, et en lui se trouve la perte des Juifs, comme une vigne qui a produit ses fruits et ses branches auprès de grandes eaux ; de ses branches, des rameaux brillants se sont ramifiés sur les branches des grands et des seigneurs, et elle a poussé. Cette vigne n'a pas tardé à être arrachée avec colère et jetée à terre ; elle a produit ses fruits, et un feu est venu et les a dévorés. De même, il a été planté dans le désert et dans la terre négligée et aride ; de ses branches excellentes est sorti un feu qui a dévoré les fruits de celle-ci, jusqu'à ce qu'il n'en reste ni bâton fort ni verge pour soutenir l'ordre du souverain.) من بشائر يرصفينا من أنبياء بني إسرائيل Parmi les annonces de Yarṣafīnā, l'un des prophètes des Enfants d'Israël : في كتابه: (أيها الناس ترجوا اليوم الذي أقوم فيه للشهادة فقد حان أن أظهر حكمي بحشر الأمم وجميع الملوك لأصب عليهم سخطي وتكبري، هناك أجدد للأمم اللغة المختارة ليرفعوا اسم الرب جميعا وليعبدوه في ربقة واحدة معا وليأتوا بالذبائح من مغاراتها تكون) ومعلوم أن اللغة العربية هي المختارة لأنها طبقت الأرض وانتقلت أكثر اللغات إليها حتى صار ما عداها نادرا. Dans son livre : (Ô gens, attendez le jour où je me lèverai pour le témoignage ; il est temps que je manifeste mon jugement en rassemblant les nations et tous les rois, pour déverser sur eux ma colère et mon orgueil. Là, je renouvellerai pour les nations la langue élue, afin qu'ils élèvent tous le nom du Seigneur et L'adorent sous un même joug ensemble, et qu'ils apportent les sacrifices de leurs cavernes.) Et il est connu que la langue arabe est l'élue, car elle a couvert la terre et la plupart des langues s'y sont converties, au point que ce qui est autre qu'elle est devenu rare. من بشائر زكريا بن يوحنا من أنبياء بني إسرائيل Parmi les annonces de Zakariyyā fils de Yaḥyā, l'un des prophètes des Enfants d'Israël : في كتابه: (رجع الملك الذي ينطق على لساني وأيقظني كالرجل الذي يستيقظ من نومه وقال لى: ما الذي رأيت، فقلت: منارة من ذهب وكفة على رأسها ورأيت على الكفة سبعة سرج لكل سراج منها سبعة أفواه وفوق الكفة شجرتا زيتون إحداهما عن يمين الكفة والأخرى عن يسارها، فقلت للملك الذي ينطق على لساني: ما هذه يا سيدي، فرد الملك علي وقال لي: أما تعلم ما هذه؟ فقلت: ما أعلم، فقال لي: هذا قول الرب في زربايال) يعني محمدا (وهو يدعى باسمي وأنا أستجيب له للنصح والتطهير وأصرف عن الأرض أنبياء الزور والأرواح النجسة لا بقوة ولا بعز ولكن بروحي، بقول الرب القوي) ويعني بشجرتي الزيتون، الدين والملك، وزربايال هو محمد صلى الله عليه وسلم. Dans son livre : (Le roi qui parle sur ma langue est revenu et m'a réveillé comme un homme qui se réveille de son sommeil, et il m'a dit : Qu'as-tu vu ? J'ai dit : Un candélabre d'or, avec un plateau à son sommet ; et j'ai vu sur le plateau sept lampes, chaque lampe ayant sept becs ; et au-dessus du plateau, deux oliviers, l'un à droite du plateau et l'autre à sa gauche. J'ai dit au roi qui parle sur ma langue : Qu'est-ce que cela, mon seigneur ? Le roi me répondit et me dit : Ne sais-tu pas ce que c'est ? Je dis : Je ne sais pas. Il me dit : Ceci est la parole du Seigneur concernant Zarbāyāl) – il veut dire Muhammad – (il est appelé de mon nom, et je lui réponds pour le conseil et la purification ; j'éloignerai de la terre les faux prophètes et les esprits impurs, non par la force ni par la puissance, mais par mon Esprit, dit le Seigneur puissant.) Et il veut dire par les deux oliviers : la religion et la royauté ; et Zarbāyāl est Muhammad – sur lui la paix et le salut. [من بشائر دانيال من أنبياء بني إسرائيل] [Parmi les annonces de Dāniyāl, l'un des prophètes des Enfants d'Israël] في كتابه: (رأيت على سحاب السماء المسمى كهيئة إنسان جاء فانتهى إلى عتيق الإمام وقدموه بين يديه فحوله الملك والسلطان والكرامة أن تعبد له جميع الشعوب والأمم واللغات سلطانه دائم إلى الأبد له يتعبد كل سلطان ويمضي ألفان وثلثمائة ينقضي عقاب الذنوب يقوم ملك منيع الوجه في سلطانه عزيز القوة لا تكون عزته تلك بقوة نفسه وينجح فيما يريد ويجوز في شعب الاطهار ويهلك الأعزاء ويؤتى بالحق الذي لم يزل قبل العالمين) وفي هذا دليل على أمرين: Dans son livre : (J'ai vu sur les nuages du ciel celui qui est appelé comme un fils d'homme ; il vint et parvint jusqu'à l'Ancien des jours, et on le présenta devant Lui. Il lui donna la royauté, l'autorité et la gloire, afin que tous les peuples, nations et langues L'adorent ; Son autorité est éternelle, à jamais ; toute autorité L'adore. Deux mille trois cents [jours] passeront ; le châtiment des péchés prendra fin. Un roi au visage impénétrable se lèvera dans son royaume, puissant en force ; sa puissance ne sera pas par sa propre force ; il réussira dans ce qu'il veut, traversera le peuple des purs, fera périr les puissants, et la vérité qui n'a cessé d'être avant les mondes sera apportée.) Et en cela, il y a une preuve pour deux choses : أحدهما: صدق الخبر لوجوده على حقه. La première : la véracité de l'annonce, car elle s'est réalisée conformément à sa réalité. والثاني: صحة نبوته لظهور الخبر في صحته. Et la seconde : la validité de sa prophétie, car l'annonce a manifesté sa vérité. من بشائره في رؤيا بختنصر Parmi ses annonces dans la vision de Nabuchodonosor : وهو أن بختنصر رأى في السنة الثانية من ملكه رؤيا ارتاع منها ونسيها، فأحضر من في ممالكه من الكهنة والمنجمين وكان قد ملك الأقاليم السبعة، وسألهم عن الرؤيا وتأويلها، فقالوا له: اذكرها لنا حتى نذكر تأويلها لك، فأمر بقتلهم إن لم يذكروها وتأويلها. Et c'est que Nabuchodonosor vit, dans la deuxième année de son règne, un songe dont il fut effrayé et qu'il oublia. Il fit venir tous ceux qui étaient dans ses royaumes parmi les prêtres et les astrologues – et il avait conquis les sept climats – et les interrogea sur le songe et son interprétation. Ils lui dirent : "Raconte-le-nous, afin que nous t'en donnions l'interprétation." Il ordonna de les tuer s'ils ne le racontaient pas et ne l'interprétaient pas. وكان دانيال النبي قد سباه من اليهود فاستمهل في أمرهم ورغب إلى الله تعالى في اطلاعه على الرؤيا وتأويلها، فأطلعه الله تعالى على ذلك، فأتى بختنصر وقال: أيها الملك إنك كلفت هؤلاء ما لا يعلمه إلا الله وقد رغبت إليه فأطلعني عليه ورؤياك التي رأيتها أن قلبك جاش واختلج بما يحدث بعدك في آخر الزمان فعرفك مبدي السرائر ما يكون أنك أيها الملك رأيت صنما عظيما قائما قبالتك له منظر رائع رأسه من الذهب الابريز وصدره وذراعاه من فضة وفخذاه من نحاس وساقاه من حديد وبعض رجليه من حديد وبعضها من خزف، ورأيت حجرا انقطع من جبل عظيم بغير يد إنسان فضرب ذلك الصنم فهشمه حتى صار كالرماد ألوت به ريح عاصف حتى لم يعرف له مكان ثم عظم الحجر الصلد الذي صك الصنم حتى صار جبلا عظيما امتلأت منه الأرض كلها، فهذه الرؤيا وأنا معبرها، أما الصنم فهم الملوك فأنت الرأس الذهب ويقوم من بعدك من هو دونك ألين منك. Or, le prophète Daniel avait été emmené captif parmi les Juifs. Il demanda un délai pour eux et implora Dieu – qu'Il soit exalté – de l'informer du songe et de son interprétation. Dieu – qu'Il soit exalté – l'en informa. Il vint alors auprès de Nabuchodonosor et dit : "Ô roi, tu as imposé à ceux-ci ce que nul ne connaît sinon Dieu. J'ai imploré Dieu, et Il m'en a informé. Quant à ton songe que tu as vu : ton cœur s'est agité et troublé à cause de ce qui arrivera après toi à la fin des temps. Celui qui révèle les secrets t'a fait connaître ce qui sera. Ô roi, tu as vu une grande statue debout devant toi, d'aspect terrible : sa tête était d'or pur, sa poitrine et ses bras d'argent, ses cuisses d'airain, ses jambes de fer, et une partie de ses pieds de fer, une partie d'argile. Tu as vu une pierre se détacher d'une grande montagne, sans main d'homme ; elle frappa la statue et la brisa, jusqu'à ce qu'elle devienne comme de la poussière qu'un vent violent emporta, sans qu'on en trouve plus trace. Puis la pierre dure qui avait frappé la statue grandit, jusqu'à devenir une grande montagne qui remplit toute la terre. Tel est le songe, et j'en suis l'interprète. Quant à la statue, ce sont les rois : tu es la tête d'or. Après toi se lèvera un autre, inférieur à toi, plus mou que toi."

Quant au troisième royaume, qui est comme l'airain, il dominera toute la terre. Quant au quatrième royaume, qui est comme le fer, il sera puissant, car le fer brise tout ; ainsi celui-ci écrasera et vaincra tout. Quant aux pieds et aux orteils que tu as vus, dont une partie est d'argile de potier et l'autre de fer, ce royaume sera divisé et fragmenté ; il aura une racine de la substance du fer et un mélange d'argile de potier, de sorte qu'une partie du royaume sera forte et l'autre faible et brisée, sans cohésion, comme le fer ne se mélange pas à l'argile. Quant à la pierre détachée de la montagne, le Dieu du ciel enverra un royaume de sa part, car la pierre n'a été coupée par aucune main d'homme. Au temps de ces royaumes, il les anéantira et subsistera jusqu'à la fin des temps ; aucune autre nation n'aura de royaume ni de pouvoir, sinon qu'il les broiera comme la pierre broie le fer, l'airain, l'argent et l'or. Ainsi, Dieu le Très-Haut t'a fait connaître ce qui sera après toi dans les derniers jours. Telle est ta vision et son interprétation. Alors Nabuchodonosor tomba sur sa face, se prosterna devant Daniel et dit : « Votre Dieu est vraiment le Dieu des dieux et le Seigneur des rois ; il est le révélateur des secrets. » Et il établit Daniel chef et gouverneur sur toute la terre de Babylone. Or, il est connu que Dieu le Très-Haut n'a envoyé aucun pouvoir qui ait aboli les royaumes, rempli la terre et perduré, si ce n'est par la prophétie de Muhammad, que la paix et la bénédiction soient sur lui. [Des annonces de Jérémie, fils de Baruch, l'un des prophètes des enfants d'Israël, à l'époque de Nabuchodonosor] Lorsque le peuple d'al-Rass 14 eut tué son prophète, Ibn Abbas 15 rapporte : Dieu ordonna à Nabuchodonosor d'envahir les Arabes, dont les maisons n'avaient pas de portes, et de les tuer en représailles de ce qu'ils avaient fait à leur prophète. Il lui ordonna donc cela. Nabuchodonosor entra en Arabie, tua et fit des captifs, jusqu'à ce qu'il parvînt à Tihama 16. On lui amena Ma'add ibn 'Adnan 17, et il ordonna de le tuer. Mais le prophète [Jérémie] lui dit : « Ne fais pas cela, car dans les reins de cet homme se trouve un prophète qui sera envoyé à la fin des temps, par lequel Dieu scellera les prophètes. » Alors il le relâcha, l'emmena avec lui jusqu'à des forteresses au Yémen, qu'il détruisit, dont il tua les habitants, et il maria Ma'add à la plus belle femme de l'époque, puis le laissa à Tihama, où il engendra une descendance. Ibn Abbas dit : C'est à ce sujet que fut révélée la parole de Dieu : « Combien de cités injustes avons-Nous brisées, et après elles Nous avons suscité d'autres peuples » (Coran 21:11). [Des annonces de David dans les Psaumes] (Gloire à Celui dont le temple est peuplé de justes ! Qu'Israël se réjouisse en son Créateur, et les maisons de Sion, car Dieu s'est choisi une nation, lui a donné la victoire et a honoré les justes parmi elle. Ils Le louent sur leurs couches, ils magnifient Dieu à voix haute, leurs mains tenant des épées à deux tranchants, pour tirer vengeance des nations qui ne L'adorent pas, pour enchaîner leurs rois et leurs nobles avec des entraves.) Or, il est connu que les épées des Arabes sont à deux tranchants, et que Muhammad est celui qui en a tiré vengeance des nations. Il y est aussi dit : (Dieu a fait surgir de Sion une couronne louable.) Sion désigne les Arabes, la couronne est la prophétie, et Mahmoud 18 est Muhammad, que la paix et la bénédiction soient sur lui. Dans un autre psaume : (Il s'étendra d'une mer à l'autre, et du fleuve aux extrémités de la terre. Les habitants des îles se prosterneront devant lui, ses ennemis lécheront la poussière. Les rois lui apporteront des présents, se prosterneront et lui obéiront. Car il délivre le malheureux et le pauvre de celui qui est plus fort qu'eux, il sauve le faible qui n'a pas de soutien, il a compassion des faibles et des indigents. On lui donnera de l'or de Saba, on priera pour lui en tout temps, on le bénira chaque jour, et sa mémoire durera éternellement.) Or, il est connu que cela ne s'est réalisé que pour Muhammad, que la paix et la bénédiction soient sur lui. Dans un autre psaume, David dit : « Ô Dieu, envoie celui qui établira la Loi, afin que les hommes sachent qu'il est un être humain », c'est-à-dire envoie un prophète qui enseignera aux hommes que le Messie est un être humain, car David savait qu'un jour des gens attribueraient au Messie ce qu'ils lui attribuent. Et ce prophète est Muhammad, que la paix et la bénédiction soient sur lui. [Des annonces du Messie à son sujet dans l'Évangile] Le Messie, paix sur lui, dit aux apôtres : « Je m'en vais, et viendra à vous le Paraclet 19, l'Esprit de vérité, qui ne parlera pas de lui-même, mais dira ce qu'on lui aura dit ; il rendra témoignage de moi, et vous aussi vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement. Et tout ce que Dieu vous a préparé, il vous l'annoncera. » Selon la tradition de Jean : « Le Paraclet ne viendra pas tant que je ne serai pas parti ; quand il sera venu, il convaincra le monde de péché. Il ne dira rien de lui-même, mais il vous parlera de ce qu'il entendra, il vous conduira dans la vérité et vous annoncera les événements et les choses cachées. » Selon une autre tradition : « Le Paraclet, l'Esprit de vérité, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses. Je demanderai qu'il vous envoie un autre Paraclet, qui restera avec vous éternellement, et il vous enseignera toutes choses. » Selon une autre tradition : « Le héraut s'en va, et le Paraclet après lui vous expliquera les mystères et vous établira toutes choses ; il rendra témoignage de moi, comme j'ai rendu témoignage de lui. Car je vous apporte des paraboles, et il vous apportera l'interprétation. » Or, le Paraclet, dans leur langue, est un terme dérivé de la louange, et le Prophète, que la paix et la bénédiction soient sur lui, a dit : « Je suis Ahmad, je suis Mahmoud, je suis Muhammad. » Voilà quelques-unes des annonces des prophètes, tirées des Livres divins, qui se confirment mutuellement quant à la vérité de sa prophétie, dont les récits se sont transmis de manière continue concernant la diffusion de son appel et le triomphe de sa Loi. Et sans doute ce qui ne nous est pas parvenu est encore plus nombreux. Certains l'ont désigné par son nom, d'autres par ses attributs, certains l'ont attribué à son peuple, d'autres à son pays, certains l'ont caractérisé par ses actions, d'autres par son apparition et sa diffusion. Dieu a réalisé tout cela en lui, au point que cela est devenu évident après avoir été incertain, et certain après avoir été douteux. Si l'on objecte : La venue des prophètes est destinée au bien du monde, et ils sont ordonnés à la clémence et à la miséricorde. Or Muhammad est venu avec l'épée, a versé le sang et tué des âmes, ce qui est contraire à ce qu'ont apporté Moïse et Jésus. Il sort donc de leur statut prophétique, car il s'oppose à leur conduite. À cela, trois réponses : Premièrement : Dieu a envoyé chaque prophète selon son époque. Certains ont été envoyés avec l'épée, car l'épée est plus efficace ; d'autres avec la douceur, car la douceur est plus utile. De même, Il a diversifié leurs miracles selon leurs époques : Moïse fut envoyé avec le bâton à l'époque de la magie, Jésus avec la résurrection des morts à l'époque de la médecine, et Muhammad avec le Coran à l'époque de l'éloquence. Car au début, les hommes sont solidaires en petit nombre, puis ils se divisent et s'envient en grand nombre. C'est pourquoi le Messager de Dieu, que la paix et la bénédiction soient sur lui, a dit : « Les premiers de cette communauté seront sauvés par la certitude et l'ascèse, et les derniers périront par l'avarice et l'espoir. » Deuxièmement : L'épée, si elle est employée pour la vérité, est un bien ; la douceur, si elle maintient le faux, est un mal. Car la Loi a pour objet d'établir les vertus divines et les droits religieux. C'est pourquoi la Loi a prescrit la peine de mort et les châtiments, afin que le bien s'établisse et que le mal disparaisse. Car les âmes insolentes ne sont retenues que par la crainte ; la contrainte est plus efficace pour les soumettre que la persuasion. Les Arabes étaient les plus mauvais et les plus obstinés des hommes, en raison de leur grand nombre et de leur courage farouche. C'est pourquoi l'épée était plus utile parmi eux que la douceur. Troisièmement : Il n'a pas été le premier parmi les messagers à combattre par l'épée, ni le premier à infliger de lourdes pertes aux ennemis de Dieu. Avant lui, Abraham, paix sur lui, combattit les quatre rois qui marchèrent contre le pays de la Djézireh 20 pour piller ses habitants ; il les combattit et les vainquit avec ses partisans et ses disciples. Josué, fils de Noun, tua plus de trente et un rois des rois de Syrie, anéantit leurs villes au point qu'il n'en resta aucune trace, et n'épargna aucun habitant, sans les appeler à une religion ni leur demander tribut, et il emporta le butin. David conquit en Syrie des régions où il ne laissa ni homme ni femme sans les tuer, comme cela est mentionné dans leurs Livres. Quant à Muhammad, que la paix et la bénédiction soient sur lui, il commença par l'appel, et ne combattit qu'après que les gens eurent refusé. Ibn Shihab 21 rapporte d'après 'Urwa 22 d'après 'Aïcha 23, que Dieu l'agrée, qu'elle a dit : Je n'ai jamais vu le Messager de Dieu tirer vengeance d'une injustice qui lui était faite, tant que les interdits de Dieu n'étaient pas violés. Mais lorsque les interdits de Dieu étaient violés, il était le plus ardent à se mettre en colère. Et jamais on ne lui proposa deux choses sans qu'il choisît la plus facile, tant qu'elle n'était pas un péché. Il était, que la paix et la bénédiction soient sur lui, le plus empressé des hommes à pardonner et à faire preuve de compassion. Asid ibn 'Abd al-Rahman 24 rapporte d'après Farwa ibn Mujahid 25 d'après 'Uqba ibn 'Amir 26 : Je rencontrai le Messager de Dieu, que la paix et la bénédiction soient sur lui, et il me dit : « Ô 'Uqba, maintiens les liens avec celui qui les rompt, donne à celui qui te prive, et pardonne à celui qui t'opprime. » Peut-on être plus bienveillant envers les créatures que celui qui ordonne de telles choses ? Les hérétiques n'ont cherché, par de telles objections, qu'à attaquer les prophètes ; car ils n'ont épargné aucun prophète de critiques contre ses miracles et d'attaques contre sa conduite. Ainsi, l'un d'eux, à notre époque, a attaqué Moïse, Jésus et Muhammad, que la paix soit sur eux, par des vers qu'il a composés : « Celui qui fendit la mer n'en fendit pas les flancs, / Quand il s'y perdit comme se perd le libre dans les bas-fonds. / Et celui qui prétend avoir créé les choses, / Pourquoi a-t-il disparu alors que les choses subsistent ? / Et un autre qui prend l'épée pour preuve, / La preuve de l'épée n'est-elle que la preuve du lâche ? » Or, lorsque ces vers parvinrent à un savant, il répondit : « Dis à celui qui a renié les messagers / Et rejeté leurs miracles par égarement et tromperie, / Et qui a composé à ce sujet des vers embellis / Pour jeter les gens dans le doute sur les religions : / La perte de Moïse est une de ses preuves, / Après que la mer se fut fendue comme une montagne, / Pour que les hommes sachent que Dieu l'a fendue, / Et que Moïse, faible, s'égara dans les chemins. / Le vrai miracle est dans la fente des eaux pour lui, / Et le bâton qui devint serpent, sans artifice. / Et le fils de la Vierge, Dieu l'a préservé / De ce que tu as mentionné comme prétentions, en somme. / Il n'a fait que modeler un oiseau d'argile, / Et son Seigneur l'a animé, sans que cela ne dure. / Il a dit : 'Par la permission de Dieu, je le fais', / Et la permission de Dieu donne vie aux créatures, non mon œuvre. / Quant à celui à l'épée, l'épée fut sa preuve / Après l'exposé des miracles et des signes. / Il vint, commençant par le conseil, s'efforçant, / Avec des miracles qui ont déconcerté les gens de talent. / Parmi eux, un Livre explicite, dont l'agencement est merveilleux, / Contenant des choses cachées révélées aux messagers. / Il a réduit au silence les poètes qui l'avaient défié, / Lorsqu'il les défia, avec douceur et patience. / Il fit jaillir l'eau douce de ses doigts, / Sans rocher ni source. / Il parla aux bêtes, et elles lui parlèrent, / Et il dit : 'Comment pourrais-je craindre d'être tué ?' / Le loup annonça au berger sa venue, / Et vint témoigner de l'islam en hâte. / Le tronc se lamenta lorsqu'il le quitta, / D'une plainte déchirante, comme celle d'une chamelle égarée. / Il informa les gens de ce qu'ils cachaient dans leurs cœurs, / En détail, par une réponse sans équivoque. / Il annonça aux Romains la victoire qui leur viendrait / Après sept ans, sur les Perses, dans un conflit. / Il informa les Perses de la mort de leur souverain / Khosroès 27, lorsque Fîrûz 28 vint à lui en hâte. / Si je voulais énumérer tout ce que le Prophète a apporté, / Le chant serait long, et je ne serais pas à l'abri de l'ennui. » Chapitre seize : Les appels des djinns 29 à sa prophétie, que la paix et la bénédiction soient sur lui.

Les djinns, issus d'un monde distinct, mangent, s'accouplent, se reproduisent et meurent. Leurs corps sont cachés aux regards, bien qu'ils se manifestent par des actions et des traces, à moins que Dieu Très-Haut ne permette à qui Il veut de les voir. Les humains ne les ont connus que par les livres divins et par ce qu'ils ont imaginé de leurs traces cachées. Dieu Très-Haut dit, décrivant la création : « Nous avons créé l'homme d'une argile sonnante, d'une boue noire et malléable, et les djinns, Nous les avons créés auparavant d'un feu de samoum 30 » (Coran 15:26-27). Par Sa parole : « Nous avons créé l'homme d'une argile sonnante », Il entend Adam, le père des humains, que la paix soit sur lui. Concernant « argile sonnante », il y a deux interprétations : premièrement, c'est l'argile qui pousse ; deuxièmement, c'est l'argile qui n'a pas été touchée par le feu. Quant à « hamâ' 31 », c'est le singulier de « ham'a », avec deux interprétations : premièrement, il s'agit de ce qui est dressé et debout, ce serait alors une description de l'homme ; deuxièmement, il s'agit de ce qui est pourri, ce serait alors une spécification de l'espèce. Sa parole : « et les djinns, Nous les avons créés auparavant » signifie avant Adam, car Adam a été créé en dernier parmi les créatures. Concernant « jânn 32 », il y a deux interprétations : la première, c'est le père des djinns, ainsi Adam est le père des humains, Jânn est le père des djinns, et Iblîs 33 est le père des démons. Sa parole : « d'un feu de samoum » (Coran 15:27) a deux interprétations : premièrement, du feu du soleil ; deuxièmement, du feu des éclairs entre le ciel et un voile en dessous. Ils ne divergent pas sur le fait que les djinns se reproduisent et meurent, et parmi eux il y a des croyants et des mécréants. On a divergé au sujet des démons : certains prétendent qu'ils sont les mécréants parmi les djinns, qu'ils se reproduisent et meurent ; d'autres prétendent qu'ils ne sont pas des djinns mais qu'ils sont issus de la descendance d'Iblîs. Parmi ceux qui soutiennent cette dernière opinion, on a divergé sur leur reproduction et leur mort : un groupe est d'avis qu'ils se reproduisent et meurent ; un autre groupe est d'avis qu'ils sont comme Iblîs, qu'ils ne meurent qu'avec lui et que leur reproduction a cessé depuis le sursis accordé à Iblîs jusqu'au Jour de la Résurrection. Si certains nient la création des djinns et ne croient pas aux livres divins, les preuves rationnelles et les arguments analogiques les vainquent, car Dieu Très-Haut a créé le monde à partir de quatre corps qu'Il a établis comme principes de ce qu'Il a créé comme monde vivant : la terre, l'eau, l'air et le feu. Le monde est de deux types, par consensus : supérieur et inférieur. Le monde inférieur est de deux types, créés à partir de deux corps : l'un à partir de la terre, à savoir les animaux qui s'y trouvent ; l'autre à partir de l'eau, à savoir les poissons qui s'y trouvent. Ces deux types sont descendants, en raison de la descente de la terre et de l'eau, et apparents, en raison de l'apparence de leur origine. Le raisonnement analogique s'est poursuivi à leur sujet. Restent les deux corps du monde supérieur : l'air et le feu. Or, il est établi que les anges ont été créés de l'air. La raison analogique exige donc que les djinns aient été créés du feu, afin que les quatre corps soient les principes de la création de quatre espèces. En raison de la hauteur de l'air, leur monde, celui des anges, est élevé ; en raison de sa subtilité, il est caché, ne descendant que sur ordre divin et n'étant vu qu'avec une aide divine. En raison de la hauteur du feu dans son origine descendante, leur monde, celui des djinns, est à la fois élevé et descendant ; en raison de la subtilité de sa dissimulation, leur monde est caché à la vue, sauf avec une aide divine. Ainsi, deux des quatre principes sont perçus par la vue : ceux sur terre et dans l'eau ; deux sont connus par le raisonnement analogique : les anges et les djinns. Si celui qui s'oppose à cela ne s'écartait pas des preuves légales, nous n'aurions pas recours à ce raisonnement qui sort des preuves légales.


  1. صلى الله عليه وسلم : Formule de bénédiction et de salutation sur le Prophète Muhammad, signifiant 'que la prière et la paix d'Allah soient sur lui'.
  2. شعيا : Ésaïe, prophète de l'Ancien Testament.
  3. قاذار : Qédar, fils d'Ismaël, ancêtre des Arabes selon la tradition biblique.
  4. الفصل : Chapitre, section d'un livre.
  5. الآكام : Collines, tertres.
  6. نوال بن نوتال : Probablement Joël, prophète de l'Ancien Testament ; le nom est altéré.
  7. عويديا : Probablement Abdias, prophète de l'Ancien Testament ; le nom est altéré.
  8. ميخاء : Michée, prophète de l'Ancien Testament.
  9. حبقوق : Habacuc, prophète de l'Ancien Testament.
  10. حزقيال : Ézéchiel, prophète de l'Ancien Testament.
  11. يرصفينا : Probablement Sophonie, prophète de l'Ancien Testament ; le nom est altéré.
  12. زكريا : Zacharie, prophète de l'Ancien Testament.
  13. بختنصر : Nabuchodonosor, roi de Babylone.
  14. al-Rass : Peuple mentionné dans le Coran (25:38, 50:12) ; traditionnellement identifié à une tribu arabe qui aurait tué son prophète.
  15. Ibn Abbas : Abdullah ibn Abbas, cousin du Prophète Muhammad et célèbre exégète du Coran.
  16. Tihama : Région côtière de l'ouest de l'Arabie, incluant La Mecque.
  17. Ma'add ibn 'Adnan : Ancêtre lointain de la tribu de Quraysh, à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
  18. Mahmoud : Nom du Prophète Muhammad, signifiant 'digne de louange'.
  19. Paraclet : Terme grec (Paraklētos) signifiant 'consolateur' ou 'avocat' ; dans l'islam, interprété comme une annonce de la venue de Muhammad.
  20. Djézireh : Région de la Haute Mésopotamie, entre le Tigre et l'Euphrate.
  21. Ibn Shihab : Muhammad ibn Muslim al-Zuhri, célèbre traditionniste du 8e siècle.
  22. 'Urwa : 'Urwa ibn al-Zubayr, savant et traditionniste de Médine.
  23. 'Aïcha : Épouse du Prophète Muhammad, source majeure de hadiths.
  24. Asid ibn 'Abd al-Rahman : Transmetteur de hadiths, moins connu.
  25. Farwa ibn Mujahid : Transmetteur de hadiths, moins connu.
  26. 'Uqba ibn 'Amir : Compagnon du Prophète Muhammad, gouverneur d'Égypte sous les Omeyyades.
  27. Khosroès : Titre des rois sassanides ; ici, probablement Khosroès II.
  28. Fîrûz : Nom persan ; peut-être une référence à un événement historique ou légendaire.
  29. djinns : Créatures spirituelles dans l'islam, créées de feu, dotées de libre arbitre.
  30. samoum : Vent brûlant ou feu sans fumée, selon les exégètes.
  31. hamâ' : Boue noire et putride, forme de la matière première de l'homme.
  32. jânn : Père des djinns, créé avant Adam, ou désignant les djinns en général.
  33. Iblîs : Nom propre du diable, père des démons, d'origine djinn selon certains.

Chapitre seize : Les appels des djinns [1] annonçant sa prophétie, que la prière et la…

Chapitre seize : Les appels des djinns [1] annonçant sa prophétie, que la prière et la paix soient sur lui.

Chapitre [sur l'obligation de la charge religieuse pour les djinns] S'il est établi que les djinns sont créés, comme nous l'avons démontré par la Loi révélée et la raison, ils sont alors soumis à la charge religieuse 1, car l'Envoyé d'Allah (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) les a défiés avec le Coran par Sa parole : « Dis : "Quand bien même les hommes et les djinns se réuniraient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne produiraient rien de semblable, même s'ils s'entraidaient" » (Coran 17:88). Et Il a dit : « Et lorsque Nous avons dirigé vers toi une troupe de djinns pour écouter le Coran » (Coran 46:29). Leur direction comporte deux aspects : Le premier : ils ont été détournés de l'écoute clandestine du ciel par les météores 2, et ils n'en avaient pas été détournés après Jésus jusqu'à ce que l'Envoyé d'Allah soit envoyé. Ils dirent alors : « Ce qui arrive dans le ciel n'est dû qu'à un événement sur terre », et ils imaginèrent par là un renouvellement de la prophétie. Ils parcoururent la terre jusqu'à ce qu'ils trouvèrent l'Envoyé d'Allah dans la vallée de la Mecque, se dirigeant vers 'Ukâdh 3 alors qu'il priait l'aube. Ils écoutèrent le Coran et le virent prier, suivi par ses Compagnons. Ils surent alors que c'était à cause de cela qu'ils avaient été détournés de l'écoute clandestine par les météores. C'est l'avis d'Ibn 'Abbâs (qu'Allah l'agrée). 'Ikrima rapporte que la sourate qu'il récitait était « Lis au nom de ton Seigneur qui a créé » (Coran 96:1). Le second aspect : ils ont été dirigés de leur pays par la guidance d'Allah jusqu'à ce qu'ils vinrent au Prophète d'Allah dans la vallée de Nakhlah 4. Gabriel descendit alors avec ce verset et l'informa de la venue des djinns, lui ordonnant de sortir vers eux. Il sortit avec Ibn Mas'oûd jusqu'à Al-Ḥajûn 5, près de Shu'ayb Abî Dharr. Ibn Mas'oûd dit : « Il traça une ligne et dit : "Ne la dépasse pas." Puis il alla vers Al-Ḥajûn, et ils descendirent vers lui comme des perdrix, jusqu'à ce que je ne le visse plus. » Selon le premier aspect, il n'avait pas connaissance d'eux jusqu'à leur venue ; selon le second, Gabriel l'en informa avant leur venue. Les savants divergent sur le fait qu'il les ait vus et leur ait récité le Coran. Sa'îd ibn Jubayr rapporte d'Ibn 'Abbâs que l'Envoyé d'Allah ne les vit pas et ne leur récita pas le Coran ; ils entendirent seulement sa récitation en passant près de lui alors qu'il priait. Ibn Mas'oûd rapporte qu'il les vit et leur récita le Coran. Quant à Sa parole : « Puis, lorsqu'ils se présentèrent devant lui, ils dirent : "Écoutez !" » (Coran 46:29), deux aspects : Le premier : lorsqu'ils se présentèrent à sa récitation du Coran, ils dirent : « Écoutez pour l'entendre. » Le second : lorsqu'ils se présentèrent à l'Envoyé d'Allah, ils dirent : « Écoutez pour entendre sa parole. » Puis, quand cela fut terminé, ils retournèrent vers leur peuple en avertisseurs. Deux aspects : Le premier : lorsqu'il eut terminé la prière, ils retournèrent vers leur peuple en l'avertissant. Le second : lorsqu'il eut terminé sa récitation du Coran, ils retournèrent vers leur peuple en avertisseurs, disant ce qu'Allah a rapporté d'eux : « Nous avons entendu un Coran merveilleux » (Coran 72:1) par son éloquence et sa clarté. Le second : merveilleux par la beauté de ses exhortations. Quant à Sa parole : « Il guide vers la droiture. Nous y avons cru » (Coran 72:2), deux aspects : Le premier : vers les affaires droites. Le second : vers la connaissance d'Allah. Il est donc établi que l'Envoyé d'Allah était envoyé universellement aux hommes et aux djinns. Les savants ne divergent pas sur le fait qu'il est permis d'envoyer vers eux un messager issu des hommes ; ils divergent sur la possibilité d'envoyer un messager issu d'eux. Certains le permettent, en raison de la parole d'Allah : « Ô assemblée des djinns et des hommes, ne vous est-il pas venu des messagers issus de vous ? » (Coran 6:130). D'autres le refusent, et c'est l'avis de ceux qui les considèrent comme issus de la descendance d'Iblîs 6 et interprètent Sa parole : « Ne vous est-il pas venu des messagers issus de vous ? » comme se référant à ceux qui, ayant entendu le Coran, retournèrent vers leur peuple en avertisseurs. Quant à leurs mécréants, ils entrent en Enfer ; quant à leurs croyants, ils divergent sur leur entrée au Paradis en récompense de leur foi. Al-Ḍaḥḥâk dit : « Ceux qui permettent que leurs messagers soient issus d'eux entrent au Paradis. » Sufyân rapporte de Layth qu'ils sont récompensés pour leur foi en étant sauvés du Feu, puis on leur dit : « Soyez poussière, comme les bêtes. » Quant à leur écoute clandestine, avant l'envoi du Prophète, ils l'écoutaient clandestinement, d'où la divination chez les hommes, car les djinns leur transmettaient ce qu'ils avaient écouté clandestinement dans des postes d'écoute proches du ciel, comme Allah a dit : « Nous avions l'habitude de nous y asseoir dans des postes d'écoute » (Coran 72:9) pour écouter les nouvelles du ciel des anges, puis ils les transmettaient aux devins. « Mais quiconque écoute maintenant trouve pour lui un météore aux aguets » (Coran 72:9), c'est-à-dire les météores brûlants et les anges aux aguets. Quant à leur écoute clandestine après l'envoi du Prophète, les savants divergent en deux avis : Le premier : leur écoute clandestine a cessé, et la divination a donc cessé. Le second : leur écoute clandestine subsiste après l'envoi du Prophète. Avant le Prophète, les météores ne les frappaient pas, en raison de la parole d'Allah : « Mais quiconque écoute maintenant trouve pour lui un météore aux aguets. » Ce qu'ils écoutent concerne les nouvelles de la terre, non la révélation, car Allah a préservé Sa révélation d'eux, selon Sa parole : « C'est Nous qui avons fait descendre le Rappel, et c'est Nous qui en sommes gardiens » (Coran 15:9). Sur cette base, ils divergent sur le fait que les météores les frappent avant ou après leur écoute clandestine. Certains savants estiment que les météores les frappent avant l'écoute clandestine, les empêchant d'y parvenir, ce qui a mis fin à la divination ; les météores sont alors une prévention contre l'écoute. D'autres estiment que les météores les frappent après l'écoute, comme un châtiment pour celle-ci. À ce sujet, deux avis : Le premier : ils les tuent, et la divination a donc cessé. Le second : ils les blessent et les brûlent sans les tuer, et ils recommencent à écouter après avoir été brûlés. S'ils ne survivaient pas, l'écoute cesserait après la brûlure. Ce qu'ils transmettent de l'écoute va aux djinns, non aux hommes, car la divination a cessé chez les hommes. Quant au météore qui les frappe, deux avis : Le premier : c'est une lumière qui s'étend par son intensité, puis disparaît. Le second : c'est un feu qui les brûle et ne disparaît pas. Voilà le discours sur les djinns, leur état, leurs attributs et leur jugement. Les appels des djinns 7 Quant à leurs appels à l'Envoyé d'Allah, ils font partie des signes de sa prophétie. Si c'était avant son envoi, c'était parmi les prémices de ses signes émanant de l'inspiration. Parmi leurs appels à sa prophétie, ce qu'a rapporté Ibrâhîm ibn Salâma d'Ismâ'îl ibn Ziyâd d'Ibn Jurayj d'Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée) : il racontait d'un homme de Khath'am 8 qui disait : « Je ne déclare pas licite ce qui est illicite ni illicite ce qui est licite », et il adorait des idoles. Alors que nous étions une nuit près d'une de ces idoles, réglant un différend entre nous, voilà qu'un crieur cria de l'intérieur de l'idole : « Ô vous, la caravane, gens de jugement, Que faites-vous avec des esprits égarés ? Vous confiez le jugement aux idoles, Voici un prophète, le maître des créatures, Il proclame la vérité et l'islam, Le plus juste des juges, Il suit la lumière sur les ténèbres, Il sera annoncé dans le sanctuaire, Il a purifié les gens des péchés. » Al-Khath'amî dit : « Nous en fûmes effrayés. Je partis pour la Mecque et embrassai l'islam avec le Prophète (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui). » Parmi les annonces de leurs appels, ce qu'a rapporté 'Uthmân ibn 'Abd ar-Raḥmân de Muḥammad ibn Ka'b : il dit : « Alors que 'Umar ibn al-Khaṭṭâb (qu'Allah l'agrée) était assis un jour, un homme passa près de lui. On lui dit : "Connais-tu celui qui passe, ô Commandeur des croyants ?" Il dit : "Qui est-ce ?" Ils dirent : "C'est Sawâd ibn Qârib, un homme du Yémen, qui avait un compagnon 9 parmi les djinns." 'Umar l'envoya chercher et dit : "Es-tu Sawâd ibn Qârib ?" Il dit : "Oui, ô Commandeur des croyants." Il dit : "Es-tu celui dont le compagnon t'a annoncé l'apparition du Prophète (que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) ?" Il dit : "Oui, ô Commandeur des croyants. Alors que j'étais une nuit entre sommeil et veille, mon compagnon parmi les djinns vint à moi, me frappa du pied et dit : 'Lève-toi, ô Sawâd ibn Qârib, écoute ma parole et comprends si tu es intelligent : un envoyé d'Allah a été envoyé de la tribu de Lu'ayy ibn Ghâlib, appelant à Allah et à Son adoration.' Et il récita : 'Je m'étonne des djinns et de leur empressement, Et de leurs montures chargées de leurs selles, Se dirigeant vers la Mecque cherchant la guidance, Les djinns croyants ne sont pas comme leurs mécréants. Pars donc vers l'élite de Hâshim, Entre ses collines et ses pierres.' Je lui dis : 'Laisse-moi, je suis somnolent', et je ne levai pas la tête à ce qu'il disait. La deuxième nuit, il vint, me frappa du pied et dit : 'Lève-toi, ô Sawâd ibn Qârib, écoute ma parole et comprends si tu es intelligent : un envoyé d'Allah a été envoyé de la tribu de Lu'ayy ibn Ghâlib, appelant à Allah et à Son adoration.' Et il récita : 'Je m'étonne des djinns et de leurs nouvelles, Et de leurs montures chargées de leurs bâts, Se dirigeant vers la Mecque cherchant la guidance, Les djinns croyants ne sont pas comme leurs mécréants. Pars donc vers l'élite de Hâshim, Entre ses collines et ses pierres.' Je dis : 'Laisse-moi, je suis somnolent', et je ne levai pas la tête. La troisième nuit, il vint, me frappa du pied et dit : 'Lève-toi, ô Sawâd ibn Qârib, écoute ma parole et comprends si tu es intelligent : un envoyé a été envoyé de la tribu de Lu'ayy ibn Ghâlib, appelant à Allah et à Son adoration.' Et il récita : 'Je m'étonne des djinns et de leur espionnage, Et de leurs montures chargées de leurs harnais, Se dirigeant vers la Mecque cherchant la guidance, Les meilleurs des djinns ne sont pas comme leurs impurs. Pars donc vers l'élite de Hâshim, Et regarde de tes yeux vers sa tête.' Il dit : 'Au matin, Allah avait éprouvé mon cœur pour l'islam. Je sellai ma chamelle et vins à Médine. Je trouvai l'Envoyé d'Allah et ses Compagnons. Je dis : "Écoute ma parole, ô Envoyé d'Allah." Il dit : "Apporte." Je récitai : 'Un confident est venu à moi entre sommeil et veille, Et je n'étais pas, dans ce que j'ai rapporté, menteur. Trois nuits, sa parole chaque nuit : Un envoyé t'est venu de Lu'ayy ibn Ghâlib. Je retroussai le bas de mon vêtement et montai Ma chamelle rapide entre les déserts. J'atteste qu'il n'y a de dieu qu'Allah, Et que tu es digne de confiance pour tout ce qui est caché. Tu es le plus proche des envoyés en moyen Auprès d'Allah, ô fils des plus nobles et des meilleurs. Ordonne-nous ce qui te vient, ô meilleur de ceux qui marchent, Même si cela fait blanchir les tempes. Sois pour moi un intercesseur le jour où nul intercesseur Autre que toi ne pourra rien pour Sawâd ibn Qârib.' L'Envoyé d'Allah et ses Compagnons se réjouirent grandement de mes paroles, au point que la joie se vit sur leurs visages. 'Umar se leva, l'embrassa et dit : 'J'aurais aimé entendre de toi ce récit. Ton compagnon vient-il encore à toi aujourd'hui ?' Il dit : 'Depuis que j'ai récité le Coran, non. Et quel bon remplacement que le Livre d'Allah pour les djinns !' Parmi les annonces de leurs appels, ce qu'a rapporté Ibrâhîm ibn Salâma d'Ismâ'îl ibn Ziyâd d'Ibn Jurayj d'Ibn 'Abbâs : 'Umar ibn al-Khaṭṭâb raconta un jour dans une assemblée après l'Envoyé d'Allah : 'Nous sortîmes deux mois avant l'apparition du Prophète vers Al-Abṭaḥ 10 à la Mecque, avec un veau que nous voulions égorger, alors que nous étiez en état de sacralisation 11. Lorsque nous l'eûmes égorgé, que son sang coula et qu'il mourut, voilà qu'un crieur cria de son ventre : "Ô Dhuraïḥ 12 ! Ô Dhuraïḥ ! Un crieur crie d'une voix éloquente : Un prophète apparaît avec la vérité, il se répand, disant : 'Il n'y a de dieu qu'Allah.'" Il cria ainsi trois fois, puis sa voix s'apaisa. Nous nous séparâmes, effrayés par cela. Peu après, le Prophète apparut.' Un homme du groupe dit : 'Ne t'étonne pas, ô Commandeur des croyants. Je sortis avec des compagnons pour notre commerce, nous étions quatre, voulant aller en Syrie. Lorsque nous fûmes dans une vallée de Syrie, nous eûmes un vif désir de viande avant l'apparition du Prophète. Une gazelle à la corne brisée se présenta à nous ; nous ne cessâmes de la poursuivre jusqu'à la prendre. Par Allah, alors que nous délibérions pour l'égorger, un héraut cria :'

Ô vous, la troupe rapide des quatre... Laissez le chemin à la gazelle effrayée. Car elle est une petite enfant douce... Laissez les vipères, car devant moi il y a de l'espace. Puis il dit : Laissez-la, par Dieu ! J'ai vu cette vallée sans qu'il y passe moins de cinquante hommes jusqu'à ce que vous y soyez. Il dit : Nous la relâchâmes. Le soir venu, il prit les rênes de nos montures jusqu'à ce qu'il nous amène à un campement nombreux et populeux. Il nous nourrit de tharid 13 qui apaisa notre faim, puis nous sortîmes jusqu'à ce que Dieu accomplît notre commerce. Un homme juif nous accompagna. Lorsque nous fûmes dans cette vallée, un héraut 14 s'écria : « Prends garde, ne te hâte pas, et prends-la, elle est funeste... Car la pire des allures est l'allure rapide et pénible. L'étoile a paru et s'est élevée dans son orient... Elle dissipe l'obscurité d'un visage sombre et funeste. Elle appelle à l'ombre d'un jardin agréable. » Le juif dit : Savez-vous ce que dit ce crieur ? Nous dîmes : Que dit-il ? Il dit : Il annonce qu'un prophète est apparu parmi vous à La Mecque. Nous arrivâmes et trouvâmes le Prophète (paix et salut sur lui) à La Mecque. Parmi les annonces de leurs hérauts : ce qu'a rapporté Abou 'Îsâ : J'ai entendu Quraysh, la nuit, un héraut sur Abou Qoubay 15 dire : « Si Sa'd 16 est heureux que Muhammad devienne musulman... À La Mecque, il ne craint l'opposition d'aucun opposant. » Le matin venu, Abou Soufyân dit : Qui sont les deux Sa'd ? Sa'd Bakr et Sa'd Tamîm. La deuxième nuit, ils l'entendirent dire : « Ô Sa'd Sa'd al-Aws, sois un secoureur... Et ô Sa'd Sa'd al-Khazraj, les généreux. Répondez à l'appel de la guidée et souhaitez... Auprès de Dieu, au Paradis, le souhait d'un connaisseur. Car la récompense de Dieu pour celui qui cherche la guidée... Sont des jardins du Paradis, ornés de décorations. » Le matin venu, Abou Soufyân dit : Ce sont, par Dieu, Sa'd ibn Mu'âdh et Sa'd ibn 'Ubâda. Parmi les annonces de leurs hérauts : ce qu'a rapporté Ibn 'Abbâs (que Dieu l'agrée) d'après Asmâ' bint Abî Bakr : Les polythéistes de La Mecque ne surent où le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) se dirigeait lorsqu'il émigra à Médine jusqu'à ce qu'un héraut, quelques jours après, s'écriât : « Que Dieu récompense en bien – et la récompense est une obligation –... Deux compagnons qui ont habité les deux tentes d'Oumm Ma'bad 17. Ils sont entrés avec la guidée et ont guidé par elle... Réussi est celui qui devient le compagnon de Muhammad. Qu'il soit annoncé aux Banû Ka'b le lieu de leur jeune fille... Et son lieu d'assise, pour les musulmans, est un poste d'observation. » Asmâ' dit : Les polythéistes de La Mecque ne surent la bataille de Badr jusqu'à ce qu'un héraut s'écriât des montagnes de La Mecque, alors que des jeunes gens veillaient à La Mecque : « Les hanifites 18 ont fait perdre à Badr, par une bataille... Dont s'effondrera le royaume de Kisrâ 19 et de César. Ils ont frappé des hommes de Lou'ayy 20 et ont dénudé... Des femmes libres, aux poitrines découvertes, tristes. Hélas ! Malheur à celui qui devient l'ennemi de Muhammad... Il a goûté la tristesse dans la vie et le regret. Et il est devenu, dans la poussière élevée, couvert de poussière... Les oiseaux voraces se le disputent et s'enfuient. » Ainsi ils apprirent cela, et la nouvelle apparut le lendemain. Et si ces hérauts sont des informations isolées venant de quelqu'un dont on ne voit pas la personne 21 et dont on ne peut accepter la parole 22, leur sortie de l'ordinaire est un avertissement et leur effet sur les âmes est une bonne annonce. Les auditeurs les ont acceptées, et l'acceptation des nouvelles renforce leur authenticité et leur argument. Si l'on dit : Si les hérauts des djinns 23 font partie des preuves de la prophétie, il serait possible qu'ils soient une preuve de la validité de la divination. Il y a deux réponses : La première : Les preuves de la prophétie sont autres que cela ; ce sont plutôt des annonces de celle-ci. Il y a une différence entre la preuve et l'annonce. La seconde : La divination concerne l'invisible, tandis que l'annonce concerne un être déterminé. Le visible est connu, l'invisible est hypothétique. Chapitre dix-septième : Ce que les âmes ont murmuré comme inspirations des esprits sur sa prophétie (paix et salut sur lui) L'intellect est divin ; Dieu Très-Haut l'a implanté dans les âmes raisonnantes. Il avertit des événements à venir par conjecture et sait après l'existence ce qui s'est passé. Aucun événement ne survient sans qu'un avertissement ne le précède, et son effet est proportionné à son importance. Aucun événement n'est plus grand que ce que Dieu a renouvelé par la prophétie de Muhammad (paix et salut sur lui). Il convenait donc que les annonces de sa prophétie soient les plus célèbres et les preuves de ses signes les plus évidentes. Parmi les inspirations sur sa prophétie : Ka'b ibn Lou'ayy ibn Ghâlib rassemblait les gens chaque vendredi. Le vendredi était appelé en période préislamique le jour de 'Ourouba 24. Ka'b l'appela le jour du vendredi. Il y prononçait un sermon et disait après son sermon : « Votre sanctuaire, honorez-le et attachez-vous-y, car il viendra pour lui une grande nouvelle et un noble prophète en sortira. Par Dieu, si j'étais à cette époque, doté d'ouïe, de vue, de main et de jambe, je me serais dressé comme se dressent les chevaux, et j'aurais couru comme courent les étalons. » Puis il disait : « Que ne suis-je témoin de l'appel de la guidée... Quand la tribu cherche à abandonner la vérité. » Parmi les inspirations : Ce qu'a rapporté Ibn Qoutayba : Abou Krib ibn As'ad al-Himyarî crut au Prophète (paix et salut sur lui) sept cents ans avant sa mission et dit : « J'ai témoigné qu'Ahmad 25 est... Le Messager de Dieu, Créateur des êtres. Si ma vie se prolongeait jusqu'à la sienne... Je serais son vizir et son cousin. » Parmi les inspirations : Ce qu'a rapporté 'Oubayd al-Jurhumî, très âgé et savant dans les récits des nations : Toubbâ' 26 le jeune, c'est-à-dire Toubbâ' ibn Hassân ibn Toubbâ', se rendit à Yathrib 27, descendit au pied d'Uhud 28, alla vers les juifs, en tua trois cent cinquante hommes par exécution et voulut la détruire. Un homme juif âgé se leva et dit : « Ô roi, quelqu'un comme toi ne tue pas sous l'emprise de la colère et n'accepte pas les paroles mensongères. Ton affaire est plus grande que d'être emporté par un éclair ou précipité par l'entêtement. Tu ne peux détruire cette ville. » Il dit : « Pourquoi ? » Il dit : « Parce qu'elle est le lieu d'émigration d'un prophète issu des enfants d'Ismaël, qui sortira de cette passe – c'est-à-dire la Maison sacrée 29. » Toubbâ' cessa et se rendit à La Mecque avec ce juif et un autre savant juif. Il vêtit la Maison, y sacrifia six mille chameaux et nourrit les gens. Il dit : « Nous avons vêtu la Maison que Dieu a rendue sacrée... De manteaux et de brocarts. » On dit qu'il régna trois cent vingt ans. Parmi les inspirations : Ce qu'a rapporté Hâshim ibn 'Ourwa d'après son père, d'après 'Â'isha : Un juif habitait La Mecque. La nuit où le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) naquit, il assista à une assemblée de Quraysh et dit : « Ô assemblée de Quraysh, un enfant est-il né parmi vous cette nuit ? » Les gens dirent : « Par Dieu, nous ne savons pas. » Il dit : « Dieu est plus grand ! Puisque vous l'ignorez, ce n'est pas grave. Regardez et retenez ce que je vous dis : Cette nuit est né un prophète ; entre ses épaules se trouve un signe avec des poils touffus comme la crinière d'une idole. » Les gens se dispersèrent de leur assemblée, étonnés de ses paroles. Lorsqu'ils arrivèrent chez eux, chacun informa sa famille. Ils dirent : « Un garçon est né à 'Abd Allah ibn 'Abd al-Mouttalib, nommé Muhammad. » Les gens allèrent vers le juif et l'informèrent. Il dit : « Emmenez-moi pour que je le voie. » Ils l'introduisirent chez Âmina et dirent : « Fais sortir ton fils vers nous. » Elle le fit sortir, ils découvrirent son dos, et le juif vit ce signe. Il tomba évanoui. Quand il reprit conscience, ils lui dirent : « Qu'as-tu ? » Il dit : « Par Dieu, la prophétie a quitté les enfants d'Israël. Ô assemblée de Quraysh, par Dieu, il vous frappera d'une frappe dont la nouvelle se répandra de l'Orient à l'Occident. » Parmi les gens que le juif informa se trouvaient Hishâm ibn al-Mughîra, al-Walîd ibn al-Mughîra, 'Oubayda ibn 'Abd al-Mouttalib et 'Outba ibn Rabî'a. Dieu les protégea de lui. De même : Les Quraysh avaient en période préislamique une fête où les femmes se réunissaient sans les hommes. Elles se rassemblèrent, et un juif se tint devant elles, parmi lesquelles Khadîja. Il leur dit : « Ô femmes de Quraysh, il se peut qu'un prophète soit envoyé parmi vous. Celle d'entre vous qui peut être une terre pour lui, qu'elle le fasse. » Elles le lapidèrent, mais cela resta dans le cœur de Khadîja jusqu'à ce que Dieu le lui réalise. Elle fut la première à croire en lui. De même : Un groupe de chrétiens vint de Syrie comme commerçants à La Mecque. Ils descendirent entre Safâ et Marwa 30. Ils le virent alors qu'il avait sept ans. Certains le reconnurent par sa description dans les livres et par son apparence dans leur perspicacité. Il lui dit : « Qui es-tu et fils de qui es-tu ? » Il dit : « Je suis Muhammad ibn 'Abd Allah ibn 'Abd al-Mouttalib. » Il dit : « Qui est le Seigneur de celle-ci ? » en désignant les montagnes. Il dit : « Dieu, son Seigneur, sans associé. » Il dit : « Qui est le Seigneur de celle-ci ? » en désignant le ciel. Il dit : « Dieu, son Seigneur, sans associé. » Le chrétien lui dit : « A-t-Il un autre Seigneur ? » Il dit : « Ne me fais pas douter au sujet de Dieu. Il n'a ni associé ni opposé. » Il professa le monothéisme dans son jeune âge. Le chrétien proclama la nouvelle et annonça sa prophétie. De même : Il était sous la tutelle de son grand-père 'Abd al-Mouttalib, qui l'aimait plus que tous ses enfants. À l'approche de sa mort, il le recommanda à son oncle Aboû Tâlib, car il était le frère de 'Abd Allah par son père et sa mère. Il dit : « Je recommande celui dont le surnom est Tâlib... 'Abd Manâf, qui a de l'expérience. Ô fils du bien-aimé, le plus noble des proches... Ô fils de celui qui, disparu, n'est pas revenu. » Aboû Tâlib accepta la recommandation. Il avait entendu d'un moine un avertissement et dit : « Ne recommande pas ce qui est obligatoire et nécessaire... Car je ne suis pas indifférent ni négligent. Que la louange de Dieu soit la parole du moine... J'ai entendu les plus étonnantes merveilles De tout savant et érudit. » 'Abd al-Mouttalib mourut huit ans après sa naissance. Son oncle Aboû Tâlib le prit en charge et l'emmena en Syrie pour son commerce alors qu'il avait neuf ans. Ils descendirent sous un ermitage à Syrie, près de Bosra 31. Dans l'ermitage se trouvait un moine nommé Bahîra 32, qui avait lu les livres des gens du Livre et connaissait ce qu'ils contenaient comme annonces et signes. Bahîra vit de son ermitage un nuage qui ombrageait le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) du soleil. Il descendit vers lui et se mit à examiner son corps jusqu'à ce qu'il vit le sceau de la prophétie entre ses épaules. Il l'interrogea sur son état dans son sommeil et sa veille. Il l'informa, et cela correspondait à ce qu'il avait dans les livres. Il interrogea Aboû Tâlib à son sujet : « Est-ce ton fils ? » Il dit : « Non. » Il dit : « Est-ce le fils de ton frère ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Son père est mort alors qu'il était en gestation ? » Il dit : « Oui. » Il dit : « Tu as dit vrai. » Il leur prépara un repas qu'il ne leur avait pas préparé auparavant, ainsi qu'à ceux qui étaient avec eux. Il dit : « Protégez-le des juifs et des chrétiens, car il est le maître des mondes et sera envoyé comme prophète à eux tous. S'ils le reconnaissent avec vous, ils le tueront. » Ils dirent : « Comment as-tu su cela ? » Il dit : « Le nuage qui l'a ombragé, et j'ai vu le sceau de la prophétie sous le cartilage de son épaule, comme une pomme, selon la description mentionnée. J'ai vu la terre et les arbres se prosterner devant lui, et ils ne se prosternent que devant un prophète. » Le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) arriva, et alors qu'il gardait les chameaux, les gens l'avaient devancé à l'ombre d'un arbre. Lorsqu'il s'assit, l'ombre de l'arbre se pencha sur lui. Il leur dit : « Ceci fait partie des signes de sa prophétie. Les Romains, s'ils le voient, le reconnaîtront par sa description et le tueront. » Puis il se retourna et vit sept hommes venant des Romains. Il alla à leur rencontre et dit : « Qu'est-ce qui vous amène ? » Ils dirent : « Nous sommes venus parce que ce prophète va apparaître ce mois-ci. Il n'est resté aucune route sans que nous y ayons envoyé des gens. Nous sommes les derniers envoyés sur cette route. » Il leur dit : « Avez-vous laissé derrière vous quelqu'un de meilleur que vous ? » Ils dirent : « Non. » Il dit : « Que pensez-vous d'une affaire que Dieu veut accomplir : quelqu'un peut-il la repousser ? » Ils dirent : « Non. » Il dit : « Retournez donc. » Ils le suivirent dans leur retour. Le moine leur donna des provisions jusqu'à ce qu'Aboû Tâlib les emmena rapidement. Telles furent les annonces des moines chrétiens et ce qui précède des récits des juifs. Tous s'accordent, malgré la divergence de leurs croyances et la différence de leurs livres, dès les premiers témoignages, pour désigner la prophétie en lui. Quant aux livres dans lesquels il était décrit, ils le trouvèrent conforme à la description. Ce fut un avertissement divin sur lequel les pensées se sont accordées, car ce que les âmes ont murmuré d'une chose à venir et ce que les esprits ont imaginé est apparu et s'est manifesté. Les cœurs sont les avant-coureurs des décrets, et les esprits sont les miroirs des secrets.

Parmi les intuitions inspirées (hawājis al-ilhām) : Ce que nous a rapporté Abū al-Ḥasan Muḥammad ibn ‘Alī ibn Muḥfil — que Dieu lui fasse miséricorde — disant : Nous a rapporté ‘Umar ibn Ḥammād al-Faqīh, disant : Nous a rapporté ‘Umar ibn Muḥammad ibn Baḥīr al-Samarqandī, disant : Nous a rapporté Aḥmad ibn ‘Abd Rabbih al-Ḍabbī, disant : Nous a informé ‘Abd al-Raḥmān ibn Nūḥ ibn ‘Ubayd, disant : Nous a rapporté ‘Umar ibn Bukayr, disant : M’a rapporté Aḥmad ibn al-Qāsim, d’après al-Kalbī, d’après Abū Ṣāliḥ, d’après Ibn ‘Abbās — que la miséricorde de Dieu soit sur lui — disant : Lorsque Sayf ibn Dhī Yazan triompha des Abyssins, cela quelques années après la naissance du Prophète — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — les délégations des Arabes, leurs nobles et leurs poètes vinrent à lui pour le féliciter, le louer, et évoquer ce qu’il avait accompli comme exploit et sa quête de vengeance pour son peuple. Vint alors à lui la délégation des Qurayshites, parmi lesquels ‘Abd al-Muṭṭalib ibn Hāshim, Umayya ibn ‘Abd Shams, ‘Abd Allāh ibn Jud‘ān, et Asad ibn Khuwaylid ibn ‘Abd al-‘Uzzā, avec un groupe de nobles qurayshites. Lorsqu’ils se présentèrent devant lui, il se tenait au sommet d’un palais appelé Ghumdān, à propos duquel Umayya ibn Abī al-Ṣalt dit : « Bois en paix, la couronne sur toi, élevé, Au sommet de Ghumdān, une demeure de toi, une résidence. » Il dit : Ils demandèrent la permission d’entrer auprès de lui ; il la leur accorda, et ils entrèrent. Or le roi était imprégné d’ambre ; on voyait l’éclat du parfum à son départ (mufarraq) ; il portait deux manteaux (burdān), l’un en guise de pagne (mutazzir), l’autre enveloppant (murtaḍī) ; son épée était devant lui, et à sa droite et à sa gauche se tenaient les rois, les fils de rois, et les chefs (al-maqāwil). Il dit : ‘Abd al-Malik (sic, pour ‘Abd al-Muṭṭalib) s’approcha et demanda la permission de parler. Le roi dit : « Si tu es de ceux qui parlent devant les rois, alors parle, car nous t’avons donné la permission. » ‘Abd al-Muṭṭalib dit : « Ô roi, Dieu t’a établi en un lieu élevé, difficile, inexpugnable, sublime et glorieux ; Il t’a fait pousser en une plantation dont la racine est bonne, dont la souche est puissante, dont l’origine est ferme et dont la branche s’élève, dans le plus noble des séjours et le plus pur des gisements. Tu es — que je ne sois pas maudit (abayta al-la‘n) — le roi des Arabes, leur printemps par lequel ils deviennent fertiles ; tu es, ô roi, la tête des Arabes à laquelle ils se soumettent, leur pilier sur lequel repose l’édifice, leur refuge vers lequel les créatures se tournent. Tes prédécesseurs sont les meilleurs des prédécesseurs, et tu es pour nous, d’entre eux, le meilleur successeur. Ainsi, la mémoire de celui dont tu es le prédécesseur ne périra point, et celui dont tu es le successeur ne sera point anéanti. Nous, ô roi, sommes les gens du sanctuaire de Dieu et les serviteurs de Sa Maison. Ce qui nous a poussés vers toi, c’est la joie que nous a apportée la dissipation de l’angoisse qui nous accablait. Nous sommes donc une délégation de félicitation, non une délégation de condoléances. » Ibn Dhī Yazan dit : « Et lequel d’entre vous es-tu, ô toi qui parles ? » Il dit : « Je suis ‘Abd al-Muṭṭalib ibn Hāshim. » Il dit : « Le fils de notre sœur ? » Il dit : « Oui, le fils de votre sœur. » Il dit : « Approche. » Il le fit approcher au-dessus du peuple (ou : devant le peuple) et lui dit : « Bienvenue et aisance (marḥaban wa ahlan), une chamelle et une selle (nāqatan wa raḥlan), un lieu de repos facile (mustanākhan sahlan), et un roi doux (malikan baḥlan) qui donne des dons abondants. Le roi a entendu votre discours, a reconnu votre parenté, et a accepté votre intermédiaire (wasīlatakum). Vous êtes les gens de la nuit et les gens du jour. À vous l’honneur (al-karāma) tant que vous séjournez, et le cadeau d’adieu (al-ḥibā’) lorsque vous partez. » Il dit : Ensuite, ils furent conduits à la demeure de l’hospitalité (ḍiyāfa) et des délégations. Ils y demeurèrent un mois, sans pouvoir accéder à lui ni obtenir la permission de s’en retourner. Il dit : Puis il s’éveilla de sa somnolence (intabaha intibāhahu) et envoya chercher ‘Abd al-Muṭṭalib. Il l’éleva et le fit asseoir dans le lieu le plus proche de lui, et dit : « Ô ‘Abd al-Muṭṭalib, je vais te confier un secret de ma science (min sirr ‘ilmī) tel que, si c’était un autre que toi, je ne l’en aurais pas informé. Mais je t’ai vu comme son réceptacle (ma‘dinahu) et je t’en ai informé. Qu’il reste donc caché chez toi jusqu’à ce que Dieu y permette ce qu’Il veut. Car Dieu accomplira Son ordre à son sujet. Je le trouve dans le Livre préservé (al-kitāb al-maknūn) et le savoir caché (al-‘ilm al-makhzūn) que Nous avons choisi pour Nous-mêmes et réservé à l’exclusion des autres : une nouvelle immense (khabaran ‘aẓīman) et un danger grave (khaṭaran jasīman), contenant l’honneur de la vie et la vertu de la mort, pour les gens en général, pour ta tribu en particulier, et pour toi spécialement. » ‘Abd al-Muṭṭalib dit : « Ô roi, à toi de divulguer un secret ou de le cacher. Qu’est-ce donc ? Que les gens du désert (ahl al-wabar) te soient dévoués, troupe après troupe. » Il dit : « Lorsque naîtra à Tihāma un garçon ayant entre les épaules un signe (shāma), l’autorité suprême (al-imāma) lui appartiendra, et à vous, par lui, la préséance (al-zi‘āma) jusqu’au Jour de la Résurrection. » ‘Abd al-Muṭṭalib lui dit : « Que je ne sois pas maudit (abayta al-la‘n), tu m’as apporté une nouvelle telle qu’aucun émissaire (wāfid) n’en a apporté de semblable. Sans la crainte révérencielle du roi, sa vénération et sa glorification, je l’aurais interrogé sur cette bonne annonce (bishāra) qui m’a rempli de joie. » Ibn Dhī Yazan dit : « C’est son moment (ḥīnahu) où il naît, ou bien il est déjà né. Son nom est Aḥmad. Son père et sa mère mourront ; son grand-père et son oncle le prendront en charge. Nous l’avons enfanté à plusieurs reprises (qad waladnāhu mirāran). Dieu le suscitera ouvertement (jāharan) et fera de nous (ou : de notre peuple) ses auxiliaires (anṣāran). Par eux, Il rendra puissants Ses alliés et humiliera Ses ennemis. Par eux, Il frappera les gens de toutes parts (yaḍribu bihim al-nāsa ‘an ‘araḍ) et ouvrira par eux les terres précieuses (karā’im al-arḍ). Il brisera les idoles, éteindra les feux, adorera le Miséricordieux (al-Raḥmān) et repoussera Satan. Sa parole est décisive (faṣl) et Son jugement est juste (ḥukmuhu ‘adl). Il ordonne le bien et le fait, et interdit le mal et l’abolit. » ‘Abd al-Muṭṭalib dit : « Ô roi, que ta grandeur soit exaltée (‘azza jadduka), que ta postérité soit élevée, que ton royaume soit pur et que ta vie soit longue. Le roi me fera-t-il la faveur de s’expliquer clairement (bi-ifṣāḥ) ? Car il a déjà éclairci après avoir obscurci. » Ibn Dhī Yazan dit : « Par la Maison aux voiles (al-bayt dhu al-ḥujub) et les signes (al-‘alāmāt) sur les pierres dressées (al-nuṣub), tu es, ô ‘Abd al-Muṭṭalib, son grand-père, sans mensonge. » Il dit : Alors ‘Abd al-Muṭṭalib tomba prosterné (sājidan). Ibn Dhī Yazan dit : « Relève ta tête. Que ta poitrine soit rafraîchie (thulija ṣadruka) et que ton affaire soit élevée. As-tu perçu quelque chose de ce que je t’ai mentionné ? » Il dit : « Oui, ô roi. J’avais un fils, et j’étais pour lui plein d’admiration, doux (rafīqan) ou tendre (raqīqan). Je le mariai à une noble parmi les nobles de mon peuple, Āmina bint Wahb ibn ‘Abd Manāf. Elle donna naissance à un garçon que je nommai Muḥammad. Son père et sa mère moururent ; je le pris en charge, moi et son oncle. Entre ses épaules se trouve un signe (shāma), et en lui se trouve tout ce que tu as mentionné comme marque (‘alāma). » Ibn Dhī Yazan dit : « Ce que je t’ai dit est exactement comme je te l’ai dit. Garde donc ton fils (iḥtafiẓ bi-ibnika) et prends garde à lui contre les Juifs, car ils sont ses ennemis, et Dieu ne leur donnera jamais de voie sur lui. Tais ce que je t’ai mentionné devant ces hommes qui sont avec toi, car je ne suis pas sûr que la jalousie (al-nufāsa) ne les gagne pas, de peur que la préséance (al-riyāsa) ne t’appartienne, et qu’ils ne lui cherchent des embûches (al-ghawā’il) et ne lui tendent des pièges (al-ḥabā’il). Ils le feront, eux et leurs fils. Si je ne savais que la mort m’emportera avant son envoi (mab‘athihi), je serais parti avec ma cavalerie et mon infanterie jusqu’à ce que j’arrive à Yathrib, faisant de celle-ci le siège de mon royaume. Car je trouve dans le Livre parlant (al-kitāb al-nāṭiq) et la science antérieure (al-‘ilm al-sābiq) que Yathrib est le lieu de l’affermissement de son affaire, le pays de ses partisans (ahl nuṣratihi) et l’emplacement de sa tombe. Si je ne craignais pour lui les signes (al-āyāt) et ne redoutais pour lui les fléaux (al-‘āhāt), j’aurais proclamé, malgré la jeunesse de son âge, sa mention, et j’aurais soumis à lui les dents (asnān) des Arabes (c’est-à-dire leurs chefs). Mais je confie cela à toi, sans rien cacher à ceux qui sont avec toi. » Ensuite, il ordonna pour chaque homme du groupe dix esclaves mâles, dix esclaves femelles noires, deux vêtements d’honneur (ḥullatayn) parmi les étoffes rayées (al-burūd), cinq ratls d’or, dix ratls d’argent, une outre (kirsh) remplie d’ambre, et pour ‘Abd al-Muṭṭalib, dix fois cela. Il lui dit : « Lorsque l’année sera écoulée, viens à moi avec son affaire et ce qu’il adviendra de sa nouvelle. » Il dit : Ibn Dhī Yazan mourut avant que l’année ne s’écoule. Il dit : ‘Abd al-Muṭṭalib disait souvent : « Ô assemblée des Qurayshites, qu’aucun homme parmi vous ne m’envie pour le don généreux du roi, même s’il est grand, car il va à sa fin (ilā nafād). Mais qu’on m’envie pour ce qui me reste, à moi et à ma postérité, comme mémoire, gloire et honneur. » Et lorsqu’on lui disait : « Et qu’est-ce donc ? » Il disait : « Vous saurez ce que je vous dis, même après un certain temps. » Parmi les intuitions inspirées (hawājis al-ilhām) : Il grandit parmi les Qurayshites selon la meilleure guidance et la meilleure voie, la plus noble des caractères et des natures, le plus véridique des langages et des paroles, au point que les Qurayshites le surnommèrent, dans sa jeunesse, al-Amīn (le Digne de confiance), en prélude à ce qui allait être. Khadīja bint Khuwaylid possédait honneur et richesse ; elle avait des commerces et des associations commerciales (muḍārabāt). Lorsqu’elle connut la loyauté (amāna) du Messager de Dieu — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — et la sincérité de sa parole, elle lui confia des biens (mālan) pour qu’il aille commercer en Syrie (al-Shām) en association (muḍāriban), et elle envoya avec lui son affranchi (mawlāhā) Maysara pour le servir en chemin. Un jour, il s’arrêta sous l’ermitage (ṣawma‘a) d’un moine (rāhib). Le moine vit, par les manifestations de la dignité de Dieu — qu’Il soit exalté — sur lui, ce qui lui fit savoir que cela ne pouvait être que pour un prophète. Il dit à Maysara : « Qui est celui-ci ? » Il dit : « Un homme des Qurayshites, du peuple du sanctuaire (ahl al-ḥaram). » Il dit : « C’est un prophète. » Maysara le voyait, lorsqu’il montait, qu’un nuage (ghamāma) l’ombrageait, le protégeant de la chaleur du soleil. Lorsqu’il revint auprès de Khadīja, Maysara lui raconta l’histoire du moine, ce qu’il avait observé de l’ombre du nuage, et l’accroissement du profit du commerce. Elle prit alors conscience de la grandeur de son rang et des preuves de sa vérité. Khadīja désira alors l’épouser, alors que les nobles des Qurayshites l’avaient demandée en mariage et qu’elle avait refusé. L’entremise pour le mariage fut faite par Maysara — et on dit par son affranchi (mawlāhā) — et par son fils (waladihā). Elle craignit que son père ne s’y oppose ; elle lui égorgea donc une bête (dhabīḥa), le vêtit d’une étoffe rayée (ḥibara), l’oignit de parfum et de musc (ṭīb wa ‘abīr), et lui fit boire du vin (khamran) jusqu’à ce qu’il s’enivrât. Le Messager de Dieu — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — se présenta, accompagné de son oncle Ḥamza ibn ‘Abd al-Muṭṭalib. On diverge sur la présence de son oncle Abū Ṭālib ; la majorité dit qu’il assista avec Ḥamza. Il demanda la main de Khadīja à son père, qui lui répondit et le maria. Il avait alors vingt-cinq ans, et Khadīja quarante ans. Il consomma le mariage dès cette nuit-là. Lorsque Khuwaylid se réveilla le matin et recouvra ses esprits, il vit les traces de ce qui était sur lui. Il dit : « Qu’est-ce que cette bête égorgée (‘aqīr), ce musc (‘abīr) et cette étoffe rayée (ḥibar) ? » On lui dit : « Tu as marié Khadīja à Muḥammad. » Il dit : « Je n’ai pas fait cela. » On lui dit : « Il est honteux pour toi (qabīḥ bika hādhā) alors qu’il a déjà consommé le mariage avec elle. » Il se résigna donc. C’est pour cette raison que le Messager de Dieu — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — dit : « Qu’aucun mariage d’un homme ivre (nashwān) ne me soit soumis sans que je ne le valide (illā ajaztuhu). » Khadīja — que Dieu, qu’Il soit exalté, soit satisfait d’elle — prit en charge ses affaires jusqu’à le décharger des soucis de sa vie mondaine. Ce fut une aide de Dieu, une grâce (luṭfan) qu’Il lui accorda par faveur (minnan) et assistance (is‘āfan). Parmi les intuitions inspirées (hawājis al-ilhām) : Ce que rapporte ‘Āmir ibn Rabī‘a, disant : J’ai entendu Zayd ibn ‘Amr ibn Nufayl dire : « J’attends un prophète issu des enfants d’Ismaël, de la descendance de ‘Abd al-Muṭṭalib. Je ne pense pas que je l’atteindrai, mais je crois en lui, je le confirme, et j’atteste qu’il est un prophète. Si ta vie se prolonge et que tu le vois, transmets-lui de ma part le salut (salām). Je vais t’informer de sa description (na‘tuhu) afin qu’il ne te soit pas caché. » Je dis : « Vas-y. » Il dit : « C’est un homme ni petit ni grand, ni très poilu ni peu poilu ; une rougeur (ḥumra) ne quitte jamais ses yeux ; le sceau de la prophétie (khātam al-nubuwwa) est entre ses épaules ; son nom est Aḥmad. Cette ville (al-balad) est son lieu de naissance. Ensuite, son peuple le fera sortir d’elle et détestera ce qu’il apporte, jusqu’à ce qu’il émigre vers Yathrib ; alors son affaire triomphera. Prends garde à ne pas être trompé à son sujet. Car j’ai parcouru toutes les contrées à la recherche de la religion d’Abraham. Tous ceux que j’interrogeais à son sujet, parmi les Juifs, les Chrétiens et les Mages, disaient : ‘Cette religion est derrière toi’, et ils le décrivaient comme je te l’ai décrit, en disant : ‘Il ne reste aucun prophète autre que lui.’ » ‘Āmir dit : Lorsque j’embrassai l’islam, j’informai le Messager de Dieu — que la prière et la paix de Dieu soient sur lui — des paroles de Zayd et je lui transmis le salut de sa part. Il rendit le salut, eut pitié de lui (tarahḥama ‘alayhi) et dit : « Je l’ai vu au Paradis, traînant les pans de ses vêtements (yasḥabu al-dhuyūl). » Parmi les intuitions inspirées (hawājis al-ilhām) : Ce qu’a rapporté al-Zuhrī, d’après Abū Salama ibn ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Awf, disant : Dieu — qu’Il soit exalté — envoya un ange (malakan) à Kisrā (Chosroès) alors qu’il se trouvait dans la salle de son palais (īwānihi) où nul n’entrait auprès de lui. Il ne se retint (lam yartadi‘hu) que par lui (c’est-à-dire l’ange), debout à sa tête, tenant dans sa main un bâton (ʿaṣā), à l’heure de la canicule (al-hājira), à l’heure même où il faisait la sieste (yaqīlu). Il dit : « Ô Kisrā, embrasses-tu l’islam (atuslimu) ou je brise ce bâton ? » Il dit : « Bahil, bahil » (exclamation de surprise ou de refus). Il s’éloigna de lui. Kisrā appela alors ses gardes et ses chambellans (ḥujjābahu) et se mit en colère contre eux, disant : « Qui a fait entrer cet homme ? » Ils dirent : « Personne n’est entré chez toi et nous ne l’avons pas vu. » Lorsque vint l’année suivante, il vint à lui à la même heure où il était venu, et lui dit comme il avait dit, puis dit : « Embrasses-tu l’islam ou je brise ce bâton ? » Il dit : « Bahil, bahil » trois fois. Il sortit de chez lui. Kisrā appela ses gardes et ses chambellans, se mit en colère et leur dit comme il avait dit la première fois. Ils dirent : « Nous n’avons vu personne entrer chez toi. » Lorsque vint la troisième année, il vint à lui à la même heure où il était venu, lui dit comme il avait dit, puis dit : « Embrasses-tu l’islam ou je brise ce bâton ? » Il dit : « Bahil, bahil. » Il brisa le bâton, puis sortit. Il n’y eut alors rien d’autre que l’effondrement (tahawwur) de son royaume, le soulèvement de son fils et des Perses pour le tuer, jusqu’à ce qu’ils le tuent. Parmi les intuitions du songe (hawājis al-manām) : Ce qu’a rapporté Ibn Qutayba : Kisrā Abarwīz (Chosroès Parviz), fils d’Hurmuz, cheminait un jour. Il somnola sur sa monture (hūma ‘alā markabihi) et cela dura longtemps jusqu’à ce qu’il fût pris d’inattention (istaghfala). Un de ses commandants le réveilla ; il s’éveilla effrayé (madh‘ūran) à cause d’une vision (ru’yā) qu’il avait eue et que celui qui l’avait réveillé avait interrompue. Il dit : « J’ai vu quelqu’un qui me disait : ‘Vous avez changé, alors Nous vous avons changés, et le royaume a été transféré à Aḥmad.’ Et on lui dit : ‘Remets ce qui est en ta possession au maître du bâton (ṣāḥib al-harāwa).’ » Jusqu’à ce que lui parvînt la lettre d’al-Nu‘mān ibn al-Mundhir l’informant qu’un homme était apparu à Tihāma, annonçant qu’il était le Messager de Dieu, Dieu du ciel et de la terre, à tous les habitants de la terre. Il en fut troublé (irtā‘a), le tint pour grave (akbarahu), et sut que c’était celui qu’il avait vu dans son songe, et il l’attendait (yatawaqqa‘uhu).

Parmi les songes prémonitoires : ce que rapporta 'Urwa ibn Mudarris, d'après Makhrama ibn Nawfal, d'après sa mère Ruqayya bint Abī Ḍubay' ibn Hāshim, qui dit : « Des années de sécheresse s'abattirent successivement sur Quraysh, tarissant les mamelles et brisant les os. Alors que je dormais, accablée de soucis, voici qu'un héraut 33 cria d'une voix retentissante : 'Ô gens de Quraysh ! Ce Prophète envoyé parmi vous, ses jours vous enveloppent déjà, et voici le temps de son astre 34. Allons, hâtez-vous vers la vie et l'abondance ! Cherchez donc parmi vous un homme de noble lignée, imposant, d'une blancheur éclatante, aux cils fournis, aux joues lisses, au nez aquilin 35, ayant une dignité qu'il contient, et dont l'âge inspire confiance. Que lui et son fils se purifient, qu'un homme de chaque clan descende vers lui, qu'ils puisent de l'eau et touchent du parfum, puis qu'ils touchent la Pierre Noire 36, qu'ils montent sur Abū Qubays 37, que l'homme implore la pluie et dirige le peuple, et vous obtiendrez ce que vous désirez.' Au matin, par Dieu, j'étais terrifiée, ma peau hérissée, mon esprit éperdu. Je racontai mon rêve ; par le sanctuaire et l'enceinte sacrée, il ne resta aucun homme des Banū 'Abd Manāf 38 sans dire : 'C'est Shayba al-Ḥamd 39' – ils voulaient dire 'Abd al-Muṭṭalib. Alors les notables de Quraysh se rassemblèrent autour de lui, et un homme de chaque clan descendit vers lui. Ils se purifièrent, se parfumèrent, touchèrent la Pierre Noire, puis montèrent sur Abū Qubays et en couvrirent les flancs, sans que leur ascension ne prît de retard, jusqu'à ce qu'ils fussent au sommet de la montagne. 'Abd al-Muṭṭalib se leva, ayant avec lui le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue –, un garçon ayant atteint l'âge de la puberté 40 ou sur le point de l'atteindre, et dit : 'Ô Dieu, Toi qui combles les besoins et dissipes les peines, Tu es Celui qui enseigne sans être enseigné, et qui est imploré sans être avare. Voici Tes serviteurs et Tes servantes dans l'enceinte de Ton Sanctuaire ; ils se plaignent à Toi de leur année qui a fait périr les bêtes à sabot fendu et à sabot plein 41. Ô Dieu, fais donc descendre sur nous une pluie abondante et féconde.' Par la Ka'ba, ils n'étaient pas encore repartis que le ciel se déversa de son eau et que la vallée 42 déborda de son flot. J'entendis deux vieillards de Quraysh, parmi les plus respectés : 'Abd Allāh ibn Jud'ān, Ḥarb ibn Umayya et Hishām ibn al-Mughīra, dire à 'Abd al-Muṭṭalib : 'Félicitations, ô père de la Vallée 43 ! Que par toi les habitants de la Vallée vivent dans l'aisance !' Et à ce sujet, son compagnon dit : Par Shayba al-Ḥamd, Dieu abreuva notre pays, Quand nous eûmes perdu la pluie et que la sécheresse se prolongea. Il fit jaillir une eau abondante aux torrents impétueux, Et les troupeaux et les arbres en vécurent. Béni soit son ordre ; par lui on implore la nuée, Nul parmi les hommes n'a son égal ni son pareil. Parmi les songes d'avertissement, d'inspiration et de rêve : ce que rapporta Abū Ayyūb Ya'lā ibn 'Imrān al-Naḥlī, d'après Makhzūm ibn Hāni' al-Makhzūmī, d'après son père qui vécut cent cinquante ans, lequel dit : « La nuit où naquit le Messager de Dieu – que Dieu prie sur lui et le salue – ou bien où il fut envoyé, l'iwān 44 de Kisrā 45 trembla, quatorze de ses créneaux tombèrent, le feu des Perses s'éteignit – alors qu'il ne s'était pas éteint depuis mille ans – et le lac de Sāwa 46 s'assécha. Cela effraya Kisrā, qui mit sa couronne, s'assit sur son trône, rassembla ses vizirs et ses marzbans 47, et leur raconta son rêve. Le mōbadhān 48 dit : 'Et moi, que Dieu rende prospère le roi, j'ai vu cette nuit des chameaux rétifs menant des chevaux arabes, qui traversèrent le Tigre et se répandirent dans notre pays.' Kisrā demanda : 'Qu'est-ce que cela, ô mōbadhān ?' Il répondit : 'Un événement qui viendra du côté des Arabes.' Kisrā écrivit alors à al-Nu'mān ibn al-Mundhir : 'Envoie-moi un homme savant que je puisse interroger sur ce que je veux.' Al-Nu'mān lui envoya 'Abd al-Masīḥ ibn 'Amr ibn Nafīla al-Ghassānī. Lorsqu'il arriva auprès de Kisrā, celui-ci l'informa de son rêve. 'Abd al-Masīḥ dit : 'Ô roi, la science de cela se trouve chez un oncle maternel à moi, qui habite les confins du Shām 49, nommé Saṭīḥ 50.' Kisrā dit : 'Va donc le trouver, interroge-le sur ce que je t'ai dit, puis rapporte-moi sa réponse.' 'Abd al-Masīḥ monta sur sa monture et arriva auprès de Saṭīḥ, qui était à l'agonie, déposé au bord de sa tombe. Il le salua et le héla, mais Saṭīḥ ne répondit pas. Alors 'Abd al-Masīḥ improvisa : Est-il sourd ou entend-il, le noble du Yémen ? Ô toi, le plus parfait des hommes, combien de questions sans réponse ! Le vieillard de la tribu, issu de la famille de Sanan, Sa mère est de la tribu de Dhi'b ibn Ḥajin, Blanc, aux larges vêtements, au corps robuste, Messager du roi des Perses, voyageant dans le sommeil. Alors Saṭīḥ leva la tête et dit : 'Abd al-Masīḥ, sur un chameau rapide, est venu à Saṭīḥ, alors qu'il était déposé dans la tombe. Le roi des Sassanides t'a envoyé à cause du tremblement de l'iwān, de l'extinction des feux et du rêve du mōbadhān : il a vu des chameaux rétifs menant des chevaux arabes, traversant le Tigre et se répandant dans leur pays.' Puis il dit : 'Ô 'Abd al-Masīḥ, quand la récitation [du Coran] se multipliera, que le maître du bâton 51 sera envoyé de Tihāma 52, que la vallée de Samāwa 53 débordera, que le lac de Sāwa s'asséchera et que le feu des Perses s'éteindra, alors le Shām ne sera plus le Shām pour Saṭīḥ. Des rois et des reines régneront sur eux, en nombre égal aux créneaux tombés, et tout ce qui doit arriver arrivera.' Puis Saṭīḥ mourut. 'Abd al-Masīḥ repartit sur sa monture en disant : Hâte-toi, car tu es résolu dans ton dessein, Que ne te trompent ni division ni changement. Si le royaume des Sassanides a été dispersé, Ce monde connaît des vicissitudes diverses. Il se peut qu'un jour ils se trouvent en une position Où l'on redoute leur assaut, même les lions féroces. Parmi eux, le maître du palais, Bahrām et ses frères, Al-Hurmuzān, Sābūr et Sābūr. Les hommes sont des fils de mères différentes ; quand ils savent Que l'un est favorisé, l'autre est méprisé et rejeté. Ils sont fils de la même mère, sauf s'ils montrent une parenté, Alors celle-ci est préservée par l'invisible et secourue. Le bien et le mal sont liés dans une même corde : Le bien est suivi, le mal est redouté. Lorsque 'Abd al-Masīḥ revint auprès de Kisrā et l'informa, Kisrā dit : 'Jusqu'à ce que quatorze rois règnent sur nous, des événements se produiront.' Dix d'entre eux régnèrent quatre ans, et leur royaume disparut avec Yazdgard, le quatorzième, après douze ans. Si l'on objecte : 'Ce sont les paroles d'un devin 54, que la prophétie a rendues caduques ; on ne peut donc les accepter pour établir la prophétie', il y a deux réponses : La première : il s'agit de l'interprétation d'un rêve qui s'est réalisé, ce qui le sort du cadre de la divination. La seconde : il l'a apprise par la transmission des djinns, comme les cris des djinns, selon la parole de Dieu – qu'Il soit exalté : « Et certes les diables inspirent à leurs alliés » 55. Lorsqu'on examine les voies multiples et les descriptions variées, cela passe de la rareté à l'abondance, et de l'isolement à la transmission continue 56, de sorte que l'opinion devient certitude et la conjecture devient inéluctable. Dix-huitième chapitre : Les débuts de sa généalogie et la pureté de sa naissance – que Dieu prie sur lui et le salue. Comme les prophètes de Dieu sont l'élite de Ses serviteurs et la meilleure de Ses créatures, en raison de la charge qu'Il leur a confiée de s'acquitter de Son droit, Il les a choisis parmi les éléments les plus nobles et les a pourvus des liens les plus solides, afin de préserver leur lignée de toute atteinte et leur rang de toute blessure, pour que les âmes leur soient plus soumises et les cœurs plus purs, et que les hommes soient plus prompts à leur répondre et plus obéissants à leurs ordres. Lorsque la royauté se retira d'Abraham et que la prophétie se concentra sur sa descendance, elle se tourna vers les enfants d'Isaac plutôt que d'Ismaël, et se maintint parmi les enfants d'Israël, en raison de leur nombre après la rareté et de leur force après la faiblesse. La prophétie commença avec Moïse et s'acheva avec Jésus. Lorsque les enfants d'Ismaël devinrent nombreux et se répandirent sur la terre, les enfants de Qaḥṭān se distinguèrent des enfants de 'Adnān par leur nombre, et Qaḥṭān prit le pouvoir ; alors la prophétie se tourna vers les enfants de 'Adnān. Le premier à leur fonder une gloire et à élever leur renom fut Ma'add ibn 'Adnān, lorsque Nabuchodonosor 57 le choisit – alors qu'il régnait sur les régions de la terre et avait l'intention de le tuer lorsqu'il envahit le pays des Arabes – mais un prophète de son temps l'avertit que la prophétie résidait dans sa descendance ; il l'épargna donc, l'honora, le renforça, et Ma'add prit le contrôle de Tihāma d'une main ferme et d'un ordre obéi. À ce sujet, le poète Muhalhil 58 dit : Notre demeure à Tihāma fut jadis prospère, Et les fils de Ma'add y habitaient. Puis la gloire s'accrut avec son fils Nizār, dont la main s'étendit et qui s'avança auprès des rois perses. Le roi Testashf 59 le distingua ; son nom était Khuldān, mais il était maigre de corps. Le roi dit : 'Qu'as-tu, ô Nizār ?' – ce qui signifie dans leur langue : 'Ô maigre' – et ce nom lui resta, si bien qu'il fut appelé Nizār. À ce sujet, Qum'a ibn Ilyās ibn Muḍar ibn Nizār ibn Ma'add ibn 'Adnān dit : Nous avons laissé derrière nous Jadīs et Ṭasm dans leur pays, Quelle noblesse est la nôtre dans la gloire ! Nous sommes les fils de 'Adnān, Khuldān est notre grand-père, Que Testashf nomma le noble Nizār. Il fut appelé Nizār après que son nom, Chez les Arabes, fut Khuldān ; ses fils sont des nobles. Nizār eut quatre fils : Muḍar, Rabī'a, Ayād et Anmār. À l'approche de sa mort, il leur fit ses recommandations : 'Ô mes fils, cette tente rouge et ce qui lui ressemble reviennent à Ayād ; cette assemblée et ce qui lui ressemble reviennent à Anmār. Si vous êtes en désaccord, allez trouver al-Aqra' al-Jurhumī à Najrān.' Ils se disputèrent le partage et se rendirent chez lui. En chemin, Muḍar vit un pâturage brouté et dit : 'Le chameau qui a brouté ce pâturage est borgne.' Rabī'a dit : 'Il est torve.' Ayād dit : 'Il est sans queue.' Anmār dit : 'Il est fugueur.' Peu après, ils rencontrèrent un homme monté sur sa monture, qui leur demanda à propos du chameau. Muḍar dit : 'Il est borgne ?' L'homme dit : 'Oui.' Rabī'a dit : 'Il est torve ?' Il dit : 'Oui.' Ayād dit : 'Il est sans queue ?' Il dit : 'Oui.' Anmār dit : 'Il est fugueur ?' Il dit : 'Oui. Par Dieu, c'est bien la description de mon chameau ; indiquez-le-moi.' Ils dirent : 'Par Dieu, nous ne l'avons pas vu.' Il dit : 'Vous l'avez décrit ainsi, comment ne l'avez-vous pas vu ?' Il voyagea avec eux jusqu'à Najrān, où ils descendirent chez al-Aqra' al-Jurhumī. Le propriétaire du chameau l'interpella : 'Ces gens sont les compagnons de mon chameau ; ils me l'ont décrit ainsi, mais disent ne pas l'avoir vu.' Al-Aqra' al-Jurhumī leur dit : 'Comment l'avez-vous décrit sans le voir ?' Muḍar dit : 'Je l'ai vu brouter d'un côté et délaisser l'autre, j'ai donc su qu'il était borgne.' Rabī'a dit : 'J'ai vu l'une de ses pattes laisser une trace ferme et l'autre une trace brouillée, j'ai donc su qu'il était torve.' Ayād dit : 'J'ai vu ses crottes rassemblées, j'ai donc su qu'il était sans queue.' Anmār dit : 'Je l'ai vu brouter un endroit touffu puis passer à un autre, j'ai donc su qu'il était fugueur.' Al-Jurhumī dit au propriétaire du chameau : 'Ce ne sont pas les compagnons de ton chameau ; cherche ailleurs.' Puis il leur demanda qui ils étaient. Ils l'informèrent qu'ils étaient les fils de Nizār ibn Ma'add. Il dit : 'Avez-vous besoin de moi, alors que vous êtes comme je vois ?' Il les invita à manger ; ils mangèrent et il mangea ; il leur offrit à boire ; ils burent et il but. Muḍar dit : 'Je n'ai jamais vu de vin meilleur que celui-ci, si ce n'est qu'il a poussé sur une tombe.' Rabī'a dit : 'Je n'ai jamais vu de viande plus délicieuse, si ce n'est qu'elle a été élevée avec du lait de chienne.' Ayād dit : 'Je n'ai jamais vu d'homme plus généreux, si ce n'est qu'il est attribué à un autre que son père.' Anmār dit : 'Je n'ai jamais entendu de paroles plus utiles pour notre affaire.' Al-Jurhumī entendit ces paroles, s'étonna de leurs propos, alla trouver sa mère et l'interrogea. Elle l'informa qu'elle était mariée à un roi sans enfant ; craignant que le royaume ne disparaisse, elle s'était donnée à un homme qui était descendu chez elle, l'avait engrossée, et il était né d'elle. Il interrogea l'intendant 60 au sujet du vin ; il répondit : 'D'une vigne que tu as plantée sur la tombe de ton père.' Il interrogea le berger au sujet de la viande ; il répondit : 'Une brebis que j'ai allaitée avec du lait de chienne, car lorsque la brebis mit bas, elle mourut, et il n'y avait dans le troupeau aucune autre brebis.' On dit à Muḍar : 'Comment as-tu su que le vin avait poussé sur une tombe ?' Il dit : 'Parce qu'il m'a causé une soif intense.' On dit à Rabī'a : 'Comment as-tu su que la brebis avait été allaitée avec du lait de chienne ?' Il dit : 'Parce que j'en ai senti l'odeur du chien.' On dit à Ayād : 'Comment as-tu su que l'homme était attribué à un autre que son père ?' Il dit : 'Parce que je l'ai vu s'efforcer de faire ce qu'il faisait.' Puis al-Jurhumī vint à eux et dit : 'Décrivez-moi votre situation.' Ils lui racontèrent ce que leur père Nizār leur avait recommandé. Il jugea que la tente rouge, les dinars et les chameaux roux revenaient à Muḍar, qui fut appelé Muḍar le Rouge ; que la tente noire et les chevaux noirs revenaient à Rabī'a, qui fut appelé Rabī'a le Cavalier ; que la servante grisonnante et le bétail pie revenaient à Ayād ; et que la terre et les dirhams revenaient à Anmār. Ce qui apparut chez les fils de Nizār – la force de l'intelligence et l'acuité de la perspicacité – était un fondement pour leur distinction par le mérite et leur spécialisation par l'abondance de l'esprit, en prélude à ce qui leur était destiné. Puis les tribus se dispersèrent parmi eux. Les fils de Muḍar ibn Nizār se consacrèrent au Sanctuaire, se distinguant par leurs généalogies et s'entraidant par leurs épées 61, jusqu'à ce que Quraysh prenne le contrôle du Sanctuaire après Jurhum et Khuzā'a, car Jurhum étaient des tyrans qui avaient opprimé et outragé, jusqu'à ce que Dieu envoie contre eux l'épistaxis et les fourmis, qui les anéantirent, et leur affaire échut à 'Āmir ibn al-Ḥārith – ce sont eux qui disent : »

Une vallée sacrée, son oiseau et sa bête sauvage... Nous en sommes les gouverneurs, ne la trompons pas. Alors Khuzâ‘a se rassembla, avec leur chef ‘Amr ibn Rabî‘a ibn Hâritha, contre ‘Âmir ibn Rabî‘a et le reste de Jurhum, les expulsèrent du Haram 62 et s'en emparèrent. ‘Amr ibn Rabî‘a devint le gardien de la Maison 63 et dit : « Nous avons hérité de la Maison après Jurhum... Nous la faisons prospérer contre tout agresseur hérétique. » Lorsque ‘Âmir ibn al-Hârith se retira avec le reste de Jurhum du Haram après la prise de pouvoir de Khuzâ‘a, il emporta les deux gazelles de la Ka‘ba 64 et la Pierre du Coin 65, cherchant le repentir, et disait : « Ô Dieu, Jurhum sont Tes serviteurs... Les gens sont des branches, et eux sont Tes racines. » Mais son repentir ne fut pas accepté ; il jeta les deux gazelles de la Ka‘ba et la Pierre du Coin dans Zamzam 66, les enterra, et partit avec le reste de Jurhum, disant : « Comme s'il n'y avait jamais eu, entre al-Hajûn et as-Safâ 67, des familiers, et qu'à La Mecque aucun veilleur n'avait veillé. » « Oui, nous en étions les habitants, mais nous ont anéantis les vicissitudes des nuits et les jours funestes. » Quand ‘Âmir ibn al-Hârith al-Jurhumî vit ce qui leur était arrivé après leur puissance et leur force, il dit : « Ô gens, partez, car votre destin est de devenir un jour ceux qui ne vous verront plus partir. » « Nous étions des hommes comme vous, puis le temps nous a changés ; vous serez comme nous étions. » « Poussez les montures et relâchez leurs rênes, avant la mort, et accomplissez ce que vous devez accomplir. » Ainsi Khuzâ‘a prit en charge la Maison et le Haram, mais il y avait chez Mudar 68 trois choses relatives à cela : La première : la poussée de ‘Arafa 69 à Muzdalifa 70 revenait à al-Ghawth ibn Buzmur, qui en était le responsable. La deuxième : le déferlement de Muzdalifa à Minâ 71 pour le sacrifice revenait à Zayd ibn ‘Adwân, et le dernier à qui cela échut fut Abû Sayyâra. La troisième : le nasî’ 72 des mois du pèlerinage revenait à al-Mutalammis des Banû Kinâna, et le dernier à qui cela échut jusqu'à l'avènement de l'Islam fut Thumâma ibn ‘Awf. Ainsi Mudar partagea avec Khuzâ‘a les rites du pèlerinage, bien que la suprématie sur le Haram appartînt à Khuzâ‘a et à Quraysh, dispersés parmi les Banû Kinâna de Mudar. Et les rites du pèlerinage passèrent des fractions de Mudar à Quraysh, et en fut investi Ka‘b ibn Lu’ayy ibn Ghâlib. Il rassemblait les gens chaque vendredi et prononçait un sermon devant Quraysh, leur ordonnant le bien et leur interdisant le mal, disant : « Votre sanctuaire, honorez-le et attachez-vous-y, car il adviendra de lui une grande nouvelle et il en sortira un noble Prophète. » Il fut le premier à parler clairement de la prophétie, ayant vu ses signes et connu ses secrets à travers la soumission des Arabes à eux par dévotion à leur sanctuaire et vénération de leur Ka‘ba. Cela fut une inspiration que son âme ressentit et une intuition que son pressentiment rendit véridique, car tout événement a un signe avant-coureur et tout avenir un annonciateur. Khuzâ‘a confia la charge du Haram à Khalîl ibn Habashiyya al-Khuzâ‘î, qui s'occupa de la Ka‘ba et des affaires de La Mecque. Quşayy ibn Kilâb devint son gendre, et Quşayy en tira force. Son nom était Zayd. Quand Khalîl mourut, Quşayy estima qu'il avait plus de droit à la tutelle de la Ka‘ba et aux affaires de La Mecque que Khuzâ‘a, et il s'en empara. On diverge sur la raison de sa prise de pouvoir. Certains disent que Khalîl lui en avait confié la charge par testament. D'autres disent qu'il l'acheta à la famille de Khalîl pour une outre de vin. D'autres encore disent qu'il demanda l'aide contre Khuzâ‘a de son frère utérin Rizâh ibn Rabî‘a al-Qudâ‘î, jusqu'à ce qu'il expulse Khuzâ‘a de La Mecque. Ainsi la suprématie échut à Quşayy, qui rassembla Quraysh alors qu'ils étaient dispersés parmi les Banû Kinâna. Les Banû Kinâna s'y opposèrent, mais il les combattit avec ceux qui lui obéirent jusqu'à les isoler et les rassembler à La Mecque. Il fut donc appelé al-Mujammi‘ (le Rassembleur). Un de leurs poètes dit à son sujet : « Notre père Quşayy était appelé al-Mujammi‘ ; par lui Dieu rassembla les tribus de Fihr. » Quand ils furent rassemblés, il les installa dans la plaine de La Mecque, dans les vallées et sur les sommets des montagnes, et divisa entre eux les quartiers, attribuant à chaque groupe de Quraysh les demeures qu'ils occupèrent par la suite. Il eut en charge la hijâba 73, la siqâya 74, la wifâda 75, la nadwa 76, et le liwâ’ 77. Sa pratique devint pour Quraysh comme une religion à laquelle on ne dérogeait pas. La force s'accrut par leur rassemblement, jusqu'à ce qu'il consolide l'autorité et reconstruise la Ka‘ba. Il fut le premier à la reconstruire après Abraham et Ismaël. Il bâtit Dâr an-Nadwa 78 pour les jugements, les disputes et les consultations. Ce fut la première maison construite à La Mecque ; auparavant, ils se réunissaient dans ses montagnes. Puis les gens bâtirent leurs demeures autour. Ainsi la suprématie leur fut acquise et la politique se manifesta chez eux. Ils devinrent par elle des chefs d'un culte qui annonçait une obéissance divine et une religion prophétique, préparant le terrain pour ce que Dieu renouvela par Son Messager et établissant ses fondements. Ils s'occupèrent de la Ka‘ba, sanctifièrent le Haram, et prirent en charge le pèlerinage. Ils devinrent les diyâna 79 des Arabes, les gardiens du Haram et les guides des pèlerins. Les Arabes leur obéirent et ils les surpassèrent en noblesse, en raison de leur séjour dans le Haram, de leur charge de la Ka‘ba, puis de leur direction du pèlerinage. Cela se répandit parmi les nations. Certains diyâna des Arabes rapportèrent qu'un groupe de rois perses visita la Ka‘ba à La Mecque, la vénéra, lui offrit diverses étoffes et parfums, et fit zamzama 80 avec les Perses qui les accompagnaient près du puits de Zamzam. C'est pourquoi on l'appela Zamzam. L'auteur de ce propos cite le vers : « Les Perses ont zamzamé près de Zamzam, et cela dans les temps les plus anciens. » Quraysh sont les descendants d'an-Nadr ibn Kinâna ibn Khuzayma ibn Mudrika ibn Ilyâs ibn Mudar. On dit aussi qu'ils sont les Banû Fihr ibn Mâlik ibn an-Nadr. Ceux qui les rattachent à an-Nadr le font parce que les tribus de Kinâna se sont dispersées ; on dit qu'il était appelé Quraysh. Ceux qui les rattachent à Fihr le font parce que Fihr, en son temps, était le chef des gens à La Mecque. Hassân ibn ‘Abd Kulâl des Himyar et des tribus du Yémen vint pour détruire la Ka‘ba et transporter ses pierres au Yémen afin d'y bâtir une maison vers laquelle les gens se dirigeraient pour le pèlerinage. Il campa à Nakhla et attaqua les troupeaux de La Mecque. Fihr marcha contre lui avec Kinâna et leurs alliés des tribus de Mudar. Himyar fut mis en déroute, et al-Hârith ibn Fihr fit prisonnier Hassân ibn ‘Abd Kulâl, qui resta captif chez Fihr pendant trois ans à La Mecque, jusqu'à ce qu'il se rachète et parte. Il mourut entre La Mecque et le Yémen. Par cet exploit, la renommée de Fihr grandit, et Quraysh lui firent la guerre lorsqu'il protégea La Mecque et empêcha la destruction de la Ka‘ba. Ce fut l'un des événements semblables à l'Année de l'Éléphant 81. On diverge sur l'origine du nom « Quraysh » selon quatre opinions : La première : en raison de leur rassemblement après la dispersion ; taqarrush signifie rassemblement. De là le vers : « Des frères qui ont quarshé les péchés contre nous, dans des récits de leur temps ancien. » La deuxième : parce qu'ils étaient commerçants et vivaient de leurs gains ; al-qarsh signifie le gain. La troisième : parce qu'ils recherchaient le besoin chez celui qui en avait 82 et le comblaient ; al-qarsh signifie la recherche. De là le vers : « Ô toi qui cherches à te renseigner sur nous auprès de ‘Amr, a-t-il donc de la clémence ? » La quatrième : Quraysh est le nom d'un animal marin, l'un des plus puissants ; Quraysh en a été nommée pour sa force : il mange et n'est pas mangé, domine et n'est pas dominé. Ibn ‘Abbâs le dit, citant le vers : « Et Quraysh est celle qui habite la mer ; c'est pourquoi Quraysh fut nommée Quraysh. » « Elle domine dans les profondeurs de la mer sur les habitants des mers, armées. » « Elle mange le maigre et le gras, et ne laisse pas un jour de plumes aux oiseaux. » « Ainsi dans les pays, Quraysh dévore les pays comme une dévoration rapide. » « Et ils auront à la fin des temps un prophète qui multipliera parmi eux meurtres et blessures. » « Il remplira la terre de ses chevaux et de ses hommes ; ils pousseront les montures d'une poussée rapide. » Ceci fait partie des pressentiments des âmes annonciatrices et des signes des esprits avertis. Quant à La Mecque, elle a deux noms : Makka et Bakka. Le Coran les mentionne tous deux. On diverge sur le point de savoir s'ils désignent un seul lieu ou deux, selon deux opinions : La première : ils désignent un seul lieu, car les Arabes remplacent le mîm par le bâ’, disant « daraba lâzim et lâzib » en raison de la proximité des points d'articulation. La seconde opinion, plus plausible, est qu'ils sont deux noms pour deux lieux différents. Ceux qui soutiennent cette thèse divergent sur ce qui est désigné, selon deux opinions : La première : Makka est le nom de la ville, et Bakka 83 est le nom de la Maison. C'est l'avis d'Ibrâhîm an-Nakha‘î. La seconde : Makka est l'ensemble du Haram, et Bakka est l'ensemble de la Mosquée. C'est l'avis de Zayd ibn Aslam. Quant à Makka, il dérive de leur parole : « tamakkaktu al-mukha » (j'ai extrait la moelle), car elle extrait le pécheur, c'est-à-dire le fait sortir. Le poète dit : « Ô Makka, fais sortir le pécheur, fais-le sortir, et ne fais pas sortir celui qui a accompli le pèlerinage et la ‘umra 84. » Quant à Bakka, al-Asma‘î dit : elle est ainsi nommée parce que les gens s'y poussent les uns les autres, c'est-à-dire se bousculent. Il cite le vers : « Quand le compagnon de boisson est pris de bousculade, laisse-le jusqu'à ce qu'il se bouscule. » Ensuite, la présidence de Quraysh après Quşayy échut à son fils ‘Abd Manâf ibn Quşayy. Il fut généreux, accrut et domina, au point qu'un poète dit de lui : « Quraysh était un œuf, puis il s'est fendu ; les qualités de ‘Abd Manâf en sont apparues. » Son nom était al-Mughîra ; sa mère le voua à Manât 85, qui était la plus grande idole de La Mecque, pour le magnifier, et le nom de ‘Abd Manâf prévalut. Il était appelé al-Qamar (la lune) pour sa beauté. Sa présidence se consolida après son père grâce à sa générosité et sa politique. Puis elle passa à ses fils. Il eut Hâshim et ‘Abd Shams, jumeaux nés dans le même ventre. On dit que lorsque l'un d'eux commença à sortir, son doigt était collé au front de l'autre ; quand on le retira, il y eut du sang, et on dit : il y aura du sang entre eux. Puis naquirent après eux Nawfal, puis al-Muttalib, le plus jeune. Ils agirent et Hâshim les précéda par sa générosité et sa noblesse. Son nom était ‘Amr ; il fut appelé Hâshim parce qu'il fut le premier à émietter du pain dans du bouillon (hashama ath-tharîd) pour son peuple à La Mecque, lors d'une année de sécheresse et de famine. Il voyagea alors en Palestine, y acheta de la farine, revint à La Mecque, égorgea des chameaux et en fit un tharîd 86 qui nourrit tous les Mecquois jusqu'à satiété. Un poète dit de lui : « Ô toi qui changes souvent de demeure, pourquoi ne descends-tu pas chez les ‘Abd Manâf ? » « Ceux qui prennent les engagements de leurs horizons, ceux qui voyagent pour le voyage d'Îlâf 87. » « Ceux qui donnent des vêtements, alors qu'on n'en trouve pas de donneur, et ceux qui disent : venez, ô hôtes. » « Ceux qui mêlent leur riche à leur pauvre, jusqu'à ce que leur pauvre devienne comme le riche. » « ‘Amr al-‘Ula 88 a émietté le pain pour son peuple, tandis que les hommes de La Mecque étaient affamés et amaigris. » Hâshim fut le premier à instituer les deux voyages pour Quraysh : le voyage d'hiver et le voyage d'été. Umayya ibn ‘Abd Shams voulut imiter Hâshim dans son action mais en fut incapable, et beaucoup de Quraysh se moquèrent de lui. Wahb ibn ‘Abd Quşayy dit à son sujet : « Hâshim supporta ce qui était trop lourd pour lui, et ce que son frère faible ne put accomplir. » « Il leur apporta des outres pleines de blé de Syrie, du blé abondant. » « Il nourrit les gens de La Mecque de pain émietté, et mêla la viande grasse à la viande maigre. »

L'inimitié éclata entre Umayya et Hâshim. [Umayya] voulut une joute de déshonneur (munâfara), mais Hâshim répugna à cela en raison de sa noblesse et de sa dignité. Les Quraysh ne le laissèrent pas [en paix] jusqu'à ce qu'il se mesurât à lui devant le devin khuza'ite (al-kâhin al-Khuzâ'î) pour cinquante chamelles aux yeux noirs, qu'il égorgerait dans le creux de La Mecque, et l'exil de La Mecque pour dix ans. Le Khuza'ite donna la prééminence à Hâshim et dit à Umayya : « Tu te mesures à un homme plus grand que toi de stature, plus imposant que toi de tête, plus beau que toi d'apparence, moins chevelu que toi, plus abondant que toi en enfants et plus généreux que toi en offrandes. » Umayya dit : « C'est un retournement du destin que nous t'ayons fait juge. » Hâshim prit donc les chamelles, les égorgea et en nourrit les présents. Umayya partit pour le Shâm et y demeura dix ans. Ce fut la première inimitié qui survint entre Hâshim et Umayya. Hâshim obtint la charge de la caravane (al-wifâda) et de l'abreuvement (al-siqâya), et la présidence (al-riyâsa) lui fut établie. Les Quraysh lui devinrent soumis, obéissant à son ordre et agissant selon son avis. Les Quraysh et les Khuza'a se rassemblèrent auprès de lui, et il leur adressa un discours auquel les deux parties acquiescèrent par obéissance. Il dit dans son discours : « Ô gens ! Nous sommes la famille d'Abraham, la descendance d'Ismaël, les fils d'al-Nadr ibn Kinâna, les fils de Qusayy ibn Kilâb, les maîtres de La Mecque et les habitants du Sanctuaire. À nous appartient la cime de la noblesse et la mine de la gloire. Chacun a, dans toute alliance, à répondre à son secours et à l'appel de son invitation, sauf ce qui appelle à la désobéissance envers le clan et à la rupture des liens du sang. Ô fils de Qusayy ! Vous êtes comme deux branches d'un arbre : si l'une se brise, elle rend l'autre solitaire. L'épée n'est préservée que par son fourreau, et celui qui tire sur son clan est atteint par sa propre flèche. Celui que l'obstination enivre est conduit à l'injustice. Ô gens ! La clémence (al-hilm) est noblesse, la patience (al-sabr) est victoire, la bonté (al-ma'rûf) est un trésor, la générosité (al-jûd) est seigneurie, l'ignorance (al-jahl) est sottise, les jours sont des cycles, le temps est changeant, et l'homme est attribué à son acte et saisi par son œuvre. Faites le bien pour acquérir la louange, délaissez les excès pour que les insensés vous évitent, honorez le compagnon pour que votre assemblée prospère, protégez l'allié pour qu'il désire votre voisinage, et soyez justes envers vous-mêmes pour qu'on ait confiance en vous. Attachez-vous aux nobles caractères (makârim al-akhlâq), car ils élèvent, et fuyez les caractères vils (al-akhlâq al-dani'a), car ils abaissent la noblesse et détruisent la gloire. Sachez que la retenue de l'ignorant est plus aisée que sa fureur, et que le chef du clan porte ses fardeaux. La position de l'homme clément est une leçon pour qui en profite. » Les Quraysh dirent : « Nous sommes satisfaits de toi, ô Abâ Nadla » — c'était son surnom (kunya). Regardez donc ce qu'il a ordonné comme nobles caractères et ce qu'il a interdit comme actions blâmables : cela n'émane-t-il que d'une abondance de mérite, d'une grandeur de rang et d'une élévation d'ambition ? Cela n'est dû qu'à une élection voulue et à une renommée élevée, car la continuité de cela chez les pères entraîne son achèvement chez les fils. Hâshim mourut à Ghazza, en terre du Shâm : il fut le premier des fils d'Abd Manâf à mourir. Puis Abd Shams mourut à La Mecque et fut enterré à Ajyâd. Puis Nawfal mourut à Salmân, sur la route de l'Irak. Puis al-Muttalib mourut à Raymân, en terre du Yémen. Hâshim avait épousé à Yathrib, chez les Khazraj, Salmâ bint Amr al-Najjâriyya, qui lui donna à Yathrib Abd al-Muttalib — son nom était Shayba al-Hamd — et il grandit parmi eux jusqu'à la mort de son père Hâshim. La présidence, la charge de la caravane et l'abreuvement passèrent à son frère al-Muttalib. On décrivit à al-Muttalib la situation de Shayba à Yathrib ; il partit donc, fit sortir sa mère de chez elle, le prit d'elle et entra à La Mecque en le portant en croupe derrière lui. Les Quraysh dirent : « Qui est-ce ? » Il répondit : « Mon esclave (abdî). » Il fut donc appelé Abd al-Muttalib jusqu'à sa mort. Son oncle Nawfal ibn Abd Manâf s'éleva contre lui au sujet d'une cour (rakh) qu'il possédait et la lui usurpa — al-rakh étant l'espace (sâha). Abd al-Muttalib demanda le secours des notables de son peuple contre son oncle, mais ils dirent : « Nous n'intervenons pas entre toi et ton oncle. » Quand Abd al-Muttalib vit cela, il écrivit à ses oncles maternels, les Banû al-Najjâr : « Ô longueur de ma nuit, pour mes peines et mes soucis ! Y a-t-il un messager vers les Najjâr, mes oncles maternels, Pour informer Adiyy, Dînâr, Mâzin et Mâlik, refuge des voisins, de mon état ? J'étais, tant que je vivais, heureux, dans l'abondance et la joie, Marchant dans l'opulence, traînant mes pans, Jusqu'à ce que je parte vers mon peuple, et que m'en arrache Mon oncle al-Muttalib, par son déplacement. Al-Muttalib a disparu dans les ténèbres profondes, Et Nawfal s'est levé pour attenter à mes biens. S'il voit un homme dont les oncles paternels sont absents, Et dont les oncles maternels sont loin, sans protecteur, Il s'acharne contre lui sans préserver aucun lien de parenté. Qu'il est difficile, pour l'homme, d'être entre l'oncle paternel et l'oncle maternel ! Levez-vous donc et empêchez l'oppression de la fille de votre sœur ! Ne l'abandonnez pas, car vous n'êtes pas des abandonneurs. Il n'y a personne, parmi tous les Banû Qahtân, qui vous ressemble, Vivants, pour un voisin, par la bienfaisance, la faveur et la générosité. Vous êtes doux pour celui dont la nature s'adoucit, En paix avec vous, et venin pour le hautain arrogant. » Quatre-vingts cavaliers des Banû al-Najjâr vinrent donc à lui, le secoururent contre son oncle Nawfal, lui reprirent la cour (al-rakh) et repartirent. Abd al-Muttalib les avait comblés [d'honneurs]. Cela poussa Nawfal à s'allier aux Banû Abd Shams contre Abd al-Muttalib et les Banû Hâshim, et cela poussa Abd al-Muttalib à s'allier aux Banû Hâshim contre Nawfal et les Banû Abd Shams. Abd al-Muttalib devint fort et Nawfal faible. L'abreuvement, la charge de la caravane et la présidence passèrent à Abd al-Muttalib. Nawfal obtint un pacte des souverains sassanides (akâsira) d'Irak, et son voyage commercial se fit vers elle. Abd al-Muttalib obtint un pacte des rois du Shâm et des chefs (aqyâl) de Himyar au Yémen, et son voyage commercial se fit vers eux. Abd al-Muttalib, lorsqu'il devint fort et puissant, creusa le puits de Zamzam et en retira ce que Âmir ibn al-Hârith al-Jurhumî y avait jeté, ainsi que les deux gazelles de la Ka'ba et la Pierre du Coin (hajar al-rukn). Il fit des deux gazelles des plaques d'or sur la porte de la Ka'ba et plaça la Pierre dans le Coin. Abd al-Muttalib devint un seigneur (sayyid) d'une grande importance, obéi dans ses ordres, noble de descendance, au point qu'un bédouin passa près de lui alors qu'il était assis dans le Hijr, entouré de ses fils comme des lions. Il dit : « Quand Dieu veut créer un État (dawla), Il crée pour lui des hommes comme ceux-ci. » Dieu créa donc pour eux, par la prophétie, un État, perpétua par elle leur souvenir, éleva par elle leur rang, jusqu'à ce qu'ils dominent les hommes et deviennent les étendards. Et quiconque, parmi les ancêtres du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — était proche de lui, eut la plus grande présidence et renom, et le plus de mérite et de perfection. Al-Zuhrî, Yazîd ibn Rûmân et Sâlih ibn Kaysân rapportèrent qu'Abd al-Muttalib ibn Hâshim fit le vœu (nadhr) que, s'il lui était accordé dix enfants mâles et qu'il les voyait devant lui devenus hommes, il en égorgerait un pour la Ka'ba, en remerciement à son Seigneur, ayant appris qu'Abraham avait reçu l'ordre d'égorger son fils, dans l'idée que c'était la meilleure offrande. Lorsqu'il eut accompli le nombre de ses enfants et qu'ils furent pour lui du nombre apparent, il leur dit : « Ô mes fils, j'avais fait un vœu que vous connaissez avant aujourd'hui. Que dites-vous ? » Ils dirent : « L'ordre est à toi et revient à toi, et nous sommes devant toi. » Il dit : « Que chacun de vous aille à sa flèche (qidh) et y écrive son nom. » Ils firent ainsi, puis lui apportèrent les flèches. Il les prit et se mit à scander (yartajiz) en disant : « Je L'ai promis, et je suis fidèle à Sa promesse. Par Dieu, rien n'est loué comme Sa louange. Puisque mon Seigneur est mon Maître et que je suis Son serviteur, J'ai fait un vœu que je n'aime pas annuler, Et je n'aime pas vivre après lui. » Puis il appela l'homme de confiance (al-amîn) qui tirait au sort avec les flèches (yadribu bi-l-qidâh), lui remit leurs flèches et dit : « Agite et ne te hâte pas. » Le plus aimé des enfants d'Abd al-Muttalib pour lui était Abd Allah. Le tireur de flèches tira le sort sur Abd Allah. Abd al-Muttalib prit le couteau (shafra), vint à Abd Allah, le coucha entre Isâf et Nâ'ila, et se mit à scander en disant : « Je L'ai promis, et je suis fidèle à Sa promesse. Par Dieu, rien ne peut égaler Sa puissance. Voici mon fils, j'ai voulu l'égorger. Et s'Il le retarde, Il acceptera mon excuse. » Il s'apprêta à l'égorger, mais son fils Abû Tâlib, qui était le frère d'Abd Allah de père et de mère, bondit, retint la main d'Abd al-Muttalib loin de son frère, et se mit à scander en disant : « Non, par le Seigneur de la Maison aux piliers (al-ansâb) ! Abd Allah ne sera pas égorgé par le jeu (al-tal'âb). Ô Shayba ! La vengeance (al-rîh) est un châtiment. Nous avons une force dans le discours. Des oncles maternels véridiques, comme les lions du fourré. » Quand les Banû Makhzûm, qui étaient ses oncles maternels, entendirent cela de la part d'Abû Tâlib, ils dirent : « Le fils de notre sœur a dit vrai. » Ils bondirent vers Abd al-Muttalib et dirent : « Ô Abâ al-Hârith ! Nous ne livrons pas le fils de notre sœur à l'égorgement. Égorge qui tu veux de tes fils, autre que lui. » Il dit : « J'ai fait un vœu, et le sort est sorti. Il faut absolument l'égorger. » Ils dirent : « Non, cela ne sera jamais tant que nous aurons une âme en nous. Nous le rançonnerons avec tous nos biens, neufs et anciens (târif wa tâlid). » Al-Mughîra ibn Abd Allah ibn Amr ibn Makhzûm se mit à scander en disant : « Ô merveille de l'acte d'Abd al-Muttalib ! Et de son égorgement d'un fils comme une statue d'or ! Non, par la Maison de Dieu, au voile préservé ! Abd Allah ne sera pas égorgé parmi nous par jeu. Contre ce qu'il cherche, il y a des malheurs qui s'abattent. » Puis les chefs (sâdât) des Quraysh bondirent vers Abd al-Muttalib et dirent : « Ô Abâ al-Hârith ! Ce que tu as résolu est grave. Si tu égorges ton fils, tu ne goûteras pas à la vie après lui. Mais il n'y a pas de mal : tu es au début de ton affaire. Tiens bon jusqu'à ce que nous allions avec toi chez la devineresse (kâhina) des Banû Sa'd. Ce qu'elle t'ordonnera, exécute-le. » Abd al-Muttalib dit : « Cela vous est dû. » Ils considéraient la divination (al-kahâna) comme vraie. Puis il partit avec un groupe des Banû Makhzûm vers le Shâm, chez la devineresse. Quand ils entrèrent chez elle, Abd al-Muttalib l'informa de ce qu'il avait résolu d'égorger son fils et scanda en disant : « Ô Seigneur, je ferai ce que Tu veux, Si Tu veux, inspire-moi la droiture et la rectitude. Ô conducteur du bien vers tout pays, Tu as accru mes biens et multiplié mon nombre. » La devineresse dit : « Éloignez-vous de moi aujourd'hui. » Ils s'éloignèrent et revinrent le lendemain. Elle dit : « Quel est le prix du sang (diya) d'un homme chez vous ? » Ils dirent : « Dix chamelles. » Elle dit : « Retournez dans votre pays, présentez ce garçon que vous avez résolu d'égorger, et présentez avec lui dix chamelles. Tirez ensuite au sort sur lui et sur les chamelles. Si le sort tombe sur les chamelles, égorgez-les. S'il tombe sur votre compagnon, ajoutez dix chamelles, dix par dix, jusqu'à ce que votre Seigneur soit satisfait. » Les gens retournèrent à La Mecque et vinrent à lui en disant : « Ô Abâ al-Hârith ! Tu as en Abraham un modèle. Tu sais ce qu'il a résolu concernant l'égorgement de son fils Ismaël, et tu es le seigneur des fils d'Ismaël. Présente donc tes biens plutôt que ton fils. » Le matin venu, Abd al-Muttalib se rendit avec son fils Abd Allah pour l'égorgement et présenta avec lui dix chamelles. Puis il appela le tireur de flèches de confiance, fit une flèche pour son fils et dit : « Tire et ne te hâte pas. » Le sort tomba sur Abd Allah. Il les porta à vingt, tira, et le sort tomba sur Abd Allah. Il les porta à trente, tira, et le sort tomba sur Abd Allah. Il les porta à quarante, tira, et le sort tomba sur Abd Allah. Il les porta à cinquante, tira, et le sort tomba sur Abd Allah. Il les porta à soixante, tira, et le sort tomba sur Abd Allah. Il les porta à quatre-vingts, tira, et le sort tomba sur Abd Allah. Il les porta à quatre-vingt-dix, tira, et le sort tomba sur Abd Allah. Il les porta à cent, tira, et le sort tomba sur les chamelles. Abd Allah fit le takbîr, et les Quraysh firent le takbîr et dirent : « Ô Abâ al-Hârith ! Il a mis fin à la satisfaction de ton Seigneur, et ton fils a échappé à l'égorgement. » Il dit : « Non, par Dieu, jusqu'à ce que je tire trois fois. » Il tira une deuxième fois, et le sort tomba sur les chamelles. Il tira une troisième fois, et le sort tomba sur les chamelles. Abd al-Muttalib sut donc qu'il avait mis fin à la satisfaction de son Seigneur pour la rançon de son fils, et il scanda en disant : « J'ai invoqué mon Seigneur, sincèrement et ouvertement : "Ô Seigneur, n'égorge pas mon fils par égorgement ! Rançonne-le par les biens, trouve-moi une abondance. Je Te donnerai dix de chaque troupeau, En pardon, sans réjouir des yeux envieux, Pour celui au visage clair, couvert comme une lune." » « Louange à Dieu, le Très-Haut, en action de grâces ! Par la Maison couverte d'un voile, Je ne changerai pas la grâce de mon Seigneur en mécréance, Tant que je vivrai ou que je visiterai la tombe. » Puis il présenta les chamelles, au nombre de cent, du total des chamelles d'Abd al-Muttalib. Elles furent toutes égorgées en rançon pour Abd Allah et laissées à leur place, sans que personne ne soit empêché de les prendre, les petits et les grands s'en emparant à tour de rôle. Ainsi s'établit la coutume (al-sunna) concernant le prix du sang (al-diya) de cent chamelles jusqu'à ce jour. Abd al-Muttalib retourna avec son fils Abd Allah, joyeux. Abd Allah fut donc connu comme "le Sacrifié" (al-dhabîh). C'est pourquoi le Prophète — que Dieu prie sur lui et le salue — dit : « Je suis le fils des deux sacrifiés (ibn al-dhabîhayn). »

«Les deux sacrifiés» — c'est-à-dire Ismaël fils d'Abraham (sur eux la paix) et son père Abd Allah fils d'Abd al-Muttalib — et cela fait partie de ce que Dieu a fait pour Son Messager en raison de ce qu'Il avait décrété pour lui de Sa mission et de ce qu'Il avait ordonné comme signes de sa prophétie. Aucun prophète n'est exempt d'une épreuve qui avertit, ni aucun roi d'une calamité qui dissuade. Voici Salomon fils de David (sur eux la paix) : Dieu lui avait donné, avec la prophétie, un royaume qui ne convient à personne après lui, et il demanda à Dieu la sagesse, qui lui donna un cœur savant et une intelligence saine, au point qu'il composa trois mille paraboles par lesquelles les mœurs de son peuple furent affinées et la conduite de son royaume redressée, après que le vent lui eut été soumis, soufflant doucement par son ordre où il voulait, et que les démons lui eurent été soumis, travaillant pour lui à ce qu'il désirait : des sanctuaires, des statues, et des bassins comme des citernes. Il est mentionné dans sa biographie que sa provision quotidienne était de trente kours 89 de farine de semoule fine et un kour d'autre farine, et que ses revenus annuels étaient de trente-six milliards trois cent trente-trois millions trois cent mille mithqals 90. Il possédait mille quatre cents palais répartis dans les villages, et régna quarante ans, comme son père David. Dieu l'éprouva au cours de son règne, après vingt ans, par ce que Dieu a rapporté dans Son Livre : « Et certes, Nous avons éprouvé Salomon et Nous avons jeté sur son trône un corps [sans vie], puis il se repentit » 91. Sur son épreuve, il y a deux opinions : La première : Salomon captura la fille d'un roi qu'il avait attaqué dans une île de la mer appelée Sidon 92. L'amour d'elle s'abattit sur lui, mais elle se détournait de lui, se souvenant de son père, ne le regardant que de travers et ne lui parlant qu'à peine. Puis elle lui demanda de lui fabriquer une statue à son image. Il ordonna qu'on la fasse pour elle, et elle la vénéra, se prosterna devant elle, et ses servantes se prosternèrent avec elle. Elle devint une idole adorée dans sa maison, sans qu'il le sache, jusqu'à ce que quarante jours se soient écoulés et que la nouvelle se répande parmi les enfants d'Israël. Salomon l'apprit, la brisa, la brûla, puis en dispersa les cendres au vent. Telle est l'opinion de Shahr ibn Hawshab. La seconde : Dieu avait placé le royaume de Salomon dans son anneau. Il dit à Asif 93 — un démon nommé Asif des démons — : « Comment égarez-vous les gens ? » Le démon lui dit : « Donne-moi ton anneau, et je te le dirai. » Il lui donna son anneau, et le démon le jeta dans la mer, si bien que son royaume disparut. Telle est l'opinion de Mujahid. Quant au corps jeté sur son trône, il y a deux opinions : La première : Le démon qui avait jeté l'anneau de Salomon dans la mer s'assit sur le trône de Salomon, prenant son apparence, jugeant sans droit et ordonnant ce qui n'était pas juste. La seconde : Il avait trop approché ses concubines en quête d'enfants, et il lui naquit un demi-humain, qui fut le corps jeté sur son trône. Le royaume de Salomon lui échappa, et il partit en fugitif vers le rivage de la mer, se faisant inviter par les gens et portant le poisson des pêcheurs contre salaire. Quand il disait aux gens qu'il était Salomon, ils le traitaient de menteur, jusqu'à ce qu'il prenne un poisson d'un pêcheur — on dit qu'il le demanda comme nourriture, et on dit qu'il le prit comme salaire. Lorsqu'il ouvrit le ventre du poisson, il y trouva son anneau, après quarante jours depuis la perte de son royaume, qui est le nombre des jours durant lesquels l'idole fut adorée dans sa maison. Alors les gens se prosternèrent devant lui quand l'anneau lui revint. Yahya ibn Abi 'Amr dit : Il trouva son anneau à Ashkelon, et il marcha de là jusqu'à Jérusalem, par humilité envers Dieu. Quant à Sa parole : « puis il se repentit », il y a deux interprétations : La première : Puis il retourna à son royaume, dit al-Dahhak. La seconde : Puis il se repentit de son péché, dit Qatada. Et il resta dans son royaume après son épreuve vingt ans, complétant ainsi les quarante, qui est la durée des quarante jours où son royaume lui avait échappé. Quant à l'épreuve des rois : Nabuchodonosor avait un royaume qui couvrait toute la terre habitée, jusqu'à ce qu'il règne sur les sept climats, que les rois des nations se soumettent à lui et lui paient le tribut de leurs pays. Alors son cœur s'enorgueillit, son nez se dressa, l'orgueil l'envahit, et il crut que les créatures humaines étaient devenues ses esclaves et ses serviteurs, et que les rois de la terre s'étaient soumis à lui par crainte et terreur. Dieu se mit en colère contre lui, lui ôta la gloire de son autorité et sa puissance, le dépouilla de sa majesté et de son pouvoir, rendit son cœur semblable à celui des animaux. Il descendit de son trône royal, ses partisans le chassèrent, et il habita les déserts, mangeant leur herbe. Son corps fut brûlé par la pluie du ciel, ses cheveux s'allongèrent, ses ongles devinrent comme des serres d'oiseaux, jusqu'à ce qu'il traverse sept états, dans l'ivresse, les gens ne sachant de lui qu'il était une sorte d'animal à forme humaine, jusqu'à ce que Dieu le délivre de sa détresse. Alors sa raison lui revint, son discernement lui fut rendu, et il leva les yeux vers le ciel, glorifiant Dieu, implorant Son secours, et reconnaissant qu'il n'y a d'autorité que la Sienne, qu'Il la donne à qui Il veut et la retire à qui Il veut. Ses généraux le cherchèrent pour le ramener à son autorité, jusqu'à ce qu'ils le trouvent, le ramènent à sa demeure de gloire et l'assoient sur son trône royal. Il revint à la crainte de Dieu et à Sa surveillance, et à ce qu'il avait de belle conduite. Il établit Daniel le prophète comme son lieutenant pour gouverner son royaume, jusqu'à ce qu'il meure après cinquante et un ans de règne, Daniel étant son lieutenant. Parmi les rois de Perse : Khosroès Parviz 94. Il atteignit un rang immense dans la royauté. Dans son palais se trouvaient douze mille servantes, dont trois mille pour l'agrément, les autres pour le chant et le service. Dans sa demeure, trois mille hommes étaient à son service. Il possédait mille éléphants moins un, et cinquante mille chevaux et mulets, dont huit mille cinq cents pour sa monture. Il ordonna que l'on compte ce qu'il avait perçu du tribut de ses pays en l'an dix-huit de son règne : cela s'éleva à six cent mille mille dirhams. Son fils Shiruyah 95, après l'avoir emprisonné, rapporta qu'il avait dit : « Nous avons ordonné, en l'an trente de notre règne, de recenser ce qui se trouvait dans nos trésors, outre ce que nous avions mis de côté pour les soldes de l'armée : il y avait quatre cent mille bourses d'argent, contenant mille mille mille mithqals et six cent mille mille mithqals, sans compter ce que Dieu nous a accordé et ajouté des biens des rois de Rome dans des navires que le vent nous a apportés, que nous avons distribués aux vents. Et nos biens n'ont cessé d'augmenter jusqu'à cette année, la trente-huitième de notre règne, où son fils l'a emprisonné puis tué. » Tout cela lui a été mentionné parce qu'il s'est enorgueilli et a méprisé les gens. Considère donc, ô toi qui réfléchis avec ton intelligence, l'œuvre de Dieu et Sa puissance envers celui qu'Il éprouve par test et qu'Il examine par dissuasion : y a-t-il un repousseur à ce qu'Il a décrété, un empêcheur à ce par quoi Il éprouve, sinon par une grâce qu'Il accorde à qui Il veut ? Et Il est le Fort, le Puissant.


  1. taklîf : Charge religieuse : obligation de suivre les prescriptions divines (croyance, adoration, etc.) imposée aux êtres doués de raison.
  2. shihâb : Météore : étoile filante ou projectile céleste utilisé pour repousser les djinns qui tentent d'écouter clandestinement les conversations des anges dans le ciel.
  3. 'Ukâdh : Célèbre marché et foire littéraire de l'Arabie préislamique, situé près de la Mecque.
  4. Nakhlah : Vallée située entre la Mecque et Ta'if, où les djinns auraient écouté le Coran.
  5. Al-Ḥajûn : Lieu à la Mecque, près du cimetière d'Al-Ma'lâ, où le Prophète aurait rencontré les djinns.
  6. Iblîs : Nom propre de Satan dans l'islam, considéré comme un djinn désobéissant, père des djinns mécréants selon certains.
  7. hutûf al-jinn : Appels des djinns : phénomènes surnaturels où des voix de djinns annoncent des événements, notamment la prophétie de Muhammad.
  8. Khath'am : Tribu arabe du Yémen, connue pour son idolâtrie avant l'islam.
  9. ra'î : Compagnon djinn : esprit familier qui accompagnait certaines personnes en Arabie préislamique, souvent source de divination.
  10. Al-Abṭaḥ : Vallée à la Mecque, lieu de rassemblement et de campement.
  11. iḥrâm : État de sacralisation rituelle pour le pèlerinage (ḥajj ou 'umra), impliquant des interdits spécifiques.
  12. Dhuraïḥ : Nom propre, peut-être un surnom ou un nom d'homme interpellé par la voix.
  13. tharid : Plat composé de pain émietté trempé dans du bouillon de viande.
  14. hâtif : Voix ou cri venant d'une source invisible, souvent attribué aux djinns ou à une intervention surnaturelle.
  15. Abou Qoubay : Montagne située à La Mecque, près de la Kaaba.
  16. Sa'd : Nom propre pouvant désigner plusieurs personnes ; ici, allusion aux tribus ou aux individus nommés Sa'd.
  17. Oumm Ma'bad : Femme chez qui le Prophète et Abou Bakr s'arrêtèrent lors de l'émigration ; connue pour son récit de la bénédiction du lait.
  18. hanifites : Ceux qui suivent la religion monothéiste pure, en particulier les musulmans.
  19. Kisrâ : Titre des rois sassanides de Perse.
  20. Lou'ayy : Ancêtre de la tribu de Quraysh ; désigne ici les Qurayshites.
  21. dont on ne voit pas la personne : Référence à l'invisibilité du hâtif, souvent un djinn.
  22. dont on ne peut accepter la parole : Allusion au fait que la parole d'un djinn n'est pas une preuve légale en islam.
  23. djinns : Créatures invisibles créées de feu, dotées de libre arbitre, mentionnées dans le Coran.
  24. 'Ourouba : Ancien nom du vendredi en période préislamique.
  25. Ahmad : Un des noms du Prophète Muhammad, signifiant 'le plus loué'.
  26. Toubbâ' : Titre des rois himyarites du Yémen.
  27. Yathrib : Ancien nom de Médine avant l'islam.
  28. Uhud : Montagne près de Médine, site de la bataille d'Uhud.
  29. Maison sacrée : La Kaaba à La Mecque.
  30. Safâ et Marwa : Deux collines à La Mecque, lieux du rituel du sa'ï pendant le pèlerinage.
  31. Bosra : Ville du sud de la Syrie, centre chrétien important à l'époque.
  32. Bahîra : Moine chrétien qui aurait reconnu le Prophète enfant lors d'un voyage en Syrie.
  33. hātif : Voix mystérieuse, souvent d'origine surnaturelle, qui se fait entendre sans qu'on en voie la source.
  34. nujūm : Littéralement 'astres' ; ici, métaphore pour le temps de l'avènement du Prophète.
  35. ashamm al-'arnan : Nez aquilin, signe de noblesse et de beauté chez les Arabes.
  36. al-rukn : La Pierre Noire, encastrée dans l'angle sud-est de la Ka'ba, que les pèlerins touchent ou embrassent.
  37. Abū Qubays : Montagne sacrée située à La Mecque, près de la Ka'ba.
  38. Abṭaḥī : Habitant de la vallée d'al-Abṭaḥ (ou al-Baṭḥā'), à La Mecque ; désigne ici les Qurayshites.
  39. Shayba al-Ḥamd : Surnom de 'Abd al-Muṭṭalib, grand-père du Prophète, signifiant 'le vieillard de la louange'.
  40. ayfa'a : Âge de la puberté, vers 14-15 ans.
  41. al-khaff wa al-ẓulf : Les bêtes à sabot fendu (chameaux) et à sabot plein (moutons, chèvres) ; désigne tout le bétail.
  42. al-wādī : La vallée de La Mecque, souvent appelée al-Baṭḥā'.
  43. Abā al-Baṭḥā' : Surnom de 'Abd al-Muṭṭalib, 'père de la vallée', en référence à la vallée de La Mecque.
  44. īwān : Grande salle voûtée ou palais, typique de l'architecture sassanide.
  45. Kisrā : Titre des rois sassanides de Perse.
  46. Buḥayra Sāwa : Lac situé en Perse, dont l'assèchement fut considéré comme un signe de la naissance du Prophète.
  47. marāziba : Pluriel de marzbān, titre des gouverneurs de provinces dans l'empire sassanide.
  48. mōbadhān : Grand prêtre zoroastrien, chef du clergé mazdéen.
  49. Shām : Région du Levant, incluant la Syrie, la Palestine, la Jordanie et le Liban actuels.
  50. Saṭīḥ : Célèbre devin arabe préislamique, connu pour ses prédictions.
  51. ṣāḥib al-hirāwa : Le 'maître du bâton' ; désigne le Prophète Muhammad, qui portait souvent un bâton.
  52. Tihāma : Région côtière de l'ouest de l'Arabie, incluant La Mecque.
  53. Wādī al-Samāwa : Vallée située entre l'Irak et la Syrie.
  54. kāhin : Devin ou oracle, pratiquant la divination, souvent associé à la période préislamique.
  55. Coran 6:121 : Référence au verset : 'Et certes les diables inspirent à leurs alliés...'
  56. tawātur : Transmission continue par de multiples chaînes, garantissant l'authenticité d'un récit.
  57. Bukhtanassar : Nabuchodonosor II, roi de Babylone (605-562 av. J.-C.), célèbre pour ses conquêtes.
  58. Muhalhil : Poète arabe préislamique, de la tribu de Taghlib.
  59. Testashf : Nom d'un roi perse légendaire, mentionné dans les généalogies arabes.
  60. qahramān : Intendant ou gérant, souvent d'origine perse.
  61. tanāṣarū bi-suyūfihim : Ils se sont entraidés par leurs épées, c'est-à-dire par la force militaire.
  62. Haram : Sanctuaire sacré de La Mecque, zone inviolable où certaines actions sont interdites.
  63. Maison : Désigne la Ka'ba, la Maison de Dieu à La Mecque.
  64. gazelles de la Ka'ba : Statues ou représentations de gazelles qui se trouvaient dans la Ka'ba à l'époque préislamique.
  65. Pierre du Coin : La Pierre Noire, située dans l'angle est de la Ka'ba.
  66. Zamzam : Puits sacré situé dans la Mosquée de La Mecque, associé à Ismaël.
  67. al-Hajûn et as-Safâ : Al-Hajûn est un lieu à La Mecque ; as-Safâ est une colline faisant partie du rite du sa'î.
  68. Mudar : Importante tribu arabe du nord, ancêtre de Quraysh.
  69. poussée de 'Arafa : Le départ des pèlerins de 'Arafat après le coucher du soleil, rite du hajj.
  70. Muzdalifa : Lieu entre 'Arafat et Minâ où les pèlerins passent la nuit.
  71. Minâ : Vallée près de La Mecque où se déroule le sacrifice et la lapidation des stèles.
  72. nasî’ : Pratique préislamique d'intercalation des mois pour ajuster le calendrier lunaire.
  73. hijâba : Charge de gardien de la Ka'ba, incluant l'ouverture et la fermeture de ses portes.
  74. siqâya : Charge de fournir de l'eau aux pèlerins, notamment du puits de Zamzam.
  75. wifâda : Charge de recevoir et d'héberger les pèlerins venant de l'extérieur.
  76. nadwa : Assemblée consultative des chefs de Quraysh pour les affaires importantes.
  77. liwâ’ : Étendard ou bannière, symbole de commandement militaire.
  78. Dâr an-Nadwa : Maison de l'assemblée construite par Quşayy pour les réunions des Qurayshites.
  79. diyâna : Pluriel de dâyin, désignant ceux qui exercent l'autorité religieuse et judiciaire.
  80. zamzama : Action de faire un bruit ou un bourdonnement, peut-être en référence à des incantations.
  81. Année de l'Éléphant : Année de la naissance du Prophète Muhammad, marquée par l'attaque d'Abraha avec des éléphants.
  82. chez celui qui en avait : Littéralement 'chez le possesseur d'une lacune', c'est-à-dire celui qui a un besoin.
  83. Bakka : Nom coranique de La Mecque, souvent interprété comme le lieu de la Ka'ba.
  84. ‘umra : Petit pèlerinage à La Mecque, pouvant être effectué à tout moment de l'année.
  85. Manât : Idole préislamique vénérée comme déesse du destin.
  86. tharîd : Plat de pain émietté dans du bouillon de viande.
  87. Îlâf : Accords commerciaux conclus par Quraysh avec les tribus pour assurer la sécurité des caravanes.
  88. ‘Amr al-‘Ula : Surnom de Hâshim, signifiant 'Amr le Très-Haut' ou 'le Sublime'.
  89. kour : Unité de mesure de capacité pour les grains, équivalant à environ 30 sa' (mesure de volume).
  90. mithqal : Unité de poids pour les métaux précieux, équivalant à environ 4,25 grammes d'or.
  91. Coran 38:34 : Référence coranique : Sourate Sad, verset 34.
  92. Sidon : Ville côtière de l'actuel Liban, mentionnée dans les récits bibliques et islamiques.
  93. Asif : Nom d'un démon dans la tradition islamique, parfois identifié à Asaf ibn Barkhiya, le vizir de Salomon.
  94. Khosroès Parviz : Roi sassanide (r. 590-628), connu pour son règne fastueux et ses guerres contre Byzance.
  95. Shiruyah : Fils de Khosroès Parviz, qui le déposa et le fit exécuter en 628.

Le dix-septième chapitre sur ce que les âmes ont murmuré comme inspiration des…

Le dix-septième chapitre sur ce que les âmes ont murmuré comme inspiration des intelligences concernant sa prophétie, paix sur lui.

La pureté de la naissance du Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, 1 : Allah a choisi Son Messager parmi les unions les plus pures, l'a protégé de la souillure des turpitudes et l'a transféré de reins purs à des matrices pures. Ibn Abbas, qu'Allah l'agrée, a dit à propos de l'interprétation de la parole d'Allah : « Et ton mouvement parmi ceux qui se prosternent » 2, c'est-à-dire ton passage de reins purs, de père en père, jusqu'à ce que Je fasse de toi un prophète. La lumière de la prophétie était manifeste chez ses pères. On rapporte qu'une devineresse à La Mecque, nommée Fatima bint Murr al-Khath'amiyya, qui avait lu les Écritures, croisa Abd al-Muttalib accompagné de son fils Abdallah, qu'il voulait marier à Amina bint Wahb. Elle vit la lumière de la prophétie sur le visage d'Abdallah et lui dit : « Veux-tu venir à moi et prendre cent chameaux ? » Allah le préserva d'accepter, et il lui répondit : « Quant à l'illicite, la mort est préférable ; Quant au licite, il n'est pas licite, alors distingue-le ; Qu'en est-il de la chose que tu désires ? » Lorsqu'il épousa Amina et qu'elle conçut le Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, elle lui dit : « Veux-tu ce que tu as dit ? » Mais elle ne vit plus cette lumière sur son visage. Elle lui dit : « Cela était autrefois, aujourd'hui non. Qu'as-tu fait ? » Il répondit : « Mon père m'a marié à Amina bint Wahb az-Zuhriyya. » Elle dit : « Tu as pris la lumière qui était sur ton visage », et elle récita : « Maintenant tu as perdu ce qui était apparent sur toi, Et tu as quitté la clarté bénie. Tu es venu à moi libre, puis tu l'as donnée À un autre, agréablement ; rejoins donc tes épouses. Ne considère pas aujourd'hui comme hier ; j'aurais aimé Avoir eu un fils de toi dans une situation semblable à la tienne. » Le regret et la tristesse l'envahirent pour ce qui lui avait échappé, et elle envia Amina pour ce qu'elle avait obtenu. Elle récita : « J'ai vu un nuage se lever, Brillant comme l'éclat de l'aube. Il y avait en lui une lumière qui illuminait Ce qui l'entourait, comme la clarté de la pleine lune. Je l'ai vu manifestement élevé ; Tout bois à feu n'émet pas d'étincelle. Par Allah, quelle Zuhriyya a dépouillé Tes deux vêtements, sans que tu saches ce qu'elle a pris ! » Elle avertit les Banu Hashim en disant : « Banu Hashim, votre frère a laissé Amina, alors que les deux accouplements luttaient. Comme une lampe après son extinction laisse Des mèches préparées avec de l'huile. Tout ce qu'un homme acquiert de son pays n'est pas dû à sa prudence, Ni ce qui lui échappe à sa négligence. Sois donc beau lorsque tu recherches une chose, car Deux destins luttant te suffiront. Lorsqu'Amina eut de lui ce qu'elle eut, Une gloire sans pareille, Il te suffira, soit par une main entravée, Soit par une main ouverte pour les bonnes actions. » Cela fait partie des signes d'Allah envers Son Messager : Il a préservé son père, alors qu'il était dans son dos, de commettre un adultère, jusqu'à ce qu'il le place dans un mariage légitime. Puis la protection cessa après sa naissance, au point qu'il devint demandeur après avoir été demandé, et désiré après avoir été désiré. Ensuite, il n'eut ni frère ni sœur de ses parents, car leur pureté s'achevait en lui et leur lignée se limitait à lui, afin qu'il soit exclusif par une lignée qu'Allah a faite comme aboutissement de la prophétie et comme signe de son unicité, écartant ainsi toute participation ou similitude. C'est pourquoi ses parents moururent alors qu'il était jeune : son père Abdallah mourut alors qu'il était encore fœtus à La Mecque, et sa mère Amina mourut à Médine alors qu'il avait six ans, car elle s'y était rendue pour visiter ses oncles maternels des Banu an-Najjar, et elle mourut chez eux. Lorsque tu es informé de l'état de sa lignée et que tu connais la pureté de sa naissance, tu sais qu'il est la descendance de pères nobles qui furent des chefs et des dirigeants : car il est Muhammad ibn Abdallah ibn Abd al-Muttalib ibn Hashim ibn Abd Manaf ibn Qusayy ibn Kilab ibn Murra ibn Ka'b ibn Lu'ayy ibn Ghalib ibn Fihr ibn Malik ibn an-Nadr ibn Kinana ibn Khuzayma ibn Mudrika ibn Ilyas ibn Mudar ibn Nizar ibn Ma'add ibn Adnan. Parmi ses pères, il n'y a aucun homme obscur et méprisé, ni aucun homme inconnu et humilié ; ils furent tous des chefs et des guides. Ils furent les plus scrupuleux des hommes quant aux unions pures, au point de s'abstenir d'épouser des parentes prohibées, bien que d'autres Arabes les aient permises. On rapporte que Hajib ibn Zurara, le chef des Banu Tamim, épousa sa fille et en eut des enfants. Il l'avait nommée Dakhtanus, du nom de la fille de Kisra, et dit à son sujet en la mariant : « Que ne sais-je, ô Dakhtanus, Quand la nouvelle grave te parviendra, Traîneras-tu les deux pans de ta robe ou marcheras-tu avec orgueil ? Non, tu marcheras avec orgueil, car tu es une mariée. » Cela est considéré comme une turpitude chez les Quraysh. Dans la Torah, il est rapporté que Loth épousa ses deux filles, qui lui donnèrent deux fils, et ils eurent une nombreuse descendance. Loth était le neveu d'Abraham, l'ami intime d'Allah. Abraham avait épousé la fille de son frère, Sara, fille de Haran fils de Térah. Les Quraysh s'abstinrent de ces unions pour préserver le caractère sacré des liens de parenté proches, afin qu'ils ne soient pas violés par des unions illicites, ce qui aurait affaibli la jalousie et diminué la protection. Si l'on dit : « D'autres que les prophètes partagent l'honneur de la lignée et la pureté de la naissance ; ils ne méritent donc pas la prophétie par cela », on répond : « Ces deux choses font partie des conditions de la prophétie, même si d'autres les possèdent ; il n'est pas impossible qu'elles aient une influence considérable et une qualité éprouvée dans la prophétie. » Dix-neuvième chapitre : Les signes de sa naissance et l'apparition de sa bénédiction, que la prière et la paix soient sur lui. Les signes de la royauté sont éclatants et les preuves de la prophétie sont irrésistibles ; leurs débuts témoignent de leurs conséquences, de sorte que le mensonge ne s'y mêle pas à la vérité, ni l'imposteur au véridique. Selon leur force et leur diffusion, leurs annonces et leurs avertissements se manifestent. Lorsque la naissance du Messager d'Allah, que la prière et la paix soient sur lui, approcha, les signes de sa prophétie se succédèrent et les preuves de sa bénédiction apparurent. Parmi les plus importants, les plus évidents, les plus célèbres et les plus clairs, il y a l'histoire des gens de l'Éléphant 3, que le Négus envoya du pays d'Abyssinie avec une grande armée à La Mecque pour tuer ses hommes, capturer ses enfants et détruire la Kaaba. Les avis divergent sur la cause. Certains disent qu'Abraham ibn as-Sabbah s'empara du Yémen en se réclamant du Négus, construisit à Sanaa une église pour les chrétiens, avec l'aide de César et du Négus, la bâtissant solidement et joliment pour détourner les Arabes du pèlerinage à la Kaaba vers elle. Les Arabes le désapprouvèrent, et un homme des Banu Kinana, des Quraysh, entra dans son sanctuaire et y fit quelque chose. Il écrivit alors au Négus pour lui demander des renforts avec l'éléphant et l'armée d'Abyssinie afin d'attaquer les Quraysh et de détruire la Kaaba. Ils partirent, prenant Abu Righal de Ta'if comme guide jusqu'à La Mecque, et il les fit camper à al-Mughammas. Abu Righal mourut à al-Mughammas et y fut enterré ; les Arabes lapidèrent sa tombe, et c'est la tombe lapidée d'al-Mughammas. D'autres disent que la cause fut que quelques commerçants qurayshites passèrent près d'une église chrétienne au bord de la mer, s'arrêtèrent dans son enceinte et allumèrent un feu pour préparer leur nourriture, ce qui brûla l'église. Le Négus jura alors de piller La Mecque et de détruire la Kaaba. Il envoya son armée avec l'éléphant, sous le commandement d'Abraham ibn as-Sabbah, Abu Maksoum, Hujr ibn Sharahil et al-Aswad ibn Maqsud. Le Négus était le roi, Abraham était le chef de son armée au Yémen, Abu Maksoum son vizir, et Hujr et al-Aswad étaient parmi ses commandants. Ils marchèrent avec l'armée et l'éléphant jusqu'à camper à Dhu al-Majaz. Al-Aswad ibn Maqsud les précéda et pilla les troupeaux de La Mecque. Abdallah ibn Makhzum dit à ce sujet : « Ô Allah, déshonore al-Aswad ibn Maqsud, Qui a pris les chameaux après leur marquage, Et veut détruire la Maison sacrée adorée, Ainsi que les deux Marwa et les lieux saints noirs. Déshonnez-les, Seigneur, car Tu es adoré. » Parmi les troupeaux se trouvaient deux cents chameaux appartenant à Abd al-Muttalib, dont certains étaient marqués. Abd al-Muttalib, qui était beau et imposant, sortit et alla trouver Abraham pour lui demander la restitution de ses chameaux. Abraham lui dit : « Tu m'avais plu quand je t'ai vu, mais maintenant tu m'as déçu. » Il demanda : « Pourquoi ? » Abraham répondit : « Je suis venu pour détruire la Kaaba, la religion de tes pères, et tu ne m'as pas interrogé à son sujet, mais tu m'as interrogé au sujet de tes chameaux. » Abd al-Muttalib dit : « Je suis le maître de mes chameaux, et la Maison a un Maître autre que moi qui te l'interdira. » Abraham dit : « Il ne pourra pas me l'interdire », et il rendit les chameaux à Abd al-Muttalib par moquerie, pour qu'il revienne les prendre. Abd al-Muttalib les mit en sécurité dans les montagnes de La Mecque, puis se rendit à la Kaaba, saisit l'anneau de la porte et dit : « Ô Seigneur, l'homme protège Sa demeure, protège donc Ton sanctuaire. Que leur croix et leur ruse Ne l'emportent jamais sur Ta puissance. Si Tu les laisses faire avec notre Kaaba, Alors ordonne ce qu'il Te plaît. Car si Tu le fais, c'est une affaire Que Tu accompliras par Ta volonté. Écoute, ô Toi qui repousses ceux qui Veulent nuire et violent Ton sanctuaire. Ils ont amené tout leur pays Et l'éléphant pour capturer Ta famille. Ils ont attaqué Ton sanctuaire par leur ruse, Ignorants, sans respecter Ta majesté. » L'armée se dirigea vers La Mecque par la route de Mina, avec l'éléphant. Lorsqu'il fut envoyé vers le sanctuaire, il s'arrêta ; lorsqu'on le détournait, il avançait. Ils campèrent à al-Mughammas. Abu at-Tayyib ibn Mas'ud dit à ce sujet, ou bien ce fut Abd al-Muttalib : « Les signes de notre Seigneur sont éclatants, Seul l'impie les conteste. L'éléphant fut retenu à al-Mughammas, Jusqu'à ce qu'il meure, hurlant comme un castré. » Les habitants de La Mecque virent des oiseaux venant de la mer. Abd al-Muttalib dit : « Ce sont des étrangers dans notre pays ; ils ne sont ni du Najd, ni du Tihama, ni du Hijaz ; ils ressemblent à des frelons. » Ils avaient dans leurs becs et leurs pattes des pierres. Lorsqu'ils survolèrent les gens, ils lancèrent ces pierres sur eux, et ils périrent. Abraham seul échappa et retourna au Yémen, mais il mourut en chemin, après que des membres de son corps se furent détachés un à un jusqu'à sa mort. Lorsque l'armée eut disparu et que leur sort fut inconnu, Abd al-Muttalib dit : « Ô Seigneur, nous n'espérons qu'en Toi, Ô Seigneur, protège donc Ton sanctuaire d'eux. L'ennemi de la Maison est Ton ennemi ; Empêche-les de détruire Ton domaine. » Il envoya son fils Abdallah pour avoir de leurs nouvelles ; il les trouva tous écrasés par les pierres, morts. Il revint en courant vers Abd al-Muttalib et ses compagnons, et ils prirent leurs biens. Ce furent les premiers biens des Banu Abd al-Muttalib. Il récita en marchant : « Tu as repoussé l'armée et les éléphants, Alors qu'ils paissaient à La Mecque les troupeaux. Nous craignions leur combat, Et toute affaire pour eux était difficile. Gloire et louange à Toi, ô Détenteur de la majesté. » Le signe du Messager dans l'histoire de l'Éléphant est qu'elle eut lieu à son époque, alors qu'il était encore fœtus dans le ventre de sa mère à La Mecque, car il naquit cinquante jours après l'Éléphant, après la mort de son père, le lundi 12 du mois de Rabi' al-Awwal, correspondant au 20 février de l'année 12 du règne d'Hormizd fils d'Anushirwan, selon les mois des Romains. Abu Ja'far at-Tabari rapporte que sa naissance, que la prière et la paix soient sur lui, eut lieu la quarante-deuxième année du règne d'Anushirwan. Ce fut un signe à deux égards : Premièrement : s'ils avaient vaincu, ils auraient capturé et réduit en esclavage ; Allah les anéantit pour préserver Son Messager de la captivité, qu'il soit fœtus ou nouveau-né. Deuxièmement : les Quraysh n'avaient pas assez de piété pour mériter que les gens de l'Éléphant soient repoussés d'eux, et ils n'étaient pas gens du Livre, car ils étaient soit adorateurs d'idoles, soit polythéistes, soit adeptes de la zandaqa 4, soit opposants à la rétrogradation 5. Mais Allah voulait l'avènement de l'islam pour établir la prophétie, glorifier la Kaaba et en faire la direction de la prière et le lieu du pèlerinage. Si l'on dit : « Comment se fait-il qu'Il ait protégé la Kaaba avant qu'elle ne devienne direction de prière et lieu de pèlerinage, mais n'ait pas protégé les pèlerins de sa destruction après qu'elle le soit devenue, au point que al-Hajjaj la brûla et installa des catapultes contre elle, disant à son sujet, selon ce qui est rapporté : « Comment vois-tu sa poussière s'élever, Alors qu'Allah, selon ce qu'ils disent, est son voisin ? » Et celui qui tirait avec la catapulte disait : « Une goutte comme un chamelon écumant, Je lance avec elle les bois de chaque mosquée. » » On répond : « L'action d'al-Hajjaj eut lieu après l'établissement de la religion, qui se passa alors de signes pour son établissement. Quant aux gens de l'Éléphant, ce fut avant l'apparition de la prophétie ; la protection fut donc un signe pour établir la prophétie et l'avènement du message. De plus, le Messager, que la prière et la paix soient sur lui, avait annoncé sa destruction, si bien que la destruction devint un signe après que la protection en avait été un. C'est pourquoi leurs jugements diffèrent selon les deux situations. Et Allah sait mieux. »

Lorsque se répandit parmi les Arabes ce qu'Allah – exalté soit-Il – avait fait subir à l'armée de l'Éléphant 6, ils conçurent de la crainte pour le Sanctuaire 7 et le vénérèrent ; son caractère sacré s'accrut dans les cœurs, et ils se soumirent à l'obéissance de Quraych 8, disant : « Ce sont les gens d'Allah ; Il a combattu pour eux et les a suffisamment protégés de la ruse de leur ennemi. » Aussi leur accordèrent-ils davantage d'honneur et de glorification, tandis que Quraych assuma pour eux la fonction d'al-wifāda 9, la garde du Sanctuaire 10 et l'approvisionnement en eau 11. Al-wifāda est une contribution que Quraych prélevait chaque année sur leurs biens, avec laquelle ils préparaient de la nourriture pour les gens durant les jours de Minâ 12. Ils devinrent ainsi des imams 13 religieux et des chefs suivis, et les gens de l'Éléphant devinrent une leçon pour les générations futures. Hichâm ibn Muhammad al-Kalbî 14 rapporte d'après son père que 'Umar ibn al-Khattâb – qu'Allah l'agrée – sortit à l'époque préislamique comme commerçant vers le Shâm 15 et passa par Zunbâ' ibn Rawh, qui était un collecteur d'impôts 16. Ce dernier le traita mal lors de son passage et perçut sa taxe. 'Umar dit après son départ : « Quand Zunbâ' ibn Rawh se trouvera dans une contrée, Jusqu'à la moitié de celle-ci, il se mordra les dents de regret. Et il saura que nous sommes de Lu'ayy ibn Ghâlib 17, Perceurs dans les combats, frappeurs dans les ténèbres 18. » Cette parole parvint à Zunbâ', qui équipa une armée pour attaquer La Mecque. On lui dit : « C'est le sanctuaire d'Allah, ce... »


  1. al-salatu wa al-salamu 'alayhi : Formule de bénédiction et de paix sur le Prophète Muhammad, utilisée par les musulmans après mention de son nom.
  2. wa taqallubaka fi al-sajidin : Coran, sourate 26 (ash-Shu'ara'), verset 219. Interprété comme le passage du Prophète à travers les reins des prophètes successifs.
  3. ashab al-fil : Les gens de l'Éléphant : l'armée abyssinienne menée par Abraham al-Ashram qui attaqua La Mecque avec un éléphant, repoussée miraculeusement par des oiseaux (ababil) lançant des pierres, événement de l'année de la naissance du Prophète.
  4. zandaqa : Hérésie ou manichéisme, désignant ceux qui professent des croyances dualistes ou secrètes contraires à l'islam.
  5. al-ruj'a : Rétrogradation ou retour à une croyance antérieure, peut-être une référence à la croyance en la métempsycose ou au retour des morts.
  6. jaysh al-fīl : L'armée de l'Éléphant : expédition menée par Abraha contre La Mecque en l'an 570, détruite par Allah selon la tradition islamique.
  7. al-ḥaram : Le Sanctuaire : la zone sacrée de La Mecque, inviolable.
  8. Quraysh : Tribu arabe dominante de La Mecque, à laquelle appartenait le Prophète Muhammad.
  9. al-wifāda : Fonction consistant à recevoir les pèlerins et à leur offrir l'hospitalité.
  10. as-sidāna : Garde et entretien de la Ka'ba.
  11. as-siqāya : Approvisionnement en eau des pèlerins.
  12. Minā : Vallée près de La Mecque où se déroulent certains rites du pèlerinage.
  13. a'imma : Pluriel d'imam : guides religieux et politiques.
  14. Hishām ibn Muḥammad al-Kalbī : Historien et généalogiste arabe du VIIIe siècle.
  15. ash-Shām : Région du Levant (Syrie, Palestine, Liban, Jordanie).
  16. 'ushār : Collecteur de la dîme ou de taxes.
  17. Lu'ayy ibn Ghālib : Ancêtre de la tribu de Quraych.
  18. aẓ-ẓulam : Ténèbres : peut désigner les nuits ou les moments de confusion.

Chapitre dix-neuf : Les signes de sa naissance [1] et l’apparition de sa bénédiction [2]…

Chapitre dix-neuf : Les signes de sa naissance [1] et l’apparition de sa bénédiction [2], que la prière et la paix soient sur lui.

Quiconque voulait lui nuire périssait, comme les gens de l'Éléphant 1. Ainsi Zinbâ' 2 se retint et dit : « Le frère de Fihr 3 a souhaité me rencontrer, mais entre lui et moi se dressent des Quarâdhiba 4 pareils à des lions féroces. Par Dieu, sans Dieu, nul autre que Lui, et sans Sa Ka'ba 5 qui m'attire vers vous, ô mes proches, Je tuerais parmi vous tout vieillard vénérable et capturerais vos femmes au milieu des troupeaux de chameaux. » Cette parole parvint à 'Umar 6, que Dieu l'agrée, qui lui répondit : « N'as-tu pas vu que Dieu a anéanti quiconque nous a agressés, jadis, parmi les anciennes générations ? Il a fait périr Abû Maksûm 7, Abraha 8, qui vint à nous en agresseur, tel un chameau fougueux et téméraire, Avec une foule immense dont l'œil ne pouvait saisir l'étendue, portant une couronne sur la tête d'un jeune chamelier. Mais le stratagème de cet esclave ne nous a pas effrayés, et nous étions entre insouciance et moquerie. Il dit : "Je vais détruire la Maison 9 et je ne vois à La Mecque aucun marcheur parmi ces lieux de culte." Mais le Seigneur du Trône le repoussa loin de nous par Son voile, et sa grandeur ne le sauva pas par les sacrifices. Il le fit périr, ainsi que ses partisans, et emmena captifs ceux qui l'assistaient et veillaient avec lui. Nous n'avons, sache-le, ni pour nous ni pour notre Maison, d'autre Seigneur puissant et secourable que Dieu. Viens donc nous visiter, tu trouveras ce qu'ils ont trouvé : tous, de la demeure de l'œil et du désespoir. » L'affaire de l'Éléphant fut un frein pour tout agresseur et un obstacle pour tout tyran. Le Messager de Dieu, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui, a vécu à l'époque de sa prophétie et après son émigration avec un groupe qui avait vu l'Éléphant et les oiseaux d'Abâbîl 10, parmi lesquels Hakîm ibn Hizâm, Hâtib ibn 'Abd al-'Uzzâ et Nawfal ibn Mu'âwiya, car chacun d'eux vécut cent vingt ans : soixante ans dans l'ignorance et soixante ans dans l'islam. [Naissance du Messager de Dieu] Lorsque Âmina bint Wahb 11 fut enceinte du Messager de Dieu, on rapporte qu'il lui fut dit : « Tu portes le maître de cette communauté. Quand il tombera à terre, dis : "Je le confie à l'Unique, contre le mal de tout envieux", puis nomme-le Muhammad 12. » Elle vit aussi, lorsqu'elle le porta, qu'une lumière sortit d'elle, par laquelle elle aperçut les palais de Busrâ 13 en Syrie. Umm 'Uthmân ibn al-'Âs 14 dit : « J'assistai à l'accouchement de Âmina, mère du Messager de Dieu, de nuit. Il n'y avait rien dans la maison que je ne visse éclairé par une lumière, et je voyais les étoiles si proches que je pensais qu'elles allaient tomber sur moi. Quand elle l'eut mis au monde, on posa sur lui, la nuit de sa naissance, une jatte qui se retourna loin de lui. Ce fut un de ses signes qu'elle ne le recouvrit pas. Elle envoya dire à son grand-père 'Abd al-Muttalib 15 : "Il t'est né un fils, viens le voir." Il vint, le regarda, et elle lui raconta ce qu'elle avait vu pendant sa grossesse, ce qui lui avait été dit et ce qu'on lui avait ordonné de nommer. On rapporte que 'Abd al-Muttalib le prit, entra avec lui auprès de Hubal 16 à l'intérieur de la Ka'ba, se tint devant lui en priant et remerciant Dieu pour ce qu'Il lui avait donné, puis sortit avec lui vers sa mère et le lui rendit en disant : "J'ai vu en lui les marques de la gloire et j'ai discerné les signes de la souveraineté : Muhammad ne mourra pas avant d'avoir dominé les Arabes et les non-Arabes." Et il dit : « Louange à Dieu qui m'a donné ce jeune homme au bon naturel. Je le confie à l'Unique, le Généreux, contre tout défaut et toute haine, Jusqu'à ce que je le voie élevé et puissant. » [Son enfance] Il ne cessa d'être comblé de bénédictions pour quiconque l'approchait ou le prenait en charge. On rapporte de Jahm ibn Abî Jahm, d'après 'Abd Allâh ibn Ja'far 17 : « Lorsque le Messager de Dieu naquit, Halîma bint al-Hârith ibn 'Abd al-'Uzzâ 18 vint chercher des nourrissons en une année de sécheresse. Elle dit : "Nous avions une chamelle qui, par Dieu, ne donnait pas une goutte de lait, et j'avais mon fils qui ne trouvait dans mon sein de quoi le sustenter, sinon l'espoir de la pluie. Nous avions des brebis dont nous espérions [le lait]. Quand nous arrivâmes à La Mecque, il ne resta aucune femme à qui l'on ne présentât le Messager de Dieu, mais elles le refusèrent à cause de son orphelinat. Chacune de mes compagnes prit un nourrisson, et je ne trouvai que lui. Je le pris donc et l'emmenai à ma monture. Par Dieu, à peine fut-il installé que le soir vint, mes seins se remplirent de lait jusqu'à le rassasier, lui et son frère. Son père se leva et toucha notre chamelle : elle était pleine de lait. Il la traita et nous bûmes de son lait, moi et les enfants. Il dit : "Ô Halîma, nous avons obtenu une créature bénie." Puis nous partîmes le lendemain matin pour retourner chez nous. Je montai mon ânesse et le portai avec moi. Par Celui qui tient l'âme de Halîma en Sa main, je dépassai la caravane au point que les femmes disaient : "Ô Halîma, arrête-toi pour nous ! Est-ce là ton ânesse sur laquelle tu es partie ?" Je dis : "Oui." Et je dis : "Par Dieu, j'espère avoir porté un enfant béni." Elle dit : "Dieu augmentait chaque jour notre bien par lui. Nos brebis revenaient du pâturage le ventre plein et les mamelles gonflées, tandis que les brebis des autres revenaient le ventre vide et affamées." Il dit : "Alors qu'il jouait derrière les maisons avec son frère, parmi nos agneaux, son frère vint en courant et dit : 'Mon frère qurashite 19 a été pris par deux hommes vêtus de blanc qui l'ont couché et lui ont fendu le ventre.' Je sortis avec son père et nous le trouvâmes debout, le teint changé. Quand il nous vit, il se précipita vers nous en pleurant." Elle dit : "Je le serrai contre moi, ainsi que son père, et nous lui dîmes : 'Qu'as-tu ?' Il dit : 'Deux hommes sont venus, m'ont couché, m'ont fendu le ventre et ont fait ceci et cela.'" Il releva son manteau comme il était. Anas ibn Mâlik 20 dit : "Gabriel vint à lui, le terrassa, lui fendit le ventre, en sortit le cœur, puis fendit le cœur et en retira un caillot de sang en disant : 'Ceci est la part du Diable en toi.' Puis il le lava, le recousit et le remit à sa place." Anas dit : "Je voyais encore la trace de la couture sur sa poitrine." Ensuite, le mari de Halîma lui dit : "Ô Halîma, je crains que cet enfant n'ait été frappé. Ramène-le à sa famille avant que cela ne se manifeste." Halîma le porta donc jusqu'à le remettre à sa mère Âmina. Sa mère dit : "Qu'est-ce qui t'a poussée à me le ramener, ô nourrice ?" Elle dit : "J'ai accompli mon devoir et j'ai craint pour lui les accidents ; je te le rends comme tu le souhaites." Elle dit : "Ce n'est pas là ton affaire ; dis-moi la vérité." Halîma lui raconta son état et dit : "J'ai craint pour lui le Diable." Sa mère dit : "Non, par Dieu, le Diable n'a aucun pouvoir sur lui. Il a une grande importance. J'ai vu, quand je l'ai porté, qu'une lumière sortit de moi, éclairant les palais de Busrâ. Quand je l'ai enfanté, il est tombé en posant ses mains à terre et levant la tête vers le ciel. Laisse-le, va en paix." Dans ce récit, il y a de ses signes ce qui fait que les âmes se soumettent à la vérité de sa prophétie. [Sa croissance] Muhammad ibn Ishâq 21 rapporte d'après certains de nos compagnons que le Messager de Dieu a dit : « Je me souviens, étant jeune garçon à La Mecque avec les enfants de Quraysh, nous portions des pierres sur nos épaules, ayant relevé nos vêtements sur nos nuques, quand quelqu'un que je ne voyais pas me poussa et dit : "Serre bien ton vêtement !" Je le serrai. » Cela fait partie des prémices de la protection, pour qu'il grandisse sous elle et s'y habitue. [Sous la tutelle d'Abû Tâlib] 'Ali ibn Abî Tâlib 22, que Dieu l'agrée, rapporte : « J'ai entendu le Messager de Dieu dire : "Je n'ai jamais eu l'intention de faire quoi que ce soit de ce que l'on faisait dans l'ignorance, sauf deux fois, mais Dieu m'en a empêché. Une nuit, je dis à un jeune garçon de Quraysh qui gardait les moutons avec moi dans la haute vallée de La Mecque : 'Si tu surveillais mes moutons, j'entrerais à La Mecque et j'y passerais la nuit comme les jeunes gens.' Il dit : 'Entre.' Je sortis pour cela, et quand j'arrivai à la première maison de La Mecque, j'entendis des chants de tambourins et de flûtes. Je dis : 'Qu'est-ce que c'est ?' On dit : 'Untel épouse une telle.' Je m'assis pour les regarder, mais Dieu frappa mes oreilles [de surdité] et je m'endormis. Seul le soleil me réveilla. Je revins vers mon compagnon, qui dit : 'Qu'as-tu fait ?' Je dis : 'Rien', et je lui racontai l'histoire. Puis, une autre nuit, je lui dis la même chose. Il dit : 'Fais-le.' Je sortis et, quand j'arrivai à La Mecque, j'entendis la même chose que la première fois. J'entrai à La Mecque cette nuit-là et m'assis pour regarder, mais Dieu frappa mes oreilles. Par Dieu, seul le soleil me réveilla. Je revins vers mon compagnon et lui racontai l'histoire. Ensuite, je n'eus plus l'intention de faire le mal jusqu'à ce que Dieu m'honore de Son message." » Voilà les états de sa protection avant la mission, et son détournement de la souillure de l'ignorance. Il convenait donc qu'après la mission, il fût plus grand et plus préservé des souillures. Cela suffit pour qu'il soit parmi les élus purs, qu'il ait été épargné et qu'il ait été, parmi les pieux vertueux, celui qui fut négligé. Et il est parmi les plus grands prophètes auprès de Dieu, Celui qui a été envoyé après avoir été purifié et nettoyé de toute souillure. Ainsi, les soupçons furent écartés de lui et il fut préservé du mépris des regards, afin que les gens soient plus prompts à lui répondre et plus dociles à se soumettre à lui. [Sa jeunesse] Lorsque le Messager de Dieu grandit parmi Quraysh avec la meilleure guidance et la plus grande pureté, la plus parfaite chasteté et la plus grande loyauté, ils le surnommèrent al-Amîn 23 après l'avoir éprouvé, et ils le placèrent en avant pour son mérite et sa dignité. Ils délibérèrent sur la démolition et la reconstruction de la Ka'ba, car sa hauteur était inférieure à la taille d'un homme et ses murs étaient larges, et elle s'effondrait. Ils voulurent la rénover et l'élever, mais ils craignirent d'entreprendre sa démolition. La Ka'ba avait un trésor qu'ils trouvèrent chez Duwayk, un affranchi de Banû Mulayh de Khuzâ'a 24. Quraysh le lui prirent et lui coupèrent la main, et ils accusèrent al-Hârith ibn 'Âmir ibn Nawfal ibn 'Abd Manâf 25 d'avoir pris le trésor et de l'avoir déposé chez Duwayk. Ils le soumirent à l'épreuve d'une devineresse arabe, qui prononça un oracle selon lequel il ne devait pas entrer à La Mecque pendant dix ans pour avoir violé le sanctuaire de la Ka'ba. Il erra donc autour de La Mecque jusqu'à ce que les dix ans soient accomplis. Un serpent apparaissait dans la Ka'ba, que les gens craignaient ; personne ne s'en approchait sans qu'il se dresse et ouvre la gueule. Ils le redoutèrent jusqu'à ce qu'un jour il monte sur le mur de la Ka'ba et qu'un oiseau tombe et l'emporte. Alors Quraysh dirent : « Nous espérons que Dieu a agréé ce que nous voulions. » La mer avait jeté un navire sur la côte de Jeddah 26, appartenant à un marchand byzantin. Il y avait à La Mecque un charpentier copte qui leur prépara la toiture de la Ka'ba avec le bois du navire. Quand ils décidèrent de la démolir, Abû Wahb ibn 'Umayr 27, l'oncle maternel du Messager de Dieu, homme de rang et de valeur, prit une pierre de la Ka'ba ; la pierre sauta de sa main et retourna à sa place. Il dit : « Ô gens de Quraysh, n'introduisez dans sa construction que ce qui est pur ; n'y introduisez ni le salaire d'une prostituée, ni le profit de l'usure, ni l'injustice envers quiconque. » Quraysh comprirent que le retour de la pierre de la main d'Abû Wahb à sa place signifiait que Dieu réprouvait sa démolition, et ils la redoutèrent.

Al-Walīd ibn al-Mughīra dit : « Je vais commencer pour vous sa démolition. » Il prit la pioche, se tint au-dessus d’elle et dit : « Ô Dieu, nous ne voulons que le bien. » Puis il démolit les deux angles (ar-ruknaīn). Les gens l’observèrent avec méfiance cette nuit-là, et il dit : « Attendons : s’il est frappé (d’un malheur), nous ne démolirons pas ; mais s’il n’est pas frappé, nous la démolirons, et il aura approuvé ce que nous avons fait. » Le lendemain matin, al-Walīd revint à son travail. Les Quraysh se partagèrent la Ka‘ba : la partie de la Maison (al-bayt) revint aux Banū ‘Abd Manāf et Zuhra ; ce qui se trouve entre la Pierre Noire (ar-ruknu l-aswad) et le Coin Yéménite (ar-ruknu l-yamānī) revint aux Banū Makhzūm, Taym et aux tribus qui s’étaient jointes à eux parmi les Quraysh ; la partie du Ḥijr et du Ḥaṭīm revint aux Banū ‘Abd al-Dār, aux Banū ‘Abd al-‘Uzzā et aux Banū ‘Adī ; le dos de la Ka‘ba (ẓahru l-ka‘ba) revint aux Banū Jumaḥ et aux Banū Sahm, jusqu’à ce qu’ils atteignent les fondations. Ils arrivèrent à des pierres vertes dont on dit qu’elles se trouvaient sur la tombe d’Isma‘īl. Ils frappèrent avec la pioche entre deux pierres ; lorsqu’elles bougèrent, toute la Mecque trembla. Ils s’arrêtèrent et atteignirent la base des fondations. Chaque tribu rassembla les pierres de ce qu’elle avait démoli, et ils construisirent jusqu’à atteindre l’angle du Ḥijr. Les tribus se disputèrent alors pour savoir qui placerait la Pierre (al-ḥajar) à son emplacement dans l’angle. Ils s’avancèrent et restèrent ainsi quatre ou cinq nuits. Puis ils se réunirent dans la Mosquée (al-masjid) et se consultèrent. Abū Umayya ibn al-Mughīra, qui était à l’époque le dépositaire de la confiance (amīn) des Quraysh, dit : « Ô assemblée des Quraysh, prenez pour arbitre entre vous, dans ce sur quoi vous divergez, le premier homme qui entrera par la porte de cette Mosquée. » Le premier à entrer parmi eux fut le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue. Ils dirent : « Voici Muḥammad, l’Homme de Confiance (al-Amīn). » Ils dirent : « Nous l’agréons », en raison de ce qui était établi dans leurs âmes de sa vertu et de sa fiabilité. Lorsqu’il les rejoignit, ils l’informèrent. Il dit : « Apportez-moi un vêtement. » On lui apporta un vêtement. Il prit la Pierre, la plaça dedans de sa propre main, et dit : « Que chaque tribu saisisse un côté du vêtement, et qu’ils la soulèvent tous ensemble. » Ils firent ainsi. Lorsque la Pierre parvint à son emplacement, il la mit en place de sa propre main. Cet acte fut parmi les plus louables de ses actions et de ses effets, et l’agrément à son sujet fut l’un des signes de son obéissance. Cela eut lieu quinze ans après l’Année de la Guerre Sacrilège (‘ām al-fijār), et le Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — avait alors trente-cinq ans. Ce fut une fondation pour ce que Dieu — qu’Il soit exalté — voulait de son honneur (karāma) et une préparation à l’acceptation de ce qu’il portait de son message. Dieu sait mieux ce qui est caché de ce qu’Il s’est réservé de Sa science. **Vingtième chapitre : Sur la noblesse de ses mœurs et la perfection de ses vertus — que Dieu prie sur lui et le salue.** Il est disposé aux mœurs les plus nobles et aux actions les plus belles, qualifié pour les plus hautes stations et les meilleures œuvres, car elles sont des principes qui mènent à ce qui leur est approprié et conforme, et se distinguent de ce qui en diffère et s’y oppose. Il n’y a dans l’univers aucune station plus élevée que la prophétie (nubuwwa), qui est une ambassade (sifāra) entre Dieu — qu’Il soit exalté — et Ses serviteurs, incitant aux intérêts de la création et à l’obéissance au Créateur. Ainsi, la meilleure des créatures en fut la plus particulière, et le plus parfait de ses conditions en fut le plus digne et le plus proche. Il n’y eut, à l’époque du Messager de Dieu — que Dieu prie sur lui et le salue — et dans ce qui en approcha les deux extrémités, personne qui l’égalât en vertu ni qui l’atteignît en perfection, en caractère (khuluq), en nature (khalq), en parole et en acte. C’est ainsi que Dieu — qu’Il soit exalté — le décrivit dans Son Livre en disant : « Et tu es certes d’un caractère (khuluq) immense » (Coran 68:4). Si l’on dit : « Ses vertus ne sont pas une preuve de sa prophétie, et l’on n’a pas entendu qu’un prophète s’en soit prévalu auprès de sa communauté ni qu’il s’y soit appuyé pour l’acceptation de son message, car d’autres peuvent y participer, jusqu’à ce qu’il apporte un miracle (mu‘jiz) qui rompe l’habitude ; on sait alors par le miracle qu’il est prophète, non par la vertu. » On répond : « La vertu est l’un de ses signes (amārāt), même si elle n’est pas de ses miracles (mu‘jizāt). Parce que la perfection de la vertu est rare, elle devient comme un miracle. Et parce que de la perfection de la vertu découle l’évitement du mensonge — et nul menteur dans la revendication de la prophétie n’est parfait en vertu —, la perfection de la vertu entraîne la véracité, et la véracité entraîne l’acceptation de la parole. Il est donc possible que cela fasse partie des preuves (dalā’il) des messagers. »


  1. Aṣḥāb al-Fīl : Les gens de l'Éléphant : l'armée d'Abraha, qui attaqua La Mecque avec un éléphant en l'an 570 (année de la naissance du Prophète).
  2. Zinbā' : Zinbâ' : personnage mentionné dans le texte, probablement un chef arabe.
  3. Fihr : Fihr : ancêtre de la tribu de Quraysh, dont descend le Prophète.
  4. Qarāḍiba : Quarâdhiba : terme désignant des guerriers ou des gardes, peut-être des soldats d'élite.
  5. Ka'ba : Ka'ba : sanctuaire sacré de l'islam à La Mecque, direction de la prière.
  6. 'Umar : 'Umar ibn al-Khattâb : deuxième calife de l'islam, connu pour sa justice.
  7. Abū Maksūm : Abû Maksûm : surnom d'Abraha, le chef de l'expédition de l'Éléphant.
  8. Abraha : Abraha : roi chrétien du Yémen qui attaqua La Mecque avec un éléphant.
  9. al-Bayt : La Maison : désigne la Ka'ba, la Maison sacrée de Dieu.
  10. Ṭayr al-Abābīl : Oiseaux d'Abâbîl : oiseaux mentionnés dans le Coran (sourate 105) qui lapidèrent l'armée d'Abraha avec des pierres d'argile.
  11. Āmina bint Wahb : Âmina bint Wahb : mère du Prophète Muhammad.
  12. Muḥammad : Muhammad : nom du Prophète de l'islam, signifiant 'le loué'.
  13. Buṣrā : Busrâ : ville de Syrie, aujourd'hui Bosra, célèbre pour ses ruines romaines.
  14. Umm 'Uthmān ibn al-'Āṣ : Umm 'Uthmân ibn al-'Âs : une femme de l'entourage du Prophète.
  15. 'Abd al-Muṭṭalib : 'Abd al-Muttalib : grand-père du Prophète Muhammad.
  16. Hubal : Hubal : idole préislamique placée dans la Ka'ba, vénérée par les Qurayshites.
  17. 'Abd Allāh ibn Ja'far : 'Abd Allâh ibn Ja'far : compagnon du Prophète et neveu de 'Alî.
  18. Ḥalīma bint al-Ḥārith : Halîma bint al-Hârith : nourrice du Prophète Muhammad.
  19. Qurashī : Qurashite : membre de la tribu de Quraysh, à laquelle appartenait le Prophète.
  20. Anas ibn Mālik : Anas ibn Mâlik : célèbre compagnon du Prophète, serviteur et rapporteur de hadiths.
  21. Muḥammad ibn Isḥāq : Muhammad ibn Ishâq : historien musulman, auteur de la première biographie du Prophète.
  22. 'Alī ibn Abī Ṭālib : 'Alî ibn Abî Tâlib : cousin et gendre du Prophète, quatrième calife.
  23. al-Amīn : al-Amîn : 'le Digne de confiance', surnom donné au Prophète avant l'islam.
  24. Khuzā'a : Khuzâ'a : tribu arabe préislamique.
  25. al-Ḥārith ibn 'Āmir : al-Hârith ibn 'Âmir : personnage mentionné dans le récit de la reconstruction de la Ka'ba.
  26. Jeddah : Jeddah : ville portuaire d'Arabie saoudite, sur la mer Rouge.
  27. Abū Wahb ibn 'Umayr : Abû Wahb ibn 'Umayr : oncle maternel du Prophète, mentionné dans le récit de la Ka'ba.

Le vingtième chapitre sur la noblesse de son caractère et la perfection de ses vertus…

Le vingtième chapitre sur la noblesse de son caractère et la perfection de ses vertus, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui.

Les aspects de sa perfection, que la paix et le salut soient sur lui. Maintenant que cela est clair, la perfection considérée dans la Loi relève de quatre aspects : Premièrement : la perfection de la création. Deuxièmement : la perfection du caractère. Troisièmement : les vertus des paroles. Quatrièmement : les vertus des actes. [Premier aspect : la perfection de sa création] [La juste proportion de son apparence, que la paix et le salut soient sur lui. Quant au premier aspect :] La perfection de sa création, après la juste proportion de son apparence, se réalise par quatre qualités. La première : la sérénité 1 qui suscite la crainte révérencielle et la vénération, et invite à la préséance et à la soumission. Il était le plus imposant dans les cœurs, au point que les envoyés de Kisrâ 2 furent saisis de crainte en sa présence, malgré leur accoutumance à la majesté des souverains sassanides et à la multitude des rois tyrans. Il était dans leurs cœurs plus redoutable et à leurs yeux plus grand, bien qu'il ne se soit pas paré d'apparat ni dressé avec violence, mais il était décrit par l'humilité et connu pour sa douceur. [Sa jovialité, que la paix et le salut soient sur lui] La deuxième : la jovialité 3 qui engendre la sincérité et l'amour, et incite à la fraternité et à l'affection. Il était aimé, et l'amour de sa jovialité s'était si bien ancré dans les cœurs que nul compagnon ne le quittait 4 et nul proche ne s'éloignait de lui. Il était plus aimé de ses compagnons que leurs pères et leurs enfants, et que l'eau fraîche en période de soif. [L'attirance des cœurs vers lui, que la paix et le salut soient sur lui] La troisième : la bonne réceptivité 5 qui attire l'inclination des cœurs, au point qu'ils se hâtent vers son obéissance et se soumettent à son accord. La beauté de son apparence dominait les cœurs, et c'est pourquoi sa compagnie s'ancra dans les âmes, au point qu'aucun opposant ne s'en détournait, ni aucun éloigné ne s'en effrayait, sauf celui que la jalousie conduisait à sa perte et que la privation menait à son opposition. [L'inclination des âmes vers lui, que la paix et le salut soient sur lui] La quatrième : l'inclination des âmes à le suivre et leur soumission à son accord, sa constance dans les épreuves et son endurance. Aucun sincère ne s'est écarté de lui avec elles, et nul spécialisé 6 ne s'est détourné de lui. Ces quatre qualités sont des causes de félicité et des lois de la mission prophétique. Elles se sont parfaitement accomplies en lui, et il a mérité ce qu'elles impliquent. [Deuxième aspect : la perfection de son caractère, que la paix et le salut soient sur lui] Quant au deuxième aspect, la perfection de son caractère, elle se réalise par six qualités : [La pondération de son intelligence, que la paix et le salut soient sur lui] La première : la pondération de son intelligence, la justesse de sa perspicacité et la véracité de sa clairvoyance. La justesse de son opinion, la rectitude de sa gestion et la beauté de sa conciliation témoignent de l'abondance de cela en lui. Il n'a jamais été pris en défaut dans une ruse ni impuissant face à une difficulté, mais il percevait l'impossible dès le début, en dévoilait les défauts et résolvait les problèmes. Cela ne peut s'accomplir qu'avec la plus sincère perspicacité et la plus claire détermination. [Sa constance dans les épreuves, que la paix et le salut soient sur lui] La deuxième qualité : sa constance dans les épreuves, qui est requise, et sa patience dans l'adversité et la détresse, alors qu'il était affligé et éprouvé. Son âme, dans les changements de circonstances, restait sereine, ne s'inquiétant d'aucune épreuve, ne se plaignant d'aucune grande ou grave affaire, et capable de se libérer ou de se venger, mais il ne faisait que croître en fermeté et en patience. Il subit à La Mecque, de la part des Quraychites, ce qui fait blanchir les tempes et ébranle les forteresses, tandis qu'avec le faible, il patientait comme patiente le puissant et se tenait ferme comme se tient le dominateur. Hammâd ibn Salama rapporte d'après Thâbit, d'après Anas, que le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, a dit : « J'ai été effrayé pour Dieu comme nul n'a été effrayé, et j'ai été offensé pour Dieu comme nul n'a été offensé. Il m'est arrivé trente jours et nuits sans que moi et Bilâl ayons de nourriture qu'un être vivant puisse manger, sauf quelque chose que Bilâl cachait sous son aisselle. » 'Abd ar-Rahmân ibn Zayd rapporte d'après 'Â'isha, que Dieu l'agrée, qu'elle a dit : « La famille de Muhammad ne s'est pas rassasiée d'orge deux jours de suite jusqu'à ce que le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, soit rappelé. » Or, celui qui endure ces épreuves dans l'appel à Dieu, il est impossible qu'il cherche le bas monde, qui lui a été refusé. Cela n'est que pour rechercher l'au-delà, et il est inconcevable que quelqu'un qui ment dans sa prétention à l'au-delà s'en effraie, ou qu'il mente sur Dieu pour y parvenir. [Son ascétisme en ce bas monde, que la paix et le salut soient sur lui] La troisième qualité : son ascétisme en ce bas monde, son détournement de lui et son contentement du strict nécessaire 7. Il n'a pas incliné vers son éclat ni ne s'est laissé distraire par sa douceur. Sufyân ath-Thawrî rapporte d'après Habîb ibn Abî Thâbit, d'après Khaythama ibn 'Abd ar-Rahmân, qu'on dit au Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui : « Si tu veux, on te donnera les trésors de la terre, ce qui n'a été donné à personne avant toi ni ne le sera après toi, sans que cela ne diminue rien de ta récompense dans l'au-delà. » Il dit : « Amassez-les-moi pour l'au-delà. » Alors fut révélé : « Béni soit Celui qui, s'Il veut, te donnera mieux que cela : des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, et te fera des palais. » 8 Hilâl ibn Abî Khabbâb rapporte d'après 'Ikrima, d'après Ibn 'Abbâs, que 'Umar ibn al-Khattâb, que Dieu l'agrée, entra chez le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, alors qu'il était sur une natte qui avait marqué son corps. Il lui dit : « Ô Messager de Dieu, si tu prenais une couche plus moelleuse que celle-ci ? » Il répondit : « Qu'ai-je à faire du bas monde ? Qu'ai-je à faire du bas monde ? Par Celui qui tient mon âme en Sa main, mon exemple et celui du bas monde sont comme celui d'un cavalier qui voyage un jour d'été, s'abrite un moment sous un arbre, puis repart et le laisse. » Humayd ibn Bilâl ibn Abî Burda rapporte : « 'Â'isha, que Dieu l'agrée, nous sortit un manteau épais et un pagne grossier, et dit : « Le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, a été rappelé dans ces deux vêtements. » Cela, alors qu'il possédait depuis le bout du Hijâz jusqu'aux confins de l'Irak 9 et depuis le bout du Yémen jusqu'à Shihr d'Oman 10. Il était le plus ascète des gens dans ce qu'il acquérait et thésaurisait, et le plus détaché de ce qui se gagnait et s'accumulait. Il n'a laissé ni or ni argent, n'a creusé de rivière ni construit de palais, et n'a légué à ses enfants et à sa famille ni biens ni richesses, afin de les détourner du désir du bas monde comme il s'en était détourné lui-même, pour qu'ils soient dans le même état d'ascétisme que lui. Abû Salama rapporte d'après Abû Hurayra que Fâtima, que Dieu l'agrée, vint trouver Abû Bakr, que Dieu l'agrée, pour réclamer l'héritage, mais il le lui refusa. Elle dit : « Qui héritera de toi ? » Il dit : « Mes enfants et ma famille. » Elle dit : « Alors ta fille n'hérite pas du Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui ? » Abû Bakr, que Dieu l'agrée, dit : « J'ai entendu le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, dire : « Nous ne léguons pas ; ce que nous laissons est une aumône. » Que celui que le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, nourrissait, je le nourrisse, et que celui à qui le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, donnait, je lui donne. » Le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, incitait à l'ascétisme en ce bas monde et au détournement de son attachement, afin d'aider à se préserver de ses conséquences et de détourner les âmes de ses passions. 'Abd al-Muttalib ibn Hâtib rapporte d'après Abû Mûsâ al-Ash'arî que le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, a dit : « Celui qui aime son bas monde nuit à son au-delà ; préférez donc ce qui demeure à ce qui périt. » Il est rapporté d'après al-Hasan que le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, a dit : « L'amour du bas monde est la tête de tout péché. » Abû Hakîm rapporte d'après Abû ad-Dardâ' que le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, a dit : « Méfiez-vous du bas monde, car il est plus ensorcelant que Hârût et Mârût. » 11 'Amr ibn Murra rapporte d'après Abû Ja'far que le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, a dit : « Ô merveille, toute la merveille pour celui qui croit à la demeure éternelle et qui s'active pour la demeure de la tromperie ! » 'Awf rapporte d'après al-Hasan que le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, a dit : « L'exemple du bas monde est comme celui d'un marcheur sur l'eau : peut-il, celui qui marche sur l'eau, éviter que ses pieds ne se mouillent ? » Ces incitations et recommandations furent suivies par ses successeurs dans leur ascétisme, et ils gérèrent les affaires après lui. Ainsi, Abû Bakr, étant calife, portait un manteau rapiécé, et on l'appela « celui aux deux manteaux rapiécés ». 'Umar portait une tunique rapiécée de laine avec des pièces de cuir, et parcourait les marchés avec un fouet sur l'épaule pour corriger les gens. Il ramassait les noyaux de dattes et les jetait dans les maisons des gens pour qu'ils en profitent, et il patrouillait seul la nuit pour surveiller et découvrir les affaires cachées, afin d'ordonner le bien et d'interdire le mal. 'Uthmân passait la nuit entière à réciter le Coran en une seule rak'a, donnait généreusement ses biens et rachetait les créatures par lui-même, disant : « Je ne suis qu'un serviteur : je mange comme mange le serviteur et je bois comme boit le serviteur. » 'Alî, que Dieu l'agrée, étant calife, acheta une chemise pour trois dirhams, coupa ses manches au niveau des poignets et dit : « Louange à Dieu, ceci est de Ses vêtements. » Il ne cessa de manger du bois 12 et de porter des vêtements grossiers, et distribua les richesses jusqu'à vider le trésor public et y dormir, disant : « Ô jaune, ô blanche, trompez d'autres que moi ! » Il est digne de celui qui, dans le bas monde, a cet ascétisme au point d'attirer ses compagnons vers lui, de ne pas être soupçonné de le rechercher, de ne pas mentir sur Dieu en prétendant à l'au-delà par lui, de se contenter du peu dans l'immédiat, alors qu'il a été privé de l'au-delà par le peu disponible, et d'être satisfait de la vie trouble. Az-Zuhrî rapporte d'après 'Urwa, d'après 'Â'isha, que Dieu l'agrée, qu'elle a dit : « Le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, disait au mois de Ramadan : « Avance ton repère béni. » Et elle dit : « Parfois il n'y avait que deux dattes. » 'Abd Allâh ibn Maslama rapporte d'après Mâlik ibn Anas qu'il lui est parvenu que le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, entra dans la mosquée et trouva Abû Bakr et 'Umar, que Dieu les agrée. Il leur demanda : « Qu'est-ce qui vous a fait sortir ? » Ils dirent : « La faim. » Le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, dit : « Moi aussi, la faim m'a fait sortir. » Ils allèrent chez Abû l-Haytham ibn at-Tayyihân, qui ordonna qu'on lui prépare du blé ou de l'orge qu'il avait, se leva et égorgea pour eux une brebis. Il lui dit : « Écarte celle qui allaite 13 » et leur fit puiser de l'eau douce suspendue à un palmier. Puis on leur apporta cette nourriture, ils en mangèrent et burent de cette eau. Le Messager de Dieu, que la paix et le salut soient sur lui, dit : « Vous serez interrogés sur le bien-être de ce jour. » Puis ils dominèrent le bas monde, mais ils le rejetèrent et se contentèrent du strict nécessaire 14. [Son humilité envers les gens, que la paix et le salut soient sur lui] La quatrième qualité : son humilité envers les gens, alors qu'ils étaient ses disciples, et son abaissement de son aile pour eux, alors qu'il était obéi. Il marchait dans les marchés, s'asseyait sur la terre, se mêlait à ses compagnons et à ses assis, sans se distinguer d'eux, si ce n'est par sa modestie et sa pudeur. Ainsi, par l'humilité, il se distinguait, et par l'abaissement, il était honoré. Un bédouin entra chez lui et fut saisi de crainte devant sa majesté. Il dit : « Calme-toi, car je ne suis que le fils d'une femme qui mangeait de la viande séchée à La Mecque. » Cela fait partie de la noblesse de son caractère et de la générosité de ses qualités innées. C'était une nature sur laquelle il avait été créé et un tempérament dont il était doté, sans qu'il y ait de rareté à compter ni de limite à fixer. [Sa clémence et sa dignité, que la paix et le salut soient sur lui] La cinquième qualité : sa clémence et sa dignité, à l'abri de toute légèreté qui l'agite ou de toute grossièreté qui le provoque. Il était plus clément dans l'adversité 15 que tout homme clément, et plus sûr dans les disputes que tout homme sain. Il fut éprouvé par la rudesse des bédouins, mais on ne trouva de lui aucune parole déplacée, et aucune impulsion ne lui fut reprochée. Aucun homme clément autre que lui n'est exempt de faux pas, et aucun homme digne autre que lui n'est exempt de faute, car Dieu l'a préservé des instigations de la passion et de l'impulsion du pouvoir, de toute faute ou faux pas, afin qu'il soit compatissant envers sa communauté et miséricordieux envers les créatures. Les Quraychites l'attaquèrent par tous les grands péchés et le visèrent par toutes les offenses, mais il était patient envers eux et se détournait d'eux. Ce ne furent pas seulement leurs insensés, à l'exclusion de leurs sages, ni leurs vils, à l'exclusion de leurs nobles, mais tous, grands et petits 16, se liguèrent contre lui. Plus ils insistaient dans leur entreprise, plus il se détournait d'eux et se montrait indulgent, jusqu'à ce qu'il triomphe et pardonne, qu'il soit capable et absolve. Il leur dit, lorsqu'il triompha d'eux l'année de la conquête, alors qu'ils s'étaient rassemblés devant lui : « Que pensez-vous que je vais faire de vous ? » Ils dirent : « Un cousin généreux : si tu pardonnes, c'est ce que nous attendons de toi ; si tu te venges, nous avons mal agi. » Il dit : « Mais je dis comme Joseph dit à ses frères : « Aucun reproche aujourd'hui sur vous. »

Que Dieu vous pardonne, et Il est le Plus Miséricordieux des miséricordieux (13). Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) a dit : « Ô Dieu, Tu as fait goûter aux premiers de Quraysh le châtiment, fais donc goûter aux derniers d'entre eux la faveur. » Et Hind bint ‘Utba vint à lui, elle qui avait éventré le ventre de son oncle Hamza et mâché son foie ; il lui pardonna et lui tendit la main pour qu'elle prête serment. Si l'on dit : « Il a pourtant fait trancher les têtes des Banu Qurayza en captivité le jour de Uhud, ils étaient environ sept cents ; où donc est le pardon et l'indulgence, alors qu'il s'est vengé comme quelqu'un que la miséricorde n'a pas attendri envers eux et que la tendresse n'a pas pénétré pour eux ? » On répond : Il n'a agi ainsi que pour les droits de Dieu Très-Haut. Les Banu Qurayza avaient accepté l'arbitrage de Sa‘d ibn Mu‘adh sur eux ; il jugea que celui qui avait atteint l'âge de la puberté 17 serait tué, et celui qui ne l'avait pas atteint serait réduit en esclavage. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) dit alors : « Ceci est le jugement de Dieu, venant d'au-dessus des sept cieux 18. » Il n'était donc pas permis de pardonner un droit que Dieu Très-Haut avait établi contre eux ; son pardon ne concerne que ce qui relève de son droit propre. [Préservation de l'engagement et fidélité] La sixième qualité : sa préservation de l'engagement et sa fidélité à la promesse. Il n'a jamais rompu un engagement envers quelqu'un qui le respectait, ni manqué à une promesse faite à quelqu'un qui l'observait. Il considérait la trahison comme un des plus grands péchés et le manquement à la promesse comme l'un des vices les plus blâmables ; il s'imposait donc la plus grande rigueur et supportait les plus grandes difficultés pour préserver son engagement et honorer sa promesse, jusqu'à ce que ses alliés commencent par rompre leur pacte, et alors Dieu Très-Haut lui ménageait une issue, comme ce fut le cas avec les juifs des Banu Qurayza et des Banu al-Nadir, et comme ce fut le cas avec Quraysh lors du traité de Hudaybiyya. Dieu Très-Haut lui accorda le meilleur choix dans leur rupture. Voilà six qualités qui se sont parfaitement réunies dans son caractère, par lesquelles Dieu Très-Haut l'a favorisé sur toute Sa création. [Troisième aspect : les vertus de ses paroles] Quant au troisième aspect, les vertus de ses paroles, il se considère selon huit qualités : [Sa sagesse, que la prière et la paix soient sur lui] La première : ce qu'il a reçu de la sagesse parfaite et des sciences abondantes et éclatantes, alors qu'il était illettré 19 issu d'une communauté illettrée, n'ayant lu aucun livre, ni étudié aucune science, ni fréquenté aucun savant ni maître. Il apporta ce qui stupéfia les intelligences et déconcerta les esprits perspicaces, par la perfection de ce qu'il exposa et la solidité de ce qu'il manifesta, sans qu'on ne trouve chez lui de faux pas dans une parole ou un acte. Il fit reposer sa Loi sur quatre hadiths par lesquels il résuma le propos et consolida l'effort d'interprétation 20. Le premier : sa parole : « Les actions ne valent que par les intentions, et chacun n'obtient que ce qu'il a intentionné. » Le deuxième : sa parole : « Le licite est clair, et l'illicite est clair ; entre les deux, il y a des choses ambiguës. Celui qui se tient près du lieu interdit risque d'y tomber. » Le troisième : sa parole : « Fait partie de la perfection de l'islam de l'homme que de laisser ce qui ne le concerne pas. » Le quatrième : sa parole : « Laisse ce qui te fait douter pour ce qui ne te fait pas douter. » Les sages philosophes antérieurs avaient établi des lois qu'ils imposèrent aux gens pour qu'ils s'y conforment religieusement, sachant que le monde ne peut être réformé que par une religion à laquelle ils se soumettent et par laquelle ils apprennent, mais dont l'effet n'était pas durable et dont la nouvelle ne se répandait pas, alors qu'ils étaient la source de la sagesse et les notables des nations. Cette disposition innée 21 chez le Messager (que la prière et la paix soient sur lui) ne vient que de la pureté de son essence et de la sincérité de son être. [Sa préservation de ce que Dieu lui a révélé] La deuxième qualité : sa préservation de ce que Dieu Très-Haut lui a révélé des récits des prophètes avec les nations et des nouvelles du monde dans les temps anciens, au point que rien, petit ou grand, ne lui échappait, et rien, peu ou beaucoup, ne lui manquait, alors qu'il ne les consignait pas dans un livre qu'il étudiait, ni ne les retenait par un œil qui les gardait. Cela ne vient que d'un esprit sain, d'une poitrine vaste et d'un cœur ouvert. Ces trois choses sont l'instrument de ce qui lui a été confié comme message et des charges de la prophétie qu'il a portées. Il est donc digne d'être envoyé par elles et d'être incité à les accomplir. [Sa maîtrise de ce qu'il a légiféré] La troisième qualité : sa maîtrise de ce qu'il a légiféré par la preuve la plus évidente et son explication par la démonstration la plus claire, au point que rien de ce qu'impose la raison n'en sort, et rien de ce que les intelligences rejettent n'y entre. C'est pourquoi le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) a dit : « J'ai reçu les paroles synthétiques 22, et la sagesse m'a été résumée en un résumé. » Car il a évoqué le peu pour le beaucoup, évitant ainsi la prolixité et dissipant l'ignorance. Cela n'a été possible que parce qu'il était assisté de significations et guidé vers elles. [Son ordre des bonnes mœurs] La quatrième qualité : ce qu'il a ordonné comme bonnes mœurs, appelé aux nobles manières, exhorté à maintenir les liens de parenté, incité à la compassion envers les faibles et les orphelins, puis ce qu'il a interdit comme haine mutuelle et envie, et ce dont il a détourné comme rupture et éloignement. Il dit : « Ne vous rompez pas, ne vous tournez pas le dos, ne vous haïssez pas ; soyez, serviteurs de Dieu, frères. » Afin que les vertus soient plus nombreuses parmi eux, que les bonnes mœurs se répandent entre eux, que les nobles manières soient plus manifestes en eux, qu'ils soient plus rapides vers le bien et plus protecteurs contre le mal, et que se réalise en eux la parole de Dieu Très-Haut : « Vous êtes la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez le blâmable » (15). Ils s'en tinrent donc à Ses ordres et craignirent Ses interdits, et ainsi la réforme de leur religion et de leur vie mondaine fut parfaite, au point que l'islam fut honoré après sa faiblesse et que l'association 23 fut humiliée après sa puissance. Ils devinrent des imams pieux et des guides vertueux. [La clarté de sa réponse] La cinquième qualité : la clarté de sa réponse quand on l'interrogeait, et l'évidence de son argument quand on disputait avec lui. Ni l'impuissance ne le limitait, ni l'incapacité ne l'arrêtait, et aucun adversaire ne s'opposait à lui dans une dispute sans que sa réponse ne soit plus claire et son argument plus fort. Ubayy ibn Khalaf vint à lui avec un os pourri des tombes, devenu poussière ; il le frotta jusqu'à ce qu'il devienne comme de la cendre, puis dit : « Ô Muhammad, tu prétends que nous et nos pères reviendrons [à la vie] quand nous serons devenus ainsi ? Tu as dit une parole énorme que nous n'avons entendue de personne d'autre : “Qui redonnera vie aux os quand ils sont pourris ?” (16) » Alors Dieu Très-Haut fit parler Son Messager (que la prière et la paix soient sur lui) avec la preuve de sa prophétie : il dit : « Celui qui les a créés une première fois leur redonnera vie, et Il est Connaisseur de toute création » (17). Il s'en retourna stupéfait, sans pouvoir répondre. Et quand le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) dit : « Il n'y a ni contagion ni mauvais augure », un homme lui dit : « Ô Messager de Dieu, nous voyons la gale sur la lèvre d'un chameau, puis elle se propage à tout le troupeau. » Il dit : « Et qui a infecté le premier ? » et le réduisit au silence. [Sa préservation de sa langue] La sixième qualité : sa langue était préservée de toute altération dans la parole et de tout excès dans un récit qui pourrait être attribué au mensonge et éloigné de la vérité. Il n'a cessé d'être célèbre pour sa véracité dans ses propos, répandue et abondante, au point qu'il était remarqué pour sa vérité et marqué par la confiance. Toute la tribu de Quraysh était certaine de sa véracité avant l'islam, mais ils proclamèrent hautement son mensonge lorsqu'il les appela à l'islam. Certains le traitèrent de menteur par jalousie, d'autres par obstination, d'autres encore par impossibilité qu'il soit un prophète ou un messager. S'ils avaient retenu contre lui un mensonge rare en dehors de la mission prophétique, ils en auraient fait une preuve pour le traiter de menteur dans sa mission. Celui qui persévère dans la vérité dans sa jeunesse y est encore plus attaché dans sa maturité, et celui qui en est préservé dans ce qui concerne son propre droit l'est encore plus dans les droits de Dieu Très-Haut. Cela te suffit comme réfutation pour le négateur et comme réponse pour l'opposant. [Son éloquence] La septième qualité : la précision de son discours, en visant à exprimer son besoin et en se limitant à ce qui suffit, sans s'y étendre en vain ni s'en abstenir par gêne. En dehors des cas de besoin et de suffisance, il était le plus silencieux des gens et le plus beau dans son maintien. C'est pourquoi son discours fut préservé, sans défaut ; son éclat apparut, sans altération ; les bouches le trouvèrent agréable, au point qu'il resta conservé dans les cœurs et consigné dans les livres. Car l'abondance n'échappe pas à la faute, ni le verbiage à l'ennui. Un bédouin parla longuement devant lui ; il dit : « Ô bédouin, combien de voiles y a-t-il entre ta langue et toi ? » Il répondit : « Mes lèvres et mes dents. » Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) dit alors : « Dieu déteste le déversement 24 dans la parole. Que Dieu embellisse le visage de celui qui retient sa langue et se limite à son besoin. » [Son éloquence] La huitième qualité : il était le plus éloquent des hommes, le plus clair dans son expression, le plus concis dans ses paroles, le plus parfait dans ses termes, le plus juste dans ses significations. Aucune lourdeur d'affectation n'apparaissait dans son discours, ni aucune gêne de contrainte. Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) dit : « Les plus détestables d'entre vous pour moi sont les bavards et les prétentieux 25. » Et il dit : « Évite l'affectation dans la parole 26. » Quand descendit sur lui la parole de Dieu Très-Haut : « Dans des maisons que Dieu a permis d'élever et où Son nom est invoqué » (19), il construisit la mosquée de Quba'. ‘Abdullah ibn Rawaha vint et dit : « Ô Messager de Dieu, a réussi celui qui construit les mosquées. » Il dit : « Oui, ô Ibn Rawaha. » Il ajouta : « Et ne passe la nuit que prosterné devant Dieu. » Il dit : « Ô Ibn Rawaha, cesse la rime 27 ; car il n'a été donné à aucun serviteur quelque chose de pire que la volubilité de la langue. » [De ses paroles] Parmi ses paroles qui n'ont pas d'équivalent en concision, il y a sa parole : « Les gens ressemblent plus à leur temps. » Sa parole : « N'a péri que celui qui a connu sa valeur. » Sa parole : « Si vous vous dévoiliez les uns aux autres, vous ne vous enterreriez pas mutuellement. » Sa parole : « L'heureux est celui qui est averti par autrui. » Sa parole : « Ton amour pour une chose rend aveugle et sourd. » Sa parole : « L'intelligence est une familiarité aimante. » Sa parole : « La promesse est un don. » Sa parole : « Ô Dieu, je cherche refuge auprès de Toi contre une convoitise qui mène à l'avarice. » Sa parole : « La meilleure aumône est l'effort du pauvre. » Sa parole : « La main supérieure est meilleure que la main inférieure. » Sa parole : « Abandonner le mal est une aumône. » Sa parole : « Le bien est abondant, mais rares sont ceux qui le font. » Sa parole : « Les hommes sont comme des mines d'or. » Sa parole : « L'aide descend selon la peine. » Sa parole : « Quand Dieu veut du bien à un serviteur, Il lui donne un prêcheur en lui-même. » Sa parole : « Rends le dépôt à celui qui t'a confié, et ne trahis pas celui qui t'a trahi. » Sa parole : « Le croyant est naïf et généreux, le pervers est rusé et vil. » Sa parole : « La vie d'ici-bas est la prison du croyant et son épreuve, et le paradis du mécréant et son aisance. » [De ses paroles] Parmi ses paroles qui n'ont pas d'équivalent en éloquence, il y a sa parole : « Méfiez-vous de la consultation 28, car elle tue la hardiesse et fait revivre la fuite. » Sa parole : « Ma communauté ne cessera d'être dans le bien tant qu'elle ne considérera pas la confiance comme un butin et l'aumône comme une perte. » Sa parole : « Que Dieu fasse miséricorde à un serviteur qui dit une bonne parole et en tire profit, ou se tait et est sauf. » Sa parole : « Ô Dieu, je cherche refuge auprès de Toi contre une science qui ne profite pas, une âme qui ne se rassasie pas, un cœur qui ne s'humilie pas, un œil qui ne pleure pas. Est-ce que l'un de vous espère autre chose qu'une richesse qui pousse à l'orgueil, une pauvreté qui fait oublier, une maladie qui corrompt, une vieillesse qui affaiblit, ou l'Antéchrist 29 – c'est le pire absent qui attend – ou l'Heure – et l'Heure est plus terrible et plus amère ? » Sa parole : « Trois choses sauvent et trois choses perdent. Les choses qui sauvent : la crainte de Dieu Très-Haut en secret et en public, la modération dans la richesse et la pauvreté, et la justice dans la satisfaction et la colère. Les choses qui perdent : l'avarice qu'on suit, la passion qu'on suit, et l'admiration de l'homme pour lui-même. » Sa parole : « Engagez-vous envers moi sur six choses, je m'engage envers vous pour le Paradis. » Ils dirent : « Que sont-elles, ô Messager de Dieu ? » Il dit : « Quand l'un de vous parle, qu'il ne mente pas ; quand il promet, qu'il ne manque pas ; quand on lui confie, qu'il ne trahisse pas ; baissez vos regards, préservez vos sexes, et retenez vos mains. » Et sa parole dans l'un de ses sermons : « Certes, les jours se replient, les vies s'épuisent, les corps dans la terre se décomposent, et la nuit et le jour se poursuivent comme la course du courrier, rapprochant tout lointain et usant tout nouveau. En cela, serviteurs de Dieu, il y a de quoi détourner des passions et inciter aux œuvres pies durables. » Et sa parole dans un autre sermon, alors qu'il craignait pour ses compagnons l'orgueil : « Ô gens, comme si la mort était écrite pour d'autres que nous, comme si le droit était obligatoire pour d'autres que nous, comme si ceux que nous accompagnons parmi les morts étaient des voyageurs qui reviendront bientôt vers nous. Nous les installons dans leurs tombes et nous mangeons leurs héritages, comme si nous étions immortels après eux. Nous avons oublié tout sermonneur et nous nous sommes sentis en sécurité contre tout malheur 30. Bienheureux celui que son au-delà occupe de son ici-bas ! Bienheureux celui que son propre défaut occupe des défauts des gens ! »

Cela n'est qu'une infime partie, on ne saurait en faire le compte ni l'épuiser par une investigation exhaustive. Nous n'en avons donné qu'un exemple pour que l'on sache que sa parole réunit les conditions de l'éloquence et exprime la voie de l'éloquence native. Si on la mêlait à d'autres, elle se distinguerait par son style et l'on y verrait les marques de la dissonance, de sorte que le vrai ne se confondrait pas avec le faux et que sa sincérité se distinguerait de son mensonge. Et pourtant, il ne pratiquait pas l'éloquence 31 ni ne fréquentait ses maîtres parmi les orateurs, les poètes ou les rhéteurs ; cela relevait des dons innés de sa nature et du fond de sa constitution. Cela n'était que pour un but visé et un événement à édifier. Si l'on dit : « Si sa parole diffère de celle des autres en éloquence et en éloquence native, au point que nul ne peut rivaliser avec lui, est-elle pour lui un miracle ? » On lui répond : « S'il en était ainsi et qu'il ait lancé un défi, elle serait un miracle ; mais sans défi, elle n'est pas un miracle. » [Quatrième aspect : les vertus de ses actions] Quant au quatrième aspect, les vertus de ses actions, il se vérifie par huit qualités : [La bonne conduite du Prophète] La première : la bonté de sa conduite et la justesse de sa politique dans la religion dont il a innové la Loi jusqu'à ce qu'elle s'établisse, et la bonne gestion de ce qu'il a établi jusqu'à ce qu'elle perdure. Par elle, il a transporté la communauté de ses habitudes et l'a détournée de ce qui était connu vers l'inconnu. Les âmes s'y sont soumises volontairement et se sont inclinées par crainte et par convoitise, alors que changer une coutume enracinée est difficile, sauf pour celui qui est aidé par l'assistance divine, avec une fermeté juste et une détermination pénétrante. S'il a été ordonné dans ce qu'il a légiféré, c'est la preuve irréfutable ; s'il a fait un effort d'interprétation 32 à ce sujet, c'est le signe éclatant. Il te suffit, pour que ses fondements soient établis pour l'éternité, transmis des prédécesseurs aux successeurs, que leur douceur s'accroisse et leur nouveauté se renforce, et qu'ils soient vus comme l'ordonnancement des siècles dont les vicissitudes se succèdent et dont les habitudes diffèrent, pour que cela soit une preuve pour celui qui s'y tient et une évidence pour celui qui en doute. [La crainte et l'espoir] La deuxième qualité : il a suscité l'espoir chez ceux qu'il a attirés et la crainte chez ceux qu'il a maîtrisés, si bien que les deux groupes se sont réunis pour le soutenir et ont assumé les droits de son appel, par désir de l'immédiat et de l'avenir, et par crainte de ce qui passe et de ce qui survient, en raison de la diversité des caractères et des natures dans la soumission, qui ne s'obtient par l'un seul ni ne se maintient par les deux. C'est pourquoi la religion s'est établie par les deux et le bien s'est perpétué par eux. [La justice] La troisième qualité : il a été juste dans ce qu'il a légiféré de la religion, en s'écartant de l'exagération des chrétiens dans la rigueur et de la parcimonie des juifs dans le manquement, pour adopter le juste milieu entre les deux. Les meilleures choses sont leurs milieux, car c'est la justice entre deux extrêmes : l'excès et le manquement. Ce qui dépasse la justice n'a aucune part de rectitude ni aucune portion de droiture. Le Prophète a dit : « Cette religion est solide ; pénétrez-y avec douceur, car la pire des allures est la précipitation, et celui qui épuise sa monture n'a ni parcouru la terre ni préservé son dos. » [Son ordre de modération] La quatrième qualité : il n'a pas incliné ses compagnons vers ce bas monde, comme les juifs l'ont désiré, ni vers son rejet, comme les chrétiens se sont faits moines ; il leur a ordonné la modération à son égard : d'en rechercher la suffisance et d'éviter l'accumulation et l'excès. Il a dit à ses compagnons : « Le meilleur d'entre vous n'est pas celui qui délaisse sa vie présente pour sa vie future, ni sa vie future pour sa vie présente, mais le meilleur d'entre vous est celui qui prend de l'une et de l'autre. » Cela est vrai, car se consacrer à l'une des deux est un déséquilibre, tandis que les réunir est une modération. Le Prophète a dit : « Quelle bonne monture que ce bas monde ! Enfourchez-le, il vous fera parvenir à l'au-delà. » Il en est ainsi parce que c'est de lui que l'on se provisionne pour l'au-delà et que l'on y multiplie les actes d'obéissance. Car celui qui le délaisse ne peut être que privé et négligé, ou privé et surveillé ; dans le premier cas, il est accablé, dans le second, méprisé. (On fit l'éloge d'un homme auprès du Messager de Dieu, en disant : « Ô Messager de Dieu, quand nous montions, il ne cessait de mentionner Dieu jusqu'à ce que nous descendions, et quand nous descendions, il ne cessait de prier jusqu'à ce que nous remontions. » Il dit : « Qui se chargeait de nourrir sa monture et de préparer sa nourriture ? » Ils dirent : « Nous tous. » Il dit : « Alors vous êtes tous meilleurs que lui. ») [Son explication des actes d'adoration] La cinquième qualité : son engagement à expliquer les rites de la religion et les cas juridiques, jusqu'à ce qu'il ait clarifié pour la communauté ce qui lui était imposé comme actes d'adoration, et leur ait montré ce qui est licite et illicite parmi les permissions et les interdictions, et détaillé ce qui est permis et interdit en matière de contrats, de mariages et de transactions, au point que les juifs, dans nombre de leurs transactions et successions, eurent besoin de sa Loi, tandis que sa Loi n'eut besoin d'aucune autre. Puis il établit pour sa Loi des principes qui indiquent les événements négligés et permettent d'en déduire les jugements motivés, rendant ainsi inutile tout texte après sa disparition et toute confusion après son oubli. Puis il ordonna au témoin présent de transmettre à l'absent, afin que celui-ci soit informé par son avertissement et que l'on puisse argumenter par sa manifestation. Il dit : « Transmettez de moi, et ne mentez pas sur moi ; car tel transmetteur est plus compréhensif que tel auditeur, et tel porteur de science le transmet à plus savant que lui. » Ainsi, il a consolidé ce qu'il a légiféré par texte et par indication, et a généralisé par son ordre le présent et l'absent, jusqu'à ce qu'il devienne, pour ce qu'il a assumé de la Loi, un transmetteur, et pour ce qu'il a endossé des droits de la communauté, un exécutant, afin qu'il n'y ait ni manquement dans les droits de Dieu ni défaut dans les intérêts de la communauté. Et cela, en un court laps de temps, sans avoir épuisé la longue durée de l'investigation, jusqu'à ce qu'il ait abrégé et accompli. Cela n'est rien d'autre qu'une merveille et un miracle. [Son combat] La sixième qualité : son engagement dans le combat contre les ennemis, alors qu'ils l'entouraient de toutes parts et l'encerclaient de tous côtés, tandis qu'il était au centre d'un lieu désert et d'un nombre méprisé. Par lui, le peu devint nombreux et l'humble devint puissant. Par ses poids 33 contre les ennemis, il devint redouté, et par la terreur 34 qu'il inspirait, il fut victorieux. Il a ainsi réuni l'engagement pour l'établissement de la religion jusqu'à ce qu'elle apparaisse et se répande, et l'engagement dans le combat contre l'ennemi jusqu'à ce qu'il soit vaincu et triomphant. Réunir les deux est difficile, sauf pour celui que Dieu assiste de Son aide et soutient de Sa grâce. Et ce qui est difficile est un miracle. [Sa bravoure] La septième qualité : ce dont il fut doté comme bravoure dans ses guerres et comme courage dans la résistance à son ennemi. Il n'assista à aucune guerre dans une panique sans patienter jusqu'à ce qu'elle se termine par une victoire ou une défense, alors qu'il était à son poste, sans jamais fuir ni se lasser. Au contraire, il resta ferme avec un cœur rassuré et une âme sereine, alors que ses compagnons l'avaient abandonné le jour de Hunayn 35, au point qu'il se retrouva seul face à une foule nombreuse et une multitude immense, avec neuf personnes de sa famille et de ses compagnons, monté sur une mule devancée 36, qui, si on la poussait, n'était pas prête à fuir ni à poursuivre. Il appelait ses compagnons, se montrait lui-même et disait : « À moi, serviteurs de Dieu ! Je suis le Prophète, sans mensonge ; je suis le fils de 'Abd al-Muttalib. » Ils revinrent alors par groupes et par envois, tandis que les Hawazin 37 le voyaient et hésitaient à l'approcher. Il ne craignit aucun combat contre un plus nombreux que lui, ni ne se détourna d'un affrontement contre un adversaire. Dieu le soutint par des secours et des renforts, et ils se retirèrent ; il patienta jusqu'à ce que Dieu lui accorde la victoire. Cette bravoure n'a pas d'égal. Une fois, une peur survint à Médine ; les gens partirent vers le bruit, et ils trouvèrent le Messager de Dieu qui les avait devancés ; ils le rencontrèrent revenant sur un cheval sans poils appartenant à Abu Talha al-Ansari, l'épée au côté, et il disait : « Ô gens, n'ayez pas peur, mais rassurez-vous. » Puis il dit à Abu Talha : « Nous l'avons trouvé comme une mer. » Or, le cheval était lent ; après cela, aucun cheval ne le devança. Cela ne venait que de la confiance que Dieu le soutiendrait et que Sa religion triompherait, en réalisation de Sa parole : « Pour le faire triompher sur toute religion » 38, et en confirmation de la parole de Son Messager : « La terre m'a été rassemblée, j'ai vu ses orient et ses occident, et la royauté de ma communauté atteindra ce qui m'en a été rassemblé. » Cela suffit comme preuve de son droit et comme témoignage de sa sincérité. [Sa générosité et sa libéralité] La huitième qualité : ce dont il fut gratifié comme générosité et libéralité, au point qu'il donna tout ce qu'il possédait et préféra les autres dans tout ce qui était désiré et aimé. Il mourut alors que sa cotte de mailles était en gage chez un juif pour quelques mesures d'orge destinées à la nourriture de sa famille, alors qu'il avait conquis la péninsule arabique, où se trouvaient des rois et des princes 39 possédant des trésors et des richesses qu'ils accumulaient comme réserve, dont ils tiraient orgueil et qu'ils utilisaient avec insolence et outrance. Il avait acquis la royauté de tous, mais il n'accumula ni dinar ni dirham ; il ne mangeait que du pain d'orge 40 et ne portait que des vêtements grossiers. Il donnait des dons considérables et faisait des largesses à la multitude, avalant l'amertume de la pauvreté et supportant la faim de la disette, alors qu'il avait acquis les butins de Hawazin : six mille têtes de captifs, vingt-quatre mille chameaux, quarante mille moutons et quatre mille onces d'argent. Il donna tout ce qui lui revenait et repartit les mains vides. Abu Wa'il rapporte d'après Masruq, d'après 'Aïsha : « Le Messager de Dieu ne laissa ni dinar, ni dirham, ni mouton, ni chameau, et ne fit aucun testament. » 'Amr ibn Murra rapporte d'après Suwayd ibn al-Harith, d'après Abu Dharr : « Le Messager de Dieu dit : 'Il ne me plaît pas d'avoir une montagne d'or que je dépenserais dans le chemin de Dieu, et de mourir en ayant chez moi un dinar, sauf si je le destine à un créancier.' » Quand on lui demandait quelque chose alors qu'il était démuni, il promettait et ne refusait pas, attendant ce que Dieu lui accorderait. Hammad ibn Zayd rapporte d'après al-Mu'alla ibn Ziyad, d'après al-Hasan, qu'un homme vint trouver le Prophète pour lui demander ; il dit : « Assieds-toi, Dieu te pourvoira. » Puis vint un autre, puis un autre ; il leur dit : « Asseyez-vous. » Un homme apporta quatre onces [d'argent] et les lui donna en disant : « Ô Messager de Dieu, ceci est une aumône. » Il appela le premier et lui donna une once, puis le deuxième et lui donna une once, puis le troisième et lui donna une once. Il lui resta une once ; il la proposa aux gens, mais personne ne se leva. Quand vint la nuit, il la mit sous sa tête, alors que sa couche était une cape ; il ne put trouver le sommeil, se retourna et se mit en prière. 'Aïsha lui dit : « Ô Messager de Dieu, t'est-il arrivé quelque chose ? » Il dit : « Non. » Elle dit : « T'est-il venu un ordre de Dieu ? » Il dit : « Non. » Elle dit : « Tu as fait cette nuit quelque chose que tu ne faisais pas. » Il sortit l'once et dit : « C'est ce qui m'a fait ce que tu vois ; j'ai craint qu'un ordre de Dieu ne survienne sans que je l'aie dépensée. » Al-Zuhri rapporte d'après Abu Salama, d'après Abu Hurayra, que le Prophète a dit : « Je suis plus proche des croyants qu'eux-mêmes ; que celui qui laisse une dette vienne à moi, et que celui qui laisse des biens les donne à ses héritiers. » Existe-t-il une générosité et une libéralité pareilles à cette générosité et cette libéralité ? Existe-t-il un détachement et un ascétisme pareils à ce détachement et cet ascétisme ? Hélas ! Peut-on atteindre quelque chose de tel ? Ces quelques fragments de ses vertus et cette infime partie de ses qualités, dont le nombre ne peut être compté ni la limite atteinte, ne se sont accomplies chez nul autre pour qu'il l'égale, et nul adversaire n'a pu les contester. Tout hypocrite, obstiné, hérétique et athée s'est efforcé de le dénigrer dans une parole ou un acte, ou de trouver une faute, sérieuse ou plaisante, mais n'a trouvé aucun moyen. Il a déployé tout son effort et rassemblé toute sa ruse. Quelle vertu est plus grande qu'une vertu que les envieux et les ennemis voient sans y trouver de défaut pour un détracteur ou un calomniateur, ni de motif d'attaque pour un agresseur ou un diffamateur ? Il est comme l'a dit le poète : « Les gens ont témoigné de sa vertu, même les ennemis ; La vertu est ce dont les ennemis témoignent. » Il est juste que celui qui a atteint les sommets des vertus et accompli les moyens des fins ultimes soit qualifié pour la direction du monde et chargé de veiller aux intérêts des créatures. Il n'y a pas de fin après la prophétie si ce n'est que par lui se répande le bien ou se dissipe le mal. Il convenait donc qu'il en soit digne et qualifié pour l'assumer. C'est pourquoi elle s'est établie par lui lorsqu'il fut envoyé comme Messager, et il s'acquitta de ses droits lorsqu'il s'en porta garant. Elle lui convenait et il lui convenait ; il ne l'a pas négligée quand elle lui est venue. Tout ce qui se convient est semblable, tout ce qui est semblable est en harmonie, tout ce qui est en harmonie est en accord, et l'accord est la concorde, principe de tout ordre et base de toute cohésion. Cela fut donc l'un des signes les plus évidents de la vérité de sa prophétie et l'une des marques les plus claires de la sincérité de son message. Qui le nie après une telle clarté n'est qu'un déshonoré. Louange à Dieu qui nous a accordé la grâce de Lui obéir et nous a guidés vers la foi en Son message. Chapitre vingt et un : Sur le commencement de sa mission et l'établissement de sa prophétie

Certes, Allah Très-Haut, pour toute chose prédestinée parmi les affaires, lorsqu’elle approche, envoie un avertisseur et un annonciateur par lesquels Il manifeste les prémices de ce qu’Il a caché et fait ressentir, par leur venue, Son décret et Son arrêt, afin qu’ils soient une excuse et un avertissement par lesquels les esprits s’éveillent et par lesquels l’ignorant se détourne, par bonté envers Ses serviteurs, pour que les affaires stupéfiantes et soudaines ne les frappent pas par des signes précurseurs irrattrapables, afin que les âmes aient un répit pour repousser leur calamité et résoudre leur difficulté. Et lorsque l’heure de l’envoi du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) en tant que prophète, messager, et vers les créatures en tant qu’annonciateur et avertisseur, approcha, il se répandit parmi les nations qu’Allah Très-Haut enverrait un prophète en ce temps et que son apparition s’était rapprochée et était imminente. Ainsi, chaque nation qui avait un Livre le reconnaissait dans son Livre, et celles qui n’avaient pas de Livre voyaient des signes annonciateurs par lesquels elles déduisaient cela par leurs esprits et y prêtaient attention par les intuitions de leurs natures innées (fitra), une inspiration par laquelle Il assistait l’intelligent avisé et avertissait le résolu sagace. Cela, alors que le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était inconscient de cela, ignorant qu’il était visé par cela et qualifié pour cela ; il n’en eut pas conscience jusqu’à ce qu’il fût appelé, et ne le réalisa jusqu’à ce qu’il fût inspiré en secret, afin que cela fût plus éloigné du soupçon et plus préservé de la suspicion, pour que cela fût une preuve plus manifeste et un argument plus contraignant. Et il était, en plus de sa distinction parmi son peuple par la noblesse de ses mœurs et la générosité de ses caractères, n’avait adoré avec eux aucune idole ni magnifié aucune statue, et il pratiquait la religion des obligations des esprits, selon la parole de tous les juristes et théologiens : l’unicité d’Allah Très-Haut, Sa prééternité, la création du monde et sa finitude, la gratitude envers le Bienfaiteur, l’interdiction de l’injustice, l’obligation de l’équité et la restitution du dépôt. Les savants ont divergé sur le point de savoir s’il était, avant son envoi, assujetti à une loi religieuse (sharî‘a) parmi celles des prophètes qui l’avaient précédé. La majorité des théologiens et certains juristes parmi les compagnons d’ash-Shâfi‘î et d’Abû Hanîfa ont soutenu qu’il ne l’était pas.


  1. sakīna : Sérénité, tranquillité empreinte de dignité et de majesté, souvent associée à une présence divine.
  2. Kisrā : Titre des rois sassanides de Perse.
  3. talāqa : Jovialité, amabilité, aisance dans le contact.
  4. lam yaqulhu musāhib : Expression signifiant que nul compagnon ne le quittait ou ne s'en lassait.
  5. ḥusn al-qabūl : Bonne réceptivité, capacité à être bien accueilli et aimé.
  6. takhassuṣ : Spécialisation, ici désignant ceux qui étaient particulièrement attachés à lui.
  7. balāgh : Le strict nécessaire, ce qui suffit juste pour vivre.
  8. Sourate al-Furqān, verset 10 : Référence coranique : Sourate 25, verset 10.
  9. ʿidhār al-ʿIrāq : Expression désignant les confins de l'Irak, peut-être une région frontalière.
  10. Shaḥr ʿUmān : Région côtière d'Oman, célèbre pour ses ports.
  11. Hārūt wa Mārūt : Deux anges mentionnés dans le Coran (Sourate 2, verset 102) comme étant tombés dans la tentation et enseignant la magie.
  12. al-khashab : Nourriture grossière, littéralement 'bois', désignant une alimentation frugale.
  13. nukib ʿan dhāt ad-darr : Écarte celle qui allaite, c'est-à-dire épargne la brebis qui a du lait pour ses petits.
  14. balāgha : Le strict nécessaire, suffisance.
  15. an-nafār : L'adversité, les situations de conflit ou de fuite.
  16. al-jilla wa d-dūn : Les grands et les petits, les nobles et les vils.
  17. al-mūsā : Le rasoir, symbole de la circoncision ou de la puberté ; ici, désigne l'âge de la majorité légale.
  18. sab‘a arqi‘a : Expression signifiant 'sept cieux' ; 'arqi‘a' est le pluriel de 'raqī‘', qui désigne un ciel ou une couche céleste.
  19. ummī : Illettré, qui n'a pas appris à lire ni à écrire ; attribut du Prophète Muhammad.
  20. ijtihād : Effort d'interprétation juridique pour déduire des règles à partir des sources.
  21. fiṭra : Disposition innée, nature originelle de l'homme créé par Dieu.
  22. jawāmi‘ al-kalim : Paroles synthétiques, expressions concises qui résument beaucoup de sens.
  23. shirk : Association d'autres divinités à Dieu, polythéisme.
  24. al-inbi‘āq : Déversement, excès de paroles.
  25. al-mutafayhiqūn : Ceux qui parlent avec emphase et prétention, en ouvrant excessivement la bouche.
  26. al-tashāduq : Affectation dans la parole, fait de parler d'une manière recherchée.
  27. saj‘ : Prose rimée, style oratoire recherché.
  28. al-mushāwara : Consultation, délibération ; ici, peut-être dans le sens de trop consulter ou de se laisser influencer.
  29. al-dajjāl : L'Antéchrist, figure eschatologique de la tromperie.
  30. jā’iḥa : Catastrophe, calamité qui emporte tout.
  31. balāgha : Éloquence rhétorique, art de bien parler selon les critères de la rhétorique arabe classique.
  32. ijtihād : Effort d'interprétation juridique ou théologique pour déduire une règle à partir des sources.
  33. athqāl : Littéralement 'poids', désignant ici l'influence ou la puissance écrasante du Prophète sur ses ennemis.
  34. ruʿb : Terreur surnaturelle que Dieu inspire dans les cœurs des ennemis du Prophète.
  35. Yawm Ḥunayn : Bataille de Hunayn, en 630 ap. J.-C., où les musulmans furent d'abord mis en déroute avant de revenir.
  36. baghla masbūqa : Mule qui a été devancée, c'est-à-dire qui n'est pas rapide.
  37. Hawāzin : Tribu arabe païenne vaincue à la bataille de Hunayn.
  38. li-yuẓhirahu ʿalā l-dīni kullihi : Citation du Coran (9:33, 48:28, 61:9) : 'pour le faire triompher sur toute religion'.
  39. aqyāl : Pluriel de qayl, titre des chefs ou rois du Yémen antique.
  40. al-khashab : Littéralement 'le bois', désignant ici du pain d'orge grossier.

Chapitre vingt et un : Sur le commencement de sa mission [1] et l'établissement de sa…

Chapitre vingt et un : Sur le commencement de sa mission [1] et l'établissement de sa prophétie [2], que la prière et la paix soient sur lui.

Il n'était pas assujetti à la Loi des prophètes qui l'avaient précédé, car s'il l'avait été, il l'aurait apprise et pratiquée ; s'il l'avait pratiquée, elle se serait manifestée de lui ; et si elle s'était manifestée de lui, les partisans l'auraient suivi et les opposants l'auraient contesté. Certains théologiens et la plupart des juristes des écoles shafiite et hanafite ont soutenu qu'il était assujetti à la Loi des prophètes antérieurs, car ceux-ci avaient invité à leurs Lois leurs contemporains et ceux qui viendraient après eux, tant qu'elles n'étaient pas abrogées par une prophétie nouvelle. Ainsi, le Messager d'Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui) était inclus dans l'invocation générale avant son envoi, car Allah ne laisse aucun temps sans une Loi suivie ni aucun adorateur sans un culte prescrit. Ceux qui ont soutenu cette opinion ont divergé quant à la Loi antérieure à laquelle il était assujetti : certains ont dit qu'il était assujetti à la Loi de son ancêtre Abraham (sur eux la paix), en raison de la parole d'Allah : « Et qui donc aura en aversion la religion d'Abraham, sinon celui qui fait de lui-même un insensé ? » 1 et parce qu'il accomplissait le pèlerinage et la 'umra selon ses rites. D'autres ont soutenu qu'il était assujetti à la Loi de Moïse dans ce que la Loi de Jésus n'avait pas abrogé, en raison de la prééminence de sa Loi dans la Torah et de l'effacement des Lois antérieures, ainsi que de la parole d'Allah : « Nous avons fait descendre la Torah, dans laquelle il y a une guidance et une lumière » 2. D'autres encore ont soutenu qu'il était assujetti à la Loi de Jésus, car elle abrogeait celle de Moïse ; ainsi, avant son envoi, il était préservé de toute gêne dans sa religion et de tout doute dans sa certitude. Cela fait partie des signes de l'élection et des prémices de la prédestination. [Son amour de la solitude, que la paix et la bénédiction soient sur lui] Lorsque l'ordre de la prophétie fut établi et que son temps approcha, Allah fit aimer à Son Messager la solitude après quarante ans de sa vie, lorsque sa maturité fut complète et ses forces vigoureuses, afin qu'il se prépare à ce qui lui était destiné et se dispose à ce qui était voulu pour lui. Il se retirait donc dans la grotte de Hirâ' pendant un certain nombre de nuits. On dit : un mois par an, selon une coutume des Qurayshites de se retirer en voisinage 3 à Hirâ', puis il retournait auprès de sa famille, jusqu'à ce qu'il prolonge la solitude dans la grotte, conformément à ce qu'Allah voulait pour lui. On lui apportait sa nourriture et sa boisson ; il en mangeait et en donnait aux pauvres pendant un certain temps, ignorant la prophétie, bien qu'il fût considéré comme tel parmi les gens et connu des Gens du Livre, afin que la soudaineté de la révélation l'empêche de l'affecter, de sorte qu'il ne soit pas accusé de l'avoir inventée. S'il l'avait affectée et inventée, ses causes et ses preuves auraient été manifestes, et cela n'aurait pas échappé à ses ennemis qui en auraient parlé, ni à ses alliés qui l'auraient interprété. Il te suffit, comme preuve de clarté, qu'il soit loin de tout soupçon à cet égard et préservé de toute accusation. Il resta ainsi dans sa solitude jusqu'à ce qu'Allah lui manifeste les signes de sa prophétie, l'éveillant après l'insouciance et lui annonçant la bonne nouvelle après le délai. Puis Il l'envoya comme messager après l'annonce, selon une gradation dans laquelle ses états furent ordonnés, afin qu'il se prépare à supporter ses fardeaux et connaisse les obligations de ses droits, de sorte qu'elle ne le surprenne pas brusquement et ne l'étourdisse pas, et qu'il n'en ignore pas les droits et ne recule pas. Cela fut, de la part d'Allah, une bonté envers lui, une faveur sur lui, et une incitation pour sa communauté à se soumettre à lui. Gloire à Lui, le Doux envers Ses serviteurs, le Bienfaiteur envers Sa création. [Ses états, que la paix et la bénédiction soient sur lui] Les états de la prophétie lui parvinrent progressivement, jusqu'à ce qu'il sache qu'il était un prophète envoyé et un messager chargé de transmettre. Cette progression s'ordonna en six états, par lesquels il fut transféré d'une station à une autre, jusqu'à atteindre la perfection. [La vision véridique] La première station : la vision véridique dans son sommeil, de ce à quoi aboutirait son affaire. Cela fut un rappel pour qu'il s'y habitue et y exerce ses sens, afin qu'il s'y tienne lorsqu'il serait envoyé, étant fort et capable 4. Al-Zuhrî rapporte d'après 'Urwa, d'après 'A'isha (qu'Allah l'agrée) qu'elle a dit : « La première chose par laquelle commença la révélation pour le Messager d'Allah fut la vision véridique ; elle venait comme l'aube naissante, jusqu'à ce que la vérité le surprit. » On a divergé sur le point de savoir si ces visions eurent lieu avant sa retraite à Hirâ'. 'Urwa rapporte d'après 'A'isha que la solitude lui fut rendue aimable après les visions. Certains ont soutenu que les visions lui vinrent après sa retraite, car il s'était retiré ignorant de son affaire. Barra bint Abî Tajrâ a rapporté que lorsqu'Allah voulut honorer Son Messager par la prophétie, il ne passait devant aucun arbre ni pierre sans qu'ils ne disent : « Que la paix soit sur toi, ô Messager d'Allah. » Il se retournait alors à droite, à gauche et derrière lui, mais ne voyait personne. Il est possible que cela ait eu lieu avant la vision en songe, comme des appels 5 extérieurs à l'information de la révélation, relevant du miracle de la prophétie ; il est possible aussi que cela ait eu lieu après la vision, comme une confirmation et une vérification de sa véracité. [Sa purification, que la paix et la bénédiction soient sur lui] La deuxième station : ce par quoi il fut distingué du reste de la création, à savoir sa sanctification des souillures 6 et sa purification des impuretés, afin qu'il soit pur et élu, sincère et choisi. Cela fut un avertissement de l'affaire et une indication de l'issue. C'est ce que rapporte 'Urwa ibn al-Zubayr d'après Abû Dharr al-Ghifârî, qui dit : « J'ai interrogé le Messager d'Allah sur le début de sa prophétie. Il dit : “Ô Abû Dharr, deux anges vinrent à moi alors que j'étais à la plaine de La Mecque. L'un d'eux tomba à terre, l'autre resta entre ciel et terre. L'un dit à l'autre : ‘Est-ce lui ?’ Il dit : ‘Pèse-le avec un homme de sa communauté.’ Je fus pesé avec un homme et je le surpassai. Il dit : ‘Pèse-le avec dix.’ Je fus pesé avec dix et je les surpassai. Il dit : ‘Pèse-le avec cent.’ Je fus pesé avec cent et je les surpassai. Il dit : ‘Pèse-le avec mille.’ Je fus pesé avec mille et je les surpassai. Ils continuèrent à déposer sur le plateau de la balance. L'un dit à l'autre : ‘Si tu le pesais avec sa communauté, il les surpasserait.’ Puis l'un dit à l'autre : ‘Ouvre son ventre.’ Il ouvrit mon ventre, puis dit : ‘Ouvre son cœur.’ Il ouvrit mon cœur, en retira la prise du diable et le caillot de sang. Puis il dit : ‘Lave son ventre comme on lave un récipient, et lave son cœur comme on lave un vêtement.’ Puis il appela la sérénité et l'introduisit dans mon cœur. Puis il dit : ‘Couds son ventre.’ Il cousit mon ventre. Je n'étais pas plutôt levé que je voyais l'affaire comme si je la contemplais.” » 7 Anas ibn Mâlik a rapporté : « Lorsque vint le moment où le Messager d'Allah devait être suscité comme prophète, il dormait autour de la Ka'ba, et les Qurayshites dormaient autour d'elle. Gabriel et Michaël vinrent à lui et dirent : “Par lequel d'entre eux avons-nous été ordonnés ?” Ils dirent : “Nous avons été ordonnés par leur maître.” Puis ils partirent et revinrent la nuit suivante, étant trois. Ils le trouvèrent endormi, le retournèrent sur le dos et ouvrirent son ventre. Puis ils apportèrent de l'eau de Zamzam et lavèrent ce qui était dans son ventre comme doute, égarement ou ignorance. Puis ils apportèrent un bassin d'or rempli de foi et de sagesse, et remplirent son ventre et son intérieur de foi et de sagesse. » Ce récit concorde avec celui d'Abû Dharr quant au sens, bien qu'il diffère dans la description ; les deux traditions concordent, et c'est une annonce de la prophétie. [L'annonce de la prophétie] La troisième station : l'annonce de la prophétie par un ange qui l'en informa de la part de son Seigneur. Cette annonce se distingua par des signes et se dépouilla de toute obligation et avertissement ; il n'entendit pas de révélation ni ne vit de personne. Ce n'était qu'une sensation de l'ange accompagnée d'un signe indicatif et d'une marque manifeste, suffisante pour se passer de sa vision et de sa parole, afin qu'il sache qu'il était parmi les prophètes d'Allah, qu'il se prépare à Sa révélation et soit assisté par Son délai, afin d'être plus patient dans l'épreuve et plus reconnaissant pour la grâce. Al-Sha'bî et Dâwud ibn 'Âmir ont rapporté qu'Allah associa Isrâfîl à la prophétie de Son Messager pendant trois ans : il entendait son bruissement sans voir sa personne, et il lui apprenait chose après chose, sans descendre avec le Coran. Pendant cette période, il était annonciateur de la prophétie, mais non envoyé à la communauté. Il est possible que ce délai fût une aide pour le Messager, ou une considération pour la communauté, ou pour le moment opportun ; il n'est pas impossible que ce fût pour toutes ces raisons, car Il connaît mieux le secret de ce qu'Il cache et le sens de ce qu'Il manifeste. La quatrième station : Gabriel descendit sur lui avec la révélation de son Seigneur, jusqu'à ce qu'il voie sa personne et entende son entretien. Il l'informa qu'il était le Prophète d'Allah et Son Messager, et se limita à l'information sans lui ordonner d'avertir, afin qu'il le sache après l'annonce par une vision directe et en soit certain avec certitude, de sorte que sa conviction soit plus solide et sa connaissance plus vraie, sans qu'aucune illusion ne l'assaille ni aucun doute ne le trouble. Al-Zuhrî rapporte d'après 'Urwa, d'après 'A'isha (qu'Allah l'agrée) que le Messager d'Allah, lorsque la vérité le surprit, Gabriel vint à lui et dit : « Ô Muhammad, tu es le Messager d'Allah. » Le Messager d'Allah dit : « Je tombai sur mes genoux alors que j'étais debout, puis je revins, les frissons agitant mes membres. J'entrai chez Khadîja et dis : “Enveloppez-moi, enveloppez-moi !” jusqu'à ce que cela me quitte. Puis il vint à moi et dit : “Ô Muhammad, je suis Gabriel et tu es le Messager d'Allah.” Puis il dit : “Lis !” Je dis : “Que lirai-je ?” Il me prit et me serra 8 trois fois jusqu'à ce que je sois épuisé, et dit : “Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé” 9. Je vins chez Khadîja et dis : “J'ai craint pour moi-même.” Je lui racontai mon histoire. Elle dit : “Réjouis-toi ! Par Allah, Il ne t'humiliera jamais. Tu maintiens les liens de parenté, tu dis la vérité, tu rends le dépôt, tu portes les fardeaux, tu accueilles l'hôte et tu aides dans les calamités du droit.” Puis elle m'emmena chez Waraqa ibn Nawfal, son cousin, qui était parti en quête de religion – on dit qu'il avait lu la Torah et l'Évangile et s'était fait chrétien – et elle dit : “Écoute ce que dit ton neveu.” Il m'interrogea et je lui racontai mon histoire. Il dit : “C'est le Nâmûs 10 qui est descendu sur Moïse – c'est-à-dire Gabriel. Plût au ciel que je sois vivant lorsque ton peuple te chassera !” Je dis : “Me chasseront-ils ?” Il dit : “Oui, il n'est venu aucun homme avec ce que tu as apporté sans être traité en ennemi. Si je vis ce jour-là, je t'assisterai d'un puissant secours.” Ensuite, ce qui descendit sur moi du Coran après “Lis” fut : “Nûn. Par la plume et ce qu'ils écrivent ! Tu n'es pas, par la grâce de ton Seigneur, un possédé. Et il y a pour toi une récompense ininterrompue. Et tu es d'un caractère sublime. Tu verras et ils verront” 11. Cela descendit sur lui pour accroître sa fermeté, éclairer son âme et le rendre reconnaissant pour la grâce de son Seigneur. Il est rapporté que Khadîja dit au Messager d'Allah : « Peux-tu m'informer de ton compagnon lorsqu'il vient à toi ? » Il dit : « Oui. » Elle dit : « Informe-moi quand il viendra. » Gabriel vint à lui et il lui dit : « Ô Khadîja, voici Gabriel qui est venu. » Elle dit : « Lève-toi et assieds-toi sur ma cuisse gauche. » Il s'assit. Elle dit : « Le vois-tu ? » Il dit : « Oui. » Elle dit : « Déplace-toi sur ma cuisse droite. » Il se déplaça. Elle dit : « Le vois-tu ? » Il dit : « Oui. » Elle dit : « Déplace-toi dans mon giron. » Il se déplaça dans son giron. Elle dit : « Le vois-tu ? » Il dit : « Oui. » Alors elle se découvrit et jeta son voile alors qu'il était assis dans son giron, et dit : « Le vois-tu ? » Il dit : « Non. » Elle dit : « Ô fils de mon oncle, sois ferme et réjouis-toi ! Par Allah, c'est un ange et non un démon. » Et elle crut en lui. Elle fut la première à embrasser l'Islam parmi tous les hommes. Khadîja s'appuya sur ce qu'elle avait fait pour elle-même, non pour le Messager, ni pour s'appuyer sur lui. Le Messager d'Allah se contenta, pour la confirmation de Gabriel, de ce que Khadîja avait vu de ses signes miraculeux. Ce que Gabriel apporta dans cette circonstance se limita à l'informer de la prophétie, afin qu'il sache qu'Allah l'avait élu pour elle, qu'il se consacre à Lui et attende ce qui lui serait ordonné et révélé, pour être obéissant à Ses ordres et dans l'attente de ce qui était voulu de lui. Il lui fut permis d'en parler, bien qu'il ne lui fût pas permis d'avertir, selon la parole d'Allah : « Et quant à la grâce de ton Seigneur, raconte-la » 12, c'est-à-dire ce qui t'est venu de la prophétie. Il en parlait donc en secret.

La cinquième station : après la prophétie, il reçut l'ordre d'avertir 13, devenant ainsi un messager 14. Le Coran lui fut révélé avec des ordres et des interdictions, ce qui fit de lui un envoyé 15. Il ne lui fut pas ordonné de prêcher ouvertement ni d'avertir de manière générale, afin de se consacrer à ceux qui le mettaient en sécurité et de se renforcer auprès de ceux qui répondaient à son appel. Puis Dieu révéla : « Ô toi qui es enveloppé d'un manteau ! Lève-toi et avertis ! Et de ton Seigneur, magnifie-Le ! Et tes vêtements, purifie-les ! Et l'abomination, fuis-la ! Et n'accorde pas de faveur en espérant un retour plus grand ! Et pour ton Seigneur, endure ! » 16 Sa prophétie fut ainsi accomplie par la révélation et l'avertissement, bien que cela fût secret. Cela eut lieu le lundi du mois de Ramadan. Hicham ibn Muhammad a dit : « La première fois que Gabriel le rencontra fut la nuit du samedi et la nuit du dimanche, puis il lui apparut avec sa mission le lundi. » Abou Qatada rapporte d'après Omar ibn al-Khattab, que Dieu l'agrée : « J'ai interrogé le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, au sujet du jeûne du lundi. Il dit : "C'est le jour où je suis né et où la prophétie m'a été révélée." » Il y a divergence sur le lundi du mois de Ramadan. Abou Qilaba dit que c'était le 18. Abou al-Khald dit que c'était le 24. Il avait quarante ans selon la majorité, quarante ans après l'année de l'Éléphant 17. Certains disent qu'il avait quarante-trois ans. Hicham ibn Muhammad a dit : « Cela eut lieu vingt ans après le début du règne de Khosro Parviz. » D'autres disent seize ans après son règne. Ensuite, il est rapporté que Gabriel, que la paix soit sur lui, descendit sur lui le mardi suivant la prophétie, alors qu'il était à la Mecque, en haut de la vallée. Il se dirigea vers une colline dans un recoin de la vallée, d'où jaillit une source. Gabriel fit ses ablutions pour lui montrer comment se purifier. Il fit les ablutions comme lui, puis Gabriel se leva et pria, et le Messager de Dieu pria comme lui. Ce fut la première adoration qui lui fut imposée. Puis Gabriel s'en alla. Le Messager de Dieu vint auprès de Khadija, fit ses ablutions pour elle jusqu'à ce qu'elle les fasse, puis pria avec elle comme Gabriel avait prié avec lui. Elle fut la première à faire ses ablutions après lui et à prier. Il continua d'avertir secrètement ceux en qui il avait confiance. Il y a divergence sur le premier à avoir embrassé l'islam après Khadija, selon trois opinions : La première : Ali ibn Abi Talib, que Dieu l'agrée, fut le premier homme à embrasser l'islam et à prier. Il avait neuf ans, selon certains dix. C'est l'avis de Jabir ibn Abd Allah et de Zayd ibn Aslam. Yahya ibn Afif rapporte d'après son père : « Je vins à la Mecque à l'époque préislamique et descendis chez al-Abbas ibn Abd al-Muttalib. Quand le soleil se leva et que les gens se rassemblèrent dans le ciel, un jeune homme arriva, leva les yeux vers le ciel, se tourna vers la Kaaba et se tint face à elle. Peu après, un garçon vint et se tint à sa droite, puis une femme vint et se tint derrière eux. Le jeune homme s'inclina, le garçon et la femme s'inclinèrent ; il se releva, ils se relevèrent ; il se prosterna, ils se prosternèrent avec lui. Je dis à al-Abbas : "Ô Abbas, quelle affaire énorme ! Sais-tu qui est celui-ci ?" Al-Abbas dit : "Oui, c'est Muhammad ibn Abd Allah, mon neveu ; celui-ci est Ali ibn Abi Talib, mon neveu ; celle-ci est Khadija bint Khuwaylid, l'épouse de mon neveu. Il m'a informé que le Seigneur du ciel lui a ordonné ce que tu vois. Par Dieu, je ne connais personne sur terre qui soit sur cette religion en dehors de ces trois." » La deuxième opinion : le premier à embrasser l'islam et à prier fut Abou Bakr, que Dieu l'agrée. C'est l'avis d'Ibn Abbas et d'Abou Umama al-Bahili. Abou Umama rapporte d'après Amr ibn Anbasa al-Sulami : « Je vins auprès du Messager de Dieu alors qu'il était descendu à Ukaz. Je dis : "Ô Messager de Dieu, qui t'a suivi dans cette affaire ?" Il dit : "Deux hommes m'ont suivi : un homme libre et un esclave : Abou Bakr et Bilal." J'embrassai alors l'islam. Je me souviens que j'étais alors le quart de l'islam. » Al-Sha'bi dit : « J'ai interrogé Ibn Abbas : "Qui fut le premier à embrasser l'islam ?" Il dit : "N'as-tu pas entendu la parole de Hassan ibn Thabit : Quand tu te souviens d'un chagrin d'un frère digne de confiance, souviens-toi de ton frère Abou Bakr pour ce qu'il a fait. Le meilleur de la création, le plus pieux et le plus juste après le Prophète, et le plus fidèle à ce qu'il a porté. Le second, le suivant, loué pour sa présence, et le premier des gens à croire au Messager." » La troisième opinion : le premier à embrasser l'islam fut Zayd ibn Haritha. C'est l'avis d'Urwa ibn al-Zubayr et de Sulayman ibn Yasar. Abou Bakr appelait à l'islam ceux en qui il avait confiance, car il était commerçant, doté de bon caractère et de bienfaisance. Il connaissait le mieux les généalogies des Qurayshites et savait ce qu'ils avaient de bien et de mal. Il savait bien les rallier. Ils venaient souvent le voir. Ainsi, embrassèrent l'islam par son intermédiaire : Othman ibn Affan, Talha ibn Ubayd Allah, al-Zubayr ibn al-Awwam, Sa'd ibn Abi Waqqas et Abd al-Rahman ibn Awf. Il les amena au Messager de Dieu lorsqu'ils eurent répondu à son appel à l'islam et prié. Ils devinrent, avec les précédents, huit personnes qui furent les premiers à embrasser l'islam et à prier. On dit aussi qu'avec eux embrassèrent l'islam Sa'id ibn al-As et Abou Dharr. Ensuite, les gens se succédèrent dans l'islam, tandis que le Messager de Dieu continuait à prêcher secrètement, bien que son appel se fût répandu parmi les Qurayshites. La sixième station : il reçut l'ordre d'avertir de manière générale après l'avoir fait de manière particulière, et de prêcher ouvertement à l'islam après l'avoir fait secrètement. Dieu révéla alors : « Proclame ce qu'on t'ordonne et détourne-toi des associateurs. » 18 Il prêcha donc ouvertement. Ibn Ishaq dit que cela eut lieu trois ans après sa mission. Il reçut l'ordre de commencer par sa parenté la plus proche : « Et avertis les gens qui te sont les plus proches. Et abaisse ton aile pour ceux des croyants qui te suivent. » 19 Ibn Abbas dit : « Le Messager de Dieu monta sur la colline de Safa et s'écria : "Ô Sabahah ! Ô fils d'Abd al-Muttalib ! Ô fils d'Abd Manaf !" jusqu'à ce qu'il eût mentionné les tribus les plus proches des Qurayshites. Ils se rassemblèrent autour de lui et dirent : "Qu'as-tu ?" Il dit : "Que pensez-vous si je vous annonçais qu'une cavalerie va sortir du pied de cette montagne ? Me croiriez-vous ?" Ils dirent : "Oui, nous n'avons pas connu de mensonge de ta part." Il dit : "Je suis pour vous un avertisseur avant un châtiment sévère." Abou Lahab dit alors : "Malheur à toi ! Est-ce pour cela que tu nous as rassemblés ?" Puis il se leva. Dieu révéla alors : "Que périssent les deux mains d'Abou Lahab et qu'il périsse !" 20 jusqu'à la fin de la sourate. » Ibn Ishaq dit : « Les Qurayshites ne s'éloignèrent pas de lui au début de son appel, mais ils lui répondirent avec une certaine rudesse, jusqu'à ce qu'il mentionnât leurs divinités, les critiquât et traitât leurs esprits de faibles dans leur adoration. Lorsqu'il fit cela, ils s'unirent pour s'opposer à lui et manifestèrent leur hostilité, sauf ceux que Dieu préserva parmi eux par l'islam, mais ils étaient peu nombreux et méprisés. Ainsi, par l'avertissement général et la prédication ouverte à l'unicité et à l'islam, sa prophétie devint générale et il fut envoyé à toute la communauté. Dieu paracheva ainsi sa prophétie et accomplit sa mission. Il proclama son ordre, s'acquitta de son devoir, lutta par son avertissement, généralisa son appel, et lutta pour Dieu comme il se doit, jusqu'à ce qu'il eût raison des Qurayshites lorsqu'ils discutèrent avec lui, qu'il les supportât lorsqu'ils s'opposèrent à lui, alors qu'ils étaient nombreux et rassemblés, jusqu'à ce que sa parole triomphât et que son appel se manifestât. Il endura des épreuves que seul un protégé 21 pouvait supporter et dont seul un secouru 22 pouvait sortir. Tout cela sont des signes qui avertissent de la vérité et s'accordent avec la sincérité, car Dieu ne guide pas la ruse des traîtres et ne rend pas bonne l'œuvre des corrupteurs. Chapitre sur sa législation 23 Quant à sa législation religieuse, après l'unicité, elle comprend deux parties : les actes d'adoration et les jugements. Pour les actes d'adoration, pendant son séjour à la Mecque, seule la purification et la prière furent légiférées, lorsque Gabriel lui enseigna les ablutions et la prière. C'était une obligation pour lui et une sunna 24 pour sa communauté, selon la parole de Dieu : « Ô toi qui t'enveloppes d'un vêtement ! Lève-toi pour prier la nuit, sauf une petite partie : la moitié, ou un peu moins, ou un peu plus. » 25 Telle était la règle pour lui et pour sa communauté, jusqu'à ce que les cinq prières fussent imposées après son voyage nocturne de la Mosquée sacrée à la Mosquée al-Aqsa, la neuvième année de sa prophétie. Ainsi, les cinq prières devinrent une obligation pour lui et pour sa communauté. Aucun autre acte d'adoration ne fut imposé avant son émigration à Médine, où l'islam eut une demeure et où les habitants devinrent des soutiens. Le premier acte d'adoration imposé à Médine, après l'obligation des cinq prières à la Mecque, fut le jeûne du mois de Ramadan, la deuxième année de l'hégire, au mois de Sha'ban. Cette année-là, la direction de la prière fut changée de Jérusalem vers la Kaaba. La zakat de la rupture du jeûne 26 fut imposée, et la prière de la fête 27 fut instituée. La prière du vendredi avait été établie au début de l'hégire en remplacement de la prière de midi. Ensuite, la zakat sur les biens fut imposée après l'apparition de la force et la satisfaction des besoins, puis le pèlerinage et la 'umra 28. Quant aux jugements, ce que les jugements de la raison imposaient comme interdiction du meurtre et de la fornication était déjà légiféré à la Mecque avec l'apparition de son avertissement. Ce qui, dans les jugements de la raison, était indifférent entre faire et ne pas faire, il s'abstint de statuer sur sa licéité ou son interdiction, sa permission ou sa prohibition, sa recommandation ou sa réprobation. Il ne rendit rien licite ni illicite à la Mecque jusqu'à son émigration. Après l'émigration, il rendit licite et illicite, permit et interdit, car à la Mecque il était vaincu par la domination des Qurayshites, et c'était une demeure d'association 29 où ses jugements n'étaient pas exécutés. Il ne rendit donc rien licite ni illicite jusqu'à ce qu'il fût à Médine, dans une demeure d'islam où ses jugements étaient exécutés. Il expliqua alors ce qu'il rendait licite et illicite, ce qu'il permettait et interdisait, ce qui rendait valide ou invalide une parole. C'est pourquoi il était pacifique à la Mecque et guerrier à Médine. La sagesse était donc en accord avec ses actes, et la réussite 30 assistait ses paroles, bien qu'il fût ordonné de cela, comme Dieu dit : « Et il ne parle pas sous l'effet de la passion ; ce n'est qu'une révélation qui lui est faite. » 31 Mais en raison de la bonne exécution de ces choses et de leur conformité à la justesse en leurs lieux, les traces de sa sagesse apparaissent dans la solidité de sa détermination et la sincérité de sa résolution. Voilà un ensemble cohérent sur les signes de sa prophétie, une base stable dans l'ordre de sa mission et les jugements de sa législation. Quant aux jugements de son combat dans ses guerres et expéditions, nous les mentionnerons dans un livre séparé sur sa biographie, où nous exposerons les lieux de ses signes et les débuts de ses jugements. C'est par Dieu que se fait la réussite. Nous Te louons d'avoir fait apparaître les soleils du bonheur avec l'astre de la gloire et le fondement de la seigneurie, et d'avoir montré des signes de sa prophétie qui ont terrassé les gens de l'égarement et effacé l'obscurité de la mécréance, de sorte qu'aucun des prophètes n'a obtenu ce qu'il a obtenu, notre maître Muhammad, doté de nombreux signes miraculeux, envoyé comme miséricorde pour la communauté. Que Dieu prie sur lui, sur sa famille, sur ses Compagnons, les successeurs et ceux qui suivent leur voie. Et après... L'impression des "Signes de la prophétie" 32 a été achevée, contenant la biographie de l'Élu 33 de manière à dissiper l'affliction. C'est une œuvre dont les compositions ont été célèbres parmi les voyageurs, du savant al-Mawardi, qui avait une longue expérience dans sa rédaction et sa composition. Sa publication a été réalisée aux frais de Dar wa Maktabat al-Hilal. Que Dieu récompense cette belle action de la meilleure manière, par la considération du Prophète et de sa famille vertueuse et pieuse. Achevé, louange à Dieu. Table des matières du livre "Signes de la prophétie" Introduction de l'éditeur 5 Préface 7 Première partie : Introduction aux preuves 17 Science de l'acquisition 17 Nécessité et preuve 18 Jugements de la raison 19 Jugements de l'ouïe 19 Deuxième partie : Connaissance de la divinité adorée 21 Parole des chrétiens 25 Sens de l'unicité 26 Troisième partie : Validité de la charge 34 29 Définitions 29 Obligation de la charge 30 Légalité de la charge / Ordre et volonté 31 Conditions de validité de l'ordre / Temps de l'ordre / Portes de l'ordre 32 Quatrième partie : Établissement des prophéties 35 Les prophètes, que la paix soit sur eux 35 Différence et négation de la prophétie 36 Possibilité des prophéties 39 Établissement des prophéties 41 Preuves des prophètes 42 Miracles et prophétie / Perception et vision 45 Révélation et prophétie 46 Conditions de la transmission 48 Méthode de transmission 49 Prophète et messager 50 Obligation de la transmission 51 Cinquième partie : Durée du monde et nombre des messagers 53 Création par Dieu d'Adam 55

Adam et ses fils 58 D'Idrîs 35 à Jésus, paix sur eux 61 Chapitre sur la durée du monde jusqu'à l'Heure 36 63 Entre Moïse et Jésus, paix sur eux 65 Sixième chapitre : Sur l'établissement de la prophétie de Muhammad, que Dieu prie sur lui et le salue 37 69 Septième chapitre : Sur ce que le Coran contient comme types d'inimitabilité 38 73 Aspects de l'inimitabilité : Inimitabilité dans la composition linguistique 74 Inimitabilité dans les significations 75 Inimitabilité dans le style 76 Inimitabilité dans la concision et la noblesse du sens 78 Inimitabilité scientifique 78 Inimitabilité dans les preuves et arguments 79 Inimitabilité dans l'information sur le passé 80 Inimitabilité par l'information sur l'invisible 39 80 Inimitabilité par l'information sur les secrets des âmes 81 Inimitabilité dans les mots 81 Inimitabilité dans la récitation 82 Inimitabilité dans le fait qu'il soit préservé de l'erreur 83 Inimitabilité dans l'universalité de ses significations 84 Inimitabilité dans la cohésion de son expression 85 Inimitabilité dans l'incapacité à embrasser ses significations 85 Inimitabilité dans la facilité de sa mémorisation 86 Inimitabilité dans l'incapacité à produire son semblable 86 Inimitabilité dans l'incapacité à y ajouter 87 Inimitabilité dans l'impuissance à le contester 88 Inimitabilité dans le détournement de sa contestation 89 Inimitabilité globale 90 Le Coran est la parole du Seigneur des mondes 91 Huitième chapitre : Sur les miracles de son infaillibilité, que Dieu prie sur lui et le salue 95 Sur les signes de son infaillibilité 95 Neuvième chapitre : Sur ce qui a été observé comme miracles de ses actes 103 Dixième chapitre : Sur ce qui a été entendu comme miracles de ses paroles 111 Catégories de transmission des informations 113 Onzième chapitre : Sur ce dont Dieu l'a honoré, que Dieu prie sur lui et le salue, comme exaucement de ses invocations 127 Douzième chapitre : Sur son avertissement, que Dieu prie sur lui et le salue, de ce qui adviendrait après lui 135 Treizième chapitre : Sur son miracle, que Dieu prie sur lui et le salue, par ce qui est apparu des animaux 139 Quatorzième chapitre : Sur la manifestation de son miracle, que Dieu prie sur lui et le salue, à partir des arbres et des minéraux 143 Quinzième chapitre : Sur les annonces des prophètes, paix sur eux, de sa prophétie, que Dieu prie sur lui et le salue 149 Section des annonces le concernant 150 Des annonces de Nûwal 40 fils de Nûtâl 41, parmi les prophètes des fils d'Israël 152 Des annonces de 'Uwaydiyâ 42, parmi les prophètes des fils d'Israël 152 Des annonces de Mîkhâ' 43 153 Des annonces de Habaqûq 44 153 Des annonces de Hizqiyâl 45 153 Des annonces de Yarshafînâ 46 154 Des annonces de Zakariyyâ 47 154 Des annonces de Dâniyâl 48 154 Des annonces dans la vision de Bukhtanassar 49 155 Des annonces d'Irmiyâ 50 fils de Barkhunâ 51 156 Des annonces de Dâwûd 52 dans le Zabûr 53 157 Des annonces du Messie 54 le concernant dans l'Évangile 157 Seizième chapitre : Sur les appels des djinns 55 à sa prophétie, que Dieu prie sur lui et le salue 163 Appels des djinns 168 Dix-septième chapitre : Sur ce que les âmes ont murmuré comme inspiration des intelligences 173 Dix-huitième chapitre : Sur les débuts de sa lignée et la pureté de sa naissance, que Dieu prie sur lui et le salue 185 Pureté de la naissance du Messager, que Dieu prie sur lui et le salue 201 Dix-neuvième chapitre : Sur les signes de sa naissance et la manifestation de sa bénédiction, que Dieu prie sur lui et le salue 205 Naissance du Messager, que Dieu prie sur lui et le salue 209 Son enfance, que Dieu prie sur lui et le salue 210 Sa croissance, que Dieu prie sur lui et le salue 211 Sous la tutelle d'Abû Tâlib 56 211 Sa jeunesse, que Dieu prie sur lui et le salue 212 Vingtième chapitre : Sur la noblesse de ses caractères et la perfection de ses vertus, que Dieu prie sur lui et le salue 215 Aspects de sa perfection, que Dieu prie sur lui et le salue 216 Harmonie de son apparence, que Dieu prie sur lui et le salue 216 Son affabilité, que Dieu prie sur lui et le salue 216 Inclination des cœurs vers lui, que Dieu prie sur lui et le salue 216 Inclination des âmes vers lui, que Dieu prie sur lui et le salue 217 Deuxième aspect : Sur la perfection de ses caractères, que Dieu prie sur lui et le salue 217 Pondération de son intelligence, que Dieu prie sur lui et le salue 217 Sa fermeté, que Dieu prie sur lui et le salue, dans les épreuves 217 Son ascèse 57 en ce monde, que Dieu prie sur lui et le salue 218 Son humilité envers les gens, que Dieu prie sur lui et le salue 221 Sa clémence et sa dignité, que Dieu prie sur lui et le salue 221 Respect des engagements et loyauté, que Dieu prie sur lui et le salue 222 Troisième aspect : Sur les vertus de ses paroles 222 Sa sagesse, que Dieu prie sur lui et le salue 223 Sa préservation de ce que Dieu lui a révélé, que Dieu prie sur lui et le salue 223 Sa maîtrise de ce qu'il a légiféré, que Dieu prie sur lui et le salue 223 Son ordre, que Dieu prie sur lui et le salue, des bonnes mœurs 224 Clarté de sa réponse, que Dieu prie sur lui et le salue 224 Sa maîtrise de sa langue, que Dieu prie sur lui et le salue 225 Son éloquence, que Dieu prie sur lui et le salue 225 Sa faconde, que Dieu prie sur lui et le salue 225 Sa parole, que Dieu prie sur lui et le salue 226 Vertus de ses actes, que Dieu prie sur lui et le salue 228 Bonne conduite, que Dieu prie sur lui et le salue 228 Désir et crainte 228 Justice 228 Son ordre de la modération, que Dieu prie sur lui et le salue 229 Son explication des actes d'adoration, que Dieu prie sur lui et le salue 229 Son combat, que Dieu prie sur lui et le salue 230 Son courage, que Dieu prie sur lui et le salue 230 Sa générosité et sa libéralité, que Dieu prie sur lui et le salue 231 Vingt et unième chapitre : Sur le début de sa mission et l'établissement de sa prophétie, que Dieu prie sur lui et le salue 233 Son amour de la solitude, que Dieu prie sur lui et le salue 234 Ses états, que Dieu prie sur lui et le salue, la vision véridique 235 Sa purification, que Dieu prie sur lui et le salue 236 L'annonce de la prophétie 237


  1. Surah Al-Baqara 2:130 : Référence coranique : Sourate 2, verset 130.
  2. Surah Al-Ma'ida 5:44 : Référence coranique : Sourate 5, verset 44.
  3. al-mujāwara : La retraite spirituelle ou voisinage, pratique de se retirer dans un lieu sacré pour la dévotion.
  4. malī : Capable, compétent, ayant la maîtrise.
  5. al-hātif : Appel ou voix mystérieuse, souvent d'origine surnaturelle, qui se fait entendre sans que l'on voie la personne.
  6. al-argās : Souillures, impuretés rituelles ou morales.
  7. Hadith : Récit rapporté par Abû Dharr al-Ghifârî, relatant l'ouverture du cœur du Prophète par les anges.
  8. ghattanī : Il me serra fortement, m'étreignit.
  9. Surah Al-'Alaq 96:1 : Premier verset révélé du Coran : 'Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé.'
  10. al-Nāmūs : Terme désignant l'ange Gabriel, emprunté au grec 'nomos' (loi), utilisé dans le contexte de la révélation.
  11. Surah Al-Qalam 68:1-5 : Référence coranique : Sourate 68, versets 1 à 5.
  12. Surah Ad-Duha 93:11 : Référence coranique : Sourate 93, verset 11.
  13. al-inzar : Avertissement, annonce d'un châtiment divin pour ceux qui n'obéissent pas.
  14. rasul : Messager, envoyé de Dieu avec une nouvelle loi ou un message.
  15. mab'uth : Envoyé, celui qui est envoyé avec une mission divine.
  16. Sourate al-Muddaththir : Sourate 74 du Coran, versets 1-7.
  17. Am al-Fil : Année de l'Éléphant, année de la naissance du Prophète, marquée par l'attaque d'Abraha contre la Mecque.
  18. Sourate al-Hijr : Sourate 15, verset 94.
  19. Sourate al-Shu'ara : Sourate 26, versets 214-215.
  20. Sourate al-Masad : Sourate 111, verset 1.
  21. ma'sum : Protégé, infaillible, préservé du péché.
  22. mansur : Secouru, celui qui reçoit l'aide divine.
  23. shar' : Législation divine, loi religieuse.
  24. sunna : Tradition prophétique, pratique établie par le Prophète.
  25. Sourate al-Muzzammil : Sourate 73, versets 1-4.
  26. zakat al-fitr : Aumône de la rupture du jeûne, obligatoire à la fin du Ramadan.
  27. salat al-'id : Prière de la fête, accomplie lors des deux fêtes musulmanes.
  28. 'umra : Petit pèlerinage à la Mecque, non obligatoire.
  29. dar shirk : Terre d'association, territoire où le polythéisme domine.
  30. tawfiq : Réussite divine, assistance de Dieu pour accomplir le bien.
  31. Sourate al-Najm : Sourate 53, versets 3-4.
  32. A'lam al-Nubuwwa : Titre de l'ouvrage d'al-Mawardi, 'Les Signes de la Prophétie'.
  33. al-Mustafa : L'Élu, surnom du Prophète Muhammad.
  34. taklif : Charge religieuse, imposition des obligations légales.
  35. Idrîs : Prophète identifié à Énoch dans la tradition biblique, mentionné dans le Coran comme un homme véridique et prophète.
  36. as-Sâ‘a : L'Heure, désigne le Jour du Jugement dernier dans l'eschatologie islamique.
  37. sallâ Llâhu ‘alayhi wa sallam : Formule de bénédiction et de salutation sur le Prophète Muhammad, signifiant 'que Dieu prie sur lui et le salue'.
  38. i‘jâz : Inimitabilité, caractère miraculeux du Coran que nul ne peut imiter.
  39. al-ghayb : L'invisible, les réalités cachées que seul Dieu connaît, comme l'au-delà ou les événements futurs.
  40. Nûwal : Nom d'un prophète des fils d'Israël, non identifié avec certitude dans les sources bibliques ou islamiques.
  41. Nûtâl : Nom d'un prophète, peut-être une variante de Nathan ou d'un autre prophète biblique.
  42. 'Uwaydiyâ : Nom d'un prophète des fils d'Israël, non identifié avec certitude.
  43. Mîkhâ' : Prophète biblique Michée, mentionné dans l'Ancien Testament.
  44. Habaqûq : Prophète biblique Habacuc, mentionné dans l'Ancien Testament.
  45. Hizqiyâl : Prophète biblique Ézéchiel, mentionné dans l'Ancien Testament.
  46. Yarshafînâ : Nom d'un prophète, peut-être une variante de Jérémie ou d'un autre prophète.
  47. Zakariyyâ : Prophète Zacharie, père de Jean-Baptiste, mentionné dans le Coran et la Bible.
  48. Dâniyâl : Prophète Daniel, mentionné dans l'Ancien Testament.
  49. Bukhtanassar : Nabuchodonosor II, roi de Babylone, mentionné dans la Bible et les traditions islamiques.
  50. Irmiyâ : Prophète Jérémie, mentionné dans l'Ancien Testament.
  51. Barkhunâ : Nom du père de Jérémie, peut-être une variante de Hilkiah ou d'un autre nom.
  52. Dâwûd : Prophète David, roi d'Israël, mentionné dans le Coran et la Bible.
  53. az-Zabûr : Les Psaumes, livre révélé à David selon la tradition islamique.
  54. al-Masîh : Le Messie, titre de Jésus dans l'islam et le christianisme.
  55. al-jinn : Créatures invisibles dotées de libre arbitre, mentionnées dans le Coran.
  56. Abû Tâlib : Oncle paternel du Prophète Muhammad, qui l'a élevé après la mort de son grand-père.
  57. zuhd : Ascèse, détachement des biens matériels et des plaisirs mondains.

Les notes et commentaires

Sourate al-Hashr, verset 2 1. Les deux types 2. C'est-à-dire qu'il est perçu par l'intuition et la compréhension 3. C'est-à-dire qu'en exerçant la réflexion sur l'univers et les créatures, on perçoit le Créateur 4. Créateur de l'ancien et du nouveau 5. C'est-à-dire qu'il y a eu un temps où elle n'existait pas 6. C'est-à-dire qu'elle est éphémère et non éternelle 7. On les appelle aussi les dualistes, dérivé de « deux », car ils affirment l'éternité de deux principes : la lumière et les ténèbres 8. L'auteur, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dépassé la parole des Ariens, c'est-à-dire Arius et ses disciples, que le noble Messager a mentionnés dans sa lettre à César, roi des Romains, dans sa parole : « Car tu auras le péché des Ariens », qui disaient que le Christ est le Verbe, la Parole de Dieu, et que la Parole est créée, c'est-à-dire qu'elle est une créature parmi les créatures de Dieu, et que le Christ est par conséquent un prophète parmi les prophètes, et qu'il est un homme. Mais après que certains patriarches et métropolites se sont mis d'accord avec l'empereur Constantin Ier pour faire du christianisme la religion d'État romaine en échange de quelques modifications des fondements de la doctrine chrétienne, ces modifications ont évolué jusqu'à aboutir à l'idée de la Trinité au concile de Nicée, c'est-à-dire qu'ils ont adopté la religion païenne romaine qui professait une triade divine : Zeus, Cronos, Jupiter, sous une nouvelle appellation : le Père, le Fils, le Saint-Esprit. Et la parole du paganisme romain selon laquelle Héra est la déesse de la terre et mère du dieu, ils l'ont attribuée à la Vierge Marie. Les Ariens ont été exterminés, anathématisés, déclarés mécréants et persécutés partout où ils se trouvaient. Quant à ceux d'entre eux qui avaient été tués auparavant par le paganisme romain avant l'adoption par l'État du christianisme trinitaire, l'Église les a considérés comme des martyrs et des saints, mais elle a interdit leurs livres, prétendant qu'ils contenaient mécréance et hérésie. Médite donc 1. Sourate ash-Shura, verset 11 2. C'est-à-dire croire en l'unicité d'Allah d'une foi absolue, non sujette à discussion ni à questionnement 3. C'est-à-dire se soumettre absolument, comme la soumission du serviteur obéissant et acceptant sans objection les ordres de son maître, sans demander la raison ni le résultat 4. Accomplir les actes d'obéissance et les exécuter 1. Nier les interdits et les choses réprouvées et cesser de les pratiquer 2. Sourate al-Baqara, verset 286 3. Sourate al-Qiyama, verset 36 4. Comme l'ordre de faire le bien envers les pauvres et les nécessiteux, par exemple ; l'abandonner est un abandon de bien et de récompense, mais il n'y a pas de châtiment pour celui qui l'abandonne 5. Comme l'ordre de s'acquitter de la zakât ; l'abandonner est un péché et entraîne un châtiment 6. Certains disent que la perception de l'unicité d'Allah se fait par la raison, et ils ont nié les prophéties, prétendant que l'adoration se fait par le cœur et non par les actes 1. La sorcellerie : la magie, les tours de passe-passe et l'illusionnisme qui visent à influencer le spectateur pour lui faire voir ce qui n'existe pas réellement devant lui 2. Équivalent : égal en expérience et en capacité d'accomplir la même chose 3. C'est la Loi, les actes d'obéissance, les adorations et les interdits 4. Signe : marque ou preuve 5. Le miracle : ce qui est extraordinaire et dépasse la capacité humaine 6. Pénible : fatigant 7. Afin que le Messager le comprenne, le saisisse et puisse le transmettre à son peuple 8. Dans ce cas, il s'agit d'un retard qui lui est permis et non de sa propre initiative 9. La ta'wiya 10 : employer un mot ou une phrase qui peut avoir plusieurs sens ; sa parole « d'eau » pourrait faire croire à l'auditeur que sa tribu a cette origine, alors que le sens réel est qu'il est créé d'eau, et nous le sommes tous 10. Sourate al-Hajj, verset 52 11. Les livres de hadiths authentiques ne l'ont pas mentionné, en raison du doute qu'il soit forgé ; de plus, ce que l'auteur a attribué à la Torah n'y est pas mentionné, ou du moins la Torah existante aujourd'hui ne le mentionne pas 12. Il est plus probable que le Messager, paix et salut sur lui, voulait dire la proximité de l'Heure, et non un moment précis ou un rapport déterminé entre ce qui est passé et ce qui reste, car cela relève de la science d'Allah seul, et Il a dit : « Ils t'interrogent sur l'Heure : quand viendra-t-elle ? Dis : Sa connaissance est auprès de mon Seigneur » (Sourate al-A'raf, 187). Et Il a dit : « Certes, Allah détient la connaissance de l'Heure » (Sourate Luqman, 34). Le même sens est rapporté dans de nombreux autres versets 13. Les livres de hadiths authentiques ne l'ont pas mentionné 14. La détermination des jours de la création dans cet ordre est biblique, tirée du livre de la Genèse 15. Sourate Fussilat, verset 9 16. Sourate Fussilat, verset 12 17. Sourate Fussilat, verset 11 1. C'est-à-dire une parole venant du ciel à l'emplacement de la Demeure peuplée 2 autour de laquelle les anges tournent 2. Cela contredit Sa parole : « Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'une seule personne, et a créé d'elle son épouse » (Sourate an-Nisa', 1). Et Sa parole : « C'est Lui qui vous a créés d'une seule personne, et a tiré d'elle son épouse » (Sourate al-A'raf, 189), ainsi que d'autres versets 3. Sourate an-Nisa', verset 1 4. Sourate al-Baqara, verset 35 5. Sourate al-Baqara, verset 36 6. Sourate al-Baqara, verset 36 7. Il y a de nombreuses citations et références à la Torah, et nous savons ce qu'elle contient d'altérations et de changements que le Très-Haut nous a révélés dans le Coran ; c'est pourquoi nous considérons que s'y référer est discutable 8. Ce sont des paroles bibliques, Genèse, chapitre 5, verset 5 9. La Torah dit cent trente ans, et nous ne connaissons pas la source de son récit ici 10. Genèse, chapitre 5, verset 8 11. La chaîne généalogique mentionnée ici est biblique, tirée de la Genèse, chapitre 5, avec parfois des différences dans le nombre d'années 12. Il y a des divergences dans les âges entre ce qui est mentionné dans ce chapitre et ce qui est mentionné dans la Torah, comme nous l'avons dit 13. Genèse, chapitre 7, verset 6 ; et nous avons Sa parole : « Il resta parmi eux mille ans moins cinquante ans, puis le Déluge les saisit alors qu'ils étaient injustes » (Sourate al-'Ankabut, 14) 14. Genèse, chapitre 8, verset 3 15. Tous ces récits sont des traditions juives sans fondement dans le Coran ni dans la Sunna prophétique authentique, comme cela est rapporté dans les livres de hadiths authentiques 16. Et rien n'indique mieux qu'il est forgé que le fait que nous sommes en l'an 1408 de l'Hégire du noble Messager, et l'Heure n'est pas encore arrivée ; la connaissance de l'Heure appartient au Seigneur de l'univers seul, comme cela est venu dans le Coran, et il est inconcevable qu'il existe un hadith prophétique qui fixe l'avènement de l'Heure de cette manière, en contradiction avec ce qui est venu dans le Coran 17. Sourate Luqman, verset 34 18. Sourate az-Zukhruf, verset 66 19. Sourate Muhammad, verset 18 20. Sourate al-Isra', verset 59 21. Muslim a rapporté dans son Sahih d'après an-Nawwas ibn Sam'an, dans un long hadith : « Nous dîmes : Ô Messager d'Allah, quelle sera sa durée sur terre ? Il dit : Quarante jours : un jour comme une année, un jour comme un mois, un jour comme une semaine, et le reste de ses jours comme vos jours. » (Sahih Muslim, vol. 8, p. 197, chapitre sur le Dajjal, sa description et ce qui l'accompagne) [22]. Ce sont des paroles juives bibliques transmises par les prédécesseurs sans examen critique ; Adam est le père de l'humanité, il est donc inconcevable qu'il ait été hébreu, ni lui ni ceux qui l'ont suivi jusqu'à Abraham ; les Hébreux n'ont été appelés ainsi qu'après avoir traversé la mer avec Moïse, paix sur lui ; et comment Abraham aurait-il été hébreu alors que les Arabes descendent de son fils Ismaël, paix sur eux deux ? [23]. Sourate al-Ikhlas, verset 1 [24]. Sourate Ghafir, verset 78 [25]. Sourate al-An'am, verset 105 [26]. Les malades chroniques : ceux dont la maladie s'est prolongée et pour lesquels il n'existe pas de traitement connu, comme la cécité, le rachitisme, les furoncles couvrant le corps, la folie et autres [27]. Les époques : les siècles et les générations 1. Apparent, visible, évident 2. Sourate al-Baqara, verset 179 3. Sourate Hud, verset 44 4. Sourate al-Hijr, verset 94 5. Il n'y a pas de semblable : on n'apporte rien qui lui ressemble en forme ou en sens 6. Sourate al-Qiyama, verset 17 7. Sourate al-Qasas, verset 7 8. Il y est mentionné des connaissances qui n'étaient pas connues à l'époque du Messager, paix et salut sur lui, ni après lui, et qui n'ont été découvertes que récemment, comme la rencontre des deux mers salées sans que leurs eaux ne se mélangent ; ce phénomène a été découvert l'année dernière, et le discours à ce sujet est long ; les exemples sont nombreux 9. Vaincre tout homme sensé : le dominer par l'argument 10. Sourate al-Baqara, verset 94 11. Sourate al-Baqara, verset 95 12. Sourate al-Baqara, verset 24 13. Sourate al-Qamar, verset 45 14. Sourate al-Qasas, verset 85 15. Sourate Al 'Imran, verset 122 16. Sourate al-Anfal, verset 7 17. Sourate al-Hijr, verset 9 18. Tout cela a subi falsification, invention, usurpation et altération 19. L'Encyclopédie juive, volume 11, page 589, dit ceci à propos de la Torah existante : « Les rabbins continuent de s'occuper des contradictions et des différences apparues dans ces feuillets, et ils continuent de les corriger avec leur sagesse et leur habileté. » Médite donc 20. Il s'agit de l'Évangile selon Matthieu, l'Évangile selon Marc, l'Évangile selon Luc et l'Évangile selon Jean ; nous en avons longuement parlé dans notre livre « Histoires du Coran », que celui qui le souhaite consulte 21. Le muet : celui qui le retient sans comprendre sa langue [22]. Celui qui le lit avec son accent, c'est-à-dire avec son dialecte éloigné de la pureté de l'arabe [23]. La Torah et les Évangiles ont été traduits mot à mot et en sens, car il n'y a pas de miracle linguistique en eux ; quant au Coran, seuls ses sens sont traduits, selon les commentaires approuvés par l'exégète [24]. Sourate an-Najm, versets 19-20 [25]. Sourate al-Hajj, verset 52 [26]. Il [27] : bonne origine, ou noble ascendance ; c'est le sens visé ici. Il signifie aussi la révélation et tout ce qui a un caractère sacré [27]. Sourate al-An'am, verset 93 [28]. Sourate al-Isra', verset 88 [29]. Sourate al-Jinn, versets 1-2 [30]. Sourate an-Nisa', verset 59 [31]. Sourate al-Hashr, verset 7 [32]. Sourate an-Najm, versets 3-4 [33]. Sourate al-Ma'ida, verset 67 1. Il devint le chef de son peuple 2. Je préfère 3. Al-Hatim : nom d'un lieu dans l'enceinte sacrée 4. Le jeune chamelier : le jeune chameau, la gueule grande ouverte 5. Voilé : ayant revêtu un voile qui le cache aux gens 6. L'homme armé : celui qui porte des armes, comme une cotte de mailles ou un bouclier, une épée et une lance 7. Portant deux cottes de mailles : les ayant réunies sur sa poitrine et son dos 8.

(9) [p.97] Al-Shujā‘ al-Aqra‘ : un serpent d'une constitution immense. (10) [p.98] Lā yanqilāni qadaman : c'est-à-dire incapables de se mouvoir, ils m'avaient figé sur place. (11) [p.99] Sourate Fuṣṣilat, versets (1-4). (12) [p.99] Sourate Fuṣṣilat, verset (13). (13) [p.100] Sourate al-Mā’ida, verset (11). (14) [p.100] Mamnū‘ : c'est-à-dire que personne n'est capable de lui nuire ou de l'approcher avec du mal. (15) [p.101] Khaylan duhman : des chevaux noirs. (16) [p.101] Al-Ward : les chevaux dont la couleur se situe entre le brun-roux (al-kumayt) et l'alezan (al-ashqar). (17) [p.101] Al-Bakr : le chameau. (18) [p.101] Rakḍahu : il l'a frappé et piétiné. (19) [p.101] Sourate al-Ra‘d, verset (12). (20) [p.103] Kudya : un rocher dur. (21) [p.103] Et ils se serraient le ventre avec des pierres à cause de la faim, ce qui atténuait leur douleur. (22) [p.103] Kathīban ahīl : une petite dune de sable léger et fin. (23) [p.104] Al-‘Anāq : la petite chèvre femelle qui n'a pas encore accompli une année. (24) [p.104] Al-Burma : un récipient en poterie. (25) [p.104] Al-Athāfī : trois pierres sur lesquelles on pose la marmite et sous lesquelles on allume le feu. (26) [p.104] Lā taṣāghaṭū : ne vous bousculez pas pour entrer. (27) [p.104] Barraka : il a invoqué la bénédiction (baraka). (28) [p.104] Makhmaṣa : faim. (29) [p.105] Aqrāṣan : des petits pains épais. (30) [p.105] ‘Ikka : un récipient en cuir dans lequel on conserve le beurre clarifié (samn) et la graisse. (31) [p.105] Al-Ṣuffa : un banc de pierre ombragé qui se trouvait à côté de la mosquée ; les Gens de la Ṣuffa (Ahl al-Ṣuffa) étaient les pauvres parmi les émigrants (al-Muhājirūn). (32) [p.106] Qalb : des pentes ou des endroits bas. (33) [p.106] Jāsha al-mā’ : l'eau a jailli. (34) [p.106] Fīhā : dans un puits leur appartenant. (35) [p.106] Tama‘‘aṭa sha‘ruhu : ses cheveux sont tombés et se sont affaiblis. (36) [p.108] Al-Akmah : celui qui est privé de raison et dont l'œil est comme effacé (aveugle de naissance ou atteint de cécité). (37) [p.108] Al-Abraṣ : celui qui est atteint de la lèpre (baraṣ), une maladie qui affecte la peau. (38) [p.108] Sourate al-Aḥqāf, verset (11). (39) [p.108] Ilā sā‘atihi : jusqu'à sa mort. (40) [p.109] Shay’an : une petite quantité. (41) [p.111] Sourate al-An‘ām, verset (50). (42) [p.112] Sourate al-An‘ām, verset (50). (43) [p.112] Sourate al-An‘ām, partie du verset (50) et Sourate Yūnus, partie du verset (15). (44) [p.112] Sourate al-An‘ām, partie du verset (50). (1) [p.115] C'est-à-dire qu'il n'a laissé aucune possibilité de commentaire (ta‘qīb) ; le commentaire (ta‘qīb) étant l'ajout, l'explication ou la glose, et le commentateur (al-muta‘aqqib) est celui qui fait cela. (2) [p.116] Sourate al-Tawba, verset (33). (3) [p.116] Anafa li-nafsihi : l'orgueil l'a saisi. (4) [p.117] Sourate Āl ‘Imrān, verset (199). (5) [p.118] Yuqaddimuhā : il la précède. (6) [p.118] Jamal awraq : un chameau dont la couleur est blanche mêlée de noir. (7) [p.118] Ghirāratān : duel de ghirāra, qui est un sac en tissu. (8) [p.119] Qā’im al-ẓahīra : c'est-à-dire lorsque le soleil est perpendiculaire à la terre, chaque chose coïncide avec son ombre, puis le soleil commence à décliner vers le zénith. (9) [p.119] Bi-mā ‘azza wa hān : par ce qui est cher et ce qui est vil, c'est-à-dire à n'importe quel prix que tu veux. (10) [p.120] Al-Mīḍa’a : le récipient d'eau pour les ablutions (wuḍū’). (11) [p.120] Faḥl al-siqā’ : le plus grand des récipients. (12) [p.120] Al-Samura (singulier d'al-Samar) : un petit arbre dont les chamelles mangent les feuilles. (13) [p.121] L'accord de paix d'al-Ḥudaybiyya. (14) [p.121] A‘lam al-shafa : pendante comme si elle était une marque distinctive. (15) [p.122] Sourate al-Mā’ida, verset (2). (16) [p.123] Mā zawwartuhu fī nafsī : ce qui m'a traversé l'esprit comme idées. (17) [p.127] Sourate al-Najm, verset (1). (18) [p.128] Sourate al-Isrā’, verset (11). (19) [p.128] Sourate al-Ḥijr, verset (94). (20) [p.129] Istaṣqā : il a été atteint de la maladie de l'hydropisie (istiṣqā’), une maladie qui fait retenir l'eau par le corps, endommageant ses organes internes et menant à la mort. (21) [p.129] Al-‘Alhaz : la tique de grande taille ; une nourriture faite de sang et de poil, consommée en période de famine. (22) [p.130] C'est-à-dire qu'elle était propre à eux, ne les dépassait pas. (23) [p.131] Ṣawb al-ghamām wa ṣayyib al-ghamām : l'eau des nuages, c'est-à-dire la pluie. (24) [p.133] Al-Juḥfa : un lieu éloigné de Médine où les Juifs habitaient. Et le hadith est rapporté par les deux Cheikhs (al-Bukhārī et Muslim). (25) [p.133] Sourate al-Anfāl, verset (17). (26) [p.135] Sourate al-Taḥrīm, verset (1). (27) [p.137] Mubayr : diminutif de mubirr ; al-mubirr bi-al-shay’ : celui qui le maîtrise ; et cela s'applique au cheval de race rétif ou à la mule ombrageuse. (28) [p.139] Khātalahu : il l'a pris à l'improviste et l'a trompé. (29) [p.140] Et Médine est située entre deux ḥarra (pl. ḥirār), la ḥarra étant une terre aux pierres noires. (30) [p.140] Al-Ḍabb : un petit animal du désert. (31) [p.141] Al-Ḥā’iṭ : le jardin entouré de murs. (32) [p.141] Rapporté par les deux Cheikhs (al-Bukhārī et Muslim). (33) [p.141] Al-Nāḍiḥ : le chameau utilisé pour transporter l'eau. (34) [p.141] Dabbara al-ba‘īr : il s'est cabré, a écumé de la bouche et a attaqué ses propriétaires. (35) [p.142] Sourate Āl ‘Imrān, verset (193). (36) [p.143] Dululā (pl. dāl) : guide. (37) [p.143] Al-Muthulāt (pl. al-muthla) : le châtiment qui, par sa gravité, devient un proverbe. (38) [p.145] Takhuddu al-arḍ : elle la fend et y fait comme un sillon. (39) [p.145] Al-Sidra : l'arbre du jujubier (nabq). (40) [p.146] Sourate Saba’, verset (10). (1) [p.150] Car le Coran, seul parmi les Livres célestes, a été révélé de Sa part, Très-Haut, en termes et en sens. Et Il a dit de Son noble Prophète, que la prière et la paix d'Allah soient sur lui : « Et il ne parle pas sous l'effet de la passion ; ce n'est rien d'autre qu'une révélation inspirée » (Sourate al-Najm, 3-4). Pour plus de détails sur ce sujet, le lecteur noble peut se référer à notre livre « Qiṣaṣ al-Qur’ān al-Karīm ». (2) [p.150] Le Livre d'Isaïe. (3) [p.151] Qaydār ou Qaydhār, selon les différentes versions. (4) [p.151] Al-Faṣl (le chapitre) est ce que nous appelons, suivant leur terminologie, « al-Iṣḥāḥ » (le chapitre), chaque fois que nous le citons ou le mentionnons. (5) [p.151] Al-Ākām : les collines et les montagnes. (6) [p.152] Il s'agit de Yoël ben Petouël, et le passage mentionné ici est tiré du deuxième chapitre de son livre mentionné dans les Livres d'Israël, avec une légère différence de traduction sans divergence de sens. Des versets (2) à (11). (7) [p.152] Et son livre ne comporte qu'un seul chapitre, et la phrase citée en est tirée, de son début. (8) [p.153] Le Livre de Michée, et les deux phrases sont tirées du cinquième chapitre. (9) [p.153] Le passage mentionné est tiré du Livre d'Habacuc, troisième chapitre. Dans la traduction que nous avons, le passage commence par : « Dieu vient de Téman, et le Saint vient du mont Paran, etc. » Et le Saint ici est al-Muḥammad ou al-Maḥmūd (le Loué). (10) [p.153] Et dans le Livre d'Ézéchiel, il y a de nombreuses autres annonces du noble Messager en plus de celle-ci. (11) [p.154] Il s'agit du Livre de Sophonie, et le passage mentionné est tiré du troisième chapitre, à partir du verset 8 et suivants. (12) [p.154] C'est le dernier des Livres des Juifs appelés l'Ancien Testament. (13) [p.155] Le Livre de Daniel. (14) [p.157] Sourate al-Anbiyā’, verset (11). (15) [p.163] Sourate al-Ḥijr, les deux versets (26-27). (16) [p.163] Sourate al-Ḥijr, partie du verset (27). (1) [p.165] Sourate al-Isrā’, verset (88). (2) [p.165] Sourate al-Aḥqāf, verset (29). (3) [p.165] Sourate al-‘Alaq, verset (1). (4) [p.166] Sourate al-Aḥqāf, verset (29). (5) [p.166] Sourate al-Jinn, verset (1). (6) [p.166] Sourate al-Jinn, verset (2). (7) [p.166] Sourate al-An‘ām, verset (130). (8) [p.167] Sourate al-Jinn, verset (9). (9) [p.167] Sourate al-Jinn, verset (9). (10) [p.167] Sourate al-Ḥijr, verset (9). (11) [p.168] Hātūf al-jinn : leur héraut qui parle aux humains. (12) [p.172] Lā yurā shakhṣuhu : il n'a pas de position éminente. (13) [p.172] Lā yuḥajju bi-qawlihi : on ne cite pas sa parole comme preuve. (14) [p.177] Al-Ḥibā’ : le don et le cadeau. (15) [p.177] Ẓa‘antum : vous avez voyagé ou êtes partis. (16) [p.182] Irtajassa : il a tremblé ou a été secoué. (17) [p.184] Sourate al-An‘ām, verset (121). (18) [p.185] Parmi les rois assyriens de Mésopotamie. (19) [p.187] Tanāṣarū bi-suyūfihim : ils se sont entraidés dans la guerre. (20) [p.190] Diyānī al-‘Arab : leurs hommes de religion. (21) [p.190] Dhū al-khilla : le pauvre nécessiteux. (22) [p.191] Et le fait de transformer le bā’ en mīm ou l'inverse est courant dans de nombreux mots arabes, et c'est une règle dans la langue araméenne, la mère de la langue arabe. (23) [p.196] Al-Til‘āb : le jeu, c'est-à-dire que ce n'est pas une chose facile ni acceptable. (24) [p.196] Al-Ṭārif : le nouveau. Al-Tālid : l'hérité. (25) [p.196] Comme ils craignaient que les gens n'en fassent une tradition (sunna) après lui. (26) [p.198] Sourate Ṣād, verset (34). (27) [p.198] Et il a été mentionné qu'il s'agit de Ṣaydūn, connue aujourd'hui sous le nom de Saïda au Liban. (28) [p.199] Sumūk : des poissons, et ce n'est pas ce que la Torah mentionne concernant la fin de Salomon, paix sur lui. (29) [p.199] Sourate Ṣād, verset (34). (1) [p.201] Sourate al-Shu‘arā’, verset (219). (2) [p.208] Māni‘ min al-raj‘a : négateur de la Résurrection et du Jugement dernier. (1) [p.213] Intaqaḍat : elle a tremblé et a été secouée. (2) [p.215] Sourate al-Qalam, verset (4). (1) [p.216] Irtiyāḍuhum : le fait de s'y habituer, de irtāḍa, c'est-à-dire s'habituer et s'entraîner. (2) [p.216] Yuqilluhu min al-qilā : l'inimitié ou l'abandon de la compagnie à cause de la répulsion. (3) [p.218] Qanā‘atuhu bi-l-balāgh minhā : c'est-à-dire avec ce qui suffit à peine à maintenir en vie. (4) [p.218] Sourate al-Furqān, verset (10). (5) [p.219] ‘Udhar al-‘Irāq : ce qui s'est défait de la région de Ṭaff, c'est-à-dire les confins de ses plaines proches de la terre de la péninsule arabique. (6) [p.219] Shiḥr ‘Umān : la côte maritime entre Oman et Aden. (7) [p.219] Hārūt et Mārūt : on dit qu'ils sont deux anges qui sont tombés dans l'épreuve lorsqu'ils sont descendus sur terre, et nous avons ce que le noble Coran mentionne, à savoir qu'ils enseignent la sorcellerie aux gens à Babylone. (8) [p.220] Ya’kulu al-khashab : c'est-à-dire la nourriture dure et grossière, bien qu'il puisse vivre dans l'aisance. (9) [p.220] Dhāt al-darr : celles dont ils vivent du lait. (10) [p.221] Al-Balāgha wa al-bulgha : le minimum vital. (11) [p.221] Al-Nifār : la dispute. (12) [p.221] Al-Jilla : les grands et les plus élevés en rang. Al-Dūn : les petits et les plus bas en rang et position. (13) [p.222] Sourate Yūsuf, verset (92). (14) [p.222] Sab‘a armāq : sept cieux. (15) [p.224] Sourate Āl ‘Imrān, verset (110). (16) [p.224] Sourate Yā Sīn, verset (78). (17) [p.224] Sourate Yā Sīn, verset (79). (18) [p.225] Al-Inbi‘āq fī al-kalām : le bavardage abondant qui peut être résumé en peu de paroles. (19) [p.226] Sourate al-Nūr, verset (36). (20) [p.227] Al-Jā’iḥa : la calamité et l'épreuve. (21) [p.228] Ghulūw al-Naṣārā : le fait de dépasser les limites concernant le Messie jusqu'à en faire un fils de Dieu – Allah est bien au-dessus de cela et Il est exempt de toute imperfection. (22) [p.230] ‘Ādū ashdhādhan wa arsālan : ils se sont enfuis par groupes et individuellement. [p.231] (34) Sourate al-Tawba, verset (33). (23) [p.232] Lam umḍihā : je ne l'ai pas dépensée dans sa voie ou je n'ai pas pu décider quoi que ce soit à son sujet. (1) [p.234] Sourate al-Baqara, verset (130). (2) [p.234] Sourate al-Mā’ida, verset (44). (3) [p.234] Al-Tabarruz li-l-mujāwara : le fait de sortir pour la retraite spirituelle (i‘tikāf), soit dans la Mosquée Sacrée, soit dans une grotte éloignée des gens, où l'homme s'isole pour l'adoration. (4) [p.235] Mullī bihā : son égal, digne d'elle. (5) [p.236] Al-Hātūf : l'appelant parmi les djinns ou les anges. (6) [p.236] Taqdīsuhu min al-arjās : sa purification des souillures. (7) [p.236] Ka’annamā u‘āyinu al-amr : comme si je voyais maintenant la chose devant mes yeux. (8) [p.237] Ghattanī : il m'a serré fortement. (9) [p.237] Sourate al-‘Alaq, verset (1).

↩ (10) [p238] Sourate al-Qalam, versets (1-5) ↩ (11) [p239] Sourate ad-Duha, verset (11) ↩ (12) [p239] Sourate al-Muddaththir, versets (1-7) ↩ (13) [p241] Sourate al-Hijr, verset (94) ↩ (14) [p241] Sourate al-Masad, verset (1) ↩ (15) [p242] Sourate al-Muzzammil, versets (1-4) ↩ (16) [p243] Sourate an-Najm, versets (3-4)


  1. al-Hashr : Sourate 59 du Coran.
  2. al-darbayn : Les deux types ou catégories.
  3. al-badīha : Intuition, perception immédiate.
  4. al-fikr : Réflexion, méditation.
  5. muḥdithan qadīman : Créateur de l'ancien et du nouveau, c'est-à-dire de toute chose.
  6. lam takun mawjūda : Elle n'existait pas, indiquant la création ex nihilo.
  7. fāniya : Éphémère, périssable.
  8. al-muthannawiyya : Dualistes, adeptes du dualisme (zoroastriens ou manichéens).
  9. al-Ariyūsiyya : Ariens, disciples d'Arius (IVe siècle), qui niaient la divinité du Christ.
  10. al-ta'wiya : Emploi d'un mot à double sens, équivoque.
  11. al-bayt al-ma'mūr : La Demeure peuplée, sanctuaire céleste où les anges accomplissent le circumambulation.
  12. al-ḥadīth al-mawḍū' : Hadith forgé, inventé.
  13. al-ṣiḥāḥ : Les recueils de hadiths authentiques (Sahih al-Bukhari, Sahih Muslim, etc.).
  14. al-zamanā : Malades chroniques, incurables.
  15. al-a'ṣār : Époques, siècles, générations.
  16. lā yu'ātā bi-mā yushābihuhu : On n'apporte rien qui lui ressemble, inégalable.
  17. al-abkam : Muet, qui ne peut parler.
  18. al-il : Bonne origine, ascendance noble ; aussi révélation, chose sacrée.
  19. al-ḥaṭīm : Lieu dans l'enceinte de la Kaaba, près du mur.
  20. al-faḥl : Chameau mâle adulte.
  21. al-mudajjaj : Homme portant une armure complète.
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